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Le Figaro - 28 08 2018

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mardi 28 août 2018 LE FIGARO - N° 23 029 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
PRESSE
ENQUÊTE
LE CRI D’ALARME DES GRANDS
REPORTERS EUROPÉENS FACE AUX GAFA
LA MYSTÉRIEUSE DISPARITION
D’UNE JEUNE TOURISTE
FRANÇAISE AU JAPON PAGE 17
PAGE 18
Sammy Ketz, en avril 2003, à Bagdad.
Les entreprises demandent
à l’exécutif de garder le cap
L’ÉTÉ
DU
FIGARO
DE QUOI SONT-ILS
VRAIMENT MORTS ?
L’ÉTRANGE
DISPARITION
DE POE
À BALTIMORE
Le gouvernement a annoncé lundi deux mesures qui les mettront à contribution pour
boucler le budget 2019. Le Medef lui demande d’accélérer la baisse des dépenses publiques.
PAGE 19
Grandes gagnantes du budget
2019, qui prévoit des baisses de
charges et d’impôts à leur profit, les entreprises ont appris
lundi qu’elles allaient tout de
même participer à l’effort pour
réduire les déficits. Le ministre
LA CRISE 10 ANS
APRÈS…
QUAND
LA FAILLITE
DE LEHMAN
BROTHERS
A FAIT
TREMBLER
LE MONDE
de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé le report à octobre de la réduction des cotisations patronales sur le smic et
une hausse de l’acompte d’impôt sur les sociétés versé en
décembre. Le Medef, dont
l’université d’été commence
ce mardi, « se désole » de ces
mesures et appelle le gouvernement à maintenir sa politique pro-entreprises. Il le
presse d’« accélérer les transformations pour réduire les dé-
penses publiques ».
Les artisans et les petits patrons s’inquiètent quant à eux
des réformes à venir, comme
le prélèvement à la source et le
traitement futur des indemnités maladie.
PAGE 25
Europe : Macron veut
mener le combat contre
les « nationalismes »
JEUX D’ÉTÉ PAGE 16
RURALITÉ
Macron au chevet
des chasseurs
Devant les ambassadeurs français réunis
à l’Élysée, le chef de l’État a réaffirmé hier
sa priorité européenne. PAGES 2, 3 ET L’ÉDITORIAL
PAGE 4
ALZHEIMER
Soigner son cœur
protégerait
le cerveau
PAGE 10
CHAMPS
LIBRES
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de lundi :
Approuvez-vous le choix
du gouvernement de faire
des économies sur les
retraites et les prestations
sociales ?
OUI
24 %
NON
76 %
TOTAL DE VOTANTS : 71 794
M 00108 - 828 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?k@s@c@i@a";
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
La politique d’Emmanuel
Macron est-elle favorable
aux entreprises ?
AMMAR ABD RABBO/AFP - KAZUHIRO
NOGI/AFP
« Je ne dirai pas un mot à ce sujet. » Par la stratégie du silence - grand classique de défense au Vatican -, le Pape n’a
pas voulu donner d’importance à la lettre explosive publiée dimanche par un ancien
nonce apostolique. Dans ce
document, Mgr Vigano accuse
le Pape d’avoir sciemment
couvert durant cinq ans les
agissements du célèbre cardinal américain Theodore McCarrick, sanctionné en juillet
par le Vatican. PAGE 7
ÉDITORIAL par Arnaud de La Grange adelagrange@lefigaro.fr
La chronique
de Renaud Girard
n
PAGE 18
Les silences
du Pape
face au
rapport
qui le met
en cause
D
Peuples nouveaux
ans son adresse annuelle aux ambassadeurs, Emmanuel Macron a
cité Soljenitsyne. Son célèbre
discours de Harvard sur « le déclin du courage » et les faiblesses
de l’Occident. Quand il en est venu au cœur
du sujet, l’Europe, le président français aurait
aussi pu citer Tocqueville, qui nous dit que
« dans les démocraties, chaque génération est
un peuple nouveau ». De fait, les peuples européens d’aujourd’hui ne sont plus ceux qui ont
vu l’Union se créer, s’agrandir, prospérer.
« Nouveaux », ces peuples le sont effectivement en ce sens qu’ils ne croient plus à la
mondialisation heureuse. Emmanuel Macron
l’a dit, « partout dans le monde, l’identité profonde des peuples est revenue ». Ajoutant que
c’était « au fond une bonne chose ». Sur notre
continent, ces peuples doutent d’une « Europe affadie, affaiblie et qui n’a pas suffisamment proposé ». C’est aussi le président français qui l’affirme.
Le constat est lucide. C’est sur la réponse que
des interrogations subsistent. Même s’il a
nuancé ses propos antérieurs, Emmanuel
Macron entend toujours mobiliser un camp
« europhile » face à un autre camp « euro-
sceptique » emmené par le Hongrois Orban et
l’Italien Salvini. Un nouvel « arc » qui rallie
un nombre croissant d’Européens inquiets de
l’immigration de masse.
Cette stratégie pouvait fonctionner quand la
fronde était marginale. Aujourd’hui, comme
l’a reconnu Emmanuel Macron, elle est devenue centrale, une « règle générale ». Et on ne
peut faire l’Europe sans tous ces Européens.
Sans transiger sur nos
valeurs, il faut savoir les
écouter. Le front contre
front risque de déboucher sur la paralysie, le
sur-place. Ce que justement les peuples ne supportent plus. Et ce,
d’autant que Paris peine
à convaincre ses grands partenaires, Allemands en tête.
Le président français a prononcé à plusieurs
reprises le mot « efficacité », une vertu que
l’Europe doit retrouver. Celle-ci suppose de
tenir compte de la réalité. Savoir la réconcilier
avec les grands principes, là est la marque de
ceux qui font l’histoire. C’est ici qu’on attend
aujourd’hui les grands leaders européens. ■
En Europe,
réconcilier
la réalité
et les
principes
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A
Boudjellal : « Toulon
est un club de
rebelles »
è INDEMNITÉS MALADIE,
RETENUE À LA SOURCE, CHASSE
AUX NICHES… LES PETITS
PATRONS DANS LE
BROUILLARD PAGES 22 ET 23
Photos non contractuelles
RUGBY
PHILIPPE WOJAZER/REUTERS
PAGE 9
è LE FLOU PERSISTE AUTOUR
DES DÉFICITS 2018 ET 2019
mardi 28 août 2018 LE FIGARO
2
L'ÉVÉNEMENT
MÉDITERRANÉE :
UN SOMMET
À L’ÉTÉ 2019
POOL NEW/REUTERS
Emmanuel Macron a annoncé
lundi la tenue d’un sommet
sur la Méditerranée
« au début de l’été 2019 »
à Marseille. « Dix ans après
l’Union pour la Méditerranée
(UPM), il nous faut retrouver
le fil d’une politique
méditerranéenne »,
a déclaré le président
lors de son discours
devant les ambassadeurs
de France. Cette politique
« indispensable» sera
« différente » et devra inclure
« toutes les sociétés civiles »,
a-t-il ajouté, en précisant
que le sommet sera l’occasion
de « parler de la jeunesse,
de la mobilité, de l’énergie
des échanges universitaires »
entre les deux rives
de la Méditerranée.
Initiée par le président
Nicolas Sarkozy, l’UPM
avait été lancée en 2008
par les pays de l’Union
européenne et 15 pays
méditerranéens d’Afrique
du Nord, du Moyen-Orient
ou d’Europe du Sud
non-membres de l’UE.
Mais cette organisation
a vite perdu son influence,
notamment dans le contexte
des révolutions arabes
du début de la décennie.
Depuis son arrivée à l’Élysée,
Emmanuel Macron s’est rendu
en Algérie, en Tunisie
et au Maroc et a annoncé lundi
sa visite « dans les prochains
mois » en Égypte.
Si l’Italie
et Malte
n’accueillent pas
(les migrants
illégaux), c’est
l’Espagne qui les
prendra. Et ainsi,
nous lançons
encore un message
aux migrants
qu’il est bien
possible de se
rendre en Europe,
du Maroc via
l’Espagne. Cela doit
cesser, sinon nous
n’arrêterons pas le
flux migratoire […]
Je m’apprête
à en parler avec
les dirigeants
européens et
à prendre part
à la mise en place
d’un plan d’action
complet
A
»
ANDREJ BABIS, PREMIER MINISTRE
TCHÈQUE, HOMME D’AFFAIRES
MILLIARDAIRE ET CHEF
DU MOUVEMENT POPULISTE ANO
Europe : Macron veut contrer
Le chef de l’État
a plaidé lundi pour
une Union forte
et autonome.
ALAIN BARLUET £@abarluet
UN CAP : le « renforcement de l’ordre
mondial ». Et une priorité : le renforcement de l’Europe. Déroulant ces deux fils
dans un discours-fleuve d’une heure et
demie, lundi à l’Élysée, Emmanuel Macron a délivré aux ambassadeurs leur
feuille de route pour l’action diplomatique par gros temps. Car le chef de l’État
ne l’a pas caché, le vent mauvais d’une
crise multiforme souffle à tout-va : montée des nationalismes, mise à mal du
multilatéralisme, instabilité persistante
dans une zone, de la Libye à la Syrie,
« dont dépend notre sécurité »... L’Europe
est au point de rencontre des stigmates et
des solutions de cette crise. « Ce combat
européen ne fait que commencer, il sera
long, il sera difficile », a insisté le chef de
l’État, en ouvrant la traditionnelle conférence des ambassadeurs - et, désormais,
« des ambassadrices ».
C’est que les élections européennes de
l’an prochain se profilent déjà. « Nous
sommes au milieu d’une crise européenne », a souligné Emmanuel Macron, citant le Brexit, l’essor politique des extrêmes, les divisions Nord-Sud sur les
questions économiques et Est-Ouest sur
les questions migratoires. Dans le
constat, le chef de l’État s’est voulu pédagogue : tant l’isolationnisme de Donald Trump que la radicalisation de certains pays européens apparaissent moins
comme une cause que comme le symptôme d’une mondialisation dysfonctionnelle et source d’inégalités. « Les
identités profondes des peuples ont resurgi avec leur inconscient collectif », a expliqué le chef de l’État. « Les extrêmes
ont progressé et les nationalismes se sont
réveillés. Est-ce une raison pour abandonner ? Certainement pas […]. Il faut en
réalité redoubler nos efforts », a déclaré
le président qui s’envole mardi pour
trois jours de visite officielle au Danemark et en Finlande.
Dans le propos du chef de l’État, le
premier ministre hongrois, Viktor Orban, et le ministre italien de l’Intérieur,
Matteo Salvini, ne sont pas épargnés
mais, à écouter Emmanuel Macron, les
maux qu’ils incarnent seraient solubles
dans une Europe remise en mouvement. Même les tensions ces derniers
jours avec l’Italie ne « sont pas une crise
sur les migrations mais une crise politique », résultant d’un manque de solidarité européenne, a-t-il dit. La réponse,
a-t-il poursuivi, viendra d’un camp défendant « un modèle humaniste de la
mondialisation », qui doit porter une ligne claire : « celle d’une volonté de souveraineté européenne ». « Le rôle de la
France est de proposer une voie humaniste pour relever ces défis », a ajouté Emmanuel Macron.
Europe « à plusieurs cercles »
Sur son bilan international depuis un an,
le président de la République a insisté sur
le volet sécuritaire. Fonds européens de
défense, « accords stratégiques » avec
l’Allemagne sur le futur avion de combat
et le futur char lourd, initiative européenne d’intervention pour « renforcer l’esprit
de défense » : « Jamais l’Europe n’a avancé aussi vite en matière de défense », s’est
félicité le président de la République. Son
plaidoyer pro domo résonne avec le
constat des sérieuses discordances transatlantiques du mandat Trump - en dépit
desquelles « le dialogue avec Washington
reste essentiel », a-t-il souligné.
« L’Europe ne peut plus remettre sa
défense aux seuls États-Unis. Nous de-
vons tirer toutes les conséquences de la fin
de la guerre froide », a déclaré M. Macron. Des « conséquences » qu’il a explicitées en mentionnant la nécessité
d’un renforcement de la solidarité européenne, de ses structures économiques
et de défense (par exemple dans le domaine spatial ou le cyber…). Sur ces sujets, « il faut une réflexion européenne
avec la Russie », estime-t-il. Un peu
plus tard, il dira que l’« on ne peut pas
construire l’Europe sans réfléchir aux relations avec la Russie et la Turquie ».
Avec ce dernier pays, il a préconisé de
« sortir de l’hypocrisie » et de travailler à
un partenariat stratégique plutôt qu’à
une improbable intégration.
Concernant le G7, dont la France assurera la présidence en 2019, Emmanuel
Macron a souhaité que ce groupe des pays
les plus industrialisés ouvre un dialogue
avec la Chine, l’Inde et l’Afrique, pour
sortir du « théâtre d’ombres » du dernier
sommet, torpillé par Donald Trump.
Face aux puissances, « nous n’avons
qu’une réponse européenne crédible, celle
de notre autonomie stratégique. Ce n’est
pas le cas aujourd’hui », a déploré le président français. « Je ne crois pas que la
Chine et les États-Unis pensent que l’Europe a une autonomie comparable à la leur.
Si nous ne parvenons pas à construire cela,
nous nous préparons des lendemains moroses », a-t-il averti.
Devant les ambassadeurs, Emmanuel
Macron a évoqué sa vision d’une Europe
plurielle, parfois plus large que l’UE et
parfois plus intégrée dans tous les domaines - fiscal, social, financier - quitte à
créer une Europe « à plusieurs cercles ».
Pour accroître l’intégration et renforcer
la zone euro, il faut selon lui poursuivre
les travaux sur la base de l’accord trouvé
avant l’été à Meseberg avec Angela Merkel, qu’il rencontrera à nouveau dans
quelques jours. « Cela suppose d’avoir un
peu d’audace et d’accepter de revisiter des
tabous de part et d’autre : des tabous de
transferts (financiers) d’un côté du Rhin,
les tabous de changement de traités de
l’autre, a-t-il dit. La vision que porte la
France aujourd’hui, celle que nous porterons dans le cadre des échéances à venir,
suppose une révision des traités. » ■
La « diplomatie économique », une arme pour relancer l’export
MARIE VISOT £@MarieVisot
EN INTRODUCTION d’un long discours
sur la politique étrangère de la France,
quelques mots sur la diplomatie économique : l’enjeu est trop important pour ne
pas être évoqué. « Nous devons mener une
diplomatie économique et notamment axer
notre action collective sur une stratégie
export pour les ETI et les PME, qui seule réduira notre déficit commercial », a ainsi
déclaré Emmanuel Macron lundi. Quelques mots, donc, en sorte de mobilisation
générale, dans un contexte où le commerce extérieur reste le talon d’Achille de
l’économie française - avec un déficit qui
devrait, cette année encore, tutoyer les
60 milliards d’euros. Et où les règles du
commerce mondial sont malmenées par
le président des États-Unis.
« Une hygiène de vie »
« La diplomatie économique concerne tout
le monde, tout le temps et partout », précise Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire
d’État auprès du ministre de l’Europe et
des Affaires étrangères. Les ambassadeurs en sont, bien sûr, les pilotes à
l’étranger. Cela fait maintenant quatre
ans que ces derniers se sont mis au service de l’économie française. Depuis 2014,
le portefeuille du commerce extérieur a
été rattaché au Quai d’Orsay - après un
bras de fer entre Arnaud Montebourg,
ministre de l’Économie de l’époque, et
Laurent Fabius, qui avait fait de la diplomatie économique un cheval de bataille.
« Les ambassadeurs consacrent parfois jusqu’à la moitié de leur temps aux entreprises », assure Jean-Baptiste Lemoyne
(ici en février dernier, à Paris), secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. J.-C. MARMARA/LE FIGARO
Le changement de tutelle avait à l’époque
secoué le petit milieu des ministères :
pour la première fois depuis la création de
la Ve République, le portefeuille quittait le
champ de Bercy. Les arguments du puissant paquebot n’avaient pas suffi face à
une réalité avérée : les exportations françaises dépendent beaucoup des grands
contrats - aéronautique, armement, infrastructures -, eux-mêmes liés à des
questions diplomatiques.
L’économie, qui n’était pas à l’origine
dans l’ADN des diplomates, l’est devenue à marche forcée. Mieux que ça,
« c’est maintenant une hygiène de vie »,
assure Jean-Baptiste Lemoyne. Se mobiliser pour l’export, « les ambassadeurs le
font avec ardeur et consacrent parfois
jusqu’à la moitié de leur temps aux entreprises ». Mais tous les acteurs du réseau
international sont « également mobilisés », insiste le secrétaire d’État, qui n’a
pas aujourd’hui d’attribution précise
mais est, dans les faits, le chef d’orchestre de ces dossiers. Et de citer Business
France - chargé du soutien des entreprises à l’export et de la promotion de l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux -, les régions, les
chambres de commerce, les conseillers
du commerce extérieur…
C’est ainsi que Jean-Baptiste Lemoyne va s’atteler à la mise en œuvre
LE FIGARO
mardi 28 août 2018
L'ÉVÉNEMENT
les extrêmes
Les plans d’Angela Merkel pour renforcer
l’influence de l’Allemagne dans l’UE
Emmanuel Macron
a ouvert
la conférence
des ambassadeurs,
lundi à l’Élysée.
NICOLAS BAROTTE £@NicolasBarotte
CORRESPONDANT À BERLIN
L’APRÈS-MERKEL se prépare aussi en
Europe. Et la chancelière allemande pense
également à l’Europe qu’elle laissera derrière elle. « Je suis en charge de beaucoup,
beaucoup de choses, mais je peux cependant le dire : ce qui me tient à cœur, c’est
l’Europe, la communauté européenne », at-elle répondu dimanche à la journaliste
de l’ARD qui l’interrogeait sur son « héritage ». Pragmatique, prudente et stratège, Angela Merkel n’est pas entrée dans
les détails. Elle s’est contentée d’affirmer
vouloir « renforcer » l’Europe pour y assurer « la prospérité, la paix et la liberté ».
À neuf mois des élections européennes,
Angela Merkel évite encore d’entrer en
scène. Elle sait qu’elle cristallise trop
d’oppositions dans son pays. Mais les crises successives qu’elle a traversées l’ont
convaincue que l’UE devait davantage
« prendre son destin en main ». Marquée
par sa propre histoire à l’Est, la chancelière entend se dresser aussi contre les
populismes et les tentations de repli sur
soi. « Ces tendances sont très dangereuses », a-t-elle souligné la semaine dernière à Tbilissi face à un parterre d’étudiants. Ils l’ont interpellée sur les
élections européennes l’année prochaine.
« Nous aurons une campagne sûrement
très dure », a-t-elle estimé, partageant un
constat formulé par Emmanuel Macron.
Le consensus avec Paris pourrait s’arrêter là. Angela Merkel veut effectivement profiter des élections européennes
pour garder la main sur les priorités de
l’Union et garantir la défense des intérêts
allemands après qu’elle aura quitté la
Chancellerie, au plus tard dans trois ans.
C’est pourquoi elle a l’intention d’installer un Allemand au poste de président de
la Commission européenne. Un proche
de la chancelière l’a confirmé la semaine
dernière dans une confidence calculée au
quotidien Handelsblatt.
C’est un renversement tactique : jusqu’à présent, Berlin semblait plutôt intéressé par la présidence de la Banque centrale européenne. Le mandat de Mario
Draghi arrive à terme en octobre 2019 et
le président de la Bundesbank, Jens
Weidmann, est depuis des mois dans les
starting-blocks. Ancien conseiller d’Angela Merkel et partisan d’une politique
monétaire orthodoxe, il semblait bien
placé. Mais la répartition des postes clés
au sein de l’UE répondant aussi à un équilibre géographique, l’Allemagne ne pourra en décrocher qu’un seul. « Il s’agira
d’une décision politique », expliquait la semaine dernière une source proche de la
Bundesbank en semblant entériner une
déconvenue pour Jens Weidmann.
« La présidence de la BCE est cruciale,
on l’a vu avec le rôle de Mario Draghi durant la crise financière. Mais sa politique ne
pourra pas changer à 180 degrés avec un
PHILIPPE WOJAZER/
REUTERS
Le maintien d’Assad en Syrie serait
une « erreur funeste » pour le chef de l’État
Le régime de Bachar el-Assad
se dit déterminé à reprendre
aux rebelles la province d’Idlib,
dans le nord-ouest du pays,
à la frontière avec la Turquie.
Cette région constitue le dernier
refuge des groupes insurgés, chassés
de leurs principaux bastions en Syrie.
« La situation est aujourd’hui
alarmante car le régime menace de
créer une nouvelle crise humanitaire
dans la région d’Idlib et ne montre
jusqu’à présent aucune volonté
pour négocier la moindre transition
politique », a jugé Macron, qui appelle
à « renforcer encore la pression sur
le régime et ses alliés ». « J’attends
à cet égard beaucoup de la Russie
et de la Turquie compte tenu
de leur rôle et de leurs engagements
pris », a-t-il ajouté.
Le maintien de Bachar el-Assad au
pouvoir en Syrie serait une « erreur
funeste », a déclaré lundi Emmanuel
Macron. « Qui a provoqué ces millions
de réfugiés ? Qui a massacré son
propre peuple ? », s’est interrogé
le chef de l’État. « Il n’appartient pas
à la France de désigner les futurs
dirigeants de la Syrie […] mais c’est
notre devoir et notre intérêt de nous
assurer que le peuple syrien sera bien
en situation de le faire », a-t-il ajouté.
Le conflit syrien a commencé sous
la forme d’une contestation pacifique,
il y a sept ans, et s’est transformé
sous l’effet de sa répression par
le régime en rébellion armée, rejointe
par des groupes djihadistes. Il a fait
plus de 500 000 morts et poussé
5,6 millions de Syriens à se réfugier
dans les pays voisins et en Europe.
3
Angela Merkel (ici dimanche, à Berlin)
entend se dresser contre les populismes
et les tentations de repli sur soi
en Europe. HANNIBAL HANSCHKE/REUTERS
autre. Le président de la Commission a plus
de marges de manœuvre. Il peut être plus
nuisible que le président de la BCE », explique-t-on au sein de la CDU, le parti
d’Angela Merkel. Avec réalisme, la chancelière a pris acte du renforcement des
pouvoirs de la Commission. « L’idée d’un
candidat allemand pour la Commission
court depuis longtemps », ajoute-t-on.
“
Nous aurons
une campagne
pour les européennes
sûrement très dure
ANGELA MERKEL
”
« C’est aussi une évolution dans la stratégie européenne de l’Allemagne », note
Claire Demesmay, spécialiste des questions européennes à la DGAP, un thinktank allemand. « La priorité de l’Allemagne n’est plus seulement dans l’économie et
la zone euro. Elle a besoin d’élargir son influence », ajoute-t-elle. La crise des réfugiés a constitué un tournant : l’Allemagne
s’est retrouvée isolée au sein de l’Union.
Face au morcellement de l’UE en petits
clubs, que ce soit le groupe de Visegrad
opposé à l’immigration, les pays du Nord
opposés à l’augmentation du budget
européen ou l’Italie populiste, Berlin ne
peut plus se fier à son seul poids intergouvernemental. « L’Allemagne aura besoin
de quelqu’un pour relayer son message au
niveau européen », explique Claire Demesmay.
Angela Merkel n’a toutefois pas encore
placé l’un des siens à Bruxelles : elle doit
d’abord l’imposer au sein du Parti populaire européen (PPE), l’alliance des partis
conservateurs, et remporter le scrutin de
mai. Selon le principe des Spitzenkandidat, qu’elle a accepté bon gré mal gré en
2014, la « tête de liste » européenne pourra en effet revendiquer en cas de victoire
la présidence de la Commission.
Les sondages donnent pour l’instant les
conservateurs largement vainqueurs du
scrutin au niveau européen. Mais la bataille fait rage en interne au sein du PPE.
La CDU-CSU y détient certes une influence essentielle, mais la politique migratoire
d’Angela Merkel a divisé la formation qui
compte aussi le premier ministre hongrois Viktor Orban dans ses rangs.
Trois noms reviennent comme candidats possibles d’Angela Merkel. Le député
européen Manfred Weber a fait part durant l’été de son intérêt pour le poste. Reconnu et respecté au Parlement européen, il appartient à la CSU bavaroise, ce
qui peut rassurer le flanc droit du PPE.
Mais il est peu connu du grand public, y
compris en Allemagne. Alors deux autres
candidats plus charismatiques pourraient
se manifester : la ministre de la Défense,
Ursula von der Leyen, ou le ministre de
l’Économie, Peter Altmaier. Les deux sont
polyglottes et parlent notamment parfaitement français. Ils devront bientôt sortir
du bois : le dépôt des candidatures commence le 6 septembre. Le candidat du PPE
sera désigné lors d’un congrès à Helsinki
le 8 novembre. Le Français Michel Barnier
pourrait lui aussi être intéressé par la tête
de liste, comme l’Irlandais Enda Kenny et
le Finnois Alexander Stubb.
L’équation d’Angela Merkel est compliquée par celle, à multiples inconnues,
d’Emmanuel Macron. Le président voudrait bousculer l’échiquier politique européen comme il a bouleversé le paysage
français. Il risque d’être un « concurrent »
pour la CDU, selon le mot employé par le
commissaire européen Günther Öttinger.
Pour l’instant, LaREM manque d’alliés
évidents en dehors de l’Hexagone. Mais
toutes les hypothèses sont sur la table.
Dans son dernier baromètre européen, la
fondation Konrad Adenauer, proche de la
CDU, a passé en revue tous les scénarios
possibles. Dans l’un d’eux, les partisans
d’Emmanuel Macron pourraient former
un groupe avec les libéraux européens et
devenir la deuxième ou troisième force
du Parlement. En Allemagne, certains
courtisent donc déjà l’Europe en marche
d’Emmanuel Macron, par exemple le
parti libéral FDP. Si le président français
remporte son pari, Angela Merkel devra
en tenir compte pour choisir le nom de
celui qui portera sa parole européenne : le
PPE ne détiendra pas seul la majorité au
Parlement européen. La chancelière devra peut-être adapter ses plans. C’est
pourquoi elle reste vague aussi longtemps
que possible. ■
«
C’est une
augmentation
que l’Agence
française de
développement
n’a jamais
connue dans
son histoire
»
RÉMY RIOUX, DIRECTEUR
GÉNÉRAL DE L’AFD
FABRICE NODÉ-LANGLOIS
£@Fnodelanglois
EN CETTE période délicate de
croissance économique et de pouvoir d’achat en berne, où l’État
s’est engagé à faire des économies,
annoncer un milliard d’euros supplémentaires pour l’aide au développement peut apparaître politiquement audacieux.
Emmanuel Macron, dans son
discours aux ambassadeurs, a en
effet confirmé un engagement pris
en début d’année. L’aide publique
au développement (APD) sera do-
tée d’un milliard d’euros supplémentaire, et ce, dès le budget 2019.
« Une augmentation que l’Agence
française de développement (AFD)
n’a jamais connue dans son histoire », se félicite son directeur général, Rémy Rioux.
C’est que le chemin est encore
long à parcourir pour que l’APD
représente 0,55 % du revenu national brut en fin de quinquennat, comme l’a promis Emmanuel Macron dès son élection. Et
encore cette ambition est-elle
modeste au regard des engagements européens qui portent ce
chiffre à 0,7 %. Une cible atteinte
La France, loin de l’objectif européen de 0,7 %
Évolution de l’aide publique au développement (APD)
TOP 5 DES BÉNÉFICIAIRES
DE L’APD BILATÉRALE
NETTE FRANÇAISE EN 2016,
en millions d’euros
en faveur des pays pauvres, en milliards de dollars
APD
En % du revenu national brut de la France
0,5 %
11,33
0,46 %
10,76
11,06
Sénégal
0,43 %
Algérie
10,64
257
0,41 %
9,64
9,62
Turquie
0,38 %
Brésil
215
0,37 % 0,37 %
8,98
9,05
186
Inde
170
2010
2011
2012
2013
Sources : OCDE et Ministère des Affaires étrangères
« Biens communs »
274
0,45 %
2014
2015
2016
2017
par les pays scandinaves ou le
Royaume-Uni.
Le président français entend
bien atteindre son objectif chiffré,
au service d’« une nouvelle ambition » pour la politique d’aide au
développement. À cet effet, il a
annoncé une loi de programmation des dépenses. « C’est une demande que nous formulons depuis
des années », se réjouit Philippe
Jahshan, président de Coordination Sud qui fédère les ONG françaises de solidarité internationale.
Le militant juge « lucide » la vision
de la mondialisation décrite par
Emmanuel Macron, même s’il
aurait souhaité un couplet plus
appuyé sur « la transition démocratique en Afrique ».
Philippe Jahshan attend aussi le
détail de la ventilation du milliard
supplémentaire. Rémy Rioux, le
patron de l’AFD, répond en indiquant que ces fonds seront affectés
à des dons - plutôt qu’à des prêts au service de ce qu’Emmanuel Macron appelle « les biens communs » :
l’éducation, la santé ou l’adaptation au changement climatique,
délaissés ces dernières années.
Pour mettre en musique le discours de Ouagadougou, prononcé
en novembre, où le chef de l’État
appelait à une modernisation de la
politique de solidarité internatio-
nale, le gouvernement avait commandé un rapport au jeune député
macroniste Hervé Berville. Orphelin né au Rwanda, adopté par
une famille bretonne, l’élu des
Côtes-d’Armor, qui a travaillé au
Mozambique pour l’AFD, a remis
son rapport la semaine dernière.
Son travail, qui formule une douzaine de propositions, a été salué
par Emmanuel Macron dans son
discours.
« On va demander 3 à 5 milliards supplémentaires au contribuable sur le quinquennat », souligne Hervé Berville. L’effort sera
accepté s’il est évalué par une
commission indépendante qu’il
préconise de créer, comme au
Royaume-Uni. Son rapport recommande aussi une « réorganisation profonde » de l’AFD, annoncée par le chef de l’État.
L’Agence publique devrait, entre
autres, absorber l’organisme Expertise France, rattaché à Bercy,
précise Rémy Rioux. Elle doit
aussi se mettre en capacité de
« déclencher des investissements
privés ».
Les enjeux de la solidarité internationale sont majeurs. Certes,
Hervé Berville refuse d’établir un
lien simpliste entre aide au développement et émigration, mais il
souligne que « la crise migratoire
actuelle donne un visage à ces questions de l’aide au développement ». ■
A
L’aide au développement gagne un milliard d’euros de plus
concrète du plan pour l’export annoncé en février par le premier
ministre, Édouard Philippe. L’idée
générale est de simplifier le foisonnant dispositif d’aides en faisant
des régions les chefs de file - lesquelles verront leurs effectifs renforcés par des personnels réaffectés de Business France. « L’idée est
bien d’engager un travail sur les
territoires, afin de détecter les
pépites qui pourraient devenir des
succès à l’export », assure Lemoyne. La grande faiblesse française
réside en effet dans le nombre trop
limité de PME exportatrices - 124 000 l’an dernier, contre
300 000 pour l’Allemagne.
La plate-forme informatique
commune qui va être créée, pour
servir de point d’entrée à toutes les
entreprises, « sera prête début
2019 », jure le secrétaire d’État.
« Cette année, ce sera aussi la première fois que les ambassadeurs se
rendent dans les régions françaises
au contact des entreprises, pour
mieux connaître nos atouts et mieux
les vendre à l’étranger. Ils vont également faire la pédagogie de la mondialisation, faire prendre conscience
des débouchés qui existent grâce aux
accords commerciaux que nous signons », ajoute-t-il. Bref, s’il existait encore une feuille de papier à
cigarette entre la diplomatie et
l’économie, le Quai d’Orsay veut la
faire disparaître… ■
mardi 28 août 2018 LE FIGARO
4
POLITIQUE
Macron au chevet des chasseurs
Le chef de l’État a reçu lundi à l’Élysée l’ensemble des représentants du monde cynégétique.
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
ET CYRIL HOFSTEIN chofstein@lefigaro.fr
RURALITÉ C’est un dossier regardé de
très près par l’exécutif. Le président
souhaitait l’aborder au plus vite et arriver à un accord au pas de charge,
mais le sujet est si hautement inflammable qu’une refonte globale de la
chasse française va prendre encore un
peu de temps. Entre le moment de la
campagne, quand le président avait
commencé à cajoler le monde de la
chasse, et les premières décisions
concrètes réformant cette activité
pratiquée par 1,2 million de pratiquants, pas moins d’une année et demie se sera écoulée.
En décembre 2017, le chef de l’État
se rend à un « tableau de chasse » en
pleine forêt de Chambord, puis il tient
une première réunion de travail à
l’Élysée en février avec les représentants des chasseurs, avant de confier
une mission de réflexion au secrétaire
d’État à la Transition écologique Sébastien Lecornu. Celle-ci a débouché,
ce lundi, sur une longue rencontre entre Emmanuel Macron, Nicolas Hulot,
Sébastien Lecornu, dont le travail de
concertation a été particulièrement
salué, le président de la fédération nationale de la chasse Willy Schraen,
Antoine Peillion, le conseiller énergie
de l’Élysée, le lobbyiste de la chasse
Thierry Coste, le sénateur de Côte d’Or
et fine gâchette François Patriat, un
proche du président.
Selon Thierry Coste, « une très large part des propositions de réflexions
de la Fédération des chasseurs (FNC)
ont été à la fois entendues et validées au
terme d’une réunion dans une ambiance studieuse et ouverte au compromis. » Parmi celles-ci, la question
difficile de la gestion adaptative qui
doit permettre plus de souplesse et de
recul dans la gestion des animaux
classés gibiers, espèces protégées ou
invasives a débouché sur une réflexion portant pour l’instant sur six
espèces d’oiseaux : l’oie cendrée, la
barge à queue noire, le courlis cendré,
la tourterelle des bois, le grand tétras
et le fuligule milouin.
Mais la liste établie sur une meilleure connaissance des prélèvements et
des populations pourrait encore évoluer d’ici 2019. « Concernant la création d’une police de la nature et des territoires à l’échelle départementale,
conformément à la demande des maires
ruraux et des chasseurs, le président
s’est déclaré favorable à une fusion entre l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et l’Office nationale de la
chasse et de la faune sauvage (ONCFS)
pour créer un nouvel organisme avec
des priorités nouvelles, explique
Thierry Costes. Mais les questions de
la gouvernance et du calendrier restent posées. « Afin de permettre une
plus grande accessibilité à la chasse et
favorisé la mobilité départementale, la
La « simplification » du permis et la « mobilisation des chasseurs pour entretenir les milieux naturels » figurent au projet de réforme de la chasse.
1,2
million
de personnes pratiquent la chasse
en France. Un réservoir de voix
très convoité par les partis politiques
baisse du prix du permis national de
400 à 200 euros est une bonne voie »,
poursuit le lobbyiste.
Reste à trouver une solution pour financer les dégâts de grand gibier, sangliers en tête, qui atteignent, notamment dans le sud de la France, des
montants de plus en plus exorbitants
et qui sont actuellement payés directement par les fédérations de chasse.
Et cela d’autant plus que les chasseurs
devraient s’acquitter désormais d’une
« contribution » de 5 euros affectés à
des fonds écologiques.
Autre mesure phare, la lutte contre
les engrillagements qui défigurent
certains territoires et pèsent sur les
mouvements naturels du grand gibier.
Dans le même esprit, le monde cynégétique devra plancher sur une charte
d’éthique et aborder la question clé de
la souffrance animale. Si le ministre de
la Transition écologique a pu apparaître crispé sur la pérennité des chasses
traditionnelles que sont la chasse de la
grive à la glu, la tenderie ou la matole,
les discussions ont aussi abordé la validation probable d’une grâce systématique des animaux chassés à courre
et arrivant « sur leurs fins » dans des
zones urbaines. « Un protocole incluant la présence d’un vétérinaire est
en cours de discussion, assure Thierry
Costes, qui précise que le dialogue sur
d’autres sujets n’est pas terminé et
qu’à l’exception de la charte éthique
qui doit être examinée en octobre ou
novembre, aucun agenda précis n’a
été arrêté.
Pour Nicolas Hulot, ce dossier est
des plus délicats. L’écologiste se sait
attendu au tournant par les associations de protection des animaux, qui
lui réclament davantage de restrictions et de mesures de protection. Cet
été, dans Var matin, Brigitte Bardot
avait carrément traité l’ex animateur
de télévision de « trouillard de première classe. Un indécis. Un type qui ne
sert à rien ». Celui-ci avait répondu,
fermement, sur France info. « Il y a un
moment ou un autre où il faut arrêter de
céder à la simplicité, de donner des
conseils à distance, tout ça avec vue sur
la Méditerranée. C’est très sympathique, mais ça ne fait pas avancer la cause ». La politique décidément est l’art,
souvent cruel, du compromis. Où le
rapport de force compte plus que la
bonne conscience et les prises de position morales. ■
A
Un président de la République qui assume
clairement son intérêt pour la chasse
COMPLEXE, volatil, et souvent à fleur
de peau, le fameux « vote des chasseurs » a toujours été une manne très
convoitée. Car à la différence d’autres
corporations, la force de la chasse française repose sur deux atouts majeurs :
un réservoir de plus d’un million de
voix et autant d’alliés et de soutiens à
gauche qu’à droite. Au point que presque toutes les lois qui concernent la
chasse ou les armes de chasse sont systématiquement votées par la gauche et
la droite, à l’Assemblée comme au Sénat où les « groupes chasse » savent
oublier leurs querelles politiques.
« En vingt ans, le monde cynégétique,
traditionnellement populaire, protestataire et antieuropéen a fortement évolué,
assure Thierry Coste, le conseiller politique de la Fédération nationale des
chasseurs (FNC). Dans les années 1990,
il était deux tiers à gauche et un tiers à
droite. Pendant la période du mouvement Chasse Pêche Nature Traditions
(CPNT), qui se revendiquait apolitique,
les suffrages exprimés se sont équilibrés : un tiers CPNT, un tiers à droite et
un tiers à gauche. Avant l’élection
d’Emmanuel Macron, la stratégie d’im-
plantation du FN a fait pencher la balance du côté de l’extrême droite, mais actuellement ce mouvement n’a plus de
réalité politique forte et son ancrage rural s’est peu à peu délité. »
À l’occasion du congrès de la FNC de
mars 2017, les candidats Fillon et Macron étaient venus présenter tour à tour
leurs visions personnelles de la chasse
et de la ruralité. Mais si François Fillon
était très attendu sur ce terrain familier, Emmanuel Macron s’est engagé
directement comme peu de personnalités politiques avant lui.
“
Ni un loisir ni un sport
mais un mode de vie
EMMANUEL MACRON
”
Pourtant, en annonçant à froid que la
chasse devait rester sous la tutelle de
l’Écologie, alors que ses représentants
espèrent depuis des années passer sous
l’autorité du ministère de l’Agriculture,
il ne les a pas caressés dans le sens du
poil. Loin de là. Pire : il a même failli
tout perdre sur une phrase de trop en
déclarant devant un parterre majoritairement composé d’eurosceptiques
« qu’il fallait plus d’Europe ».
Les bonnes relations entre Macron et
les chasseurs ne se sont jamais démenties. Pour Thierry Coste, « sa venue à
Chambord en décembre dernier, le jour
de son anniversaire, en pleine forêt et de
nuit, a fini de convaincre tous ceux qui
pouvaient encore penser que l’opération
séduction de la présidentielle n’était
qu’une démarche électoraliste. » De
même, il n’a pas hésité à contredire son
ministre de la Transition écologique qui
rêvait d’un grand débat autour de la
chasse à courre, afin de pouvoir l’interdire au plus vite. Mais ce qui a sans
doute le plus séduit, c’est qu’Emmanuel
Macron est devenu le premier président depuis quarante ans à assumer
clairement son intérêt pour la chasse.
À plusieurs reprises, il est même allé
plus loin en rappelant sa jeunesse provinciale, ses origines picardes, l’influence de son entourage familial rural
et chasseur et en se présentant comme
« le président du développement de la
chasse », qui n’est pour lui « ni un loisir
ni un sport mais un mode de vie ». ■ C. H.
J.-C. MARMARA/LE FIGARO
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Une opération séduction
pour corriger son image
E
ntre le nouveau plaidoyer
européen du chef de l’État
(lire pages 2 et 3) et le débat
sur l’impact des choix
budgétaires du gouvernement,
l’accueil à l’Élysée du président de
la Fédération nationale de la chasse
peut sembler secondaire.
Dans la stratégie de reconquête
d’Emmanuel Macron, ce
rendez-vous est pourtant capital.
Soigner les chasseurs, c’est
répondre aux deux procès qui lui sont
intentés depuis le début de son
mandat : être le président « des
riches » et le président « des villes ».
Étiquettes faciles mais qui lui collent
à la peau comme le sparadrap du
capitaine Haddock. Si son image
s’est fortement érodée au fil des mois,
c’est parce qu’il a été accusé,
par la gauche d’un côté, de mener
une politique défendant les intérêts
des catégories les plus aisées et, par
la droite de l’autre, d’ignorer, voire
de mépriser le monde de la ruralité.
Les chasseurs sont identifiés, par
définition, à cette ruralité, parce
qu’ils en sont issus et parce qu’ils s’y
déploient. Et cette armée de plus d’un
million de pratiquants est également
socialement diversifiée ; le revenu
moyen des chasseurs est très en deçà
du revenu moyen de l’ensemble des
Français. En entretenant ce lien avec
cette catégorie - comme il l’avait fait
dès sa campagne de 2017 -, en
apportant des réponses concrètes
à certaines de leurs attentes,
Emmanuel Macron veut prouver que
ces étiquettes ne sont que des clichés,
et qu’aux slogans il répond
par des gestes concrets.
C’est aussi pour lui un moyen de
démontrer qu’il ne parle pas que le
langage de la « start-up nation ».
Autrement dit répondre à un autre
procès intenté notamment par
Laurent Wauquiez : celui d’être attiré
par les seules lumières de la
mondialisation et de sa course
au profit et d’ignorer les traditions,
la culture, les racines de la France.
Ce reproche, là encore, a rencontré
un écho vif auprès de ceux pour qui
la France se définit par son identité
plus que par son PIB. Le héraut des
« premiers de cordée » veut se faire
en quelque sorte tout autant l’avocat
des premiers de foulée.
S’emparer de cette question
de la chasse est encore une manière
de reprendre le flambeau du fameux
« en même temps » macronien ;
un symbole de son désir de déborder
des antagonismes qu’il juge
artificiels. C’est pour cela que ce
rendez-vous élyséen a eu lieu en
présence de Nicolas Hulot. Il est
habituel d’opposer les chasseurs
et les écologistes. Comme si seuls les
seconds défendaient la nature alors
que les premiers la respectent
souvent mieux parce qu’ils en vivent
davantage. Dans le passé, la question
de la défense de certaines espèces
animales a conduit l’actuel
ministre de l’Environnement
et les représentants des chasseurs
à échanger des mots d’oiseaux.
Macron veut les obliger à se parler,
à se comprendre et à trouver des
solutions consensuelles. Renforcé
dans son intuition par le secrétaire
d’État de Nicolas Hulot, Sébastien
Lecornu, élu de la rurale Eure, et
par le patron de ses troupes au Sénat,
François Patriat, grand chasseur
et patron du domaine de Chambord,
le chef de l’État veut réussir cette
synthèse, dans un moment où il se
voit plus fréquemment reproché
d’aviver les clivages.
Enfin, l’intention politique n’est
pas absente à l’approche d’élections
européennes qui ne seront pas la
promenade de santé que certains
macronistes imaginaient.
S’il y a un domaine où l’Europe
semble tatillonne, punitive
et bureaucratique, c’est bien celui
de la chasse. En jouant les premiers
chasseurs de France, Macron
cherche à les empêcher de fournir
les bataillons électoraux des listes
souverainistes. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8h10
sur Radio Classique
C’est pour
lui un moyen
de démontrer
qu’il ne parle
pas que le
langage de
la « start-up
nation »
»
LES BONNES PRATIQUES DU NUMÉRIQUE,
ON EN FAIT UNE AFFAIRE DE FAMILLE.
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mardi 28 août 2018 LE FIGARO
6
INTERNATIONAL
Mayyu Ali, un
poète au cœur
du massacre
des Rohingyas
L’ONU accuse
l’état-major birman
de « génocide »
La Mission d’établissement
des faits de l’ONU sur la Birmanie,
créée par le Conseil des droits
de l’homme de l’ONU en mars 2017, a
estimé lundi que « les militaires ont
commis massacres et viols
collectifs » avec une « intention
génocidaire », à l’encontre
des musulmans rohingyas. « Les
principaux généraux de Birmanie,
y compris le commandant en chef
Min Aung Hlaing, doivent faire l’objet
d’enquêtes et de poursuites pour
génocide dans le nord de l’État
Rakhine, ainsi que pour crimes
contre l’humanité et crimes de
guerre dans les États Rakhine,
Kachin et Shan », selon ces experts.
Marzuki Darusman, qui dirige cette
mission onusienne, a appelé lundi
à la « démission immédiate »
du général Min Aung Hlaing,
lors d’une conférence de presse
à Genève. Parallèlement, Facebook,
critiqué par les enquêteurs de l’ONU
pour avoir permis que des discours
haineux se propagent, a annoncé
avoir fermé la page de ce même
commandant suprême de l’armée,
pour « violations des droits
de l’homme ».
Après avoir fui l’armée birmane comme
700 000 autres déplacés, le jeune écrivain
veut faire entendre la voix de son peuple.
ÉMILIE LOPES £@EmilieLopes
COX’S BAZAR (BANGLADESH)
ASIE DU SUD Il se remarque, de loin,
avec son ombrelle qui le protège du
soleil et sa chemise parfaitement repassée. Il salue tout le monde, échange
quelques mots, d’une voix grave, basse
et bienveillante. C’est une figure, celle
d’un poète pour qui les mots apportent
un peu de douceur dans cette fourmilière d’horreur. Viols, trafics, meurtres, enlèvements. Il a tout vu, tout
entendu. Les histoires des siens le
hantent encore. « J’ai le cœur brisé »,
confie-t-il, le regard abattu.
Mayyu Ali a vu le jour à Maungdaw,
dans l’Arakan, en 1991, « l’année où
Aung San Suu Kyi a remporté le prix
Nobel de la paix », comme il le rappelle
à chaque fois qu’il doit donner sa date
de naissance. Il y voit une étrange ironie. « C’était l’icône de mon enfance,
elle portait nos espoirs. On se disait tous
que si elle était élue, alors nous retrouverions nos droits. Aujourd’hui, elle refuse de reconnaître même mon existence, ma dignité et ma place légitime en
tant que citoyen de Birmanie. Ce n’est
pas une héroïne. C’est la complice du
régime, la responsable de notre sort. »
Ce fils de pêcheurs, dernier d’une
famille de six enfants, a grandi sous les
insultes et les persécutions, dans un
pays qui l’accuse d’être « un migrant
illégal venu du Bangladesh ». Comme il
l’écrit dans un de ses nombreux poèmes C’est moi, le Rohingya où il
s’adresse aux autres Birmans. « Quand
je suis né, je n’étais pas un bébé comme
vous. Sans certificat de naissance,
j’étais comme un mort. » Ou bien enco-
re : « Même quand je vis dans le pays où
je suis né, je ne peux pas dire que c’est le
mien comme vous. Sans identité, je suis
juste un immigré. »
En 2012, lors des violentes émeutes
dans l’Arakan, il lui est interdit de
poursuivre ses études d’anglais à
l’université de Sittwe, la capitale de
l’État. « On est passé de la discrimination à l’extermination des Rohingyas »,
analyse-t-il. Une lente agonie jusqu’à
cette nuit du 25 août 2017. « À minuit,
j’ai été réveillé par le bruit d’une fusillade intense. Je n’avais aucune idée d’où
ça venait ou de ce qui se passait. J’étais
dans mon lit dans le canton de Maungdaw. La fusillade s’est poursuivie toute
la nuit, se souvient-il. Le jour venu, il
n’y avait plus personne dehors. Très
vite, le silence a été remplacé par le
“
Quand je suis né,
je n’étais pas un bébé
comme vous. Sans
certificat de naissance,
j’étais comme un mort
MAYYU ALI, DANS UN DE SES POÈMES
”
grondement des véhicules des forces de
sécurité. J’ai vu des troupes entrer et
prendre position dans tous les coins de
la ville. Puis j’ai entendu des coups de
feu venant de plusieurs directions. Je
pouvais voir la fumée et le feu des villages voisins pendant qu’ils étaient incendiés. » Il fuit et marche pendant trois
jours pour rejoindre le Bangladesh
avec ses parents. « L’armée a réduit ma
maison en cendres. J’ai eu la chance de
pouvoir m’échapper, mais beaucoup de
Mayyu Ali, le jeune poète rohingya, à Cox’s Bazar (sud-est du Bangladesh), qui abrite
un des plus grands camps de réfugiés au monde. MARION PÉHÉE
mes voisins et amis sont morts, brûlés
vifs chez eux », raconte le poète.
Depuis un an, Mayyu Ali recueille
chaque jour les témoignages des victimes. « Je suis choqué par les récits.
C’est comme si l’horreur ne s’arrêtait
jamais. Ces survivants traversent la
pire crise de l’humanité. Les histoires
les plus douloureuses sont celles des
jeunes filles violées en bande, mutilées
et brûlées par leurs agresseurs. » Au fil
des mois, dans ce qui est devenu le
plus grand camp de réfugiés au monde, la situation s’est dégradée. « Nous
vivons grâce aux dons des associations,
mais cela reste insuffisant. Nous souffrons de la faim, de la soif, du manque
d’installations sanitaires décentes, explique Mayyu Ali. Les enfants ne peuvent pas recevoir une éducation de
base. Et puis, l’insécurité grandit. Les
camps sont devenus le marché noir des
trafics d’êtres humains. Rien n’est fait
pour arrêter ce fléau. Beaucoup de parents ont perdu leur enfant à la suite de
kidnapping. »
Le soir, de retour dans sa cahute, il
écrit. « Nous, Rohingyas, sommes discriminés depuis longtemps. Alors pour
ne plus être considéré comme un paria,
j’ai voulu devenir un poète et un écrivain. Mes poètes préférés sont Shakespeare et Rabindranath Tagore. Quand
je peux écrire mes sentiments, je me
sens soulagé à l’intérieur de moi-même.
Tous mes poèmes sont dédiés à mon
peuple. Je veux être leur voix. Je veux
que nous recouvrions nos droits. »
Alors que le gouvernement birman
accuse les Rohingyas d’être des terro-
Xi impose une discipline de fer au Parti
Une nouvelle directive
prône l’obéissance
absolue pour les
membres du PCC.
CYRILLE PLUYETTE £@CyrillePluyette
CORRESPONDANT À PÉKIN
CHINE Les membres du Parti communiste chinois (PCC) vont avoir encore plus
de mal à dormir la nuit. Le président Xi
Jinping, qui avait déjà considérablement
renforcé la discipline au sein de la plus
grande organisation politique du monde
(près de 90 millions de personnes), vient
de redonner un vigoureux tour de vis.
Une circulaire publiée ce dimanche par
la très redoutée commission centrale de
l’inspection disciplinaire grave dans le
marbre des dizaines de règles nouvelles
ou déjà en vigueur. Elles prônent une
obéissance absolue et visent à contrôler
entièrement les esprits. Les adhérents ont
ainsi l’interdiction de critiquer les décisions du Parti, de nuire à son « unité », ou
de « propager des rumeurs », selon une
nouvelle disposition. Une véritable chape
de plomb. Le texte prévoit aussi de punir
Le président chinois Xi Jinping, à Pékin, le 21 juin dernier.
les membres jugés coupable de « déformer » l’histoire du pays, et non plus seulement celle du PCC et de l’armée, comme c’était le cas jusqu’à maintenant.
À un moment où l’étau se resserre sur
les religions, le PCC entend par ailleurs
faire respecter son athéisme fondamental. En recourant au besoin à un « reformatage » spirituel. « Il faut renforcer
Les informés de franceinfo
A
Une émission de Jean-François Achilli
du lundi au vendredi de 20h à 21h
chaque mardi avec
REUTERS
l’éducation idéologique pour les membres
du Parti qui ont des croyances religieuses.
S’ils ne les abandonnent pas grâce à l’aide
et à l’éducation fournies par le Parti, ils
doivent être incités à le quitter », stipule
l’un des nouveaux articles.
Des rivaux écartés
Dans les affaires les plus graves d’infractions à la loi, les contrevenants peuvent
être poursuivis en justice. Mais dans la
plupart des cas évoqués dans la circulaire, la punition la plus sévère est l’exclusion du PCC, ce qui est souvent synonyme de perte de travail.
Alors que quelques « voix discordantes » se sont élevées cet été contre l’autoritarisme de Xi Jinping ou l’arrogance de
la Chine à l’international, « l’objectif est
d’empêcher toute contestation du Parti »,
dans cette période de bras de fer commercial avec les États-Unis, qui crée des
tensions en interne, explique le politologue Chen Daoyin.
« L’empereur rouge » n’a donc pas
l’intention de ralentir la vaste campagne
anticorruption lancée il y a près de six
ans, et qui a jeté des dizaines de hauts dirigeants du Parti en prison. Les membres
du PCC doivent « s’opposer à tout abus de
pouvoir ou de comportement visant à obtenir un bénéfice personnel », insiste la circulaire.
Hanté par l’éclatement de l’Union soviétique, Xi Jinping, qui veut éviter que
son régime ne connaisse le même sort,
plaide depuis son arrivée au pouvoir
pour une « discipline stricte ». Le but
étant à la fois de disposer d’un appareil
composé de cadres loyaux et de retrouver une légitimité écornée par la corruption.
Une croisade qui lui a permis au passage d’écarter des rivaux, dénoncent ses
détracteurs. Le numéro un chinois a
réaffirmé en juillet que ce combat pour la
moralisation des pratiques n’était pas
terminé. D’où la nécessité, selon lui, de
développer un meilleur système de promotion des cadres, dans lequel « la
loyauté politique sera le principal critère de
sélection ».
Tout en mettant le Parti unique sous
pression, Xi Jinping a accru l’emprise de
cette organisation sur tous les domaines
de la société depuis son arrivée aux manettes, fin 2012. Parallèlement, le dirigeant le plus puissant depuis Mao Tsétoung n’a cessé de renforcer sa propre
autorité, obtenant en mars le droit de se
maintenir au pouvoir aussi longtemps
qu’il le souhaiterait.
Preuve de son omniprésence, la circulaire de discipline appelle à suivre la
« pensée » de Xi Jinping, désormais inscrite dans la Constitution. ■
ristes, de se battre avec des armes, lui
préfère utiliser la plume. « Je veux devenir un auteur rohingya et être publié à
l’échelle internationale pour porter la
parole des miens partout dans le monde.
Je voudrais aussi travailler avec la jeunesse bouddhiste pour sauver l’image
du pays. Mais pour que ma voix et mon
activisme soient suffisamment pris en
compte, il faut aussi que la communauté
internationale agisse et aide notre communauté. J’attends la réponse de la
Cour pénale internationale sur les accusations de crime contre l’humanité. Il
faut que des décisions fermes soient prises. Le Bangladesh est devenu la
meilleure preuve de notre génocide »,
estime-t-il.
L’accord de rapatriement des
Rohingyas entre le Bangladesh et la
Birmanie est aujourd’hui au point
mort, les deux pays se renvoyant la
balle. Malgré ses rêves, Mayyu Ali ne
sait pas ce qu’il va devenir. « Il n’y a
pas d’avenir pour moi ici. Le Bangladesh n’est pas mon pays. Mais comment
puis-je retourner dans mon pays d’origine ? » ■
EN BREF
L’Iran et la Syrie signent
un accord de coopération
Le ministre iranien de la Défense
a signé un accord de coopération
militaire et pour la
reconstruction de la Syrie. « La
Syrie sort progressivement d’une
période de crise pour entrer dans
une phase de reconstruction »,
a dit Amir Hatami, qui a aussi
rencontré le président Bachar
el-Assad. Un troisième sommet
tripartite sur la Syrie MoscouTéhéran-Ankara sera par ailleurs
organisé en Iran le 7 septembre.
Sept ans de prison pour
une étudiante à Téhéran
Une étudiante iranienne de 21 ans
a été condamnée à sept ans
de prison pour avoir participé
à des manifestations estudiantines
à Téhéran, selon son avocat
et des médias locaux. Parisa Rafei,
étudiante en art à l’université
de Téhéran, a été reconnue
coupable « d’avoir participé à un
rassemblement avec l’intention
d’agir contre la sécurité nationale,
de propagande contre le système et
d’avoir perturbé l’ordre public ».
L’opposant russe Navalny
de nouveau condamné
Le principal opposant au Kremlin
Alexeï Navalny a été condamné
lundi à 30 jours de détention
pour avoir enfreint la loi sur
les rassemblements publics. Le
militant de 42 ans a été interpellé
samedi devant son domicile et
conduit dans un commissariat de
la capitale, pour sa participation
à un rassemblement organisé
le 28 janvier afin d’appeler
au boycott de la présidentielle
du 18 mars.
LE FIGARO
mardi 28 août 2018
SOCIÉTÉ
7
Le Pape choisit la stratégie du silence
Accusé d’avoir couvert les agissements d’un cardinal homosexuel, François préfère garder ses distances.
En déclarant « Je ne dirai pas un mot à ce sujet », le Pape (ici, le 11 août à Rome) entend ne pas donner d’importance à la lettre ouverte de Mgr Vigano.
RELIGION Pour l’heure, François a choisi
la stratégie du silence. « Je ne dirai pas un
mot à ce sujet », a-t-il rétorqué, dimanche 26 août, lors de la conférence de
presse qu’il a donnée en soirée dans
l’avion, de retour d’Irlande. Ce « sujet »
est la lettre ouverte - et explosive - publiée, samedi, par Mgr Carlo Maria Vigano, ancien nonce apostolique aux ÉtatsUnis (voir nos éditions de lundi). Le Pape a
reconnu l’avoir lue, mais il se tient à distance, et pour cause.
Dans cette lettre de onze pages,
Mgr Vigano, 77 ans, évêque à la retraite
réputé pour la précision de ses informations, Italien connaissant tous les rouages
du Vatican pour avoir été secrétaire général du gouvernement de la cité du Vatican, commet l’erreur de demander la
démission du pape – cela affaiblit son
propos - mais avance des faits que personne, pas même le Pape, n’est pour le
moment en mesure de contredire.
Il convient d’être prudent sur ce genre
d’affaires mais l’enquête menée, dès sa
parution, par Le Figaro auprès de quatre
sources très informées, très différentes et
internes du Vatican, conduisent à une
même conclusion : les leçons tirées de
l’affaire par Mgr Vigano sont de sa responsabilité, mais il sera difficile de
contrer l’exactitude des faits décrits.
L’ancien représentant du Pape aux
États-Unis développe quatre thèses : la
première est que le pape François a choisi, dès son élection en 2013, comme
conseiller personnel pour les États-Unis,
l’ancien archevêque de Washington, le
cardinal Theodore McCarrick - qui avait
joué un rôle décisif dans son élection alors qu’il savait, affirme Vigano, la pratique homosexuelle de ce prélat avec ses
séminaristes.
Les leçons tirées de l’affaire
par Mgr Vigano sont
de sa responsabilité, mais
il sera difficile de contrer
l’exactitude des faits décrits
La deuxième thèse est que le pape
Benoît XVI, en 2009, informé par une enquête interne des mœurs de ce prélat très connues aux États-Unis -, avait
pourtant et aussitôt déposé cet archevêque. Mais ce dernier - de rang cardinalice et très puissant sur le plan financier avait toujours refusé d’obéir et d’obtempérer. C’est finalement sous la pression
médiatique du scandale qui a explosé aux
États-Unis – car les faits sont exacts – que
François a fini par faire appliquer la mesure, le 28 juillet 2018, retirant à McCarrick son titre de cardinal et lui imposant
une vie de pénitence.
La troisième thèse de Mgr Vigano revient à dénoncer l’existence d’un « réseau
homosexuel » dans le clergé catholique,
dont certains prêtres et prélats seraient
che », précisant « quand je dis de gauche,
je veux dire homosexuel ». Selon Vigano,
ce propos a été tenu le 23 juin 2013, lors
d’un tête-à-tête dans l’appartement du
Pape à Sainte-Marthe, où le nonce l’informait de la gravité de l’épaisseur du
dossier McCarrick.
Par la stratégie du silence - grand classique de défense au Vatican -, le Pape entend ne pas donner d’importance à ce
document. Au silence qui devrait durer,
il a ajouté un subtil dénigrement en suggérant que ce texte « parle de lui-même »,
ce qui le dévalorise a priori.
EVANDRO INETTI/ZUMA PRESS/MAXPPP
Le Pape a aussi utilisé une méthode
psychologique de retournement pour
calmer les journalistes. Il les a pris à témoin, leur demandant de lire le texte
pour se faire une opinion et de lui en faire
part ! Leur assurant d’ailleurs que « cela
leur ferait du bien » en pariant sur leur
« maturité » professionnelle…
Deux contre-feux classiques ont été
aussi allumés dans les milieux du SaintSiège, cette fois contre la personne de
Mgr Vigano : sa sensibilité « conservatrice »
opposée à la ligne du pape François, son
arrogance personnelle et sa morgue. ■
Homosexualité et psychiatrie :
la phrase qui a suscité la polémique
LORS de la conférence de presse
qu’il a donnée dans l’avion à son retour d’Irlande, le Pape a abordé les
questions de l’homosexualité et de
la pédophilie.
et homosexualité :
uPsychiatrie
« beaucoup de choses
à faire avec la psychiatrie »
Interrogé ensuite sur la réaction
que des parents devraient avoir en
apprenant que leur enfant est homosexuel, François a répondu : « Il
y a toujours eu des homosexuels et
des personnes avec des tendances
homosexuelles.
Toujours.
[…] :
qu’est-ce que je dirais à un papa qui
verrait que son fils ou sa fille a cette
tendance ? Je lui dirais premièrement
de prier, ne pas condamner, de dialoguer, de comprendre, de donner
une place au fils ou à la fille, de donner une place pour qu’il s’exprime.
Et puis, je regarderais à quel âge se
manifeste cette inquiétude de son
fils ? C’est important. Une chose est
quand cela se manifeste dès l’enfance : il y a alors beaucoup de choses à
faire par la psychiatrie pour voir
comment les choses se présentent [la
version officielle du Vatican, publiée lundi, a supprimé « par la psychiatrie » qui a fait polémique,
NDLR]. Autre est la situation quand
cela se manifeste après 20 ans. Mais
je ne dirai jamais que le silence est un
remède. Ignorer son fils ou sa fille
qui a des tendances homosexuelles
est un défaut de paternité ou de maternité. […] Ne le chassez pas de la
famille. »
pour les évêques :
uTribunal
« moi-même,
je prononce le jugement »
« Dans “Comme une mère aimante”
[titre du Motu proprio, un décret
d’application du 4 juin 2016 signé
par le Pape qui institue précisément
ce tribunal pour évêques ayant couvert des prêtres pédophiles, NDLR],
où l’on dit que, pour juger les évê-
ques, il serait bien que l’on fasse un tribunal spécial. Mais on a vu ensuite que
ce tribunal n’était pas viable ni pratique
en raison des différentes cultures des
évêques qui doivent être jugés. On a
toutefois suivi la recommandation de
“Comme une mère aimante” et on a fait
un jury pour chaque évêque. Mais il est
différent pour chaque cas. Pour chaque
évêque qui doit être jugé, le Pape forme
le jury qui soit le plus à même de juger ce
cas. Ce qui fonctionne mieux, car il n’est
pas possible de demander à tant d’évêques de quitter leurs diocèses. »
Le Pape a ensuite précisé qu’il était le
seul, en définitive, à juger : « Le dernier
cas en date est le cas de l’archevêque de
Guam [Mgr Anthony Apuron, accusé de
pédophilie, NDLR], qui a fait appel. Et
j’ai décidé, parce que c’est un cas très,
très difficile, d’user d’un privilège que
j’ai de prendre directement l’appel sur
moi, et de ne pas l’envoyer au conseil
d’appel. J’ai formé une commission de
canonistes qui m’aident et m’ont dit
que, d’ici un mois au maximum, arrivera la recommandation pour que moimême, je prononce le jugement. »
et pédophilie :
uParents
« tant de fois ce sont les parents
aussi qui couvrent les prêtres
qui abusent »
« Quand on voit quelque chose, il faut le
dire tout de suite. Je veux dire ici une
chose aussi un peu vilaine : tant de fois
ce sont les parents aussi qui couvrent les
prêtres qui abusent. Ils ne croient pas,
ils se persuadent que ce n’est pas vrai.
Et le garçon ou la fille reste comme ça…
[…] Parler et parler avec les personnes
justes, parler avec ceux qui peuvent
lancer un jugement, un jugement préliminaire. Parler avec le juge, parler avec
l’évêque, avec le prêtre s’il est bon […].
On ne doit pas couvrir ces choses-là. »
u
Pétition contre le cardinal
Barbarin : « nemo malus
nisi probetur »
« S’il y a des suspicions ou des preuves
ou des demi-preuves, je ne vois rien de
méchant à mener une enquête. À
condition qu’elle se fasse sur le principe juridique fondamental nemo malus
nisi probetur : personne n’est mauvais jusqu’à ce qu’on le prouve. Tant
de fois, il y a la tentation, non pas
seulement de mener l’enquête mais de
publier et dire que tel ou tel est coupable. Certains médias commencent
ainsi à créer une atmosphère de
culpabilité. » ■
J.-M. G.
Les associations
LGBT indignées
La petite phrase du pape François
sur l’homosexualité dans l’avion
qui le ramenait de Dublin a suscité
l’indignation des associations LGBT.
«L’homosexualité n’est pas
le problème. Le problème, c’est
l’homophobie, a notamment réagi
Joël Deumier, le président de SOS
homophobie. Ces déclarations
stigmatisent les enfants. C’est une
manière de dire à la jeunesse LGBT
qu’elle n’a pas sa place dans la société.
Nous dénonçons une tentative du Pape
de faire diversion après la polémique
sur les prêtres pédophiles. » Lundi,
le service de presse du Vatican
a cependant retiré la référence à la
« psychiatrie » dans la publication du
verbatim du Pape. Ce dernier ne voulait
pas évoquer cette question comme
« une maladie psychiatrique », a
souligné un porte-parole du Vatican.
Et d’estimer que le Souverain Pontife
faisait plutôt référence à la
psychologie. En 2013, une autre
déclaration du pape François sur
l’homosexualité - « qui suis-je pour
juger ? » - avait été interprétée
comme un signe d’ouverture.
A. L.
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JEAN-MARIE GUÉNOIS £@jmguenois
« actifs », soutenus par d’autres prélats
« progays » qui travaillent à « subvertir la
doctrine catholique » en ce domaine.
Quatrième thèse, l’ancien nonce assure que la politique de nomination des
évêques aux États-Unis est dictée, selon
lui, par McCarrick selon un critère simple. Vigano l’aurait aussi entendu de la
bouche du Pape : « pas d’évêque de
droite » car ils seraient « idéologisés »,
mais plutôt « des pasteurs ». Vigano rapporte aussi cette étrange consigne (p. 6
du document, dernier paragraphe) ajoutée par François : « pas d’évêque de gau-
mardi 28 août 2018 LE FIGARO
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SOCIÉTÉ
Des brouilleurs
contre le survol
des prisons
par des drones
La Chancellerie va s’équiper de systèmes
mobiles avant 2019. Samedi, deux engins
ont été repérés au dessus de Fresnes.
ALICE BROGAT £@AliceBrogat
SÉCURITÉ Des signaux lumineux ont attiré son attention. Samedi soir, du haut
d’un mirador de la prison de Fresnes,
dans le Val-de-Marne, un surveillant repère des voyants électroniques, qu’il
identifie comme ceux de drones. Aussitôt, l’alerte est donnée. En arrivant sur
place, vers 22 h 30, la police aperçoit deux
engins qu’elle tente de suivre, avant
de perdre leur trace alors qu’ils se dirigent vers les Hauts-de-Seine. D’après
Thierry, membre du syndicat de surveillant pénitentiaire SNP-FO, certains
agents auraient même vu quatre drones
ce soir-là. « Il y a déjà eu des survols rapi-
des par le passé, mais c’est la première fois
qu’on voit autant de drones se stabiliser
plusieurs minutes pour surveiller l’établissement », remarque le surveillant. Une
plainte contre X a été déposée après cet
événement et une enquête a été ouverte
par le parquet de Créteil, confiée à la gendarmerie des transports aériens d’Orly.
Parmi les motifs possibles de cette intrusion, le repérage des lieux avant une
éventuelle évasion est dans tous les esprits,
deux mois après la fugue spectaculaire de
Redoine Faïd de la prison de Réau, en Seine-et-Marne. Les complices du braqueur
multirécidiviste, exfiltré par hélicoptère,
avaient « sans doute repéré les lieux par le
biais de drones », avait révélé fin juillet la
garde des Sceaux, Nicole Belloubet.
À Fresnes, le survol de l’établissement par des drones intervient dans un contexte tendu.
Les drones sont également de plus en
plus utilisés pour introduire des objets illicites dans les établissements. « C’est une
nouvelle façon de déposer de l’alcool ou des
drogues dans les cours de promenade, mais
aussi des armes », explique Christopher
Dorangeville, secrétaire général de la
CGT-pénitentiaire, qui craint pour l’avenir. D’après lui, le phénomène est en
pleine expansion depuis un an.
Pour le ministère de la Justice, cette
augmentation est directement liée à la
hausse des ventes de drones de loisir. Une
quinzaine de survols de drones par an a
ainsi été constatée sur plusieurs établissements pénitentiaires, en 2016 et en 2017.
Des chiffres jugés « faibles » en comparaison au nombre de projections, mais l’ad-
ministration pénitentiaire affirme avoir
« pris cette nouvelle menace au sérieux ».
Interpellation des pilotes
Un travail de coopération avec les forces
de l’ordre a été engagé pour permettre la
détection rapide et l’interpellation des pilotes de drones. Après avoir testé différentes techniques de luttes anti-drones
en 2017, la Chancellerie annonce au Figaro l’acquisition de cinq à six dispositifs
avant la fin de l’année, et d’un nombre au
moins équivalent l’année suivante. « Il
s’agit de systèmes mobiles pouvant être déplacés sur les sites concernés et maintenus,
le cas échéant, à demeure », explique le
ministère. Ces brouilleurs visent à troubler les ondes qui dirigent les drones, et
LP/DE POULPIQUET/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
permettront au surveillant de prendre le
contrôle de l’appareil, ou de le faire
s’écraser. « Il faudra être sûr que cela
n’empiète pas sur les autres ondes, comme
celles des émetteurs des surveillants.
C’était arrivé avec le brouillage des téléphones portables », rappelle Christopher
Dorangeville, qui reconnaît la complexité
du phénomène.
À Fresnes, le survol de l’établissement
intervient une dizaine de jours après un
nouvel incendie de véhicules garés sur le
parking de la prison, le quatrième en deux
mois et demi. Dans ce contexte, les surveillants craignent d’être à nouveau pris
pour cibles. « Les drones peuvent identifier
les détenus, mais aussi les surveillants. On
est un peu inquiets », confie Thierry. ■
Stationnement à Paris : tensions entre la police et Moovia
L’opérateur privé se plaint de représailles de la part des fonctionnaires, dont les voitures sont désormais elles aussi verbalisées.
ANGÉLIQUE NÉGRONI
VOIRIE Les rapports entre les policiers et
les agents des deux opérateurs privés qui
se chargent désormais du contrôle du
stationnement payant à Paris ne s’améliorent pas. L’un des responsables d’une
des deux sociétés privées vient de prendre sa plume pour dénoncer, selon lui,
des gardes à vue abusives concernant ses
employés.
Avec copie au préfet de police, au procureur de Paris et à la maire de la capitale,
Xavier Heulin, responsable de Moovia, a
ainsi écrit le 20 juillet dernier au directeur
territorial de la sécurité de proximité de la
Préfecture de police. Il l’alerte sur ces mesures coercitives qui s’apparentent selon
lui à des représailles. Ces gardes à vue
« précipitées ou abusives », comme il
l’écrit, sont, dit-il, le moyen trouvé par les
policiers de faire payer à ses agents leurs
missions au cours desquelles ils verbalisent les véhicules des forces de l’ordre.
Depuis janvier dernier, la prise en
charge du stationnement par le privé à
Paris a, en effet, mis fin au rôle des fonctionnaires qui verbalisaient. Or ces derniers épargnaient les véhicules privés et
professionnels des forces de l’ordre. Désormais, celles-ci sont donc sanctionnées
et paient des PV (rebaptisés FPS forfait
post-stationnement, NDLR) de 35 euros,
voire 50 euros à Paris, au lieu de 17 euros.
De quoi faire enrager la police. « Certains
collègues prennent leur voiture privée car
travaillant en horaires décalés et habitant
la banlieue, ils commencent leur service à
des heures où il n’y a pas de transports en
commun », rappelle Loïc Lecouplier, du
syndicat de police Alliance.
En représailles, ce furent alors des gardes à vue abusives, dénonce Xavier Heulin. « ll semble que ces interpellations […]
soient la réponse de certains fonctionnaires
de police à l’émission de FPS sur des véhicules personnels de fonctionnaires de police », écrit-il. Hormis une arrestation justifiée et remontant au 5 mai dernier, les
trois autres, survenues le 7 juin et le
10 juillet ne le sont pas, dit-il. « Il semble
exister un manque de discernement, voire
“
Certains n’osent plus
franchir la porte
d’un commissariat
pour déposer plainte
en cas d’agression
”
XAVIER HEULIN, DIRIGEANT DE MOOVIA
de neutralité, de la part de certains commissariats parisiens », souligne-t-il dans
son courrier, en regrettant le traitement
réservé à ses employés, pourtant assermentés et chargés d’une mission de service public. Ils sont, dit-il, « systémati-
quement dévalorisés et leur parole remise
en cause ».
Avec ce courrier, le dirigeant de Moovia espère calmer le jeu. « Je souhaite que
chacun puisse travailler tranquillement »
dit-il, en voulant aussi que ses agents retrouvent confiance : « Certains n’osent
plus franchir la porte d’un commissariat
pour déposer plainte en cas d’agression. »
Côté police, le courrier fait bondir.
« Les gardes à vue sont contrôlées. Si elles
ont eu lieu, c’est qu’elles étaient justifiées », tranche Loïc Lecouplier. De son
côté, la Préfecture signale que « les policiers avaient légalement été requis par des
particuliers, victimes de violence ». Ces
procédures ont, précise-t-elle encore,
donné lieu à un rappel à la loi, à une
convocation judiciaire et à une transmission sans décision au parquet. Enfin, ditelle catégorique, ces affaires sont sans
lien avec la verbalisation des véhicules de
ses fonctionnaires.
Une formation pour les conducteurs novices
Leur permis obtenu, ils pourront participer à une journée de sensibilisation aux dangers de la route.
A
ANTOINE PELÉ £@antoine_pele
SÉCURITÉ ROUTIÈRE Passé les six premiers mois de découverte de la route, le
sentiment de puissance qui anime les
conducteurs novices les rend particulièrement dangereux. L’observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onisr) constate chaque année
qu’entre les sixième et douzième mois
suivant l’obtention du permis, ces
conducteurs se révèlent moins vigilants
que les automobilistes expérimentés et
qu’ils ont recours à des pratiques à
risque : alcool, stupéfiants, excès de vitesse… Selon l’Onisr, en 2016, 718 personnes sont décédées dans un accident
impliquant un conducteur dans sa première année de permis. Un chiffre qui
représente 21 % de la mortalité routière.
En 2016, 58 % des jeunes conducteurs
tués sur les routes avaient entre 18 et
24 ans. Pour tenter de contrer cette tendance, le ministère de l’Intérieur et la Sécurité routière ont annoncé la mise en
place d’une journée de prévention au
sein des écoles de conduite.
À partir du 1er janvier 2019, les nouveaux conducteurs ayant obtenu leur
permis dans les six à douze derniers mois
pourront bénéficier d’une formation d’un
jour. Payante mais non obligatoire, elle
permettra au novice de voir abaisser la
La journée de formation des nouveaux conducteurs leur permettra de voir abaisser
la période probatoire de leur permis. ARNAUD JOURNOIS/PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP
période de son permis probatoire de trois
à deux ans s’il a le permis traditionnel et
de deux ans à un an et demi s’il a obtenu le
permis en conduite accompagnée.
Dispositif discriminant
Pour Anne Lavaud, déléguée générale de
l’association Prévention routière, ce dispositif est de nature discriminante :
« C’est surtout une fracture sociale, car on
peut désormais acheter ses points », s’indigne-t-elle. « C’est une nouvelle exclusion, surtout pour ceux qui galèrent déjà
avec le coût du permis », ajoute de son
côté Alexandre Picard, vice-président en
charge de la prévention de la Fédération
des associations générales étudiantes
(Fage), première organisation étudiante.
Autre point noir souligné par les associations : seuls les novices n’ayant jamais
commis d’infractions au cours de cette
période sont conviés à la formation. Une
caractéristique dénoncée par Prévention
routière, qui estime que « tout le monde
doit avoir accès à cette journée, qui devrait
d’ailleurs être obligatoire et comprise dans
le prix du permis ».
En revanche, les auto-écoles semblent
apprécier la mesure. « Les jeunes se sentent surpuissants après 6 000 km parcourus sur la route. On va venir faire de la pédagogie autour des sujets comme la vitesse,
les dangers de la drogue et parler des expériences de chacun », explique Bruno Garancher, président du groupe École de
conduite de France (ECF), qui forme
80 000 jeunes par an. Avec un forfait qui
« n’excédera probablement pas 100 € »,
selon le président d’ECF, la formation dont les prix seront fixés par les autoécoles - est pour elles une nouvelle source
de revenus. Mais, pour Bruno Garancher,
rien ne laisse penser que ce sera un fructueux business. « On ne connaît pas vraiment la nature du marché. Certains jeunes
préféreront sans doute attendre la fin du
permis probatoire », juge-t-il.
Bénéficier d’une journée de formation
devrait aussi permettre de gagner un an
d’assurance au prix classique. Le calcul
pourrait se révéler intéressant pour les
familles, moins pour les assureurs. Mais
la Fédération française de l’assurance n’a
pas souhaité s’exprimer à ce sujet. ■
Ces derniers devraient d’ailleurs voir
une partie de leurs problèmes réglés. Une
convention signée le 3 août dernier avec
la mairie établit enfin la gratuité pour les
voitures professionnelles. Reste le cas des
« personnelles », non réglé selon Alliance. « Nous demandons une réunion avec la
Ville », indique le même responsable,
tandis qu’à l’Hôtel de Ville, on signale que
l’on cherche des places à mettre à disposition.
En parallèle, Moovia tente aussi de ramener le calme parmi les automobilistes.
« Il ne se passe pas un jour sans que notre
personnel soit invectivé ou menacé », souligne le dirigeant. Du coup à Paris, mais
aussi à Bordeaux et à Nice, où Moovia intervient, celui-ci a lancé une campagne
d’information. Sur son pare-brise,
l’automobiliste trouve un tract qui indique ce qu’il encourt s’il outrage un agent
assermenté détenteur d’une mission de
service public : 7 500 euros d’amende. ■
EN BREF
Une rivalité entre voisins
à l’origine du meurtre
dans le métro
Le drame qui a coûté la vie à un
homme de 25 ans, poignardé
samedi soir à la station de métro
Exelmans à Paris, serait dû à un
différend de longue date entre la
victime et son agresseur. Les
deux individus se connaissaient
et habitaient tous les deux
dans le XVIe arrondissement.
Marche blanche
en mémoire de Maëlys
Plusieurs centaines de personnes
ont participé, lundi, à une
marche blanche en hommage
à Maëlys à Pont-de-Beauvoisin
(Isère). Il y a un an, la fillette de 8
ans disparaissait lors d’un
mariage. Sa famille déplore que
son meurtrier présumé, Nordahl
Lelandais, les laisse, par
son silence, dans l’ignorance
des circonstances du drame.
Prostituée trans tuée :
5 suspects mis en examen
Cinq personnes ont été mises
en examen et écrouées après
le meurtre d’une prostituée trans
dans le bois de Boulogne à Paris,
dans la nuit du 16 au 17 août.
La victime de 36 ans, d’origine
péruvienne, avait été tuée alors
qu’elle tentait d’empêcher
plusieurs hommes
de s’en prendre à un client.
LE FIGARO
mardi 28 août 2018
SCIENCES
9
Soigner son cœur protégerait le cerveau
Les personnes avec de bons paramètres cardio-vasculaires ont des risques réduits de développer une démence.
DAMIEN MASCRET £@dmascret
ALZHEIMER Protège-t-on son cerveau
en protégeant son cœur ? C’est possible
car, comme tous les organes, le cerveau a
besoin d’une circulation sanguine efficace pour fonctionner de façon optimale.
Un lien physiologique existe donc inévitablement entre l’état des vaisseaux et
celui du cerveau.
Même si personne n’ira jusqu’à affirmer que les causes de l’infarctus du
myocarde sont les mêmes que celles de la
maladie d’Alzheimer, pour ne citer que
la plus connue des causes de démence.
On distingue schématiquement deux
mécanismes à l’origines des démences
(dégradation des fonctions supérieures
du cerveau, perte d’autonomie, etc.).
Soit une altération des vaisseaux cérébraux, source d’une démence vasculaire. Soit une atteinte des neurones, type
démence d’Alzheimer.
“
”
PR AMOUYEL, AUTEUR
DU « GUIDE ANTI-ALZHEIMER »
« On a longtemps cru que les démences
d’origine vasculaire pure et celle de la maladie d’Alzheimer étaient nettement distinctes, mais les deux sont souvent mélangées et la frontière est très ténue »,
explique au Figaro le Pr Philippe Amouyel, professeur de santé publique et directeur du laboratoire d’excellence
Distalz dédié à la maladie d’Alzheimer,
auteur du Guide anti-Alzheimer (Éditions
du Cherche Midi). Qu’il existe ou pas un
mécanisme pathologique sous-jacent, il
est probable qu’une mauvaise vascularisation du cerveau, quelle qu’en soit la
cause, précipite l’apparition des symptômes de démence, lorsqu’elle s’ajoute à
une maladie d’Alzheimer en cours.
« On sait depuis longtemps que les personnes qui cumulent des facteurs de risque
cardio-vasculaires ont un risque plus important que les autres d’avoir une démence vasculaire, voire une maladie d’Alzheimer », fait remarquer le Pr Amouyel.
C’est ce lien épidémiologique, au-delà
de 65 ans, qui apparaît dans l’étude prospective française publiée le 21 août par la
revue américaine de référence, le Journal
Un couple de seniors faisant de la randonnée. Pratiquer une activité physique minimale favorise le maintien de la santé cardio-vasculaire.
of the American Medical Association
(Jama). Le travail a été réalisé à partir des
données recueillies dans l’étude dite
« des 3 cités » (Bordeaux, Dijon, Montpellier) qui a commencé en 1999-2000. Il
s’agit de personnes âgées d’au moins
65 ans au moment de l’entrée dans l’étude et qui ne devaient pas être en institution (Ehpad ou autre) à ce moment-là.
prévention cardio-vasculaire, l’American Heart Association, pour définir la
santé cardio-vasculaire optimale : ne pas
fumer, avoir un poids normal, une
alimentation saine et une activité physique minimale. Sur le plan biologique,
avoir des taux de sucre et de cholestérol
dans les normes ainsi qu’une pression
artérielle normale.
L’étude montre que la santé du cerveau, mesurée en termes de déclin cognitif (baisse des performances cérébrales) et de démence, passe en partie
par les mêmes paramètres de santé que
ceux qui conditionnent la santé
cardiovasculaire.
Sept critères rassemblés en 2010 par la
puissante organisation américaine de
La pollution atmosphérique altère-t-elle les facultés cognitives ?
Depuis quelques années, les études
des liens entre la pollution de l’air
et la santé fleurissent mais celles
consacrées à son retentissement
sur le cerveau sont plus rares.
D’où l’intérêt de l’étude que viennent
de publier dans les Comptes rendus
de l’Académie des sciences américaine
(Pnas) le Pr Xiaobo Zhang et ses
collègues de l’université de Pékin
en collaboration avec l’école de santé
publique de Yale (États-Unis)
et l’International Food Policy Research
Institute, à Washington.
Les auteurs ont puisé dans les données
45 ans et de façon plus nette après
64 ans. « Les dommages infligés au
cerveau par la pollution de l’air
génèrent de substantiels coûts
économiques et pour la santé »,
concluent les auteurs. Il est cependant
difficile d’être aussi catégorique en
l’absence d’ajustements statistiques
sur les autres facteurs de risques
de déclin cognitif (lire ci-dessus).
D’autant qu’une détérioration aussi
rapide, en seulement quatre ans, des
performances semble difficilement
explicable par un mécanisme biologique.
de tests passés en 2010 et en 2014
par un panel représentatif de la
population chinoise issu de
25 provinces. Ils ont ensuite comparé
les résultats avec les données de
pollution atmosphériques des lieux
d’habitation. Les résultats montrent
que la pollution atmosphérique diminue
les performances aux tests d’aptitudes
verbales. Avec des effets plus marqués
pour les hommes les moins éduqués
vivant dans les régions les plus
polluées.
L’effet apparaît surtout pour ces
hommes lorsqu’ils sont âgés de plus de
D. M.
Fukushima : du césium en forme de billes
La fusion des cœurs des réacteurs semble avoir produit des éléments radioactifs très stables.
température a flirté avec les 2 000 °C.
Cette chaleur est deux fois plus élevée
que celle nécessaire à la formation du
verre. Les microbilles, obtenues à partir
de la fusion de constituants du béton, de
fibres de verre et d’éléments radioactifs, auraient ainsi été formées et brutalement expulsées des cœurs en fusion,
quand il a été arrosé d’eau.
MARC CHERKI £@mcherki
Propagation par les nuages
BEHROUZ MEHRI/AFP FORUM
NUCLÉAIRE Chaque accident nucléaire
est spécifique. Et celui de la centrale de
Fukushima, provoqué après le tsunami
du 11 mars 2011 au large du Japon,
continue de révéler ses secrets. La plus
grande partie du césium radioactif relâché dans l’environnement après l’accident l’a été sous forme de microbilles de
verre qui ont concentré les radioéléments. Les mesures prennent en compte les deux principaux isotopes radioactifs : le césium 137, dont la radioactivité
est divisée par deux tous les 30 ans, et le
césium 134, tous les 2 ans. De ce fait, ces
microparticules affichent un rayonnement nucléaire très élevé : certaines
plus de 1 000 Becquerels (plus d’un millier de décompositions radioactives par
seconde) par gramme. Ces microparticules sous forme de billes de verre représentent « au moins 78 % des émissions totales de césium », explique
Satoshi Utsunomya, professeur associé
au département de chimie de l’université de Kyushu (Japon).
Ce résultat se fonde sur une nouvelle
méthode de comptage, qui permet de
distinguer le césium radioactif rejeté
seul (hydrophile) dans l’atmosphère de
celui expulsé dans ces microbilles (hydrophobes). La nouvelle technique est
appelée « autoradiographie » : elle
consiste à visualiser, comme pour des
images aux rayons X, le rayonnement
ionisant en impressionnant un film,
proportionnellement à la radioactivité
Équipé d’un compteur Geiger, un employé de la Tepco s’apprête à mesurer les radiations
au dernier étage du réacteur no 3 de la centrale de Fukushima, en janvier 2018.
de chaque composé. Cette méthode a
donc été utilisée pour distinguer les microbilles qui concentrent la radioactivité, du césium soluble, qui, en retombant
au sol, peut notamment s’associer dans
les sols avec des argiles. Le film photographique, exposé pendant cinq jours
aux échantillons du sol contaminé, a
permis d’estimer le nombre de microbilles retombées qui laissent une petite
trace rouge sur la pellicule.
La méthode de mesure et ce calcul ont
été partiellement présentés en mai 2018
dans Environmental Science & Technology. De plus, les derniers comptages
affinés ont été annoncés mardi 14 août à
la Conférence Goldschmidt de géochimie à Boston (États-Unis). « Les données
à partir des analyses d’échantillon du sol
ont peut-être surreprésenté les retombées postérieures des nuages », précise le
professeur associé de l’université de
Kyushu (Japon). Une précédente étude
estimait à 87 % les rejets de césium sous
forme de microbilles dans les retombées
atmosphériques enregistrées jusqu’à
Tokyo le 15 mars 2011, où une microbille
avait été repérée dans un filtre à air.
Ces microparticules ont probablement été formées par la fusion incontrôlée des cœurs des réacteurs 1 et 3 de
la centrale de Fukushima, quand la
Les microparticules font une centaine
de microns de diamètre de grosseur,
soit dix fois plus que les particules fines
comme les PM10, mais ont le même
comportement dans leur propagation
par les nuages. Elles ont été découvertes
juste après l’accident mais documentées
seulement à partir de 2013. Depuis plusieurs années, en coopération notamment avec Bernd Grambow, directeur
de Subatech, une unité mixte de recherche de l’École des mines de Nantes,
de l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules du
CNRS et de l’université de Nantes, Satoshi Utsunomya traque ces microparticules radioactives. Car « nous ne
connaissons pas de cas équivalent », expliquait Bernd Grambow en 2016 au Figaro. « Les particules de verre ont
concentré la radioactivité, ce qui veut dire
qu’il y a encore d’importants nouveaux
travaux à conduire pour savoir comment
elles pourraient affecter la santé », indique le chercheur japonais. N’étant pas
solubles, les microbilles pourraient être
mal éliminées par le corps, en cas d’inhalation ou d’ingestion. ■
GOODLUZ-STOCK.ADOBE.COM
Les chercheurs français constatent
une baisse du risque de démence de 10 %
pour chacun des paramètres à un niveau
optimal, soit 70 % de réduction lorsque
tous les voyants sont à ce niveau optimal.
« Notre étude montre une association entre ces paramètres et la survenue de démences mais ne prouve pas la relation de
cause à effet, nuance Cécilia Samieri,
épidémiologiste et chercheuse Inserm
(université de Bordeaux), première
auteure de l’article, cela confirme toutefois que le simple fait d’avoir un seul paramètre au niveau idéal est associé à une diminution du risque de démence. »
Dans ce groupe de plus de 6 000 adultes, âgé en moyenne d’un peu plus de
73 ans, ils n’étaient que 6,5 % à avoir au
moins cinq paramètres à un niveau optimal, mais 57 % en cumulaient trois ou
quatre, ce qui n’est déjà pas si mal. Pour
bien faire, « il n’est jamais trop tôt ni trop
tard », concluent les éditorialistes du
Jama. Un conseil valable pour tous, et
pas seulement ceux dont le risque cardio-vasculaire est très élevé. On sait en
effet que la majorité des victimes d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral est constituée par des
individus ayant un risque cardio-vasculaire modéré. ■
EN BREF
Maladies cardiovasculaires : l’inefficacité
des oméga 3 est confirmée
Une étude menée chez plus
de 15 000 personnes montre que
la prise quotidienne d’oméga 3
ne prévient pas l’apparition
de maladies cardio-vasculaires
comme l’infarctus ou l’accident
vasculaire cérébral (AVC).
Pour parvenir à ces conclusions
publiées dans le New England
Journal of Medicine et présentées
simultanément au Congrès
européen de cardiologie en cours
à Munich, les chercheurs ont
comparé l’effet d’un placebo
(une capsule d’huile d’olive)
à celui de l’oméga 3 chez des
diabétiques ne présentant aucune
maladie cardio-vasculaire. Ils
ont suivi les volontaires pendant
plus de sept ans en moyenne.
Au terme de l’expérience, autant
de malades ayant avalé une
gélule d’oméga 3 ont été victimes
d’une pathologie cardiovasculaire que ceux qui ont pris,
sans le savoir, un placebo.
Cette étude de vaste ampleur
est en accord avec la littérature
scientifique rapportant des
études précédentes. En janvier
dernier, des travaux parus dans
la revue JAMA Cardiology, qui
ont analysé une dizaine d’études,
n’ont rapporté aucun bénéfice
cardio-vasculaire des oméga 3
chez les personnes à risque, et
pas seulement les diabétiques.
Il s’agit notamment des fumeurs,
des personnes hypertendues ou
présentant un taux élevé de
cholestérol.
A
Les personnes qui
cumulent des facteurs de
risque cardio-vasculaires
ont un risque plus
important que les autres
d’avoir une démence
vasculaire
mardi 28 août 2018 LE FIGARO
10
SPORT
Boudjellal :
« Toulon
est un club
de rebelles »
Le président du RCT, qui a raté sa rentrée
contre le Racing, évoque ses objectifs pour
la nouvelle saison et l’avenir du Top 14.
PROPOS RECUEILLIS PAR
ARNAUD COUDRY £@ArnaudCoudry
RUGBY Toulon s’est pris les pieds dans le
tapis. Les Varois ont en effet débuté leur
saison par un revers à domicile contre le
Racing (9-25). Mais Mourad Boudjellal,
le président du RCT, n’est pas inquiet
pour autant. Pour Le Figaro, il explique
qu’il a toute confiance en son nouvel entraîneur, Patrice Collazo, le cinquième
en trois ans. En revanche, il s’inquiète
pour l’avenir du Top 14, à cause notamment des droits télé.
LE FIGARO. - On ne vous a pas
entendu après la défaite du RCT,
samedi, contre le Racing…
Mourad BOUDJELLAL. – Comme je
vieillis, j’essaie de ne plus parler sous le
coup de la déception. Cela m’a valu quelques convocations devant la commission
de discipline. Je commence à tellement
bien connaître ses membres que je vais
bientôt les tutoyer, c’est un peu gênant.
Plus sérieusement, c’est le premier
match de la saison, je suis moi aussi à
l’échauffement.
Qu’auriez-vous fait
si Patrice Collazo n’avait pas quitté
La Rochelle en mai dernier ?
J’aurais été bien emmerdé ! (Rires) Je ne
cache pas que ça m’énervait assez qu’il
soit à La Rochelle. Il y a fait un travail
exceptionnel. Patrice Collazo est quelqu’un de convaincu et de convaincant.
C’est la force tranquille. Il sait ce qu’il
veut, il ne s’excite pas et il est déterminé.
Même s’il y a une défaite à domicile, une
deuxième, il va suivre sa trace. Rien ne le
détournera de son objectif. Je lui ai donné
tous les pouvoirs.
« On a changé l’économie du rugby en décidant que les matchs devaient désormais se regarder le dimanche devant la télé »,
regrette Mourad Boudjellal (ici samedi, à Toulon). FRANCK FAUGÈRE/PRESSE SPORTS
Vous rappelle-t-il Bernard Laporte ?
Oui complètement. Il y a chez ces deux
hommes, une autorité naturelle. Quand
ils haussent le ton, on entend les mouches
voler. Ça ne s’apprend pas, on l’a ou on
ne l’a pas.
On n’échappe pas à ses origines. Le RCT
est un club de rebelles, de pirates. Et il
faut quelqu’un pour mener tout ça, sinon
ça part dans tous les sens. Les joueurs
croient qu’il suffit d’enfiler le maillot
pour être champion du monde.
Et il faut nécessairement ça
pour réussir à Toulon ?
Toulon reste sur trois saisons sans titre.
Reconnaissez-vous que
la valse des entraîneurs
a pu perturber le rendement de votre
équipe ?
On a fini 4e l’an dernier, les deux saisons
d’avant, on est vice-champions de France. À chaque fois, on est aussi en quarts
de finale de la Coupe d’Europe. Voilà ma
part de responsabilité. Pour un club qui a
perdu les trois quarts de ses champions et
son entraîneur emblématique (Bernard
Laporte), ce n’est pas trop mal.
En septembre, la star médiatique
aura sa propre émission sur Eurosport
Personnage médiatique qui dépasse
largement le cadre du monde
de l’ovalie, Mourad Boudjellal aura,
à partir du 7 septembre, sa propre
émission à la télévision. En plus
de participer aux « Grandes Gueules »
sur RMC, il avait l’an dernier
une chronique vidéo sur le site Internet
d’Eurosport, qui a décidé de développer
un nouveau programme télé, intitulé
« Commission de discipline ».
Une référence à ses nombreuses
semaines de suspension dans le passé.
« Ça m’amuse, j’aime bien avoir
des trucs à côté (du RCT), sinon
je m’ennuie. Et comme je critique
souvent les journalistes rugby,
je vais leur montrer que moi aussi
je sais faire », s’amuse-t-il.
Dans son émission, il recevra
des personnages du monde du rugby,
pour des interviews sans concession.
« J’aurai une liberté de ton totale,
sinon, je ne serais pas venu. »
A. C.
pour suivre la course à l’armement
dans le Top 14 ?
C’était nécessaire pour notre projet futur
qui s’appelle « la fabrique à champions ».
Il n’est pas venu pour la course à l’armement, mais pour un projet bien précis (il
avait déclaré vouloir être champion de
France avec 23 joueurs français, NDLR).
On s’est donné trois ans pour le mener à
bien. On pense qu’on peut trouver du pétrole à Toulon. Et puis on a une obligation
vis-à-vis de nos jeunes : si on veut les
garder, il faut qu’ils jouent.
Des rumeurs avancent
que le RCT aurait
des problèmes financiers
et qu’il serait endetté…
On a refusé une offre pour un joueur de
2 millions d’euros. On n’a jamais eu
autant de fonds propres. Voilà…
Entre le barrage perdu contre Lyon
La rupture du contrat
et ce revers contre le Racing, les défaites
avec votre ancien équipementier ne vous
s’enchaînent à Mayol.
a-t-elle pas plombé ?
Cela doit-il vous inquiéter ?
C’est un passage. Ce qui m’inquiète plus,
Quand vous faites un chèque de 2 millions
c’est qu’il se passe ce que j’avais prévu
sur un budget de 28 millions, ça se requand les droits télé ont augmenté. On a
marque et ça fait mal… On l’a fait, on a
changé l’économie du rugby en décidant
payé et on est en vie. Cela n’aurait pas été
que les matchs devaient désormais se rele cas pour beaucoup d’autres clubs.
garder le dimanche devant
la télé. Moi, le dimanche à
Vous vous êtes vu infliger
17 heures, les gens d’Aviune amende de 75 000 euros
Le rugby
gnon ou de Nice ne viennent
par l’EPCR, qui organise
a oublié
pas au stade… Pareil pour les
les Coupes d’Europe
qu’il a bien
partenaires. On n’a pas préet que vous aviez traité
vu, en revanche, une réparde « mormons ». Où en êtesvécu grâce
tition différente des droits
vous de cette affaire ?
à la chute
pour ceux que l’on fait jouer
C’est une tentative d’extordu football,
majoritairement le dimansion de fonds. On a déposé
che. Avec cette hausse des
plainte. Je n’ai rien à voir avec
qui nous
droits télé, on a donné la
l’EPCR, je ne sais pas qui sont
a laissé
même somme à tout le
ces gens. Ils n’ont pas eu
un espace il
monde. Le communisme,
l’honnêteté de dire, dans leur
quoi ! Qu’on soit premier ou
communiqué de presse, qu’ils
y a quelques
quatorzième. Qu’on joue le
me demandent aussi 100 000
années
samedi à 18 heures ou le dieuros de frais d’avocat. Donc
manche après-midi. Et en plus, on n’a
175 000 euros en tout ! Ils m’ont laissé juspas augmenté le salary cap (plafonnement
qu’au 16 août pour payer. Il est hors de
de masse salariale fixé à 11,3 M€). Ceux
question qu’une entité suisse de droit priqui ont cru à l’économie du rugby et fait
vé, à laquelle je n’ai jamais adhéré, se peraugmenter les droits télé se retrouvent
mette ça. Ils m’accusent d’homophobie…
bloqués. Et les autres ont pu rattraper
Ça a dû bien faire rire les gens qui me
leur retard…
connaissent. J’ai porté plainte à titre personnel contre tous les membres de ce
pseudo-tribunal (la commission de disciLa saison dernière, vous aviez menacé
pline de l’EPCR) pour tentative d’extorde ne plus jouer le dimanche…
sion de fonds et pour harcèlement. Entre
Oui. Ces mesures vont faire très mal au
juillet et août, on a reçu 186 mails. En six
rugby français. Les audiences télé vont
mois, j’ai dû en recevoir un millier. C’est
baisser. Aujourd’hui, il y a tout un tas de
du harcèlement organisé. ■
mécènes dans le rugby qui font que les
gens ont oublié que pour avoir un grand
club de rugby, il faut que les gens aillent
au stade. Ce qui veut dire que les clubs
comme Toulon vont être dans la deuxième moitié de classement… Globalement,
ce sera mauvais pour le rugby et la Pro D2
Cyclisme : les vivas
- qui reçoit 40 % des droits télé - en pâtipour Viviani
ra. Si ces droits baissent, les petits clubs
L’Italien de Quick-Step
souffriront. C’est un des travers du comElia Viviani a remporté
munisme. En voulant être égalitaire, tout
lundi la 3e étape du Tour
le monde devient pauvre.
d’Espagne, à Alhaurín de la Torre
(Andalousie). Il a devancé son
compatriote Giacomo Nizzolo,
Le tableau que vous dressez est très noir…
Peter Sagan et Nacer Bouhanni.
Le rugby a aussi oublié qu’il a bien vécu
grâce à la chute du football, qui nous a
Le Polonais Michal Kwiatkowski
laissé un espace il y a quelques années. Le
(Sky) reste leader de la course.
football a repris sa place aujourd’hui et ils
Football : Henry s’éloigne
sont peut-être en avance sur nous
de Bordeaux
concernant les valeurs. Ils ont un énorme
capital sympathie. Ce qui fait qu’investir
La chaîne Sky Sports avec
dans le football est plus rentable pour un
laquelle il collabore a annoncé
partenaire. Entre le Top 14 des Jiff (joueurs
lundi que Thierry Henry
issus des filières de formation) et la Ligue 1
ne sera très certainement pas
de Neymar, les gens ont vite fait leur
le futur entraîneur des Girondins
choix… Si la Ligue n’est pas capable de tide Bordeaux. Le Français
rer la sonnette d’alarme, on le paiera tous.
aurait des doutes sur le futur
financement du club,
Vous avez fait entrer un nouvel
en passe d’être racheté par
actionnaire, Bernard Lemaître,
le fonds d’investissement
dans le capital du RCT. C’était nécessaire
américain GACP.
«
VOUS RÉVÈLE LES DESSOUS DE LA CULTURE
LA FONTAINE, L’AMI RETROUVÉ
Il sut manier avec un naturel confondant la langue de
la Cour et celle du bon peuple. Parler philosophie avec
des mots bien simples. S’essayer au théâtre, ne point s’y
arrêter. Et créer, l’air de rien, la fantaisie d’un monde où
le lapin taquin, la cigale étourdie, le moustique obstiné
ressemblent, comme des frères, au poète et à ses
semblables. Bien plus qu’un conteur pour enfants, Jean
de La Fontaine est un auteur universel.
Suivre ses traces, entendre l’écho de son œuvre, au
fil des siècles et des livres, c’est entrer au royaume
d’un styliste virevoltant, d’un génie de l’à-propos,
d’un moraliste en robe des champs. C’est revivre en
compagnie de Molière, Boileau, Racine, de Louis XIV
et de Fouquet, découvrir la galerie de portraits de ses
Fables, ses contes érotiques, son théâtre. Le Figaro
Hors-Série vous y invite, avec Marc Fumaroli, Fabrice
Luchini, Laurent Dandrieu, Sébastien Lapaque, Mathilde
Brézet et quelques autres, en 104 pages magistralement
illustrées par Gustave Doré, Fragonard, Benjamin Rabier,
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Le Figaro Hors-Série : La Fontaine.
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EN BREF
LE FIGARO
mardi 28 août 2018
SPORT
11
Des figaristes
sans tambour
ni trempette
Après un début de course épuisant, les
marins de la Solitaire Urgo Le Figaro vont
tomber dans une zone de calme stressante.
SERGE MESSAGER smessager@free.fr
À BORD DU BATEAU DE LA DIRECTION DE COURSE
VOILE La cavalcade en Manche depuis
Le Havre ayant été fatale pour cinq
concurrents, les trente et un skippers
rescapés de la dépression ont également
souffert dans le début de leur route le long
des côtes anglaises. La perfidie du coup de
vent a ainsi perduré toute la matinée de
lundi. Pour une mise en jambes de cette
49e édition de la Solitaire Urgo Le Figaro,
autant dire que les batteries sont bien entamées après cet essorage. Car pour achever leur balade en terre de Glaouchie, les
marins doivent dès lors rejoindre la pointe occidentale des Cornouailles anglaises
et Wolf Rock. Ce phare servant de clignotant pour cette fois-ci retrousser la Man-
che en direction d’une marque au nordouest du Finistère. Mais selon Météo
Consult, avant cela, la machine à laver va
tourner pour les linges délicats, sans tambour ni trempette. Les conditions annoncées seront en effet au souffle court. Un
autre genre de péril pour solitaire pressé.
À la pointe du combat aux aurores lundi matin, Anthony Marchand (Groupe
Royer-Secours Populaire) restait toujours
dans le petit peloton de tête où l’on retrouvait les principaux favoris, Xavier
Macaire (Groupe Snef), Charlie Dalin
(Skipper Macif 2015), Alexis Loison (Custo
Pol) et Sébastien Simon (Bretagne CMB
Performance). Le Briochin d’origine
commençait à tirer la langue : « On vient
d’enquiller un bon nombre de virements le
long d’une zone interdite à la navigation à
la voile. C’était assez épuisant car il faut à
Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire), lundi, lors de la première étape de la course.
chaque fois déplacer 100 kg (de matériel)
de part et d’autre du bateau. D’ailleurs, je
ne compte plus le nombre de fois où nous
avons dû matosser depuis le départ. Il va y
“
Peut-être que l’on
va regretter les heures
de gros temps quand on va
se retrouver dans la pétole.
Ce sont les joies de notre
métier
”
CORENTIN DOUGUET (NF HABITAT)
avoir une grosse molle à anticiper. Et cela
ne va pas être très simple de se positionner
dedans. » Sur les talons des cadors du
moment, Corentin Douguet (NF Habitat)
croisait les doigts pour revenir sur les tableaux arrière du quintette de tête : « Les
conditions sont un peu plus vivables depuis
quelques heures car l’entrée en matière a
été costaude. Ils ont même remis la lumière
avec le soleil. Mais peut-être que l’on va
regretter les heures de gros temps quand
on va se retrouver dans la pétole. Ce sont
les joies de notre métier. Quand cela va
commencer vraiment à mollir, il faudra
trouver les bonnes solutions. Trouver la petite risée pour se déhaler doucement vers
Wolf Rock mais plus rapidement que les
copains. En tous les cas, je suis frais comme
un gardon car je viens de m’offrir une heure
de sieste en deux fois. »
Transi de froid tout le début de cette
étape de 543 milles en direction de la baie
de Saint-Brieuc, le Méditerranéen Pierre
Quiroga (Skipper Espoir CEM-CS) se sen-
ALEXIS COURCOUX POUR LE FIGARO
tait déjà revivre le long des côtes anglaises
alors que sous le soleil la pointe de Start
Point approchait : « Avec une petite sieste
en plus, je vais être un autre homme. J’ai pu
manger mon premier repas, ranger l’intérieur du bateau qui était parti dans tous les
sens. Je suis assez content de ma course car
les premiers ne sont pas si loin que ça. »
Toute cette journée de mardi va être
sous le signe de la patience. Une vertu que
devrait avoir tout compétiteur. ■
Classement lundi à 18 h : 1. Simon (Bretagne CMB
Performance) à 338,7 milles de l’arrivée ; 2. Macaire
(Groupe Snef) même distance ; 3. Dalin (Skipper
Macif 2015) m. d. ; 4. Marchand (Groupe Royer Secours Populaire) à 0,5 m du leader ; 5. Loison
(Custo Pol) 1,2 m ; 6. Douguet (NF Habitat) 1,5 m ;
7. Biarnès (Baie de Saint-Brieuc) 2,1 m ; 8. Le Pape
(Skipper Macif 2017) 2,4 m ; 9. Quiroga (Skipper
Espoir CEM) 2,8 m ; 10. Mettraux (Teamwork) 3,4 m.
Le déclic en Grand Chelem pour Caroline Garcia ?
La numéro un française, toujours en quête d’un gros coup dans un tournoi majeur, débute l’US Open, ce mardi.
Caroline
Garcia,
le 23 août,
au tournoi
de New
Haven
dans le
Connecticut.
MADDIE MEYER/AFP
dernière quand elle a inscrit un doublé
en Chine sur des tournois de première
catégorie, Wuhan et Pékin, et qu’elle
avait atteint la demi-finale du Masters. Des quoi espérer, un jour, décrocher le Graal en Grand Chelem…
Début de réponse lors de son premier
tour de l’US Open, compliqué, mardi,
face à l’Anglaise Johanna Konta, actuelle 46e, mais qui était dans le top 5
en juillet 2017… Une certitude : la numéro un française va devoir serrer le
jeu, car elle entame la défense de
2 755 points d’ici à la fin de saison. ■
Cinquième mondiale
début août
Tête de série no 2 à New Haven, elle a
été sortie dès les quarts de finale par la
qualifiée portoricaine Monica
Puig (7-5, 1-6, 6-2).
Début août, Garcia a
toutefois atteint la cinquième place mondiale,
son meilleur classement
en carrière. Elle est
devenue au passage la
quatrième Française de
l’ère Open à entrer
dans le top 5
après
Mary
Pierce, Nathalie Tauziat et
Amélie
Mauresmo.
Pour grandir encore,
elle a besoin
désormais
d’un grand
coup dans
un
Grand
Chelem pour colorer
une saison jusque-là
assez terne. Si l’actuelle 6e joueuse mondiale
s’est hissée au printemps jusqu’en demifinales à Stuttgart et
Madrid - l’équivalent d’un Masters
1000 chez les messieurs – elle connaît
également de nombreux ratés depuis le
Halep, la numéro 1 mondiale, chute
d’entrée, Simon s’impose sans trembler
Surprise à Flushing Meadows. La
Roumaine Simona Halep, n° 1 mondiale,
a été sortie au premier tour de l’US
Open par l’Estonienne Kaia Kanepi,
classée 44e mondiale. Halep s’est
inclinée en deux sets 6-2, 6-4 et en
seulement 1 h 17 de jeu. L’année
dernière, Simona Halep avait
également été sortie dès le premier
tour par Maria Sharapova.
début de l’année. Avec parfois la fâcheuse tendance à surjouer et à manquer de justesse sur le plan tactique. À
l’image de sa triste sortie de route à
Wimbledon. En 2018, elle n’a clairement pas encore retrouvé sa superbe
forme et confiance de la fin de saison
Gilles Simon, de son côté, s’est
débarrassé du qualifié sud-africain
Lloyd Harris, en trois sets secs, 6-2,
6-2, 6-3. « J’ai réussi à rester cool,
c’était plus que bien de gagner en trois
sets malgré la chaleur », a affirmé le
Français. Le Russe Karen Kachanov,
27e joueur mondial, a battu sans
trembler l’Espagnol Albert Ramos
Vinolas 6-3, 6-2, 6-3.
CONFÉRENCE - DÉBAT
ÉRIC ZEMMOUR, LA FRANCE AU CŒUR
Passionné d’Histoire de France, Éric Zemmour trouve dans chaque épisode de notre roman national
des leçons pour notre temps.
Lors de cette rencontre Salle Gaveau, l’essayiste qui publie un nouvel ouvrage au mois de septembre
chez Albin Michel, racontera aussi ses années d’enfance et d’adolescence où apparaît l’attachement
profond pour son pays. Une forme d’autobiographie intellectuelle, historique et littéraire.
ÉRIC
ZEMMOUR
JEUDI 20 SEPTEMBRE 2018
20H00 - SALLE GAVEAU
45-47 rue La Boétie, 75008 Paris
TARIF : 25 €
Placement Libre
Réservez vos places sur
www.leigaro.fr/rencontres
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A
TENNIS Alors que le tennis masculin
tricolore tourne au ralenti depuis plusieurs mois, Caroline Garcia représente désormais LA chance française
d’aller loin en Grand Chelem, son ancienne partenaire de double Kristina
Mladenovic étant dans le très dur depuis plusieurs mois. Avec comme
meilleur résultat un quart de finale à
Roland-Garros en 2017, la Lyonnaise
n’a pourtant pas encore décroché des
résultats dignes de son nouveau statut
dans les grands rendez-vous. À l’US
Open, par exemple, elle n’a jamais dépassé le troisième tour (2016, 2017).
Après son cinglant échec à Wimbledon (élimination dès le premier
tour contre la Suissesse Belinda Bencic, 7-6, 6-3), elle a fait une croix
sur ses congés pour s’entraîner durement durant trois semaines. Une
préparation qui a toutefois du
mal à porter ses fruits au
regard de ses résultats
mitigés
du
mois
d’août.
La patronne du
tennis français a
facilement dominé Maria Sharapova au Cana-
da (6-3, 6-2), avant de tomber en
quart de finale face à la numéro un
mondiale Simona Halep en quarts
(7-5, 6-1). Après avoir sorti mardi
l’ancienne numéro un mondiale, la
Biélorusse Victoria Azarenka (6-4,
7-5), la Lyonnaise a ensuite subi un
faux pas à Cincinnati en perdant
contre une autre Biélorusse, Aryna
Sabalenka (6-4, 3-6, 7-5).
E. Zemmour © Jean-Christophe Marmara
ROMAIN SCHNEIDER rschneider@lefigaro.fr
mardi 28 août 2018 LE FIGARO
CULTURE
12
La Mostra met l’art en tête de gondole
FESTIVAL À Venise, la 75e édition de la manifestation s’ouvre demain avec « First Man », de Damien Chazelle.
Une sélection brillante, sur fond de révolution dans l’industrie du cinéma. Avec une forte infiltration de Netflix.
Les temps forts
L
First Man, de Damien Chazelle, avec Ryan Gosling dans le rôle de l’astronaute Neil Armstrong, ouvrira mercredi la 75e Mostra.
de l’industrie, notamment américaine,
confirme Giorgio Gosetti, directeur de la
section très prisée Giornate degli Autori.
Cannes est le festival de tout : auteurs, divertissement, people, affaires - toutes les
dimensions du cinéma. Venise est en
pointe comme festival de l’art - avec toutes les nuances à apporter : la sélection
2018 est assez grand public, celle de Cannes était très cinéphilique. C’est un dialogue plus qu’un antagonisme. »
Car, au-delà de ces différences, ce qui
est en jeu aujourd’hui dans un monde
qui consomme indistinctement les
images sous toutes les formes et tous les
supports, c’est la personnalité propre de
la création cinématographique.
« La promotion de la qualité »
« Et là, les grands festivals ont un rôle
crucial, estime Giorgio Gosetti. Avant, ils
faisaient la promotion de la découverte,
aujourd’hui, ils font la promotion de la
qualité. Sans cette exigence, qui se
soucierait d’un auteur italien ou
indonésien ? »
L’irruption de Netflix a brouillé les
cartes. Cannes a refusé la compétition
aux productions de la plateforme numérique si elles ne sortaient pas en salle, et
s’est privé du coup de l’inédit d’Orson
Welles The Other Side of the Wind, Netflix ayant financé le montage de ce film
inachevé. On le découvrira à la Mostra,
qui s’est montrée beaucoup plus souple
en accueillant trois films destinés prioritairement aux abonnés Netflix : Roma
d’Alfonso Cuaron, The Ballad of Buster
Scruggs des frères Coen et 22 July de Paul
Rithy Panh, Lea Pearl et une île de réalité virtuelle
Le grand documentariste cambodgien
Rithy Panh ouvrira les Giornate degli
Autori avec Graves Without a Name,
où il poursuit son exploration
de la mémoire du génocide khmer.
Prestigieuse section de la Mostra, les
Giornate offriront pour leur 15e édition
une brillante affiche, avec notamment
Happy Lamento d’Alexander Kluge
en événement spécial, Continuer
de Joachim Lafosse, The Ghost of Peter
Sellers de Peter Medak, et Pearl,
premier film de la réalisatrice française
Elsa Amiel, sur la culturiste Lea Pearl.
Un titre emblématique de la
dimension féministe des Giornate, qui
programment aussi le premier courtmétrage de Dakota Fanning Hello
Apartment dans le cadre du Women’s
Tales Project de Miu Miu.
Par ailleurs, la Mostra hébergera pour
la seconde fois une compétition
d’œuvres de réalité virtuelle,
sur l’îlot qui leur est désormais dédié.
On découvrira par exemple Rooms
de Christian Zipfel, expérience
immersive dans cinq réalités, ou
MindPalace de Carl Krause et Dominik
Stockhausen qui vous installe dans
la tête de votre bien-aimé(e).
M.-N. T.
GUILLERMO DEL TORO
Lion d’or 2017 pour La Forme
de l’eau, le réalisateur mexicain
préside le jury. Parmi les 21 films
en compétition, on découvrira
notamment At Eternity’s Gate
de Julian Schnabel, Peterloo
de Mike Leigh, Werk ohne Autor
de Florian Henckel von
Donnersmarck, Napszallta
de Laszlo Nemes, CapriRevolution de Mario Martone, The
Nightingale de Jennifer Kent, seule
femme en lice pour le lion d’or.
L’AMICA GENIALE
La série télé de Saverio
Costanzo d’après le roman
à succès d’Elena Ferrante
L’Amie prodigieuse sera
présentée en séance spéciale.
+
a 75e Mostra qui s’ouvre
demain avec le nouveau film de Damien
Chazelle First Man, où Ryan Gosling interprète le rôle-titre de l’astronaute Neil
Armstrong, propose cette année encore
une sélection alléchante, qui fait briller
de tous ses feux le plus ancien festival du
7e art. Si Cannes, appuyé sur son puissant marché, reste le rendez-vous mondial incontournable du cinéma, Venise
se pose en rivale artistique et bénéficie
d’une position stratégique sur le calendrier : c’est le premier d’une suite de festivals qui créent une synergie et lancent
la saison jusqu’aux Oscars. Ce n’est pas
un hasard si Les Frères Sisters de Jacques
Audiard, espéré à Cannes, se retrouve en
compétition à la Mostra : c’est par la volonté de ses producteurs américains.
« Cannes est un très bon poste pour les
ventes internationales. C’est là que je finance mes projets futurs, dit Charles Gillibert, producteur de Doubles vies d’Olivier Assayas, film français en lice pour le
lion d’or, qui passera ensuite à Toronto.
Mais si on veut exister aux États-Unis,
Venise et les festivals américains, Toronto,
Telluride, New York, sont devenus une espèce de carré d’or, qui permet d’être en
flux tendu vers les Oscars. Venise avec sa
sélection et son public exigeants apporte le
prestige. La Mostra a eu un coup de mou il
y a quelques années, mais les Américains
ont commencé à y voir le moyen de se distancier de Cannes, et il s’est créé une alliance informelle. Toronto est plus brutal
pour les artistes, parce que c’est très marchand. Le public est intéressant, parce que
c’est le grand public : il peut se montrer
froid, mais il est bon enfant au départ. »
Ses réactions servent parfois de test pour
prévoir et corriger éventuellement le
destin commercial d’un film.
« Pour la réputation internationale,
Venise est excellent », renchérit Denis
Freyd, producteur d’Un peuple et son roi
de Pierre Schoeller, sur la Révolution
française. Plutôt qu’une première à
Cannes dans la section Un certain regard, Denis Freyd a misé sur la sélection
officielle vénitienne, où le film figure
hors compétition. « Cannes est un marché puissant, et évidemment imbattable
pour l’exploitation des films en France,
car les directeurs de salles y viennent
nombreux. Mais la qualité de la ligne éditoriale de Venise apporte une image très
mobilisatrice. »
« Un coup de vent favorable a propulsé
la Mostra ces dernières années aux yeux
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FRANCE
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
mntranchant@lefigaro.fr
ORSON WELLES
Le réalisateur fera l’objet
d’un événement spécial
avec la projection de son film
inachevé et inédit The Other Side
of the Wind.
VANESSA REDGRAVE
L’actrice recevra un lion d’or pour
sa carrière. La 75e Mostra rendra
aussi hommage aux cinéastes
David Cronenberg et Zhang Yimou.
Greengrass. Ce qui a suscité une protestation des exploitants italiens. « La position de Netflix est compréhensible. Miser
sur de grands noms du cinéma lui a permis de devenir une puissance, commente
Giorgio Gosetti. Mais c’est un calcul
commercial à court terme. »
Dans une industrie en pleine révolution, « tout le monde court tous les lièvres », dit Charles Gillibert, qui approuve la décision de Cannes : « Le plus
grand festival du monde est dans son rôle
en maintenant que le cinéma est autre
chose qu’un bien de consommation. Surtout dans un pays qui a un vrai rapport à
la salle et aux cinéastes et donne des repères en faisant respecter l’un et
l’autre. » Les diffuseurs de séries jouent
sur tous les tableaux, mettre le cinéma
en flux et obtenir des festivals un label
d’excellence. Pour Charles Gillibert :
« Netflix joue avec cette frontière floue.
On fait de vrais films, avec de vrais réalisateurs et de vrais acteurs. Venise a fait
le choix tactique de dire : Cuaron, c’est du
cinéma. C’est peut-être aux réalisateurs
maintenant de dire s’ils veulent défendre
la salle. » ■
Mostra de Venise,
du 29 août au 8 septembre.
À Hyères, le design fait parade
ART Dans la mythique Villa Noailles, dans le Var, la 13e édition
BÉATRICE DE ROCHEBOUËT
bderochebouet@lefirgaro.fr
ENVOYÉE SPÉCIALE À HYÈRES (VAR)
sprit, es-tu là ? Celui du couple
mythique et excentrique, Charles et Marie-Laure de Noailles,
hante leur villa édifiée entre 1924 et 1932 par Robert Mallet-Stevens, sur les hauteurs de Hyères,
dans le Var. Ce bâtiment hors normes de
1 800 m2 - une des premières demeures
représentatives du mouvement moderne
qui a accueilli avec effervescence les
avant-gardes du XXe siècle - a trouvé une
nouvelle vocation renouant avec son
passé artistique et intellectuel. À l’époque, les Noailles furent de grands mécènes, commandant aux artistes les projets
les plus fous et accueillant les intellectuels
les plus en vogue. En témoignent les photos vintage de Max Ernst, Christian Bérard, Francis Poulenc ou Jean Cocteau, le
mobilier d’origine tels les fameux fauteuils transat tubulaires verts de MalletStevens, les sculptures et moulages en
plâtre d’Alberto Giacometti ou les Picasso
dont cette Maison dans les arbres de 1919
qui marqua le début de leur collection.
À Paris, dans leur hôtel particulier de la
place des États-Unis, comme à Hyères,
les Noailles accrochent toiles et dessins
du maître espagnol que leur a fait connaî-
A
E
tre Cocteau en 1917, quelques mois après
leur mariage. En 1928, ils achètent pour la
somme record de 175 000 francs une Nature morte au sable réalisée à Juan-lesPins en 1925 pour l’accrocher dans une
mise en scène du décorateur Jean-Michel
Frank. Ces deux Picasso (l’un issu d’une
collection privée, l’autre du Musée national d’art moderne) sont montrés dans le
Salon rose où a été conçue une exposition
sur la vie des Noailles dans la villa ainsi
que des albums faits par Marie-Laure, des
archives venant du Musée Picasso et une
rare lettre du peintre à Max Jacob.
Un dédale de pièces
Chargé de tant de souvenirs, ce lieu de
mémoire ne pouvait que traverser les siècles. Sous la houlette de son directeur,
Jean-Pierre Blanc, la Villa Noailles continue à vivre en soutenant la création
contemporaine dans des domaines aussi
divers que la mode, la photographie, le
design et l’architecture. Reconvertie en
centre d’art en 2003, la Villa Noailles organise depuis 2006 le festival Design Parade, avec un nouveau volet architecture
d’intérieur depuis 2016. Président de cette 13e édition, le designer québécois Philippe Malouin, 38 ans, est invité à montrer son travail dans ce qui était autrefois
la piscine, dominée par son merveilleux
plafond de mosaïques de lumière.
Ce natif de Montréal, qui a établi son
atelier à Londres en 2008 après avoir travaillé pour Tom Dixon, montre l’intégralité de ses créations minimalistes dans un
ordre strictement chronologique. Toutes
sont disposées sur des socles en bois : de la
célèbre table gonflable Grace avec son
plateau de caoutchouc sur pieds de hêtre,
projet pour son diplôme à la Design Academy d’Eindhoven en 2008, à la lampe
Arca pour la galerie Matter Made, led sur
une tige de laiton courbé (2018). Pendant
ces dix dernières années, il a privilégié les
économies de moyen en supprimant toute forme superflue, tout ornement nuisant à la lisibilité de la forme, tout mélange de matériaux réduisant la force de
l’objet. On adore son canapé ergonomique en mousse rouge, sa chaise bleu portemanteau ou son petit miroir de table
sorti d’un tube d’acier pressé et poli.
Il y a beaucoup à découvrir dans le dédale de pièces de la Villa Noailles qui n’a
jamais cessé de s’agrandir jusqu’en 1932.
À commencer par le sous-sol ouvrant sur
le petit jardin cubiste du paysagiste Gabriel Guevrekian (appelé aussi le jardin
triangulaire) orné jadis à sa pointe d’une
sculpture en bronze de Jacques Lipchitz.
Pour son concours international ouvert
aux jeunes designers, le jury a distingué la
jeune Portugaise Sara de Campos, fille de
viticulteur qui a fait ses classes à l’Ecal à
Lausanne. Elle a été récompensée pour sa
hotte magique pour les vendanges. Une
LOTHAIRE HUCKI/DESIGN PARADE
de Design Parade invite de jeunes créateurs à faire exploser leur talent.
Président de cette 13e édition de Design Parade, le Québécois Philippe Malouin
est invité à exposer son travail. Ici, un canapé ergonomique en mousse rouge.
mention spéciale a été attribuée au projet
conceptuel d’Alex Sizemore & Hank
Beyer, diplômés de l’université de Cincinnati aux États-Unis, pour leurs ordinateurs en argile, charbon, calcaire ou
grès, mettant l’accent sur le rôle du designer dans la production industrielle.
À l’étage, Arthur Hoffner (diplômé de
l’école Boulle et de l’ENSCI qui a remporté
en 2012 le premier prix du concours Cinna) nous étonne avec ses fontaines aux
jeux illusionnistes, mariant vrai marbre et
fausse éponge, vaisselle en plastique ou
bols en porcelaine et fragments de tuyauterie recyclés. Souvenirs de Duchamp,
réminiscences de Sottsass, ces readymades aux couleurs pop ont conquis le
cœur des visiteurs qui lui ont décerné le
prix du public. Carolien Niebling, lauréate
du Grand Prix l’an passé, expose, elle, son
jardin secret de plantes aquatiques dans
de grands contenants en verre, fruit de
son travail en résidence à Sèvres et au
Civa. « Fidèle à la tradition des Noailles qui
aimaient s’entourer de créateurs inventifs
et talentueux, cette demeure est là pour accueillir une ébullition de jeunes talents
pleins de promesses, note Jean-Pierre
Blanc. Nous ne les lâchons pas, Nous les
suivons. Et ils reviennent. » Avant de quitter cette villa magique que le film de Man
Ray Les Mystères du château de Dé a si
bien dépeinte, un détour par la boutique
éphémère conçue par le décorateur parisien Vincent Darré s’impose. Avec son
architecture de stuc blanc où se nichent
les fresques colorées de Matthieu Cossé,
son esprit est totalement Côte d’Azur. ■
Montée de Noailles, Hyères (83),
jusqu’au 30 septembre. Tous les jours sauf
mardi, de 14 heures à 19 heures. Entrée libre.
www.villanoailles-hyeres.com
LE FIGARO
mardi 28 août 2018
AUTOMOBILE
13
confort d’abord
uLe
S’il faut patienter encore quelques
ESSAI SUV le plus vendu
au monde, le Honda CR-V relève le niveau
de ses prestations, offrant une version 7 places.
l est né à une époque où l’on ne
parlait pas encore de SUV mais de véhicule tout-chemin ou de loisirs.
C’était il y a un peu plus de vingt ans.
Pionnier d’un nouveau genre automobile, le CR-V formulait un nouveau
contrat avec les automobilistes en stimulant le côté aventurier qui sommeille en eux. On sait ce qu’il advint.
Le SUV s’est imposé comme le standard mondial du secteur. Quant au
CR-V, avec déjà près de 10 millions
d’unités vendues, il est devenu le SUV
le plus diffusé au monde. Sa recette :
avoir séduit en masse les Américains.
C’est pourquoi la cinquième génération, lancée depuis un an aux ÉtatsUnis et sur nos routes à partir d’octobre prochain, répond à une vision très
américaine de l’automobile. Il privilégie les prestations de confort et aura
droit pour la première fois à une version hybride.
Commercialisé à partir de janvier prochain, ce modèle est le fer de lance
d’un nouveau départ de Honda en matière d’électromobilité. Il embarquera
une nouvelle technologie, l’i-MMD,
reposant sur un moteur 4 cylindres essence 2,0 litres à cycle Atkinson, asso-
cié à deux moteurs électriques pour
délivrer environ 200 chevaux. En attendant ce modèle, qui assurera 80 %
des volumes du CR-V en France, soit
autour de 2 000 unités, Honda ne propose que le 4-cylindres 1,5 litre ; le
diesel étant écarté au regard de son
désintérêt croissant.
uUn empattement allongé
Entièrement inédit, le cinquième
CR-V repose sur la plateforme de la
Civic et voit sa silhouette évoluer passablement. Les lignes ont conservé un air
de famille, mais elles ont gagné en tension et en dynamisme. Le traitement de
la poupe évoque les Volvo actuelles avec
les feux en L paraissant souligner la lunette arrière. Si le gabarit reste sensiblement le même, l’empattement s’allonge de 30 mm, à 2,66 m.
L’augmentation du volume de la cabine
confère une réelle sensation d’espace
et permet de proposer, pour la première fois, une déclinaison 7 places
(+ 1 700 euros). Même si cette configuration ne sera pas disponible avec le
modèle hybride, l’ingéniosité de
conception propre à Honda, passant par
l’adoption d’un réservoir d’essence plat
et d’une nouvelle architecture de suspension arrière multibras, a permis ce
tour de force.
Accéder au rang 3 requiert certes de déployer une sacrée souplesse, mais de
42 millions d’euros
pour une Ferrari 250 GTO
ENCHÈRES La GT italienne détient le titre
de voiture la plus chère au monde dans le cadre
d’une vente publique, en Californie.
ne Ferrari chasse l’autre.
Détenu
depuis
février
2016 par la 335 S de la collection Bardinon, adjugée
32 100 000 euros par la maison Artcurial, le record du monde en
euros et en livres sterling, dans le cadre
d’une vente aux enchères, vient d’être
cédé à l’une des trente-six Ferrari
250 GTO. Star incontestée de la maison
anglo-saxonne RM Sotheby’s lors de ses
ventes événements, le week-end dernier
à Pebble Beach, la GT italienne a été adjugée 48,4 millions de dollars, soit
42,35 millions d’euros. À vrai dire, le fait
que la GTO devienne la voiture la plus
chère au monde n’est pas vraiment une
surprise tant elle occupe une place à part
au panthéon de l’automobile. Développée pour la compétition, la GTO a dominé
toutes les épreuves sportives durant trois
saisons, de 1962 à 1964.
U
Des valeurs fluctuantes
P. ERNZEN/COURTESY OF RM SOTHEBY’S
L’enchère réalisée par la GTO samedi
dernier constitue même une demi-déception si l’on se réfère aux 70 millions de
dollars (61 millions d’euros) déboursés
voici quelques mois par l’Américain David MacNeil, fondateur de l’équipementier Weather Tech, pour acquérir la GTO
portant le numéro de châssis 4153 GT.
C’est un constat mais toutes les GTO ne se
valent pas. Leur valeur fluctue en fonction du palmarès et du parcours. Auréolé
d’une victoire au Tour Auto 1964, celui de
4153 GT vaut de l’or. La voiture de la
vente californienne, la troisième de la lignée (3413 GT), ne pouvait présenter
d’aussi brillants états de service. Si elle
fut engagée par l’usine à la Targa Florio
1962 pour le champion du monde de F1
Phil Hill, elle fut ensuite vendue au gentleman driver italien Edoardo Lualdi
Gabardi, qui l’engagea dans des courses
de seconde zone. Et au début de l’année
1964, elle perdit sa robe originelle au profit d’une nouvelle carrosserie type 1964.
L’ex-président de L’Oréal, Lindsay
Owen-Jones, profite de la crise du début
des années 1990 pour en devenir propriétaire. Début 2000, l’Américain Greg
Whitten débourse moins de 10 millions
d’euros pour acquérir 3413 GT. Cet ingénieur informaticien a fait fortune en devenant l’un des créateurs des logiciels à
succès de Microsoft. Ces dernières années, il était président de la société Numérix. Certains spécialistes estiment que
les GTO les plus capées pourraient flirter
avec la barre des 100 millions de dollars
dans les trois ans qui viennent. ■
S. R.
La 250 GTO occupe une place à part au panthéon de l’automobile.
toute façon les deux strapontins de dépannage s’adressent à de jeunes enfants. Cela suppose d’avoir avancé au
maximum la banquette du rang 2 qui
coulisse sur une amplitude de 150 mm
et d’avoir replié les sièges latéraux en
portefeuille. Ils s’escamotent facilement
en tirant sur une lanière depuis le coffre, laissant place à une surface plane.
En 7 places, le volume de coffre est
Sous le capot
Moteur
Cylindrée
Type
Puissance
Couple
1 498 cm3
4-cylindres turbo essence
173 et 193 ch à 5 600 tr/min
220 et 243 Nm
ambiance cossue
uUne
En pénétrant à bord, vous serez
Transmission
Type
Boîte
surtout saisi par l’ambiance statutaire, reflet de progrès en matière de
qualité de perçue et de matériaux. Le
CR-V cède au modernisme d’une
planche de bord horizontale épurée
et d’équipements high-tech. L’affichage tête haute fait son entrée et
l’écran central tactile est compatible
avec Android Auto et Apple Car
Play. Le CR-V lit les panneaux routiers, vous maintient dans la file, détecte d’autres véhicules dans les angles morts ou un risque de collision,
et pallie la déficience d’un conducteur en freinant à sa place si besoin.
Traction et intégrale
Méca. 6 vit. et CVT
Dimensions/poids
L/l/h
Coffre
Poids
4 600 × 1 855 × 1 679 mm
561 litres
1 523 et 1 705 kg
Performances
0-100 km/h
Vitesse
9,3 et 10 secondes
211 et 200 km/h
Consommation/émissions
Mixte WLTP
CO2
Prix
vraiment ridicule (150 litres) mais suffisant pour loger deux valises cabine
debout. En version 5 places, le coffre
retrouve des couleurs à 561 litres, mais
cela reste moins bien que la concurrence. Dans le meilleur des cas, le CR-V
annonce une longueur de chargement
de 1 830 mm (+ 250 mm) et se targue de
pouvoir accueillir un cadre de VTT de
19,5 pouces. Dans sa volonté de simplifier le quotidien des usagers, Honda a
porté à 85 degrés (+ 6 degrés) l’angle
d’ouverture des portes arrière et conçu
un hayon arrière vraiment léger à
manipuler. Suivant les versions, il
pourra s’activer en passant le pied sous
le bouclier.
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I
SYLVAIN REISSER
sreisser@lefigaro.fr
Sur nos routes à partir d’octobre
prochain, le nouveau Honda CR-V
répond à une vision très
américaine de l’automobile.
RICHARD PARDON
L’esprit
de famille
mois avant d’essayer le CR-V le plus
vendu en France (le modèle hybride),
nous avons pu effectuer plusieurs dizaines de kilomètres au volant d’une version 4 roues motrices et transmission
CVT puis d’une version traction et boîte
manuelle à 6 rapports. Premiers
constats : le volant implanté très horizontalement confère une position de
conduite particulière ; l’insonorisation
est particulièrement soignée ; les suspensions absorbent parfaitement les irrégularités de la route. Les réglages du
châssis trahissent la priorité donnée au
confort. Pas aussi dynamique que ses rivales européennes, le CR-V peut compter sur la douceur de la boîte CVT à variation continue déterminant 7 rapports
avec palettes au volant pour distiller une
conduite apaisée. On notera que Honda
a réussi à réduire l’impression de patinage de la transmission. Notre consommation n’a pas dépassé 9,5 l/100 km
pour cette version qui se comporte
comme une traction et qui envoie jusqu’à 60 % du couple sur les roues arrière
lorsque le besoin de motricité le nécessite. Avec le second modèle testé, la puissance du 1,5 l turbo est réduite de 20 ch
(173 ch) et le couple de 23 Nm (220 Nm)
et les émissions de CO2 baissent de 15 g
(143 g), ce qui permet de réduire de façon non négligeable le malus. Les sensations sont analogues, à ceci près que le
train avant gagne en légèreté et que les
accélérations progressent. Le manque
de couple à bas régimes oblige toutefois
à jouer du levier pour dépasser en toute
sécurité. ■
mardi 28 août 2018
14
LE CARNET DU JOUR
Doyet (Allier).
Les annonces sont reçues
avec justification d’identité
du lundi au vendredi
de 9 h à 13 h
et de 14 h à 18 h
les dimanches et jours fériés
de 9 h à 13 h
(excepté les 1er janvier, 1er mai,
15 août, 25 décembre)
Elles doivent
nous parvenir avant
16 h 30 pour toutes
nos éditions du lendemain,
avant 13 h les dimanches
et jours fériés.
par téléphone
01 56 52 27 27
par télécopie
01 56 52 20 90
par courriel
carnetdujour@media.figaro.fr
en nos bureaux
14 boulevard Haussmann,
75009 Paris,
sur notre site :
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Tarif de la ligne € TTC :
Du lundi au jeudi
25 € jusqu'à 25 lignes
23 € à partir de 26 lignes
Vendredi ou samedi
28 € jusqu'à 25 lignes
26 € à partir de 26 lignes
Réduction à nos abonnés :
nous consulter
noces d'or
Paris (Haut Marais).
Plouër-sur-Rance.
Tinos (Cyclades).
A la fin de ce bel été,
Sophie, Visconsine,
Orion, Garance,
leurs conjoints et leurs enfants
ont le plaisir de vous faire part
des noces d'or de leurs parents
et grands-parents,
Bernard et Françoise
ANGLADE
mariés le 28 août 1968,
à l'Hôtel de ville de Manhattan,
New York (États-Unis).
bernard.anglade6@orange.fr
113, boulevard Beaumarchais,
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Tél Abonnements :
01 70 37 31 70
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Mme Marguerite COURTIAL
née Andrivon,
survenu à l'âge de 100 ans.
Croissy-sur-Seine (Yvelines).
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi
30 août 2018, à 14 heures,
en l'église de Doyet.
Condoléances sur registre.
Fleurs naturelles seulement.
Éric e t Yaël Allouch
ont la tristesse
de faire part du décès de
La famille remercie par avance
toutes les personnes
qui prendront part à sa peine.
deuils
née Morali,
veuve de
Les obsèques auront lieu au
cimetière de Croissy-sur-Seine
(Yvelines),
ce mardi 28 août, à 11 heures.
Gisèle, son épouse,
Isabelle et Jérôme,
ses enfants,
Marie-Louise, leur mère,
Florent, Gabriel, Thomas,
Aurélien, Raphaël, Baptiste,
ses petits-fils,
Marcel, Aurèle,
ses arrière-petits-fils,
Alma, son arrière-petite-fille,
M. et Mme Christophe Cavalli
et leurs enfants
ont la tristesse
de faire part du décès, dans
sa quatre-vingt-quatorzième
année, le 20 août 2018,
à Draguignan, de
Max Allouch
survenu le 25 août 2018,
à l'âge de 81 ans.
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Liliane CAVALLI
survenu le 21 août 2018.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le vendredi 31 août, à 14 h 30,
en l'église Saint-Jean-Baptiste,
à Neuilly-sur-Seine, suivie
de l'inhumation au cimetière
nouveau de Neuilly-sur-Seine.
Sabine et Jean-Pierre Clauzel,
Henry et Marie-Aude
Chaperon,
Véronique et Michel Sarrazin,
Ghislaine et Henri
Bellamy-Brown,
Arnault et Marie-Laure
Chaperon,
Gilles et Kennie Chaperon,
en communion avec
Jean Chaperon (†),
ses enfants,
ses 42 petits-enfants,
ses 51 arrière-petits-enfants,
les familles Despujol,
Chaperon, de Calbiac,
Fourcaud, de Bennetot
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu du
vice-amiral d'escadre (2S)
Robert CHAPERON
dans sa 97e année,
le 27 août 2018, muni
des sacrements de l'Église.
La messe d'action de grâce
sera célébrée en l'église
Notre-Dame d'Arveyres,
le mercredi 29 août, à 10 h 30.
Anniversaires de mariage
Fêtez-les dans le carnet du jour !
Bernard COUTANT
X 44,
chevalier
de la Légion d'honneur,
chevalier dans l'ordre
national du Mérite.
Selon sa volonté, le service
funéraire et la crémation
ont été accomplis le 23 août,
dans l'intimité familiale.
Le Raphaël,
106, route de Cagnes,
06140 Vence.
9, boulevard de Denain,
75010 Paris.
35, rue Poussin, 75016 Paris.
Sa famille
et ses amis
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
Françoise DU PASQUIER
née Lebert.
Elle a rejoint son époux,
Denis Du Pasquier (†).
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 31 août,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-des-Bruyères,
25, rue du Docteur-Roux,
à Sèvres (Hauts-de-Seine),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Sèvres,
adjacent à l'église.
Saint-Gence (Haute-Vienne).
Saint-Maurice-des-Lions,
Confolens,
Champagne-Mouton
(Charente).
ont l'infinie tristesse
d'annoncer la disparition
de leur mère
et grand-mère chérie,
Mme Marie-Françoise
Morand-Moreau (†),
le docteur Jacqueline Morand,
le docteur et Mme
Jacques Ollivier Morand,
les docteurs Pascale
et François Touraine,
ses enfants,
Liliane KORN
Les obsèques auront lieu
ce mardi 28 août 2018,
à 15 h 15, au cimetière parisien
de Bagneux.
En union avec
M. Philippe Le Pomellec ( †),
Mme Caroline
Tilleau-Le Pomellec,
M. et Mme
Christophe Le Pomellec,
M. et Mme
François-Xavier de Salins,
M. et Mme Yves Le Pomellec,
ses enfants,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu du
baron LE POMELLEC
ont la douleur
de faire part du décès de
Henry de GAULLE
survenu le 8 août 2018,
à l'âge de 82 ans.
Une messe sera célébrée
à son intention
en l'église Saint-Symphorien,
à Versailles,
le vendredi 7 septembre,
à 14 heures, suivie
de l'inhumation au cimetière
de Montreuil, à Versailles.
née
Marie-Thérèse Chadoutaud,
survenu à l'âge de 96 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée ce mardi
28 août 2018, à 15 h 30,
en l'église
de Champagne-Mouton.
La crémation aura lieu
le mercredi 29 août, à 8 h 45,
au crématorium de Landouge.
La famille tient à remercier
toutes les personnes
qui prendront part à sa peine.
Mme Andrée Lothier,
son épouse,
et toute la famille
Mark,
son gendre,
William, Mathilda, Elinor,
ses petits-enfants,
ont la douleur
de vous faire part du décès du
colonel Maurice LOTHIER
officier
de l'ordre national du Mérite
à titre militaire,
croix du combattant
volontaire AFN,
médaille commémorative
des opérations de sécurité
et de maintien de l'ordre
en AFN,
survenu le 19 août 2018,
à l'âge de 82 ans.
La cérémonie religieuse
a été célébrée en l'église
Sainte-Marie-aux-Fleurs,
à Saint-Maur-des-Fossés
(Val-de-Marne), le 24 août 2018.
Des dons sont possibles
pour l'Arsla
(Association pour la recherche
sur la sclérose latérale
amyotrophique).
Cécile et Alain Benoiston,
Benoît et Chantal Martin,
Olivier Martin-Clerc
et Marion Devezin,
Béatrice et Olivier Lenormand,
ses enfants,
ses petits-enfants,
en union avec
Catherine Martin-Clerc ( †)
ont la tristesse
de vous annoncer
le rappel à Dieu,
dans l'espérance
de la Résurrection, de
Pierre MARTIN
le 26 août 2018.
Il a rejoint
son épouse Chantal,
et sa fille Sophie.
Versailles (Yvelines).
et toute sa famille
Mme veuve
Jean-Jacques MORAND
Isabelle Haynes,
sa fille,
Ni fleurs ni couronnes.
Dons à la Maison médicale
Jeanne Garnier,
jeanne-garnier.org
Pascale, Hélène, Emmanuelle,
Catherine, Cécile,
ses filles,
Gilles, Nicolas, Carlos,
Mickaël,
ses gendres,
Cécile, Marie, Jules, Joaquim,
Adrien, Léo, Léonard,
ses petits-enfants,
ont la douleur
de vous faire part du décès de
La cérémonie religieuse
sera célébrée le
mercredi 29 août, à 15 heures,
en l'église de Cohiniac.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 31 août,
à 14 h 30,
en l'église du Sacré-Cœur,
à Chambéry (Savoie),
suivie de l'inhumation
au cimetière Charrière-Neuve.
Mme Henry de Gaulle,
née Monique Buisan,
son épouse,
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
ainsi que toute la famille
Cohiniac (Côtes-d'Armor).
Les personnes qui le souhaitent
peuvent participer à l'habillage
floral des obsèques
ou faire un don à l'Institut
Pierre et Marie Curie,
curie.fr/liste/nous-soutenir
M. et Mme
Hubert de Poulpiquet,
sa sœur et son beau-frère,
M. et Mme
Jean-Jacques Buisan,
son beau-frère et sa belle-sœur,
Dominique et Marilyn Buisan,
ses belles-sœurs,
Tél. 01 56 52 27 27 • Fax. 01 56 52 20 90
carnetdujour@media.figaro.fr
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Laurence et Sylvie,
Judith, David, Clara, Léo,
Jacques, Malika,
Francesca, Jean-Marc,
Ivan et Stacey
le 25 août 2018.
Yolande ALLOUCH
née Berthaux,
Les lignes comportant des
caractères gras sont facturées
sur la base de deux lignes ;
les effets de composition
sont payants ;
chaque texte doit comporter
un minimum de 10 lignes.
Anne Delbard Courtial
et Henri Delbard,
Jacques et Chantal Chateau (†)
Françoise Courtial,
Bertrand (†) et Dominique
Courtial,
ses enfants,
Arnaud et Catherine,
Benoît (†), Olivier (†), Nicolas,
Anne et Bruno,
Loïc et Christine,
Paul et Touma, Pauline, Louis,
ses petits-enfants,
Arthur, Clara, Victor, Albane,
Thibault, Marine, Kassim,
Pierre-Louis, Jacques,
ses arrière-petits-enfants,
ainsi que toute sa famille
et ses amis
Cet avis tient lieu de faire-part.
49, rue Rivay,
92300 Levallois-Perret.
Le Seigneur a accueilli
dans Sa Lumière
Henri le MASNE
dans sa 36 année.
e
Né à Oloron-Sainte-Marie
(Pyrénées-Atlantiques),
disparu le 24 mars 1954,
sur les pentes du mont Cervin
(4478m), (Italie-Suisse)
et retrouvé récemment.
De la part de
Roger le Masne,
son frère,
Mme Claude le Masne,
sa belle-sœur,
ses neveux, petits-neveux,
arrière-petits-neveux,
des familles le Masne,
Lamarque, de Gorostarzu,
Good.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 30 août 2018, à 14 h 30,
en l'église Notre-Dame
de Saubion (Landes),
suivie de l'inhumation
dans la tombe familiale.
Une messe sera célébrée
ultérieurement en l'église
Notre-Dame-du-Chêne
de Viroflay (Yvelines).
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Hélène SCHERER
née Fimbel.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 30 août 2018,
à 15 heures,
en l'église Saint-Dominique,
Paris (14e).
Le Seigneur a accueilli
dans Sa Lumière
et dans la Paix,
Mlle Jeanine TISSERAND
décédée le 26 août 2018,
à l'âge de 92 ans.
De la part de :
M. (†) et Mme (†)
André Tisserand,
leurs enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
M. (†) et Mme
Jacques Tisserand,
leurs enfants et petits-enfants,
le docteur et Mme (†)
Pierre Merat,
leurs enfants et petits-enfants,
M. (†) et Mme Robert Gillier,
leurs enfants et petits-enfants
et ses filleuls dont son frère
tant aimé Claude (†), Marc,
Benoît, Virginie et François (†).
La cérémonie sera célébrée
le vendredi 31 août, à 15 heures,
en l'église Saint-Nicolas
de Troyes (Aube), sa paroisse.
L'inhumation se fera
au cimetière de Troyes,
dans le caveau familial, où elle
ira rejoindre ses très chers
parents, Louis et Alice, sa sœur
Denise et son frère Claude.
Tous les cinq réunis maintenant
dans l'Amour de Dieu
auquel elle croyait tant.
Pas de plaques, des offrandes
pour des messes et quêtes
pour la paroisse Saint-Bernard
de Troyes.
La famille remercie toutes
les personnes ayant manifesté
leur sincère sympathie, sans
oublier leurs fidèles et chères
amies et leurs si dévouées
Martine Jacquel,
Marie-Françoise Hotte
et Marie Elise Lasserre.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Françoise et Didier Huchard,
ses enfants,
Florence Huchard,
Marine et Thomas Collery,
ses petits-enfants,
Paul et Albane,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu de
Mme Julien VANLERBERGHE
née Jeanne Nuyttens,
le 24 août 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Etienne de Tillé (Oise),
le jeudi 30 août, à 10 h 30.
souvenirs
Il y a dix ans, le 28 août 2008,
Thierry
de LASTEYRIE du SAILLANT
était rappelé à Dieu.
Que ceux qui l'ont connu
et aimé aient une pensée
pour lui.
disparitions
Margareta Niculescu,
une vie pour les marionnettes
ARMELLE HÉLIOT
aheliot@lefigaro.fr
Personnalité aussi attachante qu’entreprenante,
cette femme de cœur a mis
au premier plan un art
aujourd’hui
pleinement
reconnu. Sans elle, sans
doute, l’art de la marionnette ne serait-il pas,
aujourd’hui,
reconnu
comme il l’est au cœur du
spectacle vivant.
Margareta
Niculescu
était née en Roumanie le
4 janvier 1926. Elle s’est
éteinte la semaine dernière
à l’âge de 92 ans. Ses obsèques ont été célébrées jeudi
dernier, à Charleville-Mézières. Elle repose auprès
de son mari au cimetière
du Grand Rulut.
Dès après la guerre, cette
jeune femme très jolie, qui
avait toujours gardé du
charme, entreprend des
études de mise en scène à
l’IACT (Institut d’art théâtral et de cinéma) de Bucarest. En 1949, elle est à la
tête du Théâtre Tandarica.
On est en pleine guerre
froide, mais sa culture, sa
curiosité, son courage moral lui permettent de mettre en place un très fructueux dialogue entre Est et
Ouest. Au Tandarica, où
elle demeurera directrice
trente ans durant, elle fait
évoluer l’art de la marionnette, comprend que les
autres formes d’expression
artistique doivent être associées. Elle crée un festival en 1958 qui permettra
aux marionnettistes du
monde entier de se rencontrer.
Rencontres décisives
Le monde de la marionnette, placé sous le signe de la
fraternité avec l’Union internationale de la marionnette, lui permet deux rencontres décisives : Henryk
Jurkowski et Jacques Félix.
Tous trois se liguent pour
fonder l’Institut international de la marionnette,
en 1981, à Charleville-Mézières, dans les Ardennes.
Six ans plus tard, l’école
ouvre ses portes : un établissement de formation
supérieure, sous tutelle du
ministère de la Culture et
indissociable de l’Institut.
Margareta
Niculescu
Margareta Niculescu s’est
éteinte à l’âge de 92 ans.
CHRISTOPHE LOISEAU
était une bâtisseuse, mais
d’abord une artiste et, tout
au long de sa vie, elle aura
créé de mémorables spectacles qui mettaient en
œuvre son désir d’élargir le
cercle des expressions.
Humour à fils
En 1954, déjà, avec Umor
pe sfori (Humour à fils), elle
avait utilisé des matériaux
très divers pour construire
et habiller les poupées et
leurs décors. C’est elle qui,
avec ses camarades, et l’on
pense notamment à la
grande famille des Recoing
– Éloi Recoing est directeur
de l’Institut -, fit que l’on
passa de la notion de « manipulateur » à celle d’« acteur-marionnettiste ». Elle
a créé un nombre impressionnant de spectacles et
parfois repris de grandes
œuvres, tel Peer Gynt
d’Henrik Ibsen ou encore
La Reine des neiges d’après
Hans Christian Andersen.
La saison dernière, lors
du festival qui se tient tous
les deux ans dans la ville de
Rimbaud, nous vous avions
parlé de l’école, de cet ensemble, de la vitalité formidable de ce lieu de formation, de création, ce
centre de ressources.
Il y a trente ans, les éditions de l’Institut et la revue Puck avaient été lancées. En 1996, inlassable,
elle obtient qu’une résidence pour chercheurs et
créateurs soit abritée à la
villa d’Aubilly.
Les nouveaux bâtiments
de l’école, inaugurés il y a
quelques mois, sont venus
parachever l’œuvre d’une
vie. ■
Pascal Martinet,
homme de théâtre complet
Ancien régisseur, fondateur d’un centre de formation réputé, directeur de
plusieurs salles à Paris,
Pascal Martinet s’est éteint
brutalement à Strasbourg
des suites d’une crise cardiaque. Il avait 62 ans. Ses
obsèques étaient prévues
dans l’intimité familiale.
Mais le monde du théâtre
lui rendra hommage prochainement.
Pascal Martinet n’était
pas une vedette médiatique
connue du grand public.
Mais il appartenait de plusieurs manières au monde
de la création théâtrale. Il
s’était formé comme régisseur et avait travaillé au
Théâtre Hébertot au temps
où Jean-Laurent Cochet
avait pris en mains les destinées artistiques de ce très
beau lieu, en faisant, avec
une troupe épatante, une
sorte de Comédie-Française, avec des classiques en
alternance chaque soir !
Auprès de Serge Bouillon, il
avait donné des cours au
Centre de formation professionnelle aux techniques
du spectacle (CFPTS),
avant de créer sa propre
école par le truchement de
l’Association Laser, qui est
toujours active.
Mais Pascal Martinet
avait également fondé des
théâtres et les avait dirigés
jusqu’à sa disparition brutale : le Théâtre Clavel, né
en 1986 dans le XIXe arrondissement de Paris, puis,
trois ans après, le Théâtre
Trévise, dans le IXe.
Public chaleureux
Des salles qui permettent à
de jeunes compagnies de
présenter leurs spectacles
dans de bonnes conditions.
Il avait été nommé à la direction du théâtre d’arrondissement du XXe, dépendant de la Ville de Paris, et
en avait fait un lieu très
chaleureux, spécialisé dans
les spectacles musicaux. De
très grands artistes étaient
au rendez-vous comme le
public, divers et chaleureux, toutes générations
confondues. Mais un jour,
sans que l’on comprenne,
les tutelles l’avaient remercié alors qu’il était
l’homme qu’il fallait. A. H. ■
mardi 28 août 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
15
« The Good Doctor », antidote à la morosité
Gros succès d’audience outre-Atlantique, cette série américaine met en scène un jeune chirurgien autiste brillant et attachant.
CONSTANCE JAMET £@constancejamet
près quatre saisons
passées à tuer des gens
dans Bates Motel, je
peux me racheter en les
soignant dans The
Good Doctor », confiait au Figaro Freddie Highmore. Un aveu en forme de signe des temps, dans un monde de plus
en plus cynique et violent. Dans la veine
des séries doudous, vantant l’amour et le
vivre ensemble à la This Is Us (Canal +)
ou The Innocents (Netflix), arrive sur TF1
The Good Doctor. « L’antidote à la morosité ambiante et aux mauvaises
nouvelles du JT », salue
○○○¡
son comédien vedette.
Découvert dans Charlie et la chocolaterie de Tim Burton, juvénile Norman
Bates dans le feuilleton préquel de Psychose, le Britannique Freddie Highmore
campe Shaun Murphy. Un interne en
chirurgie qui débute son stage au San
A
«
+@
SUR LE WEB
Jose Bonaventure Hospital, en Californie. La particularité de Shaun : il est un
autiste à haut niveau de fonctionnement. Sa mémoire photographique et sa
logique unique de visualisation dans
l’espace lui permettent de poser des diagnostics, de suggérer des stratégies opératoires auxquelles seul MacGyver songerait. Mais le jeune homme ne supporte
pas qu’on le touche. Il se fige à la moindre question ou stimulus imprévus. Il ne
doit son poste qu’à son mentor et directeur de l’établissement Aaron Glassmann (Richard Schiff, The West Wing).
Ses collègues craignent que son handicap ne lui fasse commettre des erreurs irréparables.
Succès
surprise
outre-Atlantique, où il
rassemble 10 millions de fidèles, le
feuilleton est l’adaptation d’une série
culte sud-coréenne. Développé par l’exstar de Lost, Daniel Dae Kim, le format a
d’abord été refusé par CBS, avant d’être
accepté sur ABC. La spontanéité de
Shaun, qui dit ce qu’il pense sans filtre,
séduit. La machine est bien huilée, même
si les personnages secondaires manquent
au départ de relief. On reconnaît la patte
du showrunner David Shore. Le père de
Dr House y applique les mêmes recettes,
jusqu’aux simulations en 3D de l’anatomie humaine. L’optimisme en plus.
Sincérité
Freddie Highmore s’est « senti investi
d’une grande responsabilité en acceptant
le rôle ». « Il est important de mieux représenter les personnes autistes », dit-il.
Bien sûr, l’acteur de 26 ans a discuté
avec un consultant, des patients. Il a
travaillé toutes les facettes de son personnage : « Shaun a des espoirs, des désirs, des moments de colère. Ce n’est pas
parce qu’il ne peut exprimer ses sentiments qu’il n’en a pas. » Cette sincérité
est la clef du feuilleton. Aussi prodige
que Shaun, Freddie Highmore profite
de la saison 2, qui démarre en septembre aux États-Unis, pour passer derrière la caméra et signer des scénarios. ■
21.00
Freddie Highmore interprète Shaun Murphy, le médecin autiste de The Good Doctor.
» Nikos, Lapix, Cauet... ils font leur grande rentrée cette semaine à la radio et à la télévision. » Bruce Toussaint arrive sur BFMTV. » Un si grand soleil : le pari de France 2. www.lefigaro.fr
ÉPHÉMÉRIDE St-Augustin
Soleil : Lever 07h02 - Coucher 20h41 - Lune décroissante
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag 20.50 Nos chers voisins. Série.
18.40 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.40 Un si grand
soleil. Feuilleton.
19.00 19/20 20.00 Vu. Magazine
20.20 Plus belle la vie. Feuilleton
20.45 Tout le sport. Magazine.
21.00
21.00
21.00
Série. Drame
Divertissement
Série. Drame
19.55 Suburgatory. Série. Du poil de
la bête - Ah... l’amooour !
MATIN
15
21.00 L’Italien
Film. Comédie. Fra. 2009. Réal. :
Olivier Baroux. 1h42. Avec Kad
Merad. Mourad Ben Saoud se fait
appeler Dino, pensant se faire mieux
accepter ainsi par la société.
10
14
13
12
10
12
14
15
13
13
12
22.50 Chroniques criminelles. Mag.
Présentation : Magali Lunel.
15
13
15
13
16
12
15
14
20
The Good Doctor
EU. Saison 1. Avec Freddie Highmore,
Nicholas Gonzalez, Antonia Thomas,
Chuku Modu. 2 épisodes. Inédits. À la
tête de l’hôpital Saint-Bonaventure
de San José, le docteur Aaron Glassman a recruté un autiste.
Le plus grand cabaret
du monde
Noces rouges
13
17
16
19.00 Silence, ça pousse ! Magazine
20.00 Les virtuoses de la nature
17
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18
Prés. : Patrick Sébastien. 2h40.
Best of. Dans ce numéro «best
of», Patrick Sébastien présente
des numéros de cirque et de magie
provenant du monde entier.
Fra. Saison 1. Avec Cristiana Reali,
Alexia Barlier, Joyce Bibring, Lannick
Gautry, Patrick Catalifo. 2 épisodes.
Inédits. Sandra disparaît au cours de
sa propre cérémonie de mariage sur
les hauteurs de Cassis.
20.50 Sale temps
pour la planète !
22.45 New York, unité spéciale
23.40 Zygel académie Magazine.
22.40 Toi que j’aimais tant
Série. Engrenage. Inédit - Triste
célébrité - Le manifeste.
Inédit 1.45 Concert des nuits d’été
de Schönbrunn. Concert.
Film TV. Drame 0.20 Soir/3 0.55
Boulevard du Palais. Série.
22.35 C dans l’air. Mag. 23.45 Chantilly, la capitale du cheval. Doc.
Série doc. Nature. 2018. Réal. : Morad Aït-Habbouche. 1h45. Bretagne,
des îles qui résistent. Inédit. - Corse,
une île en surchauffe. Inédit.
21
18
18
18
21
19
20
10
20
APRÈS-MIDI
21
20
22
19.00 Petits moineaux, grandes
villes. Documentaire 19.45 Arte
journal 20.05 28 minutes. Magazine.
18.35 La meilleure boulangerie de
France. Jeu 19.45 Le 19.45 20.25
Scènes de ménages. Série.
21.00
20.50
21.00
Film. Drame
Documentaire. Société
Film. Comédie
25
25
25
26
27
25
28
20.55 Forces spéciales
Film. Action. Fra. 2011. Réal. : Stéphane Rybojad. 1h45. Avec Diane
Kruger. Une unité d’élite des forces
spéciales est chargée de délivrer
une journaliste, otage des talibans.
25
19
29
27
26
30
30
30
20
30
34
23.05 La totale. Film. Comédie 1.05
Stormageddon. Film TV.
31
33
32
27
30
35
34
28
28
10
29
19.10 Americars. Téléréalité. Travail
d’équipe - Viva Las Vegas.
Petit paysan
Starbucks sans filtre
Toute première fois
Fra. 2017. Réal. : Hubert Charuel.
1h30. Inédit. Avec Swann Arlaud,
Sara Giraudeau, Isabelle Candelier.
Un éleveur de vaches s’aperçoit que
l’une de ses bêtes est victime de la
maladie de la vache folle.
Fra. 2018. Réal. : Luc Hermann et
Gilles Bovon. 1h35. Inédit. La compagnie Starbucks est devenue en
peu de temps l’un des symboles d’un
monde globalisé. Mais comment
s’est-elle imposée partout ?
Fra. 2014. Réal. : Maxime Govare,
Noémie Saglio. 1h38. Inédit. Avec
Pio Marmaï, Camille Cottin. Un
homosexuel est séduit par une
femme, ce qui remet en question
ses certitudes sur sa sexualité.
22.25 Tchi tcha Magazine 23.15
22.25 Les nettoyeurs du Web
22.45 Mamma Mia ! Film. Comé-
C’est beau la vie quand on y pense.
Film. Comédie 0.45 Paula. Film.
Documentaire. Inédit 0.05 Global
Family. Doc. 1.25 Arte journal
die musicale 0.40 Empire. Série.
2 épisodes.
20.50 Les secrets engloutis
Doc. 2017 (2/2). Réal. : Sophie Elwin
Harris. 0h55. Alcatraz. Inédit. Dans
ce documentaire, la baie de San
Francisco est vidée de son eau afin
de révéler les secrets d’Alcatraz.
21.45 Le Triangle des Bermudes : les
secrets engloutis. Documentaire.
20.10 Rénovation impossible. Téléréalité. Une affaire qui roule.
18.55 Alerte Cobra. Série. Un cadeau
empoisonné - Le témoin aveugle.
18.50 Un dîner presque parfait. Jeu
20.55 La petite histoire de France
19.00 Couple ou pas couple ? Jeu.
Présentation : Jean-Luc Lemoine.
21.00 90’ enquêtes
21.00 Astérix et les Indiens
21.00 Effroyables jardins
Magazine. Présentation : Tatiana
Silva. 1h20. Vacances extraordinaires en camping-car ! Inédit. Le
magazine s’intéresse aux mordus
du camping-car.
Film. Animation. All. 1993. Réal. :
Gerhard Hahn. 1h30. Capturé par
les Romains, le druide Panoramix
se retrouve prisonnier des Indiens
d’Amérique.
Film. Comédie dramatique. Fra.
2003. Réal. : J. Becker. 1h35. Avec
J. Villeret. Un homme raconte au fils
d’un ami l’histoire expliquant une
curieuse habitude prise par son père.
22.20 90’ enquêtes. Vacances tout
nu : enquête sur le boom du naturisme.
22.20 Astérix et Cléopâtre. Film
23.50 Goldman : un héros si discret
22.30 Vipère au poing. Film. Drame.
Avec Catherine Frot.
28
T (en °c)
<-10 à 0
23.20 Rénovation impossible.
Téléréalité.
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
23/30
12/20
12/21
15/22
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13/23
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15/23
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VENDREDI
13/21
18/25
17/25
20/25
15/22
16/28
14/22
10/17
26/33
21/33
JEUDI
16/20
13/18
10 à 20 20 à 30 30 à >40
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
MERCREDI
21.00 Greystoke, la légende
de Tarzan
Film. Aventures. GB. 1984. Réal. :
Hugh Hudson. 2h10. Avec Christopher Lambert, Andie MacDowell,
Ralph Richardson.
26/32
22/29
14/26
16/20
14/20
23/30
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
13/22
13/24
14/27
22/29
20/29
lachainemeteo.com
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
A
20.05 Rendez-vous avec Kevin
Razy (C) 20.30 Groland le Zapoï (C)
20.55 Catherine et Liliane (C)
25
22
23
22
19.00 Les vacances des Anges 3 : viva
España ! 19.55 The Big Bang Theory
mardi 28 août 2018 LE FIGARO
16
JEUX D'ÉTÉ
TAKUZU
SU DO KU
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne, chaque colonne, et chaque carré
de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
Remplir la grille avec les chifres 0 et 1. Chaque ligne et chaque colonne
doit contenir autant de 0 que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1 placés l’un à côté
ou en dessous de l’autre.
FAC
G 9
1
0
0
7
4 3
1
0
0
1
1
0
1
0
8
1
4
5 8 3 9
5 4
1
0
1
6
9
1
1
1
8
4
0
1
1
0
0
1
2643
1
1
FA
2644
4 8
9 6
3
7
7
3 9 4
5 1
8
7
3 9
9
MOTS FLÉCHÉS N° 2060
PEU DOCILE
BANDE
DE SOIE
PRÉNOM
DE CORDY
COIFFURE
VOLUMINEUSE
ME MIS
À TABLE
NOUE
FORTEMENT
L’OTAN
AUX USA
QUI EST
EXAGÉRÉ
REPLACER
6
3
8
5
SUJETS
DE REVENDICATIONS
ENSEMBLE
DE BIENS
HAUTE
ÉCOLE
COUPURE
DE PIÈCE
BRASSE
SODA
PRÉFIXE
TOUT
LÉGER
FERAI LE
CHEMIN
COMMODES
FOURNIE
XÉNON DE
CHIMISTE
BLASON
C’EST UNE
ÉQUERRE
BEL OISEAU
ARTÈRE
RÉPLIQUE
INTERJECTION
DIMINUE LA
LARGEUR
LANIÈRE
FIXÉE AU
HARNAIS
SOLUTION
TISSU À
MAILLES
ÉLASTIQUES
PROBLÈME N° 4816
HORIZONTALEMENT
1. Peuple disséminé sur la Terre. - 2. Risqués pour la peine. - 3. Sensibles jusqu’au
bout des doigts. - 4. Chirac l’a transformée en RPR. Arbre nourricier sous lequel
s’effectuent les palabres. - 5. En tête sur
le drapeau corse. En partie. - 6. Tenue sous
bonne garde. Méthode de l’éprouvette.
- 7. L’homme du jour. Pièce de machine.
- 8. Grandeurs d’âme. - 9. Ils taillent la
bavette durant leur temps de travail. - 10.
Embastillée dans la chanson populaire.
Compagnie aérienne dans un steward.
- 11. Rendre difficile à déchiffrer. Berge.
- 12. Irrite au contact.
A
VERTICALEMENT
1. Moment où ça se dégonfle. - 2. Défaut
d’ajustement. - 3. Quand la forêt reprend
le dessus. La bruyère y prend racine. - 4.
Du genre à laisser un morceau de choix.
Mettre fin à l’acte. - 5. N’est pas arrivé le
premier. Tournait autour de Madame
Butterfly. Brève rencontre. - 6. Il fait le
tour du corps, pour un blason. Coureur
de bois dans une rengaine. - 7. Vais
repousser du pied. Prénom breton. - 8.
Passe les chaînes.
QUI SE
RAPPORTE
À MOI
TOUJOURS
PRÉSENTE
Par Louis Morand
1
2
3
4
5
6
7
8
1
BRIDGE
PROBLÈME N° 2902 :
Tombé à Pique ?
4
65
A65
RD85
A 10 7 6
5
N
O
6
7
8
E
S
A D 10 4 3 2
873
A 4 3
2
9
10
11
12
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4815
HORIZONTALEMENT 1. Retentir. - 2. Éducable.
- 3. Idaho. Es. - 4. Nino. Coq. - 5. Set. Manu. - 6.
Ébènes. - 7. Râ. As. Il. - 8. Très. Vol. - 9. Ictère.
- 10. Ola. Urdu. - 11. Naïvetés. - 12. Synérèse.
VERTICALEMENT 1. Réinsertions. - 2. Eddie
Barclay. - 3. Tuante. Étain. - 4. Écho. Nase. Vé.
- 5. Nao. Mes. Ruer. - 6. TB. Cas. Verte. - 7.
Iléon. Io. Dés. - 8. Resquilleuse.
C
O
O
R
D
I
N
A
T
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V
E E
T
N E
A X
P
P I
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U E
Mots
léchés
Takuzu
576
9
3 5
7 4
6
5 7
8 3
9 8
4
6
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.fr
6
8
4
9
7
3
5
8
4
6
5
9
7
3
Mots coupés
gAvAge - gAveur gréAge - gréeur hAlAge - hAleur louAge - loueur lougre - miXAge miXeur - voyAge voyeur.
ÉTÉ 2018
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2901 :
Tout rouge de confusion
PRÉSENTE
2
3
6
5 7 3 8 4
6 4 9 7 3 8 6 5 9
9 5 8 3 7
8 3 4 6 7 6 4 9 5
5 3 4 6
9 6 5 7 8
4 8 7 9 3
6
6 9 7 4 8 3 7 6 5 5 4 3 9 8
7 5 9 4
4 8 9 3 6
6 3 5 8 7
5 3
9
7 6
3 8
7
4
9 5 8 4 7 3 6
3
8 6 5 9 4
7 4 6
9 8 5
MÈTRE PAR
SECONDE
C’EST-ÀDIRE EN
PLUS
COURT
MOTS CROISÉS
V
A
I O N
S F A
F R
C E
R U
A T
H E M
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A
R O M
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P L
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Sudoku
COMPLÈTEMENT USÉE
EMPEREURS
DÉLICE DE
BERGER
DIRECTION
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C
S I E
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S
T R E
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C
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0 1 1 0 0 1 0 0 1 1
BÊTE LENTE
SAUCISSE
DE SAVOIE
A
S
S
I
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T
T
E
S
1 0 1 1 0 1 0 0 1 0
IL GROGNE
SOUVENT
CAPABLE
DE TOUS
LES TOURS
PLUTÔT
AUDACIEUX
Q
M
S U P E R
A U T O
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A I E U L
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R E E
G E O L I
0 1 0 0 1 0 1 1 0 1
FACE DE DÉ
PRONOM
SOLUTIONS DES JEUX
DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
1 0 1 1 0 0 1 0 1 0
ARME À
TENDRE
FLAN AUX
LÉGUMES
1 0 0 1 1 0 1 1 0 0
ESPÈCES
D’ESPÈCES
ÉQUIPER
NASE
1
0 0 1 0 1 1 0 1 0 1
ÉTREINDRE
3
1 1 0 0 1 0 1 1 0 0
ÉTOFFE
NATURELLE
BANANE AU
VENTRE
4
1 0 0 1 0 1 0 0 1 1
CANARD À
COUETTES
MESURE
DE DIAMANTAIRE
GAVÉE
9
0 1 0 1 0 1 0 1 0 1
S’INTRODUIRE
JEU
D’ENFANTS
COUCHE DE
MORTIER
0 1 1 0 1 0 1 0 1 0
DEUX
VOYELLES
POUR UN
FLEUVE
DÉVALÉES
PAR LES
SKIEURS
MARCHÉ À
PASSER
6
1
9
4 3 6
PLAT
CHAUD
POUR LES
SOLDATS
LUNE
INVISIBLE
1
4 7
CONSTRUCTEURS
BÊTE DE
CIRQUE
DE LOS
ANGELES
PARTIE DE
LUNETTE
6 5
3
1
7
Par Diane Monfort
FRAPPÉ
D’INTERDICTION
INDIGNE
CÉLÈBRE
BUFFALO
COUPE
LA HAIE
HOMME DE
L’ART
XT
Contrat : Sud joue
4 Piques.
Entame : Dame de (le 9 en Est) et 4 de pour l’As (le Roi en Est).
Contrat : Sud joue 3 Sans-Atout.
Entame : 6 de pour le Valet d’Est et votre Dame.
Grammaire, orthographe, dictées,
expressions, synonymes…
Si vous avez machinalement joué pour la Dame, c’est
que vous n’avez pas encore intégré la notion vitale de
« l’adversaire dangereux ». Ici, c’est Ouest, l’adversaire
présumé long à .
C’est lui qu’il faut désarmer en priorité. Or, il ne peut
prendre la main que dans une seule couleur, les , et
c’est donc cette couleur que vous devez aborder toutes
affaires cessantes.
Jouez vers la Dame. Si Ouest plonge et insiste à ,
vous ferez ultérieurement l’impasse à et perdrez
au pire quatre levées si les sont 4-3 (deux et deux
Rois rouges).
Mais si les sont 5-2, votre technique vous permettra
d’engranger une levée supplémentaire alors que vous
auriez chuté d’une en vous ruant sur les …
DES CENTAINES DE QUIZ
POUR TOUT L’ÉTÉ
7432
A D V 10
D32
54
R 10 8 6 5
96
R 10 9
D98
N
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LE FIGARO
mardi 28 août 2018
CHAMPS LIBRES
REPORTAGE
Depuis la disparition de Tiphaine Véron, le 29 juillet, des appels à témoin ont été placardés partout dans Nikko.
17
KAZUHIRO NOGI/AFP
Tiphaine Véron, disparue dans
les ombres de la forêt de Nikko
£@regisarnaud
Tokyo
endant six mois, elle a préparé ce
grand voyage au Japon. Consigné
méticuleusement chaque étape. Elle
en rêve tellement depuis un premier
séjour à Tokyo en 2013. Elle s’est
prise de passion pour ce pays, où elle
perçoit « du respect, du raffinement,
de la sérénité et du calme », selon son frère Damien.
Depuis trois ans, elle apprend le japonais. Elle
commence à l’écrire. Cette fois, elle arpentera le
pays profond. Premier arrêt : Nikko ! Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, son complexe de
sanctuaires Tôshô-gu, au milieu d’une sublime
forêt, est l’étape obligée d’un voyage sérieux dans
l’Archipel. Comme une Japonaise le ferait, elle apporte des cadeaux à ses hôtes. Pour les aubergistes
de sa première étape, un pot de miel et un objet en
forme de tortue, en clin d’œil à son enseigne : le
Turtle Inn. C’est là qu’elle a dormi le 28 juillet.
Le lendemain, Tiphaine Véron s’est volatilisée.
Cette auxiliaire de vie scolaire de 36 ans, originaire
de Poitiers, n’a plus donné signe de vie depuis ce
matin-là, plongeant dans l’incrédulité et le désespoir tous ceux qui sont partis à sa recherche. Une
armada de proches, policiers, secouristes, journalistes, diplomates, badauds français et japonais,
aujourd’hui aussi désemparée qu’aux premières
heures. L’affaire est suivie jusqu’à l’Élysée. « On ne
peut rien privilégier, puisqu’on ne trouve rien »,
confie un diplomate dépité, au diapason d’une police locale interdite. Jamais personne n’a disparu
sans laisser de traces dans la région.
P
Un lieu de villégiature familial
Le soir de son arrivée au Turtle Inn, Tiphaine
discute avec deux touristes français. Au petit déjeuner du lendemain, elle croise deux autres couples,
français et allemand. Elle leur énumère les lieux
qu’elle compte visiter, attractions habituelles pour
une touriste ordinaire. L’aubergiste affirme qu’elle
a quitté l’hôtel à 10 heures, laissant son passeport et
sa valise dans sa chambre. Selon une source proche
de l’enquête, la géolocalisation de son téléphone
cesse en milieu de matinée, aux alentours de l’hôtel.
L’aubergiste, qui ne la voit pas rentrer le soir et qui
l’attend pour son check-out, prévient les autorités
le lendemain. L’ambassade, prévenue le 30 juillet,
alerte la famille le jour suivant.
Drôle d’endroit pour une disparition. Nikko est
un lieu de villégiature familial. Contrairement à
d’autres forêts du pays, celle-là n’est pas hantée par
les suicides ou les faits divers sordides. On déplore
peu d’accidents dans cette nature abandonnée aux
bons soins des dieux, des familles et des touristes,
où l’odeur de l’encens le dispute à celle des pins. Et
Tiphaine, davantage venue pour la culture que la
nature, ne s’est probablement pas écartée des sentiers battus. Mais ses proches pressentent immédiatement le pire. Ses frères Damien et Stanislas, sa
sœur Sybille ne tergiversent pas. Ils bouclent leurs
Cette jeune femme,
qui souffre d’épilepsie,
a disparu le 29 juillet
alors qu’elle visitait
le sanctuaire japonais de
Nikko. Un mois plus tard,
sa famille vit dans
l’espoir de la moindre
trace qui permettrait
d’éclaircir le mystère.
300 km
CHINE
RUSSIE
CORÉE
DU NORD
Mer du Japon
CORÉE
DU SUD
Nikko
Utsunomiya
JAPON
Tokyo
O CÉ AN PACI F IQUE
Infographie
valises pour ce pays si loin d’eux, et si proche de Tiphaine. Car il faut agir vite. Tiphaine est épileptique. Étrange maladie, survenue on ne sait comment
lorsqu’elle faisait ses études, et qui l’oblige à une vie
disciplinée écartant l’hypothèse d’une disparition
volontaire. « Sa maladie lui interdisait d’avoir une
vie mystérieuse », explique sa mère, Anne Désert.
« On ne peut concevoir qu’elle ait disparu sur un coup
de tête », confirme Sybille Véron.
Les policiers passent au peigne fin deux kilomètres
de territoire autour des sites que Tiphaine avait prévu
de visiter. Visionnent des milliers d’heures d’images
enregistrées par les 41 caméras qui filment les abords
du complexe des temples et des sanctuaires. Multiplient les enquêtes de voisinage. Interrogent les entreprises actives dans les environs : livreurs, employés des postes… Les habitants s’interrogent les uns
les autres. Mais ces recherches ne donnent rien. Police et famille distribuent des appels à témoin qui provoquent 80 appels téléphoniques, épluchés un à un :
rien. Le 10 août, sur la base d’un signalement, soixante policiers et pompiers assistés de chiens, survolés
par des drones et un hélicoptère, battent une partie
du mont Nakimushi, où une Occidentale a été aperçue par un randonneur : rien. La police interroge
aussi Tokyo Electric, l’opérateur qui exploite les barrages de la rivière Daiya, dont les eaux serpentent à
travers la forêt. La veille de sa disparition, Nikko
avait essuyé des précipitations records, rendant le sol
glissant. « Quand il a plu, les bords de la rivière sont
traîtres », assure Itami Takahashi, un riverain. Une
chute dans ses eaux pourrait expliquer l’absence de
corps. Or Tiphaine était probablement fatiguée le
jour de sa disparition. Elle avait débarqué en décalage
horaire, dans l’étouffant été nippon, particulièrement chaud et humide cette année. Des conditions
physiquement éprouvantes, rendant possible une
crise d’épilepsie intempestive. « Tiphaine fait une crise convulsive par an. Ses crises partielles, très brèves,
sont beaucoup plus fréquentes, mais en général elle a le
réflexe de se préserver quand elles arrivent », précise
son frère Damien. Si elle était tombée, le corps aurait
pu être emporté par les eaux gonflées de pluie, au
débit exceptionnel ce jour-là ; enfin passer les barrages en aval - jusqu’à la mer, à 400 kilomètres de là ?
Les recherches par hélicoptère, dans ce secteur, ne
donnent rien non plus.
Devant le désarroi des Véron, très impliqués
dans les recherches, les Japonais font montre de
leur délicatesse coutumière. Certains déposent à
leur hôtel des enveloppes d’argent à leur attention.
L’un d’eux héberge la famille pendant quelques
jours. Au pied des appels à témoin placardés partout dans Nikko, des anonymes déposent des grues
en pliage origami, en guise d’ex-voto. D’autres arpentent à leur tour les environs dans l’espoir de
trouver quelque chose. « À chaque fois que nous
distribuons des appels à témoins, les commerçants
Sa maladie lui interdisait d’avoir une vie
mystérieuse. On ne peut concevoir
qu’elle ait disparu sur un coup de tête
ANNE DÉSERT, MÈRE DE TIPHAINE VÉRON
»
les affichent spontanément en vitrine », se félicite
Stanislas Véron. Par les réseaux sociaux, les Japonais multiplient les messages de soutien et d’encouragement - entre lesquels se faufilent parfois
charlatans, voyants et bons samaritains, allumant
des contre-feux, ranimant de faux espoirs. Un
jour, sur un parking, un homme particulièrement
agité interpelle la famille, prétendant que son métier consiste à « rechercher ou tuer des gens » et
qu’il « sait quelque chose ! ». Avant de disparaître.
La police sous les feux des projecteurs
Les polices française et japonaise, via Interpol, entament une coopération. L’ambassadeur et le consul se
rendent sur place, essayant de ramener la sérénité
dans un climat tendu. Car la police de Nikko et la famille sont à cran. Non seulement les recherches ne
donnent rien, mais elles se font sous l’éclairage des
médias locaux, nationaux et bientôt internationaux.
Un niveau de transparence que ne requièrent d’ordinaire pas les Japonais - pas même les proches des
disparus, qui font entière confiance à leur police.
Cette dernière, peu habituée à se voir exiger des
comptes, se cabre devant cette mise en lumière.
L’affaire prend un tour politico-diplomatique
quand, en désespoir de cause, Anne Désert écrit le
7 août à Emmanuel Macron une lettre ouverte dans
laquelle elle estime que « tous les moyens ne sont
pas mis en œuvre » pour retrouver sa fille. Les policiers de Nikko de leur côté estiment que leur engagement n’est pas mesuré à sa juste valeur, au surplus par des étrangers pour qui ils déploient des
moyens exceptionnels. « Ce cas leur tient très à
cœur, explique une personne impliquée dans la
collaboration entre Français et Japonais. Ils ne l’ont
pas négligé. » Un observateur français mandaté sur
place conclura que la police japonaise agit comme
agirait la française en pareil cas. Mais si les policiers
locaux ne comptent pas leurs heures et déploient
des moyens hors du commun, ils évoluent dans un
climat de sécurité exceptionnelle (le Japon est une
des sociétés modernes les plus sûres au monde) ; un
contexte qui rend la police japonaise d’ordinaire
moins équipée pour suivre la piste criminelle, certes très peu probable, que celle de l’accident.
De leur côté, les Véron mènent, avec les moyens
du bord, leurs propres recherches. Les frères et
sœur, puis la mère, arrivée le 20 août, scrutent ensemble les ombres de la forêt de Nikko, les eaux
bleuâtres de la rivière Daiya. À la recherche d’un indice. Chaque bruit de sirène qui troue le ronronnement de la paisible circulation dans Nikko les fait
sursauter. « Chaque fois, je me demande si c’est pour
ma sœur », explique Sybille. Un jour, Damien Véron
aperçoit au fond de l’eau un objet blanc qui pourrait
être l’étui du téléphone de sa sœur. Il prévient la police et, sans attendre, confectionne une gaffe de fortune avec une branche au bout de laquelle il attache
une caméra étanche pour le filmer. La police sortira
l’objet de l’eau deux jours plus tard : une petite
bouillotte… Nouvelle impasse. Nouveau rien.
Stanislas, Damien, Sybille et Anne sont rentrés
dimanche « prendre des forces et préparer la suite ». La police japonaise assure continuer ses recherches. À Poitiers, la rentrée scolaire commencera lundi. Pour les enfants handicapés dont
s’occupait Tiphaine, aussi. Mais sans elle. ■
A
RÉGIS ARNAUD
mardi 28 août 2018 LE FIGARO
18
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Le Figaro publie aujourd’hui une
tribune signée par Sammy Ketz,
chef de bureau de l’AFP à Bagdad,
qui met en garde contre le risque
de voir de nouveau rejetée par le
Parlement européen une directive
sur l’extension des « droits voisins » aux entreprises de presse.
Aussi appelée Directive Copyright,
cette législation entend imposer
aux géants de l’Internet, comme
Google et Facebook, de verser une
rémunération aux sociétés de
presse et aux auteurs chaque fois
qu’ils utilisent sur leurs platefor-
mes les contenus produits par ces
derniers.
Une première version de cette directive a été rejetée le 7 juin 2018
par une majorité de députés européens, abusés par un intense lobbying orchestré par ces puissantes
organisations. Alliés à divers mouvements libertariens, Google et Facebook ont mené une campagne
d’une ampleur inédite. Prétendant
défendre la liberté de l’information
et la gratuité d’Internet, ces sociétés entendent surtout continuer à
dégager des profits colossaux, no-
tamment publicitaires, en diffusant
des contenus qu’elles n’ont pas
produits. Au moment où ces géants
de l’Internet font mine de lutter
contre la désinformation, elles
s’apprêtent à étrangler financièrement les derniers médias capables
de produire une information pluraliste et de qualité.
Peu connu du grand public, Sammy Ketz est l’un des plus anciens
et des plus fameux reporters français. Il a dirigé depuis plus de trente ans plusieurs bureaux de
l’Agence France Presse dans des
pays en guerre, du Liban à l’Irak. Il
a vu ces dernières années se réduire comme peau de chagrin le nombre de reporters de terrain, sans le
travail desquels l’information ne
sera plus qu’un produit standardisé soumis à des influences multiples, et dénué de tout sens.
Le Figaro, le plus ancien quotidien
français, attaché depuis sa création au XIXe siècle à offrir à ses
lecteurs une information indépendante et de la plus haute qualité,
s’associe à cette préoccupation. Il
entend, en publiant cette tribune,
alerter les parlementaires européens sur le danger imminent de
voir rejetée sous les pressions de
lobbys une loi visant à préserver
l’un des piliers de nos sociétés démocratiques : celui d’une information libre et pluraliste.
Écrite à la première personne, cette tribune a été signée par 91 reporters et journalistes issus de
27 pays de l’Union européenne*.
ADRIEN JAULMES
* La liste complète des cosignataires
est consultable sur notre site
www.lefigaro.fr.
Droits voisins : la survie des médias est en jeu
hers députés européens,
J’effectuais un reportage à
Mossoul, l’ancienne capitale
de l’État islamique, sur la
rentrée des classes après
trois ans de fermeture par les
djihadistes et je réfléchissais à la manière
dont j’allais raconter le plaisir
incommensurable ressenti par les
enfants de cette ville martyre de
retrouver les bancs de l’école qui leur
avaient été interdits.
J’étais assis avec le photographe, le
vidéaste et le chauffeur de l’AFP dans un
restaurant avant de repartir pour
Bagdad, quand j’ai lu sur mon ordinateur
un article qui m’a interloqué sans
vraiment m’étonner, sur les débats
européens relatifs aux « droits voisins »
et au projet de leur application aux
entreprises de presse. Après cinq ans
passés à sillonner la Syrie dévastée par
la guerre où j’avais manqué à plusieurs
reprises de perdre la vie sous les balles
de tireurs embusqués ou les obus
d’artilleurs chevronnés, je venais
d’arriver en Irak pour la troisième fois
depuis l’invasion américaine de 2003.
Soyons concrets. En plus de quarante
ans de carrière, j’ai vu le nombre de
journalistes sur le terrain diminuer de
manière constante alors que les dangers
n’ont cessé de croître. Nous sommes
devenus des cibles et les reportages
coûtent de plus en plus cher. Finie
l’époque où j’allais à la guerre, en veste
ou en bras de chemise, un carnet dans
ma poche, aux côtés du photographe ou
du vidéaste. Aujourd’hui, il faut des gilets
pare-balles, des casques, des voitures
blindées, parfois des gardes du corps
pour éviter d’être enlevés, des
C
SAMMY KETZ
Chef de bureau de l’AFP
à Bagdad, le grand reporter
est lauréat du prix
Albert Londres 1988 et du prix
Bayeux des correspondants
de guerre 2003.
CHRONIQUE
Renaud Girard
rgirard@lefigaro.fr
L
A
«
»
auxquels ils se déclarent attachés.
Je suis convaincu que les députés
abusés par un lobbying mensonger ont
désormais compris que la gratuité
d’Internet n’est pas en cause. Il s’agit de
la défense de la liberté de la presse, car si
les journaux n’ont plus de journalistes,
il n’y aura plus cette liberté à laquelle
les députés, quelles que soient leurs
étiquettes politiques, sont attachés.
De nombreuses fois, j’ai rencontré
des gens assiégés, isolés, sans défense,
qui demandaient seulement une chose :
« Racontez ce que vous avez vu, ainsi nous
aurons une chance d’être sauvés. » Doisje leur dire : « Non, perdez vos illusions,
nous sommes les derniers journalistes,
bientôt vous n’en verrez plus car ils vont
disparaître faute de moyens » ?
Il faut savoir que Facebook et Google
n’emploient aucun journaliste et ne
produisent aucun contenu éditorial,
mais ils se rémunèrent par la publicité
associée au contenu que les journalistes
produisent.
Chaque jour encore, les journalistes
enquêtent dans tous les domaines pour
informer les citoyens. Chaque année,
des prix récompensent les journalistes
les plus courageux, intrépides,
talentueux. Il ne faut pas que ce
siphonnage qui dépouille les médias des
recettes auxquelles ils ont droit aboutisse
un jour à ce qu’il n’y ait plus de prix à
distribuer faute de candidats ayant eu les
moyens d’aller sur le terrain. Il est temps
de réagir. Le Parlement européen
doit voter massivement en faveur
de l’application de « droits voisins »
aux entreprises de presse pour que vivent
la démocratie et un de ses symboles les
plus remarquables : le journalisme.
Washington consolide l’axe russo-chinois
orsque Henry Kissinger
pilotait la politique extérieure
américaine dans la première
moitié de la décennie 19701979, il avait inventé le
concept de « triangle
stratégique ». Il fallait que l’Amérique
s’arrange toujours pour être plus proche
à la fois de la Russie et de la Chine que ces
deux nations orientales pouvaient l’être
entre elles. Au cours de l’année 1972, il
parvint à ce que Richard Nixon se
déplace en février à Pékin – pour y
établir des relations diplomatiques et en mai à Moscou – pour y signer le
premier traité de limitation des armes
nucléaires stratégiques.
L’Amérique de Donald Trump suit un
chemin opposé. Il ne se passe pas une
semaine sans qu’on se demande
comment Washington va parvenir à
détériorer encore sa relation avec
Moscou et avec Pékin. Le 27 août 2018, de
nouvelles sanctions américaines sont
entrées en vigueur contre la Russie. Ces
mesures, s’appuyant sur une législation
de bannissement des armes chimiques,
consistent à interdire l’exportation vers
la Russie de produits américains jugés
sensibles pour la sécurité nationale.
L’idée est de punir le régime de Moscou
d’avoir utilisé, en mars 2018, un agent
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
Olivier Dassault, Thierry
Dassault, Jean-Pierre
Bechter, Olivier Costa
de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
en souriant pendant que nous
interrogions leur chef, la poignante
tristesse qui s’emparait de nous face à des
civils hébétés pris au piège, des femmes
protégeant maladroitement leurs enfants
alors que les balles entaillaient le mur du
réduit où elles avaient trouvé refuge.
Les médias ont subi longtemps avant
de réagir, s’en prenant aux conséquences
plutôt qu’aux causes. Faute d’argent, on
licencie les journalistes au point d’arriver
parfois à la caricature :
un journal sans
Les médias qui envoient leurs
journalistes ou presque.
journalistes risquer leur vie pour
Désormais, ils veulent
faire valoir leurs droits
assurer une information fiable
pour pouvoir continuer à
ne sont pas ceux qui en tirent les
informer, ils demandent
que soient partagées les
bénéfices. Ce sont des plateformes
recettes commerciales
comme Google et Facebook
avec les producteurs de
qui se servent sans payer
ces contenus, qu’ils
soient médias ou artistes.
C’est ça les « droits voisins ».
récoltait sans vergogne et à l’œil le fruit
Et bien sûr, il faut cesser de gober le
de votre travail. Si du point de vue moral
mensonge colporté par Google et
c’est injustifiable, du point de vue de la
Facebook selon lequel la directive sur les
démocratie ça l’est encore plus.
« droits voisins » menace la gratuité
Combien d’amis ont cessé de raconter
d’Internet : non. La gratuité existera sur
car leur média fermait ou ne pouvait plus
Internet car les géants du Net, qui
payer. Jusqu’à ce qu’ils rangent leur
captent actuellement les contenus
stylo, posent leur appareil photo ou leur
éditoriaux gratuitement et engrangent
caméra, ils avaient partagé avec moi des
des recettes publicitaires de ce fait,
peurs effroyables terrés derrière un mur
peuvent rétribuer les médias sans faire
qui tremblait autant que nous sous
payer les consommateurs. Difficile ?
l’impact des explosions, des joies
Impossible ? Pas du tout. Facebook a
indescriptibles quand nous arrivions au
réalisé un bénéfice en 2017 de 16 milliards
but, que nous allions raconter au monde
de dollars et Google de 12,7 milliards de
la « vérité » que nous avions vue de nos
dollars. Il faut tout simplement qu’ils
propres yeux, des rencontres inouïes
paient leur écot. Ainsi les médias
avec des seigneurs de guerre et leur cour
continueront à vivre et eux participeront
d’hommes armés jusqu’aux dents qui
au pluralisme et à la liberté de la presse
tripotaient leur pistolet ou leur poignard
assurances. Qui paie de telles dépenses ?
Les médias et cela est onéreux.
Or les médias qui produisent les
contenus et qui envoient leurs
journalistes risquer leur vie pour assurer
une information fiable, pluraliste et
complète, pour un coût de plus en plus
élevé ne sont pas ceux qui en tirent les
bénéfices. Ce sont des plateformes qui se
servent sans payer. C’est comme si vous
travailliez mais qu’une tierce personne
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
75009 Paris
Directeurs adjoints de la rédaction
Président
Gaëtan de Capèle (Économie),
Charles Edelstenne
Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
neurotoxique à Salisbury (Angleterre)
contre le transfuge Skripal, agent du
GRU (service de renseignement militaire
russe) passé naguère au service de
Sa Majesté britannique. Le porte-parole
du Kremlin a rejeté vigoureusement
toute implication de l’État russe dans cet
empoisonnement. Estimant « illégales »
de telles sanctions, il a accusé les ÉtatsUnis de « sciemment choisir le chemin de
la confrontation » avec la Russie. Devant
le président finlandais qu’il recevait à
Sotchi, Vladimir Poutine a jugé ces
sanctions « très contre-productives et
dénuées de sens », appelant à une « prise
de conscience » de l’establishment
américain.
En même temps, Washington poursuit
son bras de fer commercial avec la Chine.
Le 23 août 2018, les États-Unis ont
imposé des droits de douane de 25 % sur
50 milliards de dollars d’importations en
provenance de Chine. Trump estime que
les Chinois traînent les pieds pour mettre
fin à leur pillage de la technologie
américaine, et pour réduire leur
gigantesque excédent commercial
(500 milliards d’exportations de la Chine
vers les États-Unis, contre 125 milliards
de dollars dans l’autre sens). Pékin a
qualifié d’illégales ces mesures tarifaires
et a déposé une plainte auprès de
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
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Sciences),
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(Politique, Société, Débats Opinions)
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
Directeur délégué
du pôle news
Bertrand Gié
Éditeurs
Robert Mergui
Anne Pican
l’Organisation mondiale du commerce
(OMC). Comme Xi Jinping ne peut se
permettre de perdre la face, la Chine va
prendre des mesures de représailles, et
personne ne voit de fin prochaine à cette
spirale. Elle peut même prendre à tout
moment une vilaine tournure
stratégique, par instrumentalisation du
dossier nord-coréen. Déjà, Washington
accuse Pékin de laxisme dans
l’application des sanctions de l’ONU
contre la Corée du Nord nucléarisée.
Les Américains n’ont pas entièrement
tort lorsqu’ils accusent la Russie de
vouloir retrouver par tous les moyens
une « sphère d’influence » - prévue dans
aucun traité - sur l’ensemble du
territoire de l’ex-Union soviétique, ou
lorsqu’ils reprochent à la Chine de ne pas
respecter l’esprit des accords de l’OMC.
Mais ils le font avec une telle maladresse
qu’ils risquent d’aboutir à un résultat
opposé. Sans le vouloir, par sa pratique
d’une diplomatie punitive, l’Amérique
ne cesse de consolider contre elle un axe
russo-chinois.
Dans la première quinzaine du mois de
septembre, la Russie va procéder, en
Sibérie, aux plus importantes
manœuvres militaires qu’on ait connues
depuis 1981. Invitée, la Chine a décidé d’y
envoyer un détachement de 900 blindés
FIGAROMEDIAS
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et de 3 500 hommes. Les deux puissances
sont en train de redevenir alliées, comme
elles l’étaient dans la décennie 19501959. Elles ne supportent pas la
prétention des Américains à imposer leur
droit sur l’ensemble du globe, tout en
malmenant de manière unilatérale la
Charte des Nations unies. Elles songent à
remettre en cause la suprématie du dollar
comme monnaie mondiale de réserve et
d’échange. Elles soutiennent l’Iran,
sévèrement boycotté par Washington.
Il y a trente ans, les stratèges
américains considéraient qu’il fallait se
montrer ouverts face à la Chine. Inquiets
face à l’expansionnisme maritime
chinois et face à la montée en puissance
de l’Armée populaire de libération, ils
prônent aujourd’hui une stratégie de
containment. Les Russes ne les aideront
certainement pas.
Dans sa guerre commerciale avec la
Chine, Trump a été maladroit deux fois :
il a renié le traité transpacifique qui
formait un bloc asiatique efficace face à
elle ; il n’a pas su s’allier avec l’Union
européenne. La rivalité sino-américaine
est la grande affaire stratégique du
XXIe siècle. Mais l’Amérique n’a toujours
pas compris qu’elle n’a aucun intérêt
aujourd’hui à pousser les Russes dans les
bras des Chinois.
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
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1er cahier 20 pages
Cahier 2 Économie
6 pages
LE FIGARO
L’ÉTÉ DU FIGARO
L’étrange
mort de Poe
à Baltimore
2/6
mardi 28 août 2018
19
[
De quoi sontvraiment mo ils
rts ?
]
Ils ont pesé lou
rd sur l’histoir
causes de leur
e du monde. Ma
mo
énigmes médic rt restent mystérieuses. Fa is les
ales, voici les
ce à ces
« autopsies his
pratiquées pa
r des médecin
s et historiens. toriques »
Portrait d’Edgar Allan Poe,
d’après un daguerréotype.
MARY EVANS/RUE DES ARCHIVES
Depuis sa disparition en 1849,
de nombreuses hypothèses sont
évoquées pour expliquer le décès
du grand écrivain américain.
alors construite et indiqua l’emplacement de la tombe de Poe. L’écrivain était très attaché à elle. Après la
mort de sa femme, il lui écrivit :
Au début des années 1990, une bou« Vous qui êtes plus qu’une mère pour
teille de cognac et trois roses rouges
moi ! » Même Charles Baudelaire a
étaient déposées sur sa tombe, chadédicacé à Maria Clemm sa traducque année, le jour anniversaire de sa
tion du premier feuilleton du Pays
naissance. Est-ce le signe que l’écride Poe, en 1854. Baudelaire renouvain américain Edgar Allan Poe,
vela l’envoi à la parution des
mort le 7 octobre 1849 à Baltimore, à
« œuvres complètes » en français,
40 ans, réputé pour ses contes, ses
qu’il contribua à populariser avec sa
nouvelles policières et ses histoires
traduction libre.
fantastiques, aurait été victime
d’une crise fatale de delirium treLa fin d’Edgar Allan Poe est une
mens, provoquée par une consomintrigue bien sombre. Comme dans
mation excessive d’alcool ? C’est
une histoire policière, style qu’il a
l’hypothèse la plus communément
contribué à populariser (bien avant
admise. Mais 169 ans après, la
sir Arthur Conan Doyle et son
raison de son décès est encore très
Sherlock Holmes), les documents
débattue.
officiels de l’hôpital de Baltimore
Le Musée Poe, situé à Richmond
ont disparu. Mais on sait qu’aux
en Virginie, où il passa l’essentiel de
premières heures du 7 octobre
sa vie, regroupe les théories sur la
1849, Poe s’éteint, quatre jours
cause de son décès, exposées dans
après avoir été admis à l’hôpital.
une volumineuse biAvant le dernier sébliographie
depuis
jour de Poe à l’hôpital, il
1857. Il aurait pu être
y a un « trou » de cinq
Ni la rage,
battu à mort, victime
jours dans son agenda,
l’homicide,
d’une crise d’épilepsie,
entre son départ de
d’un alcoolisme coml’intoxication Richmond, le 27 seppulsif (dipsomanie),
tembre, jusqu’à ce qu’il
au mercure
d’une insuffisance carsoit retrouvé, le 3 octoou la myriade bre, dans les rues de
diaque, d’hypoglycémie, de diabète, du deBaltimore, dans un
d’autres
lirium tremens, de la
grand état de confusion.
explications
rage, d’un homicide ou
Repéré par un typogralivrées au
d’un
empoisonnephe du Baltimore Sun, le
ment. Rien de moins.
grand quotidien de la
cours des
Officiellement,
la
Edgar Allan Poe
150 dernières ville,
cause est une « congesest capable de prononannées qui
tion du cerveau », écrit
cer le nom d’un de ses
le médecin Philip A.
amis éditeur, qui a des
ont suivi la
Mackowiak, dans son
connaissances médicamort de Poe
ouvrage Post Mortem
les. Prévenu par une pene
proposent
(2007), consacré aux
tite note, son ami édidécès de personnalités.
teur va le récupérer et le
une
Il se fonde sur une letconduire au Washingmeilleure
tre du dernier médecin
ton College Hospital.
cause
d’Edgar Allan Poe, le
Poe était « délirant ».
Dr John Joseph Moran,
Peu de temps après son
que la crise
admission, deux infirqui « utilisa la maladie
de delirium
mières ont des difficul(de l’écrivain, NDLR.)
tremens
tés à le maintenir sur
pour promouvoir sa
son lit pendant une cripropre célébrité ». De ce
DOCTEUR PHILIP
A. MACKOWIAK
se. Et après une longue
fait, seule la lettre qu’il
nuit, « ses réponses sont
envoya, le 15 novemincohérentes et insatisfaisantes »,
bre 1849, à Maria Clemm, la belleécrit le docteur John Joseph Moran.
mère et tante de Poe, peut être
Et de préciser que la veille de sa
« considérée comme vraie », puismort, Poe lâche le nom de « Reyqu’elle est antérieure « à la publicanolds », qui laisse ses contemporains
tion de détails évolutifs et crousperplexes.
tillants des dernières heures pour
nourrir le public », ajoute le docteur
Pour tenter d’expliquer la dispaMackowiak dans son livre. Chris
rition mystérieuse de Poe lors des
Semtner, conservateur du Musée
derniers jours, l’écrivain Eugene L.
Poe, confirme la curieuse attitude de
Didier reprend une thèse imaginée
son dernier docteur. Et il précise que
par John Thompson, dès les années
la mort de l’écrivain a été instru1860 dans un magazine de Richmentalisée par le « mouvement de la
mond. Didier et Thompson suggètempérance », en vogue aux Étatsrent que le poète aurait rencontré
Unis à cette époque, pour dénoncer
d’anciens amis de l’école de West
les méfaits de l’alcool.
Point, début octobre 1849, à BaltiMaria Clemm joua un rôle clé
more, après avoir raté son train
dans la vie de Poe. C’était la mère de
pour Philadelphie. Ses camarades
Virginia, sa cousine germaine qu’il
l’auraient invité à un dîner au
épousa en 1836 et qui mourut onze
champagne. Il refusa d’abord de
années plus tard de la tuberculose.
boire, après avoir tenté un sevrage
Un décès qui l’affecta profondéà l’alcool depuis les trois derniers
ment. Il se remit à boire, mais supmois. Mais Poe finit par accepter
portait mal l’alcool. Ce fut une occaune seule coupe et devint « follesion supplémentaire pour Maria de
ment saoul » en quelques heures.
le recueillir et le soigner à plusieurs
Pire, il échappa à ses amis, vagareprises. Notamment en juillet 1849,
bonda dans les rues où il « fut déquand il avait été victime d’hallucitroussé et battu par des rufians qui le
nations.
laissèrent inconscient ». Le lendeDans l’article « Sur la tombe de
main il fut conduit à l’hôpital « fiéPoe », publié en 1872, l’écrivain
vreux et délirant ».
américain Eugene L. Didier, rapporLors du centenaire de sa mort,
te que la dernière volonté de Maria
une enquête du Baltimore Sun, à
Clemm fut d’être enterrée à côté de
propos des circonstances étranges
son « cher Eddie », dans le jardin de
de son décès, révèle que le nom de
l’église Westminster, à Baltimore.
« Reynolds » prononcé la veille de sa
De ce fait, une pierre tombale fut
mort est associé à une connaissance
MARC CHERKI£@mcherki
LE PARADOXE
DE LA NUIT
NOIRE
À lire Eureka , sous-titré
« Essai sur l’univers matériel et
spirituel », on découvre que Poe
était aussi un cosmologiste
avec de belles intuitions. Tombé
dans l’oubli un siècle durant aux
États-Unis, l’essai a été encensé
et respecté en Europe, dès 1859
et sa traduction par Baudelaire.
Il envisage le début de l’Univers,
connu de nos jours, par l’idée
du big bang, et surtout
son expansion, une idée
révolutionnaire à l’époque.
Il « contient des idées sur l’unité
entre le temps et l’espace,
l’égalité mathématique entre
la matière et l’énergie , et sur la
vitesse limite de la lumière »,
note Rene Van Slooten dans
Scientific American. Poe livre
même une explication
au paradoxe de la « nuit noire »,
malgré la lumière des étoiles.
Ses idées furent si originales
que l’ouvrage fut interdit
dans la Russie tsariste en 1871.
«
M. C.
1809
Naissance d’Edgar
Poe à Boston,
le 19 janvier
1811
Orphelin, la famille
Allan le recueille
à Boston
et le baptise Edgar
Allan Poe
1827
Premier recueil
de poésies publié.
1836
Mariage avec
Virginia Clemm,
sa cousine
germaine
1849
Meurt le 7 octobre
de l’écrivain. Henry Reynolds, propriétaire d’un atelier de charpentier, aurait été l’un de ses amis. De
plus, selon les registres de la Société
historique du Maryland, ce même
Reynolds aurait été également juge
des élections d’un bureau de vote, à
côté duquel Poe fut trouvé. Une
autre hypothèse sur la mort du poète a alors pris de la vigueur. Il aurait
pu être victime de ce que les Américains appellent du « cooping », une
fraude électorale qui consiste à enrôler de force des citoyens pour les
faire voter dans plusieurs bureaux et
orienter ainsi le scrutin, en l’occurrence celui de l’élection du shérif de
Baltimore, qui se déroulait au même
moment. Certains des votants
auraient eu le droit à une ration
d’alcool après chaque vote.
Là encore, l’hypothèse d’une
dépendance à l’alcool, dévastatrice
pour l’auteur américain, refait surface. Mais ces mêmes gangsters
auraient également pu le forcer à
boire et le battre à mort. Plusieurs
témoins soulignent que Poe avait
renoncé à l’alcool, plus de trois
mois avant son décès. En outre, des
études complémentaires, effectuées sur l’analyse post-mortem
des cheveux de Poe, confirment
qu’il n’avait pas replongé dans l’alcoolisme. Le dernier verre lui
aurait-il été fatal ?
Lors d’une conférence historique
de pathologies cliniques, organisée
en 1995, à Baltimore, le Dr Michael
Benitez, chef de clinique à l’université du Maryland, avance une autre
hypothèse, qui fit sensation à l’époque et fut même répercutée dans
l’hebdomadaire Science : Poe serait
mort de la rage. Après son admission à l’hôpital, Edgar Poe « développa des tremblements délirants et
commença à avoir des hallucinations », précise le Dr Benitez. Ce
dernier reconnaît que les signes cliniques sont compatibles avec de
nombreuses causes : un traumatisme (mais il n’y avait pas de trace de
chocs), une épilepsie (qui ne cadre
pas avec l’effondrement de son activité pendant trois jours), une infection grave du système nerveux
central ou une intoxication, entre
autres. Selon le médecin, la rage
peut provoquer des symptômes
comparables à une crise de delirium tremens, car sa forme ultime
conduit à une infection du système
nerveux central, pouvant provoquer des délires, des tremblements
et une forte fièvre.
Enfin, d’autres experts pensent
qu’il a pu être victime d’un empoisonnement. Poe aurait entrepris
son voyage vers Philadelphie pour
régler des détails en vue de son futur mariage, désapprouvé par sa
future belle-famille qui aurait ourdi un plan pour le tuer.
Mais « ni la rage, l’homicide, l’intoxication au mercure ou la myriade
d’autres explications livrées au
cours des 150 dernières années qui
ont suivi la mort de Poe ne proposent
une meilleure cause que la crise de
delirium tremens », affirme le docteur Philip A. Mackowiak.
Cette thèse est renforcée par la
tradition populaire, où l’alcool
continue de jouer un rôle central.
Sans raison connue, le mystérieux
personnage qui déposait « une bouteille de cognac français et des roses,
entre minuit et 2 heures du matin »,
sur la tombe de Poe a arrêté ses offrandes en 2009, « pour le bicentenaire de sa naissance » précise Chris
Semtner, qui ajoute que « son identité n’a jamais été révélée ».
La Société historique du Maryland a perpétué la tradition. À
l’issue d’un tirage au sort, un heureux candidat a été retenu pour
fleurir la tombe de Poe. Lors de la
dernière cérémonie en 2018, ce
dernier joua au violon La Danse
macabre de Camille Saint-Saëns. ■
Article rédigé avec l’aide de Pelle
Wertheimer (à Baltimore)
RETROUVEZ DEMAIN :
Lénine trahi par ses gènes
A
»
LES DATES
mardi 28 août 2018 LE FIGARO - N° 23 029 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> EXCLUSIF
lefigaro.fr/economie
LÉTÉ DU FIGARO
ERIC PIERMONT/AFP, BRENDAN MCDERMID/REUTERS, STOCK.ADOBE.COM
LES SYNDICATS HÉSITENT
À SE RELANCER
DANS UNE GRÈVE PAGE 24
IL Y A DIX ANS,
LA FAILLITE
DE LEHMAN BROTHERS
PAGE 25
Budget :
la mise en
garde des
entreprises
Le Medef exhorte
Édouard Philippe, qui ouvrira
ce mardi son université
d’été, à garder
un cap pro-entreprises.
PAGES 22 ET 23
Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef.
Trump arrache un nouvel accord au Mexique
L’Accord de libre-échange nordaméricain (Alena) devrait changer
de nom, mais il a désormais de bonnes chances de survivre sous une
forme plus moderne. Après des
mois de négociations compliquées
avec les autorités mexicaines et canadiennes, ponctuées de menaces,
Donald Trump a annoncé lundi un
nouvel accord avec le Mexique. Il
est allé jusqu’à téléphoner, devant
les caméras, à son homologue sortant, Enrique Pena Nieto, pour le
féliciter.
le PLUS du
FIGARO ÉCO
LAIT INFANTILE
Sodiaal face
aux difficultés de son
partenaire chinois
Synutra PAGE 23
LA SÉANCE
DU LUNDI 27 AOÛT 2018
CAC 40
5479,10
+0,86%
DOW JONES (18h)
26057,20 +1,03%
ONCE D’OR
1197,70 (1197,70)
PÉTROLE (lond)
75,770 (76,160)
EUROSTOXX 50
3457,78 +0,89%
FOOTSIE
Marché clos
NASDAQ (18h)
7557,46 +0,96%
NIKKEI
22799,64 +0,88%
Donald Trump invite les Canadiens
à se rallier au nouveau compromis
bipartite, sous peine de se voir imposer des droits de douane. Les
chances d’une entente « rapide »
avec Ottawa sont jugées « bonnes »
par les négociateurs américains.
Un compromis en vue d’augmenter
le contenu « made in USA » des
automobiles produites au Mexique,
considérées comme « assemblées en
Amérique du Nord » donc exemptées
de droits de douane, a permis de débloquer le dialogue. En pleine cam-
pagne des législatives, Washington
a aussi assoupli ses positions pour
préserver les avantages que les agriculteurs américains tirent de leur
accès libre au marché mexicain depuis plus de vingt ans. Il avait entamé son mandat en menaçant de déchirer cet accord de libre-échange,
« le pire jamais signé par les ÉtatsUnis ».
Les États-Unis exigeaient initialement que ce contenu de pièces issues de leurs usines soit de 85 %,
contre 62,5% jusqu’à présent. L’ob-
jectif de l’Administration Trump est
de stimuler l’emploi automobile aux
États-Unis et de minimiser l’apport
de pièces détachées venues d’Asie.
Un plancher de 75 % a été accepté
par Washington, accompagné
d’une formule qui oblige que 40 % à
45 % du contenu des véhicules proviennent de main-d’œuvre gagnant
au moins 16 dollars de l’heure. Donald Trump espère avoir ainsi réduit
l’avantage de coût mexicain qui a
pénalisé l’emploi automobile aux
P.-Y. D.
États-Unis.
L'HISTOIRE
Mieux vaut être nounou à Val d’Isère
ou Megève qu’à Treillières ou Guichen
S
i « on ne choisit pas ses parents,
on ne choisit pas sa famille »,
comme le chante Maxime
Le Forestier dans Né quelque part,
on ne choisit pas non plus le tarif
auquel rémunérer sa nounou. Faire garder
sa progéniture en Corse coûte en effet
57 centimes par heure plus cher que dans
les Pays de la Loire, région la moins onéreuse
de France. Alors que les tarifs de la garde
d’enfants sont en moyenne de 9,07 euros
net de l’heure, une étude de la plateforme
Yoopies, qui met en relation professionnels
et parents, révèle
en exclusivité
pour Le Figaro
les disparités
régionales
en la matière.
En se basant
sur les 1 150 000
profils de sa base
de données,
la plateforme
observe que les
écarts de prix se
creusent entre
territoires en cette
rentrée 2018 : la différence entre la région
la plus chère et la moins chère a augmenté
de 20 centimes en un an. Tout ce qui est rare
étant cher, la cartographie des tarifs de garde
d’enfants se calque sur celle du coût de la vie
et des zones touristiques « où la demande
dépasse l’offre disponible », analyse Benjamin
Suchar, cofondateur de Yoopies. Sans surprise,
l’Île-de-France (9,20 euros) et la région Paca
(9,15 euros) suivent la Corse (9,49 euros)
sur le podium des zones les plus chères.
Les nounous de la célèbre station de ski
de Val d’Isère jouissent du tarif le plus
rémunérateur
(12,27 euros), juste
devant celles de…
Megève (10,83 euros).
À l’opposé, il est
nettement moins
avantageux d’exercer
à Treillières, en LoireAtlantique, où les babysitters perçoivent
8,75 euros net de l’heure
en moyenne,
ou à Guichen, en Illeet-Vilaine (8,81 euros). ■
ALICE KACHANER
SFR réfléchit à de nouvelles solutions
pour financer le déploiement de son
réseau de fibre optique en France. Fidèle à son habitude, Altice, sa maison
mère, s’est mise à la recherche de
partenaires financiers, essentiellement des fonds d’investissement.
L’opérateur a mandaté la banque Lazard sur ce dossier.
Dans les faits, les fonds pourraient
prendre une participation dans une
nouvelle société « SFR FTTH », qui
regrouperait les actifs de l’opérateur
télécoms dans les zones dites
moyennement denses. Cela représente quelque 4 millions de prises, sur
les 4,7 millions environ que le groupe
s’est engagé à y installer. Techniquement, les petites agglomérations et
les appels d’offres emportés par SFR
dans des réseaux dans les zones rurales sont concernés. Dans ce dernier
cas, la valorisation de l’actif va aussi
dépendre de la durée de la concession, compliquant l’équation.
« Le projet devrait attirer les principaux fonds d’infrastructure actifs en
Europe », explique un connaisseur du
dossier, qui prévient que « le processus sera long et complexe ».
Le montage, dont le montant n’a pas
encore été déterminé, permettrait à
SFR de financer et d’accélérer le déploiement de cette infrastructure estimée à plusieurs milliards d’euros. Il ne
concerne pas les prises déjà déployées
par l’opérateur, soit près de 2 millions
de prises fibre « jusqu’à l’abonné »
(FTTH), mais bien celles qui sont à venir. Le dossier devrait être présenté
aux salariés en comité central le
4 septembre. Ils s’attendent à de nombreux bouleversements cette année.
L’opération permettrait aussi à Altice
de poursuivre son désendettement.
Le groupe s’y était engagé en novembre dernier, sous la pression des
marchés financiers. Depuis, il a créé
une infrastructure dédiée pour ses
pylônes, dont il a cédé une partie à
des investisseurs, levant 2,5 milliards
d’euros. En revanche, le groupe a renoncé à céder ses actifs en République dominicaine. Il se serait montré
« trop gourmand » en demandant
près de 3 milliards d’euros, selon un
analyste financier. Altice Europe, dont
le principal actif est SFR, supporte
une dette de 31 milliards d’euros.
ELSA BEMBARON
Les touristes toujours
plus nombreux
en Île-de-France
Musée du Louvre, château de
Versailles, Disneyland Paris…
Dans l’ordre ou dans le désordre, ces valeurs sûres du
tourisme en Île-de-France
sont, au fil des années, toujours aussi attirantes. Au premier semestre de 2018, la fréquentation dans Paris et sa
région a atteint un nouveau
record absolu avec 17,1 millions de touristes (+ 4,1%).
Selon les chiffres fournis par
le Comité régional du tourisme (CRT), la clientèle américaine est la plus importante
avec 1,25 million de touristes
(+ 10,7%) venus dans la région parisienne lors des six
premiers mois. « Cette clientèle a été multipliée par deux en
dix ans », précise une porteparole du CRT. Les Américains devancent ainsi les Britanniques (900 000, soit une
hausse de 8,4 %) et les Allemands (590 000, + 16,5 %).
La progression de la clientèle
chinoise s’est quant à elle ralentie par rapport à l’année
dernière, avec 543 000 arrivées, soit une hausse de
5,4 % contre 17,8 % pour
l’ensemble de 2017.
« Comme pour les Japonais,
pour lesquels on enregistre le
même phénomène, ce ralentissement est dû aux très fortes
progressions de 2017 », indique-t-on au CRT. On se souvient que les attentats perpétrés en France avaient eu un
effet très sensible sur la venue des touristes étrangers
les années suivantes.
La seconde partie de l’année
2018 s’annonce également
très bonne : « Les professionnels du tourisme nous ont indiqué que l’état des réservations
était excellent, note le CRT. Le
Mondial de l’auto mais aussi la
Ryder Cup de golf attireront du
monde. » Autre signe très positif, les réservations aériennes sont en hausse de 8 %
pour la période août-octobre.
De bon augure pour le second
semestre et les résultats 2018.
CH. G.
A
AIR FRANCE
SFR CHERCHE
DES FINANCIERS
POUR SA FIBRE
mardi 28 août 2018 LE FIGARO
22
L'ÉVÉNEMENT
Tout le monde sera
mis à contribution pour
rétablir les équilibres
des finances publiques,
les entreprises aussi
»
FREDERIC BUKAJLO/SIPA PRESS/RTL ET ERIC PIERMONT/AFP
BRUNO LE MAIRE,
MINISTRE DE L’ÉCONOMIE, SUR RTL
Budget : l’avertissement du Medef à l’exé
L’organisation patronale, qui ouvre ce mardi sa 20e université d’été, exhorte le gouvernement à tenir son cap
CÉCILE CROUZEL £@ccrouzel
26
septembre
Présentation
officielle
du projet de loi
de finances 2019
PATRONAT Ce n’est pas un coup
de colère. Mais après une année où
la confiance était au beau fixe entre
le gouvernement et le Medef, le
changement de ton est notable.
Alors que la 20e université d’été de
l’organisation patronale ouvre ce
mardi sur le campus d’HEC à Jouyen-Josas, Geoffroy Roux de Bézieux, son nouveau président, a estimé lundi qu’on « ne pouvait que se
désoler » des annonces faites le matin par Bruno Le Maire, le ministre
de l’Économie.
De fait, les entreprises vont être
sérieusement mises à contribution
pour contenir les déficits en 2019.
Elles verront s’envoler 2 milliards
d’euros d’allégements (avec le report du 1er janvier au 1er octobre
2019 de la baisse supplémentaire de
cotisations patronales autour du
smic), avanceront 1,3 milliard à
l’État (avec le relèvement du
5e acompte d’impôt sur les sociétés)
et perdront un milliard d’aides.
Mais c’est tout le paradoxe de la
situation, les entreprises profiteront aussi de coups de pouce l’an
prochain. Au menu : la baisse du
taux de l’IS et surtout la transformation du CICE en baisse pérenne
de cotisations, qui dopera la trésorerie de la plupart d’entre elles elles toucheront une dernière fois le
CICE, tout en percevant les nouvelles baisses de charges. Sans compter qu’elles profiteront aussi de mesures de la future loi Pacte, comme
la suppression du seuil social de
20 salariés, et indirectement du futur plan de « désocialisation » des
heures sup (nos éditions du 27 août).
« Tambouille comptable »
Tout le problème est que la combinaison de ces mouvements contradictoires « embrouille les chefs d’entreprise », selon un dirigeant. « Il ne
faut pas revenir à la politique de zig
et de zag du quinquennat Hollande », avertit même Geoffroy Roux
de Bézieux, reprenant une expression de Pierre Gattaz, son prédé-
Le flou persiste autour des déficits 2018 et 2019
GUILLAUME GUICHARD
£@guillaume_gui
La croissance cale, le déficit public
gonfle. Entérinant le ralentissement de la reprise, le gouvernement a reconnu lundi qu’il revoyait
à la baisse ses ambitions en matière
de finances publiques. Contrairement à ce qui était prévu, « il n’y
aura pas 2,3 % de déficit en 2018, a
reconnu le ministre des Finances,
Bruno Le Maire, lors d’une rencontre organisée par l’Association des
journalistes économiques et financiers (Ajef). La moindre croissance
va nous amener autour de 2,5 points
de déficit ».
Un mauvais résultat auquel il faut
ajouter une éventuelle mauvaise
surprise sur les recettes fiscales. Et
la requalification de la dette de
SNCF Réseau, dès cette année, a-til encore précisé. Le déficit s’en
trouvera donc plombé de 2,5 milliards d’euros supplémentaires, soit
un dixième de point de plus. Cette
opération, conséquence d’une décision technique à venir de l’Insee,
n’était attendue qu’en 2019. Au total, le déficit se creusera à environ
2,6 % du PIB en 2018, au lieu de
2,3 % seulement, ce qui représente
- à ce stade - une sortie de route
d’un peu plus de 6 milliards d’euros.
Mieux, si le déficit de 2018 atteint
le chiffre avancé ce lundi par Bruno
Le Maire (2,6 %), il sera tout de
même meilleur que celui espéré
l’automne dernier (2,8 %). « Les
aléas de conjoncture font partie de la
vie économique », a relativisé le ministre de l’Économie. Le flou demeure cependant pour 2019. L’exécutif n’a fait à ce stade qu’une
promesse : le déficit sera en dessous
de 3 %, seuil maximal acceptable
par Bruxelles que la France avait
franchi à la baisse - une première
depuis 2007 - en 2017.
Et pour atteindre cet objectif minimal, Bercy a quand même dû ressortir les vieilles ficelles budgétaires.
D’abord, les entreprises ne bénéficieront de l’allégement de charges
sociales de 4 points, pour les salaires
au niveau du smic, qu’à partir d’octobre 2019 et non de janvier. Le
manque à gagner pour les employeurs - et donc l’économie pour
l’État - atteindra 2 milliards d’euros.
A
CORINNE CAILLAUD
£@corinnecaillaud
En 2019,
le déficit sera
en dessous
de 3 %
mais plus
que 2,3 %
»
GÉRALD DARMANIN,
MINISTRE DE L’ACTION
ET DES COMPTES
PUBLICS, SUR RMC
DÉFICIT PUBLIC FRANÇAIS, en % du PIB
Déficit
acté
Prévision de déficit
votée dans la loi de
programmation des
finances publiques
Prévision de déficit remise à
la Commission européenne
dans le cadre du programme
de stabilité (avril 2018)
Prévision de déficit présentée
au cours du débat d’orientation
des finances publiques
3,4
Supérieur
ou égal à 2,6 %
2,6
2,8
2,3
2016
2017
Sources : Insee, LFI 2018, Programme de stabilité et DOFP 2018
2018
2,3
Précisions
du gouvernement
(août 2018)
(juillet 2018)
(décembre 2017)
Inférieur
à3%
2,9
2,4
sables mouvants de la recherche de
ressources budgétaires. « L’angle
mort de la politique du gouvernement, c’est la réduction des dépenses
publiques. Comme cela n’est pas fait,
au dernier moment, on fait de la
tambouille comptable », regrette
Geoffroy Roux de Bézieux. Et d’appeler l’exécutif « à tenir le cap » et à
« accélérer les transformations »
alors que la croissance se tasse.
Le Medef va être rapidement fixé
car se profilent dans les mois à venir la réforme des retraites et celle
de l’assurance-chômage. Sans
compter celle de la santé au travail.
En la matière, le patronat a échappé
au pire. Édouard Philippe a enterré
dimanche l’idée, ayant circulé cet
Indemnités maladie, retenue à la
aux niches… les petits patrons
Retour à des prévisions plus dégradées
Baisse de croissance
En réalité, ce dérapage n’en est un
qu’au regard des dernières prévisions d’été et de printemps du gouvernement. Après le rebond, puissant mais inattendu, enregistré fin
2017, le gouvernement avait revu,
en avril, ses prévisions économiques pour 2019 à la hausse. Il tablait
alors sur 2 % de croissance en 2018
et 1,9 % en 2019. Prévisions abaissées à 1,7 % pour l’année prochaine
et très probablement aussi pour
cette année, des chiffres identiques
à ceux inscrit dans les documents
budgétaires de l’automne 2017 !
L’exécutif demande également
aux grandes entreprises de payer
leur impôt sur les sociétés encore
plus en avance en 2019, ce qui devrait dégager entre 1,3 et 1,5 milliard d’euros pour le budget 2019.
Une mesure directement inspirée
du… gouvernement Valls - dans lequel siégeait jusqu’en août 2016
Emmanuel Macron -, qui avait utilisé la même combine pour boucler
son projet de budget 2017. Les sociétés réalisant plus de 250 millions
d’euros de chiffre d’affaires doivent
verser des acomptes au titre de leur
impôt de l’année suivante, portant
sur leur bénéfice estimé de l’année
en cours.
L’année prochaine, les sociétés
réalisant entre 250 millions et
1 milliard de chiffre d’affaires (CA)
verront leur dernier acompte augmenter de 70 % à 80 %, celles générant entre 1 et 5 milliards de CA de
85 % à 90 %, et, au-delà, de 95 % à
98 %. ■
cesseur. La mise en garde n’est pas
mince, la précédente majorité
ayant laissé un souvenir mitigé au
patronat.
Certes, on est loin de la défiance
régnant sous le gouvernement
Ayrault lorsque les patrons du Medef et de la CPME avaient brandi des
cartons jaunes en meeting à Lyon.
Au sein de l’organisation de Geoffroy Roux de Bézieux, on reconnaît
que, depuis l’élection d’Emmanuel
Macron, le bilan est largement positif : ordonnances sur le Code du
travail, réforme de l’apprentissage
et de la formation, fin de l’ISF…
Mais le patronat souhaite que
cette orientation pro-entreprises
perdure et ne se perde pas dans les
2,3
2019
Infographie
Les dirigeants des petites entreprises sont sur le qui-vive ! Et l’annonce surprise de Bruno Le Maire
de reporter de neuf mois, au 1er octobre 2019, l’allègement de cotisations patronales promis au niveau
du smic - pour faire 2 milliards
d’euros d’économies - ne va pas
dans le bon sens. « C’est une mauvaise nouvelle pour les entreprises
qui devront prendre en compte ce
revirement qui impactera négativement le coût des salaires en 2019 », a
ainsi immédiatement condamné
François Asselin, le président de la
Confédération des PME (CPME).
Mais ce report n’est pas la seule
source d’inquiétudes des patrons.
Depuis le début de l’été, elles
s’accumulent. À commencer par
l’idée, soufflée par l’Inspection
générale des affaires sociales
(Igas), de faire payer par les entre-
“
L’exécutif
ne veut-il
que des grands
groupes et des
microentreprises ?
BERNARD STALTER,
PRÉSIDENT DE L’APCMA
”
prises - et non plus par la Sécurité
sociale - 4 jours d’indemnités
journalières pour les arrêts maladie de moins de 8 jours. Certes,
Édouard Philippe a écarté ce dimanche tout « brutal transfert »
de cette charge mais une solution
reste à trouver. Et les employeurs
devront y prendre toute leur
part… « On fait des avancées et, en
même temps, on reprend d’un côté
ce qu’on a donné de l’autre », criti-
que Alain Griset, le président de
l’Union des entreprises de proximité (U2P) qui fédère artisans,
commerçants et professionnels libéraux. Sur les indemnités journalières, « c’est tout bonnement
impossible pour nos entreprises à
faible effectif ! Non seulement on va
se retrouver avec un salarié absent
et en plus il faudra le payer. C’est la
double peine », admoneste Bernard Stalter, le patron de l’assemblée permanente des chambres de
métiers et de l’artisanat (APCMA).
Autre source d’inquiétude, le
prélèvement à la source. Depuis
des mois, les petits patrons alertent
sur les problèmes de sa mise en
œuvre, chronophage et onéreuse
(entre 2 et 4 euros par feuille de
paie et par mois, selon le Medef).
Or le système proposé mi-août aux
entreprises de moins de 20 salariés,
pour pallier ces difficultés, ne les
satisfait pas. Il consiste à leur faire
utiliser le titre emploi service entreprise (Tese), un service en ligne
gratuit du réseau des Urssaf. Problème, le Tese n’intègre pas tous
les aspects conventionnels des
branches. Et certains patrons veulent garder la maîtrise des feuilles
de paie de leurs salariés.
« Ce gouvernement est mal
conseillé : il s’est entouré de hauts
fonctionnaires qui ne connaissent
pas nos métiers », déplore Patrick
Liébus, le président de la Confédération de l’artisanat et des petites
entreprises du bâtiment (Capeb).
Les Entrepreneurs et Dirigeants
chrétiens (EDC), favorables aux réformes, s’interrogent sur la volonté
de l’exécutif de déporter des centres de coûts de l’État vers les entreprises. « On a le sentiment d’agitation, il faut que le gouvernement
réexplique sa politique globale »,
note Philippe Royer, son président.
Du côté des entreprises de crois-
LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
ÉCONOMIE
GEOFFROY ROUX DE BÉZIEUX,
PRÉSIDENT DU MEDEF
»
CE QUE LES
ENTREPRISES
ONT DÉJÀ
OBTENU
DE MACRON
cutif
pro-entreprises.
été, de faire payer aux entreprises
une partie des arrêts maladie. Tout
danger n’est cependant pas écarté,
nul ne sachant sur quoi débouchera
la concertation avec les partenaires
sociaux sur le sujet.
Ce mardi, lors de son discours à
l’université d’été du Medef qui
suivra celui de Geoffroy Roux de
Bézieux, Édouard Philippe va donc
devoir rassurer les centaines de
patrons présents. Le patronat croit
encore que ce gouvernement
« aime l’entreprise » - pour reprendre la formule célèbre prononcée trois fois par Manuel Valls
en 2014 au même endroit - mais
veut que tous les doutes soient
levés. ■
source, chasse
dans le brouillard
sance, si l’on salue la volonté réformatrice du gouvernement avec des
avancées sur le Code du travail, la
formation et l’alternance, les premières mesures annoncées de la loi
Pacte inquiètent. « L’exécutif ambitionnait de créer un Mittelstand à
la française pour accompagner le
développement des entreprises. Or
les ETI ne trouvent pas leur compte,
notamment en matière de transmission et de financement », jure JeanBaptiste Danet, le président de l’association CroissancePlus. Pour lui,
“
C’est
la réforme
de l’État, et pas
la taxation
des entreprises, qui doit
combler le déficit
”
JEAN-BAPTISTE DANET,
PRÉSIDENT DE CROISSANCEPLUS
le soudain ralentissement de la
croissance est un autre vrai sujet de
préoccupation. « On a l’impression
que des ballons d’essai ont été lancés
pour rattraper ces problématiques
de croissance et de déficit en ajoutant des charges déguisées aux entreprises. Ce n’est pas une bonne
chose », regrette-t-il.
Autre sujet de préoccupation, la
révision des aides aux entreprises.
L’État y consacre près de 75 milliards d’euros par an et Bruno Le
Maire veut trouver un milliard
d’économies - via une chasse aux
niches fiscales notamment - dès fin
septembre sur celles qui ne créent
pas assez d’emplois. Enfin, il en va
de même avec l’instauration d’un
malus en cas d’abus sur les contrats
de type CDD. Les plus petites entreprises qui ont souvent recours
aux contrats courts ne voudraient
pas se voir pénalisées… ■
■ 2017
» Réforme du Code
du travail par ordonnances
■ 2018
» Suppression de l’ISF
et création de l’impôt sur
la fortune immobilière (IFI)
» Réforme
de l’apprentissage et de
la formation professionnelle
» Mise en œuvre
du prélèvement forfaitaire
unique (PFU) sur les revenus
du capital
■ 2019
» Basculement du CICE
en exonération pérenne
de cotisation patronale
» Poursuite de l’abaissement
du taux de l’impôt
sur les sociétés
(jusqu’à 25 % en 2022)
» Suppression
de 4 points supplémentaires
de cotisation patronale
au niveau du smic
» Réforme de l’assurancechômage incitant
plus à la reprise d’emploi
» Loi Pacte sur
les entreprises (suppression
du seuil de 20 salariés,
relèvement du seuil de
certification des comptes,
guichet unique à l’export…)
Lait infantile : Sodiaal doit affronter
les difficultés de son partenaire chinois
La coopérative négocie la reprise du site de Synutra, dans le Finistère.
OLIVIA DÉTROYAT £@Oliviader
AGROALIMENTAIRE Les ambitions du chinois Synutra dans le
lait infantile à Carhaix (Finistère),
annoncées en grande pompe avec
la coopérative laitière Sodiaal en
2016, semblent tourner court. Il y
a un an, Synutra avait déjà réduit
de moitié la production de son site
flambant neuf de Carhaix entièrement destinée à la Chine. Ce qui ne
fait pas les affaires de Sodiaal qui
s’était engagé à livrer 280 millions
de litres de lait annuels pendant
dix ans. La coopérative entend
désormais reprendre la main car
la nutrition infantile, notamment
en Chine, est stratégique pour elle.
Ce lundi, Sodiaal négociait activement avec Synutra, troisième
laitier chinois, une possible reprise de l’usine. Le cœur du problème, ce sont les difficultés que
rencontre Synutra à faire monter
en puissance ce site dans lequel il
a investi 170 millions d’euros.
Même si les deux groupes affirment avoir pris en commun la décision de réduire les volumes — le
compte n’y est apparemment pas
pour Sodiaal. Ni pour ses adhérents : certains menacent d’actions fermes si la situation n’était
pas rapidement éclaircie.
Accord possible
cette semaine
L’enjeu : stopper les errements
d’un partenaire à la santé financière controversée et accélérer la
montée en puissance de deux tours
de séchage de 50 mètres de haut. À
la mi-août, l’usine a fait l’objet de
saisies en raison d’impayés de Synutra. Sodiaal refuse de confirmer
s’il fait partie ou non des fournisseurs qui s’estiment lésés. Mais,
selon Ouest France, Synutra lui
aurait laissé une ardoise de plus de
30 millions d’euros. Ce qui est problématique pour la coopérative
lancée dans un vaste plan d’amé-
lioration de sa rentabilité d’ici à
2025. Toujours selon Ouest France,
Sodiaal pourrait abandonner sa
créance en échange d’une entrée
au capital de l’usine de Carhaix. La
coopérative espère conclure les
négociations d’ici le milieu de la
semaine.
Malgré les difficultés du laitier
chinois à atteindre ses objectifs,
Sodiaal croit toujours aux opportunités qu’offre la Chine pour le
lait infantile (en poudre et liquide) : c’est un marché de
300 000 tonnes par an. Pour les
laitiers français, l’empire du Milieu reste de loin le premier client
hors Union européenne de lait
pour bébés (46 700 tonnes en
2017).
Mais après l’affaire du lait français contaminé à la salmonelle fin
2017, les autorités sanitaires
chinoises très pointilleuses sur les
produits alimentaires ont durci
leurs exigences. Et un nouvel entrant comme Synutra semble avoir
du mal à remplir les critères d’excellence de la filière laitière.
« L’affaire Lactalis est passée par
là, explique un proche du dossier.
Que Synutra ait des difficultés de
fonctionnement sur un site aussi
Le Medef tient ces mardi
et mercredi, sur le site
d’HEC à Jouy-en-Josas,
sa 20e université d’été,
la 1re sous présidence
Roux de Bézieux. Outre
Édouard Philippe qui
interviendra en ouverture,
pas moins de 9 ministres
(Pénicaud, Blanquer,
Le Maire, Parly…)
ont répondu présents.
Ils croiseront quelque
4 000 dirigeants
d’entreprise présents
sur le campus et… Xavier
Bertrand, seul politique de
droite à venir cette année.
Très européenne, cette
20e édition accueillera
aussi David Lidington,
bras droit de Theresa
May en Grande-Bretagne,
et Olaf Scholz, ministre
allemand des Finances.
complexe est compréhensible. Mais
il faut aller vite sur ce marché dynamique qu’est la Chine. » Si les discussions avec Synutra échouaient,
Sodiaal n’exclut pas de construire
une nouvelle usine. Mais une telle
option serait difficile à défendre
alors que le site de Carhaix est
opérationnel.
La première coopérative laitière française, avec 5 milliards
d’euros de chiffre d’affaires, n’est
pas la seule à souffrir des ratés du
groupe chinois en France. Si Sodiaal n’a pas beaucoup investi à
Carhaix, ce n’est pas le cas d’une
autre coopérative, Les Maîtres
Laitiers du Cotentin. Elle fabrique
essentiellement des produits laitiers à marques de distributeurs.
Mais elle a investi plus de 115 millions d’euros sur la table en 2017
dans une nouvelle usine à Méautis
(Manche). Celle-ci était pour
moitié dédiée à une production
annuelle de 690 millions de briquettes de 20 centilitres de lait
pour bébé, pour le même Synutra. Après que son client a invoqué un changement de formulation du lait, le site est à l’arrêt
depuis début août. Sans calendrier de reprise. ■
Le groupe chinois
a investi 170 millions
d’euros dans le site
de Synutra, à Carhaix.
STEPHANE MAHE/REUTERS
Macron examine sur place les succès et
les limites de la flexisécurité à la danoise
Le président, inspiré par le modèle scandinave, va ce mardi à Copenhague.
SLIM ALLAGUI
UNIVERSITÉ
D’ÉTÉ, 20e !
23
23
COPENHAGUE
EUROPE Le Danemark, pour Emmanuel Macron, est « à plusieurs
égards un exemple », loué pour
« son modèle de flexisécurité très
inspirant en particulier pour la
France ». Le président de la République va pouvoir en juger sur
place lors de sa visite dans le petit
royaume scandinave, mardi et
mercredi.
Copenhague a-t-il trouvé la
potion magique pour briser la
courbe du chômage qui atteignait
un pic de 12 % au début des années 1990 ? Le premier ministre
social-démocrate, Poul Nyrup
Rasmussen, arrivé au pouvoir en
1993 en pleine crise, a trouvé la
recette pour dynamiser le marché
du travail : la flexisécurité, une
formule alliant facilité de licenciement et d’embauche pour les
employeurs, indemnités de chômage relativement élevées pour
les salariés, et formation continue
et accompagnement des chômeurs pour retrouver un emploi.
« Un triangle d’or », aux mains
des partenaires sociaux, qui a
contribué à faire reculer le chômage à environ 4 % en 2001 au départ des sociaux-démocrates du
pouvoir. Un taux resté quasiment
aussi bas à ce jour, à l’exception de
la période de la crise financière
internationale de 2008-2009 où il
était remonté à plus de 7 %.
Mais le modèle risque de
« s’éroder », constatent les pro-
succès
« duLe modèle
n’est pas
dû à la
générosité
des
indemnités
de chômage,
mais à la
diminution
de leur durée,
qui pousse
les chômeurs
à être plus
actifs sur
le marché
de l’emploi
»
MADS LUNDBY HANSEN,
ÉCONOMISTE
fesseurs Per Kongshoej Madsen et
Thomas Bredgaard, de l’université d’Aalborg, dans une analyse
publiée en juin. « La sécurité, pilier essentiel de ce modèle présenté
comme une source d’inspiration
pour un nouveau modèle social
pour l’Europe […] est affaiblie suite
aux réductions successives de la
durée des allocations-chômage de
7 à 2 ans et de leur montant. Elles
représentaient 63 % d’un salaire
moyen dans l’industrie dans les années 1980 contre 47 % aujourd’hui
et 44 % prévus en 2025 », notent
les économistes.
Durcissement des règles
« Certes, le modèle est toujours intact […] mais ses fondations commencent à se craqueler », avertit
le professeur Madsen.
Plus alarmiste, Lizette Risgaard, présidente de LO, la plus
grande fédération syndicale (un
million de membres sur une force
de travail de 2,9 millions, dont
63 % sont syndiqués) a mis en
garde, dans une chronique en
juin, contre « les dégradations régulières des allocations-chômage
et le durcissement des règles d’indemnisation qui risquent de gripper les rouages de la machine de
flexisécurité ».
Ces reculs créent, selon la responsable syndicale, « un sentiment
d’insécurité chez chaque Danois qui
devient moins enclin à changer
d’emploi, donc moins disposé à accepter cette flexibilité qui consiste à
être licencié avec un court préavis et
permet aux entreprises d’adapter
rapidement le nombre de leurs employés à la conjoncture ».
Mais pour l’économiste Mads
Lundby Hansen du think tank libéral Cepos, « pas de crainte de voir
les syndicats monter aux barricades ». « Ils n’ont jamais combattu
la flexibilité, car ils savent que s’ils
exigent des préavis plus longs, leurs
adhérents auront du mal à trouver
un emploi et seront confrontés à un
plus grand chômage comme dans
les pays d’Europe du Sud », poursuit-il. Selon lui, « le succès du modèle n’est pas dû à la générosité des
indemnités de chômage, mais à la
diminution de leur durée, qui pousse
les chômeurs à être plus actifs sur le
marché de l’emploi, et qu’il faudrait
abaisser encore à un an et demi selon le ministère des Finances ». Il
juge d’ailleurs « ces indemnités
trop élevées », et propose de « les
réduire de 10 %, car la différence
entre leur plafond (18 600 couronnes brut par mois - 2 496 euros) et
les emplois à bas salaire n’est que
d’environ 40 euros, ce qui n’incite
pas certains chômeurs à chercher
un travail ». ■
LE 5/7
MATHILDE
MUNOS
Retrouvez le mercredi à 6h48
Histoires Économiques
avec Jacques-Olivier Martin
du quotidien
À SUIVRE SUR TWITTER
#LE57INTER
A
On ne peut que […]
regretter le signal
négatif. Ça ne fait que
résoudre un problème
de très court terme pour
la trésorerie de l’État
en 2019 et ça ne résout
pas les vrais problèmes
structurels de ce pays
mardi 28 août 2018
mardi 28 août 2018 LE FIGARO
24
ENTREPRISES
Les syndicats d’Air France dans l’embarras
L’intersyndicale de la compagnie aimerait engager un bras de fer mais la direction actuelle est en sursis.
VALÉRIE COLLET £@V_Collet
TRANSPORT La raison l’a-t-elle
emporté sur la colère chez Air
France ? Lundi, l’intersyndicale
qui réunit neuf organisations (FO,
SNPNC, CGT, Unsa, CFTC, SNPL,
Alter, SUD, SNGAF) a repoussé le
scénario d’une nouvelle grève.
« Nous restons mobilisés pour la
défense de notre revendication : le
rattrapage de 5,1 % de nos salaires
dans les plus brefs délais correspondant à l’inflation 2012-2017 »,
souligne un communiqué commun à l’issue d’une réunion sur
les nouvelles actions à mener à la
rentrée. Une déclaration « solennelle » devrait être lue jeudi devant la direction lors d’un comité
central d’entreprise.
Pourtant, un vent de folie avait
soufflé sur les représentants syndicaux le 16 août, jour de l’annonce de la nomination de Benjamin
Smith, le numéro deux d’Air Canada, à la direction générale du
groupe Air France-KLM. Ce jourlà, l’intersyndicale jugeait « inconcevable » que « la compagnie
Air France, française depuis 1933,
tombe dans les mains d’un dirigeant étranger » en ajoutant que
celui-ci roulait pour Delta Air
Lines, « un groupe industriel
concurrent »
Les jours ont passé et des désaccords sur ces arguments ont divisé
les syndicats. Un préavis de grève
de quatre jours aurait été envisagé. Mais comment justifier de
nouveaux débrayages alors que le
prochain directeur général du
groupe n’arrivera pas avant la fin
septembre ? De plus, la direction
d’Air France pourrait être profondément remaniée ces prochaines
semaines. Plusieurs syndicats ont
bien compris le risque d’une nouvelle grève peu suivie par les salariés conscients qu’un tel mouvement
n’a
aucune
chance
d’aboutir : en effet, les interlocuteurs actuels n’ont pas de mandat
pour négocier quoi que ce soit. Le
bureau du SNPL, le principal syn-
Une déclaration
« solennelle »
des syndicats devrait
être lue jeudi devant
la direction lors
d’un comité central
d’entreprise.
JOEL SAGET/AFP
« On repart
dans le conflictuel »
Mais les syndicats veulent aussi
rappeler leur revendication d’une
hausse générale des salaires. « On
demande que le volet social soit
traité en premier, ça fait huit mois
que ça dure », rappelle Françoise
Redolfi, représentante de l’UnsaPNC, en réponse à une question
sur le fait que la nouvelle gouvernance d’Air France-KLM ne devrait pas être effective avant le
mois de septembre.
C’est pour obtenir une hausse
de 6 % pour tous les salariés mais 10 % pour les pilotes qu’une grève perlée de quinze
jours avait été lancée entre février
et mai. « Petit à petit, on fait monter la pression, traduit une source
syndicale anonyme citée par
l’AFP. Jeudi, on va donner une date
d’ultimatum : soit la direction lance
des signaux forts, soit on repart
dans le conflictuel. »
En quittant le groupe, JeanMarc Janaillac, l’ancien PDG, qui
avait mis son mandat dans la balance d’une consultation - rejetée
Ben Smith vient d’un pays qui préfère le dialogue social
LUDOVIC HIRTZMANN
MONTRÉAL
Un médiateur à l’œuvre chez KLM
Les pilotes de KLM
menaçaient mi-août la
direction de déclencher une
grève si leurs revendications
sur la charge de travail
et les salaires n’étaient pas
entendues. Ils estiment que
le plan de crise, mis en place
il y a plusieurs années pour
assurer le redressement
de la compagnie, n’a plus lieu
d’être. Ils ont finalement
décidé de faire appel à un
médiateur indépendant.
dicat de pilotes chez Air France,
sait qu’avec des élections professionnelles à la fin de l’année, il
vaut mieux éviter le moindre
faux pas.
par 55,44 % des salariés - était revenu sur ce point dans son dernier
discours : « J’ai conscience que les
efforts de ces dernières années ont
été un engagement de tous les salariés pour leur avenir. Certaines
organisations syndicales pensent
que ces efforts devraient être
remboursés. C’est économiquement
impossible et ce serait surtout un
suicide. »
Son successeur pourra difficilement le contredire. Il souhaitera
certainement rouvrir les discussions sur de nouvelles bases, « à la
canadienne » (lire ci-dessous).
Mais Benjamin Smith est d’ores et
déjà présenté par certains comme
un « cost killer », chantre des filiales à bas coûts et doté d’une rémunération qui représente « une
hausse de 358 % » par rapport à
celle de son prédécesseur.
Le groupe Air France-KLM
continuait à bénéficier cet été
d’une demande soutenue : le chiffre d’affaires du deuxième trimestre apparaissait stable à 6,6 milliards d’euros. Mais son bénéfice
net a fondu à 109 millions d’euros
au deuxième trimestre sous l’effet
de nouvelles normes comptables
et à cause des grèves. Leur impact
est évalué au total à 335 millions
d’euros. Quant au prix du carburant, il a grimpé d’environ 35 %
par rapport à l’an passé. Il y a urgence à remobiliser l’ensemble
des salariés. ■
Les négociations entre la
compagnie néerlandaise et le
syndicat de pilotes VNV sont
dans l’impasse depuis
qu’il a rejeté, au printemps,
un projet d’accord proposé
par la direction qui devait
déboucher sur une nouvelle
convention collective.
L’objectif de la médiation
est de parvenir, avant le
6 septembre, à un accord
et d’éviter un mouvement
social.
V. C.
Benjamin Smith, 46 ans, prendra
en septembre ses fonctions de PDG
d’Air France-KLM. Jusqu’ici numéro deux d’Air Canada, il a su réconcilier le syndicat des pilotes de
la compagnie et la direction. Tout
commence à la fin des années
2000. L’ambiance est délétère au
sein d’Air Canada. Les pilotes se
plaignent de ne pas être écoutés.
Le gouvernement conservateur
multiplie les injonctions et les oblige à ne pas déclencher de grève.
Les pilotes ripostent en enchaînant
les congés maladie en 2011 et 2012.
C’est là qu’intervient Benjamin
Smith. Il entame au début de 2013
une longue négociation de près
d’un an et demi. Et le syndicat des
pilotes d’Air Canada signe à la fin
de 2014 une convention collective
de dix ans avec la direction. Cet
accord inhabituellement long assure la paix sociale. Les pilotes obtiennent des garanties d’embauches avec l’achat d’avions
supplémentaires, une augmenta-
tion salariale annuelle de 2 % et
une amélioration du régime de retraite. Surtout, les deux parties
conviennent de revoir l’accord
tous les trois ans en fonction de la
réalisation ou non d’objectifs fixés.
« Ce que nous voulions est que si la
direction obtient un bonus, nous obtenions un bonus. C’est désormais le
cas », explique Craig Blandford,
président du syndicat des pilotes
d’Air Canada, au Toronto Star. Au
Financial Post, il précise : « L’une
des choses que nous avons apprises
(le syndicat, NDLR) au fil des ans
est qu’une approche conflictuelle
n’a jamais servi que ce soit Air Canada ou les pilotes. »
Depuis, Air Canada a renoué
avec la paix sociale. Une situation
unique ? Pas vraiment. En mai, les
pilotes de la deuxième compagnie
aérienne du pays, Westjet, ont
menacé la direction d’une grève.
Les deux parties ont entrepris des
négociations pendant quelques semaines avant d’accepter une médiation du gouvernement fédéral,
puis de trouver un accord satisfaisant. À peu près au même moment, alors que la SNCF découvrait
la grève par intermittence, la société de chemin de fer Canadien
Pacifique évitait une grève. Les
cheminots, qui réclamaient une
hausse des rémunérations et une
amélioration des horaires de travail, avaient lancé un ultimatum.
Direction et syndicats ont négocié
d’arrache-pied, chacun faisant
des concessions pour trouver un
accord avant le déclenchement de
la grève.
À l’usure
Au Canada, les menaces de grève
sont toujours brandies à l’approche du renouvellement d’une
convention collective. Mais, plutôt
que d’aller à un conflit coûteux,
organisations patronales et syndicats de salariés règlent la question
en amont avec l’aide d’un médiateur. C’est ainsi que les accords
trouvés chez Westjet ou au Canadien Pacifique sont typiques du
dialogue social. Les discussions
sont en revanche toujours tendues. « Lors des négociations, c’est
celui qui tiendra le plus longtemps, à
l’usure, qui emporte la partie »,
confie un avocat québécois. Si le
patronat et les syndicats trouvent
le plus souvent un accord, c’est
parce que les syndicats sont un
État dans l’État. Le Canada comptait 30,4 % de syndiqués en 2017 et
le seul Québec 38,4 %.
Après une consultation et un
vote des employés, si un syndicat
entre dans une entreprise, tous les
salariés doivent être syndiqués.
Une cotisation est alors prélevée
sur les salaires. C’est de là que les
syndicats canadiens tirent toute
leur puissance de négociation : ils
ont les moyens financiers de soutenir de longues grèves de plus en
plus rares. En cas de conflit, des
petits groupes mènent des actions
coup de poing avec pancartes et
sifflets devant l’entreprise. L’objectif est de marquer les esprits,
dans le calme. En 2014, les employés municipaux du Québec ont
protesté contre une révision de
leur régime de pension. Les policiers municipaux ont défilé en
shorts ou en pantalons de treillis
verts, gris, voire roses ! La grève
est restée bon enfant. Enfin, les
syndicats canadiens ne mènent jamais de combats politiques. ■
LA SÉANCE DU LUNDI 27 AOÛT
LE CAC
JOUR
%VAR.
ACCOR .............................................. 43,97
♣
AIR LIQUIDE ..................................
109,2
AIRBUS ..............................................108
ARCELORMITTAL SA ..................................
26,3
ATOS .............................................. 102,3
AXA ..............................................
21,935
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
52,46
BOUYGUES ..............................................
37,43
CAPGEMINI ..............................................
112,5
CARREFOUR ..............................................
15,72
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,054
DANONE ..............................................68,84
ENGIE .............................................. 13,025
ESSILOR INTL. ..................................124,25
HERMES INTL ..................................560,8
KERING ..............................................470,9
L'OREAL ..............................................207,8
LEGRAND ..............................................64,24
LVMH .............................................. 302,6
♣
MICHELIN ..............................................
103,9
+HAUTJOUR
+0,99 44,19
+1,44 109,65
+0,47 108,26
+0,44 26,415
-0,05 102,8
+0,83 22,07
+0,94 52,71
+0,03 37,68
+0,45 112,75
+1,06 15,81
+0,65
12,12
+0,64 68,9
-0,27
13,125
-0,08 124,85
+1,23 561,6
+3
470,9
+0,58 207,8
+1,42 64,44
+1,09 302,9
+1,12 104,05
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
43,75
107,8
107,28
25,97
101,7
21,78
51,95
37,41
112
15,585
11,948
68,17
12,99
123,4
556,4
459,9
206,5
63,5
300,65
102,65
0,243
0,138
0,13
0,111
0,151
0,149
0,152
0,1
0,126
0,249
0,143
0,146
0,126
0,129
0,027
0,115
0,037
0,164
0,064
0,253
+2,26
+3,95
+30,12
-3,01
-15,7
-11,32
-15,73
-13,58
+13,76
-12,86
-12,65
-1,59
-9,14
+8,09
+25,67
+28,91
+12,35
+0,08
+23,31
-13,09
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................14,375 +0,42
PERNOD RICARD ..................................
138,3
-0,07
PEUGEOT ..............................................
23,9
+2,22
♣ 55,64 +0,25
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
73,09 +1,47
SAFRAN ..............................................111,85 +1,77
SAINT GOBAIN ..................................
36,905 +0,78
SANOFI ..............................................74,62 -0,11
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
70,9
+2,16
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
36,285 +0,57
SODEXO ..............................................94,72
+1,05
SOLVAY ..............................................
115,7
+1,09
STMICROELECTRONICS .............................
17,71
+1,64
TECHNIPFMC ..................................26,39 +0,8
TOTAL .............................................. 55,42 +1
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
186,75 +0,65
VALEO .............................................. 39,28 +2,83
VEOLIA ENVIRON. ..................................
18,19 +0,53
♣
VINCI .............................................. 83,6
+0,6
VIVENDI ..............................................22,44 +0,04
+HAUTJOUR +BAS JOUR
14,415
139
24,05
55,88
73,32
111,85
37,03
75,19
71,06
36,48
95,16
116,1
17,75
26,49
55,66
187,45
39,56
18,29
83,84
22,54
%CAP.ECH
14,31
138,3
23,46
55,62
72,22
109,9
36,61
74,37
69,72
35,99
94
114,8
17,35
26,08
54,95
186,2
38,39
18,135
83,06
22,24
A
L’ACTION VALEO RETROUVE ENFIN DES COULEURS
Les investisseurs reviennent à l’achat sur
Valeo. Le cours de Bourse de l’équipementier automobile français, qui a passé
un très mauvais été (30 % de baisse au
cours de trois derniers mois), s’est hissé
ce lundi parmi les plus fortes hausses du
CAC 40, avec un gain de 2,83 % à
39,28 euros. Les opérateurs ont estimé
que la sanction boursière infligée à la va-
leur à la suite de la publication de résultats
semestriels jugés décevante était excessive. En fin de semaine dernière, les analystes de Goldman Sachs avaient déjà annoncé qu’ils n’étaient plus « à la vente »
sur le titre. Le courtier américain n’est
toujours pas à l’achat mais il vise un objectif de cours de 47 euros très supérieur
au cours actuel. Ses analystes ont intégré
0,086
0,069
0,195
0,124
0,216
0,131
0,169
0,089
0,197
0,238
0,143
0,161
0,153
0
0,146
0,108
1,716
0,181
0,091
0,135
31/12
-0,69
+4,81
+40,96
-1,78
-12,89
+30,19
-19,74
+3,86
+0,06
-15,71
-15,47
-0,17
-2,72
+2,09
+20,36
-36,92
-14,5
-1,82
+0,09
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,5886
1,5182
0,9037
9,1318
129,16
1,1428
1,1633
3,1716
11,103
7,2082
20,7805
7,9396
81,623
136,9028
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33990
33410
-2,19
NAPOLEON ..................................................... 197
199,8
-4,78
PIECE 10 DOL USA .....................................................
596,75
597
+1,49
PIECE 10 FLORINS .....................................................
205
204,5
-3,67
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1149
1149
-1,63
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
195
195
-4,41
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
272
267
-10,82
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1245,25
1245,25
-4,94
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
111
110
+1,09
PIECE SUISSE 20F .....................................................
196,8
194,9
-2,91
PIECE LATINE 20F .....................................................
196,9
196,9
-2,96
SOUVERAIN ..................................................... 251,6
251,8
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le fait que le rythme de croissance et
l’évolution des marges marqueront une
pause cette année. Ils estiment toutefois
que le groupe devrait parvenir à maintenir
sa marge opérationnelle sur l’ensemble
de l’année à 7,7 %, un niveau à peine inférieur à l’objectif fixé par les dirigeants.
Les investisseurs saluent la stratégie
de développement du groupe dans les
véhicules autonomes et électriques,
même si, à court terme, celle-ci pèse sur
les marges. Valeo est en quelque sorte
victime de son succès. Le groupe avait
reçu à fin 2017 pour 27,6 milliards de commandes qu’il faut honorer, en construisant de nouvelles capacités de production. La coentreprise créée avec Siemens
dans le domaine des moteurs électriques
de grande puissance avait de son côté
accumulé 6,1 milliards d’euros, nécessitant aussi de gros investissements. La
quote-part dans les résultats des sociétés mises en équivalence aura un impact
négatif dans les comptes 2018, mais à
l’horizon 2022, cette coentreprise devait
dégager une marge de même ordre de
grandeur que celle de Valeo. ■
LE FIGARO
L’ÉTÉ DU FIGARO
COURS DE L’INDICE DOW JONES,
en points
JP Morgan reprend,
avec l’aide de la Fed,
la banque Bear
Stearns, au bord
de la faillite
[
s après...
La crise 10 an thers, quatrième
14 MARS 2008
15 SEPTEMBRE 2008
Choc à Wall Street :
Lehman Brothers
est en faillite
3 JANVIER 2007
12 474,52
25
26 JUIN 2018
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de l’intérieur.
17 JANVIER 2009
Dix banques américaines
remboursent, déjà, l’aide de
l’État fédéral
]
mardi 28 août 2018
20 JANVIER 2009
44e président des États-Unis,
Barack Obama prend ses fonctions
Il y a dix ans, la faillite
de Lehman Brothers
Après des mois
d’anxiété diffuse,
les marchés
financiers
basculent, le 15
septembre 2008,
dans le chaos.
BERTILLE BAYART £@BertilleBayart
Le 15 septembre 2008, un employé
de Lehman Brothers quitte
l’immeuble de la banque
d’investissement, à New York,
avec une boîte contenant
ses affaires, après la faillite
de la 4e banque des États-Unis.
MARY ALTAFFER/ASSOCIATED PRESS
était responsable des coûts énormes
de la crise ».
Au début de 2007, on commence
à s’inquiéter des pertes sur les subprimes et à se demander quelles
banques y sont le plus exposées.
Cette anxiété, d’abord diffuse, provoque une première attaque d’apoplexie de la planète financière le
9 août 2007. En annonçant le gel de
trois fonds monétaires, BNP Paribas
déclenche un accès de panique. Sur
le marché interbancaire, là où les
institutions financières se prêtent
en permanence les unes aux autres,
tout se fige soudain. « C’était
la bonne décision à prendre, mais
parce que c’était BNP Paribas, cela a
eu un retentissement incroyablement
fort. Antoine Sire, notre directeur
de la communication à l’époque,
avait une comparaison assez
juste : nous étions le piéton qui a
été pris en photo devant l’immeuble qui s’écroule », raconte
l’ancien directeur général de la
banque, Baudouin Prot. C’est
le battement d’ailes du papillon qui a des conséquences
incalculables. La Banque centrale européenne (BCE) doit
ouvrir en urgence et en grand
ses guichets. En deux heures,
les banques européennes viennent s’y abreuver d’un montant
astronomique de 94 milliards
d’euros.
1/5
Le bazooka de Paulson
L’automne ne ramène pas le calme. Au Royaume-Uni, les déposants de Northern Rock font la
queue, sous l’œil des caméras du
monde entier, pour récupérer leurs
avoirs. Les banques américaines
annoncent des dizaines de milliards
de dollars de pertes sur les subprimes. En mars 2008, un premier domino tombe : Bear Stearns, numéro
cinq de Wall Street, doit être sauvé
en urgence par JPMorgan. La banque centrale américaine, la Fed, assume jusqu’à 30 milliards de dollars
de risque au titre d’un article de ses
statuts tombé en désuétude depuis
1933… Ce n’est qu’un début.
Après la Fed, le gouvernement
américain doit à son tour franchir le
Rubicon. Fin août, Hank Paulson,
125
milliards de $
d’argent public injecté
dans les neuf plus
grandes banques
américaines le 13
octobre 2008. Au total,
Washington procédera
à 245 milliards
de recapitalisations
en 2008-2009 et
gagnera 30 milliards en
intérêts et dividendes.
ex-patron de Goldman Sachs et très
républicain secrétaire au Trésor de
George Bush, demande au Congrès
des pouvoirs extraordinaires pour
secourir la finance. « Si vous avez un
pistolet à eau dans votre poche, vous
pourrez avoir à le dégainer. Si vous
avez un bazooka, et que les gens savent que vous en avez un, vous
n’aurez peut-être pas à le sortir »,
dit-il aux parlementaires. Une semaine plus tard seulement, on tire
au bazooka à Washington : Paulson
nationalise Fannie Mae et Freddie
Mac, deux institutions clefs du circuit des prêts hypothécaires. C’est
un coup de tonnerre économique et
politique, à trois mois du scrutin qui
élira le successeur de Bush à la Maison-Blanche. Le Congrès s’enflamme, la polémique sur ce sauvetage public fait rage. Un
sénateur compare Bernanke à
Hugo Chavez et le Wall Street
Journal met en garde contre
une « politique fédérale qui garantirait de facto Wall Street et
encouragerait ainsi encore plus
de prises de risques ».
Le débat est d’autant plus vif
à la rentrée 2008 qu’un prochain domino est sur le point de
tomber : Lehman Brothers. Le
numéro quatre de Wall Street,
surchargé de subprimes et entièrement dépendant des financements de marché au jour le jour,
est le nouveau pestiféré. Son patron Dick Fuld, alias « le Gorille », refuse d’admettre l’état
critique de sa banque.
Le vendredi 12 septembre, Tim
Geithner, patron de la Fed de New
York, réunit dans ses bureaux les patrons d’une quinzaine de banques
américaines et internationales. Ils
n’en sortiront pas du week-end. Il
faut trouver une solution pour
Lehman avant la réouverture des
marchés le lundi matin. Hank Paulson joue depuis des jours les entremetteurs, appelant tel patron pour
lui conseiller d’appeler tel autre en
espérant qu’il en sorte un mariage de
raison. Ken Lewis, qui dirige Bank of
America, semble le plus à même
d’être le chevalier blanc de Lehman.
Il jette finalement, pendant ce weekend fatidique, son dévolu sur le nu-
méro trois de Wall Street, Merrill
Lynch. Reste la britannique Barclays,
qui semble prête à tenter le pari. Mais
à Londres, le premier ministre, Gordon Brown, refuse. Lehman n’a pas
d’acheteur, et pas d’actifs pour gager
une éventuelle aide de la Fed. Paulson n’a toujours pas de vote, et encore moins de soutien du Congrès. Le
dimanche 14 septembre dans la soirée, le verdict tombe et se répand par
téléconférences dans tous les étatsmajors bancaires et gouvernementaux du monde : Lehman va faire
faillite. Un bilan de 700 milliards de
dollars est en l’air. « C’était un moment terrible, presque surréaliste »,
écrit Ben Bernanke, sidéré comme le
Rostov de Tolstoï qui, devant la dévastation du champ de bataille
d’Austerlitz et l’évidence de la défaite, soufflait : « Cela ne se peut pas… »
« Too big to fail »
Après des semaines d’asphyxie insidieuse, la chute de Lehman crée l’infarctus sur les marchés. Dès le
16 septembre, un autre domino est au
bord du gouffre : le numéro un mondial de l’assurance, AIG. Celui-ci s’est
lancé furieusement dans l’eldorado
des surprimes en devenant la contrepartie de tous ceux qui ont acheté des
produits de couverture contre le risque de leur défaut. Si AIG tombe, le
système s’effondre. À l’automne
2008, il sera ainsi redevable de
12,9 milliards de dollars à Goldman
Sachs, ou encore de 11,9 milliards à la
Société générale. AIG est le « TBTF »,
« too big to fail » (trop gros pour faire
faillite), par excellence. Washington
n’a pas le choix : la Fed se dévoue via
un prêt de 85 milliards de dollars, ensuite porté à 182 milliards !
Le monde danse sur un volcan.
Les stars de Wall Street, Goldman
Sachs et Morgan Stanley, prennent
le statut de banque qui leur donne
accès aux guichets de la Fed ;
Washington Mutual trouve asile
chez JPMorgan et Wachovia chez
Wells Fargo. Hank Paulson réclame
un second bazooka au Congrès :
700 milliards de dollars. Il va lui falloir briser un tabou de plus. Le
13 octobre, les patrons des neuf plus
grandes banques américaines sont
réunis pour un autre huis clos dra-
matique. Le secrétaire au Trésor refuse que quiconque sorte sans avoir
accepté une recapitalisation par le
gouvernement fédéral. Ce 13 octobre, Paulson signe pour 125 milliards de dollars de chèques.
L’Europe contaminée
Face à la crise, l’Atlantique n’offre
aucune frontière naturelle. Le virus
des subprimes a infecté toute la finance internationale et la panique
est mondiale. La Fed fournit à la
BCE les dollars que les banques du
Vieux Continent ne trouvent plus
nulle part. Dans l’Union européenne, ça tire à hue et à dia. Dublin garantit toutes les dettes de toutes ses
banques, mettant en danger les établissements du voisin britannique
dont les déposants franchissent la
frontière. Berlin vole au secours de
la banque HRE. Bruxelles et La Haye
nationalisent Fortis, puis Paris et
Bruxelles renflouent Dexia. Londres
marie et nationalise ses banques,
Royal Bank of Scotland en tête…
Il faudra quatre semaines pour
mettre un peu d’ordre dans ce
chaos. Le 12 octobre, les dirigeants
européens, réunis sous la présidence française de Nicolas Sarkozy, dévoilent un plan massif et coordonné
de recapitalisations et de garanties.
De volumineux plans de relance seront bientôt votés pour soutenir
l’économie réelle.
Le pire a été évité. Le système ne
s’est pas totalement effondré. Mais
l’Islande a explosé, l’Espagne est laminée, le Tigre irlandais a été terrassé, le gouvernement belge a démissionné… L’Europe a annoncé
plus de 5 000 milliards d’euros de
garanties publiques - et effectivement engagé 1 600 milliards -, tandis que le bilan des banques centrales a explosé, passant de 3 500 à
13 500 milliards de dollars en dix
ans. La crise financière de 2008 a
été d’une brutalité effroyable. Et ses
ravages en Europe ont préparé le
terrain à la formation d’une seconde tempête, celle de la crise de
l’euro et des dettes souveraines. ■
RETROUVEZ DEMAIN :
Nicolas Sarkozy : « Il nous
fallait la bombe atomique »
A
Il y a tout juste dix ans, le lundi
15 septembre 2008 à 1 h 45 du matin
heure de New York, la banque d’investissement américaine Lehman
Brothers faisait faillite. Cet événement marque l’acmé d’une crise financière exceptionnelle dont le
souvenir reste aujourd’hui aussi vivace que les stigmates sont tenaces.
Le scénario aurait pu en être écrit à
Hollywood pour un film catastrophe, dans lequel les événements se
succèdent à un rythme aussi effréné
qu’improbable et laissent en épilogue des héros fatigués face à un
monde à reconstruire.
Quand Lehman implose, cela fait
en réalité plus d’un an que la tempête fait rage sur la finance internationale. La bulle des « subprimes »,
ces crédits immobiliers accordés
aux ménages américains modestes,
a explosé. « Clairement, beaucoup
d’entre nous, moi compris, ont sousestimé l’ampleur de la bulle immobilière et les risques qu’elle posait »,
reconnaît dans ses Mémoires l’ancien président de la Réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke. Mi-juillet
2007, il estimait les pertes sur les
subprimes à « 50 à 100 milliards de
dollars », soit « une somme substantielle, mais insignifiante au regard de la valeur totale du parc immobilier ». Une déclaration qui
témoigne de l’aveuglement collectif
des autorités, des financiers et des
politiques, devant la catastrophe en
marche.
L’éclatement de la bulle des subprimes aurait pu n’être qu’une crise
classique. Une mécanique implacable l’a transformée en apocalypse.
Toute l’Amérique et toute la finance
étaient, jusqu’en 2007, droguées
aux crédits immobiliers. La machine s’est emballée au point de perdre
de vue les risques de non-remboursement, car ceux qui accordaient
les crédits n’étaient pas les mêmes
que ceux qui les portaient ensuite.
En effet, à travers le mécanisme de
la titrisation, les banques découpaient les subprimes en tranches et
les réemballaient dans des produits
financiers vendus à tous les investisseurs de la planète. Et ces produits étaient considérés comme
sûrs puisque obligeamment labellisés comme tels par les agences de
notation financière. Enfin, pour
couronner le tout, Wall Street avait
créé des produits dérivés à partir de
ces subprimes.
Ce processus a, d’une part, démultiplié la valeur des actifs – et
donc les pertes – liés aux subprimes. Il a, d’autre part, dispersé le
risque. On supposait que cela amortirait le choc. Cela l’a au contraire
amplifié en semant le doute, partout. Bernanke fait le parallèle avec
la crise bancaire de 1907 : c’est « la
panique elle-même – autant sinon
plus que ses facteurs immédiats – qui
mardi 28 août 2018 LE FIGARO
26
MÉDIAS et TECH
Entre big bang, ajustements et nouvelles
voix, les radios font leur rentrée
La saison 2018-2019 est marquée par la nouvelle grille d’Europe 1, repensée de A à Z par Laurent Guimier.
De gauche à droite :
Nikos Aliagas hérite
du 7 heures-9 heures
sur Europe 1.
Marc Fauvelle prend
les rênes de la matinale
de France Info.
Florence Paracuellos
présentera le journal
de 8 heures sur France
Inter. Michel Cymès
(ci-dessous) anime le
dimanche une émission
santé sur RTL. PIERREOLIVIER/CAPA PICTURES/
EUROPE 1, CHRISTOPHE
ABRAMOWITZ/ RADIO
FRANCE, RTL-BOE/RTL/SIPA/
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
RADIO Ce 27 août rime avec la mise
en place des nouvelles grilles des
radios. Certaines cassent tout pour
retrouver les faveurs du public,
d’autres procèdent à des ajustements chirurgicaux pour conserver
leurs places de leader. Revue des
principales nouveautés.
1 change
u Europe
(à nouveau) tout
Branle-bas de combat chez Europe 1. Après avoir fini la saison 20172018 à 6,5 % d’audience, la radio du
groupe Lagardère, désormais dirigée par Laurent Guimier, casse tout.
La nouvelle grille pourrait se résumer à ce mot d’ordre : renouer le
lien avec le public. Et quoi de mieux
que de donner les rênes de la matinale à l’un des animateurs les plus
bienveillants du PAF ? Nikos Aliagas
hérite du 7 heures-9 heures en lieu
et place de Patrick Cohen, et est accompagné par Audrey Crespo-Mara
(interview politique), Nicolas Barré
(chronique éco), David Abiker (revue de presse) et Jean-Michel
Aphatie (éditorial), venu de France
Info. La « voix » historique d’Europe 1, Julie Leclerc, est remplacée par
Céline Da Costa, elle aussi transfuge
de la radio publique. Julie Leclerc
sera toutefois présente pour la
chronique humoristique de Nicolas
Canteloup. Wendy Bouchard prend
la suite de 9 heures à 11 heures. La
prématinale (5-7 heures) revient à
l’humoriste Matthieu Noël, entouré
d’une bande de chroniqueurs. Laurent Guimier a aussi fait venir de la
télévision Olivier Delacroix (France
Télévisions) et Laurence Boccolini
(TF1) pour l’après-midi. Les auditeurs seront amenés à parler de
leurs expériences et de leurs problèmes personnels. Car c’est l’un des
axes forts de la rentrée d’Europe 1 :
inciter les auditeurs à appeler le
standard dans l’ensemble des émissions afin qu’ils se sentent chez eux.
u RTL modifie ses week-ends
Première radio de France,
meilleure saison en dix ans (13 %
d’audience), une progression
constante ces quatre dernières années… Pas question pour RTL de
bousculer cette belle mécanique. En
semaine, la principale nouveauté
est l’arrivée de Pascal Praud entre
13 heures et 14 heures pour l’émission historique « Les auditeurs ont
la parole ». Il laisse la présentation
d’« On refait le match » à Denis
Balbir. La nuit (22 h 30-1 heure) revient à Caroline Dublanche, qui
animait avec succès une case similaire sur Europe 1 depuis 1999.
C’est le week-end que la grille de
RTL bouge le plus. Stéphane Carpentier, qui officiait jusqu’alors le
midi en semaine, prend les commandes de la matinale du samedi et
du dimanche. À 9 h 15 le samedi,
Flavie Flament embrayera avec
« Nous voilà bien », une émission
sur le mieux vivre. Le dimanche, le
médiatique docteur Michel Cymès
s’offrira à la même heure 45 minutes d’informations sur la santé avec
« Ça va beaucoup mieux, l’hebdo ».
Info s’offre « l’homme
u France
le plus écouté de France »
Une saison et puis s’en va : arrivé en
septembre 2017 à la tête de la matinale de France Info, Bruce Toussaint est parti rejoindre BFMTV
pour animer la tranche du soir.
Pour le remplacer, la radio en
continu est allé chercher « l’homme le plus écouté de France » : Marc
Fauvelle, présentateur du journal
de 8 heures de France Inter
(2,2 millions d’auditeurs). La matinale est allongée de 30 minutes et
voit arriver Renaud Dély (ex-Marianne) pour l’interview politique,
diffusée en parallèle sur la chaîne
France Info.
L’interview économique de Jean
Leymarie (17 h 50) et un autre entretien politique de Gilles Bornstein
(19 h 20) seront aussi codiffusés sur
le canal 27 de la TNT.
Inter, la force
u France
tranquille
Pas de révolution en vue pour France Inter, qui a terminé la saison
2017-2018 à 11,1 % d’audience. Le
petit matin (5-7 heures) échoue à
Mathilde Munos. Le duo Léa Salamé- Nicolas Demorand, en tête des
audiences des matinales (3,8 millions d’auditeurs), est reconduit
entre 7 heures et 9 heures. Départ
de Marc Fauvelle oblige, le journal
de 8 heures est confié à Florence
Paracuellos, la première femme à la
tête de cette tranche d’information.
Bernard Guetta ayant décidé de repartir sur le terrain, c’est Pierre
Haski (Rue89, Reporters sans frontières) qui reprend l’édito géopolitique. France Inter a aussi chippé à
Radio Nova la belle surprise de la
saison dernière : Édouard Baer.
L’animateur quitte la matinale pour
le dimanche soir (22 heures-minuit), dans une émission diffusée en
direct depuis Le Belair, le bar à
cocktails de Radio France.
Culture mise
u France
sur le podcast
Après « Superfail » l’an passé,
France Culture poursuit son offensive dans les podcasts natifs avec
trois nouveaux programmes mis en
ligne ces deux prochaines semaines. Au programme, de la fiction
(L’Appel des abysses), du documentaire (Ma PMA hors la loi) et de la
culture (« L’anachronique culturelle »). Côté radio, le conducteur de la
matinale est réaménagé entre
7 heures et 8 heures.
nouvelles voix
u De
chez Radio Classique
Déçu par Europe 1 qui voulait basculer son émission sur l’histoire le
dimanche après-midi, Franck
Ferrand rejoint Radio Classique. Il
interviendra tous les jours à 9 heures et 14 heures : la station espère
Michel Paulin, ex-SFR, prend la tête d’OVH
Le patron, bien connu dans le monde des télécoms, arrive chez le champion du cloud.
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
Michel Paulin a été
nommé au poste
de directeur général
du groupe OVH.
Il prendra ses fonctions
le 10 septembre. MAXIME
A
DUFOUR PHOTOGRAPHIES
CLOUD OVH, le leader européen
des data centers, se dote d’une nouvelle direction. Octave Klaba, fondateur et actuel PDG, mise désormais sur une direction bicéphale
pour son entreprise. Il a nommé
Michel Paulin au poste de directeur
général de son groupe. Octave
Klaba conserve son siège de président du conseil d’administration
d’OVH, un poste plus stratégique
qu’opérationnel.
C’est la deuxième fois qu’OVH
met en place une telle organisation.
Laurent Allard avait assuré la direction générale du groupe pendant
deux ans, avant qu’Octave Klaba
reprenne les deux manettes pour la
mise en place du plan stratégique de
2016. Depuis, l’entreprise a grossi,
elle est désormais présente sur qua-
tre continents, compte 27 data centers et est valorisée à plus d’un milliard d’euros. Renforcer la direction
opérationnelle devrait lui permettre
de continuer à gérer sa croissance.
Michel Paulin est bien connu
dans le monde des télécoms. Il avait
dirigé Neuf Cegetel, puis Méditel
(devenu Orange Maroc) avant un
court passage à la direction générale de SFR. « Michel Paulin, avec son
expérience et son leadership, va nous
aider à accélérer la mise en œuvre de
notre nouveau plan stratégique. J’ai
toute confiance en ses qualités humaines pour développer la société en
s’appuyant sur la forte culture d’entreprise de nos équipes », explique
Octave Klaba. Charge donc à
Michel Paulin d’appuyer Octave
Klaba dans la mise en place de sa
stratégie, quand ce dernier se
consacrera d’avantage à incarner
l’entreprise auprès de ses clients,
partenaires et fournisseurs, ainsi
qu’à évangéliser l’écosystème.
Michel Paulin, officiellement
nommé à son poste ce 27 août,
prendra ses fonctions le 10 septembre. Les deux hommes présenteront
ensemble le plan « Smart Cloud »
au prochain Summit d’OVH le
18 octobre. Michel Paulin confie
avoir passé un « été studieux »
ayant lui aussi travaillé à ce plan,
aux côtés des équipes d’OVH qui
l’ont élaboré.
Alternative européenne
Une direction bicéphale n’est toutefois pas toujours de tout repos.
Michel Paulin en a fait l’expérience
chez SFR où son duo avec Michel
Combes avait tourné court. « Un
tandem, quand ça fonctionne, c’est
très efficace ! À deux, on peut encore
mieux réussir », riposte Michel
Paulin, qui préfère se souvenir de
son expérience avec Jacques Veyrat
chez Neuf.
OVH se pose de plus en plus en
alternative aux solutions cloud offertes d’une part par les géants
américains du secteur, comme
Amazon, Google et Azur de Microsoft et, d’autre part, chinois (Alibaba). « Je souhaite qu’OVH, en tant
que leader européen, y joue tout son
rôle », ajoute Octave Klaba. Michel
Paulin a déjà pris le pli, précisant
qu’« OVH pousse vers un cloud
ouvert, avec pour ambition de rayonner dans tous les pays », visiblement
ravi d’endosser le costume de trublion du cloud. « OVH est une des
rares licornes françaises, même
européenne, dans un secteur en forte
croissance. Les enjeux sont considérables. À nous de faire d’OVH un leader avec une philosophie différente de
celle de nos concurrents », précise
Michel Paulin. ■
grâce à lui faire décoller ses écoutes
en podcast. Radio Classique a aussi
recruté Laurence Ferrari (1214 heures), tandis que Patrick Poivre d’Arvor laisse le 19-20 heures à
Jean-Marie Dhuez.
ajuste
u RMC
ses horaires
Rien ne change chez RMC, hormis
les tranches horaires. « Bourdin
Direct » perd une heure (7 heures-9 heures) au profit des « Grandes Gueules » (9 heures-12 heures).
L’émission de Maïtena Biraben est
aussi allongée de 60 minutes
(14-16 heures). Rare nouvelle voix,
William Galibert, venu d’Europe 1,
qui présente le 4 h 30-6 heures aux
côtés d’Anaïs Castagna. ■
EN BREF
NOKIA OBTIENT
UN PRÊT
DE 500 MILLIONS
D’EUROS POUR LA 5G
£ L’équipementier télécoms
finlandais Nokia a obtenu un
prêt de 500 millions d’euros
auprès de la BCE, dans le cadre
du Plan d’investissement pour
l’Europe. L’entreprise utilisera
ces fonds pour « accélérer
ses travaux de recherche
et de développement dans la
5G », la prochaine génération
de téléphonie mobile.
CONCURRENCE :
LES CIGARETTIERS
BLANCHIS
£ L’Autorité française de la
concurrence a classé sans suite
son enquête sur de possibles
pratiques anticoncurrentielles
de la part des cigarettiers
British American Tobacco
(BAT), Seita, Japan Tobacco
International (JTI), Philip
Morris et Logista.
FEU VERT
DE BRUXELLES
À NOVARTIS
£ Le géant pharmaceutique
suisse Novartis a annoncé que
la Commission européenne
avait donné son feu vert au
Kymriah, sa nouvelle thérapie
génique, pour une forme aiguë
de leucémie chez l’enfant.
La mise à disposition
du traitement dépendra
notamment de la présence
de personnel formé dans
les centres de soins et de la
mise en place de procédures
de remboursement dans les
systèmes de santé.
» Une carte pour
géolocaliser les médecins
et connaître leurs tarifs
» Orange signe l’arrêt des lignes
fixes à partir du 15 novembre
www.lefigaro.fr/economie
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