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Le Figaro - 29 09 2018

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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 057 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement
Première édition
lefigaro.fr
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
CHRISTOPHE GUILLUY
« L’INSÉCURITÉ CULTURELLE
DES CLASSES MOYENNES TRAVERSE
TOUT L’OCCIDENT » PAGE 16
ENVIRONNEMENT
POURQUOI IL FAUT
SAUVER LES ABEILLES
PAGE 15
Europe : l’inquiétude renaît
autour des dettes publiques
TURQUIE
À Berlin, Erdogan
se confronte
à ses opposants
PAGE 6
LAÏCITÉ
À Rennes,
l’opposition veut
faire interdire
le burkini
à la piscine
L’annonce d’un budget moins rigoureux que prévu en Italie, pays surendetté, a provoqué de
vives tensions sur les marchés. La dette française frôle le seuil symbolique des 100 % du PIB.
PAGE 9
Au terme d’un bras de fer
avec le ministre des Finances,
la Ligue de Matteo Salvini et le
Mouvement 5 étoiles de Luigi
Di Maio sont parvenus à leurs
fins : le gouvernement italien
RYDER CUP
Tiger Woods
dans les cordes
du Golf National
a décidé de revoir en baisse
ses ambitions de réduction du
déficit pour les trois prochaines années. Les marchés, inquiets du surendettement de
l’Italie, ont très mal réagi.
Alors que la Bourse de Milan
dévissait, les taux d’intérêt
italiens ont enregistré une
forte hausse. À Bruxelles, le
commissaire européen chargé des Affaires économiques,
Pierre Moscovici, s’est inquiété d’un budget « hors des
clous ».
De son côté, la France a annoncé que sa dette atteignait
2 300 milliards à fin juin, soit
è IL EST DEVENU PLUS RISQUÉ DE PRÊTER À ROME QU’À LISBONNE è LA MISE EN GARDE DE MOSCOVICI AU GOUVERNEMENT ITALIEN
è LA DETTE FRANÇAISE FRÔLE LES 100 % è MÉNAGES ET ENTREPRISES FRANÇAIS AFFICHENT ÉGALEMENT DES RECORDS D’ENDETTEMENT PAGES 20, 21 ET L’ÉDITORIAL
PAGE 11
SANTÉ
L’Espagne veut
que l’Europe retire
à l’homéopathie
le statut
de médicament
Six mois après l’évacuation, une centaine de
zadistes s’enracinent à Notre-Dame-des-Landes
PAGE 12
CHÔMAGE
Édouard Philippe
favorable
à une dégressivité
des allocations
PAGE 22
Tour de piste
des repaires
de la mode PAGE 28
CHAMPS
LIBRES
La chronique
de Mathieu
Bock-Côté
L’analyse de
Jean-Pierre Robin
n
n
PAGE 17
@
FIGARO OUI
FIGARO NON
Réponses à la question
de vendredi :
Faut-il infliger une
amende aux plateformes
numériques qui ont
diffusé le clip haineux
du rappeur Nick Conrad ?
NON
10 %
OUI
90 %
TOTAL DE VOTANTS : 30 438
M 00108 - 929 - F: 2,60 E
3’:HIKKLA=]UW[U^:?a@t@c@j@k";
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sur lefigaro.fr
Êtes-vous favorable
à la dégressivité
des allocations chômage
pour les hauts salaires ?
FABIEN CLAIREFOND-JEANCHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
Les militants continuent à occuper les terres où devait être construit l’aéroport. Ce week-end, des milliers
de soutiens sont attendus sur la zone. Les relations avec certains agriculteurs sont de plus en plus tendues. PAGE 9
Le casse-tête
des ministres
candidats aux
municipales
Le scrutin n’aura lieu qu’en
2020, mais déjà les ambitions s’aiguisent au sein du
gouvernement en vue des
municipales. Au point de
produire des interférences à
l’intérieur de l’exécutif.
Après l’annonce de la candidature de Gérard Collomb à
Lyon, la question de la double casquette des ministrescandidats est désormais posée. Si aucune règle précise
n’a été fixée pour le moment
au sommet de l’État, le chef
du gouvernement, Édouard
Philippe, a appelé jeudi soir
ses ministres à la « retenue »
et à la « concentration ».
PAGES 2, 4 ET 5
ÉDITORIAL par Gaëtan de Capèle gdecapele@lefigaro.fr
L’
Leçon d’Italie
économie et la démagogie
font rarement bon ménage.
Au lendemain de ses premières décisions budgétaires, il n’a pas fallu attendre
longtemps pour mesurer la crédibilité de
l’attelage entre la Ligue et le Mouvement
5 étoiles au pouvoir en Italie. Flambée des
taux d’intérêt, dégringolade de la Bourse,
plongeon des banques… la défiance des
marchés financiers - et donc de ses créanciers - à l’égard de Rome est totale.
Faut-il s’en étonner ? Subclaquante lors de
la crise de l’euro il y a six ans à peine, l’Italie
ne doit son salut qu’aux interventions massives de la Banque centrale européenne, qui,
aujourd’hui encore, la tient à bout de bras.
Aux yeux de tous, notre grand voisin du Sud
est sans conteste l’homme malade de l’Europe. Niant l’évidence, ses nouveaux dirigeants, du haut de leur montagne de dettes,
prétendent s’affranchir des règles de bonne
gestion pour mettre en œuvre leur programme économique ruineux. Quoi de
mieux pour s’exposer à une crise financière ?
Rescapée de la vague populiste, la France
n’est pas l’Italie. Ici, il n’est heureuse-
ment pas question de dépenser des milliards pour créer un « revenu de citoyenneté », de faire partir les actifs plus tôt à la
retraite, encore moins de sortir de l’euro.
Mais, avec notre situation financière désastreuse, nous ne sommes à l’abri de
rien. En déficit chronique depuis un demi-siècle, la France ne peut assurer ses
fins de mois qu’en
s’endettant sur les
marchés financiers.
Lestée de 2 300 milliards de dettes – soit
près de 1 000 milliards de plus que ses
engagements européens autorisent –,
elle emprunte chaque
année 200 milliards pour rembourser ses
propres emprunts… dont les intérêts coûtent plus cher que la défense nationale. On
marche sur la tête !
La mésaventure italienne rappelle utilement où mènent le laxisme budgétaire et
l’endettement à tous crins : une dangereuse perte de souveraineté économique au
profit des marchés. À bon entendeur… ■
La France
ne peut
assurer
ses fins de
mois qu’en
s’endettant
AND : 2,80 € - BEL : 2,60 € - CH : 4,00 FS - CAN : 5,40 $C - D : 3,20 € - A : 3,50 € - ESP : 2,90 € - Canaries : 3,00 € - GB : 2,50 £ - GR : 3,20 € - DOM : 3,00 € - ITA : 3,00 €
LUX : 2,60 € - NL : 3,20 € - PORT.CONT : 3,00 € - MAR : 22 DH - TUN : 4,20 DT - ZONE CFA : 2.300 CFA
ISSN 0182.5852
A
GASTRONOMIE
SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA
AUTOMOBILE
Tesla pourrait
se passer d’Elon
Musk PAGE 23
près de 100 % du PIB, alors
que les règles européennes
ont fixé le niveau maximum à
60 %. Bruxelles considère
cette dette « soutenable » mais
demande à Paris de la réduire.
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
2
Jeudi soir, dans « L’Émission
politique » sur France 2,
le premier ministre, Édouard
Philippe, n’a pas exclu un retour
au Havre, la ville qu’il a dirigée
de 2010 à 2017.
Les ambitions municipales
agitent le gouvernement
Alors que les prétendants se déclarent au compte-gouttes, l’exécutif va devoir
trancher sur l’épineuse question de la double casquette ministre-candidat.
G E O F F R O Y VAN DE R H AS S E L T / AF P
Tourcoing (59)
2020
Gérald Darmanin
Ministre de l’Action
et des Comptes publics
Gouvernement
Philippe
Premier ministre
Paris (75)
Benjamin Griveaux
Porte-parole du gouvernement
Mounir Mahjoubi
Secrétaire d’État au Numérique
Le Havre (76)
Vernon (27)
Sébastien Lecornu
Secrétaire d’État
à la Transition écologique
Vallery (89)
Jean-Baptiste Lemoyne
Secrétaire d’État à l’Europe
et aux Affaires étrangères
Tête de liste ...
... déclarée
Lyon (69)
Gérard Collomb
Ministre de l’Intérieur
Aurillac (15)
Jacques Mézard
Ministre de la Cohésion
des Territoires
... potentielle
Candidat potentiel
sur une liste
Annonay (07)
Olivier Dussopt
Secrétaire d’État à l’Action
et aux Comptes publics
Mont-de-Marsan (40)
Geneviève Darrieussecq
Secrétaire d’État
aux Armées
Toulouse (31)
Nicole Belloubet
Ministre de la Justice
Infographie
Ministre et candidat,
un cumul récurrent
2008
Gouvernement
Fillon
32 membres
21 candidats aux municipales
11 têtes de liste
10 élus
1 battu
Gouvernement
Ayrault
38 membres
17 candidats aux municipales
2 têtes de liste
A
ÉDOUARD PHILIPPE a voulu tuer, jeudi
soir, une rumeur qui monte. Celle de son
atterrissage à Paris, en 2020. « Je n’y pense
pas du tout », a-t-il assuré sur France 2,
dans « L’Émission politique ». Tout en expliquant qu’un retour au Havre, cité portuaire qu’il a dirigée de 2010 à 2017, « n’est
pas du tout exclu ». « La mer me manque, la
ville me manque », a-t-il ajouté, le regard
vers l’horizon. Le locataire de Matignon
est toujours conseiller municipal de la
13e ville de France et se rend une fois tous
les deux mois dans son ancien fief.
Il n’en fallait pas plus pour que les proches d’Anne Hidalgo, à Paris, se réjouissent en privé de voir cette hypothèse
s’éloigner. Car le profil du premier ministre est craint par l’équipe sortante, tant il
est susceptible de glaner de nombreuses
voix au centre et à droite. Pour autant, la
formulation d’Édouard Philippe n’est pas
dénuée d’ambiguïté. « Il n’a pas dit qu’il
n’ira jamais à Paris, mais qu’il n’y pensait
pas, glisse un ministre de poids. En bon
boxeur qu’il est, il est habile dans l’esquive,
aussi bien en attaque qu’en défense… » Une
1 battu
Infographie
façon de laisser toutes les portes ouvertes ?
C’est tout le problème des municipales de
2020. Même un an et demi avant l’échéance, elles sont un facteur de turbulences
pour l’exécutif : il est difficile de ne pas les
évoquer, tant les grandes manœuvres ont
déjà commencé. Mais c’est prendre le risque de laisser penser à l’opinion publique
que certains membres du gouvernement
ont déjà l’esprit ailleurs. À commencer par
le « premier flic de France », qui n’a pas
attendu pour dévoiler sa candidature à
Lyon, alors que la menace terroriste reste
au plus haut. « Gérard Collomb se consacre
pleinement à sa tâche et quand il se consacrera à sa campagne, il se consacrera à sa
campagne », a cherché à déminer, jeudi, le
premier ministre. Gérard Collomb ferait
ses cartons a priori après les européennes,
même si des mouvements internes ont
déjà commencé dans son cabinet, Place
Beauvau. À l’instar de sa plume Jonathan
Guémas, qui intègre, lundi prochain, le
cabinet de l’Élysée.
À chaque scrutin municipal, le même
phénomène se reproduit. Par le passé, il
fut même plus ample, quand les équipes
étaient constituées presque exclusivement
de personnalités cumulant ancrage local et
carrière nationale (voir ci-contre). La part
considérable de la société civile dans le
gouvernement actuel limite le nombre de
cas. Sans le faire disparaître. Les candidats
potentiels sont légion : Benjamin Griveaux
et Mounir Mahjoubi en compétition pour
l’investiture LaREM à Paris, Gérald Darmanin à Tourcoing (Nord), Olivier Dussopt à Annonay (Ardèche), Sébastien Lecornu à Vernon (Eure). Le scénario d’une
candidature de la garde des Sceaux Nicole
“
Gérard Collomb
se consacre pleinement
à sa tâche et quand il se
consacrera à sa campagne,
il se consacrera
à sa campagne
ÉDOUARD PHILIPPE
”
Belloubet circule avec insistance à Toulouse, même si l’ancienne première adjointe
du maire PS Pierre Cohen assure ne pas
être intéressée… Selon nos informations,
Marlène Schiappa pourrait atterrir sur la
liste parisienne de LaREM, par exemple
dans le XIVe arrondissement. Son nom a
aussi été évoqué au Mans et à Ajaccio.
Pour l’heure, Emmanuel Macron n’a
pas arrêté de doctrine générale sur la nécessité pour les ministres candidats de
quitter ou non le gouvernement, au moment de la campagne, au-delà du cas particulier de Gérard Collomb. « Il n’y a pas de
règle », résume l’un des ministres concernés. Si le chef de l’État prend son temps,
c’est aussi que les cas de figure varient
beaucoup selon que les ministres intéressés par le scrutin local occuperont la tête
de liste ou figureront à des places de colistiers, moins stratégiques. En 2001, Lionel
Jospin avait exigé de ses ministres qu’ils
choisissent entre leur ville et leur portefeuille ministériel, s’ils l’emportaient. Nicolas Sarkozy avait, lui, autorisé le cumul
entre les deux fonctions.
Si les têtes de liste sont nombreuses parmi les ministres, le gouvernement
n’échappera pas à un remaniement large,
que certains anticipent soit en janvier
2019, soit autour des élections européennes de mars prochain. En attendant,
Édouard Philippe a demandé aux membres du gouvernement de faire preuve de
« retenue » et de « concentration ». ■
Les maires LR « Macron-compatibles » haussent le ton
MARION MOURGUE £@MarionMourgue
2014
1 élu
MARCELO WESFREID £@mwesfreid
ATTENTION, ligne rouge. Très remontés
contre La République en marche, les
maires LR jugés « Macron-compatibles »
par l’exécutif, se font entendre. « Je leur
dis : mêlez-vous de ce qui vous regarde !
Les positions de ce parti, ça devient presque sectaire… », confie au Figaro le maire
LR de Nice, Christian Estrosi. « Je ne me
laisserai rien imposer dans la constitution
de ma liste ! », enchaîne Arnaud Robinet,
le maire LR de Reims. « Tenir les maires en
laisse, ça n’existe pas ! Il vaut mieux dialoguer que de poser des oukases », poursuit
Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse. « Les diktats parisiens passés par
des partis politiques, quels qu’ils soient, ça
me fait ni chaud ni froid », enchaîne le
maire d’Angoulême, Xavier Bonnefont,
bien disposé à ne pas les suivre.
Si l’exécutif soigne particulièrement ces
élus depuis un an – Emmanuel Macron reçoit encore lundi cinq présidents de métropole dont Christian Estrosi et Jean-Luc
Moudenc -, la circulaire diffusée par LaREM pour les municipales de 2020 est venue compliquer les relations de travail. Selon ce document que s’est procuré
Le Figaro la semaine dernière, les candidats
PS ou LR qui souhaiteraient bénéficier du
soutien de LaREM pour ces élections – et
donc ne pas avoir de candidat de la majorité face à eux – devraient au préalable se
plier à certaines exigences. Parmi celles-ci,
« une souscription formelle aux valeurs inscrites dans la charte du progressisme municipal » ou encore « la mise à distance avec
tout mouvement ou parti déclaré d’opposition ». Enfin, « tout candidat qui aura soutenu une liste concurrente aux européennes ne
pourra obtenir l’appui de La République en
marche lors des élections municipales ».
Un effet repoussoir
De quoi refroidir les élus LR et compliquer d’éventuelles alliances au niveau
local. « J’ai fait une liste en 2014 avec très
peu d’encartés et beaucoup de compétences. Je compte bien continuer ainsi »,
indique Xavier Bonnefont qui comme
tous les maires n’entend pas se voir imposer la composition de sa liste ni l’écriture de son projet. « Il n’y a aucun problème pour intégrer des élus LaREM. Mais se
comporter comme ça, c’est se tirer une
balle dans le pied ! », assure Jean-Luc
Moudenc qui revendique son « indépendance » et sa « liberté ». « Les élections
municipales se font sur un projet pour une
ville, pour un territoire, pas avec une élection partisane », réplique Arnaud Robinet. « Ceux qui ont écrit cette charte mé-
Le maire de Nice, Christian Estrosi,
refuse toute « allégeance » au parti
présidentiel. E U G É N I E R A G O T / L E F I G A R O
connaissent la réalité municipale. S’ils ont
des ambitions légitimes de progression territoriale, c’est par le dialogue qu’ils les atteindront », juge Jean-Luc Moudenc très
surpris, comme les autres maires LR, par
la méthode employée. « Ça s’appelle des
réflexes d’ancien monde alors que ce parti
prétendait apporter la modernité… », fait
valoir Christian Estrosi qui refuse toute
« allégeance ». « L’ultrajacobinisme, fût-il
du président ou d’un parti politique, n’a
pas à s’imposer à la relation entre un maire
et ses administrés », s’agace-t-il encore.
Les élus LR sont d’autant plus surpris
qu’il y avait selon eux un espace de travail
possible, avec l’exécutif. « Mais relier les
européennes aux municipales, ça n’a rien à
voir. C’est une erreur totale de jugement ! », s’étonne Jean-Luc Moudenc.
D’autant plus que nombre de maires
aimeraient, avant de s’engager, connaître la tête de liste… « Et “mise à distance” ? On ne sait pas ce que ça veut dire… »,
poursuit l’édile de Toulouse alors que
plusieurs interprétations sont possibles
entre demande de démission des LR ou
mise en congé du parti.
Si ces maires s’interrogent sur le procédé, beaucoup pointent aussi le calendrier
de l’annonce. En pleine baisse des sondages de l’exécutif et après une série de réformes contestées par les élus sur le terrain – suppression de la taxe d’habitation,
hausse de la CSG et limitation de la vitesse
à 80 km/h –, les exigences de LaREM ont
eu un effet repoussoir. « Ils ne sont pas en
position de force pour nous imposer quoi
que ce soit », rétorque un autre maire LR.
« Si c’était aussi intéressant de rejoindre
LaREM, on aurait vu les proches de Gérald
Darmanin, Bruno Le Maire ou Sébastien
Lecornu s’y presser », ironise un maire LR
« très déçu » par Emmanuel Macron. ■
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
4
L'ÉVÉNEMENT
Christophe Castaner ne rêve plus de Marseille
Les mauvais sondages ont refroidi les ambitions municipales du secrétaire d’État. LaREM pourrait fusionner avec la
ARTHUR BERDAH £@arthurberdah
ET MATHILDE SIRAUD £@Mathilde_Sd
LES GRANDES manœuvres ont commencé. Depuis l’élection d’Emmanuel
Macron, La République en marche (LaREM) ambitionnait de profiter des municipales de 2020 pour reproduire le
raz-de-marée des dernières législatives. L’objectif était clair : il fallait rafler
la plupart des grandes villes, à commencer par le fameux triptyque ParisLyon-Marseille. En coulisses, les têtes
d’affiche étaient même déjà désignées :
Benjamin Griveaux se lancerait dans la
capitale, Gérard Collomb retournerait
dans la Ville des lumières et Christophe
Castaner irait conquérir la Cité phocéenne.
Mais ça, c’était avant. Avant la rentrée compliquée, et avant les mauvais
sondages. Que ce soit au niveau local ou
au niveau national, toutes les enquêtes
d’opinion indiquent un décrochage de
la majorité. Et notamment à Marseille,
où LaREM est devancée par La France
insoumise dans tous les scénarios testés. Selon nos informations, ce mauvais
présage a poussé Christophe Castaner à
tirer un trait définitif sur sa candidature. Animé par le souvenir douloureux
des régionales de 2015 en Paca, où il
avait été contraint de retirer sa liste PS
dans l’entre-deux-tours pour faire
barrage au FN et favoriser l’élection de
Christian Estrosi, le secrétaire d’État ne
veut pas revivre ce traumatisme. C’est
pourquoi la majorité envisagerait désormais de présenter une candidature
moins prestigieuse au premier tour et
de fusionner ensuite avec celui ou celle
qui défendra les couleurs de LR au second. De premiers échanges auraient
déjà été noués en ce sens avec Martine
Vassal, qui est pressentie pour se présenter et ne serait pas hostile à faire
campagne au centre.
Parmi les profils étudiés pour porter
les couleurs de la majorité, le nom de
Saïd Ahamada revient avec insistance.
Député LaREM de la 7e circonscription
des Bouches-du-Rhône, ce Réunionnais
est lucide sur sa situation. « Castaner ne
donne aucun signe. Donc, à Marseille, les
gens cherchent un plan B », reconnaît-il.
« La ville, je l’ai dans le sang. Ce serait
compliqué de dire non si on me le proposait », ajoute-t-il, alors que l’ancien
maire de Forcalquier ne s’est quant à lui
rendu qu’une seule fois dans la Cité phocéenne lors des douze derniers mois.
« Quel que soit le candidat, ce sera compliqué. À la limite, je préfère que l’on n’ait
pas de maire LaREM mais plusieurs maires d’arrondissement et des adjoints. »
“
Castaner n’a pas envie
de se lancer à Marseille
parce que la campagne va
être très dure et qu’il y a
que des coups à prendre
UN DÉPUTÉ LAREM
CONTRE-POINT
PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard
De la marche triomphale
au casse-tête électoral
A
N
aïveté du « nouveau
monde » ? Dans l’euphorie
de leurs victoires de 2017,
les macronistes
envisageaient les européennes
de mai prochain et les municipales
de 2020 comme une suite logique
et écrite d’avance. L’union
des européens de tous les bords
allait d’abord permettre l’acte II
de la recomposition politique.
Le renouvellement des équipes
locales allait ensuite renforcer
ce grand bloc central enfin
débarrassé des vieilles étiquettes
partisanes. Retour à la réalité :
la campagne européenne ne se
présente pas comme la marche
triomphale annoncée et la conquête
municipale est passablement plus
ardue que prévu.
Plusieurs erreurs d’analyse ont
conduit à cet emballement initial
autour des municipales. La première
fut de croire qu’un scrutin en dictait
en autre ; qu’un vote Macron à la
présidentielle conduisait, presque
mécaniquement, à l’élection
d’un des siens à la tête des mairies.
Un espoir fondé sur les scores du
candidat élu particulièrement élevé
dans les grandes villes, à commencer
par Paris. Mais à chaque scrutin
sa spécificité et aucun électeur
ne se sent lié par son vote d’un jour.
Faut-il rappeler qu’après le retour
triomphal de De Gaulle en 1958,
les gaullistes n’ont conquis aucune
mairie majeure aux municipales
de 1959 ?
Cette erreur de débutant,
si l’on ose dire, s’est doublée d’un
problème structurel au macronisme :
être un mouvement politique né
autour d’une démarche nationale
et ne disposant pas, du fait
de sa nouveauté, d’un ancrage local
suffisant pour organiser des réseaux.
LaREM met aujourd’hui les bouchées
doubles, mais un maire ne
”
Ce constat est partagé au plus haut
sommet de l’exécutif. Qu’il s’agisse des
proches d’Emmanuel Macron ou de
ceux d’Édouard Philippe, tout le monde
s’accorde à dire que la majorité ne réussira pas à mettre la main sur la Cité phocéenne en 2020. « Marseille fait partie
des trois ou quatre villes emblématiques.
La question, c’est : est-ce que la majorité
peut y aller seule ou plutôt nouer des alliances ? Si Jean-Luc Mélenchon a des
chances de l’emporter, il faudra réfléchir
à la seconde configuration », glisse un
habitué de l’Élysée et de Matignon, sondages à l’appui. Car les macronistes, qui
réfléchissent déjà au match de 2022, ne
veulent surtout pas offrir une victoire
politique majeure au tribun d’extrême
gauche en le laissant s’emparer de la
deuxième ville de France.
se façonne pas en un jour, ni même
en un an. La loi sur le cumul des
mandats d’un côté et la nécessité de
l’autre pour les ministres de choisir
le moment venu entre leur fonction
et leur campagne compliquent
la donne. Faisant d’une occasion
d’implantation un casse-tête.
L’autre erreur d’appréciation
fut d’avoir cru initialement pouvoir
compter dans leurs trophées
des maires élus sous une étiquette de
« l’ancien monde », principalement
de droite. Sous prétexte qu’ils
prenaient leurs distances avec leur
parti d’origine et qu’ils approuvaient
globalement la démarche du chef
de l’État, ils étaient regardés comme
des marcheurs en puissance. Moyen
commode de compter Bordeaux,
Nice, Angers, Reims et autres dans
l’escarcelle macroniste. Ce rêve
est en train de partir en fumée.
Pour trois raisons. Parce que
le macronisme de ces alliés
potentiels est indexé sur les sondages
du président ; ce qui les incite
aujourd’hui à la réflexion. Parce que
la liberté avec leur parti d’origine
implique une même liberté avec
LaREM. Beaucoup de maires seront
prêts à prendre des macronistes
dans leurs équipes mais voudront
organiser le rassemblement autour
d’eux, et pas au service du parti
majoritaire. Et parce qu’enfin
LaREM vient d’adopter une charte
qui exclut tout positionnement
à géométrie variable. Pour les
marcheurs, la stratégie du coucou
n’est plus possible aux municipales.
Ils ne pourront compter que
sur eux-mêmes pour décrocher
des mairies. ■
» Retrouvez
Guillaume Tabard
tous les matins à 8 h 10
sur Radio Classique
Désormais, il convient donc de recycler le fameux « front républicain »…
avec un ennemi qui a changé de camp.
En effet, il n’est plus question de faire
battre à tout prix le candidat du
Rassemblement national (en l’occurrence Stéphane Ravier), car il n’appa-
raît pas en capacité sérieuse de l’emporter, même s’il est donné relativement
haut. Cette fois, la diabolisation vise le
leader de La France insoumise. Car
même s’il est apparu nettement moins
populaire qu’Emmanuel Macron au début du mois de septembre à Marseille, le
député des Bouches-du-Rhône, qui est
arrivé en tête du premier tour de la présidentielle de 2017 dans la Cité phocéenne, incarne une véritable menace pour
la macronie. « Castaner n’a pas envie de
se lancer à Marseille parce que la campagne va être très dure et qu’il y a que des
Samia Ghali : « J’assumerai
ma responsabilité »
À Lille, Darmanin
libre à Aubry, qui
PROPOS RECUEILLIS PAR
MARIE TRANCHANT £@MarieTranchant
TRISTAN QUINAULT-MAUPOIL £@TristanQM
Samia Ghali est sénatrice PS des Bouchesdu-Rhône.
LE FIGARO. – La conquête de la mairie
de Marseille est-elle toujours à votre
agenda ? Un récent sondage Elabe vous
crédite de 14 % à 16 % des voix.
Samia GHALI. – Tous les jours, ma décision se nourrit grâce aux Marseillais. Ils
me disent : « On compte sur vous. » Mais
pour l’instant, ce n’est pas le sujet. Je me
positionnerai d’ici la fin du premier trimestre 2019. Ce que veut dire ce sondage,
c’est que les gens font la différence entre
les partis politiques et les personnalités.
47 % des Marseillais ont une image positive de mon action. C’est une fierté d’être
reconnue pour mes combats. Les gens
voient en moi la Marseillaise avant tout.
Cela vous encourage-t-il à construire
un projet ?
Le projet pour 2020, il faudra le faire.
C’est une nécessité. Il faut rajeunir
Marseille, il faut booster Marseille, il faut
innover à Marseille. Je fais partie de ceux
qui s’y attelleront. À l’évidence, j’ai une
responsabilité et je l’assumerai. Je suis
une Marseillaise parmi les Marseillais. Je
ne suis pas de passage. Je paye mes impôts ici, je vis ma ville, je mourrai ici.
Comme eux, je vis les problèmes de sécurité, de circulation, de propreté, de pollution. Je me bats sur la question des écoles car c’est ici que nous préparons les
Marseillais de demain.
Quel regard portez-vous
sur Jean-Claude Gaudin,
qui ne se représentera pas ?
Même si nous nous affrontons politiquement et que je ne suis pas en phase
avec son bilan, j’ai beaucoup de respect
pour lui. À mon sens, ce n’est pas JeanClaude Gaudin qui est vieillissant, c’est
sa majorité. Cela fait vingt-cinq ans que
cette équipe est au pouvoir et, à l’évidence, elle est à bout de souffle. Il faut
une alternance, c’est plus qu’urgent.
Mais j’insiste, ce n’est pas une question
de droite ou de gauche, c’est une question d’équipe.
Renaud Muselier est bienveillant
à votre égard. Des convergences
sont-elles possibles avec lui ?
J’observe qu’il n’est pas dans la majorité
municipale. Vous savez, moi, je parle le
marseillais. Je discute avec tous ceux qui
parlent le même langage que moi. Quand
je parle avec Renaud Muselier, je ne suis
pas d’accord sur tout, mais parfois on
trouve des sujets convergents.
Voulez-vous vous extraire du PS ?
Je suis une femme de gauche. Être au PS
ne doit pas me condamner à ne pas regarder ailleurs. On a besoin des partis politiques, mais on a aussi des Marseillais et des
Marseillaises, ailleurs, qui peuvent nous
apporter autre chose. Il faut un rassemblement de citoyens qui offrent leurs
compétences à leur ville.
Et avec Jean-Luc Mélenchon ?
La France insoumise est repliée sur ellemême. Je ne trouve pas qu’elle soit partie
prenante des vrais dossiers qui mobilisent les Marseillais. D’ailleurs, je n’ai pas
beaucoup vu Jean-Luc Mélenchon s’opposer à la majorité sortante.
Vous aviez participé à une
primaire
en 2013. Pourriezvous encore
vous y soumettre ?
Je ne participerai à
aucune primaire.
Ça, c’est sûr. Je
vais prendre le
temps avant de
me
décider.
Mais une fois
que ma décision sera prise, j’irai au
bout. ■
Samia
Ghali,
sénatrice
PS des
Bouchesdu-Rhône.
BOUCHON/
LE FIGARO
DE NOTRE CORRESPONDANTE À LILLE
MARTINE AUBRY tient à faire d’emblée
une « mise au point » : « Beaucoup d’entre
vous sont là pour m’interroger sur une
éventuelle candidature en 2020, je vais
tuer le suspense tout de suite, je n’ai pas de
réponse à vous donner », tranche-t-elle
ce vendredi au début de sa conférence de
presse de rentrée à Lille. Il faut dire
qu’elle avait annoncé en 2014 son intention de ne pas faire plus de trois mandats, puis avait ajouté quelques mois plus
tard un « sauf catastrophe ».
La politique menée par Emmanuel
Macron pourrait la décider. « Nous étions
loin de penser que nous aurions Emmanuel
Macron comme président, que les partis
traditionnels seraient en déroute, admetelle. Je réfléchis dans ce contexte. » Pas
question de laisser échapper sa ville et
celle de son prédécesseur Pierre Mauroy
au PS : « Je ne voudrais pas que Lille devienne comme la France. » On perçoit de
plus en plus chez la socialiste une volonté d’y aller. « Même si je devais me représenter, je ne serai pas là dans dix ans »,
jure-t-elle. L’hypothèse d’une candidature d’Aubry et d’un passage de relais à
mi-mandat est également sur la table.
Dos à la Deûle, dans une salle désuète
de la base nautique du quartier excentré
des Bois-Blancs, la maire est d’abord là
pour parler d’écologie. Lille est candidate pour être capitale verte européenne.
« Nous nous sentons écologistes, glisse
Martine Aubry. Quand je suis arrivée à
Lille, l’enjeu était la requalification des
quartiers, aujourd’hui, c’est le réchauffement climatique. » Pendant une heure et
demie, elle égrène les actions menées
par la municipalité. Un exposé en forme
de programme – pour cette candidature-là – avec une promesse : « Ce que nous
proposons, nous le ferons. »
Écolo, oui, mais bien socialiste et pas
EELV : « Il faudrait que les femmes et les
hommes comptent un peu plus » dans leur
politique, tacle-t-elle. Les différends
avec les élus EELV de la majorité sont
nombreux. Les projets du quartier populaire de Lille-Sud – un centre commercial, un cinéma – entre autres. « J’accepte leurs désaccords car ce sont leurs
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
POLITIQUE
EUGÉNIE RAGOT/LE FIGARO
Invité jeudi soir
de « L’Émission politique » sur
France 2, le premier ministre
a déclaré qu’une candidature
à la mairie du Havre,
qu’il a dirigée de 2010 à 2017,
n’était pas « du tout exclue ».
Christophe Castaner
le croit plus utile à Matignon.
« Je souhaite qu’il puisse être
à sa tâche jusqu’à la fin du
quinquennat », a-t-il assuré
sur Europe 1 vendredi matin.
coups à prendre », confirme un député
LaREM qui le connaît bien. « Son rêve,
c’est Beauvau », ajoute cette même
source. Invité d’Europe 1 vendredi, le
patron de LaREM a mystérieusement
ironisé : « On parle de moi un peu partout. » Y compris aux européennes. ■
laisse le champ
« réfléchit »
fondamentaux, commente Martine
Aubry. Sur Saint-Sauveur, ce n’est pas la
même chose, ils ont changé d’avis pour
des raisons purement politiciennes. » Les
élus EELV auraient souhaité plus d’espaces verts et moins de béton dans l’aménagement de cette friche du centre de
Lille.
La maire socialiste s’éloigne de ses alliés, déjà peu nombreux. « Le rassemblement n’a de sens que s’il se fait sur des valeurs », estime-t-elle. Les élus qui se
sont tournés vers LaREM ont quitté le
navire. Et même au sein du PS nordiste,
deux camps s’opposent entre les fidèles
d’Aubry et ceux de Patrick Kanner,
qu’elle considère comme « un socialiste
comme les autres ». À gauche du PS,
Adrien Quatennens pourrait se présen-
“
Le rassemblement
n’a de sens que s’il se fait
sur des valeurs
”
MARTINE AUBRY, MAIRE DE LILLE
ter pour La France insoumise. Les opposants se préparent déjà à affronter la
maire actuelle. L’ex-UDI Thierry
Pauchet a annoncé sa candidature. Pour
LaREM, deux hypothèses se dessinent :
le haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire Christophe Itier ou la députée Valérie Petit. Commentaire de
Martine Aubry : « Je n’ai rien à faire de
leurs bisbilles personnelles, je n’ai jamais choisi mon adversaire. Je veux
pouvoir parler du fond. »
Un temps pressenti, Gérald Darmanin
a coupé court aux rumeurs. Le ministre
de l’Action et des Comptes publics sera
candidat à Tourcoing – pas forcément en
tête de liste –, ville qu’il avait raflée au PS
en 2014. Mais le ministre, comme l’avait
révélé Le Figaro, vise surtout la Métropole européenne de Lille. L’ancienne et
l’actuel ministres ont dîné récemment
ensemble, selon une information de
La Voix du Nord. Aubry dément les rumeurs qui évoquent un « pacte de nonagression » entre les deux. Si elle ne s’est
pas encore déclaré candidate, la maire
de Lille prépare, en tout cas, l’avenir.
Elle a créé, cet été, un think tank intitulé
« Lille 2030 ». ■
KALFON (PS)
PRÔNE
L’UNION DES
GAUCHES
Alors que le PS peine à s’imposer
entre LaREM et La France
insoumise, François Kalfon
appelle au rassemblement
des forces de gauche. Invité
du « Talk Le Figaro », le conseiller
régional d’Île-de-France
et membre du bureau national
socialiste espère « un big bang
de la gauche et un regroupement
des familles ». Il fait de ce
rassemblement la feuille de route
du parti pour reconquérir
des villes laissées à la droite
lors des municipales de 2014.
« Au cœur de notre stratégie
pour les municipales, il y a
le rassemblement de toutes
les gauches. À M. Mélenchon
de considérer s’il doit en faire
partie ou non », a-t-il lancé.
La France insoumise n’a pour
l’instant donné aucun signe
en faveur de potentielles alliances
avec les socialistes. François
Kalfon tient pourtant à mettre
en garde les réfractaires à l’union.
« Ceux qui, face au risque de la
droite qui revient, face au risque
du macronisme, continueraient
à jouer leur équation personnelle
au détriment de l’intérêt général
prendront leurs responsabilités. »
François Kalfon en appelle
ainsi « à Pierre Laurent,
à Ian Brossat qui sera tête de liste,
aux écologistes, aux amis
de Benoît Hamon qui ont fait
leur expérience… Il faudra qu’ils
se rassemblent sinon nous serons
sanctionnés par les électeurs qui
considéreront que nous ne sommes
pas à la hauteur des enjeux ».
Quant à une alliance
avec la majorité présidentielle,
le conseiller d’Île-de-France
la balaie d’un revers de la main.
« LaREM n’a rien à faire
dans les alliances avec le PS pour
les municipales », décrète François
Kalfon. Avant d’enfoncer le clou :
« LaREM a choisi la droite.
La politique menée
par le gouvernement est clairement
de droite. » Il n’empêche
que pour espérer peser
sur les prochains scrutins, le PS
devra « amplifier le son »,
concède François
Kalfon. ■
M. V.
FRANÇOIS KALFON,
hier, dans le studio du Figaro.
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
Emmanuel Macron demande
du temps aux Français
Aux Antilles, le chef de l’État a défendu son action de « transformation »
du pays, tout en reconnaissant que ses effets ne seraient pas immédiats.
FRANÇOIS-XAVIER BOURMAUD
£@fxbourmaud
ENVOYÉ SPÉCIAL À SAINT-PIERRE ET FORT-DE-FRANCE
EXÉCUTIF Emmanuel Macron tombe la
veste et tend le bras. « J’arrive », lance-t-il
à la petite foule qui l’attend à l’entrée de
la mairie de Saint-Pierre. Une soixantaine de personnes tout au plus. Malgré l’interdiction préfectorale de rassemblement
en plein air pour cause de cyclone en approche, elles sont venues voir le président. Et le président a envie de parler. Un
bain de foule, c’est toujours l’occasion de
glisser, entre une bise et un selfie, quelques remarques sur la politique nationale.
Et ça ne rate pas. À peine trois mètres
parcourus et le voilà interpellé par un
journaliste sur « son été catastrophique ».
Froncement de sourcils, regard noir, colère contenue, Emmanuel Macron se lance. « J’ai dans le ventre l’impatience de
66 millions de Français », commence-t-il.
L’absence de résultats de sa politique ne
lui a donc pas échappé.
Espoirs déçus
En cette rentrée 2018, celui qui se faisait
fort de « transformer le pays en profondeur » se retrouve rattrapé par les espoirs
déçus. Sa popularité s’effondre, son pouvoir vacille, ses troupes doutent. Alors,
Macron demande du temps. « Les choses
ne peuvent pas aller mieux du jour au lendemain », explique-t-il en citant l’exemple
de la réforme de la SNCF. Réputée infaisable, elle est aujourd’hui achevée. Mais les
Français n’en verront les résultats que
dans quelques années. Comme pour le
reste de sa politique d’ailleurs. D’ici là, il
lui faut tenir face aux revers qui s’accumulent et aux polémiques qui s’enchaînent.
Le départ annoncé de Gérard Collomb et
ses critiques sur le manque d’humilité
d’Emmanuel Macron ont nourri l’image
d’un président distant. Tout comme les
petites phrases sur les « Gaulois réfractaires » ou sur « la rue à traverser pour trouver
« Les choses ne peuvent pas aller mieux du jour au lendemain », a affirmé Emmanuel
Macron, jeudi devant la mairie de Saint-Pierre (Martinique). T. SAMSON/POOL VIA REUTERS
un emploi ». Les responsables sont tout
trouvés : les journalistes. « Parfois on sort
de son contexte une phrase, un mot…
Qu’est-ce que ça crée ? Une forme de distance », s’agace Emmanuel Macron.
Satanée pensée complexe, décidément
irréductible aux exigences de l’info en
continu. Un ministre proche du chef de
l’État a d’ailleurs identifié ce mal qui ronge le chef de l’État : la « dictature de l’immédiateté » et la « démocratie de l’instant ». Pour les contrer, « il faut
s’exprimer et montrer que nous sommes
cohérents, même si ce n’est pas toujours
simple de faire de la pédagogie ». Emmanuel Macron tente de s’y employer toutefois. « Moi, je prends le temps d’aller au
contact, d’expliquer, de parler aux gens
quand ils ne sont pas d’accord, d’expliquer
ce qu’on fait. […] C’est la clé d’une transformation », explique-t-il. Pas simple.
Encore moins quand les réformes s’en-
chaînent à vitesse vertigineuse. « Notre
ADN, c’est de faire. Si on arrête, on est
morts », prévient un ministre. Et Emmanuel Macron n’a pas envie de mourir. « Je
veux qu’on aille encore plus vite et plus
fort, martèle-t-il. C’est pour ça que je me
bats tous les jours sans relâche. »
Pour faire la pédagogie de son action, la
« visite de chantier » de Saint-Martin se
pose là. Le président s’y rend ce samedi et
dimanche. Une île dévastée par un ouragan il y a un an et dont la reconstruction
traîne en longueur et provoque l’impatience et la colère des habitants. La métaphore parfaite pour Emmanuel Macron.
Un pays, la France, dévasté par les années
Mitterrand-Chirac-Sarkozy-Hollande et
dont la reconstruction prend du temps,
suscitant l’impatience et la colère des
Français. Comment disait Emmanuel
Macron déjà ? « Les choses ne peuvent pas
aller mieux du jour au lendemain. » ■
A
Les enquêtes d’opinion
donnant La France insoumise
devant LaREM aux municipales
de 2020 auraient poussé
Christophe Castaner
(ici, lors d’une conférence
de presse en septembre)
à tirer un trait définitif
sur sa candidature.
5
fabianafilippi.com
droite au second tour.
L'ÉVÉNEMENT
90, Rue du Faubourg Saint Honoré - Paris 17, Rue des États Unis - Cannes
LE PATRON
DE LAREM
VEUT QUE
PHILIPPE
RESTE
À MATIGNON
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
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INTERNATIONAL
À Berlin, Recep Tayyip Erdogan
se confronte à ses opposants
Le président turc a renoué le fil avec la chancelière allemande mais aucun différend n’a été résolu entre eux.
NICOLAS BAROTTE £@NicolasBarotte
CORRESPONDANT À BERLIN
ALLEMAGNE Le photographe s’est discrètement écarté pour se préparer. Puis il
est revenu calmement faire son travail au
premier rang, au pied d’Angela Merkel et
son hôte, Recep Tayyip Erdogan, en pleine conférence de presse. Le président
turc ne se laisse pas décontenancer. « Liberté pour la presse pour les journalistes en
Turquie » est pourtant écrit sur fond rouge sur le tee-shirt que le reporter a enfilé.
Il est aussitôt évacué par le service d’ordre alors que l’autocrate d’Ankara esquisse un rictus.
Quelques minutes auparavant, Angela
Merkel avait insisté sur « les différences
profondes » entre l’Allemagne et la Turquie
sur le respect de l’État de droit ou de la liberté de la presse. Depuis deux ans, les relations n’ont cessé de se dégrader entre les
deux pays et l’ambiance est glaciale entre
les deux dirigeants. En 2017, Recep Tayyip
Erdogan s’en était même pris directement à
Angela Merkel l’accusant de « pratiques
nazies ». Mais la chancelière, d’un pragmatisme absolu, veut désormais adresser des
signes d’apaisement pour éviter une rupture avec Ankara. « Si nous ne parlons pas ensemble, nous ne pourrons pas trouver de solutions communes », ajoute-t-elle. « Nous
avons beaucoup de choses qui nous unissent », déclare-t-elle aussi en indiquant la
coopération au sein de l’Otan, la gestion de
la crise migratoire ou l’attention accordée à
la communauté turque allemande, qui
compte 3,5 millions de personnes. Une minorité d’entre elles a manifesté vendredi
dans les rues de Berlin pour protester
contre la politique du chef de l’État turc.
Alors que son pays traverse une grave
crise économique, Recep Tayyip Erdogan
voudrait tourner la page des tensions politiques avec l’Allemagne. Il espère relancer
les relations économiques entre les deux
pays. Auprès d’Angela Merkel, il a de nouveau défendu le principe d’une libéralisa-
tion des visas pour les Turcs voyageant en
Europe. Celle-ci est conditionnée au respect de critères sur l’État de droit. Il a aussi
plaidé en faveur d’une union douanière
avec l’UE. Mais il n’a pas renoncé à la dérive
autoritaire de son régime. Il a, par exemple,
réclamé que Berlin reconnaisse comme
« organisation terroriste » le Fetö, le mouvement güleniste accusé d’être à l’origine
du putsch avorté de 2016. Angela Merkel a
écarté l’idée, expliquant n’avoir pas d’éléments suffisants pour accéder à la requête.
Elle a en revanche insisté sur les discussions en cours pour obtenir la libéra-
tion des cinq ressortissants turcs emprisonnés en Turquie. Recep Tayyip
Erdogan n’a donné aucun signe encourageant, arguant encore de « l’indépendance » de la justice turque. Si le fil du contact
a été renoué entre Berlin et Ankara,
aucun différend n’a été résolu. ■
Un photographe turc a interrompu, vendredi
à Berlin, la conférence de presse de Recep
Tayyip Erdogan et Angela Merkel en exigeant
la « liberté pour la presse en Turquie ».
MICHAEL SOHN/AP
Aucun signe encourageant
En visite d’État en Allemagne pour trois
jours, Recep Tayyip Erdogan doit se
confronter à ses opposants. Durant la
matinée, il avait toutefois menacé, selon
des informations de Bild, d’annuler sa
participation à la conférence de presse si
l’ancien rédacteur en chef du journal Cumhuriyet, Can Dündar, y assistait et l’interpellait. Condamné à une peine de prison en Turquie, Can Dündar a trouvé
refuge en Allemagne, où il a fondé un site
d’information Özgürüz, « nous sommes
libres » en turc. Pour ajouter une provocation à la menace, le gouvernement
d’Ankara avait aussi demandé vendredi
l’extradition du journaliste aux autorités
allemandes. Sans doute pour éviter le
clash, celui-ci a renoncé à venir.
« Notre désaccord sur le cas de Can
Dündar n’est pas un secret », a commenté froidement Angela Merkel. Interrogé par la presse allemande, Recep
Tayyip Erdogan a contre-attaqué. « Il y
a eu une décision de justice », a-t-il fait
valoir en affirmant « l’indépendance »
de celle-ci. « Can Dündar est un agent
qui a révélé des documents secrets », a-til poursuivi.
Le Ditib, l’organe religieux turc, préoccupe l’Allemagne
Qu elqu es
« person
n es
liées à des
mosqu ées
du Ditib on t
développé
des activités
religieu ses et
n ation alistes
h ostiles
»
LE MINISTÈRE
DE L’INTÉRIEUR
ALLEMAND
EN ARRIVANT de l’aéroport pour se
rendre à son hôtel, en face de la
porte de Brandebourg, Recep
Tayyip Erdogan a salué jeudi d’un
signe de la main ses supporteurs sur
le passage de son cortège. Quatre
doigts levés, le pouce recroquevillé
vers la paume. Pour les connaisseurs de la vie politique turque, le
geste ne doit rien au hasard : il s’agit
du salut des Frères musulmans. Le
pouvoir du président s’appuie aussi
sur une dimension religieuse.
Avant de repartir pour la Turquie, samedi en fin de journée, Recep Tayyip Erdogan doit encore se
rendre à Cologne. Le chef de l’État a
prévu d’y inaugurer la grande mosquée dont la construction vient de
s’achever au bout de neuf ans. La
police locale s’attend à la présence
de 25 000 supporteurs, c’est-à-dire
beaucoup plus que les organisateurs
ne pourront gérer. Pour la police
locale, inquiète, les responsables de
la mosquée risquent d’être dépassés. Plusieurs contre-manifestations ont aussi été annoncées, dont
des militants prokurdes.
Mais Recep Tayyip Erdogan tenait à l’escale. Il ne s’agit pas de
n’importe quelle mosquée en Allemagne. Elle abrite le siège du Ditib,
l’organisation musulmane turque
qui contrôle quelque 900 lieux de
culte dans le pays. Bras religieux du
pouvoir d’Ankara, le Ditib reçoit
ses ordres directement de la Diyanet, l’office religieux du gouvernement. Depuis le tournant autoritaire du régime en 2016, Ankara s’en
sert pour surveiller et poursuivre à
l’étranger ses adversaires.
Le procureur fédéral enquête actuellement sur dix-neuf religieux
soupçonnés d’avoir collecté pour la
Turquie des informations sur le
mouvement güléniste en Allema-
gne. Les gülénistes sont accusés par
Erdogan d’avoir fomenté la tentative de putsch de juillet 2016. Dans un
rapport publié avant l’été, la communauté güléniste en Allemagne
s’inquiète d’un « climat empoisonné », « d’intimidations », « d’espionnage », de pratiques « mafieuses »
employées contre elle par le gouvernement d’Erdogan.
Selon des informations publiées par les médias et non démenties, le renseignement intérieur allemand s’interroge sur
une mise sous surveillance du
Ditib. Le ministère de l’Intérieur
n’a pas confirmé les préoccupations, se contentant d’indiquer
que « quelques personnes liées à
des mosquées du Ditib ont développé des activités religieuses et
nationalistes hostiles » à la sécurité nationale.
Une mise sous surveillance serait
lourde de conséquence : le Ditib risquerait de perdre son statut d’interlocuteur principal pour la communauté musulmane. Plusieurs
Länder ont aussi noué des contrats
avec le Ditib pour assurer les cours
de religion dans les écoles. Cette
coopération est de plus en plus critiquée par ceux qui dénoncent le
virage conservateur de la Turquie.
À Cologne, les responsables locaux ont renoncé à participer à la
cérémonie d’inauguration : ni la
maire, Henriette Reker, ni le ministre-président de WestphalieRhénanie-du-Nord n’ont souhaité y prendre part. Recep Tayyip
Erdogan a prévu de prononcer
quoi qu’il en soit un discours. Il
devrait exhorter ses partisans à
« cultiver leurs racines ». À s’intégrer mais sans oublier leurs origines turques. Il soigne ses troupes
en Allemagne. ■
N. B.
La Macédoine vote sur son nom et son avenir dans l’UE
En se rebaptisant, le pays espère mettre fin à un vieux contentieux avec la Grèce et ainsi s’ouvrir les portes de l’Europe et de l’Otan.
A
THIERRY PORTES £@ThDoors
BALKANS La première manche de la
difficile partie engagée par les jeunes
premiers ministres au pouvoir à Athènes et à Skopje se joue dimanche lors du
référendum organisé dans la République de Macédoine. Ce pays de quelque
2 millions d’habitants qui avait obtenu
le statut de candidat à l’Union européenne parmi les premiers dans les Balkans, est depuis passé en queue de peloton sur le chemin menant à Bruxelles. Il
a parallèlement échoué à intégrer
l’Otan. Et cela pour une simple histoire
de nom, ce pays, né en 1991 de l’éclatement de la Yougoslavie, tenant absolument à s’appeler Macédoine. Sa voisine
la Grèce s’y est toujours opposée, estimant que seule sa province à sa frontière nord pouvait porter le nom de la patrie d’Alexandre le Grand. La Grèce,
déjà membre du club, a mis son veto
pour refermer la porte de l’UE et de
l’Otan au nez de Skopje.
Il s’agit donc aujourd’hui de régler ce
différend vieux de vingt-sept ans. Ce
pays, qui n’est reconnu dans les instances
internationales que sous les acronymes
français d’ARYM, ou anglais de FYROM,
correspondant à « Ancienne République
yougoslave de Macédoine », pourrait désormais s’appeler la « République de Macédoine du Nord ». Les premiers ministres
de Skopje et d’Athènes se sont entendus
sur cette appellation. Le Macédonien demande dimanche à ses concitoyens de
l’accepter. Mais comme rien n’est simple
dans les Balkans, la question du référendum ne porte pas sur le nom mais est formulée ainsi : « Êtes-vous favorable à
l’adhésion à l’UE et à l’Otan, en acceptant
l’accord conclu entre la République de Macédoine et la République de Grèce ? »
Certes, l’objectif à long terme est bien
l’adhésion aux deux organisations. Mais il
faudra avant cela changer le nom du
pays, véritable objet du référendum,
pour faire sauter le veto de la Grèce. Cela
ne sera pas simple : les populations et les
Parlements macédoniens et grecs qui
100 km
Les 3 régions
de la Macédoine
grecque
SERBIE
M.
KOS.
Skopje
MACÉDOINE
DU NORD 2
ALBANIE
1
BULGARIE
3
Thessalonique
Mer Égée
Mer
Ionienne
GRÈCE
Athènes
1. Macédoine-Occidentale
2. Macédoine-Centrale
3. Macédoine-Orientale-et-Thrace
Infographie
doivent être consultés, sont très divisés
sur cette question qui remue une large
frange nationaliste dans les deux pays.
Des appels à l’abstention
Le social-démocrate Zoran Zaev, devenu
premier ministre de Skopje en juin après
une très longue crise politique, a, dès son
arrivée au pouvoir, lancé le processus de
rapprochement avec la Grèce. L’ancien
premier ministre et chef de la droite nationaliste, Nikola Gruevski, s’était, lui, toujours opposé à cette ouverture durant son
règne commencé en 2006. Il avait même
multiplié les provocations à l’égard d’Athènes, en érigeant une gigantesque statue
d’Alexandre le Grand au cœur de la capitale
Skopje, et en donnant à l’aéroport de la ville le nom du célèbre conquérant grec.
Zoran Zaev a d’emblée débaptisé l’aéroport, l’appellation officielle de la statue
en bronze de 14 m de haut étant déjà celle
du « Guerrier à cheval ». Mais il n’a pas
convaincu cette droite nationaliste, divisée sur l’utilité d’un rapprochement avec
Athènes, et qui n’a donné aucune consi-
gne de vote pour le référendum. En sousmain, certains de ces cadres appellent à
l’abstention. Une position prise publiquement par le président macédonien,
Gjorge Ivanov, qui fut élu avec les voix de
cette même droite. Or, si le oui est donné
gagnant dimanche, encore faut-il que
l’abstention ne dépasse pas les 50 % pour
que le résultat du référendum soit valide.
Si Zoran Zaev obtient gain de cause dimanche, il espère que le levier populaire
sera suffisant pour obtenir prochainement un nouveau oui au Parlement. Car il
faudra que de nombreux députés de
droite aident sa petite majorité parlementaire pour franchir la barre des deux
tiers requise dans cette affaire.
La troisième manche se jouera au Parlement d’Athènes, où Alexis Tsipras devra à son tour trouver une majorité pour
que sa proposition d’accord soit validée.
Or le premier ministre de gauche n’a de
majorité qu’avec l’apport des élus de
l’Anel, un parti nationaliste qui ne veut
pas entendre parler de la « République de
Macédoine du Nord ». ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
INTERNATIONAL
7
SYRIE Dans le nord-ouest de la Syrie, les
rebelles djihadistes n’ont pas encore
quitté la zone démilitarisée que Vladimir
Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont
engagés à créer lors de leur rencontre, le
17 septembre, à Sotchi. Ils ont encore
quinze jours pour évacuer ce secteur longeant par le sud et l’est la dernière province syrienne entre les mains des opposants à Bachar el-Assad.
Pour éviter un échec, qui entraînerait
une offensive militaire à haut risque pour
tous les acteurs du conflit, négociateurs
russes et turcs s’activent en coulisses. Les
frontières de cette zone sans arme ont été
délimitées. Mais de nombreuses interrogations demeurent. La principale
concerne l’attitude des 12 000 à
15 000 djihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTC), l’ex-branche syrienne d’al-Qaida.
« La situation va dans le bon sens, HTC
s’est engagé à respecter l’accord sans le
dire publiquement », a confié à Reuters un
responsable de l’opposition. Selon lui, des
émissaires djihadistes ont contacté l’armée turque pour lui faire savoir qu’ils se
conformeraient aux termes de l’accord.
Le 15 octobre, si l’arrangement est respecté, des soldats russes et turcs patrouilleront cette zone tampon, large de
15 à 20 km, d’où seront retirées toutes les
armes lourdes, ainsi que les rebelles
« d’orientation radicale ».
L’un de ces groupes radicaux, Huras
al-Din - djihadiste, mais beaucoup
moins puissant que HTC - a d’ores et
déjà rejeté l’arrangement. Quant à
leurs rivaux de HTC, qui contrôlent les
deux tiers de la province d’Idlib, ils devraient faire connaître leur position
dans les prochains jours. Leur maintien
pourrait faire voler en éclats l’accord et
entraîner une offensive militaire syrorusse qui provoquerait l’exode de mil-
liers de réfugiés. À quinze jours de l’expiration de la date butoir, la balle est
dans le camp turc.
« Les Turcs vont-ils traiter militairement
les djihadistes ? », a demandé un opposant
syrien à des émissaires russes venus le
voir. « C’est le problème de la Turquie », lui
ont répondu ces derniers. Poutine a dit à
Erdogan, selon le récit que lui ont fait les
émissaires russes de leur tête-à-tête :
« Nous savons que vos services de renseignements exercent un pouvoir au sein des
directions de toutes les factions armées,
c’est à vous de trouver le meilleur moyen de
régler le problème dans l’intérêt de la Turquie. » D’ici au 15 octobre, la pression turque va donc redoubler sur les djihadistes.
Ils représenteraient 70 % des insurgés installés dans cette zone démilitarisée, et sont
donc visés par l’accord Poutine-Erdogan.
Un accord sur lequel le voile se lève. Le
leader turc a demandé au Russe que des
élections locales soient organisées dans
cette province d’Idlib sous influence turque, comme il vient de s’en tenir ailleurs
dans les municipalités syriennes sous
contrôle de Damas. « Les Turcs voudraient que leurs alliés islamistes, Frères
musulmans, les remportent, explique
l’opposant, mais les Russes n’ont pas encore répondu à cette demande qui ne les
enchante pas ».
Luttes fratricides
L’accord doit entrer en vigueur le 15 octobre, mais il n’est pas assorti d’un calendrier précis pour la suite. « Poutine et
Erdogan se sont donné du temps pour que
cet accord réussisse », décrypte l’opposant, ayant l’oreille de Moscou. Damas,
de son côté, affirme que d’ici la fin de
l’année, le pouvoir syrien aura recouvré
sa souveraineté sur Idlib. « Tout comme
nous avons vaincu partout ailleurs en
Syrie, insiste le vice-ministre des Affaires
étrangères, Faysal Moqdad, nous serons
là aussi victorieux. Le message est très
clair pour tous ceux que cela concerne :
nous irons à Idlib, que ce soit par la guerre
ou par des moyens pacifiques ». « Le régi60 km
TURQUIE
Djarabulus
CONTRÔLE TERRITORIAL LE 28 SEPT.
Rebelles et l’armée turque
Kobané
Afrine
Manbij
Rebelles soutenus par la Turquie
Rebelles djihadistes
Alep
(dont Hayat Tahrir al-Cham lié à al-Qaida)
Idlib
Postes d’observation turcs
Postes d’observation russes
Zone démilitarisée devant
être mise en place le 15 oct.
Lattaquié
SYRIE
Territoire contrôlé par les FDS
(YPG kurde et ses alliés arabes)
Source : syria.liveuamap.com
Mer Méditerranée
Hama
Infographie
me, son armée et même de simples fonctionnaires ne reviendront pas à Idlib tant
que cet accord restera en vigueur », rectifie, sur la foi des assurances russes, l’opposant à Bachar el-Assad.
La fermeté loyaliste risque d’entraîner
des frictions entre Damas et Moscou.
D’autant que le régime a transféré lundi
plus de 400 djihadistes d’une zone
désertique de l’Ouest syrien près de
l’Irak vers l’est de la province d’Idlib.
Objectif : alimenter les luttes fratricides
entre factions rebelles.
Au cours de sa conférence de presse
conjointe avec Poutine, le 17 septembre,
Erdogan a évoqué « une nouvelle politique
fondée sur le bon voisinage ». Mais avec
qui ? Le gouvernement syrien ? L’Iran ?
Profitant de cette crise d’Idlib, Moscou
cherche à rouvrir un canal direct de communication entre Ankara et Damas, mais
la Turquie estime qu’il est encore trop tôt.
« Pour Moscou, poursuit l’opposant, le
bon voisinage turc signifie qu’il n’y aura
pas de confrontation entre l’armée turque,
ses alliés rebelles et l’armée syrienne pendant la période de validité de l’accord.
Mais celui-ci ne concerne pas la région à
l’est de l’Euphrate », où Ankara répète
qu’il continuera de combattre ses ennemis numéro un, les combattants kurdes
liés au Parti des travailleurs du Kurdistan
(PKK). Et lorsque l’opposant a demandé
aux Russes si cet accord ne servait pas
surtout les intérêts de Moscou et d’Ankara, ceux-ci ont répondu : « C’est vrai,
nous avons des intérêts communs, des
deux côtés, des compromis ont été faits. »
La Turquie a gagné un répit. Depuis des
mois, les services turcs cherchent à
« fondre » les djihadistes de HTC au sein
du Front national de libération, qui rassemble d’autres opposants, islamistes
pour la plupart, sous contrôle turc. Certains djihadistes ont accepté. Mais pas le
noyau dur. Le jeu turc consiste maintenant à jouer les uns contre les autres.
Verdict dans quinze jours. ■
Glaser : « La France fait monter ses
hommes de l’ombre en Afrique »
L’INTÉGRALITÉ du « Talk stratégique »
est à retrouver en vidéo sur lefigaro.fr.
LE FIGARO. - S’il est un domaine
où la « Françafrique » est toujours
aussi vivante qu’avant, c’est celui
du renseignement. Pourquoi ?
Antoine GLASER. - À l’époque de la Françafrique, il y avait à côté de chaque président africain un agent français qui tenait
lieu en quelque sorte de proconsul. À la fin
de la guerre froide, nous avons assisté à
une privatisation du renseignement, mais
ces agents sont toujours là. Même Emmanuel Macron est renseigné par des diplomates passés par la DGSE. Dans les grandes ambassades d’Afrique de l’Ouest, on
retrouve des anciens des services secrets.
Le conseiller Afrique, généralement, est
un homme du renseignement. Ceux qui
sont en première ligne pour traiter de la
politique de la France en Afrique sont toujours des hommes de l’ombre.
Pourquoi ?
Si la France fait monter ses hommes de
l’ombre, c’est parce qu’elle est en train de
perdre pied en Afrique. Avec la mondialisation de l’Afrique, tout le monde se rue sur
le continent. Les Chinois, les Européens,
les Russes… à Abidjan, qui a longtemps été
le village gaulois de la France en Afrique,
on croise aujourd’hui des Coréens, des Espagnols. Djibouti est un autre exemple.
Avant, c’était une base de l’armée française. Aujourd’hui, Djibouti ressemble au
Berlin d’après-guerre. Chinois et Américains se regardent en chiens de faïence.
ANTOINE GLASER, hier, dans le studio
du Figaro. F. BOUCHON/LE FIGARO
Sous la pression des Allemands, des Japonais, le camp français se réduit. Les Russes
ont par ailleurs remplacé les Français dans
la sécurité en Centrafrique. Paris tente de
compenser son recul grâce à ses agents secrets, qui ont toujours les bonnes infos.
Que viennent chercher les nouveaux
acteurs internationaux en Afrique ?
Il y a encore en Afrique des potentialités
inexploitées, des ressources et des terres
rares. Le continent est devenu le théâtre
d’une nouvelle guerre froide multipolaire
pour les matières stratégiques. Mais c’est
aussi l’endroit où les puissances règlent
leurs comptes : l’Arabie et le Qatar, la
Chine et le Japon. Les enjeux sont stratégiques, politiques, économiques. Ils sont
aussi diplomatiques. Les Chinois et les Japonais, par exemple, font voter les Africains à l’ONU, comme le faisait Jacques
Foccart pendant la guerre froide. De nombreuses puissances considèrent que l’Afrique est le continent d’avenir. Les Russes
s’intéressent surtout aux matières premières. Les services secrets israéliens sont très
présents dans la technologie. Les Chinois,
eux, investissent l’ensemble du continent,
sur lequel ils déversent des financements
incroyables. Ils sont devenus la grande
puissance étrangère en Afrique. ■
EN BREF
Barnier ne briguera pas la
présidence de la Commission
Michel Barnier, courtisé en France
à l’approche des européennes
de mai 2019, a annoncé vendredi
qu’il ne briguerait pas la présidence
de la Commission européenne
car il souhaite mener jusqu’à
leur terme les négociations sur
le Brexit. « Je souhaite t’informer
personnellement de ma décision de
ne pas présenter ma candidature au
congrès du Parti populaire européen
à Helsinki les 7 et 8 novembre
prochains pour mener la campagne
de notre famille politique en vue
des élections européennes »,
a écrit le négociateur en chef de
l’UE pour le Brexit dans une lettre
au président du Parti populaire
européen (conservateur), Joseph
Daul, mise en ligne sur Twitter.
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ISABELLE LASSERRE £@ilasserre
En recevant le président turc Recep
Tayyip Erdogan vendredi à Berlin,
la chancelière allemande Angela
Merkel a annoncé la tenue d’une
réunion à quatre sur la Syrie avec ses
homologues turc, russe et français.
« Nous avons l’ambition que cela
ait lieu en octobre », a-t-elle indiqué.
Sans donner de détail, elle a assuré
s’être entretenue avec Recep Tayyip
Erdogan de la situation à Idlib, où les
dernières forces rebelles et l’armée
de Bachar el-Assad se tiennent
face à face. Une zone démilitarisée
doit y être créée.
N. B.
VENTES EN PRÉPARATION
Antoine Glaser est spécialiste de l’Afrique et fondateur de « La Lettre du continent ».
Il publie « Nos chers espions en Afrique » avec Thomas Hofnung.
PROPOS RECUEILLIS PAR
Un sommet à quatre
pour la Syrie
JEAN PAUL RIOPELLE (1923-200 2)
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A
GEORGES MALBRUNOT £@Malbrunot
Manifestation antigouvernementale dans les rues de Maarat al-Nouman, vendredi dans la province syrienne d’Idlib.
© ADAGP, PARIS 2018
Le groupe Hayat Tahrir al-Cham,
fort de 12 000 à 15 000 combattants,
serait prêt à évacuer la zone démilitarisée.
OMAR HAJ KADOUR/AFP
La pression
redouble sur
les djihadistes
d’Idlib
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
8
INTERNATIONAL
Venezuela : le « carnet », instrument de contrôle social
Mis en place en 2017, le « carnet de la patrie » est désormais indispensable pour obtenir du carburant ou toucher sa retraite.
PATRICK BÈLE pbele@lefigaro.fr
AMÉRIQUE LATINE Depuis les annonces du plan de redressement économique par Nicolas Maduro le 20 août, les
Vénézuéliens vivent dans une complète incertitude et la « folie du carnet » a
gagné tout le monde. « À la stationservice, ils m’ont demandé mon “carnet
de la patrie”, explique Maria, une habitante de Caracas, jointe par téléphone.
Je leur ai répondu que je n’en avais pas.
Ils m’ont dit que je ne pouvais pas obtenir de carburant dans ce cas. Je leur ai
rappelé que Nicolas Maduro avait dit à
la télévision que sans carnet de la patrie,
on pouvait obtenir du carburant mais au
“prix international” (non subventionné). Mais l’employé ne connaissait pas
le “prix international”. Il a fini par ac-
cepter de me donner de l’essence au prix
subventionné », ajoute cette habitante
pour illustrer la confusion ambiante.
Le carnet de la patrie a été créé en
2017. Il était destiné à permettre la distribution de cartons Clap, un panier de
produits de base à prix subventionné.
On y trouve des pâtes, du riz, de l’huile, du lait, etc. « Mais ces paniers sont
différents selon le moment et selon le
quartier, explique Ernesto. Parfois, il y
a de l’huile, d’autres fois non. Parfois, il
y a de la farine, d’autres fois non. Dernièrement, il n’y a plus jamais de viande, d’œufs ou de poulet. »
Quinze millions de Vénézuéliens
disposent d’un carnet de la patria, soit
la moitié de la population, selon les
chiffres officiels. Pour l’obtenir, il faut
se rapprocher des représentants du
Parti socialiste unifié du Venezuela
(PSUV) de son quartier. Et à chaque
élection, il faut revalider le carnet
auprès des puntos rojos (points rouges),
installés devant chaque bureau de
vote. Le pouvoir tente ainsi de limiter
l’abstention à des scrutins que l’opposition appelle à boycotter.
Indispensable pour toucher
la retraite
Petit à petit, le carnet de la patria est
devenu indispensable pour de plus en
plus d’opérations de la vie courante. Il
faut ainsi en avoir un pour toucher la
retraite de la Sécurité sociale. Afin de
tenter de calmer la colère de la population devant la situation de pénurie et
de crise économique, le président Maduro annonce régulièrement la distribution d’aides ponctuelles. Il y a eu
l’aide pour Noël, l’aide pour le Carna-
val, l’aide pour la présidentielle, l’aide
pour les mamans le jour de la Fête des
mères. Les dernières en date sont le
plan accouchement humanisé et une
allocation pour les jeunes adultes.
Mais ce n’est pas tout : il faut aussi
avoir un compte à la Banco de Venezuela, une banque nationalisée par
Hugo Chavez en 2009. « Cela devient
terrifiant, s’alarme Paula Vasquez,
chercheuse au CNRS. Car on paie à la
station-service avec le carnet de la patria. Cela veut dire que les autorités
croisent les fichiers de la banque et du
carnet. Sur le carnet, il y a donc des informations sur votre comportement
électoral, sur votre santé et aussi des
renseignements bancaires. Mais le système informatique de la Banque du Venezuela est totalement défaillant, ajoute
la chercheuse. Quand j’ai tenté de me
connecter à leur site en pleine nuit - une
des rares heures où Internet fonctionne
- je n’ai jamais pu le faire. »
Dans les rangs de l’opposition, le débat fait rage pour savoir si demander le
carnet de la patrie constitue une allégeance au pouvoir et surtout l’acceptation d’un « instrument d’esclavage ».
Henrique Capriles, l’un de ses leaders,
a estimé que les citoyens les plus modestes devaient l’accepter pour pouvoir s’alimenter. Mais maintenant que
pour obtenir du carburant, il risque de
devenir rapidement indispensable,
l’ensemble de la population demande
son carnet. Ces derniers jours, beaucoup de Vénézuéliens ont fait la queue
pendant plusieurs heures pour obtenir
ce que la journaliste Valentina Lares
Martiz appelle un « parfait instrument
de contrôle social ». ■
Le Nordeste, champ de bataille décisif
de la présidentielle au Brésil
Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs, mise sur ce fief de l’ex-président Lula pour l’emporter.
MICHEL LECLERCQ £@mgmleclercq
AMÉRIQUE LATINE « Haddad, on ne
sait pas ce qu’il a fait. Si c’était Lula, je
voterais pour lui. Mais il n’est pas Lula.
Je vais voter pour Bolsonaro. » À quelques mètres d’une marée rouge qui a
envahi la place Maciel-Pinheiro, dans
le centre historique de Recife, Andreza
Lima vend des plats chauds dans une
petite baraque en bois. « De quoi survivre, pas de quoi vivre », dit cette femme
de 29 ans. Sa voix est couverte par une
bruyante sono martelant « Lula c’est
Haddad, Haddad c’est Lula. » Andreza
n’est pas convaincue. « Lula, c’est
Lula », assure-t-elle.
En 48 heures, le week-end dernier,
les principaux prétendants à la présidence du Brésil – Fernando Haddad,
Ciro Gomes (centre gauche) Geraldo
Alckmin (centre droit) - et les partisans de Jair Bolsonaro, le candidat
d’extrême droite, se sont succédé dans
le Pernambouc, bastion électoral de
Luiz Inacio Lula da Silva. Cet État déshérité du Nordeste avait donné en 2006
un score soviétique de 71 % à l’enfant
du pays. En prison depuis avril et inéligible après sa condamnation pour corCandidat du PT, Fernando Haddad (Ici, au centre avec ses supporteurs, à Recife) chasse les électeurs nordestins, orphelins de Lula.
ruption, l’ex-président de 72 ans laisse
des millions d’électeurs orphelins. Le
Nordeste compte un nombre record
verner avec Haddad. Lula a toujours
35 ans. « Je vais voter Bolsonaro, c’est
veux longs. Ils sont plusieurs centaines
d’indécis, un réservoir de voix que les
aidé les gens pauvres, modestes, Haddad
un militaire, il aura la main ferme »,
de manifestants reconnaissables à leurs
candidats s’arrachent à quelques jours
fera la même chose », veut croire ce
ajoute cet ancien électeur de Lula.
tenues vert et jaune, les couleurs du
du 1er tour, le 7 octobre.
maçon de 52 ans.
Brésil. Un couple porte le même T« Petit Hitler tropical »
Après une visite éclair de Geraldo
En deux semaines, l’ancien ministre
shirt : « contre l’avortement, le communisme, les corrompus, la pédophilie,
Alckmin, dont la campagne est en
de l’Éducation de Lula a gagné
C’est aussi pour dénoncer « l’impunité
l’idéologie du genre ». Perché sur un
perdition, Fernando Haddad faisait sa14 points et se rapproche de Jair Boldes bandits » que les partisans du canimmense camion son, le pasteur évanmedi dernier sa deuxième tournée
sonaro, favori du premier tour. Troididat d’extrême droite se sont donné
gélique Rubens appelle la foule à endans le Nordeste. Une région stratégisième dans les sondages, Ciro Gomes a
rendez-vous dimanche matin sur
voyer un message au candidat, toujours
que parce que « c’est la
décroché, comme Geraldo
l’avenue Boa-Viagem, en bord de mer,
cloué sur son lit d’hôpital après avoir
région du pays où il y a la
Alckmin ou l’écologiste Maoù s’alignent à perte de vue de hauts
été poignardé. « Capitao (grand capiplus grande possibilité de
rina Silva, en chute libre.
immeubles résidentiels. « Les bandits
taine), lève-toi, le peuple brésilien a bevont vraiment penser à deux fois avant
transfert de voix de Lula
Dans le Nordeste, qui compsoin de toi. »
vers Fernando Haddad »,
te 40 millions d’électeurs,
d’attaquer quelqu’un s’ils savent qu’il
Quelques heures plus tard, c’était au
possède une arme », une des proposianalyse Eduardo Grin,
soit plus du quart de l’électour de Ciro Gomes, 60 ans, lancé dans
politologue à la Fondation
torat brésilien, Fernando
tions phare de Bolsonaro, assure Davi
un marathon de cinq États du Nordeste
Getulio Vargas à Sao Pau- des électeurs vivent Haddad gagne par 2 à 1
Barros, un étudiant de 19 ans aux cheen deux jours, de faire une halte à Recilo. Le Parti des tracontre Jair Bolsonaro. C’est
dans le Nordeste,
fe. Seul Nordestin parmi les candidats,
vailleurs (PT) avait mobi- soit un quart du corps la seule région du Brésil où
il était comme en famille parmi les cenlisé une foule bruyante et
ce dernier n’est pas en tête
électoral brésilien
800 km
taines de personnes entassées dans le
enthousiaste de milliers
des intentions de vote. Pour
réfectoire du collège catholique Mariade sympathisants. Car le
le candidat d’extrême droiAuxiliadora. Dans le langage direct qui
temps presse pour faire savoir que Lula
te de 63 ans, l’objectif « est de limiter
est sa marque de fabrique, il tape sur
a adoubé l’ancien maire de Sao Paulo,
les dégâts en vue du second tour », le
OCÉAN
Bolsonaro, « un petit Hitler tropical »,
âgé de 55 ans, dont le nom est encore
28 octobre, en réduisant l’écart avec
ATLANTIQUE
et sur le PT. Mais il épargne Lula. « Ciro
écorché par les Nordestins. Le message
l’héritier politique de Lula, souligne
COL.
cherche à convaincre les électeurs qui
du PT est donc insistant : « Lula, c’est
Eduardo Grin.
sont lulistes, pas nécessairement pétisHaddad », lit-on sur les drapeaux, les
Les hautes tours de bureau de Recife
tes », souligne Eduardo Grin. C’est le
banderoles.
sont le symbole du dynamisme éconoRecife
cas de Tatiana, une jeune avocate enLe candidat lui-même arbore sur son
mique de la plus grande et plus riche
BRÉSIL
ceinte qui distribue des tracts. « Il faut
T-shirt rouge l’image d’un Lula à la
ville du Nordeste. Mais elles cachent
Permanbouc
éviter Bolsonaro et Haddad, éviter la pobarbe noire fournie. Quand il chemine
une réalité beaucoup plus sombre.
PÉROU
larisation. Je suis de gauche mais pour
dans une rue bordée de commerces, de
Dans le Pernambouc, le chômage touBrasilia
une gauche meilleure que le PT qui a viré
jeunes vendeuses l’applaudissent. Il
che près de 18 % de la population et les
BOLIVIE
au populisme », dit-elle. Lilian Silva,
plonge dans la foule, lui que l’on dit
homicides (57,3 pour 100 000 habiRio
de
Janeiro
une ingénieure de 25 ans, vêtue d’un Tdistant et réservé. Quelques « Haddad
tants) sont presque deux fois plus
PA R .
shirt « Résistance Bolsonaro », s’est
président » fusent mais ils sont counombreux que dans le reste du pays.
Sao Paulo
CHILI
engagée pour la première fois en politiverts par le classique « Lula guerrier du
« Mon père a une épicerie, il a été attaque lors de cette élection. Avec une
peuple brésilien ». Severino da Paz est
qué quatre fois. Moi sur la route, j’ai été
A RGENTINE
bonne raison : « Maintenant, c’est le
convaincu de la filiation. « Quand
braqué, mon frère a été attaqué deux
moment le plus critique de notre histoire
Haddad sera élu président, si Dieu le
jours de suite dans le même bus », raInfographie
récente. » ■
veut, il va libérer Lula, et Lula va gouconte Janiel Joao, un vendeur de lits de
40
A
millions
ATHUR DE SOUZA/AFP
RECIFE
ZOOM
Vote sous haute tension
pour le juge Kavanaugh
La commission des affaires
judiciaires du Sénat américain
prévoyait de voter vendredi
sur la nomination du juge Brett
Kavanaugh à la Cour suprême,
au lendemain de la déposition
du magistrat conservateur
et de Christine Blasey Ford,
qui l’accuse de tentative de viol
lorsqu’ils étaient lycéens. Onze
membres républicains du panel
ont approuvé le maintien
du scrutin en dépit de ces
développements. Huit
démocrates ont voté contre,
les deux autres se sont abstenus
et certains d’entre eux ont quitté
la salle en signe de protestation.
Deux vérités irréconciliables
se sont heurtées jeudi devant
les sénateurs de la commission
judiciaire. L’accusatrice,
Christine Blasey Ford, tout en
retenue, et le candidat de Donald
Trump à la Cour suprême, tout
en indignation, ont été entendus
sous serment pendant de longues
heures, lors d’une audience
historique et d’une intensité rare
retransmise sur des millions
d’écrans. La nomination
du candidat de Donald Trump
à la Cour suprême doit être
approuvée définitivement
lors d’un vote final en séance
plénière, qui devrait intervenir
dans les prochains jours.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
SOCIÉTÉ
9
À Notre-Dame-des-Landes, les zadistes
se disputent les terres avec les agriculteurs
Les paysans, eux, entendent bien récupérer leurs parcelles. Mais ils redoutent des arbitrages en leur défaveur.
ANGÉLIQUE NÉGRONI anegroni@lefigaro.fr
AMÉNAGEMENT En ce vendredi matin, la
réunion organisée par les services de la
préfecture de Nantes (Loire-Atlantique)
sur le devenir des terres agricoles de Notre-Dame-des-Landes s’est tenue dans
l’agitation. Toutes banderoles déployées,
plusieurs dizaines d’agriculteurs sont arrivés à bord de leurs tracteurs pour manifester devant les lieux du rendez-vous : les
locaux de la mairie. « Nous ne nous laisserons pas faire ! », signale Guy Lamisse, secrétaire de l’association l’Amelaza.
Créée depuis une bonne année, celle-ci
regroupe 25 exploitants qui veulent continuer à travailler sur la ZAD. Contre indemnisation, ils en avaient été expropriés. Or,
depuis que la construction de l’aéroport a
été abandonnée en janvier dernier, ils
veulent rester. Durant toutes ces années au
cours desquelles le projet avait été envisagé, ils avaient été autorisés à exploiter les
terres selon des contrats temporaires.
Maintenant, ils veulent des baux définitifs.
« Le provisoire n’a que trop duré ! », lance
encore Guy Lamisse.
point de tension porte notamment sur 90
hectares qu’ils veulent récupérer et sur lesquels se trouvent des occupants sans titre
menant, pour certains d’entre eux, des activités bien ficelées. « Nous espérons trouver des solutions », indique Nicole Klein.
Ces tractations qui se poursuivent se
font désormais dans un climat qui s’est
amélioré sur la ZAD. Les routes principa-
les, longtemps bloquées par les zadistes,
ont été rendues à la circulation. Lors des
opérations d’expulsion, en avril et mai
dernier, la trentaine de lieux de vie qui
avait été démolie n’a pas été reconstruite.
Et chaque déplacement des gendarmes sur
place s’achève, selon la préfète, par un
« rien à signaler ». Pourtant, selon des habitants, des caravanes, des abris de fortune
ont de nouveau fait irruption et au total un
noyau dur de quelque 150 personnes serait
installé. Nicole Klein ne nie pas la présence
de personnes sans activités. « Mais il ne
leur est pas interdit de venir », fait-elle observer. Guy Lamisse s’interroge, quant à
lui, sur la légalité d’une grande bâtisse qui a
récemment vu le jour au milieu de la ZAD,
« sans autorisation et sans permis ».
Pour l’heure, les zadistes se préparent à
la fête : ils organisent ce week-end un rassemblement qui a vocation à mobiliser les
soutiens (lire ci-dessous). Revendiquant
une « paysannerie solidaire », et inquiets
eux aussi sur les prochains arbitrages de
l’État, ils ne baissent pas la garde. « La ZAD
est toujours en lutte pour son avenir »,
clament-ils. ■
Quinze projets agricoles retenus
Vendredi, à Notre-Dame-des-Landes,
un zadiste fait face à des agriculteurs
rassemblés pour revendiquer
des baux définitifs.
FRANCK DUBRAY/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
Sur la ZAD, un week-end pour construire l’avenir
ÉRIC DE LA CHESNAIS
edelachesnais@lefigaro.fr
DES COUPS de marteau, des bruits de scie
circulaire et des voix d’hommes et de femmes à pied d’œuvre montent du hangar de
l’Avenir, près de Bellevue, à l’ouest de la
zone à défendre (ZAD). C’est à cet endroit
emblématique, indicateur de l’enracinement des zadistes pour les années à venir,
que se dérouleront les temps forts des
deux journées « terres de culture », ce
week-end. Un rassemblement organisé
par les zadistes, où sont attendues des milliers de personnes, pour expliquer leurs
projets de développement agricoles et artisanaux. Six mois après l’évacuation de la
ZAD, les irréductibles sont toujours bien
ancrés dans le bocage nantais et ne se
contentent pas de deviser sur l’avenir : ils
le construisent. Or sur les quelque 150 toujours présents depuis la démolition des
squats au printemps dernier, l’arbitrage de
l’État a toujours été clair : seuls 15 projets
d’installation légale ont été validés.
« On veut obtenir la gestion d’un maximum de terres en commun, ambitionne
pourtant Alice, jeune zadiste venue des
Vosges, qui vit dans une cabane depuis
2014. On savait que cette seconde phase
dans la lutte serait plus dure que la première, l’abandon de l’aéroport. Nous sommes en conflit d’intérêts avec des agriculteurs cumulards qui veulent aussi des terres.
Mais on ne lâchera pas. » Ils vivent dans de
petits habitats, dans des caravanes accolées aux maisons ou dans des fermes collectives. Ces dernières sont soutenues par
Copains 44, collectif proche de la Confédération paysanne. Comme celle installée
au lieu-dit Saint-Jean du Tertre, exploitée
par Willem Doedens, ancien ouvrier agricole arrivé en 2014 du sud de la Loire.
« J’ai un troupeau d’une quinzaine de vaches laitières en bio, je livre mon lait à Biolait, et je produis de la viande », commente
l’exploitant, qui espère être régularisé
mais, pour l’heure, sans convention d’occupation précaire (COP). « D’autres agriculteurs intensifs veulent aussi les champs
sur lesquels je suis également, reprend-il,
ce qu’on appelle un conflit d’usage. J’espère
que ma situation va s’éclaircir sinon cela
risque de se tendre à nouveau . »
Les conflits d’usage
Il occupe gratuitement ces bâtiments de
ferme, avec d’autres jeunes et quelques
enfants qui vont à la crèche du village. Une
situation qui devra évoluer sur le plan juridique. « Nous régulariserons au cas par cas
l’habitat des personnes qui vivent dans des
À Rennes, l’opposition veut faire interdire
le burkini à la piscine
En juin, le conseil municipal a voté un nouveau règlement intérieur qui permet aux femmes de nager
avec ce maillot de bain intégral « à condition qu’il respecte les conditions d’hygiène et de sécurité ».
STÉPHANE KOVACS£@KovacsSt
LAÏCITÉ Puisque « la société a évolué »,
voilà le burkini désormais autorisé dans
les piscines municipales de Rennes. « Des
nageurs ont été étonnés, lundi dernier, de
voir une femme nager en burkini à la piscine des Gayeulles », rapporte OuestFrance. Renseignements pris auprès du
conseiller municipal aux sports, ce
maillot de bain intégral, porté par certaines musulmanes, est accepté dans les
piscines de Rennes, « à condition qu’il
respecte les conditions d’hygiène et de sécurité ». L’opposition de droite s’offusque. Mais, alors qu’en 2016 le Conseil
d’État avait annulé un arrêté anti-burkini
pris par le maire de Villeneuve-Loubet
(Alpes-Maritimes), peut-on interdire le
burkini dans les piscines ?
Dans « une logique de fréquentation
maximale des piscines rennaises », un nouveau règlement est entré en vigueur le
1er juillet : « Les shorts de bain sont désor-
mais acceptés, indique-t-il. La tenue doit
être propre, ne doit pas avoir été portée
avant accès à la piscine, et être dans un tissu
conçu spécifiquement pour la baignade. »
« Il n’y a pas si longtemps, seuls étaient
autorisés les maillots de bain pour les hommes et les une-pièce pour les femmes, a expliqué Yvon Léziart, conseiller délégué aux
sports de Rennes, à Ouest-France. Mais la
société et les modes ont évolué. C’est pour
cette raison que le conseil municipal a voté le
nouveau règlement intérieur des piscines. »
D’après l’Observatoire de la laïcité, ce
n’est pas pour des raisons de laïcité que le
burkini n’est généralement pas autorisé
dans les piscines municipales, mais pour
des raisons d’hygiène, en vertu des règlements intérieurs qui bannissent toutes les
tenues amples ou trop couvrantes. En
Belgique toutefois, le tribunal de Gand a
récemment jugé qu’une piscine publique
ne pouvait interdire le burkini pour des
raisons d’hygiène ou de sécurité.
Le 26 août 2016, le Conseil d’État avait
censuré l’interdiction prise par le maire
de Villeneuve-Loubet, estimant qu’en
l’absence de risques de trouble à l’ordre
public, il ne pouvait interdire l’accès à la
plage à toute personne n’ayant pas « une
tenue correcte, respectueuse des bonnes
mœurs et de la laïcité ». Le juge des référés
avait considéré qu’une telle mesure était
de nature à porter « une atteinte grave et
manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir,
la liberté de conscience et la liberté personnelle ». Mais « le Conseil d’État n’a
jamais adopté de décision de principe par
laquelle il aurait interdit à un maire de
prendre un arrêté anti-burkini », relève
Me Pierrick Gardien, avocat au barreau de
Lyon.
« Symbole d’un islam
rétrograde »
Alors que l’opposition LR demandera
« lors du prochain conseil municipal, le
8 octobre » un débat sur le burkini à la
maire PS de Rennes, Nathalie Appéré,
peut-elle le faire interdire ? « Les bai-
gneurs ne sont pas soumis à la neutralité
comme les agents publics, souligne
Me Gardien. Il me paraît compliqué de
contester ce règlement intérieur. Mais il y a
une problématique de salubrité publique à
se baigner tout habillé. À l’hôpital, on estime par exemple qu’une patiente doit enlever son voile, pour des raisons d’hygiène. »
Pour Gurval Guiguen, conseiller municipal LR, « il n’y a même pas besoin de
changer le règlement : comme son article 15 indique que tout comportement de
nature à troubler l’ordre public peut entraîner l’exclusion de la personne concernée, il suffit de faire passer la consigne aux
agents ! » « Légiférer sur le caractère hygiénique ou pas du burkini, poursuit-il, ce
n’est pas la réponse qu’attend la société !
Cette tenue est le symbole d’un islam rétrograde qui n’est pas le bienvenu en France.
Si on laisse faire, demain, toutes les jeunes
filles vivant dans les quartiers à majorité
musulmane viendront se baigner en burkini ! Nous n’avons pas l’intention de reculer
sur les valeurs de la République. » ■
maisons déjà existantes, indique le maire
de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul
Naud. En revanche, il est hors de question de
valider des projets d’habitat situés sur la
zone humide, qui représente 98 % de la surface de la ZAD. » L’édile a bon espoir que la
paix revienne définitivement sur sa
commune. « Les services publics comme La
Poste fonctionnent à nouveau dans ces endroits où nous ne pouvions plus aller, se réjouit-il. Nous allons installer dans quatre
lieux-dits des conteneurs de récupération de
déchets, à la demande des zadistes. Nous
scolarisons depuis la rentrée quatre enfants
à l’école publique venant de la ZAD. Sur les
150 zadistes, une cinquantaine n’ayant rien
à voir avec les projets agricoles ou artisanaux devraient partir d’eux-mêmes. Enfin,
il faudra régler les conflits d’usage, on en
saura plus lors du prochain comité de pilotage, le 12 octobre. » ■
ZOOM
La piste criminelle
privilégiée après l’incendie
d’un abattoir dans l’Ain
Un violent incendie a ravagé
dans la nuit de jeudi à vendredi
un abattoir de l’Ain, à HautValromey. La piste criminelle est
privilégiée, sur fond de tensions
croissantes entre certains
militants de la cause animale
et la filière viande,
dont les acteurs demandent
l’intervention de l’État.
EN BREF
Pédophilie : le Pape réduit
à l’état laïc Karadima
Le pape François a réduit vendredi
à l’état laïc Fernando Karadima,
un ancien prêtre charismatique
chilien condamné pour pédophilie,
une affaire qui avait empoisonné
le voyage du chef de l’Église
catholique au Chili en janvier.
« Pendez les Blancs » : Nick
Conrad au tribunal en janvier
Le rappeur Nick Conrad
est convoqué au tribunal
correctionnel de Paris le 9 janvier
afin d’y être jugé pour la diffusion
de son clip Pendez les Blancs.
A
Même si Notre-Dame-des-Landes ne fait
plus parler d’elle, les 1 650 hectares de terres qui devaient accueillir l’aéroport ne
sont pas devenus pour autant une vaste
prairie tranquille. Bien des incertitudes
planent au-dessus de ces bocages. Zadistes
et agriculteurs se disputent la légitimité
pour occuper les lieux. Les premiers, qui
ont mené une lutte de plusieurs années
contre l’aéroport jusqu’à son abandon, et
qui se sont approprié les champs par divers
projets agricoles, estiment avoir le droit de
rester. Les agriculteurs, eux, ont leur histoire pour se défendre : ils ont été délogés
sous la contrainte et veulent revenir. À la
préfecture de trancher et de faire en sorte
que chacun trouve sa place sur ces terres
qui appartiennent à l’État.
À ce jour, et depuis juin dernier, les
autorités ont retenu quinze projets agricoles présentés par des zadistes, aujourd’hui
au milieu du gué. Titulaires de conventions
d’occupation précaires (COP), ils doivent
obtenir un bail. À la manœuvre sur le devenir de ce territoire, la préfète, Nicole
Klein, est confiante sur l’aboutissement de
ces dossiers. Jacques Lemaître, président
de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, reste, de son côté, circonspect.
« Les formalités que devaient réaliser ces
personnes n’ont toujours pas été faites, sauf
pour deux d’entre eux », fait-il observer.
Un point d’étape sera fait le 12 octobre
prochain.
Alors que la préfète espère, ce jour-là,
pouvoir aussi avancer sur d’autres projets
de zadistes, les agriculteurs s’inquiètent de
possibles arbitrages en leur défaveur. Le
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
10
SOCIÉTÉ
La succession
du procureur
Molins hérisse
les magistrats
Nicole Belloubet,
la garde des Sceaux,
à la tribune du congrès
de l’Union syndicale des
magistrats, vendredi,
à Pau. IROZ GAIZKA/AFP
L’intervention de l’Élysée et de Matignon
rompt avec la procédure habituelle.
PAULE GONZALÈS pgonzales@lefigaro.fr
JUSTICE Conjurer la suspicion et raccommoder les liens rompus avec la magistrature. La Chancellerie réfléchit à
comment sortir du guêpier dans lequel
l’ont précipitée l’Élysée et Matignon en
refusant son candidat Marc Cimamonti
pour le poste de procureur de Paris, en
remplacement du charismatique François Molins. Le nom de Rémy Heitz est
désormais sur toutes les lèvres des
« parquetiers ». Le directeur actuel des
affaires criminelles et des grâces, à la
trajectoire impeccable, est l’un des rares
désormais à paraître légitime auprès de
ses pairs pour remplir la fonction délicate de procureur de Paris. Pas marqué politiquement, il connaît aussi bien le siège
que le parquet, a dirigé de grandes juridictions et a une solide expérience de cabinet et de l’administration centrale.
Une nécessité, puisque c’est à Paris que
la « remontée d’informations » est la plus
sensible. Il reste à savoir s’il sera candidat ou si le pouvoir préférera nommer
une femme.
En attendant, l’affaire de la nomination du prochain procureur de Paris laissera des traces. Dans l’opinion publique,
qui découvre le théâtre d’ombres qui
entoure les nominations des magistrats
garants de l’impartialité de la justice. Et
chez ces derniers, blessés, à juste titre,
de la désinvolture du fait du prince qui
veut du sang neuf, des nominations hors
des sentiers battus. Emmanuel Macron
et Édouard Philippe n’ont finalement
pas fait autrement que Nicolas Sarkozy
qui, en 2008, décidait de faire fi du
Conseil supérieur de l’audiovisuel pour
nommer lui-même les présidents de
l’audiovisuel public minant le mandat de
chacun d’entre eux. Les procédures de
candidatures et de nomination, les
autorités indépendantes donnant leur
avis après audition, ont une vertu : celle
de purifier et de légitimer, dans le secret
du délibéré et de la concertation, un
choix venu d’en haut qui paraît toujours
arbitraire.
« Jamais l’Élysée et encore moins Matignon ne sont intervenus si brutalement
dans une nomination si importante », regrette un procureur général bon
connaisseur des chicanes politiques.
« En l’état actuel des textes, l’exécutif a
bien la main sur les nominations au parquet, mais jusque-là c’était la ministre de
la Justice qui était leader. » Non seulement le choix de Nicole Belloubet n’a pas
été respecté, mais « l’on ignore pourquoi.
L’absence de transparence dans ces nominations à discrétion pose problème.
Trouver la perle rare que personne
n’aurait découverte ? Mais cela n’existe
pas dans des fonctions où l’expérience se
construit au fil des juridictions que l’on di-
rige », poursuit ce haut magistrat. « Soit
un magistrat a fait ses preuves et il est
forcément connu, soit il vient de nulle part
et il sera décrédibilisé d’emblée, avec en
plus la suspicion d’être à la botte du
pouvoir », renchérit Virginie Duval, la
présidente de l’Union syndicale de la
magistrature (USM) en marge de son
congrès annuel.
Un choix éminemment politique
À Pau, devant la garde des Sceaux, elle
n’a pas mâché ses mots : « Le pouvoir
veut-il vraiment considérer les procureurs comme des magistrats plutôt que
comme des directeurs d’administration
centrale, voire déconcentrée ? On peut
sérieusement en douter […] Alors que le
poste pourrait être pourvu depuis plusieurs mois, ce nouvel et surprenant appel
à candidatures confirme que le choix d’un
procureur est éminemment politique. Les
précédents candidats, aux compétences
pourtant reconnues de tous, ne satisfont
pas le pouvoir ? Ils n’ont pas eu l’heur de
plaire au premier ministre qui, grande
première, les aurait reçus ? Un autre
candidat plus en faveur ne s’est peut-être
pas déclaré à temps ? » La garde des
Sceaux s’est défendue : « Le parquet doit
continuer à appartenir à une chaîne
hiérarchique dont le sommet est une
autorité qui porte une responsabilité politique et l’assume devant les citoyens. »
Le pouvoir, donc, « assume ». Un
mot qui, à force d’être opposé à tout
mécontentement, pourrait donner le
sentiment d’une indifférence certaine
vis-à-vis de ceux qui s’insurgent parfois
à juste titre. En janvier dernier, devant
la Cour de cassation, le président de la
République avait rappelé que l’exécutif
est maître de la politique pénale et avait
calmé l’ardeur autonomiste des magistrats. Nul n’imaginait alors la portée du
recadrage. ■
Les approximations du détective privé d’Hélène Pastor
Patrick Boffa assure avoir enquêté à l’étranger sur le gendre de la milliardaire assassinée, à la demande
de cette dernière. Pourtant, les questions des avocats ont démontré le contraire.
STÉPHANE DURAND-SOUFFLAND
ENVOYÉ SPÉCIAL À AIX-EN-PROVENCE
Les dossiers d’instruction du procès
Pastor dans la salle d’audience du palais
de justice d'Aix-en-Provence. C. PARIS/AP
PROCÈS Costume défraîchi, cravate trop
courte, serviette de cuir fatiguée, Patrick
Boffa arbore au revers un mystérieux insigne, minuscule et étincelant bouclier
évocateur de quelque service secret. Il est
détective privé, le genre de personnages
qui gravitent presque toujours dans les
affaires criminelles où les victimes sont
fortunées. Comme ici, au procès des assassins présumés de la milliardaire monégasque Hélène Pastor et de son chauffeur, Mohamed Darwich.
« En juin 1990, Hélène Pastor m’a
contacté afin de déclencher une investigation sur la personne de son gendre, Wojciech Janowski. Disons que j’ai investigué
pendant trois mois à Monaco, en Angleter-
re, en Pologne, et rendu un rapport de quatre pages », expose le témoin. Après avoir
laissé échapper un soupir professionnel :
« Il mentait sur beaucoup de choses… » Les
soupçons d’Hélène Pastor ? « Disons
qu’elle craignait d’être empoisonnée, ou
une tentative nocturne par M. Janowski
(sic). »
Pantalonnade
Après le 6 mai 2014, jour du double assassinat au fusil de chasse, le détective
contacte les autorités, fidèle au « contrat
moral » qui le lie à Mme Pastor, de laquelle,
jure-t-il, il est resté très proche depuis
1990, au point de recueillir ses « confidences » et de lui faire de nombreux « rapports, mais oralement ». Il est donc entendu par la PJ à Nice. C’est bêta, le procèsverbal est moins riche que cette
déposition choc. « Disons qu’une grande
partie a été prise en off par la commandante. C’était pour me protéger au cas où
M. Janowski ne serait pas coupable. »
Curieux.
Le président : « Vous avez dit qu’Hélène
Pastor avait le sentiment d’être la vache à
traire et que sa fille ne s’occupait pas beaucoup d’elle. »
« Malheureusement, ce sont ses mots »,
déplore l’homme au badge d’espion. Sur
le banc des parties civiles, Sylvia Pastor,
scandalisée, se couvre le visage des
mains.
Assez de cette pantalonnade. Les questions des uns et des autres font tomber le
masque : M. Boffa est peut-être intervenu en 1990 dans le cadre du divorce de
Mme Pastor, qui soupçonnait son dentiste
de mari de la tromper ; mais il n’a jamais
« investigué » à l’étranger sur celui que
l’accusation présente aujourd’hui com-
me le commanditaire du double crime.
A-t-il d’ailleurs vraiment « investigué » ?
À la police niçoise, il a déclaré : « Je n’ai
aucune piste sérieuse. » Mais pour la presse, en revanche, à l’approche du procès, il
en avait. La défense de Wojciech Janowski brandit une liasse de coupures de journaux : « Comment un détective a découvert
toute la vérité sur le gendre », « Il a enquêté
24 ans sur Wojciech Janowski », etc.
Me Dupond-Moretti s’en donne à cœur
joie : « Et vous êtes allé dans l’émission de
M. Morandini, qui est au trash ce que Richter fut aux tremblements de terre (rires),
diffusée le jour de l’ouverture de ces débats
(réprobation). Vous êtes un faux témoin ! »
Le privé à la cravate rabougrie referme
son vieux cartable et quitte la cour sous
les ricanements du public. Les enfants
d’Hélène Pastor, Sylvia et Gildo, eux,
sont écœurés. ■
IVG : la clause de conscience des médecins en question
Des sénateurs dénoncent « une menace insidieuse » pour les droits des femmes. Une opinion que ne partage pas Marlène Schiappa.
AGNÈS LECLAIR £@AgnesLeclair
FAMILLE Quarante-trois ans après la loi
Veil, la clause de conscience des médecins en matière d’IVG revient dans le débat. Vendredi, des sénateurs PS ont déposé une proposition de loi afin de
supprimer cette clause pour les professionnels de santé refusant de pratiquer
des avortements. « Cette clause est
aujourd’hui le symbole d’un pouvoir médical qui s’arroge le droit de contester la loi et
continue de se mobiliser pour contrôler le
corps des femmes. C’est une menace
constante et insidieuse qui pèse sur nous
toutes », estime la sénatrice et ancienne
ministre Laurence Rossignol, première
signataire du texte. Cette proposition met
en avant l’existence d’une clause de
conscience générale dans le code de la
déontologie qui permet déjà au personnel
soignant de refuser de pratiquer des actes
médicaux pour des raisons personnelles.
« La clause de conscience spécifique à
l’IVG est un doublon dont la seule finalité
est de culpabiliser et dissuader les femmes », dénoncent les parlementaires.
Une opinion que ne partage pas Marlène
Schiappa. La secrétaire d’État chargée
de l’Égalité entre les femmes et les hommes n’est pas favorable à cette suppression. « Je préfère, en tant que femme, que
lorsqu’un gynécologue est contre l’avortement, il n’en pratique pas. On sait trop
les violences psychologiques et physiques
que peuvent ressentir des femmes lorsqu’elles sont en contact avec des médecins
qui n’ont pas la volonté de le pratiquer »,
a-t-elle commenté sur BFMTV.
Un contexte houleux
Cette demande n’est pas neuve puisque le
Haut Conseil à l’égalité entre les femmes
et les hommes réclame depuis 2013 la
suppression de la clause spécifique à
l’IVG. Mais la polémique a rebondi le
11 septembre lorsque le Dr Bertrand de
Rochambeau, président du Syndicat des
gynécologues obstétriciens français, a
comparé l’avortement à un homicide et
mis en avant cette clause de conscience
devant la caméra de l’émission « Quotidien » sur TMC. Laurence Rossignol y
voit la preuve que « l’opposition à l’IVG
n’est pas une opinion marginale mais institutionnelle ». Dans la foulée, une pétition
- qui affiche aujourd’hui 50 000 signataires - demandait également d’enterrer
cette clause. « Les IVG devraient-elles être
pratiquées par des médecins qui y sont forcés ?, interpelle Israël Nisand, chef du
service gynécologique des hôpitaux de
Strasbourg et président du Collège national des gynécologues et obstétriciens
français. Il y a des milliers de médecins qui
font des IVG en France. Le droit des femmes à disposer de leur corps n’est pas obéré par cette clause de conscience. Le principal obstacle à l’IVG, c’est le manque de
disponibilité du personnel médical dans les
maternités alors que les départs à la retrai-
Dimanche 30 Septembre 2018 I 12H-13H
A
VALÉRIE
PÉCRESSE
Présidente (LR) de la Région Île-de-France
BENJAMIN SPORTOUCH - RTL
GUILLAUME ROQUETTE - LE FIGARO / CHRISTOPHE JAKUBYSZYN - TF1-LCI
te ne sont pas remplacés et que 200 maternités ont fermé en vingt ans. »
À la tête du Conseil national de l’ordre
des sages-femmes, Anne-Marie Curat
estime pour sa part que « la suppression
de cette clause spécifique ne ferait rien
changer ». Dans ce contexte houleux, une
étude de la Drees sortie vendredi indiquait que 216 000 IVG avaient été réalisées en France en 2017, un chiffre stable
par rapport à l’année précédente. Mais
elle pointe aussi de fortes disparités sur le
territoire, avec des taux de recours « allant du simple au double selon les régions ». Enfin, deux IVG sur trois sont
aujourd’hui réalisées de façon médicamenteuse, dont un nombre croissant
hors des établissements hospitaliers. ■
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LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
SPORT
11
Ryder Cup : Woods dans
les cordes du Golf National
EN BREF
Ligue 1 : Paris veut
son grand huit
Intouchable en championnat,
le PSG – sept succès en autant
de matchs – tente le grand
huit à Nice, avant un choc
du haut de tableau entre Lille
et Marseille, pour le compte
de la 8e journée.
Visage fermé,
Tiger Woods
a affiché beaucoup
de lassitude
vendredi. L’Europe
mène 5 à 3.
8E JOURNÉE LIGUE 1
hier MONACO (18)
sam. PARIS SG (1)
17 h 15 C+
ANGERS (8)20 h beINGUINGAMP (20)
CAEN (16)
AMIENS (15)
LYON (2)
NANTES (19)
BORDEAUX (10)
REIMS (14)
STRASBOURG (13)
DIJON (9)
dim. 15 h TOULOUSE (7)
RENNES (17)
beIN
MONTPELLIER (5) 17 h NÎMES (12)
LILLE (4) 21 h C+ MARSEILLE (3)
ST-ÉTIENNE (6)
NICE (11)
ROMAIN SCHNEIDER rschneider@lefigaro.fr
Cyclisme : les Bleus
rêvent du maillot
arc-en-ciel
ERIC FEFERBERG/AFP
GOLF En cinq jours, Tiger Woods est
passé du sourire éclatant à la soupe à la
grimace. Vainqueur aux États-Unis du
Tour Championship, dimanche dernier, son premier tournoi depuis cinq
ans, l’Américain, triomphant, avait remonté le fairway du 18 suivi par une
foule gigantesque. Tel Jésus suivi de ses
apôtres. Ce vendredi en France sur le
Golf National, il n’avait pourtant rien
d’un messie pour l’équipe américaine.
Son duo, composé avec Patrick Reed,
est le seul de l’équipe américaine à
s’être incliné lors des quatre fourballs
du matin. Étoile pâle. Il faut dire que
l’exercice réussit peu à Tiger Woods.
En 27 matchs en double désormais
dans cette épreuve (treize en foursomes,
quatorze en fourballs), l’ancien numéro
un mondial ne s’est imposé que neuf fois,
pour dix-sept défaites et un match nul…
S’il n’a été battu qu’une seule fois en simple en sept Ryder Cup, il n’y arrive décidément pas en double. L’exubérant Patrick Reed, si décisif à Hazeltine
(Minnesota, USA) il y a deux ans, a bien
eu du mal à se désinhiber en compagnie
du Tigre. Comme attendu, une marée
humaine s’était massée autour de la partie de Woods. Le public français se souviendra en tout cas de sa première sur le
sol français (il avait joué le Golf National
en octobre 1994 lors des championnats
du monde amateurs par équipe). Les VIP
Tiger Woods a progressivement perdu le fil sur le parcours du Golf National, vendredi, face au duo européen Molinari-Fleetwood.
autorisés à assister à sa partie dans les
cordes, également. Yannick Noah a notamment vécu « un rêve éveillé » de voir
en vrai, l’icône, à la mine des mauvais
jours. Mains dans les poches de son pantalon blanc, on l’a vu souvent fixer les
greens ou l’horizon, sans jamais vraiment
prêter attention aux encouragements de
la foule, échangeant avec parcimonie
avec son partenaire. Visage très fermé
presque toute la matinée, le champion de
42 ans a progressivement perdu le fil.
« On espérait évidemment un meilleur
résultat, d’autant que nous menions 2 up
après 10 trous, mais nous n’avons pas
réussi assez de birdies pour faire la différence, glisse Woods. Ils ont été meilleurs
que nous au putting. » L’enchaînement
des trous 10-11-12 a été particulièrement mal négocié par le 13e mondial.
On pense notamment à ce très vilain
coup de fer envoyé à gauche du green
sur le 10 (par 4). À bout de souffle et
d’idées, il a expédié sa balle dans l’eau
au 16, par 3. Alors bien sûr, il y a eu
quelques fulgurances. Un magnifique
coup de fer sur le trou 2 (par 3), qui a
planté le mât. Une approche sortie du
rough sur le 6 (par 4) qui a terminé sa
course à quelques centimètres du trou…
Foule chauffée à blanc
Au grand bonheur du public, partagé
entre encouragements pour l’Europe et
admiration pour l’idole. Quand les
autres joueurs américains ont été hués
au départ du 1, à la levée du jour par une
foule chauffée à blanc, le Tigre a été accueilli par une ovation.
En difficulté dans ses mises en jeu, il
n’a remporté que deux trous, face au
duo européen Molinari-Fleetwood et
n’a pas mis particulièrement son partenaire de jeu en confiance. Entamé physiquement, l’homme aux 14 titres du
Grand Chelem a fait beaucoup d’étirements en fin de partie. A-t-il trop tiré
sur la corde après avoir beaucoup joué
ces dernières semaines ? Son dos qui lui
a joué tant de mauvais tours par le passé
semblait bien raide en fin de matinée.
Le Tigre a été logiquement mis au repos
vendredi après-midi lors des foursomes. Rugira-t-il de nouveau samedi ? ■
L’équipe de France
(Julian Alaphilippe, Thibaut
Pinot, Romain Bardet en tête)
est citée parmi les favorites,
ce dimanche à Innsbrück,
pour le titre mondial sur route
qui lui échappe depuis 1997.
Top 14 : Derbies au sommet
Toulouse-Castres et Stade
Français-Racing 92,
deux derbies entre équipes
du haut de tableau, encadrent
la 6e journée du Top 14 qui,
baptisée « Fan days »,
proposera uniquement
des confrontations entre
voisins plus ou moins éloignés.
6E JOURNÉE TOP 14
TOULOUSE (4)
PERPIGNAN (14)
AGEN (12)
BORDEAUX-B.
(9)
LYON (7)
CLERMONT (1)
ST. FRANÇAIS
(2)
sam.
15 h 10
18 h
20 h 45
dim.
16 h 50
CASTRES (5)
MONTPELLIER
(8)
PAU (10)
LA ROCHELLE
(6)
GRENOBLE (13)
TOULON (11)
RACING 92 (3)
L’Europe, à qui perd gagne…
À DEUX DOIGTS d’encaisser un terrible
4-0 lors des fourballs et ainsi rééditer
leur déroute du vendredi matin à Hazeltine en 2016, les Européens ont parfaitement réagi après le déjeuner avec une
démonstration de force et de cohésion,
malgré le vent et la pression du résultat.
Dans une ambiance indescriptible, totalement inédite au Golf National, plus habitué aux atmosphères feutrées voire
confidentielles de l’Open de France,
l’équipe US avait pourtant fait preuve
d’un sacré tempérament lors de la première demi-journée de doubles.
Pas vraiment impressionnés par une
foule acquise aux Européens, les huit
joueurs choisis par Jim Furyk pour lancer
les hostilités avaient su courber l’échine
avant de porter les coups fatals. Comme
la paire Spieth-Thomas, 3 up après dix
trous sur Casey-Hatton avant de l’emporter 1 up malgré un retour « désespé-
L’Italien Francesco Molinari
et l’Anglais Tommy Fleetwood,
vendredi à Guyancourt. P. CHILDS/REUTERS
ré » des Anglais ou encore le duo Johnson-Fowler, encore derrière (1 down) au
départ du trou no 9 avant d’aligner quatre points en cinq trous et d’infliger une
belle fessée à Rory McIlroy (aucun birdie
réussi) et Thorbjorn Olesen, l’un des cinq
rookies de Thomas Björn. Plus en difficulté face à l’équipe européenne la plus
homogène du matin (Rose-Rahm),
Brooks Koepka et Tony Finau n’abdiquaient pas avant de réussir le hold-up
parfait sur le green du 18 en l’emportant
1 up après que l’Anglais Rose ait envoyé
sa balle dans l’obstacle d’eau. Et dire que
ces deux-là n’avaient jamais mené une
seule fois au score lors des dix-sept premiers trous.
Un score lourd
Magie du match-play où rien n’est finalement écrit d’avance. Tiger Woods peut
en témoigner. Avec Patrick Reed, le Tigre
comptait encore deux points d’avance
après dix trous avant de craquer sur la fin
et d’offrir le succès 3&1 – le seul de l’Europe - à l’Italien Francesco Molinari et
l’Anglais Tommy Fleetwood, très complémentaires. 3-1 pour les tenants du titre avant les foursomes. La dernière fois
que les États-Unis se sont retrouvés dans
cette position après la première session,
ils sont allés au bout en 2008, dans le
Kentucky, l’emportant 16,5 à 11,5.
Touchés mais pas coulés, les Européens réagissaient avec panache l’aprèsmidi, prenant quasiment partout les
matchs à leur compte. Menés 2 down
après cinq trous, McIlroy et Poulter redressaient la barre et gagnaient 4&2 sur
un couple Watson-Simpson déboussolé.
Un score lourd, mais au diapason des
trois autres paires européennes, totalement déchaînées : 3&2 pour StensonRose contre Johnson-Fowler, pourtant si
brillants en fourballs ; 5&4 pour GarciaNoren face à Mickelson-DeChambeau,
hors sujet ; 5&4 enfin pour MolinariFleetwood devant Spieth-Thomas. Un
4-0 inédit en foursomes, et le premier
depuis la Ryder Cup 1989 au Belfry
(Angleterre). De bon augure puisque cette année-là, l’Europe, en accrochant le
nul 14-14, avait conservé le trophée.
Mais cette fois, ici au Golf National, il
faudra gagner. ■
A
LIONEL VELLA lvella@lefigaro.fr
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
12
SCIENCES
L’Espagne veut que l’Europe retire
à l’homéopathie le statut de médicament
Des citoyens en guerre contre les « pseudothérapies » demandent au gouvernement des mesures plus fermes.
SOLINE ROY £@so_sroy
SANTÉ « La position la plus forte jamais
adoptée par un État membre contre [les
thérapies alternatives] », applaudissait la
semaine dernière le quotidien El Pais,
commentant une demande du gouvernement espagnol auprès de l’Union européenne pour faire changer la législation
sur les médicaments homéopathiques.
Ricardo Campos, alors secrétaire général
à la Santé, venait de participer à une réunion informelle des ministres de la Santé
européens à Vienne. Et le représentant de
Madrid y avait été sévère : la législation
européenne, qui considère l’homéopathie comme un médicament tout en lui
accordant le droit de pouvoir être mise
sur le marché sans prouver son efficacité,
se contredit elle-même puisque d’autres
textes consacrent les médicaments comme des produits « ayant des propriétés
curatives ou préventives ». Pis, pour Ricardo Campos, cela entretient la confusion dans l’esprit du public, au point parfois d’entraîner des décès liés à l’abandon
de thérapies validées au profit de thérapies non validées par la science.
Alors que le débat sur l’homéopathie
prend de l’ampleur en France (voir encadré), l’Espagne est « un bon pas devant,
explique au Figaro le blogueur et activiste
contre les pseudosciences Isidoro Martinez, qui évoque notamment les fermetures successives de formation en homéopathie dans les facultés de médecine
espagnoles. Le mouvement contre les
pseudothérapies a démarré dans les années 1980, mais tout cela a explosé avec les
réseaux sociaux. » Sur Twitter, le motclé #StopPseudociencias se taille ainsi un
joli succès. Il a même motivé un tweet de
l’Académie espagnole, qui, se voyant reprocher de décrire l’homéopathie comme un « système curatif », a annoncé une
prochaine révision de sa définition.
Un mouvement citoyen dénonce l’existence de milliers de centres en Espagne qui pratiquent des pseudosciences sans aucun contrôle médical.
lettre ouverte à la ministre, lancée le
24 septembre par des associations de défense des patients, de protection contre
les dérives sectaires et de promotion de
l’esprit critique qui affiche déjà 1 001 signataires, n’y va pas de main morte.
« Soyons clairs : les pseudosciences
tuent », démarrent les auteurs avant
d’ajouter que « la déontologie médicale
n’est pas un jeu ». Expliquant que la promotion de thérapies qui n’ont pas fait la
preuve de leur efficacité va à l’encontre
du code de déontologie médicale, ils
s’émeuvent de l’existence de « milliers de
centres qui offrent toutes ces pseudothérapies sans aucun contrôle, en enfreignant »
la loi sur les établissements de santé. « Où
sont les autorités sanitaires ? Vraiment, la
ministre de la Santé ne peut pas faire plus
pour en finir avec ce problème ? Combien
de morts doivent encore apparaître dans
En France, le gouvernement prépare le déremboursement
Dérives sectaires
« Il serait raisonnable d’exiger la même
chose de l’homéopathie que des médicaments », estimait le 21 septembre la ministre de la Santé, Maria Luisa Carcedo,
dans un entretien à El Pais. Mais cela
« doit se faire au niveau européen. Les intérêts économiques sont nombreux et, si
nous agissons seuls, les risques de recours
sont importants. »
D’aucuns estiment pourtant que le
gouvernement ne va pas assez loin. Une
Partiellement remboursée en France par
l’Assurance-maladie, l’homéopathie est
dans le viseur du gouvernement. Fin
mai, la ministre de la Santé Agnès Buzyn
rappelait que l’homéopathie bénéficiait
d’un statut dérogatoire, qui lui
permettait d’être mise sur le marché
sans devoir faire la preuve de son
efficacité. « Peut-être pourrait-elle
rentrer dans le droit commun, être
Jacques MAJORELLE (1886 – 1962)
Kasbah de Tasgah
Vendu 156 000 € le 30 décembre 2017
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Agrément cvv du 25/10/2001 - Commissaire-priseur : François Tajan
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Tableaux Orientalistes
désormais que les règles de prise en
charge par l’Assurance-maladie des
médicaments homéopathiques sont
définies par décret en Conseil d’État »,
a indiqué jeudi l’agence de presse
APMnews. Objectif : faire rentrer
l’homéopathie dans le droit commun
du remboursement, en prévoyant
son évaluation par la Haute Autorité
de santé.
S. R.
Attaqués devant l’ordre des
médecins, les « 124 » s’associent
ARTCURIAL
Expertises gratuites et conidentielles
évaluée, et si elle est utile, elle restera
remboursée », avait-elle déclaré sur
France Inter. Début août, la commission
de transparence de la Haute Autorité de
santé avait donc été saisie. Elle doit
rendre un avis en février 2019. Cette
semaine, la presse s’est fait l’écho de
l’article 42 de l’avant-projet de loi de
financement de la Sécurité sociale
(PLFSS) pour 2019, qui « prévoit
ILS ÉTAIENT au départ 124 à signer une
tribune contre les pseudomédecines
dans Le Figaro du 19 mars 2018. Un texte
à la tonalité vigoureuse, qui demandait
aux autorités d’être plus sévères face aux
nombreuses pratiques médicales, dont
l’homéopathie, qui n’ont pas fourni les
preuves scientifiques de leur efficacité.
Les retombées de ce texte, inattendues,
les ont poussés à s’organiser et à se regrouper en association.
Leur tribune a déjà entraîné de nombreuses réactions, poussé la ministre de
la Santé à prendre position sur le sujet, et
provoqué la colère de nombreux partisants de l’homéopathie. Plus grave pour
certains des auteurs de la tribune, leur
initiative leur a valu d’être la cible de
plaintes disciplinaires auprès du Conseil
de l’ordre des médecins. La première
salve, contre dix médecins choisis parmi
les premiers signataires, avait été lancée
par le Dr Meyer Sabbah, homéopathe à
Grasse.
Une deuxième attaque de plus grande
ampleur a été lancée par la suite par le
Syndicat national des médecins homéopathes (SNMH). En avril, le
Dr Charles Bentz, président du SNMH,
déclarait au Figaro qu’il comptait attaquer les 124 signataires de la tribune
pour « non-confraternité et non-respect
du code de déontologie ».
« Nous avons recensé environ 60 médecins signataires visés par les plaintes
ordinales du SNMH », précise le Dr Jéré-
my Descoux, cardiologue et l’un des premiers auteurs de la tribune. Ce dernier,
responsable de la chaîne de vulgarisation
Asclepios sur YouTube, fait lui-même
l’objet de deux plaintes disciplinaires.
Dans chaque cas, la plainte suit une
procédure très simple. Les conseils départementaux de l’ordre doivent
convoquer les médecins visés, pour une
tentative de conciliation avec les plaignants. Pour les dix premières plaintes
déposées, les plaignants n’étaient présents à aucune réunion de conciliation,
ce qui a obligé à transmettre les plaintes
aux instances régionales où elles seront
jugées.
« Pour les plaintes du SNMH, il n’y avait
aucun plaignant présent lors des vingt
premières séances de conciliation, rapporte le Dr Jérémy Descoux. Ils ont dû
s’apercevoir que ça mettait vraiment en
colère les représentants de l’Ordre, puisque des homéopathes se sont déplacés pour
les vingt plaintes suivantes. » Le Conseil
de l’ordre ne jugera pas sur le fond pour
savoir si l’homéopathie est efficace ou
non, mais devra trancher sur la réalité
des accusations de « non-confraternité ».
Pour organiser leur défense, les 124 signataires, désormais rejoints par plus de
3 000 signataires sur Internet, ont créé
une association, le Collectif FakeMed.
« Au-delà des procédures en cours, nous
sommes attachés à la défense d’une médecine qui se veut conforme aux connaissances de la science, affirme le Dr Jérémy
Descoux. Nous voyons encore passer trop
de messages faisant la promotion d’idées
et de pratiques dangereuses. » ■
RIERIKA/GETTY IMAGES/ISTOCKPHOTO
les journaux pour que le gouvernement
agisse avec force et clarté ? »
Les antipseudothérapies ont fait leurs
porte-drapeaux de deux cas tragiques :
Rosa Morillo, une économiste atteinte
d’un cancer du sein à 41 ans, a renoncé à
la chimiothérapie sur les conseils d’un
médecin qui lui a prescrit de l’homéopathie, des vitamines et des bains de mer ;
elle est morte trois ans plus tard. Mario
Rodriguez, quant à lui, a disparu en 2013
à 21 ans ; atteint d’une leucémie, le jeune
homme avait refusé la greffe et la chimiothérapie dont il avait besoin pour suivre
les conseils d’un naturopathe prônant
l’usage de vitamines. Poursuivi en justice
par le père du jeune homme, le naturopathe n’a pas été condamné, au motif que
Mario Rodriguez avait librement choisi
son traitement. « Papa, je me suis trompé », a regretté le jeune homme peu avant
sa mort. « Tu ne t’es pas trompé, lui a répondu son père. Ils t’ont fait tourner la
tête. » ■
EN BREF
Premier cas humain
d’hépatite E du rat
Un habitant de Hongkong a été
diagnostiqué avec l’hépatite E
du rat, selon une étude de l’une
des plus grandes universités
de l’ex-colonie britannique. Elle
précise que c’est le premier cas
connu d’infection humaine par
cette variante de la maladie.
Jusqu’alors, il n’existait aucune
preuve que la maladie pouvait
être transmise par le rat
à l’homme, ajoutent les auteurs
de l’étude dans un communiqué
publié vendredi. L’hépatite
du rat est « une cousine très
éloignée des variantes humaines
de l’hépatite E », poursuit
l’université, qui explique que sa
découverte a « une signification
majeure pour la santé publique ».
Les oiseaux-éléphants
de Madagascar
Une nouvelle étude parue dans
Royal Society Open Science,
montre que des oiseaux géants
qui vivaient jusque récemment
à Madagascar sont bien les plus
gros à avoir foulé la Terre. Ces
autruches aux pattes d’éléphants
détrônent une espèce
australienne d’oiseau géant,
Dromornis stirtoni, qui leur avait
récemment volé la vedette.
Ce n’est pas la découverte d’un
nouveau squelette qui leur
a permis de retrouver leur statut,
mais la réanalyse de centaines de
fossiles répartis dans le monde
qui a permis de redessiner le
paysage de cette grande famille.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
LE CARNET DU JOUR
Le service reçoit les annonces tous les dimanches et
jours fériés de 9 heures à 13 heures
(excepté les 1er janvier, 1er mai, 15 août, 25 décembre)
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fiançailles
En union avec
le comte Michel de GANAY (†)
l'ambassadeur et Mme
Bernard DURAND (†)
M. et Mme
Patrick de MONTAL
le comte et la comtesse
François de GANAY
ont l'honneur et la joie
de vous faire part
des fiançailles
de leur petite-fille et fille
avec
mariages
Mme Jean BROQUET
en union avec
le docteur Jean Broquet (†)
a la joie de vous annoncer
le mariage de sa petite-fille
avec
le baron Arthur d'ANETHAN
le samedi 6 octobre 2018,
en l'église Saint-Nazaire
de Sanary-sur-Mer.
M. Daniel CHABOD
Mme Dominique
VAILLE-CHABOD
M. et Mme Dick BRIENEN
sont heureux de faire part
du mariage de leurs enfants
La baronne d'ANETHAN
le baron et la baronne
van ZUYLEN van NYEVELT
le baron et la baronne
Henry d'ANETHAN
ont l'honneur et la joie
de vous faire part
des fiançailles
de leur petit-fils et fils
avec
Arthur
Mlle Anne-Victoire de GANAY
rue Henri-de-Braeckeleer 9,
1040 Bruxelles (Belgique).
M. Dominique HARTOG
et Mme, née
célébré ce samedi
29 septembre 2018, en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
à Paris (16e).
M. et Mme Hervé PONS
M. et Mme
Dominique PREVOST
ont la joie de faire part
du mariage de leurs enfants
Elsa et Jean
célébré le 28 septembre 2018,
en l'église
de Saint-Philippe-d'Aiguille
(Gironde).
naissances
née Guillemette de Keréver,
sont heureux d'annoncer
les fiançailles de leurs enfants
Ombeline et Géraud
Mme Jean-Claude
KITABGI KHAN
en union avec son époux
Jean-Claude Kitabgi Khan (†)
est heureuse de vous faire part
de la naissance de sa petite-fille
Victoire
M. Benoit
ROUQUAYROL de BOISSE
et Mme, née
Patricia Labadens d'Arc,
le 23 septembre 2018,
à Boston (États-Unis), chez
Hadrien et Clotilde
KITABGI KHAN
M. Nicolas
MIRIEU de LABARRE
et Mme, née Cécile O'Mahony,
sont heureux d'annoncer
les fiançailles de leurs enfants
Louis et Fleur
Partagez votre bonheur
...et recevez Le Figaro
gracieusement
pendant 3 mois
Albane FAUTRAT
et Jean-Yves de VANSSAY
sous la présidence
du docteur
Jean-Jacques Saragoussi,
sont heureux d'annoncer
la naissance de
avec la participation
des conférenciers :
Eliane RABATIN de VANSSAY
fille de
Isaure de VANSSAY
et Simon RABATIN
le 13 août 2018,
à Cologne (Allemagne).
M. et Mme
François de Vaugelas,
Mr. et Mrs. John Kuenzle,
M. et Mme
Armand de VAUGELAS
ont la joie
d'annoncer la naissance
de leur petit-fils et fils
Victor
le 10 septembre 2018.
communications
L'église de la Sainte-Trinité
à Paris (9e)
organise sa grande braderie
du jeudi 4 octobre
au samedi 6 octobre 2018
de 11 heures à 19 heures.
Jouets, livres, vêtements, linge,
brocante, restauration, bijoux.
Rue de la Trinité,
75009 Paris.
Le Collège des Bernardins
organise un débat
le mardi 2 octobre 2018,
à 20 heures,
Croire ou ne pas croire,
une question obsolète ?
Avec Rémi Brague
et François Jullien.
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
conférences
François-Xavier BELLAMY
Le marquis et la marquise
de LÉZARDIÈRE
ont la joie d'annoncer
la naissance de leurs deux
petits-fils
le 5 août 2018, fils de
Joachim et Sophie
5, rue Lapeyrouse,
75116 Paris,
Albert
le 4 septembre 2018, fils de
Charles et Caroline
50 Mirabel road,
Londres SW6 7EH
(Royaume-Uni).
Marie-Christine
Desrousseaux de Vandières,
ont la joie d'annoncer la
naissance de leur petit-enfant
Achille
le 25 septembre 2018,
à Paris, chez
Le Collège des Bernardins
organise une exposition
du jeudi 4 octobre
au samedi 10 novembre 2018
de 10 heures à 18 heures,
Abdelkader BENCHAMMA
Écho de la naissance
des mondes
coproduction
Nuit Blanche 2018,
Ville de ParisCollège des Bernardins.
Entrée libre.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
organise
un débat philosophique
Demeure
Pour échapper à l'ère
du mouvement perpétuel
(Grasset),
le jeudi 4 octobre 2018
de 18 h 30 à 19 h 30,
à la librairie La Procure
3, rue de Mézières, Paris (6e).
Le Collège des Bernardins
organise
un cycle de conférences
d'octobre à mai
Recréer du lien
dans une « société liquide »
sous la responsabilité
de Louis Manaranche.
Première le lundi 8 octobre,
à 20 heures,
avec Timothée Gautier,
Elisabeth Geffroy.
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
L'homme dans l'univers
Comment l'homme perçoit-il
sa place dans le cosmos ?
TAJAN
organise une conférence,
T'ang HAYWENN
« Éclats d'encre »,
le mardi 2 octobre 2018,
à 18 h 30,
en présence de :
Aude de Kerros,
graveur, peintre et essayiste,
Yingjian Liu,
secrétaire général
de l'Académie franco-chinoise
d'art et de culture,
Emmanuel Lincot, professeur
à la Faculté des lettres de
l'Institut catholique de Paris,
Leszek Kanczugowski,
historien d'art,
suivie d'un concert à 19 h 30
de luth pipa, par
"( )&"
* %+ ' $ )+++
###- .+. $ $ Espace Tajan,
37, rue des Mathurins,
à Paris (8e). Entrée libre.
deuils
Olivier et Nathalie,
Arnaud et Gena,
Florent et Elisabeth,
et leurs enfants
Participation à prévoir.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Le Collège des Bernardins
le 28 septembre 2018,
à Paris, dans sa 85e année.
Dolorès BERNARD
née Kalinowski,
L'homme peut-il se racheter ?
en partenariat avec
l'Ordre des avocats de Paris
et l'EFB (École de formation
du barreau).
Entrée libre sur réservation.
20, rue de Poissy, Paris (5e),
téléphone : 01 53 10 74 44,
www.collegedesbernardins.fr
Elle a rejoint son époux,
Philippe
La cérémonie religieuse sera
célébrée le vendredi 5 octobre,
à 14 h 30, en l'église
Notre-Dame-de-Grâcede-Passy, Paris (16e).
Mme Michelle Boisson,
son épouse,
Renaud, Anne et Stéphane,
ses enfants,
Camille, sa petite-fille,
vous font part du décès de
Concert baroque
exceptionnel arias
Vivaldi et Händel
! + .- $ , $$
vous font part
du rappel à Dieu de
vous font part
du rappel à Dieu de
Odile BONNAL
née Carmichael,
veuve du
professeur Joël Bonnal
le 18 septembre 2018,
à l'âge de 93 ans.
Le culte d'action de grâce
aura lieu le samedi 20 octobre,
à 11 heures, en l'église
protestante unie de l'Étoile,
à Paris (17e).
L'inhumation a eu lieu
le samedi 22 septembre,
au cimetière
d'Ailly-sur-Somme.
Mme Camille Juglar,
née Jacqueline Breuil,
Mlle Geneviève Breuil (†),
M. et Mme
Jean-Claude Breuil,
ses frère, sœurs et belle-sœur,
M. et Mme
Jean-Paul Guilhamon,
Mme Anne Landier-Juglar,
M. et Mme Philippe Juglar,
M. et Mme Olivier Guilhamon,
M. et Mme Alain Tachot,
ses neveux et nièces,
leurs enfants et petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mlle Monique BREUIL
chevalier
de la Légion d'honneur,
avec le contre-ténor sopraniste
Mathieu Salama,
accompagné par un ensemble
instrumental sur instruments,
aura lieu
le samedi 6 octobre 2018,
à 20 h 30, au théâtre
de la comédie italienne,
17, rue de la Gaîté, Paris (14e).
Direction et chant
contre-ténor sopraniste :
Mathieu Salama.
Réservation :
www.mathieusalama.com
Téléphone : 06 11 68 22 95.
Participation à prévoir.
M. Bernard BOISSON
officier de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 25 août 2018,
à l'âge de 83 ans.
La cérémonie religieuse
a eu lieu le mercredi 29 août,
en l'église de Pessines
(Charente-Maritime),
suivie de l'inhumation
au cimetière de Pessines.
Une messe du souvenir sera
célébrée le vendredi 5 octobre,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Philippe-du-Roule,
à Paris (8e).
Janine CUDENNEC
« Anny »,
le 26 septembre 2018,
à l'âge de 92 ans.
Janine repose
à la chambre funéraire du Cap,
à Plouhinnec.
La cérémonie religieuse
sera célébrée ce samedi
29 septembre, à 14 h 30,
en l'église Saint-Joseph
d'Audierne,
suivie de l'inhumation.
La famille remercie
toute l'équipe de la résidence
Korian de Saint-Malo pour son
dévouement et son humanité.
Hélène Cudennec
et Albert Piel,
7, rue du Val-Antique,
35400 Saint-Malo.
Catherine Pastré,
sa fille,
Sara Pastré et Olivier Coudray,
Jean Pastré et Hélène Salvator,
ses petits-enfants,
Anna, Lucie, Maud, Marc,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
professeur Jean DALAYEUN
survenu le 17 septembre 2018,
à l'âge de 88 ans.
76, rue de Longchamp,
92200 Neuilly-sur-Seine.
ont la profonde tristesse
de vous faire part du décès de
Michèle Natasha CADIOU
survenu le 21 septembre 2018,
à l'âge de 79 ans.
La cérémonie religieuse a eu
lieu à Saint-Tropez, en l'église
Notre-Dame-de-l'Assomption,
suivie de l'inhumation
au cimetière marin.
Famille Chapgier,
117, boulevard
du Général-Kœnig,
92200 Neuilly-sur-Seine.
Agen, Boé (Lot-et-Garonne).
Elisabeth et Georges Gainard,
Eric et Evelyne Datcharry,
Pierre-Jacques Datcharry,
ses enfants,
Manon, Marine, Lehen,
Charlie et Léa,
ses petits-enfants,
Dominique et Henri François,
sa sœur et son beau-frère,
ainsi que leurs enfants,
la famille Vialatte,
parents et amis
ont la tristesse
de vous faire part du décès du
colonel (e.r.)
Alain DATCHARRY
Saint-Cyrien, promotion
Ceux de Diên-Biên-Phu,
chevalier
de la Légion d'honneur.
La messe d'obsèques
sera célébrée
le lundi 1er octobre 2018,
à 15 heures, en l'église
du Sacré-Cœur, à Agen,
suivie de l'inhumation,
au cimetière de la ville.
La famille remercie par avance
toutes les personnes qui
s'associeront à sa peine.
Françoise, son épouse,
Alexandre, son fils,
Gaëtane et Geoffroy
Garreau de Labarre,
sa fille et son gendre,
Hermine et Ombeline,
ses petites-filles,
et toute sa famille
font part du retour à Dieu de
René CAFFIER
chevalier
de la Légion d'honneur,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
ancien
président-directeur général
de la Seccar.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 1er octobre 2018,
à 14 h 15,
en l'église Saint-Pierre
de Neuilly-sur-Seine.
Une bénédiction aura lieu
le mardi 2 octobre, à 15 h 30,
en l'église Saint-Martin
d'Ajat (Dordogne), suivie
de l'inhumation au cimetière.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Aux bons soins de
Mme François,
57, avenue
du Général-de-Gaulle,
47000 Agen.
Marie-Françoise (†)
et Jean-Claude Vetsch,
Catherine et Bernard Piollet,
Jean-Paul et Dominique
Dégremont,
ses enfants,
Guillaume et Anne-Claude
Vetsch,
Stéphanie Mouly,
Aurélie et Simon Boudailliez,
Nicolas et Elise Piollet,
François et Charlotte Piollet,
Delphine et Matthieu
Boudailliez,
Antoine Piollet,
ses petits-enfants,
Pauline et Clémence, Juliette,
Martin et Vincent, Paul,
Solène, Alban et Timothée,
Grégoire, Arthur et Amaury,
Albane et Thaïs, Maxime,
Corentin, Gaspard et Victor,
ses arrière-petits-enfants,
ont la tristesse de faire part
du rappel à Dieu de
Mme Jacques DÉGREMONT
Mâcon. Bélâbre (Indre).
Marie-Françoise Clément
et toute sa famille
vous font part du décès,
dans sa 90e année, de
Didier CLÉMENT
La cérémonie religieuse
sera célébrée
ce samedi 29 septembre 2018,
à 10 h 30, en l'église de Bélâbre.
docteur Adrienne DIANOUX
survenu le 21 septembre 2018,
dans sa 101e année.
Les obsèques religieuses
ont eu lieu dans l'intimité.
12, impasse Beausoleil,
84100 Orange.
René
La cérémonie religieuse
aura lieu le mardi 2 octobre,
à 10 h 30, en l'église
Saint-Wandrille, 1, avenue
du Pavillon-Sully, Le Pecq.
Pierre et Alain Chapgier,
ses frères,
Florence et Martine Chapgier,
ses belles-sœurs,
Ariane, Julie, Aymeric et Dylan,
ses neveux,
Liguori, Brian et Charlotte,
leurs conjoints,
Rémy et Nancy Chastang
et leur famille,
France Chastang
et sa famille
ont la tristesse
de vous annoncer le décès du
décédé en 1976.
L'inhumation a eu lieu
au cimetière de Saint-Lunaire
(Ille-et-Vilaine).
Cet avis tient lieu de faire-part.
Alger. Nice. Orange.
Elle rejoint son époux,
le 27 septembre 2018,
au Pecq (Yvelines),
dans sa 97e année.
du jeudi 4 octobre 2018,
« Graine de philo »
pour les enfants de 7 à 12 ans,
le samedi 6 octobre 2018,
à 10 h 30,
Christophe et Yasmina
de SAINT SALVY
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants
Jeudis de La Procure
pour son livre,
Audierne (Finistère).
Saint-Malo.
Marc et Chan Cudennec,
Hélène Cudennec
et Albert Piel,
ses enfants,
Marie, Yann, Clémence,
ses petits-enfants,
sa famille
sera l'invité des
Wang WEIPING
Le comte Ludovic
de SAINT SALVY
et la comtesse, née
carnetdujour@media.figaro.fr
www.carnetdujour.lefigaro.fr
Programme détaillé
et inscription sur :
forum.patrimoine.familial
@gmail.com
Jocelyne Deperrier
et Maud Nieza.
Paris. Uzès. Marseille. Liège.
Aude Bonnal,
Béatrice et Loïc Morice,
Chantal Huguet (†),
Bénédicte Bonnal,
ses enfants,
Arts d'Asie
organise un débat
le jeudi 4 octobre 2018,
à 19 h 30,
Tél. 01 56 52 27 27
Fax. 01 56 52 20 90
Claude Abrial,
José Arrebola,
Géraud Chambeiron,
Rémi Dumas,
Henri Hovasse,
Denis Krief,
Sébastien Pestel,
Philippe Reigné.
Dans le cadre
de la vente aux enchères
Le Collège des Bernardins
Léon
Mariage
ses grands-parents,
Fanny-Sophie et Tim
Solange Gesp-Lahugt,
Mme Régis
GUILLET de LA BROSSE
ses arrière-grands-mères,
Le forum
du patrimoine familial
se tiendra à Paris, les vendredi
23 et samedi 24 novembre 2018,
Camille BROQUET
Cédric HEDIARD-DURAND
Anne-Victoire
avenue Milcamps 67,
1030 Bruxelles (Belgique).
Marguerite
de VANSSAY-de CATHEU
Monique
FAUTRAT-VIET VILLENEUVE
13
née Thérèse Gibier,
le 25 septembre 2018,
dans sa 100e année.
La messe de funérailles
sera célébrée dans l'intimité
familiale, le lundi 1er octobre.
La famille tient à remercier
les religieuses et le personnel
de la maison de retraite
des sœurs augustines,
qui l'ont si bien entourée.
M. et Mme
Patrick Dupuy-Guérin,
M. et Mme
Baudouin de Bourmont,
M. et Mme Philippe Reigné,
ses enfants,
et ses neuf petits-enfants
ont la douleur
de vous faire part
du rappel à Dieu de
Mme Philippe DUPUY-GUÉRIN
née Jacqueline Linarix,
le 22 septembre 2018,
dans sa 91e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 2 octobre, à 10 h 30,
en l'église
Saint-Nicolas-des-Champs,
Paris (3e).
Le colonel
Jean-Paul DUTRIEZ
ancien enfant de Troupe,
ancien élève
du Prytanée militaire,
Saint-Cyrien, promotion
Rome et Strasbourg,
chevalier
de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
croix de guerre des TOE,
nous a quittés
le 23 septembre 2018,
à La Baule, à l'âge de 94 ans.
Colette Enoch,
ses enfants,
Audrey, Jean, Philippe, Sophie,
et leurs conjoints,
ses petits-enfants
ont la douleur
de vous faire part du décès de
Alain ENOCH
survenu le 26 septembre 2018,
à Nice, à l'âge de 70 ans.
La célébration aura lieu
le lundi 1er octobre,
à 10 heures, en l'église
Notre-Dame-de-Liesse,
12, place Notre-Dame,
à Annecy, suivie
de l'inhumation à 11 heures,
au cimetière de Loverchy.
Mme Michel Frys,
née Colette Destombes,
son épouse,
Michaël et Anne-Sophie
Frys-Spriet,
Eléonore, Joséphine, Bérénice,
Marina Frys,
Benoit et Marie-Laure
Frys-Six,
Lucien, Eugène,
Jeanne et Alexis, Madeleine,
Manuella Frys,
Pierre, Gabriel Le Berre,
Nicolette et Martin
Chesnay-Frys,
Quentin, Thomas (†),
Ambroise, Gloria-Esther,
ses enfants, beaux-enfants
et petits-enfants,
ont la grande tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
M. Michel FRYS
ancien de la 2e DB,
501e régiment
de chars de combat,
chevalier
de la Légion d'honneur DPLV,
officier
de l'ordre national du Mérite,
le 23 septembre 2018,
à l'âge de 92 ans,
à Nîmes (Gard).
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Christophe,
à Tourcoing (Nord),
ce samedi 29 septembre,
à 10 h 30,
le jour de la saint Michel.
Vous pouvez remplacer les
fleurs par un don au profit du
Centre de recherche sur les
tumeurs de l'enfant, à Villejuif,
crte.association@gmail.com
le carnet du jour
suite en page 14
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
14
LE CARNET DU JOUR
Mme Germaine Gaillard,
son épouse,
Marie-Laure et Claire,
ses filles,
Guillaume et Jacques,
ses beaux-fils,
Antoine, Thomas,
Alix, François, Arthur,
Augustin et Anouk,
ses petits-enfants,
Jean, Marc, Christian (†), Alain,
ses fils, et leurs épouses,
Nicolas et Isabelle,
Dimitri, Marine, Maud,
Camille, Max, Scott, Annabel,
Clara et Charles,
ses petits-enfants,
Inès et Félix,
ses arrière-petits-enfants,
Andrée Moussu
ont la douleur
de faire part du décès de
ont la douleur
de vous faire part du décès de
M. André GAILLARD
expert agréé honoraire
par la Cour de cassation,
président d'honneur
de la Compagnie nationale des
experts-comptables de justice
(CNECJ),
membre d'honneur
de la Compagnie
des experts agréés
par la Cour de cassation
(CEACC),
chevalier
de la Légion d'honneur,
Michel GUBLER
chevalier
de la Légion d'honneur,
officier
de l'ordre national du Mérite,
survenu le 26 septembre 2018.
La messe d'obsèques aura lieu
dans l'intimité, en l'église
de Madiran (Hautes-Pyrénées),
le lundi 1er octobre, à 14 h 30.
survenu le 27 septembre 2018,
à l'âge de 85 ans, à Meudon.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Saint-Benoît,
à Issy-les-Moulineaux
(Hauts-de-Seine),
le mardi 2 octobre, à 10 heures.
L'inhumation aura lieu
dans l'intimité,
le mercredi 3 octobre,
au cimetière de Verteillac
(Dordogne).
Vincennes, Nogent-sur-Marne
(Val-de-Marne).
M. et Mme Claude Gobitz,
M. Bernard Gobitz,
ses enfants,
ses petits-enfants,
ses arrière-petits-enfants
ont la tristesse
de faire part du décès de
Mme Rose GOBITZ
Augers-en-Brie
(Seine-et-Marne).
Les obsèques auront lieu
dans l'intimité familiale.
Mary INAYAT KHAN
épouse de
Pir Vilayat Inayat Khan (†)
nous a quittés
dans la paix et la lumière,
à l'âge de 91 ans,
le mardi 25 septembre 2018.
Sa famille et tous ses amis
l'accompagnent
de leurs prières.
Catherine (†) et Kenneth Cleary,
Laurence et Donald (†)
Grégoire,
Claire et Dominique d'Arjuzon,
Pierre et Christine Huc,
Sophie et Bruno Draber,
ses enfants et beaux-enfants,
Caroline et Olivier Martin,
Jeremy et Céline Cleary,
Charlotte et Johan Bourgeois,
Andrew et Katy Cleary,
Matthieu et Faustine Grégoire,
Arthur Grégoire,
Pauline et Cédric Doumier,
Mathilde et Grégoire
Tassin de Montaigu,
Alix et Martin Brabant,
Arnaud et Sonia d'Arjuzon,
Olivia et Lionel-Alban
Sarvonat,
Guillaume et Charlotte Huc,
Antoine Huc,
Emilie et François-Xavier
Fleury,
Julien et Julie Draber,
Camille et Thibaud Lemaître,
ses petits-enfants,
ses 25 arrière-petits-enfants,
Maryse et Jacques Fourmentin,
sa sœur et son beau-frère,
ont le chagrin
de vous faire part
du rappel à Dieu,
le 20 septembre 2018, de
Jacqueline HUC
née Doctobre.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
en l'église Sainte-Jeanne-d'Arc
du Touquet,
le mercredi 3 octobre, à 10 h 30.
53, allée des Chèvrefeuilles,
62520 Le Touquet.
ses petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
les familles Guiraud et Méot
ont la douleur de vous
faire part du rappel à Dieu de
Mme Robert MÉOT
née Marie-José Guiraud,
le 6 septembre 2018,
dans sa 85e année.
La messe d'inhumation a eu lieu
le 22 septembre 2018,
en l'église du Falga
(Haute-Garonne).
Une messe sera célébrée
à son intention,
le samedi 6 octobre 2018,
à 11 heures,
en l'église Saint-Pierre
de Charenton-le-Pont
(Val-de-Marne).
M. Fabrice Piaton,
M. et Mme Arnaud Lévêque,
Edouard et Céline, Benoît,
Pierre-Maxime et Isaure,
Caroline et Jean-Louis Fortuit,
Eric et Claude Jeunemaître,
Nathalie et Jean-Louis Hari,
ses enfants,
Dominique et Jean Feton,
Marion Meunier,
Gilles et Valérie Meunier,
ses enfants,
Alexandre et Eraka,
Juliette et Marc,
Charlotte et Jack-Arthur,
Lucie, Nicolas,
Charles, Hélène, Mathieu,
ses petits-enfants,
Guillaume, Laure,
Anne-Charlotte,
Paul-Emmanuel Feton,
Marie, Cédric, Sophie
Meunier,
ses petits-enfants,
Nathalie, Sébastien, Louise,
Fanny,
leurs conjoints,
Grant, Fabrice,
Noa, Oscar,
ses arrière-petits-enfants,
et toute la famille
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Yolande JEUNEMAÎTRE
née Bouché,
survenu le 26 septembre 2018,
dans sa 87e année.
La cérémonie religieuse
sera célébrée le mercredi
3 octobre, à 15 heures,
en l'église d'Augers-en-Brie,
où l'on se réunira.
L'inhumation aura lieu
dans l'intimité familiale,
au cimetière d'Augers-en-Brie.
Lino, Emma, Sven, Anaëlle,
Bartholomée,
ses arrière-petits-enfants,
Eliane Meunier,
sa sœur,
Marie Albaret
et André Haond,
sa belle-sœur et son beau-frère,
et toute la famille
vous font part avec tristesse
du décès de
M. et Mme André Piaton,
Guillaume et Dauphine,
Clémence et Timothée Blanc,
Victor,
Alain et Annie Rosenzweig,
ses beaux-parents,
François et Kathleen,
son beau-frère et sa belle-sœur,
le contre-amiral et Mme
Didier Piaton,
Maÿlis et Pierre-Yves Waquet,
Thibault, Estelle, Eloi,
ses enfants et petits-enfants,
et toute la famille
survenu le 27 septembre 2018,
à l'âge de 95 ans.
Anne-Marie Lachaux,
son épouse,
En union avec son épouse,
Jean-Eric et Sangiam,
Marie-Cécile et Antoine,
ses enfants,
Marie-Anne, Marc-Olivier,
Maximilien et Malaurie,
ses petits-enfants,
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
Claude LACHAUX
inspecteur général
des Finances honoraire,
chevalier
de la Légion d'honneur,
Madeleine
née Dasse-Hartaut,
décédée le 2 août 2000.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 3 octobre,
à 15 heures, en l'église
Saint-Pierre-de-Montrouge,
82, avenue du Général-Leclerc,
à Paris (14e).
L'inhumation aura lieu
le même jour, au cimetière
parisien de Bagneux.
font part de l'entrée
dans la Vie éternelle de
La cérémonie religieuse
a été célébrée en l'église
Saint-Jean-Baptistede-Grenelle, Paris (15e),
suivie de l'inhumation
dans le caveau de famille,
à Hyères (Var).
M. Hugues de Perier,
M. et Mme
Gonzague de Perier,
le lieutenant-colonel et Mme
Louis de Perier,
M. et Mme Hervé Eon Duval,
M. et Mme Romaric de Perier,
ses enfants,
Mme Francine Lemaire,
son épouse,
et ses petits-enfants
M. et Mme Lucien Bardane
leurs enfant et petits-enfants
vous font part
du rappel à Dieu du
ont la douleur
d'annoncer le décès de
La cérémonie religieuse
aura lieu
le lundi 1er octobre, à 10 heures,
en la basilique
Saint-Martin-d'Ainay,
à Lyon (2e).
Mme Marie Pradon Serrand,
M. et Mme Eric Pradon,
M. et Mme Henri Daniel,
M. et Mme Tristan Parisot,
ses enfants,
Charlotte et Mathieu,
Camille et Laurent,
Chloé, Louis et Lola,
Benjamin, Alexandre
et Cassandre,
Emilie, Matthieu, Jean,
Théophane et Pauline,
Cyriac, Matthis, Inès et Thaïs,
ses petits-enfants,
ont la profonde tristesse
de vous faire part du décès de
Mme Philippe PRADON
née Marie Thérèse Vogt,
survenu le 27 septembre 2018,
à Paris.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mardi 2 octobre, à 14 h 30,
en l'église
Notre-Dame-d'Auteuil,
place de l'Église-d'Auteuil,
Paris (16e).
L'inhumation aura lieu
dans l'intimité familiale,
au cimetière
de Collonge-Bellerive
(Suisse).
Cet avis tient lieu de faire-part.
11, rue François-Millet,
75016 Paris.
M. et Mme Patrick Renvoisé,
M. et Mme Remi Lescêne,
M. Hervé Renvoisé,
ses neveux et nièces,
ainsi que leurs enfants
et petits-enfants
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
M. Michel RENVOISÉ
commissaire général
de la marine (2S),
membre
de l'Académie de marine,
chef de bataillon (h.)
Pierre-Michel de PERIER
M. Maurice LEMAIRE
à l'âge de 102 ans,
le 27 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le mercredi 3 octobre, à 10 h 30,
en la chapelle Notre-Dame
de Versailles,
suivie de l'inhumation
dans l'intimité
au cimetière de Rochechouart
(Haute-Vienne).
le 26 septembre 2018.
La messe sera célébrée
le lundi 1er octobre 2018,
à 14 heures, en l'église
de Saint-Parres-aux-Tertres
(Aube).
L'inhumation aura lieu
au cimetière de Landéda
(Finistère),
le vendredi 5 octobre,
à 11 heures.
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209
s
La cérémonie civile aura lieu
au crématorium de Reims,
le mardi 2 octobre,
à 15 heures.
Fleurs naturelles uniquement.
Cet avis tient lieu de faire-part.
Une messe à l'intention de
ont la douleur
de vous faire part du décès,
le 17 septembre 2018,
dans sa 77e année, de
sera célébrée le vendredi
5 octobre 2018, à 19 heures,
en l'église Stella-Matutina,
à Saint-Cloud.
Antoine, son fils,
Cet avis tient lieu de faire-part.
M. et Mme Christian d'Yzarn
de Freissinet de Valady,
Mlle Sylvaine d'Yzarn
de Freissinet de Valady,
Mme Camille d'Yzarn
de Freissinet de Valady,
M. et Mme Hugues
de Champs de Saint-Léger,
ses enfants et beaux-enfants,
Alix, Geoffroy, Hermine, Louis,
Robin, Amélie, Guillemine,
François, Ysarn,
ses petits-enfants,
font part du rappel à Dieu de
le 16 septembre 2018.
La cérémonie religieuse
a été célébrée
en l'abbatiale Saint-Pierre
de Vertheuil (Gironde),
le vendredi 21 septembre 2018.
les familles Morelle,
Rosowsky et Isotti
ont l'immense douleur de
faire part de la disparition de
Elena ROSOWSKY MORELLE
psychiatre-psychanalyste,
survenue le 26 septembre 2018,
à l'orée de ses 58 ans.
Emportée brutalement
par un cancer du pancréas
silencieux et foudroyant
qu'elle a affronté avec lucidité
et une grande fermeté, depuis
son lit d'hôpital elle a veillé
au suivi de ses patients
et notamment des enfants du
CAPP (Centre d'adaptation
psychopédagogique)
dont elle avait la charge.
D'une vitalité solaire et colorée,
elle était attentive aux gens
quels qu'ils fussent, curieuse
de la diversité des pays et
des cultures, passionnée d'art
notamment de peinture
et de céramique
qu'elle pratiquait avec talent.
Les obsèques auront lieu
ce dimanche 30 septembre,
au cimetière parisien
de Bagneux,
45, avenue Marx-Dormoy.
On se réunira à la porte
principale à 11 h 15.
Tu n'es plus là où tu étais,
mais tu es partout là où je suis.
Victor Hugo.
Mme Catherine Dulmet-Ameil,
ses enfants et petits-enfants
et toute sa famille
ont été très touchés
des marques de sympathie
que vous leur avez témoignées
lors du décès de
Mme Jacqueline BOURDEL
née Bouleau.
Ils vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
Mme Joseph Exbrayat,
née Geneviève Tessier,
son épouse,
ainsi que toute la famille,
très touchées
par les nombreuses marques
d'affection et de sympathie
qui leur ont été témoignées
lors du décès du
professeur
Joseph EXBRAYAT
prient toutes les personnes,
qui se sont associées
à leur peine, de trouver, ici,
l'expression de leurs très
sincères remerciements.
Le marquis de Saint Sauveur,
son époux,
ses enfants,
ses petits-enfants,
marquise de SAINT SAUVEUR
née Ivana Andjelic-Walch,
Florent et Sabine Tachot,
Pascaline et Frank d'Aboville,
Marguerite et Erwan
de Trogoff,
Baudouin et Albane Tachot,
ses enfants,
Grégoire, Valentine, Iris,
Emma, Auriane, Elise,
Agathe, Arthur, Maximilien,
ses petits-enfants,
son frère et ses sœurs,
ses beaux-frères
et ses belles-sœurs
Mme Guy TERISSE
messes
et anniversaires
le 26 septembre 2018,
dans sa 79e année, à Chartres.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le lundi 1er octobre, à 14 h 30,
en la cathédrale de Chartres.
L'inhumation aura lieu
au cimetière Saint-Chéron.
Raoul LIMOUSIN de NEUVIC
s'endormait
dans la Paix du Seigneur.
Que ceux qui l'ont connu
et aimé s'unissent par la prière
à la messe qui sera célébrée
pour le repos de son âme,
le mardi 2 octobre 2018,
à 18 h 45,
en la chapelle de la Vierge
de l'église Saint-François-Xavier,
12, place du
Président-Mithouard, Paris (7e).
De la part de
Bernadette Limousin de Neuvic,
Astrid, Alexandre et Philippe
Stanfield-Pinel.
Une messe sera célébrée
le mercredi 3 octobre 2018,
à 18 h 30, en l'église
Saint-Thomas-d'Aquin,
Paris (7e), à l'intention de
Jean de MENTHON
décédé le 9 septembre 2018.
Françoise PASTRÉ
rappelée à Dieu le 13 juillet 2018,
sera célébrée en l'église
Saint-François-Xavier,
Paris (7e),
le mardi 2 octobre, à 17 heures.
De la part de :
Mme Passama,
la comtesse
Hugues de Pimodan,
M. et Mme Emmanuel Pastré,
M. et Mme Jacques Bacot,
la comtesse
Urbain de Laubespin,
M. et Mme François Bacot,
M. Daniel Pastré,
ses neveux et nièces.
Une messe de requiem
sera célébrée
le lundi 1er octobre 2018,
à 17 h 45 précises, en l'église
Saint-Pierre-du-Gros-Caillou,
92, rue Saint-Dominique,
Paris (7e), à l'intention de
Yolande de ROQUEFEUIL
Une messe
pour le repos de l'âme de la
marquise
de VASSELOT de RÉGNÉ
née Jeanne-Marie de Curel,
rappelée à Dieu
le 28 juillet 2018,
dans sa 100e année,
sera célébrée en l'église
Notre-Dame-de-Compassion,
place du Général-Kœnig,
à Paris (17e),
le mardi 9 octobre, à 19 heures.
souvenirs
Ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants,
très touchés des marques
de sympathie qui leur ont été
témoignées lors du décès de
née Anne Villemin,
M. Christian TACHOT
Il y a vingt ans,
le 29 septembre 1998,
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
vous prient de trouver ici,
leurs sincères remerciements.
ont la tristesse
de vous faire part
du rappel à Dieu de
née Claudette Finaz,
rappelée à Dieu
le 30 juillet 2018,
Une messe à l'intention de
remerciements
très touchés des marques
de sympathie qui leur
ont été témoignées
lors de la disparition de la
Mme Christian Tachot,
née Blandine Maurel,
son épouse,
Mme Claude GUÉRIN
Jacques THEMIA
Les obsèques ont eu lieu
dans l'intimité familiale.
Mme Raymond d'YZARN
de FREISSINET de VALADY
Une messe sera célébrée
le lundi 8 octobre 2018,
à 19 heures, en l'église
Saint-François-de-Sales,
6, rue Brémontier, Paris (17e),
à la mémoire de
Monique BERNARD
née Girardon,
rappelée à Dieu,
le 18 août 2017.
Le 1er octobre 2000,
Odette et Pierre LAVERGNE
nous ont quittés.
Avec ceux que nous aimons,
nous avons cessé de parler
et ce n'est pas le silence.
De la part de Gérard Lavergne.
Il y a huit ans,
Marc SOUSSANA
nous quittait.
Que ceux qui l'ont aimé
et estimé s'unissent en pensée à
son épouse Germaine Soussana,
ses enfants, petits-enfants
et arrière-petits-enfants
en ce dimanche
30 septembre 2018,
jour anniversaire de son décès.
À renvoyer dans une enveloppe affranchie à : LE FIGARO ABONNEMENT 4 rue de Mouchy – 60438 NOAILLES Cedex
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Mme Françoise Themia,
son épouse,
Frédérique et Didier,
ses enfants,
ses petits-enfants,
son frère Jean-Pierre,
sa sœur Marie-Josée,
née Claude
Duboüays de La Bégassière,
Hervé Morelle,
son époux,
survenu le 27 septembre 2018,
à l'âge de 83 ans.
La cérémonie religieuse
sera célébrée
le jeudi 4 octobre, à 11 heures,
en l'église Saint-Pierre
de Neuilly-sur-Seine.
6 mois
survenu le 27 septembre 2018,
à l'âge de 36 ans.
Cet avis tient lieu de faire-part.
officier de la Légion d'honneur,
commandeur
de l'ordre national du Mérite,
Saint Cyr, promotion
Extrême-Orient,
chevalier
de la Légion d'honneur,
chevalier
de l'ordre national du Mérite,
croix de la Valeur militaire,
née Tisserand,
Giuditta Isotti Rosowsky,
sa mère,
André Rosowsky,
son frère,
M. Jacques Renvoisé,
son frère,
Mme de Perier,
Isabelle ROSENZWEIG
le 24 septembre 2018.
2, rue
Georges-de-Porto-Riche,
75014 Paris.
survenu le 15 septembre 2018,
à Paris, dans sa 86e année.
ont la tristesse
de vous faire part du décès de
ses arrière-petits-enfants,
Mme Guy Payen,
Mme André Sabran,
Mme Guy Permezel,
Mme Daniel Piaton,
ses sœur et belles-sœurs,
Clément Pascal MEUNIER
ingénieur général
de l'aviation civile,
ingénieur général
des Ponts et Chaussées,
officier de la Légion d'honneur,
médaille de l'Aéronautique,
Olivier Rosenzweig,
son époux,
Bruno et Marie-Noëlle
Tisserand,
ses parents,
Mélanie, sa sœur,
Mme Hubert PIATON
Michel Jeunemaître,
son époux,
Reims. Saint-Castin
(Pyrénées-Atlantiques).
M. et Mme
Albéric de Lavernée,
Gonzague, Vianney,
Martin, Jean,
née Marie Josèphe Sabran,
née Perla,
survenu le 25 septembre 2018,
à l'âge de 93 ans, à Vincennes.
M. et Mme Alain Mathonnet,
M. et Mme Vincent Méot,
M. et Mme Stéphane Méot,
ses enfants,
Code postal :
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LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
ENQUÊTE
15
Et si les abeilles venaient
à disparaître de notre planète…
En trente ans,
l’Europe a perdu
80 % de ses insectes
pollinisateurs. Pourtant,
ils sont vitaux pour
la survie de l’être humain.
Sans les abeilles,
pratiquement tous les fruits
et légumes seraient absents
de notre alimentation.
« Faux étiquetage, origine trafiquée ou ajout de sirop de sucre : le marché international du miel est inondé de produits frauduleux », met en avant Norberto
Garcia, président de l’Organisation internationale
des exportateurs de miels. Avec des produits très
bon marché. « Les grandes usines chimiques asiatiques de miel artificiel ont entrepris de mélanger le miel
avec l’indétectable sirop de sucre de riz, de maïs ou de
betterave, dont le prix est dix fois moins élevé », souligne Arnaud Montebourg, ancien ministre du Redressement productif de François Hollande. Il a fait
une croix sur la politique et est passé de la marinière
« made in France » au lancement d’une marque de
miel baptisée « Bleu, blanc, ruche ». « Actuellement,
il ne reste plus que 60 000 apiculteurs en France,
contre 85 000 en 1995, avec une immense majorité de
petits producteurs et seulement 2 000 professionnels
qui détiennent la moitié du cheptel, dont une soixantaine plus de 1 000 ruches, déplore Henri Clément,
porte-parole de l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française), autre syndicat apicole. Combien en
restera-t-il encore dans cinq ans ? »
Miels « éthiques »
£@plumedeschamps
L
e seuil d’alerte maximale pour
conserver la faune pollinisatrice minimale a été atteint. » Frank Aletru,
président du SNA (Syndicat national
de l’apiculture), la plus ancienne organisation du secteur apicole français, fait un constat amer : « En trente
ans, l’Europe a perdu 80 % des insectes pollinisateurs.
Si nous ne faisons rien, nous allons tout droit vers une
catastrophe écologique et sanitaire. » Ces chiffres ont
été partagés lors du symposium organisé à l’Assemblée nationale le 20 septembre dernier, notamment
sur le rôle des abeilles dans la biodiversité. Participaient à ce colloque trente-deux chercheurs internationaux indépendants, sous l’égide de Jean-Marc
Bonmatin, biochimiste au CNRS (Centre national de
la recherche scientifique).
L’Europe est en effet sur une pente très dangereuse. Selon une étude approfondie de l’université de
Reading, au Royaume-Uni, à laquelle a notamment
participé l’Inra (Institut national de la recherche en
agronomie), il manquerait l’équivalent de 13 millions de colonies d’abeilles sur le Vieux Continent,
en raison de la poussée de leur mortalité. « Cette
érosion des abeilles peut s’appliquer à l’échelle mondiale, dans tous les pays qui ont une agriculture intensive et où l’on peut s’attendre à des pertes très proches
de celles subies en Europe », poursuit Frank Aletru.
En France, le taux de mortalité de ce pollinisateur
atteint les 30 % par an. Une reine ne vit plus que
deux ans, contre quatre à cinq ans auparavant. Les
mâles rencontrent des problèmes de fécondation.
« Depuis les années 1980, la mortalité des abeilles a
doublé, constate Yves Le Conte, directeur de l’unité
mixte de recherche Abeilles et environnement, à
l’Inra. Le nombre de ruches est passé de 2 à 1 million en
une génération. »
Et pourtant, ce pollinisateur est vital pour la survie de l’être humain. « Si l’abeille venait à disparaître
de la planète, ce serait le début de la fin pour l’humanité, confie Étienne Coffineau, enseignant spécialisé
en apidologie au lycée professionnel agricole de
Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Il est aussi en
charge des quatre ruches du ministère de l’Agriculture à Paris. L’homme ne mangerait que du maïs, du
riz et du blé, c’est-à-dire des plantes autofécondes qui
peuvent se passer de la pollinisation. » Une alimentation peu équilibrée et monotone sur le plan gustatif.
Un comble au pays qui a obtenu de l’Unesco que son
repas gastronomique soit classé au patrimoine immatériel mondial.
«
Finis kiwis, pommes, cerises, fraises, carottes,
avocats mais aussi café, cacao… « Les abeilles peuvent visiter 170 000 types de plantes à fleurs différentes par jour, rappelle Paul Fert, apiculteur formé
dans le Béarn et directeur général de l’Ehea (École
des hautes études en apiculture) à Dijon. Non seulement elles permettent d’augmenter les rendements
mais en plus elles augmentent la qualité gustative des
produits et leur régularité, tout en leur assurant une
meilleure conservation. Des pommes ou poires sont
difformes car elles n’ont pas reçu assez de pollens,
par exemple. Sans abeilles, on pourrait en quelque
sorte rayer de notre alimentation pratiquement tous
les fruits et légumes. »
« On paye des apiculteurs pour qu’ils amènent les
ruches dans nos vergers lors des floraisons, confie
François Laffitte, producteur de kiwis dans les Landes et président du Gefel (Association de gouvernance économique des fruits et légumes). Nous mettons six à huit ruches par hectare dans les plantations
de pommes, prunes, pêches ou kiwis, suivant un prix
compris entre 40 et 80 euros la ruche pour la période
d’implantation. Dans les serres de tomates, on implante des ruches de bourdons. » Outre-Atlantique,
En France, le taux de mortalité
de ce pollinisateur atteint les 30 % par an.
Une reine ne vit plus que deux ans,
contre quatre à cinq ans auparavant
et les mâles rencontrent
des problèmes de fécondation.
KYSLYNSKYY/STOCK.ADOBE.COM
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
Pollinisation manuelle
chaque année, à l’occasion de la floraison des amandiers, 1,6 million de ruches convergent vers la Californie pour participer à la pollinisation de ces fruits
qui représentent de l’or pour l’économie de cet État.
Il est le premier producteur au monde d’amandes.
En Chine, l’homme doit polliniser les cerisiers en
fleurs à la main, avec des résultats moins bons que
ceux de l’abeille, comme des fruits difformes.
Mais ce phénomène toucherait aussi la production laitière et de viande. L’alimentation des ovins,
bovins et caprins dépend aussi des plantes pollinisées telles les graminées. Une étude publiée par
l’ONU en 2016 et sa plateforme intergouvernementale sur la biodiversité (IPBES) montre en effet
que 75 % des plantes cultivées sur le globe dépendent de l’action des pollinisateurs, soit 35 % du volume de la production agricole mondiale. Sans
oublier les conséquences économiques de la pollinisation, dont le service à la société a été évalué par
l’IPBES entre 235 et 577 milliards de dollars (201 et
493 milliards d’euros).
Dans l’Hexagone, la production de miel a été divisée par plus de trois en moins d’un quart de siècle.
Avec moins de 10 000 tonnes de miel produites l’an
dernier, 2017 a été l’une des pires années de l’histoire du miel en France. Elle atteignait 32 000 tonnes
en 1995. Autre chiffre inquiétant : un apiculteur
produisait 50 à 60 kilos de miel avec une ruche
quand maintenant il en récolte seulement 10 kilos.
Conséquence : on manque de miel, qui plus est de
qualité. La France ne produit qu’entre le quart et le
tiers de sa consommation (plus de 40 000 tonnes
par an). Elle est obligée d’importer le reste d’autres
pays européens ou même d’Amérique du Sud et de
Chine. « Mais le consommateur ne se rend pas toujours compte qu’il achète du sucre et des miels trafiqués. Le miel est le produit agricole le plus contrefait
au monde après le vin et l’huile d’olive », constate
Vincent Michaud, producteur de miel, leader européen du secteur.
Pour stopper la disparition des apiculteurs et de
leurs abeilles, des sociétés commercialisent des
miels « éthiques », comme la Seraf (Société d’élevage et de repeuplement des abeilles de France) d’Arnaud Montebourg. Cette dernière achète à ses producteurs le miel 10 % à 20 % plus cher que les prix du
marché pour leur permettre de vivre de leur métier
et à condition qu’ils repeuplent leurs élevages.
Mais il faut aussi s’attaquer aux racines du mal :
les pesticides et les prédateurs. On en dénombre
deux virulents. Tout d’abord le varroa, un acarien
d’origine asiatique, découvert en France en 1982,
qui vit sur le dos de l’abeille. Il y a aussi le frelon
asiatique, beaucoup plus dangereux pour la survie
de l’abeille. Il serait arrivé en Aquitaine dès 2004
dans des conteneurs de poteries fabriquées en Chine
à destination de l’horticulture et du jardinage du
Lot-et-Garonne. Une étude de l’Inra de Bordeaux a
montré que 300 frelons inspectaient chaque jour
jusqu’à dix ruches, chaque individu prélevant jusqu’à quatre abeilles quotidiennement pour nourrir
ses larves. On peut extrapoler à l’échelle du pays les
dégâts occasionnés par ce prédateur dans les élevages apicoles. « Nous sommes un peu démunis. Il existe
des molécules ou des huiles essentielles pour détruire le
varroa. En revanche, on ne sait pas encore maîtriser le
frelon asiatique », regrette Thierry Dufresne, président fondateur de l’OFA (Observatoire français
d’apidologie), situé dans le Var. Éric Darrouzet, enseignant à l’Institut mixte de recherche sur la biologie de l’insecte à l’université de Tours, en partenariat avec le CNRS, va mettre au point un piège
sélectif contre le frelon asiatique. Par ailleurs, il dénonce l’effet dévastateur des pesticides. « On a perdu 75 % d’insectes en moins de cinquante ans. Si l’on
continue à faire des bêtises environnementales, en utilisant les traitements phytosanitaires à outrance, il y
aura des conséquences sur d’autres espèces », prévient-il. « Les insecticides sont beaucoup moins précis que ne le disent leurs fabricants. Ils affaiblissent
tous les insectes sans distinction, avertit Frank Aletru. Les perturbateurs endocriniens empêchent, par
exemple, le retour des abeilles à la ruche. Les chimistes
n’ont pas regardé objectivement le réel impact de ces
produits pulvérisés. Pire, on n’arrive pas à les réduire.
Leur utilisation a augmenté de 16 % en 2017 par rapport à 2016. »
Le paysan est aussi à l’origine de cette moindre
biodiversité. Il y a de moins de moins de haies,
compte tenu de la mécanisation de l’agriculture et
de l’exigence de rendement. « Il faut replanter des
arbres et arbustes destinés à nourrir les abeilles, comme des aubépines, prunelliers, épines noires, ou tous
les fruitiers sauvages qui leur assurent ressources en
énergie et pollen », précise Éric Darrouzet.
Enfin pour attirer de nouveaux talents d’apiculteurs, des formations spécialisées fleurissent partout en France. Trois nouvelles vont voir le jour en
2019. La première est celle pilotée par Arnaud
Montebourg à Dijon avec l’ouverture de l’HEA.
Elle ouvrira en janvier prochain. Éric Darrouzet
en concocte une, universitaire cette fois, pour la
rentrée prochaine à Tours. Enfin toujours pour la
même échéance, l’OFA de Thierry Dufresne a un
projet à Aubagne, en partenariat avec l’école Bastide, pour former à ce métier. « L’enjeu, ce n’est
plus l’époque des rivalités, c’est l’époque de l’union
sacrée pour empêcher la mort des abeilles », assure
Thierry Dufresne. Du 25 au 28 octobre aura lieu à
Rouen le premier Congrès international de l’apiculture et de l’apithérapie, organisé en présence
de nombreux scientifiques et professionnels apicoles dont l’OFA. ■
L’enjeu, ce n’est plus l’époque
des rivalités, c’est l’époque
de l’union sacrée pour empêcher
la mort des abeilles
»
THIERRY DUFRESNE, PRÉSIDENT FONDATEUR DE L’OBSERVATOIRE FRANÇAIS D’APIDOLOGIE
A
Éric de la Chesnais
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
16
CHAMPS LIBRES
DÉBATS
GRAND
ENTRETIEN
Chacun des ouvrages
de Christophe Guilluy
est un événement.
Géographe, il a été
révélé au grand public
par Fractures françaises
(2010). Ses livres
suivants – La France
périphérique (2014),
Le Crépuscule
de la France d’en haut
(2016) – ont rencontré
un grand succès.
Christophe Guilluy
a renouvelé les analyses
sur la géographie
sociale de notre pays.
Il a réfuté plusieurs
idées fausses sur
la banlieue. Dans
son nouvel essai,
No Society. La fin
de la classe moyenne
occidentale
(Flammarion),
en librairie mercredi,
l’auteur élargit
sa réflexion
à l’ensemble
des sociétés d’Europe
et d’Amérique du Nord.
Pour le géographe,
les milieux populaires
de tous les pays
occidentaux
connaissent une
inquiétude d’ordre
à la fois social
et identitaire.
Guilluy : « Les catégories populaires sont
fragilisées dans tous les pays occidentaux »
PROPOS RECUEILLIS PAR
GUILLAUME PERRAULT £@GuilPerrault
LE FIGARO. – Vos travaux sur la France
périphérique, ces dernières années,
ont suscité un vif intérêt. Pourriez-vous
résumer votre thèse de départ ?
Christophe GUILLUY. – J’étudie depuis
vingt ans les classes populaires, les catégories modestes, qui, je le crois, nous indiquent le mouvement réel des sociétés.
C’est en examinant ces catégories que je
suis arrivé à la France périphérique, pas
l’inverse. On peut définir les catégories
populaires par les catégories sociales
mais aussi par le revenu médian. En 2015,
50 % des salariés gagnaient moins de
1 650 euros net par mois. Il s’agit, en
grande majorité, d’ouvriers et d’employés. La baisse de la proportion
d’ouvriers a coïncidé avec une augmentation de la proportion d’employés. Les
catégories populaires – qui comprennent
aussi les petits agriculteurs, ainsi que les
jeunes et les retraités issus de ces catégories – n’ont donc nullement disparu.
Leur part dans la population française est
restée à peu près stable depuis un demisiècle. La nouveauté, c’est uniquement
que « le peuple » est désormais moins visible, car il vit loin des grands centres urbains. Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont les
métropoles ont besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes nécessitent
beaucoup
moins
d’employés
et
d’ouvriers. Face à la flambée des prix
dans le parc privé, les catégories populaires cherchent des logements en dehors
des grandes agglomérations. Le problème crucial politique et social de la France, c’est donc que la majeure partie des
catégories populaires ne vit plus là où se
crée la richesse. Nulle volonté de « chasser les pauvres », pas de complot, simplement la loi du marché. Le projet économique de la France, tourné vers la
mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. C’est
une situation sans précédent depuis la
révolution industrielle.
A
DESSIN CLAIREFOND
Dans ce nouvel ouvrage, vous appliquez
la même grille d’analyse aux États-Unis,
à la Grande-Bretagne, voire à la Suède,
l’Allemagne ou l’Italie. Pourquoi
ces comparaisons ?
Dans tous les pays développés, on vérifie
le phénomène déjà constaté en France : la
majorité des catégories populaires vit
désormais à l’écart des territoires les plus
dynamiques, ceux qui créent de l’emploi.
Ces évolutions dessinent les contours
d’une Amérique périphérique et d’une
gement de statut de ces catégories populaires. Les ouvriers, les employés, les
« petites gens » sont désormais perçus en
grande partie comme les perdants de la
mondialisation. Quel nouveau venu dans
un pays peut avoir envie de ressembler à
des « autochtones » qui ne sont pas en
phase d’ascension sociale et que, de surcroît, leurs propres élites méprisent en
raison de l’attachement des intéressés à
certaines valeurs traditionnelles ? Souvenons-nous de la phrase de Hillary
Clinton présentant les
électeurs de Donald
Quel nouveau venu peut avoir envie Trump comme des « déplorables » pendant la
de ressembler à des « autochtones » campagne présidentielle
de 2016 aux États-Unis.
que leurs propres élites méprisent en
raison de l’attachement des intéressés C’est pourquoi, alors que
la France, les États-Unis,
à certaines valeurs traditionnelles ?
la Grande-Bretagne ou la
Scandinavie se sont
construits sur des modèles culturels très
dent à être protégés d’un modèle éconodifférents, tous ces pays connaissent la
mique et sociétal qui les fragilise. Dans
même dynamique populiste, la même
des sociétés multiculturelles, l’assimilacrise sociale et identitaire et le même
tion ne fonctionne plus. L’autre ne dequestionnement sur la pertinence de
vient plus soi, ce qui suscite de l’inquiéleurs modèles d’intégration.
tude. Le nombre de l’autre importe.
Personne n’a envie de devenir minoritaire dans les catégories populaires. En
Précisément, vous soutenez que
Pas de mouvement de masse sans alliance
France, l’immobilier social, dernier parc
nous assistons à « la disparition
de classes, écrivez-vous. En quoi
accessible aux catégories populaires de
de la classe moyenne occidentale ».
cette alliance de classes est-elle devenue
des métropoles, s’est spécialisé dans
N’est-ce pas exagérément
très difficile dans les démocraties
l’accueil des populations immigrées. Les
apocalyptique ?
occidentales ? Trump et Macron
catégories populaires d’origine euroMême si les contextes nationaux diffèreprésentent-ils deux expériences
péenne et qui sont éligibles au parc social
rent, les évolutions sociales et culturelles
opposées pour renouveler cette alliance
s’efforcent d’éviter les quartiers où les
communes aux classes populaires des
du haut et du bas ?
HLM sont nombreux. Elles préfèrent
C’est effectivement le sujet central du lipays occidentaux remettent en question
consentir des sacrifices pour déménager
l’idée d’une classe moyenne majoritaire
vre : la rupture entre le haut et le bas qui
en grande banlieue, dans les petites villes
nous conduit à un modèle qui ne fait plus
et intégrée. Pendant les Trente Glorieuou les zones rurales afin d’accéder à la
ses, la classe moyenne a représenté le
société. La disparition de la classe
propriété et d’acquérir un pavillon. Dans
moyenne n’en est qu’une conséquence.
groupe social majoritaire – les fameux
chacun des grands pays industrialisés,
« deux Français sur trois » qu’évoquait
Le monde d’en haut refuse d’écouter celes catégories populaires « autochtones »
lui d’en bas qui le lui rend bien notamGiscard pendant son septennat.
éprouvent une insécurité
ment en grossissant les camps de l’absculturelle. En Grandetention ou du vote populiste. Cette
Aux États-Unis comme
Bretagne, en 2013, le serupture du lien, y compris conflictuel,
crétaire
d’État
chargé
des
entre le haut et le bas, porte en germe
en Angleterre, en Allemagne,
Universités et de la
l’abandon du bien commun et nous fait
en Italie ou en France, la majeure partie Science de l’époque, Da- basculer dans l’a-société. Trump vient
des catégories populaires ne vit plus
vid Willetts (conservade l’élite américaine, c’est un des points
teur), se déclara favoracommuns qu’il partage avec Macron.
là où se crée la richesse
ble à une politique de
Tous les deux se sont affranchis de leur
discrimination positive en faveur des
propre camp pour se faire élire : Macron
Ouvriers, employés, paysans ou cadres
jeunes hommes blancs de la « working
de la gauche, Trump du camp républifaisaient partie de cette classe moyenne.
class » car leur taux d’accès à l’université
cain. Ils ont enterré le vieux clivage gauIntégrées économiquement, pour beaus’était effondré et était désormais inféche-droite. Les deux ont compris que
coup dans une phase d’ascension sociale,
rieur à celui des enfants d’immigrés.
nous étions entrés dans le temps de la
et aussi référentes culturellement, la madisparition de la classe moyenne occijorité de ces catégories sociales se recondentale. L’un et l’autre ont saisi que,
naissaient, alors, dans ce concept de
Peut-on vraiment démontrer sans tordre
pour la première fois dans l’histoire, les
classe moyenne et dans les partis de
les faits que votre modèle s’applique
classes populaires, celles qui constidroite et de gauche qui la représentaient.
à toutes les nations occidentales ?
tuaient hier le socle de la classe moyenPuis le modèle économique mondialisé a
N’y a-t-il pas des nuances entre le vote
ne, vivent désormais sur les territoires
changé la donne. Une fraction de plus en
Trump dans l’État de New York, le vote
qui créent le moins d’emplois : dans
plus importante des catégories modestes,
en faveur du Brexit dans le nord
l’Amérique périphérique et dans la Franqui constituaient le socle de la classe
de l’Angleterre, la force du FPÖ dans
ce périphérique. Mais la comparaison
moyenne majoritaire, sont aujourd’hui
la région de Vienne ou l’implantation
s’arrête là. Si Trump a été élu par l’Améfragilisées. Le processus a commencé par
du parti de Geert Wilders autour
rique périphérique, Macron a au contrailes ouvriers, puis a affecté employés et
de Rotterdam ?
re construit sa dynamique électorale à
agriculteurs. La fragilisation se diffuse en
Ces nuances existent, nous avons même
partir des métropoles mondialisées. Si le
touchant de nouvelles catégories, les
eu en France un vote macroniste dans les
président français est conscient de la frajeunes diplômés, demain les retraités.
zones rurales ! Mais en moyenne, ce sont
gilisation sociale de la France périphériNous sommes entrés progressivement
bien les territoires populaires les plus
que, il pense que la solution passe par une
dans le temps de la sortie de la classe
éloignés des grandes métropoles qui poraccélération de l’adaptation de l’économoyenne. L’idée d’une classe moyenne
tent la dynamique populiste. La Rust Belt
mie française aux normes de l’économie
majoritaire et intégrée, qui vérifierait la
et les régions désindustrialisées de Granmondialisée. À l’opposé, le président
pertinence de notre modèle économique
de-Bretagne pèsent respectivement plus
américain fait le constat des limites d’un
mondialisé, ne correspond plus à la réalidans le vote Trump ou dans le Brexit que
modèle qu’il convient de réguler (proté. C’est si vrai qu’aujourd’hui ceux
New York ou le Grand Londres. Dans les
tectionnisme, remise en cause des traités
qu’on désigne sous le terme de classe
zones périurbaines de Rotterdam, ce sont
de libre-échange, volonté de réguler
moyenne appartiennent souvent aux
bien aussi les catégories modestes (qui ne
l’immigration, politique de grands tracatégories supérieures.
se confondent pas avec les pauvres) qui
vaux) afin de créer de l’emploi sur ces
voient leur statut de référent culturel reterritoires de la désindustrialisation
mis en question par la dynamique migraaméricaine. Il existe un autre point de ditoire et qui votent pour Geert Wilders.
vergence fondamental, c’est le refus chez
Ainsi, si la situation de l’ouvrier allemand
Trump d’un argumentaire moral qui sert
n’est pas celle du paysan français, de
depuis des décennies à disqualifier les
l’employé néerlandais ou d’un petit traclasses populaires.
vailleur indépendant italien, il existe un
point commun : tous, quel que soit leur
niveau de vie, font le constat d’être fragiVotre livre n’est-il pas exagérément
lisés par un modèle économique qui les a
sombre ?
relégués socialement et culturellement.
C’est la réalité qui est sombre, pas ce livre. Pour éviter la catastrophe, et si elles
L’ouvrier français a longtemps été un
ne veulent pas être balayées dans les urnes, les classes dirigeantes n’ont pas
modèle à imiter pour les immigrés
d’autre choix que celui de rejoindre le
désireux de s’assimiler dans notre pays,
mouvement réel de la société, celui de la
avant d’être déprécié dans les années
majorité, des plus modestes. ■
1970, observez-vous. Ce changement
catastrophique se constate-t-il dans
d’autres pays occidentaux ?
On ne s’intègre pas à un modèle ou à un
système de valeur mais à une population
à qui on désire ressembler. On se marie,
on tisse des liens d’amitié, de voisinage
avec des gens qui sont proches. Or cette
■ No Society
intégration ne se réalise pas dans n’imLa fin de la classe
porte quelle catégorie sociale, mais
moyenne occidentale
d’abord dans des milieux populaires. Et
FLAMMARION, 242 P., 18 €,
EN LIBRAIRIE LE 3 OCTOBRE.
ce qui a changé depuis les années 1970 et
surtout 1980, c’est précisément le chanAngleterre périphérique tout autant que
d’une France périphérique. De la Rust
Belt américaine au Yorkshire britannique, des bassins industriels de l’est de
l’Allemagne au Mezzogiorno italien, villes petites et moyennes, régions désindustrialisées et espaces ruraux décrochent. Ce constat n’efface pas les
contextes nationaux (l’économie allemande n’est en rien comparable avec
l’économie française) mais permet de
conclure à l’émergence d’un monde des
périphéries, celle des catégories modestes. Si le modèle mondialisé n’annule pas
les spécificités nationales – les niveaux
de vie et de protection sociale, les
contextes économiques ne sont jamais
identiques – il porte aussi des dynamiques communes : polarisation de l’emploi, renforcement des inégalités sociales
et territoriales, fragilisation des plus modestes, fatigue de l’État-providence et
crise identitaire. Dans tous ces pays, ce
sont en priorité ces catégories populaires, qui formaient hier le socle de la classe moyenne occidentale, qui sont les
premières concernées par la crise qui
traverse le monde occidental.
«
»
L’essor du vote populiste observé
dans la plupart des pays occidentaux
s’explique aussi, estimez-vous, par
des facteurs identitaires. Lesquels ?
La dimension sociale et économique du
vote populiste se complète par une dynamique culturelle. Les catégories les plus
fragiles socialement (celles qui ne peuvent mettre en œuvre des stratégies
d’évitements résidentiels et scolaires)
sont aujourd’hui les plus sensibles à la
question migratoire. Les mêmes deman-
«
»
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LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
CHAMPS LIBRES
OPINIONS
Mathieu Bock-Côté
Racisme anti-Blancs : le déni
L
e rappeur Nick Conrad
était à peu près inconnu
il y a quelques jours, jusqu’à ce
qu’on découvre son clip PLB,
où il en appelle à « pendre
les Blancs ». La formule,
d’une violence extrême, a provoqué sans
surprise une vive polémique, qui s’inscrit
dans la longue liste des provocations
antifrançaises caractérisant l’histoire
d’un certain rap. On se souvient
de Monsieur R qui, en 2005, disait « baiser
la France », voulait la traiter comme
« une salope » en plus de « pisser sur
Napoléon et le général de Gaulle », de Rohff
dans Dirty Hous qui disait : « J’baise l’État
depuis tout petit, j’ai pas encore craché »
ou de Médine, plus récemment, qui
s’enthousiasmait à l’idée de crucifier les
@
100 000 citations
et proverbes sur evene.fr
« laïcards comme à Golgotha ». On
pourrait en évoquer bien d’autres.
Mais on passe ici du racisme pur
et simple à l’appel au meurtre, ce qui
pourrait suffire pour clore un procès
qui n’est pas celui d’un genre musical
mais d’une aversion pour la France qui
vire à la haine raciale. L’abjection est
totale lorsque est célébré l’assassinat des
« bébés blancs ». Il y a là manifestement
une quête de transgression qui doit aller
jusqu’au bout d’elle-même et qui pourrait
quitter un jour le simple domaine de la
représentation « artistique ». On ne se
vautre pas dans la tentation du mal radical
sans réveiller la part la plus sombre
du cœur humain. La civilisation construit
des digues contre elle, mais certains font
tout ce qu’ils peuvent pour les faire céder.
ENTRE GUILLEMETS
29 septembre 1571 : naissance à Milan du peintre le Caravage.
Stendhal
ADOC-PHOTOS/AI
Le Caravage, poussé
par son caractère
querelleur
et sombre, s’adonna
à représenter les objets
avec très peu de lumière»
ANALYSE
Jean-Pierre Robin
jprobin@lefigaro.fr
Trump a-t-il pour objectif
d’affaiblir l’économie mondiale ?
É
tats-Unis contre le reste
du monde : le match qui
se joue depuis l’élection
de Donald Trump est inédit,
ce qui contribue à
en accroître l’incertitude.
Le slogan du président américain
« America first », l’Amérique d’abord,
paraît certes banal et légitime à la fois :
quel chef d’État ne dirait pas à ses
concitoyens que leur pays est sa priorité ?
Mais les choses se compliquent
singulièrement compte tenu des
responsabilités très spéciales, politiques
et économiques, de fait et de droit,
que les États-Unis exercent. Voici deux
exemples parmi une bonne douzaine
de ces « privilèges exorbitants »
de l’Amérique : l’hégémonie du dollar et
le rôle dominant que ses multinationales
jouent dans les échanges mondiaux.
Il faudrait y ajouter l’extraterritorialité
du droit dont l’embargo sur l’Iran
est la dernière illustration.
Depuis la fin de la Seconde Guerre
mondiale, le billet vert n’a cessé d’être
la clé de voûte du système monétaire
international. Il l’était de façon
institutionnelle lorsque les accords de
Bretton Woods de 1944 lui ont accordé,
à lui seul, la convertibilité en or. Il l’est
resté après que le président Nixon eut
dénoncé unilatéralement, le 15 août 1971,
cette convertibilité devenue insoutenable
avec les déficits budgétaires liés à la
guerre du Vietnam. Or depuis que les
monnaies flottent librement sans aucune
référence au métal jaune, le dollar
constitue le véritable ancrage pour les
autres, du fait de la puissance écrasante
de Wall Street et de ses banques.
En même temps Washington – le Trésor
américain et la Fed, la banque centrale qui
siègent à quelques encablures de la Maison-
Dassault Médias
14, boulevard Haussmann
75009 Paris
Président-directeur général
Charles Edelstenne
Administrateurs
Olivier Dassault, Thierry
Dassault, Jean-Pierre
Bechter, Olivier Costa
de Beauregard, Benoît
Habert, Bernard Monassier,
Rudi Roussillon
Mais cela n’a pas suffi à ébranler
la certitude de ceux qui ont décidé
une fois pour toutes que le racisme était
à sens unique et que les Blancs en étaient
toujours coupables, et jamais victimes :
c’est même un élément central
du dogme multiculturaliste.
À la télévision comme à la radio,
les militants communautaristes, déguisés
ou non en universitaires, expliquent
inlassablement que le racisme est
un système d’exploitation lié
à l’expansion européenne et qu’on ne
saurait l’en dissocier. En gros, le racisme
anti-Blancs serait une impossibilité
logique à démonter. On comprend le
message : le mâle blanc disposerait ainsi
du triste monopole du mal structurel
dans l’histoire. Les médias accordent
à cette thèse tordue un écho indéniable,
comme s’ils souhaitaient la normaliser.
Dans cet esprit, la haine raciale contre
les Blancs, même si elle est condamnable,
ne serait plus qu’un réflexe de survie,
ou encore, pour ceux qui ont le plus
de culot dans le déni, une manière
d’appeler à l’aide contre une civilisation
injuste envers ses minorités. C’est
d’ailleurs la ligne de défense adoptée
par Nick Conrad, qui a présenté
sa chanson comme une entreprise
pour réveiller les consciences devant
le malheur historique du « peuple noir ».
La racialisation des appartenances
entretenue par une sociologie simpliste
venue des États-Unis est désormais
banalisée au nom de l’insurrection
des banlieues. La France n’est plus
une nation mais un territoire qu’on
veut pousser vers la guerre des races.
Puisqu’un tel clip est indéfendable et
qu’il y a des limites à prendre n’importe
quoi pour de l’art, le parti diversitaire et
les spécialistes du déni à son service ont
misé sur une autre ligne de défense :
SOCIÉTÉ DU FIGARO SAS Directeur des rédactions
14, boulevard Haussmann Alexis Brézet
75009 Paris
Directeurs adjoints de la rédaction
Président
Gaëtan de Capèle (Économie),
Charles Edelstenne
Laurence de Charette (directeur
de la rédaction du Figaro.fr),
Directeur général,
Anne-Sophie von Claer
directeur de la publication (Style, Art de vivre, So Figaro),
Marc Feuillée
Anne Huet-Wuillème (Édition,
Photo, Révision),
Blanche – n’a jamais voulu reconnaître
les charges inhérentes à son rôle de chef.
« Le dollar est notre monnaie, mais c’est
votre problème » : la formule cynique de
John Connally, secrétaire au Trésor dans les
années 1970 (il s’adressait aux Européens)
demeure plus que jamais d’actualité.
En ce début d’automne où la Turquie,
l’Argentine, le Brésil mordent la poussière,
la Fed prendra-t-elle en considération
les pays émergents endettés massivement
en dollars ? On peut en douter à voir
les récentes hausses des taux américains.
En matière commerciale la place
des entreprises yankees est tout aussi
névralgique. La devise d’Apple,
inscrite sur chaque iPod et chaque iPad,
200 milliards d’importations de « made in
China ». Donald Trump fait le pari que les
effets en seront ressentis plus durement
par les ouvriers de Shenzhen que par les
acheteurs de l’Ohio (qui devront payer
plus cher leurs smartphones tout
comme les prix de leurs machines
à laver ont déjà augmenté de 20 %).
Il y a une part d’habileté et une
ambition à moyen terme qui méritent
considération. L’Administration Trump
continue de négocier avec Xi Jinping,
et elle anticipe que plus la conjoncture
économique chinoise s’affaiblira et plus
Pékin acceptera de faire des concessions.
Par ailleurs le président « Twitter »
semble avoir enfin compris qu’il valait
mieux concentrer sa
puissance de feu sur
Trump considère que la vie
les Chinois et mettre
économique, loin de reposer
la pédale douce avec
sur des gains mutuels – gagnantle Mexique, le Canada
et l’Europe.
gagnant –, est un jeu à somme nulle
Malgré tout,
les partenaires
de l’Amérique sont tous déstabilisés.
le proclame sans fausse modestie :
L’Europe par l’embargo envers l’Iran,
« Designed by Apple in California,
les pays émergents par le ralentissement
assembled in China ». Conçu
de la Chine dont ils sont dépendants
en Californie et fabriqué en Chine, qui
pour leurs ventes de matières premières.
se trouve ravalée au rang d’exécutant.
Seule l’économie américaine est
Mais la lame est à double tranchant et
épargnée, dopée par les baisses d’impôts,
il était dans l’ordre des choses que les
la relance des travaux d’infrastructure
chefs d’entreprise de la Silicon Valley
et le rapatriement des capitaux
se rendent l’autre semaine en cortège
de ses multinationales.
à la Maison-Blanche pour exprimer leurs
inquiétudes. Les patriciens romains
Plus fondamentalement, Trump
savaient que s’ils voulaient dormir
considère que la vie économique, loin de
tranquilles il leur fallait bien traiter
reposer sur des gains mutuels – gagnantleurs esclaves. Une entreprise
gagnant – est un jeu à somme nulle.
donneuse d’ordres se doit de respecter
Son autre slogan fétiche, « Make America
ses sous-traitants, fussent-ils Chinois.
great again », implique que la grandeur de
l’Amérique se fera en abaissant les autres.
La requête des patrons a été vaine
Étrange doctrine qui revient à démolir le
puisque de nouveaux tarifs douaniers
credo classique de l’économie de marché.
ont finalement été décrétés, portant sur
«
Arnaud de La Grange
(International),
Étienne de Montety
(Figaro Littéraire),
Bertrand de Saint-Vincent
(Culture, Figaroscope, Télévision),
Yves Thréard (Enquêtes,
Opérations spéciales, Sports,
Sciences),
Vincent Trémolet de Villers
(Politique, Société, Débats Opinions)
Nick Conrad serait un rappeur inconnu
et il aurait eu vocation à le rester.
Comme d’habitude, c’est la supposée
« fachosphère » qui est accusée d’avoir
sorti des marges une chanson qui aurait
dû y demeurer pour monter de toutes
pièces une controverse excitant
ses obsessions idéologiques. Derrière
la colère contre PLB, il n’y aurait rien
d’autre qu’une xénophobie mal cachée,
fouillant dans l’actualité pour trouver
des faits divers l’alimentant. Nick Conrad
ne serait qu’un pion dans la stratégie
machiavélique de « l’extrême droite ».
C’est moins ce clip qui devrait inquiéter
que la réaction qu’il suscite. C’est
le même argument qui est utilisé après
chaque attentat islamiste : une fois
l’attentat condamné de manière plus
ou moins rituelle, on s’inquiète surtout
de la réaction qu’il pourrait susciter
dans la population.
Il faudrait dire clairement ce qu’on
se contente généralement de chuchoter :
il y a dans une certaine jeunesse issue
de l’immigration une haine de la France
qui s’inscrit dans une mouvance plus
générale de partition du territoire, où se
multiplient les zones se dérobant à la fois
à la souveraineté nationale et à l’identité
française. Et ceux qui en appellent
à la reconquête des territoires perdus
de la France sont accusés de vouloir
soumettre les banlieues
au communautarisme majoritaire.
Traditionnellement, le colonialisme
consistait à vouloir imposer sa culture
chez les autres. Dans la logique
indigéniste et postcoloniale, cela consiste
désormais à vouloir imposer sa propre
culture chez soi. Le sens des mots est
inversé. Dans cet esprit, la décolonisation
n’arrivera à son terme que lorsque
les Français seront considérés comme
une communauté étrangère chez eux.
VOX
…POLITIQUE
« Macron parle beaucoup
mais convainc peu »,
l’analyse d’Arnaud
Benedetti
…SOCIÉTÉ
« Les personnes
handicapées ne sont
pas prises en compte
politiquement », entretien
avec Clotilde Aubet,
auteur d’« Intermittente
du fauteuil »
»
Directeur artistique
Pierre Bayle
Rédacteur en chef
Frédéric Picard
(Édition Web)
Directeur délégué
du pôle news
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Éditeurs
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A
CHRONIQUE
17
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 057 - Cahier N° 2 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
> FOCUS
lefigaro.fr/economie
SOCIAL
GRAND TÉMOIN
ÉDOUARD PHILIPPE FAVORABLE
À UNE DÉGRESSIVITÉ DES
ALLOCATIONS CHÔMAGE PAGE 22
LUC CHATEL DÉFEND
LA CAPACITÉ D’INNOVATION DE
LA FILIÈRE AUTOMOBILE PAGE 24
Les marchés financiers
sanctionnent l’Italie
Le budget prévoit un déficit de 2,4 %, très supérieur aux attentes. Bruxelles
est mécontente. La Bourse de Milan recule de 3,7 %. Les taux d’intérêt grimpent.
On savait que le budget italien serait âprement débattu. Ce fut le
cas. La coalition populiste a décidé
d’un déficit pour l’année 2019 de
2,4 %, alors que le ministre des Finances, l’économiste Tria, précisément nommé en juin pour rassurer
Bruxelles et les marchés, plaidait
pour ne pas dépasser 1,9 %. Surtout, le précédent gouvernement
italien s’était engagé sur un déficit
à 0,8 %. Certes, le seuil de 3 % fixé
par le pacte de stabilité européen
n’est pas franchi. Mais ce qui pose
problème, c’est la dette colossale
de l’Italie, qui dépasse 131 % du PIB
et devrait encore déraper. Alors
que les marchés s’inquiétaient
vendredi du cas italien, l’Insee publiait le chiffre de la dette de la
France au deuxième trimestre
2018. Celle-ci a atteint 99 % du PIB.
La dette, un poison qui compromet
l’avenir des pays qui en abusent.
è IL EST DEVENU PLUS RISQUÉ
DE PRÊTER À ROME QU’À LISBONNE
è LA MISE EN GARDE DE MOSCOVICI
AU GOUVERNEMENT ITALIEN
è LA DETTE FRANÇAISE FRÔLE
LES 100 % è MÉNAGES ET ENTREPRISES
FRANÇAIS AFFICHENT ÉGALEMENT
DES RECORDS D’ENDETTEMENT
PAGES 20 ET 21
Pour sanctionner
sa communication
financière erratique,
les autorités
boursières veulent
contraindre Elon
Musk à quitter
son poste de PDG
de Tesla. Le dirigeant
n’en resterait pas
moins présent
dans une entreprise
dont il est le premier
actionnaire. PAGE 23
Elon Musk devant une Tesla Roadster, en novembre 2017.
Peugeot s’élance
dans la bataille
du scooter électrique
PAGE 23
LA SÉANCE
DU JEUDI 27 SEPTEMBRE 2018
CAC 40
5540,41 +0,50%
DOW JONES (18h)
26535,84 +0,57%
ONCE D’OR
1185,40 (1194,25)
PÉTROLE (lond)
81,720 (81,550)
EUROSTOXX 50
3449,15 +0,47%
FOOTSIE
7545,44 +0,45%
NASDAQ (18h)
7648,61 +1,13%
NIKKEI
23796,74 -0,99%
En Provence, le réseau électrique
réveille la voie romaine
es chantiers archéologiques
ne sont pas forcément les
ennemis des projets industriels.
Il arrive même que les
entreprises préservent les traces
du passé. C’est le cas à Graveson
(Bouches-du-Rhône), où la rénovation
de l’alimentation électrique de la Camargue,
après avoir mis au jour une ancienne voie
romaine, a entraîné le déplacement
du poste électrique de Montagnette.
Vendredi, Réseau de transport d’électricité
(RTE), l’Institut national de recherches
archéologiques préventives (Inrap)
et les autorités locales ont inauguré
à la fois le
nouveau poste
ainsi que la mise
en valeur de la via
Agrippa - du nom
du gendre et ami
de César Auguste,
promu
gouverneur
de la Gaule.
En marge
de la proximité
géographique,
L
y a-t-il un parallèle entre cet équipement
ultramoderne de la filiale d’EDF et une voie
antique construite à partir du Ier siècle avant
notre ère ? Les deux sont des routes :
l’une est une route de l’électricité qui
connecte Montagnette aux deux postes
existants d’Arles et de Tarascon, moyennant
65 kilomètres de lignes souterraines et
28 millions d’euros d’investissements ; l’autre
est une route impériale qui reliait alors Lyon
à Arles. L’Empire romain, à son apogée,
s’étendait de l’Écosse actuelle à l’Irak et
s’appuyait sur quelque 150 000 kilomètres
de réseau routier. RTE gère aujourd’hui
plus de 100 000 kilomètres de lignes haute
et très haute
tension. Bref,
des ordres
de grandeur assez
proches et la
même volonté,
à plus de deux mille
ans d’intervalle,
de sécuriser tout
un périmètre
d’activités. ■
FRÉDÉRIC
DE MONICAULT
PREMIÈRE ENTREPRISE PHARMACEUTIQUE
EN FRANCE, SANOFI ACCOMPAGNE DES
MILLIONS DE PERSONNES AU QUOTIDIEN
DANS LEUR PARCOURS DE SANTÉ.
Donner toute sa force à la vie.
A
DEUX-ROUES
L'HISTOIRE
VALÉRIE COLLET
Direction Communication France 7000022504-09/2018
le PLUS du
FIGARO ÉCO
C’en est fini de Veolia dans les
transports. Six ans après avoir annoncé son intention d’abandonner
cette activité, Veolia y met un terme
en cédant sa place au groupe allemand Rethmann. L’annonce de cette opération devrait être officialisée
mardi. Recentré sur l’eau et la propreté, Veolia possédait encore 30 %
du capital de l’opérateur de transports publics, Transdev, aux côtés
de la Caisse des dépôts et consignations qui détient les 70 % restants.
Le montant de cette cession au
groupe familial allemand (qui emploie 30 000 personnes) serait supérieur à 330 millions d’euros.
C’était la valorisation évoquée par
Antoine Frérot, PDG de Veolia, lors
de la présentation des résultats annuels du groupe en février. À cette
occasion, le dirigeant avait déclaré
que la participation dans Transdev
serait soldée au plus tard à la fin de
2018.
C’est l’épilogue d’une fusion ratée
entre Veolia Transports et Transdev
et qui était censée créer un géant
mondial des transports publics. Neuf
mois après la naissance de Veolia
Trandev, détenu à parité par la Caisse des dépôts et Veolia Environnement, le géant français de l’eau de la
propreté et de l’énergie avait annoncé son désengagement des
transports pour se désendetter.
Veolia a d’abord vendu 20 % de sa
participation dans Transdev à la
Caisse des dépôts, en décembre 2016, pour 220 millions d’euros.
Trois candidats étaient sur les rangs
pour acquérir les 30 % restants de
Veolia : un industriel, Rethmann, finalement retenu, mais aussi deux
fonds d’investissement, l’américain
CVC Capital et Mobivia.
Le groupe allemand Rethmann, présent dans la gestion des déchets
(Remondis), l’agroalimentaire (Saria)
et la logistique (Rhenus), avait manifesté son intérêt pour Transdev dès
2012 et notamment pour ses activités dans les transports publics en
Allemagne. Transdev, qui compte
profiter en France de l’ouverture à la
concurrence du transport ferroviaire, a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 6,6 milliards d’euros et un
bénéfice de 76 millions d’euros.
@ Geber86
UPI/ABC/ANDIA.FR, JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO, RTE
Tesla pourrait
être privé
d’Elon Musk
VEOLIA
SORT ENFIN
DE TRANSDEV
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
20
L'ÉVÉNEMENT
Les marchés torpillent le budget
dépensier des populistes italiens
La coalition Ligue-5 Étoiles veut honorer ses promesses au prix de l’alourdisse
RICHARD HEUZÉ rheuze@lefigaro.fr
ROME
La jubilation de Luigi Di Maio, saluant ses supporteurs du balcon du
Palais Chigi, jeudi soir, après
l’adoption d’un budget « de changement », a été de courte durée.
Dès l’ouverture vendredi, les
marchés ont envoyé aux enfers
les titres italiens, pour manifester leur réprobation devant
l’adoption d’un objectif de
2,4 % pour le déficit public
pour les trois prochaines
Je peux vous
années, bien plus lourd
qu’attendu. Encore le miassurer que la
nistre de l’Économie Giodette baissera
vanni Tria, qui a défendu
(grâce) à la
jusqu’au bout une limite
raisonnable de 1,9 %
croissance
de déficit avant d’être
économique
contraint à la reddiinattendue
tion, n’a-t-il pas démissionné. Le présiLUIGI DI MAIO, VICE-PREMIER
MINISTRE ITALIEN,
dent de la République
MOUVEMENT 5 ÉTOILES,
Sergio Mattarella, qui
VENDREDI 28 SEPTEMBRE
était favorable à un déficit
de 2 %, lui a enjoint de res-
»
ter à son poste « pour ne pas déclencher une tempête financière et
plonger le pays dans le chaos ». À
contrecœur, Giovanni Tria, économiste non partisan nommé précisément pour rassurer Bruxelles
et les marchés, a obtempéré, « par
patriotisme », a-t-il expliqué.
La Bourse de Milan a perdu jusqu’à 4 % dans la journée, avant de
terminer en recul de 3,72 %. Les
titres des banques italiennes ont
été particulièrement visés (lire cidessous). Dans la foulée, le
« spread » entre emprunts d’État
allemands et italiens, baromètre
de la confiance des investisseurs, a
flambé.
« Le spread ne me préoccupe pas,
a nargué Luigi Di Maio, le leader
du Mouvement 5 étoiles (M5S) et
vice-président du Conseil. Nous
allons maintenant nous expliquer
devant la Commission européenne
et les grands investisseurs privés.
Nous ne voulons pas d’affrontements avec Bruxelles », assure-til. Moins conciliant, l’autre viceprésident, le leader de la Ligue
Matteo Salvini, a répondu sèche-
ment : « Qu’importe si l’Europe recale notre budget. Nous irons de
l’avant. »
C’est un budget affichant donc
un déficit bien plus lourd que prévu que le Conseil des ministres a
adopté en une heure jeudi soir, à
l’unanimité, mais après d’interminables négociations entre ministres concernés. Dans le projet
aux contours encore flous, 27 milliards d’euros seront financés par
le déficit, ce qui alourdira l’endettement record de l’État, déjà à
131,2 % du PIB. L’an dernier, la
seule charge de la dette a coûté
l’exorbitante somme de 65 milliards d’euros au contribuable
(c’est 42 milliards en France), de
loin le premier poste de dépense
de l’État.
Promesses de campagne
Le niveau de déficit retenu, 2,4 %
de PIB, est bien supérieur au
0,8 % qui avait été programmé au
printemps dernier par le précédent gouvernement. La coalition
populiste entend bien honorer ses
promesses de campagne, fussent-
À 3,25 % dans la journée, le taux italien au plus haut depuis 4 ans
4%
elles coûteuses. Quelque 12 milliards d’euros permettront d’annuler une augmentation de la TVA
programmée depuis le précédent
gouvernement.
Parmi les réformes sociales, qui
vont coûter au total 17 à 18 milliards, le M5S va bien lancer son
revenu de citoyenneté, une dépense de 10 milliards d’euros. Les
centres pour l’emploi n’étant pas
encore prêts pour faire la sélection
des bénéficiaires, le revenu servira
dans un premier temps, dès le
mois de mars, à aligner les petites
retraites sur le niveau de base retenu : 780 euros par mois pour un
célibataire. Il faudra attendre 2020
pour en faire un revenu vraiment
universel.
Le gouvernement va abolir une
réforme antérieure des retraites,
datant de 2011, permettant à certaines personnes d’arrêter de travailler plus tôt que ce qui était prévu par cette réforme, destinée à
faire des économies.
Autre mesure phare : le tandem
Salvini-Di Maio va introduire dès
2019 une réforme fiscale, un peu
ITALIE
Taux des emprunts d’État à 10 ans, en %
3,25%
Depuis fin 2017, l’Italie
emprunte plus cher
sur les marchés
que le Portugal
PORTUGAL
3%
ITALIE
3,128 %
PORTUGAL
1,885%
2%
1,885 %
1%
ALLEMAGNE
0,498 %
0,822%
ALLEMAGNE
0%
2015
2016
2017
Source : Bloomberg
Il est devenu plus risqué de prêter à Rome qu’à Lisbonne
ANNE CHEYVIALLE
£@AnneCheyvialle
ET FABRICE NODÉ-LANGLOIS
£@Fnodelanglois
A
FRANCE
Dès l’ouverture des marchés,
vendredi, le taux des emprunts de
l’État italien à dix ans s’est envolé.
De 2,88 % la veille, il a bondi à
plus de 3,2 %, dépassant les pics
atteints au printemps pendant la
formation du gouvernement populiste pour retrouver un niveau
inégalé depuis plus de quatre ans.
Sur le marché de la dette des
États, les investisseurs ont les
yeux rivés sur un indicateur : le
« spread », c’est-à-dire l’écart
avec le taux de l’Allemagne, la
première économie de la zone
euro. Avec un rendement du Bund
allemand à dix ans affichant
0,46 % vendredi, le spread oscillait autour de 280 points, proche de son record.
Le taux d’emprunt d’une obligation traduit la prime de risque
(déterminée par le jeu de l’offre et
de la demande) pour les investisseurs qui prêtent à tel ou tel État.
C’est ainsi qu’au fil des mois il est
devenu plus risqué de prêter à
l’État italien qu’à l’État portugais.
Le Portugal, petite économie périphérique placée sous la tutelle
financière de l’UE et du FMI de
2011 à 2014, a longtemps fait partie des maillons faibles de la zone
euro. La dette portugaise était jugée plus hasardeuse que celle de
l’Italie, en dépit des faiblesses et
des soubresauts politiques qu’a
traversés la Péninsule depuis 2011.
La montée des tensions à Rome
ces derniers mois, véritable commedia del arte, a changé la donne.
Jusqu’au point de bascule, en décembre dernier, marqué par la
dissolution du Parlement italien et
l’annonce de nouvelles élections :
la courbe des taux obligataires
s’est alors inversée au profit du
Portugal. Inimaginable il y a cinq
ans. C’est lié aux résultats positifs
de l’économie portugaise. Lisbonne a intégré le camp des bons élèves tandis que l’Italie basculait
dans celui des cancres. Depuis le
début de l’année, l’obligation italienne à 10 ans subit des poussées
de fièvre au gré des tensions politiques : début mars, après la victoire aux législatives des deux forces populistes, le Mouvement
5 étoiles et la Ligue ; fin mai face
au casse-tête pour désigner un
chef du gouvernement ; début juin
après le discours d’investiture de
Giuseppe Conte, prêt à l’affronte-
ment avec Bruxelles ; ou encore
cet été autour du bras de fer budgétaire entre le ministre des Finances Tria et les deux poids
lourds du gouvernement, Luigi Di
Maio et Matteo Salvini.
Pas de contagion
dans le « Club Med »
Résultat, le « spread » entre taux
italien et portugais ne cesse de se
creuser. Pour Cyril Regnat, de
Natixis, ce décrochage signifie que
« les archés isolent le risque italien ». « Ils ne croient pas au scénario du pire. Sinon, on aurait vu une
contagion à l’Espagne et au Portugal », précise-t-il, comme en
2011-2012.
La trajectoire des deux pays
« du Club Med », comme on désigne parfois les économies fragiles
du sud de la zone euro, pourrait
aussi diverger en matière de notation financière. Les deux pays
présentent des notes assez similaires, avec un léger avantage à
l’Italie, qui est notée « BBB » par
les trois grandes agences. Le Portugal est encore en catégorie spéculative chez Moody’s (Ba1). Mais
depuis mi-2014, la note portugaise est régulièrement rehaussée
avec une perspective positive des
agences. Tandis que la note italienne, bien qu’encore en « catégorie investissement », a une
perspective négative.
Standard & Poor’s doit réviser
sa notation de l’Italie le 26 octobre
et sa concurrente Moody’s avant
la fin octobre. Les prochaines
semaines s’annoncent tendues et
volatiles pour les actifs italiens et
pour la dette italienne en particulier. ■
2018
0,498%
La mise en garde de Mosco
ANNE ROVAN £@AnneRovan
CORRESPONDANTE À BRUXELLES
Dans l’absolu, dès lors qu’il est
question des budgets nationaux, la
Commission européenne n’y voit
clair qu’après le 15 octobre, c’està-dire lorsqu’elle a effectivement reçu tous les projets de
budgets des États membres.
En s’exprimant dès vendredi matin, Pierre Moscovici a choisi de faire une
exception sur le cas italien.
Objectif : prendre les devants et mettre d’ores et déjà
en garde Rome contre les
risques que ferait courir à
son pays mais aussi à
la zone euro
Les banques italiennes attaquées en Bourse
Les banques italiennes ont été
durement attaquées à la Bourse
de Milan, vendredi. Dans la
matinée, plusieurs titres ont
même été brièvement suspendus.
Au final, UniCredit a chuté de
6,03 %, Intesa Sanpaolo de 6,76 %,
Banco BMP de 7,39 % et Monte dei
Paschi (BMPS) de 4,95 %. Ces
établissements, dont certains sont
encore fragiles, ont été pénalisés
par la hausse des taux des
emprunts d’État de la Péninsule.
« Ils détiennent beaucoup de dette
italienne en compte propre
et dans leurs portefeuilles
d’assurance-vie, explique Nicolas
Véron, économiste au Bruegel
et au Peterson Institute. En cas
de hausse plus prononcée et
prolongée des taux, ils pourraient
subir des pertes importantes
sur ces obligations. »
Ce qui compliquerait la vie de ces
banques, dont les plus petites ont
encore de nombreuses créances
douteuses (prêts qui ne seront pas
remboursés) dans leurs
portefeuilles. « Une hausse de 1 %
des taux italiens devrait réduire de
0,2 % à 0,5 % leurs ratios de fonds
propres, souligne Jérôme Legras,
directeur de la recherche
chez Axiom AI. Une poursuite
de la hausse des taux risque
à terme d’empêcher les plus
fragiles de continuer
à réduire leurs créances
douteuses. »
Les autres banques
du Vieux Continent ont été
secouées par la vague
de défiance des marchés
vendredi. Ce fut le cas, à Paris,
de BNP Paribas (- 3,23 %) et Crédit
agricole (- 4,34 %), très présentes
en Italie, ainsi que de Société
générale (- 2,81 %).
D. G.
Le budget italien
est un piège pour
tout le monde […],
cela va relancer
le discours
contre les
bureaucrates de
la Commission
PIERRE MOSCOVICI,
COMMISSAIRE EUROPÉEN
CHARGÉ DES AFFAIRES
ÉCONOMIQUES,
LE 28 SEPTEMBRE
»
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LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
L'ÉVÉNEMENT
jugé trop
La dette française frôle les 100 % de la richesse nationale
à Milan
- 0,85 %
à Paris
- 1,52 %
à Francfort
0,47 %
à Londres
bien sûr, des efforts de bonne
gestion du gouvernement pour limiter ses dépenses et au final réduire le déficit de l’État.
Sur ce sujet, l’opposition se fait
plus que sceptique et doute des
projections officielles de l’exécutif. « Alors qu’elle reflue en moyenne en Europe, la dette croît inexorablement en France sous l’ère
Macron. Il sera, on ne peut plus en
douter, le premier président de la
République qui amènera la dette de
la France à passer la barre des
100 % du PIB », a asséné Bruno
Retailleau, le président du groupe
LR au Sénat.
Il est vrai que le
gouvernement est
L’objectif est de
resté flou sur la maréduire de 5 points
nière dont il entend
diminuer les dépende PIB la dette
ses publiques. Par
publique d’ici à
exemple, des réduc2022, de baisser
tions du nombre de
fonctionnaires sont
de 3 points
attendues… pour la
les dépenses
fin du quinquennat.
publiques
En attendant, la
charge de la dette
et d’un point
continue de grever
les prélèvements
le budget de l’État.
obligatoires
Elle représente touPROGRAMME PLURIANNUEL
jours son deuxième
FRANÇAIS
poste, juste derrière
l’éducation nationale. Elle est attendue à
41,9 milliards d’euros pour
2018 et 42,2 milliards en 2019. ■
A. G.
Un coût de
42 milliards d’euros
Si la croissance se maintient audessus de 1,5 % comme l’anticipe
le gouvernement, le taux d’endettement devrait ensuite décroître à partir de 2020. Dans ces dernières prévisions envoyées en
avril à Bruxelles, Bercy visait pour
2022 sur un taux de 89,2 %. Cette
trajectoire est plausible si les taux
d’intérêt du pays restent maîtrisés. C’est actuellement le cas.
Vendredi, le taux à dix ans pour la
France s’échangeait à 0,8 %. Si les
taux en revanche s’envolent bien
au-dessus de la croissance, la
dette augmentera suivant un « effet boule de neige ».
Pour le moment, cette dette
« est soutenable, ce n’est pas un
danger pour les finances publiques », a jugé Pierre Moscovici, le
commissaire européen aux Affaires économiques et financières,
sur BFM, tout en préconisant de
« retrouver le chemin de la réduction de la dette ». La maîtrise de la
dette ne dépend en effet pas que
de la conjoncture, mais aussi,
»
DETTE AU 2e TRIMESTRE 2018
L’Allemagne se désendette, pas l’Italie ni la France
Évolution de la dette publique, en % du PIB
ITALIE
129
131,8
99 % du PIB
131,8 %
131,5
Soit
123,4
120 %
112,5
102,6 %
100 %
99,8
85,3
2006
68,8
64,5
63,7
65,2
2007
2008
87,8
93,4
90,6
78,6
79,8
77,5
72,6
2009
95,6
94,9
98,2
98,5 %
99 %
2010
2011
2012
2013
74,7
71
2014
2015
5 989
Airbus A380
209
104
34 208 €
620 €
EPR
68,2
2016
un budget italien affichant un déficit nominal de 2,4 % sur les trois
prochaines années, alors qu’il était
attendu par la Commission à 0,8 %
pour l’an prochain. « C’est un budget qui aujourd’hui paraît hors des
clous de nos règles qui sont communes », a déclaré le commissaire
européen sur BFMTV.
Échéance du 15 octobre
De fait, l’Italie n’a pas les moyens
de laisser filer ses dépenses. Ce
pays, comme de nombreux autres
États membres dont la France, est
dans ce que l’on appelle le « bras
préventif » du pacte de stabilité.
Non en raison du niveau de ses déficits publics – bel et bien sous la
barre des 3 % désormais – mais à
cause de sa dette s’établissant à
132 % de la richesse nationale
– 2 300 milliards d’euros –, bien
au-dessus donc des 60 % exigés
par le pacte. Pour faire reculer cette dette, la Commission attendait
de l’Italie qu’elle réduise ses déficits structurels – hors éléments
exceptionnels – de 0,6 point cette
année. Au lieu de cela, le gouvernement populiste italien a choisi
de les laisser filer de 1,6 % à 2,4 %.
Pierre Moscovici parle d’une « déconsolidation massive » et se prépare d’ores et déjà à constater un
nouveau glissement des prévisions
de déficits lors de l’examen du
texte au Parlement italien.
Dans l’esprit du commissaire
chargé des Affaires économiques,
il n’est toutefois pas question à ce
stade d’entrer dans un bras de fer
avec Rome. « Nous allons attendre
le 15 octobre que l’Italie nous envoie
son projet de budget. À partir de là,
nous pourrons soit dire que tout va
bien, ou adresser une lettre à l’Italie
pour lui demander des correctifs, et
enfin rejeter le budget italien si les
correctifs ne sont pas acceptés. Ce
rejet serait une première et il n’est
pas dans l’intention de la Commission de provoquer une crise avec
Rome », confie le commissaire au
Figaro. « Le budget italien est un
piège pour tout le monde. Un piège
parce que cela va relancer le discours contre les bureaucrates de la
Commission, parce que ne rien faire
signifie que les règles de la zone
euro ne sont plus respectées, parce
qu’une sanction conduirait à une
confrontation avec Rome », ajoutet-il encore.
Quoi qu’il en soit, le budget italien pourrait être une aubaine pour
Paris qui n’a pas tenu ses engagements en matière de réduction du
déficit structurel, en consentant
un effort de 0,3 point de PIB au lieu
du 0,6 point attendu. Alors que le
gouvernement italien n’a de cesse
de pointer le niveau du déficit
français pour 2019 – 2,8 % – pour
mieux faire passer son projet de
budget, Pierre Moscovici souligne
que « la situation de la France, qui a
une dette de 98,5 %, n’est pas comparable à celle de l’Italie. La “déconsolidation” de la France est optique en raison du CICE (transformé
en baisse pérenne de charges en
2019). Cela ne veut pas dire que le
budget français est parfait. Mais les
Italiens sont, eux, en dépassement
de vitesse. » Le commissaire ajoute : « Au tennis, l’arbitre peut accepter une balle qui tombe juste à
côté de la ligne. Quand c’est en dehors du couloir, il ne le peut pas.
C’est toute la différence entre la
flexibilité et le dérapage. » ■
viaducs
de Millau
64,1 %
2017
2018
par Français
Sources : Eurostat, Insee (2016-2017)
vici au gouvernement italien
42
milliards d’euros
Représente le 2e poste
du budget français,
derrière l'Education
et devant l'Armée
Soit
ALLEMAGNE
80,9
64,6 %
L’équivalent de
FRANCE
83
66,5 %
2 299,8 milliards
d’euros
116,5
102,4
80 %
60 %
115,4
CHARGE DE LA DETTE
PUBLIQUE FRANÇAISE
EN 2017 (paiement des intérêts)
par Français
131 %
Ménages et entreprises français affichent
également des records d’endettement
Niveau d’endettement
des ménages et des
entreprises en France
ANNE DE GUIGNÉ £@adeguigne
du PIB
56 %
de la dette des
entreprises françaises
est à taux variable
80 %
des prêts
des ménages français
sont des prêts
immobiliers
La dette, une passion française !
Comme l’État, les entreprises et les
familles se sont largement endettées ces dernières années pour profiter des taux bas. Ces milliards
d’euros n’ont pas été dilapidés : ils
ont permis aux entreprises de renouer avec les investissements et
aux ménages de devenir propriétaires de leur logement. Le mouvement commence néanmoins à inquiéter car les Français ne font pas
dans la mesure. Alors que les Européens se désendettent depuis un an,
entreprises et ménages hexagonaux
restent allants. Conséquence, à fin
mars, l’Hexagone affichait le ratio
de dette privée le plus élevé de la
zone euro à 131 % du PIB.
L’endettement des particuliers a
progressé ainsi de manière ininterrompue depuis le début des années
2000 pour atteindre, fin mars 2018,
93 % de leur revenu disponible
d’une année. Cette montagne de
dette n’est toutefois pas aussi inquiétante qu’elle pourrait paraître.
Les Français sont en effet bien
armés pour affronter d’éventuels
coups durs : ils disposent d’un
gigantesque patrimoine financier,
égal à 2,5 années de revenu
disponible !
Dans le détail, les crédits immobiliers représentent plus de 80 % de
l’endettement des ménages. Ils ne
sont donc pas exposés à la remontée
des taux, l’immense majorité des
prêts immobiliers étant conclus à
taux fixe. Seule véritable point de
préoccupation, alors que les prix de
la pierre poursuivent leur envolée,
la progression du rapport entre le
montant du prêt et la valeur du bien
atteint « un plus haut historique à
87 % en 2017, alors qu’il s’établissait
à 85,9 % en 2016 » note le Haut
Conseil de stabilité financière
(HCSF), dans son dernier rapport
annuel. Malgré l’augmentation récente de leur endettement, les ménages français restent ainsi majoritairement des fourmis.
“
En Europe, les
groupes français sont
devenus les champions
de l’emprunt
”
Les entreprises, en revanche,
prennent davantage de risques.
Pour une première raison simple :
56 % de leur dette ont été octroyés à
taux variable. Les sociétés françaises se financent toujours en majorité auprès de leurs banques mais le
recours au marché obligataire
continue de grimper. Il représentait
en 2017, 37 % de l’ensemble de l’endettement des entreprises.
Depuis la crise financière, les entreprises ont augmenté leur endettement quasiment au même rythme
que l’État afin d’améliorer leur trésorerie, d’investir et de s’internationaliser. En Europe, les groupes français sont ainsi devenus les
champions de l’emprunt avec un
taux d’endettement à 73 % du PIB.
Dans ce contexte, en 2016, l’ensem-
ble des entreprises se sont acquittées
de 27 milliards d’euros de charge
d’intérêt. La Banque de France a
planché sur différents scénarios de
hausse de taux. Dans le plus radical,
en un an, le coût de l’endettement
des entreprises augmenterait de
7 milliards d’euros, soit de 26 %. Une
hausse des taux courts provoquerait
un renchérissement immédiat des
crédits de trésorerie et des crédits à
taux variable, tandis qu’une variation des taux longs viendrait troubler le marché obligataire. Le HCSF,
qui s’inquiète d’un possible retournement, a décidé d’agir cet été. Il a
« imposé un plafond aux expositions
des banques françaises vis-à-vis des
grandes entreprises hexagonales les
plus endettées ».
Deux points d’attention sont
identifiés. D’abord les entreprises
fragiles, qui ont pu traverser ces
dernières années grâce à la manne
du crédit bon marché. Un choc sur
les taux pourrait provoquer une série de faillites parmi elles, ce qui
aurait des répercussions dramatiques sur l’emploi. Ensuite, la finance à effet de levier, qui avec le retour des opérations de Leveraged
Buyout (LBO), connaît un regain
d’activité depuis cinq ans, avec des
volumes d’émission en Europe de
120 milliards d’euros pour les prêts
à effet de levier et 94 milliards pour
les obligations à haut rendement.
Des montants très proches de ceux
des années d’avant-crise de 20042007. Second marché européen
derrière la Grande-Bretagne, la
France est particulièrement exposée à un éventuel retournement. ■
A
- 3,72 %
dégonflera pas l’an prochain,
alors même que la croissance
économique est attendue en
hausse, car l’État subira un besoin de trésorerie de 20 milliards
d’euros avec la transformation du
crédit impôt pour la compétitivité des entreprises (CICE) en baisse de charges.
Infographie
abusivement appelée « flat tax »
(qui désigne en principe un taux
unique). Les tranches d’imposition seront remodelées pour les
PME mais le passage à seulement
deux taux (15 et 20 % pour les entreprises, 23 et 33 % pour les ménages) est renvoyé à la fin de la législature.
« C’est un budget contre le peuple, qui appauvrit le Nord sans aider
le Sud, freine la croissance, aggrave
la dette, augmente le coût des prêts
pour les familles et les entreprises »,
tempête Antonio Tajani, le président du Parlement européen et vice-président de Forza Italia, le
parti de Silvio Berlusconi.
Le problème, ajoute de son côté
Camille Neuville, économiste
chez Natixis, est qu’« on ne peut
pas mesurer si le budget est crédible ; on n’a aucun détail sur les objectifs de croissance ». Et Philippe
Waechter, d’Ostrum Asset Management, de compléter : « Si le profil de la croissance est trop optimiste, la crédibilité du chemin
budgétaire sera très rapidement
réduite. » ■
Soulagement à Paris. Alors que
l’Italie tangue, Emmanuel Macron
s’épargne une petite crise politique. La dette française n’a pas
franchi la barre symbolique des
100 % du produit intérieur brut
(PIB) au deuxième trimestre,
même si elle s’en rapproche de
très près. Selon les chiffres de
l’Insee publiés ce vendredi matin,
avec 2 299,8 milliards d’euros de
dette publique à fin juin 2018, le
pays affiche un taux d’endettement de 99 %.
Ce n’est pas un plus haut historique. Un an plus tôt, en juin 2017,
il a atteint 100,9 %. Personne ne
l’a su, pour la simple raison que
l’Insee avait à l’époque communiqué sur un niveau de dette beaucoup moins impressionnant à
99,3 %. Entre-temps, une révision comptable a modifié à la
hausse ce ratio. À la demande de
l’agence comptable européenne
Eurostat, l’Insee a reclassé à partir
de 2016 la dette de SNCF Réseau
au sein de la dette des administrations publiques.
Le taux d’endettement devrait
légèrement refluer au second semestre. L’État a en effet tendance
à concentrer au premier semestre
son programme d’émissions de
dette, car les rentrées fiscales
sont plus abondantes en fin d’année. Bercy table en fin d’année
sur un taux de 98,7 % du PIB qui
resterait quasiment stable jusqu’à
la fin 2019, à 98,6 %. Le ratio ne
ANDREAS SOLARO/AFP, FRANÇOIS BOUCHON-JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
LA SÉANCE
BOURSIÈRE
DU 28 SEPTEMBRE
ment de la dette.
21
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
22
ÉCONOMIE
Assurance-chômage : Édouard Philippe
favorable à une dégressivité des allocations
Le premier ministre prend le risque de tendre le climat social car cette mesure est rejetée par les syndicats.
ciaux, afin qu’ils acceptent d’aller
négocier… Dans la même veine, la
ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait récemment fait savoir
que « ce n’est pas au gouvernement
de dire les solutions » mais aux partenaires sociaux de « définir si, parmi les formules, ils veulent la dégressivité ou autre chose ». Mais voilà,
Édouard Philippe a décidé jeudi de
clarifier le jeu.
MANON MALHÈRE £@ManonMalhere
SOCIAL C’était dans l’air depuis
plusieurs semaines et le premier
ministre, Édouard Philippe, vient
de le confirmer. La dégressivité du
montant de l’allocation-chômage,
après un certain temps et dans certains cas, est bel et bien une option à
l’étude dans le cadre de la réforme
de l’assurance-chômage.
« Je pense que pour ceux qui ont
une très forte employabilité, qui ont
des salaires qui sont très élevés, créer
une forme de dégressivité de l’assurance-chômage peut avoir du
sens », a fait savoir jeudi le premier
ministre lors de « L’Émission politique » sur France 2. « Nous avons
mis le sujet sur la table », a-t-il affirmé. Et tant pis si cette annonce
envenime un peu plus le climat,
alors que les partenaires sociaux
devraient débuter prochainement
une négociation sur ce sujet, après
de fortes hésitations. Controversée,
cette réforme de l’assurance-chômage vise à modifier les règles pour
inciter les demandeurs d’emploi à
retrouver un l’emploi, lutter contre
la précarité et économiser entre 3 et
4 milliards d’euros en trois ans.
Le gouvernement s’était pourtant bien gardé de mentionner explicitement le sujet de la dégressivité - qui suscite l’ire des syndicats dans la lettre de cadrage de la négociation adressée aux partenaires sociaux, en début de semaine. Dans ce
même document, il était également
resté vague sur la création d’un bonus-malus sur les cotisations patronales pour limiter les contrats
courts, une mesure à laquelle le patronat est très opposé. Il fallait alors
ne pas braquer les partenaires so-
Économiquement inefficace
Édouard Philippe invité,
jeudi soir, de
« L’Émission politique »
sur France 2. GEOFFROY
VAN DER HASSELT / AFP
Les protestations n’ont pas tardé,
notamment du côté de la CFE-CGC,
le syndicat dédié aux cadres. Car le
terme « forte employabilité » du
premier ministre semble viser les
encadrants. Sans compter que le
député LaREM Aurélien Taché avait
évoqué en août la piste de la dégressivité pour les hauts cadres touchant entre 5000 et 6000 euros par
mois. « C’est scandaleux de viser les
cadres qui contribuent largement à
l’assurance-chômage. Tout le monde
sait que la dégressivité est économiquement inefficace, s’insurge François Hommeril, président de la
CFE-CGC. C’est du populisme au
sens strict du terme pour se dédouaner d’être le gouvernement des riches. »
Aujourd’hui, en France, la durée
d’indemnisation est d’au maximum
deux ans pour les personnes ayant
moins de 53 ans (et augmente audelà de cet âge). Pendant cette période, l’allocation ne varie pas.
Appliquée dans plusieurs pays
européens comme l’Espagne, le
Portugal et la Suède, la dégressivité
du montant de l’allocation après
quelques mois peut inciter au retour
à l’emploi, indique l’Unedic (gestionnaire de l’assurance-chômage)
dans des documents remis aux partenaires sociaux. Cet impact est
« particulièrement important pour
les personnes percevant de hauts salaires, en période de bonne conjoncture, et lorsque les demandeurs
d’emploi sont bien informés sur leur
profil d’allocations et leurs chances
d’embauche », précise l’Unedic.
Mais pour Michel Beaugas, secrétaire confédéral de FO, cette population de hauts cadres est bien trop limitée - 500 personnes à peine pour que l’introduction d’une dégressivité ciblée sur eux dégage de
réelles économies : « Nous sommes
contre la dégressivité. Ce qui coûte
cher, ce sont les contrats courts. Ils
pèsent 8 milliards d’euros par an. »
Du côté du patronat, le président
du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a affirmé dans une interview
au Monde cette semaine que la dégressivité peut être une option,
« sans que ce soit l’alpha et l’oméga
de la réforme ». ■
Succès de la prime
d’activité
En juin 2018, la prime d’activité
versée aux travailleurs modestes
a bénéficié à 2,66 millions de foyers,
couvrant au total 5,43 millions
de personnes (enfants et conjoints
compris), a révélé la CNAF (Caisse
nationale d’allocations familiales).
Un chiffre en hausse de 3,6% sur
un an. Le montant moyen de la prime
a été de 163 euros par mois.
Cette prestation augmentera
de 20 euros le 1er novembre,
selon le plan du gouvernement.
Une revalorisation jusqu’à 80 euros
supplémentaires est prévue d’ici
à 2021. Le nombre de bénéficiaires
du RSA est en hausse de 0,7%
sur un an, atteignant 1,84 million
de personnes en juin. Selon la Cnaf,
cette évolution « peut être liée
à la généralisation de la demande
en ligne de la prestation ».
C. C.
La construction de logements neufs repart à la baisse
HLM, maisons individuelles et programmes des promoteurs immobiliers, les trois segments sont à la peine.
JEAN-YVES GUÉRIN
£@jyguerin
-5,2 %
Baisse
des mises en chantier
de logements
entre juin et août
CONJONCTURE Le marché du logement neuf a-t-il mangé son pain
blanc ? En tout cas, après deux années (2016 et 2017) où les mises en
chantier avaient significativement
progressé, la tendance s’inverse.
Selon le ministère de la Cohésion
des territoires, entre juin et en août,
les mises en chantier ont reculé de
5,2 % à 87 700 unités.
Le recul est encore plus prononcé pour la délivrance des permis de construire, qui ont baissé
de 12 % à 116 600. Quant aux ventes de promoteurs immobiliers,
elles ont baissé de 2,8 % au pre-
mier semestre. Du coup, ces professionnels ont ajusté l’offre à la
baisse avec un recul de 12 % des
mises en vente.
Pour l’instant, la tendance sur les
mises en chantier reste positive sur
une année glissante : fin août, elles
progressaient de 3 % à 422 300 unités. Mais les experts s’attendent à
un léger recul de la construction de
logements neufs sur 2018. « Je table
sur 412 000 mises en chantier cette
année contre 430 000 en 2017, affirme Michel Mouillart, spécialiste de
l’immobilier. Et ce recul devrait se
poursuivre en 2019 avec 399 000 mises en chantier attendues. »
Si la construction marque le pas,
c’est que tous les segments de marché sont mal orientés. Les HLM
d’abord. L’information est passée
sous les radars, mais, pendant
qu’Action Logement (ex 1 % Logement) se réformait, l’organisme a
moins financé de programmes de
construction de logements sociaux,
notamment ceux développés par les
offices publics HLM. Et, depuis qu’il
est en ordre de marche, il a confirmé que ce n’était plus sa priorité.
Purge financière
Avec cela, la purge financière imposée par l’État à raison d’une
ponction de 800 millions d’euros
cette année a aussi pesé sur les capacités du secteur à financer des
mises en chantiers. « Du coup, la
programmation de construction de
nouveaux logements sociaux devrait
reculer de 5 % cette année après
avoir baissé de 9 % en 2017 », affirme Marianne Louis, directrice générale de l’Union sociale pour l’habitat (USH) qui fédère les
organismes HLM.
Or ce coup de frein sur la
construction HLM fait aussi reculer
celle de logements en accession à la
propriété ou en investissement locatif car beaucoup de programmes
immobiliers ne se font que si toutes
ces composantes sont au rendezvous. L’augmentation des prix
(+ 3,1%) enregistrée par les promoteurs immobiliers au premier semestre contribue aussi à la désaffection des clients.
Le troisième segment de marché,
la construction de maisons indivi-
duelles, est aussi à la peine. Sur l’année glissante achevée en juin, ses
ventes ont reculé de 15 %. Une chute qu’on peut attribuer à la fin de
l’APL accession et au reformatage à
la baisse du PTZ (prêt à taux zéro) en
zone B 2 et C car beaucoup de ces
maisons sont dans ces territoires.
« Le recul du logement neuf n’est
pas dû au contexte économique mais
au rabot du prêt à taux zéro
(PTZ) », estime Jacques Chanut,
président de la Fédération française du bâtiment (FFB). Et personne
ne s’attend à ce que le choc de l’offre promis dans la loi Elan qui devrait être promulguée dans quelques semaines apporte beaucoup
de résultats. En tout cas pas à court
terme. ■
Le suédois SKF mise sur la France
Le groupe installe plusieurs de ses activités européennes dans sa nouvelle plateforme logistique près de Tours.
ANNE BODESCOT
abodescot@lefigaro.fr
8
milliards
d’euros
A
Chiffre d’affaires
de SKF en 2017
INDUSTRIE Certains industriels
étrangers n’ont pas peur d’investir en France. Le suédois SKF, leader mondial des roulements, a
inauguré vendredi une nouvelle
plateforme logistique à SaintCyr-sur-Loire (Indre-et-Loire),
le plus important des huit sites
qu’il détient dans l’Hexagone. Le
groupe, qui réalise en France 15 %
de son chiffre d’affaires, soit plus
d’un milliard d’euros, a dépensé
10,6 millions d’euros pour ce nouveau centre de près de 10 000 m2.
Il y stockera les composants né-
cessaires à une activité en plein
développement et allégera les
coûts, en rapatriant des activités
autrefois confiées à des prestataires. « Nous avons fait le choix de ne
pas délocaliser et de conserver nos
usines françaises. Mais cela impliquait de les moderniser pour rester
compétitifs face à nos concurrents,
chinois notamment », explique Luc
Graux, président de SKF France et
directeur industriel pour l’ensemble du groupe.
Il y a un an, SKF avait déjà
ouvert dans cette petite ville qui
jouxte Tours son centre européen
pour les pièces de rechange automobiles. Il y a réuni des compétences jusque-là éparpillées en
Suède, en Italie et même à Singapour. Saint-Cyr-sur-Loire a aussi
été choisi pour la Solution Factory, pôle de services aux clients
français : réparations de broches,
fabrication de joints sur mesure,
support technique…
Les bouchées doubles
Le site continuera d’ailleurs à
s’étoffer puisque lui sera ajouté fin
2019 le centre de réparation pour
les roulements de grande dimension. « Surtout, nous travaillons à
une nouvelle ligne de production de
roulement à billes 4.0, pour laquelle
nous investissons 4 millions d’euros,
précise Luc Graux. Aujourd’hui,
25 % des investissements du grou-
pe, sur l’activité des roulements,
sont consacrés à la France. » Au total, le groupe, qui avait investi
17 millions par an en 2016 et 2017
dans l’Hexagone, met les bouchées
doubles cette année, avec un budget de 39 millions.
Le développement du site de
Saint-Cyr-sur-Loire impliquait la
création de cette nouvelle plateforme logistique, dont l’activité vient
de démarrer. Et ce n’est qu’un premier pas. Elle devrait en effet être
automatisée dans les années à venir, comme le sont déjà d’autres
centres en Europe. Des « cobots »
– robots collaboratifs – seront à
terme invités à travailler aux côtés
des hommes pour plus d’efficacité.
Très international, puisqu’il exporte 70 % de sa production, SKF
a décidé que chaque grande région du monde – Europe, Asie,
Amérique – devait produire pour
ses clients. « Les roulements fabriqués en France ne sont produits
nulle part ailleurs en Europe », précise le président de SKF France.
La filiale française est la troisième plus importante du groupe,
qui compte au total 45 000 collaborateurs. Outre les huit sites,
dont certains spécialisés dans
l’aéronautique, un des gros clients
de SKF, comme à Lons-le-Saunier, Valence ou Valenciennes, la
France accueille aussi un centre
de recherche de 360 personnes. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
ENTREPRISES
23
Tesla pourrait
se passer d’Elon Musk
Elon Musk, PDG de Tesla,
lors de la présentation
de la Model X,
à Fremont (Californie)
le 19 septembre.
UPI/ABC/ANDIA.FR
Les autorités boursières américaines ont saisi
la justice pour qu’elle empêche l’emblématique
patron de diriger une société cotée.
EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
Cours de l'action,
en dollars
310
300
290
280
270
270,2
260
31 août 2018
28 sept. 2018
Source : Bloomberg
Infographie
AUTOMOBILE Il est difficile d’imaginer Tesla sans Elon Musk.
Il en est le président, le directeur
général, le principal actionnaire
(avec près de 20 % du capital) et le
visage public. Ce dernier point
n’est pas négligeable pour une entreprise mondialement connue
mais qui n’a jamais dépensé le
moindre dollar en publicité.
Et pourtant… La position
d’Elon Musk à la tête du fabricant
de voitures électriques haut de
gamme n’a jamais été aussi
fragile. La Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain, demande
que le médiatique patron soit interdit de fonctions dirigeantes
dans une société cotée, après ses
tweets estivaux jugés « faux et
trompeurs ».
Le 7 août, Elon Musk avait
indiqué, sur son compte Twitter,
son intention de retirer l’entreprise de la cote, avec un prix fixé
– 420 dollars par action – et un
« financement garanti ». La SEC a
aussitôt ouvert une enquête. Elle
vient d’en livrer les conclusions.
Et elles ne sont pas favorables à
l’entrepreneur.
Selon la SEC, Elon Musk « savait ou a eu l’imprudence de ne pas
savoir » que ses tweets étaient
« faux et trompeurs », puisqu’il
n’avait jamais discuté du financement d’une telle opération. Le
gendarme de la Bourse a saisi la
justice américaine pour qu’il
quitte son poste. La SEC lui aurait
proposé une transaction - une
amende et deux ans de retrait de
ses fonctions. Refus d’Elon Musk
qui est bien décidé à se défendre.
« Cette action injustifiée de la
SEC m’attriste profondément et me
déçoit, commente-t-il dans un
communiqué. L’intégrité est la
valeur la plus importante de ma vie
et les faits démontreront que je n’ai
jamais compromis cela d’aucune
manière. » En attendant, les investisseurs ont aussitôt réagi.
L’action de Tesla a sévèrement
dévissé à Wall Street. À l’ouverture à New York, le titre a chuté
de plus de 12 %. Cette réaction
montre que l’emblématique patron leur semble indispensable à
la bonne marche de l’entreprise
même s’il a multiplié les faux pas
ces derniers mois.
Whisky et cannabis
Outre son tweet dévastateur, il a
donné une interview au New York
Times, où il a avoué travailler
parfois 110 à 120 heures par semaine, avoir passé plusieurs jours
d’affilée dans son usine californienne et s’administrer des somnifères pour dormir. Début septembre, il a participé à une
émission de télévision au cours de
laquelle il a bu du whisky et fumé
du cannabis, ce qui est autorisé en
Californie mais interdit dans les
usines de Tesla.
Que deviendrait Telsa sans son
emblématique patron ? Elon
Musk n’est pas le fondateur de
Tesla, mais il en a pris le contrôle
Une entreprise ordinaire
en 2004, avant que l’entreprise
commercialise son premier véhicule. C’est donc bien Elon Musk
qui est à l’origine du formidable
succès de l’entreprise qui a produit 100 000 véhicules l’année
dernière. Et ce chiffre devrait largement doubler cette année.
Fin août, le conseil d’administration de Tesla laissait
entendre qu’il recherchait un
numéro deux, pour épauler Elon
Musk. L’intéressé n’avait pas
confirmé cette recherche. Mais le
7 septembre, il a annoncé la
promotion de Jérôme Guillen au
poste de président des activités
automobiles. C’est la fonction qui
se rapproche sans doute le plus
de celle de numéro deux chez
Tesla. L’homme est un fidèle
d’Elon Musk.
Ingénieur français, Jérôme
Guillen est entré chez Tesla en
2010. Autant dire, il y a une éternité pour une entreprise habituée
à user rapidement ses cadres. Il a
été successivement responsable
du programme Model S, directeur
commercial et responsable du
programme Semi (le camion
électrique du constructeur californien). Ces derniers mois, « Jérôme a joué un rôle crucial dans la
production du Model 3, réalisant ce
que presque tous pensaient impossible : créer une ligne d’assemblage
à grand volume en quelques semaines », a expliqué Elon Musk
lors de la nomination du Français.
Peugeot mise sur le big bang du scooter électrique
Sous l’impulsion de son nouveau propriétaire, le groupe indien Mahindra, la marque
française revient en force sur un marché dominé par les constructeurs asiatiques.
CHARLES GAUTIER £@CHGAUTIER
LE MARCHÉ
DES DEUX ET TROISROUES ÉLECTRIQUES
VENTES AU PREMIER
SEMESTRE
3 342
scooters équivalents
50 cm3. Le taïwanais
Gogoro (1 100 unités)
domine cette catégorie
grâce à la flotte
en libre-service
de la société Coup
628
équivalents 125 cm3
(et plus) dont 582 de
marque BMW
163
motos vendues
au premier semestre
dont 107 du constructeur
californien
Zero Motorcycles
INDUSTRIE Il y aura de l’électricité dans l’air sur le stand de Peugeot Motocycles au Mondial de la
moto, qui ouvrira ses portes mercredi à Paris. L’entreprise révélera
les quatre engins électriques réalisés depuis que le groupe indien
Mahindra en est devenu l’actionnaire majoritaire, en 2014. « Nous
allons lancer un nouveau modèle
par an, explique Jacques Bonneville, directeur de la branche électrique de Peugeot Motocycles. Notre objectif est de devenir un acteur
important avant 2021, lorsque arriveront les grands constructeurs japonais. »
Outre le Peugeot 2.0, scooter
électrique monoplace équivalent à
un 50 cm3, le groupe présentera
l’étude EU-Live, un quadricycle
biplace couvert et un concept
trois-roues haut de gamme. Ce
dernier, l’E-Metropolis, un équivalent 500 cm3 appelé à chasser
sur les terres de BMW dès 2020,
renforcera l’image premium de la
marque. À l’autre extrémité du
spectre, l’E-Ludix, un équivalent
50 cm3, biplace, léger et hightech, prévu pour 2019. Pour s’imposer en trois ans, Peugeot investira 47 millions. La conjoncture est
favorable. Le durcissement des
normes antipollution (Euro 5) en
2021 pour les 50 cm3 thermiques
renchérira les coûts et réduira
ainsi l’écart de prix. « Nous estimons que les ventes électriques représenteront en 2021 quelque 40 %
du marché attendu à 300 000 unités, note Jacques Bonneville, soit
dix fois plus qu’actuellement. » En
France, quelque 7 000 machines
ont été vendues en 2017, un record
dû à une réglementation favorable
pour les livraisons en centre-ville
et à la prime de 1 000 euros. Et
2018 a démarré encore plus vite.
« Au premier semestre, on a dénombré 4 131 ventes, soit 50 % de
plus que l’an dernier », explique
Mathieu Chiara, de l’Association
pour le développement de la mobilité électrique (Avere).
Des pionniers français
Le Peugeot 2.0, fabriqué par GenZe, marque de Mahindra pour le
marché américain, arrive tout
droit de Detroit (Michigan) pour
s’essayer au libre-service en
Belgique. « Le sharing pourrait attirer vers l’électrique une clientèle
de particuliers », explique Jacques
Bonneville. Les sociétés de scooters en libre-service détiennent
les clés du marché dominé par les
constructeurs chinois. L’allemand
Coup propose ainsi 1 700 machines
commercialisées par Bosch mais
d’origine asiatique. En revanche,
le leader parisien Cityscoot a opté
pour des scooters allemands
Govecs. « L’entreprise déploiera
10 000 scooters en Europe d’ici fin
2019 », souligne Bertrand Fleurose, dirigeant de Cityscoot.
Sur ce marché du scooter électrique, des petits constructeurs
français ont joué les pionniers.
RedE (14 personnes, 1,2 million
d’euros de chiffre d’affaires en
2018) s’est spécialisé dans les
flottes de livraison en centre-ville
(sushis, pizzas, etc.) avec des
engins monoplaces équipés d’un
grand coffre. « Nous n’achetons
pas des engins tout faits, nous avons
établi un cahier des charges avec,
par exemple, un châssis renforcé et
de grandes roues », précise
Valentin Dillenschneider, l’un des
fondateurs. Un assembleur chinois
expédie les machines en France.
« Nous montons l’avant du scooter
en France et économisons ainsi un
tiers du coût pour proposer un engin
à 2 300 euros (HT). » RedE aura
écoulé 500 scooters à la fin de
l’année.
Créé à Grasse en 2015, une autre
PME, Eccity, s’adresse aux particuliers avec un équivalent
Le Peugeot électrique E-Metropolis, un équivalent 500 cm3, va ancrer l’image
premium de la marque. DINGO PHOTOS
cm3.
125
« L’idée de base était
qu’une batterie serait plus facilement amortissable sur un “gros”
scooter », explique Christophe
Cornillon, président de la PME. Le
modèle de production est différent : les parties à faible valeur
ajoutée, peu différenciantes (moteur et châssis, etc.), sont fabriquées en Chine. Ensuite, les batteries sont fabriquées en France
avec des cellules venant de Corée
et du Japon. Enfin, les parties mécaniques sur mesure (bras oscillant, etc.) sont françaises comme la R&D, ou l’application reliant
le scooter au smartphone du
conducteur.
« Nous gagnerons des parts de
marché car les revendeurs sont refroidis par les scooters électriques
d’entrée de gamme, assure Christophe Cornillon. Mais le gouvernement doit absolument accroître son
aide. » Une aide basée sur la taille
des batteries sans plomb qui exclut, à cause de leur prix, les scooters chinois. Avec une gamme de
quatre modèles, dont un troisroues, Eccity va tenter de s’imposer sur le marché des flottes, dont
celle de La Poste.
Le groupe public est équipé pour
l’heure par Ligier (150 millions
d’euros de chiffre d’affaires), spécialisé dans les trois et quatreroues électriques, qui aura livré
8 000 engins en deux ans ; c’était la
plus forte vente 2017. « Ces petits
engins sont stratégiques pour nous
car ils participent pour un tiers du
chiffre d’affaires, explique Philippe Barthélémy, responsable commercial véhicules électriques du
constructeur. Nous commercialisons des modèles à 14 000 euros.
Nous ne ciblons pas les particuliers
car nous ne voulons pas concurrencer des machines à 2 000 euros. » ■
Elon Musk est – peut-être – d’autant moins nécessaire que les
problèmes que doit régler Tesla
aujourd’hui se rapprochent de
ceux d’une entreprise « ordinaire ». Il faut gérer la montée en cadence de la production de la Model 3, organiser la chaîne circuit
logistique pour que les véhicules
soient livrés aux clients dans les
délais. Il faudra ensuite mettre à
niveau le réseau d’entretien et le
service après-vente. Et tout cela
avec une gestion des coûts au
cordeau, Tesla ayant la ferme volonté d’arrêter de perdre de l’argent d’ici à la fin de l’année. Pour
cela, l’entreprise n’a pas besoin
d’un dirigeant visionnaire mais
plutôt d’un bon gestionnaire.
Et si Elon Musk veut absolument continuer à diriger l’entreprise, il lui reste une dernière
possibilité. La retirer de la Bourse
avant que la justice américaine ne
se prononce sur son sort. Ce qui
reviendrait à réaliser ce qu’il annonçait, avec légèreté, dans son
tweet du 7 août. S’il choisit d’emprunter cette voie, il devra toutefois trouver plus de 40 milliards
de dollars, soit 80 % de la valorisation de Tesla… ■
EN BREF
LES FRAIS BANCAIRES
SERONT PLUS
CONTRÔLÉS
£ Les superviseurs bancaires
- la Banque de France
et l’Autorité de contrôle
prudentiel et de résolution
(ACPR) – vont renforcer
le contrôle des frais prélevés
par les banques. Cette annonce
intervient au lendemain de
la publication par 60 millions
de consommateurs et l’Union
nationale des associations
familiales (Unaf) d’une enquête
révélant des pratiques jugées
irrégulières de certains
établissements, lors des
dépassements de découvert
autorisé.
ALLEMAGNE :
LE CHÔMAGE À 5,1 %
£ Le taux de chômage
en Allemagne est à son plus bas
niveau depuis la réunification
en 1990. Il a atteint en
septembre 5,1 % de la
population active, selon
l’Agence pour l’emploi.
CARREFOUR CLÔT SON
PLAN DE DÉPARTS
£ Carrefour a fermé avec un
mois et demi d’avance son plan
de départs volontaires, ouvert
en avril, de 2 400 personnes
dans ses sièges français,
soit un quart de leurs effectifs.
Les services informatique,
juridique, comptable,
communication et marketing
ont été particulièrement
concernés, selon une source
interne.
+@
» Comment Facebook
détourne des données de
sécurité pour son propre compte
» Les retraités perdront en
moyenne 400 euros en 2020
www.lefigaro.fr/economie
A
Tesla
Jérôme Guillen semble donc pouvoir gérer les activités automobiles. De toute façon, Elon Musk ne
sera sans doute jamais vraiment
absent. Même s’il était contraint
de renoncer à ses fonctions opérationnelles, il siégera au conseil
d’administration en tant que premier actionnaire de l’entreprise.
La SEC demande qu’il soit interdit
de gérer mais pas d’être administrateur. Et dans cette fonction, il
aura forcément son mot à dire sur
les décisions stratégiques.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
24 ENTREPRISES
LE GRAND
LUC
CHATEL
TÉMOIN
PRÉSIDENT DE LA PLATEFORME
AUTOMOBILE (PFA)
comprends que le président de la
République, qui viendra inaugurer
le Mondial, souhaite une réflexion
globale sur l’attractivité de l’ensemble de la filière automobile
française, qui à mes yeux doit être
en capacité de s’adapter en permanence. C’est également un enjeu pour l’Europe.
PROPOS RECUEILLIS PAR
À quelques jours de l’ouverture du
Mondial à Paris, Luc Chatel, ancien
secrétaire d’État à l’Industrie devenu porte-parole de la filière
automobile en tant que président
de la Plateforme automobile (PFA),
décrit les défis inédits du secteur.
LE FIGARO. – Que représente pour
vous le Mondial de l’automobile ?
Luc CHATEL. – Ce salon est celui
de la filière automobile française.
Ce doit être un show, mais aussi
beaucoup plus que cela. Il y aura
trois salons en un. Un Mondial
classique, où les constructeurs
présenteront plus de cents nouveautés, un Mondial de la mobilité
et un Mondial de la tech avec une
forte présence de start-up. Nous
voulons relayer un message d’innovation et de transformation de
notre industrie, qui connaît sa
plus grande mutation depuis l’invention de l’automobile il y a
120 ans. Pendant un siècle, son
développement a été guidé par le
principe du véhicule individuel,
équipé d’un moteur thermique,
destiné à être piloté. Or, l’automobile connaît une triple disruption : technologique avec l’électrification
de
la
propulsion,
numérique avec la voiture connectée jusqu’à, à terme, devenir
autonome, et sociétale car le rapport à la voiture et à sa propriété
change. Tout est à réinventer.
La France va-t-elle assez vite dans
le domaine du véhicule électrique
et sur la voiture autonome ?
Avec le contrat de filière que nous
avons signé avec l’État en mai,
nous nous sommes fixé l’objectif
sans précédent de multiplier par
cinq en cinq ans les ventes de véhicules électriques, ce qui permet
d’envisager à l’horizon 2022 un
parc d’un million de véhicules
100 % électriques et hybrides rechargeables – c’est la dimension
du parc européen en 2018. L’État
s’est engagé à multiplier par cinq
le nombre de bornes de charge,
pour le porter à 100 000. Ma
conviction, en matière de transition énergétique, c’est que l’industrie automobile n’est pas le
problème mais porte les solutions.
Concernant la voiture autonome,
Luc Chatel,
président
de la Plateforme
automobile,
défend
la capacité
d’innovation
de la filière
au service d’une
mobilité propre.
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
BERTILLE BAYART £@BertilleBayart
ET EMMANUEL EGLOFF £@eegloff
« L’automobile
n’est pas le problème
mais porte la solution »
la Plateforme automobile va
constituer un consortium rassemblant industriels, acteurs du
transport public, nouveaux acteurs de la mobilité et territoires.
Cet engagement de 200 millions
d’euros vise à lancer un programme d’expérimentations à grande
échelle que la loi s’apprête à rendre possible.
N’est-ce pas un vœu pieux
que de se présenter comme
une solution quand des villes
veulent chasser la voiture
de leur territoire ?
Mais regardez ce qui s’est passé à
Paris face aux difficultés du dispositif d’autopartage : ce sont bien
Renault et PSA qui ont su, dans
l’urgence, apporter des solutions.
Nous avons changé d’époque.
Bertrand Piccard décrit ce grand
malentendu entre industriels et
environnementalistes : les uns
parlent croissance et emploi, les
autres de sauver la planète… Tous
ont raison ! Reste que ce ne sont
pas quelques lanceurs d’alerte sur
des plateaux de télévision qui gagneront la bataille pour le climat.
Ce sont les ingénieurs de l’automobile qui inventeront la mobilité
propre du XXIe siècle.
La bonne santé du moment
est-elle une réalité
pour toute la filière ?
La compétitivité de l’ensemble de
la filière, au premier chef de ses
4 000 PME, est un défi essentiel. La
filière est dans une logique de solidarité, où les constructeurs et les
grands équipementiers tirent tout
LES DÉCIDEURS
â SARAH BOUQUEREL
La Banque postale
Cette X, Sciences Po et actuariat décroche la
direction générale de La Banque postale IARD
(incendie, accidents et risques divers) ainsi que la
responsabilité de l’assurance de biens et de personnes. Après avoir œuvré chez Axa, elle était
depuis 2016 directrice commerciale et expérience client de Direct Assurance.
â EMMANUELLE
MALECAZE-DOUBLET
PMU
À 31 ans, la jeune HEC arrive au PMU pour prendre en main les finances. Venue du cabinet
McKinsey, elle avait travaillé sur des missions
dans la grande consommation et le retail, le luxe,
ou encore de l’habillement, mais aussi pour PMU.
A
â SAMUEL BARNABAS
Norauto
Planète de la galaxie Mulliez et filiale du
groupe Mobivia (Midas, Carter-cash…),
la société d’entretien et d’équipement
automobile change de patron en France.
Après avoir dirigé la Pologne, cet ancien de PWC,
arrivé en 2005, succède à Matthieu Foucart.
le monde, financent des programmes d’investissement pour la
compétitivité des PME. Il y a une
envie de chasser en meute. L’autre
enjeu capital est celui de l’emploi
et des compétences. Il faut préparer les vingt ans qui viennent, anticiper les mutations bassin de vie
par bassin de vie, les besoins en
compétences et attirer les talents.
Renault, PSA, Daimler,
Toyota ont annoncé d’importants
investissements dans leurs usines
françaises. Le site France
est-il de nouveau compétitif ?
Il y a eu, depuis dix ans, une prise
de conscience de l’enjeu de l’attractivité de la France industrielle.
Des progrès importants ont été
faits. Cela dit, la compétitivité
coût est un combat permanent. Je
l’électrification
présente le
risque d’un
déplacement
d’une partie
très
significative
de la chaîne
de valeur
vers l’Asie
Justement, on entend beaucoup
parler d’Europe mais
c’est la Chine qui est leader
sur les batteries…
L’évolution vers l’électrification
présente le risque d’un déplacement d’une partie très significative de la chaîne de valeur vers
l’Asie. Autrement dit, peut-on
conserver les savoir-faire en Europe, ou s’embarque-t-on dans
un suicide collectif de l’industrie
automobile européenne ? Comment réagit-on en Europe quand
en Chine, on administre le marché
pour mieux concentrer les investissements ? C’est aussi tout l’enjeu des efforts de R & D que les
Européens doivent consentir pour
travailler sur une nouvelle génération de batteries. J’ajoute que
nous faisons également une place
pour les solutions liées à l’hydrogène sur lequel investissent des
acteurs tels que Michelin, Plastic
Omnium ou Faurecia.
Comment la filière gère-t-elle
la baisse des ventes de diesel
et le durcissement des normes
européennes d’émissions ?
Chacun doit comprend que la
réussite de l’industrie automobile
est l’une des conditions pour gagner la bataille du climat. Au niveau européen, les décisions qui
ont été prises constituent un véritable défi, mais les réponses industrielles ont été apportées.
Quant aux négociations en cours,
nous expliquons que pour réussir
la transition écologique, il faut des
objectifs volontaristes, certes,
mais réalistes et il faut nous laisser
réussir cette transition. Les industriels investissent massivement
dans l’innovation pour relever ce
défi. Tout l’enjeu est d’en anticiper l’impact sur le tissu industriel
et sur les territoires. C’est ce que
nous faisons, en relation avec
l’État, et en dégageant des financements pour accompagner la
transformation, également numérique, des entreprises. ■
PAR Carole Bellemare avec Amaury Bucco
Jean-Philippe Hecquet, l’homme
providentiel qui doit relancer Lanvin
Qu’il soit à Paris ou à
l’étranger, il ne déroge
jamais à ses séances de jogging matinales, chaque jour
de… 6 heures à 6 h 30 ! « Un
bol d’air » indispensable pour faire le plein
d’énergie. Et de l’énergie, il lui en faudra dans
les prochains mois pour réussir son pari :
relancer la Maison Lanvin en grande difficulté,
rachetée en février par le chinois Fosun.
Si dans le cadre de la Fashion Week, la maison
présente ce samedi une collection printempsété 2019 au Palais de Tokyo, Jean-Philippe
Hecquet a fait le choix de mettre celle-ci « un
peu en retrait ». Le vrai coup de départ, ce sera
« en mars ou septembre », avec le premier défilé du futur directeur artistique. L’homme de
l’art a été choisi et « on est en train de finaliser », confie le nouveau patron qui sait
l’importance du duo manager-créateur.
Cet ESC l’a prouvé pendant quatre ans à la tête
de Sandro Monde (Groupe Sandro-MageClaudie Pierlot) où, de pair avec la fondatrice et
styliste Évelyne Chétrite, il sut transformer la
marque française en acteur mondial de la
mode. Avec, à la clé, une croissance de 20 %
par an. En prenant en main la Maison Lanvin,
le Rouennais, marié et père de trois enfants,
renoue aujourd’hui avec le luxe. Il avait en effet
auparavant passé quatorze ans chez LVMH,
L’évolution
« vers
notamment chez Louis Vuitton, auprès de « ses
mentors » Yves Carcelle puis Pietro Beccari
(aujourd’hui chez Dior) avec lesquels il apprit
beaucoup. Après Paris, le globe-trotteur fait
ses preuves comme vice-président Amérique
du Nord, puis à la tête de Louis Vuitton Canada,
avant de développer les magasins Tag Heuer en
Asie notamment, depuis la Suisse. Expérience
internationale dans le luxe, esprit d’entreprise
et qualités managériales reconnues : pour Guo
Guangchang, le bâtisseur du conglomérat
Fosun, actionnaire notamment du Club Med,
Jean-Philippe Hecquet était l’homme idoine
pour « réveiller la belle au bois dormant ».
Le rachat en février de la maison sur laquelle
régnèrent les créateurs Alber Elbaz et Olivier
Lapidus est une vraie consécration pour cet
homme discret, esthète et à la « vision longtermiste » qui dote ainsi son jeune pôle Mode
d’un navire amiral de renom. Il aurait décidé
d’emblée d’apporter 100 millions d’euros à la
maison. « Je ne serais jamais venu si cela avait
été pour des fonds », glisse Jean-Philippe Hecquet, qui connaissait déjà Fosun et n’a pas hésité une seconde à rejoindre la plus vieille maison
de couture française. « L’ADN est tellement
riche… » Dès son arrivée, ce manager « très
humain et exigeant » a rencontré les équipes
pour expliquer sa vision. Et de se satisfaire : « Le
regard redevient pétillant. »
C. B.
»
Bio
EXPRESS
1990
Il entre chez L’Oréal,
à la direction
du marketing,
puis aux ressources
humaines.
2002
Élu député
de la Haute-Marne
2007-2012
Il devient secrétaire
d’État en charge
de l’Industrie,
puis ministre de
l’Éducation nationale,
à partir de 2009.
Décembre 2017
Luc Chatel est
nommé président
de la Plateforme
automobile (PFA).
EN VIDÉO SUR
www.lefigaro.fr
www.lefigaro.fr/decideurs
â ÉRIC TEREFENKO
Speedy
Son expérience entrepreneuriale
aura été courte. Président-fondateur
du cabinet de conseil Teref & Co depuis 2017, le quinquagénaire prend le volant
de la filiale française du spécialiste de l’entretien automobile, notamment développé en
franchise. Ex-directeur du réseau de stations-service BP, l’ESCP avait été nommé vice-président de la branche retail de Delek,
devenu EFR Groupe, notamment propriétaire
du réseau de stations-service BP.
â MONIKA JÄNICKE
Novartis
Après la disparition tragique de Luc
Beaulieu, Monika Jänicke laisse ses
fonctions de directrice générale de la
filiale Suisse Novartis Pharmaceuticals,
qu’elle cumulait avec la direction du site de
Rotkreuz. Désormais à la tête de la filiale
française de Novartis Pharmaceuticals, elle
pilotera « cinq activités porteuses d’innovation
pour les personnes malades et leur entourage :
cardio-métabolisme, immunologie-hépathologie-dermatologie, neurosciences, ophtalmologie et respiratoire ». Elle est membre du comité exécutif européen et français du groupe
pharmaceutique suisse.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
MARCHÉS 25
La flambée des cours
du baril de brut profite
aux valeurs pétrolières
QUESTIONS
D’ARGENT AVEC
Et si vous deveniez
syndic bénévole
de votre copropriété ?
Si les actions des grandes compagnies ont progressé,
celles des services pétroliers sont très en retard.
ANALYSE
ROLAND LASKINE £@RolandLaskine
MATIÈRES PREMIÈRES Le prix du
pétrole poursuit son ascension. Le
cours du baril de brent, la référence
européenne sur le marché pétrolier,
dépasse désormais les 82 dollars.
C’est son plus haut niveau depuis
novembre 2014. À New York, la
progression du baril de WTI est
comparable. Selon les traders du
groupe de négoce Trafigura, le baril
franchira les 90 dollars à Noël et
atteindra les 100 dollars dès le
1er janvier.
Les cours du pétrole sont portés
par la décision de l’Opep et de la
Russie de maintenir leur accord de
réduction de la production, en dépit
des sanctions américaines contre
Téhéran. Ces sanctions prévues début novembre ne sont pas anecdotiques, elles devraient réduire l’offre
de
brut
de
quelque
800 000 barils/jour. Alors que la
demande reste soutenue dans le
monde, les capacités d’extraction
d’importants pays producteurs,
comme le Venezuela et la Libye, se
sont effondrées. Au total, c’est
presque 3,6 millions de barils/jour
qui manquent à l’appel.
Ce contexte favorise un retour en
grâce des valeurs du secteur. La plupart des grands groupes intégrés
européens, comme Royal Dutch
Shell, Total ou BP, n’ont pas encore
retrouvé leurs plus hauts niveaux de
2014, d’avant la chute du prix du baril, mais ils n’en sont pas très loin.
Leurs cours de Bourse affichent des
progressions de 25 % à 30 % depuis le
début de l’année. À près de 56 euros,
le titre Total ne fait pas exception. À
la fois porté par la hausse de prix du
brut et par une production record, le
pétrolier français a dégagé au premier semestre un profit net en hausse de 44 % à 3,55 milliards de dollars.
En début de semaine, ses dirigeants
ont confirmé tous leurs objectifs :
une hausse de la production, de 6 % à
7 % par an en moyenne sur la période 2017-2020, une réduction des
coûts d’exploitation de 5 milliards de
dollars par an et une politique de distribution de dividende des plus généreuse. En plus d’une enveloppe de
5,14 milliards d’euros réservée à la
rémunération des actionnaires cette
année, le dividende sera majoré de
1 % par an entre 2018 et 2020 et
5 milliards d’euros seront consacrés
à des rachats d’actions.
Signes de reprise
Grégory Olszowy, gérant du fonds
d’investissement Dom Prospective,
a pleinement profité de la hausse de
cours des majors du secteur. Mais il
estime que leur potentiel de hausse
est désormais plus limité. « Une
major company comme Total offre
une bonne visibilité sur le dividende et
une rémunération élevée, mais le titre
est bien valorisé, explique-t-il.
Aujourd’hui, il faut s’intéresser aux
producteurs indépendants et revenir
progressivement vers les services
parapétroliers. »
Depuis l’offre publique d’achat
lancé par la compagnie pétrolière
indonésienne Pertamina sur Maurel & Prom, il n’est plus possible de
Le cours des groupes pétroliers fait
trois fois mieux que les indices mondiaux
MSCI OIL AND
GAS PRODUCTION,
MSCI WORLD,
évolution en % sur 6 mois
évolution en % sur 6 mois
15,1
15 %
10 %
5,9
5%
0%
30 mars 2018
28 septembre 2018
Source : Bloomberg
Infographie
trouver de producteurs indépendants à la Bourse de Paris. Ceux-ci
sont nombreux à Wall Street mais il
s’agit de valeurs très spéculatives,
comme Occidental Petroleum,
Apache Corporation ou Anadarko
Petroleum. Dans le même secteur,
Tullow Oil, coté à Londres et très
présent sur le sol africain, est bien
placé pour profiter de la hausse du
prix de l’or noir. Le titre s’est envolé
de 36 % au cours des six derniers
mois. Mais les investisseurs internationaux sont exposés à la baisse
de la livre sterling.
Pour espérer monter dans le train
de la hausse, il reste les valeurs parapétrolières qui n’ont pas encore
décollé. Les deux leaders mondiaux, les groupes américains
Schlumberger et Halliburton, se
traitent toujours à Wall Street à des
niveaux 40 % inférieurs à ceux de
2014. « Ce retard traduit la méfiance
des investisseurs à l’égard de ces valeurs qui ont énormément souffert de
la chute des investissements et des
dépenses d’exploration des majors
au cours de ces quatre dernières années », explique Jean-Jacques
Friedman, responsable de la stratégie d’investissement de Natixis AM.
Les dépenses dans les activités de
prospection ne sont pas encore reparties. Mais certains signes de reprises commencent à se manifester
dans la maintenance et de mise en
exploitation de nouveaux puits. « Il
est aujourd’hui question de rattraper
une longue période de sous-investissement, ajoute Jean-Jacques Friedman. Si le baril se dirige vers les
100 dollars, il ne fait aucun doute que
le potentiel de rebond des services
pétroliers est élevé. »
Ce secteur reste traditionnellement assez spéculatif, mais nous
disposons de nombreuses valeurs
de qualité à la Bourse de Paris. C’est
le cas du groupe franco-américain
d’ingénierie pétrolière TechnipFMC
qui a annoncé fin juillet une hausse
de 34,2 % des prises de commandes. Si le titre s’est légèrement redressé au cours de ces dernières semaines, il n’affiche encore qu’une
modeste progression de 4,5 % depuis le 1er janvier. Vallourec, spécialisé dans la fabrication de tubes
de forage sans soudure, peine aussi
à convaincre. Son cours de Bourse a
perdu plus de 80 % de sa valeur depuis cinq ans. Les commandes repartent timidement de l’avant aux
États-Unis mais l’exploitation est
toujours déficitaire. ■
GESTION Pour faire baisser ce que
leur coûte leur appartement, certains copropriétaires sont tentés de
s’occuper directement de la gestion
de leur résidence. À commencer
par ceux qui vivent dans des petits
ensembles et paient des frais élevés
à leur gestionnaire sans en être satisfaits. Mais gérer son immeuble de
façon bénévole requiert une forte
implication des copropriétaires.
Leur mission est, à peu de chose
près, la même que celle d’un syndic
professionnel. En outre, il faut aussi
assurer le passage de relais entre
professionnel et bénévole, ce qui
n’est pas toujours évident. Mais le
jeu en vaut la chandelle.
1
à suivre sur
lefigaro.fr/bourse
n
Les matières
premières et les
produits dérivés
n Le crible
des sicav
et des fonds
n Les portefeuilles
de Roland Laskine
n Les cotations
en direct
sur iPhone
Quelles économies
peut-on réaliser ?
Recourir à un syndic bénévole
permet d’économiser les honoraires d’un cabinet professionnel
(même si le syndic bénévole est dédommagé, son coût restera toujours
inférieur). Dans certaines petites
résidences, ils représentent ainsi
plus de 40 % du budget de leur
fonctionnement annuel, pour des
services souvent limités. Et cela ne
devrait guère s’arranger : selon
Syneval, un courtier en syndic, la
forte hausse des honoraires de syndic pour les petits immeubles se
poursuit entre 2017 et 2018, avec
une augmentation de 23,2 % dans la
capitale pour les résidences de dix à
vingt lots, contre 6,2 % en Île-deFrance ou encore 7,3 % à Lyon. « Le
forfait minimal appliqué s’élève à
plus de 4 000 euros par an à Paris. Il
a explosé à Lyon, où il atteint désormais 2 503 euros », chiffre Rachid
Laaraj, son président.
Le syndic bénévole permet aussi
souvent une meilleure gestion de
l’immeuble. Il contrôle davantage
les dépenses d’eau ou de chauffage.
Par exemple, dans une copropriété
de vingt lots à Saint-Denis (93),
Bruno, syndic bénévole, a économisé 15 000 € de charges annuelles
(sur les 55 000 € habituels) en renégociant tous les contrats de la résidence (chauffage, eau, assurance,
ascenseur…).
2
Qui peut devenir syndic
bénévole ?
Tout copropriétaire de sa résidence principale ou secondaire,
détenteur ne serait-ce que d’une
simple cave ou d’une chambre de
service, peut prendre en charge la
gestion de la copropriété, à la place
d’un professionnel.
En pratique, les syndics bénévoles
sont souvent des retraités, car cette
activité demande beaucoup de disponibilité. « Néanmoins, on voit de
plus en plus de jeunes primo-accédants qui font ce choix par conviction », relève Virginie Guihard, responsable du pôle syndics bénévoles
au sein de l’Association des responsables de copropriété (ARC). Une
enquête de l’ARC le confirme : parmi leurs adhérents bénévoles, 13 %
sont des actifs d’une trentaine
d’années, 33 % ont entre 40 et
60 ans et 54 % plus de 60 ans.
3
Peut-on se faire
accompagner
dans cette tâche ?
Certaines associations peuvent vous
aider à mettre en place le syndic bénévole. C’est le cas, par exemple, de
l’ARC, de l’Association nationale de
la copropriété et des copropriétaires (ANCC) ou encore de l’Union
nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). Elles fournissent,
moyennant une cotisation annuelle
d’une centaine d’euros, l’appui de
juristes, de techniciens et de comptables pour vous accompagner. Elles proposent aussi des formations
pour assister les adhérents bénévoles. « Le passage de relais entre syndics professionnel et bénévole se prépare bien avant l’assemblée générale
statuant sur le sort du mandat en
cours. Les copropriétaires qui sont
motivés peuvent nous contacter en
amont et nous les accompagnons
pendant toute la procédure », rappelle Virginie Guihard.
Dès qu’il a été décidé, le projet
(question et résolution) doit être
envoyé au syndic en place, qui doit
l’inscrire à l’ordre du jour de la prochaine assemblée. Il faut lui en faire
la demande par courrier recommandé avant la date limite d’envoi
de l’ordre du jour, accompagné
d’une proposition de contrat type
de syndic bénévole. Comme pour
toute élection de syndic, l’assemblée générale se prononce à la majorité de l’article 25 de la loi du
10 juillet 1965 (la majorité des voix
de tous les copropriétaires, présents, représentés et absents).
Une fois le syndic bénévole mis en
place, il faut alors récupérer les archives (règlement de copropriété,
procès-verbaux des assemblées générales, liste à jour des copropriétaires, documents comptables…)
auprès du syndic professionnel,
puis ouvrir un compte séparé au
nom de la copropriété (s’il y en a
déjà un, il faut informer la banque
du changement de syndic) et souscrire une assurance de responsabilité civile (elle n’est pas obligatoire,
mais fortement recommandée), qui
vous protège en cas de gestion défectueuse.
PAULINE JANICOT
LA SÉANCE DU VENDREDI 28 SEPTEMBRE
JOUR
%VAR.
+0,32
+0,98
+0,39
-1,02
-2,23
-0,46
-0,29
0
-1,52
+0,55
+0,02
+0,31
-0,27
+1,25
+1,98
+1
+1,11
+1,22
+0,38
+0,56
+HAUTJOUR
44,06
113,5
108,98
27,47
107,5
23,7
54,62
37,87
111,35
16,59
12,992
67,23
129
12,58
129
566
466,2
208,3
63,4
307,65
+BAS JOUR %CAP.ECH 31/12
43,76
0,209 +2,23
111,65
0,285 +8,04
106,94
0,128 +31,2
26,895 0,149 -0,28
105,2
0,326 -13,27
23,385 0,269 -4,65
53,62
0,305 -12,5
36,97
0,219 -13,41
109,9
0,293 +11,13
16,325 0,278 -8,4
12,78
0,211 -6,17
66,52
0,196 -4,03
127,6
0,09 +44,99
12,315
0,279 -12,38
126,25
0,325 +12,22
558,6
0,052 +26,79
457,3
0,194 +27,02
204,3
0,066 +12,46
62,76
0,174 -1,29
303,65
0,085 +25,37
JOUR
%VAR.
♣
MICHELIN ..............................................
103,1
-0,15
ORANGE ..............................................13,875 +0,84
PERNOD RICARD ..................................
140,85 +1,73
PEUGEOT ..............................................
23,63 -0,59
♣ 51,84 +1,33
PUBLICIS GROUPE SA .............................
RENAULT ..............................................
74,63 +0,35
SAFRAN ..............................................121,5
+0,45
SAINT GOBAIN ..................................37,105 -0,52
SANOFI ..............................................76,91
+1,88
SCHNEIDER ELECTRIC .............................
70,16 +0,78
SOCIETE GENERALE ♣
..................................
38,04 -0,31
SODEXO ..............................................91,46 +1,46
STMICROELECTRONICS .............................
15,895 -1,79
TECHNIPFMC ..................................27,12
-1,63
TOTAL .............................................. 56,02 +1,06
UNIBAIL-RODAMCO-WE .............................
176,2
-0,45
VALEO .............................................. 37,94 -1,17
VEOLIA ENVIRON. ..................................
17,34 +0,76
VINCI♣.............................................. 82,4
+0,24
VIVENDI ..............................................22,5
-0,13
+HAUTJOUR +BAS JOUR
103,55
13,955
140,95
23,99
52,38
74,71
121,55
37,28
77,32
70,26
38,04
91,9
16,14
27,74
56,17
177,2
38,81
17,34
82,56
22,62
102,05
13,685
137,95
23,47
50,72
73,47
120,25
36,9
75,45
69
37,405
89,78
15,715
26,82
55,37
175,34
37,51
17,095
81,24
22,39
%CAP.ECH
0,263
0,225
0,287
0,291
0,334
0,247
0,15
0,27
0,225
0,157
0,49
0,142
0,366
0
0,276
0,184
1,804
0,347
0,156
0,201
31/12
-13,76
-4,15
+6,74
+39,37
-8,49
-11,06
+41,43
-19,3
+7,04
-0,99
-11,64
-18,38
-12,69
+4,91
+21,66
-39,07
-18,5
-3,23
+0,36
CARMAT CONTINUE DE CONSOMMER BEAUCOUP DE CASH
Le spécialiste français des cœurs artificiels a dévoilé, vendredi, des résultats semestriels peu significatifs puisqu’il ne
commercialise aucun produit pour le moment. Les investisseurs ont en revanche
examiné de près l’évolution des charges
d’exploitation, qui ont progressé de 37 % à
20,1 millions d’euros au cours des six premiers mois de l’année. Cette augmenta-
tion résulte de l’avancement du processus de marquage CE de son cœur artificiel
et des travaux préparatifs à l’ouverture
d’un site de production à Bois-d’Arcy. Celui-ci est, selon la direction, d’ores et déjà
opérationnel et devrait être capable de
produire quelque 800 prothèses cardiaques par an. La montée en puissance de
l’étude Pivot, destinée à obtenir le feu
LES DEVISES
MONNAIE
AUSTRALIE ................................................................................
DOLLAR AUSTRALIEN
CANADA ................................................................................
DOLLAR CANADIEN
GDE BRETAGNE ................................................................................
LIVRE STERLING
HONG KONG ................................................................................
DOLLAR DE HONG KONG
JAPON ................................................................................
YEN
SUISSE ................................................................................
FRANC SUISSE
ETATS-UNIS ................................................................................
DOLLAR
TUNISIE ................................................................................
DINAR TUNISIEN
MAROC ................................................................................
DIHRAM
TURQUIE ................................................................................
NOUVELLE LIVRE TURQUE
EGYPTE ................................................................................
LIVRE EGYPTIENNE
CHINE ................................................................................
YUAN
INDE ................................................................................
ROUPIE
ALGERIE ................................................................................
DINAR ALGERIEN
1 EURO=
1,62
1,5301
0,8897
9,1478
132,15
1,1371
1,1707
3,2657
11,103
7,0415
21,1134
8,055
84,983
138,3056
AUD
CAD
GBP
HKD
JPY
CHF
USD
TND
MAD
TRY
EGP
CNY
INR
DZD
L’OR
JOUR
VEILLE
31/12
COTATION QUOTIDIENNE ASSURÉE PAR TESSI-CPOR
www.cpordevises.com
LINGOT DE 1KG ENV .....................................................
32610
32330
-6,16
NAPOLEON ..................................................... 195
197,7
-5,75
PIECE 10 DOL USA .....................................................
560
560
-4,76
PIECE 10 FLORINS .....................................................
203
198
-4,61
PIECE 20 DOLLARS .....................................................
1130
1115
-3,25
PIECE 20F TUNISIE .....................................................
193
193
-5,39
PIECE 5 DOL US (H) .....................................................
289
289
-5,25
PIECE 50 PESOS MEX .....................................................
1244,75
1235,5
-4,98
PIECE FR 10 FR (H) .....................................................
110
110
+0,18
PIECE SUISSE 20F .....................................................
191,4
192,4
-5,57
PIECE LATINE 20F .....................................................
193
193
-4,88
SOUVERAIN ..................................................... 247,8
241
-4,95
KRUGERRAND .....................................................
1095
1090
-2,12
SICAV ET FCP
VALEURS LIQUIDATIVES EN EUROS (OU EN DEVISES), HORS FRAIS
VALEUR
DATE DE
LIQUID. VALORISAT.
42 rue d’Anjou,
75008 Paris
Tél. : 01 55 27 94 94
www.palatine.fr
SICAV
UNI HOCHE C ................................................
286,16 25/09/18
Cybèle Asset Management
37 av. des Champs-Elysées
75008 Paris
Tel. : 01 56 43 62 50
BETELGEUSE ................................................
48,91 25/09/18
BELLATRIX C ................................................
335,20 25/09/18
SIRIUS ................................................56,11 25/09/18
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WWW.WANSQUARE.COM
laskine@lefigaro.fr
vert des autorités sanitaires pour la commercialisation de sa prothèse intégrale, a
aussi gonflé les dépenses. La moitié des
patients prévus pour cette étude a été
recrutée. Ceux-ci devraient être transplantés d’ici à la fin de l’année, selon le calendrier présenté par la direction. Celle-ci
a aussi annoncé le succès de la première
transplantation cardiaque d’un patient
ayant précédemment vécu avec un cœur
artificiel total de Carmat pendant 8 mois.
Le titre a terminé la semaine sur une
hausse de 1,32 %, à 26,95 euros, mais les
analystes sont toujours préoccupés par la
position de trésorerie au 30 juin, qui s’établit à 44 millions d’euros, à comparer aux
60,7 millions d’euros détenus fin décembre. Le financement de tous les projets en
cours coûte très cher et Carmat « brûle »
environ 20 millions d’euros de cash par
semestre. À ce rythme, une nouvelle
augmentation de capital pourrait s’avérer
nécessaire d’ici à un an. Les risques de dilution liés à un prochain appel au marché
comme la possibilité d’un échec de commercialisation devraient inciter les investisseurs à la prudence. ■
A
LE CAC
ACCOR .............................................. 43,96
♣
AIR LIQUIDE ..................................
113,5
AIRBUS ..............................................108,9
ARCELORMITTAL SA ..................................
27,04
ATOS .............................................. 105,25
AXA .............................................. 23,585
BNP PARIBAS ACT.A ..................................
54,47
BOUYGUES ..............................................
37,5
CAPGEMINI ..............................................
109,9
CARREFOUR ..............................................
16,525
CREDIT AGRICOLE ..................................
12,948
DANONE ..............................................67,13
DASSAULT SYSTEMES ..................................
128,45
ENGIE .............................................. 12,56
ESSILOR INTL. ..................................129
HERMES INTL ..................................565,8
KERING ..............................................464
L'OREAL ..............................................
208
LEGRAND ..............................................63,36
LVMH .............................................. 307,65
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
26
MÉDIAS et PUBLICITÉ
La Chine bannit les productions
étrangères du prime time
Xi Jinping veut imposer un quota de diffusion de 30 % sur les contenus étrangers.
SÉBASTIEN FALLETTI £@fallettiseb
SHANGHAI
AUDIOVISUEL La télévision chinoise vire au rouge vif. Tout
contenu d’origine étrangère sera
bientôt banni des ondes chinoises
durant les heures de grande
écoute, selon des nouvelles règles
proposées par Pékin. Cela marque une nouvelle étape dans la
reprise en main idéologique du
secteur audiovisuel, sous l’égide
du président Xi Jinping.
Entre 19 heures et 22 heures,
seules des émissions produites
localement pourront être diffusées à la télévision ou à la radio.
Pour leur part, les contenus
étrangers seront cantonnés à un
quota de 30 % dans leur catégorie
et relégués sur le reste de la journée, a proposé la nouvelle
administration chargée de réguler le secteur, à l’orée du second
mandat du dirigeant. Ces mesures visent à « protéger la stabilité
sociale » de la deuxième économie mondiale en luttant contre
les contenus « qui dévient des
valeurs essentielles du socialisme », affirme l’Administration
pour la radio et la télévision
(Sart), dirigée par Nie Chenxi,
ancien patron de la CCTV, la
télévision d’État. Signe des
temps, son organisation est directement placée sous le contrôle
du bureau de la propagande, alors
que son prédécesseur dépendait
du gouvernement.
Reprise en main des
plateformes de streaming
La date d’entrée en vigueur de
ces nouvelles règles encore en
cours de consultation n’est pas
tranchée, mais elles portent la
marque de « l’Oncle Xi », déterminé à replacer la société chinoise sous la coupe du Parti communiste depuis son arrivée au
pouvoir, en 2013. Dans un docu-
£ La messagerie pour les
entreprises souhaite
s’introduire en Bourse au
premier semestre 2019. Elle vise
une valorisation « bien
supérieure » à 7 milliards de
dollars, selon le Wall Street
Journal.
COLÈRE CHEZ
MONDADORI FRANCE
ment « numéro 9 » secret distribué aux caciques du régime dès
2012, il avait déjà décrété une
lutte sans merci contre le « péril »
des influences « occidentales ».
Ces propositions sont dans le
droit fil de cette philosophie,
durcissant les réglementations en
vigueur depuis 2004, qui ciblaient uniquement les films
étrangers et sont désormais étendues à tous les contenus depuis le
sport jusqu’aux documentaires
ou aux programmes éducatifs.
« Où est la confiance en notre propre culture ? Tant de documentaires excellents vont disparaître ?
Quelle ouverture culturelle ! »
grince un internaute sur Weibo,
le Tweeter chinois, où les censeurs ont déjà effacé nombre de
commentaires critiques sur ce
sujet sensible.
La reprise en main frappe également les plateformes de strea-
ming, qui imposent un quota de
30 % aux séries étrangères depuis 2015. Les feuilletons américains doivent passer les fourches
caudines de la censure, retardant
ou interdisant leur diffusion.
Au nom de la défense de la
propriété
intellectuelle,
les
plateformes de téléchargement
illégal, principales sources de
contenus étrangers non censurés, sont fermées une à une,
réduisant le choix des téléspectateurs. « Interdire, toujours
interdire, et ils ne réfléchissent
jamais à la raison pour laquelle
les programmes chinois ne sont
pas populaires », grogne un
internaute.
Mais les masses semblent plébisciter ce grand repli culturel de
l’Empire du Milieu à l’image du
box-office, où la part de marché
des films étrangers est en recul au
profit des concurrents locaux. Le
Le président Xi Jinping
(ici, sur des écrans
en Chine) souhaite lutter
contre les contenus
« qui dévient
des valeurs essentielles
du socialisme ». STR/AFP
ENGUÉRAND RENAULT £@erenault
matique
qu’une radio
et un
quotidien
s’associent
dans la vidéo.
Cela prouve
qu’il n’y a
plus de
médias
en silo
»
1
JEAN-FRANCIS
PECRESSE DIRECTEUR
DE RADIO CLASSIQUE
En vente actuellement
£ Les syndicats de Mondadori
France affirment que le rachat
du groupe par Reworld Media
entraînerait « une gigantesque
casse sociale menaçant
700 emplois en CDI ».
Les élus songent à interpeller
le ministère de la Culture.
Les deux médias codiffusent la séquence politique.
Il est
« sympto-
chez votre marchand de journaux et sur www.figarostore.fr
régime a également engagé une
réforme drastique du secteur du
cinéma, avec pour ambition de
mettre le septième art « au service du socialisme », comme l’avait
indiqué Xi Jinping dans un discours en 2014. ■
Radio Classique
et « Le Figaro »
font matinale commune
numéro spécial :
tout ce qu’il faut savoir
sur la franchise
A
£ Le réseau social a annoncé
vendredi qu’une faille de
sécurité avait été exploitée sur
son site, touchant environ
50 millions de comptes.
Des informations personnelles
auraient pu être dérobées
lors de ce piratage. Plus de
90 millions de comptes ont été
déconnectés de force ce
vendredi par mesure de
sécurité. Facebook affirme que
la faille a été identifiée et
corrigée. Le réseau social dit
ignorer d’où vient l’attaque
informatique ainsi
que sa portée exacte.
SLACK VISE LA BOURSE
nouveau
€
6,50
EN BREF
50 MILLIONS DE
COMPTES FACEBOOK
TOUCHÉS
PAR UNE ATTAQUE
INFORMATIQUE
RADIO À partir de lundi 1er octobre, une partie de la matinale de
Radio Classique sera retransmise
en direct sur le service vidéo
« Figaro Live » en une du site lefigaro.fr. Les deux médias s’associent pour codiffuser « L’édito
politique » de Guillaume Tabard,
éditorialiste politique du Figaro,
à 8 h 12 ainsi que « L’invité politique », émission coanimée par
Guillaume Durand et Renaud
Blanc de 8 h 15 à 8 h 30.
Cette séquence politique de la
matinale de Radio Classique était
auparavant diffusée sur Paris
Première la chaîne du groupe M6.
« Il est symptomatique qu’une radio et un quotidien s’associent
dans la vidéo. Cela prouve qu’il n’y
a plus de médias en silo », explique Jean-Francis Pecresse directeur de Radio Classique.
Arrivée de Franck Ferrand
Le nouveau directeur a procédé à
des changements dans la grille de
rentrée de Radio Classique. La
station a été active sur le mercato, en recrutant Franck
Ferrand, en partance d’Europe 1,
ainsi que Laurence Ferrari. L’historien dispose de deux cases
d’une demi-heure chaque jour à
9 heures et à 14 heures. Quant à la
journaliste, elle partage ses coups
de cœur musicaux tous les jours
de 12 à 14 heures.
En revanche, Claire Chazal et
Patrick Poivre d’Arvor ont quitté
la station à la fin de la saison précédente. « La grille était un peu
usée, il fallait la renouveler », admet Jean-Francis Pecresse. Outre
les changements de grille, la direction a également travaillé sur
l’image de la station avec une
nouvelle signature « Radio Classique, et votre journée devient plus
belle ». « Le positionnement de
Radio Classique entre radio parlée
et radio musicale est bien ancré.
Notre socle est constitué d’amateurs de musique, mais nous devons partir maintenant à la
conquête des amateurs de bienêtre, qui veulent passer une matinale intelligente avec de l’information économique et politique et
veulent ensuite écouter de la grande et belle musique classique avec
les meilleurs interprètes et les
meilleurs enregistrements », explique Jean-Francis Pecresse.
En attirant Franck Ferrand, la
station espère séduire un public
plus large, notamment venant
d’Europe 1. Elle compte également sur son talent de conteur
pour développer sa présence
dans les podcasts.
Sur ce nouveau territoire,
Radio Classique va puiser dans
son catalogue pour offrir, en octobre, des podcasts reprenant les
« Histoires en musique » (La Belle au bois dormant, Pierre et le
Loup, Cendrillon…) d’Élodie Fondacci ainsi qu’une série d’autres
contes pour enfants. Une initiative qui vient clairement dans le
sillage de celle de France Inter
qui a lancé la série de podcasts
natifs intitulés « Oli ». Des histoires originales pour les toutpetits racontées par Delphine de
Vigan, Guillaume Meurice ou
Alain Mabanckou. ■
» Sur
« L’ACTUALITÉ
DES MÉDIAS »
dans le 17h-19h
par Catherine Pottier
et Enguérand Renault
chaque dimanche
à 17h25
et sur franceinfo.fr
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO - N° 23 057 - Cahier N° 3 - Ne peut être vendu séparément - www.lefigaro.fr
ART
ADULÉ À L’ÉTRANGER,
BERNAR VENET CONNAÎT ENFIN
SA PREMIÈRE RÉTROSPECTIVE
EN FRANCE PAGE 31
COLLECTIONS
AVEC SON ÉTÉ 2019,
LOEWE TOUCHE LE CŒUR
DES FEMMES
PAGE 30
La mode dans son assiette
SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO
Juan Arbelaez,
chef du
restaurant
Froufrou
à Paris,
jeudi dernier.
Où dînent les top-modèles, les designers et toute la caravane de rédactrices,
de blogueurs et de fans qui les suit ? Quels sont leurs plats préférés ? Tour de piste
au moment où la Fashion Week parisienne bat son plein. PAGE 28
Nuit de « Decadance »
au Palais Garnier
L’ ICÔNE.
DANSE Jeudi soir, le public du gala
d’ouverture de la saison du ballet
de l’Opéra de Paris pouvait toucher le ciel.
eudi soir, pour le gala de rentrée du Ballet de l’Opéra de
Paris, les étoiles dégringolaient du ciel, au-dessus du
grand escalier, renvoyées par
une ronde de miroirs suspendus.
Chanel et Rolex, mécènes de la soirée, avaient somptueusement conjugué leurs talents pour que la voie
lactée baigne le Palais Garnier. Dentelles, strass, diamants, les élégantes
étincelaient. Mais sur scène, les étoiles n’ont fait que filer, sur la marche
des Troyens, pour le Défilé du corps
de ballet.
C’était, il est vrai, soir de Decadance. Le vieux hit du chorégraphe israélien Ohad Naharin entrait au répertoire pour l’ouverture de la saison,
dix-huit ans après sa création. Avec,
en incise, le duo d’un Boléro déglingué interprété par Aurélie Dupont et
Diana Vishneva, en sobre costume
noir dessiné par Karl Lagerfeld.
J
Moments d’anthologie
Et surprise, pour ceux qui ne
l’auraient pas déjà vu, les magnifiques séquences où la quarantaine de
danseurs, tous habillés en homme et
coiffés d’un chapeau noir, font entrer le public dans la danse sur Somewhere Over the Rainbow, enchaînent sur un cha-cha-cha puis sur
Sway de Sinatra, avant de réapparaître assis en demi-cercle pour un
déshabillage sur Echad mi yodea. Ils
restent des moments d’anthologie
de la danse contemporaine.
Copié-collé chaque fois recomposé d’extraits de ses pièces, Decadance tient en une joute explosive et délicate avec le public. À l’Opéra de
Paris, elle dure une heure vingt, et,
jeudi soir, elle manquait de piquant.
Intimidation des danseurs devant ce
parterre de clientes Chanel, de stars,
d’élégantes venues du monde entier
et qui ont rapporté à l’Opéra la somme d’un million cent mille euros, un
record depuis quatre ans ? Mauvais
choix de ne distribuer que des jeunes
du corps de ballet ? Les vingt dernières minutes qui reprennent Séder
tombent particulièrement à plat. Les
danseurs doivent affronter le public
par le seul fait de s’exposer. Lorsqu’il
s’agit des danseurs de la Batsheva,
dirigée par Naharin, on frissonne :
chacune de leurs apparitions accroche et provoque. Un corps de ballet
classique, élevé dans l’uniformité et
l’art du diaphane, n’est, lui, pas taillé
pour l’exercice.
Dans le grand foyer, les tables
étaient mises pour un souper de
650 personnes. En cuisine, les stars du
fooding régalaient. Christophe Pelé
offrait un bar poché, courgettes, yuzu.
Tatiana Levha un homard rôti aubergines couvert de pétales de fleurs. À
minuit, sans attendre l’esquimau pistache de Giovanni Passerini, on se
ruait vers la rotonde des abonnés
transformée en boîte de nuit. ■
L’ÉMOTION ABSOLUE
w w w. b e r n ard-mag rez . c o m
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
G. SCHACHMES PARIS-COURTESY ARCHIVES BERNAR VENET NEW YORK ; F. FIOR/IMAXTREE.COM
P RO P R I É TA I R E
A
ARIANE BAVELIER £@arianebavelier
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
L'ÉVÉNEMENT
PRESSE
CAVIAR KASPIA
Plus de quatre-vingt-dix ans
que la maison spécialiste de l’œuf
d’esturgeon reçoit le Tout-Paris
dans son restaurant mordoré
du premier étage, avec vue
sur l’église de la Madeleine.
17, place de la Madeleine
(Paris VIIIe).
Le restaurant Froufrou vient d’ouvrir dans le Théâtre Édouard-VII, avec aux commandes le chef Juan Arbelaez.
S. SORIANO/LE FIGARO
Les repaires
de la mode
HÔTEL COSTES
aris, ce dernier jeudi, le quartier des théâtres dans le dos des
Grands-Boulevards et, très précisément, l’Édouard-VII sur la délicieuse
placette éponyme qui lui sert de
planque. À l’affiche, cette rentrée, Le
Prénom, pièce désormais culte qui,
chaque soir, fait le plein d’une salle
ravie, acquise, l’inverse aussi. Cette
semaine, pourtant, unité de temps,
unité de lieu, mais l’action qui révèle
une autre et drôle de scène. Le Froufrou vient d’ouvrir.
Ce petit nom sonne comme une pièce de Barillet et Grédy mais la suite se
passe à table. Car si nous sommes bien
au Théâtre Édouard-VII, fût-ce dans
ses coulisses, nous sommes surtout au
restaurant. Un vrai de vrai avec
décor, serveur, menu, public, addition. Un authentique mais d’un style
particulier. Bienvenue dans un de ces
restaurants que l’on dit branchés.
Dans sa manie de classifier les adresses, la critique (mais pas seulement)
se plaît également à épingler le genre
sous l’appellation de tables à la mode,
de cantines du « voir et être vu » ou,
plus précieux, de repaires mondains.
À sa manière, le restaurant branché
fait partie du répertoire gastronomique. Il a ses codes, ses rites, sa
petite mécanique comme le bistrot, la
brasserie, le bouchon, le boui-boui, le
bar à vins et le grand étoilé ont les
leurs. Et Froufrou de cocher méthodiquement les cases. D’abord, une
géographie. Le quartier se doit d’être
en vue, central, confortable. Ce n’est
pas tant que le public pourrait s’effrayer mais il convient surtout qu’il
puisse venir et revenir sans s’éloigner
de ses quartiers fétiches. Les GrandsBoulevards reviennent en grâce à
Paris, Froufrou l’a bien compris. Pour
suivre, l’exigence d’un décor, car s’il
ne faut pas affoler la galerie, mieux
vaut l’épater. N’en déplaise à ce bon
vieux Curnonsky, prince élu de la
gastronomie des années 1930 à 1950,
qui affirmait le contraire, les mangeurs branchés viennent aussi bouffer
les rideaux. Au Froufrou, ils sont
d’ailleurs là, tendus, épais, cossus,
d’un bleu nuit qui balance la salle en
façon de boudoir avec les tables à touche-touche, les banquettes intimistes, les lumières basses même en plein
jour, les velours, les lustres, les lambris, bref, une allure post-cocotte revendiquée, prolongée en sous-sol
d’un bar où l’on descend comme on
passerait au salon. C’est le styliste
Alexis Mabille qui s’y est collé, offrant
au moins autant son talent que sa notoriété. C’est ainsi, aux réfectoires
branchocrates, on se plaît à soigner
l’affiche et le casting. D’ailleurs,
avant même la première bouchée de
la première assiette, le chef précède sa
cuisine. Au Froufrou, on a misé sur un
jeune premier, meilleur espoir de la
casserole, Juan Arbelaez. Une jolie
gueule montante et entreprenante
déjà vue, déjà goûtue dans quelques
adresses élues (Yaya, Vida, Levain). Il
butine en salle comme sur des planches, révélant aux convives l’intrigue
d’une carte voulue « festive, rieuse,
GASTRONOMIE Quartier
en vue, décor épatant et cuisine
élégante… Tels sont les codes des tables branchées qui
attirent, chaque saison, les héros de la Fashion Week.
coquine, libertine, froufroutante ». La
plupart des plats se partagent à deux,
trois, quatre prodigues à ce que l’on
pioche dans l’assiette du copain, de la
copine ou du voisin, de la voisine si
affinités.
Bonne fille, suffisamment souple,
ouverte à toutes les bouches, c’est la
cuisine italienne qui sert le prétexte.
Recettes dociles, bien menées, vitello
tonnato, tomates, melon et Burrata à la
limite d’être hors saison, gnocchis et
langoustines à la sauge. Pour la bonne
mesure, la carte ajoute ce qu’il faut de
chic, de canaille (homard Sacha, volaille contisée au thym, lotte rôtie entière) et d’air du temps (ceviche de
maigre, truite à l’unilatéral). La demibaguette grillée tartinée à la moelle et
aux truffes s’emploie déjà à faire le
show, prouvant que le snob est parfois
soluble dans le popu. Reconnaissons, au
passage, que dans la passion retrouvée
de l’époque pour les choses de l’assiette, ces chères mangeoires dorées s’emploient désormais à ce que les nourritures ne tiennent pas trop la chandelle.
Un vieux chroniqueur affirmait, il y a
quelques années, qu’un restaurant
branché était un restau « un tiers mondain, deux tiers médiocre ». De ce côtélà, le niveau a le mérite de grimper.
Reste enfin le public. Dans cette drôle
de famille, comme au théâtre, c’est lui
Un mélange de premiers
de cordée, de gens
de la mode, des bandes
du cinoche, du show,
du biz, de la politique,
du buzz, des m’as-tu-vu,
m’as-tu-reconnu,
des têtes connues
qui donne le ton. Du moins, lui qui garantit le succès. Ou pas. Comme la
mode, il est volage, infidèle, parfois insupportable, parfois très sympathique,
précieux par endroits, ridicule à
d’autres, sûrement superflu, assurément nécessaire. Un mélange de premiers de cordée, de gens de la mode,
des bandes du cinoche, du show, du
biz, de la politique, du buzz, des m’astu-vu, m’as-tu-reconnu, des têtes
connues, des pique-assiette, des jolies
filles, des vieux beaux, des jeunes masques, des vieilles peaux, on en passe, on
en oublie. Une sociologie en son miroir,
une tribu en mâche qui, depuis que le
monde est mode, dans toutes les villes
et surtout à Paris, s’installe au restaurant comme au balcon.
S’en plaindre, le regretter ? Sûrement pas, qu’on l’aime ou qu’on la déteste, qu’on en soit ou pas, dans son sel,
la fameuse « Café Society » a inventé
un genre. Sans elle, hier, aujourd’hui,
pas de Maxim’s, pas de Coupole, pas de
Flore, pas de Costes et Paris qui serait
un peu moins Paris. Rien d’innocent
d’ailleurs à ce que, cette dernière
semaine précisément, Froufrou soit entré dans cette danse. Les vanités ont
leur saison et, même en ce début
d’automne, la Fashion Week est sûrement la plus chaude. ■
Froufrou, Théâtre Édouard-VII,
10 place Édouard-VII (Paris IXe).
Tél.: 01 47 42 92 55.
www.froufrou-paris.com
Carbon, l’annexe des podiums
A
ALICE BOSIO £@alicebosio
Inutile d’essayer d’y réserver une table. Pendant la semaine des défilés,
Carbon affiche complet tous les soirs
aux deux services. Ouverte depuis un
an et demi en plein cœur du Marais
(Paris IIIe), cette table sert viandes et
poissons cuits à la braise – foin de
vegan ! - et dissimule, dans son soussol, le bar façon speakeasy La Mina. Au
restaurant lumineux tout en tables
marbrées, banquettes en cuir et cascades végétales, le bar à cocktails oppose
son obscurité et ses clins d’œil à la mine
de charbon dont il s’inspire (éclairage à
la bougie, casques de mineur vissés au
plafond de la cave voûtée).
« 40 % à 50 % de notre clientèle pendant les Fashion Weeks – homme, femme
et haute couture – travaillent dans le
milieu de la mode. Créateurs, influenceurs, mannequins… dont beaucoup
d’étrangers, réservent plusieurs jours à
l’avance », constate Sabrina Goldin, cofondatrice du restaurant avec son compagnon Stéphane Abby. Dior, Chanel ou
Alexander McQueen y ont leur rond de
serviette. Acne Studios a privatisé
Carbon pour un dîner lors de la dernière
saison. Un petit salon privé, planqué au
fond du restaurant, est pris d’assaut par
les maisons qui veulent chouchouter
leurs clients le temps d’un repas.
Pourquoi tant de succès ? « Je crois
qu’ils aiment notre style décontracté, explique Sabrina Goldin. C’est un bel en-
droit, où il y a de la place. Les clients ne
sont pas serrés comme dans un petit bistrot, et peuvent venir habillés comme ils
veulent ! » Robe déstructurée comme
jean skinny. La musique funk et la carte, qui mêle petites et grandes assiettes,
font le reste. Pour les appétits de moi-
Avec son patio planqué,
ses salons de velours (signés
Jacques Garcia), son service
glamour et ses assiettes
consensuelles, le vaisseau amiral
de Jean-Louis Costes, ouvert
en 1995, reste l’un des chouchous
des VIP.
239-241, rue Saint-Honoré
(Paris Ier).
GIRAFE
Après Loulou (Ier) et Monsieur
Bleu (XVIe), déjà plébiscités
par la mode, la petite dernière
de Gilles Malafosse et Laurent
de Gourcuff à la Cité de
l’architecture a tout pour plaire :
vue sur la tour Eiffel, chic déco
années 1930 et belles assiettes
marines.
1, place du Trocadéro
(Paris XVIe).
neau, gnocchis aux épinards, homard
grillé et sa bisque ; pour les gros mangeurs, bavette, côte de porc ou cane fumée au foin grillée au barbecue par le
chef Thibaut Marlin (ex-restaurant AT,
Paris VIe).
« L’amer béton »
« Nous avons deux types de clients pendant cette période. Des blogueurs qui
viennent pour être vus, ne mangent presque rien et documentent tout sur les réseaux sociaux. Et ceux qui choisissent
Carbon pour y dîner en toute intimité,
sans être exposés aux délires de la
Fashion Week », détaille encore la patronne de 31 ans d’origine argentine.
S’ils s’attardent souvent à table jusqu’à
2 heures du matin, les « modeux » ne
manquent pas de descendre à La Mina.
Et là, les femmes jouent aux divas en
commandant le daiquiri maison (rhum
infusé à la peau d’ananas grillée, xérès,
citron et mélasse), tandis que les hommes jouent aux durs avec l’« amer béton », servi dans un verre en béton (cognac infusé à l’eucalyptus, Punt e Mes,
Branca Menta). Histoire de prolonger
l’ivresse des podiums. ■
Le Carbon abrite une salle de restaurant (ci-dessus) et un bar à cocktails
au sous-sol. SOPHIA VAN DEN HOEK
HÔTEL COSTES
ADRIEN DIRAND
P
DES CANTINES
TRÈS STYLÉES
EMMANUEL RUBIN
erubin@lefigaro.fr
Carbon, 14, rue Charlot (Paris IIIe).
Tél. : 01 42 72 49 12.
STUDIO L’ÉTIQUETTE
28
BALAGAN
Figure du renouveau de
la cuisine israélienne, la table
chic de l’Experimental Group
est courue autant pour
ses mezzés savoureux que
pour son ambiance survoltée
(l’enseigne signifie « joyeux
bordel » en hébreu).
9, rue d’Alger (Paris Ier).
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LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
VIN
29
Hervé Lopez, cofondateur
de Lord of Barbès Gin,
dans sa boutique de
la rue de Clignancourt, à Paris.
TENDANCE Microdistilleries françaises comme consommateurs propulsent le spiritueux
un peu oublié sur le devant de la scène. Explications.
GABRIELLE VIZZAVONA
opulaires un jour, dépassés le
lendemain… La cote des spiritueux joue
aux montagnes russes. Une multitude
de facteurs combinés les rendent ringards ou cool. Depuis près de cinq ans,
la France s’emballe pour le gin. Il faut
retourner à ses racines british pour
comprendre ce soudain engouement.
« Le gin est crazy à Londres », lance
David Grandville avec un accent prononcé. Le jeune homme de 26 ans, originaire d’Oxford, vient de cocréer une
microdistillerie de gin en Normandie
avec sa petite amie française. Il se souvient qu’en Angleterre, fin 2012, le spiritueux, un peu essoufflé auprès d’une
clientèle jeune, était soudain revenu en
force. « De petites marques sont arrivées, ça a donné de la fraîcheur et de
nouvelles idées. »
Un souffle nouveau apporté par des
millennials branchés et créatifs qui ont
su profiter de la souplesse de son cahier
des charges et monter de petites structures à leur image. Seules deux règles
peu contraignantes doivent être respectées pour produire du gin : au moins
37,5 % d’alcool et la présence de genévrier sans dose minimale fixée. Mais attention : « Il y a le gin et le modern
gin », clarifie Benoît Garcia, créateur
de la Bows Distillerie. La première catégorie, celle des puristes, se fait dans le
respect de la recette traditionnelle du
London Dry Gin, où le genièvre domine
en note de tête, suivi dans de plus humbles proportions par d’autres aromates,
fleurs et écorces. « Le gin est la boisson
la plus proche de la cuisine, la tentation
d’oublier sa colonne vertébrale est grande », surenchérit Laurent Gaspard, de
la distillerie du Petit Grain, évoquant
cette typicité. La méthode traditionnelle suppose un macérat composé
d’une unité de genièvre, une demiunité de coriandre, un dixième d’autres
aromates (plantes, racines) et un centième de fleurs et d’agrumes. Les « modern gins », quant à eux, prennent toutes les libertés de changer les équilibres
à la guise des envies gustatives. Les
techniques de production sont tout
aussi flexibles. La méthode classique
implique de distiller un macérat de
plantes dans de l’alcool de grain, mais
on peut aussi macérer de l’alcool neutre
avant de le filtrer ou ajouter des huiles
essentielles à la fin du processus pour
uniformiser et renforcer les effluves.
Caméléon, le gin s’accommode de
nombreux modes de consommation :
en cocktail ou pur pour les eaux-de-vie
les plus haut de gamme. Une question
essentielle reste suspendue à toutes les
lèvres gourmandes : est-ce un sacrilège
de l’allonger de tonic ? Aucunement
selon les amateurs, bien au contraire.
Le tonic décompose le spectre aromati-
Une gamme parallèle de gins macérés
d’herbes et de fruits à 21 %, appelée
« ginfusions » aux saveurs de bon goût
(rhubarbe/menthe, abricot/romarin et
framboise/hibiscus) offre une alternative rafraîchissante.
36 euros. www.cestnous-gin.com
Distillerie
of Barbès
uBows
uLord
Benoît Garcia crée sa microdistillerie
Quand on interroge les deux fonda-
à Montauban en 2016. Son nom, Bows,
acronyme de « Brave Occitan Wild Spirits », son fondateur le traduit par
« l’esprit sauvage du courageux Occitan » en référence à son caractère. Le
jeune entrepreneur de 33 ans conçoit
l’alambic de cuivre à partir des schémas
croisés de trois fabricants du XIXe siècle. Il y distille vodka, rhum et gin,
avec la même précision chirurgicale
que celle employée dans son ancienne profession de technicien en génie
climatique. Il admet que, comme
lorsqu’il réglait des machines de
pointe - telle l’horloge atomique de
Toulouse -, pour la distillation, « il
faut être ultrapointilleux ». Ses gins
respectent la trame de l’original
London Dry Gin, dans lequel le genièvre donne le la. Il le complète de
sa touche personnelle en y ajoutant
les plantes de garrigue cueillies au gré
de ses promenades (thym, laurier, lavandin) et quelques plantes du monde
chinées sur la Toile. La distillerie
propose deux gins. Le Bandarel - qui
signifie « plante sauvage » en occitan composé de 14 plantes, aux notes profondes de genièvre relevées par une
fraîcheur mentholée saisissante - et le
Bandarel Barrel Aged - constitué d’un
macérat de 23 botaniques, vieilli en fûts
de vins de fraise (le bois lui apporte une
structure ronde et patinée, de légers
tannins et des notes de baies acidulées).
Bandarel Dry Gin, 54 euros.
Bandarel Barrel Aged 44 euros.
www.bowsdistillerie.com
teurs, lord Hervé et lord Vincent sur le
titre honorifique qui précède leur prénom très Frenchy, ils expliquent simplement : « C’est une blague au départ,
car les lords ne sont pas très nombreux à
Barbès… » C’est aussi le nom de la maison de production de films d’animation
d’Hervé, qui travaille entre autres pour
Hermès. Lord Vincent a, quant à lui,
passé plusieurs années au service marketing de grands groupes de spiritueux.
Les deux amis, amateurs de gin, se rencontrent lors d’une fête, et leur histoire commune débute. Leur gin est macéré à partir d’un mélange de 9 plantes
réputées aphrodisiaques, ainsi que de
pain de singe, fruit du baobab, connu
pour ses vertus nutritives que l’on
trouve au Sénégal et dans toutes les
épiceries du quartier parisien de la
Goutte d’or, à Barbès. Il est ensuite
distillé à Bercloux (Charente-Maritime) - village de 300 habitants proche
de Cognac - par lord Philippe, le maire
du village, mais aussi l’heureux propriétaire d’un alambic Stupfler, la crème des distillateurs (le fabricant n’en
produit que trois ou quatre par an) réputé révéler toutes les saveurs des
eaux-de-vie. Les lords décident de
faire monter la température de leur gin
à 50 degrés pour en conserver l’équilibre. Dans leur cabinet de curiosités de
Barbès, ils le vendent aux formats de
200 ml, 500 ml et même 5 litres car
« les gens ne peuvent plus s’en passer »,
expliquent-ils.
59 euros. lordofbarbesgin.com
glais David Grandville et de la Normande Julie Le Roux, se rencontre alors
qu’ils travaillent dans l’hôtellerie au
Royaume-Uni. Inspirés par la bouillante scène londonienne du gin, ils s’installent en Normandie en 2015 avec
l’idée de créer leur propre distillerie. Le
gin C’est nous voit le jour durant l’été
2016, tous les deux ont 26 ans. Ils commencent à distiller l’alcool de blé le plus
pur macéré de 8 plantes, incluant le
traditionnel genévrier, mais aussi racines (angélique, iris, réglisse…) et écorces de citrus dans leur mini-alambic de
60 litres. Ils pratiquent une distillation
au gaz qui ralentit le processus et leur
fournit plus de contrôle. À la fin, une
petite goutte d’eau-de-vie de pomme
fabriquée sur place est ajoutée pour lier
le tout. Ce petit coup de fouet fruité apporte une rondeur subtile et un agréable parfum de crumble aux pommes.
Saint-Jean-de-Minervois (Hérault), au
cœur de l’AOC muscat à petits grains, la
distillerie de Laurent Gaspard tient son
nom du cépage. Il débute en confectionnant une grappa, hommage à son
amour pour le Piémont italien. Le gin,
ça ne le tente pas trop. « Quand on fait
du gin, c’est souvent pour avoir de la trésorerie… », regrette-t-il. Une rencontre
avec l’unique chef étoilé de Perpignan,
Christophe Comes, qui lui ouvre son fabuleux jardin d’agrumes rares, le fait
changer d’avis. Depuis cinq ans, il distille un gin infusé du cédrat offert par le
cuisinier, l’agrume charnière de ses
compositions. Ses gins font la liaison
entre la chaleur de Perpignan par les
agrumes bien mûrs et l’air déjà montagnard du parc régional du HautLanguedoc par les baies résineuses
cueillies aux alentours de la distillerie.
La touche épicée est apportée par une
combinaison de cinq poivres rares.
L’alambic à colonne aux alvéoles de
cuivre permet de laisser passer huiles
essentielles et glycérol qui confèrent richesse et structure à ses eaux-de-vie.
La distillation à « feu nu », qui impose
que la flamme lèche directement le cuivre pour chercher la réaction à feu violent (une technique presque abandonnée pour le risque de brûlure du
distillat), leur apporte une suavité et des
notes confiturées. À son gin classique
s’ajoutent quelques séries limitées composées au gré des cueillettes de saison.
51 euros. distillerie-petit-grain.fr
ROGER POURTEAU
Haut-Sarpe 2015, 39,40 euros.
+ @ SUR LE WEB
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avis-vin.lefigaro.fr
La Légende
C’est nous
du Petit Grain
uDistillerie
uDistillerie
Le jeune couple, composé de l’AnSituée sur les hauteurs du village de
L’ART DE CULTIVER L’EXCELLENCE
Prem i ères vendanges en 14 09
w w w. b e r n a rd - m a g re z .c o m
P RO PR I É TA I R E
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
A
P
que du spiritueux et joue l’exhausteur.
La quantité de liquide en influence la
perception et le goût. « C’est l’une des
rares boissons qui accepte l’eau. Ce n’est
pas criminel d’en ajouter, même aux
meilleurs gins. C’est un coup de projecteur », explique un connaisseur.
CHÂTEAU HAUT-SARPE
Des gins
très en vogue
VINCENT BOISOT/LE FIGARO
COUP DE CŒUR
CHÂTEAU HAUT-SARPE
SAINT-ÉMILION
GRAND CRU 2015
Ce domaine appartient
à Jean-François Janoueix,
un Corrézien de Libourne,
propriétaire d’une vingtaine
de domaines viticoles,
principalement à Saint-Émilion
et Pomerol. Haut-Sarpe est le
fleuron de la gamme depuis 1930.
Cette cuvée est issue de 70 %
de merlot pur pour la rondeur
et de 30 % de
cabernet
franc pour
la finesse.
Le vin
est opulent
avec une
attaque
souple,
puis il monte
en puissance.
La bouche est voluptueuse,
il en ressort une finale gourmande
et tannique. Un vin taillé avec
beaucoup de charme. Dans
la plus pure tradition corrézienne,
Jean-François Janoueix
a aussi une vie associative intense.
À Haut-Sarpe, il existe un
écomusée et un pittoresque
« village de vendangeurs » où se
retrouvent, depuis des décennies,
amis et clients, le sécateur
à la main. Au château le Castelot,
les pèlerins en route pour
Saint-Jacques-de-Compostelle
trouvent le gîte et le couvert
dans une ambiance chaleureuse.
Au moulin de Sarpe, c’est le Musée
de la meunerie qui rappelle l’activité
des moulins dans les vignes,
dont une association assure
la sauvegarde. La famille Janoueix
s’est lancée dans son activité
de négoce dans le Bordelais
en 1898 et dispose d’un vignoble
de 170 hectares.
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
DANIELE OBERRAUCH, ALESSANDRO LUCIONI, FILIPPO FIOR/MAXTREE.COM ; ROGER VIVIER
STYLE
PrintempsÉté 2019
30
Off-White
Balmain
Y/Project
Isabel Marant
Parce qu’elles le méritent
COLLECTIONS Alors que la logomania s’essouffle, les femmes, ces héroïnes,
sont de nouveau au cœur des préoccupations des designers.
H
HÉLÈNE GUILLAUME
hguillaume@lefigaro.fr
ier, hasard du calendrier, la journée commençait par le défilé
de Jonathan Anderson chez Loewe et
s’achevait par la première collection
d’Hedi Slimane pour Celine. À l’heure où
nous écrivons ces lignes, nous n’avons
pas encore vu le show tant attendu de ce
dernier. Mais l’ironie de ce programme
« opposant » deux fleurons de LVMH
vient du fait que la griffe Loewe part à la
conquête des clientes très courtisées de
Phoebe Philo, précédente directrice artistique de Céline (entre-temps, l’accent
a été effacé), qui, a priori, ne retrouveront pas cette mode épurée et radicale
dans la proposition de Slimane. Cette tectonique des plaques atteint bien d’autres
continents du luxe, de Kering (qui pourrait chasser les « Philophiles » avec son
nouveau Bottega Veneta) à Jil Sander, à
Victoria Beckham...
A
Jonathan Anderson, redoutablement talentueux et intelligent, ne livre pas une
pâle copie de « Phoebe ». C’est bien du
Loewe, mais plus proche cette saison de
la réalité des clientes. La force de Philo
résidait en partie dans ses propres failles,
qui lui donnaient une compréhension des
femmes. Au fil des shows, Anderson apprend à lâcher prise pour toucher leur
cœur, plus seulement leur cerveau. Le
stylisme, toujours aussi créatif, ne lésine
pas sur les sacs, sublimes : vanneries à
bandoulière de cuir, demi-lune en nappa, paniers cousus de marabout, etc. Mais
Anderson arrime sa silhouette par des
boots plates de pirate et un vêtement
jouant sur la (fausse) simplicité : longues
chemises de nuit en broderies anglaises,
leggings en maille Lurex, pantalons délicats en patchwork de seersucker, uniformes en lin craquelé à bandes réfléchissantes… À 34 ans, l’Irlandais torpille son
esthétique sous contrôle, réchauffant ses
joggings de cuir froissé par de gros tricots, superposant sur le flanc cabas en
macramé et gibecière en croco.
Dans la rue qui mène au Garage Amelot
(Paris XIe), les fans se damnent pour entrer au défilé du gourou des millennials,
Virgil Abloh, autre étalon LVMH qui a
rendu sa première copie à l’homme Louis
Vuitton, en juin dernier. Mais jeudi soir,
nous sommes là pour sa propre marque,
Off-White. Six mois après l’émeute cau-
sée par son show de l’hiver, l’hystérie est
retombée pour laisser place à une ferveur
plus consistante. De même pour sa mode :
la saison passée, il procédait en Tumblr,
piochant çà et là des éléments au potentiel cool avec opportunisme et sans cohérence, quand, cette fois, il lui offre une légitimité en partant du sport. Non du
sportswear ou des baskets à logo (bien
que…) mais de la performance, du mérite, de l’effort. Sur le podium, converti en
piste d’athlétisme, un tableau d’affichage
électronique annonce les participants au
départ : Bella Hadid et Kendall Jenner
sont en pole position, les suit le reste du
casting dont les championnes de sprint
English Gardner, d’heptathlon Katarina
Johnson-Thompson et de triple saut
Caterine Ibargüen (en photo). Leurs corps
sculptés dans des combinaisons techniques « morphant » parfois en jupe, leur
allure altière surclassent ceux des modèles professionnels. Pour cette saison baptisée « Track & Field », le directeur artistique canalise son hyperactivité. Tout est
parti de la robe de tennis tutu qu’il a
conçue pour Serena Williams lors de son
retour à l’US Open. Abloh tire le fil de ce
mélange des genres entre technicité et
couture, donnant à sa saison la couleur
jaune toxique de son imprimé python. Et
annonce encore une série de chaussures
hybrides (dont des genres de boots de
cosmonautes excellentes) coréalisées
avec Nike.
Sur l’esplanade du Palais de Tokyo se
dresse une sculpture géante, sorte de bûcher évidé, qui prend feu quand commence le défilé en plein air de Rick
Owens. « Tour de Babel », donne-t-il
comme référence sur la note d’intention.
On peut spéculer sur la portée politique
de cette collection de l’Américain - aux
États-Unis, la presse mode, comme le
reste des médias d’ailleurs, ne cesse d’interpréter l’actualité selon une grille de
lecture anti-Trump. Mais ce cortège de
jeunes filles fardées de blanc, dans leurs
vestes en cuir explosées, leurs excroissances de manches de sweat-shirt, leurs
combis de jean à moitié enfilées à l’envers, leurs blousons de facettes transpercées, leurs bijoux à la géométrie occulte,
ne produit pas l’effet anxiogène auquel on
pourrait s’attendre. Peut-être parce que
ces disciples, dont certaines portent des
torches, semblent moins pratiquer un rite
ésotérique qu’aller à un festival type
Burning Man ? Après ceux d’Alessandro
Michele chez Gucci, les illuminati d’Owens
ont cette attitude nature et pointue qui dédramatise le vestiaire, à l’image des nouvelles super Birkenstock développées
avec la marque allemande.
Salle Pleyel, Glenn Martens affûte sa
signature edgy pour son label Y/Project
en l’ancrant habilement dans un biotope
parisien, avec du chic et du chien. Il tord
les codes du streetwear en incorporant
des constructions couture, comme dans
ses polos à double épaule, ses sweats à
soutien-gorge push-up intégré, en
mixant un bustier de plumes argent et un
jean fusionnant en traîne, accessoirisant
son denim surteint de talons kitten heels.
Le designer prend des risques et s’attaque
au soir de façon inédite : son tailleur-pantalon prince-de-galles à bustier de volants
d’organza lui donne raison à 100 %. ■
Loewe
Hors
podiums
Roger Vivier
Pour sa première saison
chez le chausseur parisien
(propriété de Diego Della Valle),
Gherardo Felloni frappe
très fort. Galvanisé par son
nouveau rôle de directeur
de la création, le Toscan,
passé par Miu Miu et Dior,
redouble d’audace et de talent.
« Je vis un rêve, sourit-il.
Roger Vivier est, pour moi,
le maître des chausseurs.
En arrivant, je me suis immergé
dix jours dans les archives.
J’en suis sorti avec trois
fondamentaux : la silhouette,
la couleur et la rareté. J’ai
imprimé dans ma tête ce dont
j’avais besoin, maintenant,
à moi de jouer. » Inspiré
Fans des années 1980
FRÉDÉRIC MARTIN-BERNARD
fmartinbernard@lefigaro.fr
Jeudi soir, le lancement des maquillages Isabel Marant coorchestré par
L’Oréal Paris, a débuté avant l’heure.
En guise d’échauffement, le défilé sous
un chapiteau coiffé de ballons argent.
Dès les premiers accords, la musique
disco replonge dans les eighties, la liesse des nuits parisiennes, ces années où
l’on forçait sur son look pour sortir le
soir. Trois décennies plus tard, les filles
Marant n’ont pas plus froid aux yeux ni
aux cuisses. Elles roulent des mécaniques dans leurs blousons sans manches
en denim lavé, la taille sanglée dans des
combinaisons de mec, les mains calées
dans les poches de leurs shorts à ourlets
rouleautés, des gambettes interminables dans des cuissardes en daim perforé qui s’écrasent sur les chevilles et,
surtout, le sourire aux lèvres. La relecture fidèle de ces années joyeuses est
forcément attrayante. Toutes les propositions semblent accessibles, faciles.
Mais la fièvre retombée, quelles étaient
les réelles nouveautés ?
Vendredi matin chez Balmain, c’est le
même genre de filles à l’allure crâne
qui s’avancent sous les lambris de
l’Hôtel de Ville. Elles semblent dominer le monde avec leurs escarpins à talons Plexi qui ne se voient pas de loin.
Dans sa note d’intention, Olivier
Rousteing, lui, s’interroge sur l’hégémonie de Paris par rapport aux autres
Fashion Weeks. Son explication majeure : un passé et des traditions exclusives en haute couture qu’il remixe en
piochant également dans la grammaire
de style des années 1980. Spencer aux
épaules démesurées, bustier en plissé
soleil, pantalon à taille haute et étranglée dans des denims délavés, des cuirs
craquelés ou des nubucks ultrasouples
qui viennent s’enrouler autour de la
cheville, son prêt-à-porter est enlevé
sans tomber dans l’excès. Le blanc et le
noir dominent la gamme de couleurs,
saupoudrée de strass avec une main
plus légère que d’habitude.
Christian Wijnants reprend des codes
de la même décennie avec sa sensibilité
belge. En clair, on est moins dans la
posture, plus dans le dynamisme, le
mouvement, les couleurs d’aérobic qui
claquent. Il les juxtapose dans des
silhouettes aériennes qui cumulent les
formes simples façonnées dans des cotons calques. Avant de les mixer dans
des madras ravissants, des imprimés
fleuris ultrachamarrés qu’il contrebalance par des formes relativement
sobres.
Ces filles, qui reviennent en bandes
joyeuses au finale d’Issey Miyake, renvoient aussi quelque trente ans en arrière quand les podiums parisiens viraient souvent à la fête. Le designer
japonais a mis au point ses premiers
plissés au cours de cette décennie-là.
Aujourd’hui, Yoshiyuki Miyamae, le
designer des collections féminines de
la maison, présente Dough Dough, des
vêtements et des accessoires dans une
texture inédite à mémoire de forme qui
permet de leur donner le volume et
l’allure que l’on veut. La collection recèle aussi des pièces beaucoup plus
simples et graphiques, qui intègrent
des innovations antérieures de la griffe
dans un esprit less is more, particulièrement réussies. ■
par l’esthétique du XVIIIe siècle
et l’excentricité de MarieAntoinette, le designer rhabille
de velours la ballerine
historique, rebaptisée
Très Vivier, évase le talon
et redessine les contours
de la boucle (arrivée en
boutique en novembre).
Le reste de la collection
s’annonce tout aussi
extravagant : mule de cocotte
rose fluo décorée d’une aigrette,
sandale à plateau en brocart
or et argent, kitten heels drapé
en satin léopard, escarpin
sulfureux au décolleté cœur…
ÉMILIE FAURE
+ @SUR LE WEB
» Retrouvez tous les défilés
en images
www.lefigaro.fr/madame
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LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
CULTURE
31
Bernar Venet, l’éternel mal-aimé
PORTRAIT Adoré en Asie mais dédaigné par les institutions françaises, l’artiste provençal qui s’est forgé à New York
aux côtés d’Arman et des minimalistes américains se révèle au MACLyon. Un pas vers la reconnaissance ?
GERARD SCHACHMES PARIS -COURTESY ARCHIVES
ENVOYÉE SPÉCIALE À LYON
ernar Venet, c’est une longue silhouette tonique qui dément les
77 ans de son état civil. Un sourire envahissant qui désamorce toute animosité,
voire toute critique, dans un grand élan
de bonne humeur et de don de soi. Un
zeste d’accent de ses Alpes-de-HauteProvence natales qui lui est resté malgré
des décennies en immersion américaine
(premier voyage à New York en 1966, où
il est désormais admis dans le petit cercle
des grands collectionneurs). Une énergie
de conquistador au soleil de sa fondation
du Muy, dans le Var, dont la collection
d’art « postsar » ne cesse de s’agrandir
(hommage, cet été, à Yves Klein et à son
bleu dur IKE). Français et provincial, à
ses humbles débuts, longtemps ancré à
Manhattan comme ses amis américains
de l’art minimal avec lesquels il a su tisser de vrais échanges, Berner Venet cumule les paradoxes. Aimé, adoré, malaimé, dédaigné, surexposé, incompris,
tous les qualificatifs le suivent comme
une ombre. « Un beau personnage, beaucoup plus complexe que sa surface », résume sa biographe Catherine Francblin,
qu’il est venu débaucher lui-même,
alors qu’elle écrivait le portrait du galeriste Jean Fournier.
« Est-il la “vache sacrée de la France”,
cet artiste que tout le monde reconnaît et
comprend au premier regard, cette valeur
sûre et populaire qu’il ne s’agit pas de juger ? », s’interroge un artiste américain en
repérage dans la rétrospective « Bernar
Venet » qui vient d’ouvrir au MACLyon.
Ou reste-t-il, malgré les lauriers internationaux et sa place souvent spectaculaire
dans l’espace public, le mal-aimé des
institutions françaises ? Certains directeurs de ce peloton de tête qui fonde la
culture en France restent d’un silence
réprobateur au seul énoncé de son nom.
L’un d’entre eux, pourtant très ouvert à
la scène contemporaine, se déclare
« ignorant du sujet » et peu désireux d’en
savoir plus. Un autre, très au fait du plus
émergent de l’art « cutting edge », le
range d’emblée dans la catégorie des
« faiseurs, ses années conceptuelles comprises ». Et refuse de prendre en compte
les « révélations qu’apportent les deux
expositions de Lyon et de Nice ». Personne ne veut le critiquer à découvert.
figure de pionniers. Ils sont peut-être
simplement les signes avant-coureurs
d’un changement de génération et donc
de perspective. « J’ai fait en sorte durant
mon mandat au Musée national d’art moderne de bien représenter son œuvre dans
la collection qui était jusque-là très insuffisamment présente, nous précise Alfred
Pacquement, qui fut directeur du Mnam à
Beaubourg de 2000 à 2013. L’artiste me
disait récemment que l’une des œuvres de
sa période conceptuelle, alors acquise, est
celle qu’il place en tout premier pour cette
époque. C’est d’ailleurs une phase de son
travail qui m’a toujours intéressé. Mais
pour le Centre, nous avions choisi des
Sérieusement conceptuel
Et côté privé ? « Je ne possède pas d’œuvre
de Bernar Venet, mais j’ai du respect pour
son travail qui n’est pas qu’esthético-minimal, mais sérieusement conceptuel, étayé
par des bases mathématiques, scientifiques
(nucléaires lorsqu’il s’est intéressé à Jack
Ullman), même si ces recherches ont été
considérées comme superficielles », nous
confie un grand collectionneur parisien
dévoreur d’avant-garde, farouchement
anonyme. «Je ne pense pas qu’il soit au
niveau de ses amis américains minimaux et
conceptuels qu’il a très bien fait de montrer
dans sa fondation au Muy : il se place ipso
facto dans un contexte artistique très élevé
qui ne peut que faire réfléchir les institutions et les collectionneurs français. Sa
présence aux États-Unis est réelle. Il peut
remercier Arman, qui mérite une place
énorme dans sa trajectoire !, dit-il, séduit
par sa série d’autoportraits tomodensitométriques. Quant aux Asiatiques, surtout
en Corée du Sud et au Japon, les collectionneurs et les musées en ont fait l’un des ar-
tistes français majeurs. Ce sont d’ailleurs
des amis japonais qui m’avaient montré
maintes photos de Versailles. J’irai faire un
tour à Lyon voir sa rétrospective. » ■
« Bernar Venet, rétrospective »,
au MACLyon jusqu’au 6 janvier 2019
(catalogue à paraître en novembre).
Puis « Bernar Venet. Les années
conceptuelles 1966-1976 »,
au Mamac de Nice du 12 octobre
au 13 janvier 2019. Jean Boîte Éditions
sort un double vinyle 33 tours
à partir de Poetic ? Poétique ?
Anthologie 1967-2017 , poésies
conceptuelles de Bernar Venet et du poète
américain Kenneth Gold.
« Le jour où j’ai découvert un mot inconnu, Renoir »
Discussion avec l’artiste dans le
paradis vert et sculptural de sa
fondation, au Muy.
Il est partout
Invité par Jean-Jacques Aillagon, alors
président du Domaine royal, Bernar Venet a eu les honneurs de Versailles en
2011 : ses arcs d’acier ont encadré la statue équestre de Louis XIV dans la Cour
d’honneur, comme deux énormes parenthèses de 60 tonnes et 22 mètres de
haut (trois fois la hauteur du Roi). Il s’y
serait bien vu à demeure. Dans les jardins à la française, ses autres sculptures
à la géométrie aléatoire respiraient bien,
avec un naturel inattendu, près du Parterre d’eau, du bassin d’Apollon ou à
Trianon, près du bassin du Fer à cheval.
À l’occasion du 150e anniversaire du
rattachement de Nice à la France, le
président Sarkozy a inauguré en 2010 à
Nice sur la promenade des Anglais ses
Neuf lignes obliques, sculpture de 30 mètres de haut.
Il est partout, de Floride en Asie, d’Orlando à Séoul, symbole manifeste de son
succès artistique et de son entrain commercial. « En Belgique, il a été beaucoup
vu grâce à l’entregent de son galeriste
Guy Pieters, souligne Roger Pierre Turine, critique d’art de La Libre Belgique,
déjà séduit par le monumental avant
d’arriver au MACLyon… et à son versant
antérieur et cérébral. Venet a été exposé
au Palais des Beaux-Arts en 2009. Ses
sculptures sont le long de la rivière à Liège. Contrairement à la majorité de ses pièces qui viennent de son usine en Hongrie,
elles ont été fondues à Jupille-sur-Meuse,
tout près de la grande ville wallonne. »
Pierre Soulages l’aime beaucoup, renchérit ce bon voisin.
Et pourtant, nombre de réticences demeurent. Rares sont ses défenseurs déclarés dans le monde fermé des musées
qui ne jurent que par Donald Judd, Sol
LeWitt, Carl Andre et autres stars minimalistes américaines. À ce titre, le
MACLyon et son directeur historique,
Thierry Raspail, le Mamac de Nice et sa
jeune directrice venue du Centre Pompidou-Metz, Hélène Guenin, assistée de
l’historien de l’art Alexandre Quoi, font
œuvres avant et après cette période, en
particulier une très belle sculpture. Je suis
certain que l’exposition de Lyon, dans son
ampleur, apporte la preuve de la cohérence
d’une démarche sans doute plus diverse que
l’image que nous en avons en général. »
« 11J’avais
ans quand
je me suis
aperçu que
j’étais plus
doué pour
dessiner que
mes copains
de classe
BERNAR VENET
»
Le FIGARO. - Pourquoi exposezvous les autres artistes, comme
Yves Klein, à côté de vous ?
Bernar VENET. - Yves Klein me
passionne parce qu’il incarne un
dépassement de la problématique
de l’art. Avant lui, il y avait Georges Mathieu qui peignait des tableaux, Serge Poliakoff qui peignait des tableaux. Klein a dépassé
le stade de la peinture par sa radicalité. Il a une influence colossale
sur moi, pas sur le plan du contenu, mais du comportement : il faisait des tableaux, mais aussi des
sculptures, de la musique, des
conférences, il attaquait dans toutes les directions. C’est ce que j’ai
fait dès 1961 en embrassant toutes
les disciplines possibles, peinture,
sculpture, performance, littérature, musique. Je l’ai mis en évidence lorsque j’ai fait mes goudrons
noirs, peints à même le sol avec les
pieds. Lorsque j’ai enregistré le
bruit d’une brouette sur la route,
comme une musique abstraite par
sa monotonie, sa surface. Ou lorsque je me suis fait photographier
torse nu dans les détritus, ma première performance enregistrée.
Mes livres entièrement noirs datent aussi de 1961. Mes Tas de
charbon de 1963 sont les premières sculptures sans dimensions
spécifiques. J’ai cherché aussi à
explorer la poésie répétitive
« noir, et noir, et noir, et noir » (il
psalmodie, NDLR). Je photographiais le goudron qui venait d’être
installé sur les routes, j’étais fasciné par la répétition d’un geste et la
beauté inconnue qui peut en découler.
Comment est née votre passion
d’artiste ?
J’avais 11 ans quand je me suis
aperçu que j’étais plus doué pour
dessiner que mes copains de classe. Comme je suis un grand asthmatique – trois crises par nuit –, je
suis souvent seul à la maison. Je ne
peux pas me faire remarquer par
le sport, je ne suis pas le plus beau
et bien trop mal habillé de vieux
vêtements de l’armée pour plaire
aux filles. Le dessin me sauve. Un
jour, ma mère m’emmène à Digne, chef-lieu du département,
pour acheter de la peinture. On
prend le bus. On fait 30 kilomètres. Dans le magasin de couleurs,
on achète de la peinture à l’huile,
comme les vrais artistes, et un
couteau. Dans la vitrine, je vois un
petit livre carré. Sur la couverture, il y a un tableau dont je perçois
la matière et un mot inconnu, Re-
noir. Je demande au marchand ce
qu’il veut dire. Il me répond :
« C’est un très grand peintre impressionniste, il est dans tous les
musées du monde et dans tous les
livres d’art, il coûte très cher. »
Dans ma famille, le mot « art »
n’avait jamais été prononcé. Je
comprends alors que c’est un métier possible. J’ai eu la grande
chance d’avoir une mère, Adeline, qui a compris très tôt cette
passion. Elle m’achetait tous les
livres qu’elle pouvait, tous les sous
allaient là, et ils étaient rares. Je ne
lisais rien d’autre que ces livres
qu’elle m’achetait tous les mois, je
les apprenais par cœur. À 15 ans,
je pouvais faire une conférence
sur Botticelli ou sur telle ou telle
période de Picasso. J’en ai plusieurs encore ici, de ces livres de
mon enfance qui m’envahissaient
littéralement. ■
V. D.
60 ans d’une trajectoire
très déterminée
Très intelligemment, le commissaire
Thierry Raspail, figure historique du
MACLyon et de la Biennale de Lyon, a
inversé la perspective. Comme son titre « Bernar Venet, Rétrospective
2019-1959 » l’induit, cette première
d’envergure dans un musée français
part du présent et remonte dans le
temps. Comme si le succès de ses dernières sculptures, les plus monumentales, les plus populaires, les plus exportées, trouvait sa source - et sa
légitimité - dans la jeunesse radicale,
toute conceptuelle, de Bernar Venet.
Comment passer des Effondrements de
lignes indéterminées, géométrie souple
et sensuelle qui danse dans l’espace
malgré la brutalité du matériau, à ce
Tas de charbon, geste incongru à la bel-
le insolence de 1963 ? C’est une marche
au dépouillement progressif, une démarche quasi oratoire.
L’esprit s’envole
Il y a aussi une raison technique car ces
géantes en acier Corten pèsent lourd
comme des arcs de triomphe. Après un
montage acrobatique et millimétré, elles ont trouvé leur place au ras du sol,
laissant l’esprit s’envoler dans les mille
et une expériences de la jeunesse, au fur
et à mesure que l’on s’aventure dans les
étages. Et la formule réversible prend
tous ses effets. Les jeux mathématiques
produisent de drôles de tableaux,
blancs, énigmatiques comme des formules, découpés comme d’immenses
cadrans (Position of Two Angles of 120°
L’exposition « Bernar Venet, rétrospective 2019-1959 » au MACLyon.
and 60°, 1976). La série des Reliefs cartons qui débutent en 1963, pliages complexes et très sculpturaux que souligne
la peinture intense de carrossier, est de
toute beauté. Bernar Venet insiste : ils
BLAISE ADILON
doivent être repeints régulièrement
pour rester parfaits et avoir sa bénédiction. Gare à ceux qui lui désobéissent.
Pas un hasard : 95 % de la rétrospective
vient de sa collection personnelle. ■ V. D.
A
B
Bernar Venet
et son Effondrement
200 tonnes,
au Muy, en 2017.
VALÉRIE DUPONCHELLE
£VDuponchelle
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
32 CULTURE
La longue mue de Carnavalet
PATRIMOINE Fermé depuis 2016, le musée emblématique de l’histoire de Paris est en pleine rénovation.
Réouverture prévue dans un an avec des œuvres renouvelées et un parcours traitant la période contemporaine.
C
si les « pièces reconstituées » (period
rooms) de Parisiens célèbres, dont
Proust ou Beaumarchais, seront
conservées. « Carnavalet n’est pas un
musée des beaux-arts, insiste Valérie
Guillaume, sa directrice, mais un
ensemble unique de collections qui raconte l’histoire politique, économique,
sociale, sociétale de Paris, à travers
des peintures, des caricatures, des
enseignes. »
CLAIRE BOMMELAER
cbommelaer@lefigaro.fr
omment raconter l’histoire de Paris ? Le Musée Carnavalet
(IVe) est en train de s’attaquer à ce sujet
au long cours, en refaisant l’intégralité
de ses salles. Fermé depuis 2016, il devrait rouvrir ses portes fin 2019, avec
une nouvelle scénographie et l’ambition de doubler sa fréquentation, à
800 000 personnes.
Depuis la fermeture, les collections
ont été déménagées, en partie restaurées et inventoriées. Les travaux ont démarré, sous l’égide de François
Chatillon, architecte en chef des Monuments historiques. Des bâches couvrent
l’entrée, et des dizaines d’ouvriers s’activent sur ce bâtiment, situé dans un des
rares quartiers parisiens n’ayant pas été
remaniés par Haussmann.
Carnavalet est lui-même un manifeste de l’histoire parisienne. Il s’étend
sur deux anciens hôtels particuliers,
celui de Carnavalet (XVIe siècle) et celui du Peletier de Saint-Fargeau
(XVIIe). Le premier fut autrefois occupé par le sculpteur Jean Goujon, l’architecte Mansart (1598-1666) ou la
marquise de Sévigné, le second par
Saint-Fargeau, figure de la Révolution
française. Les hôtels possèdent un
charme évident, avec des façades ornées de statues, des cours intérieures,
et des jardins nantis de fontaines. À
l’intérieur, les salles à décors se succèdent, ainsi que les escaliers. Étendu sur
deux corps de bâtiments, parfois biscornu, enjambant le lycée Victor-Hu-
Suivre l’exemple de New York,
Londres ou Amsterdam
Une des premières raisons des travaux du musée Carnavalet consiste à redonner un « ordre » au parcours des visiteurs :
le couloir reliant les deux hôtels sera ainsi agrandi pour permettre au public de mieux circuler. THOMAS SAMSON/AFP
go, le Musée Carnavalet a toujours désorienté les visiteurs.
Une des premières raisons des travaux consiste d’ailleurs à redonner un
« ordre » au parcours. Le couloir reliant les deux hôtels sera ainsi agrandi
pour permettre au public de mieux circuler. En 2019, les surfaces d’exposition seront les mêmes, soit 3 900 mè-
tres carrés pour les collections
permanentes et 360 pour des expositions temporaires. Mais les œuvres exposées seront en partie renouvelées.
Seules 3 500 seront montrées, sur les
650 000 que possède le musée.
Des voix se sont élevées pour dénoncer ce choix, que la direction justifie par une refonte de son message.
Les collections archéologiques, expliquant la géographie mais aussi la
démographie de la ville, seront, par
exemple, davantage mises en avant,
ainsi que les collections historiques,
dont celles très abondantes liées à la
période de la Révolution. Le tout se
fera au détriment des collections des
beaux-arts et d’arts décoratifs, même
L’ancien parcours s’arrêtait en 1925 et
ne prenait donc pas en compte les périodes de la guerre et de l’occupation,
pourtant cruciales dans l’histoire de
Paris. Le nouveau, mis en scène par
l’Agence Nathalie Crinière, devrait couvrir la période contemporaine, quitte à
ne pas s’interdire d’aborder des sujets
d’actualité, dans les espaces d’expositions temporaires.
« Certains auraient voulu que rien ne
change. Mais l’exemple de New York,
Londres ou Amsterdam montre que les
musées de ville du XXIe siècle ont beaucoup de succès », explique Delphine
Levy, directrice de Paris Musées.
Cette dernière a lancé un plan de rénovation des musées de la ville de Paris,
à l’horizon 2020. Outre Carnavalet
(50 millions d’euros d’investissement),
le Musée du général Leclerc de
Hauteclocque et de la Libération de
Paris, celui d’Art moderne, la maison de
Balzac, le Palais Galliera, les catacombes, le Musée Bourdelle, Cernuschi ou la
maison de Victor Hugo auront tous bénéficié de travaux ou de la refonte de
leur parcours. ■
« Fric-Frac » :
vive la langue verte !
THÉÂTRE Michel Fau met en scène et joue avec Julie Depardieu,
ARMELLE HÉLIOT aheliot@lefigaro.fr
a saison dernière il s’appliquait aux synérèses et diérèses
des très ciselés alexandrins du
Tartuffe de Molière. Voici qu’il
redonne des couleurs à l’argot
oublié des années 1930, tel que le très
sagace Édouard Bourdet, administrateur général de la Comédie-Française et
écrivain à succès du Sexe faible et des
Temps difficiles, le reconstitua en 1936
pour sa comédie facétieuse, Fric-Frac.
Michel Fau est décidément un homme de théâtre essentiel de notre paysage. Il n’y a que lui, avec son insatiable
curiosité et son absence de préjugés,
pour faire revivre des pièces oubliées.
L
Ces dernières années, grâce à lui, on a
découvert Demain il fera jour de Montherlant, Un amour qui ne finit pas de
Roussin et retrouvé avec bonheur Fleur
de cactus de Barillet et Gredy.
Petit monde des faubourgs
Avec Fric-Frac, il aborde une œuvre
demeurée dans le cœur des spectateurs
grâce au film de Maurice Lehmann et
Claude Autant-Lara avec Arletty, Fernandel, Michel Simon, Hélène Robert.
Malin, il rompt complètement avec
les images que l’on pouvait avoir en tête
en jouant la couleur. Les quatre décors
cubistes imaginés par son frère et complice Bernard Fau, avec Citronelle Dufay, les costumes très imaginatifs et
harmonieux de David Belugou appor-
tent une vitalité merveilleuse à la représentation. Une joliesse qui induit une
distance idéale, comme si nous étions
dans le monde enchanté et bon enfant
d’un livre d’images qui se déplierait…
L’intrigue n’est pas compliquée.
Loulou, Julie Depardieu, jeune femme
de petite vertu dont le souteneur est à
l’ombre, asticote un employé de bijouterie sentimental et candide. Marcel,
Régis Laspalès, est amoureux d’elle. Il
est en butte aux assiduités pesantes de
la fille de son patron, Renée, Émeline
Bayart. Jo, Michel Fau, ami de Loulou,
assez désoccupé, va se laisser porter par
les idées audacieuses de Loulou : faire
un casse. Un fric-frac !
Un petit monde parisien des faubourgs complète le tableau. On est dans
MARCEL HARTMANN
Régis Laspalès, Émeline Bayart, la pièce en argot d’Édouard Bourdet. Un régal.
Les décors cubistes de Bernard Fau apportent vitalité et joliesse à la représentation.
le monde de Prévert. Même les êtres
sans scrupule - il faut bien vivre ! - sont
touchants ! C’est la langue, cet argot
bariolé qui ravit, fait rire. Et chacun le
défend avec brio. La distribution est
bonne et le quatuor est d’une grande finesse. Michel Fau joue les paresseux
avec délectation et Régis Laspalès les
cœurs purs avec subtilité. Julie Depar-
dieu possède gouaille et charme piquant. On n’arrive pas à en vouloir à
cette méchante Loulou. Quant à Émeline Bayart elle donne à Renée une folie,
une expressivité. Elle est tordante et
bouleversante. Grand art ! ■
Théâtre de Paris (IXe), 20 h 45 du mardi
au samedi, 15 h 30 dim. Durée : 1 h 45.
Tél. : 01 48 74 25 37.
« Chicago », retour de flamme
SPECTACLE Le Théâtre Mogador, à Paris, reprend avec rigueur
et vivacité le hit de Broadway. Un bémol : on n’y chante pas en anglais.
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e noir se fait. Les doigts claquent,
les jambes fuselées se tendent.
« Five, six, seven, eight ! » lance le
chef d’orchestre Dominique
Trottein. Les premières notes entraînantes d’All That Jazz éclatent. Créé en
1975 à Broadway par Bob Fosse, Fred Ebb
et John Kander, Chicago est l’histoire d’un
des premiers grands procès médiatisés aux
États-Unis. « Bien avant O. J. Simpson et
DSK, les Américains se sont passionnés en
1924 pour deux jolies filles coupables d’avoir
tué leur amant mais acquittées. Les jurés
étaient bien évidemment tous des hommes »,
rappelle Patrick Niedo, historien de
Broadway. Un siècle plus tard, les thèmes
comme les inégalités entre hommes et
femmes, une justice légère, la célébrité qui
repose sur du néant et la manipulation des
médias restent d’actualité. « Relancé en
1996, Chicago est toujours à l’affiche à
L
Broadway avec un taux de remplissage de
93 % », souligne Niedo.
En nuisette de soie noire, Sofia Essaïdi
jaillit de la troupe. On l’avait quittée en
Cléopâtre, elle revient en tueuse de mari.
Moins pulpeuse que les Velma vues à New
York et que Catherine Zeta-Jones dans le
film de Rob Marshall, Sofia Essaïdi compense par son énergie. Comme le reste de
la troupe, elle sait chanter, danser et jouer,
ce qui reste rare en France.
Numéros de ventriloque
Mais celle qui domine le show, c’est Carien
Keizer, qui incarne l’alter ego de Velma, la
blonde Roxie Hart. Alors que Velma fait
tout pour rester une star en prison, Roxie
lui vole la vedette. La Néerlandaise Carien
Keizer a l’avantage d’avoir joué dans la
production allemande de Chicago et
d’avoir appris le français comme meneuse
de revue au Lido. Ses numéros de ventriloque aux côtés de l’avocat Billy Flynn (JeanLuc Guizonne, de retour à Mogador après
Le Roi Lion) font de We Both Reached for the
Gun l’un des numéros phares du show.
L’autre tableau qui ravira les nostalgiques
de l’âge d’or hollywoodien est celui des
danseuses dont les éventails de plumes
d’autruches se transforment en coquilles.
À leurs côtés, la gouailleuse Sandrine Seubille est tout aussi parfaite en Mama Morton, la matrone de la prison.
La mise en scène réduite au minimum
peut surprendre. Comme à Broadway en
1996, une boîte sombre, dans laquelle se
trouve l’orchestre, occupe la quasi-totalité
de la scène. Le bémol, comme toujours à
Mogador, est le parti pris de traduire les
chansons. Faut qu’ça jazz est bien moins
chic et sulfureux que la version originale à
l’atmosphère gomorrhéenne. Voilà pourquoi, malgré des productions impeccables,
Mogador est condamné à rester l’éternel
second derrière celles de Jean-Luc Choplin
hier au Châtelet et bientôt à Marigny. ■
Au Théâtre Mogador (Paris IXe), jusqu’au
30 juin 2019. www.stage-entertainment.fr
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LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
VOYAGE
33
FRANÇOIS BOUCHON/LE FIGARO
Israël, sur la piste de l’écotourisme
Ci-dessus, Hiriya, au sud-est de Tel-Aviv,
ou l’incroyable réhabilitation d’une
décharge en jardin de promenade.
À gauche, une chambre de l’Effendi,
boutique-hôtel écoresponsable situé
à Acre, à deux pas de la table bio
poissonnière Uri Buri, propriété
du généreux Uri Jeremias.
DÉCOUVERTE Chemin de grande randonnée
du National Trail, ouverture des kibboutzim
pour « renouer avec la nature et retrouver
le plaisir d’une convivialité oubliée »...
L’État hébreu se rêve en destination verte.
ENVOYÉE SPÉCIALE À TEL-AVIV
Y ALLER
Tel-Aviv est à 4 h 40 de vol de Paris.
Avec El Al, la compagnie nationale,
l’aller-retour est à partir
de 302 euros en classe économique
(tél. : 01 40 20 90 90 et www.elal.com).
Prix cassés chez Transavia,
qui propose l’A/R à partir de 160 euros,
mais tout est payant à bord
(et www.transavia.com).
SÉJOURNER EN GALILÉE
Kibboutz Nir-David,
un écolodge en pleine nature.
À partir de 138 euros la nuit en
chambre double (tél. : +972 4 374 8825
et www.nirtours.co.il/fr).
Kibboutz Ein-Gedi, un complexe
hôtelier atypique et de charme
au bord de la mer Morte. À partir
de 170 euros la nuit en chambre
double (tél. : +972 8 659 4221/3
et en.ein-gedi.co.il). Le site Hapisga
+
Carnet de route
est une montagne
composée de 25 millions de tonnes
d’ordures ménagères qui porte le nom
de Hiriya, au sud-est de Tel-Aviv.
C’est un jardin extraordinaire, planté
d’essences odorantes, dont on oublierait presque qu’il est composé de déchets, s’il n’y avait quelques lambeaux
sortant du flanc de la montagne « pour
que les gens se souviennent », explique
Joanna Maissel, guide du parc Ariel
Sharon. « C’est l’une des sept merveilles
du recyclage du monde ! », s’enthousiasme-t-elle. Il a ouvert il y a deux
ans. À l’intérieur, un court-métrage
d’animation raconte l’incroyable réhabilitation de ce dépotoir en jardin de
promenade.
De 1952 à 1998, 3 000 tonnes d’ordures y furent chaque jour déversées, soit
la moitié de la consommation quotidienne des ménages du pays (l’autre
moitié partant pour le Néguev). À deux
doigts de la catastrophe écologique, ce
n’est pas pour cette raison que le premier ministre, Ariel Sharon, ordonna
de fermer la montagne et de la transformer, mais parce que des millions
d’oiseaux affluaient sur la décharge,
mettant en péril les avions de ligne de
l’aéroport Ben Gourion tout proche.
Or « Israël est le deuxième pays de
migration des oiseaux après le Panama », affirme Joanna. Sous nos pieds,
un feuilletage d’argile, de plastique, de
gravats et de terre plonge jusqu’à
six mètres pour isoler de la toxicité des
déchets. Les restanques d’oliviers portent les stigmates de l’histoire : les murets sont composés de béton des bâtiments détruits. Au sommet, la vue
embrasse la ville blanche et son rivage.
« Cet endroit est une prouesse. Car ici,
l’écologie se heurte aux religieux », affirme une jeune femme croisée à l’aéroport. De fait, l’écotourisme en Israël
n’en est qu’à ses balbutiements. « Le
maire de Tel-Aviv a investi dans des pistes cyclables, mais il y a peu de sportifs :
les gens ont acheté des vélos et des trottinettes électriques. Car outre le problème de la chaleur, il faut aussi compter
avec l’humidité », confie Paule Kedem
Rakower, guide officielle du ministère
du Tourisme.
Mais même électrique, la petite reine
est le moyen le plus ludique et le moins
polluant pour circuler dans cette ville
embouteillée. En sortir. Prendre la direction nord-est vers la Méditerranée.
Suivre le National Trail, ce chemin national d’Israël qui traverse le pays dans
sa longueur sur 1 000 km et 44 étapes
que l’on franchit de préférence à pied.
La meilleure saison pour le parcourir
s’étend d’octobre à mai. En voilà un
segment. Dans la région de Hod
HaSharon, le long de l’ancienne route
côtière portant le numéro 4, de vastes
champs délaissés par leurs propriétaires
vivant à l’étranger ont été investis par
un artiste plasticien, Dani Manhaim, qui
y a installé de monumentales sculptures. Toutes portent un message engagé
pour la planète. Une immense fourchette avec un couteau plantés sur une
motte de terre interrogent sur le respect
de celle que l’on mange. Un mât dont
les drapeaux flottant au vent sont en
réalité des robes indique que « ce sont
les femmes qui montrent le chemin ». Un
balai-brosse semble nettoyer le ciel…
Tout un symbole sur ce site qui, il y a
vingt ans, fut pollué par l’explosion accidentelle d’une usine d’armement.
Michal Wimmer-Luria, militante
écologique, nous guide dans cette
propose une sélection de chalets,
maisons d’hôtes et hôtels de charme
situés sur les grands sites
patrimoniaux et le long de la route des
vins de la région (tél. : +972 4 695 1545
et www.hapisga.co.il/fr).
SE RESTAURER
Chez Uri Buri, à Acre. Restaurant
de poissons et fruits de mer dans
un bâtiment ottoman de la vieille ville
face à la Méditerranée et à deux pas
de l’hôtel Effendi (efendi-hotel.com).
Autour de 50 euros le repas. HaHagana Street (tél. : +972 4 955 2212
et www.uriburi.co.il).
SE RENSEIGNER
Site du chemin de randonnée, l’Israel
National Trail (www.israeltrail.net)
Office national israélien du tourisme
(tél. : 01 42 61 01 97
et new.goisrael.com/fr).
« galerie verte » à ciel ouvert qui flirte
avec la ligne bleue de l’horizon marin.
Le terrain borde le parc national côtier
de Hod HaSharon qui s’étire entre la
petite ville de Herzliya et celle de Netanya. Par un sentier dunaire escarpé,
Michal chemine jusqu’au bord en ramassant les détritus jonchant le sol.
C’est une passionnée qui parle d’écologie comme Nicolas Hulot. Auteur d’une
thèse sur l’écotourisme dans le Haut
Néguev, cette pétillante mère de famille quadragénaire n’a de cesse de
sensibiliser les marcheurs ou écoliers
en goguette qu’elle apostrophe, l’air de
rien, à la protection de l’environnement. « C’est bon pour le business ! »,
assure-t-elle dans un large sourire.
S’ouvrir aux voyageurs
de passage
Les kibboutzim (le pluriel de kibboutz), ces villages communautaires
idéalistes comme les phalanstères au
XIXe siècle, mais créés par des migrants d’Europe de l’Est fuyant les pogroms du début du XXe siècle (nos éditions du Figaro Magazine du 20 avril),
l’ont bien compris, qui commencent à
s’ouvrir aux voyageurs de passage. En
Galilée, célèbre pour ses vins souvent
primés et ses petits producteurs passionnés, « guest house » et « bed
& breakfast » se multiplient pour proposer l’expérience du tourisme rural,
le temps d’une nuit, ou d’un repas à la
table commune avec des produits
cultivés et cueillis par la collectivité.
Ainsi du kibboutz Nir-David, fondé
en 1936 le long de la rivière Asi, près
de la ville de Beit She’an : cet eco-lodge aux cinquante chalets de bois, avec
son zoo peuplé d’autruches et de koalas, est un havre pour les familles. Ou
encore du kibboutz Ein Gedi, établi en
1956 dans le désert de Judée, tout près
du site archéologique de Massada : une
oasis avec piscine, zoo et magnifique
jardin botanique aux mille essences
tropicales, dans un canyon de falaises
ocre, bordé par la mer Morte. Sur Internet, le site israélien Hapisga recense, depuis 2003, des lieux de villégiature remarquables en Galilée pour
découvrir son patrimoine culturel et
historique, mais aussi « renouer avec
la nature et retrouver le plaisir d’une
convivialité oubliée ».
Entre terre et mer, on ne saurait
trop conseiller une halte citadine, à
Acre (autrement dit Akko ou Saint-
+ @ SUR LE WEB
» Notre sélection des plus beaux
golfs de France
» Les nouvelles tendances du tourisme
» Vannes la sage s’ouvre
à l’art urbain et ça fait du bien
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A
C’
VALÉRIE SASPORTAS
vsasportas@lefigaro.fr
Jean d’Acre) pour dîner chez Uri Buri.
Portant le nom de son généreux,
gourmand, prolixe propriétaire, Uri
Jeremias, et d’un poisson local, le mulet, cette table bio poissonnière rassemble dans et autour de l’assiette
toutes les communautés, juive, musulmane, chrétienne, druze, sans distinction d’origine ni de religion. Un
lieu de paix, à l’image de l’Effendi, insoupçonné boutique-hôtel écoresponsable de style vénitien. Il a été créé dans
un ancien palais restauré, vieux de
1 500 ans au fond d’une ruelle descendant vers la mer. À l’intérieur : une
église privée, des bains turcs et des
murs peints de fresques portant l’histoire et la beauté cosmopolite de la terre promise. Ce bien commun extraordinaire est à deux pas du restaurant, qui
fait rimer gastronomie avec écologie. ■
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samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
MGC
34
AVIS À NOS LECTEURS - MENTIONS LÉGALES
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commerciaux sont des annonces émanant d’agents immobiliers
ou de promoteurs. Sans mention explicite d’honoraires dans les
annonces, les prix présentés s’entendent nets pour l’acquéreur.
Toutes les annonces des rubriques « appartements » sont réputées
être des lots de copropriétés, sauf mention contraire. Ces biens
faisant partie d’une copropriété, le vendeur doit vous informer du
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proposé à la vente et de l’existence ou non d’un recours à
l’encontre de la copropriété à la date de la parution de l’annonce.
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TASS/ABACA ; JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO ; SIMON DUBOIS/FASTIMAGE ; PRESSE ; JESSICA FORDE ; KEYSTONE/ZUMA/LEEMAGE
Anne Sylvestre : son
CD avec Pauline Julien
Gabriel Szapiro :
la pub au théâtre
Le nom de Marcel Gotlib va être
donné à la bibliothèque
du
Vésinet. Le 5 octobre, en présence de Claudie
et d’Ariane, femme et fille du
dessinateur, le maire dévoilera
une plaque dédiée à l’un de ses
plus illustres concitoyens. Le
jubilé de la Rubrique à brac
sera, lui, célébré à la fin de
l’année. Un album de luxe,
réunira l’ensemble des planches d’une série que les moins
de 20 ans connaissent aussi. ■
Recevant lundi,
à la SACD, le
prix MauriceYvain,
Anne
Sylvestre a interprété
l’une
des
chansons
qu’elle enregistrera en 2019.
Elle a aussi évoqué la sortie,
pour la première fois en CD, de
Gémeaux croisés, un album
réalisé en 1988 avec Pauline Julien (EPM). Elle a précisé qu’il
sortait ce mois-ci, date du
20e anniversaire de la disparition d’une artiste québécoise
qu’elle n’a pas oubliée. ■
Si Gabriel Szapiro a choisi de
situer sa première pièce dans
le monde de la
publicité, c’est
parce qu’il est
issu de cet univers. Dans Top ou
Bottom ?, au Gymnase, les
mardis et mercredis, il l’évoque
à travers un PDG cocaïnomane,
une graphiste sadomasochiste,
un chef de projet familier des
sites de rencontres, et un directeur de création sourd et alcoolique. On comprend qu’il ait
voulu changer d’univers. ■
En 1979, Michael Jackson, déjà en pleine gloire,
assurait qu’il devait mettre au point une
méthode de travail exceptionnelle pour creuser,
étudier le monde du spectacle
et le perfectionner, afin d’aller encore plus loin
que les plus grands
»
RIAD BETTOUCHE, BENOÎT CACHIN : « MICHAEL JACKSON, L’INTÉGRALE » - GRÜND
Formés au théâtre à Londres,
Joséphine Berry et Louis Bernard appliquent en France les
méthodes d’outre-Manche. À
l’image de pièces britanniques
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EN BREF
Une bibliothèque
Gotlib au Vésinet
Joséphine Berry :
l’école de Londres
ACHETE CHER
VINS ET
CHAMPAGNE
Tout millésimes
même abimés
Par Jacques Pessis
Si Bernard Werber a choisi de
faire d’un professeur d’histoire
qui assiste à un spectacle
d’hypnose régressive le héros
de son nouveau roman La Boîte
de Pandore (Albin Michel), c’est
parce qu’il connaît parfaitement le sujet. Depuis plusieurs
années, il pratique régulièrement cette technique qui permet de plonger dans ses vies
antérieures. Allongé sur un divan, il se place en état de relaxation profonde, puis se retrouve face à plusieurs portes.
En ouvrir une lui permet de se
retrouver immédiatement dans
un passé très lointain. Il assure
ainsi qu’avant de devenir écrivain, il a été, entre autres, soldat en 14-18, archet du roi en
1200, samouraï et femme dans
un harem, 300 ans avant J.-C.
Dans son livre, il imagine ainsi
son personnage, tentant, grâce
à ces informations, de changer
le cours de l’histoire. « Je ne
cherche pas à convaincre ceux
qui douteraient, voire se moqueraient, de ce que j’explique, précise-t-il. À travers cet enseignant, je raconte simplement ce
que je ressens. » ■
Vins
« L'abus d'alcool est
dangereux pour la santé.
Consommez avec
modération. »
SPIRITUEUX
LES PERSONNAGES
Bernard Werber :
ses vies antérieures
PRIX RÉDUITS
Samedi 13, Dimanche
14 Octobre 10h-19h
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SOMPTUEUX
PALAIS
AVEC GAVO FINI
LES CORVÉES
D'AMEUBLEMENT !
salles, ils ont
produit une comédie, Radieuse
Vermine, puis ont
adressé le texte
au Chêne noir, à
Avignon. Le directeur a pris le risque de les
accueillir en 2017 et, grâce au
bouche-à-oreille, ils ont affiché complet. Ils ont ensuite fait
le siège de théâtres parisiens où
personne ne les connaissait. Ils
sont aujourd’hui à l’affiche du
Petit Montparnasse. « Ce spectacle est un ovni », disent-ils.
C’est dire s’ils ont l’intention
de l’emmener très loin. ■
ANNE-CLAIRE COUDRAY
Jean-Pierre Kalfon :
sa « filousophie »
Jean-Pierre Kalfon a débuté
comme boy aux Folies-Bergère
dans une revue où figurait aussi
Fernand Legros, alors danseur
et pas encore marchand de faux
tableaux. À la veille de ses
80 printemps, le comédien raconte ses « souvenirs filousophiques » dans Tout va bien M’man
(L’Archipel). Il évoque des premiers succès à l’écran, dont sa
mère, partie trop vite, était très
fière, mais aussi ce qu’il appelle
sa « défonce aux enfers ». Choisissant de goûter à tout ce que la
vie peut offrir, y compris le LSD,
il est devenu un électron libre.
Entre films et pièces, ce passionné de toutes les musiques, a
fondé un groupe le Kalfon Roc
Chaud et collaboré, entre
autres, avec Bob Marley et Serge
Gainsbourg. Il se souvient de
Pierre Clémenti, dont il a été le
premier à repérer le talent, et
des soirées table ouverte chez
Coluche. C’est là qu’il a fait la
connaissance
de
Patrick
Dewaere, qui dissimulait son
hypersensibilité derrière des
traits d’humour. « Jamais je
n’aurais imaginé qu’il allait se
détruire », soupire-t-il. ■
maîtresse de cérémonie du
gala The Women we Love, le
1er octobre, au Pavillon Cambon Capucines à Paris. Une
soirée dont les bénéfices seront versés à la Fondation ARC
pour la recherche sur le cancer.
VICTOR HUGO célébré à
l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort.
Des extraits de son livre Le
Dernier Jour d’un condamné
ont été enregistrés et sortent
en CD (Histodio).
JEAN GRATON fait, à Bruxelles, exposition commune avec
Hergé. Des planches originales
des créateurs de Michel
Vaillant et Tintin seront présentées le 4 octobre à la Galerie Tintin, place du GrandSablon.
BERNARD SAUVAT au Dejazet, du 4 au 6 octobre. Dans
Et dire que j’ai chanté tout ça,
il évoquera 40 ans de carrière
et présentera un nouveau
double album, Mes silences
d’autrefois.
JACQUES HERIPRE raconte
dans Les Osselets, l’histoire
d’un enfant qui, pendant la
guerre, lutte pour tenter de
vivre le bonheur. Un roman
inspiré par la vie de ce journaliste photographe, également reporter de guerre
(L’Éditeur).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
TÉLÉVISION
35
Planète cocaïne
BIEN VU
François Aubel
faubel@lefigaro.fr
Dans « Trafics », Frédéric Ploquin et Julien Johan donnent la parole aux trafiquants d’hier et d’aujourd’hui.
Des pionniers de la French connection aux caïds des cités d’aujourd’hui. Édifiant.
Mauvaise
grâce
BLAISE DE CHABALIER £@dechab
e trafic de drogue, ce sont
les trafiquants qui en
parlent le mieux », confie
Frédéric Ploquin, coauteur avec Julien Johan de
la série documentaire Trafics, dont les
trois parties de 52 minutes chacune
sont diffusées lors d’une soirée spéciale,
ce dimanche sur France 5. « Cela fait
trente ans que je travaille à la fois sur la
police et le banditisme, et dans ce film, je
crois qu’en donnant la parole à des représentants de ces deux mondes on parvient à proposer quelque chose de nouveau. » Et en effet, le résultat de cette
enquête au long cours – un an de préparation, un an de tournage et un an de
montage – est saisissant.
Au fil des trois volets (Le Temps des
pionniers, Les Routes de la cocaïne et Sur
la piste de l’argent sale), un panorama
exceptionnel de l’histoire du trafic de
drogue est dressé. Depuis la fameuse
French connection jusqu’aux caïds des banlieues
françaises
d’aujourd’hui, en pas○○○○
sant par la Colombie,
terrain de jeu de plusieurs Français spécialisés dans le commerce de la cocaïne. Sans oublier le
problème numéro un des narcotrafiquants : le blanchiment de leurs fonds.
Frédéric Ploquin souligne ce qu’il a
découvert en enquêtant. « J’ai compris
des choses sur le système bancaire international. Je ne m’attendais pas à ce qu’il
existe autant de banques à travers le
monde prêtes à accepter l’argent de la
cocaïne, raconte-t-il. De plus, j’ai pris
conscience un peu plus encore que les
caïds des banlieues françaises sont passés depuis longtemps des barrettes de
shit à la tonne de cocaïne. Ces nouveaux
parrains sont inscrits dans la tradition
L
France 2 | 21 h 13 | Jeudi
P
lan fixe sur le premier
ministre. Une minute
interminable ouvre
la saison 3 de « L’Émission
politique ». Mauvais présage ?
Les mains indisciplinées d’Édouard
Philippe traduisent sa fébrilité.
Il a décidé, c’est vrai, de répondre
à l’impatience des Français.
Comment ? Avec « pédagogie »,
cet art de la répétition comme lui
disait sa maman, prof de français.
De toute façon, ajoutera-t-il,
il n’est pas « magicien ». On entre
dans le vif de ce grand oral par un
cortège de polémiques, traduction
en images de la rentrée chaotique.
de l’exécutif. L’ex-maire du Havre
peut arrêter ce film (à sketches !)
au moment qu’il juge opportun
pour y apporter ses sous-titres.
De l’affaire Benalla - beaucoup
de bruit pour rien selon lui à la démission annoncée de Gérard
Collomb, Philippe montre un flegme
inaltérable. Il a l’air de savoir que
personne, ici, ne va l’inquiéter.
Pourquoi d’ailleurs ne pas l’avoir
fait réagir à l’assassinat du chef
de la police de Rodez ou à la vidéo
insoutenable de cet obscur rappeur
qui appelle à « tuer des Blancs » ?
Cette première séquence mérite
en tout cas des réglages avec Thomas
Sotto, nouveau venu de ce rendezvous qui monte d’emblée au filet,
sans peur de renvoyer quelques
balles molles ou imprécises.
Au risque de montrer qu’il n’est pas
spécialiste des terrains politiques.
Impassible, Édouard Philippe
le renvoie à un certain esprit
de sérieux. Le joker de Delahousse
sera plus offensif ensuite.
Autre innovation, la découverte
du bureau de l’invité par ce même
Sotto. Elle vise, on le comprend,
à aérer l’esprit des téléspectateurs.
À réveiller ceux, sans doute
nombreux, qui ont piqué du nez
face à la pensée complexe de Daniel
Cohen. Il faudra nous expliquer
la présence de cet économiste
au côté de la maire de Chantelouples-Vignes et d’une retraitée. De
cette visite à Matignon, on retiendra
qu’Édouard Philippe, avec ses
boutons de manchette en forme
d’ancre marine, songe à revenir au
port du Havre. Et qu’il ne se baigne
plus dans la mer en raison d’une
phobie des requins. Transition idéale
vers le duel avec Laurent Wauquiez.
Affrontement sans surprise, glacial,
marquant l’irrémissible fracture
de la droite. Loin de ces moments
de grâce tant espérés par Léa Salamé.
© CIE DES PHARES & BALISES
«
« L’Émission politique »
DIMANCHE
20.55
Jean-Marie, dit « El Bandito » témoigne, face caméra, sur son activité de trafiquant international de cocaïne.
française du trafic de stupéfiants. Je ne
mesurais pas à quel point le milieu corsomarseillais, celui de la French connection, avait ouvert, avec l’héroïne, les
routes du commerce de la drogue encore
utilisées aujourd’hui pour la cocaïne. »
« Tu as des idiots
qui consomment »
Parmi les témoins les plus marquants à
s’exprimer face caméra, le visage caché
par un foulard, des lunettes noires et
une casquette, un certain Jean-Marie,
dit « El Bandito », trafiquant international de cocaïne depuis vingt-cinq ans.
Un témoin qui apparaît en fil rouge de
Séances de rattrapage sur TF1 Séries films pour « The Handsmaid’s Tale ».
ès son lancement, au printemps 2017, aux États-Unis
sur la plateforme SVOD Hulu,
The Handmaid’s Tale a connu
un destin qui la dépasse. La
série tirée du roman de Margaret Atwood,
ensevelie depuis sous une pluie de distinctions, est devenue la fiction de ralliement
des opposants à Donald Trump. Puis un
porte-étendard du mouvement #MeToo
avec son héroïne déterminée à retrouver
son libre arbitre et le contrôle de son corps.
Diffusée d’abord en France sur OCS, la
première saison arrive dimanche sur TF1
Séries Films. Topo de rattrapage pour les
GEORGE KRAYCHYK/HULU
D
Elisabeth Moss incarne June, une servante
écarlate tiraillée entre tétanie et révolte
face à son destin de mère porteuse.
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Chaque jour un peu plus difficile
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« Une mise en garde »
Dans une autre vie employée dans une
maison d’édition et mère d’une petite
fille, June est désormais une « servante
écarlate », propriété du commandeur
Fred Waterford (Joseph Fiennes) et de sa
perverse épouse Selena
(Yvonne
Strahovski,
bouleversante d’ambivalence par la suite). Ma○○○○
gnifiée par la performan-
ce d’Elisabeth Moss (Mad Men) aux yeux
perçants et aux monologues intérieurs
vengeurs, June navigue entre tétanie et
infimes sursauts de résistance.
Les polémiques autour de la série ont
pris de court jusqu’à son créateur. Bruce
Miller a puisé dans l’histoire récente
(nazisme, dictatures sud-américaines)
ses scènes les plus brutales. « Au spectateur de tirer les enseignements de ce qu’il
voit à l’écran, et de le rapprocher ou non
de ce qui se passe dans le monde », dit-il
au Figaro. Et d’insister : « Beaucoup
considèrent cette série
un avertisseDIMANCHE comme
ment politique, mais
toute fiction recèle une
mise en garde. » ■
21.00
MOTS CROISÉS
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retardataires : dans un futur proche, les
États-Unis forment une théocratie où les
femmes n’ont aucun droit. Les rares encore fertiles sont devenues les mères porteuses de la caste dirigeante et sont violées
rituellement.
PROBLÈME N° 4844
HORIZONTALEMENT
1. Enfant du Midi. - 2. Il procède à un
examen approfondi. - 3. Placer sous
haute tension. - 4. Lourd ballot. Passion
dominicale. - 5. Vit loin de tout. Héritage
culturel. - 6. Des biffins. Beautés célestes.
- 7. A pris son nom à la suite d’un crash
aérien. - 8. Travaille à la mine. Lancé sur la
piste. - 9. Détachée de tout. Un désert
dans et pour les Touareg. - 10. Belmondo
fut son homme. Mouvement de la flotte.
- 11. Étoffe utilisée pour doubler les vêtements. - 12. Fait bouillir.
VERTICALEMENT
1. De l’ordre des oiseaux chanteurs. - 2.
Résultat d’une campagne de désinformation. - 3. Rasé. Le cercle rouge. - 4.
Indication musicale. Piqué de partout.
Passage de Malraux. - 5. Rage qui se
propage. Circule à Sofia. - 6. A un gros
squelette. Cours des petits. Solide préparation militaire. - 7. Son col est dur à
franchir. Surgit en plein midi. - 8. Cordes
sensibles. Dirigeant intérimaire.
Par Louis Morand
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SOLUTION DU PROBLÈME N° 4843
HORIZONTALEMENT 1. Happy few. - 2.
Anomalie. - 3. Utricule. - 4. Tic. K.-O. - 5. Èche.
Rye. - 6. Cléon. En. - 7. Œ. Liard. - 8. Ursidés.
- 9. Tite. Ria. - 10. ucÉ. Oing. - 11. Rareté. - 12.
Éléments.
VERTICALEMENT 1. Haute couture. - 2. Anticlérical. - 3. Porche. Stère. - 4. PMI. Éolie. EM.
- 5. Yack. Nid. Ôte. - 6. Fluor. Aérien. - 7. eiL.
Yersin. - 8. Week-end. Âgés.
A
CONSTANCE JAMET £@constancejamet
SU DO KU
Au final, le constat de la situation
actuelle, avec un trafic de drogue dont
le chiffre d’affaires mondial dépasse
les 240 milliards de dollars (207 milliards d’euros) par an, est effrayant.
D’autant plus que la lutte contre le
blanchiment des narcodollars est un
échec complet…
Souhaitons que ce film soit vu par
beaucoup de jeunes. Il montre à quel
point les trafiquants méprisent les
consommateurs de leur « produit ».
« Franchement, la cocaïne, c’est de la
merde. […] Et tu as des idiots qui
consomment […]. Ce sont nos clients »,
dit froidement Jean-Marie. ■
Une servante dépassée par la réalité
En partant des chifres déjà placés, remplissez les grilles de manière à ce que chaque ligne,
chaque colonne, et chaque carré de 3 x 3 contienne une seule et unique fois tous les chifres de 1 à 9.
G 68
toute l’enquête. Comment ce Français
que l’on suit en Colombie, où il va régulièrement négocier le prix de la tonne
de poudre blanche dans des labos du
pays, a-t-il pu accepter de s’exprimer
sur son activité ? « Je ne vais pas me focaliser sur cet homme, mais d’une façon
générale, le fait que ces témoins veulent
bien me parler est le fruit d’une confiance
acquise au fil des années. C’est pour ça
qu’ils acceptent de me parler les yeux
dans les yeux et peut-être oublient-ils la
caméra. Mais après, c’est à moi de protéger mes sources, ce qui est le b.a.-ba
du journalisme d’investigation », explique Frédéric Ploquin.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018 LE FIGARO
36 TÉLÉVISION
MÉTÉO
PAR
ÉPHÉMÉRIDE St-Michel
Soleil : Lever 07h47 - Coucher 19h33 - Lune décroissante
19.05 50’ Inside. Magazine 20.00
Le 20h. Présentation : Anne-Claire
Coudray 20.50 Quotidien express
20.00 20 heures 20.45 Vestiaires.
Série. Le monde de Caro - Massage
tantrique 20.55 Stade 2. Magazine.
19.00 19/20 20.00 Vu. Magazine
20.15 Zorro. Série. Quintana fait un
choix 20.40 Tout le sport. Magazine.
21.00
21.00
21.00
Divertissement
Jeu
Film TV. Policier
18.55 Le Big bêtisier. Divertissement. Prés. : Christophe Beaugrand.
SAMEDI
20.55 Chroniques criminelles
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Mag. Société. Prés. : M. Lunel. 1h50.
L’affaire d’Amato : qui a tué la mère
et sa fille ? Inédit. Les employeurs de
Chantal et Audrey : la mère et la fille
ne se sont pas présentées au travail.
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22.45 Chroniques criminelles. Mag.
Présentation : Magali Lunel.
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Danse avec les stars
Présentation : Camille Combal, Karine Ferri. 2h00. En direct.
Aux côtés de danseurs professionnels, onze personnalités vont se
mesurer à travers des épreuves de
danse de couple.
23.00 Danse avec les stars, la
suite 0.30 L’aventure «Danse avec
les stars» : dans les secrets…
N’oubliez pas
les paroles !
Présentation : Nagui. 2h20. Finale
Maestro. Inédit. Les champions de
l’émission s’opposent dans cette
finale qui verra l’un des deux candidats sacré Maestro.
21
Les brumes
du souvenir
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20.00 C l’hebdo, la suite 20.20 Des
trains pas comme les autres
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20.50 Échappées belles
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Fra. 2017. Réal. : Sylvie Ayme. 1h40.
Avec Gaëlle Bona, Didier Flamand.
Verdun, au cœur de la zone rouge.
Jean Mercier, maire de la communefantôme de Bezonvaux, est assassiné.
Magazine. Découverte. Prés. :
Sophie Jovillard. 1h30. Sur le Nil en
Égypte. Inédit. Au sommaire notamment : «Les gardiens du temple» «Le lac Nasser, une mer intérieure».
23.20 On n’est pas couché Invités,
22.35 L’île aux femmes Film TV.
notamment : Ian Brossat, Charles
Berling 2.10 Un jour, un destin. Mag.
0.10 Soir/3. Invité : Reda Kateb. 0.40
L’enlèvement au serail. Opéra.
22.25 D’Offenbach à Verdi, variations autour de Paris. Concert.
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DIMANCHE
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19.15 Mag Ryder Cup (C).
Magazine. Sportif 20.35 Avant
match (C). Magazine. Sportif.
19.45 Arte journal 20.05 Les «Bacha
Posh» afghanes, des filles au masculin. Documentaire.
19.45 Le 19.45. Présentation :
Nathalie Renoux 20.25 Scènes de
ménages. Série. Avec Claire Chust.
20.45
20.50
21.00
Rugby
Documentaire. Historique
Série. Policière
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18.55 Les vacances des Anges 3 :
viva España ! Téléréalité.
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20.55 The Big Bang Theory
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Série. Comédie. EU. 2014. Saison 8.
Avec Johnny Galecki. 3 épisodes.
Les garçons deviennent amis avec
l’un des clients de Penny, à qui la
jeune femme semble plaire.
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22.10 The Big Bang Theory. Série.
Avec Jim Parsons. 9 épisodes.
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18.15 Design auto. Série documentaire. Bouquet final - Au temps jadis.
Clermont/Toulon
Top 14. 6e journée. En direct du
stade Marcel-Michelin, à ClermontFerrand. Avec un démarrage poussif, Toulon peut trembler au moment
de se rendre à Clermont, leader
après trois journées.
22.35 Jour de rugby Magazine.
23.15 Jour de foot. Magazine 0.15
Mother ! Film. Thriller.
Sauvages, au cœur
des zoos humains
NCIS : Los Angeles
Fra. 2018. Réal. : Pascal Blanchard et
Bruno Victor-Pujebet. 1h35. Inédit.
Les grandes puissances colonisatrices ont autrefois exhibé des êtres
humains arrachés à leur terre natale.
22.25 Le lait maternel, un élixir
de santé Doc. 23.20 Philosophie
23.45 Square artiste Magazine.
EU. Saison 9. Avec Chris O’Donnell,
LL Cool J, Daniela Ruah, Eric Christian Olsen, Andrea Bordeaux. 2 épisodes. Inédits. Trois officiers de l’Air
Force ont pris le contrôle de missiles
nucléaires intercontinentaux.
26
T (en °c)
20.50 Occaz militaires
Série doc. Société. 2018. 0h50. La
campagne de Norvège. Inédit. En
Norvège, Bruce Crompton met
aussi la main sur une autochenille
de 12 tonnes, un véhicule très rare.
21.40 Occaz militaires.
Série documentaire.
22.45 NCIS : Los Angeles Série.
Policière. 3 épisodes 1.30 Supernatural. Série. Ex nihilo.
<-10 à 0
19.35 Norbert commis d’office.
Magazine. Prés. : Norbert Tarayre.
20.25 Les Simpson. Série. Animation. (sous réserve).
18.45 Les Terriens du samedi ! Invité
notamment : Benjamin Griveaux.
21.00 Columbo
20.50 Les Simpson
21.00 Sellig : épisode 5
Série. Policière. EU. 1991. Saison 11.
Avec P. Falk. À chacun son heure.
Lors du mariage du neveu de Columbo avec la ravissante top-model
Melissa Hayes, celle-ci disparaît.
Série. Animation. EU.
OU
Coupe du monde féminine. Demifinale. En direct de Tenerife.
Spectacle à La Bourse du travail de
Lyon. 2h20. Inédit. Dans son cinquième spectacle, Sellig continue
son exploration drolatique de notre
quotidien.
22.45 90’ enquêtes. Magazine. Présentation : Carole Rousseau.
21.15 OU 22.30 Les Simpson. Série.
Animation. EU.
23.20 Au cœur de l’enquête. Immersion dans le quotidien des enquêteurs.
20.50 Basket-ball
TA KU ZU
VISIBLE
MOYENS
DE S’EN
SORTIR
ÉNERGIQUE
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Remplir la grille avec les chiffres 0 et 1. Chaque
ligne et chaque colonne doit contenir autant de 0
que de 1. Les lignes ou colonnes identiques sont
interdites. Il ne doit pas y avoir plus de deux 0 ou 1
placés l’un à côté ou en dessous de l’autre.
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22.20 Rénovation impossible. La
belle du Sud - Le vilain petit canard.
MERCREDI
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ATHÈNES
BERLIN
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LISBONNE
PRAGUE
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Téléréalité. 1h20. La cabane de
pêcheur. Inédit. À Walker, Mike et
Megan achètent, pour 1 000 dollars,
une maison de 117 m2 très mal
agencée. - Mission démolition.
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AMSTERDAM
BELGRADE
BRUXELLES
DUBLIN
MADRID
ROME
LUNDI
21.00 Rénovation impossible
18.50 Les mystères de l’amour.
Série. 2 épisodes.
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ALGER
BARCELONE
BERNE
COPENHAGUE
LONDRES
RABAT
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SOCIÉTÉ
EN SOI,
NATUREL
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FROIDE
DIEU À
LA ROSE
BOÎTE À
CARTES
PROCÈDE
PAR ÉLIMINATION
SIGNE
POUR
TOUS
ARGON
BONNE
NOTE
D’UN BLEU
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IL MÈNE
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MONDE À
LA RAME
CHIFFRES
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LETTRES
LE
RUBICON
À SA NAISSANCE
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MILIEU
PROTECTEUR
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ÉCOLE DE
HAUT
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SOLUTION DU NUMÉRO PRÉCÉDENT
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LE FIGARO
samedi 29 - dimanche 30 septembre 2018
37
Hélène Darroze,
de l’art de se démultiplier
E
Bio
EXPRESS
n’ai jamais souffert de machisme et, avant qu’on ne
me le propose, d’autres avaient refusé ce poste à Londres. » Comme ses confrères, elle a l’amour du produit mais sa cuisine d’autodidacte est sentimentale :
« Tout en étant créatifs, ses plats sont un héritage
profond de sa famille, de ses racines », souligne
Christine Ferber, la bonne fée des confitures.
Depuis « Top chef » et ses trois millions de téléspectateurs, on l’arrête dans la rue. Sur « Insta »,
son compte est suivi par 200 000 abonnés. Les
adresses gourmandes qu’elle distille au gré de ses
voyages font un tabac. « Là encore, elle est dans le
partage », souligne Jean-François Piège. De ses copains people, elle ne poste jamais de photos. Seule
exception : cet été, où elle pose aux côtés de Laeticia
Hallyday à Saint Barth au moment de la Coupe du
monde. « Pour lui remonter le moral. » Résultat, un
torrent d’insultes sur le thème «on ne soutient pas
les Bleus quand on transfère ses biens dans un trust
américain ».
Personnage du feuilleton Hallyday et fidèle en
amitié, Hélène Darroze est l’une des rares à défendre
encore l’épouse du rocker. Les communicants de
son amie font souvent appel à elle. « Les personnes
qui mangent peu, comme Laeticia, sont jugées inquiétantes. À l’inverse, la nourriture ne trompe pas. Elle
humanise », souligne François Simon. Loin d’être
dupe, Darroze trouve son compte dans ce rôle de
faire-valoir. Grâce à cette notoriété accrue, les
clients affluent. Les banquiers sont rassurés. Sa nouvelle adresse, Joïa, sera dupliquée à Londres et
ailleurs. Au bout du monde, on partagera un jour des
plats qui rappellent les vacances au Pays basque. ■
* « Joïa », Éditions du Cherche-Midi, en librairie
le 22 novembre.
FIGARO-CI ... FIGARO-LÀ
Solferino se vide
Malgré le report – à une date non précisée –
de l’inauguration du nouveau siège du PS
à Ivry-sur-Seine (pour cause de travaux
qui s’éternisent), les socialistes vident peu à peu
Solferino. Toutes les archives des heures glorieuses
ont été transférées à L’Ours (L’Office universitaire
de recherche socialiste), tandis que les fédérations
sont invitées à venir à Paris chercher les meubles
qui pourraient être utiles dans les QG régionaux.
Le reste du mobilier sera offert à des associations.
AGENCE DE
LA MAISON IMPÉRIALE
DU JAPON
Au moment où LaREM et le RN
cherchent des partenaires sur
la scène européenne, Christian Jacob
multiplie les échanges avec
ses homologues européens.
Au compteur, une vingtaine de
rencontres bilatérales depuis le début
de la législature. C’est dans ce cadre
qu’Alexander Dobrindt, président
du groupe CSU au Bundestag, l’a invité
à intervenir à Munich, jeudi 4 octobre,
pour évoquer les convergences
politiques des partis de droite et
de centre droit des 27 pays de l’Union.
Avant de se rendre ensemble…
à la fête de la bière le soir même.
AU
Le président de Force républicaine,
Bruno Retailleau, poursuit
ses rendez-vous avec
les responsables de la droite
et du centre. Après
le président des Centristes
et président des Régions de France,
Hervé Morin, vendredi en Vendée,
Bruno Retailleau a déjeuné en têteà-tête, mardi au Sénat, avec Xavier
Bertrand. « Le déjeuner s’est très
bien passé, confie un proche de
Bruno Retailleau. Bruno Retailleau
a la volonté de participer à ce que
la droite se rassemble, tout ce qui peut
apaiser est une bonne chose. »
« Nous portons tous un livre en nous, un désir de texte
pour soi ou à partager. Le Figaro littéraire a ouvert
de nouveaux ateliers pour celles et ceux qui sont attirés
par la formidable aventure de l’écriture. »
À VOS
PLUMES,
REJOIGNEZ
LES ATELIERS
D’ÉCRITURE
DU FIGARO
LITTÉRAIRE !
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LE ROYAUME COLORÉ
DES ÊTRES VIVANTS
Jacob en tournée
européenne
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E
JAKUCHU
PETIT PALAIS
Retailleau poursuit ses
rendez-vous à droite
O
15 SEPTEMBRE
14 OCTOBRE
2018
N
EXPOSITION
ÉVÉNEMENT
JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO
lle se frotte les yeux de fatigue et effleure la croix en or qui pend sur son
chemisier. Son calendrier pour les
trois mois à venir l’inquiète. Entre
un aller-retour à Séoul pour un dîner Van Cleef & Arpels, un autre à
Hongkong, l’écriture d’un livre*, les
travaux dans son restaurant gastronomique, le tournage de « Top chef », un contrat
renouvelé pour cinq ans au palace londonien le
Connaught, l’ouverture du Joïa, sa deuxième adresse parisienne si réussie, et les rendez-vous avec des
investisseurs pour ouvrir le capital de son restaurant étoilé, Hélène Darroze est sur tous les fronts.
« C’est de la folie, soupire-t-elle. Pendant vingt-cinq
ans, j’ai grandi toute seule. Je n’ai pas eu un Charles
Znaty, le directeur de Pierre Hermé, pour me concentrer à 100 % sur l’artistique. Je n’ai pas su le trouver
ou lui faire une place. Or, même si je suis entourée
d’équipes opérationnelles, il me faut un numéro
deux. »
À la maison, où l’attendent Ciboulette, le chat,
Fluffy, le chien, et ses filles, Charlotte, 11 ans, et Quitterie, 9 ans, elle qui n’est plus derrière les fourneaux
gère aussi tout toute seule. « Elle peut me demander ce
qu’elle veut, ce sera toujours oui, dit Pierre Hermé. J’ai
énormément de respect pour ce qu’elle fait. Ce n’est pas
donné à tout le monde d’y arriver. »
Adopter a été un choix. Comme si, dans ce métier
(Éditions du Cherche-Midi), où elle mêle sans fards
où il s’agit avant tout de faire plaisir aux autres, on
une passion amoureuse à la cuisine. Il lui arrive de se
ne pouvait pas tout avoir, et notamment un compatromper et d’en souffrir, car, dit-elle, « je donne tougnon. Être à la fois cuisinière, chef d’entreprise avec
jours beaucoup de moi ». Ce fut le cas lorsqu’elle a
de lourdes responsabilités, mener une carrière inouvert un bistrot à Paris au moment où elle signait à
Londres. Le bistrot parisien ferme rapidement tout
ternationale et avoir encore de l’énergie pour decomme un autre lancé plus tard à Moscou. « Il y a des
venir maman passé 40 ans supposent des sacrifipays où il ne faut pas aller. » Tout cela,
ces. Sa vie privée est étroitement
elle le dit avec ce léger accent du Sudliée à son travail : « Ce sont les filles
Ouest qu’elle a conservé.
qui ont décidé du nom de mon holding, Ciboulette & Co, et du nom de la
«
Elle a su rester elle-même »
société qui gère Joïa, Fluffy. »
Dans ce tourbillon, les allers-re« C’est toujours la même personne, que
tours de la tribu entre Paris et Lonle succès et la célébrité n’ont pas trans1967
dres sont heureusement finis. Il y a
formée », souligne Charles Znaty. «Elle
Naissance à Montquatre ans, au moment du premier
a ce côté “bonne fille” qui sauce avec les
de-Marsan (Landes).
tournage pour « Top chef », Hélène
coudes sur la table. Et ce n’est pas un
1999
Darroze a posé ses valises à deux pas
défaut », ajoute le critique François
Ouverture
du jardin du Luxembourg. Elle est
Simon. Pour Jean-François Piège,
de son restaurant
ravie que ses filles soient bilingues et
« elle a su rester elle-même, humble et
gastronomique
adorent explorer le monde. Pour
bienveillante ». On comprend pourau 4, rue d’Assas à Paris.
autant, « ma plus grande épreuve cet
quoi les multinationales américaines
2007
automne, c’est le voyage de Charlotte
l’adorent. Disney s’est inspiré d’elle
Adopte Charlotte,
en Chine », avoue-t-elle, encore sepour le personnage de Colette dans
au Vietnam, puis
couée par un voyage scolaire de
Ratatouille. Mattel a créé une Barbie à
Quitterie en 2009.
quinze jours en Irlande où les enfants
son effigie. Dans le milieu de la cuisi2008
n’avaient pas le droit de téléphoner à
ne, elle est une diplômée de Sup de
Reprend le Connaught
la maison.
Co, une blonde ultraféminine - au
à Londres.
point d’être l’égérie des magazines
Se mettre à l’épreuve est une
2018
féminins. On imagine les jalousies de
constante chez elle. Serrer les dents
Ouverture,
ces messieurs. Surtout pour son
face à une relation sentimentale comen septembre, du Joia
contrat renouvelé jusqu’en 2023 au
pliquée quand elle débute loin de ses
à Paris. Tournage
Connaught. Elle y gère tout le « food
proches chez Alain Ducasse à Mode la saison 10 de
and beverage », dont le restaurant
naco. S’installer à Paris. Écrire Per« Top Chef », l’émission
doublement étoilé. Elle proteste : « Je
sonne ne me volera ce que j’ai dansé
culinaire de M6.
Prochain atelier
GEORGES-OLIVIER
CHATEAUREYNAUD
Écrivain, éditeur chez Grasset, Prix Renaudot
pour La Faculté des songes, Prix Goncourt
de la nouvelle pour Singe savant tabassé
par deux clowns, Grand Prix de l’imaginaire
pour L’Autre rive.
5 octobre/12 octobre/9 novembre
16 novembre/23 novembre/30 novembre
de 18h à 22h
Dans les locaux du Figaro, 14 bd Haussmann, Paris 9ème.
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A
Léna Lutaud
llutaud@lefigaro.fr
NICOLAS BUISSON
SUCCÈS Un nouveau restaurant à Paris, un contrat prolongé
pour cinq ans au Connaught, à Londres... La chef originaire
de Mont-de-Marsan poursuit sa route tambour battant.
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