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Le Figaro_-_22_09_2018_-_23_09_2018

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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 051 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
MÉMOIRE
L’HOMMAGE TARDIF
DE LA FRANCE AUX HARKIS
PAGE 5
TIGER WOODS
L’INCROYABLE RETOUR
DU MEILLEUR GOLFEUR
DE L’HISTOIRE PAGE 17
Laïcité : les échecs en série
de la formation des imams
MUNICIPALES
LaREM fixe
ses règles PAGE 6
CENTRE
Le MoDem prépare
son « an II » dans
la majorité PAGE 8
Les filières universitaires, censées permettre aux imams de se familiariser avec le contexte
français et son cadre juridique, sont en réalité peu fréquentées par les religieux.
SIBÉRIE
Une fronde antiPoutine agite
les élections
régionales PAGE 10
Il y a plus de dix ans a émergé
l’idée en France de donner
aux imams une formation
« civique et civile » commune. Objectif affiché : former
des religieux musulmans
PROCÉS
La famille Pastor
fait chagrin séparé
au tribunal PAGE 11
« francophones, qui apprennent
le français, qui aiment la France
et qui adhèrent à ses valeurs ».
Au programme : droit, laïcité,
histoire religieuse, philosophie, sociologie. Mais en réali-
té, ces diplômes universitaires
peinent à attirer les imams, à
commencer par ceux qui sont
les plus éloignés des valeurs
républicaines. D’autant que
ces formations, souvent poin-
tues en droit, nécessitent de
maîtriser le français. Selon les
responsables de différents diplômes, ils seraient tout au
plus cinq sur des promotions
de vingt à trente participants
à bien parler notre langue.
Du côté des musulmans, on
accepte difficilement cette
formation civique et civile décrochée de la formation théologique.
è RÉMI BRAGUE : « DANS L’ISLAM, C’EST DIEU QUI DICTE CE QU’IL FAUT FAIRE » è UN PROFESSEUR DE DROIT DE LA LAÏCITÉ À L’UNIVERSITÉ DE LORRAINE DÉRAPE
è VERS UN REGISTRE DES ASSOCIATIONS CONTRE L’OPACITÉ FINANCIÈRE è L’ISLAM DE FRANCE PEINE À SE RÉORGANISER PAGES 2 À 4 ET L’ÉDITORIAL
RELIGION
Vers un
rapprochement
historique entre le
Vatican et la Chine
Brexit :
en difficulté,
Theresa
May durcit
le ton contre
l’Europe
Questions sur le coût faramineux
de la rénovation du Grand Palais
PAGE 12
ATHLÉTISME
Kevin Mayer :
« Je ne vois pas
de limites à ma
progression » PAGE 14
Les tribunes
de JeanPhilippe
Vincent
et de GérardFrançois
Dumont
La chronique
de Mathieu
Bock-Côté
L’analyse
de Georges
Malbrunot
n
n
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de vendredi :
Approuvez-vous
la décision du
gouvernement d’exonérer
de l’augmentation de
la CSG 300 000 retraités
de plus ?
OUI
59 %
NON
41 %
TOTAL DE VOTANTS : 36 561
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Êtes-vous favorable
à la dégressivité
des allocations chômage ?
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@j@m@m@a";
ÉDITORIAL par Yves Thréard ythreard@lefigaro.fr
n
PAGES 18 ET 19
M 00108 - 922 - F: 2,60 E
L’annonce du montant des travaux nécessaires à la restauration de ce bâtiment de Paris devenu iconique,
près de 500 millions d’euros, suscite une polémique. Ce chantier mérite-t-il une facture aussi élevée ? PAGE 30
JEAN-MICHEL TURPIN/GAMMA SAM GREENWOOD/AFP
Humiliée à Salzbourg, la première ministre impute aux
Européens la responsabilité de
« l’impasse » des négociations
sur les conditions du divorce
avec le Royaume-Uni. La rebuffade publique des dirigeants européens envers ses
propositions a affaibli un peu
plus sa position face à l’aile
dure du Parti conservateur,
qui les conteste aussi. Il lui fallait donc reprendre l’offensive
pour tenter de remobiliser ses
troupes. PAGE 10
S
Mission impossible
eul le pragmatisme se révélera efficace dans la lutte contre l’islamisme en France. Nous en sommes
malheureusement loin. Depuis
dix ans, tout ce que les pouvoirs
successifs ont imaginé comme parades a
échoué. La création du Conseil français du
culte musulman, véritable pétaudière instrumentalisée par des associations intégristes, reste le ratage le plus flagrant.
Fort de cette expérience, Emmanuel Macron serait bien inspiré de ne pas répéter les
erreurs du passé. Non seulement parce que
l’organisation d’un islam de France n’est
pas la vocation de l’État, laïque, faut-il le
rappeler. Mais aussi parce que pareille mission relève de l’impossible. Même en se refusant toute intervention à caractère théologique.
Le fiasco des formations universitaires destinées à familiariser les imams avec notre
droit et nos institutions montre qu’il est urgent d’ouvrir les yeux. D’abord, ces filières,
financées par l’argent public, accueillent
davantage de curieux, notamment des
fonctionnaires, que de religieux. Ensuite,
leurs enseignants ont parfois des discours
scandaleux, plus favorables au salafisme
qu’à la promotion de la laïcité. À Metz, par
exemple, un professeur agrégé a dénoncé,
l’année dernière, l’interdiction du voile à
l’école et prétendu qu’un « ressentiment anti-arabe » régnait dans notre pays.
Il fallait être bien naïf pour penser que les
prédicateurs les plus haineux deviendraient
du jour au lendemain, à la faveur de ces
cours, des défenseurs zélés
des règles de la
République. La
charia restera
toujours, pour
eux, la loi fondamentale,
comme elle l’est aujourd’hui pour un quart
des musulmans de France.
Face à l’islamisme, la seule solution reste la
stricte application de notre législation.
Contre le voile intégral sur la voie publique,
les prières de rue, les prêches séditieux, les
attitudes ambiguës… Ce n’est pas le cas. Au
lieu de s’égarer dans l’organisation d’un islam de France, notre pays devrait s’employer à faire respecter ses lois. ■
L’organisation
d’un islam
de France n’est
pas la vocation
de l’État
AND : 2,80 € - BEL : 2,60 € - CH : 4,00 FS - CAN : 5,40 $C - D : 3,20 € - A : 3,50 € - ESP : 2,90 € - Canaries : 3,00 € - GB : 2,50 £ - GR : 3,20 € - DOM : 3,00 € - ITA : 3,00 €
LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
w w w . d a n i e l f e a u . c o m
A
CHAMPS LIBRES
La réforme
présentée
aux syndicats PAGE 22
ROCHAGNEUX - STOCK.ADOBE.COM
CHÔMAGE
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
La formation des imams en
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
2
Si les diplômes « laïcité » se sont multipliés depuis les attentats de 2015, formant 400
CAROLINE BEYER £@BeyerCaroline
Nous allons
avancer […]
sur la
structuration
de l’islam de
France d’ici au
début de l’année
prochaine
DROIT, LAÏCITÉ, histoire religieuse, philosophie, sociologie… C’est
le programme des diplômes universitaires (DU), qui existent depuis 2008 pour permettre aux
imams de se familiariser avec le
contexte français, son cadre juridique, son régime républicain et laï-
que, son histoire. Le premier ayant
été ouvert à… la Catho de Paris. À
cette époque-là, les universités parisiennes, comme Paris-IV, déclinent l’offre, jugeant le mélange des
genres inapproprié dans l’université publique. Aujourd’hui, 22 DU
de ce type couvrent le territoire, de
Lyon à Nantes, en passant par Toulouse, Strasbourg ou Paris. Subventionnés en partie par le minis-
promotions de vingt à trente participants. Car au fil des années, le
concept de « formation des
imams » s’est dilué. Les diplômes,
dans un esprit désormais « interreligieux », accueillent des fonctionnaires appelés à gérer la question religieuse dans l’État laïque,
des cadres d’association cultuelle
venus chercher des réponses
concrètes, des étudiants attirés par
tère de l’Intérieur, qui a défini une
charte commune, ils se sont multipliés ici et là, après les attentats de
2015, sous l’impulsion des pouvoirs
publics. Quelque 400 personnes y
sont formées chaque année, explique-t-on à Beauvau, sans pouvoir
donner de chiffres précis concernant les imams. Selon les responsables de différents diplômes, ils seraient tout au plus cinq sur des
»
ÉDOUARD PHILIPPE,
PREMIER MINISTRE
PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
LORS DU SÉMINAIRE DE RENTRÉE
DU GOUVERNEMENT, LE 5 SEPTEMBRE
STÉPHANE BOUILLON,
PRÉFET DU RHÔNE
»
Rémi Brague : « Dans l’islam, c’est
Dieu qui dicte ce qu’il faut faire »
PROPOS RECUEILLIS PAR
PAUL SUGY £@pl_sugy
JACQUES DEMARTHON/AFP
PHILOSOPHE, Rémi Brague est
un spécialiste de l’histoire des religions. Il est notamment l’auteur
de Sur la religion (Flammarion,
2018).
Nous avons
discuté de
la gouvernance,
du financement
- par exemple
à travers des
levées de fonds,
une redevance
halal, une
participation sur
le pèlerinage et enfin de la
formation de nos
cadres religieux.
Maintenant,
on attend
les annonces
de Macron
»
A
ABDALLAH ZEKRI,
DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL
DU CONSEIL FRANÇAIS
DU CULTE MUSULMAN (CFCM)
APRÈS AVOIR PARTICIPÉ À DES « ASSISES
TERRITORIALES » DESTINÉES
À RÉFORMER L’ISLAM DE FRANCE
LE FIGARO. - Au terme de
tentatives laborieuses, il semble
que l’idée d’une formation
publique dispensée aux imams
soit infructueuse : comment
se fait-il que l’enseignement
de l’islamologie, même
en France, soit si difficile ?
Rémi BRAGUE. - Distinguons enseignement de l’islamologie et
enseignement de l’islam. Le premier relève de l’étude la plus objective possible de l’histoire et
des sources écrites de l’islam. Le
second est une sorte de catéchisme qui porte surtout sur ce que
l’on peut, voire doit, faire et ne
pas faire. L’ennui est que bien des
prédicateurs et propagandistes se
présentent comme « islamologues », alors qu’ils ne connaissent pas grand-chose des recherches actuelles sur les débuts de
l’islam, la composition du
Coran, etc. L’absence d’une distinction entre religion et politique n’est pas le fond du problème, qui est plus vaste. Il tient à la
nature révélée des règles de comportement : c’est Dieu qui dicte
ce qu’il faut faire pour Lui obéir
au niveau de l’individu (règles
alimentaires et vestimentaires),
de la famille (statut de la femme),
de l’économie (« banque islamique »), voire, à la limite, de
l’État. En face de la volonté de
Dieu, aucune loi humaine ne fait
le poids.
N’est-il pas sain, pourtant,
d’instaurer un contrôle plus
étroit de l’État sur la formation
intellectuelle des responsables
religieux musulmans ?
Au départ, l’intention avouée
était de limiter l’influence de certains agitateurs, parfois étrangers, voire ignorants de la langue
et des réalités sociales de la France. Et d’éviter que des imams recommandent des pratiques qui
vont à l’encontre des lois, et
même des mœurs françaises. Il y
a là un problème de police, comme quand on a expulsé cet imam
qui expliquait l’art et la manière
de battre sa femme à partir du
Coran (IV, 34). Contrôler ce qui
se passe dans la tête des candidats à l’imamat ? Contourner le
droit à dissimuler ses opinions en
cas de contrainte (Coran, III, 28
et XVI, 106) ? Je souhaite à l’État
bien du plaisir…
L’islam peut-il se fondre
dans le cadre légal français
de 1905, auquel les communautés
chrétienne et juive ont su
s’adapter ?
Cette adaptation s’est bien passée
pour les minorités juive et protestante. Elle n’a pas été sans
heurts pour l’Église catholique,
mais reste que la loi de 1905 a été
taillée sur mesure pour elle. On
peut aujourd’hui comprendre la
« séparation » comme une façon
parmi d’autres d’appliquer la
distinction du religieux et du politique, qui est traditionnelle dans
le christianisme. On ne faisait
que découper selon un pointillé
qui existait déjà. Ce qui a cessé,
c’est la coopération entre l’Église
et l’État. Mais les deux existaient
depuis toujours comme des réalités indépendantes, voire hostiles.
N’oublions pas que le christianisme a commencé dans la persécution par l’État romain. L’islam, lui, a commencé par la
constitution d’un État, certes ru-
dimentaire, mais avec une armée
et une fiscalité, et dont le fondateur se disait envoyé de Dieu.
Quant à l’islam en France, bien
malin qui peut prédire ce qui se
passera. Il y a des musulmans, ou
ceux que nous appelons ainsi à
cause de leurs origines, même
s’ils ont avec l’islam un rapport
nuancé, qui acceptent sincèrement la loi de la République.
Nous avons du mal à comprendre
les autres, qui la relativisent par
rapport à telle ou telle forme de la
charia. Ce qui fait obstacle, c’est
le mot « religion » que nous employons sans réfléchir. Nous réduisons l’islam à ce que nous appelons « religion » : prière,
pèlerinage, etc. Nous oublions
que, derrière toutes ses variétés, l’islam est aussi
un système juridique
qui se présente comme d’origine divine
et où tout, en
conséquence, n’est
pas négociable. ■
RANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
La formation
« Religion,
Liberté religieuse
et laïcité »
coproposée par
l’université Lyon 3
et l’Université
catholique
permet d’avoir
des gens de bon
niveau plutôt
que des imams
autoproclamés
L’Institut européen
des sciences humaines,
près de ChâteauChinon, a formé
200 imams depuis
son ouverture en 1992
par l’ex-UOIF, proche
des Frères musulmans.
À l’université
de droit de la
CAROLINE BEYER £@BeyerCaroline
«estL’islam
aussi
un système
juridique
qui se présente
comme
d’origine divine
et où tout,
en conséquence,
n’est pas
négociable
RÉMI BRAGUE
»
L’ISLAMOPHOBIE ? « Une nouvelle
légitimité pour le racisme et le ressentiment anti-arabe. » Les femmes voilées ? « Le fantasme d’une
soumission. » Ces phrases ne sont
pas extraites d’une tribune mais
du plan de cours d’un professeur
de l’université de Lorraine. L’intéressé y enseigne le droit de la laïcité, au sein du diplôme de formation civique des imams, ouvert il y
a tout juste un an. À un mois de la
rentrée annoncée sur le site Internet, l’avenir de ce « diplôme universitaire » reste incertain. « Il va
ouvrir en novembre, avec une nouvelle équipe pédagogique toujours
en cours de constitution, assurent
les deux responsables de la formation, qui n’ont pas souhaité répondre à nos questions de vive voix.
La plupart des intervenants en droit
de l’an dernier ne participeront pas
à la prochaine mouture », ajoutentils sans entrer dans les détails.
« Il y a eu un dysfonctionnement
dans l’enseignement de droit de la
laïcité. Un professeur a transformé
ses heures en un cours contre ce
qu’il estime être l’“islamophobie
d’État” », indique-t-on au ministère de l’Intérieur, chargé des
cultes. Le diplôme universitaire
(DU) « religions, laïcité et inclusion sociale » de l’université de
Lorraine devrait se passer des services du professeur concerné, explique l’un de ses collègues. Sur sa
plaquette, la formation affiche
l’étude des « principes juridiques et
historiques de la République » et du
« fait religieux monothéiste » dans
la société française.
En fait de dysfonctionnements,
c’est un enseignement à l’extrême
opposé des objectifs annoncés qui
a été dispensé pendant l’année
écoulée auprès des 24 participants,
âgés de 30 à 45 ans. Parmi eux,
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LE FIGARO
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
3
France, une ambition échouée
personnes par an, peu de participants sont des imams. Tout au plus 5 sur des promotions de 20 à 30.
de maîtriser le français. En réalité,
ces DU peinent à attirer les imams,
à commencer par ceux qui sont les
plus éloignés des valeurs républicaines. Et passent tout simplement
à côté de leurs ambitions. Les universités, elles, n’ont pas toutes la
même approche. À Paris-I, le diplôme « connaissance de la laïcité », ouvert en 2015, accueille, en
partenariat avec la Grande Mos-
quée, une quinzaine d’imams détachés d’Algérie. À Strasbourg, on
explique que le but originel du DU,
« avant que l’État ne s’en mêle »,
était non pas de former des imams,
mais des « cadres associatifs cultuels ou des cadres institutionnels ».
« L’ambition est de transmettre des
“
L’ambition
est de transmettre
des connaissances,
pas de formater
des gens
”
CÉLINE PAUTHIER, RESPONSABLE DU
DIPLÔME UNIVERSITAIRE DE STRASBOURG
connaissances, pas de formater des
gens à un langage, un catéchisme »,
résume sa responsable, Céline Pauthier. À Rennes, le DU « religions,
droit et vie sociale » a diplômé Rachid Abou Houdeyfa, imam de
Brest et figure controversée du salafisme, qui avait créé la polémique
en 2015. De quoi se racheter une
vertu et prétendre pouvoir devenir
un « référent laïcité ».
Du côté des musulmans, on accepte difficilement cette formation
civique et civile décrochée de la
formation théologique. « Il faut une
de Lorraine, le professeur
laïcité dérape
deux tiers d’imams ou apprentis
imams, deux aumôniers catholiques et des fonctionnaires de la
protection judiciaire de la jeunesse
(PJJ) ou de l’Intérieur.
Dans son plan de cours de droit à
la laïcité, que Le Figaro s’est procuré, le professeur, après avoir
posé le cadre de la loi de 1905 de
séparation de l’Église et de l’État,
évoque « la création de nouvelles
exigences de neutralité frappant le
citoyen, non prévues dans [cette
loi] ». Il remet alors clairement en
question la loi de 2004 sur l’interdiction du voile dans les établissements scolaires. « S’il s’agissait
vraiment de sortir les filles voilées
de leur soumission, la puissance publique devrait protéger d’autres catégories de la population féminine à
l’égard de soumissions aux effets
infiniment plus graves », écrit-il,
avant de citer « l’idéal de minceur »
ou les « chaussures à talons
aiguilles, affectant l’ossature du
corps ». Pour lui, « l’exclusion du
foulard islamique de l’école publique » est la « pièce maîtresse d’une
prophétie autoréalisatrice » et
« l’opprobre officiel jeté sur [ces]
filles » est une « incitation à des
discriminations afférentes ».
Militantisme ouvert
Une islamophobie d’État, donc,
reposant selon lui sur une laïcité
détournée de son objet initial, qui
soumet et humilie les musulmans,
et plus largement les « racisés ». Et
de conclure à une nécessaire « affirmation religieuse, et notamment
musulmane, comme démarche
d’émancipation ». « La politique et
la société françaises suscitent divers
mouvements de réappropriation des
références et des symboles stigmatisés, pas seulement chez les
musulmans, mais aussi chez les
populations “racisées” », explique
l’agrégé de droit. Liberté académique ? L’esprit critique de l’univer-
sitaire a visiblement cédé la place
au militantisme ouvert.
Si l’affaire a provoqué peu de
remous en interne, elle a scandalisé à l’extérieur. « Cet enseignement de droit incite clairement les
participants à s’insurger contre la
loi de 2004. On leur explique qu’il
existe en France une islamophobie
institutionnelle. Ces affirmations
sont énormes ! » lance la sénatrice
(PRG) Françoise Laborde. Alertée
en février, c’est en tant que présidente de l’association Égale (Égalité Laïcité Europe) qu’elle a
contacté, dans la foulée, le ministère de l’Intérieur, qui subventionne en partie ce type de diplôme, ainsi que le ministère de
l’Enseignement supérieur, qui
reconnaît les DU. Après des
échanges avec le préfet de Moselle, le bureau des cultes lui affirme
fin juin que l’équipe enseignante
serait « réorganisée en profondeur » et certains enseignements,
« recentrés ».
Cette formation fait partie des
vingt-deux diplômes universitaires ouverts depuis 2008 en France,
et que Manuels Valls, alors premier ministre, annonçait en 2015
vouloir déployer, deux mois après
les attentats contre Charlie Hebdo.
Objectif affiché : former des
imams et aumôniers « francophones, qui apprennent le français, qui
aiment la France et qui adhèrent à
ses valeurs ». Communément appelés - et sans doute à tort - « diplômes de formation des imams »,
ces cursus accueillent des représentants des cultes, mais aussi des
cadres associatifs cultuels, des
fonctionnaires et, de manière générale toute personne s’intéressant à la place des religions dans
l’État laïque. « Il faut s’intéresser
de plus près à ces diplômes, conclut
Françoise Laborde. Certains imams
y viennent simplement pour “pointer” et s’acheter une légitimité. » ■
formation religieuse reconnue en
France. Ni plus ni moins que le séminaire et les instituts rabbiniques »,
martèle Nathalie Goulet. La sénatrice (UDI) de l’Orne veut croire à
une fusion des instituts qui, sur le
territoire français, forment à
l’imamat. « Ils pourraient proposer
un corpus commun, globalement
malékite, avec des options. Ils seraient labellisés, sous l’égide du
Conseil français du culte musulman
(CFCM) », développe la sénatrice.
Bernard Godard est moins optimiste sur une telle fusion des instituts de théologie. Chargé de mission, puis consultant au bureau des
cultes, entre 2002 et 2014, c’est lui
qui a imaginé ces diplômes universitaires quand, en 2003, sous le
gouvernement Raffarin, il planchait sur l’idée de donner à ces représentants du culte une formation
« civique et civile » commune. Un
casse-tête qui agite toujours le
monde politique, universitaire et
religieux. Pour lui, les instituts de
théologie restent largement téléguidés par l’étranger : « Les Algériens pour la Grande Mosquée de
Paris, les Frères musulmans pour
l’institut de Château-Chinon et son
annexe à Saint-Denis, un projet marocain à Évry, un autre, turc, à
Strasbourg… Ils reproduisent un enseignement tel qu’il est prodigué
dans les pays musulmans. » Et qui
ne s’inscrit pas toujours dans le
contexte français.
Pour Bernard Godard, il faudrait,
à terme, que l’université française
et l’islamologie puissent intervenir
dans ces formations religieuses.
« Mais en Égypte, les futurs imams
ne vont pas suivre des cours d’histoire ou de droit à l’université du
Caire », explique-t-il.
Aujourd’hui, la France compte
quelque 2 500 lieux de culte musulman. Qui sont les imams? Des
naturalisés, des personnes issues
de l’immigration, des Français
convertis, auxquels s’ajoutent 300
imams étrangers « détachés », envoyés et financés par l’Algérie, le
Maroc et la Turquie. Leur formation théologique? Ils l’ont reçue
dans des pays du Maghreb, en
Égypte, au Yémen, mais aussi en
France, à l’Institut Al Ghazali de la
Grande Mosquée de Paris ou encore
à Château-Chinon, où l’ex-UOIF
(Union des organisations islamiques de France), proche des Frères
musulmans, a ouvert en 1992 un
institut qui a formé 200 imams. Un
univers peu homogène, donc, à
l’image de « l’islam de France ». ■
Il faut une
« formation
religieuse
reconnue
en France.
Ni plus,
ni moins
que le
séminaire
et les
instituts
rabbiniques
NATHALIE GOULET
SÉNATRICE (UDI)
DE L’ORNE
»
CÉLÉBREZ
50 ANS DE PRÉSENCE
IMPRESSIONNANTE
À PARIS
MERCI POUR VOTRE CONFIANCE
M E M B R E D E S TA R A L L I A N C E
A
le sujet, des aumôniers, des représentants des cultes… Sur les mêmes
bancs, peuvent se côtoyer le trésorier d’une mosquée, un policier
municipal, un enseignant, un prêtre orthodoxe, une directrice
d’école juive, un imam…
Un mélange a priori séduisant,
mais qui ne prend pas vraiment.
D’autant que ces formations, souvent pointues en droit, nécessitent
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
Vers un registre des associations
contre l’opacité financière
Les greffiers de commerce proposent d’élargir leurs compétences au secteur associatif
pour enrayer notamment les flux financiers illicites.
La mosquée de la Fraternité,
à Aubervilliers. La question
du financement et du soutien
du culte musulman
n’est toujours pas résolue.
VINCENT BOISOT/LE FIGARO
PAULE GONZALÈS pgonzales@lefigaro.fr
RENDRE transparent le monde opaque
des associations, efficacement protégé
par la loi de 1901, et lutter ainsi contre le
financement de l’islam radical. Le Conseil
national des greffiers des tribunaux de
commerce, tenu à un devoir d’alerte en
matière de corruption et de blanchiment
d’argent, défendra lors de son prochain
congrès le 11 octobre, cette proposition
qu’il peaufine depuis la dernière présidentielle. « Forts de notre registre du
commerce et des sociétés, nous proposons
de l’élargir au secteur associatif en plein
essor actuellement », affirme sa présidente Sophie Jonval.
« Il serait normal que les associations qui
interviennent dans des secteurs d’activité
concurrentiels, sont employeurs d’un salarié privé sur dix et dont un grand nombre
d’entre elles sont assujetties à l’impôt sur les
sociétés figurent dans un registre national.
Cela existe dans la plupart des États membres de l’Union. Or, en France, nous
n’avons aucune visibilité sur cet acteur économique important qui dépose rarement ses
comptes. Nous avons pourtant tous les
outils techniques et informatiques pour le
faire, puisque nous procédons à 80 000 mises à jour quotidiennes. Mais nous savons
aussi fermer nos fichiers au grand public
pour ne les rendre accessibles qu’aux acteurs régaliens. Des tarifications adaptées à
leur taille pourraient être mises en place.
Elles seraient surtout dans l’obligation de
publier leurs comptes tous les ans », souligne-t-elle. Tout cela « constituerait un
dispositif supplémentaire dans la lutte
contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, sans stigmatiser
un acteur plutôt qu’un autre puisque toutes
les associations seraient concernées ».
Pouvoirs publics aveugles
Au fil de leurs travaux, les agences anticorruption, de lutte contre le blanchiment d’argent et de renseignement au
sens large, alertent aussi sur le rôle des
associations dans la propagation de l’islam radical ou de son financement. En
France, Tracfin mais aussi le renseignement pénitentiaire ont plusieurs fois
« judiciarisé » des cas d’associations
subventionnant des combattants en Syrie
ou organisant des mariages entre détenus
terroristes, et intervenant en prison sous
couvert de mandats associatifs. En cause
donc, des associations humanitaires,
culturelles, loi 1901 et cultuelles, loi 1905,
qui échappent au contrôle de l’État puisqu’elles ne font l’objet que d’une déclaration en préfecture et au Journal officiel
sans qu’il n’existe de fichier centralisé et
informatisé régulièrement mis à jour,
permettant une identification de ses dirigeants et une traçabilité des fonds qui
transitent par ces dernières, notamment
en ce qui concerne le financement étranger des lieux cultuels. Une opacité qui
rend aveugle les pouvoirs publics autant
sur l’objet exact de ces associations que
sur l’importance ou non de la menace
qu’elles peuvent représenter.
En avril dernier, sous l’égide de l’Élysée, les États membres du Groupe d’action financière (Gafi) - un organisme intergouvernemental de 35 pays existant
depuis 1989 - et de la coalition internationale contre Daech, en clôture de leur
conférence « No money no terror » se
fixaient une priorité : garantir « de manière urgente la mise en œuvre effective de
normes […] relatives aux organisations à
but non lucratif, pour atténuer les risques
de détournement à des fins de financement
du terrorisme, par des mesures ciblées et
fondées sur les risques, en veillant à ne pas
entraver ou dissuader les activités de la
société civile ». ■
Culte musulman :
la difficile transparence
AUJOURD’HUI, la surveillance des
flux financiers liés à l’islam n’est envisagée qu’au sein de l’Association
pour le financement et le soutien du
culte musulman, lancée début juillet.
Une proposition relayée par le rapport sur l’islam de l’Institut Montaigne. Et surtout par la sénatrice UDI
Nathalie Goulet. Sans exclure « l’idée
d’un registre national des associations », elle défend surtout une autogestion des musulmans pour la collecte et la redistribution des fonds,
qu’il s’agisse du produit de l’éventuelle taxe halal ou des dons et legs de
particuliers.
Mais les spécialistes des organisations musulmanes sont très réservés
quant à la capacité des grandes fédérations à s’imposer auprès des très
nombreux acteurs du culte musulman
et de faire œuvre spontanée de transparence. « Les structures fédératives
ne contrôlent rien car, historiquement,
il n’y a pas d’autorité hiérarchique et
les associations culturelles et cultuelles
se sont toujours constituées par le bas.
Il y a toujours eu de la méfiance mutuelle entre les parties, souligne Bernard Godard, chercheur associé au
Centre d’études en sciences sociales
des religions. De plus, il y a toujours eu
beaucoup d’argent en jeu. Chaque
mosquée est une petite entreprise en
soi. Lors du ramadan, de gros dons en
liquide y circulent, propices au blanchiment. Chaque pèlerinage à La Mecque
peut engendrer la création de sociétés
éphémères hors du marché des agences
accréditées. C’est pour cela d’ailleurs
que ces voyages sont jusqu’à 2 000
euros plus chers qu’ailleurs. Enfin,
l’opacité varie en fonction des origines
ethniques et de la condition sociale plus
ou moins modeste des dirigeants d’association qui ont parfois du mal avec les
modes de fonctionnement de l’administration », prévient-il. ■
P. G.
L’islam de France peine à se réorganiser
A
RENTRÉE CHARGÉE pour l’islam de
France. Son organisation est en pleine
recomposition. Ce dernier trimestre
2018 devrait voir surgir de nouvelles
initiatives, tant des associations musulmanes que des pouvoirs publics. Pour
les responsables du gouvernement,
comme des communautés, l’idée phare,
depuis le choc de la période des attentats, est de tendre vers un islam de
France, spécifique, plus unifié, moins
dépendant des pays d’origine, se voulant imperméable au radicalisme islamiste contre lequel il veut s’organiser. Il
veut aussi mieux se structurer, sur le
plan financier, par un système de redevance interne fondé sur le commerce de
la viande halal et du pèlerinage à
La Mecque.
Ces trois objectifs, politique, théologique et financier, nourrissent un large
consensus mais connaissent divisions et
concurrences sur les moyens d’y parvenir. Et pour l’heure, trois forces ou courants parallèles y travaillent dans une
sorte de course de vitesse : le gouvernement, le Conseil français du culte musulman et des personnalités de la société
civile. Le mois qui vient de s’écouler en
a donné une spectaculaire illustration.
L’Institut Montaigne a ainsi présenté
à la fin du mois d’août une étude sur les
courants radicaux de l’islam, rédigée
sous la responsabilité d’Hakim El Karoui, consultant connu, qui a fait grand
bruit. Ce document ne comportait pas
JULIO PELAEZ/PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN
JEAN-MARIE GUÉNOIS £@jmguenois
L’islam de France veut mieux se structurer, sur le plan financier, notamment
par un système de redevance interne fondé sur le commerce de la viande halal.
de propositions concrètes pour l’organisation de l’islam de France, mais ce
spécialiste, dont certains disent qu’il a
l’oreille du président de la République
sur ce dossier, s’est déjà distingué à
plusieurs reprises par sa volonté de
réunir des personnalités musulmanes
de la société civile, non religieuses,
cadres notamment, pour repenser
l’organisation et la représentation de
l’islam de France.
Son initiative a été fortement critiquée, vendredi 21 septembre, au Sénat,
qui abritait, à l’invitation de Nathalie
Goulet, sénatrice de l’Orne, et André
Reichardt, sénateur du Bas-Rhin, un
colloque du Conseil français du culte
musulman (CFCM), où étaient présentés ses projets de réformes pour l’organisation de ce culte dans l’Hexagone.
Dans son discours d’introduction, l’actuel président du CFCM, Ahmet Ogras, a
ainsi recadré les choses : « Les personnes qui interviennent le plus sur ce sujet
souffrent […] d’une absence de légitimité.
Nous pouvons entendre par ci et par là
toujours les mêmes, ceux qui ne connaissent en vérité rien à la réalité du terrain,
ceux qui savent bien parler mais qui ne
savent pas dialoguer. » Avec cette re-
marque cinglante : « Faut-il aussi rappeler au passage qu’il ne suffit pas
d’avoir des origines musulmanes pour
disposer de la légitimité de parler au nom
des musulmans ? »
Il s’adressait à l’évidence à El Karoui,
qui semble en partie rejeté par la communauté des fidèles, du moins telle
qu’elle est représentée par le CFCM, une
instance officielle, mais aussi au gouvernement, dont beaucoup de musulmans pensent qu’il en fait un peu trop.
20 % de femmes
Ainsi ces flèches lancées par le même
Ahmet Ogras : « On veut gérer les affaires des musulmans à leur place. Les musulmans n’en font pas la demande » car
« ils sont suffisamment adultes, matures,
républicains, démocrates et des citoyens
à part entière pour pouvoir organiser leur
propre avenir et ce, en conformité avec le
cadre qui les entoure. »
Le gouvernement vient en effet de
clore, le 15 septembre, une large
consultation régionale menée par les
préfectures auprès des communautés
musulmanes dont on devrait connaître
les résultats sous peu. Mais, vendredi,
dans une des salles du Sénat, le CFCM a
annoncé les grandes lignes de sa propre
réforme : lancement d’une association
nationale chargée de gérer les finances
de ce culte, révision des statuts pour
admettre 20 % de femmes, des jeunes et
des « convertis » à tous les niveaux de
ses instances, et lancement d’un conseil
national de référence théologique pour
répondre aux radicaux. ■
La
communauté
musulmane de
France ne saurait
raisonnablement
porter le fardeau
de l’islamisme
et faire l’objet
d’un traitement
différent des
autres cultes
»
DALIL BOUBAKEUR, RECTEUR DE
LA GRANDE MOSQUÉE DE PARIS
AU SUJET DU RAPPORT
DE L’INSTITUT MONTAIGNE
LA FONDATION
POUR L’ISLAM
DE FRANCE,
UNE « COQUILLE
VIDE » ?
La Fondation pour l’islam
de France ? « Elle fonctionne,
assure Jean-Pierre
Chevènement, son président.
Elle attribue notamment des
bourses pour promouvoir la
formation profane des imams,
des aumôniers, des cadres
associatifs et des étudiants en
théologie. » La nomination
à la tête de l’instance d’un non
musulman avait fait grincer
des dents. Beaucoup la
décrivent aujourd’hui comme
une « coquille vide ». Créée en
décembre 2016, elle a succédé
à la Fondation pour les œuvres
de l’islam de France (FOIF), mise
en place en 2005 et tombée en
déshérence. Objectif affiché sur
son site Internet : « Être un pont
entre l’Islam et la République […]
et faire enfin que nos
cinq millions de compatriotes
de religion et de culture
musulmane se sentent
pleinement citoyens. »
N’entrent pas dans ses
attributions les questions
cultuelles, le financement
et la fameuse redevance hallal,
qui tarde à venir.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
POLITIQUE
5
THOMAS SAMSON/AFP
Macron fait un geste
envers les harkis
D’anciens combattants d’Algérie vont recevoir la Légion d’honneur.
JEAN CHICHIZOLA
MÉMOIRE « Est-ce qu’on est allé au
bout de la reconnaissance des harkis,
au bout de leurs intérêts ? », avait lancé un Emmanuel Macron visiblement
soucieux des enjeux de mémoire de la
guerre d’Algérie, à la veille du second
tour de l’élection présidentielle. Et
d’ajouter : « Si je suis élu, je prendrai
mes responsabilités mémorielles pour
que chacune des parties ayant vécu la
guerre soit rétablie dans sa dignité. »
Quelques jours après la reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans la mort de Maurice Audin,
place donc aux harkis, « supplétifs »
ayant combattu sous le drapeau tricolore et qui furent ensuite abandonnés
par la France et massacrés par le FLN.
Par décret du 20 septembre paru au
Journal officiel vendredi, six anciens
combattants harkis et la cofondatrice
d’une association deviennent chevaliers de la Légion d’honneur. Quatre
personnes sont en outre élevées au
grade d’officier de l’ordre national du
Mérite et quinze autres au grade de
chevalier du même ordre, majoritairement représentantes d’associations
ou de fédérations. Onze vont recevoir
la médaille militaire.
cent une proposition « ridicule ».
Dans son rapport « Aux harkis, la patrie reconnaissante » remis le 17 juillet
à la secrétaire d’État, et recensant
56 propositions de mesures, le préfet
Dominique Ceaux admettait que l’État
ne satisfera pas « toutes les demandes,
toutes les attentes […]. Il y faudrait
beaucoup d’argent, que la France n’a
pas forcément. Ou n’a plus ».
Second domaine, dont au ministère
des Armées on souligne le caractère
« primordial » pour beaucoup de
harkis : la reconnaissance définitive
de la responsabilité de l’État français
dans ce drame. Le rapport Ceaux évo-
Emmanuel Macron et la fille de Maurice Audin, Michèle, le 13 septembre à Bagnolet.
quait la tragédie « de ces hommes, de
ces femmes, de ces enfants, pour une
partie délaissés sur leur terre natale,
désarmés, en proie aux exactions et
aux massacres, pour une autre partie
rapatriés en métropole, déracinés, exilés, ensuite relégués dans des camps,
des hameaux de forestage, des cités
urbaines ». Une résolution parlementaire acterait ainsi officiellement la
reconnaissance de la nation après les
déclarations publiques en ce sens de
Nicolas Sarkozy en 2012 et de François Hollande en 2016.
Troisième et dernier champ de mesures, le plus fertile peut-être : celui
de la mémoire, qui, à mesure que les
acteurs disparaissent, se dilue. L’accent sera mis sur la collecte de témoignages, d’archives afin de faire vivre
le souvenir des harkis. Des interventions en milieu scolaire seront également organisées, ce qui annonce
peut-être, dans certaines communes,
des rencontres douloureuses entre
mémoires algériennes et post-algériennes… Pour Alger, les harkis restent en effet des traîtres dont il ne
veut pas entendre parler. ■
Algérie : une carte
du combattant
pour les soldats
de « 62-64 »
À la fin de la guerre,
de 55 000 à 75 000 harkis,
selon les historiens,
ont été abandonnés
par la France et victimes
de représailles sanglantes
La guerre d’Algérie est encore loin
d’être soldée. Outre les harkis,
Geneviève Darrieussecq s’est
également attaquée, dans la droite
ligne des promesses d’Emmanuel
Macron, à un autre « vieux » dossier,
celui du traitement des militaires
français présents en Algérie
après la fin de la guerre.
À la suite des accords d’Évian,
environ cinquante mille appelés
du contingent ont été déployés sur
le territoire algérien nouvellement
indépendant entre juillet 1962
et juillet 1964. Au cours de cette
période, un certain nombre d’entre
eux ont été tués, blessés ou portés
disparus. À leur retour en France,
les autres se sont vu refuser,
la guerre étant officiellement finie
depuis 1962, la carte du combattant
et les avantages qui s’y attachent.
Les pensions et pensions
de réversion des veuves étaient
aussi différentes selon que l’on
parlait d’avant ou d’après 1962.
Et ce alors que des soldats peuvent
aujourd’hui recevoir la carte
du combattant s’ils sont déployés
hors du territoire national, dès lors
que la France agit dans le cadre
de ses obligations internationales.
Après une concertation menée
par la secrétaire d’État avec les
associations d’anciens combattants,
la carte du combattant sera
finalement attribuée à ces soldats
de « 62-64 » dans le cadre du projet
de loi de finances pour 2019.
Par ailleurs, l’inégalité dans le calcul
des pensions a pris fin dans la loi
de finances 2018. Un demi-siècle
après les accords d’Évian.
J. C.
Mardi, Geneviève Darrieussecq,
secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, présidera une cérémonie organisée aux Invalides à
l’occasion de la Journée nationale
d’hommage aux harkis. Une cérémonie qui sera surtout l’occasion,
pour Geneviève Darrieussecq, de détailler les nouveaux gestes faits en
direction d’une communauté traumatisée par l’histoire.
À la fin de la guerre, de 55 000 à
75 000 harkis, selon les historiens, ont
été abandonnés par la France et victimes de représailles sanglantes. De
60 000 à 90 000 ont été rapatriés et accueillis dans de très mauvaises conditions. Il a fallu attendre 1974 pour qu’ils
bénéficient du statut d’ancien combattant puis les années 1980 à 2000 pour
que certains reçoivent des réparations
(de 55 000 à 75 000 euros selon une
source administrative) et que des mesures d’accompagnement soient mises
en place pour la seconde génération
souvent laissée à elle-même.
Les mesures annoncées mardi seront de plusieurs ordres. Premier domaine, le plus polémique, l’aide financière. 40 millions d’euros seront
débloqués en quatre ans. Une partie
de cette somme permettra la revalorisation des pensions d’anciens combattants. Mais la majorité sera consacrée à un plan de solidarité pour les
enfants de harkis les plus en difficulté.
Avec un dispositif de suivi mis en place au niveau local. Des représentants
des harkis évoquent, eux, des réparations de l’ordre du milliard et dénon-
Bénédicte Chéron : « L’armée est mal comprise »
ALAIN BARLUET £@abarluet
BÉNÉDICTE CHÉRON, vendredi, dans
le studio du Figaro. F. BOUCHON/LE FIGARO
DÉFENSE En France, « les militaires se
sentent aimés mais pas compris », estime
l’historienne, invitée vendredi du « Talk
stratégique-Le Figaro », que l’on peut
retrouver en intégralité sur www.
lefigaro.fr. La spécialiste des relations
entre l’armée et la nation pointe dans Le
Soldat méconnu, qui vient de paraître
chez Armand Colin, le décalage entre
l’excellente opinion qu’ont les Français
de leurs armées et la médiocre connais-
sance dans l’opinion des réalités militaires. « Pour des raisons compliquées qui
tiennent à l’histoire, les relations entre les
Français et leurs armées ont été empreintes tout au long du XXe siècle de malentendus, de défiance, parfois d’hostilité »,
estime Bénédicte Chéron. Derrière les
résultats des enquêtes qui montrent que
huit à neuf Français sur dix ont une très
bonne image de leur armée, la relation
est d’une grande complexité, explique
l’historienne. « Les militaires ne sont pas
complètement dupes de ces sondages »,
relève-t-elle. « Ils ne sont qu’une petite
minorité à estimer être connus et reconnus
dans la société française », selon elle.
Cette méconnaissance tient notamment
au fait que le « cœur de métier » militaire,
la fonction combattante, a été relégué au
second plan. Cela a particulièrement été
le cas depuis la professionnalisation des
armées, en 1996.
Toutefois, « avec la forte médiatisation
de la fin de l’intervention en Afghanistan,
entre 2008 et 2012, et l’opération Serval
au Mali, en 2013, on a eu un retour de la
perception des militaires dans leur fonction première, la fonction combattante »,
dit Bénédicte Chéron. La tragique embuscade d’Uzbin, en Afghanistan
(10 soldats français tués, le 18 août 2008)
a été à cet égard un « moment révélateur », ajoute-t-elle. Mais le « rôle social » des militaires (une notion jadis décrite par le Maréchal Lyautey) et leur
« singularité » dans la nation sont toujours l’objet d’un « brouillage » aux yeux
de l’opinion. Pour Bénédicte Chéron, le
service national universel (SNU), « à coloration militaire mais sans finalité militaire », est illustratif de ce « malentendu » persistant ■
A
L’historienne pointe l’écart entre la bonne image des armées et la méconnaissance des réalités militaires.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
6
POLITIQUE
Municipales : LaREM fixe ses règles
Avant même les européennes, le mouvement présidentiel met le cap sur les élections locales, capitales
pour l’avenir d’Emmanuel Macron. À Paris comme en région, la stratégie et le calendrier se précisent.
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
ÉLECTIONS Le mouvement d’Emmanuel
Macron ne pourra pas compter sur ses
maires sortants pour l’élection de 2020.
Et pour cause : La République en marche
(LaREM) n’existait pas encore au moment des dernières élections municipales, en 2014. Faute d’ancrage local solide et de cadres assez expérimentés pour
gérer une ville, le parti présidentiel n’a
d’autres choix que de nouer des alliances
avec des maires sortants jugés « Macroncompatibles ».
À vingt mois du scrutin, les règles du
jeu se précisent. Jeudi soir, la direction de
LaREM a diffusé aux élus et référents locaux une « circulaire » qui détermine les
critères selon lesquels un candidat pourra « obtenir un soutien de La République en
marche ». « Tout rassemblement sera fondé sur des accords programmatiques et
politiques exigeants », est-il précisé. Ainsi, selon ce document interne que Le Figaro s’est procuré, trois critères sont
clairement définis. Un maire sortant issu
par exemple des Républicains ou du Parti
socialiste devra présenter, pour espérer
pour la capitale, qui concentre toutes les
ambitions des poids lourds de la macronie
comme les secrétaires d’État Benjamin
Griveaux ou Mounir Mahjoubi.
Chaque jour ou presque, les candidats à
la candidature pour la Mairie de Paris
avancent leurs pions dans les médias, si
bien que les militants réclament de plus
en plus un droit de regard sur le profil qui
sera finalement sélectionné. « Certains se
questionnent sur l’opportunité d’une primaire, mais les anciens du PS savent que
cela peut tuer un parti », explique Justine
Henry, référente du XVIIIe arrondissement de Paris. Les prétendants veulent
eux à tout prix éviter ce mode de désignation. « Une candidature s’imposera naturellement », rassure le député de Paris
Sylvain Maillard. « L’émulation, si elle est
bien organisée, peut être porteuse de débats », veut croire le sénateur Julien Bargeton, qui rêve d’être candidat.
En privé, plusieurs macronistes font
état de « crispations » entre les différents candidats. « En réunion, quand
Griveaux prend la parole, Mahjoubi ren-
siens lancent une opération de consultation baptisée « Paris et moi » et vont créer
une webradio avec l’objectif de recueillir
10 000 témoignages d’habitants, dès le
mois d’octobre. « La première étape est la
création d’un collectif autour du projet »,
insiste Pacôme Rupin, député de Paris et
coreprésentant du comité politique dédié
à la campagne. Dans le même temps,
chaque candidat va tout faire pour se
mettre en capacité de l’emporter. Et à la
fin, c’est Emmanuel Macron qui donnera
son avis. ■
chérit automatiquement, et vice versa »,
constate un cadre. « Il ne faut pas que ça
devienne la foire d’empoigne », met en
garde un député.
Vendredi matin, les deux favoris ont
donc mis en scène leur unité, s’affichant
côte à côte lors de la conférence de presse
de précampagne, dans un café de la place
de la République, circonscription de…
Benjamin Griveaux. En attendant la désignation du candidat et la composition de
chaque liste d’arrondissement - pas
avant début 2019 -, les macronistes pari-
Macron reçoit
des parlementaires
“
Les maires PS ou LR
ne seront pas investis
s’ils ne quittent pas
leur parti d’origine
”
nouer une alliance avec LaREM, « une
souscription formelle aux valeurs inscrites
dans la charte du progressisme municipal » et une « mise à distance avec tout
mouvement ou parti déclaré d’opposition à
la majorité ». « Cela signifie que les maires
PS ou LR ne seront pas investis s’ils ne
quittent pas leur parti d’origine », précise
Pierre Person, député LaREM de Paris, en
charge de la préparation des élections
pour le mouvement.
Une adhésion au mouvement n’est
toutefois pas requise. « Notre objectif est
de poursuivre la recomposition politique, les
élections municipales seront le dernier acte
avec la nécessité d’une cohérence idéologique », poursuit le macroniste. L’autre critère concerne les élections européennes :
« Tout candidat qui aura soutenu une liste
concurrente ne pourra obtenir l’appui de La
République en marche lors des élections
municipales », indique le document interne. Au niveau local, les cadres et élus
auront voix au chapitre dans le processus
de désignation : au QG parisien, un outil
numérique a été créé pour qu’ils fassent
remonter une analyse de chaque commune. Pour celles de plus de 9 000 habitants
- soit environ 1 100 villes en France -, la
commission nationale d’investiture sera
habilitée à désigner le candidat.
Ce processus concerne notamment
Lyon, où le ministre de l’Intérieur, Gérard
Collomb, a dit qu’il serait candidat pour
un quatrième mandat. Mais il vaut surtout
LUC NOBOUT/IP3 PRESS/MAXPPP
PIERRE PERSON, DÉPUTÉ LAREM DE PARIS
À Paris, une élue macroniste « pense » à être candidate
Si le
« candidat
devait être
un homme,
il faudrait
réfléchir
à investir plus
de femmes
comme têtes
de liste dans
les arrondissements
»
ANNE LEBRETON,
ADJOINTE AU MAIRE DU
IVE ARRONDISSEMENT
MATHILDE SIRAUD£@Mathilde_Sd
LES MINISTRES Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi, le vice-président de l’Assemblée nationale Hugues Renson, le
sénateur Julien Bargeton et
bientôt peut-être l’ancien référent Philippe Zaouati… À Paris,
la campagne pour devenir tête
de liste La République en marche (LaREM) prend des airs de
compétitions viriles. « D’autant
que le climat se crispe et que chacun, notamment Griveaux et
Mahjoubi, compte ses troupes… »,
souffle un élu macroniste. Après
les occasions manquées au Per-
choir et à la présidence du groupe LaREM, des cadres et élues
réfléchissent à l’opportunité de
pousser une candidature féminine. « Ça manque de femmes,
j’encourage les femmes à se présenter car l’égalité homme-femme est un marqueur important
pour nos militants », note Anne
Lebreton, adjointe au maire du
IVe arrondissement.
« Un autre regard »
La macroniste, qui se revendique
aussi « féministe », « pense »
d’ailleurs elle-même à se présenter, même si elle veille à ce que le
« collectif » prime. « Si le candidat
devait être un homme, il faudrait
réfléchir à investir davantage de
femmes comme têtes de liste dans
les arrondissements », plaide
l’élue, qui avait œuvré à la création de l’UDI avant de rejoindre
Emmanuel Macron.
Née d’une mère américaine,
Anne Lebreton défend « l’ouverture de Paris sur le monde » mais
aussi le renforcement des liens
entre la capitale et les régions.
« Une femme candidate permettrait d’avoir un autre regard sur la
ville », observe Justine Henry, référente LaREM dans le XVIIIe arrondissement de Paris. « Je suis
persuadée qu’il y a des femmes qui
se verraient bien maire de Paris
mais qui n’osent pas, ne l’assu-
A
tique municipale et trouvait que l’on dépense trop d’argent pour le social », assure
Brossat. « Il est plus proche de La République en marche et des macronistes que des
socialistes. »
Accord PCF/PS pour 2020
Alors que le coup de cette démission est
très dur pour Anne Hidalgo, Ian Brossat
monte au créneau et dénonce une démission qui arrive « à contretemps, au moment où un certain nombre de situations
sont en train de se régler ». Il reconnaît que
la Mairie de Paris a traversé « une période
de couacs » - en particulier sur les dossiers
Vélib’ et Autolib’ - mais assure que « les
choses s’arrangent ».
À entendre Ian Brossat, qui souhaite
« que la gauche gagne en 2020 à Paris »,
l’accord entre le PCF et le PS ne fait aucun
doute. Même s’il ne « veut pas préempter le
choix que poseront les communistes ». « Si
les conditions sont réunies pour qu’on puis-
se y aller avec Anne Hidalgo, ce sera une
bonne solution. » Pas question, en tout
cas, d’une alliance avec les Insoumis,
qui seront a priori représentés par Danielle Simonnet. « Elle s’oppose à toutes
les politiques municipales, y compris lorsque nous développons le logement social »,
dénonce Ian Brossat. « Je me vois mal soutenir quelqu’un qui n’a rien fait avancer
pour les Parisiens. »
Chef de file des communistes pour les
européennes, l’élu parisien n’entretient
pas de meilleures relations avec Jean-Luc
Mélenchon au plan national, bien au
contraire. « Travailler ensemble, cela veut
dire se respecter », souligne Brossat.
« Cela ne peut pas être Jean-Luc Mélenchon au guidon et tous les autres qui pédalent derrière. Le rassemblement cela ne se
construit pas comme ça. » Pour autant,
Brossat assure qu’en vue des européennes, le PCF n’a « pas renoncé à travailler
avec d’autres ». ■
ment pas publiquement. Dans les
trois prochains mois, une femme
peut émerger », imagine la responsable macroniste.
D’autres, en revanche, comme
Marie-Laure Harel, élue du
IIIe arrondissement, ne ressentent pas la nécessité d’encourager une candidature féminine
dans le match pour Paris. « Je
suis très irritée d’entendre Anne
Hidalgo se victimiser en tant que
femme, soulève la conseillère de
Paris, ex-Les Républicains. Sa
condition de femme n’a pas été un
handicap pour être élue maire de
Paris. Elle est critiquée pour son
mauvais bilan, pas parce qu’elle
est une femme ! » ■
EN BREF
La plainte sur les comptes
de campagne de Macron
et Mélenchon classée
Le PCF Ian Brossat dénonce la démission de Bruno Julliard et considère que l’ex-premier adjoint
de la mairie de Paris est « plus proche de La République en marche que des socialistes ».
GAUCHE « Oui, c’est une bonne maire ! » À
Paris, la maire socialiste Anne Hidalgo
peut compter sur le soutien sans faille de
son adjoint au Logement, Ian Brossat. Le
jour même de la démission fracassante du
premier adjoint Bruno Julliard, lundi dernier, le jeune élu communiste est monté
au créneau pour dénoncer ce geste et défendre la maire.
Invité vendredi du « Talk Le Figaro »,
l’élu communiste se demande encore
« comment on a pu être adjoint autant
d’années et dire autant de mal de l’équipe
municipale qu’on a servie ». Brossat ne
croit « pas une seule seconde » aux « interprétations psychologiques » des propos
« violents » de Julliard. Pour lui, l’interprétation doit être « politique », liée à un
« virage à droite » de l’ancien président de
l’Unef. « Il n’était plus d’accord sur la poli-
M. S.
Les secrétaires d’État Mounir Mahjoubi et Benjamin Griveaux affichent leur unité pour les municipales à Paris.
Ian Brossat monte au créneau
pour défendre Anne Hidalgo
SOPHIE DE RAVINEL £@S2RVNL
Comme l’année dernière,
à l’approche de l’examen
au Parlement du projet de loi
de finances et du projet de loi
de finances de la Sécurité sociale,
le président de la République a reçu
vendredi soir à l’Élysée l’ensemble
des députés et sénateurs de la
majorité membres des commissions
des finances. Un rendez-vous
stratégique, tant l’exécutif doit lier
les promesses de campagne
d’Emmanuel Macron à l’impératif
de maîtrise des dépenses publiques.
Le tout dans un contexte de
croissance faible. Le premier ministre,
Édouard Philippe, a annoncé jeudi sur
France Inter un geste fiscal en faveur
de 300 000 retraités pour compenser
la hausse de la contribution sociale
généralisée (CSG). Cette mesure
correctrice correspond à un « effort
de 350 millions d’euros » pour les
finances publiques, a-t-il fait savoir.
Les orientations budgétaires seront
présentées en début de semaine
prochaine.
Le parquet de Paris a tranché.
Il a classé sans suite la plainte
de l’association anticorruption
Anticor qui demandait
une enquête pour « vérifier
la transparence et la probité
des comptes » de la campagne
présidentielle d’Emmanuel
Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc
Mélenchon et Marine Le Pen.
Son président, Jean-Christophe
Picard, regrette cette décision.
« Le procureur s’est basé
sur une réponse de la commission
des comptes de campagne »
qui « manque de moyens humains,
matériels et juridiques pour
investiguer », a-t-il déploré.
Jean Lassalle déjà candidat
pour la présidentielle de 2022
IAN BROSSAT, vendredi,
dans le studio du Figaro.
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
Lors d’un passage à Paris devant
des étudiants, le député béarnais
a annoncé qu’il retenterait
sa chance dans la course à l’Élysée.
« Je veux être une voix au service
du peuple, de ceux qui n’ont jamais
la parole », a confirmé l’élu
au Figaro. En 2017, il avait recueilli
1,21 % des suffrages.
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
8
POLITIQUE
Le MoDem prépare son
« an II » dans la majorité
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
« Expertise psychiatrique »
et erreur politique
Le parti centriste hausse le ton pour être davantage entendu alors
qu’il organise ses journées parlementaires à Guidel (Morbihan).
I
l y a des expressions
qui frappent. Qui choquent.
Et qui n’ont pas la même portée
lorsqu’elles sont écrites
sur une convocation judiciaire
ou quand elles sont entendues
par l’opinion publique. Sommer
Marine Le Pen de se soumettre
à une « expertise psychiatrique »
n’est évidemment pas neutre,
fût-ce prévu par le Code pénal.
Puisque c’est une responsable
politique qui est visée, une chef
de parti, une finaliste à l’élection
présidentielle, comment éviter
l’assimilation d’un tel procédé
aux pratiques de lavage de cerveau,
de rééducation et autres pressions
mentales des régimes totalitaires,
et singulièrement communistes ?
La présidente du Rassemblement
national ne s’en est évidemment pas
privée, transformant une procédure
judiciaire en procès politique.
Rétorquer que c’est la stricte
application du droit ne suffit pas.
Ou du moins relève l’étrangeté
de sa mise en examen initiale.
Que lui est-il en effet reproché ?
Après avoir entendu le journaliste
de RMC Jean-Jacques Bourdin
évoquer en décembre 2015,
au lendemain des attentats de Paris,
une « communauté d’esprit »
entre Daech et le Front national,
Marine Le Pen avait publié
sur son compte Twitter des photos
d’exécutions et d’exactions de Daech.
Réaction de colère pour rappeler
la différence de nature entre son parti
et l’organisation terroriste islamiste.
Images par nature choquantes qui lui
valurent d’être mise en examen pour
« diffusion de messages violents ou
pornographiques susceptibles d’être
vus par des mineurs ». Cette décision
peut-être jugée contestable au nom
de la liberté d’expression ou plus
encore parce qu’elle n’est pas
appliquée dans bien des cas
où l’intention perverse est évidente.
Mais c’est ainsi ; et il est vrai que
le Code pénal prévoit « l’obligation
d’une expertise psychiatrique
avant tout jugement de fond »
en cas d’une telle infraction.
C’est là qu’on touche au paradoxe
de cette affaire. L’expertise est censée
permettre de vérifier si la personne
en cause est en mesure de comprendre
les propos qui lui sont tenus
et de répondre aux questions qui
lui sont posées. Cette étape a pour
objet d’atténuer éventuellement la
responsabilité personnelle de l’auteur
de l’infraction commise. Donc de
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
François Bayrou
et son parti
restent un allié
pour LaREM
dans la perspective
des européennes.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
MAJORITÉ Le vent a tourné pour le
MoDem. Après un an passé dans l’ombre
tentaculaire du groupe La République en
marche (LaREM) à l’Assemblée nationale,
les députés du parti centriste abordent
leur traditionnelle université de rentrée, à
Guidel (Morbihan), requinqués. Et pour
cause : les récents événements semblent
conforter leur analyse. Alors que François
Bayrou avait appelé toute l’année dernière à muscler le « projet social », le chef de
l’État vient de présenter successivement
les plans pauvreté et santé. Le coup de
gueule du député Jean-Louis Bourlanges,
qui s’est inquiété de la place du MoDem
dans la majorité, a porté ses fruits : Christophe Castaner, patron de LaREM, a publiquement reconnu des « erreurs ».
Non-contents d’être mis à l’écart de la
désignation interne du candidat de la majorité pour le perchoir, les députés MoDem avaient envoyé leur président Marc
Fesneau face à Richard Ferrand. Résultat :
le centriste a raflé la mise, obtenant
86 voix, soit le double du nombre de députés de son groupe… « La semaine dernière, le MoDem a doublé de taille, on
n’avait pas eu une telle dynamique depuis
2007, se targue Jean-Noël Barrot, député
MoDem des Yvelines. Avant cet épisode,
les députés En marche ! me chambraient en
me disant “t’es du MoDem mais tu passes
ton temps avec nous”. Maintenant, ils me
demandent de leur préparer une carte de
membre pour le MoDem », s’amuse-t-il.
Travailler « main dans la main »
« Le score de Marc Fesneau fait que les
choses se passent mieux, abonde Patrick
Mignola, député de Savoie. Avant, on
était presque considérés comme un groupe
d’opposition, au même titre que La France
insoumise. Maintenant, il y a une volonté
de travailler ensemble, de cosigner des
amendements avec LaREM. C’est la fin de
l’arrogance. »
Il faut dire qu’un divorce serait préjudiciable, notamment dans la perspective
des élections européennes… Selon un
sondage Odoxa paru dans Le Figaro le
14 septembre, le ticket LaREM/MoDem
permet à la majorité de se hisser juste devant le Rassemblement national (21,5 %
contre 21 %). Les macronistes n’ont donc
aucun intérêt, dans ce contexte, de se
couper de cet allié. De fait, l’exécutif multiplie les gestes d’attention à l’égard des
centristes. Vendredi soir, à l’Élysée, Emmanuel Macron avait convié l’ensemble
des parlementaires de la majorité - dont
les élus MoDem - membres de la commission des finances, pour préparer le budget
(lire page 6). Mais que cette année, une
grande partie d’entre eux sera retenue à
Guidel jusqu’à dimanche.
Dans les rangs des députés, le ton a
changé. « Il ne faut pas oublier que si nous
sommes là, c’est aussi grâce à Bayrou qui a
décidé de soutenir Macron pendant la campagne présidentielle », rappelle la députée
Aurore Bergé, porte-parole du groupe
LaREM. « On travaille bien de manière individuelle, maintenant il faut aller plus loin
sur le plan institutionnel. On réussira que si
on travaille main dans la main. »
Dimanche, juste avant le traditionnel
discours de clôture de François Bayrou, à
Guidel, Christophe Castaner interviendra
devant les militants et cadres centristes.
« C’est un bon signal, mais j’attends de
voir dans les actes, fait savoir Sarah El
Haïry, députée MoDem de Loire-Atlanti-
que. Car être alliés dans une majorité, c’est
faire évoluer la pensée de l’autre. »
En plus d’une meilleure cohésion entre
les deux alliés, « l’an II », selon plusieurs
centristes, doit être celui de « l’ouverture » et d’une « meilleure explication des
réformes ». « Il est impératif de travailler
avec Agir, avec l’UDI, d’élargir la majorité.
Notre challenge, c’est le fameux “deux
Français sur trois” de Giscard », explique
Patrick Mignola. « Pour réussir, on ne peut
pas rester sur le premier cercle politique et
le deuxième technocratique. Il faut ouvrir
les portes et les fenêtres. »
Comme François Bayrou, Yann Wehrling, secrétaire général du MoDem, pousse le chef de l’État à s’exprimer devant les
Français. « Le plan pauvreté et le plan santé ont été trop rapidement présentés. Les
orientations sont bonnes, mais les Français
ne le perçoivent pas, ce qui explique les
mauvais sondages. » ■
permettre de prononcer à son endroit
une peine plus légère que prévu par le
Code pénal. Autrement dit, d’un point
de vue strictement judiciaire, cette
injonction faite à Marine Le Pen ne
peut que lui être favorable. Mais d’un
point de vue symbolique et politique,
l’impact est strictement inverse.
Cette décision a un côté humiliant car
elle laisse entendre que la présidente
du Rassemblement national pourrait
ne pas avoir toute sa raison. Ce que
personne n’imagine. Sa décision de
tweeter des images de Daech peut être
condamnée - ou comprise - mais en
rien être mise sur le compte de la folie.
Dès lors, il est inévitable que
cette procédure automatique,
mais dont elle aurait pu aisément être
dispensée, provoque la stupéfaction
des responsables politiques. Sur son
principe même. Ce n’est évidemment
pas pour rendre service à Marine
Le Pen que Jean-Luc Mélenchon
a dénoncé une « psychiatrisation
de la décision politique ». Cette affaire
s’ajoute à une autre décision judiciaire
à l’impact politique totalement
disproportionné : la retenue préalable
d’une part de son financement public
en raison de l’enquête sur les emplois
présumés fictifs au Parlement
européen. Dans les deux cas,
l’application sans discernement
d’une disposition pénalise Marine
Le Pen en même temps qu’elle lui
offre sur un plateau l’occasion
de se poser en victime
d’un « système » supposé
lui être hostile. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
Cette
décision
a un côté
humiliant
car elle laisse
entendre que
la présidente
du RN
pourrait
ne pas avoir
toute sa
raison
»
Manuel Valls prêt à se déclarer candidat à Barcelone
L’ex-premier ministre a convoqué la presse mardi dans la capitale catalane. La question de la démission de ses mandats se pose.
EUROPE Une photo de ses deux pieds et
une légende : « Barcelona… » En publiant
ce message vendredi sur Twitter, Manuel
Valls a quasi officialisé sa candidature à la
mairie de Barcelone. L’ancien premier
ministre français, natif de la capitale catalane, est bel et bien décidé à convaincre les Barcelonais de l’élire alcade
- maire, en espagnol - en mai prochain.
Dans le même temps, un communiqué
de presse a été adressé aux médias locaux. Le mail - envoyé d’un compte
nommé « Valls 2019 » - indique que Manuel Valls fera une déclaration mardi soir
relative aux élections municipales depuis
le Centre de culture contemporaine de
Barcelone.
Tout l’été, l’ancien premier ministre a
consulté les responsables politiques locaux afin de former une candidature de
rassemblement gauche-droite composée
de personnalités hostiles à l’indépendance de la Catalogne. Manuel Valls s’est illustré ces derniers mois en participant à
de nombreuses manifestations et réunions publiques en faveur du maintien de
la région autonome en Espagne. C’est ce
qui a donné l’idée au parti de centre droit
Ciudadanos de lui proposer de se lancer
aux municipales.
Le pari est risqué pour Manuel Valls.
Les indépendantistes et les catalanistes
obtiennent traditionnellement de bons
résultats dans cette ville où de gigantesques manifestations se tiennent régulièrement en faveur d’une rupture avec
Madrid. Par ailleurs, Manuel Valls est
présenté par certains médias catalans
comme un parachuté qui cherche à rebondir outre-Pyrénées après avoir été
marginalisé en France depuis la victoire
d’Emmanuel Macron.
Souvenirs d’enfance
PAU BARRENA/AFP
TRISTAN QUINAULT-MAUPOIL £@TristanQM
Manuel Valls a participé ces derniers
mois à de nombreuses manifestations
contre l’indépendance de la Catalogne.
Dans le livre Anatomía del procés, un
ouvrage collectif des anti-indépendance
paru au début du mois, il signe d’ailleurs
une préface dans laquelle il évoque ses
souvenirs d’enfance au Camp Nou, le stade du Barça, et dans les rues de Barcelone
aux côtés de ses grands-parents…
Il compte rapidement évoquer des sujets purement locaux pour sortir du seul
débat sur l’indépendance et ainsi prouver
qu’il connaît les problématiques des habitants. Notamment en parlant de sécurité,
arguant qu’il a accumulé une expertise
Dimanche 23 Septembre 2018 I 12H-13H
A
LAURENT
BERGER
Secrétaire Général de la CFDT
BENJAMIN SPORTOUCH - RTL
ALEXIS BREZET - LE FIGARO / ADRIEN GINDRE - TF1-LCI
depuis son passage par la place Beauvau.
Se pose aussi la question de sa démission
de ses mandats français. Manuel Valls a
été réélu de justesse député de l’Essonne
(apparenté LaREM) en juin 2017, face à
Farida Amrani, une candidate de la France insoumise. « S’il est bien candidat [à
Barcelone], il est indispensable sur le plan
démocratique qu’il annonce aussi sa démission de ses fonctions de député et d’élu
municipal d’Évry et que des élections législatives soient convoquées », a déclaré vendredi le député LFI Alexis Corbière.
Auprès de l’AFP, son ancien conseiller
Harold Hauzy estime avoir « peu de doute » quant à sa démission, au regard de ses
engagements de longue date en faveur du
non-cumul des mandats. Ce qui ouvrirait
la voie à une législative partielle à haut
risque pour les macronistes. ■
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
10
INTERNATIONAL
Theresa May
accuse l’UE
de lui manquer
de respect
Le casse-tête
insoluble de la
frontière irlandaise
Cinq cents kilomètres d’une ligne
virtuelle sinuant dans la campagne
délimitent la province britannique
d’Irlande du Nord, bientôt hors
de l’UE, de la République d’Irlande,
au sud, membre de l’Union. Ce sera
la seule frontière terrestre entre
le Royaume-Uni et l’UE. Or, depuis
la fin du conflit ethnique nordirlandais, il n’y a plus de démarcation
physique. Cependant, après la sortie
britannique de l’UE, il faudra bien
établir des contrôles sur la circulation
des biens soumis à des régimes
douaniers différents. Pour éviter
le retour d’une frontière en dur, les
Vingt-Sept, poussés par Dublin, ont
proposé une clause de sauvegarde
(« backstop») à l’accord sur le Brexit.
Dans l’attente de solution technique
ou d’accord douanier futur, l’Irlande
du Nord resterait dans l’union
douanière européenne. Inacceptable
pour Londres, car cela signifierait un
régime différencié entre la province
et le reste du pays. L’intégrité
du marché européen, face à celle
du Royaume-Uni, c’est ce qui est en
jeu de part et d’autre, et a conduit les
négociations dans une impasse. F. C.
Humiliée à Salzbourg, la première ministre
impute aux Européens la responsabilité de
« l’impasse » des négociations sur le Brexit.
FLORENTIN COLLOMP £@fcollomp
CORRESPONDANT À LONDRES
ROYAUME-UNI Theresa May était rentrée humiliée de Salzbourg jeudi soir. La
rebuffade publique des dirigeants européens envers ses propositions sur le
Brexit a affaibli un peu plus sa position
face à l’aile dure du Parti conservateur,
qui les conteste aussi. Il lui fallait donc
reprendre l’offensive pour tenter de remobiliser ses troupes derrière elle, devant « l’impasse » des négociations
avec Bruxelles. Empruntant à la gestuelle thatchérienne, elle a accusé les
Européens de lui manquer de « respect » et de tenter de « se moquer » du
résultat du référendum, lors d’une allocution télévisée solennelle depuis Downing Street, vendredi après-midi.
« Il est inacceptable de rejeter la proposition de l’autre partie sans explication
détaillée et sans contre-proposition. Nous
attendons maintenant de l’UE de savoir
quels sont les vrais problèmes et quelle est
l’alternative afin que nous puissions en
discuter. D’ici là, nous ne pouvons pas
faire de progrès », a-t-elle martelé. Ce
n’est pas la rupture, mais un blocage.
Au-delà de la rhétorique de combat,
la première ministre britannique n’a
pas infléchi d’un iota sa position sur le
fond. Sa solution d’association douanière et de régulation commune avec
l’UE pour les marchandises, qu’elle
présentait à Salzbourg comme « la seule
sur la table », a beau être aussi vilipendée en Grande-Bretagne que sur le
continent, May y reste accrochée. Celle-ci bloque sur la question insoluble de
la frontière irlandaise (lire ci-contre), ce
qui empêche toute avancée des discussions. Les alternatives – maintien dans
le marché unique comme la Norvège ou
simple traité de libre-échange comme
le Canada – sont exclues par Londres.
De nouvelles propositions pour régler
ce casse-tête devraient toutefois être
présentées « prochainement » par les
Britanniques.
“
Il est inacceptable
de rejeter la proposition
de l’autre partie sans
explication détaillée et
sans contre-proposition
THERESA MAY
« Je n’annulerai pas le résultat du référendum, pas plus que je ne démantèlerai
mon pays », a assuré Theresa May, lors d’une allocution télévisée solennelle
depuis le 10 Downing Street, à Londres, vendredi après-midi. POOL/REUTERS
”
Seule autre éventualité envisagée : une
sortie brutale de l’UE sans accord le 29
mars 2019. Une perspective dont la probabilité ne cesse de grandir, entraînant
la plus forte chute de la livre sterling face
au dollar depuis onze mois après l’allocution de Theresa May. Celle-ci a cherché à rassurer les 3,8 millions d’Européens installés au Royaume-Uni,
également inquiets de cette possibilité,
en leur promettant que leurs droits de
rester dans le pays seraient garantis.
Selon elle, les Vingt-Sept chercheraient à lui imposer un « démantèlement » du Royaume-Uni en introduisant
un régime douanier différencié entre
l’Irlande du Nord (qui serait alignée sur
le marché européen) et la Grande-Bretagne. « Que les choses soient claires pour
l’UE : je n’annulerai pas le résultat du ré-
férendum, pas plus que je ne démantèlerai
mon pays », assure-t-elle.
Une façon de répondre en passant à
ce qui a été perçu comme une tentative
d’Emmanuel Macron de « nier la légitimité » du référendum, « le plus vaste
exercice démocratique jamais entrepris
par ce pays ». Le président de la République avait critiqué à Salzbourg le
Brexit, « choix qu’ont fait les Britanniques, poussés par ceux qui promettaient
En Sibérie, une fronde anti-Poutine
agite les élections régionales
Un scrutin local a été récemment invalidé à la suite d’allégations de fraude. Il s’agit d’une première,
qui traduit la fébrilité du Kremlin face à une érosion de la popularité du parti présidentiel.
élections russes locales est actuellement
supervisée par le nouveau chef adjoint
de l’administration présidentielle, Sergueï Kirienko, en coordination avec les
deux principaux partis d’opposition représentés à la Douma : communistes et
nationalistes du LDPR représentés par
seulement trois gouverneurs sur un total de 85. Aucun candidat « extérieur au
système » n’a été autorisé à participer.
PIERRE AVRIL £pavril@lefigaro.fr
A
CORRESPONDANT À MOSCOU
RUSSIE La Khakassie est une région de
Sibérie, dont les paysages plaisent à
Vladimir Poutine, qui y a séjourné à
Noël et pêché la truite l’été 2017 en
compagnie de son fidèle ministre de la
Défense, Sergueï Choïgou. Le patron du
géant pétrolier Rosneft, Igor Setchine, y
séjourne régulièrement. Son collègue
Oleg Deripaska, l’un des oligarques les
plus proches du Kremlin, y a beaucoup
d’intérêts.
Du coup, lorsqu’il doit affronter le
suffrage universel face à ses 500 000
administrés, le gouverneur local en
poste depuis dix ans, Viktor Zimin nommé par Poutine – fait de sa proximité avec les poids lourds de la capitale
son principal argument électoral. « Approuvé par le président », proclame une
photo du candidat affichée dans les rues
de la capitale, Abakan. Ou bien
« Choïgou pour Zimin », sur fond de superjets. « Je suis heureux que le destin
m’ait donné la chance d’être proche d’un
leader aussi grand que notre président »,
exultait récemment l’apparatchik de
56 ans, photographié devant un brochet
pêché par le chef de l’État.
Dimanche, lors du second tour des
élections régionales, la recette politique
qui lui avait toujours permis d’être élu
avec un score soviétique, risque pour la
première fois de se retourner contre son
promoteur. Au premier tour, Viktor Zimin, le candidat officiel de Russie unie
n’a récolté que 32 % des voix, douze
points derrière un candidat communiste de 30 ans, Valentin Konovalov, inconnu en politique. Une véritable humiliation dont l’onde de choc ébranle
les murailles de la place Rouge.
Un test de la solidité
du système
Soutenu par Vladimir Poutine, Viktor Zimin, gouverneur de Khakassie depuis dix ans (ici, en
août), n’a récolté que 32% au premier tour des élections régionales. M. KLIMENTYEV/SPUTNIK
«Il s’agit d’un vote émotionnel d’abord
dirigé contre le gouverneur. Les électeurs
sont incapables d’expliquer ce que ce
dernier a fait de mal », constate, déboussolé, Alexandre Bortnikov, un politologue local rangé derrière le candidat officiel. Mais à Moscou, la cause de
cet échec ne fait aucun doute : « les gens
votent désormais ouvertement contre la
politique du Kremlin et il se trouve qu’en
Khakassie, l’opposition se résume aux
communistes », explique Konstantin
Gaaze, analyste au centre Carnegie. Au
cœur du mécontentement : la réforme
des retraites et la faiblesse du niveau de
vie. Et l’expert d’ajouter : « Cette tendance est nouvelle. »
Elle s’est déjà manifestée dimanche
dernier dans la région de Vladivostok,
où face à la menace imminente d’une
victoire du candidat communiste, le fil
du dépouillement a été inversé jusqu’à
déclarer vainqueur le gouverneur sortant et homme de Poutine, Andreï Tarassenko (Russie unie). Dans plusieurs
bureaux de vote, le gouverneur a ainsi
obtenu 100 % des voix avec une participation de 100 %. L’ancien ministre des
Situations d’urgence, Vladimir Poutchkov, chef du siège électoral de Tarassenko, a mis tout son poids dans la bataille. Dimanche soir, des pompiers ont
débarqué dans treize bureaux de votes
en invoquant des exercices incendie,
suspendant ainsi le processus électoral.
Devant le tollé, l’élection a finalement été annulée et reprogrammée
d’ici au 16 décembre. Une première depuis l’instauration, par Poutine en
2002, de sa « Verticale du pouvoir ».
Selon les descriptions qu’en font les
kremlinologues, l’organisation des
Or, dimanche, ces mêmes communistes
et nationalistes peuvent prétendre
l’emporter dans quatre régions sur
vingt-deux où les postes de gouverneurs sont renouvelés : outre en Khakassie et à Vladivostok, à Vladimir et à
Khabarovsk, dans l’Extrême-Orient.
Quelques journaux russes font part de la
fébrilité régnant au Kremlin. Distancée
de cinq points, la gouverneure proPoutine de Vladimir, Svetlana Orlova,
dont plusieurs de ses adjoints sont
aujourd’hui en prison pour corruption,
a proposé de nommer vice-gouverneur
son concurrent LDPR, qui, depuis, a
stoppé sa campagne. « Elle a peur de
perdre, la situation est tendue et les gens
ne savent pas pour qui voter », témoigne
Mikhaïl, un habitant de Vladimir, avant
d’écourter la conversation téléphonique par peur « d’être écouté ».
À Khabarovsk, le second concurrent
LDPR a déjà accepté la même offre, faite par le gouverneur sortant en ballottage défavorable, Viatcheslav Shport.
Dès lors, le véritable suspense réside en
Khakassie, où le jeune communiste n’a
pour l’instant manifesté aucune volonté de se retirer, faisant de ce territoire
isolé de seulement 400 000 électeurs,
une région test de la solidité du système
politique russe. ■
des solutions faciles ». « Ceux qui veulent
nous convaincre qu’on peut facilement se
passer de l’Europe, que tout ira très bien,
que cela leur rapportera beaucoup d’argent, sont des menteurs », a-t-il cinglé.
En ligne de mire, Boris Johnson, chef de
file de la campagne du Brexit et adversaire déclaré de Theresa May.
Côté européen, on ne souhaitait pas
réagir à la réaction britannique. Pas
question de paniquer, priorité à la dédramatisation. Les Européens estiment
n’avoir rien dit de plus à Salzbourg sur
la position de Londres que ce qui l’avait
déjà été au cours des deux mois précédents. Ils s’étonnent de voir la balle
renvoyée dans leur camp après que
Theresa May leur a présenté une vision
à prendre ou à laisser. « Ça ne fonctionne
pas comme ça. Nous devons nous
concentrer sur les points de convergence », glisse une source européenne. ■
ZOOM
Au moins 126 morts dans un
naufrage sur le lac Victoria
Au moins 126 personnes ont péri
lors du naufrage, jeudi, d’un ferry
en Tanzanie, dans le sud du lac
Victoria. Des témoins ont rapporté
à la télévision publique qu’environ
200 passagers se trouvaient à bord
du MV Nyerere lorsque celui-ci
a chaviré non loin du débarcadère
de l’île d’Ukara. Les causes
de l’accident n’étaient pas établies
vendredi mais de précédentes
tragédies dans cette région
des Grands Lacs ont été imputées
à des embarcations surchargées
et au fait que la plupart des
passagers ne savent pas nager.
En 1996, quelque 800 personnes
avaient trouvé la mort dans
le naufrage du ferry Bukoba,
surchargé de passagers, à quelques
milles marins au large de Mwanza.
EN BREF
Mort du président
vietnamien Tran Dai Quang
Le président vietnamien Tran
Dai Quang, figure du camp
conservateur au sein du régime
communiste, est décédé
vendredi à l’âge de 61 ans.
Il était gravement malade
depuis des mois mais continuait
à exercer ses fonctions
officielles malgré sa fatigue
visible et son amaigrissement.
Allemagne : le SPD veut
réexaminer le cas Maassen
La chef du parti socialdémocrate allemand,
Andrea Nahles, veut renégocier
le compromis trouvé avec
les conservateurs sur le sort
de Hans-Georg Maassen,
l’ancien chef du renseignement
intérieur écarté pour avoir
contredit Angela Merkel
sur les violences de Chemnitz
avant d’être promu secrétaire
d’État.
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LE FIGARO
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
SOCIÉTÉ
11
Parcoursup à l’heure du bilan
La procédure s’est achevée vendredi. La ministre de l’Enseignement supérieur donnera ses conclusions mardi.
MARIE-ESTELLE PECH £@MariEstellPech
ÉDUCATION En dépit des témoignages
d’étudiants déçus ou non affectés qui se
sont multipliés encore ces derniers jours
dans les médias, Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur va,
sans surprise, afficher la semaine prochaine un bilan chiffré positif au sujet de
Parcoursup, dont la procédure s’est terminée ce vendredi. Et quelques modifications qui ne remettront pas en cause le
principe de fonctionnement de la plateforme d’admission dans le supérieur.
Après tout, n’a-t-elle pas mis fin au tirage au sort, pratiqué à l’entrée de certaines
licences universitaires « en tension »,
tant décrié pour son iniquité ces dernières années ? « Cela concernait, certes, une
minorité d’étudiants mais le principe était
inacceptable », rappelle Jérôme Teillard,
le chef de projet d’APB au ministère.
La victoire de la ministre est surtout
idéologique. Celle, promise, de donner
plus de liberté de choix aux meilleurs lycéens et surtout aux universités, dont les
présidents saluent globalement le dispositif. « Nous ferons en sorte que l’on arrête
de faire croire à tout le monde que l’université est la solution pour tout le monde »,
avait prévenu, dès le départ, Emmanuel
Macron. C’est d’ailleurs ce qui déplaît
fortement à Claire Gueville du Snes, principal syndicat d’enseignants du secondaire, très critique envers Parcoursup,
« qui a profité aux lycéens de bon niveau,
ceux qui avaient le choix. Mais qui a perturbé tous ceux qui étaient moyens, relégués dans des files d’attente interminables
et angoissantes, même pour une simple licence ». Comme l’ensemble de l’intersyndicale réunie à Montreuil, jeudi soir,
pour présenter « son bilan », elle réclame essentiellement davantage de places
dans le supérieur, le nerf de la guerre…
Même si Frédérique Vidal s’est d’ores et
déjà engagée à créer plus de 100 000 places dans l’enseignement supérieur durant le quinquennat.
Gros défaut du système
Le gouvernement se gardera de tout
triomphalisme pour son bilan. Car la progression chiffrée est réelle mais modeste
par rapport à la plateforme précédente, si
décriée, APB. En volume, les différentes
formations présentes sur Parcoursup ont
réussi à placer 30 000 candidats de plus
que l’an dernier, rappelle l’entourage de
la ministre. Un chiffre minimisé par le fait
que la démographie étudiante a augmenté cette année… Autre satisfaction, on
compte un peu moins de 180 000 démis-
sionnaires – sur 812 000 candidats —
contre « 200 000 l’an dernier », assure
Hugo Gimbert, l’un des concepteurs de
Parcoursup. Des démissionnaires qui incluent les bacheliers ayant échoué au bac,
ceux qui sont partis dans le monde du
travail, en apprentissage, dans diverses
formations absentes de Parcoursup,
comme les écoles d’infirmières. Et ceux
qui n’ont été admis nulle part, dont
2 000 bacheliers, essentiellement issus de
bacs professionnels et technologiques.
Les concepteurs reconnaissent toutefois un gros défaut au système : l’embouteillage de ces dizaines de milliers de candidats qui ont passé leur temps à attendre
en août une place qu’ils n’avaient en réalité presque aucune chance d’obtenir,
plus de 95 % de candidats ayant obtenu
leur proposition définitive dès le 20 juillet.
« On pourrait peut-être raccourcir les listes d’attente », en redemandant aux candidats s’ils sont réellement ou non intéressés par leurs vœux… Cela pourrait être
systématisé, estiment-ils. Ceux qui ne
sont plus intéressés ne répondront pas.
« On peut aussi demander fin juillet aux
formations d’anticiper les démissions et de
faire un peu plus de surbooking. Ou encore
imaginer que la procédure principale se
Les différentes formations présentes sur Parcoursup ont réussi à placer 30 000 candidats de plus que l’an dernier, selon le ministère.
termine un peu plus tôt pour accélérer le
processus », explique Hugo Gimbert.
Le retour de la « hiérarchisation » des
vœux, réclamée par beaucoup de responsables de formations, n’est pas envisagé. Il serait en revanche possible de demander à un candidat de prioriser ses
vœux en attente a posteriori, pour accélérer un peu le processus. Frédérique
Vidal précisera ses décisions mardi. ■
APAYDIN ALAIN/ABACA
Moins de candidatures en droit et en Staps
AVEC LA LIBERTÉ de choix des étudiants, censée être plus grande, selon le
gouvernement, l’attractivité des formations de l’enseignement supérieur a-telle été modifiée ? C’est en partie le cas.
Les Staps, ces filières sportives universitaires ultrademandées au point que certains bacheliers avaient été tirés au sort
l’an dernier pour y entrer… ont compté
18 % de vœux en moins ! Début septembre, il y avait encore 1 000 places disponibles en Staps. Certains candidats ont
« visiblement réfléchi avant de candidater,
à la vue du nombre de critères que nous
leur avions demandé : des compétences
scientifiques, littéraires, sportives, un engagement associatif… », se félicite un
professeur de Staps strasbourgeois. La filière espère surtout faire baisser son taux
d’échec, qui tourne habituellement
autour de 60 % en fin de première année.
Les formations en droit ont quant à
elles accueilli 10 % de vœux en moins
que l’an dernier. Une bizarrerie liée au
nouveau système d’affectation, c’est-àdire à la fin des « pastilles vertes » qui
imposaient l’an dernier à tous les étudiants de demander une licence universitaire : « En gros, beaucoup de ceux qui
ne savaient pas quoi faire demandaient à
aller en droit, sans avoir l’intention d’y aller », explique-t-on au ministère. Pour
le reste, quelque 68 % des vœux exprimés ont porté sur des formations sélecti-
ves (classes préparatoires, IUT, écoles
d’ingénieurs), BTS (sections de technicien supérieur).
Les classes préparatoires et les BTS ont
été demandés par 11 à 15 % de candidats
supplémentaires. Le goût pour les filières
sélectives, une tendance de fond depuis
une dizaine d’années, se confirme donc.
Mais la multiplication des candidatures
s’explique en partie par le système d’affectation qui permettait cette année aux
bacheliers de candidater à davantage de
formations… Certaines classes préparatoires ont ainsi été surprises par ces centaines de dossiers supplémentaires à traiter et, conservatrices, ont surestimé leur
attractivité, stoppant trop vite leurs listes
d’attente. Conséquence : fin août, début
septembre, elles se sont retrouvées avec
des places inoccupées. Y compris dans des
prépas très prestigieuses. À Paris, Jansonde-Sailly, Carnot, Jules-Ferry, VictorHugo n’ont ainsi pas fait le plein. Notamment dans des prépas littéraires. Même
Louis-le-Grand avait quelques places
inoccupées. Alors qu’à Angoulême, tout
était plein depuis longtemps. « À partir du
moment où on n’est pas tombé dans le panneau de l’augmentation des demandes,
+ 25 % chez nous, on a réussi à remplir nos
classes sans problème », nuance Sébastien
Cote, représentant des professeurs des
prépas littéraires et professeur au lycée
Joffre à Montpellier. ■
M.-E. P.
Brisée, la famille Pastor fait
chagrin séparé au tribunal
Le meurtre de la milliardaire monégasque a eu raison des liens entre sa fille
et son fils, qui ont témoigné à la barre, vendredi, sans échanger un regard.
PROCÈS Les deux enfants d’Hélène
Pastor font chagrin séparé au procès des
assassins présumés de leur mère. Gildo
et Sylvia arrivent chacun de leur côté et
ne s’assoient jamais côte à côte. Dans
les propos des parties civiles, les sentiments et la situation financière de la
très discrète dynastie Pastor sont intimement mêlés. Aux assises, tant d’argent contient l’émotion, comme la
sourdine atténue le son du piano.
Sylvia est invitée à s’exprimer. D’un
mince filet de voix, à peine audible, elle
relate comment, à la mort de son propre père, Hélène Pastor s’est retrouvée
sans préparation à la tête d’un empire
immobilier monégasque, bâti sur un
principe : ne jamais rien vendre, tout
garder dans la famille. Elle a dû tout apprendre, comme son fils et sa fille qui
travaillent pour le groupe. « Quand je
n’étais pas d’accord, je le lui disais en
face, ça pouvait être houleux », concède
Sylvia Pastor.
Elle raconte aussi sa rencontre avec
Wojciech Janowski « lors d’une soirée
caritative », alors qu’elle est en instance
de divorce. Lui, depuis le box, la regarde, impassible : il est accusé d’avoir
commandité l’assassinat de Mme Pastor
et de son chauffeur, Mohamed Darwich. Sylvia Pastor accorde vite une
confiance aveugle à cet homme d’affaires polonais qu’elle croit fortuné. Elle
l’aime. Il se comporte en père aimant
avec la première fille de sa compagne et
avec Lara, qui naît dans leur foyer.
“
Je n’ai plus maman,
je n’ai plus Wojciech
SYLVIA PASTOR
”
Tous ceux qui les croisent décrivent
un « couple heureux ». Chaque mois,
Sylvia signe à Wojciech un chèque en
blanc pour sa part de dépenses du ménage. Elle ne regarde jamais le montant
qu’il inscrit - sa mère lui verse un demi-million d’euros mensuel.
Elle a un bateau, on en achète un
deuxième que son compagnon estime
trop petit, il y en aura donc un troisième, construit à Naples. Une ville dangereuse, où « la pègre tire des feux d’artifice quand la drogue arrive dans le
port », croit savoir Sylvia Pastor qui
laisse donc M. Janowski s’occuper de
tout sur place. Elle paye intégralement,
sans le savoir, le navire que son compagnon lui offre.
De Pascal Dauriac, le coach sportif du
couple accusé d’avoir organisé le crime
pour le compte de M. Janowski, elle
parle peu. Elle se souvient d’un livre
qu’il lui avait offert au printemps 2014,
peu avant le double assassinat commis
avec un fusil de chasse chargé de petits
plombs : « Je n’ai ouvert le paquet qu’en
août. Le livre s’appelait Chevrotine… »
Le président : « Pendant sa garde à
vue, vous avez rencontré M. Janowski
qui vous a avoué être le commanditaire. »
Sylvia Pastor : « C’était comme un
tournis dans ma tête. Je lui ai demandé :
“Mais tu as pensé aux enfants ?” Il m’a
répondu : “Non”. J’ai dit : “Ça fait vingthuit ans qu’on vit ensemble, je ne comprends pas. » Je suis sortie dans le couloir
et je me suis évanouie. » Un temps. « Je
n’ai plus maman, je n’ai plus Wojciech. »
Elle est là, la cassure dans la fratrie.
Sylvia, encore aujourd’hui, a peine à
croire que l’« homme de [sa] vie » est
coupable : « C’est tellement hallucinant,
je ne sais plus quoi penser. »
Gildo, en revanche, parfois secoué
de sanglots, ne doute pas que les assas-
Sylvia Pastor, fille d’Hélène
Pastor, qui a été assassinée
en 2014, arrive au palais
de justice d’Aix-en-Provence
le 17 septembre.
BORIS HORVAT/AFP
sins sont en face de lui. Il avait été victime d’un AVC en janvier 2014. Quand
sa mère et son chauffeur sont tombés
dans le guet-apens, Mme Pastor sortait
de sa chambre à l’hôpital de l’Archet.
Interrogé par le président, l’homme
qui s’est installé à New York avec sa
femme et leurs enfants se demande encore quel a pu être « le mobile de Wojciech Janowski », qu’il n’a jamais beaucoup apprécié. « Il y a plein de
mystères », conclut-il.
Celui-ci, entre autres : pourquoi nul
n’a-t-il demandé à Sylvia Pastor la raison pour laquelle elle n’a jamais épousé
l’homme de sa vie ? ■
ZOOM
Les concerts de Médine
au Bataclan reportés
dans une autre salle
parisienne
Le Bataclan, où étaient
programmés des concerts
du rappeur Médine les 19 et
20 octobre - ce chanteur accusé de
complaisance envers l’islamisme -,
a annoncé vendredi qu’ils seraient
reportés « dans une autre salle
parisienne », au Zénith en février
prochain. Cette annonce intervient
après qu’un avocat de plusieurs
victimes françaises de l’attentat
du Bataclan a demandé l’ouverture
d’une enquête préliminaire pour
les propos du chanteur incitant,
selon lui, à la haine, à la
discrimination et à la violence.
1
ENVOYÉ SPÉCIAL À AIX-EN-PROVENCE
(BOUCHES-DU-RHÔNE)
A
STÉPHANE DURAND-SOUFFLAND
sdurandsouffland@lefigaro.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
12
SOCIÉTÉ
Vers un
rapprochement
historique
entre le Vatican
et la Chine
Une bannière géante
avec le portrait du pape François
a été installée pour sa venue
à Vilnius (Lituanie).
pays-continent qu’est la Chine. Les protestants évangéliques y sont très actifs.
L’institut américain Pew Research Center
estime à 67 millions les chrétiens chinois
déclarés, dont 9 millions seraient des catholiques. D’autres avancent le chiffre de
100 millions de chrétiens.
Contourner des blocages
historiques
JEAN-MARIE GUÉNOIS jmguenois@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL À ROME
RELIGION Jamais le pape François n’aura
été si près de la Russie. Tallinn, par exemple, capitale de l’Estonie où il terminera,
mardi 25 septembre, son périple de quatre
jours dans les pays Baltes, se trouve à
deux cents kilomètres de la frontière russe. Non loin de l’extraordinaire Saint-Pétersbourg, haut lieu de la Grande Russie.
Mais le paradoxe de ce 25e voyage de
François hors d’Italie est qu’il ne sera pas
marqué par un rapprochement avec la
Russie mais avec la… Chine !
Sauf incident de dernière minute,
quand le Pape arrivera samedi à Vilnius,
capitale de la Lituanie, pourrait être annoncée, au Vatican, une nouvelle décisive
pour les relations entre la Chine et l’Église
catholique. Non l’établissement de relations diplomatiques mais la reconnaissance par le Pape de sept évêques chinois
nommés avant son élection par le régime
de Pékin… Et dans la foulée, l’annonce
d’un accord entre le Saint-Siège et le
gouvernement chinois sur la nomination
de nouveaux évêques : ils seraient choisis
conjointement par l’Église et l’État, puis
proposés pour nomination au Pape qui
disposerait toutefois d’un droit de veto.
Le contenu précis de l’accord devrait
être dévoilé en plusieurs temps mais il
voudrait clore plus d’un demi-siècle de
rupture totale des relations avec l’expul-
JANEK SKARZYNSKI/AFP
Alors que le Pape est en voyage dans
les pays Baltes, un accord pour reconnaître
et nommer des évêques chinois se profile.
sion du nonce apostolique, en 1951, et la
création par les communistes d’une
« Église patriotique », d’apparence catholique mais à leur main. Le Pape prenant toutefois le risque de mécontenter,
voire de scandaliser, une partie des catholiques chinois qui sont restés fidèles à
Rome. D’autant que cette Église souterraine, dite « clandestine », a connu ses
martyrs par fidélité au Siège de Pierre…
Au Vatican, on insiste néanmoins pour
rappeler que cette décision du pape Fran-
çois s’inscrit dans une politique chinoise
clairement définie sous Benoît XVI par sa
« Lettre aux catholiques chinois », parue
en mai 2007. Le pape allemand y appelait
à la réconciliation entre l’Église patriotique et l’Église persécutée des catacombes
et du silence. François, jésuite passionné
par l’Asie - on parle d’un voyage papal au
Japon en 2019, pays où il a rêvé d’être
missionnaire -, espère créer une nouvelle
dynamique de l’Église catholique à
l’échelle du troisième millénaire en ce
Quant à sa méthode d’approche, la stratégie est conforme à la voie des petits pas
concrets, typique de ce Pape pragmatique. Elle peut permettre de contourner
des blocages historiques. On l’a vu, par
exemple en février 2016, où François
rencontrait, à Cuba, en terrain « neutre », le Patriarche russe orthodoxe. De la
même manière, cet accord ecclésial sinoVatican évite l’écueil des impossibles relations diplomatiques directes - en raison
du dossier Taïwan - en empruntant une
« voie pastorale », explique-t-on au Vatican, par la nomination d’évêques.
En attendant, ce sont trois pays Baltes
que le pape va visiter, à la fois similaires
dans leur passé de lutte pour l’indépendance vis-à-vis du communisme, mais
différents sur le plan religieux. La Lituanie, marquée par son voisinage polonais,
est à majorité catholique. La Lettonie est
à moitié luthérienne. L’Estonie demeure
l’un des pays les moins religieux du monde. Des pays européens aussi, de « périphérie », que le Pape affectionne et dont
il va saluer le courage pour leur « résistance » passée tout en leur demandant de
ne pas céder aux sirènes du seul « marché » pour leur avenir. L’air frais de la
mer Baltique et cette perspective des petits matins chinois apporteront aussi de
l’oxygène à François, 81 ans, aux prises
depuis des mois avec la gestion des scandales sexuels dans le clergé. ■
Pédophilie : les cellules d’écoute des diocèses peu sollicitées
Dans le Nord, deux ans après sa mise en place, le dispositif censé aider les victimes d’abus sexuels reste peu visible et méconnu.
MADELEINE VATEL £@Vatelm
LILLE
AGRESSIONS SEXUELLES « Faire la lumière sur tous les cas de pédophilie, même
anciens » : les cellules d’accueil et d’écoute créées dans les diocèses après l’appel
de la Conférence des évêques de France,
au printemps 2016, étaient l’une des réponses pour lutter contre les abus sexuels
dans l’Église catholique. Deux ans et
demi plus tard, ce dispositif a-t-il permis
à des victimes de dénoncer des prêtres
coupables de ces faits ? Dans les Hautsde-France, un tour des diocèses donne
une première idée. À Soissons et Amiens,
à ce jour, la boîte mail est restée vide.
Aucun message, aucun appel à l’archevêché n’ont été relevés. À Arras, un seul
contact a été pris avant de s’apercevoir
qu’il s’agissait d’un test de l’association
lyonnaise de victimes la Parole libérée. À
Beauvais, trois personnes ont appelé la
cellule, et quatre ont joint directement
l’évêque. Le diocèse de Cambrai parle de
moins de dix mails et Lille évoque sept
cas : des messages qui concerneraient des
faits remontant à 40, 50, voir parfois
70 ans, avec des prêtres souvent décédés.
« Les personnes qui nous contactent demandent toujours s’il y a d’autres plaintes
ou si elles sont les seules », témoigne le
père Bruno Cazin, responsable de cette
cellule d’écoute du diocèse de Lille.
« Pour l’un des faits remontant aux années 40, j’ai retrouvé la lettre manuscrite
d’un prêtre aujourd’hui décédé, adressée
au vicaire général et le remerciant de ne
pas lui avoir tenu rigueur de ces abus… Ce
qui m’a laissé penser qu’il y avait eu
d’autres victimes », détaille Bruno Cazin.
Manque de confiance en l’Église catholique, insuffisance de communication
autour du dispositif, difficulté à dénoncer
des sévices trop récents ? Les diocèses disent peiner à donner des raisons sur le
peu de rendez-vous. « L’institution n’est
plus aussi puissante, le nombre de prêtres
en situation de pouvoir ou d’autonomie incontrôlée n’a plus cette ampleur », esquis-
se Vincent Blin, vicaire général du diocèse d’Arras en faisant allusion aux écoles et
internats tenus autrefois par des prêtres.
Convention de partenariat
« Désormais l’Église entend quand une
victime vient la voir, et elle nous l’envoie »,
constate de son côté le docteur Tiphaine
Séguret, psychiatre qui reçoit, au sein de
l’unité spécialisée du CHU à Lille, les
personnes qui ont été abusées par des
membres du clergé. Après avoir imaginé
une équipe de psychologues en interne,
le diocèse lillois a finalement fait le choix
d’une convention de partenariat avec
l’Unité régionale de soin aux auteurs de
violences sexuelles (l’URSAVS), une
Une marche contre le suicide des paysans
Un élu de Marmande entame ce dimanche une marche spirituelle de 540 kilomètres pour lever ce tabou.
Officiellement, tous les deux jours en France, un agriculteur se donne la mort.
A
ÉRIC DE LA CHESNAIS £@plumedeschamps
RURALITÉ Ce dimanche matin, Patrick
Maurin, conseiller municipal de Marmande, dans le Lot-et-Garonne, commence une marche de 540 kilomètres
pour attirer l’attention du grand public
sur un fléau qui frappe le monde agricole mais dont on parle trop peu : le suicide des agriculteurs. Une démarche citoyenne qui prendra une dimension
spirituelle.
L’élu démarre son périple par une
messe en souvenir des milliers de paysans qui ont commis l’irréparable. Il la
terminera vingt-deux jours plus tard à
la basilique Sainte-Anne-d’Auray, dans
le Morbihan, par une cérémonie religieuse en présence des familles des disparus et de députés locaux. « Je partirai
de Gontaud-de-Nogaret car je suis originaire de ce petit village près de Marmande et j’y avais un ami agriculteur qui
a mis fin à ses jours, il y a une dizaine
d’années, raconte Patrick Maurin. Père
de trois filles, Christian n’arrivait pas à
faire face à ses dettes. C’est le jour où il a
reçu la lettre de saisie de son cheptel laitier qu’il a retourné le fusil contre lui-même. Il avait 58 ans », se souvient-il.
Pour sa première journée, l’élu municipal, qui est aussi marathonien, sera
Patrick Maurin, conseiller municipal de Marmande (Lot-et-Garonne).
accompagné par des politiques, comme
le sénateur Jean-Pierre Moga, ou des
maires et paysans locaux. « J’ai découpé mon périple en vingt-deux étapes,
soit une moyenne de plus de 24 kilomètres par jour. J’ai déjà effectué une marche, il y a deux ans, jusqu’à l’Assemblée
nationale pour alerter sur la mort progressive de nos villages. Certains sont
devenus des cités fantômes, commente
Patrick Maurin. Cette fois-ci, c’est encore plus grave. Cela concerne la mort
silencieuse de nos paysans dans la plus
grande indifférence. »
COL. PERSONNELLE
Officiellement tous les deux jours, un
paysan met fin à ses jours, selon les statistiques publiées en 2016 par Santé publique France, en lien avec la MSA (Mutualité sociale agricole).
Une meilleure prise en charge
psychologique
Dans la réalité, tous les suicides ne sont
pas déclarés comme tels et ce chiffre serait pire encore. « Rien que sur la commune de Languidic dans le Morbihan, sur
123 exploitations agricoles recensées, on
déplore sept suicides en cinq ans, précise
Jacques Jeffredo, maraîcher à la retraite, spécialiste du sujet qui consolide les
données au niveau national. Selon ses
calculs, « il y aurait 600 suicides d’agriculteurs par an, soit plus d’un par jour ».
Toutefois, il note une meilleure prise en
charge psychologique des exploitants
en difficultés. « Nous avons renforcé en
mars notre dispositif d’écoute téléphonique, Agri Écoute, disponible 24 heures
sur 24 avec des psychologues cliniciens
qui établissent un suivi individuel avec
l’agriculteur en difficulté, constate le
docteur Véronique Maeght-Lenormand, médecin conseille à la MSA, pilote du plan prévention du suicide. On
note une hausse du trafic, avec 430 à 450
appels par mois contre 320 avant ce
changement. » Avec des agriculteurs
mieux dans leur peau. « Maintenant, les
paysans n’ont plus honte de déposer le bilan et de tourner la page de l’agriculture,
poursuit Jacques Jeffredo. Avant, ils se
seraient isolés jusqu’à l’épuisement,
commettant l’irréparable pour sortir
d’une situation inextricable à ses yeux. Il
faut penser aussi aux proches des victimes et leur prise en charge. » Parfois
l’agriculteur n’est même pas enterré
que la banque ou l’administration demandent aux survivants ce qu’ils
comptent faire des bâtiments ou des
terres. ■
unité de l’hôpital public. Sous sa main,
Tiphaine Séguret tient un dossier confidentiel de huit chemises de différentes
couleurs, des faits prescrits et deux en
cours de judiciarisation : ils contiennent
à la fois les témoignages de victimes de
membres de l’Église catholique et les
suivis psychologiques de prêtres auteurs
d’abus et déjà condamnés. « En parallèle
de cette cellule, nous formons désormais le
clergé mais aussi les animateurs en pastorale » sur les risques d’ascendance
« dans une relation d’autorité. Car, quand
on parle d’abus sexuels, on parle d’abord
et avant tout d’un abus lié à l’emprise que
l’auteur peut avoir sur une victime, c’està-dire d’un abus de pouvoir ». ■
EN BREF
Cet été, la canicule a tué
dix fois moins qu’en 2003
Avec 1 500 morts de plus
qu’un été normal, en majorité
des personnes âgées, la canicule
de cet été a tué dix fois moins
que lors du record de 2003,
selon des chiffres officiels dévoilés
vendredi. « C’est une surmortalité
qui reste modérée », a jugé
la ministre de la Santé,
Agnès Buzyn.
Procès Méric : le parquet
général de Paris fait appel
des deux condamnations
Une semaine après le verdict
de la cour d’assises de Paris,
qui a condamné Esteban Morillo
à onze ans de réclusion criminelle
et Samuel Dufour à sept ans
de prison, le parquet général
de Paris a annoncé ce vendredi
dans un communiqué qu’il faisait
appel de ces deux condamnations.
Le Pape accepte
la démission de deux autres
évêques chiliens
Le pape François a accepté la
démission de deux autres évêques
chiliens, ce qui porte le total à sept
départs depuis les révélations sur
une affaire de pédophilie couverte
par la hiérarchie religieuse
dans les années 70 et 80. Les
34 évêques chiliens ont proposé
de démissionner collectivement
en mai après une réunion de crise
sur cette affaire au Vatican.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
SCIENCES
13
MARC CHERKI £@mcherki
ENVIRONNEMENT Les inondations dramatiques provoquées par l’ouragan
Florence qui s’est abattu le week-end
dernier sur le sud-est des États-Unis
soulignent une fois de plus l’urgence à
mieux comprendre ces phénomènes météorologiques extrêmes et, si possible, à
anticiper les dégâts.
Des chercheurs ont ainsi mis au point
une nouvelle méthode dont les résultats
sont publiés dans la revue Science Advances du 19 septembre. Ils ont mesuré les
mouvements de la croûte terrestre, au
moyen du GPS (le système américain de
positionnement par satellite) lors de
l’ouragan Harvey d’août 2017. Car le
poids de l’eau entraîne une réponse élastique du sol, instantanée. Et cette déformation verticale de la croûte terrestre se
mesure au moyen du GPS. Par cette technique ils ont étudié l’évacuation des
95 km3 d’eau qui ont inondé 900 km de la
côte américaine du golfe du Mexique.
« Nous sommes à l’étape qui montre que
notre approche est envisageable pour les
très importants ouragans. La prochaine
sera de l’appliquer aux plus petits oura-
gans, plus fréquents. Florence est le premier que nous pourrons étudier. Car nous
pourrons utiliser les données GPS qui ont
été archivées depuis une dizaine d’années », explique Christopher Milliner,
premier auteur de la publication et chercheur au Jet Propulsion Laboratory au
Caltech (université de Californie).
La méthode semble prometteuse. Selon
Laurent Métivier, chargé de recherche au
laboratoire de recherche en géodésie de
l’IGN (Institut national de l’information
géographique et forestière) : « Mesurer la
déformation du sol à cause des mouvements d’eau, au moyen d’un GPS, est une
opération effectuée en routine dans le monde scientifique. Ce qui est original, c’est
d’utiliser un réseau dense de stations fixes
GPS pour mesurer la réponse élastique de la
croûte terrestre, engendrée par d’énormes
quantités d’eau apportées sur Terre par un
événement climatique extrême. » Dans le
cas de Harvey, des déformations verticales mesurées ont été de quelques millimètres, allant jusqu’à 2 cm par endroits.
Il existe bien des satellites, comme les
missions Grace de la Nasa, qui mesurent
les importants mouvements d’eau sur
Terre. Mais dans le cas d’inondations
provoquées par les ouragans, le GPS ap-
Vue aérienne de Lumberton, en Caroline du Nord, six jours après le passage de l’ouragan Florence qui a ravagé l’État le 14 septembre.
porte des informations plus précises. Car
avec un réseau dense de stations terrestres qui maillent les États-Unis, « avec des
antennes ancrées sur des piliers qui ne bougent pas », précise le chercheur français,
on peut estimer où l’eau se situe, chaque
jour, avec une résolution de 25 km. Tandis que « les observations provenant de
Grace ont une mauvaise résolution spatiale, de l’ordre de 300 km, et temporelle, de
l’ordre d’un mois », ajoute Laurent Méti-
vier. Dans le cas de Harvey, de force 4 sur
l’échelle de Saffir-Simpson, qui en compte 5, la plupart des stations GPS ont été efficaces, mais certaines ont été éliminées,
pour ne pas tenir compte de celles qui risquaient de bouger ou d’être englouties.
Pour Harvey, la quantité d’eau totale
présente au début de l’ouragan a été obtenue par des observations radars et des
jauges de pluie du Service météorologique national des États-Unis de la Noaa
Le bilan de Florence risque de s’alourdir
L’ouragan Florence, qui a frappé
le week-end dernier le sud-est des
États-Unis, a déjà un lourd bilan.
Au moins 40 morts sont à déplorer :
31 en Caroline du Nord, 8 en Caroline
du Sud et 1 en Virginie. Mais ce constat
risque de s’aggraver. Car les crues
vont encore s’accentuer dans les
prochains jours avec l’évacuation de
l’eau vers l’océan. « Ce n’est pas parce
qu’il ne pleut plus que les eaux ne vont
pas continuer à monter. Rappelezvous de ne JAMAIS conduire sur des
routes inondées », a annoncé sur
Twitter le département des transports
de Caroline du Nord. Près de
50 000 foyers étaient encore privés
d’électricité en Caroline du Nord et
du Sud vendredi, même si le courant
a été rétabli pour 1,8 million de clients.
Donald Trump qui a visité, mercredi
dernier, les zones sinistrées a promis
toute l’aide possible. Les dégâts
matériels sont déjà évalués
à 1,2 milliard de dollars en Caroline
du Sud.
M. C.
Les redoutables hémorragies cérébrales
La surveillance de la pression artérielle reste le meilleur moyen de prévention.
DAMIEN MASCRET £@dmascret
SANTÉ Il y a deux grandes sortes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC),
l’ischémique, lorsqu’une artère se bouche, l’hémorragique, lorsqu’elle saigne.
En France, plus de 143 000 patients ont
été hospitalisés pour un AVC en 2014*,
dont 15 à 20 % par hémorragie, selon le
Bulletin épidémiologique hebdomadaire
(février 2017).
Des deux types d’accidents, l’hémorragie cérébrale est la plus redoutée, bien
qu’elle soit quatre fois moins fréquente.
D’abord parce qu’elle est très souvent
mortelle, ensuite parce que, contrairement à l’ischémie, il n’existe pas de
traitement efficace à ce jour, enfin pour
les séquelles importantes qu’elle laisse
souvent chez les survivants. « Au cours
des vingt dernières années, il y a eu des
progrès importants pour le traitement de
l’accident ischémique mais dans l’hémorragie, la mortalité est de 50 % à un mois
et la moitié des survivants restent handicapés. » De plus, le saignement initial,
responsable des symptômes, peut s’aggraver et l’hématome continuer de
grossir dans le cerveau, notamment
dans les 48 premières heures.
« Il est très difficile de faire un pronostic
d’évolution en cas d’AVC, mais c’est encore plus vrai en cas d’hémorragie », explique au Figaro le Pr Yannick Béjot,
neurologue au CHU de Dijon et directeur
scientifique du registre des AVC le plus
ancien au monde (financé depuis 1985
par l’Inserm et Santé publique France).
« Évidemment, un gros hématome a plus
de risque de s’aggraver, mais un petit hématome à un endroit stratégique du cerveau peut aussi faire des dégâts considérables, voire mortels », ajoute-t-il.
L’étude internationale publiée dans le
“
D’ici à quinze ans,
nous aurons 30 %
d’AVC en plus
”
PR BÉJOT, NEUROLOGUE AU CHU DE DIJON
numéro d’octobre de la revue The Lancet
Neurology ne s’est pas focalisée sur la
zone hémorragique mais sur le risque
d’aggravation. Les auteurs ont repris les
données de 36 cohortes pour rassembler
les caractéristiques de 5 435 patients
ayant souffert d’un AVC hémorragique.
« C’est un travail considérable, commente le Pr Béjot, qui montre qu’il est possible
avec quelques données simples de repérer
les patients qui ont le plus de risque de voir
leur hémorragie s’aggraver. »
S’il n’existe pas aujourd’hui de traitement efficace, en dehors du maintien de
la pression artériel à un niveau raisonnable (ni trop haute ni trop basse), les
recherches en cours visent à terme de
pouvoir proposer un traitement aux patients les plus à risque. Par exemple, les
Traitement en urgence d’un AVC ischémique par une thrombectomie, à l’hôpital
Pasteur 2, à Nice. Cette procédure consiste à retirer un caillot à l’aide d’un dispositif
mécanique par voie endovasculaire sous contrôle radioscopique. A. NOOR/BSIP
personnes qui font une hémorragie cérébrale alors qu’elles sont sous anticoagulants ou antiplaquettaires (aspirine).
C’est le principal facteur de risque d’aggravation de l’hémorragie retrouvée
dans l’étude du Lancet Neurology.
« Attention, ça ne veut pas dire qu’il ne
faut plus prendre ces traitements lorsqu’ils ont été prescrits, car c’est en général pour éviter un autre danger encore
plus fréquent, l’ischémie, notamment du
cœur (infarctus) ou du cerveau (AVC) »,
met en garde le Pr Charlotte Cordonnier
(Inserm), à la tête du service de neurologie au CHU de Lille. « Mais cela souligne l’importance d’une bonne évaluation
de la balance bénéfice-risque lors de la
prescription », précise-t-elle.
En prévention secondaire (après un
accident cardio-vasculaire), l’anticoagulation est la règle. Pour la prévention primaire, une étude présentée
le mois dernier au congrès de la Société
européenne de cardiologie (ESC) montrait que pour les personnes à faible
risque cardio-vasculaire, la prise quotidienne de 100 mg d’aspirine était
inutile. Cependant, la grande majorité
des gens qui font un AVC ne sont pas
sous aspirine. D’ailleurs, dans l’étude,
5 076 des 5 435 patients analysés n’en
prenaient pas. Et 20 % d’entre eux ont
tout de même vu leur hématome augmenter de volume.
Peut-on réduire son risque de faire
une hémorragie cérébrale ? Pour le
Pr Béjot, « le message le plus important
c’est de surveiller sa pression artérielle,
car c’est le principal facteur de risque.
Avec des appareils d’automesure tensionnelle, il est facile de vérifier soi-même
sa tension et de consulter son médecin en
cas d’anomalie. »
L’autre conseil important est de faire
appel au 15 si des symptômes d’AVC apparaissent : déformation du visage, difficulté à parler, trouble de la vision, paralysie ou faiblesse d’un bras ou d’une
jambe. « Qu’il s’agisse d’un AVC ischémique ou hémorragique, on a démontré
que la prise en charge dans une filière
AVC spécifique diminuait la mortalité »,
explique le Pr Cordonnier.
Encore faudrait-il que les unités
neuro-vasculaires déjà présentes sur le
territoire développent leurs capacités
d’accueil. « Les besoins augmentent
chaque année car la population vieillit, et
d’ici à quinze ans, nous aurons 30 %
d’AVC en plus », remarque le Pr Béjot. ■
* Ce chiffre inclut les accidents
ischémiques transitoires (AIT)
correspondant à une forme d’AVC
ischémique dans laquelle les signes
cliniques sont spontanément résolutifs
en quelques minutes.
(Agence américaine de l’océan et de l’atmosphère). Puis, en appliquant leurs méthodes sur l’inondation, qui a d’abord
provoqué un léger enfoncement du sol
puis une remontée très progressive de la
croûte terrestre, les scientifiques ont déterminé les mouvements de l’eau pendant plus d’un mois. Ils ont déterminé où
avait stagné environ un tiers de l’eau apportée par Harvey. D’abord, pendant une
semaine, il y a eu un rapide drainage de
8,2 km3 par jour d’eau vers l’océan suivi
par une « évapotranspiration » de 1 km3
par jour durant les cinq semaines suivantes. Cela correspond à l’eau « absorbée
par les plantes et celle qui s’évapore sous
l’effet de la radiation solaire », précise
Christopher Milliner.
Maillage fin
L’intérêt d’avoir un maillage fin permet
ainsi de savoir où l’eau stagne, s’écoule et
de déterminer les goulots d’étranglement
pour son évacuation. Ainsi, « les GPS
donnent des informations pour mieux comprendre ce qu’il se passe à court terme. Ils
pourraient aussi permettre de valider et
calibrer les modèles hydrologiques », complète le chercheur français. Cette modélisation aide à avoir une vision plus précise
du drainage de l’eau dans une zone et « à
comprendre comment l’améliorer dans le
futur », explique Christopher Milliner.
Pour l’instant, aucune agence américaine
n’a décidé de l’appliquer, mais il serait
possible d’envisager de creuser le lit de
certaines rivières ou de les élargir.
« Cette méthode a toutefois une faiblesse, tempère le chercheur français. Elle
nécessite un réseau dense de stations
GPS. » C’est le cas aux États-Unis où des
milliers de points de mesure sont implantés dans tout le pays, notamment autour
de grandes villes comme Houston, touchée par Harvey. De plus, il sera nécessaire d’enregistrer un événement climatique extrême dans une zone considérée
pour déterminer les points de rétention et
améliorer l’évacuation de l’eau dans le
futur. ■
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A
Les mouvements de la croûte terrestre
permettent d’observer le drainage de l’eau.
JOE RAEDLE/AFP
Mesurer les
inondations
après un ouragan
grâce au GPS
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
14
SPORT
Kevin Mayer :
« Je ne vois pas
de limites à ma
progression »
Kevin Mayer lors
du concours du saut
à la perche, le 16 septembre,
au Décastar de Talence
où le Français a battu
le record du monde
de l’Américain Ashton Eaton.
CÉDRIC CALLIER ccallier@lefigaro.fr
ATHLÉTISME Mercredi dernier, dans un
hôtel parisien. Trois jours après avoir
amélioré le record du monde du décathlon à Talence avec un total de 9 126
points, Kevin Mayer enchaîne les rendez-vous. Sans souffler. Et sans se départir de son naturel. Homme de
convictions et de valeurs, l’athlète ne
manie pas la langue de bois, ce qui le
rend passionnant. Surtout avec ce sourire qui ne le quitte plus depuis le weekend dernier et qui en dit long sur le bonheur actuel d’un champion de 26 ans qui
n’a peut-être pas fini de grandir et se
montre préoccupé par l’avenir du sport
français « face à une baisse de ses moyens
financiers » : « J’ai peur pour l’avenir du
sport français. J’ai toujours eu l’impression qu’on voulait des grands sportifs,
mais qu’on ne s’en donnait pas les moyens.
À travers le sport, il y a plein de valeurs qui
se véhiculent […] et le fait de baisser les
moyens alors qu’on vient d’avoir les JO, je
n’arrive pas à comprendre le but. »
LE FIGARO. - Êtes-vous redescendu
de votre nuage ?
Kevin MAYER. - J’ai vécu quelque chose
d’extraordinaire et je n’arrive pas encore
à me dire que c’était vrai, que c’est moi
qui l’ai fait, je n’arrive pas à trouver cela
impressionnant comme les gens me le
disent. Je suis en complet décalage par
rapport à cela. Je me souviens juste que le
moment était incroyable.
Lequel précisément ?
C’est le javelot qui a été le moment fort.
Quand j’ai fait 71 m au dernier essai, j’ai
tout mis et c’est à ce moment-là que j’ai
été sûr d’avoir le record.
«
Il y a également
un travail mental
à fournir, avec
une discipline
à respecter.
Arrivez-vous à profiter
de la vie autant
qu’avant ?
Il y a des choix à faire
dans la vie. L’athlétisme m’apporte tellement que je n’ai plus besoin de tout ce
que j’avais avant. Nous avons tous eu
une vie étudiante. J’ai fait très jeune de
très bons résultats en athlétisme et ma
vie étudiante n’a pas été la même que
tout le monde. J’ai essayé d’en profiter,
mais j’ai vite compris que cela n’allait
pas le faire avec mes ambitions sportives. Et depuis Rio en 2016, mon hygiène
de vie est pratiquement irréprochable.
Je sens que je peux demander beaucoup
plus à mon corps qu’avant.
»
Battre un tel record ne doit rien
au hasard. Arrivez-vous à cibler
quelques moments déterminants
de votre carrière, comme les Jeux
olympiques 2012 (15e) ou 2016
(médaille d’argent) peut-être ?
Ce sont mes rencontres avec Bertrand
Valcin (son entraîneur) en 2008 et avec
Jérôme Simian (son préparateur physique) en 2014. Ce sont eux qui ont
construit tout cela, pas des événements.
Cela fait quatre ans que je travaille avec
Jérôme, et je suis de moins en moins
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Par vous ?
Peut-être. Vous voyez, vous me reposez
déjà la question (rires). Cela arrivera
quand cela arrivera. Je sais que je vais
progresser. C’est le premier facteur et sur
celui-ci, j’ai des certitudes, des convictions. Le second facteur tient en ma capacité à réussir de nouveau un décathlon
comme celui de Talence, où tout s’est
bien mis en place. Les astres se sont alignés, mais rien ne dit que cela arrive de
nouveau. Mais avant de rebattre ce record, je n’ai qu’une envie, c’est de décrocher des médailles et des titres.
Existe-t-il un concurrent capable de
vous pousser dans vos retranchements ?
Il y aura toujours des concurrents. Je me
sers de l’adversité pour y arriver. Après,
peut-être que mes adversaires seront
différents selon les épreuves. À chaque
fois, il y a quelqu’un qui me titille et je refuse de me dire que je suis intouchable. Je
ne veux pas avoir cette prétention.
J’aime la compétition, j’aime l’adversité.
Un record du monde, c’est à part. Quand
on voit ce qui s’est passé à Berlin lors des
derniers championnats d’Europe (il a renoncé après un zéro à la longueur), cela
veut bien dire que tout est possible.
Avez-vous peur du vide après avoir
réalisé ce record du monde ?
Non, pas du tout. J’adore mon sport et je
compte bien profiter de ce record. Je vais
partir en vacances, je vais
Où se situent les limites ?
décompresser. Beaucoup
de personnes attendent de
Je ne m’en fixe jamais. On
grandes choses de ma part.
m’a parlé mille fois du reCela faisait deux ans que
cord du monde avant ce
tout le monde me parlait de
week-end. Cela m’a barbé,
battre ce record et maintecar le décathlon, ce n’est pas
1992
nant que je l’ai, je ne vais
comme un 100m, il s’agit
Naissance
pas déprimer (sourire). En
d’enchaîner dix épreuves à
à Argenteuil.
plus, j’adore la vie et j’adore
la perfection. Je ne sais pas si
2012
vivre le moment présent, ce
un jour j’arriverai de nou15e des Jeux
qui signifie que je ne suis
veau à enchaîner les perforolympiques.
plus du tout dans mon remances ainsi dans toutes les
2014
cord du monde au moment
disciplines. Mais ce qui est
Vice-champion
où je vous parle. J’ai la sasûr, c’est que je vais contid’Europe.
tisfaction de l’avoir vécu et
nuer à progresser physique2016
j’en profite dans le moment
ment et techniquement. Je
Vice-champion
présent. Aujourd’hui, je
ne vois pas de limites à ma
olympique.
suis simplement heureux.
progression. Et je ne vois pas
2017
pourquoi je m’en fixerais
Champion d’Europe
puisque chaque année,
Depuis la retraite d’Usain
(indoor) et champion
j’aime me laisser surprenBolt, on a le sentiment
du monde.
dre. Peut-être que la suite
que l’athlétisme se cherche
2018
ne sera pas exceptionnelle et
un nouveau héros.
Champion du monde
que je vais toucher mes li(indoor) et recordman Cela pourrait être vous ?
mites. Mais je ne veux pas y
Ce n’est pas à moi de prendu monde
penser.
dre cette place, c’est aux
avec 9 126 points,
gens de me la donner. Ce
à Talence,
serait un grand honneur en
Au-delà du bonheur
le 17 septembre.
tout cas. J’aimerais le faire
d’avoir battu ce record,
aussi bien qu’Usain Bolt, même si je ne
ressentez-vous aussi du soulagement
suis pas aussi charismatique que lui. Ce
que l’on cesse de vous en parler ?
qu’il a réalisé demeure incroyable. À ma
Oui, il y a une part de soulagement.
petite échelle, je pense pouvoir apporter
Personne ne se rendait compte de la
à l’athlétisme et je veux la représenter
difficulté de la chose et souvent, on
avec le plus de naturel possible.
m’en parlait trop à la légère. Cela m’a
mis une pression énorme. Je me sentais capable de le battre, mais je ne
Vous représentez aussi un sport propre,
voulais pas me le mettre dans la tête. Il
ce qui compte énormément…
devait arriver comme cela. Ce n’est
Je me suis toujours dit que le jour où cerpas comme une médaille. Donc c’est
tains affirmeront que je suis dopé, ce sera
un soulagement car on ne va plus
bon signe. Cela voudra dire que je réalise
m’en parler. Je suis tranquille pour
des choses inimaginables pour les gens.
quelques années même si un record
Après, peut-être que si on ne me parle
du monde est fait pour être battu et
pas de dopage, c’est peut-être parce que
qu’il le sera.
je suis transparent sur les réseaux so-
Bio
EXPRESS
Théodore Géricault
(1791 – 1824)
Etalon arabe effrayé
par deux fauves
Clôture du catalogue imminente
A
blessé. Du coup, je progresse physiquement chaque année, et avec Bertrand,
c’est devenu une régalade technique, car
mon corps m’offre de plus en plus d’options. C’est vraiment grâce à eux que j’en
suis là. Il fallait vraiment que je trouve un
spécialiste de la préparation physique, et
Jérôme m’a permis de trouver une stabilité, tout en me faisant exploser physiquement. Cela se voit dans le sprint où je
progresse de manière ligens pour néaire chaque année.
J’essaie de tout livrer aux
leur montrer comment on peut
y arriver sans se doper. C’est
peut-être pour cela que personne
ne pense que je me dope. C’est une
fierté énorme en ce qui me concerne.
Peut-être ma plus grande…
Agrément cvv du 25/10/2001 - Commissaire-priseur : Matthieu Fournier
PROPOS RECUEILLIS PAR
ciaux, que je partage tout. J’essaie de tout
livrer aux gens pour leur montrer comment on peut y arriver sans se doper.
C’est peut-être pour cela que personne
ne pense que je me dope. C’est une fierté
énorme en ce qui me concerne. Peutêtre ma plus grande…
Êtes-vous impressionné par ce que font
les autres athlètes, comme Kipchoge qui
a battu aussi dimanche dernier le record
du marathon ?
Bien sûr ! Kipchoge, c’est incroyable. Ce
dimanche-là était quand même hallucinant, électrique, avec ces deux records
du monde battus alors qu’ils semblaient
imbattables. Je reste admiratif de ce que
réalisent les autres, je sais tout le travail
que cela nécessite pour y parvenir. Son
marathon, cela n’a pas été le plus dur
pour lui, tout comme mon décathlon n’a
pas été le plus dur pour moi.
La suite passe par Tokyo 2020 et Paris
2024 ?
Oui, j’ai une vision assez olympique de la
suite. J’aimerais encore participer à trois
Jeux olympiques. Jusqu’en 2028. Je pense
que c’est possible, car je suis de moins en
moins blessé chaque année. Et je prends
de plus en plus de plaisir dans ce que je
fais. Donc je ne me vois pas arrêter avant.
Tant que je ne suis pas blessé, tant que je
suis capable de courir… ■
EN BREF
Ligue 1 : duel d’Olympiques
Le duel d’Olympiques entre
Marseille et Lyon, déjà décisif pour
la course au podium de L 1, sera
dimanche le choc de la 6e journée.
Une journée marquée par les
retrouvailles de Hatem Ben Arfa,
recrue star de Rennes, avec son
ancien club le Paris SG.
6E JOURNÉE LIGUE 1
MONACO (15)
LILLE (3)
ANGERS (12)
MONTPELLIER (6)
REIMS (10)
S.-ÉTIENNE (14)
STRASBOURG (16)
RENNES (9)
GUINGAMP (20)
LYON (7)
hier
sam. 17h
C+
20h beIN
dim. 15h
beIN
17h
21h C+
NÎMES (8)
NANTES (17)
TOULOUSE (4)
NICE (11)
DIJON (5)
CAEN (13)
AMIENS (18)
PARIS SG (1)
BORDEAUX (19)
MARSEILLE (2)
Top 14 : le match de la peur
Zéro victoire en 8 matchs.
Tel est l’implacable bilan
des promus, Grenoble
et Perpignan, cette saison
en Top 14. Autant dire que le battu
de cette confrontation directe
lorgnera déjà vers la Pro D2.
5E JOURNÉE TOP 14
BORDEAUX (10)
samedi
CLERMONT (1)
14h45 C+
LA ROCHELLE (7)
18h LYON (5)
AGEN (9)
TOULON (12)
GRENOBLE (13)
PERPIGNAN (14)
RACING 92 (6) 20 h 45 C+ CASTRES (3)
PAU (8)
dimanche1
ST. FRANÇAIS (2)
2h30 C+
MONTPELLIER (11) 16 h 50 C+ TOULOUSE (4)
NICOLAS TUCAT/AFP
Le recordman du monde
du décathlon raconte
son exploit et la suite,
lui qui se voit encore
participer à trois JO.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
LE CARNET DU JOUR
15
Pour sa huitième édition,
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(excepté les 1er janvier, 1er mai, 15 août, 25 décembre)
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Le duc
d'AUDIFFRET PASQUIER
et la duchesse, née
Alizée Dassonville,
ont la joie d'annoncer
la naissance de leur fils
Olivier Camoin,
son parrain,
a la joie d'annoncer
la naissance de
Charlize MITELMAN
le jeudi 20 septembre 2018,
à Nancy, fille de
Sidney MITELMAN
et Roxane RENAUD
Etienne
le 13 septembre 2018, à Londres.
Mme Patrick de FRÉMINET
Baptêmes
Mme Françoise DECORDE
M. Jean-Pierre HENRY
née Brigitte Baudry,
en union avec
ses grands-parents,
Mme Brigitte GUIONNET
M. Georges-Marie VEFOUR
ont la joie d'annoncer
le baptême, ce dimanche
23 septembre 2018, en l'église
Saint-Pierre de Giens,
à Hyères, de
M. Patrick de Fréminet
Alice et Agathe
ont la joie d'annoncer
la naissance de
Albane CHELBA
née le 14 novembre 2017.
Adèle
Monique MIAILHE SICHÈRE
en union avec
le docteur René-Marie Sichère
a la joie d'annoncer
la naissance de ses 26e, 27e, 28e
arrière-petits-enfants,
Joséphine
le 8 août 2017,
et son frère,
La baronne de Ginestous,
Mme Corvin Zarnowiecka,
M. et Mme
Christophe de Latude,
M. et Mme
Jean-Jacques Montfort
laissent à Henri,
la joie d'annoncer le baptême,
ce samedi 22 septembre 2018,
de
Victoire
née le 18 avril 2018, chez
Léonard
Jacques et Astrid de LATUDE
le 9 septembre 2018, chez
Jean-Philippe et Charlotte
SICHÈRE-LAWTON
Marguerite
sœur de Laetitia et Lucas,
le 10 février 2018, chez
Eric et Charlotte SICHÈRE
partagent avec Samuel, Liam,
Carole, Grégoire et Erika,
la joie d'annoncer la naissance
de leurs 6e, 7e, 8e et 9e
arrière-petits-enfants
fiançailles
M. Stephen CHICHE
et Mme, née Sabine Riu,
sont heureux de vous annoncer
les fiançailles de leurs enfants,
Claire et Thibault
le 21 avril 2018,
à Dundee (Ecosse), chez
Laure et Louis
BANVILLET-DORSEMAINE
Sixtine
le 8 mai 2018,
à Mont-Saint-Aignan, chez
Marie-Virginie et Nicolas
de VERGNES
Luna
le 3 septembre 2018,
à Singapour, chez
Eliot et Vanessa
AUGIER de MOUSSAC
Merci.
Alain Delon.
recherches
Dans le cadre d'un dossier
spécial patrimoine
de 200 pages,
a été décerné dans les locaux
de l'Institut Claude Pompidou,
à Nice, le 14 septembre 2018,
au professeur Guylène Page,
directrice de l'unité
neuro-vasculaire
et troubles cognitifs
de l'université de Poitiers.
Le Prix d'un montant
de 100 000 euros va permettre
à cette équipe scientifique
de doter son laboratoire
de matériels de haute
technologie nécessaires à ses
travaux sur l'environnement
chimio-thérapeutique des
cellules du sang périphérique
dans la maladie d'Alzheimer.
Aider la Fondation
Claude Pompidou
c'est aussi lutter contre
la maladie d'Alzheimer.
Fondation Claude Pompidou
42, rue du Louvre, 75001 Paris.
le magazine Lyon People
recherche des témoignages,
photos et documents sur les
châteaux
et maisons bourgeoises
de Caluire-et-Cuire
Marc Engelhard,
téléphone : 04 72 82 97 78,
plus d'informations sur
www.lyonpeople.com
communications
Le Collège des Bernardins
organise un débat
le mardi 25 septembre 2018,
à 20 heures,
Foi et science ont-elles
la raison en commun ?
Avec Michel Blay,
Eric Fiat,
le père Thierry Magnin.
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
Le Collège des Bernardins
organise un débat
le mardi 2 octobre 2018,
à 20 heures,
Le Collège des Bernardins
organise
un débat philosophique
« Graine de philo »
pour les enfants de 7 à 12 ans,
le samedi 6 octobre 2018,
à 10 h 30,
L'homme dans l'univers
Comment l'homme perçoit-il
sa place dans le cosmos ?
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
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conférences
L'Association internationale
Saint-Roch
24, rue Saint-Roch, Paris (1er),
pour la dixième année,
poursuit ses débats sur
l'Homme et la Création
le jeudi, à 18 h 30 :
- le 27 septembre 2018,
avec Xavier de Bayser :
La simplicité
- le 18 octobre 2018,
avec
le père Antoine Guggenheim
et Diane d'Audiffret :
L'humanité et la fragilité
Avec Rémi Brague
et François Jullien.
- le 22 novembre 2018,
avec Mgr Benoist de Sinety :
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
- le 13 décembre 2018,
avec Henri Madelin, sj, :
L'hospitalité
L'autorité
- le 17 janvier 2019,
avec Remo Vescia :
Le Collège des Bernardins
organise un débat
le jeudi 27 septembre 2018,
à 18 heures,
Avec notamment
Philippe Bénéton,
Lena Morozova-Friha.
Entrée libre sur réservation.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
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La primauté du Christ
selon Teilhard
Présentation par
le père Thierry de l'Epine
et Olivier Moulin-Roussel.
Le forum
du patrimoine familial
On nous prie d'annoncer
les fiançailles de
Mlle Zoé FRŒLICHER
fille de M. Olivier Frœlicher
et de Mme, née
Laure de Seguin de Reyniès,
avec
M. Hadrien JAEGER
fils de M. Jean-Marc Jaeger
et de Mme, née Sylvie Michel.
Camille PASCAL
sera l'invité des
Jeudis de La Procure
pour son livre
L'été des quatre rois
(Plon),
le jeudi 27 septembre 2018
de 18 h 30 à 19 h 30,
à la librairie La Procure
3, rue de Mézières, Paris (6e).
avec la participation
des conférenciers :
Claude Abrial,
José Arrebola,
Géraud Chambeiron,
Rémi Dumas,
Henri Hovasse,
Denis Krief,
Sébastien Pestel,
Philippe Reigné.
Programme détaillé
et inscription sur :
forum.patrimoine.familial
@gmail.com
Jocelyne Deperrier
et Maud Nieza.
deuils
Nous sommes priés d'annoncer
le décès de
Mlle Colette AMBLARD
le 16 septembre 2018,
dans sa 83e année.
La bénédiction sera donnée
en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption
de Boigneville (Essonne),
le mardi 25 septembre,
à 14 h 30.
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Le professeur Jacques Barbier,
son époux,
Franck et Anne-Marie Martin,
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et Marie-Christine Garrett,
ses fils et belles-filles,
Virginie, Alexandre,
Caroline, Emilie,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de faire part du décès de
née Brin,
survenu le 10 septembre 2018,
à l'âge de 90 ans.
La cérémonie religieuse
a été célébrée à Paris,
dans l'intimité familiale.
Mme Jean BRUGÈRE
survenu le 17 septembre 2018,
à l'âge de 91 ans, à Clamart,
munie des sacrements
de l'Église.
La cérémonie religieuse
a été célébrée
en l'église Saint-Martin
de Charenton-du-Cher (Cher),
le 21 septembre,
suivie de l'inhumation
au cimetière de la ville.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Je ne meurs pas,
j'entre dans la Vie.
Stéphane et Aurélie,
Merlin,
Benjamin et Fabien,
Capucine
ainsi que toute la famille
Sylvie reposera en paix
auprès de son tendre époux.
Bernadette BARBIER
née Carrelet de Loisy,
survenu le 12 septembre 2018,
dans sa 102e année.
Les obsèques ont eu lieu
dans l'intimité familiale.
Mme Michel BURTSCHELL
née Sylvie Aubert de Vincelles,
le 26 janvier 1949.
La famille tient à remercier
le personnel médical
et soignant de la clinique
Pasteur, à Brest.
On nous prie
de faire part du décès de
André CAPRON
Lyon. Marseille.
X 49,
Jean-Jacques et Alix Berthelon,
Chantal Berthelon,
Anne-France et Claude (†)
Gobert-Berthelon,
ses enfants,
ses cinq petits-enfants
et leurs conjoints,
ses huit arrière-petits-enfants
ont la douleur
de vous faire part du décès de
survenu le 5 septembre 2018,
à l'âge de 90 ans,
à Motteville (Seine-Maritime),
dans sa solitude,
son humour et sa dignité.
Nicole Berry Bertrand,
sa cousine.
Mme Marie BERTHELON
née Roussel.
La cérémonie aura lieu
le mardi 25 septembre 2018,
à 10 h 30, en l'église
Notre-Dame-du-Bon-Secours,
Lyon (3e),
suivie de l'inhumation
dans l'intimité.
La famille rappelle
à votre souvenir son époux,
Antoine
décédé le 12 octobre 2000.
Les familles Bescond,
Bodson, Dardard et Delavenne
sont dans la peine,
Ses cendres seront dispersées
dans la baie de Douarnenez
si chère à son cœur.
En souvenir de lui
des dons peuvent être faits
à France Alzheimer.
Nos remerciements vont
à ceux q uil'ont accompagné
à la villa Baucis,
à Fontainebleau.
Condoléances sur
www.dansnoscoeurs.fr
La baronne Bertrand Coudein,
M. et Mme Jérôme Coudein,
Inès, Pauline et Thibault,
M. et Mme Christophe Gorce,
Philippine, Margaux
et Hippolyte
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu du
baron Bertrand COUDEIN
le 19 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 24 septembre,
à 9 h 30, en l'église
Notre-Dame de Bordeaux,
1, place du Chapelet,
suivie de l'inhumation
au cimetière de l'Île-d'Aix.
Les membres de la
Société des Amis de l'Île d'Aix
ont la tristesse
de vous faire part du décès
de leur président,
Bertrand COUDEIN
survenu le 19 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 24 septembre, à 9 h 30,
en l'église Notre-Dame,
à Bordeaux,
1, place du Chapelet,
suivie de l'inhumation
au cimetière de l'Île-d'Aix.
Société des Amis de l'Île d'Aix,
Maison Rose,
rue Gourgaud,
17123 Île-d'Aix.
ont la douleur
de vous faire part du décès de
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Ses obsèques ont été célébrées
dans l'intimité familiale,
le 18 septembre 2018.
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
ont la tristesse
de faire part du décès de
La messe d'obsèques aura lieu
le lundi 24 septembre 2018,
à 14 h 30, en l'église
de Brignogan (Finistère).
organise
un cycle de conférences
d'octobre à mai
Première le lundi 8 octobre,
à 20 heures,
avec Timothée Gautier,
Elisabeth Geffroy.
Héloïse, Clotilde, Jeanne,
Maxime, Gaëtan,
ses arrière-petits-enfants,
Mme Capucine de Castex,
sa fille,
Mme Edouard Lussan,
Mme Clément Marçais,
ses petites-filles,
Maxime, Vladimir et Louise
Lussan,
Antoine, Gaspard et Félicité
Marçais,
ses arrière-petits-enfants,
Le Collège des Bernardins
sous la responsabilité
de Louis Manaranche.
Aurélien,
Alexis et Christelle,
Frédéric et Valentine,
Louis et Soline,
Dorothée et Antoine,
Noé,
Félix,
ses petits-enfants,
Geneviève BARBIER
est parti au terme d'un long
et douloureux voyage,
le 16 septembre 2018.
Recréer du lien
dans une « société liquide »
Didier et Marie-France (†)
Brugère,
Denis (†) et Nathalie Brugère,
Elisabeth et Pierre Hovakimian,
ses enfants,
née Geneviève Gosset,
Paris (5e). Masseuil (Vienne).
Jacques BESCOND
se tiendra à Paris, les vendredi
23 et samedi 24 novembre 2018,
sous la présidence
du docteur
Jean-Jacques Saragoussi,
le 18 avril 2018,
à Fort-de-France, chez
James
Que ceux et celles
qui l'ont aimée
et l'aiment encore
aient une pensée pour elle.
et Mme, née
Françoise Duflocq,
Mélia
Victoire et Grégory de JAHAM
Romy SCHNEIDER
le Prix Claude Pompidou
pour la recherche
sur la maladie d'Alzheimer
Consultations citoyennes
sur l'Europe
M. Yves ANGRAND
Le docteur Jean-Claude MOT
et Mme, née Annik Rivain,
dite
Croire ou ne pas croire,
une question obsolète ?
le 13 juin 2018, chez
Amaury de FRÉMINET
et Audrey VEFOUR
Rosemarie Albach-Retty
aurait 80 ans aujourd'hui,
ce dimanche 23 septembre.
01 56 52 27 27
naissances
anniversaires
Compiègne (Oise).
Chessy (Seine-et-Marne).
Eric et Corinne Chartier,
son fils et sa belle-fille,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la douleur
de vous faire part du décès de
M. Philippe CHARTIER
survenu le 19 septembre 2018,
à l'âge de 86 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 25 septembre,
à 10 heures, en l'église
Saint-Paul-des-Sablons,
à Compiègne, suivie
de l'inhumation à 14 h 30,
au cimetière de Chessy.
Beaulieu-sur-Mer. Lyon.
Limoges. Le Puy-en-Velay.
Le Monastier-sur-Gazeille.
Mme Joseph Exbrayat,
née Geneviève Tessier,
son épouse,
le docteur Patrick Exbrayat
et son épouse,
M. Yvon Exbrayat
et son épouse,
le docteur Christian Exbrayat
et son épouse,
ses fils et belles-filles,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
Mme Yvonne Exbrayat,
sa belle-sœur,
Mme Eliette Exbrayat
et son époux,
Pierre Bertrand,
Mme Catherine Exbrayat
et son époux,
M. Alain Bertrand,
le docteur Joël Exbrayat
et son épouse,
ses nièces et son neveu
et leurs conjoints,
ainsi que leurs enfants,
le docteur Catherine Rocco
et son fils Evan
ont la douleur de faire part
du décès du
professeur
Joseph EXBRAYAT
professeur de l'Université,
ancien doyen de la faculté
de chirurgie-dentaire
de l'université
de Nice-Sophia Antipolis,
survenu à Monaco,
le 19 septembre 2018,
à l'âge de 85 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le mardi 25 septembre,
à 15 heures, en l'église
de Beaulieu-sur-Mer, suivie
de l'inhumation au cimetière
de Beaulieu-sur-Mer.
Les visites se font à l'athanée
de Monaco.
On nous prie de faire part
du rappel à Dieu de la
Cet avis tient lieu de faire-part.
baronne Patrice
GOURY du ROSLAN
née Mildred de Luppé,
M. et Mme Christophe
Flayelle de Xandrin,
leurs enfants et petits-enfants,
ses petits-neveux,
font part du rappel à Dieu de
Mme Lucien COUAILLIER
née Denise Sterbecq,
le 9 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
a été célébrée dans l'intimité
familiale.
le 9 septembre 2018.
Selon sa volonté,
la cérémonie religieuse
a eu lieu
dans l'intimité familiale,
à Vernou-en-Sologne,
le 15 septembre 2018.
le carnet du jour
Associations, fondations
remerciez vos donateurs
Communiquez votre message :
Tél. 01 56 52 27 27 • Fax. 01 56 52 20 90
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
16
LE CARNET DU JOUR
L'ingénieur général
de l'armement et Mme
Olivier Gras,
M. et Mme Dominique Gras,
ses enfants,
Charles-Etienne Gras,
Henri et Ombeline de Noblens,
ses petits-enfants,
Raphaël de Noblens,
son arrière-petit-fils,
le docteur Elisabeth Gras,
sa belle-sœur,
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Etienne GRAS
née Marie Marguerite Meau,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
le lundi 17 septembre 2018,
dans sa 96e année.
La cérémonie religieuse
aura lieu
ce samedi 22 septembre,
à 10 h 30,
en la chapelle Saint-Avit,
à Saint-Amans-de-Pellagal
(Tarn-et-Garonne).
Une messe sera célébrée
en sa mémoire
le lundi 1er octobre,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Pierre-du-Gros-Caillou,
à Paris (7e).
Le docteur André GRENIER
médecin généraliste,
à Guipry (Ille-et-Vilaine),
nous a quittés le 18 août 2018.
Un office religieux sera célébré
à sa mémoire
le mercredi 26 septembre 2018,
en la cathédrale orthodoxe
Saint-Alexandre-Nevski,
12, rue Daru, Paris (8e).
De la part de
son épouse,
le docteur
Véra Grenier-Nicolsky,
et sa fille,
Anne-Laure
Grenier-Fontbonne.
Michelle Jouannique-Durand,
son épouse,
Muriel Mignot,
son épouse,
ses enfants et leurs conjoints,
ses petits-enfants,
les familles Jouannique,
Schaller, Durand
Amélie et Jean Clavel,
Tiphaine et Alexandre Rolin,
Élise Mignot et Yannick Derue,
Victor Mignot
et Aurore Martinez,
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès du
ses petits-enfants
et toute sa famille
colonel Arnaud JOUANNIQUE
Saint-Cyr,
promotion Général Laperrine,
officier de la Légion d'honneur,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 19 septembre 2018.
La cérémonie religieuse aura
lieu ce samedi 22 septembre,
à 10 h 30,
en l'abbatiale Sainte-Valérie,
à Chambon-sur-Voueize.
Mme Jean Le Forestier
du Buisson Sainte-Marguerite,
née Anne de Calmels-Puntis,
son épouse,
Guy et Catherine
Turquet de Beauregard,
Dominique et Marie-Laure (†)
Hausséguy,
Eric et Jeanne Le Forestier
du Buisson Sainte-Marguerite,
Arnaud Le Forestier
du Buisson Sainte-Marguerite,
ses enfants,
Albin et Delphine,
Capucine et Alban,
Pierre et Delphine,
Charlotte et Julien,
Alexis, Servane et Alexis,
Thibault, Léopold, Arthur
et Noé,
ses petits-enfants,
Clément, Malo, Philippa
et Florent,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Jean LE FORESTIER
du BUISSON
SAINTE-MARGUERITE
le 10 septembre 2018,
à l'âge de 89 ans.
M. Henri Harth,
son époux,
et toute la famille
ont la douleur
de vous faire part du décès de
La cérémonie religieuse
a été célébrée à Arcachon,
le 14 septembre 2018,
dans l'intimité familiale.
Mme Henri HARTH
née Maryse Allasia,
survenu le 17 septembre 2018,
à l'âge de 74 ans.
Les obsèques ont eu lieu
le vendredi 21 septembre,
à Paris.
19, avenue André-Malraux,
92300 Levallois-Perret.
Ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
ses frères et sœurs
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Christiane
HAVARD dit DUCLOS
survenu dans sa 87 année,
le 18 septembre 2018.
e
La cérémonie sera célébrée
au crématorium des Mureaux
(Yvelines),
le mercredi 26 septembre,
à 12 h 30.
L'inhumation dans le caveau
familial aura lieu
dans l'intimité,
le jeudi 27 septembre,
à 11 heures, au
cimetière de Nesles-la-Vallée
(Val-d'Oise).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Vienne (Isère). Marseille.
Les familles Jacquet, Jaillet,
Bertrand, Faure, Groz, Ramet
et Macabéo,
ses 536 neveux, petits-neveux,
arrière-petits-neveux et
arrière-arrière-petits-neveux
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Pierre JACQUET
à l'âge de 96 ans.
Philippe, Catherine, Gilles,
ses enfants, et leurs conjoints,
Sébastien, Valentin,
Claire-Adeline, Lila,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
docteur Claude LE PRESTRE
officier
de l'ordre national du Mérite,
chevalier de l'ordre
des Arts et des Lettres.
La cérémonie religieuse aura
lieu le lundi 24 septembre 2018,
à 14 h 30,
en l'église de Saint-Tropez,
suivie de l'inhumation
au cimetière marin.
On nous prie d'annoncer
le retour à Dieu de
Mlle de la MARNIERRE
Elle avait légué son corps
à la médecine.
Deux messes seront célébrées
à son intention à l'occasion
du 96e anniversaire
de sa naissance,
- le samedi 15 décembre 2018,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Léon, Paris (15e),
- le dimanche 16 décembre,
à 11 heures, en l'église
de Cloyes-sur-le-Loir
(Eure-et-Loir).
De la part
de sa sœur,
Soizic Roche,
et des familles McKeon,
Trembly de Laissardière
et Roche,
ses neveux et nièces.
Philippe Mercier,
son époux,
Fanny Mercier,
sa fille,
Jules, son petit-fils
ses frères et sœurs,
ses beaux-frères
et belles-sœurs,
ses neveux et nièces
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Antoine-de-Padoue,
au Chesnay, le lundi
24 septembre 2018, à 9 h 45.
Cheilly-lès-Maranges
(Saône-et-Loire).
ont la douleur
de vous faire part du décès de
M. Lucien NOLLET
survenu le 18 septembre 2018,
dans sa 81e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 27 septembre, à 11 h 30,
en l'église Sainte-Trinité
de Bois-Guillaume
(Seine-Maritime),
rue de la Mare-des-Champs.
Pierre Mounier-Kuhn,
son époux,
Pierre-Eric et Nathalie
Mounier-Kuhn,
Isabelle et Patrick Duncombe,
Ariane et Lionel Sauvage,
ses enfants,
Constantin et Aliénor,
ses petits-enfants,
ont la grande tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Monique MOUNIER-KUHN
journaliste,
ancienne responsable
de l'information au CNRS,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
le 18 septembre 2018,
à l'âge de 91 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 24 septembre, à 14 h 30,
en l'église Saint-Nicolas de
Meursault (Côte-d'Or), suivie
de l'inhumation au cimetière
de Cheilly-lès-Maranges.
Jean, son époux,
ses enfants et petits-fils
ont la douleur
de faire part du décès,
le 19 septembre 2018, de
Kitty PICARD
née Clerc.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Jean-Baptistede-Grenelle, Paris (15e),
le lundi 24 septembre, à 10 h 30.
Sa famille
vous fait part du décès,
le 14 septembre 2018, de
Edwidge PREWYSZ-KWINTO
née Kwilecka,
architecte DESA.
Cet avis tient lieu de faire-part.
83, avenue Henri-Martin,
75116 Paris.
77 bis, boulevard Béranger,
37000 Tours.
Dante et Tamar
Larcade de Moustier,
Jean-Edouard et Martha
de Marenches-de Moustier,
ses fils et leurs épouses,
Michel et Martine Prost,
Anne-Marie Villata,
Frédéric et Françoise Prost,
Juliette Picq,
ses enfants,
Adrien, Alexandre, Emile,
Guillaume, Lilit,
ses petits-enfants,
Hélène, Stéphanie, Agnès,
Caroline,
Romain, Marion, Nicolas,
Julien, Anna,
ses petits-enfants,
et leurs conjoints,
ont la douleur de vous
faire part du décès de la
comtesse Edouard
de MOUSTIER
née Agnès Henderson,
dans sa 90e année,
le 19 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
aura lieu en l'église catholique
13, route de la Frasse,
à Château-d'Oex (Suisse),
le vendredi 28 septembre,
à 14 h 15.
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Brigitte MERCIER
née Mollard.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le lundi 24 septembre 2018,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Ferdinand-des-Ternes,
Paris (17e).
Le Seigneur a accueilli
dans Sa Paix et Sa Lumière,
Antoine du PELOUX
de SAINT-ROMAIN
le 18 septembre 2018.
De la part de
Simone
du Peloux de Saint-Romain,
son épouse,
Dominique et Claire
du Peloux de Saint-Romain,
Emmanuel et Florence
Rougier,
Marc et Sylvie
du Peloux de Saint-Romain,
ses enfants,
Victor, Espérance, Valentine
du Peloux de Saint-Romain,
Antoine, Maxime et Valentine,
Raphaël, Noémie Rougier,
Maëlle, Gaëtan, Adélie
du Peloux de Saint-Romain,
ses petits-enfants,
Diego, Gabrielle, Paola
Rougier,
ses arrière-petits-enfants,
ses beaux-enfants
et leurs familles.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 25 septembre,
à 10 heures, en l'église
Saint-Honoré-d'Eylau,
Paris (16e).
L'inhumation aura lieu
le même jour, à 17 heures,
au cimetière des Carmes
de Clermont-Ferrand
(Puy-de-Dôme).
M. Jean Rimaud,
son époux,
Anne et Daniel Bertin,
Jean-Yves et Sophie Rimaud,
ses enfants,
François-Xavier,
Laure et Thomas,
Camille et Jeanne,
ses petits-enfants,
Solveig et Marin,
ses arrière-petits-enfants,
ses sœurs et belle-sœur
font part du rappel à Dieu de
Mme Jean RIMAUD
née Jeanne Guidal,
le 19 septembre 2018,
à l'âge de 91 ans, à Paris, munie
des sacrements de l'Église.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Charles-de-Monceau,
22 bis, rue Legendre,
à Paris (17e),
le mercredi 26 septembre,
à 10 heures,
suivie de l'inhumation
au cimetière de Montrouge,
dans la plus stricte intimité.
Un registre à signatures
tiendra lieu de condoléances.
Ni fleurs ni couronnes.
Cet avis tient lieu de faire-part.
154, boulevard Malesherbes,
75017 Paris.
Le comte Régis
de RIVERIEULX de VARAX
s'est endormi
dans la Paix du Seigneur,
le lundi 10 septembre 2018,
dans sa 74e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 26 septembre,
à 10 heures, en la cathédrale
Saint-Gatien de Tours,
suivie de l'inhumation
au cimetière de Montrésor.
« Titane »,
Le Chesnay (Yvelines).
née Chantal Peuchot.
dans sa 72e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Sainte-Jeanne-de-Chantal,
96, boulevard Murat,
Paris (16e),
le vendredi 28 septembre 2018,
à 10 h 30.
ses 19 arrière-petits-enfants
ont le regret
d'annoncer le décès de
Micheline PROST
La cérémonie religieuse
a été célébrée, dans la plus
stricte intimité, en l'église
de Saint-Sulpice-sur-Risle
(Orne).
De la part des familles
Burdin de Saint Martin,
d'Aboville et de Varax,
ses sœurs et son frère.
Une messe en mémoire de
remerciements
À l'occasion de
la Journée mondiale Alzheimer,
la
Fondation Vaincre Alzheimer
rend hommage à toutes celles
et tous ceux qui, par leurs dons
et leur legs, ont contribué
à faire avancer la recherche.
47, rue de Paradis,
75010 Paris.
Téléphone : 01 42 46 50 86.
Alice Holleaux,
née Gueyffier, son épouse,
ses enfants et petits-enfants,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
Jean-Marc HOLLEAUX
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
Son épouse,
ses enfants et petits-enfants,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
l'ingénieur général
de l'armement Joël MARCON
vous prient de trouver ici,
leurs profonds remerciements.
nmsa.marcon@gmail.com
Mme Edith Spiegel,
son épouse,
ses enfants, petits-enfants
et toute sa famille,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
C'était une vraie femme
d'Algérie.
13, rue des Michels,
06110 Le Cannet.
Le marquis de Puysegur,
le comte et la comtesse
de Puysegur,
ses enfants,
Diane, Alexandre,
ses petits-enfants,
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu de la
marquise de PUYSEGUR
née Dominique Mante,
le 17 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 25 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-Grâcede-Passy, 10, rue
de l'Annonciation, Paris (16e).
Les membres du
conseil d'administration de la
Société des amis
de Marcel Proust
et des amis de Combray
née Dominique Mante,
petite-nièce de Marcel Proust
et présidente d'honneur
de la Société.
Ils s'associent au deuil
de sa famille et de ses proches.
sera célébrée
ce samedi 22 septembre,
à 18 h 30, en l'église
Notre-Dame de Bordeaux.
messes
et anniversaires
Elisabeth Bailly,
Anne de Vilmarest
vous informent que
la messe de 18 h 30,
du lundi 1er octobre 2018,
en l'église Saint-Ignace,
33, rue de Sèvres, Paris (6e),
sera célébrée à l'intention de
Pierre BAILLY
rappelé à Dieu,
le 1er octobre 1978,
il y a quarante ans.
Senlis (Oise).
Le 25 septembre 2017,
Françoise DUBOURG
nous quittait pour rejoindre
la Maison du Père.
Vous, qui l'avez appréciée
et aimée, êtes invités à assister
ou à vous associer
par la pensée, à l'eucharistie
qui sera célébrée
pour le repos de son âme,
le mardi 25 septembre 2018,
à 18 heures, en la chapelle
Notre-Dame-de-Bon-Secours,
à Senlis.
In Paradisum deducant
te Angeli.
Pour le dixième anniversaire
du rappel à Dieu de
René DUGAS
Saint-Étienne-la-Varenne,
Le Perréon (Rhône). Autriche.
Lyon. Chamousset (Savoie).
Boulogne-Billancourt.
Michel Ruffier,
son frère,
ses neveux et nièces,
les familles Ruffier, Allemand,
Reiböck, Douillet et Vallario,
parents et alliés
vous font part avec tristesse
du décès de
Jean-Eugène RUFFIER
dans sa 87e année.
La messe de funérailles
aura lieu en l'église
de Saint-Étienne-la-Varenne,
le mardi 25 septembre 2018,
à 10 h 30, suivie de l'inhumation
au cimetière de Lyon-Loyasse.
Condoléances sur registre.
Mme Dominique Tonnard,
née Baudouin,
son épouse,
M. et Mme Julien Tonnard,
Mlle Raphaëlle Tonnard,
ses enfants,
Elisa,
sa petite-fille,
M. Jean-Claude Tonnard,
M. et Mme Patrick Tonnard,
ses frères et belle-sœur,
Michaël, William et Laëtitia,
Delfina et Nicolas,
ses neveux et nièces,
Léa,
sa petite-nièce,
Mme Nicole Baudouin,
sa belle-mère,
ont la douleur
de vous faire part du décès de
M. Alain TONNARD
messes
M. et Mme Michel Arsac
nous prient d'annoncer
la messe de requiem
qui sera célébrée
pour le repos de l'âme de
M. Philippe ARSAC
rappelé à Dieu le 25 août 2018,
en mer des Caraïbes,
à Aruba (Pays-Bas),
survenu à Paris,
le mercredi 19 septembre 2018,
à l'âge de 67 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 25 septembre,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
place d'Auteuil, à Paris (16e),
suivie de l'inhumation,
dans l'intimité, au cimetière
du Montparnasse, Paris (14e).
12, rue de Presbourg,
75116 Paris.
Marie-Françoise de VIVIEZ
Le 14 septembre 2018,
s'est déroulé au crématorium
d'Orange, un temps
de recueillement et d'adieu.
souvenirs
Ce matin du 22 septembre 1998,
il y avait du soleil.
28, place Saint-Ferdinand,
75017 Paris.
31, avenue Vandendriessche,
B-1150 Bruxelles.
3, place de Wagram,
75017 Paris.
est mort.
Il avait presque 21 ans.
Il ne supportait plus sa maladie.
Une messe à l'intention de
Mme François BACOT
née Bernadette
Raviot de Saint Anthost,
rappelée à Dieu le 21 août 2018,
sera célébrée en la basilique
Sainte-Clotilde, à Paris (7e),
le mercredi 26 septembre,
à 18 h 30.
Matthieu
Au printemps, il nous disait
qu'il ne voulait plus vivre, mais
nous essayions de le retenir.
Au début de l'été,
il se jeta dans le vide.
Il resta inconscient mais en vie,
comme si son âme hésitait
sur ce qu'elle voulait faire.
Plus tard, en septembre, il
respirait de plus en plus mal.
Après trois mois d'effort,
son cœur s'est arrêté.
Le 22 septembre à midi, il y
avait un grand vent d'automne.
Les feuilles volaient dans
le soleil. Elles semblaient
vouloir dire quelque chose ?
Brigitte et Jean BOUDY
Une messe sera célébrée en
l'église Saint-Thomas-d'Aquin,
Paris (7e), le lundi
1er octobre 2018, à 16 heures,
pour le repos de l'âme du
vicomte
Pierre de LONGUEMAR
rappelé à Dieu le 1er août 2018,
dans sa 90e année.
Vincent, Thomas et Julie Boudy,
Marylou, Théo, Adèle,
Marine et Benjamin.
Il y a un an,
Gérard LIGNAC
était rappelé à Dieu.
Une messe de requiem
sera célébrée
le lundi 1er octobre 2018,
à 17 h 45 précises, en l'église
Saint-Pierre-du-Gros-Caillou,
92, rue Saint-Dominique,
Paris (7e), à l'intention de
Yolande de ROQUEFEUIL
Sa femme remercie
tous ceux qui alors ont tenu
à témoigner de leur amitié.
La messe de ce dimanche
23 septembre 2018, sera
célébrée dans sa paroisse,
à son intention.
Merci à ceux qui l'ont aimé
de s'y joindre par la pensée
et la prière.
Le 10 août 2018,
Régine RAPHAËL
née de Verdun,
nous quittait.
C'est avec une immense
tristesse que
Paule Philippon
fait part de la disparition de
une messe sera célébrée
le jeudi 27 septembre, à 8 h 45,
en l'église Sainte-Thérèse,
57, rue du Chanoine-Larose,
à Nantes,
et à 12 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-Lorette,
8, rue Choron, Paris (9e).
le vendredi 28 septembre,
à 11 heures, en l'église
Saint-Ferdinand-des-Ternes,
27, rue d'Armaillé, Paris (17e).
président co-fondateur
du Groupe Audika,
ont appris avec une grande
tristesse la disparition de la
marquise de PUYSEGUR
Brigitte SNOLLAERTS
née Guyon de Salettes,
rappelée à Dieu le 11 août 2018,
M. Francis SPIEGEL
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
née Monsempès,
survenu le 16 septembre 2018,
en son domicile du Cannet,
dans sa 100e année.
le 18 juillet 2018.
La Touche Hersant,
28200 Lanneray,
Mme Gilbert LABADIE
Michel MIGNOT
Gérard et Catherine Nollet,
son frère, sa belle-sœur,
et leurs enfants,
ses belles-sœurs
et beaux-frères,
ses neveux et nièces
Saint-Tropez.
La cérémonie religieuse aura
lieu le mardi 25 septembre 2018,
à 9 h 30, en la cathédrale
Saint-Maurice de Vienne.
Gilbert Labadie,
son époux,
Jean, son fils,
Fanny, Véronique,
Thibaut, Domitille
et sœur Marguerite,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de faire part du décès,
le 16 septembre 2018,
à l'âge de 91 ans, de
ont la douleur
de vous faire part
du décès brutal de
Odile Nollet,
son épouse,
Gabriel et Isabelle Nollet,
Florence et Charles Blanchet,
ses enfants,
Marin, Victoire, Louis,
Raphaël, Mélany,
Constance, Paul, Jacques,
Hadrien,
ses petits-enfants,
Nicolas, son époux,
Viva et Douce,
ses sœurs,
vous invitent à vous joindre,
en présence, en prière
ou en pensée, à la messe
qui sera célébrée le jeudi
27 septembre 2018, à 19 heures,
en la chapelle haute
de l'église Saint-Pierre,
1, boulevard Jean-Mermoz,
à Neuilly-sur-Seine.
Le 24 septembre 1986,
Glenn SOUHAM
était rappelé à Dieu.
Sa maman
Eliane
l'a rejoint le 4 mai 2017.
Elle repose auprès de son fils
et de sa belle-fille,
Vanina
(†) le 6 août 1987.
Que ceux qui les ont aimés
aient une pensée et une prière
pour eux.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
17
La sélection de Tiger Woods
(ici, le 6 septembre à Newton
Square, en Pennsylvanie, lors
du BMW Championship) est
une aubaine pour les diffuseurs
de la Ryder Cup, qui prévoient
une augmentation significative
de leurs audiences.
G. SHAMUS/AFP
Tiger Woods, la belle surprise
de la Ryder Cup 2018 en France
£@LaurentLouet
lus de dix ans que la France attend
« sa » Ryder Cup, cette légendaire
compétition biennale entre les équipes européenne et américaine de golf
qui s’affrontent sur les greens depuis
1927. La Ryder Cup 2018 en France ?
Un projet fou, né dans la tête de Pascal
Grizot, vice-président et « agitateur d’idées » de la
Fédération française de golf, encouragé par l’esprit
entrepreneurial de Georges Barbaret, l’ex-président.
Et près de dix ans d’attente pour les licenciés du golf
français (410 261 en 2017) (1), dont 83 % ont voté pour
une cotisation majorée de trois euros jusqu’en 2022
afin de financer un tiers des 7,5 M€ de travaux nécessaires au Golf National. Cet événement si longtemps espéré deviendra donc une réalité la semaine
prochaine, du vendredi 28 au dimanche 30 septembre, à Saint-Quentin-en-Yvelines. « J’espère que la
Ryder Cup 2018 permettra à beaucoup de nos compatriotes d’apprécier le golf et ses champions, répète
aujourd’hui Pascal Grizot. Et que la France rayonnera
dans le monde grâce à ce rendez-vous international. »
En récompense de son ambition, le directeur de
Ryder Cup France 2018 a reçu un fantastique coup de
pouce du destin cet été, avec la sélection de Tiger
Woods au sein de l’équipe américaine. Un cadeau
inespéré, qui ajoute au spectacle l’un des plus grands
champions de l’histoire du sport. « Pour nous, sa présence compense l’absence d’un joueur français dans la
compétition, analyse Jean-Lou Charon, actuel président de la Fédération. Mais il faut bien avoir conscience
que, pour le monde entier, le voir jouer sur les fairways
du Golf National est juste fantastique. Du pur bonheur ! » Michael Akrich, directeur de la communication de la FF Golf, assailli de demandes d’interviews,
confirme : « Il y a clairement un emballement médiatique. Tiger Woods est un fabuleux amplificateur. Certains journalistes français qui découvrent le golf ne se
rendent pas bien compte de ce qu’il représente. Une
équipe de “Quotidien”, l’émission de Yann Barthès, m’a
demandé un entretien avec lui… La bonne blague ! »
P
L’incroyable retour
au premier plan
et la participation
du meilleur golfeur
de l’histoire décuple
l’intérêt mondial pour
le match mythique entre
l’Europe et les États-Unis,
qui aura lieu près de Paris,
du vendredi 28 au
dimanche 30 septembre.
On a tout écrit et tout dit sur Eldrick « Tiger »
Woods, né le 30 décembre 1975 à Cypress, en Californie. Deux biographies (2), parues dernièrement,
retracent remarquablement sa vie. Elles rappellent
ainsi son éclosion sportive précoce au firmament du
golf (première victoire au Masters en 1997 à l’âge de
21 ans), son palmarès exceptionnel (14 victoires en
tournois Majeurs, 79 succès sur le PGA Tour), la domination outrancière sur ses rivaux (683 semaines
en 1re position du classement mondial), une fortune
colossale amassée sur les greens du monde entier
(plus de 1 milliard de dollars de gains en carrière)…
« Dès 1996, se souvient Jean-Noël Bioul, en charge
du sponsoring chez l’horloger suisse Rolex, son premier contrat ne ressemblait en rien avec tout ce que
nous avions signé jusqu’alors dans le golf. Il comportait
des clauses particulières et son montant était trois fois
supérieur à ceux qui existaient avec Jack Nicklaus et
Arnold Palmer. Tiger avait fait basculer les négociations dans une autre dimension.»
GOLFRPM
Reparti sur les sentiers de la gloire
Lorsqu’on tourne les pages de la vie de Tiger Woods,
les années défilent comme dans un roman. Le personnage enchaîne succès et revers en accéléré. Ainsi,
après une décennie dorée, Tiger va vivre une terrible
descente aux enfers après le décès de son père, Earl
Woods, ex-officier de l’armée américaine, en 2006.
S’il sauve les apparences sur le plan sportif jusqu’en
2008 (avec des succès à l’USPGA 2007 et à l’US Open
2008), la révélation de ses addictions sexuelles en 2009
décompose son univers personnel, avant même une
cure de soins d’un mois et demi au Behavioral Health
& Addiction Services, puis des excuses publiques en
direct à la télévision, début 2010. Woods divise l’Amérique avec, d’un côté, les admirateurs qui pardonnent
au champion et, de l’autre, ceux qui condamnent définitivement les écarts de l’homme. L’image du gendre
parfait explose. Comme son mariage avec le mannequin suédois Elin Nordegren, mère de leurs deux enfants, qui ne résiste pas aux sordides histoires déballées et commentés en direct sur Internet, par le site
people TMZ. «Avec tout ce qu’il a vécu, Woods est une
icône, souligne David McLaren, directeur marketing
de l’European Tour et de Ryder Cup Europe. Son aura
dépasse largement le cadre du golf. Son histoire personnelle est tout simplement incroyable et chacun peut y
trouver de quoi s’étonner, se réjouir ou s’offusquer. »
En février 2014, nous l’avions rencontré en Floride
pour un entretien exclusif accordé au Figaro Magazine.
Il se souvenait alors de l’Albatros, le parcours du Golf
National sur lequel il évoluera la semaine prochaine :
« J’y ai joué l’Eisenhower Trophy, en 1994, avec l’équipe
américaine […]. Je me rappelle que les deux derniers
trous sont assez intéressants. Plutôt durs et exigeants. Ils
font qu’on peut gagner ou perdre sur la fin. » Un peu
plus tard, en avril 2014, Woods allait voir s’ouvrir un
tunnel vers le néant. Un mal de dos le rongeait depuis
plusieurs mois. Trois opérations au dos allaient se succéder en autant d’années. Au point de rendre le patient
accroc aux médicaments. En mai 2017, le monde entier
redécouvre un Tiger Woods hagard et menotté, le visage bouffi et les yeux dans le vide sur une photo dévoilée par la police de Floride, après une arrestation au
volant de sa voiture. Beaucoup ne croient plus en un
prochain retour sur les parcours, même pas lui-même.
Jusqu’à cette ultime opération du dos en septembre
2017. Un miracle qui lui rend toutes ses facultés sportives et permet au champion de renouer avec le circuit
professionnel. « Il y a quelques mois, je ne pouvais même
plus marcher normalement », confesse-t-il lors de son
tournoi de reprise aux Bahamas, avant Noël.
« Nous savons tous qu’on est très chanceux de le retrouver au Golf National, se réjouit aujourd’hui Paul
Armitage, le directeur du lieu. Qui pensait qu’il reviendrait jouer un jour ici ? » De décembre 2017 à août 2018,
Tiger Woods est passé de la 668e place du classement
mondial à la 26e position. S’il n’a pas renoué avec la
victoire, ses performances ont été récompensées de
plusieurs top 10 (2e du PGA Championship, 2e au Valspar Championship, 4e du Quick Loans National, 5e du
Woods est une icône. Son aura dépasse
le cadre du golf. Son histoire est incroyable
et chacun peut y trouver de quoi s’étonner,
se réjouir ou s’offusquer
»
DAVID MCLAREN, DIRECTEUR MARKETING DE L’EUROPEAN TOUR ET DE RYDER CUP EUROPE
Palmer Invitational…) et elles ne laissent planer aucun
doute : Woods est reparti sur les sentiers de la gloire.
Beaucoup veulent croire qu’il sera bientôt en chasse du
record de victoires en Grand Chelem détenu par Jack
Nicklaus (18). « Woods est redevenu un joueur de golf de
très haut niveau, glisse Christophe Pottier, entraîneur
national. Beaucoup pensaient qu’avec les années il était
dépassé par la nouvelle génération des Spieth, Thomas,
Reed, etc. Aujourd’hui, sa vitesse de swing est identique
à celle de Rory McIlroy ! » « Il est le seul joueur du circuit
face auquel la foule s’ouvre sans bruit sur le parcours,
observe le joueur français Mike Lorenzo-Vera. Personne n’ose le déranger quand il est dans sa bulle. »
« Un générateur de business »
Lors de la Ryder Cup 2018, on attend plus d’un milliard de téléspectateurs cumulés à travers le monde.
Depuis l’annonce des captain picks (« sélections du
capitaine »), les prévisions d’audience sont revues à
la hausse aux quatre coins de la planète. « Oui, cela
change tout !, s’exclame Christian Ledan, la voix du
golf en France depuis près de trente ans, qui commentera encore une fois l’épreuve pour les chaînes
du groupe Canal +. À la télé, il y a bien le golf avec et le
golf sans Tiger ! » L’Américain n’est définitivement
pas un champion comme les autres.
Depuis le début de l’année 2018, les audiences TV
des tournois américains ont livré une tendance
limpide. Jay Monahan, le puissant patron du PGA
Tour, a révélé que la présence de Tiger avait eu « un
effet significatif et formidable ». La dernière journée
de l’USPGA a ainsi bondi en août de 75 % sur un an,
quand Woods était à la lutte pour la victoire. Le
dernier tour de l’Open britannique, fin juillet, à
Carnoustie (Écosse), qui était retransmis en direct à
la fois par Skysports au Royaume-Uni et NBC aux
États-Unis, a donné lieu à une première : l’audience télévisée américaine a été supérieure à celle enregistrée en Europe. Tiger Woods (6e) était en course pour la victoire finale avec Francesco Molinari.
NBC a relevé une hausse de 67 % de son audience
totale pendant la semaine. Mike McCarley, patron
de NBC Sports, a avoué que sa chaîne en avait profité pour diffuser 181 spots publicitaires supplémentaires par rapport à ses prévisions. On vous laisse
imaginer le chiffre d’affaires additionnel, sur lequel
NBC s’est abstenu de communiquer… Quoi que l’on
pense de l’homme, le joueur Woods est une aubaine pour son sport. « C’est un générateur de business », précise Michael Akrich.
S’il en est un qui conservera éternellement de la reconnaissance pour Tiger Woods en France, quelle que
soit l’issue de la Ryder Cup 2018, c’est Georges Barbaret,
à l’origine du projet avec Pascal Grizot. « Tiger Woods
est un formidable leader, conclut-il, dont l’influence a
largement dépassé le cadre du golf. Il y a une dizaine d’années, il s’était impliqué personnellement dans le lobbying
auprès du Comité international olympique pour permettre
au golf de revenir au programme des Jeux d’été de Rio. Il a
pesé de tout son poids auprès des instances dirigeantes internationales pour faire aboutir le dossier. Et il y est parvenu. Lors des JO 2024 à Paris, il faudra se souvenir que le
golf est au programme grâce à Tiger Woods… » ■
(1) Source : Étude « Panorama du golf en France » réalisée
par la société IY (mars 2018).
(2) Tiger Woods, de Jeff Benedict et Armen Keteyian, traduit
par Philippe Chassepot, Éditions Hugo Sport ; Tiger Woods,
l’homme aux deux visages, par Jean-Louis Tourtoulon
et Laurent Agostini, Éditions Solar.
A
Laurent Louët
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
18
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
La gratuité, une façon de réenchanter le monde
n parcourant les programmes
des partis politiques et des
groupes radicaux, on ne peut
qu’être frappé par la
revendication de la gratuité.
Tout devrait être gratuit
ou presque, des études universitaires
à la carte Navigo en passant par l’accueil
et la prise en charge des immigrés. La
haine de l’argent, des prix et du marché
s’affiche. J’allais l’autre jour place de la
République, à Paris, songeant à je ne sais
quoi et tout entier dans mes pensées,
lorsque j’ai rencontré un petit groupe
« antimondialisation et immigration
libre ». Voyant leurs banderoles « l’argent
tue », « qui sème la misère récolte
la colère », l’envie me prit, un court
instant, de défiler à mon tour. J’avais
envie de manifester pour la gratuité,
car si le monde actuel manque de quelque
chose, c’est bien de gratuité et c’est peutêtre le sens caché de l’antimondialisation.
« Je vous suis reconnaissant de votre vérité
même si elle ne m’agrée pas », dit le
proverbe latin.
Les « antimondialisation » réclament
davantage de générosité, de dons, de
gratuité… par exemple en taxant les
transactions financières. Mais ils veulent
la mettre dans la sphère économique,
où elle n’a guère sa place, alors que la
gratuité pourrait réinvestir avec profit
le champ de la culture et du politique.
Le grand sociologue américain Daniel
Bell a bien établi que les sociétés
capitalistes et démocratiques reposent
sur trois ordres, trois sphères, ayant
chacun leurs règles propres : l’ordre
politique, l’ordre économique ainsi que
l’ordre culturel et
religieux. Les trois
sphères sont
distinctes mais
complémentaires.
Pour l’essayiste et économiste*, si la gratuité
Dans son livre Les
n’a pas sa place dans la sphère marchande,
Contradictions
elle contribue de façon décisive au bien commun
culturelles du
dans la sphère culturelle.
capitalisme (1976),
E
JEAN-PHILIPPE VINCENT
Daniel Bell a montré que le succès des
sociétés de marché devait beaucoup
à la vigueur et à la richesse du troisième
ordre culturel et religieux. Or ceci,
précisément, est le talon d’Achille du
capitalisme : que dépérissent les valeurs
culturelles et spirituelles qui sont notre
héritage et c’est l’ensemble du système
qui est menacé. Nous en sommes là.
Parce que nous avons perdu le sens
de la gratuité ou que nous la recherchons
où elle ne peut être.
Car qu’est-ce que la gratuité ? La
gratuité est la part du divin dans nos vies.
Le premier acte gratuit fut la Création.
Il fut suivi de quelques autres, moins
gratuits, parce que moins divins.
s’efforce de vivre aux dépens de tout le
monde » (Frédéric Bastiat, 1801-1850).
C’est bien le problème.
Il est des mots, d’ailleurs, dont le
glissement du sens ne trompe pas.
Longtemps, le mot « commerce »
a signifié autant les fréquentations
humaines - notoirement celles
des femmes - que les transactions
marchande. « Cette marquise agréable,
chez qui j’avais commerce. » Depuis,
hélas, on ne commerce plus guère
qu’avec ses commerçants, même
agréables : « Trop de perversité règne au
siècle où nous sommes,/ Et je me veux tirer
du commerce des hommes. » N’allons pas
jusqu’à imiter Alceste quand même, et
essayons de tracer
les grandes lignes
Le glissement du sens de certains
d’un programme
pour la gratuité.
mots ne trompe pas. Longtemps,
Donnons-nous
le mot « commerce » a signifié autant
comme objectif
d’effectuer au
les fréquentations humaines
moins un acte
- en particulier celles des femmes gratuit par jour.
que les transactions marchandes
C’est possible. Je
m’y essaye de
temps à autre, pas toujours avec succès,
On conçoit cependant que dans un
mais toujours agréablement. Éduquons
monde où, pour beaucoup, Dieu est
aussi plus gratuitement. L’école publique
mort, les hommes recherchent d’autant
est gratuite, certes, mais les programmes
plus la gratuité : la gratuité, c’est Dieu à la
le sont de moins en moins : restaurons la
portée de la main, c’est une manière
part des humanités, de la philosophie, de
laïque de rediviniser le monde.
l’art pour l’art.
Il fut un temps en France, à partir du
J’ai appris, naguère, le grec et le latin,
début du XVIIe siècle, où l’Église
gratuitement. Je parle rarement latin,
catholique pratiquait le « don gratuit ».
sauf à mon confesseur sulpicien
L’Église, qui était exonérée d’impôt,
et à quelques amis de l’Association
décida de son plein gré de verser chaque
Guillaume-Budé, mais toujours avec
année une contribution à l’État pour
plaisir et je tiens ce plaisir pour
participer au financement des pouvoirs
beaucoup. Je note en passant que
publics. Le clergé baptisa cette
« gratuit » vient de « grâce », qui signifie
contribution « don gratuit » pour bien
d’abord « joie », et que les Grecs se
marquer qu’il le faisait volontairement
disaient bonjour en se souhaitant de la
et que c’était une « grâce » qu’il accordait
joie, de la gratuité : kairé.
sans y être aucunement obligé. Qui,
Associons-nous davantage : ce que
aujourd’hui, donne gratuitement ?
l’État et le marché ne peuvent ou ne
Certainement pas l’État, « cette vaste
doivent pas faire, faisons-le nous-même,
fiction à travers laquelle tout le monde
«
»
gratuitement, dans des associations
libres et responsables. C’est un côté
très sympathique de certains
« antimondialisation » que leur culte
de l’association. Incitons, par ailleurs,
les entreprises où nous travaillons
à investir dans la gratuité, dans le pro
bono sans arrière-pensées. Certaines
le font déjà et c’est tant mieux. Il arrive,
au reste, que la gratuité finisse par payer,
et rondement. Une entreprise peut
réaliser un travail ou une mission pro
bono et, grâce à la notoriété de ce geste
gratuit, récolter ensuite des marchés
substantiels. Ça n’est pas forcément
un calcul, mais la gratuité peut être
parfois un investissement rentable.
Poussons les hommes politiques
à davantage de gratuité, faisons-les
souscrire à une charte pour la gratuité.
Demandons-leur aussi de traquer
la fausse gratuité. Au XIXe siècle, on
pouvait lire, à la porte de certains pubs
anglais : « Il n’y a rien de tel qu’un repas
gratuit. » En effet, on offrait, pour le prix
d’une pinte de bière, un sandwich
gratuit. Mais le prix du sandwich était
bien sûr inclus dans celui de la pinte
de bière, de sorte que cette gratuité était
une illusion.
Quant à moi, je voterai pour l’homme
politique qui pourchassera les prétendus
« repas gratuits » et qui osera proclamer :
c’est encore plus beau lorsque c’est
réellement gratuit, c’est-à-dire dans
le domaine culturel.
Recréons l’espace de la vraie gratuité
et trouvons avec elle les moyens de
réenchanter le monde.
* Ancien élève de l’ENA, maître de
conférences à Sciences Po, où il enseigne
l’économie des grandes questions
démocratiques, Jean-Philippe Vincent
est l’auteur d’un ouvrage remarqué,
« Qu’est-ce que le conservatisme ?
Histoire intellectuelle d’une idée politique »
(Les Belles Lettres, 2016). Il vient de publier
« Éthiques de l’immigration » (Fondapol,
2018, 56 p., 5 €).
Pourquoi la France est-elle championne
d’Europe des naissances hors mariage ?
ous l’effet du rabotage de la
politique familiale, la fécondité
de la France s’abaisse, surtout
depuis 2015. Elle demeure
toutefois parmi les plus élevées
d’une Europe en hiver
démographique. La France, avec près
de 60 % de naissances hors mariage, est
devenue championne dans une Europe
où les comportements de nuptialité
sont très différenciés. Selon les derniers
chiffres disponibles de 2016, le
pourcentage des naissances hors mariage
est de 9,4 % en Grèce et inférieur à 30 %
dans cinq autres pays. Ces différences de
proportions des naissances hors mariage
sont à relier aux niveaux de fécondité.
Là où les proportions sont faibles, la
fécondité l’est en général également,
comme en Grèce, à Chypre, en Croatie,
en Pologne ou en Italie. En revanche,
comme la France, plusieurs pays
d’Europe septentrionale, tels le
Danemark, le Royaume-Uni ou la Suède,
combinent une fécondité supérieure à la
moyenne de l’Union européenne et une
proportion des naissances hors mariage
également supérieure. Outre l’effet des
politiques familiales, les pays où l’enfant
est accueilli par son entourage de façon
semblable qu’il
naisse ou non
dans le mariage
ont souvent une
meilleure fécondité.
Géographe et démographe, le professeur à la
En revanche et sauf
Sorbonne* analyse les raisons de cette spécificité
exception, lorsque
française dans une Europe en déclin démographique. la société considère
DESSINS CLAIREFOND
S
GÉRARD-FRANÇOIS DUMONT
que l’enfant doit naître au sein d’un
couple déjà marié, cela se traduit par
une fécondité davantage abaissée.
Tout particulièrement en France,
une évolution sociologique majeure s’est
produite à compter de la fin des années
1970. Auparavant, depuis le début
du XXe siècle et jusqu’en 1978,
les pourcentages des naissances hors
mariage étaient toujours inférieurs à
10 %, à l’exception de six années - de
1915 à 1920 et 1945 - liées aux guerres.
La société avait tendance à considérer
qu’il ne fallait pas « mettre la charrue
avant les bœufs », donc que les
naissances ne devaient survenir qu’après
un mariage, car celles que l’on appelait
les « filles-mères » n’étaient pas
appréciées. Cette attitude explique
que les couples non mariés attendant
un nouveau-né se précipitaient alors
souvent à la mairie pour que l’enfant
naisse dans le mariage. Ainsi, au tournant
des années 1970, plus de 60 % des couples
en question décidaient de se marier
pendant la grossesse.
Puis, progressivement, la société n’a
plus jugé de façon négative les naissances
hors mariage. Des lois ont unifié les
conditions juridiques des naissances,
dans le mariage ou hors mariage.
Et, depuis les années 2010, moins de 4 %
des couples non mariés attendant
un enfant décident de se marier pendant
la grossesse. La reconnaissance par les
pères a été facilitée, car les naissances
hors mariage ne sont pas des naissances
sans père. En 2017, 84 % des enfants nés
des naissances de pacsés. Toutefois, leur
pourcentage est fort différent selon les
territoires français. Très élevé dans les
départements d’outre-mer et supérieur
à 70 % dans des territoires ruraux
(Creuse, Cantal, Lot, Ariège, Ardèche,
Lozère), il est inférieur à 50 % dans les
départements de l’Ile-de-France,
excepté la Seine-et-Marne, et dans le
Rhône. Cela
s’explique par
S’agissant des pays de l’Union
l’importance
de populations
européenne, là où les proportions
étrangères dans
des naissances hors mariage sont faibles, ces départements.
En effet, alors que
la fécondité l’est en général également
la proportion des
naissances hors mariage est de près de
ans. Avec la loi de finances de 2005
65 % pour les mères de nationalité
et la suppression de cette règle des trois
française, elle est égale ou inférieure
ans, le pacs devient un concurrent
à 10 % pour les mères de nationalité
du mariage et son nombre s’envole.
maghrébine ou turque.
D’autant que la loi fondant le pacs est fort
L’évolution du pourcentage de
différente de celles de l’Europe
naissances hors mariage est et sera
scandinave qui optent pour le
à l’avenir dépendant de la composition
« partenariat homosexuel ».
par nationalités de la population.
En France, le pacs, bien que conçu
En outre, on peut se demander si la mise
essentiellement pour satisfaire les
en place du prélèvement à la source,
revendications d’associations
dont la mise en œuvre peut accentuer
homosexuelles, est ouvert à tous les
l’individualisme, n’est pas de nature
couples. Et la très grande majorité des
à avoir des effets sur la sociologie
pacsés sont des couples hétérosexuels. La
de la famille.
formule qui leur est proposée est simple,
rapide, discrète et n’implique pas
*Recteur et président de la revue Population
l’organisation ainsi que le financement
& Avenir. Gérard-François Dumont vient
d’un mariage, tout en engendrant
de publier une somme, « Géographie
presque les mêmes droits juridiques,
des populations. Concepts, dynamiques,
fiscaux ou sociaux. En conséquence,
prospectives » (Armand Colin, septembre
nombre de naissances hors mariage sont
2018, 248 p., 25 €).
hors mariage ont été reconnus par leur
père à la naissance.
Une autre cause de l’importance des
naissances hors mariage tient au pacs,
instauré en 1999. Son effet fut d’abord
très modéré, car le pacs première
formule, celui de la période 1999-2005,
ne délivrait des droits fiscaux équivalents
à ceux des mariés qu’au terme de trois
«
FRANÇOIS-XAVIER BELLAMY
A
JEUDI 18 OCTOBRE 2018 - 20H00
SALLE GAVEAU 45-47 rue La Boétie, 75008 Paris
»
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Mathieu Bock-Côté
Médine déprogrammé du Bataclan : enfin !
n juin dernier, on apprenait
que le rappeur Médine
entendait se produire
au Bataclan. Spontanément,
le commun des mortels
y a vu une provocation en
forme de profanation particulièrement
odieuse de la part d’un homme chantant
la haine de la France et la « crucifixion
des laïcards ». Depuis le 13 novembre
2015, le Bataclan n’est plus simplement
une salle de spectacle : c’est
un monument aux morts, un lieu sacré,
pourrait-on dire, en empruntant
les catégories de Régis Debray. C’est
pour cela qu’il était visé. Ce spectacle
ne pouvait pas avoir lieu à cet endroit.
Hier, après une polémique de plusieurs
mois, et en partie suite à l’annonce
E
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
d’une action en justice engagée par
des familles de victimes de l’attentat, on
apprenait enfin qu’il se tiendrait ailleurs.
Comment certains ont-ils pu croire
qu’un tel concert était possible ?
L’histoire est parlante et mérite d’être
examinée. Dès juin, après les premières
manifestations d’indignation contre
la tenue de ce concert, les gardiens
du politiquement correct se sont fait
entendre. Ils se firent les exégètes du
« poète » en expliquant que Médine,
dans ses chansons, voulait dire
exactement le contraire de ce qu’il disait.
Les benêts s’en indignant seraient
victimes d’un esprit au premier degré.
D’autres voulurent transformer Médine
en symbole de la liberté d’expression.
C’est justement parce que sa parole
ENTRE GUILLEMETS
22 septembre 1792 : proclamation de « l’an premier de la République française ». RUE DES ARCHIVES/RDA
Nouveau serment des députés
Au nom de la Nation,
je jure de maintenir
la liberté et l’égalité
ou de mourir
à mon poste»
heurterait nos convictions intimes
qu’elle serait précieuse. Médine
nous forcerait à honorer nos propres
valeurs. Lui-même reprendra ce
discours en dénonçant l’emprise
de « l’extrême droite » sur le débat
public. Comme d’habitude, on serait
tenté d’ajouter : la société diversitaire
« xénophobise » automatiquement ceux
qui la contredisent. Le multiculturalisme
inverse encore les codes de l’intégration.
Ce n’est plus l’islamisme qui cause
problème mais le refus de le banaliser.
Un formidable retournement des rôles
s’opérait : dans cette controverse,
l’islamisme s’est présenté comme
le gardien de la société libérale, menacée
par la tentation du repli identitaire
qui serait la véritable menace contre
la France. La manœuvre est grossière
mais étonnamment, elle fonctionne,
comme on peut le voir, au-delà du cas
particulièrement outrancier de Médine,
avec les débats qui entourent le voile
ou le voile intégral. Il s’agit chaque fois
de maquiller une revendication
communautariste assez radicale en droit
fondamental relevant des seules
préférences individuelles. Au bout
de cette logique, l’ouverture au niqab
et à la burqa devient même le symbole
ultime de la logique des droits de l’homme
et de l’ouverture à la diversité. Chaque fois
la méthode est la même : l’islamisme
instrumentalise les droits de l’homme
en les retournant contre la civilisation
qui en a accouché. Il parvient ainsi
à condamner à l’impuissance les sociétés
qui voudraient réagir contre lui.
Alors qu’il faudrait voir dans
l’islamisme la figure de l’ennemi,
le multiculturalisme nous invite à n’y voir
qu’un élément particulièrement actif de la
diversité. L’islamisme entend soumettre le
monde occidental à ses ambitions : ce n’est
plus l’islam qui doit s’adapter à l’Occident
mais ce dernier qui doit s’y soumettre.
Le monde occidental, pour l’islamisme,
devient une terre de conquête qu’il faut
humilier systématiquement. On voit là
l’effet du dévoiement fondamentaliste
des droits de l’homme, qui « pathologise »
l’instinct de survie du monde occidental
et le disqualifie moralement. Si les droits
de l’homme sont essentiels dans la
civilisation occidentale, on ne saurait
s’en contenter pour la définir. Les nations
ne se maintiennent pas seulement par
leur adhésion aux droits de l’homme
mais peut-être surtout par leur langue,
leur culture, leur mémoire, leurs mœurs :
qui la vide de ces éléments la condamne
à une existence asséchée et rabougrie.
Une nation exige aussi une part minimale
de loyauté politique. Comment considérer
ceux qui défient aussi ouvertement
son existence ?
Le bon sens vient donc de l’emporter.
Heureusement. Mais cette victoire n’a
rien d’un triomphe et a un goût amer. Ils
furent peu nombreux dans le paysage
politique, médiatique et intellectuel à
mener cette bataille, laissée pendant un
temps à la mouvance identitaire, comme
si on abandonnait aux marges radicales le
monopole du combat frontal contre
l’islamisme. Les élites politiques, elles,
semblent absentes, comme s’il fallait
réduire l’événement au statut de fait
divers. Il y a pourtant des limites à faire
semblant de ne rien voir. Passait encore
qu’on refuse d’en appeler à son
interdiction, même si les pouvoirs
publics ne se montrent pas toujours
aussi pudiques lorsque vient le temps
de censurer ceux qui contredisent
le dogme diversitaire. Il y a des choses
qu’on ne devrait pas avoir à interdire
pour qu’elles ne se fassent pas. C’est
normalement la fonction de la décence.
ANALYSE
Georges Malbrunot
gmalbrunot@lefigaro.fr
Israël-Palestine : Macron
et le constat de l’impuissance
n recevant vendredi
le leader palestinien
Mahmoud Abbas,
Emmanuel Macron lui
a rappelé, une nouvelle fois,
son engagement en faveur
de la paix avec Israël, laquelle
ne peut passer que par la création
d’un État palestinien vivant aux côtés
de l’État hébreu. Mais le président
de la République croit-il encore
à la « solution des deux États », pilier
des accords d’Oslo, qui ont échoué
à apporter cette paix ?
« Emmanuel Macron répète
des positions rituelles sur Jérusalem,
capitale de deux États, ou sur la nécessité
de stopper la colonisation des Territoires
palestiniens, mais il le fait avec de moins
en moins de convictions », constate
Denis Bauchard, ancien diplomate
et fin connaisseur du Moyen-Orient.
« Il est clair, ajoute-t-il, que la solution
des deux États est morte, mais personne
au niveau officiel n’ose le dire. »
Au Quai d’Orsay, comme à l’Élysée,
on n’ignore pourtant rien
de la démographie à Jérusalem-Est
et en Cisjordanie. Plus de 550 000 colons
israéliens y sont installés. Depuis
la signature des accords d’Oslo en 1993,
leur nombre a doublé. Le principe
fondateur d’Oslo – la terre contre la paix
– n’est plus qu’une chimère. Le contrôle
israélien de la Cisjordanie s’étend
toujours sur plus de 70 % du territoire.
Comment, dans ces conditions, créer
un État palestinien viable ? Certes,
des échanges de territoires avaient
été envisagés en 2000. Mais c’était
une tout autre époque ! Yasser Arafat,
certes, avait beaucoup de défauts, mais
il pouvait imposer des choix difficiles
E
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
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Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
Denis Bauchard, de l’Ifri. Alors
que le parti pris israélien de Donald
Trump l’a discrédité comme « honnête
courtier » entre les deux camps,
Macron refuse de lancer une initiative,
au nom de l’Union européenne, autour
d’une reconnaissance de la Palestine,
pour, au moins, revigorer le débat.
« Je veux être efficace », se défendait-il,
lors de la conférence de presse,
ponctuant la précédente visite de
Mahmoud Abbas, au printemps dernier.
Un exercice auquel l’Élysée a renoncé
hier. Tout un symbole ! Le constat
de l’impuissance, même des mots !
Supérieur militairement,
diplomatiquement
et médiatiquement,
Le principe fondateur d’Oslo
Israël a gagné face
– la terre contre la paix –
aux Palestiniens. Son
n’est plus qu’une chimère
conflit avec ses voisins
reste un conflit
de basse intensité. Ses anciens ennemis
242 et 334 de l’ONU, appelant
du Golfe copinent désormais avec
à l’évacuation des territoires occupés
Tel-Aviv. Pour les uns et les autres,
par Israël au lendemain de la guerre
l’ennemi, aujourd’hui, c’est l’Iran.
des Six-Jours en 1967, résolutions
Sans états d’âme, Macron adopte
qui paraissent aussi surannées
une posture cynico-réaliste. Faut-il
que les manuscrits de la mer Morte ?
l’en blâmer ? Celle-ci ne date pas d’hier.
Après celles de Nicolas Sarkozy
Mais du 27 juillet 2005, lorsque après
et de François Hollande, la France
des années de froid, Jacques Chirac
d’Emmanuel Macron, frappée par
reçut le premier ministre, Ariel Sharon
le terrorisme, souscrit à cette nouvelle
à l’Élysée où, se souviennent
dialectique. Jamais la coopération
certains diplomates, l’on parla davantage
entre services de renseignements
des vaches charolaises élevées dans
des deux pays n’a aussi bien fonctionné.
le ranch du responsable israélien que
Qu’on le veuille ou non,
d’un processus de paix, déjà moribond.
le nationalisme palestinien est usé.
Mais au Moyen-Orient où la nature
Les révoltes arabes de 2011 ont montré
a horreur du vide, le rappel à l’ordre
que la question palestinienne n’était plus
sonnera tôt ou tard. Et il risque, comme
la matrice des crises moyen-orientales.
toujours, d’être marqué par la violence.
Au fond de lui-même, « Macron pense
Mais ce ne sera peut-être pas sous
qu’il n’y a que des coups à prendre en
le mandat d’Emmanuel Macron !
s’impliquant dans ce conflit », décrypte
aux siens. Pas Mahmoud Abbas, t
rop affaibli. En face, le gouvernement
israélien est ultranationaliste, la gauche
en lambeaux. Mais au-delà, une autre
réalité a fini par prévaloir. Depuis
la violence aveugle du 11 septembre 2001,
et les attentats qui ensanglantèrent
à partir de 2002 l’État hébreu lors
de la seconde intifada, Israël a modifié
les règles de l’équation et réussi surtout
à les faire accepter par la communauté
internationale : le conflit ne tourne
plus autour d’une problématique
d’occupation territoriale, mais
d’un combat contre le terrorisme. Qui
se souvient, dès lors, des résolutions
«
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
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Yves Thréard (Enquêtes,
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VOX
…RELIGION
« Une vie réussie, c’est
une vie donnée ! »,
entretien avec l’abbé
Grosjean, auteur de
« Donner sa vie » (Artège)
…HOMMAGE
« Pour Kofi Annan,
l’indifférence était le pire
des venins », la tribune
d’António Guterres,
secrétaire général
de l’Organisation
des Nations unies.
Les rencontres
du
FIGARO
RENCONTRE AVEC
FRANÇOIS-XAVIER
BELLAMY
le jeudi 18 octobre
2018, 20 heures
Salle Gaveau.
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Supplément 5
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A
CHRONIQUE
19
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Bravo à Sébastien SIMON, grand vainqueur de la 49e édition
de la Solitaire URGO Le Figaro et à tous les skippers
pour leur belle performance sportive !
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 051 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
AIR FRANCE :
BEN SMITH
RENCONTRE LES
SYNDICATS JEUDI
lefigaro.fr/economie
GRAND TÉMOIN
PHILIPPE AGHION SUGGÈRE D’ALLER
PLUS LOIN EN MATIÈRE DE RÉFORME
DE L’ÉTAT OU DES RETRAITES PAGE 26
Assurance-chômage : ce
que veut le gouvernement
FRANCOIS DOISNEL/ADOBESTOCK, FRANÇOIS BOUHON, JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO,
Le ministère du Travail
a présenté vendredi les grands
objectifs de la réforme
au patronat et aux syndicats.
La volonté de faire
des économies est forte. PAGE 22
Muriel Pénicaud, ministre du Travail.
Les prix du gaz vont augmenter de 3 %
Ce n’est pas encore la saison de
chauffe mais on s’en rapproche.
Les consommateurs, forcément
soucieux de leur consommation
d’énergie, devront compter avec
une prochaine augmentation des
prix du gaz. À compter du 1er octobre, les tarifs réglementés du gaz
appliqués par Engie devraient
augmenter d’environ 3 %. Ce n’est
pas une surprise, les tarifs régulés
d’Engie sont indexés pour une
partie sur les cours du pétrole, et
l’évolution du baril s’inscrit à la
le PLUS du
FIGARO ÉCO
FINANCE
Comment faire
pour emprunter
après 60 ans ?
PAGE 27
LA SÉANCE
DU VENDREDI 21 SEPTEMBRE 2018
CAC 40
5494,17
+0,78%
DOW JONES (18h)
26760,79 +0,39%
ONCE D’OR
1198,70 (1208,35)
PÉTROLE (lond)
79,690 (78,730)
EUROSTOXX 50
3430,40 +0,80%
FOOTSIE
7490,23 +1,67%
NASDAQ (18h)
7571,38 +0,03%
NIKKEI
23869,93 +0,82%
hausse au cours des dernières semaines. Vendredi à Londres, le
baril de brent se situait juste sous
la barre des 80 dollars, et au-dessus de 70 dollars pour le WTI à
New York.
Environ 4,5 millions de foyers sont
concernés par ce mouvement tarifaire, soit 43 % des consommateurs de gaz en France. Une majorité de la population souscrit donc
désormais aux prix de marché du
gaz, que ce soit chez Engie ou chez
un fournisseur alternatif, avec
pour l’ensemble des opérateurs un
vaste éventail d’offres innovantes.
S’agissant des tarifs réglementés,
l’augmentation du mois d’octobre
arrive après une série de majorations au cours de l’été qui vient de
s’achever. Le mouvement le plus
sensible a eu lieu en juillet, avec
une augmentation de 7,4 %. Celleci a précédé un léger bond, de
0,2 % en août puis de 0,9 % en
septembre.
Partie intégrante de l’histoire du
paysage énergétique français, ces
tarifs réglementés du gaz ne vont
pas le rester éternellement. Dans
le cadre de la loi Pacte, un amendement prévoit que ce système régulé soit abandonné à l’horizon de
2023. Une ordonnance est actuellement en préparation, qui dira à
partir de quelle date les consommateurs ne pourront plus souscrire un nouvel abonnement au gaz à
un tarif réglementé. Le calendrier
du bouleversement des prix du
gaz, c’est pour bientôt.
nouveau
Le fisc ne veut plus encaisser
de chèque de plus de 1 000 euros
L’
VALÉRIE COLLET
FRÉDÉRIC DE MONICAULT
L'HISTOIRE
administration veut être payée
par des moyens modernes.
Alors que les avis d’imposition
pour la taxe foncière arrivent
chez les Français, la Direction
générale des finances publiques (DGFiP)
a rappelé vendredi qu’elle n’acceptait plus
les gros chèques. « Depuis le 1er janvier,
le paiement par voie dématérialisée est
obligatoire pour tout montant à payer
supérieur à 1 000 euros », a-t-elle insisté
dans un communiqué. Fini donc, les chèques,
TIP Sepa ou virement. Deux solutions sont
offertes aux contribuables. D’abord,
il est possible de payer
en ligne sur le site
impots.gouv.fr.
Grand seigneur, le
fisc offre alors cinq
jours de plus pour
payer la taxe
foncière (20 octobre
au lieu du 15)
et un répit pour
le prélèvement
sur le compte
bancaire (le 25).
Deuxième solution,
Le face-à-face tant attendu entre
Benjamin Smith, le nouveau directeur
général du groupe Air France-KLM,
et les représentants de l’intersyndicale d’Air France aura finalement lieu
jeudi. La CGT a annoncé la nouvelle
dans un tract intitulé « Rattrapage
des salaires 2012-2018 ». Selon le
syndicat, Ben Smith, qui a pris ses
fonctions lundi, « s’est engagé à négocier avec l’intersyndicale pour
trouver une solution et sortir du
conflit que connaît Air France depuis
le mois de février ». La CGT, seule signataire du tract, ne baisse pas pour
autant la garde : elle « appelle toutes
et tous les salariés à se tenir prêts à
repartir au combat si la direction
n’accède pas à (leurs) revendications ».
Le directeur général d’Air FranceKLM avancera-t-il dès jeudi des propositions de hausse de rémunération ? Ou proposera-t-il une méthode
de travail et un calendrier pour sortir
du psychodrame déclenché par le départ de Jean-Marc Janaillac en mai ?
En attendant, Jérôme Beaurain de
SUD-aérien s’est félicité : « C’est plutôt une bonne nouvelle. On lui a dit
qu’on voulait que ça aille vite, j’espère
qu’il viendra avec des chiffres. »
Ceux de l’intersyndicale sont connus :
une hausse de salaire de 5,1 % pour
tous les salariés afin de compenser
l’inflation de la période 2012-2017. De
son côté, le président du SNPL d’Air
France, principal syndicat de pilotes,
notait mardi que l’arrivée de Ben
Smith apportait un « vent de fraîcheur ». « Tout le monde dans l’entreprise a envie de trouver une solution acceptable », soulignait le pilote,
qui réclame pour ses pairs une hausse de rémunération de 10 % en rappelant toutefois que « tout est négociable ! ».
La CGT estime que les salariés de la
compagnie française sont « laissés
pour compte », contrairement à leurs
collègues de KLM, dont les efforts
ont été récompensés par des hausses de rémunération en 2018. Mais
elle ne rappelle pas que les quinze
journées de grève à l’appel de l’intersyndicale d’Air France ont coûté environ 300 millions d’euros au groupe.
adhérer au prélèvement à l’échéance,
et ce avant le 30 septembre pour
le paiement de la taxe foncière. Le fisc
prélèvera automatiquement sur le compte
du contribuable la somme due. En 2019,
le seuil des paiements par chèque, TIP Sepa
ou virement sera encore abaissé,
à 300 euros. Le fisc tente aussi de
décourager les paiements en liquide dans
les trésoreries publiques. Leur seuil a été
régulièrement diminué ces dernières années,
dont la dernière fois en janvier, à 150 euros.
Problème, les gens reviennent plusieurs fois
pour régler leur dû, a appris, auprès des
personnels de guichet, le ministre des
Comptes publics,
Gérald Darmanin.
Celui-ci veut donc
externaliser ce
service et passer
des appels d’offres
dans les territoires
pour que le bureau
de poste, par
exemple, propose
ce service. ■
GUILLAUME
GUICHARD
Le cœur et l’âme
d’une entreprise
sont la créativité
va
et l’innovation.
Robert Iger, Président
Ro
és
de Walt Disney
LE NOUVEAU RENDEZ-VOUS
DU FIGARO ÉCONOMIE ET DU JOURNAL DU NET
CONSACRÉ AUX TRANSFORMATIONS DIGITALES
DES ENTREPRISES ET DE LA SOCIÉTÉ.
Parution Lundi avec Le Figaro
A
COMMERCE
LE CONTROVERSÉ CETA PROFITE
PLUS À LA FRANCE ET
À L’EUROPE QU’AU CANADA PAGE 23
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
Le gouvernement dévoile ses
cartes sur l’assurance-chômage
L’exécutif a demandé aux partenaires sociaux de négocier les nouvelles règles
d’indemnisation et de faire des économies importantes. Ce qui fâche déjà les syndicats.
MANON MALHÈRE £@ManonMalhere
SOCIAL Après plusieurs semaines
de silence, le gouvernement a finalement abattu ses cartes sur
l’épineuse réforme de l’assurance-chômage. Le ministère du Travail a réuni les huit organisations
syndicales et patronales pendant
plus de deux heures, vendredi
après-midi, pour présenter les
grandes orientations de ce chantier qui vise à « lutter contre le chômage en favorisant l’emploi durable
pour répondre aux besoins en compétences des entreprises », insistet-on dans l’entourage de Muriel
Pénicaud. Un document de cadrage leur sera envoyé la semaine
prochaine. Les partenaires sociaux
devront alors décider s’ils acceptent, ou non, de négocier sur le sujet pendant quatre mois. Et rien
n’est gagné.
Outre l’objectif d’inciter au retour à l’emploi et de lutter contre
la précarité, cette réforme vise bel
et bien à faire d’importantes économies. Les partenaires sociaux
sont en effet invités à économiser
entre 1 et 1,3 milliard par an pendant trois ans. Dans un contexte
de tassement de la croissance de
l’activité et d’un taux de chômage
qui reste élevé, à 9,1 % de la population active, la dette du régime
d’assurance-chômage, qui atteindra 35 milliards d’euros en
2019, inquiète. « Il faut accélérer
le désendettement de l’Unedic
(gestionnaire de l’assurancechômage NDLR), pour lui per-
u Lutter contre la précarité
Le gouvernement veut s’attaquer au recours excessif aux
contrats courts, ainsi qu’à la « permittence » qui consiste, pour les
individus, à alterner entre périodes
réduites de travail et de chômage.
Les deux sujets sont liés. Selon le
ministère du Travail, en 2017, les
CDD et contrats d’intérim ont
constitué 93 % des embauches,
dont 80 % étaient des contrats de
moins d’un mois. Et, pour la plupart, il s’agissait d’une réembauche
d’un ancien salarié. Résultat des
courses : « Les contrats courts pèsent 8 milliards d’euros sur le déficit
de l’assurance-chômage », a récemment indiqué la ministre du
Travail, Muriel Pénicaud.
Pour changer la donne, une solution est de revoir les règles permettant aux personnes en activité réduite de cumuler un salaire et une
indemnisation du chômage. Autres
options présentées vendredi : se
pencher sur les « droits rechargeables » (permettant d’allonger la durée d’indemnisation lorsqu’on retravaille), sur la base de calcul de
l’indemnisation et sur le cas des
personnes cumulant plusieurs postes. La création d’un bonus-malus
sur les cotisations patronales à l’assurance-chômage, pour pénaliser
les entreprises qui recourent de façon excessive aux contrats courts,
est une autre mesure possible.
A
u Inciter au retour à l’emploi
L’exécutif veut inciter les chômeurs à retrouver un emploi. Une
des voies est de revoir les paramètres de l’indemnisation, comme la
durée, le montant, le plafond ou
encore la dégressivité des allocations. Selon le régime actuel, une
personne qui perd son emploi après
milliard
d’euros
par an, pendant
trois ans. Montant
des économies
que le gouvernement
veut voir
réalisées sur
l’assurance-chômage
que qu’ils ne trouvent pas d’accord et qu’un compromis a
minima sera retoqué par le gouvernement. Dans ces deux cas, ce
dernier n’hésitera pas à reprendre
la main pour faire ce que bon lui
semble. Mais, s’ils renoncent, les
syndicats redoutent de perdre la
gestion paritaire de l’assurancechômage, déjà mise en cause par
l’exécutif. Quant au patronat, il
prendrait le risque de se faire imposer, notamment, un bonus-malus sur les contributions patronales pour lutter contre les contrats
courts. Quoi qu’il en soit, le match
est lancé. ■
Tout est ouvert
En vue d’inciter les partenaires
sociaux à s’emparer du sujet,
l’exécutif s’est bien gardé d’être
trop prescriptif sur le fond des sujets à négocier. « Le principe de
base est de dire que l’ensemble des
sujets sont ouverts, précise à nouveau le ministère du travail. Ils ont
la liberté de négocier sur l’ensemble des paramètres de l’assurance-chômage. »
Plusieurs
thèmes
devront
« Une chose
est sûre : il faut
changer radicalement
les règles pour inciter
plus efficacement
à la reprise d’emploi
GEOFFROY ROUX DE BÉZIEUX,
PRÉSIDENT DU MEDEF
»
Les grands
enjeux de la réforme
rme
Cette nouvelle réforme de l’assurance-chômage comporte plusieurs enjeux. Voici les principaux.
toutefois être traités, comme par
exemple la révision des règles permettant de cumuler un salaire et
une allocation-chômage pour limiter la précarité. En outre, les
partenaires sociaux sont invités à
se pencher sur la question de la
responsabilisation des entreprises
pour lutter contre les contrats
courts, un sujet très sensible pour
le patronat.
Autant dire que rien ne garantit
que les partenaires sociaux accepteront de se lancer dans cette négociation qui s’annonce périlleuse.
Car si patronat et syndicats acceptent, ils savent qu’il existe un ris-
mettre d’assurer sa fonction de
protection des demandeurs d’emploi en cas de retournement de la
conjoncture économique », insistet-on au ministère du Travail.
De quoi faire grincer des dents
du côté des partenaires sociaux et,
en particulier, des syndicats.
« C’est 1,3 milliard d’euros par an
sur le dos des demandeurs d’emploi.
Ce qui signifie une baisse générale
des droits », a lancé le négociateur
de FO, Michel Beaugas. Même
chose du côté du patronat, son homologue de la CPME, Jean-Michel
Pottier, a fustigé « une réforme à
l’envers » qui part d’un objectif
budgétaire pour reparamétrer les
règles de l’assurance-chômage.
1 à 1,3
PHOTOS FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
22
« La situation
est compliquée parce
que le gouvernement est
dans une logique purement
budgétaire avec comme
unique objectif de faire des
économies, sans s’intéresser
aux demandeurs
d’emploi
»
« Un bon régime
d’assurance-chômage
doit aider financièrement
une personne en échec
professionnel et la
raccrocher à un emploi
le plus rapidement
possible
LAURENT BERGER, SECRÉTAIRE
GÉNÉRAL DE LA CFDT
»
« S’il s’agit
d’organiser
un suicide collectif
du système assurantiel
de l’assurance-chômage,
ce sera sans nous
»
PASCAL PAVAGEAU,
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE FO
FRANÇOIS ASSELIN,
PRÉSIDENT DE LA CPME
avoir travaillé au minimum
quatre mois peut toucher une indemnisation calculée en fonction
de ses revenus. La durée maximale
d’indemnisation est fixée à 24 mois
pour les personnes ayant moins de
53 ans et 36 mois au-delà.
l’allocation
u deSupprimer
solidarité spécifique (ASS)
Le gouvernement a ouvert la voie à
la création d’une allocation-chômage de longue durée destinée aux
personnes les plus éloignées du travail et qui pourrait dépasser la durée maximale d’indemnisation. Elle
intégrerait l’allocation de solidarité
spécifique (ASS), dont bénéficient
aujourd’hui les personnes ayant
épuisé leurs droits à l’assurancechômage. L’ASS n’est pas financée
par l’assurance-chômage, mais par
l’État et pèse environ 2,6 milliards
d’euros par an.
Au Canada, l’indemnisation est fluctuante
LUDOVIC HIRTZMANN
MONTRÉAL
la gouvernance
u Revoir
du régime
La gouvernance de l’assurancechômage, aujourd’hui gérée par les
syndicats et le patronat, mais aussi
son financement sont sur la table.
Certains partenaires sociaux veulent clarifier l’articulation entre
deux systèmes. D’une part, un système assurantiel piloté par les syndicats et le patronat, selon lequel les
personnes cotisent pour bénéficier
d’un droit à l’assurance-chômage.
D’autre part, un système de solidarité, qui vise à accorder un filet de
sécurité à chaque individu.
Le Medef s’est déjà positionné sur le
sujet en proposant de faire coexister
trois étages : une allocation universelle financée par la CSG et gérée par
l’État, un régime assurantiel complémentaire et obligatoire géré par
les partenaires sociaux et financé
par les cotisations et enfin un régime supplémentaire pour les indépendants et chefs d’entreprise. ■
M. M.
Des chômeurs
rencontrent un
recruteur lors d’un salon
de l’emploi, à Toronto.
BLOOMBERG VIA GETTY IMAGES
L’Ontario et le Québec, les deux
provinces canadiennes les plus
peuplées, ont affiché des taux de
chômage respectifs de 5,7 % et de
5,6 % en août. Quant à la ville de
Québec, elle a battu tous les records, avec un taux de… 3,9 %. Les
petites provinces de l’Atlantique qui représentent une partie infime
de la population du pays - affichent, elles, des taux plus élevés.
Pour ces régions, comme TerreNeuve ou la Nouvelle-Écosse, où la
pêche et le travail saisonnier représentent l’essentiel de l’activité,
le recours aux aides gouvernementales est souvent la seule solu-
tion. À ceci près qu’au Canada,
l’assurance-chômage se nomme…
assurance-emploi, une appellation plus motivante qui vise à soutenir financièrement les salariés
licenciés.
Si les allocations versées représentent 55 % du dernier salaire, le
système est moins généreux que
dans l’Hexagone. Les prestations
des demandeurs d’emploi sont
tout d’abord calculées sur les
meilleures semaines d’activité, en
fonction du taux de chômage de la
région. S’il est peu élevé, les allocations seront revues à la baisse
par rapport aux zones en difficulté.
Les prestations versées sont aussi
plafonnées, à 548 dollars canadiens (365 euros) par semaine,
pour ce qui est des revenus les plus
élevés. Soit 1 460 euros par mois.
En France, le plafond dépasse les
6 200 euros.
Mobilité interprovinciale
Autre particularité originale difficilement transposable en France,
le temps de travail nécessaire pour
avoir droit à des allocations varie
également en fonction… du taux
de chômage de chaque province.
Pour les Terre-Neuviens, zone
dont le taux de chômage avec 15 %
est le plus élevé du pays, 420 heures suffisent pour toucher des allocations pendant une période de 32
semaines. Celui qui a travaillé plus,
pendant 1 300 heures, sera indemnisé pendant 45 semaines, le
maximum assurable au Canada. En
Colombie-Britannique, où le taux
de chômage n’est que de 5,3 %, un
demandeur d’emploi percevra une
allocation après avoir travaillé
pendant au moins 700 heures.
Mais cette indemnité ne lui sera
versée que durant un maximum de
14 semaines (et 36 semaines pour
1 820 heures de travail).
Pour obliger les chômeurs à bouger dans les provinces où il y a une
pénurie de main-d’œuvre, le précédent gouvernement conservateur avait durci les conditions de
maintien à l’assurance-emploi. Les
travailleurs au chômage devaient
accepter un travail qui n’avait rien
à voir avec leurs qualifications,
moins bien rémunéré (jusqu’à 70 %
inférieur à leur salaire antérieur),
mais aussi situé plus loin de leur
lieu de résidence. Cette obligation
de mobilité interprovinciale, dont
les pratiques ont été contestées, a
été annulée par l’actuel gouvernement libéral de Justin Trudeau. Les
chômeurs ne sont plus obligés
d’accepter des emplois éloignés de
leur domicile. Une réforme globalement appréciée, d’autant que les
Canadiens se déplacent naturellement d’une province à l’autre, le
plus souvent sans incitation pour
trouver ce que les Québécois appellent « de l’ouvrage ». ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
ÉCONOMIE
23
Le pouvoir d’achat dopé par la disparition de l’ISF
Le gouvernement espère que les mesures attendues cet automne convaincront tous les Français.
milliards
d’euros
de gain net
de pouvoir d’achat
attendus
en 2019 grâce
aux mesures
gouvernementales
POLITIQUE ÉCONOMIQUE C’est le
cœur du malentendu entre le gouvernement et les Français. Malgré
les incantations de l’exécutif, les
ménages ont le sentiment que leur
pouvoir d’achat baisse. Par réaction, ils limitent leur consommation, ce qui pénalise la croissance.
Cette corrélation s’est vérifiée pleinement au premier trimestre.
Sous le choc de la hausse de la
CSG, qui n’a été compensée que
pour les actifs par les baisses de cotisations sociales salariales, et sous
le coup de l’augmentation de la fiscalité sur les carburants et le tabac,
le pouvoir d’achat a dévissé de
0,5 %. On attendait la même tendance pour le deuxième trimestre,
d’autant que l’Insee avait déjà dévoilé des chiffres de la consommation en berne sur la période
(- 0,1 %). Surprise, selon les dernières données de l’institut publiées
vendredi, le pouvoir d’achat - qui
correspond au revenu disponible
brut des ménages retraité de l’inflation - s’est accru entre avril et juin.
Ce regain de 0,7 % ne concerne toutefois pas tous les Français. Il s’est
surtout concentré sur une minorité
de ménages, les 350 000 foyers environ qui payaient jusqu’en 2017
l’impôt sur la fortune (ISF).
« Le pouvoir d’achat a augmenté
de 0,7 point au deuxième trimestre,
dont 0,4 point lié à la transformation
de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI), précise ainsi Ronan
Mahieu, chef du département des
comptes nationaux. Les personnes
assujetties à l’ISF payaient en effet
pour partie cet impôt au deuxième
trimestre, tandis que l’IFI est dû au
troisième. » Le reste de la hausse du
pouvoir d’achat s’explique essentiellement par le ralentissement de
l’inflation, et notamment des prix
du pétrole.
Confiance des ménages
Si on se fie aux chiffres de l’Insee,
les ménages concernés n’ont pas,
pour l’instant, profité de la suppression de l’ISF pour consommer
davantage ni investir. Ils ont préféré épargner. Avec le paiement de
l’IFI au troisième trimestre, un petit
rattrapage sur ces ménages aisés
pourrait être observé, même si les
montants en jeu sont quatre fois inférieurs à ceux de l’ISF (l’IFI devant
rapporter 1 milliard d’euros, contre
quatre pour l’ISF). Reste à voir quel
sera leur comportement à l’avenir.
Au-delà du cas de l’ISF, la bataille du pouvoir d’achat se jouera
pour l’exécutif dans les prochains
mois, sur sa capacité à bien communiquer sur le double coup de
pouce qui attend les Français :
d’abord la deuxième vague de baisse des cotisations salariales, puis la
baisse d’un tiers de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages. Sur
l’ensemble de l’année, l’Insee table
pour l’instant sur une modeste aug-
Un an après, le Ceta profite plus à
la France et à l’Europe qu’au Canada
L’accord commercial suscite toujours des critiques sur le volet sanitaire et environnemental.
ANNE CHEYVIALLE £@AnneCheyvialle
COMMERCE Hervé Mons, fromager affineur de la région roannaise,
voit d’un très bon œil la signature
du Ceta. Cet accord commercial si
controversé entre l’Union européenne et le Canada est entré en
application depuis un an. « Le Canada est devenu un marché porteur
grâce à l’assouplissement des quotas, la réduction des tarifs et la simplification administrative, explique
le dirigeant de la maison familiale
qui compte 80 salariés. Nous ne
sommes plus obligés de passer par
des intermédiaires. » Il est cependant trop tôt pour engranger les
bénéfices, Le chef d’entreprise
n’attend pas d’effet concret avant
2019, tiré par une baisse des prix de
vente de l’ordre de 10 %.
« Nous avons réactivé nos
contacts depuis janvier. Il existe au
Canada une vraie demande pour des
produits artisanaux comme les nôtres mais il y a toujours de l’inertie
entre les décisions politiques et l’application concrète », complète Hervé Mons, qui vise 1 million d’euros
de ventes. Soit 5 % du chiffre d’affaires de la PME, qui exporte déjà
dans une vingtaine de pays.
D’autres producteurs ont été plus
rapides et engrangent déjà des résultats. Selon les données des
douanes, les exportations françaises de fromages et produits laitiers,
secteur clé pour l’export tricolore,
ont augmenté de 8 % entre septembre 2017 et juillet 2018. Un point
sensible de la négociation portait
sur la reconnaissance des indications géographiques protégées.
Bruxelles en a obtenu 143, dont 43
pour la France, qui couvrent les
spécialités du terroir les plus susceptibles d’être copiées localement. L’abaissement des barrières
douanières a également profité aux
producteurs de vins (hausse de 5 %
de ventes) et de parfums (+ 22 %) et
dans la chimie (+ 62 %).
Pas de veto climatique
Et ceux qui redoutaient de voir les
étals de viande inondés de bœuf
canadien seront confortés par les
premiers chiffres : les importations
ont reculé de 2,7 %. Les quotas limités de bœuf (0,5 % de la
consommation européenne) octroyés dans l’accord sont très loin
d’être pourvus par les Canadiens.
Au total, les exportations de
l’Hexagone ont progressé de 5,3 %
contre une baisse de 9,9 % des importations en provenance du Canada. S’il faut prendre avec prudence
ces premiers résultats en raison de
la volatilité, une tendance se dessine, y compris à l’échelle européenne. Les chiffres publiés vendredi
par Bruxelles montrent une percée
des entreprises européennes. Les
mentation du pouvoir d’achat, de
1 %, concentrée sur le deuxième
semestre.
Tout l’enjeu sera alors pour le
gouvernement de capitaliser sur ce
rebond attendu en toute fin d’année
pour redonner confiance aux ménages et engager 2019 sous de
meilleurs auspices. Plusieurs mesures, comme la revalorisation de la
prime d’activité ou la désocialisation des heures supplémentaires
inscrites dans les budgets de la Sécu
et de l’État pour 2019, sont censées
soutenir cette dynamique. Selon les
économistes de l’OFCE, l’ensemble
des mesures aura un impact positif
de 3,5 milliards d’euros pour le
pouvoir d’achat des ménages l’an
prochain. ■
EN BREF
LE PRÉLÈVEMENT
À LA SOURCE
SERA AMÉNAGÉ
£ Gérald Darmanin, le ministre
de l’Action et des Comptes
publics, a annoncé
des aménagements sur
le prélèvement à la source
pour les artisans, commerçants
et professions libérales.
Sauf en cas de fraude
manifeste, il n’y aura pas
de pénalité en 2019 pour les
entreprises qui commettraient
des erreurs. En 2020,
les sanctions financières
seront de 50 euros contre
250 initialement prévus.
LES FRANÇAIS
GARNISSENT
LEUR LIVRET A
£ Les dépôts d’argent
des épargnants ont à nouveau
dépassé les retraits en août
dernier sur le livret A à hauteur
de 1,35 milliard d’euros. Sur les
huit premiers mois, la collecte
cumulée du livret A atteint
11,34 milliards d’euros contre
12,17 milliards d’euros l’an
dernier. Ce produit d’épargne
demeure l’un des placements
préférés des Français en dépit
d’une rémunération à son plus
bas historique (0,75 %).
Transport ferroviaire
de marchandises
à Montréal. Sur un an,
les exportations
françaises ont progressé
de 5,3 % contre
une baisse de 9,9 %
des importations en
provenance du Canada.
JÉRÔME CHABANNE/
RESERVOIRPHOTO.COM
exportations ont progressé de plus
de 7 % d’une année sur l’autre.
« Certains secteurs sont particulièrement florissants », appuie la
Commission. À l’exemple de la
chimie et pharmacie (+ 20 %), qui
représente un cinquième des exportations vers le Canada, la céramique (+ 43 %), les bijoux (+ 68 %),
les vêtements (+ 11 %)… « D’après
les premières données, nous avons
bien des raisons de nous réjouir,
même à ce stade », s’est félicitée la
commissaire au Commerce, Cecilia
Malmström, qui doit se rendre au
Canada le 26 septembre pour faire
un point sur les avancées.
Le traité reste suspendu, pour
être définitivement appliqué, à la
ratification des États membres. À
ce jour, seuls douze pays l’ont acté,
dont les pays Baltes, l’Espagne et le
Portugal. L’Allemagne et la France
ne l’ont pas ratifié. Et l’Autriche et
la Belgique notamment attendent le
jugement de la Cour européenne de
justice attendu en début d’année
sur l’arbitrage. Le risque majeur
vient de l’Italie, où le nouveau gouvernement a fait des sorties toni-
truantes et appelé le Parlement à
rejeter le texte.
Le Ceta suscite toujours de vives
inquiétudes sur le risque d’abaissement des normes sanitaires et environnementales. Le traité est « la
porte ouverte aux pesticides et aux
OGM » et ne comporte « toujours
pas de veto climatique », déplorent
l’Institut Veblen et la Fondation Nicolas Hulot dans une étude
conjointe. Yannick Jadot, député
européen des Verts, dénonce « un
bilan déjà désastreux pour les citoyens et l’environnement ». ■
Les États-Unis, premier fournisseur de soja de l’UE
JEAN COMTE £@JeanComte
BRUXELLES
«
Je me réjouis
des derniers
chiffres du
commerce qui
montrent que
nous honorons
l’engagement
pris par
les présidents
Juncker
et Trump
»
PHIL HOGAN,
COMMISSAIRE EUROPÉEN
CHARGÉ DE L’AGRICULTURE
Washington dépasse désormais
Brasilia. Selon des chiffres publiés
cette semaine par la Commission
européenne, 52 % des graines de
soja importées par l’UE entre juillet
et mi-septembre 2018 provenaient
des États-Unis, contre seulement
40 % du Brésil. En 2017, sur la
même période, la partie américaine n’assurait que 25 % de ces importations, contre 48 % pour le
Brésil. En termes de volume, les
exportations américaines vers le
Vieux Continent ont atteint
360 000 tonnes en juillet 2018, soit
une hausse de 283 % par rapport à
juillet 2017. « Je me réjouis des derniers chiffres du commerce qui montrent que nous honorons l’engagement pris par les présidents Juncker
et Trump », a commenté Phil Ho-
gan, le commissaire européen
chargé de l’Agriculture. L’accord
acté en juillet par le président de la
Commission européenne et son
homologue américain évoquait en
effet une intensification du commerce de cette matière première.
« L’Union européenne peut importer plus de soja des États-Unis, et
elle le fera », déclarait alors JeanClaude Juncker.
Guerre commerciale
ll est toutefois exagéré d’imputer
cette augmentation au seul accord
Trump-Juncker, d’autant que les
chiffres communiqués par la Commission comprennent le début du
mois de juillet, soit avant l’armistice commercial entre Bruxelles et
Washington.
Il ne s’agit en fait que d’un accord de principe. Il ne comprend
aucun élément concret (droit de
douane, autorisation à l’exporta-
tion...) permettant d’agir directement sur les flux commerciaux.
Selon une source européenne, les
participants à la réunion de juillet
se sont contentés de décrire des
tendances déjà en cours sur les
marchés, y compris le renforcement de la part de marché américaine en Europe sur le soja.
Cette tendance est à la fois nourrie par des facteurs structurels comme le besoin continuel de
l’Europe d’importer du soja pour
nourrir son bétail - et conjoncturels. La guerre commerciale lancée
par Donald Trump a ainsi conduit
la Chine à taxer le soja américain,
portant un coup fatal aux producteurs américains. Sachant que
l’empire du Milieu absorbe traditionnellement un tiers de la production américaine de soja. D’où
une baisse massive des prix qui
profite naturellement… aux importateurs européens. ■
ARCELORMITTAL CÈDE
DEUX ENTREPRISES
£ Les tréfileries Wire France
à Commercy (Meuse)
et Sainte-Colombe-sur-Seine
(Côte-d’Or) seront cédées
par ArcelorMittal au français
Altifort. Celui-ci reprendra
l’intégralité des 111 salariés,
a indiqué son directeur général
Bart Gruyaert à l’AFP.
Le comité central d’entreprise
a rendu vendredi un avis
favorable au projet de reprise.
SEQUANA RESTE
EN PROCÉDURE
DE SAUVEGARDE
£ La cour d’appel de Versailles
a annulé le 18 septembre
la décision du tribunal
de commerce de Nanterre
autorisant la sortie du groupe
papetier Sequana de la
procédure de sauvegarde
engagée en juin 2017.
Ce qui rouvre une période
d’observation de 3 mois
durant laquelle le groupe devra
présenter un nouveau plan
de sauvegarde. Cette décision
fait suite aux recours intentés
en France par le groupe
britannique BAT (British
American Tobacco) avec lequel
Sequana est en litige et pour
lequel un jugement est attendu
en fin d’année à Londres.
+@
» Tous les Français
ne sont pas égaux
face au chômage, la preuve
» Sans les aides publiques,
ces ménages ne peuvent plus
s’offrir de maison
www.lefigaro.fr/economie
A
3,5
ANNE DE GUIGNÉ £@adeguigne
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
24
ENTREPRISES
Le gouvernement dépassé par le succès de la prime à la casse
Les concessionnaires, qui font l’avance de trésorerie, ne sont toujours pas remboursés par l’État.
170 000
demandes
de prime
à la conversion
ont été déposées
depuis janvier
EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
AUTOMOBILE Enfin, un dispositif
visant à rajeunir le parc automobile qui fonctionne ! La prime à la
conversion, instaurée le 1er janvier 2018, a permis de mettre au
rebut plus de 170 000 vieux véhicules. Le nombre de dossiers a
été communiqué par le ministère
de la Transition écologique,
confirmant une information des
Échos.
D’ici la fin de l’année, « plus de
250 000 véhicules » auront été
échangés grâce à cette nouvelle
forme de prime à la casse, selon
un porte-parole du ministère.
L’objectif fixé pour la première
année était de 100 000 dossiers.
Le succès est donc incontestable. Il était prévisible car cette
prime a été conçue pour répondre
aux besoins des Français. Elle
permet aux propriétaires de véhicules diesel immatriculés avant
2001 (avant 2006 pour les ménages non imposables) ou essence
d’avant 1997 qui souhaitent remiser leur vieille guimbarde d’obtenir une prime de 1 000 euros
(2 000 euros s’ils sont non imposables) pour l’achat d’un véhicule
plus récent, essence ou diesel
mais bénéficiant d’une vignette
Crit’Air 1 ou 2 et émettant au
maximum 130 grammes de CO2
par kilomètre. En clair, il est possible d’échanger une vieille voiture contre une voiture d’occasion,
mais plus récente. Pas besoin,
pour une fois, d’acheter une voiture neuve, dont le prix est souvent rédhibitoire, même avec une
prime. Le succès vient de là : 60 %
des demandes concernent ainsi
des véhicules d’occasion et 70 %
des ménages non imposables. Le
rajeunissement du parc automobile, indispensable pour diminuer
les émissions de CO2 et la pollution, est effectif.
Prime et malus
Néanmoins, ce succès n’est pas
sans susciter quelques inconvénients. Le principal est que l’État
– ce n’est pas vraiment une surprise – est mauvais payeur. « Les
concessionnaires avancent très
souvent le montant de la prime
auprès des clients », explique Fa-
bien Bonadeo, responsable de la
branche concessionnaire du
Conseil national des professions
de l’automobile (CNPA). Et ils ont
bien du mal à se faire rembourser
par l’État. Certains attendent leur
remboursement depuis mars ou
avril. Et les sommes peuvent être
importantes, puisqu’elles se chiffrent en centaines de milliers, voire en millions d’euros, pour de
grandes concessions. « Cette mesure est positive, mais nous ne
pourrons pas la soutenir très longtemps si l’État ne nous rembourse
pas », déplore Fabien Bonadeo.
Les pouvoirs publics ont été
surpris par le succès de la mesure.
Il semble que son financement
n’était pas totalement assuré. Le
gouvernement aurait assuré au
CNPA qu’une somme de 40 millions d’euros serait très prochainement débloquée pour procéder
aux remboursements d’ici quelques semaines.
Il vaudrait mieux car le projet ne
semble pas être d’abandonner cette mesure. Des discussions sont en
cours pour la prolonger et tenter
d’en corriger les aberrations. Car,
dans l’état actuel, il est possible de
bénéficier de cette prime tout en
étant soumis à un malus sur les
émissions de CO2. « C’est un peu
difficile à faire comprendre aux
clients », euphémise Fabien Bonadeo. Tous les acteurs seront bientôt
fixés : le gouvernement devra donner des précisions dans le cadre de
la loi de finance, qui sera présentée
dans les prochains jours. ■
Livraison de repas :
Uber Eats vise
la place de leader
avec Deliveroo
La très coûteuse course aux parts de marché
rend une consolidation du secteur inévitable.
« seToutpasse
comme si les
plateformes
avaient acté
depuis
le début
que seule
une position
hégémonique
permet
de dégager
des bénéfices
à terme
»
ALEXANDRE MASURE,
DIRECTEUR D’ÉTUDE
CHEZ XERFI
MATHILDE VISSEYRIAS
£@MVisseyrias
RESTAURATION Les coursiers de
Deliveroo finiront-ils par tous pédaler aux couleurs d’Uber Eats ?
Selon l’agence Bloomberg, la plateforme de réservation de VTC a engagé des discussions avec la startup britannique de livraison de repas
à domicile, en vue d’en prendre le
contrôle. Rien n’est décidé. L’an
dernier, toujours selon Bloomberg,
des contacts entre Deliveroo et la
société d’investissement japonaise
Softbank, actionnaire d’Uber,
avaient brusquement cessé sans
qu’aucun accord ne soit trouvé. Interrogés, ni Uber ni Deliveroo n’ont
souhaité faire de commentaire.
Dara Khosrowshahi, le dirigeant
d’Uber, vise une introduction en
Bourse en 2019, alors que l’entreprise est toujours dans le rouge. La
livraison de repas à domicile a beau
être fortement consommatrice de
liquidités et déficitaire, il mise sur
cette activité en forte croissance
pour en faire le fer de lance de sa
domination. En mai, Dara
Khosrowshahi assurait qu’Uber
Eats comptait bientôt s’imposer
comme le leader mondial (hors
Chine). La place est aujourd’hui occupée par l’allemand Delivery
Hero, qui référence sur ses différents sites, 197 000 restaurants dans
une quarantaine de pays. Uber Eats
en compte, lui, plus de 100 000.
Besoin d’argent
Racheter Deliveroo, qui fait travailler 35 000 livreurs (et autant
de restaurants) dans 200 villes à
travers le monde, permettrait à
Uber Eats d’accélérer et de distancer une partie de la concurrence.
Mais l’addition s’annonce salée.
Créé en 2013 à Londres, Deliveroo
s’est imposé dans la livraison à domicile grâce à six levées de fonds,
pour un montant global d’un milliard de dollars. L’entreprise britannique ne dégage toujours pas
de bénéfices. Mais sa dernière levée de fonds - il y a un an-, valorisait déjà l’entreprise plus de 2 mil-
Des coursiers Uber Eats et Deliveroo, place de la République, à Paris. Racheter Deliveroo permettrait à Uber Eats
d’accélérer et de distancer une partie de la concurrence dans la livraison de repas à domicile. ROMAIN BEURRIER/REA
liards de dollars. Depuis, elle a
encore grossi. Pour étoffer son
chiffre d’affaires, elle a élargi ses
zones de livraison en ouvrant des
cuisines centrales, pouvant accueillir plus de 250 restaurateurs
(nos éditions du 9 mars).
« Si Uber Eats rachète Deliveroo,
c’est le signe que les investisseurs
commencent à ne plus vouloir autant
miser sur le secteur sans jamais rien
gagner, affirme un connaisseur.
Deliveroo est fortement attaqué par
Uber Eats à Londres, qui était sa
chasse gardée. Delivery Hero est
dominant en Europe centrale, en
Asie et au Moyen-Orient. » Face à
l’ampleur des fonds investis, les
analystes ont rapidement évalué
l’ampleur des risques. Fin 2017, le
cabinet de conseil Xerfi publiait
une étude intitulée « La FoodTech,
une bulle prête à éclater ? » Pour
continuer, Deliveroo a de nouveau
besoin d’argent frais.
Sur un marché jeune, tout se
joue sur l’investissement important qu’exige la course aux parts
de marché. Une fois que les
consommateurs ont téléchargé
une application, ils ont tendance à
lui rester fidèles. « Le gagnant
sera celui qui a le plus de cash à
brûler », insiste un expert.
Il y a déjà eu des sorties de route. En France, la plateforme Tok
Tok Tok a mis la clé sous la porte il
y a deux ans. En juillet 2016, le
belge Take Eat Easy a été placé en
redressement judiciaire, cessant
toutes ses activités en Europe.
Plus récemment, Delivery Hero,
propriétaire de Foodora, a décidé
de mettre un terme aux activités
de sa marque en France, en Italie,
aux Pays-Bas et en Australie. Coté
en Bourse, Delivery Hero doit se
concentrer sur ses positions les
plus fortes et stopper les foyers de
pertes de plus petits marchés.
À part le britannique Just Eat,
qui se contente d’être une place de
marché sur Internet - sans gérer
la livraison -, aucune société n’a
fait la preuve de sa viabilité : toutes accumulent des pertes. « Tout
se passe comme si les plateformes
avaient acté depuis le début que
seule une position hégémonique
permet de dégager des bénéfices à
terme, affirme Alexandre Masure,
directeur d’étude chez Xerfi. Elles
se sont lancées dans une course à
des levées de fonds exorbitantes.
Cette stratégie montre aujourd’hui
ses limites. » ■
Paul va convertir l’Inde aux viennoiseries françaises
Le groupe Holder ouvrira sa première boutique indienne près de New Delhi au début de 2019.
885
millions
d’euros
A
Chiffre d’affaires
du groupe Holder
en 2017
EMMANUEL DERVILLE £@e_derville
NEW DELHI
AGROALIMENTAIRE Il aura fallu
six ans pour que Paul saute le pas.
Début 2019, l’enseigne de restauration et de boulangerie-pâtisserie
ouvrira sa première enseigne dans
un centre commercial de Gurgaon, dans la banlieue de New
Delhi. Si le groupe Holder, propriétaire de la marque, a tant attendu, c’est que le chemin fut long
pour trouver un franchisé local
prêt à tenter le pari. Finalement,
le groupe indien Stellar Concepts,
qui a importé Subway en Inde en
2001, a accepté de se lancer. « On
a eu beaucoup de contacts avec
eux. On se voyait, puis on n’avait
plus de nouvelles pendant trois
mois, puis on se retrouvait… », raconte Maxime Holder, le président
de Paul International.
Le temps de réflexion que s’est
accordé le franchisé peut se comprendre. Investir dans la boulangerie-pâtisserie française en Inde
est un pari audacieux tant les desserts sont différents. Les sucreries
locales sont à base de beurre clarifié, de fruits secs, de lait, d’épices comme la cardamome, de riz
et de noix de coco. Et à New
Delhi, quelques commerces ont
retravaillé certaines viennoiseries
françaises de fond en comble. Les
éclairs au chocolat y sont plus
crémeux, moins chocolatés que
ceux vendus en France.
« On va faire évoluer 30 à 40 %
de notre menu et adapter nos produits avec les épices locales. Sinon,
beaucoup paraîtront insipides aux
Indiens », précise Maxime Holder.
Pour ce faire, Paul a créé des
équipes binationales de boulangers et de pâtissiers français et de
chefs indiens qui doivent faire des
propositions sans dénaturer le
concept de la marque. « Nos
adaptations se font traditionnellement sur notre activité traiteur.
Nous ne changerons pas nos recettes de pain. Et sur la pâtisserie, je
ne changerai pas la recette de
l’éclair. Si les gens viennent chez
Paul, c’est pour trouver les produits qu’ils achètent quand ils viennent nous voir à Paris ou ailleurs,
pas pour qu’une entreprise française leur fasse de la pâtisserie indienne », ajoute le dirigeant.
Un marché de niche
Paul vise un marché de niche, des
Occidentaux expatriés en Inde et
des Indiens ayant voyagé ou vécu
à l’étranger. Mais la marque espère aussi capter une clientèle un
peu plus large, séduire la classe
moyenne aisée. « On ne souhaite
pas que Paul soit une marque de
luxe qui s’adresse à une élite »,
précise Maxime Holder.
Paul s’implante en Inde
huit ans après l’arrivée d’un
concept similaire. La marque de
boulangerie-pâtisserie L’Opéra
gérée par l’entreprise indienne
French Bakery exploite 13 boutiques à Delhi, dans les villes voisines de Gurgaon et Noida. L’enseigne vend du pain, des quiches et
des viennoiseries préparées selon
les recettes françaises. Elle colle si
bien à la gastronomie tricolore
qu’elle détient une boutique dans
l’ambassade de France. Paul devra se faire une place sur un marché restreint où un concurrent
s’est déjà implanté.
Le groupe Holder compte sur
son franchisé pour réussir tout
en veillant à la qualité. Stellar
Concepts devra importer de la
farine française et les viennoiseries seront importées crues surgelées de France. Mais l’Inde impose des droits de douane de
70 % à 100 % selon les produits.
Maxime Holder ne paraît pas inquiet : « Le prix de vente reflétera
le fait que ces produits sont importés de France. Notre franchisé
fera moins de marge sur le croissant que sur un produit traiteur
fabriqué localement. C’est un risque. Mais Paul a 700 produits en
gamme et, globalement, la viennoiserie ne représente que 10 à
15 % de nos ventes. » Humble,
Maxime Holder reconnaît que
l’aventure prendra du temps. Il
perçoit la première implantation
comme le début d’une « courbe
d’apprentissage d’environ un à
trois ans. Éventuellement, on
ouvrira d’autres points de vente
sur New Delhi. » ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
ENTREPRISES 25
Tim : Xavier Bertrand et Bruno Le Maire s’opposent
Repris à l’été 2017, l’industriel en difficulté attend que Bercy honore sa promesse de lui prêter 2 millions d’euros.
démontré « la viabilité de l’entreprise
par l’établissement d’un plan d’affaires crédible » et qu’il « ne souhaite pas
rendre compte de l’emploi des fonds et
de l’exécution du plan d’affaires à
l’État ». De fait, l’entrepreneur francophone de 72 ans, un personnage
haut en couleur peu adepte du compromis, s’est opposé à Jean-Pierre
Floris, le délégué interministériel aux
restructurations d’entreprises. « J’ai
restructuré 48 entreprises dans
15 pays, a-t-il lancé lors d’une réunion à l’ex-PDG de Verallia, nommé
à ce poste fin 2017. Je suis l’Alain Ducasse de la restructuration, vous n’allez pas apprendre à Alain Ducasse à
faire la cuisine. »
IVAN LETESSIER £@IvanLetessier
INDUSTRIE Le sauvetage d’entreprises en difficulté est un sport de
combat, à la fois économique et politique. Depuis dix jours, Xavier
Bertrand, président de la région
Hauts-de-France, et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des
Finances, s’écharpent en public au
sujet de TIM. Dénonçant sur France
Inter un « cynisme d’État », le premier reproche au second de refuser
d’honorer sa promesse de prêter
2 millions d’euros au repreneur de
ce fabricant de cabines d’engins de
chantiers et de machines agricoles
de Quaëdypre (Nord).
Leader européen de son marché
en 2012 (177 millions d’euros de
chiffre d’affaires cette année-là
pour 40 000 cabines produites),
TIM, filiale de l’allemand Frietzmeier, a vu son chiffre d’affaires
dévisser en quelques années. Et ce,
car Caterpillar, son principal client,
a internalisé une partie de la production qu’il sous-traitait à TIM.
Après la suppression de 123 des
630 postes en 2016, TIM a dû déposer le bilan en janvier 2017, en pleine campagne présidentielle, échappant in extremis à la liquidation
judiciaire l’été suivant. Les interventions de Xavier Bertrand et de
Benjamin Griveaux, à l’époque secrétaire d’État à Bercy, avaient en
effet convaincu Fil Filipov, un in-
Prêt de la région
Des ouvriers de l’usine
TIM de Quaëdypre,
dans le département
du Nord.
M. DEMEURE/PHOTOPQR/
VOIX DU NORD/MAXPPP
dustriel américain d’origine bulgare spécialiste des entreprises en difficulté, de reprendre TIM et 446 de
ses 470 salariés. Ce dernier a obtenu
des promesses de prêt de Caterpillar, d’Atlas, un client de TIM dont
il est propriétaire, de la région
Hauts-de-France et de Bercy.
Les deux premiers (6 millions au
total) ont été versés dès l’été 2017,
mais TIM s’est trouvé à cours de
cash en janvier. « L’activité a bien
redémarré, nous avons gardé tous
nos clients, mais ces derniers ont réduit leurs commandes pour diversifier
leurs approvisionnements », selon Fil
Filipov. En mai, Bercy a soutenu un
projet de reprise de TIM par Buisard,
un rival établi à Sablé-sur-Sarthe.
Les pourparlers n’ont pas abouti :
Buisard voulait reprendre TIM à la
barre du tribunal de commerce,
avec la suppression de 80 postes à la
clé ; mais Fil Filipov a refusé de déposer le bilan, s’assurant prêt à financer la suite par un nouvel apport
de 2,2 millions d’Atlas.
Dans ces conditions, Bercy a refusé
de verser les 2 millions d’euros promis, au motif que Fil Filipov n’a pas
Dans une lettre envoyée le 8 août à
Xavier Bertrand, Bruno Le Maire critiquait la décision de Filipov de
« mettre en place une rupture conventionnelle collective prévoyant la suppression de 150 postes ». Un courrier
rendu public par le ministre sur les
réseaux sociaux après les accusations
du président des Hauts-de-France,
qui a, lui, prêté les 3,5 millions promis. « Ce plan de départ n’a pas été
financé par l’argent de la région, je ne
suis pas là pour payer les indemnités
de licenciements », assure Xavier
Bertrand, soulignant que le prêt est
assorti d’une garantie hypothécaire
sur l’immobilier de TIM. Fil Filipov,
de son côté, assure qu’il peut s’en
sortir tout seul… ■
Amazon fait tout pour s’imposer dans la maison connectée
Le géant américain du e-commerce multiplie les appareils équipés de son assistant vocal, Alexa.
Nous
« voulons
que
nos clients
puissent
accéder
à Alexa dans
n’importe
quelle pièce
de la
maison
»
DAVID LIMP,
VICE-PRÉSIDENT
D’AMAZON
DIDIER SANZ £@sanzdidier
À SEATTLE
TECHNOLOGIE Four à micro-ondes, horloge murale, ampli hi-fi,
boîtier TV… C’est une véritable
avalanche de nouveaux produits
connectés que le géant du commerce électronique Amazon a présenté ce jeudi à son siège de Seattle.
Fort du succès de son assistant vocal Alexa, popularisé par l’enceinte
connectée Echo et ses variantes
(Echo Dot et Echo Spot), la société a
décidé de la décliner dans une série
de produits domestiques de toutes
sortes. L’américain est bien décidé
à s’installer dans toutes les pièces
de la maison. La course au contrôle
de la smart home est lancée.
Parmi les nouveautés, Amazon a
présenté son premier four à micro-ondes. On peut lui demander
de cuire un aliment : la machine se
charge ensuite de régler le temps
et le mode de cuisson. Alexa vient
aussi se glisser dans nos télévisions, avec le boîtier Fire TV Re-
cast. Il capte le signal de télévision
par sa prise d’antenne pour la diffuser sur un téléviseur, en complément de services de vidéos en ligne, mais aussi sur des appareils
iOS et Android, et qui permet
d’enregistrer les programmes.
Pour compléter cette famille d’objets domestiques, Amazon a dévoi-
lé une horloge murale connectée
qui sert aussi de minuteur à commande vocale, une prise électrique
connectée qui répond à des instructions vocales par l’intermédiaire d’une enceinte Echo, ainsi
que des caméras de surveillance et
des sonnettes intelligentes. Enfin,
l’assistant Alexa peut vous suivre
aussi en voiture grâce au petit boîtier Amazon Auto qui s’installe sur
le tableau de bord. Il pourra par
exemple, pendant qu’on conduit,
mémoriser les achats à effectuer
qu’on énonce, lancer des appels
téléphoniques en main libre ou
donner des indications sur un restaurant à proximité.
Concurrence mondiale
Après l’enceinte connectée Echo, l’assistant vocal Alexa d’Amazon
va être décliné dans une série de produits domestiques. GE APPLIANCES
Amazon n’a pas oublié pour
autant ses premiers amours. Le
géant du e-commerce a présenté
jeudi plusieurs produits dédiés
aux enceintes ou à l’audio, comme
l’Echo Input, un petit boîtier qui
peut transformer n’importe quel
haut-parleur en enceinte connectée. Il a aussi présenté des versions
améliorées d’enceintes déjà commercialisées, comme l’Echo Show
ou l’Echo Dot. Nouveau venu dans
la famille, l’Echo Sub est un caisson de basse d’une meilleure qualité sonore que leurs autres appareils de la gamme. Seule une
poignée de ces nouveautés seront
commercialisées en France, du
moins dans l’immédiat.
Les annonces d’Amazon ont des
airs de « foire à tout ». Mais il ne
faut pas s’y tromper, elles revêtent
une importance stratégique. En tirant tous azimuts, le géant du ecommerce cherche tout simplement à couper l’herbe sous le pied
de la concurrence. La menace ne
vient pas tant des assistants
connectés d’Apple ou de Google
que de ceux des stars asiatiques du
secteur, à commencer par Samsung. Le coréen, qui devrait bientôt
lancer son propre assistant Bixby
en France, affirme disposer d’une
base de 600 millions d’objets
connectés dans le monde, du
smartphone au réfrigérateur en
passant par le téléviseur, le lavelinge et la caméra connectée.
Celui qui aura le contrôle des assistants vocaux de la maison pourra
aussi prétendre avoir la main sur les
dépenses quotidiennes des ménages… Et là, le marché se chiffre en
dizaines de milliards de dollars. ■
La start-up d’EDF qui sème la discorde
42
euros
Tarif régulé du MWh
vendu par EDF
à ses rivaux en vertu
du dispositif de soutien
à la concurrence
FRÉDÉRIC DE MONICAULT
fdemonicault@lefigaro.fr
INDUSTRIE Voilà qui ne va pas
améliorer les relations, déjà
tendues, entre EDF et es fournisseurs alternatifs d’électricité.
Sowee, filiale du groupe, bénéficie du mécanisme de l’accès
régulé à l’énergie nucléaire historique (Arenh). Grâce à ce dispositif, Sowee peut s’approvisionner
en électricité auprès de sa maison
mère à un prix intéressant.
L’Arenh, créé en 2010 pour
dynamiser la concurrence, prévoit qu’EDF cède à ses rivaux juqu’à 100 térawattheures (TWh)
par an au prix fixe de 42 euros le
mégawattheure (MWh). Ce seuil
doit prémunir les compétiteurs
d’EDF contre la volatilité des prix
de marché. Quand ceux-ci sont
très élevés, comme c’est le cas
actuellement, ils peuvent en partie compter sur l’Arenh pour
s’approvisionner.
Mais Sowee, créé en 2016, estil vraiment un fournisseur alternatif ? Pour EDF, cela ne fait
aucun doute : Sowee est une
marque indépendante avec son
propre fichier clients, ses propres
offres commerciales et ses propres circuits d’achats d’énergie.
EDF n’est qu’une de ses sources
d’approvisionnement
parmi
d’autres. Surtout, l’activité de
Sowee ne se limite pas à la fourniture d’énergie. L’entreprise a
développé une « station connectée », un équipement de domotique servant à piloter la consommation d’énergie d’un logement.
Par exemple, une personne de
retour de week-end peut moduler son chauffage à distance.
Les rivaux d’EDF ne cachent pas
leur perplexité face à ce statut de
fournisseur alternatif pour Sowee.
Mais leurs angles d’attaque sont
limités car leur cible est enregistrée comme tel par la Commission
de régulation de l’énergie (CRE) –
au même titre que 27 autres fournisseurs en France. Donc juridiquement inattaquable.
Situation renversée
Pourtant, en 2009, lors de l’élaboration de l’Arenh, le gouvernement
français avait pris soin de souligner
dans une lettre d’intention à la
Commission européenne que
« l’opérateur historique ne pourrait
pas exploiter le dispositif au profit de
ses autres activités commerciales ».
Le signe déjà qu’il pourrait y avoir
de sérieuses querelles.
Si la question se pose en cette
rentrée 2018, c’est que le prix
Arenh est redevenu très avantageux en raison de la hausse du prix
spot de l’électricité qui dépasse
70 euros. La situation s’est même
complètement renversée par rapport à ces dernières années, lorsque
les prix de marché étaient inférieurs au tarif Arenh. Ce qui dissuadait les fournisseurs alternatifs
d’avoir recours à ce mécanisme.
Aujourd’hui, alors que l’automne
démarre à peine, près de 90 % des
droits à l’Arenh pour l’année 2018
ont déjà été souscrits. À ce rythme,
le plafond de 100 TWh devrait
bientôt être atteint et même dépassé. On parle même d’une commande de 125 TWh.
Dans ce contexte, les rivaux
d’EDF rappellent qu’ils doivent
compenser les achats au prix
Arenh effectués par Sowee, en
s’approvisionnant sur le marché à
des prix plus élevés. Cela pèse sur
leur compétitivité, alors même
que des réductions sensibles par
rapport aux tarifs réglementés de
vente (TRV) d’EDF sont leur principal levier de développement.
Toutefois, le volume des achats
de Sowee est loin d’être le seul
responsable du franchissement
des limites de l’Arenh. L’inflation
des prix de marché et l’augmentation du nombre de fournisseurs
expliquent d’abord et avant tout
une situation dont le consommateur pourrait pâtir. En effet, comme la loi le prévoit, EDF répercute
dans ses offres commerciales - les
TRV comme celles au prix de marché - le tarif Arenh correspondant
au dépassement du plafond de
100 TWh. Ce qui conduit le groupe
à vendre son électricité plus cher.
Le plafonnement de l’Arenh n’est
donc pas, finalement, une mauvaise affaire pour l’énergéticien. ■
A
Sowee, filiale de l’opérateur historique, bénéficie d’un approvisionnement préférentiel contesté en électricité.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
26 ENTREPRISES
LE GRAND
PHILIPPE
AGHION
TÉMOIN
ÉCONOMISTE
de fonctionnaires et tenir l’engagement de 120 000 postes de moins
d’ici à 2022. En même temps, on
manque d’enseignants ou d’infirmières, et nos mauvaises performances Pisa reflètent en partie
des salaires insuffisamment incitatifs dans l’éducation. Enfin, il faut
réformer notre système de retraites
pour garantir le pouvoir d’achat des
retraités, plutôt que de le raboter.
PROPOS RECUEILLIS PAR
BERTILLE BAYART £@BertilleBayart
ET ANNE DE GUIGNÉ £@adeguigne
Économiste et professeur au Collège
de France, Philippe Aghion est
proche d’Emmanuel Macron, mais
pas toujours entendu par le chef de
l’État.
Dans une note que vous avez signée
en juin avec deux autres
économistes, Jean Pisani-Ferry
et Philippe Martin, et adressée
à Emmanuel Macron,
vous regrettiez que sa politique ait
perdu son « ambition
émancipatrice ». Les plans pauvreté
et santé lui ont-ils fait retrouver
sa « jambe gauche » ?
L’idée générale, c’était de libérer et
d’innover, mais aussi de protéger
et d’émanciper. Le plan pauvreté
répond bien à cette ambition, qui
n’est tant pas de s’accommoder
de la pauvreté mais surtout
d’aider les personnes concernées à
en sortir. L’accent est mis sur l’enfance, un sujet essentiel, d’ailleurs
traditionnellement porté par la
gauche ! Par ailleurs, la montée en
gamme des politiques d’accompagnement contribuera à créer une
vraie « flexisécurité » à la française. L’augmentation de la prime
d’activité doit rendre le travail plus
L’économiste
Philippe Aghion
soutient
la politique de
l’exécutif, mais
suggère d’aller
plus loin
en matière de
réforme de l’État
ou des retraites.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
LE FIGARO. – L’exécutif a laissé
paraître un peu de confusion
depuis la rentrée.
Emmanuel Macron a-t-il perdu
le fil de sa politique
et de son programme ?
Philippe AGHION. - Il peut y avoir
des couacs, parfois un manque
d’explications, mais dans l’ensemble, la ligne est tenue. L’objectif
était de transformer notre pays afin
de créer les conditions d’une croissance durable, inclusive, par l’innovation. Ce programme est mis en
œuvre. La réforme, fondamentale,
de la fiscalité auparavant désincitative du capital est faite. Les
ordonnances de réforme du marché du travail commencent à
porter leurs fruits. La réforme de
notre système d’apprentissage est
sur les rails. Et le gouvernement
engage les réformes de l’assurance-chômage et des retraites.
Tout cela était dans le programme –
avec la réforme de la SNCF en
prime – et Emmanuel Macron
l’applique.
« Emmanuel Macron
tient sa ligne »
attractif et faciliter le retour à l’activité. Notre pays compte 9 millions de chômeurs, mais néanmoins nombre d’employeurs, par
exemple dans l’hôtellerie-restauration, ne trouvent pas de salariés à embaucher. Soyons francs, il
y a bien parfois en France un
manque d’appétence pour le travail. Quant au plan santé, il met
fin au système absurde du numerus clausus et s’attaque au triple
problème de la pénurie de médecins, de l’insuffisance de notre
système de prévention et de la
crise de l’hôpital avec en particulier l’engorgement des services
d’urgences.
Dans cette note, vous plaidiez
pour une réforme des droits
de succession. Vous n’avez pas été
entendus puisque Emmanuel
Macron a refermé le débat…
Oui, à terme, je suis favorable à une
plus grande progressivité dans les
droits de succession sans augmenter la charge fiscale totale. Mais
je comprends que le chef de l’État
ait choisi de temporiser pour accréditer sa promesse d’une stabilité
fiscale après les réformes de la première année. Par contre, il semble
suivre notre recommandation de
différer l’élimination de la taxe
d’habitation pour les 20 % les plus
aisés (de 8 à 10 milliards d’euros),
laquelle grèverait trop durement
nos marges budgétaires à court
terme sans pour autant stimuler
notre économie.
Vous êtes un vigoureux partisan
d’une profonde réforme de l’État.
LES DÉCIDEURS
â ANTOINE BING
Kookaï
Aux commandes depuis 2015, Laurence Benat
passe la main. La marque de prêt-à-porter,
rachetée par le groupe Magi à Vivarte, sera
désormais dirigée par Antoine Bing. Ex-patron
de la maison de chocolats belges Pierre Marcoloni, ce Sciences Po est « un passionné […] en
phase avec les objectifs à atteindre » selon les
mots du président de Magi, Robert Cromb.
â JEAN-PASCAL MEYRE
Saint Olive & Cie
À 46 ans, il rejoint la société de gestion de portefeuille. Ancien de Deutsche Bank et de Goldman
Sachs, où il s’est spécialisé dans les obligations
convertibles, il pilotera l’allocation d’actifs et la
relation avec les investisseurs institutionnels.
A
â ANNE YANNICK
Tour Eiffel
Depuis deux ans à la tête de la Société
d’exploitation de la tour Eiffel (Sete), la
directrice générale va quitter ses
fonctions sur fond, notamment, de divergence
stratégique sur la réforme de l’accueil des visiteurs. Le conseil d’administration doit entériner
son départ dans les prochaines semaines.
La politique d’Emmanuel Macron
répond-elle à vos attentes
ou se contente-t-on, encore,
d’une politique de rabot ?
J’avoue avoir été un peu déçu à la
lecture de l’interview de rentrée du
premier ministre, Édouard Philippe, qui m’a semblé manquer de
perspectives, qui n’adossait pas les
premières annonces budgétaires à
un projet ambitieux à moyen et long
termes. Je crois dans les grands leviers de réforme de l’État. Tout
d’abord s’attaquer au millefeuille
territorial : c’est une évidence que
de dire qu’il y a trop de communes
en France ! Ensuite, il faut simplifier
et unifier les systèmes d’aide sociale, en allant vers un guichet unique ; le plan pauvreté va dans ce
sens. Il faut également tenir le cap
en matière de réduction du nombre
Avez-vous apprécié de participer
à la rédaction du rapport CAP 2022
sur la réforme du service public ?
En Suède, le gouvernement avait
confié à un groupe de six experts la
charge d’écrire un rapport décapant
sur la réforme de l’État. En France,
nous étions plus de 40 dans le groupe du CAP 22, et tout était étroitement encadré par Bercy et Matignon depuis le début. Comment
pousser des idées novatrices dans de
telles conditions ? Comment être
disruptif ? Pour moi, le sujet central,
qui n’est d’ailleurs pas bien ressorti
dans le rapport, est de recentrer les
administrations centrales sur leur
cœur de mission pour faire monter
en puissance des agences, autonomes du pouvoir politique, responsables de leur budget et de leurs investissements, et comptables de leurs
résultats. Le commissariat général
du développement durable, l’Insee
ou encore les services du cadastre
devraient devenir des agences. Je
suis déçu que cette idée ne soit pas
devenue un principe directeur de la
réforme de l’État. Mais il est vrai que
ce n’était pas dans le programme
d’Emmanuel Macron.
La réforme des retraites vous
semble-t-elle bien engagée ?
Là, j’ai un vrai désaccord avec le
gouvernement. À court terme, je
pense que c’est une erreur de fixer à
0,3 % la revalorisation des pensions, quand l’inflation est à 2 %.
Surtout, je ne comprends pas
pourquoi on n’adosse pas la réforme systémique, à savoir le passage à un système à point, à une
réforme paramétrique visant à
allonger la durée des cotisations.
Passer au système de retraite à
points permet justement de le faire
de façon plus juste qu’à travers un
recul de l’âge de départ en retraite
qui pénaliserait ceux qui ont commencé à travailler tôt, qui sont aussi
souvent ceux qui font les métiers les
plus pénibles. ■
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Gardinier & Fils : Françoise Boisseaud
va déployer le Comptoir du Caviar
Une HEC et normalienne
passée par l’agrégation de
lettres, issue de grands
groupes et « capable de
revenir à une démarche
beaucoup plus entrepreneuriale »… c’est pour
Laurent Gardinier une jolie prise. Le dirigeant
avec ses frères Thierry et Stéphane, du groupe
d’hôtellerie et de restauration Gardinier & Fils,
propriétaire notamment de Taillevent, des
« 110 », de Drouant depuis peu ou du Domaine
les Crayères à Reims, a trouvé l’oiseau rare
pour développer cette autre marque acquise en
2015, et avec laquelle il veut accélérer : Comptoir du Caviar.
Outre le mérite de venir féminiser le management d’un groupe très masculin, Françoise
Boisseaud, quinquagénaire « affable et très à
l’écoute » peut se prévaloir d’un beau pedigree
dans le domaine marketing et commercial. Elle
a fait ses preuves au niveau de différentes marques de luxe. Au sein du groupe L’Oréal pour
commencer, chez Lancôme et Helena Rubinstein, puis au sein de Savencia Gourmet, le
groupe des Bongrain, chez Valrhona et à la
Maison du Chocolat. Avant de devenir directrice marketing du groupe. Autre point fort
pour cette mère de trois enfants à la main verte
et très soucieuse d’environnement : elle a aussi
eu une expérience entrepreneuriale.
Elle a en effet confondé avec son mari ingénieur le site planteset jardins.com, revendu par
la suite. Françoise Boisseaud se voit confier
aujourd’hui pour la première fois une casquette de DG d’une marque de référence de la
gastronomie française, avec comme défi de la
déployer en France et à l’étranger.
Fondée en 1991 par Philippe Chauvin, qui reste
conseiller à ses côtés, la société Comptoir du
Caviar s’est spécialisée historiquement dans la
sélection et la distribution des caviars emblématiques et dans les meilleurs produits de la
mer, avec notamment une position très dominante dans le tarama. Depuis son rachat, les
Gardinier, qui cultivent « la passion des produits
nobles », ont entrepris, forts de l’expérience
retail acquise avec les Caves de Taillevent,
d’investir le marché du « B to C ». Ils ont développé le concept-enseigne « Le Comptoir du
Caviar », avec l’ouverture de deux boutiques à
Paris et d’un site marchand, et avec « une
approche centrée sur la qualité, la pédagogie et
l’accessibilité des prix ». « On a une vraie légitimité », pointe Laurent Gardinier, qui compte
aussi sur la nouvelle patronne pour consolider
les liens avec les fournisseurs historiques et
conforter l’activité B to B du site de Mulcent
(78). La dirigeante apportera aussi son expertise
en matière de marketing stratégique au niveau
des différentes entités du groupe familial. C. B.
Il faut
« réformer
notre
système
de retraites
pour
garantir
le pouvoir
d’achat des
retraités,
plutôt
que de
le raboter
»
Bio
EXPRESS
1987
Professeur assistant
au Massachusetts
Institute of
Technologie (MIT)
1989
Chargé de recherche
au CNRS
2000
Professeur
d’économie à la
Harvard University
2006
Membre du Conseil
d’analyse
économique
de 2006 à 2012
2015
Professeur
au Collège de France
2018
Membre
de la Commission
CAP 2022
EN VIDÉO SUR
www.lefigaro.fr
www.lefigaro.fr/decideurs
â STÉPHANE BIANCHI
LVMH
Passage de relais à la tête du pôle horloger du numéro 1 mondial du luxe. À
68 ans, l’emblématique entrepreneur
suisse Jean-Claude Biver, qui a fait les succès de la
marque Hublot, prend du recul comme chairman
non exécutif. Pour le remplacer aux commandes
de cet ensemble d’environ 1,3 milliard d’euros de
chiffre d’affaires, le groupe a trouvé son homme
fort à l’extérieur. Stéphane Bianchi, 53 ans, qui
siège au conseil du groupe suisse des frères Maus,
était auparavant directeur général du groupe
familial Yves Rocher, où il a notamment accompagné l’héritier Brice Rocher. Le nouveau PDG de
la branche, qui dirigera en direct la marque Tag
Heuer et « coiffera » les patrons d’Hublot et
Zénith, retrouve en quelque sorte le même
contexte chez LVMH. Le jeune Polytechnicien de
23 ans Frédéric Arnault, fils de Bernard Arnault, a
en effet rejoint la division horlogère il y a un an
pour déployer les montres connectées. Il y prend
du galon aujourd’hui comme directeur Stratégie
et Digital de Tag Heuer. Le PDG du groupe LVMH
se félicite de l’arrivée de Stéphane Bianchi : « Stéphane est un manager de grand talent et nous
avions décidé de travailler ensemble depuis plusieurs années. Je suis convaincu qu’il assurera un
développement solide de notre pôle horloger, dans
le respect des valeurs tracées par Jean-Claude
Biver. » Et de souligner que ce dernier a amené,
depuis l’intégration de Hublot chez LVMH, l’activité « au meilleur niveau technique mondial et l’a
développée fortement au plan commercial ».
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
MARCHÉS
27
Les banques
européennes, mal
aimées en Bourse
QUESTIONS
D’ARGENT AVEC
Comment faire pour
emprunter après 60 ans ?
CRÉDIT La retraite se profile et
vous souhaitez souscrire un prêt
immobilier ? Bonne nouvelle, les
établissements bancaires sont
désormais davantage enclins à
prêter aux seniors. Autant en
profiter.
L’incertitude politique en Europe et la persistance
de taux bas pénalisent le secteur, à la traîne en Europe.
De virulentes critiques à l’égard de
l’Europe et plusieurs déclarations
laissant entendre que Rome ne voulait plus se plier aux règles communautaires ont ravivé sur les marchés
les craintes d’un éclatement de la
zone euro. « Dans un tel scénario,
les banques européennes seraient les
plus exposées, pas seulement parce
qu’elles détiennent de la dette italienne, mais parce que le système exploserait », explique Jérôme Legras,
responsable de la recherche chez
Aximo AI, qui juge le désamour actuel pour les valeurs bancaires
« exagéré ». Pendant l’été, les dirigeants italiens ont adouci leur discours, rassurant quelque peu les investisseurs.
DANIÈLE GUINOT £@danieleguinot
ANALYSE Les valeurs bancaires
européennes sont déprimées. Malgré l’embellie de ces dernières semaines, elles restent les lanternes
rouges des Bourses du Vieux Continent, avec les valeurs télécoms. De
fait, l’indice sectoriel Euro Stoxx
Banks a chuté de 14,16 % depuis
janvier, alors que l’Euro Stoxx recule de 2,09 %. Même tendance en
France, où BNP Paribas perd 12,4 %
cette année, Société générale
12,08 %, Natixis 7,31 % et Crédit
agricole SA 5,9 %. Dans le même
temps, le CAC 40 progresse, lui, de
3,42 %.
L’Europe bancaire étant très hétérogène avec des situations très
contrastées (pléthore de banques en
Allemagne et en Italie où elles se débattent avec des créances douteuses), les écarts de valorisation d’un
établissement à l’autre sont très importants. Le titre de Deutsche Bank,
qui peine à sortir de la crise, plonge
ainsi de 34 % depuis le 1er janvier
alors que la banque espagnole Caixa
Bank gagne 5,76 %. Malgré une bonne année boursière en 2017, « la performance moyenne annuelle des secteurs bancaires et télécoms est la seule
à être négative sur les cinq dernières
années, note Tangi Le Liboux, analyste chez Aurel BGC. Ces deux secteurs sont confrontés à une remise en
cause de leur modèle économique. »
La dégringolade des valeurs bancaires a coïncidé en mai avec la
constitution d’un gouvernement
populiste et eurosceptique en Italie,
troisième économie de la zone euro.
Nouvelles sources
de revenus
Toutefois, d’autres déconvenues
ont pénalisé le secteur ces derniers
mois. L’essoufflement de la croissance économique dans la zone
euro contraint la Banque centrale
européenne (BCE) à retarder la
hausse des taux à court terme. Un
temps anticipé pour la fin de cette
année ou le début de l’année prochaine, elle n’interviendra pas
avant le mois de septembre 2019, a
annoncé récemment la BCE. Ce qui
complique la donne des banques du
Vieux Continent dont les marges
pâtissent depuis de nombreuses années des taux bas. Certes, dans plusieurs pays, dont la France, les établissements augmentent leurs
revenus, en distribuant davantage
de crédits aux entreprises et aux
particuliers. Dans l’Hexagone, le
crédit immobilier, qui reste un pro-
Chute de 14 % depuis le début de l'année
indice sectoriel Euro Stoxx Banks,
en points
25 janv.
143
140
130
120
112,01
110
100
1er janvier 2018
21 septembre 2018
Source : Bloomberg
Infographie
duit d’appel, est toujours en plein
boom avec des taux très avantageux
pour les emprunteurs mais des
marges moins confortables pour les
réseaux. « Les taux moyens de leurs
portefeuilles de crédit ne font que
baisser, au fur et à mesure que les
prêts sont remboursés et remplacés
par de nouveaux. C’est un problème
pour les banques, particulièrement
en Allemagne », pointe Tangi Le
Liboux.
Les taux bas obligent aussi ces
établissements à trouver de nouvelles sources de revenus à un moment où ils sont bousculés par la révolution
numérique
et
le
changement des règles européennes, l’une et l’autre ouvrant la porte
à de nouveaux entrants. Malgré une
offre de services très limitée, les
banques sur téléphone mobile,
comme Orange Bank, N 26 ou Revolut, séduisent de plus en plus de
clients. « Toutes les banques sont
engagées dans des transformations
digitales profondes, avec de lourds
investissements. Mais la persistance
des taux bas risque de les contraindre
à accélérer le mouvement afin
d’améliorer leur efficacité opérationnelle », estime Ada di Marzo, associée responsable des services financiers chez Bain & Company.
Ce contexte pourrait compliquer
la tâche d’établissements qui tentent d’améliorer leur rentabilité.
Celle-ci est encore très inférieure à
celle d’avant la crise : la rentabilité
des fonds propres des meilleurs établissements français atteignait alors
20 %. « Les 50 plus grandes banques
européennes devraient enregistrer
une rentabilité sur fonds propres
moyens (ROE) de 6,5 % en 2018. Ce
qui est décevant, prévoit Nicolas
Malaterre, directeur senior chez S &
P Global Ratings. Mais la plupart
d’entre elles sont nettement plus sûres qu’avant la crise grâce au renforcement de leurs fonds propres. »
« Les banques françaises cotées
sont solides et ont une rentabilité un
peu supérieure à celle de la moyenne
européenne, avance Jérôme Legras.
Toutefois, les analystes ont révisé
leurs prévisions à la baisse pour cette
année, pour BNP Paribas (7,9 % attendus), Crédit agricole (7 %) et Société générale (près de 7 %). » Ces
rentabilités sont éloignées de celles
des banques américaines à l’origine
de la crise de 2008. « Elles dégageront sûrement une rentabilité à deux
chiffres cette année », estime Nicolas Malaterre. ■
1
à suivre sur
lefigaro.fr/bourse
n
Les matières
premières et les
produits dérivés
n Le crible
des sicav
et des fonds
n Les portefeuilles
de Roland Laskine
n Les cotations
en direct
sur iPhone
Les taux sont-ils
plus élevés pour
les emprunteurs seniors ?
Les taux faciaux, c’est-à-dire
hors frais, qui sont proposés par
les banques sont les mêmes que
vous ayez 30 ans ou le double !
En revanche, la différence se
fera sentir sur la durée du prêt
qui est conditionnée à la possibilité, ou non, pour l’emprunteur
de s’assurer au-delà d’un certain
âge. Par conséquent, les prêts
des seniors sont courts : entre 10
et 15 ans. À comparer avec les
18,6 ans de durée moyenne des
crédits immobiliers relevée par
l’observatoire Crédit Logement
CSA en août dernier. Revers de
la médaille, plus le délai de remboursement est cours, plus le
montant des mensualités est
élevé.
Malgré ce désagrément, vous
avez intérêt à emprunter,
même si vous avez les liquidités
nécessaires,
pour
investir
« cash ». Déjà, cela vous permet de profiter des taux qui se
sont, depuis plusieurs mois
déjà, stabilisés à des niveaux
historiquement bas. De plus,
cela permet de sécuriser votre
projet. En effet, en cas de décès
de l’emprunteur, c’est l’assurance (cf. question 2) qui prend
en charge le remboursement du
crédit. Les héritiers reçoivent,
alors, à la fois un bien immobilier entièrement payé et la
somme que le défunt avait préféré placer, plutôt que de financer son achat comptant.
Enfin, si votre opération immobilière a un but locatif, vous
pouvez déduire les intérêts
d’emprunt de vos loyers et,
ainsi, minorer leur montant
imposable.
2
Comment dénicher
la bonne assurance
décès-invalidité ?
Bien que légalement facultative,
les banques exigent systématiquement une assurance décèsinvalidité. Comme son nom l’indique, elle protège l’emprunteur
en cas d’invalidité ou d’incapacité de travail ou sa famille, s’il
décède. Il y a quelques années,
s’assurer passé 70 ans était mission quasi impossible. Aujourd’hui, les contrats groupe des
banques couvrent jusqu’à 75 ans
(âge limite de remboursement
du prêt). Ne les éliminez pas
d’office au profit d’une délégation d’assurance, c’est-à-dire la
possibilité de contracter une
autre assurance que le contrat
groupe. En effet, ils sont souvent
plus favorables aux seniors
qu’aux jeunes ; les seconds supportant le risque des premiers.
Les formalités (obligation de se
soumettre à des examens médicaux, notamment) varient suivant l’état de santé, le montant
emprunté et l’âge. C’est ce dernier qui peut, le cas échéant,
vous pousser vers la délégation,
laquelle vous permet, selon les
compagnies, d’être couvert jusqu’à 85 ans (chez MetLife, par
exemple).
Soyez attentif à l’étendue de votre couverture : vérifiez que vous
êtes assuré pour les problèmes
liés à votre pathologie et que votre contrat vous garantit pendant
toute la durée du prêt. En effet, la
couverture de l’incapacité de travail s’arrête parfois à 66 ans. Si
vous êtes profession libérale et
que vous pensez cesser tardivement votre activité, mieux vaut
alors vous diriger vers une assurance spécialisée (par exemple, la
MACSF pour les professions de
santé).
3
Existe-t-il
des alternatives
à l’assurance ?
Si vous n’arrivez pas à vous assurer dans de bonnes conditions, il existe d’autres moyens
pour sécuriser votre prêt. Par
exemple, nantir (donner en
gage) un portefeuille de valeurs
mobilières ou un contrat d’assurance-vie, ou apporter en garantie un bien immobilier que
vous possédez déjà et dont vous
avez remboursé l’emprunt (elle
prend alors la forme d’une inscription de privilège de prêteur
de deniers). La première solution est peu coûteuse (autour de
1 000 €, dont 125 € de frais
d’enregistrement) et nécessite
seulement un enregistrement au
service des impôts. La seconde,
plus chère (environ 1 % de la
valeur du bien), exige un acte
notarié.
Autres possibilités, opter pour
un prêt in fine (vous ne remboursez chaque mois que les
intérêts, le capital étant restitué en une fois à la fin du prêt),
adossé à une assurance-vie
(elle servira à rembourser le
prêt en cas de problème) ou encore souscrire une assurancedécès au bénéfice de la banque
prêteuse. Autant de pistes à
étudier avec votre banquier… ■
VALÉRIE VALIN-STEIN
LA SÉANCE DU VENDREDI 21 SEPTEMBRE
JOUR
%VAR.
+1,26
+1,47
+0,32
+0,55
+1,98
+1,43
+0,41
+0,76
+1,8
-0,54
+0,48
+1,15
+1,73
+0,78
+1,74
+1,2
+1,83
+0,66
+3,33
+0,66
+HAUTJOUR
43,46
110,45
107,18
27,955
108,65
23,39
55,34
37,27
110,45
16,865
13,124
66,75
12,66
123,1
563,8
460,1
206,5
64,24
305,85
107,95
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
42,94
108,9
105,48
27,36
106,15
22,985
54,28
36,69
108,2
16,59
12,92
66,06
12,125
122,05
554
451,8
202,9
63,74
297,8
106,15
0,459
0,668
0,37
0,247
0,622
0,739
0,859
0,419
0,542
0,856
0,442
0,537
0,972
0,554
0,224
2,863
0,245
0,35
0,412
0,714
+1,07
+4,1
+28,67
+1,49
-10,8
-5,62
-12,4
-14,34
+11,49
-8,04
-5,9
-4,57
-11,96
+7
+25,49
+24,48
+11,44
-0,3
+24,63
-10,16
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................13,765 +0,95
PERNOD RICARD ..................................
136,5
+1,64
PEUGEOT ..............................................
24,57
-1,88
♣ 51,56
PUBLICIS GROUPE SA .............................
+1,54
RENAULT ..............................................
76,33 -2,13
SAFRAN ..............................................
120,15 -0,7
SAINT GOBAIN ..................................
38,55 +0,76
SANOFI ..............................................74,5
-0,23
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
70,44 +0,71
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
37,85 -0,04
SODEXO ..............................................92,18 -0,97
SOLVAY ..............................................
116,5
-0,81
STMICROELECTRONICS .............................
16,255 +0,15
TECHNIPFMC ..................................26,36 -0,72
TOTAL .............................................. 54,9
+0,29
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
172,8
-2,07
VALEO ..............................................40,95 +0,94
VEOLIA ENVIRON. ..................................
17,505 +0,95
♣
VINCI .............................................. 83
+1,39
VIVENDI ..............................................22,06 +0,96
+HAUTJOUR +BAS JOUR
13,795
136,65
25,4
51,56
78,96
121,95
38,915
75,25
70,62
38,43
93,96
118,45
16,315
26,77
55,17
177,98
41,82
17,58
83,02
22,15
13,605
134,7
24,42
50,78
76,3
120,15
37,96
73,97
70
37,725
92,18
116,5
16,05
26,29
54,47
172,8
40,64
17,285
81,84
21,77
%CAP.ECH
0,562
0,441
0,612
0,577
0,899
0,58
5,237
0,562
0,556
1,107
0,373
1,91
0,618
0
0,581
1,436
3,05
0,969
0,603
0,997
LES DEVISES
31/12
-4,91
+3,45
+44,91
-8,98
-9,03
+39,86
-16,16
+3,69
-0,59
-12,08
-17,73
+0,52
-10,71
+1,97
+19,23
-34,24
-17,72
-2,52
-1,61
entre 2,45 à 2,65 milliards d’euros.
Leurs anticipations en matière d’endettement et de dividende sont aussi
maintenues.
Cette confirmation intervient
concomitamment à l’annonce nettement moins réjouissante de la prolongation de l’arrêt de deux réacteurs nucléaires de sa filiale Electrabel, en
1 EURO=
1,6154
1,5197
0,894
9,184
132,44
1,1228
1,1759
3,26
11,103
7,3935
21,04
8,0503
84,8905
138,3828
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33380
33480
-3,94
NAPOLEON ..................................................... 196,2
197,2
-5,17
PIECE 10 DOL USA .....................................................
570
570
-3,06
PIECE 10 FLORINS .....................................................
203
199
-4,61
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1130
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
195
195
-4,41
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
289
289
-5,25
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1245,75
1245,75
-4,9
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
99
105
-9,84
PIECE SUISSE 20F .....................................................
191
191
-5,77
PIECE LATINE 20F .....................................................
194
194
-4,39
SOUVERAIN ..................................................... 250
252
-4,1
KRUGERRAND .....................................................
1095
1097,5
-2,12
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
283,36 19/09/18
LA DIRECTION D’ENGIE CONFIRME SES OBJECTIFS ANNUELS
L’action Engie, très mal orientée depuis le début de l’année, a repris de la
vigueur, avec une hausse de 1,73 %,
vendredi, à 12,62 euros. Les investisseurs ont favorablement accueilli la
confirmation par l’énergéticien français
de ses objectifs pour 2018. Ses dirigeants attendent toujours un résultat
net récurrent part du groupe compris
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
48,39 19/09/18
BELLATRIX C ................................................
333,20 19/09/18
SIRIUS ................................................55,65 19/09/18
RETROUVEZ
SITE D’INFORMATIONS EXCLUSIVES
WWW.WANSQUARE.COM
rlaskine@lefigaro.fr
Belgique, après la découverte de dégradations des structures en béton de
bâtiments abritant des équipements
de sûreté.
Engie a précisé que l’arrêt du réacteur nucléaire Tihange 2 serait prolongé jusqu’au 31 mai 2019 alors qu’il devait initialement redémarrer à la fin du
mois prochain. Le redémarrage de
Tihange 3 a de son côté été repoussé
de cinq mois, jusqu’au 1er mars 2019. Le
maintien de l’ensemble des prévisions
est rassurant, il est sans doute facilité
par le dressement du prix de l’énergie
dont profite le groupe.
En début de semaine, les investisseurs ont également pris connaissance
du choix du gouvernement en faveur
d’une extinction « progressive » des
tarifs réglementés du gaz que le groupe distribue à des millions de Français.
Cette décision fait suite à une intervention du Conseil d’État, qui les avait
jugés contraires au droit européen.
L’action Engie affiche malgré tout encore une baisse de 31 % sur les trois
années passées. ■
A
LE CAC
ACCOR .............................................. 43,46
♣
AIR LIQUIDE ..................................
110,3
AIRBUS ..............................................106,8
ARCELORMITTAL SA ..................................
27,52
ATOS .............................................. 108,25
AXA .............................................. 23,345
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
54,53
BOUYGUES ..............................................
37,1
CAPGEMINI ..............................................
110,25
CARREFOUR ..............................................
16,59
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,986
DANONE ..............................................66,75
ENGIE .............................................. 12,62
ESSILOR INTL. ..................................123
HERMES INTL ..................................560
KERING ..............................................454,7
L'OREAL ..............................................
206,1
LEGRAND ..............................................64
LVMH .............................................. 305,85
♣
MICHELIN ..............................................
107,4
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
28
MÉDIAS et PUBLICITÉ
La publicité numérique dépasse les
100 milliards de dollars aux États-Unis
En 2018, le montant des investissements en ligne va représenter 51 % du total.
ALEXANDRE DEBOUTÉ £@axel_deb
PUBLICITÉ Tournant majeur cette
année, pour la première fois sur le
marché américain, le premier au
monde, plus de la moitié des investissements des annonceurs se feront en ligne : 51,1 % du total, selon
les calculs de Magna (Interpublic),
rendus publics cette semaine. Soit
106 milliards de dollars sur un marché total outre-Atlantique estimé à
207 milliards (176,4 milliards
d’euros), ce qui constitue un nouveau record historique. À ce niveau,
les États-Unis pèseront environ la
moitié des dépenses mondiales en
ligne, qui devraient s’élever à
221 milliards de dollars, selon GroupM (WPP), sachant que, dans le
monde, la part des investissements
numériques devrait frôler en
moyenne les 40 %.
En une petite vingtaine d’années,
le Web, nouveau terrain de jeu des
marques, a donc pris l’ascendant
sur tous les médias historiques (télévision, presse, affichage, radio,
cinéma). Normal : les usages en
matière de consommation médias
se sont massivement déplacés vers
les ordinateurs, les smartphones et
les tablettes. Les carrefours
d’audience sont désormais en ligne,
qu’ils soient opérés par de nouveaux acteurs comme Google ou
Facebook, ou par des marques
médias issues de la télévision ou de
la presse. Le « méta-média » Internet emporte tout sur son passage, même si les supports audiovisuels et imprimés sont loin d’avoir
disparu.
Le dynamisme du marché ne
faiblit pas. Au contraire ! La croissance a été plus forte qu’attendu
d’après tous les baromètres du
marché. Pour 2008, Magna a relevé ses estimations à +5,2 %, contre
+4,7 précédemment, et table sur
+4 % en 2019. Très en forme, le
marché américain sera porté dans
les prochains mois par les élec-
£ Au premier semestre,
les revenus du marché
de la musique ont progressé en
un an de 10 % pour atteindre
4,6 milliards de dollars.
À lui seul, le streaming (+ 28%)
représente désormais les trois
quarts de cette somme.
UN MILLION
D’ABONNÉS À ESPN +
£ Lancé en avril, le service
de streaming de Disney dédié
au sport a recruté plus
d’un million d’abonnés.
ADOBE ACHÈTE
MARKETO POUR
4,75 MILLIARDS
£ Adobe Systems a acquis
le spécialiste du marketing
en ligne Marketo pour
4,75 milliards de dollars.
» Sur
tions de mi-mandat, qui devraient
occasionner 4,3 milliards de dollars de dépenses, dont 2,9 milliards à la télévision, en hausse de
19 % par rapport aux précédentes
« midterms » de 2014, tandis que
les Jeux olympiques d’hiver en
Corée du Sud et la Coupe du monde de football ont déjà généré en
début d’année 630 millions de
dollars d’investissements supplémentaires.
Les moteurs de la croissance restent les mêmes. Le mobile poursuit
son boom, avec une progression supérieure à 30 %, à près de 70 milliards de dollars, soit plus que la télévision et le double de ce que capte
l’ordinateur fixe, en recul de 3,9 %
« en raison d’une baisse d’attractivité et de l’ad blocking (système de
blocage de la pub, NDLR) », note
Magna. Le search (référencement
dans les moteurs de recherche), les
médias sociaux (Facebook, Snapchat, Twitter…) continuent de croî-
tre fortement, alors que les supports
papier chutent de 16 % et que la
radio perd plus de 5 %.
« Les secteurs de la finance, de la
technologie ou du voyage investissent très fort, observe Vincent
Létang, en charge de l’intelligence
marketing chez Magna. Le Web est
une fois encore le grand gagnant,
mais la télévision nationale a tiré son
épingle du jeu en restant stable après
six trimestres d’érosion. »
de dollars, soit 4,1 % de part de
marché, devant Microsoft mais
derrière les indétrônables Google
(37,1 %) et Facebook (20,6 %).
Magna estime que l’offre d’Amazon
pourrait capter 7 % du marché en
2020, à un rythme de croissance de
plus de 50 % durant les deux prochaines années… À cette date, le
duopole sera encore en place, Google et Facebook captant 35,1 % et
20,8 % respectivement. ■
En une petite vingtaine
d’années, le Web,
nouveau terrain de jeu
des marques, a pris
l’ascendant sur tous
les médias historiques.
CHEVANON
WONGANUCHITMETHA /
EYEEM/GETTY IMAGES
« L’ACTUALITÉ
DES MÉDIAS »
dans le 17h-19h
par Catherine Pottier
et Enguérand Renault
chaque dimanche
à 17h25
et sur franceinfo.fr
Amazon se déploie
C’est dans cet environnement désormais majoritairement numérique qu’Amazon fait une irruption
remarquée. Sur le marché américain, le géant du e-commerce, qui
a installé sa mégarégie à New York
il y a un an, tire les marrons du feu.
Présent dans tous les compartiments du jeu (display, search,
produits sponsorisés…), Amazon
devrait doubler ses revenus publicitaires cette année, à 4,6 milliards
« L’Étudiant » cessera
sa parution papier en janvier
Une quinzaine de postes vont être supprimés
dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi.
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
L’ÉTUDIANT
CHIFFRES CLÉS
135
millions d’euros de chiffre
d’affaires
80 %
proviennent des activités
d’organisation de salons
2
millions d’euros
de résultat net
CHAQUE MOIS, RETROUVEZ
LE NOUVEAU MAGAZINE DU FIGARO
DÉDIÉ À L’ART DE VIVRE
A
EN BREF
MARCHÉ
DE LA MUSIQUE
EN PROGRESSION
AUX ÉTATS-UNIS
PA R U T I O N L E 2 5 S E PT E M B R E AV E C L E F I G A R O
PRESSE Le magazine L’Étudiant
s’apprête à disparaître. La direction du magazine a annoncé en
interne l’arrêt de la parution papier à partir de janvier 2019. Déjà,
L’Étudiant avait déserté les marchands de journaux en septembre 2017 au profit des abonnements, à la surprise de sa
rédaction.
Cette décision s’accompagne
d’un plan de sauvegarde de l’emploi, qui devrait concerner une
quinzaine de postes. Objectif,
supprimer les services documentation, iconographie, fabrication,
exécution et secrétariat de rédaction. « Le coup de grâce après un
an d’agonie », alerte la société des
journalistes du magazine. Une fois
le plan passé, il ne restera plus que
treize cartes de presse dans la rédaction… Certains postes, hors rédaction, verront leur contrat modifié. Les refus entraîneront
d’autres départs.
Par ailleurs, les livres et guides
édités par L’Étudiant seront désormais confiés aux Éditions de l’Opportun. Le site Internet Trendy, la
verticale lifestyle de L’Étudiant,
est, lui, externalisé depuis le début
du mois. Les articles sont désormais écrits par Melty. « La ligne a
changé. On est passé du vouvoiement au tutoiement du lecteur »,
soupire un salarié.
L’Étudiant est depuis le mois de
juillet détenu à 51 % par Comex—
posium, géant de l’organisation de
salons professionnels et grand public. Car, outre son magazine,
L’Étudiant est surtout l’opérateur
des Salons de l’étudiant, du Salon
du travail et du salon Job Rencontres, qui génèrent plus de 80 % du
chiffre d’affaires du titre. Ce dernier est estimé à 35 millions d’euros
pour 2 millions de résultat net.
En interne, on craint la mort
programmée de la rédaction, qui
ne cesse de se vider. « Cela fait
plus d’un an que nous sommes en
clause de cession. Près de trente titulaires de la carte de presse sont
partis, dont la directrice de la rédaction, et nous continuons à avoir
environ un départ par mois », explique une source interne. Tous
ces départs sont loin d’avoir été
remplacés. Certains postes, notamment à la maquette, ont été
pourvus par des pigistes ou des
prestataires payés en facture. À
l’avenir, la rédaction rejoindra la
« direction du contenu et du digital », dirigée par Thierry Derouet.
« Bien que la direction se défende de
tout changement de ligne éditorial,
on ne parle plus d’information, mais
de contenu », déplore la SDJ.
« Descente aux enfers »
En trois ans, L’Étudiant aura
changé trois fois de propriétaire.
Acquis en 2015 par Altice en
même temps que le groupe L’Express, le magazine a été cédé en
avril 2017 à Marc Laufer, ex-directeur de sa branche média. « On
vit depuis une descente aux enfers
accélérée », affirme un salarié.
C’est à ce moment qu’ont débuté
les départs non remplacés et qu’a
été stoppée la vente en kiosque.
« On nous avait promis des investissements. En réalité, c’était une
opération financière », poursuit
cette source. En mai 2018,
Comexposium est entré en négociations exclusives pour prendre
51 % du groupe, une opération
réalisée en juillet. La rédaction
s’est opposée à cette vente en organisant par deux fois des grèves,
très suivies. Mais sans succès.
La direction et les représentants
du personnel vont désormais débuter les négociations pour le plan
de départ. Les discussions devraient s’achever en décembre. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 051 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
GASTRONOMIE
Joël Robuchon et Paul Bocuse
COMMENT, EN 2004,
BOCUSE ET ROBUCHON
ONT FORMÉ UNE GÉNÉRATION
DE CHEFS SURDOUÉS PAGE 34
COLLECTIONS
PRADA, EMPORIO ARMANI, TOD’S…
CES MARQUES QUI FONT
LA GLOIRE DU LUXE ITALIEN
PAGES 32 ET 33
Prada
MIRVO MAGLIOCCA/COLLECTION RMN-GRAND PALAIS
Faut-il sauver
le Grand Palais à tout prix ?
Près de 500 millions seront nécessaires pour rénover
ce monument iconique du centre de Paris et l’inscrire dans un projet d’envergure.
Une facture très élevée qui fait couler beaucoup d’encre. PAGE 30
Lyon : petites histoires
et grande Biennale
DANSE Pour sa 18e édition, la manifestation
se connecte au plus près de l’humain.
Ariane Bavelier
abavelier@lefigaro.fr
Q
uelque 250 000 personnes ont chanté Imagine
place Bellecour, à Lyon,
dimanche dernier, pour
clore le Défilé pour la paix enfin de
retour dans les rues de la ville. Cela
pourrait bien rester l’événement le
plus marquant de la 18e Biennale de
la danse. Et une manière de donner
la note. Les spectacles sélectionnés
par Dominique Hervieu ne donnent
pas dans le festif comme à l’époque
de Guy Darmet, qui inventa la Biennale, mais se connectent au plus
près de l’humain.
Le rire se pratique à la Croix-Rousse. Cris Blanco donne une performance délirante. Seule sur le plateau,
transformé en studio de cinéma, la
belle Espagnole se filme en direct
essayant de réaliser une comédie
musicale hantée par « el agitador
vortex ». Alessandro Sciarroni lui
succède avec Augusto, son hommage
au clown. Un, deux, puis neuf danseurs marchent le long d’une piste
imaginaire, le rire les prend et devient la bande-son, le sujet, et la manière de tordre les corps et d’ouvrir
grand les bouches.
Au TNP à Villeurbanne, Yuval
Pick compose avec cinq danseurs
une partition rythmique et visuelle
qui lorgne du côté de la comédie
musicale. Angelin Preljocaj joue de
main de maître avec la gravité,
comme Mourad Merzouki qui la
prend de manière inattendue avec
une danse verticale.
Quart d’heure expérimental
À l’Opéra de Lyon, Rachid Ouramdane livre une pièce vertigineusement belle, Franchir la nuit. Travaillée dans l’eau, splendidement
éclairée, elle se ponctue d’images ciselées à la pointe du cœur. Cette fresque est menée par cinq danseurs et
trente enfants migrants qui ont
confié leurs espoirs et leurs regrets.
La pièce a été faite à partir de leurs
témoignages. Solidarité, rêves, tendresse, confiance dominent. Un miroir étonnamment paisible et majestueux vu le sujet traité.
L’autre événement de cette Biennale tient à la part de spectacles en
réalité virtuelle. Le public se jette
dans la danse avec les acrobates de
Yoann Bourgeois qui volent dans les
airs ou plongent dans les dessous du
trampoline. Certains sortent de ce
quart d’heure expérimental avec les
yeux qui brillent, d’autres avec un
solide mal de mer.
À la chapelle de l’Hôtel-Dieu, un
danseur donne corps à sa rêverie tous
les jours de midi à 19 heures. Danser
comme si personne ne regardait, c’est
le titre de cette performance conçue
par Jérôme Bel. Lui, en embuscade
aussi souvent qu’il peut, en profite
pour regarder les badauds. Voilà
Lyon au miroir de la danse. ■
Biennale de la danse, Lyon (69),
jusqu au 30 septembre.
JACQUES LANGEVIN/BUREAU233, DANIELE OBERRAUCH/IMAXTREE.COM
A
DÉCRYPTAGE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
30
L'ÉVÉNEMENT
Grand Palais : le monument
de tous les excès
PATRIMOINE Une
polémique enfle sur le coût du projet de restauration
du bâtiment parisien. La direction affirme qu’il s’autofinancera, à terme.
ubliez la Philharmonie de Paris ! C’est le Grand Palais, à Paris, qui occupe désormais la
place peu envieuse de « projet
culturel pharaonique ». Selon Le Canard enchaîné du 19 septembre, ce
ne sont pas 466 millions d’euros,
mais bien 541 millions d’euros qui
seraient nécessaires pour sa rénovation, qui doit être achevée en
2024, pour les Jeux olympiques. La
direction de la RMN-Grand Palais
estime ce chiffre « infondé ». Il
« prétend intégrer au coût du projet
les intérêts de l’emprunt sur vingtcinq ans », qui seront à terme « couverts par les recettes supplémentaires »,
explique
Emmanuel
Marcovitch, directeur général délégué depuis le départ de son président, Sylvie Hubac.
Mais la grenade a été dégoupillée.
Même à 466 millions, la facture est
salée, et son montant alimente une
controverse dont Paris a le secret.
« Nous avons 466 millions d’un côté
pour un grand projet parisien et
20 millions de l’autre pour le loto du
patrimoine », a grincé Stéphane
Bern. Alors, faut-il restaurer ce bâtiment iconique à tout prix ? Trois
présidents de la République ont estimé que oui, alors même que les finances publiques sont depuis longtemps dans le rouge.
466
millions
d’euros sont financés
par la Culture (128),
le grand plan
d’investissement (160),
un emprunt (150),
du mécénat (25)
et des partenariats
Universcience (3)
de grandes expositions (« Picasso et
les maîtres », « Monet » ou « Jean
Paul Gaultier »), sont malcommodes, au vu des standards internationaux. De même, le Palais de la découverte n’est pas à la hauteur du
Centre de sciences qu’il veut être.
En 2011, l’ancien ministre de la
Culture Frédéric Mitterrand avait
donné son accord pour un projet
d’envergure. Non chiffré, il mettait
en avant la nécessité de tout remettre à plat. Bercy avait alors freiné
des quatre fers et plaidé à son tour
pour une concession, au moins partielle, au secteur privé. Mais le gouvernement Hollande a approuvé à
son tour le projet, en 2016 (à hauteur de 466 millions d’euros), en
autorisant un emprunt (150 millions) ainsi que le recours au grand
plan d’investissement lancé par
l’État (160 millions). Cet emprunt
« fait courir un risque », note depuis
la Cour des comptes dans un rap-
port non public, révélé par La Tribune de l’art. Il permet à tout le
moins de limiter la dispersion des
crédits de la Culture.
À peine élu, Emmanuel Macron
s’est à son tour penché sur le sujet.
Convaincu que les grands monuments tirent le pays vers le haut et
engendrent de l’activité économique, il a tout de même commandé
un rapport à l’Inspection générale
des finances (IGF), resté confidentiel. « L’IGF a fait valoir que le modèle économique du futur Grand Palais
permettrait d’équilibrer les comptes », assure Emmanuel Marcovitch. Le chantier a donc été confirmé en décembre 2017 et rendu
public en février 2018. Le rapport
voit grand.
Outre la remise d’aplomb des parties historiques, et les mises aux normes, il prévoit l’ouverture de 30 %
de surfaces d’exposition supplémentaires, le doublement de la jauge
sous la nef (à 11 000 personnes), le
percement d’une rue des Arts parcourant le monument, une nouvelle
entrée, une muséographie nouvelle,
y compris pour le Palais de la découverte, et de nouveaux abords, enfin.
Il mise sur l’augmentation de la fréquentation – Paris accueille 32 millions de touristes par an – et sur l’engouement des grandes marques de
luxe ou des organisateurs de salons,
pour rentrer dans ses frais.
« Notre potentiel est énorme »,
promet le directeur. En 2017, la location des espaces, et surtout de la
nef, a rapporté plus de 18 millions
d’euros à l’État. Les équipes du
blockbuster américain Mission impossible ont loué le site pendant
douze jours. Et le monde entier regarde actuellement au cinéma Tom
Cruise faire ses cascades autour de la
coupole. C’est tout le paradoxe d’un
monument gourmand en budget
mais capable de faire briller Paris. ■
Selon Le Canard enchaîné,
l’ancien président
du Grand Palais Jean-Paul
Cluzel aurait dépensé
410 000 euros, en location
de limousine et frais
de taxi, entre 2011 et 2016.
Interrogé par l’AFP,
ce dernier se défend.
Le chauffeur, explique-t-il,
« servait également
pour les membres de
la direction, les artistes,
collectionneurs
et invités ». Quant
à la voiture, « c’est une
Peugeot 508. À ceci
s’ajoutait un recours
ponctuel aux taxis,
notamment pour les
heures très tardives
et pour les invités quand
mon chauffeur ne pouvait
suffire à lui seul ».
Les travaux de rénovation
du Grand Palais devront
être achevés en 2024
pour l’ouverture
des Jeux olympiques.
En bas, l’actuelle entrée
du monument portera le nom
de Gabrielle Chanel après
sa restauration grâce au
mécénat de la marque de luxe.
ROSTISLAV AGEEV/STOCK.ADOBE.COM, JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
O
CLAIRE
BOMMELAER
cbommelaer
@lefigaro.fr
TRÈS CHÈRES
NOTES
DE TAXI
“
L’Inspection
générale des finances
a fait valoir que
le modèle économique
du futur Grand Palais
permettrait d’équilibrer
les comptes
”
EMMANUEL MARCOVITCH,
DIRECTEUR GÉNÉRAL DÉLÉGUÉ
DE LA RMN-GRAND PALAIS
A
Construit pour l’Exposition universelle de 1900, en même temps
que le Petit Palais et le pont Alexandre-III, l’édifice n’était pas fait pour
durer. Au fil des ans, ce paquebot de
72 000 m2 n’a donc cessé de se dégrader. En 1993, lors d’un Salon du
design, un rivet de la charpente s’est
brusquement détaché et a manqué
tuer un exposant. Fermé pendant
douze ans, il a été l’objet d’une première campagne de travaux
(120 millions d’euros). « À l’époque,
des voix se sont élevées pour privatiser ces lieux, perçus comme un gouffre financier, se rappelle l’ancien
ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres. Mais une fois la
rénovation achevée, le Grand Palais
est devenu un lieu incontournable, en
plein cœur de Paris. »
Hélas, en dépit de la restauration
de la verrière, de la reprise des fondations et de la restauration des façades, il faut repartir à la charge.
Les toitures en zinc prennent l’eau,
la plupart des espaces ne sont pas
aux normes. Sous la nef, où sont organisés des événements prestigieux
(Saut Hermès, défilés haute couture, Fiac, Paris Photo), il fait froid
l’hiver et étouffant l’été. Les galeries nationales, où sont présentées
François Chatillon : « Restaurer coûte plus cher
que construire du neuf »
72 000
mètres carrés
de surface globale,
dont 13 500 sous la nef
François Chatillon est architecte
en chef des Monuments historiques. En charge de la restauration
des parties historiques du Grand
Palais, il justifie le fait que 137 millions d’euros y seront consacrés,
sur le total de 466 millions d’euros
annoncé pour la reconfiguration
du monument.
presque sans équivalent : il y a en
tout 72 000 mètres carrés de surface, 12 mètres de hauteur, soit
l’équivalent d’un immeuble sous
les galeries, la verrière se déploie
sur 17 000 mètres carrés. La démesure du budget, s’il y en a une,
découle principalement de l’immensité des volumes à traiter.
LE FIGARO. – Pourquoi les
travaux pour le Grand Palais
sont-ils si chers ?
François CHATILLON. – Le Grand
Palais est un bâtiment hors normes, qui occupe tout un îlot au
sein du VIIIe arrondissement de
Paris. Ses espaces sont immenses,
Stéphane Bern a comparé
le budget débloqué pour le Grand
Palais aux 20 millions récoltés
grâce au loto du patrimoine.
Selon lui, l’État privilégie le grand
patrimoine parisien au détriment
du petit. Qu’en dites-vous ?
Un budget de 137 millions d’euros
sur douze ans pour ce type de bâtiment, c’est finalement assez
classique. Et cela n’a rien à voir
avec Paris contre la province.
Restaurer coûte plus cher que
construire du neuf, c’est un fait. Et
comparativement, la restauration
d’un château XVIIIe coûte plus
cher au mètre carré que ne coûte
celle du Grand Palais. Datant de
1900, le monument est une architecture de type largement industriel, faite de verre et de fer, et de
zinc pour les toitures. Il y a très
peu de dorures, très peu de parquets classés, ni de soie à refaire,
par exemple. Il n’y aura pas de
« surenchère » dans la restauration, dans les gestes, ni dans les
matériaux utilisés.
N’aurait-on pas pu organiser
des « phases » pour les travaux,
voire les décaler dans le temps ?
Tous les experts le savent : restaurer par petits bouts fait flamber
une facture. La RMN-Grand Palais
veut conduire un projet d’ensemble, qui réhabilite le bâtiment, le
remette aux normes et lui donne
un avenir grâce à un nouveau
projet culturel. Le Grand Palais,
construit pour l’Exposition universelle de 1900, devait être éphémère. Cent vingt ans plus tard, il
est en mauvais état, et ne respecte
pas les nouvelles normes de sécurité. En 2000, après qu’un rivet de
la charpente métallique est tombé, mon prédécesseur AlainCharles Perrot a repris une partie
de la verrière. Il a refait l’équivalent de 30 % des toitures, ainsi que
les fondations du palais. Dix-huit
ans plus tard, le reste des toitures
prend l’eau, le bâtiment n’a pas
d’isolation thermique, il n’est pas
stable au feu, il contient de
l’amiante et du plomb, il y a peu
d’accès handicapés et peu d’esca-
liers de secours. Certains endroits
sont interdits au public, pour des
raisons de sécurité. Cette année, la
préfecture de Paris a de nouveau
donné une autorisation d’exploitation et d’ouverture, à la condition expresse que des travaux de
restauration soient menés.
Quelle garantie a-t-on
que votre budget sera tenu ?
On aurait pu annoncer un budget
moindre, et faire constater en
2024 qu’il n’a pas été respecté !
Mais nous avons joué la transparence. Nous sommes dix personnes dans mon agence à travailler
sur le chantier monument historique. Il n’y a pas un jour où nous ne
nous posons pas la question des
coûts et je peux vous assurer que
c’est un travail de fourmi. Certes,
on pourrait toujours jouer sur les
finitions, ou supprimer la restauration d’une partie des espaces.
Mais les mêmes personnes qui
crient au scandale aujourd’hui diraient alors que l’État néglige son
patrimoine. C’est tout le paradoxe
de ces chantiers et de ces monuments. Ils sont affolants dans leur
démesure, et c’est pour cela qu’on
les aime. ■
PROPOS RECUEILLIS PAR C. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
CULTURE
31
Thomas
Ostermeier :
nage… J’ai travaillé en France, en Angleterre, en Russie. Chacun a sa culture,
bien sûr. Je préfère la culture française.
Pour les comédiens français la salle de
répétition est un lieu sacré.
Les comédiens allemands
sont-ils moins disciplinés ?
Ils sont beaucoup plus barbares. Cela a
sans doute à voir avec le fait que je travaille avec eux depuis vingt ans. C’est
comme en amour, au bout d’un moment
on ne débarrasse plus la table du petit
déjeuner… Mais ils sont capables d’aller
vers une folie absolue. La France est le
pays d’Antonin Artaud, l’auteur des plus
beaux textes sur le texte, mais son théâtre actuel manque de folie. Voilà, vous
avez réussi à me faire dire du mal du
théâtre français. C’était le but, non ?
« Le Français
a l’esprit d’une
jeune compagnie ! »
ENTRETIEN Le patron de la Schaubühne
de Berlin a choisi « La Nuit des rois »
de Shakespeare pour sa première
mise en scène à la Comédie-Française.
ARMELLE HÉLIOT
aheliot@lefigaro.fr
ET ÉTIENNE SORIN
esorin@lefigaro.fr
omment oublier le surgissement extraordinaire, en France, de
ce jeune artiste qui, durant l’été 1999,
avait bousculé Avignon avec Homme
pour homme, de Brecht, et Shopping and
Fucking, de Mark Ravenhill, présentés
dans une baraque de bois, non loin des
remparts ? L’énergie, l’intelligence des
mises en scène d’un trentenaire qui dirigeait avec précision une troupe éblouissante, avaient sidéré. Thomas Ostermeier, qui a eu 50 ans le 3 septembre
dernier, est souvent, depuis, revenu en
France. Avec les productions de la
Schaubühne de Berlin qu’il dirige, tel son
féroce Richard III, ou en montant, avec
des comédiens-français, de Vidy-Lausanne à l’Odéon, des spectacles nouveaux (Les Revenants, d’Ibsen, en 2013,
La Mouette en 2016). Ses spectacles tournent dans le monde entier, non sans souci parfois, comme l’a montré l’empêchement d’Un ennemi du peuple d’Ibsen en
Chine. Avec La Nuit des rois ou Tout ce que
vous voulez de Shakespeare, on attend un
événement tonique chez Molière.
LE FIGARO. – La Comédie-Française ?
Enfin ?
Thomas OSTERMEIER. – Les deux précédents administrateurs m’avaient approché. Mais Éric Ruf, lui, a réussi à me
convaincre. Je dois dire que c’est aussi
une question d’emploi du temps. Je reçois de nombreuses propositions, je dois
choisir. J’avais des doutes quant à la pertinence de mon travail à la ComédieFrançaise, le plus grand théâtre subventionné de France. Je me suis toujours vu
à la marge. J’ai quitté le Deutsches Theater, l’équivalent de la Comédie-Française à Berlin. Même si une telle institution,
avec une telle histoire, n’existe presque
et j’attendais l’occasion idéale. Éric Ruf a
accepté. Il sait combien la pièce est passionnante. Quant à moi, j’espère que l’on
va retrouver mon travail à un endroit où
on ne l’attend pas. C’est une comédie de
Shakespeare relativement peu montée
en France.
Vous avez dû constituer une troupe dans
la troupe pour monter cette pièce…
La distribution est très jeune. Même si
Denis Podalydès est un peu plus âgé que
les autres, il est resté très jeune dans sa
tête. Laurent Stocker aussi. Les acteurs
sont ouverts à tout et un peu dans l’esprit
d’une jeune compagnie. J’ai eu la chance
de travailler avec eux. Certains ne sont
pensionnaires que depuis deux trois ans.
Ils ont encore cette envie de faire quelque chose d’absolu et d’extraordinaire.
Ils sont prêts à inventer quelque chose
avec le metteur en scène.
Est-ce le thème du travestissement
qui vous a donné envie de la mettre
en scène ?
La pièce est très poétique, onirique
même, mais elle touche à des questions
fondamentales de notre époque. Le rôle
des femmes, la question du genre, du
transgenre même, les droits LGBT… Tout
cela est au cœur du texte, mais était refoulé jusqu’à présent dans les traductions françaises, me semble-t-il.
Est-ce la raison pour laquelle
vous avez demandé une nouvelle
traduction à Olivier Cadiot ?
J’adore avoir une discussion avec le traducteur pendant la préparation. Il a déjà
une certaine idée de ce que pourrait être
ma mise en scène quand il traduit. J’ai
demandé à Olivier de ne pas garder la
versification. La langue anglaise a beaucoup moins de syllabes que le français ou
l’allemand. J’ai l’impression que l’on risque de perdre du sens si l’on s’astreint
aux vers. Même en choisissant la prose,
Olivier a fait un sacré travail pendant
huit mois. Pour
un jeune ou quelLa France est le pays d’Antonin
qu’un qui n’est
Artaud, l’auteur des plus beaux textes
pas expert, venir
sur le texte, mais son théâtre actuel
voir un Shakespeare et ne pas
manque de folie
comprendre
THOMAS OSTERMEIER
l’intrigue
est
plus en Allemagne. Éric Ruf suit mon
frustrant. Pour jouir du spectacle, il faut
travail depuis longtemps. Il assiste aux
une langue claire. Surtout dans le cas
premières. Quant à moi, je connaissais
d’une pièce fondée sur la confusion des
certains acteurs de la troupe, comme
sexes.
Denis Podalydès. Et d’autres avec qui j’ai
déjà travaillé quand j’ai mis en scène La
Adeline d’Hermy est Olivia,
Mouette, comme Sébastien Pouderoux.
Georgia Scalliet, Viola.
Pour toutes ces raisons, je me suis dit
Auriez-vous pu intervertir leurs rôles ?
qu’il fallait essayer.
Elles sont remarquables, l’une comme
l’autre. Et il est vrai que je me suis posé la
Avez-vous été tenté de choisir une pièce
question de la distribution la plus exacte
possible, même si, dans la troupe, chadu répertoire français ?
J’aurais pu mettre en scène un Molière.
cun est capable de passer d’un rôle à
J’aurais voulu monter L’Avare mais il a
l’autre, évidemment ! Olivia est une
été fait récemment à la Comédie-Franfemme qui se trouve troublée par Viola
çaise par Catherine Hiegel. Tartuffe aussi
déguisée en homme. Viola elle-même
m’intéresse, mais Luc Bondy l’a mis en
est perturbée par l’amour, le désir
scène, ou Le Misanthrope, mais il y en a
qu’elle suscite. Viola/Cesario doit avoir à
tellement ! La Nuit des rois, je m’y intéla fois une candeur, un courage pour
resse depuis au moins trois ans. J’ai fait
tenter de retrouver son frère et affronter
des stages avec des étudiants en mise en
le monde de l’Illyrie, mais elle doit aussi
scène à Berlin, à Rome, au Brésil autour
être cet androgyne qui transforme toutes
de ce texte.
les relations entre les êtres. Il me semble
que c’est le bon équilibre !
Discute-t-on des choix avec
Les comédiens français sont-ils très
l’administrateur général ?
Peut-être va-t-on penser, en voyant à
différents des comédiens allemands ?
l’affiche de la Comédie-Française, La
Non. Ils ne sont pas différents. Il y a de
Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez,
grands acteurs partout dans le monde,
que je suis tombé dans le piège du théâtre
dans chaque langue. Tous les acteurs ont
classique. Ce n’est pas un Molière, mais
peur de monter sur scène, de jouer un
presque… Mais je tenais à La Nuit des rois
rôle, de ne pas comprendre un person-
«
»
« Certains acteurs ne sont pensionnaires que depuis deux trois ans. Ils ont encore cette
envie de faire quelque chose d’absolu et d’extraordinaire », souligne Thomas Ostermeier.
UGC PRÉSENTE
EN ASSOCIATION AVEC WHY NOT PRODUCTIONS, PAGE 114 ET ANNAPURNA PICTURES
FESTIVAL
DU CINÉMA AMÉRICAIN DE
FESTIVAL
INTERNATIONAL DU FILM DE
DEAUVILLE
FESTIVAL
INTERNATIONAL DU FILM DE
TORONTO
SAN SEBASTIAN
HHHHH HHHH
CINÉMA TEASER
ROLLING STONE
“UN IMMENSE AUDIARD”
FRANCE INTER
“D’UNE GRÂCE RARE” “INDISPENSABLE”
ROLLING STONE
JOHN C.
REILLY
JOAQUIN
LE JDD
PHOENIX
JAKE
GYLLENHAAL
RIZ
AHMED
LES FRÈRES
SISTERS
U N F I L M D E
JACQUES AUDIARD
ACTUELLEMENT AU CINÉMA
A
C
PROPOS RECUEILLIS PAR
Votre mise en scène d’Un ennemi du
peuple d’Ibsen vient de connaître de gros
soucis en Chine. Où en êtes-vous ?
Les représentations de Pékin n’ont pas
pu avoir lieu dans des conditions normales après la première, car les spectateurs avaient pris la parole très librement lors de la scène du débat public
que tient le jeune médecin. Les deux
représentations prévues à Nanjing ont
été annulées au prétexte de problèmes
techniques. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fait savoir
officiellement le regret de l’annulation
de la tournée. Quant à la conférence que
je devais donner en novembre, elle a
également été annulée. ■
Comédie-Française, salle Richelieu
(Paris Ier) à partir de ce soir.
En alternance jusqu’au 28 février.
Tél. : 01 44 58 15 15. Texte de la traduction
d’Olivier Cadiot, P.O.L, 15 €.
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
STYLE
PrintempsÉté 2019
32
Les cadors
de Milan
O
HÉLÈNE GUILLAUME
hguillaume@lefigaro.fr
ENVOYÉE SPÉCIALE À MILAN
n aurait rêvé d’une
interview croisée entre Mme Prada et
M. Armani. Deux ego, deux personnalités qui ont changé le visage de la
mode. Deux Italiens qui défilaient, jeudi à Milan, dans des architectures folles
portant leur nom. La rencontre n’aura
pas lieu…
Miuccia Prada est la première à dégainer entre les murs de sa fondation,
dans un cube gigantesque de béton mis
en scène par Rem Koolhaas. Devant les
poufs gonflables de Verner Panton, les
coordonnées de géolocalisation des invités, rappelant que la place de chacun
d’entre nous dans le monde est unique.
L’individu est l’un des leitmotivs de la
créatrice qui refuse de s’adresser à des
groupes identifiés par le marketing, arguant qu’il existe autant de diversité
chez les millennials - pour citer un
exemple comme un autre - que de personnes. Ceci étant dit, cet été Prada
parle manifestement beaucoup à la jeunesse, cible mouvante du luxe. Devant
les lolitas en serre-tête du show, jeudi
soir, on repense à la féminité mature et
animale de l’hiver 2013. Cinq ans plus
tard, les nouvelles générations sont au
pouvoir, mais Mme Prada n’édulcore
pas pour autant son message, maniant
l’ironie avec férocité. Elle inocule son
bon goût/mauvais genre dans ce dres-
sing de digital natives en cycliste - la
dernière obsession des 20-30 ans -,
body échancré, robe babydoll de satin
duchesse (passée sur de parfaits petits
cachemires beiges), manteau trapèze
dans un nuancier improbable et
toujours désirable. La silhouette n’a
rien d’innocent, flirtant avec l’érotisme
vintage de mi-bas noirs, de chemise
blanche morphant en jupe de voile
chair, de robe de mousseline noire
transparente dévoilant des dessous misexy mi-enfantins. L’Italienne joue
avec ses poupées non sans perversité,
tandis que les femmes qu’elle considère
ses égales - avec lesquelles elle partage
même une part de la création, cette
saison - sont d’une tout autre tranche
d’âge. Après avoir confié la conception
d’accessoires masculins à des designers
de renom (Bouroullec, Herzog & de
Meuron…), elle fait appel pour la femme à trois architectes exceptionnelles :
Cini Boeri (1924), Elizabeth Diller
(1954) et Kazuyo Sejima (1956). En partant du Nylon qui a valu à la maison ses
premiers succès mondiaux dans les années 1990, celles-ci ont respectivement
exploré les notions de fonctionnalité,
de modulation de l’objet (la robe porte
habit de Diller est un pur produit
Prada !) et du voyage, du corps en
mouvement. Passionnant.
À Milan, M. Armani aussi a un musée
à son nom, et un hôtel, et des boutiques… et même une aérogare ! Tout
voyageur ayant atterri un jour à Lina-
DANIELE OBERRAUCH, ALESSANDRO LUCIONI/IMAXTREE.COM, STEPHEN JAFFE
COLLECTIONS Miuccia Prada, Giorgio
Armani, Diego Della Valle… Ils font
rayonner la ville avec leurs shows
phénoménaux repris en masse
sur les réseaux sociaux.
Prada
te connaît cette enseigne surdimensionnée Emporio Armani accrochée
depuis 1996 sur le fronton d’un hangar à avions. Quand toutes les marques de luxe déploient des trésors de
créativité pour présenter leur show
dans des lieux hors normes, le couturier est le premier à orchestrer un défilé dans un aéroport. « Je voulais un
Emporio Armani
lieu qui parlerait de Milan, mais aussi
de son internationalité, de son ouverture au monde et de son esprit d’innovation, qui la caractérise actuellement.
Un lieu synonyme de voyage, une occasion d’aventure et de liberté. C’est ce
que représente Linate, comme Emporio
Armani et sa philosophie, nous expliquait-il. Emporio est libre, n’a pas de
Etro
barrières, tout le monde y trouve quelque chose et peut réinterpréter ce style
avec son goût personnel. » Jeudi soir,
il invitait donc 2 300 personnes à se
présenter à la porte d’embarquement
devant de (vrais) voyageurs mi-blasés, mi-amusés. Tout le monde joue
le jeu du passage à la sécurité obligatoire (c’est un fait : la tenue de soirée
Une Italienne peut
en cacher une autre
VALÉRIE GUÉDON vguedon@lefigaro.fr
ENVOYÉE SPÉCIALE À MILAN
Sans doute moins connue à travers le
monde que sa cousine la Parisienne, la
Milanaise n’en est pas moins une source
d’inspiration inépuisable pour les designers transalpins. Paradoxale entre
lyrisme et sobriété, glamour austère ou
surjouée… sur les podiums printempsété 2019, elle prend les traits de Monica
Vitti, Sophia Loren, Monica Bellucci ou,
tout simplement, de filles croisées sur
les bords de la Méditerranée de ce côté
des Alpes.
Chez Alberta Ferretti, elle arbore une
sensualité chic et relax, un peu perdue
ces derniers temps. En blouses de coton
rehaussé de broderies anglaises, shorts
taille haute et spartiates, elle va comme
si elle était en vacances, cheveux au vent
et pommettes mordues par le soleil. Le
soir venu, elle enfile une robe de guipure
transparente sur son maillot de bain.
Peut-être a-t-on déjà vu ces longues
robes vaporeuses en mousseline plissée,
cet arc-en-ciel de pastels et ces emprunts au vestiaire militaire… Qu’importe, on la suit avec plaisir à la plage.
A
Alessandro Dell’Acqua avec son label
N° 21 dessine pour une femme qui sait ce
qu’elle veut : séduire. Une party girl
dont les bretelles de la robe tube couleur
lipstick glissent sur ses épaules d’avoir
trop dansé. La fente de sa jupe crayon en
peau d’autruche lustrée, la transparence
de ses brassières en mousseline vitrifiée
et ses talons aiguilles haut perchés ne
laissent pas de place au doute. Les lignes
minimalistes – la collection s’appelle
d’ailleurs le Strict Minimum – et les matières couture donnent à son printempsété cette tenue ne versant jamais dans la
vulgarité.
Sportmax n’a jamais aussi bien porté
son nom. Le surf, la randonnée, le trekking, l’exploration des fonds marins et,
plus généralement, le sport en plein air
influencent le vestiaire de cette grande
pépette nature et athlétique qui avance à
grands pas, pieds nus, ses sandales en
corde accrochées à la bandoulière de
son sac avec un mousqueton. Car il faut
bien un corps impeccable pour enfiler
ces minirobes dos nageur rebrodées de
paillettes psychédéliques, la maille
moulante comme une combinaison de
plongée et les pièces en jersey fluide et
multicolore que toutes sortes de coulisses drapent, froncent, gainent autour de
sa plastique parfaite.
La femme Etro se sent partout chez elle.
D’ailleurs, elle puise les influences de
son vestiaire aux quatre coins du monde. Un grand gilet navajo par-là, un peignoir en soie matelassée asiatique parci, une planche de surf pour les vagues
hawaïennes sous le bras. Pourtant, son
allure est loin d’être littérale ou pire
folklorique. Un esprit vêtement d’intérieur se dégage des robes tulipe à volants
en mousseline, turban de soie, caftans
ou costumes pyjamas ceinturés comme
un judoka. Bref, un look 100 % Etro dans
cette profusion d’imprimés cachemire spécialité de la maison - mais aussi floraux, tropicaux, graphiques, etc. À la
fin, bras dessus bras dessous, père et
fille, Gimmo et Veronica Etro, respectivement fondateur et directrice artistique des collections féminines, sortent
saluer dans un grand éclat de rire, après
un bel exemple de mode italienne. Une
affaire de famille qui célèbre aussi ses 50
ans avec une exposition « Generation
Paisley », ouverte au public du 23 septembre au 14 octobre au Mudec, à Milan.
Enfin, Massimo Giorgetti réinjecte un
peu de douceur dans les codes « street
et pop » de son label MSGM. Des roses
digitalisées recouvrent les premiers
passages de pied en cap. L’humeur sera
donc girly. Passent des robes de cowgirl en jersey Stretch coloré, blouson en
denim « bleaché » et santiags en PVC à
talons bobine, dont il émane une
féminité parfois clichée mais souvent
jubilatoire. ■
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STYLE 33
Hors podiums
coulissés aux chevilles, les petits
blousons de golf en organza quadrillé,
dans les teintes nude, blanc, beige
rosé et, bien sûr, ce gris Armani rappelant son tropisme japonais. À l’inverse, la deuxième partie du défilé
vise une fille qui n’a pas froid aux
yeux en K-Way parachute rose, en
perf de faux python vert anis, en minirobe bain de soleil indigo ou en
fourreau à franges pagne aux couleurs
vibrantes. Mais c’est l’esprit urbain
qui imprime surtout la mémoire, inspiré par la façon dont les gens s’habillent aujourd’hui, à l’image des denims pour femme, des sweats à logo
Emporio (toujours aussi efficace), des
blousons et des shorts techniques
pour homme, etc. Entrant par un
couloir de stade, le couturier vient
saluer la foule. Sur la scène en face,
jaillit le chanteur Robbie Williams qui
clôt l’événement. Lequel des deux est
la star, la vraie ? À Milan, la réponse,
tout le monde la connaît.
bijoutée sonne davantage sous les
portiques que les joggings des touristes). La foule rejoint le fameux hangar
transformé pour l’occasion avec un
spectaculaire podium surmonté de
(faux) tableaux de départ des vols.
Derrière les écrans, les (vrais) avions
continuent de décoller. La démonstration de puissance ne s’arrête pas
là : le maestro envoie 170 modèles (un
record) explorant tous les continents
du vêtement casual avec le supplément de raffinement italien. Aux
mailles molles (des vestes d’homme
et des combibustiers) qui ont fait la
silhouette du Milanais, succèdent les
matières techniques des coupe-vent,
les tissus miroitants des pantalons
Pour son été 2019, le prince du
cachemire délaisse sa fibre fétiche
pour le coton tricoté en une maille
volumineuse et ajourée, aux
couleurs du désert. Côté chaîne
et trame, les longs jupons en satin
et tulle, sahariennes et pantalons
carotte en lin évoquent une gitane
baroudeuse rompue à un luxe
d’initiées. Alors que M. Cuccinelli
célèbre – en toute discrétion – ses
40 ans d’exercice, la griffe n’a jamais
autant représenté le raffinement
italien jusque dans la Silicon Valley.
Fabiana
Filippi
Dans cette collection,
les femmes trouveront de
quoi s’habiller au quotidien,
dans un esprit « casual
chic », mais toujours avec
cette idée d’une féminité à
l’italienne. Tailleur pantalon
prince-de-galles ou en lin
seersucker pour le bureau ;
coupe-vent en Nylon
froissé pour le week-end ;
robe en soie à pointes
foulard pour un rendezvous galant…
Hogan
PRESSE, ALESSANDRO LEVATI
Tod’s
Lui aussi connu comme le loup blanc
dans la capitale de Lombardie, Diego
Della Valle peut se réjouir de la place
qu’occupe désormais le prêt-à-porter de sa marque Tod’s. La ligne
confiée au studio interne depuis trois
saisons,
donne
une
nouvelle
dimension à la maison, en particulier
ce printemps-été qui accueille, pour
la première fois, le vestiaire
masculin. La silhouette se révèle plus
qu’un prétexte pour faire défiler des
mocassins à picots et des sacs D-Bag
revisités.
Encore
distribuée
confidentiellement, la collection peut
se permettre un développement des
cuirs - et des prix - un peu déconnecté des valeurs de luxe populaire
du Gommino. Mais le style, lui, est
fidèle. Les filles sont chics en soulier
plat, en tee-shirt de Nappa, en veste
seventies en peau exotique, en chemise d’agneau plongé, en jupe veau
velours, en saharienne de nubuck ou
dans de gros blousons embossés du T
de Tod’s… Leurs pendants masculins
cultivent
l’allure
sans
effort,
classique mais réactualisée en chinos,
vestes western en daim et petits
polos sous veste en lin enduit.
L’acteur Pierre Niney au premier
rang n’en perd pas une miette. ■
Brunello
Cuccinelli
La griffe d’accessoires s’installe à Los
Angeles pour l’été prochain. La Maxi
Platform, sa basket emblématique
et surcompensée, prend (encore
un peu plus) de hauteur. Du rose
et jaune Stabilo twiste le style
« sporty élégant » de Hogan. Quant
au nouveau modèle, la Max.i.active,
une version de l’Interactive à
la semelle gonflée à l’hélium,
il devrait plaire aux millennials. V. G.
VOUS RÉVÈLE LES DESSOUS DE LA CULTURE
LA VIE ARDENTE DE CARAVAGE
Au cœur de la Rome pontificale, son existence est digne d’un roman de cape et d’épée. Il y a écumé
les tavernes, fréquenté les mauvais garçons, mais aussi l’élite cultivée. À l’aube du XVIIe siècle, il
fit descendre la peinture du ciel idéal où l’avaient élevée Raphaël et Michel-Ange, pour révéler la
part d’ombre et les passions ardentes de cette vie. À l’occasion de la sublime exposition du musée
Jacquemart-André « Caravage à Rome, amis et ennemis », Le Figaro Hors-Série explore la légende
de ce génie, peintre et assassin, virtuose du clair-obscur, et lui consacre un numéro exceptionnel,
magnifiquement illustré.
Le Figaro Hors-Série : Caravage, une vie en clair-obscur.
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
34
À TABLE
2004, la « promotion Voltaire »
de la gastronomie
HOMMAGE Parrainé par Paul Bocuse et Joël Robuchon, le concours des meilleurs
ouvriers de France accoucha, cette année-là, des plus grands cuisiniers d’aujourd’hui.
MINUTES GOURMANDES
Stéphane
Durand-Souffland
sdurandsouffland@lefigaro.fr
Le réveil
de l’Auberge
du Père Bise
ès qu’arrive, sur
un galet de rivière,
la pastille de foie gras
à la féra du lac
délicatement fumée – ou, plutôt,
dès qu’on l’a savourée –, on sent
que le repas sera de haut vol.
Et il le sera. La preuve en est
fournie illico par une stupéfiante
tartelette de sarrasin aux herbes
du jardin.
Voici un an que Jean Sulpice
a quitté Val Thorens pour
reprendre la vénérable Auberge
du Père Bise, au bord du lac
d’Annecy. Il a trouvé sa vitesse
de croisière, apprivoisé cet
univers lacustre si différent
des abrupts rochers de là-haut.
Avec ses deux étoiles Michelin
conservées, le 18,5 sur 20 du
guide Gault & Millau qui en a fait
son cuisinier de l’année 2018,
un hôtel bientôt entièrement
rénové, les clignotants sont au
vert pour la suite de l’aventure.
La salle fait face au débarcadère
– on peut venir d’Annecy sur la
vedette de Bernard, intarissable
guide de son lac. Le service
tourne rond, jeune et féminin,
délié, le sommelier alsacien
est devenu un précieux
ambassadeur des crus de Savoie
de la nouvelle vague –
à découvrir d’urgence. Jean
Sulpice, lui, travaille une carte
ciselée. La science des végétaux
de cet ancien élève de Marc
Veyrat est éblouissante.
Ici, la plante n’est pas un alibi,
mais bel et bien l’arme d’un
crime irrésistible : vous êtes
condamné à vous régaler.
La polenta aux herbes
accompagnée d’œufs de truite
craquants comme des perles
minuscules ressemble
à un jardin japonais où poussent
des fleurs violettes. Les saveurs
sont vives, nettes, l’air du lac
n’a en rien affadi la cuisine
de Sulpice. Ses eaux de lagon
non plus : voici, surgi de
l’hypnotisant miroir aquatique,
l’omble chevalier
sur un radeau de sarments,
au-dessus d’un galet brûlant
qui produit une vapeur discrète.
Le poisson (cuisson parfaite)
est nappé d’un beurre maître
d’hôtel au sapin, de sorte
que c’est la montagne que
vous mangez, de bas en haut.
Lui succède un brochet en
quenelle et en filets pochés,
avec morilles et ail des ours.
Le loup d’eau douce est rendu
à sa splendeur, célébrée sous
toutes les coutures. L’ail des
ours en fleur joue les edelweiss
miniatures ; dans la quenelle
aérienne, un tronçon de poisson
impeccable. La voie est ouverte
pour l’écrevisse, associée
à la mélisse et à des carottes
craquantes. Contre toute
attente, le sommelier conseille
un vin rouge du domaine
des Ardoisières, une mondeuse
qui enrobe le plat sans fléchir
devant les épices de la sauce.
Le ris de veau à la bière rousse
de Savoie et le pigeon laqué
au cassis, épinards et sauge
– quelle cuisson, cet oiseau,
nom d’une pipe ! – surfent
à la même altitude. Au dessert,
après le désormais classique
« esprit d’un alpage » (mousse
de beaufort et noix sous
un plaid d’herbes et de fleurs,
renversant), le choix entre la
composition chocolat-génépimyrtille et le soufflé framboiseestragon sera cornélien.
On vous aura prévenu. ■
Auberge du Père Bise - Jean
Sulpice. 303, route du Port,
Talloires-Montmin (74).
Tél. : 04 50 60 72 01.
Menus à 98 et 210 €. À la carte,
compter 170 € hors boisson.
Transfert d’Annecy possible
par le lac. Fermé mardi et mercredi.
D
En 2014, les meilleurs ouvriers de France 2004 se sont retrouvés à l’Auberge du Pont de Collonges-Paul Bocuse, à Collonges-au-Mont-d’Or, pour fêter le dixième anniversaire
de leur promotion, en présence du maître des lieux, Paul Bocuse (assis, au centre). PRESSE
L
A
STÉPHANE
DURAND-SOUFFLAND
sdurandsouffland@lefigaro.fr
a promotion 2004 des
meilleurs ouvriers de France (MOF)
est un peu à la cuisine ce que la promotion Voltaire de l’ENA fut à la haute fonction publique. Un vivier exceptionnellement fourni de grands chefs
adoubés par les deux monstres sacrés
de leur époque, disparus ces derniers
mois, Paul Bocuse et Joël Robuchon.
Qu’on en juge, cette année-là vit,
notamment, le sacre de trois actuels
trois-étoiles :
Emmanuel
Renaut
(Flocons de Sel à Megève), Éric Pras
(Lameloise à Chagny), Christophe
Bacquié (Hôtel du Castellet). De plusieurs deux-étoiles de haut vol, parmi
lesquels Stéphane Buron (Le Chabichou, avec Michel Rochedy, à Courchevel), Mathieu Viannay (la Mère
Brazier à Lyon) ou Alain Montigny
(L’Oasis à La Napoule). D’une référence de la gastronomie patrimoniale,
Joseph Viola, patron des trois épatants
« Daniel et Denise » de Lyon. De maîtres-queux moins connus du grand
public mais doublures indispensables
de chefs de renommée internationale
comme Michel Nave (Pierre Gagnaire), Gilles Reinhardt (restaurant Paul
Bocuse), Claude Le Tohic (qui a quitté
récemment le Robuchon de Las Vegas)
ou Fabien Lefebvre (Éric Frechon).
Des étoilés devenus pédagogues, tel
Davy Tissot (Institut Paul-Bocuse). Et
puis, excusez du peu, du chef de
l’Élysée, Guillaume Gomez*, et de ses
collègues du Sénat, Pascal Grière et
Jérôme Le Minier. En tout, 24 cols tricolores – deux à trois fois plus que
d’habitude – ont été remis par Joël
Robuchon et « Monsieur Paul », qui ne
se sont pas trompés dans leur casting.
Tous les heureux élus le disent : les
étoiles, c’est la récompense d’un travail collectif et du contrôle continu
d’un guide. Mais le titre de MOF, c’est
un Graal personnel qui n’appartient
qu’à celui qui l’a décroché, le fruit de
l’excellence d’un jour de concours.
En 2004, ils partirent 700 mais se
virent 50 en arrivant à la finale.
L’écrémage est rude, qui commence
fin 2003 par une épreuve de QCM à la
Sorbonne, avec des questions du genre
« qui a inventé la toque ? » ou « quel lé-
20 cm de diamètre et vérifiant les
mensurations des tourtes. Tolérance ?
Zéro.
Le dessert représente aussi un tour
de force. « Le principal ennemi du soufflé, souligne Christophe Bacquié, c’est
l’eau. Or, une pomme, c’est de l’eau, on
devait donc arriver à la “sécher”. Il fallait trouver la bonne espèce de fruit,
creuser celui-ci régulièrement pour que
la chaleur se propage le mieux possible,
utiliser un cerclage et du papier sulfurisé pour guider le soufflé… Je me suis
entraîné au Meurice, accueilli par le
chef de l’époque, Yannick Alléno. »
Autre défi pour Stéphane Buron : alors
qu’il demande à l’un de ses commis
d’éplucher les pommes façon grande
maison avec un économe, le marmiton lui répond qu’il n’a jamais fait ça.
Et attention : un membre du jury
contrôle le paquetage des concurrents
à leur arrivée, pour vérifier qu’aucun
n’apporte une sauce
lyophilisée ou quoi
La vie d’un meilleur ouvrier
que ce soit de déjà
de France commence le jour d’après, cuisiné pour gagner
du temps – « presque
quand il comprend qu’il doit être
une fouille à corps »,
digne de porter le col jusqu’à la fin
s’amuse (à demi) Buron. À la fin, le même
de sa carrière
inquisiteur dresse la
EMMANUEL RENAUT, CHEF TROIS ÉTOILES
liste des restes : chaRESTAURANT FLOCONS DE SEL À MEGÈVE
que cuisinier ne doit
apporter que le strict
minimum, le reliquat est considéré
pote et surmontées d’un soufflé à la
comme de la perte et la note baisse s’il
pomme), le tout pour huit personnes.
y en a trop. « Aucun droit à l’erreur,
Temps imparti : cinq heures. Équipe
pas de sortie de secours », note
technique : deux jeunes commis.
Bacquié. « À la fin, il ne me restait
Tout cela est horriblement compliqu’un œuf, du sel et du poivre », jubile
qué. « Une pâte feuilletée doit reposer
encore aujourd’hui Guillaume Gomez.
entre deux pliages, explique EmmaEmmanuel Renaut, l’un des plus
nuel Renaut. Or, le timing était trop
grands chefs de sa génération, s’était
serré, il fallait se débrouiller autrefait recaler deux fois avant 2004 : « J’ai
ment. » Pour Stéphane Buron, le plus
travaillé comme une bête, comme un
dur, c’était bien cette tourte : « Nous
sportif de haut niveau. Il fallait que tout
devions confectionner le feuilletage, désoit millimétré, le timing ne souffre
sosser le canard, enfourner au bout de
aucune entorse. » Confirmation de
deux heures, faire une farce fine, une
Bacquié qui, pendant la phase de présauce rouennaise avec la carcasse et le
paration, a passé 36 heures d’affilée à
sang, à monter au dernier moment au
résoudre l’équation de la tourte : « Si
beurre et au foie gras, éviter que le
vous vous coupez, c’est mort, vous
feuilletage ne s’imbibe. » « En plus, il
n’avez pas le temps d’aller mettre un
fallait prédécouper la tourte sans l’abîpansement. » « On devient presque des
mer », soupire Éric Pras – accessoiremachines, il n’y a pas de place pour
ment camarade de régiment de Chrisl’imprévu. Ou alors il faut vraiment
tophe Bacquié – qui, comme les
réagir au quart de tour », précise Éric
autres, frissonne encore au souvenir
Pras.
d’une image terrifiante : Joël RobuDu début à la fin, les candidats rechon au passe, muni d’un cercle de
gume sert-il de garniture au potage
fréneuse ? » (si vous avez répondu le
navet, bravo, vous marquez un point).
La demi-finale avait été particulièrement difficile, à cause principalement
d’une timbale de macaronis à monter
en spirale, servie avec crêtes, rognons
de coq et sauce suprême.
Quand vient le jour de la finale, en
janvier 2004, les 50 rescapés de la
nouille hélicoïdale connaissent le
menu infernal depuis quinze jours :
une tourte feuilletée de 20 cm de diamètre, garnie de colvert et de foie
gras ; une pièce de porc escortée du
filet mignon et des rognons (« vachement sexy, le rognon de porc », commente Christophe Bacquié), accompagnée d’un millefeuille de légume
tenant tout seul, sans appareil, et
d’une quenelle de pomme de terre
gratinée ; des pommes soufflées à la
moscovite (évidées, garnies de com-
«
»
doutent l’erreur fatale. « J’avais enfourné ma tourte depuis cinq minutes,
relate Gomez, benjamin à 25 ans de la
promotion et toujours plus jeune MOF
cuisine de l’histoire du concours. Tout
d’un coup je vois quatre jurés devant le
four. Paniqué, je m’approche, en fait
elle commençait à monter bien comme il
faut et l’un des chefs avait appelé les
autres » pour qu’ils admirent le spectacle. Ouf.
Lors du « briefing », dans un lycée
hôtelier de Toulouse, Christophe
Bacquié était assis à côté de Robuchon.
Stressé, il ne pouvait empêcher sa
jambe de tressaillir. Le chef le plus
étoilé du monde avait posé sa main sur
son genou en soufflant, bienveillant :
« Il faut se calmer. » Facile à dire… Les
jurés aussi sont soumis à des règles
très strictes : pour éviter qu’ils ne s’influencent entre eux, les Frédéric
Anton (MOF 2000), Régis Marcon et
autres Gilles Goujon dégustent dans la
solitude d’un petit box. Quand la dernière pomme soufflée a été goûtée et
notée commence l’attente pour les
concurrents à bout de nerfs. « Je pleurais dans ma voiture, raconte Buron.
J’étais persuadé d’avoir oublié d’assaisonner le plat principal. »
Enfin, pour les 24 lauréats, appelés
par ordre alphabétique, vient le temps
de l’apothéose, de la veste blanche à
col bleu-blanc-rouge remise par Joël
Robuchon et « Monsieur Paul ». « La
vie d’un meilleur ouvrier de France
commence le jour d’après, quand il
comprend qu’il doit être digne de porter
le col jusqu’à la fin de sa carrière », résume Emmanuel Renaut.
La nuit d’après, elle aussi, est particulière. Éric Pras s’est réveillé en sursaut : il a dû vérifier que sa veste était
bien là, sur un dossier de chaise, pour
être certain de ne pas rêver. Christophe Bacquié avait pris ses précautions :
il a dormi avec. ■
*Publie le 3 octobre Cuisine,
leçons en pas à pas pour les enfants
aux Éditions du Chêne.
+ @SUR LE WEB
» Joia, le nouveau restaurant parisien
d’Hélène Darroze,
dans le IIe arrondissement.
» Les meilleurs comptoirs pour grignoter
« bon et perché »
www.le figaro.fr/sortir-paris
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VIN
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35
Dans les vignes chromées de La Gaffelière
DOMAINE
L
STÉPHANE REYNAUD
sreynaud@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL À SAINT-ÉMILION
es rapports étroits entre le
monde du vin et celui de l’art ne datent
pas d’hier. Ces quinze dernières
années, les acquisitions d’œuvres par
les propriétés, les créations de fondations et les expositions dans les domaines se sont multipliées, avec des fortunes diverses. À Saint-Émilion, la
famille Malet Roquefort, propriétaire
du château de La Gaffelière, premier
grand cru classé, a pourtant osé aller un
peu plus loin dans l’exercice, en fusionnant la vigne et l’œuvre. Depuis mercredi dernier, sur la plus prestigieuse
parcelle du domaine, dite de la Boulangerie, plantée en 1933, le végétal a laissé
la place au bronze chromé ou peint. Six
pieds de vigne étincelants ont remplacé
les végétaux et au moins une vingtaine
d’autres compléteront l’installation
dans les semaines qui viennent. C’est
l’artiste Philippe Pasqua qui signe cet
ensemble étonnant. Comment en eston arrivé là ?
« Je ne connais pas grand-chose à l’art
contemporain et Philippe est un néophyte
en vin. Nous nous sommes rencontrés par
l’intermédiaire d’amis communs, raconte
Alexandre de Malet Roquefort. Je suis allé
dans son atelier et j’ai découvert ses sculptures géantes d’oliviers, son immense requin, ses dinosaures. Je me suis dit que
Philippe Pasqua (à gauche)
et Alexandre de Malet Roquefort,
devant les pieds de vigne
en bronze chromé, plantés dans
la parcelle de la Boulangerie,
la plus prestigieuse du domaine.
à Saint-Émilion et choisir quelques superbes ceps, qu’ils arrachent illico. « Ils
ont pris les plus vieux et les plus beaux,
cela m’a fait mal au cœur », reconnaît
Alexandre de Malet Roquefort.
Les végétaux sont emmenés dans
l’atelier de l’artiste, à côté de Lisbonne,
où ils sont moulés. Le sculpteur peut
couler le bronze. « Reproduire les feuilles
a été mille fois plus compliqué. Un formidable casse-tête. Il a fallu créer des moules
spéciaux et inventer des procédures ad hoc
dont nous allons garder le secret. Cela a
demandé huit mois à notre équipe et aux
ingénieurs qui nous ont aidés. Mais à la
fin, chaque feuille est unique et nous
pouvons en créer des milliers », dévoile
l’artiste.
Les troncs en bronze chromés sont
alors acheminés de Lisbonne au château, où ils sont plantés et fixés en lieu
et place des végétaux arrachés un an et
demi plus tôt. Puis les branches et les
cela aurait de l’allure dans le cuvier. Imaginez un T. rex grandeur nature en train
de dévorer une cuve. (Rires.) Nous avons
discuté de La Gaffelière, de l’histoire de
notre famille, propriétaire du domaine depuis le début du XVIIIe siècle, de la villa
gallo-romaine que nous avons découverte
dans le jardin. Il a rebondi sur le côté intemporel des lieux, sur ce patrimoine que
nous nous transmettons d’une génération
à l’autre. Nous avons évoqué nos différences, ajoute-t-il, assis au restaurant, en
dégustant sa côte de bœuf-frites, tandis
que l’artiste commande une deuxième
assiette de radis. Nous n’avons pas la
même vie. Lui travaille jour et nuit, sans se
soucier de rien d’autre. Ici, le rythme de
nos tâches est dicté par la nature. Finalement, au terme de ces échanges, il nous a
proposé, à mon père, ma sœur, mon frère
et moi-même, de créer des vignes en bronze. Nous avons lancé le projet. » Philippe
Pasqua et son équipe vont alors se rendre
feuilles sont soudées. Le résultat est sidérant. Resplendissante dans la lumière
de l’aube, l’installation devient
éblouissante quand le soleil est au zénith. À l’exception d’un pied peint en
noir mat, sépulcral à souhait, qui semble s’assombrir au fur et à mesure que la
lumière se fait plus forte, une touche
gothique comme Pasqua les adore. De la
même façon, le sculpteur a créé un pied
de vigne « anormal », une autre de ses
habitudes.
Un merlot ultrabling
Ce jour, c’est l’œnologue Stéphane
Derenoncourt, consultant du domaine,
venu faire un tour de la vigne avant les
vendanges, qui tombe en arrêt devant
les pieds chromés. Et ce grand expert de
Vitis vinifera d’observer et de toucher
avec une curiosité mêlée d’amusement
les feuilles figées de ce merlot ultrabling.
« Maintenant, la nature va s’approprier
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/ LE FIGARO
À Saint-Émilion,
la famille Malet
Roquefort
a transformé des
pieds de merlot
en d’étonnantes
sculptures signées
de l’artiste Philippe
Pasqua. Explications.
tout ça, explique Philippe Pasqua. Il ne
faut surtout pas intervenir. Les sculptures
vont se fondre dans le paysage. »
L’œuvre donne un coup d’éclairage
sympathique sur La Gaffelière, propriété
qui, depuis plusieurs années, revient sur
le devant de la scène saint-émilionnaise.
Deux projets de restaurants sont à l’étude et permettraient d’ouvrir un peu plus
la propriété sur le monde.
Surtout, le vin retrouve une belle cote
auprès de la critique, tout en restant plus
de dix fois moins cher que le voisin
Ausone, par exemple. Pour se montrer
encore plus exigeant sur la qualité,
Alexandre de Malet Roquefort a réduit la
superficie d’exploitation de son premier
vin de 22 à 12 hectares. La demande est à
la hausse. La prochaine génération ne
doit pas s’inquiéter. Et L’Éternelle Création, le nom donné par Philippe Pasqua à
l’œuvre posée devant le cuvier, veille
sur La Gaffelière. ■
Wolf Blass, l’Australie conquérante
ENTRETIEN La maison de la Barossa Valley veut séduire les Français.
Rencontre avec son chef « winemaker », Chris Hatcher.
Cette marque a-t-elle changé la vision
australienne du vin ?
La maison a été créée entre la fin des
années 1960 et le début des années
1970, à une période où les gens ont
F R A N C E
gang m’a demandée fut de ne pas critiquer les vins des concurrents. Pour lui,
cela signifie critiquer le vin en général,
donc se critiquer soi-même.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/ LE FIGARO
D
LE FIGARO. - Quelle est la signature
de Wolf Blass ?
Chris HATCHER. - Notre gamme est
large. Nous produisons les trois couleurs. Nous réalisons nos assemblages
avec grand soin. Mais pour les rouges,
par exemple, nous sommes reconnus
pour faire des cuvées très proches du
fruit, qui traduisent directement le caractère du raisin récolté. Ce sont aussi
des vins aux tannins très fins. En règle
générale, ils sont appréciés pour leur
grande «buvabilité», bien loin de l’idée
que l’on se faisait du caractère australien, très puissant. Et si nos vins sont
opulents, ils restent parfumés.
-
Chris Hatcher, maître de chai de la
maison viticole australienne Wolf Blass.
commencé à boire du vin, où notre gastronomie s’est vraiment améliorée, en
s’émancipant des classiques britanniques. Dans ce contexte, le fondateur
Wolfgang Blass s’est démarqué des vins
de ferme qui n’étaient pas élaborés de
façon professionnelle, en créant des
cuvées de qualité, avec une forte personnalité, et de la consistance.
C’est aussi un vin qui a su se vendre…
La marque a innové dans le packaging,
rompant avec la tradition des étiquettes
classiques en noir et blanc. Et puis elle a
choisi comme symbole l’aigle, très allemand, mais aussi très australien, qui
nous a bien réussis. Enfin, Wolf Blass
s’est adressé aux femmes, et c’était une
idée très nouvelle dans ce pays.
Quel est le leitmotiv de la marque ?
Une des premières choses que Wolf-
Au-delà des questions de qualité,
comment expliquez-vous le succès
de vos cuvées
Nous avons gagné des milliers de prix
lors des différents concours et, parmi
ces prix, un grand nombre de médailles
d’or. Cela faisait d’ailleurs partie de ma
mission. Quand il m’a engagé, Wolfgang Blass m’a dit : « Hatch, pas de médailles d’or, pas de job ! »
Quels sont vos plus grands millésimes ?
En ce qui concerne les rouges, 1995 était
très réussi. 1998, fut aussi une excellente année, notamment pour le Black
Label. 2002 est à marquer d’une pierre
blanche en ce qui concerne les rouges et
les rieslings. 2001, 2002, 2003 sont les
trois millésimes qui ont donné naissance à notre vision moderne du chardonnay.
Le réchauffement climatique
a-t-il imposé un changement
de votre viticulture ?
En Australie, il se traduit par des séquences météorologiques plus marquées : coup de chaleur, sécheresse,
pluie… La météo est moins prévisible.
Mais nous nous adaptons, nous prenons
les mesures qui s’imposent.
Pensez-vous développer d’autres
vignobles en dehors de l’Australie?
Je vais répondre à titre personnel. Mon
épouse m’a prévenu, si je veux m’installer à l’étranger avec elle, ce sera en
France et en Bourgogne, nulle part
ailleurs. Je suis d’accord avec elle.
PROPOS RECUEILLIS PAR S. R.
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L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.
A
eux ans après l’arrivée remarquée de Penfolds, une
deuxième marque australienne de poids - elle aussi
dans le giron du groupe
Treasury Wine Estates - veut séduire le
marché français. Wolf Blass, créé il y a
une cinquantaine d’années par
l’Allemand Wolfgang Franz Otto Blass,
est un succès de la viticulture contemporaine. Sa large gamme de chardonnay, syrah, cabernet, malbec, riesling,
issus de la Barossa Valley et des autres
régions du Sud, pourrait à la fois en faire un concurrent sérieux des cuvées
vendues à moins de cinq euros dans les
grandes surfaces et un acteur sérieux
des tables gastronomiques. Chris Hatcher, le chef winemaker historique de
cette maison, qui produit aujourd’hui
60 millions de bouteilles par an, évoque
l’esprit de ces vins inconnus en France.
C H A B L I S
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
FACEBOOK LARRUN ALDE
36
VOYAGE
Balades
automnales :
les mules en tête
Les mules sont de retour
dans la Rhune, pour
des randonnées au Pays
basque, comme en faisait
l’impératrice Eugénie.
RANDONNÉE Voici une nouvelle façon de s’oxygéner en pleine nature dans le Sud-Ouest. Nous l’avons testée.
L’
PHILIPPE VIGUIÉ-DESPLACES
pviguiedesplaces@lefigaro.fr
ENVOYÉ SPÉCIAL SUR LA RHUNE
ascension de la Rhune, un
des points culminants du Pays basque
français (905 m), a été mise à la mode par
l’impératrice Eugénie. La trépidante
épouse de Napoléon III possédait une villa
à Biarritz et l’excursion à dos de mule sur
la Rhune était un plaisir qu’elle goûtait
sans modération. À l’inverse, ses dames
d’honneur, les pieds tordus sur la pierraille, détestaient l’exercice. Depuis le
mois de juin, les mules sont de retour sur
la Rhune. L’idée d’un jeune Basque, Andoni Yriarte, dont la ferme accueille déjà
un club hippique entre Urrugne et Ascain. « J’ai découvert cet animal méconnu
qui souffre de beaucoup de clichés avec
passion, j’en ai acquis une dizaine et je
suis le seul en France, je pense, à proposer
des randonnées à dos de mule », explique
Andoni Yriarte. Les mules bâtées que
nous chevauchons ont la taille d’un petit
cheval au pelage bai brun, dotées d’une
fine tête qu’éclairent de grands yeux.
Une fois l’animal entre nos jambes,
nous hésitons un peu à nous prendre en
photo car, aussi sympathique soit-il, on
est loin de la fière allure d’un cheval. Les
premiers pas sont exaltants, car la mule
aime se promener et communique assez
vite son plaisir. Son caractère se révèle à
la hauteur de sa réputation : inutile de
tenter d’interférer dans sa marche, la
mule n’en fait qu’à sa tête. « Elle passe
partout mais choisit son passage d’instinct
et ne trébuche jamais. Si elle sent un danger pour sa sécurité, elle ne s’engage pas
et rebrousse chemin », (r)assure Andoni
Yriarte qui conduit notre expédition –
ç’en est une — composée de quatre mu-
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les. Après avoir emprunté un large chemin de plaine et serpenté crânement entre des maisons basques gorgées
d’hortensias en fleur, nous gagnons un
sous-bois pentu où les feuillus s’épaississent. Les choses sérieuses commencent.
Des raidillons, genre rivière asséchée,
mettent la monture à l’épreuve. Et nous
aussi. L’inclinaison de la pente impose
un silence total au groupe. Personne
n’est vraiment rassuré, mais la mule fait
preuve au bon moment de l’accélération
adéquate. Puis nous longeons un précipice : tout le monde tourne la tête pour
éviter de tourner de l’œil. Une descente
vertigineuse, et soudain la mule se retrouve assise sur les fesses. On se rassure
avec trois pauvres plaisanteries… Mais
chacun ferme les yeux, agrippé dans une
posture peu flatteuse à la crinière. Les
photos, ce sera pour une autre fois.
L’ambiance est festive
L’une des mules, qui a compris à quels
gentils amateurs elle avait affaire, en
profite pour arracher des branches entières d’arbres tendres qu’elle boulotte,
sans que nous n’osions rien dire, de peur
de se la mettre à dos. Malgré tout la balade est magique. En deux heures de
temps, notre monture a gagné notre
confiance totale et le bel environnement
emporte notre adhésion. Certains chemins sont entièrement recouverts de
fougères et l’on avance sur le tracé d’un
invisible sentier. Nous croisons des pottoks, petits poneys sauvages dont la cloche sous le cou indique leur présence aux
bergers. Enfin, nous atteignons, près de
la frontière espagnole, une « venta », petite auberge de montagne accessible aux
seuls marcheurs, qui autrefois accueillait
les contrebandiers. Au menu, côtes de
mouton et irouléguy rouge… L’ambiance
est festive et notre arrivée fait sensation.
Nous continuons après le déjeuner notre
ascension jusqu’au sommet. La bonne
humeur guide nos pas. Et le panorama
récompense nos efforts. Au loin, la baie
de Saint-Jean-de-Luz se dessine dans
l’horizon. Devant nous : l’infini des Pyrénées aux monts usés couverts de chaume jauni. Le retour dans la vallée se fait à
pas lents dans l’éblouissement de paysages sublimés par le soleil couchant. Dans
les cent derniers mètres, quand la mule
renoue avec une énergie inquiétante en
répondant à l’appel de l’écurie, notre
guide propose à ceux qui le souhaitent un
petit galop. L’opposition est unanime et
immédiate. Et rien n’y fait. Le temps
d’une randonnée, nous voilà devenus
aussi… têtus que nos montures. ■
Centre de tourisme équestre Larrun Alde
à Urrugne, quartier Olhette. Tarif journée :
70 € avec le repas, tél. : 06 89 02 25 69
et rando-equestre-larrunalde.com.
Pour dormir, nous avons opté pour le Grand
Hôtel de la Poste, charmant 3 étoiles
en plein centre de Saint-Jean-de-Luz.
Un escalier monumental en bois sombre
et verni conduit aux chambres et offre une
perspective majestueuse au lobby. Cette
adresse familiale respire l’authenticité.
Les salons qui s’ouvrent sur la rue sont
une petite merveille de décoration locale.
Le Figaro est offert chaque matin avec un
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LES PERSONNAGES
EN BREF
A
BERZANE NASSER/ABACA,THE YOMIURI SHIMBUN/AFP, DAVID MORGANTI, VIM/ABACA, COLLECTION PERSONNELLE, RUE DES ARCHIVES
Par Jacques Pessis
J.-N. Tronc : coulisses
d’un combat de droits
En apprenant, le 5 juillet, que le
Parlement européen n’avait pas
adopté le texte de la directive
sur le droit d’auteur, Jean-Noël
Tronc, directeur général de la
Sacem, n’a pas baissé les bras. Il
a pris l’initiative d’une campagne européenne de communication afin d’expliquer la réalité
de la situation. Il a dénoncé les
opposants à cette loi, qui, depuis la Californie ou grâce à des
robots, avaient lancé de fausses
informations relayées par des
millions de mails, auxquelles
personne n’avait apporté la
contradiction et qui avaient fait
pencher le vote en leur faveur.
Il a tenté de rectifier le tir en
portant la bonne parole dans
plusieurs pays d’Europe, en
particulier en Pologne. Enfin, le
12 septembre, le matin du vote,
il a mobilisé artistes et auteurs
devant le Parlement de Strasbourg. La victoire est éclatante :
252 députés ont changé d’avis.
« Le vote n’est qu’une étape,
nous devons rester mobilisés »,
dit-il. Il travaille maintenant
sur un livre où il racontera ce
combat pour le droit, dont il
s’est fait un devoir. ■
Pagnol : enchères
pour sa fondation
Naruhito : un futur
empereur au Meurice
Frédéric Zeitoun :
duos solitaires
Les tapuscrits de
Marius, Fanny et
César, avec les
corrections de la
main de Marcel
Pagnol, ainsi que
des objets lui
ayant appartenu seront vendus
aux enchères le 8 octobre, à
Marseille. L’argent permettra à
Nicolas Pagnol, son petit-fils,
de faire restaurer ses 24 films.
D’autres trésors, réunis dans
un fonds de dotation, sont destinés à un musée Pagnol, au
cœur d’une Provence qu’il n’a
pas fini d’ensoleiller. ■
Le prince Naruhito, qui deviendra, le 1er mai, le
126e empereur
du Japon, a passé
quatre nuits à
Paris, à l’Hôtel
Meurice. Après des journées
culturelles célébrant les 160 ans
des relations diplomatiques entre la France et son pays, il est
reparti sans oublier de remercier Franka Holtmann, la directrice du palace, et le personnel. En acceptant des selfies à
condition qu’ils demeurent
aussi discrets que lui. ■
De retour à l’Alhambra le dimanche
à
18 heures, avec
En chanteur, Frédéric
Zeitoun
termine toujours
son spectacle par un duo avec un
invité. Ce principe a donné naissance à Duos en solitaire, un album qu’il vient d’enregistrer. Il
interprète douze de ses textes
avec, entre autres, Charles Aznavour, Lynda Lemay, Macias,
Fugain, Duteil, Oldelaf et Manu
Dibango. Des voix qui ont fait
leur chemin. ■
Romy Schneider était à la fois courageuse
et craintive, révoltée et conformiste, surdouée
et rongée par le doute. C’est précisément
ce déchirement qu’elle incarnait dans ses rôles
qui, outre son charme, fut à l’origine du mythe
« ROMY SCHNEIDER INTIME » - ALICE SCHWARZER - L’ARCHIPEL
Patachon : retour
au Luxembourg
Patachon mérite d’entrer dans
le Livre des records. Créé voici
35 ans au Théâtre des marionnettes du Luxembourg, La Valise enchantée, dont il est le héros, revient samedi prochain,
pour 60 représentations. Francis-Claude Desarthis, auteur et
metteur en scène, demeure l’interprète de cette
comédie musicale pour enfants
qui touche une troisième géné-
»
ration. Il a créé ce spectacle
sans imaginer qu’il le reprendrait régulièrement, aussi
longtemps. « Pour entrer dans
un costume que je n’avais pas
porté depuis cinq ans, j’ai dû
perdre dix kilos », dit-il. En se
nourrissant essentiellement des
applaudissements à venir. ■
J.-A. Charial : des
dîners tout miel
C’est une première à Baumanière. Jean-André Charial a demandé à Olivier Darné, plasticien et producteur de miel
béton en Seine-Saint-Denis, de
réaliser des « rendez-vous célestes ». Ils débutent le 12 octobre avec un dîner dont les nappes et les gobelets seront
réalisés sur place, par l’artiste.
Avec Glenn Viel, le chef de
l’Oustau, il proposera ensuite
autour d’une table collégiale,
un « dîner-performance » composé de sept plats confectionnés à partir d’éléments collectés dans les six ruches que
Charial a fait installer sur l’un
de ses terrains. Pionnier, voici
plusieurs années, de l’environnement et du bio, en particulier
dans le domaine du vin, le maître des lieux poursuit, plus que
jamais sa quête du naturel. Il a
fait construire, au printemps,
un poulailler où, chaque jour,
dix poules pondent des œufs
immédiatement servis dans ses
restaurants. Il a également
acheté une baratte qui, à partir
d’un lait bio, lui permet de faire
son beurre, et pas seulement
pour la crème de ses fidèles. ■
LEONOR FINI exposée à Paris et à New York. En France,
Arlette Souhami, qui fut son
agent et amie, présente dans
sa galerie des « Portraits intimes ». Un hommage sous forme de dessins et aquarelles est
réalisé en même temps, de
l’autre côté de l’Atlantique, sous
le titre « L’art de la liberté ».
MANUEL COLLAS DE LA
ROCHE organise ce weekend à Monaco un forum sur le
thème de l’art cinématique au
service de l’humanité. Des
trophées, les Colombes d’or
seront remis au cours d’un dîner animé par Gérard Holtz.
JEAN-PHILIPPE
BECH
joue jusqu’au 14 octobre Le
Roi Arthur, une pièce qu’il a
écrite et mise en scène. Il l’interprète à la Cartoucherie, au
Théâtre de l’Épée de bois. La
salle idéale pour un tel sujet.
JACQUES
GAMBLIN va
ouvrir, mercredi prochain, la
20e édition des Correspondances Manosque-La Poste.
Le comédien proposera Manosque en toutes lettres, un
spectacle écrit pour la circonstance.
« DIX POUR CENT » à la
télévision et en librairie. Un
roman sous-titré Ils sont
prêts à tout, réunit des scènes et des dialogues de la série (Albin Michel).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
37
Les perles de la Riviera
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Pour Paris et l’Île-de-France, nos experts
immobiliers répondent directement
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samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
TÉLÉVISION
Claude Debussy, cet incompris
BIEN VU
François Aubel
faubel@lefigaro.fr
Arte consacre un documentaire inédit au compositeur français, dont on célèbre cette année
le centenaire de la disparition mais dont la musique reste, pour beaucoup, un mystère.
Le Mayer
de tous
drôles qu’originaux. À l’image des vidéos de présentation déjantées de l’Insula Orchestra de Laurence Equilbey.
Ou du clip très remarqué de Julie Fuchs
avec la mélodie de jeunesse Nuit d’étoiles, d’un certain… Claude Debussy !
THIERRY HILLÉRITEAU £@thilleriteau
« L’invité du 5-7 »
e sais bien que l’on ne peut fredonner ou siffler aucune phrase
de mon opéra, et j’ai conscience
qu’aucun fragment de ma musique n’aura jamais les honneurs de l’orgue de barbarie ni du piano
mécanique. Inutile de préciser que j’en
suis ravi. Il n’y a pas de chant dans la
vie : il y a des rythmes, des atmosphères,
des couleurs, mais ceux-ci, bien que variant sans cesse, se succèdent sans solution de continuité, pour l’éternité. » C’est
en ces termes que Claude Debussy
commente la réception pour le moins
houleuse de son unique opéra, Pelléas et
Mélisande (diffusé à minuit quinze,
après le documentaire), dont la création en 1902 fut si mouvementée que
l’Apache Émile Vuillermoz n’hésitera
pas à la qualifier d’« affaire Dreyfus de
la musique classique ».
Le compositeur pensait écrire pour
les petits-enfants du XXe siècle. Sans
doute n’était-il pas si éloigné de la vérité. Car si plusieurs générations de
compositeurs successifs, de Falla à
Boulez en passant par des personnalités
musicales du jazz voire de l’électro,
n’ont eu de cesse de lui rendre hommage depuis sa disparition il y a tout juste
un siècle, force est de reconnaître que
sa personnalité comme sa musique restent parfois méconnues, voire incomprises.
C’est pour lever une partie du voile
impressionniste qui entoure la vie et
l’œuvre du compositeur que Marie
Guilloux a décidé de lui consacrer ce
documentaire (52 minutes), qui porte
bien son nom : Prélude à Debussy. La
réalisatrice n’est pas une inconnue
dans l’univers classique. On lui doit notamment ces dernières années de nombreux formats courts, parfois aussi
«
J
France Inter | 6 h 20 | Vendredi
I
l n’y a pas d’heure pour les
braves. À 6 h 20, Lætitia Gayet,
la marathonienne d’Inter,
qui assure brillamment le
remplacement de Mathilde Munos,
reçoit Kevin Mayer. Le nouveau
recordman mondial du décathlon
est un peu le Thomas Pesquet
des pistes d’athlétisme. Avec
ses 9 126 points glanés les 15 et 16
septembre au Décastar de Talence,
il est comme lâché en orbite audessus de sa discipline, la plus
exigeante de toutes avec ses quatre
courses, trois sauts et trois lancers.
À 26 ans, il se sent un peu comme un
scientifique qui aurait mis au point
son prototype. Il est arrivé au bout
de sa « technologie », donnant le
Mayer de lui-même. Que reste-t-il
du « plus beau jour de [s]a vie » ?
« Beaucoup de souvenirs, reconnaîtil. Maintenant, je profite du calme
après cette tempête. » L’athlète
passe en coup de vent sur son
exceptionnelle performance
pour attaquer avec son javelot le
gouvernement d’Édouard Philippe.
Il ne saisit pas pourquoi l’on rabote
le budget du ministère des sports
de 30 millions en 2019. Alors même
que la France, après tant d’années
de bataille, vient de décrocher les
Jeux de 2024. Kevin Mayer prend
le relais du Comité olympique
et sportif français qui a mis en ligne
une pétition appelant à ce que
« le sport bénéficie de moyens à
hauteur de ses apports humains,
économiques et sociétaux ». « J’ai
toujours eu l’impression que l’on
voulait de grands sportifs chez nous
mais que l’on ne s’en donnait pas les
moyens », explique le décathlonien,
qui craint une crise de la formation
pour les futurs champions. Après les
plans santé et pauvreté, il réclame
même une mobilisation générale
pour le sport. « Il faut continuer
à faire l’effort de chercher partout
des jeunes qui ont envie de se
défouler. » C’est un choix de société
pour lui. Un saut de haie vers
le nouveau monde. À moins que
l’on veuille assister à l’émergence
d’une « génération canapé »
qui s’abrutirait, citons une émission
au hasard, devant « TPMP »…
Éternel insatisfait
○○○¡
Prélude à Debussy, de la réalisatrice Marie Guilloux, tente de lever une partie du voile
impressionniste qui entoure la vie et l’œuvre du compositeur.
Avec « Les Emmerdeurs », la plateforme entre dans la bataille des séries télé.
CONSTANCE JAMET £@ConstanceJamet
omme si l’horizon des amateurs de séries n’était pas assez
vaste, il connaît depuis mercredi une nouvelle extension
avec l’émergence de YouTube
Premium. Le site vidéo s’appuie sur un
catalogue d’une soixantaine de titres.
Aux côtés de Sexy Dance : High water,
série dérivée des films sur l’univers de la
danse du même nom, et de la parodie allemande Neuland, avec David Hasselhoff, se trouvent deux comédies françaises de 10 × 26 minutes : Groom et Les
Emmerdeurs, signées respectivement
des collectifs d’humoristes Studio Bagel
C
+ @SUR LE WEB
Dans Les Emmerdeurs, Camille Claris
et Justine Le Pottier développent
de superpouvoirs après avoir ingurgité
accidentellement un sérum fabriqué
par les nazis. NICOLAS AUPROUX
voirs. Problème, ces dons s’accompagnent de cécité et de paralysie. Ennuyeux quand on tente de fuir les
Allemands…
Créé par Raphaël Descraques, frère de
l’auteur du déjanté Dead Landes, puis repris en main par Vladimir Rodionov, Les
Emmerdeurs est, selon ce dernier, « un
petit frère malpoli d’Un village français ».
Rodionov et ses réalisateurs Valentin
Un joyeux mélange des genres
Vincent et Morgan S. Dalibert rendent
aussi bien hommage à L’Armée des omPlus abouti, Les Emmerdeurs, sélectionbres qu’à Indiana Jones, dans un joyeux
né judicieusement au dernier Festival
mélange des genres qui bénéficie
de la fiction de La Rochelle. Dans
d’une belle photographie délala France occupée de 1942, quavée et crépusculaire. Et sous ses
tre jeunes boivent par mégarde
airs potaches se cache un récit de
un sérum fabriqué par les nazis.
○○○¡
passage à l’âge adulte. ■
Ils développent des superpouet Golden Moustache. Le pilote de chacune est disponible gratuitement. Le
reste se regarde sur abonnement. Groom
chronique les aléas d’employés et de
clients d’un hôtel cinq étoiles. Julie Ferrier et Jérôme Niel côtoient des célébrités
comme Marc Lavoine ou Kyan Khojandi
dans un format qui se serait mieux prêté
aux sketchs, façon Scènes de ménages.
MOTS CROISÉS
SU DO KU
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne,
chaque colonne, et chaque carré de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
Chaque jour un peu plus difficile
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SOLUTION DU N° 2673
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SOLUTION DU N° 2670
23.25
YouTube fait de la résistance
» Dans les coulisses de « Together-Tous
avec moi », la nouvelle émission de M6
avec Garou.
» Bertrand Chameroy quitte les
émissions de Cyril Hanouna sur C8.
www.lefigaro.fr
A
Elle ne prétend nullement percer ici
tous les mystères de cette figure énigmatique et complexe. Sans doute aussi
dur envers lui-même que pouvait l’être
son double de papier (Monsieur
Croche) avec les collègues qu’il étrillait
au détour de ses critiques : ce « vieux
meuble » de Beethoven ;
ce Bizet à la célébrité
DIMANCHE digne « d’une maison de
passe… »
Elle
se
contente d’en esquisser
le portrait, en ombres
chinoises et avec sobriété. Alternant
avec un certain sens de la narration et
de la synthèse les propos d’artistes de
notre temps, à l’instar des pianistes
Alexandre Tharaud ou Simon Ghraichy, des chanteuses Julie Fuchs ou Barbara Hannigan, du chef Philippe Jordan
ou du chorégraphe Nicolas Le Riche, et
de témoins ou d’interprètes historiques : de Leonard Bernstein à Pierre
Boulez, en passant par Samson François
ou la belle-fille du compositeur : Hélène
Bardac.
Entre deux témoignages, la voix caverneuse et envoûtante du comédien
Jean-Marie Winling emprunte à Claude
Debussy ses propres mots, pour décrire
avec une émotion non dissimulée, et
presque du berceau à la tombe, les états
d’âme de cet éternel insatisfait, en
amour comme en musique.
Perfectionniste, mais capable, comme le résume Alexandre Tharaud à
propos de sa Suite bergamasque, d’« arrêter le temps et faire se lever tous les
yeux au ciel avec deux tierces ». ■
BNF/ SCHUCH PRODUCTIONS
38
PROBLÈME N° 4838
HORIZONTALEMENT
1. Labours manuels. - 2. Pavillon de la
feuille. - 3. La « reine de la route », toute
de noire vêtue. - 4. Tambour de jazz.
Proclamation du magistrat romain. - 5.
Sport de tournoi. Mis à exécution. - 6.
En général, tout le monde le connaît.
Patronne bretonne. - 7. Accordé avant
une exécution. Grandes familles. - 8. Supportée en silence. - 9. Une souris et des
puces. Note. - 10. Suis suis. On a des mots
avec lui. - 11. Le magnétisme n’avait pas
de secrets pour lui. Coup de sang passé.
- 12. Qu’est-ce qu’on peut faire comme
gâchis avec elles !
VERTICALEMENT
1. Double épaisseur de tuiles. - 2. Répandre un certain esprit communautaire.
- 3. Victime d’un burn-out. Du côté de
Washington ou vole au-dessus de
Washington. Entortillé. - 4. Le nœud de la
question. Bat la campagne. - 5. Papier
d’étude. Il berça fraternellement Moïse.
- 6. Accompagnement éducatif pour les
délinquants juvéniles. S’utilise en pointe.
- 7. Tenues à l’écart. Terme au mètre. - 8.
Rendues avec vérité. Jour de la mi-mois.
Par Louis Morand
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SOLUTION DU PROBLÈME N° 4837
HORIZONTALEMENT 1. Al Capone. - 2. Surloués. - 3. Scélérat. - 4. Ikea. ONU. - 5. Mye. Buta.
- 6. Il. Fakir. - 7. Luc. Si. - 8. Acon. CEE. - 9. Tirage.
- 10. Iasi. Lin. - 11. Onéreuse. - 12. Notariés.
VERTICALEMENT 1. Assimilation. - 2. Lucky
Luciano. - 3. Créée. Corset. - 4. Alla. Naira. - 5.
Poe. Ban. Er. - 6. Ourouk. Celui. - 7. Néantisé.
Ise. - 8. Estuariennes.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
MÉTÉO
39
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Maurice
Soleil : Lever 07h37 - Coucher 19h48 - Lune croissante
19.05 50’ Inside. Magazine 20.00 Le
20h 20.50 Quotidien express. Talkshow. Présentation : Yann Barthès.
18.40 N’oubliez pas les paroles ! 20.00
20 heures. Invitée : Anne Hidalgo
20.45 Vestiaires 20.55 Stade 2
19.00 19/20 20.00 Vu. Magazine
20.15 Zorro. Série. Les compagnons
de l’Aigle 20.40 Tout le sport. Mag.
21.00
21.00
21.00
Jeu
Divertissement
Film TV. Thriller
18.50 Le Big bêtisier. Divertissement. Prés. : Christophe Beaugrand.
SAMEDI
20.55 Chroniques criminelles
18
Mag. Société. Prés. : M. Lunel. 1h45.
Double vengeance mortelle. Inédit.
Le 15 mars 2013, Myriam découvre
le cadavre de son fiancé Dominique
baignant dans une mare de sang.
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19
19
18
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20
20
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22.40 Chroniques criminelles. Magazine. Présentation : M. Lunel.
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21
18
23
23
21
21
24
20
Le grand concours
des animateurs
23
Les Grosses Têtes
Mémoire de sang
Prés. : L. Boccolini. 2h25. Inédit. Invités, notamment : Christophe Beaugrand, Thierry Beccaro. Laurence
Boccolini réunit autour d’elle vingtdeux personnalités de la télévision.
Prés. : L. Ruquier. 2h30. ... retournent
à l’école. Inédit. Invités notamment :
Sheila, Thomas Dutronc, Marion
Game. Les Grosses Têtes ressortent les cartables pour retrouver
la classe du professeur Ruquier.
Fra. 2018. Réal. : Olivier Guignard.
1h47. Inédit. Avec Louise Monot,
Samir Boitard, Isabelle Gélinas. Une
jeune pédiatre voit sa vie bouleversée par la découverte dans le béton
du corps du mari de sa mère.
23.25 Les experts Série. Policière.
23.30 On n’est pas couché Talk-
22.35 L’inconnu de Brocéliande
EU. Tirer sa révérence - La fureur de
vivre - Même plus drôle.
show. Invité, notamment : Cédric
Herrou 2.20 Un jour, un destin
Film TV. Policier 0.05 Soir/3 0.35 Le
Cavalier de bronze. Ballet.
24
24
20.00 C l’hebdo, la suite 20.20 Des
trains pas comme les autres
27
26
25
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20.50 Échappées belles
27
32
Découverte. Prés. : J. Pitorin. 1h30.
Week-end sur la côte d’Émeraude.
Inédit. Au sommaire notamment :
«Vive les marées!» ; «L’appel du
large» ; «Gastronomie bretonne».
26
28
30
31
26
60
26
DIMANCHE
22.25 Carmen. Opéra 1.05 L’œil et la
main 1.30 Les secrets des serpents
23
80
25
25
19.30 Le dessous des cartes 19.45
Arte journal 20.05 Chemins d’école,
chemins de tous les dangers
19.45 Le 19.45. Présentation :
Nathalie Renoux 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec Claire Chust.
21.00
20.50
21.00
Film. Drame
Série documentaire. Architecture
Série. Policière
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28
28
28
24
28
20.55 The Big Bang Theory
29
25
Série. Comédie. EU. 2014. Saison 8.
Avec Johnny Galecki, Jim Parsons.3 épisodes. Penny reproche
à Emily d’avoir passé la nuit avec
Raj et leurs relations se déteriorent.
27
29
28
30
50
30
31
22.10 The Big Bang Theory. Série.
Avec Jim Parsons. 9 épisodes.
30
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31
33
27
25
20
32
19.10 Les constructeurs de l’extrême USA. Téléréalité.
Le fidèle
Réal. : Michael R. Roskam. 2h10. Inédit. Avec Matthias
Schoenaerts, Adèle Exarchopoulos.
Tombé fou amoureux, un braqueur
de banque s’efforce de renoncer à
ses activités illégales.
23.10 K.O
T h r i l l e r 1.00 D’après
une histoire vraie. Film. Drame 2.35
The Earthquake. Film. Drame.
Monuments éternels
Série documentaire. 2014. Réalisation : Olivier Julien et Gary Glassman.
1h25. Pétra, capitale du désert. Les
secrets de Pétra, en Jordanie, sont
peu à peu révélés grâce à un travail
de fouille titanesque.
22.15 Demain, l’école Doc. 23.05
Philosophie. Magazine 23.35 Square
idée. Magazine 0.05 Court-circuit
28
T (en °c)
20.50 Occaz militaires
NCIS : Los Angeles
EU. Saison 9. Avec Chris O’Donnell,
LL Cool J, Daniela Ruah, Nia Long,
Christian Olsen. 2 épisodes. Inédits.
Un ancien réserviste devenu banquier d’affaires est tué après avoir
eu une conversation codée.
Série doc. Société. GB. 0h50. La
bataille de Dunkerque. Inédit. «Occaz Militaires» est une chasse aux
trésors mené par Bruce Crompton,
revendeur de matériel militaire.
21.40 Occaz militaires. Série documentaire. Société.
22.45 NCIS : Los Angeles Série.
3 épisodes 1.15 Supernatural. Série.
La vengeance à tout prix.
<-10 à 0
19.35 Norbert commis d’office.
Magazine. Prés. : Norbert Tarayre.
19.55 Les Simpson. Série. Parrain
par intérim - Le baby-sitter.
18.45 Les Terriens du samedi ! Talkshow. Invité, notamment : Joann Sfar.
21.00 Columbo
20.50 Les Simpson
Série. Policière. EU. 1991. Saison 11.
Avec Peter Falk. Meurtre au champagne. Freddy Brower a mené une
vie misérable. Mais un jour, il gagne
30 millions de dollars à la loterie.
Série. Animation. EU. 5 épisodes. Le
Chef Wiggum reçoit par erreur un
réacteur dorsal. Le jetpack s’écrase
sur le toit de l’église... Les fidèles
prennent une décision radicale.
21.00 Baptiste Lecaplain :
«Origines»
22.50 90’ enquêtes. Magazine. Présentation : Tatiana Silva.
22.55 Les Simpson. Série. Animation. 8 épisodes.
TA KU ZU
Spectacle. One-man show. 2h20.
Inédit. Baptiste Lecaplain revient
sur ses origines, avec le sens aigu
de l’autodérision qui le caractérise.
ISSUE
D’UN MÉTISSAGE
PARFUM
OFFICIALISER
POISSON
MARIN
1
SOUS
LE VIADUC
DE MILLAU
SANCTUAIRE
NIPPON
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1
SOLUTION DU TAKUZU
0
FIL DE FER
BATEAU
À VAPEUR
HUILE
VOLATILE
CHÂTEAU
EN
NORMANDIE
TOUPET
LE NOIR
LUI
CONVIENT
BIEN
LE
CHROME
présente
NE DIT
RIEN À
PERSONNE
NOMMER
GARDIEN
D’IMAGES
SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
LETTRES
VENANT
I
P
B
C
A
H
Z
O
DU CŒUR U N I E M E
H A P P E N I N G
SE
PRÉCISERA
À L’ESPRIT
QUI APPARTIENT
À CES
HOMMES
NOUVEAU
MÉMOIRE
DE PC
EN
CE LIEU
GRECS
PAR LEUR
MER
CHÉRIE
SON
ALIMENTATION EST
VARIÉE
MARIE
LIVE 24/24 SUR
Exceptions de la
langue française :
certains Belges les
détestent, mais nous,
on les adore !
AGUERRIE
0
0
PROVOQUES
DIALECTE
CHINOIS
MOYEN
DÉTOURNÉ
FERA
DURER
CÉLÈBRE
ROLAND
EST
TOUJOURS
AVEC UNE
PLANTE
17/24
et sur
CONTENUS
EXACTS
0
0 0
CACHE
DE MALANDRINS
GREFFER
14/28
16/24
2,99 €/appel
FORCE 3
CANOT
RAPIDE
BILLET
À ORDRE
1 1
0
par téléphone :
DON
DU CIEL
0 0
0
9/24
6/21
9/26
lachainemeteo.com
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
23.20 Baptiste Lecaplain et ses
potes. Spectacle.
6/21
8/24
8/19
20/26
21/29
13/18
14/21
19/32
11/18
24/30
MERCREDI
6/17
ADHÉSION
GRILLE 584 FACILE
1
15/23
MOTS FLÉCHÉS N°2082
Remplir la grille avec les chiffres 0 et 1. Chaque
ligne et chaque colonne doit contenir autant de 0
que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1
placés l’un à côté ou en dessous de l’autre.
1
9/18
22.35 Rénovation impossible. Changer de main -On touche du bois.
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
6/16
7/18
8/16
10/16
12/17
19/27
9/18
6/11
23/32
22/31
MARDI
9/16
Téléréalité. 1h35. Rénovation sur
pilotis. Inédit. Robert et Katie acquièrent un lot comprenant un terrain de 6 000 m2 sur lequel se trouve
un bungalow. - On se jette à l’eau.
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
LUNDI
21.00 Rénovation impossible
18.50 Les mystères de l’amour.
Série. 2 épisodes.
24/28
23/27
12/20
12/15
10/16
24/37
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
POINTE À
LA PROUE
DU NAVIRE
DÉFILÉ DE
MASQUES
AU JAPON
PREND
PAR
LA TAILLE
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S
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U E
12,90€
EN VENTE ACTUELLEMENT
Disponible chez tous
les marchands de journaux
et sur www.figarostore.fr
A
18.55 Canal Sport Club (C). Magazine
20.05 Invisible (C). Magazine 20.35
Groland le Zapoï (C). Divertissement.
27
25
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18.55 Les vacances des Anges 3 :
viva España ! Téléréalité.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 22 - dimanche 23 septembre 2018 LE FIGARO
40
François Busnel,
le transgressif tranquille
Anne Fulda
£@AnneFulda
l parle, il parle. Il parle avec aisance et
d’une voix de miel, sans fiel apparent. Il
découle le fil de sa vie, généreusement,
pour la partie professionnelle. Avec parcimonie, pour la partie privée : son enfance,
ses parents, son amour (l’écrivain Delphine de Vigan). Il parle en flot continu et
avec un ego qui semble dompté, caractéristique assez rare dans l’audiovisuel pour être relevée. François Busnel pourrait pourtant rouler
des mécaniques. Son émission, « La Grande Librairie », est devenue « le » rendez-vous de la
littérature. L’émission la plus prescriptrice en
ventes de livres. Et, lui, de facto, est devenu l’un
des faiseurs de rois de la rentrée littéraire. Un statut envié qu’il exerce sans coups d’éclat, avec une
petite préférence pour le mainstream plutôt que
les chemins de traverse. En dix ans, lui qui se targue de « restaurer la voix des écrivains dans un
monde où on ne les entend plus » a en tout cas reçu
sur son plateau tous ceux qui comptent. Des
monstres sacrés, des valeurs sûres, mais aussi de
jeunes pousses littéraires. De Salman Rushdie à
Jean d’Ormesson, de Jean-Marie Gustave Le Clézio à Umberto Eco en passant par Marceline Loridan-Ivens, Amélie Nothomb (« époustouflante »),
Leïla Slimani ou Adeline Dieudonné, l’une des révélations de cette rentrée.
Il parle. Et on ne peut s’empêcher de penser à son
lointain prédécesseur : Bernard Pivot. Le référent
I
EUGÉNIE RAGOT / LE FIGARO
SUCCÈS Son émission, « La Grande Librairie », diffusée désormais
le mercredi soir, sur France 5, est la plus prescriptrice en ventes
de livres. Ce qui fait de ce promoteur du gai savoir à l’ère
numérique l’un des faiseurs de rois de la rentrée littéraire.
pas de comprendre ou d’analyser mais de remettre
universel. Depuis « Apostrophes », les temps ont
un peu d’émotion ». Partant de ce postulat, cela
changé, évidemment. Le nombre de chaînes de télé
fait dix ans que Busnel murmure à l’oreille des
a explosé, les audiences se sont éparpillées et le
auteurs en favorisant « la critique solaire » à « la
concerto pour piano de Rachmaninov a été remcritique des chacals » consistant à juger, dire ce
placé par une musique plus consensuelle. À l’image
que « vaut » une œuvre. Pas question de faire de
de François Busnel, qui, sous ses airs de gentil gar« La Grande Librairie » un petit club fermé où on
çon, limite « ravi de la crèche », comme on le lui a
délivre des avis définitifs. « On a
reproché, sait très bien mener sa
mille vies dans une vie quand on est
barque dans la jungle du PAF. En failecteur. Se dire qu’on devrait aimer
sant ce qui lui plaît, luxe suprême s’il
tout le temps les mêmes livres, c’est
en est. Ayant retenu la leçon du
comme se dire qu’on devrait aimer la
maître selon qui « sur une chaîne pumême femme toute sa vie », trancheblique, il faut être au service du put-il. Il reconnaît ainsi avoir mis du
blic, pas au vôtre », Busnel déroule
1969
temps à venir à Proust, avoir tout
un discours très au point sur l’aspect
Naissance à Argenteuil
d’abord sous-estimé Houellebecq
émancipateur, « l’enjeu citoyen » de
(Val-d’Oise).
(« je pense aujourd’hui que son œuvre
la lecture. Son émission ne se pré1990-1995
est une des œuvres majeures du
tend pas « littéraire », mais « faisant
Après des études
XXIe siècle »), et avoir été bouleverlire ». Rien ne lui fait donc plus plaid’histoire et de philo,
sir que de constater qu’elle est de
sé, à 18 ans, par Belle du Seigneur
journaliste pour RFI.
plus en plus suivie par un public jeuavant, quelques années plus tard, de
1996-2001
ne : « À force de dire aux jeunes qu’il
ne pas comprendre pourquoi.
Anime « Envie de lire »
FAUT lire, on les dégoûte. Moi, le
sur la radio BFM.
Un palliatif à l’ennui
mercredi soir, j’entends leur prouver
2001
que lire va leur offrir un plaisir inouï.
L’ancien étudiant en philo et histoire
Entre à L’Express,
La littérature, c’est transgressif, pas
qui a commencé, sur le tas, par le
rédacteur en chef adjoint
normatif. Si vous voulez être subverjournalisme de terrain, en Afrique,
du service Livres.
sif, lisez ! »
n’a pourtant pas grandi entouré de
2004
Le transgressif à l’allure tranquillivres. Élevé dans « un milieu très
Directeur du mensuel
le, promoteur du gai savoir à l’ère
modeste », dans la banlieue parisienLire (groupe Express).
numérique, le reconnaît : il veut
ne, dans le Val-d’Oise, par un père
2008
faire venir les téléspectateurs à la
expert-comptable et une mère qui ne
Anime « La Grande
lecture, dans la « bonne humeur et
travaillait pas, lui qui assure, fausseLibrairie », sur France 5.
la joie ». Sans pontifier et en n’hésiment désinvolte, que « l’enfance n’a
2018
tant pas à mettre à l’honneur une
pas d’importance », a vite trouvé
« La Grande Librairie »
dimension, devenue rare dans les
dans la lecture un palliatif à son enfête ses 10 ans et est
médias : l’admiration. « Il ne s’agit
nui. Une révélation apparue alors
diffusée le mercredi.
Bio
EXPRESS
qu’il était haut comme trois pommes. Alors que sa
mère et sa grand-mère, qui l’avaient emmené à
Paris pour faire des courses à la Samaritaine,
l’avaient laissé patienter sur les quais, près des
bouquinistes. « Cela a été un choc. Je m’étais dit
quand je serai grand, je ne travaillerai pas, j’irai lire
des livres sur les quais de la Seine. » À partir de là, le
petit garçon se fait happer par le monde des livres.
Bob Morane, Stevenson, Dumas, Jack London.
« Détourné » par les filles, son appétit littéraire
s’amenuise entre 16 et 18 ans… avant d’être ravivé,
en terminale, par un « prof de philo génial », M. Zarader. « J’étais comme tous les ados complètement
dans le noir et tout à coup, il a allumé la lumière. »
Par la suite, François Busnel a croisé sur sa route
d’autres parrains. Il y a eu Denis Jeambar, Philippe
Labro, dont il admire « la générosité et l’éclectisme », mais aussi, mais surtout, Jacques Chancel
dont il écoutait les « Radioscopie » avec gourmandise. « Tout à coup, grâce à lui, j’étais autorisé à découvrir des pans de culture qui me semblaient interdits : Brassens, Brel, Bach, Mozart, Hubert Reeves »,
raconte-t-il en imitant la voix de son mentor, professeur de vie extraordinaire, curieux de tout. Boulimique et volontaire, Busnel l’est aussi, indiscutablement. Et, quitte à se créer quelques solides
inimitiés teintées de jalousie, il tisse méthodiquement et efficacement son spectre d’influence
culturelle. Car le journaliste qui donne le « la » de
la rentrée littéraire est aussi producteur de documentaires, directeur de journal (il codirige avec
Éric Fottorino le magazine America) et prépare un
film pour le cinéma sur Jim Morrison. Et l’écriture ? « Je n’ai jamais voulu être écrivain », assure-til, citant la réponse de Jean Rochefort à qui il avait
posé la question. « J’y ai pensé, mais je me suis relu,
moi… » ■
UN DERNIER MOT
Par Étienne de Montety
edemontety@lefigaro.fr
Rythme [ri-tm’] n. m.
Mouvement qui peut connaître des fausses notes.
illes Le Gendre, le nouveau président du groupe La République en marche
à l’Assemblée, a déclaré : « Le rythme est notre marque de fabrique. »
Le mot vient du grec rhuthmos, lui-même issu du verbe rhein (couler),
et il désigne le tempo d’une musique, d’une phrase. Comme pour souligner ses racines,
il s’est écrit « rhythme », jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Le député définit donc la majorité gouvernementale comme une sorte de boîte
à rythme. Pourquoi pas : selon Verlaine, la musique s’accommode très bien de l’impair…
Mais gardons l’image : à en croire Le Gendre, les parlementaires LaREM forment
un groupe ayant le rythme dans la peau.
Le rythme, il est bien connu que chacun va au sien. Alors quel est celui d’En marche ?
Il est soutenu, sous-entend Le Gendre : d’accord mais à condition que les députés le
tiennent, c’est-à-dire soutiennent le gouvernement, et de tout leur cœur - ce qui
nécessite d’avoir un autre rythme, cardiaque celui-là.
Reconnaissons-le : une politique peut très bien en avoir, mais pas de raison. Pour ne
rien dire de cet autre attribut du rythme, le blues. ■
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
A S S I S TA N T M I S E E N S C È N E C H R I S T I N E W E B E R
DÉCORS PHILIPPE MIESCH
LUMIÈRES PHILIPPE DUPONT
Bruno Gollnisch souffle ses trente ans
de Parlement européen
A
Quatre mois après la fête donnée pour les 90 ans de JeanMarie Le Pen, son plus fidèle lieutenant, Bruno Gollnisch,
a eu, lui aussi, envie de célébrer un anniversaire : celui de ses
trente années – sans discontinuer – passées au Parlement
européen. Cet historique du Front national organisera une
« petite sauterie » à l’issue d’un bref compte rendu de mandat
le 12 octobre à Paris, au Cercle national des armées. « C’est
mon petit côté putschiste », plaisante l’intéressé.
La télé-expertise
cardiologique française
au service du monde
Trump propose
de construire un mur
au Sahara
Une grande conférence sur les
performances de la cardiologie
française par télé-expertise aura lieu
lundi soir, au Conseil économique,
social et environnemental, à Paris. À
l’initiative du Dr Abderrahmane
Ameur, médecin et président de
Pectoris, elle réunira de très nombreux
professeurs de médecine français et
étrangers, ainsi que des juristes, pour
des échanges illustrés par des cas
pratiques. À l’heure de la promotion
de la télémédecine, la France a des
atouts à faire valoir hors de ses
frontières.
Face au phénomène migratoire en
Europe, le président des États-Unis
a une idée : pourquoi ne pas
construire un mur dans le désert du
Sahara ? C’est ce que Donald Trump
a suggéré au ministre des Affaires
étrangères espagnol, Josep Borrell,
selon le récit de ce dernier lors d’un
colloque à Madrid. Borrell a précisé
ne pas partager la proposition de
Trump, mais a reconnu qu’il fallait
prendre au sérieux la démographie
de l’Afrique, dont la population
devrait être multipliée par deux
au cours des 30 prochaines années.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
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