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Les Echos - 10 09 2018

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Maison d’Épargne et de Valeur
dnca-investments.com
Prise de parole :
comment s’y préparer
« Les Echos Executives » LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
// DOSSIER PP.35 À 37
L’ESSENTIEL
SANTÉ : LE GOUVERNEMENT
PRÊT À LÂCHER DU LEST
Avant la présentation, le 18 septembre, du plan santé, l’exécutif
est prêt à relâcher la contrainte
budgétaire sur les dépenses de
santé. // P. 4
POURQUOI LES THÉÂTRES
PRIVÉS SONT SI CONVOÎTÉS
Inauguration, réouverture, changement de propriétaire… Les
grandes manœuvres se poursuivent autour des salles parisiennes.
// ENQUÊTE P. 12
ENTREPRISES
& MARCHÉS
CO2 : BRUXELLES TRAVAILLE
SUR LES NOUVELLES NORMES
La Commission met la pression
sur les constructeurs automobiles,
prévoyant un nouvel abaissement
drastique des émissions de CO2 à
horizon 2030. // PP. 16-17
La France se prépare à mener
la guerre dans l’espace
l Le ministère des Armées planche sur la future stratégie spatiale de défense française.
l Les Russes ont tenté d’espionner un satellite militaire français, selon Florence Parly.
ace à la menace d’une « guerre des étoiles », la ministre des Armées, Florence Parly, veut augmenter les
moyens de surveillance des satellites militaires. Elle
a dévoilé vendredi à Toulouse les axes de la future stratégie
F
spatiale de défense française, qu’elle présentera en détail en
fin d’année au président de la République. Après avoir
révélé qu’un satellite russe avait tenté d’espionner un satellite militaire français, elle a réagi à l’annonce par la Maison-
Blanche d’une prochaine « Space Force » américaine. « J’y
vois un signal extrêmement puissant : le signal des confrontations à venir », dit-elle. Pour contrer les menaces, la ministre
souhaite « observer l’espace depuis l’espace ». // PAGE 19
Dix ans après la chute de Lehman :
ce qu’a changé la crise du siècle
AFP
L’EX-AREVA INAUGURE UN
SITE À PLUS D’UN MILLIARD
Recentré sur le cycle du combustible nucléaire, Orano inaugure
l’usine de conversion d’uranium,
Comurhex 2. Son coût a doublé par
rapport aux prévisions. // P. 18
Trump accentue
la pression
sur la Chine
COMMENT SLACK TISSE SA
TOILE DANS LES ENTREPRISES
COMMERCE Alors que la Maison-Blan-
L’outil de messagerie collaborative vient de lever 427 millions de
dollars. Il veut diversifier ses services. Rencontre avec son PDG,
Stewart Butterfield. // P. 22
LE PROJET DE MINE D’OR
EN GUYANE SERA REVU
La Montagne d’Or, qui serait la
plus grande mine jamais construite en France, est l’un des dossiers chauds sur la table de
François de Rugy. // P. 31
CARNET // P. 34
FINANCE Pendant une
semaine, « Les Echos »
reviennent sur la faillite
de la banque américaine
et ses conséquences
en chaîne.
Il y a dix ans, la chute de la banque américaine Lehman Brothers précipitait le
monde dans la crise financière. « Les
Echos » reviennent toute cette semaine sur
le déroulement et les conséquences de cet
événement hors normes, qui a coûté des
sommes faramineuses aux Etats et aux
contribuables. Même si le paysage bancaire a été profondément remodelé, les
Shutterstock
Jack Ma, le fondateur du géant
chinois, organise sa succession.
// P. 17 ET « CRIBLE » P. 38
Grant Thornton accompagne les
organisations dynamiques et libère
leur potentiel de croissance.
www.grantthornton.fr
L’homme d’affaires chinois a annoncé son départ
dans une interview au « New York Times ». Photo AFP
DISTRIBUTION Jack Ma veut s’offrir une nouvelle vie. Le fon110e ANNÉE
38PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
ET L’ÉDITORIAL DE JACQUES
HUBERT-RODIER PAGE 8
Le plan de
Bercy pour
faire maigrir
la fonction
publique
FONCTION PUBLIQUE Dans
Audit et Conseil en France et
dans le monde.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22777
// PAGES 28-29
ET « CRIBLE » PAGE 38
Le 15 septembre 2008, l’établissement a vécu la plus grosse faillite de l’histoire : 700 milliards de dollars. Photo Ben Stansall/AFP
Alibaba tourne la page de
son patron emblématique
Tesla Un Français
va seconder
Elon Musk
banques américaines à l’origine de la crise
dominent plus que jamais la finance mondiale, tandis que leurs concurrentes européennes sont convalescentes. En dépit du
tour de vis réglementaire et des mesures
de prévention des faillites bancaires, le risque d’une crise plane toujours.
che doit décider d’une nouvelle salve de
surtaxes contre Pékin qui s’appliqueraient à 200 milliards de dollars de
marchandises venues de Chine, Donald
Trump s’est dit prêt à sanctionner l’intégralité des importations chinoises.
Washington et Pékin ont multiplié les
tentatives de négociation, sans trouver
de compromis. Le président américain
a aussi mis la pression sur Apple pour
qu’il produise davantage aux EtatsUnis. La reprise des discussions commerciales avec l’Union européenne et
avec les partenaires nord-américains
(Mexique et Canada) inciterait Trump à
durcir le ton avec Pékin. // PAGE 6
dateur d’Alibaba, qui a fait de lui l’homme le plus riche de
Chine, doit dévoiler lundi, jour de ses 54 ans, un plan de succession ouvrant la voie à une nouvelle génération de dirigeants.
L’ex-prof d’anglais, qui a lancé le premier site d’e-commerce
chinois en 1999 dans son appartement avec 60.000 dollars
empruntés à des amis, prépare une transition en douceur. Il
continuera à conseiller le groupe et restera membre du conseil
d’administration. // PAGE 15
une interview aux « Echos »,
Olivier Dussopt, secrétaire
d’Etat chargé de la Fonction
publique, maintient l’objectif
de 50.000 suppressions de postes au sein de l’Etat d’ici à la fin
du quinquennat. Et ce malgré
les objectifs timides affichés
pour 2019. « La mise en œuvre
des réformes étant progressive,
plus nous allons avancer, et plus
les marges de réduction des
effectifs se dégageront », déclare-t-il. Il maintient son objectif
de présenter, « dans les premiers mois de 2019 », un projet
de loi sur la réforme de la fonction publique.
Sur l’égalité femmes-hommes, pour laquelle les négociations s’ouvrent aujourd’hui avec
les syndicats, Olivier Dussopt
plaide pour une nouvelle étape.
Mieux appliquer les mesures
issues de l’accord de 2013, et en
présenter de nouvelles dans le
prochain projet de loi.
// PAGE 3 ET L’ÉDITORIAL
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02 //
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
FRANCE
Alain Juppé,
le sage invariable
Si tout paraît plus compliqué pour Emmanuel
Macron, Alain Juppé, le mètre étalon de la droite
modérée, reste conciliant.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
our établir une météo
politique, il existe,
outre les élections,
toute une série d’instruments
de mesure. Les sondages, bien
sûr, les manifestations de rue,
l’écho rencontré par vos
adversaires politiques et… la
voix d’Alain Juppé. Le sage de
la droite était plutôt ouvert à
Emmanuel Macron, en début
de mandat. Quinze mois plus
tard, la rentrée du président est
agitée, l’opinion s’impatiente,
mais lui n’a pas bougé.
Des personnalités de la droite
modérée comme Xavier
Bertrand, Valérie Pécresse,
Christian Estrosi et même
Jean-Pierre Raffarin ont
haussé le ton, voire pris leurs
distances. Le chef de l’Etat
lui-même aurait pu ouvrir un
espace à droite en plaçant sa
rentrée sous le signe du social
et d’une prudence persistante
sur la dépense publique (voir
l’interview d’Agnès Buzyn ce
dimanche sur France 3). Il
n’en est rien, pour l’instant.
Juppé, le mètre étalon de la
droite modérée, est
invariable. « Il faut aider, avec
deux attitudes possibles, soit à
l’intérieur, soit à l’extérieur »,
a-t-il indiqué ce week-end
à propos de l’exécutif.
Cela n’empêche pas les
critiques, notamment sur le
Dessins de Fabien Clairefond pour « Les Echos »
P
mode de gouvernance. Mais
sur l’Europe et les échéances à
venir, le discours reste en
phase avec celui du chef de
l’Etat. « Certes, il y a la montée
du populisme, mais en même
temps, il y a la conscience qu’il
vaut mieux être ensemble que
séparés. » L’expression vaut
pour l’Union européenne :
vaut-elle aussi pour une
éventuelle liste commune ?
Alain Juppé laisse la question
ouverte, ce qui en soi est une
bonne nouvelle pour l’exécutif.
Si Juppé ne varie pas, le
paysage politique non plus.
Malgré les soubresauts de
l’actualité, il y a un élément de
stabilité pour Emmanuel
Macron. Ses oppositions
restent à la fois fragmentées et
affaiblies. Ce week-end, en
rencontrant Emmanuel
Macron à Marseille, Jean-Luc
Mélenchon a semblé
nettement plus radouci qu’en
général face à ses troupes.
Marine Le Pen a, elle, conservé
sa virulence, mais pour mieux
reconnaître que ses
difficultés financières
pourraient conduire « à la
mort du Rassemblement
national ». Quant au PS, il est à
la fois courtisé sur sa gauche
par Jean-Luc Mélenchon, et
empêché de respirer par
l’omniprésence de François
Hollande.
Voilà qui ne donne aucune
assurance à Emmanuel
Macron pour les
européennes du printemps,
mais qui, en attendant, lui
permet de continuer.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Sarkozy et Juppé incarnent mieux la
droite que Wauquiez, selon un sondage
La rentrée des députés LREM
gênée par l’élection au perchoir
l Les députés de la majorité font leur rentrée cette semaine.
l Après le chaos de la fin de session, en juillet dernier, ils réattaquent
sur une note fébrile.
rité. Une élection de Barbara Pompili viendrait perturber un peu plus
une rentrée considérée par tous
comme chaotique. « Richard
Ferrand est le tout premier des marcheurs. Une défaite serait un message
catastrophique envoyé à Emmanuel
Macron », estime un conseiller du
gouvernement.
Les scores du vote de lundi seront
examinés de près. En juin 2017,
François de Rugy avait obtenu
153 voix au premier tour parmi les
nouveaux députés de la majorité.
Richard Ferrand espère faire
mieux. « S’il est bien élu, ce sera une
bouffée d’air », estime-t-on.
POLITIQUE
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Il n’y a pas que l’exécutif pour qui la
rentrée est agitée. Le séminaire des
parlementaires de La République
En marche (LREM) qui s’ouvre ce
lundi, à Tours, promet lui aussi
d’être animé. Au menu, la désignation du candidat de la majorité pour
la présidence de l’Assemblée nationale et le remplacement de François de Rugy, parti au ministère de
la Transition écologique.
Le gagnant sera assuré de remporter le perchoir lors du vote programmé mercredi au Palais-Bourbon, à l’ouverture de la nouvelle
session parlementaire. Après avoir
pris de l’ampleur au cours des derniers jours, la candidature de Barbara Pompili vient brouiller le scénario d’une élection dans un
fauteuil de Richard Ferrand, candidat désigné et soutenu par l’Elysée.
Cendra Motin, députée de l’Isère, et
Philippe Folliot, son homologue du
Tarn, sont également sur les rangs,
mais leurs chances de l’emporter
sont quasi nulles.
La candidature de
Barbara Pompili vient
brouiller le scénario
d’une élection
dans un fauteuil
de Richard Ferrand.
Fragilité et fébrilité
Les quelque 250 députés LREM
attendus à Tours voteront lundi
matin, avec un éventuel second
tour programmé dans l’après-midi
si besoin. Cette course au perchoir
vient révéler, d’une part, les fragilités de la majorité, loin d’afficher une
unité forte, et, d’autre part, une certaine fébrilité, comme le montre le
brusque retournement de la candidate Yaël Braun-Pivet.
Jeudi dernier, après avoir eu des
mots très durs contre Richard
Ferrand, la présidente de la commission des Lois s’est ralliée à sa
candidature quelques heures après,
jurant n’avoir eu aucune pression de
l’Elysée ou de Matignon. Cet épisode
en a désarçonné plus d’un. « On
parle quand même de l’élection du
quatrième personnage de l’Etat »,
rappelle un membre de la majorité.
Si la candidature de Richard
Ferrand est légitime compte tenu de
son compagnonnage avec Emma-
L’Assemblée nationale élira mercredi son président, à l’ouverture
de la nouvelle session parlementaire. Photo Nicolas Messyasz/Sipa
nuel Macron − il a été l’un des premiers parlementaires à le soutenir −,
elle vient aussi heurter le discours
sur la parité. Et certains députés
n’oublient pas que l’affaire des
Mutuelles de Bretagne dans laquelle
il est mis en cause, aujourd’hui délocalisée à Lille, plane au-dessus de la
tête du député du Finistère.
Plusieurs parlementaires soutiennent Barbara Pompili, écologiste passée par EELV, ancienne
secrétaire d’Etat sous François Hollande. Ils souhaitent qu’une femme
accède pour la première fois au perchoir et, dans la foulée de la démission de Nicolas Hulot, que les questions écologiques soient mieux
portées au Palais-Bourbon. « Une
femme parmi les quatre premiers
personnages de l’Etat serait un signal
fort pour la parité. Son engagement
écologique affirmerait la priorité
politique de l’Assemblée nationale
sur ce sujet », a ainsi déclaré sur
Twitter la députée de Loire-Atlantique Sandrine Josso.
L’exécutif inquiet
Le spectacle donné par cette élection inquiète l’exécutif. Celui-ci a
besoin d’une majorité soudée après
une fin de session chaotique en
juillet dernier, à la suite de l’affaire
Benalla, alors qu’il doit faire face à
l’effondrement de sa cote de popula-
Mais s’il est élu, une autre course
s’ouvrira : celle de la présidence du
groupe. Déjà, de nombreux prétendants se sont positionnés. Pas moins
d’une dizaine de noms circulent, de
Gabriel Attal à Aurore Bergé, en passant par Sophie Errante, Gilles Le
Gendre, Laetitia Avia ou encore
Bruno Bonnell… « Ces candidatures
expriment plus des ambitions individuelles qu’autre chose », dénonce un
proche de l’exécutif. Tous les prétendants attendent l’élection au perchoir pour sortir du bois.
Après, il sera temps de passer au
fond. La session s’annonce chargée, entre la loi Pacte, attendue
pour la fin du mois, et le début du
marathon budgétaire. Le Premier
ministre Edouard Philippe s’exprimera devant les députés mardi
matin. Il devra redonner le cap à
des députés LREM déboussolés
par l’affaire Benalla, et qui attaquent l’an II de la mandature en se
cherchant un peu. De son côté, le
gouvernement a remis à 2019 l’examen de la réforme des institutions,
blo quée à l’Assemblée après
l’affaire Benalla. Histoire de ne pas
compliquer un peu plus une rentrée qui l’est déjà assez. n
LE GRAND RENDEZ-VOUS // EUROPE 1 - « LES ÉCHOS » - CNEWS
POLITIQUE Pour l’ensemble des Français, le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, figure en dernière position d’une
liste de personnalités incarnant le mieux la droite. Il se situe derrière Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et même Edouard Philippe, selon un sondage Ifop pour le
« Journal du dimanche ». Pour les sympathisants de droite, Laurent Wauquiez se retrouve également derrière Nicolas Sarkozy
(83 % estiment qu’il incarne bien la droite) ou Alain Juppé (68 %).
Pour Xavier Bertrand, l’exécutif a « un
vrai problème » avec le pouvoir d’achat
POLITIQUE « Ce gouvernement a un vrai problème avec le pouvoir
d’achat des Français », a estimé le président de la région Hautsde-France, Xavier Bertrand, dans une interview au « Parisien ».
« On le voit bien avec la hausse de la CSG, du prix du timbre ou des
carburants », estime-t-il. « Ce pouvoir est technocratique comme
jamais, et les choix du président sont totalement déconnectés des
réalités quotidiennes de nos concitoyens », ajoute-t-il. Evoquant
le rapprochement entre la droite et l’extrême droite, il estime
que c’est une « hérésie », « un danger terrible pour notre pays ».
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
Pour Florence Parly, « que le meilleur gagne ! »
à la présidence de l’Assemblée
Invitée du « Grand Rendezvous » Europe 1 – CNews –
« Les Echos », la ministre
des Armées n’a pas pris
parti pour l’élection
à la présidence
de l’Assemblée nationale.
Ministre des Armées depuis
juin 2017, Florence Parly n’entend
pas prendre position dans l’élection pour la présidence de l’Assemblée nationale, à la suite de la nomination de François de Rugy au
ministère de la Transition écologique. « Que le meilleur gagne ! », a-telle déclaré dimanche au « Grand
Rendez-vous » sur Europe 1 –
CNews – « Les Echos ». « J’encourage toutes les femmes à se porter
candidates et, surtout, à gagner dans
les compétitions, chaque fois qu’elles
sont ouvertes », a-t-elle ajouté, rapp e l a n t a u s s i l ’e n g a g e m e n t
d’Emmanuel Macron en faveur de
la condition des femmes et la présence de 47 % d’entre elles parmi
les députés LREM.
Malgré les soubresauts de la rentrée politique − démission de Nicolas
provoque toujours des réactions, c’est
normal », estime-t-elle.
Mise en œuvre du SNU
Florence Parly, ministre des Armées.
Photo Marie Etchegoyen / Capa Pictures pour Europe 1
Hulot, chute de la popularité
d’Emmanuel Macron… − Florence
Parly estime que le cap est le bon. « Je
ne suis pas du tout pessimiste. Je suis
pleine d’énergie, parce que je pense
que ce programme, qui a été construit
par une observation fine de la réalité
et qui n’était pas un programme idéologique, répond profondément aux
besoins de la société française et
répond aux aspirations de réforme
des Français. Quand on réforme, ça
Alors que l’exécutif fait face à des
enjeux importants en matière de
défense (nucléaire spatial, lutte contre l’Etat islamique en Syrie et en Irak,
contre Aqmi au Sahel, mise en
œuvre d’un budget en hausse), Florence Parly a évoqué le service national universel (SNU), promesse de
campagne d’Emmanuel Macron.
Alors que le ministère des Armées
est partie prenante, elle ne s’est pas
engagée sur un calendrier. Elle a évoqué une « petite expérimentation sur
petite échelle » en 2019, tout en étant
certaine de sa mise en œuvre. « Le
service national universel, il verra le
jour […]. Mettre en place un projet
aussi ambitieux qui va concerner
800.000 jeunes chaque année, ce n’est
pas quelque chose qui se fait du jour au
lendemain. Les jeunes de 16 ans, d’ici la
fin du quinquennat, feront la première
étape de ce service national universel,
qui est une étape obligatoire et qui sera
suivie d’une étape fondée sur le volontariat », a-t-elle précisé. — G. P.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
INTERVIEW // OLIVIER DUSSOPT Secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique
et des collectivités locales
« L’objectif de 50.000 suppressions
de postes au sein de l’Etat est
très largement atteignable »
l Olivier Dussopt fait sa rentrée sociale lundi avec l’ouverture de négociations
sur l’égalité femmes-hommes dans la fonction publique.
l Pour lui, l’accord ne doit pas être moins ambitieux que dans le privé.
Propos recueillis par
Leila de Comarmond
@leiladecoet
et Matthieu Quiret
@MQuiret
4.500 suppressions de postes
de fonctionnaire de l’Etat en
2019 après 1.500 cette année.
L’objectif d’Emmanuel Macron
d’en supprimer 50.000 sur
le quinquennat est-il tenable ?
Il est très largement atteignable,
sachant que chaque année il y a plusieurs dizaines de milliers de départs
en retraite. Mais il n’est pas l’alpha et
l’oméga de notre politique. Nous ne
comptons pas renouveler les erreurs
du passé. Il faut d’abord travailler sur
la façon de moderniser les services
publics et de gagner en productivité.
Ce n’est qu’à partir de là que l’on peut
supprimer des emplois, tout en
conservant un objectif : l’amélioration de la qualité du service public
rendu aux usagers. La mise en
œuvre des réformes étant progressive, plus nous allons avancer, et plus
des marges de réduction des effectifs
se dégageront.
Bercy va-t-il être encore
le principal ministère mis
à contribution ? Les syndicats
craignent la suppression
de 20.000 postes.
Les services de Bercy ne seront pas
les seuls concernés. Mais ils seront
bien sûr mis à contribution, comme
les autres. Notre méthode, avec
Gérald Darmanin, c’est, dans
l’ordre : missions, réseaux, effectifs.
Nous sommes convaincus qu’il est
possible de rendre le même service
public autrement. Prenons le cas
des trésoreries, que nous avons évoqué le 11 juillet lors de la réunion
que nous avons tenue avec les
600 cadres de l’administration centrale et des services déconcentrés de
notre ministère. Depuis plusieurs
années, des centaines de perceptions ont été supprimées en France.
Il en reste un peu plus de 2.000. La
dématérialisation et le prélèvement
à la source vont encore réduire les
besoins. Nous avons l’objectif de
maintenir autant que possible un
point de contact physique par intercommunalité, je pense que c’est
possible. Mais il serait imprudent et
contre-productif de donner un
objectif cible en termes d’évolution
des effectifs de Bercy.
« Il faut d’abord
travailler sur la façon
de moderniser
les services publics
et de gagner
en productivité. »
« Ce n’est qu’à partir
de là que l’on peut
supprimer
des emplois. »
On dit que l’Education
nationale ne sera pas épargnée… Vous allez supprimer
des postes d’enseignant ?
L’Education, comme les autres
ministères, va mettre à profit des
réorganisations pour se réformer. Ça ne veut pas dire que nous
allons nécessairement supprimer
des postes d’enseignant. Dans la
continuité des actions engagées, la
priorité sera donnée au premier
degré, notamment en poursuivant
le dédoublement des classes de CP
et CE1 en éducation prioritaire.
Enfin, nous allons aussi créer quelque 6.000 postes (4.500 ont été
créés en 2018) d’accompagnants
pour les enfants présentant des
situations de handicap. En parallèle, nous poursuivrons les créations de postes dans le secteur de la
justice ou de la sécurité.
Visez-vous aussi l’objectif
d’une baisse de 70.000 postes
dans les collectivités ?
Oui, effectivement, dans les années
qui viennent, près de 150.000 départs
annuels à la retraite sont prévus
dans la fonction publique dont une
part plus importante dans les collectivités. Ces deux-trois dernières
années, la tendance est déjà à la
baisse dans la fonction publique territoriale. Je fais confiance aux collectivités pour y parvenir.
Comptez-vous revoir le temps
de travail des fonctionnaires
territoriaux ?
Nous nous inscrivons dans le cadre
des 1.607 heures de la loi de 2000.
Deux rapports, de la Cour des
comptes et du CSFPT (Conseil supérieur de la fonction publique territoriale), ont montré qu’en moyenne
le temps de travail dans les collectivités est inférieur à cette durée.
Parce que certains agents ont des
sujétions particulières (travail de
nuit, etc.) mais aussi à cause du
maintien d’accords locaux antérieurs à 2001. Nous devons les
remettre en question pour nous
assurer du respect des 1.607 heures.
Il faut aussi harmoniser les régimes
d’autorisation d’absence. Les
congés pour mariage, par exemple,
varient de trois jours jusqu’à une
dizaine. L’objectif est d’avoir un
barème unique pour les trois versants de la fonction publique.
Quels assouplissements allezvous introduire sur les contractuels dans le cadre de la réforme
de la fonction publique ?
Il y en a plusieurs. Par exemple, nous
comptons élargir le droit de recours
aux contrats pour des besoins
locaux quand il y a une difficulté de
recrutement et aligner les durées de
contrats des agents de catégories B et
C (actuellement de deux fois un an)
sur celles des catégories A (deux fois
trois ans). Nous voulons aussi créer
des contrats de mission ou de projet
(le nom n’est pas encore arrêté) pour
permettre aux employeurs publics
de s’adjoindre des profils d’agents et
des compétences qu’ils n’ont pas, et
pour le temps de réalisation du projet sans qu’il y ait d’engagement, ni de
l’employeur ni de l’agent, à une carrière entière. Nous allons enfin améliorer les conditions d’emploi des
contractuels et travailler sur leur
perspective d’évolution dans la fonction publique. Une réunion sur le
sujet doit avoir lieu dans les prochains jours.
Quid du fameux « plan
de départs volontaires » ?
Je le redis, il n’y aura pas « un » plan
de départs volontaires. Dans le cadre
de la concertation, nous travaillons à
des outils visant à favoriser les mobilités au sein de la fonction publique et
vers le secteur privé. Chaque année,
4 % des agents changent de poste en
restant dans la fonction publique,
mais dans moins de 1 % des cas seulement ils changent de versant. C’est
trop peu. Nous allons donc travailler
sur des formations passerelles et, en
2019, une plate-forme numérique
centralisera l’ensemble des offres
d’emploi des administrations, que
pourront aussi consulter les salariés
du secteur privé. Concernant les
Inégalités femmes-hommes : la fonction publique
n’est pas épargnée
Si l’écart de rémunération
nette moyenne est inférieur
à celui du privé, il existe
toujours d’importantes
inégalités que les récentes
mesures n’ont qu’un peu
atténuées.
Un recrutement par concours, un
parcours de carrière très encadré
avec l’intervention de commissions
où siègent les syndicats, pas d’individualisation des rémunérations.
Tous les ingrédients semblent réunis dans la fonction publique pour
garantir une égalité professionnelle
entre femmes et hommes. Pourtant
il n’en est rien. Certes, l’écart de
rémunération nette moyenne y est
bien inférieur à celui du privé :
13,1 % contre 18,5 % en 2015, dernière année connue. Mais outre que
ce taux moyen recouvre des situations très diverses (9,3 % dans les
collectivités, 14,4 % à l’Etat et 21,4 %
dans les hôpitaux), il marque en soi
bel et bien l’existence d’une inégalité manifeste qui a tardé à faire
l’objet d’une politique volontariste.
Deux tiers des nominations
concernent des hommes
Il a fallu attendre le début des
années 2010 pour que la question
s’invite vraiment dans le débat, avec
une loi en 2012 suivie l’année suivante d’un accord recueillant l’unanimité des syndicats de fonctionnaires. C’est paradoxalement
seulement depuis 2014 que les
administrations ont l’obligation de
dresser tous les ans un état des lieux
et qu’un rapport annuel général
englobant les 3 fonctions publiques
est publié.
départs volontaires de la fonction
publique, il faut savoir qu’il existe
déjà une indemnité qui peut être perçue individuellement par certains
agents démissionnaires. Plafonnée à
deux ans de salaire hors primes, elle
concerne chaque année environ
1.000 personnes au sein de l’Etat.
Nous devons en réinterroger les conditions d’accès. Nous voulons aussi
permettre aux employeurs de mettre en place des dispositifs collectifs
sur la base du volontariat en cas de
restructuration de services.
Comment abordez-vous
la négociation sur l’égalité
femmes-hommes qui démarre
aujourd’hui ?
J’ai plaisir à constater que la
majeure partie des organisations
syndicales conviennent de l’importance de ce sujet sur lequel, j’espère,
nous pourrons aboutir à un large
accord. Les mesures législatives qui
en résulteront seront inscrites dans
le projet de loi de transformation de
la fonction publique.
Quels sont vos objectifs ?
Que les dispositions de l’accord de
2013, signé par toutes les organisa-
Sa démission du gouvernement,
annoncée mardi 4 septembre, avait
surpris, alors qu’un remaniement se
préparait pour remplacer Nicolas
Hulot. « C’est pour retrouver des engagements passés, justement tournés
vers l’humain, la solidarité et la coopération internationale, que je prends
aujourd’hui la décision de poursuivre
mon action par d’autres voies », avait
lancé Laura Flessel. Ces propos,
outre ses démêlés avec le fisc révélés
par le « Canard enchaîné », prennent
aujourd’hui un autre relief.
Les conseillers techniques
sportifs dans le viseur
suivi des individus au fil de sa vie
professionnelle. Certes, l’écart entre
les salaires nets mensuels moyens
existe dès le début de carrière en
défaveur des femmes. Mais il a une
très nette tendance à s’accroître, et
fortement, ensuite. L’exemple des
agents de catégorie A de l’Etat est à
cet égard éclairant : avant 30 ans, les
hommes gagnent en moyenne
125 euros, soit 6,5 % de plus. A la
quarantaine, la différence atteint
près de 500 euros, soit 18 %. Une
situation multifactorielle, entre
différences de temps de travail
(temps partiel mais aussi accès aux
heures supplémentaires), politiques salariales selon les administrations plus ou moins féminisées,
politiques de promotion…
Tous ces éléments permettent
de mesurer l’enjeu de la négociation qui s’ouvre alors qu’une petite
révolution se profile : l’introduction d’un mécanisme de sanctions
des mauvais élèves. — L. de C.
tions syndicales, soient appliquées
et que l’on franchisse une nouvelle
étape. Nous allons travailler sur
plusieurs sujets : la résorption
des écarts de rémunération et de
déroulement de carrière des
agents, l’accès aux métiers et responsabilités, une meilleure conciliation entre vie personnelle et vie
professionnelle, la prévention et la
lutte contre les violences sexistes et
sexuelles, et l’instauration de
pénalités financières pour les
employeurs publics qui ne joueraient pas le jeu.
Corriger les inégalités
salariales et de promotion
réclame des moyens financiers. Vous les aurez ?
Je peux vous affirmer que, par principe, la fonction publique, dans ses
trois versants, ne peut pas signer un
accord dont les disp ositions
seraient moins ambitieuses que
dans le secteur privé. C’est bien cet
objectif que je poursuis dans les
négociations que je préside.
(
Lire l’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 8
Matignon va tailler
dans les effectifs
du ministère des Sports
La lettre de cadrage,
envoyée le 26 juillet, intime
au ministère de supprimer
1.600 postes d’ici à 2022.
Mécanique de sanctions
des mauvais élèves
Son édition 2017 qui vient d’être mise
en ligne montre que la situation
s’améliore mais que la route reste
longue. Le bilan du dispositif des
nominations équilibrées sur les
emplois supérieurs et dirigeants de
la fonction publique, touchant une
liste d’emplois de direction définie en
2012, fait ainsi état d’une progression
d’un point par an de la proportion de
primo nominations de femmes
parmi les fonctionnaires, c’est-à-dire
de femmes nommées à un poste
vacant (donc hors prolongement
d’agents sur leur poste). Trois points
ont été gagnés en trois ans, c’est bien,
mais la proportion de femmes n’était
que de 35 % en 2016, dernière année
connue. Ce qui veut dire que près des
deux tiers des nominations concernent encore des hommes.
Cette inégalité de promotions a
évidemment une incidence sur les
salaires, l’écart s’accroissant au fil de
la carrière alors qu’elle est censée
être très balisée dans la fonction
publique. Les données sur les rémunérations selon l’âge des agents le
montrent, même s’il s’agit d’une photographie à l’instant T et non d’un
Pour Olivier Dussopt, l’objectif d’Emmanuel Macron
de supprimer 50.000 postes de fonctionnaire de l’Etat n’est
pas l’alpha et l’oméga de leur politique. Photo Bertrand Guay/AFP
L’ancienne championne d’escrime −
remplacée depuis par Roxanna
Maracineanu − aurait en effet dû
assumer l’annonce d’un lourd plan
social, sur fond de restriction budgétaire. La lettre de cadrage que Matignon a adressée le 26 juillet à celle
qui était encore ministre des Sports
ne laisse pas de place au doute :
« Dans le cadre du processus + Action
publique 2022 +, vous serez appelés à
appliquer un schéma d’emplois de
moins 1.600 ETP (équivalent temps
plein) au cours de la période 2018-
2022 », lit-on dans ce courrier, que
l’AFP a pu consulter.
Vu l’émotion suscitée par cette
annonce, l’exécutif a tempéré.
« Cette annonce était vraiment très
brutale. Ce n’étaient pas les bons
mots qui ont été employés », a
déclaré la nouvelle ministre. Elle a
précisé qu’elle allait se saisir du dossier et rencontrer prochainement le
Premier ministre Edouard Philippe. De son côté, Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a tenu à calmer le jeu. « C’est
une base de discussions, à l’évidence,
et après, c’est dans la discussion qui
se fera avec le Premier ministre que
les choses se stabiliseront », a-t-il
déclaré dimanche.
Au premier chef « les conseillers
techniques sportifs (CTS) et les services déconcentrés », sont dans le
viseur de Matignon, indique le
document de cadrage. Rémunérés
par l’Etat, au nombre de 1.600 (sur
un effectif global de 3.000 à
3.500 agents au ministère), les CTS
travaillent auprès des fédérations
sportives. Ce sont, par exemple, des
directeurs techniques nationaux
(DTN), des entraîneurs nationaux
et autres conseillers. Ils aident les
fédérations, tant pour le « haut
niveau » que « sur le terrain », pour
développer les pratiques sportives,
selon la politique fixée par l’Etat. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
en bref
Pour Emmanuel Macron, Jean-Luc
Mélenchon « n’est pas un ennemi »
POLITIQUE Emmanuel Macron a récusé l’idée selon laquelle
Jean-Luc Mélenchon serait son « ennemi » en dépit des
« confrontations politiques » entre eux. Vendredi dernier, après
sa rencontre avec Angela Merkel, Emmanuel Macron a croisé le
leader de La France insoumise, à Marseille. « On a des confrontation politiques, philosophiques, mais Mélenchon n’est pas mon
ennemi », a déclaré Emmanuel Macron à propos de son adversaire. Cette rencontre a fait l’objet de nombreux commentaires,
suite au ton très courtois adopté par Jean-Luc Mélenchon. « Je
ne vais pas, à 00 h 30 dans un bar, m’engueuler avec le président
de la République », s’est-il défendu.
Le leader de La France insoumise tend
toujours la main à l’aile gauche du PS
POLITIQUE Jean-Luc Mélenchon n’en a pas fini avec le PS, qu’il
a quitté en 2008. Invité d’honneur du club créé par l’ancien frondeur Emmanuel Maurel, le week-end dernier à Marseille, JeanLuc Mélenchon a fait un appel du pied soutenu à l’aile gauche du
PS. « Sachez que nous vous attendons, le cœur plein d’espérance et
d’allégresse à l’idée des fraternités qui s’annoncent », a-t-il déclaré
devant les partisans d’Emmanuel Maurel. Celui-ci n’a pas
encore franchi la ligne pour rejoindre Jean-Luc Mélenchon,
mais pourrait le faire dans les prochaines semaines.
Européennes : les juppéistes attendent
Mehdi Fedouaach/AFP
POLITIQUE Les juppéistes,
réunis le week-end dernier à
Bordeaux, autour d’Alain
Juppé (photo) n’ont pas
arrêté de stratégie pour les
européennes de 2019, entre
liste autonome, alliances
avec la droite ou la majorité.
« Cette rencontre n’est pas le
moment fondateur d’un nouveau parti politique ou de je ne
sais quelle chapelle », a
déclaré dimanche Alain
Juppé, en dressant le bilan
des débats de ces deuxièmes
« vendanges de Bordeaux ».
Assurance-maladie : l’exécutif
tenté de lâcher du lest
l Pour aider les hôpitaux, le gouvernement pourrait fixer un objectif
de progression des dépenses d’assurance-maladie supérieur à 2,3 % en 2019.
l Il envisage aussi de modifier la répartition des efforts avec les soins de ville.
SANTÉ
Solveig Godeluck
@Solwii
Il n’y aura « pas d’économies sur
l’hôpital pendant ce quinquennat ». Emmanuel Macron l’a promis
aux Français, en avril. Au contraire,
le plan de transformation du système
de santé que doit présenter le chef de
l’Etat, le 18 septembre, est censé
relancer la machine hospitalière,
abîmée par les coups de rabot répétitifs : le déficit des hôpitaux publics
a frôlé le milliard d’euros en 2017.
Las, les marges de manœuvre
sont bien maigres. L’exécutif songe
donc à relâcher temporairement la
contrainte budgétaire qui pèse sur
les remboursements en matière de
santé. Selon nos informations,
l’objectif national de progression des
dépenses d’assurance-maladie
(Ondam) pour 2019 pourrait être
relevé de 0,1 point, donc de 200 millions d’euros, atteignant 2,4 %. « Il y a
une baisse tendancielle de l’investissement hospitalier. Or il faut relancer
l’investissement pour faire de la transformation », justifie une source gouvernementale. Ce point devrait être
tranché la semaine prochaine.
En 2017, le président a lui-même
fixé l’Ondam à 2,3 % en moyenne
durant tout le quinquennat. Pour
Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, et Agnès Buzyn, ministre de la Santé.
Photo Lionel Bonaventure/AFP
2019, cela équivaudrait à rajouter
4,4 milliards d’euros à un budget de
190,9 milliards d’euros en 2018. Un
geste conséquent. Mais les besoins
augmentent encore plus vite, avec
une population croissante, vieillissante, et des traitements plus onéreux. Pour tenir l’objectif de 2,3 %
par rapport à la pente naturelle des
dépenses, les économies sur le système de santé tourneraient autour
de 3,6 milliards, en retrait après
l’effort de 4 milliards en 2018.
Le plan de
transformation
du système de santé
est censé relancer la
machine hospitalière.
Le déficit des hôpitaux
publics a frôlé
le milliard d’euros
en 2017.
Plus de 400 millions
d’économies en fumée
Pour refinancer l’hôpital, le gouvernement envisage aussi de modifier
la répartition des efforts avec les
soins de ville (médecins libéraux,
paramédicaux, etc.). L’an dernier,
les établissements ont été tenus de
limiter à 2 % la progression de leurs
dépenses, alors que les soins de ville
étaient autorisés à monter de 2,4 %.
Un partage largement dicté par la
nécessité, puisqu’il est plus facile de
fermer le robinet des crédits hospitaliers que de cesser de rembourser
des consultations libérales. Une
mission lancée dans le cadre du
plan santé est d’ailleurs chargée
de trouver de nouveaux outils de
régulation des soins de ville.
Cette réflexion sur l’Ondam est
aussi une conséquence du retrait
du projet de déremboursement
partiel des arrêts maladie par la
Sécurité sociale. Alors que le coût
des soins de ville dérive, le gouvernement pensait avoir trouvé la
parade à l’envolée du coût des
indemnités journalières : transférer aux employeurs la prise en
charge du 4e au 7e jour. Face au
tollé, Matignon a fait marche
arrière fin août. Plus de 400 millions d’euros d’économies potentielles, soit 0,2 point d’Ondam, se
sont évaporés.
Toutefois, certains au gouvernement sont réticents à dévier de
l’objectif à 2,3 %. A Bercy, on préfère
mettre en avant le « calibrage » du
plan de transformation du système
de santé, qui « ne va pas coûter 1 milliard tout de suite », et les économies
réalisables en améliorant le management des hôpitaux. n
Plan pauvreté : la couverture maladie
à nouveau remodelée
Les ménages peu aisés
pourraient avoir
directement accès
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universelle complémentaire à un prix modéré.
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Dans l’univers des complémentaires santé, une réforme chasse
l’autre à la vitesse de l’éclair. En 2015,
l’aide à la complémentaire santé
(ACS) avait été complètement
refondue. Trois ans après, selon nos
informations, le gouvernement
veut faire disparaître les trois contrats types qui avaient alors été
créés, et les remplacer par le panier
de soins dont bénéficient actuellement les plus nécessiteux, c’est-àdire la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C).
L’accès aux soins
est réduit pour
les pauvres : 5 %
des Français ne sont
pas couverts par
une complémentaire
santé, mais dans les
20 % les plus pauvres,
ce taux monte à 12 %.
Cette disposition, qui ressemble
au projet de fusion CMU-C/ACS
défendu par le candidat PS Benoît
Hamon lors de la dernière présidentielle, est une proposition du
plan pauvreté qui sera dévoilé le
13 septembre. Elle sera inscrite dans
le projet de loi de financement de la
Sécurité sociale pour 2019. L’objectif est de simplifier le système
actuel, qui conduit la moitié des
personnes qui pourraient recourir
à l’ACS à y renoncer. L’accès aux
soins est réduit pour les pauvres :
5 % des Français ne sont pas couverts par une complémentaire
santé, mais dans les 20 % les plus
pauvres, ce taux monte à 12 %.
Pour avoir droit à l’ACS, il faut
avoir des ressources inférieures à
11.900 euros par an (pour une personne seule), et supérieures au
plafond de la CMU-C, qui se situe à
8.800 euros par an. Alors que la
CMU-C est totalement gratuite,
l’aide ACS est une sorte de « chèque santé », dont le montant
dépend de l’âge et peut grimper à
500 euros pour les assurés les plus
âgés. En avril, la CMU-C couvrait
5,5 millions de personnes, et l’ACS
1,6 million.
« Un système plus simple »
Les bénéficiaires de l’ACS peuvent
choisir entre trois catégories de contrats fournis par des assureurs complémentaires sélectionnés par le
gouvernement via un appel d’offres.
Les meilleures couvertures, celles
du contrat C, donnent droit à
450 euros de remboursement sur
les audioprothèses, 300 % du tarif
Sécurité sociale sur les prothèses
dentaires, 150 euros pour des lunettes à verres simples. Mais ces garanties, comme celles offertes par la
CMU-C, vont devoir être repensées
pour ne pas être moins avantageuses que le « reste à charge zéro » en
optique, dentaire, audioprothèse,
dont les modalités viennent d’être
négociées avec les professionnels de
santé et les assureurs.
Dans le futur système, il n’y
aurait plus d’appel d’offres pour les
contrats ACS, puisqu’il ne subsisterait plus qu’un type de garantie : la
CMU-C, qui donne droit au tiers
payant, supprime les participations financières (forfait journalier…), et interdit aux soignants de
dépasser le tarif opposable. Les
actuels bénéficiaires de l’ACS
devraient contribuer financièrement pour être couverts, à un prix
modéré. « C’est un système plus simple, il ne s’agit absolument pas d’une
nationalisation de la couverture
complémentaire », souligne une
source gouvernementale.
Les assureurs complémentaires donnent de la voix
A la suite des informations publiées
par « Espace social européen », les
assureurs complémentaires ont
élevé la voix, sans connaître le projet du gouvernement : « C’est un
dossier extrêmement grave si on
nous exclut de la distribution de
l’ACS, après nous avoir retiré les contrats étudiants et travailleurs indépendants », explique Maurice
Ronat, le président de l’Union
nationale des organismes d’assurance complémentaire, en rappelant que les complémentaires ont
« joué le jeu du reste à charge zéro ».
Aujourd’hui, les assureurs privés
peuvent gérer la CMU-C, mais seuls
10 % des bénéficiaires passent par
leurs services. Les autres s’assurent
directement auprès de la Sécurité
sociale. Si demain les caisses primaires d’assurance-maladie distribuent
l’ACS, les mutuelles vont perdre du
terrain. « Nous avons accepté de baisser nos frais à 10 % sur l’ACS, alors que
le coût réel de ces contrats est bien
supérieur ; si on nous impose 3 %,
comment allons-nous faire ? » ajoute
Maurice Ronat. L’équation économique deviendrait alors intenable
pour les assureurs privés. — S. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
Les prochaines exonérations de cotisations
seront à la charge de la Sécurité sociale
La loi prévoit que tout ce qui sera
au-dessus du seuil de 0,8 point de
PIB, c’est-à-dire près de ces 20 milliards, sera écrêté au profit de l’Etat :
3 milliards en 2019, 14 milliards en
2020, 20 milliards en 2021, et plus de
27 milliards en 2022. Mais la mission estime que moins de 60 %
pourront en réalité être transférés.
En effet, les excédents de l’Unédic
ou de l’Agirc-Arrco n’entrent pas
dans le champ des lois de financement. De plus, la cagnotte attendue
de 2,5 milliards d’euros d’excédents
hospitaliers est hautement hypothétique…
FINANCES
PUBLIQUES
La Sécurité sociale
devant bénéficier
d’excédents budgétaires, l’Etat ne
compensera plus une
partie des nouveaux
allégements de
cotisations dès 2019.
Solveig Godeluck
@Solwii
C’est la fin d’une règle d’or édictée en
2004. L’année prochaine, l’Etat
devrait cesser de compenser intégralement à la Sécurité sociale le
coût des allégements de charges.
Cela ne sera pas un tremblement de
terre dans l’immédiat, puisque,
selon nos informations, le gouvernement souhaite limiter ce transfert de fardeau aux nouveaux allégements.
Dans le viseur : les 500 millions
d’euros liés à la suppression du forfait social sur l’intéressement et la
participation dans les PME et les
2,5 milliards d’euros d’exonérations
de charges sociales sur les heures
supplémentaires (en année pleine).
Deux mesures qui seront inscrites
dans le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2019. A l’inverse, la
transformation du crédit d’impôt
pour la compétitivité et l’emploi
(CICE) en baisse de charges pour
24,8 milliards d’euros n’est pas
considérée comme une nouveauté
Dossier sensible
Après vingt ans dans le rouge, la Sécurité sociale doit à peu près retrouver l’équilibre
l’année prochaine. Photo Philippe Huguen/AFP
– pas même la composante bas
salaires de cette mesure, qui va
représenter 4 points de baisse de
charges supplémentaires au SMIC
à l’automne 2019 (pour un coût de
3,3 milliards en année pleine). Elle
demeurera donc intégralement
compensée.
Il ne s’agit pas non plus de
« décompenser » tous les nouveaux
allégements. Le transfert financier
devra rester limité en montant, afin
de respecter deux impératifs, souligne une source gouvernementale :
« Ne pas dégrader les comptes de la
Sécurité sociale ; ne pas remettre en
cause son objectif de désendettement ». Ces deux garde-fous sont
précisément ceux que mettent en
avant Christian Charpy et Julien
Dubertret dans leur rapport sur les
relations financières entre l’Etat et
la Sécurité sociale, que « Les
Echos » ont pu lire. Les deux hauts
fonctionnaires ont été mandatés en
janvier par les ministres de tutelle
de la Sécurité sociale, Agnès Buzyn
et Gérald Darmanin, pour trouver
un moyen de concrétiser un engagement de la dernière loi de programmation de finances publiques
(LPFP) : un transfert partiel des
excédents à venir de la Sécurité
sociale vers l’Etat.
Après vingt ans dans le rouge, la
Sécurité sociale doit en effet à peu
près retrouver l’équilibre l’année
prochaine, contrairement au budget de l’Etat. Selon les prévisions
établies dans la LPFP à fin 2017,
l’ensemble des administrations de
la Sécurité sociale (dont le périmètre est plus vaste et inclut notamment les recettes de la Caisse
d'amortissement de la dette sociale)
devrait enregistrer un excédent
supérieur à 20 milliards d’euros l’an
prochain, qui irait croissant.
Christian Charpy et Julien Dubertret estiment que tous les nouveaux
allégements, y compris le CICE
transformé, ne devraient plus être
compensés qu’à 50 %. Ils proposent
ainsi de réaffecter à l’Etat 12 milliards de recettes jusqu’à la fin du
quinquennat, tout en remboursant
15 milliards de dette sociale stockée
à l’Acoss. A la règle d’or déjà citée,
les rapporteurs veulent substituer
un principe de « solidarité financière » entre les deux grands pôles
de la dépense publique. Le principal justificatif est lié au fait que
quand l’Etat finance intégralement
des baisses de charges, cela muscle
les créations d’emplois et donc les
recettes des régimes sociaux.
L’effort devrait donc être partagé.
Mais le dossier est sensible politiquement, les partenaires sociaux
notamment voyant d’un très mauvais œil la mise à contribution de la
Sécurité sociale. n
Vers
un nouveau
financement
de la protection
sociale
Le rapport Charpy-Dubertret propose une refonte
des recettes, très
complexes, de la Sécurité
sociale.
Celle-ci se verrait affecter
une liste limitative de prélèvements propres :
cotisations et contributions
sociales, CSG, taxes comportementales sur le tabac,
l’alcool, les boissons
sucrées. Les autres taxes
diverses, comme la taxe sur
les salaires, qui ont peu à
voir avec la vocation sociale
du régime général, seraient
redirigées vers l’Etat.
Qui compenserait ces pertes de recettes (35 milliards
au total) par un transfert de
TVA. Par ailleurs, la mission souhaite élargir le
champ de la loi de financement de la Sécurité sociale
à l’assurance-vieillesse
complémentaire, à l’assurance-chômage et aux établissements hospitaliers,
soit à titre informatif, soit
afin de donner la main
au législateur sur leur
gestion. Une vraie loi
de financement de
la protection sociale.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
RECUL DE L’EXCÉDENT
COMMERCIAL ALLEMAND
STABILITÉ DE LA DÉPENSE
DES MÉNAGES AU JAPON
L’Allemagne a enregistré
en juillet un excédent
commercial de 15,8 milliards
d’euros, en recul par rapport
à juin. Les exportations
ont diminué sur un mois
de 0,9 %, tandis que les
importations ont progressé
de 2,8 %. L’UE a absorbé
en juin 64,5 milliards d’euros
de marchandises en
provenance de l’Allemagne.
Les dépenses des ménages
japonais ont progressé
modestement en juillet par
rapport à la même période
de 2017 (+0,1 %). Si elle
se porte bien, l’économie
japonaise reste vulnérable
aux chocs externes.
La consommation n’aura pas
la force de compenser
un ralentissement éventuel
de la demande extérieure.
54.000
LE NOMBRE
DE TENTATIVES
DE PASSAGE DU MAROC
VERS L’UE EN 2018
Ce sont 54.000 tentatives
de passage vers l’UE qui ont
été avortées en 2018
et 74 réseaux criminels
démantelés, selon
les autorités marocaines.
Guerre commerciale : la
Chine, cible prioritaire
de la Maison-Blanche
l Alors que Washington doit décider d’une nouvelle salve
de surtaxes contre Pékin, Trump durcit encore le ton.
l Le président américain s’est dit prêt à sanctionner
l’intégralité des importations chinoises.
COMMERCE
INTERNATIONAL
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Avec Trump, l’art de la négociation
commence souvent par un zéro
supplémentaire. Alors qu’il doit
décider ces jours-ci s’il relève les
droits de douane s’appliquant à
200 milliards de dollars de marchandises chinoises, il affirme avoir
déjà préparé la vague de sanctions
suivante. « Maintenant, nous avons
200 milliards de dollars. Je déteste
dire ça, mais […] il y a encore 267 milliards de dollars [de biens chinois
prêts à être taxés, NDLR] rapidement si je le veux », a-t-il déclaré à
bord de son avion Air Force One
vendredi. « Ça change l’équation. »
Q u o i q u e d é j à é vo q u é e p a r
Trump, cette nouvelle menace
révèle l’étendue des divergences qui
demeurent entre les deux pays en
matière commerciale. Washington
et Pékin ont multiplié les tentatives
de négociation au printemps, sans
parvenir à trouver un compromis.
Une première série de surtaxes
américaines est déjà entrée en
vigueur au début de l’été, tandis que
deux autres sont dans les tuyaux
(voir ci-dessous).
Pékin a toujours répliqué
Si toutes ces menaces étaient suivies d’effet, la quasi-totalité des
importations chinoises se trouve-
raient frappées de surtaxes. Une
stratégie qui a montré ses limites :
jusqu’ici, Pékin a répliqué à chacune des mesures américaines par
des sanctions similaires.
Les chances de parvenir à un
accord dans les prochaines semaines semblent en outre se réduire.
Trump a annulé sa participation au
sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique, prévu
mi-novembre, et qui constituait
une échéance informelle pour leurs
discussions. Et certains estiment
que la reprise des discussions commerciales avec l’Union européenne, et avec les partenaires
nord-américains (Mexique et
La Chine surtaxée
l 50 premiers milliards
de dollars de biens chinois sont
déjà taxés depuis cet été
(équipements automobiles,
composants électroniques,
certains composants de
moteurs d’avion et machines
industrielles).
l Des surtaxes de 25% sont
envisagées sur 200 milliards
de dollars supplémentaires, qui
comprennent pour la première
fois des biens
de consommation. Trump doit
trancher ces jours-ci.
l Une troisième salve a été
évoquée, portant sur
267 milliards de dollars, mais
la décomposition n’a pas été
précisée.
Canada) incite Trump à durcir le
ton avec Pékin.
Selon le « Wall Street Journal »,
les Etats-Unis, l’Europe et le Japon
auraient même discuté le mois
dernier d’une stratégie commune
contre la Chine, que Washington
soupçonne de vouloir faire transiter ses marchandises par des pays
tiers pour pénétrer le marché américain et contourner les mesures
tarifaires.
Inquiétudes dans la tech
Le durcissement des relations avec
la Chine affole les entreprises américaines, en particulier dans la tech,
l’un des secteurs les plus exposés.
Plusieurs organisations patronales
envisageraient d’attaquer le représentant au Commerce, Robert
Lighthizer, pour empêcher la mise
en place de nouvelles mesures contre Pékin, arguant que celui-ci n’a
pas les pouvoirs nécessaires pour
prendre ces sanctions. Convaincus
qu’une défaite des républicains aux
élections de mi-mandat affaiblirait
le président américain, les opposants aux surtaxes fourbissent
parallèlement leurs armes, concentrant leurs efforts sur les candidats
républicains les plus vulnérables.
Un calcul incertain : « Ils ne comprennent pas qu’il sera aussi intraitable quel que soit le résultat », estime
l’ancien conseiller Steve Bannon
dans le « Wall Street Journal ».
(
L’éditorial de Jacques
Hubert-Rodier
Page 8
Trump met la pression sur Apple
Le week-end a été le théâtre
de passes d’armes entre la
firme à la pomme, qui
fabrique de nombreux
produits en Chine, et le
président américain.
par le président américain sonnent
donc comme une mauvaise nouvelle pour Apple.
Mac mini, Apple Watch,
mais pas l’iPhone
Pour mieux faire prendre conscience du danger qui pèse sur son
activité, la société a pour la première fois détaillé, dans un courrier
au département du Commerce
américain, l’éventail des produits
ex p o s é s à u n c o n t r e c o u p . S i
l’iPhone, son produit phare, n’est
pas mentionné, figurent les Apple
Watch, le Mac mini, les écouteurs
sans fil AirPods, le stylus Apple Pen-
Nathalie Silbert
@natsilbert
La lune de miel entre Donald
Trump et Apple est-elle terminée ?
Dans un de ces tweets véhéments
dont il est familier, le président
américain a attaqué samedi la
firme à la pomme qui, la veille, avait
alerté sur l’impact négatif d’un nouveau durcissement des relations
commerciales avec Pékin. « Il y a
une solution simple. Fabriquez vos
produits aux Etats-Unis au lieu de la
Chine. Commencez à construire de
nouvelles usines dès aujourd’hui.
Excitant ! » a-t-il lancé.
Jusqu’à présent, Donald Trump
avait relativement épargné le
groupe californien. En juin, il avait
encore assuré son patron, Tim
Cook, que les iPhone assemblés en
Chine seraient exonérés des droits
de douane sur les produits chinois.
Les nouvelles mesures envisagées
« Fabriquez vos
produits aux EtatsUnis plutôt qu’en
Chine. Commencez
à construire
de nouvelles usines
dès aujourd’hui. »
DONALD TRUMP
Dans un tweet ciblant Apple
cil, les casques Beats et la nouvelle
enceinte intelligente HomePod.
Au-delà des intérêts propres
d’Apple, le groupe met en garde
contre l’impopularité de la mesure.
« Ces droits de douane seront assimilés à un impôt par le consommateur
américain », prédit-il, avant de dresser un tableau très sombre des conséquences au plan macroéconomique. « Nous craignons qu’avec ces
tarifs, les Etats-Unis soient les plus
durement touchés, ce qui entraînera
une baisse de la croissance américaine, de la compétitivité et des prix
plus élevés pour les consommateurs
américains », écrit Apple. Des arguments qui, espère-t-il, feront mouche auprès de Donald Trump, qui
cherche à convaincre que sa politique est responsable de la conjoncture favorable aux Etats-Unis.
Jusqu’ici, Apple s’était plutôt
posé en allié, lui offrant en cadeau
une série d’annonces positives : un
chèque de 38 milliards de dollars au
fisc américain sur ses fonds rapatriés de l’étranger, 20.000 embauches, 30 milliards d’investissements sur cinq ans… La guerre
commerciale avec la Chine vient
assombrir cette relation. n
Paris à la manœuvre pour sauver la taxe Gafa
Face aux réticences,
Bruno Le Maire
a répété samedi
devant ses homologues
européens sa volonté
d’aboutir « avant la fin
de l’année ».
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
France tient à aboutir vite pour
envoyer un signal avant les élections européennes de mai.
Il faut sauver la taxe Gafa. C’est un
Bruno Le Maire en mission qui s’est
rendu samedi à Vienne (Autriche) à
la réunion des ministres des Finances et de l’Economie de l’UE. Face
aux réticences de l’Allemagne,
mises en lumière mardi dans un
document ministériel révélé par
« Bild », le ministre français a
manié la diplomatie et la fermeté
pour défendre la proposition européenne visant à mieux taxer en
Europe les géants du numérique,
proposition initiée et ardemment
soutenue par la France. « Les interrogations de l’Allemagne sont compréhensibles », mais « nous devons
aller de l’avant et trouver une solution d’ici à la fin de cette année […] Les
Européens ne peuvent pas comprendre que leurs entreprises aient un
niveau de taxation quatorze points
plus élevé que celui des géants du
numérique », a-t-il insisté. La
Diabolisation
Le ministre allemand, Olaf Scholz,
s’est de son côté montré évasif. « Il
faut prendre du temps pour débattre.
[…] Voyons jusqu’où nous pouvons
aller », a-t-il éludé samedi, concédant juste espérer « des résultats dès
cette année ». Dans le document
révélé mardi et signé de sa main, il
estime que « la diabolisation » des
Gafa (Google, Apple, Facebook, etc.)
n’est « pas efficace ».
La proposition sur la table prévoit la mise en place en Europe
d’une taxe de 3 % sur une partie du
chiffre d’affaires des géants du Net,
le temps qu’une solution mondiale
soit négociée au sein de l’OCDE. Les
travaux de cette dernière patinent
depuis des années et n’aboutiront
pas avant 2020 au mieux.
Or si une majorité des 28 Etats de
l’UE défendent l’idée, d’autres préfèrent attendre cette hypothétique
solution mondiale. En particulier
l’Irlande, qui juge une taxe européenne protectionniste et inefficace. « Si l’Europe cherche à traiter
seule cette question, elle court le risque de saper la coopération fiscale
mondiale », a affirmé vendredi son
ministre des Finances, Paschal
Donohoe.
Clause de caducité
Hans Punz/AFP
EUROPE
Les ministres allemand et
français des Finances, Olaf
Scholz et Bruno Le Maire.
Le fait que l’Irlande profite de sa fiscalité très avantageuse pour attirer
sur son sol les géants du numérique
n’est pas étranger à cette position.
Une taxe Gafa pourrait aussi « promouvoir une réponse des pays qui
seront affectés par cette situation, et
ce à un moment où le commerce
mondial est sous pression », a poursuivi le ministre irlandais. C’est de
fait la raison des tergiversations de
l’Allemagne, qui craint des représailles américaines sur l’automobile. Pour tenter de convaincre les
réticents, Bruno Le Maire a proposé
same di l’intro duct ion d’une
« clause de caducité » dans le texte
« afin que, dès qu’il y aura une décision au niveau de l’OCDE, cette solution remplace la solution européenne ». La Commission
européenne proposait déjà de rendre cette taxe « temporaire », mais
l’inscrire noir sur blanc aurait le
mérite de la clarté et permettrait à
terme d’éviter des risques de double
imposition.
S eule bonne nouvelle de la
semaine pour Paris sur ce dossier, le
Luxembourg, jusqu’ici opposé au
texte, ouvre désormais la porte.
Mais ce sont tous les réticents qu’il
faudra convaincre : en matière fiscale, l’unanimité est nécessaire
dans l’UE. C’est vers l’Irlande que se
tournent ainsi tous les regards, sur
laquelle Bruxelles a toutefois les
moyens de faire pression, via les
négociations en cours sur le Brexit
où sa frontière avec l’Irlande du
Nord est au cœur des enjeux. De
quoi laisser à Bercy un réel espoir
d’aboutir ces prochains mois… à
condition que l’Allemagne rejoue
vraiment le jeu. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
La rivalité s’intensifie entre
Boris Johnson et Theresa May
que… Si ce plan servait de base à
l’accord que Londres parvient à
conclure avec Bruxelles, le risque est
grand de voir le Parlement britannique rejeter ce dernier lorsqu’il lui
sera soumis cet automne.
ROYAUME-UNI
Alors que le bouillonnant eurosceptique
multiplie les signes
montrant qu’il est prêt
pour Downing Street,
les proches de
Theresa May ont lancé
la contre-attaque.
La conférence du parti
en ligne de mire
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Une lutte sans merci est désormais
engagée à Londres pour prendre
l’ascendant sur le Parti conservateur et avoir ainsi la main pour décider de l’avenir post-Brexit du pays.
Le très eurosceptique ex-ministre
des Affaires étrangères, Boris Johnson, multiplie depuis une semaine
les signes montrant qu’il se prépare
pour Downing Street. Dans une tribune publiée dimanche dans le
« Mail on Sunday », il pilonne à nouveau très durement le plan de Theresa May pour l’après-Brexit. « Nous
avons placé une veste-suicide sur la
Constitution britannique – et donné
le détonateur à Michel Barnier » (le
négociateur européen), soutient-il.
Les proches de la Première
ministre sont passés en mode contre-attaque. Ils étaient soupçonnés
durant le week-end d’avoir exhumé
un document égrainant le nom des
nombreuses maîtresses de l’ancien
maire de Londres, pointant chacun
de ses travers et rappelant qu’il s’est
Ex-ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson se préparerait
désormais pour Downing Street. Photo Tolga Akmen/AFP
essayé à la cocaïne. Boris Johnson
avait pourtant pris les devants, en
annonçant vendredi son divorce
après vingt-cinq ans de mariage
avec Marina Wheeler, une avocate
de cinquante-quatre ans avec qui il
a eu quatre enfants.
Theresa May a choisi, début
juillet, d’emmener le pays vers un
« soft Brexit », qui préserve au
mieux les intérêts des entreprises,
quitte à continuer de s’aligner sur
les règles européennes pour assurer la fluidité du commerce de biens
avec l’UE. Boris Johnson, qui a
démissionné de son poste pour pro-
tester contre ce plan dit « de Chequers », préconise un Brexit plus
dur, permettant au Royaume-Uni
de retrouver toute sa liberté notamment pour nouer des accords commerciaux avec des pays tiers.
Le plan de Chequers est pour l’instant le seul sur la table – les « hard
Brexiters » du Parti conservateur
ont renoncé la semaine dernière à
publier un plan alternatif faute du
soutien clair de Boris Johnson. Mais
il est également rejeté par Bruxelles
et par les « remainers » des tories. Et
il n’est, selon SkyData, soutenu que
par 18 % de la population britanni-
Dernière chance pour Paris et
Berlin face à la crise migratoire
On voit mal alors comment Theresa
May pourrait se maintenir à son
poste. C’est sans doute l’occasion
qu’attend Boris Johnson pour se
poser en recours. Ce dernier fait tout
pour que le calendrier s’accélère. Il
multiplie les clins d’œil à la droite du
parti, rencontre les cadors tories
pour, dit-on, leur promettre des postes de ministre, déjeune ostensiblement avec le « whip » du parti, le
député chargé de faire rentrer les
MPs dans le rang.
Il consulte Steve Bannon, l’ex-conseiller de Trump, sur son image et
s’offre les services du gourou électoral Lynton Crosby, qui l’avait aidé à
devenir maire de Londres. Il soigne
aussi ses relations avec Jacob ReesMogg, le chef de file des députés
« hard Brexiters » du parti. Car pour
devenir chef du Parti conservateur,
il lui faudra d’abord être retenu pour
un duel final par les députés tories.
Un défi plus difficile à relever pour
lui que de se faire élire, ensuite, par
les membres du parti.
En attendant, tout est bon pour
gagner des points, avant la conférence du Parti conservateur prévue
à la fin du mois à Birmingham.
Boris Johnson a promis d’y intervenir… la veille du discours de
Theresa May. n
i
Vendred
avec
os
Les Ech
Catherine Chatignoux
@chatignoux
Les élections européennes auront
lieu dans plus de huit mois, mais on
peut déjà prédire que la question
migratoire occupera une place centrale dans les débats. Pour mieux
lutter contre le camp des populistes
qui prônent la fermeture des frontières, les dirigeants de l’Union favorables à une solution européenne
vont tenter une dernière offensive.
Mercredi, à l’occasion de son dernier discours sur l’état de l’Union, le
président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, fera
une série de propositions pour renforcer les frontières extérieures de
l’Union et freiner l’arrivée des
migrants.
Le sort de ceux déjà sur le sol
européen est beaucoup plus difficile
à trancher. La France et l’Allemagne
vont tenter de théoriser les solutions
improvisées depuis le refus de l’Italie, en juin, d’accueillir l’« Aquarius » : débarquement des bateaux
dans le port « sûr » le plus proche,
puis répartition des migrants entre
voisins européens sur une base
volontaire. Angela Merkel et
Emmanuel Macron ont évoqué le
sujet vendredi à Marseille avec
l’intention de soumettre ce plan au
sommet européen de Salzbourg de
la semaine prochaine. Rien n’est
joué car le gouvernement italien,
quoique divisé sur la question, persiste dans son refus d’accueillir dans
ses ports le moindre bateau géré par
une ONG. Il s’oppose aussi aux centres de rétention, qui permettraient
de renvoyer rapidement les candidats déboutés de l’asile. Des centres
Angela Merkel et Emmanuel Macron vendredi à Marseille.
Photo Christophe Simon/AFP
qui seraient pourtant entièrement
financés sur des fonds européens,
note-t-on à Paris.
L’avenir de la zone euro
toujours en chantier
Le travail de conviction du président français, qui a pris la tête du
combat contre les « démagogues
nationalistes », doit aussi se poursuivre sur les dossiers économiques : la taxation européenne des
grandes entreprises du numérique
prend du retard. La question a été
« brièvement discutée » par le couple
Merkel-Macron vendredi et ce dernier va « maintenir la pression » sur
ses partenaires pour un accord en
décembre. Même volontarisme sur
l’avenir de la zone euro, où le président français joue gros. Le noyau
dur d’opposants au budget de la
zone euro, qui s’est constitué autour
des Pays-Bas, ne sera pas facile à
retourner. « Nous travaillons à surmonter les blocages », indique-t-on
dans l’entourage du président.
Le temps presse, car plus les élections européennes se rapprocheront et plus les compromis seront
difficiles à trouver. Déjà Emmanuel
Macron a attaqué de front jeudi le
Parti populaire européen (PPE) en
lui demandant de clarifier sa position. Ce groupe, premier en importance au Parlement européen
regroupe les partis conservateurs
pro-européens comme la CDU, les
Républicains français (LR) et le
Parti populaire espagnol. Mais il
abrite aussi le parti ultraconservateur et eurosceptique du dirigeant
hongrois Viktor Orban, dont les
dérives anti-démocratiques doivent justement être passées au crible des députés européens mardi à
Strasbourg. La réponse du patron
du PPE, l’Allemand Manfred
Weber, est sans équivoque. Loin de
rompre avec l’illibéral Orban, il a
annoncé samedi son intention de
travailler avec « tout le monde », le
Hongrois Orban, comme le ministre de l’Intérieur italien leader de la
Ligue d’extrême droite, Matteo Salvini. Cette stratégie, qui va imprimer au PPE un coup de barre à
droite devrait faciliter la tâche
d’Emmanuel Macron, qui s’est
donné pour objectif de rassembler
les progressistes européens autour
d’une plate-forme commune. n
AMÉRIQUE
LATINE
Le leader de l’extrême droite, favori
du premier tour, est
hospitalisé après
avoir été poignardé
durant un meeting.
Thierry Ogier
— Correspondant à Sao Paulo
« Je n’ai jamais fait de mal à personne », affirme Jair Bolsonaro
sur son lit d’hôpital, quelques
heures après avoir été poignardé dans le ventre lors d’un
bain de foule dans la ville de
Juiz de Fora, à environ 200 kilomètres de Rio.
Ses partisans ne cachent pas
que cette attaque pourrait le
favoriser (il a déjà 22 % d’intentions de vote après l’invalidation de la candidature de l’exp r é s i d e n t L u l a) a v a n t l e
premier tour du 7 octobre. « Il
va être élu président dès le premier tour », a prédit Flavio Bolsonaro, alors que son père passait sa première nuit à l’hôpital.
Emotion et solidarité également dans la rue le 7 septembre, jour de la fête nationale et
lendemain de l’attentat. « Ça a
été positif, comme une commotion. Je crois qu’il y a encore
beaucoup d’indécis, certains
penchaient plutôt en faveur de
João Amôedo [NDLR : autre
candidat de droite, du Parti
Novo, qui prêche la rénovation].
Maintenant, ils peuvent se rap-
procher de Bolsonaro. Vraiment,
c’est un candidat qui rue dans les
brancards. Si ça gêne les autres,
ça prouve qu’il est sur le droit chemin », explique un jeune père
de famille portant un T-shirt à
l’effigie de Jair Bolsonaro.
« J’attendais l’occasion pour le
mettre. C’est la première fois que
je prends position comme ça.
M a i s m a i n t e n a n t i l fa u t y
aller ! » dit-il. L’effet Bolsonaro
devrait se faire sentir dès lundi
soir, lors de la publication du
premier sondage post-attentat.
« Bolsonaro va gagner des points
au premier tour et sera probablement en tête au deuxième tour,
prévoit le politologue David
Fleischer, et le nombre d’électeurs affirmant qu’ils ne voteraient pour lui sous aucun prétexte va baisser.
Le pari des marchés
Sur les marchés, la Bourse a clôturé en hausse et le dollar en
baisse après l’attentat manqué.
« Le marché parie sur une victoire de Bolsonaro et croit qu’il a
désormais davantage de chances
de l’emporter. Les investisseurs
semblent disposés à ne pas prendre en compte le propre passé de
Bolsonaro – en phase avec le
nationalisme économique brésilien des années 1970 et 1980 –, ils
croient qu’il a changé, et que ses
conseillers économiques
[notamment l’ancien banquier
Paulo Guedes] vont prendre des
mesures favorables au monde
des affaires », explique Brian
Winter, rédacteur en chef de la
revue « Americas Quarterly ». n
Spécial Mode femme
EUROPE
Merkel et Macron
tentent encore
de trouver des
solutions pérennes.
L’élection au
Brésil bouleversée
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 //
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Dépense publique : le grand flou
des Echos
La Chronique
Non, l’Allemagne n’est pas
un pays « normal »
Le Point de vue
Le salut de l’Europe passera par le Nord
Art et culture
Une « Ménagerie de verre » limpide
au Poche-Montparnasse
Science
Un super-accélérateur pour sonder
la matière
LES ÉDITORIAUX DES « ÉCHOS »
Le retour de la
contrainte budgétaire
Emmanuel Macron s’était beaucoup
employé, l’an dernier, à faire de la
présentation de son premier budget un nonévénement. Les réformes devaient être
déclinées avant, domaine par domaine, la
présentation du projet de loi de finances, à
connotation beaucoup trop comptable à ses
yeux, n’étant qu’une synthèse a posteriori de
Par Etienne
ces annonces. Le chef de l’Etat souhaiterait
Lefebvre
sans doute enjamber à nouveau l’obstacle
cette année – le Premier ministre a dévoilé
L’exécutif
les grands arbitrages budgétaires (quasi-gel
veut
des prestations, notamment) dès la fin août,
et les deux prochaines semaines doivent être
envoyer
par la présentation des plans
des signaux rythmées
pauvreté (le 13 septembre) et réorganisation
sociaux
de l’offre de soins (le 18).
Mais la réalité budgétaire le rattrape. Le
mais doit
franchissement symbolique du seuil des
tenir les 3 % 100 % de PIB de dette publique, qui devrait
de déficit
être annoncé par l’Insee à la fin du mois
(publication des statistiques du deuxième
et ses
trimestre), va mettre les projecteurs sur ces
promesses
enjeux financiers. Et la Commission
fiscales.
européenne, qui a fait preuve jusque-là d’une
certaine mansuétude, devrait se rappeler au
bon souvenir de la France. Surtout, les chantiers engagés
discrètement pour réformer l’Etat et ralentir la progression des
dépenses publiques vont arriver sur le devant de la scène. La
suppression de 50.000 postes de fonctionnaires au sein de l’Etat sur
le quinquennat, si elle paraît très incertaine, va commencer à faire
des vagues, comme on le voit aujourd’hui dans le monde du sport
ou au sein du réseau de Bercy (fermetures de trésorerie). La
réorganisation en préparation de l’Etat en régions, visant à
supprimer des doublons et à déléguer certaines missions, met aussi
l’appareil administratif sous tension. A l’instar des discussions pour
moderniser le statut des fonctionnaires qui entrent dans le concret.
Dans ce contexte, le gouvernement doit assumer un discours
offensif et ne pas chercher à mettre ces sujets sous l’éteignoir,
comme ces derniers mois avec l’enterrement du rapport du Comité
action publique 2022. La question des économies est devant nous
– les objectifs ambitieux fixés pour 2020-2022 ne peuvent être
atteints avec de simples coups de rabot – et elle est centrale. Pour des
raisons budgétaires bien sûr, mais aussi d’efficacité des politiques
publiques et de capacité à investir là où résident les besoins. Le plan
pauvreté qui va être présenté en sera un bon exemple. La volonté
d’accompagner 100 % des personnes au RSA vers l’emploi et
l’obligation de formation pour tous les 16-18 ans vont être affirmés
avec force. Mais sans clarification des rôles des acteurs amenés à
mettre en œuvre ces engagements (départements, missions locales,
Pôle emploi, etc.), ils resteront lettre morte.
(
Lire nos informations
Page 3
Trump et les limites de
la guerre commerciale
Par Jacques Hubert-Rodier
Il faut savoir arrêter une guerre. Et pour ne pas la perdre, il faut éviter
que les armes utilisées ne se retournent contre soi. Avec la Chine,
Donald Trump est prêt à déclencher une guerre commerciale totale. Il
a désormais ouvert « l’option nucléaire » : taxer la quasi-totalité des
exportations chinoises en Amérique, afin de rééquilibrer les échanges
commerciaux très défavorables à l’Amérique. Un rééquilibrage qui
permettra, espère-t-il, de recréer de l’emploi industriel aux Etats-Unis
et de satisfaire une fraction de l’électorat qui se sent lésé par la
mondialisation. Certes, les nouveaux droits de douane ne devraient
pas entrer en vigueur avant les élections de mi-mandat de novembre et
les conséquences sont pour l’instant minimes. Mais on ne peut écarter
que le président américain mette ses nouvelles menaces à exécution.
Car l’objectif est d’empêcher la Chine de rivaliser avec le leadership de
l’Amérique. Pour le moment, la guerre est commerciale et la Chine a
surtaxé des montants équivalents à ceux touchés par Washington, en
appliquant la loi du Talion. Mais si Trump poursuit l’escalade, Pékin a
d’autres armes comme vendre de la dette américaine ou dévaluer le
yuan. Sans parler des tensions supplémentaires en mer de Chine entre
les deux grands, déjà lancés dans une course à la militarisation.
A terme, la généralisation d’un conflit commercial entre la Chine et
les Etats-Unis aura comme effet de peser sur l’économie mondiale.
Car elle pourrait contribuer au freinage de l’économie chinoise et se
retourner contre les Etats-Unis eux-mêmes en réduisant la
consommation intérieure et en faisant peser une épée de Damoclès
sur les entreprises de la high-tech qui ont besoin de la Chine et de ses
investissements. Il n’est pas trop tard pour une solution négociée.
Après avoir menacé de son « gros bouton nucléaire » Pyongyang,
Trump a finalement accepté de discuter avec Kim Jong-un. Pourquoi
pas avec Xi Jinping ? A moins qu’il préfère la « destruction créatrice » ?
Mais l’Amérique sera alors la grande perdante.
(
Lire nos informations
Page 6
Boll pour « Les Echos »
Macron face au risque
de la paralysie
Jean-Marc Vittori
@jmvittori
C’était le 19 octobre 2013. A l’Elysée
depuis dix-sept mois, François Hollande proposait, dans une allocution télévisée, à Leonarda de revenir
poursuivre ses études en France.
Quelques minutes plus tard, la
jeune Rom expulsée vers le Kosovo
rejetait son offre en direct sur
BFMTV. Cette rebuffade en direct
marquait symboliquement la fin du
quinquennat Hollande. Le président n’a mené ensuite aucune
réforme d’envergure.
En septembre 2018, seize mois
après son élection, Emmanuel
Macron n’a pas connu son épisode
Leonarda. Mais il est plus bas dans
les sondages que son prédécesseur
il y a cinq ans. Son quinquennat touche peut-être déjà à sa fin. Au palais
présidentiel jusqu’en 2022, il a peutêtre déjà derrière lui le temps de
l’action, celui du grand réformateur
qu’il aspirait à être.
à l’Assemblée, où certains députés
du parti présidentiel ont des fourmis frondeuses dans les jambes.
Grande faille économique
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Moins d’un an et
demi après l’arrivée
d’Emmanuel Macron
à l’Elysée, son espace
se rétrécit singulièrement. La politique,
l’économie et le
management abaissent l’horizon.
Et c’est finalement
assez classique.
Fourmis frondeuses
Bien sûr, rien n’est joué. Des projets
ambitieux déjà lancés devraient
aboutir. D’autres pourraient encore
voir le jour. Mais tout va devenir plus
compliqué. La faute à la politique, à
l’économie et au management.
La politique d’abord. La menace
ne vient pas ici de l’opposition. Un an
et demi après le happening stupéfiant des élections, elle reste en état
de choc. A droite, Laurent Wauquiez
emmène les Républicains dans le
mur. A gauche, le PS a perdu son
identité avec ses murs, Benoît
Hamon est dans l’éther, la mouvance
écologique dans la nature et JeanLuc Mélenchon au théâtre ce soir.
La menace ne vient pas plus de
l’affaire Benalla, qui a moins passionné les Français que les médias,
qui ont trouvé là de quoi remplir le
vide de juillet après la Coupe du
monde. Elle commence peut-être
avec le départ de Nicolas Hulot dans
un rare moment de sincérité, et le
choix de son remplaçant qui marque le repli sur le sérail politique.
Des tensions pourraient apparaître
D
Les points à retenir
Macron est plus
•basEmmanuel
dans les sondages que
son prédécesseur il y a cinq
ans et ses perspectives de
redressement sont limitées.
Les échéances électorales à
venir constituent une menace
pour son parti.
Le secours ne viendra pas
d’une reprise économique
plus lente qu’espéré.
Aujourd’hui, le temps
du grand réformateur qu’il
aspirait à être est peut-être
déjà derrière lui.
•
•
•
Surtout, Emmanuel Macron et sa
m a j o r i t é vo n t a f f r o n t e r u n e
épreuve redoutable : des élections.
La République En marche veut être
le premier parti du pays dans le
scrutin européen du 26 mai 2019,
mais elle pourrait glisser au 3e rang,
voire au 4e. La perspective des élections municipales de 2020 va crisper encore plus les postures. Le président perd son espace politique.
Ensuite l’économie : le secours
ne viendra pas de là. La croissance
est plus lente qu’espéré. C’est la
faute à la malchance, mais aussi
aux tripotages de la politique fiscale. L’argent va moins rentrer
dans les caisses de l’Etat. Ce qui va
faire ressortir la grande faille économique du programme de
Macron : la réforme de l’Etat et les
dépenses publiques, sujets qui ne
l’ont jamais intéressé. Faute de
vraie méthode, il va falloir à nouveau manier le rab ot b ête et
méchant, comme on l’a déjà vu
dans les prestations sociales. Et il
va être difficile de relever des crédits honteusement comprimés,
comme ceux de la justice.
Les comptes publics ne vont certes pas tomber dans le rouge, car ils
y sont depuis longtemps. Mais ils
vont cogner des seuils symboliques : 3 % du PIB pour le déficit,
100 % pour la dette. Ces points techniques agacent la Commission
européenne, à qui on avait promis
une énième fois que le déficit serait
cette fois-ci vraiment réduit.
Anciennes ornières
Au-delà, c’est toute la crédibilité de la
France dans l’Union européenne qui
est en jeu. A défaut d’avoir un vrai
projet pour la dépense publique,
Emmanuel Macron en a un pour
l’Europe. Mais l’absence du premier
risque de tuer le second. Les poches
vides, le président français aura
encore plus de mal à frayer le chemin vers la réforme de l’Europe,
pourtant nécessaire à la survie de la
construction communautaire.
Le management enfin. Face aux
difficultés croissantes, sur des sujets
auxquels il a moins réfléchi, Emmanuel Macron revient aux anciennes
méthodes, au risque de tomber
dans les anciennes ornières. Si le
président, le Premier ministre et
leurs directeurs de cabinet ont en
commun d’avoir travaillé en entreprise, ils sont aussi tous passés par la
haute fonction publique. Dans
l’adversité, le réflexe technocratique
revient au galop, au détriment de
l’esprit entrepreneurial. Les ambitions se rabougrissent.
La mise en œuvre du prélèvement à la source ou l’amputation du
pouvoir d’achat des prestations
sociales constituent de beaux
exemples de logique technocratique. « Bercy reprend le pouvoir »,
entend-on parfois. Alors même que
des mesures pourraient se justifier
politiquement. Désindexer partiellement certaines prestations sociales, c’est concentrer les aides sur
ceux qui en ont le plus besoin, ce qui
est non seulement défendable mais
aussi sans doute souhaitable.
Mœurs et économie
Un temps d’action limité à moins
d’un an et demi peut sembler
extraordinairement court pour
un gouvernement. En réalité, c’est
plutôt la règle. En matière de
mœurs, les grandes avancées du
dernier demi-siècle – légalisation
de l’avortement, abolition de la
peine de mort et autorisation du
mariage gay – ont toutes été
votées dans la première année
d’un mandat présidentiel. En
matière économique, une étude
de la Banque mondiale sur plusieurs dizaines de pays avait montré que « pratiquement 85 % des
réformes ont été mises en œuvre
dans les quinze premiers mois d’un
nouveau gouvernement ».
Emmanuel Macron n’a d’ailleurs
pas à rougir. Il a sans doute déjà agi
davantage pour la France que ses
trois, voire ses six, prédécesseurs.
Mais il reste tellement à faire… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
opinions
1. Le patron de Castorama jette l’éponge
2. L’alcool continue de faire des ravages sur les bébés
3. Un Français devient le bras droit d’Elon Musk chez Tesla
4. Hubert Védrine : « Les élites doivent écouter les demandes d’identité,
de souveraineté et de sécurité des peuples »
5. Jack Ma, emblématique fondateur de l’empire Alibaba, prépare sa sortie
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Dépense publique :
le grand flou
La Chine s’éveille
lentement à la charité
Emmanuel Macron n’a toujours pas
dévoilé sa stratégie pour réduire la
dépense publique. En possède-il une ? Si
oui quelle est-elle ? Réponse avec François
Perret, coprésident de l’Institut Anaxagore.
ZÉRO INDICE « Dans son livre intitulé
“Révolution” (2016), le futur président
exprime bien son intention de “poursuivre
une réduction de nos dépenses publiques”,
mais ne se montre guère loquace lorsqu’il
s’agit de préciser les objectifs quantifiés qui en
découlent et la voie à emprunter pour les
atteindre. Après son installation à l’Elysée, il
précise qu’il s’agit de ramener le niveau de
dépenses publiques (hors crédits d’impôt) de
54,7 % du PIB par an à 51,1 % à l’horizon
2022. Soit. Mais toujours pas d’indice sur la
manière de s’y prendre. »
NOUVEAU CYCLE « La rareté du discours
budgétaire présidentiel n’est dans un
premier temps que peu commentée, car
la nouvelle équipe dirigeante bénéficie
de circonstances macroéconomiques très
favorables, offrant à notre pays l’amorce
d’une nouvelle pente baissière de son déficit
public annuel et donnant des gages à
Bruxelles. […] Mais le temps se gâte audessus de la France : tensions commerciales
internationales, remontée du prix du baril
de pétrole, épuisement des effets de la
politique monétaire de la BCE, remontée
de l’inflation. »
VRAI PARI « La partie est-elle perdue ? […].
Son véritable pari, c’est bien la réforme de
la protection sociale doublée de l’installation
[...] d’un authentique changement de culture
dans la sphère publique : modernisation et
numérisation des administrations publiques
et définition de nouvelles règles du jeu dans la
fonction publique, favorisant autonomie,
responsabilisation et culture du résultat. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Depuis la fin des années 1970, la
•Chine
communiste a profondément
changé. Et, surtout, les Chinois se sont
en général enrichis. Ce qui aurait dû
ouvrir la voie à une très forte augmentation des dons aux organismes caritatifs, estime « The Economist ». Cela
d’autant plus qu’il y a deux ans Pékin a
adopté une loi permettant de déduire
fiscalement des dons aux œuvres
sociales encourageant ainsi les entreprises et les milliardaires chinois à se
montrer plus généreux. Pourtant,
affirme « The Economist », la Chine est
encore située au 138e rang mondial sur
139 pays pour la disponibilité de sa
population à faire des dons, selon
l’association caritative britannique
Charities Aid Foundation. Et l’hebdomadaire s’interroge sur le fait que le
nombre de Chinois faisant des dons ne
représente que 5 % des Américains,
alors que la population chinoise est
quatre fois supérieure à celle des EtatsUnis. Paradoxalement, il y a quelques
raisons pour être optimiste, écrit « The
Economist ». Aujourd’hui, la Chine
compte 800.000 « organisations sociales », soit cinq fois plus qu’en 2000.
Mais l’obstacle à un fort développement des dons est la crainte du pouvoir
communiste de voir les ONG jouer un
rôle dans des mouvements de contestations. Pékin a tiré les leçons des
printemps arabes de 2011. Xi Jinping a
ainsi décidé de renforcer le contrôle
sur les ONG, quitte à installer des taupes du Parti communiste en leur sein.
Sans oublier sa méfiance à l’égard des
religions, qui est un autre frein au développement des associations à but non
lucratif. La Chine change… mais de
plus en plus prudemment.
— J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Une bière au goût amer
LE PROPOS Au terme d’une
enquête de cinq années pour
mener plus de 300 entretiens dans
onze pays africains et consulter des
centaines de documents internes
d’Heineken, l’auteur fait part des
pratiques de la multinationale dans
une partie du monde où les Etats
sont défaillants : collaboration avec
des dictateurs, voire des criminels
de guerre, corruption, évasion
fiscale, exploitation sexuelle…
L’INTÉRÊT Le livre raconte les
dérives qui permettent au numéro
deux mondial de la bière
de réaliser une marge financière
en Afrique supérieure à celle
de ses concurrents, sous couvert
de participer au développement
économique du continent africain.
Il décortique les écarts de la
multinationale néerlandaise,
obligée de se compromettre
avec les pouvoirs en place pour
engranger des bénéfices
mirifiques. Il révèle aussi des
pratiques sujettes à caution faisant
partie de la stratégie d’Heineken
en Afrique. Ainsi, le recours aux
services de milliers de jeunes filles
dans plusieurs pays pour animer
ses campagnes promotionnelles
dans des bars populaires. Des
Heineken en Afrique, une
multinationale décomplexée
par Olivier van Beemen, éditions
Rue de l’Echiquier, 304 pages,
20 euros.
pratiques qui donnent souvent lieu
à du harcèlement sexuel de la part
des cadres locaux du brasseur,
et à de la prostitution auprès
des clients.
LA CITATION « En Afrique, la bière
rapporte près de 50 % de plus
qu’ailleurs, et certains marchés,
comme le Nigeria, sont parmi
les plus lucratifs du monde »,
selon l’enquête du journaliste.
— Didier Burg
A Chemnitz (Karl Marx-Stadt du temps de la RDA), le 27 août dernier, manifestation de militants d’extrême droite
du mouvement Pegida protestant contre le meurtre d’un homme de 35 ans. Photo Odd Andersen/AFP
Non, l’Allemagne n’est pas
un pays « normal »
Les manifestations haineuses de Chemnitz sont vues par certains comme
une « normalisation » de l’Allemagne, qui découvre après d’autres le discours
populiste. Mais une dérive de l’Allemagne serait un séisme pour l’Europe.
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
n cette journée de fin octobre
1989 à Berlin, la température
était douce. Assis au balcon de
ma chambre d’hôtel, à l’ouest de la ville
mais non loin du Mur, j’entendais distinctement le piétinement d’une foule
en marche qui répétait en boucle les
mots : « Wir sind ein Volk » (« Nous
sommes un peuple »).
Ce sont ces mêmes mots qui sont
repris aujourd’hui par les manifestants
d’extrême droite dans la ville de Chemnitz, non loin de Dresde. Hier, dans ce
qui était encore la République démocratique allemande (la RDA), nationalisme et amour de la liberté allaient de
pair. Aujourd’hui, à l’est de l’Allemagne
le nationalisme s’accompagne d’un discours de haine et d’exclusion.
Les optimistes ou les cyniques se rassurent en se réjouissant presque que
l’Allemagne soit pleinement redevenue
un pays « normal ». Après avoir
accueilli sur son sol plus d’un million de
migrants dans la seule année 2015, comment pourrait-il en être autrement ?
Ceux qui, comme l’auteur de ces lignes,
ont une vision plus cyclique ou plus tragique de l’histoire, considèrent à
l’inverse, que l’Allemagne, compte tenu
de son passé, mais plus encore du fait de
sa centralité économique et politique,
ne peut redevenir un Etat « normal ».
Surtout si par normalité on entend
aujourd’hui l’expression décomplexée
et violente du racisme et de la xénophobie. La chancelière d’Allemagne Angela
Merkel semble épuisée, sinon découragée devant ce déferlement de haine
auquel elle ne s’attendait pas. En 2015,
fille de pasteur, elle n’avait fait que suivre
son instinct moral. Un instinct décuplé
par une volonté de « rattrapage historique ». Toutes proportions gardées, une
dérive de l’Allemagne aujourd’hui serait
pour l’Europe l’équivalent de ce que
représente la dérive des Etats-Unis pour
l’ensemble du monde occidental : un
tremblement de terre. Comment
l’Europe pourrait-elle donner des
leçons de morale et de rationalité à
l’Amérique et au monde, si « au cœur du
E
cœur », le meilleur élève de la classe
retombait, ne serait-ce qu’à la marge,
dans la banalité du mal ?
En voyant les images de Chemnitz
tourner en boucle sur les chaînes
d’information, il me revient en
mémoire, le débat que j’ai eu avec Elie
Wiesel dans la presse allemande et
internationale quelque jours après la
chute du mur de Berlin. « Je crains ce
qu’il y a derrière le Mur », écrivait-il. « Ce
petit bout du Mur que j’ai ramené de Berlin et qui trône fièrement sur mon bureau
est le symbole de la réconciliation entre
mes trois identités : française, européenne et juive », avais-je eu l’audace de
lui répondre. Aurait-il eu raison dans
son pessimisme historique nourri de
ses souffrances ? Aurais-je eu tort,
aveuglé comme je pouvais l’être, par ma
volonté de tourner la page du passé,
pour en écrire d’autres qui soient plus
belles et plus porteuses de réconciliation et d’espoir ?
Prisonniers d’une
dictature de l’événement,
vivant au rythme de
l’information immédiate,
nous semblons avoir
perdu l’intuition du
temps long de l’Histoire.
En cette fin d’été 2018, à l’est de l’Allemagne, à en croire les sondages, près
d’un quart de la population se sent proche des discours de l’extrême droite et
de l’extrême gauche, dans ses incarnations les plus diverses. C’est loin de constituer une majorité, mais c’est deux fois
plus que les simples votes en faveur de
l’AfD. On ne saurait se rassurer, comme
le font encore certains, en se disant que
les manifestants de Chemnitz ne sont
que l’expression d’une dérive marginale. Il faut replacer l’évolution de l’Allemagne dans le contexte plus général de
la crise que traversent l’Union européenne et le modèle démocratique dans
son ensemble.
En Allemagne, sous l’effet combiné
du passage du temps et de la sévérité de
la crise, politique et morale, l’efficacité
de la vaccination contre les dérives historiques qu’ont constitué les années
1933-1945 semble n’être plus suffisante.
Et ce plus encore à l’est, qui a subi consécutivement les deux dictatures nazie et
communiste, et ce sans aucune contreexpérience démocratique. Mais d’où
pourrait venir une nouvelle forme de
vaccination ? Prisonniers d’une dictature de l’événement, vivant au rythme
de l’information immédiate, nous semblons avoir perdu l’intuition du temps
long de l’Histoire. Lorsqu’avec le sens de
la formule qui est le sien, le Premier
ministre hongrois Viktor Orbán
résume sa pensée en disant : « Hier,
nous regardions l’Europe comme notre
futur, aujourd’hui nous sommes le futur
de l’Europe », il nous faut lui répondre
avec force que le futur qu’il nous propose ressemble à s’y méprendre au
passé qui a été le nôtre il y a moins d’un
siècle. Un passé qui a fait de l’Europe un
champ de ruines.
Invitée d’honneur il y a quelques
jours du dîner annuel de l’Institut
Bruegel (un « think tank » européen
particulièrement réputé), la commissaire à la Compétition Margrethe Vestager a choisi de ne pas évoquer les sujets
qui fâchent, mettant exclusivement
l’accent sur les succès (et ils sont nombreux) de l’Europe. Elle fut très applaudie par un public d’initiés qui semblait
transporté par son optimisme conquérant. Il y avait pourtant dans le choix de
son message, une forme de déni élitiste,
sinon technocratique. En ne mentionnant jamais la politique et la montée des
populismes, elle semblait flotter dangereusement au-dessus de la réalité du
monde. Raymond Aron disait de Valéry
Giscard d’Estaing qu’il semblait avoir
des difficultés à percevoir la dimension
tragique de l’Histoire. La formule aurait
pu s’appliquer au discours de Margrethe Vestager, même si la Danoise
incarne l’un des éléments les plus
dynamiques et charismatiques de la
Commission au point que certains
voient en elle une future présidente du
Conseil européen.
Lorsque les Etats-Unis éternuent, le
monde prend froid, disait-on hier. Si
l’Allemagne prend froid, c’est l’Europe
qui risque d’attraper une pneumonie,
pourrait-on dire aujourd’hui. Plus de
soixante-dix ans après la fin de la
Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne
n’est toujours pas un pays comme les
autres. Sa « normalisation » toute relative encore, mais en marche à l’égard
des populismes, est tout, sauf normale.
Dominique Moïsi est conseiller
spécial à l’Institut Montaigne.
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10 // IDEES & DEBATS
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
art&culture
1. Réchauffement climatique : le cri d'alarme des scientifiques français
2. Le patron de Castorama jette l'éponge
3. Un Français devient le bras droit d'Elon Musk chez Tesla
4. La fin des commissaires aux comptes dans les PME
5. Le e-méthanol, un carburant propre pour remplacer l'essence ?
LE POINT
DE VUE
de David Baverez
Le salut de l’Europe
passera par le Nord
Une « Ménagerie de verre »
limpide au Poche-Montparnasse
Philippe Chevilley
@pchevilley
ieux vaut tard que jamais ! En
effectuant la première visite
d’un chef d’Etat français au
Danemark et en Finlande depuis respectivement trente-six et dix-neuf ans,
le président Macron semble avoir intégré que le moteur de la reconstruction
européenne ne sera pas seulement du
côté de l’Allemagne, mais en même
temps du côté de l’Europe du Nord dans
son ensemble.
Au-delà du buzz des « Gaulois réfractaires au changement », il aura su apprécier les effets bénéfiques du cocktail
danois de protection sociale et de flexibilité du marché du travail ; en Finlande, il aura été surpris par les prouesses technologiques du pays malgré la
taille modeste de sa population. L’acquisition du producteur de jeux vidéo finlandais Supercell par le chinois Tencent
en 2016 pour 8,6 milliards de dollars
– soit près de l’équivalent des investissements chinois cumulés en France ! – lui
aura rappelé combien le savoir-faire
européen dans les nouvelles technologies est également septentrional.
Autant d’observations à rapprocher
de la récente tragédie du pont de
Gênes, qui annonce le sort de l’Europe
du Sud si elle ne réagit pas face à son
endettement croissant : un pays lesté
d’une dette publique de plus de 100 % de
PIB ne peut plus investir dans ses infrastructures, même élémentaires – hier les
ponts, aujourd’hui la fibre optique, dont
la Chine consomme plus de la moitié de
la production mondiale.
M
LE POINT
DE VUE
de Raphaël Vullierme
epuis 2015, Enedis et son compteur électrique intelligent Linky
font couler beaucoup d’encre.
Conçu pour transmettre les données de
consommation électrique afin de proposer des tarifs plus précis tout en favorisant l’essor de l’électricité verte, Linky
a été globalement très mal accueilli par
les ménages.
A l’heure de la prise de conscience de
l’urgence écologique, une meilleure
maîtrise énergétique est pourtant
nécessaire, justifiée et même imposée
par l’Union européenne aux pays membres. Les compteurs connectés et intelligents permettent justement de remplir cette mission.
Pourquoi est-il nécessaire de surveiller et de transmettre ses données de
consommation pour favoriser la part de
l’énergie verte ? Tout simplement parce
qu’actuellement, les pics de soleil et de
vent ne correspondent pas aux pics de
consommation, et qu’il est trop complexe et coûteux de stocker cette électricité. Nous faisons alors tourner des centrales thermiques polluantes pour
subvenir à nos besoins, annulant
l’impact positif des énergies vertes dont
la consommation n’est pas optimisée.
Il est donc primordial de mieux comprendre et analyser ses besoins et sa
consommation pour pouvoir ensuite les
faire coïncider avec la production d’électricité verte locale. Le pic de production
des panneaux solaires de ma région est à
14 heures : pourquoi alors ne pas programmer ma machine à laver à ce
moment-là ? A ce titre, ces compteurs
connectés doivent poser les jalons d’une
consommation plus verte et durable.
Pourquoi donc un tel tollé ? La
France est-elle un pays réfractaire au
changement et insensible aux impéra-
D
Cette dichotomie européenne entre
Nord et Sud est malheureusement
appelée à s’accroître, du fait de l’arrêt
programmé des mesures d’assouplissement monétaire mises en place par la
BCE : l’ère de l’argent gratuit aux Etats
touche à sa fin, mais les échéances, que
cette politique aura artificiellement
L’ère de l’argent gratuit
aux Etats touche à sa fin,
mais les échéances
que cette politique aura
repoussées demeurent.
repoussées durant la dernière décennie, demeurent. Une décennie dont la
croissance mondiale aura été tirée
pour près de moitié par la Chine, si bien
que la fin de partie sifflée par Xi Jinping
depuis son second mandat en octobre 2017 accouche naturellement d’une
moindre croissance, invitant chaque
pays à privilégier les valeurs de ses intérêts, plutôt que les intérêts de ses
valeurs.
Dans l’impasse européenne où il s’est
enfermé, le président Emmanuel
Macron serait fort avisé de s’inspirer de
l’initiative indopacifique qui vise à contrebalancer la montée en puissance de
la Chine en Asie : trois pays noyaux –
Inde, Japon et Australie –, aux caractéristiques très différentes mais attachés
à des valeurs démocratiques commu-
nes, projettent d’inviter des voisins
associés – Taïwan, Indonésie, Vietnam,
Singapour – en fonction de sujets à traiter, qui pourront, au cas par cas, justifier la présence de pays tiers, compte
tenu d’intérêts communs. Plutôt que de
parler d’alliance (trop contraignante),
ces pays ont plutôt opté, avec le pragmatisme cher à l’Asie, pour un « dialogue » visant à économiser la gabegie
bruxelloise.
A i n s i , l e d o s s i e r d e l ’a c c o r d
nucléaire iranien pourrait être l’occasion de tester l’efficacité d’une nouvelle
gouvernance européenne, articulée
autour de problèmes précis à résoudre.
Le récent appel du ministre des Affaires
étrangères allemand, Heiko Maas, à
créer un système de paiement alternatif
mondial excluant le dollar semble
n’avoir provoqué aucune réaction, alors
que c’est précisément de cette manière
que l’Europe pourra cesser d’être la
simple variable d’ajustement de l’extraterritorialité américaine et du « sharp
power » chinois.
L’Europe a toujours progressé à partir de ses échecs. Le président de la
République doit tirer les conséquences
des désormais trop grandes divergences du couple franco-allemand pour
amener l’Europe, autour de projets
ciblés, à enfin retrouver le nord, face
aux Etats-Unis et la Chine.
THÉÂTRE
D’autant qu’elle a su
s’entourer de comédiens
de Tennessee Williams
talentueux, faits pour le
Le décor et les costumes
Mise en scène par
rôle. Cristiana Reali campe
évoquent l’Amérique des
Charlotte Rondelez
avec bonheur cette mère
années 1930. Mais l’apparteParis, Théâtre de Pochepossessive, qui veut régiment de Saint-Louis reconsMontparnasse
menter la vie de ses enfants
titué sur la scène du Poche(01 45 44 50 21). 2 heures
et pousse son fils à inviter à
Montparnasse n’a rien de
dîner un de ses amis pour
réaliste : fenêtres de guingois, teintes brun
lui présenter sa sœur « bonne à marier »
orangé lorgnant vers le sépia, lumières tout
(un fiasco…). Elle est débordante de vie, tour
en clair-obscur. La metteure en scène Charà tour odieuse, pathétique et émouvante,
lotte Rondelez nous offre un passé recomquand elle ranime ses rêves de jeune fille du
posé nostalgique et onirique de l’univers de
Sud – convoitée par ses « dix-sept galants ».
Tennessee Williams (1911-1983). Elle a pris
Charles Templon incarne avec puissance
« La Ménagerie de verre » par le bon bout.
et sensibilité, Tom, narrateur mélancolique
Cette pièce intime de 1944, à forte teneur
du drame, il se fait ombrageux et bouillant
autobiographique, se fonde justement sur
quand il rejoue les scènes du passé. Ophélia
les souvenirs – le drame est raconté des
Kolb porte toute la lumière de ses bibelots
années plus tard, par son héros Tom Wingde verre – poignante Laura aux accents trafield, double de l’écrivain. Et si elle n’est pas
giques. Quant à Félix Beauperin, il est parmontée avec un minimum de décalage, elle
fait dans le rôle ambigu de Jim, le galant has
risque de sombrer dans le mélo. Entre la
been, plus maladroit que pervers dans sa
mère abusive (Amanda Wingfield), la fille
fausse tentative de séduction de la jeune fille
handicapée (Laura) réfugiée dans son
solitaire. Les représentations viennent tout
monde miniature d’animaux en verre, et le
juste de démarrer. Il faudra un peu de temps
fils ouvrier en mal d’aventure(s) qui finira
pour tout caler, éviter les baisses de rythme
par fuir son foyer une fois le drame conet le surjeu. Mais cette « Ménagerie de
sommé (Tom), l’intrigue prête à la caricaverre » brille déjà des mille feux de la
ture. En stylisant les personnages, en ne les
cruauté et de l’humanité bafouée exprimée
poussant que rarement dans l’excès (sinon
par son auteur. Le Sud revu et corrigé en un
pour cultiver une forme d’ironie burlesque),
rêve brisé : le Poche-Montparnasse a bel et
en mettant en relief les ressorts et fêlures du
bien quelque chose de Tennessee en cette
texte, Charlotte Ronderez évite ces écueils.
rentrée théâtrale. n
La Ménagerie de verre
David Baverez est investisseur. Il est
l’auteur de « Paris-Pékin express »
(Editions François Bourin, 2017).
Compteur électrique :
le gâchis de Linky
tifs écologiques ? Enedis veut la transparence pour ses utilisateurs, tandis
que les anti-Linky souhaitent la suspension des installations du compteur,
voire leur retrait, revendiquant le principe de précaution et le respect de la vie
privée. Ils n’hésitent pas à étayer leur
posture d’arguments frôlant la désinformation et s’approchant des plus belles théories du complot.
Non, Linky n’émet pas d’ondes dangereuses. Non, Linky ne fait pas disjoncter
le courant, ni même votre facture. Pour
transmettre les données il est raccordé
par câbles au réseau électrique (comme
un téléphone fixe), le compteur n’émet
donc pas d’ondes radio, contrairement à
votre box wi-fi, à votre téléphone portable ou au Bluetooth. Les champs électromagnétiques émis par les compteurs
sont donc, à ce titre, inférieurs à ceux
d’un chargeur ou d’un écran.
Une peur est cependant fondée et
légitime : celle de la surveillance de
masse. En effet, Linky récupère des
données permettant de connaître les
« Le compteur connecté
est indispensable en
France pour réussir la
transition énergétique. »
habitudes de vie et des individus dans
un foyer. Il est indispensable que chacun reste maître de ses données, et
puisse choisir de les communiquer ou
non. La France est un pays où le respect
de la vie privée est un des plus protégés,
notamment grâce à la CNIL. Il est tout
aussi crucial que les acteurs économiques, encore plus s’ils sont dans une
situation quasi monopolistique, respectent les droits des citoyens.
Dans la pure tradition française
bonapartiste, l’Etat, via Enedis, a décidé
d’imposer Linky à tous les foyers français, qu’ils le veuillent ou non. Linky
représente le progrès, incarne un objectif positif mais… récolte des données
personnelles. Les Français ne sont pas
réfractaires au changement, les Français ne sont pas opposés à l’écologie : ils
veulent simplement avoir le choix.
En imposant Linky à ses abonnés,
Enedis s’est coupé de ses utilisateurs et
de l’opinion publique. Il aurait été plus
habile de donner le choix aux Français.
Enedis aurait pu proposer l’installation
des compteurs Linky comme un service
supplémentaire et, qui plus est, gratuit.
Le compteur permet de mieux suivre sa
consommation électrique, prodigue des
conseils personnalisés et priorise la consommation d’électricité verte : un véritable assistant personnel à domicile.
Petit à petit, Linky se serait fait sa
place, écartant grâce à un bouche-àoreille positif les craintes et les arguments peu fondés des anti-Linky. La
majorité des Français l’aurait adopté,
tout comme les Italiens, Suédois, Estoniens et Finlandais.
Le compteur connecté est indispensable en France pour réussir la transition énergétique. Néanmoins, il me
semble tout aussi important qu’une
technologie mettant en jeu les données
personnelles ne puisse être imposée.
C’est en laissant son libre arbitre au
client, et en le replaçant au cœur du service, qu’on peut lui donner les clefs pour
mieux et moins consommer.
Raphaël Vullierme est cofondateur
de Luko.
Amanda Wingfield (Cristiana Reali) mène la vie dure à ses deux enfants,
Laura (Ophelia Kolb) et Tom (Charles Templon). Photo Sipa
« L’Affaire Sparsholt » :
la traversée des apparences
D’Oxford pendant le Blitz
ROMAN ANGLAIS
prend le relais. Jeune porau Londres gay du troiL’Affaire Sparsholt
traitiste talentueux et
sième millénaire, en pasd’Alan Hollinghurst
homosexuel assumé, il va
sant par les folles années du
traduit par François Rosso
fréquenter les ex-camaraSwinging London… avec
Albin Michel,
des de son père, des hom« L’Affaire Sparsholt »,
596 pages, 20,90 euros
mes et femmes mûrs deveAlan Hollinghurst nous
nus des figures de
invite à un grand voyage romanesque. Son
l’intelligentsia. Puis il vieillit à son tour,
récit tout en nuances et circonvolutions
devient un peintre réputé, connaît le grand
– écrit dans un style délié « so british » –
amour et les retours de flammes du « sexycompose le kaléidoscope parfait d’une
génaire »… Quant à la fameuse et détermisociété anglaise dandy et arty sur plus d’un
nante « affaire Sparsholt », le lecteur devra
demi-siècle.
être patient pour en connaître la teneur : elle
Son personnage central, qui donne le
ne lui sera révélée qu’au tiers du livre.
titre au roman, est David Sparsholt, jeune
homme à la beauté du diable, qui fascine et
Ode à la création
enflamme ses camarades d’université au
Au fil de la lecture, ce roman dense et addicdébut de la Seconde Guerre mondiale. Petit
tif s’impose par vagues comme un classique
cousin anglais du visiteur de « Théorème »
anglais, tant dans sa forme (elliptique) que
de Pasolini, le garçon joue de sa virilité exasur le fonds. L’auteur de la « Piscine-Bibliocerbée, avec une vraie fausse candeur,
thèque » et de « L’Ami étranger » brosse un
séduit les femmes (la lumineuse Connie
portrait subtil, en clair-obscur d’une Anglequ’il épousera), comme les hommes (le pasterre pétrie de contradictions, cultivée, rafsionné Evert Dax avec qui il aura une brève
finée et en même temps minée par l’hypoliaison). Partant des mémoires de ces quelcrisie et l’intolérance. Hollinghurst aborde
ques mois de black-out à Oxford, écrites par
avec beaucoup de délicatesse le vécu des
l’hétérosexuel de la bande, le futur critique
homosexuels seniors. Sa peinture d’une
Freddie Green, le romancier déroule son
bourgeoisie bohème et débridée est tendre,
intrigue avec une lenteur calculée.
mais sans concession.
On suit la vie et la carrière du groupe
Ode à la création, à la culture et à l’amitié,
d’amis par petites touches incisives, tout en
« L’Affaire Sparsholt » pourrait bien devebasculant dans la génération suivante.
nir l’affaire de tous – à savoir un succès en
David Sparsholt n’est plus qu’une ombre qui
librairie – pour cette rentrée littéraire.
plane sur le récit. C’est son fils, Johnny, qui
— Ph. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
SUR
LE WEB
L’Europe a tort
d’interdire
l’agriculture CRISPR
LA
CHRONIQUE
de David Bikard
TRAQUEUR D’ÉCLAIRS
Que les Corses ne s’étonnent
pas de voir passer un avion
Falcon par temps d’orage :
bourré d’instruments,
il a pour mission d’en savoir
plus sur les éclairs.
https://bit.ly/2NVHJ4P
2024
sciences
LA SCIENCE MÉDAILLE D’OR
Découvrez Sciences-2024,
le projet de 11 grandes écoles
et du CNRS pour aider
les sportifs de haut niveau
à améliorer leurs performances
à l’approche des JO de Paris.
https://bit.ly/2M7r64s
Dix ans après la mise en service du LHC, l’accélérateur de particules le plus puissant au monde,
un nouvel équipement encore plus performant est mis en chantier au CERN. Son but : éclairer
les dernières zones d’ombre de l’infiniment petit.
Un super-accélérateur pour sonder la matière
Yann Verdo
@verdoyann
e LHC est mort, vive le HL-LHC ! Dix
ans après sa mise en service, le grand
collisionneur de particules du CERN,
qui avait suscité l’enthousiasme des physiciens et fait les gros titres des journaux du
monde entier lors de la découverte du boson
de Higgs en 2012, s’apprête à faire peau
neuve. Le 15 juin a été annoncée, à Genève,
l’ouverture d’un chantier d’une durée de
huit ans pour une facture de 820 millions
d’euros. Déjà détenteur du titre d’accélérateur de particules le plus puissant au
monde, l’anneau souterrain de 27 kilomètres de circonférence construit à la frontière
franco-suisse pour sonder les replis de la
matière verra sa « luminosité » au moins
multipliée par cinq – d’où le sigle choisi pour
désigner cette version radicalement améliorée de l’instrument, désormais nommé
« High-Luminosity Large Hadron Collider ». La bougie, qui avait aidé les physiciens
des particules à percer les mystères de l’infiniment petit, va se transformer en gros
projecteur. Et tenter d’éclairer les dernières
et persistantes zones d’ombre.
Afin de révéler l’architecture physique
sous-jacente à notre monde, le LHC fait
s’entrechoquer deux à deux des paquets de
protons accélérés à une vitesse proche de
celle de la lumière et circulant en sens
contraire à l’intérieur de son anneau. Ces
chocs dégagent une énergie suffisamment
forte pour faire se « matérialiser » certaines
particules autrement insaisissables, dont
l’existence est postulée à titre théorique mais
qui n’ont encore jamais été observées. C’est
ainsi qu’avait été découvert il y a six ans le
boson de Higgs prédit par le « modèle standard », nom de la théorie bâtie pierre après
pierre par les physiciens depuis le début des
années 1970 pour mettre un peu d’ordre
dans le grand zoo des particules élémentaires. Pour repousser les frontières de la
connaissance, deux voies sont possibles. La
première, la plus évidente, consiste à accélérer encore davantage les protons censés
entrer en collision, de façon à accroître
l’énergie dégagée par le choc : plus celle-ci est
élevée, plus les particules auxquelles elle
donne naissance peuvent être massives et
exotiques. De futurs accélérateurs, plus
puissants que celui du CERN, devraient être
construits d’ici à la fin de la prochaine décennie. Mais ce n’est pas l’option qui a été retenue pour le HL-LHC. Celui-ci opérera à puissance à peu près constante, c’est-à-dire qu’il
continuera de produire des collisions produisant une énergie de l’ordre de 13 téra-électrons-volts (TeV). Les faisceaux de protons
ne circuleront pas plus vite dans l’anneau ;
en revanche, ils seront mieux focalisés, et
produiront bien plus de collisions, accroissant d’autant ce que les experts appellent la
« statistique » – en clair, la quantité de
données exploitables.
L
et été, la Cour européenne de justice a rendu
une décision majeure pour l’avenir de notre
agriculture. Depuis 2001, l’Europe définit
comme OGM un organisme dont le génome a été
modifié d’une manière non naturelle. Ils sont
notamment obtenus par transgenèse, qui permet
par exemple d’introduire un gène de bactérie chez
une plante afin de la rendre résistante à un insecte
ravageur. Ces organismes sont soumis à une
réglementation lourde visant à s’assurer qu’ils ne
représentent aucun danger pour l’environnement
et la santé humaine. La France et l’Allemagne
ont même partiellement ou totalement interdit
les cultures OGM. Une exception est cependant faite
pour les organismes issus des techniques
de mutagenèse. Ainsi, une grande partie des variétés
que nous cultivons en France, y compris en bio, ont
été créées par des techniques d’irradiation aux
rayons X ou gamma et d’hybridation n’ayant rien
de naturel, mais utilisées massivement par les
semenciers depuis plus de cinquante ans. Entre en
scène la technologie CRISPR. Cette méthode permet
d’introduire une mutation dans le génome d’un
organisme, offrant des espoirs aussi bien pour
soigner des maladies génétiques chez l’homme que
pour améliorer des plantes. Cette technique permet
d’obtenir des mutations sans transgenèse, dont
le résultat peut être identique à celles obtenues par
irradiation et sélection, mais de manière bien plus
rapide. Les OGM CRISPR doivent-ils alors être
exemptés de la réglementation OGM, au même titre
que ceux obtenus par irradiation ? La réponse
de l’Europe est non. Il n’est pas difficile de saisir
l’absurdité de cette législation qui applique
des règles différentes à des produits identiques en
fonction de la méthode utilisée pour les créer. Même
si l’impact de certains OGM, notamment ceux
résistants aux herbicides, est critiqué à juste titre,
il est probable qu’à l’avenir il devienne difficile
de se passer d’OGM résistants aux maladies,
à la sécheresse et demandant moins de fertilisants.
L’avenir des OGM ne se jouera pas en Europe.
C
David Bikard est chercheur à l’Institut Pasteur
et cofondateur d’Eligo Bioscience.
o
LA PUBLICATION
L’alcool continue
de faire des ravages
sur les bébés
ne naissance par jour. C’est, en moyenne,
la fréquence à laquelle les maternités
de France sont confrontées au grave
problème des troubles causés par l’alcoolisation
fœtale (TCAF), ces complications induites par
la consommation d’alcool durant la grossesse
et pouvant se traduire par un retard de croissance,
des atteintes au niveau du système nerveux
central, des malformations, etc. Ce chiffre est
révélé par l’Agence nationale de la santé publique,
qui a conduit pour la première fois une grande
enquête visant à estimer, à l’échelle du pays,
les dégâts que continue de produire cette conduite
à risque. Résultat : entre 2006 et 2013, ce ne sont
pas moins de 3.207 bébés (0,48 cas pour 1.000)
qui sont nés avec un TCAF. Parmi eux, on en a
dénombré 452 (0,07 cas pour 1.000) qui
présentaient la forme la plus grave des TCAF,
appelée le « syndrome d’alcoolisation fœtale ».
Quelque 450 bébés sur la période, cela représente
environ une naissance par semaine. Selon
le Baromètre établi par Santé publique France,
une femme sur dix a déclaré avoir consommé
occasionnellement de l’alcool durant sa grossesse,
et 4 sur 10 ne pas avoir été informées des risques.
Des chiffres préoccupants quand on sait que
l’état actuel des connaissances scientifiques
ne permet pas encore de définir le seuil
de consommation d’alcool au-dessous duquel
il n’y aurait pas de danger pour le bébé. — Y. V.
U
Davantage de bosons
« Actuellement, les deux paquets de protons
qui s’entrechoquent toutes les 25 nanosecondes produisent, à chaque fois, environ 40 collisions. Dans le HL-LHC, on passera à 140 »,
explique Anne-Isabelle Etienvre, directrice
du CEA-Irfu, l’Institut de recherche sur les
lois fondamentales de l’univers. Or, plus de
collisions de protons, cela veut dire plus de
bosons de Higgs jaillissant comme des étincelles de ces carambolages avant de finir
leur course dans l’un des quatre détecteurs
de l’anneau pour y être analysés. Avec sa
quarantaine de collisions toutes les
25 nanosecondes, le LHC était parvenu, ces
dernières années, à recréer jusqu’à 3 millions de bosons de Higgs par an. A partir de
2026, le HL-LHC en fabriquera 15 millions
chaque année. Ce facteur 5 correspond à
l’augmentation annoncée de la luminosité
de l’instrument. Mieux courber les faisceaux de protons afin que ceux-ci soient
davantage focalisés, donc plus intenses, et
que plus de collisions en résultent, n’est pas
une mince affaire. Entre autres travaux, les
24 gros aimants supraconducteurs seront
remplacés. Actuellement fabriqués dans un
Cinq fois plus lumineux que son prédécesseur, le LHC (dont on voit ici l’un des quatre détecteurs, CMS),
le futur accélérateur de particules du CERN HL-LHC, qui prendra la relève en 2026, va tenter de percer
les derniers mystères de l’infiniment petit. Photo P. Stroppa/CEA
Particules :
le bestiaire
Les 61 particules
subatomiques
connues à ce jour
se répartissent
dans les grandes
catégories suivantes :
l les quarks,
constituants
élémentaires
des protons
et des neutrons ;
l les leptons, parmi
lesquels l’électron ;
l les gluons,
vecteurs
de l’interaction
nucléaire forte,
soudant protons
et neutrons dans
le noyau atomique ;
l les photons,
vecteurs
de l’interaction
électromagnétique ;
l les bosons Z et W,
vecteurs
de l’interaction
nucléaire faible,
responsable
de la désintégration
radioactive ;
l le boson de Higgs,
particule grâce
à laquelle toutes
les autres acquièrent
une masse.
alliage de niobium et de titane, ils engendrent un champ magnétique de 8,3 teslas.
Leurs remplaçants, en niobium-étain, pousseront jusqu’à 12 teslas. Autre innovation : la
création de « cavités-crabe ». Derrière cet
étrange nom se cachent des éléments refroidis à une température proche du zéro
absolu qui auront pour fonction de donner
une impulsion transversale aux faisceaux
de protons (d’où la référence au crabe qui se
déplace de côté) : au lieu de se heurter
frontalement, les deux faisceaux, de forme
cylindrique, se percuteront déviés selon un
certain angle, augmentant la surface de
contact et donc le nombre de collisions.
L’énigme de la matière noire
Qu’est-ce que les physiciens espèrent découvrir grâce à cet instrument hors norme ? Un
axe de recherche sera à coup sûr l’étude des
propriétés du boson de Higgs. Pierre angulaire du modèle standard, le boson de Higgs
est la particule grâce à laquelle toutes les
autres, en interagissant avec elle, acquièrent
une masse. Mais comment se fait ce couplage ? Est-il conforme à ce que prédit le
modèle standard ? Une réponse positive à
cette dernière question serait décevante
puisque, les physiciens le savent, le modèle
standard n’est pas une théorie indépassable.
Il est même très incomplet. Aucune des
61 particules qu’il ordonne en un tout cohérent ne correspond par exemple à celle qui
pourrait constituer ce que les astrophysiciens appellent la « matière noire », ce qui est
tout de même embêtant quand on sait que
cette matière noire est six fois plus abondante dans l’univers que la matière ordinaire
visible. « La découverte du boson de Higgs
nous a fourni le mécanisme générique, dit de
“brisure de symétrie”, par lequel les particules
acquièrent une masse. Mais il n’explique pas
pourquoi elles ont précisément ces masses-ci,
pourquoi il existe entre deux particules de la
même famille les rapports de masse qu’on
observe », explique le physicien Gabriel
Chardin, président du comité Très Grandes
Infrastructures de recherche. Pourquoi existe-t-il trois – et non pas deux, ou quatre –
familles de quarks, ces constituants élémentaires des protons et des neutrons, qui sont
eux-mêmes les briques des noyaux atomiques ? Pourquoi à ces trois familles de
quarks correspondent trois familles de
leptons, dont le plus connu est l’électron ?
La théorie de la
« supersymétrie » postule
qu’à chaque particule
connue correspond
une particule miroir,
son partenaire.
Une théorie encore spéculative, connue
sous le nom de « supersymétrie », a apporté
des éléments de réponse à ces questions. En
gros, cette théorie postule qu’à chaque particule connue correspond une particule
miroir, son partenaire supersymétrique.
L’une de ces particules supersymétriques,
l’hypothétique neutralino, pourrait même
constituer un bon « candidat » à la matière
noire, ce qui ferait d’une pierre deux coups.
Cette théorie est-elle fondée ? Pour le
savoir, on cherche, dans les myriades de
données produites par les accélérateurs de
particules, la trace de l’une ou l’autre des
particules supersymétriques, à commencer par le mystérieux neutralino. Si celui-ci
existe, il est supposé posséder une masse
telle qu’il aurait dû, normalement, être
découvert par le LHC ancienne mouture.
Problème : celui-ci ne l’a pas détecté. Le HLLHC va poursuivre ses investigations, en
mettant les bouchées doubles. A vrai dire,
rares sont les physiciens qui espèrent
encore le débusquer. Mais ils découvriront
peut-être – avec un peu de chance – d’autres
choses qu’ils n’avaient pas prévues… n
L’intelligence artificielle à la rescousse
Les quatre détecteurs Atlas, CMS, Alice
et LHCb, qui seront mis à rude épreuve
par cette montée en luminosité, seront
eux aussi profondément améliorés.
Les travaux de R&D, déjà largement
entamés, viseront à les rendre à la fois plus
résistants aux rayonnements issus
des collisions de protons et capables
de continuer à faire le tri dans ce flux accru
de particules de toutes sortes (photons,
électrons, neutrons, etc.). A l’autre bout de
la chaîne, les données produites
dépasseront pour la première fois l’échelle
de l’exabyte (1 milliard de milliards
d’octets). Déjà pionnier dans le traitement
des données massives via l’utilisation
des grilles de calcul, le LHC explorera
d’autres pistes pour augmenter ses
capacités d’analyse. Y compris
l’intelligence artificielle, puisque l’utilisation d’algorithmes de machine learning
est inscrite au programme.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 //
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
enquête
Ci-contre, le Théâtre
du Palais-Royal.
Photo Bernard Richebé/
Théâtre du Palais-Royal
que serait La Scala, et s’y sont projetés immédiatement. On pensait monter en puissance
progressivement, finalement c’est allé très
vite », explique Frédéric Biessy. Une quarantaine d’événements vont être proposés ainsi
que des week-ends musicaux, à des tarifs
proches du théâtre public : de 8 à 49 euros.
Mais le budget de fonctionnement de
7,5 millions doit être financé à 80 % par les
ressources propres, 20 % par les subventions et le mécénat d’entreprise.
La carte des activités annexes
Théâtres privés parisiens :
si convoités mais si fragiles
CULTURE // Inauguration, réouverture, changement de propriétaire…
Les grandes manœuvres se poursuivent autour de ces salles mythiques. Si les modèles économiques
se diversifient, la bonne équation reste compliquée à mettre en œuvre.
Martine Robert
@martiRD
l n’y a guère eu de trêve estivale pour les
théâtres privés parisiens et cette rentrée
s’annonce tout aussi animée : rachats,
ouvertures, réouvertures, successions…
Faut-il y voir le signe que le théâtre fascine
toujours autant ? Ou au contraire celui de
sa fragilité ? « Les deux ! Si le directeur du
Palais-Royal a pu s’offrir le Théâtre Michel
grâce à la réussite absolue de la pièce
“Edmond ”, le Théâtre de l’Atelier a été en
revanche acculé à la vente du fait de ses déboires financiers », répond le producteur JeanMarc Dumontet, lui-même à la tête de six
lieux. Francis Nani, aux manettes depuis
trente ans du Palais-Royal (712 places),
triomphe en effet depuis trois saisons avec
la pièce d’Alexis Michalik. « “Edmond”, avec
douze comédiens sur scène, de gros décors,
c’est un coût de fabrication de 480.000 euros
pour le montage, la création des costumes,
les répétitions, la publicité. Normalement, il
faut 100 représentations pour l’amortir,
mais là, il a suffi de quarante-deux jours, car
le spectacle a été complet tout de suite : j’en
suis à 680 représentations ! Alors on va pouvoir se servir du Théâtre Michel de 350 places comme d’un laboratoire pour promouvoir de jeunes comédiens, de nouveaux
auteurs et metteurs en scène », se réjouit-il.
Et, tant qu’« Edmond » a du succès, pas
question de le stopper dans son élan. « Nous
avons déjà comptabilisé 220 dates de tournée
en France, Belgique, Suisse, avec trois distributions différentes : c’est l’avantage de ne pas
avoir de têtes d’affiche ! » ajoute-t-il. S’il ne
dévoile pas combien il a déboursé pour le
Théâtre Michel, on peut estimer le rachat
du fonds de commerce, à raison de
8.000 euros le fauteuil en moyenne, à près
de 3 millions d’euros.
En plus mauvaise posture, le Théâtre de
l’Atelier (563 places) a sombré dans une
telle faillite que les candidats à son rachat
ont jeté l’éponge les uns après les autres, de
Jean-Marc Dumontet au financier Marc
Ladreit de Lacharrière (Fimalac Entertainm e n t) e n p a s s a n t p a r l ’a n i m a t e u r
Nagui. « J’ai étudié l’affaire pendant un an.
Difficile d’obtenir des comptes clairs, j’estime
les dettes entre 1,9 et 2,5 millions d’euros »,
souligne un observateur. Mais le repreneur
n’est pas un habitué : Antoine Courtois
dirige l’Atelier Meriguet-Carrère, réputé
pour ses rénovations de lieux culturels,
tels l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet ou
l’opéra Garnier. Fera-t-il du Théâtre de l’Atelier une vitrine de ses savoir-faire avant de le
revendre avec une plus-value ? Les professionnels restent dubitatifs.
I
Car l’équation économique de la
soixantaine de théâtres privés parisiens, qui ont pourtant attiré
4,3 millions de spectateurs l’an
dernier, est très complexe. Leur
seul filet de protection est
le fonds de soutien de 15 millions d’euros, alimenté par
une taxe sur la billetterie,
complété par une contribution modeste de l’Etat et
de la Ville : les gros succès
compensent partiellement
les bides. A condition que
l’ardoise ne soit pas trop
salée… Les enseignes qui
s’en sortent bien allient toujours leurs compétences artistiques à une gestion hyperrigoureuse. Ainsi Jacques-Antoine
Granjon, le patron de Vente-privée.com, a confié ses salles le (Théâtre
de Paris, 1.100 places, la Michodière, 600,
les Bouffes-Parisiens, 600) au tandem
formé par l’homme de marketing Richard
Caillat et le metteur en scène Stéphane
Hillel. Après quelques tâtonnements, Marc
L a d r e i t d e L a c h a r r i è r e a t r o u vé l a
recette : « Il faut avoir la bonne personne à
placer au bon endroit tels notre directeur
Jean Robert-Charrier, qui a vraiment
trouvé son créneau très qualitatif à la Porte
Saint-Martin, ou Jean-Luc Choplin, venu
du Châtelet, qui va développer le théâtre
musical à Marigny, ou encore le duo Philippe Lellouche-Michel Lumbroso à la
Madeleine, axé sur du populaire chic », analyse le responsable du pôle Fimalac Entertainment, Aurélien Binder.
Le « serial entrepreneur »
du théâtre
Faute d’avoir trouvé son positionnement, le
groupe a, en revanche, préféré céder le
Comédia (900 places) à Jean-Marc Dumontet. « La marque Comédia est inexistante. On
va sûrement le rebaptiser “Bobino Rive
droite” ou “Théâtre libre”. Un lieu, on met un
à deux ans à identifier ce qu’on va en faire : je
l’ai ainsi fait visiter à Lambert Wilson, Pierre
Arditi ou Thierry Lhermitte, pour recueillir
leur ressenti », confirme celui qui a commencé à investir dans les salles car il ne
trouvait pas d’endroit où programmer son
poulain Nicolas Canteloup en 2001. Le
« serial entrepreneur » du théâtre finalise
actuellement la reprise des parts de son
associé Laurent Ruquier dans le Théâtre
Antoine (800 places). « C’était latent depuis
quelques années, parce que Laurent n’a plus
le temps et qu’un théâtre, c’est chronophage. Il
faut lire beaucoup de pièces, aller voir des
De haut en bas, le Théatre de l’Atelier,
La Scala et le théatre Marigny.
Photos Francois Perri/RÉA - AFP Xavier Popy/RÉA
spectacles, rencontrer des auteurs, metteurs
en scène, comédiens. Quand nous avons
repris cette salle en 2011, elle était en cessation de paiements ; à nous deux,
nous avons multiplié les contacts, les
débuts ont été tonitruants ! » souligne Jean-Marc Dumontet. Francis Lombrail se sépare également à l’amiable de son associé
au Théâtre Hébertot (627 places), mais plutôt pour rester
seul maître à bord. « Avec Pascal Legros, la direction était
bicéphale. Lui possédant déjà
Edouard VII et Les Nouveautés, il
se plaçait dans une logique de
mutualisation, pas moi », explique ce passionné, qui a préféré
appeler auprès de lui un professionnel à la vision proche de la sienne, Stéphane Prouvé. « Nous voulons aller vers
des créneaux peu explorés, de grands sujets
de société, des histoires vraies où la psychologie des personnages est poussée, de beaux huis
clos », explique-t-il.
Cet ex-commissaire-priseur amateur
d’art n’a pas hésité à vendre son tableau de
Francis Bacon pour renflouer Hébertot
quand cela a été nécessaire. Pour amortir
ses coûts fixes, il enchaîne deux programmes, à 19 et 21 heures, qu’il veut aussi forts
l’un que l’autre. « Et cela permet à de magnifiques acteurs pas toujours visibles de se produire, car à Paris trop de salles font toujours
appel aux mêmes », commente-t-il. Le Théâtre de l’Œuvre ou le Théâtre Antoine procèdent de même, alors que Le Théâtre Montparnasse est, lui, pour la première fois et
avec succès resté ouvert cet été avec « Un fil
à la patte » de Feydeau. Outre l’allongement
des horaires et des saisons, le théâtre privé
tente de se réinventer en créant des festivals,
en misant sur la pluridisciplinarité (danse,
concert, cirque…), en tissant des partenariats avec le théâtre public pour profiter de
ses talents, comme la Porte Saint-Martin
avec le metteur en scène Joël Pommerat, le
Théâtre Antoine avec la Comédie-Française, ou Hébertot qui établit des ponts avec
le Rond-Point à Paris ou Anthéa à Antibes.
Le microcosme regarde ainsi de près La
Scala, inaugurée le 11 septembre, en présence des époux Macron, de la présidente
de région, et de la maire de Paris,
venus « saluer l’esprit d’entreprise » de Frédéric Biessy. Ce producteur et sa femme
Mélanie, gestionnaire de fonds d’investissement, ont déboursé 19 millions d’euros pour
bâtir une salle modulable de 580 à 640 places (800 debout en version concert), un
espace de répétition, un restaurant de
100 couverts. « Les artistes ont imaginé ce
L’autre gros pari, c’est la réouverture
de Marigny en novembre, après des années
de fermeture et 20 millions de travaux engagés par Fimalac. Parmi les recettes escomptées pour rentabiliser le lieu (1.000 places
pour la grande salle), la redevance du restaurant de 130 couverts confié aux frères
Costes, adossée sur un chiffre d’affaires
annuel prévisionnel de 3 à 4 millions
d’euros. Et les privatisations : un théâtre se
loue pour une convention, un défilé, une
manifestation privée, de 2.000 à
30.000 euros la journée, suivant sa jauge.
« Marc Ladreit de Lacharrière vise une gestion raisonnée plus que des profits. Un théâtre
n’est pas un produit financier, d’autant qu’à
Paris la clientèle n’est pas internationale
comme à Londres ! » souligne Aurélien Binder. Ainsi à la Porte-Saint-Martin (1.050 places) comme à Marigny, le milliardaire
donne carte blanche à ses directeurs dès
lors que l’exploitation est équilibrée. JeanLuc Choplin, l’homme qui exporte ses
comédies musicales à Broadway, peut inaugurer Marigny en confiant au compositeur
Michel Legrand le soin d’adapter « Peau
d’âne » pour les planches. « C’est du théâtre
privé d’intérêt public ! » estime Frédéric
Biessy. Même relation de confiance
entre Vivendi et les directeurs du Théâtre de
l’Œuvre (336 places). « Avec le comédien
François-Xavier Demaison, nous cherchions
un partenaire solide pour reprendre le théâtre. Notre feuille de route centrée sur les
auteurs actuels a convaincu Vivendi, qui est
majoritaire mais nous laisse une totale
liberté de création », précise Benoît Lavigne,
également aux commandes du Lucernaire.
Les enseignes qui s’en
sortent bien allient toujours
leurs compétences
artistiques à une gestion
hyperrigoureuse.
Après avoir suscité des inquiétudes,
l’entrée en scène des hommes d’affaires
semble plutôt réussie. « Les businessmen
propriétaires de théâtre ont eu l’intelligence
de laisser aux manettes des hommes de l’art,
tout en rénovant ces scènes toujours plus coûteuses en termes de sécurité, d’accessibilité »,
se réjouit Francis Nani. « Ladreit, Bolloré,
Granjon, Lagardère, c’est une bonne chose
qu’ils investissent dans le spectacle. Ce n’est
pas un phénomène de bulle, il y a un intérêt
durable. Le théâtre privé était fatigué des
vieilles recettes, et ces gens innovent », renchérit Frédéric Biessy.
Le théâtre privé parisien change vite, et
cette mutation va s’accélérer. « De trente à
quarante salles vont être confrontées à un
problème générationnel. Certains commencent à se dire que c’est le moment de vendre »,
souligne Aurélien Binder. Frédéric Biessy
travaille d’ailleurs sur un modèle d’accompagnement pour les repreneurs, avec l’Ifcic,
la banque de la culture, et la BPI. Certaines
successions ont déjà eu lieu. Au Poche
Montparnasse, Stéphanie Tesson, la fille de
Philippe, est aux commandes avec Charlotte Rondelez. Cet été, Salomé Lelouch a
repris le bail du Ciné XIII Théâtre détenu
par son père et Arthur Jugnot, propriétaire
du Théâtre des Béliers et fils de Gérard, est
entré comme associé. « Le parc a beaucoup
changé ces cinq-dix dernières années, on n’est
plus à l’époque où des octogénaires dirigeaient les théâtres », constate Antoine
Masure, délégué général de l’ASTP, l’Association pour le soutien du théâtre
privé. « On parle souvent de crise du théâtre,
mais ce dernier résiste plutôt formidablement bien, malgré le cinéma, les séries, Internet ! », se félicite Benoît Lavigne.
Mais demain ? s’inquiète Aurélien Binder. « Comment consommera-t-on le théâtre
dans cinq ou dix ans ? Le public vieillit, il est
urgent de le rajeunir ! » Et de le sensibiliser
au juste prix alors que les sites de billetterie
à tarifs réduits ont fait chuter la place à
28 euros en moyenne. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Les Echos
Lundi 10 septembre 2018
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,36 en mai 2018 // Taux de chômage (BIT) : 8,6 %
au 1er trimestre 2017 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
ENVIRONNEMENT MOBILISATION
INÉDITE POUR LE CLIMAT
IRAK TIRS DE MISSILES IRANIENS
CONTRE DES REBELLES KURDES
Les marches pour le climat organisées
samedi dans les grandes villes françaises ont suscité une mobilisation inédite en matière de défense de l’envir o n n e m e n t . L’ O N G 3 5 0 . o r g a
revendiqué 115.000 participants, dont
50.000 à Paris – 18.500, selon la préfecture – répondant à un appel citoyen
après la démission du ministre de la
Transition écologique, Nicolas Hulot.
Ces marches se greffaient sur une
campagne internationale d’action.
L e s g a r d i e n s d e l a R é vo l u t i o n ,
l ’a r m é e d ’é l i t e i r a n i e n n e , o n t
confirmé dimanche avoir tiré la veille
sept missiles contre le quartier général d’un groupe d’opposition armé
kurde iranien en Irak. Cette frappe
sur Koysinjaq, située près de la frontière iranienne, à une centaine de
kilomètres à l’est d’Erbil, a fait
15 morts et une trentaine de blessés.
Elle est survenue au lendemain de
l’incendie du consulat d’Iran à Bassora par des manifestants.
JUSTICE JUGEMENT CE LUNDI
POUR JEAN-VINCENT PLACÉ
ACCIDENT DEUX ALPINISTES
SE TUENT DANS LE BEAUFORTAIN
Deux alpinistes de 27 ans sont morts,
samedi, dans le massif du Beaufortain, sur la commune de la Plagne-Tarentaise (Savoie). Les deux victimes ont dévissé alors qu’elles
entamaient l’ascension de la Pierra
Menta, sommet culminant à plus de
2.700 mètres. Selon les premiers éléments de l’enquête, confiée au peloton de gendarmerie de haute montagne, les victimes ont fait une chute de
plus de 100 mètres.
Parade militaire géante à Pyonyang, mais sans missiles intercontinentaux
Plusieurs responsables ont appelé
dimanche au calme après l’arrestation dans la ville de Köthen, en Allemagne, de deux Afghans soupçonnés
d’implication dans la mort violente
d’un jeune Allemand de 22 ans, deux
semaines après des faits similaires à
Chemnitz ayant mis le pays sous tension. Le jeune homme est décédé
d’une hémorragie cérébrale après
être intervenu dans une altercation
opposant trois Afghans se disputant
la paternité d’un enfant à naître.
SUÈDE ÉLECTIONS LÉGISLATIVES
À FORT SUSPENSE
Des milliers de soldats suivis par l’artillerie et les chars ont défilé à Pyongyang dimanche devant leur leader Kim Jong-un
pour célébrer le 70e anniversaire de la Corée du Nord. Mais le régime s’est abstenu de montrer les missiles balistiques intercontinentaux, qui lui ont valu de multiples sanctions internationales.
Ohan Nilsson /AFP
JUSTICE ENQUÊTE SUR LA
DÉGRADATION DE L’EXPOSITION
CONSACRÉE À SIMONE VEIL
Une enquête a été ouverte après les
dégradations constatées sur plusieurs panneaux d’une exposition
consacrée à Simone Veil, au Panthéon
à Paris, dans la nuit du 1er au 2 août.
L’enquête a été confiée au commissariat du 5e arrondissement. Ancienne
ministre de la Santé et ex-présidente
du Parlement européen, Simone Veil
est décédée en 2017 et sa dépouille est
entrée au Panthéon en juillet dernier.
LA PHOTO DU JOUR
ALLEMAGNE DEUX AFGHANS
ARRÊTÉS POUR HOMICIDE
Jacques Demarthon/AFP
Le tribunal rendra sa décision ce
lundi dans le procès de l’ex-secrétaire
d’Etat Jean-Vincent Placé, poursuivi
pour « violences, injures à caractère
racial et outrage à agents » après une
soirée alcoolisée en avril. En juillet,
une peine de six mois avec sursis a été
requise à l’audience. Il avait reconnu
un comportement inapproprié, mais
s’était défendu de toute violence.
// 13
Quelque 7,5 millions d’électeurs ont
voté dimanche en Suède lors de législatives à suspense qui devraient signer
la fin de la domination des grands partis au profit de l’extrême droite. Alors
que le Premier ministre social-démocrate, Stefan Löfven, présente ces
législatives comme un « référendum
pour l’Etat-providence », l’extrême
droite en a fait un plébiscite contre sa
politique migratoire. Le pays compte
18,5 % d’habitants nés à l’étranger.
SYRIE REPRISE DES
BOMBARDEMENTS SUR IDLEB
Les bombardements du régime, soutenu par la Russie, contre la province
d’Idleb, ultime bastion insurgé dans
le nord-ouest de la Syrie, ont repris
dimanche après une brève pause, faisant au moins un mort. En parallèle,
plus de dix raids ont été effectués par
l ’a v i a t i o n r u s s e s u r l a v i l l e d e
Latamné, contrôlée par les rebelles.
PHOTOJOURNALISME VISA D’OR
POUR VÉRONIQUE DE VIGUERIE
ÉGYPTE L’ONU DÉNONCE
75 CONDAMNATIONS À MORT
La photographe française Véronique
de Viguerie a remporté samedi, à
Perpignan, le prix le plus prestigieux
du Festival international de photojournalisme, Visa pour l’image, pour
sa couverture de la guerre au Yémen.
Elle est la première femme à décrocher le Visa d’or Paris Match News
depuis vingt ans et la 5 e depuis la
1e édition en 1989.
L’ONU a dénoncé dimanche la confirmation en appel par la justice égyptienne de la condamnation à mort de
75 personnes, dont des chefs islamistes, appelant à revoir un verdict
« injuste ». Parmi eux, des dirigeants
des Frères musulmans, dans l’un des
plus grands procès de masse depuis
la révolte qui a secoué l’Egypte en 2011
dans le sillage du printemps arabe.
Photo : Ed Jones/AFP
ON EN PARLE À BARCELONE
Manuel Valls en lice pour la mairie
L’annonce de sa candidature pourrait avoir lieu dans les prochains jours.
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
ché il y a six mois par le parti centriste Ciudadanos, qui lui proposait d’être tête de liste aux
européennes. Bruxelles non
merci, mais Barcelone pourquoi
pas, aurait répondu Valls, séduit
par la perspective de conquérir
la mairie de sa ville natale.
L’idée en l’air, jetée par hasard
ou presque, a pris forme. Il a
sondé activement les cercles
d’influence locaux, pour bâtir
u n p r o j e t d e c a n d i d a tu r e
« constitutionnaliste » transversale, afin de faire face au défi
indépendantiste catalan, en
essayant de trouver une entente
avec les socialistes catalans jusqu’ici réticents à cette alliance.
Après un été passé à tisser ses
réseaux et à calibrer ses chances, il semble être prêt. Alors
era-t-il candidat à la mairie de Barcelone ou pas ?
Manuel Valls caresse
l’idée depuis des mois mais ne
se prononce toujours pas. Pourtant, en Catalogne, on en est sûr,
l’ancien Premier ministre français prépare son atterrissage
imminent dans la politique
locale et l’annonce ne serait plus
qu’une question de jours, selon
ses proches. Il devrait déclarer
très prochainement sa candidature aux élections municipales
espagnoles de mai 2019.
Né à Barcelone, en 1961, d’un
père catalan et d’une mère
suisse, Manuel Valls a été appro-
S
que la maire actuelle, Ada
Colau (soutenue par Podemos),
est en perte de vitesse, les analystes électoraux signalent que
la réputation de fermeté jacobine du Français, perçu comme
un solide rempart contre la
dérive indépendantiste, pourrait faire mouche.
De plus en plus présent
en Catalogne
Tandis qu’il s’éloignait de la politique française, Valls a activement resserré ses liens avec Barcelone, où on l’a vu participer
avec assiduité aux mobilisations
et manifestations en faveur de
l’union avec l’Espagne. Il devrait
être encore plus présent maintenant, puisqu’il vient même d’être
embauché par Esade, l’une des
grandes écoles de commerce de
la ville, pour donner un cours
intitulé « Processus migratoires
et géographie urbaine ».
A chacune de ses apparitions
publiques, les rumeurs s’emballent autour de son annonce de
candidature imminente, mais il
s’est contenté jusqu’ici de répéter
qu’il « étudie la question ». « Une
partie de la solution des problèmes de la Catalogne passera par
Barcelone et cela me motive beaucoup, j’y réfléchis », disait-il ainsi
jeudi soir, lors de la présentation
d’un livre, en revendiquant la
tradition d’ouverture de la ville
qui doit, selon lui, continuer de
« parler au monde » au lieu de se
replier sur un nationalisme qui
« crée des tranchées et désigne des
ennemis ». n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Lundi 10 septembre 2018
www.lesechos.fr
Une dizaine de start-up
françaises ont lancé
des levées de fonds
en cryptomonnaies
ces deux dernières
années. // P. 24
DEVISES EUR/GBP 0,8941 EUR/JPY 1,2832 EUR/CHF 1,1205 GBP/USD 1,2926 USD/JPY 1,1103 USD/CHF 0,9696 TAUX EONIA -0,357 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,319 OAT 10 ANS 0,6286 T-BONDS 10 ANS 2,9097
INDUSTRIE & SERVICES
AUTOMOBILES
DERNIÈRE HEURE
CO2 : Bruxelles remet la pression
sur les constructeurs automobiles.
Jack Ma, emblématique fondateur
de l’empire Alibaba, prépare sa sortie
// PP. 16, 17
TESLA
Un Français devient le bras droit
d’Elon Musk. // P. 17
ORANO
Véronique Le Billon
Laurence Boisseau
@boisseaul
La bataille semble bel et bien perdue
pour les commissaires aux comptes.
Vendredi matin, la commission spéciale à l’Assemblée nationale a adopté
l’article du projet de la loi Pacte qui supprime l’obligation imposée aux petites
et moyennes entreprises de certifier
leurs comptes.
En pratique, les seuils français déclenchant l’obligation de recourir à un commissaire aux comptes pour une PME
ont été relevés au niveau des seuils européens. Désormais, seules les entreprises
remplissant deux des trois conditions
suivantes – un bilan d’au moins 4 millions d’euros, un chiffre d’affaires d’au
moins 8 millions d’euros et un effectif
d’au moins 50 personnes – auront l’obligation de faire certifier leurs comptes
annuels par un commissaire aux comptes. Cette mesure permettra aux petites
entreprises situées sous ces seuils d’économiser 5.500 euros en moyenne, a
indiqué Bercy.
L’ex-Areva inaugure son usine
à plus d’un milliard d’euros. // P. 18
ESPACE
La France se prépare à la guerre
dans l’espace. // P. 19
DISTRIBUTION
Des pistes pour consolider l’essor
du « travel retail ». // P. 20
CASTORAMA
shutterstock
Comment la start-up Slack tisse
sa toile dans les entreprises. // P. 22
ILIAD
L’hypothèse d’un retrait
de la Bourse fait grimper le titre.
// P. 23 ET « CRIBLE » P. 38
PME & RÉGIONS
TOURISME
Les professionnels des spiritueux
investissent dans l’œnotourisme.
// P. 25
Lillian Suwanrumpha/AFP
Le patron de l’enseigne
de bricolage jette l’éponge. // P. 21
HIGH-TECH & MÉDIAS
SLACK
L’homme d’affaires chinois a annoncé son départ du géant d’e-commerce dans une interview au « New York Times ».
L’homme d’affaires veut
consacrer davantage
de temps à des projets
philanthropiques.
Il dévoile un plan
de succession ce lundi,
jour de ses 54 ans.
Frédéric Schaeffer
fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
« New York Times » vendredi en parlant de
retraite immédiate. Il continuera à conseiller
le groupe et restera membre du conseil
d’administration.
Tout en continuant à exercer une
influence considérable au sein de l’entreprise et à en être le principal ambassadeur
de part de la planète, Jack Ma avait commencé à s’écarter de la gestion quotidienne
du groupe en abandonnant, en 2013, le
poste de directeur général exécutif (CEO)
pour celui de président exécutif (« executive
chairman »).
Entrepreneur par accident
FINANCE & MARCHÉS
FONDS DE PENSION
Les fonds de pension ne prennent
pas assez en compte le climat.
// P. 27
LES 10 ANS DE LA FAILLITE
LEHMAN BROTHERS
Les grandes questions 1/5.
// PP. 28, 29 ET « CRIBLE » P. 38
ASSURANCE
Le Lloyd’s de Londres se choisit
un nouveau patron. // P. 30
MATIÈRES PREMIÈRES
Le projet de mine d’or en Guyane
sera amélioré. // P. 31
LES ÉCHOS EXECUTIVES
LEADERSHIP
Prise de parole : comment
s’y préparer. // P. 35
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 34
Pour fêter ses 54 ans, Jack Ma a décidé de
s’offrir une nouvelle vie. L’emblématique
fondateur d’Alibaba doit dévoiler ce lundi,
jour de son anniversaire, un plan de succession ouvrant la voie à une transmission de
son empire à une nouvelle génération de
dirigeants. Ce n’est pas la fin d’une époque
mais « le début d’une ère », a suggéré
l’homme d’affaires chinois au « New York
Times », souhaitant consacrer davantage
de temps à des projets philanthropiques,
notamment dans l’éducation.
L’ex-prof d’anglais, qui a lancé le premier
site d’e-commerce chinois en 1999 dans son
petit appartement de Hangzhou (est de la
Chine) avec 60.000 dollars empruntés à des
amis, prépare toutefois une transition en
douceur, contrairement à ce qu’évoquait le
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Self-made-man devenu l’homme le plus
riche de Chine (avec une fortune estimée à
plus de 40 milliards de dollars), Jack Ma aura
bâti, en moins de vingt ans, un véritable
empire dominant la vente en ligne en Chine
mais aussi le divertissement, le cloud computing ou encore le paiement mobile et les services financiers. Alibaba, qui a fait une entrée
fracassante à Wall Street en parvenant à lever
25 milliards de dollars en 2014, est
aujourd’hui la première capitalisation boursière d’Asie, pesant 420 milliards de dollars.
Sur les pas du milliardaire américain Bill
Gates, l’un de ses modèles, Jack Ma travaille
de longue date à la création d’une fondation à
son nom pour des projets philanthropiques.
« Il y a beaucoup de choses que je peux apprendre de Bill Gates. Je ne pourrais jamais être
aussi riche, mais une chose que je peux faire
mieux est de prendre ma retraite plus tôt ! »,
indiquait-il dans un entretien à Bloomberg
TV diffusé vendredi. « Je pense qu’un jour, et
bientôt, je retournerai à l’enseignement. C’est
quelque chose que je pense pouvoir faire beaucoup mieux que d’être PDG d’Alibaba », ajoute
encore ce passionné d’éducation, qui n’a
jamais fait mystère de ses années difficiles à
l’école, y compris l’échec à deux reprises au
« gaokao », le bac chinois.
Jack Ma (Ma Yun de son nom chinois) a
toujours considéré qu’il était devenu chef
d’entreprise par accident. « Ma plus grande
erreur a été de créer Alibaba », avait-il affirmé,
un brin provocateur, en juin 2016 lors d’un
forum économique en Russie. « Je ne pensais
pas que cette chose allait changer ma vie. Je
voulais simplement gérer une petite entreprise. Mais elle a tellement grossi qu’elle m’a
apporté de trop grandes responsabilités et de
nombreux soucis. »
Multipliant les interventions à travers le
monde, très présent dans les délégations
accompagnant les hauts dignitaires chinois
lors de leurs visites à l’étranger, Jack Ma est la
figure la plus emblématique de cette nouvelle génération d’entrepreneurs chinois
ayant émergé après l’ouverture économique
du pays. Pour de nombreux Chinois, il fait
figure d’exemple et de symbole de la mutation du pays au cours des vingt dernières
années. n
Comment s’est construit son empire
Duncan Clark, l’un des premiers
conseillers de Jack Ma a écrit
un livre qui raconte les débuts
du géant chinois de l’e-commerce.
Verbatim.
• LES CLIENTS D’ABORD
SUR
La fin des
commissaires
aux comptes
dans les PME
« Alibaba a transformé la façon dont les Chinois consomment en leur ouvrant l’accès à
une vaste gamme de produits dont les générations précédentes n’auraient pu que rêver.
[…] Taobao, le principal site d’achats en ligne
d’Alibaba, donne le sentiment à beaucoup
de Chinois que, pour la première fois, ils sont
valorisés en tant que consommateurs. […]
Tous les salariés d’Alibaba connaissent par
cœur la maxime la plus célèbre de Jack :
“Les clients en premier, les salariés en
deuxième, les actionnaires en troisième.” »
• SURVIVRE APRÈS LA BULLE
« En avril 2001, […] l’avenir était tellement
incertain que Jack envisagea même de quitter l’entreprise et de reprendre son métier
d’enseignant. […] “Mon mot d’ordre était
alors de rester le dernier debout, d’être le dernier à tomber. Je croyais fermement que si
j’avais autant de difficultés, alors mes concurrents devaient être dans un état pire encore.” »
• TOUS ACTIONNAIRES
« Pour bâtir son équipe, Jack préférait
recruter les deuxième ou troisième de la
classe. Il estimait que l’élite céderait plus
vite au découragement devant les difficultés du “monde réel”. La paie était modeste :
à peine 50 dollars par mois. Mais Jack avait
adopté les règles de la Silicon Valley : chaque nouvel embauché se voyait proposer
un plan d’actionnariat de quatre ans. Une
rareté en Chine. »
• LES RAPPORTS AVEC LE PARTI
« Jack use souvent d’une métaphore pour
qualifier ses relations avec l’Etat : “Tombez
amoureux du gouvernement, mais ne
l’épousez pas. Respectez-le.” […] Jack a
raconté un jour à l’un de ses amis qu’il n’était
jamais tout à fait maître de son emploi du
temps. Si le secrétaire du Parti du Zhejiang,
par exemple, lui demande de l’accompagner pour un voyage impromptu à
Taïwan, il n’aurait guère d’autre choix que
d’obtempérer. »
« Le Parcours incroyable de Jack Ma,
devenu “l’homme le plus riche de Chine” »,
par Duncan Clark. Editions François Bourin
Les commissaires
aux comptes n’ont cessé
de décrier ce projet.
Ils craignent
de perdre un quart
de leurs mandats.
Depuis des mois, les commissaires
aux comptes n’ont cessé de faire entendre leur voix et de décrier ce projet. Ils
craignent de perdre un quart de leurs
mandats. Pendant longtemps, ils ont cru
disposer d’une marge de manœuvre
dans les discussions avec les ministères.
Ils avaient notamment placé tous
leurs espoirs dans la mission sur l’avenir de la profession qui avait été confiée,
mi-avril par Bercy et le ministère de la
Justice, au président de l’Autorité des
normes comptables (ANC), Patrick de
Cambourg. Ce dernier avait recommandé une période transitoire de trois
ans entre l’ancien dispositif et le nouveau. Une recommandation qui, au
final, n’a pas été suivie par les députés.
Maigres consolations
Afin d’atténuer son impact, le projet de
loi Pacte crée une mission d’audit simplifiée pour les petites entreprises, qui
pourront y faire appel sur une base
facultative. Il propose aussi de rendre le
commissariat aux comptes obligatoire
pour la société faîtière d’un groupe
même si elle se trouve en deçà des
seuils. Et ce pour éviter qu’un groupe de
sociétés n’échappe à toute obligation de
certification des comptes, du fait de sa
structuration en plusieurs entités de
petite taille. Les commissaires aux
comptes espéraient aussi que l’audit
légal de ses sociétés filles soit obligatoire.
Enfin, le projet de loi instaure une
passerelle pour permettre aux commissaires aux comptes disposant d’un
diplôme spécifique d’être également
expert-comptable. Il prévoit aussi que
les commissaires aux comptes puissent
faire des attestations en dehors de
l’audit légal.
De bien maigres consolations pour
les professionnels du chiffre. A moins
que ces derniers réussissent par la suite,
lors des débats juste avant le vote par
l’Assemblée nationale, à faire adopter
certaines de leurs revendications. n
Shutterstock
L’Initial Coin Offering,
un outil complexe à gérer
pour les entrepreneurs
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
à suivre
Charly Triballeau/AFP
PÊCHE Les pêcheurs français et britanniques de coquille SaintJacques ont échoué vendredi soir à signer un accord sur les
modalités de pêche en baie de Seine. « Nous sommes dans une
situation de blocage, mais les discussions ne sont pas rompues »,
a souligné Hubert Carré, directeur du comité national des
pêches. Le conflit concerne les bateaux de moins de 15 mètres.
Des compensations pour les pêcheurs britanniques restent
notamment encore à définir, en échange de la promesse britannique de respecter le calendrier français.
Hôtel de la Marine : discussions en vue
d’un « partenariat » avec le Qatar
Carrefour : 1.274 licenciements notifiés
parmi le personnel des ex-DIA fermés
le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mis en œuvre
dans ses magasins de proximité ex-DIA, fermés en juillet. Une
centaine ont déjà trouvé un « reclassement externe », a ajouté la
direction. Les autres vont s’inscrire dans un congé de reclassement de dix-huit à trente-six mois. Les 273 magasins concernés
employaient 2.100 personnes. Trente unités ont été vendues.
Selon la direction, 350 reclassements internes ont été opérés.
Air France :
pas de nouveau
préavis
de grève
AÉRIEN Réunie vendredi pour
décider de la suite à donner à son
mouvement, l’intersyndicale d’Air
France, qui réunit 9 syndicats
dont ceux des pilotes, a décidé de
ne pas lancer de nouvel appel à la
grève avant l’arrivée du nouveau
directeur général d’Air FranceKLM, Benjamin Smith, attendu
fin septembre. Les membres de
l’intersyndicale, qui avait mené
quinze jours de grève durant le
premier semestre, appellent
néanmoins à une reprise des
négociations sur les salaires.
La rapporteure du texte, la socialiste
maltaise Miriam Dalli, propose
–30 % dès 2025 et –50 % en 2030. A
l’opposé, la droite et les libéraux,
majoritaires au Parlement, défendent le texte de la Commission.
« Il faut des objectifs réalistes. Les
Verts et le PS sont dans la démagogie », dénonce la Française
Françoise Grossetête (PPE, droite).
Au-delà des chiffres, les débats
sur la bonne manière d’inciter et
de contraindre l’industrie seront
intenses. Le projet comprend des
amendes si les seuils ne sont pas
atteints, mais aussi une complexe
modulation des objectifs sur les
moteurs à combustion selon l’effort
de production de véhicules électriques. Des eurodéputés veulent
INTERVIEW // KATHLEEN VAN BREMPT
Eurodéputée socialiste, ex-présidente de la
commission d’enquête sur le « dieselgate »
Shutterstock
Les rejets de CO2 des voitures
sont repartis à la hausse
en 2017. Les objectifs fixés pour
2021 sont-ils atteignables ?
L’industrie ne les remet pas en
cause et fait le maximum. Mais le
challenge est difficile. La légère
hausse de 2017 ne s’explique pas par
de moindres efforts mais par l’évolution du marché. Les ventes de diesel sont en net repli et les consommateurs se rabattent en priorité sur
des modèles essence, qui produisent 15 à 20 % de CO2 de plus. Cette
tendance se confirme en 2018.
La Commission veut réduire
les émissions de 15% d’ici
à 2025 et de 30% d’ici à 2030.
L’industrie est-elle prête ?
Les constructeurs sont prêts à jouer
tout leur rôle, important, dans
l’effort global de décarbonation.
Mais un bon objectif est un objectif
réaliste et atteignable. Il faut commencer par viser moins 20 % d’ici à
2030, avec un rendez-vous en 2024
pour éventuellement relever ce
seuil si les conditions de marché le
permettent. Deux incertitudes
majeures demeurent. Comment
évoluera la demande ? Aujourd’hui,
85 % des ventes de voitures électriques en Europe se concentrent dans
six pays seulement. Et le parc des
bornes de recharge suivra-t-il ? On
en compte 100.000, alors que la
Commission estime qu’il en faudrait
deux millions d’ici à 2025. Vingt fois
plus ! Les Etats vont-ils faire l’effort
d’investissement ? Cela ne sert à
rien de nous pousser à produire des
voitures électriques si elles ne sont
pas rechargeables.
La faiblesse des ventes vient
aussi d’une offre limitée. Des
eurodéputés veulent des quotas de véhicules électriques
pour lancer le mouvement…
Le secrétaire général de l’Acea,
Erik Jonnaert. Photo Fred Guerdin
Le système d’incitation proposé par
la Commission est une meilleure
approche. Ce qui compte, c’est
l’objectif final : faire baisser les émissions globales. Cela passe par
l’électrique, mais pas uniquement. Il faut laisser des marges de
manœuvre technologique. Le projet de règlement devrait, notamment, faire la part plus belle au
développement des véhicules
hybrides. En l’état, il ne les reconnaît
pas comme « à faible émission ».
Leur essor contribue pourtant
à préparer la transition vers le
tout électrique
Des eurodéputés et des ONG
s’opposent à la modulation
des objectifs pour les véhicules
les plus lourds…
La masse doit rester un paramètre
de calcul des objectifs de réduction
des véhicules pour que l’offre reste
diversifiée. On ne peut pas forcer les
constructeurs à s’en tenir à des
petits véhicules. Le consommateur
a besoin de diversité. Cela ne veut
pas dire que les constructeurs ne
font pas d’efforts pour alléger les
véhicules, avec de nouveaux matériels notamment.
Propos recueillis par D. P.
Un an après la fin
de la commission d’enquête,
les leçons du « dieselgate »
ont-elles été tirées ?
Nous avons obtenu de vrais progrès,
avec la mesure des émissions en
conditions réelles de conduite, la
réforme des homologations et des
outils de contrôle renforcés des
véhicules en circulation. Les nouveaux véhicules seront moins polluants, pas seulement dans les laboratoires, mais aussi dans la rue. Mais
nos recommandations en faveur
d’un vrai bond en avant vers l’âge de
l’électrique ne sont pas assez suivies
d’effets dans le projet présenté. La
commission d’enquête a demandé
d’imposer un vrai quota de véhicules à émission zéro. Il n’y est pas.
« Les SUV sont la vache
à lait [des constructeurs] et ils veulent la
traire aussi longtemps
que possible. »
A quel niveau fixer
les objectifs de réduction
des émissions de CO2 ?
J’ai déposé des amendements en
faveur d’objectifs de moins 25 %
d’émissions en 2025 et moins 50 %
en 2030. C’est faisable technologiquement, cela doperait l’innovation,
assurerait la compétitivité de notre
industrie et permettrait d’atteindre
nos objectifs climatiques. Mais je ne
pense malheureusement pas que
nous obtiendrons une majorité. Les
groupes conservateurs veulent
même atténuer la proposition déjà
faible de la Commission. Il faudra
pourtant aller au-delà. On continue
à tuer à petit feu notre industrie en
cédant à ses appels à toujours moins
d’ambitions, plus de temps et plus
Dirk Waem/Belga/AFP
Philippe Huguen/AFP
« Les Etats doivent investir
« Il faut des quotas
dans les bornes de recharge » de voitures électriques »
Shutterstock
Plus d’informations sur lesechos.fr
Dans son projet de règlement
datant de fin 2017, la Commission
européenne a fixé la barre à 30 % de
baisse des émissions de dioxyde de
carbone d’ici à 2030, avec un cap
intermédiaire de moins 15 % en
2025. Jeu classique, les lobbys environnementaux et l’aile gauche du
Parlement affichent depuis leur
détermination à relever ces seuils.
INTERVIEW // ERIK JONNAERT
Secrétaire général de l’Acea
(constructeurs automobiles)
DISTRIBUTION Carrefour a déjà notifié 1.274 licenciements dans
AÉRIEN La compagnie aérienne
britannique a admis, jeudi soir,
avoir essuyé une cyberattaque
sur les données bancaires de ses
clients. Au total, les données de
380.000 cartes de paiement pourraient avoir été dérobées entre le
21 août et le 5 septembre au soir à
cause d’une faille, réparée depuis.
British Air ways a ouvert une
enquête sur l’origine de ce piratage qui menace d’entamer la
confiance de ses clients, qu’elle a
promis vendredi d’indemniser.
Les constructeurs automobiles et
les institutions européennes sont de
retour sur le ring. Trois ans après le
« dieselgate », Bruxelles est décidée
à boucler avant les élections européennes en mai prochain sa nouvelle offensive pour réduire les
émissions polluantes des voitures.
Le premier round a été intense et
n’est pas encore digéré : les nouveaux tests d’homologation, en conduite réelle, et les contrôles renforcés sur le terrain se déploient à
peine. Mais pas le temps de souffler
tant le « deuxième round » (dixit les
ONG), qui s’ouvre ce lundi soir à la
commission Environnement du
Parlement, sera décisif pour l’avenir.
Le sujet de la discorde : définir les
objectifs de réduction des émissions de CO 2 à l’horizon 2030.
Une nécessité environnementale,
mais aussi économique et géostratégique – il s’agit de pousser
les constructeurs européens à accélérer le déploiement des véhicules
électriques, domaine dans lequel
les Etats-Unis et surtout la Chine
ont pris les devants.
samedi être « en discussion » avec le Qatar en vue d’un « partenariat » sur l’Hôtel de la Marine à Paris, qui consisterait, selon
« Le Monde », à permettre à ce pays d’y exposer la collection
Al Thani par roulement sur vingt ans, moyennant une contrepartie financière de 20 millions d’euros. Situé place de la
Concorde, l’Hôtel de la Marine est actuellement fermé pour
d’importants travaux et doit rouvrir en 2020.
British Airways
sous pression
après une
cyberattaque
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
Un recul de 30 % en 2030
CULTURE Le Centre des monuments nationaux a confirmé
AGROALIMENTAIRE Le parquet
de Saint-Quentin (Aisne) a ouvert
une enquête pour « vol » de données confidentielles à la suite
d’une plainte déposée en mai par
la direction du groupe sucrier
Tereos, secoué depuis plusieurs
mois par une crise de gouvernance, a-t-on appris de source
judiciaire. La plainte fait état de
messages anonymes envoyés à
partir de janvier à 150 administrateurs de l’entreprise, qui a son
siège social dans l’Aisne.
CO2 : Bruxelles remet la pr
sur les constructeurs auto
l Le Parlement européen et les Etats de l’UE vont définir les objectifs de réduction de
l Trois ans après le « dieselgate », le bras de fer reste intense avec l’industrie.
Coquille Saint-Jacques : les discussions
franco-britanniques échouent
Tereos :
vol de données
confidentielles
AUTOMOBILE
La députée européenne
Kathleen Van Brempt.
d’échappatoires. Avec cette approche, nous risquons de voir les voitures du futur de plus en plus produites hors de nos frontières.
L’industrie prévient qu’un
virage trop brutal n’est pas
réaliste, serait trop coûteux et
pénaliserait l’emploi. Ne craignez-vous pas de déstabiliser
un secteur clef de l’économie ?
L’industrie noircit largement et à
dessein le tableau. Les constructeurs affirment que les consommateurs ne sont pas intéressés par les
véhicules électriques, mais ils n’y
consacrent aucun marketing ! Ils
veulent juste continuer à vendre les
voitures les plus grosses possible.
Les SUV sont leur vache à lait et ils
veulent la traire aussi longtemps
que possible. Il suffit de regarder les
précommandes de voitures électriques (Tesla, Sono Motors…) pour
réaliser que la demande est là. Les
infrastructures de chargement
avancent. Nous sommes favorables
à un fonds cofinancé par les Etats et
l’industrie pour atteindre le parc de
bornes nécessaire. Le vrai risque
économique, ce n’est pas l’ambition,
mais au contraire l’immobilisme.
Propos recueillis par D. P.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
gaz à effet de serre à l’horizon 2030.
revenir à un système plus dur de
bonus/malus et fixer, comme
en Chine, un quota minimum
de voitures électriques. Ils peineront toutefois à obtenir une
majorité en ce sens.
« Si on fait dans le dogmatisme, on aura tout faux. Le tout
électrique n’est pas pour demain
et n’est pas non plus la panacée.
La production des batteries
nécessaires a une forte empreinte
carbone », prévient Françoise
Grossetête. Les modalités de
calcul des émissions sont aussi
dans leur viseur. Ici, il s’agit de
freiner l’essor des lourds SUV,
ce qui fait hurler l’industrie,
notamment allemande. Le vote
ce lundi soir du rapport Dalli,
annoncé serré, donnera une
première idée du rapport de
force. Même si tout se jouera
en séance plénière, en octobre.
Les discussions entrent aussi
dans le vif entre Etats au Conseil.
Neuf pays, dont la France, se
sont positionnés en faveur d’un
objectif de réduction des émissions de 40 % d’ici à 2030. Les
nouveaux gouvernements
espagnols et italiens pourraient
les rejoindre. En face, un bloc de
pays de l’Est, dont la Hongrie et
la Slovaquie, défendent des
positions plus prudentes. Les
ministres devront trancher cet
automne. L’avis de l’Allemagne,
qui a beaucoup pesé l’an passé
sur le projet de la Commission,
sera déterminant.
L’enjeu des bornes
de recharge
En attendant, les constructeurs
sont à la manœuvre. Déjà en difficulté pour atteindre les objectifs fixés pour 2020, ils veulent
cette fois-ci disposer de plus de
temps pour se retourner. Depuis
des mois, les industriels martèlent que les propositions ne sont
« pas réalistes » et que Bruxelles
confond vitesse et précipitation.
Selon l’Acea, leur lobby européen, seule « une réduction de
20 % d’ici à 2030 est atteignable à
un coût élevé mais acceptable ».
L’ampleur du virage à prendre, les conséquences sur les
effectifs et le manque de bornes
de recharge électriques en ville
nécessiteraient à leurs yeux de
renoncer à imposer des objectifs et des sanctions dès 2025.
Les équipementiers défendent
la même ligne. « Des écrans
de fumée », tranche l’ONG
Transport & Environnement.
La cloche a sonné. n
Volkswagen : le
premier grand procès
s’ouvre en Allemagne
Des actionnaires
reprochent au constructeur allemand de les
avoir informés trop
tardivement de la fraude
sur les moteurs Diesel.
Pauline Houédé
@Pauline_H
— Correspondante à Francfort
Volkswagen a-t-il informé trop
tardivement ses actionnaires de
l’affaire des moteurs Diesel truqués ? C’est la question qui va
occuper ces prochains mois le
tribunal régional de Brunswick,
où s’ouvre ce lundi le premier
grand procès du « dieselgate »
en Allemagne. En raison de la
forte affluence, les juges étudieront l’affaire dans la salle
du congrès de cette ville de
250.000 habitants, située à
une trentaine de kilomètres
de Wolfsburg, le fief historique
de Volkswagen. Emmenés par
Deka Investments, filiale des
Caisses d’épargne allemandes,
les actionnaires du groupe
réclament au total environ
9 milliards d’euros de dommages et intérêts au constructeur,
selon les estimations.
Les investisseurs ont perdu
leur mise lorsque le titre Volkswagen a chuté de 40 % en
deux jours après les révélations
du scandale par l’agence environnementale américaine
(EPA) le 18 septembre 2015.
Selon eux, le constructeur
230
MILLIARDS D’EUROS
Le chiffre d’affaires
de Volkswagen en 2017.
aurait dû les informer plus tôt
de la fraude sur les moteurs.
Les entreprises ont en effet
l’obligation légale d’informer
immédiatement les marchés de
toute information susceptible
d’influer leur cours en Bourse.
11 millions de moteurs
truqués
Le géant aux douze marques
(dont Audi, Porsche, Seat ou
encore Skoda) estime quant à
lui qu’il n’avait pas à sa disposition, avant les révélations américaines, de telles informations.
Volkswagen explique depuis
le début du scandale que la
fraude est le fait de quelques
ingénieurs subordonnés et que
la direction n’était, elle, pas au
courant. Le constructeur n’a
envoyé son communiqué au
marché que le 22 septembre
2015, lorsqu’il a alors reconnu
avoir truqué 11 millions de
moteurs Diesel pour contourner les tests antipollution.
Ce procès risque de faire
encore grimper la facture réglée
par Volkswagen dans le « dieselgate », qui dépasse déjà les
25 milliards d’euros. Les résultats financiers du groupe de
640.000 employés ne pâtissent
cependant pas du scandale : il a
encaissé 230 milliards d’euros
de chiffre d’affaires, a doublé ses
bénéfices et enregistré des ventes record en 2017.
Par ailleurs, de nombreuses
enquêtes restent en cours, dont
celle menée par le parquet de
Munich sur Audi, filiale de
Volkswagen basée en Bavière.
Son ancien dirigeant, Rupert
Stadler, mis en cause notamment pour « fraude », a été placé
en détention provisoire il y a
près de trois mois, pour l’empêcher de nuire à l’enquête. n
AUTOMOBILE
Réorganisation de
l’état-major chez Tesla :
le Français Jérôme
Guillen devient « président » de la division
automobile.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
et Anne Feitz
@afeitz
Cocorico. Après un vendredi noir,
Elon Musk a envoyé un e-mail à ses
salariés annonçant la réorganisation de son état-major chez Tesla.
Surprise, le Français Jérôme
Guillen devient « président » de la
division automobile du constructeur californien, sous la supervision
directe du fantasque milliardaire,
chargé des opérations, des programmes et des achats et de la supply chain. « Jérôme a joué un rôle
crucial dans l’augmentation de la
cadence de production de la
Model 3 », vante Elon Musk. En clair,
l’homme qui connaît tout du futur
industriel de Tesla devient le bras
droit du grand patron épuisé.
Eric Piermont/AFP
ession
mobiles
Un Français devient le bras
droit d’Elon Musk chez Tesla
« Beaucoup de bruits
et de tumulte »
Ce n’est pas le seul changement
dans les hautes sphères du trublion
de l’auto. Après « avoir discuté avec
son conseil », Elon Musk a nommé
un nouveau DRH avec une nouvelle
équipe, un nouveau chef de la Gigafactory… et un nouveau directeur
de la communication transfuge de
la compagnie aérienne Virgin America. Celui-ci aura fort à faire : il
devra encadrer les frasques d’Elon
Musk, qui est sous le coup d’une
enquête de la SEC pour ses tweets
sur son projet de sortie de Wall
Street, et qui vient de signer un nouveau coup d’éclat avec une interview filmée où on le voit notamment fumer du cannabis. Pour
ajouter à la confusion, le directeur
de la comptabilité avait annoncé sa
démission un peu plus tôt dans la
journée, après un mois à son poste…
« Il y a beaucoup de bruits et de
tumulte dans les médias. N’y faites
juste pas attention, demande Elon
Jérôme Guillen était depuis deux ans responsable des programmes et de la division camion chez Tesla.
Musk à ses salariés. Ce qui compte,
ce sont les résultats, et nous sommes
en train de connaître une croissance
exceptionnelle dans l’histoire de
l’automobile. Même la Ford T n’avait
pas été aussi vite que la Model 3. »
Tesla a affirmé qu’il produirait
deux fois plus de voitures ce
« Nous sommes
en train de connaître
une croissance
exceptionnelle
dans l’histoire
de l’automobile. »
ELON MUSK
trimestre que lors du dernier.
Ce qui voudrait dire que plus de
6.000 Model 3 seraient produites
chaque semaine.
Soulager Elon Musk,
au bord du burn-out
Avec un bras droit, Elon Musk
pourra peut-être se refaire une
santé, lui qui avait avoué en août
dans une ahurissante interview au
« New York Times » qu’il était sur
les jantes, au bord du burn-out. A
Jérôme Guillen de le soulager.
Depuis son arrivée chez Tesla il y a
huit ans, Jérôme Guillen a écumé
tous les métiers du fabricant de voitures électriques, travaillant sur la
Model S, les ventes ou le marketing.
Depuis deux ans, cet ancien de
McKinsey de quarante-six ans était
responsable des programmes et de
la division camion : c’est le papa du
Tesla Semi, le fameux camion électrique dévoilé par la firme californienne à l’automne dernier.
Diplômé de l’ENSTA, Jérôme
Guillen travaillait déjà sur les
camions du futur chez DaimlerBenz lorsqu’il a été repéré par Elon
Musk en 2010. Dans l’automobile
française, on parle souvent de ce
natif du Vaucluse comme le « Frenchy de Tesla », un profil solide et
envié, un ingénieur qui a décidé de
faire carrière à l’étranger. Expatrié
depuis vingt-six ans, ce natif de
Cavaillon (Vaucluse) confiait cet été
au quotidien « La Provence » ne pas
exclure de revenir en Europe « si un
jour Tesla y ouvre une usine ». Ses
nouvelles fonctions risquent de ne
pas lui en laisser l’occasion.
(
Lire « Crible »
Page 38
Paris pousse l’auto-partage « en boucle »
Bolloré, dans Paris intra-muros.
Les futures places seront en majorité des places de voirie normales
plutôt que des places d’ex-Autolib’,
en raison du clash estival avec Bolloré qui empêche actuellement de
charger une voiture sur ces bornes,
dont le logiciel lui appartient.
TRANSPORT
La Ville va augmenter
le nombre de places
réservées à cette forme
d’auto-partage consistant à rapporter la
voiture où on l’a prise.
Un système de tarification
complexe
Denis Fainsilber
dfainsilber@lesechos.fr
La nature ayant horreur du vide,
la Mairie de Paris s’organise pour
encourager des successeurs à Autolib’, débranché depuis la fin juillet.
Après l’annonce de l’arrivée de la
paire ADA-Renault à compter du
27 septembre, dans deux arrondissements pour commencer (9e et
12e), avec une poignée de voitures
électriques, l’Hôtel de Ville redéfinit les règles concernant les sociétés d’auto-partage « en boucle » (la
voiture doit être prise et rendue au
même endroit).
Un créneau sur lequel évoluent
pour l’instant trois acteurs, Communauto, Zipcar et Ubeeqo, qui
vivaient dans l’ombre de l’énorme
réseau Autolib’ et entendent bien
désormais gagner en visibilité et
en notoriété. Ces trois opérateurs se
partagent jusqu’à présent seulement 226 places de stationnement
Pour l’instant, trois acteurs, Communauto, Zipcar et Ubeeqo,
évoluent sur le créneau de l’auto-partage « en boucle » à Paris.
Photo Michel Gaillard/RÉA
réservées dans la capitale, à raison
de deux voitures par station,
moyennant une redevance d’occupation du domaine public versée à
la Mairie depuis 2015. Mais aucun
ne gagne d’argent à ce stade sur le
bitume parisien.
Jusqu’à 1.000 places
Au prochain Conseil de Paris, fin
septembre, seront débattus leur
nouveau parc de places et la nouvelle grille tarifaire liée au stationnement, qui donnera lieu sous peu
à un appel d’offres. « L’objectif est
d’aller jusqu’à 1.000 places de stationnement sur la voie publique,
pour des citadines comme pour des
utilitaires. On verra en fonction de la
capacité des opérateurs à répondre à
l’appel à concurrence », annonce
aux « Echos » Christophe Najdovski, l’adjoint à la maire chargé des
transports et de la voirie.
Même au plafond d’un millier de
places, ce plan représente toujours
moins d’un tiers des 3.244 bornes
que se partageaient les Autolib’ de
Côté tarifs, le nouveau cadre se
rapproche d’une usine à gaz. Pour
l’instant, les trois sociétés versent
à la Ville une redevance annuelle
de 750, 1.500 ou 3.000 euros par
voiture. Ultérieurement, après
prolongation de leur convention
actuelle pour huit mois, « il y aura
trois niveaux de redevance et quatre niveaux de tarifs en fonction de
la motorisation du véhicule [électrique, hybride, essence] », selon
l’adjoint. Une grille à double entrée
qui offre douze possibilités de prix,
s’échelonnant de 100 à 1.500 euros
par an… « On attribuera chaque
place au plus offrant », ajoute
Christophe Najdovski.
Pour le moment, la Mairie se dit
soucieuse de développer l’activité
d’auto-partage, censée dissuader
les Parisiens de posséder leur voiture. Mais, à terme, elle ne s’interdit
pas d’augmenter ces redevances,
lesquelles seront répercutées dans
les tarifs de location. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Eramet ferme
un centre
calédonien
MINES
Malgré la médiation
de l’Etat, la SLN,
filiale d’Eramet en
Nouvelle-Calédonie,
est forcée de fermer
un site minier.
Anne Pitoiset
— Correspondante à Nouméa
En butte à une série de dégradations de ses installations et à
une vive contestation d’une partie des Kanaks, la S o ciété
Le Nickel (SLN), filiale calédonienne d’Eramet, a décidé de
fermer l’un des centres miniers
qui approvisionne son usine
métallurgique. « Le centre de
Kouaoua produit 20 % du minerai indispensable à l’usine de
Doniambo. L’objectif de production de 57.000 tonnes de nickel
pour 2018 pourra difficilement
être atteint », prévient une
source proche du dossier.
A Kouaoua, commune de la
côte orientale de la Grande
Terre, la contestation a débuté
en avril avec l’incendie du tapis
roulant qui transporte sur
11 kilomètres le minerai de nickel de la montagne au bord de
mer. En cinq mois, dix incendies
d’origine criminelle ont entravé
la production et causé 1,65 million d’euros de dégâts matériels,
sans compter le manque à
gagner dû aux interruptions de
production. Le 6 août, la situation s’est envenimée quand une
cinquantaine de Kanaks ont
érigé un barrage interdisant
l’accès à des sites que la SLN
aménageait pour remplacer des
mines en fin de vie.
Suspension des travaux
Originaires des zones situées au
pied des mines, ils dénoncent
les atteintes à l’écosystème, les
risques de pollution et d’assèchement des rivières ainsi que
les accords signés avec les responsables coutumiers locaux,
dont ils disent avoir été tenus à
l’écart.
La SLN décidait huit jours
plus tard de fermer le centre,
estimant qu’elle n’était plus « en
mesure d’assurer la sécurité de
son personnel, de ses installations et de ses sous-traitants ».
Quelque 400 salariés et prestataires ont été touchés par cette
mesure radicale.
La tension est encore montée
d’un cran fin août lorsque Paul
Néaoutyine, le président de la
province Nord, a publié un
arrêté ordonnant la suspension
des travaux préparatoires sur
les nouveaux gisements autorisés quelques mois auparavant.
« La SLN est aujourd’hui victime
de son incapacité et de sa réticence à composer avec les populations sur place », a-t-il tancé
dans un communiqué.
La médiation menée sous
l’égide de l’Etat a permis de rétablir le dialogue entre les parties
mais pas la levée du barrage.
Les trois provinces calédoniennes sont actionnaires de la SLN
(à 34 %) et d’Eramet (à 4 %), et
« à ce titre, la province Nord n’a
d’autre objectif que la réussite de
la société », a souligné le président indépendantiste de la province Nord.
Des coûts trop élevés
Ce conflit inter vient à un
moment délicat pour la SLN. En
perte pour la sixième année
d’affilée, l’entreprise, premier
employeur privé du Caillou, a
négocié avec les syndicats un
plan d’amélioration de productivité qui prévoit notamment
300 suppressions de poste et
l’augmentation des cadences de
travail. Malgré ces efforts, son
coût de production reste supérieur d’un dollar la livre au prix
du London Metal Exchange et
elle continue de perdre de
l’argent.
Dans un courrier adressé
aux élus en juin, le directeur de
la SLN, Bernard Laflamme,
n o t a i t q u e « l a m a rge de
manœuvre rétrécissait de mois
en mois ». Quant à l’objectif de
coût de production visé pour la
fin de l’année, il semble lui aussi
s’éloigner. n
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
Orano inaugure son usine
à plus d’un milliard d’euros
l Recentré sur le cycle du combustible nucléaire, l’ex-Areva inaugure
ce lundi l’usine de conversion d’uranium, Comurhex 2.
l Le coût du site a doublé par rapport aux prévisions initiales.
NUCLÉAIRE
Véronique Le Billon
@VLeBillon
— Envoyée spéciale à Pierrelatte
Un dédale de salles – 250 – barrées
de portes coupe-feu et, en pièce
maîtresse, un gros tube métallique
de douze mètres de haut perfusé de
tuyauteries, qu’on ne peut voir d’un
seul tenant. Le non-initié qui visiterait cette usine aurait bien du mal à
en deviner la destination. Au milieu
du complexe nucléaire de 650 hectares de Tricastin (Drôme), Orano,
l’ex-Areva recentré sur le cycle du
combustible nucléaire, inaugure ce
lundi Comurhex 2, sa nouvelle
usine de conversion d’uranium
naturel en hexafluorure d’uranium
(UF6), étape essentielle avant l’enrichissement puis l’assemblage de
combustible pour les réacteurs
nucléaires.
L’accouchement a été douloureux : décidé avant l’accident
nucléaire de Fukushima de 2011,
l’investissement a subi six ans de
retard et a vu sa facture doubler, à
1,15 milliard d’euros. Et pour réaliser les derniers investissements à
l’usine de Malvési (Aude), où se
déroulent les premières étapes de la
conversion, il faudra encore ajouter
150 millions d’euros.
Heure de vérité
en fin d’année
« En 2015, on s’était donné trois conditions pour poursuivre l’investissement : respecter les délais de construction, avoir un grand contrat avec
EDF et redynamiser les ventes à
l’export », expliqu e Antoine
Troesch, directeur de la business
unit chimie -enrichissement
d’Orano. EDF, qui avait diversifié ses
achats au détriment d’Areva, a consenti à lui passer de nouvelles commandes. Et la déprime des cours
mondiaux de l’uranium et de ses
dérivés a apporté à Orano en début
d’année un contrat auprès de l’amé-
Comurhex 2 a subi un accouchement douloureux. Sa construction au milieu du site nucléaire
de 650 hectares de Tricastin (Drôme) a connu un retard de six ans. Photo Véronique Le Billon
ricain ConverDyn, qui arrête son
activité de conversion mais continue à honorer ses commandes.
Si Comurhex 2 réduit les consommations d’ammoniac, d’acide
nitrique et d’eau par rapport
à l’ancienne usine arrêtée fin 2017,
la nouvelle unité ne présente pas
de rupture technologique : après
un premier traitement de l’uranium naturel (le yellowcake) à
Malvési, il s’agit toujours de lui
ajouter du fluor, un gaz très oxydant fabriqué sur place dans des
électrolyseurs.
Les essais de Comurhex 2 ont
démarré au printemps, mais
« l’heure de vérité sera en fin
d’année », estime le directeur du
programme Jean-Luc Vincent, avec
les premières « coulées » d’UF6
attendues en novembre.
Trouver de nouveaux
contrats à l’export
La montée en puissance sera progressive : Orano vise une production de 5.000 tonnes mi-2019, puis
d’arriver à sa capacité maximale de
15.000 tonnes fin 2020. L’enjeu sera
de rembourser l’investissement,
qui a déjà été déprécié pour moitié
dans les comptes d’Orano. Tandis
que l’enrichissement dans l’usine
voisine de Georges Besse 2 assure
une marge d’Ebitda proche des
60 %, « ces dix dernières années, la
conversion a pas mal souffert, avec
une rentabilité à l’étal », euphémise
Antoine Troesch.
Les cours commencent à remonter et la restructuration d’Areva
a permis de réduire les coûts sur la
plate-forme du Tricastin, mais il
faudra trouver de nouveaux contrats à l’export. « 90 % de notre chiffre d’affaires est couvert pour dix ans,
c’est un luxe de ne pas avoir à commercialiser en ce moment, explique
Antoine Troesch. Et dans dix ans, on
aura remboursé l’investissement. » n
EDF relance une filière de recyclage
de son uranium usé
Frédéric Oudéa
Directeur général
du groupe Société
Générale
Mercredi 19 septembre 2018 à 19h00,
« Quelle place pour les banques dans les
sociétés de demain ? »
Informations et inscriptions :
www.lesechos-debats.fr
L’électricien veut réduire
ses stocks d’uranium de
retraitement qui s’accroissent de 1.000 tonnes par an.
Ils sont six ou sept entrepôts,
alignés sur un terrain de
l’immense site nucléaire d’Orano
du Tricastin (Drôme), dans lesquel s s’accumul ent quelqu e
20.000 tonnes d’uranium de
retraitement (URT) issus des centrales nucléaires d’EDF. Un stock
qui s’accroît chaque année de
1.000 tonnes supplémentaires
depuis l’arrêt, il y a cinq ans, de la
filière de réutilisation de ce combustible, mais qu’EDF a décidé de
relancer.
Relance de longue haleine
« Nous avons recyclé l’uranium de
retraitement de 1994 à 2013, avant
d’arrêter suite à un process de traitement des effluents non satisfaisant.
Depuis deux ans, nous travaillons à
reconstruire une filière solide et compétitive. Cela nous permet de recycler
une matière valorisable et de réduire
nos achats d’uranium », justifie
Denis Lépée, directeur de la division combustible nucléaire à EDF.
Une relance de longue haleine :
ce n’est qu’à partir de 2023 que les
quatre réacteurs de 900 mégawatts
(MW) de Cruas (Ardèche), en bor-
dure du Rhône, devraient à nouveau consommer 600 tonnes d’uranium de retraitement enrichi
(URE) par an. Et à partir de 2028, un
puis trois réacteurs de 1.300 MW
devraient s’ajouter à ce programme. Soit, à l’échéance de ce
plan à dix ans (2023-2032), une utilisation de 1.300 tonnes d’uranium
de retraitement enrichi par an, permettant seulement alors de commencer à faire décroître les stocks.
« Orano n’avait
pas le meilleur prix »
Aujourd’hui, EDF recycle une partie de son combustible usé à travers
du MOX, utilisé dans une vingtaine
de réacteurs. Ce combustible permet de réutiliser le plutonium créé
par le procédé de retraitement (1 %
des tonnages), mais pas l’uranium
issu de ce recyclage, qui représente
pourtant 95 % des volumes (les 4 %
restants étant des déchets ultimes).
« La filière MOX nous permet d’économiser 10 % de nos besoins d’uranium naturel. A l’horizon 2030, avec
cette nouvelle filière, c’est 20 à 25 %
d’uranium en moins dont nous
aurons besoin », estime Denis
Lépée.
Alors que l’uranium de retraitement (URT), pour être réutilisé, doit
faire l’objet d’une phase de conversion, puis être à nouveau enrichi
(URE), cette nouvelle filière ne profitera pas à Orano. A l’issue de
l’appel d’offres organisé par EDF
pour réaliser ces opérations, l’électricien fera appel au russe Tenex
(Rosatom) et à Urenco (aux capitaux allemands, britanniques et
néerlandais), puis à sa filiale Framatome de Romans-sur-Isère pour
l’assemblage des combustibles.
« Orano n’avait pas le meilleur
prix et ils n’ont pas d’installation
p o u r c o nve r t i r c e t u r a n i u m
retraité », justifie Denis Lépée.
L’usine d’enrichissement d’uranium Georges Besse 2 d’Orano, en
revanche, avait adapté dès sa conception une partie de son installation pour pouvoir enrichir de l’uranium retraité. « Mais nous avons
déjà retrouvé une belle part de marché avec EDF » sur d’autres activités,
tempère Antoine Troesch, directeur de la business unit Chimie
Enrichissement d’Orano.
EDF assure que cette nouvelle
filière sera compétitive. Alors que le
c o u r s d e l ’u r a n i u m n a t u rel remonte à peine de ses plus bas,
autour de 27 dollars la livre, « nous
avons pris des hypothèses de cours
d’uranium très pénalisantes »,
assure Denis Lépée. Car plus l’uranium naturel sera cher, plus le
retraitement sera économiquement pertinent. — V. L. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
Naval Group
noue des
partenariats
en Egypte
DÉFENSE
Pour se développer
à l’export, l’héritier
des arsenaux français
veut créer des jointventures avec
des acteurs locaux
dans les services.
Emmanuel Grasland
@EGrasland
Tout doucement, le navire
glisse dans l’eau sous les acclamations des ouvriers. Jeudi, un
parterre d’uniformes blancs de
la marine égyptienne observe la
mise à l’eau de la première corvette Gowind, réalisée par les
chantiers navals d’Alexandrie
avec l’aide de Naval Group. Un
symbole fort pour Le Caire,
après une tête de série construite à Lorient (Finistère).
L’occasion pour le groupe
français d’annoncer la création
d’une filiale destinée à fournir
des prestations de maintenance.
Avec l’idée d’en faire un jointventure avec un acteur égyptien.
Cette stratégie de partenariat est
pour l’héritier des arsenaux
français une façon de s’ancrer à
l’étranger. « Nous avons besoin de
réaliser 50 % de notre activité à
l’export, afin d’occuper nos équipes entre les renouvellements de
commandes de l’armée française », explique Hervé Guillou,
le PDG de la société.
Dans ce cadre, l’Egypte a du
potentiel. Depuis l’arrivée au
pouvoir du maréchal Sissi, la
marine y est devenue un enjeu
majeur afin de lutter contre
l’immigration illégale, la piraterie en mer Rouge et surtout de
protéger le canal de Suez et les
gisements de gaz en Méditerranée. « Non seulement les réserves
prouvées de l’Egypte ont en partie permis de financer les projets
de modernisation de sa Marine,
mais ces découvertes ont obligé le
gouvernement Sissi à se doter de
moyens opérationnels pour protéger ce qui devrait, à terme,
constituer l’une des trois premières sources de devises de l’Etat »,
explique Patrick van den Ende,
consultant défense et industrie
au cabinet CEIS.
Tout cela a permis à Naval
Group, depuis 2014, de vendre à
l’Etat égyptien quatre corvettes
pour environ 1 milliard d’euros,
une frégate FREMM (1 milliard
d’euros) et deux porte-hélicoptères. Deux autres corvettes
sont en option, pour lesquelles
le groupe de 3,7 milliards
d’euros de revenus (35 % à
l’export) affronte la concurrence de l’allemand TKMS.
Un changement culturel
L’Egypte est aussi intéressante
pour les services. Une activité
qui devrait générer 45 % du
chiffre d’affaires cette année, du
fait notamment de la refonte du
« Charles-de-Gaulle ». D’ici à fin
septembre, le groupe doit boucler un contrat de services avec
la marine égyptienne, la garantie de la première Gowind arrivant à échéance. Ce contrat, qui
porte sur les quatre corvettes,
s’étendra ensuite à la FREMM
et aux deux porte-hélicoptères
livrés en 2015, après la fin de
leur garantie (5 ans et 2 ans).
Surtout, il intégrera de la maintenance préventive. Un changement culturel pour un client
plutôt habitué à changer une
pièce quand elle est cassée.
Cette stratégie de partenariat
via des joint-ventures, Naval
Group l’a déjà mise en œuvre au
Brésil et en Malaisie pour ses
sous-marins Scorpène, les pays
émergents exigeant transferts de
technologie et compensations. n
La France se prépare
à la guerre dans l’espace
l Face à la menace de guerre des étoiles, la ministre des Armées, Florence Parly, veut renforcer
les moyens de surveillance des satellites.
l Elle est interpellée par la Space Force à l’américaine et appelle à des coopérations avec le secteur privé.
ESPACE
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
« La guerre des étoiles est bien autre
chose qu’une fiction. » La ministre
des Armées, Florence Parly, n’a pas
mâché ses mots en dévoilant au
Centre national des études spatiales (CNES), à Toulouse, les axes de
la future stratégie spatiale de
défense, qu’elle présentera en fin
d’année au président de la République. Pour illustrer la menace, la
ministre a expliqué que Moscou
avait tenté d’espionner le satellite
militaire français Athena-Fidus
voilà un an. L’astronef russe Loutch-Olymp s’était alors approché
tout près. « Nous l’avions vu arriver
et nous avons pris les mesures qui
s’imposaient […], a-t-elle raconté. Il
a continué de manœuvrer activement les mois suivants auprès
d’autres cibles… »
Aujourd’hui, les menaces contre
les satellites peuvent venir du sol
(lasers, missiles, cyberattaque),
mais aussi de l’espace, avec la multiplication à venir des constellations de microsatellites. Environ
3.000 astronefs de plus de 50 kilos
seront lancés d’ici à dix ans et « le
premier défi à surmonter sera la gestion du trafic ». La ministre a donc
martelé la nécessité de se doter de
moyens supplémentaires pour
surveiller l’espace, en accentuant
la coopération avec l’Europe et en
menant des projets nationaux
pour des raisons de souveraineté.
Détecter les centres
de commandement
La loi de programmation militaire
consacre déjà 3,6 milliards
d’euros au renouvellement des
satellites. Le premier satellite
d’observation de nouvelle généra-
tion CSO sera lancé à la fin de
l’année. La France lancera ensuite
trois satellites d’écoute électromagnétique CERES en 2020, pour
détecter les centres de commandement ennemis. Et « un troisième
satellite de télécoms, Syracuse 4,
sera commandé en 2023 », après le
lancement des deux premiers d’ici
à 2022.
La France va augmenter ses
capacités satellitaires. « Mais
l’enjeu, c’est de surveiller l’espace »,
a souligné la ministre. Le radar
Graves, qui observe les positions
des satellites en orbite basse, sera
modernisé et complété par le projet Geo Tracker d’ArianeGroup,
qui donne une vision dans l’orbite
géostationnaire.
Malgré cela, la France n’est pas
complètement autonome en la
matière. « J’ai donc décidé de renforcer notre capacité nationale de surveillance spatiale et de renseignement », a indiqué Florence Parly,
qui veut « observer l’espace depuis
l’espace », alors qu’aujourd’hui la
France le surveille depuis la Terre.
Des caméras seront placées sur les
prochains satellites Syracuse et
pourront aussi être embarquées
sur « les projets commerciaux de
constellations de satellites ».
Un appel au secteur privé
Citant l’exemple de Thales qui
investit avec la Space Alliance dans
des capteurs pour identifier des
objets spatiaux, Florence Parly a
appelé au partage des coûts avec le
secteur privé. La ministre veut tirer
profit du « new space » et des minisatellites qui baissent le prix
d’accès à l’espace. « Ne pensons plus
au financement tout étatique
comme unique moyen de mener des
projets », a-t-elle martelé, en insistant sur l’innovation et les systèmes intelligents embarqués sur les
nanosatellites. La ministre a sou-
« J’ai entendu bien
des gens se gausser
à l’annonce de la
création d’une
Space Force
américaine. Je n’en
suis pas. Je n’en
suis pas du tout. »
FLORENCE PARLY
Ministre des Armées
haité le développement de constellations de petits satellites d’observation qui « aideront à la mobilité
de nos futurs systèmes d’armes […]
Je n’hésiterai pas à proposer au président de la République des décisions
fortes ».
Enfin, Florence Parly veut revoir
la gouvernance de la défense de
l’espace, la compétence étant
aujourd’hui partagée en France par
une dizaine d’organismes (DGA,
CNES, Onera, Cosmos, etc.). « Nous
avons presque autant d’acronymes
que de talents », a-t-elle ironisé, en
précisant sa pensée : « Nos satellites
s t ra t é g i q u e s m i l i t a i re s s o n t
aujourd’hui opérés en majorité par
des personnels qui n’appartiennent
pas au ministère des Armées. A
l’heure où la paix spatiale paraît précaire, ne devrions-nous pas disposer
de capacités propres en la matière ? »
Et de souligner : « J’ai entendu bien
des gens se gausser à l’annonce de la
création d’une Space Force américaine. Je n’en suis pas. Je n’en suis pas
du tout. J’y vois un signal extrêmement puissant : le signal des confrontations à venir. » n
INTERVIEW // FLORENCE GAILLARD-SBOROWSKY
Chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique
« La France et l’Europe dépendent des
Etats-Unis pour leur défense spatiale »
Propos recueillis par
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Quel est le niveau actuel
de la militarisation de l’espace ?
La possibilité d’une guerre dans
l’espace a toujours fait partie des
préoccupations des Etats. Le
traité de l’espace de 1967 a interdit
l’envoi d’armes de destruction
massive dans l’espace, mais il
n’interdit pas une utilisation militaire de l’espace. Et depuis une
dizaine d’années – en particulier
depuis l’essai réussi en 2007 par
les Chinois pour détruire un satellite en orbite – on constate une
accélération de la militarisation
de l’espace, alimentée par la
crainte d’être distancé par l’adversaire. Dans cette course aux armements, les Etats-Unis restent de
loin la première puissance militaire. Sur les quelque 410 satellites
militaires en orbite, 167 sont américains, contre 89 pour la Russie,
84 pour la Chine et 8 pour la
Fr a n c e , a u xq u e l s s’a j o u t e n t
2 satellites en partenariat avec la
Belgique, l’Espagne et l’Italie, et
2 avec l’Italie. Outre la France, les
deux autres puissances spatiales
européennes sont l’Allemagne et
l’Italie, avec 7 satellites chacun.
Quelle menace constitue
ces satellites ?
Il s’agit essentiellement de satellites d’observation et de télécommunications cryptées, indispensables à la conduite des
opérations militaires. Mais on a
aussi vu apparaître des satellites
manœuvrants, susceptibles d’être
utilisés pour détruire d’autres
satellites – c’est ce qu’ont fait les
« Dans cette course
aux armements,
les Etats-Unis restent
de loin la première
puissance militaire. »
Chinois en 2007 avec deux de
leurs satellites – ou pour intercepter les communications, comme
le russe Luch-Olymp, qui s’est
approché du satellite français
Athena-Fidus pour l’espionner.
D’autres projets constituent aussi
des menaces, comme les futurs
véhicules de service en orbite, destinés au ravitaillement et à la
maintenance des stations spatiales et des satellites, mais qui pourraient être utilisés contre eux.
Mais aussi des moyens terrestres,
comme les lasers à haute énergie,
capables d’atteindre le miroir d’un
satellite en orbite.
Comment la France
peut-elle se protéger ?
Les deux prior i t és p o u r u ne
défense spatiale dissuasive sont la
surveillance de l’espace et la protection des satellit es contre
d’éventuelles actions offensives.
Mais cela nécessite de définir une
stratégie qui précise quel degré
d’indépendance nous souhaitons
acquérir. Aujourd’hui, la France
est en mesure de surveiller les basses orbites terrestres, grâce au
radar Graves, mais nous sommes
dépendants des Etats-Unis pour la
surveillance de l’orbite géostationnaire, où évoluent les gros
satellites
Si la France et l’Europe veulent
être autonomes dans ce domaine,
comme ils le sont déjà en matière
d’accès à l’espace grâce à Ariane, il
faudra investir des sommes considérables. A titre de comparaison,
le budget spatial américain représente 60 % des dépenses spatiales
mondiales. Et si l’Europe veut
devenir une grande puissance
spatiale, cela passe par la construction de l’Europe de la
défense. n
La ministre des Armées, Florence Parly, a appelé au partage
des coûts avec le secteur privé. Photo Isa Harsin/Sipa
Le renseignement français
voudrait se passer des services
de l’américain Palantir
Le gouvernement cherche
à développer une alternative au logiciel de Big Data
de l’entreprise financée
en partie par la CIA,
rapporte Bloomberg.
Sophie Amsili
@samsili
Développer la souveraineté numérique de la France et de l’Europe. Le
gouvernement intensifie ses efforts
en ce sens afin de ne plus dépendre
des logiciels américains au moment
où les relations transatlantiques ne
sont pas des plus chaleureuses, rapporte l’agence Bloomberg.
En ligne de mire notamment : un
logiciel d’analyse de données (Big
Data) fourni par Palantir, une
start-up américaine financée en
partie par la CIA et que le renseignement intérieur français utilise pour
sa lutte antiterroriste. Le contrat
avait été signé en 2016 « en l’absence
d’une solution française et européenne ».
Mais Paris voudrait désormais
lui trouver un remplaçant « maison ». « Nous cherchons aujourd’hui
à développer une offre française ou
européenne », explique le patron de
la Direction générale de la sécurité
intérieure, Laurent Nunez, à
Bloomberg. « Nous avons pour
objectif de lancer un outil pour toutes
les agences de renseignement. Et de
nombreuses entreprises sont intervenues. »
Une start-up valorisée
20 milliards
Peu connue du grand public, Palantir est pourtant l’une des pépites de
la Silicon Valley. Elle a rejoint en
2015 le cercle des start-up valorisés
au moins 20 milliards de dollars.
Lancée en 2004 notamment par
Peter Thiel, cofondateur de PayPal
et l’un des premiers investisseurs de
Facebook, l’entreprise compte
aujourd’hui 2.000 employés, selon
Forbes. Elle compterait parmi ses
clients la NSA, le Département
américain de la Sécurité intérieure,
les Marines ou encore l’Armée de
l’air américaine.
Pour les logiciels de Palantir
comme pour ceux de la suite Microsoft, « l’essentiel est de disposer d’une
architecture globale qui permette
d’utiliser ces logiciels de manière précautionneuse », avait déclaré en
mars dernier, le directeur général
de l’Agence nationale de la sécurité
des systèmes d’information (Anssi),
Guillaume Poupard, devant la
Commission de la défense national e et des fo rces armées de
l’Assemblée nationale.
Le souhait de l’Anssi
« Or c’est de plus en plus compliqué :
de nombreux éditeurs de logiciels, en
effet, dégagent leur plus-value en
fournissant non plus un simple CDROM comme autrefois mais un système à distance, en cloud, qui, pour
fonctionner, ne doit plus se trouver
chez le client mais chez l’éditeur, ce
qui soulève de nombreuses questions », avait-il poursuivi.
Guillaume Poupard avait également souligné la « volonté globale de
créer une alternative française de
confiance » aux logiciels de Palantir
et le travail de la Direction générale
de l’armement (DGA) en ce sens.
Sur les 57 milliards d’euros prévus sur le quinquennat pour le
Grand plan d’investissement,
13 milliards sont dédiés au financement de l’innovation, dont 4,6 milliards aux secteurs de l’intelligence
artificielle, du Big Data, des nanotechnologies et la cybersécurité. Au
niveau européen, le programme
Horizon 2020 prévoit 80 milliards
d’euros pour financer la recherche
sur le continent entre 2014
et 2020. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
Des pistes pour
consolider l’essor
du « travel retail »
DISTRIBUTION
Les achats en aéroport
croissent en moyenne
de 8,5 % par an depuis
quinze ans.
Cette progression
pourrait être encore
plus soutenue, pointe
une étude récente
du BCG.
souligne que le dynamisme actuel
risque d’être altéré si rien n’est fait.
La tendance de fond reste très
favorable. Porté par l’essor des voyages en avion, le « travel retail » connaît depuis quinze ans un véritable
âge d’or. Une fois résorbé le choc du
11 septembre, le commerce en aéroport (l’étude ne porte pas sur les
gares) a connu une croissance
moyenne annuelle de 8,6 %. Il pèse
aujourd’hui 70 milliards de dollars,
ce qui en fait le segment le plus dynamique de la distribution physique.
Valérie Leboucq
@vleboucq
Baisse du ticket moyen
Le commerce dans les aéroports, le
« travel retail », donnera-t-il bientôt des signes d’essoufflement ?
La dernière étude du Boston Consulting Groupe (BCG) sur le sujet
C’est l’Asie-Pacifique qui tire le secteur, avec un score moyen de +14,4 %
par an. A elle seule, la zone représente 45% des ventes. L’Europe, par
contre, fait figure de lanterne rouge
(+4,5 %).
Ce dynamisme global devrait
perdurer, car le nombre des passagers transportés par les compagnies aériennes ne cesse de progresser : +5 % par an. Encore faut-il
savoir exploiter cette manne. Ce qui
n’est pas le cas puisque l’étude montre qu’au cours des cinq dernières
années, la dépense moyenne par
passager a baissé de plus de 3 %.
Le BCG y voit l’incidence du poids
croissant des compagnies low cost
qui représentent jusqu’à 35 % du
trafic. « Il faut sans doute proposer à
ce profil de clientèle une offre commerciale davantage axée sur la restauration et les marques grand
public que sur les marques de luxe »,
relève le BCG.
Il faudrait aussi mieux segmenter
les voyageurs par tranche d’âge.
D’ici à 2020, les Millennials (ceux
ALBERT
GOSSUIN
de la livraison à domicile des achats
effectués à l’aéroport, voire en vol.
La meilleure exploitation des
données clients et surtout leur partage par les opérateurs, constituent
le principal levier d’amélioration.
On n’y est pas « car tous travaillent
en silo », constate Olivier Abstan.Deux obstacles s’opposent à
plus de collaboration : la réglementation très pointilleuse (en Europe)
de la protection de la vie privée et
surtout le soin de chacun de garder
LE BRET
ANTIQUITÉS
La Biennale Paris
réunit jusqu’au
16 septembre
62 antiquaires,
essentiellement
des Français.
Martine Robert
@martiRD
Annuelle depuis 2017, la Biennale
des Antiquaires rebaptisée
« Biennale Paris », fête sa 30e édition du 8 au 16 septembre au
Grand Palais. Elle s’offre pour
l’occasion un directeur artistique
de choix : le styliste, designer et
collectionneur Jean-Charles de
Castelbajac. L’organisateur, le
Syndicat national des antiquaires
(SNA), a néanmoins dû convaincre jusqu’au dernier moment les
professionnels de s’inscrire, tant
ces dernières années ont été marquées par des rivalités et des
désaccords entre marchands.
Une foire concurrente, Sublime,
devait même se tenir en octobre,
pilotée par Christian Deydier,
ancien président du SNA. Finalement reportée en 2019, l’initiative
a néanmoins eu un effet dissuasif.
© GUILHEM CANAL
Un exceptionnel
cabinet de curiosités
ÉCOUTEZ RFM ET GAGNEZ *
pour soi la data. « Compte tenu des
conditions draconiennes imposées
par les autorités aéroportuaires, les
boutiques d’aéroport ont des marges
bien inférieures aux autres. Elles
cherchent à préserver la richesse
représentée par leur connaissance
client. » Une solution existe cependant selon le BCG : la création de
plates-formes, en coentreprise, que
l’on chargerait d’agréger et d’analyser les données, puis de les partager
en fonction des besoins. n
Les antiquaires tiennent
Salon au Grand Palais
MARC-ANTOINE
* JEU GRATUIT SANS OBLIGATION D’ACHAT DU 8 SEPTEMBRE 2018 À 00H00 AU 01 OCTOBRE 2018 À 7H30. UN GAGNANT DÉTERMINÉ PAR TIRAGE AU SORT. RÈGLEMENT & CONDITIONS DE REMBOURSEMENT DÉPOSÉS CHEZ MAITRE REYNAUD, HUISSIER DE JUSTICE À NANTERRE-LA-DÉFENSE ET DISPONIBLES SUR RFM.FR
SPANO
ÉLODIE
nés entre 1980 et 1994) représenteront 46 % du total. A l’autre bout du
spectre, les baby-boomers et la
génération X (1965-1979), vont
encore plus voyager. « Il faut en tenir
compte dans l’assortiment de produits et les offres qui pourraient être
ciblés en fonction de l’âge mais aussi
des CSP via les cartes de paiement »,
explique aux « Echos » un des contributeurs, Olivier Abtan, directeur
associé à Paris. Autre piste : la généralisation du « click and collect » et
Les antiquaires n’avaient pas
besoin de cela alors que certains
styles ne sont plus à la mode
ou touchés par des affaires de
faux (mobilier XVIIIe,
design XXe). Ainsi ne sont-ils que
62 exposants à la Biennale, contre
93 l’an dernier et 132 en 2016. Exit
les Français Léage, Coatalem,
Downtown et Chevalier, l’Anglais
Mullany, l’Allemand Röbbig.
Place à de nouveaux venus et
à quelques marchands qui font
leur retour comme Jacques
Barrère.
Les professionnels présents
n’ont néanmoins pas lésiné sur les
invitations de VIP (2.000), les
conviant à des visites exclusives
de maisons de luxe comme Chaumet ou Ruinart, tandis que
le dîner de gala, préparé par Potel
et Chabot, comptait jeudi soir
750 couverts. Le président du
SNA, Mathias Ary Jan, a établi
cette édition des partenariats avec
le Salon Maison & Objet, la Paris
Design Week, ou encore les Journées du Patrimoine, pour attirer
un nouveau public.
La Biennale reste un exceptionnel cabinet de curiosités avec
25 spécialités, des arts primitifs à
l’art moderne et même contemporain : l’art du XXe siècle est
d’ailleurs très présent avec une
trentaine d’exposants, pour coller
davantage aux tendances du
moment. Et pour rassurer les
acheteurs, les présidents de la
Compagnie nationale des experts
et du Syndicat français des
experts professionnels dirigent la
Commission d’admission des
œuvres : une centaine de consultants spécialistes ont examiné
pas moins de 5.000 objets.
Un secteur en souffrance
Car ce Salon se doit d’être une
vitrine majeure et irréprochable
pour un secteur en souffrance. Le
nombre des antiquaires à Paris a
diminué de 30 à 40 % en moins
d’une trentaine d’années selon le
« Journal des Arts », pour tomber
à 300 environ. Les antiquaires
sont désormais en concurrence
avec des maisons de ventes très
puissantes et avec certains sites
en ligne. Et c’est aussi parce que la
Biennale doit désormais faire
Le nombre
d’antiquaires à Paris
a diminué
de 30 à 40 %
en moins
de trente ans.
face à de multiples foires annuelles, comme la Tefaf à Maastricht
et New York, Frieze Masters à
Londres, la Brafa à Bruxelles, que
le SNA a décidé d’en accélérer le
rythme. Début septembre, la
Biennale se veut « le signal de la
rentrée artistique internationale »,
« le rendez-vous incontournable de
l’art de vivre à la française ».
Mais le positionnement peut-il
être différent, le Salon étant
devenu beaucoup moins international (deux tiers d’antiquaires
français) et beaucoup plus resserré qu’auparavant (quatre fois
moins d’exposants que la Tefaf) ?
Dans le même temps, le coût de la
Biennale Paris – 900 euros le
mètre carré de stand contre 550
pour sa rivale hollandaise –
impose aux antiquaires de très
bien vendre pour entrer dans
leurs frais. En l’absence des
joailliers de la place Vendôme (à
l’exception de Lorenz Bäumer),
qui attiraient une clientèle internationale et enrichissaient les
c a i s s e s d u S NA , l e p a r i e s t
d’autant plus difficile. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
Le patron de Castorama
jette l’éponge
DISTRIBUTION
L’enseigne de bricolage
affiche de mauvaises
performances depuis
plusieurs mois.
Afin d’appuyer
l’impact de son plan
Act for Food,
Carrefour lance,
avec Publicis, une
campagne institutionnelle à l’échelle
mondiale.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
On retrouve désormais
les mêmes marteaux
et les mêmes meubles
de salle de bains chez
Castorama à Paris que
chez B&Q à Londres.
Le mouvement souligne les difficultés de Castorama. Les ventes du
réseau ont baissé de 3,8 % à périmètre comparable au deuxième trimestre de l’exercice, clos le 31 juillet.
La baisse était de 8 % au premier tri-
Carrefour s’engage
auprès du
consommateur… pour
mieux contrer Amazon
DISTRIBUTION
Le groupe anglais
Kingfisher,
qui la possède, mène
une transformation
à marche forcée.
Marc Tenart ne tient plus. Le directeur général de Castorama et Brico
Dépôt quitte son poste. Kingfisher,
la maison mère basée à Londres des
deux enseignes de bricolage, évoque
une « convenance personnelle ». Il est
remplacé à partir du 1er octobre à la
tête de la branche française du
groupe par Christian Mazauric,
ancien directeur financier de Castorama et aujourd’hui directeur général de B&Q, la chaîne de magasins
que Kingfisher exploite au Royaume-Uni et en Irlande.
marketing
Véronique Richebois
@VRichebois
Véronique Laury, directrice générale de Kingfisher, a promis que les actions mises en place
en France porteraient leurs fruits au cours du second semestre. Photo Vincent Loison/Sipa
mestre. L’enseigne avait déjà perdu
2,4 % pendant l’année fiscale 20172018 qui s’est achevée le 31 janvier
2018. Au cours du dernier trimestre,
Brico Dépôt a, elle, gagné 2,6 %. Les
creux de Castorama ont d’abord été
attribués par Véronique Laury, la
Française patronne de Kingfisher, à
la météo puis au moindre impact
dans les magasins français de la
stratégie de transformation qu’elle
a engagée.
Centralisation
L’ancienne de chez Leroy Merlin,
puis de chez Castorama, a lancé il y
a deux ans et demi le plan One Kingfisher. Les achats de toutes les entités du conglomérat ont été centralisés à Londres. Les gammes de
produits ont été unifiées. On
retrouve désormais les mêmes
marteaux et les mêmes meubles de
salle de bains chez Castorama à
Paris que chez B&Q à Londres. Des
gains à l’achat sont attendus. Même
la comptabilité a été unifiée. Les services ont été regroupés en Pologne.
Kingfisher exploite 1.300 magasins
dans dix pays dont, outre la France
et le Royaume-Uni, la Russie et la
Turquie.
En France, l’unification a servi
Brico Dépôt. L’enseigne discount,
qui crée du trafic avec des arrivages
réguliers de produits, a élevé la
gamme de ses produits. Le bénéfice
n’a pas été le même chez « Casto ».
Certains employés estiment que la
chaîne a « moyennisé » ses rayons,
perdant la frange la plus qualitative
de son offre. Cela tirerait à la baisse
le montant des ventes. Et, centralisation oblige, l’adaptation locale
des assortiments n’est plus possible.
Une autre source pointe le site
Internet qui aurait été mal refait à
Londres. Les défauts de ses indica-
tions techniques dissuaderaient les
clients. Le trafic dans les magasins
aurait baissé depuis février.
L’audience du site aurait chuté de
25 %. Les études montrent que de
60 à 70 % des bricoleurs préparent
leurs achats sur la Toile.
Christian Mazauric poursuivra
la mise en œuvre du plan One Kingfisher. Il bénéficiera de la baisse
des prix rendue possible par la
centralisation des achats. A la fin
du deuxième trimestre de l’exercice, Véronique Laury a promis
que les actions mises en place en
France porteraient leurs fruits au
cours du second semestre.
A l’annonce du changement de
patron en France, l’action Kingfisher a baissé de près de 2 % à la
Bourse de Londres. Les investisseurs ne pensent pas tous que les
difficultés de Castorama sont liées
à des problèmes d’hommes. n
Carrefour deviendra-t-il le leader mondial de la transformation alimentaire ? Le géant de la
distribution multiplie les gestes
pour en convaincre ses consommateurs. Dimanche 2 septembre, le grou p e, dirigé par
Alexandre Bompard, a annoncé
se doter, dans la logique du plan
annoncé en grande pompe le
23 janvier, d’un « comité d’orientation alimentaire ». Et le lendemain, l’enseigne, partenaire
depuis le début de l’été de Google et Tesco, numéro un britannique des supermarchés, a
lancé officiellement son Act for
Food, un programme mondial
d’actions « concrètes ». Mais il
fallait aller plus loin. Et des paroles… passer à une communication ayant valeur d’engagement
auprès du grand public.
voirs ! » répète la voix désormais pleine d’emphase. Scepticisme redoublé des acteurs. Et
quand un trentenaire entend la
voix de Carrefour promettre de
« développer notre gamme vegan
et notre propre filière bio avec les
producteurs », il est plié de rire
devant son barbecue : « C’est
pour les payer moins cher ? ! »
En 90 secondes, Carrefour
réalise ainsi une synthèse décapante des critiques ordinaires
(« Ah oui, le fameux bio que personne ne peut se payer ! »)
Autant de sarcasmes auxquels
le distributeur oppose, avec une
justesse qui n’allait pas de soi,
son « engagement militant »,
s e l o n l e s m o t s d e Va l é r i e
Henaff, présidente de Publicis
Conseil, et de Christian Verger,
coprésident France. Pour concevoir la campagne, les équipes
du planning stratégique des
deux agences se sont astreintes
à une lecture attentive et édifiante des réseaux sociaux.
A l’assaut d’Amazon
« Nous avons longtemps opté
pour un positionnement “consommation”, intervient Elodie
Perthuisot, directrice marketing
et clients de Carrefour France. A
présent, nous nous tournons plus
vers une stratégie d’engagement
envers nos clients. C’est particulièrement vrai dans le bio, où Car-
Evaneos lève 70 millions d’euros
pour compléter sa carte du monde
Uni à partir de 2015, enfin, depuis
début 2017, la Suède, le Danemark et
les Pays-Bas. Globalement, 18 nationalités sont représentées dans ses
équipes basées à Paris, soit un total
de 180 personnes environ.
Avec l’appui de ses partenaires
investisseurs, Evaneos va étoffer
son maillage planétaire, sa direction escomptant rallier à sa plateforme plus de 500 agents de voyages supplémentaires. Le voyagiste
en ligne doit en effet enrichir son
offre en complétant les thématiques proposées.
TOURISME
Le spécialiste du voyage
sur-mesure sur Internet procède à une levée
de fonds historique.
L’opération vise,
entre autres, à financer
le développement
d’Evaneos
aux Etats-Unis.
Christophe Palierse
@cpalierse
et Guillaume Brégeras
@gbregeras
Evaneos s’envole vers de nouveaux horizons. Le spécialiste du
voyage sur mesure sur Internet,
créé en 2009, vient de procéder à
une levée de fonds sans précédent
afin de financer, entre autres,
l’amplification de son développement international, avec un
objectif majeur : sa percée aux
Etats-Unis.
Le voyagiste, dont la dernière
levée de fonds remonte à mai 2016
pour un montant de 18 millions
d’euros – soit quatre fois plus que
la précédente, réalisée trois ans
auparavant –, a cette fois-ci collecté 70 millions d’euros, élargissant au passage son tour de table.
L’opération a en effet donné lieu
à l’entrée à son capital de Partech,
ainsi que de deux autres fonds. Il
s’agit de Level Equity, une firme
d’investissement new-yorkaise,
dont Evaneos constitue le premier investissement en France, et
de Quadrille Capital, structure
française qui agit en direct ou via
Trou à combler
Eric La Bonnardière (à gauche) et Yvan Wibaux (à droite)
les deux fondateurs d’Evaneos. Photo Elodie Daguin
des « fonds de fonds » spécialistes
de la Tech ou l’énergie.
Par ailleurs, Serena Capital
et bpifrance, qui avaient mené la
levée de fonds de mai 2016, ont
remis au pot, tout comme XAnge
(groupe Siparex), actionnaire
depuis fin 2013. A contrario, ISAI,
qui accompagnait Evaneos
depuis 2011, s’en est désengagé. Au
final, la répartition du capital
d’Evaneos est « assez équilibrée »
entre les partenaires investisseurs et le management, indique
son président et cofondateur, Eric
La Bonnardière.
Cette levée de fonds vise en premier lieu « à développer le modèle à
l’international », prévient Eric La
Bonnardière. Un mouvement plus
qu’amorcé. Evaneos, qui fait office
d’intermédiaire entre les consommateurs voyageurs et des agents de
voyages à destination (quelque
1.300 aujourd’hui), ne compte plus
que 40 % de Français dans sa clientèle. La société, qui a franchi la barre
des 300.000 voyageurs en cumul
depuis 2009, « couvre » une large
partie de l’Europe depuis Paris :
l’Espagne dès 2011, l’Italie et Allemagne l’année suivante, le Royaume-
Le développement aux Etats-Unis
figure, donc, en bonne place sur la
nouvelle feuille de route. « L’offre de
voyages aux Etats-Unis est très standardisée. Il y a un trou à combler »,
explique le directeur général d’Evaneos. Mais la société, qui a jusqu’à
présent piloté son activité depuis
Paris, devra selon toute vraisemblance mener une réflexion sur la
mise en place d’une base américaine et d’équipes locales.
Dans l’immédiat, sa dernière levée
de fonds servira aussi à investir
encore dans sa technologie. Dans ce
domaine, la société dispose d’un nouveau logiciel permettant à ses partenaires agents de voyages de gérer
leur activité. En parallèle, Evaneos
continue d’améliorer son application
mobile afin de proposer toujours
plus de services. La communication
est un autre axe d’investissements
annoncé, l’objectif de la direction
étant de « créer une marque mondiale ». A court terme, Evaneos va
faire l’objet d’une campagne publicitaire à la télévision. Après l’Allemagne, elle sera lancée en France - à partir du 22 septembre - et en Italie. n
En 90 secondes, Carrefour réalise une synthèse décapante
des critiques ordinaires (produits bio inabordables,
discours fumeux…). Phto DR
Dont acte. Dimanche soir,
une campagne institutionnelle
de 90 secondes diffusée au plan
mondial – une première pour
une grande enseigne de distribution – apparaîtra en prime
time sur les écrans TV, ainsi
qu’en presse écrite, au cinéma
et en digital. Réalisée par les
équipes de Publicis Conseil et
Marcel, filiales de Publicis
Groupe, partenaire de Carrefour depuis 2009, elle prend à
contre-pied les codes longtemps très « promo » de la
grande distribution pour se
hasarder à un pari plus acrobatique… mais aussi beaucoup
plus intéressant. Entamer un
jeu de ping-pong verbal entre le
leader de son secteur et des
clients souvent ironiques. Voire
devenus franchement désagréables sous l’assaut répété de
discours à la fois lénifiants et
mensongers.
Critiques décapantes
Pourtant, ça commence bien.
« Avec votre fourchette et votre
couteau, vous avez le pouvoir de
changer le monde ! », proclame
au tout début du spot une voix
enthousiaste. « Vous n’en faites
pas un peu trop ? » répond,
d ’u n e v o i x f a t i g u é e , u n e
« ménagère » devant son évier.
« Avec votre fourchette et votre
couteau, vous avez les pleins pou-
refour est déjà le premier vendeur
en France, mais aussi dans le frais
en général et les produits “sans”,
gluten ou autres. »
Une manière aussi pour le
neuvième distributeur mondial de revendiquer un territoire de marque centré sur la
« meilleure qualité possible à un
prix accessible ». De quoi apporter à son image une épaisseur
s u p p l é m en t a i r e . L à o ù , à
l’inverse, le concurrent Amazon, de plus en plus présent en
France, peut sembler un simple
« canal » de distribution indifférenciée de produits alimentaires non contrôlés.
Ce n’est pas la première passe
d’armes du distributeur. En juin
dernier, aux Cannes Lions, le
spot « Le Marché interdit »,
signé Marcel pour Carrefour,
avait reçu ainsi une pluie de
prix (14 Lions au total). On y
voyait une voiture inquiétante
s’enfoncer dans la nuit après
avoir chargé des substances
mystérieuses (en réalité des
fruits et des légumes issus de
semences illégales car « non
standard ») qu’accueillait un
magasin Carrefour.
Prétestée, la campagne institutionnelle « sera suivie par
deux films de “preuve”, l’un sur
les semences interdites, l’autre
sur le bio français », conclut
Valérie Henaff. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
Shutterstock
en
pixels
Tim Armstrong (photo),
le patron de la branche de
contenus numériques du géant
des télécoms, serait sur le départ,
a révélé le « Wall Street Journal »
vendredi. En 2015, alors à la tête
d’AOL, il avait été l’artisan du
rachat du portail par Verizon
pour 4,4 milliards de dollars.
a Plus d’informations
sur lesechos. fr
Mathieu Gallet veut
créer le « Netflix
du podcast »
Charly Triballeau/AFP
Tim Armstrong
quitterait Verizon
L’ex-président de Radio France
(photo) s’est associé à
l’entrepreneur Arthur Perticoz
pour créer Majelan, une plateforme d’écoutes de podcasts sur
abonnement. L’objectif : « Bâtir
une expérience à la Netflix,
avec une application très simple
à utiliser et sans publicité »,
a-t-il précisé au Figaro.
1
MILLIARD DE DOLLARS
Facebook va investir plus
de 1 milliard de dollars
à Singapour afin d’y ouvrir
son premier centre de
données asiatique. Celui-ci
devrait être opérationnel
en 2022. Il hébergera
les serveurs et les services
techniques du groupe.
Comment Slack
tisse sa toile dans
les entreprises
l La start-up a levé 427 millions de dollars fin août.
l Son PDG veut désormais étendre son outil de messagerie collaborative aux échanges externes et mieux exploiter
les données des conversations collectées.
LOGICIELS
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Correspondante à San Francisco
Il est devenu tellement banal pour
Slack de lever de l’argent que sa
récente série H de 427 millions de
dollars n’a même pas été évoquée
par ses dirigeants lors de la conférence organisée par la start-up à San
Francisco jeudi. Depuis son lancement en 2014, l’outil de messagerie
collaborative a réalisé 11 levées de
fonds, faisant grimper sa valorisation à plus de 7 milliards de dollars.
Les investisseurs sont attirés par
la croissance fulgurante de la jeune
pousse. En quatre ans, son nombre
d’utilisateurs quotidiens est passé
de 300.000 à 8 millions, selon les
derniers chiffres communiqués en
mai. Et le nombre d’utilisateurs
payants a grimpé de 70.000 à 3 millions, permettant à la société d’afficher 200 millions de dollars de chiffre d’affaires récurrent en rythme
annualisé. Si la société n’est pas
encore rentable, elle s’approche
désormais d’un flux de trésorerie
d’exploitation positif, indique
Stewart Butterfield, son PDG.
Au cœur de son succès, une messagerie visant à combler les lacunes
du courriel pour échanger en entreprise. « Le problème de l’e-mail, c’est
qu’il est pensé autour de l’individu.
Avec Slack, tout le monde a accès aux
mêmes informations », explique
Stewart Butterfield. Slack permet de
créer des groupes autour de thèmes
ou d’équipes (marketing, finance…),
d’y inviter des membres pour
échanger en leur sein et de réaliser
des tâches dans la conversion en
intégrant des applications externes.
Expansion internationale
Au cours des deux dernières
années, l’entreprise de San Francisco a accéléré son expansion
internationale, ajoutant quatre langues (espagnol, français,
allemand, japonais) à l’anglais.
Plus de la moitié de ses utilisateurs
sont désormais situés hors des
Etats-Unis. La société a également
lancé Grid, une version pour les
grosses entreprises, qui a été adoptée par 150 firmes. Jeudi, elle a
annoncé renforcer la couche de
sécurité offerte à ces clients en
leur donnant le contrôle des clefs
de cryptographie.
Slack doit cependant faire face à
une concurrence de plus en plus
forte de la part de Microsoft et de
Facebook notamment. Workplace,
l’outil pour entreprises créé par le
réseau social, se prépare à lancer sa
propre conférence en octobre pour
cultiver un écosystème de partenaires qui fait aujourd’hui la force de
Slack. La société dispose d’un répertoire de 1.500 applications qui se
branchent à la plate-forme. Il est
ainsi possible de travailler en
temps réel sur les documents
stockés dans Dropbox ou de gérer
ses relations client avec Salesforce
directement dans Slack.
Outil de communication
externe
Pour continuer à grandir, l’entreprise veut devenir plus qu’un outil de
communication interne. « Une fois
que les sociétés utilisent Slack pour
leurs équipes, elles veulent pouvoir
l’employer avec leurs fournisseurs ou
leurs clients », explique Stewart Butterfield. L’année dernière, l’entreprise a lancé des « channels » de
communication entre deux organisations – cabinet d’avocats avec ses
clients, entreprise avec son agence
de relations presse… – en version
bêta, une fonctionnalité qui va bientôt intégrer Grid.
Slack veut aussi mieux exploiter
les archives de conversations. Elle a
désormais une équipe de 24 ingénieurs dédiés à extraire le savoir
latent dans les conversations
échangées, en utilisant notamment
l’intelligence artificielle. Parmi les
applications envisagées, Stewart
Butterfield évoque la possibilité
de « déterminer qui, au sein de la
société, a déjà une relation avec un
client ou un fournisseur ou de faire
un retour aux managers sur l’impact
de leurs décisions sur l’engagement
de leurs équipes ». n
LES ECHOS
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200
MILLIONS DE DOLLARS
Le chiffre d’affaires
de Slack en 2017.
INTERVIEW // STEWART BUTTERFIELD PDG de Slack
« Nous voulons avoir une pile de cash
au cas où les marchés évoluent »
e cofondateur et PDG de
Slack revient sur la récente
levée de fonds de la start-up
et son positionnement dans un paysage de plus en plus concurrentiel.
le fait aujourd’hui IBM avec Slack.
Nous avons aussi une intégration
avec les développeurs extérieurs
bien plus poussée que Microsoft.
C’est un avantage durable pour
nous, car beaucoup de sociétés se
sentent menacées par Microsoft et
sont donc moins enclines à se brancher sur leur plate-forme.
L
Pourquoi avez-vous décidé
de lever à nouveau des fonds
il y a trois semaines ?
Nous devons faire face à la compétition de Facebook et de Google pour
embaucher des ingénieurs de
talent. Donc indiquer périodiquement notre valeur, c’est très utile
pour notre recrutement. C’est également important pour certains de
nos gros clients plus traditionnels.
Si nous étions cotés, ils pourraient
inspecter nos résultats financiers,
mais comme nous ne le sommes
pas, l’investissement de fonds
comme T. Rowe Price Associates et
Wellington Management leur
envoie un signal positif.
« Nous devrons provoquer la croissance
plutôt que simplement
la voir se dérouler
sous nos yeux. »
Vous ne levez donc
pas de l’argent
car vous en avez besoin ?
Nous avons déjà levé de l’argent
l’année dernière et nous n’avons
rien dépensé de cette somme pour
le moment. Pareil pour les fonds
obtenus en 2016. Notre croissance
est organique et fait qu’il est difficile d’investir cet argent pour le
moment. Mais quand nous doublerons de taille, nous devrons provoquer la croissance plutôt que simplement voir celle-ci se dérouler
sous nos yeux. L’autre raison, c’est
que nous voulons avoir une pile de
cash au cas où les marchés évoluent. J’ai déjà traversé beaucoup
de crashs, de la récession de 1992
où mon père, un promoteur immo-
Pour Stewart Butterfield, une introduction en Bourse est
l’issue « la plus probable » même si aucun calendrier n’est fixé.
Photo Carlos Chavarria/NYT-Redux-RÉA
bilier, s’est retrouvé ruiné, à la
faillite des Lehman Brothers, dans
laquelle j’avais des parts, en passant
par l’ère des « dotcom ».
Voulez-vous vous introduire
en Bourse ?
C’est l’issue la plus probable. Nous
n’avons pas de calendrier précis,
mais, depuis plus d’un an, nous
essayons de diriger l’entreprise
comme si elle était cotée. Nous
venons d’achever le quatrième
audit complet des finances de la
société et nous nous astreignons à
une plus grande discipline, avec
une meilleure prédictibilité des
revenus et des dépenses.
Comment vous positionnezvous face à la compétition
croissante de Microsoft et de
Facebook ?
Microsoft est notre seul vrai
concurrent pour le moment, mais
l’entreprise a beaucoup de travail à
faire pour proposer quelque chose
d’équivalent à Slack. Leur produit,
Teams, est limité à 2.500 utilisateurs et manque de plusieurs fonctions de base, comme la capacité à
mélanger des chaînes publiques et
privées dans un seul espace de travail. Il ne serait pas possible d’avoir
100.000 salariés sur Teams, comme
« Beaucoup de
sociétés se sentent
menacées par
Microsoft et sont donc
moins enclines à se
brancher sur leur
plate-forme. »
Vous avez récemment passé
un partenariat assez original
avec votre concurrent
australien Atlassian.
Il a fait migrer les clients
de deux de ses applications
(HipChat et Stride) et vous avez
racheté leur propriété
intellectuelle. Pourquoi avoir
opté pour cette forme-là ?
C’est un partenariat inhabituel.
Notre directeur juridique, qui
travaille dans l’industrie des
logiciels depuis le début des
années 1990, n’avait jamais vu ça.
C’est Atlassian qui a fait cette proposition, c’est très intelligent et courageux de leur part. Les clients de
leurs deux logiciels les plus importants – Jira [logiciel de suivi des
tickets et des projets] et Confluence
[wiki collaboratif au travail] – utilisaient plus Slack qu’HipChat, donc
c’était une meilleure solution de les
transférer chez nous.
Envisagez-vous de fusionner
avec Atlassian ?
Ce n’est pas très probable. Nous
avons des tailles et des ambitions
différentes. Et puis, au cours des
dernières décennies, le nombre de
logiciels utilisés a fortement augmenté. Au sein de Slack, nous utilisons 350 logiciels différents ! Le
degré d’interopérabilité entre les
différents produits est donc de plus
en plus important. Cela crée un paysage stratégique où les fabricants de
logiciels ont plus d’incitations à travailler ensemble qu’à s’écraser les
uns les autres.
Propos recueillis par A. M.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
Iliad : l’hypothèse d’un retrait
de la Bourse fait grimper le titre
Altice ouvre le capital
de son réseau
de fibre optique
MÉDIAS
TÉLÉCOMS
Une dizaine de fonds
candidats devraient
se positionner ce
lundi pour entrer au
capital du futur
joint-venture.
Le marché s’interroge
sur une opération
de financement du
holding de Xavier Niel,
menée fin août.
Celui-là se verrait
valoriser plus de
3 milliards d’euros.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Xavier Niel laisse les investisseurs
circonspects. Le cours de l’action
Iliad, la maison mère de Free,
témoigne de cette hésitation. Après
avoir perdu près de la moitié de sa
valeur en un an, le titre a fait le yo-yo
ces derniers jours. Mardi, il gagnait
9 % en cours de journée, avant de
terminer la séance à +5 %. Mercredi
et jeudi, il redégringolait (–6 % et –
2 %). Vendredi, il est remonté
(+2,34 %), flirtant à nouveau avec
les 110 euros. Cette volatilité tient en
partie à la spéculation sur le titre
après la publicat ion, mardi,
des mauvais résultats de Free au
deuxième trimestre.
Mais vendredi, c’est l’hypothèse
d’un retrait de la cote, avancée par
certains analystes, qui a fait grimper le titre. Selon eux, le scénario
d’un rachat du flottant d’Iliad par
son actionnaire majoritaire n’est
pas à exclure. Au cours actuel, cela
ne coûterait « que » 3 milliards
d’euros environ. En concertation
avec un fonds, c’est tout à fait envisageable, surtout qu’Iliad est moins
endetté que ses pairs du secteur
(moins de deux fois l’Ebitda). « Ce
serait certainement plus simple pour
Niel de retirer Iliad de la Bourse que
pour Musk de retirer Tesla »,
s’amuse un analyste.
Que veut faire Xavier Niel ?
Si cette hypothèse est évoquée, c’est
aussi que beaucoup s’interrogent
ces derniers jours sur les intentions
de Xavier Niel, après que le patron a
réalisé une série de mouvements
qui laissent le marché songeur.
Depuis le printemps dernier, le
magnat, qui détient plus de la moitié du capital d’Iliad, a réorganisé la
structure de ses participations. Il a
notamment transféré la quasi-intégralité de ses titres Iliad à un holding, baptisé « HoldCo ». Et mercredi, dans un communiqué à
Anne Drif
@AnnDrif
Xavier Niel, à travers son holding, a procédé le 31 août au nantissement de 14,8 millions d’actions Iliad.
Photo Eric Piermont/AFP
l’Autorité des marchés financiers, il
indiquait avoir procédé, fin août, au
nantissement de 14,8 millions de
ses titres. En clair, pour obtenir un
financement de son holding, le dirigeant a offert comme garantie près
d’un quart du capital de son groupe.
Au cours actuel, cela représente
1,6 milliard d’euros.
L’hypothèse du rachat
d’Iliad par Xavier Niel,
si elle ne doit pas être
exclue, n’est cependant
pas jugée la plus
probable par les
connaisseurs du secteur.
Quel montant HoldCo a-t-il
emprunté ? Dans quel but ?
Est-ce pour racheter Iliad ? Contacté, Xavier Niel s’est refusé à
tout commentaire. Mais les ana-
lystes triturent leurs modèles
dans tous les sens.
« Généralement, vous pouvez
emprunter entre 40 et 70 % de la
valeur de l’actif apporté en collatéral », explique l’un d’entre eux. En
fonction de la valeur du titre retenue, et d’éventuels autres actifs nantis, le patron d’Iliad dispose au
moins d’un milliard d’euros, sans
doute plus.
Appels de marge
Le magot pourrait servir à financer
de nouvelles emplettes dans les
télécoms. C’est du moins ce que
laisse entendre le communiqué de
presse de HoldCo. Xavier Niel a déjà
investi dans de nombreux opérateurs à l’étranger : Monaco Telecom, le suisse Salt, Tigo au Sénégal
ou Eir en Irlande.
L’hypothèse du rachat d’Iliad
par Xavier Niel, si elle ne doit pas
être exclue, n’est cependant pas
jugée la plus probable par les con-
naisseurs du secteur. Certains sont
même franchement sceptiques,
doutant de la faisabilité financière
ou juridique d’un retrait de la
Bourse…
« Peut-être qu’il s’agit d’une simple opération de refinancement du
holding, auquel cas tout le monde
s’en moque. Mais peut-être que
HoldCo a des ennuis et que Xavier
Niel devra céder des actions à un
moment ou un autre », remarque
un analyste, prudent.
En réponse à une question sur ce
sujet précis lors de la présentation
des résultats du groupe mardi dernier, le nouveau directeur général,
Thomas Reynaud, avait assuré :
« Xavier Niel n’a pas prêté de titres et
n’a pas été obligé de céder des titres
en raison d’appels de marge. » Pour
le reste, le concours de spéculations reste ouvert.
(
Lire « Crible »
Page 38
Quelques semaines après avoir
vendu près de la moitié de ses
tours télécoms au fonds KKR,
Patrick Drahi donne ce lundi le
coup d’envoi à la cession partielle d’un autre de ses actifs :
son réseau de fibre optique.
Un nouveau deal qui vise à
dégonfler ses 31 milliards
d’euros de dettes en Europe.
Mais aussi, et surtout, à lui
permettre de financer le
déploiement de 5 millions de
prises de fibre optique dans les
agglomérations de taille
moyenne. Au moins 2,7 millions de prises de fibre optique
vont devoir être déployées
d’ici à deux ans si Altice veut
respecter ses engagements
vis-à-vis des pouvoirs publics.
Une dizaine de fonds candidats sont attendus pour la
remise d’offres indicatives,
a-t-on appris auprès de diverses sources. Selon nos informations, ils vont devoir valoriser a minima entre 3 et
4 milliards d’euros le nouveau
joint-venture constitué pour
l’occasion avec SFR.
Une valorisation comparable à celle de la coentreprise
créée avec KKR pour les tours
d’Altice – un niveau record
représentant 18 fois l’Ebitda
de la structure concernée.
Sauf que cette fois, les fonds
canadiens, français et anglosaxons comme Omers ou
Antin, dont les noms sont
évoqués par le marché,
d e v r o n t a u s s i l e ve r ave c
Patrick Drahi de nouveaux
financements, et donc potentiellement de la dette, pour
Mattel envoie Barbie à Hollywood
« Robbie est une narratrice de talent,
une cinéaste reconnue avec de profondes relations dans le monde du
divertissement. Elle est la dirigeante
parfaite pour donner vie à nos marques », a ajouté Ynon Kreiz.
Mattel s’était déjà positionné sur
la création de contenus vidéo, en
lançant notamment Playground
Productions en 2013, puis Mattel
Creations en 2016. Mais il s’agissait là
de productions destinées à la télévision ou à Internet, comme une série
inspirée des poupées American Girl.
Le groupe ne s’était jamais essayé à
la production de longs-métrages.
JOUETS
Le fabricant de jouets
Mattel va imiter
ses rivaux en lançant
une division dédiée
au cinéma, pour
adapter ses marques
les plus connues.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Mattel cherche comment sortir de
la crise. Après plusieurs plans
d’économies, la suppression de
2.200 emplois et des changements
à sa direction, le fabricant de
jouets tente une incursion dans le
monde du cinéma. Le groupe a
annoncé jeudi qu’il créait une division consacrée à la production
cinématographique.
« Mattel est le foyer de l’un des plus
vastes portefeuilles de marques au
monde, aimées du public, et la création de Mattel Films va nous permettre de créer de la valeur sur toute
notre propriété intellectuelle », a
expliqué le patron du groupe, Ynon
Kreiz, dans un communiqué.
Cette division sera dirigée par
Robbie Brenner, productrice
notamment du film « Dallas Buyers
Rendez-vous le
mardi 9 octobre 2018
Le succès de Lego
Mattel Films devrait passer
des partenariats avec des studios
pour développer des adaptations
de Barbie ou Hot Wheels.
Photo shutterstock
Club », avec Matthew McConaughey, sorti en 2013, ou de « Mirror
Mirror » (2012), une adaptation de
Blanche-Neige avec Julia Roberts.
Elle a occupé plusieurs postes dans
le milieu du cinéma, notamment
chez Miramax, 20th Century Fox,
The Firm ou Davis Entertainment.
Il espère ainsi trouver des relais de
croissance, alors que le marché du
jouet est frappé par la faillite de
Toys’’R’’US et par une concurrence
accrue. Ses ventes ont fortement
ralenti ces derniers mois.
Ses concurrents ont déjà franchi
le pas. Lego et Hasbro ont rencontré
plusieurs succès, notamment avec
« The Lego Movie » et la franchise
des Transformers. C’est ce qui explique, en partie, que Hasbro affiche
une capitalisation boursière deux
fois plus élevée que Mattel, alors
que leur chiffre d’affaires annuel est
comparable. Mattel Films devrait
passer des partenariats avec des
studios pour développer des adaptations de ses franchises, parmi lesquelles Barbie ou Hot Wheels. n
à l’Auditorium
Les Echos - Le Parisien
10 boulevard de Grenelle
Paris 15e
Inscriptions et informations
www.lesechos-events.fr
Knowledge partner :
En partenariat avec :
UNE PRODUCTION
investir dans ce nouveau
réseau.
Autre inconnue : jusqu’où ces
fonds d’infrastructures sont-ils
prêts à cantonner leur participation ? En théorie, ils ont le
choix et peuvent se positionner
en minoritaire comme en majoritaire, dans une fourchette
comprise « entre 40 et 60 % ».
Altice veut un contrôle
in fine
En réalité, « ce n’est pas écrit
mais le message est clairement
envoyé : Patrick Drahi veut un
contrôle in fine. En d’autres termes, même si le partenaire
obtient le contrôle, il voudra une
option d’achat à terme sur ses
parts », affirment des sources.
De fait, cette structure soulève des questions d’organisation interne chez SFR. Patrick
Drahi a pris soin de venir en
personne, à quelques jours du
coup d’envoi, pour échanger
avec les syndicats sur le dossier.
Ce contexte a de quoi refroidir quelque peu les candidats,
qui craignent de se voir exposés à SFR et aux difficultés de
sa maison mère, à tous les
niveaux de la chaîne : partenaire financier, opérateur du
déploiement de la fibre et
client essentiel, voire exclusif
du réseau. Des arguments que
d’autres balaient d’un revers de
main : « Orange comme SFR
ont obtenu les mêmes droits
d’exclusivité pour déployer la
fibre dans ces zones et ils ne
seront bien évidemment pas les
seuls clients finaux sur leur pré
carré. »
Reste que la pression mise
sur le processus de vente n’a pas
plu à tout le monde. Déclenché
tout début août, alors que
s’ouvrait la trêve estivale chez
les banquiers, elle en a poussé
certains à se retirer du jeu. n
2,7
MILLIONS
DE PRISES DE FIBRE
OPTIQUE
doivent être installées dans
l’Hexagone par Altice.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
START
UP
LE PRODUIT
600.000
EUROS
Après avoir formé 3.300 personnes
au code, Coding Days boucle un tour
de table auprès de bpifrance et de
business angels. Cette start-up fondée en 2017 s’attaque notamment au
marché BtoB avec des clients
comme Natixis, Suez ou Orange.
-
Maintenant que le gouvernement a confirmé
la mise en place du prélèvement de l’impôt à
la source au 1er janvier 2019, les entreprises
vont devoir s’y conformer. NewDeal.io, une start-up fondée par Antoine Spadoni, qui gère les fiches de paie
dématérialisées, va mettre en place dès octobre prochain une simulation via une interface accessible aux
collaborateurs d’un employeur.
30
MILLIONS D’EUROS
Wonder Mobility vient de boucler un
nouveau tour de table. La start-up
allemande propose des services de
mobilité comme le carpooling et la
location de trottinettes électriques et
va s’attaquer au marché des entreprises grâce à ces nouveaux fonds.
L’Initial Coin Offering, un outil complexe
à gérer pour les entrepreneurs
l Une dizaine de start-up françaises
ont lancé des levées de fonds en cryptomonnaies ces deux dernières années.
l France Digitale publie un guide
pour clarifier ce processus, qui relève
parfois du parcours du combattant.
Déborah Loye
@Loydeborah
France Digitale publie ce lundi un
« Guide pratique de l’ICO », visant à
informer les entrepreneurs souhaitant accéder à ce type de financement. L’association a constitué ce
document avec la start-up Snips,
qui développe des technologies
d’assistance vocale et a lancé son
Initial Coin Offering la semaine
dernière. L’ICO est un mode de
financement hybride, à mi-chemin
entre la levée de fonds en cryptomonnaie et le crowdfunding. Pour
s’engager dans une ICO, les entrepreneurs créent un « utility token »
qui « consiste en la prévente d’un
jeton d’usage d’un service, et est
ensuite échangeable », est-il décrit
dans le rapport. Durant l’ICO, ce
token est vendu contre des cryptomonnaies ou contre des monnaies
traditionnelles.
Le principal avantage
de ce mode de
financement réside
dans son caractère
non dilutif.
Comme pour le crowdfunding,
le principal avantage de ce mode de
financement réside dans son caractère non dilutif ainsi que dans
l’engagement d’une communauté
autour du projet – bien souvent
avant même qu’il soit lancé. Cependant, « organiser une ICO n’est pas
plus facile que de lever des fonds de
manière traditionnelle », estime
Sarah-Diane Eck, fondatrice de
Sandblock, qui a obtenu l’équiva-
lent de 8.000 ethers en janvier par
ce biais (8 millions d’euros en janv i e r, 1 , 5 m i l l i o n d ’e u r o s
aujourd’hui).
En plus de l’infrastructure technique et juridique nécessaire (lire
ci-contre), les entrepreneurs doivent fournir d’importants efforts de
communication pour atteindre
leurs investisseurs. Frédéric Montagnon, fondateur et CEO de Legolas Exchange, qui a levé 3.500 bitcoins en février pour développer
une plate-forme d’échange entre
cryptomonnaies et monnaies de
référence, indique avoir investi
500.000 euros dans l’organisation de son ICO. « Elle nous a permis
non seulement de lever de l’argent,
mais également de toucher
9.000 personnes dans 50 pays différents », raconte l’entrepreneur. La
panacée pour une solution visant
un marché international.
Animer sa communauté
Une fois le service lancé et le token
indexé, sa valeur dépendra de l’attitude des investisseurs. Les entrepreneurs les chouchoutent donc :
12 personnes sur les 50 qui composent l’équipe de Legolas travaillent
à plein temps à l’animation de la
communauté. Et son soutien peut
parfois s’avérer vital. En novembre 2016, Ark lance son ICO pour
financer la création d’une nouvelle
blockchain. L’entreprise ne récolte
pas suffisamment d’argent pour
atteindre le palier nécessaire à la
validation de l’ICO – le « soft cap »
est défini en amont par les investisseurs. Ark devrait reverser l’argent
à ses investisseurs, mais croit en
son projet et choisit de les consulter. « La plupart d’entre eux ont
décidé de maintenir leur investissement et nous avons conservé l’équivalent de 800.000 euros en ethers »,
explique François-Xavier Thoo-
L’Initial Coin Offering (ICO) est un nouveau mode de levée de fonds, qui donne parfois du fil à retordre aux entrepreneurs. Photo Shutterstock
rens, cofondateur d’Ark. Et à raison : « Notre token est aujourd’hui
l’un de ceux qui offrent le meilleur
retour sur investissement », assure
l’entrepreneur.
A l’époque de l’ICO d’Ark, l’ether
valait un peu moins de 10 euros. En
janvier 2018, au moment de celle de
Sandblock, il dépassait les
1.000 euros. Aujourd’hui, il en vaut
moins de 200. La question de la
conversion des fonds levés est donc
au cœur des interrogations des
Une fois le service
lancé et le token
indexé, sa valeur
dépendra de l’attitude
des investisseurs.
entrepreneurs ayant opéré une
ICO. Legolas, qui a vendu son token
contre des bitcoins, a choisi de ne
convertir que la somme nécessaire
à faire tourner les activités de son
entreprise. « Comme nous lançons
une plate-forme de change, il est
important de conserver des fonds en
bitcoin », estime-t-il. Mais la réception de monnaies traditionnelles
n’est pas nécessairement plus aisée.
Pour recevoir les euros dépensés
par ses investisseurs contre son
token, le fondateur de Snips, Yann
Lechelle, voulait ouvrir un compte
séquestre dans sa banque. « Elle a
refusé, indique-t-il. Nous avons
trouvé une solution en passant par
un avocat, qui a créé un compte
auprès de la Carpa. »
Si l’activité autour des Initial
Coin Offerings a vocation à se structurer – l’AMF délivrera bientôt un
lab el aux projets considérés
sérieux et transparents –, les entrepreneurs doivent aujourd’hui souvent improviser pour faire aboutir
leur ICO. « Il ne sert à rien de suivre
les modèles d’ICO passées, car tout
change extrêmement rapidement »,
estime Sarah-Diane Eck. Et de conclure : « Il n’y a pas de règles à suivre,
il ne faut juste pas avoir peur du risque. » Un prérequis qui ne devrait
pas effrayer ceux qui se sont lancés
dans l’entrepreneuriat.
a
Pour aller plus loin, rejoignez
« Les Echos Cryptoclub »
sur Facebook.
Trois questions à se poser avant de lancer une ICO
L’ICO permet de lever
des fonds sans diluer son
capital et en engageant
une communauté. Mais elle
n’est pas adaptée à tous les
projets, et demande un fort
investissement.
1
LE TOKEN EST-IL
PERTINENT ?
Une ICO n’est pas simplement une
levée de fonds en cryptomonnaie.
Cette forme de financement implique la création d’un « token », un
actif numérique que les investisseurs acquièrent, et qu’ils pourront
ensuite échanger contre un service
– des applications utilisant la reconnaissance vocale dans le cas de
Snips, par exemple. Pour Clément
Jeanneau, cofondateur de Blockchain Partner, le token doit être
« nécessaire au projet » pour être
pertinent.
L’ICO est par ailleurs un excellent
mode de financement pour les projets internationaux, puisqu’elle permet d’engager des investisseurs
tout autour du globe. « Elle n’est en
revanche pas pertinente pour un projet visant un marché local », estime
Clément Jeanneau.
2
QU’EST-CE
QU’IMPLIQUE UNE ICO ?
Contrairement aux idées reçues,
une ICO n’est pas particulièrement
plus simple à opérer qu’une levée de
fonds classique. Engager une communauté d’investisseurs autour de
son projet nécessite une forte implication, notamment en termes de
communication. Il s’agit d’être présent dans les discussions au sein
desquelles les potentiels investisseurs interagissent, mais aussi de
se déplacer dans les conférences
blockchain pour présenter le projet. « Une ICO engage un budget
allant de plusieurs dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers
d’euros, en fonction des compétences
disponibles à l’interne », indique
Clément Jeanneau.
3
COMMENT GÉRER
L’APRÈS-ICO ?
Une fois les fonds en cryptomonnaie récoltés, une question évidente
se présente aux porteurs de projet :
sous quelle forme et dans quelle
devise faut-il conser ver cette
somme ? « Le plus souvent, une partie de la somme récoltée est convertie
en euros ou en dollars, et l’autre est
conservée en cryptomonnaie », indique Clément Jeanneau. Certains
décident de tout convertir rapidement « parce qu’ils estiment que
gérer des cryptomonnaies n’est pas
leur métier », ajoute-t-il.
Post-ICO, les entrepreneurs doivent
en outre gérer l’indexation de leur
token sur une plate-forme
d’échange, « ce qui peut se révéler
être un parcours du combattant, et
peut coûter cher », affirme Clément
Jeanneau. Seule cette indexation
permettra l’échange du token, et
donc sa prise de valeur. n
INTERVIEW // WILLIAM O’RORKE Avocat
Les professionnels plaident
pour « une législation
plus claire sur les ICO »
Propos recueillis par
Raphaël Bloch
@Bloch_R
es levées de fonds en cryptomonnaies (ICO) connaissent
un large succès. En trois ans,
des centaines de projets ont réussi à
lever des dizaines de milliards de
dollars. En France, plusieurs dizaines de projets ont été lancés. Mais
faute d’un cadre réglementaire et
fiscal clair, le secteur n’a pas connu
la même dynamique. L’avocat
William O’Rorke, qui travaille pour
Blockchain Legal, revient sur la
législation en cours.
L
Où en est la législation
française sur les ICO ?
Pour l’instant, il n’y a pas de textes
réglementaires. On se base sur les
bonnes pratiques du secteur. En
fait, on s’inspire du droit financier
classique. Les documents de l’opération, comme les conditions générales, sont rédigés librement par les
porteurs de projet ou leurs avocats.
En revanche, le secteur applique les
textes relatifs à la lutte contre le
blanchiment même si ce n’est pas
encore une obligation. En effet, il
s’agit d’une condition sine qua non
pour espérer ouvrir un compte
bancaire et intégrer l’économie
réelle.
Qu’est-ce que la loi Pacte
va changer ?
L’apport de la loi Pacte pour les ICO,
c’est la mise en place d’un label
« AMF » optionnel et souple. Ce visa
est souple car il officialise les bonnes pratiques en vigueur dans le
secteur. Ce visa permettra l’identification des projets sérieux et une
plus grande protection des investisseurs avec un mécanisme de
séquestration des fonds en crypto-
DR
CRYPTOMONNAIE
L’avocat William O’Rorke
travaille pour Blockchain Legal.
actifs. Là encore, il s’agit d’une
bonne pratique observée sur le
marché et intégrée dans la Loi.
Que faudrait-il encore faire ?
Dans un monde idéal, une autorité
de régulation pourrait étudier les
projets d’ICO et évaluer les tokens.
Le visa de l’AMF est une bonne
chose, mais le risque existe qu’il
valide des projets mal ficelés. Et il
faudrait une législation encore plus
claire sur les ICO. Deux pays sont
intéressants pour ça.
D’abord Malte, où il y a un cadre
juridique stable et lisible. Et puis il y
a les Etats-Unis, où c’est une autre
approche, mais qui a ses avantages
à long terme. Ce pays applique pleinement le droit financier aux ICO
(Security Act) sous l’autorité et la
supervision du gendarme de Wall
Street (SEC). Ça fait quelques dégâts
aujourd’hui, mais cette approche
peut rendre, à terme, le secteur très
régulé, compétitif et sain. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
en
direct
Albi : début de
conflit chez Safra
BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ
OCCITANIE Le spécialiste de la
Arcado, spécialisé dans la charcuterie de terroir, et basé à Avoudrey
(Doubs), reconfigure son capital
avec la sortie de Siparex et Carvest
et l’arrivée de MBO Partenaires et
Amundi Private Equity comme
actionnaires majoritaires. Le
groupe fabrique les saucisses de
Morteau et de Montbéliard qui
représentent 75 % de ses ventes.
carrosserie albigeois Safra
connaît depuis quelques jours
des tensions sociales. Vendredi
dernier, la CGT a appelé les
223 salariés à faire grève alors
qu’une vingtaine de personnes
ont entamé la semaine dernières
des débrayages, selon France 3.
Les syndicats se mobilisent
contre la décision de l’entreprise
Shutterstock
PME
&REGIONS
Nouvel actionnariat
pour Arcado
d’organiser les élections des
membres du comité d’entreprise,
malgré un accord négocié avant
l’été de prolonger leur mandat
d’un an. Les représentants du
personnel s’inquiètent, par
ailleurs, de l’impact des investissements importants du projet
d’autobus électrique de l’entreprise. Mais la direction de Safra
rétorque que le chiffre d’affaires
2018 est en hausse de 20 % et que
seule une minorité d’employés
participe au mouvement social.
Les professionnels des spiritueux
investissent dans l’œnotourisme
l En s’inspirant de l’œnologie, les maisons de spiritueux ont créé un nouveau concept, le « spiritourisme ».
l Une contraction des mots « spiritueux » et « tourisme », pour attirer une clientèle française et internationale.
TOURISME
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé à consommer avgec modération
Découvrir les secrets de fabrication
du cognac ou du calvados en visitant les distilleries, voilà la nouvelle
mode lancée par les professionnels
du secteur des spiritueux. En s’inspirant de leurs confrères du monde
viticole, ils ont, à leur tour, développé un deuxième métier autour
de l’accueil des amateurs de leurs
boissons. Visites, circuits, ateliers
de fabrication (et de dégustation)…
le Petit Futé a recensé une centaine
de sites à visiter dans le « Guide du
spiritourisme », publié en 2018 en
version française et anglaise.
Contraction des mots « spiritueux » et « tourisme », le « spiritourisme » a été adopté par une
grande partie des maisons de production de ces boissons alcoolisées
obtenues par distillation, macération ou infusion de matières premières agricoles et dont la teneur
en alcool est de 15 degrés minimum.
Armagnac, calvados, cognac, pastis, absinthe ou chartreuse, les touristes ont le choix entre 54 indications géographiques réparties sur
une centaine de sites ouverts au
grand public, en métropole et en
outre-mer.
« La production de spiritueux est
associée à un terroir et est fortement
liée à l’économie locale, aux emplois
et aux diverses activités comme la
préservation des paysages agricoles
et patrimoniaux », affirme Magali
Filhue, directrice générale de la
Fédération française des spiritueux
« La production de
spiritueux est
associée à un terroir
et est fortement liée
à l’économie
locale. »
Armagnac, calvados, cognac, pastis, absinthe ou chartreuse, les touristes ont le choix entre 54 indications géographiques. Photo Eric Perez
(FFS). La FFS a enregistré en 2017
près de 1,6 million de visiteurs sur
l’ensemble des sites et espère voir ce
chiffre augmenter, à l’image du tourisme viticole qui a atteint les
10 millions de visiteurs en 2016.
Pour attirer les visiteurs, les politiques sont diverses. En mai dernier,
une trentaine de maisons ont
ouvert leurs portes au public. Une
opération baptisée le « Printemps
des liqueurs », organisée tous les
deux ans.
Le plein d’événements
En Franche-Comté, les Absinthiades sont organisées chaque année
le premier week-end d’octobre. Le
6 octobre prochain, la 18e édition
s’ouvrira à Pontarlier, l’occasion de
déguster plusieurs nouveautés spécialement distillées pour cet événement et de désigner la meilleure
absinthe. Créées en 2001 par Les
amis du musée de Pontarlier, les
Absinthiades ont réuni au total près
de 35.000 artémisophiles, nom
donné aux collectionneurs des
objets liés à l’absinthe (cuillères, étiquettes, bouteilles, etc.).
L’année 2018 a été marquée par
l’ouverture du Calvados Expérience
à Pont-l’Evêque. A travers tout un
circuit, les visiteurs découvrent
comment se fait la transformation
de la pomme en la célèbre eau-devie.Les DROM (départements et
régions d’outre-mer) accueillent
également de nombreux visiteurs
dans les sites de production,
MAGALI FILHUE
Directrice générale
de la Fédération française
des spiritueux (FFS)
comme en Martinique, à l’Habitation Clément, sur la commune du
François, et le musée du Rhum
Saint-James à Sainte-Marie qui ont
accueilli 600.000 visiteurs en 2017.
Le 9 septembre prochain aura
lieu à Paris la quatrième édition de
France Quintessence, le Salon des
spiritueux. L’objectif est de découvrir 90 marques et de déguster
400 spiritueux fabriqués en
France. L’année dernière près de
2.000 visiteurs se sont rendus au
pavillon Ledoyen, dans le 8e arrondissement, pour découvrir les trésors des distilleries françaises,
comme la liqueur au lait de chèvre,
La Capricieuse.
— Ghizlaine Badri
À NOTER
La France compte
200 entreprises de spiritueux,
2.000 distilleries, 120 sites de
« spiritourisme » et 17 musées.
Les maisons déploient des trésors de créativité pour séduire les amateurs
compte de 20 à 25 % d’étrangers. Le
musée organise « le Printemps des
Liqueurs » tous les deux ans, devenues depuis un rendez-vous à ne
pas manquer des amateurs. Y sont
également organisés des visites
nocturnes, des ateliers cocktails, la
nuit d’Halloween, le festival « Festi’cassis » en juillet, ou « le bal de la
Verveine du Velay » au Puy-en-Velay en septembre. « Les liquoristes,
comme Védrenne ou Pagès, proposent des dégustations de sirops au
moins de 18 ans », poursuit le directeur général.
Expériences multisensorielles, visites nocturnes,
ateliers gustatifs… les
marques multiplient les
actions pour séduire les
clients.
LE PÈRE MAGLOIRE VISE
•200.000
VISITEURS
Le groupe normand propriétaire
du calvados Père Magloire et Boulard, la société Spirit France, a
inauguré au printemps dernier le
« Calvados Expérience », un circuit de visite à Pont-l’Evêque.
Après le déménagement de l’activ i t é d ’e m b o u t e i l l a g e e t d e s
anciens chais à Reux (Calvados),
le groupe a choisi de transformer
le site en lieu d’accueil. Sur 3.000
mètres carrés, cette expérience
multisensorielle permet au visiteur de traverser sept salles consacrées à l’histoire de la Normandie
et à la fabrication de cette liqueur
à base de pomme. Un investissement de 9 millions d’euros pour
leur permettre d’atteindre les
100.000 visiteurs cette année et
tabler sur 200.000 visiteurs d’ici à
la fin 2020.
Les installations historiques faisaient déjà venir 30.000 personnes
par an. « Le positionnement du Calvados a évolué depuis de nombreuses
années où “le Calva” péjoratif issu des
Ateliers créatifs et gustatifs… les marques se décarcassent pour
satisfaire les clients. Photo Eric Perez
campagnes françaises a laissé place à
un produit noble et haut de gamme,
avec une trentaine de producteurs
sur le territoire français », affirme
Marie-Anne Saloux, directrice
générale du site Calvados Expérience.
•
VISITE NOCTURNE
AU CASSISIUM
Créé en 2001, entièrement rénové
en 2013, le Cassisium se consacre à
l’histoire du cassis. Un personnage
virtuel baptisé « Supercassis »
anime un spectacle multimédia. Le
site accueille 45.000 visiteurs par
an à Nuits-Saint-Georges et dispose d’une étoile au guide vert
Michelin. Le directeur général du
« Cassissium », Jean-Pierre Cointreau, reconnaît avoir tissé de véritables liens avec les tour-opérateurs pour développer un flux de
visiteurs récurrent d’une année sur
l’autre. « Il ne s’agit pas uniquement
de cars de retraités recherchant de
nouvelles activités gastronomiques
et éducatives, nous faisons venir une
clientèle haut de gamme, connaisseuse des spiritueux et amoureuse
de la France, de ses régions », précise
Jean-Pierre Cointreau. La clientèle
MENTHE-PASTILLE »
•DELALA«MAISON
GIFFARD
La maison Giffard, qui fabrique des
liqueurs et des crèmes de fruits à
base de menthe, a développé un circuit de découverte pour les touristes et les amateurs. Baptisé « Espace
menthe Pastille », ouvert de novembre à mars, il propose un parcours
de visite dans les ateliers de production, de l’arrivée des fruits jusqu’à la
mise en bouteille. Au-delà de la
c l a s s i q u e v i s i t e d ’u s i n e , d e s
concepts plus modernes ont été
développés comme le « bar des senteurs » et le bar à cocktails pour
faire découvrir les produits. Il est
également possible de faire une
visite sensorielle en nocturne. La
marque, présente dans plus de
85 pays, a été créée dans les années
1880 à Angers.
•
L’ATELIER « PARFUM »
DE LA MAISON BÉNÉDICTINE
A Fécamp, le palais Bénédictine
propose aux visiteurs une visite
tant gustative qu’olfactive. Guidés
par Corinne Marie-Tosello, consultante et formatrice en olfaction
chez Fragonard Parfumeur, les
participants prennent part à une
séance olfactive pour découvrir les
plantes composant la célèbre
liqueur B énédictine. Ils sont
ensuite initiés à la mémorisation
des odeurs avant de participer à
une découverte gustative qui permet de comprendre le principe de
rétro-olfaction (le mécanisme physiologique permettant de percevoir
à partir du système olfactif les
caractéristiques aromatiques des
aliments). Apprentis chimistes, les
participants peuvent composer
leur propre parfum d’ambiance à
partir d’essences de plantes et d’épices entrant dans la composition de
la liqueur Bénédictine. L’Atelier
Cocktail est animé par Marc Jean,
chef barman de l’hôtel Normandy
Barrière à Deauville et président de
l’ABF Normandie (Association des
barmen de France). — G. Ba.
La maison Giffard propose des circuits découvertes et un bar
à cocktails dans ses ateliers. Photo Nicolas Coipeau
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // PME & REGIONS
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
2.400
NOUVELLE-AQUITAINE
La métropole de Nantes a lancé
vendredi un nouveau service de
location de vélos Mon Bicloo, qui
offre un millier de vélos, certains
sont électriques ou cargos, facturé
au mois ou à l’année et comprenant l’entretien. D’ici à 2020,
la flotte sera doublée et au trois
quarts électrique. Un autre service
en libre-service a été lancé en août.
collaboré avec le cinéma, a imaginé
un bâtiment couvert de briques
retravaillées. Quelque 15 salles sont
prévues, soit 2.400 fauteuils, pour
un coût de 32 millions d’euros.
Pathé vise une fréquentation
annuelle de 600.000 entrées.
CC BY-SA 3.0
FAUTEUILS DANS LE CINÉMA LILLOIS PATHÉ DESSINÉ PAR BUREN
Le Français Daniel Buren a dessiné,
aux côtés des architectes Roland
Carta et Ora-Ïto, le futur complexe
de cinémas Pathé, qui va s’implanter à Lille-Sud, quartier populaire
en cours de rénovation. Daniel
Buren, qui n’avait a priori jamais
innovateurs
Offre de vélo longue
durée à Nantes
Manzalab lève 2 millions
pour sa technologie
virtuelle ultraréaliste
BRETAGNE
Le fabricant
de charpentes en bois
implanté à Pacé,
en Ille-et-Vilaine, a six
mois pour se redresser.
Charpentes Françaises trébuche. Ce
fabricant de charpentes en bois pour
maisons individuelles et logements
collectifs, implanté à Pacé, en Ille-etVilaine, vient d’être placé en redressement judiciaire par le tribunal de
commerce de Rennes pour une
période d’observation de six mois.
D’après Yves Baslé, le directeur général, « le redressement judiciaire est la
meilleure solution depuis que nous
avons perdu la garantie de facilités de
crédit de notre actionnaire anglais
Endless ». Ce fonds d’investissement
avait repris la société en 2015 auprès
du groupe anglais Wolseley, qui s’est
à cette date désengagé de l’Hexagone en cédant aussi Réseau Pro et
Panofrance, ses magasins de vente
de matériaux pour le bâtiment, au
fonds OpenGate Capital. Wolseley
Charpentes Françaises
Stanislas Du Guerny
— Correspondant à Rennes
Charpentes Françaises dispose de 11 usines dans l’Hexagone.
s’est aussi séparé de l’entreprise de
transformation du bois, ISB, désormais propriété de plusieurs de ses
cadres.
Afin de se situer à proximité des
constructeurs de maisons individuelles dans les différentes régions,
Charpentes Françaises dispose de
11 usines en France. Après plusieurs
exercices difficiles comme cela a été
aussi le cas pour nombre de profes-
sionnels du bâtiment, « nous sommes désormais en croissance et près
de l’équilibre financier », continue
Yves Baslé.
Maintien des effectifs
Le carnet de commandes atteint
12 millions d’euros, « une somme
jamais atteinte depuis cinq ans »,
insiste le dirigeant. L’an dernier,
l’entreprise a réalisé un chiffre
d’affaires de 43 millions d’euros, qui
devrait être porté à 45 millions.
L’avenir à court terme de la société
bretonne passe, selon la direction
générale, par l’arrivée d’un nouvel
actionnaire, par exemple « un financier de référence ». Le management
est actionnaire très minoritaire d’un
groupe qui compte 300 collaborateurs. Au vu des commandes en
cours, il n’est pas prévu de réduction
d’effectifs pendant la période
d’observation judiciaire.
Charpentes Françaises, qui
s’approvisionne en résineux principalement dans les scieries en France
et en Allemagne, ne se contente pas
de produire les charpentes. La
société qui fabrique également des
ossatures bois pour les maisons
– 10 % de ses activités – réalise les études nécessaires à chacun des projets.
Une quarantaine de techniciens se
répartissent dans les différents
bureaux d’études de la société. Elle
se situe dans les premiers rangs en
France des fabricants de charpentes
en bois. « Nous estimons à 10 % notre
part de marché », insiste Yves Baslé.
D’après Jérémy Rizet, le délégué
CGT de Charpentes Françaises,
« l’actionnaire Endless n’a pas joué
son rôle et n’a pas apporté les fonds
financiers initialement prévus ». n
DR
Lâché par son actionnaire anglais,
Charpentes Françaises dépose le bilan
LA LEVÉE DE FONDS
MANZALAB GROUP
Date de création : 2010
Président : Clément Merville
Montant : 2 millions d’euros
Effectif : 60 personnes
Secteur : réalité virtuelle
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
L’Etat-major des armées a testé
Teemew (« we meet » à l’envers),
solution de réunion virtuelle
ultraréaliste, pour un briefing
d’opération des forces spéciales
à distance. L’Ecole polytechnique va l’utiliser pour créer une
masterclass en réalité virtuelle
sur la physique des particules :
les élèves verront les interactions de l’infiniment petit. Dans
l’univers du luxe et de la mode,
elle permet, déclinée sous
l’application Insight, de visualiser l’aménagement de boutiques
ou les défilés avant leur réalisation. C’est un aperçu des expériences digitales sur-mesure que
Ingénierie : Sogeclair se renforce
dans la simulation avec Sydac
Le groupe rachète
un fabricant australien
de simulateurs
de conduite de trains
et de poids lourds.
Il a doublé l’effectif de
sa division simulation
en deux ans.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Le groupe toulousain d’ingénierie
pour l’aérospatial et les transports
Sogeclair, qui compte 1.600 salariés, renforce sa division simula-
EnTrEPrEnDrE
tion regroupée dans sa filiale Oktal.
Celle-là vient de racheter la société
Sydac au groupe allemand de systèmes embarqués Knorr-Bremse,
qui se recentre sur son activité.
Basé en Australie avec des implantations en Inde et au Royaume-Uni,
Sydac fabrique des simulateurs de
formation à la conduite des trains
et des poids lourds. Il a réalisé un
chiffre d’affaires de 7 millions
d’euros en 2017, avec 100 salariés.
Cette acquisition apporte une
complémentarité géographique et
technique à Oktal. Sydac est
implanté en Asie et au RoyaumeUni avec des clients comme Indian
Railways et des sociétés de transport de Chine, d’Inde, du MoyenOrient et d’Angleterre, tandis
qu’Oktal est présent en Europe et en
Amérique du Nord et travaille pour
la SNCF, la RATP et des opérateurs
de Montréal et de Calgary. Sydac lui
apporte aussi des produits complémentaires comme les simulateurs
de trains de marchandises. La
simulation de conduite ferroviaire
se développe car elle revient moins
cher et enrichit la formation. Elle
permet de créer des situations accidentogènes et d’améliorer les
points faibles de l’apprenant en
retraçant son parcours.
Voiture autonome
Oktal fabrique aussi des simulateurs pour l’automobile, le secteur
aérien et la défense. Il a constitué en
juillet 2017 la coentreprise Autonomous Vehicle Simulation (AVS)
avec Renault, qui en détient 35 %, et
finance la R&D pour la simulation
des voitures autonomes. Ce jointventure, qui vient d’obtenir un gros
contrat d’un constructeur allemand, a recruté 13 personnes et
comptera près de 50 salariés à la fin
de l’année. Oktal intervient également dans la simulation aéroportuaire. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 15,9 millions d’euros en 2017,
en hausse de 11 % au premier
semestre 2018.
En deux ans, Sogeclair a doublé
son effectif dans la simulation avec
plus de 200 salariés. « Ce rachat renforce la part de la fabrication de produits (35 %) dans le chiffre d’affaires
du groupe », souligne Philippe
Robardey, président de Sogeclair,
qui a réalisé 147,3 millions d’euros
en 2017. n
avec la
RESTAURANT PICOTTE
PARIS : UN TOUR
DE FRANCE CULINAIRE
ET CONVIVIAL
Tout récemment ouvert dans le 11e arrondissement de
la capitale, le jeune restaurant Picotte Paris propose à
ses clients des spécialités françaises remises au goût
du jour. A déguster, bien sûr, mais aussi à partager !
« Nous proposons des plats issus de toutes les
régions de l’Hexagone, revisités sous forme de tapas
et appelés des ‘’picottes’’ », explique Catherine Wade,
co-fondatrice de l’activité. « L’idée consiste à faire
découvrir – ou redécouvrir – ces recettes typiques
de la gastronomie française, tout en racontant une
histoire autour de chacune d’entre elles ». Faire appel
aux souvenirs et amener vers la nouveauté : un concept
pour le moins original, qui embarque les gourmets et
les gourmands pour un Tour de France aussi culinaire
que convivial, le temps d’un repas.
UNE ÉCOLE DE LA VIE
Rester fidèle aux traditions de la cuisine française, tout
en optant pour un dressage résolument moderne. Si
le restaurant Picotte a ouvert ses portes en début de
mois, l’idée, quant à elle, ne date pas d’hier. « Le projet
s’est construit pendant mon Bachelor Management
hôtelier et restauration », explique Catherine Wade,
diplômée de Ferrandi Paris, école de gastronomie
faisant partie du campus de la CCI Paris Ile-de-France.
« Pour valider le diplôme, il fallait monter son business
plan ! ». Pari réussi pour la jeune entrepreneure, sortie
major de sa promotion avec plus d’une corde à son arc.
« Le monde de la restauration est un univers spécifique, avec des codes qu’il faut maîtriser », analyse-t-elle.
Entrepreneurs, la CCI Paris Ile-de-France vous accompagne dans le développement de votre entreprise : entreprises.cci-paris-idf.fr
« Très professionnalisant, ma formation à l’école
Ferrandi m’a non seulement apporté des connaissances théoriques, mais aussi un vrai savoir-faire technique ». Management, gestion, droit du travail… Autant
de domaines d’expertise qu’il s’agit de découvrir, y
compris à travers des stages et des études de cas.
« C’est une école de la vie », constate Catherine Wade.
« On y entre sans forcément connaître les diférents
métiers de l’hôtellerie et de la restauration, et on
en ressort avec un éventail
riche de compétences complémentaires ». Sans oublier
le réseau professionnel !
« Ferrandi, c’est aussi un carnet
d’adresse », conclut-elle. « Un
atout de taille pour propulser le
Catherine Wade
lancement d’un projet ! ».
co-fondatrice
du restaurant Picotte
Proche de la téléportation
« Nous concurrençons les systèmes de téléconférence coûteux ou
de conf call gratuits tels que
Skype », souligne Clément Merville, président et cofondateur de
Manzalab. « Teemew est ce qui se
rapproche le plus de la téléportation. Notre technologie permet de
rassembler plusieurs personnes
dans la même réalité virtuelle,
avec un sentiment de présence
inégalé, pour collaborer plus efficacement. » Afin de développer
de nouvelles fonctionnalités
pour commercialiser Teemew
en mode SaaS, la société, autofinancée jusqu’à présent, annonce
ce lundi avoir levé ses 2 premiers
millions d’euros : le fonds Educapital investit les deux tiers et
Move Capital le tiers restant. Possédant un studio de développement à Aix-en-Provence et une
filiale à Singapour, Manzalab
Group, qui table sur un chiffre
d’affaires de 5 millions en 2018,
prévoit de s’implanter en Europe
l’an prochain et de renforcer son
effectif de 60 à 100 personnes. n
Vitry-le-François teste
la production d’hydrogène
à partir de biomasse
DR
OCCITANIE
réalise la société parisienne
Manzalab Group pour de grandes entreprises comme Orange,
BNP Paribas, Sanofi, Dior… ou
des organismes publics. Elaborée par sa R&D interne en
s’appuyant sur la recherche neuroscientifique, la solution Teemew est développée en partenariat avec des fabricants de
casques de réalité virtuelle,
tels HTC et Oculus, filiale de
Facebook.
LE PROJET
VITRHYDROGÈNE
Date de lancement : 2019
Partenaires : Vitry Champagne et Der, Vitry Energies,
CentraleSupelec, Haffner
Investissement : 5,4 millions
Secteur : énergie alternative
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
Le premier démonstrateur produisant de l’hydrogène à partir
de biomasse verra le jour dans la
Marne en 2019. La Communauté de communes Vitry,
Champagne et Der, la SEM Vitry
Energies, l’école CentraleSupelec et la société Haffner Energy
viennent d’officialiser la création de VitrHydrogène, le consortium dédié à la création de cet
équipement. Il utilisera la technologie Hynoca (Hydrogen No
Carbon) de Haffner, qui repose
sur le traitement de la biomasse
par thermolyse. Le principe ?
Les molécules d’hydrogène sont
extraites du gaz, mélange de
monoxyde de carbone et
d’hydrogène, dégagé par la
matière première chauffée à
450 °C. « Ces recherches ont
donné lieu à 14 dépôts de brevet.
La véritable rupture technologique repose dans les rendements
énergétiques obtenus, de l’ordre
de 70 % », souligne Christian
Bestien, directeur business
développement de Haffner, qui a
ainsi réussi à ramener le prix de
l’hydrogène renouvelable sous
les 6 euros au kilo, la moitié du
prix du marché.
Ce projet représente un investissement global de 5,4 millions
d’euros, financé à 50 % par
l’Ademe, dont environ 1 million
sera alloué à CentraleSupelec
pour mener des recherches sur
l’enrichissement et la purification de l’hydrogène. Le partenariat conclu cet été pour une
durée de quarante-deux mois
prévoit la construction de la plate-forme, son exploitation et
l’étude des résultats expérimentaux. De la taille d’une stationser vice, elle produira 5 kg
d’hydrogène par heure, à partir
de 500 tonnes annuelles de granulés de bois, puis de plaquettes
forestières. L’emploi de déchets
issus de l’agriculture est aussi
envisagé. « Cette production correspond à la consommation
d’une flotte de 260 automobiles.
Vitry a déjà acquis 5 véhicules »,
détaille-t-il. Des discussions sont
en cours avec d’autres collectivités françaises et étrangères. n
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// 27
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
LA ROUPIE INDONÉSIENNE
ATTAQUÉE
FINANCE
&MARCHES
La devise indonésienne a perdu
0,4 % à 14.975 roupies pour un
dollar. Le billet vert avait dépassé
le niveau de 15.000 roupies la
semaine passée, une première
depuis la crise asiatique de 1998.
Les marchés sont inquiets du
déficit courant du pays et de sa
dette. La banque centrale s’est
dite prête à intervenir sur le
marché pour soutenir sa monnaie
et à relever les taux d’intérêt.
les
indices
Les fonds de pension ne prennent
pas assez en compte le climat
Le fonds
InfraVia
lève
2 milliards
d’euros
l Plus de 60 % des grands fonds de
pension publics mondiaux ne prennent pas ou quasiment pas en compte
le climat dans leurs investissements.
l Ils n’ont investi que 90 milliards
de dollars dans les actifs bas carbone,
soit 1 % de leurs actifs cumulés.
CAPITALINVESTISSEMENT
FONDS DE PENSION
Sophie Rolland
@Sorolland
Comment les fonds de pension prennent-ils en compte le changement
climatique ? La question n’a rien
d’anecdotique. Avec des actifs combinés de plus de 11.000 milliards de
dollars, le secteur des retraites représente un tiers des actifs des investisseurs institutionnels. L’ONG britannique Asset Owners Disclosure
Project (AODP) publie ce lundi un
classement des 100 plus grands
fonds de pension publics du monde.
Objectif : évaluer, concrètement, les
pratiques au regard des recommandations du groupe de travail sur
l’information financière relative au
changement climatique (TCFD) du
Conseil de stabilité financière.
En tête du classement, le suédois
AP4 devance de peu le Fonds de
réserve pour les retraites (FRR) –
seul fonds de pension français du
Top 100 mondial. Le New York State
Common Retirement Fund, lui,
occupe la 3e place.
Mais globalement, le résultat est
très mitigé. Plus de 60 % des grands
fonds de pension publics mondiaux
ne prennent pas ou quasiment pas
en compte le climat. En tout, ils
n’ont investi que 90 milliards de dollars dans les actifs bas carbone, ce
qui représente moins de 1 % de leurs
actifs cumulés. Pour mémoire, le
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
(Giec) estime que 11.000 milliards
de dollars d’investissements
annuels seraient nécessaires pour
financer la transition bas carbone.
Autre constat : seuls 10 % des fonds
de pension évalués ont mis en place
des politiques visant à exclure le
charbon de leur portefeuille
d’investissement.
Des obligations
« fiduciaires »
63 % des caisses de retraite fournissent en outre trop peu (voire aucune)
information sur les répercussions
financières du changement climatique sur leurs portefeuilles. La question n’a rien d’accessoire. Les fonds
de pension ont des obligations
« fiduciaires » à l’égard de leurs
La société d’investissement dans les
infrastructures
de Vincent Levita
double de taille en
moins de deux ans.
Anne Drif
@Anndrif
clients. Ils doivent agir au mieux de
leurs intérêts et notamment prendre
en compte les risques climatiques
susceptibles de dégrader la valeur
des investissements. Pour Felix
Nagrawala, analyste à l’AODP, « les
caisses de retraite ont le devoir de servir l’intérêt à long terme de leurs membres, ce qui n’est pas le cas si l’argent
qu’elles investissent s’épuise avec la
santé de la planète ».
Au Royaume-Uni, des cabinets
d’avocats ont écrit aux grands fonds
de pension du pays pour les mettre
en garde contre d’éventuelles poursuites. En Australie, le Retail
Employees Superannuation Trust a
déjà été attaqué cet été par un épargnant qui estime que l’information
sur les risques climatiques liés aux
investissements est insuffisante.
« Inquiétante
complaisance »
Les fonds de pension européens
prennent davantage en compte le
changement climatique que leurs
homologues américains, même si
la Californie et l’Etat de New York
abritent les principaux fonds de
pension notés AAA. 24 % des fonds
européens et 4 % des fonds américains étudiés ont au moins obtenu
la note A. L’AODP insiste sur le
retard des trois plus grands fonds
britanniques (USS, Railpen et Electricity Supply Pension Scheme) par
rapport au reste de l’Europe. Il y a
peu, des parlementaires avaient
déjà évoqué leur « inquiétante complaisance » face aux risques climatiques. n
INTERVIEW // PHILIPPE DESFOSSÉS Directeur général de l’ERAFP
« La capitalisation permet de générer
du capital patient à très long terme »
Quel lien faites-vous entre
retraite par capitalisation
et financement de la transition
énergétique ?
En France, le système de retraite
ménage une place marginale à la
retraite par capitalisation. Ce n’est
pas le cas dans les autres pays membres de l’Union européenne. En
Hollande, par exemple, les actifs
des fonds de pension sont supérieurs au PIB du pays. Or gérer une
partie des engagements de retraite
dans le cadre d’une capitalisation
collective présente plusieurs intérêts. Cela permet d’abord de générer du capital patient à très long
terme qui peut venir financer des
projets au long cours comme la
construction de nouvelles infrastructures, l’accompagnement des
entreprises innovantes ou la rénovation des bâtiments en vue de les
isoler. Autre intérêt : favoriser un
meilleur équilibre entre dette et
capital dans le financement de l’économie puisque les actifs des fonds
de pension sont acquis grâce à des
cotisations qui correspondent à
une épargne.
Les épargnants n’ont alors
qu’un rôle indirect…
intérêt dans quarante, cinquante
ou soixante ans. Et selon que nous
serons alors dans un monde à +1,5°,
à +3°/+4° voire +6°, la même retraite
ne présentera pas le même intérêt.
Philippe Desfossés. Photo Philippe Bachelier
Par construction, la capitalisation
implique fortement les jeunes
générations. Elles peuvent se mobiliser pour une transition qui les
concerne au premier chef, notamment en exerçant des pressions sur
les gestionnaires des fonds de pen-
sion. Pour elles, savoir dans quoi
sont investies les cotisations est crucial. Non seulement cela détermine
le montant futur de leur retraite.
Mais surtout, il faut que les investissements réalisés fassent que toucher une retraite aura encore un
Quel bilan faites-vous
de l’action de l’ERAFP
en matière climatique ?
L’exemple de l’ERAFP, créé il y a
treize ans, a montré que l’on pouvait
développer une gestion d’engagements retraite en capitalisation de
manière efficace, économe, avec
une implication forte des partenaires sociaux. L’ERAFP a aussi développé une politique 100 % ESG qui
en a fait un des acteurs de référence
en Europe. Il a été le premier investisseur de grande taille à mesurer
l’empreinte carbone de son portefeuille il y a cinq ans. Le régime a
également commencé à vérifier
l’alignement de sa stratégie d’investissement avec l’objectif de +2°
maximum en 2050. Aujourd’hui les
30 milliards d’euros d’actifs de
l’ERAFP sont soumis à une charte
ISR exigeante. La politique dite
« Best in Class » est complétée par
une politique d’engagement avec
les entreprises comme les autorités.
– S. Ro.
Philippe Desfossés
quittera
bientôt l’ERAFP
Philippe Desfossés, directeur
général de l’ERAFP depuis 2008,
devra bientôt quitter son poste.
Le gouvernement ayant exprimé
le souhait de nommer un nouveau directeur, son mandat ne
sera vraisemblablement pas
renouvelé. Ce départ intervient
alors même que Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la
réforme des retraites, pilote une
vaste consultation, préalable
à la mise en place d’un système
de retraite universel. « A priori
dans la réforme à venir, il n’y aura
pas de place pour la capitalisation. L’avenir de l’ERAFP est
fortement compromis si l’on met
en place un régime unique »,
commente un observateur.
Philippe Desfossés, cinquanteneuf ans, ancien élève de l’ENA,
et ancien conseiller de Jacques
Barrot, ministre du Travail et
des Affaires sociales, entre 1995
et 1997, s’est illustré ces dix
dernières années en défendant
avec énergie l’investissement
socialement responsable et le
rôle des investisseurs institutionnels dans la lutte contre le
changement climatique. Il est
vice-président du Groupe des
investisseurs institutionnels
sur le changement climatique
(IIGCC).
InfraVia double de volume. La
société d’investissement dans les
infrastructures fondée par Vincent Levita vient de lever 2 milliards d’euros, le double du montant accordé en 2016, et passe la
barre des 4 milliards d’euros
d’actifs gérés. Cette levée de
fonds a été réalisée en l’espace de
six mois auprès de 85 investisseurs français et internationaux
d’Asie, d’Amérique du Nord et du
Moyen-Orient.
Les fonds européens attirent
particulièrement les investisseurs. Selon le cabinet Preqin,
ils ont levé l’an dernier un pic de
capitaux en dix ans sur cette
catégorie d’actifs, à 27,3 milliards d’euros, et sont en passe
de battre leur record cette
année (25,2 milliards d’euros
ont été levés, hors InfraVia).
« Investir dans les
infrastructures
aujourd’hui, ce
n’est plus acheter
des murs
et attendre
de percevoir
un rendement. »
VINCENT LEVITA
Fondateur
et président d’InfraVia
Passé par AXA avant de lancer sa propre structure, Vincent
Levita défend une stratégie
active. « Investir dans les infrastructures aujourd’hui, ce n’est
plus acheter des murs et attendre
de percevoir un rendement. Nous
évitons les actifs complètement
matures et visons ceux qui présentent un bon potentiel de croissance et de transformation »,
indique le gérant de participations dans l’aéroport de Venise,
les compteurs intelligents
(OCEA Smart Building) ou
encore les data centers (en
Suisse, rachetés à Altice, ainsi
q u’a u L u x e m b o u r g e t a u
Royaume-Uni).
InfraVia, comme son concurrent français Antin, se focalise ainsi de plus en plus sur des
actifs à la limite du capital-investissement classique. Et dit
aujourd’hui identifier « un vrai
potentiel de développement dans
les secteurs de la mobilité
urbaine, des énergies renouvelables, de la santé et des infrastructures digitales affectés par des
tendances technologiques et
sociales nouvelles ». n
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28 // FINANCE & MARCHES
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
LES DIX ANS DE LA FAILLITE LEHMAN BROTHERS
Lundi 10 septembre 2018
Tout ce que la crise financière du
Dix ans après la faillite retentissante de Lehman Brothers,
retour sur la machine infernale qui a déclenché la plus grave
dépression depuis les années 1930. Et sur la façon dont
l’événement a modifié le paysage économique.
Armageddon
Par Guillaume
Maujean
« Mais ce n’est pas possible, cela
va être Armageddon ! » Ce lundi
15 septembre 2008 au soir,
Harvey Miller a ce cri du cœur.
L’avocat de Lehman Brothers,
le plus grand spécialiste
du droit des faillites,
vient de comprendre que
le gouvernement américain
va laisser tomber la banque,
emportée par la crise des
subprimes. Il avait vu juste.
La déflagration sera colossale.
D’abord pour la planète finance,
qui voit le sol se dérober sous
ses pieds. Ensuite pour la
planète tout entière, qui va
plonger dans une profonde
récession. La crise est l’une des
plus graves depuis 1929. Elle va
déclencher une réaction sans
précédent de la part des
autorités monétaires (en
particulier de la Fed et de la
Banque centrale européenne) et
politiques (notamment via la
coopération internationale du
G20) qui permettront au
monde économique de
surmonter le choc.
Mais c’est tout le capitalisme
qui a tremblé sur ses bases. Et
dix ans plus tard, l’énergie mise
à combattre les conséquences
de ce dramatique automne
2008 est désormais consumée.
L’économie est repartie, mais
les ressorts d’une croissance
fondée sur l’endettement sont
encore cassés. Le commerce
mondial a tenu bon, mais il est
menacé par la montée des
forces populistes. La finance
s’est assagie, mais on voit déjà
resurgir des prises de risques
excessives…
Avons-nous bien tiré toutes
les leçons de la crise ? Quelles
sont aujourd’hui les plus
grandes fragilités de l’économie
mondiale ? Les contribuables
seraient-ils protégés en cas de
nouvelle déroute financière ?
Voici quelques-unes des
questions auxquelles « Les
Echos » vont s’attacher à
répondre cette semaine.
A partir de ce lundi, vous
retrouverez tous les jours sur les
supports numériques et dans le
quotidien des éclairages, des
témoignages, des analyses et
des interviews. Nous décrirons
la mécanique qui a conduit au
cataclysme, ce que sont devenus
ses grands acteurs, les forces
qui ont remodelé la
globalisation, le lent combat de
la régulation bancaire… Une
semaine pour se replonger dans
la plus grave crise financière du
XXIe siècle. Et mesurer les
traces qu’elle laisse encore
aujourd’hui. n
Comment en est-on
arrivé là ?
La banque Lehman se place sous chapitre 11
de la loi sur les faillites dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 septembre 2008, provoquant ce qui demeure à ce jour la plus grosse
faillite de l’histoire : son bilan pèse près de
700 milliards de dollars. La semaine qui précède, toutes les solutions envisagées pour la
sauver – rachat, création d’une « bad bank »,
sauvetage public – ont échoué. Et la banque
est incapable de se financer.
Cet événement spectaculaire trouve ses
racines dans une crise plus ancienne – celle
des crédits immobiliers « subprime ». Ces
financements hypothécaires à risque ont été
vendus en masse à des ménages dont la solvabilité était garantie par la valeur du bien
acquis, supposée croître continûment. Les
établissements qui ont accordé ces prêts les
ont ensuite titrisés, autrement dit découpés
puis revendus sous forme d’instruments plus
liquides, à une multitude d’investisseurs attirés par leurs rendements élevés.
Lorsque le marché immobilier se grippe à
l’été 2007, la valeur de ces produits se détériore rapidement. Mais leur large diffusion
dans le système financier les rend presque
impossibles à tracer. Certaines banques ont
du mal à cerner l’étendue de leur exposition.
La maison Bear Stearns, puis les sociétés de
crédit hypothécaire comme Freddie Mac ou
Fannie Mae doivent être secourues par les
autorités américaines. Lehman est vue
comme la prochaine sur la liste.
De fait, la banque a largement participé à la
diffusion des produits « subprime », et à
85 milliards, son portefeuille est l’un de plus
gros du marché par rapport à son bilan. Son
cours s’effondre de 77 % la première semaine
de septembre, et le week-end précédant sa
faillite, elle n’affiche plus qu’un milliard de
dollars de liquidités. La faillite est officialisée
le lundi matin. Le mardi, Barclays annonce
reprendre ses activités américaines pour
moins de 2 milliards.
Fallait-il sauver
Lehman ?
Pourquoi avoir sauvé Bear Stearns, AIG, et
non Lehman Brothers ? Dix ans après la
faillite, la question continue de hanter régulateurs et experts, qui publient à intervalle régulier des ouvrages sur la question. Encore
aujourd’hui, la Fed et le Trésor sont accusés
d’avoir précipité la contagion d’une crise,
alors limitée à l’industrie financière, à l’économie réelle.
Les intéressés ont toujours dit avoir buté
sur les pouvoirs dont ils disposaient, juridiquement. Mais le débat n’est pas clos. Parmi
les questions qui demeurent, la décision, prise
dans le week-end qui a précédé la faillite, de ne
pas accorder un prêt d’urgence à la banque,
continue de diviser. Selon la Fed, Lehman
n’avait plus assez d’actifs solides pour sécuriser un prêt, et la financer aurait dès lors été
juridiquement trop risqué pour la banque
centrale. Celle-là aurait été mise en danger
pour sauver une maison peut-être vouée à
disparaître.
Certains, y compris au sein de la Fed de New
York qui était en première ligne, continuent
toutefois d’affirmer que les actifs de Lehman
auraient pu servir de contrepartie. La banque
centrale avait, de fait, été moins regardante
lorsqu’elle avait renfloué Bear Stearns quel-
ques mois plus tôt. Si les intéressés se sont toujours défendus d’avoir pris une décision politique, l’opinion publique a joué un rôle. Le
sauvetage de Bear Stearns, puis la nationalisation de Freddie Mac et Fannie Mae, avaient été
très critiqués, et le secrétaire au Trésor, Hank
Paulson, craignait de conserver son surnom
de « Monsieur Sauvetage ».
Jusqu’au bout, la solution d’un rachat par
un concurrent a été poussée. Mais aucun
repreneur n’accepta de reprendre la banque,
dont ils avaient, eux-mêmes, du mal à évaluer
les actifs, sans argent public. Paradoxalement, ceux qui auraient reproché au Trésor et
à la Fed d’avoir sauvé Lehman leur reprochent désormais de l’avoir abandonné.
Comment la faillite
a déclenché
la dépression
la plus grave
depuis les années 1930 ?
Si la crise des « subprimes » a démarré à l’été
2007, c’est à partir de la faillite de Lehman
qu’elle se propage à l’économie réelle, au
niveau mondial. Le 15 septembre 2008, la
faillite de la banque fait plonger les Bourses
mondiales. Longtemps jugée « too big to fail »
(« trop gros pour faire faillite »), Lehman
démontre qu’aucune banque, quelle que soit
sa taille, n’est à l’abri. La confiance recule et le
manque de transparence accroît l’aversion
pour le risque. Les banques cessent d’alimenter les lignes de crédit, ouvrant la voie à une
crise de liquidités.
L’effet de contagion est rapide : les intervenants sur les marchés anticipent les conséquences économiques de cette crise financière. La peur d’une implosion du système
financier américain, puis mondial, se répand,
obligeant les pouvoirs publics à intervenir :
dès le lendemain, la Fed accorde un prêt de
85 milliards de dollars au premier assureur
américain AIG, lui aussi au bord de la faillite,
qui est nationalisé à 80 %. Les autorités américaines considèrent alors qu’une faillite du premier assureur mondial ferait peser des risques trop lourds aux marchés et à l’économie.
Cela n’empêche pas les entreprises et les
ménages d’être frappés à leur tour. Les conditions d’accès au crédit se durcissent. L’épargne de précaution se développe, la consommation des ménages chute, les entreprises
freinent leurs investissements. Le commerce
mondial subit un coup de frein et le monde
entier entre en récession. La croissance mondiale passe de 4,2 % en 2007 à 1,8 % en 2008,
puis à –1,7 % en 2009. Dans les pays de l’OCDE,
le repli est encore plus violent : de 2,5 % en
2007 à 0,2 % en 2008 puis –3,5 % en 2009.
Qu’est devenue
Lehman ?
Dix ans après avoir déposé le bilan, la prestigieuse banque n’a toujours pas disparu ! Au
46e étage du 277 Park Avenue, à New York, des
dizaines de salariés ainsi qu’une kyrielle
d’avocats continuent de dénouer les contrats
(obligations, dérivés, immobilier…) et de
liquider les actifs de Lehman pour rembourser les créanciers. En septembre 2008, la banque avait laissé derrière elle un trou de plus de
600 milliards de dollars.
Dans la foulée de la faillite, Barclays avait
racheté les activités américaines pour une
bouchée de pain, 1,75 milliard de dollars. La
banque britannique a aussi repris son siège
sur la 7e Avenue, obligeant les équipes char-
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
Les grandes questions 1/5
Lundi 10 septembre 2018
siècle a changé
Un employé de Lehman
Brothers sort de l’immeuble
londonien de la banque,
le 15 septembre 2008.
L’établissement vient
de vivre la plus grosse
faillite de l’histoire :
700 milliards de dollars.
Photo Ben Stansall/AFP
gées du démantèlement de Lehman à déménager. La banque japonaise Nomura a jeté son
dévolu sur l’Europe et l’Asie.
Le vrai dépeçage de Lehman a commencé
en 2012 quand elle est sortie du régime des
faillites et a engagé sa liquidation. « C’est la
plus grande faillite internationale de tous les
temps, la plus complexe, le plus grand défi en la
matière… » commentait le juge James Peck.
Depuis, la banque a rendu 123 milliards de
dollars à ses créanciers, selon nos calculs. Le
4 octobre prochain, l’établissement s’apprête
à signer son seizième chèque. Difficile d’imaginer que tout le monde peux être satisfait : les
demandes d’indemnisations validées par la
justice dépassent les 350 milliards de dollars.
Cette vaste débandade a quand même fait
quelques gagnants : les cabinets d’avocats,
comme celui de Harvey Miller, spécialiste du
droit des faillites, ou celui de John Suckow
(Alvarez & Marsal), administrateur de Lehman. Au total, ils ont déjà empoché plus de
2 milliards de dollars en honoraires, certains
facturant leurs services 1.000 dollars de
l’heure.
Qui a payé pour
la crise bancaire ?
La crise financière s’est révélée extrêmement
coûteuse. Surtout pour les Etats – et les contribuables – qui se sont portés au secours de
leurs champions nationaux, déstabilisés par
leurs expositions au marché des « subprimes ». Aux Etats-Unis, le Trésor a certes laissé
tomber Lehman Brothers mais a mobilisé
421 milliards de dollars pour sauver le géant
de l’assurance AIG, les banques Citigroup et
Bank of America, ou encore les agences de
garantie des prêts immobiliers Freddie Mac
et Fannie Mae. Une somme que le gouvernement américain estime avoir récupérée dès
2013 grâce à aux dividendes et aux intérêts
versés par les banques secourues.
En Europe, les Etats ont injecté plus de
465 milliards d’euros de capitaux depuis
2008, mais ont également apporté 1.188 milliards d’euros de garantie aux instituts en difficulté, selon une étude publiée l’an dernier
par la Banque d’Espagne. L’Allemagne (qui a
notamment sauvé HRE et WestLB), le Royaume-Uni (Northern Rock, Bradford&Bingley…) et l’Irlande (Anglo Irish Bank…) ont
essuyé les plus grosses factures.
Les banques ont dû payer pour leurs errements. Selon une estimation du Boston Consulting Group réalisée début 2017, elles se sont
acquittées de près de 231 milliards d’euros
d’amendes liées à la crise financière, dont 63 %
ont été payés par les américaines. Aux EtatsUnis, 324 individus ont été condamnés pour
des crimes liés à la crise financière, selon
l’agence fédérale Sigtarp. Pour la plupart des
courtiers en immobilier ou en prêts bancaires.
Mais peu de dirigeants de banques ont été
condamnés à des peines de prison. Parmi ces
quelques condamnations emblématiques :
l’ex-patron du Fonds monétaire international,
l’Espagnol Rodrigo Rato à l’origine de détournements de fonds au sein des banques espagnoles qu’il présida de 2010 à 2012.
Qui y a gagné ?
Paradoxalement, les banques américaines
qui étaient à l’origine de la crise dominent
plus que jamais la finance mondiale dix ans
plus tard. Dans la hiérarchie boursière, les
mastodontes que sont JP Morgan, Wells
Fargo et Bank of America occupent les trois
premières places. Seule la banque chinoise
ICBC, en 4e position, tente de contester leur
suprématie. La première banque européenne, l’espagnole Santander n’est que 19e et
la première française, BNP Paribas, 21e.
Ayant pansé rapidement les plaies de la
crise, les Etats-Unis sont parvenus à faire
éclore des géants, à la fois puissants sur leur
marché domestique et dans la banque
d’investissement à l’international. En Europe,
en revanche, les établissements ont mis beaucoup plus de temps à se remettre d’aplomb.
Dix ans après la crise, les banques italiennes
et allemandes restent convalescentes. Les
banques françaises ont bien tiré leur épingle
du jeu. Au sortir de la crise, BNP Paribas a consolidé ses positions européennes en mettant
la main sur le belge Fortis. Les instituts ne
sont toutefois plus tout à fait les mêmes.
Sous l’impulsion des régulateurs et la pression de l’opinion publique, certains métiers
ont pris l’ascendant. Au sortir de la crise, les
fonctions du contrôle ont renforcé leurs
rangs pour mieux veiller sur les risques opérationnels. Puis celles de la conformité sont
montées en puissance à mesure que les régulateurs ont renforcé les obligations réglementaires des établissements. Enfin, plus récemment, des équipes chargées de définir et de
faire respecter une conduite éthique au sein
des banques ont aussi été constituées.
Une nouvelle grande
faillite bancaire
est-elle possible ?
Pour les régulateurs financiers, le « too big to
fail » a vécu : le précepte post-crise, c’est que
l’Etat – et donc les contribuables – ne doit plus
se trouver contraint de sauver une banque en
perdition, au prétexte que sa chute serait trop
grave pour l’ensemble de l’économie. Depuis
dix ans, les banques ont au contraire été invitées à se considérer comme mortelles. Les
établissements ont ainsi remis aux autorités
un « testament bancaire », sorte de mode
d’emploi de leur démantèlement.
En Europe, ils ont dû ajouter de nouvelles
couches de capital visant à éponger les pertes
en lieu et place de l’Etat (principe dit du « bail
in »). Dans ce schéma, en cas de difficulté, ce
sont les actionnaires, puis les détenteurs de
dette et les plus gros déposants qui passent à
la caisse. Si cela ne suffit pas, un fonds européen alimenté par les banques peut être sollicité, avant de recourir à des fonds publics, en
extrême nécessité. Pour mettre en œuvre ces
principes, l’Union européenne s’est dotée
début 2016 d’une autorité de « résolution ». Ce
terme désigne la thérapie de choc appliquée à
une banque malade, consistant à se débarrasser des activités « pourries », et à trouver
repreneur pour le reste.
Dans ce nouvel environnement, plusieurs
banques de taille moyenne, en Espagne, en
Italie et en Lettonie ont ainsi disparu, sans
déclencher de tornade financière. Reste que
le dispositif n’a – heureusement – jamais servi
pour un des champions de la zone euro. Si un
acteur majeur se trouvait vraiment en difficulté, les Etats n’interviendraient-ils vraiment
pas ? En 2017, l’Etat italien a pu injecter de
l’argent frais pour sauver Monte dei Paschi di
Siena…
Les banques
ont-elles changé
leurs pratiques ?
Après la crise, les banques ont été contraintes
de faire évoluer leurs pratiques de vente en
banque de détail mais aussi et surtout en banque d’investissement. Aux Etats-Unis, la règle
dite « Volker » a été adoptée juste après la
débâcle de 2008 pour inciter les banques de
détail, bénéficiant d’une garantie publique
sur leurs dépôts, à se concentrer sur le financement de l’économie plutôt qu’à parier pour
leur propre compte. Cette règle, que Donald
Trump projette désormais d’assouplir, les a
contraints à partir de 2013 à justifier les positions qu’elles prennent sur les marchés,
même pour le compte de leurs clients, dès lors
que celles-là sont inférieures à 60 jours.
En France, la loi bancaire adoptée en 2013 a
également contraint les banques à cantonner
leurs activités de compte propre. Mais cette loi
a appuyé sur un clou déjà enfoncé : avant
même son entrée en vigueur, les banques françaises avaient quasiment arrêté ces activités
fortement contraintes par la nouvelle réglementation financière Bâle III. En Europe, sous
la pression des régulateurs, les banques de
financement et d’investissement ont revu
leurs ambitions à la baisse. L’allemand Deutsche Bank a réduit la voilure dans la banque
d’investissement, mais aussi le britannique
Royal Bank of Scotland ou le suisse UBS.
En parallèle, les banques ont aussi renforcé
leurs équipes dédiées à la conformité, au contrôle et à l’éthique. Et ces dernières se sont vus
octroyer une place clef dans les organisations,
rapportant souvent directement aux directions générales pour éviter de nouveaux
« accidents industriels ». A tel point que dans
les banques, les fonctions commerciales
n’hésitent plus à faire valoir le caractère
pesant de ce cadre, dont on ne peut aisément
s’affranchir.
Les banques
sont-elles vraiment
mieux régulées ?
Depuis 2008, une avalanche réglementaire
s’est abattue sur la finance. Avec de vraies
avancées : les grandes banques européennes
et américaines ont plus que doublé le montant
des fonds propres immobilisés pour absorber
des pertes – si un crédit n’est pas remboursé,
par exemple. Elles sont par ailleurs désormais
tenues de respecter des ratios dits de « liquidités », censés les aider à couvrir leurs besoins
de financement de court terme, sans dépendre du bon vouloir des marchés.
La réglementation des banques a également avancé sur le plan institutionnel. En
Europe, les régulateurs nationaux – que l’on a
pu estimer avant-crise trop proches des entités qu’elles sont censées surveiller – ont
accepté un transfert de pouvoir auprès de la
Banque centrale européenne : depuis 2014,
les 130 plus grandes banques de la zone euro
sont ainsi supervisées en direct depuis Francfort. Sur le plan international, un ballet bien
huilé s’est mis en place entre le G20, qui fixe de
grands objectifs, le Comité de Bâle – sorte
d’ONU des gendarmes bancaires de la planète – chargé d’élaborer des normes réglementaires, et les autorités locales, qui déclinent ces accords en textes officiels.
Même après l’arrivée au pouvoir de Donald
Trump, début 2017, et malgré les craintes, ces
instances sont encore parvenues à fonctionner. Ces succès ne doivent pas faire oublier les
carences de ce dispositif. Dans la finance, de
nombreuses zones de risques sont laissées en
jachère par les régulateurs. C’est le cas, par
exemple, de la prise en compte du risque souverain au bilan des banques : pour l’heure les
autorités font mine de croire que les titres de
dette publique sont solides et qu’un pays ne
peut pas faire défaut. Autre danger, plus insidieux : en période de « guerre économique »
avec les Etats-Unis, certains poussent pour
des règles bancaires plus souples. Le temps
passant, ne pas détricoter la régulation postLehman va devenir un sujet en soi.
Est-ce qu’on est
à la veille d’une
nouvelle crise ?
Alors que l’économie américaine est entrée
dans sa neuvième année de croissance ininterrompue, analystes, banquiers et économistes, prédisent presque tous l’imminence
d’une récession. Les équipes de Vanguard, à la
tête de 5.000 milliards d’actifs, ont récemment relevé de 10 à 30-40 % la probabilité
d’une récession à l’horizon 2020. Mais quel en
sera le catalyseur ?
Parmi les facteurs évoqués : les tensions
commerciales, le risque politique qui flotte
autour du président américain, la dette, les
pays émergents, la politique monétaire… Le
risque le plus clairement identifié à ce stade
demeure le resserrement monétaire mené
par la Fed, une manœuvre toujours délicate
dans un pays dopé à la dette. La cure d’amaigrissement que la banque centrale a promis
de s’imposer inquiète tout particulièrement.
Dans le sillage de la crise, celle-là a en effet
massivement racheté des actifs sur les marchés pour en soutenir le prix et faire baisser
les taux longs – la fameuse politique « d’assouplissement quantitatif ». Elle doit aujourd’hui
inverser la vapeur. « Je ne veux pas effrayer le
grand public, mais personne n’a jamais eu
recours à l’assouplissement quantitatif, prévenait fin juillet le patron de JP Morgan, Jamie
Dimon, sur CNBC. Et personne n’a jamais
essayé d’en sortir. »
Le risque est d’autant plus élevé que, dix ans
après la crise, l’économie américaine a
retrouvé son goût immodéré pour la dette.
Encouragées par des taux quasimment nuls,
les entreprises notamment se sont massivement endettées, tandis que banques et investisseurs sont devenus moins vigilants. James
Gorman, le patron de Morgan Stanley, appelait ainsi récemment les banquiers à être « un
peu paranos » : une phase de croissance doit
inciter à « avoir peur », estime-t-il. « Ma
crainte, ce sont tous ces gens qui n’ont pas vécu
les dix dernières années. »
— Elsa Conesa et Nicolas Rauline
(bureau de New York), Etienne Goetz,
Edouard Lederer et Sharon Wajsbrot
(a
Lire « Crible » page 38
et retrouvez notre dossier sur lesechos.fr
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30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
Le Lloyd’s de Londres se choisit
un nouveau patron
essuyé des pertes en 2017. Et si elle a
engagé le chantier de la modernisation informatique en mettant en
place un système de placement
automatisé, la mue reste loin d’être
achevée.
ASSURANCE
John Neal, ex-dernier
directeur général de
l’assureur australien
QBE, succédera
mi-octobre à Inga
Beale à la tête du
grand marché londonien de l’assurance.
Le chantier
de la dématérialisation
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Le plus vieux marché mondial de
l’assurance spécialisée et de la réassurance, qui est aussi le plus grand,
s’apprête à changer de tête. Le
Lloyd’s de Londres a choisi vendredi John Neal pour succéder à
Inga Beale au poste de directeur
général. Le nouveau patron prendra ses fonctions le 15 octobre, à un
moment délicat de l’histoire de la
vénérable institution. L’expérience
internationale de John Neal, autant
que sa connaissance intime du
Lloyd’s et sa capacité à faire bouger
les organisations, ont sans doute
pesé lourd dans la balance. A cinquante-trois ans, le Britannique
était jusqu’à décembre le dernier
directeur général de l’assureur australien QBE, qu’il a dirigé pendant
cinq ans avant de devoir démis-
John Neal prendra ses fonctions à la tête du Lloyd’s de Londres
le 15 octobre prochain. Photo Ian Waldie/Bloomberg
sionner quelques semaines après
la publication d’un avertissement
sur résultat qui, en octobre, avait
déplu aux actionnaires.
Il faut dire que son mandat à Sydney n’a pas été facile. L’ex-directeur
des opérations pour l’Europe a
notamment peiné à intégrer la
myriade d’acquisitions réalisées
par l’assureur australien (plus
d’une centaine au total) dans les
années 1990 et 2000. Il a dû déprécier la valeur de certaines d’entre
elles dans les comptes, provoquant
un effondrement de l’action en
2013. Pendant qu’il était aux manettes, Bloomberg a ainsi calculé que le
rendement annuel du titre QBE
avait tourné autour de 1 %, contre
plus de 20 % pour ses rivaux.
Le Britannique remplacera sa
compatriote Inga Beale, à la tête du
Lloyd’s depuis 2014 et dont le départ
avait été annoncé en juin. Première
femme à exercer cette fonction sur
les 332 années d’histoire du grand
marché londonien, « Dame Inga » a
beaucoup œuvré pendant son
mandat pour la diversité, mais certains lui reprochent d’avoir délaissé
d’autres problèmes majeurs,
comme la fuite de l’activité vers
d’autres hubs mondiaux – notamment vers Singapour – et la mise
sous pression des marges, le Lloyd’s
a, pour la première fois en six ans,
C’est là l’un des tout premiers défis
qu’aura à relever son successeur. Il
devra notamment accélérer la
dématérialisation d’un marché où
les opérations se font encore en partie de manière physique : dans le
bâtiment du Lloyd’s, au cœur de la
City, certains courtiers et souscripteurs (assureurs traditionnels ou
« syndicats » du grand marché londonien) utilisent encore des tampons en caoutchouc pour sceller les
contrats sur papier. John Neal
devra aussi négocier le délicat
virage du Brexit, et réussir le lancement de la filiale bruxelloise qui
doit, à terme, servir de « pipeline »
entre l’UE et le Royaume-Uni, où
continuera la souscription.
Autre chantier à défricher : la
définition du rôle précis que le
grand marché londonien entend
jouer vis-à-vis des compagnies
d’assurance et des « syndicats » qui
lui apportent leur capacité de souscription. Des partenaires qui, en
fonction de leur taille et de leur
structure, ont des intérêts parfois
très différents. n
Le réassureur français CCR Re
en avance sur ses objectifs
RÉASSURANCE
La filiale de la CCR
dédiée aux activités de
réassurance traditionnelles devrait atteindre les 450 millions
d’euros de chiffre
d’affaires en 2018.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Vents favorables pour CCR Re, la
filiale qui porte depuis le 1er janvier
2017 les activités de réassurance
classiques dites « de marché » de la
Caisse centrale de réassurance
(CCR). Le réassureur français s’est
présenté aux Rendez-Vous de Septembre, le grand raout du secteur
qui s’est ouvert ce week-end à Monte-Carlo, en avance sur son plan de
marche. « A la fin de l’année, CCR Re
devrait atteindre les 450 millions
d’euros de chiffre d’affaires, c’est-àdire ce qui était initialement prévu
p o u r f i n 2 02 0 » , d é c l a r e a u x
« Echos », Bertrand Labilloy, directeur général de CCR – le groupe
public dont l’activité historique est
la réassurance des catastrophes
naturelles en France avec la garantie de l’Etat – et PDG de CCR Re.
A fin juin, son chiffre d’affaires
s’élevait à 381 millions d’euros, en
hausse de plus de 12 % par rapport
au 30 juin 2017. « Notre objectif est
d’atteindre à terme une taille critique, que nous évaluons pour ce qui
nous concerne quelque part entre
381
MILLIONS D’EUROS
de chiffre d’affaires au premier
semestre 2018 (+12 % sur un an).
600 et 800 millions d’euros. Mais
nous le ferons de manière raisonnée
en fonction des conditions de marché. Nous sommes avant tout sur une
stratégie de rentabilité », précise Bertrand Labilloy.
Les marchés
émergents plongent
de plus de 20 %
depuis janvier
BOURSE
L’indice MSCI EM
est tombé
en bear market.
Hausse du dollar,
tensions commerciales, baisse du
prix des matières
premières,
les raisons sont
multiples.
Pierrick Fay
@pierrickfay
Ce n’est pas une surprise compte
tenu de la chute estivale des
devises émergentes, mais
l’indice MSCI Emerging Markets est tombé en « bear market », avec un recul de 20,01 %
depuis son pic du 26 janvier.
L’indice est calculé en dollar et la
chute de 15,5 % de l’indice JP
Morgan EM Currency sur la
même période est révélatrice de
la mauvaise passe traversée par
ces marchés. L’indice MSCI EM
reste, d’ailleurs, sur sept séances
consécutives de baisse pour un
marché baissier qui dure depuis
176 séances de Bourse, sa plus
longue débâcle depuis la crise
de 2008.
Une séquence qui s’auto-entretient, car sa longueur finit par
avoir raison de la patience de
certains investisseurs, acheteurs de la classe d’actifs. La
hausse du dollar fragilise les
pays les plus fragiles – avec souvent un déficit des comptes courants important et une forte
dépendance aux capitaux étrangers – et alimente les pressions
inflationnistes. La Turquie,
l’Argentine et le Brésil affichent,
d’ailleurs, des performances
boursières en dollar désastreuses. Elle met aussi la pression sur
les politiques monétaires des
banques centrales et surtout
sur leur indépendance, un chiffon rouge pour les investisseurs
internationaux. Les marchés
émergents souffrent aussi des
inquiétudes sur la croissance
chinoise, dans un contexte de
guerre commerciale avec les
Etats-Unis. La crainte
d’une nouvelle salve de tarifs
douaniers a pesé sur l’indice
cette semaine et notamment sur
les valeurs asiatiques (le MSCI
Asia perd 12 % depuis le 7 juin).
Des menaces qui perturbent
aussi les stars de la tech des
émergents (l’indice EMQQ EM
Internet plonge de 27,6 % depuis
le 26 janvier).
Dans le même temps, la
baisse des marchés de matières
premières pénalise les pays
d’Amérique latine (riches en
cuivre, étain, argent, bauxite…),
alors que le maintien du pétrole
à un niveau élevé fait souffrir les
importateurs comme l’Indonésie, l’Inde, la Turquie ou l’Afrique du Sud.
Flux toujours positifs
Pour certains investisseurs, peu
averses au risque, le moment
semble propice pour revenir sur
des marchés massacrés, mais
jugés peu chers, compte tenu
des perspectives bénéficiaires
de la région. Depuis deux mois,
les flux sur les actifs financiers
sont redevenus positifs selon les
chiffres d’IIF, même si en août,
ils se sont réduits, à 2,2 milliards,
contre 13,7 milliards nets en
juillet. Les actions ont notamment attiré 7 milliards de dollars, dont 5,8 milliards sur la
Chine. Mais pour d’autres, la
prudence reste de mise. Le dollar pourrait, en effet, rester soutenu par le contexte géopolitique incertain, mais aussi par la
perspective de deux nouvelles
hausses des taux de la Fed. Kristina Hooper chez Invesco
estime ainsi qu’à court terme,
« la situation pourrait s’aggraver,
la perspective d’une hausse des
taux de la Fed à la fin du mois
pouvant rajouter de la pression
sur les émergents », car elle est
susceptible de favoriser les sorties de capitaux. n
Nettoyage du portefeuille
FUSIONS
ACQUISITIONS
Mardi 9 octobre 2018
Groupe Les Echos - Le Parisien
Auditorium « 10 Grenelle »
10 boulevard de Grenelle - Paris 15e
Informations et inscriptions :
www.lesechos-events.fr
En partenariat avec :
Au premier semestre, CCR Re a
dégagé un résultat net de 17 millions
d’euros, d’un niveau équivalent à
celui réalisé sur tout l’exercice 2017.
Son ratio combiné (sinistres et frais
rapportés aux primes), qui mesure
la rentabilité technique des opérations en réassurance non-vie, ressort désormais dans le vert, à 99,8 %
à fin juin, contre 104,9 % en 2017.
« Tout le travail de nettoyage du portefeuille entrepris depuis 2012 et qui a
été amplifié depuis porte ses fruits »,
fait valoir Bertrand Labilloy.
Le réassureur met en avant sa
sélectivité. « Nous assumons le fait
de ne pas être sur tous les marchés.
Nous ne sommes, par exemple, pas
aux Etats-Unis sur les lignes de responsabilité civile. Nous ne souhaitons pas non plus être trop exposés
aux risques de catastrophe naturelle
à l’international et privilégions pour
cette raison la diversification géographique », développe le dirigeant.
Actif dans près de 80 pays, CCR
Re continue, par ailleurs, de se positionner « de manière privilégiée sur
des clients de taille moyenne » auxquels il dit apporter « de la stabilité
dans la relation, de la proximité et de
la réactivité ». Alors qu’il avait
obtenu des hausses tarifaires
d’environ 5 % lors des renouvellements du 1er janvier dernier, CCR Re
s’attend à une stabilisation des prix
de la réassurance en 2019. « En tout
état de cause, nous n’accepterons pas
de baisse de prix », prévient toutefois Bertrand Labilloy, à l’abord des
premières discussions avec les
courtiers et les assureurs. n
en bref
Bercy évacue l’idée d’une fusion
entre Société Générale et UniCredit
BANQUE Une fusion entre Société Générale et l’italien UniCredit
n’est pas à l’ordre du jour selon le ministre de l’Economie et des
Finances, Bruno Le Maire. « Il n’y a rien sur la table à l’heure
actuelle », a-t-il déclaré samedi. En juin, le « Financial Times »
avait rapporté qu’UniCredit pensait se rapprocher de Société
Générale, même si l’instabilité politique en Italie compliquait le
projet. Interrogé samedi, le président UniCredit, Fabrizio Saccomanni, a renvoyé à l’élaboration d’un plan stratégique en 2019.
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FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
LA SÉANCE DU 7 SEPTEMBRE 2018
Le projet de mine d’or
en Guyane sera amélioré
MATIÈRES
PREMIÈRES
La Montagne d’Or,
qui serait la plus
grande mine jamais
construite en France,
est l’un des dossiers
chauds sur la table
de François de Rugy.
La Bourse de
Paris termine
la semaine
dans le vert
La Bourse de Paris a terminé
•vendredi
sur un gain de 0,16 %.
Pierre Paris reste serein. Le président de la Compagnie minière Montagne d’Or, qui développe un projet
de mine d’or très controversé en
Guyane, ne voit dans le rapport de la
Commission nationale sur le débat
public (CNDP) publié vendredi
aucune raison de s’arrêter là. Il n’y a
« pas d’obstacle majeur à la poursuite
de notre activité », a-t-il réagi. Le dirigeant a toutefois pris soin d’ajouter
que le projet serait amélioré, notamment pour être mieux accepté. « Il
doit être amendé, nous en sommes
conscients », a-t-il accordé.
Un débat mouvementé
Souvent très tendu, le débat public
organisé pendant trois mois dans le
département, qui a vu 1.500 personnes assister à des réunions
publiques, des ateliers thématiques
et plus de 5.900 visites sur la plateforme participative, a en effet montré à quel point la perspective d’une
mine à ciel ouvert au cœur de
l’Amazonie française divise. Avec,
d’un côté les partisans, défendant
les retombées économiques et
sociales pour la Guyane – à commencer par les 3.750 emplois
directs et indirects estimés –, et de
l’autre les opposants, inquiets des
risques environnementaux et sanitaires, de l’atteinte à la forêt et à la
biodiversité.
J. Amiet / Compagnie minière Montagne d’Or
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Le site de la Montagne d’Or, où un projet de mine à ciel ouvert est très controversé en Guyane.
L’enjeu n’échappe pas à l’Etat.
Cette mine, qui serait la plus grande
jamais construite en France, est
l’un de ses « dossiers chauds », a
reconnu François de Rugy, le nouveau ministre de la Transition écologique. « Rien que le débat a montré
que ce projet ne pouvait pas être
mené tel qu’il avait été envisagé, a-t-il
affirmé mercredi sur France Inter.
Donc, il faudra le reprendre, d’une
façon ou d’une autre. » En 2015,
Emmanuel Macron, alors ministre
de l’Economie, avait apporté son
soutien au projet.
Le gouvernement a désormais le
rapport de la CNDP sous les yeux.
La Commission y estime que plusieurs questions techniques
« interrogent fortement la faisabilité
du projet », et indique que
« l’absence de réponses jugées réalistes [à certaines] critiques remet en
question [sa] crédibilité ». Elle souligne, en outre, que le maître
d’ouvrage n’a pas su rassurer sur sa
capacité à maîtriser les risques
inhérents à ce type de projet industriel. Enfin, elle relève que la question des impacts environnementaux n’a pas pu être correctement
éclairée faute d’étude d’impact. Un
problème récurrent dans ce genre
de débats publics.
Un manque de transparence
dont Pierre Paris se défend. « Nous
avons fourni l’ensemble des documents en notre possession. » Une
étude d’impact n’intervient pas si
tôt dans le développement de ce
genre de projets. « Et nous n’avons
pas attendu les conclusions de la
Commission pour travailler et réfléchir à modifier certains points,
comme le transport des matières
dangereuses », poursuit-il. Il ajoute
qu’une ouverture du capital est également envisageable, tout comme
le fait de céder une participation à
la Guyane.
Clarification
des choix nationaux
Mais il est un point non négociable
pour le producteur russe Nordgold
et la société d’exploration canadienne Columbus Gold qui portent
Montagne d’Or : le projet, dans
lequel plus de 782 millions seront
investis à terme, doit rester rentable. Ils disposent maintenant de
trois mois pour dire s’ils veulent
poursuivre son développement. En
attendant, la présidente de la CNDP,
Chantal Jouanno, assure que « ce
projet, quelles que soient ses qualités,
ne saurait progresser sans une clarification des choix nationaux sur
l’exploitation de l’or ». n
Les noces de Wall Street et des devises
cryptographiques sont repoussées
DEVISE
le danger de manipulation des
cours, et sa position ne semble pas
près de changer dans l’immédiat.
Le régulateur a aussi un risque de
réputation et ne veut pas prendre le
moindre risque en autorisant un
nouveau produit hautement spéculatif qui ruinerait les particuliers qui misent sur le bitcoin.
Wall Street n’a pas
encore pu mettre la
main sur le marché des
cryptos, grippant un
des moteurs spéculatifs
des cours du bitcoin
et des devises 2.0.
Fébrilité
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Le marché des devises cryptographiques, ou « cryptos », peine à se
stabiliser après son nouveau trou
d’air la semaine passée. Il a amorcé
un léger rebond dimanche en début
de journée. Le bitcoin, à 6.370 dollars résistait mieux que les autres
cryptos et notamment que l’ethereum, à 204 dollars, qui a perdu 30 %
en une semaine, contre une baisse
de 13 % du bitcoin. Dans une conférence organisée par TechCrunch à
San Francisco, Martin Chavez, le
directeur financier de Goldman
Sachs a qualifié de « fake news » les
informations de presse prêtant à la
banque la volonté de reporter le lancement de son activité de trading sur
les devises cryptographiques,
comme le bitcoin.
Un « défi extrêmement
difficile »
Un report qui avait été un des éléments déclenchant la correction
généralisée compte tenu de
l’influence prêtée à la banque américaine sur les autres firmes de Wall
Street. Le marché perdait tout d’un
coup un de ses moteurs spéculatifs.
Or, Goldman Sachs continue bien de
travailler sur son projet de dérivés
sur les cryptos répondant à une
demande de ses clients. En revanche, elle n’a pas encore trouvé de
solution satisfaisante sur l’activité de
dépositaire. Conserver les bitcoins
de ses clients et leur assurer qu’ils ne
seront jamais dérobés ou perdus
constitue un « défi extrêmement difficile », a souligné Martin Chavez.
C’est une question centrale pour les
investisseurs et notamment institutionnels, et l’absence de dépositaire
est un des freins à leurs investissements, et donc une mauvaise nouvelle pour le marché des cryptos.
Un des autres freins est le manque de produits liquides et sûrs disponible à Wall Street. Or, la Securities and Exchange Commission
(SEC), le gendarme des marchés
américains, n’est pas prête à autoriser le lancement des ETF sur le bitcoin, des fonds cotés en Bourse qui
suivraient l’évolution du bitcoin. Ils
permettraient aux millions d’investisseurs américains de spéculer sur
son cours sans les tracas et risques
(vols, fraudes, faillites à répétition)
d’avoir à traiter directement sur les
Bourses du bitcoin disséminées sur
toute la planète. Le refus de la SEC a
des raisons fondamentales comme
En panne, le marché cherche des raisons de rebondir depuis plusieurs
mois et a été déçu. La chute du marché sous l’effet de la « fake news » de
Goldman Sachs illustre sa fébrilité
après plusieurs mois de plongeon et
de doutes. Des corrections amplifiées par la faible liquidité sur les
marchés des cryptos. Elle n’a pas
profité de la hausse des volumes de
transactions. Un marché liquide est
un marché où les cours varient peu
quand un intervenant achète ou
vend de grandes quantités. Sur les
cryptos, cette liquidité n’est globalement assurée par aucun teneur de
marché, des institutions comme les
banques ou traders haute fréquence
(THF) qui s’engagent à acheter ou
vendre des cryptos dans toutes les
conditions de marché.
Les banques sont restées en retrait
du marché pour des questions réglementaires et de risques et les THF
sont dans une logique de spéculation
et consomment cette liquidité.
Quand les cours chutent, ils seront
les plus rapides à vendre, et se retireront du marché. Plus un actif est illiquide, plus ses mouvements de correction sont rapides et prononcés, et
plus il est facile de le manipuler avec
des montants faibles. n
L’indice CAC 40 a progressé de
8,38 points à 5.252,22 points
dans un volume d’échanges
moyen de 3,6 milliards d’euros.
La veille, il avait fini en légère
baisse de 0,31 %, à son plus bas
niveau en clôture depuis avril.
Dans le reste de l’Europe, la
Bourse de Francfort a clôturé
sur une note stable (+0,04 %)
alors que Londres a terminé sur
une progression de 0,56 %. Le
marché français a profité de la
bonne orientation de Wall
Street en début de séance après
de nouveaux bons chiffres de
créations d’emploi aux EtatsUnis au mois d’août. Les marchés américains ont toutefois
clôturé dans le rouge après des
informations de presse selon
lesquelles Donald Trump envisagerait d’imposer de nouveaux tarifs douaniers à la
Chine, à hauteur de 267 milliards de dollars.
Du côté des valeurs françaises, Sodexo a cédé 2,36 % à
86,16 euros. Les marchés
s’interrogent sur la capacité du
groupe à multiplier par deux la
croissance interne de son chiffre d’affaires « d’ici à l’exercice
2019-2020 ». Altran chutait de
5,77 %, à 8 euros. Le titre a été
pénalisé par l’abaissement de
sa recommandation par Invest
Securities. A l’inverse, Safran a
profité (+1,16 % à 117,40 euros)
d’un relèvement de sa recommandation par Deutsche Bank.
S ave n c i a perdait 1,10 % à
71,60 euros, pénalisé par un
bénéfice net divisé par deux au
premier semestre 2018 et la prévision d’une seconde partie de
l’année caractérisée par la volatilité des prix du lait.
L’OPÉRATION DU JOUR
Temasek investit dans
les infrastructures indiennes
Temasek, un des deux fonds
•souverains
de Singapour avec
Government of Singapore
Investment Corporation GIC,
va investir 400 millions de dollars dans le fonds d’infrastructures India National Investment and infrastructure Fund
(NIIF), dédié aux infrastructures indiennes. Temasek rejoint
d’autres grands investisseurs
institutionnels et notamment le
principal fonds souverain
d’Abu Dabi, ADIA (Abu Dhabi
Investment Authority). Ce dernier s’était engagé à investir jusqu’à 1 milliard de dollars dans le
NIIF en 2017. Les fonds souverains ont investi 6 milliards de
dollars dans les infrastructures
(non cotées en Bourse) mondiales en 2017 à l’occasion de treize
opérations significatives.
Compte tenu de ses immenses
besoins, l’Inde est un marché
prometteur. Tous secteurs confondus, les fonds souverains
ont investi 2,9 milliards de dollars en Inde en 2017 (42 investissements) et contre 1,7 milliard
l’année précédente (33 opérations) selon l’International
Forum of Sovereign Wealth
Funds.
Deutsche Bank :
le chinois HNA veut
sortir du capital
BANQUE
Principal actionnaire de la première
banque allemande,
le conglomérat
HNA envisage
de revendre
sa participation.
Etienne Goetz
@etiennegoetz
Pas de répit pour la première
banque allemande. L’un des
principaux actionnaires de
Deutsche Bank, le chinois
HNA, a l’intention de revendre
sa participation au capital de la
banque allemande ont rapporté plusieurs médias vendredi, dernier confirmant une
information de l’agence Dow
Jones.
Selon des données Reuters,
HNA détient 7,64 % de Deutsche Bank, ce qui en fait le premier actionnaire de la banque
allemande, même si le groupe
chinois, en proie à des difficultés financières, a contrôlé jusqu’à 9,9 % du capital de la banque allemande. En Bourse, le
titre de la banque a clôturé en
baisse de près de 1,5 % en fin de
semaine dernière, après avoir
cédé jusqu’à 2,17 % en séance.
Répondre aux exigences
des autorités chinoises
Deutsche Bank et HNA ont
refusé de faire un commentaire.
H NA e n t e n d a u j o u r d ’ h u i
réduire ses investissements
étrangers afin d’alléger son bilan
et répondre aux exigences des
autorités chinoises. Alors que la
guerre commerciale avec les
Etats-Unis menace de monter
en puissance, Pékin s’inquiète
du niveau d’endettement du
conglomérat. Au total, HNA
avait pris des participations
pour 40 milliards de dollars
dans des sociétés étrangères,
comme Ingram Micro ou Swissport International. Le groupe a
été secoué par la mort accidentelle de son cofondateur, Wang
Jian, lors d’un voyage d’affaires
en France en juillet dernier. n
7,64%
PARTICIPATION DE HNA
dans le capital
de Deutsche Bank.
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32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
séAncE du 07 - 09 - 2018
CaC 40 : 5252,22 (0,16 %) neXt 20 : 12105,96 (0,57 %)
CaC larGe 60 : 5855,46 (0,21 %)
CaC all-tradaBle : 4152,69 (0,18 %)
Date De ProroGation : 25 sePtemBre
euronext
srD suite
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ost
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a
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vol.
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105,75
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447,2
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62,68
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199,5
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100,35
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% mois
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- 3,41
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1,78
- 16,19
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ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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a
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30/05/18 2,2
a
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a
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18/06/18 0,05
tecHniPFmc (fti) R
a
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a
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a
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srD
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+ haut
+ bas
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% mois
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+ 0,97
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- 4,92
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0,75
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100,8
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+ 36,65
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3,68
+ 1,56
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4,15
- 8,98
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+ 12,91
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24,87
20,26
2,06
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
aB science (ab) g
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
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4,242
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4,28
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B 7,02
7,02
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c 0,604
0,62
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0,62
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c 7,49
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10128
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fr0000076655
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16,88
6044
17,16
fr0011184241
6.916.753
16,88
aéroPorts De Paris (aDp) !
a 190,1
189,7
51245
190,3
fr0010340141
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188,7
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a 8,23
8,314
3554490
8,404
fr0000031122
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12744
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fr0004180537
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aKWel (aKW) g
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12325
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alD (alD)
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46168
15,7
fr0013258662
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alPes (cie Des ) (cDa) g
B 29
28,6
3100
29
fr0000053324
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28,55
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a 38,93
38,54
946552
38,93
fr0010220475
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altarea (alta) g
a 198,6
198,6
4152
199
fr0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
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alten (ate) !
a 87,3
86,9
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87,3
fr0000071946
25/06/18 1 33.828.497
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8
4531620
8,48
fr0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
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amPlituDe surG. (ampli) g
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a 62,26
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B 12,65
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13,7
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a
/240818
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aBc arBitraGe (abca) g
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A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. ! : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
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ost
isin / Date Détach. coupon / Div
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bpa
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37,88
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396
1,13
1,135
1,13
0,16
0,162
0,157
146,8
147,5
146,3
50,36
50,36
50,2
22,84
22,9
22,58
2,17
2,34
2,17
1,446
1,5
1,41
- 2,65 + 61,43
- 8,45
1,223
+ 76,17
0,491
- 0,61 + 1,84
- 3,02 21,62
+ 4,14
18,41
- 0,99 - 10,37
+ 0,25 10,76
- 3,27
7,5
- 0,24 - 6,34
- 2,63 192
- 4,49 167,4
+ 0,85 + 19,35
- 2,46 1729
+ 21,93 1267
- 0,04 + 44,99
+ 1,46 141
+ 52,48 87,52
+ 2,49 - 9,58
+23,55 47,38
- 47,87 28,54
- 0,91 - 49,76
- 9,97
9,18
- 44,46
4,452
+ 2,96 + 48,83
+ 3,34 111,8
+ 42,86 72,5
+ 0,05 + 6,41
+ 0,05 42,8
- 16,91 28,3
- 1,27 - 0,8
- 8,55 10
+ 15,89
5,8
+ 1,26 + 39,83
- 4,44 35,95
+ 49,57 23,74
+ 2,01 + 39,16
+ 8,7
14,5
+ 45,95
9,832
+ 0,02 + 6,57
+1
101,7
+ 12,35 87
- 0,64 - 33,23
- 4,43
5,49
- 38,48
3,1
+ 0,91 - 22,9
- 5,41
19,71
- 41,95
11,59
+ 0,65 - 13,1
+ 0,65 23,94
- 0,07 17,94
- 5,04 - 19,14
-10,32
5,92
- 17,59
3,49
- 2,4 - 32,09
-21,21 167,2
+ 13,75 67,2
- 0,29 - 52,7
- 6,67 19,57
- 66,28
8,61
- 1,27 - 7,85
+ 2,02 48
- 13,94 34,8
- 0,62 - 12,45
- 1,23 82,286
- 3,26 63,5
- 2,52 - 11,71
- 5,21
3,61
- 14,64
3
+ 0,69 - 7,88
+ 2,14 545,5
- 4,07 382,2
+ 0,41 - 28
-13,23
11,78
- 42,05
7,17
+ 1,48 + 2,38
- 3,47 12,49
+ 8,18
10,11
+ 1,59 + 5,83
- 0,63 21,23
- 13,18
15,275
- 1,42 - 16,03
- 7,68 125,5
- 8,97 87,8
+ 1,33 - 20,65
- 7,88 76,98
+ 0,72 50
+ 0,36 + 9,87
- 3,5
117,6
+ 17,55 94,5
+ 0,14 - 22,82
+ 8,48 19,5
- 17,53 13,14
- 0,95 - 15,41
- 3,02 1090
- 7,44 786
- 0,76 - 29
- 9,32 106,6
- 4,51 70,05
- 0,76 - 8,81
- 1,51 29,9
- 3,23 25,3
+ 0,28 - 4,95
+ 1,18 97,3
+ 8,19 84,6
- 0,33 + 10,24
+ 3,08 63,4
+ 7,31 54,4
+ 0,51 - 18,77
- 9,55 565
- 28,67 396
+ 1,91
-13,98
- 5,88
- 0,07
- 1,34
+ 10,25
+ 0,12
+ 1,1
+ 27,01
+ 0,09
- 6,78
- 9,65
- 1,81
- 3,56
- 56,51
- 3,6
-14,13
- 16,9
1,14
1,125
+ 77,78
0,32
0,09
- 4,61
161,9
137,3
+ 1,74
50,38
49,1
- 4,52
28,28
22
- 64,89
7,68
2,09
- 12,89
2,08
1,41
4,28
4,26
4,82
0,99
0,45
3,06
0,81
0,83
22,58
1,83
1,03
2,06
3,16
1,85
3,42
1,95
4,85
0,51
2,06
2,73
5,93
1,62
2,13
1,82
0,12
1,76
4,21
11,95
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
clot
ost
vol.
+ haut
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
+ bas
Gl eVents (Glo) g
B 23,7
23,45
4952
23,7
fr0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
23,15
GrouPe crit (cen) g
B 68,8
69,5
2077
69,5
fr0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
68,2
GrouPe Flo (flo) g
c 0,26
0,255
eX D s 13/06/17
13910
0,26
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,255
GrouPe GorGé (Goe) g
B 13,48
13,7
3393
13,88
fr0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
13,48
GrouPe lDlc (lDl) g
c 16,2
16,1
nom.
7423
16,2
fr0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
16,1
GrouPe PartoucHe (parp)
24,9
25
reGr.
200
25
fr0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
24,3
Gtt (Gtt) !g
a 56,4
56,6
36734
56,85
fr0011726835
29/05/18 1,33 37.028.800
55,8
Haulotte GrouP (piG)
B 12
12,02
15384
12,08
fr0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
11,9
HiGH co (hco) g
c 5,66
5,64
13258
5,75
fr0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,62
HuBWoo (hbW) g
c
/050918
fr0004052561
icaDe (icaD) !
136.345.527
a 82,55
81,95
50670
82,6
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.531.428
81,6
iD loGistic (iDl) g
B 153,2
154
1838
154,8
fr0010929125
5.628.475
152,8
iliaD (ilD) !
a 105,05
107,3
520392
113,55
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
104,1
imerYs (nK) !
a 60,3
59,7
120758
60,55
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
59,55
inGenico GrouP (inG) LR
a 58,28
58,66
335365
58,76
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
57,86
innate PHarma (iph) g
B 4,526
4,548
69755
4,55
fr0010331421
57.600.100
4,51
insiDe secure (insD)
c 2,59
2,595
46055
2,6
fr0010291245
44.119.162
2,585
inter ParFums (itp) g
B 39,5
39,4
35964
39,7
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
38,8
iPsen (ipn) !
a 147,55
151,15
65360
151,15
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
147,25
iPsos (ips) !
a 26,4
25,9
28974
26,4
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
25,82
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 23,1
22,6
25576
23,6
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
22,6
JcDecauX (Dec) !
a 29,42
29,16
156682
29,42
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
28,74
KauFman & BroaD (Kof)
B 43,32
43,5
12432
43,82
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
43,32
KlePierre (li) LR
a 30,26
30,49
666281
30,56
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
30,2
Korian (Kori)
a 28,92
28,86
71704
29,04
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
28,72
laFarGeHolcim (lhn) L
a 40,12
40,13
85581
40,15
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
39,65
laGarDère (mmb) !
a 25
25,09
180279
25,15
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
24,95
latecoere (lat) g
c 4,04
3,92
95026
4,04
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,86
le Bélier (beli) g
c 43,25
43
1550
43,25
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
43
lna santé (lna) g
B 56,5
56,4
4819
57,2
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
56
lectra (lss)
B 22,1
21,9
5206
22,15
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
21,8
lineData sVices (lin) g
B 33,8
33,5
812
33,85
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
33,35
lisi (fii) g
a 34,6
34,05
18737
34,65
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
33,1
lumiBirD (lbirD) g
c 16,62
15,78
42023
16,72
fr0000038242
15.884.557
15,4
m6-métroPole tV (mmt) !
a 17
17,07
46204
17,07
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
16,93
maisons Du monDe (mDm)
B 24,32
23,94
135216
24,84
fr0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
23,76
maisons France conF. (mfc) g B 44
43,95
2528
44
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
42,5
manitou (mtu) g
B 30,95
29,7
10722
31
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.617.974
29,6
marie BrizarD W & s (mbWs)
B 5,52
5,58
106406
5,65
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
5,47
mauna Kea (mKea)
c 2,96
2,995
54732
2,995
fr0010609263
23.147.338
2,91
mercialYs (merY) g
a 13,95
13,91
88380
13,95
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,82
mersen (mrn) g
B 32,25
32,05
18812
32,4
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
31,85
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2
1,98
35035
2
fr0004177046
23.261.500
1,966
nanoBiotiX (nano) g
B 16,9
17,55
114439
17,69
fr0011341205
19.633.373
16,85
natiXis (Kn) LR
a 5,812
5,732
4084669
5,816
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,682
natureX (nrX) g
B 134,6
131,4
390
134,6
fr0000054694
03/07/14 0,1 9.568.951
131,4
netGem (ntG) g
c 1,825
1,83
4837
1,83
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,815
neXans (neX) !
a 25,75
25,21
294619
25,8
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
24,71
neXitY (nXi) !
a 49,54
49,54
90557
49,66
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
48,72
nicoX (coX)
B 7,91
7,755
26577
7,91
fr0013018124
22.869.669
7,755
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,68
8,68
11368
8,9
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,68
oeneo (sbt) g
B 10,52
10,66
12870
10,7
fr0000052680
31/07/18 0,15 63.180.843
10,52
onXeo (onXeo) g
B 1,104
1,081
85175
1,104
fr0010095596
50.914.722
1,081
orPéa (orp) !
a 114
113,85
102769
114,25
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
112,95
Parrot (parro) g
B 4,56
4,53
55073
4,74
fr0004038263
30.174.671
4,53
PHarmaGest int. (pha)
57,7
58,2
4872
58,8
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
57,5
Pierre & Vacances (vac) g
B 30,1
29,35
7436
30,1
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
29,05
PiXium Vision (piX) g
c 1,748
1,76
68322
1,81
fr0011950641
20.813.963
1,734
Plastic omnium (pom) !
a 32,18
31,95
238723
32,3
fr0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
31,58
PlastiValoire (pvl)
B 13,26
13,28
DiV 8 02/05/17
10849
13,48
fr0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
13,18
PsB inDust. (psb)
c 51,2
50,6
2940
51,4
fr0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
50,4
rallYe (ral)
a 8,96
8,995
95360
9,09
fr0000060618
30/05/18 1 54.999.135
8,85
recYleX sa (rX)
c 7,04
7,015
80533
7,04
fr0000120388
04/07/90 0,61 25.741.482
6,755
rémY cointreau (rco) !
a 116,2
115,7
71304
116,8
fr0000130395
31/07/18 1,65 50.223.800
115,4
reXel (rXl) !
a 13,455
13,065
1434334
13,49
fr0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
12,9
roBertet sa (cbe)
B
/060918
c.i.P.
fr0000045601
28/06/18 5,2 143.582
roBertet sa (cbr)
B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 34,6
34,15
39328
34,85
fr0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
33,8
ruBis (rui)
a 51,1
51,4
DiV 2 28/07/17
104788
51,6
fr0013269123
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51,05
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Autres Valeurs de la Zone euro
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nl0000400653
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General electric (Gne)
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4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
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c
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c
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b
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c
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c
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cafom
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c
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cbo territoriag
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c
4,99
cegedimg
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c
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c
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cnimg
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145
145
145
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c
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1
fin. moncey
a5700 5700 5700
5700
- 2,56
1
finatis
b 45,2 45,2
45,2
45,2
10
fleury michon
b 53,4 54,8
52,4
53,6
2174
foncière 7 inv.
c 1,9
1,9
1,9
1,9 + 5,56
27
foncière atland
c 115
116
115
116 + 3,57
101
foncière euris
b 30
30
30
30
+ 0,67
519
foncière inea
b 40
40
39,9
40
11
0,04 - 0,97 310000
foncière paris nord c 0,041 0,041 0,041
foncière r-paris
c
34,97
foncière volta
c
4,1
française energie c 14,45 14,6
14,35
14,5 + 0,35
7648
frey
b 28,4 28,4
28,4
28,4 - 0,7
8
fsdv
c
49
galimmo
c 24,4 24,4
24,4
24,4
1
gaumont
b 136,5 138
136
137,5 + 0,73
348
gea
c 96,2 96,2
96,2
96,2 + 0,21
1
generixg
c 3,64 3,64
3,61
3,63 - 0,28
2117
genomic visiong
0,845 0,848 0,81
0,825 - 0,72 146355
gérard perrier
c 59
59
58
58
- 1,7
304
gfi informatiqueg b 8,08 8,12
8,08
8,08
5951
graines voltZ
c 41
41
41
41
12
groupe ird
c 25,8
25,8
25,8
25,8 + 0,78
1
groupe jaj
c
1,9
groupe openg
c 29,95 29,95 28,6
29,05 - 0,51
18430
groupe piZZorno
c 20,7
20,8
20,7
20,8
301
groupe sfpig
c 3,16
3,16
3,16
3,16
11
guerbetg
b 54,8 55,7
54,4
55,7 + 1,64
1381
guillemot corp.g
c 4,68 4,68
4,52
4,56 - 2,56
14576
guy degrenne
c 0,193 0,196 0,193
0,196+ 1,55
25907
hf companyg
c 7,1
7,1
6,98
7,08 - 0,28
150
hipay group
c 13,7
13,9
13,65
13,9 + 1,46
515
hopscotch groupeg c 7,52
7,52
7,5
7,5 - 0,27
62
idi
b 43,5 43,8
43
43,6
1164
ige + xaog
c 138
138
138
138
1
immo. dassault
b 52,8 53
52,8
53
2
immo. hôtelière
c
1,04
ind. fin. ent.
c 63
63
63
63
136
infotelg
c 49,5 49,65 49,45
49,65 + 0,3
2000
innelec mult.g
c 5,04 5,04
4,92
5 + 0,6
3999
installux sa
c380 380
380
380
- 0,52
5
intexa
c
2,32
inventiva
b 8,42 8,5
8,36
8,5 + 1,19
2514
it linkg
c 7,38
7,38
7,1
7,1 - 3,79
251
itesoftg
c 3,88 3,88
3,82
3,82 - 1,55
866
its groupg
c 7,34
7,34
7,2
7,34
561
jacques bogart
c 6,14
6,28
6,14
6,24 - 0,95
3972
keyrusg
c 6,18
6,18
6,04
6,14 - 0,33
4407
la foncièreverte c
57
lacroix sa
c 25,8 26,1
25,6
25,8
377
23
lafuma
c
lanson-bcc
b 31,4
31,4
31
31
- 0,64
501
laurent-perrier
b 111,5 111,5 105
107,5 - 0,46
417
le tanneurg
c
1,99
lebon
c130
130
128,5
130
+ 1,17
214
les hôtels de paris c 2,04 2,04
2,04
2,04 + 0,99
265
les nx constr.
b 48,2 49,1
47,8
48,9 + 3,17
164
lexibookg
c 0,994 1
0,98
0,996+ 3,32
8223
locindus
b 24,9 25
24,9
25
34
malteries fr-b
c
530
manutan inter.g
b 75
75,6
74,8
75
211
maurel & prom!
a 5,55
5,64
5,35
5,46 - 2,15
158763
mcphy energyg
5,96 5,96
5,87
5,92 - 0,17
14322
actions
françaises
EuronExT hors srd suite
isin
fr0000061244
fr0000052623
fr0000064404
fr0010298620
fr0000077570
fr0011584549
fr0000064180
fr0004034320
fr0000060196
fr0000037970
fr0011341205
fr0013018041
fr0000120560
fr0004050250
fr0012789386
fr0010298901
fr0010428771
fr0000075392
fr0013190410
fr0010609206
fr0013318813
fr0010263202
fr0000038465
fr0011027135
fr0000053514
fr0000066441
fr0012432516
fr0000060832
fr0004044600
fr0012613610
fr0010380626
fr0010211615
fr0000044471
fr0000075954
fr0000039091
fr0013344173
fr0000060071
fr0000060121
fr0006239109
fr0000039109
fr0004175842
fr0011950682
fr0000060790
fr0000074122
fr0013214145
fr0004016699
fr0010209809
fr0000072563
fr0000078321
fr0000038804
fr0000075517
fr0000065864
valeur
ouv
+ht
mecelec
c
medasysg
c 0,374 0,374
média 6
c 14,5
14,5
memscapg
c 2,12
2,12
micropoleg
c 1,33
1,355
mndg
2,28 2,335
moul. strasbourg c
mr bricolage sa
b 10,8
10,9
mrm
c 1,5
1,5
musée grévin
c
nanobiotixg
b 16,9
17,69
navya
b 6,603 6,61
neopost!
a 22,22 22,26
neuronesg
b 22,8
23,3
nextstage
c 99,5 102
officiis propertiesg c 1,52
1,52
ol groupeg
c 2,88 2,88
orapig
c 8,48 8,48
orchestra-pre.
c 1,645 1,655
orege
3,35
3,44
paragon id
c 31
31
c
parefg
passat
c 4,03 4,03
patrimoine & com
b 18,8
18,8
pcas g
c
poujoulat
c 34,6 34,6
poxelg
c 6,75
6,82
precia g
c
prismaflexg
c 19,4
19,45
prodways group
b 4,195 4,195
prologueg
c 0,61
0,632
quotium tech.
c
ramsay gds
b 19,2
19,7
riberg
c 3,115 3,115
robertet sa
b 510
510
roche bobois
b 21,4
21,4
s.a.m.s.e.
b 161
163
sabeton
c
c 6,9
7,1
scbsmg
séché env.g
b 26,6
27,2
selectirente
c 70
70
sergeferrari group c 8,98 8,98
signaux girod
c 28,4 28,4
sii
c 26,2 26,3
smcp
a 23,87 24,17
smtpcg
b 20,1
20,55
soc. fr. casinos
c
sodifrance
c
soditech ing.
c
sofibus
c 187
187
soft computingg c 15,1
15,4
sogeclairg
c 35,7
35,8
+bs
clôt
écart vol
1,63 - 1,39
0,37 - 1,07
3400
14,5
1
2,11 - 0,47
14422
1,335- 0,74
168811
2,1 - 8,3
187123
0,37
14,5
2,06
1,29
2,06
645
10,75
1,5
10,8 + 0,94
1,5 + 3,45
16,85
6,461
21,88
22,5
99,5
1,48
2,83
8,4
1,6
3,35
30,75
17,55 + 3,72
6,461 - 0,45
21,96 - 1,35
22,8 - 2,56
101
+ 1,51
1,49 - 1,97
2,85 - 1,04
8,4 - 0,94
1,615 - 1,52
3,42 + 2,09
30,75 - 0,81
4
18,5
4
- 0,5
18,8
15,64 - 0,61
34,6
6,67 - 0,6
388
2
76,5
114439
12945
37681
7222
141
12967
7977
615
30825
3039
60
84
34,6
6,65
4289
1226
1192
1
44854
210
18,9
4,1
0,605
18,9 - 3,08
4,14 - 0,72
0,605- 3,05
703
14383
108595
21
18,8
2,97
497
21,2
161
19,7 + 0,51
3,085+ 0,98
504
+ 1,82
21,2
163
+ 1,24
609
37789
90
745
50
25
6,9
26,4
70
8,98
27,4
25,8
23,555
19,98
7,1 + 2,16
26,9 + 1,13
70
8,98
28 + 0,36
26,2 - 0,38
24,07 + 0,92
19,98 - 0,35
510
1059
124
26
4958
4235
82241
4452
2
19,1
0,84
187
15,1
35,1
2
291
186
187
15,4 + 1,99
35,1 - 1,68
isin
fr0000131732
fr0000063307
fr0004529147
fr0004037182
fr0000066482
fr0000060949
fr0000064388
fr0000039240
fr0000036816
fr0010127662
fr0000054215
fr0000034548
fr0000074197
fr0000062465
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fr0000066680
fr0000050049
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fr0000065765
fr0004183960
fr0011995588
fr0004034072
fr0011471291
valeur
spir com.
tayninh
tessig
thermocompactg
tipiak
tivoly
tonna elect.
toupargel groupe
tour eiffel
txcellg
unibel
union fin. fr. bque g
utig
verneuil part.
vetoquinolg
videlio (ex:iec)
viel et cieg
viktoria investg
visiodentg
voluntis
voltalia
xilam animationg
ymagisg
ouv
+ht
c 2,95 2,99
c
b 178
178
c
c 82
82
c 35,6
35,6
c
3,62
c 3,62
b 47,7
47,9
2,425 2,44
a
b 28,6
28,6
c 0,65 0,65
c
b 53,4 54
c 1,65
1,65
c 5,32
5,32
c
c
c 11,898 11,898
b 9,8
9,8
c 42,2 42,55
5,1
5,1
+bs
2,95
us4567881085
ma0000011488
us58933y1055
us7427181091
lu0934195610
us9098831004
ch0008175645
ga0000121459
us91912e1055
bmg9887p1068
actions
françaises
EuronExT hors srd suite
clôt écart vol
2,99 + 1,36
640
1,36
176
- 1,4
158
- 1,21
167
45
3,62
47,7
2,43 + 0,21
1
1216
229490
176
35,5
82
35,6
82
35,6
3,62
47,2
2,42
aperam
beni stabili
celyad
cnova nv
dexia
euronext
mainstay medical
montea cva
nokiaR
rentabiliweb gpg
robeco nv
rolinco
a 37,1
37,23
0,74 0,74
c 24,6 24,72
a 4,18
4,18
c 4,5
4,5
a 54,5 54,65
14,6
15,9
49,9
51,8
a 4,66 4,66
c
38,7
38,7
40,78 40,78
c
15,2
12,8
59,5
71
12,85
60
71,2
12,65
59
70,2
12,85 - 0,77
60
+ 0,84
71,2 + 0,57
909
85
76
59,13
19,91
c
a142,5
48
142,5
140
142
9,95
c
- 1,05
- 4,85
1068
0,02
0,41
EuronExT groWTh (sélection)
isin
fr0010641449
fr0010397760
fr0012788065
fr0012816825
fr0011053636
fr0011648716
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fr0000035818
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fr0004153930
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fr0004155687
fr0004032746
fr0004171346
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fr0004197747
fr0013263878
fr0004155240
fr0004045847
850
28
0,65
28,6 + 0,7
0,65
53
1,65
5,32
53,4
1,65
5,32 - 1,48
11,8
9,45
41,75
4,48
11,8
9,5
41,85
4,52
6231
1
2
1105
1
941
4,74
2,06
- 0,84
- 3,06
- 0,59
- 13,74
56
12023
7673
29456
auTrEs valeurs de la Zone euro
lu0569974404
it0001389631
be0974260896
nl0010949392
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nl0000289817
infosys
maroc telecom
merck and co inc
procter & gamble
rorento cdh
rusal plc
televerbier
total gabon
vale sa
Zci limited
36,84
0,74
23,8
4,18
4,49
54,1
14,4
49,9
4,605
37,05 - 0,3
0,74
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51,6 + 4,24
4,652+ 0,09
1210
54031
197
36
98465
358
ouv
0,357
0,082
9,06
2,255
0,325
9,05
26
59,6
28,1
0,112
0,279
28,4
8,04
4,84
0,471
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+ht
0,357
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9,06
2,28
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9,09
26,2
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28,1
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+bs
0,337
0,08
9,06
2,22
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25,75
58,9
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clôt écart vol
0,34 - 5,03
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1857687
0,277+ 6,54 3628040
28,6 + 0,7
6999
8
- 0,25
401
4,86
3717
0,476+ 1,06
30154
0,25 - 2,34
34301
0,322+ 4,55
31367
0,314- 0,32 357244
0,915 - 2,66
22454
81
14,1
14,1
14,1
14,1
1,485 1,52
1,455
1,455
12,35 12,35
12,05
12,05 - 2,43
0,35 0,356 0,348
0,351+ 0,29
134,5 136
132
132
- 1,86
cErTiFicaT/Fonds
343151
38,7 - 0,57
40,78 - 0,66
11
8167
3964
49582
533
investir 10
i10gs - Fr0011630474
Fr0013284114
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
38,7
40,78
valeur
agrogeneration
auplata
biocorp
biophytis
blockchain group
carbio
carmat
esker
evolis
europlasma
gaussin
groupe guillin
groupe parot
hiolle industries
hybrigenics
implanet
mastrad
neovacs
nextedia
nsc groupe
piscines desjoyaux
theradiag
umanis
vergnet
voy. du monde
-0,14
-1,44
131.97
97.76
VaLEurs Zone internationale
ch0008853209
sn0008626971
cm0000035113
us1491231015
sn0000033192
gb0002374006
us5324571083
ci0000053161
ch0308403085
us4282911084
agta record
bras. ouest afr.
brass. cameroun
caterpillar inc.
cfoa
diageo
lilly and co
forestière eq.
geneurog
hexcel
b 70
c
b
70
70
7
70
350
97
+ 2,12
120
c
3,33
30,51
30,51
30,51
c
b 5,64
5,64
5,54
30,51 + 1,7
83
- 2,73
1
750
5,6
- 0,71
3729
52
Taux ET changEs
changEs : cours au comptant
cours
bce
var.
veille
en %
var.
année
en %
dollar us
1,1559
livre sterliNg
0,8941
FraNc suisse
1,1205
couroNNe daNoise
7,4571
couroNNe Norv.
9,7749
kuNa croate
7,4281
couroNNe suedoise
10,5058
dollar caNadieN
1,523
yeN JaPoNais
128,323
dollar australieN
1,6264
rouble russe
80,7431
rouPie iNdieNNe
83,199
dollar Neo-zelaNdais 1,7686
couroNNe tcheQue
25,6883
ForiNt hoNgrois
325,33
zloty PoloNais
4,3201
lev bulgare
1,9577
dollar hoNg-koNg
9,0721
WoN sud coreeN
1304
Peso MexicaiN
22,3034
real
4,6918
dollar siNgaPour
1,5938
raNd sud-aFricaiN
17,5871
livre turQue
7,3803
reNMibi yuaN
7,9283
ruPiah
17128,2161
Peso PhiliPPiN
62,2692
riNggit Malais
4,7984
bath thalaNdais
37,935
-0,57
-0,55
-0,15
0,01
-0,13
-0,05
-0,73
-0,33
-0,25
0,69
0,36
-0,51
0,28
-0,11
-0,22
-0,12
0,05
-0,56
-0,38
0,03
-0,57
-0,33
-1,27
-3,51
-0,20
-1,09
-1,33
-0,29
-0,51
-3,72
0,78
-4,21
0,13
-0,77
-0,06
6,97
0,90
-5,22
5,77
16,75
8,53
4,58
0,58
4,69
3,46
0,09
-3,30
1,81
-5,51
18,01
-0,75
18,35
62,04
1,58
5,32
3,74
-1,69
-2,96
07-09-2018
1 euro en devise
principaux taux directeurs
pays
taux de référence
taux en %
eur
eur
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy
cad
usd
1
1,1559
0,8941
1,1205
10,5058
7,4571
1,2832
1,523
gbp
0,8652
1,1184
1
1,2926
0,7736
1
0,9696
1,2533
9,0904 11,7488
6,4524
8,3401
1,1103 143,5135
1,3179
1,7036
Marché obligataire
Taux marchés monétaires et eurodevises
cours dE changEs croisés
07-09-2018
chf
sek
dkk
0,8925
1,0314
0,7979
1
9,3743
6,6545
114,53
1,3593
0,0952
0,11
0,0851
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1
0,7098
12,2151
0,145
0,1341
0,155
0,1199
0,1503
1,4088
1
0,1721
20,4264
jpy (100)
cad
0,7793
0,9006
0,6968
0,8731
0,0819
5,8114
1
1,187
0,6566
0,7588
0,587
0,7357
6,8965
4,8956
0,8425
1
07-09-2018
marchés monétaires
1 mois
3 mois
jour
6 mois
1 an
Zone euro-0,37/-0,67 -0,28/-0,58 -0,19/-0,49 -0,17/-0,47 -0,11/-0,41
ecarts de taux avec l’allemagne
07-09-2018
6 mois
allemagne 100,25
portugal
-0,25
france
-0,01
espagne
-0,05
italie
-0,36
2 ans
5 ans
7 ans
10 ans
-0,60
0,54
0,08
0,29
1,81
-0,25
0,94
0,12
0,52
2,26
-0,01
1,37
0,21
0,84
2,59
0,29
1,59
0,34
1,10
2,73
euromts
indice
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
251,84
170,56
234,22
283,88
333,35
342,58
233,03
var %
-0.26
-0.19
-0.05
-0.02
-0.22
-0.29
-0.06
31/12 var %
248,89 1.44
171,84 1.22
236,20 -0.79
284,90 -0.33
327,74 1.93
332,52 3.33
234,24 -0.46
cours a TErME de l’euro contre les principales devises
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1557
1,1560
0,8941
0,8942
1,1205
1,1206
10,5047
10,5069
7,4567
7,4574
128,3190
128,3270
1,5229
1,5231
-0,0109
-0,0110
-0,0065
-0,0068
-0,0053
-0,0058
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0,0015
0,0008
-0,8681
-0,8727
-0,0158
-0,0162
-0,0164
-0,0166
-0,0062
-0,0087
-0,0046
-0,0050
-0,0770
-0,0812
0,0045
0,0021
-0,9144
-0,9226
-0,0216
-0,0219
-0,0258
-0,0260
-0,0113
-0,0117
-0,0033
-0,0039
-0,0752
-0,0815
0,0076
0,0051
-0,9428
-0,9588
-0,0314
-0,0318
-0,0453
-0,0455
-0,0176
-0,0182
-0,0012
-0,0017
-0,0831
-0,0929
0,0131
0,0092
-1,0136
-1,0437
-0,0521
-0,0530
07-09-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base
0.75 %
usa
taux jour le jour
1.86 %
fOnDs feDeraux
2.00 %
2 ans
2.68 %
10 ans
2.91 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.07 %
Taux bons du trésor
btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,57
-0,55
-0,59
-0,61
-0,55
-0,41
0,07
0,72
indicEs de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
août 18
tmm
euribor
1 mois
3 mois
-0,3279
-0,3398
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-0,3511
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-0,359
-0,3561
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-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
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-0,3636
-0,359
-0,369
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-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,294
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
source cdc ixis
tme
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
the
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
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0,77
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0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
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0,97
0,97
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0,82
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0
0
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0
0
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02-08
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20-08
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0,80
0,80
0,80
0,80
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0,75
0,75
0,75
0,75
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0,70
0,70
0,70
0,70
0,71
0,71
0,71
0,71
0,71
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,75
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0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
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0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
-0,358
-0,358
-0,355
-0,355
-0,361
-0,356
-0,357
-0,357
-0,357
-0,357
-0,359
-0,362
-0,36
-0,36
-0,361
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,37
-0,37
-0,368
-0,369
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,37
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
0,75
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,65
0,65
0,66
0,66
0,65
0,64
0,64
0,63
0,65
0,66
0,66
0,68
0,68
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thor.
pub.
priv.
0,93
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
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0,95
0,95
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0,90
0,90
0,90
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0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
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0,93
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
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0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
MaTièrEs prEMièrEs
MéTaux préciEux
MéTaux non FErrEux
MéTaux sTraTégiQuEs
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
07/09
06/09
COURS PriMe Prec.
lingot
32830
0
33490
10 florins
205
3,21
208
5 dollars*
287
16,25
287
10 dollars
551
11,59
576
20 dollars
1130
14,39
1130
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1250
1,53
1269
latine
195
2,3
195
napoleon
193,9
1,73
195,9
1/2 napoleon* 102
7,02
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souverain eli i* 260
8,19
260
souverain
252,5
5,07
248,9
1/2 souverain* 128,8
7,19
128,8
suisse
190
-0,32
193,7
tunisienne*
200
4,93
195
mark*
252
7,21
252
krugerrand
1097,5
7,48
1097,5
lingotin 500grs 16800
2,35
17190
lingotin 250grs 8600
4,78
8600
lingotin 100grs 3360
2,35
3360
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
470,69
473,39
cuivre (girm):
LondrEs
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
27 041
27 163
Fix2
27 288
27 002
cathodes : 5248 a coMPter du 07/09/
autres demi produits cuivreux :
602,64 dePuis le 07/09
base cuivre
base laMiNé laitoN 1 titre 505,82 dePuis le 07/09
514,62 dePuis le 07/09
base laMiNé laitoN 70/30
base laMiNé laitoN 85/15
558,63 dePuis le 07/09
base laMiNé broNze 94/6
689,83 dePuis le 07/09
base laMiNé broNze 94/4
660,76 dePuis le 07/09
London METaL ExchangE
07/09
06/09
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2030-2030,5
2062-2062,5
1062700
cash
3 Mois
stocks
London BuLLion MarKET
07/09
06/09
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 411
1 408
etain (en $ par tonne)
1 205
palladium (eN dollars Par oNce troy)
982
978
platine (eN dollars Par oNce troy)
776
790
settleMeNt
settleMeNt
07/09
sePt. 18
14,11
déc. 18
14,19
JaNv. 19
14,18
Mars 19
14,29
Mai 19
14,38
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
06/09
14,09
14,18
14,27
14,29
14,41
settleMeNt
07/09
778,4
781,3
787,8
791,6
798,6
06/09
1205,3
1216,5
1221,4
1228,4
1239,2
settleMeNt
06/09
791,6
794,9
800
809
808,6
5939-5940
5950-5955
254350
18850-18875
18800-18825
2860
cash
3 Mois
vol.
12485-12490
12575-12580
236706
éLEcTriciTé
5849,5-5850
5865-5870
262100
18915-18925
18850-18875
2915
12410-12415
12490-12500
237030
plomb (en $ par tonne)
2065-2067
2078-2080
121500
2043-2044
2060-2061
121625
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2469,5-2470,5
2456,5-2457
235650
2436-2436,5
2426,5-2427
236900
nEW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
07/09
2,6
2,6
2,62
2,62
06/09
2,62
2,62
2,63
2,64
vol
393
150
42
86917
KuaLa LuMpur
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
07/09
18810
06/09
18800
06/09
antimoine 99,65% (par tonne)
8400
8400
bismuth 99,99% (par lb)
4,55
4,55
cadmium 99,95% (par lb)
1,25
1,25
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
33,25
33,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
29,25
29,25
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
14
14
silicium (par tonne)
2000
2000
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
07/09
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
settleMeNt
07/09
déc. 18
1201
avr. 19
1211,9
JuiN 19
1218,1
aout 19
1224,7
déc. 19
1235,8
platine (eN dollars Par oNce)
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
cash
3 Mois
vol.
cash
3 Mois
vol.
nEW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
2045,5-2046
2076-2077
1064450
cuivre (en $ par tonne)
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
21 903
21 830
Fix2
21 563
21 811
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 199
1530-1540
1550-1560
13500
1530-1540
1575-1595
13600
07/09
vol
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
clôture
06/09
40,69
46,28
clôture
clôture
07/09
73,24
73,5
80,94
80,86
06/09
73,24
73,5
80,94
80,86
vol
364004
192492
vol
produiTs péTroLiErs
sucrE
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
651
london daily price:
442
417
442
417
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
89,25
89,7
488
456
89,25
89,7
488,5
456,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
aout 19
clôture
clôture
07/09
66,23
65,65
65,75
64,93
66,43
06/09
66,35
66,13
65,88
65,6
65,33
clôture
clôture
06/09
2,78
2,79
2,89
vol
clôture
vol
4
07/09
oct 2018 27,88
Nov 2018 27,75
dec 2018 27,94
06/09
10,77
11,55
11,69
11,82
12,11
clôture
07/09
06/09
sePt. 18
1600
1603
déc. 18
1643
1652
Mars 19 1653
1667
Mai 19
1659
1674
Juil. 19
1664
1680
new york (eN $ Par toNNe)
1146
11549
8565
2707
2210
settleMeNt settleMeNt
06/09
81,97
81,28
81,7
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
07/09
2218
2259
2276
2284
2299
06/09
2300
2281
2300
2311
2323
vol
300
20857
9382
1958
185
clôture
vol
07/09
06/09
sePt. 18
1540
1537
26
Nov. 18
1490
1494
5929
JaNv. 19 1493
1494
4614
Mars 19 1505
1507
1772
Mai 19
1523
1522
256
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
15970
2176
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
sePt. 19
07/09
97,75
102,2
105,55
112,7
06/09
99,05
102,15
105,4
112,55
vol
14539
3639
582
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
07/09
435,7
397,5
392,8
06/09
435,7
397,4
392,8
settleMeNt settleMeNt
vol
510
75439
18044
settleMeNt settleMeNt
vol
07/09
06/09
sePt. 18
10,6
10,8
Nov. 18
10,86
10,89
JaNv. 19 11
11
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
vol
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
07/09
06/09
112,45
115,7
63
1
settleMeNt settleMeNt
vol
137
4
settleMeNt settleMeNt
vol
07/09
174
171,75
175,75
260
06/09
175,35
0
0
veau vivaNt - bresil - brl :
150.7
le 05/09//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.089
le 06/09//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.51775
le 06/09//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.54975
le 06/09//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
le 02/03//17
indicEs
rJ crb
jus d’orangE
Bois
872
259
173
BETaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
vol
07/09
06/09
sePt. 18
352
353,25
déc. 18
366
366,5
Mars 19 377,75
378,25
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
vol
new york (cont. n°2 - cents par lb)
sePt. 18
Nov. 18
JaNv. 19
vol
3
194
settleMeNt settleMeNt
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
coTon
07/09
78,49
81,96
82,37
clôture
vol
07/09
06/09
Nov. 18
177,5
180
JaNv. 19 181
182,5
Mars 19 184
184,5
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
caFé
iNdice cotlook a : 91,55, le 07/09//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
51751
38259
8868
5816
2080
settleMeNt settleMeNt
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 98.82
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
06/09
27,46
27,6
27,72
settleMeNt settleMeNt
3
07/09
10,97
11,74
11,89
12
12,27
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
vol
07/09
06/09
sePt. 18
525
486
déc. 18
509,5
513,75
Mars 19 529,38
535
mais à paris (eN euros Par toNNe)
vol
06/09
27,07
settleMeNt settleMeNt
vol
vol
settleMeNt settleMeNt
07/09
06/09
sePt. 18
185
203
1033
déc. 18
197,5
198,25
26915
Mars 19 199,75
200,5
10870
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
07/09
06/09
sePt. 18
240
247,5
déc. 18
247,75
247
Mars 19 252
251,25
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
powernext gas futures
07/09
06/09
Nov. 18
674,75
677,25
50463
Fév. 19
667,75
669,75
3956
Mars 19 666,5
668
6094
avr. 19
665
666,25
2459
Mai 19
664
665
2104
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
settleMeNt settleMeNt
07/09
2,77
2,79
2,88
clôture
vol
clôture
nymex ( eN $ Par Mbtu)
07/09
Nord da 27,52
07/09
06/09
Jour
76,18
76,5
Nov. 18
76,18
76,5
152940
JaNv. 19 75,51
75,83
39348
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
vol
06/09
26,6
26,75
26,9
gaz naTurEL
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
vol
6577
8780
2764
372
114
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 05/09/
Prix indicatif : 2233,09
londres (eN £ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
cacao
uranium nymex (en $ par lb)
07/09
26,6
26,75
26,9
clôture
07/09
06/09
oct. 18
329,6
329,5
déc. 18
331,9
329,2
Mars 19 332,6
328
Mai 19
335,3
330,8
aout 19 338
333,6
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uraniuM
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
clôture
06/09
20,5
powernext gas spot
produiTs péTroLiErs
clôture
clôture
07/09
20,5
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
londres (eN dollars Par toNNe)
656
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
sPot
céréaLEs
11,35 cts/lb
vol
07/09
06/09
195
195,22
reuters coM. 2297,94
2297,94
Moodys coM. 5558,38
5558,38
or iNdustriel 33414
112.45
lMex
2870,6
33559
2868
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHÉS
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
marketing@mirabaud-am.com
A la recherche d’une gestion active
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Pictet Asset Management
34, avenue de Messine 75008 Paris
Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
300,15 06/09
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
538,45 06/09
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
547,03 07/09
251,56 06/09
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
360,38 07/09
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0168449691 Pictet-greater china
548,96 06/09
LU0188501257 Pictet-health
284,85 06/09
524,43 06/09
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
98,54 06/09
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
172,57 06/09
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
105,49 05/09
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
455,79 06/09
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
100,39 05/09
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
131,26 06/09
LU0851564897 euroPean equity (eur)
164,41 05/09
111,99 05/09
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15150,38 06/09
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
119,13 31/08
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
95,67 05/09
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
159,28 06/09
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
155,95 31/08
LU0851564541 World equity (eur)
156,74 05/09
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
252,45 06/09
LU1279334210 Pictet-roBotics
141,8 06/09
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
317,32 06/09
757,59 06/09
LU0338483075 Pictet-russian equities
54,67 06/09
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145,02 06/09
LU0256846139 Pictet-security
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142,19 06/09
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1224,29 06/09
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138,88 06/09
LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
148,96 07/09
LU0104884860 Pictet-Water
300,1
89,74 06/09
code isin
synchrony (lu)
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
LU0090689299 Pictet-Biotech
LU0280430660 Pictet-clean energy
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
LU0070964530 Pictet-indian eq.
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
06/09
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
à ses fins, d’une enveloppe de 30 millions d’euros
apportée par « Le Télégramme » et puisée dans
les fonds propres d’HelloWork, à parité.
par Stanislas du Guerny
—Correspondant à Rennes.
Ingénieur sans passion
HelloWork
Jérôme
Armbruster
fidèle au poste
chez HelloWork
« Souriez, c’est lundi ! » commande la page
d’accueil du site HelloWork. Sourire, Jérôme
Armbruster, cofondateur de cette PME d’aide à
la recherche d’emploi, a de quoi. L’entrepreneur
vient d’être promu président de cette société
d’aide à la recherche d’emploi, désormais filiale
à 100 % du groupe de presse Le Télégramme.
« En dix-huit ans d’existence, nous avons connu
plusieurs actionnaires qui voulaient tous s’engager davantage dans le recrutement sur Internet »,
rappelle ce patron de 48 ans. « Le Monde »,
« L’Obs », le groupe Amaury… ont été quelquesuns des associés de passage de la société bretonne, d’abord baptisée « OuestJob », puis
« RegionsJob », avant d’adopter, il y a quelques
jours, le nom plus international de « HelloWork ». « L’ensemble des services proposés
dépasse désormais le cadre strict des régions »,
explique son numéro un.
Une start-up dans son appartement
C’est avec deux autres jeunes diplômés de Rennes, dont son ami d’enfance, qu’il a créé, Oues-
ENTREPRISES
KINGFISHER
Christian Mazauric
sera directeur général France
à partir du 1er octobre.
Christian Mazauric, 49 ans, titulaire d’un DEUG en économie, d’un
executive MBA de l’EM Lyon Business School et d’un diplôme de
l’Esdes Lyon Business School, a
rejoint Kingfisher en 2001. Après
des débuts en magasin chez Castorama, il a occupé des postes de
direction chez Castorama France
avant de prendre successivement la
tJob… dans son appartement. Car HelloWork
date bien de l’an 2000. L’idée initiale ? Déployer
les pratiques du recrutement en ligne à l’échelle
locale. « A l’époque du démarrage de l’activité, il
nous fallait installer un modem chez nos clients.
Et on les aidait à créer une adresse mail », sourit
Jérôme Armbruster, seul du trio à être resté
dans l’entreprise.
HelloWork réalise aujourd’hui un chiffre
d’affaires de 38 millions d’euros, compte 250
salariés et affiche sur ses sites la bagatelle de
80.000 offres d’emploi, affirme le dirigeant. Il ne
cache pas ses ambitions de hisser la PME sur le
podium européen des spécialistes RH.
Dans son bureau de La Mabilais, vaste
immeuble rennais doté d’une ancienne tour de
télécommunications pour avoir abrité le siège
régional d’Orange, il reçoit en jean, décontracté.
Mais Jérôme Armbruster n’en est pas moins
stratège. Et mise sur la croissance externe. Déjà,
une première acquisition a été réalisée au printemps avec JobiJoba. « D’autres vont suivre »,
prévient le président, qui dispose, pour parvenir
tête de la direction financière, de la
supply chain et de l’IT. A compter
de 2012, il a officié à l’international
notamment en tant que chargé de
la direction financière et de l’immobilier de B&Q Royaume-Uni et
Irlande jusqu’en 2015. Il est ensuite
devenu directeur général de Brico
Dépôt Roumanie. En 2017, il avait
été nommé directeur général de
B&Q Royaume-Uni et Irlande.
FIDUCIAL
Gaëtan Poncelin
rejoint Fiducial en qualité
de directeur général
de la branche sécurité.
Dans un sourire, il assure avoir eu autant de
convictions… que de chance. Car rien ne le prédestinait à une carrière dans le numérique. Ses
premiers pas sont hésitants. Après une enfance
et une jeunesse confortables à La Celle-SaintCloud dans une famille bourgeoise, ce fils
d’un ingénieur et d’une professeure d’anglais
part cinq ans à Lille pour suivre un cursus
d’ingénieur généraliste. Sans grande passion,
avoue-t-il.
Le jeune homme, qui a pratiqué la guitare, le
trombone et la batterie, y compris dans des
groupes de funk, de rock et de blues, est ensuite
revenu à Paris pour un DEA en acoustique à
l’Ircam avant de passer dix-huit mois en Allemagne comme volontaire du service national dans
le centre de recherche d’un hôpital de Berlin.
Puis il met le cap sur Liepzig dans une entreprise spécialisée dans la gestion électronique de
documents… L’activité, qui impose de brasser
par milliers des données, n’est finalement pas
très éloignée de celle d’OuestJob.
Après trois ans passés dans l’ex-Allemagne
de l’Est où il rencontre sa future épouse, il
rejoint Rennes pour créer son entreprise.
« J’avais 30 ans et je voulais me lancer dans une
activité porteuse, pas pour la quitter rapidement
avec un chèque comme c’est souvent le cas dans le
digital, mais par envie d’aventure », confie le dirigeant, à qui les perspectives « passionnantes » à
ses yeux de HelloWork laissent peu de répit.
A peine ce père de deux adolescents s’accorde-t-il quelques moments de loisirs sur la côte :
il est, depuis toujours, un fan de planche à voile,
de surf et surtout de kitesurf si le vent est au rendez-vous. n
Gaëtan Poncelin, 58 ans, est
diplômé de Saint Cyr, de l’IEP de
Paris et de l’Ecole de Guerre.
Général de corps d’armée, il a
exercé des responsabilités
variées au cours de sa carrière
militaire. Durant dix-neuf ans, il a
servi à la brigade de sapeurspompiers de Paris dont il a assuré
le commandement entre 2012
et 2015. A la suite des attentats de
2015, il a été chargé de créer et
d’assurer la montée en puissance
du commandement terre pour le
territoire national, puis de la
garde nationale dès 2016. Après
avoir été secrétaire général de la
Garde nationale et du Conseil
supérieur de la réserve militaire
pendant deux ans, il était devenu
conseiller du gouvernement pour
la Défense le 1er août dernier.
HACHETTE LIVRE
Nathalie Houël
Nicolas Babin
Nathalie Houël rejoint Hachette
Livre en tant qu’adjointe
au secrétaire général, directrice
du contrôle de gestion du groupe.
Elle prendra progressivement
ses fonctions et sera nommée à
ce poste en janvier 2019, intégrant
alors le comité exécutif France.
Nicolas Babin sera directeur
financier des éditions Larousse.
Pendant le premier semestre 2019,
il sera chargé de plusieurs missions
au sein de la direction générale.
Nathalie Houël, 41 ans, diplômée de
l’ESCP Europe, a débuté en audit
chez PwC. En 2001, elle a intégré le
groupe Lagardère. Chez Lagardère
Active, elle a occupé les postes de
contrôleur de gestion international,
responsable de mission à la direction de l’audit interne et de directrice financière corporate. En 2011,
elle a rejoint le siège du groupe pour
y être directrice du contrôle de gestion groupe Lagardère.
Nicolas Babin, 39 ans, diplômé de
l’IEP de Paris, titulaire d’un DESS de
finance de l’IEP de Paris, a été contrôleur de gestion chez Danone,
puis au sein des éditions La Martinière/Le Seuil. En 2008, il a rejoint le
groupe Hachette Livre en tant que
contrôleur financier. Depuis 2014, il
était directeur du contrôle de gestion de ce groupe.
GECINA
Béatrice Judel
devient directrice commerciale
et marketing du pôle résidentiel.
Elle est membre du comité
de direction.
Béatrice Judel, 52 ans, ingénieur
ENSMA, a débuté comme responsable des ventes et d’assistance à
maî t ri se d’o u v rag e chez Ai r
France entre 1988 et 1999. Devenue directrice commerciale diffusion pour le journal « Le Parisien » dans le groupe des Editions
de Presse Philippe Amaury, elle a
été nommée directrice business
development european airlines
de Servisair (groupe Derichebourg) en 2005, puis directrice
marketing, commerciale et communication des Taxis Bleus en
2007. Trois ans plus tard, elle a
retrouvé le groupe des éditions de
presse Philippe Amaury comme
directrice commerciale publicité
pour les éditions du Parisien et du
journal L’Equipe au cœur de la
régie Amaur y Média. Depuis
2013, elle était directrice marketing digital et communication de
la branche immobilière du
groupe Pierre & Vacances-Center
Parcs.
ORGANISME PUBLIC
CEA
Armelle Mesnard
est nommée directrice
des ressources humaines
et des relations sociales
du Commissariat à l’énergie
atomique et aux énergies
alternatives.
Armelle Mesnard, 52 ans, titulaire d’un DESS de gestion des ressources humaines, relations
sociales et industrielles de l’université Paris-Dauphine, a rejoint
le CEA en 1996. Devenue directrice des ressources humaines et
de la formation à la direction de la
recherche technologique (DRT)
du CEA en 2003, elle fut, dès 2006,
adjointe au directeur d’Institut
Inac, Institut nanosciences et
cryogénie de la direction de la
recherche fondamentale (DRF)
du CEA. Nommée directrice de la
coordination opérationnelle et
services aux laboratoires de l’université Grenoble Alpes dès 2014,
elle avait retrouvé l’an dernier le
CEA en tant qu’adjointe à la directrice d’Institut Inac.
ILS SONT NÉS
UN 10 SEPTEMBRE
Michèle Alliot-Marie,
ancien ministre des Affaires
étrangères et européennes,
72 ans.
François Béharel, président
de Randstad France, 48 ans.
Mireille Dumas, journaliste,
productrice, 65 ans.
Tony Gatlif, réalisateur, auteur,
musicien, producteur, 70 ans.
Andreï Makine, écrivain,
61 ans.
Jean-François Roverato,
ancien PDG du groupe Eiffage,
74 ans.
Maurice Szafran, ancien
président-directeur général
de Marianne SA, 64 ans.
Renaud Villard, directeur
général de la Caisse nationale
d’assurance vieillesse, 42 ans.
,
Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018
BUSINESS.LESECHOS.FR
EXECUTIVES
Prise
de parole :
comment
s’y préparer
LEADERSHIP
Les qualités d’animation
d’un orateur joueraient pour 70 %
de l’impression laissée à l’auditoire
lors d’une présentation.
Six conseils pour susciter
l’écoute et l’intérêt.
« Un discours
improvisé a été
réécrit trois fois. »
WINSTON CHURCHILL
Vincent Bouquet
et Valérie Landrieu
l’image d’un Tim Cook chez
Apple ou, en France, de
Sébastien Bazin, Xavier Niel ou
Stéphane Richard, de plus en plus d’orateurs des milieux d’entreprise choisissent, quand vient l’heure de prendre la
parole en public, de délaisser le pupitre
pour adopter un style de présentation
plus percutant et dynamique, mêlant
storytelling et authenticité. « En France,
nous avons vu ce changement s’amorcer
en 2014-2015, explique Michel LévyProvençal, fondateur de TEDxParis. Depuis, le format s’est répandu
comme une traînée de poudre et s’est
imposé comme un nouveau standard. »
Selon certaines études, les qualités
d’animation joueraient même pour 70 %
de l’impression laissée à l’auditoire.
Mais, au préalable, pour retourner une
salle, il est préférable de suivre une préparation au cordeau. « Vous voilà engagé
dans une course tel un champion de ski ou
un pilote de Formule 1, prévient Pia
Martin, qui chaperonne les offres de
formation « Communiquer à l’écrit et à
l’oral » pour le groupe Cegos. Vous devez
rester concentré non sur la présentation
elle-même mais sur la destination vers
laquelle vous voulez emmener l’auditoire. »
Au demeurant, c’est Aristote qui livre le
secret d’une prise de parole réussie.
Ethos, logos et pathos offrent un cadre de
référence éprouvé en matière de persuasion. Ethos, pour le style et la légitimité de
l’orateur ; logos pour la clarté du message
et la logique de raisonnement ; et pathos,
pour l’émotion. Et ce n’est pas tout. Six
autres clefs s’avèrent indispensables.
A
Connaître son auditoire
Prise de parole réussie rime toujours
avec auditeurs conquis. Pour espérer
retenir leur attention, l’orateur doit, en
amont, finement examiner son public
afin d’adapter son discours. « Faire une
présentation, c’est devenir le capitaine
d’un bateau de croisière : les passagers
doivent rester à bord jusqu’au débarque-
Tim Cook, le PDG d’Apple, devrait tenir sa Keynote mercredi 12 septembre, dans l’amphithéâtre Steve Jobs à Cupertino (Californie).
Photo Jason Henry/NYT-Redux-réa
ment et y trouver un intérêt », illustre Pia
Martin. Pour accrocher l’auditoire, il est
justement utile de lui expliquer en quoi
il va être concerné par l’exposé.
Niveau hiérarchique, sexe, langue,
culture, personnes internes ou bien
externes à l’entreprise… Dans la
mesure du possible, tout doit être
passé au crible. Analyser le degré
d’homogénéité du public est un prérequis essentiel. « Dans le cas d’une
assemblée mixte, il est très important
que l’orateur décide qui il cible en priorité », avance Annabelle Roberts,
fondatrice de Present Perfect. Le
niveau d’expertise de l’auditoire guide
aussi la personne qui s’exprime dans le
contenu de son discours. « Si des
experts sont présents, il est de bon ton
d’employer du jargon pour leur prouver
que l’on maîtrise le sujet, mais, en
même temps, pour ne pas perdre ceux
qui seraient plus néophytes, la technique de la parenthèse est capitale afin
d’expliciter brièvement le terme utilisé », ajoute la coach.
Evaluer
son environnement
Parfois négligée, la bonne appréhension du contexte de la prise de parole
est fondamentale pour cadrer son
discours et caler les contours de sa
présentation. Existe-t-il un climat de
défiance ou d’enthousiasme dans
l’assistance ? En climat hostile, « plus
l’orateur est authentique, moins il y a de
la casse », estime Pia Martin. Fait-il 0 ou
40 °C dehors ? Est-on inscrit en tant
que premier ou dernier speaker ? « Les
réponses à ces différentes questions
influent sur le niveau de fantaisie dont
l’intervenant pourra faire preuve »,
remarque la fondatrice de Present
Perfect. Dans certaines circonstances,
oser quelques bons mots devant une
assemblée très sérieuse, au petit matin,
pourrait concourir à décrédibiliser un
intervenant aventureux, alors que le
procédé sera plutôt accueilli avec gourmandise en toute fin de journée, une
fois le public saturé de présentations
trop strictes.
L' ÉDITO de Muriel Jasor
Capter l’attention, tout un art !
n dépit de Snapchat, d’Instagram, de Facebook
et d’un nombre exponentiel de tweets et
d’émoji, prendre la parole en public reste
encore la meilleure façon de toucher, d’émouvoir ou
de convaincre un auditoire. L’exercice, délicat, est
cependant redouté par nombre de dirigeants et
managers : n’est pas Steve Jobs qui veut pour
prononcer, devant des étudiants de l’université
Stanford, un 12 juin 2005, « le » discours qui s’inscrira
dans les annales. La botte secrète du patron d’Apple
ne comprenait pourtant que peu d’éléments : un récit
en un langage simple, une articulation en trois
points, des descriptions succinctes et imagées, du
rêve, peu de chiffres et de l’émotionnel. Pas de quoi,
toutefois, rassurer ceux qui ont la gorge en entonnoir
à la seule pensée de s’exprimer en public.
Même Richard Branson, personnalité pourtant des
E
plus extraverties, reconnaît être nerveux avant toute
présentation orale !
Depuis que Chris Anderson et ses conférences TED
ont rehaussé la barre de l’exigence, force est de
constater qu’il faut sérieusement s’entraîner pour être
percutant en un minimum de temps. Ensuite, à
chacun son style ! Steve Ballmer, l’ex-PDG de
Microsoft, usait de sa voix tonitruante et de moult
grimaces et gesticulations pour emporter l’adhésion
d’un public. Emmanuel Faber, PDG de Danone, s’est
inscrit dans un registre très émotionnel, il y a deux
ans, face à une promotion frais émoulu de diplômés
d’HEC. D’autres encore choisissent un mode
humoristique pour faire passer des messages
essentiels. Mais les commentaires suscités
par la tirade sur le « Gaulois réfractaire au
changement », lancée par Emmanuel Macron
depuis le Danemark et qualifiée par lui-même
de « trait d’humour », montrent combien ce registre
est à manier avec précaution. Lionel Bellenger le
confirme dans « Rire et faire rire » : l’humour,
exprimé par des gens de pouvoir, est vite jugé
comme une arme tactique destinée à séduire
et/ou à provoquer.
Pour se lancer une idée claire de l’auditoire auquel
on s’adresse, un fil rouge, une respiration ventrale
bien maîtrisée et le repérage, dans l’assistance, de
quelques visages bienveillants suffisent. A force de
pratiquer, on progresse en communication non
verbale et émotionnelle, on apprend même à
maîtriser les silences avant de capter, enfin, cette
ressource réputée rare depuis la nuit des temps et
que le philosophe américain Matthew Crawford juge
en dangereux état d’épuisement : l’attention. n
Ecrire partiellement
son discours
« Le premier réflexe d’un orateur est
d’écrire et d’apprendre par cœur son
discours, mais cette technique n’est pas la
bonne car, en plus d’être complexe, elle
ôte souvent toute l’authenticité de la
présentation », souligne Michel LévyProvençal, aussi cofondateur d’un cabinet de conseil, Brightness. Au lieu de
s’employer à connaître la moindre
virgule de son texte, le rhéteur doit
plutôt se concentrer sur des éléments
cruciaux : l’introduction, la conclusion
et différents « points de passage »
– transition, idée forte, chiffre clef… –
qu’il pourra transformer en phrases
chocs en mesure de marquer l’assistance. Et « pour éviter la présentation
Wikipédia, forcément rébarbative, il faut
apprendre à utiliser les questions rhétoriques et les impératifs qui serviront de
base de lancement aux différents sujets »,
complète Annabelle Roberts. Dans tous
les cas, l’intervenant ne doit pas chercher à délivrer plusieurs messages à la
fois, mais un seul. « Il s’agit souvent de la
conclusion de l’intervention qui doit être
construite comme un “cut-off” [faire
office de chute, NDLR] », préconise le
consultant.
Autre point important : « L’interpellation suscite de l’écoute et fait réfléchir »,
fait valoir Pia Martin, qui prône le
recours aux images et aux métaphores.
« Vous parlez de la vague de la digitalisation ? N’hésitez pas à la qualifier : ne
serait-ce pas une déferlante ? » La
manière la plus fréquente de susciter
l’écoute est de raconter une histoire qui
modifie la logique rationnelle. « Le
storytelling est très en vogue mais la
formule n’est pas adaptée à tous les
contextes, avertit toutefois la formatrice. L’anecdote doit avoir du sens. Elle
peut davantage correspondre à une présentation accompagnant le changement ;
beaucoup moins à l’évocation d’une
fusion-acquisition. » L’auditoire décroche en cours de route ? Proposez une
pause. Au besoin, relancez l’intérêt avec
une séquence de questions ou bien un
sondage sur le vif.
Suite page 36
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
?
36 // EXECUTIVES
Lundi 10 septembre 2018 Les Echos
FAUT-IL AVOIR
UN STYLE
JUPITÉRIEN POUR
TRANSFORMER ?
Echo.st/m323070
Suite de la page 35
Préparer, peaufiner,
répéter, recommencer
Tout orateur le sait : le stress est son
pire ennemi. « Engendré par la peur du
jugement et la crainte du blanc, le trac
peut s’évaporer à 50 % si l’on connaît
son discours et si l’on sait comment on
va être perçu », note Annabelle Roberts.
Répéter est le levier le plus efficace
pour être le plus zen possible le jour J.
L’intervenant peut, par exemple, réaliser un enregistrement audio de son
discours pour le réécouter à ses heures
perdues et l’apprendre de manière
passive, ou encore répéter, face
caméra, et se repasser la vidéo afin de
se confronter à la réalité de sa prise de
parole. « Nous conseillons aussi de
répéter au moins trois fois son intervention devant des personnes bienveillantes
– collègues, amis, membres de la
famille – qui peuvent fournir un retour
honnête », recommande Michel Lévy-
AU NOM DE LA LOI
Provençal. A l’orateur ensuite de corriger sa présentation pour enjamber les
chausse-trappes et éviter les tunnels
ennuyeux.
Soigner
la première impression
« La prise de parole ressemble à un
premier rendez-vous amoureux,
s’amuse Annabelle Roberts. Avant
d’entrer en scène, l’intervenant doit bien
tailler sa barbe, mettre une chemise qui
claque et se faire correctement coiffer
pour soigner la première impression
qu’il donnera au public. » Ce passage
est d’autant plus capital qu’il suffit de
quelques secondes pour faire basculer
la présentation d’un côté ou bien d’un
autre. Selon la coach, il faudrait, en
moyenne, sept informations contraires à la première impression pour
inverser l’avis initial d’un auditeur
sur un orateur.
L’une des plus grandes difficultés est de
donner d’emblée le sentiment que l’on
fait autorité sur le sujet. Rappeler ses
faits d’armes en relation avec le sujet
abordé et son implication dans tel ou tel
projet du moment peut parfois être
utile. La légitimité s’impose dans la
présentation même de la prise de
parole. Mais il n’y a pas que le fond,
la forme, elle aussi, importe.
Maîtriser sa posture
et sa gestuelle
La parole passe par le corps et la
gestuelle permet d’articuler le discours. Assis ou debout ? Là encore,
tout dépend du contexte. Mais dans la
salle du conseil d’administration,
alors que tout le monde a pris place
autour de la grande table ovale, il peut
être préférable d’intervenir debout.
Assis, votre diaphragme est contracté
et votre voix passe moins bien, alors
qu’en ces circonstances sa modulation
est un atout de taille. Les coachs préconisent un bon ancrage au sol, pieds
alignés, genoux déverrouillés, mains
mobiles dans un cercle imaginaire à
hauteur de nombril et mouvements de
coudes limités à une vingtaine de
centimètres du corps. Plus tourné
vers l’auditoire que vers ses « slides »,
le bon orateur optera pour des fiches
avec des mots clefs, à la manière
d’un présentateur de télévision, et
balaiera tranquillement son public
d’un regard en « W ».
Plus on pratique, plus on s’améliore.
« J’ai vu des membres de comité de direction mauvais orateurs, ennuyeux, pas
incarnés ou timides, acquérir une présence et être en mesure de faire des discours toniques avec une voix claire »,
rapporte Pia Martin. A suivre autant de
conseils, vous finirez peut-être par y
trouver du plaisir. n
FRANÇOIS MARTINEAU
Avocat, associé du cabinet Lussan
et auteur du « Petit traité d’argumentation judiciaire et de plaidoirie »
(Dalloz, 8e édition à paraître).
La voix pour
concourir
à l’éloquence
’est presque un truisme de
souligner qu’un même texte
dit par deux personnes
différentes peut avoir sur un
auditoire des effets opposés. Cicéron
avait déjà noté, dans ses traités de
rhétorique, le rôle primordial de la
voix dans le succès de l’action
oratoire.
La voix rend d’abord audible, par
la parole, l’idée que l’orateur veut
exprimer. Puis, les mots qu’elle
prononce sont autant de sons qui,
produits selon un certain rythme,
un certain ton, une certaine intensité,
suscitent des réactions physiques
d’où peuvent naître toutes sortes de
sentiments ; la joie, la colère ou
l’angoisse. La prise en considération
des qualités phoniques de la voix de
l’orateur nous renvoie d’ailleurs à
l’idée de la séduction par la parole, la
voix agissant parfois sur l’auditoire
comme un charme. On est là au cœur
du combat que Platon livra contre
certains sophistes, qui s’attachaient
plus à l’esthétique du discours qu’à
sa cohérence philosophique.
A cet égard, on a longtemps cru que
l’éloquence était le propre des voix
graves, venant du torse, ce qui leur
donnait cette puissance de conviction
contre laquelle l’auditoire ne pouvait
pas résister. Paradoxe, en effet,
puisqu’il fallait avoir une voix de
« basse » pour être un « ténor »,
comme si la sonorité rimait avec la
persuasion. Or, Démosthène, paraîtil, avait une voix fluette et le barreau
ou le monde politique n’ont jamais
manqué de femmes éloquentes,
« sopranos » en leur domaine.
La plus persuasive des voix est, en
réalité, celle qui réalise, dans une
mystérieuse alchimie, la
combinaison parfaite du sens
exprimé et du son prononcé. Aussi
belle puisse-t-elle être, la voix ne sera
jamais qu’un instrument qui doit se
faire oublier pour mieux imposer le
sens ou le message que l’orateur veut
transmettre. Sitôt qu’on trouve belle
une voix, c’est qu’elle est près de
manquer son effet…
Mais la voix de l’orateur n’est efficace
que si elle est maîtrisée. D’abord par
une articulation claire et distincte
pour permettre à chacun d’entendre
facilement tous les mots énoncés.
Ensuite par le débit dont on admet
qu’il doit osciller entre 120 et 160
mots par minute. Enfin, essentielle,
par l’inflexion. La voix doit être vive
et légère si l’on veut donner le
sentiment de la joie, véhémente, si
l’on veut exprimer des reproches,
douce, si l’on doit consoler, douce
jusqu’au silence…
L’orateur doit encore choisir un ton
qui convienne à son auditoire, à la
nature de son propos, et au but de
son intervention. Et, au surplus,
veiller à la cohérence de sa voix avec
son attitude corporelle. Comme l’a
souligné Bergson, « chez un orateur
le geste rivalise avec la parole ». Cette
dernière est toujours en concurrence
avec le geste, les mouvements du
visage, ou le regard.
Enfin et surtout, la voix doit en toutes
circonstances traduire la sincérité du
propos. C’est à ces conditions qu’elle
peut concourir à l’éloquence. n
C
COMMUNICATION NON VERBALE
Présentation : attention, dress code !
Le vêtement est un langage qui
exprime à l’autre un message sur
soi. Et lors d’une présentation
orale, il devient primordial.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
im Cook, le PDG d’Apple, qui
devrait présenter de nouveaux
iPhone lors de la keynote, le
12 septembre, privilégie comme son
prédécesseur, Steve Jobs, le style minimaliste « normcore ». Mais le jean-chemise-baskets a, peu à peu, remplacé la
paire de New Balance, le jean Levi’s 501
et le célèbre col roulé trompe-l’œil Issey
Miyake de l’inventeur de la marque à la
pomme.
« Même si le message est riche et
travaillé, il faut savoir qu’il ne
compte que pour 7 % seulement dans l’impact d’une
présentation orale, le vocal
pour 38 % et l’image pour
55 % », estime Chantal
Nordmann, executive
coach, dirigeante
LOEA. « Sans un
mot, la posture, le
visage et sa mise en
valeur – maquillage
et coiffure –, le
vêtement et tous
les accessoires
parlent de nous.
Autant de signes
qui induisent à l’autre
le secteur d’activité, notre
fonction, notre position
hiérarchique, mais
aussi notre intention,
notre personnalité, et
notre classe sociale »,
insiste-t-elle. Comment alors passer du
plaisir d’être soi au marketing de soi ?
T
Oser les couleurs
Mark Zuckerberg, le
créateur de Facebook, a
récemment posté sur son
compte une photo de sa
garde-robe. Elle est
exclusivement composée
de tee-shirts de la même
couleur et de sweat à
capuche gris. Il s’est
toutefois fendu d’un
costume sombre et d’une
cravate bleu ciel pour
présenter ses excuses
devant le Congrès américain alors qu’il avait
échoué à protéger la vie
privée des utilisateurs
dont les données person-
nelles ont pu être utilisées à des fins
politiques. D’une façon générale, que
piocher dans sa garde-robe avant une
prise de parole en public ? Tout dépend
du secteur d’activité dans lequel le
dirigeant ou manager évolue. Ceux des
start-up, de l’informatique et des nouvelles technologies sont sans nul doute
les plus informels. Xaviel Niel, fondateur de Free, arbore un look composé
d’un jean et d’une chemise blanche. Il ne
prend ainsi aucun risque quant au
message à porter. Le bleu est la couleur
la plus consensuelle et le blanc signe de
franchise, d’intégrité et du « tout est
possible ».
Pour autant, on peut oser la couleur !
Virginie Morgon, la n° 1 d’Eurazeo
depuis mars dernier, en porte toujours
avec une préférence pour l’orange.
Vitaminée, cette couleur chaude est
comme le jaune et le rose signe de
fraîcheur, d’originalité et d’ouverture
à l’autre tout en assumant son
originalité. « La couleur n’est qu’un
des paramètres du vêtement. La
matière, la structure et le style
rentrent aussi en jeu. A accorder
à sa morphologie », précise
Chantal Nordmann. Ainsi,
un vêtement structuré
accompagne le mouvement. Et une garderobe plus fluide
sous-entend le
romantisme. Pour
les robes, la majorité des
femmes, à l’image de
Clara Gaymard, privilégie
celles arrivant aux genoux ou
tout juste en dessous. Ni trop
courtes, ni trop longues.
Pour les hommes, la cravate
s’autorise de plus en plus
d’absences. Et Stéphane
Richard, PDG d’Orange, ne
se prive pas de suivre cette
tendance. Quant aux chaussettes, elles peuvent devenir
un accessoire, une marque
de fabrique, telles celles
dépareillées du Premier
ministre canadien Justin
Trudeau. Les costumes à
l’élégance toute britannique
de Frédéric Mion, directeur
de l’Institut d’études politiques de Paris, sont eux aussi
assumés et célèbres.
De gauche à droite et de bas en haut : Virginie Morgon (Eurazeo), Stéphane
Richard (Orange), Frédéric Mion (Institut d’études politiques de Paris) et Sébastien
Bazin (AccorHotels). Photos Nicolas Tavernier/RÉA ; Bertrand Guay/AFP ; Patrick Kovarik/AFP ; Accor
Sébastien Bazin, PDG d’AccorHotels,
a réussi son coup de communication.
« Les chaussures, fermées ou ouvertes,
renvoient une intention de structure ou
d’ouverture. La hauteur même des talons
peut jouer un rôle. En fonction de leur
taille, ils peuvent traduire une intention
de vouloir dominer la situation ou, au
Structurer son visage
Quand le choix des chaussures – noires ou marron ? – est
pour certains un casse-tête,
d’autres choisissent soudain
de s’en passer pour envoyer
un message précis. En se
présentant pieds nus devant
une assemblée d’analystes
et de banquiers, en 2014,
55 %
L’image renvoyée par l’orateur
compterait pour plus de la moitié dans
l’impact d’une présentation orale.
contraire, un souhait d’altérité », analyse
la coach. Un effort doit aussi être
apporté à la coiffure. Structurée et lisse,
elle va donner une notion de cadre, ce
qui est plutôt rassurant au cours d’un
discours de rentrée ou d’une assemblée
générale. Les cheveux détachés et bouclés enverront plutôt un message de
légèreté. La hauteur du chignon doit
être choisie en suivant le même raisonnement que celui pour les talons. Enfin,
le visage est le premier support de la
présentation. Il est nécessaire de veiller
à la façon dont il est structuré. Les barbes, jusqu’ici prohibées, font leur retour.
Et les maquillages sont plutôt légers,
voire « nude ». « La forme, c’est le fond
qui remonter à la surface », disait Victor
Hugo. n
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4
Les Echos Lundi 10 septembre 2018
EXECUTIVES // 37
PISTES
POUR MOTIVER
LES ÉQUIPES DE
RETOUR DE CONGÉS
echo.st/322943
ARRÊT SUR SOI
Avoir de l’impact
a pression monte. Dans deux
jours, vous faites votre
présentation devant le comité
exécutif. Vous venez de corriger la
douzième version de vos slides et
vous apercevez qu’il manque une
information concernant l’une des
filiales dont vous avez la
responsabilité. Agacement, envoi de
mails comminatoires… Il suffit d’un
rien pour se faire descendre dans cet
exercice. Mieux vaut être sûr que
toutes les informations sont bien
dans le document qui sera présenté.
L’exercice de présentation est
devenu un classique de la vie des
entreprises. Que ce soit devant un
public restreint mais exigeant ou
devant une audience plus large à
l’occasion d’une convention, chaque
dirigeant doit se plier à l’exercice.
D’ailleurs, de nombreux top
executives se font à l’occasion une
opinion sur des collaborateurs qu’ils
ne voient que rarement en dehors de
ces moments.
Celui qui montre un esprit brillant
et clair, celui dont l’expression capte
son auditoire peut marquer des
points décisifs lors des prochaines
nominations. L’épisode est souvent
surpondéré par rapport à l’ensemble
des compétences d’un dirigeant.
Chacun y accorde donc de
l’importance et s’y prépare.
La question qui doit se poser est
celle du « Comment ? » La plupart de
ceux qui ont à passer par là
s’interrogent sur ce qu’ils vont dire
et, habités par leur sujet, cherchent
à le transmettre de la façon la plus
exhaustive. Le problème est alors
qu’ils partent d’eux-mêmes et pas
suffisamment de leur auditoire.
L
Le célèbre logiciel de Microsoft règne toujours sur le marché des logiciels de présentation. Mais il existe de plus en plus
d’alternatives aujourd’hui. Photo Shutterstock
PowerPoint
n’est plus incontournable
OUTILS
smartphone et interagir en répondant à
des questions ou en participant à des
sondages. Un moyen de dynamiser la
présentation et d’avoir un retour direct
du public. Il est également possible
d’intégrer des vidéos. Quatre forfaits
sont proposés, dont un gratuit.
Camille Marchais
@camillemrchs
: la solution
3 SlideBean
de facilité
l est souvent difficile de se détacher
de l’incontournable PowerPoint
pour réaliser ses présentations. Les
professionnels et amateurs de cet outil
diront ne pas trouver mieux ailleurs.
Toutefois, certains s’en lassent. Les
slides leur paraissent trop statiques et
pas assez inspirantes. Fort heureusement, d’autres possibilités existent.
I
Slides : l’alternative
1 Google
sage à PowerPoint
Pour ceux qui sont à la recherche de
nouveautés sans pour autant vouloir
changer du tout au tout, le logiciel de
Google est une solution. La structure et
le fonctionnement du site sont comparables à ceux de PowerPoint. Il est
même possible d’importer ses présentations PowerPoint et de travailler à
plusieurs dessus. Une vingtaine de
thèmes et une dizaine d’animations
sont disponibles. Le diaporama s’enregistre instantanément sur votre
compte Google. Impossible, donc, de
perdre les données. Il n’est pas non
plus nécessaire de le télécharger : il est
accessible partout à l’aide d’une connexion Internet.
2 Swipe : l’as de l’interactivité
Une des grandes problématiques
que doit affronter un orateur est de
capter l’attention du public quand
celui-ci n’est focalisé que sur une seule
chose : son téléphone. Swipe a résolu ce
problème. Grâce à un lien affiché sur la
présentation, les spectateurs peuvent
lire les diapositives directement sur leur
C’est la solution de facilité pour les
moins courageux. SlideBean s’occupe de
la mise en forme, il ne reste plus qu’à
rajouter le contenu. Après avoir mis en
ligne vos photos, textes et vidéos, il
suffit de choisir un thème, puis le site se
charge de créer la présentation automatiquement. L’accès est cependant
payant. En fonction du forfait choisi, il
est possible, par exemple, de télécharger votre logo. SlideBean détecte les
formes et les couleurs utilisées et donne
ensuite une structure de présentation
en harmonie avec votre identité. Le site
propose également un système de tracking qui permet de savoir quelles sont
les slides les plus regardées par le
public.
4
Prezi : le plus original
Ce site Internet revisite la présentation traditionnelle au point même de la
révolutionner. Il est sûrement le plus
original de la liste. Il suffit de s’imaginer
devant une feuille blanche sur laquelle
sont disposés textes, images, vidéos
pêle-mêle. Chaque contenu est dispersé
sur un espace illimité et peut être présenté dans l’ordre que l’on souhaite.
Contrairement à PowerPoint, il n’y a
aucune contrainte de chronologie ou de
séquence. La présentation défile sous
l’effet de zooms, ce qui évite au public
d’être passif et souvent lassé d’une
lecture trop souvent linéaire. Les transitions créent donc la surprise et sont
nettement plus dynamiques que celles
proposées par PowerPoint. Grâce aux
modèles déjà fournis, la prise en main
se fait très facilement. Il est possible d’y
BON À SAVOIR
• Certains sites proposent des modèles prêts à télécharger.
SlidesCarnival, par exemple, offre un accès à des modèles gratuits
et applicables à PowerPoint et Google Slides.
• Pixabay est l’alternative gratuite à Shutterstock.
• Autres sites intéressants : Visme, Haiku Deck ou encore Emaze.
intégrer des vidéos ainsi que de la musique et d’y travailler à plusieurs, en
même temps.
5 Canva : haro sur la créativité
Très populaire, ce site est un véritable studio de création. Il s’adresse aux
débutants comme aux professionnels et
propose un large choix de contenus
graphiques de qualité, même gratuits.
Des centaines de modèles et d’images
sont disponibles, il suffit d’ajouter
l’information souhaitée. Le défilement
des diapositives n’a rien d’incroyable en
comparaison avec Prezi mais le rendu
de la présentation est élégant et professionnel. Le site permet également de
créer des bannières, des posters, des
pochettes, des infographies, etc. n
p
ET APRÈS ?
L’exercice de présentation, comme
tous les exercices d’impact, doit
commencer par s’interroger sur le
public. La question n’est pas tant ce
qu’on veut lui dire que ce qu’il est
prêt à entendre, et surtout ce qu’il
DR
@EricAlbert_
Associé gérant
d’Uside
est prêt à retenir. Et d’une façon
générale, la réponse est : « Très peu
de choses ! » Dès lors, comment
susciter son intérêt pour arriver à
faire passer les quelques messages
que l’on aimerait qu’il retienne ? Les
techniques d’éloquence sont
connues depuis la Grèce antique. Ce
qui manque le plus dans la pratique
des entreprises, ce sont la synthèse,
la problématisation et la dimension
émotionnelle.
La synthèse, c’est le fameux pitch ou
comment vous arrivez à exposer
votre sujet à un interlocuteur croisé
dans un ascenseur et qui s’arrête au
cinquième étage. Lorsque l’orateur
est lui-même noyé dans les détails,
ses interlocuteurs ont peu de chance
de suivre. La problématisation
permet de mettre en perspective un
sujet par rapport aux enjeux de
l’entreprise et au contexte dans
lequel elle se trouve. Il n’est pas
inutile d’y mettre un peu de
dramatisation et d’emphase. En
somme, de rappeler en quoi le sujet
est important et contient de forts
enjeux. Ce qui conduit à produire
des émotions à son auditoire. S’il ne
ressent rien, il est fort probable qu’il
se laissera solliciter par ses
émotions habituelles, comme son
impatience ou la curiosité de
consulter un écran à portée de main.
Il est bon de rappeler que c’est en
exprimant ses propres émotions que
l’on suscite celles des autres.
Un exercice de présentation va bien
au-delà de la forme ; il est à la base
des compétences de leadership. C’est
pourquoi tous les dirigeants doivent
s’y entraîner et tâcher d’y imprimer
leur style.
RENDEZ-VOUS
Partenaires
par
Interopérabilité, data et IA :
un levier de performance pour les entreprises
ur le plan de la comptabilité, la dématériaLa data, au niveau sectoriel, constitue un levier
lisation, les solutions cloud et le machine
supplémentaire de compréhension, grâce à la
learning visent une meilleure interopéra- comparaison de données micro et macro entre
bilité des systèmes (API) et une assistance
entreprises comparables.
à l’enregistrement comptable.
Les temps dédiés à la saisie peuvent ainsi être optiEnin, l’intelligence artiicielle permet de pasmisés et les pièces sont disponibles à tout instant.
ser rapidement vers une analyse « prédictive ».
Pour accélérer la collecte et le
L’anticipation de la perfortraitement de l’information,
mance autour des scénarii
« L’anticipation de la
l’entreprise doit passer au
liés à sa réalisation devient
traitement « on time ». À ce
ainsi l’enjeu principal, réponperformance devient
titre, l’échange des données
dant mieux aux attentes des
l’enjeu principal »
informatisées (EDI) pour les
dirigeants et des différentes
ichiers d’écritures bancaires
parties prenantes.
et les factures dématérialisées
doit être intégré dans la réLe déploiement d’un dispositif
lexion.
dédié à la performance réside
donc dans l’appropriation
LaurEnT
Le
pilotage
opérationnel
des nouvelles technologies.
ProsT,
de l’activité est également
Cela passe par l’évolution des
Associé,
Grant Thornton
renforcé. En effet, via les API,
processus de traitement et
il est possible de récupérer
des compétences des équipes,
différents lux d’informations dans des solutions
qui pourront in ine se consacrer à des tâches à
« cloud » pour élaborer des tableaux de bord plus forte valeur ajoutée, créatrices de croissance
incluant des indicateurs métier. La direction
pour l’organisation.
inancière dispose ainsi d’éléments pertinents
d’évaluation de la performance.
S
© DR
De nombreux sites proposent
des modèles pour réaliser toutes
sortes de présentations. De quoi
concurrencer le célèbre logiciel
de Microsoft.
ÉRIC ALBERT
Ce contenu a été réalisé par Grant Thornton
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crible
Lundi 10 septembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Le stupéfiant Elon Musk met la gouvernance
de Tesla dans l’impasse.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
« Les Echos »
+
Pourquoi tu tousses ?
Anne Leitzgen
Présidente de Schmidt Groupe
CROISSANCE « Un des éléments fondateurs est la coopération que nous avons avec notre réseau de distribution puisque
nous travaillons avec un réseau de concessionnaires
indépendants, avec qui nous avons un lien très fort, qui nous
permet d’apporter de la valeur. Nous avons toujours cru
que les marques ont une importance fondamentale dans
ce métier, pour la réassurance d’un client qui fait un achat
très impactant. Nous avons beaucoup travaillé sur
la notoriété et sur l’image de nos marques. »
OUTILS INDUSTRIELS « Pour maintenir un outil industriel
en Europe, il faut déjà travailler la numérisation et la
robotisation. Nous sommes capables de maintenir des emplois
en France, à condition que ce soit des emplois complémentaires de la technologie. La robotisation et la digitalisation nous
permettent d’améliorer les conditions de travail des collaborateurs, de maîtriser la qualité, et d’avoir une productivité bien
meilleure dans des sites qui sont davantage automatisés. »
ISAAC GETZ « Nous avons une culture d’entreprise avec
beaucoup d’engagement. Une entreprise différente peut être
possible. Nous ne cherchons pas à trouver un dogme, nous
nous sommes demandé comment on pouvait s’inspirer
d’autres entreprises, comment on pouvait traduire ce que
nous avions au fond de nos tripes, comment nous pouvions
travailler et vivre ensemble. Nous avons monté de nombreuses
initiatives dans l’entreprise, portées par des collaborateurs.
Pour nous, l’entreprise libérée c’est surtout de se dire comment
on peut favoriser une entreprise plus agile où les gens prennent des décisions, et pour cela, il faut leur faire confiance. »
Interview réalisée par Yves Vilaginés
Hibernatus chez les algos
« Le travail est le fléau des classes qui boivent. » Et qui fument ! Qui d’autre que
le stupéfiant Elon Musk pouvait propulser l’aphorisme d’Oscar Wilde dans le
XXIe siècle ? Aussi « workaholic » soit-il, les deux heures et demie dégagées
par le PDG-fondateur de Tesla pour une interview où le comédien Joe Rogan
a réussi à lui faire tirer une bouffée d’un joint (légal en Californie mais interdit
chez Tesla) et boire une gorgée de whisky ont confirmé une chose : il y a deux
poids - deux mesures chez « Corporate America ». D’un côté, des managers
qui peuvent être vite rattrapés par de minuscules incartades, comme l’exPDG d’Intel éjecté à cause d’une vieille liaison, de l’autre, des patrons visionnaires (Uber, Amazon) à qui tout est pardonné. Ou presque : chez Uber, Travis
Kalanick a payé son comportement de son poste. Elon Musk teste à nouveau
la patience du conseil d’administration de Tesla, mais les options de ce dernier sont limitées. La séparation de la présidence et de la direction générale,
réclamée en début d’année par les conseils en vote et par BlackRock, n’aurait
rien changé à la situation. Le choix d’un numéro 2 est une mission impossible
après le départ d’une douzaine de cadres dirigeants cette année, dont le nouveau directeur comptable au bout d’un mois. Enfin, il n’est pas certain que
Tesla ait atteint le rythme de croisière permettant de sortir d’un management
façon « start-up ». Actionnaires et administrateurs vont devoir vivre avec
leurs ulcères. Vous reprendrez bien un peu de bicarbonate de soude ?
La chute du titre Iliad rend envisageable
un retrait de la cote.
Si un banquier congelé lors d’un trek au pôle Nord s’était réveillé au bout de
dix ans cet été, pour cause de réchauffement climatique, cet Hibernatus
trouverait son secteur chamboulé mais pas là où il l’aurait cru. Toutes les
grandes banques ont survécu – à l’exception de Lehman Brothers –, les agences de notation et les bonus aussi. Leurs risques hors bilan – « de soutien non
formalisé » ou « step in risk » n’ont pas fini d’être répertoriés. Quant à leurs
bilans visiblement renforcés en capital et liquidité, ils restent remplis d’obligations d’Etat. Wall Street bat des records sans s’être épargné des « flash
crash » successifs (2010, 2014, 2015, 2018), fataliste et confiant dans ses « coupe-circuits ». Au bout de neuf ans de hausse alimentés par l’accommodement monétaire, les investisseurs mondiaux restent moutonniers et accros
aux dérivés. Pourtant, tout change de l’intérieur. Non seulement les ordinateurs font la majorité des transactions, voire l’essentiel les grands jours de
volatilité, mais des outils d’intelligence artificielle tentent désormais d’écrire
les algorithmes. Toute la finance pourrait y passer, la banque de détail et l’assurance aussi, sans parler des clients. Avec le risque de voir se multiplier les
« boîtes noires », non conçues pour réagir à l’imprévu et dont les interactions sont encore mal connues, sans parler des cyberattaques. Les superviseurs veulent s’outiller en « SupTech », ils jugent le risque « manageable ».
Peut-être un nouveau job pour Hibernatus, qui se rappelle avoir tremblé de
voir des produits complexes mal fabriqués devenir toxiques lors de la crise
des crédits « subprime » de 2007 (« CDO » de titrisation et conduits).
LES ENTREPRISES CITÉES
Google 22
Heineken 9
HNA 31
Iliad 23
InfraVia 27
JP Morgan 29
Lehman Brothers 28
Lloyd’s 30
Manzalab Group 26
Mattel 23
Microsoft 22
Palantir 19
Pathé 26
Renault 17
Safra 25
Safran 31
Slack 22
Sodexo 31
Sogeclair 26
Sono Motors 16
Teemew 26
Temasek 31
Tesla 16, 17
Ubeeqo 17
VitrHydrogène 26
Volkswagen 16
Wells Fargo 29
Zipcar 17
EN VUE
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et opérations spéciales)
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Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
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Sylvie Ramadier (le crible)
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IMPRESSION l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 7 septemBre 2018 : 119.104 exemplaires
origine du papier : Belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de oJD-Difusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Dix ans après la faillite de Lehman Brothers,
la finance doit scruter ses risques en devenir.
Think out of the Freebox
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
ADA 17
Alibaba 15
Altran 31
Bank of America 29
Bolloré 17
Carrefour 21
Castorama 21
CCR Re 30
Charpentes
Françaises 26
Communauto 17
Deutsche Bank 31
Facebook 22
Free 23
Xavier Niel n’est probablement pas un amateur de charades, mais la formule
churchillienne enrobe pourtant son action des derniers mois : du nantissement d’un quart du capital de la maison mère Iliad à la trop lente réaction de
Free au regain de guerre des prix, elle se résume en un « rébus enveloppé de
mystère au sein d’une énigme ». Les actionnaires minoritaires du quatrième
opérateur français de télécoms avaient déjà pu trouver contre-intuitif, en
mai dernier, le reclassement des parts du patron-fondateur dans un nouveau holding qui, en annulant des droits de vote double, amoindrissait son
contrôle (51 % en droits de vote au lieu de 67 %). L’utilisation récente de la
moitié de sa participation, valant au total 3,3 milliards d’euros, en gage d’un
financement bancaire qui pourrait dépasser le milliard, peut les laisser encore plus dubitatifs. La diversification du patrimoine du père de Station F,
pour plus de la moitié en dehors d’Iliad, oriente les analystes d’Oddo BHF
vers le scénario d’une acquisition, plutôt que d’un refinancement, pour laquelle il pourrait mobiliser, avec d’autres actifs, près de 3 milliards d’euros.
La chute de son titre en Bourse (–46,3 % depuis le 1er janvier), qui ne valorise
plus le potentiel de la fibre et de l’Italie, fait de l’opérateur un candidat tout
trouvé pour un retrait de cote par un « leverage buy-out », envisageable même avec une prime de 50 % sur le cours, calcule le bureau d’études. Un
« LBOX » en même temps que la prochaine Freebox ? L’hypothèse a éloigné
quelques-uns des vendeurs à découvert (+8,3 % au plus haut de la séance de
vendredi) sans convaincre les acheteurs de long terme (+2,3 % à la clôture).
Le Cluedo les yeux bandés dans l’obscurité peut continuer.
Richard Ferrand
endant la présidentielle, Emmanuel Macron disait de ce compagnon de route qu’il était son
« baromètre ». Et de fait, si le député du
Finistère échoue à succéder à François de
Rugy au perchoir de l’Assemblée, ce sera
le signe que le gros temps régnant sur la
Macronie depuis la rentrée a viré à la
tempête.
On n’en est pas là, car cet Aveyronnais,
fils d’une commerçante et d’un artisan de
Rodez, où son grand-père vendait des
œufs, transformé en notable breton par
la magie de la politique, bénéficie de
l’appui de l’Elysée, et d’un sens tactique
précieux lors du triomphe électoral de
son candidat favori. L’un et l’autre se sont
rencontrés et appréciés quand Ferrand,
membre du Parti socialiste depuis 1980,
fut le rapporteur de la « loi Macron », une
bataille parlementaire épique dans
laquelle se forgea le lien entre les deux
hommes.
P
Et pourtant, qui l’eût cru, c’est par ce
fidèle des fidèles que fut provoquée la première des fissures du quinquennat, l’exdirecteur des Mutuelles de Bretagne
s’étant vu accusé, à peine nommé ministre de la Cohésion nationale, d’avoir profité de ses fonctions pour faire réaliser à sa
compagne avocate une excellente affaire
immobilière. Sous la charge médiatique
l’ancien journaliste – pigiste au « Monde »
dans les années 1980 – avait dû renoncer,
la mort dans l’âme, à son portefeuille, et
prendre à titre de consolation la présidence du groupe En marche.
Anticor, l’ONG anti-corruption continue d’en faire sa tête de turc, sans aucun
résultat jusqu’à présent sinon celui d’avoir
privé Ferrand de son bâton de maréchal.
Et cette fois encore, le passionné de rugby
n’est pas à l’abri d’un mauvais plaquage.
(
Lire nos informations
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