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Les Echos - 24 09 2018

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AJN / Jean Nouvel / La Marseillaise
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Immobilier
Les tours s’invitent
en régions // P. 16
L’ESSENTIEL
TVA : L’EUROPE A PERDU
147 MILLIARDS D’EUROS EN 2016
C’est 5 milliards de moins qu’en
2015, mais le montant reste colossal, estime Pierre Moscovici. Il
veut une réforme de la collecte
de la TVA transfrontalière. // P. 6
PÉKIN ANNULE UN VOYAGE
OFFICIEL À WASHINGTON
Face au regain de tension, la
Chine a annulé une série de négociations commerciales avec les
Etats-Unis et le déplacement du
vice-Premier ministre. // P. 8
SCOR : UNE GOUVERNANCE
QUI FAIT DÉBAT
Dans une tribune, Olivia Flahault
et Frédéric Genevrier, d’OFG
Recherche, accusent le système
de gouvernance du réassureur
d’être à bout de souffle.
// POINT DE VUE P. 11
PARIS : LES CANDIDATS
À LA MAIRIE SE MULTIPLIENT
A dix-huit mois des municipales,
l’effervescence monte à Paris.
C’est Emmanuel Macron qui aura
le dernier mot pour le candidat
LREM. Anne Hidalgo réplique.
// L’ENQUÊTE P. 13
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 24 SEPTEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
Budget 2019 : le pari fiscal
d’Emmanuel Macron
l 6 milliards d’euros de baisse d’impôts pour les ménages, près de 20 pour les entreprises.
l Un effort structurel jugé insuffisant par le Haut Conseil des finances publiques.
E
n matière budgétaire, jusqu’à présent, l’attention s’est
focalisée sur les coups de rabot, avec en particulier
le quasi-gel des prestations sociales. L’enjeu pour
Emmanuel Macron de la présentation, ce lundi, du projet de
budget pour 2019 est de remettre au centre du débat son pari
fiscal. Avec un argument massue : les ménages devraient
bénéficier d’une baisse d’impôts de 6 milliards et les entreprises de près de 20 milliards l’an prochain. Dans ce grand
jeu de réformes fiscales, le gouvernement espère contenir le
déficit à 2,8 % du PIB en 2019 malgré une croissance revue
Comcast-Sky : naissance
d’un géant mondial
face à Netflix
L’ÉDITORIAL D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 9
Bpifrance veut s’armer
contre les activistes
La banque publique chiffre ses besoins
à hauteur de 3 milliards d’euros.
AUDIOVISUEL Le groupe américain s’offre une nouvelle arme
ENTREPRISES
& MARCHÉS
en baisse, à 1,7 %. Ces chiffres sont jugés réalistes par le Haut
Conseil des finances publiques, qui a rendu public son
rapport ce lundi. Il critique en revanche le maigre effort
structurel promis par le gouvernement. // PAGES 2 À 4 ET
dans le combat contre le leader mondial du streaming vidéo.
SECOUSSES EN VUE POUR
LE SECTEUR DES FENÊTRES
Faute de crédit d’impôt aux fenêtres en 2019, le secteur craint une
chute des ventes. L’Etat planche sur
l’aide à la rénovation énergétique et
promet une concertation. // P. 18
LA PROLIFÉRATION DES
SOCIÉTÉS ZOMBIES INQUIÈTE
La BRI constate une forte hausse
du nombre de sociétés endettées
et non rentables. Un poids pour
la croissance et un risque en cas
de remontée des taux. // P. 28
BANQUE Dans un entretien aux
« Echos », Nicolas Dufourcq, le
directeur général de bpifrance,
pointe la menace des fonds étrangers sur les fleurons tricolores et
veut s’armer en conséquence. « La
plupart des grands fonds anglosaxons ont levé entre 20 et 30 milliards de dollars au printemps dernier, leur marge de manœuvre est
considérable et beaucoup peuvent
tout à fait se payer une entreprise du
CAC 40 ! » s’alarme-t-il. Cette nouvelle mission supposerait que la
banque publique s’endette à hauteur de 3 milliards d’euros supplémentaires afin de sécuriser le capital des champions français, ce qui
fait débat au sein des pouvoirs
publics. Cet endettement pourrait
en effet être intégré au calcul de la
dette publique. L’Etat estime aussi
que les nouvelles dispositions de
la loi Pacte de contrôle des investissements étrangers sont suffisantes pour parer les attaques
hostiles.
// PAGE 27
Carrière : les nouveaux
métiers du numérique
CARNET // P. 33
7 métiers pour vraiment digitaliser l’entreprise
Sebastien Bozon/AFP
Sky est le diffuseur clef de la prestigieuse Premier League de football anglaise. Photo NurPhoto
Peugeot Une offre
électrique globale
en 2025// P. 19
Comcast contre l’empire Fox
de la famille Murdoch. Deux
ansaprès le début de leur
incroyable bras de fer pour le
contrôle de Sky, le premier diffuseur de télévision par satellite d’Europe, le groupe améri-
cain Comcast, a finalement
pris l’ascendant sur son rival,
en mettant presque 34 milliards d’euros sur la table. Face
à Netflix et à ses 125 millions
d’abonnés, Comcast va pouvoir étendre son emprise, en
proposant ses services à
52 millions de clients répartis
entre les Etats-Unis et l’Europe.
Une opération de tous les
records pour accélérer aussi
dans les contenus.
// PAGE 21
Les entreprises s’arrachent des experts de la donnée et de la cybersécurité.
Et de nouveaux métiers émergent au confluent de l’informatique
et du marketing. // PAGE 34
Le défi de la féminisation des métiers de la tech
En 2020, quelque 800.000 professionnels devraient manquer à l’appel.
// PAGE 35
L’interview de Pierre Nanterme, PDG d’Accenture
Au sein du groupe de conseil et de technologies, un millier de managing
directors doivent faire face à l’innovation digitale et encadrer les quelque
90.000 personnes très spécialisées recrutées chaque année. // PAGE 37
Systèmes de stockage automatisés
Management de transition
depuis 2001
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22787
110e ANNÉE
38PAGES
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4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
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2.800 CFA.
La Première ministre britannique risque la chute.
Photo Paul Grover/AFP
Sous pression maximale,
Theresa May joue sa survie
Le rejet du plan de Chequers à Salzbourg
a fortement fragilisé la Première ministre.
BREXIT La grande conférence du Parti conservateur à Birmingham
dans quelques jours s’annonçait déjà à hauts risques avec la confusion autour du Brexit ; depuis le rejet par les Vingt-Sept du plan Chequers, la pression sur Theresa May est à son paroxysme, et contraint
la Première ministre à infléchir sa position. // PAGE 6
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02 //
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
FRANCE
Le Pen - Dupont-Aignan :
rivaux pour la même cause
Les anti-UE surfent sur la vague populiste pour
lancer sans attendre leur campagne européenne…
mais s’affrontent d’abord entre eux.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessin Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
a course européenne
des « nationaux »
commence en famille.
Nicolas Dupont-Aignan a
annoncé dimanche qu’il sera
tête d’une liste « d’union des
patriotes et des républicains »
aux élections européennes
du mois de mai ; Marine Le
Pen a prononcé un discours à
la même heure exactement.
Les deux ont quasiment la
même stratégie : surfer sur la
vague populiste que l’on
constate en Europe, mettre
l’immigration au cœur de
leur campagne, profiter des
hésitations de LR pour attirer
ses électeurs. Mais les deux
alliés du second tour de la
présidentielle le font l’un
contre l’autre. L’union oui,
mais derrière soi.
Si Marine Le Pen ne veut pas
être elle-même tête de liste
(fidèle aux électeurs qui l’ont
élue députée il y a quinze
mois, a-t-elle justifié au
« Grand Rendez-vous »
Europe 1- « Les Echos »CNews), elle ne pouvait non
plus concevoir de confier la
tête de sa liste au patron de
Debout la France. Les
discussions ont achoppé. Si
Nicolas Dupont-Aignan est
loin derrière le
Rassemblement national
dans les sondages, il ne peut
concevoir de passer à côté de
cette opportunité.
« Les leaders de partis ne
veulent pas aller au combat,
tous aux abris. Comment des
généraux peuvent-ils dire à
leurs troupes : allez-y, on reste
derrière », dit-il en visant et
Le Pen et Wauquiez.
La carte du renouveau
Les deux alliés de 2017 ne le
sont plus. Nicolas DupontAignan affiche un début de
rassemblement là où Marine
Le Pen peine à le faire
(il attire son ancien conseiller
économique Bernard Monot,
ainsi que Jean Frédéric
Poisson, le Centre national
des indépendants et paysans,
quelques têtes LR…). Et en
s’offrant le luxe de lui
demander de le rejoindre.
« J’ai été d’une loyauté totale
avant et après le fameux
débat : je ne doute pas qu’elle
fera de même. »
Nicolas Dupont-Aignan fait
au fond deux paris. Il a lui
aussi de l’espace sur le
créneau nationaliste
(« patriote », préfère-t-il dire),
puisque Laurent Wauquiez
s’apprêterait finalement à
choisir une tête de liste
proeuropéenne (Eric
Woerth, Jean Leonetti…).
Il peut se mesurer à Marine
Le Pen puisque son image
est, juge-t-il, durablement
dégradée. « N’est ce pas le
temps de dépasser l’esprit de
parti ? » lui a-t-il lancé avec
malice. Etre depuis
longtemps en politique
n’empêcherait donc pas de
jouer la carte du renouveau.
Faire d’une ancienne alliée
une rivale non plus.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Egalité salariale : les syndicats inquiets
ont écrit à Muriel Pénicaud
SOCIAL Les cinq confédérations viennent d’écrire à la ministre
du Travail. Se plaignant d’être insuffisamment associées par le
gouvernement à la concrétisation de sa promesse de suppression des écarts salariaux dans les entreprises d’ici à 2022, elles
réclament un rendez-vous en urgence. Elles craignent que les
critères de mesure des inégalités hommes-femmes retenus qui
doivent être présentés mi-octobre n’« invisibilis [ent] les écarts
de rémunération plutôt que de les résoudre ».
Retrouvez l’intégralité de l’article sur lesechos.fr
Bayrou conseille à Macron de « sortir
de l’Elysée » pour parler aux Français
POLITIQUE A l’université de rentrée du Modem, François Bayrou
a revendiqué le rôle de « voix libre » de la majorité et a rappelé la
ligne du parti, entre « loyauté et exigence ». « Il faut sortir de l’Elysée […] s’adresser le plus souvent possible et le plus directement possible aux Français », a-t-il dit, en présence de Christophe Castaner.
Retrouvez l’intégralité de l’article sur lesechos.fr
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
FINANCES PUBLIQUES
Budget : Macron remet son
pari fiscal au centre du débat
l Le gouvernement promet 6 milliards de baisse d’impôts pour les ménages.
l Le Haut Conseil des finances publiques critique l’effort structurel
sur le déficit promis par l’exécutif.
Un excédent à la
Sécu en 2019
Renaud Honoré
@r_honore
Budget du rabot ou des baisses
d’impôt ? Alors que l’annonce fin
août d’un quasi-gel de prestations
sociales avait marqué l’opinion, le
gouvernement va tenter de changer
la perception de son projet de loi de
finances pour 2019 présenté ce
lundi. Avec un argument massue :
les ménages devraient bénéficier
d’une baisse d’impôts de 6 milliards
d’euros l’an prochain. « On baisse
massivement des impôts. Il faut que
tout le monde se déploie, qu’on
l’explique, qu’on le martèle », a expliqué en substance Emmanuel
Macron vendredi, lors d’une réunion avec les députés LREM de la
commission des Finances.
Le déficit du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse de la Sécurité sociale devrait, selon
nos informations, avoisiner 1 milliard d’euros en
2018. En 2019, il ferait
place à un excédent proche de 1 milliard.
Champion des transferts
Pour arriver à ce montant, l’exécutif
agglomère toute une série de mesures : la poursuite de la baisse de la
taxe d’habitation (3,8 milliards), les
pleins effets de la suppression des
cotisations salariales pour les actifs
(4 milliards), alors qu’elle n’avait été
que partielle une grande partie de
l’année en 2018, mais aussi la baisse
de la CSG pour 300.000 retraités
annoncée récemment (300 millions) et l’exonération de cotisations
sur les heures supplémentaires
(600 millions). Des sommes conséquentes en partie amputées par la
facture sur l’énergie toujours orientée à la hausse (1,9 milliard) et l’augmentation du prix des cigarettes
(400 millions).
Au final, la diminution est nota-
ble, mais elle ne concernera pas
toutes les catégories de la population de la même façon compte tenu
des importants transferts (notamment entre actifs et retraités) pour
lesquels le gouvernement a opté.
« Je pense que les gens vont s’y perdre,
c’est d’une illisibilité totale. Emmanuel Macron est le champion du
monde des transferts, à mon sens,
inutiles », dénonce Eric Woerth,
président (LR) de la commission
d e s Fi n a n c e s à l ’A s s e m b l é e .
D’autant que la baisse de 6 milliards
va être rognée par le quasi-gel de
certaines prestations sociales.
L’OFCE – qui a opté pour un comptage plus complet – confirme une
hausse du pouvoir d’achat en 2019,
mais de seulement 3,5 milliards.
Prévisions « plausibles »
Par ailleurs, s’il y a bien un effort
pour les ménages, il est moindre
que celui consenti en faveur des
entreprises. Selon nos informations, le gouvernement le chiffre à
13,3 milliards d’euros. Et encore, la
somme est minorée par un artifice
comptable lié à la réforme de la formation professionnelle, sans
laquelle on serait à 19,3 milliards.
Un total qui doit beaucoup à la bascule du CICE en baisse de charges,
qui rendra 17 milliards aux entreprises (le montant est amputé du
décalage de la baisse de charges sur
les bas salaires et d’un surcroît d’IS).
Dans ce grand jeu de réformes fiscales, le gouvernement espère contenir le déficit à 2,8 % du PIB l’an
prochain, malgré une croissance
revue à la baisse à 1,7 %. Des chiffres
jugés réalistes par le Haut Conseil
des finances publiques. Dans un
avis attendu ce lundi et dont « Les
Echos » ont pris connaissance, cette
autorité indépendante juge la prévision de croissance et de déficit
« plausible ». En revanche, le maigre
effort structurel (0,3 point de PIB)
promis par le gouvernement fait
tousser ces experts. Ce chiffre intègre une mesure de hausse du cinquième acompte d’IS pour les entreprises, qui est tout sauf pérenne.
« Ce choix, discutable, améliore
l’ajustement structurel présenté par
le gouvernement de près de 0,1 point
de PIB en 2019 », est-il écrit dans
l’avis.
Lire l’éditorial
(
d’Etienne Lefebvre
Page 9
Les premiers pas timides de la refonte de l’Etat
Le Premier ministre va
envoyer dans les prochains
jours des lettres de mission
aux ministères, qui
s’inspireront en grande
partie des mesures
proposées par CAP 2022.
A la surface, on aperçoit surtout
les traces laissées par les coups de
rabot. Le projet de loi de finances
(PLF) pour 2019 aurait du mal a
priori à se faire passer pour un grand
acte de la transformation de l’action
publique : une grande partie des économies provient de la désindexation
de certaines prestations sociales,
tandis que le nombre limité de suppressions de postes de fonctionnaires (4.500 en moins) ne semble pas
témoigner d’un grand chambardement du fonctionnement de l’Etat.
Pourtant, le chantier inauguré
avec le comité d’experts CAP 2022 –
censé donner les pistes d’une
réforme de l’Etat ambitieuse – n’est
pas complètement absent du paysage de ce budget. Il y a d’abord les
nouvelles coupes dans les effectifs
de Bercy, à l’administration fiscale,
comme dans le réseau régional
d’aides aux entreprises.
Lettres de mission
Le ministère des Sports a aussi
lancé une réforme qui va ponctionner les grandes fédérations sportives pour la prise en charge des conseillers techniques sportifs. Les
premières briques de la réforme de
l’audiovisuel sont posées. Autant de
propositions qui figuraient dans le
fameux rapport CAP 2022, dont la
publication avait été escamotée cet
été par Matignon. « Beaucoup des
mesures annoncées au cours des
dernières semaines sont le fruit des
préconisations que nous avons
faites », a estimé mercredi dernier
Frédéric Mion, coprésident de CAP
2022, dans une audition au Sénat.
Les choses sont censées s’accélérer en ce début d’automne. Selon
nos informations, le Premier ministre, Edouard Philippe, doit envoyer
dans les prochains jours des lettres
de mission à chaque ministre, qui
cadreront leur programme en
matière de réforme de l’action publique d’ici à la fin du quinquennat. Des
instructions qui porteront la marque du travail poursuivi tout l’été
entre les administrations et les principaux animateurs de CAP 2022.
Dès la fin 2018,
certains services
publics devront
afficher des indicateurs
de résultats.
« Au final, pas loin de 70 % des
mesures énoncées dans le rapport
devraient être reprises par le gouvernement », estime l’une des chevilles ouvrières du comité
d’experts. Emmanuel Macron et
Edouard Philippe vont par ailleurs
réunir, le 12 décembre, les 1.500
plus hauts cadres de l’Etat pour
leur détailler cette feuille de route.
Celle-ci devra notamment détailler
les missions de l’Etat que l’exécutif
entend « reconfigurer » – c’est-àdire déléguer plus franchement
aux collectivités locales ou à des
agences. « Il faut aussi refonder
l’administration autour de la confiance et de la responsabilisation », a
expliqué devant le Sénat Véroni-
Edouard Philippe devrait donner une seconde vie aux propositions du comité d’experts CAP 2022. Photo SIPA
que Bédague-Hamilius, autre
coprésidente de CAP 2022. En clair,
l’Etat devra laisser plus de marge
aux acteurs locaux.
Formés à la polyvalence
Matignon veut également étendre à
trois autres territoires l’expérience
réalisée depuis quelques mois à
Cahors, où les agents des différents
services publics sont formés à la
polyvalence : l’idée est qu’un agent
de la Caisse nationale des allocations
familiales (CNAF) puisse aider un
usager à remplir des formalités pour
un autre ser vice comme Pôle
emploi. A côté de cela, des grands
chantiers transversaux sont lancés.
Dès la fin 2018, certains services
publics (consulats, caisses primaires
d’assurance-maladie, caisses d’allocations familiales, mais aussi com-
missariats, etc.) devront afficher des
indicateurs de résultats. « L’administration est un peu trop tournée vers
elle-même. Avec ce système, nous voulons imposer une corde de rappel qui
mettra la pression pour résoudre des
problèmes éventuels », souligne le
membre du comité.
L’action se veut donc large, au risque de se perdre dans des microréformes. « Certes cela n’a pas la simplicité du slogan de la RGPP de Nicolas
Sarkozy (un fonctionnaire sur deux
remplacé) mais on vise une transformation plus profonde », ajoute-t-il.
Une grande partie de la réussite de
l’entreprise tiendra sans doute à
l’engagement au plus haut niveau de
l’Etat. Or pour le moment, ni Emmanuel Macron ni Edouard Philippe
n’ont réellement mis leur poids politique sur le dossier. — R. Ho.
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FRANCE // 03
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
3
INTERVIEW // PHILIPPE MARTIN Président délégué du Conseil d’analyse économique
« La réforme de l’Etat n’a pas été pleinement engagée »
dre des mesures pour réduire le
déficit. Son dérapage est très limité
et, par ailleurs, je considère que la
poursuite des réformes ne peut pas
s’accompagner d’un ajustement
budgétaire trop dur.
Propos recueillis par
Guillaume de Calignon
@gcalignon
et Renaud Honoré
@r_honore
Comment expliquez-vous la
croissance française décevante
depuis le début de l’année ?
La contre-performance s’explique
d’abord par la hausse du prix du
pétrole, mais aussi les grèves du
printemps et un contrecoup suite à
la forte activité de la fin 2017. La décision du gouvernement de faire en
deux temps la suppression des cotisations maladie et chômage pour
les salariés, alors que la CSG augmentait d’un coup en début d’année,
a aussi joué sur la dynamique du
pouvoir d’achat et de la consommation. Le gouvernement a pris un risque avec cette mesure, celui d’affaiblir la croissance de début d’année.
Si nous n’assistons pas à un fort
rebond de la consommation en fin
d’année alors que le pouvoir d’achat
augmentera du fait de la suppression de toutes les cotisations et de la
première baisse de la taxe d’habitation, cela signifiera que le problème
est plus grave que ce problème de
calendrier. Ce n’est pas cependant
le scénario le plus probable.
Comment jugez-vous la stratégie d’économies de l’exécutif ?
Je ne suis pas choqué par l’effort
demandé aux retraités pour augmenter le salaire net des jeunes
actifs, qui ont plus de mal financièrement. En revanche, la réforme de
l’Etat, qui, à terme, permettra une
baisse pérenne des dépenses publiques, n’a pas été pleinement engagée
et le gouvernement est donc obligé
de pratiquer ce qui peut apparaître
comme une politique du rabot. Cela
peut être efficace comptablement,
notamment en ce qui concerne la
faible revalorisation des retraites ou
des aides au logement, mais cela ne
dessine pas une réforme de l’Etat.
Aurait-il fallu mettre plus
à contribution les entreprises
pour tenir les déficits ?
La logique devrait être que la baisse
du taux de l’impôt sur les sociétés
s’accompagne d’une réduction des
niches fiscales. J’approuve ce qui
vient d’être décidé sur l’élimination
des exemptions de taxes sur le diesel
dans certains secteurs. Le gouvernement aurait pu aller plus loin en
incluant davantage de secteurs et
en combinant objectif environnemental, réduction du déficit et des
distorsions. Je ne suis pas non plus
Le gouvernement a-t-il eu
raison de laisser légèrement
filer le déficit par rapport
à ses objectifs du printemps ?
Oui, parce que ce n’est pas quand la
croissance ralentit qu’il faut pren-
sur une ligne de crête entre la nécessité de commencer le processus de
baisse de la dette et celle de ne pas
trop plomber la croissance. Pour
réduire la dette de 4 points de PIB
d’ici à 2022, il faudra continuer
cet effort sur les dépenses et donc
accepter au moins pendant deux
ans une croissance réduite d’environ 0,3 point. C’est toujours l’année
au cours de laquelle le taux de
croissance de la dépense publique
commence à baisser en volume qui
est la plus dure.
Philippe Martin a été conseiller économique d’Emmanuel Macron
durant la campagne présidentielle. Photo DR
favorable au maintien de taux de
TVA plus bas dans certains secteurs
comme la restauration. C’est une distorsion qui ne répond à aucune logique économique et dont les effets
ont été très inférieurs aux attentes.
Peut-on encore lancer un plan
de réduction de la dépense
publique avec un ralentissement de la croissance ?
On parle non pas de baisse de la
dépense publique, mais de baisse
de son taux de croissance ! Mais
même cela aura un effet négatif sur
la croissance, qui ne sera qu’en partie compensé en 2019 par des baisses de prélèvements et aussi par la
transformation du CICE en baisse
de charges. L’une des incertitudes
pour 2019, c’est ce que feront les
entreprises du double bénéfice de
l’effet de trésorerie du CICE de 2018
et de la baisse de charges au titre de
2019. Si elles n’utilisent pas ce double apport pour faire de l’investissement, alors la politique budgétaire
aura en net un petit effet négatif sur
la croissance. C’est le scénario le
plus probable. Le gouvernement est
Beaucoup d’économistes critiquent la suppression à venir
des cotisations salariales sur
les heures supplémentaires…
La mesure a été expérimentée sous
Nicolas Sarkozy et a pu être déjà
évaluée. D’abord, la suppression
des cotisations sur les heures supplémentaires aura pour conséquence une légère augmentation
du chômage structurel, déjà élevé
en France : un employeur qui veut
produire plus sera incité à augmenter le nombre d’heures supplémentaires effectuées par ses salariés
plutôt que d’embaucher.
Par ailleurs, l’expérience Sarkozy
a suscité une optimisation fiscale
des salariés, en particulier qualifiés,
avec la complicité des entreprises.
Ils ont déclaré plus d’heures supplémentaires afin de bénéficier de la
défiscalisation, mais ils n’ont pas
travaillé plus. Il serait opportun de
limiter l’avantage de la suppression
des cotisations salariales à un mon-
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tant maximum annuel – par exemple 400 euros – pour cibler les catégories de salariés les plus modestes.
Ce sont aussi ceux qui peuvent le
moins manipuler les heures travaillées à des fins d’optimisation, au
contraire des hauts salaires.
« Le gouvernement est
sur une ligne de crête
entre la nécessité
de commencer
le processus de baisse
de la dette et celle de
ne pas trop plomber
la croissance. »
Comment jugez-vous le refus
de l’Elysée d’exclure toute
réforme des successions ?
Les Français détestent l’impôt sur
les successions, mais surestiment
massivement le montant qu’ils
devront payer. Je regrette que le
débat soit ainsi fermé, car on aurait
pu, entre autres, proposer une
réforme qui réduise la taxation des
successions des classes moyennes
financée par une augmentation de
la taxation des très grosses successions, par exemple au-delà de 1 million d’euros. Le CAE avait déjà
décidé de mettre cette question à
son programme de travail. Nous
n’allons pas l’abandonner, car une
réforme des droits de succession
est nécessaire, mais elle demande
beaucoup d’explications. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
3 FINANCES PUBLIQUES
La transformation du CICE
en baisse de charges serait sans effet
Le rapport du comité
de suivi du crédit d’impôt
pour la compétitivité
et l’emploi juge que
la « bascule » en baisse
de charges sera « globalement neutre » fiscalement,
et pour l’activité
et pour l’emploi.
Guillaume de Calignon
@gcalignon
avec Leïla de Comarmond
@leiladeco
C’est l’une des mesures budgétaires
importantes qui entreront en
vigueur au 1 er janvier prochain.
Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) va se transformer en une baisse de cotisations
d’environ 20,6 milliards d’euros.
Mais cela n’aura qu’un effet mineur,
selon le rapport d’évaluation du
comité de suivi du CICE.
Ce document, dont « Les Echos »
se sont procuré la version provisoire, s’appuie sur deux évaluations : celle de l’Agence centrale
des organismes de Sécurité sociale
(Acoss), qui a réalisé une simulation sur des données de 2016, et
celle de la Direction du Trésor. La
première conclut que le transfert
« serait a priori neutre d’un point de
vue strictement comptable ». La
seconde estime que « la mesure
aura des effets globalement neutres
sur l’activité et l’emploi ».
Deux effets contraires
Le rapport note cependant que la
hausse des allégements de cotisations jusqu’à 1,6 SMIC, prévue le
1er octobre 2019, « aura des effets différenciés sur la répartition entre secteurs et entreprises des allégements
du coût du travail » et « devrait favoriser encore davantage les secteurs
les plus intenses en main-d’œuvre
peu qualifiée ». Il cite l’exemple du
secteur de l’hébergement et de la
restauration où « les allégements
des cotisations sociales employeur
seraient accrus à hauteur de 1,3 % de
la masse salariale du secteur, selon
l’Acoss, tandis que ce ne serait le cas
qu’à hauteur de 0,4 % dans l’industrie manufacturière ».
Mais, comme les entreprises
devront payer plus d’impôt sur
les sociétés puisque les baisses de
charges, contrairement au crédit
d’impôt, viennent gonfler le résultat
net, l’effet global de la « bascule »
sera neutre, estime la Direction du
Trésor. Sauf si « la plus grande lisibilité de la nouvelle mesure jouait à
plein » et si les entreprises chan-
En 2019,
les entreprises qui
emploient des salariés
dont la rémunération
est comprise entre
1 et 2,5 SMIC vont
voir leurs charges
baisser de 6 %.
geaient leur regard sur la mesure et
ne la considéraient plus comme
une baisse d’impôt mais une baisse
du coût du travail.
Le transfert aura clairement un
effet positif sur la trésorerie des
entreprises. En 2019, celles qui
emploient des salariés dont la
rémunération est comprise
ent re 1 et 2 , 5 S MIC vo nt voi r
leurs charges baisser de 6 % dès
le début de l’année alors qu’elles
pourront déduire le CICE de leur
impôt sur les sociétés au titre de
l’exercice 2018.
Entre 145.000
et 339.000 emplois
C’est donc une avance de trésorerie
que leur octroie l’Etat l’an prochain. Mais le rapport ne se prononce pas sur l’effet qu’elle pourrait avoir sur l’investissement, les
hausses de salaires, le désendettement des entreprises ou alors les
dividendes.
Au-delà de cette évaluation, le
comité de suivi du CICE a travaillé
avec des laboratoires de recherche,
chargés d’étudier les impacts de ce
dispositif depuis 2013, date de son
application.
Les nouvelles estimations, réalisées par l’Observatoire français des
conjonctures économiques (OFCE)
ent re 2 01 3 et 2 01 5, so nt p l u s
optimistes que les précédentes : le
CICE aurait permis de créer entre
145.000 et 339.000 emplois dans
l’économie française, une fourchette qui intègre les créations de
postes dans les entreprises qui ont
bénéficié de la mesure mais aussi
les effets induits en termes de consommation par ces emplois créés. n
Comment le gel des prestations sociales s’est imposé Les recettes fiscales
incertaines du
prélèvement à la source
Ne souhaitant pas reculer
l’âge de la retraite, dégrader
la prime d’activité ou
toucher aux indemnités
journalières, le gouvernement a ressorti une vieille
recette pour réaliser
des économies massives.
ment à l’idée de réformer l’assurance-chômage, retenue au début de
l’été. Objectif, toujours, « faire des
économies tout en améliorant les incitations à l’emploi », répète-t-on dans
les cabinets ministériels. Et pour
avoir des bonnes nouvelles à annonc e r, o n va ava n c e r à s e p t em bre 2019 l’exonération de charges
sociales sur les heures supplémentaires, une dépense de 700 millions
d’euros l’an prochain. Dans l’immédiat, il n’y a pas la moindre économie
actionnable en janvier prochain.
D’autant plus que, en août, l’exécutif
renonce aux 400 millions net qui
auraient pu être gagnés sur les
arrêts maladie, en transférant une
partie de leur coût aux employeurs.
Solveig Godeluck
@Solwii
Près de 3,7 milliards d’euros. Ce n’est
pas le « trou de la Sécu », en voie de
comblement. Ce sont les économies
à trouver du côté des « Asso » –
l’ensemble des administrations de
Sécurité sociale, en langage technocratique – pour respecter les objectifs de finances publiques. Dès
février-mars, les fonctionnaires de
Bercy commencent à s’inquiéter du
budget 2019. Et à passer en revue,
simulations à l’appui, toutes les pistes d’économies imaginables. A ce
stade, il n’y a pas de tabou, la
créativité est débridée.
Dans le rôle des créatifs, on
trouve la direction de la Sécurité
sociale et la direction du Budget,
deux puissantes administrations
centrales dirigées par des femmes,
Mathilde Lignot-Leloup et Amélie
Verdier. La Direction de la recherche du ministère des Solidarités et
de la Santé (Drees), le Trésor, la
Caisse nationale d’allocations familiales sont chargés de convertir
leurs idées en nombre de perdants,
de gagnants, et en millions, voire
milliards d’euros d’économies. « On
regarde les scénarios, on s’engueule,
les ministres commencent à en parler entre eux, mais c’est seulement en
juin-juillet-août que tout se précipite,
voire en septembre », raconte un
familier de ces scènes.
Des marges contraintes
Très vite, les marges de manœuvre
s’avèrent contraintes. Réduire les
frais de santé ? Trop dur : « On avait
déjà un objectif de progression des
dépenses de 2,3 %, plutôt strict, et il
aurait fallu retirer 0,5 point pour économiser 1 milliard », constate l’un
des conspirateurs. Un milliard, c’est
justement ce que réclame la ministre de la Santé Agnès Buzyn, en
pleine préparation du plan santé,
pour requinquer ses hôpitaux…
Et si on reculait d’un an l’âge de la
retraite, alors ? Impensable. Les
travaux sur le sujet s’interrompent
très vite, car Emmanuel Macron a
promis de ne pas toucher aux para-
Le retour de l’inflation
Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Gérald Darmanin,
ministre des Comptes publics. Photo Lionel Bonaventure/AFP
mètres de la retraite alors qu’il
mène une réforme « systémique ».
De plus, le haut-commissaire en
charge de cette réforme, Jean-Paul
Delevoye, a mis son poste dans la
balance. Une victoire qui lui permet de communiquer sur le maintien des 62 ans.
En parallèle à ces réflexions, de
nouvelles dépenses s’amoncellent à
l’horizon. Emmanuel Macron a
décidé de surseoir à la présentation
du plan pauvreté, qui manque
d’ambition à ses yeux, afin d’ajouter
un volet retour à l’emploi. « Entre
avril et juin, des centaines de millions
d’euros de dépenses ont été rajoutées
pour la contractualisation avec les
départements et les emplois d’insertion », raconte un acteur.
Le président souhaite qu’on se
focalise sur le travail plutôt que de
remplir le tonneau percé des prestations sociales. D’autant plus qu’elles
coûtent « un pognon de dingue »,
comme il s’en expliquera par vidéo
interposée en juin. Les ministres ont
entendu. En mai, Bruno Le Maire à
l’Economie, Gérald Darmanin aux
Comptes publics attaquent dans les
médias les « aides sociales ». La
prime d’activité se retrouve dans le
viseur. La prestation créée en 2016
ciblant les travailleurs modestes est
victime de son succès. Son coût
dérape. Alors que l’exécutif a fait
« Début août, on
avait déjà stabilisé
les idées. Il n’y avait
pas beaucoup
de suspense
sur le RSA. »
UN PROCHE DU DOSSIER
voter sa revalorisation exceptionnelle de 50 % au niveau du SMIC au
cours du quinquennat, certains y
donneraient bien un coup de rabot,
pour la recentrer sur les plus pauvres. C’est niet. « Le PM et le PR [le
Premier ministre et le président, en
langage techno] ont convergé. Ce
n’était pas cohérent avec notre discours. La prime n’est pas désincitative
à l’emploi », explique-t-on dans les
allées du pouvoir. Agnès Buzyn, la
ministre des Solidarités, est soulagée. Dans la fabrication du budget
de la Sécurité sociale, dont elle a
théoriquement la cotutelle avec
Gérald Darmanin, elle ne pèse pas
bien lourd. Matignon est au four et
au moulin, avec un directeur de
cabinet adjoint, Thomas Fatome,
qui est l’ancien patron de la direction de la Sécurité sociale.
La ministre se range plus facile-
Reste un levier classique, le gel ou la
sous-indexation des prestations
sociales. Cela revient en particulier à
faire stagner les pensions. Le coup
sera d’autant plus réussi que les prix
augmenteront vite, et justement,
l’inflation est révisée à la hausse en
cours d’année, à 1,6 %. Banco. Les
revalorisations seront contenues à
0,3 %. Quant au périmètre, on ne
touchera pas à l’allocation adulte
handicapé, à la prime d’activité et au
minimum vieillesse, qui bénéficient
de coups de pouce présidentiels.
Mais faut-il faire subir l’« évolution
modérée », comme on dit à Matignon, au revenu de solidarité
active ? Jusqu’au dernier arbitrage,
fin août, Bercy joue avec l’idée de
profiter de la reprise de l’emploi
pour freiner sur le RSA… Balivernes,
il n’en a jamais été question, assure
l’une des personnes dans le secret –
elles sont moins de dix : « Avant de
partir en vacances début août, on
avait déjà stabilisé les idées. Il n’y avait
pas beaucoup de suspense sur le
RSA. » Pas de gel total, pas de coup de
massue sur les plus pauvres : « On
était convaincus que c’était une politique intelligente, parce qu’elle nous
permettait de financer des plans de
transformation allant bien plus loin
que les plans de nos prédécesseurs »,
note un autre.
Et puis l’armure de silence commence à se fissurer. La désindexation fait la une des « Echos » le vendredi 23 août. Le dimanche,
Edouard Philippe dévoile la mesure
dans le « JDD ». Avec plus de 3 milliards d’euros d’économies par an
pendant deux ans, la Sécurité
sociale sera bien au rendez-vous de
la maîtrise des dépenses. n
La Cour des comptes
évalue le risque de pertes
fiscales à 2 milliards
d’euros. Mais l’Etat pourrait
aussi y gagner car l’impôt
s’appliquera directement
aux revenus de 2019.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Les recettes d’impôt sur le revenu,
de 73 milliards d’euros environ,
pèsent peu dans la grande masse
des 1.000 milliards d’euros de prélèvements obligatoires. Il n’empêche que le prélèvement à la source
présente un risque pour le budget
de l’Etat suffisamment élevé pour
entrer dans le viseur de la Cour des
comptes. Dans leur rapport sur la
perspective des finances publiques, les magistrats financiers estiment le risque de pertes fiscales à
2 milliards d’euros, soit 0,1 point de
PIB. « L’incertitude qui entoure,
dans le programme de stabilité, la
prévision du niveau des revenus de
2019 est plus de deux fois supérieure
à celle qui entoure celui de 2018 »,
indique le rapport.
+ 3 % de masse salariale
D’un certain côté, le grand saut
vers l’impôt à la source pourrait
faire rentrer plus d’argent dans les
caisses de l’Etat. L’impôt s’appliquera directement aux revenus de
2019, a priori supérieurs à ceux de
2018, puisque la masse salariale
progresse de plus de 3 %.
En retenant l’hypothèse d’une
croissance des revenus de 3 %, le
rendement de l’impôt sur le revenu
augmente rait de 2 millia rds
d’euros. Un autre facteur est pris en
compte pour le calcul des rentrées
fiscales : celui du taux de recouvrement. Ce taux est particulièrement
difficile à prévoir car il dépendra
de la façon dont se passera la transition. A l’heure actuelle, le taux
observé s’élève à 95 % la première
année. Si les revenus sont prélevés à
la source, il devrait s’aligner à terme
sur le niveau de recouvrement des
cotisations, soit 99 %. Le gouvernement a retenu une hypothèse intermédiaire de 97 %. Si le taux effectif
est de 2 points inférieur ou supérieur, cela se traduira par une perte
ou un gain de 1,5 milliard d’euros.
A cela s’ajoute une incertitude
liée aux possibilités de modulation
des prélèvements à la hausse ou à
la baisse. Les contribuables dont
les revenus baissent de plus de 10 %
pourront ajuster leur taux de prélèvement. Par rapport aux fluctuations observées entre 2013 et 2015,
le gouvernement a évalué le risque
de perte de recettes à 750 millions
d’euros. Cette estimation se base
sur une hypothèse selon laquelle
un foyer sur quatre utiliserait cette
possibilité.
Prévision de revenus
pour l’année suivante
Si le taux de recours est de 50 %, cela
représenterait un coût supplémentaire de 750 millions d’euros. A
l’inverse, les contribuables pourront
moduler leur taux à la hausse en cas
de forte progression de leurs revenus. Mais ils devraient être beaucoup moins nombreux à recourir à
cette possibilité. L’Etat en attend
seulement 100 millions d’euros de
recettes supplémentaires.
Une chose est sûre, les recettes
de l’impôt sur le revenu seront plus
difficiles à prévoir. Jusqu’ici, Bercy
devait faire une prévision sur la
base des revenus de l’année écoulée.
Désormais, il faudra s’appuyer sur
une prévision de revenus pour
l’année suivante. n
Les chiffres clefs
97 %
L’HYPOTHÈSE DU TAUX
DE RECOUVREMENT
RETENUE POUR
LE PRÉLÈVEMENT
À LA SOURCE
A terme il devrait s’aligner
sur celui du recouvrement
des cotisations, soit 99 %.
750
MILLIONS D’EUROS
DE PERTE DE RECETTES
L’évaluation du gouvernement a été faite par rapport
aux fluctuations observées
entre 2013 et 2015.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
Unédic : patronat et syndicats
face aux exigences de l’Etat
SOCIAL
Le gouvernement
a présenté vendredi
son cahier des charges
sur l’assurancechômage.
La lettre de cadrage
qui les formalise sera
envoyée mardi
ou mercredi.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
avec Alain Ruello
Le gouvernement a abattu ses cartes. Les partenaires sociaux ont pris
connaissance vendredi de ses exigences sur l’assurance-chômage
lors d’une réunion au ministère du
Travail. « Même si on savait qu’il
demanderait des économies conséquentes, on est tous sortis un peu sonnés », commente un syndicaliste.
Certes, les mots qui fâchent–
dégressivité (des allocations-chômage) et bonus-malus (contre les
contrats courts) – n’ont pas été prononcés. Certes, l’ouverture de discussions avec l’Etat sur l’articulation
entre assurance et solidarité nationale se veut un geste d’ouverture.
Mais avec 3 à 3,9 milliards d’euros
d’économies sur trois ans demandées, la note est salée. Syndicats et
patronats sont censés avoir toute
latitude pour les réaliser. Mais il y
aura quatre dispositifs à revoir. Les
trois premiers sont le cumul entre
activité et indemnisation lié à la
« permittence » ; le régime qui permet aux salariés ayant plusieurs
employeurs d’être indemnisés
quand ils en perdent un ; les règles
de calcul du salaire servant de base à
l’allocation-chômage.
Un dossier très complexe
S’y ajoute la demande de mesures
permettant de relever le taux de
retour à l’emploi des cadres, trop
nombreux à ne se reclasser qu’à
l ’a p p r o c h e d e l a f i n d e l e u r s
droits. Leur appliquer une dégressivité des allocations, contre laquelle
la CGC est vent debout, « est une des
manières de régler le problème »,
note-t-on dans l’entourage de Muriel
Pénicaud, mais sans fermer la porte
à d’autres solutions. « L’état d’esprit,
c’est des économies, des économies […]
sur le dos des chômeurs », a dénoncé
Michel Beaugas de FO à la sortie du
ministère du Travail, comme ses
homologues de la CGT, de la CGC et
de la CFDT. Jean-Michel Pottier, de
la CPME, a critiqué une « réforme à
l’envers » centrée sur « l’objectif budgétaire », tandis qu’Hubert Mongon
du Medef pointait de façon neutre
« les enjeux liés à la trajectoire financière ». Mais tous sont restés très
prudents sur l’éventualité de l’ouverture d’une négociation.
Outre l’ampleur des efforts
demandés, de nombreux facteurs
complexifient le dossier : un passif
entre les partenaires sociaux et le
gouvernement sur le respect des
accords paritaires précédents, une
sensibilité en interne à chaque
organisation sur le sujet, mais aussi
l’arrivée au début de l’été de deux
nouveaux numéros un, Geoffroy
Roux de Bézieux côté Medef et Pascal Pavageau côté Force ouvrière.
Pour être fixé sur ce point, il va falloir attendre « plusieurs semaines »,
a affirmé Hubert Mongon. Méfiants,
les partenaires sociaux attendent de
lire la lettre de cadrage qui va reprendre par écrit les éléments donnés
oralement vendredi. Elle est promise pour « mardi ou mercredi ». Le
rendez-vous suivant sera la réunion,
mercredi et jeudi, du Comité confédéral de FO (son parlement). Pascal
Pavageau, lui, a demandé de se prononcer sur l’opportunité d’aller
négocier, alors que d’ordinaire, c’est
une décision qui se prend dans le
cénacle bien plus réduit du bureau
confédéral. Cela renverra à la réunion que les syndicats devraient
décider de tenir à cinq la semaine
suivante, selon l’un d’eux. Ce n’est
donc probablement que la semaine
d’après que devrait se tenir une autre
rencontre, cette fois-ci à 8, avec les
organisations patronales, au sein du
groupe paritaire politique de l’Unédic. Sachant que le gouvernement a
donné aux partenaires sociaux jusqu’à la fin janvier. n
LE GRAND RENDEZ-VOUS //
EUROPE 1 - « LES ÉCHOS » - CNEWS
Marine Le Pen
contre l’extension
de l’accès à la PMA
Mardi, le Comité
d’éthique rend
son rapport
sur la prochaine
loi de bioéthique.
Invitée du
« Grand Rendez-vous »
Europe 1 - « Les Echos »
- CNews, Marine Le Pen
explique sa vision.
Julie Chauveau
@juliechauveau
« Nous considérons que la PMA doit
être réservée aux couples qui ont des
problèmes d’infertilité et à ceux qui
risquent de transmettre à leurs
enfants des maladies graves. » Invitée
du « Grand Rendez-vous » Europe
1- « Les Echos » - C News, Marine Le
Pen, présidente du Rassemblement
national, a pris position alors que le
Comité d’éthique rendra mardi
25 septembre son rapport sur la
prochaine loi de bioéthique.
Sur l’extension de la procréation
médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules, elle ajoute : « Un enfant peut
être privé de son père ou de sa mère
par un accident de la vie, et c’est malheureux. Mais organiser et soutenir,
pour un Etat, la mise en œuvre de la
privation pour un enfant de l’un de
ses deux parents, ne m’apparaît pas
être une bonne solution. » Le gouvernement, qui a appelé vendredi à
un « débat apaisé qui respecte les
problématiques de vie de chacun »
sur la PMA, a prévu de présenter
avant la fin de l’année un projet de
loi qui sera débattu par le Parlement début 2019.
Deux élus LR sur la liste ?
Interrogée sur le nom de la future
tête de liste de son parti pour les
élections européennes en mai prochain, la présidente du Rassemblement national indique que le choix
n’est toujours pas fait. « J’ai été élue
Marine Le Pen, présidente
du Rassemblement national.
Photo Marie Etchegoyen/Capa Pictures
pour Europe 1
députée il y a un tout petit peu plus
d’un an, les Français ne comprendraient pas que je parte à nouveau
comme tête de liste. D’ici quelques
semaines, vous saurez qui sera candidat et qui sera également présent
sur cette liste. […] mais au rassemblement national nous avons tous la
même ligne politique, ce qui n’est pas
le cas pour Les Républicains et peut
être pour En marche », ajoute-t-elle.
En revanche, deux élus LR,
Thierry Mariani, ancien ministre
des transports de Nicolas Sarkozy,
et Jean-Paul Garraud, ex-député de
la Gironde, pourraient « très certainement » figurer sur la liste.
Un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour les européennes de mai
prochain, publié le 14 septembre
dernier, a placé le rassemblement
national à 21 %, au coude-à-coude
avec La République En marche
(21,5 %). Marine Le Pen a rappelé
que son parti a voté en bureau politique en juillet dernier une résolution
« tenant compte du fait que les Français avaient peur de la sortie de l’euro,
ce big bang institutionnel qu’on leur
proposait ». La première des priorités de son parti, c’est « la maîtrise des
frontières et le problème des accords
de libre-échange ». n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ZONE EURO : LA HAUSSE
DU PRIVÉ RALENTIT
ITALIE : LA CROISSANCE
2017 REVUE À LA HAUSSE
La croissance
de l’activité privée
en zone euro a légèrement
ralenti en septembre,
enregistrant un plus bas
sur les derniers quatre mois,
selon la première
estimation de l’indice
PMI Markit. L’indice
mensuel s’affiche
à 54,2 points en septembre,
contre 54,5 en août.
Le PIB italien a augmenté
en 2017 de 1,6 %, selon
les nouveaux chiffres
de l’Istat, qui a révisé
à la hausse de 0,1 point
sa précédente estimation.
Selon les nouveaux chiffres,
la croissance italienne
s’est établie à 1,1 % en 2016
et à 0,9 % en 2015,
contre 1 % estimé
précédemment.
+0,8 %
LE PIB DES PAYS-BAS
AU DEUXIÈME TRIMESTRE
Le PIB des Pays-Bas
a progressé de 0,8 %
au deuxième trimestre
par rapport au trimestre
précédent, selon l’Office
central des statistiques.
En glissement annuel,
les Pays-Bas ont connu
une croissance de 3,1 %.
Brexit : le camouflet de Salzbourg accroît
encore la pression sur Theresa May
l Le rejet du plan de Chequers par les Vingt-Sept lors du sommet de Salzbourg a provoqué un psychodrame outre-Manche.
l La Première ministre est en situation très inconfortable, à quelques jours de la grande conférence des conservateurs.
ROYAUME-UNI
« A ce stade avancé
des négociations, il
est inacceptable de
tout simplement
rejeter les
propositions de
l’autre partie sans
explication détaillée
et sans contreproposition. »
Alexandre Counis
@alexandre counis
— Correspondant à Londres
Les Européens se seraient bien passés cette année de la grand-messe
annuelle du parti conservateur, qui
s’ouvre en fin de semaine à Birmingham. A quelques jours de ce rendez-vous qui s’annonçait déjà à haut
risque pour Theresa May, le rejet par
les Vingt-Sept de son plan de Chequers a non seulement donné un
sérieux coup de chaud aux négociations sur l’après-Brexit avec Londres, mais il a aussi provoqué un
véritable psychodrame ce week-end
outre-Manche, qui accroît encore la
pression pesant sur les épaules de la
Première ministre conservatrice…
et l’assoit un peu plus sur un siège
éjectable.
Premier acte de cette incroyable
montée en température, la réaction
unanimement très négative de la
presse britannique, vendredi matin,
au lendemain du sommet de Salzbourg. Une véritable « humiliation »
pour la Première ministre, n’ont pas
hésité à titrer « The Guardian » et
« The Times ». « Votre Brexit est
foutu », ajoutait le « Daily Mirror »,
pendant que la BBC déplorait un
échec « gênant pour la Première
ministre ».
THERESA MAY
Première ministre
Scénario chaotique
Bref, les Britanniques tombent de
haut : alors que le gouvernement
leur répète à l’envi depuis plusieurs
mois que c’est le seul plan crédible
sur la table et le seul moyen d’échapper à un scénario de « no deal », ils
découvrent brutalement que le plan
de Chequers, à Salzbourg, ne passe
pas.
Deuxième acte vendredi midi :
accusée d’avoir livré devant les chefs
d’Etat européens une bien piètre
prestation, notamment en leur
lisant peu avant minuit mercredi
une déclaration dont ils connaissaient déjà la teneur, la Première
ministre contre-attaque en prenant
la parole depuis Downing Street.
L’avenir se complique pour Theresa May. Photo Jack Taylor/AP/Sipa
Le ton est martial, et le regard noir.
« A ce stade avancé des négociations, il
est inacceptable de tout simplement
rejeter les propositions de l’autre partie sans explication détaillée et sans
contre-proposition », lance-t-elle face
caméra. Pour elle, les discussions
sont « dans l’impasse ». Et lorsqu’elle
conclut en disant qu’elle « se tient
prête », on comprend que c’est pour
reprendre les discussions avec
Bruxelles… mais aussi pour faire
face si besoin au scénario chaotique
d’un « no deal », où le Royaume-Uni
quitterait l’Union européenne sans
accord de divorce à l’amiable.
Moment de crispation
La Première ministre a sans doute
fait à Salzbourg une double erreur.
Prendre de haut les dirigeants européens, d’abord, en leur présentant
Chequers comme une proposition à
prendre ou à laisser. Croire et laisser
croire, ensuite, qu’elle pourrait y
obtenir suffisamment de soutien des
Vingt-Sept pour s’en prévaloir
devant ses propres troupes à
Birmingham.
Les Européens, de leur côté, ont
pris un risque : celui de fragiliser
Theresa May, voire de précipiter la
chute de son gouvernement. Reste à
voir quelles conséquences cela aura
en pratique. Les négociations, au
niveau technique, ne sont pas bloquées. Et ce moment de tension,
voire de crispation, était de toute
façon prévisible, même s’il arrive un
peu tôt dans les pourparlers.
L’avenir se complique en revanche pour Theresa May. A Birmingham, elle s’apprête à affronter les
critiques des « hard Brexiters » du
parti, mais aussi celle de son aile
europhile, sur un plan Chequers
pour lequel elle ne peut plus se prévaloir de l’appui de Bruxelles.
Certaines voix se sont élevées dès
vendredi, au sein du gouvernement,
pour l’inciter à revoir sa copie. Et le
Conseil des ministres de ce lundi
s’annonce houleux. Selon le « Telegraph », la secrétaire d’Etat au Travail et aux Retraites, Esther McVey,
et la secrétaire d’Etat au Développement international, Penny Mordaunt, pourraient démissionner si
aucun plan B n’est envisagé. n
Pourquoi Corbyn peine à
surfer sur les déboires de May
La conférence annuelle
du Labour, qui se tient
jusqu’à mercredi à Liverpool, aura valeur de test.
Alors que le gouvernement conservateur de Theresa May est empêtré
dans les affres du Brexit, l’opposition travailliste devrait afficher
une confortable avance dans les
sondages. Or, le Labour doit se
contenter d’être au coude à coude
avec les tories. Pis : selon un récent
sondage YouGov, seulement 20 %
des Britanniques voient en Jeremy
Corbyn un bon leader… là où ils
sont 27 % à en dire autant de la si
contestée Theresa May.
Les raisons de cet apparent paradoxe sont nombreuses et profondes.
Le Labour, dont la grande conférence annuelle ouverte ce week-end
à Liverpool réunit jusqu’à mercredi
pas moins de 13.000 militants, reste
d’abord l’objet de guerres intestines.
L’aile gauche, qui a porté Corbyn
aux manettes en septembre 2015,
cherche à marginaliser les centristes
ou les modérés pour mieux asseoir
son emprise sur le parti. Les députés
qui osent sortir du rang sont régulièrement critiqués par les militants
pour leur manque de loyauté envers
« Jeremy ». Le malaise est tel que
certains ne feront pas le voyage à
Liverpool.
Luttes fratricides
Dernier épisode en date, le coup
de force de l’aile gauche pour tenter
d’évincer les « MPs » venant de la
droite ou du centre du parti, en
ouvrant davantage le mécanisme
de sélection des candidats dans
la perspective des prochaines législatives. Un projet qui met dans
le viseur une trentaine de députés,
et contre lequel Jeremy Corbyn a
refusé de s’élever.
Le parti peine, ensuite, à faire
entendre ses propositions sur le
fond. Son message est brouillé
depuis six mois par les accusations
d’antisémitisme dont font l’objet
Corbyn et ses soutiens, et que ses
proches peinent à contrer. Plusieurs
responsables ou députés ont claqué
la porte du Labour en disant qu’ils
ne reconnaissaient plus leur parti.
La dernière raison vient… du
Brexit lui-même. Deux ans après
le vote, le sujet continue de déchirer
les travaillistes. Liverpool aura pour
eux valeur de test.
Keir Starmer, le monsieur Brexit
du Labour, avait dû laisser planer la
menace d’une démission pour forcer Jeremy Corbyn à prendre position pour un maintien dans l’Union
douanière avec l’UE. Aujourd’hui, le
député Chuka Umunna plaide pour
l’organisation d’un deuxième référendum. Mais la direction du parti
préfère garder tous les scénarios
ouverts pour conserver des marges
de manœuvre. Pas question de prêter le flanc à la critique en précisant
sa ligne. Difficile aussi de prendre de
face les 37 % d’électeurs travaillistes
qui ont voté Brexit.
Le sujet pourrait être l’un des
grands enjeux de Liverpool. Plusieurs sections locales poussent des
motions réclamant un référendum
sur le futur « deal » entre Londres et
Bruxelles, avec une option proposant de se maintenir dans l’UE. Tout
le jeu de Corbyn sera d’éviter qu’elles
ne soient adoptées… sans pour
autant fermer catégoriquement
la porte à un second référendum.
La seule stratégie du Labour est,
à ce stade, d’attendre un faux pas
de Theresa May en espérant qu’une
chute du gouvernement lui permette de prendre Downing Street à
l’occasion de législatives anticipées.
Jeremy Corbyn a ainsi prévenu que
le Labour ne soutiendrait pas
l’accord conclu avec Bruxelles
quand il sera soumis au Parlement.
« Il n’est pas question pour eux de
lancer à la Première ministre une
bouée de sauvetage », décrypte le
politologue Tim Bale, de l’université
Queen-Mary. — A. C.
TVA : l’Europe a perdu 147 milliards d’euros
UNION EUROPÉENNE
Pierre Moscovici
presse les Etats
de réformer
la collecte de la TVA
transfrontalière pour
lutter contre les
fraudes au carrousel.
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
C’est un gros trou dans la caisse.
Selon un rapport publié vendredi
par la Commission européenne,
l’« écart de TVA », soit la différence
entre les recettes théoriques et les
sommes effectivement perçues,
s’est établi à 147,1 milliards d’euros
en 2016 dans l’Union européenne. C’est 5 milliards de moins
qu’en 2015, mais cela représente
encore 12 % des recettes totales de
TVA et, par exemple, trente fois les
recettes attendues d’une éventuelle
taxe Gafa.
L’écart de TVA a diminué dans
une large majorité d’Etats membres, mais l’étude pointe comme
chaque année que tous sont loin
d’être au même degré d’efforts et de
résultats. La Suède et la Croatie ne
« Une amélioration
substantielle
ne sera possible
qu’avec l’adoption
de la réforme. »
PIERRE MOSCOVICI
Commissaire aux Affaires
économiques
perdent que 1 % de leurs recettes
théoriques, l’Italie 25 % et la Grèce
30 %. En France, l’écart est resté stable à 12 %, mais il a augmenté d’un
milliard d’euros en valeur absolue,
pour se porter à 20,8 milliards.
Pierre Moscovici, commissaire
aux Affaires économiques, salue
« les efforts » déployés par les Etats
et « les progrès » enregistrés. Mais il
souligne surtout qu’« une perte de
150 milliards d’euros par an pour les
budgets nationaux reste inacceptable, en particulier lorsque sur cette
somme, 50 milliards finissent dans
les poches des fraudeurs, des criminels, voire même des terroristes ».
Cinquante milliards, c’est la
somme qui est détournée par les
complexes systèmes dits de
« fraude au carrousel », qui exploitent les failles des circuits de col-
lecte de la TVA transfrontalière,
selon les estimations de la Commission. Ces systèmes ont été instaurés
en 1993 après la mise en place du
marché unique, et jamais corrigés
en profondeur depuis. Le reste de
« l’écart de TVA » en Europe provient des fraudes sur la TVA nationale et des faillites d’entreprises.
Sensible et complexe
En octobre 2017, la Commission a
présenté une prop osition de
refonte de la TVA transfrontalière
devant contrer les failles actuelles
du système en ne confiant plus la
collecte à l’entreprise qui importe
mais à celle exporte. « Une amélio-
ration substantielle ne sera possible
qu’avec l’adoption de la réforme », a
de nouveau insisté vendredi Pierre
Moscovici, appelant les Etats membres à valider son projet avant les
élections au Parlement européen,
en mai. Mais, concrètement, cela
veut dire confier une partie de sa
collecte de TVA à des entreprises et
des Etats étrangers, ce qui demande
un fort degré de confiance et une
lourde refonte des circuits actuels
de collecte. Le projet, qui a peu
avancé, semble même utopique à
beaucoup quand on rappelle
que, pour toute réforme fiscale,
l’unanimité des Etats membres est
nécessaire. n
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Région Auvergne-Rhône-Alpes - 2018 ©Guillaume ATGER
Préférence régionale
pour nos entreprises
Franck, dirigeant
des Menuiseries Ferreyrolles
à Clermont-Ferrand (63),
intervient sur la rénovation de lycées
auvergnerhonealpes.fr
C’EST
GRÂCE
À MA
RÉGION
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08 // MONDE
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
Le monde risque de crouler
sous les déchets
La Chine annule
des déplacements
aux Etats-Unis
ENVIRONNEMENT
INTERNATIONAL
Dans un rapport,
la Banque mondiale
prévient que le volume
des déchets pourrait
augmenter de 70 %,
à près de 3,5 milliards
de tonnes dans
le monde d’ici à 2050.
Malgré le regain de
tension, les Etats-Unis
ont bon espoir de
trouver une solution
pour dénouer leur
contentieux commercial avec la Chine.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
Richard Hiault
@RHIAULT
Sacs plastique dérivant en mer,
vaste surface d’océan polluée par
des microbilles de plastiques, tas
d’immondices près des grandes villes… Le monde moderne risque
d’étouffer sous une montagne de
déchets si rien n’est entrepris pour
lutter contre ce fléau. C’est le sens
du message de la Banque mondiale
dans un rapport sur le sujet, publié
jeudi soir. « Sans une action urgente,
les déchets mondiaux augmenteront
de 70 % par rapport aux niveaux
actuels. En raison de l’urbanisation
rapide et de la croissance démographique, la production annuelle mondiale de déchets devrait atteindre
3,4 milliards de tonnes au cours des
trente prochaines années, contre
2,01 milliards de tonnes en 2016 »,
alerte l’institution multilatérale.
« La mauvaise gestion des déchets
nuit à la santé humaine et à l’environnement, ce qui s’ajoute au problème du climat, a expliqué Laura
Tuck, vice-présidente chargée du
développement durable à la Banque mondiale. Malheureusement, ce
sont souvent les plus pauvres de la
société qui subissent l’impact d’une
gestion inadéquate des déchets. »
Bien qu’ils ne représentent que
16 % de la population mondiale, les
pays industrialisés comptent pour
plus du tiers (34 %) des déchets
mondiaux. La région Asie de l’Est et
Pacifique est responsable de la production de près du quart (23 %) de
tous les déchets. Et d’ici à 2050, l’Afri-
que subsaharienne, dont la population est appelée à croître fortement,
devrait plus que tripler le niveau de
ses ordures. La production de
déchets en Asie du Sud, elle, devrait
plus que doubler. Si les pays riches
recyclent environ un tiers de leurs
déchets, seuls 4 % de ces détritus
sont recyclés dans les pays pauvres.
Il est vrai que, selon leur nature,
certaines immondices sont plus à
même d’être recyclées que d’autres.
La Banque note que 44 % des rebuts
sont de nature alimentaire ou dits
« verts ». L’institution alerte néanmoins sur l’énorme gaspillage alimentaire : selon les études de la
FAO les plus régulièrement citées,
le gaspillage s’élève à environ 30 %
de la totalité des aliments produits
dans le monde. Soit un total de
1,3 milliard de tonnes par an. Le
verre et le métal représentent respectivement 5 % et 4 % des déchets
mondiaux. Papiers et emballages
carton totalisent 17 % tandis que le
plastique compose 12 % des
déchets. En 2016, l’ensemble du
monde a généré 242 millions de
tonnes de rejets plastique.
Plus de plastique
que de poissons en 2050 ?
L’Asie de l’Est et les pays du Pacifique en ont généré 57 millions de
tonnes, l’Europe et l’Asie centrale
45 millions et l’Amérique du Nord,
35 millions. La Banque mondiale
s’inquiète de l’impact désastreux du
plastique sur l’environnement.
Cette matière chimique peut avoir
un impact sur les écosystèmes pendant des centaines, voire des milliers d’années, souligne-t-elle. Dans
les océans, le plastique s’accumule
sur une surface de plusieurs milles
nautiques. Sous l’effet des rayons
solaires ultraviolets, il se dégrade en
« microplastiques » presque impossibles à récupérer, qui perturbent
les chaînes alimentaires et dégradent les habitats naturels. En 2016,
la Fondation Ellen MacArthur a
prédit que, en poids, il y aura plus de
plastique dans les océans que de
poissons d’ici à 2050 si rien n’est fait.
Citant de nombreux exemples de
politiques mises en place au niveau
national ou par les villes, la Banque
mondiale juge que de ces « politiques novatrices ne résoudront pas le
problème de la mauvaise gestion des
matières plastiques sans institutions,
systèmes et incitations adéquats. La
gestion des déchets plastiques commence au niveau des ménages et des
individus, et les stratégies visant à les
éduquer peuvent modifier radicalement les comportements ».
Au sens large, « bien gérer les
déchets fait sens économiquement »,
observe Silpa Kaza, spécialiste du
développement urbain à la Banque
mondiale, soulignant qu’il est plus
coûteux de remédier aux problèmes posés pour la santé et l’environnement que d’apporter des solutions à la gestion des déchets. n
Afrique du Sud : le premier plan
de relance de l’ère Ramaphosa
AFRIQUE
Le plan dévoilé par
le chef de l’Etat doit
accroître le nombre de
touristes, développer
les infrastructures
et faire baisser le taux
de chômage.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
Il était temps : après deux trimestres
de contraction du PIB (–2,6 % puis
–0,7 %), faisant entrer l’Afrique du
Sud dans une nouvelle récession,
Cyril Ramaphosa réagit en présentant son premier plan de relance. Le
président, dont le mandat a débuté
en février après la démission forcée
de son prédécesseur, Jacob Zuma,
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
mais qui doit repasser par les urnes
en 2019, hérite d’une économie à la
dérive, minée par une crise de
défiance dans les milieux d’affaires
et marquée par un fort creusement
des inégalités.
Parmi les mesures du plan de relance, une modification des règles
du secteur minier. Photo Shutterstock
de 0,7 %, puis de 1,2 % l’an prochain.
Surtout, ces réformes doivent contribuer, et c’est le troisième point, à
abaisser le taux de chômage, qui
culmine à 27 %. En matière de santé
publique, un secteur en pleine crise,
2.200 postes médicaux vont être
pourvus « immédiatement ».
Priorité au tourisme
En même temps qu’il modifie les
règles du secteur minier, Cyril
Ramaphosa veut adoucir le régime
des visas. Il veut faciliter l’octroi et la
délivrance (e-visa) de titres de travail
et de séjours de courte durée pour les
voyages d’affaires. Il veut aussi augmenter l’attribution de visas de tou-
risme, ciblant les ressortissants chinois et indiens. L’Afrique du Sud veut
en effet capter une partie des
130 millions de touristes chinois qui
sillonnent le monde et des 50 millions d’Indiens, qui devraient être
titulaires d’un passeport d’ici à 2020.
« Le tourisme continue à être un formidable créateur d’emplois et, avec
ces mesures, nous sommes confiants
dans le fait qu’encore plus de touristes
se rendront en Afrique du Sud », a dit
le chef de l’Etat. Pour l’heure, les safaris dans le parc Kruger font moins
rêver : le nombre de touristes étrangers a baissé de 1,5 % pendant les
sept premiers mois de l’année comparé à la même période de 2017. n
Dénégations
Malgré ses dénégations, la Chine
a pris la mesure du souhait des
Etats-Unis de voir finir certaines
pratiques commerciales jugées
injustes par Washington, a dit ce
responsable. « Nous nous sommes montrés très clairs, au fil des
rencontres, sur ce que nous voulons », a dit le responsable américain, ajoutant : « J’ai toujours bon
espoir que l’on fera un pas positif
en avant, et le président veut que
nous continuions à nous engager
dans cette voie. » « Notre but n’est
pas de dissocier le marché chinois
du marché américain, je ne pense
pas que ce serait bon pour la croissance à long terme », explique le
responsable. « A court terme, le
risque existe naturellement que, si
la Chine reste sur sa trajectoire,
certaines entreprises, en conséquence, n’entreprennent de revoir
leur chaîne d’approvisionnement.» n
La coalition allemande
encore un peu
plus fragilisée
ALLEMAGNE
Les trois partis de la
coalition au pouvoir
auraient trouvé un
nouveau compromis
sur le sort du chef
du renseignement
Hans-Georg Maassen.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Plan à 3 milliards d’euros
Prévu initialement pour la fin octobre, ce plan a déjà été présenté dans
ses grandes lignes aux grands
patrons et aux responsables syndicaux. Sauf revirement, il ne se traduira pas par une augmentation
des dépenses publiques mais par
« une révision des priorités du budget
actuel », qui portent sur « environ
50 milliards de rands » (2,9 milliards
d’euros), a précisé le chef de l’Etat.
Les trois étages de la fusée reposent en premier lieu sur la création
d’un nouveau fonds pour les projets
d’infrastructures d’un montant de
quelque 24 milliards d’euros, qui
reste à financer notamment avec
l’appui de partenaires privés. Il doit
permettre de construire des routes,
des barrages ou encore des écoles,
des projets qui auront « le potentiel
d e c ré e r d e l ’ e m p l o i à g ra n d e
échelle ». Le chef de l’Etat compte
aussi, et c’est le deuxième volet du
plan, lancer de nouvelles réformes
pour alimenter une mécanique
économique capable, selon les promesses de campagne, d’atteindre
+3 % de croissance par an. Pour
l’heure, on en est loin puisque, selon
la Banque centrale, le PIB de la première économie du continent ne
devrait progresser cette année que
La Chine a annulé la nouvelle
série de négociations commerciales prévue prochainement
avec les Etats-Unis, ainsi que
le déplacement à Washington du
vice-Premier ministre Liu He
prévu cette semaine, selon le
« Wall Street Journal », citant des
sources informées.
Une délégation de représentants chinois devait en effet se
rendre à Washington en amont
de la visite de Liu He, mais ce
voyage a été annulé, du fait de
l’escalade dans les tensions entre
les deux partenaires. En début de
semaine, Pékin a annoncé qu’il
imposerait, à partir de ce lundi,
de nouveaux droits de douane
sur 60 milliards de dollars
(51 milliards d’euros) d’importations américaines, en représailles à la décision de Donald
Trump de taxer 200 milliards de
dollars d’importations chinoises.
De son côté, Donald Trump avait
précisé, quelques jours plus tôt,
que si la Chine ripostait à ces nouveaux droits de douane, il taxerait immédiatement 267 milliards de dollars de produits
chinois supplémentaires.
Le président américain a réitéré sa menace vendredi soir,
avant l’annonce de Pékin, lors
d’un meeting de campagne d’un
candidat républicain aux élections de mi-mandat dans le Missouri.
Malgré le regain de tension, les
Etats-Unis ont bon espoir de
trouver une solution pour
dénouer leur contentieux commercial avec la Chine, mais
aucune date n’a été fixée pour
reprendre les négociations,
Washington évaluant actuellement l’impact de la réplique de
Pékin aux dernières décisions
américaines sur les droits de
douane, selon un responsable de
la Maison-Blanche.
Tout faire pour éviter de nouvelles élections qui risqueraient de
renforcer le poids de l’extrême
droite allemande. La crise politique provoquée par le chef du
renseignement Hans-Georg
Maassen, soupçonné de partager les vues de l’extrême
droite, montre à quel point la
coalition gouvernementale allemande formée par l’Union
démocrate chrétienne CDUCSU et les sociaux-démocrates
(SPD) est prête à toutes les
contorsions pour garder un
semblant de cohésion.
Après deux jours d’échanges
téléphoniques et de débats par
presse interposée, les trois partis
semblaient avoir trouvé un nouveau compromis qu’ils devaient
valider au cours d’une réunion
en début de soirée à la chancellerie. Selon le quotidien populaire
« Bild », le chef du renseignement intérieur devrait bien
devenir secrétaire d’Etat en
charge de la Sécurité intérieure.
Mais il ne bénéficiera pas de
l’augmentation de 3.000 euros
liée en principe à ce grade.
Horst Seehofer, le ministre de
l’Intérieur et président de la CSU,
avait indiqué son refus de lâcher
son collaborateur. « Nous devons
traiter Maassen avec décence, c’est
un fonctionnaire très compétent et
honnête qui n’a pas commis de
fa u t e » , a v a i t - i l m a r t e l é .
Le SPD jugeait au contraire inacceptable que ce dernier ait publiquement douté de la véracité
de la vidéo faisant état de chasses
à l’homme contre des étrangers
dans la ville de Chemnitz en Saxe,
fin août. Le premier compromis
gouvernemental (la promotion
avec le salaire) a fait bondir les
membres du SPD, certains
cadres allant jusqu’à demander
le départ de leur dirigeante au
Bundestag, Andrea Nahles.
Difficulté croissante
Signe de la difficulté croissante
de la chancelière Angela Merkel
à maîtriser son ministre de
l’Intérieur, Andréa Nahles s’est
défendue de n’avoir pas eu
d’autre choix que ce premier
compromis pour éviter que la
coalition n’éclate. Un argument
catastrophique en terme
d’image : 67 % des Allemands
interrogés ne croient plus que
les trois chefs de parti puissent
encore travailler ensemble,
révèle une enquête de l’institut
de sondage Emid pour le « Bild ».
Avec 18 % des voix si des élections anticipées avaient lieu,
l’affaire Maassen a en outre propulsé le parti d’extrême droite
Afd sur la deuxième place du
podium, devant le SPD qui ne
compterait plus que 17 % des suffrages, selon un sondage Infratest Dimap pour la télévision
ARD. Il reste à savoir si ce nouveau compromis saura sauver
une coalition de plus en plus
fragile. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Le Japon ne va pas si mal
des Echos
La Chronique
Et si le rêve européen
s’arrêtait à Rome ?
Le Point de vue
Quel contrat social pour le XXIe siècle ?
Art et culture
Le grand requiem kafkaïen
de Krystian Lupa
Science
Des doutes sur l’origine africaine
de l’homme
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Réaffirmer le cap
Pinel pour « Les Echos »
Saudi Aramco : l’impossible
cotation d’un géant du pétrole
Isabelle Couet
@icouet
—Chef du service Marchés
La promesse s’est transformée en
piège. Annoncée en grande pompe
début 2016, l’introduction en Bourse
de la compagnie pétrolière étatique
Aramco devait montrer à la planète
que le royaume saoudien était prêt à
jouer selon les règles du capitalisme
mondial. Une promesse d’ouverture
qui marquait un tournant dans l’histoire de l’Arabie saoudite.
Deux ans plus tard, après bien des
atermoiements, l’opération du siècle sur les marchés n’a toujours pas
eu lieu. Et elle ne verra peut-être
jamais le jour. Saudi Aramco ne
détrônera pas Alibaba et ne sera
coté ni à Wall Street, ni à Londres, ni
à Hong Kong, les trois places étrangères qui étaient en lice aux côtés de
la Bourse de Riyad. Le roi Salmane
en personne en aurait décidé ainsi.
Le monarque a mis un point d’arrêt
au projet en juin dernier, selon
l’agence Reuters. Un camouflet pour
son fils, le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui avait fait de la
cotation d’Aramco l’un des piliers de
son plan de transformation économique Vision 2030. La cession de
5 % du capital de la compagnie
devait alimenter le fonds souverain
saoudien et lui permettre de mener
à bien les réformes destinées à sortir
du tout pétrole en développant de
nouveaux secteurs d’activité.
Le projet était trop ambitieux.
Quand « MBS » – le surnom donné
au prince – dévoile ses plans en 2016,
il table sur une valorisation du
groupe supérieure à 2.000 milliards
de dollars, soit deux fois la capitalisation boursière d’Apple ou d’Amazon aujourd’hui. Une estimation qui
paraît assez fantaisiste compte tenu
des ratios appliqués à l’industrie
pétrolière par les analystes financiers. Le prince s’entête pourtant.
Aramco produit 10 % du pétrole
mondial et génère sans doute plus
de profits que n’importe quelle autre
société sur terre : le résultat net du
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
L’Arabie saoudite
a rêvé de réaliser
la plus grosse
introduction en
Bourse de l’histoire.
Deux ans plus tard,
plus personne
n’y croit. Chronique
d’une opération
impossible.
D
Les points à retenir
cession de 5 % du capital
•deLala compagnie
devait
alimenter le fonds souverain
saoudien destiné à sortir
du tout pétrole.
Riyad tablait sur une
valorisation assez fantaisiste,
supérieure à 2.000 milliards
de dollars.
Si les profits d’Aramco sont
vertigineux, la compagnie est
fortement ponctionnée par
le gouvernement, puisqu’elle
finance 60 % du budget
national saoudien.
Autre écueil : une cotation
à la Bourse de New York se
heurte aux lois antiterroristes
votées en 2016 et qui visent
l’Arabie saoudite sans
la nommer.
•
•
•
premier semestre 2017 s’est élevé à
34 milliards de dollars, selon des
documents comptables vus par
Bloomberg (les premiers jamais
révélés en près de quarante ans !).
Problème : la compagnie est fortement ponctionnée par le gouvernement. Elle finance 60 % du budget
national, à travers l’impôt sur les
sociétés et des royalties indexées sur
les cours du pétrole. Cette mainmise
de l’Etat pèse forcément sur la valorisation du groupe aux yeux de
futurs actionnaires, surtout lorsqu’on sait que le royaume achète la
paix sociale à coups de subventions
et de cadeaux aux membres de la
famille royale. Le risque pour un
investisseur est significatif. La
décote exigée par les marchés doit
donc être à la hauteur.
Miser sur 2.000 milliards de dollars, soit une levée de fonds en
Bourse de 100 milliards, devient
aussi plus compliqué en cette année
2018 pour des raisons étrangères à la
p olitique sao udienne. Alors
qu’Aramco doit compter sur des
cours pétroliers élevés pour mieux
se valoriser – les experts parlent d’un
baril à 70-80 dollars sur une longue
période –, les Etats-Unis utilisent
tous les moyens de pression pour
que le prix à la pompe soit plus faible
pour les Américains. Le président
Donald Trump a les yeux rivés sur
l’élection de mi-mandat en novembre et harcèle ses alliés saoudiens,
poids lourds du cartel des pays producteurs d’or noir. Avec succès. En
juillet, l’Opep et la Russie mettent fin
à la politique de réduction des quotas menée depuis 2016 et décident
d’augmenter la production de 1 million de barils par jour.
L’Arabie saoudite doit-elle alors
renoncer au chiffre magique pour la
cotation de son joyau ? Même en
étant moins avide, le royaume n’arriverait peut-être pas à mettre en
Bourse Aramco. MBS a certes reçu
une proposition alléchante de Londres qui, en plein Brexit, est prête à
se montrer moins exigeante en
matière de gouvernance, mais le
prince rêve surtout de New York. Or
le chemin de Wall Street est semé
d’embûches. La loi Jasta votée en
2016 autorise les citoyens américains à poursuivre des Etats ayant
soutenu directement et indirectement des actes terroristes à l’encontre de l’Amérique. L’Arabie saoudite
n’est pas mentionnée, mais c’est bien
elle qui est visée pour son rôle dans
les attentats du 11 septembre 2001.
La cotation d’actifs saoudiens outreAtlantique est dès lors très risquée.
Le contexte est d’ailleurs de moins
en moins propice à l’arrivée d’un
acteur comme Aramco. Des plaintes sont déposées par des villes aux
Etats-Unis à l’encontre de plusieurs
grandes compagnies pétrolières,
accusées d’avoir caché les risques
que leurs activités représentaient
pour le climat.
Si le projet d’introduction en
Bourse du groupe saoudien passionne autant la communauté internationale, ce n’est pas seulement
parce que l’opération est celle de
tous les superlatifs. La cotation
d’Aramco représente un défi que
beaucoup de connaisseurs du pays
jugent insurmontable : celui de la
transparence. Pour être cotée, la
compagnie, qui se confond avec
l’Etat et la famille royale saoudienne,
doit présenter des comptes certifiés
sur plusieurs années et faire auditer
ses réserves pétrolières. Pour ses
détracteurs, il s’agit d’une atteinte à
la souveraineté du royaume. Un
argument qui a dû peser dans la
décision du roi de stopper le processus. La solution que l’héritier du
trône croyait accessible était peutêtre finalement l’option la plus difficile pour son pays. MBS a trouvé un
moyen plus rapide de faire entrer
100 milliards de dollars dans les caisses de l’Etat : il a arrêté des centaines
de princes et hommes d’affaires
saoudiens soupçonnés de corruption et a fixé un prix à leur liberté.
Une méthode qui a créé la stupeur
chez tous ceux qui voulaient croire
que l’Arabie saoudite était en train
d’accéder à la modernité. n
Le deuxième budget du quinquennat,
présenté ce lundi, va paraître un peu fade
après le démarrage fracassant de l’an
dernier. De fait, on ne peut pas chaque année
supprimer l’ISF, instaurer une flat tax
sur les revenus du capital, programmer
la suppression de la taxe d’habitation,
la
forte baisse de l’impôt sur les sociétés
Par Etienne
ou encore la montée en charge de la taxe
Lefebvre
carbone jusqu’en 2022. Le premier budget
d’Emmanuel Macron était un texte de
Donner de
rupture, et fixait un cap clair sur le plan
la visibilité
fiscal. La principale force du projet de loi
aux acteurs de finances 2019 est, paradoxalement,
de comprendre peu de mesures nouvelles
économide grande ampleur. La trajectoire reste
ques.
peu ou prou la même, ce qui est essentiel
pour donner de la visibilité aux acteurs
économiques. Conformément à ce qui avait été voté l’an dernier,
le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi est transformé en
baisse directe de charges, ce qui va occasionner une double année
de gains pour les entreprises en 2019. Et un surcroît temporaire de
déficit de près de 1 point de PIB. Le maintien de ce cap économique
est néanmoins altéré par l’impression de flottement qui règne
au sein du gouvernement. La cacophonie autour du prélèvement
à la source de l’impôt a montré la fragilité de la majorité dès que ça
tangue. Le risque de brouillage sur la ligne est aussi alimenté par
une série de mesures « à l’ancienne », visant à sécuriser le maintien
du déficit sous les 3 % de PIB dans un contexte conjoncturel
moins porteur : acompte supplémentaire d’impôt demandé
aux entreprises, décalage de neuf mois des baisses de charges au
SMIC, etc. Ces expédients viennent rappeler une cruelle vérité : tant
que le poids des dépenses publiques n’aura pas été allégé, la France
ne disposera d’aucune marge pour réduire la pression fiscale,
avec une dette flirtant désormais avec le seuil symbolique des 100 %
de PIB. Et les promesses sur le pouvoir d’achat resteront vaines.
La capacité du gouvernement à démontrer que la réforme
de l’Etat est engagée, via la présentation des budgets 2019 des
ministères, va être un test clef. Profitant du retour de l’inflation,
l’exécutif va, à court terme, engranger ses principales économies
en désindexant les retraites et les prestations familiales. Les
dépenses de l’Etat et de l’assurance-maladie étant fixées en valeur
absolue, leur poids dans le PIB va aussi mécaniquement diminuer.
Mais sans réformes structurelles, ce ralentissement de la
croissance des dépenses par la technique du rabot ne sera pas
durable. Les lettres de mission que Matignon s’apprête à envoyer
aux ministres pour détailler leur feuille de route d’ici à 2022
dans leurs périmètres respectifs pourraient constituer un premier
pas encourageant. Et permettre de réaffirmer le cap.
(
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Pages 2 à 4
Un ex-président
ne devrait pas dire ça
Par David Barroux
Il faut parfois savoir tenir sa langue. En répondant à une question
de Mediapart qui lui demandait s’il n’avait pas obligé Dassault à
s’associer avec l’indien Reliance parce que ce dernier avait accepté
de coproduire un film de sa compagne, François Hollande a donné
des arguments à ceux qui, en Inde, cherchent à casser un contrat
majeur, pour le producteur du Rafale comme pour la France. Tout
à la défense de son honneur, l’ex-président commet une sidérante
double faute, diplomatique et économique : en laissant croire
que la partie indienne serait corrompue au plus haut niveau
et en donnant des munitions à nos concurrents qui font feu
de tout bois pour torpiller ce contrat.
Certes, au nom de la lutte contre la corruption, les citoyens n’ont
que des raisons de se féliciter quand les médias prouvent que des
liens douteux existent entre entreprises et politiques. Et la presse
a bien sûr besoin que les élus répondent à de légitimes questions.
Mais dans le cas présent, tant sur la forme que sur le fond, l’ex-hôte
de l’Elysée, qui a certes tenté de rétropédaler, a fait preuve d’une
incroyable légèreté et joué une fois de plus avec le feu.
La parole d’un ex-président ayant beaucoup de poids, il a apporté
de l’eau au moulin de ceux qui ont fait du contrat Rafale un enjeu
de politique intérieure. Par une petite phrase, il accrédite une thèse
dont rien ne dit qu’il s’agisse de la vérité et il contredit en prime
publiquement Dassault sur le choix de son partenaire indien,
le groupe Reliance, qui est pourtant un allié de longue date. Dans
des contrats d’armement qui ne sont pas des deals classiques,
il existe en plus une notion de secret-défense qui impose
aux acteurs une forme de discrétion. François Hollande doit laisser
la justice indienne faire son travail et voir si scandale il y a ou pas.
Il n’a pas à marquer un but contre son camp.
(
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10 // IDEES & DEBATS
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LES ECHOS.FR
1. Budget : Macron promet 6 milliards de baisse d’impôts
pour les ménages en 2019
2. Le monde risque de crouler sous les déchets
3. Les deux derniers trains de nuit maintenus et rénovés
4. Google : des salariés ont songé à manipuler
le moteur de recherche pour contrer Trump
5. La BCE prépare les futures hausses de taux
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Le Japon ne va pas si mal
Pourquoi pas les
week-ends de trois jours ?
Pour l’économiste britannique Adair
Turner, le pessimisme généralisé autour
des perspectives économiques du Japon
est tout à fait excessif. Explications.
BILAN « Pour la quasi-totalité des
observateurs, le modèle économique du Japon
a implosé. Depuis 1991, la croissance atteint
seulement 0,9 %, contre 4,5 % au cours des
décennies précédentes. Cette croissance lente,
combinée à d’importants déficits budgétaires
et à une inflation proche de zéro, a fait passer
la dette publique de 50 % à 236 % du PIB. »
CROISSANCE « La conception dominante
autour du prétendu échec du modèle japonais
est sans doute erronée. […] L’important en
termes de bien-être humain réside dans le PIB
par habitant. [...] La croissance annuelle de
0,65 % du Japon au cours de la décennie
écoulée est égale à celle des Etats-Unis […] et
supérieure à [celle de] la France (0,34 %). »
POPULATION « Le déclin démographique et
le vieillissement de la population pourraient
soulever de sérieux problèmes. En revanche,
les inquiétudes selon lesquelles le ratio
travailleurs/retraités chutera de 2,1 à 1,3
exagèrent la situation […]. Si l’âge moyen de
départ à la retraite passait à 70 ans, ce ratio
serait de 1,8 en 2050. Par ailleurs, le Japon
figure au premier plan mondial dans
le domaine des technologies permettant
aux personnes d’âge avancé de rester
économiquement actifs plus longtemps. »
DETTE « Bien que la dette publique brute
du Japon s’élève à 236 % du PIB, le Fonds
monétaire international estime la dette nette
à un niveau bien moindre, de 152 %, après
déduction des actifs financiers appartenant à
l’Etat. En outre, la Banque du Japon détient
des obligations d’Etat pour une valeur de
90 % du PIB […]. Après déduction, le niveau
de dette ne se situe plus qu’à 60 % du PIB. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
« Nous pouvons obtenir la semaine de
•quatre
jours de travail. » La déclaration,
le 10 septembre, de Frances O’Grady,
secrétaire générale du TUC, la fédération des syndicats britanniques, a jeté
un pavé dans la mare. « The Economist » se penche sur cet appel qui,
rappelle-t-il, n’est pas totalement nouveau. « La semaine de travail plus courte
a été expérimentée en Nouvelle-Zélande
et en Suède. Ce qui a eu comme résultat de
rendre les employés plus heureux, en
meilleure santé, plus motivés. » Et donc
plus productifs. La semaine de cinq
jours est devenue la norme dans les
pays occidentaux depuis moins d’un
siècle. Ensuite, il aura fallu des décennies pour adopter la semaine de
40 heures. « L’expérience française
suggère que les salariés n’ont pas à se précipiter » pour obtenir les 35 heures.
Depuis son adoption en France, la
moyenne du temps de travail est de
38,9 heures. Certes la plus basse dans
l’OCDE, mais loin de la durée légale. En
outre, le développement de platesformes collaboratives comme Uber,
Deliveroo… diminue l’intérêt d’une
réduction hebdomadaire du temps de
travail. D’autant plus que cela dépend
du genre de travail à effectuer. Reste que
la question est posée de savoir s’il vaut
mieux améliorer la qualité de vie ou, au
contraire, la croissance économique.
Keynes, en pleine Grande Dépression,
parlait déjà d’une société de loisirs et
d’abondance où il serait possible de ne
travailler que 15 heures par semaine. Il
semble qu’il franchissait trop vite des
étapes. Frances O’Grady semble plus
dans son époque. Et « The Economist »
conclut : « La semaine de quatre jours est
apparemment réalisable dans ce siècle. »
Pourquoi pas, un jour, la semaine des
quatre jeudis ? — J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
La formidable aventure
du polar
LE PROPOS Le polar n’est
heureusement plus considéré
comme un sous-genre littéraire.
Malgré sa popularité croissante
– un livre sur quatre vendus en
France ! – la plupart des lecteurs
connaissent mal ses origines et ses
courants. Deux expertes (MarieCaroline Aubert, traductrice de
Donald Westlake et de Ruth
Rendell et éditrice à la « Série
noire » de Gallimard, et Natalie
Beunat, traductrice de Dashiell
Hammett et directrice de la
collection « Souris noire » chez
Syros) nous en donnent les clefs
dans cet excellent titre de la
collection « Pour les nuls ».
Origines sociales et historiques,
évolution depuis l’invention du
premier détective amateur, le
chevalier Dupin, par Edgar Allan
Poe, genèse de la « Série noire » et
autres collections, transformation
des supports de publication y sont
évoquées avec humour et
érudition.
L’INTÉRÊT A tous ceux qui
cherchent « un bon polar », selon
la formule consacrée, cet ouvrage
donnera une foule d’idées. Au-delà
des portraits indispensables des
Le Polar pour les nuls
par Marie-Caroline Aubert et
Natalie Beunat. Edition First,
22,95 euros, 240 pages.
maîtres du genre (Doyle, Leblanc,
Leroux…), il recèle de précieuses
références à des auteurs moins
connus, de Dorothy L. Sayers
(l’Anglaise anticonformiste qui fut
jadis presque aussi connue
qu’Agatha Christie) aux singuliers
Français Pierre Siniac et Michel
Lebrun. En prescriptrices
éclairées, les auteures s’engagent
sur leurs choix : quel Arsène Lupin
reste incontournable ? Par quel
Hammett commencer ? Quelle
adaptation à l’écran des « Dix Petits
Nègres » privilégier ? Passionnant !
— Isabelle Lesniak
Viktor Orbán, Premier ministre hongrois, et Matteo Salvini, ministre de l’Intérieur italien, ont su canaliser
les frustrations profondes de leurs opinions. Photo Marco Bertorello/AFP
Et si le rêve européen
s’arrêtait à Rome ?
L’Italie, qui fut l’un des plus fervents partisans de la construction
européenne, effectue une marche arrière qui la rapproche de la Hongrie
de Viktor Orbán. Elle envoie à l’Europe son avertissement le plus sérieux.
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
T
ous les chemins mènent à Rome,
dit le proverbe d’origine latine.
Le rêve européen risque-t-il, lui,
de s’arrêter à Rome, comme « Le Christ
s’est arrêté à Eboli », pour plagier le titre
du livre de Carlo Levi ? La question n’est
pas seulement provocatrice. Elle traduit
une inquiétude bien réelle. Un peu plus
de soixante ans après la signature du
traité de Rome, l’Italie, l’un des pays
fondateurs de l’Europe, prendrait-il le
risque d’entraîner délibérément le projet européen dans l’abîme, en violant sa
culture du compromis et, plus encore,
ses valeurs fondamentales ?
Pour la coalition au pouvoir à Rome,
il convient de tout faire au mépris des
règles communautaires, sans parler du
devoir d’humanité élémentaire, pour
stopper le flux des « barbares ». Mais
qui sont les « barbares » ? Pour les
démocrates libéraux classiques, les
« barbares » ce sont ceux qui ont pris le
pouvoir en Italie à la faveur des dernières élections. Il ne reste plus qu’à espérer que, comme au temps du Bas-Empire, il se produira une « romanisation
des Barbares ». Hier encore, on
s’inquiétait de la division économique
qui pouvait exister entre le nord et le
sud de l’Europe. Aujourd’hui, au niveau
des valeurs, c’est une partie essentielle
du Sud (l’Italie) qui est tout simplement
en train de basculer à l’Est, avec
l’alliance toujours plus visible entre
Matteo Salvini et Viktor Orbán. A Budapest comme à Rome, on se sent porté
par le vent de l’histoire, alors qu’à Paris,
comme à Berlin, on est sur la défensive,
pendant que Londres est dans le
brouillard.
La situation politique de l’Italie a
toujours été complexe, sinon confuse,
difficilement compréhensible pour
toute personne étrangère à ses subtilités byzantines. Mais depuis les
dernières élections législatives, on est
entré dans un nouveau monde, brutal et
surréaliste à la fois. Certes, Matteo
Salvini est bien l’héritier de Silvio
Berlusconi, mais il n’est pas que cela. Il
s’inscrit dans une lignée plus ancienne
qui nous ramène près d’un siècle en
arrière. A l’heure où l’Italie, derrière
Mussolini, servait déjà d’avant-garde à
la montée des fascismes.
L’histoire va désormais si vite dans sa
fluidité, sinon sa « liquidité » extrême
pour reprendre l’expression du regretté
sociologue polonais, Zygmunt Bauman.
En juin 2017 – un mois à peine après
l’élection présidentielle française –, mes
amis italiens me demandaient, avec un
mélange de soulagement et d’envie, où
ils pouvaient trouver un « Macron italien ». En cette mi-septembre 2018, selon
les derniers sondages, la coalition en
place en Italie a une popularité de 61 %, le
double de celle d’Emmanuel Macron en
France.
Dans sa froideur
impersonnelle, en dépit
de sa générosité éclairée,
l’Europe a aliéné ceux
et celles qu’elle aidait.
Certes, Salvini et ses alliés ne sont au
pouvoir que depuis quelques mois, une
période trop courte pour que l’érosion
inévitable de leur soutien ait déjà produit ses effets. Pourtant, la popularité
des « populistes » est bien réelle. Les
démocrates libéraux doivent en prendre pleinement conscience à exactement sept mois des élections européennes de mai 2019.
Cette réalité, cette prégnance du
populisme, je l’ai en quelque sorte, il y a
quelques jours, touchée du doigt. Je me
trouvais faire une conférence dans le
sud de l’Italie, dans la région des
Pouilles. Depuis quatorze ans, la petite
ville de Conversano, à une trentaine de
kilomètres de Bari, organise un festival
culturel, qui se concluait cette année
par l’intervention de l’archevêque
Bruno Forte, un philosophe et théologien de renom. Ses propos emplis
d’humanité dénonçaient « la scandaleuse désunion de l’Union européenne »
face à la question des migrants. Il en
appelait au devoir moral des chrétiens
face au sort des plus démunis. Il évoquait aussi l’histoire et la démographie.
En accueillant par millions les réfugiés
italiens, les Etats-Unis n’avaient-ils pas,
il y a un peu plus d’un siècle, contribué
au renforcement de leur encore jeune
puissance ?
Aujourd’hui, l’Italie est un pays
vieillissant qui, plus que beaucoup
d’autres pays européens, a besoin de
l’apport d’énergies nouvelles. Les
migrants sont là pour les fournir. Les
mots de l’archevêque reprenant les
appels réitérés du pape François
étaient prononcés avec force et conviction. Ils sonnaient juste. Mais ils me
semblaient tomber dans le vide. Au fil
des minutes, la place de Conversano
où se déroulait la conférence se vidait
lentement. Les Italiens présents
votaient avec leurs pieds. Ils se retiraient les uns après les autres et, à la
fin, ce sont des applaudissements polis
mais très réservés qui saluèrent les
propos « promigrants et proeuropéens » de l’archevêque. Il n’avait pas
convaincu ses auditeurs.
Nous n’étions pas en Hongrie, terre
de Viktor Orbán, mais en Italie, le pays
d’Alcide De Gasperi, l’un des pères fondateurs du projet européen. Un des
pays qui a le plus cru en l’Europe, qui a le
plus bénéficié aussi des fonds de développement européens. Presque à chaque coin de rue, une plaque discrète aux
couleurs bleu et or de l’Union rappelle
que tel projet urbain, telle structure
culturelle n’auraient pu être réalisés
sans l’aide de l’Union.
L e s p e u p l e s , d i r a - t- o n , o n t l a
mémoire courte, la reconnaissance
toujours plus discrète. Mais ce serait
oublier l’essentiel. La façon de donner
est aussi importante que l’aide ellemême. Dans sa froideur impersonnelle,
en dépit de sa générosité éclairée,
l’Europe a aliéné ceux et celles qu’elle
aidait. En Italie, dans sa vulgarité habile,
son sens du marketing à la Donald
Trump, Matteo Salvini, le tout-puissant
ministre de l’Intérieur, a su canaliser les
frustrations profondes d’une majorité
d’Italiens.
La question des migrants a été un
révélateur et un accélérateur de la
montée d’une colère et d’une peur que
les gouvernements des grandes
nations européennes n’ont perçues que
bien trop lentement et tardivement.
L’Italie, fille de Rome, berceau de la
Renaissance mais aussi du fascisme,
envoie à l’Europe l’avertissement le
plus sérieux de son histoire récente.
Les élections européennes de mai 2019
seront difficiles.
Dominique Moïsi est conseiller
spécial de l’Institut Montaigne.
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IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
art&culture
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
1. Dans la presse étrangère : Pourquoi pas les week-ends de trois jours ?
2. Budget : Macron promet 6 milliards de baisse d’impôts
pour les ménages en 2019
3. Les trottinettes bientôt interdites sur les trottoirs
4. Le monde risque de crouler sous les déchets
5. Des doutes sur l’origine africaine de l’homme
de Jacky Bontems,
Aude de Castet,
Rodrigue Tchouale
et Dominique Villemot
N
otre contrat social, qui est
fondé sur un Etat providence
chargé d’assurer la croissance
économique et le progrès social, fait
face à trois défis : la mondialisation, la
digitalisation et le réchauffement climatique.
Face à une telle situation, trois attitudes sont possibles. La première consiste
à refuser ces évolutions en nous isolant
du monde. C’est le populisme, de droite
ou de gauche. La deuxième conçoit
notre Etat providence comme un handicap pour notre pays. C’est le programme de la droite. François Fillon
voulait supprimer 500.000 fonctionnaires, reculer l’âge de la retraite à 65
ans et augmenter la TVA. La troisième
considère que nous pouvons conserver
notre Etat providence, si nous savons le
rendre plus efficace et si nous savons
redonner espoir aux Français en leur
pays et dans l’Europe. Cela implique
d’engager des réformes profondes pour
retrouver la voie du progrès.
Il faut à la fois améliorer notre compétitivité économique et engager la
transition écologique, tout en réconciliant les Français avec leur démocratie
et en restaurant la justice sociale.
Depuis qu’il est aux affaires, Emmanuel
Macron a lancé un nombre impressionnant de réformes : celles du marché du
travail, de la fiscalité, de l’école, de la formation, du logement, de la SNCF, de
l’assurance-chômage, des institutions,
de l’hôpital, des retraites.
Ces réformes ne peuvent réussir que
si les Français y adhérent.
La première condition à cette adhésion est la rénovation démocratique.
LE POINT
DE VUE
d’Olivia Flahault
et Frédéric Genevrier
Quel contrat social
pour le XXIe siècle ?
Les Français n’ont pas confiance dans
leur classe politique. En réduisant le
nombre de parlementaires et en limitant le cumul des mandats dans le
temps, le projet de réforme institutionnelle d’Emmanuel Macron vise à rapprocher les Français de leur classe politique. De même, la démocratie sociale
est fondamentale pour associer les
Français aux réformes. On ne peut que
se réjouir de la décision de renouer le
La démocratie sociale
est fondamentale pour
associer les Français
aux réformes.
On constate avec plaisir
que la politique
budgétaire est devenue
moins dure.
dialogue avec les partenaires sociaux.
La seconde condition est la justice
sociale. La concomitance de la suppression de l’ISF et de la hausse de la CSG
pour les retraités et de celle de la fiscalité sur l’essence n’a pas été heureuse. Il
est regrettable que la suppression des
cotisations sociales salariales maladie
et chômage ait été décalée au mois
d’octobre. Cette suppression, la baisse
d’un tiers de la taxe d’habitation, la mise
en place du plan pauvreté et du plan
santé vont rééquilibrer la politique du
quinquennat, trop favorable jusqu’ici
au « libérer » par rapport au « proté-
ger ». On constate aussi avec plaisir que
la politique budgétaire est devenue
moins dure. Le déficit public sera réduit
sur le quinquennat, mais il n’est plus
question de diminuer la dépense publique de 3 % de PIB ni de supprimer
120.000 postes de fonctionnaires et
l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie été revu à la hausse
(+2,5 %).
Bâtir le contrat social du XXIe siècle,
comme l’a proposé Emmanuel Macron
devant le Congrès, c’est s’adresser à la
jeunesse, c’est refaire de notre école un
outil d’émancipation, alors qu’elle est
une des écoles les moins performantes
et les plus inégalitaires de l’OCDE.
Saluons le travail de Jean-Michel Blanquer. C’est la réforme de l’apprentissage,
l’accès des jeunes au logement et la
réduction des fractures territoriales.
Le contrat social du XXIe siècle renvoie au modèle social, c’est-à-dire le
droit du travail, qui ne doit pas entraver
les entreprises mais dont la mission
doit être de protéger les salariés ; la
réforme des retraites, dont il faut redire
que sa motivation première est la justice sociale : tous les Français cotiseront
à un même régime de retraite ; la politique de la santé, qui doit traiter les
déserts médicaux, l’organisation de
l’hôpital et la question de la dépendance ; enfin, le dialogue social, sans
lequel rien ne sera possible.
Le grand requiem kafkaïen
de Krystian Lupa
Philippe Chevilley
@pchevilley
THÉÂTRE
ture). « Le Procès » de Lupa
est un manifeste artistique
d’après Franz Kafka
humaniste – qui s’arrête
Krystian Lupa nous fait
Mise en scène de Krystian
juste avant la fin tragique
entrer avec une lenteur calLupa. Théâtre de l’Odéon,
du héros, avec cette répliculée dans « Le Procès » de
du 20 au 30 septembre.
que en points de suspenFranz Kafka (1883-1924). Le
sion : « Vous connaissez la
plateau de l’Odéon est plongé dans la
suite… » – comme une invitation à réagir
pénombre, on distingue de grands murs
vite pour stopper la contagion.
décatis, une télé diffuse un débat politique
polonais… Joseph K., interpellé le matin
Images superbes
même, évoque avec embarras sa situation
Malgré leur côté mortifère, les images en
avec sa logeuse. Il ne sait pas de quoi il est
clair-obscur (émaillées de projections) du
accusé, mais il devine que l’enfer ne fait que
dédale kafkaïen (le tribunal, le bureau de
commencer… Le spectateur d’abord
l’avocat, l’église) sont superbes. Vingt comédérouté par ce prologue feutré sent peu à
diens ardents incarnent tour à tour ces accupeu monter l’angoisse, avant d’être happé
sés que l’on fusille un ruban adhésif noir
par la mise en abyme de l’univers ultra-noir
collé sur les lèvres, ces bureaucrates en roue
de l’écrivain.
libre, ces juristes tordus, ces femmes sirènes
Dans une saison de théâtre, on voit peu de
perdues dans l’écume grise des jours. Le plus
spectacles de cette trempe. Un spectacle qui
beau moment du spectacle est cette
dit le monde avec tant d’urgence et d’acuité
séquence centrale où l’action s’affranchit du
en s’appuyant sur un chef-d’œuvre de la litroman pour pénétrer l’intimité de Kafka,
térature. Chassés de leur théâtre Polski de
confronté à ses maîtresses, à son ami éditeur
Wroclaw en 2016, le metteur en scène et sa
Max Brod et à sa conscience – un autre protroupe virtuose ont trouvé refuge au Nowy
cès dans le procès à portée universelle.
Teatr de Varsovie pour monter cette fresque
Le spectateur souffrira sans doute de cerde cinq heures. Un grand geste dramatique
taines lenteurs, de passages abscons (quoi
qui introduit dans la trame du roman inade plus naturel que de se perdre dans la psychevé de Kafka (publié en 1925) des éléché kafkaïenne !) et accessoirement de la
ments biographiques éclairant son propos
lecture parfois difficile des surtitres. Mais
et qui offre une métaphore saisissante d’une
tant d’intensité, tant de beau jeu et d’invenEurope de l’Est cédant aux vieux démons du
tion, pour démonter les dérives du pouvoir,
pouvoir absolu et de la dictature.
ne peuvent que bouleverser et emballer. Le
Rien de manichéen ou d’anachronique
grand requiem kafkaïen de Krystian Lupa,
dans la démarche : c’est Kafka qui parle… de
pour lequel on s’arrache les dernières plason désespoir face à l’absurdité du monde,
ces, rappelle que le théâtre est un art de
de ses frustrations (désirs sexuels inassoucombat, qui aide à (sur)vivre dans les pires
vis, incapacité d’aimer, difficultés d’écrimoments de l’histoire. n
Proces (Le Procès)
Jacky Bontems, Aude de Castet,
Rodrigue Tchouale et Dominique
Villemot sont membres de
Démocratie Vivante, un think tank
macroniste social.
Le vrai enjeu de la
bataille pour SCOR
Magda Hueckel
LE POINT
DE VUE
Vingt comédiens ardents entraînent le spectateur dans le dédale kafkaïen.
« Fric-Frac », casse en mode mineur
L
’offre non sollicitée de Covéa sur
SCOR ne manquera pas d’animer
le secteur financier dans les prochains mois. Ses détracteurs n’auront de
cesse de jeter l’opprobre sur le monde
mutualiste, un monde opaque, non soumis au contrôle des marchés, dont le statut des fonds propres est largement discutable… C’est peut-être un sujet, mais ce
n’est pas le sujet. Car ce faisant, ils déplacent le regard de l’observateur de la proie
vers l’attaquant. En tant que société de
recherche indépendante, nous souhaiterions apporter notre contribution au
débat. Car cette opération a le mérite de
mettre à jour un système de gouvernance à bout de souffle. Certes SCOR est
une société capitaliste, mais le statut de
l’actionnaire est plus que discutable.
En investissant dans SCOR, l’actionnaire est d’abord associé à une poignée
d’institutions soigneusement sélectionnées par Denis Kessler, le président du
groupe. Des actionnaires dont le poids
au conseil d’administration dépasse largement leur part au capital. Macif,
Malakoff et Covéa (tiens ! que des
mutuelles…), Generali, dirigeants et
salariés contrôlent ensemble 13,8 % du
capital mais occupent 46 % des sièges
au conseil. Si désormais on exclut défi-
nitivement Covéa du cercle des amis, ce
ne sont que 5,2 % du capital qui contrôlent 38,5 % des sièges.
Les autres minoritaires devront se
contenter des restes. Si tant est que des
administrateurs réellement indépendants les représentent, ce qui est un
autre vrai sujet dans la gouvernance de
Le système
de gouvernance de
la SCOR est aujourd’hui
à bout de souffle.
Quelle que soit la nature
du projet industriel que
veut mener Covéa, il ne
manquera pas de faire
bouger les lignes.
SCOR. Quel contre-pouvoir alors dans
ce conseil ? Oui, il y a bien un administrateur référent, mais c’est un proche de
Denis Kessler, et son mandat de dirigeant mandataire d’une autre grande
société cotée lui laisse peu de temps.
Qui alors pour imposer un plan de
succession clair et ambitieux à la hauteur des enjeux de ce groupe ? Denis
Kessler a soixante-six ans ; les statuts
modifiés en 2010 lui permettent de rester président jusqu’à soixante-dix ans. Il
en a usé des numéros deux, mandataires ou non, mais toujours rien en vue.
Ces pratiques vont à l’encontre de la
nouvelle régulation Solvency II. Sans
forcer la séparation des pouvoirs, elle
impose un système de gouvernance
efficace dont le but est de garantir une
gestion saine et prudente de l’activité.
Quelle que soit la nature du projet
industriel que veut mener Covéa, il ne
manquera pas de faire bouger les
lignes. A minima le groupe mutualiste
mettra le conseil devant ses responsabilités et son offensive permettra de faire
évoluer le pilotage ; ce sera déjà une
bataille gagnée pour l’actionnaire
minoritaire. Il est encore temps pour
Denis Kessler de sortir par la grande
porte, celle à la mesure du groupe qu’il a
formidablement dirigé mais qui ne lui
appartient pas. C’est ça aussi le capitalisme : le dirigeant, moins encore que le
sociétaire, n’est pas l’actionnaire.
Olivia Flahault et Frédéric Genevrier
sont cofondateurs d’OFG Recherche.
Ce « Fric-Frac » au théâtre
THÉÂTRE
que et à la bande dessinée,
de Paris offre au moins
Fric-Frac
mâtinées de fauvisme et de
deux motifs de satisfaction.
d’Edouard Bourdet
cubisme. D’où vient que la
Michel Fau, qui a exhumé la
Mise en scène de Michel
machine folle de Fau
comédie d’Edouard BourFau. Théâtre de Paris,
tourne moins vite qu’à
det et en signe la mise en
01 48 74 25 37. 1h50.
l’ordinaire et ne déclenche
scène, n’est pas rouillé : son
l’hilarité que par intermitinterprétation de Jo les bras coupés, le
tence ? La faute à la pièce sans doute, créée
voyou veule, béret vissé sur la tête et mèche
en 1936 et magnifiée par l’adaptation cinéfolle, est en tout point réjouissante, surtout
matographique de Maurice Lehmann et
dans ce moment paroxystique où il simule
Claude Autant-Lara en 1939. La magie du
l’ivresse. Et pour ceux qui ne la connaislong-métrage servi par des acteurs hors
saient pas encore, Emeline Bayart, clown
pair, biens dans leur époque (Michel Simon
atomique (elle incarne Bécassine dans le
en tête dans le rôle de Jo) a du mal à passer la
film de Bruno Podalydès), fait rire aux éclats
rampe aujourd’hui.
en fille du bijoutier Mercandieu (Renée) –
L’argot des années 1930 amuse au début
petite bourgeoise survoltée tombée amoudu spectacle, avant de lasser tant il apparaît
reuse de Marcel, l’employé de son père,
daté. L’argument – un casse avorté dans une
autant par caprice que par ennui. Les deux
bijouterie, mené par une bande de bras casautres stars de l’affiche ne déméritent pas :
sés – manque de ressorts et s’étire dans des
Régis Laspalès campe avec candeur et un
scènes trop bavardes. Les trouvailles de
détachement lunaire cette bonne pâte de
mises en scène et l’abattage des comédiens –
Marcel (interprété au cinéma par Fernanefficaces même dans les petits rôles – ne sufdel) ; et, si elle n’a pas la gouaille d’Arletty,
fisent pas à captiver. Comme à son habitude,
Julie Depardieu apporte son naturel et son
Michel Fau essaie de jouer à fond la carte de
piquant au personnage de Loulou, la caml’absurde pour révéler, derrière le burlesque,
brioleuse en chef.
le tragique de la condition humaine – ici les
malfrats comme les petits-bourgeois sont
Hilarité intermittente
condamnés à des vies sans joie. Mais l’amerMichel Fau a une fois de plus joué d’audace,
tume comme la farce apparaissent émousen créant une atmosphère surréelle avec la
sées. Reste un spectacle bien réglé, discomplicité de son frère scénographe Bertrayant, dont on retiendra tout de même
nard Fau et de Citronnelle Dufay : plutôt
quelques éclairs de folie – Fau reste Fau, malque de reproduire le style des films noirs, le
gré tout, ni « cave » ni « fleur de nave ».
décor bariolé emprunte aux affiches d’épo— Ph. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
sciences
Tester la gravité
près d’un trou noir
LA
CHRONIQUE
de Marc
Lachièze-Rey
U
n trou noir permet de tester nos théories
de la gravitation dans l’environnement
d’une intense gravité ; soit, dans le
langage de la relativité générale, dans un espacetemps de très forte courbure. En particulier,
il engendre d’intenses décalages spectraux,
c’est-à-dire des différences entre la période
d’un rayonnement émis à proximité du trou noir,
et la période du même rayonnement reçu
par un observateur éloigné.
Deux phénomènes peuvent engendrer de tels
décalages. Soit le déplacement de la source par
rapport à l’observateur : pas de décalage pour
une source immobile (même si la notion est
délicate à définir dans le contexte d’un espacetemps courbe) ; vers les longues périodes (« vers
le rouge ») si la source s’éloigne (l’observation des
décalages vers le rouge des galaxies mit ainsi en
évidence l’expansion de l’Univers) ; vers les
courtes périodes si elle se rapproche. Cet effet
est bien connu dans la physique ordinaire (effet
Doppler), mais la formule qu’en donne la relativité
générale diffère de celle de la physique non
relativiste ; notamment par la présence d’un
« décalage Doppler transverse », causé par la
composante non radiale de la vitesse relative (non
alignée avec la direction source-observateur).
L’autre cause possible de décalage est la courbure
même de l’espace-temps. On parle dans ce cas de
« décalage gravitationnel » ou d’« effet Einstein ».
Ce dernier avait été mesuré sur Terre et dans
le Système solaire, mais dans des conditions
de gravité faible. Une équipe d’astronomes vient
d’annoncer la mesure d’une combinaison des
décalages relativistes, Doppler transverse et
gravitationnel (de valeur de l’ordre de 1/1.000),
pour une étoile baptisée « S2 ». En orbite autour
du trou noir supermassif (4 millions de fois la
masse du Soleil) qui occupe le centre de notre
galaxie, près de la source de rayons X Sagittarius
A, celle-ci offre des conditions optimales pour
tester la gravité : champ gravitationnel intense
et vitesse orbitale élevée (presque 8.000 km/s).
Pendant vingt-six ans, l’équipe a enregistré en
continu les positions et les spectres de l’étoile
au Very Large Telescope de l’ESO au Chili. Résultat
en parfait accord avec la relativité générale !
Marc Lachièze-Rey est directeur de recherche
au CNRS.
o
LA PUBLICATION
Les effets du cannabis
sur le fœtus dépendent
de son sexe
E
n dépit du nombre croissant de signalements
concernant la consommation de cannabis
en cours de grossesse, les conséquences à long
terme d’une exposition prénatale aux
cannabinoïdes restent mal comprises », constate
le chercheur de l’Inserm Olivier Manzoni,
de l’Institut de neurobiologie de la Méditerranée.
C’est ce qui l’a poussé à réaliser une nouvelle étude
sur le sujet, publiée dans « eLife ». Portant sur
le rat, les résultats en sont étonnants. L’article
montre, en effet, que si une exposition prénatale
aux cannabinoïdes n’est pas sans effets
sur le neurodéveloppement du fœtus,
cet impact est différent selon le sexe.
Les auteurs de l’étude se sont concentrés sur
l’influence de cette exposition sur les fonctions
synaptiques et comportementales du cortex
préfrontal médial, une région du cerveau souvent
impliquée dans les troubles neuropsychiatriques.
Et ils ont découvert que seuls les rats mâles
exposés in utero étaient, une fois devenus adultes,
moins sociables que leurs congénères non
exposés, cet effet délétère ne se retrouvant pas
chez les rates. Il existe donc, du moins dans ce
modèle animal, des effets spécifiques au sexe d’une
exposition prénatale aux cannabinoïdes. — Y. V.
CHOCS GALACTIQUES
Il y a quelques centaines
de millions d’années,
la Voie lactée a été
chamboulée par le passage
en son sein d’une galaxie
naine du Sagittaire,
révèle l’instrument Gaïa.
bit.ly/2prdp7i
SUR
LE WEB
558
millions
d’années
LA MÈRE DE TOUTES
LES BÊTES
Ovale, plat, faisant
plusieurs dizaines
de centimètres de longueur
et vivant au fond des
océans : « Dickinsonia » est
le plus ancien animal connu.
bit.ly/2MPtmxu
PALÉOANTHROPOLOGIE // Plusieurs indices convergent pour remettre en question le modèle
de dispersion initial d’Homo sapiens. Selon de nouveaux scénarios fondés sur l’analyse génomique
des populations, il serait apparu et se serait propagé à partir de l’Eurasie.
Des doutes sur l’origine africaine de l’homme
Paul Molga
@paulmolga
L
a théorie « Out of Africa », selon
laquelle le berceau de l’humanité
serait le résultat d’une expansion
démographique partie de l’Afrique subsaharienne, vient de subir de nouveaux coups
de boutoir. Dans un article publié cet été par
la revue « Trends in Ecology & Evolution »,
un groupe de scientifiques spécialistes de
l’évolution humaine, de génétique et des climats du passé affirme qu’au cours des
300.000 dernières années, c’est une dynamique complexe de connexions, de séparations et de métissages entre les différentes
lignées et cultures de nos ancêtres qui
aurait engendré, à la manière d’un puzzle, la
diversité de notre espèce.
De sérieux doutes ont commencé à faire
trembler les fondements de la théorie du berceau unique l’année dernière, avec la découverte au Maroc des restes d’un représentant
d’Homo sapiens. Et pas des moindres : dans
l’ancienne mine saccagée de Djebel Irhoud, à
l’ouest de Marrakech, où il a pu dégager le
site, le paléoanthropologue Jean-Jacques
Hublin et son équipe ont libéré les plus
anciens ossements connus de notre espèce,
plus vieux de 100.000 ans que les premiers
ossements reconnus comme anatomiquement modernes découverts en Ethiopie. « La
découverte marocaine repose la question de
l’enracinement initial d’Homo sapiens », explique le directeur de l’équipe de recherche.
A l’époque, de nombreuses régions
aujourd’hui inhospitalières d’Afrique, telles
que le Sahara, étaient humides et vertes, traversées par des réseaux entrelacés de lacs et
de rivières, et il n’existait aucune frontière
géologique sur le continent. Inversement,
certaines régions tropicales étaient arides.
La nature changeante de ces zones a
conduit à des subdivisions au sein des
populations humaines, qui ont donc vraisemblablement traversé de nombreux
cycles d’isolement et de mélanges, conduisant à des adaptations locales et à des périodes de mélanges génétiques et culturels.
« L’évolution des populations humaines
en Afrique était multirégionale. Notre ascendance était multiethnique et l’évolution de
notre culture matérielle était bien multiculturelle », résume le docteur Eleanor Scerri,
archéologue au Jesus College de l’université
d’Oxford et chercheuse à l’Institut MaxPlanck, qui a cosigné l’étude publiée dans la
revue « Trends in Ecology & Evolution ».
Buisson généalogique
Une autre découverte, réalisée fin août,
confirme cette vision buissonnante de l’évolution, faite d’une mosaïque foisonnante
qui a vu apparaître et disparaître des espèces jusqu’à conduire notre famille vers une
lignée unique qui a inventé le feu, le langage
et la bombe atomique. Elle provient également d’une équipe de l’Institut allemand
Max-Planck, menée par l’anthropologue
évolutionniste Svante Pääbo. Ce chercheur
est connu pour avoir largement contribué
au décodage du génome des Néandertaliens et permis d’avancer qu’ils avaient
mélangé leurs gênes à nos ancêtres Sapiens.
Cette fois, c’est à un fragment d’os d’à
peine 2,5 cm que s’est intéressé le scientifique. Découvert en 2012 parmi des milliers
d’autres fragments d’animaux dans une
grotte des montagnes de l’Altaï, il appartient à une adolescente de treize ans qui
vivait là il y a 90.000 ans. Une première analyse a été pratiquée en 2016 sur son ADN
mitochondrial (correspondant au matériel
génétique transmis par la mère à son
enfant). Elle a révélé que l’os appartient à un
hominidé d’origine Néandertal. En étudiant
ensuite l’ADN nucléaire (hérité pour moitié
de l’ADN paternel), l’équipe de Svante Pääbo
a fait une découverte surprenante : la jeune
fille était métisse, issue de l’accouplement
d’une mère néandertalienne, donc, et d’un
père dénisovien.
Cette dernière lignée est apparue récemment dans la généalogie des hominidés et
Os d’une adolescente métisse, issue d’une mère néandertalienne et d’un père dénisovien, qui vivait
il y a 90.000 ans dans les montagnes de l’Altaï, en Asie centrale. Photo Ian R. Cartwright 2015
7 millions
d’années
d’évolution
7 Ma
•Sahelanthropus
tchadensis. Découvert
en 2001 au Tchad,
Toumaï a remis
en question la théorie
de l’« East Side Story »
situant l’apparition
de la lignée humaine
en Afrique de l’Est.
3,2 Ma
Australopithecus
afarensis. Découverte
en Ethiopie en 1974,
Lucy était dotée
d’une locomotion
en partie bipède.
Elle a longtemps été
considérée comme
la représentante
d’une espèce à l’origine
de la lignée humaine
avant d’être écartée
des ancêtres directs
du genre Homo.
2,5 Ma
Homo habilis.
1,30 m de haut,
30 kg. Cette créature
bipède a façonné
les premiers bifaces
en fracassant
de simples cailloux
l’un contre l’autre.
1,8 Ma
Homo ergaster.
Notre ancêtre quitte
définitivement la vie
arboricole. Il découvre
l’usage du feu mais ne
le maîtrise pas encore.
1 Ma
Homo erectus.
Il se tient debout
et domestique le feu.
300.00 ans
Homo sapiens invente
l’art et colonise
la Terre.
250.000 ans
Néandertal enterre
ses morts et taille
la pierre.
•
•
•
•
•
•
les paléontologues ne disposent que de
quelques fragments d’os et de dents pour
l’étudier. C’est insuffisant pour déterminer
leur morphologie, sans doute robuste, mais
assez pour ajouter quelques pièces au
puzzle génétique des lignées humaines.
Plusieurs études ont ainsi montré qu’une
partie de l’ADN des Dénisoviens a été sélectionnée chez certaines populations d’Homo
sapiens : chez les Inuits, il influence par
exemple la gestion des tissus adipeux ; chez
les Tibétains, il améliore le transport de
l’oxygène dans le sang, expliquant leur
capacité à vivre en altitude où l’air est pauvre en oxygène. L’homme de Denisova, qui
tire son nom de la grotte des montagnes de
l’Altaï où a été découverte la jeune fille, a
aussi contribué à hauteur de 4 à 6 % au
génome des Papous de Nouvelle-Guinée et
des aborigènes australiens.
Croisements fréquents
Une étude réalisée par des chercheurs américains, Sharon Browning et ses collègues
des universités de Washington et de Princeton, montre que plusieurs interactions se
sont produites avec Homo sapiens. En inspectant le génome de plus de 5.500 individus, ils ont repéré de l’ADN dénisovien chez
les populations d’Asie de l’Est, en particulier
deux ethnies chinoises et les Japonais. Ils
ont aussi remarqué que cet ADN différait
significativement de celui retrouvé dans les
populations d’Australasie. Il existait donc
deux populations dénisoviennes que notre
ancêtre a rencontrées, respectivement en
Asie de l’Est et en Asie du Sud-Est.
Après la découverte l’an passé en Grèce
d’un hominidé plus ancien que Toumaï,
notre ancêtre supposé découvert au Tchad,
ces nouveaux indices fournissent une preuve
supplémentaire aux tenants du modèle
alternatif au berceau africain qui situe l’origine de l’homme… en Eurasie. L’an passé, le
professeur de génétique suédois Ulfur Arnason avait jeté un pavé dans la mare en
publiant une étude dans la revue « Gene ».
Ses travaux ont porté sur l’analyse génomique des populations d’hominidés qui peuplaient la région à cheval entre l’Europe et
l’Asie, et, selon ses conclusions, les mélanges
génétiques entre Homo sapiens, Néandertal
et Denisova ne peuvent pas s’expliquer avec
le peu de temps de vie en commun que
suggère le modèle « Out of Africa ».
C’est une dynamique
complexe de connexions,
de séparations et
de métissages entre
les différentes lignées
et cultures de nos ancêtres
qui aurait engendré la
diversité de notre espèce.
Partant d’Eurasie, Homo sapiens aurait
colonisé l’Afrique, l’Europe et l’Asie en plusieurs groupes distincts, expliquant les
mélanges génétiques marqués de l’homme
moderne avec ses cousins d’une région à
l’autre du globe. « La dispersion d’Homo
sapiens à travers l’Eurasie, il y a 60.000 ans, a
sans doute permis des interactions répétées à
grande échelle avec les populations archaïques », avance Ulfur Arnason. Ce qui pourrait expliquer, mieux que les théories actuelles, comment Néandertaliens et Dénisoviens
ont été absorbés par l’homme moderne. n
Un dessin vieux de 73.000 ans
C’est un petit éclat de pierre d’à peine 4 cm de long qui vient de bouleverser la chronologie de l’art préhistorique. Découvert en 2001 dans
la grotte de Blombos en Afrique du Sud, ce caillou supporte une série
de neuf lignes entrecroisées, dont une équipe de préhistoriens dirigée
par Christopher Henshilwood, de l’université de Bergen (Norvège),
vient de montrer l’origine incontestablement humaine.
Leur étude, publiée ce mois-ci dans « Nature », confirme que « le pigment a été appliqué intentionnellement avec un crayon d’ocre dont
la pointe ne faisait pas plus de 3 mm sur une surface préalablement
lissée par frottement ». Surtout, le dessin « précède d’au moins
30.000 ans les plus anciennes œuvres abstraites et figuratives connues
jusqu’à présent ». L’éclat décoré date d’environ 73.000 ans, le double
des trésors préhistoriques qui ornent la grotte Chauvet. — P. M.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 13
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
enquête
De gauche à droite :
Mounir Mahjoubi, Florence
Berthout, Anne Hidalgo,
Pierre-Yves Bournazel,
Benjamin Griveaux
et Geoffroy Boulard.
Shutterstock / AFP / Ludovic Marin / Ibo/Sipa/1801192307 /Thomas Samson / Jacques Witt / Sipa
Paris, ville
ouverte
COLLECTIVITÉ LOCALE //
A dix-huit mois de
l’échéance, les candidats
En marche se bousculent déjà pour les municipales à Paris. L’élection
d’Emmanuel Macron en
2017 et les déboires
d’Anne Hidalgo libèrent
les vocations. La campagne s’annonce plus
ouverte que jamais.
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
et Matthieu Quiret
@MQuiret
I
l est le premier. Lundi 17 septembre,
Julien Bargeton convoque dans la matinée la presse pour lancer sa candidature aux municipales parisiennes. A la Station F, le nouveau temple des Parisiens
branchés, devant une audience clairsemée,
l’ex-adjoint aux finances d’Anne Hidalgo
allume la mèche de la campagne, à dix-huit
mois des échéances. A 3 kilomètres de là,
quelques minutes plus tard, c’est le premier
adjoint de la maire, Bruno Julliard, qui
ébranle l’Hôtel de Ville et sa maire, Anne
Hidalgo, dans une démission fracassante.
Pas de doute, la course pour la Mairie de
Paris a bien démarré ce 17 septembre 2018.
Et elle commence donc par un lundi noir
pour Anne Hidalgo, déjà cernée par les attaques incessantes de la droite parisienne,
des dysfonctionnements en série de la municipalité et la génération Macron qui rôde
autour de la rue de Lobau. Les deux anciens
fidèles critiquent ce jour-là le fonctionnement trop vertical de la Mairie, son administration empesée, le sectarisme de sa dirigeante. Du pain bénit pour tous ceux qui ont
échafaudé tout l’été des plans d’attaque contre la forteresse du socialisme parisien,
imprenable depuis presque vingt ans. A leurs
yeux, après vingt-quatre années de règne de
la droite (1977-2001) et dix-neuf de la gauche
(2001-2020), une page va se tourner.
Les espoirs de LREM
Mais en faveur de qui ? Tous les regards se
tournent vers La République En marche
(LREM), le parti présidentiel. On y rêve de
répliquer à Paris, en 2020, l’OPA
d’Emmanuel Macron sur l’Elysée
en 2017. A priori, LREM a de quoi être optimiste. Les scores de la présidentielle (35 %
pour Emmanuel Macron au premier tour)
et aux législatives (12 députés sur 18) sont
prometteurs.
Vendredi 14 septembre, le comité de pilotage mis en place par LREM a détaillé la
feuille de route pour les municipales :
d’abord la consultation des Parisiens, puis
le projet, puis la stratégie politique et, enfin,
l’incarnation. Le tout avec pour slogan
« Paris et moi ». « On veut refaire à Paris ce
qu’on a fait au niveau national, en rassemblant le centre droit et le centre gauche »,
explique le député Pierre Person, chargé
des élections à LREM. Mais en 2020, l’étiquette macroniste sera sans doute plus
lourde à porter qu’aux dernières législatives. Les électeurs de gauche ayant voté pour
les candidats En marche aux législatives et
déçus par la politique du gouvernement
pourraient être tentés de revenir au bercail.
« A Paris, le reflux de LREM est engagé. Dans
l’opinion, il y a des cassures irréversibles avec
la politique menée par le gouvernement »,
espère un membre de l’équipe sortante.
L’agenda… et les coulisses
Au-delà de cet agenda officiel, la bataille
interne à LREM pour Paris a déjà commencé. La perspective d’une victoire a
éveillé les vocations. Outre Julien Bargeton,
trois « marcheurs » ont des visées sur la
capitale : le porte-parole du gouvernement,
Benjamin Griveaux, son collègue au Numérique, Mounir Mahjoubi, et le député de
Paris Hugues Renson. Un casting encore
une fois très masculin, qui pourrait être
complété par la candidature d’une élue
LREM parisienne, Anne Lebreton. En
juillet, Mounir Mahjoubi a lancé son offensive médiatique. Il s’est fait photographier
pour « Paris Match » avec son compagnon,
effectuant à cette occasion son coming out.
Il se déclare très motivé et passe ses weekends à arpenter les rues parisiennes. « Je
suis très investi. L’urgence est de nous structurer à Paris et de mobiliser au-delà d’En marche. Après, la candidature deviendra naturelle », explique-t-il. Fils d’immigrés, issu
des quartiers populaires, homosexuel,
Mounir Mahjoubi pense cocher beaucoup
de cases pour séduire l’électorat parisien.
De son côté, Benjamin Griveaux a accéléré et bat lui aussi les pavés de la capitale. Il
estime avoir une longueur d’avance. « C’est
Macron qui lui a dit de se pencher sur Paris et
d’organiser le processus », commente l’un de
ses proches. Comprendre : il est le
candidat du chef de
l’Etat pour la Mairie de Paris. Plus prudent,
Hugues Renson reste en embuscade. « Il ne
faut pas inverser les priorités, mais d’abord
penser au projet. Un candidat sans projet, cela
n’a pas de sens. Il faut arrêter cette course de
petits chevaux des candidatures, cela n’est pas
la bonne méthode et les Parisiens n’en veulent
pas », explique-t-il aux « Echos ».
Vitesse et précipitation
Pour tous ces candidats, le risque est de confondre vitesse et précipitation… en attendant la décision de l’Elysée. Car nul ne doute
que c’est Emmanuel Macron lui-même qui
aura le dernier mot sur le choix de celui qui
portera les couleurs de LREM pour la municipale parisienne. Un choix stratégique.
Dernier acte de la recomposition politique
Un casting très masculin,
qui pourrait être complété
par la candidature d’une
élue LREM parisienne,
Anne Lebreton.
C’est Emmanuel Macron
qui aura le dernier mot sur
le choix de celui qui portera
les couleurs de LREM pour
la municipale parisienne.
issue de la présidentielle de 2017 – ou premier acte de la présidentielle 2022 –, Paris
ne peut être perdu pour LREM. Pour l’instant, le locataire de l’Elysée n’intervient pas,
attendant de voir qui émerge. « La ligne
rouge qui a été fixée est que les candidats doivent se mettre au service du projet collectif »,
précise Pacôme Rupin, député LREM de
Paris et chargé du comité de pilotage du
parti pour la municipale parisienne.
Candidature hybride
Parmi les candidatures hybrides que suscite
cette campagne déjà inédite, il y a aussi Pierre-Yves Bournazel. L’élu du 18e arrondissement croit son heure venue. Ce quadra est
un peu le Richard Gasquet de la droite parisienne : resté longtemps jeune espoir chez
LR, il a pris un envol discret sur la vague
macronienne des législatives de 2017. Il se
présentait sous l’étiquette des constructifs,
raflant la circonscription à Myriam El
Khomri, l’ancienne ministre socialiste du
Travail que Macron avait ménagée en ne
présentant pas de candidat. Au Conseil de
Paris, après avoir hésité, Pierre-Yves Bournazel est resté dans le groupe Les Républicains et Indépendants (LRI) – « je suis le “i” de
“indépendants” », sourit le quadragénaire. A
la Mairie de Paris, on en fait un adversaire
crédible, tandis qu’à droite la présidente du
groupe LRI le présente comme un recours
possible. L’homme cultive la tempérance. « Je ne participerai pas au “Hidalgo
bashing”, je n’ai jamais été très partisan »,
dit-il. Et de préciser : « Je suis modeste, je sais
que je dois gagner ma notoriété. » Le premier
de classe explique avoir monté 12 groupes de
travail, avoir des soutiens jusqu’au sommet
de l’Etat. Il promet un projet pour le printemps. Mais dans quelle écurie ? « Pas sûr
que Macron lui ait pardonné son passage en
force aux législatives », sourit un centriste.
Cap du collectif à droite
Chez LR, on est plus prudent encore. En
presque vingt ans, la droite parisienne a
perdu trois fois, la faute aux batailles d’ego.
La vague macroniste des législatives de 2017
a brisé l’espoir d’une alternance facile,
d’autant qu’aucun poids lourd ne subsiste
dans le groupe municipal LR depuis
le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet.
L’élection de Laurent Wauquiez à la tête du
parti n’a rien arrangé, son positionnement
détonnant dans une capitale plus progressiste. Pourtant, la nouvelle présidente du
groupe, Florence Berthout, a évité l’explosion qui couvait. Bien vissée dans sa mairie
du 5e arrondissement, qui avait pourtant
voté à 57 % Hollande, armée d’une gouaille
titi pas possible, elle « fait le taf ». « On
avance vers le cap du collectif, c’est la troisième fois que je réunis les 70 élus parisiens,
dont Rachida Dati et Claude Goasguen, c’était
impensable avant », explique-t-elle.
En quête d’une figure
Florence Berthout ne promet pas comme
les autres prétendants des mois de tables
rondes ou de sondages : « Le programme, on
l’a déjà avec toutes les contre-propositions faites au conseil municipal depuis 2014. Rien que
sur le plan climat, on a produit 30 vœux », ditelle. La maire du 5e le jure : le désamour
entre Anne Hidalgo et les Parisiens est
patent. « J’ai pas mal d’administrés qui ont
voté à gauche la dernière fois et veulent maintenant travailler avec moi », assure-t-elle,
évoquant des personnalités restées anonymes. « C’est une équipe apaisée », confirme le
maire du 17e arrondissement, Geoffroy Bou-
lard. Le secrétaire de la fédération départementale LR, la plus importante de France,
revient souvent dans les noms qui pèseront
dans la campagne. « Il n’y a pas encore de leadership qui se dégage. Je plaide pour une primaire en mars, on fait toujours cela à Paris. »
Pour lui, la campagne est plus ouverte que
jamais. « Il y a trois ou quatre blocs, c’est inédit », constate-t-il. La droite se cherche une
figure, donc. On a parlé cette année de Valérie Pécresse, on reparle de Rachida Dati en
ce moment. Le sondage récent dans le
« JDD » donnant Florence Berthout aux
alentours de 23 % au premier tour rassure
les troupes : « On est stable depuis six mois,
alors qu’on n’a pas de candidat. Il y aura un
vrai match », promet Geoffroy Boulard.
Le spectre d’une capitale
ingouvernable
A l’Hôtel de Ville, devant les crocodiles qui
tournent dans le marigot, l’ancien patron de
la fédération socialiste Emmanuel Grégoire, que la maire vient de nommer à la
place de Bruno Julliard, affiche une sérénité
de Joconde. « Anne Hidalgo résiste au vent
fort. Même au pire moment en mars-avril, les
sondages montraient un socle très solide. Le
PS est à 6 % au niveau national, mais au
niveau local, il peut atteindre 40 % d’intentions de vote, comme François Rebsamen à
Dijon. Nous sommes au-delà de 30 % », assure-t-il. A écouter ses adversaires, la maire va
pourtant vivre un chemin de croix jusqu’au
printemps 2019. Avec un triple défi : stopper
les fiascos, livrer les travaux du programme
de mandature et restaurer son image. L’opération débute dès cette semaine avec la
parution d’un livre, « Respirer », sur l’enjeu
écologique. Sûr de son engagement vert,
l’entourage de la maire calcule déjà les voix
des écologistes dans les projections de vote.
Mais du côté des Verts, on ne l’entend pas
de la même oreille. David Belliard, le président du groupe municipal, entend jouer sa
partition dès le premier tour. « La campagne
a commencé, Paris peut vraiment virer à
droite et le PS n’est plus le parti dominant de
2008 ou 2014. Il suffit d’un arrondissement. A
7 ou 12 %, on fera basculer l’élection. Il y aura
une liste écolo, car nous n’avons pas la même
vision de la ville que la maire », explique-t-il.
Une combinatoire de scénarios inédite,
des castings à rallonge, les municipales
parisiennes promettent assurément du
spectacle aux amateurs de suspense. Sa
conclusion donne déjà des sueurs froides
aux fins connaisseurs de ce scrutin à l’américaine à trois tours : un Conseil de Paris
sans majorité, ingouvernable. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Lundi 24 septembre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
ENVIRONNEMENT CENT JOURS
SANS GEL AU PIC DU MIDI
ÉTATS-UNIS L’ACCUSATRICE
DE KAVANAUGH VA TÉMOIGNER
Record historique météo : le pic du
Midi de Bigorre, qui culmine dans le
département des Hautes-Pyrénées
à plus de 2.870 mètres, a franchi
samedi la durée symbolique des
100 jours sans gel. Le précédent
record, 1999, était de 77 jours
sans gel. Des relevés de températures
sont pratiqués au pic du Midi depuis
1882. Il faut remonter au 14 juin pour
trouver une température négative,
– 1,6 °C, à la station météo.
Christine Blasey Ford accusant
d’agression sexuelle le juge Kavanaugh, candidat de Donald Trump à
la Cour suprême, a accepté de témoigner au Sénat. « Politico » et « Daily
Beast » ont rapporté que l’audience
aurait lieu jeudi. La commission judiciaire de la chambre haute va également auditionner Brett Kavanaugh.
La nomination à vie de ce magistrat
pourrait placer les juges progressistes ou modérés en minorité pour de
longues années à la Cour suprême.
MUSIQUE LA TECHNO PARADE
A CÉLÉBRÉ SES VINGT ANS
DANS LES RUES DE PARIS
LA PHOTO DU JOUR
L’incroyable palmarès de Clarisse Agbegnenou
AFP
SUISSE UN CANTON VOTE
L’INTERDICTION DE LA BURQA
Malgré la pluie qui n’a pas découragé
des dizaines de milliers de « teuffeurs », la Techno Parade a fêté,
samedi, du Louvre à la place d’Italie,
sa vingtième édition. Technopol,
l’association organisatrice, revendique plus 300.000 participants. Quelque 200 DJ se sont relayés aux platines durant l’après-midi, sur le quai
Francois-Mitterrand.
Pas moins de 67 % des habitants du
canton suisse de Saint-Gall ont voté
en faveur d’une interdiction de la
burqa dans l’espace public de leur
région. Une réglementation déjà en
vigueur depuis juillet 2016 dans le
Tessin voisin. Le taux de participation était de 36 %. Tous les électeurs
de la Confédération seront amenés à
se prononcer sur cette question, probablement l’an prochain. Un groupe
de citoyens a réuni les 100.000 signatures nécessaires pour une votation.
VATICAN ACCORD HISTORIQUE
CONCLU AVEC LA CHINE
Clarisse Agbegnenou est devenue la judoka française la plus titrée de l’histoire des Mondiaux. Vice-championne olympique,
elle est depuis dimanche triple championne du monde (2014, 2017 et 2018). En 2013 et 2015, elle avait aussi remporté deux
médailles d’argent mondiales. Dominant la catégorie des moins de 63 kg, elle est aussi triple championne d’Europe (2013, 2014
et 2018). Dans deux ans il lui restera à s’imposer au Japon, lors des prochains Jeux Olympiques, dans la patrie du judo.
ACCIDENT SIX MILITAIRES BLESSÉS
DANS LE BOIS DE VINCENNES
POLITIQUE VENTE RECORD POUR
UN TABLEAU DE TRUPHÉMUS,
GRAND PEINTRE DE LYON
Un tableau de Jacques Truphémus
(1922-2017), grand peintre de Lyon
admiré par Balthus, a été cédé samedi
41.000 euros (hors frais) lors d’une
vente aux enchères, un record pour cet
artiste peu connu du grand public. Né le
25 octobre 1922, Jacques Truphémus
était souvent comparé à Pierre Bonnard
(1867-1947) pour ses cadrages, sa
palette claire dominée par les camaïeux
de verts, de jaunes et de bleus.
JUSTICE APPEL EN FAVEUR
DES VICTIMES DE VIOLENCE
CONJUGALE
La comédienne Muriel Robin, rejointe
par 87 personnalités, signe dans le «JDD»
une tribune en faveur des victimes de violences conjugales. Le texte appelle à un
rassemblement le 6 octobre à Paris,
demande des moyens de prise en charge
et une formation pour la police, la gendarmerie et les magistrats. L’an dernier
123 victimes mortelles ont été recensées.
AFP
Six militaires ont été blessés dimanche, dont deux grièvement, lors d’une
explosion probablement due à des
réchauds à gaz dans un campement
sauvage au cœur du bois de Vincennes, près de Paris. Ils faisaient leur
jogging, ont aperçu un incendie dans
un campement et, au même moment,
les déflagrations ont retenti. Les deux
blessés les plus sérieux, dont le pronostic vital ne serait pas engagé, ont
été évacués vers l’hôpital de Percy.
Photo : Mladen Antonov/AFP
Le Vatican a signé samedi un accord
historique avec Pékin, portant sur
l’épineuse question de la nomination
des évêques en Chine. En vertu de cet
accord, le pape François reconnaît
la légitimité de sept prélats nommés
par l’Etat chinois. La Chine compte
quelque 12 millions de catholiques,
déchirés entre l’Eglise clandestine,
fidèle au Vatican, et l’Association
patriotique des catholiques chinois,
proche du régime communiste.
MEXIQUE LES ÉTATS-UNIS
FONT AVANCER LE MUR
Le président élu Andrés Manuel
López Obrador, qui prendra ses fonctions le 1er décembre, a déclaré qu’il
ne voulait pas « se battre » avec
Donald Trump à propos du mur, mais
qu’il était en quête d’un accord sur la
question migratoire. Les USA démarrent la construction, à El Paso, d’un
mur de plus de 5 mètres sur 6,5 km.
OCÉAN INDIEN PRÉSIDENTIELLE
AUX MALDIVES
Les habitants des Maldives ont voté
dimanche pour les élections présidentielles. Cette micronation d’un millier
d’îles coralliennes (340.000 habitants)
est dirigée par Abdulla Yameen. La
veille du vote, les forces de l’ordre ont
mené un raid dans le quartier général
de l’opposition dont les principales
figures sont soit derrière les barreaux,
soit forcées à l’exil.
ON EN PARLE À TÉHÉRAN
Après l’attentat d’Ahvaz, l’Iran accuse et menace
Le président Rohani accuse pêle-mêle les Emirats arabes unis,
l’Arabie saoudite ou les Etats-Unis.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
convaincues. Dès dimanche,
elles ont privilégié la piste
séparatiste arabe et accusé un
« petit » Etat du Golfe d’être
derrière cet acte « terroriste ».
La République islamique a
aussi reproché à trois pays
européens (le Danemark, la
Grande-Bretagne et les PaysBas) d’abriter des membres du
Front populaire et démocratique des Arabes d’Ahvaz, le
groupe séparatiste mis en cause
précisément par Téhéran.
Aux diplomates convoqués, le
ministre des Affaires étrangères
a fait part des « fortes protestations de l’Iran contre le fait que
leurs pays respectifs abritent certains membres du groupe terroriste ayant perpétré l’attaque »
d’Ahvaz. Pour le président ira-
L
’attentat ne restera pas
impuni. Avant de s’envoler vers New York où il
doit assister à l’assemblée générale de l’ONU et où Donald
Trump a demandé à le rencontrer, Hassan Rohani, le président
iranien, a promis « une réponse
terrible ». Quelques heures plus
tôt, un commando de quatre
hommes a ouvert le feu, samedi,
sur la foule qui assistait à Ahvaz
à une parade militaire. Le bilan
officiel fait état de 29 morts et
d’une soixantaine de blessés.
L’attentat a beau avoir été
revendiqué par le groupe djihadiste Etat islamique, les autorités iraniennes ne sont guère
nien, la situation est limpide :
« Tant que Saddam Hussein était
en vie, ils étaient ses mercenaires.
[…] Ensuite, ils ont changé de maître et un des pays de la rive sud du
golfe Persique » s’est chargé de les
soutenir, a poursuivi Hassan
Rohani, sans nommer le moindre pays.
Grand rival régional
« Tous ces petits pays mercenaires
que nous voyons dans la région
sont soutenus par les EtatsUnis », a encore dit Hassan
Rohani. Abbas Araghchi, le viceministre des Affaires étrangères,
a annoncé sur son compte Instagram que le chargé d’affaires des
Emirats arabes unis à Téhéran
allait être convoqué à cause de
propos tenus par des « respon-
sables de ce pays » sur l’attentat
d’Ahvaz. Dans un communiqué
publié sur son site, ce groupe a
nié toute implication, et accusé
les autorités de Téhéran d’avoir
commandité l’attaque.
Le guide suprême iranien,
l’ayatollah Ali Khamenei, a vu
pour sa part dans cette attaque
« une continuation de la conspiration des gouvernements de la
région à la solde des Etats-Unis ».
D’autres responsables iraniens
ont accusé, qui l’Arabie saoudite,
qui « deux Etats (arabes) du
Golfe », d’avoir armé ou financé
le commando. L’Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis, reste le
grand rival régional de l’Iran, les
deux pays s’opposant notamment dans les conflits en Syrie et
au Yémen. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
TPE / PM E
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VOIR PAGE 35
Lundi 24 septembre 2018
www.lesechos.fr
DEVISES EUR/GBP 0,8983 EUR/JPY 1,3224 EUR/CHF 1,1267 GBP/USD 1,3071 USD/JPY 1,1262 USD/CHF 0,9595 TAUX EONIA -0,365 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,319 OAT 10 ANS 0,7307 T-BONDS 10 ANS 3,0999
INDUSTRIE & SERVICES
IMMOBILIER
DERNIÈRE HEURE
Y. B.Maranatha hotels
HÔTELLERIE
Tikehau et Colony font la course en
tête pour la reprise de Maranatha.
// P. 17
Hollande s’invite dans le dossier
Rafale en Inde
Dassault conteste
les déclarations de l’ancien
président sur le choix
du partenaire indien lors de
la vente des Rafale en 2016.
PSA
Marjorie Cessac
— Correspondante à New Delhi
// P. 19
François Hollande a contribué à relancer le
feuilleton Rafale concernant la vente
des 36 avions de chasse par la France à
l’Inde en 2016. Un contrat dont l’opposition
indienne a fait un sujet de polémique
permanent pour tenter de déstabiliser le
gouvernement.
Interrogé par le site Mediapart qui lui
demandait s’il n’avait pas fait pression sur le
groupe indien Reliance, partenaire de Dassault en Inde, pour qu’il finance un film de sa
compagne, Julie Gayet, l’ancien président de
la République a déclaré que le choix du partenaire de Dassault Aviation – en l’occurrence Anil Ambani, patron du conglomérat
Reliance – aurait été imposé à la France.
« Nous n’avions pas notre mot à dire à ce sujet.
[…] Nous avons pris l’interlocuteur qui nous a
été donné », a déclaré François Hollande en
rejetant les accusations de conflit d’intérêts.
« C’est le gouvernement indien qui a proposé
ce groupe de services et Dassault qui a négocié
avec Ambani », ajoute-t-il.
En cherchant à se dédouaner, il a donné
des arguments à Rahul Gandhi, chef du
Congrès, principal parti d’opposition, qui, à
l’approche des élections de mai 2019, tire à
boulets rouges sur le Premier ministre,
Narendra Modi, lui reprochant d’avoir favorisé Anil Ambani, un « businessman » proche du pouvoir, dans cette affaire aux
dépens de Hindustan Aeronautics Limited
(HAL), le groupe public d’aéronautique.
Tous les modèles constructeur
seront déclinés en électrique.
FARFETCH
Entrée en Bourse réussie pour
la pépite du luxe digital. // P. 20
HIGH-TECH & MÉDIAS
TÉLÉVISION
Duel pour le contrôle de Sky :
Comcast bat Fox aux enchères.
// P. 21
ADOBE
L’éditeur de logiciels grandit
encore dans le logiciel marketing.
// P. 22
START-UP
QONTO
La start-up parisienne vise
l’international avec une palette
de services plus large. // P. 23
Ludovic Marin/AFP
PME & RÉGIONS
CULTURE
Paris se pose en capitale des arts.
// P. 25
FINANCE & MARCHÉS
BPIFRANCE
La banque publique veut s’armer
pour défendre le capital
de fleurons nationaux. // P. 27
BANQUES CENTRALES
Dassault conteste
Dassault a néanmoins réaffirmé qu’il avait
bien choisi de son propre chef Reliance
comme partenaire. « Cette décision est le
choix de Dassault Aviation, comme l’avait
déjà expliqué Eric Trappier [PDG de Dassault Aviation] dans une interview publiée
par le journal “Mint” le 17 avril 2018 », insiste
le groupe. Un premier accord pour un futur
Une page se tourne pour Porsche. Le président du directoire du constructeur, Oliver Blume, a annoncé dimanche dans le
quotidien populaire « Bild » qu’il ne distribuerait plus de véhicules équipés de
moteurs Diesel. Il précise vouloir se concentrer sur les moteurs essence et hybrides ainsi que, dès 2019, « sur des véhicules
purement électriques ».
Le constructeur de voitures de sport
basé à Stuttgart ne propose en réalité
plus de moteurs Diesel depuis
février 2018. La part de ses véhicules
équipés d’une telle technologie ne représentait en outre, en 2017, que 12 % de son
parc. « Même si nous n’avons jamais
nous-mêmes produit de moteurs Diesel, le
scandale du diesel nous a causé beaucoup
de tort », souligne Oliver Blume. D’un
point de vue symbolique, Porsche est
néanmoins le premier constructeur allemand à renoncer à cette technologie,
alors même que sa maison mère, Volkswagen, assure ne pas vouloir renoncer
au diesel, tout comme ses concurrents
BMW ou Daimler.
La vente de 36 Rafale à l’Inde est l’objet d’une bataille politique intérieure.
partenariat avait d’ailleurs été signé dès
2012 entre Reliance et Dassault, avant l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi et à l’époque ou le parti de Rahul Gandhi était à la
tête du gouvernement.
Au cours du week-end, François Hollande a quelque peu rétropédalé en affirmant que « ce sont des partenaires qui se sont
choisis eux-mêmes » et en ajoutant
qu’il n’était « pas au courant » d’éventuelles
pressions pour imposer Reliance comme
partenaire. Au moment de la signature, en
2016, Dassault n’avait pas fait mystère du
fait qu’un partenariat avec un « groupe
privé » était sans doute plus souhaitable
qu’avec HAL, la société d’aéronautique
publique au profil jugé « trop bureaucratique ». « Ni le gouvernement indien ni le gouvernement français n’ont eu leur mot à dire
dans cette décision commerciale », a insisté
ce week-end le ministère de la Défense
indien.
Présent dans la défense comme dans le
cinéma et de nombreux autres secteurs,
Reliance a bien contribué aux côtés d’autres
coproducteurs au financement du film
« Tout là-haut », sorti en décembre 2017.
« Reliance sort une cinquantaine de films par
an et est le partenaire de Spielberg également.
François Hollande a cherché maladroitement à protéger sa compagne, ce dont elle n’a
nullement besoin », analyse un connaisseur
du monde du cinéma, ajoutant que « le vrai
producteur en charge de tout dans ce film
était la maison de Kev Adams ».
(
Lire L’éditorial de David Barroux
Page 9
La BRI met en garde contre
les sociétés zombies. // P. 28
CRYPTOACTIFS
La France veut créer un cadre
juridique. // P. 29
BREXIT
La bataille des chambres de
compensation se poursuit. // P. 30
Gérer
un projet
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET// P. 33
LES ÉCHOS EXECUTIVES
TALENTS
7 métiers pour vraiment digitaliser
l’entreprise. // PP. 34 À 37
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Diesel :
l’Allemagne
veut mettre
les constructeurs
à contribution
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Rajesh Kumar/Hindustan Times/Rex
Rennes va s’offrir
une tour « signature ». // P. 16
Trouver en quelques jours un
dirigeant pour une mission
de transition en France
ou à l’International.
C’est notre engagement.
nimeurope.com | 01 46 24 85 71
Management de transition depuis 2001
Transformer
une activité
Remplacer
un dirigeant
Redresser
une entité
Un positionnement spécifique
Oliver Blume souligne que ce type de
moteur garde un avenir pour d’autres
acteurs, mais que le positionnement de
Porsche est différent. Selon lui, les
moteurs essence sont plus adaptés aux
voitures de course, qui ont surtout
besoin de puissance et parcourent de
plus petites distances. « Porsche sera
encore plus Porsche que par le passé, concentré sur la performance et l’efficacité »,
résume-t-il. Un positionnement qui
tombe à pic alors que la part des véhicules équipés de moteur Diesel a reculé de
46 % à 33 % en trois ans, depuis la révélation du « dieselgate ». Le numéro un
mondial de l’automobile Volkswagen
avait alors admis avoir équipé 11 millions
de ses moteurs Diesel d’un logiciel capable de fausser les tests antipollution.
« Même si nous
n’avons jamais
nous-mêmes produit
de moteurs Diesel,
le scandale du diesel
nous a causé
beaucoup de tort. »
OLIVER BLUME
Président du directoire de Porsche
Les constructeurs allemands font
aussi face à un revirement du gouvernement allemand qui pourrait leur coûter
cher. Alors que de plus en plus de villes
outre-Rhin veulent interdire la circulation de voitures diesel dans leur centre
pour se protéger de l’émission d’oxydes
d’azote, Berlin cherche la parade.
L’exécutif allemand souhaiterait désormais équiper les anciens moteurs Diesel
de catalyseurs capables de limiter ces
émissions.
Les constructeurs étaient dans ce
cadre conviés à la Chancellerie allemande en début de soirée dimanche
pour discuter de la façon de financer ce
nouvel équipement. En amont de la rencontre, ils affichaient néanmoins tous
leur refus de mettre la main à la poche. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Rennes va s’offrir une tour
« signature » de 26 étages
l Le groupe de services aux entreprises Samsic s’ancre en Bretagne.
l Il va investir 120 millions d’euros dans un vaste programme immobilier.
l L’appel à candidatures des architectes sera lancé ce lundi.
à suivre
collaborateurs de Samsic », dont les
bureaux s’intégreront dans un
ensemble comprenant une maison
de l’emploi, un hôtel quatre étoiles,
un restaurant panoramique avec
rooftop, des commerces et un mix
de logements sociaux régulés et en
accession libre.
La tour de 26 étages atteindra
pratiquement la limite de hauteur
imposée par les servitudes aéroportuaires de Rennes-Saint-Jacques. Elle abritera deux étages de
commerces, 54 logements régulés,
27 en accession sociale et 102 en
accession libre.
Thomas Samson/AFP
IMMOBILIER
Le gouvernement travaille sur une
vignette pour les camions étrangers
TRANSPORTS Le gouvernement travaille « sur une forme de
vignette » visant à taxer les « camions étrangers », dont certains
« ne font que traverser la France » sans payer la moindre taxe, a
indiqué François de Rugy, ministre de la Transition écologique
sur BFMTV. Il ne s’agit pas d’un retour à l’écotaxe poids-lourds,
abandonnée en 2014 après des mois de manifestations, M. de
Rugy a qualifié ce dispositif de « mauvais exemple d’une mauvaise gestion de la fiscalité écologique, donc on ne le refait pas. »
Les deux dernières lignes de trains
de nuit de la SNCF seront maintenues
TRANSPORTS Les trains de nuit Paris-Briançon et Paris-Ro-
dez/Latour de Carol, les derniers de la SNCF, seront maintenus
au-delà de 2020, date d’échéance de la convention entre la SNCF
et l’Etat (qui subventionne les trains de nuit), a annoncé samedi
la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Elle a également
annoncé une enveloppe de 30 millions d’euros pour la rénovation des voitures. L’Etat avait annoncé en 2016 l’arrêt des subventions à six des huit lignes de trains de nuit.
Uber Eats lorgnerait vers Deliveroo
SERVICES Uber, le géant des VTC, serait en négociations préli-
Air France :
les syndicats
reçus jeudi
En fonction de la croissance de ses
activités, le groupe Samsic prévoit
d’occuper de 7.000 à 12.000 mètres
carrés de bureaux dans ce programme, dont une partie des logements pourraient être occupés par
ses salariés. L’appel à candidatures
La tour abritera deux
étages de commerces,
54 logements régulés,
27 en accession
sociale et 102
en accession libre.
La tour complétera la « skyline » de Rennes, en particulier
du quartier EuroRennes, qui régénère le tissu urbain autour
de la gare TGV. Photo Jean-Claude Moschetti/RÉA
des architectes sera lancé ce lundi
pour un démarrage des travaux fin
2020 et une livraison en 2023-2024.
« En proposant à Christian Roulleau d’installer le siège social et une
partie des activités de Samsic à EuroRennes, nous permettons à son
groupe de se rapprocher de Paris
sans quitter Rennes et la Bretagne.
[…] Après plusieurs mois d’un dialogue intense, l’annonce de ce projet est
plus qu’une excellente nouvelle pour
Rennes », s’est réjouie la maire de
Rennes, Nathalie Appéré. n
Catherine Sabbah
@csabbah
Aux couleurs des collines, du ciel et
de la mer, elle disparaît dans le paysage, et pourtant on ne peut pas la
rater. La Marseillaise, dessinée par
Jean Nouvel pour le promoteur
Constructa qui l’inaugure mardi, est
bien la preuve qu’il est possible de
construire des tours de bureaux
dans les métropoles régionales. Possible, mais pas facile. Il aura fallu
seize ans pour faire émerger ce gratte-ciel de 140 mètres de haut sur le
quai d’Arenc, à côté de la tour CMACGM. « Pour nous financer sans risque, les banques exigeaient que la
moitié de l’immeuble soit déjà louée »,
raconte Marc Pietri, le patron et fondateur de Constructa, qui a toujours
cru en son projet. « Nous avons mis
dix ans pour construire Incity à Lyon,
deux ans et demi de chantier, le plus
long est le temps du développement, la
signature du bail avec un occupant »,
confirme Stéphane Jacquet, directeur de programme chez Sogelym
Dixence, le promoteur de cet
immeuble de 200 mètres conçu par
l’agence d’architectes Valode et Pistre et livré en 2015.
A moins d’être aussi investisseur,
difficile pour un promoteur de
démarrer ces immeubles sans locataire : « Et pas en les louant par petits
bouts de 500 mètres carrés, cela
AJN/Jean Nouvel/La Marseillaise
DR
Hors de Paris, la rentabilité
des immeubles de grande
hauteur, très coûteux
à construire, n’est pas
assurée. Pourtant,
les projets poussent.
AÉRIEN Pour sortir du conflit sur
la revalorisation des salaires, le
nouveau patron d’Air France, Ben
Smith, qui a pris ses fonctions lundi
dernier, recevra jeudi l’intersyndicale des personnels navigants et
des personnels au sol, a indiqué la
CGT. Le sujet avait provoqué un
m o u ve m e n t d e g r è ve d e p u i s
février, suspendu en mai suite à la
démission de l’ex-PDG d’Air France-KLM Jean-Marc Janaillac, désavoué par une consultation du personnel sur un accord salarial.
Livraison en 2023-2024
Immeubles de grande hauteur : les prix montent
Mehdi Fedouach/AFP
AUTOMOBILE Le ministre de
l ’ E c o n o mi e e t d e s Fi n a n c es ,
Bruno Le Maire, a affirmé vendredi à Bordeaux que les salariés
du site Ford à Blanquefort
(Gironde) devaient être fixés sur
leur sort d’ici à fin octobre, sommant le constructeur automobile
américain de prendre ses responsabilités. Candidat, le groupe
belge Punch Metals International
est « un repreneur crédible, solide.
Il reste à préciser son plan de
charge, les volumes de production
qu’il peut installer sur le site de
Blanquefort », a-t-il ajouté.
Le projet immobilier de Samsic,
« conçu en dialogue constant avec la
Ville de Rennes et Rennes Métropole
est un concentré des caractéristiques
d’EuroRennes », résume-t-on à la
mairie. Cet investissement de
120 millions d’euros doit permettre
d’accueillir « plusieurs centaines de
AFP
Ford
Blanquefort :
Le Maire veut
une solution
d’ici à fin octobre
AGROALIMENTAIRE Le fromager
Bel va supprimer 160 postes de travail et en créer 116 autres au siège de
Suresnes. La mesure ne devrait pas
toucher l’emploi industriel. Les discussions avec les représentants du
personnel ont commencé jeudi. Bel
prévoit un plan de départs volontaires, accompagné de reclassements. Son objectif est de dégager
des moyens pour renforcer les
marques à un moment où ses
résultats sont en forte baisse avec
un recul du résultat opérationnel
de 34 % au premier semestre.
C’est une opération majeure pour
le nouveau quartier de la gare de
Rennes. Aussi, c’est entouré
d’Emmanuel Couet, président de
Rennes Métropole, et de Nathalie
Appéré, maire de Rennes, que
Christian Roulleau, PDG fondateur du groupe de services aux
entreprises Samsic a annoncé vendredi matin qu’il allait y installer
son siège social. Fort de plus de
90.000 collaborateurs, le groupe,
basé à Cesson-Sévigné, tout près de
Rennes, réalise plus de 2 milliards
d’euros de chiffre d’affaires avec
quelque 25.000 clients dans
24 pays. Il conservera ses locaux
actuels pour abriter les services de
son siège administratif.
Concrètement, associé au promoteur immobilier rennais Bâti
Armor, le groupe Samsic se lance
dans un programme immobilier
de 30.000 mètres carrés répartis en
cinq immeubles à usage mixte,
dont une tour de 26 étages. Cette
dernière va compléter la « skyline » de Rennes, en particulier du
quartier EuroRennes qui régénère
le tissu urbain autour de la gare
TGV, qui met Paris-Montparnasse à 1 heure 25 de la capitale
bretonne.
Plusieurs centaines
d’emplois
minaires pour racheter Deliveroo, la start-up londonienne de
livraison de repas à la commande, rapporte Bloomberg en
citant des sources anonymes. Présent dans 200 villes, mais pas
aux Etats-Unis, Deliveroo est estimé à plus de 1,7 milliard
d’euros. Uber, qui projette de s’introduire en Bourse au second
semestre 2019, a déjà une activité concurrente de Deliveroo avec
Uber Eats et le groupe fait de son développement dans la livraison alimentaire une priorité stratégique.
Bel lance sa
réorganisation
Dominique Malécot
@Dmalecot
La Marseillaise, dessinée par Jean Nouvel pour le promoteur Constructa, sera inaugurée mardi.
n’aurait aucun sens… explique Martial Desruelles, le directeur général
de Linkcity Ile-de-France. Or,
les entreprises qui cherchent de 20
à 30.000 mètres carrés d’un seul
tenant sont nombreuses en Ile-deFrance, ailleurs, c’est une de temps
en temps. »
L’é q u i l i b r e é c o n o m i q u e
d’immeuble de 100 mètres et plus
est fragile. « Le prix moins élevé des
terrains ne compense pas la faiblesse
des tarifs de location », explique Olivier Estève, directeur général délégué de Covivio, qui en développe
plusieurs. Les loyers dans les tours
dépassent de 10 % à 20 % les plus
chers du marché environnant : de
305 à 320 euros par mètre carré par
an dans La Marseillaise, contre 260
dans le complexe Euromed Center
voisin et tout aussi récent. A Lyon,
les prix atteignent 300 euros et plus
dans les tours Incity et Oxygène.
Auxquels il faut ajouter les charges.
La loi Elan sur le logement prévoit
un nouveau statut d’immeuble de
moyenne hauteur, mais, pour l’instant, un PC sécurité est obligatoire
24 heures sur 24 au-delà de
28 mètres pour les bureaux, de 50
pour les logements.
Micromarché
« Les loyers ont monté ces dernières
années, et la différence s’atténue avec
les autres immeubles, remarque Olivier Estève, dont la tour Silex 2 est en
chantier à la Part-Dieu. Et la collectivité soutient depuis longtemps ce
type de projet, pour créer une nouvelle skyline. » Jusqu’à encourager
des entreprises publiques à s’y installer pour montrer la voie et sécuri-
ser les loyers. La SNCF et EDF, par
exemple, dans les tours Incity et
Oxygène, ou la communauté
urbaine à Marseille.
A Toulouse, la Compagnie de
Phalsbourg a gagné la tour Occitanie, près de la gare Matabiau. Le
projet spectaculaire sera conçu par
l’architecte américain Daniel Libeskind et promet d’atteindre des sommets… « Impossible de rentabiliser
un immeuble de cette taille à cet
endroit », pensent beaucoup des
perdants du concours. La tour de
150 mètres accueillera des bureaux,
des logements et un hôtel. « Ces surfaces se rempliront des quelques-uns
qui voudront travailler, ou résider là
et seront prêts à y mettre le prix. C’est
un micromarché, attractif parce qu’il
est unique », observe un consultant
qui suit l’opération de près. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
Hôtellerie : Tikehau et Colony font la course
en tête pour la reprise de Maranatha
HÔTELLERIE
Les juges-commissaires
se sont donné un mois
pour désigner
le repreneur
du cinquième groupe
hôtelier français.
Un délai qui s’explique
par la complexité du
dossier et la diversité
des offres déposées.
Paul Molga
@paulmolga
— Correspondant à Marseille
Les juges-commissaires du tribunal de commerce de Marseille rendront leur délibéré le 17 octobre
dans le dossier Maranatha, cinquième groupe hôtelier français
placé en redressement judiciaire en
novembre dernier. Leur choix sera
difficile : d’après le document d’analyse comparative des offres que se
sont procuré « Les Echos », les pro-
positions de reprise sont très inégales. Le retour sur investissement,
permettant d’assurer la continuité
de l’activité et le remboursement
partiel des quelque 6.000 petits porteurs, varie ainsi du simple au triple.
Selon plusieurs sources, deux
candidats font la course en tête :
Tikehau Capital, associé au professionnel de l’hôtellerie-restauration
Gilles Douillard, et le fonds Colony
NorthStar, accompagné d’AccorHotels en tant que gestionnaire.
Comme les autres candidats (Benson Elliot et le trio Apollo, Paris Inn
et 123 Investment Managers), ils ont
présenté plusieurs scénarios de
valorisation sur le portefeuille des
six établissements de prestige Les
Hôtels du Roy, repris par Maranatha avec la société d’investissement
Cale Street. Ce dernier détient une
créance de 275 millions d’euros
(305 avec les intérêts) que devra
rembourser le repreneur.
Dans l’hypothèse médiane, valorisant ce pôle à 450 millions d’euros,
soit 20 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda), Tikehau et Colony
reverseraient aux petits porteurs
un peu plus de la moitié des som-
rembourser les investisseurs dans
une proportion allant de 59 %
(129 millions d’euros pour Tikehau)
à 68 % (148 millions pour Colony).
Spoliation organisée
Parmi la soixantaine d’établissements du groupe, Le Moulin de Vernègues Hôtel & Spa 4 étoiles
à Pont-Royal, dans les Bouches-du-Rhône. Photo Yann Bouvier/Maranatha Hotels
mes investies (84 millions pour le
premier, 82 pour le second). Mais
dans l’hypothèse moins-disante
d’une cession d’actifs à 400 millions, Colony s’avère un peu plus
généreux que Tikehau, avec 59 millions qui retourneraient dans la
poche des actionnaires. Le sort du
pôle historique du groupe, comprenant 30 hôtels, s’avère plus problématique. Il cristallise toutes les tensions avec les 4.700 petits porteurs
qui en sont propriétaires. Selon une
analyse réalisée par KPMG en
décembre, il est valorisé 235 millions d’euros, ce que la cession de six
établissements semble valider
depuis. Or, les repreneurs ont tous
sous-évalué cet actif, n’offrant au
mieux que 230 millions. Sur cette
base, les candidats proposent de
De quoi alimenter la colère des
petits porteurs qui dénoncent, par
la voix de Francis Barrero, président de l’association Adefima, qui
réunit 2.600 d’entre eux, « une spoliation organisée ». Selon son analyse, un tiers du parc est sous-valorisé avec un taux de recouvrement
inférieur à 30 %. Une offre qui les
satisfait a été déposée après la première audience des candidats, mais
écartée par le tribunal.
Portée par Philippe Journo
(Compagnie de Phalsbourg) avec
Lagrange comme exploitant, l’offre
propose la reprise du seul pôle historique et la mutualisation de
l’ensemble des hôtels dans une foncière dont les investisseurs seraient
propriétaires à hauteur de leur
investissement. Selon leurs projections, leur revente d’ici à cinq ans
pourrait rapporter 40 millions
d’euros de plus que la meilleure
offre actuelle. n
Coups durs en série
pour Engie en Belgique
ÉNERGIE
Le redémarrage
de deux réacteurs
est reporté
de plusieurs mois.
Cela fait tomber
le taux de disponibilité
du parc nucléaire
belge à 52 %.
Vincent Collen
@VincentCollen
Neuilly-sur-Seine, le 24 septembre 2018
Le Conseil d’administration de
Gaumont, réuni le 20 septembre 2018
sous la présidence de Nicolas Seydoux,
a arrêté les comptes au 30 juin 2018.
Impact de 600 millions
Les conséquences financières
seront lourdes pour Engie. Le
groupe avait déjà estimé à 250 millions d’euros l’impact des premiers
problèmes annoncés en juin. Les
nouveaux reports annoncés vendredi amputeront l’Ebitda et le
résultat net d’un montant équivalent. « Si l’on inclut l’annonce d’autres
indisponibilités fin août, l’impact sur
l’Ebitda sera proche de 600 millions
d’euros en 2018, calcule Tancrède
Fulop. Le nucléaire belge confirme
qu’il demeure la principale source de
nouvelles négatives et d’incertitudes
pour Engie. » Le groupe a malgré
tout confirmé ses objectifs pour
l’année : le résultat net part du
groupe sera proche de 2,45 milliards
d’euros, a-t-il confirmé vendredi. Les
déboires de la Belgique seront compensés « en grande partie » par le
« plan d’actions » lancé en juin, qui
comprend des « renégociations de
contrats » et l’« optimisation des
moyens de production », ainsi que
par les « très bonnes performances »
des autres activités comme l’électricité hydraulique ou le gaz.
L’action Engie, qui avait reculé
a p r è s l ’a n n o n c e d e l ’a g e n c e
nucléaire belge, s’est redressée vendredi avec la confirmation des
objectifs de bénéfices. Le titre a terminé la séance en hausse de 1,7 % à la
Bourse de Paris. n
Ra/action press/Shutter/Sipa
C’est une année noire pour le parc
nucléaire belge. Electrabel, la filiale
d’Engie en Belgique, a annoncé vendredi que le redémarrage de deux
gros réacteurs serait reporté de plusieurs mois. L’électricien belge « a
détecté lors d’inspections une dégradation du béton dans les bâtiments
bunkérisés annexes » aux réacteurs
de Doel 3 et de Tihange 3, a expliqué
l’Agence fédérale de contrôle
nucléaire belge (AFCN).
Après des travaux de réparation,
l’agence a donné son feu vert au
redémarrage de Doel 3. A Tihange 3,
actuellement à l’arrêt, les travaux
sont toujours en cours. Des inspections sont également réalisées à
Tihange 2 et à Doel 4, qui sont
« potentiellement concernés par ce
phénomène », poursuit l’AFCN.
En conséquence, Tihange 2 restera indisponible jusqu’en juin 2019,
sept mois de plus que prévu, et
Tihange 3 jusqu’en mars, cinq mois
plus tard qu’attendu. Doel 4 pourra
redémarrer après le 15 décembre,
sans changement par rapport au
calendrier précédent. Au total, le
taux de disponibilité de l’ensemble
du parc belge, qui comprend sept
réacteurs, tombera à 52 % en 2018.
« Il s’agit de la plus mauvaise performance depuis 2015 », commente Tancrède Fulop, analyste
chez Morningstar. Par comparaison, en France, EDF n’est jamais
tombé plus bas que 69 % (l’an passé,
où les arrêts de réacteurs avaient été
particulièrement nombreux).
CHIFFRE D’AFFAIRES
DU 1er SEMESTRE 2018
Le chiffre d’affaires consolidé du premier
semestre 2018 s’élève à M€ 65,6 contre
M€ 56,8 au 30 juin 2017.
PRODUCTION ET DISTRIBUTION
CINEMATOGRAPHIQUE
Le chiffre d’affaires de l’activité de
production et distribution cinématographique s’élève à M€ 51,4 au 30 juin
2018 contre M€ 40,9 au 30 juin 2017 :
• le chiffre d’affaires issu de la
distribution des films dans les salles en
France s’élève à M€ 13,3 au 30 juin
2018 contre M€ 11,6 au 30 juin 2017.
5,5 millions d’entrées ont été réalisées
au cours du premier semestre 2018
pour six films sortis contre 4,7 millions
d’entrées au 30 juin 2017 pour sept
films. Tout le monde debout réalise
2,4 millions d’entrées, tandis que Belle
et Sébastien 3 : le dernier chapitre
réalise près de 1,7 million d’entrées ;
• le chiffre d’affaires lié à la distribution en vidéo et en vidéo à la demande
en France s’élève à M€ 7,3 au 30 juin
2018 contre à M€ 6,3 au 30 juin 2017.
Les ventes de nouveautés progressent
d’une période à l’autre avec de bons
résultats enregistrés pour Au revoir làhaut et Le sens de la fête. Les ventes
de catalogue augmentent en vidéo
physique, tandis que les ventes en
vidéo à la demande restent inférieures
à celles de l’année précédente, qui fut
une excellente année ;
• les ventes de droits de diffusion
aux chaînes de télévision françaises
s’élèvent à M€ 13,1 au 30 juin 2018
contre M€ 7,8 au 30 juin 2017. Les
ventes de titres du catalogue aux
chaînes historiques ont été plus
importantes que l’année précédente,
alors que celles aux chaînes de la TNT
et du câble diminuent. Plus de 90 films
ont été vendus depuis le début de
l’année ;
• les ventes de droits à l’international
s’élèvent à M€ 14,5 au 30 juin 2018
contre M€ 12,9 au 30 juin 2017. Elles
sont portées par les nouveautés qui
progressent fortement grâce aux films
RESULTATS SEMESTRIELS CONSOLIDES au 30 juin 2018
Chiffres significatifs des opérations (en M€)
30 juin 2018 (1)
30 juin 2017
Chiffre d’affaires consolidé
65,6
56,8
+ 15 %
Résultat opérationnel après quote-part
du résultat net des entreprises associées
-3,1
134,2
NA
Résultat net part du Groupe
-2,2
130,5
NA
Investissements
48,4
51,3
-6%
30 juin 2018 (1)
31 décembre 2017
279,3
305,1
-8%
5,4
27,7
- 81 %
Chiffres significatifs du bilan (en M€)
Capitaux propres - Part de Groupe
Endettement financier net
% variation
(1) Les procédures de revue limitée sont effectuées et le rapport des commissaires aux comptes sur l’information financière semestrielle a été émis le 20 septembre.
La mort de Staline et Le sens de la fête.
Les ventes de catalogue progressent
également à la suite de la conclusion
d’un nouveau contrat avec la Chine.
PRODUCTION ET DISTRIBUTION
TELEVISUELLE
Au 30 juin 2018, les séries d’animation
Belle et Sébastien, Trulli tales, comme
les premiers épisodes de la série Furiki
wheels ont été livrées aux principaux
diffuseurs. La série de fiction française
Nox a été diffusée sur Canal+ à partir
du 12 mars 2018.
Les livraisons à Netflix de la 3e saison
de F is for Family et de la 4e saison de
Narcos auront lieu au cours du second
semestre 2018.
RESULTATS DU
1er SEMESTRE 2018
Le résultat net de Gaumont est une perte
de M€ 2,2 au 30 juin 2018 contre un
bénéfice de M€ 130,5 au 30 juin 2017.
Les résultats semestriels des deux
périodes ne sont pas comparables :
• Au 30 juin 2017, le résultat inclut la
plus-value exceptionnelle réalisée sur la
cession de la participation minoritaire
de 34 % dans Les Cinémas Pathé
Gaumont pour M€ 143,9 ;
• Au 30 juin 2018 :
– le résultat opérationnel des activités
de production et de distribution
cinématographique, hors frais de
structure, s’élève à M€ 16,6 contre
M€ 8,7 au 30 juin 2017,
– le résultat opérationnel des activités
de production télévisuelle en
France et aux Etats-Unis, hors
frais de structure, est une perte de
M€ 0,1 contre une perte M€ 1,2 au
30 juin 2017. Ce résultat tient au fait
que les principales séries tournées aux
Etats-Unis seront livrées au second
semestre.
CAPITAUX PROPRES
ET ENDETTEMENT
Les capitaux propres consolidés (part
du groupe) s’élèvent à M€ 279,3
au 30 juin 2018 contre M€ 305,1 au
31 décembre 2017. La diminution des
capitaux propres est essentiellement
liée au rachat par Gaumont USA Inc
d’une part complémentaire de 15 %
dans la société Gaumont Television
USA Llc pour un montant de M$ 24.
L’endettement financier net du
Groupe s’élève à M€ 5,4 au 30 juin
2018 contre M€ 27,7 au 31 décembre
2017. Il comprend principalement
M€ 129,7 de trésorerie positive, M€ 60
d’emprunt obligataire de Gaumont SA
et M€ 52,7 de crédits de production
auto-liquidatifs, assis sur les recettes
de préfinancement et d’exploitation des
séries françaises et américaines.
Au 30 juin 2018, la créance vis-àvis de Pathé issue de la cession de la
participation de Gaumont dans Les
Cinémas Gaumont Pathé, inscrite à
l’actif s’établit à M€ 63,3. Elle a été
réduite du même montant à la suite
du versement anticipé de la seconde
échéance de paiement initialement
prévue le 30 juin 2019.
PERSPECTIVES
4 films sortiront en salles d’ici le
31 décembre 2018 :
• Les vieux fourneaux, de Christophe
Duthuron avec Eddy Mitchell, Roland
Giraud, Pierre Richard et Alice
Pol. Sorti le 22 août, le film totalise
750 000 entrées en quatre semaines
d’exploitation ;
• Capharnaüm, prix du jury au Festival
de Cannes, de Nadine Labaki, avec
Zain Alrafeea et Yordanos Shifera,
sortira le 17 octobre ;
• Un homme pressé, de Hervé Mimran
avec Fabrice Luchini et Leïla Bekhti,
sortira le 7 novembre ;
• L’empereur de Paris, de Jean-François
Richet avec Vincent Cassel, August
Diehl, Olga Kurylenko, Freya Mavor,
Denis Ménochet, Patrick Chesnais,
James Thierrée, et Fabrice Luchini,
sortira le 19 décembre.
Les programmes télévisuels suivants
seront livrés au cours du second
semestre 2018 :
• Narcos Mexico, quatrième saison de
la fiction américaine de 10 épisodes
réalisée par José Padilha et Eric
Newman. La série sera disponible sur
Netflix le 16 novembre 2018 ;
• F is Family, troisième saison de
10 épisodes de la série d’animation, qui
sera disponible sur Netflix au dernier
trimestre 2018 ;
• L’art du crime saison 2, fiction
française de 6 épisodes, à France 2 ;
• les derniers épisodes de la série
d’animation Furiki Wheels à France 3
et Disney.
PROCHAINES DATES
DE COMMUNICATION
FINANCIERE
Le communiqué sur les résultats annuels
consolidés au 31 décembre 2018 sera
publié le 22 février 2019.
Société anonyme au capital de 24 959 384 € Siren : 562 018 002 R.C.S Nanterre
30, avenue Charles de Gaulle - 92200 Neuilly-sur-Seine - Tél. +33 1 46 43 20 00 - Fax +33 1 46 43 21 68 - www.gaumont.fr
La centrale belge de Tihange, non loin de Liège.
% variation
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18 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
Bataille en vue sur la fin de l’aide
au changement de fenêtres
Logements :
l’Allemagne
aussi veut
créer un choc
d’offre
l Le projet de loi de finances présenté ce lundi, qui supprime le CITE pour les fenêtres,
fait monter au créneau la Fédération française du bâtiment.
l En déclin, les ventes de fenêtres avaient rebondi depuis 2015, mais le secteur craint une rechute.
CONSTRUCTION
BÂTIMENT
Le gouvernement
allemand va mobiliser 5 milliards
pour construire
1,5 million de
logements sociaux.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
Ninon Renaud
@NinonRenaud
La France, deuxième producteur
européen de portes et fenêtres derrière l’Allemagne, débranche la perfusion fiscale. Raboté à 15 % en janvier, puis supprimé fin juin, le crédit
d’impôt transition écologique
(CITE), qui bénéficiait au remplacement des fenêtres à simple vitrage,
ne sera pas réinstauré par le projet
de loi de finances pour 2019 présenté ce lundi. Le secteur des fenêtres va scruter le projet pour vérifier
si Bercy n’a pas supprimé, au passage, son éligibilité à la TVA à 5,5 %
applicable à la rénovation énergétique, malgré les promesses de maintien données par Bruno Le Maire, et
s’inquiète pour la suite.
Selon le récent bilan dressé (tous
les deux ans) par BatiEtude pour la
profession, les ventes étaient enfin
remontées l’an dernier (+6,8 %
comparativement à 2015), avec
10,9 millions de fenêtres vendues,
dont seulement 11 % importées.
« Depuis le pic de 2008 à 12,1 millions
de fenêtres, le recul avait été constant avant un rebond grâce au CITE
depuis 2015, explique Bruno Léger,
président du syndicat des menuiseries aluminium (SNFA). Les ventes
risquent maintenant de retomber. Déjà, on sent un fléchissement en
septembre. » Le CITE à 15 % s’étant
arrêté le 30 juin.
Alors qu’en France la loi Elan
doit permettre de construire
mieux et moins cher, de l’autre
côté du Rhin, l’Allemagne est
aussi mobilisée pour construire
plus de logements sociaux et
plus vite. « Les logements pour les
ménages modestes et la classe
moyenne doivent être abordables,
nous avons de toute urgence
besoin de plus de logements », a
résumé la chancelière, Angela
Merkel. Elle réunissait vendredi
élus, professionnels de la construction et de l’immobilier et
associations de locataires pour
définir les leviers de nature à
relever ce défi social.
Dès son installation au printemps, le gouvernement avait
dans son contrat de coalition dit
vouloir mobiliser 5 milliards
d’euros pour construire 1,5 million de logements sociaux en
quatre ans, soit 375.000 habitations par an. La concrétisation
de cet objectif se révèle néanmoins complexe : en 2018, seuls
300.000 logements devraient
ainsi être mis sur le marché.
Les besoins sont pourtant
criants. Selon une étude de la
fondation Hans Böckler, à elle
seule, la ville de Berlin aurait un
déficit de 310.000 habitations.
Faute d’offre, les loyers explosent : dans la capitale allemande, ils ont augmenté de
20,5 % l’an dernier, selon une
étude du cabinet Knight Frank.
Globalement, 40 % des ménages des grandes villes allemandes doivent consacrer plus de
30 % de leurs revenus à leur
habitation. Pour les plus bas
revenus, cette part monte à
50 %, voire plus.
Barème d’aides
Les menuiseries (portes-fenêtres et
volets) constituaient une bonne
part du coût du CITE (750 millions
sur 1,7 milliard estimé l’an dernier).
« Arrêter une aide sous prétexte
qu’elle a du succès est absurde ! Nous
allons réclamer un arbitrage au plus
haut niveau » avant le vote de la loi
de finances, commente Jacques
Chanut, président de la Fédération
française du bâtiment (FFB), décidé
à batailler faute d’avoir obtenu le
compromis souhaité par la FFB : un
CITE limité en 2019 aux changements de fenêtres en simple vitrage,
ce qui aurait coûté de 200 à 250 millions, selon ses estimations. Quant à
l’éventualité d’un CITE réinstauré
mais sous plafond de ressources,
« c’est hors de question, ce n’est
pas l’objet du CITE d’être réservé
aux ménages modestes », réagit le
président de la FFB.
L’affaire hérisse d’autant plus
que, « en 2017, pour justifier le rabot,
le ministère de la Transition écologique avait avancé des chiffres notoirement faux jetant le discrédit sur l’efficacité énergétique du changement des
fenêtres et refuse maintenant la com-
munication des résultats du rapport
sur le sujet qui lui a été remis, depuis,
par le Centre scientifique et technique
du bâtiment et l’Ademe », s’énerve
Bruno Léger. Côté ministère, on justifie ce refus par le fait que ce rapport évalue l’efficacité énergétique
de chaque type de travaux pour travailler à un barème des aides qu’il
est hors de question de dévoiler tant
que la réflexion n’est pas achevée.
« L’Etat travaille à la forfaitisation du
CITE, [pour] corréler davantage son
montant perçu à l’efficacité énergétique des travaux réalisés, résume le
ministère, interrogé par « Les
Echos ». Il est apparu que le passage
au forfait ne pourrait pas être mis en
place dès cette année : les concertations nécessaires n’ont pas pu être
menées dans les temps. L’Etat […]
engagera dès que possible une concertation sur le sujet avec l’ensemble des
acteurs de la profession. » n
Les fenêtres made in Pologne
font une percée dans l’Hexagone
Les Français sont
les rois du métal
La fin des aides aux
ménages voulant remplacer
leurs fenêtres pourrait
profiter aux produits
les moins chers. Déjà les
produits de l’usine géante
d’Oknoplast à Cracovie font
une percée en France.
Quand les Allemands
plébiscitent les fenêtres
en PVC, le métal gagne du
terrain chez les Français,
plus sensibles au design,
malgré son prix supérieur.
La fin des aides aux ménages voulant remplacer leurs fenêtres que
pourrait acter le projet de loi de
finances présenté ce lundi va-t-elle
doper les produits importés moins
chers ? Les fabricants français
brandissent la menace des pertes
d’emplois. Mais, pour l’heure, ce
marché est un de ceux où la production reste essentiellement tricolore.
Les importations ne représentent que 10 % de la valeur de la production française (6,6 milliards
d’euros par an), selon l’Insee. Les
spécificités de la fenêtre « à la française » protègent le marché. Car les
Européens n’ouvrent pas leurs
fenêtres de la même façon. « La
fenêtre à deux vantaux, s’ouvrant
vers l’intérieur, est spécifique à la
France. En Italie, les vantaux
s’ouvrent vers l’extérieur, tandis que
l’Allemagne, la Suisse ou la Belgique
ont plutôt un vantail unique et
l’Angleterre un système à guillotine », détaille Philippe Macquart,
de l’Union des fabricants de menuiseries extérieures (UFME).
Viser le Top 3
C’est une barrière à l’entrée, mais
pas infranchissable. A Cracovie
(Pologne), l’usine géante du fabricant polonais de menuiseries PVC
Oknoplast produit 1,5 million de
fenêtres par an (à comparer à
un marché français de 10,9 millions
de fenêtres par an), dont 75 %
exportées en Allemagne, en Italie et
en France, et le site doit encore
s ’a g r a n d i r d e 2 0 % e n 2 0 1 9 .
n
LES ECHOS
FORMATION
Financement des Partenariats Public-Privé PPP
Une journée pour identifier les différentes
techniques de financement des PPP et maîtriser
les principes du financement de projet et les
contraintes juridiques de la procédure de
passation d’un marché de partenariat.
Rendez-vous le 16 octobre 2018 ou le 11 décembre 2018 à Paris
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Un service proposé par Les Echos Solutions
« Nous visons le Top 3 sur chacun de
nos marchés. C’est déjà le cas en Pologne et en Italie, où nous avons 10 % de
part de marché sur le PVC, mais pas
encore en Allemagne et en France »,
résume Mikolaj Placek, président
et fils du fondateur. Il ne dévoile pas
le nombre de fenêtres vendues dans
l’Hexagone, mais son entreprise y
a réalisé 42 de ses 152 millions
d’euros de chiffre d’affaires en 2017,
via un réseau de 150 poseurs
indépendants.
Campagne publicitaire
Cette année, il prévoit une croissance de 30 % de son chiffre d’affaires en France, en ligne avec celle
enregistrée au premier semestre.
Malgré la fin annoncée du CITE, il
ne perçoit pas de fléchissement de
ses ventes depuis juillet. « Sur notre
créneau, la rénovation, 55 % de notre
activité est encore du remplacement
de simple vitrage. Or, la France n’a
commencé à changer ses doubles
vitrages des années 1980 que depuis
2012, alors que l’Allemagne le fait
depuis dix ans », souligne Grégoire
Cauvin, PDG France.
Oknoplast va même lancer fin
septembre une campagne publicitaire sur TF1 pour faire connaître sa
marque du même nom. En outre, la
fin du CITE pourrait doper l’activité
de WnD, sa société de menuiserie
PVC à bas coût, acquise il y a cinq
ans. « WnD a le plus fort potentiel de
croissance en France, où il n’est
encore distribué que sur de 15 % à
20 % du territoire », estime Mikolaj
Placek. — M. C.
En matière de fenêtres, si l’Allemagne préfère le PVC, la France,
elle, aime le métal. Année après
année, il gagne du terrain malgré
son prix supérieur au PVC. En
2016, sur l’ensemble des fenêtres,
portes et fermetures (volets et
portails), « plus de la moitié de la
production en valeur [6,6 milliards d’euros, NDLR] a été réalisée
en métal : 38 % en aluminium
et 13 % en fonte ou acier », contre
32 % en plastique et 17 % en bois,
recense ainsi l’Insee dans un
récent rapport. L’Institut de la statistique souligne que la France
« se démarque nettement du reste
de l’Europe, où le segment de l’aluminium ne représente que 26 % de
la production ».
Performances
thermiques
Pour les seules fenêtres, en 2017,
l’aluminium a même atteint 41 %
de la valeur des ventes des fabricants français, selon le bilan de
l’Union des fabricants de menuiseries extérieures et du syndicat
des fabricants en aluminium (le
SNFA). Evidemment, une fenêtre
en PVC valant en moyenne 50 %
moins cher (avec un format souvent inférieur), en nombre de
fenêtres le PVC reste majoritaire
(57 % des ventes), mais « l’aluminium continue sa progression et
passe de 26 % en 2015 à 29 % »,
souligne ce panorama.
Leader français de la fenêtre et
numéro trois européen, le groupe
Liébot, avec sa marque K-Line en
aluminium, a contribué à industrialiser ce matériau, dont les performances thermiques se sont
rapprochées du PVC. Mais le rôle
des leaders ne suffit pas à expliquer le goût français dans
un marché de la menuiserie extérieure si fragmenté que, selon
l’Insee, les dix premières entreprises n’y ont réalisé en 2016 que
20 % des facturations. « Les Français, comme les Italiens, sont attachés à l’esthétique et à la finesse des
profilés, tandis que les Allemands
sont plus axés sur la technique et
les performances d’isolation »,
juge pour sa part Mikolaj Placek,
président du polonais Oknoplast.
Ressorts culturels
Résultat de cette préférence
nationale, en 2016, la France était
le premier producteur européen
en aluminium avec 22 % du marché en valeur, note l’Insee, quand
les Allemands dominent dans le
PVC (27 % de la production, contre 15 % pour les Français) et les
Italiens règnent sur le bois (18 %,
contre 9 % pour les Français). En
matière de fenêtres comme
d’architecture, les ressorts du
marché sont certes financiers
mais aussi culturels.
— M. C.
A elle seule, la ville
de Berlin aurait
un déficit de
310.000 habitations.
Afin de desserrer l’étau, le
gouvernement va renforcer les
aides au logement des plus
modestes et prolonger de quatre
à six ans l’encadrement des
hausses de loyers. Il veut aussi
stimuler l’accession à la propriété pour les familles. Berlin a
ainsi lancé mardi un plan de
subvention de 12.000 euros par
enfant représentant une enveloppe globale de 2,7 milliards
sur quatre ans. Le site de la banque publique Kfw, qui doit
recueillir les demandes, a subi
au lancement un tel afflux qu’il
est devenu inaccessible durant
une courte période.
Les investisseurs, de leur côté,
vont bénéficier d’un bonus fiscal
sur les nouveaux chantiers locatifs à visée sociale. Ils pourront
récupérer jusqu’à 5 % des coûts
d’acquisition et de production
des chantiers au cours des quatre premières années. Mais pour
construire vite, encore faut-il
pouvoir disposer des terrains et
d’un cadre réglementaire favorable. Le gouvernement fédéral
va, dans cette perspective, vendre aux communes des terrains
à bâtir lui appartenant pour la
construction de logements
sociaux. Il promet aussi une harmonisation et une simplification des normes de construction
et d’autorisation. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
Le géant du zinc
Nyrstar s’effondre
en Bourse
AUTOMOBILE
MINES
Le constructeur
français lancera son
offensive lithium-ion
à partir de juin
prochain.
Le plongeon des prix
du zinc va minimiser les résultats du
premier producteur
du Vieux Continent.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
C’est dans sa traditionnelle cuisine
de Sochaux que PSA mitonne son
avenir. Dans un atelier discret de
l’usine doubiste, des techniciens
réfléchissent à la manière idoine
d’assembler des voitures hybrides –
que ce soit à Rennes, Mulhouse,
Eisenach (Allemagne) ou sur place.
Environ 100 millions d’euros sont
budgétés pour cette adaptation
industrielle. « Par rapport à la version essence ou diesel d’un même véhicule, il y a 7 à 8 % de pièces différentes
et environ 300 kilos en plus. Nous
faisons en sorte que cela ne change
rien sur les lignes pour les opérateurs.
La seule différence visible, c’est la prise
de recharge », explique Olivier Salvat,
en charge du programme plug-in
hybrid (PHEV) du constructeur.
Chez Peugeot, cela fait déjà trois
ans que l’on prépare le menu électrique pour l’Europe. Les DS 7, Peugeot 3008 et 508, Opel Grandland X,
et Citroën C5 Aircross lanceront les
agapes à partir de juin 2019. Puis,
avant la fin de l’année prochaine,
la nouvelle DS 3 Crossback 100 %
électrique s’invitera autour de la
table. « Dès l’an prochain, tous nos
Julien-Cresp Peugeot PSA
Tous les modèles de PSA
seront déclinés en électrique
A Bruxelles, l’action
touche son plus bas
historique.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
La version hybride de la DS 7 sera produite dans quelques mois au sein de l’usine PSA de Mulhouse.
nouveaux modèles auront une déclinaison électrifiée. En 2025, toute
notre gamme sera dans ce cas »,
affirme Alexandre Guignard, le
responsable zéro émission de PSA.
Ce dernier louche sur un marché
qui pourrait faire 20 % des ventes
en 2025 avec dans sa manche, d’ici à
2021, sept nouveaux modèles électriques et huit PHEV. « On arrive
dans le bon tempo », dit-il.
Ces engins seront tous construits
sur deux plates-formes, la CMP
pour les petites voitures électriques
et la EMP2 pour les grandes voitures hybrides (qui seront dotées
d’une autonomie électrique de
50 kilomètres dans un premier
temps). Si le succès de cette salve est
au rendez-vous, PSA envisage de
développer une version 100 % électrique de sa plate-forme EMP2. A
moyen terme, l’ensemble de la
gamme pourrait donc exister en
version « lithium-ion only ». « La
réflexion est en cours », souffle
Alexandre Guignard.
Côté logistique, PSA se fournira
en cellules lithium-ion dans l’usine
polonaise de LG Chem. Les packs
de batteries seront d’abord faits à
Poissy, Vigo (Espagne) et Trnava
(Slovaquie). Les boîtes et les
moteurs électriques pour les PHEV
seront achetés chez des fournisseurs. Dans un second temps, des
boîtes électrifiées 48 volts seront
produites en partenariat avec
Punch Powertrain.
Effort sur les tarifs
Pour les voitures électriques,
les réducteurs seront fabriqués à
Valenciennes et les moteurs à Trémery (Moselle), dans le cadre du
joint-venture créé avec le japonais
Nidec. « Cela nous permet d’acquérir
les compétences tout en limitant
le risque d’approvisionnement »,
relève Frédéric Laganier, le direc-
Coup dur pour Nyrstar. Le plus
gros producteur de zinc
d’Europe s’est effondré en
Bourse vendredi. Une chute
libre qui a amené l’action à perdre jusqu’à 39 % en séance… Du
jamais-vu depuis son entrée sur
Euronext Bruxelles en 2007. La
veille au soir, le groupe de
3,5 milliards d’euros de revenus
avait averti que ses résultats du
troisième trimestre seraient nettement moins élevés que prévu.
Nyrstar met en cause la faiblesse des prix du zinc, comparativement à l’an passé. Depuis
le début de l’année, le cours de ce
métal utilisé pour protéger les
aciers et le fer de la corrosion a
plongé de 26 % à la Bourse des
métaux de Londres. Ces marchés sont durement touchés
par l’escalade des tensions commerciales entre les Etats-Unis et
la Chine, et les craintes d’un
ralentissement de l’économie
mondiale. Les résultats du fondeur sont aussi pénalisés par des
charges de traitement du minerai à un niveau historiquement
bas. Au premier semestre, son
résultat opérationnel (Ebitda) a
atteint 120 millions d’euros.
teur de la stratégie industrielle de
la Maison Peugeot.
Pour éviter les délais de livraison
à rallonge en cas de succès, celui-là
a prévenu les équipementiers qu’il
pourrait revoir rapidement ses
achats de pièces à la hausse. De
même, les voitures thermiques et
électrifiées pourront être alternées
sur les chaînes. « Les lignes seront
100 % flexibles », assure Frédéric
Laganier.
Exigée par le grand patron Carlos
Tavares, cette souplesse industrielle est une précaution bienvenue, vu l’inconnue du comportement des clients face aux voitures
à batterie. Pour les convaincre en
concession, PSA souhaite proposer
ses modèles électrifiés – plus chers
à l’achat comptant – au même loyer
mensuel en location que les équivalents essence ou diesel. « Tout n’est
pas encore calé mais c’est le but »,
affirme Alexandre Guignard. n
Les pétroliers s’engagent
dans la chasse aux fuites de méthane
ÉNERGIE
Après ExxonMobil, BP
et Total, Shell promet
une réduction de ses
émissions de méthane
liées à la production
et au transport
d’hydrocarbures.
Vincent Collen
@VincentCollen
Greenwashing ou véritable engagement pour l’environnement ?
Comme d’autres majors avant elle,
Shell vient de dévoiler des objectifs
ambitieux pour réduire ses émissions de méthane. Le pétrolier
anglo-néerlandais veut faire passer
son taux de fuite « en dessous de
0,2 % d’ici à 2025 ». Shell estime que
les fuites de méthane représentent
aujourd’hui jusqu’à 0,8 % du gaz
qui transite par ses infrastructures,
de la production (de gaz mais aussi
de pétrole) à la distribution au client
final, en passant par le transport et
le stockage.
Shell n’est pas le premier géant
pétrolier à suivre cette voie. L’américain ExxonMobil et le britannique
BP ont fait des annonces similaires
au printemps. Le français Total
assure, lui, que son taux de fuite a
déjà été réduit à moins de 0,3 %. Au
total, treize grandes compagnies
regroupées dans l’Oil & Gas Climate
Initiative ont annoncé leur intention de tendre vers le zéro émission.
Toutes promettent d’investir dans
la détection, la prévention et la
réparation des fuites. Elles doivent
prochainement annoncer collectivement des objectifs chiffrés.
La crédibilité du gaz en jeu
Les grands groupes se saisissent de
la question, sous la pression de l’opinion publique, car c’est la place
même du gaz dans la transition
énergétique qui est en jeu. Le gaz
naturel est souvent présenté comme
moins polluant que le pétrole et le
charbon, avec des émissions de CO2
inférieures de 40 % et pratiquement
pas d’émissions de dioxyde de soufre. Mais les émissions de méthane,
qui contribuent au réchauffement
climatique, menacent d’annuler ces
avantages, prévient l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Chaque
année, les compagnies pétrolières et
gazières émettent plus de 75 millions de tonnes de méthane dans
l’atmosphère, relève l’AIE, qui
estime le taux d’émission moyen à
1,7 % pour la chaîne du gaz. C’est
moins que l’agriculture, mais cela
représente tout de même 13 % à 20 %
des émissions, selon les sources.
« La prévention des émissions de
méthane déterminera la crédibilité
environnementale du gaz naturel »,
estime l’Environmental Defense
Fund, une association non gouvernementale américaine. Outre la
pollution que provoquent ces fuites, elles représentent un gâchis de
34 milliards de dollars par an.
Les ONG demeurent sceptiques.
« Le fait que les compagnies pétrolières reconnaissent qu’il y a un
problème, alors qu’elles l’ont nié
pendant des années, est un pas
important, reconnaît Antoine
Simon, des Amis de la Terre. Mais,
même avec les meilleures intentions
du monde, on ne pourra jamais
atteindre un niveau d’émissions
acceptable. » On compte 2,2 millions de kilomètres de tuyaux transportant du gaz, rien qu’en Europe,
souligne l’expert, sans compter les
sites de production, de stockage, de
compression… « Il est impossible
d’avoir une évaluation exhaustive
des émissions et le boom du schiste
aux Etats-Unis ne fait qu’accentuer le
problème », estime-t-il.
Pour les Amis de la Terre, les fuites de méthane sont l’une des raisons pour lesquelles le gaz n’est pas
une réponse adéquate au réchauffement climatique. « Il n’est que marginalement moins nocif que le pétrole
ou le charbon », juge Antoine Simon.
Trump à contre-courant
Les défenseurs de l’environnement
s’inquiètent des projets de Donald
Trump aux Etats-Unis. L’administration américaine est en passe de
relâcher les contraintes imposées
par Barack Obama au secteur
pétrolier et gazier en matière de
prévention des fuites de méthane.
Alors que les majors ExxonMobil
ou Chevron, elles-mêmes, s’enga-
Une dette colossale
Le producteur belge, qui possède des mines et des raffineries
en Amérique du Nord, en
Europe et en Australie, est en
proie aux difficultés depuis plusieurs années. Jeudi soir, la
direction s’est voulue rassu-
gent sur ce terrain, le président
américain apparaît, une fois
de plus, à contre-courant dans
la lutte pour la protection de
l’environnement. n
Nyrstar compte sur le redéploiement l’an prochain du
site minier de Port Pirie en
Australie. Photo Nyrstar
rante, elle a promis que Nyrstar
maintiendrait un flux de trésorerie positif. Elle compte, en
outre, sur le redéploiement l’an
prochain de la mine de Port
Pirie en Australie et du redémarrage de celle de Myra Falls
au Canada.
Mais ce « profit warning »
ajoute aux inquiétudes des
investisseurs et au questionnement des analystes sur la capacité de la société à payer ses dettes à temps. Le group e de
4.100 salariés doit, en particulier, refinancer un emprunt de
350 millions d’euros arrivant à
maturité en septembre 2019.
« Nyrstar pourrait ne plus disposer de liquidités suffisantes » s’il
n’y parvenait pas, a prévenu
l’agence de notation financière
Moody’s, qui a abaissé la note de
crédit du producteur quelques
heures seulement avant son
avertissement sur résultats.
Certains analystes jugent que
Nyrstar, dont le plus gros actionnaire est le géant du négoce de
matières premières Trafigura
avec plus de 20 % du capital,
pourrait désormais avoir besoin
de lever des capitaux. n
AVIS FINANCIERS
RÉSULTAT NET
DU 1ER SEMESTRE 2018
En millions d’euros
S1 2018
S1 2017*
Chiffre d’Affaires
72,15
63,27
+ 14 %
Résultat Opérationnel
17,37
16,29
+ 6,6 %
Résultat Net
12,15
10,72
+ 13,3 %
Résultat Net Part du Groupe
11,41
10,23
+ 11,5 %
0,76
0,68
+ 11,6 %
Résultat de Base par Action (€)
Variation
+ 13,3%
Coté sur Euronext Paris™ - Compartiment B
Indices : CAC® SMALL et CAC® All-Tradable par inclusion
Eligible au Service de Règlement Différé (SRD) Long-only
ISIN : FR 0012882389 - Reuters : PHA.PA - Bloomberg : - PMGI FP
Villers-lès-Nancy - Extrait du communiqué publié le 21/09/2018 - 19h
*en pro-forma IFRS 15
Progression des résultats au 30 juin 2018
Le Groupe Pharmagest affiche de belles
performances sur ce 1er semestre 2018. Chacune
des 4 Divisions participe au développement global
du groupe. Précisément, les dernières sociétés
intégrées contribuent de façon significative aux
résultats et confirment toute la pertinence de ces
acquisitions au regard de la stratégie «Patient
Centré» soutenue par le Groupe depuis plus de
5 ans.
Le Chiffre d’Affaires du Groupe Pharmagest
est en progression de 14% à 72,15 M€ par
rapport au 1er semestre 2017.
Le Résultat Opérationnel du Groupe ressort
en hausse de 6,6% à 17,37 M€ au 30 juin 2018.
- Résultat Opérationnel de la Division Solutions
Pharmacie Europe à 12,19 M€ (+ 2,71%). Cette
croissance modérée sur le 1er semestre s’explique
par l’impact de coûts ponctuels notamment liés
aux croissances externes.
- Résultat Opérationnel de la Division Solutions
pour les établissements sanitaires et médicosociaux à 3,55 M€ en progression de 27,3%.
- Résultat Opérationnel des Divisions Solutions
e-Santé et Fintech à 1,62 M€, étale par rapport
à 2017, lié au coût de lancement des nouveaux
produits (Noviacare, CareLib et solutions
Observance) dont la commercialisation débutera
au 1er trimestre 2019.
Le Résultat Net s’établit à 12,15 M€ (+ 13,3%)
et le Résultat Net Part du Groupe à 11,41 M€
(+ 11,5%).
Au 30 juin 2018, le Résultat de Base par Action
s’élève à 0,76 € contre 0,68 € au 30 juin 2017.
A périmètre constant (hors acquisition
CAREMEDS, MULTIMEDS, AXIGATE, et
PHARMAGEST ITALIA)
Le Groupe affiche un chiffre d’affaires de
67,03 M€ soit une progression de 6% et un ROP
à 16,38 M€ en légère progression de 0,7%. Cette
croissance modérée tient compte de coûts non
récurrents et d’embauches de commerciaux qui
produiront leurs effets sur le 2nd semestre 2018.
Principaux éléments du bilan consolidé
La position de trésorerie nette disponible du
Groupe Pharmagest au 30 juin 2018 est en
progression s’affichant à 95,78 M€ comparée à
69,63 M€ à la fin du 1er semestre 2017.
Les capitaux propres, Part du Groupe, au 30 juin
2018 s’élèvent à 98 M€.
Faits marquants du 1er semestre 2018
La Division Solutions Pharmacie Europe
affiche de belles performances sur le 1er semestre
2018 (chiffre d’affaires à 56,26 M€) : le niveau
des ventes d’équipement aux officines continue
de progresser au sein du Pôle Pharmacie France
(porté par le succès de nouveaux produits et le
renforcement de la dynamique commerciale). Le
Pôle Pharmacie Belgique-Luxembourg poursuit,
suivant un rythme soutenu, le déploiement
de son logiciel SABCO Ultimate® auprès des
pharmacies et parapharmacies des groupements
MULTIPHARMA et COOP. Et il faut également
relever la contribution significative du Pôle
Pharmacie Italie avec l’intégration à compter du
01/04/2018 de PHARMAGEST ITALIA (+ 2,3 M€
de chiffre d’affaires) ;
La Division Solutions pour les établissements
sanitaires et médico-sociaux est significativement
dynamisée depuis l’intégration d’AXIGATE, acteur
majeur du secteur des Systèmes d’Information
de Santé en milieu hospitalier. Cette Division
conserve une bonne visibilité sur l’avenir avec
un chiffre d’affaires récurrent en progression de
22,5% au 1er semestre 2018 ;
Toutes les activités de la Division Solutions
e-Santé (Communication digitale à l’officine,
Télésurveillance,
Observance,
Personnes
fragiles) participent au développement global de
la Division, qui affiche un chiffre d‘affaires au 30
juin 2018 de 6,15 M€ (+ 8,5%). Ce 1er semestre
2018 est marqué par la structuration de la force
commerciale et la préparation des lancements
des solutions innovantes pour les personnes
fragiles et de télésurveillance ;
La Division Fintech affiche de belles
performances sur le 1er semestre 2018. En fin de
S1 2018, cette Division affiche une croissance
structurelle de près de 40% de son volume
d’activités.
Evénements importants survenus depuis la
clôture de l’exercice
- Conclusion d’un partenariat avec le Groupe
Korian pour co-créer une offre innovante multiservices à destination des personnes fragiles
à domicile et en EHPAD. Les perspectives
liées à ce type de partenariat sont significatives
pour le Groupe Pharmagest car son offre de
technologies innovantes à destination des acteurs
de l’hébergement des seniors s’inscrit dans une
stratégie d’accompagnement au bien vieillir
de leurs clients et plus globalement du secteur
porteur de la télésurveillance innovante et multiservices des seniors.
- La solution de télésurveillance de l’Insuffisance
Rénale Chronique, eNephro, développée depuis
2013 par la filiale DIATELIC, est éligible au
programme ETAPES et est par conséquent
remboursée par la sécurité sociale pour ses
modules de suivi de patients dialysés en
Unité Autonome de Dialyse (UAD), en Unité
de Dialyse Médicalisée (UDM) et en post
greffe. Parallèlement, le Groupe a annoncé un
partenariat avec le CHRU de Nancy autour de
cette solution technologique innovante.
Perspectives pour le 2nd semestre 2018
Le Groupe Pharmagest est confiant quant au
maintien du niveau de croissance soutenue de ses
activités et anticipe une amélioration significative
de son ROP, compte-tenu du caractère non
récurrent de frais constatés sur le 1er semestre,
de la contribution attendue des investissements
marketing et commerciaux réalisés au S1 ainsi
que de la part accrue du chiffre d’affaires à
l’international.
Grâce à sa proposition d’un écosystème global
dédié et le déploiement de sa plateforme de
santé «patient centré» unique à ce jour, le Groupe
Pharmagest confirme son positionnement comme
un acteur structurant de la santé.
Désormais, le Groupe choisit d’ouvrir cette
plateforme et de se constituer un véritable
portefeuille de collaborations partenariales,
à l’instar des récentes conventions conclues
avec le groupe Korian et le CHRU de Nancy.
En poursuivant cette ouverture, le Groupe
Pharmagest a pour objectifs de développer ses
parts de marché en Europe et de rentabiliser ses
ventes et investissements.
Relations Analystes - Investisseurs : Direction Financière : Jean-Yves SAMSON - Tél : 03 83 15 90 67 - Email : jean-yves.samson@lacooperativewelcoop.com
Relations Presse : FIN’EXTENSO - Isabelle APRILE - Tél : 01 39 97 61 22 - Email : i.aprile@finextenso.fr
Retrouvez l’intégralité du communiqué sur www.pharmagest.com
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
Entrée en Bourse réussie pour
Farfetch, pépite du luxe digital
son du succès de l’e-commerce
en Chine. D’ailleurs, JD.com,
numéro deux du commerce en
ligne dans l’ancien empire du
Milieu, qui était déjà actionnaire de
Farfetch, a acquis des actions supplémentaires dans le cadre d’un
placement privé. Le site de mode a
aussi attiré des investisseurs français comme la famille Pinault,
actionnaire de contrôle de Kering,
propriétaire de Gucci et Saint Laurent. Chanel est entré au capital du
site il y a quelques mois après un
partenariat conclu avec Burberry.
Avant eux, Eurazeo avait participé
au tour de table à hauteur de 20 millions d’euros au côté du fonds singapourien Temasek. Farfetch comptait presque 1 million de clients en
ligne fin décembre.
MODE
Le site britannique de
mode haut de gamme
a bondi de 42 % vendredi à Wall Street,
valorisant le groupe à
7 milliards de dollars.
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Wall Street a réservé un excellent
accueil au site digital de mode haut
de gamme Farfetch. Le titre du
groupe britannique de luxe, créé il y
a dix ans par le portugais José Neves,
a clôturé vendredi – jour de son
introduction à la Bourse de New
York – à 28,45 dollars. Un gain de
42,25 % par rapport au prix d’introduction et qui valorise Farfetch
7 milliards de dollars (5,97 milliards
d’euros), dépassant ainsi largement
les objectifs de valorisation de 5 milliards de dollars de l’entreprise.
L’intérêt des investisseurs était
connu avant même l’ouverture du
marché, à en juger par la décision,
rare, de fixer le prix d’introduction
(à 20 dollars) au-dessus de la fourchette indicative retenue entre 17 et
19 dollars. Preuve s’il en est de
l’attrait du luxe et du commerce en
ligne dans un secteur qui s’en
méfiait profondément au départ.
Une preuve d’autant plus incontestable que Farfetch, qui perd de
l’argent depuis sa création, a encore
Nouveau terrain
de concurrence
La vente sur Internet est devenue l’un des principaux moteurs
de croissance des marques haut de gamme. Photo Shutterstock/Farfetch
creusé sa perte récemment. Au
premier semestre, elle a plus que
doublé par rapport à la même
période en 2017, atteignant 68 millions de dollars, contre 29 millions il
y a un an. Son chiffre d’affaires
annuel, lui, s’est établi à 386 millions
de dollars, en hausse de 59 %.
Aujourd’hui, la vente sur Internet
est devenue l’un des principaux
moteurs de croissance des marques
haut de gamme, notamment en rai-
386
MILLIONS DE DOLLARS
Le chiffre d’affaires annuel
de Farfetch.
Farfetch est concurrencé par
d’autres plates-formes comme
Mytheresa.com ou Matchesfashion.com. La concurrence s’est
intensifiée ces dernières années
entre les plates-formes indépendantes et les grandes marques de
luxe comme Louis Vuitton (LVMH),
qui contrôle son propre site. Le
suisse Richemont est devenu
actionnaire majoritaire en 2018 de la
plate-forme Yoox Net-A-Porter,
valorisée à 5,3 milliards de dollars.
Le commerce en ligne devrait, selon
certains analystes, totaliser un quart
des revenus du luxe d’ici à 2025,
contre 10 % en 2018. n
Le pôle horloger de LVMH
change de dirigeant
LUXE
Figure historique du
monde horloger, JeanClaude Biver passe la
main à la tête de la division montres de LVMH.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Jean-Claude Biver avait été
nommé à la tête du pôle
horloger de LVMH en 2014.
Photo Fabrice Coffrini/AFP
L’heure du départ a sonné pour
Jean-Claude Biver, une figure historique dans le monde de l’horlogerie,
après quarante-cinq ans de métier.
En 2014, ce grand patron connu
pour son franc-parler avait été
nommé à la tête du pôle horloger
de LVMH (Hublot, TAG Heuer et
Zenith), occupant en même temps la
direction de TAG Heuer, la marque
horlogère phare du numéro un
mondial du luxe. Mais, selon le
quotidien suisse « Le Temps », « il a
depuis dix-huit mois des problèmes de
santé qui rendaient difficile sa tâche ».
Il va donc quitter ses fonctions
opérationnelles, mais restera
conseiller de Bernard Arnault, le
PDG de LVMH (propriétaire des
« Echos ») pour le secteur. « A l’aube
de ma 70e année, je souhaite me concentrer plus particulièrement sur le
conseil et la transmission de ma
grande expérience », a-t-il indiqué.
C’est Stéphane Bianchi (cinquante-trois ans), qui a fait une grande
partie de sa carrière au sein du
groupe Yves Rocher, avant de laisser
les manettes au petit-fils du fondateur, qui le remplacera à partir du
1er novembre. Dans le même temps,
Frédéric Arnault (vingt-trois ans),
l’un des fils de Bernard Arnault, est
nommé directeur stratégie et digital
de TAG Heuer. Diplômé de Polytechnique, comme son père et son
frère Alexandre, il avait intégré
LVMH en 2017, en étant chargé de
l’activité montres connectées chez
TAG Heuer, dont le chiffre d’affaires
est estimé à plus de 1 milliard
d’euros. Une marque qui a changé
de positionnement sous l’ère Biver,
en se recentrant sur les modèles
plus accessibles et en mettant le cap
sur les nouvelles technologies, avec
une « smartwatch » mise au point
avec Google et Intel.
marketing
LCL renoue avec
ses racines urbaines
COMMUNICATION
Avec le recours à l’agence
DDB Paris, LCL revient
à son identité et à son ADN
de « banque urbaine »,
une démarche assortie
d’une montée en gamme
très maîtrisée.
Véronique Richebois
@VRichebois
LCL s’est tu pendant deux ans,
coupant net dans ses dépenses
de communication. Mais l’arrivée d’un nouveau directeur
général au printemps 2016,
avec Michel Mathieu, puis d’une
nouvelle directrice de communication, Caroline Arnould,
augurait de changements probables… et guettés avec impatience. Face à LCL, en effet, ses
concurrents frontaux – dont
BNP Paribas et Société Générale – mais aussi les banques
en ligne, Orange Bank en tête,
entreprennent alors de revoir,
voire d’inaugurer, des modèles économiques disruptifs,
qu’accompagnent de savants
dispositifs de communication.
Personne n’est donc surpris
d’apprendre, en septembre 2017,
qu’un nouvel appel d’offres
est lancé, à l’issue duquel DDB
Paris est retenu pour sa proposition créative et stratégique.
Peu à peu, Bernard Arnault fait
entrer ses enfants au sein de son
groupe. Après les aînés issus d’un
premier mariage, Antoine et Delphine, c’est au tour des plus jeunes
de faire leurs armes au sein du géant
mondial. En 2016, Alexandre (vingtquatre ans) avait pris la cogérance
du malletier allemand Rimowa.
Un marché chahuté
Une banque « urbaine »
Le défi est de taille pour Stéphane
Bianchi, alors que le monde horloger est en pleine ébullition,
confronté à la concurrence de
l’Apple Watch, et en quête d’innovation pour séduire une jeune clientèle. « L’organisation annoncée permettra de faire croître notre activité
horlogère, avec deux objectifs : la qualité technique la plus élevée de nos produits, et la poursuite du rayonnement
de nos marques », a souligné Bernard
Arnault. Après deux ans de recul, les
ventes de montres suisses à l’international sont reparties en 2017, en
hausse de 2,7 % à 17 milliards
d’euros, soit le niveau de… 2011. n
Créer la rupture
LCL crée donc à nouveau la
rupture. En août 2005, le très
institutionnel Crédit Lyonnais
avait troqué le nom qu’il portait
depuis sa création, en 1863,
contre celui, plus lapidaire et
plus bref, de LCL. « Depuis le
début des années 1990, le nom du
Crédit Lyonnais était attaché à
une série de noms et de scandales
– Jean-Yves Haberer, Bernard
Tapie, la MGM, Executive Life,
Giancarlo Parretti… – qui rendait impossible de continuer
comme si de rien n’était… » se
souvient Olivier Aubert, président de l’agence Asap qui a
mené l’opération.
L’agence DDB Paris a eu l’idée d’axer ses spots sur
le quartier, où se croisent des habitants : un père poussant
un landau, une jeune femme fermant sa librairie…. Photo DR
« Avant de lancer cet appel
d’offres, nous avons regardé les
points positifs et ceux qui fonctionnaient moins bien, indique
Caroline Arnould. Nous avions
un point fort : une très forte notoriété, grâce à l’impact des campagnes conçues par notre agence
précédente, Asap. » En revanche,
l’ancien Crédit Lyonnais regrettait que ses prises de parole
consuméristes, axées sur les
tarifs – un discours sur lequel
s’alignaient au même moment
les banques en ligne –, aient pris
le pas sur le discours de la marque LCL. La privant au passage
d’épaisseur et d’aspérité.
Le défi est de taille
pour le nouveau
dirigeant, alors
que le secteur est
en pleine ébullition.
l’idée d’en faire le cœur « palpitant » du quartier. Là où tout
se passe, se crée, se croise, vit en
un mot : un père poussant un
landau, son petit garçon à la
main, une grand-mère songeuse sur son balcon, une jeune
femme fermant sa librairie…
En parallèle, ce glissement
d’un positionnement reposant
sur des sketchs très populaires
vers une écriture plus contemporaine tire la marque LCL vers
un positionnement plus haut de
gamme. Une nouvelle signature
publicitaire – « LCL. Ma vie. Ma
ville. Ma banque » – accompagne le nouveau dispositif, dont le
budget est estimé aux alentours
de 40 millions d’euros brut.
« Notre “brief” aux agences en
compétition a été de leur demander alors de repositionner la marque LCL en revenant à notre
ADN de banque “urbaine”,
reprend Caroline Arnould. Les
sketchs humoristiques installaient quelque chose d’artificiel,
une forme de décalage et un
manque de proximité avec nos
clients. » Dont acte. Dans le nouveau spot signé DDB Paris, LCL
surgit comme « LA » banque
urbaine par excellence, l’établissement bancaire revendiquant
1.000 agences de coin de rue.
Mieux ou plus, l’agence a eu
Dans la foulée, la banque opte
pour une communication destinée à une clientèle plus jeune et
plus populaire, via une série de
minisketchs décalés réalisés
par Jean-Michel Ribes. Des célébrités du petit et du grand écran
défilent dans les spots : Pierre
Arditi, Muriel Robin, Charles
Berling, François Berléand…
Face à une personnalité connue
du grand public et incarnant un
client méfiant, sceptique, exprimant son incrédulité par force
mimiques, un conseiller bancaire s’attache à chaque fois à le
convaincre de la fiabilité de LCL.
Près de 80 acteurs se succèdent de 2005 à 2013. Mais « la
mécanique scénaristique s’était
épuisée au bout de dix ans », de
l’aveu de Marie Petracco, alors
directrice de la communication.
LCL s’essaie alors, en 2014, à un
vrai-faux one-man-show. Sur
scène, Gad Elmaleh se prend à
rêver tout haut d’« une banque
qui soit faite pour lui ». Le public
tousse un peu, compte tenu du
compte en banque généreux
prêté à l’humoriste. Les réseaux
sociaux se déchaînent. S’ensuit
une nouvelle campagne avec
des comédiens de stand-up anonymes. Mais LCL veut s’approprier un nouveau territoire. Une
page se tourne. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 21
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
Shutterstock
en
pixels
Bientôt un nouveau
PDG chez BT
Après sept ans de baisse,
les ventes d’ordinateurs
devraient augmenter de 0,3 %
en 2019, selon le cabinet Canalys.
Cette stabilisation s’explique
par des dépenses soutenues aux
Etats-Unis, le premier marché
au monde, et par la montée
de l’Asie-Pacifique. Les ventes
dans la région dépasseront celles
en Europe de l’Ouest d’ici à 2021.
Selon Sky News, British Telecom
(BT) pourrait bientôt nommer
Philip Jansen (photo) à la tête
de l’opérateur. Jansen, cinquante
et un ans, dirige depuis 2013 la
société Worldpay, le leader mondial des solutions de paiement.
Si les discussions échouaient,
d’autres candidats, dont l’actuel
PDG de l’opérateur télécoms belge
Proximus, sont sur les rangs.
DR
HIGH-TECH
&MEDIAS
Le marché du PC
va mieux
576
MILLIONS D’EUROS PAR AN
L’ouverture de la publicité
télévisée à plusieurs
secteurs, dont le cinéma et
l’édition, priverait, par effet
de transfert, la presse écrite,
l’affichage et la radio d’un
demi-milliard de recettes
publicitaires par an, selon
le cabinet France Pub.
Duel pour le contrôle
de Sky : Comcast
bat Fox aux enchères
TÉLÉVISION
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Comcast a finalement pris le dessus
sur le holding 21st Century Fox de la
famille Murdoch. Deux ans après le
lancement de leur incroyable bras
de fer pour prendre le contrôle du
bouquet européen de télévision
payante Sky, considéré comme le
joyau de l’empire Murdoch, le câbloopérateur américain est sorti vainqueur de la procédure d’enchères
lancée samedi par le régulateur britannique pour départager les deux
prétendants. Le groupe, déjà propriétaire du studio Universal et des
chaînes de télévision américaines
NBC et CNBC, a proposé 17,28 livres
par action, contre 15,67 livres pour
son concurrent.
Changement radical
Si l’opération a mobilisé ce weekend des armées d’avocats et de banquiers d’affaires dans les gratte-ciel
de la City, c’est qu’elle est sans doute
l’une des plus importantes jamais
réalisées dans l’industrie européenne des médias, où elle changera radicalement le paysage de la
télévision payante. Présent entre
autres en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Italie, Sky est en effet
l’un des opérateurs de télévision les
plus puissants du Vieux Continent :
outre la chaîne d’information Sky
News, il est aussi le diffuseur clef de
la prestigieuse Premier League de
football anglaise. Et il produit de
nombreuses fictions.
L’enchère de Comcast valorise
Sky à 30,4 milliards de livres
(33,8 milliards d’euros), soit environ
3 milliards de livres de plus que celle
de Fox. Cela le met en position de
force pour convaincre les actionnaires d’apporter leurs titres à son offre.
Ils ont jusqu’au 11 octobre pour se
prononcer. Fox lui-même devra se
positionner, puisqu’il possède déjà
39 % de Sky. L’offre de Comcast, qui a
déjà reçu l’aval de l’autorité britannique de la concurrence, ne sera
déclarée victorieuse que si elle
recueille plus de 50 % des titres.
Si le Takeover Panel, le régulateur
britannique des rachats d’entreprises, a dû intervenir pour provoquer
la fin de cette histoire riche en
rebondissements, c’est que le scénario traînait trop en longueur à son
goût. La bataille pour le contrôle de
Sky a commencé en décembre 2016,
quand Fox a dégainé le premier,
pour tenter de monter à 100 % du
capital. Comcast a plusieurs fois
répliqué, au point de posséder une
longueur d’avance avant même
23
MILLIONS
Le nombre d’abonnés de Sky
au Royaume-Uni, en Irlande,
en Allemagne, en Autriche
et en Italie.
l’ouverture des enchères – sa dernière offre était de 14,75 livres par
action, soit 26 milliards de livres.
Mais chaque offre appelant sa
contre-offre, impossible de déclarer un vainqueur pour autant. Alors
qu’ils avaient jusqu’au 22 septembre pour déposer une proposition
définitive, aucun des deux concurrents ne l’ava it f a it en f in de
semaine dernière. D’où la procédure d’enchères très rarement utilisée qui a été déclenchée par les
autorités, digne du duel final des
meilleurs westerns.
Fort de 23 millions d’abonnés
dans cinq pays (au Royaume-Uni,
mais aussi en Irlande, en Allemagne, en Autriche et en Italie), Sky est
un groupe en croissance. Son chiffre
d’affaires a progressé de 5 %, à
6,7 milliards de livres, sur le premier
semestre de l’exercice s’achevant fin
juin. Et le nombre de ses abonnés
continue lui aussi d’augmenter,
en Allemagne comme en Italie
(+365.000 au total sur le semestre).
De quoi aiguiser les appétits
d’acteurs américains qui, comme
Comcast, veulent acquérir une stature mondiale en étendant leur
empreinte géographique à l’Europe.
Un « actif unique »
Autre atout de Sky, et non des moindres : permettre aux acteurs traditionnels de renforcer leur jeu face
aux nouvelles plates-formes digitales, qu’elles s’appellent Amazon ou
Netflix, qui peuvent être à la fois des
rivaux et des partenaires – comme
l’a prouvé un récent partenariat
Oli Scarff/AFP
l Après deux ans de rebondissements,
le câblo-opérateur américain sort vainqueur
de la procédure qui devait le départager de Fox.
l Il propose 30,4 milliards de livres, soit environ
3 milliards de plus que son rival.
Sky est l’un des opérateurs de télévision les plus puissants du Vieux Continent : outre la chaîne d’information Sky News, il est aussi le diffuseur clef de la prestigieuse Premier League de football anglaise.
commercial entre Sky et Netflix. Le
PDG de Comcast, Brian Roberts, ne
s’y est pas trompé. Il a récemment
qualifié Sky d’« actif unique ».
Le succès de Comcast est un
revers pour Fox, qui avait tenté dès
2011 de prendre le contrôle de sa
filiale Sky sans y parvenir à cause du
scandale des écoutes téléphoniques
pratiquées par le « News of the
World », un tabloïd de la galaxie
Murdoch qui a depuis été fermé.
C’est aussi une revanche du câbloopérateur face à Disney, devant
lequel il avait dû s’effacer fin juillet
dans une autre bataille : le rachat de
l’essentiel des actifs de Fox, en particulier ses studios de cinéma et certaines de ses chaînes de télévision.
Le groupe de divertissement a
depuis la voie libre pour mener à
bien cette opération à plus de 71 milliards de dollars. Mais il espérait
garder dans la corbeille la pépite
Sky, qui devrait finalement lui
échapper. n
Le câblo-opérateur s’achète une arme contre Netflix
En prenant le contrôle du
premier diffuseur européen
de télévision par satellite,
Comcast va pouvoir générer
davantage de revenus
en Europe.
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
Etre plus fort face à Netflix. C’est ce à
quoi Comcast va s’atteler, avec,
désormais, Sky comme nouvelle
arme dans la bataille. A l’heure où le
champion mondial du streaming
vidéo chamboule le paysage audiovisuel dans tous les pays, Comcast
espère bien peser davantage dans le
rapport de force. Or, en prenant le
contrôle du plus gros diffuseur de
télévision par satellite d’Europe, le
câblo-opérateur américain – qui
avait déjà racheté NBCUniversal en
2009 pour accélérer notamment
dans la vidéo en ligne – étend son
maillage géographique, tout en
montant en puissance dans les con-
tenus. L’opération permet en effet à
Comcast de gagner sensiblement en
taille critique. Le groupe de Brian
Roberts récupère les 23 millions
d’abonnés de Sky en Europe, ce qui
lui permettra désormais de toucher,
au total, 52 millions de clients aux
Etats-Unis et sur le Vieux Continent.
Avec 125 millions d’abonnés, Netflix est toutefois encore loin devant,
même si Comcast reste un poids
lourd du secteur. Au deuxième trimestre, le géant américain du câble
a réalisé un chiffre d’affaires de
21,7 milliards de dollars, contre
3,9 milliards de dollars pour le
numéro un mondial du streaming.
A la différence de Netflix, qui doit
utiliser la bande passante des opérateurs télécoms pour distribuer ses
séries et ses films, Comcast dispose,
lui, de ses propres réseaux. En plus
de la télévision câblée, le groupe de
Philadelphie fournit des offres couplées alliant Internet, téléphonie
mobile et fixe, ainsi que des solutions pour les entreprises.
Il n’empêche : aux Etats-Unis, la
poussée de Netflix se fait de plus en
plus sentir. Au deuxième trimestre,
Comcast a perdu 140.000 abonnés à
la télévision câblée. Alors qu’une
partie croissante de la population
américaine préfère dorénavant
s’abonner à Netflix plutôt qu’aux traditionnels bouquets télévisuels,
Comcast va pouvoir mieux amortir
le choc, en générant davantage de
revenus en Europe. Selon Bloomberg, la part de son chiffre d’affaires
réalisé hors des Etats-Unis va en
effet passer de 9 % à 25 %.
Un renforcement
dans les contenus
Des synergies, évaluées par Comcast à 500 millions de dollars, sont
également prévues. Ainsi, les clients
américains du groupe pourront
accéder aux contenus audiovisuels
de Sky, tandis que les chaînes NBC
de Comcast pourront être proposées en Europe. De la même façon,
les chaînes d’information des deux
entités (Sky News et NBC News)
pourront mettre en commun certaines de leurs ressources.
Outre la conquête de nouveaux
abonnés, la prise de contrôle de Sky
permet à Comcast de se renforcer
dans les contenus. En plus des droits
de la Premier League anglaise et de
la Formule 1, Sky produit ou coproduit ses propres séries, comme
« Gomorrah », adaptée du livre éponyme de Roberto Saviano sur la
mafia napolitaine. Au total, Sky a
investi l’équivalent de 7,2 milliards
d’euros dans les contenus sur l’exercice fiscal clos en juin.
Certains analystes estiment toutefois que Comcast a « surpayé » pour
rajouter à son arc un mode de distribution (le satellite) appelé à céder du
terrain. Brian Roberts, le PDG du
câblo-opérateur, a balayé ces inquiétudes en rappelant que Sky était,
comme Comcast, un groupe diversifié, présent également dans la fourniture de services Internet à très
haut débit et la téléphonie mobile. n
APPEL D’OFFRES
Emmanuel DOUHAIRE
Frédéric AVAZERI
Alexandre BONETTO
Administrateurs Judiciaires Associés
23/29 rue Haxo
13001 MARSEILLE
Tél. : 04.91.54.06.87
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une activité de vente de prêt à porter pour homme haut de gamme
Chiffre d’affaires au 31/12/2017: 6.947.721.00 €
Magasins: 06
Effectif: 14 ½ salariés E.T.P.
est priée de se manifester dans les meilleurs délais
auprès de l’Administrateur Judiciaire :
Me Frédéric AVAZERI
aux fins d’obtenir, contre signature d’une lettre de confidentialité
à récupérer sur le site www.ajilink.fr, les codes d’accès à la dataroom
électronique. Les offres de reprise devront être déposées en l’étude
de l’Administrateur Judiciaire au plus tard le :
31 OCTOBRE 2018 À 17H00
APPEL D’OFFRE
DE REPRISE D’ENTREPRISE
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des dispositions de l’Article L.611-6
du Code de Commerce par le Conciliateur,
la SELARL BARONNIE-LANGET (Me LANGET),
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94130 NOGENT-SUR-MARNE.
Tout candidat est invité à remettre une offre
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selon les modalités prévues au cahier des charges.
Accès à la data room après signature
d’un engagement de confidentialité
et non débauchage.
Contact : maxime.langet@baronnie.org
thibaut.nekili@baronnie.org
Tél. : 01.48.71.86.76
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // HIGH-TECH & MEDIAS
en bref
Le magazine « L’Etudiant » mise
sur le tout-numérique
PRESSE Rentrée compliquée pour « L’Etudiant ». Le mensuel
destiné aux 15-25 ans va abandonner sa version papier en
janvier 2019, une réorganisation qui entraînera la suppression
d’une quinzaine de postes, selon la Société des journalistes (SDJ)
du titre. « On adapte notre organisation à la réalité d’aujourd’hui.
Nos lecteurs se trouvent sur le site et sur les salons, plus sur le print.
Cela ne change rien à notre ADN », a expliqué Chrystèle Mercier,
la présidente du magazine, à l’AFP. En difficulté, le titre racheté
l’année dernière par Marc Laufer n’était déjà plus disponible en
kiosque depuis la rentrée 2017. « L’Etudiant » veut à présent se
concentrer sur son site Internet et sur l’événementiel, qui représente déjà 75 % de ses revenus. Cet été, le magazine a d’ailleurs
été racheté à 51 % par l’organisateur de salons Comexposium.
106
MILLIARDS
DE DOLLARS
DANS LA PUBLICITÉ
NUMÉRIQUE
AUX ÉTATS-UNIS
Nouvelle étape pour le marché
américain de la publicité. Pour la
première fois aux Etats-Unis, plus
de la moitié (51,1 %) des investissements publicitaires des annonceurs ira sur des supports numériques en 2018, selon les estimations
de Magna. Avec 106 milliards de
dollars de dépenses publicitaires
sur le Web, les Etats-Unis capteront
à eux seuls presque la moitié du
marché de la publicité en ligne,
selon les estimations de GroupM
cité par « Le Figaro ».
Un nouveau décret contre les géants
du numérique en préparation
ÉTATS-UNIS La Maison-Blanche examinerait un projet de décret
donnant instruction aux agences fédérales du pays de mener une
enquête antitrust sur les géants du numérique comme Google,
Facebook ou Twitter, selon un document non finalisé obtenu par
Bloomberg. Selon ce décret, les autorités compétentes des EtatsUnis sont invitées à « enquêter de manière approfondie » pour
déterminer si les plates-formes numériques ont enfreint les lois
antitrust du pays. Les autres agences auraient un mois pour
formuler des « recommandations ». Ce décret, s’il était signé,
marquerait une nouvelle étape dans la guerre larvée entre
Donald Trump et les géants de la Silicon Valley.
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
Adobe grandit encore
dans le logiciel marketing
Mais sa stratégie reste clairement
à l’offensive. En mai, il avait déjà
délié les cordons de sa bourse pour
se payer Magento, une plate-forme
de gestion de sites d’e-commerce,
allant de l’optimisation du référencement au suivi des livraisons, en
passant par le paiement. Cette première opération lui avait déjà coûté
1,68 milliard de dollars. Adobe se
doit de répondre coup pour coup
aux mouvements de ses concurrents. En 2016, Salesforce avait déjà
mis la main sur Demandware pour
2,8 milliards de dollars avant de
s’offrir CloudCraze au printemps
dernier pour un montant inconnu.
De son côté, SAP a racheté Hybris en
2013 pour 1,5 milliard de dollars.
LOGICIELS
L’éditeur de logiciels,
plus connu pour sa
solution Photoshop,
débourse 4,75 milliards
de dollars pour l’acquisition de Marketo.
Florian Dèbes
@FL_Debes
D’acquisition en acquisition, l’éditeur de logiciels Adobe entend
devenir le partenaire privilégié des
e-commerçants. Il vient d’annoncer
qu’il entrait dans l’ultime phase de
négociation afin d’acheter Marketo
pour 4,75 milliards de dollars.
Adobe compte renforcer son
offre d’outils de marketing en ligne
avec les technologies de Marketo,
un spécialiste de la conquête et
de la fidélisation de clients sur Internet. Lancée en 2006, cette société,
qui revendique travailler avec
5.000 entreprises, avait été acquise
il y a deux ans par le fonds de capitalinvestissement Vista Equity pour
1,8 milliard de dollars. D’après
l’agence de notation Moody’s, elle
aurait réalisé un chiffre d’affaires de
321 millions de dollars en 2017.
Adobe espère s’appuyer sur le
portefeuille varié de clients entreprises de Marketo pour faire grandir l’ensemble de ses activités.
« Nous avons une opportunité unique pour que tout ce que nous avons
fait en gestion de contenu, en publicité
et en analyse de données soit adressé à
Une opération finalisée
à la fin de l’année
L’éditeur de logiciels entend devenir le partenaire privilégié
des e-commerçants. Photo Shutterstock
321
MILLIONS DE DOLLARS
Le chiffre d’affaires 2017
de Marketo, selon Moody’s.
un plus large groupe de clients »,
commente le PD G, Shantanu
Narayen, au « Wall Street Journal ».
Plus connu pour sa domination
dans l’univers du logiciel de création
graphique (Photoshop, InDesign),
Adobe réalise néanmoins plus d’un
quart de ses 6 milliards de dollars de
chiffre d’affaires dans ses services de
logiciels en ligne pour les e-commerçants. Il est déjà un concurrent
sérieux pour les spécialistes Salesforce, Oracle ou encore SAP.
Après avoir convaincu les gros sites
de vente en ligne grand public de
s’abonner à leurs services à l’usage,
Adobe, Salesforce et les autres se
disputent maintenant le vaste
marché de l’e-commerce par Internet entre professionnels. Au
moment du rachat de Demandware, Salesforce estimait que la
taille du marché des logiciels pour
e-commerçants pourrait atteindre
les 8,5 milliards de dollars en 2020.
Steve Lucas, directeur général de
Marketo, conservera son poste à
l’issue de la transaction qui devrait
être finalisée d’ici à la fin du quatrième trimestre fiscal d’Adobe. Le
titre Adobe progressait légèrement
dans les échanges d’après-Bourse
à Wall Street après l’annonce de
l’acquisition de Marketo. n
L’Arcep met la pression
sur Orange pour ouvrir
le marché entreprises
TÉLÉCOMS
Le gendarme des
télécoms n’est pas
convaincu par les offres
faites par Orange aux
autres opérateurs pour
emprunter ses réseaux.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Souvent accusé par ses détracteurs
d’être trop clément avec Orange, le
régulateur des télécoms va à l’affrontement en cette rentrée. Son combat : ouvrir le marché entreprises.
L’Arcep s’y est attelée de longue date,
mais sans résultat probant. L’ancien
opérateur historique continue d’être
très largement dominant chez les
clients professionnels.
L ’A u t o r i t é e x p r i m e s o n
mécontentement. Les conditions
dans lesquelles Orange laisse ses
concurrents accéder à ses réseaux,
qu’il s’agisse des vieilles lignes en cuivre ou des nouvelles en fibre optique,
ne lui vont pas. Concernant les premières, l’Arcep a ouvert une procédure de sanction contre Orange. Et
concernant les secondes, le gendarme hausse le ton.
Des prix prohibitifs
Orange propose certes depuis peu
une offre « FTTH + » aux opérateurs
alternatifs intéressés. Elle leur permet d’accéder aux lignes de fibre
optique d’Orange pour y brancher
leurs propres équipements (on
parle d’offre passive), avec une
garantie de temps de rétablissement. C’est un sujet clef pour les
clients professionnels qui sont prêts
à payer un peu plus cher pour ne pas
être pénalisés en cas de panne
comme le serait un particulier.
L’ancien opérateur historique continue d’être très largement
dominant chez les clients professionnels. Photo Alain Jocard/AFP
« L’offre existe, mais elle est proposée à un prix tel que, à notre connaissance, personne ne l’a souscrite », a
souligné Martine Lombard, membre du collège de l’Arcep, devant les
industriels du secteur réunis jeudi à
Laval pour l’université d’été du Très
Haut Débit. « Nous discutons très
sérieusement avec Orange sur une
amélioration significative, en priorité
de l’aspect tarifaire, de cette offre. »
L’Arcep fronce aussi les sourcils
devant les conditions qu’impose
que blanche. Cela avance bien »,
assure Martine Lombard. Si l’Arcep
est tenue de tordre le bras d’Orange,
c’est aussi que les autres solutions
sur lesquelles elle mise pour favoriser la concurrence tardent à produire leurs effets. Il y a deux ans, le
gendarme avait favorisé la création
de Kosc, un opérateur de gros
chargé de revendre des lignes de
fibre optique clefs en main à des
opérateurs tiers. Après une récente
levée de fonds, le nouveau venu
commence juste à se faire une place.
L’Arcep dénonce également les conditions
qu’impose Orange
pour emprunter
ses réseaux fibrés.
Absence d’alternative
Orange pour emprunter ses
réseaux fibrés. Le groupe demande
par exemple à ses futurs clients
d’utiliser des équipements siglés
Orange – une exigence difficile à
avaler pour ses petits concurrents.
« Nous discutons avec Orange pour
que ce soit une véritable offre en mar-
Quant à Bouygues et Free, ils ne se
précipitent pas pour contester la
mainmise d’Orange et SFR sur le
marché pro. Le premier a expliqué
en juillet au site Next INpact qu’il
préparait l’ouverture de sa fibre aux
opérateurs tiers pour la fin de
l’année. Du côté de Free, Maxime
Lombardini, son ex-directeur général, avait évoqué en avril dernier une
arrivée sur le marché des entreprises en 2020. Depuis, les départs de
clients particuliers – à la fois dans le
fixe et le mobile – ont relégué le sujet
dans la liste des priorités. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 23
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
START
UP
e
-
LE BUZZ
LE PRODUIT
Le service de billetterie Eventbrite
s’est offert un très
bon démarrage en Bourse.
Le titre a bondi de 60 % lors de
sa première journée à Wall
Street, en faisant la douzième
meilleure introduction en
Bourse de 2018. L’entreprise,
fondée par un Français et deux
Américains, a levé 230 millions de dollars.
10
MILLIONS DE DOLLARS
La fintech londonienne Cleo a bouclé un tour de table de 10 millions
d’euros en série A, mené par Balderton Capital. La start-up propose
de gérer ses comptes bancaires via un chatbot sur Facebook Messenger et compte 94 % de moins de 35 ans parmi ses utilisateurs. Présente en Amérique du Nord, elle va continuer son expansion internationale. En France, la start-up Bruno développe un service similaire.
La start-up NextW, qui se positionne sur la
protection des données et de l’environnement, lance un nouvel outil de conversation
pour les entreprises, baptisé « Place ». Ce dernier
fonctionne sur un modèle de « chail », c’est-à-dire que les
personnes utilisant la messagerie directe peuvent
envoyer des messages à ceux qui ne l’utilisent pas, car les
messages sont transformés en courriels. Les réponses
par e-mail sont, à l’inverse, relayées sur la messagerie.
L’entreprise affirme que cette solution permet de réduire
de 80 % les courriels reçus par les collaborateurs.
Qonto vise l’international
avec une palette de services plus large
son modèle économique, assure le
startuppeur : « Prenez l’exemple de
Station F, où nous avons un nombre
de clients important parmi les
start-up. Entre 50 et 60 % d’entre
elles vont faire faillite, quelques-unes
vont bien réussir et l’une d’entre elles
sera un immense succès. Nous
essayons de faire en sorte d’accompagner celle-là. »
NÉOBANQUE
La start-up parisienne
vient de boucler
une levée de fonds
de 20 millions d’euros.
Elle va se lancer dans
trois pays européens
en 2019 et mener
des partenariats pour
renforcer sa stratégie.
Une centaine de
talents devraient
rejoindre Qonto dans
le courant des douze
prochains mois pour
approcher la barre
des 200 personnes.
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Voilà de quoi célébrer dignement le
premier anniversaire du lancement
de sa néobanque à destination des
PME et des indépendants. Qonto
lève à nouveau des fonds auprès de
Valar (le fonds de Peter Thiel) et
d’Alven, avec l’appui de la Banque
européenne d’investissement, pour
un montant de 20 millions d’euros,
ce qui porte le total des fonds à
32 millions depuis sa création au
printemps 2016. Les douze premiers mois de l’activité ont permis
de valider le modèle et d’envisager
une croissance à l’international,
explique Alexandre Prot, cofondateur de la fintech : « Nous avons renforcé nos positions et allons ouvrir le
service en Allemagne, en Italie et en
Espagne dès 2019. »
25.000 clients
Avec 25.000 clients revendiqués et
un montant total de 1,7 milliard
d’euros de transactions traitées, la
start-up peut s’appuyer sur de solides bases et des revenus mensuels
qui seraient de plusieurs centaines
de milliers d’euros, selon plusieurs
sources. Principal canal qui génère
ces revenus, les entreprises, qui
Alexandre Prot et Steve Anavi, cofondateurs de Qonto, vont s’implanter en Allemagne, en Italie et en
Espagne dès 2019. Photo Steve Anasi
pèsent 90 % dans le portefeuille
clients, les autres étant des travailleurs indépendants. Deux tiers
des entreprises ont déjà des comptes par ailleurs. Attiré par des tarifs
attractifs et la transparence des
coûts, un tiers ferment leur ancien
compte traditionnel, selon Qonto.
Pour continuer à attirer ces prospects, la start-up doit décupler son
offre de services. C’est pourquoi elle
a ouvert la possibilité à ses clients
de réaliser des virements internationaux, l’encaissement de chèques
ou les virements sortants Sepa
dans la zone euro. Elle va aussi lancer un nouveau forfait mensuel
pour mieux répondre aux besoins
des équipes de taille plus importante. Car c’est l’un des enseignements de la première année d’activité réelle de Qonto, qui attire des
entreprises de plus en plus matures, confirme Alexandre Prot :
« Nous enregistrons de plus en plus
de clients établis, nous remontons la
pyramide des entreprises ! » Autre
piste pour créer de nouvelles formes de revenus, les partenariats.
Qonto va proposer des services à
ses clients autour de la gestion
d’entreprise comme la comptabilité, l’assurance, voire le crédit, à
chaque fois en prenant une commission.
Accompagner les champions
de l’entrepreneuriat
L’autre effet de cette courbe ascendante est la baisse pressentie du
taux de perte des entreprises qui
cessent leur activité. Par nature risqué, l’entrepreneuriat génère une
mortalité élevée que la jeune
pousse avait prise en compte dans
Les fonds réunis lors de ce nouveau tour de table vont permettre
de grossir les rangs de la pépite
tech. Une centaine de talents
devraient la rejoindre dans le courant des douze prochains mois
p our appro cher la barre des
200 personnes. A ce rythme, elle
apparaît bien armée pour évoluer
dans un secteur sans réel concurrent frontal, mais avec des acteurs
qui lorgnent les professionnels.
L’a l l e m a n d N 2 6 , é g a l e m e n t
financé par Valar à ses débuts, a
levé 160 millions de dollars en
mars dernier, mais se positionne
également sur le marché des particuliers. Shine vient, quant à lui,
de lever 8 millions d’euros en concentrant son énergie sur les travailleurs indépendants. Pour chacun de ces acteurs, l’enjeu sera
désormais de devenir un pilier
pour aider les entreprises dans
leur gestion quotidienne et, à plus
long terme, de s’associer également aux bons partenaires. n
Un nouveau service de vélos électriques partagés
testé sur le plateau de Saclay
VÉLOPARTAGE
La start-up Zoov,
cofondée par Eric
Carreel, testera
son service durant
cinq mois cet automne.
Constituée de vélos
à assistance électrique,
sa flotte sera ensuite
déployée hors
des capitales.
Déborah Loye
@Loydeborah
Eric Carreel est sur tous les fronts.
Dans la foulée du rachat de
Withings à Nokia, deux ans après
leur avoir cédé sa start-up, l’entrepreneur lance un nouveau projet
aux côtés d’Arnaud Le Rodallec et
d’Amira Haberah.
Sous le nom de Zoov, ce dernier
rassemble deux thématiques que
l’entrepreneur connaît bien : les
données et la forme. « Nous dévelop-
sont déverrouillés grâce à une
application, et les b ornes de
recharge. Pour ce faire, l’entreprise
a créé des vélos comportant deux
batteries : une permanente, qui a
vocation à être rechargée aux bornes, et une amovible, que les abonnés recevront et devront garder
avec eux.
pons un service de vélos à assistance
électrique partagés », annonce-t-il.
Une première phase test de cinq
mois sera lancée fin octobre sur le
plateau de Saclay.
Le marché du vélo partagé a été
pris d’assaut dans les capitales
européennes ces derniers mois
avec l’arrivée d’acteurs chinois tels
qu’Ofo ou Mobike, ou d’européens
tels que le danois Donkey Republic.
Pour le moment, aucun de ceux-là
ne met de véhicules électriques en
circulation, mais il ne s’agit pas de
l’unique point sur lequel Zoov
compte se distinguer.
Une « power bank »
de la taille d’une gourde
Petites villes et périphéries
« Nous visons les villes plus petites
et les périphéries, affirme Eric
Carreel. Pour le moment, ces
populations n’ont aucun accès à ce
type de service. » Ce dernier mise
sur les trajets quotidiens de
8 kilomètres en moyenne, tels
que ceux entre la maison et le lieu
de travail. Zoov a déjà développé
des partenariats avec plusieurs
entreprises du plateau de Saclay
afin que ces dernières mettent le
Arnaud Le Rodallec, Amira Haberah et Eric Carreel veulent
révolutionner les trajets domicile-travail. Photo DR
service à disposition de leurs collaborateurs. Durant cette phase
test, l’utilisation des vélos sera
gratuite, en contrepar tie de
retours d’expérience. Concernant la suite, l’entreprise refuse
de communiquer le prix de son
service.
Z o ov s e p o s i t i o n n e s u r u n
modèle original mêlant le « free
floating », avec lequel les vélos peuvent être déposés n’importe où et
« Cette “power bank” aura la taille
d’une gourde et permettra de parcourir 15 kilomètres, indique Eric
Carreel. Les utilisateurs la rechargeront eux-mêmes grâce à une
prise USB et pourront également
l’utiliser comme batterie
d’appoint pour leurs téléphones
ou tablettes. » Une solution qui
permettra à la start-up de s’établir dans des lieux plus reculés,
où les utilisateurs sont dispersés.
Zoov souhaite déployer sa flotte
dans quatre villes, « probablement
françaises », en 2019, avant d’attaquer le marché européen, en vue
d’en « devenir le leader », ambitionne Eric Carreel. n
Iziwork défie
les géants
de l’intérim
PLATE-FORME
Lancée par deux
anciens de McKinsey & Company,
la start-up lève
4,5 millions pour
désintermédier le
marché de l’interim.
« Nous avons plusieurs atouts
pour bousculer les Goliath de
l’intérim ! » Conscient du
caractère figé du marché qu’il
attaque, mais confiant tout de
même, Mehdi Tahri énumère
les solutions que sa start-up
propose pour fluidifier un
secteur dans lequel « ni les
travailleurs ni les entreprises ne
sont satisfaits ». Se positionnant comme une agence
d’intérim entièrement numérique, Iziwork compte faire
m i e u x , p o u r m o i n s c h e r.
« Notre offre est 30 % moins
chère pour les entreprises et
nous prenons vraiment soin des
travailleurs, de sorte à les fidéliser », assure-t-il.
Lancée en avril 2018, par
Mehdi Tahri et Alexandre
Dardy, la start-up lève 4,5 mill i o n s d ’e u r o s a u p r è s d e
GFC Rocket Internet et de
Maximilian Bittner, fondateur
de Lazada, en plus de
500.000 euros de dette. Un
montant qui lui permettra de
développer son activité commerciale. A tout juste trois mois,
son outil est utilisé par des entreprises comme Intermarché ou
Panalpina.
« Matching »
Concrètement, les 35 salariés de
la start-up développent une plate-forme utilisant des technologies d’intelligence artificielle
pour opérer un « matching »
entre les travailleurs et les missions. Iziwork se veut méritocratique : les travailleurs sont évalués par une note à chaque
contrat, « et les employés les plus
fiables ont accès aux meilleures
missions », indique Mehdi Tahri.
De leur côté, les intérimaires
évaluent également la mission,
afin de pouvoir affiner la sélection qu’Iziwork leur propose.
En France, le Haut Conseil
pour le financement de la protection sociale a recensé 2,8 millions de travailleurs indépendants. Iziwork ne veut pas
dévoiler le nombre d’inscrits sur
sa plate-forme, mais la jeune
pousse indique vouloir créer
une « communauté » fidèle.
« Nous accompagnerons les travailleurs les plus méritants dans
leurs projets de carrière, en leur
proposant par exemple un
accompagnement vers des
formations », indique le cofondateur de l’entreprise.
La plate-forme automatise
par ailleurs le paiement, pour les
intérims, ou l’émission de factures pour les autoentrepreneurs.
« Nous investissons massivement
dans la recherche et développement car nous voulons radicalement simplifier les démarches
administratives », indique
Mehdi Tahri. Ce dernier souhaite embaucher 30 personnes
d’ici à la fin de l’année.
— D. L.
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// 25
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
en
direct
Les tréfileries Wire
France rachetées
HAUTS-DE-FRANCE Deux
repreneurs s’intéressent à l’usine
Jean Caby de Comines, un industriel danois qui a déjà étudié le
dossier et un fabricant d’aliments
pour chiens. Le producteur
de mini-saucisses de cocktail
a été placée en liquidation judiciaire en juin par le tribunal
de commerce et les 232 employés
viennent d’être licenciés.
GRAND EST Les tréfileries Wire
AFP
PME
&REGIONS
Deux repreneurs
pour Jean Caby
France à Commercy (Meuse)
et Sainte-Colombe-sur-Seine
(Côte-d’Or) vont être cédées par
ArcelorMittal au français Altifort. Le comité central d’entreprise a rendu un avis favorable au
projet de reprise. Altifort reprendra les 111 salariés et prévoit
d’investir 6 millions d’euros, un
montant qui pourra être révisé à
la baisse ou à la hausse en fonction de l’analyse de l’outil
industrie. La reprise devrait être
effective le 1er janvier. Les sites
produisent des fils en acier pour
diverses industries dont la métallurgie, l’automobile et le bâtiment. Altifort est un groupe
de métallurgie et mécanique basé
à Ham (Somme). Constitué il y a
quatre ans, il a grandi par rachats
successifs, compte 1.500 salariés
et réalise un chiffre d’affaires
de 200 millions d’euros.
Paris se pose en capitale des arts
l Plus d’une trentaine de manifestations artistiques majeures sont organisées dans la capitale chaque année.
l La moitié des artistes recensés par le ministère de la Culture résident en Ile-de-France.
Les galeries
incontournables
CULTURE
Dominique Malécot
dmalecot@lesechos.fr
En février dernier, pour sa 228e édition – son origine remonte à
Louis XIV –, le Salon des Artistes
français a réuni à Paris, dans le
cadre d’Art Capital, 33.000 visiteurs
sous la verrière du Grand Palais
pour découvrir 1.500 œuvres de
650 artistes français et étrangers
triés sur le volet. La même verrière
abritera en octobre la Foire internationale d’art contemporain (FIAC)
qui réunit essentiellement, autour
de quelque 200 galeries françaises
et étrangères, des artistes, des collectionneurs et des conservateurs
de musée. Orienté vers un public
plus large, Art Shopping se tiendra
en même temps au Carrousel du
Louvre et peut viser près de
30.000 visiteurs intéressés par
l’achat d’art contemporain. Plus
d’une trentaine de manifestations
artistiques majeures sont organisées à Paris tous les ans.
Rémunérations faibles
C’est que, depuis des siècles, Paris se
pose en rendez-vous des artistes,
comme New York, Saint-Petersbourg, Vienne, Londres ou Kyoto.
On pourrait ajouter d’autres noms à
la liste, mais, en fait, rares sont les
métropoles capables d’entretenir
un courant créatif d’ampleur internationale reposant sur l’émulation
La FIAC réunit, autour de 200 galeries françaises et étrangères, des artistes, collectionneurs et conservateurs de musée. Photo Ludovic Marin/AFP
entre artistes. D’autant que, hormis
« les peintres du dimanche », ce sont
des communautés assez réduites.
Selon le ministère de la Culture, il y
a environ 22.000 artistes-auteurs en
France, dont 9.000 p eintres,
6.300 graphistes, 2.200 sculpteurs,
2.000 illustrateurs et 1.000 plasticiens. Il ne recense que 730 dessinateurs, 550 dessinateurs textile et
180 graveurs. Les effectifs de céramistes, artistes du vitrail, peintres
décorateurs et artistes tapissiers
vont de 20 à 70 individus. Pour établir ces statistiques, le ministère se
22.000
ARTISTES-AUTEURS
sont recensés en France
(dont 9.000 peintres,
6.300 graphistes,
2.200 sculpteurs,
2.000 illustrateurs,
1.000 plasticiens,730 dessinateurs,
550 dessinateurs textile
et 180 graveurs).
fonde sur les chiffres 2005 – les plus
récents — des artistes-auteurs affiliés
à la Maison des Artistes, l’organisme
en charge de la gestion du régime de
Sécurité sociale spécifique des artistes-auteurs.
Cette population, qui a progressé
de 60 % depuis 1999, notamment
depuis l’abaissement du seuil qui
permet d’être affilié au régime des
artistes, est masculine à 61 %. Plus
de la moitié, 55 %, des artistesauteurs résident en Ile-de-France et
Paris en concentre 60 % à lui seul.
Les deux régions qui suivent l’Ile-
de-France sont Rhône-Alpes, avec
6 % des artistes, et Provence-AlpesCôte-d’Azur, avec 5 %.
Enfin, rares sont les artistes à
vivre réellement de leur art. Toujours en 2005, la moitié des artistes
déclaraient moins de 8.290 euros
annuels de bénéfices non commerciaux, quant le revenu annuel
médian des salariés à temps complet du privé était de 17.800 euros.
Cependant, 7 % d’entre eux déclaraient plus de 50.000 euros de revenus artistiques dans l’année et 1,4 %
de plus de 100.000 euros. n
Marchands d’art et galeries
jouent toujours un rôle
essentiel dans la vie des
artistes en leur permettant
de montrer leurs œuvres
et de les vendre. Surtout, ils
entretiennent souvent des
liens étroits, avec « leurs »
artistes en les conseillant.
Très présentes sur Internet
dès la fin des années 1990,
les galeries permettent aux
artistes, d’accroître leur
visibilité… et leurs ventes.
Pour le pire et le meilleur,
de la toile certifiée « peinte
à la main » proposée
à 10 euros aux œuvres
d’artistes reconnus à partir
de 3.200 euros. Certaines,
comme Artmajeur,
mettent directement
en rapport l’acheteur et
l’artiste, tandis que d’autres,
comme Artsper, proposent
des œuvres sélectionnées
dans des galeries partenaires. Ces dernières peuvent
aussi les mettre directement en vente sur Artsper
qui se charge du paiement
et du transport. Autre
système, ArtQuid propose
d’acheter directement
une œuvre originale
ou sa reproduction, cadre
compris.
L’atelier R Bocquel réalise les rêves des sculpteurs L’art donne des repères
aux urbains
Ce fondeur normand
présente la rare particularité de ne produire que
des objets d’art, essentiellement en bronze.
C’est une référence pour les sculpt e u r s . L’a t e l i e r R B o c q u e l , à
Grainville-Ymauville (Seine-Maritime), se consacre exclusivement à
la fonderie d’art, cette spécialité qui
consiste à réaliser une œuvre en
métal à partir d’une sculpture réalisée spécifiquement dans ce but par
un artiste. « L’entreprise a été créée
au tournant des années 1960-1970
par mon père. Il était artiste autodidacte et avait une formation en
métallurgie. Son expérience et d’heureuses rencontres lui ont permis de
devenir fondeur d’art », résume sa
fille, Claire Bocquel, présidente de
l’entreprise qu’elle a reprise avec son
frère. « Notre activité est exclusivement consacrée à la fonderie d’art,
d’art contemporain surtout, explique-t-elle. Notre métier consiste à
concrétiser les idées de l’artiste avec
les données techniques que nous
maîtrisons, à chaque fois c’est une
nouvelle aventure, il faut s’entendre
et se comprendre. »
Œuvres magistrales
L’entreprise, qui réalise en moyenne
2 millions d’euros de chiffre d’affaires, travaille essentiellement le
bronze. Elle s’est équipée il y a quelques années d’un four à induction
pour réaliser des œuvres en fonte de
fer, et elle travaille aussi l’argent, le
zinc et l’étain mais ces activités
« L’Eloge du pas de côté » de Philippe Ramette, une statue
en bronze patiné de 2,50 mètres de haut, installée à Nantes.
Photo Sipa
demeurent minoritaires. La PME n’a
guère de limites en matière de
dimensions et a réalisé, entre-autres,
le « Pouce de César », un bronze
de douze mètres de haut exposé à
Paris-La Défense. La demande du
sculpteur, devenu son client au
début des années 1980, avait nécessité de faire appel à une fonderie
industrielle. Cette dernière avait réalisé des panneaux qui ont été assemblés par l’atelier Bocquel. « Des kilomètres de soudure et des heures de
finition », se souvient Claire Bocquel.
Avec sa vingtaine de salariés, l’entreprise possède en interne toutes les
compétences telles que soudure,
ciselage, patine, qui complètent la
fonte proprement dite. « Des métiers
rares pour lesquels on ne trouve pratiquement plus personne, regrette la
dirigeante. Certains de nos collaborateurs sont là depuis trente ou quarante
ans, chacun a sa spécialité et les formations se font en interne. »
L’entreprise réalise des pièces de
toute taille, dont trois ou quatre
œuvres magistrales par an, comme
« L’Eloge du pas de côté » de Philippe Ramette, une statue en bronze
patiné de 2,50 mètres de haut, installée à Nantes. Le fondeur a dû
s’adjoindre les services d’un bureau
d’études pour valider ses calculs,
l’œuvre suggérant un « équilibre
précaire » étant placée sur une place
publique. Généralement, le fondeur, comme l’artiste, participe à la
mise en place de l’œuvre sur son lieu
d’exposition et l’accompagne dans
le temps, y compris pour produire
de nouveaux exemplaires. — D. Ma.
Le sculpteur Luc Le Mercier
s’est fait une spécialité
d’œuvres magistrales qui
marquent l’espace urbain.
Gardiens du temps et de l’histoire,
trois mineurs d’acier de 6,5 mètres
de haut veillent depuis 2007 sur les
hauts-fourneaux de Hayange
(Moselle). « Tout a été bazardé, bientôt il ne restera plus qu’eux »,
pronostique Luc Le Mercier, le
sculpteur breton auteur de cet
ensemble monumental de 14 tonnes dont les trois silhouettes
illustrent le continuum entre la
mine et la coulée d’acier. Ce n’est pas
son premier coup d’essai. Ses statues animent des places et des quartiers de ville, des bâtiments et autres
hôtels depuis plusieurs années.
Les statues de Luc
Le Mercier animent
les places et quartiers
urbains.
Rien d’étonnant pour cet architecte des Monuments historiques.
Après avoir passé des années à restaurer et préserver le patrimoine, il a
cultivé une passion pour les objets
témoins du temps qui passe et l’a
exprimée par la sculpture. Cela a
commencé par des colonnes
antiques réalisées en tubes d’acier
retravaillés pour traduire la fuite du
temps. « Il m’a fallu plusieurs années
pour être reconnu comme artiste par
l’administration, c’est-à-dire un
professionnel vivant de son art, se
souvient Luc Le Mercier. Mais cela
reste extrêmement difficile. Du reste,
les artistes ont toujours eu des problèmes à vivre de leur activité, à exposer
leurs œuvres. Il n’y a pas de place pour
tout le monde. »
Une coiffe bigouden géante
Il travaille aujourd’hui sur un projet
de coiffe bigouden qu’il espère bien
pouvoir implanter à Pont-l’Abbé
(Finistère), la capitale du pays bigouden. « Cette coiffe est le symbole de la
Bretagne et s’il y a un endroit où elle a
sa place, c’est bien à Pont-l’Abbé ».
Réalisée en acier, cette broderie
blanche « avec beaucoup de dentelle
très fine donnera une impression de
grande légèreté. Porteuse de plusieurs
symboles, elle aura beaucoup à dire
sur le passé et l’avenir de la Bretagne »,
s’anime Luc Le Mercier. En fait, voilà
dix ans qu’il mûrit ce projet, non
sans consulter les élus et la commission des sites comme c’est l’usage
pour ce type d’œuvre. Si elle se
concrétise par une commande
publique, la réalisation de cette
coiffe lui demandera de six à sept
mois de travail. Ce qui ne l’empêchera pas de devoir continuer à penser à un autre projet, cette fois un
panier de sept à huit mètres de haut
évoquant une tradition nordiste. Ni
de peindre, une autre passion qui ne
l’a jamais quitté et qui contribue à
nourrir son inspiration. — D. Ma.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // PME & REGIONS
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
360
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
l’industriel pourra dépasser le seuil
de 1 kg/h de valproate pendant un
mois, mais à la mi-novembre, ces
rejets ne devront plus excéder la
norme journalière de 200g/h et de
360g/h en pic horaire. L’usine
entière avait été stoppée cet été.
La plate-forme de mise en relation d’entreprises et d’indépendants Coworkees, implantée
à Annecy, finalise une levée
de fonds de 1 million d’euros,
selon « Le Dauphiné Libéré ».
La moitié est apportée par Baya
Consulting et deux investisseurs.
Créée en 2017, elle enregistre
plus de 7.000 utilisateurs.
DR
GRAMMES PAR HEURE
La préfecture des Pyrénées-Atlantiques vient d’accorder à l’usine de
valproate de sodium de Sanofi, à
Mourenx, en Béarn, le droit de
relancer sa production malgré de
nouveaux dépassements de rejets
toxiques. Pour régler ses rejets,
innovateurs
Annecy : Coworkees
lève 1 million
Gleamer assiste
le radiologue et sécurise
son diagnostic avec l’IA
HAUTS-DE-FRANCE
Le pionnier
de la fabrication
de protéines à base
d’insectes implante
une unité industrielle
à Amiens.
Une centaine d’emplois
vont y être créés.
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
La chrysalide est devenue un joli
papillon. Deux ans seulement après
avoir lancé son premier démonstrateur industriel à Dole (Jura), Ynsect,
le spécialiste mondial de la production de protéines à base d’insectes, va
s’installer en périphérie d’Amiens, à
Poulainville (Somme). Il va y créer,
sur un terrain de 18 hectares, sa première ferme dédiée à la production
de protéines à partir d’une matière
première innovante : des larves de
molitor, connu du grand public sous
le nom de « ver de farine ».
L’unité est présentée comme un
concentré de technologies, très
Après un premier démonstrateur à Dole, dans le Jura, Ynsect
installe, en périphérie d’Amiens, sa première ferme de production
de protéines à partir de larves de molitor. Photo Ynsect
automatisée et gérée via une intelligence artificielle. Objectif : garantir, à l’issue du cycle de croissance
des vers, une qualité de la matière
première dont seront extraites une
huile et une poudre. Ultrariche en
protéines, celle-ci sera valorisée
dans l’alimentation des animaux
de compagnie et des poissons
d’élevage. Les déjections des insec-
tes seront utilisées sous forme
d’engrais organiques.
Un fleuron de l’agtech
française
« Notre choix s’est notamment porté
sur Amiens en raison de la disponibilité de la ressource en coproduits agricoles utilisés pour nourrir les larves »,
explique Antoine Hubert, président
et cofondateur d’Ynsect, il y a
sept ans, avec trois autres associés. Si
les dirigeants se montrent prudents
sur le montant de l’investissement,
certains évoquent un montant total
de 150 millions d’euros.
Avec 23 brevets à son actif, Ynsect
est considéré comme l’un des fleurons de l’agtech française, la haute
technologie agricole. Depuis l’autorisation de la commercialisation de ses
produits il y a deux ans par la Commission européenne, l’entreprise est
parvenue à lever 40 millions d’euros.
Son troisième tour de table, en 2016,
lui a permis de confirmer le soutien
de ses actionnaires – historiques,
comme le fonds Demeter, ou plus
récents, comme le suisse Quadia ou
bpifrance. Selon Antoine Hubert, des
négociations sont en cours en vue
d’une opération. Elle devrait notamment permettre à l’entreprise de proposer de nouvelles applications en
chimie verte, mais aussi de créer une
seconde usine « aux Etats-Unis ou au
Canada », selon le dirigeant.
Ynsect bénéficie de l’explosion de
la demande mondiale en protéines
et de son corollaire, la multiplication des investissements dans les
agtech. Selon Agfunder, ceux-ci ont
atteint 8,5 milliards d’euros en 2017,
soit 2 milliards de plus qu’en 2016. n
DR
Première usine de protéines
à base de vers pour Ynsect
LA LEVÉE DE FONDS
GLEAMER
Date de création : 2017
Président : Christian Allouche
Montant : 1,5 million d’euros
Effectif : 8 personnes
Secteur : e-santé
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
Assister les radiologues en traumatologie pour leur faire gagner
du temps, tout en fiabilisant leur
diagnostic. C’est le premier défi
que veut relever Gleamer grâce à
sa plate-forme d’intelligence artificielle. Développée en interne,
elle fournit un diagnostic automatisé d’images médicales et
génére un compte rendu détaillé
que le praticien examine, complète si besoin et valide en quelques clics. « Nous sommes partis
du constat que le nombre de radiologues reste stable, alors que les
besoins en imagerie explosent.
L’idée est de croiser leur regard
avec notre algorithme pour éviter
Pop-corn : Nataïs va rémunérer
les agriculteurs pour leur bilan carbone
Le fabricant de maïs
à éclater va payer
les céréaliers pour
le carbone fixé dans
le sol par des légumineuses cultivées entre
les rangs de maïs.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Mesure du couvert végétal
Leader européen du maïs à éclater
au micro-ondes avec 35 % du marché, Nataïs sera le premier transformateur à rémunérer les agriculteurs pour leur bilan carbone dans
deux ans. Pour fertiliser les sols, il
ENTREPRENDRE
incite les céréaliers à cultiver une
légumineuse (féverole, phacélie) à
l’automne entre les futurs rangs de
maïs semés au printemps. Ce couvert végétal, broyé au moment du
semis, apporte de la matière organique et évite l’érosion du sol, qui ne
reste pas nu. Nataïs, implanté à
Bézéril dans le Gers, a lancé la technique « green tillage » en 2011.
Depuis, 40 % de ses 220 fournisseurs du Sud-Ouest l’ont adoptée et
il vise 100 % dans cinq ans.
L’entreprise paiera les céréaliers
pour le carbone apporté par les
légumineuses. « Nous donnerons
entre 60 et 80 euros par tonne de carbone fixé dans le sol, sachant que le
couvert végétal apporte entre 1 et
1,5 tonne de carbone à l’hectare »,
explique Michael Ehmann, président de Nataïs et agriculteur. Il va
créer un outil numérique de
mesure du carbone en prenant des
images aériennes du couvert végétal avec le Centre d’études spatiales
de la biosphère (Cesbio) et l’Inra.
La rémunération pour le
bilan carbone coûtera plus de
500.000 euros par an à l’entreprise,
qui a réalisé un chiffre d’affaires de
47 millions d’euros en 2017, en
hausse de 7 %. « Ce sera un coût mais
aussi une opportunité de se différencier pour mieux valoriser notre produit », affirme Michael Ehmann.
Augmenter le prix du maïs, stable
depuis quatre ans, est un pari difficile, car Nataïs vend sous marque de
distributeur, mais il ajoutera un
QR Code sur les sachets pour expliquer sa démarche.
Son projet Naturellement popcorn consiste aussi à réduire les pesticides, les engrais et l’irrigation. Pour
obtenir des aides, Nataïs a déposé un
dossier de candidature pour mener
un projet de R&D structurant pour la
compétitivité. L’entreprise a déjà participé à un projet de recherche pour
remplacer l’huile de palme dans les
sachets de maïs par de l’huile de tournesol transformée. Elle utilise déjà
20 % d’huile de tournesol et veut
atteindre 100 % en 2020 en produisant son huile. En croissance, Nataïs
vient d’agrandir sa capacité de stockage en construisant des silos de
12.000 tonnes avec séchage intégré,
d’un coût de 3,5 millions d’euros. En
2017, l’entreprise de 130 salariés a
vendu 14.000 tonnes de sachets de
maïs à éclater et 30.000 tonnes en
vrac, dont 90 % à l’export. n
avec la
REMEMBR : QUAND NOTRE
CARNET D’ADRESSES
ADOPTE LE SENS
DU DÉTAIL
Tout récemment lancée, l’application mobile Remembr
se destine à toutes les personnes dont le quotidien
est rempli de rencontres, telles que les entrepreneurs,
les travailleurs freelance ou encore les étudiants.
« Si chaque conversation que nous menons regorge
de détails que nos interlocuteurs partagent avec
nous, il est souvent difficile de se souvenir de tout »,
analyse Grégoire Chantegrel, co-fondateur de l’activité.
« Remembr répond à cette problématique en proposant à ses utilisateurs de ne plus jamais oublier une
personne rencontrée ». Comment ? À travers des fiches
de contact optimisées, permettant de renseigner non
seulement les coordonnées d’un interlocuteur, mais
aussi ses centres d’intérêt, ses préférences ou encore
son parcours professionnel.
ÉCOUTER, COMPRENDRE, SYNTHÉTISER
« Toutes les informations enregistrées dans l’application restent confidentielles », explique le jeune
entrepreneur. « Mais grâce à elles, l’utilisateur peut se
construire un répertoire personnalisé, retraçant l’historique complet de chaque relation ». De quoi booster
la performance de son carnet d’adresses, mieux connaître ses interlocuteurs et développer son réseau !
« Aujourd’hui disponible sur iOS et Android, l’application Remembr est gratuite », précise-t-il. « Elle pourra
néanmoins être complétée par des options payantes
offrant, par exemple, la possibilité de centraliser
également les emails échangés avec chaque contact
enregistré ». Des fonctionnalités aussi pratiques que
Entrepreneurs, la CCI Paris Ile-de-France vous accompagne dans le développement de votre entreprise : entreprises.cci-paris-idf.fr
pragmatiques, et une idée qui ne date pas d’hier !
« L’envie de créer Remembr est née pendant mes
études et mon expérience d’alternant en entreprise »,
se souvient Grégoire Chantegrel, diplômé de Sup
de Vente, école supérieure de vente de la CCI Paris
Ile-de-France. À la clé : un encadrement pédagogique
de qualité, complété par des modules permettant aux
étudiants de se glisser dans la peau d’un entrepreneur.
« Ma formation m’a non seulement appris à écouter,
à comprendre et à synthétiser
les besoins de mes interlocuteurs afin d’y répondre le
mieux possible », conclut-il.
« Elle m’a également permis
de me projeter de façon très
concrète dans la vie professionnelle et de mener à bien Grégoire Chantegrel
mon projet entrepreneurial ! ». co-fondateur de Remembr
L’IRM et le scanner
Pour perfectionner son algorithme et mener les deux études
cliniques nécessaires à l’obtention du marquage CE d’ici à l’été
2019, la start-up annonce ce
lundi sa première levée de fonds
bouclée à 1,5 million d’euros. Les
deux chefs de file, XAnge et Elaia
Partners via PSL Innovation
Fu n d , i n j e c t e n t c h a c u n
500.000 euros. Ils sont suivis par
Kima Ventures et des business
angels – dont Frédéric Potter,
PDG-fondateur de Netatmo –,
qui apportent 230.000 euros.
Bpifrance complète avec le
même montant. « Après cette
première application en traumatologie, dont le coût à l’acte devrait
varier entre 1 et 3 euros, nous
comptons développer des solutions similaires pour l’IRM et le
scanner », projette le président
de Gleamer. n
vOOg invente la nouvelle
boussole du piéton
DR
NOUVELLEAQUITAINE
les erreurs et ne rater aucune
lésion, par exemple osseuse, sur
des radiographies standards »,
explique Christian Allouche, président de la start-up incubée
depuis avril au sein d’Agoranov, à
Paris. Ce serial entrepreneur du
secteur de la santé l’a cofondée
fin 2017 avec Alexis Ducarouge,
directeur scientifique et ingénieur-chercheur en IA, Nicolas
Cosme, directeur technique qui
possède dix ans d’expérience
dans le développement de logiciels, et Nor-eddine Regnard,
directeur médical et radiologue
en ostéo-traumatologie attaché à
l’hôpital Cochin.
L’INVENTION
VOOG
Date de création : 2018
Fondateurs : Sébastien Noll
(photo) et Matthieu
Audebaud
Effectif : 3 personnes
Secteur : signalétique
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
La start-up lyonnaise vOOg promet une innovation de rupture… ni électrique, ni même
numérique. A l’ère du tout digital, Le Gouvernail est un outil
d’orientation piétonne, entièrement mécanique, dont la fonction est d’encourager la marche
à pied. Comment ? En levant le
principal frein psychologique
au trajet pedibus : la peur de
s’égarer, donc de perdre du
temps. Plus besoin de batterie ni
de 3G, plus de risque de percuter un lampadaire l’œil rivé sur
son smartphone… Le Gouvernail ressemble à un classique
plan de quartier, en forme de
sucette ronde de 60 centimètres
de diamètre et 1,75 mètre de
haut, avec un index des rues et
des lieux d’intérêt auxquels correspond une lettre. Le principe ? Quand le piéton tourne le
plan circulaire comme une roue
de vélo pour faire correspondre
la lettre de sa destination avec le
sommet du cadran, Le Gouvernail pivote sur son axe vertical
pour le placer dans le sens de sa
marche : la bonne direction est
toujours devant lui.
Connexions neuronales
approfondies
Son inventeur et cofondateur de
vOOg, Matthieu Audebaud, est
un spécialiste de l’information
des voyageurs en butte aux limites cognitives du public face à
une cartographie. Cet outil
requiert un engagement corporel pour le manipuler. « Ce rapport physique avec l’objet permet
d’établir des connexions neuronales plus approfondies : la mémoire
des mains s’associe au cerveau
pour mieux se souvenir des étapes
du trajet », explique Sébastien
Noll, l’autre cofondateur et
ancien cadre chez Transdev.
« On commercialise plus un service qu’un simple mobilier
urbain », en concevant la carte la
plus adaptée aux alentours avec
une échelle allant de 300 mètres
à 1,5 kilomètre. Le Gouvernail,
protégé par un brevet mondial et
fabriqué en France, est aussi destiné aux parcs d’attractions, centres commerciaux ou quartiers
d’affaires, « partout où l’on a
besoin de s’orienter ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
FINANCE
&MARCHES
COUP D’ARRÊT
POUR LE STERLING
La devise a reculé de 1,2 % face au
dollar. Elle restait sur une hausse
de 4,3 % face au billet vert depuis
le 15 août. L’allocution de Theresa May, la Première ministre
britannique, sur la possibilité
d’un Brexit sans accord, a provoqué un vent de défiance sur
la livre, qui a même connu,
en journée, sa plus mauvaise
performance depuis 11 mois. Elle
a perdu aussi 1,08 % contre l’euro.
les
indices
Bpifrance veut s’armer pour défendre
le capital de fleurons nationaux
l La banque publique veut disposer de nouveaux moyens pour protéger des groupes français attaqués en Bourse.
l Le sujet buterait notamment sur des contraintes d’endettement public.
Accord de l’exécutif et des
élus sur la gouvernance
de la Caisse des Dépôts
BANQUE PUBLIQUE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
avec Thibaut Madelin
@ThiblautMadelin
Comment éviter que des fleurons
français ne passent sous pavillon
étranger ? Pour s’attaquer à cette
question sensible le gouvernement
a d’abord choisi de muscler son
arsenal juridique : avec le projet de
loi Pacte, Bercy doit accroître ses
prérogatives pour mieux bloquer et
contrôler les investissements étrangers. Mais bpifrance plaide aussi
pour accroître ses moyens d’action
pour sécuriser le capital des champions tricolores.
« Le débat porte sur les entreprises
qui ont une importance pour l’économie française au sens de la technologie, d’actifs souverains. Des puits de
puissance qui ont un tel rayonnement
sur l’écosystème des ETI et des PME
françaises que perdre la tête du réseau
nous ferait potentiellement perdre
toute une filière… » explique aux
« Echos » le directeur général de bpifrance, Nicolas Dufourcq. Il pointe la
menace de fonds étrangers : « La
plupart des grands fonds anglosaxons ont levé entre 20 et 30 milliards de dollars au printemps dernier,
leur marge de manœuvre est considérable et beaucoup peuvent tout à fait se
payer une entreprise du CAC 40 ! »
Le gouvernement et les élus
se sont mis d’accord
sur la composition de la
commission de surveillance
de la banque publique.
C’est un bras de fer qui se joue en
coulisses depuis plusieurs mois.
Soucieux d’éviter un affaiblissement des pouvoirs de contrôle du
Parlement sur la Caisse des Dépôts
(CDC), qu’il contrôle depuis sa création en 1816, plusieurs élus, emmenés par le député LR Gilles Carrez,
se sont élevés contre la réforme de
la gouvernance de la Caisse prévue
par la loi Pacte. In extremis, vendredi dernier, juste avant la date
limite de dépôts des amendements,
ils ont trouvé un terrain d’entente
avec le gouvernement.
Craintes d’affaiblissement
du Parlement
Beaucoup de mouvements
en perspective
Un banquier de la place parisienne
partage ses craintes : « Les sociétés
aux capitalisations moyennes et au
capital dispersé risquent de plus en
plus de se faire attaquer. Attendezvous à ce qu’il y ait beaucoup de mouvements. Tous nos clients qui ont une
capitalisation boursière de 2 à
10 milliards d’euros se préparent… »
Le sujet est déjà très concret en Allemagne, où le fonds d’investissement suédois Cevian est parvenu,
avec seulement 17 % du capital, à
pousser cette année vers la sortie le
président du directoire et celui du
conseil de surveillance du conglomérat ThyssenKrupp.
Concrètement, la filiale de la
Caisse des Dépôts envisage d’utiliser sa structure dédiée à ses investissements en fonds propres – bpifrance Participations – p our
s’endetter sur les marchés afin
d’être en mesure de soutenir une
entreprise qui serait attaquée.
Auditionné devant la commission
d’enquête sur Alstom au printemps
dernier, Nicolas Dufourcq avait
alors estimé le besoin d’endettement de sa banque pour cette mission à environ 3 milliards d’euros.
Depuis, le sujet est à l’étude. « Il y a
un débat technique pour déterminer
si ce type d’opérations doit être intégré au calcul de la dette publique ou
non. C’est notamment ce qui bloque
aujourd’hui », estime une autre
source. L’Insee et Eurostat doivent
trancher. Mais, au sein des pouvoirs
publics, l’approche est aussi un peu
différente : on estime qu’il s’agirait
surtout pour bpifrance d’aider les
entreprises stratégiques à se développer puisque, avec le décret per-
mettant à l’Etat de contrôler les
investissements étrangers, le gouvernement serait désormais armé
contre les attaques hostiles.
Attirer les fonds souverains
Pour assurer ses autres missions,
bpifrance a par ailleurs vu ses
domaines d’intervention élargis
ces derniers mois. A la faveur d’une
clarification de périmètre de la
Caisse des Dépôts, la banque s’est
vu confier la mission d’attirer les
investissements des fonds souverains en France. Par ailleurs, bpifrance va devenir le financeur de la
création d’entreprise à son stade le
plus embryonnaire, en partenariat
avec les réseaux associatifs. « Dans
les années à venir, nous allons
davantage croître notre public tou-
ché que nos volumes de financement
ou d’investissement : nous voulons
toucher le monde de la recherche
pour accélérer les transferts de technologies du monde académique vers
les entreprises, prêter davantage aux
TPE ou encore conseiller les dirigeants de PME industrielles dans
leurs choix stratégiques », explique
Nicolas Dufourcq.
Dans le capital-risque destiné à
financer les start-up les plus prometteuses, il estime toutefois qu’un
ultime coup d’accélérateur public est
nécessaire : « Nous devons faire toujours plus d’investissements directs
dans le capital-risque de croissance,
car ce marché n’est pas encore totalement équipé. C’est la dernière étape de
maturité du capital-risque français »,
fait valoir Nicolas Dufourcq. n
Le point bloquant résidait dans la
répartition des sièges de la commission de surveillance de la CDC.
Dans le projet de loi initial, le gouvernement avait prévu de substituer aux représentants de la Banque de France, de la Cour des
comptes et du Conseil d’Etat, qui
traditionnellement siègent aux
côtés des élus dans cette instance,
quatre « personnalités qualifiées »
désignées par le ministre des
Finances. Une manière, aux yeux
des parlementaires, de tenter de
prendre le pouvoir sur la CDC, qui a
été placée spécifiquement sous la
surveillance du Parlement pour la
préserver des vues à court terme de
l’exécutif.
Pour convaincre les parlementaires, le gouvernement a décidé
d’ouvrir le jeu. L’organe de vigie
devrait finalement être élargi à
16 membres contre 15 prévus dans
le projet de loi : le Parlement y
serait représenté par 5 élus et
5 personnalités qualifiées nommées par les deux assemblées, et
l’Etat, par trois personnalités qualifiées nommées par le ministre
des Finances et un représentant du
Trésor. En outre, deux salariés de
la CDC devraient y siéger. La solution négociée a fait l’objet d’un
amendement cosigné par la présidente LREM de la commission de
surveillance de la CDC, Sophie
Errante, et les députés Jacques
Savatier (LREM) et Gilles Carrez
(LR). Elle doit encore être adoptée
en séance.
Le sujet n’est pas trivial dans la
mesure où la CDC s’apprête à prendre la majorité du capital de La
Poste et à assurer le rapprochement, dans son giron, de CNP
Le bilan agrégé
de la CDC devrait
ainsi passer de
400 milliards d’euros
à 1.000 milliards
d’euros.
Assurances avec La Banque Postale. Le bilan agrégé de l’institution
devrait ainsi passer de 400 milliards d’euros à 1.000 milliards
d’euros, comme l’a souligné Bruno
Le Maire lors de l’examen de la loi
en commission spéciale.
Dépréciation des titres CDC
dans La Poste
Des arbitrages clefs sur la valorisation de La Poste et de CNP attendent donc les élus qui devront
veiller à ce que la CDC ne soit pas
lésée. « Des questions cruciales
devront être posées sur l’avenir de
La Poste et sur ses besoins de financement à venir pour assurer la transition du courrier. Cela peut avoir
un impact sans précédent sur les
fonds propres de la CDC », fait valoir
un connaisseur de l’institution. Ces
dernières années, les difficultés de
La Poste l’ont déjà conduite à
déprécier deux fois sa participation de 26 % au capital du groupe
postal. Décidée en 2017, la dernière
dépréciation a réduit de 600 millions d’euros la valeur des titres de
la CDC dans La Poste.
— S. W.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // FINANCE & MARCHES
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
La BRI met en garde contre
les sociétés zombies
Florence
coûtera de 38
à 50 milliards
de dollars
ASSURANCE
Les premières
estimations
de Moody’s Analytics
classent le cyclone
au septième rang
des tempêtes les plus
destructrices.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Florence coûtera cher, mais
probablement moins que Harvey ou Andrew. Selon les premières estimations faites par
l’agence Moody’s Analytics et
obtenues par le « Wall Street
Journal », l’ouragan Florence,
qui submerge la côte Est américaine depuis dix jours, devrait
coûter de 38 à 50 milliards de
dollars. Un chiffrage qui comprend les dégâts matériels et le
manque à gagner provoqué par
les dommages.
A 50 milliards de dollars, Florence se classerait au septième
rang des tempêtes les plus destructrices, juste après l’ouragan
Andrew en 1992. Selon Moody’s, chacun des trois cyclones
survenus l’an dernier a été plus
coûteux que Florence : Harvey
avait généré 133,5 milliards de
dollars de dommages, Maria
120 milliards de dollars et Irma
84,2 milliards.
L’ouragan Florence, qui a touché les côtes vendredi 14 septembre, a provoqué des inondations historiques, et fait 41 morts
dans les Etats de Caroline et en
Virginie. Quelque 4.700 personnes ont dû être secourues
par bateau ou par hélicoptère et,
vendredi, plus de 54.000 personnes n’avaient toujours pas
d’électricité en Caroline du Nord
et en Caroline du Sud.
Le gros des dégâts dus
aux inondations
Selon le « Wall Street Journal »,
les assureurs tablent sur des
coûts totaux relativement
modestes, allant de 1,7 à 5 milliards de dollars. Ces estimations comprennent l’ensemble
des dommages aux habitations, voitures, bâtiments commerciaux, ainsi que la prise en
charge des personnes devant
être relogées ou des interruptions d’activité pour les entreprises et commerces.
Elles ne couvrent en revanche
pas les inondations, qui sont
généralement prises en charge
par des programmes fédéraux,
alors que ce sont elles qui ont
provoqué les plus gros dégâts. n
l Depuis la crise de 2008, le nombre de sociétés peu rentables et maintenues
en vie grâce à la dette explose dans les pays développés.
l Un poids mort pour la croissance et un risque en cas de remontée des taux.
BANQUES CENTRALES
Pierrick Fay
@pierrickfay
La Banque des règlements internationaux (BRI) – la banque centrale
des banques centrales – s’interroge
sur les conséquences de la prolifération des sociétés « zombies »
dans les pays développés. Ce sont
des entreprises peu rentables, incapables de couvrir le service de leur
dette sur une période étendue. Ce
n’est pas la première fois qu’une institution internationale s’alarme du
risque créé par ces compagnies. A
la fin 2017, le FMI avait aussi pointé
le risque d’une nouvelle crise financière, liée, entre autres, aux poids
des entreprises zombies en Chine,
qui ne survivent qu’en s’endettant,
grâce notamment aux crédits du
« shadow banking ».
Selon Ryan Banerjee et Boris
Hofmann, économistes de la BRI,
la part des entreprises zombies
est passée de près de 1 % en 1985 à
plus de 6 % en 2016, dans les
14 principaux pays développés
(selon les données Worldscope).
Ils constatent une accélération
significative depuis la crise de
2008 (en 2010, le taux était à peine
sup érieur à 4 %), mais aussi
durant les périodes de retourne-
CONFÉRENCES & DÉBATS À NE PAS MANQUER
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Les modèles à suivre.
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ment économique au début des
années 1990 et 2000.
Et si l’on prend une définition
plus large de ce qu’est une entreprise zombie (en ajoutant à ces
entreprises sous perfusion, celles,
cotées, dont le potentiel d’amélioration des profits est faible), cette part
serait passée de 2 à 12 %. Ce n’est
donc pas qu’un problème chinois.
La Coface avait estimé en mars leur
nombre à 6 % en France.
Les taux bas en accusation
Pourquoi est-ce que ces entreprises
survivent plus longtemps que par le
passé ? Des études ont apporté une
première réponse et incriminent le
rôle des banques les plus fragiles
qui préfèrent « renouveler les prêts
des entreprises non viables plutôt que
de les radier ».
Mais Ryan Banerjee et Boris Hofmann ont exploré une autre piste :
la « réduction de la pression financière depuis les années 1980, qui, à
son tour, semble refléter en partie les
effets des taux d’intérêt bas ». Ces
entreprises ont été maintenues en
vie par un flot de liquidités bon
marché – on a parlé un temps
d’argent gratuit – et n’étaient plus
incitées à se restructurer. Les
auteurs ont en effet constaté
qu’avant les années 2000 les zombies réduisaient leur ratio de dette
un peu plus vite que les non-zombies et qu’ensuite il n’y avait plus de
différence, la vitesse de désendettement des premières ayant fortement ralenti, particulièrement
après 2009. Un moindre effort qui
« ne reflétait pas une amélioration
relative de leur profitabilité ».
Conséquence, les entreprises
zombies ont une plus forte probabilité de le rester. Une probabilité
estimée à 70 % en 2016 contre 40 %
dans les années 1980 sur la base
d’une définition étroite. De la
même manière, les taux bas ont
aussi réduit de façon plus épisodique la pression sur les créanciers
pour « nettoyer leur bilan » et ils les
ont encouragés à pérenniser leurs
prêts aux zombies.
La tendance ne s’est pas encore
inversée avec la reprise engagée
depuis 2010-2012, ce qui peut finir
par poser un problème de productivité et de croissance. Car les zombies
pèsent sur les performances économiques. Non seulement « elles sont
moins productives, mais elles détournent aussi une partie des investissements et de l’emploi des entreprises
plus saines ». L’utilisation du capital
est donc moins efficiente. Selon
l’étude de la BRI, depuis la crise, ces
effets touchent plus de pays et sur
une plus longue période.
Menace d’asphyxie
Mais les auteurs reconnaissent
aussi qu’il est « difficile, pour l’instant, de conclure que leur impact
négatif sur l’investissement et sur la
croissance de la productivité est suffisamment puissant pour réduire la
croissance et, au final, contribuer à
abaisser les futurs niveaux de taux ».
Enfin, cette prolifération peut
aussi s’avérer dangereuse pour la
stabilité financière en cas de
remontée brutale et durable des
taux d’intérêt. D’abord, parce qu’elle
menace d’asphyxie ces entreprises
en les coupant du crédit bancaire.
Ensuite, parce que l’étude tend
aussi à montrer que « les taux bas
ont eu tendance à tirer vers le haut les
cours de Bourse des zombies, notamment les plus dépendantes aux fonds
extérieurs ». La remontée des taux
pourrait, à l’inverse, faire chuter les
cours et les priver d’une autre
source de financement par les marchés.
À NOTER
L’expression « entreprise
zombie » a été inventée en 2008
par Ricardo Caballero,
Takeo Hoshi et Anil K. Kashyap
dans leur analyse publiée
dans l’« American Economic
Review » sur « la décennie
perdue » du Japon, la grande
stagnation entre 1990 et 2000.
La BCE prépare les futures
hausses de taux
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Son défi : comment
communiquer une fois que
la première hausse des taux
aura eu lieu.
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Isabelle Couet
@icouet
Alors que la Banque centrale européenne (BCE) devrait mettre fin à
son programme antidéflation dans
quelques mois, deux voix influentes
de l’institution commencent à préparer les esprits au « retour à la normale ». Benoît Cœuré et Peter Praet,
tous deux membres du directoire,
respectivement en charge des marchés et de la macroéconomie, se
sont exprimés à quelques jours
d’intervalle pour évoquer la politique monétaire après la première
hausse des taux.
L’institution présidée par Mario
Draghi a jusqu’ici donné les indices
suivants : le QE – le programme
d’achats d’actifs – devrait s’arrêter le
31 décembre, la BCE continuera
ensuite de racheter les titres qui
arrivent à échéance pour que son
bilan ne varie pas, et enfin, les taux
resteront à leurs niveaux actuels au
moins jusqu’à la fin de l’été 2019. Les
marchés s’attendent donc à un premier relèvement du loyer de
l’argent en fin d’année prochaine.
« Notre communication sur les
ajustements monétaires après la première hausse des taux directeurs va
devenir de plus en plus importante »,
a souligné Peter Praet, lors d’un discours prononcé jeudi soir. L’économiste a aussi insisté sur le fait que
l’inflation continuerait de s’approcher de l’objectif cible de la BCE
même après la fin des achats nets de
titres. « Il semble encore plus confiant que ne l’était Mario Draghi lors
de la réunion de septembre, au sujet
de l’inflation », relève Frederik
Ducrozet, chez Pictet.
Son discours faisait écho à celui
de Benoît Cœuré, qui a évoqué la
nécessité d’une communication
plus claire sur le rythme des hausses de taux, une fois que le premier
tour de vis aurait eu lieu. Le Français propose de rompre avec ce qui
se faisait avant la crise, du temps de
Jean-Claude Trichet : la BCE signalait les futurs relèvements un ou
deux mois avant.
Une politique prévisible
Pour Benoît Coeuré, il serait plus
pertinent d’indiquer quelles données économiques sont prises en
compte par la banque centrale pour
décider de monter ses taux. Le spécialiste des marchés estime cependant qu’il ne faut pas se lier à un
chiffre précis. « Il faut améliorer le
caractère prévisible de notre politique, sans tomber dans le piège inhérent à une communication chiffrée. »
L’année 2019 sera d’autant plus
compliquée en matière de communication que le trio DraghiPraet-Cœuré sera remplacé. Le
départ des hommes clefs de la BCE
– ceux qui ont véritablement
façonné la stratégie pour sortir de
la crise financière – créera de
l’incertitude. « La fin du “Draghi
put” [l’engagement oral de Draghi à
soutenir le marché, NDLR] est plus
inquiétante encore que la fin du QE »,
assure un intervenant de marché. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
Cryptoactifs : la France veut
créer un cadre juridique
CRYPTOMONNAIES
Un amendement
déposé à l’Assemblée
propose aux acteurs
du marché de solliciter
un visa optionnel
auprès de l’AMF.
Ceux qui l’auront
obtenu auront un droit
au compte.
Laurence Boisseau
@boisseaul
C’est une étape clef dans la régulation des acteurs des cryptoactifs en
France. Selon nos informations, tous
les prestataires de services en « actifs
numériques » (qu’il s’agisse des plates-formes d’échange, de conseillers
en investissement, ou des intermédiaires qui exercent des services de
conservation de cryptoactifs, etc..)
auront bientôt un cadre juridique.
Un amendement a été déposé par
trois députés de LREM, Valéria Faure-Muntian, Christine Hennion et
Eric Bothorel, dans ce but. Il sera discuté avant la fin septembre à
l’Assemblée nationale où vont
reprendre les débats sur la loi Pacte.
Concrètement, l’amendement
propose à tous les acteurs établis en
France – et non plus seulement aux
émetteurs de tokens –, de solliciter
un agrément auprès de l’AMF
(Autorité des marchés financiers).
Ce dernier sera optionnel. Chaque
acteur sera donc libre de le demander. Mais il est clair qu’obtenir ce
visa sera un gage de crédibilité et de
sérieux. Ce dernier ne sera délivré
que si certaines garanties sont données aux investisseurs en cryptoactifs comme l’expérience et l’honorabilité du dirigeant, l’existence
d’un business plan, la mise en place
d’un système de gestion des conflits
d’intérêts, etc..
Autre point fondamental, cet
agrément, une fois délivré par le
gendarme des marchés financiers,
permettra à ces interfaces de prétendre à un ser vice bancaire.
L’amendement étend, en fait, l’accès
au compte qui a été introduit en
commission spéciale il y a une
dizaine de jours pour les ICO (ces
levées de fonds en cryptoactifs, via
la blockchain). Les raisons d’un
refus, de la part de la banque, seront
communiquées à l’AMF et à l’ACPR
(Autorité de contrôle prudentiel et
de régulation).
Lutte contre
le blanchiment
Les plates-formes engagées dans
les services d’échange entre des
monnaies virtuelles et des monnaies-fiat (officielles) devront, elles,
de manière obligatoire, demander
à l’AMF une partie du visa homologation. Et ce, car elles doivent se
conformer aux règles européennes
relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. L’AMF fera
alors appel à l’ACPR sur ce point.
La France est ainsi le premier
pays à construire une réglementa-
ÉPARGNE
Les deux placements
affichent une
collecte nette cumulée de 3,75 milliards
de dépôts en août.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
et L. T.
Tous les prestataires de services en « actifs numériques »
auront un cadre juridique. Photo Shutterstock
tion spécifique, souple et incitative,
pour l’ensemble de l’écosystème
des cryptomonnaies, tout en protégeant l’investisseur. Sa démarche,
libérale, consiste à offrir de la sécurité juridique à ceux qui en cherchent, tout en prenant en compte
l’évolution rapide de ce marché.
Son but est d’attirer les acteurs
sérieux.
Le gouvernement souhaite ajouter au puzzle de la structuration de
cet environnement une pièce nou-
CNP Assurances confiant
sur ses perspectives au Brésil
ASSURANCE
Son nouvel accord
de distribution exclusif
avec Caixa Economica
Federal est moins
avantageux que
le partenariat initial.
Le groupe français,
qui doit passer dans
le giron de La Banque
Postale, mise sur
l’essor du marché local
de l’assurance.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Le passage prévu dans le giron de La
Banque Postale n’empêche pas CNP
Assurances de nourrir toujours
beaucoup d’espoirs au Brésil, son
premier marché à l’international. A
l’occasion de la venue à Paris, en fin
de semaine dernière, du président
de la banque publique Caixa Economica Federal (CEF), son partenaire
local, l’assureur français s’est voulu
rassurant sur ses perspectives
après leur nouvel accord de distribution exclusif, annoncé le 30 août.
Il faut dire que cet accord – encore
soumis à l’aval des autorités réglementaires concernées – lui est
moins favorable que celui noué en
2001. L’exclusivité, accordée jusqu’en 2041, moyennant un versement de 4,65 milliards de reals (près
de 970 millions d’euros), ne porte
que sur la prévoyance, l’assuranceemprunteur consommation et la
retraite. Et non plus sur la totalité des
produits aujourd’hui vendus par sa
coentreprise avec Caixa Seguridade,
la filiale d’assurances de CEF. CNP
Assurances devra aussi se contenter
de droits économiques moins élevés
que dans la configuration initiale.
« Nous sommes confiants dans
notre capacité à revenir en quelques
En 2017, le Brésil a généré près du quart du résultat net
de CNP Assurances. Photo Pascal Sittler/RÉA
années à une contribution aux résultats du groupe comparable au niveau
actuel », affirme cependant aux
« Echos » Xavier Larnaudie-Eiffel,
directeur général adjoint de CNP
Assurances. En 2017, le Brésil avait
généré près du quart du résultat net
de l’assureur français.
Deux appels d’offres
Cet optimisme – qui contraste avec
l’instabilité politique du pays à quelques jours d’une élection très
ouverte – tient notamment au fait
que les besoins de la population
brésilienne en matière d’assurance
vont grandissants : « Alors que le
pays a traversé une récession sévère
ces dernières années, le marché de
l’assurance a continué d’enregistrer
une croissance à deux chiffres », fait
valoir le dirigeant.
CNP Assurances met en avant un
autre atout : l’extraordinaire capillarité du réseau de CEF, une institution présente dans tout le pays à travers quelque 56.000 points de
vente, dont des milliers de bureaux
de loterie. Il peut aussi compter sur
l’intérêt de son partenaire bancaire
Le Livret A
et l’assurance-vie
en forme
malgré l’inflation
à vendre des assurances. « Nous
avons un plan de développement très
ambitieux. Le taux de pénétration de
nos produits d’assurance auprès des
90 millions de clients de CEF n’est
encore que de 15 % », explique ainsi
Nelson de Souza, le président de
CEF.
« Ce partenariat s’est bien développé depuis maintenant presque
vingt ans. Nous avons aujourd’hui,
dans le cadre de cet accord, décidé de
parier sur ce que CNP Assurances sait
très bien faire », ajoute-t-il.
Le groupe brésilien a par ailleurs
lancé des appels d’offres en vue de
conclure d’autres accords de distribution exclusifs pour l’assuranceemprunteur habitation et pour
l’assurance-dommages, des produits aujourd’hui vendus par la
filiale brésilienne de CNP Assurances. « Ils sont déjà bien avancés et
nous espérons pouvoir les boucler
cette année. C’est un processus ouvert
et CNP Assurances est le bienvenu »,
glisse Nelson de Souza. « Nous
avons montré que nous étions intéressés », indique de son côté Xavier
Larnaudie-Eiffel. n
velle, cruciale. Fin 2017, déjà, l’ordonnance blockchain avait permis la
transmission de titres financiers via
la blockchain. Bercy vient également
de créer un cadre pour les ICO, avec
la délivrance d’un visa optionnel par
l’AMF. Il y aura une nouvelle étape,
d’ici à la fin de l’année, avec un volet
fiscal, dans le cadre du projet de loi
de finances 2019. Enfin, l’Autorité des
normes comptables devrait sous
peu proposer un cadre comptable
pour ces instruments. n
En dépit du regain d’inflation
observé cet été, les deux placements préférés des Français
que sont l’assurance-vie et le
Livret A ont continué d’attirer
massivement des dépôts. Au
mois d’août, les Français ont
placé 1,35 milliard d’euros sur
leurs Livrets A et 310 millions
d’euros sur leurs livrets de développement durable et solidaire
(LDDS), selon les chiffres
publiés vendredi par la Caisse
des Dépôts.
L’assurance-vie n’a pas été
en reste avec une collecte nette
(cotisations moins prestations) de 2,4 milliards d’euros,
selon les chiffres de la Fédération française de l’assurance.
Cette performance avoisine
celle du mois précédent
( 2 , 7 m i l l i a r d s d ’e u r o s) e t
dépasse largement la collecte
nette d’août 2017 (1 milliard).
Sur les huit premiers mois
de l’année, la collecte nette de
l ’a s s u r a n c e - v i e s’é l è ve à
17,1 milliards d’euros, soit déjà
plus du double de celle réalisée
sur toute l’année 2017. Les versements sur les supports en
unités de compte – que les
assureurs cherchent à encourager au détriment des fonds
euros offrant la garantie du
capital – ont représenté 29 %
des cotisations encaissées
depuis janvier.
Paradoxe français
Le Livret A, de son côté, est parvenu à maintenir sa collecte en
ligne avec celle enregistrée l’an
passé, à 11,3 milliards d’euros,
contre 12,2 milliards d’euros en
2017. Cela alors que le placement n’assure plus de protection contre l’inflation depuis
le début de l’année.
Pour Philippe Crevel, qui
dirige le Cercle de l’Epargne,
c’est paradoxalement le regain
d’inflation qui renforce l’intérêt des Français pour ces deux
placements : « Anticipant une
poursuite de la progression de
l’inflation, les Français ont tendance à épargner davantage. Au
deuxième trimestre, la progression de 0,7 point de pouvoir
d’achat enregistrée par l’Insee a
ainsi intégralement été fléchée vers
les supports d’épargne et la
consommation a légèrement
baissé. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
Brexit : la bataille des chambres
de compensation se poursuit
l La Bourse de Londres pourrait perdre entre 3 % et 10 % de son chiffre
d’affaires à cause du Brexit.
l Francfort et l’américain CME en seraient les grands bénéficiaires.
L’étonnant
avertissement
du régulateur
américain
BOURSE
Guillaume Benoit
@gb_eco
Alors que les négociations entre
Londres et Bruxelles s’enlisent, la
bataille continue de faire rage sur le
front de la compensation. Car à six
mois de la sortie du Royaume-Uni,
plusieurs institutions européennes,
dont l’Agence bancaire européenne, ont déjà averti les acteurs de
marché européens qu’ils devaient
être prêts en cas de « pire scénario ».
C’est-à-dire un « hard Brexit », sans
qu’aucun accord ne soit trouvé pour
maintenir de lien entre la GrandeBretagne et le reste du continent.
Sans vraiment adhérer à ce scénario catastrophe, les banques ont
d’ores et déjà commencé à réfléchir
à une redistribution des cartes. La
compensation est, en effet, un
maillon essentiel de la chaîne des
transactions financières, car elle les
sécurise. L’enjeu est significatif
pour la Bourse de Londres. Sa
filiale, LCH Ltd, est aujourd’hui
l’acteur ultra-dominant de la compensation des dérivés de taux libellés en euros. Mais les craintes liées
au Brexit ont favorisé l’un de ses
concurrents. Eurex, la chambre de
compensation de la Bourse de
Francfort, a lancé son offensive
pour récupérer cette activité offrant
des perspectives de développement
alléchantes. Elle a notamment
offert un partage des profits avec ses
meilleurs clients, et leur association
à sa gouvernance.
Facture salée
Pour l’instant, ces efforts ont permis
à Eurex de faire une percée sur le
marché. Les volumes traités ont
plus que quadruplé, atteignant
8.400 milliards fin août contre
1.800 milliards d’euros en fin
d’année dernière. « Le gros de cette
hausse porte sur des contrats
“forward” de taux, qui rapportent une
faible marge, tempère Michael Werner, analyste chez UBS. Même si la
croissance de cette activité est impressionnante, le succès d’Eurex se mesurera à sa capacité de capter le marché
des swaps de taux, bien plus lucratif. »
Eurex ne donne plus d’objectif
chiffré. Initialement, la chambre de
compensation francfortoise visait à
terme une part de marché de 25 %.
Si elle y arrive d’ici à 2020, le London Stock Exchange devrait sentir
Le patron de la CFTC
regrette d’avoir imposé ses
règles aux chambres de
compensation étrangères
traitant le dollar.
Une manière de faire
la leçon à Bruxelles.
LCH Ltd, filiale de la Bourse de Londres, est aujourd’hui l’acteur
ultra-dominant de la compensation des dérivés de taux libellés
en euros. Photo Eric Tschaen/REA
le vent du boulet. La perte de chiffre
d’affaires serait d’environ 3 %. Mais
en cas de « hard Brexit », la facture
serait bien plus salée, selon Michael
Werner. « LCH n’aurait alors plus le
droit d’exercer ses activités de compensation pour ses clients basés dans
l’union européenne », écrit l’analyste. Une part importante de son
activité de compensation en euros
partirait donc à Francfort, tandis
8.400
MILLIARDS D’EUROS
C’est le montant des volumes
traités par Eurex fin août,
contre 1.800 milliards
en fin d’année dernière.
que les services qu’elle offre à ses
clients européens pour des transactions en dollars partiraient outreAtlantique.
Pour UBS, l’américain CME serait
le grand gagnant de ce transfert. Ce
géant du clearing bénéficie d’un
régime d’équivalence accordé par
Bruxelles qui lui permet de travailler avec les acteurs de marché
européens et leur offrirait de
meilleures perspectives d’optimisation de leurs ressources. L’impact de
ce scénario du pire sur le chiffre
d’affaires du groupe LSE s’élèverait à
10 %, selon la banque suisse. Reste
un scénario intermédiaire, où la
City pourrait continuer à travailler
avec des acteurs européens, mais où
la compensation des transactions
en euros devrait être réalisée sur le
continent européen. La perte d’activité pourrait avoisiner 4 % ou 5 %. n
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« Nous sommes allés trop loin. » Il est
rare d’entendre un régulateur faire
son mea culpa. C’est pourtant bien
l’exercice auquel s’est livré, à Londres, devant un parterre de financiers, J. Christopher Giancarlo. Le
président de la Commodity Futures
Trading Commission (CFTC) – le
gendarme américain du marché des
dérivés – a reconnu que son organisation avait outrepassé sa mission,
en imposant ses règles en matière de
swaps de taux à des chambres de
compensation étrangères traitant
des transactions en dollars.
Selon lui, cette exigence s’est révélée « extrêmement coûteuse, inutilement complexe, et impraticable sur le
plan opérationnel. Elle est également
particulièrement irrespectueuse visà-vis des pays tiers qui avaient pourtant adopté des réglementations similaires sur leur propre territoire », a-til regretté. Avant de lancer une pique
à ses homologues : « Je dois bien
reconnaître que si nous l’avons fait, il
n’est pas surprenant que des régulateurs non américains le fassent à leur
La quasi-totalité
des swaps de taux
d’intérêt en euros
sont actuellement
compensés à Londres.
tour. » En creux, ce message est un
avertissement à Bruxelles. L’Union
européenne planche sur un renforcement de ses exigences envers les
« clearing houses » étrangères traitant des transactions en euros. Avec
la City en ligne de mire. Car la quasitotalité des swaps de taux d’intérêt
en euros sont actuellement compensés à Londres.
Une situation dont les régulateurs
européens s’accommodaient tant
bien que mal tant que le RoyaumeUni appartenait à l’Union européenne. Mais après mars 2019, ils
craignent de ne plus avoir un droit
de regard suffisant sur une activité
qui a une influence importante sur
la stabilité monétaire. Les chambres
de compensation sécurisent en effet
les transactions de marché, en
s’intercalant entre le vendeur et
l’acheteur. Mais de ce fait, elles concentrent les risques. Et, en cas de
défaillance, leur rôle systémique
pour les marchés nécessiterait une
intervention d’urgence de la Banque
centrale européenne.
L’Esma – le gendarme européen
des marchés – et la BCE voudraient
donc a minima obtenir un droit de
regard et d’intervention sur ces
chambres, au même titre que le
régulateur local. Voire pouvoir
imposer un rapatriement de l’activité en zone euro. S’il ne s’est pas prononcé directement sur la question
de Londres, J. Christopher Giancarlo a mis en garde Bruxelles contre toute velléité de renforcer ses
pouvoirs outre-Atlantique. « Je me
suis montré ferme : nous ne sommes
pas favorables à l’idée d’avoir deux
pilotes. » n
LA SÉANCE DU 21 SEPTEMBRE 2018
La Bourse de
Paris bute sur
la barre des
5.500 points
Bourse de Paris a enregis•tré,Lavendredi,
une quatrième
séance de hausse d’affilée, avec
un gain sur la période de 2,65 %.
C’est sa meilleure performance
hebdomadaire depuis mars
dernier. L’indice CAC 40 s’est
apprécié, vendredi, de 0,78 %
à 5.494,17 points dans des volumes rarement atteints ces
derniers mois : 11,5 milliards
d’euros échangés. C’était en
effet une séance dite des « quatre sorcières », qui se caractérise par l’expiration simultanée
de plusieurs types de contrats
et options sur les marchés.
Les investisseurs sont aussi
soulagés par la réplique mesurée de la Chine aux nouvelles
attaques protectionnistes du
clan Trump.
Du côté des valeurs, il n’y a
eu que dix actions en baisse sur
le CAC 40, dont les groupes
automobiles Renault (–2,13 %)
et Peugeot (–1,88 %). Dans
son analyse de l’activité dans la
zone euro, Markit a souligné
notamment l’impact négatif
des tensions commerciales sur
le secteur automobile. A la
hausse, les valeurs du luxe.
LVMH a pris la tête du CAC 40,
progressant de 3,33 %. Hermès
a gagné 1,74 % et Kering 1,20 %.
Hors CAC 40, Altran Technologies a grimpé de 3,38 %,
profitant des résultats semestriels en hausse de son concurrent Alten (+3,09 %). Vicat a
progressé de 6,74 % après avoir
annoncé être en « discussion »
avec le groupe brésilien Ciplan,
en vue d’une acquisition. Tikehau Capital a pris 4,18 % après
l’annonce de son entrée en
« négociations exclusives »
pour le rachat de Sofidy.
L’OPÉRATION DU JOUR
L’émission obligataire de RTE
emballe les investisseurs
Réseau de Transport d’Elec•tricité
(RTE) a reçu un bon
accueil des marchés pour sa
récente émission obligataire. Le
spécialiste du transport d’électricité a levé 1 milliard d’euros
sur des durées longues : 12 ans et
20 ans. Une proposition qui a
séduit les investisseurs : le livre
d’ordres a dépassé 8 milliards
d’euros. « Pour les sociétés affichant une solide qualité de crédit,
il existe une demande d’obligations longues de la part d’investisseurs à la recherche de rendement. C’est d’ailleurs la tranche la
plus longue qui a suscité le plus
d’intérêt », confirme Felix
Orsini, chez Société Générale.
Pour RTE, cet appétit a permis
de réduire significativement le
coût de ce financement,
gagnant une trentaine de points
de base par rapport aux premiers chiffres communiqués au
marché. La tranche à 12 ans
offre un rendement de 1,631 %,
contre 2,181 % pour la tranche à
20 ans. Outre Société Générale,
Cacib, HSBC, Natixis, NatWest,
et SMBC Nikko ont participé au
placement.
en bref
Fin de semaine difficile pour
les valeurs cannabis à Wall Street
BOURSE Après avoir flambé en début de semaine, l’action Tilray
(cannabis thérapeutique) a dégringolé vendredi. Le titre a perdu
30 % en une séance, après avoir chuté déjà de 17 % la veille. Malgré cela, l’action Tilray a gagné 12 % en cinq jours. La volatilité est
extrêmement forte autour de valeurs qui bénéficient de la spéculation sur une légalisation du cannabis à usage médical. « Les
gens ne comprennent pas le modèle économique de ces entreprises,
mais ils en veulent », note un gérant interrogé par Bloomberg. La
baisse des cours pourrait en refroidir plus d’un.
Les autorités britanniques enquêtent
sur le blanchiment de Danske Bank
BANQUE L’agence britannique de lutte contre la criminalité, la
NCA, a annoncé enquêter sur l’utilisation de sociétés britanniques dans le scandale de blanchiment du groupe danois Danske
Bank. « La menace que représente le recours à des structures britanniques pour le blanchiment d’argent est largement reconnue »,
a déclaré le porte-parole de l’agence. Ces entités du RoyaumeUni sont les plus représentées, derrières les russes, parmi les
clients étrangers de la branche estonienne de Danske Bank au
cœur de l’affaire, selon le « Financial Times ».
Une alliance pour améliorer
la performance des valeurs aurifères
MATIÈRES PREMIÈRES Frustré par le manque de performance
du secteur de l’or, le gérant de fonds milliardaire John Paulson
a lancé une alliance avec quinze autres investisseurs. Objectif :
travailler avec les dirigeants des compagnies aurifères afin
d’améliorer les « pratiques », l’allocation du capital ou encore
la gouvernance. Ce groupe d’investisseurs qui se dénomme le
« Shareholders Gold Council », soit le Conseil de l’or des actionnaires, publiera aussi des rapports d’analystes.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
euronext
séAncE du 21 - 09 - 2018
CaC 40 : 5494,17 (0,78 %) neXt 20 : 12346,97 (0,20 %)
CaC larGe 60 : 6107,59 (0,71 %)
CaC all-tradaBle : 4320,29 (0,71 %)
Date De ProroGation : 25 sePtemBre
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
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a
fr0000120073
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a
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a
lu1598757687
atos se (ato) R
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aXa (cs) R
17/05/18 0,09
a
31/05/18 1,7
a
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a
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a
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a
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a
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a
fr0000121014
leGranD (lr) R
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a
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l'oréal (or) R
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a
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ouv
vol.
nb titres
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178.978.841
clot
+ haut
+ bas
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43,46
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110,45
108,9
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110,25
110,45
108,2
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13,124
12,92
66,75
66,75
66,06
12,62
12,66
12,125
123
123,1
122,05
560
563,8
554
454,7
460,1
451,8
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305,85
297,8
64
64,24
63,74
206,1
206,5
202,9
107,4
107,95
106,15
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 1,26
+ 0,16
+ 6,31
+ 1,47
+ 2,99
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- 1,54
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+ 1,49
30,765
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- 10,8
130,55
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68,66
50,06
5,54
- 14,34
45,98
35
4,58
+ 11,49
119,8
97,38
1,54
- 8,04
19,73
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- 5,9
15,54
11,105 4,85
- 4,57
71,78
62,24
2,85
- 11,96
1,21
14,815 10,47
12,075 2,77
+ 7
127,6
105,35
1,24
+ 25,49
614,6
417,9
1,36
+ 24,47
522,4
338,263 0,88
+ 24,63
313,7
232,5
1,11
- 0,3
67,44
60,42
1,97
+ 11,44
214,9
170,3
1,72
- 10,16
130,85
98,04
3,31
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ost
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a
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a
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a
fr0000125007
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a
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fr0000121972
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fr0000130809
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a
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a
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a
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a
fr0013326246
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a
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a
fr0000127771
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vol.
nb titres
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78,4
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srD
clot
+ haut
+ bas
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13,795
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136,5
136,65
134,7
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51,56
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121,95
120,15
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37,85
38,43
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116,5
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177,98
172,8
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41,82
40,64
17,505
17,58
17,285
83
83,02
81,84
22,06
22,15
21,77
% Veil
% mois
% 52 s.
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- 3,37
- 0,04
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+10,99
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+ 0,17
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+ 0,29
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+ 19,65
- 2,07
- 6,82
+ 0,94
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+ 0,95
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+ 1,39
+ 3,07
+ 0,96
+ 0,59
+ 5,4
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 4,91
15,235
13,315
2,18
+ 3,45
147,75
120,05
0,74
+ 44,91
25,4
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- 8,98
63,18
48,96
3,88
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100,8
69,75
4,65
+ 39,86
121,95
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1,33
- 16,16
48,6
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+ 3,69
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3,12
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47,505
34,815
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113,05
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2,98
+ 0,52
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+ 1,97
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195,5
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4,8
- 2,52
88,8
77,56
2,12
- 1,61
24,87
20,26
2,04
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
aB science (ab) g
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
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43703
4,13
40.789.901
4,062
B 6,85
6,76
360413
6,85
fr0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
6,7
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B 6,92
6,94
12797
7,04
fr0012333284
10.024.182
6,92
acantHe DeV. (acan) g
c 0,61
0,618
8666
0,618
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08/02/18 0,3 147.125.260
0,608
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c 6,22
6,15
24166
6,27
fr0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
6,15
aDocia (aDoc) g
B 16,62
16,58
7418
16,76
fr0011184241
6.916.753
16,4
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a 183,7
187,6
141054
187,6
fr0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
183,7
air France-Klm (af) G
a 8,96
8,96
5170978
9,08
fr0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,96
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B 63,6
205728
63,7
fr0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
62,2
aKWel (aKW) g
B 21,7
22,6
15594
22,6
fr0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
21,5
alD (alD)
a 16,5
16,55
188375
16,59
fr0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
16,46
alPes (cie Des ) (cDa) g
B 28,4
28,3
2398
28,4
fr0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
28,25
alstom (alo) LR
a 39,49
39,29
944635
39,74
fr0010220475
20/07/18 0,35 222.304.187
39,11
altarea (alta) g
a 196,4
200
79629
200
fr0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
193
alten (ate) G
a 86,9
90
180570
90,05
fr0000071946
25/06/18 1 33.828.497
86,5
altran tecHnoloGies (alt) G a 7,325
7,5
4910345
7,95
fr0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
7,31
amPlituDe surG. (ampli) g
3
3
5614
3
fr0012789667
46.929.852
2,98
amunDi (amun) G
a 65,36
66,36
eX-Ds 15/03/17
310241
66,44
fr0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
65,04
aPril GrouP (apr)
B 13,95
13,95
2855
14,25
fr0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
13,9
arcHos (JXr) g
c 0,651
0,666
744076
0,698
fr0000182479
42.561.334
0,636
arKema (aKe) L
a 109,9
111,5
346095
111,65
fr0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
109,8
artPrice.com (prc) g
c 13,5
13,58
7116
13,7
fr0000074783
6.651.515
13,5
assYstem (asY) g
B 29,05
29,2
oPa 24/11/17
3953
29,3
fr0000074148
19/06/18 1 15.668.216
29
atari (ata)
c 0,392
0,392
982586
0,395
fr0010478248
255.105.360
0,389
auBaY (aub) g
c 40,35
40,65
14144
40,65
fr0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
40
aurea (aure)
c 7,68
7,66
1478
7,74
fr0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
7,66
aVenir telecom (avt) g
c 0,2
0,203
1610583
0,217
fr0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,19
aXWaY soFtWare (aXW) g
B 17
16,7
706
17
fr0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
16,7
Bénéteau (ben)
a 14,5
14,24
127846
14,56
fr0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
14,2
Bic (bb) G
a 78,25
78,35
146759
78,8
fr0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
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BiGBen int. (biG) g
c 9,64
10,24
32082
10,24
fr0000074072
30/07/18 0,1 19.204.544
9,55
BiomérieuX (bim)
a 74,1
73,2
160977
74,6
fr0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
73,1
Boiron (boi) g
a 59
58
17018
59,4
fr0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
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Bolloré (bol) G
a 3,756
3,774
3390898
3,79
fr0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,742
BonDuelle (bon) g
B 28
28,4
22856
28,4
fr0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
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a 22,69
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fr0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
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Burelle sa (bur)
a 1315
1315
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carmila (carm)
c 22
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casino (co) LR
a 37
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c 3,05
3,07
44358
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fr0010193052
30.514.178
3,05
cGG (cGG) G
c 2,374
2,406
19456341
2,442
fr0013181864
709.939.860
2,374
cHarGeurs (cri) g
c 22,7
22,7
42590
23,04
fr0000130692
12/09/18 0,3 23.518.104
22,6
cHristian Dior (cDi)
a 358,7
364,4
eX D oP 08/06/17
61352
368,4
fr0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
358,7
cie Du camBoDGe (cbDG)
a
/170918
fr0010557264
aBc arBitraGe (abca) g
fr0000079659
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
- 0,93 - 51,29
-13,39
11,15
- 51,18
4,05
- 1,6 + 7,64
- 5,59
7,48
+ 12,85
6,27
- 0,14 - 19,58
+ 3,58
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- 43,39
6,48
- 28,14
- 1,9
0,87
- 21,77
0,562
- 0,16 - 11,89
-26,7
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- 17
6,08
+ 15,54
- 5,47 21,3
+ 8,51
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+ 2,29 + 18,36
- 2,8 202,6
+ 37,44 156
+ 0,34 - 34,02
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+ 23,94 32,79
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+ 20,1
69,5
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-19,01
13,681
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7,105
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4,4
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2,9
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- 8,57 6400
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ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
clot
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bpa
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26
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60
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386
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3791
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50,14
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fr0004163111
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c2
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fr0013183985
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ouv
ost
vol.
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c
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+ haut
+ bas
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13,72
13,46
15,26
15,4
15,24
24,2
24,6
24,2
63,1
64,3
62,65
12,2
12,2
11,92
5,5
5,59
5,45
136.345.527
a 80,1
79,2
255445
80,3
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.531.428
78,95
iD loGistic (iDl) g
B 154,2
154,8
694
155
fr0010929125
5.628.475
154,2
iliaD (ilD) G
a 122,05
120,8
382803
123,75
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
120,4
imerYs (nK) G
a 62,2
63
189028
63,4
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
62,2
inGenico GrouP (inG) LR
a 62,62
63,84
498877
63,84
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
62,5
innate PHarma (iph) g
B 4,59
4,65
83438
4,698
fr0010331421
57.600.100
4,572
insiDe secure (insD)
c 2,7
2,68
32781
2,71
fr0010291245
44.119.162
2,655
inter ParFums (itp) g
B 42,2
42
31106
42,35
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
41,85
iPsen (ipn) G
a 144,6
143,2
196543
145,75
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
141,9
iPsos (ips) G
a 25,68
26,24
38973
26,24
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
25,68
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 22,95
23,05
41905
23,4
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
22,95
JcDecauX (Dec) G
a 29,44
29,9
348158
29,96
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
29,44
KauFman & BroaD (Kof)
B 44,22
43,94
25935
44,56
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
43,76
KlePierre (li) LR
a 30,8
30,72
1754684
30,9
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
30,58
Korian (Kori)
a 32,38
31,64
170984
32,64
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,56
laFarGeHolcim (lhn) L
a 40,79
40,88
685719
41,2
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
40,36
laGarDère (mmb) G
a 26,35
25,77
718640
26,35
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
25,72
latecoere (lat) g
c 4,11
4,005
140675
4,13
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,99
le Bélier (beli) g
c 43,5
41,5
5211
43,5
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
41,5
lna santé (lna) g
B 55,6
54,6
6772
55,8
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
54,6
lectra (lss)
23
B 22,7
59698
23,3
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
22,3
lineData sVices (lin) g
B 36,7
37
410
37
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
36,7
lisi (fii) g
a 32,1
32,1
23561
32,3
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
31,9
lumiBirD (lbirD) g
c 13,7
13,86
28689
14,28
fr0000038242
15.884.557
13,48
m6-métroPole tV (mmt) G
a 17,86
17,91
91427
17,93
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,79
maisons Du monDe (mDm)
B 24,8
25,36
107387
25,74
18/06/18 0,44 45.241.894
fr0013153541
24,8
maisons France conF. (mfc) g B 42,8
41,45
1955
42,8
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
41,4
manitou (mtu) g
B 31,9
31,9
16036
31,9
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.617.974
31,5
marie BrizarD W & s (mbWs)
B 5,4
5
166522
5,4
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,94
mauna Kea (mKea)
c 3,1
3,09
208252
3,185
fr0010609263
23.147.338
2,975
mercialYs (merY) g
a 14,05
14,09
533127
14,12
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,9
mersen (mrn) g
B 31,45
31,35
58214
31,7
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
31,1
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,06
2,065
7327
2,065
fr0004177046
23.261.500
2,05
nanoBiotiX (nano) g
B 16,85
16,6
153655
17,33
fr0011341205
19.633.373
16,43
natiXis (Kn) LR
a 6,06
6,114
7502003
6,148
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
6,06
natureX (nrX) g
B
/120918
% Veil % an
bpa
% mois + haut an per
% 52 s. + bas an rDt
- 2,83 - 8,78
- 4,89 27,9
- 17,53 22
2,91
+ 0,27 + 3,33
+ 8,05 95
- 5,01 66,7
5,85
- 2,33 - 3,08
- 1,95
0,34
- 3,08
0,23
- 0,15 - 12,83
- 2,15
19,04
- 33,69 13,24
- 0,52 - 23,66
-12,4
22,2
- 39,68 15,18
- 1,22 - 28,38
- 5,47 36,5
- 25,77 23
1,28
+ 0,16 + 25,95
+ 6,59 68,2
+ 37,88 47,06
2,11
+ 2,35 - 24,36
- 3,02 19,68
- 21,04 11,5
1,8
- 0,54 + 12,24
- 2,83
6
+ 14,58
4,3
2,55
- 2,34 + 4,38
- 6,7
0,204
- 1,76
0,155
- 0,57 - 3,33
- 4,52 88,65
+ 5,95 76,25
+ 0,39 + 14,5
+ 5,88 156,6
+ 7,4 120
- 0,66 - 39,52
- 4,92 214,4
- 45,85 102,2
0,56
+ 1,94 - 19,79
- 1,56 87,8
- 18,55 58,55
3,29
+ 2,08 - 28,28
- 3,97 94,34
- 20,5
55,8
2,35
+ 0,96 - 2,11
- 2,15
6,995
- 55,46
4,41
- 0,74 - 8,84
- 0,37
3,12
- 6,62
2,215
- 0,36 + 33,72
+ 5,79 42,35
+ 39,41 30,727
1,6
- 0,93 + 43,82
- 1,75 155,95
+ 23,02 99
0,7
+ 2,18 - 14,53
-10,32 34,5
- 6,49 25,6
3,32
+ 0,44 - 16,18
- 5,92 32,9
- 17,99 20,75
3,04
+ 1,63 - 11,03
+ 8,18 36,9
- 1,58 25,46
1,87
- 0,45 + 10,88
- 0,9
47,26
+ 11,07 38,9
4,21
- 0,16 - 16,21
- 2,51 38,58
- 5,91 30,07
- 2,59 + 7,45
+12,28 34
+ 14,78 22,84
1,9
+ 0,94 - 13,1
4
- 4,35 51,1
- 19,62 39,31
- 1,57 - 3,59
+ 1,7
27,17
- 6,51
21,99
5,05
- 2,56 - 29,86
- 1,48
6
- 22,23
3,695
- 3,49 - 17,02
-15,65 66,3
- 5,23 41,5
2,84
- 0,73 - 7,3
- 3,53 60
- 5,86 50,5
0,43
+ 1,55 - 8,55
+ 0,88 26,3
- 12,58 17,82
1,65
+ 0,68 - 5,88
+ 3,64 39,45
- 1,91 30,25
3,65
+ 0,31 - 19,95
- 1,08 41,75
- 22,93 29
1,5
+ 0,58 + 96,6
-12,94 17,96
+113,23
6,8
+ 0,39 - 16,83
+ 0,79 24,34
- 7,85 16,65
5,3
+ 2,59 - 32,82
+ 4,62 38,58
- 32,37 23,54
1,74
- 1,78 - 30,84
-12,28 63,9
- 31,13 40,1
4,1
- 0,31 + 4,59
- 0,47 37,95
- 1,66 28,65
1,94
- 6,02 - 60,25
-22,36 13
- 64,26
4,695
- 4,78 - 34,81
+ 8,04
5,41
+ 15,73
2,48
+ 0,64 - 23,61
- 5,88 18,75
- 16,11
13,29
- 16,04
- 7,52 41,9
+ 0,48 30,8
2,39
+ 0,24 - 9,43
+ 1,72
2,52
- 9,43
1,9
- 1,89 + 11,94
+ 0,97 18,87
- 9,44
8,295
+ 1,16 - 7,31
+ 4,3
7,45
- 7,41
5,682
6,05
+ 51,74
- 0,44 136,6
+ 53,08 84,1
- 0,93 - 33,88
-12,09
2,9
- 34,96
1,6
31,25
+ 0,57 - 45,14
- 1,96 52,26
- 42,92 23,56
2,5
+ 0,2 + 2,08
- 2,5
56,6
+ 0,6
45,28
4,94
- 1,11 - 29,78
-13,12
10,95
- 25,29
7,055
- 6,8
- 4,92
9,24
- 22,52
7,6
1,77
+ 1,46 + 8,29
+11,45
11,12
+ 14,67
9,5
1,26
- 2,14 - 2,41
-10,9
2,49
- 42,72
1,051
- 3
+ 13,68
- 1,19 125,2
+ 8,87 87,5
0,98
- 2,98 - 48,3
-11,46
9,56
- 57,78
4,04
+ 4,24 + 39,93
- 3,15 65,8
+ 23
44,05
1,06
+ 0,5 - 34,54
+ 4,35 45,65
- 33,04 26
+ 7,25 - 16,44
+26,18
4,085
- 57,91
1,6
+ 0,87 - 8,43
- 2,31 42,21
- 2,94 31,4
1,41
+ 4,3 - 24,71
- 6,13 20,45
- 34,51
12,9
14,21
+ 12,38
- 0,4
53
- 1,38 44,2
2,5
+ 0,27 - 24,61
+13,22 16,32
- 27,82
8,565
8,95
+ 0,21 - 45,13
-12,43 15,35
- 22,03
5,725
+ 0,62 - 1,21
- 6,7
131,3
+ 17,33 99,05
1,45
+ 1,97 - 12,73
- 2,51
15,58
- 7,4
11,82
3,18
+ 33,33
477
+ 32,89 330
1,15
03/07/14 0,1 9.568.951
c 1,615
1,6
4870
1,62
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,6
neXans (neX) G
a 28,1
28,04
210398
28,27
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
27,84
neXitY (nXi) G
a 50,55
50,65
128387
51,2
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
50,4
nicoX (coX)
B 7,165
7,12
141426
7,21
fr0013018124
22.869.669
7,055
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,5
8,5
757
8,6
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,5
oeneo (sbt) g
B 10,94
11,1
36592
11,12
fr0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
10,84
onXeo (onXeo) g
B 1,074
1,054
83520
1,086
fr0010095596
50.914.722
1,054
orPéa (orp) G
a 114,9
111,75
305746
115,15
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
111,75
Parrot (parro) g
B 4,7
4,56
42310
4,705
fr0004038263
30.174.671
4,56
PHarmaGest int. (pha)
58,2
61,5
61660
61,5
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
58,2
Pierre & Vacances (vac) g
B 29,9
30
2047
30
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
29,5
PiXium Vision (piX) g
c 2,025
2,13
302769
2,16
fr0011950641
20.813.963
1,98
Plastic omnium (pom) G
a 34,55
34,7
472075
35,12
fr0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
34,49
PlastiValoire (pvl)
B 13,58
14,08
DiV 8 02/05/17
31688
14,08
fr0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
13,58
PsB inDust. (psb)
c 50,2
50
323
50,6
fr0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
50
rallYe (ral)
a 11,15
11,18
114081
11,27
fr0000060618
30/05/18 1 54.999.135
11
recYleX sa (rX)
c 7,24
7,15
98237
7,3
fr0000120388
04/07/90 0,61 25.580.482
6,96
rémY cointreau (rco) G
a 113,6
114,1
117337
114,5
fr0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
113,2
reXel (rXl) G
a 12,945
13,195
1790491
13,25
fr0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
12,945
roBertet sa (cbe)
B 400
400
c.i.P.
18
400
fr0000045601
28/06/18 5,2 143.582
400
roBertet sa (cbr)
B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 33,4
32,95
- 1,2
757384
33,4
+ 3,62
fr0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
32,55
+ 7,17
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32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
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actions
françaises
valeur
ouv
+ht +bs
clôt écart vol
2crsi
c 10,75 10,85 10,65
10,8 + 0,94
5589
a.s.t. groupeg
c 10,54 11,18
10,52
10,98 + 2,43
10812
abeo
c 35,3
35,3
35
35
- 0,57
498
acteosg
c 2,39 2,43
2,37
2,37 + 0,42
3621
ad capital
0,092
adl partnerg
c 14,45 14,5
14,2
14,45 + 0,35
1719
adux (ex:hi media) c 3,69 3,76
3,64
3,66 - 0,81
4241
advenisg
c 1,855 1,88
1,805
1,805- 1,9
1222
advicenne
c 12,544 12,722 12,46
12,722 + 1,45
2741
advini
c 32,6
32,6
32,2
32,2 - 1,23
455
affine reg
c 16
16
15,82
16
+ 0,13
627
afone part.
c 10,3
10,5
10,1
10,5 + 1,94
1092
alpha mos
c
0,41 - 0,89
altamirg
b 14,9
15,5
14,9
15,5 + 4,03
48368
altareit
b 510
510
510
510
1
amoebag
c 4,54 4,54
4,4
4,445- 1,22
9374
antalis
b 1,384 1,39
1,362
1,364 - 1,59
12871
argang
b 46,6 46,6
45,7
46,1 + 1,32
1416
artea
c
11
artois
a6050 6050 6050
6050
1
ateme
c 13,6
13,68
13,44
13,5 - 0,74
6019
au femining
b 39,33 39,4
39,26
39,26 - 0,25
395
augros cp
c 8,6
8,6
8,6
8,6 + 1,18
128
aures tech.
c 45,1
45,6
43,85
44 + 6,02
21011
awoxg
1,68
1,69
1,63
1,655 - 2,93
71618
baccarat
b
220
bains monaco
b 55
55
53,6
55
+ 2,23
486
balyo
c 2,6
2,65
2,53
2,55
137750
barbara bui
c 7,45
7,45
7,45
7,45 + 6,43
5
bastide
c 39,1
39,5
37,85
38,7 - 1,78
14138
c
bleecker
110
blue solutionsg
16,45 16,45 16,3
16,35
338
bourbonGg
a 4,46 4,495 4,315
4,315 - 3,58
64372
bourse direct
c 1,45
1,53
1,45
1,46
2572
business et dec.g
c 7,82
7,82
7,82
7,82
50
cafom
c 8
8
8
8
- 0,62
182
capelli
44,2 44,6
43,5
43,7 - 1,13
1020
carp.de partic.
c
45,6
castg
c 3,76
3,8
3,76
3,8 + 1,06
2247
catering inter.g
b 15,4
15,4
14,5
14,8 - 3,58
4093
cbo territoriag
c 3,91
3,92
3,86
3,88 - 0,77
16019
cca intern.
c
4,99
cegedimg
b 29,7
29,8
28,8
28,9 - 1,7
4019
cegerealg
b 37,2
37,2
37,2
37,2
1
cellnovog
c 2,815 2,875 2,815
2,875 + 1,77
12381
cerenisg
b 1,844 1,914
1,842
1,872+ 1,63
34330
cfi
c
1,7
chausseria sa
c
0,001
cibox inter.g
c 0,198 0,199 0,195
0,197 - 0,51 135688
clayeuxg
c
0,29
cnimg
b 99,4 100
98
99
- 1
132
cogelec
c 11,4
11,4
11,1
11,1 - 0,89
4952
coherisg
c 2,04 2,08
2,04
2,08 + 1,96
1415
constellium
11
courtois
c145
145
145
145
+ 0,69
2
cr alpes prov.
c106,72 107,98 106,72 106,72 + 0,02
84
cr atl. vendée
c 127,02 127,02 127
127
- 0,02
179
cr brie picard.
b 23,705 23,995 23,65
23,7 + 0,32
3692
cr ille vilaine
c 97,76 97,76 97
97
- 0,77
202
cr languedoc
c 72,61 72,62 72,61
72,62 + 0,03
301
cr loire hte-loire c 85
85,79 85
85,79 + 0,93
110
cr morbihan
c 80,48 80,48 77,5
80,3 - 0,22
214
cr nord france
b 21,1
21,2
20,9
21
- 0,47
4686
cr norm. seine
c 127,12 127,56 127,12
127,56 + 0,35
16
cr paris idf
b 90,15 90,2
90,15
90,2 + 0,06
755
cr rhône-alpes
c196
196
193,8
193,8 - 1,12
219
cr toulouse
c 111,6 111,6
110,4
111,4 + 0,45
687
cr tour. poitou
c102,12 103,3 102,12
103,3 + 0,02
125
crosswood
c
4,06
cs-com. et syst.g
c 5,62
5,82
5,62
5,8 + 3,2
4522
daletg
c 14,2
14,3
14,2
14,3 - 0,69
23927
dane-elec memoryg c
0,56
deinove
2,41
2,465 2,41
2,445+ 1,88
9611
delta plus group b 49,6 49,6
48,8
48,8 - 2,4
3142
digigram
c 0,7
0,7
0,7
0,7 - 10,83
31259
dms
c 1,095 1,115
1,095
1,115 + 1,83
6581
docks pétroles a c535
535
535
535
6
dom securityg
c 60
60
59,2
59,2 - 1
91
ecag
c 15,25 15,7
14,8
14,8 - 2,95
1057
egideg
c 2,08 2,12
2,08
2,12 + 1,92
1405
elect. strasbourg b 114,5 114,5
113
114 + 0,89
133
electro powerg
c 11,4
11,45
11,3
11,3 + 0,44
937
encres dubuitg
c 5,6
5,6
5,58
5,58 - 0,36
8994
essog
b 42,6 43,4
42,6
43,05 + 0,23
2491
eurasia fonc inv
c
0,25
euromedis groupeg c 6,85 6,85
6,85
6,85
1
europacorpg
c 1,74
1,77
1,65
1,65 + 2,8
304127
exacompta clairef. c 122
122
122
122
25
expl. prod. chim.
c
860
expl. prod. chim.
c
855
f.i.e.b.m.
c 6,1
6,1
6,1
6,1 + 5,17
2671
f.i.e.b.m.
c
118
f.i.p.p.
c 0,32 0,327 0,32
0,32 - 0,31
11302
fauvet-girel g
c
32,2
fermentalgg
3,5
3,5
3,405
3,49 + 0,29
62413
fermière cannes
b
1590
fiducial office
c 28,2
28,6
28,2
28,6 + 2,14
113
fiducial re
b 193
193
193
193
+ 0,52
2
fin. moncey
a
5700
finatis
b 44,2 44,2
44,2
44,2
1
fleury michon
b 55
55,8
55
55,6 + 1,09
627
foncière 7 inv.
c
1,82
foncière atland
c 116
116
116
116
2
foncière euris
b 29
29
29
29
- 2,03
2035
foncière inea
b 39,9 39,9
39,8
39,9
98
foncière paris nord c 0,04 0,04
0,039
0,04 - 0,99
31022
foncière r-paris
c
34,97
foncière volta
c 4,16
4,16
4,16
4,16 + 1,46
1
française energie c 13,5
13,75
13,5
13,75 + 1,85
718
frey
b 28,4 28,4
28,4
28,4
75
fsdv
c
49
galimmo
c 24,2 24,2
24,2
24,2
1
gaumont
b 135
137,5
135
136 + 0,74
113
gea
c 96,6 96,6
96,6
96,6 + 0,21
1
generixg
c 3,35
3,35
3,26
3,26 - 2,98
8603
genomic visiong
0,895 0,934 0,888
0,925+ 4,88 288856
gérard perrier
c 55,4 55,8
55,4
55,6 + 0,36
618
gfi informatiqueg b 8,1
8,1
8,08
8,08
781
graines voltZ
c 40
40
40
40
+ 1,01
27
groupe ird
c 26,2 26,2
26
26
- 0,76
102
groupe jaj
c
1,8
groupe openg
c 26,15 26,65 26
26,4 + 0,96
9800
groupe piZZorno
c 18,9
18,95
18,8
18,8 - 2,59
607
groupe sfpig
c 2,94 2,97
2,94
2,97 + 1,02
651
guerbetg
b 59,1
59,3
55,6
57
- 3,72
9822
guillemot corp.g
c 4,69 4,77
4,66
4,66 - 0,85
39316
guy degrenne
c 0,185 0,19
0,185
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881
hf companyg
c 7,1
7,12
6,96
6,96 - 1,97
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hipay group
c 13,25 13,85
13,25
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227
hopscotch groupeg c 7,32
7,32
7,3
7,3 - 0,82
1378
idi
b 44,3 44,4
44,1
44,1 - 0,45
2603
ige + xaog
c
136
immo. dassault
b 53,2
53,6
53
53,6 + 0,75
101
immo. hôtelière
c
1,04
ind. fin. ent.
c
67,5
infotelg
c 44,6 44,75 43,75
44,7 + 2,52
6893
innelec mult.g
c 5,4
5,4
5,38
5,38 - 0,37
3398
installux sa
c
374
intexa
c
2,36
inventiva
b 8,16
8,24
7,88
7,96 - 3,4
18313
it linkg
c 6,18
6,5
6,16
6,5 + 4,84
5002
itesoftg
c 3,76
3,76
3,76
3,76
1
its groupg
c 7,1
7,16
7,08
7,16 + 0,85
2231
jacques bogart
c 6,1
6,22
6,1
6,16 + 0,98
1310
keyrusg
c 6,2
6,2
6,06
6,1 - 1,61
4260
la foncièreverte c
57
lacroix sa
c 24,7
24,8
24,4
24,4 - 1,22
999
lafuma
c 23
23,6
23
23,6
65
lanson-bcc
b 31
31,4
31
31,4 + 0,64
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laurent-perrier
b 110,5 111
110
110
157
le tanneurg
c 2,18
2,18
2,18
2,18 + 9,55
299
lebon
c146,5 148
146,5
147
112
les hôtels de paris c 2,18
2,18
2,18
2,18 + 1,87
7660
les nx constr.
b 46,4
47,4
46,2
47
+ 0,21
3362
lexibookg
c 1,025 1,025
1,025
1,025- 2,38
1000
locindus
b 25
25,1
24,9
25,1
707
malteries fr-b
c
500
manutan inter.g
b 70,4 76,4
70,4
75
+ 6,84
9282
maurel & promG
a 5,55
5,57
5,44
5,47 - 1,44 139707
mcphy energyg
6,1
6,1
6,01
6,05 - 0,82
10855
actions
françaises
euronexT hors srd suite
isin
fr0000061244
fr0000052623
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fr0010298620
fr0000077570
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valeur
ouv
+ht +bs
mecelec
c 1,755 1,755
1,755
medasysg
c 0,35 0,354 0,35
média 6
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c
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c
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var.
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21-09-2018
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21-09-2018
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0,40
1,49
0,34
1,06
2,39
euromts
indice
var %
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
250,88
170,67
234,48
284,71
332,60
340,91
233,44
0.18
0.30
0.22
0.29
0.34
0.35
0.23
31/12 var %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
0.62
0.64
-0.94
-0.41
1.14
2.17
-0.57
cours a TerMe de l’euro contre les principales devises
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1741
1,1742
0,8983
0,8984
1,1266
1,1268
10,3181
10,3195
7,4594
7,4597
132,2380
132,2460
1,5153
1,5163
-0,0072
-0,0076
0,0052
0,0051
0,0010
0,0007
-0,0295
-0,0343
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0,0021
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-0,5910
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-0,0130
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0,0015
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0,0050
0,0041
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-0,6423
-0,0144
-0,0136
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0,0003
0,0001
0,0030
0,0027
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0,0072
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-0,6925
-0,0241
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0,0160
0,0127
-0,7638
-0,8055
-0,0454
-0,0452
21-09-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base
0.75 %
usa
taux jour le jour
1.83 %
fOnDs feDeraux
2.00 %
2 ans
2.88 %
10 ans
3.10 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.09 %
Taux bons du trésor
btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,56
-0,56
-0,58
-0,58
-0,55
-0,36
0,15
0,80
indices de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
août 18
tmm
euribor
1 mois
3 mois
-0,3279
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
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-0,3614
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-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
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-0,369
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-0,371
-0,371
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-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
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-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
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-0,33
-0,33
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-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
tme
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
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0,77
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0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
source cdc ixis
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
the
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
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0
0
0
0
0
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0
16-08
17-08
20-08
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10-09
11-09
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17-09
18-09
19-09
20-09
21-09
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0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
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0,71
0,71
0,71
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0,76
0,76
0,76
0,76
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0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,82
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
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1,09
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0,97
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1,17
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1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
-0,359
-0,362
-0,36
-0,36
-0,361
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,342
-0,342
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-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,364
-0,371
-0,366
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-0,366
-0,367
-0,365
-0,368
-0,369
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,37
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,372
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,319
0,65
0,64
0,64
0,63
0,65
0,66
0,66
0,68
0,68
0,70
0,71
0,68
0,67
0,68
0,69
0,70
0,69
0,71
0,72
0,70
0,70
0,72
0,74
0,74
0,78
0,77
0,76
thor.
pub.
priv.
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
MaTières preMières
MéTaux précieux
MéTaux non Ferreux
MéTaux sTraTégiQues
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
21/09
20/09
COURS PriMe Prec.
lingot
33380
0
33480
10 florins
203
0,52
199
5 dollars*
289
15,13
289
10 dollars
570
13,54
570
20 dollars
1130
12,5
1130
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1245,75 -0,48 1245,75
latine
194
0,1
194
napoleon
196,2
1,24
197,2
1/2 napoleon* 99
2,16
105
souverain eli i* 255
4,36
258
souverain
250
2,32
252
1/2 souverain* 127
3,95
128
suisse
191
-1,45
191
tunisienne*
195
0,62
195
mark*
250
4,6
250
krugerrand
1095
5,47
1097,5
lingotin 500grs 17000
1,86
17080
lingotin 250grs 8390
0,54
8540
lingotin 100grs 3420
2,46
3420
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
468,37
468,37
cuivre (girm):
Londres
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
28 563
28 563
Fix2
28 706
28 706
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
22 597
22 597
Fix2
22 582
22 582
London BuLLion MarKeT
21/09
20/09
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 427
1 422
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 199
1 208
palladium (eN dollars Par oNce troy)
1 050
1 050
platine (eN dollars Par oNce troy)
826
826
neW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
settleMeNt
21/09
sePt. 18
14,27
déc. 18
14,36
JaNv. 19
14,39
Mars 19
14,46
Mai 19
14,54
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
settleMeNt
20/09
14,21
14,36
14,33
14,46
14,49
settleMeNt
21/09
déc. 18
1201,3
avr. 19
1212,6
JuiN 19
1218,6
aout 19
1224,4
déc. 19
1236,9
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
21/09
829,6
832,9
837,2
842,2
850,2
20/09
1211,9
1222,4
1229,9
1235,5
1245,9
settleMeNt
20/09
835,4
838,2
839,3
811
808,6
cathodes : 5454 a coMPter du 21/09/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
624,43 dePuis le 21/09
base laMiNé laitoN 1 titre 520,09 dePuis le 21/09
base laMiNé laitoN 70/30
529,58 dePuis le 21/09
base laMiNé laitoN 85/15
577 dePuis le 21/09
base laMiNé broNze 94/6
708,71 dePuis le 21/09
base laMiNé broNze 94/4
680,61 dePuis le 21/09
London MeTaL exchange
21/09
20/09
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cash
3 Mois
vol.
1450-1460
1500-1550
13600
1485-1495
1530-1550
13600
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2018-2018,5
2046-2048
1030200
1980-1981
2020-2068
1034625
cuivre (en $ par tonne)
cash
3 Mois
stocks
6056-6057
6078-6080
215000
6056,5-6057
6083-6085
217600
etain (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
19030-19050
18940-18945
2685
19090-19100
19000-19025
2685
12525-12530
12550-12575
232098
éLecTriciTé
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
21/09
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
clôture
12465-12470
12565-12570
232068
plomb (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2002,5-2003
2019,5-2020
117175
2024-2025
2040-2041
117625
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2434-2436
2442-2444
211800
2398,5-2399
2420-2420,5
213650
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
21/09
2,84
2,84
2,85
2,86
20/09
2,75
2,75
2,76
2,77
vol
380
1750
2193
154622
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
21/09
74,64
75,81
82,75
82,78
KuaLa LuMpur
settleMeNt settleMeNt
Jou r
21/09
19000
20/09
18940
vol
clôture
20/09
40,69
46,28
clôture
20/09
73,45
75,06
81,56
82,79
vol
364004
192492
vol
clôture
clôture
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
aout 19
21/09
69,36
69,13
68,87
68,57
68,24
20/09
69,25
69
68,75
68,45
68,15
460,5
435,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
92,1
91,2
506
474
91,75
90,09
508,5
476,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
21/09
21,8
clôture
settleMeNt settleMeNt
vol
20/09
27,4
27,5
27,7
2
gaz naTureL
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
21/09
2,98
2,98
3,05
vol
clôture
vol
20/09
2,96
2,95
3,02
clôture
20/09
28,14
vol
vol
17
15
1
settleMeNt settleMeNt
21/09
oct 2018 29,21
Nov 2018 29,28
dec 2018 29,47
20/09
28,55
28,72
28,83
20/09
79,1
78,54
79,04
25721
55356
15011
4567
3260
clôture
clôture
vol
21/09
20/09
déc. 18
1565
1562
Mars 19 1600
1597
Mai 19
1615
1613
Juil. 19
1629
1626
sePt. 19
1640
1635
new york (eN $ Par toNNe)
5593
3991
2182
1359
507
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
déc. 19
21/09
2167
2196
2210
2242
2259
20/09
2201
2225
2243
2272
2286
vol
18552
10720
3706
386
384
settleMeNt settleMeNt
21/09
340,3
341,2
348,8
20/09
345
344
353,6
settleMeNt settleMeNt
21/09
20/09
Nov. 18
177
176,25
JaNv. 19 179,75
178,5
Mars 19 182,5
181,75
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
vol
21/09
20/09
sePt. 18
1596
1562
160
Nov. 18
1489
1509
5188
JaNv. 19 1493
1512
3300
Mars 19 1511
1530
2474
Mai 19
1528
1544
891
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
5
13629
4074
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
21/09
99,9
103,3
105,75
110,5
20/09
99,25
102,65
104,95
109,8
vol
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
21/09
20/09
Nov. 18
9,88
9,84
JaNv. 19 10,05
10
Mars 19 10,19
10,19
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
vol
23565
9650
3054
1471
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
Jou r
21/09
20/09
112,45
115,7
461
19
15
settleMeNt settleMeNt
vol
255
46
3
settleMeNt settleMeNt
21/09
176,35
178,55
179,95
vol
20/09
175,65
0
0
veau vivaNt - bresil - brl :
le 20/09//18
betail vivaNt - cMe - usd :
le 20/09//18
betail d'eNgrais - cMe - usd :
le 20/09//18
Porc Maigre - cMe - usd :
le 20/09//18
Porc FraNce e - eur :
le 02/03//17
104
vol
112.45
151.25
1.13075
1.5695
0.603
1.5
indices
rJ crb
settleMeNt settleMeNt
587
112
130
BeTaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
170
4
21/09
20/09
déc. 18
357,25
352,25
145144
Mars 19 369,25
364,5
45253
Mai 19
377,25
373
18507
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
jus d’orange
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
vol
caFé
Bois
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
20/09
10,81
11,64
11,76
11,88
12,17
settleMeNt settleMeNt
21/09
20/09
déc. 18
521,75
524
Mars 19 540,75
542,5
Mai 19
553
553,75
mais à paris (eN euros Par toNNe)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 98.6
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
new york (cont. n°2 - cents par lb)
21/09
79,28
79,13
79,51
21/09
10,84
11,68
11,8
11,91
12,2
vol
vol
vol
coTon
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
clôture
settleMeNt settleMeNt
21/09
20/09
déc. 18
201,75
202,75
12244
Mars 19 204,25
205
3968
Mai 19
205,25
205,75
1669
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
21/09
20/09
déc. 18
253
249,5
Mars 19 257,75
252,75
Mai 19
261,25
255
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
iNdice cotlook a : 88,3, le 21/09//18
settleMeNt settleMeNt
clôture
settleMeNt settleMeNt
nymex ( eN $ Par Mbtu)
clôture
vol
3233
2875
753
116
28
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 19/09/
Prix indicatif : 2173,97
londres (eN £ Par toNNe)
uranium nymex (en $ par lb)
21/09
27,4
27
27,7
clôture
21/09
20/09
déc. 18
331,2
330,7
Mars 19 333,4
333,1
Mai 19
336,6
336,4
aout 19 339
339,4
oct. 19
341,7
343,7
new york (eN ceNts Par lb)
cacao
uraniuM
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
vol
20/09
21,8
powernext gas futures
21/09
20/09
Nov. 18
688,25
687,75
94053
Fév. 19
682,75
682,25
13637
Mars 19 681,5
681,25
12342
avr. 19
679,75
679,5
5507
Mai 19
678,75
678,5
2349
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
460
435
sPot
céréaLes
11,71 cts/lb
londres (eN dollars Par toNNe)
663
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
clôture
21/09
20/09
Jour
78,8
78,7
Nov. 18
78,8
78,7
290784
JaNv. 19 77,86
77,85
104631
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
sucre
london daily price:
21/09
Nord da 28,63
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
produiTs péTroLiers
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
656,5
powernext gas spot
produiTs péTroLiers
clôture
etain (en dollars par tonne)
20/09
antimoine 99,65% (par tonne)
8400
8400
bismuth 99,99% (par lb)
4,55
4,55
cadmium 99,95% (par lb)
1,25
1,25
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
33,25
33,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
29,3
29,3
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
14
14
silicium (par tonne)
2000
2000
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
21/09
21/09
20/09
199,71
198,39
reuters coM. 2284,98
2286,2
Moodys coM. 5545,91
5510,96
or iNdustriel 33218
33298
lMex
2916,5
2919,7
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
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code isin
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val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
553,85 20/09
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
545,6
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
255,09 20/09
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
362,64 21/09
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
LU0168449691 Pictet-greater china
552,29 20/09
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
174,68 19/09
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
107,55 20/09
LU0188501257 Pictet-health
287,43 20/09
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
464,17 20/09
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
103,03 20/09
505,21 19/09
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
133,83 20/09
LU0851564897 euroPean equity (eur)
165,04 20/09
21/09
synchrony (lu)
100,62 20/09
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
112,5 20/09
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15896,66 20/09
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
118,84 14/09
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
98,14 20/09
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
160,41 20/09
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
156,43 14/09
LU0851564541 World equity (eur)
156,52 20/09
142,15 20/09
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
319,98 20/09
57,32 20/09
LU1074511459 ram (l) tf conv euroPe
146,62 20/09
252,78 20/09
LU1279334210 Pictet-roBotics
LU0090689299 Pictet-Biotech
747,21 20/09
LU0338483075 Pictet-russian equities
LU0256846139 Pictet-security
LU0340554913 Pictet-digital
309,45 20/09
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
153,55 21/09
LU0104884860 Pictet-Water
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
304,61 20/09
LU0070964530 Pictet-indian eq.
89,76 20/09
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0280430660 Pictet-clean energy
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
253,14 20/09
1240,38 20/09
LU0419186167 ram (l) tf gB Bd tot ret
141,96 20/09
LU0935723782 ram (l) tf ii asia Bd tot ret
137,42 20/09
301,37 20/09
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
par Cécile Thibaud
—Correspondante à Madrid
DR
Paule Celma,
la dame de zinc
de Barcelone
Elle se souvient de ses premiers pas à Barcelone
comme si c’était hier. Depuis ce mois de septembre où elle avait vu repartir tous les autres
Français qui prenaient la route vers le Nord à la
fin de leurs vacances. « Je me disais : “Et toi, tu
restes”. » Parce qu’elle s’installait là. « Barcelone
allait devenir ma ville. Je venais y vivre par
amour. C’était grisant, j’étais à la fois très heureuse et un peu dépossédée. »
Quarante ans plus tard, alors qu’approche la
date anniversaire des troubles qui ont accompagné le référendum d’autodétermination
catalan l’an dernier, Paule Celma vient de prendre la présidence de la Chambre de commerce
et d’industrie française de Barcelone. Et n’a plus
l’ombre d’un pincement : elle est chez elle, dans
cette ville qui l’a vue « grandir professionnellement » et où elle a fondé sa famille.
VM Building Solutions, où elle est aujourd’hui
responsable pour l’Europe du Sud et l’Asie de
l’Ouest. C’est depuis Barcelone qu’elle a développé l’essentiel de sa carrière. Et ici, elle aura
désormais aussi un rôle institutionnel.
Elle sera la première femme à la tête de la
CCI. Mais il en faut plus pour l’impressionner.
Femme dans un secteur industriel traditionnellement masculin, elle est habituée à briser
les barrières et à s’imposer, à l’heure de négocier des contrats dans des pays comme l’Inde,
le Liban, l’Arabie saoudite ou la Turquie. Ses
yeux pétillent sous sa frange épaisse. « Il y a
bien eu quelques accrochages, entre le paternalisme de certains et l’exigence d’autres, mais rien
de grave, si je fais le bilan au bout de toutes ces
années », dit-elle.
Première femme à la tête de la CCI
Installée devant un café, dans les locaux de la
CCI, au cœur de la métropole catalane, elle
égrène les souvenirs. Les siens et ceux de la
Chambre, ce « club » dont elle est si fière. Première de toutes les chambres françaises à
l’étranger, elle a été fondée par une poignée
d’intrépides en 1883, l’année où Antoni Gaudí
commençait à diriger les travaux de la Sagrada
Née à Tlemcen, en Algérie, elle est arrivée à l’âge
de deux ans à Paris, où elle a passé son enfance
et fait ses études jusqu’à son diplôme de pharmacie, avant de s’orienter vers le secteur industriel et chimique. Elle s’est spécialisée dans
l’architecture et tout spécialement le monde du
zinc, au sein de VMZinc, devenu ensuite
ENTREPRISES
PLANET SUSHI
Alexandre Maizoué
prend les commandes
du groupe.
Alexandre Maizoué, 47 ans, est
titulaire d’une maîtrise de droit
des affaires de l’université de
Paris-II et d’un DESS création,
reprise et développement des
PME de l’université de Paris-V.
Entre 2005 et 2008, il était directeur régional de la restauration à
Ce « club » dont elle est si fière
thème de Groupe Flo. Durant les
dix dernières années, il a assuré la
direction générale de La Pataterie.
CANAL +
Fabrice Mollier
sera directeur général adjoint,
chargé du marketing,
de la stratégie et des fonctions
support de la régie, à compter
du 25 septembre.
Fabrice Mollier, 47 ans, diplômé
de l’Essec, a réalisé la majorité de
sa carrière au sein du groupe TF1.
Familía. Aujourd’hui, cent trente-cinq ans plus
tard, donc, la grande œuvre de Gaudí est toujours en chantier et la CCI est devenue une institution à Barcelone, où les entrepreneurs hexagonaux sont particulièrement présents.
Fièrement autofinancée, elle compte
450 membres, entre compagnies de capital
français implantées en Espagne et sociétés
espagnoles qui cherchent à se développer en
France. Ses adhérents pèsent quelque 56 milliards de chiffre d’affaires et représentent
128.000 salariés. Mais le grand atout, selon
Paule Celma, est la diversité de profils de ses
membres. « Avoir dans nos rangs des multinationales comme des start-up nous permet de constituer un réseau très varié et dynamique que nous
pouvons mettre à la disposition des créateurs
d’entreprises qui arrivent », explique-t-elle.
Le vertige de 2017
Par la fenêtre montent les rumeurs de la place
de Catalogne. On aperçoit les clochetons
modernistes des immeubles du Passeig de Gràcia, l’une des artères les plus spectaculaires de
Barcelone. « Nous sommes très imbriqués dans
le tissu économique de la ville et nous participons
à son dynamisme. Cela nous donne des responsabilités et une légitimité pour faire passer des messages, en demandant par exemple aux institutions régionales et municipales une meilleure
stabilité politique et fiscale », souligne-t-elle.
Surtout après les mois de vertige vécus à
l’automne 2017, au moment où le défi indépendantiste semblait pousser la Catalogne vers la
rupture avec l’Espagne, provoquant un vent
d’affolement dans les milieux économiques
locaux. Un an après, la situation est moins
explosive mais les tensions demeurent. La
semaine dernière, près d’un million d’indépendantistes ont célébré, sur une artère de la ville, la
« fête nationale » catalane. Paule Celma est
prête à relever le défi. « La Chambre représente
des acteurs économiques de poids. Notre rôle est
de défendre le dialogue, l’ouverture et la diversité
de Barcelone », dit-elle. n
Il a notamment été directeur du
marketing puis président des
chaînes thématiques ou encore
de HD1, qu’il a lancé en 2012.
Nommé directeur général adjoint
de TF1 Publicité, chargé du marketing, de la stratégie et de l’innovation, il est ensuite devenu président de TF1 Distribution. Là, il
s’est vu confier les relations opérateurs et du lancement de TF1
Belgique. Il a, par ailleurs, de 2017
à 2018, assuré la présidence de
l’EGTA (Association des régies
TV et radio européennes).
ACCORHOTELS
Chris Cahill
Jean-Jacques Morin
deviennent directeur général
adjoint chargé des opérations
hôtelières, et directeur général
adjoint, chargé des finances,
de la communication
et de la stratégie.
Chris Cahill, 64 ans, est titulaire au
Canada d’un diplôme de l’université d’Ottawa et d’un MBA de celle
de Toronto. De 1993 à 2012, il a travaillé chez Fairmont Raffles
GROUPE
DISPARITION
PSA
Anne
Alain
Fenninger
Tonnard
est la
Fondateur
nouvelle d’
directrice
Audika
de l’université de Groupe PSA.
Les salariés sont sous le choc.
Anne
Fenninger,
43 ans,
diplômée
Alain
Tonnard
s’est
éteint
de l’ESCP
Europe, mercredi,
a démarréquelchez
brusquement
Groupe
PSA seulement
en 1998. Elle
ques jours
aprèsest
la
notamment
devenue
responsable
convention
qui célébrait
les
communication
quarante ansinternationale
de son entrepièces
et services
en 2003,
prise
Audika.Peugeot
A soixante-sept
responsable
communication
ans, il codirigeait
toujours le
Allemagne,
Espagne,
Italie
numéro un
tricolore
de laPeucorgeotrection
en 2006auditive,
et responsable
qu’il interavait
net,fondé
multimédia
catalogues
en 1977 et
avec
son frère
Peugeot
2008. Elle A
a été
nomaîné, en
Jean-Claude.
l’époque,
mée,
2012, Tonnard
responsable
stratélesenfrères
travaillent
gie digitale
– services
dumondial
Premier
chez Oticon,
leader
ministre
au Service
d’information
des appareils
acoustiques,
qui
du gouvernement
(SIG). EnJean2014,
équipe les grossistes.
elle Claude
a retrouvé
PSA
pour y
est Groupe
directeur
commerêtrecial
digital
manager
Automoet Alain,
quiDS
boucle
ses
biles.
L’an dernier,
elle était deveétudes
à Paris-Dauphine,
y fait
nueun
responsable
sales Ces
funnel
remplacement.
fils DS
de
Automobiles.
Hotels International (FRHI) et
pour les sociétés constituant le
groupe, devenant notamment président et directeur opérationnel
c h a rg é d e s m a r q u e s d a n s l e
monde. Il a été vice-président exécutif des opérations mondiales de
Las Vegas Sands Corp. En 2016, il a
intégré le comité exécutif d’AccorHotels comme directeur général
marques luxe après l’acquisition
de FRHI. Il était directeur général
marques luxe et directeur général
Amérique du Nord, Amérique
centrale et Caraïbes.
Jean-Jacques Morin, 57 ans, est
diplômé de l’Ensae et titulaire d’un
diplôme supérieur de comptabilité et de gestion ainsi que d’un
MBA de l’Arizona State University
(aux Etats-Unis). Il a débuté chez
Deloitte avant de rejoindre Motorola, ON Semiconductor (aux
Etats-Unis) et enfin Communicant
AG en tant que directeur financier
(à Berlin). En 2005, il a intégré Alstom comme directeur financier
des secteurs PowerService, puis
transport avant de prendre la
direction financière du groupe. En
2015, il a rejoint le comité exécutif
d’AccorHotels en tant que directeur général finances. Il préside le
comité d’audit de Vallourec où il
est administrateur.
DR
PORTRAIT
commerç a n t s
flairent le
potentiel des
appareils
auditifs et
se lancent,
avec une poignée de clients
audioprothésistes. « Alain
é t a i t t rè s f i e r d ’ a vo i r fa i t
d’Audika une entreprise leader
de plus de 1.000 collaborateurs », a déclaré Jean-Claude
Tonnard, président d’Audika,
filiale, depuis 2015, du groupe
William Demant. Alain Tonnard était fan de ski, d’automobile, d’architecture et de musique. On le disait « travailleur »
et « aimé de ses troupes ».
« Alain va nous manquer, a
poursuivi son frère, nous continuerons le chemin que nous
avions tracé. » — L. N’K.
ILS SONT NÉS
UN 24 SEPTEMBRE
Pedro Almodovar, réalisateur,
69 ans.
Jean-Philippe Cotis,
ex-directeur général de l’Insee,
61 ans.
Denis Delmas, ancien
président de TNS Sofres,
président de CNAM
Incubateur, 57 ans.
Izïa Higelin, chanteuse,
comédienne, 28 ans.
Philippe Hayat, cofondateur
de Serena Capital, 54 ans.
Xavier Huertas, ancien
président du Conseil national
des administrateurs judiciaires
et des mandataires judiciaires,
56 ans.
Corinne Le Goff,
vice-présidente senior
d’Amgen, 53 ans.
Hubert du Mesnil, ancien
président de RFF, 68 ans.
Bernard Larrouturou,
directeur général de la
recherche et de l’innovation,
60 ans.
Robert Zolade, cofondateur
du groupe Elior, 78 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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BUSINESS.LESECHOS.FR
LUNDI 24 SEPTEMBRE 2018
EXECUTIVES
7 métiers pour vraiment
digitaliser l’entreprise
TALENTS
Les entreprises s’arrachent des
experts de la donnée et de la
cybersécurité. Et de nouveaux
métiers émergent au confluent de
l’informatique et du marketing.
La rédaction des « Echos Executives »
Shutterstock
D
éjà première activité d’embauche de cadres dans le secteur
privé l’an dernier, les systèmes
d’information resteraient largement en
tête cette année et concentreraient près
d’un cinquième des 271.000 recrutements de cadres envisagés pour 2018,
en hausse de 12 %. Comme chaque
année, le Cigref – Club informatique
des grandes entreprises et administrations publiques − a mis à jour sa
nomenclature des métiers. Dix-neuf
fonctions sont détaillées : l’ingénierie,
l’intégration et le déploiement système,
les sciences des données et l’architecture des systèmes font partie des qualifications les plus recherchées. Mais pas
seulement. Si les recrutements vont
bon train, sur le terrain, observe le
baromètre SmartLane, les directions
conscientes des enjeux d’efficacité
opérationnelle se heurtent encore à
l’inertie de fonctions plus en retrait,
comme les ressources humaines
pourtant essentielles au succès
du dispositif.
« Les acteurs ne semblent pas s’être mis
d’accord sur le rôle de chacun, observe
Pierre Schaller, cofondateur de SmartLane. Un palimpseste de métiers en un
même lieu ne suffirait donc pas. « Une
transformation digitale n’est pas uniquement un plan, des moyens ou des objectifs : ce sont avant tout des hommes et des
femmes qui, imprégnés d’une culture
d’entreprise digitale, interagissent pour
évoluer ensemble vers un nouveau
modèle. Si le projet n’est pas porté par
tous, il est condamné à l’échec », poursuit
l’ancien cadre dirigeant dans l’innovation. A la loupe, 7 métiers du digital
destinés à transformer avec succès
les entreprises.
Chief digital officer
Son rôle est essentiel, et les entreprises qui sont dépourvues de
CDO mettent tout en œuvre pour
en recruter. Ailleurs, la fonction de cet
expert dont la mission est, selon le Cigref,
de « définir et de faire appliquer la stratégie de l’entreprise au regard de la valorisation de son patrimoine informationnel
» est en cours de normalisation. « Nous
en recrutons beaucoup moins », concède
Jacques Froissant, le patron fondateur
d’Altaïde, cabinet aux avant-postes du
recrutement des professionnels du digital depuis le début des années 2000.
« Ceux qui ont été embauchés par le passé
par les grandes entreprises sont en place.
Et seules les grosses PME, réalisant entre
200 millions et un milliard d’euros de
chiffre d’affaires, moins matures sur le
plan numérique, sont intéressées par ces
profils ou des parcours s’en approchant.
» Souvent rattachée à la direction générale, la fonction requiert cinq ans minimum d’expérience professionnelle. « Au
fond, analyse Jacques Froissant, si les
directions marketing avaient évolué plus
vite et si les DSI avaient été à la pointe,
la fonction de CDO n’aurait pas dû
exister… »
Rémunération : le chief digital officer
peut compter sur une rémunération
brute annuelle de 90.000 à
150.000 euros, d’après une étude
récente de PageGroup.
Directeur de l’innovation
Le profil idéal pour ce poste ? Un
mouton à multiples pattes. « Un
professionnel plutôt senior, en
veille permanente, capable tout à la fois
d’éclairer les équipes exécutives, de garder
en ligne de mire l’abaissement du coût
d’exploitation et de maîtriser suffisamment
les sujets digitaux pour être en mesure de
sortir l’entreprise de sa zone de confort,
voire de son secteur », résume Marc Pagezy
chez Eurosearch & Associés. Aussi bon
technicien que communicant, il doit se
montrer autant à l’aise avec la direction
générale que les troupes opérationnelles.
Rémunération : un salaire annuel brut
de 100.000 à 130.000 euros entre huit et
quinze ans d’ancienneté professionnelle
(plus de 120.000 euros au-delà de
quinze ans), selon Robert Walters.
Data protection officer
Le DPO est au cœur du dispositif établi par le règlement
général relatif à la protection
des données personnelles
(RGPD). Pilote de la gestion des données
personnelles en entreprise, il est l’unique interlocuteur de la CNIL. Familier
des questions juridiques posées par la
mise en œuvre de cette nouvelle législation, il est aussi alerte au plan technique
pour pouvoir discuter efficacement avec
les informaticiens. Les recruteurs
Suite page 35
L' ÉDITO de Muriel Jasor
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Pas de transformation
numérique sans elles !
ce
ans l’urgence de leur transformation, les
entreprises s’arrachent les métiers du
numérique sans trop se soucier de leur
faible taux de féminisation. Pourtant, les systèmes
d’information n’ont pas toujours été un bastion
masculin. Ada Lovelace, Mary Keller, Margaret
Hamilton, Grace Hopper sont-elles passées aux
oubliettes ? Ces noms peu connus du grand public
sont ceux de pionnières de l’informatique. Il y a
pile deux ans, le président Obama rendait
solennellement hommage à trois d’entre elles. Ce
point historique, la dynamique association des
Digital Ladies & Allies n’a pas manqué de le
rappeler lors d’un bootcamp, organisé le 31 août
dernier à Aix-en-Provence.
Jusqu’à la fin des années 1970, les femmes sont
restées nombreuses dans le milieu informatique.
Présente au bootcamp, Salwa Toko, la présidente
de CNNum, a souligné non sans malice qu’à
l’époque, les hommes assimilaient le langage
informatique à de la sténographie, mais le grand
virage technologique pris par la société, à partir
des années 1980, a rendu la matière éminemment
stratégique et politique. Et immanquablement, les
hommes s’y sont précipités pour occuper ces
nouvelles places de pouvoir.
Mais, à l’heure où les besoins en profils
numériques vont croissant, il est impératif
de sensibiliser les filles à la filière digitale dès leur
plus jeune âge. Les Digital Ladies & Allies, qui
militent en faveur d’une mixité numérique, s’y
emploient. D’autres aussi : Femmes@numerique,
Cyberelles, etc. Des femmes modèles de
représentation pour les plus jeunes ainsi que des
hommes prennent la parole en ce sens. Une
dynamique à encourager de toute urgence. n
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27,5 %
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
EXECUTIVES // 35
c’est le pourcentage
des postes du
numérique occupés
par des femmes
echo.st/m322021
anticipent une forte demande de « juristes câblés technologie ».
Rémunération : entre 35.000 et
50.000 euros de salaire brut annuel
pour deux à cinq années d’expérience
et entre 50.000 euros et 70.000 euros
de brut annuel pour cinq à quinze
années d’expérience.
responsable sécurité des systèmes
d’information et l’analyste cybersécurité
de plus de cinq années d’ancienneté. Et
s’envolent jusqu’à 200.000 euros par an
pour un directeur sécurité des systèmes
d’information, selon PageGroup.
Les métiers
de la cybersécurité
Essentiels face au risque avéré
de cyberattaques, les analystes
en cybersécurité ont pour
mission de détecter les menaces en
temps réel, de les analyser, de les décortiquer et d’en anticiper les futures évolutions. D’une formation bac + 5 en informatique avec une spécialité en sécurité
des SI, ils maîtrisent les outils d’analyse
de malwares et sont à l’aise avec la conformité juridique et normative.
Growth hacking manager
C’est à ce métier émergent qu’il
revient d’effectuer des tests, des
analyses de données et des
études sur les comportements
des utilisateurs de produits et services,
explique le cabinet Blue Search. Doté de
ces éléments, le growth hacker peut
alors agir pour proposer des solutions
innovantes. « Les très bons sont soit des
personnes qui ont des formations marketing classiques, mais qui sont très geeks et
se sont intéressés à l’acquisition et au
référencement, soit des profils tech qui
viennent de l’acquisition et du référencement et ont une bonne compréhension du
marketing », explique Jacques Froissant,
soulignant que les premiers tiennent la
corde.
Rémunération : les salaires bruts
annuels dépassent 70.000 euros pour le
Rémunération : le niveau de salaire brut
annuel varie selon les entreprises. Un
professionnel junior peut prétendre à
35.000 euros annuels tandis que la
rémunération d’un senior entrera dans
une fourchette de 45.000 à 65.000 euros,
d’après le cabinet Blue Search.
Data scientist
Ce métier a été élu « le plus
sexy du siècle » par la « Harvard Business Review ».
Incontournable aussi puisque les professionnels qui se lancent
dans la filière ont conscience que les
données sont devenues l’or noir du
XXIe siècle. Sans data scientist, la collecte d’informations structurées mais
aussi éparses et multiformes (son, etc.)
ne crée pas de valeur ajoutée. A la fois
marketeur, statisticien et mathématicien, ce professionnel exploite les données qu’il recueille pour en tirer des
applications d’ordre marketing, améliorer les produits et les services de l’entreprise, et surtout fidéliser les clients.
Rémunération : intéressantes, les prétentions salariales s’étirent, en début de
carrière, entre 32.000 et 42.000 euros
brut par an.
Shutterstock
Suite de la page 34
Creative technologists
Dans les grandes entreprises,
ces profils hybrides − qui allient
les compétences d’un directeur
de création avec celles d’un chef
de projet technique − sont directement
rattachés à la direction du marketing.
« Si vous n’êtes pas en mesure d’appréhender la faisabilité technologique des
campagnes marketing Web, vous ne
pouvez avoir l’idée créative », relève
Jacques Froissant, qui voit passer dans
ces nouveaux métiers « des profils
malins qui ont appris la technologie
sur le tas ».
Rémunération : de 36.000 euros
en début de carrière à quelque
55.000 euros au bout de quelques
années. n
RÉSEAUX
Mesdames,
prenez place !
En 2020, quelque 800.000 professionnels
devraient manquer à l’appel.
Il y a seulement 20 % de femmes au sein des DSI des grandes
entreprises françaises, selon le Cigref. Photo Shutterstock
P
ourquoi si peu de femmes dans
les métiers numériques ? « Parce que
les stéréotypes exercent une pression
inconsciente forte. Les filles n’osent s’engager
dans une filière où les femmes sont sous-représentées », répondait au début de l’été aux
« Echos Executives » Salwa Toko, la présidente
du CNNum. Pointant une tendance guère
encourageante, celle qui est aussi la fondatrice
de Become Tech soulignait ainsi que les rares
filles à s’être aventurées en études d’informatique quittaient leur poste, une fois entrée
dans la vie professionnelle, au bout de dix ans
en raison d’un sexisme dit « ordinaire »
intenable.
En 2017, le Syntec Numérique avançait
que la filière ne comprenait que 33 %
de femmes, principalement dans des fonctions support. L’enjeu est pourtant crucial :
en 2020, 800.000 professionnels du digital
devraient manquer à l’appel. Du coup,
nombre de femmes et d’hommes militent
pour davantage de mixité ou, du fait de leur
parcours exemplaire, se posent en modèles.
Les initiatives se multiplient, de la création de
la fondation Femmes@numérique à l’instauration d’un annuaire féminin de la tech en
passant par des conférences, de la formation
et des vidéos témoignages. A noter, le positionnement de la start-up IT4Girls. En partenariat avec de grandes entreprises, elle propose des ateliers de sensibilisation à des filles
dès huit ans. De son côté, le Cigref a signé une
convention avec la Conférence des grandes
écoles pour, là encore, inciter les jeunes filles
à rejoindre la filière numérique. n
TPE/PME
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36 // EXECUTIVES
Lundi 24 septembre 2018 Les Echos
Le top 5
des formations
au numérique
echo.st/m205327
FORMATION
La guerre des talents est déclarée
Pour répondre à leur besoin de
transformation, les entreprises
s’arrachent les étudiants formés
en intelligence artificielle, science
des données, cybersécurité et
Internet des objets, comme
l’explique Sylvain Lamblot,
directeur du développement et
des partenariats chez Telecom
ParisTech.
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
T
ransformation, rupture, innovation… « Tous secteurs confondus, les entreprises tiennent le
même discours, remarque Sylvain
Lamblot, directeur du développement
et des partenariats chez Telecom
ParisTech. Elles ont, à la fois, besoin
d’accélérer leur transformation – qu’elle
soit offensive en se lançant sur de nouveaux marchés ou en mettant au point
de nouveaux produits, ou défensive pour
faire face à des compétiteurs ou à un
changement dans leur chaîne de valeur –
et de trouver des innovateurs capables,
dans un contexte d’obsolescence plus
rapide des connaissances, de nourrir
cette évolution. »
Parmi les 50 partenaires – PME, ETI ou
grands groupes comme Airbus, Engie,
Orange ou Sopra Steria – que compte
Telecom ParisTech, tous sont focalisés
sur quatre domaines : l’intelligence
artificielle, la science des données, la
cybersécurité et l’Internet des
objets. « En matière d’intelligence artificielle, nous sommes dans une situation
de pénurie totale, témoigne Sylvain
Lamblot. La centaine d’étudiants que
nous formons par an ne suffit pas à
satisfaire toutes les demandes. »
D’autant que les entreprises se montrent exigeantes. A en croire le direc-
Les entreprises réclament, en plus des compétences de base en intelligence artificielle, Big Data ou Internet des objets, des connaissances croisées,
appliquées à leur secteur d’activité. Photo Shutterstock
teur du développement et des partenariats, elles réclament, en plus des
compétences de base en intelligence
artificielle, Big Data ou Internet des
objets, des connaissances croisées,
appliquées à leur secteur d’activité. « C’est pour cette raison qu’au-delà
des stages et des spécialisations par
filière, nous faisons intervenir les entreprises dans le cadre d’étude de cas ou de
déjeuner thématique pour qu’elles puis-
sent se présenter aux étudiants »,
souligne-t-il.
Un rapport de force inversé
Or, les grands groupes ne sont pas les
seuls à convoiter ces spécialistes de la
chose numérique. A leur sortie, les
étudiants de Telecom ParisTech sont,
dans l’ordre, courtisés par les géants de
l’Internet, comme Google, aux promesses salariales alléchantes, et tentés de
rejoindre des start-up et des scale-up,
porteuses d’un projet entrepreneurial
enthousiasmant, avant de songer à
intégrer un grand groupe français,
voire européen. « Ces dernières années,
le rapport entre recruteur et recruté s’est
inversé, explique Sylvain Lamblot. Les
entreprises ont de moins en moins le
choix alors que les étudiants font régulièrement face à une dizaine de propositions d’emploi. »
PLUS
SUR LE WEB
L’IA, star de la
recherche d’emploi sur
echo.st/m319194
Alors, pour attirer ces talents indispensables, malgré cette concurrence
féroce, les grands groupes transforment progressivement leur façon de
recruter les étudiants. Au-delà du
salaire, dont ils ont bien compris qu’il
ne représentait pas l’alpha et l’oméga
aux yeux de ces nouveaux venus, ils
s’interrogent sur l’environnement de
travail, la culture d’entreprise, la localisation des bureaux, ou encore l’image
plus ou moins attractive qu’ils renvoient.
« Ce travail est multifacette et multicanal,
prévient le directeur du développement
et des partenariats chez Telecom ParisTech. Avoir un baby-foot au sein d’un
espace détente ou se servir de pense-bêtes
pour des séances de brainstorming ne
suffit pas s’il n’existe pas une réelle
authenticité dans la transformation des
conditions de travail. »
Former à l’interne
Autre solution : les entreprises peuvent choisir de former leurs propres
salariés à ces domaines innovants. Au
sein des formations ou mastères spécialisés en Big Data ou cybersécurité
que Telecom ParisTech propose sur
plusieurs jours, semaines ou mois,
Sylvain Lamblot constate que 40 % des
formés sont des étudiants qui cherchent à compléter leur cursus initial,
quand 60 % sont des salariés en
reprise d’études afin de changer
d’expertise ou d’améliorer leur rémunération. « C’est un mouvement de fond
qui se pérennise, s’accélère, et tend à
améliorer la compétitivité des entreprises, assure-t-il. Cette logique de formation continue permet de motiver les
salariés, d’entretenir leur loyauté et de
conserver les meilleurs talents afin
qu’ils ne partent pas chez un
concurrent. »
4
À NOTER
Telecom ParisTech n’est pas la seule
avec
© Free-Photos - pixabay
école à avoir misé sur des formations
innovantes. CentraleSupélec et l’Essec
se sont, par exemple, associées pour
proposer un Master of Science in Data
Sciences and Business Analytics. Et, de
l’autre côté de l’Atlantique, Harvard a
récemment lancé un Master Science
in Data Science.
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EXECUTIVES // 37
1.000
Les Echos Lundi 24 septembre 2018
Le nombre de jeunes
qu’Accenture
sensibilise au code
informatique
echo.st/m 316710
EMMANUEL
STANISLAS
PIERRE NANTERME PDG D’ACCENTURE
fondateur de
Clémentine,
cabinet de
recrutement
du digital
et de l’IT.
« Mille dirigeants pour faire
face à l’innovation digitale »
DIGITAL
NEW WORLD
Au sein du groupe de conseil et de technologies, qui présentera ses résultats trimestriels le 27 septembre
prochain, un millier de managing directors doivent faire face à l’innovation digitale et encadrer les quelque
90.000 personnes très spécialisées recrutées chaque année.
Les métiers du numérique ont
toute leur place dans un groupe
tel qu’Accenture. Est-ce la raison
pour laquelle vous avez, ces dernières années, procédé à autant
d’acquisitions ?
Nous créons de nouveaux services au-delà
de notre cœur de métier historique. Ces
reprises – Octo en transformation digitale,
Fjord pour le design, Arismore en cybersécurité ou encore Altima dans le commerce
digital – nous permettent d’acquérir des
compétences rapidement, de nous différencier et d’alimenter notre croissance,
notamment dans ces nouveaux métiers,
qui représentent aujourd’hui 60 % de
notre chiffre d’affaires. Nous investissons
massivement, avec l’objectif de prendre
une longueur d’avance. Au total, ce sont
5 milliards de dollars investis ces cinq
dernières années pour une centaine
d’acquisitions, et nous consacrons chaque
année 700 millions de dollars en recherche et développement et 900 millions de
dollars en formation.
Pourquoi instaurer un tel
mouvement d’innovations ?
La transformation digitale, je l’ai dit, c’est
60 % de notre chiffre d’affaires. En parallèle,
nous investissons dans les nouvelles technologies et les vagues digitales en phase
d’incubation. Le système est assez vertueux,
il repose sur un mouvement permanent,
d’une part, de lancements et, d’autre part,
d’incubations d’activités. Cela nécessite
énormément de discipline et de rigueur.
Nous investissons
chaque année environ
900 millions de dollars
dans la formation
de nos collaborateurs.
Comment intégrez-vous ces activités et métiers dans le groupe ?
Ces rachats, qui s’inscrivent dans
notre plan de transformation Ambition 2020, portent sur des pépites,
certaines avec des marques installées
dont nous préservons la culture et
l’identité. Cette stratégie – qui est
davantage dans la recherche de synergies culturelles que dans l’intégration
ou l’assimilation – nous permet de
garder de nombreux talents. Nous
développons ainsi au sein d’Accenture
ce concept de culture des cultures.
Nous faisons la distinction entre les
valeurs, qui sont non négociables et
doivent continuer d’être partagées par
tous – comme l’éthique, l’intégrité,
l’inclusion – et les cultures, qui sont ce
qui caractérise un sous-groupe dans
un groupe. Nous célébrons ainsi toutes
les cultures, car plus nous sommes
divers, plus nous sommes créatifs.
Ce concept met fin à celui du « one culture », qui répondait aux problématiques
du monde global et plus prévisible de
l’époque, avec une recherche de standardisation et d’identité unique, mais n’est
aujourd’hui plus pertinent car ce monde
est devenu multipolaire et plus volatil.
Accenture est un des premiers groupes à
prendre ce virage. Très peu d’autres entreprises le font. La plupart sont encore dans
L
es classements de nouveaux
métiers dits « en tension »
– data scientist, architecte
cloud, digital marketing manager, etc. – se multiplient au point qu’on
semble avoir oublié que le numérique
est loin d’être une nouveauté et que
Google fête déjà ses vingt ans ! Tout se
passe comme si des métiers, radicalement nouveaux, étaient devenus
aujourd’hui indispensables aux entreprises, au point qu’elles se livrent une
véritable « guerre » renforçant l’effet
de pénurie des mêmes talents.
Les classements de postes dits
« délicats à pourvoir » ne peuvent
être des repères pertinents car ils ne
s’appuient que sur des intitulés de
fonction. Or, les intitulés changent
et les fonctions évoluent.
N’oublions pas que le digital se distingue par une absence de nomenclature
claire dans ses métiers et des classifications aux périmètres très divers.
Héritées d’autres secteurs, ces
« nomenclatures métiers » sont peu
adaptées au digital qui évolue constamment. Des intitulés différents
peuvent aussi mobiliser des compétences identiques. Il est donc plus
important que jamais de privilégier les
référentiels de compétences et de ne
pas se laisser prendre au piège de
l’intitulé à la mode, lequel recouvre
souvent un socle de compétences
existant en interne ou chez plusieurs
types de candidats.
cette « one culture », avec souvent la
culture d’origine de l’entreprise qui
l’emporte sur toutes les autres. Le fait
qu’Accenture n’ait pas de siège social, mais
un comité de direction très diversifié avec
des membres répartis à travers le monde
et une gouvernance multiculturelle ont
facilité ce changement pourtant radical de
notre mode de management.
Le leader doit désormais gérer des situations très instables
et comprendre des
besoins très locaux.
Quels sont vos investissements
les plus emblématiques ?
Sans conteste, ceux que nous avons effectués dans Accenture Interactive, notre
agence de marketing digital, et nous sommes aujourd’hui l’acteur le plus important
au monde, selon « Ad Age », la bible du
secteur. Nous avons acquis une vingtaine
d’entreprises ces cinq dernières années et
sommes allés sur le terrain des agences
traditionnelles. Nous faisons du design
digital, produisons du contenu pour nos
clients, gérons leurs campagnes commerciales, les aidons à améliorer l’expérience
client de leur e-commerce. Nous investissons massivement aussi sur le terrain
industriel, notamment dans le domaine
des objets connectés, de la 3D, de la réalité
virtuelle, et également dans l’intelligence
artificielle.
Personnalités en tension plutôt
Quelles en sont les conséquences en
termes de ressources humaines ?
Nous diversifions les profils de recrutement, aussi bien au niveau des jeunes
diplômés que des plus expérimentés. En
2017, nous avons nommé 1.000 managing
directors dont 300 étaient recrutés à
l’extérieur. Ces dirigeants, qui doivent faire
face à l’innovation digitale, ont pour rôle
de toujours plus largement diffuser la
culture numérique en interne et d’encadrer les quelque 90.000 personnes très
spécialisées que nous recrutons chaque
année. Accenture est une machine à faire
grandir les gens et nous investissons
chaque année environ 900 millions de
dollars dans la formation de nos collaborateurs.
Jerome Domine
Propos recueillis par Muriel Jasor
@Mljr75112
Numérique :
cessons de parler
de « métiers
en tension »
Avec quelle articulation entre
hommes et machines ?
Les technologies digitales peuvent être
anxiogènes, il nous faut donc expliquer
sans relâche la nature de la coopération
entre hommes et machines pour ne pas
ajouter de l’anxiété à l’anxiété. Elles
existent pour améliorer la vie des gens,
pas pour se substituer à eux. Par exemple, nos labs lancent des initiatives
« tech for good » en ce sens. Ils ont ainsi
aidé une ONG indienne, qui nourrit des
millions d’écoliers dans le pays, à utiliser l’intelligence artificielle, la blockchain et les objets connectés pour améliorer ses opérations et permettre
d’accroître le nombre de repas servis.
Nous entretenons également de nombreux contacts avec des gouvernements : nous exposons nos points de
vue mutuels sur la révolution digitale et
réfléchissons aux garde-fous à mettre
en place sans pour autant freiner
l’innovation.
Son credo
Etre curieux est un avantage
en période de grande
transformation. L’impératif
est de s’ouvrir aux autres
– famille, amis, relations
professionnelles – et à
différentes disciplines, la
littérature, l’art, l’économie ou
encore la musique, qui m’aide à
travailler. Selon les circonstances, j’opte pour du classique
et, de plus en plus souvent,
pour du blues. Buddy Guy,
le pape du blues dont j’adore
la force teintée de mélancolie,
m’inspire beaucoup.
Le rôle du leader se transforme
donc du tout au tout…
Oui, depuis le 11 septembre 2001 puis la
crise de 2008 ! Le monde est devenu multipolaire, fragmenté, volatil, incertain, complexe et ambigu, avec la nécessité pour le
leader de gérer des situations très instables
et de comprendre des besoins très locaux
(« Think local and Leverage global »). Il lui
revient, au quotidien, de donner de l’espoir
en étant lucide sur les difficultés à surmonter. C’est lui qui définit la vision, mesure les
progrès réalisés, motive, inspire et communique sur les différentes étapes de la
transformation. Des années 1970 à 1990,
on avait, au contraire, développé des top
managers et des dirigeants prévisibles en
raison de la globalisation et de la standardisation des produits et services. n
La transformation digitale a induit un
changement profond dans le rapport à
l’activité, désormais fondé sur l’incertitude et non plus sur la planification à
moyen ou long terme. La volatilité des
marchés, les bouleversements fréquents dans l’activité et l’incertitude
appellent à une autre approche de
l’organisation. C’est en cela que la
tension existe. Toutes les entreprises se
disputent les mêmes profils, qu’elles
pensent préparés à relever leurs défis.
Ce sont donc moins des métiers (ou
des socles de compétences identiques)
que des personnalités qui se trouvent
aujourd’hui en tension. Conscientes de
la volatilité des candidats, comme de
l’insécurité qui menace leur activité,
les entreprises chassent en priorité les
profils rassurants : ceux qui présentent
toutes les apparences d’une capacité à
s’adapter à des contextes déjà vécus
dans une précédente fonction.
Le numérique se distingue par sa
capacité à produire de nouveaux
sujets, de nouveaux chantiers, de
nouveaux titres, quand le socle de base
de ses métiers demeure souvent le
même. Cessons de parler de « métiers
en tension » puisque cette tension est
avant tout l’effet d’une compétition
féroce entre entreprises pour les
mêmes postes, au même moment –
même lorsque ça n’est pas justifié.
Insistons, en revanche, sur la nécessité
d’adopter une vision plus large de la
gestion des talents, de s’intéresser aux
socles de compétences transférables,
acquises sur une fonction différente, et
à la capacité des organisations et des
profils en poste à effectuer leur transformation. Et ce, en vue de gérer non
plus la stabilité, mais la complexité, la
volatilité, l’ambiguïté et l’incertitude,
avec aisance, efficacité et plaisir. n
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Lundi 24 septembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
« Les Echos »
+
L’assiette anglaise
L’appétit d’Uber Eats pour Deliveroo
fait trembler la foodtech cotée.
L’INVITÉ
DES ÉCHOS
Sébastien Gendron
PDG de Transpod
HYPERLOOP « Hyperloop est un concept assez simple qui
existe depuis le début du siècle dernier, mis au goût du jour
par Elon Musk récemment. Cela consiste à mettre des véhicules dans un tube dans lequel on baisse la pression atmosphérique – on enlève l’air – pour s’affranchir des frottements aérodynamiques et permettre à ces véhicules d’atteindre des vitesses similaires à celles de l’avion avec des systèmes de propulsion et de lévitation magnétiques », explique Sébastien
Gendron. « On est aujourd’hui sur des vitesses moyennes
entre 600 et 1.000 km/h selon la géographie de la ligne. »
INVESTISSEMENT « Transpod, pour développer un système
de type Hyperloop, a besoin de 200 à 300 millions d’euros
pour la technologie. Il faut bien séparer le développement
de la technologie et les projets d’infrastructure, qui sont
deux choses complètement différentes. »
TRANSPOD « Dans notre développement industriel, nous
avons plusieurs phases. Une première phase va démarrer à
Limoges, avec un permis de construire qui a été déposé pour
une première piste d’essai de 3 kilomètres, pour, ni plus ni
moins, déboguer la technologie, valider des concepts… La
deuxième phase consiste en la certification du système. Cela
arrivera dans un deuxième temps en Alberta [une province
située à l’ouest du Canada, NDLR] où nous sommes sur une
piste d’essai à échelle 1 qui, potentiellement, peut faire partie
d’un corridor commercial. »
Interview réalisée par Benoît Georges
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Fort de sa grande armée de chauffeurs partenaires, Uber Eats régale
Dara Khosrowshahi, le nouveau patron du service de VTC. L’idée de le voir,
en plus, gober Deliveroo a donc provoqué une indigestion à la concurrence
cotée (–4,8 % pour Just Eat, –1,1 % pour Grubhub, –0,9 % pour Delivery
Hero et Takeaway.com). Malgré son appétit d’ogre, la licorne britannique
sait combien la taille et la rapidité de déploiement sont cruciales.
Son fondateur, Will Shu, s’est démarqué d’un concurrent plus ancien
et profitable comme le compatriote Just Eat en s’attaquant de front
à la livraison et à la logistique, avec ses cuisines partagées, là où beaucoup
d’entrants ont dû rendre leur tablier. En assaisonnant son dernier chiffre
d’affaires publié (129 millions de livres en 2016) avec une croissance
annuelle de 50 % et avec le multiple de valorisation de l’allemand Delivery
Hero (9,5 fois), l’addition serait de 3 milliards d’euros, 17 fois moins
que la valeur d’Uber. La question lancinante des conditions de travail
et de la qualité des livraisons peut rendre le secteur indigeste
pour les investisseurs boursiers, qui se demandent encore où placer
le curseur de rentabilité. Le roi de la disruption, lui, a retrouvé de l’estomac
depuis sa recapitalisation par Masayoshi Son, le fondateur de SoftBank,
qui connaît bien l’assiette anglaise des fusions-acquisitions
depuis qu’il a avalé ARM, un autre fleuron de Sa Gracieuse Majesté.
LCL 20
LG Chem 19
Liébot 18
LVMH 20
Magento 22
Maranatha 17
Marketo 22
N26 23
Nataïs 26
Netflix 21
Nidec 19
Nyrstar 19
Orange 22
Porsche 15
Punch Powertrain 19
PVC Oknoplast 18
Qonto 23
Samsic 16
Gaumont 17
Pharmagest 19
Directeur De la Diffusion et Du marketing clients Etienne Porteaux
Directeur stratégie et communication Fabrice Février
PUBLICITÉ Les Echos Team Media tél. : 01 87 39 78 00.
présiDente Corinne Mrejen
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ImPressIon l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 21 septembre 2018 : 114.437 exemplaires
origine du papier : belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de oJD-Diffusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Le palmarès du Dow Jones depuis début 2018
Variation, en %
36,77
Nike
33,57
Microsoft
31,60
Visa
Apple
28,62
26,79
« LES ÉCHOS » / SOURCE : BLOOMBERG
« A des maux étranges, on applique d’étranges remèdes. » Wall Street n’a
toutefois pas transformé en drame shakespearien la curieuse coïncidence
du dénouement des contrats futurs et options sur les indices et les actions
– les toujours redoutées « quatre sorcières » qui jettent parfois des sorts sur
des pans de la cote – et du plus grand bouleversement de la catégorisation
des indices MSCI et S&P Dow Jones en vingt ans. Autant pour soigner
un secteur télécoms cantonné à trois valeurs que pour se conformer
à la convergence des tuyaux et des contenus, ces fournisseurs redistribuent,
à compter d’aujourd’hui, les cartes de la technologie. Apple reste une
« techno », Facebook et Google rejoignent le nouveau club des « services
de communication » et Netflix part dans celui de la « consommation
discrétionnaire ». Le mouvement capable de déboussoler les fonds
répliquant les indices (ETF), en partie anticipé, a résulté en une étrange
divergence vendredi : un nouveau record pour le Dow Jones (+0,32 %),
une stabilisation du S&P 500 (–0,04 %) et un recul du Nasdaq (–0,51 %).
Beaucoup de bruit pour rien ? Les grands vendeurs d’ETF ayant réagi
différemment en fonction des véhicules (statu quo, rotation ou création
de nouveaux fonds), la totalité des impacts demeure sans doute à constater.
Comme le souligne Jean-François Robin, chez Natixis, « la structure du
marché est plus dangereuse qu’en 2007 » : majoritairement robotisé,
avec de nombreux investisseurs « suivistes » susceptibles de céder
à des crises de panique. En attendant, la musique des records peut continuer.
INDEX DES AVIS
FINANCIERS
eDitorialistes
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (le crible)
Les eChos exeCUTIves
réDactrice en chef Muriel Jasor
Les eChos week-end
Directeur De la réDaction Henri Gibier
réDacteurs en chef Gilles Denis,
Karl de Meyer et Lucie Robequain
Directrice artistique Cécile Texeraud
sÉrIe LImITÉe
réDactrice en chef Frédérique Dedet
Directrice artistique
Clarice Fensterseifer
Le bouleversement des indices boursiers
américains est un test pour le marché.
Aston Martin repousse les limites boursières
du luxe automobile.
EN VUE
les echos est une publication du
principal associé ufipar (lvmh)
présiDent-Directeur général Pierre Louette
Directrice générale pôle les echos Bérénice Lajouanie
Directeur Délégué Bernard Villeneuve
Directeur De la réDaction Nicolas Barré
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réDacteurs en chef
David Barroux (entreprises)
Laura Berny (enquêtes)
Daniel Fortin (magazine, opinions, innovation)
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et opérations spéciales)
Etienne Lefebvre (france et international)
Clémence Lemaistre (information digitale)
Guillaume Maujean (finance-marchés)
Pascal Pogam (information
et transformation digitale)
réDacteur en chef technique Didier Boileau
Directeur De création Fabien Laborde
Directrice artistique aDJointe
Marion Brisson
Much ado about nothing ?
Cisco
SFR 22
Shine 23
Sky 21
Sofidy 30
TAG Heuer 20
Tikehau Capital 17, 30
Valar 23
Volkswagen 15
VOOg 26
Ynsect 26
Zoov 23
Directeur De la publication & présiDent De la sas les echos Pierre Louette
edité par les echos, sas au capital de 794.240 euros rcs 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
éDitrice Déléguée Capucine Marraud des Grottes
Directeur Des Développements éDitoriaux Du pôle les echos Henri Gibier
« James, est-il réellement nécessaire de conduire aussi vite ? – Plus souvent que
vous ne le pensez. » Quand Aston Martin et Ferrari se croisent sur le circuit
boursier, s’enclenche inévitablement une course-poursuite que ne renierait
pas 007. L’introduction, le 3 octobre, du fabricant de la DB5 préférée de l’espion de Sa Majesté a mis un « golden eye » dans tous les regards. Ceux d’une
partie des gérants qui, n’ayant pas cru dans la multiplication par 2,5 du titre
Ferrari en moins de trois ans, ne veulent pas manquer leur seconde chance.
Celui de la City qui, grâce une capitalisation de 5 milliards de livres dans le
haut de la fourchette apportée par les premiers, s’administrerait une vitamine anti-Brexit avec le retour dans le Footsie 100 d’un constructeur automobile
après presque trente ans d’absence, depuis la sortie de Jaguar. Ceux des vendeurs de 25 % à 30 % du capital, des fonds koweïtiens et la firme d’Andrea Bonomi, Investindustrial, qui ont soutenu à bout de bras dans la crise une entreprise revenue dans le vert seulement l’an dernier. Les investisseurs qui soulèveront le capot y trouveront tous les gadgets qui dégagent un feu d’artifice au
prix d’un doute sur la crédibilité du scénario. Le transfert de plus de 90 % des
dépenses de R&D sur le bilan gonfle sa rentabilité pourtant inférieure d’un
quart à celle de Ferrari, qui capitalise 4 fois moins ces frais. Manquent en revanche la majeure partie des moteurs, fournis par Daimler, également actionnaire, et l’ancien propriétaire Ford. Ce qui fait d’Aston Martin moins un
constructeur à part entière qu’une option sur une éventuelle consolidation
du segment du luxe. A 18,6 fois l’Ebitda escompté en 2019, sans décote par
rapport à Ferrari, cette carte-là ressemble à du bluff. Isnt’ it ?
GoldenEye
LES ENTREPRISES CITÉES
Adobe 22
Altran Technologies 30
Alven 23
Banque européenne
d’investissement 23
Bouygues 22
Ciplan 30
Colony NorthStar 17
Comcast 21
Daimler 15
Electrabel 17
Engie 17
Farfetch 20
Free 22
Gleamer 26
Hindustan
Aeronautics 15
Iziwork 23
crible
P
Gérald Darmanin
armi les promesses de simplification fiscale figurerait la suppression de certains prélèvements telle la « taxe pylônes ». C’est
pourtant plutôt de pilonnage dont
on parle sous la présidence Macron.
D’aucuns le supportent mal, tel, par
exemple, le ministre de l’Intérieur. On
aurait cru que sa fonction supposait plus
de fermeté dans l’épreuve des balles, surtout quand celles-ci ne sont faites que de
papiers. Un policier craintif c’est un peu
comme un boulanger qui n’aimerait pas
se lever tôt. Gérald Darmanin qui présente ce lundi 24 septembre son budget,
lui, est plutôt du genre résistant. L’exchouchou de la droite devient un pilier
de la Macronie. Son grand-père paternel
est un juif maltais, son grand-père
maternel, un tirailleur algérien, il a
l’habitude des familles composites. Son
deuxième prénom est Moussa, tout le
monde ne peut pas s’appeler Corinne.
Emmanuel Macron sait qu’il peut
s’appuyer sur son ministre de l’Action et
des Comptes publics. Ne l’a-t-il pas
admis dans le premier cercle qu’il réunit
chaque lundi, avant même d’y convier
Bruno Le Maire ? Boule d’énergie, qui l’a
fait comparer à Nicolas Sarkozy, son
premier coup de foudre politique, Darmanin ne lâche jamais. Ses fonctionnaires ont apprécié qu’il ne barguigne pas
son soutien de la retenue à la source. Il ne
laisse jamais une question parlementaire en souffrance. Résultat, les députés
l’adorent. On le surnomme « Darmalin »
(les retraités disent « Darmamoins »).
Bref, il fait tout pour faire mentir son
héros cinématographique Louis de
Funès dans « La Folie des grandeurs » :
« Qu’est-ce que je vais devenir ? Je suis
ministre, je ne sais rien faire. »
(
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