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Le Figaro - 29 08 2018

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mercredi 29 août 2018 LE FIGARO - N° 23 030 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
LA CRISE DIX ANS APRÈS
L’ÉTÉ
NICOLAS SARKOZY
RACONTE SA BATAILLE
POUR SAUVER LE
SYSTÈME BANCAIRE PAGE 27
DU
FIGARO
ALAIN FINKIELKRAUT
« CE QUI ÉTAIT VRAIMENT
MIEUX AVANT »
PAGE 20
DE QUOI SONT-ILS
VRAIMENT MORTS
LÉNINE,
TRAHI PAR
SES GÈNES
PAGE 21
JEUX D’ÉTÉ PAGE 18
SCANDINAVIE
L’extrême droite
suédoise surfe
sur la vague
migratoire PAGE 7
FAMILLE
Marlène Schiappa
et les associations à
couteaux tirés PAGE 10
CARDIOLOGIE
Le rôle préventif
de l’aspirine
en débat PAGE 11
TENNIS
Le dress code
de Roland-Garros
fait polémique
à l’US Open
PAGE 12
ÉLECTRONIQUE
Des écrans plus
grands, des objets
dotés d’intelligence
artificielle : le futur
est à nos portes
PAGES 24 ET 25
CHAMPS
LIBRES
En Suède,
le grand retour de
la passion viking
La tribune de
Stéphane Ratti
La démission d’Hulot
pollue la rentrée de Macron
Le départ surprise du ministre de la Transition écologique ajoute aux difficultés de l’exécutif,
déjà confronté à une séquence politique et sociale délicate. PAGES 2, 4, 5 ET L’ÉDITORIAL
Un rapport parlementaire
préconise de taxer
les produits salés
Contre les ghettos
musulmans, le Danemark
emploie la manière forte
La commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation
industrielle, regroupant une
vingtaine de députés, va proposer d’instaurer une taxe sur
les aliments les plus salés. Le
Le premier ministre danois a
présenté un catalogue de 22
initiatives pour démanteler
en douze ans les 30 ghettos
désignés par les autorités.
Parmi les mesures visant à
PAGES 19 ET 20
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de lundi :
La politique d’Emmanuel
Macron est-elle favorable
aux entreprises ?
OUI
56 %
NON
44 %
TOTAL DE VOTANTS : 31 135
M 00108 - 829 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@i@m@j@k";
Votez aujourd’hui
sur lefigaro.fr
Le départ de Nicolas Hulot
affaiblit-il Emmanuel
Macron ?
JC MARMARA / LE FIGARO FABIEN CLAIREFOND ANDREW KELLY/REUTERS
mettre un terme à la criminalité : un doublement des
peines encourues pour vente
de drogue, violences, cambriolages et vandalisme dans
PAGE 6
ces zones.
ÉDITORIAL par Vincent Trémolet de Villers vtremolet@lefigaro.fr
n
n
but : inciter les fabricants à réduire les taux contenus dans
leurs produits, qu’il s’agisse
des plats préparés vendus en
grandes surfaces ou du pain
artisanal. PAGE 25
E
La leçon de M. Hulot
n même temps, ça ne pouvait pas
durer éternellement. Une fois passé
le charme des premiers jours, l’alchimie des nominations audacieuses, l’alliance acrobatique des
contraires, le vieil ordre des choses a repris
ses droits. Une autre ouverture de la chasse.
La politique environnementale du gouvernement ne correspondait pas aux rêves du ministre de l’Écologie. Faute de décisions
concrètes (hors Notre-Dame-des-Landes),
Nicolas Hulot devait se contenter de symboles : un délai sur le glyphosate contre un principe dans la Constitution… Il s’est lassé.
Depuis, on souligne son tempérament changeant, la fréquence de ses états d’âme, sa
méconnaissance des dures réalités du pouvoir… L’erreur serait de s’en tenir à cette
explication psychologique sans tirer de cet
épisode une précieuse leçon politique.
En sortant de l’ambiguïté au détriment du
chef de l’État, le ministre de l’Écologie n’a fait
qu’accélérer un processus inévitable : la liquéfaction du « en même temps ». Cette
martingale électorale qui permettait de donner une main à la droite, l’autre à la gauche
est devenue un carcan mortifère. Partout, il
annihile les audaces, éteint les enthousiasmes
et finalement décourage les soutiens. Le « en
même temps » est devenu un jeu à somme
nulle. Les impôts ? La CSG augmente quand la
taxe d’habitation disparaît. Les économies ?
On préfère la discrétion du rabot à la réduction franche des effectifs de la fonction publique. Les entreprises ? On décide l’allégement
de leurs charges, mais on en reporte l’exécution. L’immigration ? Le délai de rétention
des clandestins
s’étend, mais le
regroupement familial s’élargit…
Certes, le président de la République n’est pas
l’homme d’un parti, d’un clan, mais ce saupoudrage - les sondages en témoignent - ne
contentera jamais la grande majorité des citoyens. Une réalité - économique, politique,
sociale - autre que celle de la campagne s’impose à celui qui gouverne. Jusqu’ici, invoquant son projet, Emmanuel Macron a choisi
de ne pas choisir. Hier c’était ingénieux,
aujourd’hui c’est dangereux. En démissionnant, Nicolas Hulot a lancé l’alerte. ■
Le « en même
temps »
devient un jeu
à somme nulle
AND : 2,80 € - BEL : 2,60 € - CH : 4,00 FS - CAN : 5,40 $C - D : 3,20 € - A : 3,50 € - ESP : 2,90 € - Canaries : 3,00 € - GB : 2,50 £ - GR : 3,20 € - DOM : 3,00 € - ITA : 3,00 €
LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
A
Les manuels
numériques au
lycée ne font pas
l’unanimité PAGE 9
BLONDET ELIOT/ABACA
ÉDUCATION
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mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
2
Les coulisses du coup
d’éclat de Nicolas Hulot
Les Français
et la démission
de Nicolas Hulot
B  
 
QUESTION : N. Hulot vient d’annoncer ce
matin qu’il démissionnait de son poste
de ministre de l’Environnement.
Selon vous, sa démission est-elle
plutôt une…
... bonne
chose pour...
... mauvaise
chose pour...
NSP
La démission du ministre de la Transition écologique a pris de court l’exécutif.
Retour sur les dernières heures au gouvernement de l’ancien animateur télé.
... lui même
84 %
tourneboulé, il annule sa participation à
une interview sur la chasse prévue dans
les pages du Figaro, pourtant confirmée
trois heures avant. Il file à l’hôtel de Roquelaure, boulevard Saint-Germain, et
monte en courant les marches de son ministère.
Commence alors une de ses introspections vertigineuses dont l’ex-présentateur a le secret. « La nuit, je refais le procès de la veille, racontait-il dans Le Point,
en 2017. Je revois mes confrontations,
quand je n’ai pas obtenu gain de cause. »
Le lendemain matin, il doit s’exprimer
dans la matinale de France Inter. « À
chaque émission radio, depuis quatorze
mois, on se demande s’il va sortir du gouvernement, glisse un conseiller ministériel. Alors, on n’était pas plus inquiet que
d’habitude… »
1
5
%
... la France
5
5%
43 %
... le gouvernement
6
5%
34 %
Q  
QUESTION : Diriez-vous que N. Hulot a
été un bon ou un mauvais ministre de
l’Environnement ?
41 %
1 % NSP
mauvais
ministre
58 %
bon
ministre
« Je ne veux plus me mentir »
Q 
 ’ 
QUESTION : N. Hulot a expliqué qu’il avait
le sentiment que l’écologie n’était pas
la priorité de ce gouvernement.
Êtes-vous d’accord avec lui ?
88 %
Nicolas Hulot, mardi sur le plateau de France Inter, lors de l’annonce de sa démission du gouvernement.
11 %
D’accord
Pas d’accord
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
1%
NSP
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
Étude réalisée par Odoxa-Dentsu Consulting pour Le
Figaro et Franceinfo. Enquête réalisée auprès d’un
échantillon de Français interrogés par Internet le 28 août
2018. Échantillon de 985 Français représentatif de la
population française âgée de 18 ans et plus, parmi lesquels
88 sympathisants de LFI, 83 du PS, 110 de LaREM, 94 LR et
136 du RN (nouveau nom du FN). La représentativité de
l’échantillon est assurée par la méthode des quotas
appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, niveau de
diplôme et profession de l’interviewé après stratification
par région et catégorie d’agglomération.
Cette
démission
est le reflet des
conséquences
des ambiguïtés
des politiques
de Macron […].
Je peux comprendre
qu’il (Hulot) se sente
trahi, comme
aujourd’hui pas mal
de Français, par
des promesses
fortes qui avaient
été faites
et le sentiment qu’à
l’arrivée elles ne
sont pas tenues
A
LAURENT WAUQUIEZ
PRÉSIDENT DE LR
»
LA CARTOUCHE de trop. Quand Nicolas
Hulot arrive à l’Élysée, lundi, il n’imagine
pas que son destin est en passe de basculer, le poussant à prendre la « décision la
plus douloureuse » de sa carrière. Il est
16 heures et Emmanuel Macron n’apparaît toujours pas, enfermé dans une réunion qui s’éternise avec la ministre de la
Santé, Agnès Buzyn. Avant de monter au
premier étage, Nicolas Hulot patiente,
accompagné de son secrétaire d’État Sébastien Lecornu. C’est ce dernier qui a
imaginé l’architecture de la réforme,
dans le but de contenter les deux camps
antagonistes. Pour les chasseurs, des permis à moitié prix et une refonte du système des quotas d’animaux chassables.
Pour les défenseurs de la nature, une
charte éthique sur la chasse à courre - un
chevreuil sera « gracié » s’il se retrouve
dans une zone habitée. Une police rurale
voit le jour contre les atteintes à l’environnement.
Sur le papier, Nicolas Hulot juge l’accord acceptable. D’autant que les mesures ont été préparées par les services de
son ministère. Depuis qu’il exerce le pouvoir, l’écologiste apprend, non sans mal,
l’art des « petits pas », la gymnastique
frustrante des compromis. Si cela ne tenait qu’à lui, il aurait fait interdire les
chasses traditionnelles… « Quand tu es
ministre, tes convictions, tes ressentiments
et tes sentiments sur une pratique, tu les
mets de côté. Ou alors tu deviens pape »,
confie-t-il à Jean-Luc Bennahmias, l’ancien patron des Verts qui sort, ces joursci, un livre intitulé Les Paradoxes de Monsieur Hulot.
La coupe est pleine
Pourtant, le ministre se sent rapidement
mal à l’aise : il découvre que la délégation
des chasseurs est pléthorique. Autour du
président de la fédération nationale,
Willy Schraen, se trouvent deux patrons
de fédérations départementales, plus
deux autres personnalités qu’il n’aime
guère. D’abord, le sénateur LaREM de
Côte-d’Or François Patriat. Un intime du
président. Une fine gâchette qui avait
conseillé au président d’aller fêter ses
40 ans au domaine de Chambord. Ensuite, le lobbyiste des chasseurs Thierry
Coste, qui fut la plume de Nicolas Sarkozy
L. AUD/FRANCE INTER/RADIO FRANCE
puis de François Hollande sur ces sujets. Il
travaille aussi pour le comité Guillaume
Tell, qui défend les intérêts des utilisateurs légaux d’armes à feu.
Dans le Salon vert, près du bureau présidentiel, la réunion commence enfin.
Pendant deux heures, assis à la gauche du
chef de l’État, il assiste alors, estomaqué,
au spectacle d’un Emmanuel Macron qui
multiplie les amabilités en direction des
chasseurs, dont il convoite manifestement le vote pour les européennes. L’hôte
des lieux prend son temps. Des huissiers
entrent, qui lui rappellent son rendezvous suivant. Le président les ignore…
« Vers la fin, Nicolas Hulot était tendu, raconte un participant. Mais, en même
temps, il est toujours tendu… »
En sortant, les chasseurs ne cachent
pas leur satisfaction. Devant les caméras,
ils vantent une « journée historique pour
la ruralité ». Depuis le matin, ils ont lancé
une campagne d’affichage intitulée « Les
chasseurs, premiers écolos de France »…
La coupe est pleine pour Hulot. Lui qui
accepta pour Macron ce qu’il avait refusé
pour ses prédécesseurs, en entrant dans
un gouvernement, se sent floué. En quittant la rue du Faubourg-Saint-Honoré,
Mardi 28 août, cette fois, c’est la bonne. Au
micro, Nicolas Hulot annonce sa démission, sans qu’on sache s’il avait prémédité
son coup d’éclat. Il regrette l’inertie de la
société face à l’urgence environnementale. « Je ne veux plus me mentir, je ne veux
pas donner l’illusion que ma présence au
gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux-là », lance-t-il. Et de
poursuivre : « Je ne regrette pas d’avoir
accepté mais je n’avais peut-être pas les
épaules pour être ministre. »
Personne n’a été prévenu au sommet
de l’État. Ni Emmanuel Macron, qui s’envole pour le Danemark, ni Édouard Philippe, abasourdi, à Matignon. Un simple
SMS lui parvient bientôt, envoyé par
l’écologiste en quittant la Maison de la radio. Les ministres sont également mis devant le fait accompli. Le porte-parole du
gouvernement Benjamin Griveaux regrette un « manque de courtoisie ». Marlène Schiappa, de son côté, ne veut pas en
croire ses oreilles. Au fond, ils accusent le
coup, eux qui savent un remaniement
possible. « Wait and see. Personne n’en
connaît l’ampleur. À part un homme »,
glisse un membre du gouvernement.
Le ministre le plus connu du gouvernement rentre, lui, faire ses cartons. Il
convoque dans la matinée ses deux secrétaires d’État, Brune Poirson et Sébastien Lecornu, pour un échange privé,
puis réunit les personnels du ministère
dans les jardins pour ses adieux. Voilà, il
n’avalera plus de couleuvres. Il l’avait
promis, lors de ses vœux : « Je n’aurai pas
le temps en 2018 de m’occuper de ces animaux dont certains pensent que je les élève… Si je suis très à l’aise avec les grands
mammifères, j’ai de la répugnance pour les
reptiles. » ■
Le départ du ministre torpille la rentrée de l’exécutif
MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
LE DÉPART de Nicolas Hulot du gouvernement - quoique maintes fois annoncé - intervient au pire moment et de la pire des
manières pour l’exécutif. Décidé à mettre
le cap sur l’Europe et à revenir aux fondamentaux de son engagement pro-entreprises après la crise Benalla, Emmanuel
Macron s’est vu contraint de prendre acte
de la démission de son ministre, mardi, lors
d’un déplacement au Danemark. « Si j’ai
choisi Nicolas Hulot il y a quinze mois, c’est
parce qu’il est, entre autres, un homme libre.
Je respecte sa liberté. Je souhaite qu’elle
n’enlève rien à son engagement, et donc je
souhaite pouvoir toujours compter sur celuici sous une autre forme, là où il sera », a réagi le chef de l’État. Une poignée d’heures
plus tôt, le premier ministre, Édouard Philippe, avait remercié publiquement Nicolas
Hulot, saluant son « travail important ».
Malgré ce nouveau coup dur, l’exécutif
n’a d’autre choix que de sauver la face. Objectif : tenter de déminer la démission de
l’un des rares poids lourds du gouvernement, qui risque d’alimenter les doutes sur
l’engagement écologique de la majorité au
pouvoir. « C’est ultra violent, déjà que la
rentrée ne s’annonçait pas facile, là on vit un
moment de fébrilité avec la perte de notre
caution écologique », s’alarme un proche
du chef de l’État.
Sur les boucles Telegram, les messages
crépitent, entre stupéfaction et déception.
« J’ai appris la nouvelle par une alerte info
sur mon téléphone, hallucine un ministre.
Son attitude n’est pas très propre, il laisse un
sentiment d’ingratitude. » Un macroniste
l’apprend à la radio au volant de sa voiture,
en route pour une interview. « Je me suis
perdu dans le XVe arrondissement, j’ai dû
appeler l’Élysée depuis le parking pour savoir comment réagir », raconte cet élu.
“
Si j’ai choisi Nicolas
Hulot il y a quinze mois,
c’est parce qu’il est, entre
autres, un homme libre.
Je respecte sa liberté
EMMANUEL MACRON
”
Cette fois, contrairement à l’affaire
Benalla, les éléments de langage sont diffusés rapidement. En même temps, les
langues se délient sur Hulot, ce personnage
« instable » qui « passait la moitié de sa semaine chez lui, en Bretagne ». « Il dit qu’il
était seul, sauf qu’il est venu à une seule réunion de groupe et ne travaillait pas du tout
avec les députés », peste un parlementaire
La République en marche (LaREM). « Il y a
refaire le monde et vouloir le transformer,
c’est sûr que ce n’est pas pareil », cingle une
autre. Alors que le président avait écarté le
scénario d’un remaniement de rentrée,
pour ne pas donner le sentiment de réagir à
l’affaire Benalla, le voilà désormais face au
casse-tête du remplacement de son exnuméro trois du gouvernement. Aucun
casting ne sera annoncé avant le retour du
chef de l’État en France, ce jeudi soir.
L’Élysée a confirmé qu’il y aurait un remaniement mais « pas dans l’immédiat ». « Ça
prendra le temps que ça prendra, il n’y a pas
de vacance du pouvoir », temporise-t-on à
Matignon.
Le couple exécutif semble vouloir prendre du temps pour composer la nouvelle
équipe gouvernementale. Macron et Philippe vont-ils, à cette occasion, procéder à
un remaniement plus large qu’un seul
remplacement poste pour poste de Nicolas
Hulot ? « Je n’imagine pas un changement de
philosophie ni de cap. Il n’y aura pas de
changement de style ni de valeurs », affirme
l’entourage d’Édouard Philippe. « Le départ d’Hulot bouleverse l’équilibre politique,
et pourrait accélérer le remaniement qui était
prévu en vue des élections européennes »,
croit savoir un cadre du groupe LaREM.
À la place de Nicolas Hulot, à la tête d’un
ministère au périmètre remanié, certains
parient sur Pascal Canfin, ex-ministre de
François Hollande et directeur général de
l’ONG WWF France. D’autres verraient
bien une nomination des ex-ministres Hubert Védrine ou Chantal Jouanno, ou de
personnalités du privé comme le PDG de
Schneider Electric, Jean-Pascal Tricoire,
ou encore Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie. Le nom de l’ancien député PS
Arnaud Leroy circule aussi. « Tout le monde
est dans le flou », souffle un ministre.
La possibilité d’un départ de l’actuelle
ministre de la Culture Françoise Nyssen,
fragilisée, est plus que jamais d’actualité,
comme le remplacement de Jacques Mézard (Cohésion des territoires), d’Élisabeth
Borne (Transports) ou de Stéphane Travert
(Agriculture), cités comme les maillons
faibles du gouvernement.
À l’inverse, des personnalités comme
Sébastien Lecornu (Transition écologique)
ou Marlène Schiappa (Égalité femmeshommes) pourraient être promus à la tête
de portefeuilles plus larges. La question du
sort de Christophe Castaner, secrétaire
d’État en charge des Relations avec le Parlement et délégué général de LaREM, est
également dans la balance.
Parmi les parlementaires ministrables,
les noms de Gabriel Attal, Amélie de Montchalin, Stanislas Guérini, Jean-Baptiste
Djebbari ou encore Aurore Bergé sont régulièrement cités. Dans les rangs de la majorité, la démission d’Hulot pourrait aussi
provoquer le départ des députés de la frange écologiste, à l’instar de Matthieu Orphelin. « On va voir si le gouvernement est
au rendez-vous des enjeux écologiques ou
pas, dit l’intéressé. Je commencerai à réfléchir demain. » ■
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mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
Hulot au gouvernement : quinze mois de
Malgré des avancées incontestables, l’écologiste, qui a démissionné mardi, n’est pas toujours parvenu à s’imposer
ÉCOLOGIE À l’âge de 18 ans, Nicolas Hulot
n’avait « aucun dessein ni aucune stratégie ». Il n’avait qu’un désir, « saisir les opportunités les plus enthousiasmantes ». Et le
faire « sur l’instant ». « Rien n’est pire que
de renoncer », confiait-il dans un long entretien au Monde en septembre 2016. Or,
comme il avait brutalement renoncé à la
course à l’Élysée en juillet 2016, prenant
déjà ses proches de court, Nicolas Hulot,
mardi matin sur France Inter, a renoncé à
son poste de ministre d’État de la Transition écologique et solidaire.
À l’en croire, même son épouse n’était
pas au courant. « Je ne veux plus me mentir », a-t-il confié. Pour lui, face à « la tragédie climatique », le compte en matière
d’écologie était loin d’y être au sein du
gouvernement, comme au sein de la majorité parlementaire. Dès le départ, peut-être
même dans les minutes suivant le moment
où Emmanuel Macron sera parvenu à le
convaincre de le rejoindre après le 14 mai
2017, l’ex-ministre s’est interrogé sur son
action comme ministre. Les quinze mois de
sa présence à l’Hôtel de Roquelaure auront
été rythmés par ses atermoiements.
À chaque dossier, il a dû monter au front
avec ses armes personnelles, très peu politiques, sans avoir souvent la main, dénonçant la présence des lobbys jusqu’à l’ultime
confrontation de lundi sur le dossier de la
chasse (lire page 2).
Au début de l’été, des proches, dont le
député LaREM Matthieu Orphelin,
s’étaient félicités du bilan du gouvernement en matière d’écologie, citant dans
une tribune « l’arrêt du projet d’aéroport à
Notre-Dame-des-Landes, l’objectif de
neutralité carbone en 2050, la sortie du
glyphosate en trois ans, la concrétisation
des six parcs éoliens en mer avec une utile
renégociation financière, la baisse de la
TVA pour les collectivités sur la prévention
et le tri des déchets, l’inscription du climat
et de la biodiversité dans la Constitution, le
20 % de bio dans les cantines scolaires et le
triplement des surfaces en bio, les plans de
diversification des protéines, la prise en
compte des migrations climatiques dans la
loi française… » Des avancées qui « doivent beaucoup à Nicolas Hulot », indiquaient les signataires. Elles n’ont pas fait
le poids face à ce qui apparaît comme des
échecs, et des couleuvres devenues indigestes.
Fin mai 2018, le rejet d’un amendement, porté par Matthieu Orphelin, destiné à inscrire dans la loi l’interdiction du
glyphosate en 2021 aura été pour Hulot
une véritable gifle. Peut-être la plus violente, même si ses proches considèrent
que l’essentiel aura été d’imposer dans les
esprits un possible rejet de cet herbicide
dans trois ans. Ils mettent en avant son
pragmatisme. « S’il avait agi comme les
LES VOIX sont quasi unanimes chez les
responsables agricoles à la suite de la
démission du ministre de la Transition
écologique, Nicolas Hulot. Difficile d’en
trouver qui regrettent ouvertement son
départ, si ce n’est à Bruxelles. « C’est
une victoire pour les partisans du glyphosate et de l’agriculture intensive, déplore
Éric Andrieux, eurodéputé socialiste
chargé de négocier la nouvelle politique
agricole commune (PAC) 2020-2026. La
voix de Nicolas Hulot va nous manquer
dans la construction de la nouvelle
PAC. »
En revanche, pour les trois grandes
organisations syndicales agricoles ainsi
que les représentants du pastoralisme,
le bilan de l’ex-ministre de l’Écologie
concentre les critiques. Trois dossiers
sont particulièrement évoqués. Il s’agit
de l’interdiction programmée à trois ans
du glyphosate, un herbicide, celui de la
protection des loups et des ours dans les
massifs montagneux ou encore des dégâts de culture causés par le gibier.
A
Des ours et des loups
Malgré des approches différentes entre
ces professionnels, ces dossiers cristallisent leur mécontentement. « Force est
de constater que Nicolas Hulot n’a pas
pris la mesure des dégâts de gros gibiers
sur les cultures et de leurs conséquences
pour les paysans. C’est un abandon par
l’État de sa mission de régulation de la
faune sauvage, regrette Laurent Pinatel,
porte-parole de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français. Le ministre a cédé aux pressions des
associations pro-ours et pro-loups. La
gestion du dossier prédation est une catastrophe et l’année 2018 sera une année
record en termes de disparation des troupeaux et de souffrance pour les éle-
Accusations de viol
Difficile, tout de même, de justifier l’échec
annoncé en novembre 2017 par Nicolas
Hulot lui-même de ramener la part du nucléaire à 50 % dans la production d’électricité d’ici à 2025 (lire ci-dessous)… Un mois
plus tard, le compte n’y est pas non plus
dans la loi sur l’alimentation pilotée son
adversaire au sein du gouvernement, le
ministre de l’Agriculture Stéphane Travert. Face à lui, sur l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes - qui entre en vigueur ces prochains jours -, jugés
responsables de la baisse du nombre
d’abeilles, Hulot avait pourtant remporté
une première manche. Durant cet hiver
douloureux, le ministre doit en outre faire
face à des accusations de viol, lancées par
l’hebdomadaire Ebdo. L’affaire fait grand
bruit et n’aboutira à rien. Même s’il reçoit
Nicolas Hulot et Emmanuel Macron, lors de la conférence sur le changement climatique, à Bonn, en Allemagne, le 15 novembre 2017.
Satisfecit quasi unanime
dans le milieu agricole
ÉRIC DE LA CHESNAIS
£@plumedeschamps
professionnels du “yaka”, nombreux chez
les écologistes, avec des claquements de
doigts et des haussements de menton, il ne
serait arrivé à rien », soutient ainsi JeanPaul Besset, hulotiste historique.
veurs. » En effet, plus de trois cents brebis ont été tuées dans les montagnes
françaises cet été à la suite des différentes attaques de ces prédateurs. Une manifestation rassemblant de nombreux
éleveurs ovins des Pyrénées doit se dérouler ce mercredi à Etsaut dans le
Béarn. Les paysans protestent contre la
volonté de la maire de la commune de
réintroduire deux ours de Slovénie d’ici
à l’automne. « Hulot ou pas, nous sommes plus que jamais déterminés à faire
échouer ce projet qui tue le pastoralisme », défend Olivier Maurin, vice-président de la FNDP (Fédération nationale
de la défense du pastoralisme).
Pour sa part, la présidente de la première organisation syndicale agricole,
la FNSEA (Fédération nationale des
syndicats d’exploitants agricoles), rappelle « avoir noué un dialogue sans
concession mais constructif avec Nicolas
Hulot ». Toutefois, Christiane Lambert
est « choquée de ses propos guerriers sur
les produits phytosanitaires. Les agriculteurs sont au travail pour réduire
l’usage des pesticides. Nous sommes pour
une écologie pragmatique, c’est historique de changer de cette façon-là […]
mais une transition se fait sur un temps
long ».
C’est bien connu, le temps de la nature n’est pas celui de la politique. « Le blé
est en effet récolté neuf mois après avoir
été semé. Quant aux politiques, ils
travaillent à court terme, rappelle pour
sa part Véronique Le Floc’h, secrétaire
générale de la Coordination rurale,
deuxième syndicat agricole tricolore.
Nous ne pouvons pas faire en trois ans ce
que la recherche n’a pas pu faire en trente
ans : trouver de nouvelles pratiques
culturales qui n’emploient plus de glyphosate. Nous l’avions redit le 20 août
lors de notre dernier entretien avec Nicolas Hulot. » Autant de dossiers explosifs
qui attendent le nouveau ministre de
l’Écologie. ■
le soutien du président, cet épisode rappelle au ministre la violence inouïe du
monde politique.
Les critiques s’accumulent, venant des
acteurs associatifs et de certains écologistes. Malgré le travail abattu, le plan en faveur de la biodiversité présenté en juillet
n’est pas jugé assez contraignant. Au
même moment, le projet Montagne d’or
en Guyane, qui vise à exploiter une mine
d’or au cœur de la forêt tropicale, ou encore le projet EuropaCity, nouveau quartier
de loisirs et de commerces prévus dans le
JOHN MACDOUGALL/AFP FORUM
Nucléaire : la pomme de discorde
BERTILLE BAYART £@BertilleBayart
MARDI MATIN sur France Inter, cela ne
fait que quelques secondes qu’il s’est dépouillé de son costume de ministre, mais
déjà Nicolas Hulot dénonce « le nucléaire,
cette folie inutile, économiquement et techniquement, dans laquelle on s’entête ».
Cela en dit long sur le poids qu’a eu le sujet
brûlant de la politique énergétique dans sa
décision de quitter le gouvernement. Ministre, Nicolas Hulot n’avait jamais tenu
de propos publics aussi radicaux sur l’atome. Démissionnaire, il se lâche.
L’avenir du nucléaire français fait depuis des mois l’objet d’un bras de fer
autrement plus féroce que celui des permis de chasse. Car le moment où l’exécutif va devoir se prononcer approche. Le
gouvernement doit en effet publier le
projet de texte de la prochaine PPE, ou
programmation pluriannuelle de l’énergie, qui définira ses objectifs en termes de
décroissance de la production nucléaire
et de progression des renouvelables dans
le mix électrique, pour la période 20182023 puis pour 2024-2028.
Le sujet a déjà pris du retard. Ce texte
aurait dû être publié en juillet, au terme
du débat public organisé au printemps.
Mais les arbitrages ont été reportés à la
rentrée et l’été semble avoir été consacré
à d’autres préoccupations plus urgentes.
Mardi, le gouvernement observait un
complet mutisme sur le sujet, « pas encore d’actualité », sans précision sur le calendrier. Depuis le Danemark, le président de la République a seulement promis
mardi que la trajectoire énergétique serait
« bientôt écrite ».
Nicolas Hulot avait accepté à l’automne 2017 un renoncement douloureux en
enterrant l’horizon « irréaliste » de 2025
pour ramener de 75 % à 50 % la part du
nucléaire dans l’électricité tricolore. Il
comptait cependant, cette concession
accordée, obtenir des gages importants.
Son poids politique semblait devoir se
mesurer au nombre de centrales nucléaires dont la fermeture serait inscrite dans
la PPE, en plus de celle, actée de Fessenheim.
Or rien ne garantit à ce stade que des
fermetures de centrales seront effectivement décidées dans le cadre de la première PPE et donc pendant ce quinquennat. EDF, s’appuyant à la fois sur la
contrainte légale, sur les perspectives
d’évolution - stable - de la consommation électrique, et sur les investissements
engagés dans la prolongation à 50 ans de
la durée de vie de ses réacteurs, ne pense
commencer à en couper le courant qu’à
partir de 2029…
Nouveaux EPR
Le débat entre l’entreprise, la filière nucléaire et le ministère a tourné au dialogue
de sourds malgré les amabilités de façade.
« Pourquoi a-t-il fallu que nous héritions,
pour notre tutelle, du seul ministre vraiment
politique de ce gouvernement ? », soupirait
il y a quelques semaines un industriel,
« pourquoi avons-nous droit à une autre
diva, après Ségolène Royal ? »
Dans ce bras de fer, EDF a des arguments économiques à faire valoir, qui lui
assurent le plus souvent le soutien de
Bercy, attentif à la fois aux emplois et à
l’activité que représente la filière nucléaire, et aux comptes d’EDF dont l’État
est actionnaire à 84 %. Fin juin, Bruno
Le Maire avait apporté à l’atome civil
français un franc soutien lors du World
Nuclear Exhibition à Villepinte.
À l’inverse, les déboires du nouveau
nucléaire, notamment sur le chantier de
l’EPR de Flamanville qui a encore admis
en juillet un dérapage de son calendrier et
de sa facture, ont apporté de l’eau au
moulin de Nicolas Hulot. « Si je m’en vais,
il va y avoir 3 EPR de plus dans les prochaines années », aurait confié le désormais
ex-ministre à Libération début août.
L’histoire ne dit pas encore si son départ pèsera dans la balance, mais de fait, il
intervient alors qu’une autre décision devra être prise dans les prochains mois ou
dans les prochaines années : celle d’engager ou non le renouvellement du parc
existant, par le remplacement de ses
vieux réacteurs par de nouveaux EPR
dont EDF promet qu’ils coûteront moins
cher que le prototype de Flamanville. ■
RONALD WITTEK/EPA
SOPHIE DE RAVINEL £@S2RVNL
La centrale de Fessenheim, dans le Haut-Rhin. En novembre 2017, Nicolas Hulot avait
accepté un renoncement douloureux en repoussant l’objectif de 50 % de nucléaire en 2025.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 29 août 2018
L'ÉVÉNEMENT
douleurs
PROPOS RECUEILLIS PAR
peuvent rester ouvertes par conviction ».
Jacques Chirac l’accueillera en premier. Il
adorait son émission, « Ushuaïa », qui a
rythmé durant vingt-cinq ans la vie des
Français, plaçant Hulot au panthéon de
leurs personnalités préférées. Mais ni Jacques Chirac, ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande, malgré des actions menées
en commun, ne parviendront à le convaincre d’être ministre. Seul Emmanuel Macron pourra s’en vanter. Dans le livre de
Jean-Luc Bennahmias Les Paradoxes de
monsieur Hulot (L’Archipel), Nicolas Hulot
confie : « J’étais emmerdé. Parce que c’était
sans doute la dernière fois qu’on allait me
proposer ce poste, et c’était la seule chose
que je n’avais pas essayée dans mon combat. » Le bon timing, donc. Mais il trouvait
« intelligent » le projet d’une « sorte de gouvernement d’union nationale ».
Un an plus tard, Besset est amer. « Malgré des avancées incontestables, c’est un
échec ! Pour lui, pour le gouvernement, pour
les partis dont le seul horizon obsessionnel
est d’affaiblir Macron. » Mais c’est aussi
« un échec pour toute une société qui en sait
la nécessité mais qui refuse d’envisager le
changement ». « Ce n’est pas un échec, c’est
un dernier avertissement avant le crash »,
module Matthieu Orphelin. Mais pour David Cormand, à la tête d’EELV, c’est surtout la preuve qu’« il faut un parti écologique. Un homme seul, même armé des
meilleures intentions, ne peut pas agir sans
majorité politique ». ■
TRISTAN QUINAUL-MAUPOIL
£@TristanQM
LE FIGARO.- Quel regard portez-vous
sur la démission de Nicolas Hulot ?
Ségolène ROYAL. - Ce qui est important,
au-delà des personnes, c’est de savoir à
quoi va servir cette démission. Va-t-elle
entraîner des reculs de la politique écologique ou au contraire va-t-elle
conduire à un sursaut pour qu’il y ait une
cohérence entre le discours volontariste
d’Emmanuel Macron et les décisions
prises en faveur de l’environnement ?
Son geste doit servir d’électrochoc pour
que la France ne perde pas son leadership climatique. Ça serait très dangereux alors même que la Chine s’engage à
bras-le-corps dans la filière des énergies
vertes. Nous avons une place considérable à jouer. Il faut retrouver le fil du slogan « Make our planet great again » qui
prolonge à la fois la COP21 et la loi de
transition énergétique.
La France a perdu ce leadership ?
Nicolas Hulot en a fait lui-même le
constat. Mais ce n’est pas irréversible.
Pour l’environnement, il faut s’imposer
le principe de non-régression. Or, il y en
a eu plusieurs. D’abord la remise en cause de l’objectif de la réduction à 50 % de
la part du nucléaire à l’horizon 2025
- pourtant inscrit dans la loi à l’issue
d’un débat parlementaire long et appro-
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
Ségolène Royal : « Son geste
doit servir d’électrochoc »
dans les arbitrages de son ministère.
Val-d’Oise, font monter les tensions. Jusqu’à faire déborder la marmite. Hulot se
sent trop seul.
« C’est un homme spontané de cœur et de
tripes. C’est un évangéliste au bon sens du
terme, qui a besoin de sentir les autres
convaincus. Les calculs politiciens sont à
l’antithèse de ce qu’il est », explique un de
ses proches, l’eurodéputé Pascal Durand.
Un départ surprise même si lors d’un dîner
à Paris, le 24 juillet, Nicolas Hulot avait fait
part à Michel Barnier, commissaire européen, de sa volonté de démissionner. Ce
dernier lui avait conseillé de reporter sa
décision pour ne pas la mêler à l’affaire
Benalla, en cours.
Reste la spontanéité, qui remonte loin.
À 18 ans, jeune étudiant en médecine issu
de la grande bourgeoisie parisienne, avec
un père aventurier, il avait interrompu
au bout de trois mois ses études pour
partir faire du reportage photo en Afrique
du Sud. Suivront quarante ans d’une vie
de passions comme photographe, journaliste, animateur et producteur de
télévision, avant son entrée en politique.
« Mon père était à l’aise partout, sauf chez
les cons. Eh bien, moi aussi », a-t-il souligné au Monde en revenant sur son
itinéraire.
Après la création de sa Fondation pour la
nature et l’homme, en 1990, il pousse toutes les portes, y compris politiques,
« convaincu que lorsqu’elles s’ouvrent parfois par flagornerie et opportunisme elles
5
fondi. Le crédit d’impôt transition énergétique a ensuite été gravement endommagé, entraînant des licenciements dans
les PME du bâtiment. Les soutiens aux
territoires à énergie positive ont été
stoppés. Les permis pour la recherche et
l’exploitation des hydrocarbures ont de
nouveau été autorisés jusqu’en 2040,
contrairement à l’esprit de l’accord de
Paris. Et il y a eu le vote désolant en faveur du prolongement de l’autorisation
du glyphosate pour cinq ans.
Quel doit être le portrait-robot
du prochain ministre
de l’Environnement ?
Cette crise permet de rappeler que c’est
un ministère très difficile. Nicolas Hulot
était un bon choix, il a des atouts, des
convictions, une popularité élevée, qui
lui permettait un rapport de force médiatique. Mais quand il y a une défaite
face à un lobby, ce n’est pas la guerre
qui est perdue, ce n’est qu’une bataille.
Il faut savoir revenir à la charge et tenir
bon. Ne pas baisser les bras. Car c’est le
sens de l’histoire. Il faut être obstiné et
ne pas se décourager. Moi aussi j’ai perdu des batailles, mais je suis toujours remontée avec courage sur mon cheval.
Vous seriez disponible
pour le remplacer ?
La question ne se pose pas. Je suis passée
à d’autres engagements mais toujours au
service de l’environnement et de la planète, comme depuis plus de vingt ans. ■
Nicolas Hulot
a eu du courage
d’essayer de faire
changer les choses
à l’intérieur
de ce
gouvernement
anti-écolo,
c’est la fin
d’une illusion
et du bal
des tartuffes
YANNICK JADOT,
EURODÉPUTÉ EELV
»
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
Un camouflet au pire
moment pour le président
et de loin, ce qui était précieux dans
un climat de désaffection généralisée
à l’égard des personnalités politiques.
Avoir Hulot avec soi était donc
à l’évidence un « plus », tant l’image
est un facteur déterminant du crédit
fait à une équipe. Et c’est là qu’en plus
d’une gifle personnelle, cette
démission est un camouflet politique
pour le président de la République.
Il a beau réduire cette décision
à une affaire « individuelle »,
et marteler que la politique en matière
de développement durable sera
poursuivie à l’identique, c’est bien son
crédit personnel face au plus grand défi
actuel qui est atteint. Macron, c’était
l’homme du « make the planet great
again », l’homme qui était à la pointe
du combat écologique malgré
la défection de Trump et les lenteurs
de la Chine. Or quoi de pire que de voir
sa détermination, ses convictions,
son engagement remis en cause
par celui-là même qui avait cru en lui ?
Fin août, enfin, a beau être la saison
des démissions (Chirac en 1976,
Madelin en 1995, Montebourg en 2014
et Macron lui-même en 2016),
ce départ tombe au plus mauvais
moment pour le président.
Après un été pollué par l’affaire Benalla
et avant un automne agité
par les décisions budgétaires. En cette
rentrée, le chef de l’État avait besoin
de retrouver de l’oxygène ; le départ
de Nicolas Hulot lui ajoute une crise
de plus à gérer. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
Le chef de
l’État savait
qu’il serait en
permanence
sous la
menace d’un
coup de blues
ou d’un coup
de gueule
de ce Hamlet
médiatique
»
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aux passagers abonnés HOP! Air France sur les vols domestiques depuis le 1er avril 2017.
A
P
as de prise de guerre
sans prise de risque.
En décrochant Nicolas Hulot,
Emmanuel Macron avait
réalisé un beau coup. Le départ du plus
emblématique de ses ministres est
aujourd’hui une claque à la mesure
du succès d’hier. Les deux hommes
étaient conscients dès le départ
du risque colossal qu’ils prenaient.
L’écologiste savait qu’en acceptant
de devenir ministre, il lui faudrait
composer avec le réel ; donc accepter
des compromis et avaler des
couleuvres. Et le chef de l’État savait
qu’il serait en permanence sous
la menace d’un coup de blues
ou d’un coup de gueule de ce Hamlet
médiatique. Mais, à l’heure de la
rupture, c’est pour le président
de la République que le coup est le plus
rude. Hulot est amer et désabusé ;
Macron est humilié.
Le revers est en effet d’abord
personnel pour le président.
Emmanuel Macron avait réussi là
où Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy
et François Hollande avant lui avaient
échoué : convaincre Nicolas Hulot
de se lancer dans l’aventure
gouvernementale. Une fierté
pour lui autant qu’un trophée signant
sa capacité à renouveler la manière
de faire de la politique. La fin anticipée
de l’expérience est donc un échec
du président lui-même. D’autant plus
qu’il porte la responsabilité
de la goutte d’eau qui a fait déborder
le vase : cette rencontre avec les
chasseurs à l’Élysée où le ministre de la
Transition écologique s’est senti défié
par la présence d’opposants résolus à
ses combats personnels pour la défense
des animaux. Le président a mal
calculé jusqu’où il pouvait aller trop
loin avec son si sensible ministre.
Pour un homme « jupitérien »,
conscient de son charisme et fier
de sa capacité d’entraînement,
ne pas avoir pu retenir Hulot est une
blessure d’orgueil. D’autant qu’à
l’humiliation induite par la démission
s’ajoute le camouflet de la méthode :
une annonce en direct sur France Inter
sans même le prévenir.
Une « mauvaise manière », comme
a reconnu l’intéressé lui-même,
qui est un affront à la fonction
présidentielle elle-même.
L’ancien animateur d’« Ushuaïa »
n’était pas uniquement le plus connu
des membres du gouvernement.
Il en était également le plus populaire,
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
6
INTERNATIONAL
Arrivé mardi pour une visite d’État,
le président tente de rallier les Danois à
son « arc européen » face aux eurosceptiques.
DANEMARK Emmanuel Macron est arrivé mardi au Danemark pour une visite
d’État de 36 heures, la première d’un
président français depuis 1982 dans un
royaume conquis. Le chef de l’État est
salué avec enthousiasme par l’opinion
publique, les médias et la classe politique, pour son côté « visionnaire et son
audace », résume Henning Rasmussen.
Ce Danois est venu avec toute sa famille
devant le Palais royal d’Amalienborg
« voir ce jeune leader charmant dont on
parle beaucoup et qui nous flatte tant en
prenant pour modèle nos réformes sur le
marché du travail ».
« Apprenez de Macron » renchérit à la
une l’éditorialiste de Politiken (centre
gauche), espérant « que les politiciens danois se laisseront inspirer » par ce dirigeant qui « parle d’espoir et de coopération
internationale plutôt que du nationalisme,
de la crainte de l’étranger, de la peur de
perdre notre souveraineté ».
Mais l’enthousiasme des Danois a ses li-
mites : la vision pro-européenne de Macron et ses projets de réformes institutionnelles de l’UE passent mal dans ce
pays qui se classe parmi les plus eurosceptiques d’Europe et qui défend encore bec
et ongles ses dérogations de 1993 (euro,
politique judiciaire et défense commune).
LINDBLOM STEFAN/STELLA PICTURES/ABACA
À Copenhague,
l’opération
séduction
de Macron
La reine Margrethe II et la princesse Mary du Danemark accueillent Emmanuel et Brigitte Macron, mardi à Copenhague.
place en Europe ». De son côté, Emmanuel Macron a constaté : « Nous avons
des divergences, mais elles ne sont pas
insurmontables. » Le président français
souhaite « renforcer les convergences de
vues avec le Danemark, un grand allié
pour la sécurité, l’Europe et le climat et
un partenaire important pour le modèle
de solidarité et d’État providence qu’il
représente et sa vision progressiste de
l’Europe. »
Paris et Copenhague ont une convergence « réelle et forte » sur la défense
européenne, a-t-il jugé. « Nous avons la
« Un grand allié »
Face à un Parlement en majorité hostile à
plus d’intégration européenne, le premier
ministre libéral, Lars Loekke Rasmussen,
avoue, lors d’une conférence de presse
commune, qu’il « aurait aimé se défaire
des exemptions qui empêchent le Danemark de participer pleinement à la coopération européenne », car « il est étrange
que nous soyons l’un des pays les plus proeuropéens alors que nous avons nos dérogations qui nous enchaînent ».
« C’est pourtant dans l’intérêt des
Danois d’être au plus près du cœur de
l’Europe », assure-t-il, jugeant « nécessaire de relancer le débat sur notre
Pour le président français,
« le vrai Danois n’existe pas »
Emmanuel Macron a passé une heure
avec 300 étudiants pour débattre
de l’avenir de l’Europe.
« N’abandonnez jamais le rêve
européen », leur a-t-il demandé.
« Sans un renouveau de l’Europe,
d’autres grandes puissances
décideront pour nous. »
Interpellé par une étudiante
sur l’identité des peuples européens,
il a répliqué : « Le vrai Danois n’existe
pas, il est déjà européen. C’est vrai
aussi pour les Français. La famille
royale en est un cas magnifique,
ce n’est pas qu’une histoire danoise »,
a-t-il souri, allusion à la princesse
Mary de Danemark, épouse du prince
héritier, née en Australie.
conviction l’un et l’autre que l’autonomie
stratégique de l’Europe passe par notre
autonomie de renforcer notre défense commune », a-t-il dit, saluant la volonté de
son hôte de « renforcer la coopération militaire bilatérale du Danemark avec la
France ».
Les deux dirigeants ont également affirmé avoir des points de vue assez proches sur la crise migratoire. « Nous
n’avons pas beaucoup de désaccords sur ce
point », a dit M. Rasmussen, dont le gouvernement mène pourtant l’une des politiques d’immigration les plus restrictives
d’Europe.
Comme Copenhague, « la France n’est
pas favorable à la répartition des migrants », a plaidé Emmanuel Macron et
elle prône « une politique d’aide au développement en matière d’éducation et la
poursuite du travail avec les pays de transit
qui a porté ses fruits en régulant les flux des
réfugiés dont le nombre a été divisé par 10
en un an ». ■
S. A. (À COPENHAGUE)
Au Danemark, un nouvel arsenal juridique pour les ghettos musulmans
30 km
SLIM ALLAGUI
COPENHAGUE
A
MJOLNERPARKEN, un carré d’immeubles en briques rouges propret de
quatre étages, à Norrebro, au nordouest de Copenhague. Cette HLM à
l’allure paisible, habitée par quelque
1 800 personnes (dont 82,1 % d’origine étrangère), est l’un des ghettos les
plus redoutés du Danemark, miné par
les problèmes sociaux, le chômage et
l’insécurité. Ses caves abritent une
bande, Brothas, qui a mené une guerre sanglante contre un autre gang,
Loyal to Familia pour le contrôle du
marché de la drogue qui a fait l’année
dernière 3 morts et 25 blessés.
Pour le gouvernement de centre
droit, Mjolnerparken est le premier
ghetto dans sa ligne de mire pour briser ces enclaves d’immigrés « où la
charia a plus force de loi que la Constitution du royaume, où les valeurs danoises sont rejetées et où il y a trop de gens
assistés ne parlant même pas le danois
et trop de criminels », selon la ministre
de l’Immigration, Inger Stojberg.
Symbole de ce combat contre la
ghettoïsation du pays, 8 ministres,
avec à leur tête le premier ministre,
Lars Loekke Rasmussen, sont venus y
présenter le 1er mars un nouveau plan :
« Un Danemark sans société parallèle et
sans ghettos en 2030 », le 6e depuis
1994.
« Cette fois-ci, nous devons et voulons
que notre plan réussisse. Nous sommes
prêts à prendre de nouvelles voies et aller
loin pour parvenir à notre objectif », assure le dirigeant danois. « Des décennies de laxisme dans la politique d’immigration ont abouti à une situation
intenable où ont été accueillis plus
d’étrangers que nous avons été capables
d’en intégrer », constate-t-il, rappelant qu’« en 1980, le Danemark comptait 5,1 millions d’habitants. Aujourd’hui, nous sommes proches des
5,8 millions alors que le nombre de nonoccidentaux a quasiment été multiplié
Kattegat
Elseneur
SUEDE
Nørrebro
Roskilde
Malmö
Copenhague
DANEMARK
Sorø
Sjælland
Møn
Falster
Lolland
Mer Baltique
Infographie
par 10 durant cette période, atteignant
près de 500 000 », soit 8,5 % de la population, dont environ la moitié de
confession musulmane, posant de graves problèmes d’intégration. « Il y a
des quartiers où je ne reconnais pas que
je suis au Danemark », dit-il.
Et d’ajouter qu’il est « profondément
préoccupé par cette frange de la population qui vit selon ses propres lois, qui ne
veut pas prendre de responsabilités et
qui reste en marge ». « Il faut en finir
une fois pour toutes avec ces zones de
non-droit qui constituent un défi à la cohésion de notre société », martèle
M. Rasmussen en présentant un catalogue de 22 initiatives pour démanteler
en douze ans les 30 ghettos désignés
par les autorités.
Comme la destruction de barres
HLM remplacées par des habitations à
taille humaine, la mixité du parc immobilier (locataires et propriétaires)
encouragée pour inciter les Danois à
cohabiter en plus grand nombre avec
les immigrés, l’interdiction aux criminels, aux bénéficiaires du revenu mi-
Trois femmes portant le niquab discutent dans un parc situé à côté de Mjolnerparken,
à Norrebro, au nord-ouest de Copenhague. ANDREW KELLY
nimum d’insertion (réfugiés pour la
plupart) et de l’assistance publique
d’emménager dans les 16 ghettos les
plus durs. Ce volet de rénovation, d’un
coût de 10 milliards de couronnes
(1,35 milliard d’euros), est destiné à
“
Il faut enfinir
une fois pour toutes avec
ces zones de non-droit
qui constituent undéfi à la
cohésionde notre société
LARS LOEKKE RASMUSSEN,
PREMIER MINISTRE DANOIS
”
briser cette société parallèle, en éparpillant ses habitants et en obligeant à
respecter les valeurs danoises, selon le
gouvernement.
Autre initiative controversée pour
mettre un terme à la criminalité qui règne dans les ghettos : le ministre
conservateur de la Justice, Soren Pape
Poulsen, n’a pas hésité à prendre des
mesures radicales pour la juguler com-
me « doubler les peines encourues pour
vente de drogue, violences, cambriolages et vandalisme dans ces zones où l’on
doit sentir plus lourdement le glaive de la
justice qu’ailleurs ». Une initiative qui a
choqué même à droite. « L’égalité devant la loi ? Non », écrit l’éditorialiste
du quotidien conservateur Berlingske
Tidende, critiquant le gouvernement
« de piétiner le principe fondamental
dans un État de droit comme le Danemark où nous devons tous être égaux
devant la loi ».
Justifiant « ces moyens drastiques »,
le ministre de l’Économie et de l’Intérieur Simon Emil Ammitzboll-Bille,
estime qu’ils sont « nécessaires car les
efforts d’intégration ont été un échec ».
Car la situation est préoccupante pour
les enfants des ghettos, abandonnés à
eux-mêmes et qui risquent d’être laissés au bord de la route. 80 % des
0-14 ans et 70 % des jeunes de 1524 ans sont d’origine non-occidentale
dans les trois plus grands ghettos du
pays selon une analyse du ministère de
l’Économie.
« Seule une minorité des parents ont
un emploi. Les enfants des ghettos fréquentent des écoles où leurs camarades
danois sont minoritaires. Ils ont des notes nettement plus mauvaises que les
autres et un mauvais départ dans la
vie », selon le ministre de l’Économie.
Même constat pour sa collègue de
l’Éducation, Merete Riisager. Elle déplore qu’« il y ait trop d’enfants qui ne
parlent pas ou mal le danois en entrant à
l’école. » Pour y remédier, elle compte
« obliger les parents à envoyer leurs enfants à la crèche au moins 25 heures par
semaine dès l’âge de un an pour apprendre les traditions danoises, les valeurs
d’égalité et de tolérance ». Et ceux qui
garderaient leur progéniture à la maison verront leurs allocations familiales
coupées.
Mais ces initiatives approuvées en
grande partie en mai par une majorité
parlementaire, suscitent de vives critiques. « Punition, punition. Le gouvernement n’a que ce mot dans la bouche »,
se désole Muhammed Aslam, président
de l’association de Mjolnerparken, qui
se demande « comment on va expulser
une partie des résidents des ghettos pour
atteindre l’objectif de 40 % au maximum de logements sociaux en 2030 dans
les quartiers sensibles rénovés ». « Où
va-t-on les reloger alors que les listes
d’attente sont de dix à trente ans ? »
Résumant l’inquiétude des analystes, Gunvor Christensen, chercheuse à
l’Institut de recherches sociales (SFI),
doute des effets de « ce plan bulldozer ». « Ma plus grande préoccupation,
dit-elle, concerne les habitants les plus
précaires des ghettos qui vont s’enfoncer encore plus dans l’exclusion de la
société ».
«Diverses études, notamment aux
Pays-Bas qui ont utilisé des moyens
drastiques pour briser les ghettos, ont
montré que la politique de rénovation de
ces quartiers et la mixité sociale n’ont
pas conduit à plus d’emploi ou à relever
le niveau d’éducation des résidents défavorisés qu’on souhaitait aider le plus »,
affirme-t-elle. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 29 août 2018
INTERNATIONAL
7
L’extrême droite suédoise
surfe sur la vague migratoire
Les Démocrates
de Suède (SD)
pourraient devenir
le premier parti du
royaume nordique
après les élections
du 9 septembre.
FRÉDÉRIC FAUX
NYKVARN, STOCKHOLM
SUÈDE
FINLANDE
NORVÈGE
Nykvarn
M
B
er
e
Hassleholm
qu
DAN.
Stockholm
Södertälje
Göteborg
alt
Infographie
LET.
i
POLOGNE
ALLEMAGNE
EST.
LIT.
me Anders Lindberg, journaliste politique au quotidien Aftonbladet. « Ils ne
pourront pas gouverner seuls et la gauche comme la droite peuvent parfaitement former un gouvernement minoritaire, comme celui dirigé aujourd’hui par
Stefan Löfven… » Une réalité qui laisse
pourtant de marbre Jimmie Akesson :
« On peut peser sur le gouvernement
sans y participer », assure-t-il en répondant aux questions du Figaro.
« Nous allons peut-être devenir le plus
grand parti de Suède dans deux semaines et plus personne ne pourra nous
ignorer. Pour nous, la Suède doit changer de cap, et aller dans la bonne direction. Qui sera à la manœuvre ? Ce n’est
pas le plus important. » ■
+
» Lire aussi PAGE 19
CE SOIR À 20H50
“
Nous n’avons rien
contre les étrangers…
Tant qu’ils adoptent
notre mode de vie
TOMMY, UN ÉLU LOCAL
”
« Ceux qui continuent de vivre selon la
charia ou ne respectent pas les lois ne
sont pas les bienvenus, renchérit Tommy, un élu local. Notre concept, c’est
l’open swedishness. Nous n’avons rien
contre les étrangers… Tant qu’ils adoptent notre mode de vie. »
À Södertälje, les autres partis voient
avec inquiétude la montée de ce discours, assez inhabituel dans un pays où
l’on n’ose guère proférer d’opinions
tranchées. Pour les sociaux-démocrates, qui dirigent Södertälje depuis trente ans, les SD sont « des amateurs », qui
n’ont « aucune expérience ». Et surtout, ils sentent le soufre. Sur la route
entre Södertälje et Nykvarn, les croix
gammées qui fleurissent sur les portraits de Jimmie Akesson rappellent la
lourde histoire du parti. « Un de ses
fondateurs avait rejoint les SS en Allemagne, et les SD ont longtemps gardé des
liens étroits avec la mouvance néonazie,
précise Jens Rydgren. Aujourd’hui ils
travaillent dur pour améliorer cette image, et tous les élus qui dérapent sont expulsés… Mais ce n’est pas encore un parti
comme les autres. »
Ce passé et le manque de sérieux de
nombreux élus ont fait que les représentants locaux des grands partis refusent de travailler avec les SD, qui ne dirigent aucun exécutif. Une seule
expérience à Hassleholm, dans le sud
du pays, s’est soldée par la démission
du maire au bout de quelques semaines.
Mais pour Lars Andersson, bras droit de
Jimmie Akesson, cet ostracisme va
bientôt céder sous le poids des votes :
« Tous les jours je discute avec nos
concurrents et ils se rendent compte que
cela ne peut plus durer. Nous allons enfin
gérer des communes après les élections », prédit-il.
Ce cordon sanitaire – pour reprendre
l’expression appliquée au Front national – cèdera-t-il aussi au Riksdag, le
Parlement suédois ? C’est finalement la
grande inconnue de ces élections.
« Que les SD obtiennent 20 % ou 25 % de
voix ne change pas grand-chose », esti-
24 Français vont repousser leurs limites
le temps d’une réelle expérience de survie, inédite à la TV.
DISPONIBLE SUR LE CANAL 24
A
Mer
de Norvège
lourds Scania. Une autre vague a suivi
après les chocs pétroliers, avec de
nombreux réfugiés venus occuper les
logements devenus vacants.
Aujourd’hui, la moitié des habitants
de Södertälje sont d’origine étrangère.
De passage dans la ville pour un meeting, Jimmie Akesson, le jeune leader
des SD, a joué habilement de cette réalité. L’ancien webdesigner de 39 ans a
déroulé son programme - arrêt de l’immigration, assimilation des immigrés
présents, expulsion des délinquants
étrangers - alors qu’un écran diffusait
des images de la centaine de voitures
qui ont brûlé à la mi-août, dans les
quartiers populaires de Göteborg. « La
différence n’est pas entre les immigrés
qui arrivent et ceux qui sont déjà là, mais
entre ceux qui incendient des voitures, et
ceux qui les fabriquent », a-t-il glissé.
Une allusion à Scania, le plus gros employeur à Södertälje, qui a déclenché
une salve d’applaudissements.
TT NEWS AGENCY/REUTERS
© Photo Maximo Gedda Quiroga
300 km
Le leader des Démocrates de Suède (SD), Jimmie Akesson, en campagne le 17 août à Sundsvall.
DeBonneville-Orlandini
SCANDINAVIE En suédois, Nykvarn signifie le Nouveau-Moulin. Un nom
idoine pour cette oasis pavillonnaire
perdue au milieu des bois, à 40 km de
Stockholm, mais située aux portes de la
cité industrielle de Södertälje. Matts, les
bras couverts de tatouages, petit patron
du bâtiment, attend devant la gare pour
nous mener jusqu’à sa maison. Et là,
sous la véranda, devant un café, il fait
son coming out : « Je n’aime pas ce que
Södertälje est devenue, avec tous ces migrants. Il faut faire quelque chose. Ces
étrangers n’ont pas versé une couronne
d’impôts et ont tous les bénéfices. C’est
pour ça que j’ai adhéré aux Démocrates
de Suède. »
Et il n’est pas le seul à avoir franchi ce
pas. Les Démocrates de Suède (SD), qui
ont recueilli près de 13 % des voix aux
dernières élections, sont traditionnellement à la peine autour de Stockholm.
Mais à Nykvarn, le parti d’extrême
droite a obtenu son meilleur score du
comté, près de 18 %. Et pour le scrutin
du 9 septembre, quand le social-démocrate Stefan Löfven remettra en jeu son
poste de premier ministre, la marée SD
pourrait être encore plus haute, de 17…
à 25 % des voix. Le parti mené par Jimmie Akesson, selon certains instituts de
sondage, pourrait même devenir le
premier du pays, une position monopolisée depuis un siècle par les sociauxdémocrates.
La crise migratoire explique en grande partie ce bouleversement sans précédent du puzzle électoral suédois.
Comme en Allemagne, la décision de la
Suède d’ouvrir grand ses portes aux réfugiés – avec un pic de 163 000 demandeurs d’asile en 2015 - n’est pas restée
sans conséquences politiques. Les sociaux-démocrates, la mort dans l’âme,
ont même dû revoir leurs règles d’accueil et instaurer des contrôles à la
frontière avec le voisin danois, une
première depuis les années 1950. Mais
les électeurs SD veulent plus, beaucoup
plus : « Ils demandent l’arrêt total de
cette immigration qui pour eux représente une menace économique et culturelle, assure le sociologue Jens Rydgren,
qui a étudié en profondeur cet électorat. Le parti, lui, n’a même pas besoin de
faire campagne, car cette thématique est
déjà au centre des débats. »
Pour les Démocrates de Suède,
d’ailleurs, Södertälje est l’incarnation
de ce qu’il ne faut pas faire. Après la Seconde Guerre mondiale, la ville a recruté une main-d’œuvre étrangère
pour faire tourner ses usines et notamment celle du constructeur de poids
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
INTERNATIONAL
8
La haine antimigrants monte à Chemnitz
Un meurtre imputé à deux étrangers entraîne de violentes manifestations depuis dimanche dans la ville de Saxe.
« est mort pour protéger une femme »,
confie à un reporter de Die Welt une jeune
fille déposant des fleurs là où l’agression a
eu lieu, dans la nuit de samedi à dimanche, en marge d’une fête célébrant le
875e anniversaire de la ville.
L’Alternative für Deutschland, le parti
antimigrants au Bundestag, s’est aussi
emparée du fait divers. « Si l’État ne protège plus les citoyens, alors les gens se rendent dans la rue pour se protéger eux-mêmes. C’est aussi simple. Aujourd’hui, c’est
un devoir citoyen que d’arrêter cette immigration qui apporte la mort », a affirmé par
exemple le député Markus Frohnmaier.
100 km
SUÈDE
Mer Baltique
Mer du
Nord
Hambourg
ex-RDA
Berlin
POLOGNE
PAYSBAS
Leipzig
Dresde
“
Saxe
Francfort
Chemnitz
ALLEMAGNE
Si l’État ne protège plus
les citoyens, alors les gens
se rendent dans la rue pour
se protéger eux-mêmes
RÉP.
TCHÈQUE
FRANCE
COMMUNIQUÉ DE L’AFD
Munich
SUISSE
AUTRICHE
Infographie
NICOLAS BAROTTE £@NicolasBarotte
CORRESPONDANT À BERLIN
ALLEMAGNE Des images d’affrontements de rue, des témoignages de peur ou
de ressentiment, des saluts hitlériens en
plein jour… Après les « chasses » antimigrants de Chemnitz, dimanche, l’Allemagne s’est réveillée mardi en plein
doute sur sa capacité à faire respecter son
État de droit. Lundi soir, l’extrême droite
et des groupuscules néonazis s’étaient
mobilisés en masse dans cette ville de
Saxe où un Allemand de 35 ans a été poignardé dimanche. Ils réclament la « justice » alors que deux jeunes, un Syrien et
un Irakien, sont soupçonnés du meurtre.
Pleine d’agressivité, la manifestation
s’est transformée en échauffourée avec
les contre-manifestants dénonçant la
Des sympathisants d’extrême droite font face à la police, lundi, à Chemnitz, après l’assassinat d’un Allemand de 35 ans,
dans une rue de la ville. JAN WOITAS/DPA/PICTURE-ALLIANCE
haine anti-étranger. Une vingtaine de
personnes ont été blessées.
« La haine dans la rue, cela n’a rien à
faire dans un État de droit », a réagi mardi
la chancelière Angela Merkel. La veille,
son porte-parole s’était déjà indigné des
images montrant des étrangers être
pourchassés dans les rues par des poignées d’hommes agressifs. Ces scènes
rappellent le souvenir douloureux en Allemagne des pogroms contre les Juifs
dans les années 1930.
Depuis la crise migratoire de 2015, l’Allemagne a connu plusieurs accès de
violence d’extrême droite. À Chemnitz,
les responsables ont reconnu avoir sousestimé la mobilisation des groupes radicaux venus de Saxe, mais aussi de Berlin,
du Brandebourg, de Thuringe, de BasseSaxe et même de Westphalie-Rhénaniedu-Nord. Face aux 5 000 manifestants, les
600 policiers ont vite perdu le contrôle.
« Nous n’avons connu une telle situation
d’affrontement qu’une fois auparavant », a
convenu le chef de la police régionale,
Jürgen Georgie. C’était en août 2015
quand 200 néonazis s’en étaient pris à un
centre d’accueil de réfugiés à Heidenau.
La haine antimigrants s’exprimait pour la
première fois en plein jour. Mardi, le ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, a
proposé l’aide de la police nationale.
En Saxe, les responsables cherchent
encore à comprendre l’engrenage de la
violence. La mobilisation de l’extrême
droite « a été forte via Internet », a
commenté le ministre-président de Saxe,
Michael Kretschmer (CDU), mardi. Il a
mis en cause « les commentaires xénophobes, les théories du complot et les
“fake news” » répandues sur les réseaux
sociaux.
L’annonce, dimanche, d’une bagarre
ayant dégénéré et causé la mort d’un Allemand de 35 ans avait effectivement enflammé les réseaux. La rumeur a couru
d’une deuxième victime et d’un viol.
« Montrons qui a le dernier mot dans la
ville ! » lancent alors les hooligans du
Kaotic Chemnitz sur le Web, tandis que
Pro-Chemnitz appelle à rendre hommage à la victime « tuée bestialement par
des bêtes », selon son porte-parole Martin
Kohlmann. Pro-Chemnitz est l’un de ces
nombreux groupes locaux créés depuis
trois ans pour s’opposer à la politique
d’accueil des réfugiés. Dans cette ville, ils
sont 6 000 pour 245 000 habitants (dont
20 000 étrangers). Peu importent les
chiffres : le sentiment d’insécurité est
installé en ex-Allemagne de l’Est. Dans
les rues de Chemnitz, les rumeurs sont
prises pour argent comptant. Cet homme
Salvini et Orban forgent l’axe europhobe
À Milan, le premier ministre hongrois a déclaré voir dans le chef de la Ligue « son compagnon de voyage ».
droit aux fonds européens » dont la Hongrie est un grand bénéficiaire.
Le ministre de l’Intérieur voudrait, lui,
introduire en Italie l’interdiction totale
d’entrer sur son territoire, adoptée depuis
2014 par l’Australie, le « No Way », en
vertu duquel les nouveaux arrivants sont
déportés dans les petites îles du Pacifique
Nauru et Manu. « Pourquoi ne louerionsnous pas une île, nous aussi ? » a-t-il récemment lancé dans un meeting.
RICHARD HEUZÉ rheuze@lefigaro.fr
ROME
ITALIE « Nous sommes au bord d’un tournant historique pour l’Europe. Aujourd’hui
commence un parcours commun qui sera
suivi de nombreuses autres étapes » :
après une heure passée à la préfecture de
Milan, le premier ministre hongrois
Viktor Orban et le ministre de l’Intérieur
Matteo Salvini ont affiché mardi aprèsmidi une même détermination à changer
les règles du jeu à l’intérieur de l’Union
européenne.
« L’Europe doit se doter d’une nouvelle
Commission et (à l’issue des élections de
mai) d’un nouveau Parlement. Emmanuel
Macron guide les forces qui soutiennent
l’immigration. Nous voulons l’arrêter et
renvoyer tous les immigrés chez eux », a
poursuivi le leader hongrois, lors d’une
conférence de presse conjointe. Il a rendu hommage à Matteo Salvini - « mon
héros et mon compagnon de route » -, « le
premier qui ait donné un coup d’arrêt à
l’émigration en mer ». Et d’ajouter : « De
son succès dépend la sécurité de toute
l’Europe. » Interpellant à son tour le président français, Matteo Salvini lui a enjoint d’ouvrir immédiatement aux migrants la frontière à Vintimille.
Chef de file des pays du pacte de Visegrad (Hongrie, Pologne, République
Tchèque et Slovaquie), Viktor Orban a
réaffirmé son opposition à toute réinstallation de migrants irréguliers dans son
Animosité contre l’Europe
Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, et le ministre de l’Intérieur italien,
Matteo Salvini, mardi, à Milan. MARCO BERTORELLO/AFP
pays. Pour Matteo Salvini, il n’existe
qu’une seule solution: « leur rapatriement dans leur pays ». Le leader de la Ligue (extrême droite) appelle les souverainistes de tous les pays à former une
alliance forte pour « construire une autre
Europe ». Une Europe dans laquelle la
souveraineté nationale l’emporterait sur
la solidarité communautaire. À aucun
moment, il n’a demandé à son interlocuteur d’ouvrir les frontières de son pays
pour accueillir des migrants réfugiés en
Italie qu’il voudrait pourtant partager
avec l’Europe tout entière.
Le Mouvement 5 étoiles a quant à lui
pris ses distances avec Matteo Salvini,
pourtant son allié dans la coalition populiste au pouvoir depuis le 1er juin. Le M5S
s’est contenté d’affirmer ne voir dans cette rencontre qu’une « initiative politique »
et « certainement pas un engagement institutionnel ni gouvernemental ». Aucun entretien n’était d’ailleurs prévu à Rome
avec le président du Conseil, Giuseppe
Conte. Dimanche soir, Luigi Di Maio, le
leader du parti, avait réaffirmé sur Facebook qu’aucun pays membre « n’adhérant
pas aux relocalisations des migrants n’a
Des milliers de manifestants ont protesté
dans le centre de Milan contre la visite
d’Orban, à l’appel des partis de gauche,
des syndicats et des associations antifascistes. Dans les chancelleries européennes, les efforts de Matteo Salvini pour promouvoir l’élection d’une patrouille de
députés souverainistes à Strasbourg sont
vus avec une réelle inquiétude. Surtout au
moment où culmine un regain d’animosité en Italie contre l’Europe, de la part du
M5S aussi bien que de la Ligue.
Le commissaire européen au budget,
Günther Oettinger, a sèchement contredit lundi Luigi Di Maio quand ce dernier a
affirmé que l’Italie versait 20 milliards
d’euros par an au budget communautaire.
« Une farce », a-t-il dit en précisant,
comme Le Figaro le relevait samedi, que
la contribution se situe, selon les années,
entre 14 et 16 milliards et ne dépasse pas
3 milliards d’euros net, compte tenu des
diverses subventions que l’Italie reçoit
des fonds européens. ■
EN BREF
Moscou prévoit d’énormes
manœuvres militaires
La Russie va organiser ses plus
importantes manœuvres militaires
depuis près de quarante ans,
a annoncé mardi le ministre
de la Défense, Sergueï Choïgou.
L’exercice « Vostok-2018 »
(Est-2018) se déroulera du
11 au 15 septembre dans des régions
militaires du centre et de l’est
du pays et réunira environ
300 000 soldats, un millier d’avions,
deux escadres de la marine russe
et tous les régiments aéroportés.
ONU : le Yémen soupçonne
des crimes de guerre
Les bombardements des forces
aériennes de la coalition arabe
qui intervient depuis 2015 au Yémen
ont provoqué de lourdes pertes
civiles en visant des zones habitées,
des marchés ou encore
des mariages, estime mardi
une mission d’enquête des Nations
unies. Ces experts jugent que toutes
les parties prenantes au conflit
ont potentiellement commis
des « crimes de guerre ».
Mali : un leader djihadiste
et deux civils tués
dans une frappe française
L’état-major français a annoncé
lundi soir que l’un des principaux
responsables de l’État islamique
au Grand Sahara (EIGS), Mohamed
Ag Almouner, et deux civils
ont été tués dans une opération
de l’armée française dimanche
dans la région de Ménaka, au Mali.
Editions 12/13 et le 19/20
A
Spéciales Solitaire URGO le Figaro
Sur Normandie, Bretagne,
Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine
et Hauts-de-France
”
L’AfD est particulièrement puissante en
Saxe : lors des législatives, les populistes
ont réussi à devenir la première force politique du Land avec 27 % des voix. Leur
ancrage promet de rendre ingouvernable
la région au lendemain des élections locales de 2019. Les derniers sondages leur accordent 25 % des voix, contre 30 % à la
CDU qui n’aurait pas d’alliés évidents
pour former une majorité.
« L’instrumentalisation (du fait divers)
par l’extrême droite est abominable », a
commenté Michael Kretschmer durant sa
conférence de presse. Alors que les foyers
néonazis sont endémiques en Saxe, il a
assuré vouloir « poursuivre le combat »
contre ces minorités violentes. C’est en
Saxe qu’est né le mouvement Pegida, en
2014, qui a encore organisé une manifestation « anti-Merkel » mi-août. Michael
Kretschmer a indiqué vouloir se rendre
jeudi à Chemnitz pour s’entretenir avec
les habitants. Aussitôt, une nouvelle manifestation a été annoncée sur Internet
par le groupe Pro-Chemnitz. ■
à (re)voir sur
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 29 août 2018
SOCIÉTÉ
9
Les manuels
numériques
au lycée ne font
pas l’unanimité
Les livres scolaires papier coûtent trop
cher, aux yeux des régions qui les
financent. Les parents grincent des dents.
U
Seuls 10 % des parents ont recours à leur banque
pour financer la formation supérieure de leurs
enfants, selon l’enquête annuelle menée par HSBC.
CAROLINE BEYER £@BeyerCaroline
ÉDUCATION Conséquence de la quasigratuité de l’université dans l’Hexagone,
les parents français dépensent moins
pour les études supérieures de leurs enfants que leurs homologues dans le
monde. Pour un cycle d’études de trois
ans, ils déclarent dépenser 8 800 euros,
soit 40 % de moins que la moyenne
mondiale. Un montant à mettre en regard avec les 25 000 et les 13 500 euros
respectivement déboursés par les Américains et les Chinois. Mais c’est à Hongkong que les parents mettent le plus la
main à la poche, avec 44 300 euros
déclarés.
Ce 29 août, pour la cinquième année
de suite, le groupe bancaire HSBC publie
son étude Value of Education, réalisée
dans 15 pays du monde, de la France aux
États-Unis en passant par la Chine, la
Turquie ou les Émirats arabes (*). Consacrée en 2018 au financement des études
supérieures et à la perception qu’en ont
les familles, cette enquête fait partie de la
dizaine d’études menées annuellement
par le groupe sur des sujets de société divers, tels que les retraites et l’expatriation. Un moyen, explique la banque britannique, de participer au débat public.
Mais aussi de cultiver son image et de
s’attirer des clients. Sur le marché français, sa marge de progression sur le secteur de l’éducation est vaste. La France
est le pays où les parents ont le moins recours à l’emprunt pour financer les études, avec une proportion de 10 %, contre
34 % en moyenne dans le monde. Elle est
aussi nettement en deçà de la moyenne
lorsqu’il s’agit de recourir à des fonds
spécifiques de prévoyance (6 %, contre
20 % en moyenne dans le monde).
Les Français n’anticiperaient-ils pas
suffisamment ? À 47 %, ils expliquent ne
pas être en mesure de déterminer précisément le montant global des dépenses
relatives à l’éducation. Une tendance
observée dans l’ensemble des pays occidentaux. Sur le sujet de l’éducation,
comme sur tant d’autres, les pays asiatiques, à forte croissance, manifestent de
leur côté une approche plus offensive.
Conformément à l’image d’Épinal. Les
parents chinois sont 95 % à mobiliser les
revenus du quotidien pour financer
l’éducation de leurs enfants, contre 89 %
en France.
32 % des Chinois estiment qu’il leur
appartient de prendre l’ensemble des
décisions relatives à l’orientation et au
cursus de leurs enfants. Une proportion
qui atteint les 40 % dans les familles indiennes, contre 20 % en moyenne dans
le monde. En Chine, 90 % des parents
considèrent que l’accès aux études supérieures est la promesse d’un avenir positif. En Inde, ils sont 85 %. Bien loin des
32 % déclarés dans l’Hexagone…
Conformément, là encore, à l’image
d’Épinal, le Français serait-il résolument
pessimiste ? L’enquête HSBC assoit ce
constat sur le sujet de l’intelligence artificielle. En France, seuls 26 % des parents y voient un atout pour le futur,
l’écrasante majorité estimant qu’elle réduira les opportunités professionnelles
des jeunes générations. Si le RoyaumeUni, l’Australie ou le Canada partagent
cette vision défaitiste, les pays d’Asie,
eux, sont largement plus optimistes. En
Inde, 57 % des parents croient en ce
futur. Une proportion qui dépasse les
70 % en Chine. ■
*Enquête menée sur Internet auprès de
10 000 parents et 1 500 étudiants, dans
15 pays du monde, en mars et avril 2018.
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A
Les Français
étudient peu à crédit
d’autres. Enfin, il faut faire attention. Se
pose la question de l’addiction de ces objets
déjà très envahissants au quotidien. L’éducation nationale doit-elle y participer ? »
Et le manuel numérique est-il forcément
low-cost ? S’il coûte moins cher à produire, les éditeurs trouveront toujours
une façon de faire fructifier leur mise, observe-t-il.
L’opposition socialiste a regretté la
« précipitation » dans laquelle s’est faite
l’expérimentation mais la région Grand
Est est fermement décidée à poursuivre
son plan. Et promet une évaluation en
bonne et due forme du dispositif, avec
l’aide de l’Éducation nationale. « Nous
avons anticipé car nous savons que c’est
l’avenir. Les cartables sont moins lourds,
les contenus plus dynamiques, plus diversifiés, adaptés à chaque élève », insiste
Christine Guillemy. Les dernières réticences viennent surtout pour elle d’une
génération qui n’a pas été élevée avec le
numérique… ■
EA
coût restant, soit 65 euros par an. » Environ 16 000 commandes ont été passées
par les parents, les autres utilisant le matériel familial dont ils disposaient déjà.
«Les lycéens sont tous partants, ils savent que c’est l’avenir », assure Christine
Guillemy, vice-présidente éducation de
la région Grand Est, qui reconnaît toutefois que cette révolution ne s’est pas faite
sans difficultés techniques, ni sans résistances, surtout de la part des parents. À
n’ont pas joué le jeu, remplaçant les manuels par une multiplication des photocopies ou demandant aux élèves de ne pas
ouvrir leur ordinateur pendant les cours.
« Je me suis surtout rendu compte qu’on se
passait très bien des manuels, qu’ils soient
papier ou numérique ! », observe la
lycéenne.
Une trentaine de professeurs ont publié en avril une tribune dans Libération
pour exprimer leur mécontentement.
« Les technologies dites innovantes ne sont
pas des solutions miracles à tous les maux
de l’enseignement », ont-ils écrit. Cette
expérience est un « grand sujet d’agacement », explique de son côté Jean-Rémi
Girard, président du syndicat d’enseignants Snalc. « Depuis quarante ans, plan
après plan numérique, on nous dit que c’est
l’avenir, sans se préoccuper des besoins
des professeurs. Cela n’a jamais marché.
Le tout-numérique, c’est une illusion. Cela
peut être utile dans certaines disciplines,
comme les langues vivantes, mais pas dans
V
”
CHRISTINE GUILLEMY, VICE-PRÉSIDENTE
ÉDUCATION DE LA RÉGION GRAND EST
l’image de Lucile Durr, mère de famille
de deux lycéens dans le Haut-Rhin :
« Nous avons été mis devant le fait accompli, priés d’équiper nos enfants d’une tablette ou d’un ordinateur portable. Cela a
beaucoup fait râler les parents, furieux de
cette dépense supplémentaire de dernière
minute. » Cette mère a dû dépenser
260 euros pour équiper sa fille, via un
paiement en plusieurs fois avec intérêts.
Le site spécialisé Numerama a par
ailleurs critiqué le fait que l’appel d’offres
gagné par HP aurait été utilisé pour écouler une tablette qui ne se vend plus. Les
ordinateurs choisis seraient en revanche
adaptés… même si cette mère de famille
alsacienne juge celui de sa fille « un peu
lent ». Lors des réunions de rentrée, certains parents se sont émus du fait que leur
enfant passerait désormais toute la journée devant un écran : au lycée et chez
eux. Jade, la fille de Lucile Durr, salue
néanmoins l’allègement de son cartable.
Mais note que beaucoup de professeurs
GILLES BASSIGNAC/DIVERGENCE
U
“
Les lycéens sont
tous partants, ils savent
que c’est l’avenir
Une classe numérique du lycée Montaigne, à Paris, en 2015.
O
ÉDUCATION À l’approche des nouveaux
programmes scolaires du lycée prévus
pour 2019, les régions, qui ont la responsabilité de ces établissements scolaires,
réclament un basculement des manuels
vers des supports numériques. « Si tous
les nouveaux manuels scolaires prennent
un format papier, cela représentera, pour
les régions, un coût d’environ 300 millions
d’euros sur deux ans. C’est impossible pour
elles ! Il faut engager un transfert vers le
numérique », explique François Bonneau,
président délégué de Régions de France
qui présentait mardi un « manifeste pour
le lycée ».
L’association espère diminuer ainsi de
50 % le coût consacré aux nouveaux manuels scolaires. « Notre objectif est de
maintenir la gratuité totale ou partielle des
manuels scolaires pour les familles », souligne Kamel Chibli, président de la commission éducation de Régions de France.
Il souligne que ce basculement n’est pas la
simple traduction papier des programmes mais représente un « nouvel outil au
service de la créativité, du travail collaboratif entre professeurs, et pour différencier
le traitement des élèves qui n’ont pas tous
les mêmes besoins ». L’association cite en
exemple l’expérimentation d’ampleur
« Lycées 4.0 » menée par la région Grand
Est (académies de Strasbourg, Reims et
Nancy-Metz) depuis septembre 2017.
Quarante-neuf lycées volontaires sur 355
ont supprimé les manuels papier. Ils seront 62 supplémentaires cette rentrée. La
région affirme avoir négocié des prix attractifs d’achat d’ordinateurs ou de tablettes nécessaires pour consulter les
ouvrages numériques (à - 40 % du prix
du marché). « Pour les familles dont les
revenus sont inférieurs à 6 000 euros par
mois, la collectivité finance la moitié du
N
MARIE-ESTELLE PECH £@MariEstellPech
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
10
SOCIÉTÉ
Marlène
Schiappa et
les associations
à couteaux tirés
Marlène Schiappa, secrétaire
d’État à l’Égalité entre
les femmes et les hommes,
le 9 mai à Paris.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
Accusations de « fake news », guérilla sur
Internet… Un mois après sa promulgation, la
loi sur les violences sexuelles divise toujours.
AGNÈS LECLAIR £@AgnesLeclair
FAMILLE Passé la déception, la colère. Un
mois après sa promulgation, la loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles
et sexistes continue d’enflammer les débats. Au cœur de l’été, le ton est monté
entre Marlène Schiappa, la secrétaire
d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, et nombre d’associations.
Sur le fond, les acteurs engagés dans la
protection de l’enfance ne digèrent pas
l’absence, dans le texte, d’une présomption de non-consentement à un acte
sexuel pour les mineurs de moins de
15 ans. Une promesse initiale du gouvernement. La loi a ainsi raté une occasion
unique d’interdire de manière claire les
violences sexuelles commises par des
adultes sur des enfants, tonnent plusieurs
associations. De son côté, la fougueuse
secrétaire d’État à l’Égalité femmes-
hommes n’en démord pas : le texte,
qu’elle a porté avec la ministre de la Justice, protège mieux les enfants. Un message qu’elle a décidé de marteler lors d’un
« Facebook live » organisé sur le réseau
social mardi, en début de soirée. Pour
l’occasion, des évènements en compagnie de députés et référents En marche !
ont même été organisés dans une trentaine de villes.
« Une forme de mystification »
Guérilla sur les réseaux sociaux, démentis, accusations de « fake news », bataille
par tribunes interposées dans Le Journal
du dimanche… Il faut dire qu’au mois
d’août les échanges sur le nouveau texte
se sont envenimés. « Tout est parti de la
récupération d’une infographie sur la loi,
diffusée à l’origine par l’association Mémoire traumatique et victimologie. Début
août, un compte géré par le secrétariat
d’État a repris ce visuel en y apposant un
tampon “fake news”. Ce détournement a
mis le feu aux poudres », explique Isabelle
Aubry, présidente de l’Association internationale des victimes de l’inceste (Aivi).
« Je n’ai jamais vu ça, lâche Lyes Louffok,
membre du Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE). Des opérations
de communication virulentes ont été menées contre des acteurs reconnus de la protection de l’enfance pour décrédibiliser leur
travail. De plus, le secrétariat d’État veut
faire croire que la loi instaure un seuil d’âge
mais elle n’a fait que rajouter un plafond
sous lequel se pose la question du discernement d’un mineur. C’est une forme de mystification. » Au-delà de ces désaccords sur
la portée du texte, des fausses rumeurs
selon lesquelles cette loi légaliserait la pédophilie ou rendrait obligatoires les cours
d’éducation sexuelle dès la maternelle
ont également circulé. « Ce déferlement
de “fake news” nous a incités à organiser
ce “Facebook live” pour mieux expliquer la
loi. Il y a aussi une incompréhension du
texte sur la protection des mineurs, qui a
pu être mal compris du fait de sa nature juridique. Enfin, des avancées majeures sont
passées sous silence comme l’extension du
délai de prescription des crimes sexuels sur
mineurs, la verbalisation du harcèlement
de rue », explique l’entourage de la secrétaire d’État.
Reste que les associations déplorent un
manque de dialogue. « On ne peut pas
parler de divorce car il n’y a jamais eu
d’échange avec Marlène Schiappa. Elle
nous a invités seulement trois jours avant le
vote de la loi. Une opération d’affichage,
déplore Isabelle Aubry. Pourtant, quand il
y a une telle unanimité contre un texte, le
gouvernement devrait commencer à discuter… » « Le Conseil national de la protection
de l’enfance est un organe consultatif mais
nous n’avons jamais eu le moindre contact
avec son cabinet », tacle Lyes Louffok, qui
milite pour la création d’un secrétariat
d’État de l’Enfance. Une ambiance à couteaux tirés qui n’est pas sans rappeler les
relations tumultueuses de Marlène
Schiappa avec les associations féministes
à l’été 2017 au sujet du budget alloué au
secrétariat d’État… « Au départ, le milieu
associatif était pourtant plutôt optimiste
car Marlène Schiappa est engagée et sa parole porte. Mais la rupture a eu lieu car elle
prend les critiques comme des attaques
personnelles. Les relations sont donc très
tendues, décrypte la présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert.
De plus, les associations sont sollicitées trop
tard ou pas du tout. Dans le “nouveau monde”, il faut faire vite et ne pas forcément
s’appuyer sur les acteurs traditionnels.
Cette méthode peut avoir des avantages
mais c’est parfois dommage de se passer de
l’expertise de personnes qui travaillent depuis des années sur des sujets pointus. » ■
La Corse risque d’être submergée par les poubelles
ANTOINE GIANNINI £@antoinegiannini
BASTIA
ENVIRONNEMENT Depuis le 20 août et le
blocage d’un des deux seuls centres d’enfouissement des déchets de Corse par des
élus de la microrégion de Prunelli, la crise
des poubelles est bien de retour dans l’île.
Bastia et Ajaccio, les deux grandes agglomérations comptant chacune près de
80 000 habitants, devraient contenir le
flux de poubelles pour quelques jours.
Mais les communes de l’intérieur sont
déjà en souffrance. En cause ? La situation
du centre d’enfouissement de Prunelli
(Est) qui peut accueillir 43 000 tonnes de
déchets. « Le volume annuel des déchets
doit rester limité à celui prévu depuis l’origine du site », ont indiqué les maires des
13 communes concernées dans un communiqué commun. « Notre territoire a été
sollicité depuis trois ans. Le site d’enfouis-
sement ne sera donc plus accessible qu’aux
seuls déchets du territoire. » Le centre
d’enfouissement de Viggianello (SudOuest) reste donc le seul site à réceptionner les ordures insulaires. Un exutoire
provisoire qui va bientôt atteindre la saturation. La communauté de communes
de l’Oriente qui compte 22 municipalités
en Haute-Corse subit pourtant déjà les
conséquences de la crise.
« Nous sommes abandonnés »
« Depuis la semaine dernière, les poubelles
sont dans la rue, déplore le président de
l’intercommunalité, Jean-Claude Franceschi. Nous sommes abandonnés et nous
nous débrouillons tout seuls alors que nous
avons de l’activité économique. » D’autres
territoires insulaires connaissent le
même problème. À des degrés différents.
« Nous n’avons pas de répercussions pour
l’heure, souligne François Tatti, le président de la communauté d’agglomération
bastiaise. Les déchets sont réorientés vers
le site de Viggianello. Mais la semaine prochaine nous allons avoir des difficultés. »
Dans le Sud, la communauté d’agglomération du pays ajaccien (Capa) se place
sur la même ligne : « Pour le moment, il
n’y a pas de problèmes, avance François
Filoni, vice-président de la Capa en charge du problème des déchets. Mais les poubelles vont s’accumuler dans la rue dès la
première semaine de septembre si le blocage persiste. Il faut faire attention, nous
pourrions passer de l’île de beauté à l’île
poubelle… » En attendant, la Capa entend
anticiper le problème. « Nous avons procédé à la mise en balle des déchets. Une
autorisation est en cours de validation pour
pouvoir stocker 35 000 tonnes sur un terrain afin d’éviter la crise dans les rues. »
Des rustines sur un problème qui persiste depuis plusieurs années en Corse. En
charge du plan des déchets pour la région, la collectivité de Corse, tenue par la
majorité nationaliste, s’embourbe dans
cette problématique. « Nous avons fait,
avec l’État et le Syvadec (organe qui traite
les déchets en Corse, NDLR) des propositions aux élus qui bloquent le centre de Prunelli, affirme François Sargentini, le président de l’office de l’environnement de
la Corse. Mais elles ont été refusées. » La
majorité au pouvoir veut construire des
centres de surtri à proximité de Bastia et
d’Ajaccio. Des projets qui ne verront pas
le jour avant trois ans. Pour s’en sortir, les
nationalistes, l’État et le Syvadec plaident
pour l’export des déchets en attendant la
mise en place du tri généralisé, dans plusieurs années. Un appel d’offres est en
cours jusqu’au 12 septembre, avant la
mise en place logistique et financière.
« D’ici là, il ne faudrait pas passer d’une
crise des déchets à une crise sanitaire »,
prévient François Filoni. Vendredi, l’État,
le Syvadec et la collectivité de Corse doivent rencontrer les élus bloqueurs. ■
Le smartphone, nouveau ticket de métro
dès la rentrée en Île-de-France
La disparition totale du titre de transport en carton est prévue pour 2021.
ALICE BROGAT £@AliceBrogat
A
TRANSPORTS Bientôt collector, le ticket
de métro ? Dès septembre, le bout de carton, qui doit disparaître totalement à l’horizon 2021, va être progressivement
concurrencé par un titre de transport dématérialisé. Durant cette phase de test, les
Franciliens pourront acheter leurs tickets
à l’unité ou au carnet, charger leurs forfaits Navigo au mois ou à la semaine direc-
tement sur leur téléphone portable, via
l’application Navigo Lab. Il suffira ensuite
de déposer son smartphone sur les bornes
de contrôle pour valider l’accès aux quais.
Ce titre de transport nouvelle génération
fonctionnera même en cas de panne de
batterie, puisque le ticket sera stocké sur
la carte SIM des téléphones.
Toutefois, le titre de transport dématérialisé ne sera d’abord disponible que sur
les smartphones Android et dotés d’une
carte SIM Orange, seul opérateur à propo-
ser cette technologie pour le moment. Ce
service, qui pourrait concerner 3 millions
d’utilisateurs en Île-de-France, sera ensuite ouvert à tous à partir de l’été 2019.
« Cela doit permettre d’offrir un service moderne, plus pratique et qui s’adapte aux besoins de tous les voyageurs », avait expliqué en mai Valérie Pécresse, présidente de
la région Île-de-France et d’Île-de-France Mobilités.
« Période d’acclimatation »
Pourtant, une partie de la population
n’utilise pas de smartphone, notamment
les personnes âgées. « On ne peut pas rester à l’air du Poinçonneur des Lilas, mais
tout le monde n’est pas “digital native”.
Plus de 60 % de la population est dotée d’un
smartphone mais seulement 40 % sait bien
s’en servir », rappelle Christian Broucaret,
porte-parole de la Fédération nationale
des associations d’usagers des transports
(Fnaut). Pour Île-de-France Mobilités, il
n’est donc pas question de supprimer les
supports physiques : le ticket en carton
sera remplacé par deux cartes électroniques rechargeables, mises en service courant 2019. La carte Liberté+ fera bénéficier
dès le premier trajet du prix avantageux
des tickets en carnet, et la carte Navigo
Easy permettra aux voyageurs occasionnels de charger leur titre de transport.
« Il y aura peut-être une période d’acclimatation, il faudra mettre plus de personnel
dans les gares pour expliquer et vendre ces
nouveaux titres de transport », prévient
Michel Babut, vice-président de la Fnaut
Île-de-France. D’après lui, cette dématérialisation est une avancée dans un
contexte où de nombreuses villes étrangères proposent déjà une carte de transport
électronique. Cela pourrait aussi faciliter
les déplacements des touristes, en leur
évitant de longues queues aux guichets.
Toutefois, le plus grand inconvénient réside dans le risque de perte ou de vol du téléphone portable. « Jamais je ne mettrai
mes titres de transport sur mon smartphone, car si je le perds je ne peux plus rentrer
chez moi ! », redoute Michel Babut. ■
AFP FORUM
Un des deux centres d’enfouissement de Corse est bloqué par les communes alentour. Les déchets s’accumulent sur l’île de Beauté.
Le problème des ordures ménagères
persiste depuis plusieurs années en Corse,
comme ici, à Ajaccio, en avril dernier.
EN BREF
Un homme se tue
en tentant de fuir la police
Un Parisien de 38 ans est décédé
lundi soir en scooter après avoir
refusé d’obtempérer à un contrôle
de police dans le XVIIIe
arrondissement de la capitale.
Au moment de l’accident,
les forces de l’ordre avaient
cessé de poursuivre le fuyard.
Femme frappée dans la rue :
un suspect interpellé
Un individu, soupçonné d’avoir
frappé une jeune femme
le 24 juillet à Paris, a été arrêté
et placé en garde à vue. La vidéo
de l’agression avait fait le tour des
réseaux sociaux.
Le chanteur marocain
Saad Lamjarred inculpé
pour « viol »
Le chanteur marocain Saad
Lamjarred, 33 ans, a été inculpé
mardi pour « viol » à la suite
de la plainte d’une jeune femme.
La vedette, interpellée et placée
en garde à vue pour des « faits
caractérisés de viol » au cours de la
nuit de samedi à dimanche à SaintTropez, devait être présentée dans
la soirée à un magistrat.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 29 août 2018
SCIENCES
11
Le rôle préventif de l’aspirine en débat
Les patients qui n’ont jamais été victimes d’un infarctus ou d’un AVC n’en tirent aucun bénéfice.
sédentarité. Un message qui semble de
plus en plus entendu. « La population
fait de plus en plus attention à son alimentation, fume et boit moins, elle bouge
plus aussi. L’hypertension et le cholestérol sont également plus souvent surveillés et traités. » Et les résultats sont
là : ces dernières années, les hospitalisations et les décès diminuent chez
l’homme. « D’ailleurs, aujourd’hui, la
ANNE-LAURE LEBRUN £@LebrunAnneLaure
CARDIOLOGIE Depuis sa découverte il y
plus d’un siècle, l’aspirine est reconnue
comme la molécule incontournable
contre la formation de caillots sanguins.
Cet anti-inflammatoire est, en effet, capable de bloquer l’agglutination des
plaquettes entre elles et ainsi limiter le
risque de thrombose et in fine réduire le
risque d’infarctus du myocarde ou
d’accident vasculaire cérébral (AVC).
Chez les patients victimes de ces maladies, l’aspirine a démontré son efficacité
pour prévenir un nouvel accident et diminuer considérablement le risque d’en
mourir. Mais chez les patients n’ayant
jamais souffert de ces pathologies, la
prise quotidienne d’aspirine n’apporte
aucun bénéfice, rapportent deux nouvelles études présentées au Congrès
européen de cardiologie qui se termine
aujourd’hui à Munich.
La première étude, baptisée Arrive et
publiée dans la revue médicale The Lancet, a porté sur plus de 12 500 patients
présentant un risque cardiovasculaire
modéré. Ces volontaires recrutés dans
7 pays différents étaient des hommes
âgés de 55 ans ou plus, fumeurs, traités
pour une hypertension et/ou ayant un
taux de cholestérol élevé, ainsi que des
femmes de 60 ans ou plus présentant les
mêmes troubles. Soit des profils très
courants après la cinquantaine.
Durant cinq ans, la moitié des participants ont pris tous les jours, sans le
savoir, un cachet de 100 mg d’aspirine
ou un placebo. Les médecins ignoraient
eux aussi le contenu des comprimés. Et
à l’issue de l’expérience, les résultats
sont sans appel : le nombre d’infarctus,
d’AVC mais aussi de décès attribués à
ces maladies ne diffère pas entre les
deux groupes. Ces travaux confirment,
“
Chez les patients
diabétiques, le risque
d’infarctus diminue
d’environ 12 % avec
l’aspirine, mais ce bénéfice
est contrebalancé par un
risque élevé d’hémorragie
PR PATRICK HENRY, CARDIOLOGUE
À L’HÔPITAL LARIBOISIÈRE (AP-HP)
Une étude confirme que « la place de l’aspirine en prévention primaire est de plus en plus ténue ».
par ailleurs, que l’usage de l’aspirine
n’est pas sans danger : les cas d’hémorragies digestives sont deux fois plus
nombreux avec le médicament (61 cas
contre 29). « Donc en pratique nous
n’avons pas d’intérêt à prescrire de l’aspirine à cette population, ce qui est
d’ailleurs en accord avec les recommandations actuelles dans notre pays , résume le Dr Pierre Sabouret de l’Institut du
cœur de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière
(AP-HP). C’est un message important
pour les patients qui s’automédiquent
mais aussi les médecins généralistes qui
sont les premiers prescripteurs. »
De même, à en croire l’étude Ascend
présentée le même jour et parue dans le
New England Journal of Medicine, l’aspirine s’avère inutile en prévention primaire chez les patients diabétiques.
« Une population à haut risque cardiovasculaire mais pour laquelle on ignorait encore s’il fallait en donner », indique le cardiologue. Ces malades chroniques sont,
en effet, 2 à 3 fois plus à risques de maladies cardiovasculaires que la population
générale. En outre, ils développent plus
tôt des plaques d’athérosclérose (dépôts
de lipides sur les parois des artères) dans
les gros vaisseaux du cœur ou du cerveau, ce qui les expose à un fort risque
d’infarctus du myocarde et d’AVC.
Pour savoir si l’aspirine pouvait les
protéger, des chercheurs britanniques
”
mortalité cardiovasculaire est inférieure
à la mortalité par cancer chez les hommes », ajoute le spécialiste. En revanche, chez les femmes, la tendance est
inversée, en particulier chez les femmes
jeunes. Ces quinze dernières années, les
cas d’infarctus ont triplé chez les moins
de 50 ans. En cause : la consommation
de tabac et d’alcool se rapproche de
celle des hommes.
Pour le Pr Henry, ces études contribuent également à la nécessité de personnaliser davantage la prévention primaire et identifier les patients les plus à
risque et qui doivent être traités avec de
l’aspirine. « Nous avons les outils pour le
faire. Il est possible de réaliser un scanner
des artères pour rechercher la présence de
calcaire qui est reflet de l’athérosclérose.
Je suis persuadé que cette approche va de
plus en plus être utilisée chez les patients
diabétiques », affirme-t-il. ■
GARO/PHANIE
ont suivi pendant plus de sept ans près
de 15 500 diabétiques de type 2. Là aussi,
la moitié a pris une faible dose quotidienne d’anti-inflammatoire ou un placebo. « Les résultats montrent que le risque d’infarctus diminue d’environ 12 %
avec l’aspirine, mais ce bénéfice est
contrebalancé par un risque élevé d’hémorragie. Donc finalement, le bénéfice net
est très faible », commente le Pr Patrick
Henry, cardiologue à l’hôpital Lariboisière (AP-HP). « La place de l’aspirine en
prévention primaire est de plus en plus ténue », ajoute le Dr Sabouret.
Mais alors comment prévenir l’apparition de ces maladies ? En luttant
contre le tabagisme, la malbouffe et la
Un supervolcan sibérien a empoisonné l’air de la Terre
GÉOLOGIE En ce temps-là, les terres
émergées étaient rassemblées en un
unique continent, la Pangée. Là s’ébattaient des reptiles mammaliens (ancêtres des mammifères) au milieu de prêles, de lycopodes, de conifères tandis
que dans les eaux, les bancs de coraux
étaient partout, avec déjà nombre de
poissons, de brachiopodes et de gastéropodes, de reptiles marins, d’algues…
On ne peut blâmer l’homme de ce qu’il
s’est passé il y a 250 millions d’années, à
la fin du permien et au début du trias. On
ne peut le rendre responsable de la plus
grande extinction des espèces, animales
et végétales, marines et terrestres, que
la planète ait jamais vécue. Comme en
attestent les archives géologiques, plus
de 95 % des espèces marines et 70 % des
espèces terrestres ont été touchées et
ont disparu. Un événement concomitant avec le plus grand événement volcanique des 500 derniers millions d’années qui a formé les trapps * de Sibérie.
WALTER B. MYERS/NOVAPIX/LEEMAGE
JEAN-LUC NOTHIAS jlnothias@lefigaro.fr
Des gaz halogènes, brome,
iode et chlore
Notre planète peut se montrer inhospitalière. Elle sait diminuer l’oxygène dans
son atmosphère, la rendant irrespirable,
augmenter son gaz carbonique et par
conséquent saupoudrer la Terre de déserts. Elle sait faire varier le niveau des
océans de plus de 150 mètres. Elle sait
modifier son visage et est parcourue de
tremblements et d’épanchements de
lave via les volcans. Une nouvelle étude,
menée par un chercheur du Centre de
recherches pétrographiques et géochimiques (CRPG) de Vandœuvre-lèsNancy vient de conforter l’hypothèse de
la responsabilité d’une crise volcanique
paroxysmale dans cette extinction de
Vue d’artiste de dinocéphales, il y a 262 millions d’années, en Afrique du Sud.
À la fin du permien et au début du trias, 70 % des espèces terrestres ont disparu.
masse et propose une explication. Des
gaz halogènes, brome, iode et chlore, relâchés lors des éruptions auraient empoisonné l’air et endommagé gravement
la couche d’ozone.
« La taille de cette extinction est si incroyable que les scientifiques se sont tou-
jours demandé pourquoi ces éruptions des
trapps de Sibérie avaient été plus mortelles
que d’autres événements volcaniques »,
note Michael Broadley, premier signataire de l’étude parue dans la revue Nature Geoscience. Avec ses collègues, il a
pu analyser des pierres représentatives
de la lithosphère (manteau supérieur et
croûte terrestre) sibérienne avant et
après la formation des trapps de Sibérie.
« Ils ont utilisé une technique très innovante », explique Bernard Marty, professeur de géochimie à l’université de
Lorraine et chercheur au CRPG. « Il
s’agit d’utiliser un réacteur nucléaire
pour bombarder un échantillon minéral
avec des neutrons. Cela permet ensuite
d’analyser le contenu d’un échantillon
minéral, même en très petite quantité. »
Ils ont ainsi pu tester deux types
d’échantillons de roches exhumées en
Sibérie, l’un datant de 360 millions
d’années, l’autre de 160 millions. Le plus
ancien est très riche en brome, iode et
chlore. Le plus jeune n’en contient que
très peu. « Nous en avons conclu que ce
réservoir d’halogènes, stockés dans la lithosphère sibérienne, avait été envoyé
dans l’atmosphère, empoisonnant l’atmosphère et détruisant la couche d’ozone », conclut Michael Broadley. ■
* Trapp vient du suédois « escalier »
car les coulées de lave successives
forment comme des marches.
A
Il y a 250 millions d’années, 95 % des espèces
marines ont été poussées à l’extinction.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
12
SPORT
Le dress code
de Roland-Garros
fait polémique
à l’US Open
Pour son premier tournoi
en Grand Chelem
après sa grossesse,
Serena Williams s’est
affichée dans une
combinaison noire
et ultramoulante, le 29 mai
à Roland-Garros.
La récente sortie du président de la FFT
sur la tenue de Serena Williams à Paris
fait beaucoup parler à New York.
ROMAIN SCHNEIDER rschneider@lefigaro.fr
TENNIS Tranquille vainqueur de Magda
Linette (6-4, 6-0) au premier tour, Serena
Williams, de retour à l’US Open après un
an d’absence en raison de sa maternité, se
serait bien passée de la polémique. Bernard Giudicelli est celui par qui le « scandale » est arrivé. Dans une interview à
Tennis Magazine, le président de la Fédération française a « taillé un costard » à la
combinaison noire, façon Catwoman,
portée par l’Américaine lors du dernier
Roland-Garros. « Je crois qu’on est parfois
allé trop loin. La combinaison de Serena cette année, par exemple, ça ne sera plus accepté. Il faut respecter le jeu et l’endroit. Si je
fais passer une émotion avec quelque chose
qui est beau dans un endroit qui est beau,
l’émotion est magnifiée. » Pour sa première
apparition dans un tournoi du Grand Chelem après la naissance de sa fille, la championne s’était ainsi affichée dans une combinaison noire et ultramoulante, une
tenue censée assurer une « meilleure circulation sanguine » favorisant son retour de
grossesse. Un choix assumé à 100 %. « Elle
est très confortable, glissait alors l’Américaine. Je me sens un peu comme une princesse guerrière avec elle. »
Cadre réglementaire
Alors que l’équipementier de la star aux
23 titres du Grand Chelem a lancé en réponse aux propos de Giudicelli : « Vous
pouvez retirer son costume à un superhéros, mais vous ne pourrez jamais lui enlever
ses superpouvoirs », Serena joue l’apaisement : « Les tournois du Grand Chelem ont
le droit de faire ce qu’ils veulent. »
Interrogé à l’issue de sa qualification
pour le 2e tour après l’abandon de David
Ferrer (6-3, 3-4), Rafael Nadal, onze titres de Roland-Garros au compteur, a relancé le débat en défendant le point de
vue des organisateurs : « Quand vous avez
un tournoi comme Wimbledon qui fait ce
qu’il veut (les joueurs doivent s’y habiller
en blanc, NDLR), vous ne pouvez pas dire
C. HARTMANN/REUTERS
à un autre tournoi qu’il doit faire autrement, c’est mon opinion. Pourquoi, si
Wimbledon a ses propres règles, RolandGarros ne pourrait-il pas en avoir ? »
Le directeur du Grand Chelem parisien
Guy Forget renchérit dans les colonnes
de L’Équipe en prônant l’instauration
d’un cadre réglementaire pour les tenues
à Roland-Garros : « Nous avons énormément investi à Roland-Garros pour que le
nouveau stade soit beau, élégant, qu’il y ait
un style Roland-Garros, un tournoi à la
française. On a fait appel à des agences
pour créer un code couleur Roland-Garros,
Gasquet gagne enfin un 1er tour à New York,
Cornet souffre de la chaleur
En ouverture de programme, ce mardi,
Richard Gasquet n’a pas tardé pour
se qualifier pour le 2e tour à l’US open
et y rejoindre ses compatriotes Jérémy
Chardy, Ugo Humbert (qui affrontera
Stan Wawrinka au 2e tour) et Gilles
Simon qualifiés la veille. Gasquet s’est
débarrassé du Japonais Yuichi Sugita,
6-3, 6-1, 6-3. « Il faisait très chaud
(40 °C ressentis) et humide mais j’ai été
solide du début à la fin », s’est réjoui le
Français qui avait sombré lors des deux
derniers US Open dès le 1er tour. Treize
Français étaient programmés ce mardi
à New York, dont Alizé Cornet,
qui a plus souffert de la chaleur que
son adversaire. La Suédoise Johanna
Larsson s’est imposée 4-6, 6-3, 6-2,
en profitant de la défaillance physique
de la Française.
comme ça existe à Wimbledon. On souhaite que cet écrin dégage une cohérence. »
Ce nouveau dress code, actuellement
en discussion avec plusieurs designers,
doit d’abord recevoir l’aval du comité
exécutif de la fédération. De nouvelles
règles vestimentaires pourraient ainsi
être adoptées d’ici la livraison complète
du nouveau stade, en 2021.
Si c’est plutôt du côté de Wimbledon
que la polémique arrive d’ordinaire - les
organisateurs étant régulièrement obligés de rappeler à l’ordre certains joueurs
ou joueuses qui ont eu l’idée de flirter
avec les règles -, le dress code a déjà fait
parler par le passé du côté de la Porte
d’Auteuil. En 1988, le jeune Andre Agassi
portait un jean délavé et des cuissards roses. En 2015, le short pyjama de Stan
Wawrinka, lauréat cette année-là, avait
été moqué. En 2010, Venus, la grande
sœur de Serena, avait arboré une tenue à
mi-chemin entre la robe de tennis et la
nuisette. Une excentricité qui n’avait pas
ému à l’époque la direction du tournoi. ■
Ryder Cup : et si Tiger Woods jouait au Golf National ?
Dans un mois, les meilleurs golfeurs européens tenteront d’arracher le trophée aux Américains à Saint-Quentin-en-Yvelines.
LAURENT LOUËT £@LaurentLouet
GOLF J-30. Au terme de dix ans d’attente
et de préparatifs, le golf français compte
maintenant les jours. Et voit se profiler
« sa » Ryder Cup dans moins d’un mois.
Du 28 au 30 septembre, les équipes d’Europe et des États-Unis se rencontreront
pendant trois jours au Golf National de
Saint-Quentin-en-Yvelines pour l’une
des épreuves mythiques du sport mondial.
Créée en 1927, la Ryder Cup figure aujourd’hui parmi les compétitions les plus suivies sur la planète (700 millions de téléspectateurs). « Depuis l’attribution de
l’organisation à la Fédération française,
nous sommes mobilisés pour que cette édition 2018 soit réussie, souffle Pascal Grizot,
directeur de Ryder Cup France 2018. Parcours, transports, sécurité, accueil du public, nous sommes prêts pour que cette fête
du golf en France soit belle. »
« Je suis certain qu’il viendra »
Ce lundi, Laura Flessel est venue en reconnaissance au Golf National. La ministre des
Sports, qui pourrait remettre le trophée
aux vainqueurs dans un mois, a ainsi pu
prendre la mesure de l’imposante tribune
montée en regard des quatre derniers
trous du parcours (du 15 au 18), qui composent un véritable stade de golf. On y attend près de vingt mille personnes. Gol-
feuse, Laura Flessel a profité de l’occasion
pour s’entraîner sur l’Albatros, elle qui
jouera le match des célébrités dans le cadre
des festivités organisées. Chez les joueurs
européens et américains, l’excitation
monte depuis plusieurs semaines. « L’été,
quand la Ryder Cup approche et que l’équipe
se dessine, on se demande qui va être choisi
par le capitaine », avouait dernièrement
Rory McIlroy, sélectionné pour la première fois avec l’Europe en 2010. « Si je suis retenu, ce sera un rêve qui deviendra réalité,
pour moi. La Ryder Cup, c’est le summum »,
complétait l’Anglais Tyrell Hatton.
Aujourd’hui, Hatton est certain de figurer dans l’équipe européenne dont on
connaît l’ossature, avec ses compatriotes
Justin Rose et Tommy Fleetwood, l’Italien
Francesco Molinari, l’Espagnol Jon Rahm,
le Nord-Irlandais Rory McIlroy, le Suédois
Alex Noren et le Danois Thorbjorn Olesen.
Le capitaine Thomas Björn devrait compléter cette liste avec le Suédois Henrik
Stenson, l’Anglais Paul Casey et peut-être
Sergio Garcia. Resterait alors une potentielle invitation pour Ian Poulter… « Quand
je regarde les joueurs susceptibles de composer mon équipe, je suis très impressionné.
J’ai confiance pour l’emporter cette année », répète Thomas Björn depuis plusieurs semaines.
Côté américain, le capitaine Jim Furyk y
voit lui aussi plus clair. Il a déjà désigné
huit de ses joueurs : Brooks Koepka, Dus-
De l’incertitude du sport et du vent…
Détachés à Wolf Rock, cinq marins ont calé, mardi, et vu revenir la meute de la Solitaire Urgo Le Figaro.
SERGE MESSAGER smessager@free.fr
A
À BORD DU BATEAU DE LA DIRECTION DE COURSE
VOILE Alors que le vent venait encore
une fois de faire son capricieux, cinq
hommes franchissaient mardi le phare
de Wolf Rock en milieu d’après-midi.
Certainement heureux du bon coup joué
en s’escrimant dans leur tricotage pour
atteindre cette nouvelle porte les premiers. Corentin Douguet (NF Habitat),
en tête de gondole, enroulait le rocher
signifiant la fin du périple anglais de la
première étape de la Solitaire Urgo Le
Figaro à 15 h 49. Il était suivi dix minutes
plus tard par Sébastien Simon (Bretagne
CMB Performance).
Derrière eux, trois hommes avaient
eux aussi effectué le parcours idéal pour
entamer la deuxième traversée de la
Manche de ce tronçon dont le départ a
été donné dimanche depuis Le Havre.
Voiles hésitantes avec un courant traversier contrariant, Xavier Macaire (Groupe
SNEF), Anthony Marchand (Groupe
Royer-Secours Populaire) et l’Anglais
Alan Roberts (Seacat Services) devaient
eux aussi rêver de belle performance en
franchissant la marque avec une heure
de débours. Las ! La voile est un sport ingrat où le calme et la raison sont des vertus cardinales. Corentin Douguet le
Corentin Douguet (NF Habitat) naviguait en tête, mardi en milieu d’après-midi,
au passage du phare de Wolf Rock. ALEXIS COURCOUX
confirmait alors qu’il était quasiment
scotché à quelques encablures du caillou
de la pointe occidentale des Cornouailles
anglaises : « Avec Sébastien, on n’arrive
pas à se glisser dans le sud du phare. Et les
copains qui étaient plus ou moins loin arrivent à se rapprocher de nous avec de l’air
que nous n’avons pas. Quand tu es en tête,
tu espères toujours que l’élastique se casse, mais c’est comme ça ! Je ne sais pas s’il
va y avoir un nouveau départ. On avait fait
du bon boulot qui ne paye pas autant que
l’on souhaitait. Mais rien n’est terminé. Le
but du jeu restant d’être en tête dans la
baie de Saint-Brieuc. »
Plus que 29 concurrents
Une baie synonyme d’arrivée située
encore à 200 milles, où ils sont attendus dans la matinée de jeudi.
Bord à bord avec Douguet, Sébastien
Simon avait le même sentiment de frustration : « Après la grosse baston, la
grosse pétole. Et cela se produit au plus
mauvais moment car on n’arrive pas à
passer ce putain de phare. Cela me
rappelle la 2e étape de l’an dernier où
j’étais en tête à la chaussée de Sein et tout
le monde est passé devant moi alors que
j’étais bloqué. En ce moment, cela arrive
par-derrière et c’est agaçant. Il faut que
je reste concentré car la course est encore
longue. Reste à espérer une bonne risée
pour que nos efforts de début d’épreuve
soient récompensés pour être plus
tranquilles. »
Si les poursuivants, Alexis Loison
(Custo Pol), Charlie Dalin (Skipper Macif
2015), Martin Le Pape (Skipper Macif
2017) et Pierre Quiroga (Skipper
CEM.CS), passaient le phare avec près de
deux heures de retard sur Douguet et
Simon, ils avaient réussi à se refaire la
cerise et n’étaient plus qu’à trois milles
des leaders frustrés.
À noter qu’ils ne sont plus que vingtneuf concurrents en course, Amaiur
Alfaro (Evi-Nautika.com/EOL.eus) ayant
annoncé son abandon mardi aprèsmidi. ■
+
» Lire aussi PAGE 13
tin Johnson, Justin Thomas, Patrick Reed,
Bubba Watson, Jordan Spieth, Rickie
Fowler et Webb Simpson. Restent quatre
places dont une semble devoir revenir à
Tiger Woods, avec peut-être Phil Mickelson, Bryson DeChambeau et Tony Finau. Si
la légende vivante du golf n’est pas dans les
points pour se qualifier directement, il
semble incontournable cette saison. On
voit mal Furyk l’avoir comme vice-capitaine à ses côtés au Golf National sans le
faire jouer… « Je suis certain qu’il viendra
comme joueur », jubile Pascal Grizot, qui
sait bien qu’une Ryder Cup en France avec
Tiger Woods sur le fairway ferait oublier au
public français l’absence acquise d’un Bleu
chez les Européens… ■
EN BREF
Football : Strootman, recrue
d’importance pour l’OM
Le milieu Kevin Strootman s’est
engagé pour les cinq prochaines
saisons avec l’OM. L’international
néerlandais est transféré de l’AS
Roma pour 25 millions d’euros
(plus 3 millions de bonus). En
Italie, le joueur de 28 ans a disputé
130 rencontres et a côtoyé l’actuel
entraîneur de l’OM, Rudi Garcia,
durant une saison.
Cyclisme : Rolland troisième
L’Américain Ben King (Dimension
Data) a remporté la 4e étape
du Tour d’Espagne, au sommet
du Puerto de Alfacar, devant ses
compagnons d’échappée, Nikita
Smalnov et Pierre Rolland. Michal
Kwiatkowski (Sky) conserve
son maillot rouge de leader.
Le mouvement sportif
s’inquiète pour ses moyens
Un an après l’attribution des JO
2024 à Paris, le mouvement sportif
espère être entendu par le
gouvernement et les députés
pour sauvegarder ses moyens
budgétaires, avec une réforme
d’ampleur à l’horizon. « On a eu
une diminution des emplois aidés,
drastique, et la diminution
des crédits du CNDS », regrette
Denis Masseglia, le président
du CNOSF, qui réunit un congrès
extraordinaire ce mercredi.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 29 août 2018
VOYAGE
13
Bouche baie
à Saint-Brieuc
ESCAPADE Pour la première fois,
la Solitaire Urgo Le Figaro fait escale
dans la cité armoricaine repliée
au fond d’une anse.
Le port du Légué, à Saint-Brieuc,
où sera implanté le village
de la Solitaire Urgo Le Figaro.
l règne à Saint-Brieuc un petit air
de gravité qui tranche avec la nonchalance
du bord de mer. Sa cathédrale fortifiée,
une curiosité, trône au milieu de la cité, en
vigie intemporelle. Accueilli par un
concert de mouettes, alors qu’une brise
salée chatouille les narines, on recherche
quelque chose d’essentiel, que l’on ressent
comme proche, mais dont on est privé : la
mer. Celle-ci est à une bonne demi-heure
à pied du centre-ville. Pourquoi SaintBrieuc ne s’est-elle pas développée le long
de sa façade maritime ? « C’était une façon
de se protéger d’une mer qui a enlevé un fils,
brisé une famille, explique Élisabeth Renault, à la tête de l’intéressant Musée d’art
et d’histoire de Saint-Brieuc, car jusqu’au
début du XXe siècle, les conditions de travail
des pêcheurs étaient très difficiles et l’océan
n’était pas que du plaisir. » La cité bretonne
s’est repliée au fond d’une anse. Son port,
dans le bas de la ville, étiré comme un goulet sur trois kilomètres linéaires, fait le lien
avec la mer. Seul le centre historique présente un peu de caractère comme la rue
Fardel et les ruelles pavées alentour qui
découvrent des maisons à pans de bois. Un
peu à l’extérieur, au 81 rue Mathurin-Méhaut, l’ancien grand séminaire recèle en
son sein un petit trésor : la chapelle SaintYves, petit chef-d’œuvre Art déco qui
vient d’être restauré (mosaïques d’Odorico et grille monumentale de Georges-Robert Lefort). Pour autant, le grand intérêt
de Saint-Brieuc est ailleurs, dans sa baie,
une des plus belles du littoral français.
Saint-Quay
u Élégante
Plusieurs stations balnéaires rythment
le paysage côtier de la baie dont SaintQuay-Portrieux, ligne d’arrivée de la Solitaire Urgo Le Figaro. C’est le premier port
en eau profonde du nord de la Bretagne.
Les marées n’ont pas d’incidence sur la
La chapelle Saint-Maurice, nichée dans la baie de Saint-Brieuc, l’une des plus belles
du littoral français. HERVÉ HUGHES/HEMIS.FR
navigation. Du coup, à l’abri de ses hautes
digues, le port de plaisance aux 1 030 anneaux affiche complet. Les plages de sable
fin - celle de la Comtesse est une des plus
belles- sont l’autre atout de cette villégiature créée en 1921. Certaines architectures,
un rien extravagantes, rappellent une histoire colorée. En témoigne le château Calan, érigé en 1880 par un ancien diplomate
dans le goût du Moyen-Orient, dont la
coupole mauresque coiffe la tour. Un peu
de fantaisie dans une cité marine très proprette au bord de mer délimité par une
longue barrière blanche. Élégante et parfaitement entretenue, cette impressionnante clôture est devenue une icône de la
ville. Au siècle dernier, un maire voulait en
faire un Monaco breton. À défaut, SaintQuay-Portrieux est l’un des premiers
ports de pêche en France pour les coquillages. Les bateaux multicolores - plus de
80 coquilliers - donnent à la station toute
son authenticité. On les croise quand on
sort en mer pour apprécier le paysage côtier très varié, et s’approcher des îles de
Saint-Quay qui dévoilent, à marée basse,
de rares bancs de sable sur lesquels on se
laisse échouer. Olivier Jezequel est un bre-
ton pure souche, passionné de mer et de
voile. Grâce à l’absence d’une quille, son
luxueux catamaran de 12 m de long peut se
faufiler entre les récifs, sur des eaux peu
profondes, turquoise, presque polynésiennes quand le soleil se décide à les éclairer…
Tél. : 06 86 34 19 89 et www.maestro
croisières.wifeo.com. Sortie en catamaran
à partir de 40 € par personne.
GR 34
u Le
La star des sentiers de grande randon-
née célèbre son cinquantième anniversaire. Du Mont-Saint-Michel jusqu’à Nantes,
ce fameux GR34 emprunte le sentier côtier
de la baie de Saint-Brieuc, entre le cap Fréhel jusque face à l’île de Bréhat, soit
167 km. Bordé de prunelliers, cyprès, pins,
mûriers et bruyères, ce chemin qui domine à marée basse l’étonnant parc mytilicole de Bouchot est une fête pour les yeux. En
contrebas, plus de 200 000 pieux de bois
sur une centaine de kilomètres offrent aux
visiteurs un panorama sublime. Promeneurs à pied ou à cheval s’aventurent en
fonction des marées sur ce limon de sable
dur. Nicolas Malondais, guide nature, y
propose des excursions nocturnes ainsi
MARIE-CLAIRE DIOURON
MAIRE DE SAINT-BRIEUC ET PRÉSIDENTE DE SAINT-BRIEUC ARMOR AGGLOMÉRATION
« Notre baie forme des générations de marins »
Que représente l’accueil
de la Solitaire pour la baie
de Saint-Brieuc et ses habitants?
De nombreux acteurs économiques et
nautiques du territoire espéraient un
jour recevoir cet événement. C’est
donc un honneur d’accueillir la 49e édition de cette prestigieuse course au
large qui a vu s’affronter les plus
grands noms de la voile. Je ne doute
pas que le public répondra présent à ce
rendez-vous, un grand moment sportif
mais aussi un événement populaire où
se mêleront, durant cinq jours, le sport,
la culture et la gastronomie, trois véritables marqueurs de notre territoire.
La baie de Saint-Brieuc
a une tradition maritime ancienne.
Est-elle pour autant un territoire
sportif pour amateur de voile?
Indépendamment de notre histoire, de
nombreux sportifs voient ici un superbe terrain de jeu protégé où l’on peut
naviguer toute l’année. Notre baie forme chaque année des générations de
marins. Avec quatre centres nautiques
reconnus, nous disposons de moyens
conséquents, tant pour la pratique de
loisirs que pour la compétition.
Quelles sont les ambitions
de la baie de Saint-Brieuc
pour la décennie à venir ?
Le nautisme constitue un enjeu de développement touristique, économique,
et de qualité de vie pour les 32 communes qui composent l’agglomération
de Saint-Brieuc. Au-delà des activités
nautiques, nous nous dotons d’une
stratégie maritime pour saisir les opportunités d’innovation et de dévelop-
pement dans ce secteur d’activité
(biotechnologie marine…). Le parc éolien offshore, qui placera 62 éoliennes
au large des côtes de Saint-Brieuc
(2,5 milliards d’euros d’investissement
privés), constitue l’un des éléments
forts de notre ambition en matière
d’énergie marine renouvelable. Les
trois ports de l’agglo (le port d’Armor
départemental à Saint-Quay-Portrieux, le port de plaisance de Binic et le
port du Légué à Saint-Brieuc et Plérin)
sont très prisés par les plaisanciers, et,
dans le même temps, nous structurerons l’offre nautique du territoire afin
de répondre aux évolutions des usages en matière de nautisme et aux attentes des habitants et touristes.
PROPOS RECUEILLIS PAR
OLIVIER MICHEL
de pinceau
u Coup
Il n’existe en France que deux fabriques
artisanales de pinceaux fins et toutes deux
sont à Saint-Brieuc. On visite l’une d’entre
elles, et c’est passionnant. La fabrique Bullier, septième génération, installée ici depuis 1840, vend trois millions de pinceaux
par an. Certains ont permis de dorer le
dôme des Invalides à Paris et la flamme de
la statue de la Liberté à New York. S’ils
peuvent être en soie de porc ou en poil de
chèvre, le nec plus ultra est le poil de martre (6 800 € le kilo). Parmi les clients,
Rolls-Royce, dont des pinceaux en poil
d’écureuil servent à tirer un trait sur les
carrosseries. Au total, ce sont plus de
6 000 références différentes pour la cosmétique, les beaux-arts ou l’industrie…
Puisque Airbus se fournit aussi dans cette
entreprise d’une vingtaine de salariés,
dont la visite (d’une heure environ), organisée par l’office de tourisme de SaintBrieuc, permet de mesurer l’excellence.
www.baiedesaintbrieuc.com. Tarif : 5 €.
première pour la Solitaire !
u Une
La Solitaire Urgo Le Figaro arrivera ce
mercredi 29 août au port d’Armor de
Saint-Quay-Portrieux. Puis, en convoi ce
même jour, prendra la direction à 19 h 15
du port du Légué à Saint-Brieuc. Un
concert de ballade irlandaise accueillera
entre 20 h 30 et 21 h les participants. C’est
sur le quai du port, long de 3 km, que sera
implanté le village de la course. Parmi les
animations qui y seront proposées, la plus
spectaculaire est le cinéma en plein air
(parc des promenades) qui projettera sur
écran géant le film Océan de Jacques Perrin
(gratuit, prévoir un pliant). Le vendredi
31 août, au bassin du Légué, ce sera un
spectacle de bulles géantes (de 15 h à 17 h),
marché gourmand et animations culinaires. Samedi 1er septembre, un grand dîner
en blanc se tiendra place de la Résistance
(panier pique-nique de produits locaux
vendu sur place à 15 €). Enfin, le dimanche
2 septembre, La Solitaire Urgo Le Figaro
reprendra la mer. Entre 12 h et 16 h, depuis
le port de Saint-Quay-Portrieux, les bateaux entameront la seconde étape de cette
belle odyssée à destination de ria de Muros
y Noia, en Galice (Espagne).
Possibilité d’assister au départ
de la course depuis la mer sur une vedette.
www.ikinoa.com. 20 €.
Rendez-vous le 5 septembre
pour une escapade à la ria de Muros y Noia ,
prochaine escale de La Solitaire Urgo Le Figaro.
En TGV, Saint-Brieuc est
à 2 h 06 ou 2 h 30 de Paris, selon
que le trajet est, ou non, direct.
Sinon, liaison de Nantes,
Lyon, etc. www.oui-sncf.com
DORMIR
L’Edgar, hôtel 3 étoiles
entièrement rénové, occupe
une ancienne gendarmerie
du centre historique. Chambres
très agréables, dans les tons
grèges, mobilier design de très
bon goût. Au rez-de-chaussée,
un restaurant (à éviter), avec
un coin bar plutôt sympathique.
La qualité du service et l’accueil
presque amical sont à souligner.
Tél. : 02 96 60 27 27
et www.hôtel-egard.fr.
Autour de 90 €.
Autre choix possible, à SaintQuay-Portrieux, le Ker Moor
Hôtel Préférence, un 4-étoiles,
superbe avec vue sur la mer,
situé sous le château Calan.
Tél. : 02 96 70 52 22
et www.ker-moor.com.
Chambre de 89 € à 239 €.
BONNES TABLES
En cuisine Aux Pesked,
Mathieu Aumont, un chef
étoilé « différent » qui maintient
depuis quatorze ans son
macaron Michelin et s’attache
à « être ouvert au plus grand
nombre ». En témoigne un
remarquable menu, entrée, plat,
dessert à 29 € servi au déjeuner
(25 €, plat et dessert) dans
un cadre au superbe design.
Tél. : 02 96 33 34 65
et www.auxpesked.com.
Menus à 54 €, 72 € et 95 €.
Sur l’esplanade du port d’Armor,
à Saint-Quay-Portrieux, viser
le restaurant Quay 911
qui partage sa terrasse
et sa vue exceptionnelle
sur le port avec la capitainerie.
Moules marinières (moins
de 10 €) et une honnête cuisine
de la mer. Tél. : 02 96 65 23 60.
Menu à 12,90 € et menu
découverte à 30 €.
SE RENSEIGNER
Office de tourisme de SaintBrieuc. Tél. : 02 96 33 32 50
et www.baiedesaintbrieuc.com.
JETER L’ANCRE
Au port d’Armor à Saint-QuayPortrieux, le tarif de l’anneau
commence à 10 € par jour
pour un bateau de moins
de 6 mètres.
P. V.-D.
+ @ SUR LE WEB
» Les quartiers d’été de...
Amandine et Julien Azencott
» Vietnam : de Hanoï à Along,
à la recherche du souvenir français
www.lefigaro.fr/voyages
A
ENVOYÉ SPÉCIAL À SAINT-BRIEUC
VENIR
+
I
qu’une visite en journée de la réserve naturelle nationale de la baie de Saint-Brieuc
(11 000 hectares dont 7 terrestres). Plus de
40 000 oiseaux trouvent refuge dans cet
ensemble considéré comme l’un des premiers sites français pour les oiseaux migrateurs. Sur la commune de Hillion se
trouve la Maison de la baie (centre d’accueil, aquarium, etc.) et un parcours libre
d’accès avec panneaux pédagogiques et
aire d’observation de la faune. Le fait de
passer en 300 mètres de la forêt aux zones
humides, et des dunes à la mer, permet
une observation unique et condensée des
évolutions du paysage marin.
Tél. : 07 83 93 25 32 et www.ecotonenature.fr. Visite accompagnée à partir
de 5 € par personne.
PHILIPPE VIGUIÉ-DESPLACES
pviguiedesplaces@lefigaro.fr
Carnet de route
FRANCOIS DESTOC/PHOTOPQR/LE TELEGRAMME
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mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
CULTURE
14
« Burning » : les feux de l’amour et du hasard
CINÉMA Le réalisateur coréen Lee Chang-dong transforme avec brio une nouvelle japonaise en film à suspense.
L
ÉTIENNE SORIN
esorin@lefigaro.fr
a Corée du Sud, pays du Matin-Calme ? Depuis la fin des années 1990,
les cinéastes donnent un visage moins
apaisé d’une nation passée brutalement
du nationalisme et de la dictature à l’ultralibéralisme. Kim Ki-duk (The Coast
Guard, Locataires), Park Chan-wook
(Old Boy, Mademoiselle), Bong Joon-ho
(Memories of Murder, Snowpiercer, le
Transperceneige) ou encore Hong-Jin Na
(The Murderer, The Strangers) sont les
auteurs de cauchemars spectaculaires.
Leurs films sont des œuvres baroques,
violentes, sanglantes le plus souvent. Lee
Chang-dong passerait presque pour un
enfant de chœur. Pourtant son cinéma
est tout sauf celui d’un doux rêveur. En
une poignée de films, six en vingt ans,
(Green Fish, Peppermint Candy, Oasis,
Secret Sunshine, Poetry), l’éphémère ministre de la Culture coréen s’est évertué à
brouiller les genres et à mettre en scène
une rage sourde, froide. Burning, grand
oublié du palmarès du dernier Festival
de Cannes, confirme le talent et l’inquiétude d’un cinéaste inclassable.
Jongsu, le héros,
est un jeune homme
en colère contre le monde,
la violence sociale,
l’injustice
Lee Chang-dong transforme ici une
courte nouvelle de Haruki Murakami,
« Les Granges brûlées », en un film de
deux heures trente, en la croisant avec un
autre texte, L’Incendiaire, de William
Faulkner. Burning fascine par sa façon de
préserver le caractère énigmatique de la
prose de l’écrivain japonais tout en prenant des libertés avec celle-ci. Il développe certains aspects du récit, accentue certains traits, et pourtant le mystère reste
entier. Ainsi Jongsu, le héros, n’est-il plus
un homme marié et trentenaire (double
de Murakami ?) mais un jeune coursier. Il
voudrait être romancier. Il s’occupe de la
ferme de son père, en attendant que celui-ci soit jugé au tribunal.
Un jour, il tombe par hasard
dans la rue sur Haemi, une ancienne voisine. Ils se revoient.
Ils couchent ensemble. Jongsu
a à peine le temps de tomber
amoureux que Haemi lui annonce qu’elle part en voyage en
Afrique. Elle lui demande de
nourrir son chat en son
absence. Il n’en verra
pas la queue chaque
fois qu’il poussera la
porte de l’appartement de Haemi. Ce
qu’on ne voit pas
existe-t-il ? Question philosophique au cœur du
film et du cinéma
de Lee Changdong. Chez ce cinéaste paradoxal, la
vérité est invisible.
Dans Poetry, la vieille
Mija devait apprendre à regarder le
monde pour écrire
de la poésie. La vérité n’est pas toujours
belle à voir. Mija ouvrait les yeux sur son
petit-fils, violeur d’une camarade de collège sous les traits d’un adolescent sans
histoires.
Jongsu retrouve Haemi à son retour
d’Afrique. Elle lui présente Ben, qu’elle a
rencontré là-bas. Le Ben de Lee Changdong ressemble à celui de Murakami :
« C’est la réplique de Gatsby le Magnifique.
Un jeune homme mystérieux, qui a de l’argent, mais on ne sait pas exactement ce
qu’il fait. » Ben, golden-boy et allégorie
au physique avantageux, a une belle voiture et un passe-temps étrange : il brûle
des serres pour le plaisir. Jongsu a tout
juste le temps d’être jaloux. Haemi disparaît. Ni Ben ni lui n’ont de ses nouvelles.
Burning devient alors un film à suspense,
une enquête en forme de puzzle. Il ne faut
pas compter sur le cinéaste coréen pour
assembler toutes les pièces et fournir une
image complète. Le doute et l’indécision
ont le dernier mot. Cela n’enlève rien à
l’âpreté du portrait, au contraire. Jongsu
est un jeune homme en colère contre le
monde, la violence sociale, l’injustice.
Burning brûle du feu de la révolte. ■
« Burning »
Thriller de Lee Chang-dong
Avec Yoo Ah-in, Steven Yeun,
Jeon Jong-seo
Durée 2 h 28
■
L’avis du Figaro : ○○○¡
L’un des personnages principaux de Burning a un passe-temps étrange : il brûle des serres pour le plaisir.
PINEHOUSE FILM/DIAPHANA
« J’ai élargi le mystère de Haruki Murakami »
PROPOS RECUEILLIS PAR
FRANÇOISE DARGENT fdargent@lefigaro.fr
Romancier, cinéaste, producteur et
même ex-ministre de la Culture, le SudCoréen Lee Chang-dong a choisi
d’adapter pour son sixième film une
nouvelle de Haruki Murakami intitulée
Les Granges brûlées *. Présenté en compétition au Festival de Cannes 2018,
Burning évoque la mystérieuse relation
entre trois jeunes gens. Conversation
avec un cinéaste qui fait l’objet d’une
rétrospective à la Cinémathèque de Paris jusqu’au 2 septembre.
LE FIGARO. – Un grand écrivain
coréen qui adapte au cinéma
un grand écrivain japonais,
ce n’est pas banal, non ?
Lee CHANG-DONG .- Non, je ne suis
pas un grand écrivain (rires)… En
fait, le nom de l’auteur
n’avait pas trop d’importance. C’est l’histoire qui
m’a plu. Je me suis tout de
suite demandé comment
je pourrais l’adapter au
cinéma. Je n’ai pas pensé à la réaction des fans
de Murakami. Et pourtant, on ne cesse de
comparer sa nouvelle et
mon film !
« Je voulais parler
de la frontière ténue
entre ce qui est visible
et ce qui est invisible »,
explique Lee Chang-dong.
FINECUT/DIAPHANA
Qu’est-ce qui vous
a plu à la première lecture ?
C’est le fait qu’il y ait une courte énigme dont on ne connaît pas la fin, qu’on
ne comprend pas, en fait. Et aussi le
mystère de ces granges inutiles que
l’on brûle. Le fait que le narrateur
commence à faire le tour de la campagne pour vérifier si on a mis le feu à ces
serres n’est pas en soi quelque chose
de très important. Mais pour moi cela
recelait une tension, comme s’il y
avait un grand secret derrière. J’avais
de quoi étendre le mystère à d’autres
niveaux.
Comment fait-on pour passer
d’une histoire de 30 pages
à un film de 2 h 30 ?
Mon film est un peu long n’est-ce
pas ! La nouvelle m’a juste servi de
point de départ. Juste ce dont j’avais
besoin pour parler de la vie des personnages et du monde dans lequel ils
vivent.
Contrairement à ce que propose
la nouvelle, votre personnage
principal est un jeune homme,
et non un homme marié
dans la force de l’âge. Pourquoi ?
Dans la nouvelle, on a l’impression
que le narrateur est Murakami luimême. Montrer un aspirant écrivain
qui débute collait mieux au film, car
c’est un personnage qui est dans la
position d’observer le monde, avec
une sensibilité accrue. Je voulais parler du mystère de la vie et si quelqu’un
peut ressentir le monde et la vie à fleur
de peau, c’est bien un jeune qui débute dans la vie.
Et il y a une jeune femme, Haemi, celle
dont sont amoureux les deux hommes,
un personnage justement mystérieux,
qui excelle dans l’art du mime…
Je voulais parler de la frontière ténue
entre ce qui est visible et ce qui est invisible, ce que l’on croit être et ce qui
est vraiment, toutes ces choses qui
composent notre vie et font partie de
ce mystère. En fait Haemi n’a pas une
vie facile. Elle est démonstratrice, criblée de dettes. On ne sait pas si elle
ment, et en même temps, avec ce côté
léger, c’est le seul personnage en perpétuelle quête du sens de la vie. Elle incarne le côté mystérieux de la vie.
À travers ces deux personnages,
ne vouliez-vous pas montrer
le désarroi de la jeunesse coréenne ?
Le problème des jeunes aujourd’hui est
assez grave. Matériellement, tout semble plus facile, mais c’est un leurre. Ils
n’ont plus d’adversaire à combattre. La
génération actuelle sera la première
qui sera plus pauvre que ses parents.
Et vous, à quoi ressemblait
votre jeunesse ?
C’était complètement différent. On vivait dans un pays qui connaissait une
certaine précarité, mais je n’ai jamais
douté que mon futur serait meilleur
que la situation dans laquelle j’étais à
l’époque. On se battait contre la dictature militaire, mais on avait toujours
en nous l’espoir de jours heureux, et
c’est cela qui donnait la force de se battre. Aujourd’hui, quand je vois mes
étudiants ou même mes enfants, tout
est plus pratique, chic et cool. Mais ils
n’ont plus cet espoir de jours meilleurs.
L’un de vos héros, Ben, n’incarne-t-il
pas cette jeunesse qui a tout ce qu’elle
veut mais dont on ne sait pas ce qu’elle
ressent, une jeunesse presque
dépourvue de sentiments ?
Ben représente le monde. Aux yeux
des autres, il peut paraître très humain, très bienveillant, mais il se révèle aussi un psychopathe sans émotion, capable de tuer, donc vraiment
une personne ou un monde insaisissable. C’est-à-dire que l’image du mal a
évolué. Il est plus beau. Tout comme
Ben peut être à la fois un tueur en série
et un ami qui a une bonne situation, le
mal peut revêtir une forme amicale :
un sympathique gestionnaire qui peut
mener une entreprise à la restructuration et mettre des milliers de personnes au chômage, par exemple.
En Corée du Sud, le mal n’est-il pas
de l’autre côté, au Nord ? Une situation
à laquelle vous faites allusion
lorsque le héros rentre chez lui
et entend la propagande diffusée
par les haut-parleurs nord-coréens
sur la frontière…
Plutôt que d’exprimer le mal à travers
la Corée du Nord, je voulais juste rappeler la réalité. Les Coréens du Sud,
dans leur quotidien, ne pensent jamais à la séparation, même si l’actualité récente, avec Trump notamment,
leur a rappelé l’existence de la Corée
du Nord. Le fait est que nous sommes
divisés et que le Nord reste un mystère en soi. La séparation est quelque
chose que l’on ne peut ni comprendre, ni résoudre. ■
* Tirée du recueil L’éléphant s’évapore,
traduit par Corinne Atlan, Belfond, 432 pages.
Nicolas Philibert, avec toute son attention
DOCUMENTAIRE Le réalisateur d’« Être et avoir » nous introduit dans le monde des futures infirmières.
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
mntranchant@lefigaro.fr
n nouveau documentaire
de Nicolas Philibert, c’est
toujours une aventure. Il
nous a fait visiter l’école
primaire de Être et avoir,
La Ville-Louvre et La Maison de la
radio, rencontrer Nénette, l’Orangoutang… Où va-t-il nous emmener
cette fois-ci ? Le titre ne le dit pas. C’est
exprès. Il ne voulait pas être trop précis, trop circonscrit. De chaque instant
nous introduit dans le monde des infirmières. Des futures infirmières. C’est
un film d’apprentissage.
En trois grands chapitres, légèrement
indiqués par une citation poétique, on
A
U
suit les étapes de la formation des étudiants d’un IFSI (Institut de formation
aux soins infirmiers) de Montreuil. C’est
d’abord l’acquisition d’un savoir, théorique et pratique : prendre la tension,
régler une perfusion ou faire une piqûre,
manipuler un malade, l’installer sur un
fauteuil, autant de gestes qui demandent une technicité destinée à devenir si
naturelle qu’on l’oublie. On s’exerce sur
les infirmières enseignantes ou sur des
mannequins. On rit des ratages et des
maladresses.
Dialogues très personnels
À l’étape suivante, les stages en hôpital
mettent les élèves au contact avec de
vrais patients, et apparaît alors une
autre dimension du métier, toute la
complexité des relations humaines. Le
rapport aux corps n’a rien d’évident. La
rencontre des subjectivités est une expérience parfois éprouvante, jamais
achevée. L’intégration au corps médical et à l’ensemble du personnel hospitalier ne va pas non plus de soi. La dernière partie fait le bilan de cet
apprentissage à travers les rapports de
stage individuels, où l’on suit les dialogues entre quelques étudiantes et leurs
enseignants référents. Dialogues chaque fois très personnels, qui touchent à
l’engagement intime au-delà des performances, aux peurs, aux joies, face à
un métier aussi angoissant que généreux, mal considéré socialement bien
que très valorisé affectivement aux
yeux de la population. Le réalisateur
épouse la franchise et la délicatesse des
enseignantes. Et l’on comprend que
cette justesse dans l’attention est le véritable propos du film.
Soigner, dans ce contexte, a bien sûr
un sens thérapeutique, mais Nicolas
Philibert s’est aperçu en filmant que cela
concernait aussi son métier : « On dit
soigner son travail, soigner les détails… »
Mais que ce soit pour maîtriser un geste,
pour s’ouvrir à l’autre ou se connaître
soi-même, il s’agit toujours de se rendre
attentif. Et finalement, c’est le mot qu’il
a sous-entendu, presque malicieusement, dans le titre : « On parle d’une attention de chaque instant. » ■
« De chaque instant »
Documentaire de Nicolas Philibert
Durée 1 h 45
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
Des étudiantes d’un Institut
de formation aux soins infirmiers
filmées par Nicolas Philibert s’exercent
sur des mannequins. LES FILMS DU LOSANGE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 29 août 2018
CULTURE
« Guy » à tout
bout de chant
ZOOM
« Miracle à Santa Anna »,
un Spike Lee inédit
CINÉMA Pour son second long-métrage
comme réalisateur, Alex Lutz rend
hommage aux artistes et aux chansons
qui ont bercé des générations. Un sans-faute.
Les autres
MARIE-NOËLLE TRANCHANT
du Figaro : ○○○¡
■ « 22 MILES » Thriller
de Peter Berg, 1 h 35.
Le quotidien d’un prostitué entre
passes dans les bois et rendez-vous
dans des appartements. Le traintrain, quoi. La première scène étonne
(elle est drôle, et volontairement,
ce qui n’est pas le cas du reste).
Malade, le héros dort dans la rue, se
fait tabasser, répond aux exigences
de ses clients. D’une crudité
documentaire et un peu fastidieuse.
METROPOLITAN FILMEXPORT
Le titre évoque la distance que
doit parcourir Mark Wahlberg,
agent de la CIA, pour exfiltrer son
homologue indonésien en possession
de renseignements compromettants.
Poursuites, explosions et
rebondissement final sont au rendezvous. Guère de surprises dans ce polar
musclé si ce n’est la coiffure
É. N.
improbable de John Malkovich.
■ L’avis du Figaro : ○○¡¡
■ « REINE D’UN ÉTÉ »
Aventure de Joya Thome, 1 h 07.
Léa, 10 ans, passe ses vacances
avec une bande de garçons
intrépides. Un premier film allemand
en forme de chronique nostalgique.
■ « KIN : LE COMMENCEMENT »
Science-fiction de Josh et Jonathan
Baker, 1 h 43.
Un ado désœuvré découvre une arme
du futur dans une usine désaffectée.
Fraîchement sorti de prison,
son grand frère pourchassé par
un gangster revanchard l’entraîne
dans une cavale à travers l’Amérique.
Les producteurs de Strangers Things
livrent un petit film de science-fiction
pour ados un poil poussif, qui sent
sa trilogie Hunger Games à plein nez.
OLIVIER DELCROIX
■ L’avis
du Figaro : ○¡¡¡
mage à ces artistes qui ont bercé des
générations, malgré les ricanements de
l’intelligentsia. Comme acteur et comme metteur en scène, il réalise un
sans-faute. Son film chante juste. Le
soir tombe. Un dernier refrain pour la
route. ■
APOLLO FILMS/STUDIOCANAL
« Guy »
Comédie dramatique d’Alex Lutz
Avec Alex Lutz, Tom Dingler,
Pascale Arbillot
Durée 1 h 41
■ L’avis du Figaro : ○○○¡
ÉDOUARD
BAER
ALICE
ISAAZ
AIMER
SÉDUIRE
MANIPULER
INTRIGUER
SE VENGER
É. N.
■ « BONHOMME » Comédie
dramatique de Marion Vernoux, 1 h 43.
Drôles de séquelles. Après
un accident de voiture (traumatisme
crânien), Nicolas Duvauchelle,
apparemment très en forme,
se métamorphose en obsédé sexuel.
Pleine de santé, Ana Girardot essaie
de satisfaire ses caprices.
Quel boulot ! Ce drame banlieusard
et répétitif lasse assez vite.
É. N.
Vaut surtout par ses acteurs.
■ L’avis du Figaro : ○¡¡¡
ÉTIENNE SORIN
du Figaro : ○○¡¡
du Figaro : ○¡¡¡
Guy Jamet (Alex Lutz), une idole comme il n’en existe plus.
CÉCILE
DE FRANCE
■ « SAUVAGE » Drame
de Camille Vidal-Naquet, 1 h 39.
■ L’avis
■ L’avis
”
Il vit dans le Midi avec ses chevaux.
Il n’aimait pas Claude François. La
discothèque qu’il possédait avec sa
première épouse est devenue un club
de gymnastique. Il faut l’entendre,
avant un concert, se lancer dans l’éloge de la laque Elnett. Sur scène, il reprend Montréal de Charlebois et le
résultat est tout sauf ridicule. Évidemment, on cherchera des modèles, un
soupçon de Frédéric François, une
bribe de Sardou.
L’envie de se moquer s’évanouit devant cet homme qui a toujours gardé la
même attachée de presse, qui ne voit
désormais rien quand il conduit, qui
continue à boire du Ricard et qui fraternise une nuit avec un clochard triste
et aviné. Au cours d’un déjeuner avec
son fils, ses silences dénotent sa maladresse et ses remords. Lutz rend hom-
films
■ « LE MINISTÈRE DE LA PEUR »
Drame d’espionnage de Fritz Lang,
1 h 26.
Dans l’Angleterre de la Seconde
Guerre mondiale, un homme
se trouve embarqué par hasard
dans une étrange poursuite. Cela
commence dans une kermesse
organisée par une association
de bienfaisance, et se termine dans
un nid d’espions nazis. Connu aussi
sous le titre Espions sur la Tamise,
ce film de 1943 s’inspire brillamment
de Graham Greene pour mettre
en scène un labyrinthe plein de doutes
et de vertiges. Mais aussi une histoire
d’amour pleine de charme.
C’est à la fois sombre et léger.
Très élégant
■ L’avis
“
Il faut l’entendre, avant
un concert, se lancer dans
l’éloge de la laque Elnett
Donald Trump n’a pas que des
défauts. Il a au moins le mérite
d’avoir remis en selle Spike Lee,
dont le BlacKkKlansman, comédie
policière sur l’Amérique raciste,
se taille un beau succès public
et critique. Le cinéaste sort
d’un tunnel de dix ans.
Depuis 2008, il a surtout tourné
des documentaires et des longsmétrages qui n’ont pas trouvé
de distributeurs hors des ÉtatsUnis – sans parler de l’horrible
remake d’Old Boy. Depuis Miracle
à Santa Anna, donc. Un film
jamais sorti dans les salles
françaises à cause d’un conflit
entre le cinéaste et TFM, la filiale
de distribution de TF1. Si Spike
Lee gagne le procès, le film
reste invisible. Aujourd’hui,
Miracle à Santa Anna trouve
le chemin des salles grâce
au distributeur Splendor Film,
qui a racheté les droits. Il est
présenté dans la version director’s
cut (2 h 36 !). En 2008, Lee sort du
succès d’Inside Man. Il a le budget
pour signer un film de guerre
spectaculaire. Il met en scène
la 92e division d’infanterie
(Buffalo soldiers), les soldats
afro-américains envoyés
sur le front italien en 1944. Ici,
une escouade survit à une mission
(mal) dirigée par un capitaine
blanc incompétent et raciste.
Les survivants se réfugient
dans un joli village de Toscane
cerné par les nazis. La tendance
au pompiérisme de Spike Lee fait
des ravages. En point d’orgue,
la reconstitution du massacre
du village de Sant’Anna
di Stazzema par les SS, équivalent
italien d’Oradour-sur-Glane.
Sinon, pour passer le temps,
une romance se noue entre
un GI noir et une belle Italienne.
Miracle à Santa Anna n’est pas
le meilleur film de Spike Lee.
Il n’en est pas moins un jalon
essentiel pour quiconque
s’intéresse à sa filmographie.
MADEMOISELLE
de JONCQUIERES
UN FILM DE EMMANUEL MOURET
SORTIE LE 12 SEPTEMBRE
A
opulaire, on disait comme ça.
Guy Jamet est un chanteur qui a eu son
heure de gloire. Il n’a pas connu les
78-tours, mais c’est tout juste. Ses galas
– rien que ce mot ! – rassemblent un
public d’un âge certain. Un jeune journaliste décide de tourner un documentaire sur ce rescapé des années 1960,
1970. De fausses images d’archives nous
le montrent dans des clips kitschissimes, avec énorme nœud papillon en
velours, col pelle à tarte et pattes d’éléphant. La reconstitution laisse pantois.
Alex Lutz, qui s’est fait la coiffure de
Marcel Amont, a enregistré des tubes
qui auraient pu figurer au hit-parade de
l’époque.
Comment ? Vous n’avez pas dansé
sur Caresse ? Combien de demoiselles se
sont-elles laissé séduire au son d’Un
slow avec la lune ? Cette vedette n’a pas
beaucoup de regrets. On ne la lui fait
pas. Elle répond aux questions avec lucidité et désabusement. Elle fume des
cigarettes blondes, a des bagouzes,
contemple son interlocuteur d’un air
pas dupe et amusé. Qui est ce garçon,
au juste ? Pourquoi s’intéresse-t-il à
lui ? Il semble mépriser sa carrière, le
prendre pour un has-been.
Dans Guy, son second long-métrage,
Alex Lutz, qui réussit des prodiges de
vieillissement, brosse le portrait d’une
idole comme il n’en existe plus. Cette
fiction qui a des allures de reportage
baigne dans une nostalgie terriblement
française. Il y a quelque chose de désuet, de provincial, dans ces couplets
que les fans fredonnent en chœur. Julien Clerc, Dani font des apparitions. Le
héros passe chez Michel Drucker avec
sa compagne qui joue dans une série télévisée, subit les quolibets d’une humoriste sur Europe 1. Ses réponses tiennent la route. Son intelligence et sa
modestie désarçonnent. De lui, on ne
sait que ce qu’il accepte de livrer.
PYRAMIDE DISTRIBUTION
P
ÉRIC NEUHOFF
eneuhoff@lefigaro.fr
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mercredi 29 août 2018
LE CARNET DU JOUR
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Ses amis
ont la tristesse de faire part
du décès, le 27 août 2018,
au château Ruisseau, de
Mme Daniel Rebours,
M. Pierre-Henry Glaise (†),
ses enfants,
Charles-Henry et Vélissa,
ses petits-enfants,
Blandine, sa filleule,
Mme Alfredo BEHRENS
née Jacqueline Recopé.
La cérémonie aura lieu
en l'église de Courances,
le vendredi 31 août, à 10 heures.
Une messe sera dite
ultérieurement à Paris.
Priez pour elle.
La cérémonie religieuse
aura lieu le mardi 4 septembre,
à 10 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-Grâcede Passy, Paris (16e).
Marie-Christine Bonnefont,
son épouse,
ses enfants
ainsi que tous les membres
de la famille
mdrebours@aol.com
ont la très grande douleur
de faire part du décès de
survenu à Cannes,
dans sa 78e année.
Laure et Godric Rosset,
Paul et Dora Crochat,
Etienne et Patricia Crochat,
Philippe et Inès Crochat,
Marie-Delphine Foudriat,
ses enfants,
ses 20 petits-enfants
ont la tristesse de vous
faire part du rappel à Dieu,
le dimanche 26 août 2018,
à l'âge de 77 ans, de
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 31 août 2018,
à 10 h 30, en l'église
du Perray-en-Yvelines,
suivie de l'inhumation
au cimetière du Montparnasse,
Paris (14e), à 16 h 30.
Marguerite
GUICHARD-CROCHAT
La cérémonie religieuse aura
lieu en l'église de Jas (Loire),
le vendredi 31 août, à 10 h 30.
née Lengaigne,
épouse de
Jean Caulliez (†)
M. et Mme Yves Lemaître,
M. et Mme Pierre
de Nucé de Lamothe,
M. et Mme Barthélémy
d'Andoque de Sériège,
M. et Mme Arnaud
d'Andoque de Sériège,
ses petits-enfants,
ses arrière-petits-enfants
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu,
le dimanche 26 août 2018,
dans sa 96e année, de
M. Gilles
d'ANDOQUE de SÉRIÈGE
chevalier
de la Légion d'honneur,
croix de guerre 1939-1945
avec citations,
chevalier du Mérite agricole.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 30 août,
à 14 h 30, en l'église
Sainte-Eulalie de Cruzy.
Elen et Jacques Paulmier,
Patrick et Chantal Baboin,
Eric (†) et Sabine Baboin,
Laurence et Rémi Henrion,
ses enfants,
Boris et Florence,
Florian, Victor,
Nicolas et Alexia, Camille,
Sophie, Thomas,
Annabel et Antoine,
Basil et Indiara,
Philippine et Jimmy,
ses petits-enfants,
Augustine, Rose, Félix,
ses arrière-petits-enfants,
Mme Yves Baboin,
sa belle-sœur,
décédée le 27 août 2018,
à l'âge de 93 ans.
De la part de :
Mme Guy BABOIN
le 26 août 2018,
à l'âge de 96 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 31 août, à 10 h 30,
en l'église Saint-Léon,
1, place du Cardinal-Amette,
Paris (15e).
L'inhumation aura lieu
le samedi 1er septembre,
à 11 h 45, au cimetière
de Loyasse, Lyon (5e).
Benoît et Chantal
Pellot-Liagre,
Vincent Liagre (†),
Benoît et Véronique
Deleplanque-Caulliez,
Jean-Philippe et Sylvie
Caulliez-Chretien,
Olivier et Martine
Delescluse-Caulliez,
Régis et Véronique
Caulliez-Talpaert,
Laurent et Annick
Verhaeghe-Caulliez,
Bénédicte Caulliez,
ses enfants,
ont l'infinie tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu du
colonel Jean GUILLON
officier de la Légion d'honneur,
commandeur
de l'ordre national du Mérite,
le 25 août 2018,
à l'âge de 96 ans.
Une messe sera célébrée
le vendredi 31 août, à 15 heures,
en l'église de Vongnes (Ain),
suivie de l'inhumation
dans le caveau de famille.
ses 17 petits-enfants
et leurs conjoints,
ses 20 arrière-petits-enfants,
les familles
Lengaigne-Guilbert
et Caulliez-Hannart.
Ils vous invitent à participer
ou vous unir d'intention
à la célébration religieuse
qui aura lieu
le samedi 1er septembre,
à 9 h 30, en l'église
Saint-Nicolas de Wasquehal
(Nord).
Saint-Chamond (Loire).
Bruno de La Morinerie,
son beau-frère,
Cosima de Boissoudy,
Armance de La Morinerie,
ses nièces,
Melchior, Léonard et Ludivine,
ses petits-neveux
et petite-nièce,
« Les Marronniers »,
45, avenue de la Marne,
59700 Marcq-en-Barœul.
La cérémonie religieuse
aura lieu
le vendredi 31 août 2018,
à 9 h 30,
en la Maison Sainte-Thérèse,
à Saint-Chamond.
Ni fleurs ni couronnes,
mais des prières.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Laura Lespade,
21, avenue
Guillaume-Apollinaire,
91250
Saint-Germain-lès-Corbeil.
Marina Jestin,
16, rue Jacques-Louvel-Tessier,
75010 Paris.
survenu le 26 août 2018.
Mme Georges Le Breton,
son épouse,
La messe sera célébrée en
l'église de La Trinité-sur-Mer
(Morbihan), le jeudi 30 août,
à 9 heures, suivie
de l'inhumation au cimetière
de La Trinité-sur-Mer.
Mme Geneviève
Le Breton Woimant,
Mme Marie-Hélène Le Breton,
ses filles,
Ni fleurs ni couronnes.
Dons à l'association
des Jours Heureux,
20, rue Ribéra, 75016 Paris.
Juliette Woimant,
Thomas et Marthe Woimant,
Pierre Woimant,
Arthur Auclair,
Simon Germain,
ses petits-enfants,
Une messe sera célébrée
ultérieurement
en région parisienne.
Souvenirs, Messes...
Partagez le souvenir d’un être cher dans le carnet du jour
les familles Le Breton,
Nogard, Ragot, Allix,
Pruffer et Jean-Philippe
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. Georges LE BRETON
© Gettyimages
survenu le 27 août 2018,
à l'âge de 91 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le samedi 1er septembre,
à 10 h 30,
en la basilique Sainte-Clotilde,
23 bis, rue Las Cases,
à Paris (7e), où l'on se réunira,
suivie de l'inhumation
au cimetière du Père-Lachaise,
à Paris (20e).
13, boulevard des Invalides,
75007 Paris.
Virginie, Eric, Axel (†), Soline,
ses enfants, et leurs conjoints,
ses petits-enfants,
sa sœur (†), ses frères,
beaux-frères et belles-sœurs,
ses neveux et nièces
font part du rappel à Dieu de
Guillaume de SAINT LEGER
le 25 août 2018, à l'hôpital
du Coudray (Eure-et-Loir).
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Pierre, à Maintenon,
le vendredi 31 août 2018,
à 10 heures.
L'inhumation aura lieu
au cimetière de Saint-Lunaire,
le samedi 1er septembre,
à 10 heures.
Cet avis tient lieu de faire-part.
6 ter, rue
du Vieux-Moulin-Théléville,
28130 Bouglainval.
Mme Philippe Senlecq,
née Christine Lepers,
ainsi que toute la famille
vous prie d'annoncer le décès,
le 6 août 2018, de
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Marie-Claire LOIR
Philippe SENLECQ
avocat honoraire,
ancien bâtonnier,
survenu le 26 août 2018,
à l'âge de 93 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en l'église
Saint-Eloi de Dunkerque,
le jeudi 30 août, à 14 heures.
Georgette Marchetti,
sa mère,
L'inhumation aura lieu
au cimetière d'Hesdin.
Marie-Laure et Louis Augis,
sa sœur et son beau-frère,
Olivia et Camille Augis,
ses nièces,
et toute sa famille
M. Louis Trévisani,
son époux,
ont la tristesse
de faire part du décès de
Catherine et Rémi Fonteny,
Vincent et Karen Trévisani,
Benoît Trévisani,
ses enfants,
Antoine MARCHETTI
survenu le 23 août 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en la chapelle
de l'Est du cimetière
du Père-Lachaise, à Paris (20e),
le jeudi 30 août, à 14 h 30.
Ses cendres reposeront
dans la chapelle familiale
de Carbuccia (Corse)
auprès de celles de son père,
Auguste Marchetti.
Aude et Malte, Thibault,
Clotilde,
ses petits-enfants,
et toute sa famille
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Mme Jacqueline TRÉVISANI
née Biville,
survenu le 26 août 2018,
à l'âge de 82 ans.
21, rue Sainte-Geneviève,
92400 Courbevoie.
La cérémonie religieuse
sera célébrée en la cathédrale
Notre-Dame de Chartres,
le vendredi 31 août, à 10 heures,
suivie de l'inhumation
dans l'intimité familiale.
On nous prie d'annoncer
le décès de
18, rue de la Concorde,
28000 Chartres.
M. Jacques PASCHAL
le 21 août 2018,
dans sa 85e année.
De la part de
Mme Jacques Paschal,
née Sylviane Ménard,
son épouse,
Jean-Pierre et Eliane (†)
Paschal,
Patrick et Lorraine Frey,
ses frères et belles-sœurs,
leurs enfants et petits-enfants.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le vendredi 31 août, à 14 h 30,
en la paroisse Sainte-Cécile,
à Boulogne-Billancourt.
90, avenue André-Morizet,
92100 Boulogne-Billancourt.
Mme Simone Ravert,
Mme Maryse Lary,
ses sœurs,
M. Marcel Nogard,
son beau-frère,
ses enfants et petits-enfants,
Marc, Serge Le Breton,
ses neveux,
et leurs enfants,
Bénédicte de Saint Leger,
son épouse,
La Fondation de France
Karine Paschal,
Thierry et Delphine Paschal,
ses enfants,
Bianca, sa petite-fille,
« Babeth »,
carnetdujour.lefigaro.fr
survenu le lundi 27 août 2018.
Les obsèques auront lieu
le vendredi 31 août, à 16 heures,
au cimetière
de Trouville-sur-Mer,
rue du Manoir.
Marie-Claude JULLIEN
survenu dans sa 88e année.
Michel Faveris,
Annie et Patrick Allix,
Catherine et Jean-François
Ordonneau,
Jacques et Anick Faveris,
Jean-Claude et Odile Faveris,
leurs enfants et petits-enfants
Tél. 01 56 52 27 27 • Fax. 01 56 52 20 90
M. Gérard LEDERMANN
vous font part du décès de
La Trinité-sur-Mer. Carnac.
Paris.
carnetdujour@media.figaro.fr
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ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants
Elisabeth FAVERIS
née Thérèse Saint Olive,
Laura Lespade,
Marina Jestin,
ses filles,
ainsi que l'ensemble
de la famille
et des amis proches
Ses obsèques auront lieu
le jeudi 30 août, à 15 h 30,
au cimetière
d'Asnières-sur-Seine.
ont la tristesse
de vous annoncer le décès
de leur sœur et tante,
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Jacqueline Valabregue,
sa compagne,
Condoléances sur registres.
Versailles. Vézenobres.
Buenos Aires. Chenereilles.
Paris.
Gérard BONNEFONT
Francine CAULLIEZ
Cruzy (Hérault).
Mme Christiane GLAISE
survenu le 26 août 2018.
Accueille Seigneur
en Ton Amour,
deuils
ont la tristesse
de vous annoncer le décès de
Trouville-sur-Mer.
Vienne. Pont-l'Évêque.
Saint-Genis-Laval.
Armelle, son épouse,
Adrien et Augustin,
ses enfants,
Geneviève et Claude,
ses parents,
Jean-Paul et Sylvain,
ses frères,
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
docteur Gilles RAYNAUD
à l'âge de 59 ans.
Mme Françoise Vacheret,
sa belle-sœur,
les familles Romilly,
Vacheret-Rouiller et Tyrbas
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Mme Marie Madeleine
VACHERET
survenu le 25 août 2018,
à l'âge de 95 ans, à Versailles.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Notre-Dame,
rue de la Paroisse, à Versailles,
le vendredi 31 août, à 10 h 45.
Ni fleurs ni couronnes.
Bernard et Mireille Wenden,
Marie-Nicole Wenden,
Denis et Françoise Wenden,
Annie Wenden,
Claire Wenden,
Florence et Claude-Henri
Rouzé,
ses enfants,
Philippe, Patricia, Aurélie,
Isabelle, Sylvain, Guillaume,
Mayeul,
ses petits-enfants,
ses 5 arrière-petits-enfants
ont la grande tristesse
de vous faire part du décès de
Christiane WENDEN
née Quillet,
médaille
de la famille française,
survenu le 25 août 2018,
à l'âge de 94 ans.
La cérémonie religieuse
aura lieu le jeudi 30 août 2018,
à 14 h 30, en la cathédrale
Saint-Maurice de Vienne.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le jeudi 30 août,
à 14 h 30, en l'église
Saint-Charles-de-Monceau,
à Paris (17e).
Condoléances sur registre.
Elle a rejoint son époux,
La famille remercie
toutes les personnes
qui prendront part à sa peine.
décédé en 2011,
avec lequel elle a partagé
plus de 60 ans de vie commune.
Léopold Wenden
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 29 août 2018
LE FIGARO
TÉLÉVISION
17
Iakoutsk, voyage au cœur de l’hiver sibérien
Accueillie au sein d’une famille de la cité la plus froide du monde, la journaliste Alexandra Alévêque sait rompre la glace.
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
ttention choc thermique !
Alors que l’été est placé
sous le signe la canicule,
France 5 diffuse ce soir un
documentaire inédit, premier volet de la série « Drôles de villes
pour une rencontre », consacré à
Iakoutsk, en Sibérie. Accueillie dans
une famille iakoute, la journaliste
Alexandra Alévêque a passé plusieurs
semaines, avant Noël dernier, dans cette cité de 300 000 habitants réputée pour être
la plus froide du monde.
Le grand mérite de ce
reportage est de propo○○○¡
ser une immersion dans
le quotidien d’une ville où la température moyenne en hiver est de - 40° C et
peut atteindre - 60° C…
Dans ces conditions, explique Valery,
le chauffeur de taxi qui conduit la reporter jusqu’à ses hôtes, les voitures
A
+ @SUR LE WEB
doivent être dotées de doubles vitrages.
Et quand on va faire ses courses, il est
obligatoire de laisser tourner le moteur
de son véhicule sur le parking si l’on
veut pouvoir rentrer chez soi. Et si, par
exemple, votre pot d’échappement se
retrouve bouché par la glace, un dépanneur viendra souffler de l’air chaud pour
le décongeler.
La journaliste s’exprime tantôt en
voix off, tantôt directement. Ainsi ditelle à une vendeuse, alors qu’elle achète
des bottes en poil de rennes, qu’en
France l’usage des fourrures est très
mal vu. Pourtant, rien n’est mieux pour
se protéger du froid réplique la commerçante.
Une fois habillée chaudement, coiffée
d’une chapka, Alexandra accompagne
la belle-fille de Tamara qui vend sur un
marché de la viande de poulain. L’endroit ressemble à un immense congélateur à ciel ouvert, avec des poissons
durs comme du bois disposés sur les
étals comme des baguettes de pain. Des
lapins de Sibérie au pelage blanc sont
aussi figés. Le soir, lors d’un repas en famille, l’invitée goûte à la viande qu’elle
a vendue : des morceaux de foie de poulain cru et non décongelés… « Un goût
de glace au sang », glisse-t-elle en voix
off. Notons que dans le deuxième épisode de cette série, diffusé en seconde
partie de soirée, Alexandra Alévêque
nous entraîne à La Paz, en Bolivie. ■
Viande de poulain
Arrivée dans la maison en bois de
Tamara et Nikolai, Alexandra ne cache
pas sa surprise quand elle apprend que le
logement, qui pourtant
apparaît confortable et
bien chauffé, n’a pas
l’eau courante. Une situation répandue dans
les habitations situées
loin du centre-ville. Elle s’explique par
les risques de gel des canalisations. Les
toilettes et la douche sont au fond du
jardin… Pour avoir de l’eau, Nikolai a
entreposé à l’extérieur des blocs de glace
qu’il fait fondre au fil de l’hiver.
20.50
Le marché d’Iakoutsk ressemble à un immense congélateur à ciel ouvert,
TSVP/FTV
» La vérité sur l’affaire Harry Québert : Joël Dicker figurant dans l’adaptation télé de son roman » Alexandra Bensaid succède à François Lenglet sur France 2 www.lefigaro.fr
ÉPHÉMÉRIDE Ste-Sabine
Soleil : Lever 07h03 - Coucher 20h39 - Lune décroissante
19.20 Demain nous appartient. Feuilleton 20.00 Le 20h 20.35 Le 20h le
mag 20.50 Nos chers voisins. Série.
19.15 N’oubliez pas les paroles ! Jeu
20.00 20 heures 20.40 Un si grand
soleil. Feuilleton.
19.00 19/20 20.00 Vu 20.20 Plus
belle la vie. Feuilleton 20.45 Tout le
sport. Magazine.
19.55 Suburgatory. Série. Ah...
l’amooour ! - Tessa l’experte.
21.00 Joséphine, ange gardien
21.00
21.00
21.00
Série. Policière
Série. Policière
Magazine. Reportage
Série. Comédie. Fra. 2008. Saison 12.
Avec Mimie Mathy. Tout pour la musique. Joséphine doit aider Juliette,
jeune prodige de 16 ans, violoniste
soliste dans un grand orchestre.
MATIN
15
30
15
16
13
14
15
17
15
14
12
15
22.55 Joséphine, ange gardien. Série
0.50 Confessions intimes. Mag.
15
17
17
17
19
16
16
18
30
16
Esprits criminels
Alex Hugo
Des racines et des ailes
EU. Avec Matthew Gray Gubler,
Joe Mantegna, Kirsten Vangsness.
2 épisodes. L’équipe se rend à Ramona, en Californie, à la suite d’une
série de meurtres ayant commencé
il y a un mois.
Fra. Saison 3. Avec Samuel Le Bihan, Lionnel Astier, Caroline Baehr.
Marche ou crève. Inédit. Lors d’un
stage d’entreprise, un homme est
retrouvé mort dans une gorge de
montagne. Accident ou crime ?
Prés. : Carole Gaessler. 2h05. Passion patrimoine : sur les chemins du
Massif Central. Ce numéro part sur
les chemins du Massif Central, à la
découverte de paysages jalonnés
de volcans et de châteaux.
20.50 Drôles de villes
pour une rencontre
22.40 Esprits criminels Série.
22.45 Alex Hugo Série. Comme un
Similitudes suspectes 23.25 Flash.
Série. 4 épisodes.
oiseau sans ailes - La traque 1.40
Dans quelle éta-gère… Magazine.
23.10 Soir/3 23.40 Christian Dior,
la France Documentaire 1.15 Des
racines et des ailes. Magazine.
22.35 C dans l’air 23.45 Déserts 0.35
Les routes de l’impossible
20
17
19.00 Silence, ça pousse ! Magazine
20.00 Drôles de couples. Doc.
21
20
17
19
Série doc. 1h45. Iakoutsk. Inédit.
Alexandra Alevêque expérimente
la vie de certains des habitants de
Iakoutsk, en Sibérie. - La Paz. Inédit.
23
21
21
19
23
23
23
10
22
APRÈS-MIDI
20
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17
18
18.55 À plumes et à… pied 19.45 Arte
journal 20.05 28 minutes. Magazine
20.52 La minute vieille. Série.
19.45 Le 19.45 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec Claire Chust,
Vinnie Dargaud, Valérie Karsenti.
21.00
20.55
21.00
Film. Comédie
Film. Sketches
Magazine. Société
27
21
30
27
20
28
23
20.55 Ransom Games
Film TV. Thriller. Koweït. 2016. Réal. :
Jim Gillespie. 1h30. Avec Phoebe
Tonkin, Ed Westwick. Des enfants
issus de familles aisées sont pris en
otages dans une pension très stricte.
19
19
26
23
26
22
25
31
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25
23.05 Ultime menace. Film TV. Action 0.50 Terrapocalypse. Film TV.
33
27
33
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24
28
28
29
20
32
19.10 Americars. Téléréalité. Le goût
du luxe - La pression monte.
Sales gosses
Réal. : Frédéric Quiring.
1h28. Inédit. Avec Thomas Solivérès,
Tanya Lopert, Frédérique Bel. Alex
se retrouve moniteur d’une «colo»
pour retraités… qui lui en font voir de
toutes les couleurs.
22.25 Braquage à l’ancienne F i l m .
C o m é d i e 0.00 Babylon Berlin. Série
1.35 Mort à Sarajevo. Film.
Les nouveaux
sauvages
Argentine-Esp. 2014. Réal. : Damian
Szifron. 2h02. Avec Ricardo Darín.
Dans six situations différentes, des
citoyens franchissent la frontière
entre civilisation et barbarie.
22.50 Le sel de la terre Film. Doc.
0.40 Jonction 48. Film 2.10 Souvenir
inoubliable d’un ami. Court métrage.
Zone interdite
Présentation : Ophélie Meunier.
1h55. Passion et bons plans pour
la maison : dans les coulisses d’un
géant du bricolage et de la déco. Inédit. Plongée dans les secrets d’une
grande enseigne de bricolage.
30
T (en °c)
20.50 Retour à l’instinct
primaire
Téléréalité. 1h00. Colombie : Marie
et Olivier. Inédit. Dans la jungle colombienne, Marie et Olivier devront
dépasser leurs limites pour survivre.
21.50 Retour à l’instinct primaire.
Téléréalité 22.50 Top Gear. Mag.
22.55 Zone interdite Magazine.
Présentation : Ophélie Meunier. Un
été pour refaire ma maison.
<-10 à 0
18.30 Rénovation impossible. Téléréalité. Dans la cour des grands.
JEUDI
21.00 Les aventures de Tintin
18.55 Alerte Cobra. Série. Le témoin
aveugle - Maître Charles.
18.50 Un dîner presque parfait. Jeu
20.55 La petite histoire de France
19.00 Couple ou pas couple ? Jeu.
Présentation : Jean-Luc Lemoine.
21.00 L’extraordinaire naissance
du 1er bébé panda de France
21.00 Jamel et ses amis
au Marrakech du rire
21.00 Naturistes : vivre
heureux sans se cacher !
Doc. Fra. 2018. Réal. : P. Toury. 1h40.
Inédit. Immersion dans les coulisses
du Zooparc de Beauval, avec la famille
Delord, propriétaire des lieux.
Spectacle. 2h35. Jamel Debbouze
est accompagné d’invités prestigieux à l’occasion de cette 8e édition
du Marrakech du rire.
Doc. Réal. : Mikaël Pirat. 1h40. Inédit. L’hexagone est la 1re destination
naturiste au monde avec 13 millions
d’adeptes et 500 lieux dédiés.
22.40 Zoo de Beauval : dans les coulisses du plus grand zoo de France
23.35 Jamel et ses amis au Marrakech du rire. Spectacle.
22.40 Fiestas et produits stars : les
derniers musts de l’été. Mag.
Série. Animation. Fra. 1991. Saison 1.
Les bijoux de la Castafiore (1 et 2/2).
À l’occasion d’une promenade, le
capitaine Haddock tombe sur un
camp de tziganes.
21.50 Les aventures de Tintin. Série
0.40 Pyros : les rois du feu d’artifice
Tous les programmes
dans TV Magazine
et sur l’appli TV Mag
27/33
24/30
16/29
15/20
13/22
21/28
ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
0 à 10
ATHÈNES
BERLIN
BUDAPEST
LISBONNE
PRAGUE
TUNIS
VENDREDI
20/30
12/21
12/23
13/22
12/23
13/23
14/27
24/32
16/27
17/29
19/26
13/26
24/32
SAMEDI
12/21
15/19
13/22
15/25
15/21
17/30
14/25
8/16
25/33
22/33
AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
14/20
12/19
10 à 20 20 à 30 30 à >40
12/23
13/26
15/29
20/29
20/29
lachainemeteo.com
par téléphone :
LIVE 24/24 SUR
et sur
2,99 €/appel
A
20 .0 0 Rendez-vous avec Kevin
Razy (C) 20.30 Groland le Zapoï (C)
20.55 Catherine et Liliane (C)
26
24
20
19.00 Les vacances des Anges 3 : viva
España ! 19.55 The Big Bang Theory
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
18
JEUX D'ÉTÉ
TAKUZU
SU DO KU
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne, chaque colonne, et chaque carré
de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
Remplir la grille avec les chifres 0 et 1. Chaque ligne et chaque colonne
doit contenir autant de 0 que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1 placés l’un à côté
ou en dessous de l’autre.
FACILE
GRILLE 578
0
0
0
GRILLE
0
0
0
1
1
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
1
0
0
FACILE
1
7
5
9 6
3
2
4
5
2
1
4
3 8 7 2 9 6
5
9
4
8
7
6 5 4
2
8
3
9
0
0
2645
0
TITRE
OTTOMAN
RÉSISTANTES
IL FAIT
LE MALIN
L’ARGON
3
3
1
8
7 1
6
2
1 9 8
7 6
1
7
9
NOMBRE DE
PÉCHÉS
CAPITAUX
MORDANTS
BATEAU
ANTIQUE
DAMES
DE FER
DÉBUTER
POILU
PERSAN
FORMAT DE
FICHIER
DÉPLACÉES
PEAUFINE
SON
TRAVAIIL
TRACTOPELLE
M
R E
C
O E
N
M E
B
D
I V E
L I F O
L L E T
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C
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N
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C O C
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S O R T E
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R S
C L
E
M I E
R E S T E
S
A
L
A
I
R
E
S
R
E
N
E
Mots
léchés
0 1 0 1 0 1 1 0 0 1
0 0 1 0 1 1 0 1 1 0
1 1 0 1 0 0 1 1 0 0
DEUXIÈME
VAGUE
D’ESTIVANTS
BATAILLONS
COURTES
MÉLODIES
REGIMBER
ARME
À TRANCHANT
LAPINIÈRE
RESTE DE MATÉRIAU
CAFÉ POUR QUI RÉSISTE
PRÉDIRE
AU FEU
ÉRUCTE
1 0 0 1 0 1 0 0 1 1
0 1 1 0 1 0 0 1 0 1
1 0 1 0 1 0 1 0 1 0
GRILLE
BRISE LA
TERRE
MOUSSE
EN MER
EMBARRAS
ESPACE
ACTIF
UN ARTICLE
QUI VAUT
DE L’OR
FAÇON
D’ÊTRE
METS
EN JEU
PORTE
L’HABIT
FIN DE
VERBE
ON LUI FAIT
DE LA PUB
AU PUB
PRIVÉ D’UN
MEMBRE
PRÉPOSITION
ACCORD
HAUSSES
DES COURS
HORS DE
COMBAT
LANGUE
PENSÉE ARTIFICIELLE
PERCÉS
DE
PARTOUT
ENVIRON
CINQUANTE
SEMAINES
FROMAGE
DU CANTAL
ILS IMITENT
LE MARBRE
MOTS CROISÉS
PROBLÈME N° 4817
HORIZONTALEMENT
1. A u P a n t h é o n d e s o n v i v a n t e t d e p u i s
s a m o r t . - 2. A g e n t d e p o l i c e . - 3. F e m m e
d e V i e n n e . - 4. G r a n d s n o m b r e s . S y m b o l e .
- 5. L a m o ti i é d e l a m o ti i é d e m o n o n c l e .
A u b o u t d u c o m p t e . - 6. F a ti e n v i e a u x
e n f a n t s . O u v e r t u r e m u r a l e . - 7.I n d i q u e l e
c h e m i n à s u i v r e . - 8. S e c o u d o u s e c o l l e
a u m u r . B r i c o l e s . - 9. L a p r o t e c t i o n a u
f é m in in . V e rt b la n c o u m a r r o n , s e l o n le
s e n s . - 10. S o r t ti d u l o t . Th é o r i c i e n d u
p é c h é c a p ti a l . - 11. T r o p é l e v é e , e l l e p e u t
f a v o r i s e r l a g o u t t e . - 12. L e u r s f r u ti s s o n t
a p p e lé s « p o m m e s d e m e r » a u x A n t i l le s .
VERTICALEMENT
1. S u r n o m m é « l ’ e r m ti e d e C a m a r e t » ,
c e p o è t e s y m b o l is t e f u t l e g r a n d a n c ê t r e
d u s u r r é a l i s m e . - 2. O n y a c c o m m o d e
l e s r e s t e s . M o u v e m e n t s é p a r a t i s t e . - 3.
D é t r u ti e . U t i l e a u s a g e d a n s u n m o y e n
m n é m o t e c h n i q u e .I l f a u t l a t r o m p e r p o u r
q u ’ e l l e s e c a l m e . - 4. A r é d i g é u n d i c t i o n n a ri e u n i v e r s e l b i e n a v a n t L a r o u s s e .
S u r q u o i l ’ o n p e u t s e q u ti t e r . - 5. P o è t e
a m é r ic a i n a d u l é p a r s e s c o n t e m p o r a i n s .
U n c o u r s b a tl e p o u r u n f a m e u x r é g i m e n t
d e c h a s s e f r a n ç a i s . - 6.I o n e s c o l e s a v a ti
d a n s s a p o c h e . M o n t e o u p e u t f a ri e c o u l e r ,
s u i v a n t l e s e n s . F a u x f r è r e . - 7. P r é c i p ti e l e
r e n v o i . É t a t d e m a n q u e . - 8. N o m b r e a u
c e n t r e d e n o m b r e u s e s s u p e r s t it i o n s .
B a s e s d e r a p p o rt s .
BRIDGE
Par Vincent Labbé
1
ACTINIUM
POUR LE
CHIMISTE
PAS
ENCORE
BLANCHI
PRÉFIXE
PRIVATIF
ROI À JOUER
2
3
4
5
6
7
8
1
2
3
4
5
Par Philippe Cronier www.lebridgeur.fr
TEST D’ENCHÈRES N° 2903
Votre main en Sud
9
2
2
4
5
-
7 6
V 7
V 6
D
A
A
R
A
8
D
D
D
D
7
7
7
8
6
6
6
7
4
7
9
9
D
R
6 5
8 7
8 7
8 7
8 7
6
6
6
3
A 9 3 2
8 7
8
A V 7
Le début de la séquence :
S u d
O u e st
N ord
E st
p asse
?
Q u e l l e e s t v o t r e e n c h è r e e n Sud a v e c
c h a c u n e d e s c in q m a in s c i- c o n t r e ?
6
SOLUTION DU PROBLÈME N° 2902 : Tombé à Pique ?
7
Contrat : S u d j o u e 4 Piques.
Entame : D a m e d e ( l e 9 e n E s t ) e t 4 d e p o u r l ’ A s ( l e R o i e n E s t ) .
8
9
10
11
12
SOLUTION DU PROBLÈME N° 4816
HORIZONTALEMENT 1. D i a s p o r a . - 2. E n c o u r u s .
- 3. T a c t i l e s . - 4. U D R . N é r é . - 5. M a u r e . A r . - 6.
É p é e . F I V . - 7. S t . S o u . - 8. C a l i b r e s . - 9. É t a l i e r s .
- 10. N i n i . T W A . - 11. C o d e r . A n . - 12. É n e r v a n t .
VERTICALEMENT 1. D é t u m e s c e n c e . - 2.I n a d a p t a t i o n . - 3. A c c r u e . L a n d e . - 4. S o t . R é s i l i e r .
- 5. P u î n é . O b i . R V . - 6. O r l e . F u r e t . - 7. R u e r a i .
E r w a n . - 8. A s s e r v i s s a n t .
9
5
6
4
7
8
3
1
2
2
4
8
3
1
9
7
6
5
GRILLE
577
S i v o u s f a ti e s c i n q a t o u t s , v o u s r é a l i s e z d i x l e v é e s e t v o t r e c o m p t e e s t b o n .
E x i s t e - t - i l u n d a n g e r à f a ri e l a d o u b l e i m p a s s e , a u t r e m e n t d ti à j o u e r d ’ a b o r d p o u r
l e ? O h , o u i ! D è s q u ’ O u e s t a t r o i s a t o u t s , v o u s a v e z c h u t é .I l l u i s u ffi r a d e d o n n e r u n
q u a t r i è m e t o u r d e , c o u p é p a r E s t , q u i p r o v o q u e r a u n f a t a l u p p e r c u t . V o u s c o n c é d e r e z
a l o r s d e u x a t o u t s e t u n e d e c h u t e p a r la m ê m e o c c a s i o n .
C ’ e s t p o u r q u o i l e m a n i e m e n t j u s t e e s t c e l u i q u i maximise vos chances de ne pas
perdre la main d a n s l a c o u l e u r . E t l’impasse au Roi a d e u x f o i s p l u s d e c h a n c e s d ’ ê t r e
r é c o m p e n s é e q u e la d o u b le i m p a s s e !
6 5
J o u e r p o u r l a D a m e c o n s t ti u e e n o u t r e u n e s é c u r ti é
A 6 5
c o n t r e l e V a l e t s e c e n O u e s t ( m a i s i l s ’ a g it l à d ’ u n
R D 8 5
é v é n e m e n t s e c o n d a ri e ) .
V 9 8
R 7
U n e f o i s q u e l a D a m e d e a f a ti l a l e v é e , e n c a i s s e z
N
R 9 2
l ’ A s . S i t o u t l e m o n d e f o u r n ti , finito. S i O u e s t d é f a u s s e ,
O E 7 6
t o u t n ’ e s t p a s p e r d u , c o u p e z u n , j o u e z p o u r l a
S
R V 8 3
D 9 5 4
D a m e , c o u p e z u n d e u x i è m e , j o u e z A s e t R o i d e e n e s p é r a n t n e p a s ê t r e c o u p é p u is p r é s e n t e z u n e
8 7 3
c a r t e m i n e u r e d u m o r t p o u r l a is s e r E s t s a n s r e s s o u r c e s .
A 4 3
2
2
6
3
9
8
5
1
7
4
8
7
5
4
1
6
2
9
3
2643
1
7
3
5
2
6
9
8
4
GRILLE
VIEUX
CHEVALIER
ESPION (D’)
NI CHAUD
NI FROID
Takuzu
Sudoku
LAC DE
LOMBARDIE
MÉTAL
ABRÉGÉ
1 1 0 1 0 0 1 0 0 1
0 0 1 0 1 1 0 0 1 1
0 0 1 1 0 1 0 1 1 0
1 1 0 0 1 0 1 1 0 0
QUI EST
À MOI
DRAIN
CUTANÉ
BANDE DE
RADIOS
PRÊT À
MANGER À
LA CUILLER
ABOUTIR
A
7
SOLUTIONS DES JEUX
DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
X E
C
S U
S
H S
O
N N
ÉCHEC
DITE PAR
UN NARRATEUR
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SURPRENANTES
CÔTÉ
GAUCHE OU
CÔTÉ DROIT
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ATTITUDE
DE
BRAVOURE
PAREILLE
MANQUE DE
DIVERSITÉ
PILIER MIS
AU COIN
ESSAYÉES
EXPERT
4
Par Diane Monfort
CYCLE
MODERNE
BÂTON À
BRÛLER
2646
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MOTS FLÉCHÉS N° 2061
MÉLANGE DE
CONFISEUR
HOMME
D’ÉTAT
GRILLE
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MOTS COUPÉS
Par Arthur Gary
Assemblez les huit groupes de trois lettres deux
par deux pour former au moins dix mots de six
lettres. Un même groupe de lettres peut être
utilisé plusieurs fois pour des mots diférents.
C A N
C A R
C E R
P I N
P O N
T E R
T E S
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LE FIGARO
mercredi 29 août 2018
CHAMPS LIBRES
REPORTAGE
Un rassemblement viking à Trelleborg, début juillet en Scanie. Les règles de combat, le härkamp, permettent de se battre sans se blesser et de mettre en valeur les guerriers les plus valeureux.
En Suède, le grand retour
de la passion viking
Höör
L
es cris et le fracas des armes résonnent
dans une forêt de Scanie, dans le sud de
la Suède. Une quarantaine de guerriers
vikings, vêtus de cottes de mailles ou
de tuniques en laine, se faufilent dans
les sous-bois et se jettent les uns contre
les autres. Les épées et les haches
s’acharnent sur les ferrures de boucliers peints aux
couleurs d’Halsingarna, une croix jaune sur fond
rouge. Les archers, à l’écart du corps-à-corps, ajustent leur tir. Des hommes en sueur lèvent soudain les
bras en criant « touché ! », et s’éloignent du champ
de bataille, sous l’œil ébahi des vacanciers installés au
camping voisin. « Tous les week-ends, je m’habille en
Viking et je fais ce type d’entraînement, confie Johann,
un musicologue de Lund qui a troqué ses instruments
contre une lance de deux mètres. Car lorsque vous
participez à une grande bataille avec des centaines de
guerriers, que vous sentez la foule, l’adrénaline, ce sont
des sensations que vous ne trouverez pas ailleurs ! »
Halsingarna est en Suède l’un des premiers groupes qui s’est consacré à recréer le mode de vie viking
au début des années 1990. Ses membres se retrouvent
pour des combats dont les règles - le härkamp - permettent de se battre sans se blesser, et de mettre en
valeur les guerriers les plus valeureux. « Il y a très peu
d’accidents et cela permet de libérer l’agressivité », assure Ulla, un vétéran de 50 ans. De retour au campement, au milieu des tentes disposées en cercle, « pour
s’isoler du monde moderne », l’illusion continue.
Hommes et femmes sont vêtus comme en l’an 1 000.
Les plus fatigués s’allongent sur des peaux de bête,
tandis que les autres font cuire de la viande sur un gril
suspendu, « une copie de celui trouvé sur le drakkar
d’Oseberg ». Car cette histoire vivante passe aussi
par la fabrication d’armes, de vêtements, de tentes et
de bijoux. « On peut se fournir sur Internet ou sur les
marchés vikings, explique Johann. Mais à Halsingarna, on préfère faire nous-mêmes, en utilisant les sources historiques ou en allant dans les musées. »
Construction de temples païens
Des groupes comme Halsingarna se comptent
aujourd’hui par dizaines en Scandinavie ou en Grande-Bretagne. Ils célèbrent cette parenthèse héroïque
de l’histoire scandinave qui a vu ces normen – du IXe
au XIe siècle – écumer les mers, du Bosphore jusqu’au continent américain, cinq siècles avant Christophe Colomb. Ils se retrouvent dans des festivals,
s’affrontent en batailles rangées, organisent des mariages ou des baptêmes païens. Dans toute la région,
des groupes plus radicaux construisent ainsi des
temples païens pour faire revivre les rites et les cérémonies de l’ancienne Scandinavie. C’est le cas de
l’association Asa, créée en 2014, qui a obtenu le statut
d’organisation religieuse en 2016. Ses 800 membres
invoquent les anciennes divinités nordiques en buvant dans de longues cornes de vache évidées et réunissent des fonds pour bâtir leur propre temple, « qui
sera le premier en Suède depuis mille ans ».
Des dizaines de groupes
recréant le mode de vie
viking célèbrent cette
parenthèse héroïque
de l’histoire scandinave.
Ils se réunissent dans
des festivals, des batailles
rangées ou des mariages
païens. Cet engouement
séduit jusqu’à l’extrême
droite, qui voit dans
les Vikings « le symbole
de la domination
nord-européenne ».
100 km
Stockholm
Birka
SUÈDE
Göteborg
DANEMARK
Höör
Malmö
Lund
Scanie
Scanie
Mer Baltique
Infographie
Cette renaissance amuse Gunnar Andersson. Cet
archéologue et conservateur au musée historique de
Stockholm ne nie pas que l’époque viking soit la plus
emblématique de Scandinavie. Elle a semé la région
de buttes funéraires et de pierres runiques. Elle
continue d’alimenter les fantasmes à travers des découvertes spectaculaires, comme celle faite sur le site
voisin de Birka, en 2015 : une bague portant l’inscription « pour Allah », exhumée d’une tombe, a confirmé les contacts étroits existant entre le Grand Nord et
le monde islamique dès le IXe. Pour Gunnar Anderson, cette passion autour des Vikings en ce début de
XXIe siècle est donc justifiée, mais « pas très équilibrée ». « On oublie que les Vikings étaient avant tout
des paysans et des pêcheurs, qui partaient épisodiquement en expédition pour piller, commercer, ou faire la
guerre, rappelle-t-il. Quand des groupes comme Halsingarna viennent ici pour faire des répliques d’objets
vikings, ils sont surtout intéressés par les armes, les bijoux, tout ce qui est fait en métal. Les objets de la vie
quotidienne, ils ne les regardent même pas. »
« Notre salut traditionnel
a été dévoyé par Hitler »
Même s’il malmène la réalité historique, force est de
constater que cet engouement est devenu universel.
Dans un parc de Stockholm, ce 25 août, s’est tenue
une compétition sportive au nom sans ambiguïté :
Tough Viking… le rude Viking. Lors de cette course
d’obstacles, la plus importante en Scandinavie, les
concurrents doivent ramper dans la boue, sauter audessus de brasiers, grimper des murs à la force des
bras. Un parcours du combattant inspiré de celui des
Kustjägarna – les forces spéciales de la marine suédoise – qui ne prétend à aucune légitimité historique,
mais dont l’appellation « Viking » ne doit rien au hasard. « Dans l’esprit des concurrents, cela veut dire que
l’épreuve va être difficile, qu’il va falloir beaucoup de
courage et de volonté. Les Vikings symbolisent cet état
d’esprit, assure le fondateur de Tough Viking, David
Klint. J’ai commencé cette course en 2012 en pensant
qu’elle allait rester suédoise, mais ce côté viking a attiré
d’autres pays. Depuis 2012, nous l’avons organisée
dans dix villes en Europe, dont deux fois à Paris. »
Car les Vikings sont partout. Ils s’affichent dans
une série télévisée à gros budget (déjà 69 épisodes)
ou au cinéma avec Thor. Ils s’invitent dans les romans populaires (The Saxon Chronicles), les jeux vidéo (Battle for Asgard) ou la scène musicale (le viking
metal). Depuis 2012, le musée historique de Stockholm fait voyager dans le monde entier une exposition itinérante consacrée aux Vikings, qui a déjà réuni plus de deux millions de visiteurs.
Mais les guerriers barbus coiffés de casques à cornes - selon l’imagerie du XIXe siècle – sont aussi revendiqués par des descendants plus encombrants,
Lorsque vous participez à une bataille avec
des centaines de guerriers, que vous sentez
la foule, l’adrénaline, ce sont des sensations
que vous ne trouverez pas ailleurs
JOHANN, MUSICOLOGUE
»
TOMMY LINDHOLM/PACIFIC/SIPA
comme les dignitaires nazis, qui considéraient les
Scandinaves comme les parangons de la race aryenne
et ont abondamment utilisé la symbolique viking.
Plus récemment, le terroriste norvégien Anders Breivik, qui a assassiné 77 jeunes militants de gauche en
2011, sur l’île d’Utoya, se réclamait également de la
« pureté » viking ; comme le Mouvement de résistance nordique (NMR), groupuscule d’extrême droite
très actif, qui a adopté comme sigle la rune nordique
Tyr. « Les Vikings sont pris en otage par les fascistes,
encore aujourd’hui », déplore Johann, le musicologue
d’Halsingarna.
Alors qui peut aujourd’hui prétendre à l’héritage
viking ? Ce débat a rebondi en janvier lorsque l’équipe norvégienne de ski a présenté son sweater officiel
qui arborait cette rune controversée : Tyr. Certains
athlètes ont refusé de le porter. La Fédération nationale a même dû refaire une séance photo, avec
d’autres vêtements. La question est particulièrement
délicate dans ce pays, qui a été dirigé pendant la Seconde Guerre mondiale par Vidkun Quisling, une
marionnette de Hitler, fasciné comme lui par l’épopée viking. Mais pour l’auteur de bandes dessinées
Anders Kvale Rue, qui dirige aussi le groupe de Vikings chrétiens Olaf’s Men, cette page noire de l’histoire ne doit pas empêcher les Norvégiens d’être fiers
de leur passé viking : « À cause de ces nazis norvégiens, il est très sensible ici d’employer certains mots
ou symboles vikings. On ne peut par exemple pas utiliser de vieux noms nordiques, et encore moins notre salut traditionnel – Heil – qui a été dévoyé par Hitler.
Beaucoup n’osent même pas utiliser leurs couleurs nationales lors des rassemblements vikings. »
Une version queer
Au-delà des marchés folkloriques et des reconstitutions de bataille, c’est ce débat politique qui traverse
aujourd’hui toute la Scandinavie. Alors que l’extrême droite voit dans les Vikings « le symbole de la domination nord-européenne », la plupart des groupes
qui cherchent à revivre cette histoire portent des
valeurs opposées. Pour le réseau Vikings contre le
racisme, qui ne veut pas laisser cette culture ancestrale entre de mauvaises mains, « les Vikings, qui
commerçaient avec le monde entier, et notamment les
musulmans, étaient tout sauf des racistes ». Pour
Forn Sed, un autre groupe suédois, s’engager contre
toutes discriminations est aussi une condition d’adhésion. Ses membres, qui ont participé début août à
l’Europride de Stockholm, battent en brèche l’imagerie virile associée aux Vikings en proposant…
« une version queer de la mythologie nordique ».
« Nous n’avons aucun regard romantique sur la
puissance viking, aucune volonté de la recréer », insiste Johann en posant sa lance, après la bataille.
Saga, sa compagne, approuve. Si les femmes d’Halsingarna sont plutôt cantonnées à l’artisanat, elles
sont aussi quelques-unes à faire le coup de poing
dans la forêt. En Suède, on ne plaisante pas avec
l’égalité des genres, et cette tradition égalitaire n’a,
semble-t-il, pas attendu le mouvement Me Too pour
s’exprimer. Depuis le XIXe siècle, la tombe d’un
guerrier viking de haut rang exhumé sur l’île de Birka avec ses armes et ses chevaux servait de référence
aux historiens pour analyser l’art de la guerre viking.
En septembre dernier, l’analyse ADN du squelette a
révélé que ce guerrier… était en fait une guerrière. ■
A
Frédéric Faux
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mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
20
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Plaidoyer pour la nostalgie
l faudrait être un monstre
d’ingratitude pour ne pas
reconnaître les bienfaits du temps
présent : nous, Européens,
avons cessé de nous faire
la guerre ; nous guérissons de
maladies naguère incurables ; la durée
moyenne de la vie est en augmentation
constante ; la malédiction biblique a
été levée : les femmes n’enfantent plus
dans la douleur ; nous sommes moins
contraints, moins engoncés, les mœurs
sont plus libres ; les start-up nous
offrent des services auxquels nous
n’aurions même pas pensé, nous nous
déplaçons facilement, nous accédons
en un clin d’œil à toute la mémoire
du monde… Mais :
L’École, ce devait
être mieux avant
puisque toujours
moins de candidats
postulent au métier
« C’était mieux avant » : voilà une formule
de professeur.
qui a le don d’irriter les optimistes.
Les cafés, les
Selon eux, il est évident que les Français
restaurants, les
vivent mieux aujourd’hui qu’hier.
clubs de loisirs,
Le philosophe et écrivain* n’est pas de cet avis
c’était mieux avant
le boum-boum
et leur répond.
I
ALAIN FINKIELKRAUT
de la musique d’ambiance.
La rue, c’était mieux avant l’invasion
des téléphones portables.
Les éléphants, les buffles, les lions,
les léopards, les rhinocéros,
c’était mieux avant que ces espèces
soient menacées de disparition.
Les vaches, les poules, les cochons
vivaient mieux avant l’élevage
concentrationnaire.
La culture, c’était mieux avant
le tout-culturel.
L’opéra, c’était mieux avant
l’arraisonnement des œuvres
par des metteurs en scène ivres
de leur pouvoir et esclaves de l’air
du temps.
Le passé, c’était mieux avant qu’il
soit systématiquement mis au goût
du jour.
Le réel, c’était mieux avant l’écran
total.
Le bac, c’était mieux quand ce n’était
pas une blague.
La syntaxe, c’était mieux avant
que les politiques et les experts
s’interrogent « sur comment »
combler les déficits ou inverser
la courbe du chômage.
L’humour, c’était mieux avant le
ricanement permanent des amuseurs.
Le club des cinq, c’était mieux
avec le passé simple.
L’antiracisme, c’était mieux avant
les procès en sorcellerie.
La vie privée, c’était
mieux avant Facebook
et Instagram.
Le dimanche, c’était mieux
Le dimanche, c’était
quand c’était dimanche.
mieux quand c’était
dimanche.
Les paysages, c’était mieux
L’égalité, c’était
avant la multiplication des zones
mieux avant l’écriture
inclusive.
commerciales
Les paysages,
c’était mieux avant la
multiplication des zones commerciales
La lutte des classes, c’était mieux
et l’extension indéfinie du périurbain.
que la fracture française.
Les yeux voyaient mieux quand
La République, c’était mieux avant
il y avait des poètes.
les territoires perdus.
Le silence, c’était mieux avant qu’il
Les murs d’immeuble, c’était mieux
soit chassé de partout.
avant les tags.
La terre, c’était mieux quand on était
La laïcité, c’était mieux quand on
moins.
l’oubliait parce qu’elle allait de soi.
La nostalgie, c’était mieux avant
Le débat, c’était mieux avant
qu’on veuille l’extirper à tout prix
les listes noires dressées à
du cœur des hommes.
intervalles réguliers par les organes
* De l’Académie française.
de la vigilance.
L’élitisme pour tous, c’était mieux
que l’anti-élitisme.
Le kitsch, c’était mieux avant sa
consécration par l’Art contemporain.
Le vivre-ensemble, c’était mieux
quand l’expression n’existait pas.
«
»
C’est Jules César qui a inventé
la mensualisation de l’impôt sur le revenu !
u premier examen, rien
dans le système fiscal
français, à l’inverse de ce
qui s’observe dans le
domaine du droit civil,
ne paraît se rattacher à
l’héritage romain. Les anciens Romains
plaçaient par-dessus tout la préservation,
la conservation et la transmission du bien
familial - nom, richesse, biens-fonds dans la succession des générations à
l’intérieur de la famille, la gens. Il existait
bien un impôt sur les successions dont
l’empereur Auguste (27 avant J.-C.14 après J.-C.) avait fixé le montant à 5 %
du bien hérité. Mais il était si impopulaire
que le vertueux Trajan - par souci
d’honnêteté, ce prince excellent publiait,
nous dit Pline le Jeune, quand il rentrait
de voyage, le montant exact de ses frais
de déplacement ! - en avait
considérablement assoupli les modalités.
Au IIIe siècle, cependant, alors que
l’Antiquité prenait déjà ses couleurs
tardives, l’empereur Caracalla doubla
cet impôt sur les successions et le porta
à 10 %. En même temps, il accordait,
en 212, la citoyenneté romaine à tous les
habitants de l’Empire devenus par le fait,
comme l’avait compris l’historien
Dion Cassius (155-235 après J.-C.),
des contribuables supplémentaires
A
STÉPHANE RATTI
Alors que les Français
reçoivent leur avis
d’imposition pour 2018,
l’historien de l’Antiquité*
raconte, avec érudition
et humour, l’origine
du martyre fiscal
du contribuable
mensualisé.
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
nouvellement assujettis à cette taxe. Il
fallait se résigner : c’était le prix à payer
pour l’honneur d’être citoyen romain
et cela avait encore, à cette date,
du sens. Si l’impôt ne portait pas
directement sur le revenu, le système
tendait tout de même à l’universalité,
d’une certaine manière, de l’assiette.
L’invention de la mensualisation de
l’impôt, quant à elle, est bien romaine et
elle date de la soumission de la Gaule par
Jules César au Ier siècle avant notre ère.
Le conquérant nomma à la tête du bureau
fiscal chargé du recouvrement de l’impôt
en Gaule un dénommé Licinius avec le
titre de procurator. C’était un Gaulois,
ancien prisonnier de César, affranchi par
lui et nommé à ce poste de confiance en
raison de son impitoyable dureté :
« Unissant l’avarice d’un barbare aux
prétentions d’un Romain, Licinius abattit
tout ce qui autrefois avait paru supérieur à
lui, et opprima tout ce qui dans le moment
avait quelque puissance », raconte Dion
Cassius (Histoire romaine, LIV, 21). Licinius
« leva de fortes sommes pour satisfaire aux
exigences des fonctions dont il était chargé,
il en ramassa également de fortes tant pour
son compte personnel que pour les siens ».
Mais ce n’est tout : le même individu
eut l’idée de mensualiser l’impôt des
malheureux nouveaux provinciaux et
ENTRE GUILLEMETS
27 août 1780 : naissance du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres, maître du néoclassicisme
Conseil d’Ingres au jeune Degas
A
WORLD HISTORY ARCHIVE/ABACA
« Faites des lignes, jeune
homme, beaucoup de lignes,
de souvenir ou d’après
nature, c’est ainsi que vous
deviendrez un bon artiste»
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
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Charles Edelstenne
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Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
Directeur délégué
du pôle news
Bertrand Gié
Éditeurs
Robert Mergui
Anne Pican
poussa la perfidie jusqu’à décompter
quatorze mois dans l’année. Son
sophisme : décembre ne devait pas être
considéré comme le douzième mois de
l’année, mais comme le dixième pour se
conformer à l’étymologie de « décembre »
qui signifie decem (dix en latin). Il était
donc équitable, arguait notre roué,
d’ajouter deux mois fictifs à décembre.
Cette façon singulière de compter
rapporta en tout à Rome 40 millions
de sesterces par an (un artisan gagnait
environ 3 sesterces par jour,
mais la fortune de l’homme
le plus riche du temps de Néron,
Sénèque, s’élevait à 300 millions
de sesterces).
Les Romains n’aimaient pas plus l’impôt
foncier que nos contemporains : les
citoyens romains dans les provinces de
l’Empire n’étaient jamais les véritables
propriétaires des terres qu’ils exploitaient.
Ils en étaient les simples possessores,
« possédants », eu égard au fait que
ces terres étaient d’anciens territoires
confisqués aux vaincus et à ce titre
propriétés de l’État. Ils devaient donc
s’acquitter d’une taxe foncière. Or, sous
l’empereur Auguste, son beau-fils Drusus
voulut procéder, en 12 avant
J.-C., à une révision cadastrale des biensfonds en Gaule. Las, ce type de réforme
est, on le sait, risqué et Tite-Live, pourtant
prudent soutien de la politique d’Auguste,
laisse entendre qu’une importante révolte
de la population contraignit le prince à
sévir. Les Gaulois, qui répugnent à être
« cadastrés », dira un peu plus tard
l’empereur Claude, n’aiment point « ce
type d’opération nouvelle et inhabituelle ».
Dans l’Antiquité tardive, au IVe siècle
après J.-C., s’était répandue une curieuse
façon de faire sa cour au prince : le coucher
sur son testament personnel et le faire
savoir afin d’entrer en ses bonnes grâces.
La mode en était devenue si générale
qu’elle pesait sur les finances des grandes
familles enclines, pour plaire, à une
certaine surenchère en la matière.
L’empereur chrétien Théodose,
dans un souci de vertu fiscale,
fit interdire cette pratique en 389.
Nous possédons le texte de loi en
question et il est piquant de constater que
cette réforme due à un empereur chrétien
a reçu l’approbation des familles
de l’aristocratie païenne du temps,
FIGAROMEDIAS
9, rue Pillet-Will, 75430 Paris Cedex 09
Tél. : 01 56 52 20 00
Fax : 01 56 52 23 07
Président-directeur général
Aurore Domont
Direction, administration, rédaction
14, boulevard Haussmann
75438 Paris Cedex 09
Tél. : 01 57 08 50 00
direction.redaction@lefigaro.fr
par exemple celui du préfet de la ville,
Symmaque. Le rédacteur de la loi était
Nicomaque Flavien senior, l’auteur
de l’Histoire Auguste, qui a transposé
cet épisode dans son histoire romancée,
attribuant par jeu la mesure à un empereur
qui avait pourtant régné exactement deux
siècles auparavant, Pertinax. Ce dernier
souhaitait empêcher que le prince, et donc
le fisc, ne se substitue aux héritiers :
« Il affirma que, pour lui, il n’accepterait de
se faire l’héritier de personne ni de recevoir
aucun héritage fait par désir de plaire ou dû
à la confusion d’un litige qui aurait pour
conséquence que les héritiers légitimes
ou les parents fussent lésés. Il ajouta
ces mots par senatus-consulte : “Il est
préférable, pères conscrits, de garder l’État
pauvre plutôt que de parvenir au comble de
la richesse en suivant un chemin dangereux
et déshonorant” » (Histoire Auguste,
Vie de Pertinax, VII, 2-3).
Dans cette affaire, la fiscalité avait joué
un peu le rôle d’un prétexte car l’auteur
de l’Histoire Auguste, Nicomaque Flavien
senior, qui était païen, voulait montrer
qu’un prince adepte de l’ancienne
religion, comme Pertinax, pouvait
être aussi fiscalement vertueux
qu’un empereur très chrétien
tel Théodose. Déjà donc dans l’Antiquité
on colorait les réformes fiscales
des peintures de la morale.
Cependant, contrairement à nos jours,
les dirigeants de l’Empire romain
ne faisaient pas figure de premiers
responsables de la pression fiscale.
Ils jouaient plutôt le rôle de recours et
passaient parfois l’éponge, par exemple…
en brûlant volontairement des archives
fiscales afin de calmer un conflit !
*Agrégé de lettres classiques, professeur
des universités, Stéphane Ratti enseigne
l’histoire de l’Antiquité tardive à l’université
de Bourgogne-Franche-Comté.
L’auteur a renouvelé notre vision
des relations entre chrétiens et païens aux
IVe et Ve siècles. Il a publié de nombreux
ouvrages remarqués, comme « Le Premier
saint Augustin » (Les Belles Lettres, 2016),
salué par la critique. Dans son nouvel
essai, « Les Aveux de la chair sans masque »
(Éditions universitaires de Dijon, 110 p.,
10 €), l’auteur analyse l’interprétation
discutable, par Michel Foucault,
de textes des pères de l’Église
sur la sexualité.
Impression L’Imprimerie, 79, rue de Roissy
93290 Tremblay-en-France
Midi Print, 30600 Gallargues-le-Montueux
Ecoprint Casablanca Maroc. ISSN 0182-5852
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1er cahier 22 pages
Cahier 2 Économie
6 pages
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LE FIGARO
L’ÉTÉ DU FIGARO
Lénine,
trahi par
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3/6
SÉRIE ÉTÉ
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De quoi son
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Face à ces
ales, voici les
« autopsies his
pratiquées pa
r des médecin
tor
iques »
s et historiens.
Lénine dans son bureau
du Kremlin à Moscou,
le 16 octobre 1918.
Le fondateur du bolchevisme
est mort à 53 ans, très diminué.
De nombreuses hypothèses,
dont le poison ou une maladie
génétique rare, tentent
d’expliquer sa fin.
À partir de 1921, le leader, qui a
alors 51 ans, est épuisé physiquement et moralement par le pouvoir.
Il est 18 h 50, le 21 janvier 1924 lors- Les insomnies s’intensifient, ainsi
que Vladimir Ilitch Oulianov, dit que ses douleurs à la tête. Il présenLénine, rend son dernier soupir. te plusieurs alertes cardiaques. En
Une heure plus tôt, le leader sovié- juin 1921, le politburo (bureau centique avait été pris de tremble- tral du Parti communiste soviétiments et de nausées dans sa maison que) enjoint Lénine de prendre du
de campagne à Gorki. Son rythme repos. Ce dernier, réticent, s’isole
cardiaque s’était ralenti. Dans les tout de même dans un manoir à
dernières minutes de sa vie, il se Gorki, au sud de Moscou. Au bout
tordait de douleur sur son lit en d’un mois, il n’est toujours pas
hurlant, trempé par la sueur. Son complètement rétabli. Il demande
ami, Boukharine témoignera de ses même à être soulagé d’une partie
derniers instants : « Je me précipitai de son travail. Mais il refuse de se
dans la chambre d’Ilitch, pleine de voir retirer l’intégralité des tâches,
médecins et de potions, juste au mo- s’installant à Gorki, avec dans
ment où il expira. Sa tête bascula en l’idée de travailler à distance. Mais
arrière, son visage devint livide, et sa malgré le repos, le leader ne parvient pas à reprendre
respiration sifflante :
des forces.
ses mains retombèrent.
« Tout le dossier méIlitch n’était plus. »
Le seul point
dical fut passé en reDe quoi le fondateur
sur lequel
vue : ses problèmes de
du bolchevisme, adulé
vue durant son enfance,
et craint, est-il mort ?
les avis
Staline l’aurait-il emconvergeaient les troubles gastriques
de sa jeunesse, ses
poisonné ? Serait-ce
était que le
maux de tête et insomles conséquences d’une
balle qu’il a reçue lors
repos seul ne nies, le mal des ardents,
les attaques ischémid’une tentative d’atsuffirait pas
ques transitoires, l’astentat en 1918 ? Lénine
à lui rendre
thénie et les obsessions.
était-il malade ? NomLes praticiens étaient
breuses sont les théola santé
tous très embarrasries pour expliquer sa
ROBERT SERVICE,
sés », assure Robert
mort, à l’âge de 53 ans.
AUTEUR DE LÉNINE :
UNE BIOGRAPHIE
Service. Mais personne
Et si aucune de ces hyn’est d’accord : « Le
pothèses n’était exacte ? Selon des chercheurs améri- seul point sur lequel les avis convercains de l’université du Maryland, geaient était que le repos seul ne sufLénine serait mort, comme la plu- firait pas à lui rendre la santé. » Plupart des membres de sa famille, à sieurs théories émergent alors.
La première est celle d’un médecause d’un gène défaillant.
Vladimir Ilitch Oulianov est né le cin allemand, Victor Klemperer. Il
10 avril 1870 dans une famille bour- postule que la balle logée dans son
geoise, à Simbirsk, ville qui fut re- cou depuis l’attentat de 1918, est
baptisée Oulianovsk après sa mort. responsable d’une intoxication céTroisième enfant d’une fratrie de rébrale au plomb. Et que cette inhuit, il grandit dans des conditions toxication engendre les céphalées.
privilégiées. Son père, enseignant Sûr de son coup, le chirurgien opèreconnu, et sa mère, femme au re Lénine pour lui retirer le projecfoyer, sont des sujets loyaux du tsar tile le 23 avril 1922.
À son réveil, après l’intervenet seront même anoblis en 1874.
Mais, depuis son plus jeune âge, tion, Lénine semble aller beaucoup
Lénine, né avec un strabisme à mieux. Les maux de tête ont
l’œil gauche, a une santé fragile. d’ailleurs presque disparu. Mais la
Pourtant, « il a eu une vie, que l’on joie est de courte durée. Un mois
peut juger, avec certitude, saine », après l’extraction de la balle, le
assure Dominique Colas, historien convalescent est victime d’un graet auteur de Lénine politique (2017, ve accident cérébral, qui laisse moFayard). « Il ne fumait pas : il était mentanément son côté droit entièmême très hostile au tabac et ne rement paralysé. Les maux de tête
supportait pas que l’on fume en sa reprennent. Et à partir de cet acciprésence. Il ne buvait presque pas. dent, Lénine aura beaucoup de difEt il évitait les aliments riches, au ficultés à parler et ses pensées sont
profit du pain et des céréales parfois confuses.
Face à ce premier échec, le probouillies. » Il pratiquait également
une activité physique régulière : fesseur Kojevnikov, neuropatholomarche à pied, vélo ou encore giste, tente à son tour sa chance.
Pour lui, Lénine présente les sympnatation.
Premier coup dur : il contracte tômes de la syphilis. Le médecin lui
la typhoïde à l’âge de 22 ans. À fait passer un test Wasserman (uti37 ans il réchappe à une grippe. lisé à l’époque pour diagnostiquer
Tout au long de sa vie, il sera victi- la maladie). Officiellement, l’exame de « céphalées et de douleurs men revient négatif. Pourtant, la
gastriques, chroniques et terrible- théorie de la syphilis n’est pas
ment intenses, au point de l’empê- abandonnée pour autant : « À cette
cher de dormir », note Robert Ser- époque, Lénine était un idéal de movice dans Lénine : une biographie rale et de vertu », explique Domini(Perrin, 2012). Des symptômes qui que Colas. « Plutôt propagée par ses
s’aggraveront dans les dernières adversaires, la suspicion de syphilis
années de sa vie. À 38 ans (juste introduisait un élément de débauche.
après sa prise de pouvoir), Lénine Cela a également été repris par quelest victime d’un attentant à l’issue ques-uns de ses proches, cette fois,
d’un meeting à l’usine Michelson pas de façon négative, mais c’était
de Moscou. Il reçoit deux balles en une maladie fréquente à l’époque. »
La dernière hypothèse, qui
plomb, qui resteront plusieurs années logées dans son organisme émerge à l’époque, était celle de
l’athérosclérose. Cette maladie
(au cou et à l’épaule).
mercredi 29 août 2018
RUE DES ARCHIVES/PVDE
AURÉLIE FRANC £@AurélieFran
DES ARTÈRES
TRÈS ABÎMÉES
Nous sommes presque tous
porteurs de plaques d’athérome
dans nos vaisseaux sanguins.
Composées de dépôts de graisse
(cholestérol) sur les parois
des artères, ces plaques
apparaissent dans notre
organisme dès l’entrée
dans la vie adulte. Le dépôt
des plaques entraîne
un durcissement des parois
des artères : on parle
alors d’athérosclérose.
Dans la plupart des cas,
la présence de ces plaques
est asymptomatique.
Mais lorsqu’elles grossissent,
elles rétrécissent les artères,
entraînant un ralentissement
de la circulation sanguine.
Le danger est qu’une de ces
plaques se détache de la paroi
pour venir boucher une artère.
Selon la localisation de l’artère
bouchée, l’accident cardiovasculaire diffère : pour le cœur,
on parle d’angine de poitrine
ou d’infarctus du myocarde,
d’accident vasculaire cérébral
(AVC, comme Lénine)
pour le cerveau, et d’artérite
pour les membres inférieurs.
»
LES DATES
1870
Naissance
de Vladimir Ilitch
Oulianov, dit Lénine
Août 1918
Lénine est la cible
d’un attentat après
sa prise de pouvoir
Avril 1922
Opération
d’extraction
de la balle logée
dans son cou
Mai 1922
Premier AVC grave
21 janvier 1924
Mort de Lénine
à Gorki
cardiovasculaire entraîne le dépôt
de plaques d’athérome dans les
vaisseaux sanguins de l’organisme,
pouvant engendrer la lésion de
vaisseaux, leur obstruction ou encore leur rupture. Cette hypothèse,
déjà évoquée lors du décès de Lénine, est la plus probable selon des
chercheurs du Maryland qui ont
analysé les causes possibles de sa
mort dans un article intitulé « Vessels of Stones » et publié dans la revue Human Pathology en 2012.
Plusieurs faits viennent appuyer
cette hypothèse. Tout d’abord,
l’autopsie du leader soviétique,
réalisée le lendemain de sa mort,
assure que les « artères carotides et
les artères cérébrales (du patient,
NDLR) sont durcies et calcifiées avec
une paroi irrégulièrement épaissie ».
Les causes de la mort sont : « la détérioration de la circulation sanguine
dans le cerveau » et une « hémorragie d’une partie du cerveau ».
De plus, Lénine a multiplié les
AVC depuis sa première grosse attaque de mai 1922, ce qui fait pencher pour un dysfonctionnement
de ses artères cérébrales. En deux
semaines, fin 1922, il est victime de
cinq attaques. La nuit du 6 au
7 mars 1923, il perd l’usage de sa
main droite. Le 10 mars de la même
année, il devient définitivement
paralysé du côté droit. Le même
mois, il perd l’usage de la parole.
Sept autres attaques suivront entre
novembre et décembre.
Quelle est l’origine de cette
athérosclérose ? Selon l’équipe du
Maryland, il pourrait s’agir d’une
défaillance génétique. En effet, en
2011, des chercheurs ont découvert un « gène responsable »
d’une forme d’athérosclérose atteignant les jambes et les mains.
L’équipe du Maryland conclut
donc : « Il se pourrait que la forme
de la maladie chez Lénine soit une
variante non encore découverte
d’une athérosclérose d’origine génétique. La variante de Lénine, si
elle existe, entraîne une calcification
étendue des principaux vaisseaux
du cerveau, plutôt que des jambes,
et se caractérise par une douleur récurrente à la tête (migraines), plutôt
que par une douleur à la jambe. » La
théorie est d’autant plus crédible
que le père de Lénine, de même
que son frère Dmitri et ses sœurs
Anna et Maria, sont tous morts des
suites de problèmes circulatoires.
Pour valider leurs hypothèses, les
chercheurs américains demandent
- en vain - à ce que des tissus de
Lénine, qui repose dans son mausolée sur la place Rouge (à Moscou), soient analysés.
Si l’athérosclérose d’origine génétique demeure aujourd’hui la
cause la plus probable de la mort de
Lénine, cela n’empêche pas les
chercheurs de rappeler certaines
théories plus controversées. Notamment celle d’un possible empoisonnement par Staline. Car Lénine, terrifié à l’idée de terminer sa
vie paralysé, aurait demandé à
Staline, au début de sa maladie, de
l’aider, si un jour il souhaitait se
suicider. Sauf qu’au fil des derniers
mois de la vie de Lénine, les relations entre les deux hommes s’enveniment. Et Staline aurait pu finir
par administrer à Lénine le poison
qu’il s’était procuré. Les chercheurs
concluent donc : « Compte tenu des
symptômes lors des dernières heures
de la vie de Lénine, qui sont caractéristiques de l’intoxication aiguë au
cyanure, et sans parler de la mort
mystérieuse de nombreux membres
du cercle intime de Staline, l’empoisonnement par cyanure peut être
ajouté à la liste potentielle des causes
de la mort de Lénine. » « Peu probable », selon Dominique Colas, mais
certainement plus romanesque
qu’une maladie génétique rare ! ■
RETROUVEZ DEMAIN :
Mozart foudroyé en deux
A
«
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 29 août 2018 LE FIGARO - N° 23 030 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
ALIMENTATION
DES DÉPUTÉS VEULENT
TAXER LES PRODUITS
TROP SALÉS PAGE 25
ALLEMAGNE
SCHOLZ, LE MINISTRE DES
FINANCES, DÉFEND
L’EXCÉDENT PAGE 26
L’intelligence artificielle
s’impose au quotidien
Le salon de l’électronique de Berlin (IFA) fait la part belle à cette technologie
sortie des laboratoires pour s’installer dans les objets de tous les jours.
Les grandes marques de l’électronique grand public vont dévoiler
leurs dernières innovations cette
semaine au salon de Berlin. L’intelligence artificielle, qui s’intègre
dans les objets les plus inattendus,
y occupera une place centrale :
réfrigérateurs, aspirateurs ou téléviseurs deviennent plus intelligents, capables de s’adapter voire
d’anticiper les besoins des
consommateurs. Les objets sont
intelligents, mais aussi à l’écoute :
les assistants vocaux deviennent
incontournables, et une petite
phrase suffit désormais pour allumer les lumières, fermer les stores
ou écouter de la musique.
èÉCRANS PLUS GRANDS, OBJETS
DOTÉS D’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE :
LE FUTUR EST À NOS PORTES
èLA 5G, PROCHAINE RÉVOLUTION
INTERNET ET MOBILE èHUAWEI VISE
LA PREMIÈRE PLACE MONDIALE DANS
LES SMARTPHONES PAGES 24 ET25
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA//LE FIGARO; JENS SCHICKE/CTION PRESS/SIPA; CONSOGLOBE
Nicolas
Sarkozy
raconte la
crise de 2008
L’ancien président
était en première ligne
quand, il y a dix ans,
la faillite de Lehman
Brothers a ébranlé
le monde. Il décrit
ces événements
extraordinaires
qui ont marqué son
quinquennat et met
en garde : « Les mêmes
causes, demain,
peuvent produire les
mêmes effets. » PAGE 27
MÉDIAS
Année noire pour
les pure players
de l’info gratuite
PAGE 28
LA SÉANCE
DU MARDI 28 AOÛT 2018
CAC 40
5484,99
+0,11%
DOW JONES (18h)
26052,59 +0,01%
ONCE D’OR
1212,25 (1197,70)
PÉTROLE (lond)
76,220 (75,770)
EUROSTOXX 50
3455,50 -0,01%
FOOTSIE
7617,22 +0,52%
NASDAQ (18h)
7560,31 +0,02%
NIKKEI
22813,47 +0,06%
Vingt-quatre heures après la conclusion d’un accord commercial entre
les États-Unis et le Mexique pour
remplacer l’Alena, le traité de libreéchange nord-américain, la balle est
dans le camp canadien. Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor américain, pense que le Canada peut, d’ici à
vendredi, se rallier à l’accord bilatéral.
« Notre objectif est d’essayer de
faire entrer le Canada dans l’accord
rapidement… le marché américain et
les marchés canadiens sont très imbriqués… », estime le ministre des Finances de Donald Trump. Comme le
texte du traité sera soumis au
Congrès vendredi, le Canada n’a plus
que trois jours pour se décider.
L’économie canadienne est très dépendante de celle des États-Unis, qui
est douze fois plus grande. La menace proférée lundi par Donald
Trump d’imposer des droits de
douane aux automobiles venues du
Canada, si Ottawa ne souscrit pas au
compromis bilatéral négocié avec le
Mexique, met sous pression les
autorités canadiennes. Elle n’est certainement pas du goût de General
Motors, Toyota, Ford, Fiat Chrysler
ou Honda, qui assemblent des milliers de véhicules au Canada avant
de les vendre aux États-Unis.
L’abandon par Washington et
Mexico du chapitre 19 de l’Alena pose
un problème à Ottawa. Il rend plus
difficile la contestation de sanctions
commerciales prises par un pays de
la zone contre un autre, au nom du
dumping. Or les États-Unis ont imposé récemment plusieurs types de
sanctions à des produits canadiens,
notamment le bois, jugé illégalement
subventionné.
Entre autres critiques de la position
américaine, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, argue depuis
des mois que l’Administration Trump
n’a pas de mandat du Congrès pour
négocier un simple accord bilatéral
avec le Mexique. Cette observation,
juridiquement exacte, ne l’empêche
pas aujourd’hui d’être au pied du mur.
En dépit de la réticence des élus républicains attachés au maintien d’un
accord tripartite, la Maison-Blanche
se fait fort d’obtenir a posteriori un
mandat du Congrès.
P.-Y. D.
Une députée LaREM
Malgré son succès, un hôtel-restaurant prône un big bang
ferme car il n’arrive pas à recruter
de la santé au travail
L'HISTOIRE
A
u nord de Castelnaudary, dans
l’Aude, l’hôtel-restaurant
La Table d’Auberjon s’apprête
à fermer ses portes. Cette
adresse, lancée il y a trois ans
par trois anciens du restaurant étoilé
l’Hostellerie de
la Pomarède, rencontre
pourtant un franc succès.
« Encore aujourd’hui nous
sommes au-dessus
du seuil de rentabilité »,
indique le restaurateur
Jérôme Martres.
S’il baisse le rideau,
c’est uniquement
« par manque de salariés
compétents ». Pendant
toute la saison, les trois
associés ont vécu « un
véritable enfer » à cause
« du déséquilibre entre
l’offre et la demande de
travail dans l’hôtellerie ».
« Si je licencie quelqu’un,
il retrouvera un travail
dans la journée, raconte
Jérôme Martres. Un de
mes employés a démissionné pour partir
en week-end avec sa fiancée, étant sûr de
retrouver un poste à son retour. En attendant,
il touche le chômage. Ils n’ont absolument pas
peur de perdre leur emploi. Certains fument
de la drogue dans les toilettes, volent
des bouteilles de vin
ou abandonnent leur poste.
J’avais quatorze employés
au début de la saison,
il en reste sept : je n’ai pas
pu remplacer ceux qui sont
partis. Pourtant, notre
bassin d’emploi compte
44 cuisiniers et 99 serveurs
au chômage qui ont tous
reçu mes offres d’emploi.
Aucun n’a répondu. »
Les témoignages de
restaurateurs dans le même
cas sont nombreux.
Certains parlent d’une
pénurie de main-d’œuvre
dans le secteur. Au
deuxième trimestre 2018,
la France comptait
150 000 emplois vacants. ■
NICOLAS ORLIAC
Le système de prévention des
risques professionnels souffre d’une multiplicité d’acteurs qui le rend illisible et,
par voie de conséquence, peu
efficace. C’est, en substance,
le constat dressé par le rapport sur la santé au travail remis ce mardi au gouvernement par la députée LaREM
du Nord Charlotte Lecocq, le
consultant Bruno Dupuis et le
cédétiste Henri Forest.
Selon les trois auteurs, la diversité d’interlocuteurs en
matière de santé au travail
« génère des doublons et nécessite des moyens de coordination très chronophages ».
Résultat, TPE et PME peinent
à identifier les structures vers
lesquelles se tourner pour
être accompagnées dans leur
prévention des risques physiques, chimiques ou psychosociaux. Pour que ces
services gagnent en lisibilité,
le rapport suggère donc de
créer un guichet unique régional qui abriterait l’ensem-
ble des dispositifs proposés
par les services de santé au
travail et les autres organismes de prévention (Carsat,
Anact, OPPBTP…).
Côté financement, la mission
préconise une remise à plat du
système, à travers la création
d’une cotisation unique pour
les employeurs. Recouvrée
par les Urssaf, elle cumulerait
les montants aujourd’hui versés aux services de santé au
travail et à la branche de la
Sécurité sociale chargée de
l’indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles. Alors
qu’ils en sont privés actuellement, les indépendants bénéficieraient des services de
prévention des risques professionnels, sur la base d’une
cotisation volontaire. Commandé en janvier par l’exécutif, ce rapport doit servir
de base à la négociation que
doivent mener les partenaires sociaux sur le sujet à
l’automne.
A
le PLUS du
FIGARO ÉCO
LE CANADA
A 3 JOURS POUR
SE RALLIER
À TRUMP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
24
L'ÉVÉNEMENT
Des écrans plus grands, des objets dotés
d’intelligence artificielle : le futur est à nos
L’IFA, salon qui ouvre ses portes vendredi, est l’occasion de découvrir les grandes tendances de l’électronique
ÉLECTRONIQUE Plus grands et
plus intelligents. Les objets électroniques qui nous entourent sont
en pleine révolution. Cette année,
à l’occasion du salon de l’électronique et de l’électroménager berlinois (IFA), qui ouvre ses portes
au grand public vendredi, les fabricants mettent l’accent sur deux
éléments : l’intelligence artificielle et les grands écrans. Parler aux
objets de sa maison deviendra
parfaitement normal ! Le téléviseur, truffé de nouvelles fonctionnalités, pourrait même être le
principal interlocuteur dans ces
dialogues d’un nouveau type.
Après quelques années de désamour, les téléviseurs reviennent
jouer les vedettes dans le salon.
Impossible aujourd’hui de parler
du « petit écran » ou de « lucarne » devant de véritables murs
d’images, flirtant avec les deux
mètres de diagonale (75 pouces).
Les télés grandissent, non pas parce que les foyers qui les accueillent
sont plus spacieux, mais parce que
la résolution de l’image est de plus
en plus fine. Une meilleure définition permet de réduire le recul
nécessaire du téléspectateur.
Après la 4K (ou Ultra Haute définition), la 8K s’apprête à faire
son entrée sur le marché. Samsung, le leader du secteur, pourrait
être un des premiers
à se lancer, avec, à
la clé, des téléviseurs encore plus
grands. LG pourrait
en faire de même,
mais en utilisant sa
technologie Oled. Il
n’y a certes aucun
contenu disponible
avec une telle résolution mais le traitement logiciel des
images devrait permettre de transformer des images de
la 4K en 8K.
L’augmentation de la taille des
écrans permet aux fabricants de
résoudre un autre problème : dans
un marché historiquement déflationniste, un grand écran se vend
plus cher qu’un petit. Pour les fabricants, c’est tout simplement le
chemin le plus court pour créer de
la valeur dans un marché de renouvellement.
A
bles de reconnaître la nature des
aliments. Car, que ce soit dans la
cuisine, les pièces à vivre ou les
chambres, l’intelligence artificielle (IA) est mise à toutes les
sauces.
L’IA sert au traitement des
images pour
optimiser les performances des
capteurs photo des smartphones,
améliorer celles des téléviseurs,
gérer des contenus ou reconnaître
des objets. Les applications sont
parfois inattendues, comme chez
LG qui présente un aspirateur robot capable d’identifier les objets
qui l’entourent. Il fait ainsi la différence entre une
Ne plus ouvrir le frigo
L’inflation de la taille des écrans
gagne d’ailleurs tous les domaines, qu’il s’agisse de smartphones, d’ordinateurs portables… ou
d’électroménager ! Fours et réfrigérateurs dernier cri sont équipés
d’écrans tactiles pour afficher le
contenu d’un bac à légumes ou
des conseils de cuisson. Les marques rêvent de faire de ces appareils le point de rendez-vous de la
famille, l’endroit où l’on se laisse
des petits messages. Les réfrigérateurs semblent une source inépuisable d’inspiration pour les marques, avec des portes qui peuvent
devenir transparentes. Rien ne
semble trop beau pour que le
consommateur n’ait pas à ouvrir
la porte de son réfrigérateur pour
en connaître le contenu. Ce simple geste est le cauchemar des fabricants : ouvrir un frigo fait baisser sa performance énergétique.
Les marques misent aussi sur les
écrans de la cuisine pour mettre
en avant de nouveaux services,
2
La 5G, prochaine révolution
Internet et mobile
La 5G, nouvelle génération pour
les réseaux de téléphonie mobile
est au centre des préoccupations
de tous les acteurs. Les premiers
réseaux commerciaux devraient
voir le jour vers 2020. Elle doit
permettre un nouveau saut technologique en matière de connectivité et entraîner dans son sillage
de nouvelles innovations.
«La 5G marquera un véritable
tournant pour de nombreuses technologies. La réalité virtuelle et la
réalité augmentée (VR et AR) en
font partie », souligne Éric Matthes, vice-président HTC Europe.
Les réseaux mobiles du futur seront capables de transporter plus
de données et plus vite. Ces deux
points sont essentiels pour la VR
et l’AR : aujourd’hui, pour disposer d’images de bonne qualité, il
faut que les casques ou les lunettes soient connectés par câble à
une source de contenus. Demain,
la 5G y pourvoira, offrant une
plus grande latitude de déplacements et donc, la possibilité de
faire émerger de nouvelles applications. « Avec des lunettes de
réalité augmentée, n’importe qui
pourra recevoir des informations
et, par exemple, réparer lui-même
un lave-linge en panne ! », illustre
Éric Matthes. Les champs d’application de ces technologies
concernent désormais toutes les
industries.
Les fabricants de smartphones
sont aussi dans les startingblocks, prêts à lancer les premiers
1
comme des recommandations
diététiques ou des recettes de cuisine. Les recettes utilisent le
contenu du frigo grâce à des intelligences artificielles capa-
SAMSUNG, PHILIPS, DYSON, AMAZON,
ELSA BEMBARON £@elsabembaron
terminaux en 5G. Le chinois ZTE a
enflammé les esprits avec une invitation laissant entendre qu’il
pourrait présenter un des premiers smartphones 5G, le ZTE
Axon 9. De même, le V45 de LG
pourrait être « 5G ready ».
Huawei devrait lui se contenter
de présenter son premier processeur 5G, une brique indispensable
pour un industriel qui a choisi de
produire ses propres composants.
Réseaux à bâtir
Mais pour que tout cela devienne
une réalité, il faudra construire
les réseaux télécoms et donc que
les opérateurs engagent des milliards d’euros de dépenses. Dans
les réseaux, Chinois, Coréens, Japonais et Américains sont partis
avant le coup d’envoi… tandis que
les Européens attendent sagement d’avoir toutes les spécificités technologiques du nouveau
standard pour se lancer. Ce qui
devrait être le cas avant la fin de
l’année. Néanmoins, le retard
peut encore être comblé, à condition d’y mettre les moyens. À cette fin, la Banque européenne
d’investissement (BEI) vient
d’accorder un prêt de 500 millions d’euros à l’équipementier
télécoms finlandais Nokia dans le
cadre du plan d’investissement
pour l’Europe. De leur côté, les
opérateurs télécoms, notamment
Orange, SFR et Bouygues Telecom, commencent à tester la 5G
en « grandeur réelle ». ■
E. B.
1. Samsung, leader du
marché des téléviseurs,
pourrait lancer le premier
modèle en 8K, un niveau
supérieur à l’actuelle Ultra
Haute Définition (4k).
2. Les lumières d’ambiance
Hue Play de Philips sont
des barres LED qui d’un
mot, s’allument, s’éteignent
ou changent de couleur.
3. L’aspirateur autonome
Dyson 360 Eye Expert
est réglable depuis
son smartphone.
4. L’enceinte Echo
d’Amazon est connectée
dans le cloud à Alexa,
l’assistant personnel
développé par le géant
de la vente en ligne.
4
3
Huawei vise la première place mondiale dans les smart
PODIUM
DES FABRICANTS
DE SMARTPHONES
AU DEUXIÈME TRIMESTRE 2018
(GARTNER)
72,3
millions de smartphones
vendus par Samsung
49,8
millions de smartphones
vendus par Huawei
44,7
millions de smartphones
vendus par Apple
Dans le secteur de l’électronique,
le smartphone est devenu l’objet
le plus familier du grand public.
C’est l’un des champs de bataille
les plus disputés. Lundi, le
chinois Xiaomi a présenté sa
nouvelle marque de smartphones, Pocophone. Jeudi, Sony présentera de nouveaux smartphones, jouant de plus en plus
avec l’intelligence artificielle.
Sharp profitera aussi de l’IFA
pour annoncer son « grand retour » dans les smartphones. Ce
n’est que le deuxième come-back
de la marque dans la téléphonie
mobile. Et impossible d’échapper
à Apple quand la technosphère
bruisse de rumeurs portant sur
les nouveaux iPhone qui devraient être présentés mi-septembre. Ces terminaux lui permettront en principe de rester
dans la course face à ses concurrents chinois.
En effet, Huawei s’est confortablement installé à la deuxième
place des fabricants de smart-
phones, derrière Samsung et
juste devant Apple. C’est la première fois que le chinois conforte
son deuxième rang mondial sur
un trimestre entier. Au cours de
cette période, Huawei a écoulé
49,8 millions de smartphones,
devant Apple et ses 44,7 millions
de smartphones. Surtout, ses ventes ne
cessent de progresser,
année après année.
Elles ont doublé en
quatre ans, faisant de
Huawei le seul groupe
à afficher une telle
progression et, surtout, une telle régularité.
Un jeu serré
Après avoir croqué la
pomme, Huawei vise
désormais le trône de
Samsung. Richard Yu,
le PDG de Huawei, a
fixé le cap en 2016 :
être numéro un avant
Le Huawei
P20 Pro. HUAWEI
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
mercredi 29 août 2018
ENTREPRISES L'ÉVÉNEMENT
et l’électroménager.
peluche et le chien de la maison !
L’IA est de plus en plus présente
dans la maison connectée et se
montre capable de s’adapter aux
habitudes des occupants. Elle a
alors un double objectif, leur apporter plus de confort et générer
des économies d’énergie.
Reconnaissance vocale
Dans la plupart des cas, l’IA va de
pair avec la reconnaissance vocale. « La commande vocale est devenue une fonctionnalité qu’il faut
être capable de proposer aux
consommateurs », résume Marc
Langevin, directeur Philips France. Par défaut, tous les objets (ou
presque) seront capables de répondre aux injonctions. Même si
l’on peut encore avoir quelques
doutes sur l’utilisation qui en sera
faite. L’allemand Siemens présente, par exemple, une machine expresso contrôlable par Alexa, l’assistant vocal d’Amazon. Mais il
faut toujours se rapprocher de la
machine pour récupérer sa tasse.
Les ampoules connectées, et notamment les gammes d’éclairage
de Phillips Hue, font partie des
grands gagnants de la maison intelligente. Quoi de plus simple que
de changer la couleur de ses lumières ou de les éteindre d’un seul
mot avant de partir ou d’aller se
coucher ?
« L’enceinte connectée est le
point d’entrée pour la maison pour
piloter l’électroménager, les stores
ou la climatisation… », renchérit Éric Novel, directeur général Panasonic
France. Naturellement,
la reconnaissance vocale
s’impose dans le domaine du son. Pratiquement
tous les fabricants de
produits audio intègrent
un assistant vocal, voire
deux. Dans ce cas, Alexa
et Google Assistant cohabitent, laissant le choix
du service à l’utilisateur
final. « L’année dernière,
les produits intégrant des
assistants vocaux, Alexa,
Google Assistant ou Cortana (Microsoft), représentaient déjà 45 % du
marché américain », souligne Philippe Rinckenberger,
responsable
des ventes Europe du Sud
d’Harman, le champion
des équipements audio.
En France, le marché
serait déjà passé de 0 à
50 % au premier semestre, avec l’arrivée de
Google
Assistant
et
d’Alexa. ■
phones
2020. Plus le temps passe, plus
cet objectif, qui sonnait naguère
comme un défi fou, semble à portée de main.
Toutefois, volume des ventes
ne rime pas nécessairement avec
profits plantureux. Seul Apple
parvient à marier les deux. Au
dernier trimestre, le groupe a affiché une marge brute de 38 %,
contre 14 % pour Huawei. Il faut
toutefois relativiser l’apparente
contre-performance du chinois :
de tels niveaux de marge dans
l’électronique représentent déjà
une certaine prouesse !
La bataille pour le podium laisse finalement peu de place aux
autres fabricants. Le combat est
d’autant plus rude que le marché
des smartphones est stable, voire
en baisse. Or il est toujours plus
difficile de progresser dans un
marché en baisse ! Une nouvelle
fois, cette lutte risque de se solder
par la disparition de certains
acteurs au profit des nouveaux
venus. ■
E. B.
»
45
%
des
enceintes
vendues aux ÉtatsUnis embarquent un
assistant personnel
54
milliards
de dollars.
Estimation pour le
marché de la maison
connectée en 2022
50
%
des télés
vendues en France
cette année font
plus de 50 pouces
(128 cm de
diagonale)
Huawei
continue
d’innover
avec ses
smartphones
et étend
sa gamme
pour s’adresser
au plus grand
nombre de
consommateurs
»
ANSHUL GUPTA
DIRECTEUR DE LA RECHERCHE
CHEZ GARTNER
Après la taxe soda, des
députés s’attaquent au sel
Dans son rapport attendu fin septembre, la commission d’enquête
sur l’alimentation industrielle veut taxer les produits les plus salés.
OLIVIA DÉTROYAT £@Oliviader
ALIMENTATION La gabelle vat-elle revenir ? Des députés comptent s’attaquer aux produits trop
salés, en touchant au portefeuille
les industriels de l’alimentaire
ayant la main trop lourde sur le sel.
Selon nos informations, dans son
rapport attendu fin septembre, la
commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle, présidée par Loïc Prud’homme
(LFI) et regroupant une vingtaine
de députés, proposera d’instaurer
une taxe sur les aliments les plus
salés. Le but : inciter les fabricants à
réduire les taux contenus dans
leurs produits, qu’il s’agisse des
plats préparés vendus en grandes
surfaces ou du pain artisanal des
boulangers.
« La consommation moyenne des
Français oscille entre 10 et 12 grammes de sel par jour. C’est deux fois
plus que les 5 grammes recommandés par l’Organisation mondiale de
la santé, argumente Michèle Crouzet, rapporteuse de la commission
et députée de l’Yonne (LaREM).
Quoi qu’on en dise, le consommateur n’a pas le choix : l’essentiel du
sel qu’il absorbe se trouve dans les
plats cuisinés dont la consommation
a explosé ces dernières années. »
Cette mesure pourrait se calquer
sur la taxe soda en vigueur depuis
2013 et remodelée en juillet pour
taxer non plus à partir d’un seuil
mais selon la proportion de sucre
dans les boissons. Un moyen d’accélérer la reformulation des recettes. Depuis cinq ans, la plupart des
géants de l’agro-industrie et de la
distribution sont engagés dans des
démarches pour réduire de 15 à
30 % la teneur en sel et en sucre de
leurs produits. C’est insuffisant
pour la Commission. « Les
contours du dispositif restent à définir. Ce qui est sûr, c’est que les engagements volontaires des industriels ne marchent pas », estime
Loïc Prud’homme qui a présidé les
travaux de la Commission.
Contrairement aux centaines d’ad-
Si elle était mise en
place, la taxe devrait
inciter les fabricants
à réduire les taux
de sel contenus dans
leurs produits préparés
vendus en grandes
surfaces.
FLORENCE DURAND /SIPA
ditifs autorisés dans l’alimentaire,
les effets néfastes de la surconsommation de sucre, de matière grasse
et de sel sur la santé ont été démontrés scientifiquement (maladies
chroniques,
obésité…).
Deuxième cause de mortalité en
France, les maladies cardiovasculaires coûtent de 12 à 15 milliards
d’euros par an, selon l’AssuranceMaladie.
« Sans conséquence
sur le goût »
Pour la rapporteur, la mise en place
en 2016 du système (non contraignant) d’étiquetage Nutriscore, qui
évalue les produits selon de leur
profil nutritionnel, va dans le bon
sens, mais pas assez loin. « Récompenser financièrement les bons élèves ne suffit pas, il faut contraindre
les fabricants à déshabituer leurs
clients à manger trop sucré ou salé.
Rien ne justifie les doses que l’on
trouve dans beaucoup de plats, détaille Michèle Crouzet. Très souvent, on peut enlever tout de suite
20 % de sel, sans conséquence sur le
goût ou la sécurité. Ensuite libre à
chacun de rajouter ou non du sel
dans son assiette. C’est là qu’intervient le volet éducatif. »
Le sel utilisé par les industries
agroalimentaires ne représente que
200 000 tonnes sur les 7 millions de
tonnes extraites chaque année en
France. L’agro-industrie reste
prudente tant que les contours de
la mesure ne sont pas plus précis.
Mais, selon le syndicat Boissons rafraîchissantes de France (BRF), la
taxe soda nouvelle version qui touche aussi les boissons édulcorées
coûte chaque année 520 millions
d’euros aux industriels. La filière
oléagineuse demande régulièrement la suppression de taxe sur les
huiles végétales jugée pénalisante
pour la production française. Instaurée en 1960, elle coûte 140 millions d’euros à 600 entreprises.
Le rapport préconise aussi une
classification plus précise des additifs alimentaires afin de mieux encadrer leur utilisation. Autres pistes : renforcer la sensibilisation
dans les écoles sur les bons gestes
alimentaires et limiter à la télévision la publicité pour les produits
très transformés pendant les programmes jeunesse. ■
Toyota s’associe avec Uber
dans la voiture autonome
Le constructeur japonais investit 500 millions de dollars dans la société
de VTC sur la base d’une valorisation totale de 72 milliards de dollars.
EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
AUTOMOBILE Uber poursuit sa
route dans la voiture autonome.
C’est bien ainsi qu’il faut comprendre l’annonce, mardi 28 août,
du partenariat entre la plateforme
de VTC et Toyota. Des questions se
posent pourtant sur l’avenir de
cette activité depuis mars : en Arizona, un véhicule utilisant la technologie de conduite autonome développée par Uber a été impliqué
dans un accident mortel. Les tests
sur routes ouvertes avaient aussitôt été arrêtés. Ils viennent de reprendre, mais dans une version
« manuelle » forcément moins
utile. De plus, cette division est
responsable d’une large part des
pertes de la plateforme - 891 millions de dollars sur le seul deuxième trimestre 2018. Dans l’optique
de son introduction en Bourse,
prévue en 2019, Dara Khosrowshahi, directeur général d’Uber,
pouvait être tenté de s’en séparer.
Le partenariat conclu avec
Toyota semble infirmer cette option. Pour Eric Meyhofer, responsable de la recherche chez Uber,
cet accord « témoigne de notre en-
gagement à déployer notre technologie de conduite autonome à
grande échelle chez nos chauffeurs
dans le monde entier ». Les deux
sociétés combineront leurs technologies de conduite autonome
respectives dans une flotte de monospaces Toyota Sienna. Le déploiement des premiers véhicules
dans le réseau Uber est prévu pour
2021. « Cet accord est une étape
importante dans notre transformation en société de mobilité », explique Shigeki Tomoyama, viceprésident de Toyota.
Nouveau modèle
économique
Cet accord comporte, également,
un élément très original : ni Uber
ni Toyota ne seront propriétaires
des véhicules. « Plutôt que nous
possédions et exploitions le parc de
véhicules sans chauffeur, ces vans
seront détenus et exploités par un
tiers agréé, ce qui est un nouveau
modèle économique pour Uber »,
précise Eric Meyhofer.
La propriété de ces futurs véhicules autonomes représentait une
réelle question pour les observateurs. L’intérêt de faire appel à des
chauffeurs de VTC est qu’ils sont
propriétaires de leur véhicule et
qu’ils en assurent l’entretien.
Uber ne souhaite visiblement pas
assurer cette activité. Ce qui est
logique, car l’investissement deviendrait vite très élevé. La société
préfère consacrer son argent à des
activités qu’elle juge plus rentables.
Le dernier point de l’accord
avec Toyota est d’ailleurs financier. Le constructeur japonais investit directement 500 millions de
dollars dans Uber. La valorisation
retenue pour la plateforme est de
72 milliards de dollars. Toyota devrait donc prendre environ 7 % du
capital. Sa participation sera toutefois plus élevée, car le constructeur était entré dans le capital
d’Uber en 2016, pour un montant
non révélé. Cet argent représente
une absolue nécessité pour le
géant américain, qui continue,
trimestre après trimestre, à perdre
de l’argent. Les 500 millions de
dollars investis par Toyota ne représentent même pas la perte du
dernier trimestre. La dernière levée de fonds importante datait de
décembre 2017. Le japonais Softbank avait alors apporté 1,25 milliard de dollars à Uber. ■
accord
« estCetune
étape
importante
dans la
transformation
de Toyota
en société
de mobilité
»
SHIGEKI TOMOYAMA,
VICE-PRÉSIDENT
DE TOYOTA.
A
portes
L’intelligence
artificielle est
de plus en plus
présente dans
la maison
connectée et se
montre capable
de s’adapter
aux habitudes
des occupants.
Elle a alors un
double objectif,
leur apporter
plus de confort
et générer des
économies
d’énergie
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mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
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ENTREPRISES
Édouard Philippe défend sa ligne au Medef
À l’université d’été du Medef, le premier ministre a rappelé toutes les mesures pro-entreprises prises par son
gouvernement et assuré que cette orientation serait maintenue. Il se devait de rassurer des patrons inquiets.
À JOUY-EN-JOSAS (YVELINES)
PATRONAT Après les annonces
budgétaires de lundi, défavorables
aux entreprises, le premier ministre
était attendu de pied ferme sur le
campus de HEC à Jouy-en-Josas,
pour la 20e édition de l’université
d’été du Medef. Pour preuve, la salle a spontanément applaudi lorsque
Geoffroy Roux de Bézieux, le nouveau président de l’organisation, a
qualifié dans son discours d’introduction de « mauvais signal » ces
mesures prévues pour 2019, faisant
allusion au report de l’allégement
de cotisations supplémentaires
autour du smic, à la hausse de
l’acompte d’impôt sur les sociétés
et à la coupe dans les aides aux entreprises. Et le passage qui a suscité
le plus d’approbation a été celui où
le patron des patrons a martelé sa
« ligne rouge : celle de ne pas alourdir
les charges des entreprises ».
Avant d’enfoncer le clou. « La
priorité du Medef reste le combat
pour la compétitivité », a-t-il insisté, en empruntant une fois de plus
un terme de son prédécesseur,
Pierre Gattaz. Même si Geoffroy
Roux de Bézieux souhaite faire aussi
du Medef une force de propositions,
plus ouverte à la société - il a axé
son discours sur l’Europe -, il ne
peut ni ne veut oublier les fondamentaux de l’organisation. Et a, de
nouveau, rappelé au premier ministre que les chefs d’entreprise
préfèrent « les preuves d’amour aux
déclarations d’amour », en souvenir
de celle faite par Manuel Valls en
2014.
Gain de trésorerie
Édouard Philippe, intervenant à sa
suite, lui a répondu point par point.
Sur les références littéraires à
Alexandre Dumas (Vingt ans après,
un livre tout trouvé pour le 20e opus
de l’université d’été) mais surtout
sur les mesures concrètes. Il a tenu à
expliquer que l’effort demandé par
le report, du 1er janvier au 1er octobre 2019, de la baisse des cotisations
se produirait au cours d’une année
où les entreprises bénéficieraient
d’un gain de trésorerie, grâce à la
transformation du CICE en baisse
pérenne de charges. Ces décisions,
« ce n’est pas une forme de zigzag,
s’est défendu le premier ministre,
faisant allusion à la formule employée lundi par le président du
Medef pour exprimer les craintes
d’un retour à la période Hollande.
C’est au contraire une expression
“droite comme un i” ».
ERIC PIERMONT/AFP
CÉCILE CROUZEL £@ccrouzel
Ordonnances réformant le Code
du travail, baisse du taux de l’impôt
sur les sociétés, pérennisation du
CIR (crédit impôt recherche), suppression des cotisations salariales
sur les heures sup en septembre
2019, disparition de petites taxes
(200 millions l’an prochain) et bien
Édouard Philippe,
accompagné de
Geoffroy Roux de Bezieux
(à sa droite) et Patrick
Martin (à sa gauche ,
au second plan), mardi,
à Jouy-en-Josas, à
l’université d’été du Medef.
sûr transformation du CICE : le premier ministre a énuméré les mesures prises pour « écouter les besoins »
des entreprises, et qui, a-t-il insisté,
ne sont pas des « cadeaux ». Du tout.
« La ligne directrice de notre action,
c’est de revaloriser le travail et les revenus du travail », a-t-il précisé.
Édouard Philippe a aussi voulu
persuader que l’exécutif faisait des
économies dans les dépenses publiques, citant le cas des ambassades.
Sur ce point, toutefois, il a peu
convaincu. « L’action du gouvernement, c’est des tout petits pas », regrette Franck Gayraud, qui dirige
Arcure, spécialisée dans l’intelligence artificielle. Certains lui reprochaient aussi un discours manquant de vision, trop concentré sur
les dispositifs concrets. « Toujours
aucune mention approfondie des
questions écologiques », déplore
Thierry Poupeau, dirigeant de Neutroclimat.
Pas sûr aussi que l’avenir soit une
promenade de santé. Certes, la future loi Pacte comportera des mesures favorables aux entreprises
(suppression du seuil de 20 salariés,
développement de l’épargne salariale…). Et même si, sur l’objet social des entreprises, le Medef version Roux de Bézieux semble plus
ouvert que celui de Gattaz. L’axe
majeur de la future réforme de l’assurance-chômage - inciter au retour à l’emploi - ne peut que plaire
au Medef. En revanche, le premier
ministre a redit la nécessité de réguler les arrêts maladie. Un dossier
sur lequel le patronat devra prendre, aussi, sa part… ■
Scholz : « Un conflit commercial ne fera que des perdants »
Le ministre allemand des Finances, invité de l’université d’été du Medef, justifie son excédent commercial.
PROPOS RECUEILLIS PAR
NICOLAS BAROTTE
£@NicolasBarotte
Le vice-chancelier SPD et ministre
des Finances allemand, Olaf
Scholz, intervient ce mercredi en
compagnie de son homologue
Bruno Le Maire devant l’université
d’été du Medef.
LE FIGARO. - L’UE et les États-Unis
ont conclu une trêve
dans la guerre commerciale.
Quelle doit être maintenant
l’attitude des Européens ?
Olaf SCHOLZ. - Le président de la
Commission européenne, JeanClaude Juncker, est parvenu à
ouvrir une discussion constructive
à Washington et à empêcher une
nouvelle escalade. L’objectif est
maintenant de mener à bien ces
négociations. L’important pour
moi, c’est que l’Union européenne
a montré qu’elle ne peut pas être
bousculée. Notre souveraineté doit
être défendue au niveau international. Actuellement, le dévelop-
pement économique en Europe et
en Allemagne est bon, le nombre
d’emplois augmente, les recettes
aussi. Si l’on en croit les prévisions,
il n’y a pas à s’inquiéter pour l’avenir. Mais nous ne devons pas être
naïfs, il y a des risques. Il est important de faire en sorte que le
commerce mondial profite à tous.
C’est pourquoi nous nous sommes
mis d’accord sur des règles communes auxquelles tous devraient
adhérer. Un conflit commercial ne
fera que des perdants. Le plus
grand perdant pourrait être le pays
qui l’a initié.
Êtes-vous partisan d’un nouvel
accord de libre-échange
avec les États-Unis ?
Il ne s’agit pas d’embrayer sur un
processus de négociation qui n’a
pas été couronné de succès. L’essentiel, c’est que les États-Unis et
l’Europe se retrouvent.
L’excédent commercial allemand,
265 milliards d’euros cette année,
est une source de préoccupation
pour vos partenaires et le FMI.
L’Allemagne est-elle prête
à entendre ces critiques ?
Je suis toujours un peu surpris par
la critique de l’excédent commercial de l’Allemagne : ce n’est pas le
résultat de décisions politiques,
mais la conséquence de l’action
des entreprises. Notre économie
est depuis longtemps en réseau à
l’échelle mondiale. Il n’y a aucun
produit ou service en provenance
d’Allemagne qui ne dépende pas
d’innombrables produits et services provenant de nombreux autres
pays. L’Allemagne n’est pas seulement un grand pays exportateur
mais aussi un grand importateur.
La croissance et la réussite économique d’un pays sont bonnes pour
tous dans notre Europe. Nous
n’ignorons cependant pas les commentaires du FMI et d’autres. Mon
projet de budget prévoit des investissements massifs dans l’avenir de
notre pays et pour le renforcement
de la cohésion sociale, par exemple
dans le logement social et le développement des infrastructures.
Dans le même temps, il est bon de
ne pas s’endetter davantage lorsque la conjoncture est bonne. C’est
la condition préalable pour pouvoir agir ensuite dans les périodes
difficiles. C’est ce qui définit pour
moi une politique financière sociale-démocrate intelligente.
Olaf Scholz :
« La croissance et
la réussite économique
d’un pays sont bonnes
pour tous dans notre
Europe. »
JOACHIM HERRMANN/
REUTERS
En juin, l’Allemagne et la France
se sont mis d’accord
sur des propositions de relance
de l’Europe, dont un budget
pour la zone euro.
Quel devrait être son montant
et à quoi devra-t-il servir ?
Le président Emmanuel Macron a
raison : l’Europe doit défendre sa
souveraineté. La crise financière
de 2008 nous a clairement montré
à quel point nous sommes liés au
sein de l’UE et dans la zone euro.
L’évolution dans un État membre
peut avoir une incidence très directe sur chacun d’entre nous.
Nous en avons tiré de nombreuses
conclusions. Nous sommes maintenant mieux préparés aux crises
futures. Mais nous avons besoin de
réformes supplémentaires. Avec
Bruno Le Maire, j’ai fait en juin des
propositions concrètes pour rendre l’Union économique et monétaire encore plus résiliente. Nous
approfondissons l’union bancaire.
Le Mécanisme européen de stabilité (MES) doit se transformer en
une sorte de fonds monétaire
européen qui pourra agir avec ou
sans le FMI.
Dans le même temps, nous voulons
un budget de la zone euro afin
d’élargir les possibilités d’action
financière en Europe, en prenant
en compte le cadre financier pluriannuel de l’UE pour les années
2021 à 2027. Nous devons aussi
pouvoir stabiliser la zone monétaire dans les phases économiquement plus difficiles, par exemple à
travers mon idée de réassurance
chômage pour la zone euro. Il faut
maintenant en parler concrètement avec nos partenaires européens. Penser l’Europe signifie
aussi que les idées que nous développons doivent être raisonnables
pour tous les États membres. ■
LA SÉANCE DU MARDI 28 AOÛT 2018
LE CAC
JOUR
%VAR.
ACCOR .............................................. 43,66
♣
AIR LIQUIDE ..................................
109,1
AIRBUS ..............................................108,96
ARCELORMITTAL SA ..................................
26,525
ATOS .............................................. 102,9
AXA .............................................. 22,065
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
51,99
BOUYGUES ..............................................
36,93
CAPGEMINI ..............................................
111,65
CARREFOUR ..............................................
15,78
CREDIT AGRICOLE ..................................
12 004
DANONE ..............................................68,89
ENGIE .............................................. 12,975
ESSILOR INTL. ..................................124,3
HERMES INTL ..................................568
KERING ..............................................478,2
L'OREAL ..............................................
208,7
LEGRAND ..............................................64,66
LVMH .............................................. 308,25
♣
MICHELIN ..............................................
104,35
-0,71
-0,09
+0,89
+0,86
+0,59
+0,59
-0,9
-1,34
-0,76
+0,38
-0,41
+0,07
-0,38
+0,04
+1,28
+1,55
+0,43
+0,65
+1,87
+0,43
+HAUTJOUR
44,28
109,75
109,18
26,77
104,15
22,18
52,54
37,53
112,85
15,8
12,092
69,2
13,11
125,1
568,6
480,3
209,8
65,02
309,85
105,25
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
43,66
108,65
107,88
26,44
102,45
21,92
51,94
36,93
111,65
15,59
11,918
68,71
12,955
124,1
563,2
471,4
207,6
64,34
303,2
104,2
0,29
0,181
0,148
0,13
0,274
0,219
0,246
0,228
0,155
0,541
0,179
0,177
0,191
0,152
0,041
0,14
0,065
0,223
0,1
0,409
+1,53
+3,86
+31,28
-2,18
-15,2
-10,79
-16,48
-14,73
+12,9
-12,53
-13,01
-1,52
-9,49
+8,13
+27,28
+30,91
+12,84
+0,73
+25,61
-12,71
JOUR
%VAR.
ORANGE ..............................................14,29 -0,59
PERNOD RICARD ..................................
138,45 +0,11
PEUGEOT ..............................................
24,12 +0,92
♣ 55,62 -0,04
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
74,52 +1,96
SAFRAN ..............................................112
+0,13
SAINT GOBAIN ..................................
36,555 -0,95
SANOFI ..............................................74,34 -0,38
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
71,18 +0,39
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
35,97 -0,87
SODEXO ..............................................94,18 -0,57
SOLVAY ..............................................
116,55 +0,73
STMICROELECTRONICS .............................
17,665 -0,25
TECHNIPFMC ..................................26,26 -0,49
TOTAL .............................................. 54,8
-1,12
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
188,45 +0,91
VALEO .............................................. 39,99 +1,81
VEOLIA ENVIRON. ..................................
18,36 +0,93
VINCI♣.............................................. 83,1
-0,6
VIVENDI ..............................................22,55 +0,49
+HAUTJOUR +BAS JOUR
14,385
138,9
24,35
55,84
75,33
112,4
36,98
74,61
71,58
36,445
95,1
117,25
18,055
27,35
55,48
188,7
40,3
18,4
83,8
22,61
%CAP.ECH
14,225
138,05
24,06
55,48
74,15
111,75
36,54
73,96
70,8
35,87
94,18
116
17,665
26,26
54,8
185,9
39,32
18,16
83,1
22,38
A
TOTAL N’EST PAS PÉNALISÉ PAR SA SORTIE D’IRAN
À près de 55 euros, l’action Total, en hausse de 23 % depuis le début de l’année, est
proche de ses plus hauts depuis dix ans.
Le cours du groupe pétrolier français n’a
pas été pénalisé par l’annonce de son retrait de l’Iran le 20 août dernier, en raison
du rétablissement des sanctions américaines contre ce pays. Il s’agissait d’un
énorme projet qui portait sur un gisement
dont la production est estimée à 370 000
barils équivalents pétrole par jour. Total,
qui devait détenir 50,1 % des parts du
consortium qui exploitera le champ gazier,
était le premier opérateur du projet devant le groupe China National Petroleum
Corporation et l’iranien Petropars.
Les investisseurs ne semblent pas préoccupés et attendent avec confiance la
0,144
0,132
0,315
0,19
0,52
0,133
0,277
0,135
0,232
0,355
0,161
0,178
0,196
0
0,151
0,206
1,679
0,374
0,131
0,193
31/12
-1,28
+4,93
+42,26
-1,82
-11,19
+30,37
-20,5
+3,47
+0,45
-16,45
-15,95
+0,56
-2,97
+1,59
+19,01
-35,78
-13,7
-2,41
+0,58
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,5924
1,5128
0,9068
9,1922
130,03
1,1427
1,171
3,216
11,103
7,3316
21,015
7,9641
82,0965
137,8028
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
33410
33990
-3,86
NAPOLEON ..................................................... 196,2
197
-5,17
PIECE 10 DOL USA .....................................................
598
596,75
+1,7
PIECE 10 FLORINS .....................................................
205
205
-3,67
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1149
1149
-1,63
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
195
195
-4,41
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
264
272
-13,44
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1251
1245,25
-4,5
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
112
111
+2
PIECE SUISSE 20F .....................................................
196,8
196,8
-2,91
PIECE LATINE 20F .....................................................
196,9
196,9
-2,96
SOUVERAIN ..................................................... 251,6
251,6
-3,49
KRUGERRAND .....................................................
1065
1080
-4,8
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
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UNI HOCHE C ................................................
284,05 24/08/18
Cybèle Asset Management
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Tel. : 01 56 43 62 50
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49,00 24/08/18
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« journée investisseurs » qui se tiendra à
New York le 25 septembre. Le groupe est
bien parti pour atteindre son objectif de
croissance de la production de 6 % cette
année, grâce notamment à la montée en
puissance des livraisons du site de Yamal
LNG en Russie et à la contribution des
nouveaux actifs, dont Maersk Oil. Le marché ne regrette pas la décision du groupe
de ne pas investir plus en avant dans le
pétrole de schiste aux États-Unis. En début de semaine, le PDG de Total, Patrick
Pouyanné, réagissant au rachat par le britannique BP des actifs dans le pétrole et le
gaz de schiste aux États-Unis du groupe
minier BHP Billiton pour 10,50 milliards de
dollars, a déclaré qu’il trouvait le prix proposé trop élevé. Il a en revanche confirmé
qu’il ambitionne d’exploiter des barrages
hydroélectriques français dans le cadre
de l’ouverture à la concurrence.
Total détachera le 25 septembre un
premier acompte trimestriel sur le
dividende 2018 de 0,64 euro. Avec un
coupon annuel attendu à 2,60 euros par
action, le titre offre un rendement attractif de 4,7 %. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
[
L’ÉTÉ DU FIGARO
ÉVOLUTION DU PIB FRANÇAIS, en %
Source : Insee
2,4 %
11 AVRIL 2010
2,4 %
premier plan d’aide
de l’Europe à la Grèce
2/5
2,2 %
1,9 %
25 SEPTEMBRE 2008
1,1 %
1,2 %
0,6 %
« Face à la spéculation, il nous
fallait la bombe atomique »
13 OCTOBRE 2008
Plan de recapitalisation
des banques françaises
n’appartiens à aucune école économique. Ce que pensaient Ricardo,
Friedman ou Keynes n’avait strictement aucune importance et n’était
strictement d’aucune utilité. Le passé
ne pouvait nous éclairer sur rien
puisque nous n’avions jamais connu
ce que nous traversions. Je préfère le
bon sens, le pragmatisme et l’expérience. Cela rend mobile, réactif et
donc efficace. » Dix ans plus tard,
l’ancien président garde une dent
contre les donneurs de leçons libéraux qui se sont émus d’abord des
recapitalisations publiques, ensuite
de la dérive de la dette publique
avec le plan de relance. « J’en entends encore, qui expliquaient que le
problème venait de ce qu’il n’y avait
pas assez de liberté. Quelle bêtise immense ! C’était ridicule. La crise venait d’un déficit de régulation. »
4 DÉCEMBRE 2008
La France a son plan de relance,
26 milliards d’euros sont débloqués
-2,9 %
lors sur deux terrains, national et international. Le 25 septembre, à Toulon, le président prononce un discours clef pour « vaincre la peur ».
Nicolas Sarkozy résume aujourd’hui
l’enjeu : « J’ai pris l’engagement solennel que pas un Français ne perdrait
un centime. Engagement que j’ai
tenu. Pas un Français n’a perdu un
centime. » Les mots ont été pesés.
« Dans un moment comme ça, où toute confiance a disparu, les mots sont
d’une importance capitale. Nous,
chefs d’État, étions le dernier barrage. Nous devions ériger une digue infranchissable pour que les gens aient
confiance dans la sécurité de leur argent. » « La confiance… cette chose
immatérielle à laquelle, insensés que
nous sommes, nous n’attachons
d’importance
que
lorsque
nous la perdons, que ce soit
sur le plan privé
ou professionnel »,
ajoute
l’ancien président.
Les événements contraignent les dirigeants d’alors à
afficher
une
sérénité qu’ils
n’ont pas. « Il
fallait une coordination mondiale pour traiter cette crise. Il
n’y avait pas un
secteur, pas une
région qui ne
soient emportés, avec un effet d’accélération lié au
monde connecté dans lequel
nous vivons. La crise de 2008
renvoie à 1929 par son universalité, mais avec une violence infiniment
supérieure », raconte l’ancien chef
d’État, qui, ayant pris la présidence
tournante de l’Union européenne le
1er août 2008, s’est « retrouvé en première ligne au moment où la crise
“blastait” tout ».
La création du G20
Nous, chefs
d’État, étions
le dernier
barrage.
Nous devions
ériger
une digue
infranchissable.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
Les souvenirs de crise sont un peu
comme les souvenirs de guerre. Ils
forgent les légendes, exhalent dans
une même réminiscence l’excitation de l’action et l’effroi du moment. Élu le 6 mai 2007, Nicolas
Sarkozy était aux premières loges
d’une crise taillée sur mesure pour
un chef d’État réputé pour son envie
d’en découdre et son énergie à agir.
« On devient président de la République pour agir dans ces moments
passionnants dans lesquels on a,
comme chef de l’État, au fond beaucoup plus de liberté pour agir qu’en
période ordinaire », dit-il.
Son mandat a été marqué par la
bataille contre la crise financière
puis la crise de l’euro, qui lui ont fait
jouer un rôle essentiel et largement
salué. L’ancien président français
peut du reste se targuer d’avoir fait
montre d’un peu plus de prescience
que beaucoup de ses homologues.
La syncope des marchés à l’été 2007
l’avait interpellé. « Il fallait alors une
cécité complète pour ne pas s’en alarmer ! » estime-t-il. Il écrit à l’époque à Angela Merkel, présidente du
G8, « pour attirer son attention sur la
situation extrêmement préoccupante
du marché financier international ».
La missive pointe, avant que ces sujets ne fassent la une, le développement de la titrisation et le rôle des
agences de notation.
L’Europe a toujours considéré la
faillite de Lehman comme le péché
originel de la crise, une vraie faute
de la part des Américains. L’ancien
chef de l’État français était dans les
jours suivants à New York. « J’avais
vu le secrétaire au Trésor, Henry
Paulson, se justifier à la télévision.
Son propos était d’une brutalité terrifiante. » Paulson s’affiche martial,
expliquant a posteriori que son gouvernement n’avait pas vocation à
sauver les canards boiteux. Nicolas
Sarkozy redoute une réaction en
chaîne. « On n’a pas eu longtemps à
attendre pour en avoir la confirmation : en quelques jours, tout le château de cartes s’est effondré. » Dans
les jours qui suivent le 15 septembre
2008, la planète financière s’affole.
En trente-six heures, 600 milliards
de dollars de valeur boursière s’évaporent. Mais il y a pire. Les particuliers, les entreprises, les investisseurs tentent de mettre leurs avoirs
à l’abri. Ils les retirent des comptes
des banques jugées fragiles, et des
fonds monétaires dont les encours
irriguent la machine financière
mondiale au jour le jour. « C’était
comme un iceberg, en surface, rien ne
se voyait. Moi je voyais le dessous. Et
je savais que si cela s’amplifiait, on ne
pourrait bientôt plus rien arrêter. »
L’action de l’Élysée se déploie dès
2017
0,3 %
À Toulon, Nicolas Sarkozy
garantit la continuité
du système bancaire
et l’épargne des Français
BERTILLE BAYART £@BertilleBayart
27
2,2 %
1%
Fin 2008,
Nicolas Sarkozy
présidait l’Union
européenne
en même temps
que la France.
]
15 septembre 200
8. Lehman Bro
d’investisseme
thers, quatrième
nt de
banque
retentissante don Wall Street, part au tapis.
Sa faillite
ne le coup d’env
financière con
oi à la pire crise
nue depuis 192
9. Dix ans après,
la finance, l’éc
onomie mond
iale, le paysag
international,
e politique
gardent les tra
ces de cette cri
profondément
se qui a aussi
marqué ceux qui
l’ont vécue,
de l’intérieur.
Ils racontent,
pour « Le Figaro
».
Course contre la montre
Organiser la réponse européenne est
une gageure quand, dans l’urgence
immédiate, chaque gouvernement
fait à sa sauce. « Un week-end, Gordon Brown, le premier ministre britannique, m’a appelé pour me prévenir qu’il allait nationaliser toutes les
banques anglaises. Fallait-il que la
situation soit grave pour entendre
cela de Gordon, le plus libéral qui
soit ! » Sarkozy, qui n’a pas l’intention de s’embarquer dans des nationalisations à grande échelle, tente
une première fois de coordonner
l’action européenne en réunissant
un « G4 » à Paris avec Brown, Merkel et Berlusconi. Mais la chancelière renâcle et la Banque centrale
européenne traîne les pieds. Ici
comme aux États-Unis, on débat de
la légitimité à « sauver » les banques, à piétiner « l’aléa moral », cette règle implicite du capitalisme qui
veut que les incompétents paient le
prix de leurs erreurs par la faillite.
Pour Nicolas Sarkozy, l’essentiel, à
ce moment du scénario, est ailleurs :
« Dans une crise, le temps joue contre
ceux qui luttent contre elle. Il faut agir
vite. » Le 12 octobre, un sommet
européen accorde enfin les violons.
Berlin a changé d’avis depuis que
l’une de ses banques, HRE, est allée
au tapis. Résultat : tous les pays mettent sur pied un programme similaire, un mix de recapitalisation publique des banques et de garanties
d’État pour leurs nouveaux emprunts. La France débloque 40 milliards d’euros pour le premier volet,
320 milliards pour le second.
« J’ai eu un premier adversaire…
non, pas un adversaire. J’ai eu une
première difficulté avec Angela Merkel […] qui a proposé qu’on mette
60 milliards d’euros dans un fonds de
soutien. La belle affaire ! Si nous mettions une limite à 60 milliards, la spéculation se positionnerait à 61. Si
nous mettions 100, elle ferait des paris à 101. Si nous mettions 400, elle
serait à 401. Non, cette digue-là n’en
aurait pas été une. Contre les marchés, on ne gagne pas comme cela. »
Nicolas Sarkozy semble narrer une
partie de poker. « La solution, c’était
que les banques centrales s’y mettent.
La Banque centrale européenne a été
la dernière à le faire. Jean-Claude
Trichet est quelqu’un de bien, mais à
ce moment-là, il ne comprenait pas la
crise. Il a résisté jusqu’au
dernier moment. Pour lui, ça
coûtait trop cher d’intervenir. “Mais c’est toi qui coûtes
cher !” me suis-je tué à lui
dire. Pour stopper la spéculation, pour que les marchés
se tiennent tranquilles, il nous
fallait “la bombe atomique”.
Et ça, c’est l’institution émettrice de la monnaie qui l’a.
“Vous venez me chercher à
2 000 ? Pas de problème, je
mets 6 000 ! Je fais la monnaie.
Je n’ai pas de limite.” Voilà ce
que peut faire une banque centrale.
“Vous êtes des incendiaires ? Je suis
en liaison avec le bon Dieu et je peux
faire dix jours de pluie !” Voilà ce que
peut dire un banquier central. Et à la
minute où cela a été fait, on a pu calmer les choses. Et cela a coûté bien
moins que si on avait constitué des
fonds successifs. »
Déclencher la « bombe atomique » en engageant les finances
publiques dérange moins Nicolas
Sarkozy que d’autres chefs d’État et
de gouvernement de droite. « Je
26
milliards €
Le plan de relance est
annoncé dès fin 2008.
« Il faut décider vite.
C’est ce qui s’est passé
pour le plan de relance.
Je l’ai fait parce qu’il
fallait le faire. Matignon
a fait avec. »
« Parler de cette crise dix ans après,
cela permet de s’asseoir au bord de la
lune, ajoute-t-il encore. Avec le
recul, quel est le débat essentiel à
l’époque ? Il y a d’un côté ceux, dont
des dirigeants d’institutions financières ou encore Jean-Claude Trichet,
qui estiment que nous sommes en face
d’une crise systémique de la dette, y
compris de la dette des États. Donc il
faut réduire la dette et ça repartira.
Pour moi, ils passaient à côté du cœur
des choses. Nous étions face à une
crise profonde du marché financier
dans sa dimension globale, qui s’est
déployée à l’échelle mondiale avant
même qu’une réglementation mondiale ait pu même être imaginée.
Nous étions face à une crise de la
dérégulation excessive, où tout le
monde a pu faire n’importe quoi. »
La régulation est l’autre cheval de
bataille que Nicolas Sarkozy enfourche à l’époque. « Sans règles, on a la
loi de la jungle, la loi du plus fort », lâche-t-il. L’ancien président français se targue d’avoir joué un rôle
clef dans la création du G20 au niveau des chefs d’État et de gouvernement, devenu l’instance de coordination internationale dans ce
domaine. « C’était brutal, le G20.
C’est la seule institution internationale créée depuis la Seconde Guerre
mondiale. Ban Ki-moon [l’ancien secrétaire général des Nations unies,
NDLR] m’a appelé en me demandant : “Pourquoi tu veux détruire
l’ONU ?” “Je n’ai pas besoin de détruire le G199, tu t’en occupes très
bien, et d’ailleurs vous ne décidez
rien”, lui ai-je répondu. »
La crise financière a vite cédé la
place à la crise des dettes souveraines en Europe. « Les marchés
continuaient à chercher le maillon
faible. » En 2012, Nicolas Sarkozy
a quitté l’Élysée mais emporté
avec lui quelques inquiétudes,
héritées de ces années hors norme. « Les mêmes causes peuvent,
demain, produire les mêmes effets. Et en pire. La dette des États
atteint 225 % du PIB mondial.
Nous sommes dans un piège qui
peut être mortel. Pour soutenir
l’activité, on a déconnecté la création
de monnaie de la création de richesse.
En faisant cela, on a supprimé l’inflation mais on a renforcé le risque de
spéculation. Comment réduire la
création de monnaie tout en évitant la
remontée des taux qui rendrait impossible le remboursement de la
dette ? Voilà la seule question qui
vaille », conclut-il. ■
RETROUVEZ DEMAIN :
Baudouin Prot :
«Tout partait dans le décor »
A
2006
La crise 10 an
s après...
mercredi 29 août 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
mercredi 29 août 2018 LE FIGARO
28
MÉDIAS et TECH
2018, année noire pour les jeunes médias
Les fermetures de nouveaux médias papier ou numériques se multiplient en France. Après « Ebdo »
et « Vraiment », c’est au tour des versions françaises de Mashable et de BuzzFeed de baisser le rideau.
CHLOÉ WOITIER £@W_Chloe
PRESSE Clap de fin pour Mashable
France. La déclinaison française du
pure player américain va communiquer dans les prochains jours sur
sa fermeture, ont annoncé Les
Échos. Les salariés se sont vu signifier l’arrêt du site, qui devrait cesser
d’être alimenté vers la mi-septembre. Déjà, les CDD en fin de contrat
n’ont pas été reconduits. Et les quatre journalistes en CDI devraient
recevoir des propositions de postes
au sein du groupe France Médias
Monde. Mashable France est en effet né en 2016 d’un partenariat avec
le groupe audiovisuel public.
Interrogé, France Médias Monde
explique « ne plus être en phase »
avec « le changement de cap » de
Mashable depuis son rachat pour
une bouchée de pain, fin 2017, par le
groupe médias américain Ziff Davis.
Créé en 2005, Mashable a été l’un
des précurseurs de l’infotainment,
avec une stratégie axée sur la viralité et la gratuité. Il a été valorisé jusqu’à 250 millions de dollars. Mais,
malmené par un virage raté vers la
vidéo et une ligne éditoriale
brouillonne, l’audience a décroché
aux États-Unis. Mis en vente, Mashable a été croqué par Ziff Davis
pour 50 millions de dollars.
France Médias Monde pointe du
doigt la nouvelle stratégie commerciale de Mashable (l’affiliation, qui
permet de récupérer un pourcentage des ventes réalisées via des
liens commerciaux insérés dans les
articles, et les contenus de marques), qui ne serait pas en phase
Des employés
de BuzzFeed au siège
de l’entreprise,
à New York. Le site
internet va se séparer
de sa rédaction
en France à la fin
de la semaine.
R. MCDERMID/REUTERS
avec l’audiovisuel public. Mais, en
interne, on avance une autre explication : Mashable France serait très
mal monétisé. Et pour cause. Le
groupe américain a préféré s’occuper lui-même de la commercialisation de ses espaces publicitaires. Et
il le fait depuis Londres, où il aura
fallu attendre septembre 2017 pour
qu’un commercial spécialiste du
marché français soit recruté… Mashable France a aussi pâti du nouvel
algorithme de Facebook, dont il
était très dépendant : en janvier
2017, 85 % de son audience provenait de Facebook Instant Articles.
Arrêt de BuzzFeed France
Chez BuzzFeed France aussi, la régie
publicitaire était installée à Londres,
malgré les demandes répétées de
l’équipe parisienne pour avoir des
commerciaux à domicile. Le pure
player devrait fermer ses portes à la
fin de la semaine, après avoir gagné
un sursis d’un mois auprès du tribunal de grande instance. La justice,
saisie par la rédaction, reprochait à
la maison mère américaine de ne
pas avoir justifié l’arrêt de l’activité,
alors prévue pour fin juillet, et l’a
sommée de transmettre au plus vite
des bilans comptables précis aux représentants des salariés. Si la fermeture de Mashable France n’a pas
tant surpris ses équipes - faible notoriété du site, peu de moyens financiers… -, celle de BuzzFeed
France, annoncée en juin, a choqué
sa rédaction. En quelques années,
elle avait réussi à se bâtir une réputation flatteuse grâce à ses enquêtes
EN BREF
Technologie : les « licornes » sont plus nombreuses
à se confronter à la Bourse
GOOGLE RÉPLIQUE
À DONALD TRUMP
Selon une étude de Goldman Sachs, on compte désormais 158 start-up
de nouvelles technologies valorisées à plus de 1 milliard de dollars.
LUCIE RONFAUT £@LucieRonfaut
ENTREPRISES Malgré leur nom,
les « licornes » ne sont plus une rareté. Ces entreprises à forte croissance, dans le secteur des nouvelles technologies, héritent de ce
surnom lorsqu’elles dépassent une
valorisation de plus de 1 milliard de
dollars. Il en existe aujourd’hui
158 dans le monde, d’après le décompte de Goldman Sachs, qui a
publié la semaine dernière son étude trimestrielle sur la Silicon Valley
et l’industrie des technologies,
View From the Valley. Dans le détail,
les « licornes » sont majoritairement (60 %) américaines. Viennent
ensuite les sociétés asiatiques (25 %)
et européennes (10 %). Les catégories d’activités les plus populaires,
qui reçoit le plus de fonds, sont les
services en ligne, puis l’e-commerce, les logiciels et la finance.
Maturité du marché
Au premier trimestre 2014, on
comptait seulement 54 « licornes »
dans l’industrie des nouvelles
technologies. Leur nombre a donc
presque triplé en trois ans. Néanmoins, le nombre d’entreprises
dépassant pour la première fois
Le siège de Spotify
à Stockholm, en Suéde.
L’entreprise est cotée
depuis le mois d’avril
au NYSE
DANIEL KALKER/DPA
PICTURE-ALLIANCE/AFP
une valorisation de 1 milliard de
dollars est en baisse cette année. En
2014, 49 sociétés ont accédé à ce
nouveau statut privilégié. Mais,
depuis le début de l’année 2018,
seulement deux entreprises sont
devenues des « licornes ». La dernière recrue est Discord, qui développe un service de communication - vocale et par texte - en ligne,
particulièrement populaire auprès
des joueurs de jeux vidéo et des
jeunes internautes. Sa valorisation
A
PatrimoinExperts
L’expertise patrimoniale
pour aller plus loin
s’élève à 1,6 milliard de dollars,
pour 152 millions de dollars de
fonds levés au total.
Ce ralentissement est loin d’être
une mauvaise nouvelle. D’après
Goldman Sachs, c’est au contraire
le signe d’une plus grande maturité
des « licornes ». Après plusieurs
années à bouder la Bourse, nombre
d’entre elles ont finalement sauté
le pas, quittant ainsi le club des
« licornes » privées. C’est par
exemple le cas de Spotify, le servi-
et avait séduit un lectorat jeune.
Mais le site, gratuit, n’était pas assez
rentable aux yeux du siège américain, qui a ses propres difficultés : le
groupe n’a pas rempli ses objectifs
financiers pour 2017 et n’a pas levé
de fonds depuis deux ans. Il s’apprête à lancer un appel à la générosité de ses lecteurs, qui pourront faire une donation à BuzzFeed de 5 à
100 dollars.
Les pure players américains
n’ont-ils aucun avenir en France ?
Slate.fr, qui s’est séparé l’an passé
de sa rédaction écrivante, vivote. A
contrario, le HuffPost va bien, et
Prisma Media se dit satisfait des
audiences de Business Insider France. Mais le modèle des sites gratuits
financés par la publicité est de plus
en plus précaire, à mesure que le
duopole Facebook-Google accapare la majorité des investissements
des annonceurs.
La crise n’épargne pas non plus
les nouveaux médias papier. Ambitieux, les news magazines Ebdo et
Vraiment, lancés au printemps,
auront été des étoiles filantes :
moins de trois mois d’existence
chacun. En cause, un manque de
lecteurs et des reins financiers trop
fragiles. S’imposer dans les kiosques en tant qu’indépendant est devenu une gageure. Lancer un site
d’information aussi. Chez les pure
players français, les rares indépendants à succès (Mediapart, Next
INpact…) ont tous au moins dix ans
d’existence. Alors que l’argent se
fait de plus en plus rare, l’innovation éditoriale semble désormais
entre les mains des groupes médias
traditionnels. ■
ce suédois de musique, coté depuis
le mois d’avril au NYSE. Le chinois
Xiaomi s’est aussi introduit sur les
marchés en juin, avec un succès
plus mitigé.
D’autres sociétés ont fait le choix
d’être rachetées. Gitbub, société à
l’origine d’une plateforme collaborative très populaire auprès des développeurs informatiques, est tombée dans l’escarcelle de Microsoft,
qui a déboursé 7,5 milliards de dollars pour mettre la main sur cette
pépite. AppNexus, spécialisée dans
la publicité en ligne programmatique, a été acquise par l’opérateur
télécoms américain AT&T, pour
1,6 milliard de dollars. Au total, dix
anciennes start-up de technologies
ont bénéficié d’une « sortie » entre
avril et juin 2018, c’est-à-dire d’une
introduction en Bourse ou d’un rachat. Sur la totalité de l’année 2017,
ce nombre était de 19 sociétés.
L’année 2018 promet donc
d’établir un nouveau record en la
matière, vu le rythme tenu lors du
deuxième trimestre. Même si certaines start-up rechignent encore,
malgré des valorisations très élevées, tels Slack (7 milliards de dollars de valorisation), Airbnb
(31 milliards), WeWork (20 milliards) ou Lyft (15 milliards). ■
£ Accusé par Donald Trump
de donner des résultats
de recherche « truqués »
et négatifs sur lui-même,
Google a démenti les accusations
de partialité en assurant que son
moteur de recherche « ne classe
jamais les résultats pour
manipuler une opinion politique ».
ARTE SE VOIT D’ABORD
EN MÉDIA NUMÉRIQUE
£ Arte entend devenir d’ici trois
à cinq ans « avant tout un groupe
numérique » d’audience
européenne, a déclaré Véronique
Cayla, la présidente d’Arte
France, soulignant que la chaîne
« s’assume déjà » en média
« déchaîné, libéré »
d’une télévision traditionnelle
bientôt « archaïque ».
RYANAIR SIGNE AVEC
LES PILOTES ITALIENS
£ Le syndicat italien de pilotes
Anpac a annoncé que la majorité
de ses membres avait approuvé
une convention collective
conclue avec la direction
de Ryanair. La semaine dernière,
le principal syndicat irlandais
avait lui aussi déclaré avoir signé
un accord.
» Avec le départ de Hulot,
que va devenir le bonusmalus pour les logements ?
www.lefigaro.fr/economie
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