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Le Figaro - 18 09 2018

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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 047 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
FINKIELKRAUT
DANS LES COULISSES DE
« RÉPLIQUES », L’ÉMISSION PHARE
DU DÉBAT INTELLECTUEL PAGE 14
Picasso en rose et bleu :
l’exposition-événement
du Musée d’Orsay
ASSEMBLÉE
Après la démission
de Frédérique
Dumas, le malaise
gagne la majorité
PAGE 6
UDI-AGIR
Les Constructifs
du centre droit se
sentent pousser
des ailes PAGE 8
Second souffle
pour l’éthylotest
antidémarrage
PAGE 10
ÉCONOMIES
L’Amérique du Sud
traverse une crise
plurielle PAGES 20 ET 21
SANTÉ
Macron dévoile
ses mesures chocs
pour transformer
le système de santé
PAGE 22
MODE
La famille royale
inspire les designers
britanniques PAGE 31
CHAMPS
LIBRES
L’Internet
aggrave-t-il
les inégalités
socioculturelles ?
Les tribunes
de Jérôme SainteMarie et de Ran
Halévi
La chronique
de Renaud Girard
L’analyse
de Pierre Avril
n
IMAGE THE PUSHKIN STATE MUSEUM OF FINE ARTS, MOSCOW - SUCCESSION PICASSO 2018
SÉCURITÉ
ROUTIÈRE
ÉTATS-UNIS
LES DÉMOCRATES PEINENT À
TROUVER UNE NOUVELLE FIGURE
POUR S’OPPOSER À TRUMP PAGE 9
Les deux
Corées sur
le chemin de la
réconciliation
Kim Jong-un et Moon Jae-in se retrouvent de mardi à jeudi
à Pyongyang pour un sommet visant à sortir de l’impasse
sur le dossier de la dénucléarisation de la péninsule.
Mardi, le « Leader suprême »
nord-coréen recevra pour la
première fois son homologue
du Sud, le président Moon
Jae-in, à Pyongyang, pour
tenter d’attirer à lui son ennemi, Donald Trump, tout
en l’amadouant dans le dossier du nucléaire. Kim souhaite aussi redonner du souf-
Une exposition magistrale de tableaux exécutés
par Picasso durant la période légendaire, entre 1900
et 1906 : c’est ce que propose le Musée d’Orsay à Paris.
Il réunit pour la première fois les débuts espagnols,
les « bleus » et les « roses », enrichis de leurs archives
et de leurs travaux préparatoires. Un Picasso par-delà
la légende du jeune prodige montmartrois s’y révèle :
un stratège déjà sûr de son génie et ayant retenu
les leçons de tous ses prédécesseurs. PAGES 28 ET 29
fle au rêve de réunification.
Les deux leaders de la péninsule jouent gros sous le regard d’une Administration
américaine envahie par le
doute, alors que les négociations sur la dénucléarisation
patinent depuis le sommet
historique de Singapour, le
12 juin.
è TRUMP ET KIM, AUJOURD’HUI
UNIS POUR SAUVER
LES APPARENCES
è PÉKIN MANŒUVRE POUR
REVENIR AU CENTRE
DU JEU DANS LA PÉNINSULE
CORÉENNE
è UNE NOUVELLE FRONTIÈRE
ÉCONOMIQUE
PAGES 2, 3 ET L’ÉDITORIAL
L’isolement croissant d’Anne
Hidalgo aiguise les appétits
pour la mairie de Paris
La maire de Paris a perdu lundi son premier adjoint PS,
Bruno Julliard, qui a choisi de
démissionner de façon fracassante. Il a justifié en des
termes très durs son refus de
travailler plus longtemps avec
Anne Hidalgo. Cette démission pourrait accélérer la
course à la mairie où les candidats à la candidature, de
droite, du centre et de gauche, sont d’ores et déjà dans
les starting-blocks. PAGE 4
n
n
PAGES 15 À 17
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de lundi :
Approuvez-vous la
volonté du Sénat
d’auditionner Alexandre
Benalla ?
OUI
76 %
NON
24 %
TOTAL DE VOTANTS : 53 729
M 00108 - 918 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@j@b@s@k";
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Faut-il rendre obligatoire
l’usage de l’éthylotest
antidémarrage ?
S. SORIANO - F. BOUCHON/LE FIGARO/
LE FIGARO - ANGELO MERENDINO/AFP
Trump à l’épreuve du « deal »
L
es opposants de l’intérieur, qui entourent Donald Trump, peinent à
dissimuler leur panique à l’heure
d’un nouvel élan entre les deux Corées. S’il est bien un dossier qui
échappe à leur contrôle, c’est celui de la Corée du Nord. Décrit par ses détracteurs comme « imprévisible » et doté du « niveau de
compréhension d’un enfant de troisième », le
patron de la Maison-Blanche est pourtant décidé à démontrer ses talents de dealmaker appliqués à la géopolitique, dans son mano a
mano avec Kim Jong-un.
Si l’on se fie à ses derniers tweets, sa force de
persuasion commencerait à produire ses effets sur Kim, qui fait des « efforts ». En réalité,
rien n’a bougé depuis leur sommet du mois de
juin et l’Administration s’inquiète de voir
Pyongyang jouer la montre sans intention
réelle de renoncer à l’arme nucléaire. À juste
raison. Car face au chantre de l’« America
first », le « Cher Leader » du « royaume ermite » a su faire preuve d’une surprenante
virtuosité dans la maîtrise du jeu des alliances.
Confronté il y a un an à la menace de frappes
préventives et à des sanctions économiques,
qui menaçaient de mettre à genoux son régi-
me, Kim a amadoué Trump en s’engageant à
dénucléariser la péninsule coréenne. Puis il a
utilisé cet atout pour opérer un rapprochement spectaculaire avec Pékin et Moscou et
préparer le sauvetage économique de son régime par la Corée du Sud. Alors que les négociations sur le nucléaire s’enlisent, Trump ne
pourra pas revenir à la stratégie de la « pression maximale » sans payer un prix.
À Pyongyang, le
président sud-coréen, Moon Jaein, tentera de persuader Kim de
livrer un inventaire complet de
son arsenal nucléaire, pour faire preuve de
bonne volonté et ouvrir la voie à un second
sommet avec Trump. Il avancera aussi avec
Kim sur une forme de déclaration de paix,
avec la bénédiction de la Chine et probablement de la Russie. Pressé par l’échéance des
midterms, Trump sera tenté de les suivre,
pour ne pas se déjuger. Mais concéder la paix
sans avancées sur la dénucléarisation reviendrait à concéder la paix en échange d’un
« mauvais deal ». ■
Kim maîtrise
le jeu des
alliances
diplomatiques
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n
ÉDITORIAL par Patrick Saint-Paul psaintpaul@lefigaro.fr
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
#
2
LE TWEET
« Merci au
président Kim »
« C’est un message
fort et très positif
de la part de la Corée
du Nord […] Merci
au président Kim
(d’avoir organisé
le 9 septembre
le défilé militaire
à Pyongyang sans
la traditionnelle mise
en avant de missiles
nucléaires, NDLR)
Tous les deux,
nous montrerons
à tout le monde
qu’ils ont tort […]
Rien ne valait
un bon dialogue entre
deux personnes
qui s’apprécient. »
@realDonaldTrump
COURS NON OFFICIEL DU WON NORDCORÉEN (taux de change appliqué dans
la ville frontalière chinoise de Sinuijui),
en dollars (échelle inversée)
8 000
5 janvier
8 000
8 140
21 août
8 250
8 400
3 avril 2018
8 500
Janvier 2017
Source : Nk daliy
Novembre
Août 2018
Infographie
YGYAG
en wons nord-coréens par litre
18 octobre
20 000
10 000
21 août
13 janvier
0
Janvier 2017
Source : Nk daliy
Novembre
Août 2018
Infographie
Le président
Moon pense
que l’amélioration
des relations
intercoréennes
doit permettre de
faciliter le dialogue
entre le Nord
et les États-Unis
et de régler la
question nucléaire
nord-coréenne
»
A
MOON CHUNG-IN,
CONSEILLER SPÉCIAL
DU PRÉSIDENT SUD-CORÉEN
AUX AFFAIRES ÉTRANGÈRES
À Pyongyang, les deux Co
sortir de l’impasse
Mardi, alors que les négociations atomiques s’enlisent, le leader nord-coréen, Kim
son homologue du Sud, le président Moon Jae-in, pour redonner du souffle aux
SÉBASTIEN FALLETTI £@fallettiseb
ENVOYÉ SPÉCIAL À SÉOUL
AU CŒUR de Pyongyang, les camions
rutilants des télévisions sud-coréennes KBS et SBS ronronnent au pied du
Koryo Hotel. Le long des avenues staliniennes de la capitale du « Maréchal »,
Kim Jong-un, les caméras « capitalistes » filment les passants habillés de
costumes sombres, pin’s rouge de rigueur à la gloire de la seule dynastie
communiste de la planète, épinglé sur
la poitrine. Des taxis colorés slaloment
entre les boutiques en préfabriqué, posées sur les trottoirs, témoins de la révolution marchande qui bouscule le
pays le plus fermé du monde.
Ces images interdites il y a seulement quelques mois, sont retransmises
sur écran géant à Séoul, à 195 kilomètres au sud des barbelés de la DMZ,
dans un centre de presse niché dans un
bâtiment futuriste, signée par l’architecte Zaha Hadid. Les deux Corées rivales, séparées par un fossé high-tech
béant, se regardent de nouveau et rêvent de mettre un terme à une guerre
fratricide de près de soixante-dix ans.
Mardi, le « Leader suprême » recevra pour la première fois son homologue du Sud, le président Moon Jae-in
dans sa capitale, avec pour ambition
d’attirer à lui son rival, tout en amadouant Donald Trump sur le front nucléaire. Il espère aussi redonner du
souffle au rêve fatigué de réunification.
Les deux frères ennemis de la péninsule jouent gros sous le regard d’une Administration américaine gagnée par le
doute, alors que les négociations atomiques s’enlisent, depuis le sommet
spectaculaire de Singapour, le 12 juin.
Après avoir brisé la glace avec Kim
sur la ligne de démarcation le 27 avril,
l’entremetteur Moon veut transformer
l’essai et ramener des gages atomiques
de Pyongyang pour maintenir en vie le
fragile dégel diplomatique qu’il a porté
depuis le début de l’année. « La balle
de tennis est coincée dans le filet, et
aucun des deux joueurs ne veut la chercher. Moon va aller la ramasser pour relancer le jeu », résume Kim Joonhyung,
conseiller
du
palais
présidentiel et expert à la Handong
Global University.
Fils de réfugiés du Nord, Moon fut la
cheville ouvrière du premier rapprochement intercoréen au début des années 2000, sous l’égide du président
Roh Moo-hyun qui s’échoua alors sur
la défiance atomique de l’ère George
W. Bush. Ce pragmatique de centre
gauche sait qu’il ne peut revenir les
mains vides de Pyongyang, sous peine
de perdre la confiance de l’imprévisible allié américain, mais aussi de voir
sa cote de popularité déjà en recul,
chuter sur fond de mauvais chiffres
économiques. « La Corée du Nord doit
maintenant non seulement démanteler
son programme atomique, mais également livrer ses armes, son matériel et
ses sites », a proclamé ce catholique,
avant son départ pour le Nord. Un
message claironné à destination de
Kim, mais aussi de Washington, pour
afficher sa détermination face aux faucons en embuscade.
Principe de synchronisation
Officiellement, le palais présidentiel
croit dur comme fer à la bonne volonté
du « Maréchal », et à une percée historique. Mais en coulisses, les stratèges
savent que le temps est compté, alors
que le secrétaire d’État, Mike Pompeo,
a annulé sa visite à Pyongyang en août,
faute de résultats tangibles. Séoul espère arracher un geste concret du
« Leader suprême », notamment une
liste des sites sensibles, que réclament
en vain les Américains depuis juillet.
Mais les experts doutent de la volonté de Kim de faire une concession sans
contrepartie américaine. Le processus
se heurte au principe de synchronisation cher à Pyongyang qui souhaite
obtenir des concessions simultanées de
la part de la première puissance mondiale. « Ils veulent des garanties de sé-
curité avant de bouger, car ils ont observé l’expérience libyenne », explique
Fedor Voytolovsky, expert à l’Académie russe des sciences, à Moscou en
référence au destin du colonel Kadhafi,
qui avait en son temps renoncé à son
programme d’armes de destruction
massive avant de mordre la poussière.
Le front économique préoccupe égale-
ment le « Maréchal » élevé en Suisse,
alors que les sanctions étouffent la timide croissance. Le régime exige un
allègement rapide des mesures onusiennes en échange de pas vers la dénucléarisation, mais se heurte à un
mur à la Maison-Blanche. Sous pression, Kim bénéficie d’un bol d’oxygène
de la part de son grand frère chinois,
qui tolère de nouveau le trafic frontalier marchand et des entorses aux interdictions de vente de minéraux selon
un nouveau rapport de l’ONU, révélé
par le Wall Street Journal.
La scène politique américaine pourrait également encourager le jeune dirigeant à temporiser. « Kim ne peut se
fier à Trump, car il sait que la situation à
Trump et Kim, aujourd’hui unis pour sauver
PHILIPPE GÉLIE £@geliefig
CORRESPONDANT À WASHINGTON
CHACUN dans son genre, Donald
Trump et Kim Jong-un ont un talent affûté pour la propagande. Ils continuent
à s’échanger des messages amicaux et
se préparent à un deuxième rendezvous au sommet, malgré l’absence totale de progrès dans le désarmement nucléaire depuis leur première rencontre à
Singapour, il y a trois mois.
Le président américain et le leader
nord-coréen ont tous deux intérêt à
sauver les apparences. Le premier
affronte des législatives cruciales dans
moins de deux mois et présente son
accord de principe avec Kim comme un
succès historique de politique étrangère. Le second veut passer au développement économique de son pays, ce qui
suppose de tourner la page des menaces
de guerre nucléaire proférées l’an
dernier.
Après avoir orchestré un défilé à
Pyongyang sans missiles balistiques
pour le 70e anniversaire de son pays –
« une déclaration très forte et positive »,
a applaudi Trump, – le jeune dictateur
lui a adressé la semaine dernière une
lettre également saluée comme « très
positive » et « chaleureuse » par la Maison-Blanche. « Merci au chairman Kim,
s’est exclamé Donald Trump dans un
tweet. Nous allons donner tort à tout le
monde ! Rien de tel qu’un bon dialogue
entre deux personnes qui s’apprécient ! »
Quelques jours plus tôt, il s’était félicité
que le maître de Pyongyang ait « proclamé sa foi inébranlable dans le président Trump ! »
Les discussions « sont déjà engagées » pour organiser un nouveau
sommet entre les deux hommes, a indiqué la porte-parole de la présidence,
Sarah Sanders, sans préciser le lieu ni la
date. Elle l’a justifié par « les signes de
bonne foi » en provenance de Corée du
Nord : la libération de trois prisonniers
américains en mai, la restitution en
juillet de dépouilles de soldats disparus
depuis la fin de la guerre en 1953, et
l’absence de missiles balistiques au
défilé du 9 septembre.
Pourtant, le 24 août, Trump avait
brutalement annulé le voyage que devait effectuer à Pyongyang son secrétaire d’État, Mike Pompeo. Le mois précédent, celui-ci avait été snobé par le
« Leader suprême », dont les acolytes
dénonçaient les demandes américaines
« cancéreuses et dignes de gangsters. »
Ce n’est pas seulement une indication
que les deux dirigeants ont la même
méthode de négociations, faite de
chauds-froids et de contre-pieds. C’est
aussi que l’Administration américaine
« fonctionne à deux vitesses », comme
le soulignait récemment un « haut responsable » anonyme dans une tribune
au New York Times.
Tandis que les leaders s’envoient des
fleurs et font mine d’avancer vers la
paix, l’entourage du président Trump
s’inquiète de voir sa stratégie de « pression maximale » s’effilocher. Selon un
rapport du comité des sanctions de
l’ONU, les violations de l’embargo censé frapper la Corée du Nord sont devenues monnaie courante, avec quelque
200 « joint-ventures » sino-nordcoréens, 39 autres avec des entreprises
russes et plus de 89 violations des quo-
Le président américain, Donald Trump, le 12 septembre à Washington.
SUSAN WALSH/AP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 18 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
rées veulent
3
Pékin manœuvre pour revenir au centre
du jeu dans la péninsule coréenne
CYRILLE PLUYETTE £@CyrillePluyette
CORRESPONDANT À PÉKIN
Jong-un, recevra pour la première fois
espoirs de réunification.
Kim Jong-un et Moon Jae-in,
le 27 avril à Panmunjom,
lors du sommet à la frontière
entre les deux Corées.
KOREA SUMMIT PRESS POOL/AP
mettant fin à la guerre de Corée, toujours suspendue à un fragile armistice
conclu en 1953. Un geste symbolique, en
forme de jalon vers un traité de paix, qui
permettrait d’ouvrir un espace de négociation et d’allègement progressif des
sanctions. Mais cette suggestion peine à
convaincre Washington, si elle n’est pas
assortie d’un geste atomique tangible. ■
les apparences
tas pétroliers via des transferts de bateau à bateau. Pyongyang aurait également vendu des chars, des lanceroquettes et des missiles aux rebelles
houthistes du Yémen, et aiderait la Syrie à développer son arsenal chimique.
Les États-Unis ont convoqué lundi
une réunion d’urgence du Conseil de
sécurité de l’ONU pour dénoncer les
tentatives russes d’édulcorer ce rapport, qui met en cause Pékin pour l’importation de centaines de millions de
dollars de textile, d’acier et de produits
agricoles nord-coréens, ainsi que
Moscou pour ses livraisons de pétrole,
ses transactions financières avec Pyon-
“
Personne ne veut
revenir au feu et à la furie
de 2017, alors on s’efforce
de maintenir le processus
debout
”
JEFFREY LEWIS, EXPERT AU MIDDLEBURY
INSTITUTE EN CALIFORNIE
gyang et l’enrôlement de milliers de
travailleurs nord-coréens. « Les ÉtatsUnis sont plus déterminés que jamais à
appliquer ces sanctions, que nous jugeons
centrales aux efforts du président Trump
pour convaincre le chairman Kim qu’une
dénucléarisation totale est nécessaire et
doit être accomplie de telle manière que le
monde la voie », insiste Mike Pompeo.
En août, l’Agence internationale de
l’énergie atomique (AIEA) avait exprimé sa « grave inquiétude » devant le
développement de sites nucléaires et le
transfert de missiles balistiques vers des
silos secrets, sans susciter de réaction à
Washington. « Les responsables de
l’Administration ont du mal à gérer à la
Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, accueille le chef du Parlement chinois,
Li Zhanshu, en septembre à Pyongyang. KCNA/REUTERS
Pékin avait été ulcéré par les essais nucléaires nord-coréens, et Pyongyang avait
reproché à la Chine d’avoir voté des sanctions des Nations unies à son encontre.
Preuve du poids qu’avait eue la Chine
dans les discussions, Donald Trump a annoncé en juin l’annulation des manœuvres
militaires conjointes entre Séoul et
Washington sur la péninsule. Or c’était
précisément la solution préconisée par Pékin : un gel de ces exercices, en échange de
l’arrêt des essais nucléaires et des tests de
missiles nord-coréens.
“
Pékin ne peut qu’avoir
un rôle très limité dans
le contexte actuel, tant
la guerre commerciale
complique la coopération
avec les États-Unis
”
CHENG XIAOHE, PROFESSEUR À L’UNIVERSITÉ
DU PEUPLE, À PÉKIN
La Chine a d’autant plus intérêt à une
dénucléarisation de la Corée du Nord, que
ce processus rendrait moins légitime la
présence militaire américaine en Corée du
Sud. Pékin veut par ailleurs à tout prix éviter un retour à la situation explosive de l’an
dernier, lorsque Washington menaçait de
riposter aux provocations de Kim Jong-un
par des frappes. Un effondrement du régime nord-coréen risquerait notamment de
provoquer un afflux massif de réfugiés sur
son sol.
Dans la même logique, Pékin appuie le
projet, poussé par les deux Corées - mais
rejeté à ce stade par les États-Unis - d’un
traité de paix qui mettrait officiellement fin
au conflit intercoréen (seul un armistice
avait été conclu). L’empire du Milieu, qui
avait participé à la guerre de Corée (19501953), a toutefois la ferme intention d’être
signataire du document. « C’est capital
pour Pékin, qui veut accroître son influence
sur la péninsule, car cela concerne les mécanismes de sécurité à mettre en place, la présence de l’armée américaine, ou la frontière
maritime entre les deux Corées », insiste
Zhao Tong, chercheur au Carnegie-Tsinghua Center for Global Policy.
Alors que les discussions entre Pyongyang et Washington semblent au point
mort, c’est pour l’heure le président sudcoréen, Moon Jae-in, qui joue le rôle de
médiateur entre les deux protagonistes. La
Chine, elle, semble s’être un peu mise en
retrait pour le moment, selon plusieurs
observateurs, laissant les deux Corées tenter d’obtenir des avancées et attendant des
gestes concrets de Kim Jong-un. « Pékin
ne peut qu’avoir un rôle très limité dans le
contexte actuel, tant la guerre commerciale
complique la coopération avec les ÉtatsUnis », résume Cheng Xiaohe, professeur à
l’Université du peuple, à Pékin.
Principal soutien diplomatique et économique de la Corée du Nord, Pékin plaide
pour un allégement des sanctions qui visent ce pays. La Chine, alignée sur la position de Pyongyang, estime que la dénucléarisation doit être progressive, et
accompagnée de concessions côté américain, d’après les experts. Pékin a par
ailleurs intérêt au développement économique de son voisin, dont bénéficieraient
ses propres régions frontalières, au nordest. Mais « tant que les sanctions ne sont pas
réduites ou supprimées, aucune coopération
économique à grande échelle n’est possible », rappelle Cheng Xiaohe. Pékin va
sans doute devoir patienter… ■
Une nouvelle frontière économique
fois le boss et la crise », observe Jeffrey
Lewis, expert au Middlebury Institute
en Californie, qui vient de publier un
ouvrage de fiction sur une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Corée
du Nord. « Personne ne veut revenir au
feu et à la furie de 2017, alors on s’efforce
de maintenir le processus debout. »
Le jeune dictateur semble avoir compris un point central des convictions de
Trump, bien documentées dans le livre
de Bob Woodward, Fear (peur) : il est
obsédé par le coût des opérations extérieures américaines et ne voit pas l’intérêt d’un investissement de long terme
pour garantir la stabilité régionale si
loin de ses bases. Si son but est de retirer
les forces américaines de la péninsule à
la faveur d’un règlement de la crise nucléaire, c’est aussi l’objectif de Kim, via
un traité de paix mettant fin à la guerre
de Corée. « La dénucléarisation de la péninsule est un concept nord-coréen qui ne
signifie pas désarmement, rappelle Jeffrey Lewis. Pour eux, ce n’est qu’une aspiration, un peu comme le monde sans
armes atomiques de Barack Obama, et
elle n’est pas de leur responsabilité. »
Ce malentendu reste pour l’heure
masqué par le jeu de rôle de Trump et de
Kim. « Les Nord-Coréens proposent ce
que j’appellerai un “deal israélien”, estime Jeffrey Lewis : ils arrêtent de montrer leurs armes nucléaires, de les tester,
de les exhiber dans les défilés, d’en parler
à tout bout de champ, en ce sens ils diminuent donc leur importance, mais nous
arrêtons de nous plaindre à ce sujet et
nous faisons en sorte d’améliorer la relation bilatérale. » Le risque, souligne-til, « c’est que ce deal soit impopulaire à
Washington et que le président, déçu, se
retourne à la fin contre Kim. » Avec feu
et furie. ■
Corée
« duLa Nord
est riche en
main-d’œuvre
mais aussi
en minéraux.
Cela offrirait
des
perspectives
économiques
fantastiques
UN OFFICIEL À SÉOUL
»
LE PRÉSIDENT sud-coréen,
Moon Jae-in atterrira en force à
Pyongyang, mardi matin, pour
son troisième sommet avec Kim
Jong-un. Dans son avion, il embarquera les patrons des principaux chaebols, dont Samsung,
Hyundai ou LG, afin de mieux
séduire le « Leader suprême »
nord-coréen, assoiffé de croissance. La présence de Lee
Jae-yong, héritier du numéro
un mondial de la téléphonie
mobile, et tout juste sorti de
prison, symbolise les ambitions
de la 4e économie d’Asie, en
quête d’un nouveau souffle face
à la concurrence chinoise. Alors
que la croissance ralentit, et que
le vieillissement démographique accéléré plombe ses perspectives, la Corée du Sud rêve
d’un nouvel eldorado au Nord
offrant aux conglomérats familiaux une main-d’œuvre à bas
coût parlant le coréen, et à terme un marché d’expansion.
« La paix, un nouveau futur »
proclame le slogan du sommet
intercoréen. « La Corée du Nord
est riche en main-d’œuvre mais
aussi en minéraux. Cela offrirait
des perspectives économiques
fantastiques », murmure un officiel à Séoul.
Le rêve d’une nouvelle frontière économique planera sur le
sommet intercoréen, le premier
à Pyongyang depuis plus d’une
décennie. La relance de la coopération transfrontalière est
une priorité de Séoul guidé par
un élan nationaliste coréen en
faveur d’un rapprochement
économique et politique pour
tenir tête aux diktats des grandes puissances qui ont malmené
la péninsule au XXe siècle.
Une Corée unifiée de 75 millions d’habitants pourrait à terme tutoyer les grandes économies européennes, une fois
digérées le coût colossal de la
réunification, ont calculé les
économistes.
Eldorado nord-coréen
Au nord des barbelés de la DMZ,
Kim Jong-un est en quête d’argent frais pour soutenir sa fragile croissance étranglée par les
sanctions internationales, et satisfaire les nouveaux désirs consuméristes de ses élites. Mais les
rêves de rapprochement se
heurtent sur la réalité des sanctions internationales déclenchées en représailles du programme atomique des Kim. Les
mesures votées par le Conseil de
sécurité de l’ONU, et les sanctions unilatérales des États-Unis
interdisent les investissements
dans l’essentiel de l’économie
nord-coréenne, contrôlée par
l’État, sous peine d’accusation
de financement des programmes illicites du régime.
Pour sortir de l’impasse,
Séoul mise sur la stratégie des
petits pas en privilégiant
d’abord des projets transfrontaliers dans des secteurs comme
le tourisme ou les transports,
non couverts par les sanctions.
Lors de leur première rencontre
à Panmunjom, Kim avait surpris en admettant la piètre qua-
lité des routes dans son pays,
lançant un appel du pied aux investissements
sud-coréens
dans les infrastructures. Un
projet de chemin de fer est de
nouveau en discussion.
Au sommet, Séoul et Pyongyang pourraient annoncer la
relance des voyages organisés
dans les monts Kumgang, sur la
côte orientale, suspendus en
2008 suite à la mort d’une touriste du Sud. Cette entreprise
menée par Hyundai offrait
l’unique opportunité pour les
citoyens sud-coréens de franchir les barbelés, et une source
de devises au régime nord-coréen. La relance du parc industriel à Kaesong, où des entreprises du sud employaient plus de
50 000 ouvriers nord-coréens
jusqu’à sa fermeture en 2016,
pourrait venir dans un second
temps, si le nucléaire n’enraye
pas la détente coréenne.
Les arrière-pensées économiques poussent également
Séoul à promouvoir une déclaration mettant solennellement
fin à la guerre de Corée (19501953). En dépit du caractère
symbolique et non contraignant
sur le plan juridique d’une telle
démarche, « une fois que nous
ne serons plus en guerre, il sera
possible d’assouplir l’application
des sanctions », affirme une
source diplomatique sud-coréenne. Une manœuvre qui ne
plaît guère à Washington, les
yeux rivés sur le nucléaire. L’eldorado nord-coréen n’est pas
pour demain. ■
S. F.
A
Washington pourrait être bouleversée
bientôt. Il n’a pas intérêt à faire de
concessions avant les élections à mimandat », juge Kim Hyun-wook, professeur à l’Académie diplomatique nationale de Corée du Sud.
Pour sortir de l’impasse par le haut,
les frères ennemis coréens mettent la
priorité sur une déclaration commune
À LA FIN de la parade militaire organisée
récemment à Pyongyang pour les 70 ans
de la Corée du Nord, Kim Jong-un, debout
à la tribune, a pris la main de son invité
d’honneur, le chef du Parlement chinois,
et l’a brandie devant la foule. La présence
de Li Zhanshu, numéro trois du régime
communiste chinois, prouvait certes la
volonté de Pékin de ne pas négliger ses relations avec le « royaume ermite ». Mais le
fait que ce soit ce haut dignitaire, et non
pas le président Xi Jinping - comme l’avait
évoqué la rumeur – qui ait assisté aux cérémonies, témoigne de l’équilibre délicat
que tente de maintenir le géant asiatique
entre Pyongyang et Washington, sur le
dossier nucléaire nord-coréen.
Inquiet que son voisin ne bascule à terme dans l’orbite américaine, Pékin ne peut
toutefois pas prendre le risque de trop se
rapprocher de Pyongyang. Pas question
d’envenimer ses rapports avec les ÉtatsUnis, partisans d’une « pression maximum » sur le pays reclus, alors que les tensions commerciales sino-américaines ne
cessent de croître. Donald Trump s’apprêterait à imposer de nouveaux droits de
douane sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises, selon la presse
américaine.
Le locataire de la Maison-Blanche, qui a
annulé le mois dernier le voyage de son secrétaire d’État, Mike Pompeo, à Pyongyang en raison de l’absence de progrès
sur la question nucléaire, avait imputé cette impasse à la Chine, qui « n’aide plus
comme avant ». Donald Trump était revenu peu après à la charge, accusant Pékin de
fournir à la Corée du Nord « de l’argent, du
carburant, de l’engrais et plusieurs autres
produits ». La Chine a dénoncé une « logique irresponsable et absurde » et estimé
que Washington devrait « se regarder dans
le miroir au lieu de critiquer les autres ». Il
n’empêche : la Corée du Nord parviendrait
à contourner les dernières sanctions internationales avec l’aide d’intermédiaires situés en Russie et en Chine, selon un rapport confidentiel des Nations unies cité par
le Wall Street Journal.
La tenue du sommet historique entre
Kim Jong-un et Donald Trump, le 12 juin
dernier, a fait craindre à la Chine de se retrouver marginalisée. Mais Xi Jinping, qui
compte défendre ses intérêts stratégiques
dans la région, a tout fait pour ne pas être
tenu à l’écart. Il a reçu le « Leader suprême » deux fois avant le fameux sommet, et
une fois juste après. Les relations bilatérales se sont d’ailleurs nettement réchauffées
cette année après une période de brouille.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
4
POLITIQUE
Nouveau coup dur pour Anne Hidalgo
Le premier adjoint PS à Paris, Bruno Julliard, a annoncé lundi sa démission, critiquant sévèrement la maire
de Paris, tant sur la forme que sur le fond. De quoi donner des espoirs à la droite alors que LaREM se disperse.
PARIS Anne Hidalgo commençait à peine
à sortir la tête de l’eau de la Seine. À
« respirer », pour reprendre le titre de
son nouveau livre publié ces prochains
jours (L’Observatoire). Un premier geste
en vue de sa candidature aux municipales
de 2020. L’été avait apaisé le « Hidalgo
bashing » des derniers mois. Un sondage
Ifop pour le JDD la plaçait dimanche à
égalité avec le candidat présumé de LaREM, Benjamin Griveaux, et non plus loin
derrière. Mais c’était sans compter sur
son premier adjoint, Bruno Julliard, qui a
choisi ce moment pour démissionner de
façon fracassante. Dans une lettre à ses
collègues du Conseil de Paris, et dans un
entretien au Monde, il s’est justifié lundi,
en des termes très durs, de son refus de
travailler plus longtemps avec la maire PS
de la capitale. « Si des réussites sont incontestables, les approximations ou erreurs ne m’apparaissent pas être considérées à leur juste gravité pour pouvoir y
remédier. »
Ancien président de l’Unef, désormais
au centre gauche non loin de LaREM, Julliard assure, dans son courrier, avoir tenté « avec constance, de mettre en garde »
notamment sur les « conséquences » que
porte en lui « le manque d’attention portée
à la qualité de l’espace public ». Il dénonce
des « décisions précipitées » qui engendrent « de sérieux risques juridiques »
mais aussi « le défaut de suivi de certaines
infrastructures majeures, l’absence de
priorisation et de constance dans les décisions prises », entraînant « incompréhension et démobilisation de nos équipes, malgré leur professionnalisme ». « Face aux
mécontentements, cingle-t-il dans Le
Monde, j’ai eu l’occasion de regretter un
déficit d’humilité et de compréhension. » Il
y voit « un manque d’authenticité dans le
rapport à l’altérité démocratique » et assure ne plus se sentir « en capacité d’in-
fluer sur le cours des choses ». Il jure que
sa démission « ne répond à aucune stratégie personnelle, aucun plan caché ».
Dans sa lettre pourtant, il esquisse des
pistes en vue des municipales, soulignant qu’Hidalgo ou les socialistes devront dépasser leurs « seuls soutiens traditionnels ». Julliard pointe entre autres
une fuite en avant sur les choix budgétaires. Impossible pour lui, « même par
politesse gênée », de soutenir la gratuité
des transports… Dans sa ligne de mire :
l’alliance d’Hidalgo avec le PCF. Pour
l’adjoint communiste au Logement Ian
Brossat : « La démission de B. Julliard est
la suite logique de désaccords politiques.
[…] C’est son droit mais c’était devenu incompatible. »
Dans ce désordre apparent,
la possible candidature
d’Édouard Philippe reste
présente dans les esprits
STEPHANE LEMOUTON/RESERVOIRPHOTO
SOPHIE DE RAVINEL £@S2RVNL
Le bras de fer est lancé au sein de la
majorité. La bataille de Paris s’annonce
violente. Lundi, les proches d’Hidalgo
ont tenté d’éteindre l’incendie en soulignant « les excès » des propos de Julliard,
les rendant insignifiants, et en évoquant
des différends « d’ordre personnel ». Mais
la marche est très haute.
Pour seul atout, la gauche se retrouve
face à LaREM en ordre dispersé. Le porteparole du gouvernement Benjamin Griveaux est favori mais il est talonné par
d’autres candidats : Mounir Mahjoubi
(lire ci-dessous), Hugues Renson ou encore le sénateur Julien Bargeton qui s’est
dit lundi « candidat à la candidature ».
Sachant que dans ce désordre apparent,
la possible candidature du premier ministre Édouard Philippe, même s’il se refuse absolument à l’évoquer, reste présente dans les esprits.
La droite, en revanche, apparaît relati-
Anne Hidalgo et son premier adjoint Bruno Julliard lors d’une conférence de presse sur la tenue de la COP21, en mars 2015.
vement unie. Même si le paysage n’est pas
définitivement dessiné et que les élus LR
attendent des gages, le député Agir Pierre-Yves Bournazel dit s’être déjà entouré
d’une centaine de personnes pour l’aider
à préparer une candidature officielle, qui
ne devrait plus tarder. « Je ne suis pas
dans une logique de parti mais de projet »,
indique, pragmatique, le jeune député qui
se garde de « trop critiquer Anne Hidalgo ». « Les Parisiens, dit-il, attendent une
alternative qui leur soit utile. » ■
Mounir Mahjoubi : « Je peux être
un bon candidat pour Paris »
PROPOS RECUEILLIS PAR
ARTHUR BERDAH £@ArthurBerdah
Qu’est-ce qui motive le besoin
d’alternance à Paris ?
Cela fait dix-sept ans que nous avons la
même majorité ! Les habitudes se sont installées, l’exigence et l’innovation se sont
usées. Or, le monde se transforme et les
transitions numériques et environnementales nous imposent de nouveaux défis qui
nécessitent une révolution des comportements et des politiques de la ville.
A
Avez-vous des pistes de réflexion
en matière de transports ?
Il faut désidéologiser la question des
transports. Notre objectif reste le même :
la qualité de l’air et la qualité de vie. Mais
nous avons une exigence, qui est de ne
pas punir les Parisiens tous les matins. Il
faut donc être intelligent et créer plus de
flexibilité. En s’appuyant sur le numérique, par exemple, pour adapter la voirie
de façon dynamique dans la journée et
dans la semaine. Il y a aussi la location libre de vélos, scooters et voitures électriques, qui peut être l’avenir si elle est bien
régulée. Tout ce qui n’a pas été fait sur
Vélib’ et Autolib’.
Et en ce qui concerne le logement ?
Le logement est un problème majeur.
Pour les plus pauvres, qui sont en attente
d’un logement social, comme pour les
classes moyennes qui ne peuvent plus
acheter ou louer dans Paris. On a une accumulation d’acteurs publics et privés
qui ne sont pas coordonnés, la ville dépense 3 milliards d’euros, pour un résul-
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
LE FIGARO. - Comment jugez-vous
le bilan d’Anne Hidalgo ?
Mounir MAHJOUBI. - Nous allons faire ce
bilan avec les Parisiens, notre mouvement va les rencontrer durant six semaines. Une chose est sûre : sur l’environnement et le logement, il y a eu beaucoup de
bonnes intentions mais une incapacité
rare à les réaliser à cause d’un excès
d’idéologie. Sur d’autres sujets, comme la
propreté ou la sécurité, on peut parler
d’abandon.
Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État
chargé du numérique et ancien député
LaRem du XIXe arrondissement.
tat insatisfaisant. Le futur maire devra
s’engager : construire plus, plus vite et
moins cher.
Comment doit-on gérer Paris ?
On la gère avec les Parisiens et en retrouvant le courage de décider. Nous devons
passer d’une ville de « gestionnaires politiciens » à une ville d’« entrepreneurs ».
Et pour cela, toujours innover en utilisant
les bonnes ressources financières et humaines pour le maximum d’impact positif
pour la planète et la qualité de vie des gens.
Ensuite, on ne pilote pas seul depuis un
bureau dans l’Hôtel de ville. Le « faire ensemble » est la suite naturelle du « vivre
ensemble ». Et ça tombe bien : le participatif est dans l’ADN de notre mouvement.
Avez-vous déjà arrêté des critères pour
composer la liste LaREM à Paris ?
Il n’y aura que deux types de candidats :
les experts de certains sujets - et on veut
que les meilleurs viennent vers nous - et
les experts de chaque quartier – que l’on
forme ou qui nous rejoignent. Les gens
qui viennent grâce à un accord de parti
ou uniquement parce qu’ils étaient déjà
élus avant, ça n’existera plus. Je vous
l’affirme.
Qu’est-ce qui vous motive quand vous
participez à des événements parisiens qui
dépassent votre périmètre ministériel ?
Je suis né à Paris, j’ai grandi dans les
quartiers populaires de Paris, j’y ai travaillé et créé plusieurs entreprises. J’ai
été élu député en juin 2017. C’est certes
un mandat national, mais il me lie profondément à ma circonscription (XIXe
arrondissement). C’est un honneur de
représenter ces personnes au niveau national. Alors oui, j’aime énormément la
vie locale et j’y consacre de nombreux
week-ends.
Quel est le portrait-robot du bon
candidat LaREM ?
La tête de liste devra être un expert des
sujets, un expert des quartiers et quelqu’un qui aime les gens. Mais les questions de personnes ne sont pas les plus
importantes. Ce qui compte, c’est de savoir comment construire notre projet et
avec qui. Il faut permettre à tous ceux,
qu’ils soient écolos, de droite, de gauche
ou du centre, de nous rejoindre. Nous
voulons faire émerger des leaders du
quotidien : de la porte d’Italie à la porte
d’Auteuil, de la place des Fêtes au Trocadéro.
Plusieurs personnes risquent de
correspondre à cette description…
Lorsque plusieurs personnes souhaitent
porter un projet collectif, il est sain que le
mouvement puisse les départager. Aujourd’hui, il n’y a aucune évidence sur le
profil du meilleur candidat. La tête de liste émergera après le diagnostic, et avec le
projet. Certains expriment plus que
d’autres leurs envies et leurs ambitions.
J’en fais partie.
Êtes-vous candidat ?
De nombreuses personnes m’y encouragent… Et je ne suis pas insensible à leurs
appels. Je fais partie des hyperinvestis sur
le projet de structuration du mouvement
à Paris et la création des idées pour la capitale… Mon histoire de vie, mon expérience d’entrepreneur et au gouvernement font que je peux être un bon
candidat pour Paris. Mais ça n’est pas encore le moment d’en parler. ■
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Les nouveaux mystères
de Paris
E
mblème de Londres la rivale,
le smog s’abat sur Paris.
Un épais brouillard
enveloppe la situation
politique de la Ville Lumière.
Les municipales de 2020 dans
la capitale ne sont qu’une addition
d’inconnues. À commencer
par l’identité même des candidats.
Il semblait au moins acquis jusqu’à
ce jour qu’Anne Hidalgo tenterait
de sauver son fauteuil de maire. Avec
le coup de poignard de son premier
adjoint, ce n’est même plus le cas.
Un réquisitoire fait toujours plus mal
quand il vient de son propre camp.
A fortiori de son bras droit. La charge
de Bruno Julliard pourrait conduire
à une forme d’empêchement
de la maire sortante. Un peu comme
François Hollande qui n’a même pas
pu se représenter, cloué au sol par
un bilan contesté et un dauphin
potentiel qui assassine sa présidence.
On en est pas encore au forfait, loin
de là ; Anne Hidalgo a l’orgueil
combatif. Mais alors qu’elle
s’apprêtait à lancer sa grande contreoffensive, le coup d’éclat de son
premier adjoint tombe au plus
mauvais moment pour elle.
Mais à La République en marche
non plus, rien n’est acquis.
Plus Benjamin Griveaux avance
et plus des concurrents se dévoilent.
Son collègue au gouvernement,
Mounir Mahjoubi, fait un pas
supplémentaire (lire ci-contre).
Au sein même de la macronie,
beaucoup de voix trouvent Griveaux
plus taillé pour présenter
un programme que pour incarner
les Parisiens. Et, comme pour
Christophe Castaner à la tête du parti,
sa casquette de ministre est source
de confusion, la campagne
municipale à Paris risquant d’avoir
des airs de campagne « officielle »
du président de la République.
Comme lorsque Michel d’Ornano,
finalement battu par Jacques Chirac,
avait été choisi par Valéry Giscard
d’Estaing. Que le nom d’Édouard
Philippe soit par ailleurs lancé par
des proches de Macron confirme
que rien n’est scellé définitivement
du côté des Marcheurs.
À droite enfin, le flou est entier.
Député (UDI, Agir et Indépendants
dans le XVIIIe arrondissement),
Pierre-Yves Bournazel se prépare
de longue date. Beaucoup d’élus
de la droite parisienne en font
le meilleur candidat de leur camp.
Sauf qu’il n’est pas membre de LR
et qu’il entend bien se présenter hors
parti. Pour certains à LR, ce n’est pas
un problème mais une chance. Pour
d’autres, c’est rédhibitoire.
« Les électeurs ont besoin de clarté »,
estime Rachida Dati dans Le Parisien,
pour un rassemblement de la droite
« au sens large », mais sans « double
étiquette ». D’ailleurs, à la tête
du groupe LR, Florence Berthout
a réussi à pacifier la droite
Dans chaque camp, l’identité
du chef de file dictera les contours
des listes et des alliances. La présence
ou l’absence d’Anne Hidalgo jouerat-elle sur la possibilité d’accord entre
En marche et la gauche ? Ou sur
la place dans la compétition
de Gaspard Gantzer, ancien conseiller
de Bertrand Delanoë et de François
Hollande ? Bournazel pourra-t-il
fédérer toute la droite et être soutenu
par des Marcheurs ?
Enfin, et c’est la clé principale
de ces nouveaux mystères de Paris :
le scrutin se jouera arrondissement
par arrondissement. Ce qui compte
n’est pas le score d’une liste mais
le nombre de ses élus. Même quand
les chefs de file seront désignés,
le nom du maire de Paris peut
dépendre d’alliances de second tour,
voire d’accords de troisième tour, au
sein du Conseil de Paris. À Paris, le
smog ne se lèvera pas avant le
printemps 2020. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
Dans chaque
camp,
l’identité
du chef de
file dictera
les contours
des listes
et des
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Après la démission de Frédérique Dumas,
le malaise gagne la majorité
La députée a comparé le groupe LaREM au « Titanic » et rallié l’UDI. Un nouveau signal d’alerte.
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
MAJORITÉ Ils ont beau minimiser, balayer d’un revers de main ce qu’ils
considèrent n’être qu’une « décision
personnelle » : en réalité, la défection de
la députée Frédérique Dumas du groupe
La République en marche (LaREM)
sème le trouble dans la majorité. La démission fracassante de cette élue des
Hauts-de-Seine, qui a rejoint l’UDI (lire
page 7) après avoir exprimé ses « désaccords profonds sur le fond et sur la
méthode » dans Le Parisien, est une
nouvelle épreuve pour le groupe déjà
tourmenté des députés LaREM.
La productrice de cinéma, vice-présidente de la commission des affaires
culturelles, a vivement critiqué l’orientation de la réforme de l’audiovisuel public et surtout comparé le groupe majoritaire au Titanic… « C’est déplorable ! »,
soupire Jean-Baptiste Moreau, député
LaREM de la Creuse. « Partir en ce moment, alors qu’on est justement en train
de déterminer des nouvelles règles de
fonctionnement, en essayant de se sauver
en premier et en passant devant les
autres, ce n’est pas une bonne manière de
faire », regrette-t-il. « Parler du Titanic
est une honte ! On ne quitte pas un bateau
en temps de tempête », abonde le député
de Moselle, Ludovic Mendès.
Car le signal politique envoyé est extrêmement négatif pour la majorité, qui
traverse déjà une période de gros temps.
« C’est sûr que c’était plus facile il y a
quinze mois de se faire élire avec la photo
d’Emmanuel Macron que de défendre
aujourd’hui l’étiquette LaREM », concède une élue du parti. « C’est précisément
maintenant qu’il faut tenir la barre », a
plaidé Stanislas Guerini, porte-parole
des députés macronistes. En creux, certains redoutent des réactions en chaîne
après le coup de sang de Frédérique
Dumas. « Le problème, c’est que ça peut
désinhiber certains députés qui ne se sentent pas forcément à l’aise. On s’en serait
bien passé », grince un cadre du groupe.
Des sympathisants
déboussolés
Selon plusieurs élus, le constat dressé
par Frédérique Dumas serait partagé par
un grand nombre de députés. « Ce
qu’elle dit est fondé », admet un macroniste. « Les messages et réactions sont
sympathiques et positifs, tout le monde
me dit “tu as dit des choses qu’on pense
tout bas”. La plupart n’ont pas envie de
quitter LaREM ou le groupe », a souligné
Frédérique Dumas, lundi soir sur Europe 1. L’ancienne candidate au perchoir,
Barbara Pompili, a elle aussi fait état de
« problèmes de fonctionnement », de
« relations avec l’exécutif » et d’un besoin de « remotiver » les troupes. Certains députés - entre trente et cinquante
- selon les décomptes internes - se sen-
tent toujours inutiles et peinent à émerger, si bien qu’ils ont disparu des radars,
se repliant parfois sur leur circonscription. « Beaucoup de députés disent qu’ils
vont arrêter à la fin de leur mandat, confie
un Marcheur. Le problème, c’est qu’on a
changé de statut social, et pour certains,
ce sera compliqué de redevenir assistante
maternelle ou simple employé. »
En période trouble, la désillusion risque fortement de gagner les rangs. Depuis l’affaire Benalla, les difficultés s’accumulent et de plus en plus de députés
se posent des questions, interpellés sur
le terrain par des sympathisants déboussolés. La petite musique ne fait que
s’amplifier et pourrait devenir particulièrement pénalisante à l’approche des
élections européennes. Le malaise gagne aussi les députés MoDem, qui ne se
sentent pas assez considérés. La menace
de la création d’un huitième groupe
parlementaire, alimentée notamment
par des députés de la majorité comme
François-Michel Lambert, pèse toujours
sur le collectif. Autant de défis qui attendent le futur président du groupe,
qui sera élu mardi par ses pairs dans un
contexte extrêmement compliqué (lire
ci-contre). « La démission de Dumas ne
devra pas être passée sous silence par les
candidats, il faut absolument en tirer des
conséquences », plaide une députée. « À
l’avenir, il faudra moins s’occuper de
ceux qui parlent fort que de ceux qui bossent et sont loyaux. » ■
Frédérique Dumas, députée des Hauts-de-Seine, vice-présidente de la commission des affaires culturelles, sur les bancs de l’Assemblée nationale, en mai 2018.
T. PADILLA/MAXPPP
Ultimes tractations avant l’élection du président de groupe
« leToutmonde
a peur
de l’après,
il faudra tout
reconstruire
alors qu’il
y a des
textes
importants
»
UN CADRE DE LAREM
JUSQU’À la dernière minute, l’issue de l’élection semblait très incertaine. En témoignent les ultimes tractations, en coulisses, qui
ont rythmé la dernière journée de
campagne, lundi. Alors qu’ils
étaient dix candidats sur la ligne de
départ à ambitionner de succéder à
Richard Ferrand à la tête du groupe, deux d’entre eux ont jeté
l’éponge.
Gabriel Attal a été le premier à
annoncer qu’il se retirait. Sa décision a d’autant plus surpris ses collègues que ce jeune porte-parole,
figure montante de la macronie,
faisait partie des favoris… « J’espère que d’autres candidates et candidats suivront ce mouvement qui me
semble sage, pour l’amplifier », at-il écrit dans un courriel interne.
Alors qu’il avait réussi à construire
un « gros socle » de soutiens, selon
plusieurs députés, le responsable
LaREM de la commission des affaires culturelles n’a pas souhaité se
rallier à une autre candidature.
Quelques minutes plus tard, Bruno
Bonnell, député du Rhône et entrepreneur, a imité sa démarche,
annonçant son soutien à Gilles Le
Gendre. « J’étais préoccupé par notre nombre qui allait forcément entraîner une grande dispersion des
voix », a-t-il considéré.
Dix minutes
pour convaincre
Mardi matin, les députés devront
choisir entre Gilles Le Gendre,
Roland Lescure, Laëtitia Avia,
Amélie de Montchalin, Brigitte
Bourguignon, Perrine Goulet,
Rémy Rebeyrotte et Jean-Charles
Colas Roy. Plusieurs députés s’attendaient à voir les deux premiers
qualifiés au second tour. Gilles Le
Gendre d’abord, actuel vice-président du groupe, est présenté
comme le successeur naturel de
Richard Ferrand, le « mieux préparé » pour la fonction, selon ses
soutiens, qui louent ses « qualités
managériales ». Roland Lescure,
ensuite, le président de la commission des affaires économiques,
« Marcheur de la première heure et
candidat soutenu par Emmanuel
Macron », selon ses partisans, a
rallié plusieurs cadres du groupe
derrière lui, à l’image de Sacha
Houlié, Jean-Baptiste Moreau ou
encore Laurent Saint-Martin.
« Mais Laëtitia Avia peut très bien
faire la surprise », pronostiquait
un membre de la direction du
groupe.
Beaucoup de députés n’avaient
pas encore arrêté leur choix, lundi. « En l’état, je n’ai pas pris ma
décision, et j’attends de voir ce que
chacun dira mardi matin », confie
Ludovic Mendès, député LaREM
de Moselle. Car avant l’élection à
bulletins secrets, chaque prétendant devra défendre sa candidature pendant dix minutes. « Cette
présentation peut guider le choix »,
assure le député de Charente Thomas Mesnier, qui votera pour
Gilles Le Gendre. « Tout le monde
a hâte que cette élection soit passée
pour reprendre le travail parlementaire », fait-il savoir. « On a besoin d’arrêter un cap, on ne parle
que de ça depuis une semaine »,
plaide un autre.
Certains redoutent ainsi une
« guerre de clans » si l’éparpillement des voix est trop important.
« Tout le monde a peur de l’après, il
faudra tout reconstruire alors qu’il y a
des textes importants », souffle un
cadre. Si bien qu’en fin de semaine,
trois députés - François Jolivet, Frédéric Descrozaille et Christophe Jerretie - avaient proposé un report de
l’élection pour installer un collectif à
la tête du groupe, au lieu d’une seule
personne. « Il ne faut pas réanimer
les courants », met en garde François Jolivet, député de l’Indre. « Ce
serait tellement mieux de ne pas avoir
à voter. » ■
M. S.
Valls : départ imminent de la scène politique française
Critiqué pour son absentéisme à l’Assemblée, l’ex-premier ministre ne cache plus son intérêt pour la mairie de Barcelone.
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
MAJORITÉ La fin de la carrière française de
Manuel Valls paraît imminente. Dans des
confidences à L’Express, ce lundi, l’ex-premier ministre anticipe déjà les critiques à
propos de son basculement dans la vie publique espagnole : « Vous direz ce que vous
voudrez. Une seule chose compte pour moi, la
manière dont je serai perçu à Barcelone »,
lâche-t-il. Les piques de ses détracteurs ?
« Je m’en contrefous, je suis blindé », ajoute
le natif de Barcelone.
La pression s’accentue. Ses anciens camarades, peu amènes avec le transfuge de
la primaire, sont les premiers à exiger une
clarification. « On ne peut pas être élu de la
République française et, en même temps,
mener une campagne à Barcelone », a taclé, dimanche, la présidente des députés
socialistes Valérie Rabault. Côté majorité,
on ne veut pas en rajouter : « Non, cela ne
me choque pas, a déclaré, lundi, le secrétaire d’État à la Cohésion des territoires
Julien Denormandie sur Public Sénat à
propos du parlementaire apparenté
LaREM. L’ouverture, à travers la double
appartenance, est inscrite dans les statuts
de La République en marche. »
Invisible à l’Assemblée nationale, où il
n’a plus qu’une assistante parlementaire,
et dans sa circonscription d’Évry, Manuel
Valls s’attelle à préparer sa candidature à
la mairie catalane. Une élection à la proportionnelle à un tour, qui peut réserver
des surprises. Farouchement opposé à
toute indépendance catalane, Manuel
Valls s’affiche avec les unionistes de
Ciudadanos. L’actuelle maire de la ville,
Ada Colau, a, elle, été élue avec le soutien
du mouvement de gauche Podemos.
Une métamorphose rapide
Les informés de franceinfo
A
Une émission de Jean-François Achilli
du lundi au vendredi de 20h à 21h
chaque mardi avec
Depuis l’été, le député de l’Essonne, de
plus en plus isolé en France où ses exlieutenants lui ont tourné le dos, accélère
sa métamorphose : il évite les médias
français, privilégie les prises de parole en
catalan et fait malgré lui la une des magazines people depuis la révélation de sa relation avec la riche héritière catalane
Susana Gallardo. Un jour, il dédicace un
livre à Barcelone (Anatomia del proces),
un autre il donne des cours sur les ques-
Manuel Valls lors de la dédicace de son
livre Anatomia del proces, le 6 septembre,
à Barcelone. LLUIS GENE/AFP
tions migratoires à l’Esade, une prestigieuse « business school » de la ville.
La semaine dernière, il visitait le
Centre Pompidou de Malaga, où sont exposées des œuvres d’artistes que fréquentait son père, le peintre espagnol
Xavier Valls. « Je n’avais pu inaugurer ce
lieu quand j’étais premier ministre et je le
regrette, c’était ma ministre de la Culture
(Fleur Pellerin, NDLR) qui était venue »,
a-t-il déclaré. Lors d’un débat, il a rodé
son argumentaire : « Si l’Espagne se fracture, c’est l’Europe qui se fracture. »
Avant d’ajouter : le « problème est qu’en
Catalogne le populisme est incarné par
l’indépendantisme ». La presse locale fait
également état d’un voyage à Kiev
(Ukraine) de l’élu d’Évry, vendredi dernier, pour y donner des conférences.
Une démission de l’Assemblée nationale
entraînerait une législative partielle en
Essonne. Avec le risque de voir cette circonscription, acquise à 139 voix, tomber
dans l’escarcelle de La France insoumise.
Une perspective qui inquiète la majorité,
encore sous le choc du départ fracassant
de la députée Frédérique Dumas. ■
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30.08.2018
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
8
POLITIQUE
Les Constructifs du
centre droit se sentent
pousser des ailes
Pour les élus UDI-Agir, le ralliement de Frédérique Dumas
confirme l’existence d’un espace politique entre LREM et LR.
EMMANUEL GALIERO egaliero@lefigaro.fr
CENTRE Le choix de Frédérique Dumas
a fait des heureux au centre droit. La députée de la 13e circonscription des
Hauts-de-Seine et vice-présidente de la
commission des affaires culturelles a annoncé, dimanche soir, son départ du
groupe LaREM et son ralliement à
l’Union des démocrates et indépendants. « Le problème, déplore un député
LaREM, c’est que cela va renforcer
l’UDI. »
Pour Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, le retour à la maison de
cette parlementaire démontre une incapacité d’écoute au sein des Marcheurs.
« J’ai le sentiment qu’il existe une forte
contradiction entre la promesse de la présidentielle et la confrontation avec l’exercice du pouvoir. À sa création, La République en marche s’était déclarée en faveur
d’un vrai débat collectif. Or ce débat est
impossible. C’est ce qui a conduit Frédérique Dumas à reprendre sa liberté. »
Jean-Christophe Lagarde a immédiatement ouvert les portes du parti à sa
collègue députée en la nommant secrétaire nationale en charge des questions
culturelles. Xavier Bertrand s’est également réjoui de pouvoir compter sur les
compétences de l’élue qui occupera une
fonction semblable au sein de son club
de réflexion, La Manufacture. « Des
gens qui s’étaient engagés sincèrement au
sein de La République en marche ont simplement envie de prendre leurs distances
avec la même sincérité », juge le président des Hauts-de-France, en décrivant
des élus « très inquiets » face à une sorte
de « dérive technocratique » et une « déconnexion ». Xavier Bertrand classe
Frédérique Dumas dans la famille politique des « orphelins » qui cherchent
« d’autres voies que les extrêmes ». « On
le voit avec Richard Ferrand, on le voit
avec ce qui se passe au sein du groupe LaREM : il existe un malaise que j’ai constaté
depuis quelque temps avec des gens qui
rejoignent nos antennes locales », assure
l’élu du Nord.
Frédérique Dumas a annoncé son ralliement à l’UDI sur le site Internet du
Parisien, le soir du congrès fondateur
d’Agir, parti associé à l’UDI au sein de
l’Assemblée nationale. Un simple hasard
de calendrier ? Pas si sûr, puisque Frédérique Dumas avait souhaité s’entrete-
nir la semaine dernière avec Frédéric
Lefebvre, nommé entre-temps viceprésident d’Agir.
Une « start-up qui grandit »
« Cela nous conforte dans notre idée qu’il
existe un espace politique réel entre La
République en marche et Les Républicains. C’est bien cet espace que Frédérique Dumas vient de rejoindre », se félicite Fabienne Keller, sénatrice du
Bas-Rhin et vice-présidente d’Agir, la
« start-up qui grandit ». Député de
Paris sous les mêmes couleurs, PierreYves Bournazel partage la satisfaction
de voir les compétences culturelles de
Mme Dumas venir « solidifier » son
équipe parlementaire. Chez Agir, on
juge son positionnement politique compatible avec les ambitions des Constructifs qui veulent soutenir les réformes du gouvernement, tout en gardant
leur indépendance et leur droit de critique. « Frédérique Dumas a simplement
envie de défendre ses convictions là où elle
a le sentiment de pouvoir être plus audible », analyse un élu.
Pour Franck Riester, président d’Agir,
le départ de Frédérique Dumas révèle la
difficulté de La République en marche,
« parti fourre-tout », à rassembler et
conserver des cultures très différentes
en son sein. Le député de Seine-etMarne croit aussi que le fonctionnement
du parti majoritaire à l’Assemblée est de
nature à « dissoudre » toutes les différences. Selon Riester, un parti de droite
comme Agir existe justement pour
continuer à défendre et à protéger les
idées d’une droite « modérée, moderne,
libérale, humaniste et européenne ».
À l’approche des européennes, Agir
espère monter progressivement en
puissance et en contenu, avant de définir une stratégie. Pour sa part, Frédéric
Lefebvre plaide en faveur d’une alliance
immédiate avec la majorité macroniste
pour contrer les « populistes ». À l’entendre, ceux qui font mine d’imaginer
une liste constructive indépendante
pour le scrutin de 2019 font du « bluff »
et de la « politicaillerie », notamment
parce qu’ils n’auront « jamais » les
moyens de financer une campagne. ■
Le président d’Agir, Franck Riester, lors du congrès fondateur qui a réuni, dimanche,
quelque 800 militants à Montévrain, en Seine-et-Marne. JACQUES WITT/SIPA
Lagarde : « Les majorités monolithiques commettent des erreurs »
Jean-Christophe Lagarde est député de
Seine-Saint-Denis, coprésident du
groupe UDI, Agir, Indépendants à l’Assemblée nationale
LE FIGARO. - Comment comprenezvous le retour de Frédérique Dumas
à l’UDI ?
Jean-Christophe LAGARDE. - Elle a
déjà été membre de l’UDI. C’est une
femme dont l’engagement est toujours
entier. Elle m’a expliqué combien il
était difficile pour elle de défendre son
point de vue au sein de La République
en marche et qu’elle envisageait de
changer de groupe politique. Je l’ai accueillie tout naturellement.
Peut-on y voir autre chose
qu’un « retour au bercail » ?
Cela traduit le malaise d’un certain
nombre d’élus locaux et de parlementaires. On voit revenir des gens UDI et
des gens que nous n’avions jamais vus
avant. Des gens qui voudraient que le
quinquennat soit un succès mais qui
ont le sentiment de ne pas être entendus, écoutés et considérés. Ils se tournent vers nous avec le sentiment justifié de pouvoir défendre ce qu’ils
croient car chez nous, les décisions
sont prises collectivement.
Un certain nombre de gens, qui se sont
engagés avec Emmanuel Macron, veu-
“
Les partis
où l’on ne débat
pas sont des partis
morts
”
JEAN-CHRISTOPHE LAGARDE
lent mettre en adéquation leurs
convictions et leurs pratiques politiques. Que Frédérique Dumas veuille
apporter aussi ses idées dans le groupe
de réflexion de Xavier Bertrand me
semble positif. Cela n’augure pas de
rapprochements même si j’ai toujours
dit que Xavier Bertrand était quelqu’un
avec qui nous pouvons travailler, ce
que nous faisons tous les jours dans les
Hauts-de-France.
Mme Dumas a précisé qu’elle ne quittait
pas Macron mais LaREM…
Elle a le même état d’esprit que nous. Si
le quinquennat est un échec, ce seront
d’abord les Français, notamment les
plus fragiles, qui en paieront les pots
cassés. Cela nous met aussi en grand
danger parce qu’une alternative populiste et démagogue nous pend au nez.
Chez vos partenaires d’Agir,
Frédéric Lefebvre plaide
pour une alliance immédiate
avec la majorité pour les européennes.
Votre avis ?
Agir vient d’avoir un congrès fondateur. Il y a un débat à l’intérieur sur la
stratégie. C’est bien légitime car les
partis où l’on ne débat pas sont des
partis morts. Maintenant, ils feront
leur choix selon le calendrier qui leur
conviendra. S’ils souhaitent nous ac-
compagner dans une campagne européenne, je n’y verrai pas d’objection.
Quel est le bon calendrier pour l’UDI ?
Janvier 2019, à cinq mois de l’échéance. Au moment où les Français commenceront à s’intéresser aux élections.
Au MoDem, on entend de plus en plus
de critiques à l’égard du pouvoir.
Comment analysez-vous
cette évolution ?
La première année de mandat a été
celle des occasions manquées. Nous
représentons ceux qui ont voté Macron
au 2e tour et pas au 1er mais nous
n’avons pas été entendus, contrairement aux promesses faites. La réaction
du MoDem montre qu’une partie de
ceux qui ont voté Macron au 1er tour
n’ont pas été écoutés non plus. Les majorités monolithiques commettent des
erreurs que l’on pourrait éviter. Être
capable d’écouter n’est pas rester impuissant. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR E. G.
Selon Woerth, LR est « fondamentalement proeuropéen »
Le député de l’Oise et président de la commission des finances appelle sa famille politique à ne pas céder aux sirènes de la division.
MÉLANIE VOLLAND £@MelanieVolland
DROITE Les courants fleurissent à droite.
Les mouvements de Valérie Pécresse ou
de Christian Estrosi en sont l’illustration.
Hantée par le spectre de la division, la
droite a besoin « d’unité et d’idées » selon
Éric Woerth, député de l’Oise et président de la commission des finances, invité du « Talk Le Figaro ». Notamment à la
veille des élections européennes de
mai 2019.
Les prévisions sont pour l’heure peu
réjouissantes. D’après les derniers sondages, LR n’est crédité que de 14 % d’intentions de vote. L’ancien ministre préfère ne pas s’en inquiéter, alors que son
parti ne s’est pas encore choisi de tête de
liste, et n’a toujours pas défini les
contours de son projet européen. Une
chose est pour l’instant certaine : « Nous
sommes fondamentalement proeuropéens », assure Éric Woerth. Malgré la
prolifération des sensibilités au sein du
parti, l’ancien ministre se veut optimiste.
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« Je pense qu’on va réussir à rassembler.
Quand on écoute les uns et les autres
[…] on a la même opinion de l’Europe. » Le député écarte ainsi toute position eurosceptique au sein de sa famille politique. Selon lui, le projet de
LR sera celui de la défense d’une « Europe
“
Les Républicains
sont l’héritier de l’UMP,
qui réunissait du centre
droit jusqu’à la droite
la plus classique, on doit
continuer là-dessus
ÉRIC WOERTH
”
des peuples, […] qui ne soit ni techno, à la
mode de Bruxelles, ni intello. […] On a besoin d’une Europe qui écoute les gens ».
Pour mener Les Républicains à la victoire, le parti n’a arrêté son choix sur aucun
candidat, bien que les noms de Jean Leonetti et Damien Abad circulent. « Il faut
que ce soit quelqu’un qui rassemble. Je crois
d’ailleurs qu’il faut sortir de l’idée des têtes
de liste. Il faudrait qu’il y ait trois, quatre
personnes, qui montrent toute la diversité
des Républicains, mais autour d’un même et
unique projet », propose Éric Woerth.
ÉRIC WOERTH, lundi, dans le studio
du Figaro. F. BOUCHON/LE FIGARO
Ainsi, les différents courants au sein de
LR ne sauraient selon lui être de potentielles lignes de fracture. « Plus une offre
politique est grande, plus il y a des sensibilités », tente de justifier Éric Woerth,
avant de concéder que celles-ci « ont
moins de facilités à vivre ensemble
qu’auparavant ». La faute aux contestataires internes, tels que Valérie Pécresse ?
Éric Woerth se refuse à de telles accusations. « Valérie (Pécresse) est membre des
Républicains. Elle a sorti un certain nombre
d’idées sur l’Europe qui sont très bien. »
Pas de divorce en vu donc ? « Je n’espère
pas, ce serait une erreur », déclare le président de la commission des finances.
Quant aux critiques formulées à l’encontre de Laurent Wauquiez, accusé
d’avoir opéré un virage à droite et de diviser son propre parti, Éric Woerth les
balaye d’un revers de la main. « Il est
président des Républicains, la question a
été posée au moment de l’élection. Il est
l’homme idoine. »
L’unité reste le maître mot dans la bouche du député. « Le parti Les Républicains
est l’héritier de l’UMP, qui réunissait du
centre droit jusqu’à la droite la plus classique, on doit continuer là-dessus. J’appelle
à l’unité. C’est la seule façon de proposer
une alternative crédible à une absence de
politique de réforme de M. Macron. »
Wœrth plaide pour une réduction accrue
de la dépense publique. « Le président
change les choses à la marge », sous-entendant que les Français attendaient un
mouvement en profondeur. Le député de
l’Oise va jusqu’à évoquer une « faute » de
la part du chef de l’État. ■
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LE FIGARO
mardi 18 septembre 2018
INTERNATIONAL
9
États-Unis : face à Trump,
les démocrates font leur révolution
Entre tentation « socialiste » et calcul centriste, l’opposition prépare les législatives de mi-mandat.
ÉTATS-UNIS Ils s’appellent Andrew
Gillum, Stacey Abrams, Ben Jealous,
Christine Hallquist, Kyrsten Sinema,
Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna
Pressley, Jahanna Hayes, Ilhan Omar,
Sharice Davids, Rachida Tlaib, Deb
Haaland… Ce sont les nouveaux visages
du Parti démocrate. Une armée à dominante féminine, multiethnique et plus à
gauche que ses aînés. Neuf ans après la
révolte conservatrice du Tea Party, le
camp « libéral » est à son tour secoué
par une révolution venue de la base.
À voir Barack Obama reprendre le
sentier de la guerre pour motiver les
électeurs démocrates avant les législatives du 6 novembre, on pourrait croire
que rien n’a changé depuis son départ
de la Maison-Blanche. Aucun autre leader ne s’est imposé comme chef de
l’opposition à Donald Trump. Aucune
idée radicalement nouvelle n’est venue
réorienter le « parti de l’âne » vers un
projet fédérateur. Mais la saison des
primaires a amorcé un mouvement de
fond qui met à rude épreuve les caciques du parti.
Fin juin, Alexandria Ocasio-Cortez,
serveuse et activiste de 29 ans, a défait
dans les quartiers du Bronx et de Queens
à New York le vétéran Joe Crowley, numéro quatre dans la hiérarchie démocrate à la Chambre des représentants.
Fin août, Andrew Gillum, un AfroAméricain de 39 ans, maire de Tallahassee soutenu par le libertaire Bernie
Sanders, a battu une héritière de l’establishment, Gwen Graham, fille de l’ancien gouverneur et sénateur de Floride
Bob Graham, pour l’investiture démocrate au poste de gouverneur de l’État.
Début septembre, Ayanna Pressley, une
enseignante afro-américaine de 44 ans,
a laminé Mike Capuano, 66 ans, qui régnait sur sa circonscription du Massachussetts depuis vingt ans.
Le même scénario s’est répété dans
tout le pays. « Il y a une colère, une peur,
une désillusion exprimées par les électeurs que la direction démocrate doit
prendre en compte », plaide Corey
Johnson, 36 ans, étoile montante du
parti à New York. Par effet de miroir,
« on voit apparaître des candidats rugueux et pugnaces qui disent non, pas
question d’attendre mon tour ! », note
Stefanie Brown-James, cofondatrice du
comité d’action politique Collective
PAC. Pour Miguel Medrano, responsable démocrate à Phoenix, « on a péché
“
Donald Trump galvanise
les électeurs comme
les candidats. (...)
Il démontre pourquoi
il est important d’avoir
un Parti démocrate fort
JAIME HARRISON, COPRÉSIDENT
DU COMITÉ NATIONAL DÉMOCRATE
”
par suffisance du temps d’Obama et on
assiste à une remobilisation qui s’affranchit des codes ». Lorsqu’il a accueilli
Nancy Pelosi dans la capitale de l’Arizona, aucun candidat n’a voulu poser
au côté de la députée septuagénaire qui
rêve de récupérer le perchoir.
Les nouvelles recrues sortent des
sentiers battus. En cas de victoire en
novembre, Stacey Abrams serait la première femme noire à gouverner un État
américain, Christine Hallquist la première transgenre dans le même rôle,
Rashida Tlaib et Ilahn Omar les premières femmes musulmanes élues à la
Chambre, Deb Haaland et Sharice Davids les premières Indiennes-Américaines… Pour la première fois l’Iowa
pourrait envoyer des femmes au
Congrès et le Texas des élues hispaniques (les Latinos y représentent 40 %
de la population).
Le Comité national démocrate (DNC)
se félicite de ce supplément de « diversité ». « Donald Trump est le meilleur
outil de recrutement que nous ayons eu
depuis longtemps, assure Jaime Harrison, coprésident du DNC. Il galvanise
les électeurs comme les candidats, il stimule les énergies, il démontre quotidiennement pourquoi il est important d’avoir
Candidate démocrate en
Georgie, Stacey Abrams (ici,
déclarant sa victoire lors des
primaires du parti, le 22 mai,
à Atlanta), pourrait devenir
la première femme noire à
gouverner un État américain.
J.MCGOWAN/AFP
CORRESPONDANT À WASHINGTON
un Parti démocrate fort, capable de faire
pièce au national-populisme adopté par
les républicains. »
En réaction aux politiques « d’extrême droite » de l’Administration, les
nouveaux venus défendent des propositions très à gauche sur l’échiquier politique américain : pour un système
universel d’assurance-maladie, le relèvement du salaire minimum à 15 dollars
de l’heure, le paiement des congés maladie et de maternité, la baisse du budget militaire et l’augmentation des dépenses d’éducation, l’effacement des
dettes étudiantes et la gratuité des universités, le contrôle des armes de guerre, la légalisation des immigrés arrivés
mineurs (les « dreamers »), voire
l’abolition de la police des douanes et de
l’immigration (ICE). « Je ne vois pas en
quoi, c’est socialiste, dit Christine Hall-
quist. La plupart de ces mesures relèvent
simplement d’une société civilisée. »
Si un positionnement radical porte
ses fruits dans les primaires, face aux
électeurs de son camp, il peut devenir
un handicap lorsqu’il faut ratisser plus
large en vue de l’élection générale.
C’est notamment pourquoi la menace
d’une procédure d’impeachment
contre Donald Trump n’est quasiment
pas évoquée. Pour le DNC, le modèle à
suivre est plutôt celui de Conor Lamb,
vainqueur d’une élection partielle en
Pennsylvanie en mars dernier : cet ancien marine et procureur a battu un
républicain dans son fief en professant
un centrisme à toute épreuve. « La leçon est qu’on n’est pas tenu de faire une
croix sur les électeurs de Trump, analyse le consultant démocrate Jesse Ferguson. C’est ce qui nous a permis
d’élargir le champ de bataille pour ces
législatives. »
«L’empoignade décisive aura lieu
dans les banlieues où vit la classe
moyenne, pas auprès des bobos des centres-villes », ajoute le républicain Steve
Stivers. Dans les États « rouges », il n’y
a pas de secret : c’est en bataillant au
centre que Kyrsten Sinema espère succéder au sénateur républicain Jeff Flake
en Arizona, comme Doug Jones avait
remporté le fauteuil de Jeff Sessions en
Alabama fin 2017. Signe que même en
terre démocrate, le virage « socialiste » a ses limites : la déroute subie à la
mi-septembre par l’actrice Cynthia
Nixon (Sex and the City) face au gouverneur sortant Andrew Cuomo à New
York, et par l’Afro-Américaine Kerri
Harris face au sénateur du Delaware
Tom Carper. Toutes deux s’affichaient
D’une « dynamique favorable »
à une « vague bleue » ?
SELON LES ANALYSTES, les démocrates abordent les législatives du 6 novembre en position de favoris pour reconquérir
la
Chambre
des
représentants : ils jouent crânement
leur chance dans une soixantaine de
circonscriptions tenues par des républicains, avec l’objectif d’un gain net
d’au moins 23 sièges pour atteindre la
majorité.
Leurs espoirs de répliquer ce scénario
au Sénat, longtemps inexistants, ont un
peu augmenté mais restent fragiles. Ils
ont cependant assez le vent en poupe
pour que Donald Trump soit appelé au
secours du sénateur Ted Cruz, menacé
par le jeune démocrate Beto O’Rourke
au Texas, bastion conservateur s’il en
est. Dans les États, dix postes de gouverneur – sur trente-six mis en jeu –
seraient à leur portée, et autant de Parlement locaux – des positions cruciales
pour le prochain découpage des circonscriptions électorales après le recensement de 2020.
«Les législatives de mi-mandat sont
un baromètre de l’humeur nationale,
souligne Charles Cook, du Cook Political Report. Cette élection se présente
comme une vague bleue (démocrate) se
heurtant à la digue rouge d’une carte
électorale favorable aux républicains. »
Les sondages donnent un avantage
moyen de 8,3 points au « parti de
l’âne », selon RealClear Politics (une
« vague » étant jugée possible à partir
de 5,5 points d’avance).
« Le fait que le Sénat puisse être en jeu,
alors que les démocrates défendent trois
fois plus de sièges que les républicains,
est clairement le signe d’une dynamique
favorable à l’opposition, comme c’est
historiquement le cas à mi-mandat »,
estime Stuart Rothenberg de Roll Call.
George W. Bush avait perdu 31 sièges à
la Chambre basse en 2006, Barack Obama 63 en 2010.
Palmarès par défaut
Pour doper ses chances, le parti mise
comme jamais sur les femmes, avec 187
candidates à la Chambre (contre 52 républicaines), 15 au Sénat (contre 8) et 12
à un poste de gouverneur (contre 4 côté
républicain). Un pari déjà gagnant lors
des primaires (69 % des postulantes ont
remporté l’investiture) face à un électorat à 52 % féminin, en plein mouve-
ment #MeToo et avec un président dénoncé comme harceleur par dix-neuf
accusatrices.
Dans la perspective de 2020, une
quinzaine de candidats démocrates se
bousculent déjà sur la ligne de départ
de la présidentielle, signe d’un jeu
tellement ouvert qu’il en devient
imprévisible. C’est dans un contexte
similaire, au milieu de seize rivaux, que
Donald Trump avait réussi à s’imposer
en 2016.
L’effervescence provoquée au début
de l’année par l’hypothèse, rapidement démentie, d’une candidature
d’Oprah Winfrey illustre la tentation
de se rallier à une célébrité, capable de
priver d’oxygène les « petits » candidats. Sans elle, les sondages affichent
un palmarès par défaut : l’ancien viceprésident Joe Biden, 75 ans, un centriste de la vieille école, partage pour
l’instant le podium avec Elizabeth
Warren et Kamala Harris, deux sénatrices réputées aussi « à gauche »
qu’on peut l’être aux États-Unis. Mais
les législatives de mi-mandat pourraient faire apparaître de nouveaux
prétendants. ■
PH. G. (À WASHINGTON)
Cour suprême : Brett Kavanaugh accusé d’agression
Depuis dimanche, Brett Kavanaugh,
le candidat de Donald Trump
à la Cour suprême, est sous le coup
du témoignage public d’une femme
l’accusant d’agression sexuelle dans les
années 1980, lorsqu’il était lycéen.
Christine Blasey Ford, professeure
universitaire de psychologie de 51 ans, a
affirmé au Washington Post que
lorsque Kavanaugh était scolarisé dans
la banlieue de Washington,
ce dernier et un ami, « complètement
ivres », l’auraient coincée dans une
chambre lors d’une soirée. Kavanaugh
l’aurait maintenue de force sur un lit,
avant de se livrer à des attouchements
par-dessus ses vêtements, qu’il aurait
tenté sans succès de lui retirer. Quand
elle aurait tenté de crier, il lui aurait
couvert la bouche avec la main.
Ce retournement promet de perturber
sa confirmation par le Sénat américain.
Les démocrates ont immédiatement
réagi, exigeant le report du vote au
Sénat sur sa confirmation qui pourrait
faire basculer pendant au moins
une génération l’équilibre de la Cour
suprême. Le magistrat conservateur
a, lui, catégoriquement réfuté
ces accusations et s’est dit prêt
à défendre son « intégrité » devant
le Sénat, où les républicains disposent
d’une très courte majorité (51-49). (AFP)
comme des militantes homosexuelles
de gauche face à des « mâles blancs »
de l’establishment.
Si Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna
Pressley ou Rashida Tlaib peuvent se
déclarer « démocrates socialistes »,
c’est qu’elles sont à l’abri de concurrence républicaine dans leurs circonscriptions « libérales ». Une fois élues,
ces pasionarias auront-elles autant
d’influence que le Tea Party en a eue à
droite ? «Nous sommes devenus le parti
qui veut apaiser tout le monde, déplore
Ilhan Omar, ex-réfugiée somalienne en
piste dans le Minnesota. Pour retrouver
notre pertinence, nous devons faire preuve de courage et de clarté morale. »
De nouveaux groupes de pression
soutiennent et financent ce militantisme de gauche : Justice Democrats, Indivisible, Working Families Party, Progressive Change Campaign, Our
Revolution de Bernie Sanders… Ils ont
injecté plus de 10 millions de dollars en
faveur des candidats les plus à gauche
dans les primaires.
« C’est un combat pour l’âme de notre
parti et l’avenir de notre démocratie », a
dit Ayanna Pressley au soir de son investiture dans le Massachusetts. L’avènement, ou pas, d’un « Tea Party aux
herbes », selon l’expression ironique de
Paul Kane dans le Washington Post, ne
décidera pas seulement des résultats au
soir du 6 novembre. Il pourrait aussi
préfigurer un choc des extrêmes lors de
la présidentielle de 2020 face à Donald
Trump. ■
EN BREF
Accord Poutine-Erdogan
pour créer une « zone
démilitarisée » à Idlib
Le président russe Vladimir
Poutine a annoncé lundi un accord
avec Recep Tayyip Erdogan
pour la création d’ici au 15 octobre
d’une « zone démilitarisée »
de 15 à 20 kilomètres de large sous
leur contrôle dans la région d’Idlib,
le dernier bastion rebelle de Syrie.
Quelque trois millions de civils,
tous hostiles à ce que le président
turc décrit comme le « régime
de terreur » de Damas, vivent
à Idlib, au côté de dizaines de
milliers de combattants, djihadistes
liés à al- Qaida ou rebelles plus
modérés soutenus par la Turquie.
Éthiopie : 23 morts dans
des affrontements ethniques
Des violences entre communautés
ont fait 23 morts ce week-end
en périphérie de la capitale
éthiopienne Addis-Abeba,
en région oromo. Selon le chef
de la police, un groupe organisé
a perpétré une série de meurtres
et de pillages à Burayu, à l’ouest
d’Addis-Abeba, faisant 23 morts
et 886 déplacés.
A
PHILIPPE GÉLIE £@geliefig
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
10
SOCIÉTÉ
Procès Pastor :
un commando
de bric et de
broc aux assises
Lors du premier jour d’audience, lundi,
les accusés ont nié le crime de la milliardaire
monégasque, sauf l’un d’eux : le recruteur.
STÉPHANE DURAND-SOUFFLAND
sdurandsouffland@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL À AIX-EN-PROVENCE
(BOUCHES-DU-RHÔNE)
PROCÈS Wojciech Janowski a une voix
métallique, plutôt haut perchée. « Je
suis innocent. Je n’ai commis aucun crime », déclare-t-il au président de la
cour d’assises des Bouches-du-Rhône.
Le procès des dix personnes accusées
d’avoir trempé dans l’assassinat de la
milliardaire monégasque Hélène Pastor
et de son chauffeur, Mohamed Darwich,
perpétré le 6 mai 2014 à Nice (lire nos
éditions du 17 septembre), s’est ouvert
lundi à Aix-en-Provence. Palais de justice pris d’assaut. Fébrilité des greffières
à la recherche des témoins et des citoyens tirés au sort pour être jurés.
Autant d’avocats qu’au bal du bâtonnier. Le plus célèbre d’entre eux,
Me Éric Dupond-Moretti, qui défend M.
Janowski avec son confrère Luc Febbraro, fuit les micros, mine farouche.
Les moins connus ralentissent le pas devant les caméras, regard pénétré et demandeur.
L’audience s’ouvre à 14 h 30. Le box
est hétéroclite. À l’extrême droite, Woj-
ciech Janowski, « gérant de sociétés »,
ex-compagnon de la fille d’Hélène Pastor, porte complet veston et cravate. Il a
de faux airs du financier Georges Soros,
une chevelure grise fournie et les yeux
cernés. À l’autre extrémité, Pascal Dauriac, 49 ans, polo noir, physique affûté :
l’ancien coach sportif aurait, selon l’accusation, recruté le commando pour le
compte du précédent, son employeur.
Entre les deux : Salim Youssouf, gendarme, aurait fourni des munitions ; Samine Said-Ahmed aurait tiré pendant
qu’Al Haïr Hamadi faisait le guet ; Abdelkader Belkhatir, beau-frère de M.
Dauriac, aurait été chargé par celui-ci
de trouver les hommes de main. Quatre
autres comparaissent libres : la nièce de
Wojciech Janowski, Katarzyna Janowska, chignon blond et tailleur noir de
veuve hitchcockienne ; Francis Pointu,
visage à jouer dans un remake du Trou
de Jacques Becker ; Anthony Colomb,
grand gabarit tatoué d’une sorte de serpent enroulé à son poignet droit ; Omer
Abale Lehoré, chemise blanche près du
corps, collier fantaisie, boucle d’oreille
et coiffure à ondulations complexes.
Une remarquable synthèse de l’arrêt
de renvoi permet au président Gui-
Sylvia Janowski, fille d’Hélène Pastor, lors de son arrivée au palais de justice d’Aix-en-Provence, lundi.
chard de mettre en lumière la froide
bêtise du crime. M. Janowski, entré
dans le cercle familial des Pastor depuis près de trente ans, serait un escroc, faux consul de Pologne, gérant
de sociétés bidon, mais détrousseur
méticuleux de sa compagne, Sylvia,
assise dix mètres en face de lui sur le
même banc que son frère Gildo.
Des bras cassés ? Peut-être. Mais un
homme et une femme n’en ont pas
moins été tués.
« Je conteste formellement les accusations », proteste M. Said-Ahmed, trahi
par son ADN durant l’enquête. « J’ai jamais embauché qui que ce soit », affirme
M. Hamadi, identifié grâce à un téléphone portable et qui avait tout avoué
lors de sa première audition en garde à
vue. « Excusez-moi, j’ai du mal à m’exprimer », bredouille M. Belkhatir, qui
prétend avoir voulu rendre service à son
beau-frère sans savoir qu’il s’agissait de
commettre « un double homicide ». « Je
reconnais pas les faits malgré que je
connais deux ou trois personnes dans le
box, tente M. Lehoré. Dans les quartiers,
c’est chacun ses projets. Moi, je ne suis
pas un tueur. » « Je confirme l’intégralité
de mes propos et je plaide coupable »,
lance M. Dauriac. Le seul qui assume.
L’adversaire de tous les autres. ■
Des bras cassés ?
L’équipe de Nice ? Des « caves » l’ont
montée de bric et de broc, embarqués
par sottise et appât du gain dans une
histoire trop grande pour eux. Après
que plusieurs individus sollicités dans le
cadre de cet odieux casting eurent décliné l’offre, Samine Said-Ahmed,
voyou sans envergure, contacté en urgence la veille du crime par l’entremise
de Omer Abale Lehoré, aurait accepté
de presser la détente. Il n’avait jamais
vu celui qui devait lui servir de guetteur.
Second souffle pour l’éthylotest antidémarrage
Un automobiliste contrôlé à 0,80 gramme par litre dans le sang devra désormais choisir
entre la suspension provisoire de son permis ou la pose de cet outil sur son véhicule.
SÉCURITÉ ROUTIÈRE C’est un peu la recette de la dernière chance. Le gouvernement lance une nouvelle manière d’utiliser l’éthylotest antidémarrage (EAD) qui
jusqu’à présent n’a guère trouvé sa place.
Destiné à lutter contre le fléau de l’alcool
au volant, selon un décret publié ce mardi, cet appareil va pouvoir être proposé
« sur le bord de route », dans six départements. Puis ce nouveau dispositif devra
être généralisé dès janvier prochain.
Selon le texte, dès qu’un automobiliste
sera contrôlé positif avec un taux égal ou
supérieur à 0,80 gramme par litre dans le
sang, les forces de l’ordre pourront lui
demander de choisir entre la suspension
provisoire de son permis ou son maintien
à la condition d’accepter l’EAD. Installé
dans le véhicule et servant à mesurer l’alcoolémie dans l’air expiré, celui-ci empêchera le démarrage si le conducteur a
bu. S’il accepte de rouler avec cette
contrainte, l’usager de la route verra
alors son permis suspendu durant une dizaine de jours, le temps de s’équiper
auprès d’un garage agréé et de réaliser les
formalités administratives nécessaires.
A
Baisse des dépistages en 2016
Ainsi, la Sécurité routière parie sur la rapidité de l’offre pour que cet outil puisse
enfin trouver une bonne place dans l’arsenal de lutte contre l’alcool, la deuxième
cause de mortalité sur nos routes. « Les
infractionnistes savent qu’en perdant leur
permis, ils peuvent aussi perdre leur travail
et c’est encore plus vrai en zone rurale »,
souligne Emmanuel Barbe, le délégué à la
Sécurité routière.
Or aujourd’hui, l’installation est proposée trop tardivement, quand la personne n’a déjà plus son emploi. C’est le
cas quand un juge condamne un prévenu
et lui inflige l’EAD. Ne pouvant déjà plus
rouler sur décision du préfet, il peut déjà
avoir été remercié par son employeur.
Nombre de contrevenants alors n’appliquent même pas la sanction du magistrat
et remisent leur voiture au garage, le
temps de la durée de la peine.
À ce jour, le recours à l’EAD par les
magistrats est d’ailleurs quasi inexistant.
De 2011 à 2017, ils ne l’avaient imposé que
vingt-cinq fois seulement. Le motif de cet
insuccès est d’ordre financier. La justice
estime, en effet, que l’achat de l’appareil
à la charge de l’automobiliste est trop
onéreux: 1 200 euros au minimum.
L’autre formule testée jusqu’à la fin de
l’année dans quatre départements n’a été
guère plus concluante, car arrivant encore plus tard. Sanctionnés par une annula-
BONNIERE PASCAL/PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
Le conducteur devra souffler dans l’éthylotest installé à bord de son véhicule pour
pouvoir démarrer, ou pas, en cas d’alcoolémie positive.
tion de leur permis par les juges, les
conducteurs pouvaient le retrouver,
auprès du préfet, à condition d’accepter
l’EAD. Cette fois, il fallait aussi s’engager
à respecter un suivi médico-psychologique.
L’insuccès de ces dispositifs a eu un effet boule-de-neige. Du fait de l’absence
de marché existant, peu de garages se
sont bousculés pour obtenir l’agrément
afin de faire les installations sur les véhicules. À ce jour, le maillage se serait tout
de même amélioré.
Avec l’EAD nouvelle version, notamment testé dans le Finistère ou la Drôme,
la Sécurité routière espère avoir trouvé la
bonne adéquation. « Il est difficile de lutter contre l’alcool au volant et nous faisons
tout pour intégrer l’EAD qui pourra y
contribuer », ajoute Emmanuel Barbe.
S’il devait être davantage utilisé, cet outil
devrait, du coup, voir son prix baisser.
Mais pour nombre d’associations, la
lutte contre l’alcool au volant doit aussi
passer par des contrôles routiers plus
nombreux. En 2016, 9,8 millions de dépistages ont été réalisés, soit une baisse de
2,5 % par rapport à l’année précédente. ■
CLAUDE PARIS/AP
ZOOM
Nouvelle mise en examen
pour Claude Guéant
Deux destins judiciaires
irrémédiablement liés. Dans
le sillage de la garde à vue
et de la mise en examen de
Nicolas Sarkozy en mars dernier,
les juges ont signifié à Claude
Guéant sa mise en examen pour
« corruption passive », « recel
de détournements de fonds
publics » et pour « complicité de
financement illégal de campagne
électorale », le 11 septembre,
dans le cadre de l’enquête sur
des accusations de financement
libyen de la campagne
présidentielle de 2007. « Bien que
mon client ait fait valoir son droit
au silence lors de cet
interrogatoire, ces mises en
examen ont été prononcées »,
souligne Philippe Bouchez-ElGhozi, son avocat. « Le 5 juin,
les juges prétendaient avoir
besoin de poser des questions
complémentaires pour décider.
Nous constatons que quoique mon
client dise ou pas, cela ne change
rien. Les juges ont leur idée
et n’en changent pas. Après
des milliers de pages et cinq ans
de procédures, je ne vois toujours
pas la moindre trace de virement
bancaire ou preuve matérielle
de versement de cash », affirme
l’avocat qui par ailleurs a déposé
un recours devant la Chambre
de l’instruction. Les magistrats
soupçonnent un lien entre
un possible financement libyen
de la campagne électorale
et la circulation d’espèces au sein
P.G.
du camp Sarkozy.
EN BREF
Un mort suite à un différend
pour une place de parking
Un homme de 43 ans a trouvé
la mort samedi à Tours après avoir
été violemment frappé devant ses
trois enfants, suite à un différend
portant sur une place de parking.
Il aurait succombé à une
hémorragie cérébrale. Deux
frères, âgés de 21 et 24 ans,
ont été interpellés suite à ce décès.
Trois nouvelles infractions « vidéoverbalisables »
700 000
conducteurs
sans-assurance
mieux contrôlés
COMMENCÉE timidement en
2008, la vidéoverbalisation gagne
toujours plus de terrain. Selon le
décret publié ce mardi, de nouvelles infractions vont pouvoir
être relevées par le biais des caméras. Tel va être le cas du nonrespect des passages protégés.
Dorénavant, l’automobiliste qui
ne laissera pas passer le piéton
pourra être vidéoverbalisé et se
voir adresser une sanction plus
lourde. En même temps qu’une
amende inchangée de 135 euros,
le nouveau texte prévoit, en effet,
la perte de 6 points au lieu de quatre aujourd’hui.
Ce durcissement marque la volonté des pouvoirs publics de
mettre les automobilistes au pas
dans nos villes où trop de personnes, fauchées par les voitures ou
les deux-roues, décèdent. 484
piétons ont été tués en 2017,
contre 559 l’année précédente,
soit un léger recul. « Les victimes
sont souvent des personnes qui utilisaient le passage protégé et ce
sont aussi souvent des personnes
âgées », relève-t-on à la Sécurité
routière.
La chasse aux non-assurés
Désormais également, la chasse à
tous ceux qui prennent les sens
interdits est ouverte par vidéoverbalisation. Cette mesure qui
touche les automobilistes vise en
particulier les deux-roues, grands
amateurs de contresens. Enfin, il
est aussi prévu de sanctionner
ceux qui volontairement salissent
leur plaque pour échapper à toute
sanction. Avec des caméras de
plus en plus sophistiquées, l’artifice serait désormais mieux décelable au point de pouvoir reconstituer le bon numéro et d’adresser
les 135 euros d’amende au contrevenant.
Ces trois nouvelles infractions portent désormais à 14 le
nombre d’écarts vidéoverbalisables. Parmi celles déjà existantes, on trouve notamment le
défaut du port de la ceinture de
sécurité, le portable tenu en
main ou encore l’usage de voies
réservées. À compter du 31 décembre prochain, un autre délit
pourra être relevé à distance. Par
le biais d’un nouveau fichier des
véhicules assurés, en cours de
constitution, les agents assermentés pourront en effet vérifier
que le conducteur a bien souscrit
à une assurance. Or le non-respect de cette obligation entraîne
une amende de 3 750 euros. Surtout, les non-assurés s’exposent à
des conséquences terribles en cas
d’accident : celles de se voir réclamer des millions d’euros pour
indemniser les victimes. Ils seraient aujourd’hui 700 000 à
prendre ce risque. ■
A. N.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 18 septembre 2018
SCIENCES
11
Pelouses synthétiques :
un risque sanitaire négligeable
Pour l’Anses, le danger principal serait surtout lié aux effets sur l’environnement.
MARIELLE COURT £@MarielleCourt
La chasse commerciale
à la baleine reste interdite.
La réunion de la Commission
baleinière internationale (CBI),
qui s’est achevée vendredi
au Brésil, n’a pas entériné la
proposition du Japon qui avait
espéré obtenir un vote favorable
sur la création d’un « comité de
la chasse à la baleine durable ».
Les pays défenseurs des baleines,
conduits par l’Australie, l’UE
et les États-Unis, ont torpillé
le texte nippon, par 41 voix
contre 27. Le vice-ministre
japonais de la Pêche, Masaaki
Taniai, a menacé de quitter la CBI.
Si cette proposition avait été
acceptée, elle aurait mis fin au
moratoire mis en place en 1986.
En revanche, les pays chasseurs
ont réussi à bloquer la création
d’un sanctuaire dans l’Atlantique
Sud pour les cétacés menacés
d’extinction.
EN BREF
Le typhon Mangkhut
provoque un désastre
Les granulats issus de pneus recyclés contenus dans les pelouses synthétiques ne présentent pas de « risques cancérogènes,
en particulier de lymphomes ou de leucémies », selon l’Anses. FRANCK DUBRAY/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
l’UE de mettre des pneus usagés en décharge. Non seulement les fabricants doivent les collecter mais ils doivent les valoriser. Ils sont donc utilisés comme
combustible, notamment pour des cimenteries, peuvent servir de murs antiavalanches, ou encore être broyés pour
fabriquer des granulats dont on se servira
pour du gazon synthétique ou la fabrication d’aires de jeux. En 2017, en France,
420 000 tonnes de pneus ont été collectées en métropole et 17 000 en outre-mer.
L’année précédente en métropole, 96 000
tonnes ont été transformées en granulat.
Le produit est de plus en plus présent
sur les terrains de football en herbe synthétique. Il s’en construit près de 180 par
an, même si au total les pelouses artificielles ne représentent que moins de 10 %
de la totalité des grands terrains de jeux.
Paradoxalement, souligne l’Anses,
l’usage de ces matériaux ne coûte pas
beaucoup moins cher qu’un gazon naturel. D’autant qu’il faut les changer environ tous les dix ans. Mais ils permettent
de faire des économies d’eau et d’entretien, et les terrains restent jouables quelles que soient les saisons.
L’alerte sur les risques liés à la santé
avait été lancée dans les années 2010 notamment par une entraîneuse nordaméricaine d’équipe universitaire de
football. En 2013, elle s’était en effet inquiétée d’une augmentation du nombre
de cancers chez des joueurs. L’analyse
des données réalisées en 2017 par la direction de la santé de l’État de Washington avait finalement conclu que « le nombre total de cancers listés était inférieur à
celui attendu » à partir des registres généraux de cas de cancer de l’État de
Washington. ■
Les sauveteurs s’efforçaient
lundi de retrouver des dizaines
de disparus aux Philippines sur
le site d’un énorme glissement
de terrain après le passage
du typhon Mangkhut, qui y a fait
au moins 65 morts. L’archipel
d’Asie du Sud-Est, qui essuie
régulièrement de violents
typhons, a été le plus durement
touché par cette puissante
tempête. Le typhon a également
dévasté Hong Kong et a prolongé
son carnage en Chine.
On déplore au moins 4 morts
et des millions d’évacuations
dans le sud du pays où des
rivières sont en crue. Dans la
région du Guangxi, une dizaine
de rivières risquent d’entraîner
des inondations dans les
prochaines 24 heures, annonce
l’agence Chine nouvelle.
La compagnie la plus
ponctuelle au monde
2016 et 2017
A
SANTÉ Les granulats issus de pneus recyclés utilisés pour des pistes d’athlétisme,
des aires de jeux ou pour stabiliser des
pelouses artificielles présentent-ils des
risques sanitaires? L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail) s’est penchée sur une cinquantaine d’études
consacrées à cette question, dont certaines ont été menées par leurs homologues
néerlandais ou par l’Echa (l’Agence européenne des produits chimiques). Un travail de synthèse qui aboutit à la conclusion que le « risque est peu préoccupant »,
voir « négligeable », pour la santé des enfants, des sportifs, comme des travailleurs qui utilisent ces matériaux.
Certes les experts de l’agence recommandent des études complémentaires. Ils
soulignent notamment que la conception
des revêtements des aires de jeux nécessite l’usage de colles, de colorants,
d’agents lissants, et que les risques liés à
ce cumul doivent être examinés. Ils estiment également que « l’exposition sur les
terrains synthétiques en espace clos est peu
ou mal renseigné ». Enfin ils soutiennent
la proposition en cours d’instruction au
niveau européen de limiter la teneur en
HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) dans les granulats.
Mais « les analyses épidémiologiques ne
mettent pas en avant de risques cancérogènes en particulier des lymphomes ou des
leucémies » insiste l’agence. Finalement,
ce sont plutôt les conséquences pour
l’environnement qui sont pointées par
l’organisme. « Principalement du fait du
relargage de métaux dont le zinc, mais
également de substances chimiques organiques telles que certains phtalates ou phénols ayant des propriétés de perturbateurs
endocriniens . »
Depuis 1990, il est interdit au sein de
ZOOM
Pas de retour de la chasse
commerciale à la baleine
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
12
SPORT
Une Ligue des champions plus belle
et séduisante que jamais
Disputée côté français par le Paris SG, Monaco et Lyon, l’épreuve reine européenne n’a jamais semblé aussi ouverte.
BAPTISTE DESPREZ £@Batdesprez
ligne d’attaque Mbappé-Neymar-Cavani
que l’Europe vous envie (lire ci-dessous).
Du côté de Monaco et Lyon, une qualification pour les 8es de finale serait déjà
une réussite. Et le signe d’un football
français resplendissant après l’été russe.
FOOTBALL De nombreux prétendants
peuvent espérer mettre fin à la domination du Real Madrid, le triple champion
en titre qui devra surmonter les départs
de Zidane et Cristiano Ronaldo.
nouveautés
uQuelles
pour cette cuvée 2018-2019 ?
sont les grands favoris ?
uQui
Chaque saison, les mêmes noms re-
viennent truster le haut du panier. Pour
le plus grand plaisir de ceux déjà bien
installés et l’excitation totale des autres
colosses qui souhaitent s’inviter à la
fête. Dans la première catégorie, impossible de nier la présence de mastodontes
tels le Real Madrid (triple champion en
titre) - en dépit du départ de Zidane et
Ronaldo -, le FC Barcelone, le Bayern
Munich, Manchester City, la Juventus
ou encore le Paris SG. Ajoutez à cela les
bêtes blessées à l’appétit de carnassier
comme Liverpool - finaliste malheureux l’an passé - ou l’Atlético Madrid et
vous aurez à peu près tout ce qui se fait
de mieux sur la planète foot en 2018. Des
mythes, des stars, des moyens financiers colossaux et des enceintes à vous
filer le frisson tous les mardis et mercredis. Car la Ligue des champions n’a jamais semblé aussi convoitée et ouverte
qu’aujourd’hui. Ce qui lui donne un
charme fou. Et rend l’attente savoureuse
jusqu’au 1er juin 2019 pour la finale au
stade Metropolitano de Madrid.
uQuelles sont les stars à suivre ?
Fans de foot ou non, vous ne pouvez
rêver d’un meilleur plateau que celui
proposé cette saison. En dépit des absences de Zidane, Arsenal ou Chelsea, le pu-
Un diffuseur et des horaires différents.
Propriété de beIN Sports, la Ligue des
champions (et la Ligue Europa) sera désormais visible en exclusivité sur les antennes de RMC Sport, propriété du groupe Altice détenu par le milliardaire
Patrick Drahi. Faute d’accord avec
certains opérateurs, les nouveaux
diffuseurs proposent une offre de 9 euros
par mois à leurs abonnés SFR, tandis que
les autres devront débourser 19 euros
mensuels. Pas simple de s’y retrouver…
Autre nouveauté, des matchs seront décalés à 18 h 55 et le reste aura lieu à 21h,
contre 20 h 45 jusqu’à maintenant.
la vidéo
uPourquoi
n’est-elle pas installée
en Ligue des champions ?
Pour Kylian Mbappé (ici lors d’un match de Ligue 1 à Nîmes, le 1 er septembre) et ses coéquipiers du Paris SG, tout autre résultat que
de se qualifier au moins pour les demi-finales de la Ligue des champions serait vécu comme un échec. ALEXANDRE DIMOU/ICON SPORT
blic salive d’avance de voir autant de
strass et de paillettes aux quatre coins de
l’Europe. Meilleur buteur de l’épreuve
six ans de suite, Cristiano Ronaldo sera
(encore) l’une des attractions après son
passage remarqué à la Juventus. Que dire
de Lionel Messi, revanchard avec un
Barça éliminé en quart de finale l’an passé ou encore du trio parisien Neymar-
Mbappé-Cavani, resté à quai dès les sorties de poule. Il y en aura pour tous les
goûts et couleurs avec les Griezmann,
Lewandowski, Bale, Salah, Courtois…
peuvent espérer
uQue
les clubs français ?
Attendu par tous, le Paris SG a changé de
braquet dans sa communication. L’ob-
PSG : Anfield, bouillante mise en bouche
avant les chaudrons de Naples et Belgrade
jectif claironné du « on veut gagner la
Ligue des champions » s’est transformé
en « il faut aller le plus loin possible ».
Une façon d’enlever un peu de pression
sur Tuchel et ses hommes, dont la plupart s’étaient liquéfiés face au Real l’hiver dernier en 8e de finale. Tout autre résultat qu’une demi-finale serait vécu
comme un échec quand on propose une
Séduit ou non par l’utilisation de la vidéo
cet été lors de la Coupe du monde, vous
n’aurez pas à vous poser la question pendant la Ligue des champions puisqu’elle… restera dans les cartons. La raison officielle ? L’UEFA, par la voix de son
président Aleksander Ceferin, n’est pas
encore prête après des expérimentations
assez longues et fastidieuses. Officieusement, l’homme fort du foot européen
n’est pas un grand fan de la méthode et
attend de voir avant de l’installer définitivement la saison prochaine. ■
Monaco face aux champions
du monde de l’Atlético
CHRISTOPHE REMISE
£@Cremise77
A
(54 000 places,
uAnfield
mardi 18 septembre)
Rénové en 2016, le stade du
Liverpool FC a vu sa capacité
portée à un peu plus de
54 000 places. 8 500 voix de
plus pour pousser les Reds. Un
stade qui a un temps été partagé entre les deux clubs de la
ville (Everton et Liverpool FC)
et où le PSG avait d’ailleurs
vécu l’enfer en 1997… Une
vraie cathédrale. « C’est Anfield, un stade qui fait de vous
un autre homme, jurait l’ancien international irlandais
Damien Duff dans la presse
anglaise, après la déroute de
Manchester City à Liverpool,
au printemps dernier (3-0).
Vous ne pouvez pas simplement
vous présenter et espérer gagner, surtout à Anfield. Ce
“facteur Anfield”, vous ne pouvez pas le sous-estimer. »
Anfield, le stade du Liverpool FC, a été renové en 2016.
u
San Paolo (60 000 places,
mardi 6 novembre)
Troisième plus grand stade
d’Italie, après San Siro (Milan)
et l’Olimpico (Rome), San
Paolo… est en piteux état. Si
bien que le président du Napoli, Aurelio De Laurentiis, le
qualifie de « cauchemar » et ne
rêve que du jour où sa nouvelle
enceinte sera opérationnelle.
« D’ici à deux ans », ambitionne-t-il dans le Corriere dello
Sport. « En attendant, j’ai demandé à l’UEFA d’autoriser les
matchs de la Ligue des champions à Bari, en payant 1 000 bus
de ma poche aux Napolitains »,
martèle-t-il. A priori, c’est
pourtant bien au vieux San Paolo que Naples recevra le PSG. Et
ce sera bouillant ! Les supporteurs napolitains sont réputés
pour leur ferveur. Un public de
passionnés, à l’image de la ville.
Souvenons-nous que les tifosi
étaient près de 50 000 à suivre
leur équipe en… Serie C (3e division) il y a quelques années. A
noter que des rapprochements
entre supporteurs napolitains et
parisiens ont été vus l’année
passée. Pas sûr que cette paix
des braves soit toujours valable
un soir de match…
u
Antoine Griezmann lors du match de l’Atlético contre Eibar (1-1), samedi à Madrid.
ANTHONY DEVLIN/AFP
Rajko Mitic (55 000 places,
mardi 11 décembre)
Si l’ambiance napolitaine promet déjà d’être plus hostile que
celle de Liverpool, Belgrade devrait se révéler être une terre
d’accueil encore plus inhospitalière. On ne présente plus les
fans serbes, tous sports confondus. Fans qui seront d’ailleurs
privés du déplacement à Paris
début octobre. 7 000 d’entre
eux avaient en effet envahi le
terrain de la Red Bull Arena de
Salzbourg après avoir vu l’Étoile Rouge arracher le nul et la
qualification (2-2) en août… Le
11 décembre, la tribune Auteuil
sera également fermée, suite
aux fumigènes face au Real Madrid. Les fumigènes, un accessoire bien connu à Belgrade.
Les habitués du « Marakana »,
surnom de l’enceinte belgradoise, y font régulièrement des
feux de joie impressionnants.
En 2011, Rennes y avait toutefois gagné 2-1. Non sans que les
joueurs aient été bombardés à
l’aide de divers projectiles,
dont des pétards. Des tentatives d’intimidation que les Rouge et Bleu devront occulter.
Surtout si cette 6e journée
s’avérait être décisive… ■
VINCENT DUCHESNE £@VinceSport24
« Anfield
est un stade
qui fait
de vous
un autre
homme
»
DAMIEN DUFF, ANCIEN
INTERNATIONAL
IRLANDAIS
ATTENTION, plusieurs champions du
monde débarquent sur le Rocher. Pour
son entrée en lice dans la phase de groupes de la Ligue des champions, l’AS Monaco a le redoutable privilège d’accueillir
ce mardi l’Atlético Madrid, vainqueur de
la Ligue Europa la saison dernière. Avec
dans ses rangs, trois vainqueurs de la
Coupe du monde cet été : Lucas Hernandez, Thomas Lemar et Antoine Griezmann. Seuls Marseille et le PSG peuvent se
targuer d’avoir dans leurs rangs autant de
têtes couronnées.
Un sacré morceau, donc, même si le finaliste malheureux de la C1 en 2014
et 2016 vit un début de saison compliqué.
Depuis son sacre en Supercoupe d’Europe
mi-août contre le Real (4-2 a.p.), l’Atlético n’a glané qu’une seule victoire en
quatre matchs de Liga. Samedi, les Colchoneros, malgré un très bon Antoine
Griezmann, disponible, créatif mais en
manque de réussite, ont même évité le
pire au Wanda Metropolitano contre Eibar (1-1). Un match auquel n’a pas participé Lucas Hernandez. Révélation du
Mondial au poste de latéral gauche, le
guerrier de 22 ans, victime de violentes
douleurs abdominales, a été hospitalisé ce
week-end et souffre d’une « irritation intestinale ». Devenu un pion essentiel dans
le système défensif madrilène, à tel point
qu’il a incité le Brésilien Filipe Luis à
changer d’air cet été, Hernandez figure
dans le groupe de l’Atlético mais n’est pas
certain de débuter à Louis II.
Thomas Lemar a plus de chance de fouler son ancien jardin. Chipé à Monaco pour
75 millions d’euros - le transfert le plus
cher de l’histoire du club -, le gaucher de
22 ans a très vite convaincu Diego Simeone
avec quatre titularisations en cinq matchs
officiels. « Sur l’aspect défensif, sur la rigueur, il s’en sort très bien pour quelqu’un
qui a joué aussi peu de matchs avec nous et il
ira crescendo avec la confiance, l’enchaînement des matchs et les automatismes », a
expliqué le coach argentin qui attend de lui
désormais plus de percussion et d’efficacité offensive. Pour, par exemple, soulager
Antoine Griezmann. Resté à l’Atlético
malgré une offre du FC Barcelone, prétendant logique au Ballon d’or à la fin de l’année, « Grizi » a retrouvé ses jambes et ses
sensations. Mais son compteur reste désespérément bloqué à un but… ■
PROGRAMME
« TOUT LE MONDE sait qu’il est
difficile de jouer à Anfield. »
Thomas Tuchel a bien raison
de se méfier… Le stade de
Liverpool est une place forte du
foot européen, une enceinte
mythique qui résonne au son du
non moins fameux You’ll Never
Walk Alone. « En attendant le
calendrier, j’ai espéré que ce ne
serait pas le premier match »,
tempête Marco Verratti, suspendu ce mardi. Car oui, jouer
dans la chaude ambiance d’Anfield est un privilège. Mais le
petit Italien peut être rassuré :
ce n’est pas le seul bouillant déplacement qui attend les Parisiens, avec également Naples et
Belgrade au menu. « Ce sera
trois gros matchs avec des ambiances très chaudes, de bons
matchs à suivre, savoure Presnel
Kimpembe. Mais au Parc aussi,
ce sera très chaud. On est prêts à
les recevoir ! »
BENJAMIN CREMEL/AFP
ENVOYÉ SPÉCIAL À LIVERPOOL
1RE JOURNÉE L. DES CHAMPIONS
GR. B FC BARCELONE
mardi PSV EINDHOVEN
18 h 55
INTER MILAN
TOTTENHAM
GR. A
MONACO 21 h RMC ATLÉTICO MADRID
FC BRUGES
DORTMUND
GR. C
LIVERPOOL
PARIS SG
ÉTOILE R. BELGRADE
NAPLES
GR. D SCHALKE 04
FC PORTO
GALATASARAY
LOK. MOSCOU
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mardi 18 septembre 2018
LE CARNET DU JOUR
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anniversaires
A ma femme,
Claire
Même si cet événement
ne fait pas la Une du Figaro
aujourd'hui, il n'en reste pas
moins que l'arrivée
de tes 60 printemps, mérite
au moins une petite brève
dans ce quotidien illustre.
Bon anniversaire
et bienvenue chez les Sixties !
deuils
Paris. Nantes.
Douarnenez (Finistère).
On nous prie de faire part
du décès de
M. et Mme (†)
Philippe Cassegrain,
M. et Mme
Jean-François Cassegrain,
M. Dominique Cassegrain,
M. Lyonnel Ducros (†),
ses frères, belles-sœurs
et beau-frère,
M. et Mme Jean Cassegrain,
M. et Mme
Laurent Delafontaine,
MM. Olivier et Troy
Miller-Cassegrain,
M. et Mme Arnaud Deforges,
M. Thomas Cassegrain,
ses neveux et nièces,
Adrien, Hector, Hermine,
Juliette, Oscar, Alexis,
Arthur, Renée,
ses petits-neveux
et petites-nièces,
vous font part
du rappel à Dieu de
Brigitte CASSEGRAIN
officier
de l'ordre national du Mérite,
le 15 septembre 2018,
à l'âge de 76 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 21 septembre,
à 14 h 15, en la chapelle haute
de l'église Saint-Pierre,
1, boulevard Jean-Mermoz,
à Neuilly-sur-Seine,
suivie de l'inhumation
dans le caveau familial,
au cimetière de Ville-d'Avray.
M. Victor AUDREN
X 37,
Forces navales
françaises libres,
commandeur
de la Légion d'honneur,
commandeur dans
l'ordre national du Mérite,
survenu le 14 septembre 2018,
dans sa 100e année.
De la part de
Françoise et Bernard Le Berre,
Jacques Audren
et Dominique Petermüller,
Jean-Louis et Adeline Audren,
ses enfants et leurs conjoints,
Anne, Jérôme, Marie et Tomàs,
Else, Baptiste et Olivia,
Victor, Virgile,
ses petits-enfants
et leurs conjoints,
Pablo, Jeanne,
Edouard, Raphaëlle,
ses arrière-petits-enfants,
Idilia, Francelina,
Johnny, Christian,
les personnes qui l'ont
accompagné pendant
les dernières années de sa vie.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Ferdinand,
Paris (17e),
le jeudi 20 septembre, à 14 h 30.
L'inhumation aura lieu
au cimetière de Ploaré,
à Douarnenez,
le vendredi 21 septembre,
à 15 heures.
Claude Castanier,
son époux,
Christophe et Valérie
Castanier,
Catherine Castanier,
ses enfants,
Salomé, Léah, Jules,
ses petits-enfants,
André et Monique Ramadier,
son frère et sa belle-sœur,
Valérie, sa nièce,
sa famille et ses amis
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Odette CASTANIER
née Ramadier,
survenu à Paris,
le 16 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
par le chanoine Jean Chabaud,
en l'église Saint-Roch,
à Paris (1er),
le mercredi 19 septembre 2018,
à 10 h 30,
et en l'église de Naucelles
(Cantal), le jeudi 20 septembre,
à 14 h 30.
L'inhumation se fera
au cimetière de Naucelles.
13, rue des Pyramides,
75001 Paris.
Mme Michel-Marc Boidot,
née Marie-France Dorémieux,
son épouse,
Juliette Boidot,
Grégoire et Hélène Boidot,
Thomas et Sophie Boidot,
Marie et Arnaud de Scorbiac,
ses enfants,
Charles, Augustin,
Alexandre et Élise,
ses petits-enfants,
et toute sa famille
ont la grande tristesse de
faire part du rappel à Dieu de
Michel-Marc BOIDOT
dans sa 81e année.
La messe sera célébrée
le mercredi 19 septembre 2018,
à 15 heures,
en l'église Sainte-Monégonde
d'Orphin (Yvelines).
Anniversaires
souhaitez-les dans
le carnet du jour !
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Françoise COLLIER
née Vidalenc,
s'est éteinte, sereine,
dans l'Espérance, munie
des sacrements de l'Église,
le samedi 15 septembre 2018,
à l'âge de 81 ans.
La cérémonie d'A-Dieu,
à laquelle vous pourrez assister
ou vous unir d'intention,
sera célébrée le vendredi
21 septembre 2018, en l'église
Saint-Pierre de Chennevières,
rue du Général-de-Gaulle
et suivie de la crémation
avec dispersion des cendres
au jardin du souvenir.
Pas de fleurs, mais si vous
le souhaitez, vous pouvez faire
un don en sa mémoire à :
paroisse Saint-Pierre
de Chennevières,
21, rue Durmershein,
94430
Chennevières-sur-Marne.
Toute sa reconnaissance
et ses plus vifs remerciements
à tous ceux et celles
qui l'ont entourée :
le père Michel Muel,
sa « sœur de cœur » Francette
(depuis 1946)
et toute sa famille
Alabert-Nomballais,
sa famille :
son frère Philippe
et son épouse Brigitte,
Fabrice, le filleul de Guy,
ses cousins et cousines et alliés,
sa merveilleuse cohorte
d'amis et amies,
certains étaient ses anges
gardiens terrestres,
voire « sherpas »,
sa très fidèle Maria,
le dévoué docteur
Jean-Philippe Renard,
et depuis 2015, où elle a lutté
avec acharnement
contre « la bête »,
les services d'hématologie du
CHU Henri Mondor, à Créteil,
l'Institut Gustave Roussy,
à Villejuif,
les soins palliatifs de
la maison Jeanne Garnier,
à Paris (15e).
Ne soyez pas triste, priez Dieu
pour elle. Alléluia.
Michèle Catoni,
son épouse,
Olivier et Laurent Catoni,
ses fils,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Jean CATONI
survenu le 13 septembre 2018.
Les obsèques auront lieu
au cimetière du Père-Lachaise,
à Paris (20e),
le mercredi 19 septembre,
à 15 h 20.
13
Caluire-et-Cuire (Rhône).
Robert et Arlette Larrivé,
André et Geneviève Larrivé
et leurs enfants,
Yves Larrivé,
Annick Larrivé,
Christian et Chantal Larrivé
et leurs enfants,
Michel Buisson,
Sylvie Hawkins,
les enfants de Monique Buisson,
née Larrivé (†)
et Pierre Buisson (†)
ont la tristesse
de faire part du décès de
Pierre LARRIVÉ
Mme Annick Debry-Bizouard,
son épouse,
Hervé, Véronique,
Eric et son épouse Arlette,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
survenu à l'âge de 85 ans,
le 14 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le mercredi 19 septembre,
à 14 h 15, en l'église
de l'Immaculée Conception,
à Caluire-et-Cuire.
ont la douleur
de vous faire part du décès du
docteur Gérard DEBRY
professeur honoraire de la
faculté de médecine de Nancy,
officier de la Légion d'honneur,
médaille de la déportation
et de l'internement politique,
survenu le dimanche
16 septembre 2018,
dans sa 91e année.
La messe d'obsèques
sera célébrée
le jeudi 20 septembre,
à 15 heures, en la basilique
du Sacré-Cœur, à Nancy.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Mme Daniel Froissart,
née Anne-Bérangère de Vigan,
son épouse,
Xavier et Fiona Froissart,
Serge et Barbara Froissart,
Patrice et Béatrice Froissart,
Frédéric Froissart,
Roseline Froissart,
ses enfants,
Edouard et Virginie,
Olivia-Gerda et Thierry,
Antonin, Irénée, Jérémie, Julien,
ses petits-enfants,
Lou et Talya,
ses arrière-petites-filles,
ont l'immense douleur
de faire part
du rappel à Dieu de
Daniel FROISSART
X 41,
endormi dans la Paix
du Seigneur,
le 13 septembre 2018,
quelques jours avant ses 95 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 20 septembre, à 10 h 30,
en l'église Saint-Saturnin
d'Antony (Hauts-de-Seine),
suivie de l'inhumation
au cimetière du Père-Lachaise,
à Paris (20e), à 15 h 30.
Fleurs blanches uniquement.
M. et Mme
Jean-Claude Delespaul,
M. et Mme
Arnaud de Longchamp,
M. et Mme Antoine Dargnies,
M. Jean-René de Galzain
et la communauté
de l'Arche le Caillou Blanc,
ses enfants,
ses 14 petits-enfants,
ses 38 arrière-petits-enfants,
Mme Rémi de Courcy,
sa sœur,
le vicomte Michel
de la Cropte de Chantérac,
son frère,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Michel de GALZAIN
La messe d'A-Dieu
sera célébrée
le mercredi 19 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-Lourdes,
52, rue de la Brise, à Vannes
(Morbihan).
Il a plu au Seigneur
de rappeler à Lui Sa servante,
Mme Denise GINDRE
née Sibille,
le 15 septembre 2018,
à l'âge de 90 ans, munie
des sacrements de l'Église.
De la part de
ses fils et belles-filles,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
sa sœur et ses frères,
ses beaux-frères, belles-sœurs
et toute la famille.
La cérémonie religieuse aura
lieu le mercredi 19 septembre,
à 10 heures, en l'église
Saint-Nizier, à Lyon (2e).
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Bernard RAULINE
X 47,
ingénieur général des Mines,
chevalier
de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 16 septembre 2018.
La cérémonie religieuse sera
célébrée le jeudi 20 septembre,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Sulpice, Paris (6e),
suivie de l'inhumation
au cimetière du Montparnasse,
où il rejoindra sa femme,
Marie-Maud Rauline
Le marquis de Saint Sauveur,
son époux,
Marie-Anne Le Lorier,
née Gallot,
son épouse,
Aurore et Stéphane Rougeot,
Antoine Le Lorier,
Juliette et Thomas Erhel,
ses enfants,
Agathe, Joséphine, Lucas,
Félix, Ferdinand, Léon, Jules,
Ambre, Alma,
ses petits-enfants,
ses frère et sœurs,
ses beaux-frères
et belles-sœurs,
Gilles Galéa,
Lourdes Da Silva
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Patrick LE LORIER
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 21 septembre 2018,
à 11 heures,
en la basilique Sainte-Clotilde,
23 bis, rue Las Cases, Paris (7e).
Son époux et ses fils,
sa sœur et ses frères,
ses nièces et neveux
ont la profonde tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Denise LIAUZU
née Lacomare,
survenu le 22 août 2018,
à Sète, à l'âge de 82 ans.
Jean-Pierre Liauzu,
9, rue Romain-Rolland,
34200 Sète.
Michel Lacomare,
2, rue de Tournon,
75006 Paris.
Donine de Saint Sauveur
et Bruno Cassaro,
le comte de Saint Sauveur
et Aude Le Tannou,
Pauline et Roch Delsalle,
ses enfants,
Rafaël, Alix, Charlotte,
ses petits-enfants,
ont l'immense tristesse
de vous faire part
de la disparition de la
marquise de SAINT SAUVEUR
née Ivana Andjelic-Walch,
survenue le 13 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 20 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Honoré-d'Eylau,
66 bis, avenue
Raymond-Poincaré, Paris (16e).
L'inhumation aura lieu dans
la stricte intimité familiale,
à Apremont-sur-Allier (Cher).
messes
et anniversaires
Il y a trente ans,
le 23 septembre 1988,
Joël BAMEULE
nous quittait.
Une messe sera célébrée
à son intention,
le dimanche 23 septembre 2018,
à 10 heures, par
le chanoine Daniel Bréhier,
en la cathédrale
Notre-Dame-des-Doms
d'Avignon.
souvenirs
Bernard B ROSSE
membre
du Hot Club de France,
Bernadette et Didier Houzel,
Colette Faure (†),
Françoise et André Boutiron,
Pierre et Michèle Massiani,
ses sœurs, frère,
beaux-frères et belle-sœur,
ses neveux, nièces,
petits-neveux, petites-nièces
font part du retour à Dieu,
dans l'espérance
de la Résurrection, de
Anne-Marie MASSIANI
le 13 septembre 2018,
des suites d'une longue
maladie.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 21 septembre,
à 10 h 30,
en l'église Sainte-Cécile,
44, rue de l'Est,
à Boulogne-Billancourt.
Famille Massiani Boutiron,
61, rue Jean-de-La-Fontaine,
75016 Paris.
née Monique
de la Cropte de Chantérac,
pieusement décédée
à son domicile,
le 15 septembre 2018,
dans sa centième année.
Edouard et Anita Rauline,
son fils et sa belle-fille,
Marie-Edith et Xavier Rolland,
sa fille et son gendre,
ses cinq petits-enfants
est décédé le 18 septembre 2014.
Que tous ceux qui l'ont connu
et aimé aient une pensée
pour lui.
Monique Brosse,
son épouse.
Il y a un an,
le lundi 18 septembre 2017,
Danièle DAPRÈS de BLANZY
née Morandat,
nous quittait.
Que ceux qui l'ont connue
et aimée aient une pensée
pour elle.
Le 17 septembre 2013,
Douceline DERRÉAL
était rappelée à Dieu.
Merci d'avoir une pensée
ou une prière pour elle
et sa famille.
Sander et Gillonne,
Amélie et Nicolas,
Thomas et Ombline,
ses enfants,
Il y a un an,
le lundi 18 septembre 2017,
Calixte, Palmyre, Gaspard,
Joy, Albane, Faustine,
Mathilde,
ses petits-enfants,
nous quittait.
ses frères et sœurs,
en union de prière avec
Sander (†),
son époux,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Dominique RANG des ADRETS
née Damez-Fontaine,
le 16 septembre 2018.
Jean-Pierre RICHARD
Merci de le porter
dans votre prière.
offices religieux
Le Beth Loubavitch
a le plaisir de vous adresser
ses meilleurs vœux de
Chana Tova
une bonne et douce année 5779.
La Fondation
Chmouel et Bassie Azimov
vous informe que
Yom Kippour
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 20 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Jean-Baptistede-Grenelle, à Paris (15e).
débutera à 19 h 40,
ce mardi 18 septembre 2018
et se terminera à 20 h 42,
le mercredi 19 septembre
(horaire pour l'Île-de-France).
L'inhumation aura lieu
au cimetière
de Saint-Georges-de-Didonne.
N'oubliez pas de vous rendre
dans votre synagogue
pour les prières.
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
14
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
« Répliques » :
quand
Finkielkraut
pense contre
lui-même
« On s’accoutume trop dans la solitude à ne penser que comme soi. J’aime la conversation. J’en ai besoin pour penser », confie Alain Finkielkraut (ici lundi, devant la Maison de la Radio).
Depuis trente-trois ans,
cette émission
est au cœur de la vie
intellectuelle française.
Contrairement à ce que
croient ses détracteurs,
son animateur
Alain Finkielkraut n’est
pas un obsessionnel,
mais un fin sismographe
des débats de l’époque.
Avec un authentique
souci du pluralisme,
il aborde tous les sujets.
Il publie chez Stock
« Des animaux
et des hommes »,
un recueil de six
émissions consacrées
à la cause animale.
Eugénie Bastié
£@EugenieBastie
ous sommes le 31 août et dans le studio de France Culture résonne le
mythique générique extrait des variations de Goldberg jouées par
Glenn Gould, sonnant la rentrée de
« Répliques », l’émission d’Alain
Finkielkraut. Le thème d’aujourd’hui est délicieusement khâgneux : « La mort de la
grand-mère chez Proust ». Face-à-face, Philippe
Lançon, journaliste, écrivain, rescapé de l’attentat de
Charlie Hebdo, qui raconte dans Le Lambeau comment
la relecture inlassable des pages du Côté de Guermantes
l’a aidé à sortir de l’enfer, et Antoine Compagnon, universitaire reconnu spécialiste notamment d’À la Recherche du temps perdu. Ce dernier débute son intervention, pincé, par cette accroche : « Je voulais
m’assurer que j’étais bien digne de dialoguer avec vous,
car vous m’avez comparé dans un article à Sainte-Beuve, un professeur soporifique… » La tension monte d’un
cran. Dans la régie, le réalisateur fait signe avec ses
doigts qu’on coupera au montage. Lançon répond,
gêné qu’on lui rappelle son passé de critique cruel,
qu’il n’a pas voulu dire ça. Mais très vite la conversation reprend ses droits. Et les deux hommes, l’un blessé du visage et l’autre d’orgueil, se réconcilient un instant dans une complicité littéraire qui les élève audessus de leurs ego. Lançon finira par lâcher : « Après
ce qui m’est arrivé, je ne peux plus être malveillant. » La
veille, Léa Salamé avait qualifié la démission en direct
de Nicolas Hulot de « moment de grâce » radiophonique. Le mot conviendrait mieux à cette causerie littéraire de haute volée.
N
A
Alors que l’un des invités cite le docteur Boulbon de
La Recherche – « Tout ce que nous connaissons de
grand nous vient des nerveux » –, on pense irrésistiblement à Alain Finkielkraut. Il faut le voir – lui qui
refuse que son émission soit filmée - animer son
ring, avec ce geste de moulinet de la main gauche,
qu’il agite comme un maître d’orchestre, et cette
main droite méditative posée en « L » sur sa bouche,
saisissant au passage un « Pléiade » usé, posant de sa
voix fiévreuse et articulée la problématique du débat.
Il faut le voir, avant l’émission, taper du pied sous la
table avec anxiété. « J’ai le trac », dit-il, et son assistante Anne-Catherine Lochard de confirmer : « Il a le
trouillomètre à dix mille, comme à chaque fois. »
« Répliques » en est pourtant à plus de 1 600 samedis matin. Et 33 ans d’existence, âge christique. On
devait célébrer les 30 ans le 14 novembre 2015 à la
Maison de la Radio, mais la fête a été annulée à cause
des attentats. Comme si le tragique de l’histoire poursuivait l’auteur de L’Identité malheureuse. Créée en
1985 sous l’impulsion du directeur de France Culture
d’alors, Jean-Marie Borzeix, l’émission devait au départ être confiée au philosophe aujourd’hui oublié
François George. C’est finalement Alain Finkielkraut,
alors en disponibilité de l’Éducation nationale, qui
prit les rênes, après une brève collaboration à l’antenne avec le journaliste Gil Anquetil. Il voulait l’appeler
« L’Esprit d’escalier », mais ce sera « Répliques ».
Avec 300 000 auditeurs, elle reste l’une des émissions les plus écoutées de France Culture, et la plus
podcastée du week-end (300 000 par mois). « Cette
émission a une place à part dans France Culture, y
compris dans son fonctionnement » confie Sandrine
Treiner, directrice de la radio depuis 2015. « Alain est
entièrement maître de la programmation. C’est l’émis-
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
Plus de 1 600 émissions au compteur
sion probablement la plus officiellement engagée en
termes de points de vue mais aussi la plus ouverte en
termes d’invités », analyse-t-elle. Il est vrai que dans
un paysage intellectuel de moins en moins pluraliste,
où les camps se figent dans leurs bastions, et où l’ancien animateur légendaire de « Ce soir ou jamais »,
Frédéric Taddéi, fait le choix d’aller sur la chaîne
russe RT pour poursuivre son émission de débat, les
espaces de dialogue se font rares sur le PAF.
« Répliques », « c’est la seule et dernière émission
de débat où on peut avoir une véritable conversation,
assure Denis Olivennes, président de Lagardère Active et fin connaisseur de la vie médiatique. Deux invités maximum, un seul sujet, c’est une exception au
royaume du zapping permanent où il faut faire un elevator pitch de trente secondes pour défendre son point
de vue ! » Pour la patronne de Causeur, Elisabeth
Lévy, « Répliques » est une « école de pluralisme ».
« La tolérance, ce n’est pas tolérer l’eau tiède mais faire un effort sur soi pour accueillir des opinions différentes des siennes ! remarque-t-elle. Soit l’inverse de
ce que sont les tolérants d’aujourd’hui. »
Diversité des sujets
Certes, mais jusqu’où élargir le compas de la conversation ? Samedi 24 juin 2017, Finkielkraut convie à
l’antenne Renaud Camus, auteur sulfureux du célèbre syntagme « grand remplacement », pour discuter face au démographe Hervé Le Bras de l’immigration massive. Des messages de protestation pleuvent
par centaines chez le médiateur de France Culture.
L’intellectuel est obligé de s’en expliquer à l’antenne.
En 2000, avant que les deux écrivains ne soient mis à
l’index, Renaud Camus dialoguait tranquillement
avec Richard Millet, futur auteur d’Éloge littéraire
d’Anders Breivik, des bonheurs de la langue française. Quinze ans plus tôt, en 1985, c’était Jean-Yves Le
Gallou, alors membre du Front national, qui débattait d’immigration avec Julien Dray, fondateur de
SOS Racisme. O tempora, o mores. Aujourd’hui, on a
la fulmination facile, et le compas de la conversation
fait des cercles de plus en plus réduits.
« À part quand il fait une émission sur la mort de la
grand-mère chez Proust, il n’arrive jamais que je n’aie
pas des réactions extrêmement hostiles. Il est plus souvent critiqué que félicité », témoigne Sandrine Treiner,
qui affirme ne s’être « jamais posé la question d’interrompre l’émission ». Ces dix dernières années, il n’a eu
que trois refus : les philosophes marxistes Étienne Balibar et Alain Badiou et, en cette rentrée, l’historien
Pierre Rosanvallon, qui a décliné l’invitation à venir
s’expliquer en tête-à-tête sur son livre Notre histoire
intellectuelle et politique, où il réduit Alain Finkielkraut
à l’état de pamphlétaire et de vulgaire « imprécateur ».
Un manque d’élégance qui n’a pas manqué d’indigner
l’auteur d’Un cœur intelligent. Rosanvallon s’en est expliqué à l’antenne de France Culture, affirmant qu’il
ne jugeait pas « sain d’être dans un dialogue où l’animateur était juge et partie ». L’excuse fumeuse convient
d’autant moins que l’animateur en question met un
point d’honneur à laisser le dernier mot à son invité.
« Il s’est forgé une ligne de combat sur les questions de
l’identité, etc., dont il ne change pas et lui, pour le coup,
ce sont toujours les mêmes faits, les mêmes arguments
qui reviennent », accuse Rosanvallon. Pourtant, c’est
un Finkielkraut moins polémique, moins vindicatif,
moins obsessionnel qu’on retrouve sur les ondes. On le
C’est la seule et dernière émission
de débat où on peut avoir une véritable
conversation
»
DENIS OLIVENNES, PRÉSIDENT DE LAGARDÈRE ACTIVE
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
dit hanté par l’islam et l’immigration, mais en un an
d’émissions il n’en a consacré que quatre à ces sujets,
plus une à la laïcité, sur une quarantaine d’émissions.
Plus d’une quinzaine concerne la littérature et divers
auteurs. Quatre se penchent sur l’épineuse question
du « était-ce mieux avant ? » qui, il est vrai, habite le
philosophe.
« Alain est une boussole en matière de crispations. Il a
un nez incroyable pour aller là où ça crisse. Son sens des
mouvements de la société est assez unique. Il n’a jamais
raté un sujet », confirme Sandrine Treiner. Si on regarde les émissions depuis quinze ans, on découvre en effet un inventaire à la Prévert des angoisses de l’époque.
Tout y passe : la pornographie, le transhumanisme, le
capitalisme, le nucléaire, le journalisme, la guerre du
Liban, la gestation pour autrui, le sarkozysme, Israël,
la prostitution, le mariage pour tous, la révolution numérique, la fin de vie, l’Afrique du Sud, Charlie Hebdo,
l’écologie ou encore Alzheimer, question qui le bouleverse. Mais aussi des sujets moins dramatiques : le rugby, la figure de Judas, l’esprit Canal, les églogues, Louis
XVII dans la littérature, le Tour de France face au dopage, Saint-Augustin, etc. Et certaines qui touchent
aux chefs-d’œuvre de l’art subtil de la conversation :
le concept de Dieu après Auschwitz avec Paul Ricœur,
« Marcion et le marcionisme » avec Alain Besançon et
Rémi Brague ou « La prière d’Esther » avec Élisabeth
de Fontenay. Bien sûr, il a ses tropismes : l’école,
l’identité, l’islam et, plus récemment, le féminisme.
Un angle mort peut être, celui de la musique, qu’il
avoue mal connaître et maîtriser. Bourreau de travail,
il est capable de lire une œuvre complète avant une
émission. « Alain est la personne que je connais qui bosse
le plus. Chaque émission, il la travaille comme la première fois », témoigne Élisabeth Lévy.
Un médiateur engagé
Ces dernières années, un nouveau thème est apparu
sur ses ondes : la cause animale. En cette rentrée, il
publie, chez Stock, un recueil des émissions consacrées à cette nouvelle question polémique. « Cette
cause, je l’ai accueillie dans mon émission “Répliques”
sur France Culture parce que les amis des bêtes ne parlent pas d’une seule voix », écrit-il en introduction. Le
livre s’ouvre sur une discussion magistrale entre les
philosophes Élisabeth de Fontenay et Francis Wolff
sur la corrida. Tout l’art du médiateur engagé se déploie dans l’introduction qu’il fait du sujet, partagé
qu’il reste entre son authentique souci de la cause animale et l’admiration sincère qu’il a éprouvée devant le
geste tauromachique. Dans ce dialogue courtois, on
retrouve ce que disait l’abbé Delille dans son poème La
Conversation : « Aucun, par un babil frivole,/ Sur son
voisin n’usurpait la parole/ Chacun parlant, se taisant à
son tour/ Du discours circulaire attendait le retour. »
À 69 ans, l’intellectuel l’assure, il n’est pas près de
raccrocher. Il a beau avoir au compteur une trentaine
de livres, son statut d’Immortel et sa plume dans nombre de journaux, « Répliques » reste ce à quoi il tient le
plus dans sa vie intellectuelle. Pour décrire son attachement à l’émission, il aime à citer cette phrase de
Fontenelle : « On s’accoutume trop dans la solitude à ne
penser que comme soi. » « J’aime la conversation. J’en ai
besoin pour penser », affirme-t-il. C’est peut-être
Claude Habib, sa fidèle amie spécialiste de la galanterie
française, qui parle le mieux de ce besoin vital :
« D’après la partition antique du débat intellectuel entre
l’araignée qui tire son fil d’elle-même et l’abeille qui part
chercher de quoi faire son miel, Alain, même si on le perçoit comme un être d’obsession, est du côté de l’abeille. »
Dans la modernité où les réseaux sociaux nous enferment, telles des araignées tirant d’elles-mêmes la
substance d’une pensée égotique, « Répliques » demeure une ruche et un havre pour les esprits curieux. ■
« Des animaux et des hommes », sous la direction d’Alain
Finkielkraut, Stock-France Culture, 300 p., 20 euros.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 18 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
ÉCONOMIE
15
L’Internet aggrave-t-il
les inégalités socioculturelles ?
Le gouvernement
met en place
l’expérimentation du
« pass numérique ».
Il devrait à terme
aider 13 millions
de Français.
Une opération
salutaire,
car la révolution
numérique est
en train d’exacerber
les inégalités.
Jean-Pierre Robin
jprobin@lefigaro.fr
SOCIÉTÉ Le « pass Culture » et le « pass
numérique » ont été lancés en fanfare et à
titre expérimental la semaine dernière par
Françoise Nyssen, la ministre de la
Culture, et Mounir Mahjoubi, le secrétaire
d’État chargé du Numérique. On passera
vite sur le franglais urticant - comme si
nos ministres ignoraient ce qu’est un passe-droit ou un passe-muraille ! - pour ne
retenir que leurs bonnes intentions. Doter
les jeunes de 18 ans d’un sésame culturel,
sous la forme d’un crédit de 500 euros utilisables ad libitum constitue une initiative
irrécusable. Un engagement original de la
première heure du président Macron.
De même, accompagner les Français à
mieux maîtriser le langage numérique, en
investissant 75 à 100 millions d’euros,
n’est certainement pas un luxe. Car on assiste aujourd’hui à un étrange paradoxe.
D’un côté l’accès à Internet est devenu
quasi universel dans notre pays : neuf
personnes sur dix disent se connecter au
moins une fois par semaine, et c’est même
100 % pour les jeunes de 12 à 24 ans. Mais
en même temps « un tiers des Français
s’estime peu ou pas compétent pour utiliser
un ordinateur », selon une enquête du secrétariat au Numérique.
Chacun sait qu’il ne suffit pas d’avoir un
piano pour savoir en jouer, et encore
moins de pianoter pour accéder à la
« bonne musique ». Foin de l’élitisme, dira-t-on, des goûts et des couleurs on ne
discute pas, tout se vaut. Hélas, il se pourrait que la vérité fût triste. Nous sommes
en théorie tous égaux devant le seuil de
cette caverne d’Ali Baba que nous ouvre le
Web, mais de fait certains le sont plus que
d’autres, par leur savoir ou leur capital
social.
Le réseau mondial www, auquel est
d’ores et déjà connectée 53 % de la population de la planète, loin d’être une formidable opportunité quasi gratuite ouverte à
tous, serait-il au contraire un amplificateur des inégalités socioculturelles ? Le
monde virtuel et sa promesse de convivialité heureuse serait-il encore plus impitoyable que la vie réelle ?
PERCÉE
FULGURANTE ET INÉDITE
❙ UNE
Pratiquement 90 % des Français de plus
de 12 ans - dans la moyenne européenne sont donc aujourd’hui connectés à Internet, « le réseau mondial informatique ».
Avec ses deux applications les plus usuelles que sont le courrier électronique et le
World Wide Web (www). L’une et l’autre
ont commencé à se diffuser dans le grand
public à partir du milieu des années 1990.
« Signe de l’omniprésence de la vie numérique, la plupart des internautes (76 %) se
1 55 % de la population
connectent quotidiennement », souligne le
baromètre annuel 2017 du Credoc et du
ministère de l’Économie.
La percée est foudroyante. Après l’invention de l’imprimerie par l’Allemand Gutenberg en 1454, il avait fallu attendre un
peu plus de quatre siècles pour que 90 %
des Français sachent lire et écrire. Ce qui
nous ramène aux toutes premières années
de la IIIe République, alors que la moitié
d’entre eux était encore analphabète au
moment de la Révolution française de
1789.
Dans la longue histoire des technologies
de l’écriture, la numérisation de l’information, devenue notre aventure collective depuis près d’un quart de siècle, n’estelle pas aussi disruptive que l’avait été la
mécanisation de l’imprimerie à la Renaissance ? Depuis son apparition à la toute fin
du siècle dernier on n’a cessé d’évoquer la
fracture numérique entre les « have » et
les « have not » - comme disent les
Anglo-Saxons -, les branchés et les laissés-pour-compte. Les chiffres de diffusion ultrarapide, sans aucun précédent
pour les grandes innovations techniques
grand public – automobile, électricité, radio, télévision – semblent rendre ces
craintes obsolètes. Mais c’est un leurre.
Il existe en effet trois niveaux d’inégalité,
comme l’explique Jean Deydier, directeur d’Emmaüs Connect, qui travaille
contre l’exclusion, et de WeTechCare,
une start-up à but éducatif : « Que 10 %
de la population se trouvent encore exclus,
ce n’est quand même pas rien ! Ensuite on
peut être connecté, sans avoir les compétences pour en bénéficier réellement. Ainsi
95 % des jeunes Français sont-ils sur le réseau social Facebook, mais un grand nombre d’entre eux sont incapables de gérer un
service mail et ne peuvent donc s’en servir
pour chercher un emploi. Et à un troisième
niveau, le numérique est un accélérateur
des compétences acquises dans la vie professionnelle, comme pour les cadres qui
s’inscrivent sur le réseau LinkedIn, et cela
amplifie les inégalités. »
EST PRISONNIER
DANS SA BULLE
❙ CHACUN
« Montre-moi les images sur ton écran, et
je te dirai ce que tu es » : une simple promenade dans les couloirs du TGV permet
de constater de visu l’effroyable fragmentation socioculturelle du monde virtuel,
des spectateurs compulsifs de sitcoms aux
visiteurs (plus rares) du Louvre ou du
Musée du Prado.
L’activiste américain de l’Internet Eli
Pariser est le premier à avoir démontré au
début des années 2010 comment les algorithmes de Google et d’Amazon, entre
autres, nous renferment dans notre propre univers social et culturel d’origine au
lieu d’élargir l’horizon et de faciliter les
mixités. C’est ce qu’il appelle « les bulles
de filtre » (filter bubble) : l’algorithme terme redevenu très à la mode alors qu’il
est employé couramment en Europe de-
2 Neuf Français sur dix
puis le XIIIe siècle pour désigner « un procédé de calcul » - décrypte les données
que nous laissons à notre insu en masse
sur le Web. Et ces « traces », comme les
appellent les informaticiens, trahissent
nos penchants idéologiques, tout comme
nos goûts musicaux, littéraires, cinématographiques, nos préférences alimentaires ou vestimentaires.
Politiquement « vous vous endoctrinez
vous-mêmes avec vos propres opinions »,
dénonce Eli Pariser. Dans une interview à
Quartz, la revue haut de gamme du Web,
Bill Gates, le fondateur et propriétaire de
Microsoft reconverti dans les actions philanthropiques, s’inquiète lui aussi que les
« bulles de filtres », le mode de fonctionnement à la base des médias sociaux,
« vous font rencontrer des gens tels que
vous-mêmes, et ainsi vous ne vous mélangez pas, ne partagez ni ne comprenez les
autres points de vue ».
C’est encore plus vrai en matière culturelle comme chacun en fait l’expérience
à la lecture des « recommandations
d’achats » sur Amazon, pour citer le plus
gros commerçant en ligne de la planète.
Sans nier la pertinence souvent réelle de
telles indications, un lecteur qui n’aurait
jamais acheté que des romans de la collection Harlequin se verra conseiller exclusivement des livres pour midinettes.
Internet incarnait la promesse de pénétrer dans la caverne d’Ali Baba, comme
l’a bien compris Ma Yun, alias Jack Ma,
fondateur d’Alibaba.com, le concurrent
chinois d’Amazon dont il est l’égal par la
taille. Mais en pratique, nous nous retrouvons dans la caverne de Platon : chacun devient prisonnier de ses habitudes
et enchaîné à ses propres préjugés, au lieu
de s’ouvrir sur les réalités du monde et sa
diversité.
AMPLIFICATEUR
DES INÉGALITÉS
❙ UN
Rien de nouveau sous le soleil : les « fake
news » – les fausses nouvelles – sont
vieilles comme le monde. « La rumeur, de
tous les maux le plus véloce, son mouvement fait sa force et sa marche accroît sa
puissance », tempêtait déjà il y a
2 000 ans le bon Virgile. Il n’avait pourtant pas imaginé que la multitude atteindrait une telle puissance. Quelque
5,1 milliards de d’utilisateurs individuels
de téléphone portable, 68 % de la population mondiale et 4 milliards d’internautes. La démocratisation des nouvelles
technologies de l’information est une
marée montante irréversible.
Et pour cause, « il est aujourd’hui possible
d’acheter un smartphone acceptable pour
50 dollars et les prix continuent de baisser.
Les smartphones deviennent des objets
courants, même dans les régions les plus
pauvres », s’enthousiasme Hal Varian, le
chef économiste de Google, dans une présentation au FMI « des technologies intelligentes ». C’est même dans les pays
émergents, et pas forcément les plus
3 Une question d'âge
prospères, que les participants aux réseaux sociaux en ligne y consacrent le
plus de temps : 3 heures 57 minutes par
jour en moyenne aux Philippines, 3 heures 39 au Brésil, contre « seulement »
2 heures aux États-Unis et 1 heure 22 en
France (classement 2018 de Hootsuite We
are social).
En revanche cette popularisation s’accompagne simultanément d’une concentration grandissante des gains en argent
et en notoriété. « Les traditionnelles distributions des inégalités selon la loi de Pareto, qui donne à 20 % d’une population
80 % du bien à répartir, ont pris sur le Web
la forme d’une loi de puissance beaucoup
plus accusée, qui réserve souvent à moins
de 1 % des acteurs plus de 90 % de la notoriété », analyse le sociologue Dominique
Cardon, directeur du Médialab de Sciences Po, dans son livre À quoi rêvent les
algorithmes.
MONDE VIRTUEL
LE RÉEL
❙ LEREPRODUIT
Outre-Atlantique, plus personne ne s’inquiète de l’exclusion des plus défavorisés
désormais tous connectés, mais « de
l’inégalité numérique » bien réelle, selon
les usages plus ou moins valorisants qu’on
fait de l’Internet.
Les algorithmes qui renvoient tout un
chacun à son propre microcosme, mais
également l’intelligence artificielle amenée à démultiplier les possibilités techniques, l’impact global « sera positif pour
certaines personnes, et négatif pour les
pauvres et les gens peu éduqués. Les inégalités numériques vont se creuser et les disparités de richesses s’accroître », avertit le
Pew Research Center. Ce centre de recherche indépendant, qui se considère
comme un « fact-tank », un collecteur
de faits, observe en outre une polarisation
croissante des réseaux sociaux en fonction du niveau de revenu. « 70 % des teenagers de familles disposant de
30 000 dollars de revenus annuels ou moins
utilisent Facebook, contre 30 % dans les
familles dont le budget dépasse 75 000 dollars ». À l’inverse, ces derniers privilégient Snapchat.
Recherche d’emploi, mais aussi placements financiers et opportunité d’achats
« l’accès et l’utilisation d’Internet peuvent
exacerber les inégalités existantes »,
conclut une étude de la London School of
Economics portant sur 1 100 personnes
aux Pays-Bas, à la pointe pour ses infrastructures numériques en Europe, souligne l’enquête. Le monde virtuel n’est que
« la reproduction » en pire des inégalités
du monde réel, pourrait-on dire pour parodier le sociologue Pierre Bourdieu.
Le « pass numérique », une valeur de 50 à
100 euros, permettra d’acheter des heures de formation. Le nerf de la guerre.
Comme prétendait le philosophe et mathématicien de génie Leibniz, précurseur
de l’informatique, « l’éducation peut tout :
elle fait danser les ours ». ■
4 Les Américains
mondiale connectée
sont internautes
plus que de revenus
moins enthousiastes
7,6
PROPORTION DE LA POPULATION DE PLUS
DE 12 ANS SE CONNECTANT À INTERNET
AU MOINS UNE FOIS PAR SEMAINE
PROPORTION D'INTERNAUTES
SELON L’ÂGE, EN %
POURCENTAGE D'AMÉRICAINS
QUI ESTIMENT QU'INTERNET A ÉTÉ
UNE BONNE CHOSE POUR EUX
4,02
En %
88 %
90
De 18 à 24 ans
100 %
99 %
De 40 à 59 ans
80
3,2
70
5,1
60
milliards d’utilisateurs
de téléphones mobiles
52 %
70 ans et plus
2014
2018
90 %
88 %
94 %
De 60 à 69 ans
milliards d’actifs
sur les réseaux sociaux
81 %
POURCENTAGE D'AMÉRICAINS QUI ESTIMENT
QU'INTERNET A ÉTÉ UNE BONNE CHOSE
POUR LA SOCIÉTÉ
53 %
SELON LE REVENU, EN %
Hauts revenus
Classe moyenne
supérieure
50
2,96
Sources : Hootsuite, We are social
100 %
De 25 à 39 ans
milliards d’internautes
milliards d’actifs sur les réseaux
sociaux depuis un mobile
De 12 à 17 ans
Classe moyenne
inférieure
40
2005
Source : Credoc
2017
Bas revenus
Source : Credoc
97 %
91 %
84 %
2014
2018
76 %
70 %
81 %
Source : Pew Research Center,
sondage de janvier 2018
A
milliards : population
mondiale
Infographie
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
16
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Le choix pro-immigration de Mélenchon
le coupe de la vague populiste
our La France insoumise,
le vent venu de l’Est
apporte de bien fâcheuses
nouvelles. Le lancement
en Allemagne
du mouvement Aufstehen
(Debout) par la coprésidente du parti
Die Linke (La Gauche) au Bundestag,
Sahra Wagenknecht, attise
les brandons de la dispute sur
la question migratoire. Or, sur ce sujet,
Jean-Luc Mélenchon n’a eu de cesse
depuis des années de pratiquer
la politique de l’oxymore : défenseur
proclamé de l’ordre républicain et donc
de la notion de frontière, il se faisait, en
même temps, dénonciateur implacable
de toutes les mesures concrètes pour
faire respecter celle-ci comme celui-là.
Parmi tant d’exemples, le leader
de La France insoumise s’était distingué
au printemps dernier par son soutien
aux « Trois de Briançon », trois
militants étrangers ayant participé
aux bousculades contre des douaniers
au col de Montgenèvre afin
de permettre le passage de migrants.
L’attitude longtemps ambivalente
de Jean-Luc Mélenchon ne lui a pas
évité les critiques des milieux promigrants qui souhaitaient un ralliement
explicite à leurs positions. Ce faisant,
cette mouvance lui rendait un grand
service, car il pouvait utiliser leur
véhémente insatisfaction comme gage
de l’équilibre de sa position politique.
Les débats à l’Assemblée nationale lors
du vote de la loi asile et immigration ont
pourtant montré qu’il n’en était rien,
le groupe parlementaire de La France
insoumise multipliant les prises
de parole pour réclamer une extension
du droit d’asile
et refuser toute
répression pratique
de l’immigration
clandestine
En adoptant un discours favorable à l’immigration,
sous prétexte d’en
dans l’objectif de conquérir le leadership à gauche,
dénoncer les causes
le leader de La France insoumise privilégie des jeux premières.
d’appareil plutôt que les attentes de son électorat,
L’événement
allemand, celui
argumente le politologue*.
P
JÉRÔME SAINTE-MARIE
bercail de la gauche, celui où nombre de
il est vrai que 59 % des sympathisants
ses dirigeants ont fait leurs premières
socialistes étaient d’une opinion
armes, parfois au sein de mouvements
inverse. Se souvient-il, Jean-Luc
qui, tel SOS Racisme, servaient
Mélenchon, que pour 43 % de ceux qui
de rabatteurs pour le parti de François
ont voté pour lui en 2017, l’immigration
Mitterrand. Comme l’a dit Jean-Luc
joue, « de manière
Mélenchon le 9 septembre à Marseille
générale »,
Le leader de La France insoumise
« que finisse cette longue solitude pour
un rôle négatif,
moi d’avoir été séparé de ma famille ».
contre
33
%
qui
mesure-t-il que seuls 18 % de ses
Soucieux de devenir l’astre majeur
lui accorde un rôle
sympathisants pensent que la politique
d’une gauche reconstituée, La France
positif ? Mesureinsoumise veille à user d’une rhétorique
t-il que seuls 18 %
de Macron en matière d’immigration
– les modernes pédants parleront
des
sympathisants
est trop rigoureuse ?
de « stratégie discursive » - à même
de La France
d’amadouer les gardiens du temple
insoumise pensent
de la gauche.
que la politique d’Emmanuel Macron
précipité les choses. En effet, l’initiative
N’en déplaise à ceux qui croient voir
en matière d’immigration est
de Sahra Wagenknecht entend rompre
en les amis de Jean-Luc Mélenchon
trop rigoureuse ? Certainement.
l’équivalence entre extrême gauche et
d’indécrottables marxistes, il n’y a
Mais Jean-Luc Mélenchon voit
refus des frontières, dans la perspective
dans cette démarche aucune analyse
aussi que sur la question migratoire
d’une reconquête des catégories
de classe ni visée révolutionnaire. On
l’adoption d’une ligne compatible avec
populaires qui, en Allemagne comme en
y trouve simplement une tactique
les inquisiteurs de la gauche dite morale
France, considèrent que l’humanisme
peu inspirée à destination des élections
constitue le sésame de sa réintégration
abstrait s’accommode du sacrifice de
européennes, doublée d’une très
politique en son sein. Les anciens
leurs conditions concrètes d’existence.
probable faute stratégique. Dans
électeurs de Benoît Hamon forment
Or le soutien qu’a apporté à Sahra
les opinions publiques européennes,
à peu près la seule catégorie à juger
Wagenknecht Djordje Kuzmanovic,
le vent de l’Est l’a emporté sur celui
positif l’impact de l’immigration sur la
conseiller auprès du leader de La France
de l’Ouest, et la normalisation
société française. Jean-Luc Mélenchon
insoumise sur les questions de défense
de La France insoumise intervient
souhaite les séduire, et donc sacrifie à
et de relations internationales, a suscité
à contretemps. Afin de prendre
leur croyance sur le sujet. Cette attitude
un très rare désaveu public de la part
la direction d’une force très affaiblie,
va de pair avec une édulcoration de sa
de Jean-Luc Mélenchon, fort tolérant
la gauche, qui
pour les tenants d’une ligne opposée.
ne rassemble
Dès lors, la messe est dite, et l’ancien
Mélenchon sacrifie tout à sa volonté
qu’un quart
candidat à l’élection présidentielle
de prendre la direction d’une force
des électeurs, elle
sort de l’ambiguïté sur la question
migratoire, tandis que Manuel
très affaiblie, la gauche, qui ne rassemble abandonne toute
espérance
Bompard, tête de la liste masculine
qu’un quart des électeurs.
de profiter de la
de la liste France insoumise
vague populiste
aux élections européennes, rappelle sur
qui traverse le continent. De cette
position sur l’Union européenne,
son blog son engagement à régulariser
erreur, sans doute inévitable compte
avec une dialectique plan A–plan B
tous les immigrés clandestins.
tenu de ce qu’est la sociologie
de plus en plus confuse. En termes
« Bravo à l’Aquarius » s’était exclamé
de la mouvance France insoumise, la
d’efficacité électorale, ce mouvement
Jean-Luc Mélenchon le 25 août
question migratoire constitue l’éclatant
est surprenant, tant l’opinion des
lors de son discours de clôture
révélateur. Ainsi, Jean-Luc Mélenchon
Français se radicalise sur ces différents
de l’université de son mouvement.
déclare forfait sur la stratégie populiste
sujets, et notamment sur la question
Réalisait-il alors que 51 %
et libère la voie à des forces politiques
migratoire, deuxième motivation
des sympathisants de La France
qui ne lui ressemblent guère.
du vote, selon un récent sondage, pour
insoumise, selon l’Ifop, considéraient
* Fondateur de Polling Vox, société
les prochaines élections européennes.
en juin dernier qu’il ne fallait pas
d’études et de conseil. A publié
Dès lors, à quoi sert le discours de
proposer d’accueillir ce navire et
« Le Nouvel Ordre démocratique »
plus en plus ouvertement promigrants
les migrants qu’il transportait ? 67 %
(Éditions du Moment, 2015).
de La France insoumise ? À revenir au
des Français en pensaient autant, mais
de l’affirmation au sein même de Die
Linke, modèle du Front de gauche,
d’un mouvement souhaitant allier une
critique marxiste de la société avec une
volonté de contrôle de l’immigration, a
«
»
«
»
Les Américains déchirés entre la loi
et leur conception de la légitimité
e populisme devient
une véritable force politique
quand il s’incarne dans
une figure qui le porte. C’est
la version corrompue, si l’on
veut, de « la rencontre
d’un homme et d’un peuple ».
Cet homme antisystème, qui ne vient
pas forcément du peuple, vise avant tout
le pouvoir. Mais il n’est rien sans
l’allégeance de ce peuple hors système
dont il s’est approprié la voix.
La chance de Donald Trump est
de pouvoir compter sur le soutien
indéfectible de ses électeurs, alors qu’une
large majorité de ses concitoyens lui reste
foncièrement hostile et que les tempêtes
s’accumulent autour de lui. Sa cote, au
dire des derniers sondages, est au plus
bas : à peine 36 % d’opinions favorables
contre 60 % de négatives ; 49 %
d’Américains approuvent l’ouverture
d’une procédure de destitution à son
encontre ; 53 % (contre 35 %) estiment
que M. Trump a essayé d’entraver
l’enquête de Robert Mueller sur
l’ingérence russe dans les élections
présidentielles ; et 63 % (contre 29 %)
se disent favorables à la poursuite des
investigations du procureur spécial.
Même les indices économiques
insolents - croissance record, situation
de quasi-plein-emploi, taux de confiance
au plus haut depuis vingt ans n’ont pas réussi à affecter ces sondages
peu flatteurs. M. Trump aborde
les élections de mi-mandat avec la cote
d’approbation la plus médiocre jamais
enregistrée par
un président
en exercice.
Seulement, tout
change quand
Si le président des États-Unis reste populaire
on porte le regard
auprès de sa base électorale, c’est qu’il existe
sur les électeurs
une « guerre civile américaine » qui transcende
républicains.
les clivages politiques, analyse l’historien*.
M. Trump a su
DESSINS CLAIREFOND
L
A
RAN HALÉVI POUR « LE FIGARO »
préserver leur confiance et même
l’accroître à mesure qu’il étendait - autre
exploit - son emprise sur le parti, jusqu’à
imposer ses candidats aux élections de
novembre prochain. Il a brillamment
réussi là où le Tea Party avait échoué.
Rien n’a pu ébranler ce « pacte
populiste » : ni le comportement
pathologique du président, ni
la condamnation pour escroquerie
de son ex-directeur de campagne,
ni la décision de coopérer avec la justice
du New York Times sur le chaos qui règne
à la Maison-Blanche et les toquades
narcissiques de son hôte parviennent
à décourager le noyau dur de ses
partisans (mais elles risquent de faire
perdre leurs sièges à nombre de candidats
républicains en novembre prochain).
Comment interpréter cet attachement
inconditionnel d’un tiers des Américains
à un personnage aussi controversé ?
L’attrait que peut exercer son charisme
intempestif est loin de tout expliquer.
Invoquer
l’économie n’est
Ce qui exacerbe le populisme
pas d’un meilleur
recours. La
en Amérique, c’est une polarisation
réduction massive
politique et culturelle sans précédent
des impôts et la
dérégulation ont
qui dépasse la division traditionnelle
bénéficié aux
entre démocrates et républicains.
grandes sociétés,
Cette « guerre civile », dont les racines
non aux chômeurs
du Midwest.
remontent aux années 1960, oppose
Dans les bourgades
deux camps qui ne se voient plus
déshéritées du
Missouri et
de l’Illinois, rien n’a beaucoup changé
de son avocat et homme de basses
depuis l’élection présidentielle. En
œuvres, ni les révélations accablantes
Amérique, pas plus qu’en Europe,
sur l’ingérence russe dans l’élection
le populisme n’est réductible à la seule
présidentielle avec la possible
explication économique. Sur notre
complicité de ses proches, ni
continent, il s’est acclimaté dans des
les versements non déclarés de gros
pays plutôt prospères, comme l’a
cachets, en pleine campagne électorale,
récemment noté Dominique Reynié.
pour acheter le silence d’une actrice
Ce sont l’immigration, la criminalité
porno et d’une ex-playmate sur leurs
et la dépossession identitaire qui lui
relations avec le candidat d’alors ;
servent de carburant, souvent alimenté
et encore moins les relations orageuses
par les carences de l’État.
de M. Trump avec les alliés traditionnels
Mais ce qui l’exacerbe en Amérique,
des États-Unis, sa gestion rocambolesque
c’est une polarisation politique
des négociations avec la Corée du Nord,
et culturelle sans précédent qui dépasse
ses empressements malavisés envers
la division traditionnelle entre
M. Poutine à l’heure même où
démocrates et républicains. Cette
son administration reconduisait
« guerre civile », dont les racines
les sanctions contre la Russie…
remontent aux années 1960, oppose
Il est donc peu probable que les
deux camps qui ne se voient plus pour
indiscrétions édifiantes du livre de Bob
ainsi dire. À un pôle se trouvent ceux
Woodward et de la tribune anonyme
«
»
qui conçoivent la politique en termes
de droits individuels - droits
des minorités ethniques, des femmes,
des homosexuels, des immigrés ; où
les Blancs non diplômés, les cols bleus,
les ruraux, la religion n’ont guère
de place. Ici, l’être ensemble national
se dilue dans un multiculturalisme porté
par une rhétorique de la diversité qui va
jusqu’à projeter rétrospectivement ses
œillères sur l’histoire américaine pour
en criminaliser des chapitres entiers.
Puis, à l’autre bout, il y a les oubliés
de ce libéralisme identitaire qu’ils
considèrent comme une menace
existentielle à leur culture, leurs
traditions, leurs habitudes de penser et
qui s’estiment abandonnés par l’élite
politique.
Pour eux, comme l’a écrit récemment
Peter Beinart dans The Atlantic, l’idée
de corruption renvoie moins à la
violation des lois qu’à cette subversion
libérale de l’ordre traditionnel dont ils
voient en Trump, à tort ou à raison, le
défenseur presque inespéré. Seuls 14 %
d’entre eux tiennent pour corrompu cet
homme dont les errements et la faiblesse
morale, pourtant, sont régulièrement
étalés au grand jour. Car dans cette
« guerre civile », la sauvegarde de l’ordre
des choses leur paraît autrement vitale
que telle atteinte à telle loi. Ce n’est pas
demain la veille qu’ils vont lui retirer
leur confiance.
C’est là où les deux camps
se retrouvent, dans cette disposition
commune - pour des raisons inverses à mettre ce qu’ils estiment comme
légitime au-dessus de ce que peut dire
la loi. En plaçant la légitimité au-dessus
de toute considération légale, chacun
sape la démocratie à sa manière. Seule
la Constitution les tient encore ensemble.
* Directeur de recherche au CNRS
et professeur au Centre de recherches
politiques Raymond-Aron.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 18 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Renaud Girard
rgirard@lefigaro.fr
Ne soumettons pas l’Europe à la noire
dialectique « progressistes » / « nationalistes »
ombreux sont les
responsables européens
à s’être réjouis du vote du
Parlement de Strasbourg
du 11 septembre 2018
qui, suivant la proposition
d’une députée écologiste hollandaise,
a ouvert une procédure visant à priver
la Hongrie de ses droits de vote au sein
du Conseil des ministres de l’Union
européenne (UE). Ils ont eu tort. Car,
sans le vouloir, ils sont en train d’affaiblir
la cohésion d’une UE qui, après le Brexit,
n’avait pas besoin de cela.
Le vote européen est excessif sur le
fond, inefficace sur la forme, et contreproductif sur le long terme. Sur le fond, on
a bien sûr le droit de combattre la
politique du premier ministre hongrois.
On a le droit de détester les idées de
M. Orban, son style, son visage. On peut
lui reprocher d’être trop « nationaliste ».
On peut même, si l’on veut, le qualifier de
« populiste », quitte à courir le risque de se
voir opposer cette définition : est
populiste celui qui n’a pas les mêmes idées
que moi mais qui est plus populaire que
moi et qui engrange davantage de voix
que moi. On peut surtout, dans le régime
parlementaire qui est celui de la Hongrie,
voter contre Orban aux élections
législatives, qui s’y déroulent sans la
moindre fraude tous les quatre ans. Aux
élections d’avril 2018, où la participation
fut très élevée, la liste de centre droit
de Viktor Orban a obtenu 49 % des voix
et 133 députés sur 199. Le parti MSZP
de centre gauche, avec 12 % des voix,
a conquis 20 sièges. Le parti Jobbik,
ultranationaliste, a obtenu 19 % des voix
et conquis 26 sièges. Le parti écologiste
LMP a obtenu 7 % et 8 sièges.
N
ANALYSE
Pierre Avril
pavril@lefigaro.fr
«
»
Le Kremlin se raidit face aux
difficultés de politique intérieure
i l’imprévisibilité de la
Maison-Blanche sous Donald
Trump fait fuir ses partenaires
européens, le Kremlin
de Vladimir Poutine peut
difficilement prétendre servir
d’antidote, tant le pouvoir russe paraît
déstabilisé, manifestant comme jamais
d’évidents signes de fébrilité. Depuis
l’annonce, en plein Mondial de football,
d’une réforme des retraites visant
à augmenter de cinq ans l’âge ouvrant
droit à pension, Vladimir Poutine
est confronté à une vague de
mécontentement qui, à la différence des
précédentes, n’a pas trait aux libertés
civiles mais au bien-être matériel
de sa population, seul véritable
indicateur de la santé politique du pays.
La puissance du parti pro-pouvoir
Russie unie s’effiloche. Le gouverneur
sortant de la région orientale
de Primorié, Andreï Tarassenko,
que Vladimir Poutine avait lui-même
nommé, jouait dimanche son
renouvellement au suffrage universel
face à des opposants préalablement
sélectionnés par le Kremlin. Or, en dépit
du soutien électoral que Poutine
a apporté à « son » candidat, celui-ci
accusait un retard de 6 points sur
son concurrent communiste, Andreï
Ichtchenko, après que 95 % des
bulletins eurent été dépouillés.
La défaite d’Andreï Tarassenko
paraissait donc inéluctable.
Or il a finalement… été proclamé
vainqueur à la surprise générale.
Andreï Ichtchenko proteste contre
les « fraudes » et observe
une grève de la faim depuis hier soir.
Le fait est d’autant plus spectaculaire
S
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
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Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
Olivier Dassault, Thierry
Dassault, Jean-Pierre
Bechter, Olivier Costa
de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
que l’intégration des populations
musulmanes ne se fait pas de manière
satisfaisante dans les sociétés d’Europe
de l’Ouest ?
Il serait légitime que l’Allemagne et
la France veuillent arrêter de financer
à Bruxelles les programmes structurels
en Europe de l’Est, afin de consacrer
cet argent à la lutte contre les circuits
de trafic d’êtres humains en Afrique du
Nord et aux politiques de développement
des investissements productifs en
Afrique noire. L’immigration illégale
est devenue en
Il est illégitime de vouloir
effet la première
urgence de l’UE.
sanctionner à ce point la Hongrie,
Mais il est
qui n’a fait qu’appliquer strictement
illégitime
de vouloir
les accords de Schengen
sanctionner
à ce point (par la privation de ses droits
qu’on le trouve. Il est proprement
de vote) la Hongrie, alors qu’elle n’a fait,
scandaleux que, dans certaines banlieues
depuis 2015, qu’appliquer strictement
de France, un juif ne se sente pas en
les accords de Schengen.
sécurité, doive raser les murs, sous
Pourquoi les frontières européennes
prétexte qu’il porte une kippa sur la tête.
devraient être les seules du monde à
Avant de donner des leçons à l’Europe
pouvoir être, impunément, franchies
entière, la France serait bien avisée
illégalement ? Les pays européens
de balayer devant sa porte.
n’entretiennent-ils pas un réseau
En 2015, sans consulter ses partenaires
d’ambassades et de consulats à travers
européens, la chancelière d’Allemagne
le monde, ouverts à toute demande
a décidé d’ouvrir grand ses frontières
légitime de visa ?
aux migrants venus du Moyen-Orient
Sur la forme, la procédure du
et d’Asie centrale, provoquant un appel
Parlement européen n’a aucune chance
d’air sans précédent. On a tout à fait
d’aboutir car il lui faudrait l’unanimité
le droit de louer le grand cœur
des votes au sein du Conseil. Or
de Mme Merkel, et de penser que cette
la Pologne a déjà fait savoir qu’elle
immigration sans visa est une chance
voterait non. À court terme, il s’agit
pour l’Europe. Mais doit-on pour autant
donc de beaucoup de bruit pour rien.
refuser d’entendre les arguments
Mais à moyen et long terme, ce geste
de M. Orban qui, avec ses partenaires
du Parlement est contre-productif.
du groupe de Visegrad, ne veut recevoir
S’il avait voulu accroître les divisions
que des réfugiés chrétiens, estimant
Faut-il le répéter ? Orban n’est pas
Hitler. En Hongrie, vous pouvez dire ce
que vous pensez publiquement, vendre
les livres que vous voulez, lire les
journaux que vous aimez, et faire
campagne dans la rue contre Orban. Il ne
vous arrivera rien. Si vous êtes juif et que
vous habitez une banlieue de Budapest,
vous pouvez pratiquer votre religion en
toute quiétude. En Seine-Saint-Denis, ce
n’est, en revanche, plus le cas. S’il y a un
scandale de libertés publiques et d’État
de droit en Europe, c’est bien en France
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
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de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
de sept minutes, celui qui compte parmi
les hommes les plus puissants du pays
traite son adversaire – dont l’existence
n’est même pas mentionnée à la
télévision publique – de « pourriture
politique ». Une réaction « aberrante »
qui, selon la politologue Tatiana
Stanovaya, traduirait « la faiblesse
et le désarroi » du Kremlin face
à la contestation.
Se sentant délaissés par leur
chef - entièrement accaparé par
la diplomatie –, ses subordonnés
auraient eux-mêmes mis au point
la version jugée fantaisiste des espions
« touristes » dans l’affaire Skripal,
contribuant
à radicaliser encore
La puissance du parti pro-pouvoir
plus les relations
Russie unie s’effiloche
russo-occidentales.
La menace de
nouvelles sanctions américaines cet
La nervosité gagne également
automne, celle d’isolement de l’Église
les Siloviki, ces représentants de l’aile
orthodoxe russe dans son conflit avec
dure du pouvoir russe partisans d’une
l’Ukraine devraient raidir davantage le
confrontation avec l’Occident, et dont
pouvoir russe au moment où celui-ci fait
l’influence ne cesse grandir. La semaine
face à la contestation interne dans un
dernière, Viktor Zolotov, le très secret
contexte de ralentissement économique.
chef de la garde nationale, une
« Le pouvoir n’a plus qu’une carte à jouer,
formation de 340 000 hommes chargée
celle de la répression dirigée contre les
de prévenir et de réprimer les
ennemis de la Russie et la cinquième
« révolutions de couleur », s’en est pris
colonne », pronostique le politologue
nommément dans une vidéo à
Konstantin Gaaze. Comme en écho,
l’opposant numéro un Alexeï Navalny,
la Russie a de nouveau accusé l’Ukraine,
qui l’avait récemment épinglé pour
hier, d’avoir lancé le missile sur l’avion
corruption. Il se trouve que ce dernier
de ligne MH 17 au-dessus du Donbass en
mène également la contestation
juillet 2014 et a qualifié de « truquées »
sur la réforme des retraites. Bravant
les vidéos de l’enquête internationale
la consigne interdisant à l’élite russe
qui a conclu à une responsabilité russe.
de nommer Navalny, Zolotov l’a défié
Ce qui rend illusoire toute promesse d’un
« en duel » feignant d’ignorer
retour rapide du dialogue européen avec
que l’intéressé purge déjà une peine
Moscou et d’une levée des sanctions.
d’un mois de prison. Dans cette vidéo
que Primorié est une des quatre régions
où le gouverneur sortant de Russie
unie affronte un second tour,
face à des opposants justement désignés
pour ne pas lui faire de l’ombre.
« Ainsi les gens sont prêts à démontrer
leur mécontentement jusqu’à l’absurde
en votant pour des semi-figurants dont
la participation a fait l’objet d’un commun
accord », conclut le politologue
Andreï Pertsev. Face à la débandade
des candidats maison, l’entourage
de Vladimir Poutine songe depuis
quelques semaines à une solution
qui a le mérite de la simplicité : abolir
le principe des élections locales.
«
Arnaud de La Grange
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au sein des nations de l’Union
européenne, le Parlement n’aurait pas
agi différemment. Ce n’est pas
en diabolisant l’Italie et le groupe de
Visegrad (Hongrie, République tchèque,
Slovaquie, Pologne) qu’on fera
progresser l’Union européenne. Vouloir
défendre l’identité des vieilles nations
chrétiennes de l’Europe n’est tout
de même pas un crime ! Comme
n’est d’ailleurs pas un crime la volonté
de se montrer accueillants envers
des familles étrangères dans la détresse.
Il y a simplement un équilibre
à trouver entre la défense de sa culture
et une politique d’accueil des étrangers
qui ne la mette pas en danger.
Ne jetons pas dans les bras des partis
nationalistes anti-européens tous ces
citoyens qui aiment la construction
européenne mais qui sont opposés
à une immigration de masse,
lui préférant une immigration choisie.
Ne soumettons pas l’Europe à la noire
dialectique « progressistes » contre
« nationalistes ». On peut accepter
le progrès tout en aimant sa nation,
son histoire, sa civilisation.
Évitons que cette dialectique
délétère fasse désormais système
dans le paysage politique européen.
Renforçons la cohésion de l’Union.
Car, en tant que Français, nous avons
besoin d’une Europe forte et unie,
d’une Europe qui soit capable de résister
à l’hégémonisme financier et juridique
américain, ainsi qu’au dumping
commercial et au pillage technologique
venus de Chine.
Depuis le Brexit, la santé de
l’Union européenne n’est pas bonne.
Gardons-nous de la dégrader davantage.
VOX
… DROITE
Pourquoi LR ne profite
pas de la chute de
popularité de Macron,
par Maxime Tandonnet,
historien et essayiste,
auteur des « Parias
de la République »
(Perrin).
… AFFAIRE BENALLA
La solitude du président,
par Dominique
de Montvalon,
éditorialiste politique.
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Ce journal
se compose de :
Édition nationale
1er cahier 18 pages
Cahier 2 Économie
8 pages
Cahier 3 Le Figaro
et vous 10 pages
A
CHRONIQUE
17
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
18
David Reyrat
£@DavidReyrat
es inquiétudes sont dissipées. En attribuant l’organisation de la 9e Coupe du
monde de rugby au Japon, la fédération
internationale (World Rugby) avait fait
le choix de s’ouvrir à l’Asie sans certitude quant au succès. À un an du match
d’ouverture - Japon-Russie, le 20 septembre 2019 au
Tokyo Stadium -, son directeur exécutif, l’Australien
Brett Gosper, révèle en exclusivité au Figaro que tous
les signaux sont au vert : le public japonais a répondu
présent en masse (2,5 millions de demandes de
billets pour 1,8 million de places en vente), les supporteurs étrangers attendent en nombre l’ouverture
de la billetterie au grand public ce mercredi et les revenus commerciaux s’annoncent sans précédent.
LE FIGARO. - À un an de la Coupe du monde,
l’engouement dépasse toutes les espérances….
Brett GOSPER. - On ne s’attendait pas à une telle demande. En choisissant le Japon pour s’ouvrir au
marché asiatique, on avait pris un risque sur le remplissage des stades. Il y avait également la crainte
d’être un peu éclipsé par les JO de Tokyo en 2020. Ce
n’est absolument pas le cas. L’attente est grande et
on est ravi. Mais que les supporteurs étrangers se
rassurent, il y aura de la place pour tout le monde.
Les Japonais se sont focalisés sur les grands matchs la finale, les demies -, sur les rencontres des All
Blacks et, bien sûr, du Japon. On a planifié 30 % des
places pour les 400 000 supporteurs étrangers attendus. C’est l’autre bonne nouvelle : les demandes explosent auprès des tour-opérateurs. Cette Coupe du
monde sera donc une belle réussite populaire.
Est-ce le gage d’une réussite économique ?
Là aussi, le succès est surprenant. On avait fait des
prévisions de recettes en baisse de 20 % par rapport à
la Coupe du monde 2015 en Angleterre. Et on aura finalement plus de revenus commerciaux que quatre
ans auparavant (245 millions d’euros, NDLR). Et l’impact sur l’économie du Japon dépassera les retombées sur celle de l’Angleterre. Selon les dernières prévisions, il sera de 2,8 milliards d’euros. On a
également renouvelé tous nos sponsors, avec une revalorisation importante d’en moyenne 30 % (les six
sponsors majeurs, Heineken, Société générale, DHL,
MasterCard, Land Rover et Emirates auraient versé au
total 30 millions d’euros pour l’édition 2015 selon le Financial Times, NDLR). Quant à l’audience télé (4 milliards de téléspectateurs en 2015, NDLR), on prévoit,
vu les horaires, une légère baisse sur les deux plus
gros marchés que sont l’Angleterre et la France, mais
beaucoup plus d’audience en Asie, et en particulier au
RENCONTRE
L
« En attribuant la Coupe
du monde au Japon,
on s’était fixé comme
objectif un million
de pratiquants
supplémentaires d’ici
à 2019. On en est déjà
à 900 000, donc
on va dépasser notre
objectif. » BERTRAND
RIOTORD/LE FIGARO
Brett Gosper : « Le Mondial de
rugby au Japon sera un succès »
À un an du coup d’envoi, le 20 septembre 2019 à Tokyo, le directeur exécutif
de World Rugby annonce un engouement et des recettes au-delà des espérances.
Japon, où les droits télévisés sont en nette hausse (en
2015, le match contre les Samoa avait attiré 25 millions
de téléspectateurs nippons, un record, NDLR).
Les Japonais s’intéressent donc au rugby…
C’est le cas depuis longtemps. Il y a une tradition importante au Japon, où le rugby est un sport élitiste
mais avec une place centrale car les clubs sont la propriété des plus grandes entreprises. Leur championnat attire déjà quelques stars (Dan Carter y joue cette
saison). Plus largement, en attribuant la Coupe du
monde au Japon, on s’était fixé comme objectif un
million de pratiquants supplémentaires d’ici à 2019.
On en est déjà à 900 000, donc on va dépasser notre
objectif. Le rugby est entré dans 10 000 écoles.
Une récente étude du cabinet Nielsen a constaté un
essor du rugby à travers le monde avec 793 millions
personnes intéressées, dont 338 se déclarant fans…
La faiblesse du rugby, c’est que son économie repose
essentiellement sur deux marchés : la Grande-Bretagne et la France. On doit donc s’étendre à de nouveaux marchés : le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine,
les États-Unis sont autant de frontières à conquérir.
Cette étude montre qu’il y a 33 millions de fans en
Chine, autant aux États-Unis, 25 millions en Inde.
Cela nous a agréablement surpris.
Ce développement, c’est grâce au rugby à 7,
devenu sport olympique aux Jeux de Rio en 2016 ?
On n’a pas le détail. Mais c’est sûr que le 7 joue un
SANTÉ À DOMICILE
HOMME
NUMÉRIQUE
3ème édition du Big Bang Santé :
la transformation au cœur de la santé
JEUDI 18 OCTOBRE 2018
Maison de la Chimie - Paris - de 8h30 à 17h30
Le public
« japonais
a répondu présent
en masse, les
supporteurs
étrangers
attendent
en nombre
l’ouverture
de la billetterie
au grand public
ce mercredi
et les revenus
commerciaux
s’annoncent sans
précédent
»
Parmi les intervenants de l’édition 2018 :
BRETT GOSPER, DIRECTEUR
EXÉCUTIF DE WORLD RUGBY
Yves
Coppens
Joël
de Rosnay
Laurence
Devilliers
Jean-François
Mattéi
Paléontologue,
professeur émérite
au Collège de France
Conseiller
d’Universcience
Enseignant-chercheur en
informatique à la Sorbonne,
laboratoire Limsi (CNRS)
Professeur émérite
de génétique médicale,
ancien ministre
A
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+33 1 43 12 85 55
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Événement organisé par
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&
Quelle est la locomotive du développement du rugby,
le 15 ou le 7 ?
L’infrastructure du rugby vient du 15 et cela pour encore longtemps. Le 7 n’est pas là pour sauver le
15 mais son entrée aux JO a multiplié sa visibilité. En
six semaines de Coupe du monde à 15, on gagne
30 millions de fans. On en a gagné autant en six jours
à Rio ! Autre intérêt du 7, sa légitimité olympique a
fait entrer le rugby dans les écoles, les universités.
Donc oui, le 7 apporte beaucoup en termes de développement. Mais la base économique, sociale et en
termes de pratiquants reste, et restera longtemps, le
15. Je rappelle que 90 % de l’argent consacré au développement du rugby à travers le monde provient
des recettes de la Coupe du monde à 15.
Les femmes sont également un vecteur de cet essor.
Absolument. Elles représentent environ 25 % des
pratiquants. En 2017, il y a plus eu de nouveaux
licenciés femmes qu’hommes. C’est une première.
NANOMÉDECINE
INTELLIGENCE
ARTIFICIELLE
rôle d’ouverture sur les pays non traditionnels du 15.
C’est un outil de développement pour nous. Les règles sont plus faciles à comprendre, c’est plus spectaculaire avec en moyenne un essai toutes les 74 secondes… Après, si quelqu’un s’intéresse au 7, on a
plus de chances qu’il finisse par s’intéresser au 15.
Craignez-vous une désaffection suite aux débats
autour de la violence accrue des chocs,
de l’augmentation du nombre de blessures
et des commotions ?
Ça nous préoccupe. Après, c’est facile de faire du
sensationnalisme… Nous nous attachons à rendre le
rugby le plus sûr possible. Le décès tragique d’un
joueur en France est troublant, mais une perte de vie
reste très rare dans notre sport. Il y a bien sûr des risques physiques, mais les bénéfices en termes de santé, de socialisation, de l’apprentissage de la camaraderie, du travail en équipe, toutes les valeurs du
rugby, pèsent plus lourd que ces risques. Après notre
responsabilité est de protéger les joueurs. On investit
donc pour voir où et comment le nombre de blessures peut baisser. Par ses protocoles, ses recherches
médicales, ses études scientifiques, le rugby est le
leader du monde sportif.
Ces commotions ont déjà pour conséquence
une baisse du nombre de licenciés en France…
On n’aime pas constater cela. Mais la France est un
pays de rugby très mûr. Avec des hauts et des bas en
termes de licenciés. Ce qui nous importe, c’est la
croissance mondiale du nombre de participants et de
l’audience. Ce qui est le cas. Et puis la Coupe du
monde 2023 constitue une formidable opportunité
de redresser la barre, de relancer le rugby en France.
Les All Blacks se sont inclinés samedi face à l’Afrique
du Sud (34-36). Une défaite qui met fin à neuf années
d’invincibilité à domicile. N’avez-vous pas peur
cependant que leur domination ne finisse par lasser ?
Je ne pense pas que ce soit embêtant. Aucun autre
sport ne bénéficie d’un tel phénomène. Les All
Blacks fascinent. Leur réussite est telle qu’elle dépasse l’univers du rugby. Ils constituent un formidable
outil de promotion pour notre sport. Presque tout le
monde connaît les All Blacks. Ce qui compense quelques inconvénients. Et je rappelle qu’ils étaient favoris de chaque Coupe du monde et qu’ils n’en ont gagné que trois (1987, 2011, 2015) sur huit.
Mais ils semblent promis à un troisième sacre
consécutif en 2019.
Et ça dépassera l’histoire de notre sport… Les médias
en parleront de la Chine aux États-Unis. Si la France
gagne la Coupe du monde, ça fera la une de L’Équipe
et du Figaro, mais pas de toute la presse mondiale… ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 047 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
COMMENT MACRON
VA EXONÉRER 100 000 RETRAITÉS
DE LA HAUSSE DE LA CSG PAGE 21
CAISSE D’ÉPARGNE
LA BANQUE LANCE
UNE OFFRE À 2 EUROS
PAGE 24
Un plan pour transformer
le système de santé
Emmanuel Macron dévoile sa réforme pour faciliter l’accès aux soins, améliorer
les conditions d’exercice des médecins et rééquilibrer les finances des hôpitaux.
La réforme du système de santé
promise par le gouvernement sera
présentée ce mardi par le chef de
l’État. Alors que les déserts médicaux se développent et que les
médecins se raréfient, ce projet a
pour ambition « de repartir des besoins du patient et de replacer la
qualité et la prévention au centre du
système ».
Concrètement, il prévoit une refonte de la carte hospitalière, la
création de centres de santé de
proximité pour traiter les interventions non vitales et une nouvelle tarification prenant en
compte la pertinence des actes.
Par ailleurs, le numerus clausus va
être supprimé, tandis que les études de santé vont être réformées.
Enfin, l’État va créer 4 000 postes
d’assistants médicaux d’ici à 2022
afin de libérer du temps aux praticiens pour leurs patients.
èNUMERUS CLAUSUS, MÉDECINS SALARIÉS... LES AUTRES MESURES PROPOSÉES èLAMINE GHARBI (FHP) : « IL FAUT ENCOURAGER FORTEMENT LA QUALITÉ » PAGE 22
EITAN ABRAMOVICH/AFP, ROXANE / SAIF IMAGES, REMIORZ RYAN/CP/ABACA
L’Amérique
du Sud subit
une crise
multiple
Affiches anti-FMI
à Buenos Aires.
le PLUS du
FIGARO ÉCO
PRESSE
Marc Benioff
(PDG de Salesforce)
rachète « Time
Magazine » PAGE 26
LA SÉANCE
DU LUNDI 17 SEPTEMBRE 2018
CAC 40
5348,87
-0,07%
DOW JONES (18h)
26133,08 -0,08%
ONCE D’OR
1201,90 (1201,95)
PÉTROLE (lond)
78,010 (78,800)
EUROSTOXX 50
3348,22 +0,11%
FOOTSIE
7302,10 -0,03%
NASDAQ (18h)
7481,19 -0,85%
NIKKEI
Marché clos
Après le Venezuela
qui ne finit pas
de s’enfoncer dans le
chaos, les deux poids
lourds économiques
du continent vacillent.
Le Brésil est plongé
dans l’incertitude
d’une élection
présidentielle
ubuesque. L’Argentine
voit sa devise
et la confiance chuter.
PAGES 20 ET 21
L'HISTOIRE
Ben Smith investit la moitié
de son salaire dans Air France-KLM
our sa rentrée à la tête d’Air
France-KLM, Benjamin Smith
(photo), le nouveau directeur
général du groupe, vient
de gagner un bon point.
Dans une courte vidéo destinée
aux salariés, le dirigeant
a astucieusement
retourné à son avantage
l’argument de la
rémunération. Depuis
la mi-août, les critiques
se sont abattues sur ses
émoluments, plus de trois
fois supérieurs à ceux
de son prédécesseur.
« J’ai déjà fait un
investissement personnel
en m’installant avec
ma famille en France,
souligne l’ancien numéro
deux d’Air Canada,
s’exprimant en français
avec un petit accent
anglophone et une diction
scolaire. Aujourd’hui, j’ai
décidé d’en faire un autre
en investissant la moitié
P
L’affaire est si sérieuse que le démenti
est venu du Château. Par une déclaration à l’AFP, l’Élysée a fait savoir lundi
que le président « a formellement exclu toute modification des droits de
succession sous sa présidence ». De
quoi éteindre l’incendie allumé vendredi par le délégué général de La
République en marche (LaREM),
Christophe Castaner, qui, lors de la
conférence de rentrée du parti présidentiel, avait déclaré vouloir « lancer
une réflexion sans tabou pour une refonte de la fiscalité sur les successions » (nos éditions du 15 septembre). Deux axes de travail étaient
alors évoqués : taxer davantage les
grosses successions, en contrepoids
politique à la réforme de l’ISF, et favoriser les donations entre grands-parents et petits-enfants, afin de permettre une transmission plus précoce.
Autant d’idées mises en avant ces
derniers mois par des rapports émanant d’organismes publics (France
Stratégie, Conseil des prélèvements
obligatoires) ou par des économistes
actifs pendant la campagne d’Emmanuel Macron (Jean Pisani-Ferry, Philippe Aghion et Philippe Martin).
Mais le parti ne s’était pas aligné avec
l’exécutif… « L’Élysée n’était pas spécialement au courant des déclarations [de Christophe Castaner,
NDLR] », avoue-t-on au sein de LaREM. Un beau couac, donc, sur un sujet sensible politiquement. Même si
environ 90 % des successions sont
exonérées d’impôt grâce à des abattements, la France est un des pays
qui taxent le plus l’héritage, avec un
barème progressif qui peut grimper
jusqu’à 45 % en ligne directe (pour les
parts supérieures à 1,8 million
d’euros) ou 60 % entre un oncle et un
neveu.
L’heure est désormais au déminage
tous azimuts. « L’Élysée a demandé à
Bercy de ne pas travailler sur les
droits de succession », assure-t-on
au sein de l’exécutif. « On a demandé
des efforts aux retraités, mais maintenant arrêtez de les emmerder ! »
aurait même déclaré le chef de l’État.
Des retraités qui, entre la hausse de la
CSG et la faible revalorisation des
pensions, ont effectivement déjà
beaucoup donné.
C. C.
de ma rémunération fixe dans le capital d’Air
France-KLM. C’est une manière d’afficher ma
confiance dans notre futur succès. » En clair,
Ben Smith achètera pour 450 000 euros
d’actions Air France-KLM pour manifester
sa conviction. « L’investissement que je fais
est une étape pour
atteindre le même niveau
d’engagement que vous
avez tous démontré,
ajoute-t-il. Je m’investis
parce que je pense que
nous pouvons gagner sur
notre marché et devenir
numéro un, mais aussi
parce que je veux vous
montrer mon engagement :
je crois au potentiel
de chacun d’entre vous, de
chacune des compagnies du
groupe et dans le groupe. »
Le discours simple et
sans ambages du nouveau
patron du groupe a fait
mouche en interne. Il faudra
attendre un peu avant
de lui décerner le tableau
d’honneur. ■VALÉRIE COLLET
Le Brexit aura
« un coût » dans tous
les cas, selon le FMI
Quelles que soient les modalités de la sortie du RoyaumeUni de l’Union européenne, le
29 mars 2019, son économie
en subira « un coût ». La directrice générale du Fonds
monétaire international (FMI),
Christine Lagarde, est allée
lundi livrer à Londres des prévisions prudentes. La croissance britannique devrait atteindre 1,5 % cette année et la
suivante, si un accord est
conclu sur le Brexit avec les
Européens cet automne.
Le chiffre aurait atteint
1,75 %, selon les calculs du
FMI, si le pays était resté
membre de l’UE et de son
marché unique sans frontière.
Mais, en cas de rupture des
négociations sans accord, « un
départ désordonné aura un résultat bien pire », prévient
Christine Lagarde. « Plus les
entraves au commerce seront
élevées dans la future relation
(entre le Royaume-Uni et le
continent), plus les coûts seront
grands. Cela devrait sembler
évident mais cela n’a pas l’air
d’être toujours le cas », ajoute
la directrice générale. Un tacle
à destination de certains partisans d’un « hard Brexit »
pour qui une sortie sans accord serait préférable à la solution d’association douanière
pour les marchandises proposée à l’UE par la première ministre, Theresa May. Un plan
sans autre « alternative » que
le saut de la falaise, insiste-telle. Le ministre des Finances,
Philip Hammond, se dit
« confiant » dans la possibilité
de conclure un accord avec les
Européens, tout en jugeant
nécessaire de se préparer à
tous les scénarios.
De leur côté, les chambres de
commerce britanniques ont
revu leurs prévisions de croissance à la baisse à 1,1 % cette
année. Jaguar Land Rover réduit ses cadences de production dans son usine de Castle
Bromwich, mettant en cause
des « obstacles » liés au Brexit
et au diesel.
F. C.
A
FISCALITÉ
DROITS
DE SUCCESSION :
MACRON
DIT STOP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
20
L'ÉVÉNEMENT
L’Amérique du Sud secouée par les crises
L’Argentine lance un plan d’austérité, le Brésil se prépare à des élections complexes et le Venezuela s’enfonce
CROISSANCE DU PIB, en %
ARMELLE BOHINEUST£@armelella
ET ANNE CHEYVIALLE
£@AnneCheyvialle
ÉMERGENTS Le Venezuela en décomposition poussant à l’exil sa population, le Brésil plongé dans une
campagne présidentielle « ubuesque », l’Argentine aux abois dépendante de l’aide du FMI. Comme en
témoignent les difficultés de ses
poids lourds économiques, l’Amérique du Sud traverse une forte zone
de turbulences. Le géant brésilien,
qui pèse à lui seul plus de 50 % du
Brésil
PIB sud-américain, n’a pas retrouArgentine
vé de réelle dynamique économique après avoir traversé une récesVenezuela
sion historique.
L’Argentine, qui conjugue une
Co. Colombie : 8,3 %
grande fragilité financière, une déCh. Chili : 7 %
pendance aux financements exterPé. Pérou : 5,9 %
nes et une difficulté chronique à juÉq. Équateur : 2,7 %
guler l’inflation, est à la fois sur la
A. Autres pays
voie du redressement et particulièrement exposée aux chocs exté2,5 %
rieurs, avec son économie très
A.
dollarisée. Buenos Aires suÉq.
bit de plein fouet la déPé.
fiance générale envers
les émergents, liée enCh.
tre autres au resserreCONTRIBUTIONS
ment monétaire aux
NATIONALES
54 % États-Unis qui renAU PIB SUDCo.
chérit
le dollar. Quant
AMÉRICAIN,
au Venezuela, dont le
en 2018, en %
PIB ne cesse de reculer
15,8 %
depuis 2014 avec la chute des prix du pétrole, il a
régressé au septième rang
économique de la région.
Ces alertes rouges font ressurgir
2016
2017
2018
-14 %
-15 %
-16,5 %
COURS DU DOLLAR SUR LE MARCHÉ
PARALLÈLE, en millions de bolivars fort (VEF)
0
1er janvier
2018
17 septembre
4
8
9,289 millions de VEF
Suite à la dévaluation du 19 août
1 dollar = 92,89 bolivars souverains (VES)
Venezuela
Caracas
le spectre des grandes crises qu’ont
connues ces économies sud-américaines dans les années 1980 et 1990.
Pourtant, les experts sont unanimes : la région est devenue plus résiliente aux chocs externes. « Il y a
ces dernières semaines une hausse de
la volatilité et de l’appréciation du
risque, qui dépasse le niveau de 2003
quand la Fed avait annoncé le resserrement monétaire. Mais ces mouvements restent très en deçà de 2008,
au moment de la crise financière »,
note Angel Melguizo, de l’OCDE.
« À des degrés divers, les pays ont
tiré les leçons des crises antérieures,
insiste Joydeep Mukherji, analyste
de l’agence de notation financière
S&P. Ils ont pris des mesures drastiques pour stabiliser la gestion
macroéconomique. » Le Pérou, le
Chili et la Colombie l’ont fait de manière continue, à la différence de
l’Argentine. Les résultats sont là
aujourd’hui : désendettement en
devises étrangères, en particulier
en dollars, assainissement des finances
publiques
avec
l’adoption de règles d’or,
indépendance des banques centrales et
%
adoption d’outils
monétaires standards, en ciblant
l’inflation et non plus le taux de
change. « Changement important,
ces pays ont libéralisé leur taux de
change. Avant, les cours des monnaies étaient un objectif central, utilisé pour protéger les industries nationales. Aujourd’hui, ils servent
d’amortisseur aux chocs », explique
Nicolas Meisel, expert Amérique latine de l’Agence française du développement (AFD).
Sous-investissement
À l’exception notable du Venezuela,
l’hyperinflation n’est plus qu’un
lointain souvenir, elle est maîtrisée
dans la plupart des pays. Et ils ont
globalement réduit leur dépendance au dollar, à l’exception de l’Argentine. Le Brésil est de ce point de
vue le cas exemplaire avec une dette publique en devises inférieure à
3 % du PIB et un confortable matelas de réserves de 365 milliards de
dollars. Le Chili, dont l’économie
Venezuela : une catastrophe économique
1 000 000
I      
Guyana
Le chaos ! C’est le terme qui
résume le mieux la situation
au Venezuela, ex-nation riche
d’Amérique latine.
De 2 à 4 millions de Vénézuéliens
de tous milieux ont fui le pays
où les médicaments et la plupart
des produits de base manquent.
Le président Nicolas Maduro,
qui se maintient au pouvoir
en verrouillant l’armée, a réduit
Guyane fr.
Suriname
Colombie
repose sur le cuivre, a constitué un
fonds de réserve équivalent à 10 %
du PIB qui permet de mieux gérer
les retournements de cycle des matières premières. La richesse des
sous-sols, gorgés de ressources minérales (pétrole, gaz, minerais) et
agricoles, constitue à la fois une force et faiblesse. Les exportations sont
souvent concentrées sur un, deux
ou trois produits : fer, cuivre et or
au Pérou, pétrole en Colombie, cuivre au Chili. « Ils n’ont pas profité de
la décennie de boom pour faire des
transformations structurelles et
augmenter leur base productive »,
commente Nicolas Meisel.
Ils restent également dépendants
de l’appétit de la Chine et des ÉtatsUnis. Même s’ils sont peu exposés
aux attaques protectionnistes de
Donald Trump, mis à part le Brésil,
grand exportateur sidérurgique qui
subit les mesures de rétorsion sur
l’acier. Le sous-investissement
chronique - 20 % du PIB contre
Équateur
à néant l’économie, en récession
depuis quatre ans. La production
de pétrole, seule ressource
du Venezuela, a chuté. L’inflation
atteint le taux grotesque de
1 000 000 % par an. La Chine,
qui a versé 50 milliards de dollars
en dix ans, a promis son aide
la semaine dernière, sans rien
évoquer de concret.
Confrontés à un afflux
Pérou
4,1 %
EITAN ABRAMOVICH/AFP
I      
Brasilia
Bolivie
Brésil
Des enseignants manifestent devant le Congrès pour leurs salaires, jeudi, à Buenos Aires.
A
Argentine : le FMI à la rescousse
Élu en 2015 sur des promesses
d’embellie économique, le président argentin vit un cauchemar.
« Ces cinq derniers mois ont été les
pires de ma vie », a résumé la semaine dernière Mauricio Macri,
après la nouvelle dégringolade de la
monnaie argentine. Depuis le
1er janvier, le peso a perdu la moitié
de sa valeur face au dollar, l’inflation annuelle approche de 40 % et il
n’est plus question de croissance
mais de récession.
L’Argentine est suspendue à
l’aide du FMI. Elle négocie ces
jours-ci un versement anticipé de
35 milliards de dollars avec l’institution de Washington. Et, pour
mieux la convaincre et montrer sa
volonté de poursuivre les réformes,
le gouvernement devait présenter
lundi au Parlement un budget marqué par la rigueur. Entre les mesures d’austérité et la chute brutale de
son niveau de vie, la population
s’inquiète. Buenos Aires est loin des
scènes de chaos de 2001, année de
la dernière faillite. Mais des tentatives de pillage ont eu lieu dans certaines provinces, des manifestations sont organisées, une grève
générale est prévue d’ici à la fin du
mois.
« Quand Mauricio Macri est arrivé au pouvoir en 2015, l’Argentine
n’avait pas su tirer profit des années
où elle avait bénéficié de prix élevés
des matières premières et elle restait
fragile. Son principal atout était son
faible endettement », souligne
Carlos Winograd, chercheur à
l’École d’économie de Paris et ancien secrétaire d’État à l’Économie
en Argentine. Les réformes mises
en place depuis 2015, notamment la
fin des subventions sur les services
tels que l’eau et les transports, ont
permis à la deuxième économie
d’Amérique du Sud de renouer avec
la croissance en 2017. Une autre réforme, le change flexible, a permis
d’absorber les premiers chocs.
« Mesures d’austérité
pas suffisantes »
Mais Buenos Aires reste exposé à la
dégradation du contexte international. Devenu importateur de
pétrole en dépit de ses réserves
d’hydrocarbures, le pays est pénalisé par la hausse des cours. Une
forte sécheresse a aussi pesé sur
l’agriculture, secteur clé de l’économie. « Ajoutée à la fragilité du
pays, la hausse des taux d’intérêt
américains qui secoue les pays émergents depuis avril devient en Argentine un cocktail explosif », résume
Carlos Winograd.
Les investisseurs étrangers, qui
avaient investi en Argentine comme dans d’autres pays émergents
pour profiter des taux élevés, ont
rapidement fait marche arrière
avec la politique de remontée des
taux de la Fed, provoquant un reflux des investissements en peso.
Simultanément, le dollar, seconde
monnaie du pays, renforce son rôle
de devise refuge pour les Argentins
inquiets. Et l’inflation, « un phénomène quasi génétique en Argentine », s’emballe un peu plus, pointe
Carlos Winograd. Résultat, le peso
continue de s’affaiblir, ce qui pèse
sur la dette, libellée à 80 % en dol-
CROISSANCE DU PIB, en %
Chili
lars. Fin août, la
banque centrale
argentine a joué
les pompiers en
appliquant un taux
directeur particulièrement élevé de
60 %. Sans succès.
Dans ce contexte, le
prêt du FMI, 50 milliards de dollars dont
15 milliards déjà attribués en juin, paraît
loin de suffire. Même si
Mauricio Macri prend des
engagements tels qu’une
réduction du déficit budgétaire (déjà passé de 6 % à
3,9 % du PIB depuis son arrivée) à 1,3 % en 2019. « Les
mesures d’austérité annoncées
sont rassurantes mais sans
doute pas suffisantes », prévoit
Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank.
Pour autant, les observateurs ne
redoutent pas le pire. L’Argentine
arrivera à payer ses dettes, prévoient-ils. La balance commerciale
devrait s’inverser car la dévaluation du peso va stimuler les exportations et réduire les importations.
Et Buenos Aires profitera des restructurations des secteurs de l’élevage et de l’énergie, rappelle Carlos
Winograd.
« La capacité du pays à s’en sortir
aussi dépendra de la façon dont la
population acceptera cette nouvelle
phase d’austérité et de crise », ajoute-t-il alors que des élections sont
prévues en octobre 2019. ■ A. BOH
Paraguay
2016
Les syndicats protestent le 10 août, à Sao
1,8 %
1%
2017
2018
-3,5 %
Uruguay
COURS DU DOLLAR, en real
3
1er janvier
2018
17 septembre
Buenos Aires
3,5
33,6 %
I      
4
4,17
Argentine
CROISSANCE DU PIB, en %
2,8 %
1,9 %
2016
2017
2018
-1,8 %
COURS DU DOLLAR, en peso
15
1er janvier
2018
17 septembre
25
Sources : FMI, Bloomberg et dolartoday.com
Infographie
35
39,79
Brésil : les défis
J-20. À trois semaines du premier
tour, l’incertitude reste entière au
Brésil sur l’issue de l’élection présidentielle. Le pays vit une campagne surréaliste marquée par les
violences et les scandales de corruption. L’ex-président Lula,
chouchou des sondages malgré
son incarcération, a été déclaré
définitivement inéligible au terme
d’un long feuilleton judiciaire.
L’autre grand favori, le député
d’extrême droite Jair Bolsonaro,
crédité de 26 % dans le dernier
sondage, fait campagne depuis
son lit d’hôpital après avoir subi
une attaque à l’arme blanche.
L’instabilité politique, la polarisation entre le populiste d’extrême droite et Fernando Haddad,
dauphin de Lula du Parti des travailleurs, inquiète les marchés. Le
real en fait les frais. Il a subi une
nouvelle dégringolade jeudi dernier, accusant une dépréciation de
20 % depuis le début de l’année.
Si le contexte international
- moindre appétit des investisseurs pour les pays émergents joue, les économistes mettent en
avant la cacophonie politique et
les défis cruciaux qui attendent le
prochain exécutif à Brasilia. Le
problème ne vient pas comme son
voisin argentin ou la Turquie,
autre grand émergent secoué sur
les marchés, du déficit courant et
du dérapage de l’inflation. Le
géant sud-américain souffre, lui,
d’un manque de croissance et
d’une dégradation rapide des finances publiques. Le pays peine à
se relever de la sévère récession
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
ÉCONOMIE
mardi 18 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
21
21
Hausse de la CSG : comment l’exécutif
va exempter 100 000 retraités de plus
dans la pauvreté.
Promesse d’Édouard Philippe en mars, la mesure qui porte sur le seuil
de relèvement du taux de 1,7 point sera intégrée au PLFSS 2019.
40 % dans l’Asie émergente - est un
autre facteur de vulnérabilité, plus
prégnant dans le cas de l’Argentine
et du Brésil et catastrophique pour
le Venezuela, qui hypothèque
l’avenir du pays. Alors que la Colombie a fait de réels efforts de diversification, ainsi que le Pérou et
dans une moindre mesure le Chili.
Le principal défi est d’accélérer la
croissance alors que les PIB ne progressent que d’environ 2 % par an.
Cela passe aussi par une réduction
des inégalités, les plus élevées au
monde, et une baisse de la pauvreté.
Aujourd’hui, souligne toutefois
l’expert S&P, les classes moyennes
représentent le plus grand groupe
social, plus revendicatif, plus exigeant en qualité de vie (santé, éducation…). Encore faut-il que les
gouvernements aient la capacité et
la volonté de réformer. Malgré les
turbulences et les vulnérabilités
structurelles, l’onde de choc devrait rester circonscrite. ■
GUILLAUME GUICHARD
£@guillaume_gui
Ces cinq
derniers
mois ont été
les pires
de ma vie
»
MAURICIO MACRI,
PRÉSIDENT DE LA
RÉPUBLIQUE D’ARGENTINE,
LE 3 SEPTEMBRE
162
et sociale sans fin
dramatique de migrants, les pays
voisins ont évoqué vendredi
l’hypothèse, aussitôt rejetée,
d’une intervention militaire.
Rien ne semble pouvoir stopper
la descente aux enfers du pays.
Malgré cela, Caracas n’a pas
de grandes échéances
financières avant 2020 et devrait
échapper d’ici là au défaut de
paiement.
A. BOH
87,3
54,1
49,3 48
FISCALITÉ Ce n’est pas un mea
culpa, seulement une petite mesure corrective. Une partie des retraités modestes sera exonérée en
2019 de la hausse de la CSG qu’ils
payent pourtant depuis le 1er janvier 2018. Il s’agissait d’une promesse faite en mars dernier par
Édouard Philippe, qui se concrétisera dans le projet de budget de la
Sécu pour 2019. « Une partie des
petits retraités qui ont subi la
hausse de la CSG de 1,7 point devraient en être exemptés, avait expliqué le premier ministre. En effet, 100 000 pensionnés sont dans
une “zone d’interstice”. »
Les couples de retraités tombés
dans cette « zone » sont ceux dont
le revenu fiscal de référence dépasse le seuil pour un couple déclenchant la hausse de la CSG (soit
22 051 euros par an), sans pour
autant que leur pension, prise individuellement, ne dépasse le seuil
pour les célibataires (14 375 euros).
« Pour ces 100 000 Français-là, il
faut corriger le dispositif », avait
alors promis l’hôte de Matignon.
Selon nos informations, seuls
les retraités qui franchissent tout
juste le seuil de revenu fiscal de
référence deux ans de suite seraient soumis à la hausse de la
CSG. Ceux qui le dépassent durant
une seule année seraient exemptés
de hausse de CSG.
Deux autres pistes ont été étudiées, mais sont a priori écartées à
ce stade de finalisation du budget
de la Sécu. L’une consistait à relever le seuil de revenu fiscal de référence qui déclenche la hausse de
la CSG. La seconde, technique-
ment complexe, passait par
l’identification du niveau réel des
pensions, via le dispositif Pasrau,
tuyau informatique utilisé pour
prélever l’impôt sur le revenu directement sur les pensions à partir
du 1er janvier prochain.
3,2 millions de perdants
Le gouvernement insiste surtout
que la suppression progressive de
la taxe d’habitation compensera la
hausse de la CSG pour les retraités
plus aisés. « Le nombre de foyers
“perdants” a vocation à diminuer
avec la baisse progressive de la
taxe d’habitation » entre 2018 et
2020 et la suppression totale de la
taxe pour 80 % des ménages, rappelait en juillet le rapporteur général du budget à l’Assemblée,
Joël Giraud (LaREM). Ensuite, ce
chiffre devrait encore diminuer
avec la suppression totale de l’impôt local promise par Emmanuel
Macron.
Le ministre de l’Action et des
Comptes publics a par ailleurs
confirmé lundi matin sur RTL
« qu’il n’y aura pas de rétablissement de demi-part des veuves ». Il
réitère en cela la position prise par
le président de la République en
avril.
Supprimée par Nicolas Sarkozy
en 2008, avec des effets différés
jusqu’en 2013, cette demi-part des
veuves a été instaurée dans un cadre bien particulier, a insisté le
ministre : le soutien aux veuves de
guerre. Toutefois, « il pourra y
avoir une mesure qui consiste à
aider les femmes les plus touchées
par le veuvage », a ajouté le ministre, sans donner plus de précision.
Le député LaREM Sacha Houlié
avait proposé en mars le rétablissement de la demi-part pour les
veuves et veufs gagnant moins de
2 300 euros de revenu fiscal de référence par mois. Cette mesure
coûterait entre 300 et 700 millions
d’euros, selon les estimations. Le
retour complet de la demi-part
pèserait 1 milliard d’euros dans le
budget de l’État. ■
Gérald Darmanin,
ministre de l’Action
et des Comptes publics,
a par ailleurs confirmé
lundi matin
qu’« il n’y aura pas
de rétablissement
de demi-part
des veuves ».
LUDOVIC MARIN/AFP
27
Source : FMI
DARIO OLIVEIRA/NURPHOTO
23,8
Ven. Bré Arg. Col. Équ. Pér. Chili
DETTE PUBLIQUE, en % du PIB
Paulo, contre le chômage.
de 2015 et 2016. Le PIB n’a progressé que de 1 % l’an dernier et
les prévisions sont constamment
revues en baisse 2018. « Au mieux,
la croissance atteindra 1,5 % »,
note Selin Ozyurt, économiste risque pays à l’Agence française du
développement (AFD), qui met en
avant le climat des affaires dégradé, l’absence de stimulus budgétaire et la grève des transports
routiers qui a bloqué le pays.
Fiscalité, sujet tabou
Côté finances, le déficit public a
atteint jusqu’à 10 % du PIB pendant la crise et dépasse encore
8 %, dont 6 % de charges d’intérêt
sur la dette. Repartie en flèche ces
dernières années, la dette publique atteindra 90 % du PIB en 2019
selon le FMI contre 60 % en 2013.
« Le gouvernement dispose d’une
marge de manœuvre réduite sous la
surveillance des marchés qui s’inquiètent de la trajectoire », ponctue Carlos Winograd, professeur à
l’École d’économie de Paris PSE.
L’urgence qui fait consensus est
de s’attaquer au régime des retraites. Le fardeau pèse près de 12 %
du PIB et va s’accentuer avec le
vieillissement de la population. La
situation est d’autant plus alarmante que le coût des retraites est
déjà le 5e plus élevé des pays riches
de l’OCDE alors que la part des
plus de 65 ans est l’une des plus
faibles. Michel Temer, le très impopulaire président sortant qui a
réussi par le jeu des alliances politiques à passer des réformes au
Congrès, notamment sur le mar-
ché du travail, a flanché sur les retraites. Sujet trop sensible. Temer
était aussi discrédité ces derniers
mois par des affaires de corruption. Le coût élevé des retraites
tient au régime généreux assis sur
de nombreux privilèges et à son
indexation - spécificité du Brésil
qui n’existe dans quasiment aucun
pays - sur le salaire minimum, luimême indexé sur l’inflation. « Les
hausses des pensions ne profitent
pas aux ménages les plus pauvres,
explique Jens Arnold, expert
Amérique latine à l’OCDE, étant
donné que 55 % des Brésiliens qui
gagnent moins que le salaire minimum sont surtout des familles avec
enfants. » « Le Brésil a un énorme
défi structurel des comptes publics
qui passe par une réforme de la
Constitution », insiste l’économiste. Et l’aval de la Cour suprême.
Faute de réforme, le gouvernement a coupé dans les investissements publics alors que le pays
manque cruellement d’infrastructures. Ce qui pèse sur le développement et la croissance potentielle, tombée à 2,5 %, contre 5 %
il y a une dizaine d’années. « Le
plafond des dépenses publiques voté
fin 2016 sur vingt ans y compris
dans l’éducation et la santé posera
problème dès 2019 ou 2020, commente Nicolas Meisel, expert
Amérique latine à l’AFD. Une
erreur du précédent gouvernement
a été de se focaliser sur les dépenses
et non sur les recettes. » La fiscalité, qui contribue aux inégalités
très élevées, reste un sujet tabou
au Brésil. ■
A. C.
A
cruciaux du futur président
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
22
ÉCONOMIE
Emmanuel Macron dévoile son plan pour
transformer le système français de santé
Le président doit annoncer ce mardi une refonte de la carte hospitalière et diverses mesures pratiques.
MARIE-CÉCILE RENAULT £@Firenault
SANTÉ Présentée en février par le
premier ministre et la ministre de la
Santé, attendue en juin et reportée
en septembre, la réforme du système de santé promise par le gouvernement doit finalement être dévoilée ce mardi matin par le président
de la République en personne, à
l’Élysée. Ce plan, fort d’une cinquantaine de mesures, est censé
marquer un tournant dans le quinquennat et par rapport aux opus
précédents.
Dans sa philosophie, ce programme vise à faciliter l’accès aux
soins des Français alors que les patients se heurtent à la raréfaction
des médecins et au développement
des déserts médicaux. Il ambitionne
aussi d’endiguer les difficultés de
l’hôpital public, où les professionnels ressentent une perte de sens
croissante de leur mission, du fait
d’une organisation du travail et
d’une tarification qui ont privilégié
au fil des ans la quantité à la qualité.
« On est arrivé au bout d’un système qui nuit à la qualité du service
rendu », constatait la ministre de la
Santé Agnès Buzyn dans une interview en février au Figaro, affirmant
que l’on peut faire mieux et « améliorer la qualité de vie des Français ».
L’enjeu est donc de réussir une
réorganisation en profondeur du
système de santé, qui décloisonne
médecine de ville et hôpital. Une
vieille antienne jamais résolue.
« Trente ans après l’ordonnance Debré de 1958 qui organisait les CHU et
affirmait l’excellence hospitalière,
nous repartons des besoins du patient
pour replacer la qualité et la prévention au centre », explique l’Élysée.
Centres de santé
de proximité
Pour ce faire, le gouvernement est
décidé à agir sur la qualité des soins
et la pertinence des actes, alors que
la ministre de la Santé a estimé que
30 % étaient inutiles ou redondants. Il n’y aura pas de fermeture
d’hôpitaux de proximité mais une
gradation des soins va être mise en
place. « La qualité exige que l’on interroge quelles peuvent être les bonnes activités au bon endroit. Quand
un plateau de chirurgie est sous-utilisé, ça compromet la qualité de la
prise en charge. Donc les soins de
proximité doivent être faits en proximité et les soins de pointe dans les
établissements de pointe », indique
l’Élysée.
Le plan prévoit une refonte de la
carte hospitalière et la création de
centres de santé de proximité,
maillon intermédiaire entre l’hôpital et les cabinets de ville. Ces structures pourraient traiter les urgences
non vitales. Libéraux et hospitaliers
devraient y travailler en complé-
Le service des
urgences de l’Hôpital
Bichat, à Paris.
Le gouvernement
devrait créer des
centres de santé
de proximité,
maillon intermédiaire
entre l’hôpital
et les cabinets de ville.
S. SORIANO/LE FIGARO
mentarité. Les groupements hospitaliers de territoires (GHT) devraient s’ouvrir aux libéraux et aux
cliniques privées.
Dans le même temps, l’exécutif
prévoit de diversifier les moyens de
financement de l’hôpital en mettant en place des rémunérations au
forfait ou au parcours de soins, afin
de rééquilibrer le poids prépondérant de la tarification à l’activité
(T2A), qui pousse chaque hôpital à
la course aux volumes. Ainsi, dès
2019, deux forfaits de prise en charge seront mis en place, l’un pour les
patients diabétiques, l’autre pour
les insuffisants rénaux. « Il n’y aura
plus de paiement à chaque consultation, mais un forfait pour solde de
tout compte, charge à l’hôpital de
faire en sorte que ses patients n’aient
pas besoin de revenir vingt fois »,
explique l’Élysée.
L’objectif affiché de l’exécutif
n’est pas de dépenser moins mais
mieux, alors que la France figure
déjà au hit-parade des pays de
l’OCDE avec 199,3 milliards d’euros
consacrés à la santé (8,7 % du PIB)
ou 2 977 euros par Français et par an.
Pour preuve, il va porter à 2,5 % en
2019 (contre 2,3 % prévus) l’objectif
national des dépenses d’assurancemaladie (Ondam), qui limite la
hausse des dépenses. Soit une « rallonge » de 400 millions d’euros ! ■
CHU de Nancy : le
dossier à Matignon
Le sort du CHU de Nancy,
qui compte parmi les dix plus gros
établissements de ce type en
France, sera évoqué jeudi lors d’une
réunion à Matignon. L’hôpital lorrain,
dont le déficit cumulé flirte avec
les 290 millions d’euros et la dette
atteint 400 millions, est au bord
de la faillite malgré une récente
restructuration. Carole Grandjean,
députée LaREM de Meurtheet-Moselle, souhaite obtenir
du premier ministre « l’assurance
de ne pas faire de Nancy un
territoire oublié » à l’heure où
le gouvernement entend améliorer
l’accès aux services de santé de
proximité. « Il y a urgence », lance
la députée, qui va demander à l’État
« un effort financier conséquent :
de 400 à 500 millions d’euros »
pour permettre à l’hôpital, éclaté
sur sept sites, de lancer courant
2019 un projet de regroupement
et ainsi de limiter les coûts et les
doublons. En avril 2017, le précédent
gouvernement avait promis une
première enveloppe de 140 millions
qui n’a pas été débloquée. Cet été,
Agnès Buzyn s’est engagée à lancer
une mission de l’Inspection générale
des affaires sociales (Igas)
pour débloquer la situation.
Le CHU attend toujours.
C. M.
Numerus clausus, médecins salariés… les autres mesures proposées
D’autres mesures importantes
font partie du plan santé.
La formation
« initiale
des
étudiants en
santé ne sera
plus corsetée
dans un
système
régulé.
Le système
restera
sélectif, on ne
rognera pas
sur la qualité,
mais on
reviendra
dans le droit
commun
L’ÉLYSÉE
»
du numerus
uSuppression
clausus et réforme
des études de santé
C’était une promesse de campagne
du candidat Macron : la fin du
« numerus clausus » qui décourage les vocations et constitue « un
gâchis absolu » en première année
des études de médecine, de l’aveu
même de la ministre de la Santé,
Agnès Buzyn. « La formation initiale des étudiants en santé ne sera
plus corsetée dans un système régulé. Le système restera sélectif, on
ne rognera pas sur la qualité, mais
on reviendra dans le droit commun,
comme dans des études de droit, par
exemple. La formation sera plus intelligente, moins académique, et
permettra de former plus de médecins demain », indique l’Élysée. La
réforme sera inscrite dans la loi
Santé début 2019. L’exécutif veut
aller vite et espère qu’elle sera applicable dès la rentrée prochaine,
en septembre 2019. Si les délais
sont trop justes, elle sera applicable en 2020. Alors qu’Agnès Buzyn
et la ministre de l’Enseignement
supérieur Frédérique Vidal ont
déjà annoncé avant l’été la fin des
examens classants nationaux - le
fameux concours de l’internat -, le
plan santé doit aussi préciser les
nouvelles modalités de sélection
des spécialités en fonction du cursus et des stages des étudiants.
médecins salariés
u400
dans les déserts médicaux
Pour répondre au problème des
déserts médicaux, le gouvernement n’envisage pas - à ce stade de mesure de coercition, tel le
conventionnement sélectif demandé chaque année par certains
parlementaires. « Nous misons sur
l’engagement de tous. C’est un pari.
Si ça ne marche pas, nous en viendrons à des mesures plus contraignantes », indique toutefois l’Élysée. En attendant, pour remédier
au plus pressé, l’exécutif va envoyer 400 médecins salariés dans
les territoires prioritaires.
de 4 000 assistants
uCréation
médicaux d’ici à 2022
Alors que les médecins exercent
seuls dans encore 50 % des cabinets, le gouvernement veut les inciter à mieux s’organiser et à se regrouper. Pour leur libérer du
temps, l’exécutif va ainsi financer
4 000 créations de postes d’assistants médicaux d’ici à 2022. Ces
assistants aideront le médecin à
préparer sa consultation, déshabiller les bébés, interroger les personnes âgées, faire du suivi administratif, etc. La mesure s’adresse à
tous les généralistes et les spécialistes, mais à condition qu’ils se regroupent. Le coût est estimé à
50 000 euros, chargés, par an et
par assistant. Le financement sera
impulsé par l’État « qui mettra une
mise de départ importante, puis
partielle mais assez incitative »,
précise l’Élysée, sans plus de précision. Les assistants médicaux
existent dans tous les pays anglosaxons, et les études montrent
qu’ils permettent de 25 % à 30 %
de temps médical. Le gouverne-
ment veut aussi faire gagner du
temps aux médecins systématisant
la prise de rendez-vous en ligne.
Alors que 100 millions de consultations ne sont pas honorées chaque année, « en s’organisant
mieux, à nombre de médecins équivalent, on peut gagner du temps »,
fait valoir l’Élysée.
les médecins à gérer
uInciter
les urgences de jour
Pour désengorger les urgences
hospitalières, l’exécutif veut inciter les libéraux à s’organiser entre
eux, sur leur territoire au sein des
communautés
professionnelles
territoriales de santé (CPTS), afin
d’assurer les urgences de jour. Une
sorte de tour de garde a minima
sur une plage 8 h-20 h ou 22 h.
Pour les convaincre, l’exécutif entend les inciter financièrement via
la rémunération sur objectifs de
santé publique (ROSP) existante
ou le forfait structure. « L’objectif
est les inciter tellement qu’ils n’aient
plus le choix », indique l’Élysée. ■
M.-C. R.
Lamine Gharbi (FHP) : « Il faut encourager fortement la qualité »
Lamine Gharbi, président de la fédération de l’hospitalisation privée
(FHP), explique au Figaro ce que le
plan santé présenté ce mardi par
Emmanuel Macron peut changer
pour les cliniques privées.
LE FIGARO. - Vous alertez depuis
des mois sur un système de santé
et d’organisation de soins
au bout du rouleau. Pourquoi ?
Qu’est-ce qui est en jeu ?
LE 5/7
MATHILDE
MUNOS
A
Retrouvez le mercredi à 6h48
Histoires Économiques
avec Jacques-Olivier Martin
du quotidien
À SUIVRE SUR TWITTER
#LE57INTER
Lamine GHARBI. - Effectivement,
nous prévenons depuis longtemps
que notre système de santé est devenu obsolète. Le dévouement des
personnels de soins est admirable
mais cette situation de burn-out
n’est plus tenable. L’objectif est
maintenant de tenir la promesse
de notre République, c’est-à-dire
garantir un égal accès à des soins
pertinents et de qualité prouvée.
C’est pourquoi nous avons fait une
série de propositions concrètes et
audacieuses dans l’intérêt général,
pas seulement au nom de l’hospitalisation privée.
À quelles conditions ce plan
peut-il réussir ?
Il est essentiel de faire confiance
aux acteurs, en particulier au niveau des régions. Les besoins de
santé étant différents de l’une à
l’autre, leur organisation doit être
moins centralisée pour responsa-
biliser davantage les professionnels de santé au plus près des territoires. L’expérience du terrain est
gage d’un fonctionnement plus
médical et moins bureaucratique.
Je crois aussi indispensable d’encourager fortement la qualité. Bien
entendu, gardons en partie la tarification à l’activité, car il est normal d’être rétribué selon son travail, mais augmentons la part de
rémunération à la qualité. Elle
n’est aujourd’hui que de 0,4 %
dans le budget des établissements.
Nous pourrions la porter à 4 %. À
l’inverse, en dessous d’un certain
seuil de qualité, l’activité doit être
arrêtée.
Des établissements de proximité,
entre l’hôpital et les cabinets
de ville, vont sauf surprise de
dernière minute voir le jour.
Comment les cliniques vont-elles
s’insérer dans ce schéma ?
Cette idée correspond à la création
des nouveaux lieux médicaux que
nous préconisons depuis longtemps. S’ils deviennent réalité, ces
centres de premier recours, intégrant imagerie et biologie, répondront tant aux attentes des patients confrontés aux déserts
médicaux, qu’aux exigences des
professionnels soucieux de remplacer l’exercice isolé de la médecine par un exercice coordonné. Ils
seront efficaces pour lutter contre
l’engorgement des urgences.
Le privé doit y avoir toute sa place,
moyennant les adaptations législatives nécessaires, car il faut préserver la complémentarité des acteurs
de santé. À titre d’exemple, la régulation médicale devrait prendre
en compte la saturation des hôpitaux publics pour orienter davantage de patients vers les urgences
des hôpitaux et cliniques privés.
Nous sommes prêts à les accueillir.
Avec l’accent mis sur
la pertinence, des cliniques
qui ne font que de la cataracte
ou que de la chirurgie de la main,
par exemple, ne risquent-elles pas
de se retrouver en difficulté ?
Éviter les actes inutiles est un enjeu
clé de la réforme. Nous ne craignons pas d’aborder de front ce
sujet de la pertinence. D’une part,
les patients auront toujours besoin
d’un savoir-faire spécialisé et,
d’autre part, la force du privé est
de s’adapter. Tous nos établissements sont capables d’évoluer y
compris, si besoin, en réformant
leur structure d’offres de soins.
Nous n’oublions pas que nous
sommes d’abord au service des patients. Et il est important de rappeler que la spécialisation de nos médecins est une force et une garantie
supplémentaire de qualité. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR
M.-C. R.
+@
» Retrouvez
le Big Bang
Santé, Maison de
la Chimie à Paris,
le 18 octobre 2018
bigbang.lefigaro.fr
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LE FIGARO
mardi 18 septembre 2018
ENTREPRISES
23
La SNCF s’engage
dans un nouveau
round social
EN BREF
DES BILLETS
DE 100 ET 200 EUROS
PLUS SÛRS EN 2019
£ Des nouveaux billets de 100
et 200 euros moins falsifiables
seront mis en circulation à partir
du 28 mai 2019 dans la zone euro.
Ces billets, présentés lundi par
la Banque centrale européenne,
remplaceront les anciens billets
qui ont cours depuis la création
de la monnaie unique en 2002.
Après le vote de la fin du statut, syndicats
et entreprises ferroviaires reprennent la négociation
d’une nouvelle convention collective.
VALÉRIE COLLET £@V_Collet
TRANSPORT Syndicats et représentants du patronat de la branche
ferroviaire se remettent autour de
la table ce mardi pour finaliser la
convention collective du rail
amorcée il y a deux ans mais laissée
en chantier. Le vote au printemps
de la loi sur le « nouveau pacte ferroviaire » n’a pas purgé tous les sujets sociaux. Un grand nombre relève des négociations entre
syndicats et patronat qui doivent
aboutir à un accord signé par les
deux parties.
Les partenaires sociaux ont quatorze mois, c’est-à-dire d’ici à
janvier 2020, date de la fin du recrutement au statut à la SNCF, pour
accorder leurs violons dans des do-
maines très variés. Les sujets ne
manquent pas : classification des
métiers, rémunération, transfert
des salariés de la SNCF chez des
concurrents dans le cadre de délégation de service public, prévoyance, droit syndical et transfert
des facilités de transport (les billets
gratuits) aux salariés de la SNCF qui
rejoindraient
une
entreprise
concurrente… S’ils sont signés, ces
accords s’appliqueront à tous les
salariés des entreprises de la branche ferroviaire même si la SNCF y
est surreprésentée.
Une deuxième manche
Sur le papier, syndicats et dirigeants d’entreprises ferroviaires
affirment leur volonté d’aboutir à
une convention collective de
« haut niveau ». Mais chacun l’ex-
Alstom met en service son train à hydrogène
« Le premier train
à hydrogène au monde entre
en service commercial et il
est prêt pour la production
de série », s’est félicité
le PDG d’Alstom, Henri
Poupart-Lafarge, dimanche
en Basse-Saxe. Alstom avait
signé des lettres d’intention
avec quatre Lander allemands
intéressés par ces trains à
« zéro émission » remplaçant
des trains diesel. Le train est
équipé de piles à combustible
qui transforment
en électricité de l’hydrogène
stocké sur le toit
et de l’oxygène ambiant.
Le Royaume-Uni, les PaysBas, le Danemark, la Norvège,
l’Italie, le Canada et la France
ont manifesté leur intérêt.
Le gouvernement espère
qu’un train à hydrogène sera
homologué d’ici à 2022
dans l’Hexagone. Par ailleurs,
des TER hybrides devraient
être expérimentés à partir
de 2020 dans trois régions
françaises.
V. C.
H&M S’ENVOLE
Syndicats et dirigeants d’entreprises ferroviaires affirment leur volonté
d’aboutir à une convention collective de « haut niveau ». D. DUPOUY/LE FIGARO
prime à sa façon. La CGT a décidé
d’organiser des « rassemblements », à défaut de débrayages,
pour manifester cette exigence le
jour de la reprise des discussions.
Le premier syndicat à la SNCF veut
« gagner de nouveaux droits » pour
« tous les cheminots de la branche ».
Mais les autres organisations
syndicales ne la suivront pas. SUDrail, souvent allié à la CGT-cheminots, a pris ses distances en regrettant que la centrale de Montreuil
s’engage dans des actions sans
consulter les autres syndicats.
L’Unsa et la CFDT ne comptent pas
non plus reformer l’intersyndicale.
Toutes deux souhaitent donner sa
chance à la négociation. L’Unsa
veut « éviter que la concurrence se
construise sur le dos des salariés » et
vise « un équilibre entre contraintes
et compensations ». De son côté, la
CFDT se dit « déterminée à transférer le maximum d’acquis issus du
statut » vers la convention collective et « à obtenir de nouveaux
droits ».
Cette négociation apparaît
comme une deuxième manche
pour les syndicats de la SNCF qui
n’ont pas réussi à préserver le
maintien du recrutement au statut. La convention collective est
donc l’occasion de sanctuariser,
pour l’ensemble des salariés de la
branche ferroviaire, certains des
avantages jusqu’à présent offerts
aux salariés de la SNCF. La partition des quatre organisations est
d’autant plus délicate que les élections professionnelles s’approchent
à la SNCF. La CGT joue celle de la
protestation tout en évitant de programmer une nouvelle grève. En
effet, le mouvement de grève « en
pointillé » lancé en avril, à l’initiative de la CGT, laisse un goût amer
aux grévistes. Une nouvelle journée de grève aura bien lieu le 9 octobre prochain. Mais elle s’inscrit
dans une mobilisation interprofessionnelle contre la politique du
gouvernement. L’Unsa et la CFDT
savent qu’elles pourraient faire
basculer le rapport de force à la
SNCF entre réformateurs et
contestataires, actuellement favorable à ces derniers, si elles obtiennent des garanties du patronat. ■
£ L’action du géant suédois du
prêt-à-porter H&M s’est envolée
de 16,6 %, lundi, à la Bourse de
Stockholm. Les investisseurs
ont salué des ventes meilleures
qu’attendu au troisième
trimestre, et réagi à un article du
Mail on Sunday selon lequel H&M
a évoqué avec des banques
de nouveaux rachats d’actions,
voire un éventuel retrait de la
Bourse. De juin à août, les ventes
ont augmenté de 9 % sur un an,
à 55,8 milliards de couronnes
(5,3 milliards d’euros).
L’ARABIE SAOUDITE
INVESTIT DANS LA
VOITURE ÉLECTRIQUE
£ L’Arabie saoudite a annoncé
un investissement d’un milliard
de dollars dans le constructeur
automobile américain Lucid
Motors, rival de Tesla. Pour
le fonds souverain saoudien,
Public Investissement Fund
(PIF), il s’agit d’aider l’entreprise
à lancer commercialement
en 2020 son modèle de voiture
électrique Lucid Air.
» Propriétaires,
comment faire valoir
vos droits face aux squatteurs ?
» En 2025, les machines
traiteront la majorité
des tâches courantes
www.lefigaro.fr/economie
+@
Avec le soutien du :
Chauffeur Privé
s’exporte en Europe
La filiale de Daimler débarque
à Lisbonne et vise dix villes en Europe.
TRANSPORT Chauffeur Privé,
l’application de VTC que la plupart
des observateurs classent au
deuxième rang à Paris, se lance à
l’international. « Nous avons ciblé
Lisbonne pour être notre première
implantation en dehors de la France, explique Yan Hascoet, président et cofondateur de Chauffeur
privé. 500 chauffeurs sont disponibles dès aujourd’hui. » Objectif :
porter rapidement ce nombre à
plusieurs milliers. Le dirigeant
français juge que la capitale portugaise représente un développement prometteur : le cadre réglementaire y est équilibré, le réseau
de transport public insuffisant et
l’usage du VTC fréquent, avec une
sérieuse concurrence. Uber, Taxify et Cabify, un acteur local, y sont
déjà présents. Cela ne fait pas peur
à Yan Hascoet, qui estime que le
travail sur la qualité de service
permettra à la société de se différencier de ses concurrents. Pour
gagner rapidement chauffeurs et
clients, Chauffeur Privé commence par la mise en place d’une tarification agressive, avec une commission à 0 %, avant de la monter
à 15 % quand il estimera avoir atteint une taille critique.
Cette première incursion hors
de l’Hexagone sera vite suivie
d’autres. « Nous visons une implantation dans une dizaine de
villes européennes d’ici à vingtquatre mois, programme Yan
Hascoet. Et notre deuxième implantation européenne sera située
à Genève. » Ce développement à
marche forcée va conduire à une
multiplication par trois des
200 salariés actuels de Chauffeur
Privé. Cette stratégie ambitieuse
est rendue possible par l’entrée
de Chauffeur Privé dans le giron
du
constructeur
allemand
Daimler, en décembre 2017.
« Notre développement européen
nécessite plusieurs dizaines de
millions d’euros d’investissements », reconnaît Yan Hascoet.
17 millions d’utilisateurs
Le groupe allemand, qui fabrique
les Mercedes et Smart, est l’un
des constructeurs traditionnels
les plus actifs dans le domaine des
mobilités nouvelles. Ces dernières années, il a acheté ou développé de nombreuses applications ou services, dont Car2go
dans l’autopartage ou Mytaxi,
une appli de réservation de taxi.
Sa plateforme Daimler Mobility
Services revendique aujourd’hui
17 millions d’utilisateurs. Il a également investi dans l’estonien
Taxify ou dans le britannique
Blacklane, deux concurrents de
Chauffeur Privé.
Surtout, les services de mobilités de Daimler sont en passe de
fusionner avec ceux de BMW, réputés pour son service d’autopartage Drivenow. Quand l’opération
sera finalisée, Chauffeur Privé
sera donc une filiale de cette nouvelle entité. Cela ne devrait pas
avoir d’impact ni sur son développement, ni sur ses ambitions.
« Nous avons réussi à nous imposer
sur le marché parisien très concurrentiel, se félicite Yan Hascoet.
Nous visons au moins la place de
numéro deux européen le plus rapidement possible. » ■
QUE FAIRE APRÈS
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EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
24 ENTREPRISES
L’objectif est de concurrencer les banques en ligne,
dont le nombre de clients continue de croître.
564,6
milliards
d’euros
Montant
des transactions
par carte bancaire
en France en 2017
PAULINE CHATEAU
£@ChateauPauline
SERVICES La Caisse d’épargne a
lancé lundi une offre à petit prix,
Enjoy. Il s’agit d’un compte sur
une application mobile, une carte
de paiement Visa Classic ainsi
qu’un conseiller joignable par
courriel ou téléphone. Outre le règlement d’achats en magasin ou en
ligne, cette nouvelle offre bancaire
permet de payer avec son smartphone, « avec Apple Pay, Paylib
sans contact et Samsung Pay », fait
encore valoir le groupe BPCE, dont
fait partie la Caisse d’épargne. Le
tout pour 2 euros par mois contre
environ 8 euros pour une Visa
Classic. Mais Enjoy ne donne pas la
possibilité de se rendre en agence.
Le public visé : une clientèle
dite autonome, à l’aise avec les
outils numériques et faisant peu
appel à un conseiller. « C’est une
offre de conquête destinée à une
clientèle qui ne connaît pas bien
l’étendue des services digitaux de la
Caisse d’épargne », explique Pascal Brian, directeur de développement du Pôle banque de détail de
la Caisse d’épargne.
La banque explique observer
« une fragmentation des usages
bancaires ». C’est la raison pour
laquelle elle souhaite, à terme, développer cette offre digitale en y
ajoutant des options. « Enjoy intervient comme une offre d’entrée
de gamme car nous préparons une
gamme avec différents niveaux de
service, soutient Pascal Brian.
C’est au client de choisir le niveau
CIROU/ALTOPRESS/ANDIA
La Caisse d’épargne
lance une
carte bancaire
à 2 euros
L’offre Enjoy s’adresse à une clientèle à l’aise avec les outils numériques et faisant peu appel à un conseiller.
de services. » En clair, il faudra
débourser davantage pour obtenir
un accès à une agence physique,
relever son plafond ou autoriser
un découvert. En étoffant cette
offre mobile, la Caisse d’épargne
espère ainsi « conquérir 550 000
nouveaux clients particuliers à horizon 2020, sur l’ensemble de la
gamme ».
Cibler les jeunes
En novembre, le Crédit agricole
avait le lancement d’une offre similaire, avec Eko - qui, à l’inverse d’Enjoy, inclut l’accès à une
agence physique dans ses services -, pour le même prix. En six
mois, 50 000 comptes ont ainsi
été ouverts, selon Véronique
Faujour, directrice marketing du
groupe Crédit agricole, citée par
Le Parisien-Aujourd’hui en France. Pour Guillaume Clavel, fondateur du comparateur Panorabanques.com, l’objectif des
banques traditionnelles est clair :
« C’est clairement une contre-offensive face à l’arrivée des banques en ligne et des néobanques. »
Il faut dire que le nombre de
clients de celles-ci continue de
croître.
Filiale de la Société générale, la
banque en ligne Boursorama, elle,
a franchi la barre de 1,5 million de
clients cette année, et vise désormais deux millions de personnes
d’ici à 2020. Autre enjeu de taille,
cibler les jeunes. « C’est une cible
intéressante pour les banques, car
ils ont peu de besoins bancaires, atteste Guillaume Clavel. On peut
imaginer que les banques vont se
concentrer sur des services réduits
en début de relation. »
L’Association française des
usagers des banques (Afub) émet
quelques réserves sur ces offres à
petits prix. « Pour le consommateur, nous avons une offre qui
s’inscrit dans un contexte de dématérialisation et de déshumanisation
de la relation bancaire», estime
Serge Maître, président de l’Afub.
Cinquante ans après l’inauguration du premier distributeur automatique de billets, la carte bancaire est de plus en plus prisée par
les Européens. Les paiements par
carte ont bondi de 11 % l’an
dernier, selon les dernières données de la Banques centrale européenne (BCE). Ils représentent
désormais 52 % des paiements
scripturaux. ■
Teva prêt à rebondir avec un médicament contre la migraine
Empêtré dans une crise sans précédent, le leader mondial des génériques parie sur ce traitement préventif.
575
dollars
Coût mensuel
du traitement
KEREN LENTSCHNER £@Lentschner
PHARMACIE Teva entrevoit peutêtre la lumière au bout du tunnel.
Le laboratoire israélien, leader
mondial des génériques, espère en
tout cas détenir le remède pour se
relancer après trois années difficiles. Il a obtenu vendredi l’aval de
la FDA, l’autorité de régulation
américaine, pour mettre sur le
marché son médicament contre la
migraine Ajovy. L’annonce, précédée d’un long suspense, a fait
bondir le cours du titre (+ 5 % à
mi-séance à New York lundi).
Ajovy fait partie d’une nouvelle
génération de traitements préventifs contre la migraine qui s’admi-
nistrent par injection. Ce médicament, délivré sur ordonnance,
devrait être disponible dans deux
semaines dans les pharmacies
américaines. Son coût est élevé :
575 dollars par mois. Teva reconnaît s’être aligné sur le prix de son
principal concurrent, Aimovig,
développé par les laboratoires
Amgen et Novartis, commercialisé
aux États-Unis depuis mai. Aimovig a aussi obtenu une autorisation
de mise sur le marché en Europe,
ce qu’Ajovy vise pour le premier
semestre 2019. Autre laboratoire
sur les rangs, l’américain Eli Lilly
attend le feu vert imminent de la
FDA pour son antimigraineux.
Novartis et Amgen ont aussi
beaucoup investi dans le marke-
LES DÉCIDEURS
â THIBAUT DE ROUX
HSBC
Le directeur des activités marchés, entré chez
HSBC en 1990 à sa sortie de Dauphine, s’en va
après quatre ans d’activité à ce poste. Pour
assurer l’intérim, la banque confie le poste au
Centralien Thierry Roland, qui avait pris en
juillet la tête de la banque d’investissement et de
financement ainsi que des marchés pour
l’Europe.
â PHILIPPE VOLLOT
Danske Bank
Le Français, fidèle depuis 1997 de Deutsche
Bank où il était jusqu’alors responsable de la lutte contre la délinquance financière et le blanchiment, rejoint la banque danoise comme
directeur de la conformité.
A
â JONGHYUN KIM
Kia Motors
Ancien directeur de la coordination de
Kia pour la Grande Bretagne, il préside
désormais la filiale tricolore. Ce fidèle
de la maison-mère coréenne Hyundai Motor,
où il a engrangé 25 ans d’expérience, succède à
Soohang Chang, parti diriger la division commerciale de Kia Motors en Amérique du Nord.
ting et la communication pour
promouvoir leur traitement, offrant d’importants rabais aux patients peinant à se faire rembourser par leur assureur.
Un plan d’économie
de 3 milliards de dollars
Alors qu’Ajovy sera vendu dans
un premier temps dans une seringue préremplie, Aimovig se
présente sous la forme plus sophistiquée d’un stylo injecteur.
Teva parie, lui, sur le fait que son
médicament s’administre au
choix une fois par mois ou une
fois tous les trois mois (en trois
injections consécutives), alors
qu’Aimovig est un traitement
uniquement mensuel.
Le marché de la migraine avoisine 3 milliards de dollars de
chiffre d’affaires annuel dans le
monde. Plus d’un milliard de personnes en souffrent dont 36 millions aux États-Unis. Teva estime
que 40 % d‘entre eux seraient éligibles à ce type de traitement.
Le feu vert de la FDA pour Ajovy
arrive à point nommé pour le nouveau PDG de Teva, Kare Schultz. Ce
médicament, qui pourrait rapporter 500 millions de dollars à Teva
d’ici à 2022 selon les analystes, est
au cœur de la stratégie de relance
du laboratoire. En quête de relais
de croissance, il doit compenser le
déclin des ventes de Copaxone, son
ex-médicament vedette contre la
sclérose en plaques et la chute des
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Éric Labaye, un homme du privé,
venu de McKinsey, à la tête de l’X
C’est un fait marquant
dans l’histoire de la prestigieuse école d’ingénieurs. Un dirigeant du
privé, pointure de McKinsey, s’installe dans le fauteuil de président de
l’École polytechnique. Dès la fin du mandat
de Jacques Biot, le 30 juin, le nom d’Éric
Labaye, polytechnicien de 57 ans, avait circulé. L’annonce de sa nomination au cœur
de l’été n’avait pas manqué de susciter un
certain émoi parmi les élèves et les personnels. En cause : son manque d’expérience
académique mais aussi sa rémunération,
significativement supérieure à celle de son
prédécesseur. C’est au terme d’un processus
de recrutement inédit lancé par le ministère
des Armées, tutelle de l’X, chasse de tête à
l’appui, que le président de la République a
fait son choix parmi les trois candidats présentés. Outre le fait qu’il avait connu Éric
Labaye dans le cadre de la commission Attali, alors qu’il en était lui-même le rapporteur
adjoint, Emmanuel Macron a estimé que
l’ancien associé senior de McKinsey était
l’homme de la situation « pour relever les
défis majeurs de l’École, notamment au plan
international ».
Né à Argenton dans l’Indre, Éric Labaye, fils
d’enseignants, marié à une vétérinaire et
père de quatre enfants, peut se prévaloir
d’un cursus flatteur. Entré en 1985 chez
McKinsey, devenu directeur associé à New
York dix ans plus tard, puis directeur associé
senior, l’ancien de Louis-Le-Grand a dirigé
le bureau parisien avant de décrocher des
casquettes « globales » pour le cabinet :
développement du portefeuille mondial de
clients, membre du comex en charge du
capital intellectuel ou think-tank de recherche économique maison.
Un projet de taille attend aujourd’hui ce
marathonien épris de musique, d’opéra et de
peinture : mener à bien le projet « NewUni »
d’alliance de grandes écoles autour de l’X
sur le campus de Paris-Saclay, annoncé il y a
un an par Emmanuel Macron. L’Ensta Paris
Tech, l’Ensae, Télécom ParisTech et Télécom SudParis en seront, et le nouveau président doit encore convaincre HEC, l’École
des Ponts et l’ISAE SupAéro. « Les statuts
devront être finalisés d’ici à la fin de l’année »,
précise de son côté Bruno Andres, le président de l’AX (anciens élèves et diplômés),
qui se réjouit de l’arrivée du nouveau président. Et de souligner : « Au-delà, les objectifs
sont aussi de renforcer la dimension internationale de l’X et d’accroître sa capacité de
financement extrabudgétaire. »
C. B.
prix des médicaments génériques.
Il mise aussi sur Austedo, un médicament expérimental contre la
chorée de Huntington, une maladie
neurologique.
Teva a annoncé en décembre un
plan d’économies de 3 milliards
de dollars d’ici à la fin 2019 qui
doit le conduire à supprimer 25 %
de ses effectifs mondiaux. Il a fini
l’année dernière avec une perte
nette de 16,3 milliards de dollars
pour un chiffre d’affaires de
22,4 milliards. Lourdement endetté, il a été plombé par la coûteuse acquisition (40,5 milliards
de dollars) il y a deux ans des médicaments génériques d’Allergan.
Teva veut croire aujourd’hui à sa
renaissance. ■
www.lefigaro.fr/decideurs
â STEFANO BORTOLI
ATR
Après le départ de Christian Scherer
pour la direction commerciale d’Airbus,
le constructeur européen d’avions régionaux à turbopropulseurs se dote d’un nouveau
président exécutif. Stefano Bortoli, 58 ans, en
bonne place pour le poste, était président du
conseil d’ATR et, depuis 2017, en charge de la
stratégie et des ventes au sein de la division aéronautique du groupe italien Leonardo.
â ANTOINE DE RÉMUR
Ercuis - Raynaud
L’actionnaire italien Sambonet Paderno confie
les rênes à cet ancien d’Hédiard et de Guy
Degrenne. Son défi : relancer et ramener à la
rentablité ces deux fleurons de l’art de la table.
â BERTRAND COTE
Domitys
Le leader des résidences seniors confie au Normalien de 55 ans sa branche patrimoine et organisation. Cet ex-Saint-Gobain, Suez Environnement, Sodexo ou encore Exprimm, filiale de
Bouygues Construction, dirigeait depuis 2012 la
structure Property Management des services
immobiliers aux entreprises du groupe Nexity.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mardi 18 septembre 2018
TECH
25
YouTube veut faire oublier les polémiques
Après une année émaillée de critiques, la plateforme de vidéos de Google prépare son avenir.
YOUTUBE EN CHIFFRES
1 ,9
milliard d’utilisateurs
par mois
4 4
millions de visiteurs
uniques par mois
en France
4 0 0
heures de vidéos
mises en ligne
chaque minute
dans le monde
INTERNET C’est promis, les ennuis
de YouTube sont derrière lui. La
plateforme de vidéos de Google a
vécu une année mouvementée. On
l’a accusée de mal modérer ses
contenus, de faciliter la propagation
de théories du complot en ligne, et
même d’afficher des vidéos choquantes à ses plus jeunes utilisateurs. Les annonceurs lui ont reproché d’afficher leurs publicités sur
des contenus problématiques. Les
créateurs se plaignent de la baisse
de leur rémunération. Pourtant,
malgré les polémiques, YouTube se
porte bien. C’est en tout cas le discours de Neal Mohan, numéro 2 de
la plateforme, de passage à Paris
cette semaine. Mardi, YouTube
présente ses deux premières séries
françaises destinées à être diffusées
sur YouTube Premium, son offre
payante. Elles mettent en scène
deux collectifs bien connus des internautes français, Golden Moustache et Studio Bagel. « Notre but est
de donner à nos créateurs une nouvelle plateforme d’expression, tout en
exploitant des genres qui sont populaires sur YouTube », explique Neal
Mohan au Figaro.
Ces deux nouvelles séries, disponibles à partir de mercredi, viennent nourrir l’offre florissante de
YouTube Premium. Lancé il y a quatre ans, le service payant a changé
plusieurs fois de forme. On y trouve
désormais YouTube Music Premium, un service de streaming musical et les YouTube Originals, des
films et des séries, mettant à l’honneur les stars de la plateforme (une
FILMMAGIC FOR YOUTUBE
LUCIE RONFAUT £@LucieRonfaut
Neal Mohan, numéro 2 de YouTube, lors du VidCon (salon américain des spectateurs de vidéos en ligne), le 21 juin dernier à Anaheim, en Californie.
soixantaine, majoritairement anglophones). Le tout sans publicités,
et avec des fonctionnalités supplémentaires, comme le fait de pouvoir
télécharger certains contenus. « Le
cœur de notre modèle économique
reste la publicité, cela permet à notre
plateforme de grossir, note Neal Mohan. Mais l’abonnement donne plus
de choix à nos utilisateurs, et crée une
source de revenus supplémentaires
pour nos créateurs. »
Des créateurs inquiets
Le sujet est sensible. Entre 2017
et 2018, YouTube a changé plusieurs
fois les règles d’accès à la monétisation de ses vidéos. Le but était de
rassurer les annonceurs, inquiets de
voir leurs publicités apparaître sur
des contenus problématiques, faisant la promotion du terrorisme ou
du racisme. Néanmoins, de nombreux créateurs se sont plaints de
ces changements, à l’application
peu claire, et entraînant pour certains une baisse drastique de revenus publicitaires. « Je pense que
nous avons répondu aux inquiétudes
des créateurs quant aux publicités »,
assure Neal Mohan. D’après YouTube, les revenus des créateurs ont
augmenté de 50 % en moyenne au
cours des trois dernières années. Il
n’empêche, nombre d’entre eux
ont désormais recours à d’autres
solutions pour s’assurer des sources
de rémunération, comme Patreon,
un site de financement participatif
pour particuliers. YouTube, lui aussi, teste des solutions alternatives à
la publicité. Il permet depuis peu à
ses créateurs de proposer un système d’abonnement payant à leurs
fans, contre des contenus exclusifs,
de discuter avec eux en direct, ou
de leur vendre des produits dérivés.
Les créateurs ne sont pas les seules personnes que YouTube doit
rassurer. La plateforme courtise
aussi les annonceurs : elle est
concurrencée dans le secteur de la
vidéo sur mobile par Facebook et
son application Instagram. La se-
maine dernière, YouTube a annoncé la possibilité de diffuser des vidéos en format vertical. Enfin,
plusieurs polémiques ont mis en lumière les défauts de ses algorithmes
de recommandation, qui poussent
les contenus les plus viraux et parfois problématiques, comme des
théories du complot. YouTube n’a
banni que la chaîne d’Alex Jones,
complotiste américain jusqu’ici très
prolifique sur sa plateforme. Et cet
été, il a annoncé le lancement d’un
fonds de 25 millions de dollars pour
lutter contre la désinformation en
ligne sur sa plateforme. En France,
ses premiers partenaires seront
l’AFP et Euronews. ■
Maîtriser le temps passé par les enfants sur leur smartphone
Différentes solutions existent pour diminuer et améliorer le temps d’exposition des jeunes aux écrans.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
15 h
par semaine
Temps moyen passé
par un adolescent
sur Internet
SMARTPHONE Les faits sont là : les
enfants passent de plus en plus de
temps les yeux rivés sur des écrans,
essentiellement sur celui de leur
smartphone, bien avant la télévision ou la tablette. Les 7-12 ans
consacrent 6 h 10 en moyenne par
semaine à Internet et 15 h 11 pour
les 13-19 ans, selon l’étude Junior
Connect Ipsos 2017.
Pédagogues, médecins, pédopsychiatres et parents sont nombreux à vouloir diminuer cette
exposition, qui passe notamment
par les smartphones. Le tout alors
que dans une société numérique
et connectée, ces mêmes parents
veulent joindre leur progéniture à
tout moment et qu’elle soit à
l’aise avec les outils numériques.
Mais comment être certain que
les enfants ont un bon usage de
leur smartphone ? Qu’ils ne
jouent pas sous la couette au lieu
de dormir ? Qu’ils n’alimentent
pas les réseaux sociaux au lieu
d’effectuer une recherche en
géographie ?
La première recommandation
des professionnels est simple : parents, donnez le bon exemple. Si
vous trouvez que vos enfants passent trop de temps sur leur téléphone, sortez le nez du vôtre, ne
répondez pas à vos mails, même
urgents, à table. « Le week-end ou
en semaine, prévoyez des temps
sans écran pour lire, jouer au foot,
faire des gâteaux… », conseille un
enseignant. « Et surtout, pas
d’écran une heure avant celle du
coucher », ajoute un autre.
Des applications utiles
Ensuite, il ne faut pas hésiter à utiliser les ressources du smartphone.
Ainsi, plusieurs applications permettent d’avoir un œil sur ce que
font les enfants sur leur mobile. Par
exemple, Parents dans les parages,
Xooloo ou The Kids Place, Dinner
Time Plus… Ces applications sont
commercialisées
sous
forme
d’abonnement, environ 4 euros par
mois. Elles sont aussi comprises
dans certains forfaits des opérateurs télécoms. Par exemple, Xooloo est inclus dans le pack family de
SFR. Bouygues Telecom permet à
ses abonnés de tester gratuitement
pendant un mois Parents dans les
parages. Ces applications sont simples d’utilisation. Le plus compliqué est de convaincre l’adolescent
de donner le code de son smartphone pour qu’elle soit installée.
Les promoteurs de ces solutions
encouragent les parents à discuter
avec leurs enfants, pour qu’ils en
comprennent l’intérêt. Cela aide
les jeunes à prendre conscience du
temps qu’ils consacrent à leur téléphone et suffit souvent à ce qu’ils
ralentissent d’eux-mêmes.
Cette notion de mesure est
d’ailleurs intégrée à la nouvelle
version du système d’exploitation
pour iPhone d’Apple (iOS 12) avec
« Temps d’écran ». Elle permet de
quantifier le temps passé sur les diverses applications, mais pas d’en
bloquer l’utilisation. Certains fabricants vont plus loin. Le contrôle
parental de Nintendo, par exemple,
permet de limiter le temps d’utilisation de la Switch et déterminer
une heure de fin d’utilisation.
Enfin, il est possible de ne pas
acheter de smartphone à ses enfants ! Il existe des solutions intermédiaires entre le tout ou rien. Cela
passe notamment par les téléphones mobiles, sans accès à Internet.
Plusieurs start-up, comme Invoxia
et son Tracker ou Weenect, ont
senti l’aubaine et font la promotion
de leur « tag » de petits appareils
connectés, à glisser dans un sac à
dos ou la poche d’un blouson, qui
permettent de géolocaliser le porteur, sans le soumettre à la tentation du smartphone. ■
LA SÉANCE DU LUNDI 17 SEPTEMBRE
JOUR
%VAR.
+HAUTJOUR
+0,05 42,85
+0,33 107,05
+0,09 106,96
+2,03 25,815
+2,12 101,45
+0,38 22,27
+0,56 52,06
+0,3
36,38
-0,65 108,3
+1,08 16,47
+1,05
12,496
-0,93 65,46
+0,36
12,52
+0,5
121,6
+0,37 544,6
-1,39 446,7
-0,2 202,3
+0,73 63,82
-1,44 291,95
+0,78 103,9
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
42,35
105,9
105,72
24,9
98,28
22,07
51,43
36,1
106,95
16,115
12,334
64,79
12,38
120,35
533,4
436,9
200,6
63,16
286,15
102,15
0,278
0,141
0,101
0,163
0,363
0,177
0,271
0,098
0,244
0,616
0,235
0,112
0,18
0,207
0,068
0,196
0,06
0,166
0,092
0,257
-0,88
+1,76
+28,07
-5,48
-16,77
-10,13
-16,74
-16,09
+8,71
-9,51
-9,51
-7,38
-13,18
+5,57
+21,82
+20,72
+8,95
-0,61
+17,42
-13,09
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................13,57 -0,51
PERNOD RICARD ..................................
134,4
-0,3
PEUGEOT ..............................................
23,57 -0,92
♣ 51,42 +0,47
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
73,84 +0,15
SAFRAN ..............................................117,8
-0,21
SAINT GOBAIN ..................................
36,45 +0,9
SANOFI ..............................................75,1
-0,7
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
69,12 +0,82
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
36,305 +1,38
SODEXO ..............................................91,2
-0,63
SOLVAY ..............................................
113,5
+0,8
STMICROELECTRONICS .............................
15,58 -1,73
TECHNIPFMC ..................................25,89 +0,15
TOTAL .............................................. 53,71 -0,28
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
174,84 +0,22
VALEO .............................................. 37,67 +0,86
VEOLIA ENVIRON. ..................................
17,65 +0,26
♣
VINCI .............................................. 80,58 -0,17
VIVENDI ..............................................21,55
0
+HAUTJOUR +BAS JOUR
13,74
135,05
23,69
51,68
74,55
118,2
36,505
75,54
69,24
36,445
91,86
114,15
15,905
26,2
54
175,76
37,78
17,78
80,82
21,61
13,54
134,15
23,4
50,84
73,2
117,35
35,885
74,95
68,16
35,75
90,96
111,55
15,54
25,64
53,6
173,66
37,03
17,56
80,22
21,5
%CAP.ECH
0,192
0,128
0,27
0,283
0,269
0,14
0,393
0,12
0,325
0,482
0,175
0,322
0,279
0
0,145
0,173
1,151
0,257
0,141
0,234
31/12
-6,25
+1,86
+39,02
-9,23
-12
+37,12
-20,73
+4,52
-2,46
-15,67
-18,61
-2,07
-14,42
+0,15
+16,65
-39,51
-17,04
-5,37
-3,88
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,6258
1,5193
0,8888
9,1579
130,79
1,1236
1,1671
3,236
11,103
7,3332
20,95
8,0139
84,6355
137,5828
contractée auprès de BNP Paribas,
Crédit agricole CIB, Crédit industriel et
commercial, HSBC et Natixis, sans
« qu’elle ne bénéficie d’aucun nantissement sur les titres Casino », a précisé la société.
Le rebond des titres Casino et Rallye
ne rattrape pas la baisse intervenue
sur les deux valeurs durant l’été. Cette
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33380
33270
-3,94
NAPOLEON ..................................................... 198,8
198,8
-3,91
PIECE 10 DOL USA .....................................................
551
551
-6,29
PIECE 10 FLORINS .....................................................
205
205
-3,67
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1130
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
195
200
-4,41
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
295
298
-3,28
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1220
1258
-6,87
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
109,9
109,9
+0,09
PIECE SUISSE 20F .....................................................
195
195
-3,8
PIECE LATINE 20F .....................................................
194
195
-4,39
SOUVERAIN ..................................................... 252,6
252,6
-3,11
KRUGERRAND .....................................................1097,5
1097,5
-1,9
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
280,43 13/09/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
47,90 13/09/18
BELLATRIX C ................................................
329,96 13/09/18
SIRIUS ................................................54,89 13/09/18
VIF REBOND DES ACTIONS CASINO ET RALLYE APRÈS L’OBTENTION D’UNE LIGNE DE CRÉDIT
L’action Casino a gagné lundi 7,63 %, à
35,40 euros, et celle de Rallye 13,78 %,
à 10,57 euros. Ce vif rebond du cours
de Bourse du groupe de distribution et
de sa maison mère s’explique par l’obtention par Rallye d’une ligne de crédit
de 500 millions d’euros auprès de cinq
banques. Cette avance de trésorerie,
à échéance 30 juin 2020, a été
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
opération permettra à Rallye de faire
face à un remboursement de plus de
670 millions d’euros de dette obligataire au mois d’octobre. Une prochaine
échéance est attendue en mars 2019 à
300 millions d’euros. Selon des analystes, Casino est par ailleurs confronté à
un risque d’affaiblissement de sa capacité à générer du cash-flow. Or, il est
RETROUVEZ
SITE D’INFORMATIONS EXCLUSIVES
WWW.WANSQUARE.COM
rlaskine@lefigaro.fr
impératif pour le groupe de continuer
de verser un dividende à ses actionnaires, car Rallye est endetté à hauteur de
2,9 milliards d’euros.
Attaqué par le fonds américain Muddy Waters fin 2015 pour manque de
transparence et accumulation de dettes, Casino avait cédé ses très rentables actifs asiatiques pour regagner la
confiance des investisseurs. À nouveau mis sous pression par le marché
au printemps, de distributeur a lancé un
deuxième plan de cession d’actifs de
1,5 milliard d’euros, mais le marché attend la cession effective des actifs
concernés. Pour l’heure, l’agence S&P,
qui vient de dégrader la note de Casino,
ne relâche pas la pression. ■
A
LE CAC
ACCOR .............................................. 42,62
♣
AIR LIQUIDE ..................................
106,9
AIRBUS ..............................................106,3
ARCELORMITTAL SA ..................................
25,63
ATOS .............................................. 101
AXA .............................................. 22,23
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
51,83
BOUYGUES ..............................................
36,34
CAPGEMINI ..............................................
107,5
CARREFOUR ..............................................
16,325
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,488
DANONE ..............................................64,79
ENGIE .............................................. 12,445
ESSILOR INTL. ..................................121,35
HERMES INTL ..................................543,6
KERING ..............................................441
L'OREAL ..............................................201,5
LEGRAND ..............................................63,8
LVMH .............................................. 288,15
♣
MICHELIN ..............................................
103,9
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
26
MÉDIAS et PUBLICITÉ
Marc Benioff, PDG de Salesforce,
s’empare de « Time Magazine »
Le milliardaire pionnier du cloud débourse 190 millions de dollars pour sauver le titre.
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
PRESSE L’avenir de la presse écrite
américaine se joue-t-il du côté des
milliardaires de la Silicon Valley ?
Le rachat du newsmagazine Time
par le cofondateur et PDG de Salesforce, Marc Benioff, et son épouse
Lynne, en est un nouvel exemple.
Dimanche, le groupe médias Meredith a annoncé avoir signé l’acte de
vente du célèbre hebdomadaire
contre 190 millions de dollars,
payés en cash. La transaction devrait être bouclée d’ici trente jours.
« Time est un trésor de l’histoire et
de la culture américaine. Nous avons
un grand respect pour cette rédaction », ont déclaré les époux Benioff,
proches de la famille Obama, dont
la fortune est estimée à près de
7 milliards de dollars. Time n’entrera pas dans le giron de Salesforce,
leader de l’édition de logiciels de
gestion de la relation client pour les
entreprises. Il s’agit d’un investissement personnel pour les Benioff
qui, selon les termes de l’accord, ne
se mêleront pas de l’éditorial ni
de la gestion du magazine au quotidien.
C’est peut-être la fin d’une période chaotique pour l’hebdomadaire. Fondé en 1923, Time a créé le
genre du newsmagazine avant
d’être la figure de proue du toutpuissant groupe médias Time Warner. Mais les vingt dernières années
ont été compliquées pour le conglomérat mêlant télévision, presse et
cinéma, aujourd’hui absorbé par le
câblo-opérateur AT&T. La branche
magazine a particulièrement souffert et s’est retrouvée séparée de
Time Warner en 2014. Faute de repreneur, l’ensemble nommé Time
Inc. a été placé en Bourse, où il n’a
pas brillé par ses performances.
Plombée par des revenus publicitaires en chute libre, la valorisation
de Time Inc. a perdu 30 % en trois
ans.
Est alors arrivé, début 2018, le
£ Le groupe TF1 va saisir
le Conseil supérieur de
l’audiovisuel (CSA) après
les propos injurieux tenus
la semaine dernière par Cyril
Hanouna dans l’émission
« Touche pas à mon poste»
au sujet des dirigeants
de la chaîne.
£ L’antenne de Radio France
internationale (RFI) était
perturbée lundi par une grève
des correspondants à l’étranger
et pigistes de la radio,
qui estiment ne plus pouvoir
remplir leur mission
et réclament une meilleure
protection sociale.
GRÈVE SUIVIE
À « OUEST-FRANCE »
groupe Meredith, puissant éditeur
de magazines sur la cuisine, la décoration ou le jardinage basé dans
l’Iowa. Meredith a racheté Time
Inc. en février pour plus de 2 milliards de dollars, mais a été clair sur
ses intentions. Seul le portefeuille
de magazines féminins (dont le fameux People) de Time Inc. l’intéressait. Time, Fortune et Money, trop
politisés et CSP+, ont été immédiatement remis en vente, tout comme
Sports Illustrated, trop masculin.
Les Benioff ont saisi la balle au bond
pour s’offrir à un tarif raisonnable
un magazine iconique, mais pas
forcément en bonne santé.
Rédactions florissantes
Les Benioff marchent dans les pas
d’autres milliardaires de la tech venus à la rescousse de la presse écrite
américaine. Jeff Bezos, le fondateur
et PDG d’Amazon, a inauguré la
tendance avec le rachat, en 2013, du
Washington Post pour 250 millions
de dollars. Laurene Powell Jobs,
veuve du fondateur d’Apple, a suivi. Via sa fondation Emerson Collective, elle a acquis l’an passé la
majorité du capital d’un autre
newsmagazine, The Atlantic. Cet
été, le Dr Patrick Soon-Shiong, qui
a fait fortune dans les biotechnologies, a acheté le Los Angeles Times
pour 500 millions de dollars. Il se
murmure qu’il pourrait tenter de
reprendre le groupe médias Tronc,
éditeur du Chicago Tribune.
L’arrivée de ces fortunes venues
de la côte Ouest a jusqu’à présent été
une bonne nouvelle pour les titres
concernés. Grâce à l’apport d’argent frais, tous ont vu leurs rédactions grossir, du jamais vu depuis
dix ans pour certains. The Atlantic
va ainsi recruter 100 personnes cette année, dont une cinquantaine de
journalistes. Tous ont pu renouveler
leurs outils rédactionnels, investir
dans la technologie et réussir enfin
leur virage numérique. Le Washing-
Rien ne
s’oppose à
l’audace.
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innovantes dont l’ambition business se conjugue avec le
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Date limite des candidatures : 26 octobre 2018.
1
HANOUNA : TF1
EN APPELLE AU CSA
GRÈVE DES
CORRESPONDANTS
DE RFI
ton Post compte désormais plus d’un
million d’abonnés en ligne et joue
des coudes avec le New York Times
pour sortir des scoops d’ampleur
nationale.
Aucun de ces milliardaires de la
tech ne s’est jusqu’à présent mêlé
de la ligne éditoriale de son journal.
Ce dernier apporte en retour une
certaine respectabilité dans le
« vieux monde » des milieux d’affaires. Reste à savoir si ce mouvement est un engagement pérenne
envers la presse ou un simple effet
de mode. ■
«Time est un trésor
de l’histoire
et la culture américaine.
Nous avons un grand
respect pour cette
rédaction », a déclaré
Marc Benioff
(ici lors d’une
conférence
à San Francisco).
BLOOMBERG VIA GETTY
IMAGES
£ Plus de 200 journalistes se
sont rassemblés lundi devant le
siège du groupe Ouest-France,
à Chantepie (Ille-et-Vilaine),
pour dire non au projet de
réorganisation qui prévoit
56 suppressions de postes. Sur
l’ensemble du groupe, au
moins 80 % des journalistes
auraient cessé le travail selon le
SNJ, un tiers selon la direction.
DES MILLIONS POUR
UNE CHAÎNE YOUTUBE
£ Neuvième chaîne la plus
puissante de YouTube avec
17 milliards de vues, Little Baby
Bump (comptines pour enfants)
a été vendue entre 6 millions et
10 millions d’euros à d’anciens
de Maker Studios (Disney)
LCP et Public Sénat : une
union libre mais pas de fusion
Les deux chaînes parlementaires restent séparées.
ENGUÉRAND RENAULT £@erenault
A
EN BREF
AUDIOVISUEL Pour la première
fois depuis treize ans, les deux
chaînes parlementaires LCP-Assemblée nationale et Public Sénat
ont fait une conférence de presse
de rentrée commune. « Nous
concubinons sur le canal 13 de la
TNT », a plaisanté Bertrand Delais, le nouveau PDG de LCP-Assemblée nationale. Avec son homologue Emmanuel Kessler,
reconduit à la tête de Public Sénat, ils ont longuement expliqué
les bienfaits d’une meilleure
coopération entre leurs deux
chaînes et des efforts pour mutualiser leurs moyens. « L’addition de nos deux budgets annuels
s’élève à seulement 36 millions
d’euros, soit à peine le coût de
quatre journées de programmes
pour France Télévisions. Dans un
cadre budgétaire très serré, il faut
donc mutualiser le plus possible
nos ressources », a ajouté Emmanuel Kessler.
Débat tranché
L’expression de cette nouvelle
volonté réside dans l’investissement conjoint qui sera réalisé
pour produire entre trois et quatre documentaires événementiels
par an, une célébration commune
des grands événements comme le
60e anniversaire de la Constitution de la Ve République et surtout… la création d’une émission
politique commune en lieu et
place de leurs deux émissions
respectives. À partir du 24 septembre, Michel Grossiord animera chaque lundi de 19 heures à
20 heures cette nouvelle émission
baptisée « Audition publique » en
partenariat avec Le Figaro et
l’AFP.
Cette émission ne sera tournée
ni sur le plateau de LCP-Assemblée nationale, ni sur celui de Public Sénat mais dans les studios
de Figaro Live.
Cette volonté de mise en commun des moyens ne signifie pas
pour autant une fusion des deux
chaînes. Emmanuel Kessler a
tordu le cou à ce vieux serpent de
mer, qui a récemment refait surface. « La question de la fusion est
un faux débat. Il n’est pas ouvert
et ne le sera pas. L’Assemblée nationale et le Sénat ont tranché ce
débat. Les deux chaînes subsisteront au nom du bicamérisme », at-il asséné.
La guerre des canaux
Les deux chaînes ont longtemps
alterné des périodes de guerre
froide et de réchauffement, au
gré des différentes personnalités
qui les ont présidées. Bertrand
Delais et Emmanuel Kessler s’affirment nettement dans la voie
d’une plus grande coopération.
Le tout pour un meilleur confort
du téléspectateur. Ainsi, pendant
les auditions de l’affaire Benalla,
les deux chaînes ont limité les
basculements entre les deux programmes afin de pouvoir suivre
les débats dans leur intégralité.
Si les deux présidents affichent
une bonne entente, c’est aussi
pour défendre l’avenir de leur
fréquence commune : le canal 13.
Cette place en fait la première
chaîne d’information dans la numérotation de la TNT. BFMTV est
sur le canal 15, CNews sur le canal 16, quand LCI est reléguée sur
le canal 26 et franceinfo ferme la
marche avec le canal 27. Or, l’arrêt programmé de France 4 sur le
canal 14 va rebattre les cartes.
Toutes les chaînes d’information
se battent obtenir ce numéro 14
qui leur donnera un avantage en
termes d’audience. ■
« deLalaquestion
fusion
est un faux
débat. Il n’est
pas ouvert et
ne le sera pas.
L’Assemblée
nationale
et le Sénat
ont tranché
ce débat. Les
deux chaînes
subsisteront
au nom du
bicamérisme
EMMANUEL KESSLER,
PUBLIC SÉNAT
»
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 047 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
COLLECTIONS
L’INDÉNIABLE INFLUENCE DE LA FAMILLE ROYALE
SUR LA MODE BRITANNIQUE SE VÉRIFIE, UNE FOIS
ENCORE, À TRAVERS LES DÉFILÉS POUR L’ÉTÉ 2019
Picasso
PAGE 31
Victoria
Beckham
Margaret
Howell
Deux
autoportraits
de Picasso, en
1901 (à gauche)
et en 1906.
2018
RMN-GRAND PALAIS (MUSÉE NATIONAL PICASSO-PARIS)/MATHIEU RABEAU ; WWW.BRIDGEMANIMAGES.COM © SUCCESSION PICASSO
La vie en rose (et bleu)
Le Musée d’Orsay réunit pour la première fois les œuvres de deux périodes clefs dans la carrière du peintre.
Un ensemble somptueux de tableaux et de dessins, témoins d’un génie précoce et dévorant. PAGES 28 ET 29
1
Les manuscrits chantants d’Avranches
ère
MAISON DE VENTES
SUR LE MARCHÉ
DES PEINTRES D’ASIE
DU XXe EN FRANCE
CLASSIQUE Les mélodies séculaires des moines du Mont-Saint-Michel
PEINTRES D’ASIE
reprennent vie à l’occasion du festival Via Aeterna, qui s’ouvre le 20 septembre.
THIERRY HILLÉRITEAU £@thilleriteau
a dernière fois que les manuscrits
du Mont-Saint-Michel ont fait
parler d’eux, c’était au printemps.
L’État avait décidé de bloquer in
extremis la vente d’un recueil de
135 feuillets datant des XIIe et XIIIe siècles.
Originaire du scriptorium de l’abbaye, il
aurait été sorti par un moine au moment de
la Révolution, pour finir dans les mains d’un
privé. Un volume qui faisait la part belle à
l’histoire de l’abbaye, mais aussi à la poésie,
à la géographie et… à la musique !
Rien d’étonnant, pour Jaan-Eik Tulve. Le
chef et fondateur de l’ensemble estonien
Vox Clamantis, spécialisé dans le chant grégorien et la musique médiévale, rappelle
que le fonds patrimonial du Scriptorial
d’Avranches, où sont conservés les plus anciens manuscrits de l’abbaye, « est d’une richesse insoupçonnable sur de très nombreux
sujets, pas uniquement religieux ». Au début
du mois, une poignée de chercheurs du
monde entier se réunissaient d’ailleurs dans
L
la commune de la Manche, pour un état des
lieux des travaux sur cette bibliothèque
souvent qualifiée de « trésor d’Avranches »,
et dont « une vie entière ne suffirait pas à
percer tous les mystères ».
Un oubli de plus de trois siècles
La musique y a naturellement sa place :
« L’abbaye du Mont, née au Xe siècle, était
porteuse de l’une des plus anciennes traditions bénédictines de chant grégorien »,
poursuit Jaan-Eik Tulve. Mais au cœur des
205 manuscrits de la bibliothèque, « très peu
d’antiennes (ces refrains que les moines reprenaient tous ensemble entre les différents
versets d’un psaume, NDLR) ont été composées avec certitude par et pour les moines du
Mont-Saint-Michel », tempère-t-il. Après
de longues recherches, il en a identifié
deux : « Elles datent des XIIIe-XIVe siècles, et
ne figurent dans aucun autre manuscrit
connu. Relevant de la plus pure tradition bénédictine, ce sont des témoignages bouleversants de la vie spirituelle de l’abbaye à cette
époque. » L’une a été composée pour les laudes, le second office du matin qui accompa-
gne le lever du jour. L’autre pour un office
du soir.
Ces mélodies séculaires sortiront à nouveau du silence, ce dimanche, après un
oubli d’au moins trois siècles et demi, dans
le cadre du festival Via Aeterna organisé par
René Martin sur le Mont-Saint-Michel et
alentour. Tout au long de la journée du
23 septembre, Vox Clamantis chantera en
effet les offices qui rythmaient la vie monastique à l’église abbatiale (ils seront rejoints
pour les laudes par la Fraternité monastique
de Jérusalem, qui habite les lieux depuis
2001). C’est dans le cadre de ces offices que
seront recréées les antiennes. « Il me semblait important qu’elles reprennent vie dans le
cadre pour lequel elles ont été composées »,
conclut le musicien. Tout en précisant que la
manière dont on les chantait à l’époque reste en grande partie à redécouvrir. « Les traités les plus précis sur l’interprétation du grégorien datent du Xe siècle. On se base sur eux
pour tout chant grégorien, mais il est probable qu’un moine du XIVe ne chantait pas comme 400 ans avant lui. » ■
Du 20 au 23 septembre. www.via-aeterna.com
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
28
L'ÉVÉNEMENT
Picasso, premiers
coups de maître
ARTS Les musées consacrés à l’artiste et celui
d’Orsay se sont unis pour une exceptionnelle
relecture des périodes bleue et rose.
De gauche à droite :
Pierreuses au bar, (1902),
Acrobate à la boule (1905),
Femme
se coiffant (1906),
Pablo Picasso.
HIROSHIMA MUSEUM OF ART/
SUCCESSION PICASSO 2018 ;
IMAGE THE PUSHKIN STATE
MUSEUM OF FINE ARTS,
MOSCOW/SUCCESSION PICASSO
2018 ; RMN-GRAND PALAIS
(MUSÉE NATIONAL PICASSOPARIS)/MATHIEU RABEAU/
SUCCESSION PICASSO 2018
; MUSEO NACIONAL THYSSENBORNEMISZA/SCALA, FLORENCE
SUCCESSION PICASSO 2018 ; MARTIN P.
BÜHLER SUCCESSION PICASSO 2018 ;
CENTRE POMPIDOU, MNAM/CCI, DIST.
RMN/GRAND PALAIS/ADAM RZEPKA/
SUCCESSION ;
HECTOR RETAMAL/AFP
C
VALÉRIE DUPONCHELLE
ET ÉRIC BIÉTRY-RIVIERRE
omme le Chat noir de
Steinlen, le public mondial aime
l’image du Picasso tigre sulfureux de
la bohème montmartroise. Dans le
sillage des époux Macron venus vendredi, il devrait donc se ruer massivement au Musée d’Orsay où se
trouve réunie la majorité des travaux
de la première époque. Celle, légendaire, qui part du cabaret des Quatre
Gats à Barcelone et se termine avant
la découverte du cubisme.
Boulevard de Clichy, l’Enfer, la
Fin du monde et autres endroits de
perdition ont disparu. Les photos
d’archives les font renaître, avec les
commentaires écrits par Picasso. Qui
était ce jeune Malaguène qui y faisait
la noce jusqu’à ce que Casagemas,
son premier compagnon de voyage,
se suicide par amour ou par impuissance ? Bien plus tard, le Picasso statufié vivant, désormais intouchable,
a affirmé que ce drame de l’amitié
avait motivé sa « période bleue » à la
magie froide. Les trois commissaires
emmenées par Laurent Le Bon jugent cette explication réductrice et
avantageuse. L’art et ses lois prennent le devant sur le chagrin et le
deuil. Invitant à relire l’œuvre d’un
bloc, de 1900 à 1906, les manières
bleue puis rose apparaissent moins
comme des reflets d’états d’âme que
comme des facettes créatives se superposant peu à peu ; les bleus et les
roses évoluant d’ailleurs eux-mêmes constamment. Les bleus purs de
Paris alternent avec les outremers tirant vers le vert de Barcelone. L’exceptionnelle réunion d’œuvres lève
un pan sur un artiste plus complexe
que ne le veut le marché de l’art aux
catégories bien ciblées, et sur un
homme plus prédateur et cynique
que ce que le mythe admet. L’œil fait
son chemin, d’icône en icône. C’est
toujours le même jeune peintre ! De
la maniériste Femme à la corneille
(musée de Toledo) au monumental
et énigmatique La Vie qui récapitule
les thèmes doloristes et les hisse jusqu’à une peinture néoreligieuse
(musée de Cleveland). De la sublime
Femme à l’éventail (Washington) à la
Femme et enfant au bord de la mer
(Hakone, Japon), cette exposition
propose une relecture critique de la
doxa forgée par les premiers biographes et exégètes.
À la manière pluridisciplinaire
chère à Laurent Le Bon, président du
Musée Picasso et commissaire général de cet insolent « Picasso bleu et
rose », les 80 huiles et les premières
sculptures sont complétées d’archives et œuvres sur papier. Gouaches,
gravures, dessins, caricatures, pochades, cartes, lettres illustrées de
Picasso et de ses amis parisiens et catalans mettent en lumière le quotidien d’un jeune génie déjà si polyvalent, conscient de sa force et doté
d’une ambition immense.
Lors de son premier séjour parisien en 1900, il a 19 ans et s’attaque
déjà à sa postérité. Fer de lance de la
petite colonie espagnole qui le soutient, il a exposé 150 portraits à Barcelone, explorant le style académique, le réalisme, le symbolisme, l’Art
nouveau. Sa première manière parisienne, sous influence de Manet, Degas et Toulouse-Lautrec puis de Van
Gogh et de Gauguin, ouvre le parcours. C’est une explosion de couleurs à touches larges ou divisées.
Sous des feux électriques, fardées de
blanc, regard noir et lèvres carminées, les cocottes préparent le sensualisme hiératique des pauvresses
Gouaches,
« gravures,
dessins,
caricatures,
lettres
illustrées
de Picasso
et de ses amis
parisiens
et catalans
mettent
en lumière
le quotidien
d’un jeune
génie déjà
si polyvalent,
parfaitement
conscient
de sa force
et doté d’une
ambition
immense
»
Voici donc en 1901 Yo Picasso ! (collection privée suisse), concentré
d’Espagnol où l’artiste se campe en
Nicolas Poussin aux empâtements à
la Van Gogh. Cet autoportrait exposé
à la galerie Vollard est rapproché
d’un autre fait sept mois plus tard où
le monochrome bleu de la précarité
donne le ton du drame, où l’orgueil
se dissimule, où Picasso endosse la
panoplie du peintre maudit avec la
barbe rousse comme le peintre à
l’oreille coupée. Il est ce héraut autoproclamé des marginaux et des laissés-pour-compte silencieux devant
leur assiette vide, romantisme cher à
l’époque. Il s’en veut le Greco. Entre
l’hôpital Saint-Lazare des femmes
perdues et les enfants vendus des familles de saltimbanques, il trouve
son motif, de quoi nourrir son an-
goisse vitale comme sa formidable
perversité polymorphe.
Laurent Le Bon et ses commissaires ont voulu mettre le sexe, cette
énergie primordiale, en vitrine avec
une multitude de dessins pour rappeler la jeunesse de l’artiste et aussi
l’envers du décor humaniste.
L’autoportrait le plus ressemblant
pourrait être cette huile sur papier
(collection particulière) placée à
l’écart : un bourgeois à haut-de-forme, fier coq dans un lupanar. Passent
donc, décharnées, les Odette, Germaine, Blanche, Margot, Jeanne,
Madeleine. Avant Fernande, la première maîtresse « durable », qu’il
épurera en statue de terracotta dans
le four de Gosól avant de la martyriser dans le cubisme et de la jeter, elle
et l’enfant qu’elle avait voulu élever
au Bateau-Lavoir. De cette éphémère et touchante Raymonde, Picasso a
laissé deux dessins, dont un où elle
est nue, les cuisses ouvertes. Ils manquent dans la section centrale, dite
pudiquement « érotique » alors que
toute l’œuvre l’est et que ce cabinet
est souvent trivial. Vertueux paravent ? Le parcours pèche encore par
trop de révérence au maître. Les
murs blanc cassé et la douce moquette atténuent le côté glauque des
sujets. Des toiles comme Pierreuses
au bar (Hiroshima) ou Femme assise
au fichu (Detroit) glorifient pourtant
le sordide comme jamais, en font des
statues de l’Olympe.
Peut-on réécrire Picasso, regarder
droit dans les yeux le cannibale plus
que l’humaniste généreux, lui retourner sa « mirada fuerte », ce regard de macho qui dit le désir impérieux, indifféremment séduisant ou
fusillant ? La question du sens, voire
de la morale, reste posée. ■
Au Musée d’Orsay (Paris VIIe), jusqu’au
6 janvier. Catalogue Hazan, 350 p.,
45 €. Tél. : 01 40 49 48 14.
www.musse-orsay.fr
Puis à la Fondation Beyeler à Bâle,
en Suisse, du 3 février au 26 mai.
touré à gauche de l’Arlequin au miroir, venu du Musée national
Thyssen-Bornemisza à Madrid,
d’une facture beaucoup plus douce. Et à droite, d’un troisième, Le
Peintre Salvado en arlequin, dont le
traitement hachuré et inachevé
souligne le talent époustouflant de
Picasso. En un regard, ce trio de
1923 résume la notion de chefd’œuvre, l’émotion presque surnaturelle qu’il dégage et la passion
inextinguible que continue de susciter ce peintre, exposition après
exposition. Quand les chefsd’œuvre sont absents (Guernica,
Les
Demoiselles
d’Avignon),
d’autres œuvres collatérales les
évoquent avec force. Le tout, nerveux et argumenté, a une puissance tenace d’élixir. ■
V. D.
« Picasso. Chefs-d’œuvre ! »,
au Musée Picasso-Paris (IIIe), jusqu’au
13 janvier 2019. Catalogue sous
la direction de Coline Zellal et Emilie
Bouvard, coédi. Musée PicassoParis/Éditions Gallimard (42 €).
qui suivent. Voir le somptueux portrait mondain qu’est Femme en bleu
(Madrid, Reina Sofia).
Angoisse vitale
A
Des chefs-d’œuvre en
famille au Musée Picasso
À peine arrivées à Paris, Marina
Lochak, la directrice du Musée
Pouchkine de Moscou, et Souria
Sadekova, la responsable de la
programmation culturelle et des
expositions, ont foncé au Musée
Picasso dimanche matin pour découvrir cette leçon du chefd’œuvre en une poignée d’exemples spectaculaires. Dimanche
soir, au vernissage privé des prêteurs au Musée d’Orsay dont le
Musée Pouchkine est l’un des
grands noms, ces deux intellectuelles étaient encore bouleversées par leur visite « tant l’exposition est belle, claire, intelligente,
originale ». Depuis son exposition
« Dada » au Centre Pompidou en
2005 et son exposition inaugurale
« Chefs-d’œuvre ? » au Centre
Pompidou-Metz en 2010, Laurent
Le Bon a insufflé un renouveau
muséographique par son art d’exposer les archives, d’y puiser sens
et poésie, de les confronter habilement à l’œuvre aboutie que le
public vénère.
Ne pas se fier à l’affiche de l’exposition qui fait un peu triste mine
dans les couloirs du métro et
confronte un visage cubiste à un
autoportrait de Rembrandt, mariage muséal mais austère. « Picasso.
Chefs-d’œuvre ! » est une explosion de couleurs modernes, comme
l’Arlequin assis, 1923, que la ville de
Bâle acquiert en 1967, grâce une levée de fonds citoyenne et qui est un
des trésors du Kunstmuseum Basel.
À la fois bleu et rose, idéal classique
mais visage aigu, il prouve que
l’idée d’un peintre est un long chemin que ses variantes redécouvrent. Pour ne pas troubler le public bleu et rose d’Orsay, cette
merveille se découvre au chapitre 4
de ce parcours synthétique.
Le choc visuel est d’autant plus
grand que l’Arlequin assis est en-
De gauche à droite :
Arlequin au miroir
(Paris, 1923),
Arlequin assis
(Paris, 1923),
Le peintre Salvado
en arlequin (Paris,
1923), Pablo Picasso.
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LE FIGARO
mardi 18 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
DES PRIX FOUS
DAVID NAHMAD
CE TYCOON DE L’ART POSSÉDERAIT 300 PICASSO
« Ces périodes sont rares sur le marché »
Depuis le décès de l’aîné Joseph en 2012,
David, 71 ans, est avec son frère Ezra à la
tête du clan Nahmad. Une dynastie de Juifs
syriens ayant prospéré dans la banque au
Liban puis sur le marché de l’art. La famille
posséderait 10 000 œuvres du XXe siècle
de Monet à Rothko. Résident monégasque,
David Nahmad serait en outre le plus gros
propriétaire privé de toiles de Picasso.
LE FIGARO. - Heureux de votre dernier
achat, 115 millions de dollars pour
la Fillette à la corbeille fleurie
(notre photo) ?
David NAHMAD. - Collection Rockefeller,
quelle provenance ! Vous
avez vu la photo du tableau
dans le Paris Match de cette
semaine ? Et dire que le premier marchand l’avait acheté
75 francs parce que l’artiste
crevait de faim ! (Il cherche
dans le journal tandis qu’un
œil reste rivé sur un ordinateur où défilent les cours de la
Bourse. Toutes les dix minutes, attablé au bar du Plaza
Athénée, David Nahmad
communique ses ordres au
téléphone, NDLR.) J’avais vu
cette Fillette dans un livre
d’art quand j’avais 15 ans. Elle
m’a frappé, je ne sais toujours
pas pourquoi. Il y a des couleurs spéciales. Le rouge
orangé pointe dans le bleu ce
qui en fait un œuvre charnière.
Vous étiez le garant pour
cette pièce, personne n’a renchéri.
Vous n’aviez pas de rivaux ?
J’ai eu de la chance. Mes concurrents actuels viennent principalement des pays du
Golfe. Ils sont puissants, mais ils n’y
connaissent pas grand-chose en histoire
de l’art, comme d’ailleurs 99,5 % du marché. Pour eux, cette somme est une bagatelle. Moi, je peux compenser en vendant
trois ou quatre tableaux pas mal.
On vous prête avec votre frère entre
200 et 300 Picasso stockés aux
Ports francs de Genève, une zone libre
de droits de douane et de TVA, pour une
valeur totale de 3,3 milliards de dollars…
Cette exposition est tout d’abord un exploit. Les valeurs d’assurances sont
aujourd’hui si absurdes ! Je ne
sais pas si une telle réunion
d’œuvres pourra être refaite à
l’avenir.
Vous prêtez également
pour la prochaine
rétrospective Miró
au Grand Palais et encore
la Danseuse espagnole
de Picasso à Marmottan
Monet. Pourquoi ?
Depuis 1970, j’ai prêté à plus
de 200 musées à travers le
monde. Pas pour flatter mon
ego ou me faire de la publicité.
C’est parce qu’il est utile que
les œuvres soient vues. Hommage est ainsi rendu aux artistes. Le plus grand nombre
doit pouvoir apprécier leur importance.
Dans l’exposition de 2013
à Monaco sur les Picasso
des Nahmad, on n’a guère vu les
périodes bleu, rose et celle des débuts
du cubisme…
C’est vrai, parce que ces périodes sont rares
sur le marché. Nous avions tout de même
montré 116 tableaux et dessins. Dont des
chefs-d’œuvre, comme Bouteille, guitare et
compotier de 1922, La Ceinture jaune et La
Dormeuse au miroir - portraits de MarieThérèse Walter peints en 1932 - et La Femme assise dans un fauteuil, portrait de Françoise Gilot de 1947. Nous sommes
également riches en œuvres de la fin de vie,
achetées quand cette période était négligée.
PROPOS RECUEILLIS PAR É. B.-R.
BÉATRICE DE ROCHEBOUËT
présente
Exceptions de la langue française :
certains Belges les détestent,
mais nous, on les adore !
« Pierreuses au bar »,
hommage à la sculpture
de Rodin et à la
sensualité de Gauguin
Jean-Loup Chiflet nous entraîne dans
une nouvelle promenade passionnante,
surprenante, érudite et humoristique
à travers les exceptions, bizarreries
et autres étrangetés qui font tout
le charme de la langue française.
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Disponible chez tous les marchands de journaux et sur www.figarostore.fr
A
« Les périodes bleue et rose sont
encore beaucoup en mains privées,
et nombre des icônes qui sont dans
les institutions sont éparpillées partout dans le monde », souligne
Emilia Philippot, l’une des trois
jeunes commissaires associées (par
exemple, L’Enfant aux pigeons,
1901, Le Garçon à la pipe, 1905,
L’Acrobate et Jeune Arlequin, début
1905). « Picasso s’est séparé très
tôt de ces œuvres pour survivre. Elles sont parties très vite aux ÉtatsUnis, en Angleterre, en Allemagne,
mais pas en France. Une grosse
partie de cette période bleue et rose
est à Washington et à la Barnes
Foundation avec des clauses qui empêchent les prêts. Notre seul manque
et notre seul regret », conclut Laurent Le Bon, président du Musée
Picasso et commissaire général de
cette apothéose. ■
V. D.
Comment trouvez-vous l’exposition
du Musée d’Orsay ?
EA
UV
1903, a quitté les cimaises du Cleveland Museum of Art, un vrai fait
d’armes pour un intense chefd’œuvre bleu qui passa dans la collection Ambroise Vollard avant de
traverser l’Atlantique dans les années 1930. Les Pierreuses au bar
(1902), extraordinaire composition
bleue qui rend hommage à la
sculpture de Rodin et à la sensualité de Gauguin, a quitté le Hiroshima Museum of Art dont la collection s’est concentrée sur les chefsd’œuvre. Le MoMA a prêté son
Meneur de cheval nu rose et gris
(1905-1906) qui est pourtant l’une
des pièces majeures du grand musée new-yorkais. La National Gallery of Art de Washington a confié
sa Famille de saltimbanques (Les
Bateleurs), ballet à la fois rose et
bleue (1905).
NO
C’est une exposition en forme de
mission impossible. Il fallait une
unité de temps, de lieu et d’action
pour réunir au Musée d’Orsay les
icônes du Picasso bleu et rose,
longtemps seul roi des collectionneurs, dont les trésors sont sous
bonne garde aux quatre coins du
monde. La dramaturgie fut réfléchie en stratège pour célébrer « le
fruit d’un rêve tenace et magnifique,
de ceux qui viennent de l’enfance,
lorsque les images d’un livre jettent
un sort définitif à votre imaginaire », souligna Laurence des Cars,
présidente d’Orsay et de l’Orangerie, dimanche soir, en rendant
hommage aux nombreux prêteurs.
Et quels prêts ! Le Museu Picasso
de Barcelone, mine des années catalanes du maître, a confié à Paris
près d’une cinquantaine d’œuvres,
du Portrait de Benedetta Canals à la
mantille noire (1905), et des suaves
Toits de Barcelone bleus et beiges
(1902 et 1903) à nombre de dessins
pistant ce talent si précoce. Le Musée Pouchkine de Moscou continue
de ravir l’Occident avec ses collectionneurs d’avant-garde. Après
Serguei Chtchoukine, voici Ivan
Morozov et le merveilleux Acrobate
à la boule (1905), acheté par le Russe pour la somme colossale de
16 000 francs or, dont la provenance est 100 % princière : la toile fut
d’abord acquise par Gertrude
Stein, puis par Daniel-Henry Kahnweiler en 1913 ! Extrêmement fragile, le chef-d’œuvre de la période
rose avait souffert de son voyage à
Madrid en 2011 pour les 200 ans du
Prado. La toile a donc été enfermée
dans un caisson spécial pour sa
sortie exceptionnelle dans le monde parisien. Arlequin et sa compagne, toile phare de 1901, l’année
décisive où s’affirme Picasso jusque
dans sa signature, comme le démontra l’exposition à la Courtauld
Gallery en 2013, est aussi un bien
de Morozov.
La Vie, allégorie de l’amour sacré
et profane peinte à Barcelone en
Je ne compte pas. Ces chiffres fluctuent et
importent peu, car je suis prêt à en échanger dix pour avoir un. Ce qui m’importe,
c’est la valeur intellectuelle. Il faut qu’une
œuvre corresponde à une période clef de
l’évolution de l’art. Donc il faut connaître
l’histoire, c’est ce qui fait la différence. Cela
dit, oui, je crois que nous sommes les plus
grands collectionneurs de Picasso dans le
monde.
Le marché a en mémoire
l’adjudication des Noces
de Pierrette à 315 millions
de francs (51,6 millions
de dollars) en 1989, chez
Binoche et Godeau, à Drouot
Montaigne. Rétrogradé
douzième tableau le plus cher
de l’artiste, ce chef-d’œuvre de
la période bleue (1905) vendu
par le financier suédois Frédéric
Roos avait été acquis par
Tomonori Tsurumaki,
promoteur et banquier
asiatique connu pour ses liens
avec le crime organisé au Japon.
Devant la menace du ministre
de la Culture de bloquer la sortie
de France du tableau, son
propriétaire avait acheté
La Célestine, autre Picasso dont
il fit don à l’État, en « échange »
d’une autorisation
d’exportation. Vendu près
de trente ans plus tard,
ce Picasso aurait pu dépasser
la barre fatidique des
100 millions de dollars, à l’image
de La Fillette à la corbeille
fleurie acquis 115 millions
de dollars - le montant
de sa garantie ! - à la vente
Rockefeller, en mai dernier chez
Christie’s à New York, par David
Nahmad. C’est le deuxième plus
haut prix après Les Femmes
d’Alger (version O) de 1955
arraché 179,3 millions de dollars,
en mai 2015, chez Christie’s
à New York et devenue ainsi
la toile la plus chère jamais
vendue aux enchères. Le goût
des amateurs s’est renversé.
Aux tableaux historiques
des débuts, les nouveaux riches
de l’art préfèrent ceux
spectaculaires et nettement
plus commerciaux de la fin.
D’où un bond spectaculaire
en dix ans !
U
Des icônes venues
du monde entier
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
30
CULTURE
Premiers
concerts enlevés
pour les chefs
CHRONIQUE À la tête de l’Orchestre
de Paris, Daniel Harding a entamé
sa dernière saison avec fougue. Dirigeant
l’Orchestre national de France pour
la seconde année, Emmanuel Krivine
fait preuve de liberté et de fantaisie.
LE CLASSIQUE
Christian Merlin
a rentrée des orchestres est
toujours l’occasion de compter
ses troupes et de faire un état
des lieux, à l’orée d’une saison
de dix mois. Celle de l’Orchestre de Paris et celle de l’Orchestre national de France, auxquelles nous avons
assisté la semaine dernière, dans leurs
résidences respectives que sont la Philharmonie et l’Auditorium de la Maison
de la Radio, sont riches de promesses.
À l’Orchestre de Paris, c’est la dernière saison de Daniel Harding, qui a
L
choisi de ne pas prolonger son premier
et seul mandat de directeur musical.
Cette perspective de séparation n’a pas
eu de répercussions sur la qualité du jeu.
On serait même tenté de dire : au
contraire ! Dans un programme peu banal, « très Harding », il enchaînait trois
univers contrastés, trois visages du
mysticisme en musique. En première
partie, un motet de Josquin des Prés et le
Psaume 129 de Lili Boulanger, compositrice morte à 24 ans en pleine Première
Guerre mondiale, mettaient en valeur la
qualité toujours croissante du chœur
depuis que Lionel Sow en est le chef.
Puis c’était le monument de la Cinquième Symphonie de Bruckner, dont
Harding a donné une lecture d’une
profonde originalité et singularité. Re-
Daniel Harding a enchaîné trois univers contrastés, trois visages du mysticisme en musique avec un vrai travail sur le son.
fusant le côté « cathédrale sonore » associé à cette musique germanique, il
l’éclaircit au maximum, évite les effets
de masse au profit d’une transparence
et d’un phrasé toujours fluides. Le tempo vif fait certes perdre une certaine
grandeur majestueuse, mais ce que l’on
gagne est étonnant en termes de lumière translucide, avec ces violons que l’on
a rarement connus aussi légers et miroitants. Un vrai travail sur le son, de la
part d’un chef qui sait ce qu’il veut.
leurs et l’élan spécifiques. Magnifiée
par le somptueux solo de violoncelle
de Raphaël Perraud, l’ouverture du
Roi d’Ys de Lalo est irrésistible d’allant
et d’ardeur, avant un éblouissant
Concerto pour piano n° 5 de SaintSaëns, sous les doigts de Bertrand
Chamayou. Comme dans leur enregistrement qui sort en même temps
(Erato), déjà une référence, Chamayou
et Krivine donnent à cette musique
pleine de charme une fantaisie et une
liberté inouïes, à laquelle le pianiste ne
parvient que grâce à une précision
millimétrique.
À la toute fin du concert, en bis orchestral, le scherzo du Songe d’une nuit
d’été de Mendelssohn confirmait la forme actuelle du « National », joué en
Comme une musique d’elfes
Le lendemain, à Radio France, Emmanuel Krivine lançait sa seconde saison
à la tête de l’Orchestre national. Sous
le signe de la musique française, dont
il semble retrouver d’instinct les cou-
BORGGREVE
apesanteur, sur les pointes, comme une
musique d’elfes. Entre les deux, la Quatrième Symphonie de Brahms, préludant
à une intégrale programmée par Krivine, affichait une vivacité tonique et dégraissée, en convergence avec la volonté de Harding de « dégermaniser » le
son allemand, et qui aurait été totalement convaincante s’il n’y avait ces
raidissements soudains du geste de Krivine, qui d’un seul coup boulent le tempo et crispent un jeu qui devient fébrile.
Excès de tempérament ? On n’a jamais
que les défauts de ses qualités ! ■
» Retrouvez Christian Merlin
tous les dimanches
de 9 heures à 11 heures.
Prochaine émission : « À quoi
sert le chef d’orchestre ? »
Israël Galvan, le flamenco libre
DANSE Aux côtés de la famille Romanès et d’une vingtaine de chats,
le danseur présente « Gatomaquia » à Paris. Et renoue avec la simplicité.
ARIANE BAVELIER £@arianebavelier
es déçus d’Avignon à l’été 2017
qui étaient venus voir Israël
Galvan faire sa Fiesta et qui gardent le sentiment qu’elle n’a
pas eu lieu peuvent toutes affaires cessantes se rendre sous le chapiteau
du Cirque Romanès, à Paris. Le danseur
mène une fiesta de tous les diables. Et se
donne une fois encore comme le plus
beau danseur de flamenco du moment.
Dans le registre inventif et félin.
En Avignon, Galvan explorait jusqu’à
l’outrance l’envers d’une Fiesta. Il se
concentrait sur les chagrins, les désarrois
et les désordres. Et s’attardait sur les percussions, le chant et la musique, pour
souligner cette mécanique du plaisir où
s’expient les vies déglinguées. Chez les
Romanès, on est aux antipodes. On est
L
chez les Tziganes et c’est lui qui met
l’ambiance. Le spectacle s’appelle Gatomaquia. Alexandre Romanès, maître des
lieux, qui vit square Parody, près de la
porte Maillot, dans des roulottes avec sa
femme et ses cinq filles, précise qu’une
vingtaine de chats les accompagne. Tous
libres. Comme ses filles et sa femme, ils
apparaîtront au fil du spectacle, elles
pour danser (avec cerceau, tissus, jupe
de service ou pieds nus), eux pour
conforter l’ensemble dans son allure bohème. Et se mesurer à Galvan.
Prolonger les courbes
Même minceur, même souplesse, même
beauté, même façon de griffer l’espace
avec sa silhouette d’une manière inattendue. Sur la piste, différents supports ont
été posés. Bois, métal, table d’harmonie
d’un piano. À son habitude, Galvan se
transforme en homme-orchestre, choi-
sissant ses supports où danser, comme ses
chaussures, hautes socques japonaises en
bois, santiags armées de métal, chaussures de femmes rouges à talons hauts pour
un zapateado enjoué sur un sol articulé où
le claquement des pieds fait rebondir une
batterie… de casseroles.
Il joue aussi avec les formes. Le corpsà-corps qu’il mène avec un fauteuil à
bascule en métal emprunte à la leçon de
design, tant il s’amuse avec à prolonger
les lignes et les courbes, tout en le faisant
musiquer.
Alexandre Romanès qui parle au public, raconte que Galvan et son merveilleux guitariste ont voulu habiter avec
eux, dans les roulottes. Ils semblent tout
à la joie de cet entracte dans une vie de
tournées internationales et de quête de
soi dans le miroir d’une danse poussée à
ses limites, fût-ce en s’y fracassant d’une
manière dérisoire. Comme si Galvan, « le
Galvan : le plus beau danseur de flamenco du moment. STÉPHANE DE SAKUTIN/AFP
danseur des solitudes » si magnifiquement chanté par Georges Didi-Huberman, goûtait enfin un peu de simplicité.
Un vrai régal pour son public qui attendra le prochain spectacle pour une nouvelle expérimentation. ■
Gatomaquia, spectacle du Théâtre
de la Ville au Cirque Romanès (Paris XVIe),
jusqu’au 22 septembre.
Sur les traces de Jack London
THÉÂTRE Au Studio-Théâtre de la Comédie-Française, Marc Lainé transpose de manière originale
« Construire un feu », le terrible récit de l’écrivain. Loin de son réalisme.
n frissonne en pénétrant
dans la petite salle du Studio-Théâtre de la Comédie-Française. Sur le plateau recouvert de neige,
des sapins aux branches qui ploient
mais, surtout, de part et d’autre, deux
tables adossées à des écrans et portant
des paysages miniatures du Grand
Nord. Un autre écran, plus important,
surplombe la scène. Deux caméras sur
leurs hauts pieds complètent le dispositif. On connaît la manière de Marc
Lainé, scénographe formé aux Arts décoratifs qui, depuis quelques années,
élabore des spectacles dans lesquels la
vidéo et la musique sont aussi essentielles que le texte et les comédiens.
On pense notamment à Vanishing
Point. Les deux voyages de Suzanne W.
avec le groupe Moriarty, Marie-Sophie
Ferdane, Sylvie Léonard. On y pense
parce que cela se passait dans le Grand
Nord… Ici, Marc Lainé adapte le poignant récit de Jack London Construire
A
O
un feu. Un récit bref, vraiment terrible
dans sa deuxième version, datant de
1908. Un trappeur dans la solitude glacée accompagné d’un chien. Il chemine
dans les étendues gelées par une température extrêmement négative.
Seuls les gestes « parlent »
Il est un « chechaquo », un nouveau
venu dans la région. C’est son premier
hiver. Et Jack London écrit : « Ce qui lui
faisait défaut, c’était l’imagination. » Il
fait moins 50 degrés Fahrenheit et il
éprouve le froid et l’inconfort, mais il
ne médite pas sur la fragilité de l’humain note l’écrivain. C’est peut-être
ce qui va le perdre. Il n’a pas peur. Il
pense qu’il rejoindra le camp et ses
camarades.
Emmitouflé, barbe et visage gelés,
Nazim Boudjenah est cet homme à qui
le metteur en scène ne donnera la parole qu’à la toute fin. Il agit. Marche (mais
sur place), tente de manger son cassecroûte puis de faire du feu. Seuls son regard et ses gestes gourds « parlent ». À
ses côtés, le narrateur en pull-over,
Pierre Louis-Calixte, et, tignasse lon-
Alexandre Pavloff et Nazim Boudjenah,
des personnalités puissantes et sensibles.
gue, gilet et pantalon de jean, Alexandre Pavloff, le chien. Eux portent le récit et filment. Rien qui cherche le
réalisme.
« Green Book »
couronné à Toronto
Le road trip de Peter Farrelly,
Green Book, a remporté le Prix
du public au Festival du film
international de Toronto.
Une première marche vers
les Oscars pour ce film tiré d’une
histoire vraie dans l’Amérique
ségrégationniste des années 1960.
En deuxième et troisième places,
Si Beale Street pouvait parler, de
Barry Jenkins, et Roma, d’Alfonso
Cuaron, déjà primé à la Mostra.
Dinard aux couleurs
britanniques
PASCAL VICTOR/ARTCOMPRESS
ARMELLE HÉLIOT aheliot@lefigaro..fr
EN BREF
Autant l’admettre, l’exercice, ainsi
décrit, pourrait sembler complètement
artificiel. Et d’une certaine façon, il
l’est. Mais, et c’est le miracle de ce spectacle pensé, maîtrisé et admirablement
interprété par trois artistes aux voix exceptionnelles et aux personnalités aussi
puissantes que sensibles. On est saisi par
l’écriture même de Jack London, sa
science de la précision, ici traduite par
Christine Le Bœuf. Son pessimisme devant la solitude de l’homme et celle du
chien. Construire un feu est l’un des récits du Klondike, du nom de la rivière
canadienne, dans l’ouest de la région du
Yukon. L’Appel de la forêt se situe également là. Dans cette région où Jack
London rêva de trouver la fortune de
l’or et attisa celle de l’écriture. La radicalité de cette transcription scénique
ajoute à la cruauté de London. On frissonne en sortant. ■
Construire un feu, Studio-Théâtre
de la Comédie-Française (Paris Ier),
du mercredi au dimanche à 18 h 30.
Durée : 1 h 10. Tél. : 01 44 58 15 15.
Jusqu’au 21 octobre. Traduction
Christine Le Bœuf, Actes Sud, 5,90 €.
Pendant cinq jours, Dinard se
mettra aux couleurs britanniques.
Du 26 au 30 septembre, Dinard
Film Festival mettra six films
en compétition, en présentera en
avant-première, rendra hommage
à Agatha Christie et proposera
rencontres et master classes.
Monica Bellucci présidera le jury,
composé, entre autres, d’Alex Lutz
et d’Emmanuelle Bercot.
Cinquième édition du
Festival international du film
de Saint-Jean-de-Luz
Du 1er au 6 octobre se déroulera la
5e édition du Festival international
du film à Saint-Jean-de-Luz.
La comédienne Corinne Masiero,
que l’on avait découverte en 2011
dans Louise Wimmer, présidera le
jury qui départagera dix premiers
et seconds longs-métrages
en compétition. En 2017, Xavier
Legrand avait remporté le prix
du meilleur film et le prix du jury
pour Jusqu’à la garde.
www.fifsaintjeandeluz.com
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LE FIGARO
mardi 18 septembre 2018
STYLE
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1. Victoria Beckham
et ses enfants
en une de Vogue anglais,
octobre 2018.
2. Vivienne Westwood
entourée de son mari
Andreas Kronthaler
et de Riccardo Tisci,
directeur artistique de
Burberry. 3. Alexander
McQueen et son bras
droit Sarah Burton
procèdent aux
essayages de la
collection hiver 20082009. 4. Meghan Markle
porte une robe signée
Stella McCartney pour
Givenchy. 5. La reine
Elizabeth II et Anna
Wintour assistent au
défilé de Richard Quinn,
en février dernier.
VOGUE ; COURTESY OF BURBERRY BRETT LLOYD ; NICK WAPLINGTON ; STEVE PARSONS/AFP ; YUI MOK/AFP ; A. LUCIONI/IMAXTREE.COM
3
5
4
1
Mode save the Queen !
ENVOYÉE SPÉCIALE À LONDRES
ue serait la mode anglaise sans la monarchie ? Alexander McQueen sans le soutien de l’aristocrate Isabella Blow ? La
reine des punks Vivienne Westwood
sans Elizabeth II ? Quoi de mieux
qu’une robe de mariée royale pour propulser un designer british (Sarah Burton
chez McQueen pour Kate Middleton ;
Clare Waight Keller chez Givenchy
pour Meghan Markle) ? Comment
Burberry, au ralenti ces dernières saisons, va-t-elle regagner son titre d’institution britannique ? Et comment son
nouveau directeur artistique, l’Italien
Riccardo Tisci, compte-t-il se faire une
place au royaume des lords et des ladies ? Tout le week-end, la rumeur enflait qu’une célébrité locale d’envergure internationale assisterait à son
premier défilé présenté hier soir. Kate
Moss ? Une habituée. Mick Jagger ? Paul
McCartney ? Mouais. Kim Kardashian ?
Trop américaine ! Seule « Meghan »
ferait sensation. Depuis l’annonce de
ses fiançailles avec le prince Harry, en
décembre 2017, l’actrice alimente les
fantasmes. Jeune, métisse, divorcée,
émancipée : la duchesse de Sussex incarne les valeurs chères à la création. Et
puis, tout ce que porte Meghan devient
un best-seller. « Tous nos clients rêvent
de l’inviter, confie Éloïse Hautcoeur, attachée de presse. Pour l’instant, personne n’a réussi. »
« Le goût de la narration »
Outre-Manche, ces relations étroites
entre la mode et la Couronne ne sont
pas nouvelles. « Les créateurs britanniques aiment les grandes familles issues
de la noblesse, confirme le styliste
français basé à Londres Roland Mouret,
qui a appris les codes de la bonne société auprès de Laura Cavendish, comtesse
de Burlington. Ils sont même fascinés
par les riches aristocrates menant une vie
de bohème, partagés entre un quotidien
mondain et des week-ends à chasser au
cœur de la forêt, les pieds dans la terre
humide. Les Anglais chérissent leurs traditions, ils apprécient leurs souverains
quand nous, nous avons coupé la tête des
nôtres ! »
Dans le genre, si la jeune Alexa Chung
n’a pas de sang bleu, elle cultive pourtant un accent à la Downton Abbey. Itgirl reconvertie en styliste, elle s’est fait
un nom en présentant une émission de
télévision mais surtout avec ses looks
remarqués au premier rang des défilés.
« Une it-girl britannique est liée, d’une
manière ou d’une autre, à l’aristocratie », nous disait très justement Roland
Mouret. « Notre histoire est si riche,
notre héritage si marqué par la royauté
que, consciemment ou inconsciemment,
cela imprime nos créations, explique
Mlle Chung. Avoir vécu plusieurs années
à New York m’a permis de réaliser à quel
COLLECTIONS
Source intarissable
d’inspiration pour les
designers britanniques,
la famille royale joue
un rôle incontesté dans
l’industrie de la mode
outre-Manche.
La preuve en pleine
Fashion Week.
point nos voyages, nos envies, nos vêtements, jusqu’au choix des mots que nous
employons, tout découle de notre héritage. Ajoutez à cela un sens de l’humour
aiguisé, le goût de la narration et pas mal
de fierté. Et n’oubliez pas une notion primordiale : nous ne parlons jamais de différences de classes. Ce serait d’un grossier ! »
Samedi matin, la demoiselle se jetait
dans le grand bain avec un tout premier
défilé, après plusieurs saisons de présentations : son printemps-été 2019
charmant s’inspire de ces femmes de
tous pays croisées dans les aéroports,
en robes de plage Bilitis, costumes
seventies et trench-coats pour les jours
de pluie. Dimanche, elle réendossait le
rôle d’invité du premier rang chez son
amie Simone Rocha. Cette dernière,
fille de John Rocha, couturier adoubé
par la reine, compte parmi les têtes
d’affiche de la Fashion Week de
Londres. Son style, immuable, se traduit sur podium par de jeunes filles
évanescentes enveloppées de tulle, de
broderies florales, couronnées de cristaux et chaussées de mules de satin.
C’est toujours délicat, toujours présenté
sous les ors de bâtiments nationaux, sur
des moquettes d’un vert mousse. « Je ne
crois pas que nos designers soient
obsédés par la famille royale, mais il est
indéniable qu’Erdem, Richard Quinn,
Simone Rocha et Emilia Wickstead s’inspirent, plus ou moins souvent, des tenues
officielles ou quotidiennes de la reine et
de sa descendance, explique Natalie
PrintempsÉté 2019
Q
ÉMILIE FAURE
efaure@lefigaro.fr
Roland Mouret
Alexachung
Victoria Beckham
Simone Rocha
Victoria Beckham : « Stella Tennant
incarne la femme idéale »
Dimanche matin, dans le quartier de
Mayfair, les Beckham, au grand complet, s’installent au premier rang du
défilé de Victoria pour célébrer le
10e anniversaire de sa marque de prêtà-porter. David et leurs quatre enfants, Brooklyn, Romeo, Cruz et
Harper, petite dernière en robe de
lady, sourient sans trop en faire, renvoyant l’image d’une famille en or.
Premier passage : Stella Tennant, le
top britannique au sang bleu. Le port
altier, les mains dans les poches et les
pieds dans des souliers souples, elle
donne le ton d’une collection ultramaîtrisée, de vestes au cordeau, de
pantalons fendus et de déshabillés de
soie. Un vestiaire intelligent, les femmes apprécieront. Rencontre back-
stage avec l’irrésistible popstar visiblement émue.
Le FIGARO. - Comment vivez-vous
ce retour à Londres ?
Victoria BECKHAM. - Avec une bonne
dose de stress, mais liée à la nouveauté
plus qu’à la ville. Je suis très excitée
d’être ici, de faire partie de la London
Fashion Week et, surtout, de pouvoir
montrer mon travail aux membres de
ma famille qui ne pouvaient faire le
voyage jusqu’à New York.
Avez-vous gagné en assurance, en
tant que designer, au fil des années ?
Je ne serai jamais vraiment détendue,
probablement parce que la marque
grossit et que les défis se succèdent.
Pour être honnête, je suis même de
plus en plus nerveuse ! Heureusement, je travaille avec des professionnels exceptionnels, je ne suis pas dans
ce métier depuis assez longtemps, j’ai
besoin d’être entourée. Cela ne veut
pas dire que je reste les bras croisés à
regarder les autres faire.
C’est la première fois que
Stella Tennant défile pour vous.
Sa présence sur mon podium vous a
sans doute surpris. Pour moi, c’est
une chance inouïe. J’admire sa façon
d’allier une carrière brillante et l’éducation de sa famille nombreuse. Elle
est splendide et elle incarne la femme
idéale. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR É. F.
Kingham, directrice des achats mode
de Matchesfashion.com. Des marques
institutionnelles comme Burberry et
Church’s possèdent, dans leurs archives,
des images extraordinaires des Windsor
habillés par leurs soins depuis plus d’un
siècle. C’est une source d’inspiration qui
dépasse nos frontières. » Curieusement,
celui qui a rendu l’hommage le plus
médiatisé à Lady Di à l’occasion des
20 ans de sa disparition est un Américain, Virgil Abloh, lors de son été 2018
pour Off-White.
« Cet amour du bizarre,
des couleurs acides »
Au-delà de Meghan ou de Diana, c’est
le style de la Couronne qui influence la
création avec cette idée du « so-badit’s-good » ou le fait qu’une tenue ne
doit pas être trop belle ou trop parfaite
comme on l’exige, en France, de la
haute couture par exemple. « Cet amour
du bizarre, des couleurs acides et mal assorties, des imprimés fleuris et des foulards vient de la royauté, poursuit Éloïse
Hautcoeur. Les créateurs, ici, s’affranchissent du bon goût mais ils ne sont jamais dans la parodie : on ne se moque pas
de la reine ! » « Ils adorent également les
couleurs, c’est culturel puisque la reine
doit impérativement porter des teintes
vives pour se démarquer de la foule,
ajoute Roland Mouret. Je n’aurais jamais osé parier dessus si j’étais resté à
Paris. »
Dimanche toujours, Victoria Beckham
était de retour à la maison pour célébrer
le 10e anniversaire de sa marque de
prêt-à-porter qu’elle présentait, jusqu’alors, à New York. L’ancienne
Spice Girl est une styliste reconnue et,
of course, l’épouse du footballeur
David Beckham. « Si Kate Middleton est
la femme la plus populaire de GrandeBretagne, David Beckham est de loin la
personnalité préférée des Anglais », assure John Done, chauffeur officiel de la
London Fashion Week. Si l’aura des
Beckham concurrence celle de Kate et
William, ils font partie des proches de
Buckingham et ont d’ailleurs assisté
aux noces des deux couples princiers.
Ce mois-ci, « Vic » et ses quatre enfants
s’affichent en couverture du Vogue anglais. David, lui, apparaît uniquement
sur la version destinée aux abonnés.
« C’est la première fois qu’ils sont tous
ensemble en couverture, raconte
Edward Enninful, rédacteur en chef du
magazine. Bien sûr, les Beckham sont
une famille royale, ici. Mais une famille
normale, quoi qu’on en dise. Ils n’en demeurent pas moins un couple adorable,
des amis. C’est un grand bonheur de voir
Victoria revenir parmi nous, ici, à Londres. Nous espérons qu’elle continuera
d’y présenter ses collections. » ■
+ @SUR LE WEB
» Retrouvez tous les défilés en images
www.lefigaro.fr/madame
A
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
AUTOMOBILE
32
DS3 Crossback,
un SUV
urbain chic
PRÉSENTATION Deuxième modèle
de la jeune marque DS, le petit SUV
français ne manque pas d’atouts pour
séduire la clientèle des beaux quartiers.
L
SYLVAIN REISSER
sreisser@lefigaro.fr
e DS7 Crossback commercialisé au début de l’année n’était
qu’une mise en bouche. Avec le DS3
Crossback, présenté au Mondial de
l’automobile et lancé au printemps
prochain, DS Automobiles compte
changer de dimension. C’est que ce véhicule s’attaque au segment à gros volume des petits SUV 5 portes. Après
MINI et l’Audi Q2, la griffe française défend, à son tour, l’idée que le luxe n’est
pas une question de taille. À notre sens,
ce nouveau véhicule représente une offre assez unique sur ce marché en plein
essor, au regard de son positionnement
et de ses prestations. Par son rôle de locomotive commerciale, il est essentiel
dans la stratégie de (re)construction de
la gamme DS. Au rythme d’un nouveau
produit par an, celle-ci devrait compter six modèles en 2024. La DS3 ne sera
ainsi pas renouvelée mais elle poursuit
au moins pour quelques mois encore sa
carrière commerciale avec le Pure Tech
110 associé à la boîte automatique à six
rapports.
Le premier atout de cette DS est sa
compacité. Large de 1,79 m, haut de
1,53 m et pas plus long qu’un Renault
Captur (4,12 m), ce SUV rend 70 mm à
l’Audi Q2 sans que l’habitabilité arrière
soit sacrifiée. La longueur aux jambes
est même supérieure à celle de l’allemande. Une prouesse due à la nouvelle
plateforme modulaire CMP (Common
Modular Platform) que ce mini-SUV
inaugure. Cette base technique moderne, dédiée aux petites voitures du groupe, permet d’accueillir indifféremment
des moteurs à explosion et électriques.
La DS3 Crossback sera ainsi la première
citadine du groupe à disposer d’une variante 100 % électrique. Cette plateforme, qui génère un gain de 30 % en rigidité et de 4 g/km de CO2 ainsi qu’une
économie de poids de 30 % par rapport
à celle qu’elle remplace, a été développée autour de grandes roues de 690 mm
et d’un berceau avant en aluminium. Et
surtout, elle doit garantir une plus
grande liberté de style aux designers
des quatre marques du groupe (Citroën,
DS, Opel et Peugeot).
ser. Les designers se sont autorisé quelques originalités qui pimentent les lignes. Trait de style de la DS3, l’aileron
de requin a été reconduit et il remonte
le long du pied milieu. Il a nécessité
l’adoption de joints de vitres invisibles.
Les poignées de portes sont désormais
affleurantes, une première à ce niveau
de gamme. Quant à la signature lumineuse inédite, elle repose sur des projecteurs à diodes de type Matrix qui utilisent quinze segments indépendants
pour ajuster le faisceau en continu.
La parenté avec le DS7 Crossback
transpire à travers le programme de
personnalisation intérieur à coordonner
à trois coloris de pavillon (noir, blanc,
bordeaux) et à dix teintes de caisse. En
fonction de la finition - Montmartre,
Bastille, Performance Line, Rivoli, Opéra, sans compter la version de lancement « La Première » - le DS3 Crossback s’habille d’un cuir gainé ou Nappa
pleine fleur, d’une suédine ou d’un tex-
L’esprit maroquinier
Tout en capitalisant sur les codes esthétiques introduits par la DS7, l’équipe du
style dirigée par Thierry Metroz peut se
vanter d’avoir esquissé une boule de
nerfs. Autour de grandes roues placées
aux quatre coins de la carrosserie et de
rondeurs suggestives, la silhouette du
DS3 Crossback n’a pas fini de faire ja-
L’intérieur du DS3 Crossback s’habille d’un cuir gainé ou Nappa pleine fleur et bénéficie
d’une technologie dernier cri. WILLIAM CROZES ; 3D STYLE
tile en maille tressée, avec surpiqûres au
point perle ou au motif diamant. Ajoutez des pièces en métal guilloché et un
sens du raffinement qui renvoie à l’artisanat de la maroquinerie d’exception et
vous obtenez un SUV qui sort vraiment
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une technologie dernier cri : tablette
tactile couleur de 10,3 pouces, affichage
tête haute couleur, système Park Pilot
gérant automatiquement les opérations
de stationnement. Ce SUV fait aussi un
pas vers la conduite autonome avec le
DS Drive Assist (niveau 2) assurant une
conduite partiellement automatisée.
Lors de son lancement, la gamme
3-cylindres s’articulera autour des
100 ch essence et diesel associés à une
boîte de vitesses manuelle à 6 rapports ;
des 130 ch et 155 ch essence couplés à la
transmission automatique à 8 rapports.
Le diesel 130 ch fera son apparition
deux mois plus tard. Quant à la version
électrique E-Tense, elle arrivera en octobre 2019. Sa puissance est de 100 kW
(136 ch) ; le couple de 260 Nm. La batterie de 50 kWh placée sous le plancher
devrait autoriser une autonomie supérieure à 300 km, selon la norme WLTP.
Les tarifs de ce mini-SUV seront connus
à l’occasion du Mondial de l’automobile
où DS ouvrira les commandes. L’entrée
de gamme devrait se situer autour de
20 000 euros. ■
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mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
34
TÉLÉVISION
Quand Daech terrorisait Syrte
BIEN VU
Anthony Palou
apalou@lefigaro.fr
En Libye, le journaliste Kamal Redouani analyse le contenu d’un ordinateur et d’un téléphone portable
ayant appartenu à l’État islamique. De quoi mieux saisir le fonctionnement du groupe terroriste.
Un dernier
Baer
GEORGES MALBRUNOT
gmalbrunot@lefigaro.fr
France Inter | 22 heures | Dimanche
C
ette voix reconnaissable entre
toutes et puis ce ton comme
plein de volutes tombées des
nuages. Édouard Baer, sur France
Inter, poétise en prose. Nous
sommes chez lui chez nous. La radio
a fait une bonne recrue. Deux heures
d’émission en direct, quelle joie !
Il est passé de la matinale
de Nova - ces aurores glacées de
l’intelligence - au crépuscule de la
Maison de la Radio. Cet horaire va
bien à son teint, à son timbre.
Avant-hier, il a attaqué comme ça,
improvisation de mots jazzés sur
fond musical, et pourquoi pas
Le Clan des Siciliens, signé Ennio
Morricone. On retranscrit de
mémoire… « Le dimanche avait
presque gagné la partie. Avec son
cortège lent, si lent, lancinant
d’espoirs en pantoufles, de demisommeil aux yeux d’hippopotame.
Ces silences oppressants, la retraite
à 20 ans, ces rêves brisés sur l’autel
des cuites de la veille. Le dimanche
comme un long ennui en gueule
de bois fétide… Déjà, c’était le retour
du raisonnable organisé le lundi
comme une promesse de rien du tout.
Le couvre-feu qu’on s’impose en
ces cas-là, ces peurs qu’on a de nousmêmes, cette autocensure commence
à gagner du terrain… Tout s’éteignait
petit à petit. La fée électricité laissait
place à une béance, un trou noir qui
nous attirait tous. La nuit regagnait
du terrain. Pourtant, voilà quelques
lueurs d’espoir […] Lumières dans
la nuit. » C’est ainsi que l’animateur
nous invite à sa douce soirée pleine
d’invités : le romancier Alain
Mabanckou, quelques inconnus
insomniaques ou encore Bernard
Lavilliers, tout droit sorti de la Fête
de l’Huma. Édouard Baer est une
vague aux vertus souveraines, bain
d’eau de mer qui vous nettoierait les
fosses nasales et le conduit auditif. Il
est l’inattendu. Maintenant, chaque
dimanche soir, nous savons que
nous allons nous endormir, à l’orée
de la nuit, un peu plus sereinement.
Un sommeil salé nous tend ses draps.
LE BUZZ TV
Invitée : Blandine Bellavoir,
pour « Mémoire de sang »,
interviewée par Nicolas Vollaire et
Damien Canivez aujourd’hui sur :
e documentaire du journaliste
Kamal Redouani, diffusé ce
mardi à 20 h 50 sur France 5, a
pour cadre la ville libyenne
de Syrte, conquise début 2015
par l’organisation djihadiste État islamique (EI), jusqu’à sa chute, fin 2016.
Peu après, le journaliste, habitué du
conflit en Libye, s’y voit remettre par
un de ses contacts l’ordinateur d’un
responsable de Daech, ainsi que le téléphone portable d’Oum Fatma,
l’épouse d’un djihadiste syrien. La
manne nourrit le documentaire en
montrant le fonctionnement de l’organisation, sa stratégie terroriste et la
mentalité de ceux qui la rejoignent.
L
Visage d’abord relativement
sympathique
Beaucoup a déjà été écrit et dévoilé sur
ce fonctionnement de l’État islamique,
dans ses ex-bastions irakien et syrien,
notamment. À Syrte,
comme à Mossoul, Faloudja ou Raqqa, les djihadistes ont commencé
par montrer un visage
○○¡¡
relativement sympathique à la population, avant de régner
par la terreur, contre les voleurs, les
« déviants » ou tous ceux qui s’opposent à leur totalitarisme. L’émir Abou
Abdallah al-Masri, un Égyptien né en
Arabie saoudite, ex-compagnon de
route d’Oussama Ben Laden, défunt
leader d’al-Qaida, est aux commandes. « Il a le sang des habitants de Syrte
sur ses mains », se souvient un responsable des services de renseignement
libyens.
L’émir installe rapidement le « tribunal islamique », avec à sa tête un
étranger comme lui. «La terreur s’est
20.55
BLAISE DE CHABALIER
£@dechab
a solitude et la souffrance de
ceux qui ne savent ni lire ni
écrire apparaissent parfaitement dans Illettré, téléfilm signé
Jean-Pierre Améris, diffusé ce
soir sur France 3. Servie par un scénario
bien ficelé et des comédiens inspirés, cette fiction, qui adopte parfois les accents
d’un documentaire, permet de prendre
conscience d’un phénomène finalement
peu médiatisé. Qui pourtant touche
2,5 millions de personnes en France.
Dans le rôle d’un jeune ouvrier d’usine, Léo, qui n’a jamais osé avouer à son
L
MOTS CROISÉS
Par Louis Morand
1
PROBLÈME N° 4834
HORIZONTALEMENT
VERTICALEMENT
1. Il peut déambuler dans le quartier
latin comme dans les Jardins de
Tivoli. - 2. Une grenouille presque
aussi grosse que le bœuf. La clé
des songes. - 3. Pleine de sucre
ou pleine de lait. Fuseau astrologique. - 4. Avec elle, les Hellènes
étaient tout ouïe. Ni plus ni moins.
Passe dans un hôtel, en un sens.
- 5. Va faire bonne figure. Dans la
mode. Fait du neuf. - 6. Ne sera
donc jamais déballé. - 7. Matière
osseuse qui recouvre l’ivoire.
Cercle de danseurs. - 8. Grands
primates de Sumatra et Bornéo.
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4833
HORIZONTALEMENT 1. Anémiées. - 2. Ramingue. - 3. Dressing. - 4.
Art. Unir. - 5. Neto. ecA. - 6. Terre ! Ei. - 7. Eire. - 8. Ut. Gong. - 9. Panas.
Ru. - 10. Iton. Air. - 11. Cou. Orle. - 12. Quetzals.
A
« purifier ». Mais « leur rapport aux
femmes n’a rien à voir avec la morale ni
avec la religion », s’insurge un Libyen
qui les a combattus.
L’ordinateur parvenu entre les
mains de Kamal Redouani recèle quelques éléments de la « stratégie terroriste » de Daech : comment fabriquer
une bombe, comment tirer les leçons
des « erreurs passées » ? Certaines
images sont extraites de la propagande
djihadiste, d’autres de l’ordinateur du
responsable de l’EI à Syrte.
Mais ce ne sont pas les plus intéressantes. La séquence la plus forte, qui
arrive un peu tard, campe la chute du
dernier bastion djihadiste de Syrte,
lorsque Oum Fatma en sanglots se
confie au téléphone : « Nous sommes
cernés, pour moi c’est la fin, comment je
peux vous dire au revoir, comment je
peux affronter cette dernière épreuve ? »
Et contrairement à la propagande, notre djihadiste féminine redoute bel et
bien la mort. Son portable sera retrouvé dans les ruines de Syrte. « Nous
mourrons, affirme un autre djihadiste,
mais nos idées survivront », ajoute-t-il,
en menaçant l’Europe, distante seulement de 300 km de Syrte. ■
Kévin Azaïs convainc dans le rôle d’un ouvrier qui finit par apprendre à lire.
Toute la vie de Léo (Kévin Azaïs) bascule
le jour où, victime d’un accident
du travail, il est acculé à dire la vérité.
1. Salue un succès tricolore. - 2.
Donner un aspect molletonné.
- 3. Plus belle la vue. - 4. Deux en
un. A un pont en peinture. - 5. Formation aérienne. De l’humanitaire
au cœur du Congo. - 6. Mesure
superficielle. Jugés au palais. - 7.
Modèle d’invincibilité. - 8. Gardien
mis en cage. A épousé un fils à
papa. - 9. N’a pas reçu de décoration. Met enceinte. - 10. Familier
pour la cadette des Williams. - 11.
Enfile une gaine. Fragment d’ADN.
- 12. Restent en zone franche.
Des membres de l’État islamique défilent dans une rue de Syrte, le 18 février 2015. AFP
accentuée quand les étrangers sont arrivés. Ils n’avaient aucune pitié à
l’égard des Libyens », raconte un témoin des interrogatoires que les djihadistes infligeaient à leurs prisonniers.
Le documentaire montre comment
Daech gère Syrte grâce à sa police religieuse et ses « percepteurs » qui rackettent la population. Mais aussi comment Oum Fatma célèbre les
anniversaires de ses enfants, alors que
les fêtes sont bannies au sein de l’EI.
Une organisation où l’on recourt
autant au « wasta » - le piston - que
dans les sociétés que Daech prétend
« Illettré », un combat pour les mots
LEFEBVRE FRANÇOIS/ESCAZAL FILM/FTV
« Lumières
dans la nuit »
VERTICALEMENT 1. Ardant du Picq. - 2. Narrée. Tatou. - 3. Émettre.
Noue. - 4. Mis. Origan. - 5. Insu. Éros. Oz. - 6. Égine. En. Ara. - 7. Eunice.
Grill. - 8. Segrais. Ures.
2
3
4
5
6
7
8
employeur qu’il était illettré, Kévin Azaïs
(César du meilleur espoir en 2015 dans
Les Combattants) est impressionnant de
justesse. Toute la vie de cet homme discret bascule le jour où, victime d’un accident du travail, il est acculé à dire la vérité. Il lui a en effet été impossible de lire les
consignes de sécurité inscrites sur une
nouvelle machine.
Parcours du combattant
Toute la honte enfouie en lui depuis l’enfance est subitement exposée au grand
jour. Pourquoi n’a-t-il
pas appris à lire et à écrire
à l’école ? Tout simplement parce qu’il a été éle○○○¡
vé par une grand-mère
BRIDGE
PROBLÈME N° 2917 :
À l’étroit
1
2
3
V7
D7
A R D V 10
7643
N
O
4
5
E
S
D954
A V 10 5 2
4
RD5
6
7
Contrat : Sud joue 3 Sans-Atout.
8
Entame : 9 de pour le 10 d’Est
et votre Roi. Indice : vous savez
que l’As de gît en Est.
9
10
11
12
analphabète, interprétée avec verve par
une Annie Cordy en pleine forme, du
haut de ses 90 ans !
Le film montre la difficulté pour Léo à
sortir de son isolement. L’accident ne
l’incite d’abord pas à apprendre à lire. Il
s’en croit incapable. Seule une infirmière,
Nora (Sabrina Ouazani), qui soigne sa
main blessée, le convaincra. Avec elle, il
commence son apprentissage. Mais les
difficultés sont trop grandes. Colère et découragement éclatent… Léo ne devrait-il
pas plutôt faire appel à des professionnels
de
l’enseignement ?
Osera-t-il aller vers
eux ? C’est un véritable
parcours du combattant
qui est raconté. ■
21.00
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2916 :
Réduction…
Contrat : Sud joue 7 Carreaux.
Entame : 3 de (en pair-impair) pour l’As du mort et le
2 en Est. Vous jouez pour votre As et Ouest défausse
le 7 de .
Pour maximiser vos chances de gagner, vous devez
réduire… vos risques d’être surcoupé à . Tout ce que
vous avez à faire dans ce coup étant d’affranchir les ,
vous devez vous méfier d’un doubleton à droite.
Encaissez la Dame de puis Roi-Dame de en défaussant le 4 de , puis coupez un petit au mort.
N’ayant pas été surcoupé, il ne vous reste plus qu’à réussir
l’impasse affichée au Valet d’atout, à purger les deux
derniers d’Est puis à tabler.
Au fait, pourquoi ne craignez-vous rien à ? Ouest
n’aurait pas entamé du 3 avec 10987653 mais du 10,
donc Est a un nombre impair de au moins égal à trois.
Autre remarque : si par le plus grand des hasards
Est possède cinq , vous
A4
couperez sans crainte
D4
deux .
6532
R 10 7 6 5
10 8 7 5 3
962
N
V983
10 5
O E V987
S
D943
AV82
RDV
AR762
A R D 10 4
-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
mardi 18 septembre 2018
35
PAR
ÉPHÉMÉRIDE Ste-Nadège
Soleil : Lever 07h32 - Coucher 19h57 - Lune croissante
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag 20.50 Nos chers voisins. Série.
18.40 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.40 Un si grand
soleil. Feuilleton.
19.00 19/20 20.00 Vu. Magazine
20.20 Plus belle la vie. Feuilleton
20.45 Tout le sport. Magazine.
21.00
21.00
21.00
Série. Drame
Théâtre
Film TV. Drame
19.00 La villa : la bataille des couples.
Téléréalité 19.55 Suburgatory
MATIN
14
21.00 Sherlock Holmes 2 :
jeu d’ombres
60
Film. Aventures. EU. 2011. Réal. :
Guy Ritchie. 2h07. Avec Robert
Downey Jr. Sherlock Holmes traque
son ennemi juré, Moriarty.
13
15
11
10
17
18
16
16
17
18
18
16
14
13
23.20 Sherlock Holmes. Film 1.45
Chroniques criminelles
18
19
16
13
10
Good Doctor
EU. Saison 1. Avec Freddie Highmore,
Antonia Thomas, Richard Schiff,
Coby Bird, Paul Dooley, Nicholas
Gonzalez. 2 épisodes. Inédits. Shaun
doit s’occuper d’un jeune patient
atteint d’autisme, Liam.
Trois hommes
et un couffin
Illettré
2018. Mise en scène : C. Serreau.
1h35. En direct. Avec Ben, B. Sanches.
Trois trentenaires célibataires qui
partagent le même appartement
doivent s’occuper d’un nouveau-né.
22.40 New York, unité spéciale
22.35 Elles s’aiment Théâtre 0.10
Série. 3 épisodes 1.10 New York,
unité spéciale. Série. Fin de romance.
Trois hommes et un couffin. Film.
Comédie 2.00 Tout compte fait
16
16
16
19.00 C à vous. Magazine 20.00 C à
vous, la suite 20.20 Entrée libre
18
17
16
19
2018. Réal. : Jean-Pierre Améris.
1h25. Inédit. Avec Kévin Azaïs, Sabrina Ouazani, Annie Cordy, Florence
Huige. Léo, un trentenaire, est un
jour victime d’un accident du travail
parce qu’il ne sait pas lire.
20.50 Daech,
dans le cerveau du monstre
22.25 21 jours au cœur de l’illettrisme Doc. 23.35 Soir/3 0.10 Votre
22.00 Débat 22.50 C dans l’air. Magazine 23.55 C à vous. Magazine.
21
18
20
Doc. 2018. Réal. : K. Redouani. 1h10.
Inédit. Plongée au cœur de l’État
islamique, sa brutalité minutieuse
et son organisation dictatoriale.
19
21
21
21
10
21
APRÈS-MIDI
23
40
télé et vous. Magazine.
24
23
19.00 Sur les toits des villes. Série
documentaire. Bangkok 19.45 Arte
journal 20.05 28 minutes. Mag.
18.35 La meilleure boulangerie de
France. Jeu 19.45 Le 19.45 20.25
Scènes de ménages. Série.
21.00
20.50
21.00
Film. Drame
Documentaire. Economique
Magazine. Vie pratique
27
29
19
24
30
29
26
27
27
20.55 Contre-enquête
Film. Policier. Fra. 2007. Réal. : F.
Mancuso. 1h21. Avec Jean Dujardin.
Richard Malinowski, capitaine de
brigade criminelle, mène sa contreenquête sur l’assassinat de sa fille.
26
24
29
28
27
30
10
28
29
32
30
22.35 L’homme qui voulait vivre sa
vie. Film. Thriller.
29
26
26
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26
25
20
24
19.05 Custom Garage. Téléréalité.
Ford de 1931. - Buggy des années 60.
120 battements
par minute
Fra. 2017. Réal. : R. Campillo. 2h20.
Inédit. Avec N. Perez Biscayart. Début
des années 1990. Alors que le sida
tue depuis dix ans, les militants d’Act
Up-Paris multiplient les actions.
23.25 24 heures Série documentaire. Société. Act Up Sida Guerilla
0.15 Tchi tcha 1.10 The Square. Film.
Inside Lehman
Brothers
20.50 Les secrets des Vikings
Maison à vendre
Fra. 2018. Réalisation : Jennifer
Deschamps. 1h25. Inédit. La chute
de Lehman Brothers, en 2008, a
plongé la planète dans une gigantesque récession.
22.15 Les gangsters de la finance
Doc. Société 23.55 Morts à crédit
1.30 Mon toit, ma ville, mes droits
Prés. : S. Plaza. 2h10. Nathalie et Michel/Julie et Delphine. Inédit. Nathalie
et Michel ont décidé de vendre leur
jolie maison à Chauvry. À Itteville
dans l’Essonne Julie, 78 ans, veut
vendre sa maison pour aider sa fille.
Doc. Société. 0h55. Le tombeau
secret. Inédit. Au Danemark, Jelling,
village de la péninsule de Jutland,
possède un ensemble de monuments datant de l’âge des Vikings.
21.45 Les secrets des Vikings. Doc.
23.35 Les secrets engloutis. Doc.
23.10 Maison à vendre Magazine.
Vie pratique. Pascal et Catherine/
Loubna et Stéphane.
19.20 Rénovation impossible. Téléréalité.
19.20 Quotidien, première partie.
Talk-show 19.40 Quotidien
18.50 Les Marseillais vs le reste du
monde. Téléréalité.
19.05 TPMP : première partie 20.10
Touche pas à mon poste !
21.00 90’ enquêtes
21.00 Urgences,
la vie au bout du fil
21.00 Dumb & Dumber De
Mag. Prés. : Tatiana Silva. 1h20.
Adultères, filatures, disparitions : le
monde secret des détectives privés.
Inédit. «90’ enquêtes» a partagé la
vie de quatre détectives privés.
22.20 90’ enquêtes. Enquête sur les
nouvelles formes de prostitution.
Doc. Société. Fra. 2018. 1h05. Inédit.
Le quotidien des employés du centre
départemental d’appels d’urgence
de Corbeil-Essonnes (91).
Film. Comédie. EU. 2014. Réal. : Bobby
et Peter Farrelly. 1h48. Inédit. Avec
Jim Carrey. Vingt ans après, Lloyd
et Harry sont toujours amis. Ils recherchent la fille d’Harry.
22.05 Urgences, la vie au bout du fil.
Doc. 23.05 Enquête d’action. Mag.
23.15 Flagrant délit. Magazine. Présentation : Emilie Besse.
SU DO KU
GRILLE 2667 FACILE
1
5 9
2
8 3 9
6
9
1 7
6
4
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2
8
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9 8 6
6 5
C
C
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A
27/33
21/26
15/25
16/22
17/21
23/30
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
A
N
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O
N
C
E
PÉRIODIQUE
CLAIRVOYANCE
PENTU
ACCROCHÉE
SOLIDEMENT
Film. Comédie. All. 2015. Réal. : Bora
Dagtekin. 1h55. Avec Elyas M’Barek.
Zeki s’occupe toujours de la 3e B,
mais aimerait quitter son poste.
9
1
1 2 6
4
7
8
E
V
E
N
T
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S
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R
PRISE DE
LUTTEUR
CHEFS
ARABES
PREUVE
QUE L’ON
A UN
COMPTE
LIVE 24/24 SUR
NOUVEAU
présente
IL EST
CONVOITÉ
PAR
L’ACTEUR
IL VA
AU PUITS
PIEDS
DU CRU
GROGNE
D’ANTAN
VIEUX
PIEUX
20/30
Exceptions de la
langue française :
certains Belges les
détestent, mais nous,
on les adore !
CHAÎNE
DE TV
ZONE DE
LOISIRS
CHANTS
DU SOIR
UN PEU DE
FITNESS
17/23
20/29
CONSERVE
LA VOIX
ESPAGNOL
D’AUTREFOIS
BIEN
MAL PRONONCÉ
APPLAUDI
LIBERTAIRE
ROND
DE SEIN
15/20
16/20
et sur
FORCE 2
7
11/18
2,99 €/appel
CIRCUIT
INTÉGRÉ
DANS
LE PAIN
3
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W
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16/29
par téléphone :
CITÉ
DU MAROC
PLUS QUE
BIS
PABLO
DES
TABLEAUX
GLACE
14/18
16/26
lachainemeteo.com
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
COUR
DE PAON
CLASSE
DU DÉBUT
PREMIER
EN LA
MATIÈRE
INVITÉ
VENDREDI
15/27
20/28
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ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
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14/18
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22/31
JEUDI
17/29
15/20
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
MERCREDI
23.10 Un prof pas comme les autres.
Film. Comédie.
7 6 9
2
0 à 10
15/26
21.00 Un prof
pas comme les autres 2
4
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
A
P
N F E R E
A I S O N
I N
S T
A
S E I
D I E
E
E L
C R
S O L U E
T O R T
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<-10 à 0
MOTS FLÉCHÉS N°2078
Chaque jour un peu plus difficile
H
O
R
O
D
A
T
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U
R
27
T (en °c)
ADVERBE
BIEN
NOURRI
RAPPORTEUSES
ÎLE
EN MER
D’IRLANDE
ARME DE
ROLAND
AVALÉE
IL SE
DÉGAGE
D’UN
BOUQUET
TYPE DE
SOCIÉTÉ
MOUSSE
AU PUB
BOIRE
À PETITS
COUPS
L’ENTOURAGE
(LES)
POINT
CARDINAL
MOT
D’AJOUT
ADRESSE
INFORMATIQUE
BARRE
DE FERMETURE
COUTURE
APRÈS
UNE OUVERTURE
12,90€
EN VENTE ACTUELLEMENT
Disponible chez tous
les marchands de journaux
et sur www.figarostore.fr
A
18.30 L’info du vrai (C). Magazine
19.50 L’info du vrai, le mag (C) 20.55
Catherine et Liliane (C)
29
25
24
19.00 Les vacances des Anges 3 : viva
España ! 19.55 The Big Bang Theory
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mardi 18 septembre 2018 LE FIGARO
36
Le fabuleux destin
de Delphine Plisson
Laurence Benaïm
lbenaim@lefigaro.fr
ur le site de lamaisonplisson.com, la
recette du houmous de betterave jouxte le portrait d’un éleveur de vaches
wagyus. On aurait tort de chercher
derrière la réussite de cette quadra un
brin titi le parfum des confitures cuites
au chaudron dans la cuisine familiale,
et du poulet rôti du dimanche. Elle a
grandi à Créteil, a, comme les autres, mangé des
pâtes au beurre et des surgelés. À 40 ans, Delphine
Plisson a plaqué la mode, son premier métier, pour
se réinventer, à l’image de ceux qu’elle accompagne
et défend, comme Hippolyte Courty, - ancien médiéviste converti dans les cafés monovariétaux, ou
S
Thomas Huitric, qui cultive ses tomates au milieu
des marais salants de Guérande. Au total, 500 producteurs et fournisseurs dont la maison Plisson est
devenue l’ambassadrice de référence. Aspect, texture, nez, goût, longueur en bouche, les critères de
sélection justifient bien des absences, malgré
7 000 références et des chariots qui ne désemplissent pas : 25 000 clients par mois, et aujourd’hui une
nouvelle Maison Plisson place du Marché-SaintHonoré, trois fois plus grande que la première, avec
une pâtisserie, une triperie, un restaurant Parigot
mais aussi une quincaillerie Plisson où l’on trouve
les cocottes en fonte Creuset bleu Plisson et les couverts Perceval de Thiers.
La vie de Delphine ressemble à un film de Claude
Sautet ou d’Yves Robert, ses cinéastes préférés :
« Des amis. Des enfants. Des maris. Des projets. » En
cinq ans, sans fortune ni gros sabots, l’ex-directrice
générale de Claudie Pierlot a damé le pion aux
concept stores chéris des bobos que la malbouffe a
fait bourgeonner. Son motto : « retour aux sources,
CHARLOTTE LINDET
SUCCÈS Cinq ans après l’inauguration de Maison Plisson,
elle célèbre la rentrée parisienne avec un nouveau QG
place du Marché-Saint-Honoré, 1 500 m2 consacrés
au « bon sens et au plaisir » du bien manger.
loin devant ». Maison Plisson est la maison de bouche
la plus suivie sur les réseaux sociaux (26,3 K followers sur Instagram, 48 K sur Facebook) partage,
transmet et « papote » en continu 7 jours sur 7. Mère
de trois enfants, Delphine Plisson rêvait d’inventer
le Dean and De Luca français. Elle a mis deux ans à
boucler son projet, affrontant les banquiers qui lui
demandaient « Et votre mari, il est d’accord ? ».
« L’apéro, c’est la vie »
Delphine défend la bonne chère et la noblesse du
commerce de bouche. Une terrine de lapin maison
et les cornichons 100 % français de la Maison Marc
plutôt qu’une eau minérale rare venue du bout du
monde. Dans ses restaurants, pas de chefs, mais une
brigade. Au rayon caviste, pas de vins de négociant.
À la maison, pas de Nutella, mais du chocolat râpé
sur les tartines au beurre. Delphine Plisson rassemble les locavores et les nostalgiques d’un monde
qu’ils n’ont pas forcément connu. Pour savourer
avec la même gourmandise le riz au lait maison et la
Bio
EXPRESS
JULIEN COURBET
1971
Naissance à
Saint-Maur-des-Fossés
(Val-de-Marne).
1992
Stage à New York
dans le cadre de l’ESG.
2013
Elle quitte la mode.
2014
Se marie.
2018
Trois ans après celle
de La Maison Plisson,
boulevard Beaumarchais,
ouverture, en juin,
de la Maison Plisson
2, place du Marché
Saint-Honoré,
à Paris.
ÇA PEUT VOUS ARRIVER 9H30-11H
liqueur Bras, les glaces de Philippe Faure. Elle aime
Desproges, le saucisson sec de porc noir élevé aux
glands et les feux de cheminée devant un verre de
grange-des-pères. « L’apéro, c’est la vie .» L’odeur
qu’elle préfère est celle du poulet rôti. Et concède :
« À part mourir en bonne santé et en rigolant, je n’ai
pas de rêve .» Elle chante Nougaro, Barbara, Moustaki, n’a jamais raté un seul concert de Véronique
Sanson. Elle est si nature qu’on l’imagine bien dans
un one-woman-show imitant les clients qui lui demandaient en plein mois de décembre, « mais vous
n’avez pas de tomates »? Drôle, quand elle balance à
propos d’une charcuterie industrielle trop rose : « Ils
sont douze dans la barquette .»
À 20 ans, elle a acheté le livre de cuisine de Ginette
Mathiot, multiplié les « essais foireux .» Aujourd’hui
elle assure : « Je tiens un bon pot-au-feu. » Le mot de
Prévert, elle en a fait sa devise : « Essayons d’être
heureux, ne serait-ce que pour montrer l’exemple. »
Sa force, c’est d’y croire, de partager sa passion avec
ses 160 employés, dont les portraits d’enfants sont
accrochés dans l’épicerie. « Pourvu qu’ils soient contents de venir bosser le matin, c’est tout ce qui compte .» Une histoire de vie donc, qui détonne dans le
climat social français, avec guinguette et tombola
pour gagner son poids en saucisson, le jour de
l’inauguration de Maison Plisson 2. Sa grand-mère
maternelle était une meneuse de revue au Lido.
Ayant expérimenté dix ans au royaume de la mode
où l’autosuffisance tient lieu de bandoulière, elle ne
croit pas au « management par la terreur ».
Amélie Poulain de la bonne bouffe ?« J’ai voulu
remettre du plaisir là où il n’y en avait plus. Aller au
marché. Déjeuner avec une copine. Improviser un dîner entre copains... » Vincent, son mari, « producteur d’images », élève les cinq enfants de la famille
reconstituée. « Ensemble nous faisons tout pour que
nos enfants n’aient pas peur d’aller vers leurs rêves. »
Levée à l’aube, elle reçoit le pêcheur de homards de
Chausey, teste tout, ou presque. Observe les clients,
80 % d’habitués. On vient chez elle pour le vrai
jambon du cul noir du Limousin, la limonade Mortuacienne et l’eau gazeuse du Ventadour. Et pour ce
qui n’a pas de prix : « Être reçu ». À New York, elle a
compris que « rien ne serait plus impossible ». À
Paris, elle avoue « avoir ramé », mais n’en tire
aucune aigreur : « Avancer la fleur au fusil m’a permis de rester fraîche. J’ai un tempérament de feu .» ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Rue [ru] n. f.
Artère qui fait couler de l’encre.
un visiteur de l’Élysée qui lui racontait qu’il cherchait un emploi,
Emmanuel Macron a déclaré : « Je traverse la rue et je vous en trouve. »
Le mot vient du latin ruga, ride, et par métaphore désigne une voie bordée
de maisons. Est-ce la ruée vers le Palais pour les Journées du patrimoine, est-ce
parce qu’il parlait à l’homme de la rue, le président s’est autorisé à lui tenir un discours
un peu rude ? À l’en croire, l’emploi est comme l’aventure : au coin de la rue.
Traverser la rue, pourquoi pas ? Mais laquelle ? Celle du Faubourg-Saint-Honoré ?
Certaines, et de quelque côté d’elles qu’on se situe, sont des impasses.
Sa formule fait des remous : pas au point de faire descendre le peuple dans la rue,
mais cependant, elle provoque des ruades : est-ce opportun, devant un homme
qui a le sentiment d’être à la rue, de lui proposer de traverser celle-ci ?
D’où l’accusation de mépris de classe - vieille comme le pouvoir.
Emmanuel Macron aurait dû y penser : une rue est formée de pavés ; comme l’enfer
l’est - dit-on - de bonnes intentions. ■
A
Écologie : 80 parlementaires européens
vont interroger Brune Poirson
La secrétaire d’État à la Transition écologique recevra
ce mardi plus de 80 parlementaires venus de l’Europe
entière. Tous âgés de moins de 40 ans, élus dans
leur Parlement national ou à Strasbourg, ils ont demandé
à voir celle qui s’occupe plus particulièrement
des négociations européennes au ministère de l’Écologie
pour qu’elle leur détaille les mesures environnementales
du gouvernement français et revienne sur les objectifs de la deuxième édition
du One Planet Summit qui se tiendra à New York le 26 septembre.
© William BEAUCARDET/RTL
A
ON A TELLEMENT
DE CHOSES À SE DIRE
« La Princesse de Clèves » vue par Christian Lacroix
Le 11 octobre sortira un beau livre chez Gallimard. Un classique, La Princesse
de Clèves, sera illustré par le costumier Christian Lacroix. L’artiste a accepté
de relever le défi de revisiter graphiquement le texte de Mme de La Fayette.
Une exposition de ses illustrations, peintures et croquis originaux sera présentée
à la Galerie Gallimard, à Paris, du 17 octobre au 24 novembre.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
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