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Les Echos - 06 08 2018

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Goh Chai Hin/AFP
Heineken s’attaque
au marché chinois
Sur un marché
qui monte
en gamme,
le néerlandais
rachète 40 %
du leader
domestique.
// P. 14
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 6 AOÛT 2018 // LESECHOS.FR
( Les pionnières )
Chen Lihua
// P. 9
( Les rebelles
de la science )
Alfred Wegener
// P. 8
( Le bien-être
nouvelle vague )
Entretenir le culte
du sommeil
// P. 8
( Patrons : où étiezvous en Mai 68 ? )
Gérard Garnier
// P. 17
L’ESSENTIEL
UN MCKINSEY À LA TÊTE
DE POLYTECHNIQUE
Eric Labaye, poids lourd du cabinet de conseil, prend la tête de la
prestigieuse école à un moment
charnière de son histoire. // P. 2
LA CANICULE DEVRAIT SE
POURSUIVRE JUSQU’À MARDI
Les villes et les pouvoirs publics
cherchent la parade. Les entreprises sont obligées de s’adapter
pour faire face à la chaleur qui
peut perturber le travail.
// P. 3
LE COMMERCE EXTÉRIEUR,
TALON D’ACHILLE DE TRUMP
Le déficit commercial s’est creusé
en juin, à 46,3 milliards de dollars.
La politique de Trump ne produit
pas les effets attendus. // P. 5
L’Iran bascule
à nouveau
dans l’inconnu
de l’embargo
Autoroutes, nationales :
l’heure des grands travaux
l La première salve de sanctions américaines
entre en vigueur ce lundi, celles concernant
le pétrole sont attendues début novembre.
l PSA et Renault font une croix sur ce marché
de 80 millions d’habitants, Airbus aussi.
a première vague de sanctions américaines
frappe l’Iran ce lundi. Trois mois se sont
écoulés depuis l’annonce par Donald Trump
du retrait unilatéral de l’accord sur le nucléaire et la
mise en place de sanctions. Un délai suffisamment
long pour faire chuter la devise iranienne, qui a
perdu un cinquième de sa valeur en deux semaines,
après avoir dévissé de presque 50 % depuis mars.
Cette première vague de sanctions n’est pourtant
pas la plus sévère, le deuxième volet attendu en
novembre touche le pétrole et aura un impact
L
autrement plus fort sur l’économie et sur la société
iraniennes. Tac Economics anticipe ainsi une croissance nulle l’an prochain. Passé la surprise, les
entreprises françaises se sont fait une raison : à
partir de ce lundi, les firmes de l’automobile et de
l’aéronautique auront dû quitter ce marché. Airbus
a renoncé à divers contrats, tandis qu’ATR est parvenu à livrer cinq appareils, la veille de la mise en
place des sanctions. Pour PSA aussi, le coup est dur :
la firme au lion réinvestissait dans ce pays depuis
2016 et va donc devoir provisionner. // PAGE 4
L’A380 COMMENCE
UNE DEUXIÈME VIE
Ian Hanning/RÉA
nos séries
d’été
VOITURE Le plan d’investissement de 700 millions d’euros de travaux
pour les autoroutes à peine validé, les concessionnaires poussent pour
un nouveau plan. Sur les routes nationales non concédées, l’heure n’est
pas encore aux grands travaux et pourtant la dégradation de ce réseau
routier devient très préoccupante, selon un audit commandé par le
ministère des Transports, qui ne sait pas comment financer une indispensable remise à niveau. // PAGE 13
Fraude fiscale :
le « niet » de la justice
suisse à Bercy
Les premiers A380 arrivés sur le
marché de l’occasion redécollent.
Air Austral va relier La Réunion
avec ce gros-porteur d’Airbus.
// P. 15
CARNET // P. 23
IMPÔTS La justice helvétique rejette une demande
Internet Qui peut
réinventer
le Web ? // P. 16
Si la Suisse collabore davantage avec le fisc français que par le passé,
les banques helvétiques, elles, font toujours de la résistance. Photo Shutterstock
SUR
« L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22753
110e ANNÉE
24PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
Début d’année
satisfaisant
pour les
banques
françaises
BANQUE Le bal des résultats bancaires
s’est fini vendredi sans accroc. Crédit
Agricole a enregistré un bénéfice net en
hausse de 6,4 %, à 1,44 milliard d’euros.
Les établissements ont profité de la
demande en crédits, de leurs métiers
spécialisés et de leurs activités à l’international. Mais ils peinent à enrayer le recul
des revenus issus de la banque de détail.
De plus, les banques ne pourront pas
compter sur une baisse infinie du coût
du risque, d’autant moins qu’une hausse
des taux se profile en Europe. D’où une
décote des valeurs bancaires en Bourse.
// PAGE 18 ET « CRIBLE » PAGE 24
La justice suisse a rejeté une demande
d’entraide administrative formulée par la
France dans le cadre de l’affaire UBS. Le
contentieux, relativement technique et juridique, porte sur l’accès à une liste de quelque 38.000 comptes bancaires ouverts au
sein de la banque suisse entre 2006 et 2008.
Depuis trois ans, le fisc tricolore cherche à
identifier les bénéficiaires de ces comptes et
Bercy a demandé en mai 2016 à l’administration fédérale suisse de lui transmettre
davantage d’informations sur les déten-
teurs de ces comptes. Si, depuis 2010, la
Suisse collabore bien plus que par le passé
avec les autorités fiscales françaises, toutes
les demandes ne sont pas acceptées automatiquement pour autant, surtout si les
banques font de la résistance. Dans ce cas
précis, le fisc cherche à obtenir le nom de
« gros poissons » détenteurs de comptes en
Suisse, qui auraient pu déplacer leurs actifs
vers d’autres paradis fiscaux avant la levée
du secret bancaire en 2010.
// PAGE 2
Paris doit oublier
le Vélib’, pas le vélo
Pierre Gleizes/RÉA
Shutterstock
formulée par la France dans le cadre de l’affaire UBS.
Point de vue de
Jean-Claude Degand
et Isabelle Lesens
Le dixième anniversaire du Vélib’
aura été cruel pour Paris. La bonne
idée a tourné au fiasco, mais la capitale ne doit pas se détourner du vélo
pour autant. Plus qu’un système à la
Vélib’, c’est sur de nouveaux modes
de location et de stationnement que
devrait miser la ville. La petite reine
a un avenir, mais les pouvoirs
publics doivent l’aider. // PAGE 7
Le gouvernement prudent sur
le projet d’« Uber des campagnes »
Pour ne pas trop fragiliser les taxis de province,
les taxis amateurs seront encadrés en zones rurales.
VTC Le projet d’un statut de taxis amateurs
dans les zones rurales sera défendu à
l’automne. Pour ne pas trop heurter les taxis
professionnels, la marge de manœuvre de
ces nouveaux VTC sera limitée afin qu’ils ne
cannibalisent pas trop le marché des acteurs
historiques. // PAGE 12 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX PAGE 6
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Lundi 6 août 2018 Les Echos
FRANCE
Les gagnants
et les perdants
d’une allocation
sociale unique
SOCIAL
Les conséquences
d’une fusion des
aides sociales a fait
l’objet d’un rapport
de France Stratégie.
Les transferts entre
les catégories aidées
pourraient être
importants.
Hélène Gully
@gullylen
C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.
Fusionner plusieurs prestations sociales pour en faire
l’allocation sociale unique
(ASU). Il s’agirait de simplifier
un système devenu aujourd’hui
monstrueux de complexité, au
point parfois de décourager
certaines personnes qui pourraient prétendre aux minima
sociaux de les réclamer. Cette
réforme permettrait aussi
d’économiser, par ce biais, des
frais de gestion estimés à plusieurs milliards d’euros chaque
année. Matignon a donc commandé à France Stratégie – un
capé (AHH), l’allocation de solidarité pour les personnes âgées
(Aspa) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI). Le
second critère imposé est que
l’enveloppe budgétaire qui y est
consacrée reste la même. Enfin,
les changements effectués ne
doivent pas pénaliser deux
catégories de personnes en particulier : les handicapés et les
personnes âgées.
Le premier barème proposé,
qualifié « d’optimisé », privilégie, selon France Stratégie, les
personnes occupant un emploi,
à rebours du système actuel, où
travailler rapporte parfois
moins de revenus que les allocations. Dans ce scénario,
3,55 millions de ménages constateraient une diminution de
leurs revenus. A contrario,
3,3 millions de foyers observeraient l’inverse.
Ce passage à l’ASU a une incidence très variée selon les catégories. Pour les titulaires de
l’ASS par exemple, c’est-à-dire
les chômeurs en fin de droits, la
réforme fait « presque 2 fois plus
de perdants que de gagnants »,
remarque France Stratégie. En
revanche, pour les bénéficiaires de l’Aspa, il y a « 3,3 fois plus
de gagnants que de perdants ».
Fraude fiscale : Bercy essuie
un revers face à la justice suisse
SECRET BANCAIRE
La justice helvétique
vient de rejeter
la demande d’entraide
administrative
formulée par la France
dans le cadre
de l’affaire UBS.
Paris peut faire appel
de cette décision.
Ingrid Feuerstein
@In – Feuerstein
La torpeur estivale aura réservé
une bonne surprise aux fraudeurs
fiscaux. La justice suisse a rejeté la
semaine dernière la demande
d’entraide administrative formulée
par la France dans le cadre de
l’affaire UBS. Le contentieux porte
sur une liste de quelque
38.000 comptes bancaires ouverts
au sein de la banque suisse
entre 2006 et 2008 et que la France
aurait obtenue de l’Allemagne à la
suite d’une perquisition au sein de
la filiale allemande. Depuis trois
ans, le fisc cherche à identifier les
bénéficiaires de ces comptes, en
lien avec l’affaire des « carnets du
lait », dans laquelle UBS et sa filiale
française ont été renvoyés en
correctionnelle en France.
Dans cette optique, Bercy a lancé
en mai 2016 une demande
d’entraide à l’administration fédérale suisse (AFC) pour obtenir
davantage d’informations sur les
détenteurs de ses comptes. Ces
échanges se sont développés depuis
la levée du secret bancaire suisse.
Depuis janvier 2010, la France peut
effectuer des demandes individuelles. Depuis 2013, ces demandes peuvent être groupées. Petite subtilité :
au lieu de faire une demande groupée pour l’ensemble de la liste UBS,
Le contentieux porte sur une liste de quelque 38.000 comptes bancaires ouverts au sein de la banque
suisse UBS entre 2006 et 2008. Photo Valentin Flauraud/Bloomberg
la France a effectué 38.000 demandes individuelles afin d’obtenir des
informations antérieures à 2013.
Demande « non conforme »
Depuis, la légalité de la démarche
française a été contestée. Par
l’administration suisse d’abord, qui,
dans un premier temps, a suspendu
toute entraide administrative avec
la France, notamment par crainte
que la confidentialité des informations ne soit pas garantie si celles-ci
étaient transmises à la justice.
Après un long bras de fer diplomatique, l’AFC s’est finalement résolue,
en février 2018, à accepter la
demande française.
Mais cette décision a été contestée par UBS et ses clients concernés
devant le Tribunal administratif
fédéral. Fin juillet, les juges de SaintGall ont donné raison à la banque,
jugeant que la demande française
était « non conforme ». Le tribunal
avance que la France « ne précise
pas les raisons qui donnent à penser
que les contribuables concernés
n’ont pas respecté leurs obligations
fiscales ». Or la détention d’un
compte bancaire en Suisse est
légale. Ce qui ne l’est pas, c’est de le
dissimuler. La France peut faire
appel de cette décision. En attendant, le fisc ne peut toujours pas
exploiter cette « liste UBS ». Et le
délai de prescription continue de
courir. Il est de trois ans pour la
fraude fiscale, mais s’étend jusqu’à
dix ans pour la détention d’un
compte à l’étranger non déclaré.
Ce qui intéresse particuliè-
rement l’administration fiscale,
c’est de pouvoir recouper ces
38.000 comptes avec la liste des
contribuables qui ont régularisé
leur situation par le biais du service
de traitement des déclarations rectificatives (STDR), ouvert entre 2013
et fin 2017. Le fisc cherche ainsi à
détecter les contribuables qui
auraient détenu un compte en
Suisse dans les années 2000, avant
la levée du secret bancaire, et qui se
seraient envolés vers des paradis
fiscaux encore réfractaires aux
échanges d’informations. Si le travail du STDR a été salué, une grande
partie des dossiers affichaient toutefois un avoir inférieur à 1 million
d’euros. Cela laisse craindre que les
« gros poissons » n’aient pas régularisé leur situation. n
L’un des principaux associés
de McKinsey à la tête de Polytechnique
ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR
« C’est un homme
du privé, c’est
une première. »
Eric Labaye prend
les commandes de
la prestigieuse école.
L’ASU se substituerait à 6 prestations, dont le revenu
de solidarité active (RSA). Photo Jean-Claude Moschetti/RÉA
organisme de réflexion indépendant qui lui est rattaché – un
rapport analysant les conséquences potentielles de l’ASU.
Un document confidentiel que
« Le Monde » a pu consulter.
Contacté, Matignon a refusé de
commenter.
Avec l’ASU, le taux
de pauvreté
des familles
monoparentales
et des couples avec
enfant diminue.
Pour les personnes
seules, il augmente
de 1,6 point.
Deux scénarios y sont suggérés, construits à partir d’hypothèses de base. La première est
que l’ASU se substitue à 6 prestations précises. A savoir : le
revenu de solidarité active
(RSA), l’allocation de solidarité
spécifique (ASS), la prime
d’activité, les aides au logement
(AL), l’allocation adulte handi-
Idem pour ceux qui perçoivent
les aides au logement. Même si
les perdants sont un peu plus
nombreux, « le surcroît de ressources pour les seconds est, en
moyenne, plus élevé que les pertes subies par les premiers »,
explique « Le Monde », qui a eu
accès aux chiffres.
Autre paramètre important :
la situation familiale. Avec
l’ASU, le taux de pauvreté des
familles monoparentales et des
c o u p l e s ave c u n o u d e u x
enfants diminue fortement.
Mais pour les personnes seules,
il augmente de 1,6 point. Dans la
seconde simulation, les auteurs
ont choisi de ne pas différencier
les aides selon qu’elles sont
accordées aux locataires du
parc privé ou de HLM. Et selon
le quotidien, le taux de pauvreté
toutes catégories confondues
reculerait de 0,4 point, contre 0,1 dans le premier cas.
Quel que soit le choix de Matignon, l’ASU n’est pas prévu pour
tout de suite. « Le sujet n’est pas
tranché, a-t-on indiqué au
“Monde”. Et il ne fera pas l’objet
de dispositions dans le projet de
loi de financement de la Sécurité
sociale pour 2019. » n
BENJAMIN GRIVEAUX
Porte-parole du gouvernement
Il arrive à un moment
charnière, avec un
pôle à construire
à Saclay avec d’autres
établissements.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Cette fois, c’est officiel. Eric Labaye,
l’un des principaux associés du cabinet de conseil McKinsey, est le nouveau président de Polytechnique. Sa
nomination a été décidée vendredi
en Conseil des ministres. « C’est un
homme du privé, c’est une première »,
a souligné, à l’issue de celui-ci, le
porte-parole du gouvernement,
Benjamin Griveaux. Cet X-Télécoms diplômé de l’Insead succédera
à Jacques Biot, qui avait été le premier président exécutif de Polytechnique en 2013, et qui aurait été
atteint par la limite d’âge en cas de
nouveau mandat. Jacques Biot a
déjà laissé la place à François Bouchet, directeur général de l’X, qui
assure l’intérim depuis le 1er juillet.
Eric Labaye avait, en 2010, croisé
Emmanuel Macron dans la commission Attali pour la libération de
la croissance française. Sa nomination intervient plus tardivement
que prévu pour « des raisons conjoncturelles et d’agenda », selon le
Eric Labaye, X-Télécoms diplômé de l’Insead, succédera à Jacques
Biot, premier président exécutif en 2013. Photo Denis Allard/RÉA
ministère des Armées, tutelle de
l’Ecole. « Cela a duré à cause de discussions sur le salaire, qui sera de 30
à 50 % supérieur à celui de Jacques
Biot », glisse un proche du dossier.
Alors qu’au ministère, on assure
qu’« il n’y a pas eu de culbute ». Une
autre critique est venue d’un collectif de 200 élèves et anciens élèves :
dans une lettre ouverte, il s’alarme
d’une « nomination sans expérience
dans la recherche ou l’enseignement
supérieur ». Le gouvernement rappelle qu’Eric Labaye est membre du
« board » de l’Essec et du conseil
stratégique de l’école d’affaires
publiques de Sciences Po.
Eric Labaye prend les rênes de
l’Ecole à un moment clef, puisqu’il
va lui falloir mettre en œuvre la
stratégie annoncée par Emmanuel
Macron pour Saclay, le 25 octobre
dernier. Après des années de
bataille entre écoles et universités
sur le site, le chef de l’Etat avait acté
la création de deux pôles universitaires : l’un autour de l’université
Paris-Sud et l’autre, baptisé temporairement « NewUni », autour de
Polytechnique.
« Accord de coopération »
Jean-Lou Chameau, chargé par le
gouvernement d’imaginer le
regroupement de grandes écoles
autour de Polytechnique, a proposé
le 20 juin un « accord de coopération » aux écoles en attendant la
mise en place effective d’un nouvel
établissement, qui permettra à celles-ci de conserver leur personnalité
juridique. Ce futur établissement
doit fonctionner à l’automne. Il doit
se mettre en place après la publication de l’ordonnance attachée au
projet de loi « Pour un Etat au service
d’une société de confiance »,
adopté le 1er août. Cinq écoles composent aujourd’hui NewUni : Polytechnique, Ensta ParisTech, Ensae,
Telecom ParisTech et Télécom SudParis. Ce à quoi il faut ajouter
l’alliance, enclenchée en mars, entre
l’X et HEC Paris.
« On a cinq mois pour affiner le
contenu des statuts de NewUni »,
confie le président des anciens de
l’X, Bruno Angles, qui souhaite,
pour « une vision ambitieuse », que,
dès la fin de l’année, HEC Paris en
soit membre fondateur et que
l’Ecole des ponts et ISAE-Supaero
en deviennent membres fondateurs associés, compte tenu de leur
éloignement géographique de
Saclay. Cela permettrait, ajoute-t-il,
« d’élargir le champ des sujets sur lesquels on peut avoir une université de
rang mondial ». Comme celui de la
ville durable avec l’Ecole des ponts,
par exemple. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 6 août 2018
Canicule : pas
d’amélioration
attendue
avant mardi
l La situation est maîtrisée, estime
la ministre des Solidarités
et de la Santé, Agnès Buzyn.
l « Une dégradation orageuse mettra
fin progressivement par l’ouest
[à l’épisode caniculaire] entre mardi
soir et jeudi », selon Météo-France.
ENVIRONNEMENT
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Côté circulation, le deuxième jour
du grand chassé-croisé entre
juillettistes et aoûtiens, dimanche
a été un peu plus calme que le précédent. Mais côté températures,
le thermomètre a continué à
s’affoler samedi. Si les températures maximales ont fléchi légèrement sur le Nord-Est, elles sont
restées globalement très élevées.
Seule la partie nord-ouest de
l’Hexagone restait épargnée par
la vague de chaleur. Cela a conduit
Météo -France à maintenir
67 départements en vigilance
orange, avec des températures
variant entre 33 oC et 37 oC, voire
localement avoisinant les 40 oC.
Dans 39 départements, l’usage de
l’eau est de surcroît limité.
L’épisode caniculaire démarré
il y a dix jours va se poursuivre
encore. « Une dégradation orageuse y mettra fin progressivement
par l’ouest entre mardi soir et
jeudi », annonce Météo-France.
A la chaleur étouffante, qui a
conduit EDF à limiter la production des centrales nucléaires pour éviter d’avoir à rejeter de
l’eau chaude dans les fleuves et
rivières, s’ajoute une pollution
persistante à l’ozone, en particulier dans la vallée du Rhône, l’est
du pays et en Ile-de-France, où ce
sera le 12e jour de dépassement du
seuil d’information depuis début
juillet.
Des enfants et des adultes se rafraîchissent dans les fontaines d’un jardin public à Nice. Photo Valery Hache/AFP
Conséquence en région parisienne : jeudi, la capitale était
entrée en niveau 3 du Plan canicule,
conduisant la municipalité à activer les mesures de prévention
ciblées particulièrement sur les
personnes les plus fragiles ; dimanche, la Mairie de Paris a annoncé la
décision de la préfecture de police
de mettre en place de la circulation
différenciée à l’intérieur du périmètre de l’autoroute A86 ce lundi.
« Le nombre de
passages de
personnes âgées
reste légèrement
supérieur à celui
observé l’an dernier
à la même période. »
L’ASSISTANCE PUBLIQUEHÔPITAUX DE PARIS
Des mesures de prévention
Contrairement à ses collègues,
Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, n’est donc pas
encore partie en congés. Du côté de
l’exécutif, pas question de donner le
sentiment que, pendant les vacances gouvernementales, il n’y a plus
de pilote dans l’avion, comme cela
s’était produit lors de la canicule de
2003. Vendredi, juste après le Conseil des ministres, elle a visité un
centre d’accueil social parisien avec
Jacques Mézard, ministre de la
Cohésion des territoires, et son
secrétaire d’Etat, Julien Denormandie. Dimanche, elle s’est rendue aux urgences pédiatriques de
l’hôpital Necker. S’exprimant
devant la presse, elle a estimé à 18 le
nombre « d’hôpitaux qui sont mobilisés, qui sont organisés face à un
afflux aux urgences ». « 18 sur
650 services en France, ce n’est pas
massif. De plus, les passages liés à la
L’employeur doit
protéger ses salariés
Comment les grandes villes s’emploient
à faire baisser la température
L’employeur a l’obligation
de préserver la santé et la
sécurité de ses salariés.
L’Assurance-maladie
préconise l’évacuation
au-delà de 34 °C.
Les grandes agglomérations
mettent au point des
parades à l’élévation de
la température extérieure,
plus intense chez elles,
notamment en période
de canicule.
Cette année, à Nantes, les chauffeurs de bus qui le souhaitent peuvent porter un bermuda au travail.
Quand il fait 50 oC derrière le parebrise, cette liberté vestimentaire
est bienvenue. Elle a pourtant été
acquise de haute lutte. Tous les
ans, depuis 2013, la revendication
était remise sur la table et tous les
ans, elle était refusée. Leur
employeur, le réseau Semitan,
avait le droit pour lui : en matière
vestimentaire, l’entreprise peut
imposer une tenue de travail, soit
pour des raisons d’hygiène et de
sécurité, soit pour des raisons
commerciales, et la Cour de cassation a jugé en 2003, dans une
affaire où un technicien de la
Sagem était allé travailler en bermuda par forte chaleur, que la
liberté de se vêtir n’est pas une
liberté fondamentale comme la
liberté d’expression. Rien n’interdit, a contrario, à une entreprise
d’autoriser le port du bermuda en
cas de forte chaleur. Pas sûr, cependant, que cela lui suffise à remplir
ses obligations en matière de santé
et de sécurité au travail en cas de
« Au-delà de 30 °C
pour une activité
sédentaire, et 28 °C
pour un travail
nécessitant une
activité physique,
la chaleur peut
constituer un risque
pour les salariés. »
L’INSTITUT NATIONAL DE
RECHERCHE ET DE SÉCURITÉ
canicule ; des obligations qui sont
majeures puisqu’elles ne portent
pas sur les moyens, mais sur les
résultats. Tous les employeurs ne
l’ont pas forcément mesuré. Selon
un sondage réalisé par Qapa, une
agence d’intérim, et Castalie, une
société d’eau microfiltrée, les trois
quarts des salariés estiment que
leur entreprise n’est absolument
pas préparée pour lutter contre la
canicule.
Droit de retrait
Les fortes chaleurs sont d’ailleurs
un risque que l’employeur a l’obligation de regarder… à froid : il doit
figurer dans le « document unique
d’évaluation des risques professionnels ». Et quand le thermomètre
flambe, le Code du travail l’impose,
l’entreprise doit aménager le travail
de ses salariés en associant les
représentants du personnel quand
il y en a, des représentants qui peuvent faire jouer leur droit d’alerte. Il
n’y a pas d’obligation de climatisation, mais la loi précise que les
équipements et locaux doivent
« permettre l’adaptation de la température à l’organisme humain ». Et en
cas de travail en extérieur, les salariés doivent être protégés des « conditions atmosphériques ». Si ce n’est
pas possible et qu’ils doivent arrêter
de travailler, le Code du travail est
clair : ils doivent être tout de même
payés.
S’il juge qu’il est menacé par un
« danger grave et imminent », un
salarié peut user de son « droit de
retrait » et cesser le travail. A partir
de quelle température ? Le Code du
travail ne le chiffre pas. L’Assurance-maladie, elle, recommande
l’évacuation des lieux de travail par
les salariés au-delà de 34 oC ; une
recommandation rappelée par le
plan canicule. Et, pour l’Institut
national de recherche et de sécurité, « au-delà de 30 oC pour une activité sédentaire, et 28 oC pour un trava i l n é c e s s i t a n t u n e a c t i v i t é
physique, la chaleur peut constituer
un risque pour les salariés ».
— L . de C.
Joël Cossardeaux et C. N.
Face à la canicule, les Français ne
sont pas tous logés à la même enseigne. Même les Parisiens. Vendredi
matin, vers 11 heures, le mercure
affichait 29 oC place de la Concorde,
contre 27 oC au même moment à
Montmartre. Ce t yp e d’écart
s’observe dans toutes les grandes
villes avec plus ou moins d’intensité,
selon la période de l’année. Il s’explique par la configuration et l’aménagement de l’espace, générateurs de
ce que les urbanistes appellent des
« îlots de chaleur urbains » (ICU),
d’une intensité très variable. C’est
ainsi qu’une différence de 9 oC à 10 oC
a pu être constatée entre le centre
de Lille et la ville de Hem dans sa
banlieue.
Sachant que le réchauffement du
globe est bien parti pour atteindre
2 oC d’ici à la fin du siècle, les condi-
tions de vie en ville pourraient donc
devenir très éprouvantes. Un véritable défi national quand on sait qu’en
France plus des trois quarts de la
population sont urbains. Elus,
architectes et urbanistes en ont de
plus en plus conscience et adoptent
de nouveaux critères liés à l’effet îlot
de chaleur urbain dans les projets
d’aménagement. Voici quelquesunes de ces solutions.
RENDRE LES VILLES
•PLUS
RÉFLÉCHISSANTES
Plus le revêtement des façades et
des toitures arbore une couleur
claire, plus ces surfaces renvoient la
lumière et moins la chaleur s’y concentre. C’est l’albédo. Des scientifiques ont effectué des projections
basées sur ce phénomène à l’échelle
de toute l’agglomération de Los
Angeles. Les résultats laissent espérer un refroidissement compris
entre 2 oC et 4 oC en début d’aprèsmidi, en fonction des paramètres
retenus. Lyon expérimente cette
approche dans ses nouveaux quartiers. Le choix des matériaux joue.
Comme l’emploi de bétons clairs
pour revêtir les rues, plus judicieux
que le bitume.
•
DÉSIMPERMÉABILISER
LES SOLS
La démarche la plus concrète
réside dans l’aménagement de parkings gazon qui permettent de
maintenir une certaine humidité
au sol, gage de fraîcheur. Ces espaces perméables carrossables favorisent en outre la biodiversité.
•DESTRACER
« COULOIRS À VENTS »
L’idée est assez simple. Elle consiste
à repérer les couloirs naturels d’air
en ville pour évacuer la chaleur et
empêcher les constructions
d’immeubles qui bloqueraient les
vents. C’est la démarche qu’a privilégiée la municipalité de Lisbonne
pour réduire ses îlots de chaleur
urbaine. Des préconisations d’aménagement (hauteur des bâtiments,
orientation des rues, etc.) figurent
dans le nouveau plan de zonage de
la ville. Celles-ci doivent également
permettre de lutter plus efficacement contre la pollution de l’air
urbain. Cette démarche va à
rebours du développement de la climatisation individuelle. Celle-ci
tend en effet amplifier les îlots de
chaleur : selon les spécialistes, le
canicule sont faibles, aux environs de
4 % », a-t-elle ajouté, y voyant le
« signe d’une bonne assimilation des
messages de prévention dans la
population ».
Dans son dernier bilan publié
dans l’après-midi de dimanche,
l’Assistance publique-Hôpitaux de
Paris se voulait aussi rassurante.
Elle ne notait pas d’augmentation
du nombre de cas de pathologies
liées à la chaleur hier aux urgences
enfants comme adultes en Ile-deFrance, pointant juste une activité
soutenue dans certains services et
que « le nombre de passages de personnes âgées reste légèrement supérieur à celui observé l’an dernier à la
même période (+8,1 %) ». n
rejet d’air chaud en pleine rue ferait
monter de 2 o C la température
ambiante.
• PLANTER DES ARBRES
Cela peut paraître évident, mais
c’est pourtant l’un des défis clefs qui
attend les agglomérations lors de
ces prochaines années. L’arbre doit
devenir le principal atout des villes
pour lutter contre les chaleurs
i n t e n s e s , ave c d e u x a p p o r t s
majeurs.
L’ombrage, d’abord, qu’il procure
au passant et au revêtement urbain.
85 % des rayons du soleil sont filtrés
par le feuillage et ne frappent pas le
bitume ou le goudron de plein
fouet. Ces équipements emmagasinent donc moins de chaleur et en
rejettent aussi moins la nuit, permettant au mercure de baisser.
L’humidité, ensuite, que les arbres
libèrent dans l’air ambiant pour se
rafraîchir. L’écart de température
entre une rue avec ou sans arbres
peut atteindre 2 oC. Un seul arbre
mature et en bonne santé peut
rafraîchir son environnement
direct autant que cinq climatiseurs
tournant à plein régime.
•
VERDIR TOITS
ET FAÇADES
Du vert partout sur les bâtiments,
en plantant de l’herbe ou de petites
plantes au sommet des immeubles
ou le long des murs. Cette technique
permettrait d’abaisser la température sur un toit d’une quinzaine de
degrés (par rapport à un toit doté
d’un revêtement clair) et jusqu’à
20 oC sur une façade (par rapport à
un mur nu). Le gain d’énergie est
colossal, puisqu’il n’y a plus besoin
de rafraîchir autant, à l’aide de climatiseurs par exemple. Des études
menées à Paris montrent que près
de 25 % d’énergie pourraient être
économisés. Selon l’Agence de
l’environnement et de la maîtrise de
l’énergie (Ademe), couvrir de verdure 6 % des toits d’une ville comme
Toronto, au Canada, ferait chuter
le thermomètre de 1 o C à 2 o C en
centre-ville. n
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04 //
Lundi 6 août 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ITALIE : PRODUCTION
INDUSTRIELLE EN HAUSSE
TURQUIE : INFLATION À
PRÈS DE 16 % EN JUILLET
La production industrielle
en Italie a augmenté
de 0,5 % en juin sur un mois,
après avoir déjà progressé
de 0,8 % en mai,
a indiqué, vendredi,
l’Institut national
des statistiques (Istat).
Sur un an, et corrigée
des effets de calendrier,
la production industrielle
a gagné 1,7 %.
Le taux d’inflation en
Turquie a atteint 15,85 %
en juillet sur un an, contre
15,39 % en juin, selon les
chiffres officiels publiés
vendredi, un record depuis
2003, alors que l’économie
est sous pression et que la
monnaie turque est à un plus
bas historique. Les prix à la
consommation affichent
+0,55 % entre juin et juillet.
+0,3 %
LES VENTES DE DÉTAIL EN
JUIN DANS LA ZONE EURO
Les ventes au détail
dans la zone euro, baromètre
de la consommation des
ménages, ont progressé
de 0,3 % en juin par rapport
à mai, selon Eurostat.
En mai, comparé à avril,
la hausse était de 0,3 %.
L’Iran frappé par la première vague
de sanctions américaines
l Les sanctions des Etats-Unis
contre l’Iran prennent effet ce lundi
dans certains secteurs.
l Les Iraniens redoutent leur impact.
MOYEN-ORIENT
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
La première vague de sanctions
américaines frappe ce lundi soir
des Iraniens attendant fébrilement ce moment depuis des
semaines. Signe de la nervosité
ambiante en raison de cette décision annoncée par Donald
Trump il y a exactement trois
mois, la monnaie iranienne,
le rial, a perdu un cinquième de
sa valeur depuis deux semaines, à
112.000 p our 1 dollar. Ce qui
s’ajoute à la chute de presque
50 % depuis mars, alimentant via
les produits importés, surtout alimentaires, la deuxième inflation
la plus élevée de la planète ; 210 %
par an actuellement.
Les Iraniens ont fait des provisions de précaution ces dernières
semaines et beaucoup parmi les
plus aisés ont préféré quitter le
pays. Se sont multipliées ces derniers jours des manifestations que
les médias officiels présentent
comme dénonçant les sanctions
américaines, alors que beaucoup
visent en fait le régime sur fond de
tension sociale récurrente. Les
transporteurs routiers sont ainsi en
grève perlée depuis des semaines.
pièces détachées automobiles,
ainsi que, plus crucial, toute acquisition de dollars. A quoi s’ajoute,
détail baroque, l’interdiction de
toute importation de tapis persans
et pistaches. Mais les seules exportations iraniennes sérieuses sont
celles d’hydrocarbures, qui, elles,
seront proscrites par Washington
seulement en novembre. C’est là
que Téhéran sera vraiment étranglé, même s’il affirme pouvoir vendre son pétrole à celles des entreprises chinoises qui ne sont pas
intéressées par le marché américain… autant dire pas tant de
monde que ça.
Signe que c’est sur le pétrole que
le bras de fer se jouera, Téhéran a
lancé jeudi dernier d’ostensibles
manœuvres dans le détroit
d’Ormuz. Au débouché du golfe
Persique, ce détroit voit passer un
quart du commerce mondial d’or
Les ouvriers iraniens ne pourront pas bénéficier de sitôt
d’investissements étrangers. Photo Simon Dawson/Bloomberg
noir et Téhéran a menacé de le bloquer s’il ne pouvait plus vendre
son pétrole. Ce qui provoquerait
une panique mondiale, quoique
cela soit sans doute hors de portée
de sa marine…
Tensions sociales
Le président iranien, Hassan
Rohani, sous l’autorité du guide
C’est sur le pétrole que
le bras de fer se jouera :
Téhéran a lancé jeudi
dernier d’ostensibles
manœuvres dans
le détroit d’Ormuz.
Ali Khamenei, sera en grande difficulté pour tenir les manettes en
novembre. Vraisemblablement
déstabilisé par l’impact de la première vague de sanctions, il est
aussi menacé par les tensions
sociales et par les « principalistes » au sein du régime. Ces derniers reprochent à sa politique
d’ouverture de n’avoir apporté
aucune prospérité au pays. S’il
avait permis de stabiliser l’inflation jusqu’à récemment, sa politique de vérité des prix via une
réduction des subventions a
affecté le pouvoir d’achat des
classes populaires, souligne Clément Therme, spécialiste de
l’Iran à l’International Institute
for Strategic Studies. n
« Nous anticipons une croissance nulle en Iran en 2019 »
Propos recueillis par
Michel De Grandi
3 QUESTIONS À
THIERRY
APOTEKER
’impact des premières sanctions américaines devrait
être marginal. En revanche,
lorsqu’elles toucheront le pétrole,
l’effet sera plus marqué.
L
Président de TAC
Economics
Interdiction
de toutes importations
Quel impact ces sanctions
américaines vont-elles
avoir sur l’économie iranienne ?
Lorsqu’on regarde la liste des produits concernés par cette première
salve de sanctions, notamment
l’automobile, l’or et d’autres métaux,
cet impact devrait être marginal. Il a
en outre été largement anticipé
depuis le retrait américain de
l’accord nucléaire, début mai. Le vrai
choc aura lieu plutôt en novembre,
avec la deuxième tranche de sanctions, qui toucheront cette fois le
pétrole. La question aujourd’hui est
de savoir comment les Iraniens se
1
DR
Les sanctions rétablies ce lundi
sont pourtant loin d’être les plus
dures de celles que l’Iran va devoir
affronter ; elles ne comptent
aucun produit alimentaire ni
pharmaceutique, Washington
voulant éviter d’être accusé de
chercher à affamer la population.
Elles interdisent à toute entreprise
dans le monde, sous peine de se
voir fermer le marché américain,
l’achat pour le compte de l’Iran
d’or, d’aluminium, d’acier, de charbon, de logiciels, de véhicules et de
préparent à ce choc. Si l’on remonte
quelques mois en arrière, c’est-à-dire
avant l’annonce américaine de sortie de l’accord nucléaire, l’économie
iranienne ne connaissait pas de
déséquilibres majeurs et les investissements étrangers revenaient doucement. La croissance restait modérée, pour ne pas dire décevante. De
ce point de vue, on voit que la signature de l’accord nucléaire n’a pas
produit la poussée de croissance
annoncée à l’époque. Néanmoins,
Téhéran pratique une gestion prudente de ses ressources. Il dispose de
réserves en devises très confortables. Avec 68 milliards de dollars,
elles sont certes inférieures au pic de
80 milliards atteint en 2012, mais
couvrent largement les besoins en
importations, qui sont de 15 milliards par trimestre.
2
Les années
à venir risquent-elles
d’être difficiles pour Téhéran ?
C’est à craindre, même si à ce stade
beaucoup d’incertitudes demeurent. Selon nos calculs, et en partant
de l’hypothèse que les exportations
de brut vont être pénalisées à partir
de novembre, nous anticipons une
croissance de 3 % environ cette
année, mais qui devrait tomber à
zéro en 2019. J’ajoute que la situation actuelle, où se trouvent combinés trois facteurs, à savoir la baisse
du taux de change, une hyperinflation et un ralentissement de la croissance, va quasi inévitablement
créer des tensions sociales. Mais
attention cependant : Téhéran a les
moyens de résister à des sanctions
américaines compte tenu précisément de la relativement bonne
santé de ses fondamentaux. La
dégradation de la situation risque
aussi d’avoir des prolongements
internes, car les tensions sur le
régime aussi bien qu’au niveau de la
population devraient logiquement
profiter aux opposants au président
Rohani.
Sur qui l’Iran
peut-il encore s’appuyer ?
Essentiellement sur la Russie et sur
la Chine. Déjà parce que ces deux
pays réagissent à toute situation
hégémonique. Ensuite parce que
Moscou n’a pas intérêt à avoir un
Iran en crise. Vladimir Poutine a
déjà conclu avec Téhéran un accord
de troc pétrole contre marchandises
à hauteur de 50 milliards de dollars.
Il faut que l’Iran puisse multiplier ce
type d’accords qui contournent les
sanctions. Mais attention, certains
pays comme la Turquie voient en
revanche d’un œil assez intéressé un
affaiblissement de leur voisin iranien, car cela permettra à Ankara de
jouer un rôle accru dans la région.
Même s’il a lui-même ses propres
problèmes à résoudre. n
3
Premier couperet sur les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique
Airbus, PSA et Renault
devront avoir cessé leur
activité en Iran d’ici à lundi
soir, sous peine de s’exposer
aux foudres américaines.
Anne Feitz
@afeitz
Les entreprises françaises se sont
fait une raison. Après avoir dénoncé
le 8 mai dernier l’accord sur le
nucléaire iranien, l’administration
Trump avait fixé une première
échéance au 6 août, date de l’entrée
en vigueur des premières sanctions.
A compter de lundi soir, les entreprises de certains secteurs, dont l’automobile et l’aéronautique, devront
s’être retirées du pays pour se conformer à la législation américaine.
Faute de quoi, elles se verront
restreindre l’accès au marché
américain. Une deuxième vague
de sanctions entrera en vigueur le
4 novembre, concernant cette fois
l’énergie ou la finance. Total et Engie,
qui ont déjà annoncé qu’ils cesseraient leurs activités au pays des
mollahs, bénéficieront donc de quelques semaines supplémentaires.
Espoirs douchés
Si certaines des entreprises concernées ont pu un temps croire qu’elles
pourraient bénéficier d’une exemption, le secrétaire d’Etat, Steven
Mnuchin, a douché leurs (maigres)
espoirs. Mi-juillet, le ministre de
l’Economie, Bruno Le Maire, indiquait avoir reçu la réponse – négative. Seul le constructeur d’avions
régionaux à hélices ATR, cogéré à
parité par Airbus et l’italien Leonardo, a finalement obtenu in
extremis l’autorisation de livrer
cinq appareils à Iran Air, correspondant à une commande
ancienne.
Mais Airbus a dû renoncer à ses
contrats auprès des compagnies
Iran Air et Zagros Airlines, qui portaient sur 106 Airbus, dont à peine
trois ont été livrés. De même PSA a
annoncé son retrait dès début juin,
tandis que le directeur général
adjoint de Renault, Thierry Bolloré, a reconnu fin juillet, en présentant les résultats semestriels du
groupe, que les opérations dans le
pays seraient sans doute gelées. Et
ce, même si le PDG, Carlos Ghosn,
avait déclaré mi-juin à ses action-
naires que, « même si nous devons
réduire la voilure très fortement,
nous resterons », tout en admettant
que le groupe ne pouvait pas se
permettre de subir des mesures
de rétorsion.
Provision
pour dépréciation
Usine PSA en Iran. Photo PSA
Ce retrait coûte cher à PSA : il l’a
contraint à passer une provision
pour dépréciation de 168 millions
d’euros dans ses comptes du premier semestre 2018. Le constructeur au lion, présent de longue date
dans le pays avec ses 206 et ses 405,
avait recommencé à investir depuis
2016 pour y produire des Peugeot 2008 et des Citroën C3. Associé
pour cela aux groupes locaux Iran
Khodro et Saipa, il comptait large-
ment sur la République islamique
pour sa croissance à l’international,
alors qu’il est encore très dépendant
de l’Europe. Renault affichait, lui
aussi, de grandes ambitions en Iran.
Il avait annoncé il y a tout juste un an
son dispositif industriel pour produire sur place des Renault Symbol
(dérivées de la Clio) et des Dacia
Duster, avec ses partenaires Idro et
Parto Negin Naseh. Mais l’accord n’a
pas été finalisé et rien n’a donc
encore été déboursé, a rappelé Clotilde Delbos, la directrice financière.
Renault n’aura donc pas à passer de
provisions, mais il devra lui aussi
faire une croix sur ce vaste marché
de 80 millions d’habitants.
(
Lire nos informations
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MONDE // 05
Les Echos Lundi 6 août 2018
Donald Trump embourbé
dans le déficit commercial
Après une baisse
ces trois derniers
mois, le déficit
commercial américain
est reparti
à la hausse en juin.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Cela ne devrait pas arranger les
tensions mondiales. Le déficit
commercial américain est reparti
à la hausse en juin, à 46,3 milliards
de dollars, contre 43,2 milliards en
mai. Une hausse nettement supérieure aux prévisions des analystes, qui tablaient sur un déficit de
45,6 milliards. C’est la plus forte
augmentation (+7,3 %) depuis dixneuf mois. Sur un an, le déficit a
bondi de 7,2 % au premier semestre. Les Etats-Unis ont notamment
souffert d’exportations en net repli
(–1,5 milliard de dollars), pénalisées par l’appréciation du dollar et
par les tarifs douaniers imposés
par certains pays en représailles à
la politique de Donald Trump.
Les importations sont également reparties à la hausse, malgré
les tarifs imposés par la MaisonBlanche. Ce sont 1,6 milliard de
dollars de produits supplémentaires qui sont entrés sur le territoire
américain en juin, par rapport au
mois précédent.
Les tarifs inefficaces
Selon Barclays, la tendance devrait
se confirmer. « La hausse du déficit
suggère que les facteurs conjoncturels [qui ont soutenu la réduction
ces derniers mois] faiblissent »,
écrivent ses analystes dans une
note publiée vendredi. Selon eux,
la réforme fiscale est aussi un facteur d’aggravation du déficit. « La
hausse de la demande, portée par
les baisses d’impôts, génère plus
d’importations. » Paradoxalement, ces chiffres devraient toutefois renforcer Donald Trump dans
sa volonté de continuer le bras de
fer avec ses partenaires commerciaux. Le président américain ne
manquera pas de les utiliser pour
remettre la pression sur Pékin. Le
déficit avec la Chine continue, en
effet, de s’accroître, à 32,5 milliards de dollars, contre 32 milliards en mai. Celui avec l’Union
européenne également (12,8 mil-
Brexit : les craintes d’une sortie
sans accord se multiplient à Londres
EUROPE
Emmanuel Macron
a reçu Theresa May
à Bregançon.
Cette semaine, Washington a
annoncé qu’il envisageait d’imposer des droits de douane de 25 %
sur 200 milliards de dollars de
biens importés de Chine. La décision finale est attendue en septembre. En représailles, Pékin a
déclaré vendredi qu’il était prêt à
taxer 60 milliards de dollars
d’importations américaines. La
guerre des nerfs continue, mais la
Chine pourrait bientôt se retrouver
sans arme : si ces tarifs entraient
en vigueur, c’est la majorité des
biens américains exportés vers la
Chine qui seraient taxés. Donald
Trump, de son côté, a laissé entendre qu’il pourrait frapper l’intégralité des importations chinoises, à
terme.
Une bonne nouvelle, tombée
également vendredi, consolera
peut-être le président américain.
Le taux de chômage poursuit sa
chute. Il est descendu à 3,9 % le
mois dernier, conformément aux
prévisions (contre 4 % en juin).
Mais les créations d’emplois ont
nettement ralenti, à 157.000, contre 190.000 attendu. Les entreprises auraient notamment connu
des difficultés à embaucher une
main-d’œuvre qualifiée. Les salaires ont progressé, eux, de 0,3 %
après une hausse de 0,1 % en juin. n
Michel De Grandi
@MdeGrandi
La fin de la lune de miel entre
Kim Jong-un, le leader nord-coréen, et Donald Trump, le président américain, est peut-être en
train de se profiler. A en croire
un rapport d’experts de l’ONU
envoyé au Conseil de sécurité, la
Corée du Nord « n’a pas stoppé
ses programmes nucléaire et
balistique et a continué de défier
les résolutions du Conseil
de sécurité à travers une hausse
massive des transferts illicites
de produits pétroliers en mer en
2018 ».
Ce même panel, qui est
chargé du suivi de l’application
des sanctions adoptées après le
sixième test nucléaire et balistique de Pyongyang, a pointé des
violations d’une interdiction
d’exportation du charbon, du
fer et d’autres marchandises
nord-coréennes, qui ont rapporté 14 millions de dollars au
régime de Kim Jong-un d’octobre à mars. Ces violations ont
rendu le dernier train de sanctions adopté en 2017 « sans
effet » en bafouant les restrictions imposées par l’ONU,
ajoute le texte. Autre constat :
SÉRIE D’ÉTÉ
LES PIONNIÈRES
PORTRAITS DE FEMMES
QUI ONT CHANGÉ LE MONDE
Officiellement
pour parler du futur
dans les relations
bilatérales.
L’ÉLYSÉE
Un rapport de l’ONU
pointe le décalage
entre les violations
dont Pyongyang
reste coutumier
et les attentes
de Washington.
La guerre des nerfs
La politique
de la Maison-Blanche
n’a pas les effets
escomptés.
« L’absence
d’un accord
sur le retrait n’est
pas un scénario
que nous, comme
nos partenaires,
souhaitons. »
ASIE DE L’EST
liards, contre 11,9 milliards), tout
comme celui avec le Mexique
(6,7 milliards, contre 5,8 milliards), soit les principaux partenaires commerciaux visés par la
politique de Donald Trump…
ÉTATS-UNIS
Chen Lihua, la femme la plus riche
de Chine
Rebecca Pennock Luckens, 1ère femme
à diriger une aciérie
Rashmi Sinha, présidente de Slideshare
Maria das Graças Foster, la « dame
de fer du pétrole »
Emma Walmsley, 1ère femme à diriger
un groupe pharmaceutique
Sebastien Nogier/AFP
Officiellement, il n’était pas question
de marcher sur les plates-bandes
de Michel Barnier, chargé par
l’Union européenne de régler le
divorce avec Londres. La rencontre,
vendredi, entre Emmanuel Macron
et Theresa May se voulait plutôt centrée sur le futur des relations entre
les deux pays après le Brexit. Elle
devait être plus informelle aussi.
L’entretien, qui s’est déroulé à Brégançon dans la résidence d’été des
chefs d’Etat français, n’a pas fait
l’objet de déclarations.
Londres et Bruxelles sont censés
parvenir à un accord d’ici au sommet européen d’octobre pour organiser leur divorce, prévu fin
mars 2019. « Nous sommes déjà
d’accord sur 80 % de l’accord de
retrait », a souligné Michel Barnier la
veille de la rencontre de Brégançon.
Mais « nous devons encore trouver un
accord sur des points importants »,
a-t-il précisé, citant en particulier la
question de la frontière entre
l’Irlande du Nord, concernée par le
Brexit, et l’Irlande, membre de l’UE.
La Corée du Nord tarde
à se dénucléariser
À LIRE CETTE SEMAINE
Le président français, Emmanuel Macron, et la Première ministre
britannique, Theresa May, vendredi à Bregançon.
Avant la reprise des négociations
prévue fin août, Londres a lancé une
offensive diplomatique pour plaider
sa cause auprès des grandes capitales européennes. Outre Theresa
May, les deux nouveaux ministres
Jeremy Hunt (Affaires étrangères)
et Dominic Raab (Brexit), nommés
début juillet à la suite des démissions
fracassantes de Boris Johnson et de
David Davis, partisans d’un Brexit
« dur », sont venus à Paris. Là,
Jeremy Hunt s’est déclaré « préoccupé » par le « vrai risque d’un Brexit
sans accord ».
La France est perçue au Royaume-Uni comme l’un des principaux
obstacles à un assouplissement de la
position de l’Union européenne
dans les négociations, ce que
dément Paris. « L’absence d’un
accord sur le retrait n’est pas un scénario que nous, comme nos partenaires,
souhaitons », souligne l’Elysée. Vu de
Londres, le risque est réel.
L’intransigeance de la Commission européenne pousse le gouvernement britannique vers une sortie
de l’Union européenne sans accord
sur les relations entre Londres et
Bruxelles après le Brexit, a prévenu
dimanche le secrétaire britannique
au Commerce, Liam Fox, dans un
entretien au « Sunday Times ». Les
chances que le Royaume-Uni sorte
de l’Union sans accord tournent
autour d’un ratio 60-40, dit celui-ci,
qui est l’un des principaux partisans
du Brexit au sein du gouvernement
de Theresa May.
Risque « désagréablement
élevé »
« Je crois que l’intransigeance de la
Commission nous pousse vers une
sortie sans accord », déclare-t-il.
« Nous devons établir les bases pour la
conclusion d’un accord, mais si l’UE
décide que l’obsession théologique des
non-élus doit primer sur le bien-être
des citoyens européens, alors c’est un
Brexit de bureaucrates – et non pas le
Brexit du peuple. Il ne peut alors y
avoir qu’un résultat », ajoutet-il. Vendredi, le gouverneur de la
Banque d’Angleterre, Mark Carney,
s’est inquiété d’un risque « désagréablement élevé » d’une sortie de la
Grande-Bretagne de l’Union sans
qu’un accord ait pu être trouvé sur
les relations post-Brexit entre Londres et Bruxelles. — M. G.
BIENVENUE DANS LA NOUVELLE ECHOSNOMIE
en dépit d’une interdiction des
coentreprises avec la Corée du
Nord, le rapport dévoile l’existence de plus 200 de celles-ci,
beaucoup d’entre elles avec la
Russie.
Pyongyang a en outre « tenté
de fournir du petit armement et
des armes légères ainsi que
d’autres équipements militaires » à la Libye, au Yémen et au
Soudan. Le rapport identifie un
trafiquant d’armes syrien,
Hussein Al Ali, qui a fourni
« un éventail d’armes conventionnelles, et dans certains cas
des missiles balistiques, à des
groupes armés au Yémen et en
Libye ». Les armements étaient
fabriqués en Corée du Nord,
précise le rapport.
Respecter sa promesse
Washington a demandé le mois
d e r n i e r l ’a r r ê t c o m p l e t
des fournitures de produits
pétroliers à la Corée du Nord.
Mais, selon le rapport, Pyongyang s’est procuré plus de
500.000 barils au cours des
cinq premiers mois de l’année.
Le secrétaire d’Etat américain,
Mike Pompeo, a reconnu vendredi à Singapour qu’il restait
encore « du chemin à faire »
concernant la dénucléarisation
de la Corée du Nord, alors que
Washington pousse Pyongyang à respecter sa promesse.
Le ministre nord-coréen des
Affaires étrangères doit se rendre en Iran pour une visite officielle, selon l’agence officielle
nord-coréenne KCNA. Téhéran
et Pyongyang coopèrent déjà
dans la technologie militaire et
des missiles. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Lundi 6 août 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le Point de vue
Art & culture
Les rebelles
de la science
Le bien-être
nouvelle vague
Les pionnières
Politiques de l’emploi : n’oublions
pas les territoires !
Giono, un pacifiste dans les tranchées
Alfred Wegener, météorologue à la dérive
Entretenir le culte du sommeil
Chen Lihua, la bâtisseuse
de la nouvelle Pékin
L’ÉDITORIAL
DES « ÉCHOS »
Macron Acte 2
A quoi croit Macron ? Sur le plan
économique, la question mérite d’être posée,
car la réponse n’est finalement pas
si évidente que cela. Défenseur
de l’entreprise privée et de la modernisation
de l’Etat, le président de la République
n’est en effet pas à l’abri de certaines
contradictions.
Par David
Il pousse pour les baisses de charges
Barroux
qui frappent le travail, mais son
gouvernement envisage de mettre
Si le
davantage à contribution les entreprises
président
pour assumer le coût des arrêts maladie.
Il s’attaque au tabou du statut des cheminots,
est, par
mais ne bouge guère sur le reste de
principe,
la fonction publique et n’a encore rien fait
prêt
de significatif sur le front de la réduction
des dépenses publiques. Il a défendu
à attaquer
les « cars Macron » et continue de mettre
toutes
la pression sur les notaires, mais aujourd’hui
les rentes,
il met de l’eau dans son vin en atténuant
le projet d’« Uber des campagnes » pour
il refuse
ne pas déclencher de guerre avec les taxis de
parfois
province. Un projet qui n’est certes ni majeur
de faire
ni structurant à l’échelle de la France, mais
trop mal
qui démontre que si le président est, par
principe, prêt à attaquer toutes les rentes,
à certains
il refuse parfois de faire trop mal à certains
rentiers.
rentiers. Faut-il y voir le reflet d’une forme
d’hésitation ou Emmanuel Macron
cherche-t-il simplement à trouver un équilibre entre conviction
et pragmatisme ? Ses avocats diront qu’il sait que la France a besoin
de réformes profondes, mais qu’il a conscience qu’on ne peut
tout faire d’un coup. On ne peut ouvrir trop de fronts, se faire
trop d’ennemis susceptibles d’unir leurs forces d’opposition
et de blocage. Ses adversaires diront qu’il hésite, car, au fond de lui,
sa ligne économique reste floue. Peut-on être en même temps
libéral et défenseur d’un Etat centralisé qui reste fort et au centre
de bien des jeux ?
Après une première année de mandat déjà riche, une deuxième
s’ouvre et toute la difficulté sera de continuer à réformer et à exiger
des efforts alors que les sacrifices demandés en début
de quinquennat seront loin d’avoir porté leurs fruits. Les projets
ne manquent pas et le calendrier législatif s’annonce chargé.
Entre l’urgence du quotidien, l’élaboration annuelle de la loi
de finances et la préparation de réformes à long terme,
le gouvernement aura plus d’un horizon temporel en ligne de mire.
L’important est qu’il sache exactement où il veut aller
et qu’il continue de réformer sans devenir l’otage d’échéances
électoralistes.
(
Lire nos informations
Page 12
Relation Trump-Kim :
« l’idylle » se poursuit
les dirigeants américain et
nord-coréen se poursuit
toujours, écrit le quotidien
américain « The Washington
Post ». Une correspondance
faisant suite au sommet de
Singapour qui avait réuni les
deux chefs d’Etat sur la question de la dénucléarisation
de Pyongyang. Jeudi, Donald
Trump qui a reçu une nouvelle lettre du leader nord-coréen a
tenu à le
remercier dans
un tweet
et exprimant également sa gratitude
pour le retour des
50 dépouilles américaines
plus tôt dans la semaine. Le
contenu exact reste laconique
mais Sarah Huckabee Sanders, la porte-parole de la Maison-Blanche, a tout de même
précisé que la lettre mentionnait l’engagement de Kim
Jong-un à travailler vers une
« dénucléarisation totale ».
De son côté, Trump continue
Photo Jack Guez/AFP
LE POINT
DE VUE
de Kim Fournais
de montrer publiquement les
progrès qui ont été faits depuis
le sommet du 12 juin. Récemment, lors d’un rassemblement en Floride, il a fait savoir
que les Etats-Unis « se portent
bien » avec la Corée du Nord,
avant d’ajouter qu’« il y a beaucoup de bonnes choses. Pas de
tests. Pas de missiles. Mais on
verra bien ce qu’il se passe ».
Les représentants du gouvernement américain sont en
effet très attentifs à la volonté
nord-coréenne
d ’a b a n donner
l e u r
projet
nucléaire. Car, malgré les propos de Trump, le quotidien
révèle que les services de renseignement américains soupçonneraient la Corée du Nord
de continuer la construction
de nouveaux missiles dans
le même centre de recherche
que celui qui avait servi à la
fabrication des missiles balistiques capables d’atteindre les
Etats-Unis.
— M. Rou.
Cryptomonnaies :
pour un marché régulé
et responsable
DEVISES // La production de cryptomonnaie engloutit une quan-
tité astronomique d’énergie et les conditions de transaction restent
obscures. Il est temps d’instaurer un cadre réglementaire plus
strict pour protéger les consommateurs et préserver notre planète.
n 2017, le bitcoin, les cryptomonnaies et la blockchain ont quitté
les tréfonds d’Internet pour rencontrer et séduire le grand public. Au
Danemark, comme ailleurs en Europe,
nous avons assisté à une déferlante
d’articles de presse sur les fluctuations
de son cours. Certains, très optimistes,
d’autres démoralisants. Le timing ne
pourrait être meilleur pour les cryptomonnaies : l’économie connaît une
embellie, les taux sont bas et l’intuition
que les marchés d’actions vont décoller
se propage peu à peu. Les investisseurs
sont en quête de résultats, et quoi de
plus alléchant qu’une nouvelle technologie prometteuse ? Le potentiel des
cryptomonnaies et de la technologie
particulière qui les sous-tend, la blockchain, est incontestablement immense.
Mais il est temps de voir plus loin que
la ruée vers cet or moderne et de faire
preuve d’esprit critique.
Le secteur financier doit répondre à
un très long chapelet d’exigences, ainsi
qu’à des mesures raisonnables de protection du consommateur. Mais les
cryptomonnaies sont encore largement non réglementées. Les frais sont
élevés et incompréhensibles : souvent
plus de 10 %, aussi bien à l’achat qu’à la
vente ! En outre, les conditions de transaction sont encore plus obscures : le
prix demandé est-il vraiment juste ?
Dans le même temps, la fiscalité sur
l’assujétissement des cryptomonnaies
n’est toujours pas clarifiée partout en
Europe.
L’entrée en vigueur de la nouvelle
directive européenne MiFID II, début
2018, a ajouté un peu d’ironie amère à la
situation. Cette directive impose une
kyrielle d’exigences très détaillées aux
banques et institutions financières,
afin, entre autres, de garantir que les
clients soient suffisamment informés
E
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
La relation épistolaire qui a
•commencé
début juillet entre
Le marché des cryptomonnaies
vient d’atteindre environ
600 milliards de dollars, soit
un quart du PIB de la France.
des risques et des frais encourus. Elle
impose également un marketing adéquat et transparent.
Au même moment, les consommateurs sont bombardés de publicités de
fournisseurs non réglementés, offrant
de « surfer sur la vague du bitcoin pour
gagner 500.000 euros en seulement
24 heures - garanti ». Il s’agit de marketing particulièrement déloyal, voire
malhonnête. Chez des fournisseurs britanniques régulés, par exemple, les consommateurs peuvent, en quelques clics,
avoir accès à des produits tels que les
CFD, qui suivent des cryptomonnaies à
fort effet de levier, dans lesquelles est
également en partie investi de l’argent
emprunté. Le risque est énorme, autant
que les intérêts payés par le consommateur, qui peuvent s’élever à près de 100 %
par an. Il est dangereux d’accumuler un
fort effet de levier sur des produits aussi
volatils que les cryptomonnaies.
Une plaie pour la planète
Une majorité d’Européens ne choisissent pas les cryptomonnaies pour
placer leurs économies. Mais l’intérêt
qu’elles suscitent étant massif, les consommateurs doivent pouvoir effectuer
leurs transactions au sein d’un cadre
réglementaire plus strict, pour que les
bénéfices éventuels ne disparaissent
pas une fois les frais payés, et que les
investisseurs ne fassent pas miroiter de
gains clairement irréalistes.
Force est de constater que les défenseurs de l’environnement sont absents
de ce débat. La « production » de cryptomonnaies requiert une consommation d’énergie gigantesque. Selon
plusieurs études, l’activité du bitcoin
consomme quasiment la même quantité d’électricité que l’ensemble du
Danemark. C’est énorme. Comment
justifier ce gâchis d’énergie, alors que
Les
cryptomonnaies
testent
nos capacités
à gérer les
opportunités
technologiques
à évolution
rapide.
nous tentons d’endiguer le dérèglement
climatique ? L’idée n’est pas de freiner le
développement de la technologie. A
l’instar d’autres banques, telles que la
Bank of England, nous améliorons nos
fonctions grâce à la blockchain. Le
cryptomarché est encore peu mature :
les ETN (« exchange traded note »)
constituent actuellement le meilleur
accès aux cryptomonnaies, en particulier parce qu’ils sont cotés en Bourse et
que les gains éventuels sont imposables. Mais le risque de voir leurs cours
chuter est grand et il est important d’en
être conscient.
Une approche
plus critique
C’est parce que nous travaillons activement avec cette technologie que nous
prônons une approche à la fois plus
informée et plus critique envers les
cryptomonnaies. Une approche alignée
sur d’autres nouveaux produits financiers, par exemple. Nous voulons sortir
des tranchées pour débattre de la régulation des transactions effectuées en
cryptomonnaies, de la manière dont les
bénéfices seront imposés et des normes
énergétiques que nous souhaitons voir
appliquées. Le marché des cryptomonnaies vient d’atteindre environ 600 milliards de dollars, soit un quart du PIB de
la France et deux fois celui du Danemark. Il est temps que les autorités
s’occupent de ce problème. Nous ne
devons pas nous laisser éblouir par ces
nouvelles monnaies. Les cryptomonnaies testent nos capacités à gérer les
opportunités technologiques à évolution rapide. Elles se multiplieront dans
les années à venir. A la prochaine vague,
nous devrons être prêts et beaucoup
plus réactifs.
Kim Fournais est PDG de Saxo Bank.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 07
Les Echos Lundi 6 août 2018
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
art&culture
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2. Alphabet va pouvoir construire sa ville du futur à Toronto
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4. La lutte contre les taxis clandestins s’intensifie
dans les aéroports parisiens
5. Le second plan autoroutier va démarrer, la voie s’ouvre à un troisième
LE POINT
DE VUE
de Joël Ruiz
’objectif du projet de loi « pour la
liberté de choisir son avenir professionnel » est clair : orienter les
ressources de la formation professionnelle vers les politiques de l’emploi.
Aboutissement d’un processus engagé
de longue date, le paradigme fondateur
de la formation professionnelle en
France évolue : là où les contributions
des entreprises finançaient principalement la formation des salariés, elles
vont désormais financer la formation
en alternance des jeunes, notamment
l’apprentissage.
Le gouvernement annonce sa priorité absolue : la lutte contre le chômage
des jeunes. Qui pourrait s’y opposer ? Pour autant, nous devons collectivement garder à l’esprit plusieurs
conditions majeures à la réussite de la
réforme. D’une part, la formation professionnelle doit s’appréhender comme
un tout, en conservant une action significative au bénéfice des salariés qui
devront faire évoluer leurs compétences dans les prochaines années, notamment en matière de digitalisation des
procédures et des métiers. Les nombreuses actions existantes, destinées à
accompagner la transformation numérique des entreprises et l’évolution des
compétences des salariés doivent être
renforcées, sans cela, les salariés
d’aujourd’hui ne seront pas suffisamment préparés aux métiers de demain.
D’autre part, et quelles que soient les
L
LE POINT
DE VUE
de Jean-Claude Degand
et Isabelle Lesens
Politiques de l’emploi :
n’oublions
pas les territoires !
mesures définitivement votées par le
Parlement, il apparaît indispensable
que l’ensemble du système mis en place
s’appuie sur un service de proximité. En
effet, la bataille de l’emploi se gagnera
dans les territoires, au plus près des
besoins et des ressources. S’il revient au
niveau national de fixer les grands
objectifs, de négocier les qualifications
professionnelles de demain ou encore
d’évaluer les transformations des
métiers, ne nous y trompons pas :
Il faut aussi garantir
une certaine continuité
dans la mise en œuvre
des dispositifs.
Donner aux acteurs
locaux des repères et
leur laisser le temps de
s’approprier réellement
les dispositifs proposés
par les Opca.
l’essentiel du travail se fait localement,
sur le terrain.
C’est donc au niveau local qu’il faudra
assurer dans les meilleures conditions
possibles la mise en relation, dans les
bassins d’emploi de l’offre et des services, l’accompagnement et le conseil aux
entreprises sur les différents types de
contrats ou encore la conduite des
plans de développement en lien avec les
acteurs impliqués, à commencer par
Pôle emploi.
Enfin, si une vague réformatrice peut
s’avérer nécessaire pour redonner un
nouveau souffle au secteur (et celui de la
formation n’est pas en reste depuis plusieurs années en matière de réformes !),
il faut aussi garantir une certaine continuité dans la mise en œuvre des dispositifs, une certaine stabilité du marché
de la formation, pour donner aux
acteurs locaux des repères et leur laisser le temps de s’approprier réellement
les dispositifs proposés par les Opca,
demain par les « opérateurs de compétences ».
En tout état de cause, et au-delà des
grandes orientations portées par la loi
« pour la liberté de choisir son avenir
professionnel », l’approche locale de sa
mise en œuvre apparaît comme la condition sine qua non de sa réussite, parce
qu’elle répondra directement aux
besoins dans les bassins d’emploi, parce
qu’elle permettra une réactivité et une
capacité d’action concrète et efficace.
Dans ce contexte nouveau, les opérateurs de compétences doivent prendre
toute leur part et s’engager encore
davantage dans les territoires.
Joël Ruiz est directeur général
de l’Agefos PME.
Fiasco du Vélib’ :
comment relancer
le vélo à Paris
14-18
L’homme parti au front,
mal, le végétal et le
son empreinte laisse
minéral sont permaencore une marque dans
nents. C’est la voix
le matelas, à côté de la
d’un auteur rural, né
femme. « Le Grand Trouet mort à Manosque.
peau » est un entrelaceSes dialogues tomment de récits à l’avant et
bent à pic et on
à l’arrière. Les hommes
entend l’accent prodans les tranchés et les
vençal à chaque
femmes dans les fermes.
réplique.
Champs de bataille et
champs de blé. Ne se
Analogie
focalisant pas sur la boue
Comme des bêtes en
et le sang, « Le Grand
transhumance, les
Troupeau » se distingue
pages de ce roman et
des autres romans de la
ses personnages sont
Première Guerre monencadrés par un berdiale réunis pour notre
ger : Thomas. Le
série d’été. En peignant
roman s’ouvre sur le
un paysage pointilliste de
tableau d’une nuée
la vie à l’arrière, en Prode moutons travervence, Jean Giono livre
sant un village de
ROMAN FRANÇAIS
un portrait critique du
Provence. Thomas
Le Grand Troupeau
front.
est chargé de faire
de Jean Giono,
Joseph et Olivier sont
descendre ses bêtes
Folio, 252 pages.
mobilisés. Julia manie la
des alpages, car elles
faux tout en se languissont mobilisées pour
sant des mains d’un homme sur son corps.
nourrir les soldats au front. Il les fait marMadeleine angoisse et enfante. La Félicie a
cher des jours entiers, malgré leur épuisesorti son deuil du placard. Jérôme, le papé,
ment. La guerre finie, il reviendra chez le
le maire, le boucher, les vieux attendent des
papé chercher son bélier, laissé à l’arrière –
lettres de leurs fils – à défaut de leur retour.
comme on laisse une femme. C’est une anaLa violence n’est pas dans les combats, auxlogie évidente avec le troupeau de jeunes
quels on n’assiste pratiquement pas. L’horhommes mobilisés et menés jusqu’à la mort
reur de la guerre est dans son opposition
par les dirigeants de l’armée.
catégorique avec la vie, la vie de l’arrière.
Thomas le berger, revenu dans l’arrière« Le grand troupeau » est ainsi considéré
pays provençal à la fin de la guerre,
par beaucoup comme un récit de guerre
confesse : « On a toujours peur de la faire voir,
pacifiste. C’est avant tout un récit de guerre
sa pitié. C’est la triste vérité. On ne doit jamais
« littéraire ». Giono ne prend pas une plume
mener le troupeau pour le massacre où je l’ai
de journaliste ou une perspective de
mené, sur les routes. » Les soldats de 1914
témoin. Il est romancier. Les phrases sont
n’étaient qu’un troupeau mené à l’abattoir
fines, travaillées. La guerre est poétique.
par les mauvais bergers. Ceux qui n’ont pas
Chez Giono, les liens entre l’humain, l’anide pitié. — Julia Denis
BD &
CINÉ
David Barroux
@DavidBarroux
ix ans après son lancement,
Vélib’ était devenu un symbole
de la modernité parisienne. En
moins d’un an, l’or s’est mué en plomb.
On avait pourtant fini par oublier le côté
un peu pataud des vélos, la non-viabilité de son modèle économique, pardonné le coût élevé du ser vice et
accepté les norias de camions pour
repositionner les vélos en station. Le
vélo était de retour à Paris et c’était une
grande nouvelle pour la ville et la planète. Vélib’2 devait être une nouvelle
étape, mais la débâcle est au rendezvous : changement d’opérateur difficile
à gérer, évolution vers un service
(trop ?) ambitieux, délais sous-estimés… Aujourd’hui, il semble clair que
le service ne fonctionnera pas pleinement avant plusieurs mois. On est donc
en droit de s’interroger.
Incontestablement, le vélo est un
mode de transport d’avenir en ville :
rapide, non polluant, bon pour la santé,
il répond comme nul autre aux exigences de la transition écologique et énergétique. Sa part de marché dans
l’ensemble des déplacements devrait
être à deux chiffres. N’est-elle pas de
40 % à Amsterdam, 45 % à Copenhague, 13 % à Berlin et seulement de 5 % à
Paris ? Mais, il faut de nouveaux outils,
d’une autre puissance, pour atteindre
cette deuxième étape.
Un service unique largement subventionné, articulé sur la seule partie
centrale de l’agglomération, ne peut
être la pierre angulaire de la politique
publique. Ce constat fait pour Autolib’
est vrai aussi pour Vélib’. Point de services de ce type en Europe du Nord et,
D
pourtant, le vélo s’y impose au cœur de
la mobilité urbaine. Même chose à
Strasbourg, leader français de l’usage
du vélo. On pourrait saisir l’occasion
des déconvenues parisiennes pour mettre en place un faisceau élargi d’actions :
l La location longue durée – au trimestre, au semestre ou à l’année – et à
tarif préférentiel, des vélos classiques
ou électriques pour une période maximale de trois ans par personne : les
habitants des banlieues, du périurbain,
des territoires ruraux ne seraient plus à
l’écart du retour du vélo aujourd’hui
réservé au centre de la métropole francilienne.
Le vélo est un mode
de transport d’avenir
en ville.
Sa part de marché
dans l’ensemble des
déplacements devrait
être à deux chiffres.
l En parallèle, la réactivation, la densification et la consolidation d’un
réseau de loueurs indépendants, à l’instar de l’Europe du Nord ou de l’Allemagne, libérés de la concurrence tarifaire
peu loyale de l’opérateur public, avec
une offre plus qualitative de vélos, électriques ou classiques. Avec, à la clef, des
dizaines de créations d’entreprises et
des centaines d’emplois qualifiés.
l L’acceptation régulée des services
de free-floating (partage de vélo sans
station) – à Paris, on en dénombre déjà
six, peut-être dix demain – qui suivront
le développement du trafic vélo.
l Des plates-formes numériques de
location de vélos et de services qui rendraient ces offres accessibles d’un clic.
Intervention publique
L’intervention publique serait plus
forte là où elle est irremplaçable,
notamment pour financer les infrastructures cyclables : réseaux express
vélo, pistes cyclables, arceaux pour le
stationnement, à l’instar du programme que Berlin vient de décider,
plus ambitieux que celui de Paris.
L’intervention publique est aussi
irremplaçable et plus forte pour aménager des parcs à vélos de grande capacité près des gares et autres plates-formes de transport en commun.
Plusieurs dizaines sont à prévoir dès
maintenant en Ile-de-France.
Le rôle des pouvoirs publics est également primordial pour faciliter le stationnement des vélos à domicile, financer des tarifs réduits ou des gratuités
ciblées, ou encore mettre en place
l’indemnité kilométrique vélo (IKV),
notamment dans l’administration
municipale parisienne, et ainsi montrer l’exemple pour les plans de déplacement d’entreprise, progressivement
obligatoires depuis 2016. De la crise du
Vélib’ pourrait ainsi jaillir le renouveau.
Jean-Claude Degand
est président de Vélocomotion.
Isabelle Lesens est élue
(sans étiquette) du
15e arrondissement de Paris.
Giono, un pacifiste
dans les tranchées
L’éternel voyage du
« Transperceneige »
Récit social et politique
en noir et blanc, « Le
Transperceneige » est le
symbole d’un monde
absurde qui a choisi la
fuite en avant.
Les bonnes histoires ne
prennent pas une ride.
Imaginé au début des
années 1980, mais porté
à l’écran seulement
Un combat
trente ans plus tard, « Le
Le dessin de Jean-Marc
Tr a n s p e r c e n e i g e » ,
Rochette a su donner vie
devenu « Snowpiercer »,
à cette histoire de révolte.
a même pris de l’épaisLe réalisateur coréen
seur. Fidèle à la bande
fera, lui aussi, de cette
dessinée originelle et terlutte entre les pauvres
riblement moderne en
méprisés des « classes
même temps, le longarrière » (les queutards)
métrage du Coréen Bong
et l’aristocratie de l’avant
Joon-ho qui sort en 2013
BANDE DESSINÉE
du train un film dans
est la preuve que quand
Transperceneige
lequel la violence est à la
un scénario est fort il
de Lob, Legrand
fois psychologique et
peut traverser les
et Rochette,
physique. Comme quoi
années et passer de
Edition intégrale reliée,
la peur de l’atome, du
l’album à l’écran sans
Casterman, 25 euros, 280 pages.
déclassement et des tenperdre de sa puissance.
sions sociales reste terriImaginé par Jacques Lob, l’un des scénarisblement d’actualité. Dans ce train aux mille
tes de poids de la génération « Pilote »,
et un wagons, certains se prélassent alors
« Transperceneige » repose sur une intrigue
que d’autres se battent pour survivre. A
simple et efficace : dans un monde postapol’écran comme sur papier, le ressort narratif
calyptique les rares survivants se sont réfuest le même : la vie est un combat et elle est
giés dans un train qui traverse le monde
souvent injuste.
sans jamais s’arrêter.
Connu pour ses films noirs et de scienHuis clos stressant, l’univers du Transce-fiction (« Memories of Murder »,
perceneige reflète les angoisses de la géné« The Host ») et son long- métrage
ration de l’après-guerre qui s’inquiète à la
« Okja » qui défraya la chronique car il
fois de la menace nucléaire et se désole de
s’agissait d’un film produit par Netflix qui
voir croître les inégalités dans un monde
fut projeté en compétition officielle à
encore stratifié en classes sociales. Publié
Cannes en 2017, le réalisateur coréen est
dans « (A suivre) », revue de bande dessinée
tombé sur « Le Transperceneige » presmythique des années 1980, « Le Transperque par hasard en lisant en 2004 une verceneige » va marquer une génération
sion non autorisée en coréen de cette BD
d’auteurs et de lecteurs qui découvrent à la
mythique. Il en fera un film anglo-saxon,
faveur de ce récit que la BD mérite égaledirigé par un Coréen sur la base d’une
ment d’être appelée « roman graphique ».
histoire française. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // IDEES & DEBATS
Lundi 6 août 2018 Les Echos
série d’été 6/10
LES REBELLES DE LA SCIENCE
Le père de la tectonique des plaques voulait expliquer les grandes évolutions climatiques
de la planète. Il a révolutionné les sciences de la Terre.
Alfred Wegener, météorologue à la dérive
Paul Molga
@paulmolga
lfred Wegener aurait adoré posséder un GPS. Grâce à ce système de
géolocalisation, les chercheurs
savent désormais mesurer au centimètre près la vitesse de déplacement des continents. Mais à l’époque où naît ce
météorologue allemand, au début de la révolution industrielle, la communauté scientifique ne
croit pas une seconde que les terres émergées
puissent bouger, car elles reposent sur un socle
rigide. Wegener a une autre intuition : au cours
d’une longue expédition au Groenland, il a
observé comment la glace se disperse, « façon
puzzle », pendant la débâcle, et il pense qu’il s’est
produit la même chose pour former les continents à partir d’une Terre primordiale qui s’est
fragmentée à la fin de l’ère primaire. L’idée est
séduisante. Elle va pourtant diviser pendant des
décennies pro et anti-« fixistes », comme on
appelle ceux qui croient alors à une Terre immobile. Cinquante ans avant les grandes campagnes
océanographiques qui ont prouvé sa théorie, ce
mouton noir venait pourtant de poser les bases de
la tectonique des plaques.
A
Plusieurs indices
L’étrange emboîtement des formes du littoral de
l’Europe et de l’Afrique avec les côtes américaines
n’a pas échappé aux savants de son époque.
Depuis le XVIe siècle même, beaucoup ont constaté l’évidence de ce dessin éclaté. Mais personne
ne sait expliquer comment notre globe pourrait
être mobile. Des indices de ce dynamisme planétaire s’accumulent pourtant dans plusieurs disciplines.
Les paléontologues ont par exemple découvert
les mêmes fossiles de reptiles dans un environnement de fougères semblable en Afrique, en Amérique du Sud, en Inde et même en Australie, le
continent classé « à part » en raison de l’endé-
Début 1912, à Francfort, Alfred Wegener expose sa théorie devant un parterre
de géologues sceptiques. Photo DR
misme prononcé de son vivant. Ils ont également
observé que tous ces continents ont subi un climat froid à la même époque de l’ère primaire. Les
géologues aussi ont noté d’étonnantes corrélations dans la fiche d’identité des roches. Par exemple, les Vosges et la chaîne américaine des Appalaches présentent les mêmes caractéristiques.
Il y a 200 millions d’années,
décrit-il, la « Pangée »,
ainsi qu’il a baptisé le continent
primordial, se serait séparée
en deux supercontinents.
Genèse des continents
des, et il en établit même la chronologie qu’il
consigne dans un ouvrage qu’il va enrichir plusieurs fois pour répondre à ses détracteurs, « La
Genèse des continents et des océans ».
Il y a 200 millions d’années, décrit-il, la « Pangée », ainsi qu’il a baptisé le continent primordial,
se serait séparée en deux supercontinents, le
Après plusieurs années à compléter ses arguments, Wegener se sent prêt à les présenter. Début
1912, à Francfort, il expose sa théorie devant un
parterre de géologues sceptiques : il a imaginé
que les divisions continentales s’opèrent dans les
fonds océaniques, le long de fractures très profon-
Gondwana et la Laurasia, qui se divisèrent à leur
tour à l’époque des dinosaures.
Le problème de sa théorie réside dans les forces
en jeu. Comment les continents pourraient-ils se
déplacer sur une couche de l’écorce terrestre
solide, rétorquent ses rivaux. Beaucoup imaginent alors que les plissures qui modèlent les paysages de montagne sont le fait de l’âge : à cause de
son refroidissement, la Terre se ride comme une
pomme qui sèche, affirment-ils.
Après Wegener, il faudra attendre les travaux
du Français Jean Goguel en 1942 sur l’étude mécanique des déformations de l’écorce terrestre, puis
son traité de tectonique dix ans plus tard, pour
que la communauté des géologues s’interroge à
nouveau sur la morphologie interne de la Terre.
Et c’est un nouveau courant de pensée posant les
bases de la géophysique moderne qui va se dessiner. Jusqu’aux travaux du géologue américain
Harry Hess, qui s’appuie sur la nouvelle cartographie des fonds océaniques pour élaborer l’hypothèse du double tapis roulant modélisant le
moteur de la tectonique des plaques. Officiellement, en cette année 1962, les sciences de la Terre
connaissent la révolution pressentie par Wegener. C’est donc à un spécialiste des phénomènes
météo que revient le mérite d’avoir donné naissance à une des disciplines les plus contemporaines du moment, propulsée par le GIEC (Groupe
d’experts intergouvernemental sur l’évolution du
climat). Le père de la dérive des continents voulait
d’abord comprendre comment les climats
avaient pu connaître de tels bouleversements au
fil des temps. Ses travaux, dont la pertinence fut
confirmée dans les années 1980 avec l’apparition
des outils de simulation numérique du climat,
servent de socle à la discipline. n
l
RETROUVEZ DEMAIN
Georges Lemaître, l’abbé théoricien du big bang
TENDANCE MARKETING
Entretenir le culte du sommeil
Plate-forme de
contenus, nouveaux
matelas et objets
connectés répondent à l’envie des
Français de mieux
dormir.
Clotilde Briard
@ClotildeBriard
’époque est au paradoxe. On n’a
jamais autant parlé de sommeil.
Et on n’a jamais aussi peu dormi.
Les acteurs de la literie ont bien
c o m p r i s q u e l e s Fr a n ç a i s
avaient envie de mieux tirer parti de leur
temps de repos. Bultex vient de lancer une
plate-forme de contenus baptisée « Biendormir.com ». La marque du groupe Cofel y
propose de déterminer qui sont les dormeurs, en fonction de profils bâtis sur une
étude menée par iligo. Elle donne également des conseils sur la respiration ou les
aliments bénéfiques pour le sommeil.
« Le site contribue à montrer au consommateur l’importance d’avoir une bonne literie
et de veiller à la qualité de son sommeil », souligne Luis Flaquer, directeur général de
Cofel, qui détient Epéda et Merinos. Le
groupe, qui ne vend qu’à travers des distributeurs, met en avant le caractère made in
France de ses produits tout comme ses innovations, à l’image de la collection Température contrôlée chez Bultex. Les acteurs historiques ont, aujourd’hui, tout intérêt à se
mettre en ordre de bataille face à l’émergence de nouveaux venus vendant sur Internet des matelas arrivant roulés dans des boîtes et offrant 100 jours d’essai. Parmi eux,
Eve Sleep, fondé au Royaume-Uni, s’est
notamment développé dans l’Hexa-
L
Les acteurs de la
literie ont bien
compris que les
Français avaient
envie de mieux tirer
parti de leur temps
de repos. Photo Nicolas
Messyasz/Hans Lucas
gone. « Les gens ont tendance à repousser
l’achat de leur matelas et sont en quête de nouvelles solutions pratiques », juge Charles Digby-Smith, directeur du développement
international. La marque a progressivement étendu son champ d’action aux sommiers, couettes et même draps. Elle cherche
maintenant à toucher d’autres publics en
nouant un partenariat avec But pour que ses
matelas puissent aussi être disponibles en
magasin.
l’Hexagone. « L’arrivée de nouveaux intervenants a rebattu les cartes et incité les acteurs
déjà installés à se renouveler. Mais, en contrepartie, l’afflux de propositions tend à rendre le
marché plus compliqué pour les consommateurs », estime Christophe Chaptal de Chanteloup, directeur associé de l’agence Experience Makers et président de l’Apci
(Agence pour la promotion de la création
industrielle).
Des objets connectés aux tisanes
Selon Bultex, 12 % des
Français sont équipés d’une
application ou d’un objet
connecté pour évaluer
la qualité de leur sommeil.
Une enseigne comme La Compagnie du
lit a, de son côté, répliqué en lançant Albert,
un matelas compressé roulé fabriqué dans
De nouvelles tendances apparaissent. « La
taille des matelas achetés tend à augmenter en
France », constate Luis Flaquer. La recherche d’une bonne nuit se fait, en outre, plus
large. « Les industriels vont de plus en plus
devoir imaginer des propositions globales
allant jusqu’aux objets connectés », prévoit
Christophe Chaptal de Chanteloup.
Déjà, 12 % des Français sont équipés d’une
application ou d’un objet connecté pour
évaluer la qualité de leur sommeil, selon
l’étude réalisée pour Bultex. A côté des montres assurant le suivi du sommeil émergent
des produits comme le bandeau Dreem.
Vendu environ 500 euros, il associe techniques d’endormissement à partir d’exercices
de relaxation, stimulations sonores et réveil
adapté à chaque rythme.
Autre secteur en plein boom : les infusions. Dans sa gamme vendue en magasins
bio, Pagès a même récemment lancé une
référence intitulée « Sommeil » à base de
fleurs et feuilles d’oranger ainsi que de marjolaine. Et le rooibos, naturellement sans
théine, perce. La marque anglaise Tick Tock
Tea vient d’arriver dans l’Hexagone et
revendique sur ses packagings rétro des
jours radieux et des nuits paisibles. Pour
mieux dormir, tout compte. n
l
RETROUVEZ DEMAIN
Se faire du bien au travail.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Lundi 6 août 2018
SÉRIE
D’ÉTÉ
16/24
Chen Lihua,
la bâtisseuse de la
nouvelle Pékin
LES PIONNIÈRES // Incroyable destinée que celle de cette
femme à la jeunesse obscure devenue, grâce à son flair,
son entregent et son énergie, l’une des toutes premières
fortunes chinoises.
Tristan Gaston-Breton
tgb@historyandbusiness.fr
Pékin, Chen Lihua est
une légende. « Avec sa
silhouette épaisse, ses
grosses lunettes de soleil
et sa mauvaise permanente, elle fait penser à
une vieille tante mal fagotée qui aurait gagné
au loto », a dit d’elle un journaliste américain. Cette femme d’apparence banale est
pourtant à la tête d’une fortune de près de
8 milliards de dollars qui la place parmi les
trois « self-made-women » les plus riches
du monde. « La femme riche », « fupo » en
chinois : ainsi la surnomme-t-on, respectueusement, dans la presse chinoise. A
soixante-dix-sept ans, cela fait quelques
années déjà qu’elle a cédé à son fils les
rênes de l’empire immobilier qu’elle a
fondé dans les années 1980. Elle consacre
désormais l’essentiel de son temps au
Musée du santal rouge de Chine, qu’elle a
créé en 1999 et dont elle est la conservatrice. Unique en Chine, il est voué à la préservation et à la transmission du patrimoine chinois. Entourée d’ouvriers
qualifiés, à qui elle offre des salaires élevés,
Chen Lihua s’emploie à recréer l’art traditionnel de la fabrication de meubles en
bois précieux. Mécène, elle siège dans différentes associations caritatives d’éducation, de lutte contre la pauvreté et de soins
en milieu rural. Autant d’initiatives qui ont
fait beaucoup pour sa réputation. Célèbre,
la milliardaire l’est également grâce à son
mariage avec Chi Zhongrui, l’un des
acteurs les plus populaires de Chine, de
douze ans son cadet. L’occasion pour eux
de disserter à l’envi sur la destinée de cette
femme à la jeunesse difficile et devenue,
grâce à son seul talent et à son énergie,
l’une des toutes premières fortunes du
pays…
A
Pascal Garnier pour « Les Echos »
Parfum de légende
La réalité est un peu différente… Chen
Lihua incarne à la perfection ces nouvelles élites qui surent s’enrichir en tirant
parti des opportunités que leur offraient
les réformes menées par Deng Xiaoping
dans les années 1980. Accaparement de biens
publics, trafic d’influence, corruption… A l’opposé
du conte de fées que présente la presse chinoise.
Mais attentive à son image et éprise de respectabilité, Chen Lihua fait flotter sur sa vie un parfum de
légende. A suivre sa biographie officielle, elle descendrait en ligne directe d’une famille noble de
Mandchous, les fondateurs de la dynastie Qing
(1644-1912), et serait apparentée à l’un de ses empereurs ! C’est à l’ombre du Palais d’été, à Pékin, qu’elle
serait venue au monde en 1941. Aucune preuve ne
vient corroborer ce récit et aucune archive ne mentionne le nom de sa famille. « Nous avons détruit
tous les documents qui prouvaient notre ascendance
pendant la Révolution culturelle », répondit-elle à
un journaliste américain qui l’interrogeait sur sa
famille.
Si l’histoire de ses origines reste sujette à caution, il est sûr, en revanche, qu’elle connut une jeunesse difficile sur le plan matériel et qu’elle pâtit
directement de la Révolution culturelle. Selon certains témoins, Chen Lihua, alors jeune mère de
famille mariée à un fonctionnaire et exerçant ellemême la profession de couturière, aurait été promenée dans les rues de son quartier à Pékin, un
écriteau accroché dans le dos la dénonçant
comme une « femme de mauvaises mœurs »
– une accusation classique à l’époque. La suite est
obscure. A suivre le récit officiel de ses aventures,
elle aurait eu le temps, avant d’être exhibée aux
risées du public, de démonter et de mettre à l’abri –
dans une porcherie où personne n’aurait l’idée
d’aller la chercher ! – une somptueuse garde-robe
en bois de santal ayant appartenu à ses ancêtres et
que les gardes rouges avaient l’intention de brûler.
Après la mort de Mao, en 1976, elle serait venue la
récupérer et aurait alors eu l’idée de se lancer dans
le négoce et la restauration de meubles anciens en
bois de santal. Elle aurait ensuite parcouru toute
l’Asie du Sud-Est pour se procurer cette précieuse
essence, vivant la vie d’une véritable « Indiana
Jones féminine » (sic !), « sillonnant la jungle au
milieu des singes et des serpents, échappant même à
une attaque d’Indiens armés de flèches empoisonnées ».
Mais la véritable histoire est très éloignée de la
légende. Au milieu des années 1980, Chen Lihua va
sur ses quarante-cinq ans. Toujours mariée à son
fonctionnaire, elle a créé une petite affaire de réparation de meubles qui connaît une certaine prospérité. Intelligente, observatrice et surtout très
ambitieuse, elle a perçu l’importance des bouleversements en cours en Chine. Une poignée
d’audacieux qui gravitent autour des cercles du
pouvoir savent profiter de la libéralisation de l’économie. C’est ce que fait Chen Lihua. Depuis quelque temps, elle est au mieux avec un officiel
influent du Parti communiste chinois séparé de
son épouse. Lorsqu’il est en déplacement à Hong
Kong, elle lui offre de garder sa jeune fille.
L’homme lui en saura gré : c’est grâce à lui que la
future milliardaire pourra bientôt faire des affaires
à Hong Kong, dont un traité sino-britannique signé
en 1984 prévoit la rétrocession à la Chine en 1997.
Un flair certain
C’est lui, surtout, qui la « branche » sur une affaire
des plus prometteuses : une usine d’Etat de fabrication de meubles située dans les faubourgs de Pékin.
Son principal atout ? Elle est flanquée d’un vaste
dépôt rempli de vieux meubles traditionnels – dont
beaucoup en bois de santal – confisqués par les gardes rouges à l’époque de la Révolution culturelle.
Personne ne s’y intéresse, sauf, précisément, Chen
Lihua. Avec un flair certain, elle pressent que ces
« antiquités » – dont certaines remontent à la
dynastie Ming (1368-1644) – sont susceptibles
d’intéresser de riches collectionneurs à Hong Kong.
Les racheter n’est pas un problème : grâce à son ami
du Parti, le stock lui est cédé pour une somme ridiculement faible. Dans la foulée, cet ami lui obtient
toutes les autorisations nécessaires pour les exporter. Des employés du dépôt ont raconté qu’à chacune de ses visites Chen Lihua les gratifiait de petits
cadeaux venus de Hong Kong. Elle revint même de
l’un de ses périples avec une voiture venue d’URSS
destinée au directeur de l’usine. Un bon moyen de
s’acheter des complicités. La revente
aux riches Hongkongais de trésors du
patrimoine acquis pour une bouchée
de pain : telle est la véritable origine de
la fortune de Chen Lihua. On est bien
loin de la garde-robe familiale cachée
dans une porcherie…
Mais les meubles traditionnels ne
sont qu’une première étape. Au début
des années 1990, Chen Lihua est devenue riche et a tissé suffisamment de
liens avec l’élite économique et politique chinoise pour mûrir un autre
projet : la création d’un club d’affaires
haut de gamme en plein cœur de
Pékin. Doté de restaurants, de boutiques, de salles de réunion et de conférences et d’équipements sportifs, le
Changan Club ouvre en 1996. C’est le
premier du genre à voir le jour en
Chine. Chen Lihua n’a pas financé
seule les 46 millions de dollars de ce
projet. Les nouvelles fortunes de
Pékin ont mis la main à la poche. Sa
contribution personnelle est même
marginale. Là n’est pas l’essentiel. « C’est une mine d’or », avouera-telle un jour. De fait, elle comprend
que ces nouveaux milliardaires qui
fleurissent un peu partout dans le
pays ont besoin d’un lieu à eux où ils
puissent se retrouver entre gens du
même monde, discuter de leurs affaires et profiter d’un service de standing, de la nourriture de qualité : voilà
ce que Chen Lihua leur offre avec le
Changan Club. Elle y gagne, en retour,
de l’influence et des réseaux d’affaires. Le club est toujours l’un des lieux
de prédilection des milieux d’affaires
et des personnalités politiques de
Pékin.
Chen est lancée. Très en vue, elle
divorce de son fonctionnaire de mari
pour épouser Chi Zhongrui. Quant au
groupe immobilier qu’elle a créé au
début des années 1990, Fu Wah International Group, il est à l’origine de la
plupart des projets immobiliers de
luxe mis en œuvre à Pékin et Hong
Kong. A Pékin, Chen Lihua a ainsi fait
sortir de terre des hôtels et édifices
aussi prestigieux que les appartements résidentiels de luxe Lai Court et Lee Garden, le Regent
Hotel, le Park Plaza Hotel, le Jockey Club de Pékin
ou bien encore le centre commercial Jinbao. Ce faisant, « la femme riche » a été l’un des principaux
acteurs de l’émergence de la nouvelle Pékin, édifiée
sur les décombres des quartiers traditionnels.
Etrange paradoxe pour cette amoureuse du patrimoine… Une fois dans son étonnante carrière, la
milliardaire a senti le vent du boulet. C’était dans les
années 1990. Le directeur de l’usine de meubles à
qui elle avait offert une voiture russe quelques
années plus tôt « tombe » pour détournement de
biens publics et corruption. Mais elle ne fut pas
inquiétée, sans nul doute grâce à ses relations.
Plus tard en 2004, les responsables du Parti du
district de Dongcheng refusent de lui céder les
titres de terres sur lesquelles elle souhaite édifier
un complexe immobilier. Luttes d’influence ?
Avertissement ? En Chine, les choses ne sont
jamais très claires. Mais c’est peut-être pour cette
raison qu’elle choisit de revenir à l’activité à l’origine de sa fortune : le bois de santal… n
5 RETROUVEZ DEMAIN
Rebecca Lukens,
la première « dame de fer »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 //
Lundi 6 août 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,36 en mai 2018 // Taux de chômage (BIT) : 8,6 %
au 1er trimestre 2017 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
CORSE « UNE NOUVELLE
STRATÉGIE » FACE À PARIS
MALI « IBK » NETTEMENT
EN TÊTE POUR LE SECOND TOUR
« Nous souhaitons une concertation
approfondie au sein de notre majorité
pour définir une nouvelle stratégie
pour la séquence qui va s’ouvrir en septembre », a déclaré Jean-Guy Talamoni, à l’occasion des 38e journées
nationalistes dimanche à Corte (Haute-Corse). Le président de l’Assemblée de Corse faisait notamment référence à l’article constitutionnel
portant sur la Corse, jugé très insuffisant par les nationalistes corses.
Le président Ibrahim Boubacar Keïta
a obtenu au premier tour le 29 juillet
41,42 % des voix contre 17,8 % des
voix à Soumaïla Cissé, selon les résultats officiels provisoires. Les deux
hommes s’affronteront donc au
second tour le 12 août, comme en
2013. Le chef de l’opposition a battu
vendredi le rappel des éliminés pour
tenter de refaire son retard. « Vous
m’avez placé sur orbite » a pour sa
part déclaré IBK devant quelques
centaines de cadres de sa majorité.
ANIVERSAIRE LE BÉBÉ PANDA
DE BEAUVAL A UN AN
ALSACE LA FUSION ENTRE
HAUT-RHIN/BAS-RHIN ÉVOQUÉE
Un rapport du préfet de la région
Grand Est sur l’avenir institutionnel
de l’Alsace « envisage » une fusion du
Haut-Rhin et du Bas-Rhin, a-t-on
appris vendredi auprès de Matignon.
Ce département « se verrait confier
par l’Etat [...] des compétences nouvelles », a écrit le premier ministre,
Edouard Philippe, aux élus du Grand
Est. Jacqueline Gourault, ministre
auprès du ministre de l’Intérieur, est
chargée de mener la concertation.
Arrivé au pouvoir par un coup de
force, désormais légitimé par les
urnes (50,8 % des voix), le nouveau
président du Zimbabwe, Emmerson
Mnangagwa, tente l’apaisement visà-vis d’une opposition qui crie à la
fraude. Washington, tout en déplorant les violences qui ont fait six
morts, quand l’armée a tiré sur la
foule à Harare, a « encouragé » vendredi « tous les responsables politiques à montrer de la magnanimité
dans la victoire ».
ISRAËL LES DRUZES
DANS LA RUE À TEL-AVIV
Avec la loi définissant Israël comme
l’ « Etat-nation juif », dénoncée par
les minorités et l’opp osition, le
Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, accentue volontairement les clivages pour donner le
ton aux prochaines élections.
Samedi à Tel-Aviv, ils étaient des
dizaines de milliers issus des minorités druze et arabe (17,5 % de la population) à manifester contre cette loi
votée le 19 juillet qu’ils jugent discriminatoire.
SPORT LES GAY GAMES ONT
DÉMARRÉ SAMEDI À PARIS
La 10e édition des Gay Games, Mondiaux de la diversité, débute samedi
pour une semaine de compétitions
sportives, d’événements culturels et
de rendez-vous festifs. Créés en 1982 à
San Francisco, les Gay Games sont un
événement militant, visant à déconstruire les stéréotypes et lutter contre
la haine envers les personnes LGBT.
Plus de 10.000 participants sont
attendus lors de ce rendez-vous sportif ouvert à tous, sans discrimination
d’origine, d’orientation sexuelle ou
de handicap.
Donald Trump a déclaré l’état de catastrophe naturelle en Californie et ordonné le déblocage d’une aide fédérale pour combattre les incendies que les habitants tentent de circonscrire avec des moyens dérisoires (notre photo). Les feux qui ravagent
l’Etat du sud des Etats-Unis ont débuté le 23 juillet.
Photo : Noah Berger / AFP
ON EN PARLE À CARACAS
BRÉSIL LULA DÉSIGNÉ CANDIDAT
MALGRÉ SA CONDAMNATION
Venezuela : Maduro dit avoir échappé à un attentat
Nelson Almeida/AFP
INCENDIE UNE ENTREPRISE DE
PALETTES À THIAIS PREND FEU
Un important incendie s’est déclaré
samedi en fin d’après-midi à l’entreprise de palettes Al Daoud de Thiais
(Val-de-Marne), nécessitant la mobilisation de 150 sapeurs-pompiers et
50 véhicules jusqu’à dimanche dans
la journée. Le feu de palettes a touché
12 poids lourds et remorques et s’est
déployé sur 4.000 mètres carrés, provoquant des perturbations sur les
réseaux de transports en commun
(TVM, RER C, TGV).
En proie aux feux, la Californie déclarée en état de catastrophe naturelle
ZIMBABWE MNANGAGWA
TENTE L’APAISEMENT
Guillaume Souvant/AFP
Le bébé panda Yuan Meng a fêté
samedi son premier anniversaire au
zoo de Beauval (Loir-et-Cher) sous
l’œil des projecteurs, avec au programme un gâteau d’anniversaire
confectionné par sa soigneuse à partir de gros glaçons roses et jaunes
posés les uns sur les autres, imbibés
de sirop et accompagnés de morceaux de carotte et de pomme.
LA PHOTO DU JOUR
L’ancien président brésilien Luiz Inacio « Lula » da Silva a été officiellement désigné samedi par le Parti des
travailleurs (PT) comme candidat à
l’élection présidentielle, malgré son
incarcération début avril pour corruption. L’ex-président, condamné en
appel à 12 ans de prison, arrive en tête
des intentions de vote pour le scrutin
d’octobre. Les responsables de PT
assurent qu’ils n’ont pas de « plan B »
si Lula n’est pas autorisé à participer.
INDONESIE SÉISME À LOMBOK
Un séisme de magnitude 7 a secoué
dimanche l’île indonésienne de Lombok, à l’est de Bali, a annoncé l’Institut
américain de géophysique (USGS). Il
s’est déclenché à 10 kilomètres de
profondeur, et a été suivi de deux
répliques. Les autorités ont lancé une
alerte au tsunami avant de la lever. Ce
tremblement de terre intervient une
semaine après un séisme qui a fait
17 morts sur cette île touristique.
Des drones chargés d’explosifs ont visé le président Nicolas Maduro.
Sans l’atteindre.
Sophie Amsili
tale. Si Nicolás Maduro « en est
sorti complètement indemne »,
selon le ministre, sept militaires
de la Garde nationale bolivarienne ont été blessés.
« Je n’ai pas de doute que le
nom de Juan Manuel Santos est
derrière cet attentat », a assuré le
président Maduro, mettant en
cause son homologue colombien. Le démenti formel est
venu rapidement de Bogota
q u a l i f i a n t l ’a c c u s a t i o n
d' « absurde ».
n plein discours télévisé
samedi soir, les Vénézuéliens ont pu voir leur président, Nicolás Maduro, s’interrompre, puis des centaines de
soldats soudainement rompre
les rangs et courir, avant que la
télévision d’Etat coupe la
retransmission.
« Aujourd’hui on a essayé de
m’assassiner », a affirmé quelques heures plus tard le président vénézuélien. « Un objet
volant a explosé devant moi, une
grande explosion », a-t-il précisé,
suivi selon lui d’« une seconde ».
L’attentat a eu lieu durant une
parade militaire dans la capi-
E
Attentat revendiqué
Un groupe rebelle inconnu jusqu’à présent, le « Mouvement
national des soldats en che-
Un homme a été tué de plusieurs balles dans la nuit de vendredi à samedi
dans le centre-ville de la Seyne-surMer (Var). Marc Vuillemot, le maire
(PS) a réagi dans un communiqué et
annonce avoir envoyé une nouvelle
lettre au Premier ministre. L’édile
rappelle qu’il avait envoyé un précédent courrier le 29 juin au chef du
gouvernement, laissé sans réponse,
dans lequel il « sollicitait une audience
au regard de la gravité croissante d’une
situation qui s’enkyste durablement ».
« Extrême droite »
L e g o u ve r n e m e n t a a u s s i
accusé « l’extrême droite »,
expression par laquelle il désigne l’opposition vénézuélienne,
d’être impliquée dans cet
« attentat ». Sans attendre,
Washington s’est également
défendu de toute implication
dans l’attaque. n
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AFRIQUE DU SUD DÉMISSION
DE LA MAIRE DU CAP
Maire du Cap, deuxième ville d’Afrique du Sud, depuis 2011, Patricia de
Lille, a annoncé dimanche qu’elle
démissionnait de ses fonctions. Elle
met fin à un feuilleton politique de
plusieurs mois au sein de son parti
l’Alliance démocratique (DA), la principale formation d’opposition au
Congrès national africain (ANC) au
pouvoir. La maire était accusée par
son propre parti de mauvaise gestion
et de corruption. Sa démission prendra effet le 31 octobre.
investigations nous indiquent
que plusieurs des financiers [de
l’attentat] vivent aux Etats-Unis,
dans l’Etat de Floride », a-t-il
affirmé. « J’espère que le président, Donald Trump, est disposé
à combattre les groupes terroristes », a-t-il ajouté.
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VIOLENCES LE CRI D’ALARME
DU MAIRE DE LA SEYNE-SUR-MER
mise », qui serait composé de
civils et de militaires, a cependant revendiqué l’action. « Nous
ne pouvons pas tolérer que la
population soit affamée, que les
malades n’aient pas de médicaments, que la monnaie n’ait plus
de valeur, que le système éducatif
n’enseigne plus rien et ne fasse
qu’endoctriner avec le communisme », assure le groupe dans
un communiqué diffusé sur les
réseaux sociaux.
Outre le président colombien
Santos, qui a, toujours d’après
lui, « ordonné » l’attaque, Nicolás Maduro a également accusé
des personnes vivant selon lui
aux Etats-Unis. « Les premières
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Lundi 6 août 2018
www.lesechos.fr
Le premier
Airbus A380
d’occasion repris
par le loueur
Hifly, a décroché
ses premiers
contrats. // P. 15
DEVISES EUR/GBP 0,8908 EUR/JPY 1,289 EUR/CHF 1,1511 GBP/USD 1,3026 USD/JPY 1,1111 USD/CHF 0,9923 TAUX EONIA -0,358 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,319 OAT 10 ANS 0,7192 T-BONDS 10 ANS 3,0085
INDUSTRIE & SERVICES
TRANSPORT
DERNIÈRE HEURE
Taxis amateurs en zones rurales :
l’exécutif joue l’apaisement.
ATR passe entre les gouttes
de l’embargo iranien
// P. 12 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 6
AUTOROUTES
Le deuxième plan autoroutier
va démarrer, la voie s’ouvre à un
troisième. // P. 13
Christophe Palierse
@cpalierse
BRASSEURS
Heineken change de dimension
en Chine en s’alliant au numéro un
du marché. // P. 14
MARCHÉ DE L’ART
Les ventes d’œuvres d’art portées
par les musées. // P. 14
SLA Architecture
HÔTELLERIE
Okko Hotels va doubler de taille
d’ici à 2021. // P. 15
HIGH-TECH & MÉDIAS
ÉVÉNEMENT
Ces activistes misant sur la blockchain pour donner une nouvelle
jeunesse au Web. // P. 16
PME & RÉGIONS
PATRONS :
OÙ ÉTIEZ-VOUS EN MAI 68 ?
Le constructeur d’avion à hélices a réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 milliard de dollars en 2017 (1,6 milliard d’euros).
DR
Photo Marwan Naamani/AFP
Gérard Garnier, de la flûte
en roseau au piano Pleyel.
// SÉRIE D’ÉTÉ P. 17
La livraison de 5 avions à
hélices intervient à la veille
de la mise en œuvre des
sanctions américaines dans
la République islamique.
PAYS DE LA LOIRE
Anne Feitz
@afeitz
Le groupe informatique Atos
renforce son pôle de supercalculateurs à Angers. // P. 17
RHÔNE-ALPES
Le réseau 1Kubator lève près de
4 millions d’euros
Spécialisé dans// P. 17
Shutterstock
FINANCE & MARCHÉS
BANQUE
Les banques françaises vont bien,
mais peuvent mieux faire.
// P. 18 ET « CRIBLE » P. 24
Ils sont arrivés. Après avoir annoncé
samedi qu’elle s’apprêtait à recevoir 5 avions
ATR, la compagnie aérienne Iran Air a
publié dimanche matin des photos des
appareils sur le tarmac de l’aéroport
Mehrabad de Téhéran, et de la cérémonie
d’accueil des 5 avions à hélices ATR72.
Selon l’agence officielle de presse iranienne, Irna, la directrice générale d’Iran
Air, Farzaneh Sharafbafi, avait même fait le
déplacement pour assister à leur décollage
du sol français, samedi soir.
Pour l’avionneur basé à Toulouse, détenu
à parité par Airbus et l’italien Leonardo,
c’est une – relativement – bonne nouvelle.
Car cette livraison intervient in extremis, à
la veille de la mise en œuvre des premières
sanctions américaines en Iran : les entreprises de plusieurs secteurs, dont l’aéronautique, doivent cesser toute activité avec la
République islamique à compter du lundi
6 août (lire nos infomations page 4).
Or, la livraison de ces appareils, inclus
dans une commande ancienne, était suspendue à une autorisation de l’administration américaine, qui doit approuver l’exportation des avions contenant plus de 10 % de
composants fabriqués aux Etats-Unis. Finalisée début 2017, cette commande portait
sur 20 appareils, mais ATR n’en avait livré
que 8 lorsque l’accord sur le nucléaire iranien a été dénoncé par Donald Trump,
début mai.
Commandes record
Mi-juillet, le président exécutif d’ATR, Christian Scherer, déclarait être optimiste sur la
livraison des derniers appareils. « Sinon,
nous sommes confiants sur les possibilités de
les replacer ailleurs », avait-il indiqué. Le
31 juillet, le ministre de l’Economie et des
Finances, Bruno Le Maire, avait, lui aussi,
indiqué avoir « bon espoir » de voir le dossier
se débloquer avant le 6 août, évoquant toutefois la livraison de huit avions – et non pas
cinq. Un peu plus tôt dans le mois, il avait été
question de « 6 à 8 » avions susceptibles
d’être prêts d’ici à l’échéance. Personne
n’était disponible dimanche chez ATR pour
commenter l’information du jour.
Le constructeur d’avion à hélices, qui a
réalisé un chiffre d’affaires de 1,8 milliard de
dollars en 2017 (1,6 milliard d’euros), avait
alerté début juillet sur le « grave préjudice »
que les sanctions risquaient de lui faire subir.
Au prix catalogue, la commande de 20 appareils représentait 1,1 milliard de dollars.
L’avionneur avait engrangé l’an dernier un
record de commandes, ayant signé globalement pour la vente de 113 de ses avions à
70 sièges (ATR72) ou à 50 sièges (ATR42). Il
mise cette année sur 80 nouvelles commandes et fonde de grands espoirs sur l’ouverture
du marché chinois à compter de 2019. Il
devra en tout cas, pour l’heure, faire une croix
sur l’option signée par Iran Air début 2017,
qui portait sur 20 ATR72 supplémentaires. n
Le pari gagnant de Warren Buffett sur Apple
ROYAL BANK OF SCOTLAND
RBS va verser ses premiers
dividendes depuis dix ans. // P. 18
Sophie Rolland
@Sorolland
ASSURANCE
Les résultats du deuxième trimestre de
Berkshire Hathaway ont très positivement surpris les marchés financiers. Le
conglomérat dirigé par le milliardaire
Warren Buffett a vu son bénéfice opérationnel grimper de 67 % au deuxième trimestre (à près de 7 milliards de dollars).
Son résultat net, lui, a quasiment triplé à
12 milliards de dollars. A l’origine de ces
belles performances : un effet comptable
et fiscal, une économie américaine florissante, mais aussi un pari gagnant sur
Apple.
Côté comptable et fiscal, une nouvelle
règle oblige le groupe à intégrer ses plus-
Allianz à l’affût d’acquisitions dans
l’assurance-dommages. // P. 19
ENDETTEMENT
La dette des entreprises a baissé
dans le monde. // P. 19
RÉGULATION
Pas de transparence accrue
sur les marchés malgré MiFID II.
// P. 20
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 23
Coup de pouce
fiscal pour
le foot français
values latentes au résultat net. Par
ailleurs, la réforme adoptée en décembre
par le Congrès américain a ramené le taux
d’imposition de 28,9 à 20 %.
Troisième actionnaire d’Apple
avec 5 % du capital
L’économie américaine, quant à elle, a
enregistré au deuxième trimestre une
croissance annualisée de 4,1 %. Une
aubaine pour le conglomérat d’Omaha,
dans le Nebraska, qui a des participations
dans plus de 90 sociétés dans les secteurs
de l’assurance, la chimie, l’énergie, l’agroalimentaire et le commerce de détail,
l’industrie ou le transport ferroviaire.
Berkshire Hathaway a particulièrement
profité de l’envolée de l’action Apple au
deuxième trimestre. Le fabricant de
l’iPhone est devenu jeudi 2 août la première
société cotée américaine à atteindre les
1.000 milliards de dollars de capitalisation
boursière. Or il constitue la première ligne
du portefeuille d’investissement du conglomérat financier : 47,2 milliards de dollars.
Et Warren Buffett qui ne tarit pas d’éloges
sur le groupe dirigé par Tim Cook, continue
visiblement à renforcer sa position. L’évolution du cours de Bourse d’Apple suggère
ainsi que Berkshire Hathaway aurait
acheté environ 15 millions de titres au
deuxième trimestre, en plus des 239,6 millions qu’il détenait déjà. Il en est désormais
le troisième actionnaire (5,1 % du capital,
selon Bloomberg) derrière Vanguard et
BlackRock. n
C’est une bonne nouvelle pour le sport
professionnel français, alors qu’approche la reprise des différents championnats. Elle a d’ailleurs été saluée sans délai
par le ministère des Sports, les ligues, et
même le Comité national olympique et
sportif français. Confrontés à une rude
concurrence européenne, les clubs professionnels vont en effet gagner en compétitivité et en attractivité avec la mise en
œuvre d’un droit à l’image individuel des
sportifs et entraîneurs. Ce droit, qui est
l’une des dispositions de la loi Braillard
sur le sport du 1er mars 2017, restait,
depuis, lettre morte, faute de la publication d’un décret d’application, ce qui est
chose faite depuis le 3 août.
Il vise à déterminer un complément à
la rémunération des sportifs et entraîneurs professionnels, eu égard à l’exploitation commerciale de leur image, de
leur nom, et même de leur voix. S’inspirant du régime des artistes et mannequins, il se traduit par le versement d’une
redevance complémentaire du salaire,
cette rémunération moins taxée que les
salaires sera assujettie aux prélèvements sur les revenus du patrimoine,
soit 17,2 % pour 2018. Sa mise en œuvre
dépend d’accords sociaux au sein de
chaque discipline afin de caler le plafond
de la redevance due aux intéressés, ainsi
que la rémunération salariale minimale
à partir de laquelle le contrat de redevance peut s’appliquer.
Cette rémunération
sera assujettie
aux prélèvements sur les
revenus du patrimoine.
S’agissant du football, « la négociation
a déjà eu lieu : le déclenchement se fera à
partir d’un salaire représentant au moins
quatre fois le plafond de la Sécurité sociale
[ s o n p l a f o n d m e n s u e l e s t f i xé à
3.311 euros au 1er janvier 2018, NDLR]
sans que la redevance excède 33 % de la
rémunération totale », précise le directeur général de l’Union des clubs professionnels de football, Philippe Diallo,
lequel préside en parallèle le Conseil
social du mouvement sportif, la première organisation patronale du sport.
De fait, ce nouveau droit devrait être intégré rapidement dans la convention collective des métiers du football.
Transparence
Pour le rugby, « les discussions ont commencé », indique, de son côté, le directeur
général de sa ligue nationale, Emmanuel
Eschalier. Tout en souhaitant une conclusion « rapide », ce dernier évoque
« une montée en charge progressive » du
dispositif. Le nouveau droit ne pourra en
effet s’appliquer qu’aux nouveaux contrats et aux prolongations de contrats.
Ce droit à l’image individuel rappelle
en partie l’ex-droit à l’image collective (DIC), qui prévoyait qu’une part – au
plus 30 % – de la rémunération des sportifs soit exonérée de charges sociales
(exception faite de la CSG et de la CRDS).
Créé à la fin 2004 et supprimé avec la loi
de finances pour 2010, car décrié en raison de son coût, ce DIC concernait plus
d’un millier de sportifs. Il visait déjà à
« muscler » le sport « pro » et à mettre fin
à certaines pratiques… En matière de
transparence, le droit à l’image individuel va plus loin encore. Les contrats de
redevance seront soumis aux organismes de contrôle des clubs. n
DR
Nouvelle vie pour les A380
d’occasion
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 //
Lundi 6 août 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Taxis amateurs en zones rurales :
l’exécutif joue l’apaisement
l Le gouvernement privilégie la concertation sur ce projet.
l Afin d’apaiser les craintes des taxis professionnels.
à suivre
TRANSPORT
Shutterstock
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Nissan trouve preneur
pour ses batteries
AUTOMOBILE Le constructeur automobile, détenu par Renault
à 43 %, va finalement vendre ses activités batteries au groupe
chinois Envision, spécialisé dans les énergies renouvelables.
Alors qu’il devait les céder pour 1 milliard de dollars (860 millions d’euros) à la société de capital-investissement GSR Capital,
elle aussi chinoise, l’opération a été annulée faute de fonds. Nissan conservera 25 % de la société concernée. L’opération doit
être bouclée d’ici à mars 2019, a annoncé le groupe nippon.
La fusion Linde-Praxair soumise
à de nouveaux obstacles
ÉNERGIE Le fabricant de gaz industriel allemand Linde a indiqué samedi que sa fusion prévue avec l’américain Praxair se
heurtait à un « obstacle majeur », car les autorités américaines
de la concurrence pourraient exiger des cessions plus importantes que prévu. Selon Bloomberg, qui cite un seuil au-delà
duquel la fusion peut être annulée, l’opération pourrait être
remise en cause. Cette fusion à 42 milliards d’euros doit donner
naissance au numéro un mondial des gaz industriels.
Les taxis
professionnels
redoutent
l’instauration
d’une concurrence
inéquitable.
Chèques-Vacances : fronde contre
une hausse du taux de commission
TOURISME La Confédération des acteurs du tourisme (CAT) a
dénoncé vendredi une forte hausse à venir de la commission prélevée sur les Chèques-Vacances. Le taux de commission perçu par
l’Agence nationale pour les Chèques-Vacances lorsque les prestataires se font rembourser des Chèques-Vacances va être porté de 1 % à
2,5 %, à partir du 1er janvier 2019. La CAT plaide pour une répartition
« à parité » de toute hausse avec les clients entreprises de l’ANCV.
INFRASTRUCTURES La société
d’investissement français Ardian a
accepté de payer 850 millions
d’euros pour mettre sur pied un partenariat stratégique avec le groupe
italien Gavio afin de soutenir la
croissance des sociétés d’infrastructures autoroutières ASTM-SIAS, a
rapporté l’agence Reuters. Selon les
termes de l’accord, elle prendra
40 % du capital de Nuova Argo
Finanziaria, véhicule financier qui
détient 58,6 % d’ASTM, qui possède
pour sa part 63,4 % de SIAS.
une quarantaine d’épargnants ont
porté plainte contre des dirigeants
du groupe hôtelier Les Hôtels de
Paris pour abus de confiance. Le
parquet de Paris a ouvert une
enquête préliminaire le 1er août, précise notre confrère dans son édition
dominicale. Sollicitée à de nombreuses reprises, la société n’a
jamais donné suite, indique-t-il.
Fondée en 1992 sous le nom Les
Hôtels de Paris, la société s’est rebaptisée Groupe Machefert Hotels Collection à l’occasion de son 25e anniversaire, étant également présente à
Saint-Tropez et Marrakech.
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Le gouvernement avance avec prudence sur la création d’un statut de taxis amateurs
dans les zones rurales. Photo Pierre Gleizes/RÉA
de calmer ces inquiétudes. « Il
ne s’agit pas de faire de l’ombre aux
services existants, mais de répondre
a u x b e s o i n s n o n s a t i s fa i t s » ,
explique une source, aller au village
d ’à c ô t é p o u r l e m a r c h é p a r
exemple.
Un outil pour les autorités
locales
Le ministère envisage ce futur dispositif comme un outil mis à la disposition des autorités organisatrices de transport locales : ce seront
elles qui définiront les zones où les
taxis amateurs pourront exercer et
les modèles de véhicules éligibles,
qui fixeront la tarification et délivreront les agréments aux personnes intéressées.
Initialement, le projet prévoyait
également d’autoriser ces taxis
amateurs à faire des courses entre
les zones rurales et les « pôles multimodaux de transport », en clair les
aéroports et les grandes gares à
proximité. Une perspective très critiquée par les professionnels, qui y
voyaient une concurrence directe
pour eux, mais aussi la possibilité
pour les taxis clandestins de s’abriter derrière ce statut pour racoler à
la sortie des aéroports.
L’exécutif s’est montré sensible à
ces arguments, et cette disposition
pourrait disparaître du projet de
texte qui sera transmis au conseil
d’Etat.
(
Lire l’éditorial
de David Barroux
Page 6
La lutte contre les taxis clandestins s’intensifie
dans les aéroports parisiens
En complément des
opérations de la préfecture
de police contre
les chauffeurs illégaux,
le dispositif de prévention
des gilets bleus va renaître.
HÔTELLERIE Selon « Le Parisien »,
DR
Enquête
sur le groupe
Les Hôtels
de Paris
Cette perspective alarme les taxis
professionnels. Ces derniers redoutent l’instauration d’une concurrence inéquitable, pratiquant des
tarifs moins chers et payant peu ou
pas de charges. Et ce, au moment
où l’Assurance-maladie veut tailler
dans les coûts du transport médical, qui représente en province
l’essentiel des revenus des taxis. Le
ministère des Transports s’efforce
Gruppo Gavio
Ardian mise sur
les autoroutes
italiennes
Le gouvernement avance avec prudence sur la création d’un statut de
taxis amateurs dans les zones rurales. Ce projet doit trouver sa concrétisation dans la future loi d’orientation sur les mobilités (LOM), qui
doit être présentée en Conseil des
ministres à l’automne. Mais l’exécutif sait que le sujet est sensible, et
n’entend pas passer en force, malgré sa volonté de trouver des solutions nouvelles pour les zones
dépourvues de transports en commun. « Nous sommes totalement
dans la concertation », souligne-t-on
du côté du ministère des Transports.
L’un des objectifs principaux de
la LOM est de réduire les « déserts de
mobilité », ces zones, le plus souvent
dans les campagnes, où la voiture
individuelle est l’unique solution
pour se déplacer. Le gouvernement
souhaite dans ce cadre autoriser
des particuliers à jouer occasionnellement le rôle de taxi, en étant
rémunérés pour cela par les clients.
Selon nos informations, le plafond
de revenus annuels qu’ils pourraient tirer de cette activité serait
fixé à 5.000 euros.
Selon la préfecture de police,
62 délits pour exercice illégal ont
été constatés depuis le début de
l’année, contre 31 à la même période
en 2017 (soit deux fois plus).
1.222 racoleurs ont été évincés au
cours d’opérations communes
dans les terminaux
« Taxi, taxi ! », « Service Uber ! » Les
bagages à peine récupérés, les voyageurs dans les aéroports parisiens
ont souvent l’habitude d’être accostés par ces chauffeurs clandestins.
Pendant que les véritables taxis
sont tenus de faire la queue devant
les terminaux, eux se cachent à
peine. Le racolage est pourtant
interdit et la réservation obligatoire
pour les VTC sur leur plate-forme
d’accueil. Les tarifs sont aussi fréquemment bien plus chers.
« Les fraudeurs
sont très organisés »
Deux fois plus de délits
constatés
Adrien a évité de peu l’arnaque, à
l’aéroport de Paris-Orly. « Un
homme bien habillé, très sympathique, s’est présenté à moi comme VTC,
pendant que je faisais la queue pour
prendre un taxi. Tout était crédible. »
A la fin de la course, à Nation, il lui
réclame 70 euros (deux fois plus
que le tarif légal) en espèces. « J’ai
appelé la police pour être sûr du tarif,
avant de retirer de l’argent au distributeur. Il s’est alors enfui. »
Les taxis clandestins sévissent aux abords des aéroports parisiens
avec des tarifs souvent plus chers. Photo Gilles Rolle/RÉA
Pour sensibiliser les voyageurs et
rappeler les règles, le groupe ADP
(gestionnaire des aéroports) a
déployé des centaines d’affiches dans les halls, avec des messages traduits en anglais et en chinois. Le volet répressif est confié à la
préfecture, qui multiplie les opéra-
tions pour contrecarrer cette activité illégale. Habillés en civil, près
de 80 « Boers » (la police des taxis)
travaillent au quotidien pour prendre ces chauffeurs en flagrant
délit. Des opérations conjointes
avec différents services de l’Etat ont
par ailleurs lieu chaque semaine.
La situation reste pourtant « catastrophique », à en croire Nordine
Dahmane, secrétaire général de
FO- Taxis : « Ces opérations n’ont un
impact que très limité. Les fraudeurs
sont très organisés, ils se préviennent
entre eux sur WhatsApp quand la
police arrive. » Il se réjouit cependant du retour imminent du dispositif des « gilets bleus », qui n’avait
pas été renouvelé par l’Etat en 2017.
Concrètement, les chauffeurs de
taxi seront de nouveau présents
dans les aéroports, à proximité des
sorties, pour faire de la prévention
et éviter le racolage. Ils seront
reconnaissables à leurs chasubles
bleues, « Taxi Officiel Aéroport » au
dos. La nouvelle convention doit
être signée dans les prochaines
semaines. Pour l’heure, les chauffeurs clandestins encourent jusqu’à
15.000 euros d’amende et un an de
prison. — D. Pa.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 13
Les Echos Lundi 6 août 2018
Le deuxième plan autoroutier va
démarrer, la voie s’ouvre à un troisième
l Le plan d’investissement entériné jeudi, malgré les critiques de l’autorité des transports, rajoute 700 millions de travaux.
l Face aux besoins, les concessionnaires d’autoroutes proposent un troisième plan.
Le régulateur
passe au crible
les contrats
de travaux
TRANSPORTS
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
Jamais deux sans trois ? Les plans
autoroutiers s’installent dans le
paysage. Un deuxième programme autoroutier de 700 millions d’euros de travaux a été entériné jeudi dernier par le ministère
des Transports. Et, dans le cadre
des réflexions en cours depuis l’an
dernier sur le financement de la
route, un troisième programme
fait partie des propositions de
l’association des sept concessionnaires d’autoroutes (l’Asfa), qui
accélère sur une voie qui se dégage.
La donne a changé depuis le plan
de relance autoroutier de 2015 et
ses 3,2 milliards d’euros de travaux
payés par un allongement de la
durée des concessions. Il avait
essuyé les plâtres et, craignant qu’il
ne se fasse retoquer au niveau
européen à l’époque, « le gouvernement avait promis que ce serait le
seul, une promesse que personne à
Bruxelles ne lui demandait…. », se
rappelle le délégué général de
l’Asfa, Christophe Boutin. Depuis,
le reste de l’Europe a embrayé.
« Bruxelles vient de valider il y a
quelques semaines deux plans autoroutiers dont l’un, en Italie, pour
8,5 milliards d’euros de travaux,
financés par la prolongation de quatre ans de deux concessions autoroutières », souligne-t-il. Un montant
qui surpasse de loin les plans français… et laisse de la marge.
Un an de retard
Le plan d’investissement entériné
jeudi, lui, avait été annoncé en 2016
selon une modalité différente, pour
que les travaux voulus par les collectivités locales soient cofinancés
par les concessionnaires autoroutiers moyennant une hausse des
péages de 0,1 % à 0,4 % selon les
Le rapport de l’Arafer
contrôle les commandes
de travaux comme l’activité
des aires de services.
Stations-service, boutiques, etc. y ont réalisé
3,3 milliards de ventes,
contre près de 10 milliards
pour les péages.
L’Asfa propose d’intégrer au périmètre des concessions actuelles des sections routières non concédées. Photo Guillaume Souvant/AFP
réseaux, sans allongement des concessions. Le plan est ressorti fin
juillet du Conseil d’Etat ramené de
800 à 700 millions d’euros, des
chantiers des réseaux ASF, Escota,
APRR et Area ayant été retoqués.
Les accords avec ces quatre réseaux
devront repasser au Conseil d’Etat à
la rentrée et les travaux du plan, qui
devaient démarrer à la fin de
l’année 2017, ont déjà pris un an de
retard. Mais l’essentiel du plan a été
validé. Soit 23 des 32 échangeurs,
ainsi que 230 millions d’euros de
t r av a u x e nv i r o n n e m e n t a u x
(ouvrages antibruit ou franchissem e n t p o u r l a f a u n e , e t c .) e t
4.500 places de covoiturage aux
abords des autoroutes. Les concessionnaires en sortent renforcés,
face à l’Autorité de régulation des
activités ferroviaires et routières
(Arafer), qui a rappelé en juillet son
avis très critique sur nombre des
chantiers du plan et ses hausses de
péage jugées trop généreuses.
Plan périurbain
« La position de l’Arafer a tendance à
bloquer les nouveaux investissements, juge Christophe Boutin. Mais
les réseaux autoroutiers doivent
s’adapter aux besoins, or, nombre de
travaux, comme les travaux environnementaux ou d’élargissement, ne
sont pas prévus par les contrats de
concessions, il faut les ajouter par avenant et trouver un financement ».
L’Asfa note qu’au-delà de ce plan
plutôt tourné vers l’interurbain, il
reste d’importants besoins d’investissements dans le périurbain.
Le réseau routier menacé de ruine
17 % des routes nationales
non concédées sont
gravement endommagées
et un tiers des 12.000 ponts
nécessitent une réparation.
Les conclusions alarmantes
d’un audit commandé
par le ministère des
Transports pavent la voie
à une hausse des financements d’entretien.
En France, l’Etat est responsable de
21.000 km de routes, dont 9.000 km
sont des autoroutes concédées et
12.000 km un réseau national non
concédé. Ce dernier est menacé de
ruine. Un véhicule sur six
l’emprunte alors qu’un tiers de ses
12.000 ponts nécessitent une réparation. Sachant qu’en France en
moyenne un pont n’est réparé que
vingt-deux ans après l’apparition
des premières dégradations, 7 % risquent l’effondrement à terme, tandis que, sur 12.000 km de routes
nationales non concédées, plus de
2.000 km sont gravement endommagés, soit 17 % du réseau (14 % il y a
dix ans) et la moitié des surfaces de
chaussées sont à renouveler. Tels
sont certains des constats issus de
l’audit commandé aux cabinets
suisses Nibuxs et IMDM par le
ministère des Transports.
La Fédération nationale des travaux publics alerte de longue date
sur l’insuffisance d’entretien, mais,
en chiffrant le phénomène dans un
document rendu public en juillet, le
ministère frappe les esprits et pave
la voie à la présentation à la rentrée
de son projet de loi d’orientation des
mobilités, qui inclura un volet de
programmation et de financement
des infrastructures.
Impasse financière
Car il va falloir financer un net
accroissement du montant actuell e m e n t a l l o u é à l ’e n t r e t i e n
(666 millions d’euros par an).
Aujourd’hui, le Royaume-Uni consacre 80.000 euros par kilomètre et
par an à son réseau contre
50.000 euros pour la France.
L’entretien des ouvrages d’art
(ponts et tunnels) français représente annuellement 0,25 % de leur
valeur à neuf alors qu’il faudrait,
selon l’OCDE, de quatre à sept fois
plus pour préserver un ouvrage
(0,8 % à 1,5 % de la valeur à neuf).
La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a appelé en mai devant
le Sénat à « sortir de l’impasse financière » et a prévenu : « Nous devrons
engager dès 2019 un plan de sauvegarde. » Reste à savoir où trouver
l’argent, sachant qu’il faudrait
600 millions d’euros supplémentaires par an, selon le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), voire
nettement plus pour bien faire
(80 milliards sur vingt ans). Arbitrer
sur le niveau et les modes de financement de ce patrimoine routier
non concédé, dont la valeur est estimée à 140 milliards d’euros, promet
d’animer la rentrée. — M. C.
La réponse serait un troisième
plan. « Les collectivités locales sont
sous pression depuis deux ans du fait
de la baisse de leurs dotations, rappelle Pierre Coppey, président de
Vinci Autoroutes, qui avait lancé
l’idée du premier plan de relance
autoroutier. Des travaux tel l’aménagement du périphérique de Nantes
sont d’un intérêt stratégique pour
elles, tout comme le contournement
de Rouen ou celui de Lyon », mais ces
deux dernières opérations ne sont
pas dans le plan annoncé jeudi.
L’Asfa propose d’intégrer au périmètre des concessions des sections
routières actuellement non concédées et ayant des problèmes d’entretien majeurs ou d’investir, ailleurs,
contre de nouveaux allongements
de la durée des concessions. Dans
les besoins recensés figure par
exemple Bordeaux, pour les sections finales de l’A10 et de l’A62, ainsi
que pour l’élargissement du périphérique de contournement à élargir. « Alain Juppé s’est exprimé en
faveur d’un transfert à la métropole,
ou au concessionnaire de l’autoroute
adjacente (ASF), et une nouvelle concession pourrait être créée pour
financer l’élargissement de l’A63 au
sud de Bordeaux, note Christophe
Boutin. Mais des besoins existent
aussi à Marseille, Toulouse, Rouen ou
encore Paris, où les concessionnaires
peuvent reprendre les sections terminales de l’A6, de l’A10 et de l’A1 entre
Roissy et la capitale, où les glissières
sont abîmées et les réseaux hydrauliques si déficients que les orages causent des inondations des voies. » n
La double casquette de Vinci
(réseaux Escota, Cofiroute et ASF)
et d’Eiffage (réseaux APRR et Area),
à la fois concessionnaires autoroutiers et majors du BTP, rend soupçonneuse l’Autorité de régulation
des activités ferroviaires et routières (Arafer). Cette dernière est chargée de veiller à ce que les contrats de
travaux et de services ne soient pas
attribués par les concessionnaires
de façon préférentielle à leurs filiales. Ces « entreprises liées » ne doivent notamment pas récupérer la
part du lion dans les 3,2 milliards
d’euros de travaux et services du
plan de relance autoroutier.
HCR (Elior), Autogrill
et Avia concentrent
71 % de la restauration
autoroutière.
Dans le deuxième rapport
annuel produit par l’Arafer depuis
sa création et livré en 2015, ce point
a été vérifié. Le plan stipule que
« 55 % des marchés doivent être attribués à des TPE/PME non liées aux
concessionnaires », rappelle-t-elle.
Les concessionnaires sont dans les
clous : à la fin de 2017, seules 15 %
des commandes ont été passées à
des entreprises liées, estime le régulateur, tout en déplorant manquer
d’informations sur la taille des
entreprises contractantes non liées.
Donc impossible de savoir si ce sont
des PME, et ces données sont réclamées pour l’avenir. Le contrôle se
poursuivra car à la fin de l’an dernier, en cumul, « seuls 29 % des
3,2 milliards d’euros du plan avaient
fait l’objet de commandes (dont seulement 226 millions en 2017),
observe Thomas Pertuiset, directeur du transport routier à l’Arafer. Cela semble peu, mais les travaux
du plan devant durer jusqu’en 2024,
le gros des marchés devrait être attribué d’ici à la fin de 2019 ».
Concentration
L’an dernier, les concessionnaires
ont commandé pour 1,2 milliard
d’euros de travaux et de services,
dont 22 % à des entreprises liées.
C’est, tous concessionnaires confondus, plus qu’en 2016, en raison
d’un pic à 51 % des commandes de
travaux d’Escota, Cofiroute et ASF
à des entreprises liées. « L’avenir
dira si le phénomène n’était que
ponctuel », poursuit Thomas Pertuiset. Pour la première fois, l’activité des 357 aires de services des
autoroutes a été estimée. Bilan :
stations-service, restaurants, boutiques et hôtels implantés sur ces
aires réalisent 3,3 milliards d’euros
de chiffre d’affaires, à comparer
aux 9,5 milliards pour les péages.
Total, Avia et Shell réalisent 71 %
des ventes de carburant. HCR
(Elior), Autogrill et Avia concentrent 71 % de la restauration autoroutière. Une concentration que
l’Arafer surveille. — M. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 6 août 2018 Les Echos
Heineken change de dimension en Chine
en s’alliant au numéro un du marché
l Le brasseur néerlandais va acquérir une participation de 2,7 milliards d’euros dans China Resources Beer.
l Il cherche à grossir sur un marché où il peinait à émerger jusqu’à présent.
En Chine, la bière monte
en gamme
Les Chinois consomment
de moins en moins de bière,
mais ils la paient plus cher.
BRASSEURS
Vincent Collen
@VincentCollen
Heineken frappe un grand coup
pour tenter de s’imposer en Chine. Le
brasseur néerlandais vient de signer
un accord avec China Resources
Beer, le numéro un local de la bière,
et change ainsi d’échelle sur le premier marché mondial. Il va acquérir
40 % de CRH Beer, l’entité cotée à
Hong Kong qui contrôle le brasseur
chinois, pour 2,7 milliards d’euros.
Cette opération lui donnera accès
au vaste réseau de distribution de
China Resources, indispensable
pour pénétrer le marché. Si sa marque phare, Snow, est peu connue en
dehors du pays, China Resources est
un géant du secteur, numéro trois
mondial en volume, derrière le belge
AB InBev (Budweiser, Corona, Stella
Artois…) et… Heineken (Amstel,
Moretti, Tiger…). La bière Snow
« c’est un peu ce qu’était la Budweiser
aux Etats-Unis du temps de ses années
de gloire », a estimé le patron de Heineken, Jean-François van Boxmeer,
lors d’une conférence téléphonique.
En contrepartie, le groupe chinois va
La rivalité s’intensifie
non seulement entre
les brasseurs chinois,
mais aussi entre les
géants internationaux.
prendre une participation de 0,9 %
au capital de Heineken, pour
464 millions d’euros. Le géant néerlandais, qui possède trois brasseries
en Chine, fusionnera ses opérations
dans le pays avec celles de son nouveau partenaire.
China Resources Beer, basé à
Pékin et surtout connu pour ses
marques bon marché, ajoute ainsi
à son portefeuille une marque premium internationale renommée
alors que le marché chinois monte
rapidement en gamme au fur et à
mesure que les consommateurs
s’enrichissent. « Le premium est
la bataille importante à gagner pour
les brasseurs en Chine », a déclaré le
patron de China Resources, Hou
Xiaohai. Pour l’heure, le secteur
reste dominé par les brasseurs
locaux, trois d’entre eux (China
Resources, Tsing Tao et Beijing
Yanjing Brewery) contrôlant plus
de la moitié des ventes, selon les
chiffres d’Euromonitor.
Des marges qui se réduisent
Heineken est en retard sur d’autres
groupes étrangers en Chine, bien
qu’il y soit implanté depuis les
années 1980. Sa part de marché atteignait péniblement 0,5 % en 2017,
contre 16 % pour AB InBev et plus de
5 % pour le danois Carlsberg. Il lui
manquait jusqu’à présent un large
réseau de distribution pour grossir.
La rivalité s’intensifie non seulement entre les brasseurs chinois,
mais aussi entre les géants interna-
Au Brésil, le brasseur
néerlandais a dû
sacrifier ses prix pour
affronter le numéro
un local AB InBev.
tionaux, au point de faire pression
sur les prix et d’amoindrir leurs marges. Dans ce contexte, certains groupes étrangers se sont retirés de
Chine, tel le japonais Asahi.
Heineken sait que sa stratégie
n’est pas sans risques. Au Brésil, le
brasseur néerlandais a dû sacrifier ses prix – et donc ses marges –
pour affronter le numéro un local
AB InBev. n
A première vue, la Chine fait figure
d’eldorado pour les grands brasseurs internationaux. Evalué à
85 milliards de dollars par Euromonitor, soit 12 % des ventes mondiales,
le marché chinois de la bière représente un relais de croissance pour
AB InBev, Heineken et les autres firmes des pays riches. Car dans les
pays occidentaux, la bière fait de
moins en moins recette, du moins
sous sa forme classique longtemps
privilégiée par les grandes marques.
Aux Etats-Unis, la consommation de bière ne représente plus que
la moitié de la consommation
d’alcool, selon le Beer Institute,
contre encore plus de 60 % au
milieu des années 1990.
En Chine, le marché est en revanche toujours en forte croissance :
+ 7 % l’an dernier, + 42 % en cinq ans.
Mais attention, cela ne signifie pas
que les Chinois boivent de plus en
plus de bière. Depuis quatre ans, les
volumes écoulés sont en recul. Si le
chiffre d’affaires du secteur progresse, c’est donc uniquement grâce
à une montée en gamme, rendue
possible par l’émergence d’une
classe moyenne toujours plus nombreuse et prête à payer plus cher.
« Les jeunes consommateurs, en
particulier, aiment essayer de nouveaux styles de bière », explique Anna
Ward, analyste chez Euromonitor,
et ce phénomène ne concerne pas
que les grandes villes. C’est une
bonne nouvelle pour les marques
premium internationales comme
Heineken. Mais pas seulement.
Comme en Europe ou aux EtatsUnis, de nouveaux acteurs émergent. Les bières artisanales sont
Les ventes d’œuvres
d’art portées
par les musées
Le rapport semestriel
d’Artprice brosse
le portrait d’un marché
de l’art au beau fixe.
Les musées y occupent
une place de plus
en plus importante.
Dans un marché de nouveau en
croissance après deux années de
baisse (–10 % en 2015 et –23 % en
2016), le produit des ventes d’art est
en plein boom. Une dynamique
notamment portée par les musées,
qui acquièrent la majorité des
œuvres d’art vendues aux enchères.
Le produit des ventes aux enchères s’est établi à 8,45 milliards de
dollars au premier semestre, en
hausse de 18 % par rapport au premier semestre 2017.
« Environ trois quarts (72 %) des
achats supérieurs à 1 million de dollars sont aujourd’hui le fait de
musées », a pointé Thierry Ehrmann, fondateur d’Artprice, cité
par l’AFP. Cette proportion pourrait
très bien continuer à augmenter,
portée par l’industrie muséale, très
« Environ trois
quarts (72 %) des
achats supérieurs à
1 million de dollars
sont aujourd’hui
le fait de musées. »
THIERRY EHRMANN
Président-fondateur d’Artprice
Photo Goh Chai Hin/AFP
populaires et « de plus en plus de
microbrasseries voient le jour partout
dans le pays ».
Concurrence
des autres alcools
Le belge AB InBev, numéro trois du
marché en Chine, ne s’y est pas
trompé. Il a tenté de surfer sur cette
tendance en rachetant une brasserie artisanale à Shanghai l’an dernier, Boxing Cat. « Les grands brasseurs cherchent à faire monter en
gamme leur portefeuille de produits
et à bénéficier des bonnes perspectives de croissance pour les bières artisanales », poursuit l’experte.
Il n’est pas évident pour les marques étrangères de s’imposer,
d’autant que la concurrence des
autres alcools s’intensifie. La bière
ne représentera plus que 25 % de la
consommation totale en 2022,
contre 30 % en 2015, toujours selon
Euromonitor. Résultat, les prix sont
sous pression et les marges des
brasseurs s’en ressentent. — V. C.
en bref
Toyota dégage son meilleur bénéfice
trimestriel depuis deux ans et demi
AUTOMOBILE Le groupe automobile japonais a annoncé vendredi un bénéfice d’exploitation de 682 milliards de yens
(5,3 milliards d’euros, en hausse de 19 %) sur le premier trimestre de son exercice 2018-2019, qui sera clos à la fin mars 2019.
C’est son meilleur résultat depuis deux ans et demi, obtenu
grâce à la baisse des coûts et de bonnes ventes, notamment en
Asie. La nouvelle Camry a rencontré un fort succès en Chine et
en Thaïlande, tandis qu’aux Etats-Unis, les Tacoma et les Tundra ont bénéficié de la demande de pick-ups en pleine expansion. Le bénéfice a toutefois chuté outre-Atlantique, en raison
des promotions. Au total, le groupe a vendu 2,6 millions de véhicules sur le semestre. Il prévoit toutefois une baisse de son bénéfice sur l’exercice, en raison du renchérissement du yen.
Taco Dibbits, directeur du Rijksmuseum d’Amsterdam,
pose devant deux portraits de Rembrandt, exposés au public
en mars 2018 après leur restauration. Photo Jerry Lampen
Le marché britannique (3e place,
1,9 milliard de ventes, 22 % du marché) a bien résisté aux craintes suscitées par le Brexit. Les ventes les plus
importantes concernent les œuvres
de Picasso et de l’Allemand Gerhard
Richter, « l’artiste vivant le plus performant du marché », écrit Artprice.
Ailleurs en Europe, les ventes
n’ont pas bousculé la hiérarchie : la
France (4 % des ventes) devance
l’Allemagne, l’Italie et la Suisse.
Repli de la Chine
En Chine, toutefois, les ventes se
sont repliées de 7 % au premier
semestre, mais Artprice s’attend à
une réorganisation du marché au
second semestre : le nombre
d’œuvres mises en vente a chuté de
35 %. Les enchères les plus presti-
gieuses ont traditionnellement lieu
en décembre à Pékin. En 2016
et 2017, l’empire du Milieu avait été le
leader mondial en termes de produit de ventes.
Les œuvres du siècle dernier
représentent 80 % du produit des
ventes au premier semestre. Le
contemporain a la cote chez les
investisseurs, notamment les
œuvres de Basquiat (en exposition
à la Fondation Louis Vuitton) ou de
Warhol. C’est cependant la période
comprise entre 1900 et 1940 qui
domine les ventes. Huit des dix
œuvres les plus chères appartiennent à ces décennies. Une époque
qui mêle les « derniers chefs-d’œuvre
impressionnistes » à « l’avènement de
l’art moderne », note Artprice.
— P. Bo. avec AFP
Petrobras bénéficie de la hausse
des cours du baril
ÉNERGIE Le géant pétrolier
Shutterstock
MARCHÉ DE L’ART
dynamique, notamment en Chine.
« Il y a plus de créations de musées
depuis 2000 que durant tous les XIXe
et XXe siècles, fait remarquer le président du leader mondial des banques de données sur la cotation et
les indices de l’art. Et il s’en crée 700
par an en Chine. »
Avec 3,3 milliards de dollars
(40 % du marché), les Etats-Unis
ont dominé le marché des ventes au
premier semestre, dont l’événement majeur a été la dispersion de
la collection Rockefeller chez Christie’s. « La journée du 8 mai a totalisé à
elle seule 646 millions de dollars »,
avec des enchères portant sur des
chefs-d’œuvre de Picasso, Matisse
et Monet.
La Chine représente
12 % des ventes mondiales.
brésilien a publié un bénéfice net de 10 milliards de
reals au deuxième trimestre (2,3 milliards d’euros),
son meilleur résultat trimestriel depuis 2011. Et ce,
malgré la grève des transporteurs routiers. Petrobras a notamment bénéficié de la hausse des cours
du baril de pétrole, et de la
dépréciation du real par
rapport au dollar, qui lui
ont permis d’améliorer ses
marges à l’exportation.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 15
Les Echos Lundi 6 août 2018
Okko Hotels va doubler
de taille d’ici à 2021
HOTELLERIE
Quatre ans après
l’ouverture de son
premier établissement, la chaîne 4 étoiles mène sept projets
de front.
La chaîne compte
doubler son nombre
de chambres,
à près de 1.900.
Christophe Palierse
@cpalierse
« La petite chaîne qui monte », slogan autrefois de M6, siérait bien
aujourd’hui à Okko Hotels… Un peu
plus de quatre ans après l’ouverture
de son premier établissement,
l’enseigne 4 étoiles, créée en 2009
par Olivier Devys, un ancien res-
ponsable d’AccorHotels, avec
l’appui de Paul Dubrule, l’un des
cofondateurs du champion français
de l’hôtellerie, est, en effet, à la veille
d’une nouvelle poussée de croissance. Okko Hotels, qui compte
aujourd’hui huit unités en exploitation – Nantes, Grenoble, Lyon, Cannes, Rueil-Malmaison, Bayonne,
Paris-Porte de Versailles, et Strasbourg –, s’apprête à doubler de taille
en trois ans. La société, qui a voulu
combiner haut de gamme, design,
accessibilité tarifaire et convivialité,
mène ainsi sept projets d’hôtel de
front, à finaliser entre 2019 et 2021.
Ce programme porterait, à terme,
son nombre de chambres de 899 à
1.881, pour un chiffre d’affaires à
64 millions d’euros, contre 20 millions l’an dernier.
Dans Paris intra-muros, deux
hôtels sont en cours de réalisation,
l’un à la gare de l’Est, l’autre sur le
site de l’ex-hôpital Leopold-Bellan,
près de la gare Montparnasse (le
projet comporte également un
Nouvelle vie pour
les A380 d’occasion
AÉRIEN
Le premier Airbus
A380 d’occasion
repris par le loueur
Hifly a décroché ses
premiers contrats.
Air Austral
va l’utiliser
pour desservir
La Réunion.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
La nouvelle vie du premier Airbus A380 d’occasion commence
bien. Un mois à peine après être
passé des mains de Singapore
Airlines – qui l’a exploité pendant dix ans – à celles du loueur
d’avions portugais Hifly, le tout
premier A380 à avoir changé
d’exploitant a déjà gagné trois
contrats d’affrètement, dont un
pour le compte d’Air Austral.
La compagnie de l’île de La
Réunion va l’affréter pour
deux semaines, du 24 août au
9 septembre, afin d’assurer la
desserte de Saint-Denis de La
Réunion.
L’A380 de Hifly remplacera
l’un des deux Boeing 787, cloué
au sol pendant trois mois, le
temps d’une inspection de ses
moteurs Rolls-Royce. Une
mesure imposée par l’Agence
européenne de la sécurité
aérienne après plusieurs incidents techniques survenus chez
d’autres compagnies. Ce changement d’appareil obligera Air
Austral à suspendre la desserte
directe de Mayotte, qui ne peut
être opérée en A380, les
passagers à destination de
l’archipel changeant d’avion à
La Réunion.
Mais pour la plupart des
autres passagers à destination
de Saint-Denis, l’A380 sera plutôt une bonne surprise. Au lieu
d’un B787-8 bi-classes de 262 sièges dont 18 « affaires », ils voyageront dans l’un des A380 les
plus luxueusement aménagés
qui soient, avec 471 sièges, dont
12 fauteuils de première classe
et 60 sièges couchettes affaires
hérités de Singapore Airlines.
Les plus chanceux seront les
passagers affaires qui se retrouveront dans les petites « suites »
privatives de l’ancienne première classe. Mercredi dernier,
ce fut d’abord aux clients de Thomas Cook Airlines de découvrir
le confort de l’A380, affrété en
urgence par le voyagiste pour
ramener au Danemark des
clients bloqués par une panne à
Chypre. L’appareil a enchaîné
par un vol charter entre Oslo et
Palma de Majorque. Et ce
mois-ci, Norwegian l’a réservé
pour opérer son vol du soir entre
Londres-Gatwick et New York.
Là encore, il s’agira pour la
société low cost de remplacer
« pendant quelques semaines »
l’un de ses Boeing 787 cloué au
sol pour l’inspection de ses
moteurs Rolls-Royce.
De quoi permettre à Hifly de
commencer à gagner son pari.
Le loueur portugais n’a fourni
aucun chiffre. Mais selon nos
informations, le propriétaire de
l’A380, Doric Aviation, lui aurait
consenti une ristourne de 40 % à
50 % sur le contrat de location de
l’appareil, qui s’élèverait normalement à près de 3 millions de
dollars par mois pour une durée
d’au moins cinq ans. Or, selon un
spécialiste des affrètements,
Hifly facturerait à ses clients de
l’ordre de 45.000 euros l’heure
pour son A380, assurance et
Hifly facturerait à
ses clients de l’ordre
de 45.000 euros
l’heure pour son
A380, assurance
et équipage inclus.
équipage inclus. D’ici à la fin de
l’été, ce sont plusieurs dizaines
de millions d’euros qui rentreront dans ses caisses. Sans
compter le gain de notoriété
pour cet inconnu du grand
public. Mais pour satisfaire ses
ambitions et pouvoir prendre
livraison d’un second A380 l’an
prochain, Hifly ne pourra pas en
rester là. Le pari de son PDG,
Paulo Mirpuri, ainsi que celui
d’Airbus, qui soutient discrètement Hifly, est de convaincre
des compagnies n’ayant pas les
moyens de s’offrir un A380 neuf
d’en louer un d’occasion sur une
longue durée. Le loueur et
l’avionneur espèrent élargir la
clientèle et créer des débouchés
pour la dizaine d’A380 qui arriveront sur le marché de l’occasion dans les cinq prochaines
années, afin de leur éviter le
triste sort des deux premiers
A380 de Singapore Airlines,
condamnés au démantèlement
faute de repreneur. n
nesse de la chaîne, son présidentfondateur souligne la nécessité
d’un « renouvellement rapide pour
continuer d’innover » et de s’adapter à sa clientèle. Le concept, pour
une nouvelle hôtellerie d’affaires,
doit aussi tenir compte de l’essor de
sa clientèle loisirs. En conséquence, sa nouvelle mouture se distingue notamment de la précédente par ses toilettes séparées de
la salle de bains et davantage de
facilités de rangement.
Ibis). Deux autres sont prévus à la
périphérie ouest de la capitale, à
Meudon et dans le quartier d’affaires de la Défense. S’y ajoutent trois
projets en province, à Toulon, Lille
– dans le cadre du projet de reconversion des ex-Galeries Lafayette –,
et Nice.
Réaménagement
Exploitation en bail
Conformément à sa politique de
développement immobilier, Okko
Hotels n’investit pas dans la détention des murs de ses établissements, privilégiant les partenariats
avec des tiers investisseurs. Ses
futures unités seront donc exploitées en bail, à l’exception de celui de
Paris-Montparnasse, qui fait l’objet
d’un mandat de gestion.
En tête de liste de ce programme,
pour une ouverture prévue en maijuin 2019, le projet de la gare de l’Est
est important à plus d’un titre. L’établissement sera, tout d’abord, le
premier de la seconde génération
d’hôtels Okko. En dépit de la jeu-
Okko Hotels, qui compte déjà huit unités – Nantes, Grenoble,
Lyon, Cannes, Rueil-Malmaison, Bayonne, Paris, et Strasbourg –,
s’apprête à doubler de taille en trois ans. Photo SLA Architecture
Par ailleurs, si la proximité des
gares fait partie de l’ADN de la marque, le futur hôtel de la gare de l’Est
est situé le long du quai n°1, au sein
même de l’emprise foncière du
groupe SNCF. Le projet, chiffré à
35 millions d’euros et financé pour
l’essentiel par Malakoff Médéric, est
réalisé dans le cadre d’une autorisation temporaire (AOT) du domaine
public de longue durée. A l’heure où
la SNCF veut faire de ses gares de
véritables lieux de vie, l’opération,
dont la réalisation a été confiée à
Spie Batignolles, est loin d’être anecdotique pour la société nationale.
Elle participe, de surcroît, du réaménagement du quartier et de la
politique de la Ville de Paris en
matière de création de jardins
publics, avec son espace vert sur le
toit terrasse de l’hôtel. n
Publicité
AVIS DE DÉCLARATION DE CARACTÈRE CONTRAIGNANT DE L’ACCORD DE TRANSACTION FORTIS
conformément à l’article 1017(3) du Code de procédure civile néerlandais, à la demande et sur les instructions de la Cour d’appel
d’Amsterdam (le "Tribunal").
Le présent avis est adressé à toutes les personnes physiques et morales ayant acquis ou détenu des actions Fortis, à tout
moment entre le 28 février 2007 à la clôture des activités et le 14 octobre 2008 à la clôture des activités, (désignées comme les
"actionnaires éligibles").
Déclaration de caractère contraignant de l’Accord
Le Tribunal a déclaré que l’accord de transaction conclu entre Ageas (anciennement Fortis), VEB, Deminor, SICAF, FortisEffect
et Stichting FORsettlement (l’"Accord") était irrévocablement contraignant par jugement en date du 13 juillet 2018.
Contenu de l’accord
L’accord prévoit que, sous certaines conditions, les actionnaires éligibles pourront recevoir un dédommagement en lien avec
les événements qui ont eu lieu en 2007 et 2008 dans la société alors appelée Fortis (aujourd’hui Ageas). Il s’agit d’événements
susceptibles d’avoir affecté la valeur des actions, en particulier la communication (ou l’absence de communication) et la politique
de Fortis concernant sa situation financière, le démantèlement de Fortis et la prise de contrôle d’ABN AMRO, tels qu’ils sont
décrits plus en détail dans l’Accord.
Conséquences d’une déclaration exécutoire
Le Tribunal ayant déclaré l’Accord contraignant, tous les actionnaires éligibles sont en principe liés par l’Accord. L’accord
accorde aux actionnaires éligibles le droit à un dédommagement sous réserve des conditions énoncées dans l’accord. En
contrepartie, les actionnaires éligibles donnent une décharge pure et simple et définitive à Ageas, aux (anciens) cadres d’Ageas
et aux banques coordinatrices, de la manière exposée dans l’Accord, pour les événements intervenus au sein de Fortis en 2007
et 2008.
Demande d’indemnisation
Toutes les personnes qui prétendent être éligibles pour indemnisation en vertu de l’Accord doivent soumettre un formulaire de
demande. Le formulaire de demande peut être téléchargé sur le site Internet à l’adresse www.forsettlement.com ou il peut être
obtenu par téléphone à l’un des numéros indiqués ci-dessous (voir « Informations supplémentaires et contact »). Le formulaire
entièrement rempli et signé (accompagné des pièces justificatives requises) devra être envoyé au Gestionnaire des demandes à
l’adresse postale indiquée ci-dessous (voir « Informations supplémentaires et contact ») ou par le biais du site www.forsettlement.
com. Le formulaire de demande pourra être déposé à compter du 27 juillet 2018 et devra parvenir au Gestionnaire des demandes
au plus tard le 28 juillet 2019, le cachet de la poste faisant foi. Les actionnaires éligibles qui s’abstiendront de soumettre un
formulaire de la manière indiquée n’auront plus droit à aucune indemnisation. Des informations supplémentaires sur la manière
de soumettre une demande peuvent être consultées sur le formulaire et dans les instructions correspondantes.
Possibilité de retrait
Si un actionnaire éligible ne souhaite pas être lié par l’Accord, cet actionnaire devra remettre une notification à cet effet (un
"avis de retrait") au Gestionnaire des Demandes dans les cinq mois, à savoir le 31 décembre 2018 au plus tard. Les actionnaires
éligibles qui soumettent valablement un avis de retrait ne seront pas liés par l’Accord, et ils n’auront pas droit à indemnisation
en vertu de celui-ci et n’obtiendront aucun autre droit de l’Accord.
Un avis de retrait pourra être soumis au Gestionnaire des demandes par courrier électronique à l’adresse forsettlement@
computershare.com ou par la poste à l’adresse postale indiquée ci-dessous (voir « Informations supplémentaires et contact »).
Pour soumettre un avis de retrait, les actionnaires éligibles doivent utiliser le formulaire d’avis de retrait qui peut être téléchargé à
l’adresse www.forsettlement.com ou demandé par téléphone aux numéros indiqués ci-dessous (voir « Informations supplémentaires
et contact »). L’avis de retrait devra inclure le nom, adresse, numéro de téléphone et adresse e-mail de l’actionnaire éligible. En
outre, les actionnaires éligibles devront indiquer le nombre d’actions Fortis qu’ils ont détenues à certaines dates indiquées dans
l’Accord et indiquer s’ils sont représentés par VEB, Deminor, SICAF et/ou FortisEffect.
Informations supplémentaires et contact
Le jugement du Tribunal déclarant contraignant l’accord de transaction et l’Accord peuvent être consultés, téléchargés et
imprimés sur le site www.rechtspraak.nl (en utilisant le terme de recherche "WCAM Fortis") et sur www.forsettlement.com. Ce
dernier site fournit également d’autres documents pertinents. Nous vous invitons à consulter www.forsettlement.com pour vous
tenir informé des autres communications.
L’adresse postale du Gestionnaire des Demandes est :
Computershare Investor Services plc
B.P. 7148
3109 AC Schiedam
Pays-Bas
ou
Computershare Investor Services plc
B.P. 304
2800 Mechelen
Belgique
Pour consulter les réponses aux questions fréquentes, veuillez vous rendre sur www.forsettlement.com/page/support. Veuillez
contacter le Centre de contact FORsettlement au moyen du formulaire de contact sur www.forsettlement.com/page/contact ou
au moyen des numéros de téléphone ci-dessous, si vous avez d’autres questions :
• Belgique : 0800 26 83 2
• Pays-Bas : +31 30 252 53 59
• International : +32 2 557 59 00
***
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Lundi 6 août 2018 Les Echos
Spotify empêtré
dans la controverse
Après le succès de Sonos, une autre
pépite de la tech a fait ses premiers
pas au Nasdaq ce vendredi. Arlo,
fabricant de caméras de
vidéosurveillance à domicile et
spin-off de Netgear, cherchait à lever
163 millions de dollars avec un prix
d’introduction fixé à 16 dollars. En
fin de journée, le titre s’échangeait
aux alentours de 22,10 dollars,
valorisant la société à 1,6 milliard.
La plate-forme a retiré des épisodes
des podcasts du conspirationniste
Alex Jones, très controversé aux
Etats-Unis, après que des
utilisateurs ont menacé de résilier
leur abonnement payant. Spotify
multiplie les controverses relatives à
sa politique de gestion de contenus
depuis quelques semaines,
entraînant le départ du responsable
de sa division création, Troy Carter.
Shutterstock
en pixels
DR
HIGH-TECH
&MEDIAS
Netgear introduit
Arlo en Bourse
10
MILLIONS DE DOLLARS
C’est le montant du budget 2018
alloué à la sécurité de Mark
Zuckerberg, approuvé la semaine
dernière par Facebook au vu de
la « position et l’importance » du
fondateur de l’entreprise. Facebook a dépensé 25 millions de
dollars depuis 2013 pour assurer
la sécurité de son PDG.
Ces activistes misant sur la blockchain
pour donner une nouvelle jeunesse au Web
l Rassemblés au Decentralized Web Summit à San Francisco, les pères du Web et les jeunes startuppeurs
de la communauté blockchain imaginent des solutions pour permettre aux internautes de mieux contrôler leurs données.
l L’utilisation de ces applications reste malgré tout confidentielle pour le moment.
ÉVÉNEMENT
Anaïs Moutot
— Correspondante à San Francisco
« On les surnomme les OG. Les Original Gangsters ! » Sur l’une des scènes improvisées de l’Hôtel des monnaies, un bâtiment au style
néoclassique planté entre les gratte-ciel du centre de San Francisco,
plusieurs figures ayant joué un rôle
central dans la création d’Internet
et du Web s’apprêtent à débattre
ensemble ce mercredi. Il y a Tim
Berners-Lee, l’un des inventeurs du
World Wide Web, et Brewster
Kahle, le fondateur de l’Internet
Archive, la plus grande bibliothèque numérique au monde. Vint
Cerf, l’un des ingénieurs qui a développé les protocoles de communication d’Internet, est également
présent dans la salle.
Depuis 2016, ils organisent chaque été un sommet visant à « décentraliser » le Web. Un rassemblement d’environ 200 activistes –
ingénieurs, développeurs informatiques, juristes, artistes… – déplorant la mainmise d’une poignée
d’acteurs privés sur les programmes et logiciels avec lesquels les
utilisateurs interagissent directement.
Au fil de la dernière décennie,
Facebook et Google se sont transformés en intermédiaires indispensables et le passage de l’ordinateur
au smartphone a conféré un
immense pouvoir à Google et
Apple, les tenanciers des boutiques
d’applications. « Des forteresses
ont été construites et elles ont souvent
un fonctionnement effrayant »,
estime Brewster Kahle.
Ces critiques sont formulées
depuis des années par le monde du
logiciel libre, mais les déboires
récents de Facebook, l’adoption du
Depuis 2016, le Decentralized Web Summit, sommet visant à « décentraliser » le Web, réunit environ 200 activistes : ingénieurs, développeurs informatiques, juristes,
artistes. Photo Brad Shirakawa/CC license
règlement européen pour la protection des données personnelles et les
amendes de la Commission européenne contre Google leur confèrent une nouvelle puissance. Surtout, le développ ement de la
blockchain a rallié à la cause toute
une jeune génération voyant dans
cette technologie la clef pour raviver les racines démocratiques du
Web.
Un nœud de la chaîne
Avec son fonctionnement reposant
sur l’enregistrement des échanges
via les ordinateurs des différents
membres du réseau dans un registre accessible et infalsifiable, la
blockchain offre une architecture
décentralisée, empêchant à un
acteur d’enfermer les données au
sein de son système. « Chaque participant est [un] nœud de cette chaîne
et stocke des copies entières de la base
de données. Si un nœud disparaît, il
est toujours possible d’avoir accès à
la totalité des données », explique
Justin Hunter, le fondateur de
Graphite.
Cette société créée à l’automne
dernier se présente comme un
équivalent décentralisé de la suite
bureautique de Google (Google
Docs, Sheets, Drive…). L’outil permet de choisir différents services de
sauvegarde, et pas seulement le
cloud de Google. Ce système crée
« une résistance à la censure : si l’Iran
décide de bannir [Google], les données seront toujours disponibles
ailleurs », avance son créateur.
Son service, dont le volet « entreprise » a pour clients une clinique et
une ONG travaillant au Togo, est
La blockchain
offre une architecture
décentralisée,
empêchant
à un acteur d’enfermer
les données au sein
de son système.
disponible via le navigateur de
Blockstack, une sorte de magasin
d’applications décentralisé qui
repense l’identité en ligne. La
société new-yorkaise permet à chaque utilisateur d’avoir un identifiant universel avec ses données
stockées sur son terminal, associées à une clef qu’il peut communiquer à une application… et lui
retirer quand il le souhaite.
D’autres services se greffent
désormais sur ce nouveau type de
systèmes, comme Stealthy, une
application de messagerie, OpenBazaar, un site d’e-commerce, ou
encore Steemit, un équivalent
du forum Reddit, qui propose
aussi Dtube pour les vidéos.
Fonds de capital-risque
Si une grande partie de ces projets
se financent via le biais d’ICO – ces
levées de fonds reposant sur la bloc-
kchain – ils attirent de plus en plus
les fonds de capital-risque classiques, comme Andreessen
Horowitz et Union Square Ventures. L’utilisation de ces applications
reste malgré tout confidentielle
pour le moment. « Si vous n’êtes pas
quelqu’un avec des compétences
techniques, elles sont difficiles à
manier », reconnaît Muneeb Ali, le
cofondateur de Blockstack.
La consolidation semble également difficile à éviter. Pour le
bitcoin, la principale application
de la blockchain, la majorité du
« mining » – la mise à disposition
de sa puissance informatique pour
valider les transactions – est désormais le fait d’un petit nombre de
firmes chinoises. n
Comment Tim Berners-Lee, le père du Web, veut réinventer Internet
L’informaticien britannique
se dit « dévasté » par ce
qu’est devenu le Web. Au
MIT, il a lancé un nouveau
projet open source visant à
inventer une nouvelle
architecture redonnant le
pouvoir aux internautes.
C’est la star de la conférence. Alors
qu’il descend de la scène du Decentralized Web Summit, une nuée de
jeunes développeurs se précipitent
vers Tim Berners-Lee pour réclamer un selfie. A soixante-trois ans,
l’inventeur du World Wide Web,
cette architecture permettant de
naviguer sur Internet grâce à un système liant les pages entre elles, est
très admiré par la jeune génération.
Son attrait réside en grande partie
dans son contraste avec le Web
d’aujourd’hui. Au-delà de son style
suranné – un costume bleu marine
avec un mouchoir blanc plié dans la
poche –, c’est surtout sa philosophie
du Web comme un bien public qui
détonne avec celle en vigueur
aujourd’hui dans la Silicon Valley.
Quand il invente ce nouveau système de gestion de l’information
pour démocratiser l’accès à Arpanet
au début des années 1990, le physicien britannique convainc son
employeur, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire
(Cern), de le verser dans le domaine
public.
N’importe qui avec une connexion Internet peut y accéder gratuitement – mais aussi construire
des applications dessus. Des millions de blogs sont créés et Tim Berners-Lee est enthousiasmé par le
résultat : « On changeait la distribution de la valeur de quelques médias à
des milliers de sites, ce qu’on appelait à
l’époque la longue traîne », se rappelle-t-il. Mais il n’anticipe pas que quelques plates-formes vont prendre le
dessus. Un problème qu’il attribue à
un laxisme trop grand des autorités
face à la création de monopoles.
Conséquences inattendues
Tim Berners-Lee, l’inventeur du World Wide Web, est très admiré
par la jeune génération. Photo Philippe Desmazes/AFP
Un quart de siècle plus tard, à la
manière d’un docteur Frankenstein
surpris par sa créature, il se dit
« dévasté » par ce que le Web est
devenu. S’il reconnaît les bénéfices
des réseaux sociaux, il évoque aussi
toutes les conséquences inattendues – la puissance de la publicité
ciblée pour manipuler des élections,
la diffusion des discours haineux, la
surveillance… Pour changer la
donne, il mise sur un mélange de
régulations plus strictes et de solutions technologiques. Il se félicite
par exemple de l’effet du règlement
de protection des données personnelles sur les géants du secteur, en
évoquant le Data Transfert Project,
cette nouvelle plate-forme de portabilité des données entre Facebook,
Google, Twitter et Microsoft qui
vient d’être dévoilée mi-juillet. De
son côté, ce lauréat du prix Alan
Turing, qui a été anobli par la reine
britannique, chapeaute depuis 2016
au MIT le projet Solid, une architecture qui découple applications et
données. Dans son modèle, chaque
individu est propriétaire de ses données, qu’il stocke dans des sortes de
capsules sur le service cloud de son
choix ou sur ses propres terminaux.
Il possède ensuite un set de clefs permettant de donner l’accès à différents services.
« Dans ce système, plus besoin
d’être sur Flickr pour voir les photos
de ses amis – il est possible d’utiliser
une application concurrente pour les
visionner », explique-t-il. Le projet
est encore au stade de développement, mais Tim Berners-Lee espère
qu’il pourra proposer un compte
Solid à tous les internautes d’ici quelques mois. — A. M.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 17
Les Echos Lundi 6 août 2018
en
direct
série d’été 1/9
Un centre de R&D
pour le groupe Lisi
PACA Le juge des référés du
NOUVELLE-AQUITAINE L’usine
tribunal de grande instance de
Marseille a donné vendredi son
feu vert au changement de franchisé de six McDonald’s de Marseille et ses environs. Les salariés avaient saisi la justice après
l’annonce du choix du repreneur, possédant déjà huit MacDonald’s de crainte de licenciements à venir.
des Forges de Bologne se dote
d’un centre de recherche et
développement à Parthenay
(Deux-Sèvres). Le chantier vient
de démarrer pour une mise en
service au printemps prochain.
Cette filiale du groupe Lisi, qui
augmente aussi ses capacités de
production, investit près de
18 millions d’euros, dont 5 mil-
Bertrand Langlois/AFP
PME
&REGIONS
MacDonald’s : fin de
la bataille judiciaire
lions dans le nouveau centre de
R&D. La région Nouvelle-Aquitaine, l’Europe, et l’Etat, via une
prime à l’aménagement du territoire, apportent plus d’1,5 million
d’euros à l’opération. Fournisseur de pièces forgées pour les
moteurs de l’aéronautique, cette
usine emploie 270 salariés.
Elle prévoit environ 80 recrutements pour suivre la montée en
cadences des motoristes du
secteur. Lisi emploie 11.600 salariés dans 47 usines.
PATRONS : OÙ ÉTIEZ-VOUS EN MAI 68 ?
Gérard Garnier, de la flûte en roseau au piano Pleyel
Le fondateur d’Algam a débuté en
fabriquant des flûtes andines avant
de devenir un des plus gros distributeurs français d’instruments de
musique et le repreneur des guitares Lâg et des pianos Pleyel.
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
REPÈRES
1971 Création d’une
entreprise artisanale
de fabrication d’instruments de musique
1980 Recentrage
sur l’importation
d’instruments
et de matériel audio
2017 Rachat
de la marque Pleyel
découvert une mine d’or », raconte le
jeune bricoleur, bientôt rejoint par
son frère aîné Joël, aujourd’hui disparu. Rapidement, l’entreprise
emploie une cinquantaine de salariés à Mouzeil, en Loire-Atlantique.
Elle se diversifie ensuite vers d’autres
instruments de musique folk dont
celle de Bretagne ravivée par Alan
Stivell ou Tri Yann. Gérard Garnier,
encore éberlué des marges qu’il réalisait à l’époque, se souvient de son
premier tour pour usiner l’ébène des
cornemuses, binious, bombardes…
« On fabriquait des instruments de
ploucs et de métèques », ironise-t-il.
Enhardi, il confectionne sa première
harpe celtique donnant naissance à
l’entreprise Camac, qui demeure
aujourd’hui encore la référence
mondiale sur ce marché de niche.
e Mai 1968, Gérard
Garnier garde les cheveux un peu longs, un
certain côté cool et
une cicatrice à la
j a m b e , s t i g m a t e d ’u n e n u i t
d’émeute. « Mais à Rennes, c’était plutôt calme », tempère l’ancien étudiant en anglais se souvenant d’avoir
été, à dix-huit ans, « plutôt drapeau
noir que drapeau rouge ». Cette posture, nuance-t-il, ne l’empêche pas
de jouer alors au billard « avec un
copain de droite, étudiant à l’ESCP ».
La création d’entreprise interviendra trois ans plus tard. Grand
fan de musique andine, Gérard Garnier décide de fabriquer puis de vendre lui-même ses flûtes et quenas,
des instruments popularisés par les
Quilapayún, Inti Illimani, Los Incas
et autres groupes amérindiens.
« Cette musique était jouée par des
groupes qui fuyaient les dictatures »,
rappelle Gérard Garnier qui investit
alors ses 98 francs d’économie dans
une perceuse Black & Decker,
pour « faire des trous » dans des
roseaux japonais. Le succès est
immédiat. « Sans faire exprès, j’ai
D
avec un catalogue de 150 marques de
musique et de son pour un chiffre
d’affaires de 115 millions d’euros.
Epanouissement
Pianos de Chopin
C’est Joël qui reprendra Camac.
Gérard, lui, s’intéresse dès 1976 à
l’importation d’instruments. C’est là
une autre mine d’or confortée en
1985 par l’acquisition d’un gros distributeur, représentant les marques
phares Korg, Marshall ou Gibson.
Ainsi naît Algam, premier distributeur français d’instruments de musique et de matériel de sonorisation
Le mélomane, féru d’Haendel, de Purcell et de Jordi Savall,
estime toujours avoir un côté « un peu à gauche, avec l’obsession
d’une société où les gens s’épanouissent au travail. Photo DR
Le groupe informatique Atos renforce
son pôle de supercalculateurs à Angers
PAYS DE LA LOIRE
Le groupe informatique investit 10 millions
d’euros dans un
« centre mondial des
supercalculateurs »,
des machines dont la
puissance ne cesse
d’augmenter.
Atos
Météo, dissuasion nucléaire, compréhension des courants marins…
La science requiert des puissances
de calcul toujours plus importantes
pour ses travaux de simulation et de
m o d é l i s a t i o n . L’u s i n e At o s
d’Angers, forte de 230 salariés, est
l’un des acteurs clefs sur le marché
de ces supercalculateurs développant à ce jour des puissances de
l’ordre de plusieurs dizaines de
pétaflops, unité représentant un
million de milliards d’opérations
par seconde. D’ici à 2022, le groupe
informatique français va investir
10 millions d’euros à Angers dans de
nouveaux moyens de tests et de
validation. Le « centre mondial des
supercalculateurs », dont la cons-
Le nouvel
édifice
d’Atos,
qui sera
livré en
mars
2019, sera
doté
d’espaces
collaboratifs, de
salles de
conférences et
de formation.
truction vient de démarrer, en sera
la pierre angulaire.
Faux plancher
« Il ne s’agit pas uniquement de tests,
mais d’une mise en service complète
des supercalculateurs avec nos
clients », explique Vincent Sarraca-
nie, le directeur de l’usine d’Angers,
décrivant des supercalculateurs
composés de longues chaînes de
serveurs, rangés dans des racks
qu’il faut interconnecter un par un.
Sur 2.000 mètres carrés, le nouve l é d i f i c e , q u i s e r a l i v r é e n
mars 2019 sera doté d’espaces colla-
boratifs, de salles de conférences et
de formation. Il disposera surtout
de capacités en termes énergétique
(3 mégawatts) et d’hébergement
pour des validations « en présence
des meilleurs experts d’Atos, en
matière de réglage fin, et des clients
venant avec leurs applicatifs », poursuit le dirigeant.
Le centre, qui reçoit 1,8 million
d’euros d’aides du Feder et de la
région Pays de la Loire, a été conçu
pour anticiper diverses technologies notamment le refroidissement,
sous un faux plancher à 1,20 mètre
du sol capable de supporter des tonnes de matériel. Il soutiendra les
ambitions d’Atos, dont l’horizon est
l’exascale – un milliard de milliards
d’opérations par seconde – visé à
l’horizon 2022, et celui de la recherche en informatique quantique.
Atos revendique 51 ordinateurs
dans le classement mondial « Top
500 » des machines les plus puissantes au monde. Quinze se trouvent en France, dont un BullSeq u a n a X d ’u n e p u i s s a n c e d e
12 pétaflops en service au CEA. Un
autre exemplaire équipe le Genci
(Grand équipement national de calcul intensif). — E. Gui.
Basée à Thouaré-sur-Loire, en périphérie nantaise, l’entreprise compte
aujourd’hui 250 salariés en France
et 400 en incluant ceux de l’usine
chinoise fabriquant les guitares Lâg.
L’usine fournit 3.000 guitares
acoustiques par an. Car Gérard Garnier est revenu à son premier métier
de fabricant en rachetant cette marque de lutherie et, plus récemment,
les illustres pianos Pleyel, si chers à
Chopin, dont la production est en
train de redémarrer. L’autre grand
projet de Gérard Garnier est le lancement de sa start-up, Algam
Webstore, contre-feu aux géants
tels l’allemand Thomann ou encore
Amazon. Aujourd’hui grand-père,
Gérard Garnier travaille avec son
fils Benjamin, ex-banquier d’affaires, « une honte pour un ancien
soixante-huitard », place-t-il avec
malice. Cette appellation « soixante -huitard », Gérard Garnier
l’assume avec quelques nuances. « A l’époque, déjà, j’avais davantage l’envie d’une entreprise structurée que celle d’aller vivre dans le
Larzac, je n’étais donc pas vraiment
l’âme soixante-huitarde », s’amuse
celui qui préfère le business à toute
autre activité de loisirs. « Etant par
exemple un mauvais golfeur, alors j’ai
créé une entreprise d’importation de
matériel de golf », raconte l’ancien
rebelle. L’affaire a ensuite été cédée
au californien Callaway.
Le mélomane, désormais féru
d’Haendel, de Purcell et de Jordi
Savall, estime toujours avoir un côté
« un peu à gauche, avec l’obsession
d’une société où les gens s’épanouissent au travail et trouvent une place où
s’exprimer dans l’entreprise ». Celui
qui avoue désormais pencher pour
Emmanuel Macron se dit aussi
« choqué par les patrons qui licencient
ou qui s’accordent de grosses augmentations quand l’entreprise va mal ».
Toutefois, l’ex-anar revendique
aussi « un côté de droite », notamment sur « la possibilité de se séparer
facilement de quelqu’un sans les
méandres administratifs. La flexibilité est nécessaire. » La vérité, dit-il
invoquant Aristote, est toujours au
milieu. n
5 RETROUVEZ
DEMAIN
Marc Vergnet, le souffle
d’un entrepreneur militant
Sous les drapeaux en 1968, Marc
Vergnet a défendu les énergies
renouvelables, avant de se relancer, à plus de soixante-dix ans,
dans une start-up dédiée au dessalement solaire de l’eau de mer.
Le réseau 1Kubator lève
près de 4 millions d’euros
RHÔNE-ALPES
Spécialisé dans
les start-up
en phase d’amorçage, 1Kubator
se diversifie.
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
E n m a r s , 1 Ku b a t o r j e t a i t
l’éponge dans le dossier de la
halle Girard, renonçant à s’engager avec les groupes SOS et Arty
Farty dans la future « Station F
lyonnaise », vitrine de Lyon
French Tech. Mais le réseau
d’incubateurs privés, qui se présente, deux ans après sa création, comme le premier de
France (4 sites à Lyon, Bordeaux, Nantes et Rennes),
rebondit avec l’annonce d’une
levée de fonds de près 4 millions
d’euros auprès d’acteurs publics
et privés, dont une ETI lyonnaise, Serfim. Spécialisé dans les
start-up en phase d’amorçage,
1Kubator a accompagné
120 projets en deux ans et soutenu 50 créations d’entreprise
en investissant 25.000 euros en
échange de 10 % du capital.
Ayant privilégié jusqu’ici les
start-up à composante digitale,
la structure se diversifie avec
1 K Fa b r i k . C e p r o g r a m m e
s’adresse aux innovations
d’objets connectés en partenariat avec Bel Air Camp, le lieu
phare des start-up hardware
installé dans une ancienne usine
d’Alstom.
Son atelier, le plus beau parc
machines mutualisé de Lyon,
est équipé pour 130.000 euros de
découpe laser et d’imprimantes
3D. 1KTech est une association,
avec la société d’accélération du
transfert de technologies Pulsalys, pour guider sur la voie de
l’entrepreneuriat des brevets
numériques issus des universités. Quatre pépites sont déjà sur
les rails. 1KTeamUp vise les
entrepreneurs sans idée, l’objectif étant de les marier avec des
projets issus de l’université, ou
représentant un enjeu stratégique pour les partenaires industriels, ou des membres de l’incubateur à la recherche d’associés.
Il lancera fin 2018 1KChain,
avec inBlocks, pour permettre à
ses camarades de pépinière
d’intégrer la technologie blockchain. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Lundi 6 août 2018 Les Echos
LA DEVISE EUROPÉENNE
PASSE SOUS 1,16 DOLLAR
FINANCE
&MARCHES
L’euro a perdu 0,5 % cette
semaine face au dollar. Le billet
vert a profité de la publication du
communiqué de la Fed qui laisse
penser que, après avoir déjà
relevé ses taux deux fois cette
année elle poursuivra son resserrement monétaire, en septembre
et peut-être en décembre. L’euro
a aussi souffert de la volatilité
sur la dette italienne. Il est à son
plus bas niveau depuis fin juin.
les
indices
Les banques françaises vont bien
mais peuvent mieux faire
l Elles ont bénéficié de moteurs de croissance différents, selon leurs stratégies.
l Mais les établissements peinent à inverser la tendance baissière
de leurs revenus de banque de détail.
Crédit Agricole porté par
ses activités de financement
L’entité cotée du groupe
mutualiste affiche un
bénéfice net en hausse de
6,4 %, à 1,44 milliard d’euros.
La banque profite de la forte
demande de financement
des entreprises.
BANQUE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Vendredi, Crédit Agricole clôturait
le bal des publications semestrielles
des banques françaises sur une
bonne note. Comme ses concurrentes, la banque a profité de la
demande de crédits, et en particulier de celle des entreprises,
pour doper ses revenus. Globalement, ces publications ont rassuré
sur la santé des acteurs français
sans toutefois impressionner. « Les
résultats sont positifs sans être exceptionnels, nous n’avons pas eu de mauvaise surprise », confirme Frédéric
Rozier, coresponsable de la gestion
de portefeuille de Mirabaud.
En revanche, les performances
des métiers se sont révélées inéga-
les et, d’un établissement à l’autre,
les moteurs de croissance ont
varié, attestant les choix stratégiques différents des banques françaises. Chez Société Générale et
BNP Paribas, comme au premier
trimestre, ce sont les métiers spécialisés et les activités à l’international, en dehors de la zone euro,
qui ont tiré les revenus à la hausse.
Ce pôle est le premier contributeur des revenus des deux groupes
bancaires. Chez Natixis, c’est le
moteur de la gestion d’actifs qui a
surtout fonctionné au deuxième
trimestre. Le pôle, qui inclut la
gestion de fortune, a dégagé un
produit net bancaire en croissance de 10 %, à 819 millions
d’euros. La collecte s’est également
bien portée chez Amundi, filiale
du Crédit Agricole, mais la Banque
verte a aussi bénéficié de la poussée de ses syndications de crédit.
Dans leurs métiers traditionnels
de banque de détail, les banques peinent en revanche à inverser la tendance au recul de leurs revenus.
Chez Société Générale, les perspectives ont même été revues à la baisse :
alors qu’il tablait sur une stabilité de
son produit net bancaire, le réseau
de la banque en France anticipe
désormais une chute de 1 %, voire
2 % cette année. En banque d’investissement, les performances sont
aussi décevantes. Chez BNP Paribas,
le manque de volatilité en Europe a
fait plonger les revenus de ce métier
de 6,8 % au deuxième trimestre.
La baisse des provisions
ne sera pas sans limites
Dans ce contexte, la baisse des provisions engrangées par les banques
pour faire face aux risques
d’impayés se révèle particulièrement bienvenue. Chez Banque
Populaire Caisse d’Epargne (BPCE),
le fort recul du coût du risque dans
le pôle qui regroupe ses banques de
détail (–13,7 % au premier semestre)
a ainsi permis de compenser la
baisse des revenus liée à la faiblesse
des taux d’intérêt.
Aux yeux des investisseurs, ce
niveau réduit de provisions est
d’autant moins soutenable qu’une
remontée des taux se profile en
Europe. Autrement dit, à l’avenir, les
banques ne devraient plus pouvoir
autant compter sur la baisse de leurs
provisions pour doper leurs résultats. C’est sans doute la raison pour
laquelle les valeurs bancaires françaises comme européennes continuent de souffrir. Depuis le début de
l’année, BNP Paribas, Natixis, Crédit
Agricole et Société Générale ont
cédé de 7,03 % à 13,57 %, en ligne
avec l’indice Euro STOXX Banks, qui
a chuté de 13,24 % sur la période. n
« Dans un environnement bancaire
de plus en plus compétitif, le leader
que nous sommes maintient ses positions », s’est félicité Philippe Brassac,
le directeur général de Crédit Agric o l e S A , n o t a n t q u’a u c o u r s
du deuxième trimestre le taux de
pénétration du Crédit Agricole
en France a gagné 0,6 point pour
atteindre 27,6 %. Ces bonnes nouvelles sur le front commercial se sont
traduites par une progression des
profits du groupe. L’entité cotée, Crédit Agricole SA, affiche un bénéfice
net en hausse de 6,4 %, à 1,44 milliard d’euros, son meilleur résultat
trimestriel (hors éléments except i o n n e l s) d e p u i s s o n e n t r é e
en Bourse en 2001. Pénalisé par les
coûts d’intégration du gestionnaire
d’actifs Pioneer et des trois banques
italiennes qu’il a récemment acquises, le groupe Crédit Agricole
affiche un bénéfice net en recul de
1,4 %, à 2,08 milliards d’euros, pour
un produit net bancaire en hausse
de 6,3 %, à 8,43 milliards d’euros.
Ces derniers mois, le Crédit Agricole a particulièrement bien tiré son
« Nous observons
le début d’une
normalisation de
la pression sur nos
marges, tant chez
LCL que dans les
caisses régionales. »
PHILIPPE BRASSAC
Directeur général de Casa
épingle du jeu dans ses métiers de
financement. « L’activité de
syndication de crédit a été très forte,
à tel point que nos commissions de
syndication ont progressé de 20 % par
rapport au deuxième trimestre 2017.
La machine Crédit Agricole CIB est
devenue très puissante, ce qui nous
permet de fournir des quantités supérieures de financements », a détaillé
Jean-Yves Hocher, directeur général
de Crédit Agricole CIB. La banque
d’investissement de Crédit Agricole
a ainsi compensé la faible volatilité
qui a plombé ses activités de marché
et affiche un résultat net en hausse
de 33 %, à 517 millions d’euros.
L’horizon de la banque
de détail s’éclaircit
En banque de détail, Crédit Agricole voit aussi l’horizon s’éclaircir :
« nous observons le début d’une normalisation de la pression sur nos
marges, tant chez LCL que dans les
caisses régionales », a indiqué Philippe Brassac. De fait, au deuxième
trimestre, les revenus générés par
les banques régionales du Crédit
Agricole et par son réseau plus
urbain LCL ont progressé respectivement de 0,5 % et de 2,1 %, si l’on
ne tient pas compte des provisions
liées notamment à l’épargne logement. Pour l’année en cours, Crédit
Agricole confirme donc son objectif de stabilisation des revenus de
LCL. — S. W.
4
À NOTER
Crédit Agricole a enregistré
50.000 souscriptions
à son offre low cost Eko
depuis son lancement, fin 2017.
Cette offre a concentré 11 %
des ouvertures de compte
réalisées au Crédit Agricole.
(
Lire « crible »
Page 24
RBS va verser ses premiers dividendes depuis dix ans
BANQUE
Bien que plombé par
une lourde amende
infligée par la justice
américaine, Royal
Bank of Scotland
affiche un bénéfice net
trimestriel de 96 millions de livres.
Les résultats trimestriels publiés
vendredi par la Royal Bank of Scotland (RBS) annoncent la fin d’une
période noire pour l’établissement
britannique. La banque annonce
avoir enregistré un bénéfice net de
96 millions de livres (107,7 millions
d’euros) au cours du deuxième trimestre, alors que le consensus des
analystes tablait sur une perte de
741 millions de livres (831,4 millions d’euros). Ces résultats supérieurs aux attentes et la promesse
d’un premier versement de dividende depuis une décennie ont fait
gagner 3,4 %, à 258,6 pence au titre
RBS dans les premiers échanges
boursiers vendredi matin.
En dépit d’un contexte incertain
et concurrentiel, le directeur général de la banque, Ross McEwan
s’est montré de fait satisfait de ce
deuxième trimestre : « Nous avons
encore beaucoup à faire pour atteindre notre objectif d’être la meilleure
banque en Grande-Bretagne et en
République d’Irlande. […] Cependant comme l’héritage du passé est
désormais largement derrière nous,
nous pouvons nous y consacrer pleinement », a-t-il déclaré dans un
communiqué. Signe de sa volonté
d’aller de l’avant, pour la première
« L’héritage
du passé
est désormais
largement
derrière nous »
ROSS MCEWAN
Directeur général de RBS
fois en dix ans, RBS va pouvoir délivrer des dividendes à ses actionnaires, en tête desquels l’Etat britannique (pour sauver la banque de la
faillite après la crise de 2008, il
avait pris part au capital de celle-ci
et en détient encore 62 %). RBS
devrait ainsi verser un dividende
semestriel équivalent à deux pence
par action à ses actionnaires, ce qui
représente 150 millions de livres
pour l’Etat britannique.
Lourde amende américaine
Le bénéfice net de la banque a
néanmoins été divisé par sept du
fait d’une amende de 4,9 milliards
de dollars (4,23 milliards d’euros)
infligée par les autorités américaines à la banque britannique en mai.
Cette sanction a mis fin à une
enquête sur la conception et la
commercialisation de titres adossés à des actifs immobiliers (MBS)
avant la crise financière. Une
somme dont la banque s’est déjà en
grande partie acquittée en provisionnant des comptes depuis plusieurs mois, mais qui l’a contrainte
à mettre de côté 1 milliard de livres
supplémentaires ce trimestre, ce
qui a affecté ses résultats. — C. Fa.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 19
Les Echos Lundi 6 août 2018
Allianz à l’affût d’acquisitions
dans l’assurance-dommages
ASSURANCE
L’assureur allemand
a vu son résultat
net baisser de 5,2 %
au deuxième
trimestre.
RÉASSURANCE
Le réassureur
étudie la possibilité
de coter ReAssure,
un spécialiste de
la gestion de portefeuilles d’assurancevie en « run off »
au Royaume-Uni.
Mais la dynamique a
été positive sur le plan
opérationnel.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Depuis le rachat en mars par son
grand rival AXA de l’assureur et
réassureur XL Group pour 15,3 milliards de dollars, les spéculations
vont bon train sur les velléités de
croissance externe d’Allianz. « En
matière de fusions et acquisitions,
nous regardons particulièrement du
côté de l’assurance-dommages. C’est
la priorité numéro un », a répondu
Giulio Terzariol, le directeur financier du géant allemand de l’assurance, vendredi dans une interview
à Bloomberg TV, à l’occasion de la
publication des résultats trimestriels. « Nous pourrions aussi étudier
des acquisitions dans la gestion
d’actifs », a-t-il ajouté.
En juin, Bloomberg avait rapporté qu’Allianz planchait sur une
liste de cibles potentielles. Selon
l’agence de presse, celle-ci pourrait
inclure l’assureur suisse Zurich
Insurance Group, le britannique
RSA ou encore l’américain Hartford
Financial Services Group. Mais
« nous n’avons pas besoin de M&A
pour délivrer de la valeur pour nos
actionnaires », a insisté Giulio Terzariol, alors qu’Allianz doit présenter sa nouvelle stratégie en novembre prochain. Le premier assureur
européen a par ailleurs présenté un
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
résultat net en baisse de 5,2 % au
deuxième trimestre, à 1,89 milliard
d’euros, plombé par l’effet négatif de
la vente d’un portefeuille d’assurance-vie à Taïwan. Sur six mois,
celui-ci ressort toutefois en hausse
de 0,5 %, à 3,83 milliards d’euros.
Bonne dynamique
au deuxième trimestre
« Nous restons en bonne voie pour
atteindre notre objectif 2018 de résultat opérationnel », a déclaré Oliver
Bäte, le président du directoire
d’Allianz, cité dans un communiqué. Sur l’ensemble de l’exercice, le
groupe bavarois vise un résultat
opérationnel de 11,1 milliards
d’euros, dans une fourchette de plus
ou moins 500 millions d’euros.
Au premier semestre, celui-ci
s’est élevé à 5,75 milliards d’euros,
en baisse de 1,8 % sur un an. Mais
Sur l’ensemble
de l’exercice, le groupe
bavarois vise un
résultat opérationnel
de 11,1 milliards
d’euros.
Allianz a augmenté
son chiffre d’affaires
de 2,9 % sur la période
allant de début mars
à fin juin.
Allianz reste sur une dynamique
positive au deuxième trimestre
(+2,3 %, à 3 milliards), tiré par la performance de son activité de gestion
d’actifs, qui a vu son résultat opéra-
tionnel progresser de 11,6 %. A
13,8 % sur les six premiers mois de
l’année, le rendement des fonds propres (RoE) s’affiche au-dessus des
13 % visés à fin 2018. Quant au ratio
combiné (sinistres et frais rapportés
aux primes), il était toujours largement dans le vert sur les six premiers mois de l’année, à 94,4 %. Cet
indicateur de la rentabilité technique en assurance-dommages est
toutefois légèrement au-dessus de
l’objectif pour l’exercice (94 %).
Sur le plan de l’activité, Allianz a
augmenté son chiffre d’affaires de
2,9 % sur la période allant de début
mars à fin juin, à 30,9 milliards
d’euros (+1,7 % au premier semestre, à 67,3 milliards). La croissance a
été au rendez-vous aussi bien en
assurance-dommages, dans la
branche assurance-vie et santé que
dans la gestion d’actifs. n
La dette des entreprises a baissé
dans le monde
ENDETTEMENT
Le ratio d’endettement
des entreprises cotées
a chuté à 53 % en 2017,
contre 56,2 %
l’année d’avant.
Et ce, grâce à la croissance des bénéfices.
Laurence Boisseau
@boisseaul
En 2017, la santé financière des
entreprises s’est améliorée dans le
monde. La dette des sociétés cotées
ne représente plus désormais que
53 % de leurs fonds propres, selon
une étude publiée par Euler Hermes début août. En 2016, ce ratio
d’endettement s’élevait à 56,2 %. Le
leader mondial de l’assurance-crédit a passé toutes les entreprises
cotées au crible, à l’exception des
banques et des assurances. Sont
également exclues de l’étude les
entreprises affichant un bilan positif (une trésorerie supérieure à
l’endettement).
Si l’endettement net des entreprises est aujourd’hui mieux contrôlé,
c’est grâce à la forte hausse des
résultats nets des entreprises,
depuis plusieurs années. Ces derniers profitent de la croissance
mondiale et souvent, aussi, de
l’envolée des cours des matières
premières. Selon Bloomberg, les
bénéfices par action des groupes du
S&P 500 ont crû, en 2017, de 14 % ;
ceux de l’Euro STOXX 600, de 86 % ;
et du Nikkei, de 66 %. La tendance
devrait d’ailleurs se poursuivre en
Swiss Re envisage
d’introduire en
Bourse une filiale
britannique
2018, selon les analystes financiers.
Ce qui devrait permettre une nouvelle amélioration du ratio dette
nette sur fonds propres. « La hausse
des profits n’est pas la seule raison
qui explique une réduction de la dette
des entreprises », avance Catharina
Hillenbrand-Saponar, conseillère
sectorielle chez Euler Hermes,
« certains acteurs ont fait également
des efforts spécifiques pour améliorer leur structure financière ».
L’Europe du Sud
plus endettée
Cette vision globale cache cependant des situations très différentes
selon les pays. Le rapport montre
que l’Europe du Sud est particuliè-
rement vulnérable aux entreprises
surendettées. En 2017, le Portugal
enregistre le plus haut taux d’endettement net, à 96 % des fonds
propres. Il est suivi par la Turquie
(72 %), l’Espagne (68 %) et la Grèce
(67 %). Les délais de paiement dans
ces pays ont également augmenté
en 2017. Par comparaison, les taux
les plus bas ont été relevés en Afrique du Sud (38 %), en Australie
(41 %), à Hong Kong (42 %), en Pologne (43 %) et au Royaume-Uni
(43 %). La France est le huitième
pays le moins endetté avec un taux
de 45 %.
Selon les secteurs, il y a également de nombreuses différences.
Le risque est en effet concentré
Sw i s s R e ve u t d o n n e r l e s
moyens à son activité britannique de gestion de portefeuilles
d’assurance-vie en « run off »
(contrats fermés à la commercialisation et gérés en extinction) d’accélérer sa croissance.
Le premier réassureur mondial
a annoncé vendredi, à l’occasion
de la publication de ses résultats
semestriels, qu’il étudiait la possibilité d’introduire en Bourse,
en 2019, ReAssure, sa filiale
dédiée. « Etant donné la taille des
opportunités potentielles qui
pourraient se présenter à moyen
terme, il est important pour
ReAssure d’avoir accès à un mon-
Les chiffres clefs
1
MILLIARD DE DOLLARS
Résultat net de Swiss Re
au premier semestre (-17%).
19,6
MILLIARDS DE DOLLARS
Montant des primes brutes
émises au premier semestre
(+8 %).
dans les industries qui font face à
un changement structurel, notamment dû au changement climatique, à la digitalisation, ou encore
à l’évolution du besoin des consommateurs.
Parmi eux, le secteur du papier
est particulièrement endetté, avec
une dette nette sur fonds propres
moyenne proche de 80 %. Pour les
25 % d’entreprises les plus endettées, le taux d’endettement atteint
même 172 % en moyenne pour 2017.
Ce secteur a besoin de beaucoup
de capitaux pour fonctionner. Et
pour relever les défis posés par la
digitalisation, il a dû s’endetter
encore davantage.
Autre industrie très exposée à
des changements structurels liés
essentiellement au changement climatique et à la hausse du pétrole,
le transport dégage peu de cash.
Il doit, de plus, investir dans de nouvelles technologies. A l’inverse, le
secteur des services informatiques
et logiciels présente un ratio
d’endettement inférieur à 40 %. n
tant important de nouveaux capitaux pour faire l’acquisition de
nouveaux fonds fermés », justifie
le groupe suisse. Si l’opération
devait se faire, Swiss Re resterait
néanmoins un « investisseur
significatif » de ReAssure.
Cette compagnie était valorisée autour de 3,5 milliards de
livres (3,9 milliards d’euros) en
octobre après que le groupe
d’assurances japonais MS&AD
a pris une participation de 5 %
pour 175 millions de livres. En
décembre, ReAssure avait fait
l’acquisition auprès de Legal &
General de 1,1 million de contrats, portant ainsi à 4,7 millions le nombre de polices en
portefeuille, pour 77 milliards
de livres d’actifs sous gestion.
Tarifs en hausse
Au-delà de cette annonce, Swiss
Re a publié un résultat net en
baisse de 17 % au premier
semestre, à 1 milliard de dollars
(860 millions d’euros), du fait
d’un changement dans les normes comptables US GAAP.
Sans cela, il serait ressorti à
1,2 milliard de dollars, au même
niveau qu’au premier semestre
2017, précise le groupe zurichois. Son ratio combiné (sinistres et primes rapportés aux
frais) s’est amélioré, à 92,9 %.
Sur le plan de l’activité, ses
primes brutes émises (l’équivalent du chiffre d’affaires) ont
augmenté de 8 % sur les six premiers mois de l’année 2018, à
19,6 milliards de dollars. La
croissance a été tirée par les
activités vie et santé, ainsi que
par les solutions « sur mesure ».
Comme son concurrent
français SCOR la semaine
précédente, Swiss Re fait par
ailleurs état d’une augmentation de ses tarifs en réassurance
de biens et de responsabilité
à la suite des renouvellements
de juillet (+ 2 %). n
en bref
Italie : nouveau bénéfice pour Banca
Monte dei Paschi di Siena
BANQUE L’établissement italien BMPS a confirmé vendredi son
redressement en dégageant un nouveau bénéfice au deuxième
trimestre : 100,9 millions d’euros, contre une perte de 3 milliards
un an plus tôt. Plus vieille banque du monde, et maillon faible du
secteur bancaire italien, BMPS a bénéficié d’une « recapitalisation préventive » l’an passé. L’Etat italien contrôle désormais
68,2% de son capital.
Corée du Nord : Washington impose
des sanctions à une banque russe
BANQUE Les Etats-Unis ont demandé au comité des sanctions
des Nations unies contre la Corée du Nord d’inscrire sur sa liste
noire l’établissement russe Agrosoyouz Commercial Bank. La
banque aurait effectué une « importante transaction » pour le
compte du représentant en Russie de la FTB, banque du commerce extérieur nord-coréenne. Moscou assure que les mesures
américaines pour « faire pression sur la Russie ne marchent pas ».
AVIS FINANCIERS
Edmond de Rothschild Asset Management (France) informe les porteurs de parts du Fonds Commun de Placement
(FCP) N.O.U.S. 4 que, par décision de la société de gestion, à compter du 10 Août 2018, les demandes de souscriptions
et de rachats seront centralisées chaque vendredi avant 9h00 sur la valeur liquidative du jour et calculée le jour ouvré
suivant. Ces demandes étaient jusqu’ici centralisées chaque vendredi avant 12h00 sur la valeur liquidative du jour et
calculée le jour ouvré suivant.
Le Document d’Information Clé pour l’Investisseur (DICI) et le prospectus mis à jour seront disponibles gratuitement à
compter de cette date sur simple demande au siège social de Edmond de Rothschild Asset Management (France) 47 rue du Faubourg Saint-Honoré – 75008 PARIS – 01 40 17 25 25 ou sur le site Internet www.edram.fr
Edmond de Rothschild Asset Management (France), Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance
au capital de 11.033.769 € - Numéro d’agrément AMF GP 04000015 - 332 652 536 R.C.S. Paris
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // FINANCE & MARCHES
Lundi 6 août 2018 Les Echos
Pas de transparence accrue
sur les marchés malgré MiFID II
RÉGULATION
DETTE
L’obligation de négociation sur des marchés transparents ne
profite pas aux platesformes d’échange.
Les investisseurs
redoutent l’issue
de discussions
budgétaires.
Les dirigeants
des partis populistes rencontrent le
ministre des Finances Giovanni Tria.
Le gendarme des
marchés français
craint que la transparence n’y ait pas gagné.
Laurence Boisseau
@boisseaul
Depuis dix ans, la grande préoccupation des régulateurs européens a
été de renforcer la transparence sur
les marchés financiers. C’était la raison d’être de la première directive
sur les marchés d’instruments
financiers (MiFID I), en 2007. Son
succès a été mitigé : la crise financière a mis en évidence des pratiques de contournement de ce principe de transparence, avec
l’émergence de plates-formes très
secrètes, les « dark pools ». La
transparence fut à nouveau l’objectif de MiFID II, entrée en vigueur le
3 janvier dernier. Et là, encore, le
bilan des six premiers mois va, déjà,
à l’encontre des ambitions initiales
des législateurs. « Si la protection
des investisseurs a bien été renforcée,
les objectifs de transparence ont plus
du mal à se concrétiser à ce stade », a
prévenu, mi-juillet, l’Autorité des
marchés financiers (AMF) dans son
rapport sur la cartographie des
marchés et des risques 2018.
Les internalisateurs
systématiques
Une des ambitions de MiFID II a été
de restreindre le périmètre des
transactions conclues de gré à gré
(OTC). La directive européenne a
imposé une obligation de négociation des actions, soit sur les marchés réglementés (les anciennes
Bourses des valeurs) ou sur les plates-formes multilatérales de négociation (MTF nées de MiFID I avec
moins de contraintes que les précédentes), ou encore auprès d’internalisateurs systématiques (IS). Ces
prestataires, qui négocient en
compte propre en exécutant les
ordres de leurs clients, sont, eux,
Etienne Goetz
@etiennegoetz
La directive européenne MiFID II, dont l’objectif était de renforcer la transparence sur les marchés,
est entrée en vigueur début 2018. Photo Shutterstock
soumis à un régime de transparence allégée.
Cette obligation de négociation
sur des plates-formes plus transparentes a, par ailleurs, été renforcée
dans la directive par un double
mécanisme de plafonnement limitant le volume des transactions
autorisées sur les « dark pools ».
Dès que certains seuils sont franchis, le titre ne peut plus être
échangé sur ces marchés opaques
pendant six mois.
« On peut rester perplexe devant
les évolutions de la structure des
marchés », a alerté Robert Ophèle,
président de l’AMF dans son rapport annuel publié à la mi-mai. En
effet, depuis janvier, la réduction de
l’OTC et des « dark pools » s’est faite
non pas au profit des marchés
réglementés ou des MTF, mais au
bénéfice des internalisateurs systématiques. Stéphane Boujnah, président d’Euronext, à la présentation des résultats annuels de
l’entreprise de marché, vendredi 3
août, a indiqué que les régulateurs
allaient regarder de près cette
situation. Les internalisateurs systématiques étaient 14 en 2017,
cumulant moins de 1 % de parts de
marché ; ils sont désormais 28 et
totalisent un tiers des volumes
totaux. La plupart des grands brokers ont déjà adopté ce statut.
« Je ne suis pas certain que la
transparence y ait gagné. Je rappelle
en effet qu’un internalisateur systématique, qu’on pourrait appeler
teneur de marché, doit mettre son
compte propre en face de son client et
prendre un risque effectif. Il ne peut
être un simple intermédiaire arran-
Les points clefs d’une réforme
qui bouleverse les marchés
MiFID II compte plus de 40 textes d’application qui complètent la directive européenne et le règlement. Elle est entrée en
vigueur le 3 janvier 2018, et révise MiFID I, mise en application
en 2007, qui avait cassé le monopole des entreprises de marché et permis la concurrence. Elle impose la transparence sur
toutes les classes d’actifs. Elle vise aussi à améliorer la protection des investisseurs et encadre le trading haute fréquence.
geant des échanges entre des clients
vendeurs et acheteurs », a déclaré
Robert Ophèle.
Ce point est d’autant plus important que la seconde mesure visant à
améliorer la transparence des marchés en réduisant la part des « dark
pools » au profit des autres marchés semble, elle aussi, avoir
échoué. L’entrée en application du
mécanisme de double plafonnement a été sans impact sur les volumes échangés sur les « dark
pools » : la part de ces plates-formes
reste inchangée, à 54 %.
L’Esma a publié un
rapport sur les règles
encadrant le recours
aux cessions temporaires de titres.
L’Allemagne et le
Royaume-Uni ont du
chemin à faire pour s’y
conformer.
Sophie Rolland
@Sorolland
Les règles encadrant le recours aux
cessions temporaires de titres par
les fonds sont loin d’être appliquées
de façon satisfaisante dans tous les
pays européens. C’est la conclusion
de la dernière « peer review » de
l’autorité européenne des marchés
f i n a n c i e r s . L’ E s m a ( l ’a c r o nyme anglais de cette dernière) a
passé en revue les conditions dans
lesquelles ses orientations sur les
opérations de prêt-emprunt de
titres et de « repo » étaient mises en
œuvre au Luxembourg, en Irlande,
au Royaume-Uni, en France et en
Allemagne – dans l’ordre, les cinq
principaux pays pour les fonds
Ucits* –, ainsi qu’en Estonie.
Résultat : certaines autorités
nationales ont encore du chemin à
faire. En matière de transparence,
le bilan est globalement satisfaisant : seuls l’Estonie et le RoyaumeUni ne respectent que « partiellement » le cadre fixé par l’Esma. En
revanche, dans d’autres domaines
comme la gestion du collatéral par
exemple, l’Allemagne et le Royaume-Uni « respectent insuffisamment » les règles de l’autorité européenne.
C’est en France que la régulation
est la plus conforme aux orientations européennes. « L’AMF avait
commencé à s’intéresser à ces techniques avant mars 2013. Ainsi l’autorité se conformait déjà à la plupart
des“ guidelines” de l’Esma, au
moment de leur entrée en application », décrypte un professionnel.
Les techniques de prêt-emprunt
de titres et de repo sont couramment utilisées par les gestionnaires
de fonds, dès lors que leur taille leur
permet de disposer des outils informatiques pour passer ce type
d’ordres (en général à partir d’une
vingtaine de milliards d’euros
d’encours). Ils « louent » leurs titres
aux banques d’investissement. Les-
quelles en ont besoin pour couvrir
leurs ventes à découvert.
Prêter les actions ou les obligations en portefeuille leur assure
ainsi un revenu supplémentaire,
qui peut être non négligeable.
« Pour les fonds monétaires, quelques points de base supplémentaires
sont très appréciables en période de
taux bas. Le prêt-emprunt sur des
titres difficiles à trouver sur le marché permet même à certains fonds
CAC 40 PEA PME d’augmenter leur
rendement de 1 %. »
Les vingt principaux
gestionnaires d’actifs
de la place française
recourent au prêtemprunt de titres de
façon intensive.
Depuis 2013, l’ESMA impose un
certain nombre de contraintes sur
les titres reçus en garantie, afin que
ceux-ci présentent une liquidité et
une qualité suffisante et qu’ils ne
soient pas trop concentrés ou corrélés entre eux. L’investisseur final
doit également être tenu informé de
Nouvel épisode de tension sur le
marché obligataire italien.
Après avoir gagné 13 points de
base jeudi, le rendement des
bons du Trésor à 10 ans a encore
progressé de 20 points de base
vendredi, tout juste en dessous
de 3,1 %, avant de terminer la
séance à 2,91 %. Le spread, c’està-dire l’écart avec le taux allemand, s’est creusé à 250 points
de base en deux jours.
Signe de l’inquiétude des
investisseurs à court terme, la
réaction sur l’emprunt d’Etat de
référence à 2 ans a été encore
plus violente. Le taux italien à
2 ans a flambé de 40 points de
base, à 1,37 %, avant de retomber à 0,99 %. Ces mouvements
s’expliquent par les discussions
entre les dirigeants des partis
populistes et le ministre des
Finances, portant sur le budget.
Luigi Di Maio du Mouvement
5 étoiles et Matteo Salvini de la
Ligue font pression pour que le
budget intègre une série de
mesures qui feraient grimper
les dépenses tout réduisant les
impôts.
De telles mesures sont
incompatibles avec l’engagement que Giovanni Tria avait
pris de réduire la dette publique
qui dépasse les 130 % du PIB. « Il
est le seul au sein du gouvernement à être pro-Europe et à s’être
engagé sur le respect des règles
budgétaires. S’il démissionne,
l’Italie pourrait aller vers des
dépenses plus importantes »,
analyse Daniel Lenz, stratège
chez DZ Bank cité par l’AFP.
L’émission de papier espagnol
jeudi a aussi pesé sur les taux
italiens. Les marchés redoutent
qu’une démission forcée du
ministre ne déclenche de nouvelles élections. Les taux italiens s’étaient déjà emballés en
mai dernier lors de la formation
chaotique d’un gouvernement
de coalition populiste et eurosceptique. L’agitation, encore
plus brutale, avait alors gagné
les autres marchés européens. n
De nouveaux
contournements
Cette mesure semble avoir déjà
donné lieu à de nouveaux contournements. Le double plafonnement
ne concerne pa les ordres de taille
importante. Or, selon l’AMF, certains participants attendent d’agréger assez d’ordres de petite taille
pour conserver leur capacité à traiter sur des « dark pools ». TabbForum estime qu’en Europe ces
ordres de taille importante représentent aujourd’hui 36 % des volumes des « dark pools », contre 20 %
en moyenne sur 2017. Ce comportement, consistant à différer l’exécution d’un ordre, nuit contrevient au
principe de transparence. n
La réglementation sur le prêt-emprunt
de titres tarde à s’harmoniser en Europe
RÉGLEMENTATION
Italie : les taux
de la dette
s’emballent
la nature des titres apportés en collatéral dans le cadre de ces cessions
temporaires.
Un rapport de l’AMF attendu
en 2019
Si, lorsqu’elles sont menées sur certains titres spécifiques, ces opérations permettent d’optimiser la gestion de façon quasi chirurgicale,
l’approche peut devenir industrielle chez les gros asset managers
et les fournisseurs d’ETF. Selon un
expert de la gestion d’actifs, les vingt
principaux acteurs de la place française recourent de façon intensive à
ce type de pratique.
L’AMF place le sujet parmi ses
priorités. D’ici à la fin de l’année, elle
prévoit de se pencher sur les bonnes et mauvaises pratiques des
gérants notamment en matière de
passage d’ordres, de choix des contreparties ou encore d’information
des investisseurs. Un rapport
devrait être publié en 2019. n
* Ucits (Undertakings for Collective
Investments in Transferable Securities)
est une directive européenne qui réglemente les organismes de placement collectif. Les fonds Ucits représentent plus
de 62 % des actifs gérés sous forme de
fonds en Europe.
Euronext dopé par
l’acquisition de
la Bourse de Dublin
BOURSE
La place irlandaise
a contribué au
chiffre d’affaires de
l’opérateur boursier
paneuropéen
à hauteur de
8,7 millions d’euros.
Après un premier trimestre
exceptionnel, l’opérateur de
Bourse poursuit sur sa lancée. Entre avril et juin, Euronext
a dégagé un bénéfice net en
hausse de 5 % à 56,6 millions
d’euros, pour un chiffre d’affaires en progression de 14,6 % à
157,3 millions. Pour le PDG du
groupe Stéphane Boujnah, il
s’agit d’« une performance
solide ». Elle est globalement
« en ligne avec les attentes », rappellent les analystes du courtier
Aurel BGC. D’où une réaction
modérée en Bourse. Après
avoir ouvert en hausse de 1,01 %,
le titre a terminé en baisse de
2,2% . L’opérateur paneuropéen
a tiré profit de l’intégration de la
Bourse de Dublin et de FastMatch, pour les transactions de
change, qui ont contribué au
chiffre d’affaires respectivement à hauteur de 8,7 millions
et 5,6 millions d’euros. L’acqui-
sition en Irlande pour 137 millions d’euros a notamment permis de doper les recettes issues
du listing qui ont progressé de
20,3 % à 28,4 millions. Les activités de « trading » poursuivent
leur hausse à un rythme soutenu : +15,8 % à 70,3 millions. La
vente de « données de marché
et d’indices » a aussi gagné du
terrain. Elle a permis de dégager 29,4 millions d’euros de
revenus en hausse de 12,9 %.
Marge opérationnelle
en baisse
Grâce à une maîtrise des coûts,
le résultat d’exploitation progresse de 11,9 % à 88,6 millions
d’euros. Le seul point noir au
tableau concerne la marge opérationnelle, qui a reculé de
1,4 point à 56,3 % en raison de
dépenses opérationnelles liées
aux acquisitions. Quant à la
suite de l’année, le PDG Stéphane Boujnah s’est refusé de
donner des prévisions : « La
question qui se pose est de savoir
si les incertitudes actuelles
autour de l’impact des tensions
commerciales sur les marchés se
traduiront par une volatilité
accrue », s’est-il contenté de
répondre, tout en précisant que
les volumes pour juillet seraient
bientôt communiqués.
— E. Gz.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 21
Les Echos Lundi 6 août 2018
séAncE du 03 - 08 - 2018
CaC 40 : 5478,98 (0,33 %) neXt 20 : 12249,61 (0,78 %)
CaC larGe 60 : 6087,17 (0,38 %)
CaC all-tradaBle : 4307,44 (0,37 %)
Date De ProroGation : 28 août
euronext
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
11/05/18 1,05
a
fr0000120073
28/05/18 2,65
airBus GrouP (air) R
a
nl0000235190
16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
17/05/18 0,09
a
31/05/18 1,7
a
fr0000120628
03/05/18 1,26
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
30/05/18 3,02
a
fr0000120503
caP-Gemini (cap) R
02/05/18 1,7
a
fr0000125338
carreFour (ca) R
04/06/18 1,7
a
fr0000120172
21/06/18 0,46
creDit aGricole (aca) R
a
fr0000045072
Danone (bn) R
22/05/18 0,63
a
fr0000120644
enGie (enGi) R
04/05/18 1,9
a
fr0010208488
11/10/17 0,35
essilor international (ei) R a
fr0000121667
26/04/18 1,53
Hermes intl (rms) R
a
fr0000052292
KerinG (Ker) R
07/06/18 7,6
a
fr0000121485
l.V.m.H. (mc) R
14/05/18 4
a
fr0000121014
leGranD (lr) R
17/04/18 3,4
a
fr0010307819
l'oréal (or) R
01/06/18 1,26
a
fr0000120321
micHelin (ml) R
25/04/18 3,55
a
fr0000121261
22/05/18 3,55
ouv
vol.
nb titres
43,44
712148
290.205.703
109,15
704663
428.271.241
106,84
855302
776.295.452
27,39
4264227
1.021.903.623
112,5
225176
105.674.700
21,95
6357306
2.423.331.240
54,7
3551576
1.249.798.561
37,1
614510
365.793.396
109,25
703254
168.817.033
15,2
5070818
789.252.839
12,36
12562631
2.852.634.570
68,35
1281667
685.055.200
13,48
3524720
2.435.285.011
125,4
380832
219.137.552
545,8
44113
105.569.412
455,8
207413
126.279.322
295,1
402677
505.027.339
63,3
548539
266.805.751
210,9
338018
560.082.187
109,75
359462
178.978.841
clot
+ haut
+ bas
43,15
43,46
43,1
108,15
109,4
107,6
107,76
107,98
106,28
27,74
27,865
27,23
112,3
112,85
111,65
22,05
22,14
21,94
54,42
54,74
54,06
37,56
37,65
37,08
109,55
110,4
108,5
15,455
15,52
15,1
12,225
12,435
12,055
68,2
68,37
67,95
13,45
13,48
13,375
126,2
126,45
125
543,8
547,2
542,8
459,5
460,2
452
295,3
296,4
293,85
63,24
63,66
63
212,1
212,5
210,2
109,6
110,45
109,35
% Veil
% mois
% 52 s.
- 0,58
+ 1,31
+ 6,53
- 0,78
+ 0,7
+ 14,12
+ 1,2
+10,23
+ 51,18
+ 1,78
+13,29
+ 28,16
+ 0,05
- 3,93
- 12,27
+ 0,64
+ 5,58
- 12,52
- 0,37
+ 2,31
- 19,04
+ 1,43
+ 1,35
+ 1,13
+ 0,46
- 3,99
+ 19,66
+ 1,98
+11,79
- 24,11
+ 2,3
+ 7,05
- 17,48
+ 0,09
+ 6,4
+ 5,44
+ 0,07
+ 0,6
- 1,47
+ 0,4
+ 5,74
+ 19,68
+ 3,98
+ 23,39
+ 0,9
- 2,63
+ 64,45
+ 0,37
+ 3,51
+ 34,84
+ 0,06
+ 0,99
+ 6,99
+ 0,95
+ 0,19
+ 21,13
+ 0,05
+ 5,94
- 5,52
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 0,35
48,95
41,3
2,43
+ 2,95
113,3
97,12
2,45
+ 29,83
3,4
111,16
31,74
81,33
1,39
+ 2,3
30,765
24,05
- 7,46
130,55
103,65
1,51
- 10,86
27,69
20,495
5,71
- 12,58
68,66
51,22
5,55
- 13,28
45,98
36,08
4,53
+ 10,78
119,8
97,38
1,55
- 14,33
19,73
12,955 4,53
- 11,41
15,54
11,105
5,15
- 2,5
71,78
62,24
2,79
- 6,17
1,21
14,815
11,15
12,165
2,6
+ 9,79
127,6
105,35
1,21
+ 21,86
614,6
417,9
1,4
+ 25,78
522,4
338,263 0,87
+ 20,33
313,7
232,5
1,15
- 1,48
67,44
60,42
1,99
+ 14,68
214,4
170,3
1,67
- 8,32
130,85
101,25
3,24
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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a
fr0000133308
05/06/18 0,4
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a
fr0000120693
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04/07/18 1,01
a
fr0000121501
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a
fr0000130577
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fr0000131906
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06/06/18 2
a
21/06/18 3,55
a
fr0000073272
29/05/18 1,6
saint-GoBain (sGo) R
a
fr0000125007
sanoFi (san) R
11/06/18 1,3
a
fr0000120578
11/05/18 3,03
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fr0000121972
02/05/18 2,2
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fr0000130809
soDeXo (sW) R
30/05/18 2,2
a
fr0000121220
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01/02/18 2,75
a
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16/01/18 1,55
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nl0000226223
18/06/18 0,05
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a
Gb00bDsfG982
total (fp) R
21/05/18 0,13
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11/06/18 0,62
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a
fr0013326246
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a
DiV 3 06/06/16
fr0013176526
04/06/18 1,25
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a
fr0000124141
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14/05/18 0,84
a
fr0000125486
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24/04/18 1,76
a
fr0000127771
20/04/18 0,45
ouv
vol.
nb titres
14,545
4367922
2.660.056.599
140,65
323383
265.421.592
24,13
2077180
904.828.213
53,76
472957
235.197.966
72,59
797782
295.722.284
105,45
803942
443.680.643
37,09
1926782
552.595.547
74,57
2204770
1.251.459.221
67,38
1754014
578.956.262
37,11
2913513
807.917.739
91,52
220098
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114,5
175193
105.876.416
19
2226879
911.141.920
27,21
862579
454.499.815
55,1
4087898
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188,9
251711
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18,875
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83,72
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596.831.558
22,11
2840196
1.305.230.587
srD
clot
+ haut
+ bas
14,615
14,655
14,445
140,6
140,75
138,85
24,23
24,41
23,91
54,04
54,16
53,48
72,37
73,11
72,14
105,5
106,2
105,15
36,94
37,325
36,925
74,1
74,68
73,59
68,34
68,6
67,18
37,335
37,45
36,96
92,1
92,5
91,36
114,05
114,7
113,8
19,01
19,315
18,795
26,95
27,54
26,95
54,78
55,31
54,62
190,2
190,65
188,2
40,45
40,8
40,14
18,96
18,96
18,76
84,44
84,58
83,72
22,04
22,18
21,85
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 0,9
+ 1,42
+ 2,2
+ 0,11
+ 1,52
+ 19,86
+ 0,71
+20,97
+ 34,76
+ 0,71
- 8,06
- 15,1
- 0,04
- 0,04
- 4,11
+ 0,48
+ 2,78
+ 32,54
- 0,2
- 3,24
- 22,48
- 0,54
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- 3,31
+ 1,44
+ 0,59
+ 2,98
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+ 0,46
+ 7,64
- 7,04
- 0,04
+ 5,9
- 8,43
+ 1,31
+ 0,26
+ 29,58
- 0,44
+ 1,7
+ 15,57
- 0,31
+ 3,89
+ 25,73
+ 0,77
+ 2,09
+ 0,03
-12,26
- 30,02
+ 0,64
+ 1,83
- 0,21
+ 1,1
+ 1,73
+ 11,75
+ 7,41
+ 9,57
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 0,97
15,235
13,315 2,05
+ 6,56
147,75
120,05
0,72
+ 42,91
25,2
16,455 2,19
- 4,61
63,18
51,78
3,7
- 13,75
100,8
71,4
4,91
+ 22,8
108,65
81,04
1,52
- 19,66
48,6
36,635 3,52
+ 3,13
76,17
62,88
4,09
- 3,56
78,56
67,02
3,22
- 13,28
47,505
35,05
5,89
- 17,8
113,05
76
2,99
- 1,6
7,98
120,65 14,29
105,15
+ 4,42
0,23
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16,57
0,27
+ 4,26
29,17
22,9
+ 18,97
56,08
43,09
1,13
- 1,17
195,5
184,25
- 35,04
66,48
39,55
3,09
- 10,88
22,29
18,035 4,43
- 0,83
88,8
77,56
2,08
- 1,69
24,87
20,26
2,04
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
aB science (ab) g
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
B 4,53
4,53
21615
4,546
40.789.901
4,46
B 7,1
7,12
15265
7,12
fr0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
7,06
aBiVaX (abvX) g
B 6,69
6,53
5014
6,69
fr0012333284
9.904.229
6,52
acantHe DeV. (acan) g
c 0,626
0,648
3131
0,648
fr0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,626
actia GrouP (ati) g
c 8,05
8
5887
8,09
fr0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
7,99
aDocia (aDoc) g
B 16,88
16,92
5757
17
fr0011184241
6.916.753
16,62
aéroPorts De Paris (aDp) !
a 191,9
192,2
44774
193,8
fr0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
191,4
air France-Klm (af) !
a 8,386
8,388
6376923
8,436
fr0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,178
aKKa tecHnoloGies (aKa) g
B 64,1
64,8
25745
65,6
fr0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
63,8
aKWel (aKW) g
B 21,85
21,95
19233
22,2
fr0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
21,8
alD (alD)
a 15,23
16
200013
16
fr0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
15,23
alPes (cie Des ) (cDa) g
B 29,05
29,15
5793
29,25
fr0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
29,05
alstom (alo) LR
a 38,24
38,41
466315
38,53
fr0010220475
20/07/18 0,35 222.210.471
38,13
altarea (alta) g
a 185
187
4172
188,4
fr0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
185
alten (ate) !
a 85,6
85,85
31786
86,65
fr0000071946
25/06/18 1 33.828.497
85,3
altran tecHnoloGies (alt) ! a 8,3
8,34
1043505
8,46
fr0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
8,3
amPlituDe surG. (ampli) g
3,44
3,4
7648
3,44
fr0012789667
46.929.852
3,4
amunDi (amun) !
a 61,86
61,04
eX-Ds 15/03/17
330496
62,56
fr0004125920
22/05/18 2,5 201.510.562
60,32
aPril GrouP (apr)
B 12,95
12,85
1118
12,95
fr0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
12,75
arcHos (JXr) g
c 0,86
0,838
206373
0,86
fr0000182479
42.561.334
0,836
arKema (aKe) L
a 107,95
108,65
233940
109,9
fr0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
107,95
artPrice.com (prc) g
c 13,98
14,5
13984
14,56
fr0000074783
6.651.515
13,98
assYstem (asY) g
B 27,8
27,55
oPa 24/11/17
1311
27,8
fr0000074148
19/06/18 1 15.668.216
27,4
atari (ata)
c 0,475
0,473
1435613
0,485
fr0010478248
255.105.360
0,47
auBaY (aub) g
c 39
38,2
5730
39,1
fr0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
37,95
aurea (aure)
c 7,76
7,66
2636
7,8
fr0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
7,54
aVenir telecom (avt) g
c 0,241
0,246
189286
0,252
fr0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,241
aXWaY soFtWare (aXW) g
B 19,08
18,94
592
19,28
fr0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
18,94
Bénéteau (ben)
a 13,38
13,44
88689
13,46
fr0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
13,2
Bic (bb) !
a 74,8
74,2
134203
75,85
fr0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
74,15
BiGBen int. (biG) g
c 10,5
10,5
50630
10,66
fr0000074072
30/07/18 0,1 19.060.784
10,32
BiomérieuX (bim)
a 71
71,4
79698
71,5
fr0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
70,5
Boiron (boi) g
a 66,8
67
1506
67,4
fr0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
66,8
Bolloré (bol) !
a 3,892
3,958
1311985
3,966
fr0000039299
06/06/18 0,04 2.927.197.152
3,888
BonDuelle (bon) g
B 31,7
31,75
5646
32
fr0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
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Bureau Veritas (bvi) L
a 21,76
21,94
536494
21,99
fr0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
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Burelle sa (bur)
a 1320
1330
190
1345
fr0000061137
05/06/18 16 1.853.315
1310
carmila (carm)
c 23,25
23,2
5463
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fr0010828137
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casino (co) LR
a 33,62
34,21
822982
34,61
fr0000125585
18/05/18 1,56 109.729.416
33,5
catana GrouP (catG) g
c 2,78
2,785
124686
2,81
fr0010193052
30.514.178
2,76
cGG (cGG) !
c 2,39
2,42
10321526
2,496
fr0013181864
698.828.907
2,262
cHarGeurs (cri) g
c 24,36
24,8
14557
24,9
fr0000130692
26/04/18 0,35 23.501.104
24,36
cHristian Dior (cDi)
a 368,1
370,1
eX D oP 08/06/17
16225
370,9
fr0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
368
cie Du camBoDGe (cbDG)
a
/260718
fr0010557264
aBc arBitraGe (abca) g
fr0000079659
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. ! : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 0,49 - 45,68
+10,7
11,15
- 53,82
4,05
+ 0,28 + 13,38
- 0,97
7,48
+ 15,96
6,27
- 1,06 - 24,33
- 6,71
9,87
- 41,01
6,48
- 24,65
+ 2,21
0,87
- 11,23
0,562
- 0,25 + 14,61
+14,12
9,08
- 1,11
6,83
+ 0,48 + 17,91
- 4,08 21,3
- 12,96 13,28
+ 0,1 + 21,26
- 1,18 202,6
+ 31,96 156
+ 0,58 - 38,23
+19,56 14,51
- 30,76
6,646
+ 1,09 + 39,96
+ 8,91 68,8
+ 42,79 46,2
+ 0,69 - 34,89
-12,55 36,8
- 34,16
21,1
+ 4,58 + 23,89
+10,73 16
+ 4,92 12,54
+ 0,17 - 10,8
- 0,17 36,1
+ 7,13
27,3
+ 0,55 + 11
- 2,66 41,52
+ 26,08 32,79
+ 0,65 - 10,14
- 6,73 218,5
- 3,86 184,2
+ 0,29 + 23,33
- 2,05 92,8
+ 17,52 69,5
+ 0,97 - 33,29
-31,92 13,681
- 37,29
8,13
- 3,95
+11,11
4,4
- 28,12
2,9
- 0,94 - 13,6
+ 3,35 77,66
- 9,37 57,74
- 0,77 - 12,59
+ 1,98 16,4
- 5,79 12,3
- 1,41 + 28,92
-10,47
1,576
+ 30,94
0,65
+ 0,37 + 6,99
+ 6,73 112,9
+ 13,7
94,82
+ 2,69 - 13,95
+ 2,26 17,88
- 11,04 13,16
- 1,61 - 7,92
+ 5,76 33,05
- 13,91 25,1
+ 0,43 + 31,39
-10,75
0,948
+ 31,39
0,367
- 2,05 + 10,4
+ 4,66 43,3
+ 24,71 33,55
- 0,52 - 11,03
+ 1,59
9,3
+ 3,51
7,06
+ 2,08 + 17,14
+ 6,49
0,477
+ 29,47
0,21
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- 1,35 23,1
- 20,52 17,82
+ 0,9 - 32,61
-13,85 23,2
- 7,31
12,38
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- 6,9
99,05
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- 23,86
-13,51
16,2
+ 11,35 10,3
+ 0,99 - 4,4
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+ 14,74 59
+ 0,15 - 10,49
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+ 0,41
4,798
+ 0,15
3,8
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+ 2,25 47,8
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20,39
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+ 11,39 1255
- 0,22 - 0,06
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+ 2,83 53,48
- 34,58 31,73
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3,611
+183,77
2,697
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+12,35
4,1
+ 83,51
1,295
+ 0,98 - 2,02
- 3,8
28,64
+ 0,65 22,1
+ 0,63 + 21,52
+ 4,49 383,8
+ 46,89 291,6
- 7,56
- 1,49 7550
- 7,95 6550
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
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0,845
2232304
0,857
393.613.788
0,82
a 19,88
20
397456
20,12
fr0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
19,88
coFace (cofa) g
a 7,64
7,75
292960
7,79
fr0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
7,63
colas (re)
a 173
174
771
174,2
fr0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
172,4
Dassault aV. (am) !
a 1592
1587
4942
1604
fr0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
1587
Dassault sYstèmes (DsY) LR a 129,75
128,55
204301
129,9
fr0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
128,35
DBV tecHnoloGies (Dbv) !
B 30,86
30,8
29078
31,14
fr0010417345
30.006.352
30,4
DericHeBourG (DbG) g
B 4,986
4,974
367016
5,05
fr0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
4,974
DeVoteam (Dvt) g
c 106,4
106,6
2044
107
fr0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
105,2
Dir. enerGie (Dir)
42
42
23999
42,06
fr0004191674
01/06/18 0,35 44.832.479
42
DnXcorP (DnX) g
c 6,82
6,86
3332
6,9
fr0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
6,8
eDenreD (eDen) !
a 34,4
34,79
429984
34,9
fr0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
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eDF (eDf) LR
a 12,8
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eX-Ds 7/03/17
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13,2
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25/05/18 0,31 3.010.267.676
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eiFFaGe (fGr) LR
a 95
95,88
294713
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22/05/18 2 98.000.000
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3,42
3,32
52548
3,42
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3,27
elior (elior) !
a 14,06
14,27
284846
14,32
fr0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
14,01
elis (elis) !
a 19,87
19,66
412588
20,1
fr0012435121
29/05/18 0,37 219.370.207
19,61
eos imaGinG (eosi)
c 4,375
4,375
13365
4,375
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22.641.483
4,35
eramet (era) !g
a 81,2
83,65
85734
84,1
fr0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
80,45
erYtecH PHarma (erYp) g
B 9,35
9,335
19097
9,48
fr0011471135
17.940.035
9,25
esi GrouP (esi) g
c 41,6
42
5715
42,2
fr0004110310
5.955.072
41,6
eurazeo (rf) !
a 64,6
64,25
150685
65,2
fr0000121121
30/04/18 1,25 74.315.130
63,65
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c 3,22
3,25
3206
3,25
fr0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
3,21
euroFins scientiFic (erf) !
a 459
462,6
20690
464,2
fr0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
455,2
euroPcar GrouPe (eucar) !
a 8,25
8,33
273824
8,335
fr0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
8,11
eurotunnel (GrouPe) (Get) LR a 11,36
11,33
677653
11,38
fr0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
11,29
eutelsat com. (etl) L!
a 19,42
19,825
691045
19,855
fr0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
19,24
eXel inDustries (eXe) g
B 107
107
76
107,5
fr0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
107
Faurecia (eo) !
a 54,58
54,1
694523
55,08
fr0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
53,78
FFP (ffp) g
a 113,6
114,4
3048
115,2
fr0000064784
22/05/18 2 25.072.589
113,6
FiGeac aero (fGa) g
B 13,84
13,6
13,84
8437
fr0011665280
31.839.473
13,58
Fin. oDet (oDet)
a 844
850
109
850
fr0000062234
07/06/18 1 6.585.990
840
Fnac DartY (fnac)
a 78,15
78,65
16558
78,8
fr0011476928
26.792.938
78
Foncière Des murs (fmu)
a 26,3
26,6
1630
26,6
fr0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
26,2
Foncière Des réGions (fDr) ! a 89,55
89,75
69030
89,85
fr0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
89,05
Foncière lYonnaise (flY)
a 58,4
58,4
623
58,4
fr0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
58,2
FromaGeries Bel (fbel)
a
/020818
fr0004026714
cnP assurances (cnp) !R
2,81
1,5
1,01
1,08
1,37
3,44
1,72
0,91
1,17
2,88
4,1
2,1
2,12
3,63
0,63
1,96
1,06
1,86
4,65
0,95
0,48
2,39
0,51
1,42
2,55
1,2
4,56
1,01
0,92
2,73
fr0000121857
18/05/18 7 6.872.335
Futuren (ftrn) g
c 1,13
n/P reGr.
5828
fr0011284991
277.776.587
Geci international (Gecp) g
c 0,18
2018728
fr0000079634
01/10/01 0,1 139.231.856
Gecina (Gfc) !
a 145,9
60870
fr0010040865
12/06/18 2,65 76.162.901
Gemalto (Gto) L
a 49,95
191629
nl0000400653
22/05/17 0,43 90.785.956
GenFit (Gnft) !
B 24,2
36076
fr0004163111
31.166.437
GensiGHt (siGht)
c 2,15
13539
fr0013183985
24.234.223
Genticel (Gtcl) g
1,7
14129
fr0011790542
77.850.006
1,13
1,135
1,13
0,187
0,19
0,18
149
149
145,9
49,9
50
49,89
24,26
24,26
24,02
2,14
2,15
2,12
1,69
1,7
1,686
+ 4,13 + 72,45
- 3,32
1,223
+ 91,61
0,491
+ 0,6 + 3,87
+ 3,15
21,62
- 4,53 18,41
+ 1,57 - 13,06
-14,65 10,76
- 5,37
7,5
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- 0,85 172,4
- 0,31 + 22,27
- 3,05 1729
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+ 7,35 131,7
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87,52
+ 0,52 - 26,48
- 6,15
47,38
- 59,76 28,54
+ 0,08 - 45,41
- 7,97
9,18
- 34,28
4,9
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+ 8,66 108,6
+ 42,61 72,5
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-19,48 10
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+29,38 34,9
+ 55,21 23,74
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+ 9,68 13,2
+ 52,72
9,832
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- 1,19
5,49
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3,1
+ 1,28 - 17,16
+18,62 19,71
- 37,81
11,59
- 1,45 - 14,58
+ 1,18 23,94
- 4,79 17,94
+ 0,11 - 8,47
- 8,85
5,92
- 4,27
4,28
+ 4,17 - 15,53
-22,4 167,2
+ 50,04 79,8
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+ 1,47 19,57
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9,02
+ 0,24 - 9,68
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- 10,54 34,8
- 0,54 - 12,39
- 0,7
82,286
- 2,78 63,5
- 0,31 - 7,14
- 0,61
3,61
- 8,19
3,14
+ 1,27 - 8,87
+ 1,67 545,5
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- 5,72
11,78
- 32,74
8,11
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- 4,15
12,49
+ 19,75 10,11
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+ 9,38 19,855
- 16,79 15,275
- 7,76
+12,39 125,5
87,8
- 0,55 - 16,94
-10,01 76,98
+ 15,08 53,78
+ 0,18 + 14,06
+ 6,72 117,6
+ 28,6
94,5
- 0,59 - 28
-11,23 19,5
- 25,23 13,14
+ 0,47 - 13,79
+ 3,16 1090
- 5,97 786
+ 0,83 - 21,9
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- 0,41 74,6
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+ 0,79 - 5,01
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+ 6,94
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- 23,08 436
1,14
1,125
+ 3,89 +107,78
+ 2,75
0,32
- 22,08
0,09
+ 1,64 - 3,18
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+ 15,46 137,3
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- 0,1
50,38
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+ 0,33 + 1,42
+ 1,76 28,28
- 6,26 22
- 0,47 - 65,37
-15,42
7,68
- 58,2
2,1
+ 0,6 + 1,81
+ 4,06
2,08
- 5,59
1,42
4,2
4,39
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1,48
2,03
1,75
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1,56
4,21
11,84
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Valeurs mnémo / info /
ouv
clot
ost
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+ haut
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
+ bas
Gl eVents (Glo) g
B 24,35
24
4306
24,5
fr0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
23,8
GrouPe crit (cen) g
B 71,8
72,6
1536
72,9
fr0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
71,6
GrouPe Flo (flo) g
c 0,26
0,262
eX D s 13/06/17
15560
0,262
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,26
GrouPe GorGé (Goe) g
B 15
15
2330
15
fr0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
14,9
GrouPe lDlc (lDl) g
c 17,24
17,26
nom.
685
17,26
fr0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
17,2
GrouPe PartoucHe (parp)
26
26,2
reGr.
2661
26,2
11/09/17 0,31 9.627.034
26
fr0012612646
Gtt (Gtt) !g
a 57,8
58,95
71756
59,05
fr0011726835
29/05/18 1,33 37.028.800
57,8
Haulotte GrouP (piG)
B 13,12
12,98
7311
13,12
fr0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
12,86
HiGH co (hco) g
c 5,03
4,925
5211
5,03
fr0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
4,91
HuBWoo (hbW) g
c 0,17
0,17
1000
0,17
fr0004052561
136.345.527
0,17
icaDe (icaD) !
a 81,75
82,95
58581
83,1
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.531.428
81,75
iD loGistic (iDl) g
B 140
139,8
1181
140
fr0010929125
5.628.475
139,6
iliaD (ilD) !
a 128,95
130,05
165115
131,9
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
128,15
imerYs (nK) !
a 64,65
63,7
138944
64,9
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
63,65
inGenico GrouP (inG) LR
a 69,8
69,62
322858
70,2
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
69,5
innate PHarma (iph) g
B 4,71
4,726
47364
4,75
fr0010331421
57.600.100
4,698
insiDe secure (insD)
c 2,89
2,89
79751
2,9
fr0010291245
44.119.162
2,85
inter ParFums (itp) g
B 38,25
38,4
12007
38,75
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
38,25
iPsen (ipn) !
a 144
143,65
83070
145,65
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
143,1
iPsos (ips) !
a 28,94
28,9
44705
29,1
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
28,86
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 24,8
24,6
5599
24,85
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
24,5
JcDecauX (Dec) !
a 26,8
26,82
83628
26,92
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.685.201
26,68
KauFman & BroaD (Kof)
B 44
43,5
16606
44
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
43,42
KlePierre (li) LR
a 32,31
32,6
482985
32,64
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
32,18
Korian (Kori)
a 29,54
29,36
107703
29,54
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
29,16
laFarGeHolcim (lhn) L
a 42,8
43,26
100609
43,48
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
42,67
laGarDère (mmb) !
a 24,88
24,93
371826
24,97
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
24,72
latecoere (lat) g
c 4,03
4,1
90506
4,12
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
4
le Bélier (beli) g
c 50
51
7912
51
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
48,5
lna santé (lna) g
B 54,5
55,2
5012
55,2
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
54,4
lectra (lss)
22,45
B 22,8
21055
23,1
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
22,3
lineData sVices (lin) g
B 35,2
35,45
288
35,5
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
35,2
lisi (fii) g
a 29,8
30,2
7078
30,4
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
29,8
lumiBirD (lbirD) g
c 14,3
14,32
4707
14,32
fr0000038242
15.884.557
14,02
m6-métroPole tV (mmt) !
a 18
17,77
117528
18,01
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,76
maisons Du monDe (mDm)
B 25,98
26,8
168793
26,94
18/06/18 0,44 45.241.894
fr0013153541
25,96
maisons France conF. (mfc) g B 41,7
41,7
1110
41,9
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
41,3
manitou (mtu) g
B 32,7
33,3
16247
33,3
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.617.974
32,7
marie BrizarD W & s (mbWs)
B 7,1
6,91
21761
7,1
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
6,91
mauna Kea (mKea)
c 2,8
2,815
19106
2,815
fr0010609263
23.147.338
2,765
mercialYs (merY) g
a 15,08
15,19
50274
15,22
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
15,05
mersen (mrn) g
B 34,8
34,85
44837
35,25
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
34,7
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 1,986
1,992
21096
2,02
fr0004177046
23.261.500
1,976
nanoBiotiX (nano) g
B 15,53
15,5
65838
15,66
fr0011341205
19.633.373
15,31
natiXis (Kn) LR
a 6,09
6,122
6162088
6,206
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
6,086
natureX (nrX) g
B 134,8
134,8
668
135,2
fr0000054694
03/07/14 0,1 9.568.951
134,8
netGem (ntG) g
c 1,95
1,95
62476
2,05
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,83
neXans (neX) !
a 28,26
28,3
184122
29,14
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
28,24
neXitY (nXi) !
a 52,4
52,25
95982
52,75
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
52,1
nicoX (coX)
B 7,9
8,1
46987
8,1
fr0013018124
22.869.669
7,9
nrJ GrouP (nrG) g
B9
9
8162
9
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,86
oeneo (sbt) g
B 10,38
10,22
12744
10,42
fr0000052680
31/07/18 0,15 63.180.843
10,22
onXeo (onXeo) g
B 1,207
1,221
63758
1,237
fr0010095596
50.695.653
1,2
orPéa (orp) !
a 119,05
118,15
86397
119,05
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
117,35
Parrot (parro) g
B 4,27
4,48
180686
4,525
fr0004038263
30.174.671
4,21
PHarmaGest int. (pha)
59,5
59,1
1204
59,5
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
58,5
Pierre & Vacances (vac) g
B 26,35
26,5
5253
26,5
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
26,2
PiXium Vision (piX) g
c 1,632
1,642
23764
1,646
fr0011950641
20.813.963
1,626
Plastic omnium (pom) !
a 34,6
35
222591
35,19
fr0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
34,54
PlastiValoire (pvl)
B 14,68
14,38
DiV 8 02/05/17
16697
14,68
fr0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
14,3
PsB inDust. (psb)
c 49,9
49,7
238
49,9
fr0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
49,7
rallYe (ral)
a 10,09
10,25
83818
10,35
fr0000060618
30/05/18 1 54.999.135
10,05
recYleX sa (rX)
c 8,15
8,215
18822
8,225
fr0000120388
04/07/90 0,61 25.741.482
8,1
rémY cointreau (rco) !
a 119,6
120
41134
120,3
fr0000130395
31/07/18 1,65 50.223.800
118,6
reXel (rXl) !
a 13,35
13,325
820847
13,455
fr0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
13,24
roBertet sa (cbe)
B
/020818
c.i.P.
fr0000045601
28/06/18 5,2 143.582
roBertet sa (cbr)
B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 30,35
30,45
16387
30,75
fr0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
30,35
ruBis (rui)
a 50,3
50
DiV 2 28/07/17
131462
50,3
fr0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
49,78
sartorius steD. Bio. (Dim)
a 103
103,1
DiV 6 10/05/16
52523
103,5
fr0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
102,1
saVencia (bh)
B 76
76,2
1337
78
fr0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
75,8
% Veil
% mois
% 52 s.
- 1,24
+ 5,26
- 4,5
+ 1,11
- 3,33
- 13,55
+ 0,77
- 4,73
+ 4,8
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 2,04
27,9
22
2,71
- 0,25
95
67,5
6,06
+ 0,77
0,34
0,23
- 4,28
+ 6,08 19,04
- 27,5
13,24
+ 0,12 - 13,66
- 7,4
22,2
- 32,58 15,36
+ 0,77 - 22,46
+ 0,38 36,5
1,18
- 19,38 23,7
+ 1,64 + 17,66
+14,35 60,15
+ 44,45 47,06
2,26
- 0,31 - 19,53
- 8,33 19,68
- 13,47 12,44
1,7
- 2,09 + 0,51
+ 2,5
5,43
- 15,38
4,3
2,84
+ 6,25
- 8,11
0,204
+ 6,25
0,155
+ 1,47 + 1,24
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- 0,15 - 34,89
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- 38,8 127,15
0,52
- 1,47 - 18,89
- 6,39 87,8
- 13,16 63,65
3,26
- 0,26 - 21,78
- 9,47 94,34
- 20,07 62,52
2,16
+ 0,51 - 0,51
+ 0,77
6,995
- 54,73
4,41
+ 1,05 - 1,7
+ 8,24
3,12
+ 12,45
2,215
+ 0,39 + 22,26
+ 6,82 38,95
+ 28,16 30,727
1,75
+ 0,07 + 44,27
+ 9,45 145,65
+ 31,73 99
0,7
+ 0,28 - 5,86
+ 0,91 34,5
- 2,91 25,96
3,01
- 0,41 - 10,55
-11,03 32,9
+ 4,19 24,5
2,85
- 0,15 - 20,19
- 4,69 36,9
- 9,38 25,58
2,09
- 0,59 + 9,77
+ 5,58 47,26
+ 19,51 38,9
4,25
+ 1,21 - 11,09
+ 0,8
38,58
- 5,38 31,33
- 0,29
+ 0,55 30,58
+ 2,51 22,84
2,04
+ 1,08 - 8,04
4
+ 5,59 51,1
- 14,56 40,08
+ 0,69 - 6,73
+10,11
27,17
- 9,08 21,99
5,22
+ 2,63 - 28,2
- 9,99
6
- 5,09
3,97
+ 2
+ 1,98
-10,99 66,3
+ 15,86 48,5
2,31
+ 1,28 - 6,28
+ 3,18 60
+ 1,43 50,5
0,43
- 2,39 - 10,74
+18,16 26,3
- 8,37
17,82
1,69
+ 0,85 - 9,82
+ 1,72 39,45
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3,81
+ 1,17 - 24,69
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1,59
+ 0,14 +103,12
+ 2,87 14,66
+121,33
6,8
- 1,39 - 17,48
+ 4,1
24,34
- 12,31
16,71
5,35
+ 2,92 - 29,01
-12,76 38,58
- 16,63 25,26
1,64
- 0,95 - 30,42
-2
63,9
- 32,27 40,1
4,08
+ 1,84 + 9,18
+ 3,58 37,95
+ 11,3
29,5
1,86
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-17,34 13
- 55,33
5,84
+ 0,54 - 40,61
+ 8,9
5,41
+ 37,99
2,48
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- 9,45
2,52
- 14,87
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+ 0,32 + 4,52
+14,31
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22 // FINANCE & MARCHES
Lundi 6 août 2018 Les Echos
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+ht +bs
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adl partnerg
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advini
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afone
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9
alpha mos
c
altamirg
b 16,6
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altareit
b600 600
600
amoebag
c 4,9
5
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antalis
b 1,45
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argang
b 46,6 46,9
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artea
c
artois
a
ateme
c 14,4
14,46 14,04
au femining
b 35,69 36
35,21
augros cp
c 7,2
7,2
7,2
aures tech.
c 42,5 42,5
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awoxg
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1,88
baccarat
b
bains monaco
b 54
54
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balyo
c 3,84 3,89
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barbara bui
c 7,45
7,45
7,4
bastide
c 46,5 46,5
44,8
c
bleecker
blue solutionsg
16,2
16,2
16,2
bourbon!g
a 4,3
4,325 4,3
bourse direct
c 1,55
1,55
1,55
business et dec.g
c 7,9
7,9
7,68
cafom
c 8,9
9,15
8,9
capelli
47,5
47,5
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carp.de partic.
c
castg
c 3,79
3,8
3,72
catering inter.g
b 16,2
16,35
16,2
cbo territoriag
c 3,78
3,79
3,74
cca intern.
c
cegedimg
b 32
32,9
32
cegerealg
b 38,2 38,2
38,2
cellnovog
c 2,835 2,875 2,81
cerenisg
b 2,005 2,03
2
cfi
c
chausseria sa
c
cibox inter.g
c 0,206 0,206 0,201
clayeuxg
c
cnimg
b 107,5 108,5
107,5
cogelec
c 12,06 12,12
11,85
coherisg
c 2,3
2,3
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constellium
courtois
c145
145
145
cr alpes prov.
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cr brie picard.
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cr ille vilaine
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cr nord france
b 20,8
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c 128,4 129
128
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b 92,51 92,7
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197,3
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cr tour. poitou
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crosswood
c
cs-com. et syst.g
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6,34
daletg
c 14,2
14,2
14,2
dane-elec memoryg c
deinove
2,6
2,65
2,5
delta plus group b 51,5
51,5
51
digigram
c
dms
c 1,12
1,14
1,115
docks pétroles a c
dom securityg
c 66
66
64
ecag
c 16,5
16,5
15,75
egideg
c 2,18
2,23
2,17
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114,5
electro powerg
c 11,2
11,35
11
encres dubuitg
c 5,52
5,64
5,5
essog
b 45,55 45,85 45,05
eurasia fonc inv
c
euromedis groupeg c 6,85 6,9
6,85
europacorpg
c 1,62
1,675
1,62
exacompta clairef. c120
120
120
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expl. prod. chim.
c
f.i.e.b.m.
c
f.i.e.b.m.
c
f.i.p.p.
c
fauvet-girel g
c
fermentalgg
3,18
3,18
3,14
fermière cannes
b
fiducial office
c 28
28
28
fiducial re
b 195
195
195
fin. moncey
a
finatis
b 48,2 48,2
48,2
fleury michon
b 51
51
50,4
foncière 7 inv.
c
foncière atland
c 114
114
114
foncière euris
b 32
32
32
foncière inea
b 40
40
39,7
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foncière r-paris
c
foncière volta
c
française energie c 16,75 16,85
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frey
b 28,6
28,6
28,6
fsdv
c
galimmo
c 24,4 24,4
24,4
gaumont
b 144,5 144,5
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gea
c 97,2
97,2
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0,81
0,81
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gérard perrier
c 58,8 59
58,8
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graines voltZ
c 41
41
41
groupe ird
c 24,4 25
24,4
groupe jaj
c
groupe openg
c 28,35 29,3
28,3
groupe piZZorno
c 19,7
19,7
19,65
groupe sfpig
c 3,2
3,24
3,2
guerbetg
b 57,4 58,6
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c 5,26 5,38
5,26
guy degrenne
c 0,199 0,199 0,199
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c 7,04 7,1
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c 15,1
15,1
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7,7
7,7
idi
b 45
45
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c140
140
140
immo. dassault
b 54,6 54,8
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immo. hôtelière
c
ind. fin. ent.
c
infotelg
c 51,6
51,7
50,7
innelec mult.g
c 5,88 5,9
5,88
installux sa
c362
362
360
intexa
c
inventiva
b 7,9
7,96
7,9
it linkg
c 8,52
8,52
8,4
itesoftg
c 3,76
3,76
3,76
its groupg
c 7,28
7,44
7,28
jacques bogart
c 6,98
7,12
6,96
keyrusg
c 5,74
5,8
5,54
la foncièreverte c
lacroix sa
c 26
26
25,5
lafuma
c
lanson-bcc
b 32,6
32,8
32,6
laurent-perrier
b 113
113
111
le tanneurg
c 2,1
2,1
2,1
lebon
c146
146
144
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2,68
les nx constr.
b 44,9 45
44,2
lexibookg
c 0,934 0,966 0,928
locindus
b
malteries fr-b
c
manutan inter.g
b 79,4 79,4
77,8
maurel & prom!
a 6,2
6,25
6,13
mcphy energyg
5,8
6,02
5,8
clôt
10,2
10,48
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3,4
-
écart vol
0,49
9665
1,5
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0,28
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+ 7,14
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+ 1,12
47
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541
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32
- 1,54
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21
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3300
3363
actions
françaises
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isin
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ouv
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2
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4,95
0,8563
1
03-08-2018
marchés monétaires
1 mois
3 mois
jour
6 mois
1 an
Zone euro-0,35/-0,65-0,26/-0,56 -0,19/-0,49 -0,17/-0,47 -0,10/-0,40
ecarts de taux avec l’allemagne
03-08-2018
6 mois
allemagne 100,19
portugal
-0,19
france
0,00
espagne
0,02
italie
-0,24
2 ans
5 ans
7 ans
10 ans
-0,58
0,49
0,07
0,26
1,64
-0,17
0,79
0,12
0,43
2,12
0,09
1,20
0,19
0,74
2,46
0,39
1,41
0,33
1,00
2,64
euromts
indice
var %
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
252,20
170,57
234,08
283,21
333,30
343,04
232,72
0.24
0.28
0.06
0.06
0.49
0.63
0.11
31/12 var %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
1.09
0.53
-0.96
-0.77
1.20
2.52
-0.76
cours a TErME de l’euro contre les principales devises
usd
gbp
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1601
1,1604
0,8907
0,8909
1,1511
1,1512
10,3209
10,3309
7,4523
7,4548
128,8800
128,9200
1,5055
1,5057
-0,0016
-0,0015
-0,0005
-0,0008
0,0006
0,0003
0,0093
0,0145
0,0008
0,0023
-0,0351
-0,0485
-0,0020
-0,0019
-0,0071
-0,0070
-0,0002
-0,0027
0,0013
0,0010
0,0099
0,0150
0,0032
0,0033
-0,0816
-0,0987
-0,0076
-0,0076
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-0,0162
-0,0052
-0,0055
0,0025
0,0022
0,0112
0,0143
0,0063
0,0053
-0,0964 -0,0171
-0,1214 -0,0172
-0,0352
-0,0352
-0,0114
-0,0118
0,0048
0,0045
0,0040
0,0069
0,0116
0,0086
-0,1719
-0,2099
03-08-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
chf
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base inDispOnible %
usa
taux jour le jour
1.85 %
fOnDs feDeraux
2.00 %
2 ans
2.65 %
10 ans
3.01 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.30 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.08 %
-0,0378
-0,0382
Taux bons du trésor
btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,53
-0,54
-0,53
-0,58
-0,55
-0,37
0,12
0,79
indicEs de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juin 16
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
tmm
euribor
1 mois
3 mois
-0,3326
-0,3279
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
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-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,356
-0,369
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-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,268
-0,294
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
tme
0,45
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
source cdc ixis
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
0,65
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
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0
0
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0
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29-06
02-07
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10-07
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18-07
19-07
20-07
23-07
24-07
25-07
26-07
27-07
30-07
31-07
01-08
02-08
03-08
0,65
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
-0,368
-0,358
-0,358
-0,361
-0,364
-0,363
-0,362
-0,362
-0,362
-0,361
-0,362
-0,362
-0,362
-0,362
-0,364
-0,365
-0,366
-0,367
-0,367
-0,366
-0,366
-0,365
-0,366
-0,366
-0,363
-0,358
-0,358
-0,371
-0,37
-0,369
-0,372
-0,372
-0,372
-0,371
-0,371
-0,371
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,324
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,32
-0,32
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
the
0,65 0,70
0,63 0,70
0,63 0,70
0,60 0,70
0,64 0,70
0,61 0,69
0,61 0,69
0,62 0,69
0,62 0,69
0,60 0,69
0,61 0,69
0,58 0,66
0,60 0,66
0,61 0,66
0,59 0,66
0,60 0,66
0,59 0,65
0,67 0,65
0,68 0,65
0,65 0,65
0,68 0,65
0,67 0,73
0,70 0,73
0,70 0,73
0,74 0,73
0,75 0,73
0,73 0,80
thor.
pub.
priv.
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,89
0,89
0,89
0,89
0,89
0,89
0,86
0,86
0,86
0,86
0,86
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
1,00
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,89
0,89
0,89
0,89
0,89
0,89
0,86
0,86
0,86
0,86
0,86
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
1,00
MaTièrEs prEMièrEs
MéTaux préciEux
MéTaux non FErrEux
MéTaux sTraTégiQuEs
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
03/08
02/08
COURS PriMe Prec.
lingot
33500
0
33520
10 florins
200
-1,32
200
5 dollars*
290
15,12
290
10 dollars
570
13,13
570
20 dollars
1130
12,1
1100
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1262
0,46
1255
latine
197
1,28
199
napoleon
199,7
2,67
199,9
1/2 napoleon* 113,7
16,91
113,7
souverain eli i* 255,2
4,07
258
souverain
250
1,95
256,5
1/2 souverain* 130,8
6,68
130,8
suisse
198
1,8
196,2
tunisienne*
198
1,8
198
mark*
250
4,23
256
krugerrand
1060
1,73
1081
lingotin 500grs 17350
3,58
17350
lingotin 250grs 8700
3,88
8700
lingotin 100grs 3470
3,58
3470
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
511,58
512,74
cuivre (girm):
LondrEs
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
25 443
25 472
Fix2
25 532
25 472
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
22 887
22 596
Fix2
23 090
22 761
London BuLLion MarKET
03/08
02/08
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 541
1 533
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 216
1 215
palladium (eN dollars Par oNce troy)
920
921
platine (eN dollars Par oNce troy)
832
823
2,32
7,96
8,4
3,76
7,34
7,12
5,74
eur
Marché obligataire
Taux marchés monétaires et eurodevises
cours dE changEs croisés
03-08-2018
settleMeNt
03/08
sePt. 18
15,46
déc. 18
15,56
JaNv. 19
15,6
Mars 19
15,67
Mai 19
15,74
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
02/08
15,32
15,42
15,45
15,52
15,67
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
03/08
836,9
840,6
846,2
852,3
857,6
02/08
1205,8
1215,9
1228,9
1234,8
1253,5
settleMeNt
02/08
824,5
828
834,6
841,5
0
629,64 dePuis le 03/08
base cuivre
base laMiNé laitoN 1 titre 531,6 dePuis le 03/08
base laMiNé laitoN 70/30 540,52 dePuis le 03/08
base laMiNé laitoN 85/15
585,08 dePuis le 03/08
base laMiNé broNze 94/6
719,77 dePuis le 03/08
base laMiNé broNze 94/4
689,72 dePuis le 03/08
London METaL ExchangE
03/08
02/08
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1690-1700
1725-1750
12520
1970-1675
1725-1750
12520
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2022-2023
2046-2047
1192075
2035-2036
2057-2057,5
1195150
cuivre (en $ par tonne)
cash
3 Mois
stocks
6062,5-6063
6090-6091
251450
cash
3 Mois
vol.
19770-19780
19675-19680
2945
antimoine 99,65% (par tonne)
8000
8000
bismuth 99,99% (par lb)
4,9
4,9
cadmium 99,95% (par lb)
1,35
1,35
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
36,25
36,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
27,2
27,2
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
19,05
19,05
silicium (par tonne)
2210
2210
6136,5-6137
6160-6162
251950
19970-19975
19850-19875
2970
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
03/08
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
13220-13225
13325-13330
254070
13775-13780
13850-13870
254262
plomb (en $ par tonne)
2115-2115,5
2125-2127
127025
2142-2143
2153-2155
126950
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2616-2617
2567-2567,5
236150
2627-2628
2566,5-2567
238125
nEW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
aout 18
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
03/08
2,75
2,77
2,78
2,79
02/08
2,72
2,74
2,74
2,75
vol
170
202
189
13301
KuaLa LuMpur
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
03/08
19600
02/08
19970
02/08
éLEcTriciTé
etain (en $ par tonne)
settleMeNt
03/08
aout 18
1214,2
déc. 18
1223,2
avr. 19
1234,6
JuiN 19
1240,6
déc. 19
1259,7
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
autres demi produits cuivreux :
cash
3 Mois
vol.
nEW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
settleMeNt
cathodes : 5499 a coMPter du 03/08/
03/08
vol
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
clôture
02/08
40,69
46,28
clôture
clôture
03/08
62,63
63,91
70,6
71,5
02/08
61,95
63,09
70
71,02
vol
364004
192492
vol
produiTs péTroLiErs
sucrE
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
619
london daily price:
450,5
425,5
448,5
423,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
84,35
83,76
498,5
466,5
85,25
83,94
498,5
466,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
sePt. 18
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
clôture
03/08
68,49
65,16
64,86
64,54
64,21
02/08
68,95
65,28
64,95
64,65
64,3
vol
02/08
25,95
26,35
26,45
clôture
03/08
2,85
2,86
2,89
02/08
2,82
2,83
2,86
vol
vol
13582
clôture
03/08
sePt 2018 22,68
oct 2018 22,8
Nov 2018 22,9
03/08
10,85
11,66
11,83
12,07
12,38
02/08
10,61
11,42
11,61
11,84
12,14
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
clôture
03/08
02/08
sePt. 18
1525
1535
déc. 18
1587
1596
Mars 19 1606
1613
Mai 19
1612
1621
Juil. 19
1621
1629
new york (eN $ Par toNNe)
vol
7819
10300
6136
2594
1212
02/08
89,09
88,82
88,75
03/08
2046
2114
2149
2163
2183
02/08
2081
2146
2174
2188
2206
vol
23738
24349
10713
2225
641
clôture
vol
03/08
02/08
sePt. 18
1662
1646
9763
Nov. 18
1642
1634
7549
JaNv. 19 1638
1633
2617
Mars 19 1646
1644
713
Mai 19
1659
1657
82
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
48
19224
3479
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
sePt. 19
03/08
107,75
111,1
114,6
121,75
02/08
106,95
110,3
113,85
121,1
vol
26838
16597
3875
501
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
02/08
425,4
400,4
388,1
vol
settleMeNt settleMeNt
Jou r
03/08
02/08
112,45
115,7
vol
18
509
244
settleMeNt settleMeNt
vol
03/08
02/08
sePt. 18
369,75
367,25
62157
déc. 18
384,25
381,75
118963
Mars 19 395,5
392,5
28847
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
03/08
02/08
sePt. 18
11,5
11,66
Nov. 18
11,44
11,48
JaNv. 19 11,63
12,09
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
352
70
settleMeNt settleMeNt
vol
226
611
17
settleMeNt settleMeNt
vol
03/08
191,35
193,4
196,15
256
02/08
192,25
0
0
veau vivaNt - bresil - brl :
145.35
le 02/08//18
betail vivaNt - cMe - usd : 1.10675
le 02/08//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.5285
le 02/08//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.585
le 02/08//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
le 02/03//17
indicEs
03/08
rJ crb
jus d’orangE
03/08
430,5
410,4
403,9
376
54
9
BETaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
Bois
sePt. 18
Nov. 18
JaNv. 19
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
vol
03/08
02/08
aout 18 200
195
Nov. 18
194,75
196,25
JaNv. 19 197
198,5
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
new york (cont. n°2 - cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
settleMeNt settleMeNt
caFé
coTon
03/08
88,67
88,12
88,08
clôture
vol
03/08
02/08
sePt. 18
556,25
560,5
déc. 18
579,75
582,75
Mars 19 599,25
600
mais à paris (eN euros Par toNNe)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 104.8
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
iNdice cotlook a : 98,25, le 03/08//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
51301
19158
13249
6129
1912
settleMeNt settleMeNt
03/08
02/08
sePt. 18
211
212,5
15704
déc. 18
211,75
213,75
35426
Mars 19 212,75
215
9190
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
vol
02/08
22,71
22,79
22,96
settleMeNt settleMeNt
2
5
vol
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
03/08
02/08
sePt. 18
249,75
243
déc. 18
257
250,5
Mars 19 260,25
253
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
02/08
22,07
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
settleMeNt settleMeNt
clôture
powernext gas futures
vol
clôture
nymex ( eN $ Par Mbtu)
sePt. 18
oct. 18
Nov. 18
vol
3016
1320
1112
351
166
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 01/08/
Prix indicatif : 2105,06
londres (eN £ Par toNNe)
gaz naTurEL
clôture
03/08
02/08
Nov. 18
651,75
648
15893
Fév. 19
649
645,5
3162
Mars 19 648
644,75
2219
avr. 19
646,75
643,5
1890
Mai 19
646,5
643,25
430
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
03/08
25,95
26,35
26,45
clôture
cacao
settleMeNt settleMeNt
aout 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
03/08
02/08
oct. 18
324
318,6
déc. 18
323,1
317,5
Mars 19 326,8
321,8
Mai 19
331,1
325,7
aout 19 335,9
330,5
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uranium nymex (en $ par lb)
03/08
Nord da 22,05
03/08
02/08
Jour
73,21
73,45
Nov. 18
73,53
73,68
78579
JaNv. 19 73,62
73,69
24529
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
clôture
02/08
17,58
uraniuM
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
clôture
03/08
17,58
powernext gas spot
produiTs péTroLiErs
clôture
londres (eN dollars Par toNNe)
617,5
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
sPot
céréaLEs
10,99 cts/lb
vol
112.45
198,39
02/08
197,78
reuters coM. 2336,05
2322,18
Moodys coM. 5906,74
5960,09
or iNdustriel 33790
33960
lMex
2983,3
2963,3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHÉS // 23
Les Echos Lundi 6 août 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
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code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
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val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
327,98 03/08
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
559,1
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
547,99 02/08
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
255,27 03/08
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
364,98 03/08
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
101,84 02/08
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
114,85 02/08
LU0168449691 Pictet-greater china
578,76 03/08
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
180,01 02/08
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
107,67 02/08
LU0188501257 Pictet-health
278,66 03/08
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
464,71 02/08
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
100,54 02/08
LU0070964530 Pictet-indian eq.
545,85 03/08
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
132,52 02/08
LU0851564897 euroPean equity (eur)
169,22 02/08
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
122,33 31/07
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
99,29 02/08
LU0851564541 World equity (eur)
157,44 02/08
03/08
synchrony (lu)
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15613,98 03/08
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
160,55 03/08
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
153,51 31/07
140,89 03/08
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
312,77 02/08
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262,5 03/08
LU1279334210 Pictet-roBotics
LU0090689299 Pictet-Biotech
755,05 03/08
LU0338483075 Pictet-russian equities
59,34 03/08
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146,54 02/08
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90,59 03/08
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142,34 02/08
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311,86 03/08
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
1235,37 03/08
LU0935723782 ram (l) tf ii asia Bd tot ret
138,58 02/08
LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
159,71 03/08
LU0104884860 Pictet-Water
298,73 03/08
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
ENTREPRISES
OODRIVE
CNR
est nommé chief operating
officer d’Oodrive.
Elisabeth Ayrault
a été reconduite pour un mandat
de 5 ans à la présidence
du directoire de la Compagnie
nationale du Rhône (CNR).
Elisabeth Ayrault, 63 ans, architecte DPLG de formation, est
diplômée de l’IAE et titulaire d’un
DEA de géographie urbaine et
d’un DSPU de l’Institut agronomique méditerranéen. Elle a débuté
sa carrière en créant en 1980 une
agence d’architecture et d’urbanisme à Perpignan. Elle a rejoint
Dumez Immobilier Promotion en
1991 et a travaillé pendant dix ans
pour Elyo, société spécialisée en
efficacité énergétique. De 2009 à
2013, elle a occupé les fonctions
de directrice générale déléguée
de SITA France (filiale de Suez
Environnement). Chevalier de la
Légion d’honneur, elle est présidente du directoire de CNR
depuis 2013.
Stéphane Ankaoua
Stéphane Ankaoua, 48 ans, est
titulaire d’un diplôme de l’école
de commerce ISG et d’un executive master en finance et marché
de capitaux obtenu à l’IEP. Il
débute sa carrière en 1995 au sein
du groupe Findexa jusqu’à en
devenir directeur régional PACA
en 1999. Il est ensuite directeur du
dé velopp em ent et directeur
général avant de prendre, en
2004, les fonctions de directeur
business unit transnet chez
Hypred. Depuis 2010, il a occupé
des postes de direction régional,
commercial et marketing chez
GLS France.
SOITEC
Eric Meurice
rejoint Soitec en tant
qu’administrateur référent
et président du comité
de la stratégie.
Eric Meurice, 62 ans, est diplômé
de l’Ecole centrale de Paris, titulaire d’une maîtrise d’économie
de l’université Panthéon-Sorbonne de Paris, et d’un MBA de
l’université de Stanford (Californie). Il a d’abord acquis une expérience significative dans les
domaines industriel et technologique au sein d’ITT Semiconductors, Intel Corporation et
Renault SA, puis, de 1995 à 2001,
a dirigé pour Dell Computer les
r é g i o n s E u r o p e d e l ’O u e s t ,
Europe de l’Est, ainsi que les
marchés émergents de la région
Emea.
De 2001 à 2004, il a été le viceprésident exécutif de la division
Thomson-RCA Television, réalisant la fusion de cette dernière
avec le groupe TCL Corporation.
Il était président-directeur général d’ASML Holding N.V., un
fabricant d’équipements pour
l’industrie des semi-conducteurs, d’octobre 2004 à juin 2013,
e t s o n p r é s i d e n t j u s q u ’e n
mars 2014.
AMPLEGEST
Jean-François Dulcire
accède au poste de gérant privé.
Jean-François Dulcire, 55 ans,
diplômé de l’IEP de Paris et de la
Sfaf, a commencé sa carrière au
sein de la banque privée Neuflize
(groupe ABN Amro). En 1994, il est
entré chez B*Capital pour y être
directeur adjoint et gérant privé.
Depuis 2006, il officiait chez Tocqueville Finance où il assumait la
fonction de co-directeur de la gestion privée après avoir été directeur adjoint et gérant privé.
ASQUALANGE
Thomas Couder
est nommé directeur général
du groupe. Il sera en charge
de l’animation du groupe
et de ses filiales Asqua BTP
et Abas Conseil.
T h o m a s C o u d e r, 4 1 a n s , e s t
diplômé de l’Ecole des Ponts
Pa r i s Te c h ( i n g é n i e u r c i v i l ) .
Débutant chez Bouygues Tra-
CHAQUE MOIS,
CONNAISSANCE DES ARTS
FAIT DE VOUS
UN EXPERT
EN KIOSQUE DÈS AUJOURD’HUI
vaux Publics, il est nommé responsable d’opérations en maît r i s e d ’o u v r a g e d e p a r c s d e
stationnement chez Q-Park
France. En 2009, il est devenu
chargé d’opérations à l’Etablissement public d’aménagement de
la Défense Seine Arche (Epadesa)
avant d’être directeur adjoint études et travaux. Depuis octobre
dernier, il dirigeait les filiales du
nouveau groupe Asqualange.
SPB
Romuald Censier
devient directeur commercial et
marketing. Il intègre également
le comité exécutif.
R o m u a l d C e n s i e r, 4 6 a n s ,
diplômé de l’ISC Paris, a d’abord
c o c r é é u n e s t a r t- u p d a n s l e
domaine du transport. Consultant IT pour Accedo, il est ensuite
chargé de l’implantation de la
marque Dr. Web en France et en
Suisse. En 2007, il a rejoint le
groupe SPB en tant que directeur
grands comptes.
ILS SONT NÉS
UN 6 AOÛT
Luc Alphand, sportif, 53 ans.
Thierry Chassagne, président
de Warner Music France, 55 ans.
Olivier Courtin-Clarins,
directeur général du groupe
Clarins, 64 ans.
Lucie Décosse, judoka, 37 ans.
Thomas Ferenczi,
journaliste, 74 ans.
Philippe Gloaguen,
cofondateur du Guide
du routard, 67 ans.
Elisabeth Guigou, ancienne
garde des Sceaux, 72 ans.
Travis Kalanick,
ex-patron d’Uber, 42 ans.
Olivier Megaton, réalisateur,
peintre, scénariste, 53 ans.
M. Night Shyamalan,
réalisateur, scénariste, 48 ans.
Michelle Yeoh, actrice, 56 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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crible
Lundi 6 août 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
LA SÉANCE DU 3 AOÛT 2018
La Bourse de
Paris en petite
hausse après
le rapport
sur l’emploi
américain
Bourse de Paris a terminé
•enLahausse
vendredi (+0,33 %)
après la publication du rapport
sur l’emploi américain, dernier
rendez-vous majeur avant la
trêve estivale. L’indice CAC 40 a
clôturé la semaine à
5.478,98 points, dans un
volume d’échanges modéré de
2,9 milliards d’euros. Au cours
de la semaine, l’indice a cédé
0,59 %. Ses gains depuis le
début de l’année sont de 3,13 %.
Le rapport mensuel sur
l’emploi américain était globalement conforme aux attentes
des investisseurs. Le taux de
chômage a baissé en juillet à
3,9 %. Le nombre de créations
d’emplois était inférieur aux
prévisions, mais le ministère du
Travail a révisé en forte hausse
les données pour le mois de
juin. Enfin, le salaire horaire
moyen, particulièrement
regardé à un moment où la
Réserve fédérale américaine
veut éviter toute accélération de
l’inflation, a progressé de seulement 0,26 %. En zone euro, les
ventes au détail ont progressé
de 0,3 % en juin. Du côté des
valeurs, Crédit Agricole a pris
la tête de l’ indic e CAC 40
(+2,30 %) avec des résultats trimestriels record dopés par les
fortes performances de la banque de financement. Natixis
(+1,42 %) a de son côté bénéficié
de l’augmentation du résultat
net de sa maison mère BPCE au
deuxième trimestre. AXA a pris
0,64 % et Société Générale
0,59 %. A l’inverse, BNP Paribas a cédé 0,37 %
Le secteur des matières premières a terminé dans le vert, à
l’instar d’Eramet (+4,17 %),
ArcelorMittal (+1,78 %) ou
GTT (+1,64 %). Les valeurs technologiques ont progressé, dans
le sillage de l’envolée d’Apple la
veille à New York. STMicroelectronics a gagné 1,31 %, Ubisoft 1,78 % et Technicolor
2,73 %. Euronext a finalement
reculé de 2,20 %, après avoir
d’abord été soutenu par un
bénéfice net en progression de
5 % au deuxième trimestre.
Au vert
Crédit Agricole SA est en bonne voie
pour dépasser ses objectifs stratégiques.
Miroir de courtoisie
« Souvent un seul a plus de bon sens que tous. » Contrairement à Phèdre, les
banques françaises ont prouvé qu’elles n’étaient pas promises à une tragique fatalité. Mais il revenait à l’ancien promoteur du « bon sens », Crédit
Agricole SA, d’en faire la plus éclatante démonstration. Le record de bénéfice net trimestriel (1,4 milliard d’euros) depuis l’entrée en Bourse, il y a dixsept ans, et le meilleur semestre (2,2 milliards) depuis la crise financière
laissent penser aux analystes d’Oddo BHF que les objectifs de 2019, dont un
profit net de 4,2 milliards, seront largement dépassés. Le modèle particulier de la banque mutualiste, avec moins de banque de détail et plus d’assurance et de gestion d’actifs, n’est certes pas pour rien dans les résultats d’une
période moins porteuse sur les marchés. Tous ses métiers affichent sur
six mois une rentabilité des fonds propres supérieure à l’ambition
stratégique, à l’exception de LCL et de l’italien Cariparma. Autrefois
l’éléphant dans la pièce, l’activité de financement et d’investissement a
l’oreille des entreprises qui lui ont fait gagner des opérations « jumbo » : chaque euro de revenus lui rapporte, en résultat brut, 40 % de
plus que celle de BNP Paribas deux fois plus grosse. En rajoutant les
caisses régionales, les 3,5 milliards d’euros de bénéfice net semestriel de la
maison mère approchent les 3,96 milliards de la banque de la rue d’Antin
bien que ses revenus soient plus faibles d’un quart. De quoi passer l’été
boursier au vert.
Tesla a défait les spéculateurs à la baisse
sur son titre en Bourse.
« La politesse est d’abord un cadeau qu’on se fait à soi-même. » Qui eût cru
que la sage grâce du dalaï-lama finirait par toucher Elon Musk ? Le patron
de Tesla semblait récemment au moins autant occupé à éviter l’accident industriel qu’à jouer les trolls sur Internet. Mais deux paroles d’excuses à Wall
Street plus tard, et voilà 8 milliards de dollars de capitalisation boursière
supplémentaire (soit + 15,7 %) qui remettent l’inventeur du « tout-électrique » devant General Motors en Bourse. Si l’entrepreneur a renoué avec la
courtoisie, c’est parce qu’il est passé de l’autre côté du miroir, celui de la production de masse. Tesla affiche, depuis un mois, un rythme annualisé de
350.000 véhicules, et dégagera au second semestre les premiers profits de
ses quinze ans d’histoire. Ce point d’inflexion a fait perdre, selon le cabinet
S3 Partners, 1,7 milliard de dollars aux hedge funds qui spéculent sur la
chute du titre. La Model 3 reste pour l’instant assemblée sous une gigantesque tente. Mais peu importe. Les propriétaires de Toyota Prius et de BMW
Series 3 vendent leurs voitures pour s’acheter le haut de gamme de cet
« iPhone avec des roues » (dixit le « Washington Post ») à près de 50.000 dollars. On sait où en est aujourd’hui le fabricant de l’iPhone sans roues. La
peur peut changer de camp.
EN VUE
Qasem Soleimani
LES ENTREPRISES CITÉES
Air Austral 15
Airbus 15
Apple 11, 16, 24
ArcelorMittal 24
Ardian 12
ATR 11
Avia 13
AXA 24
Banque Populaire
Caisse d’Epargne
(BPCE) 18
BNP Paribas 18, 24
BPCE 24
Crédit Agricole SA 18
CRH Beer 14
Doric Aviation 15
Eiffage 13
Elior 13
Eramet 24
Euronext 20
Facebook 16
Google 16
GTT 24
Heineken 14
Hifly 15
Iran Air 11
Malakoff Médéric 15
Microsoft 16
Natixis 18, 24
Okko Hotels 15
OpenBazaar 16
Petrobras 14
ReAssure 19
Reddit 16
Renault 12
Rolls-Royce 15
Royal Bank of Scotland
18
Shell 13
Singapore Airlines 15
Société Générale 18, 24
Steemit 16
STMicroelectronics 24
Swiss Re 19
Technicolor 24
Total 13
Toyota 14
Twitter 16
Ubisoft 24
Vinci 13
AVIS FINANCIERS
Edmond de Rothschild
AM 19
ous sommes une nation de martyrs et on vous attend. » C’est par
cette bravade que le général iranien Qasem Soleimani a répondu
récemment aux menaces de Donald
Trump. Cet homme trapu au charisme
taiseux aime la guerre et vit avec depuis
son engagement en 1979, à vingt-deux
ans, dans les Gardiens de la révolution,
la garde prétorienne de la République
islamique. Il est le chef d’Al-Qods, sa
force d’intervention extérieure chargée
en théorie de reconquérir Jérusalem
mais surtout d’asseoir l’influence régionale de Téhéran. Au Liban, en Afghanistan, en Irak, ou plus récemment en
Syrie et au Yémen. De ce fait, ce fils de
paysan pauvre qui n’a pas dépassé
l’école primaire est au cœur du bras de
fer entre les Etats-Unis et Téhéran. Et un
des hommes les plus puissants du Proche-Orient. Partout où des Iraniens
tuent ou sont tués, celui que les chiites
de la région considèrent, selon un ana-
N
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lyste de la CIA, comme « un mélange de
James Bond, Rommel et Lady Gaga » est
impliqué. Souvent près de la ligne de
front. Faut-il écraser une insurrection,
sauver Bachar Al Assad, discuter avec
Poutine, monter des milices, déstabiliser clandestinement les monarchies
sunnites, entretenir le chaos, nouer
alliances et trahison ? Il est là, plus ou
moins clandestinement. Washington,
qui le juge responsable de la mort de
milliers de soldats américains en Irak, a
même dû se résoudre à s’associer avec
lui pour lutter contre Daech. Soleimani,
jouant de son mode de vie frugal, est de
loin la figure la plus populaire d’Iran et
ne répond qu’au Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Au point que
beaucoup le verraient bien supplanter
le président Rohani. Mais il dit qu’il préfère la guerre à la politique.
(
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