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Le Figaro - 21 09 2018

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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 050 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
MARSEILLE
LA BATAILLE POUR
LA SUCCESSION DE JEAN-CLAUDE
GAUDIN EST ENGAGÉE PAGE 6
THÉÂTRE
MOLIÈRE
PLUS ACTUEL
QUE JAMAIS PAGE 30
Les opposants à l’extension
de la PMA se mobilisent
COLLECTIVITÉS
Gourault : « Je ne
sens pas la défiance
des territoires »
PAGE 7
ROYAUME-UNI
Brexit : Londres
sommé de revoir
sa copie PAGE 8
Alors que les évêques de France viennent de publier une déclaration solennelle contre
« la fabrication » de l’enfant, les opposants à la PMA pour toutes se mettent en ordre de bataille.
JAPON
L’étonnante
longévité
de Shinzo Abe PAGE 9
Dans la perspective d’une loi
prochaine, dont le projet sera
présenté en novembre par le
gouvernement, et alors que
le Comité consultatif national
d’éthique (CCNE) doit publier son avis mardi sur la ré-
LIBAN
Procès Hariri :
sans preuve,
le procureur pointe
le Hezbollah
et la Syrie PAGE 12
vision de la loi de bioéthique,
les opposants à l’ouverture
de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules
s’activent. Ateliers, débats,
colloques… le sujet sera omniprésent à la sixième uni-
versité d’été de la Manif pour
tous, organisée ce week-end.
« Avec la PMA “sans père”, on
est au cœur du sujet qui heurte
le plus les Français, soit le sujet
du respect des droits et des besoins fondamentaux de l’en-
fant », souligne Ludovine de
La Rochère, dont le mouvement « est prêt à descendre
dans la rue du jour au lendemain » en cas de réforme.
Une contestation qui s’est
nourrie de la forte présence
è MACRON À LA RECHERCHE D’UN IMPROBABLE DÉBAT APAISÉ è CONGÉLATION DES OVOCYTES : CETTE POSSIBILITÉ DE DEVENIR MÈRE PLUS TARD FAIT DÉBAT
è LE PIÈGE SÉMANTIQUE DU « PROGRESSISME » è PIERRE LE COZ : « LA PMA POUR TOUTES NOUS RAPPROCHE D’UNE LOI SUR LA GPA » PAGES 2 À 4 ET L’ÉDITORIAL
Retraités,
emplois
aidés :
l’exécutif
lâche du lest
L’incroyable découverte d’une tombe
de l’époque romaine en Jordanie
ÉCONOMIE
500 millions
pour numériser
l’industrie
PAGES 22 ET 23
n
n
n
Une équipe d’archéologues français participe à l’analyse de fresques extraordinaires retrouvées dans un riche
tombeau de la fin du Ier siècle après J.-C. Une découverte unique dans cette partie de l’Empire romain. PAGE 14
ÉDITORIAL par Vincent Trémolet de Villers vtremolet@lefigaro.fr
n
PAGES 17 À 19
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de jeudi :
Approuvez-vous
la généralisation
du recours à Internet pour
effectuer vos démarches
administratives ?
OUI
40 %
NON
60 %
TOTAL DE VOTANTS : 30 675
M 00108 - 921 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@j@c@l@k";
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Approuvez-vous
la décision du
gouvernement d’exonérer
de l’augmentation
de la CSG 300 000
retraités de plus ?
CHRISTOPHE SIMON/AFP-PASCAL
VICTOR/ARTCOMPRESS
Alors que le mécontentement
gronde dans le pays, notamment chez les retraités dont le
pouvoir d’achat est mis à mal,
le gouvernement a décidé
d’envoyer des signes d’apaisement. Jeudi, Édouard Philippe
a annoncé que 300 000 des
7,5 millions de retraités soumis à la hausse de la CSG en
2019 y échapperont. Il a par
ailleurs revu à la baisse la réduction programmée des emplois aidés et annoncé un allongement
des
congés
maternité des travailleuses indépendantes. PAGE 5
L’
Vertu de prudence
avantage avec le débat bioéthique qui s’annonce, c’est que
l’on connaît déjà les postures,
les discours, les serments. Élisabeth Guigou avait promis, la
main sur le cœur : le pacs oui, mais le mariage
homosexuel jamais ! François Hollande avait
défendu le mariage, mais s’était fait discret sur
la PMA. Demain, la majorité plaidera pour cette
extension de la loi en jurant, croix de bois, croix
de fer, que la GPA n’est pas et ne sera jamais la
prochaine étape…
Il suffira ensuite d’invoquer le sens de l’histoire
face aux « obscurantistes » très fortement priés
de ne pas encombrer de leurs états d’âme la
grande marche du Progrès. Si les choses se passent ainsi, le véritable débat sur la génération,
la disparition du père, la possible dérive marchande de la procréation, les périls vertigineux
d’une alliance de la technique et du marché
(banque du sperme, bébé sur catalogue, choix
du sexe, eugénisme…) sera une fois de plus
évacué de la « conversation civique légitime »
(Pierre Manent), et cette loi risque fort d’ajouter au sentiment d’une sécession des élites qui
traverse déjà la société française. Emmanuel
Macron, qui a construit son art politique en
méditant sur un antimodèle, le quinquennat de
François Hollande, sait tout cela. Les mêmes
demi-habiles pourtant lui conseillent de permettre ce nouveau droit pour compenser sur le
plan sociétal les défaillances présumées de sa
politique sociale.
Pourquoi donc, quand l’économie ralentit et
que les inquiétudes culturelles augmentent,
prendre, maintenant, le risque de réveiller
d’anciennes divisions ? D’autant qu’à en croire
notre sondage Kantar Sofres publié lundi, la
PMA n’est en rien une
priorité des Français.
Elle arrive avant-dernière d’une série de
dix-neuf propositions,
très loin derrière le
pouvoir d’achat, l’écologie, la sécurité, l’immigration. Ceux qui s’y
opposent, en outre, ne sont pas que des « bourgeois cathos ». Christophe Guilluy, en 2015,
rappelait que nombre d’électeurs de François
Hollande n’avaient pas aimé la loi Taubira. Ce
ne fut donc pas « Versailles » contre « Solferino ». Sous-estimer la détermination des opposants avait été l’ultime erreur du prédécesseur d’Emmanuel Macron. Choisir la prudence
plutôt que l’usage politicien des réformes de civilisation, voilà ce qui serait disruptif. ■
IWC PORTUGIESER.
L A LÉGENDE
PARMI LES ICÔNES.
La PMA
n’est pas
une priorité
des Français
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ISSN 0182.5852
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avec Gérald
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La tribune de
Stéphane Ratti
Le bloc-notes
d’Ivan Rioufol
L’analyse
de Laure
Mandeville
n
BAYT RAS PROJECT PARTNERS/USAID SCHEP
INTERNET
Les géants du Web
priés de mieux
contrôler la « haine
en ligne » PAGE 27
des anti-PMA aux États généraux de la bioéthique, organisés entre janvier et mai
dernier. Reste à savoir si
l’ampleur de la mobilisation
sera aussi forte qu’en 2013 et
2014, contre la loi Taubira.
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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
PMA pour toutes : les oppo
Nous
soutenons
l’ouverture
de la PMA à toutes
les femmes et son
remboursement
intégral. Nous
nous montrerons
également
favorables
à l’ouverture de
l’autoconservation
des ovocytes. […]
La PMA,
c’est accorder des
droits identiques
aux femmes,
la GPA, c’est la
marchandisation
du corps
»
CHRISTOPHE CASTANER,
SECRÉTAIRE D’ÉTAT CHARGÉ DES
RELATIONS AVEC LE PARLEMENT,
AU « GRAND JURY RTL-LE FIGAROLCI », LE 16 SEPTEMBRE
1 enfant
sur 30
conçu en France
par PMA en 2018
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
d’après l’Institut national
d’études démographiques
Le fait
que la PMA
ne soit pas ouverte
aux couples
de femmes
et aux femmes
seules est
une discrimination
intolérable
»
EMMANUEL MACRON,
SUR TWITTER, EN FÉVRIER 2017,
PENDANT LA CAMPAGNE
PRÉSIDENTIELLE
300 000
A
enfants
issus de fécondations
in vitro, la technique
la plus courante,
entre 1981 et 2014.
Ils pourraient être
400 000 d’ici à fin 2019.
AGNÈS LECLAIR £@AgnesLeclair
UNE VAGUE rose et bleu va-t-elle à
nouveau déferler dans les rues ? En 2013
et 2014, l’ampleur du mouvement de
contestation à la loi Taubira avait surpris
tout le monde. Une loi sur la PMA pour
toutes pourrait-elle à nouveau déplacer
les foules ? Si personne ne se risque
aujourd’hui à sortir sa boule de cristal, les
opposants à l’ouverture de la procréation
médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires se mettent en ordre de bataille,
alors que la perspective d’une loi se rapproche. Cet été, l’exécutif a annoncé que
cette réforme serait au menu de la révision de la loi de bioéthique, dont l’examen est pour l’instant prévu début 2019.
Le projet de loi du gouvernement doit
être présenté en novembre. Très attendu, l’avis du Comité consultatif national
d’éthique (CCNE) sur la loi de bioéthique,
présenté mardi prochain, marquera le
début d’une séquence plus politique.
Le sujet de la PMA pour toutes sera au
cœur de la sixième université d’été de la
Manif pour tous, organisée ce week-end.
Ces deux journées de réflexion rythmées
par des conférences, comme celle du politologue Dominique Reynié sur le macronisme ou du philosophe Pierre Manent, directeur d’études honoraire à
l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), réuniront avant tout les
cadres du mouvement. Le week-end
dernier, c’est l’association lyonnaise Cosette et Gavroche, une des premières à
s’être mobilisée contre la loi Taubira, qui
organisait un colloque « qui a réuni 250
personnes, avant tout issues du monde
médical », selon l’association.
Au-delà de ces rencontres entre
« convaincus », le mouvement peut-il à
nouveau mobiliser un grand nombre de
Français ? « La question n’est pas de savoir s’il y aura des manifestations aussi
immenses qu’en 2013 mais si elles seront
plus importantes, défie Ludovine de la
Rochère, à la tête du mouvement. Avec la
PMA « sans père », on est au cœur du sujet qui heurte le plus les Français, soit le
sujet du respect des droits et des besoins
fondamentaux de l’enfant ». Cette dernière fait également valoir « l’expérience
et le savoir-faire » du collectif en termes
de mobilisation et d’organisation. « Nous
avons des équipes constituées, des volontaires actifs en permanence, un réseau de
milliers de personnes qui ne demandent
qu’à se mettre au travail ». Si l’heure est
pour l’instant plus au débat d’idées qu’à
la préparation des pancartes, Ludovine
de la Rochère juge que le mouvement
« est prêt à descendre dans la rue du jour
au lendemain » en cas de réforme sur la
PMA. 61 % des Français estiment également que cette loi risquerait de susciter
« des manifestations d’opposition très importantes parce qu’on toucherait aux
droits de l’enfant », indique un sondage
Ifop, réalisé du 18 au 19 septembre auprès
d’un échantillon de 1 012 personnes, et
commandé par la Manif pour tous. Enfin,
la forte présence des anti-PMA aux états
généraux de la bioéthique, organisés entre janvier et mai dernier, est interprétée
comme un signal positif par les mouvements qui s’opposent à cette demande. À
l’issue de cette consultation citoyenne,
Jean-François Delfraissy, le président du
CCNE a reconnu que l’ouverture de la
PMA ne faisait pas consensus.
La volonté affichée par Emmanuel
Macron de ne pas « humilier cette France-là » a-t-elle calmé les esprits ? Les
cinq années écoulées depuis la loi Taubira ont-elles éteint les ardeurs militantes ? Selon plusieurs sondages sortis en
2018, environ 60 % des Français se disent favorables à la PMA pour toutes. Un
pourcentage en nette progression. Sophie, cadre quadragénaire, estime par
exemple que ses positions ont évolué depuis le mariage pour tous : «J’ai manifesté contre ce texte mais, aujourd’hui, je ne
retournerai pas dans la rue. Les familles
homoparentales sont entrées dans les
mœurs ». Vincent, avocat d’affaire parisien qui a battu le pavé à plusieurs reprises en 2013, juge, quant à lui, le sujet de la
PMA pour toutes « trop technique, trop
complexe » pour manifester. « Les enjeux
soulevés par la loi Taubira étaient plus
simples », relève-t-il. « On ne se baigne
jamais deux fois dans le même fleuve », dit
le proverbe inspiré d’Héraclite.
Confrontée à un contexte très différent
de « l’ère Hollande » et à un besoin de
“
La question n’est pas
de savoir s’il y aura
des manifestations
aussi immenses qu’en 2013
mais si elles seront plus
importantes
”
LUDOVINE DE LA ROCHÈRE,
PRÉSIDENTE DE LA MANIF POUR TOUS
renouvellement, la Manif pour tous
cherche de nouveaux visages pour incarner ses idées. Marie Marion est l’un
d’entre eux. Cette étudiante en école
d’infirmière de 20 ans a rejoint le mouvement dans le courant de l’année dernière. Elle a accepté de faire partie des
porte-parole du mouvement pour lutter
contre « la marchandisation du corps » et
« la montée en puissance de la science
dans le domaine de la procréation, contre
l’ordre naturel des choses ».
«Certains éléments laissent entrevoir
une forte mobilisation, comme l’implication des militants lors de la consultation
citoyenne des états généraux de la bioé-
thique. Mais cinq ans après la loi Taubira,
la dynamique de mobilisation est difficile à
tenir, analyse Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l’Ifop. Beaucoup d’éléments manquent aujourd’hui pour se lancer dans des
prédictions. Quel sera le calendrier du
texte ? Une faible popularité de Macron
pourrait-elle venir gonfler les voiles de la
mobilisation ? Dans les sondages, on voit
que 40 % des Français sont acquis à la
PMA pour toutes et que 40 % y sont réfractaires. 20 % se prononcent pour ou
contre en fonction de la manière dont la
question est posée, soit en insistant sur le
désir d’enfant soit en interrogeant les
droits de l’enfant ».
«Le sujet de la procréation et de la parentalité concerne tout le monde. On est
bien au-delà de la loi Taubira, défend de
son côté Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita. L’autorisation
d’une procréation artificielle, qui prive
délibérément les enfants de père, et
l’émergence d’un marché de la procréation sont des sujets qui ont un écho bien
au-delà de l’opposition au mariage et à
l’adoption pour les couples homosexuels.
Ils peuvent aussi mobiliser bien au-delà de
la droite. Nous ferons tout pour lancer un
grand mouvement social pour nous oppo-
ser. Mais peut-être avec un nouveau logiciel et un collectif renouvelé ». La contestation pourrait-elle agréger des voix de
gauche, des antilibéraux ? Certaines
personnalités, comme le député européen écologiste José Bové, ont exprimé
publiquement leur opposition à l’extension de la procréation médicalement assistée. Au Corp (Collectif pour le respect
de la personne), mené par la philosophe
Sylviane Agacinski, le sujet divise. Le
collectif organise, pour sa part, un colloque ce samedi pour lancer une coalition
internationale pour l’abolition de la maternité de substitution (CIAMS). Pourrait-il aussi s’opposer à l’ouverture de la
procréation médicalement assistée ? Ses
membres redoutent-ils un basculement
de la PMA pour toutes à la GPA ? « Nous
souhaitons montrer que l’opposition à la
gestation pour autrui n’est ni homophobe
ni conservatrice, explique Ana-Luana
Stoicea-Deram, membre du collectif.
Mais nous ne prenons pas de position publique contre l’extension de la PMA car ce
sujet ne fait pas consensus dans le collectif
et la PMA n’implique pas l’instrumentalisation du corps d’autrui. Nous sommes
cependant très attentifs à la tournure que
prendront les débats sur la révision de la
loi de bioéthique ». ■
Macron à la recherche d’un improbable débat apaisé
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
£@fxbourmaud
LA RENTRÉE n’était pas simple, elle
risque de se compliquer encore un peu.
Mais cette fois, c’est un événement
programmé qui attend Emmanuel Macron et auquel il se prépare depuis son
élection : la révision de la loi de bioéthique. Le coup d’envoi de ce dossier potentiellement explosif sera donné avec
la présentation du rapport du Comité
consultatif national d’éthique (CCNE)
prévue pour le mardi 25 septembre.
Bâti sur la base des États généraux de la
bioéthique qui se sont achevés fin juin,
ce rapport sera remis au chef de l’État
en même temps qu’un avis.
« Nous nous en tenons au calendrier,
explique-t-on à l’Élysée. Nous serons
sur la présentation d’une loi en fin d’année ou au début de l’année prochaine, en
fonction de l’encombrement parlementaire. » D’ici là, impossible de savoir ce que
le chef de l’État a en tête. En dehors de
son engagement de campagne d’ouvrir
la PMA pour les couples de lesbiennes et
les femmes célibataires, rien n’a filtré de
ses intentions. Emmanuel Macron veut
LUC NOBOUT/IP3 PRESS/MAXPPP
EUGÉNIE RAGOT/LE FIGARO
Alors qu’un texte de loi se profile,
les débats sur cette épineuse question
se multiplient et les militants se disent
prêts à descendre dans la rue.
La présentation du rapport du Comité consultatif national d’éthique, prévue
le 25 septembre, devrait marquer le coup d’envoi de la révision de la loi de bioéthique.
à tout prix éviter de se retrouver dans la
même situation que François Hollande
avec le mariage pour tous. Pas simple.
Car au-delà de la seule question de la
PMA, les autres sujets abordés dans le
cadre de la révision de la loi de bioéthique sont tout aussi clivants. De la fin de
vie à la recherche sur l’embryon en
passant par la médecine génomique,
tout est potentiellement sujet à d’âpres
querelles. « Ce ne sont pas des sujets totalement neutres », reconnaît-on dans
son entourage.
Et les débats ont déjà démarré au sein
même du gouvernement. Le délégué général de La République en marche,
Christophe Castaner, a demandé le remboursement intégral de la PMA. Façon
d’entériner l’idée qu’elle sera mise en
place comme prévu. Au sein du gouvernement, certains ministres comme
François de Rugy et Olivier Dussopt se
sont prononcés en faveur de la GPA. Ils
se heurtent toutefois à Emmanuel Macron, qui s’y était dit opposé et avait assuré que ce dossier ne serait pas ouvert
au cours de son quinquennat. Ce qui
n’empêchera toutefois pas le débat de se
dérouler. Tout comme sur le thème éminemment sensible de la fin de vie, sujet
sur lequel Benjamin Griveaux souhaite
« que l’on puisse aller plus vite et plus loin.
On doit pouvoir choisir dignement ».
Pour l’heure, le président de la République se tait et poursuit sa réflexion. Il
s’est imprégné à bas bruit en rencontrant des intellectuels, des chercheurs,
des médecins, des représentants religieux, des philosophes… À la recherche
improbable d’un débat apaisé. ■
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LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Le piège sémantique
du « progressisme »
À
Congélation des ovocytes :
cette possibilité de devenir
mère plus tard interroge
POUR CERTAINS, il s’agit d’une révolution aussi importante que celle de la pilule. D’une nouvelle liberté reproductive.
D’une avancée qui met fin au tic-tac
pressant de l’horloge biologique pour les
femmes. D’autres y voient un leurre, un
traitement incertain, et dénoncent d’une
nouvelle pression sur la maternité. Plus
confidentiel que le sujet de la PMA pour
toutes, l’autoconservation des ovocytes
va cependant s’imposer comme un des
thèmes importants du débat de la révision de la loi de bioéthique.
Cette technique médicale permet aux
femmes de prélever et de vitrifier leurs
gamètes pour préserver leur fertilité.
Elles peuvent ainsi reporter leur projet
de maternité à plus tard, grâce à une réserve d’ovocytes « jeunes » prêts à être
décongelés pour une fécondation in
vitro. En France, cette technique n’est
aujourd’hui autorisée que pour des raisons médicales - par exemple avant une
chimiothérapie susceptible de rendre
infertile - ou réservée aux donneuses
d’ovocytes. Dans un contexte de progression de l’infertilité et à l’heure où les
femmes deviennent mères de plus en
plus tard, de nombreuses voix du monde
médical s’élèvent pour l’autoriser à toutes celles qui le souhaitent.
“
Voulons-nous aller
vers un nouveau
modèle procréatif ?
PR FRÉDÉRIQUE KUTTEN,
ANCIEN MEMBRE DU CCNE
”
« Un enfant… si je veux… quand je
veux » : le célèbre slogan des années 1970
en faveur de la légalisation de l’IVG va-til ressurgir à l’occasion de ce nouveau
débat ? Le sujet prend en tout cas une
tournure plus politique à l’approche de la
révision des lois de bioéthique. La semaine dernière, Christophe Castaner, délégué général de La République en marche
et secrétaire d’État en charge des Relations avec le Parlement, a avancé, au
nom de La République en marche, la proposition de légaliser l’autoconservation
des ovocytes « pour toutes les femmes ».
Cette déclaration donne à penser que le
projet de loi du gouvernement sur la
bioéthique, annoncé pour le mois de novembre, pourrait aller dans le sens de
l’« autoconservation pour toutes ».
Mardi prochain, le Comité consultatif
national d’éthique (CCNE) se prononcera
sur ce sujet dans son avis très attendu sur
la révision de la loi de bioéthique. Jusqu’à
présent, il s’est montré très réservé sur
cette évolution. Son précédent avis, sorti
en juin 2017, pointait notamment « le caractère très contraignant de la procédure
de collecte des ovocytes », « les risques
cliniques et médicaux induits ». La possibilité de « pressions sociales et professionnelles émanant de l’entourage ou des employeurs » avait également été évoquée
par les « sages » du CCNE. Une crainte
qui renvoie à la polémique suscitée par la
proposition de Facebook et d’Apple, en
2014, de financer la conservation des
ovocytes de leurs salariées pour leur permettre de se consacrer à leur carrière. La
technique, en outre, ne constitue pas une
« assurance maternité ». Reste à savoir si
le Comité consultatif national d’éthique
va changer d’avis.
En 2017, l’Académie de médecine s’est
pour sa part dite favorable à cette évolution. Tout comme le Collège national des
gynécologues et obstétriciens français ou
encore le Pr René Frydman, le « père
scientifique » d’Amandine, le premier
« bébé-éprouvette » français. En outre,
la possibilité ouverte depuis 2015 aux
donneuses d’ovocytes d’en garder une
partie pour elles au cas où elles en
auraient besoin plus tard fait figure de
brèche. Un « chantage » et un « marché
de dupes » dénoncé par un grand nombre
de médecins et de spécialistes de l’éthique, car le nombre d’ovocytes prélevés
n’est généralement pas suffisant pour
permettre une autoconservation.
« Voulons-nous aller vers un nouveau
modèle procréatif ? Si on autorise plus largement cette technique, vous pouvez compter sur les professionnels de la médecine reproductive pour ancrer dans la tête des
femmes qu’elles doivent assurer leur fertilité future », avertit le Pr Frédérique Kutten,
ancien membre du CCNE et corapporteur
de son précédent avis sur l’assistance médicale à la procréation. À l’inverse,
d’autres membres du Comité d’éthique,
dans une position divergente, avaient estimé que la conservation des ovocytes
pouvait permettre de « réduire l’infertilité
des femmes âgées de plus de 35 ans » et
constituait une mesure de « prévention de
l’échec d’une assistance médicale à la procréation après 35 ans ». ■
A. L.
Séance d’échographie pour
un couple de femmes ayant
eu recours à une fécondation
in vitro en Belgique.
AMÉLIE-BENOIST/BSIP
question éthique
complexe, clivage politique
simple ? La bataille de
la PMA sera-t-elle un choc
frontal entre « progressistes »
et « conservateurs » ? En macronie,
certains en rêvent. Mais à LaREM
comme à droite, les positions sont
plus variées, ou plus embarrassées.
En tant que délégué général
de LaREM, Christophe Castaner
a placé le curseur assez loin,
en réclamant, en plus de l’extension
et du remboursement de la PMA,
l’autorisation de la congélation
d’ovocytes pour toutes. Si Emmanuel
Macron s’était dit favorable à la PMA
durant sa campagne, sans en faire
un engagement formel, il n’avait
jamais envisagé d’aller plus loin.
L’offensive de Castaner recèle donc
une ruse tactique. C’est la vieille
technique consistant à lancer un
débat supplémentaire afin de faire
apparaître comme un compromis
la première étape. Parler
de congélation d’ovocytes,
c’est ainsi insinuer l’idée
que la question de l’extension
de la PMA est déjà tranchée.
Par ailleurs, alors que l’opinion
se détourne du chef de l’État
et que son action est majoritairement
considérée comme étant « à droite »
depuis le début du mandat,
le parti macroniste veut profiter
de cette séquence à venir sur
les sujets de bioéthique pour donner
un contenu sociétal au concept
de « progressisme » dont Emmanuel
Macron veut faire son étendard. Un
progressisme sociétal qui se voudrait
le complément du « progressisme »
qu’il défend sur l’Europe. Avec
dans les deux cas une alternative
aussi commode que simpliste : gentils
« progressistes » contre méchants
« nationalistes » dans un cas,
contre « conservateurs »
rétrogrades dans l’autre.
Sauf que cette stratégie frontale
s’oppose à la volonté d’apaisement
régulièrement rappelée par le chef
de l’État et à la variété des opinions
au sein même de La République
en marche. Un test important sera
la décision de laisser ou non la liberté
de vote sur ce sujet. Une partie du
groupe, désormais présidé par Gilles
Le Gendre, rappelle que la liberté
de vote est de droit sur des questions
engageant la conscience intime de
chacun. Mais une autre partie exige la
discipline de vote sur un engagement
inscrit dans la plateforme législative.
À droite, la liberté de vote n’est pas
remise en cause en la matière. Mais la
manière avec laquelle elle s’engagera
dans ce débat reste un casse-tête
pour elle. La très grande majorité
de ses parlementaires est hostile
à la généralisation de la PMA. Mais la
marque de la plupart de ses dirigeants
est toujours de s’excuser d’avoir été
hostile à l’« avancée » précédente,
tout en promettant de s’opposer
à la suivante. Jusqu’à ce qu’elle arrive.
Là où le camp « progressiste » assume
de théoriser des évolutions sociétales,
le camp « conservateur » se contente
souvent d’adapter ses positions à la
sensibilité moyenne de l’opinion en
s’interdisant de penser une véritable
anthropologie. D’où une posture
offensive des premiers et défensive
des seconds. Là où une véritable
confrontation des convictions,
comme Macron l’a demandée
aux Bernardins, serait utile. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
Naissance
d’un Goncourt
C’est
es l’histoire
d’une amitié de neuf ans,
à la vie à la mort.
Un récit drôle, tendre,
e,
passionné, où la liberté croit
pouvoir se moquer du destin.
A
sants sur le qui-vive
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
Les évêques de
France signent
une déclaration
solennelle
contre la PMA
GPA : DEUX
DEMANDES
DE FILIATION
DEVANT
LA JUSTICE
DANIEL FOURAY/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
Pour eux, la procréation ne peut être une
« fabrication » ni une « marchandisation »,
pas même un « projet parental ».
sonne et une chose risquera d’être écornée.
Comment accepter qu’à la place de la dignité de la personne, la marchandisation
du corps prenne le pas ? La vie ne se vend
pas ni ne s’achète. La vie est donnée et elle
se donne. »
De fait, bien qu’affaiblie actuellement
par les scandales de la pédophilie qui pèse
sur sa crédibilité, cet engagement n’est
pas une passade pour l’Église catholique :
elle n’a jamais cessé d’investir dans la re-
JEAN-MARIE GUÉNOIS jmguenois@lefigaro.fr
L’ÉGLISE catholique de France s’engage
contre la procréation médicalement assistée (PMA) par une « déclaration » solennelle intitulée « La Dignité de la procréation » de 112 pages, signée par tous les
évêques de France, sans exception – ce qui
est très rare – et publiée jeudi soir. Mais
Mgr Pierre d’Ornellas, qui fut longtemps
secrétaire du cardinal Lustiger, aujourd’hui archevêque de Rennes, à l’origine de
ce texte, corrige aussitôt : « Notre attitude
n’est pas d’être “contre”. Mais nous sommes pour la dignité de la procréation. » On
lui objecte une facilité rhétorique dans sa
réponse, il rétorque : « Ce long document
ne joue pas sur les mots ! Il est le résultat
d’années de réflexions, impliquant le groupe
de travail bioéthique de l’épiscopat et une
dizaine de consultants mais aussi les départements d’éthique biomédicale du Centre
Sèvres et du Collège des Bernardins. Nous
entendons les souffrances. Mais c’est avec
sérénité que nous présentons ici des arguments éthiques car c’est le dialogue que
nous cherchons et non la confrontation. »
L’évêque se justifie : « Dans des sujets
aussi complexes, éthiques, techniques et
évolutifs, qui touchent toute la société et
pour longtemps, il faut que la voie la
meilleure soit cherchée par tous. S’il n’y a
pas de vrai dialogue, nous risquons d’aller
tout droit vers un eugénisme libéral où chacun choisira les qualités qu’il veut pour son
enfant. Et vers une société où la grande distinction juridique classique entre une per-
“
Notre attitude n’est pas
d’être “contre”. Mais nous
sommes pour la dignité
de la procréation
MGR PIERRE D’ORNELLAS
”
cherche éthique. Le « groupe de travail
bioéthique » de l’épiscopat, présidé par
Pierre d’Ornellas, a été créé dès 2009.
Quant au Centre Sèvres, il est l’équivalent
de l’université jésuite à Paris, qui est très
respectée. Le Collège des Bernardins,
fondé par le cardinal Lustiger, est à la fois
la faculté théologique du diocèse de Paris
mais aussi un lieu de dialogue très actif
avec la culture dominante.
C’est d’ailleurs en ce « Collège » que le
président de la République, le 9 avril dernier, avait invité les catholiques à s’impliquer, en tant que tels, dans le débat sur
la révision des lois de bioéthique. « Voici
donc notre contribution éthique au débat,
souligne Mgr d’Ornellas. Nous allons faire
en sorte que le président de la République
Mgr Pierre d’Ornellas préside le « groupe de travail bioéthique » de l’épiscopat.
ait connaissance de ce document. Nous ne
faisons pas de “politique”, mais l’éthique
est le ressort fondamental de la politique.
D’ailleurs, nous dialoguons en citant les
avis du Comité consultatif national d’éthique et le Conseil d’État. »
Que dit cette déclaration ? Les 122 pages
– disponibles en librairie cette semaine (1) – sont denses mais accessibles. Elles
s’articulent autour de deux concepts phares : la « dignité » et la « fraternité ». Pour
l’Église, « la procréation » ne peut donc
pas être une « fabrication » ni une « marchandisation ». Certes la « souffrance » de
ne pas avoir d’enfant ne peut pas être
« minimisée » – et l’épiscopat souhaite davantage « d’accompagnement » dans ce
domaine –, mais le désir d’avoir un enfant
ne peut pas être « abordé par la seule technique », comme l’envisage la PMA. Pourquoi ? Essentiellement parce que l’on ne
sait pas ce qu’il adviendra « des embryons
humains surnuméraires » nécessaires à la
réussite de la PMA et qui ne seront pas
implantés. Parce qu’il y aurait « une suppression juridique de la généalogie paternelle ». Enfin parce que la PMA conduirait
à « la tentation de rémunérer les donneurs » masculins – causée par une « pénurie prévisible » si « l’anonymat était
levé » –, soit un « commerce qui ruinerait le
principe de gratuité des éléments du corps
humain ». Le document critique ensuite la
notion de « projet parental » qui donne
une « prépondérance aux volontés individuelles ». Enfin, il explique pourquoi
« l’ouverture de la PMA pour toutes les
femmes conduira à la légalisation de la
gestation pour autrui (GPA) ». ■
(1) « La Dignité de la procréation », les évêques de France, coédition Bayard Éditions,
Mame, les Éditions du Cerf.
La Cour de cassation, réunie
en assemblée plénière, doit
examiner vendredi un dossier
emblématique : celui de Sylvie
et Dominique Mennesson. Ce
couple a eu recours, en 2000 aux
États-Unis, à une GPA d’où sont
nées deux petites filles. Aux
yeux de l’administration
américaine, les époux
Mennesson sont reconnus
comme parents. Mais la justice
française refuse de transcrire
ce lien de filiation dans l’état civil.
À la suite d’une longue
procédure, une décision
de la Cour de cassation, prise
en juillet 2017, avait ouvert la
voie à la reconnaissance légale
de deux parents en France pour
les enfants nés d’une GPA
à l’étranger. Une reconnaissance
devant toutefois passer par une
procédure d’adoption « simple »
- c’est-à-dire ne gommant pas
l’origine de l’enfant - par
le conjoint du parent biologique.
Ce que refusent les parents
Mennesson : ils réclament
« un lien de filiation formalisé ».
Mercredi, la cour d’appel de Paris
est allée plus loin que la Cour de
cassation puisque, pour un autre
couple, elle a accepté d’accorder
à l’époux du père biologique de
deux fillettes nées d’une GPA à
l’étranger la reconnaissance de
sa filiation par adoption plénière
- c’est-à-dire irrévocable et
rompant les liens de filiation
entre sa famille biologique et
l’enfant. Elle a considéré que la
demande d’adoption de l’époux
du père biologique était
« conforme à l’intérêt de
l’enfant » et qu’il n’y avait pas
lieu de recueillir le consentement
de la mère porteuse. « La mère
porteuse ne figure pas sur l’acte
de naissance, donc en droit elle
n’existe pas », a souligné
l’avocate du couple d’hommes.
Pierre Le Coz : « La PMA pour toutes nous rapproche d’une loi sur la GPA »
AGNÈS LECLAIR £@AgnesLeclair
LE PHILOSOPHE Pierre Le Coz a été
membre du groupe de travail du Conseil
d’État sur la révision des lois de bioéthique. Ancien vice-président du Comité
consultatif national d’éthique (CCNE), il
préside aujourd’hui le Comité de déontologie et de prévention des conflits
d’intérêts de l’Anses (Agence nationale
de sécurité sanitaire de l’alimentation,
de l’environnement et du travail).
Mais la famille a évolué. Les couples hétérosexuels ont déjà accès à la PMA, les
couples homosexuels ont le droit
d’adopter, les familles monoparentales
sont de plus en plus nombreuses…
Est-ce un contexte qui plaide en faveur
de la PMA pour toutes ?
La famille reste une institution. L’idée
LE FIGARO. – En quoi la question
de la place du père vous semble
importante dans ce débat ?
Pierre LE COZ. – Notre société a évolué.
Les pères s’impliquent davantage auprès de leurs enfants. Ils sont de plus en
plus nombreux à manipuler des pous-
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qu’un enfant soit élevé par deux parents
qui sont ses géniteurs n’appartient pas
au passé. Il existe des accidents de la vie
et aussi des dérogations mais celles-ci
doivent rester exceptionnelles. Nous
avons aussi un héritage génétique. On
ne se construit pas sur du vide, sans
passé. Les êtres humains ont besoin des
racines et des ailes. Les enfants qui
naissent d’un don et à qui on explique
Craignez-vous un « effet domino » ?
Une loi qui autorise la PMA pour toutes
peut-elle entraîner la légalisation
des mères porteuses ?
Ce n’est pas une mécanique implacable,
mais la PMA pour toutes nous rapproche
d’une loi sur la GPA. Comment refuser à
un couple infertile de faire un enfant
grâce à une mère porteuse alors que l’on
autorise une femme seule à faire un enfant sans père ?
Imposer à des enfants une situation (...) Certes, l’argument
moral sur le refus
dont un certain nombre pourrait
de l’instrumentalisation du corps,
souffrir pose un vrai problème moral
celui de la mère
PIERRE LE COZ
porteuse,
reste
que leur père n’est pas leur géniteur téfort. Mais les partisans de la GPA ne
moignent de leurs difficultés. Ne pas rémanqueront pas de mettre en avant
pondre à ce problème et choisir de
dans le débat qu’il existe des femmes qui
l’amplifier, c’est un comble !
acceptent librement de prêter leur ventre à des couples. Au fil du temps, les
scrupules s’estomperont. On le voit par
Les opposants à la PMA pour toutes
exemple dans un pays comme le Canada
estiment que cette loi serait contraire
qui a autorisé l’ouverture de la PMA et
à l’intérêt de l’enfant. N’est-ce pas
une gestation pour autrui « altruiste »
un argument abstrait ?
et réfléchit désormais à rendre légale la
Ce n’est pas abstrait pour les juges qui
rémunération des mères porteuses.
prennent en permanence des décisions
en tenant compte de l’intérêt de l’enfant. Dans les divorces conflictuels, par
En 2005, le comité d’éthique estimait
exemple, ils s’appuient sur cette notion
que la PMA pour les couples
pour rappeler que l’enfant a le droit de
de femmes ou les célibataires
voir ses deux parents. Personne n’y
constituerait « un excès de l’intérêt
trouve rien à redire et la société a plutôt
individuel sur l’intérêt collectif ».
tendance à se féliciter que les pères et
Est-ce la montée
les mères soient aujourd’hui mis à
de l’individualisme qui ouvert
contribution dans l’éducation de mala porte à la PMA pour toutes ?
nière plus équitable. On peut être en
Depuis 1967, date de la loi sur
empathie avec une femme seule qui exla contraception, tous les
prime un désir d’enfant. Mais imposer à
textes du droit de la santé
des enfants une situation qu’ils
sont marqués par l’accenn’auront pas choisie et dont un certain
tuation du principe de libernombre pourrait souffrir pose un vrai
té individuelle et d’autonoproblème moral. À mon sens, dans un
mie. Avant, ce principe de
État de droit comme la France, la loi a
liberté était régulé par
une vocation à protéger les plus faibles.
d’autres principes comme
«
»
la solidarité, la dignité, l’intérêt supérieur de l’enfant. Aujourd’hui, l’affirmation de la liberté individuelle est devenue une valeur souveraine. Il faut
vivre pour soi, être à l’écoute de ses
désirs, favoriser son développement
personnel. Opposer l’intérêt de l’enfant à ces injonctions ne va plus de soi.
Il faudrait pourtant se méfier d’un libéralisme débridé qui tient de moins en
moins compte des valeurs collectives.
L’éthique, c’est la mise à l’épreuve du
principe d’autonomie par d’autres
valeurs. ■
Pierre Le Coz est
président
du Comité
de déontologie
et de prévention
des conflits
d’intérêts de
l’Anses.
HERMANCE TRIAY/OPALE/LEEMAGE
settes, à changer des couches… Cette
révolution silencieuse des nouveaux
pères est un progrès. Avec la PMA pour
toutes, la loi considérerait que le père
est facultatif. Le législateur ferait passer
un message symboliquement fort :
« Vous n’avez pas de père, tant pis. » Par
ailleurs, je trouve paradoxal d’institutionnaliser la naissance d’enfants sans
pères alors que l’on considère aujourd’hui que les familles monoparentales
sont dans une situation de préjudice et
qu’il faut davantage les aider.
PROPOS RECUEILLIS PAR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
POLITIQUE
5
L’exécutif espère un retour à la normale
Après une série de déconvenues, le chef de l’État et le premier ministre s’attellent à tourner la page.
MAJORITÉ Opération retour à la
normale. Après l’audition d’Alexandre Benalla, mercredi, l’exécutif
souffle. Les débats de la commission d’enquête sénatoriale n’ayant
pas tourné à la foire d’empoigne,
l’attention de l’opinion publique
devrait maintenant décroître, espère-t-on au gouvernement, bien
que quatre nouvelles auditions
soient programmées la semaine
prochaine (lire ci-dessous). « On
est au bout de l’exercice », se rassure un ministre. Parallèlement, la
réorganisation interne de l’Élysée
se poursuit. Après la nomination
d’un directeur général des services en la personne de l’ex-directeur général adjoint de Pôle emploi
Jérôme Rivoisy, un camarade de
promotion d’Emmanuel Macron à
l’ENA, on s’attelle maintenant au
remplacement
d’Alexandre
Benalla auprès du chef de cabinet.
Une nomination « en cours » –
l’Élysée ne confirme toutefois pas
le nom de Jean Gaborit, avancé par
L’Opinion.
De son côté, le premier ministre
Édouard Philippe a profité de sa
participation à la matinale de
France Inter pour replacer les dossiers fiscaux et économiques sur le
haut de la pile, avec plusieurs annonces pour désamorcer la colère
des retraités (lire ci-dessous). Il
sera à nouveau interrogé la semaine prochaine sur France 2, lors de
« L’Émission politique ».
Dans la majorité, plusieurs voix
commencent à exprimer publiquement la nécessité que le chef de
l’État monte également en première ligne, à un moment où les Français sont déboussolés par l’été et la
rentrée calamiteux du pouvoir.
« On a besoin que (le président,
Alexis Kohler, Édouard
Philippe et Emmanuel
Macron, début
septembre, à l’Élysée.
JACQUES WITT/SIPA/SIPA
DU SANG, des larmes, mais aussi
quelques friandises. Le gouvernement égrène, à quelques jours de la
présentation des budgets de l’État,
lundi, et de la Sécurité sociale,
mardi, des mesures adoucissantes
en faveur des ménages. La plus importante a été faite jeudi matin par
Édouard Philippe sur France Inter.
Après avoir, cette année, augmenter de 1,7 point la CSG sur les retraites supérieures à 1 200 euros, après
avoir annoncé un quasi-gel des
pensions l’année prochaine, l’exécutif a pris conscience de l’exaspération des retraités. Pour tenter de
les amadouer quelque peu, le premier ministre a annoncé que
300 000 des 7,5 millions de retraités qui ont écopé de la hausse de la
CSG cette année en seront exonérés
en 2019.
L’exécutif a retenu un dispositif
complexe, mais qui va avoir le mérite, espère-t-il, de désamorcer une
partie de la grogne. « Il faudra être
passé pendant deux ans en continu
au-dessus du seuil arrêté l’année
passée pour être frappé par cette
augmentation de la CSG », a détaillé
le premier ministre, confirmant
une information du Figaro. En clair,
les retraités qui ne dépassent que
durant une année le seuil ne se verront pas imposer de hausse de la
CSG. Il s’agit de rectifier une faille
du dispositif. En effet, pour certains
retraités en couple, le revenu fiscal
de référence dépasse le seuil déclenchant la hausse de la CSG (soit
22 051 euros par an), sans pour
autant que leur pension, prise individuellement, ne dépasse le seuil
pour les célibataires (14 375 euros).
Initialement, la mesure ne devait
concerner que 100 000 pensionnés.
Elle en concerne donc au final trois
fois plus, avec un coût pour la Sécurité sociale de 350 millions d’euros.
« Ce n’est pas un revirement politique, seulement une mesure correctrice pour mieux prendre en compte les
retraités les moins riches qui avaient
été soumis à la hausse de la CSG »,
insiste Olivier Véran, rapporteur
(LaREM) du budget de la Sécurité
sociale à l’Assemblée. Pour Les Ré-
proche du président. Lequel plaide
pour une intervention prochaine :
« C’est l’émetteur le plus sonore. Sa
parole impacte plus que n’importe
qui », argumente-t-il. Emmanuel
Macron avait certes théorisé son
approche globale, mais c’était en
juillet, lors d’un discours-fleuve
devant le Congrès, où il avait vanté
« un État providence du XXIe siècle,
émancipateur, universel, efficace,
responsabilisant ».
pris depuis dix-huit mois », a poursuivi le président du MoDem.
Le président doit-il descendre
dans l’arène des polémiques, au
risque de s’y user, ou attendre
pour être audible ? « Il y a un débat
dans son entourage », raconte un
“
Désormais
le moment vient
où il va devoir, devant
les Français, rappeler
le sens de son action
”
FRANÇOIS BAYROU, À PROPOS
DU PRÉSIDENT MACRON
« Rien n’est encore décidé sur une
éventuelle interview », indique
pour l’instant l’Élysée. D’autant
que le chef de l’État entame une
séquence qui va l’occuper loin de
Paris. Après le sommet européen
de Salzbourg (Autriche), Emmanuel Macron s’envole, la semaine
prochaine, pour New York, où il
participera à l’Assemblée générale
de l’ONU, avant de se rendre aux
Antilles. Il y suivra l’avancement
de la reconstruction à SaintMartin et Saint-Barthélemy et
s’intéressera aussi aux préoccupations environnementales en Guadeloupe et en Martinique, où la
prolifération des sargasses, ces algues brunes nauséabondes, handicape le tourisme local. ■
Budget 2019 : Édouard
Philippe lâche du lest
GUILLAUME GUICHARD
£@guillaume_gui
NDLR) s’exprime », a lancé François Bayrou sur CNews. Après ses
deux discours sur les plans pauvreté et santé, « désormais le moment vient où il va devoir, devant les
Français, rappeler le sens de son action et, au fond aussi, ce qu’il a ap-
publicains, la mesure annoncée ne
correspond pas aux enjeux, a estimé
le parti sur Twitter : « Édouard Philippe ne trompe personne en annonçant une exonération de la hausse de
CSG pour 2 % des retraités mais en
désindexant 100 % des pensions. »
Congés maternité
Autre geste en faveur des ménages,
le premier ministre a également annoncé jeudi matin que le congé maternité des travailleuses indépendantes serait allongé. « L’idée, ça va
être d’augmenter la durée minimale
de leur congé maternité en la faisant
passer à huit semaines » au minimum, dont deux avant l’accouchement, a-t-il précisé. L’objectif est
d’aligner à terme la durée de l’arrêt
sur celui des salariées, soit 16 semaines. Actuellement, la Sécurité
sociale des indépendantes indemnise 44 jours, soit un peu plus de six
semaines, avec 30 jours supplémentaires en option, soit un peu
plus de 10 semaines au total.
Édouard Philippe concrétise donc la
promesse présidentielle d’unifier
les régimes de congés maternité sur
la base du plus favorable, celui des
salariées.
Dernier adoucissement de la politique de l’exécutif : la baisse du
nombre de contrats aidés sera
moins forte qu’annoncée l’année
prochaine. Un contrepoint à la
baisse de cette année beaucoup plus
forte, elle, que prévu. Tandis que
200 000 contrats aidés avaient été
budgétés en 2018, puis 100 000 en
2019, le premier ministre a annoncé
que seuls 130 000 à 150 000 seront
créés cette année, et que 130 000
devraient l’être l’année prochaine.
À tout cela s’ajoute l’exonération
de cotisations sociales des heures
supplémentaires pour les salariés
annoncée pour l’automne 2018 et la
deuxième baisse de 30 % de la taxe
d’habitation, déjà prévus. Bref, le
gouvernement pourrait presque afficher un budget 2019 favorable
pour le pouvoir d’achat des ménages. Presque… parce qu’Édouard
Philippe a confirmé que la taxation
du carburant sera encore alourdie
l’année prochaine. « Parce que nous
avons fait le choix de baisser l’impôt
sur le travail et d’augmenter l’impôt
sur la pollution », s’est-il justifié. ■
Pas convaincus par Benalla, les Français
jugent que les médias en font trop
n’est pas
« unCe revirement
politique,
seulement
une mesure
correctrice
pour mieux
prendre
en compte
les retraités
les moins
riches
qui avaient été
soumis
à la hausse
de la CSG
»
OLIVIER VÉRAN,
RAPPORTEUR (LAREM) DU
BUDGET DE LA SÉCURITÉ
SOCIALE À L’ASSEMBLÉE
MÉLANIE VOLLAND
£@MelanieVolland
LA SÉQUENCE était attendue. Au
total, plus de 4 millions de Français ont suivi l’audition d’Alexandre Benalla devant le Sénat. L’ancien collaborateur élyséen s’est
montré détendu lors de son audition et a répondu à l’ensemble des
questions qui lui étaient posées.
Manifestement, les réponses fournies n’ont pourtant pas permis
aux Français de se faire une
meilleure opinion de lui. Selon le
sondage Odoxa pour Le Figaro et
France Info, les trois quarts d’entre eux (75 %) estiment que l’ancien chargé de mission de l’Élysée
n’a pas su se montrer convaincant. Et cela se confirme au sein
de toutes les tendances politiques.
Y compris parmi les sympathisants LaREM, dont 58 % n’ont pas
été convaincus. Les plus récalcitrants demeurent les partisans de
La France insoumise (13 % de
convaincus) et les sympathisants
PS (15 %). Le terme récurrent
pour qualifier les prises de parole
de l’ancien chargé de mission est
« confus ».
Pis encore, la majorité des sondés est persuadée que Benalla n’a
pas dit la vérité. Ainsi, 81 % ne
l’ont pas cru lorsqu’il a affirmé ne
les sénateurs auraient été partisans. La commission d’enquête
ressort donc grande gagnante de
cette opération.
Seuls 26 % des sondés qualifient
l’affaire Benalla « d’affaire d’État ».
En revanche, presque la moitié
d’entre eux (44 %) la qualifient de
« grave ». Seuls 30 % estiment
que l’affaire Benalla est « sans
grande importance ». Malgré toute
l’attention portée à cette affaire,
bon nombre de Français estiment
que ce sujet est trop traité par les
médias (58 %). Les sympathisants
du mouvement présidentiel sont
nettement majoritaires à penser
que la presse parle trop de cette
affaire (87 %), tandis que cette
proportion avoisine les 50 % pour
les partisans d’autres tendances
politiques.
L’audition a donné lieu à de très
nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Dans la semaine
précédant le passage d’Alexandre
Benalla devant le Sénat, pas moins
de 423 800 messages ont été enregistrés. Un pic est atteint le
19 septembre, jour de l’audition,
avec 148 000 messages le concernant. Les propos les plus repris et
commentés concernent son affirmation « je n’ai jamais été le garde
du corps d’Emmanuel Macron »,
ainsi que sa manière de justifier
son port d’arme. ■
jamais avoir été le garde du corps
du président de la République.
De la même manière, 85 % ont
refusé de croire que son autorisation de port d’arme était destinée
à sa sécurité personnelle, et non à
la sécurité du président. Beaucoup
(79 %) estiment que Benalla a bénéficié d’avantages en dehors de
sa rémunération, qui s’élevait à
6 000 € nets par mois. Enfin, seuls
42 % des sondés croient en la bon-
54 % des sondés
ont trouvé l’audition
« utile » et 56 % l’ont
jugée « intéressante »
ne foi du collaborateur lorsqu’il
affirme avoir vécu sa sanction
(suspension d’activité de deux semaines suivie d’une rétrogradation) « comme une humiliation ».
En revanche, le travail des sénateurs a été salué par l’opinion. Les
Français sont 69 % à estimer que la
mission a été bien menée par la
commission. Ainsi, 54 % des sondés ont trouvé l’audition « utile »
et 56 % l’ont jugée « intéressante ».
Malgré le boycott des sénateurs
LaREM, accusant la commission
d’instrumentaliser l’affaire à des
fins politiques, 65 % des sondés
ont réfuté l’argument selon lequel
Les Français et l'affaire Benalla
QUESTION : Globalement, avez-vous trouvé
Alexandre Benalla plutôt convaincant ou plutôt
pas convaincant lors de son audition ?
(Question posée à ceux qui ont vu en entier ou en partie l’audition
d'Alexandre Benalla devant la commission des lois du Sénat)
QUESTION : Pour vous,
l’affaire Benalla est...
QUESTION : Pensez-vous que les médias parlent trop,
pas assez ou juste comme il faut de l’affaire Benalla ?
26 %
44 %
Une affaire
d’État
Une affaire
grave
Pas convaincant
Ils en parlent trop
58 %
Ils en parlent juste comme il faut
75 %
26 %
Ils n'en parlent pas assez
Convaincant
25 %
15 %
30 %
Une affaire
sans grande importance
Ne se prononce pas
1%
Enquête réalisée par Odoxa avec Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info, les 18 et 19 septembre 2018 sur un échantillon de 1 000 Français représentatif de la population française âgée de
18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, niveau de diplôme et profession de l’interviewé après
stratification par région et catégorie d’agglomération
A
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Municipales : la droite marseillaise confiante
Selon les derniers sondages, Martine Vassal, nouvelle présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence
élue jeudi, tire son épingle du jeu dans la perspective du scrutin prévu en 2020.
EMMANUEL GALIERO egaliero@lefigaro.fr
ÉLECTION Succession assurée à la tête
de la métropole Aix-Marseille-Provence.
Martine Vassal, présidente LR du conseil
départemental des Bouches-du-Rhône, a
été élue haut la main jeudi en remportant
181 suffrages sur les 203 exprimés au premier tour du scrutin. Un seul concurrent
s’était présenté à gauche, Marc Poggiale,
adjoint d’arrondissement et président du
groupe « Métropole à gauche ! ».
Dès ses premiers mots de présidente,
l’élue s’est inscrite clairement dans le
prolongement de Jean-Claude Gaudin,
démissionnaire pour mieux se consacrer
à sa ville jusqu’aux municipales de 2020.
« Je veillerai à rassembler le plus largement
possible avec la volonté de construire une
majorité de projet et cela par-delà les clivages partisans », a promis Vassal.
De son côté, satisfait du résultat qu’il
avait espéré, Jean-Claude Gaudin est resté volontairement en retrait. Il a simplement confirmé sa proximité personnelle
avec la nouvelle présidente. « Je l’ai vue
naître », a souligné le maire de Marseille.
Selon les derniers sondages réalisés
dans la Cité phocéenne, la droite apparaît
en position favorable pour les municipales de 2020. L’enquête la plus fraîche signée Elabe-La Tribune-Europe 1, dévoilée ce vendredi, confirme l’avance de
Martine Vassal à droite. Elabe a notamment évalué les deux hypothèses Martine
Vassal et Renaud Muselier, président de
la région Paca. La présidente de la métropole devance de 6,5 points son concurrent à droite.
“
Ne me faites pas dire
déjà que j’ai choisi
le candidat pour 2020.
L’eau coulera encore
sous les ponts
”
JEAN-CLAUDE GAUDIN, MAIRE DE MARSEILLE
Cette tendance confirme ainsi une précédente enquête de PollingVox réalisée
fin juin à la demande de l’association
« Les amis de Martine Vassal ». Au
1er tour, la candidate de droite devançait
Renaud Muselier d’un point (25 % contre
24 %). Et quel que soit le candidat désigné, la droite reste en position confortable. Le sondage PollingVox, réalisé avant
l’affaire Benalla et la chute de popularité
d’Emmanuel Macron, situait également
Vassal devant l’ensemble de ses concurrents potentiels : Jean-Luc Mélenchon
(21 %), Stéphane Ravier, Rassemblement
national (20 %), Christophe Castaner, La
République en marche (17 %), Samia
Ghali, Parti socialiste-Europe ÉcologieLes Verts (14 %) et Jean-Marc Coppola,
Parti communiste (3 %).
Même avec une faible notoriété, Martine Vassal s’illustre comme la personnalité
politique la mieux perçue (61 % de bonnes opinions selon PollingVox). Et lorsqu’on demande aux Marseillais qui est
doté des qualités nécessaires pour être un
« bon maire de Marseille », elle arrive en
tête. « Martine s’entend avec tout le monde. Elle est une femme et le maire l’apprécie », se réjouit un proche.
Si Jean-Claude Gaudin ne se prononce
pas sur la compétition politique de 2020,
il n’hésite pas, en revanche, à souligner
les qualités de sa dauphine. Il l’a dit clairement le 4 septembre, quand il avait an-
L’hémicycle du Pharo, jeudi, à Marseille, lors de l’élection de Martine Vassal à la présidence de la métropole Aix-Marseille-Provence.
inconnues de l’équation marseillaise.
Seule certitude : après quatre mandats,
Jean-Claude Gaudin tirera sa révérence
avec la ferme volonté d’encourager le
candidat (ou la candidate) qui s’inscrira le
plus fidèlement dans le prolongement de
ses travaux. « J’appartiens à une formation politique. Je soutiendrai, le moment
venu, le candidat de ma famille politique
qui apparaîtra comme le plus solide pouvant conserver la municipalité de Mar-
noncé sa démission après deux ans et
demi passés à la tête de la métropole. « Je
suis persuadé que Mme Martine Vassal a
toutes les qualités nécessaires pour présider la métropole et conduire, en liaison
avec le gouvernement et le Parlement, les
évolutions nécessaires… Je lui apporte, tout
naturellement, mon entier soutien », avaitil affirmé.
Le maire de Marseille ira-t-il jusqu’à la
soutenir aux municipales ? C’est l’une des
seille », affirme-t-il. Martine Vassal juge
son aide déterminante. Renaud Muselier
s’appuie sur un sondage Ifop-Paris Match
de février, qui lui était favorable, pour
croire que cela n’influencera pas une majorité d’électeurs (75 %).
En attendant, Gaudin fêtera ses 79 ans
en octobre. Il regarde les échéances électorales avec flegme et patience. « Laissez
le temps venir. Des sondages, il y en aura
encore et beaucoup », prévient le maire de
THIERRY GARRO/PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP
Marseille avec prudence. Il ne s’interdit
pas de louer le parcours politique de Martine Vassal, cette « femme jeune, dynamique », qui avait remporté le conseil départemental des Bouches-du-Rhône
après 80 ans de domination par la gauche. « Mais ne me faites pas dire déjà que
j’ai choisi le candidat pour 2020. L’eau
coulera encore sous les ponts », s’empresse de nuancer Gaudin. Comme si rien
n’était encore joué. ■
Martine Vassal, l’ascension tranquille d’une proche de Gaudin
Il faut faire
« barrage
à Jean-Luc
Mélenchon.
Les sondages
montrent
que nous
sommes
capables
d’agir
»
MARTINE VASSAL
UNE FEMME pour assurer la
succession de Jean-Claude Gaudin à la tête de Marseille ? Martine Vassal, présidente LR du
conseil départemental des Bouches-du-Rhône, n’est sans doute pas la dernière à envisager
cette possibilité.
Elle n’ignore pas que sa popularité est moins forte que celle d’un
Jean-Luc Mélenchon ou d’un Renaud Muselier mais, depuis son
élection à la tête du département
en avril 2015, elle trace sa route
méthodiquement. Et son accession à la présidence de la métropole, jeudi, prouve une fois de
plus sa détermination.
Déjà, son accession à la présidence du conseil départemental
avait été remarquée. « Quand j’ai
pris cette présidence, j’ai souhaité
appliquer mon programme et tenir
mes promesses. Ce sont les actions
qui font votre notoriété », estime
l’élue.
Avant l’été, à mi-mandat, elle
avait organisé une réunion au
Parc Chanot, à Marseille, pour
exposer ses réalisations. « Quand
on tient ses engagements à droite,
selon des valeurs de droite, ça
marche. Il faut prendre la politique
par le biais des résultats et des actions concrètes », conseille-t-elle,
en se vantant d’avoir « remis le
département au milieu du jeu institutionnel ». « Moi, au mois de juin à
Cuges, j’ai rassemblé 4 000 personnes. C’est ma fierté », poursuit
celle qui avait soutenu la candidature de Laurent Wauquiez lorsqu’elle était secrétaire générale de
la fédération départementale LR.
Durant la primaire, elle avait soutenu Nicolas Sarkozy.
Une « modérée »
Martine Vassal se dit proche de
Valérie Pécresse, présidente de la
région Île-de-France, comme de
Xavier Bertrand, président des
Hauts-de-France. Dès l’UMP, elle
avait soutenu le rassemblement
de la droite entre anciens DL et
RPR. « Aujourd’hui, Laurent Wauquiez est notre patron. Il travaille
au redressement de la famille. C’est
un travail de longue haleine. »
Marseillaise, Martine Vassal a
fait des études de commerce
dans la Cité phocéenne, où elle a
élevé ses deux enfants. C’est
aussi la ville de ses armes politi-
ques, là où Jean-Claude Gaudin,
ami de son père, lui mit le pied à
l’étrier en 2001 en lui confiant un
poste d’adjointe.
Aujourd’hui, elle se dit prête à
mener le combat pour protéger
Marseille face au « véritable danger » que représente Jean-Luc
Mélenchon à ses yeux. « Il faut
lui faire barrage. Les sondages
montrent que nous sommes capables d’agir », se félicite l’élue
départementale.
Elle se dit « modérée » et prône
la cohésion des Républicains.
Avec une première échéance
dans le viseur. « Nous devons être
unis pour les européennes. Nous
devons être fiers de nos idées et de
nos convictions. Nous
avons perdu de nombreux électeurs parce que
nous avons eu honte
de dire que nous ne
pouvions pas accueillir toute la misère du monde ou de
défendre les valeurs
travail, respect et
patrie. C’est une
erreur. La droite
doit oser être de
droite. » L’élue mise sur le « bon
sens » des Républicains pour éviter la « catastrophe » des chapelles. D’ailleurs pour la prochaine
bataille municipale, elle a trouvé
son modèle. Elle compte bien
s’inspirer de Jean-Claude Gaudin, sa référence dans l’art de
« gommer les différences ». ■ E. G.
Martine
Vassal.
PHOTOPQR/
LA PROVENCE
Jérôme Sainte-Marie : « Ici, la droite résiste assez bien aux Marcheurs »
A
LE FIGARO. - Quelle est la situation
de la droite à Marseille ?
Jérôme de SAINTE-MARIE. – Elle semble
résister assez bien aux Marcheurs, qui
peinent à s’imposer. Le paysage politique est dispersé. Quatre électeurs sur dix
se portent soit sur une liste Rassemblement national, soit sur une liste France
insoumise.
Comment expliquez-vous
la résistance LR ?
La droite marseillaise, incarnée aujourd’hui par Jean-Claude Gaudin, est issue
d’une tradition locale. À Marseille, les
campagnes sont toujours tonitruantes
mais les Marseillais ont l’habitude d’être
dirigés par des élus consensuels. C’est
l’héritage Deferre, suivi par Vigouroux et
Gaudin. La droite offre des garanties en
matière de gestion municipale. Elle évite
la tentation du Rassemblement national
ou celle d’une équipe peu expérimentée
comme LaREM.
Pourquoi Martine Vassal perce-t-elle ?
Depuis son élection à la tête des Bouches-du-Rhône, elle a beaucoup communiqué. Elle apporte trois choses.
D’abord, elle apparaît comme une figure
nouvelle et n’est pas atteinte par les
querelles de la droite. Le fait qu’elle soit
une femme participe sans doute à cette
impression de renouvellement. Perçue
comme efficace, notamment sur le plan
économique, elle s’inscrit dans la continuité et cultive de bonnes relations avec
le maire sortant, qui porte l’identité de
la ville. Gaudin fit partie de la majorité
Deferre.
TWITTER
Jérôme Sainte-Marie est président de la
société d’études et de conseil PollingVox.
“
Les campagnes
sont toujours
tonitruantes mais
les Marseillais ont
l’habitude d’être dirigés
par des élus consensuels
”
La faiblesse du score des Marcheurs
est-elle surprenante ?
L’originalité sociologique de Marseille est
d’intégrer sa banlieue dans ses frontières
communales. Autant les grandes villes
centres, habitées par les gagnants de la
mondialisation, sont naturellement macronistes, autant la deuxième ville de
France offre une plus grande diversité sociologique. Les taux de pauvreté et de
RSA se rapprochent plus de ceux des
banlieues populaires que de Paris, Lyon
ou Bordeaux. Il peut également y avoir un
problème de relais du macronisme à
Marseille puisque Emmanuel Macron
n’est pas identifié comme le meilleur allié
des collectivités locales dans cette ville où
de nombreux habitants profitent de la redistribution sociale.
La situation politique est-elle favorable
à tous les candidats de droite pour 2020 ?
Après vingt-trois ans de pouvoir Gaudin,
un passage de relais est annoncé. Comme
tout monarque ayant régné longtemps, le
maire de Marseille a un peu usé ses dau-
phins. Seulement 46 % des sondés estiment que Renaud Muselier aurait les qualités pour être un bon maire de Marseille.
Cela est étonnant. Il souffre d’être installé, depuis très longtemps, dans la politique marseillaise, où il n’a pas connu que
des réussites. Il entretient un discours
conflictuel à l’égard de Jean-Claude Gaudin, qui compte de nombreux fidèles. Il
s’inscrit plus dans la rupture que dans la
continuité. C’est un pari très risqué.
Quelles sont les hypothèses
de second tour ?
La masse centrale de l’électorat se portera sur la force politique la mieux placée
du premier tour. Si l’équilibre des forces
actuel se confirmait en 2020, la droite serait mécaniquement favorisée au second
tour. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR E. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
POLITIQUE
7
Gourault : « Je ne sens pas
la défiance des territoires »
Pour la ministre chargée de créer une nouvelle collectivité
en Alsace, il faut rappeler le sens de la politique gouvernementale.
LE FIGARO. – Vous venez
de rencontrer les élus alsaciens.
Qu’attendent-ils ?
Jacqueline GOURAULT. – Les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin
veulent redonner naissance à une collectivité « Alsace ». Le rapport du préfet
Jean-Luc Marx propose des pistes pour
donner corps à ce « désir d’Alsace ». La
géographie et l’histoire expliquent sans
doute ce besoin. Avec la création du
Grand Est, l’envie de retrouver l’identité
alsacienne s’est exacerbée. La dimension
européenne est aussi très importante
dans cette région. Emmanuel Macron a
très fortement ressenti cette attente sur
le terrain en avril. Il veut y répondre favorablement mais sans modifier les
contours de la région Grand Est. Il retournera en Alsace début novembre pour
le centenaire de la guerre 1914-1918.
Quelle solution le gouvernement
propose-t-il aux Alsaciens ?
Il y a eu des revendications diverses :
collectivité à statut particulier, nouvelle région Alsace… Nous nous orientons
vers la fusion des deux départements en
une seule collectivité. Le gouvernement
ne privilégie pas la création d’une collectivité à statut particulier, mais l’article 72 sur le droit à la différenciation,
prévu dans le cadre de la révision
constitutionnelle, pourra accorder des
compétences différenciées à cette nouvelle collectivité.
Êtes-vous certaine que la révision
constitutionnelle aboutira ?
En tout cas, je souhaite qu’elle aille au
bout. Je note que l’article 72 permettant
le droit à la différenciation est soutenu
par beaucoup d’élus et notamment par
le président du Sénat Gérard Larcher.
Quoi qu’il en soit, le droit à l’expérimentation existe dans la Constitution.
Cela pourrait servir de relais. Pour les
Alsaciens, l’enjeu est la renaissance politique et institutionnelle de l’Alsace.
Le climat reste très tendu entre l’État
et les territoires. Le président de l’AMF,
François Baroin, craint une « rupture »…
Je ne sens pas cette défiance. Il peut y
avoir des interrogations, voire des inquiétudes, mais sur le terrain nous nous
employons à répondre à toutes les préoccupations concrètes des élus locaux
et il me semble que c’est là leurs principales attentes !
Même quand ceux-ci dénoncent en
chœur une recentralisation du pouvoir ?
C’est l’inverse de notre démarche.
Nous nous engageons vers une décentralisation assumée en mettant au cœur
de notre relation État-collectivités un
contrat de confiance.
Que pensez-vous des mots de Gérard
Collomb sur le « manque d’humilité »
du gouvernement ?
Gérard Collomb est très proche du président de la République. Je n’aurais pas
employé son expression. Mais je perçois
l’écueil à éviter, pointé par le ministre :
ce n’est pas parce que l’on est majoritaire que l’on détient la vérité. Il faut toujours savoir écouter et élargir autant que
possible la base sur laquelle on s’appuie.
N’y a-t-il pas une fêlure entre François
Bayrou et Emmanuel Macron ?
Non. Le président de la République et
François Bayrou échangent très régulièrement et ont un lien d’estime, de
confiance réciproques très fort. Il n’y a
pas de grain de sable mais simplement
la volonté d’exprimer ce que nous ressentons au sein de la majorité. La belle
performance de Marc Fesneau lors de
l’élection à la présidence de l’Assemblée fut un signal en ce sens. Je suis
certaine que l’avenir nous conduira à
travailler encore plus étroitement
ensemble !
L’union entre LaREM et le MoDem
est-elle assurée pour les européennes ?
Je n’ai aucune inquiétude. L’idée européenne a repris, grâce au président de
la République, son statut véritable.
C’est un combat que nous partageons
depuis longtemps. Je ne vois donc pas
comment nos relations dans la majorité
pourraient évoluer autrement.
L’hypothèse d’une liste indépendante
des Constructifs est-elle une menace ?
Chacun prendra ses responsabilités mais
il y a aussi des gestes que les uns et les
autres devront faire réciproquement.
La rentrée politique difficile
pour l’exécutif complique-t-elle
votre action ?
En politique, c’est comme en mer :
parfois le vent vous porte dans le dos,
parfois – selon des circonstances qui
peuvent être imprévisibles comme
l’affaire Benalla – il vous fait face.
Dans tous les cas, nous maintenons le
cap et avançons. De grandes annonces
sur le volet social ont été faites cette
semaine : c’est le plus important pour
les citoyens ! En un an, nous avons engagé déjà beaucoup de réformes et
nous nous évertuons à sans cesse expliquer la cohérence et le sens général
de notre action. ■
STEPHEN CAILLET/PANORAMIC/STARFACE
EMMANUEL GALIERO egaliero@lefigaro.fr
« Il peut y avoir des interrogations, voire des inquiétudes, mais sur le terrain nous
nous employons à répondre à toutes les préoccupations concrètes des élus locaux »,
explique Jacqueline Gourault (ici le 5 juillet, à Paris).
Les Républicains veulent défendre la France périphérique
LES PARLEMENTAIRES LR avancent
vingt idées pour la ruralité et tracent des
pistes pour une politique de la ville. Lutter contre le désenclavement des territoires, accompagner le développement
économique, favoriser l’accès aux services publics de proximité… Réunis jusqu’à
vendredi soir dans le cadre de leurs journées parlementaires à Divonne-lesBains, ils veulent nourrir leur projet politique.
Damien Abad, troisième vice-président du parti LR, part d’un constat : « Il y
a un risque de France à deux vitesses. Une
France périphérique, rurale et périurbaine, sort du spectre des politiques publiques. Il y a plus de pauvres aujourd’hui
dans la Meuse qu’en Seine-Saint-Denis et
il y a parfois moins de chances de réussir
dans une commune rurale que dans une
ville de la banlieue parisienne. »
Ce constat de fracture n’est pas nouveau. En réalité, il anime le débat politique depuis plusieurs années. On l’a entendu durant la campagne présidentielle.
Face à ces problématiques complexes, les
élus de tous bords cherchent des solutions depuis longtemps.
Selon Damien Abad, l’élection d’Emmanuel Macron n’a rien changé. « Les
problèmes existaient mais ils ont empiré
avec ce gouvernement. Nous lui reprochons de ne pas prendre en compte les
spécificités du monde rural », accuse le
parlementaire en citant trois exemples :
la fermeture de 1 097 classes en zones rurales, l’augmentation de la taxe sur les
carburants sans traiter la question des
petites lignes de la SNCF et le maintien
des déserts médicaux contre lesquels,
selon lui, le nouveau plan santé n’aura
pas d’effets avant une dizaine d’années.
Quant au plan pauvreté, dévoilé le
13 septembre par le chef de l’État, les Républicains jugent les annonces « sympathiques » mais préfèrent s’en tenir aux
actes avant d’évaluer la stratégie de
l’exécutif. « Nous voulons nous battre pour
cette France oubliée des territoires et des
milieux de cordée », assure Damien Abad.
Émettre vingt propositions pour la ruralité sans être confronté aux réalités
budgétaires, comme on peut l’être une
fois au pouvoir, peut paraître facile. Les
Républicains répondent à cette critique
en opposant la « France du réel » à la
« France déconnectée ». Selon eux, la
plupart des mesures qu’ils avancent
peuvent être cadrées budgétairement,
avec une vision décentralisatrice des
territoires. Au passage, c’est aussi une
manière pour eux d’envoyer un message
politique à tous les élus locaux, inquiets
face à une recentralisation du pouvoir.
“
Il y a parfois moins
de chances de réussir
dans une commune rurale
que dans une ville de
la banlieue parisienne
DAMIEN ABAD, TROISIÈME
VICE-PRÉSIDENT DU PARTI LR
”
D’ailleurs, François Baroin, maire LR
de Troyes et président de l’AMF (Association des maires de France), a tiré la
sonnette d’alarme une nouvelle fois
jeudi matin, sur RTL, en dénonçant un
« dialogue de sourds » et des « déceptions » en cascade depuis le début du
quinquennat. « On n’est pas loin de la
rupture », a-t-il averti.
Damien Abad voit ce conflit ouvert
entre l’Élysée et les principales associations d’élus comme une illustration
« très symbolique du macronisme », ce
pouvoir « solitaire » facteur de « désillusions et de frustrations ».
Parmi les idées avancées par Les Républicains, et notamment par Christian Jacob, investi dès le début du projet, on
trouve par exemple un « ticket carburant » conçu sur le modèle du « ticketrestaurant » pour aider les travailleurs
contraints d’utiliser leur véhicule pour
rejoindre leur lieu de travail. La droite
préconise aussi une exonération de cotisation retraite pour les médecins retraités assurant des vacations dans les déserts médicaux. L’intégration des enfants
de moins de 3 ans dans les effectifs scolaires est également vue comme un moyen
de compenser les fermetures de classes.
En un an, les députés LR ont rencontré
près de 2 000 acteurs locaux et effectué
treize déplacements dans toutes les régions de France. Le monde rural et périurbain, avec ses 21 millions d’habitants, rappellent-ils, représente 80 % du
pays. ■
E. G.
Philippot : « Macron
a perdu la main »
Marine Le Pen refuse
d’aller chez le psy
L’eurodéputé, président des Patriotes,
juge sévèrement l’action du gouvernement.
La RN est soumise à un examen psychiatrique suite
à la « diffusion d’images violentes » sur Twitter.
MÉLANIE VOLLAND £@MelanieVolland
EUROPE Florian Philippot compte bien
tirer profit de la rentrée chahutée de
l’exécutif. L’ancien cadre du FN, parti
fonder son mouvement Les Patriotes, se
délecte du sentiment de « panique à
bord » qui règne au gouvernement. L’exfrontiste a le « sentiment d’un pouvoir qui
ne gère plus rien ». Selon lui, « Macron a
perdu la main ». Son constat est sans appel, la présidence est à bout de souffle.
« Macron, ça fait un an qu’il est là, mais on
a l’impression que ça fait déjà dix ans, il est
déjà complètement épuisé, carbonisé, cramé », lâche-t-il. Une mauvaise passe qui
se traduit par un jeu au coude-à-coude
avec le RN dans les sondages, en vue des
européennes. Bien loin tout de même des
Patriotes, crédités de seulement 1,5 %
d’intentions de vote.
« Nous sommes encore jeunes », tente
de se rassurer Florian Philippot. Le mou-
vement fêtera son année d’existence le
29 septembre lors d’un événement organisé à Paris. Le mouvement revendique « un peu plus de 8 000 adhérents » à
ce jour. Ceux-ci, en plus de quelques donateurs, contribuent à financer un parti
encore en manque de revenus. « La seule chose que nous recherchons activement,
ce sont des financements », confirme
l’eurodéputé. Il briguera d’ailleurs un
nouveau mandat au Parlement européen. C’est même lui qui mènera la liste
des Patriotes en mai prochain. « Nous
siégeons au Parlement européen dans le
groupe de Nigel Farage. Je discute beaucoup avec les eurodéputés du Mouvement
5 étoiles », explique Florian Philippot.
Prêt à élargir son mouvement, il en
appelle également aux sphères intellectuelles et économiques, pour venir grossir les rangs. Celui qui se revendique
« gaulliste social » conçoit son parti
comme un « grand mouvement de rassemblement ». Il tend la main à des per-
CHARLES SAPIN £@csapin
FLORIAN PHILIPPOT, jeudi,
dans le studio du Figaro.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
sonnalités « qui viennent de la gauche, du
centre, de la droite ». Florian Philippot a
également tenté de faire alliance avec
François Asselineau, le candidat malheureux à la dernière présidentielle, qui
prônait également le Frexit. Or le patron
de l’UPR n’a pas, pour l’heure, saisi cette
main tendue. « Il ne répond pas. Je ne
vais pas lui forcer la main », regrette Philippot. Pour espérer séduire davantage
de sympathisants, il développe dans son
ouvrage les thématiques du numérique
et du développement durable. ■
RN « Avec les magistrats, il faut s’attendre à tout… » Marine Le Pen a beau se
répéter en boucle cet avertissement depuis des mois, elle n’en attendait pas
tant. Au courrier, à son domicile, la députée du Pas-de-Calais a eu la surprise
de découvrir, jeudi matin, une ordonnance du tribunal de grande instance de
Nanterre lui intimant de se soumettre à
une expertise psychiatrique…
Soit un joli prétexte pour dénoncer
une fois encore la « persécution judiciaire » de juges « politisés et sans limite »
dont elle et son parti seraient les permanentes victimes. « Je croyais avoir eu
droit à tout : eh bien non ! Pour avoir dénoncé les horreurs de Daech par tweets,
la justice me soumet à une expertise psychiatrique ! Jusqu’où vont-ils aller ? »,
s’est fendue sur Twitter la présidente du
Rassemblement national, peu avant
d’annoncer qu’elle ne se soumettrait
pas à l’examen. La quasi-totalité de ses
lieutenants ont embrayé, dénonçant ces
« juges rouges », dignes de l’ère « Brejnev », dont les méthodes rappellent « la
psychiatrie punitive en URSS ». Même le
leader italien de la Ligue, Matteo Salvini, y est allé de son tweet de soutien.
L’entreprise de victimisation a pourtant ses limites pour l’ancienne avocate
qui n’ignore pas le code de procédure
pénale. Mise en examen pour « diffusion
d’images violentes », suite à la publication en 2015 de photos d’exécution
d’otages par le groupe État islamique,
elle ne fait l’objet que d’un acte banal de
procédure : « Dans ce type d’infraction,
l’expertise psychiatrique est systématiquement demandée. À défaut, le jugement au fond peut être frappé de nullité »,
confirme Jacky Coulon, secrétaire national de l’Union syndicale des magistrats (USM). L’élue risque d’ailleurs bien
peu de choses à ne pas s’y soumettre. ■
A
PROPOS RECUEILLIS PAR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Brexit : Londres sommé de revoir sa copie
Les Vingt-Sept ont accru la pression sur Theresa May, l’appelant à des concessions pour finaliser les négociations.
ANNE ROVAN £@AnneRovan
ENVOYÉE SPÉCIALE À SALZBOURG
EUROPE Deux mois pour sceller la
sortie du Royaume-Uni de l’Union
européenne. Deux tout petits mois
mais un seul véritablement utile. Le
crucial calendrier du Brexit est en voie
de stabilisation. Il a été dévoilé jeudi
par le président du Conseil européen,
Donald Tusk, depuis Salzbourg, en
Autriche, où se tenait un sommet informel des chefs d’État et de gouvernement. Les Vingt-Huit ont jusqu’aux
17 et 18 novembre pour finaliser l’accord de retrait et la déclaration politique sur les relations futures entre Londres et Bruxelles.
Mais ce sommet n’est pas, à ce stade, formellement convoqué. Et en
choisissant de ne pas le graver dans le
marbre, les Vingt-sept accentuent la
pression sur Theresa May, qui a fait
savoir qu’un accord lui semblait difficile à atteindre le mois prochain, lors
du Conseil des 17 et 18 octobre. Car
Donald Tusk a prévenu : l’idée est de
se mettre d’accord en octobre et de finaliser l’ensemble en novembre.
L’objectif sera de faire du Conseil
européen d’octobre « un moment de
vérité ». « Il faut un maximum d’avancées le mois prochain […]. Nous sommes prêts à faire un sommet supplémentaire… si besoin ! », explique-t-on
aussi côté français.
plan « de Chequers », présenté en
juillet par Theresa May.
Les mots des dirigeants européens ont
ainsi été très sévères à l’issue du déjeuner qu’ils ont eu avec Michel Barnier, le
négociateur en chef du Brexit. Donald
Tusk a appelé Theresa May à « retravailler » ses propositions. « Le cadre des
relations économiques tel qu’il est proposé ne fonctionnera pas, ne serait-ce que
parce qu’il saperait les fondements du
marché intérieur », a-t-il insisté.
Emmanuel Macron a été encore plus
net. « Je veux dire, et cela a fait l’objet
d’un consensus ce midi, que les proposi-
tions en l’état ne sont pas acceptables,
tout particulièrement au plan économique, et en l’état le plan de Chequers ne
saurait être un plan à prendre ou à laisser », a affirmé le président français,
ajoutant que la défense du marché unique représente « un intérêt vital » d’un
point de vue politique et économique.
« Il est apparu très clairement aujourd’hui qu’il nous faut réaliser des progrès
substantiels d’ici à octobre », a admis la
chancelière allemande, Angela Merkel.
Il n’est donc pas question de transiger :
le Royaume-Uni a choisi de sortir de
l’Union et ne peut donc continuer à bé-
néficier de tous les avantages qu’elle
procure.
Alors que les Vingt-Huit ne sont toujours pas parvenus à se mettre d’accord
à Salzbourg sur les questions migratoires - à l’exception du développement
des coopérations avec les pays tiers et
avec l’Afrique - ils parlent d’une seule
voix sur le Brexit. À huit mois des élections européennes, l’enjeu est crucial
pour les dirigeants européens, qui doivent impérativement pouvoir expliquer aux électeurs qu’ils ont défendu
leurs intérêts dans l’accord passé avec
le gouvernement britannique.
Manifestement, la pression exercée
à Salzbourg a été suffisante. Theresa
May, qui a encore balayé l’hypothèse
d’un second référendum, s’est dite
prête à faire une nouvelle proposition
à l’Union européenne - notamment
pour résoudre l’équation irlandaise qu’elle présentera « sous peu ». Mais
elle a de nouveau dessiné sa ligne rouge. « Ce sur quoi je suis très claire et
que j’ai dit à plusieurs reprises, c’est
que nous devons veiller à ce que l’Irlande du Nord ne se détache pas du
Royaume-Uni. » La quadrature du
cercle. ■
Tension maximale
Dans la dernière ligne droite des négociations - ce que certains à Bruxelles
appellent « le dernier kilomètre » -, les
Vingt-Sept semblent avoir choisi de
jouer la carte de la tension maximale
vis-à-vis de Londres et de la jouer de
concert. Cela vaut pour le calendrier
désormais resserré. Et cela vaut également pour l’accord en tant que tel,
alors que les négociations butent toujours sur la question irlandaise et le
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et la première ministre britannique,Theresa May, jeudi à Salzbourg.
May prise au piège de sa stratégie « moi ou le chaos »
FLORENTIN COLLOMP £@fcollomp
CORRESPONDANT À LONDRES
LE PLAN de Theresa May pour le Brexit
est « mort et enterré ». Avant même le
désaveu des Vingt-Sept à Salzbourg, ce
diagnostic cinglant émanait déjà d’un
proche de la première ministre. Mike
ARTCURIAL
Penning, membre de son gouvernement jusqu’à l’an dernier, avait contribué à orchestrer sa conquête du pouvoir après le référendum en 2016. En
remerciement, il a été anobli sur proposition de May. Il estime aujourd’hui
que cette dernière joue l’avenir de son
pays « à la roulette russe » et traite ses
députés « comme des enfants dissipés ».
Bas-relief provenant
du Palais de Sennachérib,
art assyrien, 705-681 av. J.C.
Vendu 207 400 €
Theresa May a mis ses alliés au pied
du mur. Son projet, martèle-t-elle, est
la seule alternative à une sortie brutale
de l’Union européenne sans accord le
29 mars prochain. Autrement dit : suivez-moi ou c’est le chaos. Or ce plan,
dit « de Chequers » (nom de la résidence
de campagne des premiers ministres), a
l’heur de faire l’unanimité contre lui. Il
propose une association douanière avec
l’Union européenne pour les marchandises, de manière à éviter le retour de
contrôles physiques à la frontière entre
la République d’Irlande (membre de
l’UE) et l’Irlande du Nord britannique. Il
implique aussi un alignement de la
Grande-Bretagne sur les réglementations industrielles européennes, ce qui
fait bondir les partisans du Brexit. Pour
Boris Johnson, qui a claqué la porte du
ministère des Affaires étrangères en
juillet en protestation contre ce projet,
Vente en préparation
ARCHÉOLOGIE,
ARTS D’ORIENT
ET ART PRÉCOLOMBIEN
A
Vente aux enchères
Mercredi 7 novembre 2018
14h30
7 Rond-Point
des Champs-Elysées
75008 Paris
Clôture du catalogue
imminente
Contact :
Lamia Içame
+33 (0)1 42 99 20 75
licame@artcurial.com
Agrément cvv du 25/10/2001 - Commissaire-priseur : François Tajan
Le plan de la première
ministre britannique
pour le Brexit fait
l’unanimité contre lui
ce serait « pire » que de rester dans l’UE
– c’est dire. Son ex-collègue David Davis, ancien ministre du Brexit qui a lui
aussi démissionné, estime que les négociations avec Bruxelles doivent être
« réinitialisées ». Les 60 à 80 députés
conservateurs les plus ardents « brexiters » sont à l’offensive depuis deux
mois pour pousser la première ministre
à abandonner Chequers.
En face, les « remainers » - ceux qui
ont voté pour rester dans l’UE en 2016 dénoncent aussi une solution qui représente « le pire des deux mondes » : les
contraintes de l’Europe sans les avantages. De l’autre côté de la Manche, les
Européens, après avoir fait mine de
chercher à encourager les propositions
britanniques cet été, lui ont sans doute
donné le coup de grâce à Salzbourg.
Depuis la rentrée, Downing Street tentait de maintenir son projet en respiration artificielle. Theresa May comptait
sur le soutien des Vingt-Sept pour neutraliser les « hard brexiters ». En obtenant de leur part des signaux positifs
laissant augurer d’un accord en vue
d’ici à quelques semaines, elle pensait
pouvoir revenir à l’automne devant sa
minorité frondeuse, la mission du
Brexit accomplie. Même avec ses défauts, un accord aurait le mérite de leur
apporter la sortie de l’UE qu’ils réclament depuis des années. Devant le risque de précipiter le pays dans un chaos
incertain, il leur aurait fallu bien réfléchir avant de le torpiller si près du but.
C’est le message que Theresa May leur
transmet au cours d’invitations à dîner
par petits groupes à Downing Street.
Mais ce jeu de poker devient de plus en
plus risqué.
Consciente de l’enjeu, la première
ministre répète à l’envi qu’elle se prépare aussi à une rupture sans accord.
Cette éventualité ne cesse de croître à
l’approche de la dernière ligne droite
des pourparlers. Si May parvient à décrocher un accord avec les Vingt-Sept au prix de quels nouveaux compromis ?
-, le plus dur restera encore à faire. La
ratification par le Parlement de Westminster risque de s’avérer très compliquée. Sans majorité conservatrice aux
Communes, la première ministre ne
pourra se permettre une rébellion de
plus d’une dizaine de ses députés. De
son côté, l’opposition travailliste a déjà
annoncé qu’elle voterait contre.
Un rejet d’un accord, assimilé à un
vote de défiance, ouvrirait une crise
politique grave. Dès lors, le sort de Theresa May serait joué. Des élections anticipées pourraient être provoquées. Ou,
face à l’échec politique, un nouveau référendum offrant au peuple un choix
entre le Brexit (avec ou sans accord) et
le maintien dans l’UE. La campagne
pour un « people’s vote » gagne du terrain. Le maire travailliste de Londres,
Sadiq Khan, y a apporté son soutien
cette semaine, rejoignant plusieurs anciens ministres et premiers ministres,
de gauche comme de droite. Le Labour
est attendu sur la question à son
congrès la semaine prochaine. Theresa
May l’exclut catégoriquement. Ce n’est
pas le cas d’un membre de son gouvernement, le secrétaire d’État au Trésor,
Mel Stride, qui a mis en garde son parti
contre cette perspective pouvant aboutir au maintien du pays dans l’Europe. ■
BARBARA GINDL/AFP
EN BREF
Kim Jong-un veut un
autre sommet avec Trump
Le dirigeant nord-coréen
Kim Jong-un espère la tenue
prochaine d’un deuxième
sommet avec Donald Trump,
a affirmé jeudi le président
sud-coréen Moon Jae-in à son
retour d’une visite au Nord. Les
deux hommes se sont rencontrés
le 12 juin à Singapour, lors
d’un sommet qui a été l’occasion
pour le premier de prendre
un engagement vague pour la
dénucléarisation de la péninsule.
Israël et la Russie vont
renforcer leur coordination
Israël et la Russie vont renforcer
leur coordination militaire, a
annoncé jeudi le gouvernement
israélien, quelques jours
après la destruction d’un avion
de reconnaissance russe
par l’armée syrienne.
Ce renforcement ne signifie
toutefois pas qu’Israël cessera
de bombarder des cibles
en Syrie, assure le
gouvernement israélien.
Ouganda : retour
de l’opposant Bobi Wine
L’ex-chanteur et député
ougandais d’opposition
Robert Kyagulanyi est rentré
jeudi à Kampala sous étroite
surveillance policière. Affirmant
avoir été battu et torturé par la
police de son pays, il a été soigné
durant trois semaines aux
États-Unis. Plus connu sous
son nom d’artiste, Bobi Wine,
il est devenu le porte-parole
d’une jeunesse urbaine et pauvre
qui ne se reconnaît pas dans le
régime du président Museveni,
au pouvoir depuis 1986.
Nigeria : neuf morts dans
une attaque de Boko Haram
Neuf personnes ont été tuées
et neuf autres blessées
dans l’attaque, par des membres
présumés du groupe islamiste
Boko Haram venus en
camionnette, de deux villages
du nord-est du Nigeria.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
INTERNATIONAL
9
L’étonnante
longévité
de Shinzo Abe
Réélu à la tête de son parti, le premier
ministre japonais semble assuré
de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2021.
RÉGIS ARNAUD £@regisarnaud
TOKYO
EXTRÊME-ORIENT Contrat rempli pour
Shinzo Abe. L’actuel premier ministre
devait selon toutes les prévisions être
réélu jeudi à la tête de sa formation, le
Parti libéral-démocrate (majoritaire),
condition nécessaire pour se maintenir à
la tête de l’exécutif trois années supplémentaires. Il a emporté une très confortable majorité des voix des grands électeurs (553 sur 810) dans ce scrutin
interne. Ce résultat l’assure, sauf imprévu, de battre en octobre 2019 le record de
longévité dans sa fonction. Un exploit si
on songe à ses derniers prédécesseurs,
qui ne tenaient en poste qu’un ou deux
ans. Et si on se remémore ses premiers
pas, en 2012.
De retour aux affaires après un calamiteux premier passage de douze mois
en 2006, les Cassandre ne prédisaient
de son règne qu’un énième chapitre
dans le lent déclin de la troisième puissance mondiale. Mais Shinzo Abe avait
un plan pour cette deuxième chance
avec l’histoire : les fameux Abenomics,
agenda de réformes calqué sur les recommandations de la presse internationale (ouverture à l’immigration, réforme du marché du travail, de la
gouvernance d’entreprise…) qui, par
conséquent, plut à cette dernière et, par
ricochet, aux médias locaux.
Peu importe que, six ans après son arrivée au pouvoir, pratiquement aucune
des réformes promises devant les investisseurs étrangers n’ait été menée à bien.
Shinzo Abe aura tenu un discours libéral
devant les milieux d’affaires étrangers et
mené une politique conservatrice devant ses compatriotes. Il leur a épargné
toutes les « disruptions » économiques
et sociétales qui agitent et transforment
Venezuela :
l’incertain pari
chinois de Maduro
Shinzo Abe, premier ministre du Japon depuis 2012, a emporté une confortable majorité des voix des grands électeurs (553 sur 810)
du Parti libéral-démocrate, lors d’un scrutin interne, jeudi à Tokyo, MARTIN BUREAU/AFP
simultanément les autres membres du
G7 (économie de partage, croissance
verte, mariage pour tous, mouvement
#metoo…).
Ishiba, voix dissonante
de la majorité
Les Japonais, qui voient avec résignation
leurs retraites diminuer, leurs impôts
augmenter, leurs salaires stagner, sur
fond de chute démographique et de
vieillissement, lui savent probablement
gré de leur épargner ces fléaux étrangers
qui remplissent les journaux du soir : attaques terroristes, violence, misère, dro-
gue, chômage de masse… Signe des
temps : le conservateur Shinzo Abe fait
ses meilleurs scores de popularité chez
les jeunes.
Il ressort pourtant probablement
inquiet de cette journée. Son opposant
Shigeru Ishiba a mené une campagne
relativement terne, pendant laquelle il
a proposé un changement de méthode
de gouvernement plutôt qu’une
authentique alternance politique.
« Lors de leur débat électoral au Club de
la presse national, Shigeru Ishiba a
critiqué les façons du premier ministre,
mais il n’a rien proposé sur le fond »,
se lamente le politologue Takao Toshikawa.
Il a pourtant remporté un résultat plus
élevé qu’anticipé - en particulier parmi
les élus de terrain, qui comptaient pour la
moitié des grands électeurs de ce scrutin.
Shigeru Ishiba a même reçu le soutien,
même tardif et à demi-mot, de Shinjiro
Koizumi, l’ultra-populaire député fils de
l’ex-premier ministre Junichiro Koizumi. Il est devenu la voix dissonante de la
majorité. Il la fera entendre lors des prochains rendez-vous électoraux du pays,
et pourrait faire des émules, dans son
camp comme dans l’opposition. ■
LAURENT RUQUIER
LES GROSSES TÊTES 16H-18H
Le président vénézuélien espère sortir de la crise
grâce à une coopération renforcée avec Pékin.
“
Nous avons
signé des accords
parfaits pour
donner une
impulsion au programme
de récupération
économique
NICOLAS MADURO
”
vision du pays par les Chinois, car ils savent qu’ils ont été trompés (par le gouvernement
vénézuélien),
estime
Henkel Garcia sur le site d’information
Efecto Cocuyo. Ils ont financé des infrastructures qui n’ont pas été réalisées. »
Lors de sa conférence de presse, le
président Maduro a par ailleurs dénoncé
la « gigantesque campagne de presse
contre Nicolas Maduro, contre la révolution bolivarienne, contre le Venezuela…
S’ils parlent de migrations, la dernière
crise qu’ils ont inventée contre le Venezuela, ils répètent tous les mêmes chiffres, de sources non identifiées. Ils affirment que 50 millions de Vénézuéliens sont
partis. » Selon l’ONU, 2,3 millions de
Vénézuéliens (7,5 % de la population)
vivent hors de leur pays, dont 1,6 million ont émigré depuis 2015. ■
ON A TELLEMENT
DE CHOSES À SE DIRE
A
AMÉRIQUE LATINE Depuis la salle Simon Bolivar du palais présidentiel de
Miraflores à Caracas, le président vénézuélien Nicolas Maduro a présenté mardi le bilan de son récent voyage en
Chine. « J’ai rencontré les plus importantes autorités chinoises. J’ai senti une
solidarité de frères dans toutes les réunions. La Chine connaît l’effort héroïque
que fait le peuple vénézuélien. Nous
avons signé 28 accords et plus de
700 projets sont en cours de discussion
avec la Chine. » Ces accords portent sur
un grand nombre de domaines : le pétrole, le gaz, les mines d’or, l’éducation,
les télécommunications. « Nous allons
lancer notre quatrième satellite ultramoderne Guaicaipuro. »
Ne tarissant pas d’éloges sur la coopération avec la Chine, le président vénézuélien a expliqué que son voyage en
Chine « a été historique ». « Cela a permis de débuter une nouvelle ère dans les
relations entre la Chine et le Venezuela.
Nous avons signé des accords parfaits
pour donner une impulsion au programme de récupération économique (annoncé par le président vénézuélien le
20 août dernier). La Chine a un avantage
par rapport aux puissances du Nord : elle
construit des relations dans un esprit
d’égalité, de respect et de coopération
avec les pays frères du Sud. La Chine
n’agresse pas les pays du Sud, ne cherche
pas à renverser leur gouvernement. »
Seuls les médias chinois étaient habilités à suivre la visite de Nicolas Maduro
en Chine. Les informations sur les accords signés restent donc très parcellaires. Pékin a accordé plus de 60 milliards
de prêts à Caracas depuis l’an 2000,
prêts remboursables en pétrole. Mais la
crise et la chute des cours du brut n’ont
pas permis à Caracas d’honorer ses engagements. Le dernier prêt chinois de
5 milliards de dollars a été accordé en
septembre 2013. Le gouvernement vénézuélien a annoncé que Pékin aurait
accepté un nouveau prêt de 5 milliards
de dollars, sans confirmation du côté
chinois.
Le président vénézuélien a promis
que, d’ici à un an, les livraisons de pétrole à la Chine allaient atteindre un
million de barils par jour. « Pour atteindre cet objectif, il faudrait que le Ve-
nezuela double sa production, qui est
aujourd’hui de 1,3 million de barils (plus
de 3 millions en 2009), estime Paula Vasquez, chercheuse au CNRS. Mais la production d’huile légère à Maracaibo est en
plein déclin par manque d’entretien des
équipements et les huiles lourdes du bassin pétrolifère de l’Orénoque demanderaient des investissements considérables
qui ne peuvent pas être faits aussi rapidement. En fait, les Chinois semblent plutôt
s’être orientés vers le gaz, d’exploitation
plus facile et moins coûteuse. » Pour la
chercheuse, cela bouleverse la géopolitique mise en place par Hugo Chavez, le
Venezuela tournant le dos à la coopération pétrolière régionale au profit du
géant asiatique.
Nicolas Maduro a également annoncé
la création d’une « commission de
conseillers économiques chinois permanents du plus haut niveau » et la venue
d’un représentant de la banque de développement chinoise pour assister la
banque centrale vénézuélienne. « Il
s’agit d’une espèce de tutelle et de super-
© William BEAUCARDET/RTL
F. BATISTA/AFP
PATRICK BÈLE pbele@lefigaro.fr
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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
12
INTERNATIONAL
Procès Hariri : sans preuve, le procureur
pointe le Hezbollah et la Syrie
L’enquête dure
depuis treize ans,
mais bute sur
l’absence de preuves
irréfutables.
TERRORISME « Imaginons que le kamikaze renaisse, il ne serait même pas capable de dire qui l’a envoyé tuer Rafic Hariri ». La confidence d’un ancien
ambassadeur d’Iran au Liban en dit long
sur les difficultés qu’ont rencontrées les
enquêteurs pour remonter jusqu’aux
commanditaires de l’assassinat du premier ministre libanais, le 14 février 2005,
à Beyrouth.
Ce vendredi, au siège du Tribunal spécial pour le Liban, le procureur Norman
Farrell doit terminer de prononcer son
réquisitoire contre quatre « sympathisants du Hezbollah », le mouvement
chiite libanais pro-iranien, jugés in absentia pour complot en vue de commettre un attentat terroriste, homicide volontaire du premier ministre sunnite de
l’époque et 21 autres victimes, et tentative d’homicide de 226 personnes, blessées dans l’explosion. « Une investigation parmi les plus difficiles à réaliser »,
reconnaissait, il y a quelques années,
l’un des juges parmi ceux qui se sont
succédé pour enquêter. Trop de coupefeu. Trop de politisation. Trop d’enjeux !
Quelques heures après l’attentat devant le mythique Hôtel Saint-Georges,
alors que Jacques Chirac, intime de Hariri, est sous le choc à l’Élysée, des bulldozers saccagent la scène de crime. Plus
de trois mois après, le juge allemand
Detlev Mehlis et sa centaine d’enquêteurs commencent leurs investigations.
Mais les seuls prêts à parler sont les
membres du camp Hariri et des Forces
de sécurité intérieure (FSI), qui lui sont
proches. Dans sa première interview à la
presse étrangère, en juillet, Mehlis commet l’erreur de reconnaître dans Le Figaro qu’il a sollicité l’aide d’Israël. La
Syrie, pointée du doigt, se précipite pour
dénoncer « une politisation » de l’enquête. Mehlis est persuadé que l’ordre
syrien régnant au Liban, rien ne peut se
faire sans son aval. Le 6 décembre à
Vienne, il interroge Rostom Ghazaleh, le
proconsul syrien au Liban au moment de
WAEL HAMZEH/EFE
GEORGES MALBRUNOT £@Malbrunot
Un homme tient un portrait
de l’ancien premier ministre
libanais Rafic Hariri, près
d’un monument érigé en
son honneur, à Beyrouth.
l’assassinat de Hariri. « Mehlis l’a fait entrer dans une pièce, ses avocats ont couru
derrière lui, et Mehlis a fermé la porte à clé
devant eux », se souvient Sami Khiami,
alors ambassadeur de Syrie à Londres,
qui avait recruté des avocats pour défendre Damas. « Si vous pensez que vous
pouvez vous en échapper, vous vous trompez, lui dit Mehlis. Nous allons coincer
l’argent de votre famille, à Dubaï notamment. Vous n’aurez plus un sou. En revanche, si vous coopérez, si vous nous donnez
juste un nom. Un nom nous suffit, celui de
quelqu’un qui a été impliqué. » « Mais je
n’ai pas de nom », répond Ghazaleh, qui
mourra en 2015. Detlev Mehlis est
convaincu que si ses limiers ne trouvent
pas le coupable dans les six premiers
mois, la vérité restera à jamais enfouie.
Réseaux fermés de portables
Quelques mois plus tard, la politisation
se poursuit avec la rétractation d’un faux
témoin syrien, Zohair al-Sidiq, soudoyé
par le camp Hariri et exfiltré en France
par la DGSE sur ordre de l’Élysée. Al-Sidiq affirme avoir agi pour impliquer son
pays, qui ne supportait pas que Hariri
s’émancipe de la tutelle syrienne. Le
malaise s’installe. Discrédité, Mehlis
quitte le Liban. Début 2006, le Belge,
Serge Brammertz, son successeur, reprend l’enquête à zéro. Les services de
renseignements français et britanniques
se plaignent de sa rétention d’informations. « Un demi-fou », se souvient un
cadre de la DGSE. En coulisses, une
équipe de limiers des FSI, autour de Samir Shehadeh, a pourtant bien avancé.
Ils ont mis au jour un système de huit téléphones portables – dont seulement six
ont été activés - qui écoutaient Hariri.
Un « réseau vert », reconnaîtra plus tard
Cheikh Nasrallah, le chef du Hezbollah,
destiné à contrer son ennemi du Mossad
israélien. À qui faire part de ces renseignements de première importance ?
Brammertz éconduit les FSI. Dépêché à
Beyrouth au printemps 2006 pour enquêter sur l’assassinat du journaliste
franco-libanais Samir Kassir, le juge
Jean-Louis Bruguière recueille ces données. Sa conviction est faite : l’assassinat
est le résultat « d’un joint-venture syroirano-Hezbollah », habillé en crime salafiste. Mais jusqu’où remonte le niveau
de responsabilité ? Le 21 août 2006, alors
que le Hezbollah vient de résister à 33
jours de frappes israéliennes contre le
Liban, Le Figaro révèle « la piste chiite »
dans l’assassinat de Hariri. Le 5 septembre, Samir Shehadeh est la cible d’un attentat à Beyrouth. Nouvel avertissement
à ceux qui parleraient trop.
Rocambolesque reconstitution
L’investigation progresse. L’analyse
moléculaire des restes d’une dent permet de localiser l’origine géographique
du kamikaze, exposé à une quantité importante de plomb, comme en Irak. Le
4 × 4 Mitsubishi, qui s’est projeté contre
le convoi de Hariri, a été volé au Japon,
embarqué pour Chardja dans le Golfe, où
il est démonté et le châssis refait, avant
d’être débarqué au port libanais de Tripoli. Il aurait été piégé – 1 850 kilos d’explosif militaire RDX – dans un camp palestinien, ou dans la plaine de la Bekaa,
autre zone de non-droit au Liban. Une
sophistication qui rend nécessaire le recours à un service étatique ou quasi étatique. On pense à la Syrie ou au Hezbollah. Mais les enquêteurs butent sur le
détonateur, qui signerait le crime. « Ils
ont beaucoup d’appels enregistrés, mais
peu de contenus », nous confiait alors le
général Philippe Rondot, maître espion
qui le jour de l’assassinat de Hariri se
trouvait dans le bureau d’un des princi-
Yameen entend
renforcer sa mainmise
sur les Maldives
Candidat à sa succession, l’autocrate régnant sur
l’île touristique bénéficie du soutien des islamistes
et ne se privera pas d’avoir recours à des fraudes.
EMMANUEL DERVILLE £@e_derville
A
NEW DEHLI
ASIE DU SUD Dimanche matin, à l’heure
où des milliers de touristes occidentaux se
réveilleront devant les eaux turquoise des
Maldives, la population se rendra aux urnes pour l’élection présidentielle. Le scrutin est décisif pour l’avenir du pays. « Soit
nous rétablissons la démocratie, soit nous
basculons pour de bon dans la dictature »,
prévient le directeur d’une ONG locale.
Six ans après la chute du premier président démocratiquement élu, Mohamed
Nasheed, l’élection pourrait voir le président Abdulla Yameen consolider sa dictature dans cette nation de 417 000 habitants, où l’islam sunnite est la seule
religion autorisée et où les combattants
de Daech jouissent de la bienveillance des
autorités. Si l’opposition s’est unie derrière le candidat du Parti démocratique
des Maldives (MDP), Ibrahim Solih, certains estiment qu’elle n’a aucune chance.
« Plusieurs journalistes et représentants de
la société civile pensent que Yameen va
manipuler les résultats et qu’il ne va pas lâcher le pouvoir. Pour eux, les dés sont pipés », observe Henri Malosse, président
du Comité économique et social européen, qui est allé sur place en août pour
une mission d’observation avec trois députés du Parlement de Strasbourg.
La liste des irrégularités qui ont émaillé
la campagne est longue. Le directeur de la
Commission électorale est l’ancien secrétaire général du parti de Yameen. Le MDP
accuse la Commission d’avoir confié les
bureaux de vote à des militants pro-Yameen. « Nous avons reçu des plaintes à ce
sujet », confirme une ONG qui ne souhaite pas être citée par peur des représailles.
Sur Twitter, des électeurs ont affirmé
avoir reçu des offres d’achats de leur carte d’identité pour 550 à 1 380 euros, afin
de copier ces documents et créer de faux
électeurs. « L’élection a été systématiquement truquée en faveur du parti sortant »,
déplore Maryam Shiuna, la directrice de
Transparency Maldives.
Des journalistes étrangers ont été écartés par une procédure de visa proche du
racket. La Commission électorale a mis
Le président des Maldives, Abdulla Yameen, en campagne le 7 septembre à Malé,
la capitale de l’archipel touristique. AHMED SHURAU/AFP
Le Figaro en contact avec un intermédiaire, point de passage obligé pour déposer une demande. L’homme a exigé
300 dollars de frais de visa par journée de
séjour. « Il y a beaucoup de papiers à fournir », a justifié cet intermédiaire, un certain Ibrahim Moosa, directeur général du
groupe hôtelier Sunny Suites Maldives.
Mansuétude à l’égard
des combattants de Daech
« Le président Yameen recueillerait au
maximum 30 % des voix si le scrutin était
régulier. Mais faute d’une justice indépendante, une victoire de l’opposition n’aurait
aucune importance. La Cour suprême annulerait le résultat jusqu’à ce que Yameen
soit élu », explique John-James Robinson, auteur d’un livre de référence sur les
Maldives et ancien rédacteur en chef du
site d’information local Minivan News.
Le 6 septembre, le département d’État
américain a menacé de sanctions « les individus qui entravent […] un processus
électoral libre et équitable » aux Maldives.
L’Union européenne a dressé une liste
provisoire de 41 personnes proches de
Yameen qui risqueraient un gel de leurs
avoirs et une interdiction de séjour si
l’élection est irrégulière.
L’opposition refuse de boycotter le
scrutin en espérant que les sanctions, une
fois en place, pousseront les magnats du
tourisme à lâcher le président Yameen
pour protéger leurs intérêts. Le tourisme
est le pilier de l’économie, et le pays a accueilli 1,2 million de vacanciers en 2016
dont 40 000 Français. Le secteur est
contrôlé par quelques hommes d’affaires
influents. « La menace de sanctions fait
peur aux alliés de Yameen. Certains d’entre eux ont commencé à prendre leurs distances. S’il gagne l’élection, Yameen sera
isolé. Qu’il perde ou qu’il l’emporte, il est
paux chefs des services de renseignements syriens.
Les années passent. À Paris, Nicolas
Sarkozy succède à Jacques Chirac. Dans
la corbeille du rapprochement francosyrien, Assad a une exigence : que Paris
en finisse avec la politisation de l’enquête. Message reçu. Mais en 2010, la France
oublie sa promesse. Elle laisse l’ONU organiser une rocambolesque reconstitution du crime sur la base militaire de
Captieux dans le Sud-Ouest. Comble de
la maladresse : on va jusqu’à penser utiliser des porcs, animal impur en islam, à
la place des passagers du convoi de Hariri. L’épisode de Captieux ne débouche
sur rien, mais Assad est furieux. Claude
Guéant, qui travaille au rapprochement
avec Damas, devra calmer les Syriens.
À La Haye, le procureur a énuméré
tous les indices de l’enquête, pointant
« un groupe soutenu par un sponsor exceptionnellement bien doté en ressources ». Mais les preuves manquent sur
une réelle implication du Hezbollah et
sur celle du sponsor syrien. Moustapha
Badreddine, personnage central pour
l’accusation, est mort en défendant le
régime d’Assad en Syrie en 2012. Le jugement sera rendu début 2019. ■
pris au piège », parie un haut responsable
du MDP qui veut rester anonyme.
L’affirmation peut sembler audacieuse.
Depuis son élection en 2013, Abdulla Yameen a écarté ses rivaux. Il a fait emprisonner son demi-frère, Maumoon Abdul
Gayoom, qui a dirigé les Maldives de 1978
à 2008. L’ancien président Mohamed
Nasheed a été condamné pour « terrorisme » en 2015 et vit à l’étranger. Face aux
sanctions occidentales, Abdulla Yameen
est soutenu par Pékin, qui a débloqué
1,3 milliard de dollars de prêt pour la modernisation de l’aéroport de Malé, la
construction d’un pont et un programme
immobilier.
Enfin, Yameen s’appuie sur les islamistes. Son colistier et ministre des Affaires
islamiques, Mohamed Shaheem, est connu
pour ses opinions antisémites. En 2010, il
avait participé à un mouvement de protestation qui accusait une ONG ophtalmologique israélienne, venue à Malé pour dispenser des soins gratuits, de trafiquer des
globes oculaires. Le régime fait aussi preuve de mansuétude à l’égard des combattants de Daech revenus du Proche-Orient.
« Il n’y a eu aucune poursuite à leur encontre », indique James-John Robinson.
Parmi les recrues de l’organisation en
Irak et en Syrie, les Maldives comptaient
le deuxième plus gros contingent par million d’habitants avec 200 à 300 hommes
d’après une étude du Soufan Group parue
en 2015. Révélateur d’un islam radical qui
gangrène le corps social. Fin août, dans le
nord de l’archipel, des habitants ont fêté
l’Aïd en rejouant le 11 Septembre. Une
maquette d’avion, suspendue à un filin,
est allée percuter une réplique du World
Trade Center ornée d’un drapeau américain. La tour a pris feu quelques instants
plus tard sous le regard de figurants cagoulés et armés de fusil en bois. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
SOCIÉTÉ
13
DEYAN GEORGIEV/STOCK.ADOBE.COM
Les violences sexuelles,
ce fléau oublié par l’État
Pour la première fois en dix-sept ans, un rapport propose des pistes
afin de mieux prendre en charge les auteurs de ces agressions.
STÉPHANE KOVACS £@KovacsSt
PRÉVENTION Quelque 40 000 plaintes
déposées en 2017 pour violences sexuelles, 777 000 victimes recensées par l’Ined
deux ans plus tôt, et une « tendance à la
baisse des condamnations depuis le début
des années 2000 »… Pour la première
fois depuis dix-sept ans, des experts se
sont penchés sur « les auteurs de violences sexuelles » : comment prévenir, évaluer et prendre en charge ? se sont-ils
interrogés.
Révélé jeudi par France Info, leur rapport, rédigé sous la présidence de JeanMarie Delarue, ancien contrôleur général
des lieux de privation de liberté, liste une
trentaine de propositions, avec un fort
accent sur la prévention. « Le VIH, la violence routière, le tabac font l’objet d’ambitieuses politiques de prévention en France,
font remarquer les auteurs. Ce n’est pas le
cas des violences sexuelles. En l’absence de
politique publique de prévention, ce sont
les victimes elles-mêmes qui, via les mouvements Me too et Balance ton porc, ont
alerté l’opinion. »
Une prévention qui commencerait dès
la petite enfance, comme l’a recommandé le Dr Violaine Guérin*, gynécologue et
présidente de l’association Stop aux violences sexuelles (SVS), qui fut auditionnée pour ce travail. Le rapport propose
de « développer au sein des réseaux de
PMI [protection maternelle et infantile]
des consultations de soutien à la parentalité auprès des familles impactées par les
problématiques de violence sexuelle, afin
d’en prévenir précocement les effets à long
terme ». Pour éviter le premier passage à
l’acte, il attache une attention particulière aux enfants de moins de 12 ans : il faudrait « faire bénéficier d’une prévention
spécifique » ceux qui se livrent à « des
comportements sexuels problématiques ».
Et leurs parents « doivent, sauf exception,
y être associés ».
Numéro vert
Il faudrait ensuite prévoir, poursuivent
les spécialistes, « des interventions tout au
long d’un cursus d’études, primaires et secondaires, sur l’hygiène, la sexualité, la
prévention des violences et des addictions ». Élaborer des programmes de prévention destinés à des publics particuliers : « personnes âgées, migrants,
LGBT ». Ces interventions doivent « reposer sur une pluralité d’intervenants et
non uniquement des enseignants ». Un
renforcement de « la formation continue
des professionnels de santé (médicaux et
paramédicaux) et des psychologues », est
également préconisé.
Un numéro vert à destination des pé-
Pour éviter le premier passage à l’acte, le rapport attache une attention particulière
aux enfants de moins de 12 ans. Ceux qui se livrent à « des comportements sexuels
problématiques » devraient bénéficier d’une prévention spécifique.
dophiles ou des personnes ressentant une
attirance sexuelle pour les enfants est en
cours de création. Cette ligne d’écoute
devrait être ouverte en juin prochain.
« C’est important que les gens puissent
appeler, mais après qu’est-ce qu’on fait ?
pointe le Dr Guérin. Il faut les prendre en
charge, ensuite ! Surtout, il y a un problème avec la loi, car aujourd’hui, si vous
connaissez quelqu’un qui a commis des
violences sexuelles, vous devez le signaler ! » Très souvent, indique-t-elle, « des
victimes se rendent compte en cours de
soins qu’elles ont aussi été auteurs mineurs ». Sur quelque 80 victimes suivant
le parcours de SVS, « trois nous ont de-
mandé de faire une deuxième année de
soins en tant qu’auteur mineur ».
Le rapport suggère aussi de « garantir
aux sortants de prison la possibilité de
consultations ambulatoires » et d’« augmenter le nombre des structures prenant
en charge les mineurs auteurs de violences
sexuelles ». Une prise en charge spécifique dont Martine Brousse, présidente de
l’association La Voix de l’enfant, souligne
l’urgence : « Il faut agir le plus tôt possible
car les auteurs mineurs sont de plus en plus
nombreux. » ■
* Auteur de Pédophiles et autres auteurs
d’agressions sexuelles,
Éditions Tanemirt, 2016
Les accusés ont pris le taxi pour commettre leur crime
Au 4e jour du procès Pastor, les chauffeurs qui ont convoyé les meurtriers évoquent une « course habituelle » et des clients polis.
STÉPHANE DURAND-SOUFFLAND
sdurandsouffland@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL À AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE)
PROCÈS « Il était pour moi inconcevable de
prendre un taxi pour un événement comme
ça. » Claude G., 59 ans, est un chauffeur
de taxi élégant, au vocabulaire choisi.
Avec sa veste bleu clair et sa chemise
blanche, il a de faux airs de Philippe Labro. Le 6 mai 2014, près de la gare de Nice,
il a chargé un client un peu pressé qui
voulait se rendre à l’hôpital de l’Archet.
Pressé, mais « poli », il dit bonjour, s’excuse quand, alors qu’on roule sur la promenade des Anglais, il répond à son portable, dit au revoir après avoir payé.
« Une course tout à fait habituelle »,
conclut le chauffeur, que le sweat à capuche de son passager bien élevé n’a pas intrigué car « des encapuchonnés, on en a
pas mal ». Difficile pour lui de l’identifier,
puisqu’il portait une casquette rouge estampillée « Grand Prix de Monaco »
– coïncidence macabre : Mme Pastor était
monégasque – et de grosses lunettes de
soleil, tenue banale en mai, à Nice. Et
puis, « dans le rétroviseur, on a une vision
restreinte », précise Claude G.
Selon l’accusation, l’homme du taxi
n’est autre qu’Al Haïr Hamadi. C’est lui
qui aurait fait le guet devant l’hôpital pour
indiquer à son complice que le monospace
d’Hélène Pastor, conduit par Mohamed
Darwich, allait arriver à portée de fusil.
Le tireur présumé, Samine Saïd Ahmed,
avait pris un autre taxi, appelé, comme le
précédent, à l’aide d’un mobile grâce
auquel la police arrêtera tous les accusés du
procès d’Aix-en-Provence. Le chauffeur,
Christophe G., 35 ans, n’a pas grand-chose
à dire de ce client également très correct.
« Pouvez-vous le décrire ? », demande le
président Guichard. « Pfff… Un monsieur
noir un peu corpulent, qui ressemble au rappeur Rohff. » Puis : « Sachant que j’ai transporté cette personne, ça fait bizarre. »
Une course à « 350-400 euros »
Après le crime, les deux hommes rentrent chez eux, à Marseille, en taxi, mode
de transport tout sauf discret auquel ils
ont pris goût. Le troisième chauffeur,
Pascal C., 54 ans, se souvient de cette
course à « 350-400 euros », réglée cash
dès le départ. Moins au fait des célébrités
de la scène musicale que de l’actualité
sportive, il estime que ses passagers ressemblaient respectivement « à Mathieu
Bastareaud et à Sidney Govou », soit un
rugbyman (Samine Saïd Ahmed ?) et un
footballeur (Al Haïr Hamadi ?).
Comme à ses deux collègues, le président demande au chauffeur du Nice-Marseille si, quelques jours plus tard, il a reconnu des individus sur les photos de MM.
Saïd Ahmed et Hamadi tirées des vidéosurveillances. Pascal C. : « Ben oui, évidemment, on les voyait entrer dans mon taxi ! » ■
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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
14
SCIENCES
Découverte de magnifiques fresques
de l’époque romaine en Jordanie
Des archéologues français participent à l’analyse de riches peintures recouvrant les parois d’un tombeau
et semblant décrire la fondation de l’ancienne cité de Capitolias, dans une région reculée de l’Empire romain.
L'Empire romain à la fin du Ier siècle après J.-C.
Londinium
I ta l ie
Rome
Byzance
Corduba
Athènes
Carthage
Antioche
Bayt Ras
(Capitolias)
Damas
M e r M é d i te r ra n
ée
200 km
Détail d’une frise
où fourmillent
près de 260 personnages
saisis dans leur vie
quotidienne.
Jérusalem
Alexandrie
Infographie
VINCENT BORDENAVE £@bordenavev
ARCHÉOLOGIE La récente découverte
d’une tombe magnifiquement décorée
dans le nord de la Jordanie pourrait nous
en apprendre un peu plus sur un coin de
l’Empire romain encore très méconnu. Il
y a deux mille ans, l’Empire s’étendait du
mur d’Hadrien (construit en 122 après
J.-C. dans le sud de l’Écosse actuelle) jusqu’au-delà des rives du Jourdain. Un
empire gigantesque qui a connu son apogée sous la dynastie des Antonins, au
deuxième siècle de notre ère. À l’est, dans
l’actuelle Jordanie, dix cités-États bénéficiaient d’un statut un peu particulier et
portaient le nom de Décapole. La plupart
d’entre elles ont été fondées pendant la
période hellénistique, entre la mort
d’Alexandre le Grand et la conquête romaine, en 63 avant J.-C. L’alliance de ces
villes dans une sorte de ligue était un
moyen de favoriser les relations commerciales entre elles et de se défendre
face à leurs voisins. La conquête romaine
et la Pax Romana sont donc, paradoxalement, perçues comme une libération
pour ces cités de culture grecque. Rome
encouragea la croissance des dix villes,
leur permettant une autonomie politique
au sein de sa sphère de protection. Elles
frappent donc leur propre monnaie et on
y parle l’araméen, qui s’écrit avec l’alphabet grec. Petit à petit, cette alliance de
villes disparaîtra, absorbée par le décou-
page administratif romain. Le terme de
Décapole cesse même d’être utilisé après
le règne de l’empereur Trajan (98-117).
C’est à la faveur de travaux d’entretien
de la voirie en 2016 dans la ville de Bayt
Ras, dans le nord-est de la Jordanie, que
ce trésor archéologique a été découvert.
Après avoir gardé le secret et en avoir sécurisé l’accès pendant près de deux ans,
le département jordanien des antiquités
vient tout juste de révéler l’existence de
cette structure souterraine, creusée à
flanc de colline. Une équipe d’archéologues français du CNRS a pu se rendre sur
les lieux à deux reprises, en 2017 et 2018.
Ils présenteront les résultats de leurs analyses à Florence, en janvier 2019, lors du
14e congrès d’archéologie jordanienne.
Avec le soutien du :
QUE FAIRE APRÈS
LE BAC ?
Ils dévoilent toutefois les premières photos des fresques dans le Journal du CNRS.
« Ce tombeau, composé de deux chambres funéraires et contenant un très grand
sarcophage en basalte, est dans un excellent état de conservation. Il appartient à
une nécropole située à l’est d’un imposant
théâtre mis au jour dernièrement », s’enthousiasme Julien Aliquot*. Ce dernier est
l’un des trois chercheurs du laboratoire
histoire et sources des mondes antiques
(HiSoMA) à avoir foulé cet hypogée aux
printemps 2017 et 2018, lors de deux missions sur place.
« Hélas pour moi ! Je suis mort ! »
Des éléments de datation précise sont attendus pour ce tombeau dont on sait qu’il
a été pillé à une époque ancienne. L’ensemble se trouve sur le site de l’ancienne
cité de Capitolias, fondée à la fin du
Ier siècle de notre ère et intégrée dans la
Décapole. L’accès actuel se fait par la
tranchée ouverte dans la rue, près d’une
école. Plusieurs aménagements sont visibles dans cette pièce de 43 m2 qui a connu
plusieurs phases d’installation. Une petite pièce annexe sans peintures ménageait
un espace où étaient déposés plusieurs
corps. Sur les trois côtés de la première
pièce se dessine une frise, représentant
près de 260 personnages. Au plafond se
déploie une composition marine parcourue par des Néréides (nymphes marines
de la mythologie grecque) chevauchant
des animaux marins et accompagnées
d’Amours. Au milieu du plafond, un
grand médaillon qui associe les signes du
zodiaque et les planètes est occupé en son
centre par un quadrige vu de face.
« Ce fourmillement de figures compose
un récit qui s’ordonne de part et d’autre
d’un tableau central représentant un sacrifice offert par un officiant aux divinités
tutélaires de Capitolias et de Césarée maritime, la capitale provinciale de la Judée »,
ajoute Julien Aliquot. Ces incroyables
fresques décrivent des scènes de la vie
quotidienne et raconteraient les différentes étapes de la fondation de la cité. « Selon notre interprétation, le personnage enseveli dans le tombeau a toutes les chances
d’être celui qui s’est fait représenter en officiant dans la scène du sacrifice du tableau
central, et d’être par conséquent le fondateur de la cité, commente le chercheur
Pierre-Louis Gatier. Son nom n’est pas
encore identifié mais pourrait être gravé
sur le linteau de la porte qui reste à dégager. » Des personnages faisant penser à
des architectes ou à des contremaîtres
côtoient des ouvriers qui assurent le
transport de matériaux à dos de chameau
ou d’âne, ainsi que des tailleurs de pierre
ou des maçons qui montent des murs,
non sans accident.
En plus de ces fresques uniques, le
tombeau abrite une soixantaine de textes
peints en noir et rédigés en araméen. Ces
inscriptions accompagnent au moins un
quart des différents personnages, ce qui
donne à l’ensemble une allure de bande
dessinée antique. « Elles décrivent les activités des personnages qui parlent en expliquant ce qu’ils font : “Je taille (la pierre).” “Hélas pour moi ! Je suis mort !”. Ce
qui est, là encore, exceptionnel », raconte
le chercheur Jean-Baptiste Yon. ■
*Toutes les citations de chercheurs sont
tirées du Journal du CNRS (lire ci-dessous).
PARIS
SAMEDI 06 OCT.
LYON
Un expert travaille sur un fragment de fresque découverte dans la tombe.
SAMEDI 13 OCT.
UNIVERSITÉS
CONFÉRENCES
GRANDES ÉCOLES
ATELIERS
Une découverte longtemps gardée secrète
et une communication cafouilleuse
ÉCOLES SPÉCIALISÉES
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Est-ce la peur d’une malédiction liée
à la découverte du tombeau ? Aucun
chercheur français n’a en tout cas
accepté de commenter au Figaro
cette fabuleuse découverte.
L’existence de ce tombeau mis
au jour en 2016 est restée secrète
pendant deux ans. Afin de protéger
le site, les autorités ont mis en place
un consortium international
pour l’étudier. À l’aide d’un soutien
financier de Schep, une structure liée
à l’Acor (American Center of Oriental
Research, Amman), le projet a
démarré avec des interventions
du CNRS et de l’Ifpo (Institut français
du Proche-Orient). C’est dans ce
cadre que des chercheurs français
ont pu, par deux fois se rendre sur les
lieux. Leurs commentaires et leurs
photos ont été publiés cette semaine
sur le site du Journal du CNRS, mais
les archéologues ont ensuite refusé
de s’exprimer sur le sujet, avant, le 14e
congrès d’archéologie jordanienne,
V. B.
à Florence fin janvier 2019.
BAYT RAS PROJECT PARTNERS/USAID SCHEP /
Lutèce
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LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
SPORT
Judo français,
sans Riner,
point de salut
Cyrille Maret (ici, lors
du tournoi de Paris en
février) est la meilleure
chance de médaille aux
championnats du monde
de Bakou (Azerbaïdjan).
Alors que les Mondiaux ont débuté hier,
l’équipe de France masculine n’attend pas
de miracle en l’absence de son chef de file.
CÉDRIC CALLIER ccallier@lefigaro.fr
JUDO Teddy Riner. Ses deux titres
olympiques, ses dix médailles d’or mondiales. Un géant. Mais aussi un arbre,
immense, cachant la forêt. Brillante
chez les femmes, l’équipe de France peine à exister depuis plusieurs années chez
les hommes. Ce que la réussite de sa tête
de gondole a masqué au fil de ses triomphes. Sauf que, cette année, pour les
championnats du monde à Bakou (Azerbaïdjan) qui ont débuté hier jeudi, Riner
a décidé de mettre les pouces, le corps
usé par tant de conquêtes et la volonté
de durer jusqu’à Paris 2024. Et, sans lui,
place à la peur du vide. Pour trouver trace d’un autre judoka français sacré
champion du monde, il faut remonter à
l’édition 2013, lorsque Loïc Pietri avait
conquis le titre des moins de 81 kg. Un
millésime glorieux avec aussi l’argent
d’Ugo Legrand et le bronze d’Alain Schmitt. La belle époque.
A contrario, l’an dernier, seul Riner
était monté sur le podium chez les hommes. Tout un symbole. Même constat
lors des derniers championnats d’Europe, où seul Cyrille Maret a évité le zéro
pointé au sexe supposé fort avec l’argent en moins de 100 kg, pendant que
les femmes, elles, glanaient quatre médailles. Un constat valable aussi chez les
jeunes puisque, lors des récents championnats d’Europe juniors, en individuel les quatre podiums furent obtenus
par des judokates. Le signe que le mal
est profond, même si Stéphane Traineau, le nouveau responsable des équipes de France depuis novembre dernier,
réfute le terme de crise. « Non, il n’y a
pas de crise. L’équipe féminine est mature, avec des judokates qui ont déjà beaucoup de bouteille et qui étaient médaillées
aux JO 2012. Chez les garçons, c’est différent. Il y a un grand bouleversement.
Hormis Cyrille Maret, la plupart sont des
nouveaux. Il y a un cycle qui est en train
de se mettre en place, ce qui nécessite
beaucoup de travail. »
« Élever nos standards »
Concrètement, en Azerbaïdjan, cela se
traduira par une équipe fortement renouvelée, avec cinq novices à ce stade
de la compétition (Luka Mkheidze, éliminé d’entrée hier en - de 60 kg, Daniel
Jean, Guillaume Chaine, Alpha Djalo et
Aurélien Diesse). Dans la catégorie des
plus de 100 kg, celle habituellement dévolue à Riner, la France n’alignera…
personne. « C’est un choix, explique
Traineau. Nous avions engagé Hamza
Ouchani lors des championnats d’Europe
et méditerranéens mais il vient de se faire
opérer de la cheville, donc il ne pouvait
pas être là. Et derrière, nos autres lourds
sont trop loin pour l’instant du niveau international. Cela ne servait à rien de les
exposer bêtement. Il vaut mieux qu’ils
continuent de s’entraîner et de disputer
des tournois moins relevés pour prendre
de l’expérience. » Autrement dit, en
l’absence du patron, inutile de chercher
un remplaçant.
1
seul titre mondial
pour les Français (hormis Teddy Riner)
depuis 16 ans.
Contre 10 pour les judokates bleues
durant la même période.
Pendant longtemps deuxième nation
mondiale derrière l’inamovible Japon,
la France a clairement reculé dans la
hiérarchie masculine (hors Riner, intouchable numéro un mondial, 48e est le
rang moyen au classement mondial des
Français dans les sept autres catégories). Pour Christophe Massina, l’un des
deux entraîneurs nationaux, « l’équipe
de France doit de nouveau faire peur, ce
qui n’est plus tout à fait le cas, Teddy Riner mis à part ». Avant d’ajouter, réaliste : « C’est une équipe en complète reconstruction. On ne s’attend pas à des
miracles. L’équipe de France masculine a
encore du mal à sortir la tête de l’eau et à
réaliser des résultats marquants. »
Quant à savoir si l’encadrement s’est
trop reposé sur les larges épaules de Riner, Franck Chambily, le responsable de
l’équipe masculine (et accessoirement
entraîneur du Guadeloupéen), se veut
clair : « Je ne pense pas. C’est sûr qu’il est
seul au monde, hors normes. Mais la Fédération a toujours misé sur l’ensemble de
l’équipe. Simplement, peut-être que notre
méthode et notre filière sont en bout de
course et qu’il faut être novateur. Il faut
être plus dans la rigueur, s’interroger sur
ce qu’est aujourd’hui un judoka de haut
niveau qui ramène des médailles et comment on le prépare à cela. Notre système
actuel a peut-être vécu par rapport à
cela. Nous avons essayé de l’améliorer
mais la solution est peut-être de le casser
et faire autre chose. »
L’heure d’une révolution salutaire ?
Possible pour une discipline qui avait
souffert d’une grève d’un entraînement
en octobre 2017, symptomatique de ses
tourments. Même si le conflit – qui opposait alors entraîneurs de clubs et encadrement national – a depuis été réglé
et que l’ambiance de travail est de nouveau porteuse d’espoirs, il n’en reste pas
moins que le judo masculin hexagonal
demeure à la peine face à l’émergence
de nouveaux pays.
« Le judo mondial est en constante
progression et il n’y a plus de petites nations, analyse Cyrille Maret, la meilleure
chance de médaille à Bakou. Auparavant, nous avions une certaine facilité
pour faire partie du Top 3 mondial et ce
n’est plus le cas. Il va falloir continuer à
travailler fort et se servir de cette progression du niveau global pour élever nos
standards. Car nous n’avons pas perdu
notre capacité à être performant. Il faut
juste se poser les bonnes questions. »
Même si les Jeux olympiques à Paris ne
sont que dans six ans, il y a en effet déjà
urgence. ■
PAPON BERNARD/PRESSE SPORTS
15
ZOOM
Football : la presse anglaise
félicite les héros lyonnais
Auteur d’un exploit inattendu
(2-1) sur la pelouse de Manchester
City, mercredi soir en Ligue
des champions, Lyon reçoit
des louanges de toutes parts. Ainsi
le Guardian évoque des Citizens
que « le 3e de Ligue 1 de la saison
dernière a fait passer par moments
pour des amateurs ». Le Mirror,
lui, titre « Agneaux 1, Lyons 2 ».
EN BREF
Football : Ronaldo en colère
La star portugaise ne digère pas
son expulsion, la première
de sa carrière en Ligue des
champions. « Honte au football.
Ils veulent détruire mon frère,
mais Dieu ne dort jamais »,
a écrit sur Instagram Katia Aveiro,
sa sœur aînée.
Dopage : suspension levée
pour le laboratoire russe
L’AMA a décidé de lever
la suspension de l’agence russe
antidopage Rusada, frappée
de sanctions pour le système
de dopage institutionnel ayant eu
cours en Russie entre 2011 et 2015.
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vendredi 21 septembre 2018
16
LE CARNET DU JOUR
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Ordination,
Vœux
monastiques.
Reprise des annonces sur :
www.carnetdujour.lefigaro.fr
www.dansnoscoeurs.fr
Pour sa huitième édition,
le Prix Claude Pompidou
pour la recherche
sur la maladie d'Alzheimer
a été décerné dans les locaux
de l'Institut Claude Pompidou,
à Nice, le 14 septembre 2018,
au professeur Guylène Page,
directrice de l'unité
neuro-vasculaire
et troubles cognitifs
de l'université de Poitiers.
Le Prix d'un montant
de 100 000 euros va permettre
à cette équipe scientifique
de doter son laboratoire
de matériels de haute
technologie nécessaires à ses
travaux sur l'environnement
chimio-thérapeutique des
cellules du sang périphérique
dans la maladie d'Alzheimer.
Aider la Fondation
Claude Pompidou
c'est aussi lutter contre
la maladie d'Alzheimer.
Fondation Claude Pompidou
42, rue du Louvre, 75001 Paris.
deuils
01 70 37 31 70
Etienne Fournier,
sœur Marie-Claire,
Jean Fournier,
Bernard Fournier,
ses enfants,
et ses petits-enfants,
Mme Simone Bertrand,
sa sœur,
M. Fernand Fournier,
M. Pierre Frelet,
ses beaux-frères,
et leurs familles,
les familles Fournier,
Changarnier, Guilleminot,
Boirin, Regnier, Mars,
Mencarelli et Girardot,
ses cousins,
ont la grande douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Roger FOURNIER
née Christiane Fournier,
le dimanche 16 septembre 2018,
à l'âge de 91 ans, munie
des sacrements de l'Église.
Pont-Aven, Nizon (Finistère).
Tallende (Puy-de-Dôme).
Il a plu au Seigneur
de rappeler à Lui,
Son serviteur,
Isabelle Bard,
Martine et Nicolas Haffner,
Gilles-Mary et Marie-Josèphe
Terisse,
ses enfants,
Xavier
de LA VILLEMARQUÉ
de CORNOUAILLE
chef de nom et d'armes
de la maison Hersard,
décédé dans la paix,
au manoir du Plessis, à Nizon,
le 19 septembre 2018,
à l'âge de 83 ans.
Dominique
de La Villemarqué,
son épouse,
M. Jean Pierre Capoulade,
M. et Mme Denis Capoulade,
Mme Agnès Parent de Curzon,
M. et Mme
Christian Capoulade,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
les familles Franc, Tournillon,
Jeanjean
vous font part du rappel à Dieu
le 16 septembre 2018,
dans sa 93e année, de
le 18 septembre 2018,
dans sa 98e année
et la grande joie de la savoir
auprès du Seigneur, munie
des sacrements de l'Église.
Condoléances sur registres.
Des prières et des messes.
« Je ne meurs pas,
j'entre dans la Vie. »
Pierre CAPOULADE
officier de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
conseiller honoraire
à la Cour de cassation,
ancien chargé d'enseignement
à la faculté de Droit,
professeur honoraire
à l'Institut construction
habitation (ICH)
(CNAM Paris),
lauréat de l'Académie des
sciences morales et politiques.
La cérémonie religieuse
sera célébrée à Paris (16e),
en l'église
Saint-Pierre-de-Chaillot,
le mardi 25 septembre,
à 14 h 30.
L'inhumation se fera
dans le caveau de famille,
au cimetière de la Villette,
rue d'Hautpoul, à Paris.
Ni fleurs ni couronnes.
Quête pour des messes.
Chantal Fragonard,
née Delcamp, son épouse,
Marie-Victoire et Mathieu
Massie,
Ariane Fragonard Monnier,
Alexandra Fragonard,
ses filles et gendre,
Marie-Gabrielle, Louis et Paul,
Charlotte et Pierre,
ses petits-enfants,
Bertrand et Frédérique
Fragonard,
Christine Devaud,
Marie-Madeleine Fragonard,
ses frère, sœur et belles-sœurs,
sa famille et tous ses amis
font part du rappel à Dieu,
le 19 septembre 2018, de
La cérémonie religieuse sera
célébrée en l'église Saint-Léon,
à Anglet (Pyrénées-Atlantiques),
ce vendredi 21 septembre 2018,
à 16 h 30.
Daphné, Maxime, Renaud,
Alexis, Amaury, Margaux,
Cléophée, Iris, Côme,
Louise, Jean, Inès,
Margot, Camille, Sasha,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Hubert GUIONIN
née Jacqueline Ardant,
le 26 août 2018,
à l'âge de 98 ans.
Les obsèques ont eu lieu
dans l'intimité familiale.
Ils rappellent le souvenir
de son fils,
Olivier
décédé il y a dix ans.
Mme Philippe Lambert,
née Chantal Magrou,
son épouse,
Bruno et Marie Lambert,
Béatrice et Guy Pinon,
Christine et Pascal Jabet,
Marc Lambert
et Rafael Rodriguez,
Capucine et Vincent
Fremin du Sartel,
Amélie et Marc Walter,
ses enfants,
ses petits-enfants,
ses arrière-petits-enfants
vous font part du décès,
le 19 septembre 2018,
dans sa 90e année, de
La cérémonie religieuse
sera célébrée le lundi
24 septembre 2018, à 10 h 15,
en l'église Stella-Matutina,
68, avenue du Maréchal-Foch,
à Saint-Cloud
(Hauts-de-Seine).
L'inhumation aura lieu
à 16 heures, au cimetière
de Cormeilles-en-Parisis
(Val-d'Oise), rue Paul-Bloch.
Evreux (Eure).
Naissance
Annoncez-la dans le carnet du jour
Pascal et Brigitte Lissot,
Marie-Caroline Lissot
et leurs enfants
ont la douleur
de faire part du décès de
Mme Nicole LISSOT
survenu le 17 septembre 2018,
à l'âge de 95 ans, à Evreux.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Taurin, à Evreux, le lundi
24 septembre 2018, à 10 heures.
© Thinkstock
Versailles.
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Mont-Saint-Aignan
(Seine-Maritime).
Surville (Calvados).
Claude et Agnès
de Pellegars-Malhortie,
Philippe et Agnès
de Pellegars-Malhortie,
Eliane et Philippe Pinguet,
Guy et Nathalie
de Pellegars-Malhortie,
Pierre et Marie-Laure
de Pellegars-Malhortie,
ses enfants,
Thomas et Laure,
Quentin et Valentine,
Aude et Antoine, Geoffroy,
Auriane, Marie-Camille
et Jean-Raphaël,
Clémence et Julien,
Romain et Julia,
Martin, Alice, Eloi, Paul,
Mathieu, Pauline, Charlotte,
ses petits-enfants,
Solène, Brune, Agathe, Victor,
Augustin, Léon-Pierre,
ses arrière-petits-enfants,
Ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la douleur
de vous faire part du décès de
René MOTTET
ingénieur des Arts et Métiers,
survenu dans sa 97e année,
le 15 septembre 2018.
Mme Guy TERISSE
née Anne Villemin,
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 24 septembre,
à 14 h 30, en l'église
de Saint-Amant-Tallende,
suivie de l'inhumation
au cimetière des Carmes,
à Clermont-Ferrand.
Mme Terisse repose
au funérarium de Beaumont,
15, rue Jules-Verne.
hommages
À l'occasion de
la Journée mondiale Alzheimer, la
Fondation Vaincre Alzheimer
rend hommage à toutes celles
et tous ceux qui, par leurs dons
et leur legs, ont contribué
à faire avancer la recherche.
47, rue de Paradis,
75010 Paris.
Téléphone : 01 42 46 50 86.
remerciements
ses belles-sœurs
ainsi que toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Emmanuelle
de PELLEGARS-MALHORTIE
née Idylle,
le 17 septembre 2018,
dans sa 94e année.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le mardi 25 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Martin de Surville,
suivie de l'inhumation
au cimetière.
Un registre à condoléances
sera disponible à l'église.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Philippe LAMBERT
muni des sacrements
de l'Église, entouré des siens.
Paul Villemin,
son frère,
ses treize petits-enfants
La messe sera célébrée
en l'église Saint-Jean-Baptiste
de Saint-Jean-de-Losne,
le lundi 24 septembre, à 14 h 30,
suivie de l'inhumation
dans l'intimité de la famille.
Arnaud et Coralie,
Véronique et Guillaume,
Stéphanie et Frédéric,
Agathe et Philippe,
Laure et Eric, Charles,
ses petits-enfants,
Matthieu et Henri Bard,
Edouard, Mathilde
et Domitille Flamand,
ses arrière-petits-enfants,
ont l'immense chagrin
de vous annoncer le départ de
vous invitent à partager
leur espérance au cours
de la cérémonie religieuse
qui sera célébrée
le samedi 22 septembre,
à 10 h 30,
en l'église de Nizon sur la
commune de Pont-Aven.
Thierry et Sabine,
Florence et Guy,
Pascal et Catherine,
ses enfants,
Emmanuel Bard et Isabelle,
Julien et Taimse Bard,
Dorothée et Pierre-Henri
Flamand,
Alexandre Haffner,
ses petits-enfants,
Anne et Bruno de Lafforest,
Reine et Marc de Kerdanet,
Yann et Anne
de La Villemarqué,
Laetitia et Jean-Baptiste
Manchon,
ses enfants,
Cet avis tient lieu de faire-part.
Françoise Capoulade,
son épouse,
Emmanuel FRAGONARD
Tél Abonnements :
Saint-Jean-de-Losne
(Côte-d'Or).
Vincennes.
Ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
vous remercient sincèrement
pour toutes les marques
d'affection et de sympathie
que vous leur avez témoignées
lors du décès de
Pierre ALLAVOINE
messes
et anniversaires
Une messe sera célébrée
le dimanche 23 septembre 2018,
à 18 h 30, en l'église
Saint-Thomas-d'Aquin,
Paris (7e), à l'intention de
Mme Jean-Louis BONVALLET
née Ghislaine d'Arfeuille,
décédée le 16 septembre 2017.
René-Marie Rampelberg,
son époux,
Marc et Maria-Inmaculada
Rampelberg,
Luc Rampelberg,
Stéphane Rampelberg,
ses beaux-frères et belle-sœur,
leurs enfants et petits-enfants,
Nicolas-Jean et Anne
Ogloblinsky,
André et Clotilde Mysyrowicz,
ses cousins,
et leurs enfants
ainsi que toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Marianne RAMPELBERG
née Parfenoff,
membre de l'Association
des anciens officiers
de la Marine impériale russe
et de l'Association du Souvenir
de la Garde impériale russe,
offices religieux
Le Beth Loubavitch
vous souhaite une très joyeuse
Fête des Cabanes (Souccot)
qui se déroulera
du dimanche 23 septembre
le soir, au lundi 2 octobre 2018.
La Fondation
Chmouel et Bassie Azimov
vous informe que l'allumage
des bougies de Souccot
avec bénédiction se fera
- le premier soir :
le dimanche 23 septembre,
à 19 h 29,
- le second soir, le lundi
24 septembre, après 20 h 31,
à partir d'une flamme existante
(horaires pour l'Île-de-France).
N'oubliez pas de faire
la bénédiction sur le Loulav.
Pour plus d'informations :
www.loubavitch.fr
survenu la 19 septembre 2018,
des suites d'une longue
maladie, à l'âge de 75 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 24 septembre 2018,
à 13 heures, en la cathédrale
Saint-Alexandre-Nevsky,
12, rue Daru, Paris (8e),
suivie de l'inhumation
au cimetière russe
de Sainte-Geneviève-des-Bois
(Essonne).
L'allumage des bougies
de Chabbat avec bénédiction
Cet avis tient lieu de faire-part.
deux bougies pour
les femmes mariées, une bougie
pour les jeunes filles, se fera
ce vendredi 21 septembre 2018,
avant 19 h 33,
(horaire pour l'Ile-de-France).
Le respect des lumières
de Chabbat conduira
aux lumières de la Rédemption.
210, boulevard Bineau,
92200 Neuilly-sur-Seine.
Renseignements
Beth Loubavitch : 01 45 26 87 60.
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LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
REPORTAGE
17
Akin Atalay, avocat et président du conseil
d’administration de la société éditrice
de Cumhuriyet, remercie ses soutiens
lors de sa libération de la prison de Silivri,
le 26 avril à Istanbul. BULENT KILIC/AFP
Vie et mort de « Cumhuriyet »,
journal indépendant turc
es uns après les autres, ils ont démissionné en plantant à contrecœur un
dernier clou dans le cercueil de la
presse indépendante turque. Aydin
Engin, Kadri Gürsel, Erdem Gül ou
encore Ozgür Mumcu, le fils d’un ancien monument du journal, assassiné
dans les années 1990… Début septembre une trentaine de journalistes de Cumhuriyet ont quitté en une
semaine le dernier grand quotidien libéral du pays à
l’issue d’un changement radical de direction et du licenciement de certains confrères. Une peine doublement kafkaïenne : tout juste remis, pour certains,
de leur incarcération pour « soutien au terrorisme »,
ils se retrouvent au chômage pour avoir défendu une
Turquie démocratique et plurielle. « Un symbole
s’effondre », souffle l’un d’eux. Il a choisi le calme
discret d’un café du quartier historique Pera, autrefois prisé par Agatha Christie, pour partager sa « colère » - à condition que son nom ne soit pas mentionné. Le matin même, il a annoncé son départ sur
Twitter. « Je ne peux rester une minute de plus dans ce
journal ! », glisse-t-il, sourcils froncés, en accusant
la nouvelle équipe dirigeante d’avoir lâchement cédé
aux pressions du pouvoir islamo-nationaliste.
Les médias n’ont jamais fait bon ménage avec Erdogan. Encore moins Cumhuriyet (« République » en
turc). Fondé en 1924, le quotidien laïc, pur produit de
l’héritage d’Atatürk, était l’une des dernières voix
critiquant les dérives autoritaires du président turc.
En 2015, Cumhuriyet s’était déjà retrouvé dans le collimateur d’Erdogan pour un scoop sur la livraison
d’armes turques à des combattants islamistes syriens. Il en coûta des peines de prison à deux de ses
journalistes, dont l’ex-rédacteur en chef, Can Dündar, aujourd’hui exilé en Allemagne.
L
Le véritable couperet tombe après le putsch raté du
15 juillet 2016. Des milliers de personnes sont arrêtées
et des dizaines de journaux fermés. Quatre mois plus
tard, douze collaborateurs de Cumhuriyet sont placés
en garde à vue. Ils sont accusés de collusion avec le
mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, le cerveau présumé du coup d’État, et ennemi numéro un
d’Erdogan. Pis, on leur reproche, aussi, leur « soutien » aux séparatistes kurdes du PKK et à un groupuscule d’extrême gauche. « Pendant des années, j’ai
tenté de transcrire ce que nous vivons dans ce pays sous
forme de caricatures, aujourd’hui il me semble que je
suis entré dans l’une d’elles », ironise le dessinateur
vedette, Musa Kart, lors de son arrestation. La tragicomédie ne fait que commencer. Confinés pour la
plupart à l’isolement, les reporters attendent neuf
mois derrière les barreaux avant d’être convoqués à la
barre, en juillet 2017. À chaque audience, sa dose de
surréalisme – et ses « acteurs », malgré eux, d’un
grand théâtre de l’absurde. En tête d’affiche, le célèbre reporter Ahmet Sik, incarcéré, ironie de l’histoire, en 2011, pour un livre d’enquête dénonçant la
même confrérie Gülen (alors alliée d’Erdogan), qu’il
OZAN KOSE/AFP
Des menaces quotidiennes
est aujourd’hui accusé de soutenir. Ou encore l’éditorialiste Kadri Gürsel, épinglé pour avoir reçu, sans y
répondre, des textos issus d’une messagerie güleniste.
Les traits tirés, les journalistes inculpés refusent de
se laisser démonter. Dans la petite cour d’assises du
tribunal de Çaglayan, imposante bâtisse de verre et de
béton au cœur d’Istanbul, ils citent Camus et Tocqueville face à des juges « aux ordres du pouvoir » - selon
l’expression d’un avocat de la défense. Ils sont nombreux, comme lui, à se relayer des mois durant pour
soutenir « le dernier étendard du journalisme d’investigation ». Parfois, les audiences sont délocalisées dans
la prison de Silivri, où séjournent les accusés. « Une
façon de nous décourager », souffle Damla Alatay, une
autre avocate. En vain : avec ses confrères du barreau
d’Istanbul, elle a toujours été au rendez-vous, affrétant des bus, mobilisant la presse internationale et
jouant des coudes pour faciliter l’accès du procès aux
représentants du Pen Club et des associations de défense des droits de l’homme. Au terme d’un procèsfleuve, les accusés sont finalement libérés au comptegouttes, entre l’automne 2017 et le printemps 2018.
Mais sous conditions : interdits de sortie du territoire
turc, ils risquent entre deux et sept ans et demi de prison, selon une condamnation prononcée le 25 avril.
Quant au journal, il se retrouve pris au piège d’un
chantage à peine déguisé : profitant de querelles internes entre la vieille garde kémaliste et une équipe
plus libérale et progressiste à la tête de Cumhuriyet depuis 2013, la justice réclame la tenue, dans un futur
proche, d’une élection du nouveau directoire.
Ces derniers mois, la torpeur de l’été en avait
presque fait oublier les vieux contentieux. Dans l’enceinte ultraprotégée du journal – un dispositif sécuritaire hérité d’une autre « épreuve », celle des menaces de mort liées à la publication, en 2015, d’une
caricature de Mahomet parue dans Charlie Hebdo -,
chacun avait retrouvé son bureau, ses cigarettes et
son crayon de reporter bien aiguisé. « Les insultes et
les menaces sont notre lot quotidien. Mais je suis fière
de travailler dans le dernier journal qui refuse de
s’autocensurer. Je ne suis pas une journaliste d’opposition. Je suis une journaliste indépendante : si le gouvernement est accusé de corruption, je dois relayer l’information, pas parce que je suis contre Erdogan, mais
parce que ça fait partie de l’actualité. Tout comme je
me dois de donner la parole à toutes les franges de la
société : les femmes, les homosexuels, les minorités
kurdes… », nous avait confié, le 25 juillet, la journaliste Nazan Özcan, lors d’une visite à Cumhuriyet. De
bureau en bureau, l’humour masquait les petites angoisses, chacun y allant de sa blague sur les « risques
du métier », à cause d’un tweet, d’une photo ou tout
simplement d’un mot de trop. « Notre cas le plus absurde ? Celui d’un employé de la cafétéria qui a échoué
une semaine en prison pour “insulte au président”,
après avoir dit un peu trop fort qu’il ne servirait pas
Erdogan s’il se présentait à la rédaction », nous avait
raconté Tora Pekin, l’un des avocats du journal.
Le journalisme turc est à l’agonie.
Le pouvoir ferme toutes les portes
pour asphyxier la presse
EROL ONDEROGLU,
CORRESPONDANT DE RSF EN TURQUIE
»
En ce 25 juillet passé à Cumhuriyet, l’actualité battait
son plein : un pasteur américain, lui aussi arrêté pour
« gülenisme », venait d’être placé en résidence surveillée et un feu ravageur dévastait la Grèce voisine.
Au dernier étage du journal, la salle des conférences
de rédaction grouillait de cette effervescence propre à
tous les grands quotidiens. Assis au milieu de la grande
table, Murat Sabuncu, le rédacteur en chef nouvellement libéré, s’appliquait à appeler un à un ses correspondants, prenant de leurs nouvelles, débattant allégrement les sujets avec son équipe et consultant ses
collègues pour choisir la titraille. « À chaque fois que je
m’assieds à cette table, mes jambes ne peuvent s’empêcher de trembler », avait-il concédé à l’issue de la réunion. On ne se remet pas si facilement de 17 mois de
prison : « Tous les regards sont tournés vers nous. La
pression est intense. Elle est politique, mais aussi économique : nombre d’annonceurs refusent de se “griller” en
nous achetant des encarts publicitaires. Mais pour rien
au monde je n’abandonnerai Cumhuriyet. »
« Sacrifié sur l’autel de l’opportunisme »
Vendredi 7 septembre, c’est Cumhuriyet qui a fini par
l’abandonner. À l’issue du fameux vote interne au
conseil d’administration, une nouvelle équipe dirigeante, composée d’anciens responsables du quotidien, est finalement nommée. Dans la foulée, Sabuncu est remercié. « L’heure de m’en aller est venue.
L’histoire en dira la raison », écrit-il dans son dernier
éditorial. Signe des temps : le texte est rapidement
retiré du site Internet du quotidien. Depuis, le journaliste turc décline les demandes d’interviews.
« Nous sommes sous le choc. Les nouveaux dirigeants ont sacrifié le journalisme sur l’autel de l’opportunisme et de la collaboration avec le régime. Ils
s’allient avec le diable pour reprendre la main sur Cumhuriyet. Ce qui nous arrive est purement faustien »,
s’insurge le reporter démissionnaire rencontré au
café du quartier Pera. Il pointe du doigt le nouveau
directeur, Alev Coskun, connu pour être un tenant
de la frange nationaliste du kémalisme. « Pendant
notre procès, il n’a eu aucun remords à témoigner
contre nous ! », dit-il. Pour lui, cette triste « saga »
se vit comme un « deuil », d’autant plus qu’elle suit
de quelques mois le rachat de l’ensemble des titres
du groupe Dogan (détenteur de CNN Türk et d’un
autre quotidien, Hürriyet) par l’entreprise Demirören, proche du pouvoir.
«Le journalisme turc est à l’agonie. Le pouvoir ferme
toutes les portes pour asphyxier la presse », observe
Erol Onderoglu, le correspondant de RSF en Turquie,
« une des plus grandes prisons au monde pour les journalistes ». Entre la mort des médias indépendants et le
contrôle renforcé des autorités, le pouvoir a réussi,
selon lui, « à mettre la main sur plus de 80 % de la
presse turque ». Quant aux accusations retenues
contre les reporters, elles ne cessent de se démultiplier : soutien au terrorisme, atteinte à la sécurité nationale, à la souveraineté du pays… Critiquer l’intervention turque en Syrie ou encore la mauvaise gestion
économique du gouvernement est désormais passible
de poursuites judiciaires. « Depuis cinq ans, on assiste
à une liquidation du journalisme critique au nom du patriotisme », relève Erol Onderoglu. Une reporter de
Cumhuriyet résume ainsi la situation : « J’avais pris
l’habitude de me résigner, en changeant de journal dès
que j’étais censurée ou licenciée. Aujourd’hui, je n’ai
plus aucun média dans lequel me réfugier. » ■
A
Après de nombreux
procès et un changement
de direction, l’un
des derniers quotidiens
à oser critiquer Erdogan
a perdu ses plumes
les plus aiguisées.
Cet étendard
de la presse indépendante
en Turquie vient
de tomber.
Delphine Minoui
£@DelphineMinoui
Correspondante à Istanbul
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
18
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
Bronner : « Certaines croyances prospèrent
grâce aux progrès de la connaissance »
PROPOS RECUEILLIS PAR
EUGÉNIE BASTIÉ £@EugenieBastie
LE FIGARO.- Dans L’Empire
des croyances (PUF), vous pointez
du doigt « l’invariance du croire »
dans nos sociétés qui sont pourtant
des sociétés de la connaissance.
La science n’a donc pas eu raison
de la croyance ?
Gérald BRONNER.- L’erreur est effectivement de penser que ce que la connaissance gagne, la croyance le perd. En fait,
les rapports entre croyances et connaissance sont beaucoup plus complexes. La
croyance est la façon la plus commune
que nous avons de négocier intellectuellement avec notre environnement. Elle
est constitutive de l’esprit humain en raison des limites anthropologiques qui pèsent sur notre rationalité. La superstition
par exemple, qui est la plus déraisonnable
des croyances, est une tentation qui pèse
sur chacun d’entre nous, même si nous
n’y croyons pas vraiment. Dès lors que
nous sommes confrontés à une situation
d’incertitude, elle est une façon de tenter
de maîtriser notre environnement par la
pensée. Les progrès de la connaissance
ont affaibli certaines formes de crédulité,
mais ils ont aussi permis à l’empire des
croyances de se métamorphoser. Ainsi, la
croyance aux soucoupes volantes n’estelle permise d’une certaine façon que
grâce aux progrès de la connaissance et
de la technologie. Finalement la connaissance qui s’obtient par la voie aride de la
méthode n’est qu’un état rare de l’esprit
humain.
GÉRALD BRONNER
Le sociologue, qui travaille de longue date
sur les relations entre croyances et connaissance,
publie « Cabinet de curiosités sociales »*, un recueil
de ses chroniques. Fausse tolérance, relativisme,
« fake news » et culture du clash : il s’inquiète des
menaces qui pèsent sur la démocratie des savoirs.
Perçu à ses débuts
comme un moyen
de démocratiser
les savoirs, Internet
est-il devenu un outil
de propagation
des thèses les moins
raisonnables ?
Sur Internet, vous
pouvez trouver les
connaissances
les
plus pointues en matière de physique
quantique comme les croyances les plus
loufoques. L’idée d’une démocratie des
savoirs était fondée sur une erreur de raisonnement : la confusion entre disponibilité et visibilité sociale d’une information.
Internet rend en effet disponible la plupart
des savoirs, mais ceux-ci ne sont pas toujours en tête de gondole sur le marché de
l’information. C’est même le contraire qui
est vrai comme j’ai pu le montrer. Ce marché dérégulé de l’information bénéficie
aux acteurs les plus motivés pour faire valoir leur point de vue. Ils se trouvent que
les croyants sont très motivés : ils ont
n’y sont pas plus hystériques qu’ailleurs,
mais ils bénéficient d’une attention publique plus importante. Les intellectuels en
France paraissent en effet s’être engagés
dans une lutte des clashs. Ce ne sont pas les
seuls (témoins les navrantes bagarres entre rappeurs) mais l’on attendrait autre
chose d’individus ayant consacré leur vie
aux concepts et aux idées. Là encore Internet n’a rien inventé, mais ne fait qu’amplifier l’existence de phénomènes antérieurs.
L’outrage et le ricanement constituent
l’atmosphère naturelle des réseaux sociaux et l’on y voit donc des intellectuels
s’invectiver quotidiennement. Auparavant, il fallait attendre la publication
Internet a rendu le marché
d’une tribune ou la
rencontre
fortuite
de l’information hyperconcurrentiel,
dans un colloque
et la crédulité part avec des avantages
pour qu’un tel débat
sur lesquels la connaissance ne peut pas ait lieu, mais comme
la recherche l’a moncompter
tré récemment, les
célèbres six degrés de
séparation (expérience sociologique selon
réussi peu à peu sur divers thèmes (islalaquelle il suffit de six intermédiaires pour
misme, anti-vaccins, complot, etc.) à esque tout individu dans le monde soit en relasaimer dans l’espace public des idées qui
tion avec n’importe quel autre, NDLR) ont
existaient déjà mais étaient confinées dans
fondu comme neige au soleil et chacun est
des niches de radicalité. Par ailleurs, la
à portée d’insulte de n’importe qui.
crédulité s’adosse sur nombre de raisonnements faux mais qui paraissent intuitivement vrais, parce qu’ils sont soutenus
Vous évoquez« l’hémiplégie intellectuelle »
par ce que l’on nomme des « biais cogniqui sévit chez une partie des intellectuels.
tifs », dès lors elle peut facilement devenir
En quoi consiste-t-elle ?
plus virale. Ainsi, un papier publié dans la
L’hémiplégie est une paralysie qui touche
prestigieuse revue Science a montré que
le corps… mais d’un seul côté. Une certaisur Twitter certaines « fake news » se difne catégorie d’intellectuels paraît ne senfusaient six fois plus vite que les autres,
tir que leur côté droit. Leur attention est
elles sont aussi mieux mémorisées, etc.
tout entière tournée vers les signaux faiBref, Internet a rendu le marché de l’inbles qui annonceraient le retour du fascisformation hyperconcurrentiel, et la créme, ils ne voient bien que de ce côté-là. Ils
dulité part avec des avantages sur lesquels
ont raison d’y être attentifs : toutes sortes
la connaissance ne peut pas compter.
de monstres peuvent en sortir. Mais ils
sont totalement aveugles à ce qu’il se produit de leur côté gauche. On tolère des inVous consacrez plusieurs
tellectuels qui refusent d’abjurer leur foi
de vos chroniques à la vie intellectuelle
en la violence politique d’un Mao par
française. Comment caractériser
exemple, voire qui discutent le nombre de
le débat intellectuel dans notre pays ?
morts réel des atrocités des régimes comEst-il encore libre et raisonnable ?
munistes. On leur donne même de la visiLa France donne à ses intellectuels une
bilité. Cette asymétrie du jugement moral,
place particulière. Les débats académiques
«
»
certains la théorisent et la justifient avec
des fables idéologiques, je préfère la
considérer comme un handicap du jugement, quelque chose qui empêche de penser rationnellement et d’une façon moralement juste les problèmes.
Une « épidémie de sensibilité » rend
de plus en plus compliqué le débat apaisé
entre arguments raisonnables, écrivezvous. Que faut-il entendre par là ?
Cette épidémie de sensibilité vient notamment des milieux croyants et s’incarne assez bien dans ce que l’on pourrait appeler
le « tolérantisme », c’est-à-dire l’idéologie de la tolérance. De quoi s’agit-il ? La
tolérance est une valeur essentielle à la
démocratie, elle consiste à admettre dans
une même société des modes de vie, de
pensées qui peuvent être en concurrence.
Le tolérantisme, quant à lui, veut nous faire croire que des valeurs contradictoires
ne sont que concurrentes, ce qui implique
que nous renoncions à nos propres valeurs. Ainsi, explique-t-on parfois, l’enseignement de la théorie de l’évolution
pourrait choquer certains croyants, ainsi
conviendrait-il de penser certains aménagements pour tenir compte de la sensibilité de l’autre. Il se trouve que la théorie
de l’évolution est en effet contradictoire
avec l’interprétation littérale des grands
textes religieux et non seulement concurrente. Dans ces conditions, je pense que la
connaissance a des droits que la croyance
ne saurait réclamer. Ce tolérantisme fonctionne évidemment par intimidation morale. Pour en prendre un autre exemple
récent : vous avez publié dans Le Figaro
une tribune de professionnels de la santé
nous alertant du problème notamment de
l’homéopathie. Il se trouve que le Syndicat
national des médecins homéopathes français a déposé plainte devant le Conseil de
l’ordre des médecins pour non-confraternité ! De façon générale, certaines formes de crédulité ont réussi à faire un usage
abusif de la tolérance, il est temps que la
rationalité reprenne ses droits dans le débat public. Il y va de l’intérêt général. ■
* « Cabinet de curiosités sociales », PUF,
276 p., 18 €.
Les droits de succession ? Un fléau
que les Romains connaissaient déjà !
e parti du président a souhaité
augmenter les droits de
succession avant de se raviser.
Comme si l’argent dans notre
pays était un « totem »,
un ministre évoque
une réforme « sans tabou ». La question
de la fiscalisation de l’héritage
aurait-elle quelque chose de religieux ?
En tout cas, la vision économique qui
sous-tend un projet de taxation renforcée
de la transmission des patrimoines, en
vue d’une redistribution plus équitable
des chances, repose sur une idée simple
que les économistes ne défendent plus
guère pourtant aujourd’hui : la richesse
totale disponible serait stable et en
quelque sorte « fermée », déterminée au
même montant pour un temps donné. On
ne saurait donc être ou devenir riche sans
rejeter ipso facto dans la pauvreté de
moins chanceux que soi. Être soi-même
un héritier condamnerait donc son
prochain à devenir plus pauvre. Cette
curieuse idée a un fondement antique.
À l’époque de saint Augustin, au début
du Ve siècle, circulait dans le bassin
méditerranéen, en Afrique notamment,
un libelle polémique qui avait pour titre
« La Richesse » (De diuitiis). Son auteur
nous est demeuré inconnu et peut-être
même était-ce l’audace de la thèse
développée qui avait conduit le prudent
essayiste à garder l’anonymat. On a
longtemps cru qu’il venait de GrandeBretagne parce qu’on retrouve dans
son texte certaines des idées du moine
breton Pélage (vers 360-420), le grand
adversaire de saint
Augustin dans
les débats du temps
sur la définition
de la grâce et un
Les Romains devaient payer des droits de succession,
rhéteur hors pair.
d’un montant modeste, et s’efforçaient d’échapper à
Que dit ce traité
cet impôt jugé inique, raconte l’historien de l’Antiquité*. sur « La Richesse » ?
DESSINS CLAIREFOND
L
A
STÉPHANE RATTI
Tout simplement qu’il suffit
de se débarrasser des riches pour faire
qu’il n’y ait plus de pauvres. Voilà donc
nos gouvernants devenus pélagiens,
sans doute sans le savoir. En effet,
selon notre économiste antique, il suffit
« qu’aucun homme n’ait plus que ce dont
il a réellement besoin pour que chacun ait
autant qu’il a besoin ». Le raisonnement
est simple et je livre la formule à qui
voudra l’exploiter : « Les quelques-uns
qui sont riches sont la raison pour laquelle
beaucoup sont pauvres. »
L’État romain, pour sa part, a toujours
prélevé un impôt sur les successions.
L’empereur Auguste, en 6 après J.-C.,
en fixa le montant à 5 % des biens légués,
mais les parents les plus proches en
étaient exemptés et il existait un seuil
de 100 000 sesterces en deçà duquel
on ne payait rien. Précisons
que la pression fiscale globale
a augmenté dans l’Antiquité tardive.
Pour autant, sous la République comme
sous l’Empire, l’État ne jouait aucun rôle
social. Il se contentait d’être un simple
prédateur : la richesse prélevée sur
les héritages tombait directement dans
le « panier » du Trésor public, le « fisc »,
dont le sens en latin est précisément celui
de « petite corbeille d’osier » (fiscus).
L’État n’était alors ni philanthrope
ni protecteur. Dans l’Antiquité tardive, ce
rôle était joué par l’Église et ses évêques.
Cette dernière n’était pas la moins
attentive à la question des héritages.
Elle était même, d’une certaine manière,
en concurrence non avouée avec l’État,
puisque l’empereur comme les
communautés chrétiennes cherchaient à
se faire désigner parmi les légataires dans
les testaments. Saint Augustin lui-même,
dans un sermon (86, 13) sur l’aumône,
invite ses auditeurs à admettre le Christ
parmi leurs enfants. Il ne s’agit pas
d’une métaphore mais bien d’un conseil
patrimonial. L’évêque d’Hippone
(dans l’actuelle Algérie, NDLR) incitait
très explicitement, en chaire, à coucher
la paroisse sur la liste des légataires : « Fais
une place au Christ parmi tes enfants ;
que ton Seigneur devienne un membre
de ta famille, que ton Créateur fasse partie
de ta postérité, que ton frère devienne
l’un de tes enfants […]. Bien qu’il soit le Fils
unique pour son Père, il a voulu avoir
des cohéritiers. Vois comme il est généreux,
lui, et toi, pourquoi es-tu si avare ? Tu as
deux fils, compte-le pour le troisième. »
Parmi les effets délétères,
voire mortifères d’un point de vue
non seulement économique mais aussi
civilisationnel que cette frénésie
captatrice des héritages induisit
dans l’Antiquité tardive, il faut rappeler
les curieuses stratégies familiales
imaginées par les grandes familles
de l’aristocratie chrétienne du temps
pour échapper à l’impôt forcé.
Elles préférèrent imposer aux filles
la prise du voile et l’enfermement
au couvent et aux garçons de devenir
moines afin de pouvoir les déshériter.
De cette façon, on sauvegardait au profit
du reste de la descendance des biens
sans cela promis au fisc.
Ce type de dérive était dénoncée
par l’Église, par exemple par le prêtre
et polémiste Salvien de Marseille
(vers 400-475), qui voyait dans
cette stratégie imaginée par les riches
non pas une hypocrisie religieuse
mais une forme de rétention des richesses
par les grandes familles.
Que devenait la richesse ainsi
épargnée ? Eh bien, selon la théorie
moderne du « ruissellement »,
elle retombait quand même souvent
sur l’Église, sous forme de dons en faveur
de l’édification de somptueuses basiliques
par exemple. Sous le pontificat
d’Innocent (401-417) nous savons
qu’une illustre aristocrate nommée
Vestina vendit ses bijoux et ses perles afin
d’édifier à Rome l’église San Vitale,
sur le Quirinal, dédiée aux martyrs
milanais Gervais et Protais.
Cependant, malgré les progrès
du christianisme à la fin du IVe siècle,
les mentalités demeuraient favorables
à l’idée de la transmission du patrimoine
dans le sein des familles. L’empereur
chrétien Théodose (379-395) promulgua
même, en 390, une loi disposant qu’une
femme qui souhaitait devenir diaconesse
ne devait en aucun cas, « sous prétexte de
religion », se séparer « des joyaux et du
mobilier, de l’or et de l’argent et des autres
parures d’une demeure brillante », mais
qu’elle devait en transférer la totalité
intacte à ses enfants (Code Théodosien 16,
2, 27). Ce prince chrétien qui pourtant
chercha à éradiquer le paganisme en
conservait, en interdisant le transfert des
biens par héritage aux églises, aux clercs
ou aux pauvres, l’esprit essentiel, celui
de la transmission des fortunes. Il est vrai
que Théodose revint quelques mois plus
tard sur sa décision initiale. Mais il le fit
probablement sur intervention expresse
de l’évêque de Milan, saint Ambroise.
En cette affaire, l’Église l’emporta
sur le pouvoir politique. ■
* Agrégé de lettres classiques, professeur
des universités, Stéphane Ratti
enseigne l’histoire de l’Antiquité tardive
à l’université de Bourgogne-FrancheComté. L’auteur a renouvelé notre vision
des relations entre chrétiens et païens aux
IVe et Ve siècles. Il a publié de nombreux
ouvrages remarqués, comme « Le Premier
Saint Augustin » (Les Belles Lettres, 2016),
salué par la critique. Dans son nouvel essai,
« Les Aveux de la chair sans masque »
(Éditions universitaires de Dijon, 110 p.,
10 €), l’auteur analyse l’interprétation
discutable, par Michel Foucault, de textes
des pères de l’Église sur la sexualité.
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LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Ivan Rioufol
irioufol@lefigaro.fr
blog.lefigaro.fr/rioufol
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
Europe : le mur des Bernés reste à abattre
e progressisme, promu
par Emmanuel Macron,
s’enlise dans les mots creux.
Le vent rebelle qui souffle sur
l’Europe déplume les beaux
discours de leurs inutiles
fanfreluches. Ne restent que les carcasses,
impostures mises à nu. Le mur
des Bernés, édifié voilà un demi-siècle
par les élites acquises au baratin pour
préserver leur pouvoir, est à deux doigts
de s’effondrer sous la tempête. Ce mur-là
est symbolique. Mais il est comparable
à celui de Berlin, qui tomba en 1989
sous le poids des mensonges officiels
et de l’exaspération populaire. Une même
révolution est aujourd’hui à l’œuvre,
mue par un semblable besoin de vérité
et de démocratie. Dans ce mouvement
L
ENTRE GUILLEMETS
21 septembre 1711 :
Duguay-Trouin réussit
un raid audacieux
sur Rio de Janeiro, alors
colonie portugaise.
Duguay-Trouin
Mon style fera
connaître que ces
Mémoires sont
écrits de la main
d’un soldat
MARY EVANS/RUE DES ARCHIVES
»
qui se généralise en Europe,
le progressisme fait figure d’obstacle.
Seuls 19 % des Français approuveraient
le bilan du chef de l’État ; 60 % en seraient
mécontents (Le Figaro, lundi). Macron,
qui a lui-même théorisé son affrontement
avec le « nationalisme », ne voit pas
que la contestation des citoyens,
ce moteur de l’histoire, a quitté
son camp pour rejoindre celui d’en face.
Plus Macron se raidit face à ceux qu’il
appelle aussi populistes, plus il se coupe
d’une partie importante de la société
française et européenne. Les maladresses
qu’il répète quand il s’adresse aux gens
lors de ses sorties montrent un homme
incapable de maîtriser son arrogance.
Dimanche, répondant à un jeune
chômeur formé à l’horticulture, il
lui a conseillé de « traverser la rue »
pour travailler dans la restauration.
Élu sur la promesse de résorber la fracture
entre la France d’en haut et celle d’en bas,
il accentue l’incompréhension entre
les deux mondes. Il en est à réserver
aux Oubliés qui se rebiffent ses plus vives
attaques. La Macronie est un univers
d’experts et de technocrates, pour qui
le monde se résume à des chiffres.
Comme le fait remarquer le philosophe
Marcel Gauchet (L’Opinion, lundi) :
« Notre problème fondamental, c’est
que les gens qui nous gouvernent ne
comprennent pas la société dans laquelle ils
vivent. » La rupture pourrait être brutale.
La machinerie idéologique mise
au service du progressisme exacerbe
les colères de ceux qui refusent
l’oppression des pensées imposées.
Jamais le politiquement correct n’a été
si puissant que sous la férule
de ce « président philosophe ». Macron
manie le manichéisme comme un vieux
stalinien. Écouter ses diatribes contre le
Hongrois Viktor Orban ou l’Italien Salvini
permet de s’en convaincre. À l’entendre,
le fascisme et l’antisémitisme tiendraient
le haut du pavé dans ces pays, coupables
de vouloir défendre leurs frontières
et de se préserver du multiculturalisme.
Or c’est en France que la ministre
de la Culture, Françoise Nyssen, a invité
les télévisions publiques à « changer les
mentalités sur le terrain ». C’est en France
que se prépare une loi destinée à mettre
l’Internet sous surveillance. C’est en
France que le débat étouffe sous l’emprise
d’un conformisme sectaire, qui voit une
agression dans la simple contradiction.
C’est en France qu’empestent
l’antisémitisme des islamo-gauchistes
et le racisme anti-Blanc des minorités.
La démocratie repose sur le peuple
et sa liberté de parole. À cette aune,
l’État est mal placé pour faire la leçon aux
gouvernements d’Europe qui ont choisi
d’écouter ceux qui les ont élus et qui
parlent avec leurs mots. Ces dirigeants
voient un danger dans les idéaux
« humanistes » qui préfèrent l’étranger
à l’indigène. Révélatrice est la répulsion
que suscite Orban chez les progressistes,
qui ont fait main basse sur l’Union
européenne, quand le premier ministre
déclare vouloir garder la Hongrie « dans
la famille des peuples chrétiens d’Europe ».
Cette dénonciation de l’enracinement
et du sentiment d’appartenance
est le résultat du grand abandon
dont les élites se sont rendues coupables,
au point de faire sécession avec le peuple.
Yves Mamou (1) va jusqu’à soutenir,
exemples à l’appui, que « la caste
au pouvoir […] a jugé bon de consolider
son pouvoir sur la nation en nouant alliance
avec des groupes islamiques qui, eux non
plus, n’entendent pas faire nation avec la
nation au sein de laquelle ils sont installés ».
Cette trahison des clercs attise la révolte.
Vide intellectuel
Quand Valérie Pécresse, présidente LR
de la région Île-de-France, estime, lundi,
que « ni Orban, ni Salvini ne sont
des modèles pour la droite française »,
elle tient le discours entendu depuis
des décennies par la droite monotone.
Cette posture, copie du bien-pensisme,
revient à cautionner un système fictif
- ce mur des Bernés - qui s’est coupé
des populations. Laurent Wauquiez
a eu raison, mercredi, de prendre
la défense d’Orban. La droite, si elle veut
renaître, ne peut plus mimer ceux
qui méprisent la démocratie et craignent
les idées neuves. Le vide intellectuel est le
signe distinctif des défenseurs de « l’État
de droit », qui fait le lit de la tyrannie des
juges. En voilà qui ordonnent un examen
psychiatrique de Marine Le Pen. Mais
la pensée clonée n’est d’aucun secours
pour répondre aux attentes des peuples.
« Sortons du politiquement correct »,
suggère Gérard Collomb dans L’Express.
Est-ce parce que le ministre de l’Intérieur
étouffe lui aussi qu’il annonce
cette semaine son prochain départ ?
Ce ne sont pas seulement les sondés
qui découvrent la régression progressiste :
le doute s’installe au cœur du pouvoir.
La prise de distance de Collomb, fidèle
de Macron, s’ajoute à la démission
de Nicolas Hulot. Elle vient aussi
après la récente réserve de François
Bayrou regrettant le manque de sens
du quinquennat, et le départ du groupe
LaREM de la députée Frédérique Dumas.
Elle explique (Le Parisien, lundi) : « On
a le sentiment d’être sur le Titanic. »
Elle dénonce un pouvoir tenu par « des
technocrates hors-sol, voire cyniques ».
À dire vrai, ces critiques internes n’ont
rien pour étonner votre serviteur, qui,
il y a dix mois, a publié Macron, la grande
mascarade, en pointant les vides
d’un discours mirobolant. Aujourd’hui
les yeux s’ouvrent. Ils découvrent
un pouvoir centré sur la seule personne
du chef de l’État, lui-même persuadé
d’être l’incarnation du meilleur.
Or, pour l’instant en tout cas, rien
ne vient démontrer l’efficacité
des quelques réformes prises. Le plan
santé, présenté mercredi, ne manque pas
d’ambition. Mais son projet à long terme
interdit une évaluation rapide.
Affaire Benalla (suite)
La manière dont l’exécutif a tenté
de maintenir l’opacité sur l’affaire Benalla
conforte l’image du Macron autocrate.
Mercredi, auditionnant le présumé garde
du corps du président, la commission
d’enquête sénatoriale a démontré l’utilité
de faire respecter l’équilibre des pouvoirs.
En mettant l’Élysée sous surveillance,
le Sénat donne une leçon de démocratie.
(1) « Le Grand Abandon. Les élites françaises
et l’islamisme »,de Yves Mamou (L’Artilleur).
VOX
ANALYSE
Laure Mandeville
lmandeville@lefigaro.fr
Quand la Pologne s’en va
chercher de l’aide chez Trump
u’on se le dise : Donald
Trump est le meilleur ami
de la Pologne et celle-ci
pourrait bien avoir un jour
un fort baptisé en son
nom : Fort Trump !
Le président américain
a reçu le chef de l’État
polonais, Andrzej Duda, cette semaine
à la Maison-Blanche pour lui signifier
qu’il était favorable à ce projet. Lors
d’un face-à-face dans le Bureau ovale,
Trump a dit considérer « très
sérieusement » la création d’une base
militaire en Pologne, précisant
que la sécurité de cet État d’Europe
centrale était « presque aussi importante »
pour lui que pour le président polonais.
Voilà qui ne va pas dans le sens
de l’isolationnisme dont le milliardaireprésident est accusé. Il est vrai que
la Pologne offrirait plus de 2 milliards de
dollars pour construire ces installations,
a noté Trump. L’hôte de la MaisonBlanche a jugé le projet justifié vu le
comportement menaçant du grand voisin
russe. « Je pense que la Russie a été très
agressive », a dit l’Américain. Et d’ajouter,
dans un style reaganien tranchant avec
ses habituels appels du pied à Poutine, que
« les Russes ne comprennent que la force ».
La Russie ne devrait pas apprécier,
même si le Pentagone s’est empressé de
préciser que la décision n’était pas prise,
notamment parce que les installations
Q
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
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Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
proposées par les autorités polonaises ne
semblent pas suffisamment adaptées aux
exigences d’une base militaire. Moscou
accuse l’Otan d’avoir profité de la fin de la
guerre froide pour encercler son territoire
en poussant vers l’Est l’élargissement de
son alliance. Mais Varsovie, échaudée par
des siècles de coexistence troublée avec le
grand frère russe, dit vouloir se prémunir
contre un scénario d’invasion à
l’ukrainienne, type Crimée ou Donbass.
Pas sûr que tous les partenaires de la
Pologne au sein de l’Union, qui craignent
d’alimenter les paranoïas russes,
apprécient l’idée du Fort Trump. Mais
ce n’est pas la seule partie du message
de la visite d’Andrzej Duda qui aura agacé.
L’Union européenne (UE) a bien compris
qu’en recevant le président polonais
alors que Pologne et Hongrie viennent
d’être mises sur la sellette pour violation
de l’État de droit et se retrouvent sous
« chapitre 7 », Trump envoie un message
de soutien à ces deux pays, dans
le contexte explosif de l’approche des
européennes de mai 2019, où une percée
des partis « populistes » anti-immigration
est attendue. L’accueil de Duda, qui a fait
ces jours-ci une sortie violemment antiUE lors d’un meeting, parlant de l’Union
comme d’une « communauté imaginaire »,
ressemble fort à un appui implicite
au camp des souverainistes qui se mettent
en ordre de bataille pour le scrutin.
L’ex-stratège de Trump, Steve Bannon,
Arnaud de La Grange
(International),
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(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
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Rédacteur en chef
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(Édition Web)
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du pôle news
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Éditeurs
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Anne Pican
a d’ailleurs décidé de se lancer dans
la mêlée européenne, en appui desdits
« populistes ». Opération coordonnée
avec son ancien chef ? Trump, porté
au pouvoir par une révolte ouvrière
et conservatrice antisystème,
assez semblable, toutes proportions
gardées, à celles qui ont porté le PiS
polonais et le Fidesz de Viktor Orban
aux affaires, avait soutenu le Brexit
pendant sa campagne. Persuadé que
l’ordre multilatéral qui prévaut dans l’UE
est aussi chancelant et inefficace que
l’ordre multilatéral mondial qu’il combat
au nom de l’intérêt supérieur des nations,
le président américain ne cesse de répéter
que le grand défi de l’Europe est celui
de l’immigration et des frontières.
Beaucoup verront dans sa démarche
une nouvelle manœuvre pour affaiblir
l’UE et ainsi mieux la contrôler par le biais
des relations bilatérales que Trump
affectionne. Mais sous-estimer
la communauté de vues qui relie l’actuel
président à l’Europe centrale serait une
erreur. « Je suis ici aujourd’hui non pas
pour rendre visite à un vieil allié mais
pour en faire un exemple pour tous ceux qui
recherchent la liberté et veulent convoquer
le courage et la volonté de défendre notre
civilisation […] », déclarait-il à Varsovie il
y a un an. Une approche huntingtonienne
peu en vogue à Bruxelles et qui dessine
un arc de solidarité entre Washington
et les nations du groupe de Visegrad.
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… MARINE LE PEN
« La psychiatrisation
de l’adversaire ouvre
la porte au totalitarisme »,
par Jean-Yves Camus,
chercheur associé
à l’Institut de relations
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et stratégiques (Iris).
Les rencontres
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A
LE BLOC-NOTES
19
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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
20
Bernard Bajolet : « Daech est en train
de se réorganiser et reste dangereux »
Dans un livre, cet ancien ambassadeur et patron du renseignement extérieur met en perspective
et analyse l’action de la France dans les pays arabo-musulmans.
mieux l’immigration nouvelle, en intégrant mieux
l’islam, en luttant contre l’intolérance, en traitant
du problème de la drogue, des quartiers difficiles…
C’est certes plus facile à dire qu’à faire. Et la polémique n’est jamais loin comme celle récente sur la langue arabe. Il faut bien sûr la valoriser ! À la DGSE, au
Quai d’Orsay, nous manquions d’arabisants ! C’est
Jean-Michel Blanquer qui a raison, mais il y a un
blocage politique.
Jean Chichizola
P
LE FIGARO. - Vous décrivez les relations difficiles
entre Paris et Alger et semblez douter
d’un « grand soir franco-algérien » de la mémoire
et de la réconciliation…
Bernard BAJOLET. - Je crois à une évolution par petits pas. Et ce pour deux raisons. La première tient à
un problème de génération. La nomenclature algérienne, issue ou héritière de la guerre d’Algérie, a
toujours besoin de se légitimer en exploitant les
sentiments à l’égard de l’ancienne colonie. La seconde raison est plus conjoncturelle : le président
Bouteflika, avec tout le respect que j’éprouve pour
lui, est maintenu en vie artificiellement. Et rien ne
changera dans cette période de transition. Si ouverture il y a, il faudra aussi qu’elle soit réciproque
avec, entre autres choses, l’ouverture des archives
du FLN… Mais des avancées existent, souvent très
discrètes : les pieds-noirs, et même les anciens appelés, sont bien accueillis en Algérie. Quand j’étais
ambassadeur, les Algériens nous ont sincèrement
aidés à rechercher, en vain, les corps de soldats
français torturés et tués par le FLN. Il y a en revanche un réel blocage sur la question des harkis.
A
En 1993, Dominique de Villepin vous confie :
« La politique arabe de la France, c’est terminé. »
Mais pour vous, la France a toujours un rôle
particulier à jouer. Est-ce réaliste ?
« Dans un monde où
le multilatéralisme
est en crise, où la
parole du président
des États-Unis
ne vaut pas grandchose, nous avons
notre rôle à jouer.
Mais nous ne
pouvons pas nous
passer de l’Europe. »
Oui et non. Je ne parlerais d’abord plus de « politique
arabe », car il ne faut pas oublier Israël. Mais la parole
de la France est toujours écoutée. Ne nions pas le
poids des mots quand la parole est claire et forte. Pour
cela, il ne faut pas plus d’avions, de chars ou de canons mais du courage politique. La France s’est fait
entendre dans la négociation de l’accord nucléaire
iranien en améliorant un texte négocié en secret par
les États-Unis. Au passage, cet accord est certes imparfait, mais ce n’est pas une raison pour l’abandonner. La France a aussi joué un rôle majeur dans l’accord, sans précédent, sur le climat. Dans un monde
où le multilatéralisme est en crise, où la parole du
président des États-Unis d’Amérique ne vaut pas
grand-chose, nous avons notre rôle à jouer. Mais
nous ne pouvons pas nous passer de l’Europe. Le défi
étant de regagner l’adhésion des peuples en les protégeant, en protégeant nos emplois, nos industries sans
tomber dans le protectionnisme, en nous protégeant
aussi des mouvements migratoires sans xénophobie.
FRANÇOIS BOUCHON / LE FIGARO
atron de la DGSE de 2013 à 2017,
Bernard Bajolet, 69 ans, revient, dans
Le soleil ne se lève plus à l’est (Plon), sur
sa longue carrière de « diplomate de
guerre », au cours de laquelle il a été
ambassadeur à Sarajevo, Amman,
Alger, Bagdad et Kaboul, où il a notamment travaillé
avec le gendarme Arnaud Beltrame et le policier
Franck Brinsolaro, morts dans les attentats de Trèbes
et de Charlie Hebdo.
RENCONTRE
jchichizola@lefigaro.fr
La fin de Daech en Syrie et en Irak sonne-t-elle
la fin du terrorisme et de son impact dans les sociétés
occidentales ?
Daech a été vaincu militairement, il n’a pas été vaincu politiquement et socialement. Il ne faut d’ailleurs
pas le sous-estimer, il est en train de se réorganiser
et reste dangereux. Dès les années 2000, j’expliquais
qu’en Irak, il fallait priver les islamistes de leur base
sociologique en réintégrant les sunnites dans le jeu
politique. Mais en Occident, le terrorisme « d’inspiration » est tout aussi préoccupant. Les années
Daech ont mis au jour des clivages au sein de la société française. Les services de renseignement peuvent être performants, mais ils ne sont pas infaillibles, et comment d’ailleurs détecter et intercepter
un terroriste « inspiré » sans lien avec une organisation terroriste ? Il faut donc, là encore, priver les
terroristes de leur base sociologique en luttant
contre les inégalités, en favorisant l’intégration de
nos concitoyens d’origine étrangère, en maîtrisant
Ambassadeur à Bagdad de 2003 à 2006, vous évoquez
les erreurs américaines en Irak. Puis les hésitations
occidentales en Syrie après 2011, hésitations
marquées par une certaine ambiguïté sur
les « freedom fighters » islamistes anti-Assad
devenus des djihadistes anti-occidentaux.
L’Occident a-t-il nourri le terrorisme ?
Nous avons toujours eu ce problème en tête. Nous
pensions tous à l’Afghanistan où, contre l’Union soviétique, les Américains ont nourri l’islamisme pour
aboutir à un al-Qaida et à un Ben Laden « made in
USA ». À partir de 2011-2012, la France a donc soutenu des groupes d’opposition, mais en se gardant
d’aider des mouvements qui étaient en contradiction
avec notre vision d’une Syrie du futur. Le problème
est que les pays du Golfe et la Turquie n’ont pas eu la
même politique et les mêmes préoccupations. En
outre, Bachar el-Assad a libéré par dizaines des islamistes emprisonnés, dont certains sont devenus des
chefs de Daech et d’al-Qaida, pour déstabiliser et
discréditer l’opposition syrienne.
Pour revenir aux enjeux de sécurité nationale,
vous avez été trois ans coordonnateur national
du renseignement auprès de Nicolas Sarkozy.
Pensez-vous qu’on pourrait encore améliorer
l’efficacité du renseignement français, et comment ?
Je pense qu’il faut profiter du moment présent, de
très relative accalmie, pour achever la réforme du
renseignement en créant, ce que j’avais proposé
comme CNR, aux côtés de la DGSE, une direction générale du renseignement intérieur englobant la
DGSI, le renseignement territorial, la direction du
renseignement de la Préfecture de police de Paris et
intégrant des gendarmes. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 050 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
BEL
CINÉMA
LES EXPORTATIONS
DE FILMS FRANÇAIS
EN BERNE PAGE 28
Innovation :
un plan
pour
numériser
les PME
Le premier ministre a dévoilé une série de mesures pour permettre aux PME
françaises d’investir dans le digital. L’État va mettre 500 millions sur la table. PAGES 22 ET 23
Nestlé prêt à céder sa division « santé de la peau »
Virage à 180 degrés chez Nestlé.
Moins de cinq ans après avoir créé
une division spécialisée dans la
« santé de la peau » (Nestlé Skin
Health), le géant de l’agroalimentaire songe à s’en délester. Bien décidé à « investir de manière encore
plus ciblée dans ses projets de croissance clés » autour « des produits
d’alimentation, de boissons et de santé nutritionnelle », le conseil d’administration a conclu que Nestlé Skin
Health (2,7 milliards de francs suis-
le PLUS du
FIGARO ÉCO
MONDE
Les incertitudes
menacent
la croissance,
alerte l’OCDE PAGE 24
LA SÉANCE
DU JEUDI 20 SEPTEMBRE 2018
CAC 40
5451,59
+1,07%
DOW JONES (18h)
26660,39 +0,96%
ONCE D’OR
1208,35 (1203,30)
PÉTROLE (lond)
78,730 (79,220)
EUROSTOXX 50
3404,81 +1,08%
FOOTSIE
7367,32 +0,49%
NASDAQ (18h)
7569,02 +1,05%
NIKKEI
23674,93 +0,01%
ses de chiffre d’affaires l’an passé) a
plus d’avenir hors du groupe.
Avec cette décision, Mark Schneider, l’administrateur délégué de
Nestlé recruté hors du groupe (une
décision historique) en janvier 2017
pour en redresser la croissance, imprime un peu plus sa marque. Ce
choix est d’autant plus symbolique
que la création de la division Nestlé
Skin Health a été décidée par le
prédécesseur de Mark Schneider,
Paul Bulcke, aujourd’hui président
du conseil, au moment où le groupe
suisse amorçait son désengagement
de L’Oréal. En février 2014, Nestlé a
en effet vendu 8 % du capital du
géant français des cosmétiques, en
partie en échange de 50 % de leur
coentreprise Galderma. Cette dernière société a été la base du développement de la nouvelle division
santé de la peau. Depuis son arrivée, le nouveau patron de Nestlé n’a
pas caché qu’il n’avait pas compris
l’acquisition de Galderma.
Ce rétropédalage va alimenter les
spéculations sur l’avenir de la participation (23 %) de Nestlé dans
L’Oréal. Mark Schneider est depuis
des mois sous la pression du fonds
activiste Third Point, qui l’incite à
la vendre. Une manœuvre que le
patron a refusée jusqu’ici, sans
doute parce que sa participation
dans L’Oréal apporte 13 % de son
résultat net à Nestlé. Mais Mark
Schneider a prouvé qu’il n’avait pas
IVAN LETESSIER
de tabou…
L'HISTOIRE
Les mois se suivent et se ressemblent pour l’assurance-vie. En août,
les Français ont encore versé
2,4 milliards d’euros sur leurs
contrats (les dépôts moins les retraits), après 2,7 milliards en juillet,
selon la Fédération française de
l’assurance (FFA). Entre janvier et
août, ils ont déjà investi 17,1 milliards d’euros sur leurs contrats, un
montant record inégalé depuis
2011 ! Fait marquant, malgré un fléchissement pendant les mois d’été,
près de 30 % de l’épargne a été
placée sur des unités de comptes
(actions…), plus risqués (l’épargnant n’a aucune garantie de récupérer son capital), mais potentiellement plus rémunérateurs que les
traditionnels fonds en euros.
« L’assurance-vie est attractive,
car elle offre toujours des rendements supérieurs aux autres placements », fait valoir Bernard
Spitz, président de la FFA. L’an
dernier, les fonds en euros, qui restent majoritaires, ont, de fait,
moins baissé que ce qui était redouté, rapportant 1,8 % en moyenne. Le premier placement français,
dont l’encours s’élève désormais à
1 708 milliards d’euros (+ 3 % sur un
an), a peut-être bénéficié d’un léger affaiblissement de l’appétence
des Français pour la pierre, devenue très chère dans certaines métropoles. Il tire aussi profit du désamour pour le plan épargne
logement (PEL), dont les nouveaux
contrats sont soumis à la flat tax
(30 %).
Même si l’automne, qui rime avec
impôts et rentrée, est souvent une
période peu favorable à l’épargne,
2018 s’annonce comme un très
bon cru pour l’assurance-vie. Pour
l’heure, bien que les assureurs
n’aient pas encore annoncé la couleur pour l’année 2018, nombre
d’observateurs, s’attendent à un
nouvel effritement du rendement.
Les taux d’intérêt sont toujours
bas et les assureurs mettent tous
les ans de côté une partie des rendements pour faire face à de possibles jours plus difficiles.
D. G.
PUBLICITÉ
Danone offre une journée de chiffre
d’affaires pour sauver les terres agricoles
D
anone, Évian, Volvic, Blédina,
Les 2Vaches, Danonino, Activia…
Tous ceux qui achèteront
des produits de ces marques
ce vendredi en France ne
verseront rien au groupe Danone, l’industriel
qui les fabrique ; et ils ne rempliront pas non
plus les caisses des distributeurs Carrefour,
Auchan, Leclerc, Système U ou même
Amazon. Toutes leurs dépenses profiteront
à des agriculteurs porteurs de projets
d’une agriculture « régénératrice ».
Soit, en langage Danone, toutes les
techniques agricoles préservant les sols
et la biodiversité. Comme cette productrice
normande de vaches
qui va doubler la
surface de pâturage
de ses 65 vaches et
réduire de 11,5 %
l’empreinte carbone
de son exploitation.
Ou ce cultivateur de
pommes de terre qui
repense son champ
pour obtenir un label
de protection des
abeilles et vise le
zéro pesticide à chaque étape de sa production.
Généreux mais raisonnable, Danone
ne va pas jusqu’à organiser son « green day »
un samedi - plus gros jour en termes de recette
dans les hypers. Il espère tout de même récolter
5 millions d’euros ce vendredi, pour financer
300 projets sur deux ou trois ans. Et pour
maximiser la récolte en sortie de caisse,
1 500 de ses salariés et agriculteurs partenaires
iront dans 450 à 500 grandes surfaces
de France pour expliquer aux clients le principe
de la journée. Et tenter d’impulser
un mouvement global. « Quand on achète ou
quand on mange, on vote pour le monde dans
lequel on veut vivre », assure Emmanuel Faber,
PDG du géant
des produits laitiers
et des eaux. Le groupe
vise, d’ici à 2025,
en France, 100 %
de ses produits issus
d’une agriculture
régénératrice. Il
proposera d’ici deux
ans une offre bio sur
toutes ses marques
pour enfants. ■
OLIVIA DÉTROYAT
LABEL EXCELLENCE 2018
BÉNÉFICIEZ
D’UNE EXPERTISE
RECONNUE
EN BOURSE
J’aime ma banque.
Source Profideo, septembre 2017
Fortuneo est une marque commerciale d’Arkéa Direct Bank. Arkéa Direct Bank,
Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance au capital de 89 198 952
euros. RCS Nanterre 384 288 890. Siège social : Tour Ariane - 5, place de la Pyramide
92088 Paris La Défense. Courtier en assurance n° Orias 07 008 441.– Adresse postale :
FORTUNEO - TSA 41707 - 35917 RENNES CEDEX 9.
A
BERTRAND GUAY/AFP, COLLECTION PRIVÉE, JEAN-FRANCOIS MONIER/AFP
LE PROPRIÉTAIRE DE LA VACHE
QUI RIT SE SÉPARE DE 5 %
DE SES EFFECTIFS EN FRANCE PAGE 25
L’ASSURANCEVIE RESTE
LE PLACEMENT
PRÉFÉRÉ
DES FRANÇAIS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
22
L'ÉVÉNEMENT
Un plan à 500 millions pour numériser l’in
Édouard Philippe a dévoilé une série de mesures pour mettre les PME françaises au niveau des standards des
GUILLAUME GUICHARD
£@guillaume_gui
ET ANNE DE GUIGNÉ £@adeguigne
POLITIQUE ÉCONOMIQUE Les succès technologiques tels que Dassault
Systèmes*, dont Édouard Philippe
visitait le siège ce jeudi, ne masquent pas la réalité du décrochage
de l’industrie hexagonale. « Depuis
2013, nous avons perdu en compétitivité hors coût, a reconnu le premier
ministre. C’est-à-dire que nous
avons encore des efforts à consentir
pour améliorer notre rapport qualité-prix et notre positionnement de
gamme. » Et pas qu’un peu… Avec
132 robots pour 10 000 employés
dans l’industrie manufacturière
contre 185 en Italie ou 309 en Allemagne, la France court aujourd’hui
le risque de rater le tournant de la
numérisation de ses usines.
Accompagné de Bruno Le Maire
et des secrétaires d’État Delphine
Gény-Stephann et Mounir Mahjoubi, Édouard Philippe est donc venu
sonner l’alarme. Et proposer quelques solutions. La première consiste
à ressusciter le suramortissement,
mesure qui avait été mise en place
sous François Hollande entre 2015
et 2017. Une entreprise qui investira
dans le numérique entre janvier
2019 et fin 2020 pourra ainsi déduire de son résultat imposable jusqu’à 40 % du prix de revient de cet
investissement. Autre mesure proindustrie high-tech, les data centers bénéficieront d’un taux réduit
de 12 euros par mégawattheure sur
la taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE),
contre 22 euros en temps normal.
Un élément crucial pour ce secteur
dont l’électricité représente 30 %
des coûts.
Pour accompagner la robotisation et la numérisation des entreprises, le gouvernement va aussi
s’appuyer sur les régions et les seize
filières qui structurent le paysage
industriel français en grands secteurs : automobile, aéronautique…
« Mon message aux filières est clair :
maintenant que vous avez les clés du
camion, à vous de le mettre en
marche », a lancé Édouard Philippe.
Concrètement, le premier ministre
leur demande de mettre en place
une stratégie d’accompagnement
des PME vers le numérique.
Deuxième défi, les filières devront se doter d’ici la fin de l’année
d’une « plateforme numérique »
mise à disposition de tous les membres. Une telle initiative permettra
de familiariser les dirigeants de
PME avec les innovations numéri-
ques de leur secteur. Par exemple,
dans l’industrie alimentaire, la plateforme sera dédiée à la gestion des
approvisionnements et à la traçabilité. Celle des industries de la
santé se concentrera sur les sujets
d’intelligence artificielle…
Investir dans la formation
L’ensemble de ces mesures pro-industrie représente un coût pour
l’État de 500 millions d’euros, la
moitié concernant le suramortissement et étant inscrite en PLF
2019. Le solde est financé via les circuits du programme d’investissement d’avenir (PIA) d’Emmanuel
Macron, le plan de 50 milliards
d’euros dont les contours ont présenté il y a un an.
En présentant son programme,
Édouard Philippe a rappelé une
conviction, qui reste encore à faire
partager à tous les salariés concernés : « Robotiser davantage, automatiser davantage, moderniser, ce n’est
pas supprimer des emplois : c’est gagner en efficacité, […] et c’est permettre aux salariés de se consacrer
davantage aux besoins des clients »,
a-t-il appuyé, tout en soulignant la
nécessité d’investir dans la formation des personnels de l’industrie.
« Nous voulons identifier, d’ici fin novembre, une centaine de territoires
d’industrie qui pourront concentrer
nos moyens et nos énergies », a ainsi
promis le premier ministre.
Une mesure, dévoilée il y a une
semaine par Le Figaro, jure toutefois
est
« L’enjeu
double :
rattraper le
retard de la
France par
rapport aux
pays qui ont
décuplé leur
compétitivité grâce aux
industries
du futur.
Et miser sur
les compétences pour
replacer
l’humain au
cœur de nos
industries
parmi ce bouquet d’annonces.
L’exécutif a concocté, dans le cadre
du projet de budget 2019 qui sera
dévoilé lundi, un resserrement
drastique de la fiscalité des brevets
qui fâche les entreprises. Le dispositif, un atout en termes d’attractivité, ne respectait pas les règles de
l’OCDE appliquées par l’Union
européenne. « On ne peut pas se
battre sur la fiscalité des Gafa et
continuer de ne pas respecter cette
règle », justifie Bruno Le Maire. Pour
bénéficier du taux réduit d’impôt
sur les sociétés de 15 % sur les recettes tirées des brevets, la recherche
devra avoir eu lieu en France. Des
entreprises comme L’Oréal ou Sanofi devraient particulièrement en
souffrir. Seule contrepartie pour
»
ÉDOUARD PHILIPPE
« Robotiser
davantage,
automatiser
davantage,
moderniser,
ce n’est pas
supprimer
des emplois :
c’est gagner
en efficacité,
en marges
de manœuvre,
en qualité
des conditions
de travail
Ci-contre et en bas, le premier ministre,
Édouard Philippe en compagnie
du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire,
et du directeur général de Dassault
Systèmes, Bernard Charlès (à gauche),
lors d’une visite au siège du groupe, à Vélizy,
le 20 septembre. JACQUES WITT, HAMILTON/REA
»
ÉDOUARD PHILIPPE
Jean-David Chamboredon : « Il n’y a rien eu de décisif
pour les start-up » depuis l’élection de Macron
Jean-David Chamboredon est le
président de France Digitale, une
association d’entrepreneurs et investisseurs français du numérique. Il a été le porte-parole en
2012 du mouvement des Pigeons,
qui contestait la politique antientrepreneuriale en début de
quinquennat Hollande.
LE FIGARO. - Emmanuel Macron
avait déclaré vouloir faire
de la France une « start-up
nation ». C’est le cas aujourd’hui ?
Jean-David CHAMBOREDON.Depuis son élection, le président a
pris des mesures de portée très
large, en soi favorables à toutes les
entreprises, comme la baisse de la
fiscalité du capital ou la réforme
“
La France
manque
cruellement
d’investisseurs
de long terme
dans le non-coté
”
A
du marché de travail. Mais il n’y a
rien eu de décisif pour le développement de l’écosystème des startup ou « scale-up ».
Vous êtes déçu…
Il y avait une échéance autour de la
loi Pacte qui, oui, nous a déçus.
Nous espérions des mesures fortes
pour flécher l’épargne financière
des Français vers les entreprises
non cotées. Cela exigeait que le
gouvernement s’attelle à une vraie
réforme de l’assurance-vie mais il
s’est contenté d’une réformette
avec quelques points d’amélioration des contrats euro-croissance
et la volonté de donner un coup
d’accélérateur à l’épargne-retraite. Cette épargne-retraite pourra
venir financer les start-up mais il
faudra une génération pour que
des centaines de milliards basculent. À court terme, je ne vois
qu’un impact marginal alors que la
France manque d’investisseurs de
long terme dans le non-coté. Les
sociétés d’assurance-vie françaises investissent 100 fois moins
dans le capital risque que les fonds
de pension américains.
Saluez-vous la création d’un fonds
d’innovation de rupture inscrite
dans le projet de loi Pacte ?
Ce fonds de 10 milliards qui générera 200 millions d’euros de revenus par an a l’avantage de pérenniser des lignes d’investissement
qui étaient discutées chaque année. Après 200 millions dans le
capital risque, cela n’est pas décisif. Au premier semestre 2018, les
start-up françaises ont levé 2 milliards d’euros…
Une partie de ces montants sera
dédiée à la recherche appliquée,
en amont des start-up…
C’est une bonne mesure, qui
pourrait porter des fruits à long
terme. Mais est-ce que cela va solidifier l’écosystème French Tech
à court terme ? Je ne crois pas,
malheureusement.
Que faudrait-il faire alors ?
La seule grande mesure qui aurait
pu faire bouger les lignes aurait été
de s’attaquer à la niche de l’assurance-vie où les Français placent
quasiment toute leur épargne financière. Sinon, tous les mécanismes fiscaux qui encouragent les
entrepreneurs qui ont cédé leur
entreprise à réinvestir sont bien
évidemment utiles. C’est grâce à
ces réinvestissements successifs
que le système californien s’est
constitué. Je crois que le gouvernement travaille sur des mesures
dans ce sens pour le PLF 2019 ! ■
PROPOS RECUELLIS PAR A.G.
La France dépose toujours autant
et toujours beaucoup moins que
ANNE BODESCOT
£@abodescot@lefigaro.fr
tout,
« En
c’est
500 millions
d’euros que
l’État va
consacrer
pour
accompagner
toutes
les PME
et toutes
les filières
vers cette
mise à jour
numérique
»
ÉDOUARD PHILIPPE
Les Cassandre qui fustigent le
manque d’innovation en France
sont peut-être un peu trop sévères.
Selon l’Office européen des brevets
(OEB), la France est le pays qui dépose le plus de brevets en Europe,
après l’Allemagne, avec 10 500 demandes l’an dernier, un chiffre qui
varie peu au fil des années. « L’Îlede-France est d’ailleurs la région la
plus innovante en Europe après la
Bavière », souligne Rainer Osterwalder, de l’OEB.
Les Français totalisent 6 % des
dépôts de brevets auprès de cet
organisme, qui permet de protéger
une invention jusque dans 38 pays.
C’est deux fois plus que le Royaume-Uni ou l’Italie (3 %). Mais
l’Allemagne reste loin devant, avec
15 % des demandes.
Des chiffres trompeurs
Pour protéger une invention seulement dans un pays, les entreprises
peuvent aussi s’adresser directement
à l’organisme chargé de délivrer les
brevets localement. En France, il
s’agit de l’INPI (Institut national de la
propriété industrielle), qui enregistre
plus de 16 000 demandes par an (un
chiffre très stable d’une année sur
l’autre), contre 72 000 pour son homologue allemand et même 19 000
pour son alter ego britannique.
« Mais chez nos voisins anglais ou
allemands, les chiffres incluent des demandes provisoires, faites pour
prendre date, et qui en réalité ne seront
jamais examinées, l’entreprise renonçant d’elle-même à breveter une invention qui n’en vaut pas la peine »,
relativise Philippe Cadre, directeur
de la propriété industrielle à l’INPI.
Dans l’Hexagone, en revanche, toute
demande est « ferme », examinée et
facturée à l’entreprise. « Si l’on
compare les brevets réellement déposés et examinés comme chez nous,
l’Allemagne en compte 35 000 et le
Royaume-Uni 12 000, soit moins que
la France », précise Philippe Cadre.
Les inventions françaises sont suffisamment solides pour mériter
d’être protégées également hors des
frontières. « Près de 80 % des brevets
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
ÉCONOMIE
pays concurrents.
l’industrie, les brevets de logiciel
déposés à partir de l’année prochaine seront éligibles au taux réduit. Et
encore, cet avantage pourrait être
plafonné à 25 % des redevances tirées des brevets de logiciels, glisset-on à Bercy.
Cette réforme de la fiscalité des
brevets, qui s’est imposée à l’exécutif, brouille le message du projet
de loi Pacte. Le texte prévoit dans
son article 40 de simplifier les procédures de dépôt de brevet, notamment en renforçant le certificat
d’utilité, un titre de propriété industrielle, « petit frère » du brevet,
conçu pour les inventions de cycle
court. ■
* Le groupe Dassault est propriétaire
du « Figaro ».
Principales
ANNONCES
■ Suramortissement
numérique
Avantage fiscal exceptionnel
(de janvier 2019 à fin 2020)
permettant de déduire du
résultat imposable jusqu’à
40 % du prix de revient d’un
nouveau bien d’équipement
Cible : investissements
dédiés à la robotique et à la
transformation numérique
(imprimantes 3D, logiciels de
gestion de la production,
capteurs connectés…),
pour combler un « retard »
d’équipement des PME.
■ Régime fiscal des brevets
Seuls les profits tirés
d’innovations protégées par
le droit d’auteur et ayant été
conçues et développées en
France bénéficieront du taux
réduit à 15 %, qui sera étendu
aux recettes tirées de
logiciels originaux protégés
(licences d’exploitation)
Objectif : la mise en
conformité avec les règles
de lutte contre l’optimisation
fiscale édictées par l’OCDE
et reprises par l’Europe.
■ Fiscalité énergétique
Mise en place d’un taux réduit
sur la taxe intérieure
sur la consommation finale
d’électricité (de 12 €/MWh)
pour les centres de stockage
de données (data centers)
But : renforcer
la compétitivité de la France
en Europe et dans le monde
pour l’implantation
de nouveaux centres.
La France dans
le top 5 mondial
NOMBRE DE BREVETS
DÉPOSÉS PAR PAYS
en 2017
États-Unis
42 300
Allemagne
25 490
Japon
21 712
de brevets…
l’Allemagne
français sont aussi déposés à l’étranger. C’est une proportion légèrement
supérieure à celle observée en Allemagne », ajoute Philippe Cadre. Les entreprises françaises comptent parmi
les plus actives pour assurer la protection par brevet de leurs inventions
au niveau mondial. Mais, comme
toujours, distancées par les groupes
allemands.
Pour expliquer ce retard, les spécialistes opposent souvent la culture
germanique de la propriété industrielle à notre goût pour le secret des
affaires. La loi allemande oblige ainsi
les entreprises à breveter les inventions de leurs salariés (qui bénéficient
de primes sur les gains procurés par
ces brevets). À défaut, ceux-ci peuvent le faire eux-mêmes, à leur profit.Certains experts ont aussi avancé
que l’Allemagne, dotée d’une industrie chimique puissante, tirait parti
de ce secteur inventif. « Mais ce n’est
plus aussi vrai : les deux entreprises
allemandes qui ont déposé l’an dernier
le plus grand nombre de demandes de
brevets européens sont Bosch et Siemens », rappelle Didier Patry, directeur général de France Brevets, qui
souligne l’immense enjeu financer.
« Déposer un brevet, ce n’est pas seulement se protéger contre les contrefaçons. C’est aussi pouvoir vendre des
licences pour accroître les revenus de
l’entreprise, comme le font Microsoft
ou IBM », rappelle-t-il. C’est aussi
parfois pouvoir investir dans d’autres
entreprises, « comme IBM, qui accepte d’ouvrir sa technologie à des
start-up en échange d’une part de leur
capital », ajoute le spécialiste de
France Brevets. ■
France
10 559
Chine
8 330
L'ÉVÉNEMENT
23
Pénurie de main-d’œuvre : Pôle emploi
renforce l’aide aux entreprises
L’établissement a prévu 7 000 actions locales d’ici à la fin octobre.
MANON MALHÈRE £@ManonMalhère
SOCIAL Paradoxal, le phénomène
est désormais bien connu : alors
que le chômage en France reste
élevé, de nombreux secteurs
- métiers de bouche, construction, transports routiers… - ont de
plus en plus de difficultés à recruter. En 2017, entre 200 000 et
330 000 projets d’embauche ont
été abandonnés, faute de trouver
des candidats adéquats, selon Pôle
emploi. Pour tenter d’améliorer la
situation, l’établissement public
multiplie les actions. Il a lancé,
jeudi, l’opération « #VersUnMétier », qui vise à renforcer l’accompagnement des entreprises en
pénurie de main-d’œuvre.
Jusqu’à fin octobre, plus de
7 000 actions locales sont ainsi
prévues dans 818 agences Pôle
emploi. Le but de cette opération
est de faciliter la rencontre entre
les employeurs et des profils présélectionnés par les conseillers de
Pôle emploi et, si les candidats ne
collent pas entièrement aux besoins, de proposer des formations.
« La mise en relation directe [entre les entreprises et les individus,
NDLR] est ce qu’il y a de plus pertinent », a indiqué la ministre du
travail, Muriel Pénicaud, en déplacement pour l’occasion dans
une agence de Pôle emploi située
dans le vingtième arrondissement
de Paris. Par exemple, en région
Île-de-France, 25 000 candidats
sont recherchés dans le secteur du
numérique, qui offre des métiers
parfois peu connus. Aussi, l’agence Pôle emploi du vingtième arrondissement a décidé d’organiser des ateliers pour les chômeurs,
leur présentant les métiers en
question, en présence de PME
concernées.
Autre action menée pour répondre, cette fois, aux besoins
dans le secteur de la restauration :
l’agence a décidé d’accompagner
l’entreprise SSP France, leader
mondial de la restauration sur
sites de transports, pour l’aider
à recruter 70 employés polyvalents dans la restauration rapide en CDI. Présélectionnés par
Pôle emploi, les candidats suivent
des cours théoriques pendant
quatre semaines avant de se for-
mer en entreprise pendant deux
semaines.
Des actions d’autant plus utiles
que le marché du travail est moins
allant, avec le tassement de la
croissance économique. Entre
avril et juin 2018, la France a créé
12 500 emplois net dans les secteurs public et privé, contre
47 500 au premier trimestre, selon
les chiffres de l’Insee récemment
publiés. « On continue à créer plus
d’emplois qu’on en détruit », a défendu Muriel Pénicaud.
Taux de chômage à 7 %
d’ici à 2022
Le gouvernement a toutefois bien
conscience que le chemin est encore long. « Nous avons un taux de
chômage qui est encore à 9,1 % de
la population active. Économiquement et socialement, ce n’est pas
acceptable », a concédé la minis-
tre. Le même jour, sur France
Inter, Édouard Philippe a assuré
qu’un retour du taux de chômage
à 7 % d’ici à la fin du quinquennat
(2022) est « parfaitement atteignable ». Pour atteindre cet objectif, il faut « prendre des mesures, parfois difficiles à expliquer,
mais indispensables », a précisé le
premier ministre.
Après les ordonnances réformant le Code du travail en vigueur
depuis l’automne 2017, la réforme
de la formation pour relever le
défi des compétences, l’exécutif
veut s’attaquer à la refonte de
l’assurance-chômage. L’objectif
est de réviser les règles pour inciter au retour à l’emploi et lutter
contre la précarité. Pour bon
nombre d’observateurs, cette réforme vise aussi à faire des économies. Le chantier s’annonce
délicat. ■
En 2017, entre 200 000
et 330 000 projets
d’embauche ont été
abandonnés,
faute de trouver
des candidats adéquats,
selon Pôle emploi.
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
Hausse des déclarations d’embauche… en CDI
Selon le nouveau baromètre
économique publié par l’Acoss,
la banque des Urssaf,
le nombre de déclarations
d’embauche de plus d’un mois
(hors intérim) a progressé
de 3,4 % en août dernier,
après une hausse légère de 0,4
% en juillet. Un bon résultat
qui porte à 3,6 %
l’augmentation enregistrée sur
trois mois et à 7,9 % sur un an.
La forte hausse du mois d’août
s’explique principalement
par la progression
des déclarations d’embauche
en CDD de plus d’un mois
(+ 4,3 %) ainsi que par celle des
embauches en CDI (+ 2,4 %).
Sur un an, les déclarations
d’embauche en CDI restent
ainsi très dynamiques (+ 12,7 %),
augmentant à un rythme trois
fois plus rapide que les CDD
de plus de douze mois (+ 3,7 %).
Dans l’industrie, les
déclarations d’embauche
de plus d’un mois
ont augmenté de 1,9 % en août
2018, portant à 1,1 % l’évolution
sur trois mois et à 8,3 %
celle sur un an.
M. L.
De plus en plus de salariés peinent à
concilier vie privée et vie professionnelle
Les télécoms
à la pointe
NOMBRE DE BREVETS
DÉPOSÉS PAR ENTREPRISE
en 2017
Huawei
2 398
Selon le baromètre Malakoff, ils se sentent toutefois mieux au travail.
Siemens
2 220
CORINNE CAILLAUD
£@corinnecaillaud
LG
2 056
Samsung
2 016
Qualcomm
1 854
Valeo en tête
du classement
français
NOMBRE DE BREVETS DÉPOSÉS PAR
DES ENTREPRISES FRANÇAISES,
en 2017
Valeo
770
CEA
544
Technicolor
509
Sanofi
393
Safran
364
Source : Office européen des Brevets
Infographie
ENTREPRISE Le sujet du burn-out
est omniprésent dans la société, et
pourtant le dixième Baromètre
santé et qualité de vie au travail de
Malakoff Médéric affiche un résultat inédit : jamais il n’y a eu autant
de salariés satisfaits de leurs conditions de travail. En effet, 7 sur 10
les jugent bonnes ou très bonnes.
Alors qu’en 2009 ils étaient 54 % à
estimer leur emploi physiquement
fatigant, ils ne sont plus que 48 %
en 2018. Ils sont aussi plus soucieux
de préserver leur santé : 74 %
aujourd’hui contre 68 % il y a dix
ans. Preuve qu’il ne s’agit pas que
d’un vœu pieux, ils pratiquent davantage d’activité physique légère,
68 % font attention à leur alimentation et la proportion de salariés
fumeurs est en baisse.
L’augmentation de la confiance
dans leur situation professionnelle
future (73 % contre 64 %) est aussi
un facteur qui influe sur ce sentiment d’amélioration globale. Non
seulement 74 % se déclarent
confiants vis-à-vis des changements et innovations technologiques qui vont impacter la sphère
professionnelle d’ici dix ans, mais
69 % estiment même que ces évolutions seront bénéfiques.
La notion de qualité de vie au
travail diffère toutefois entre salariés et dirigeants (au sens du baromètre, soit les hauts cadres). Pour
les premiers, elle s’appuie sur
l’ambiance et les relations avec les
collègues (49 %). La rémunération
globale est le deuxième critère
(40 %), suivie de la reconnaissance.
En revanche, pour les dirigeants, le
rapport humain avec leur supérieur hiérarchique direct est la
principale préoccupation (50 %).
L’ambiance avec leurs collègues
(44 %) et la reconnaissance (39 %)
se classent respectivement en
deuxième et troisième positions.
Érosion de l’engagement
Malgré ces éléments positifs, le Baromètre met en évidence des
résultats préoccupants. À commencer par une dégradation de
l’équilibre vie privée-vie professionnelle. Il y a dix ans, 27 %
éprouvaient des difficultés à
concilier les deux, alors qu’aujourd’hui cette proportion atteint les
35 %. Pour remédier à ce problème, 46 % aspirent à des horaires
plus souples, quand 28 % penchent
pour une réduction du temps de
travail et 24 % pour la possibilité de
télétravail. De même, si la part des
salariés estimant avoir un métier
nerveusement fatigant est en
légère diminution (72 % en 2009
contre 68 % aujourd’hui), elle
reste néanmoins élevée.
Pour 40 % d’entre eux, la pression psychologique est due à une
difficulté à gérer les priorités, et
pour 29 % à une activité qui est de
plus en plus morcelée. Les risques
psychosociaux sont aussi provoqués par un manque de reconnaissance (58 %) et le fait de ne pas
avoir la possibilité de prendre des
décisions. Au regard de ces données, il est donc peu surprenant
que le niveau d’engagement des
salariés se soit érodé, passant de
36 % en 2012 à 29 % en 2018. Idem
pour ce qui concerne le lien à l’entreprise, qui, tout en restant à un
niveau important, s’est effrité. Le
sentiment de fierté d’évoluer au
sein de son entreprise est ainsi
passé de 74 % à 71 %.
Interrogés sur leurs attentes en
matière de bien-être sur les dix
prochaines années, dirigeants
(56 %) et salariés (51 %) ont cité en
premier lieu le sujet de l’équité et
de la juste rémunération. ■
«
Les salariés
ont besoin
de reconnaissance
individuelle
et financière,
mais aussi
sur le travail
fourni. Ils sont
également
en quête
de retour
d’expérience
»
ANNE-SOPHIE GODON
DIRECTRICE INNOVATION
MALAKOFF MÉDÉRIC
A
dustrie
vendredi 21 septembre 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
24 ÉCONOMIE
Alerte sur la croissance mondiale
L’OCDE revoit à la baisse la croissance de plusieurs pays, mettant en avant l’accentuation des risques.
Les prévisions de l'OCDE revues à la baisse
ANNE CHEYVIALLE
£@AnneCheyvialle
CONJONCTURE Risques accrus et
fortes incertitudes. Les nuages qui
s’amoncellent sur la conjoncture
mondiale poussent l’OCDE à réajuster à la baisse son panorama de
rentrée. L’organisation internationale abaisse les prévisions de PIB de
nombreux pays - dont la France,
qui passe à 1,6 %, contre 1,9 % en
mai lors de la précédente évaluation - estimant que la croissance
mondiale a atteint un pic et devrait
plafonner en 2018 et 2019 à 3,7 %.
Pourtant, Laurence Boone, la
nouvelle chef économiste en fonction depuis juillet, qui se livrait, un
zeste tendue, à son baptême du feu
de la conférence de presse, s’est attachée à ne pas trop noircir le tableau. « Les risques commencent à
éroder la croissance, mais elle est
toujours là et reste élevée. Le chômage baisse et va continuer de baisser », nuance l’experte française au
curriculum vitae bien fourni. Un
parcours marqué d’allers-retours
entre sphère publique et privée,
passé par les grandes banques
américaines et l’Élysée sous l’ère
Hollande comme conseillère économique, succédant à Emmanuel
Macron.
Reprenant le leitmotiv de
l’OCDE, elle appelle « les États à
poursuivre les réformes. Ce n’est pas
le moment de se reposer sur ses lauriers ! ». Interrogée sur la France,
qui, malgré une croissance revue à
la baisse, va « dans la bonne direction », Laurence Boone donne des
ÉVOLUTION DU PIB, variations annuelles, en %
7,6
7,4
0,2
6,7
-0,1
0
Les révisions à la baisse sont
particulièrement marquées
pour la Turquie et l’Argentine,
en crise
6,4
0
3,7
3,7
-0,1
-0,2
1,9
0,5
-0,2
-4,5
CHINE
MONDE
Pour 2019
3,2
-1,9
INDE
Pour 2018
écart par rapport aux prévisions de mai 2018, en points
TURQUIE
2,5
1,8
1,8
0
-0,3
ALLEMAGNE
1,5
1,6
0
-0,3
RUSSIE
1,8
1,2
-0,3
1,2
1,1
1,2
1,2
-0,2
0
0
0
0,1
JAPON
-2,5
-0,1
FRANCE
-0,8
BRÉSIL
ITALIE
-3,9
Source : OCDE
-1,9
Infographie
ARGENTINE
bons points à Macron, en particulier « les mesures sur le marché du
travail, qui couvrent tous les
champs, éducation, apprentissage,
formation… ». La situation devrait
être plus favorable sur la deuxième
partie de l’année, grâce aux baisses
d’impôts sur l’immobilier et à la
réduction des prélèvements sociaux. Autre avantage compétitif,
notamment par rapport à l’Allemagne, l’économie française est
moins sensible aux fluctuations du
commerce international.
Dans l’échelle des risques - entre
les tensions commerciales, le resserrement des politiques monétaires, les risques politiques liés en
Europe au Brexit et à l’Italie et les
risques financiers persistants dix
ans après la crise de Lehman Brothers, l’OCDE s’inquiète de l’escalade protectionniste entre les
États-Unis et la Chine. « Si nous
continuons, nous pouvons avoir le
risque que la croissance décélère »
davantage, a alerté Laurence
Boone.
L’effet commence à se faire sentir sur la croissance des échanges,
qui a ralenti au cours des six premiers mois de l’année. Et les commandes à l’exportation ont baissé.
Des secteurs subissent déjà l’effet
marqué de la hausse des droits de
douane aux États-Unis de 25 % sur
l’acier. Les importations américaines d’articles en acier ont fortement baissé depuis avril. La chef
économiste a cité l’exemple des
machines, l’un des premiers produits surtaxés par l’Administration
Trump, dont les prix de vente ont
grimpé de 20 % entre mars et
juillet, limitant le pouvoir d’achat
des Américains. « Le protectionnisme crée de l’incertitude et met en
pause beaucoup d’investissements
des entreprises, qui ne savent plus où
localiser leurs usines », détaille
l’économiste.
Investissement productif
Cela va finalement peser sur la productivité, l’emploi et le niveau de
vie, en particulier sur les bas revenus, plus sensibles aux hausses de
prix.
Si, dans les pays riches, le chômage est revenu à son niveau
d’avant crise, le nombre d’emplois
précaires a augmenté. Le chômage
élargi (intégrant les temps partiels
et les personnes qui ne cherchent
plus d’emploi) atteint 17 % dans la
zone euro. Même aux États-Unis,
où le chômage ne cesse de reculer,
la participation au marché du travail n’a pas retrouvé son niveau
d’avant crise. La croissance des salaires reste aussi inférieure à la période 2000-2007 outre-Atlantique
et dans plusieurs pays européens,
en particulier au Royaume-Uni.
Le message central adressé aux
gouvernants est de se concentrer
sur les investissements productifs
pour doper la croissance future,
sans laisser filer les déficits, en
veillant qu’elle bénéficie à tous. ■
LA RUSSIE EN EXCÉDENT
BUDGÉTAIRE EN 2019
£ L’État russe prévoit un budget
excédentaire en 2019, pour
la première fois depuis la crise
de 2014. Malgré les sanctions
américaines et européennes,
la remontée des prix des
hydrocarbures lui permet
d’afficher cet excédent
dans le projet adopté jeudi.
L’ouverture de la frontière avec
l’Érythrée change la donne régionale.
AFRIQUE Lors de sa dernière visite en Érythrée voisine, mercredi
5 septembre, le premier ministre
éthiopien, Abiy Ahmed, a directement atterri à Assab. L’une de ses
priorités : obtenir l’accès au port
de la mer Rouge, prévu dans l’accord de « paix et d’amitié » signé
entre les deux pays début juillet.
Avant la guerre de 1998-2000, la
plupart des échanges commerciaux éthiopiens passaient par le
port d’Assab, se rappelle Serge Tiran, représentant en Éthiopie de
l’entreprise de logistique Massida.
« Du jour au lendemain, au moment
de la guerre, ils ont transféré tous
les bateaux d’Assab à Djibouti. »
Depuis vingt ans, ce pays enclavé ne peut compter que sur l’ancienne colonie française pour faire
transiter la quasi-totalité de ses
importations et exportations, l’un
des corridors les plus chers au
monde. « Entre Djibouti et la frontière, il n’y a presque plus de route
carrossable, déplore Serge Tiran,
c’est comme approvisionner un
pays 30 % plus grand que la France
(et de 100 millions d’habitants)
300 km
Mer
Rouge
SOUDAN
ADDIS-ABEBA
par une route départementale. »
L’aller-retour d’un conteneur entre les deux capitales prend actuellement huit jours dans le
meilleur des cas.
Le port d’Assab apparaît comme
une nouvelle option, à distance
égale mais plus rapide si les autorités élargissent, comme annoncé,
la route reliant le port érythréen à
Addis-Abeba. Cette nouvelle carte
dans le jeu éthiopien pourrait permettre au géant de la Corne de
l’Afrique de faire pression à la
baisse sur les tarifs portuaires djiboutiens. Du côté du port
érythréen d’Assab, avec l’ouverture de la frontière terrestre depuis le 11 septembre, l’activité reprendra « dans les prochaines
semaines », selon le premier ministre éthiopien, mais de façon réduite. Installer des équipements
lourds dans ce port qui a accueilli
pendant vingt ans des bateaux de
guerre prendra au moins deux
ans. Plusieurs questions restent
également en suspens pour les entreprises : quid des tarifs portuaires, des frais de douane ?
Les perspectives économiques
de ce rapprochement historique
représentent aussi un enjeu stratégique dans la région. Les Émirats
arabes unis ont d’ores et déjà an-
Massawa
ÉRYTHRÉE
YÉMEN
Assab
Mekele
DJIBOUTI
ÉTHIOPIE
SOMALIE
Addis-Abeba
Infographie
KENYA
noncé en août un projet d’oléoduc
entre Assab et la capitale éthiopienne. Il devrait améliorer l’approvisionnement de l’Éthiopie en
pétrole, dont les importations
augmentent chaque année de
10 %, selon les médias locaux.
L’un des plus gros consommateurs
de carburant du pays est la compagnie aérienne nationale : Ethio-
COTATIONS HEBDOMADAIRES
Nom du Fonds
Date de valorisation :
Valeur a la
Valeur
Valeur
création précédente liquidative
19/09/2018
AFER ACTIONS EURO
AFER-SFER
AFER PATRIMOINE
A. DIVERSIFIE DURABLE
AFER ACTIONS MONDE
A
Aviva Investors France
24-26, rue de la Pépinière 75008 Paris
Tél. : 01 76 62 90 00 / 01 76 62 91 01
Vocation
ACTIONS ZONE EURO
DIVERSIFIÉ
DIVERSIFIÉ
DIVERSIFIE
ACTIONSINTERNATIONALES
76,00
15,00
500,00
500,00
500,00
137,31
62,67
605,64
748,35
954,84
137,73
62,93
606,55
749,52
960,32
PROCHAINE PARUTION : 28/09/2018
(1) Dédoublé 2 fois. (2) divisée par 2. (3) divisée par 8. (4) divisée par 30. (5) divisée par 100. (6) divisée par 10. (7) divisée par 5. (8) divisée par 6.
ERIC PIERMONT/AFP
EN BREF
L’Éthiopie mise sur la
paix avec son voisin
pour se désenclaver
NATHALIE TISSOT
£@Nathalie_Tissot
Laurence Boone,
chef économiste
de l’OCDE, après sa
conférence de presse,
jeudi, à Paris.
*Ou dernier cours connu.
pian Airlines, leader en Afrique
avec 10,6 millions de passagers et
400 000 tonnes de fret sur l’année
fiscale 2017-2018. Lors du premier
vol direct entre Addis-Abeba et
Asmara, la capitale érythréenne,
moins de dix jours après l’engagement de paix, Tewolde Gebremariam, le PDG, se félicitait de l’économie de « millions de dollars par
an » en survolant l’espace aérien
érythréen.
Fournisseurs
de grandes marques
Le 5 septembre, Abiy Ahmed a
également visité Massawa, l’autre
port érythréen, qui ne se situe
qu’à 250 kilomètres de la frontière
avec l’Éthiopie. Tesfalidet Hadush, dont le commerce de verre
se situe dans la région septentrionale du Tigré, gagnerait de « trois
à quatre fois plus » en important
via Massawa. « La marchandise
vient de Djibouti, transite par Addis-Abeba. Sur la route jusqu’ici il y
a beaucoup de difficultés, nos produits peuvent facilement se casser.
Au niveau du profit et du temps, ce
serait le jour et la nuit », insiste
l’entrepreneur.
Des fournisseurs de grandes
marques comme Decathlon sont
aussi installés dans le parc industriel de Mekele, la capitale de la
région du Tigré, qui compte
215 000 habitants, à seulement
400 kilomètres du port érythréen.
Mekele est d’ailleurs le nom du
cargo éthiopien qui a accosté le 5
septembre à Massawa, une première depuis vingt ans. Un symbole que ne se sont pas privés de
mettre en scène les médias officiels des deux pays, qui comptent
beaucoup sur la nouvelle donne
dans la Corne de l’Afrique. ■
Le port érythréen
de Massawa se situe
à 250 kilomètres
de la frontière
avec l’Éthiopie.
Un cargo éthiopien
y a accosté il y a
quelques jours,
une première depuis
vingt ans. MAHEDER
HAILESELASSIE TADESE/AFP
INDONÉSIE : MORATOIRE
SUR LES PALMIERS
À HUILE
£ L’Indonésie, premier
producteur mondial de la
controversée huile de palme, a
signé un moratoire de trois ans
sur le développement de toute
nouvelle plantation de palmiers
à huile pour améliorer la gestion
de cette ressource.
GRAND PARIS :
280 MILLIONS
POUR ALSTOM
£ Alstom a été désigné pour
fournir le matériel roulant de
trois lignes du futur métro du
Grand Paris, un contrat
susceptible d’atteindre
1,3 milliard d’euros dont
280 millions pour la première
tranche, ont annoncé les parties
prenantes.
SUPPRESSION D’UNE
CENTAINE DE POSTES
CHEZ CHAUSSEXPO
£ La société Desmazières,
propriétaire de l’enseigne de
chaussures ChaussExpo, en
redressement judiciaire depuis
février, a annoncé un projet de
fermeture de 35 magasins et la
suppression de 124 postes lors
d’un comité d’entreprise. En
2017, un premier plan social
avait entraîné 29 fermetures de
magasins.
» Les Français ne dorment
pas assez pour être
efficaces au travail
» Pourquoi des fonctionnaires
de Mayotte touchent indûment
un complément de salaire
www.lefigaro.fr/economie
+@
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
ENTREPRISES
vendredi 21 septembre 2018
25
Contraint au régime
allégé, Bel supprime
160 postes en France
Victime de la baisse de ses profits, le propriétaire
de La Vache qui rit lance un plan de réorganisation.
BEL, UN GROUPE
INTERNATIONAL
OLIVIA DÉTROYAT £@Oliviader
CHIFFRES 2017
3,3
milliards d’euros
de chiffre d’affaires
12 700
salariés dans le monde,
dont 3 800 en France
130
pays distribuant
ses marques
215
millions d’euros
de résultat opérationnel
AGROALIMENTAIRE La Vache qui
rit fait la grimace. Alors que le
contexte laitier reste volatil depuis
la fin des quotas européens en 2015,
le groupe fromager Bel (La Vache
qui rit, Kiri, Leerdammer, Babybel,
Pom’Potes…) se met en ordre de
marche pour tenter de préserver sa
rentabilité. Ce jeudi, Unibel, le holding du groupe fromager qui réalise
plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires a ainsi annoncé une
réorganisation du siège français du
groupe.
Selon un communiqué, cette refonte des équipes passerait par « un
plan de départ volontaire, accompagné d’un plan de reclassement, qui
pourrait conduire à la suppression de
160 postes et à la création de 116 postes ». Soit 5 % des effectifs français.
Ce projet porte essentiellement sur
les équipes de son siège social de
Suresnes. Ses 30 sites de production
dans le monde ne sont pas concernés, précise le groupe. Les négociations avec les syndicats autour du
plan de départ devraient se tenir
jusqu’à la fin de l’année.
Récemment, le groupe familial
dirigé par Antoine Fiévet avait tiré
la sonnette d’alarme sur la dégradation de l’environnement dans les
produits laitiers. Début mars, le
groupe a dévoilé une chute de 30 %
de son résultat opérationnel à
215 millions d’euros, et de 15 % de
son résultat net, à 180 millions
d’euros.
En cause, selon le fabricant de la
célèbre Vache qui rit, l’incertitude
dans certains de ses gros marchés
dont le Proche et Moyen-Orient,
avec une faible visibilité dans les
zones de conflit. Surtout, Bel souffre
sur ses marchés matures, notamment en Europe (plus de 50 % de
ses ventes), d’un contexte tendu
avec ses distributeurs. Et ce notamment en France, où ses efforts tarifaires pour augmenter la rémuné-
L’usine La Vache qui rit, à Lons-le-Saunier (Jura).
ration de ses 800 producteurs
n’auraient, selon lui, pas été pris en
compte par la grande distribution.
Prix du lait garanti
En 2018, le groupe s’était engagé à
payer 350 euros la tonne de lait à ses
éleveurs laitiers. Avec une prime
possible de 21 euros les 1 000 litres
en cas de respect d’un cahier des
charges précis (nourriture sans
OGM, pâturage d’au moins
150 jours…). Mais, engagé dans ce
projet de croissance durable dont la
société a fait l’un de ses piliers stratégiques, Bel reconnaissait déjà à
l’époque ne pouvoir tenir éternellement seul cette position, coûteuse
pour les marges et la défavorisant
par rapport à certains concurrents
moins- disants.
HAMILTON/REA
La dégradation de ses marges
s’est confirmée cet été, avec une
chute de 34 % de son résultat opérationnel sur les six premiers mois
de l’année. Notamment sous le
poids du renchérissement de certaines matières premières. Une situation que le troisième fromager
mondial ne voyait pas s’arranger
d’ici à la fin de l’année.
Surtout, Bel reste pessimiste sur
sa capacité à redorer ses marges
alors que les grands distributeurs
européens continuent de faire grossir leurs alliances aux achats. Dernier en date, l’espagnol Dia. Celuici a rejoint début septembre le trio
Casino-Métro-Auchan, au sein de
leur centrale commune Horizon
International, créant un poids lourd
de 137 milliards d’euros de puissan-
ce d’achats. « Ces alliances conclues
entre les grandes enseignes de la distribution en Europe ont impacté la
capacité de Bel à augmenter ses prix
de vente, ce qui a pesé sur ses marges », déplorait ainsi fin juillet Bel.
Dans ce contexte, et outre les
restructurations en cours, le groupe
mise sur ses innovations pour retrouver de l’air sur les marges, et
continuer à se développer sur des
marchés laitiers un peu délaissés
par les consommateurs. En mai, il
s’est par exemple mis au lait bio en
lançant une version verte de son
célèbre Babybel, estampillé AB.
Grâce à sa stratégie de « snacking
sain », le troisième fromager mondial veut doubler de taille d’ici à
2025 pour atteindre 6 milliards
d’euros de chiffre d’affaires. ■
InVivo accélère dans la distribution alimentaire
Propriétaire de Frais d’Ici, Gamm Vert et Jardiland, la coopérative rachète Bio&Co. Elle veut ouvrir 150 magasins.
2,7
milliards d’euros
Objectif de chiffre
d’affaires d’InVivo
dans la distribution
d’ici à 2025
DISTRIBUTION Le bio n’en finit pas
de faire des émules. Après Carrefour
qui a mis la main cet été sur So Bio
(8 magasins), le coopératif InVivo
place ses pions sur ce créneau en
croissance de 20 % par an, en avalant Bio&Co. Le propriétaire des jardineries Gamm Vert, Delbard et Jardiland est entré en négociations
exclusives pour racheter les six magasins de cette enseigne familiale,
créée il y a une vingtaine d’années.
Implanté dans le Sud-Est,
Bio&Co réalise 22 millions d’euros
de chiffre d’affaires. À la fois dans
les fruits et légumes régionaux,
mais aussi sur les produits secs, la
boucherie, l’hygiène beauté cos-
métique et une offre restauration.
InVivo privilégie les acquisitions
pour accélérer le déploiement de
son projet alimentaire. « Nous
avons acheté cette chaîne pour sa
marque et son savoir-faire sur le
sourcing bio, explique Thierry Blandinières, directeur général d’InVivo. Avec Bio&Co, nous avons le
profil idéal pour accélérer notre programme sur l’alimentaire lancé il y a
quelques années. »
Premiers tests probants
Des ambitions dans l’alimentaire
nées en 2014 avec le lancement de
son enseigne de produit frais Frais
d’Ici, qui compte six points de ven-
te. Au-delà de l’essor de rayons alimentaires dans ses jardineries,
InVivo mise beaucoup sur des magasins adossés à ses points de vente.
Sur ses 1 400 magasins (post-rachat
de Jardiland), In Vivo en a identifié
250 susceptibles d’accueillir à leurs
côtés soit un Frais d’Ici, soit un
Bio&Co. Le but : doper la fréquentation des jardineries et offrir également des débouchés à ses agriculteurs coopérateurs.
« L’idée est de passer à une fréquentation hebdomadaire, précise
Thierry Blandinières. Le choix de
l’enseigne se fera selon la zone de
chalandise. Mais le concept Bio&Co
semble plus adapté à Jardiland, et
Frais d’Ici aux Gamm Vert, davantage implantés en milieu rural. »
Les cinq premiers tests sont probants. À Auch, où le Gamm Vert local accueille à ses côtés depuis trois
ans un Frais d’Ici, le chiffre d’affaires est passé de 2,2 à 4 millions
d’euros. D’ici à 2025, le groupe coopératif vise 150 supermarchés adossés à ses jardineries, dont une centaine à l’enseigne Bio&Co. Le
groupe n’exclut pas d’ouvrir des
magasins autonomes, à la fois en
franchise et en succursale, mais la
priorité restera au modèle accolé.
« Sur notre modèle cible de magasin, le chiffre d’affaires se répartira
alors à 40 % sur le jardin au sens lar-
ge, à 30 % sur l’animalerie et 30 %
sur la distribution alimentaire »,
précise Guillaume Darrasse, directeur général d’InVivo Retail. Expatron de Système U, ce dernier a
pris la tête du pôle distribution
d’InVivo à la rentrée.
Sur les jardineries, le groupe
n’exclut pas quelques changements
d’enseignes pour garder un positionnement propre à chacune de ses
trois marques. Avec cette offensive,
la coopérative veut faire passer ses
activités de distribution de 2,4 à
2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2025. Soit près de la
moitié de l’activité de sa maison
mère (5,5 milliards d’euros). ■ O. D.
Fnac Darty s’offre les boutiques de réparation de mobiles WeFix
Le distributeur va ainsi étoffer son offre de service après-vente en installant des corners dans ses magasins.
en France
et en Belgique
DISTRIBUTION Réputé pour son
service après-vente de téléviseurs
et autres appareils électroménagers, Fnac Darty va le déployer en
téléphonie mobile. Leader du SAV
en France (2,5 millions d’interventions par an), le groupe est en négociations exclusives en vue d’une
prise de participation majoritaire
dans WeFix. « À 15 millions d’euros
de chiffre d’affaires, nous visons une
croissance de 20 à 30 % au moins
cette année encore », précise
Édouard Menantaud, président de
WeFix, société française de réparation express (70 % de l’activité)
née en 2012. Elle assure aussi du reconditionnement de smartphones.
Un créneau structurant de l’évolution du marché, exploité par tous
les distributeurs, Fnac comprise,
via notamment Fnac Occasion, en
boutique, et sur Internet.
WeFix a tissé un réseau de
59 points de vente, en France et en
Belgique. Après avoir démarré à
domicile sous le nom d’Allo
Smartphone, il a changé son téléphone d’épaule et est devenu numéro un en France de la fast-réparation avec ses propres points
de vente et, plus récemment, de
plus grandes boutiques. Pour Régis Koenig, directeur de la politique services Fnac Darty, voilà
« un atout pour enrichir l’offre de
services de Fnac Darty, qui assure
bien des réparations mais essentiellement sous garantie, donc très
peu de téléphones cassés », pain
quotidien de WeFix.
L’enseigne est très présente en
centres commerciaux. WeFix a
aussi installé des distributeurs
automatiques d’accessoires dans
cinq gares, à Paris et Lille. WeFix
assure 12 000 réparations par mois,
en 20 minutes chrono, pour
70 euros en moyenne, toutes assurées d’une garantie d’un an… là où
Fnac Darty envoie aujourd’hui les
téléphones dans des ateliers extérieurs, ce qui prend une ou deux
semaines.
Ambition stratégique
Des corners WeFix essaimeront
aussi dans les magasins Fnac
Darty, avec l’objectif de doubler le
nombre de points de vente WeFix
d’ici deux ans, aussi bien hors qu’à
l’intérieur des Fnac Darty.
« À deux c’est encore mieux »,
assure le nouveau slogan du Groupe Fnac Darty, corners Darty chez
Fnac à l’appui… Le distributeur va
passer à trois avec WeFix, contribuant à développer des points de
vente multi-enseignes. Les dirigeants du groupe rêvent de monter
à quatre : ils sont candidats à la reprise de La Grande Récré, qu’ils feraient entrer au cœur des Fnac. Ce
projet semble toutefois compromis
par l’offre du promoteur FIB,
mieux placée.
En s’offrant WeFix, au lieu de
développer ce service en interne,
Fnac Darty accélère dans une ambition stratégique : devenir « un référent de la réparation de smartphones et de services associés », résume
Enrique Martinez, directeur général de Fnac Darty, qui pilote sa
réorganisation face à Amazon et
autres menaçants Cdiscount. ■
Trophée s "L es Femm es de l'éc onomi e"
Edition Normandie
Jeudi 4 octobre 2018 à la CCI Seine Estuaire, Le Havre
Invitation sur www.femmes-economie.com
A
59
points de
vente WeFix
ANNE-SOPHIE CATHALA
£@Ascathala
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
26 ENTREPRISES
Ryanair : l’assemblée
générale épargne
Michael O’Leary mais
veut du changement
Les actionnaires demandent aux administrateurs
de faire évoluer la gouvernance de la compagnie.
Ryanair
VALÉRIE COLLET £@V_Collet
Cours de l'action,
en euros
18
17
16,5
16
15
13,5
14
13
12
20 sept. 2017 20 sept. 2018
Source : Bloomberg
Infographie
TRANSPORT Le vent du boulet a
épargné Michael O’Leary, le PDG
de Ryanair, jeudi matin lors de l’assemblée générale des actionnaires
de la compagnie. En revanche, David Bonderman, 75 ans, le président du conseil d’administration
depuis vingt-deux ans, cofondateur du fonds Texas Pacific Group,
et Kyran McLaughlin, un administrateur indépendant, l’ont senti
passer. Ces derniers ont été réélus
avec de très mauvais scores pour ce
type de scrutin : 70,5 % pour le
premier et 68,8 % pour le deuxième. Michael O’Leary, lui, caracole
avec 98,5 %.
Même si le conseil d’administration a sauvé sa peau, les actionnaires ont clairement réclamé un
changement dans la conduite de la
stratégie de l’entreprise en chargeant non pas le « boss » mais ses
administrateurs. « Étant donné les
défis auxquels la compagnie est
confrontée, par exemple dans les relations avec les syndicats, il est clair
que la gouvernance doit évoluer.
L’action d’un conseil d’administration fort, indépendant et visible est
plus importante que jamais », estime Alison Kennedy, un directeur
d’investissement
d’Aberdeen
Standards Investments, qui gère
pour ses clients 0,9 % des actions
de la compagnie à bas coûts. Selon
elle, un progrès net devra avoir été
accompli l’année prochaine. Si ce
n’est pas le cas, Aberdeen comme
d’autres investisseurs s’opposeront alors au renouvellement des
administrateurs.
L’association LAPFF, qui représente des fonds de pension présents au capital de Ryanair, s’est
Michael O’Leary (ici le 12 septembre à Londres) a été réélu au conseil
d’administration de la compagnie avec 98,5 % de voix. TOLGA AKMEN/AFP
félicitée de la défiance des actionnaires à l’égard de David Bonderman, contre lequel elle avait appelé
à voter. « Les problèmes de l’entreprise avec ses employés mettent en
exergue des inquiétudes de longue
date à propos de la gouvernance de
l’entreprise et en particulier de la
volonté et de la capacité de
M. Bonderman à superviser son
conseil d’administration et à
influencer son directeur général,
Michael O’Leary », a déclaré le président du LAPFF, Ian Greenwood, à
l’issue de l’assemblée générale.
Nouvelle grève en vue
Le PDG de l’entreprise, Michael
O’Leary, qui n’a visiblement pas
réussi à nouer des relations apaisées avec les syndicats, s’en tire à
bon compte. Au terme de son
contrat, en septembre 2019, le dirigeant devrait rempiler pour cinq
ans à la tête de la compagnie irlandaise. Mais il fait la fine bouche. « Je
ne suis pas sûr de vouloir signer pour
cinq ans de plus, a-t-il déclaré à des
journalistes. Cela m’emmènerait
jusqu’à 62 ans et je ne suis pas sûr
que Mme O’Leary serait réjouie. »
Ce satisfecit peut surprendre,
après une année 2017 marquée par
les premiers mouvements de grève
de l’histoire de la compagnie à bas
coûts. La semaine prochaine, le
28 septembre, une nouvelle grève
d’ampleur européenne aura lieu à
l’initiative des hôtesses et des
stewards de cinq pays (Belgique,
Italie, Pays-Bas, Portugal, Espagne). Les pilotes belges de la compagnie ont décidé de s’associer à
leurs collègues navigants. Les hôtesses et stewards réclament en
priorité des contrats de travail relevant des pays de résidence des employés. Mais la compagnie ne prévoit de changer ses pratiques qu’à
partir de 2022, date à laquelle une
convention collective s’appliquera.
En France, Ryanair a décidé de
fermer sa « base » (un aéroport où
les avions sont stationnés et où le
personnel navigant prend son service) d’Aix-Marseille, après décision de justice en 2014 condamnant
la compagnie pour travail dissimulé. Mardi, la Cour de cassation a annulé la condamnation et renvoyé le
dossier devant la cour d’appel de
Paris pour qu’un nouveau procès
ait lieu. Ryanair a conclu que ce
jugement lui donnait raison et que
dans ces conditions elle allait
« revenir » en France. En janvier
déjà, les dirigeants promettaient
d’ouvrir au moins quatre bases « au
plus tard à l’été 2019 ». Trente
Boeing 737 seraient positionnés et
1 000 personnes recrutées, dont
300 pilotes. ■
TUI France mise sur les compagnies low-costs pour accélérer
Le voyagiste lance des forfaits vol + hôtel flexibles à prix attractifs pour attirer de nouveaux clients.
1,1
million
de voyageurs sont
partis avec TUI France
au cours des douze
derniers mois.
MATHILDE VISSEYRIAS
£@MVisseyrias
TOURISME Le géant allemand des
voyages TUI a beau avoir ses propres avions (27 au total), sa filiale
française va vendre des sièges de
compagnies ariennes low-costs
(easyJet surtout), pour augmenter
ses ventes. « C’est une nouvelle
orientation stratégique majeure,
souligne Pascal de Izaguirre, le
patron de TUI France (propriétaire de Lookéa, Marmara et Nouvelles Frontières). Nous voulons nous
appuyer sur une offre low-cost,
principalement easyJet, afin d’élar-
gir notre plan de vol et offrir à nos
clients le plus large choix de départs
de Paris et de la province. Nous
avons lancé un test concluant sur
quatre destinations cet été. À partir
du 1er novembre, nous commercialiserons pour cet hiver des séjours
en Europe (hôtel + vol low-cost)
dans plus de 50 hôtels. Et plus de
300 l’été prochain. »
Avec cette nouvelle offre de
forfaits, TUI France compte attirer
des voyageurs qui se passaient de
ses services, préférant réserver
sur Internet vol et hôtel sur des sites séparés. « En connectant nos
systèmes de réservation à des compagnies low-costs, nous gagnons
LES DÉCIDEURS
â SÉBASTIEN BAZIN
Accor Hotels
Le PDG du groupe hôtelier s’entoure de deux
nouveaux directeurs généraux adjoints. Chris
Cahill, DG des marques luxe et de l’Amérique du
Nord, centrale et Caraïbe, pilotera les opérations
hôtelières. Quant à Jean-Jacques Miron, aux
manettes des finances, il étend son périmètre à
la communication et à la stratégie. « Après la
cession d’une majorité de nos actifs immobiliers,
notre organisation reflète […] notre volonté de
poursuivre le développement des relais de croissance du groupe », a déclaré Sébastien Bazin.
â ALEXANDRE MAIZOUÉ
Planet Sushi
Le fondateur de la célèbre chaîne de restaurants
au logo rose, Siben N’Ser, passe les rênes à
Alexandre Maizoué, qui dirigeait la chaîne la
Pataterie depuis dix ans.
A
â VALÉRIE MALLET-KOCK
Fondation EDF
Anciennement responsable de la communication d’Edvance, filiale d’EDF
spécialisée dans le nucléaire, elle
rejoint la fondation du groupe où elle succédera
à Ariane Mercatello.
en flexibilité, ce qui répond à la demande », insiste le dirigeant de
TUI France, qui a fait partir
1,1 million de personnes au cours
des douze derniers mois. Il compte faire voyager 35 000 clients l’an
prochain, sur des vols low-costs.
Réduire les risques
Logiquement, TUI France fait
voyager l’essentiel de ses clients
(75 % pour les clubs en moyencourrier) dans des avions du groupe. Mais le tour-opérateur fait
appel à d’autres compagnies aériennes, lorsque ces avions ne
desservent pas la destination
(Vueling au Portugal, Aeroviaggi
en Sicile et Sardaigne). Chez les
tour-opérateurs, la performance
financière dépend en grande partie de leur capacité à anticiper le
niveau d’activité d’une année sur
l’autre, afin d’acheter les sièges
d’avion et les chambres d’hôtel
dont ils auront besoin. L’exercice
est d’autant plus difficile qu’il doit
être fait jusqu’à un an à l’avance.
« En limitant nos engagements
dans l’aérien, nous réduisons nos
risques financiers, explique Pascal
de Izaguirre. Pour améliorer encore
le niveau de remplissage des avions
TuiFly, nous mettrons l’accent sur
la vente de vols secs. » Il cherche à
accélérer le redressement des
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Frédéric Guzy, un super-DRH
à la tête d’Entreprise&Personnel
Il aura décidément consacré toute sa carrière aux
ressources humaines. En
prenant, à 45 ans, la direction générale de l’organisation Entreprise&Personnel, Frédéric Guzy
se retrouve à la tête du plus ancien organe de
conseil en ressources humaines pour les
entreprises, créé il y a un demi-siècle. Une
centaine d’adhérents de tous les secteurs,
CAC 40 et PME compris, bénéficient chaque
année des conseils, recommandations et
réflexions de l’association. « Une belle marque, qui a su s’imposer comme un acteur de
premier plan dans les ressources humaines »,
assure le nouveau dirigeant, qui quitte ses
fonctions opérationnelles pour engager « un
nouveau tournant » dans sa carrière.
Nouvelle vie après ADP
Il laisse derrière lui deux ans de direction des
ressources humaines du groupe ADP, où il a
pu notamment relever le défi du rapprochement avec les aéroports turcs de TAV Airports, après son arrivée en 2016. Il avait au
préalable œuvré au sein du cabinet de
Myriam El Khomri, au ministère du Travail,
de 2014 à 2016, en pleine préparation de la loi
travail. Des casquettes très différentes, donc,
grâce auxquelles il bénéficie aujourd’hui
d’une vision à 360° des ressources humaines,
tant sur le plan institutionnel qu’opérationnel ou encore académique, puisqu’il a également enseigné lors de ses débuts professionnels, à Dauphine et Paris XIII.
Pour le conseil d’administration de l’organisation, présidé par Jacques Rapoport, Frédéric Guzy était donc le candidat idéal. Celui
qui parviendrait à faire le pont entre l’univers académique et la réalité opérationnelle,
ADN de l’organisation qui compte 40 salariés, dont 30 intervenants. Spécialiste de la
transformation des organisations, convaincu que « les rapports humains sont l’élément
clef de l’organisation » depuis ses premiers
pas en entreprise, il succède à Sandra Enlart,
chercheur associé en sciences de l’éducation
à l’université de Paris X-Nanterre, qui avait
su consolider la notoriété et l’influence de
l’organisation.
Nouvelle vie, donc, pour ce père de deux
enfants, désormais en haut de la pyramide
dans une structure « à taille humaine ». À la
fois sportif et « un peu geek », le Parisien est
capable de courir 100 km par mois, son
Apple Watch au poignet, tout autant que se
plonger dans l’univers des comics, bandes
dessinées américaines qui mettent en scène
des superhéros. À lui, maintenant, de
démontrer ses super-pouvoirs.
A. B.
comptes de TUI France, toujours
en pertes malgré une place de leader sur le marché français.
Avec une offre sans cesse renouvelée, le voyagiste a rempli ses
clubs Marmara et Lookéa à plus de
90 % cet été, malgré un retard des
réservations liées aux grèves et à
la Coupe du monde de football.
Pour cet hiver, il innove avec
quatre nouveaux clubs (Dubaï,
Zanzibar…) et trois nouvelles lignes en province (Bordeaux-Tenerife, par exemple). Il s’est déjà
engagé sur 72 000 sièges d’avion
en moyen-courrier et 32 000 en
long-courrier, pour ses hôtels et
clubs. ■
www.lefigaro.fr/decideurs
â GUILLAUME ROBIC
Fédération de la haute
couture et de la mode
Nommé directeur délégué développement, communication et événements, il rejoint Ralph Toledano, président, et
Pascal Morand, président exécutif, au sein de
la fédération regroupant les marques de mode.
Diplômé du Louvre, il quitte donc ses fonctions de directeur du patrimoine chez Chaumet, qu’il occupait depuis 2017. Passé au ministère de la Culture et de la Communication
en 2006, il avait par la suite rejoint la Réunion
des musées nationaux-Grand Palais, le Centre
Pompidou, puis la Monnaie de Paris comme
directeur de la communication en 2010.
â ROMAIN NOIRAULT
Credit Suisse
Avec dix années d’expérience dans
les produits structurés en France,
notamment acquise chez Morgan
Stanley, le trentenaire diplômé d’HEC est
placé à la tête de l’« Equity Derivatives » et
« investor products » au sein de la division
marchés globaux de Credit Suisse. À ce titre,
il pilotera les activités de distribution de produits structurés sur le marché français, avec
une attention particulière pour les banques
privées et de détail, ainsi que pour les
conseillers en gestion de patrimoine.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
TECH
27
Les plateformes
priées de mieux
contrôler
la « haine en ligne »
Un rapport parlementaire propose de modifier
la loi française pour contraindre les géants du Web.
LUCIE RONFAUT £@LucieRonfaut
INTERNET Officiellement, la loi
française interdit l’expression du
racisme, de l’antisémitisme et la
négation de crimes contre l’humanité. Pourtant, sur Internet,
ces propos pullulent, avec pas ou
peu de modération de la part des
grandes plateformes. Partant de
ce constat, un rapport pour renforcer la lutte contre le racisme et
l’antisémitisme sur Internet a été
réalisé et remis officiellement jeudi au premier ministre Édouard
Philippe.
L’initiative est dirigée par la députée LaREM Laetitia Avia, le vice-président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives
de France) Gil Taïeb et Karim
Amellal, auteur et enseignant à
Sciences Po. Elle pourrait mener,
à terme, à la modification des lois
françaises pour forcer les grandes
plateformes en ligne à améliorer
leur modération.
Le rapport appelle à une modification de la loi pour la confiance
dans l’économie numérique de
2004 (aussi appelée LCEN). Cette
dernière impose actuellement aux
sites et aux fournisseurs d’accès à
Internet de concourir à la lutte
contre la diffusion de l’apologie
des crimes contre l’humanité, de
l’incitation à la haine raciste ainsi
que de la pornographie enfantine.
Facebook, Twitter ou YouTube y
sont considérés comme des « hébergeurs de contenu », un statut
qui les oblige seulement à réagir
en cas de signalement d’un contenu problématique par leurs utilisateurs. Ils n’ont pas à contrôler a
priori des images, textes ou vidéos
publiés sur leurs pages.
Les auteurs du rapport proposent de créer un nouveau statut
pour les plus grandes plateformes
en ligne, baptisé « accélérateur de
contenus ». Il leur imposerait des
nouvelles obligations plus contraignantes. Le rapport préconise par
exemple de donner à ces sites un
délai de 24 heures « pour retirer les
contenus manifestement racistes ou
antisémites ». Ce laps de temps
très court serait décompté à partir
du moment où un réseau social
aurait connaissance de l’existence
du contenu problématique, à la
suite d’un signalement d’internaute ou via ses propres moyens
de contrôle. Ce nouveau statut, et
les obligations qui y sont associées,
pourrait ensuite être proposé au
niveau européen. Les auteurs du
rapport espèrent ainsi la création
d’une nouvelle directive sur le sujet. Ils expliquent s’être inspirés de
l’Allemagne, qui s’est dotée d’une
loi sur la modération au début de
l’année.
Délai de 24 heures
Au niveau de la France, le rapport
propose aussi la création d’une
autorité de régulation des contenus illicites sur Internet, ainsi que
la possibilité de bloquer les sites
manifestement racistes et antisémites, sous le contrôle d’un juge. Il
milite également pour un nouveau
mécanisme de dépôt de plainte en
ligne pour les victimes de propos
racistes et antisémites sur Internet, et de créer des chambres pénales spécialisées dans le traitement de ce type d’infractions. « Il
ne s’agit pas seulement que les plateformes respectent leurs responsabilités, il faut aussi que l’arsenal
juridique suive derrière, prévient
Jérémie Mani, PDG de Netino, en-
treprise française spécialisée dans
la modération de contenus en ligne, et qui a participé aux discussions précédant la rédaction du
rapport. Si on ne condamne pas les
auteurs de ces actes, la situation ne
changera pas. »
Les réseaux sociaux sont critiqués depuis des années sur la qualité de leur modération. L’Asic
(l’Association des services Internet
communautaires, qui représente
notamment Facebook, Google et
Twitter en France) n’a pas tardé à
s’en prendre au rapport remis à
Édouard Philippe. « En ne visant
que les grandes plateformes […], ce
rapport ne risque-t-il pas de déresponsabiliser celles de taille intermédiaire, se situant sous un seuil factice et ainsi transformer les petites
plateformes ou les forums de discussion en sanctuaires de la haine ? », s’interroge l’organisation. ■
Des propos racistes,
antisémites
et d’autres, faisant
l’apologie de crimes
contre l’humanité,
pullulent sur Internet.
PLAINPICTURE/
MONKEY_IMAGES/
GUERRILLA
L’assurance-santé interactive gagne du terrain aux États-Unis
L’assureur John Hancock ne propose que des contrats pouvant mesurer les comportements santé des assurés.
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
+
» Retrouvez
le Big Bang
Santé, Maison de
la Chimie à Paris,
le 18 octobre 2018
bigbang.lefigaro.fr
ASSURANCE « Payez comme vous
vivez ». C’est ce que propose l’assureur américain John Hancock à tous
ses clients souscrivant une assurance-santé. Depuis 2015, la compagnie, l’une des plus vieilles aux
États-Unis (156 ans), adhère au
programme Vitality, développé par
l’assureur sud-africain Discovery.
Celui-ci a imaginé une assurancesanté comportementale liée aux
objets connectés. Les habitudes
sportives des assurés sont mesurées
par un bracelet Fitbit, une Apple
Watch ou un téléphone mobile. Ils
doivent aussi faire des efforts pour
manger sainement et enregistrer
leurs achats via une application
pour le prouver. En échange de ces
bons comportements, les assurés
sont récompensés. Ceux qui progressent et atteignent leurs objectifs
d’exercice physique obtiennent réduction de prime d’assurance, bons
d’achat dans des enseignes partenaires et autres avantages.
À l’avenir, toutes les assurancessanté proposées par John Hancock
seront interactives. John Hancock
convertira les contrats existants à
partir de 2019. L’offre restera facultative, les assurés n’étant pas
obligés de changer leur mode de vie.
Protection des données
En théorie, avec le programme Vitality, tout le monde est gagnant :
les assurés et les assureurs, car les
dépenses maladie des personnes
participant au programme sont
moins élevées que celles des autres
assurés. La formule séduit d’autres
grands assureurs. Plusieurs ont recours à l’expertise de Discovery
pour développer des contrats com-
parables, notamment au RoyaumeUni, où l’offre de Prudential rencontre un certain succès.
L’assurance-santé interactive est
arrivée en France en 2017. Generali,
associé au programme Vitality, la
propose aux entreprises ayant
souscrit un contrat de santé collectif. Les salariés qui adhèrent à la
formule gagnent des bons cadeaux
dans des enseignes partenaires en
atteignant leurs objectifs. Mais ces
récompenses n’incluent pas de réduction sur la prime d’assurance,
puisque la loi Évin interdit en France la tarification basée sur des don-
nées médicales. Ce n’est pas le cas
en Allemagne, où les assurés de Generali (contrats individuels) peuvent réduire le montant de leur assurance.
Présentée comme un dispositif de
prévention, l’assurance comportementale soulève de nombreuses
questions en matière de protection
des données personnelles. Les assureurs les utiliseront-ils pour sélectionner leurs clients et augmenter
les tarifs de ceux qui ne se participent pas au programme ? Des inquiétudes balayées aujourd’hui par
les assureurs. ■
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LA SÉANCE DU JEUDI 20 SEPTEMBRE
JOUR
%VAR.
+0,28
+0,69
+0,09
+1,56
+0,24
+0,97
+2,55
+1,13
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+2,6
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-0,12
+1,36
+1,42
+1,28
+0,16
+1,98
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+HAUTJOUR
43,17
109,35
106,72
27,655
107,75
23,19
54,4
37,22
109,55
16,98
13,046
66,17
12,43
122,7
550,8
450,5
202,4
63,72
297,1
107,2
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
42,77
107,7
105,24
26,8
105,65
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53,08
36,22
108,2
16,65
12,68
64,36
12,2
121,5
541,8
442,6
199,15
63,3
289,7
104,6
0,289
0,265
0,153
0,29
0,427
0,36
0,673
0,261
0,276
0,496
0,438
0,335
0,255
0,222
0,066
0,256
0,103
0,218
0,137
0,553
-0,19
+3,47
+28,27
+0,94
-12,53
-6,95
-12,76
-14,98
+9,52
-7,54
-6,35
-5,66
-13,46
+6,18
+23,34
+22,1
+9,43
-0,95
+20,62
-10,75
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................13,635 +0,37
PERNOD RICARD ..................................
134,3
+0,56
PEUGEOT ..............................................
25,04 -0,4
♣ 50,78 -0,63
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
77,99 +1,4
SAFRAN ..............................................121
+1,21
SAINT GOBAIN ..................................
38,26 +3,06
SANOFI ..............................................74,67 -0,6
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
69,94 +1,1
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
37,865 +1,9
SODEXO ..............................................93,08 +1
SOLVAY ..............................................117,45 +0,82
STMICROELECTRONICS .............................
16,23 +3,41
TECHNIPFMC ..................................26,55 +0,11
TOTAL .............................................. 54,74 +1,28
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
176,46 +0,46
VALEO ..............................................40,57 +3,31
VEOLIA ENVIRON. ..................................
17,34 +0,67
♣
VINCI .............................................. 81,86 +1,29
VIVENDI ..............................................21,85 -0,23
+HAUTJOUR +BAS JOUR
13,695
134,55
25,25
51,4
78,89
121,25
38,355
75,33
70,22
38,155
94,02
117,8
16,295
27,04
54,93
177,56
40,97
17,505
82,42
22,03
13,535
133,1
24,92
50,6
77,08
119,2
37,11
74,24
68,54
37,245
92,14
116,25
15,68
26,41
54,11
174,48
39,28
17,26
80,88
21,84
%CAP.ECH
0,319
0,282
0,402
0,297
0,523
0,205
0,681
0,21
0,309
0,914
0,23
0,339
0,453
0
0,27
0,275
2,654
0,481
0,209
0,235
31/12
-5,8
+1,78
+47,69
-10,36
-7,06
+40,85
-16,79
+3,92
-1,3
-12,04
-16,93
+1,34
-10,85
+2,71
+18,88
-34,85
-18,5
-3,86
-2,54
LES DEVISES
taxer 200 milliards de dollars de marchandises chinoises. Les nouveaux tarifs
douaniers prendront effet le 24 septembre : ils atteindront 10 % jusqu’à la fin de
l’année, puis seront portés à 25 % à partir
du 1er janvier. Cette mesure peut paraître
brutale, mais aux yeux des investisseurs,
elle est préférable à l’incertitude qui a
pesé sur la Bourse au cours de ces der-
1 EURO=
1,6158
1,5174
0,8859
9,2313
131,98
1,1312
1,1769
3,236
11,103
7,432
20,95
8,0559
84,751
137,5828
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33480
32810
-3,65
NAPOLEON ..................................................... 197,2
198,8
-4,69
PIECE 10 DOL USA .....................................................
570
570
-3,06
PIECE 10 FLORINS .....................................................
199
205
-6,48
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1130
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
195
195
-4,41
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
289
295
-5,25
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1245,75
1245,75
-4,9
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
105
109,9
-4,37
PIECE SUISSE 20F .....................................................
191
191
-5,77
PIECE LATINE 20F .....................................................
194
194
-4,39
SOUVERAIN ..................................................... 252
245
-3,34
KRUGERRAND .....................................................1097,5
1097,5
-1,9
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
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42 rue d’Anjou,
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Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
282,04 18/09/18
NOUVEAU RECORD À WALL STREET, LA BOURSE DE PARIS EN PROFITE
Le Dow Jones, l’indice de référence de la
Bourse de New York, a atteint jeudi un record historique en séance à plus de
26 660 points. Les places européennes
ont toutes clôturé en hausse, à l’image de
la Bourse de Paris, avec un CAC 40 à
5 451,59 points. Ce nouveau plus-haut à
Wall Street intervient après la décision de
Donald Trump, en début de semaine, de
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
BETELGEUSE ................................................
48,28 18/09/18
BELLATRIX C ................................................
332,33 18/09/18
SIRIUS ................................................55,33 18/09/18
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WWW.WANSQUARE.COM
rlaskine@lefigaro.fr
niers mois. La décision du président des
États-Unis permet aux investisseurs
d’ajuster leurs calculs et de dédramatiser
l’événement. Les taxes mises en place
sont en effet conformes aux attentes et
la réaction des autorités de Pékin est
moins virulente qu’attendu. Le ministre
du Commerce chinois a fait savoir que
son pays n’a d’autre choix que de prendre
« des mesures de représailles ». Mais si
Pékin s’en tient à l’application de droits de
douane supplémentaires sur 60 milliards
de dollars de biens américains, on serait
loin de l’escalade tant redoutée.
En clair, les marchés jouent l’apaisement. Les titres qui avaient le plus souffert, comme les valeurs automobiles et
technologiques, figurent en tête des
hausses. Les banques, portées par l’apparition de tensions sur les taux d’intérêt,
tirent également la cote vers le haut. Aux
États-Unis, le rendement sur les bons du
Trésor à 10 ans, référence sur le marché
obligataire, est revenu au-dessus de 3 %.
À Paris, le taux de rendement des
emprunts d’État à 10 ans est remonté à
0,74 %. ■
A
LE CAC
ACCOR .............................................. 42,92
♣
AIR LIQUIDE ..................................
108,7
AIRBUS ..............................................106,46
ARCELORMITTAL SA ..................................
27,37
ATOS .............................................. 106,15
AXA .............................................. 23,015
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
54,31
BOUYGUES ..............................................
36,82
CAPGEMINI ..............................................
108,3
CARREFOUR ..............................................
16,68
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,924
DANONE ..............................................65,99
ENGIE .............................................. 12,405
ESSILOR INTL. ..................................122,05
HERMES INTL ..................................550,4
KERING ..............................................449,3
L'OREAL ..............................................202,4
LEGRAND ..............................................63,58
LVMH .............................................. 296
♣
MICHELIN ..............................................
106,7
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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
28
MÉDIAS et PUBLICITÉ
« Le cinéma français doit travailler
avec Netflix, Amazon, YouTube »
Les exportations sont au plus bas. Isabelle Giordano, DG d’Unifrance, tire le signal d’alarme.
CAROLINE SALLÉ £@carolinesalle
CINÉMA Sur la scène internationale, le cinéma français se retrouve en bas de l’affiche. Selon
un premier bilan établi par Unifrance, l’organisme chargé de
promouvoir le septième art tricolore à l’étranger, les longs-métrages hexagonaux ont fait vendre 28 millions de tickets à peine
hors de nos frontières depuis le
début de l’année. « Nous n’avons
jamais eu de chiffres aussi catastrophiques depuis cinq ans », résume Isabelle Giordano, sa directrice générale.
En 2017, à cette même période
comprise entre janvier et miseptembre, nos exportations
avaient cumulé 70,5 millions
d’entrées… Certes, Valerian, le
film de Luc Besson, avait permis
de doper les résultats. Et cela fait
des années, en réalité, que le succès des ventes à l’étranger dépend de la sortie ou non d’un film
produit par son studio EuropaCorp. Mais, même en comparant
avec un millésime sans film estampillé Luc Besson, « les chiffres
n’ont jamais été aussi bas, s’alarme Isabelle Giordano. Nous terminerons probablement l’année
sans pouvoir dépasser la barre des
50 millions d’entrées ». Le score
avait atteint plus de 82 millions
l’an passé, 41 millions en 2016,
111 millions en 2015 et 120 millions en 2014. « Dans n’importe
quelle entreprise, on se poserait
des questions. » Certes, la France
devrait conserver son rang de
deuxième exportateur de film au
monde. « Notre chance, c’est de
ne pas avoir de gros concurrents
derrière nous », tempère toutefois
la dirigeante.
Le cinéma français serait-il en
panne ? L’Hexagone n’a pas remporté d’Oscar depuis un moment.
« J’entends régulièrement les
acheteurs dire que nos films sont
parfois trop longs, trop bavards »,
confie la DG d’Unifrance, de retour du Festival de Toronto et de
la Mostra de Venise. Surtout, un
“
Nous produisons
300 films par an, nous
sommes le pays qui a
inventé le cinéma, nous
ne pouvons pas nous
satisfaire de si peu
ISABELLE GIORDANO, DIRECTRICE
GÉNÉRALE D’UNIFRANCE
”
autre voyant clignote au rouge.
Hors de nos frontières, seulement
3,5 % des films français sont proposés sur les services iTunes et
Netflix en Europe. « Nous produisons 300 films par an, nous sommes le pays qui a inventé le cinéma, nous ne pouvons pas nous
satisfaire de si peu, juge-t-elle. Il
est normal de promouvoir la production française dans les salles,
et nous soutenons cette diffusion
qui reste primordiale. Mais
aujourd’hui, l’enjeu est aussi de
renforcer notre présence sur les
plateformes. »
Pour redevenir un cinéma attractif et compétitif, la priorité
doit être mise sur le numérique.
« Le nouveau monde, dans le cinéma, c’est le monde des plateformes. Il faut s’adapter aux usages
des millennials qui ne vont plus tellement au cinéma, ou pas forcément pour y voir des films français. Parfois d’ailleurs parce qu’ils
n’en ont pas la possibilité. Nous
devons travailler avec Netflix,
YouTube, Amazon, Hulu, discuter
avec eux de manière apaisée et
être capable de leur vendre plus de
films. »
La filière semble pourtant réti-
« Il faut s’adapter aux
usages des millennials
qui ne vont plus
tellement au cinéma»,
estime Isabelle
Giordano. UNIFRANCE
ve. Netflix a été boycotté lors du
dernier Festival de Cannes, alors
qu’il vient de triompher à la Mostra de Venise. Et la nouvelle
chronologie des médias, qui devrait aboutir prochainement
après dix ans de tergiversations,
le met d’emblée sur la touche.
Résultat, le leader de la vidéo par
abonnement ne diffuse pas ses
films en salle. « Il est temps de
mener une réflexion collective avec
l’ensemble de la filière. » Une mission qui semble impossible, tant
le secteur adore se déchirer.
« Des gens se mobilisent, il serait
injuste de dire que la profession
reste les bras ballants. Mais c’est
un fait : si la France est championne du monde de football, elle n’est
pas championne de la concertation. Nous sommes très forts pour
nous tirer une balle dans le pied et
laver notre linge sale devant tout le
monde. »
Une première action pourrait
consister à rassembler les forces
au sein d’une même entité chargée de promouvoir à l’étranger la
production audiovisuelle française dans son ensemble : films, séries, dessins animés… Aujourd’hui, Unifrance s’occupe du
cinéma, TV France International,
des programmes TV. « Nous en
discutons avec nos adhérents, c’est
une idée d’actualité », assure Isabelle Giordano. ■
l’audace.
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£ Le Figaro reste en tête
du classement One Global de
l’ACPM des marques de presse
les plus puissantes. Avec
23,9 millions de lecteurs tous
supports confondus en juin, Le
Figaro se place devant L’Équipe
(23 millions) et Le Monde
(22 millions). Le média le plus lu
sur mobile en juin a néanmoins
été L’Équipe, porté par la Coupe
du monde (12,3 millions).
EUROPACORP VEND
SES FILMS À GAUMONT
Gaumont est entré en
négociations exclusives avec
EuropaCorp pour la reprise de
l’activité d’exploitation de films
du catalogue Roissy Films.
SKY : LA BATAILLE
RÉGLÉE AUX ENCHÈRES
£ Fait rarissime, le régulateur
britannique des télécoms
et médias est intervenu
dans la bataille boursière entre
Comcast et Fox (racheté
par Disney) en les obligeant
à se soumettre
à un mécanisme d’enchères
pour le contrôle de Sky. Les
deux groupes se battent depuis
plusieurs mois pour s’emparer
du leader européen de la
télévision payante. Les enchères
débuteront ce vendredi pour
s’achever samedi soir. Fox est
pour l’instant le moins-disant,
avec 24, 5 milliards de livres
(27,6 milliards d’euros).
La plateforme de streaming musical fait
de la pédagogie auprès des annonceurs.
131
Candidatez dès aujourd’hui dans l’une des 5 catégories :
engagement, création, next techs, savoirs et services.
« LE FIGARO »,
PREMIÈRE MARQUE
MÉDIAS
Spotify veut monter en
puissance dans la publicité
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
Rien ne
s’oppose à
EN BREF
PUBLICITÉ Spotify avance ses
pions dans la publicité. Si la première plateforme mondiale de
streaming
musical
s’appuie
d’abord sur sa base d’abonnés
payants (83 millions à fin juin) pour
s’assurer des revenus, elle entend
aussi mieux monétiser sa base
d’utilisateurs gratuits (100 millions) pour s’approcher d’une rentabilité encore lointaine (131 millions d’euros de pertes au premier
semestre).
Après avoir enrichi de fonctionnalités supplémentaires la dernière
version de son application mobile
dans le but de convertir ses adeptes
à sa formule payante (10 euros par
mois), Spotify est décidé à
convaincre les annonceurs d’investir sur sa plateforme. Le patron
de ses ventes en Europe du Sud,
Luca Daher, était à Paris ces derniers jours pour présenter ses offres. Rien de très neuf, puisqu’elles
existent déjà pour la plupart depuis
plusieurs années. Mais Spotify estime que la période actuelle est propice à mieux faire passer son message. L’essor de l’audio sur le
terrain publicitaire, notamment
via les podcasts, l’incite à faire de la
pédagogie auprès des annonceurs.
79 % de la consommation sur sa
plateforme se font à des moments
sans exposition visuelle. C’est donc
dans le flux d’écoute que les marques peuvent d’abord s’insérer.
Si la formule de base, qui consiste
à pousser des spots de pub entre les
chansons, n’est pas toujours bien
acceptée, d’autres formats sont mis
en avant. Auprès des labels de musique, Spotify vient ainsi de lancer
les chansons sponsorisées, payées
pour que de nouveaux titres s’infiltrent dans les playlists. Mais au-delà de cette niche, la plateforme propose le sponsoring de playlists. Par
ce biais, une marque peut choisir,
parmi de très nombreuses playlists
disposant d’un nombre conséquent
de fans, des profils d’auditeurs proches de sa cible. La playlist « Motivation » conviendra par exemple à
une marque de l’univers du sport,
ou « New Music Friday » aux marques qui ciblent les « early adopters » pour le lancement de nouveaux produits. Spotify souligne
qu’elle dispose, grâce à ses 2 milliards de playlists et à la masse gigantesque de données issues des
usages de ses utilisateurs, des segments de consommateurs de plus
en plus précis et donc de capacités
de ciblage toujours plus fines.
Croissance de la vidéo
La majorité de ses revenus publicitaires continue de provenir de ce
canal audio, mais la vidéo, format
roi de la publicité numérique, se
développe aussi. La plateforme
propose notamment le sponsoring
de marque contre 30 minutes de
musique sans pub. Ces sessions
sponsorisées permettent aux utilisateurs d’en bénéficier contre le visionnage d’une vidéo en début de
session. L’exposition est acceptée
et paraît justifiée : le sponsor paie
pour une session d’écoute améliorée. Les utilisateurs n’y accèdent
que si l’application est dans leur
champ de vision en début de
session mobile.
Dans de nombreux cas (en audio
ou en vidéo), la marque assure par
ailleurs sa présence sur un espace
publicitaire display (comme une
bannière) qui se place sur la zone de
pochette du titre.
La plateforme suédoise a indiqué
en juillet dernier que la croissance
de la publicité vidéo était actuellement la plus rapide, alors que les
publicités audio représentent encore sa plus importante source de
revenus. L’objectif de son offensive
actuelle auprès des annonceurs et
des agences médias est déjà de
mieux faire connaître ces différents
formats et de les leur faire tester à
des prix ultracompétitifs. ■
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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 050 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
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À QUELQUES JOURS DU COUP D’ENVOI DE LA RYDER CUP 2018,
PARIS ET SA RÉGION MULTIPLIENT LES MANIFESTATIONS PAGE 34
Molière est d’aujourd’hui
FRANÇOIS BOUCHON / LE FIGARO
Fendi donne
le « la » des
collections
italiennes
Peter Stein et Jean-Pierre Vincent, le 10 septembre à Paris.
Pour décrypter ce contemporain universel, « Le Figaro » a réuni deux
grandes figures théâtrales qui le mettent en scène, l’Allemand Peter Stein
et Jean-Pierre Vincent. PAGE 30
Clemenceau, la voix retrouvée
EXPOSITION L’Assemblée nationale présente la carrière politique
Les défilés pour
le printemps-été 2019
ont démarré à Milan,
mercredi, avec un show
de prêt-à-porter Fendi
remarquable au niveau du
design comme de l’allure. PAGE 33
L’ ICÔNE.
du Père la Victoire. Et exhume une surprenante bande-son filmée
dans sa maison en Vendée.
MORCEAU CHOISI
Claire Bommelaer
cbommelaer@lefigaro.fr
ses heures, le Père la Victoire pouvait être ronchon.
« C’est encore long ? se
plaint Georges Clemenceau
devant une caméra, en
1928, avec son bonnet tibétain fiché sur
le crâne. Vous me mettez en plein
soleil ! »
Présenté à l’Assemblée nationale jusqu’au 13 octobre, ce court extrait d’interview tournée dans sa maison de
Vendée est une rareté. C’est l’unique
bande-son filmée connue de Clemenceau, découverte dans les archives
britanniques de l’agence américaine
Associated Press.
Ces quelques secondes assurent le
« buzz » de l’exposition « Un Tigre au
Palais Bourbon », présentée dans les sa-
A
lons de l’Assemblée. Mais ce n’est pas le
seul objet d’intérêt présenté dans l’exposition. Affiches, manuscrits, articles
de presse, caricatures, lettres ou objets
racontent la carrière de l’homme politique (1871-1920) qui fut longue en
combats, en discours mémorables et en
joutes oratoires - y compris avec Jean
Jaurès. Tribun hors pair, Clemenceau
“
Pour tous, il demeure
ce vieux chef de guerre
à moustaches
”
improvisait ses discours à la tribune.
L’homme avait le verbe et le geste
hauts. Une série de dessins de presse,
dont ceux de Noël Dorville publiés en
1917 et 1918, le croquent buste en avant,
mains levées, ou au contraire bras crânement croisés : les discours de
Clemenceau étaient aussi des performances physiques.
Radical-socialiste, ardent défenseur
du capitaine Dreyfus, c’est lui qui trouvera le titre du fameux « J’accuse » de
Zola, publié dans L’Aurore. On redécouvre ici l’homme de presse capable
de créer ses propres journaux, La Justice, Le Bloc ou L’Homme libre, pour diffuser ses idées.
Pour tous, il demeure ce vieux chef
de guerre à moustaches qui prédisait en
mars 1918 : « Le dernier quart d’heure,
c’est nous qui l’aurons ! » Dans une vitrine, le clairon de la victoire, sonné
par le soldat Labroche le 9 novembre
1918, accompagné d’un lambeau du
drapeau blanc allemand, est exposé.
L’instrument sera remis en fonction au
moment de la commémoration du centenaire de l’Armistice, en novembre
prochain. ■
« Un Tigre au Palais Bourbon »,
à l’Assemblée nationale (Paris VIIe),
jusqu’au 13 octobre. Entrée gratuite, s
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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
30
L'ÉVÉNEMENT
Fous de Molière
ENTRETIEN Maîtres de la mise en scène, Peter Stein et Jean-Pierre Vincent
ont dirigé les plus grandes institutions d’Allemagne et de France. L’un monte
« Le Tartuffe » à la Porte Saint-Martin, l’autre « George Dandin » à la MC93-Bobigny.
Peter Stein (à gauche)
et Jean-Pierre Vincent,
à Paris le 10 septembre.
FRANÇOIS BOUCHON / LE FIGARO
S
PROPOS RECUEILLIS PAR
ARMELLE HÉLIOT
aheliot@lefigaro.fr
ans doute le théâtre est-il
la seule patrie qu’ils se reconnaissent
vraiment. Ils sont européens. Ils ont un
héritage culturel en partage : peinture,
musique, littérature, leurs constellations artistiques sont vastes mais leurs
gardes rapprochées étroites. Ils sont
fidèles en amitié. Ils ne se dispersent
pas. Peter Stein, né en 1937, est allemand ; Jean-Pierre Vincent, né en
1942, est français. Dans leurs pays respectifs, ils ont dirigé de grandes institutions. La Schaubühne de Berlin, de
1970 à 1987, pour Peter Stein. Le Théâtre national de Strasbourg de 1975 à
1983, la Comédie-Française de 1983 à
1986, le Théâtre Nanterre-Amandiers
de 1990 à 2001, pour Jean-Pierre
Vincent.
Deux grands esprits au théâtre. Deux
metteurs en scène exceptionnels qui
n’ont jamais renoncé à leurs idéaux
politiques et ont toujours eu le souci du
public. Ni l’un ni l’autre ne sont à la retraite. Jean-Pierre Vincent a mis en
scène un George Dandin de Molière que
l’on verra dans quelque temps à la
MC93 de Bobigny. Peter Stein signe, à
la Porte-Saint-Martin, la mise en scène
du Tartuffe. Occasion idéale de les
réunir pour qu’ils échangent idées et
souvenirs.
Quelle est la première mise en scène
qui vous ait impressionnés ?
Et Molière ?
P. S. – Les mises en scène de Roger
Planchon sont celles qui m’ont le plus
impressionné. Il n’a pas tout de suite
monté Molière, d’ailleurs. Pas avant
1958, et ce fut Dandin, justement, puis
Tartuffe, en 1962. Lorsque je dirigeais la
Schaubühne, la caissière m’avait
signalé qu’à chacune de mes premières
deux Français se présentaient. Un jour,
j’ai voulu savoir qui c’était ! Je suis
descendu dans le hall du théâtre.
Planchon et Bataillon, son adjoint,
étaient là ! « Je suis ton fan », m’a dit
Roger. « Impossible ! , ai-je répliqué, tu
es mon maître ! »
J.-P. V. – Il y a eu les mises en scène de
Patrice Chéreau, mais je jouais dedans
et je les préparais avec lui depuis le
lycée Louis-le-Grand. Son Dom Juan,
c’est lorsqu’il était à Lyon, en 1969.
Mais la mise en scène qui m’a frappé,
c’est le premier George Dandin mis en
scène par Roger Planchon, lorsqu’il est
arrivé à Villeurbanne.
Quelle est la première pièce de Molière
Quelles solutions pour l’alexandrin ?
que vous ayez mise en scène ?
P. S. – Il me semble que le plus important
P. S. – C’était à Zurich, où je travaillais
est que le sens parvienne au public. Il
après avoir pensé que je serais professeur
faut parler l’alexandrin sur le sens. On
et critique d’art. J’ai suivi des études
peut cacher la rime. Ou au contraire
supérieures en Italie. Je n’ignorais pas le
l’appuyer. J’ai conseillé aux comédiens
théâtre, mais ce n’était pas encore l’heud’écrire leur texte et de l’apprendre
re. J’ai constitué ma bibliothèque intécomme un texte de prose. Avec Jacques
rieure… et suis venu à l’évidence du
Weber, impossible : il connaît tous les
théâtre. Le premier Molière que j’ai monrôles de la pièce. Il se fait souffleur quand
té, c’est Sganarelle ou le Cocu imaginaire.
ses camarades hésitent.
Ce n’est pas moi qui aurais dû faire cette
J.-P. V. – L’alexandrin est une réalité à
mise en scène, mais Therese Giehse, une
douze syllabes. Il faut en tenir compte,
comédienne extraordinaire qui avait été
sinon c’est comme si vous massacriez
la première Mère Courage en 1941. Elle
une pietà de Michel-Ange. C’est un bam’a dit de le faire. Je l’ai fait !
lancement musical qu’il ne faut pas réJ.-P. V. – Molière... j’en ai tellement mis
vérer en religion. Allons-y respectueuen scène ! Mais je n’ai pas commencé par
sement, mais souplement. Parfois,
lui. J’en étais loin à mes débuts. En 1963,
aujourd’hui, la disparition d’un « e »
au lycée, j’ai mis en scène La Cruche casmuet ne fait pas de mal. Parfois, sa
sée de Kleist, traduction et décor de
disparition peut créer de la laideur.
Patrice Chéreau. Je jouais le greffier Licht
(Lumière !) et Patrice, le vieux Tümpel.
Pourquoi, selon vous,
En 1977, au Théâtre national
Molière choisit-il parfois
de Strasbourg, j’ai monté Le
la prose ?
Misanthrope
– l’année
P. S. –Sans doute y a-t-il des
Il y a de
d’avant, j’avais mis en scèpropos plus faits pour la
l’universel
ne Don Giovanni de Mozart à
prose. Mais je suis en
Aix. Je suis revenu au Miadmiration devant cette
dans le
santhrope en 1984 à la Colangue, j’en suis tombé
regard
médie-Française. En 1990,
amoureux et j’ai été très
que Molière
il y a eu Les Fourberies de
étonné en travaillant de près
Scapin dans la Cour d’honLe Tartuffe de voir comment il
a porté sur
neur, avec Daniel Auteuil,
élabore ses pièces. Avec des
les femmes
en 1998, Le Tartuffe, puis
mini-scènes, un jeu de
et leur
L’École des femmes, toumiroirs, des répétitions, tout
jours avec Daniel Auteuil à
cela très astucieux et puissant.
combat
l’Odéon, Dom Juan avec
On
comprend,
en
se
pour être
Loïc Corbery dans le rôleplongeant dans cette écriture,
respectées
titre, salle Richelieu, en
que c’est un acteur qui écrit
2012… La liste est longue.
pour d’autres acteurs. Il est
JEAN-PIERRE VINCENT
«
»
aussi puissant que Shakespeare de ce
point de vue là… Il faut le parler avec le
corps.
J.-P. V. – Molière était un auteur complet de son temps, un acteur-auteur
choisissant sa forme selon le propos à
tenir, et le public à concerner principalement. Je ne crois pas qu’il ait
« préféré la prose ». II a choisi parfois
les vers parce qu’il avait le sentiment
qu’il fallait hausser le ton, rendre la
comédie plus ambitieuse… et qu’il se
sentait capable de le faire. Il y a aussi le
phénomène particulier de Dom Juan,
des alexandrins s’y cachent dans la
prose !
En quoi Molière est-il universel ?
P. S. – Il sait tout de nous. Il est actuel.
Dans Le Tartuffe, on est dans une situation tragique, mais Molière est si grand
qu’il arrive à faire rire. Sa matière,
c’est l’humain, c’est en quoi il est universel et qu’il nous touche sans nul besoin de l’actualiser... Il est naturellement au présent. Par-delà les scènes
finales et l’apparition «miraculeuse»
du pouvoir royal.
J.-P. V. – Je ne sais pas s’il l’est autant
que Shakespeare ou Eschyle. Là où il est
très fort, c’est d’avoir réussi à relier les
différents étages de la vie humaine : la
vie privée, ses joies et ses affres, la vie
familiale et ses tensions (morales) et
nos relations à la société entière (politique et religion). Il y a aussi de l’universel dans le regard qu’il a porté sur
les femmes et leur combat pour être
respectées. C’est frappant aujourd’hui,
particulièrement : les Agnès, Célimène,
Elmire, Elvire, Angélique ! ■
Violences au cœur de la famille
LE THÉÂTRE
Armelle Héliot
A
aheliot@lefigaro.fr
blog.lefigaro.fr/theatre
Lorsque l’immense rideau rouge du
Théâtre de la Porte Saint-Martin, l’un des
plus grands plateaux de Paris, s’écarte,
on découvre une scène de bal dans une
maison blanche avec son vaste rez-dechaussée éclairé par une verrière, au
fond, son étage enveloppé d’une galerie
ouverte, son escalier. Quelques sièges, un
petit bureau pour le maître de maison et,
bien sûr, la table sous laquelle il se cachera pour confondre le faux dévot entre les
mains de qui il s’est abandonné.
Un très bel espace de Ferdinand
Woegerbauer, éclairé par François
Menou, où l’harmonie des costumes
d’Anna Maria Heinreich s’impose, entre
hier et aujourd’hui. On est précipité immédiatement dans le jeu.
Doucereux et toxique
Peter Stein prend de grandes libertés avec
Molière. Il a pratiqué des coupes dans un
souci de clarté. On doit les accepter pour
apprécier le spectacle. Molière lui-même
a souvent remanié son œuvre, passée
d’une satire en trois actes à une comédie
en cinq actes, l’une des plus longues avec
ses près de deux mille vers. Ironique,
Stein fait passer Tartuffe comme une silhouette furtive, dès le début, alors que,
dans la pièce, on parle beaucoup de lui
avant qu’il ne surgisse enfin…
La distribution est forte, le jeu incisif et
homogène. La violence qui tend l’atmosphère et explose en scènes terribles est ce
qui intéresse le plus le metteur en scène.
Au-delà de toute psychologie. La jeunesse est mise à mal, dans Le Tartuffe, comme souvent chez Molière. L’Orgon de
Jacques Weber, avec cette candeur qui va
jusqu’à l’aveuglement, ce timbre doux,
cette sincérité d’homme qui s’est égaré,
est aussi l’ogre rageur qui déchirerait
bien ses enfants. Ils sont minces et frêles :
Félicien Juttner et Marion Malenfant, lui
en luttant physiquement, elle en exprimant son désespoir dans les cris et les
larmes, bouleversent, comme leur ami
Valère, le fin Loïc Mobihan. Leur oncle,
Jean-Baptiste Malartre, aigu et précis,
tente de les protéger. Leur belle-mère,
Elmire, Isabelle Gélinas, ferme et nuancée, se bat elle aussi soutenue par Dorine,
Manon Combes, grand personnage de
soubrette très intelligente et qui parle
haut, notamment face à Mme Pernelle, la
grand-mère féroce magistralement portée par Catherine Ferran. Luc Tremblais,
M. Loyal, Bernard Gabay, l’Exempt,
complètent l’assemblée.
Pierre Arditi est Tartuffe. Doucereux et
toxique, effrayant dans la concupiscence
et la méchanceté, odieux, se contenant
difficilement, il est remarquable en mille
et une nuances de tout l’être, jusqu’aux
regards, aux mines. Le couple Weber/Arditi convainc dans sa singularité et sa maturité mêmes tandis que se succèdent les
saisissants coups de théâtre ourdis par
Molière et magnifiés par Stein. ■
Théâtre de la Porte Saint-Martin (Paris Xe),
à 20 heures du mardi au vendredi, samedi
à 20 h 30, dimanche à 16 heures. Durée : 1 h 50.
Jusqu’au 30 décembre. Tél. : 01 42 08 00 32.
La version de Peter Stein est publiée
par L’Avant-scène théâtre
avec un dossier documentaire (14 €).
TOUT MOLIÈRE
EN UN LIVRE
Quelques portraits, le fauteuil
du Malade imaginaire
dans une boîte de verre,
à la Comédie-Française,
les registres de sa troupe.
Rien, il ne reste presque rien
de Jean-Baptiste Poquelin, dit
Molière. N’étaient ses pièces
extraordinaires. Georges
Forestier,
professeur
à la Sorbonne,
publie chez
Gallimard
un livre
passionnant
qui, après
celui d’Alfred
Simon en
1987, restitue
la vie, l’œuvre, la pensée
de Molière, son « intimité
créatrice ». Éditeur des
œuvres complètes dans
la « Pléiade », il le connaît
par cœur. Savant
et savoureux, le livre
se lit comme un roman.
À paraître le 11 octobre (24 €).
Agenda
« George Dandin »
Mise en scène Jean-Pierre
Vincent. MC93-Bobigny, du
26 septembre au 7 octobre.
Tél. : 01 41 60 72 72.
« Les Fourberies de Scapin »
La production de la ComédieFrançaise, mise en scène de
Denis Podalydès, est en
tournée. Théâtre GérardPhilipe de Saint-Denis,
jusqu’au 23 septembre.
Tél. : 01 48 13 70 00.
« Le Misanthrope »
En février, au Comédia
rebaptisé Théâtre Liberté
(Paris Xe), dans une autre
mise en scène de Peter Stein
avec Lambert Wilson.
Tél. : 01 42 38 97 14.
GALLIMARD
LE FIGARO. – Quelle a été votre
première rencontre avec Molière ?
Peter STEIN. – En Allemagne, il est beaucoup joué et moi, j’avais choisi d’apprendre la langue française. Et la première fois que j’ai traduit du français,
c’était un vers de Racine…
Jean-Pierre VINCENT.– C’était en 4e, je
crois, Le Médecin malgré lui. On rigolait
bien. Molière, en ce sens, était pratique
pour les enseignants. Mais on a trop
continué à le confondre avec la simple
farce.
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LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
CULTURE
31
1
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3
La hotte à joujoux de Louis-Roland Neil
EXCLUSIVITÉ La collection du journaliste disparu cette année est une référence dans le jouet ancien.
Elle sera en vente le 14 octobre, chez Osenat à Fontainebleau.
V
BÉATRICE DE ROCHEBOUËT
bderochebouet@lefigaro.fr
oilà la collection d’un vrai amateur, chineur dans l’âme, comme l’affectionne le marché. Bien connue du milieu,
celle consacrée aux jouets anciens et aux
petites automobiles de Louis-Roland Neil
fut amassée au gré des trouvailles, avec
des découvertes formidables, d’autres
moins extraordinaires, mais tout aussi
touchantes. Avec ses vieux bateaux, voitures de course, berlines, torpédo, autobus,
camions de pompiers et autres bizarreries
mécaniques, on y décèle le parfum
d’authenticité des passionnés d’autrefois.
L’homme appartient à cette poignée de
collectionneurs qui allait à l’aube, tous les
samedis et dimanches, été comme hiver,
dans les marchés aux puces de Saint-Ouen
ou chez les brocanteurs. Des milliers
d’heures pour dénicher l’objet rare, à Paris, à l’île de Ré ou à l’étranger, sont inscrites à son compteur…
Dans la vie, Louis-Roland Neil (disparu
cette année) fut un aventurier visionnaire.
Ce journaliste de renom a largement
contribué à modeler le paysage audiovisuel
français. Collaborateur de la première
heure au sein d’Europe 1, il créa des émissions aussi emblématiques que « Bonjour
M. le maire » ou « Villes et Villages ». Il
conçut et mit à l’antenne, en octobre 1967,
« 24 heures actualités », le premier journal
télévisé de la deuxième chaîne couleur de
l’ORTF. Les événements de Mai 68 mirent
fin à sa présentation du journal. Louis-Roland Neil fut envoyé à New York comme
correspondant d’où il ramènera, en 1971,
des séries telles que Amicalement vôtre ou
Colombo auxquelles aucun directeur de
chaîne ne croyait ! Dès 1976, il créa aussi
l’émission hebdomadaire « Des animaux
et des hommes », puis fut chargé de l’unité
documentaire culturelle d’Antenne 2.
vivait entouré de ses objets, dans son duplex du XVIIe arrondissement de Paris. La
curiosité fut son seul moteur. À la fin de sa
vie, il se passionna pour le cinéma et le design. « Peu importent les diplômes, disait-il
à ses enfants et petits-enfants, l’important
est de s’intéresser à tout et d’être au fait de
tout. » Son terrain de jeu couvrit plus
particulièrement les jouets ayant trait
à la révolution industrielle du
XIXe siècle. « Ce qui le passionnait dans le jouet de cette
période, c’est qu’il reflétait
une époque clé, celle de la
transformation fondamentale de la société et donc de
la vie de l’homme », témoigne encore sa veuve. « Cet
engouement, il l’eut dès
rêvé d’être marin. Sa curiosité était sans limite. Il aimait acheter, pas vendre. Ce qui
l’amusait, c’était marchander. D’où le fait
qu’il n’a jamais rien acquis aux enchères,
même s’il passait sa vie à Drouot. Jusqu’à
ses 93 ans, il a gardé son âme d’enfant
qui veut tout découvrir, tout toucher,
tout posséder… »
Comme tout collectionneur
un
peu boulimique, LouisRoland Neil
Révolution industrielle
Dans l’art de collectionner, ce défricheur
fut tout aussi inventif. « Depuis tout petit, il
aimait les autos et pas les voitures comme il
disait, raconte sa femme Danièle. Il avait la
nostalgie de la Traction d’après-guerre de
son père et cela lui avait donné l’envie
d’acheter sa grande Mercedes verte. Comme
tous les fans d’automobiles de collection, il se
mit à acheter des objets dans ce domaine,
pas seulement les petites voitures qu’il
allait admirer au Musée des arts et
traditions populaires mais aussi les
affiches, les bouchons de radiateurs
ou les trophées de marques célèbres, ajoute-t-elle. De l’automobilia, il a ensuite glissé
naturellement vers le jouet
et en particulier les bateaux, car il avait toujours
Un accrochage
très privé
1. Tramway automobile
et sa traction
à crémaillère
(de 3 000 à 4 000 €);
2. Grand cuirassier
d’escadre (de 20 000
à 25 000 €).
3. Torpédo « standard »
Citroën (de 1 200 à 1 500 €).
4. Grande canonnière
à éperon fabriquée, entre
1880 et 1890, par Charles
Malette et Georges Parent
(estimation de 10 000
à 13 000 €). OSENAT
4
l’enfance, après avoir dévoré des livres tels
que Les Merveilles de l’industrie ou Les
Sciences de Figuier. »
Il en résulte une collection comprenant
350 jouets et plus de 150 pièces d’automobilia signées Marklin, Jep, Fischer, Gardini,
Solido, Gordini ou Dinky Toys (France et
Grande-Bretagne). « C’est grâce à Bernard
Brulé, qui collectionnait les mêmes jouets
que son ami Louis-Roland Neil, que j’ai
connu sa femme et cette fabuleuse succession. D’où des estimations basses attractives. Elle lui rend hommage », explique
Me Osenat, spécialiste des ventes de voitures et bateaux de collection. Parmi les pièces phares : la grande canonnière à éperon
avec ses deux mâts, ses chaloupes et ses
petits marins, en tôle peinte bleu et rouge,
fabriquée par Charles Malette et Georges
Parent entre 1880 et 1890. Elle aurait, diton, appartenu à Jules Verne (estimation
10 000 à 13 000 euros). Ou encore ce grand
cuirassier d’escadre de 35 cm de long avec
ses deux hélices de propulsion, ses deux
cheminées et ses deux mâts en partie refaits (20 000 à 25 000 euros). C’est le plus
grand jamais réalisé par la firme Marklin.
Louis-Roland Neil n’aimait que les grands
modèles spectaculaires et en parfait état de
marche. Seul dans son antre quelque peu
envahissant, il retournait avec délice aux
plaisirs de son enfance… ■
Vente le dimanche 14 octobre,
à Fontainebleau. www.osenat.com
La Légende
ARTS À Paris, le Musée Marmottan Monet rend
hommage à ceux qui, par leurs prêts ou dons
d’œuvres, contribuent à sa richesse et à sa vitalité.
ÉRIC BIÉTRY-RIVIERRE
ebietryrivierre@lefigaro.fr
ls ont tous dit oui. À Paris, le Musée
Marmottan Monet souhaitait rendre hommage à ses trente soutiens
actuels. De précieux collectionneurs, souvent donateurs, qui permettent à l’institution d’étoffer régulièrement son fonds. La sélection d’une
soixantaine de peintures et dessins, plus
quelques Rodin, Claudel ou Bourdelle,
va des impressionnistes aux fauves. Elle
est plus qu’un remerciement aux Black,
Malingue, Nahmad, Pérez Simón ainsi
qu’aux autres fortunés qui préfèrent
garder l’anonymat.
Tous ont accepté que deux spécialistes,
Marianne Mathieu et Claire DurandRuel, puisent dans leurs trésors de quoi
bâtir un parcours chronologique fait
d’œuvres peu vues. L’ensemble devant
jalonner les bouleversements esthétiques
entre 1880 et 1905. Priorité a été donnée à
des travaux décalés ou dans l’orbite de
chefs-d’œuvre. Ainsi cette nature morte
Bananes et Ananas d’un Renoir qu’on ne
savait pas si exotique. Ainsi ces Chrysanthèmes rouges, rare nature morte de
fleurs coupées de Monet. L’huile a probablement appartenu à Caillebotte. Lequel est évoqué par La Berge du Petit
Gennevilliers et la Seine, à l’origine pour la
demeure familiale. Et surtout par le
monumental Pont de l’Europe. Avec le
balzacien Déjeuner également là, il est à
ranger entre les iconiques Raboteurs de
parquet et Rue de Paris, temps de pluie.
Avec Déchargement de bois, quai de la
Bourse, coucher de soleil, Pissarro se
tourne aussi vers les nouveaux paysages
industriels. Pointe le néo-impressionnisme. D’abord avec de puissants noirs
de Seurat et par La Seine à Courbevoie qui
préfigure sa Grande-Jatte, manifeste
I
La Blanchisseuse, de Toulouse-Lautrec,
1886-1887. © SGS ART SERVICES
pointilliste. Autour, on admire Signac,
Rysselberghe, Van Gogh (Les Lauriers
roses. Le jardin à l’hôpital à Saint-Rémy)
et Gauguin avec son énigmatique réponse après l’épisode de l’oreille coupée.
Dans cette Nature morte à l’Espérance
des tournesols dépérissent dans un pot
tahitien…
Palette la plus vive
L’ART DE CULTIVER L’EXCELLENCE
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P RO P R I É TA I R E
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
A
Suivent Bonnard, Vuillard, Odilon
Redon dont Quadrige paye son dû au
plafond du Louvre peint par Delacroix. Et
enfin les fauves. Un Matisse gris-vert
d’avant cette période, Côte sauvage,
Belle-Île-en-mer, montre l’artiste encore
proche de Monet ou du premier Cézanne.
Bientôt, avec Derain, Vlaminck, suivi
des Dufy et des Van Dongen, il optera
pour la palette la plus vive. Dans cette ultime section La Danseuse espagnole de
Picasso ne passe pas inaperçue. ■
Au Musée Marmottan Monet (Paris XVIe),
jusqu’au 10 février. Catalogue Hazan, 192 p.,
29 €. Tél. : 01 44 96 50 33. www.marmottan.fr
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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
Étudiants dansant
Drumming.
32 CULTURE
ANNA VAN WAEG
DANSE À l’honneur
au Festival
d’automne, la
chorégraphe ouvre
les portes de son
royaume singulier
à Bruxelles.
L
ARIANE BAVELIER
£@arianebavelier
ENVOYÉE SPÉCIALE À BRUXELLES
a pelouse est riante. Les
frondaisons déjà dorées caressent les
fenêtres des belles maisons de l’avenue
Van Volxem. Elles sont roses et courbes.
Par contraste, les locaux d’Anne Teresa
De Keersmaeker tirent une ligne sévère.
À droite, dans un petit bâtiment posé
comme un morceau de sucre, l’ensemble Ictus, partenaire musical de la chorégraphe. Au fond, à l’opposé, un cube
plus imposant loge P.A.R.T.S., l’école
créée voici vingt-cinq ans. Au centre,
domine le vaste bâtiment où est installée la compagnie Rosas que la chorégraphe a fondée dans les années 1980.
Les locaux abritaient autrefois une
blanchisserie industrielle. Plane encore
une idée de pureté qui va bien à Anne
Teresa De Keersmaeker. Pour elle, la
danse est un choix de vie. Pas juste une
façon de bouger, mais une façon de
penser. Ses premières pièces portent le
souvenir du plaisir qu’elle avait petite
fille à faire tourner sa jupe. S’y ajoute
l’idée développée génialement depuis
que la danse donne corps à des abstractions, qu’il s’agisse des arcanes chiffrés
d’une composition musicale ou des relations du corps au langage incluses
dans un travail théâtral. Elle a développé ces deux aspects, même si le portrait
en onze pièces que lui consacre le Festival d’automne fait plutôt la part belle à
son travail sur la musique. Pour le théâtre, seul Quartett est présenté, en collaboration avec tg STAN.
Anne Teresa parle d’une voix précise
que chahute l’accent belge. Cherche ses
À l’école d’Anne Teresa
De Keersmaeker
mots qui parfois sortent en anglais. Demande à relire ses propos rapportés. Le
regard est tendu dans un visage un peu
las où la douceur affleure malgré elle.
Anne Teresa aime les grands arbres, la
nature, les petits matins solitaires. Elle
aime aussi les nuits où célébrer la fin du
spectacle avec ses danseurs. Ses premiers partenaires avant même la musique. Cette mère de famille n’oublie jamais qu’elle est chef de bande.
Les danseurs sont là, partout. Anne
Teresa a réalisé ici le programme qu’elle
s’était fixé au début des années 1990
avec Bernard Foccroulle, alors directeur de La Monnaie : développer la
création, le répertoire et une école. La
Monnaie l’a lâchée, elle a maintenu.
Elle est têtue. Pina Bausch est morte,
Jiri Kylian, Mats Ek et William Forsythe
ont pris leur retraite. Plus personne
aujourd’hui en Europe ne porte sur ses
épaules un ensemble pareil. À 58 ans,
elle possède encore une silhouette de
danseuse tout en nerfs, et en détermination. Elle tiendra.
Avec elle, c’est danse à tous les étages. Ses danseurs avec lesquels elle a
créé ses pièces viennent enseigner leurs
rôles à de plus jeunes. Éventuellement,
“
Dans le cours de danse
contemporaine, on travaille
sur l’espace, la sensation,
l’imagination, le rythme
DEUX ÉLÈVES DE P.A.R.T.S.
”
elle développe, embellit, assemble
autrement. À l’origine, le splendide A
Love Supreme composé avec Salva Sanchis sur la musique de Coltrane était
donné avec des ragas indiens. Coltrane
les a finalement laissés ailleurs. Des
chercheurs documentent chacun de ses
ballets dans des livres sur papier bible
où chaque détail est commenté. Dans ce
paysage, P.A.R.T.S. est une source qui
alimente la compagnie en danseurs formés à comprendre une pensée chorégraphique mais aussi à apporter leur
pierre à l’édifice en créant du matériel
de gestes et de pas. « Dans le cours de
danse contemporaine, on travaille sur
l’espace, la sensation, l’imagination, le
rythme. On construit des trames et on les
explore », détaillent deux jeunes, qui,
comme la quarantaine d’élèves ici,
commencent à 8 h 30 chaque matin
avec une bonne heure de yoga avant
d’enchaîner sur le cours de classique
puis de contemporain.
P.A.R.T.S. (Performing Arts Research
and Training Studios) a été pensé comme une relève de l’école Mudra, créée
par Maurice Béjart à Bruxelles entre 1970 et 1988. Anne Teresa y a été
formée. « Dans les deux noms de ces
écoles, il n’y a pas le mot de danse, dit
Theo Van Rompuy, son directeur depuis la création. On voulait voir la danse
comme un art de la scène ouvert aux
autres arts de la scène. » Fernand
Schirren, professeur de rythme à Mudra, dont l’enseignement a passionné
Anne Teresa, et qui est aussi venu enseigner à P.A.R.T.S., pensait qu’une
école devait simplement proposer un
cours de ballet, de contemporain, de
rythme et de théâtre. S’y sont ajoutées
à P.A.R.T.S. des matières théoriques
comme la philosophie et la sociologie,
tandis que les enseignements de pédagogues venus de chez Pina Bausch,
William Forsythe et Trisha Brown étoffent l’enseignement. Anne Teresa qui se
glisse dans les classes pour expliquer et
transmettre ses ballets reste pour les
élèves un exemple et un mystère. « Elle
nous inspire », disent-ils. Et de fait, de
Noé Soulier à Daniel Linehan,
P.A.R.T.S. a fabriqué nombre de chorégraphes contemporains. D’autres comme Dada Masilo ont claqué la porte,
exaspérée par un excès de pensée… ■
« La Flûte enchantée »
brasse du vent
OPÉRA À Bruxelles, la mise en scène de Romeo
Castellucci transforme la musique de Mozart
en fond sonore. Une expérience qui fait pschitt.
CHRISTIAN MERLIN
ENVOYÉ SPÉCIAL À BRUXELLES
était le spectacle à voir en
cette ouverture de saison :
toute la critique internationale, ainsi que le ban et
l’arrière-ban des directeurs d’Opéra avaient fait le déplacement
à Bruxelles pour voir La Flûte enchantée
mise en scène par Romeo Castellucci à La
Monnaie. Et comme souvent quand les
attentes sont élevées, la déception est à
leur mesure. Jusqu’ici on a toujours été
fasciné par l’art si personnel de l’homme
de théâtre italien, créateur qui revisite les
opéras. Pour la première fois, on n’a pas
réussi à le suivre. L’opéra de Mozart est
un terrain d’expérimentation tentant
mais miné pour les metteurs en scène.
A S S I S TA N T M I S E E N S C È N E C H R I S T I N E W E B E R
DÉCORS PHILIPPE MIESCH
LUMIÈRES PHILIPPE DUPONT
A
Perruques et crinolines
Cette fois, c’est dans son rapport à la
musique que Romeo Castellucci a failli. Il
dit avoir voulu rehausser celle de Mozart
en évacuant les textes de Schikaneder,
mais c’est le contraire qui se produit :
l’absence de dialogues dans la première
partie et l’ajout de textes interminables
dans la seconde rendent les personnages
inexistants et disloquent le rythme musical et dramatique. La musique devient
donc un fond sonore, et l’on assiste à une
pièce de Romeo Castellucci d’après La
Flûte enchantée.
Il faut donc prendre ce spectacle comme un objet singulier. Une première partie rococo dans un décor blanc laiteux,
avec perruques et crinolines, les solistes
chantant face au public tandis que le décor tournant se peuple de machineries
néo-baroques, sans narration. Une seconde partie en total contraste, dans un
XXIe siècle d’après la catastrophe, mettant en scène des acteurs amateurs qui ont
B. UHLIG /DE MUNT LA MONNAIE
C’
L’opéra de Mozart : un spectacle
à prendre ici comme un objet singulier.
connu des épreuves initiatiques, aveugles
et grands brûlés qui se soignent mutuellement sur fond de réflexions sur la maternité, récitées en anglais sur des textes de
Claudia Castellucci. On a envie d’être fasciné par l’esthétisme de la première partie : on s’y ennuie. On a envie d’être ému
par l’humanité de la seconde : elle n’est
que fastidieuse et appuyée. Castellucci a
tenté quelque chose qui ne marche pas,
vivement sa prochaine proposition !
On ne sait trop que vous dire de l’interprétation musicale, tant elle était reléguée au rang d’accessoire. Tout ce qu’on
sait, c’est que l’Orchestre de La Monnaie
était bien rugueux et les équilibres fort
vacillants sous la direction brutale d’Antonello Manacorda, et que la distribution
réunissait de belles voix (à part le Sarastro au grave bien léger de Gabor Bretz),
réduites à venir chanter leur air à
l’avant-scène. Curieuse soirée. ■
La Flûte enchantée, La Monnaie de Bruxelles,
jusqu’au 4 octobre. Diffusion sur Arte Concert
à partir du 27 septembre.
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LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
STYLE
33
En attendant
Milan
C’est Jil Sander qui a repris le créneau
de Gucci en ouverture de la Fashion
Week. Et l’humeur de ses deux créateurs, Lucie et Luke Meier, reflète l’atmosphère générale des podiums : une
certaine douceur, une sobriété et une
féminité apaisée. Ici, il ne s’agit pas
d’histoire de genre (qu’affectionne
Londres), ni de surenchère de logo.
Comme après toute période d’excès
(du streetwear, notamment), s’impose
le retour à l’ordre et à l’uniforme (plutôt de travail). Le couple décline la
veste façon Carhartt et les pantalons
façon Sta-Prest, les combinaisons et
les tabliers dans une ampleur très japonaise. Au zen asiatique et à l’utilitaire américain, s’ajoute l’esprit de la
Vieille Europe, qui se lit dans les interventions - très « beaux-arts » - de fils
sur les mailles et les chemises sans col.
Si l’on retrouve l’épure de Jil Sander,
on sent l’influence de Phoebe Philo
époque Céline. Il est vrai que ces
deux-là ont tout intérêt à séduire les
clientes orphelines de la directrice artistique britannique, d’autant qu’ils
montrent un talent certain pour les
accessoires, des souliers « pointes »
au genre d’étuis à cigarette en métal,
PRESSE
Moncler sera toujours
Moncler
Remo Ruffini, le très inspiré président
de Moncler, annonçait en février dernier la réforme complète de ses collections avec un concept nommé Genius. Il
a fallu beaucoup de « com’ » pour l’expliquer mais ce qui concerne le client
est simple : tous les mois ou presque,
depuis juin, il (elle) peut trouver en
boutiques une nouvelle capsule créée
par le studio interne ou par un designer
médiatisé. Certains se méfiaient de ces
effets d’annonce et de cette stratégie de
collaborations poussée à l’extrême. Le
résultat est pourtant plus que probant.
Mercredi soir, M. Ruffini dévoilait
une deuxième salve (commercialisée de
janvier à mai 2019) ou plutôt des vidéos
des cinq collections en question, soit
celles de Craig Green, Simone Rocha
(dont les jolis film et lookbook sont
signés du jeune prodige de la photo de
mode américaine Tyler Mitchell),
Noir Kei Ninomiya, Fragment Hiroshi Fujiwara (dont la première livraison a
particulièrement marché) et Moncler
1952. Toujours une qualité d’exécution
remarquable, toujours une diversité de
points de vue et d’esthétiques et, à la fin,
une seule marque qui s’autorégénère
formidablement.
H. G.
ALESSANDRO LUCIONI, DANIELE OBERRAUCH /IMAXTREE.COM
Rien n’est perdu pour autant, la capitale de Lombardie, d’un point de vue
architectural et culturel, vit un âge
d’or depuis l’Exposition universelle en
2015, et sa Fashion Week recèle toujours quelques trésors. Parmi eux,
Fendi la romaine, mythique par son
histoire, par ses liens avec Cinecittà,
par son directeur artistique depuis
cinquante ans, Karl Lagerfeld. Bien
sûr, il y a des saisons avec et des saisons sans, mais il faut reconnaître que
cet homme est un génie, presque capable de nous faire oublier que Fendi
est à l’origine… un fourreur. KL, qui
carbure au Zeitgeist, a bien compris
que le métier n’était pas en odeur de
sainteté auprès des digital natives. Les
unes après les autres, les marques et
les enseignes annoncent l’arrêt de la
fourrure dans leur collection. Après
San Francisco, la ville de Los Angeles
annonçait, il y a deux jours, un projet
de loi en bannissant la vente (certes, le
climat est moins propice au chinchilla). Phénomène de mode ou tendance profonde de société ? Trop tôt
pour le dire, d’autant que les enjeux et
la perception de la fourrure diffèrent
selon les régions du monde. Quoi qu’il
Max Mara
Jil Sander
en passant par les maxicabas en cuir
bord franc.
Les filles ont les cheveux tressés, comme la chanteuse Sade, et rappellent la
célèbre photographie de Veruschka en
saharienne YSL par Franco Rubartelli.
Nous sommes bien chez Max Mara
mais projeté au cœur des années 1980,
quand les femmes dans les publicités
marchaient les mains sur les hanches,
Fendi
le blouson de cuir volé à leur « Jules »
- comme on disait - aux manches retroussées et la chemise déboutonnée
au col remonté. On retrouve le kaki de
l’époque, le prince-de-galles des
tailleurs d’alors, les épaules larges, les
bermudas portés avec talons, les vestes double boutonnage… et, bien sûr,
une version du manteau camel un poil
plus léger. Très, très efficace. Si certains looks à ruchers du défilé s’es-
saient à une créativité surjouée, cette
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Milan sans Gucci, c’est Cannes sans
stars américaines. La qualité de ce qui
est montré ne fait pas nécessairement
défaut, mais il manque une part de
magie. Dans la ville, les professionnels
semblent davantage dépités par cette
défection, illustrant la perte de vitesse
de Milan sur l’échiquier de la mode,
que par l’actualité politique. Sans doute parce que la très puissante industrie
textile italienne n’a jamais rien attendu de ses dirigeants successifs, tous
aussi peu concernés par le sujet…
Il est en tout cas surprenant que le
calendrier des shows soit si peu représentatif de l’aura de ce pays qui fabrique le luxe mondial et fascine les nouvelles générations, notamment aux
États-Unis, où les patrons de la Silicon
Valley s’habillent chez Brunello
Cucinelli et dont les designers influents, tels que Matthew Williams
d’Alyx et Virgil Abloh, installent leur
studio à Bologne ou à Milan.
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en soit, chez Fendi, il y a bien du vison
(« Nous en sommes fiers, il se trouve
que c’est bien moins polluant que la
fausse fourrure ! » dit très justement
M. Lagerfeld en backstage) pour le
printemps-été 2019 (« il n’y a pas de
saisons dans le monde, il y a toujours un
endroit où il fait froid »), mais il y a
surtout une silhouette, (« une féminité
forte, presque animale », renchérit
toujours en coulisse, Serge Brunschwig, le président de la maison). Et
voilà comment on passe du statut de
fourreur à griffe de prêt-à-porter,
avec du design et de l’attitude. Les poches plaquées, soufflées ou zippées signent cette saison : en cuir sur des petits blousons en PVC, en ton sur ton
sur des bombers en jean, des pantalons
cargo et des chemises de bowling très
cool. Les jupes crayon ou plissées se
disputent aux cyclistes des millenials
dont Nicki Minaj, au premier rang (la
rappeuse star est une fan de KL). Une
génération qui n’a pas connu le succès
du Baguette, considéré comme le tout
premier it-bag : ça tombe bien, sa
créatrice Silvia Venturini Fendi le remet en selle en une version pop à monogramme et rebrodé, ultradésirable !
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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
34
GOLF
Paris à l’heure du swing
ÉVÉNEMENT Alors que la Ryder Cup se dispute la semaine prochaine au Golf National,
la capitale se met déjà aux couleurs de la compétition. Des Champs-Élysées à l’Hôtel de Ville,
jusqu’au château de Versailles, revue de détail des festivités.
L
ALYETTE DEBRAY-MAUDUY
adebray@lefigaro.fr
e 17 mai 2011, la France
était désignée hôte d’accueil de la
Ryder Cup 2018, match opposant les
douze meilleurs joueurs américains
aux douze meilleurs Européens et
troisième événement sportif le plus
médiatisé au monde. Cette candidature audacieuse, portée par son président Pascal Grizot, avait de sérieux
arguments pour convaincre le comité
Ryder Cup Europe : un parcours de
championnat, le Golf National à
Saint-Quentin-en-Yvelines, ultrasélectif, plébiscité par les plus grands
champions, offrant un véritable stade
de gazon pouvant accueillir plus de
50 000 spectateurs par jour et une ville, Paris, avec ses monuments emblématiques et son art de vivre, troisième
destination touristique au monde avec
16 millions de visiteurs par an.
Aujourd’hui, nous y sommes… à
quelques jours de la compétition pure
et dure, qui se disputera les 28, 29 et
30 septembre sur les greens de l’Albatros au Golf National. On attend plus
de 300 000 fans, 2 000 journalistes et
les retombées économiques, directes et
indirectes, sont estimées à 286 millions
d’euros. Il se murmure, par exemple,
que la PGA américaine (les instances
suprêmes du golf aux États-Unis) a réservé 700 chambres au Hyatt Regency
Paris Étoile pour accueillir ses représentants et la presse américaine.
À Paris, les festivités démarrent, dès
cette semaine. Les Champs-Élysées se
sont mis aux couleurs de la Ryder Cup
en érigeant 277 flammes de 4,20 mètres
de haut à l’effigie de certaines stars des
greens : le Britannique Justin Rose,
l’actuel numéro un mondial ; les Américains Dustin Johnson et Patrick Reed,
respectivement 3e et 14e, et l’Anglais
Ian Poulter, redoutable joueur de
match-play (formule de jeu de la Ryder
Cup) qui a pour habitude de soulever
les foules lors de ses duels.
“
L’idée est de
populariser le golf,
de faire découvrir
ce sport à un public
moins connaisseur
”
PASCAL GRIZOT, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION
RYDER CUP FRANCE 2018
Quelques centaines de mètres plus
loin, une fan zone de 3 000 mètres carrés a ouvert ses portes, ce matin même,
place de l’Hôtel-de-Ville. Là où, en
juillet dernier, des milliers de supporteurs assistaient à la victoire de l’équipe
de France à la Coupe du monde de
football. Bien sûr, comme cet été, l’intégralité des rencontres - et même des
parties d’entraînement - sera retransmise sur écran géant. Mais ce n’est pas
tout. « C’est la première fois qu’une zone
d’animation Ryder Cup est installée au
cœur d’une grande ville, proche du parcours où se déroule la compétition, explique Pascal Grizot. Habituellement, les
organisateurs la cantonnent aux abords
du golf. L’idée est aussi de populariser le
golf, de faire découvrir ce sport à un public moins connaisseur. » Ce village propose ainsi une multitude d’animations
ludiques : des initiations avec des pros,
un concours de putting sur une réplique miniature des quatre derniers trous
du Golf National, des simulateurs pour
jouer l’Albatros avec les positions de
drapeau du tournoi, des concours
d’approche, des sorties de bunker, un
long putt challenge de 30 mètres…
Traversons maintenant le bois de
Boulogne, direction la Fondation Louis
Vuitton. C’est aujourd’hui également
La fan zone de 3 000 mètres carrés est installée place de l’Hôtel-de-Ville, à Paris.
que s’y tient le Forum Ryder Cup golf et
santé, organisé par la Fédération française de golf, pour sensibiliser le public
aux bienfaits du golf tant sur le plan
physique que mental. On attend d’éminents professeurs, des médecins, des
psychiatres comme le Dr Roger Hawkes
de l’European Tour, qui a déjà présenté
ses travaux au Parlement britannique,
ou l’académicien Erik Orsenna qui
viendra livrer sa vision du golf, merveilleuse école de la vie.
Soucieuse de mettre en valeur notre
art de vivre, cette Ryder Cup « made
in France » multiplie aussi les événements dans des lieux emblématiques
autour de la capitale. C’est à Disneyland Paris, au pied du château de la
Belle au bois dormant que se déroulera, dimanche, la cérémonie d’ouverture de la Junior Ryder Cup (voir cicontre) où les équipes et leurs
capitaines descendront Main Street,
entourés des personnages de Disney
en tenue de golf.
Autre lieu, autre ambiance, mercredi soir au château de Versailles, dans
l’orangerie, pour le dîner de gala signé
Lenôtre. Les joueurs, leurs épouses, les
capitaines et leur staff dîneront dans la
galerie basse du château, juste en dessous de la galerie des Glaces. Parmi les
1 200 invités attendus à Versailles, nul
doute que l’on devrait croiser de nombreux capitaines d’industrie ayant
soutenu la candidature de la France
pour la Ryder Cup, et des personnalités, dont celles sélectionnées pour
jouer le match des célébrités mardi
25 septembre au Golf National. On attend côté américain, Condoleezza
Rice, Kelly Slater, Samuel L. Jackson ;
et côté européen, Jamie Dornan, Lewis
Hamilton, Luis Figo, Dany Boon…
Parallèlement à ces festivités officielles, plusieurs initiatives se déroulent
enfin dans la capitale avec l’esprit
Ryder Cup en filigrane. Parmi celles-ci,
citons les nombreuses expositions de
l’incontournable designer du golf, Hubert Privé, à qui l’on doit les tees géants
bleu blanc rouge exposés au Golf National. Il présente une cinquante
d’œuvres dans une dizaine de lieux : le
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
Trianon Palace à Versailles - où sont logés les champions et le staff de la Ryder
Cup - mais aussi à la Maison Blanche,
avenue Montaigne, au Fouquet’s, au
Hyatt Regency Paris Étoile, au restaurant 6 New York, au golf de SaintNom-la-Bretèche, de Joyenval… La
boutique Dubail des Champs-Élysées
propose, quant à elle, une belle rétrospective sur Rolex et le golf, l’horloger
étant partenaire de l’équipe européenne depuis 1995 et du tournoi lorsqu’il se
déroule sur notre continent. Et, au
Buddha Bar, l’exposition photo
La Junior Ryder Cup se déroulera sur le parcours de Disneyland Paris.
DISNEY
Disneyland Paris accueille la Junior
Ryder Cup en lever de rideau
LAURENT LOUËT £@LaurentLouet
Créée en 1997 – avec la participation
de futurs champions tels que Sergio
Garcia, Rory McIlroy ou Suzann Pettersen –, la Junior Ryder Cup servira
de lever de rideau de l’événement
phare, lundi 24 et mardi 25 septembre
(début des parties à partir de 9 heures
du matin) sur le parcours de Disneyland Paris. « Depuis que l’organisation
nous a été confiée, explique d’emblée
Pascal Grizot, directeur de Ryder Cup
France 2018, j’ai toujours voulu que
notre Junior Ryder Cup prenne une place importante dans le programme de sa
grande sœur. C’est pourquoi nous
avons signé un partenariat avec
Disneyland Paris très rapidement afin
de pouvoir accueillir gratuitement un
nombre important de spectateurs. »
Il y a deux ans, à Hazeltine, aux
États-Unis, la Junior Ryder Cup s’était
jouée dans un club privé devant une
poignée de fans, les parents et les
membres du club. En France, les organisateurs ont monté un dispositif
très différent. « Nous attendons près
de 10 000 scolaires au bord du parcours, les 24 et 25 septembre, renchérit
Olivier Denis-Massé, directeur marketing et communication de la Fédération française de golf. Cet événement
gratuit est une formidable occasion
pour familiariser les enfants d’Île-deFrance et d’ailleurs avec le golf. »
Des baptêmes golfiques
LAURENT
BERGER
Secrétaire
A
Général de la CFDT
BENJAMIN SPORTOUCH - RTL
ALEXIS BREZET - LE FIGARO / ADRIEN GINDRE - TF1-LCI
« Swingin’ Paris » d’Antoine Davot,
rédacteur en chef du magazine Fairways, met en scène le golf, la mode et
Paris. Un clin d’œil dans le ton de cette
grande semaine du swing dans la
capitale. ■
Renseignements sur www.rydercup.com
Dimanche 23 Septembre 2018 I 12H-13H
Pendant deux jours, les jeunes spectateurs seront accompagnés sur le
parcours par des experts du jeu, qui
pourront leur expliquer les subtilités
du golf. Sur place, ils pourront participer à des initiations, clubs en
mains, et un stadium sera disponible
pour pratiquer ce sport que beaucoup découvriront pour la première
fois… « J’espère que nous aurons de
nombreux baptêmes golfiques ! »,
sourit Olivier Denis-Massé. Pour les
1 500 accompagnants de ces jeunes,
une loterie permettra de gagner des
green-fees afin d’aller jouer sur l’Albatros, ainsi que des billets d’accès
au parc Disneyland.
En ce qui concerne la compétition,
les équipes européenne et américaine
de la Junior Ryder Cup (moins de
16 ans) sont mixtes, composées chacune de six garçons et de six filles.
Côté européen, les remplaçants garçon et fille (7es joueur et joueuse) sont
français : Quentin Debove et Pauline
Roussin-Bouchard seront en réserve.
Le capitanat de l’équipe d’Europe est
assuré par leur compatriote Maïtena
Alsuguren, qui a mené voilà quelques
années l’équipe de France amateurs
composée de Victor Dubuisson,
Alexandre Lévy et Romain Wattel au
titre de champion du monde.
Une fois leur compétition achevée
sur le parcours de Disneyland Paris, les
juniors de la Ryder Cup se retrouveront au Golf National – comme les
grands ! – le mercredi 26 afin de disputer un match amical. Les deux équipes
participeront le lendemain à la cérémonie d’ouverture de la Ryder Cup. ■
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LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
JARDIN
35
Plantes bizarres
à Saint-Jeande-Beauregard
Les plantes originales sont à l’honneur
cette année dans l’Essonne :
en bas, une « plante doliprane »
(à gauche) et une « main de Bouddha ».
RENDEZ-VOUS La traditionnelle fête
d’automne organisée, jusqu’à dimanche,
dans ce château de l’Essonne met l’accent
sur les curiosités du monde végétal.
ous avez aimé les surprises
du printemps ? Vous adorerez celles de
l’automne. Depuis ce matin et jusqu’à
dimanche soir, la Fête des plantes de
Saint-Jean-de-Beauregard (Essonne),
dont Le Figaro est partenaire, ne manquera pas, une nouvelle fois, d’étonner
son public, chaque fois plus nombreux.
Pas moins de 232 exposants, dont une
majorité de pépiniéristes, présenteront
leurs nouveautés, en particulier des
« plantes insolites », thème de l’année,
dans le parc et les anciennes écuries de
ce château du XVIIe siècle situé à seulement trente minutes au sud de Paris.
« Les gens ont tendance à l’oublier,
mais l’automne est une saison importante
pour le jardin, souligne Muriel de Curel,
propriétaire du domaine et organisatrice depuis trente-quatre ans, avec son
fils François, de ce grand événement de
l’actualité horticole. C’est même le moment idéal pour planter, en particulier les
vivaces, car la terre est encore chaude,
surtout cette année ! Du coup, elles s’enracineront bien et exprimeront tout leur
potentiel au printemps. »
Les amateurs de plantes originales,
bizarres autant qu’étranges, ne seront,
une nouvelle fois, pas déçus. Après le
topinambour nain l’an passé et la plante
« fromage » (Paederia lanuginosa), lors
de l’édition de printemps, Bernard Bureau, de la pépinière Hortiflor, s’est fait
une spécialité dans l’art de dénicher des
végétaux improbables. La « plante doliprane », qu’il expose cette fois-ci sur
son stand, ne déroge pas à la règle. Les
feuilles dentelées de Colquhounia coccinea (son petit nom savant), une lamiacée originaire de Chine, sont en effet
réputées pour calmer fièvre et maux de
tête ou de dents. La plante, à la végétation généreuse, culmine à 2 voire 3 mètres de hauteur et arbore de jolies fleurs
rouges en fin d’été, mais sa frilosité impose de la cultiver dans de grands pots
pour la faire hiverner plus facilement.
CAROLE DESHEULLES ET NICOLETTE WOLLENTIN - STOCK.ADOBE.COM
V
MARC MENNESSIER
£@MarcMennessier
En quête d’inattendu
L’Erythrina galli Compacta, présenté
par la pépinière vendéenne Végétal 85,
n’est pas aussi délicate et c’est bien cela
qui fait toute son originalité ! Si les tiges
herbacées de ce petit arbuste buissonnant disparaissent en hiver, sa souche
résiste à des températures glaciales de
- 18 °C. Une caractéristique qui a beaucoup surpris Muriel de Curel car les
érythrines sont plutôt des arbres de climats tropicaux. En outre, la floraison
estivale est splendide avec de longs épis
de fleurs tubulaires, d’un beau rouge
vermillon. Même étonnement devant le
jasmin rustique Jasminum mesnyi, de la
pépinière Braun, capable de supporter
jusqu’à - 10 °C et d’éclairer le jardin,
parfois dès le mois de février, de ses
grandes fleurs jaunes semi-doubles.
Un passage sur le stand de la pépinière
de Saint-Méloir, régulièrement primée
à Saint-Jean-de-Beauregard, s’impose
également. Surtout pour les visiteurs en
quête d’inattendu ! Le Pseudopanax ferox, arbuste néo-zélandais au tronc filiforme et aux feuilles démesurément
longues, y tiendra la vedette. Même surprise chez la pépinière Adeline : les jolies
fleurs blanc crème du bien nommé arbre
à savon (Sapindus mukorossi, à ne pas
confondre avec le savonnier Koelreute-
ria paniculata) se transforment, une fois
fécondées, en fruits extrêmement riches
en saponine que les Indiens utilisent traditionnellement pour se laver et faire
leur lessive. Bonne nouvelle pour les
adeptes du savon fait maison : cet arbuste, dont le feuillage prend de jolies teintes cuivrées en automne, pousse aussi
sous nos latitudes.
Les feuillages panachés seront également à l’honneur avec les euphorbes
Glacier bleu et Ascot Rainbow de la pépinière Jardins d’exception et le sublime Sedum takesimense Atlantis de
Thierry Delabroye. On saluera aussi le
travail remarquable de collectionneurs
comme Olivier Cazeneuve, qui a redonné ses lettres de noblesse aux chrysanthèmes de jardin, ou « marguerites
d’automne », dont les fleurs forment,
en cette saison, de splendides massifs
colorés. Impossible également de ne pas
citer les somptueux nénuphars bleu
violacé des Filles de l’eau - des curiosités qui auraient certainement fait chavirer Claude Monet- ou la formidable
collection de plantes annuelles de la pépinière Silene. Les agrumes présentés
par Daniel Flamand, de Pépinière
Conseil, apporteront aussi leur lot de
curiosités avec le fameux cédrat « main
de Bouddha » et les citrons yuzu et caviar. Enfin, comme l’an passé, les
Mousquetaires de la tomate exposeront
sur leur stand pas moins d’un millier de
variétés de tomates de toutes les formes, de toutes les couleurs et de toutes
les origines. Le monde végétal n’a vraiment pas fini de nous surprendre !
Château de Saint-Jean-de-Beauregard (91),
les 21, 22 et 23 septembre de 10 heures
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12-18 ans, gratuit pour les moins de 12 ans.
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» VIDÉO - Histoire de plantes :
quand les parasites étaient excommuniés
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vendredi 21 septembre 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
37
« Maniac », les mirages de l’esprit
BIEN VU
Anthony Palou
apalou@lefigaro.fr
Réalisateur vénéré de « True Detective » et du prochain James Bond, l’Américain Cary Fukunaga
signe une série psychédélique réussie sur la force de l’imagination et les souffrances mentales.
Les poux
CONSTANCE JAMET £@constancejamet
« L’Heure des pros »
«
CNews | 9 heures | Jeudi
ême si vous ne comprenez pas ce qui se
passe, Maniac va
prendre soin de vous et
vous emmènera quelque part », assure en préambule Cary
Fukunaga. Un avertissement de poids.
Cinéaste prometteur, avec son premier
film Sin Nombre qui avait fait forte impression au Festival du cinéma américain de Deauville et sa délicate et gothique adaptation de Jane Eyre, le
réalisateur américain au port de mannequin a explosé sur le petit écran avec le
poisseux True Detective de HBO. Après
trois ans d’absence derrière la caméra, le
voici de retour avec cette série de huit
épisodes pour Netflix, avant de s’attaquer à la 25e aventure de James Bond.
Aussi acidulé que True Detective était
crépusculaire, Maniac est une plongée au
pays des merveilles. Celles qui peuplent
l’imagination d’Annie, amatrice de drogues plus ou moins douces, et
d’Owen, schizophrène et mouton
noir de sa famille de millionnaires.
Ces deux âmes en peine participent
○○○¡
à un essai clinique d’un traitement
Jonah Hill et Emma Stone incarnent deux cobayes participant à un essai clinique visant à éradiquer la folie et le chagrin.
éradiquant aussi bien la folie que le
pour camper Owen. Et d’ajouter :
chagrin qui empoisonnent l’esprit. Évipsychiatrique, « Maniac pose la question :
mour, même si le mien n’a jamais dépassé
« Nous avions les acteurs bien avant
demment l’expérience tourne court. Nos
qu’est-ce qu’être normal ? », décrypte au
l’absurde d’Y a-t-il un pilote dans
d’avoir leurs personnages. Nous y avons
cobayes partagent d’étranges songes qui
Figaro Cary Fukunaga. « Nous n’avons
l’avion ? », explique Cary Fukunaga.
travaillé ensemble. Emma souhaitait se
les emmènent, comme le spectateur,
pas la prétention de faire une série sur les
L’ancien surfeur de 41 ans ne cache pas
détacher d’un maximum de stéréotypes. »
dans une multitude de réalités alternatimaladies mentales, mais Maniac rappelle
la genèse compliquée de Maniac : « Il n’y
Fini donc pour la comédienne les filles
ves. D’un épisode à l’autre, les voilà enqu’on ne peut guérir l’esprit et prône l’aca pas de limites aux univers alternatifs.
d’à côté et les héroïnes extraverties dont
traînés dans une Terre du Milieu bis, puis
ceptation de soi. » Grâce à ce cinéaste et
Nous avons développé beaucoup d’intrile seul but est d’aider leur partenaire à
dans un sombre polar façon années 1950.
au scénariste Patrick Somerville (The
gues qui n’ont pas vu le jour. Maniac exprofiter de la vie.
Leftovers), ce récit « en forme de poupées
plore énormément de genres. Sous leurs
Distribution de luxe
Tout en fêlures, son Annie est le cenrusses » séduit et se trouve un fil d’Ariane
airs disparates et faussement parodiques,
tre de gravité de Maniac. Moins à l’aise
grâce à sa distribution de luxe.
ces aventures sont liées au devenir d’Annie
Aussi psychédélique que Twin Peaks,
avec les différentes versions d’Owen,
« Je ne voyais personne d’autre
et d’Owen. » Fait rare sur Netflix victime
Maniac jouit d’une déconcertante amJonah Hill est plus en retrait. Un vide
qu’Emma Stone, que j’admirais bien
de « ballonnement narratif », Maniac
biance rétrofuturiste à la Wes Anderson.
comblé par Justin Theroux et Sonoya
avant La La Land, pour jouer Annie », se
n’excède pas 45 minutes par épisode.
La saga aura autant de détracteurs que
Mizuno en savants fous. « Après des
souvient Cary Fukunaga, qui a recruté le
L’alliance parfaite de la créativité et de
d’admirateurs. Inspiré d’une série norœuvres âpres, je voulais m’essayer à l’hudébonnaire Jonah Hill (21 Jump Street)
l’exercice de style maîtrisé. ■
végienne qui se déroulait dans un hôpital
La série séduit, mais son avenir, lié à celui de France 4, reste incertain.
ÉMILIE GEFFRAY£@emiliegeffray
éjà quatre ans qu’Une saison
au zoo fait les beaux jours de
France 4 (diffusion tous les
jours de la semaine à 19 h 55).
La série documentaire produite par Banijay (premier producteur
indépendant de contenus au monde) suit
le quotidien de soigneurs du zoo de La
Flèche, dans la Sarthe. Le programme
vient de fêter son 400e épisode, fin août,
lors d’un prime exceptionnel. Ils étaient
alors 446 000 fidèles devant le lancement de la 9e saison. Des fans heureux de
découvrir les nouvelles aventures d’Anthony, Bérénice, Barbara, Geoffrey ou
D
La vie quotidienne des animaux du zoo de
La Flèche et de leurs soigneurs réunit près
de 400 000 télespectateurs chaque jour.
MOTS CROISÉS
Par Vincent Labbé
1
PROBLÈME N° 4837
HORIZONTALEMENT
1. Commence comme Alcatraz et
a fini à Alcatraz (prénom et nom).
- 2. Payés trop cher par l’occupant. - 3. Monstre de perfidie. - 4.
Boîte en bois. Impose le port du
casque à l’étranger. - 5. Moins
prisée que la clovisse. Tapa du
pied. - 6. Le troisième homme.
Traverse sur les clous. - 7. Patron
des peintres. C’est tellement plus
court. - 8. Chaland à fond plat.
Dodécaphonique et déjà cacophonique. - 9. Sortie de presse.
- 10. Centre culturel moldave. Il se
froisse pour un rien. - 11. Chiffre
fort. - 12. Ont passé le certificat
d’étude.
VERTICALEMENT
1. Une activité particulièrement
absorbante. - 2. Le parrain des
parrains (prénom et nom). - 3.
Jouée en premier. Garde-côtes.
- 4. Tomba bien. Circule à Lagos.
- 5. Plume du Corbeau. Petite
annonce matrimoniale. Finale de
groupe. - 6. Ville du roi mythique
Gilgamesh, dans l’actuel Irak.
Démonstratif. - 7. Arrivé à rien.
Haut lieu du shintoïsme reconstruit
tous les vingt ans à l’identique.
- 8. Propres aux deltas.
1
2
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4836
VERTICALEMENT 1. Transhumance. - 2. Rouspéteuses. - 3. Eus.
Amers. DS. - 4. Pisé. Scotie. - 5. Îliens. Une. - 6. Glt. Émurent. - 7.
Néoprène. Oui. - 8. Esthétisants.
3
4
5
6
7
8
La faune des Galapagos
Chaque jour, face à des poids lourds
comme « Touche pas à
mon poste ! » sur C8 et
« Quotidien » sur TMC,
Une saison au zoo par○○○○
vient à rassembler près
BRIDGE
PROBLÈME N° 2920 :
Pas insurmontable
AV3
432
AD32
V 10 9
3
N
O
4
5
E
S
R54
RD986
RD763
6
7
8
HORIZONTALEMENT 1. Trépigne. - 2. Rouilles. - 3. Aussitôt. - 4. NS.
Ee. pH. - 5. Spa. Néré. - 6. Hem. Smet. - 7. Utes. Uni. - 8. Mercures. - 9.
Ausone. - 10. Ns. Tenon. - 11. Cédi. Tut. - 12. Essen. Is.
2
encore Cyril, des professionnels toujours
aux petits soins avec les animaux.
La capacité de la série à « feuilletonner » de façon captivante le travail des
soigneurs explique sa réussite. Le quotidien des bêtes est bien sûr à l’honneur,
sublimé à l’occasion par des événements
marquants comme la naissance d’un
hippopotame ou l’arrivée d’une nouvelle
otarie.
9
10
11
12
Contrat : Sud joue 4 Cœurs,
après une ouverture de 2 en
Ouest (5 + 5+m, 5-10H). Personne vuln. Tournoi par paires.
Entame : 8 de pour l’As d’Est
qui rejoue le 5 de pour le 10
(le 2 en Ouest). Vous jouez pour
le Roi et Ouest défausse un !
Indice : Ouest est 5-0-6-2. Vous
jouez à cartes ouvertes…
de 400 000 fidèles. Quant aux épisodes
qui entraînent les soigneurs de La Flèche
loin de chez eux, diffusés en prime, ils
attirent encore davantage de public. Six
soirées spéciales tournées en Équateur
seront ainsi diffusées d’ici à la fin de l’année. L’occasion de découvrir des requins
et des tortues des îles Galapagos, ou encore des condors de la Cordillère des Andes. Seule ombre au tableau, France 4 ne
sera bientôt plus diffusée sur la TNT mais
uniquement en numérique. Que va-t-il
advenir d’Une saison au zoo ? Pour le
moment, personne ne le
sait. Mais tous, aussi bien
la production que le zoo,
espèrent survivre à ce
changement. ■
19.55
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.com
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2919 :
Dichotomie
Contrat : Sud joue 7 Cœurs.
Entame : 9 de .
Votre plan est de couper des de la main courte.
Faites la première levée au mort (de l’As), débloquez
l’As de puis encaissez le Roi d’atout. De deux choses
l’une :
- Les atouts sont 3-2. Poursuivez par coupé, pour l’As, coupé, pour l’As, Valet de , Dame de ,
pour le Roi, coupé si nécessaire (ce qui est le cas
dans la donne réelle), pour le Roi et le cinquième affranchi en guise de treizième levée.
- Les atouts sont 4-1. Vous ne pouvez plus couper qu’un
seul et devez espérer un partage amical des .
Coupez un , encaissez la Dame d’atout, revenez en
main à l’As de , encaissez le Valet de pour purger
le dernier atout adverse puis espérez les 3-2 (sauf
miracle, vous ne vous en sortirez pas avec les 4-1).
A
A D 10 4
R87
R8765
R7654
987
D 10 3 2
10
N
O
E
S
10 9 8
RV65
AV9
AD3
DV32
32
654
V942
A
interviewée par Nicolas Vollaire
et Damien Canivez aujourd’hui
sur :
« Une saison au zoo », au poil !
GILLES GUSTINE / FTV / SIPA
LE BUZZ TV
Invitée :
Anne-Claire Coudray
MICHELE K. SHORT/NETFLIX
M
J
ean-Pierre Pernaut, toujours
attentif à notre petite santé,
nous prend la tension.
Mercredi, par exemple, un sujet
sur les poux qui colonisent comme
chaque rentrée la tête des écoliers.
Quelques journalistes, nomades
intrépides « par l’odeur alléchés »,
cheminent, font une enquête
de terrain car ils n’ont peur
de rien. Ils débarquent dans
les collèges, chez les coiffeurs.
Ils savent où se trouvent les bons
coins. Tout content, tout contrit,
Pernaut annonce donc le retour
des poux, la couleur : « On a
de plus en plus de mal à s’en
débarrasser. Il y a pourtant
maintenant des coiffeurs et
même des chasseurs de poux. »
Une journaliste présente le sujet :
« Les poux eux aussi font la rentrée
des classes. » Elle interroge
une coiffeuse : « Les poux,
ce n’est pas forcément chez les gens
sales, et ça coûte une fortune
le traitement. » Avons appris
qu’il existerait un aspirateur
à poux fort efficace. Très bien.
9 heures : « L’Heure des pros ».
Il y avait autour de la table :
Jean-Claude Dassier, Jérôme
Béglé, Zineb El Rhazoui, Gérard
Leclerc, Caroline Mécary.
Un bon petit déjeuner a priori
mais dès qu’Éric Zemmour pointe
son museau avec sa tasse de café
et son croissant, c’est l’hallali.
On le commente, on le juge,
on le crucifie. Il doit être content,
c’est bien. Il appellera ça d’une
manière élégante « l’ouverture
de la chasse ». Elle était rigolote
cette émission, « L’Heure des
pros ». Sauf que l’on n’y a rien
compris, rien. La chrétienté, les
Arabes, les juifs, de Gaulle, Pétain,
Clovis, Napoléon… Tout le monde
s’est parlé dessus. Une vraie soupe
à la française qui nous a fait
penser, vous savez, au générique
de fin de Papy fait de la résistance,
parodie des « Dossiers de
l’écran », où il y avait SuperRésistant, Bernadette Bourdelle,
Michel Taupin et Adolfo Ramirez
Jr. Un joyeux bordel. Ainsi vogue
notre beau pays.
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vendredi 21 septembre 2018 LE FIGARO
38 TÉLÉVISION
MÉTÉO
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Mathieu
Soleil : Lever 07h36 - Coucher 19h50 - Lune croissante
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag. 20.50 Nos chers voisins. Série.
18.40 N’oubliez pas les paroles ! Jeu.
Prés. : Nagui 20.00 20 heures 20.40
Un si grand soleil. Feuilleton
21.00
19.00 19/20 20.00 Vu. Magazine
20.20 Plus belle la vie. Feuilleton
20.45 Tout le sport. Magazine.
21.00
Divertissement
MATIN
15
21.00 On a échangé
nos mamans
21.00
Série. Policière
19.55 Suburgatory. Série. Lance toi
Lisa ! - Dallas, avant Dallas.
60
1h45. Coralie vs Anna. Inédit. Coralie,
qui mise tout sur la discipline, et Anna
qui est très permissive, vont échanger leur famille.
Divertissement
15
14
18
16
14
16
17
18
13
14
22.45 On a échangé nos mamans.
Annick vs Élodie - Lucile vs Cinthia.
18
16
13
16
17
16
16
17
50
Ninja Warrior Le parcours des héros
Prés. : Denis Brogniart, Christophe
Beaugrand, Iris Mittenaere. 2h25.
Inédit. Les concurrents de ce jeu
viennent se défier sur un parcours
d’obstacles gigantesques.
Les petits meurtres
d’Agatha Christie
Fra. Saison 2. Avec Samuel Labarthe,
Élodie Frenck. Albert Major parlait
trop. Après un accident de scooter,
Alice Avril est admise dans un hôpital,
où un malade est assassiné.
On refait les grands
duos d’humour
Présentation : Kad Merad. 1h55.
Inédit. Cette soirée présentée par
Kad Merad réunit de nombreux humoristes qui rendent hommage aux
plus grands sketches joués en duo.
23.25 Vendredi, tout est permis
avec Arthur Divertissemen. Invité,
22.45 Les petits meurtres
d’Agatha Christie Série. Policière
22.55 Le divan de Marc-Olivier
Fogiel Magazine. Invité : Michel
notamment : Ahmed Sylla.
2.10 Ça commence aujourd’hui
Fugain 0.10 Soir/3 0.45 Libre court
16
17
18
20.00 C à vous, la suite. Magazine
20.20 Entrée libre. Magazine.
19
19
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18
20.50 La maison France 5
23
18
Magazine. Société. Prés. : Stéphane
Thebaut. 1h30. Inédit. Au sommaire, notamment : «Les hottes de
cuisine» ; «Une maison à Bayeux» ;
«Thé ou café».
19
18
24
20
22
5
21
APRÈS-MIDI
22.20 Silence, ça pousse ! 23.15 C
dans l’air. Magazine 0.25 C à vous
17
50
17
17
18.30 L’info du vrai (C) 19.55 L’info
du vrai, le mag (C). Magazine 20.55
La boîte à questions (C)
19.00 Sur les toits des villes. Série
doc. 19.45 Arte journal 20.05 28
minutes 20.50 50 nuances de Grecs
21.00
19.45 Le 19.45. Présentation :
Nathalie Renoux 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec C. Chust.
20.55
Film. Comédie dramatique
21.00
Film TV. Thriller
Série. Policière
19
17
17
19.55 The Big Bang Theory. Série.
Avec Jim Parsons. 2 épisodes.
19
22
16
19
25
20
20
24
20
20.55 Julie Lescaut
20
20
Série. Policière. Fra. 2007. Saison
16. Avec Véronique Genest, Alexis
Desseaux. Écart de conduite. Un
chauffeur de taxi est retrouvé
assassiné au lac des Clairières.
22
21
19
30
30
23
22
22.45 Julie Lescaut. Série. Le droit
de tuer - L’affaire du procureur.
30
23
32
27
32
25
27
27
26
40
30
19.05 Custom Garage. Téléréalité.
Camion de pompier de 1944 .
L’école buissonnière
Fra. 2017. Réal. : Nicolas Vanier. 1h56.
Inédit. Avec François Cluzet, Jean
Scandel, Eric Elmosnino. Un jeune
orphelin parisien placé dans une
famille à la campagne se lie d’amitié
avec un braconnier bourru.
23.00 Le sens de la fête Film.
Comédie 0.50 Jour J. Film 2.20 Surprises 2.30 Zapsport. Magazine.
Meurtre au fossé
des anges
20.50 La Shoah en France :
le tournant de 1942
Bull
All. 2017. Réal. : Miguel Alexandre.
1h30. Avec C. Hecke, R. Sondermann.
Le meurtre d’une prostituée dans une
forêt de la Sarre rappelle une autre
affaire non résolue.
22.25 Hollywood Confidential,
les égouts du paradis Doc. 23.25
Tracks 0.10 30 ans de techno à Berlin
27
T (en °c)
EU. Saison 2. Avec Michael Weatherly, Freddy Rodriguez, Geneva Carr,
Cyrus Farmer. 2 épisodes. Inédits.
Un jeune boxeur aux antécédents
violents a découvert le cadavre d’un
voisin dans son coffre.
<-10 à 0
Doc. Historique. 2018. Réal. : F. Pomès
et P. Legrand. 1h10. Inédit. Du printemps 1941 à l’été 1942, 80 000 juifs
ont été déportés en France.
22.00 Quand Vichy espionnait les
Français. Documentaire.
22.50 Bull Série. Policière. EU. 2017.
Saison 1. Rumeurs et préjugés 23.35
NCIS. Série. 3 épisodes.
19.20 Rénovation impossible. La caravane passe - Être rond comme…
19.20 Quotidien, première partie.
Talk-show 19.40 Quotidien
20.55 La petite histoire de France.
Série. Avec David Salles.
19.05 TPMP People : première partie.
Divertissement 20.10 TPMP People
21.00 Mentalist
21.00 Enquête d’action
21.00 TPMP refait la semaine !
Série. Policière. EU. 2011. Saison 4.
Avec Simon Baker. 2 épisodes.
Le membre d’un réseau de lutte
antisectes, Gabriel Meadows, est
retrouvé mort dans son bureau.
22.40 Mentalist. Série 0.20 Londres,
police judiciaire. Série.
Prés. : M.-A. Casalta. 2h00. Gendarmes
de campagne : affaires sensibles en
Sologne. En campagne solognote, les
gendarmes sont parfois confrontés à
des affaires retentissantes.
23.00 Enquête d’action. Magazine.
Présentation : Marie-Ange Casalta.
SU DO KU
Divertissement. Prés. : Jean-Luc
Lemoine. 2h10. En direct. Jean-Luc
Lemoine revient sur les grands événements de la semaine et décrypte
l’actualité média à sa manière.
GRILLE 2670DIFFICILE
SOLUTION DU N° 2669
A
9
3
3 5
2
7 2
9
8 9
1
5
4 3
7
9 5
5
6 1
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1 6
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7
1
9
5
2
10/23
13/27
DISGRACIEUSE
ADJECTIF
NUMÉRAL
RELIGIEUX
DONNE
DES
COULEURS
18/29
16/28
7
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4
1
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2
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1
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9
2
1
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3
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1
4
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9
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1
7
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9
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2
4
4
9
5
2
3
8
6
7
1
PORTE UN
JUGEMENT
13/22
20/29
par téléphone :
19/25
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
HIRSUTE
RELUQUÉ
COUP AUX
ÉCHECS
UN GARS
DU SUD
NOUVEAU
LA
GOULUE
présente
MINABLE
PERFORMANCE
D’ACTEUR
DONC
FRUITÉ
Exceptions de la
langue française :
certains Belges les
détestent, mais nous,
on les adore !
TURFISTE
ARGENT
SYMBOLISÉ
VAGABONDAGE
HOMME
DE RÉ
9/16
9/18
lachainemeteo.com
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
VOIE
POUR LES
NAVIRES
9/15
9/16
16/25
22.40 Les Simpson. Série. Animation.
8 épisodes.
21/28
20/28
19/30
19/28
17/27
24/30
LUNDI
13/25
FORCE 2
PETIT
BENJAMIN
CHEF
D’ÉQUIPE
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
17/21
15/19
10/19
10/17
16/19
18/29
15/19
6/13
24/32
22/31
DIMANCHE
9/17
Série. Animation. EU. 4 épisodes.
Lisa ne parvient pas à trouver la
solution à une énigme que Ralph
est parvenu à résoudre. Elle a peur
de finir idiote.
23.10 Balance ton post ! Divertissement. Présentation : Cyril Hanouna.
9 4
2
1
7
9
4
5
8
3
6
21.00 Les Simpson
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
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LE FIGARO
vendredi 21 septembre 2018
39
Bruno Sanches,
acteur à fleur de peau
« J’invente des personnages »
Enfant sociable et « timide », ce père de deux bouts
de chou est né à Paris de parents portugais et a
grandi à Marly-le-Roi dans le quartier des Grandes
Terres. « Petit, je voulais être Einstein, un inventeur.
Aujourd’hui, j’invente des personnages », observet-il. Bruno Sanches a commencé à jouer à l’âge de
9 ans. Sa mère l’emmène faire des castings. « Elle a
vite compris que je n’étais pas fait pour les études »,
glisse son fils en souriant. Son frère aîné, lui, partage ses passions, le cinéma et la musique. Leur
père a cofondé la radio de la communauté portugaise francilienne Radio Alfa, aujourd’hui installée
à Créteil. « J’ai baigné dans le fado. Inconsciem-
Bio
EXPRESS
1981
Naissance à Paris.
2005
Joue la pièce
André le Magnifique.
2010
Crée, avec Alex Lutz, le
duo Catherine et Liliane.
2015
Joue et coécrit Le Talent
de mes amis d’Alex Lutz.
2017
Joue dans Santa & Cie,
le film d’Alain Chabat.
2018
Joue, au cinéma,
dans Guy, d’Alex Lutz et,
au théâtre, dans Trois
hommes et un couffin,
au Théâtre du Gymnase.
ment, j’ai grandi avec Les Nuls, ce sont eux qui
m’ont donné envie d’exercer ce métier. Alain Chabat
a gardé sa capacité à être un enfant », admire celui
qui l’est resté, enfant.
Un bac littéraire en poche, Bruno Sanches intègre
la classe libre du Cours Florent. Dans la même promotion que l’humoriste Arnaud Ducret, il reste
marqué par trois professeurs : Laurence Kelekipis,
Marc Voisin et Jérôme Pouly, sociétaire de la Comédie-Française. À la sortie, il tourne avec ses « copains » dans des théâtres parisiens et en province.
Apparaît dans des téléfilms (Le Plus Bel Âge de Didier Haudepin, 1995, Soleil de Roger Hanin, 1997).
Plusieurs séries également (Une femme d’honneur,
Caméra Café nouvelle génération, Scènes de ménage…). Et une quinzaine de longs-métrages divers
dont des comédies (Jamais le premier soir de Mélissa
Drigeard, Qui c’est les plus forts ? de Charlotte de
Turckheim, Enfin veuve d’Isabelle Mergault). Le virage en épingle date de 2005, Bruno Sanches fait la
connaissance d’Alex Lutz qui met alors en scène le
one-woman-show de Sylvie Joly. « Il a mis de l’huile
dans mon parcours », se réjouit son acolyte.
Après André le Magnifique, une comédie écrite
par pas moins de cinq auteurs, les deux complices
montent La Baraque à frites, d’Emmanuelle Michelet, avec la comédienne Delphine Baril
(2007). Partageant une sensibilité à fleur de peau,
une curiosité sans cesse renouvelée et une énergie insatiable, ils créeront la pastille humoristique Catherine et Liliane, qui séduira d’abord Stéphane Bern, dont les trublions se moquent
gentiment sur France 2. Puis le producteur Laurent Bon, qui programme la série sur Canal + dans
« Le Petit Journal » de Yann Barthès. Il revient
régulièrement au théâtre, ainsi dans Dernier coup
de ciseaux, succès de Sébastien Azzopardi.
« Dans la vie, Liliane est comme Bruno, il a eu des
épreuves, il a des angoisses et des doutes comme acteur et père », lâche Alex Lutz. Pudique, celui qu’il
considère comme un « frère » ne s’attarde pas sur
un accident qui a failli le rendre définitivement tétraplégique il y a quelques années. « Il m’a rendu
très amoureux de la vie », confie-t-il simplement.
Optimiste, le comédien remercie sa « chance », sa
compagne Camille, une photographe douée, et son
agent, Élise Fécamp, qui défend aussi les intérêts
d’un autre grand sensible, Richard Bohringer. ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Psychiatrique [psi-kia-tri-k], adj.
Relatif aux troubles à l’ordre privé.
L
a justice ordonne à Marine Le Pen de se soumettre à une expertise
psychiatrique.
Le mot vient du grec psuckê, qui signifie souffle. Et force est d’admettre
que la présidente du Rassemblement national, si elle en manque parfois,
ne manque jamais d’air. À cet égard, on ne lui fera pas un procès en psittacisme.
Mais pour la psychiatrie, laissons les experts se prononcer.
On a cru un instant que cette demande d’analyse (à ne pas confondre
avec une psychanalyse) portait sur la prestation de Marine Le Pen à la télévision
entre les deux tours de l’élection présidentielle, où ses gesticulations psychédéliques
avaient pu inquiéter. C’est autre chose : la justice lui reproche un tweet où elle a
diffusé des images de crimes commis par Daech. Est-ce une incitation à la violence ?
Et faut-il se déterminer sur ce point par le recours à la psychiatrie ? Les juges
ne font guère preuve de psychologie : leur demande permet à Marine Le Pen
d’en faire un psychodrame, un brin théâtral. ■
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Sophie Cluzel à Colombey
Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, Sophie
Cluzel (photo) se rendra samedi sur la tombe du général de Gaulle, à
Colombey-les-Deux-Églises. Mère d’une fille trisomique, Julia, qui
l’accompagnera ainsi que son mari, c’est plus le père que l’homme
de l’Histoire qu’elle honorera. À Colombey, de Gaulle est en effet enterré aux
côtés de sa fille Anne, elle aussi porteuse de la trisomie 21, décédée à 20 ans.
« Maintenant, elle est comme les autres », avait dit le général le jour de sa mort,
en 1948. Ce « comme les autres » résonne dans l’esprit de Sophie Cluzel qui
défend « l’inclusion » dans tous les domaines des personnes handicapées.
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
D
rencontrées, d’une vérité humaine absolue. C’est un
grand acteur, concret, paysan, dans la technique de
jeu. Concentré, à l’écoute, il dégaine rapidement. »
Des qualités qui ont servi à Bruno Sanches pour
jouer un banquier dans Les Affamés, la comédie de
Léa Frédéval sortie avant l’été.
Le prix André-Malraux est né
Un nouveau prix littéraire, le prix André-Malraux, se propose
de récompenser chaque 23 novembre - date de la mort de l’écrivain une œuvre de fiction engagée au service de la condition humaine,
et un essai sur l’art. Le jury est constitué de Karin Tuil, Laurence Debray,
Diana Widmaier Picasso, Hélène Sallon, Matthieu Garrigou-Lagrange,
Adrien Goetz et Alexandre Duval Stalla. La première réunion
est prévue ce vendredi 21 septembre.
A
ans Catherine et Liliane, on
connaît surtout Alex Lutz, alias
Catherine, la secrétaire pipelette
blonde. Pourtant, Bruno Sanches, sous le postiche brun-roux
de Liliane, son souffre-douleur,
n’a rien à envier à son compère.
Alain Chabat, qui l’a métamorphosé en lutin dans son film Santa et Cie, dit de lui
qu’il peut « tout » jouer et en un clin d’œil. « J’apprends encore », assure l’intéressé qui, lorsque nous
l’avons rencontré, répétait Trois hommes et un couffin, la pièce tirée du film, sous la direction de Coline
Serreau. « Elle me rend humble », confie le trente-
naire qui reprend le rôle de Michel Boujenah, un
cœur de guimauve à son image. La réalisatrice lui a
dit : « C’est vraiment toi, ce personnage. »
De fait, Bruno Sanches met toujours un peu de
lui dans son jeu. « Liliane lui ressemble, estime
Alex Lutz, qui l’a recruté pour Guy, son deuxième
film, qui vient de sortir. Elle est heureuse, bonne
vivante, elle aime faire l’amour, elle boit le verre à
moitié plein. » « Catherine et Liliane sont comme le
vin, elles se bonifient avec le temps. On leur doit tellement ! », renchérit Bruno Sanches. « Les rôles se
sont imposés naturellement : moi, je suis plus bavard
que Bruno, lui a plus de rondeur », signale Alex
Lutz. Et son complice d’ajouter : « Ces personnages
de secrétaires sont comme des masques, ils ouvrent
des portes en nous, c’est mieux qu’une thérapie ! »
Les deux acteurs se sont rencontrés quand Bruno
Sanches est sorti du Cours Florent. « Il avait
constitué une troupe et m’a demandé de mettre en
scène André le Magnifique, se souvient Alex Lutz.
J’ai trouvé en lui une des plus belles âmes que j’aie
© Jérôme Witz © Todd Cole © Marc Surridge *MUSIQUE POP & CHANSONS D’AMOUR
Nathalie Simon
nsimon@lefigaro.fr
HENRI COLLOT/SIPA
SUCCÈS Le comédien qui joue la secrétaire ronde et rousse
dans « Catherine et Liliane » sur Canal + est à l’affiche
de « Guy », le deuxième long-métrage d’Alex Lutz.
Et, au théâtre, dans « Trois hommes et un couffin ».
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