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Les Echos - 28 09 2018 - 29 09 2018

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AUJOURD’HUI
AVEC LES ECHOS
ACTIFS POUR LE FUTUR
www.ecofi.fr
#Patrimonia18
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 28, SAMEDI 29 SEPTEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
Les Echos
Week-End
Starbucks,
prisonnier
du café
L’ESSENTIEL
BUDGET : 80 % DES RETRAITÉS
PERDANTS, SELON L’OFCE
Les différentes mesures budgétaires prises par le gouvernement
devraient avoir un impact négatif
sur le pouvoir d’achat de 80 % des
retraités à l’horizon 2020, selon
une étude de l’OFCE. // P. 4
BEN SMITH PREND
AIR FRANCE EN DIRECT
Le patron canadien du groupe Air
France-KLM succède à Franck
Terner, démissionnaire, à la tête
de la compagnie pour une
période transitoire. // P. 18
ET « CRIBLE » P. 38
AIR LIQUIDE INAUGURE SON
CENTRE DE R&D À SACLAY
Le spécialiste des gaz industriels
a investi 50 millions d’euros pour
rénover son site de Saclay. Ce sera
le vaisseau amiral de sa R&D
dans le monde, avec 500 salariés,
dont 350 chercheurs. // P. 20
Dette :
les dangers
qui guettent
la France
l La dette publique flirte avec le seuil symbolique
de 100 % du PIB.
l Un grand écart préoccupant avec l’Allemagne.
l La dette privée suscite aussi des inquiétudes.
A
u 30 juin dernier, la dette publique française
était très proche de 100 % du PIB. Un seuil
symbolique. L’Insee donnera le chiffre
exact ce vendredi. Une chose est sûre, la France
connaît depuis dix ans une hausse continue de son
endettement. A court terme, rien de grave puisque
les taux d’intérêt sont bas et que la BCE, par ses
rachats de dettes souveraines, contribue à assurer la
solvabilité des Etats. A long terme, si les économistes
ne savent pas définir un seuil précis à partir duquel la
dette publique devient ingérable, cela posera des
problèmes. Aujourd’hui, c’est cependant la dette des
entreprises et des ménages qui inquiète les autorités.
La dette publique devrait commencer à baisser l’an
prochain, selon Bercy. Mais, de l’autre côté du Rhin,
elle devrait passer rapidement sous la barre des 60 %
du PIB. Une divergence problématique pour la zone
euro. D’autant que se joue une bataille importante en
Italie. Le ministre de l’Economie, Giovanni Tria, veut
présenter un budget rigoureux et ferraille avec la
coalition populiste au pouvoir, qui entend relancer
les dépenses. // PAGE 4, L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI PAGE 11
ET NOS INFORMATIONS PAGE 9
LE MONDIAL DE L’OPTIQUE
S’OUVRE DANS L’INQUIÉTUDE
À 20, 30 , 40, 50 ANS…
QUE FAIRE
DE SON
ARGENT ?
l LES SOLUTIONS FISCALES
l EMPRUNTER POUR UN PREMIER ACHAT
IMMOBILIER l LES PLACEMENTS RETRAITE
À PRIVILÉGIER l LES SECRETS D’UNE
TRANSMISSION À MOINDRE COÛT
Comment Accenture rebat
les cartes dans la publicité
Le sujet du reste à charge zéro
pour les lunettes et du plafonnement des remboursements de
montures à 100 euros au 1er janvier 2020 agite les fabricants.
// P. 27
CONSEIL En cinq ans, le géant du conseil a racheté une centaine
d’entreprises pour 5 milliards de dollars. Son PDG, Pierre Nanterme, exclut un rachat de Publicis mais pas d’autres opérations.
CARNET // P. 37
Joel Saget/AFP
Les Echos
PATRIMOINE
Simoncini :
Ses conseils
aux startuppeurs
// LE GRAND ENTRETIEN P. 15
Le nouveau prélèvement s’appliquerait indistinctement
aux camions étrangers et français. Photo Philippe Lopez/AFP
Le gouvernement divisé
sur la vignette poids lourds
Accenture trace sa voie dans le numérique, l’informatique dématérialisée (cloud) et les services relatifs à la
sécurité. Les résultats du quatrième trimestre clos au
31 août le confirment : ces nouvelles activités, baptisées
« The New », pèsent désormais pour 60 % du chiffre
d’affaires du géant du conseil. Et pour Pierre Nanterme, qui a fait pivoter le groupe et ses 450.000 salariés dans cette direction, ce n’est pas fini. « The New
représente plus de 20 milliards de dollars de chiffre
d’affaires, c’est déjà davantage que le chiffre d’affaires
total de la très grande majorité des acteurs du marché »,
clame le président-directeur général d’Accenture dans
un entretien aux « Echos ». Les développements dans
le marketing et la publicité du groupe de conseil en
management, technologies et externalisation ont fait
beaucoup de bruit. Au point que le marché anticipe
désormais un scénario de rachat d’un grand groupe de
communication comme Publicis par l’« ogre » du
conseil. Ce que Pierre Nanterme balaye d’un revers de
la main. « Non, nous n’avons pas l’intention de racheter
Publicis, assure-t-il. Même si nous sommes désormais
concurrents dans certains métiers, ce groupe a des activités qui n’ont pas vocation à être chez nous. Accenture a
pris une orientation clairement digitale. » // PAGE 24
Bruno Le Maire critique le projet
porté par le ministère des Transports.
FISCALITÉ La création d’une vignette poids lourds au nom de l’envi-
ronnement et du financement des infrastructures de transport ne
fait pas l’unanimité au sein de l’exécutif. Le ministre de l’Economie,
Bruno Le Maire, a manifesté jeudi ses réticences sans prendre de
gants : « Attention à ce réflexe systématique : dès qu’il y a un problème,
une nouvelle taxe », a-t-il prévenu. Une position qui complique
les arbitrages, attendus dans les jours à venir. // PAGE 2
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22791
110eANNÉE
38 PAGES
Antilles-Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 5,80 €. Espagne 4 €. Grande-Bretagne 6 £. Grèce 3,70 €. Italie 4 €
Luxembourg 6,10 €. Maroc 28 DH. Suisse
1 0,4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
Brexit :
le fantasme
d’un
nouveau vote
L’analyse
d’Alexandre Counis
A l’issue du congrès de Liverpool, les travaillistes n’excluent
plus un nouveau vote sur le
Brexit, donnant pour la première
fois corps au projet qui fait fantasmer depuis des mois certains
Remainers. Mais ses chances de
se réaliser restent, à ce stade, infimes, écrit notre correspondant
au Royaume-Uni, Alexandre
Counis. En cas de revirement
à une courte majorité, le pays
serait ingouvernable. // PAGE 11
Besoin
d’une nouvelle énergie
pour vos défis
d’entreprises ?
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02 //
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
FRANCE
« Name and shame », l’art
de piquer les entreprises
Macron cherche à faire pression sur les entreprises
pour qu’elles investissent et embauchent… tout en
sortant des figures imposées (et inefficaces) du passé.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
E
st-ce à bas bruit
que l’on fait bouger
les entreprises ?
Discrètement, deux mesures
viennent d’être adoptées
à l’Assemblée nationale,
destinées à renouveler l’art
de faire pression sur les
entreprises. Un amendement
à la loi Pacte de Bruno Le Maire
renforce le « name and
shame » pour celles qui ne
respectent pas les délais de
paiement à leurs fournisseurs.
Les entreprises sanctionnées
pourront ainsi voir leur nom
publié dans la presse locale
ou dans la presse nationale
pour les manquements les plus
graves. Bruno Le Maire vient
en outre de donner son feu vert
à la publication du salaire
médian dans les grandes
entreprises, un outil qui devrait
permettre de mesurer l’écart
entre basses et hautes
rémunérations et, donc,
de lutter contre les inégalités.
Deux outils, une même
philosophie : la transparence
peut devenir un moyen de
pression sur les entreprises. En
cette rentrée décevante sur le
plan économique, Emmanuel
Macron a deux convictions.
Il faut bousculer les entreprises
pour qu’elles fassent désormais
leur part du chemin. Il faut,
en même temps, renouveler
l’exercice. Ni la confiance
aveugle de la droite ni
le donnant-donnant frondeur
qui a tué le quinquennat
de François Hollande. Encore
moins ces échanges publics de
promesses avec le patronat qui
tournent immanquablement
au jeu de dupes. Alors quoi ?
Pour l’instant, c’est « le mec
de droite du gouvernement »,
comme se définit Bruno
Le Maire (« Paris Match ») qui
doit faire plier les entreprises.
Démarche macroniste pur jus !
« A l’occasion de la loi Pacte,
on met la balle dans le camp des
entreprises. On a fait un choc
de confiance avec la fiscalité
du capital et le Code du travail,
à elles maintenant de prendre
leurs responsabilités », dit-on
à l’Elysée. L’exécutif hausse
le ton. Transparence et nouvel
objet social de l’entreprise
dans Pacte. Pressions pour un
bonus-malus qui limiterait les
contrats courts chez Pénicaud.
Remontrances publiques
quand Renaud et Peugeot
n’honorent pas leurs
engagements dans GM & S.
Après le tapis rouge
aux entreprises à Versailles
ou à l’Elysée, l’heure est
aux piqûres ciblées, discrètes
mais douloureuses. Courante
aux Etats-Unis, la pratique
du « name and shame » est
particulièrement redoutée
en France. Peut-on mener
une politique « probusiness » sans pâtir d’une
image « pro-entreprises » ?
C’est le rêve de Macron.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Emmanuel Macron va bientôt
s’exprimer devant les Français
POLITIQUE Si l’Elysée se refuse à avancer toute date, Emmanuel
Macron devrait bien s’exprimer, dans les jours qui viennent
devant les Français via un média audiovisuel. Après un été marqué par l’affaire Benalla et une rentrée chaotique (démission de
Nicolas Hulot, départ programmé de Gérard Collomb, contestation des retraités, cassure dans l’opinion...), le chef de l’Etat est
très attendu. Après avoir élu un nouveau chef de file, les parlementaires de La République En marche estiment aussi que le
chef de l’Etat doit prendre la parole vu le contexte.
L’intégralité de l’article sur lesechos.fr
Assurance-chômage : FO ira négocier
mais posera des conditions
SOCIAL FO a accepté d’aller négocier la nouvelle réforme de
l’assurance-chômage, mais posera des conditions, a-t-on appris
jeudi auprès du syndicat, qui réunit son « parlement » depuis mercredi. L’exécutif demande aux partenaires sociaux de réviser les
règles de l’assurance-chômage et réclame entre 3 et 3,9 milliards
d’euros d’économies sur trois ans. La CFDT, la CFTC, la CFE-CGC
ont déjà dit « oui » à une négociation. La CGT se décidera mardi.
L’intégralité de l’article sur lesechos.fr
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
La taxe poids lourds sème
la zizanie au gouvernement
ENVIRONNEMENT
Le ministre de l’Economie a critiqué, jeudi, le
projet de vignette pour
les camions, poussé
par ses collègues des
Transports et de la
Transition écologique,
pour financer
notamment
les infrastructures.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Le projet de créer une vignette
poids lourds fait des remous au sein
même de l’exécutif. La ministre des
Transports, Elisabeth Borne, avait
évoqué, dès juillet 2017, la nécessité
de « faire contribuer au financement
de nos infrastructures […] les flux de
camions qui transitent par nos territoires » et elle a depuis réaffirmé
cette idée à intervalles réguliers.
Cette proposition a été reprise,
dimanche, par le ministre de la
Transition écologique, François de
Rugy, qui met en avant les impératifs environnementaux. Sans susciter de réaction chez ses collègues du
gouvernement.
Mais, alors que des annonces
sont attendues dans les jours à
venir, le ministre de l’Economie,
Bruno le Maire, a manifesté, jeudi,
ses réticences sans prendre de
gants. « Je n’aime pas trop […] les
nouvelles idées de taxes, je les prends
toujours avec beaucoup de précaution », a-t-il déclaré sur franceinfo.
« Qu’on regarde comment les poids
lourds étrangers, qui traversent le
territoire et qui par définition abîment les routes et polluent, puissent
être mis à contribution, ça ne me
dérange pas. » Mais « attention à ce
réflexe systématique : dès qu’il y a un
problème, une nouvelle taxe », a-t-il
ajouté. Cette sortie complique les
Le nouveau prélèvement s’appliquerait indistinctement aux camions étrangers et français,
car tout traitement différencié serait retoqué par Bruxelles. Photo Richard Damoret/RÉA
derniers arbitrages sur le sujet, que
la ministre des Transports annonçait d’ici à fin octobre, mais qui
devraient en réalité être connus
bien avant cette échéance. Après le
fiasco de l’écotaxe, qui avait vu le
gouvernement Ayrault capituler
devant l’alliance de circonstance
des « bonnets rouges » bretons et
des transporteurs routiers, la
ministre des Transports a pris le
temps pour mûrir son projet et préparer les esprits.
Pour l’heure, une seule chose est
calée : le niveau de recettes attendu.
Dévoilée, il y a deux semaines, la trajectoire des investissements dans
les infrastructures pour la décennie
à venir est conditionnée par « la
mobilisation de ressources nouvelles
à hauteur de 500 millions par an » à
partir de 2020. Autre certitude : le
nouveau prélèvement s’appliquerait indistinctement aux camions
étrangers et français, même si quelques maladresses d’expression ont
pu laisser croire ces derniers jours
que seuls les seconds seraient concernés. Le gouvernement le sait
bien, tout traitement différencié
serait retoqué par Bruxelles.
L’option d’une vignette
tient la corde
Pour contourner les réticences
régionales, le gouvernement a
d’abord songé à la possibilité d’instaurer des prélèvements au cas par
Je n’aime pas trop
[…] les nouvelles
idées de taxes, je les
prends toujours
avec beaucoup
de précaution. »
BRUNO LE MAIRE
Ministre de l’Economie
cas sur certaines routes nationales.
L’option d’une vignette temporelle
au niveau national, plus simple et
plus apte à générer rapidement des
recettes importantes, tient désormais la corde. Même s’il s’agit d’un
pis-aller sur le plan environnemental, puisque les camions acquitteront tous la même somme, alors
que, avec la défunte écotaxe, les
montants à payer devaient être calculés en fonction de l’usage.
Pour Florence Berthelot, déléguée générale de la FNTR, la principale organisation patronale du
transport routier, l’argument écologique n’est qu’un prétexte pour
taxer une nouvelle fois la route. Elle
salue la sortie de Bruno Le Maire, en
plaidant qu’une vignette risque de
réduire à néant les marges du secteur : « Ce dont nous avons besoin,
c’est de la visibilité, et non pas que le
gouvernement invente un alibi à chaque nouveau prélèvement », avancet-elle. n
Face aux élus, Philippe ne lâche rien
sans les préciser. Le Premier ministre devait fortement penser à
l’assouplissement des embauches
de contractuels que le Conseil constitutionnel a censuré cet été et que
les dirigeants de collectivités ont
bien évité de soutenir.
COLLECTIVITÉS
LOCALES
Devant le Congrès
des Régions, jeudi,
à Marseille, le Premier
ministre a répondu
point par point
aux critiques
des associations d’élus.
Hypocrisie
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
et Matthieu Quiret
@Mquiret
Il a tenu à répondre à l’appel de Marseille, ce texte commun aux trois
grandes associations d’élus locaux
(ARF, AMF et ADF) contre le gouvernement publié la veille. Edouard
Philippe s’est déplacé jeudi dans la
cité phocéenne au Congrès des
Régions de France. « Très heureux
d’être là », a-t-il lancé, plein d’ironie
grinçante, face à l’assemblée,
« accueilli par des amis ». Des élus
issus pour beaucoup de la même
famille politique que l’ex-maire
du Havre. Dans la même veine, le
Premier ministre, visiblement
agacé, a jugé que l’appel des élus « ne
manque pas de style, d’allure, mais
peut-être un peu de nuances… ».
Face à l’accusation de « recentralisation massive », le Premier ministre
a martelé que « personne, et surtout
pas le gouvernement », ne veut revenir sur la décentralisation. « Le sujet
des relations entre l’Etat et les collectivités est suffisamment sérieux et
important pour qu’il exige autre
chose qu’un débat infondé sur une
volonté de recentralisation ou d’ultra-
Le Premier ministre, à Marseille, jeudi. Photo Christophe Simon/AFP
centralisation », a-t-il insisté. Et puis,
assurant vouloir toujours être dans
le « dialogue », Edouard Philippe a
tenté de répondre point par point
aux élus, pour « rassurer », mais
sans rien lâcher sur le fond.
Sur les efforts demandés aux collectivités et notamment la contractualisation financière autour de
laquelle les relations se sont envenimées, Edouard Philippe a assuré
qu’il ne les niait pas, mais que celui
de l’Etat était plus important
(hausse des dépenses de fonctionnement de 1,2 % pour les collectivités et
0,7 % pour l’Etat). Il a aussi parié que
« personne ne reviendra sur ce système de contractualisation financière, que l’on peut encore améliorer ». Le Premier ministre n’a pas
hésité au passage à faire un coup de
bluff, assurant que la Cour des
comptes préférait dans son rapport
de mardi le système de la contractualisation que la baisse des dotations du quinquennat précédent,
l’exact opposé des propos très clairs
des magistrats financiers.
L’ancien maire du Havre a rappelé le refus des présidents de
région de venir discuter lors de la
dernière Conférence nationale des
territoires de l’avenir des fonds
européens, menacés de baisse à
cause du Brexit. « C’est pourtant
unis que l’Etat et les régions pourront
se faire entendre de Bruxelles. » Il a
dénoncé aussi les perches que n’ont
pas su saisir les élus locaux sur la
réforme de la fonction publique,
Edouard Philippe aurait aussi pu
évoquer le dossier de la régularisation du temps de travail des fonctionnaires territoriaux. Le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt avait
annoncé dans « Les Echos » que sa
réforme de la Fonction publique
l’an prochain ferait tomber les
accords locaux signés avant la loi
Aubry de 2001 permettant de déroger aux 1.607 heures légales de travail par an. Bercy confirme aussi
que les autorisations d’absence de
droit (événements familiaux,
notamment) devraient être harmonisées, une négociation en cours.
Mercredi, le gouvernement a fait
connaître le chiffrage du nombre
d’emplois qu’économiseraient les
employeurs publics locaux en appliquant le temps de travail légal :
32.000 équivalents temps plein. Soit
la moitié de la baisse des effectifs de
la fonction publique territoriale
ciblée sur le quinquennat. Un haut
fonctionnaire territorial, qui négocie le dossier, raconte que les élus
locaux font preuve sur le sujet d’une
vraie hypocrisie. « Ils attendent de
l’Etat qu’il impose cette régularisation
source d’économies, mais, à un an des
municipales, ils ne risquent pas de
soutenir le projet ouvertement. »
(
L’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 11
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04 // FRANCE
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
Les vrais dangers d’une dette
à 100 % du PIB
l La dette publique pourrait temporairement avoir dépassé
la barre symbolique des 100 % du PIB au deuxième trimestre.
l A court terme, l’inquiétude réside plus dans la dynamique des crédits
aux ménages et aux entreprises que dans l’endettement de l’Etat.
Budget : 80 % des
retraités perdants
en pouvoir d’achat,
selon l’OFCE
FINANCES
PUBLIQUES
Guillaume de Calignon
@gcalignon
La dette publique française frôle
désormais dangereusement la barre
de 100 % du PIB. Depuis que l’Insee a
requalifié SNCF Réseau en administration publique, elle intègre en totalité le passif de la SNCF, soit 35 milliards d’euros. Ce qui l’a fait grimper
de 1,7 point de PIB, à 98,5 % fin 2017.
Ce vendredi, l’Insee donnera le montant de la dette publique à la fin
juin 2018, et il pourrait bien se rapprocher encore plus de ce fameux
seuil symbolique des 100 %, voire le
dépasser.
La perte moyenne sera de 400 euros par an dans deux ans
pour l’ensemble des retraités. Photo Berti Hanna/RÉA
SOCIAL
Selon une étude du
centre de recherche,
79 % des retraités
verront leur pouvoir d’achat amputé
à l’horizon de 2020
du fait des mesures
du gouvernement.
Une dette publique à 98,7 %
du PIB en fin d’année
« Il est possible que, temporairement, la barre psychologique de
100 % du PIB soit dépassée en raison
de l’aspect cyclique de la dette publique au cours d’une année. En revanche, la dette publique ne devrait pas
passer au-dessus de ce seuil, ni à la
fin de l’année 2018 ni à la fin de
l’année prochaine, qui sont les dates
qui comptent pour la Commission
européenn e » , affirm e Denis
Ferrand, le directeur général de
COE-Rexecode. Le gouvernement
prévoit, dans son projet de loi de
finances 2019, une dette publique
de 98,7 % à la fin de cette année, et
presque autant (98,6 %) dans un an.
A partir de 2020, la réduction du
déficit budgétaire et une croissance
relativement forte devraient permettre de la faire baisser plus vite.
Si néanmoins celle-ci passe la
barre des 100 % du PIB, que va-t-il se
passer ? A court terme, pas grandchose. « Il n’existe pas de seuil clair à
partir duquel la dette publique devient
véritablement un problème ingérable,
estime Xavier Timbeau, économiste
à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Ce qui ne
veut pas dire que la dette publique n’a
pas d’impact sur la croissance. »
En absorbant une partie importante des ressources financières
de l’Etat en paiement des intérêts,
la dette publique peut peser petit à
petit sur les investissements
nécessaires. La charge de la dette
peut aussi pousser l’Etat à prélever
des impôts élevés, ce qui, là encore,
limite la croissance. Et l’économie
française est de plus en plus vulnérable à une hausse des taux d’intérêt à terme et est, de ce fait, dépendante du programme de rachat de
dettes souveraines de la Banque
centrale européenne (BCE).
Les taux d’intérêt restent
très faibles
Mais « comme les taux d’intérêt
restent très faibles, il n’y a pas
aujourd’hui d’effet boule de neige sur
la dette publique », rappelle Denis
Ferrand. Le taux implicite du stock
de la dette de l’Etat, dont la maturité
moyenne est de près de 8 ans,
devrait être de l’ordre de 2 % en
2018, selon l’Agence France Trésor,
qui la gère. Tant que les taux de
marché actuels restent bas il n’y a
35
MILLIARDS D’EUROS
C’est la totalité du passif
de la SNCF, intégrée à la dette
publique depuis que l’Insee
a requalifié SNCF Réseau
en administration publique.
pas d’emballement en vue puisque
les nouveaux emprunts se font toujours à des taux très inférieurs.
Sur les marchés, cette semaine, le
taux à 8 ans sur les emprunts de
l’Etat français s’établissait à 0,45 %
environ, alors que les emprunts qui
arrivent à échéance l’an prochain
ont été contractés à 2,40 % en
moyenne. Et on ne voit aucune tension sur la dette française, preuve
que les investisseurs ont encore
confiance dans l’Etat ou dans la
politique de la BCE.
Du reste, le gouvernement prévoit que la charge de la dette devrait
progresser modérément l’an prochain, à 42,1 milliards d’euros. En
2018, il y a bien une hausse de la facture de 500 millions par rapport
aux estimations de la loi de finances initiale (41,2 milliards), mais
cela est dû à l’inflation résurgente
qui renchérit le coût des obligations indexées sur cet indicateur.
Les signes de tension pourraient
plutôt venir de la dette privée.
Depuis un an, la Banque de France
s’inquiète de l’endettement des
entreprises qui continue à grimper. Fin mars, cette dette représentait près de 73 % du PIB, un ratio
plus élevé que chez nos voisins
et largement au-dessus de la
moyenne de la zone euro (61 %). De
la même façon, la dynamique de
l’endettement des ménages, et
notamment celle des crédits
immobiliers, est forte. Pour le Haut
Conseil de stabilité financière
(HCSF), l’évolution du marché des
prêts à l’habitat justifie d’ailleurs
une « vigilance renforcée ».
(
Lire l’éditorial
de Jean-Marc Vittori
Page 11
Entre la France et l’Allemagne, un fossé problématique
De l’autre côté du Rhin,
la dette publique devrait
frôler, voire passer en
dessous de la barre des 60 %
du PIB. L’Allemagne paraît
armée pour faire face
à la prochaine récession.
La divergence des dettes publiques
françaises et allemandes est frappante et elle pourrait bien poser des
problèmes à la zone euro lors de la
prochaine récession. Dans son dernier bulletin économique d’août, la
banque centrale allemande, la Bundesbank, estimait que la dette
publique « décroît et devrait approcher le seuil de 60 % du PIB d’ici à la
fin de l’année ». L’écart serait alors
de 40 points de PIB avec la France,
où elle atteindrait 98,7 % du PIB en
fin d’année.
Une baisse dès 2010
Le fossé pourrait encore se creuser
au cours des prochaines années,
puisque l’Allemagne réduit sa dette
publique à un rythme de l’ordre de
4 points de PIB par an, alors que
l’Hexagone ne la baissera que de
6 points au cours des quatre prochaines années, selon les prévisions
du gouvernement. Pour mémoire,
en 2006, rapportée au PIB, la dette
publique était moins élevée de ce
côté-ci du Rhin !
L’Allemagne a réussi à baisser sa
dette publique dès la sortie de crise,
en 2010, alors que la France ne
devrait commencer à baisser la
sienne que l’an prochain. Cela
s’explique en partie par la démographie, plus dynamique de ce côté-ci
du Rhin et qui pousse les Français à
investir, alors que le vieillissement
Les plus modestes
devraient
être épargnés.
Renaud Honoré
@r_honore
Emmanuel Macron l’a clairement annoncé : il faut « arrêter
d’emmerder les retraités ». Las ! Il
semble que cette mise en garde
présidentielle au ton fleuri arrive
un peu tard pour le porte-monnaie de ces derniers. Une étude
de l’OFCE, parue ce jeudi, confirme que les différentes mesures prises depuis un an par le
gouvernement envers cette catégorie de la population vont ponctionner son pouvoir d’achat :
ainsi, 80 % des ménages comptant au moins une personne
retraitée seront perdants à l’horizon de2020. Au global, la perte
moyenne sera de 400 euros par
an dans deux ans pour l’ensemble des retraités. « La politique du
gouvernement aura des effets
massifs qui feront beaucoup de
perdants, même si les plus fragiles
semblent protégés », affirme
Pierre Madec, économiste à
l’OFCE et auteur de l’étude.
La désindexation
des pensions
a un effet massif
sur les revenus
des retraités.
Pour garder
la confiance des
marchés financiers,
l’Hexagone pourrait
être obligé de faire des
efforts budgétaires au
plus mauvais moment.
Emmanuel Macron et Angela Merkel, lors d’un sommet
franco-allemand, en juin dernier. Photo Ludovic Marin/AFP
de leur population incite les Allemands, obnubilés par le paiement
des retraites, à épargner. Mais cela
n’explique qu’une partie de la différence. Les dépenses publiques,
même hors retraite, restent bien
supérieures en France.
De façon étonnante, cette réduction de la dette allemande a, à court
terme, un petit avantage pour la
France en lui permettant de se financer plus facilement sur les marchés.
Elle entraîne « une rareté sur les marchés financiers d’obligations publiques qui a pour effet de pousser les
investisseurs à se reporter sur la dette
française, jugée plus sûre que les
emprunts italiens ou espagnols »,
explique Xavier Timbeau, économiste à l’Observatoire français des
conjonctures économiques (OFCE).
Mais, au-delà de cet effet temporaire, le problème fondamental que
pose la divergence dans la dynamique des dettes publiques, c’est que la
France, tout comme les pays du sud
de l’Europe, aura beaucoup de mal à
faire face à la prochaine récession
qui ne manquera pas d’arriver tôt ou
tard. L’Allemagne, elle, sera armée
en cas de choc sur la demande, puisqu’elle disposera de marges de
manœuvre budgétaires, ce qui ne
sera probablement pas le cas de la
France. Et c’est là que tout se compliquera. Car pour garder la confiance
des marchés financiers, l’Hexagone
pourrait être obligé de faire des
efforts budgétaires au plus mauvais
moment. L’an prochain, avec un
déficit public prévu à 2,8 % du PIB, la
France devrait d’ailleurs être le pays
de la zone euro à afficher les comptes publics les plus dégradés, devant
l’Espagne et l’Italie. — G. C.
Pour parvenir à ce résultat, le
centre de recherche, classé à
gauche, a repris toutes les mesures égrenées par l’équip e
d’Edouard Philippe depuis un
an. On retrouve ainsi la hausse
de la CSG en 2018, le récent coup
de pouce à 300.000 retraités
pour les exempter, mais aussi
la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des Français, la
forte revalorisation du minimum vieillesse et surtout la
revalorisation a minima
(+0,3 %) des pensions pour 2019
et 2020. A cela, l’OFCE a également ajouté la moindre revalorisation des APL (aides personnelles au logement) qui concernera
aussi les retraités.
Impact dominant du
quasi-gel des pensions
Comment cela se traduit-il pour
le porte-monnaie des retraités ?
On s’aperçoit que la part de perdants grandit chaque année
entre 2018 et 2020 : ils représentent 62 % des ménages comptant au moins un retraité cette
année, puis 73 % l’an prochain et
enfin 79 % dans deux ans. Même
évolution en montants sonnants et trébuchants : la perte
moyenne par année n’est que de
20 euros en 2018, puis de
200 euros en 2019 et de
400 euros en 2020.
Ces chiffres traduisent
l’impact dominant de la
mesure de quasi-gel des pensions annoncée fin août par
Edouard Philippe. L’étude
détaille ainsi le sort des 79 % de
ménages perdants d’ici à deux
ans. Leur perte moyenne est
estimée à 700 euros à cet horizon. Or, cette perte s’explique
quasi uniquement par la désindexation des pensions, puisque
la suppression de la taxe d’habitation fait plus que compenser
la hausse de la CSG, conformément à ce que promettait le
gouvernement.
Niveau de perte
discutable
Toutefois, le niveau exact de
perte pourra être discuté.
L’OFCE se base en effet sur une
inflation à 1,6 % les deux années,
alors que l’exécutif estime
qu’elle devrait se réduire à 1,3 %
en 2019, ce qui devrait réduire la
perte liée à la désindexation. Par
ailleurs, cette moyenne est tirée
vers le haut par les 10 %de
ménages les plus aisés (le 10e
décile en jargon statistique) qui
affichent une perte moyenne de
1.270 euros. Or, l’étude ne tient
pas compte de la réforme de la
fiscalité du capital (ISF, flat tax)
qui devrait leur bénéficier.
Du côté des gagnants − ils
représenteront 21 % de cette
population en 2020 −, le gain
moyen serait de 700 euros en
moyenne. Ces ménages bénéficieront à plein de la suppression de la taxe d’habitation mais
aussi de la forte revalorisation
du minimum vieillesse. Cela
explique que les 20 % de ménages les plus modestes ne pâtiront pas, en moyenne, des réformes du gouvernement. « En
revanche, au-dessus de ce seuil, il
y a au moins 80 % de perdants
dans les ménages », souligne
Pierre Madec.
Cette étude devrait nourrir le
débat déjà soutenu autour du
pouvoir d’achat. Sur les retraités, la majorité fait valoir que
d’autres mesures devraient
aussi être prises en compte,
notamment la réforme du
« reste à charge zéro » sur les
soins dentaires, auditifs et optiques qui devrait largement
bénéficier à cette catégorie de
population. Mais le sort fait
aux retraités complique le
message gouvernemental, qui
promet depuis quelques
jours une baisse d’impôts de
6 milliards à tous les Français
en 2019 grâce à ses mesures
budgétaires. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
Le système de santé français est loin d’être
considéré comme le meilleur en Europe
SANTÉ
Selon un sondage Ipsos
pour la Convention
on Health Analysis
and Management,
les systèmes d’Europe
du Nord devancent
le modèle hexagonal.
Les Européens
interrogés se disent
favorables à la création
d’un Institut européen
des données de santé.
Etienne Lefebvre
@e_lefebvre
Edouard Philippe se rend ce vendredi à Chamonix pour assister à
un colloque sur « l’Europe de la
santé », organisé par la Convention
on Health Analysis and Management (CHAM). Le Premier ministre,
qui entend vanter la réforme du système de santé français récemment
annoncée, pourra se rendre compte,
à la lecture de l’enquête Ipsos réalisée
pour le CHAM, que le modèle hexagonal est loin d’être plébiscité en
Europe.
La Suède largement en tête
Les personnes interrogées dans cinq
pays (France, Allemagne, Pays-Bas,
Pologne, Italie) placent la Suède (avec
36 %), l’Allemagne (24 %), le Danemark (11 %) et les Pays-Bas (10 %)
devant la France (9 %), quand on leur
demande quel est le pays qui a le
meilleur système de santé. Même
parmi les Français interrogés, la
France est challengée par la Suède.
Autre enseignement : près de la
moitié des personnes sondées considèrent que le système de santé de
leur pays s’est détérioré ces dix dernières années, contre 21 % qui jugent
Des propositions chocs
pour évaluer les élèves
et les professeurs
ÉDUCATION
Un rapport parlementaire publié jeudi livre
des pistes pour mettre
en œuvre une évaluation renforcée des
élèves, des enseignants
et des établissements.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Le chef du gouvernement, Edouard
Philippe, avait donné le « la » en
plein mois d’août en annonçant,
avec le ministre de l’Education,
Jean-Michel Blanquer, la création
d’une « instance » d’évaluation du
système éducatif pour 2019.
On a désormais une idée de ce à
quoi elle pourrait ressembler. Un
rapport, coécrit par les députés
Marie Tamarelle -Verhaeghe
(LREM) et Régis Juanico (ex-PS) et
publié jeudi, fait douze propositions
chocs qui sont autant de pistes pour
mettre en œuvre cette proposition
phare du candidat Macron durant la
campagne présidentielle. Le rapport
ne va pas jusqu’à suggérer la création
d’une « agence du diagnostic et de
l’accompagnement », comme le souhaitait alors l’entourage d’Emmanuel Macron, mais il colle parfaitement au souhait du ministre de
l’Education d’instaurer « une culture » de l’évaluation.
Des enseignants évalués
par les directeurs d’école
Pour les deux rapporteurs, la future
instance d’évaluation, qui doit être
créée par une loi début 2019, pourrait
s’appuyer sur l’actuel Conseil national d’évaluation du système scolaire
(Cnesco). Mais son organisation
serait revue, avec « un programme
pluriannuel d’évaluation », un budget propre et, à sa tête, une personne
nommée par le Premier ministre.
L’analyse tranche avec celle de la
Cour des comptes, qui avait été très
critique envers le Cnesco.
Les parlementaires suggèrent
d’évaluer les enseignants différemment : ils le seraient en partie par les
directeurs d’école, alors que les inspecteurs sont aujourd’hui leurs
seuls supérieurs hiérarchiques. Ils
le seraient aussi plus souvent, audelà des trois rendez-vous de carrière actuels, et pourraient l’être à
leur demande. Ceux qui sont « particulièrement investis » verraient
leur déroulement de carrière
« Ce n’est pas très
agréable pour la
France d’avoir des
évaluations qui
viennent de
l’extérieur et qui
font, de temps en
temps, l’effet d’une
douche froide.
Je préfère que
nous ayons notre
propre système
d’évaluation. »
JEAN-MICHEL BLANQUER
Ministre de l’Education
nationale
s’accélérer. Et s’ils mettent en œuvre
« les bonnes pratiques », ils pourraient devenir formateurs de leurs
collègues, « en contrepartie d’un service d’enseignement réduit ».
« Objectifs opérationnels »
L’évaluation des écoles et collèges
consisterait en une phase d’autoévaluation au moins tous les cinq
ans, ou après chaque changement
de directeur ou de chef d’établissement. Ces évaluations seraient centrées sur des objectifs à réaliser,
contenus dans le projet d’école ou
d’établissement.
Après cette première phase, des
évaluateurs externes seraient chargés de publier un rapport qui ferait
des recommandations pour rectifier
le tir sur ce qui pose problème.
Parents d’élèves, anciens élèves, inspecteurs, personnels de direction et
chercheurs feraient partie de ces
évaluateurs externes. Il en découlerait un nouveau projet d’école ou
d’établissement, avec des « objectifs
opérationnels », un plan de formation continue, voire l’expérimentation d’une nouvelle organisation
pédagogique.
Concernant l’évaluation des élèves, enfin, le rapport préconise de les
évaluer en français et en mathématiques au début de chaque cycle
d’enseignement à l’école et au collège
(CP, CM1, cinquième). Soit un positionnement différent des évaluations
actuelles (CP, CE1, sixième, seconde).
« Il faut faire tomber les peurs sur
l’évaluation », insiste Marie Tamarelle-Verhaeghe. Au vu des remous que
suscitent les évaluations en cours au
primaire, il reste du chemin à faire. n
qu’il s’est amélioré. Le pessimisme
est plus marqué en France (59 % évoquent une détérioration), en Allema-
Près de la moitié
des personnes
sondées considère
que le système
de santé de leur pays
s’est détérioré ces
dix dernières années.
gne et aux Pays-Bas, qui sont aussi
des pays où, malgré ces reculs, les
citoyens estiment que leur système
de santé reste nettement meilleur
que la moyenne européenne.
La construction d’une Europe de
la santé peut-elle être une réponse ?
La santé publique relève avant tout
de la compétence nationale : l’action
de l’UE complète les politiques nationales, mais ne les remplace pas.
Faut-il une Haute Autorité de santé
européenne, un seul régulateur
pour les médicaments, ou encore
des formations médicales homogénéisées ? Autant de questions qui
seront abordées lors de ce colloque.
Dans l’enquête Ipsos, les personnes interrogées se disent assez
sceptiques sur les atouts actuels
de l’Europe pour améliorer
l’ensemble des systèmes de santé.
Ils se disent néanmoins favorables
à un accroissement des collaborations européennes, particulièrement en matière de recherche
médicale et de formation. Ils plébiscitent ainsi l’idée d’une harmonisation des études de médecine (à
90 %), mais aussi la création d’un
dossier médical européen (84 %)
− alors que la France peine depuis
quinze ans à établir son propre
projet… − et celle d’un Institut
européen des données de santé
(82 %) pour améliorer la prise en
charge des malades. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ALLEMAGNE : INFLATION
À 2,3 % EN SEPTEMBRE
ÉTATS-UNIS : LE PIB
À 4,2 % AU 2E TRIMESTRE
La hausse des prix
à la consommation en
Allemagne s’est amplifiée,
à 2,3 % sur un an en
septembre, après s’être calée
pendant deux mois à 2,0 %,
selon des chiffres provisoires
publiés jeudi par l’office
fédéral des statistiques.
Cette hausse est due à
l’envolée des prix de l’énergie
(+7,7 %) en septembre.
La croissance américaine
a atteint 4,2 % en rythme
annualisé au deuxième
trimestre, son rythme le plus
soutenu en près de quatre
ans, confirme la troisième
estimation du PIB publiée
jeudi par le département
du Commerce. L’objectif
de 3 % de croissance fixé
par l’administration Trump
demeure atteignable.
31
MILLIONS D’EUROS
Les autorités douanières
ont saisi l’an dernier
aux frontières
de l’Union européenne
31 millions de produits
contrefaits, d’une valeur
de 580 millions d’euros,
a annoncé jeudi
la Commission européenne.
Les conflits se multiplient
entre Pékin et Washington
l Donald Trump dénonce l’ingérence politique de Pékin.
l Les tensions militaires s’amplifient entre les deux pays.
COMMERCE
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
La tension monte entre Washington
et Pékin. Alors que les deux premières puissances mondiales s’enfoncent dans la guerre commerciale,
Donald Trump accuse la Chine de
s’immiscer dans la politique américaine et « d’interférer » dans les élections de mi-mandat.
« Ils ne veulent pas que je gagne, ou
que nous gagnons, parce que je suis le
premier président à défier la Chine
sur les échanges », a-t-il lancé depuis
le Conseil de sécurité de l’ONU mercredi. La Chine chercherait à mobiliser contre lui l’électorat des agriculteurs : « Ils ont admis qu’ils s’en
prenaient aux agriculteurs, a-t-il
détaillé plus tard lors d’une conférence de presse. Si vous regardez le
“Des Moines Register” [journal de
l’Iowa, un Etat agricole, NDLR], ils
ont des publicités faites pour être confondues avec des éditoriaux. Qui
disent : “Il faut arrêter Trump, vous
devez l’arrêter. Vous devez voter
contre lui”. Mes agriculteurs sont
incroyables, ce sont des patriotes. »
Trump a admis douter désormais
de sa relation personnelle avec
Xi Jinping. « Il n’est peut-être plus
mon ami », a-t-il lâché.
La réplique de Pékin a été aussi
vive que rapide : la Chine a toujours
adhéré au principe de non-ingérence et espère que les autres pays
fassent de même, a réagi le ministre
des Affaires étrangères chinois,
Wang Yi, dénonçant des « accusations infondées ». Donald Trump
accuse Pékin de tenter de le déstabiliser politiquement en taxant des produits originaires d’Etats clefs pour le
prochain scrutin. Et de fulminer devant l’encart de quatre pages
du « China Daily » – l’organe de
presse de Pékin en langue anglaise –
dans le journal local de l’Iowa « The
Des Moines Register », s’adressant
directement aux agriculteurs au
cœur de l’électorat républicain.
Terrains glissants
Le ton monte entre les deux capitales alors que de nouvelles taxes sont
entrées en vigueur lundi et qu’aucune
issue au conflit ne se dessine. Pékin
refuse de négocier avec « le couteau
Comment le Japon
a été forcé de négocier
Le président américain
aurait menacé d’appliquer
des tarifs douaniers sur les
importations de voitures de
constructeurs japonais, très
présents aux Etats-Unis.
Yann Rousseau
— Correspondant à Tokyo
Shinzo Abe a cédé. Résistant depuis
des années à l’ouverture de négociations commerciales bilatérales avec
les Etats-Unis, le Premier ministre
japonais a finalement dû accepter
mercredi à New York, en marge de
l’Assemblée générale annuelle des
Nations unies, de lancer des pourparlers formels avec Washington.
« C’est quelque chose que, pour diverses raisons au cours des années, le
Japon n’était pas disposé à faire,
mais maintenant il l’est. Nous sommes donc très heureux à ce propos, et
je suis sûr que nous aboutirons à une
conclusion satisfaisante », a commenté Donald Trump lors d’un
entretien avec Shinzo Abe.
Le dirigeant japonais estime qu’il
n’a rien à gagner d’un accord avec
les Etats-Unis et redoute de les voir
demander une ouverture trop large
de certains des marchés qu’il
s’efforce de protéger depuis des
années. S on gouvernement a
d’ailleurs expliqué qu’il ne prévoyait
pas de céder plus qu’il ne l’avait déjà
fait, dans le cadre de la négociation
du Partenariat transpacifique
(TPP). En particulier pour ce qui
concerne les produits de l’agriculture, de la forêt et de la pêche.
Dans les prochains mois, les agriculteurs américains ne devraient
donc profiter que des tarifs douaniers préférentiels accordés aux
autres pays membres du TPP. Au
total, le pacte comprend, avec le
Japon, onze nations dont le Canada,
l’Australie, le Chili, la Malaisie ou
encore le Vietnam.
Pour faire plier Shinzo Abe,
Donald Trump l’aurait menacé de
sanctionner lourdement les constructeurs automobiles nippons, qui
tiennent 40 % du marché américain. Les Etats-Unis devraient prochainement imposer de nouvelles
taxes sur les voitures importées en
vertu de la Section 232 de la loi sur le
commerce de 1962 (Trade Expansion Act).
Catastrophique
Or, les géants japonais ne fabriquent actuellement aux Etats-Unis
que la moitié des véhicules qu’ils
vendent sur place. Le reste provient,
à hauteur de 20 %, de pays tiers
comme le Mexique ou est directement importé depuis le Japon
(30 %). De nouveaux tarifs douaniers annoncés à 25 %, sur ces
modèles ne bénéficiant pas du label
Made in America, seraient catastrophiques pour les constructeurs.
S’adressant à la presse, Shinzo
Abe a expliqué que la perspective
d’un accord commercial avec les
Etats-Unis allait permettre aux
entreprises nippones d’échapper
aux actions lancées au nom de
la Section 232. Une promesse
d ’e x e m p t i o n s i m i l a i r e a é t é
accordée en début de semaine
aux entreprises sud-coréennes.
Les grandes marques japonaises
ont vu jeudi leurs titres progresser
sur la place de Tokyo.
L’action de Subaru, dont l’essentiel des ventes se fait aux Etats-Unis,
s’envolait de 3 %. Toyota affichait
une hausse de 0,5 % quand Mazda
profitait d’une poussée de 1,2 %. n
« Ils ne veulent
pas que je gagne, ou
que nous gagnons,
parce que je suis
le premier président
à défier la Chine
sur les échanges. »
DONALD TRUMP
Président américain
sous la gorge » et a dénoncé les
« méthodes de voyou » employées par
Washington, dans un Livre blanc
publié lundi. Surtout, le bras de fer
entre Washington et Pékin s’est
déplacé sur d’autres terrains glissants. Avec notamment une résurgence des tensions militaires. Des
bombardiers américains ont survolé, ces derniers jours, la mer de
Chine, tandis que le chef du Pentagone, Jim Mattis, a critiqué le renforcement des positions militaires de
Pékin sur des îlots disputés.
Précédemment, Pékin a fustigé un
projet de ventes d’armes américaines
à Taïwan ou encore la décision de
Washington de sanctionner financièrement une agence militaire chinoise pour avoir acheté du matériel
russe. En représailles, la Chine vient
symboliquement de refuser une
escale d’un navire de l’US Navy à
Hong Kong et a rappelé un amiral
chinois en visite aux Etats-Unis.
L’administration de Donald
Trump a ouvert encore d’autres
fronts, en dénonçant publiquement
– et avec une fermeté inhabituelle – le
sort des musulmans ouïgours « détenus contre leur gré » dans la province
du Xinjiang ou encore en accusant la
Chine de « compliquer les choses » sur
le dossier nord-coréen.
« Donald Trump cherche clairement à accentuer la pression sur la
Chine de manière quasi exclusive,
observe Jean-Pierre Cabestan, sinologue et professeur à l’Université baptiste de Hong Kong. Plusieurs fronts
s’ouvrent car la compétition est
globale. Les Etats-Unis cherchent à
contenir la montée en puissance de la
Chine. Au-delà de la guerre commerciale, les deux pays se dirigent vers une
guerre froide, chacun souhaitant également défendre son propre modèle
idéologique. » n
Le ton monte entre le président américain, Donald Trump,
et son homologue chinois, Xi Jinping. Nicolas Asfouri//AFP
Le commerce mondial plie mais ne rompt pas
L’Organisation mondiale
du commerce a abaissé
d’un demi-point, à 3,9 %,
ses prévisions de croissance
des échanges commerciaux.
Richard Hiaul
@RHIAULT
Ce n’est pas encore la catastrophe
annoncée, mais une tendance s’installe. Les tensions commerciales
entre les Etats-Unis, la Chine et
l’Union européenne n’ont pas
plongé le commerce international
dans le marasme que certains
redoutent. L’Organisation mondiale du commerce (OMC), en
publiant de nouvelles prévisions de
croissance des échanges commerciaux, s’attend à ce que la hausse des
échanges atteigne 3,9 % cette année
et 3,7 % en 2019.
C’est cependant moins qu’espéré
en avril dernier où l’Organisation
prévoyait un accroissement de
4,4 % des échanges. L’impact direct
des différents relèvements des
droits de douane, aux Etats-Unis, en
Chine et dans l’Union européenne,
« a été modeste jusqu’à ce jour »,
observent les économistes de
l’OMC. « Mais l’incertitude générée
pourrait déjà avoir eu un effet sur les
dépenses d’investissement » des
entreprises.
A cela s’ajoutent d’autres facteurs
qui pourraient déstabiliser le commerce mondial. Le relèvement des
taux d’intérêt par les banques centrales, à l’instar de la Réserve fédérale américaine, mercredi, pourrait
accroître la volatilité des taux de
change et déstabiliser à la fois la
croissance du PIB mondial et la
croissance du commerce, avertit
l’OMC. « Bien que la croissance
du commerce reste forte, cette dégradation reflète les tensions accrues
entre les principaux partenaires
commerciaux. Plus que jamais,
il est essentiel que les gouvernements
surmontent leurs différends et
fassent preuve de retenue », met en
garde le directeur général de l’OMC,
Roberto Azevêdo.
Les exportations
américaines en hausse
Paradoxalement, les statistiques
commerciales relatives au premier
semestre 2018 sont plutôt favorables à l’Amérique du Nord. Malgré
les décisions de Donald Trump de
taxer les importations chinoises et,
dans une moindre mesure, les
importations européennes, la zone
Amérique du Nord a accru ses
importations de 4,8 % par rapport
au premier semestre 2017. Mieux,
en dépit de la hausse du billet vert,
l’Amérique du Nord a enregistré
la plus forte croissance de ses
exportations (+4,8 %) devant l’Asie
(+4,2 %) et l’Europe (+ 2,8 %).
La zone Asie, elle, se distingue
par la plus forte croissance de ses
importations (+6,1 %).
Pour l’heure, le commerce semble résister. Néanmoins, l’OMC
s’inquiète d’un éventuel retrait des
capitaux des pays en développement et émergents en raison du resserrement des politiques monétaires dans les pays industrialisés. Les
tensions géopolitiques dans certaines régions sont également susceptibles de faire dérailler le train du
commerce.
L’Organisation souligne que
dans son indicateur avancé du commerce, la composante « commandes à l’export » est passée de 54,1
points en janvier à 50,3 points en
août. Si le seuil de 50 est enfoncé à la
baisse, cela indiquerait un début de
contraction des exportations mondiales. Si la guerre commerciale
s’envenime, la catastrophe pourrait
bien voir le jour. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
INTERVIEW // NATHALIE LOISEAU Ministre chargée des Affaires européennes
« Le seul moyen de ne pas perdre la bataille
contre les populistes, c’est de la mener »
l Nathalie Loiseau justifie le face-à-face qui s’annonce pour les élections européennes.
l Il opposera le camp de ceux qui défendent leurs intérêts nationaux à ceux qui cherchent des solutions européennes.
Propos recueillis par
Catherine Chatignoux
et Virginie Robert
Emmanuel Macron
a perdu peu à peu ses alliés
en Europe où le populisme
a progressé. Est-ce que
ça ne l’a pas empêché d’agir ?
La Sorbonne, c’était il y a tout juste
un an. La majorité de ses 49 propositions sont en cours d’adoption et
de mise en œuvre. On a la préfigurat i o n d ’u n f o n d s e u rop éen de
défense qui va pouvoir financer des
projets dès 2019 et une initiative
européenne d’intervention soutenue par neuf pays. Sur les questions
commerciales, nous avons
demandé davantage de réciprocité
et nous venons de signer avec le
Japon un accord qui ouvre ses marchés publics aux entreprises européennes. Nous sommes restés unis
malgré la diversité de nos priorités
nationales face à l’administration
Trump dans son offensive commerciale contre l’acier et l’aluminium. En matière fiscale, nous
avançons sur l’harmonisation de
l’assiette de l’impôt sur les sociétés,
qui était enlisée. Et sur la taxation
des géants du numérique, nous progressons. Les Luxembourgeois,
grâce à Xavier Bettel, s’y rallient et
nous négocions actuellement avec
les Irlandais. Ce n’est pas gagné,
mais c’est gagnable !
« L’approfondissement
de la zone euro
est une priorité. »
D’où vient alors ce sentiment
que l’Europe se délite
au lieu de progresser ?
Vous avez ceux qui parlent fort. Les
Salvini, les Orbán qui veulent faire
croire que sans eux, rien n’est possible. La culture européenne va à
l’encontre de leur positionnement
qui donne un primat à l’égoïsme
national. Les visites officielles que le
président de la République a faites
cet été montrent que des progrès
sont possibles dans de très nombreux domaines. Il reste, c’est vrai,
un domaine où nos partenaires ne
voient pas suffisamment l’urgence,
c’est celui de l’approfondissement
de la zone euro. Le fait que l’Allemagne soutienne désormais nos propositions sur un budget d’investissement et de stabilisation est un
acquis essentiel, mais on a encore
le sentiment qu’un certain nombre
de nos partenaires vivent dans
l’illusion que la période actuelle de
croissance est durablement installée. Nous pensons qu’il faut se
préparer sans attendre à la prochaine crise, cet approfondissement est une priorité.
Certains pensent que
le président fait une erreur en
se présentant comme le leader
du camp progressiste contre
le camp des nationalistes.
Qu’en pensez-vous ?
Je pense que le seul moyen de ne
pas perdre la bataille, c’est de la
mener. Et de considérer ce combat
comme historique. Cela fait dix ans
que les républicains se sont voilé la
face sur ce qui se passait en Hongrie. Cela n’a pas empêché les populistes de progresser. Nous verrons
bien ce qui va se passer au congrès
du PPE en novembre vis-à-vis de
Viktor Orbán. On ne pourra pas dire
qu’ils ne savaient pas. Nous avons
en France un temps d’avance, si l’on
peut parler ainsi. En France, en
2014, c’est le FN qui a gagné les élections européennes. Cela nous a
donné l’occasion d’analyser ce qui
manquait à notre action en Europe.
La France a été très absente du
débat europ éen p endant des
années. Aujourd’hui, elle est de
retour et a des idées. La conversation européenne se fait sur la base
de nos idées, sans imposer mais en
cherchant à convaincre. Nous mettons du carburant dans le moteur
européen.
Sur le Brexit, pensez-vous
qu’on peut sortir
du dialogue de sourds actuel ?
Le protocole sur la question de la
frontière irlandaise qu’a proposé
Michel Barnier est une manière
aussi peu intrusive que possible de
mettre en place les contrôles qui
seront nécessaires si l’Irlande du
Nord et la République d’Irlande
sont alignées sur le plan réglementaire. Cet alignement est le seul
moyen de ne pas avoir de frontière
dure entre le nord et le sud de l’île
d’Irlande, ce qui est notre priorité et
celle des Britanniques. Theresa
May était d’accord sur le principe de
ce « backstop » en décembre. Il faut
maintenant le mettre en œuvre. Le
sommet de Salzbourg a conduit à
une clarification en précisant ce qui
ne peut pas faire l’objet d’une négo-
Jean-Pierre FARANDOU
Président DU DIRECTOIRE
GROUPE KEOLIS
Didier Gambart
Président
TOYOTA France
Mercredi 10 octobre 2018 à 19h00,
« L’industrie du transport face aux
nouveaux enjeux de la mobilité urbaine »
Informations et inscriptions :
www.lesechos-prospective.fr
ciation, c’est-à-dire un marché unique à la carte où les produits finis
britanniques pourraient entrer en
toute liberté sur notre marché sans
contrôle et sans totalement respecter la réglementation européenne.
Cela avait été dit individuellement
aux autorités britanniques en bilatéral et cela a été dit collectivement
à Salzbourg par les Vingt-Sept. Ces
derniers sont restés totalement
unis pour affirmer qu’on ne laissera
pas nos entreprises exposées à la
concurrence déloyale des produits
britanniques qui ne respecteraient
pas les mêmes règles. Un bon
accord est encore possible et nous
le souhaitons.
« Si l’on veut
renforcer le contrôle
des frontières et des
moyens accrus pour
renvoyer les migrants
économiques illégaux,
il faut en passer
par une action
européenne. »
Est-ce que la France
s’est préparée à une sortie
sans accord ?
Mercredi, je présenterai au Conseil
des ministres un projet de loi habilitant le gouvernement à légiférer par
ordonnances, ce qui permettra de
prendre toutes les mesures nécessaires pour nous préparer à l’hypothèse d’un « No deal ». Concrètement, cela concernera la situation
des Britanniques vivant sur notre
sol, qui est pour le moment prévue
par l’accord de retrait. Mais aussi,
comment on organise les transports terrestres, ferroviaires,
aériens entre nos deux pays, ou
encore comment on prend en
compte les cotisations retraite
et chômage d’un Français installé
au Royaume-Uni qui revient en
France, etc. En Allemagne, il y a
80 projets de loi prévus sur ces
sujets.
Les derniers sommets
européens n’ont débouché
sur aucun résultat. Est-ce
que l’esprit de compromis
a déserté ces réunions au
profit des intérêts nationaux ?
Aujourd’hui, il y a une division
entre ceux qui cherchent des solutions et ceux qui préfèrent mettre
en exergue les problèmes et faire
de l’Europe un bouc émissaire. C’est
ce que nous vivons depuis plusieurs
mois. Face à des enjeux de taille
européenne qui nécessitent
des solutions européennes, il faut
trouver des compromis. C’est le
contraire des discours simplistes et
radicaux.
La stratégie vis-à-vis
des migrants
est un bon exemple
de ce grand écart…
C’est vrai. En juin, nous nous
sommes mis d’accord sur un renforcement du contrôle des frontières extérieures grâce à une
montée en puissance des missions et des effectifs de Frontex.
Au j o u r d ’ h u i , q u e l q u e s vo i x
s’insurgent contre l’intégration
européenne accrue que cela supposerait. Est-ce que jusqu’ici
l’Europe a su contrôler efficacement ses frontières extérieures ?
La réponse est non. Il faut être
cohérent. Si l’on veut renforcer le
contrôle des frontières avec une
capacité d’intervention dans un
pays en cas d’afflux massif et des
moyens accrus pour renvoyer les
migrants économiques illégaux,
il faut en passer par une action
européenne. n
Nathalie Loiseau : « Nous sommes restés unis malgré la diversité
de nos priorités nationales face à l’administration Trump
dans son offensive commerciale. » Photo Eric Tschaen/Réa
Les consultations citoyennes sur
l’Europe n’ont pas beaucoup mobilisé
Avec 500 débats organisés
dans toute la France depuis
avril dernier, la vaste
refondation démocratique
souhaitée par le président
de la République n’a pas
attiré autant que souhaité.
Les consultations citoyennes lancées en avril dernier par Emmanuel
Macron pour « refonder l’Europe »
ont trouvé leur rythme de croisière.
Bien décidé à relancer le projet européen, le jeune président français
avait proposé, dans son discours de
la Sorbonne, un vaste débat démocratique qui aurait permis à des
citoyens souvent désabusés d’exprimer leurs craintes, leurs critiques
mais aussi leurs propositions sur
l’avenir de l’Europe. Après avoir
marqué un temps d’hésitation, la
totalité des gouvernements de
l’Union s’était ralliée, avec plus ou
moins d’enthousiasme, à l’idée présidentielle.
31.000 participants
à ce jour
Après un démarrage un peu laborieux, la machine s’est rodée : « Il se
tient 10 rencontres par jour actuellement en France et on reçoit 50 projets
par semaine » confie Arnaud
Magnier, le grand ordonnateur de
l’opération. A quelques semaines de
la fin de ce semestre de consultation,
le bilan est plutôt positif. Tous les
grands acteurs de la société civile se
sont impliqués dans cette entreprise
de démocratisation de la chose européenne mais pas toujours dans les
prop ortions souhaitées. Sur
36.000 communes, seuls une centaine de maires se sont impliqués.
Même timidité ou prudence de la
part des syndicats dont certains ont
jugé la démarche trop politique.
Au total, près de 500 rencontres
ont été organisées à travers le pays
– il y en aura 850 d’ici au 31 octobre –,
rassemblant 31.000 participants. Le
chiffre peut paraître décevant mais
« la diversité des profils, jeunes en
réinsertion, chercheurs, artisans,
apprentis, garantit que nous avons
touché des gens qui n’ont pas l’habitude de s’exprimer. Cette majorité
silencieuse, on l’a entendue sur ces
questions européennes », assure
Arnaud Magnier. Une avancée que
partage Nathalie Loiseau, la ministre des Affaires européennes, qui a
participé à plus de 40 de ces réunions. « J’ai rencontré beaucoup de
gens qui ont l’impression que
l’Europe, ce n’est pas pour eux. »
« Il se tient
10 rencontres
par jour
actuellement en
France et on reçoit
50 projets par
semaine. »
ARNAUD MAGNIER
Secrétaire général
des consultations
citoyennes pour l’Europe
Quels messages ont fait passer
ces dizaines de milliers de Français
dont les remarques et les propositions seront dûment restituées
auprès des autorités nationales
avant de remonter au conseil des
dirigeants européens ? Ils expriment d’abord « une grande exaspération vis-à-vis du système institutionnel européen », note le
coordinateur. Les institutions sont
méconnues, incomprises, et la distance qui les sépare du citoyen est
jugée incompatible avec un sentiment d’appartenance ou d’identité.
Ceux qui ont eu affaire de près à la
« machine bruxelloise », chercheurs, agriculteurs ou collectivités locales, ont tous à se plaindre
d’une grande complexité et d’un
rapport coût-bénéfice abyssal.
Autre constat : l’inquiétude, palpable, des Français face à la mondialisation se traduit par une
demande d’Europe. « Il y a une forte
demande d’une Europe qui protège
des dégâts de la mondialisation, qui
s’érige contre le dumping social et fiscal » et qui, en même temps, « ne
rate pas le coche de l’innovation. »
— C. C.
Le président français, Emmanuel Macron, a assisté à une
consultation citoyenne au Luxembourg, le 6 septembre dernier,
à l’occasion d’une visite officielle. Photo Ludovic Marin/AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 09
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
Italie : tension maximale
sur le budget
l Luigi Di Maio et Matteo Salvini refusent de respecter les exigences
de Bruxelles en matière de déficit.
l Tandis que le ministre des Finances, Giovanni Tria, entend préserver le pays
de nouvelles attaques spéculatives sur les marchés.
ITALIE
Olivier Tosseri
@oliviertosseri
— Correspondant à Rome
« La bataille du déficit » C’est ainsi
que la presse transalpine a baptisé
l’élaboration du premier budget de
la coalition populiste M5S-Ligue,
qui devait être présenté jeudi soir.
L’affrontement porte sur le ratio
déficit public sur PIB en 2019. Le
ministre de l’Economie Giovanni
Tria se retranche derrière sa ligne
Maginot de 1,6 %. Luigi Di Maio et
Matteo Salvini multiplient les pressions et les menaces pour la contourner. « Nous ne reculerons pas
d’un centimètre sur nos promesses
électorales et nous ne nous laisserons
pas tromper par les chiffres », a fait
savoir Luigi Di Maio concernant ce
qu’il appelle déjà le « Budget du peuple ». L’objectif qu’il se fixe est
« l’abolition de la pauvreté » et les
chiffres pour le financer donnent
des sueurs froides autant à Giovanni Tria qu’à Bruxelles.
Le gouvernement doit déjà trouver 13 milliards d’euros pour éviter
une augmentation automatique de
la TVA. Si on ajoute le revenu
citoyen et des pensions minimum
de retraite à 780 euros, l’abaissement de l’âge légal pour pouvoir la
percevoir, ainsi que l’introduction
d’une flat tax de 15 %, la facture
s’élève à 20 milliards d’euros.
L’exemple français
De quoi faire exploser le déficit à, au
moins, 2,4 % du PIB et affoler les marchés. Le spread, l’écart entre taux
d’emprunt italien et allemand, grimpait ainsi à 239 points ce jeudi. « Les
chiffres, je les joue au loto. Dépassons
le seuil de 2 % pour le bonheur de millions d’Italiens » ironisait Matteo Salvini. Pour Luigi Di Maio , la hausse du
déficit annoncée par la France signifie la fin de l’austérité en Europe et
une incitation à faire de même.
« Nous sommes nous aussi un pays
souverain », répète-t-il alors que le
ministre de l’Economie lui rappelle
que comparaison n’est pas raison.
Comparaison avec la France
L’Hexagone n’a pas une dette
publique de 131 % du PIB, une croissance aussi faible que celle de l’Italie
et une position aussi précaire sur les
marchés. Pour Giovanni Tria, ce
serait de la folie de s’octroyer une
marge de manœuvre financière supplémentaire pour immédiatement la
perdre avec une flambée du spread.
Giovanni Tria, ministre de l’Economie. Photo Casasoli/A3/Contrasto-RÉA
Un raisonnement qui n’effleure
pas Luigi Di Maio. « Il est inutile de
vivoter comme gouvernement. Ou on
fait les choses ou ça ne vaut pas la
peine de continuer », a déclaré le leader du M5S. Il a démenti les
rumeurs selon lesquelles il avait
réclamé la démission du ministre
de l’Economie. Avec l’élaboration
de ce budget, ce dernier s’est érigé
comme le garant de la stabilité
financière italienne et le principal
obstacle aux ambitions du gouvernement populiste. n
Un enjeu majeur pour les marchés financiers européens
Le budget italien constituait
l’événement de la rentrée
pour les agences de notation,
les pays émetteurs et
les investisseurs obligataires.
Isabelle Couet
@icouet
Depuis la rentrée, la communauté
financière a les yeux rivés sur l’Italie
et son gouvernement de coalition. Les questions autour du budget, et particulièrement autour du
déficit, sont au cœur des notes des
analystes. Jeudi matin, l’annonce
d’un délai suite à des désaccords, a
donc provoqué des tensions sur les
taux d’emprunt de l’Italie et sur la
Bourse de Milan.
« La perspective de ces discussions
nous a poussés à réduire notre expo-
sition à la dette italienne, sachant que
durant l’été, celle-ci a été un très bon
investissement pour les gérants en
termes de rendement comparé au
risque », confie Nicolas Forest, chez
Candriam. Si le calendrier italien a
dicté la prudence à certains investisseurs en septembre, il a au contraire incité le géant BlackRock à
passer à l’achat sur les « BTP »
(emprunts d’Etat).
l’Italie avec son
gouvernement
eurosceptique,
est devenu le premier
facteur de volatilité
sur les marchés
européens.
Depuis mai, l’Italie avec son gouvernement eurosceptique, est
devenu le premier facteur de volatilité sur les marchés européens. La
Grèce surveille attentivement les
événements à Rome : quand les taux
montent en Italie, ils entraînent avec
eux les taux grecs. C’est la raison pour
laquelle Athènes a préféré reporter
son émission d’obligations à 10 ans,
pourtant hautement symbolique.
Le verdict des agences de notation
sera une clef pour les prochains
mois. S&P, Global Ratings, Moody’s
et Fitch attribuent actuellement une
note située seulement deux crans
au-dessus de la catégorie dite « spéculative ». Une dégradation de la
qualité de crédit de l’Italie pourrait
provoquer d’importantes sorties de
capitaux et une défiance envers
d’autres émetteurs de la zone euro. n
Offensive de charme
du président turc à Berlin
Euro 2024 :
l’Allemagne
l’emporte
sur la Turquie
Arrivée du président turc à Berlin pour une visite de trois jours.
Photo Odd Andersen/AFP
ALLEMAGNE
Berlin est prêt à
renforcer ses relations
commerciales
avec Ankara.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
Reçu avec les honneurs militaires
dus à un chef d’Etat, le président
turc parviendra-t-il à faire oublier à
son principal partenaire commercial les derniers mois de tensions ?
C’est l’ambition de Recep Tayyip
Erdogan, qui doit rencontrer la
chancelière Angela Merkel lors
d’un déjeuner vendredi avant d’être
reçu à dîner par le président FrankWalter Steinmeier.
En amont d’une visite qui fait bondir les associations de défense des
droits de l’homme, il n’a pas ménagé
ses efforts pour convaincre l’Allemagne d’aller de l’avant. « Le fait que la
République fédérale d’Allemagne et la
Turquie ouvrent une nouvelle page
dans les relations bilatérales en met-
tant de côté leurs désaccords pour se
concentrer sur leurs intérêts communs est crucial pour les deux parties
au vu des événements mondiaux dramatiques récents », écrit-il dans une
tribune, ce jeudi, dans le « Frankfurter Allgemeine Zeitung ».
Rassurer les investisseurs
Ce réchauffement est surtout crucial
pour la Turquie : le bras de fer
entamé avec les Etats-Unis sur les
tarifs douaniers a ébranlé l’économie du pays. Depuis le début de
l’année, la valeur de la livre turque a
fondu de près de 40 % et le déficit de
la balance des paiements se creuse,
au point que la Turquie a un besoin
urgent de rassurer les investisseurs.
Le soutien de Berlin dans ce contexte est essentiel. D’autant que
depuis la tentative de putsch contre
le président turc, il y a deux ans, et
l’arrestation de citoyens allemands
suspectés d’avoir participé à ce soulèvement, les investissements germaniques en Turquie ont diminué
d’environ 20 %. Les ministres allemands des Finances et de l’Economie, Olaf Scholz et Peter Altmaier, se
L’Allemagne, qui était
en concurrence avec
la Turquie, a été désignée
jeudi par l’UEFA pour
organiser l’Euro 2024
de football. La compétition
réunira 24 sélections pour
51 rencontres disputées
dans dix stades, dont
l’Allianz Arena de Munich
et le stade olympique de
Berlin. La dernière grande
compétition organisée
par l’Allemagne était
le Mondial 2006.
sont dits prêts à renforcer leurs relations commerciales. Elle ne peuvent
que profiter aux quelque
7.000 entreprises germaniques
implantées en Turquie. L’Allemagne
a aussi intérêt à aider un pays qui
pourrait faire rempart à de futurs
flux de réfugiés syriens. Mais pour
l’heure, ce flux s’est tari et la Turquie
a plus besoin de l’Allemagne que celle-ci n’a besoin d’Erdogan.
Le président turc devrait donc rester sur sa faim quant à sa demande
de sanctions à l’égard du Parti des
travailleurs du Kurdistan (PKK) et
du mouvement du prédicateur islamiste en exil Fethullah Gülen,
accusé d’avoir organisé la tentative
de putsch. « A l’heure actuelle nous
sommes encore loin de la normalisation de nos relations avec la Turquie »,
a souligné jeudi à la radio allemande
Michael Roth.
Selon le secrétaire d’Etat allemand en charge des Affaires européennes, la Turquie doit d’abord
renouer avec les pratiques d’un Etat
de droit et libérer ses opposants politiques. Cinq citoyens allemands sont
encore emprisonnés en Turquie. n
Venez découvrir les coulisses
de la création de l’information
et des métiers de la presse et de la radio
Vendredi 12 et samedi 13 octobre
Groupe Les Echos-Le Parisien
10 boulevard de Grenelle
Paris XVe
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // MONDE
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
Cour suprême : une nomination
cruciale pour l’équilibre des pouvoirs
intervient en effet à un peu plus
d’un mois des élections de mi-mandat qui doivent renouveler un tiers
du Sénat. « En cas de victoire démocrate début novembre, le président
Trump perdrait la main », confirme
Idris Fassassi.
ÉTATS-UNIS
Le candidat de Donald
Trump pour la Cour
suprême a été auditionné jeudi,
après Christine Blasey
Ford, qui l’accuse
d’agression sexuelle.
Un siège vacant
pendant deux ans
Florian Maussion
@Flo_Maussion
C’est un témoignage poignant qu’a
livré hier au Sénat , Christine Blasey
Ford, la chercheuse en psychologie
qui accuse d’agression sexuelle le
candidat à la Cour Suprême de
Donald Trump, le juge Brett Kavanaugh. « L’agression de Brett a radicalement changé ma vie pendant très
longtemps », a-t-elle affirmé en
décrivant les faits qui datent de
1982, alors qu’elle avait quinze ans.
Elle est l’une des trois femmes qui
accusent le poulain du président. Le
magistrat de cinquante-trois ans
devait s’expliquer un peu plus tard
dans la journée de jeudi et joue,
dans cette audition historique, la
suite de sa carrière. Appelé à devenir le neuvième juge de la plus
haute juridiction du pays – en remplacement du centriste Anthony
Kennedy –, ce catholique pratiquant, antiavortement et pro-armes à feu doit, s’il est confirmé, faire
pencher pour très longtemps la
balance dans le camp des conservateurs, avec une conséquence très
nette sur l’équilibre des pouvoirs
judiciaires et politiques du pays.
Vent debout contre cette nomination, les sénateurs démocrates tentent par tous les moyens de repousser l’échéance et de discréditer le
candidat du président. Ils n’ont
pourtant aucun moyen de s’y opposer si leurs adversaires républicains
font bloc derrière Brett Kavanaugh.
Depuis 2017, la confirmation d’un
juge de la Cour suprême se fait à la
majorité simple – et non plus à la
majorité des trois cinquièmes. Avec
51 sièges sur 100, les républicains
possèdent le nombre de voix suffi-
santes, sur le papier, pour valider le
choix du président. Reste à savoir
s’ils seront tous sur la même longueur d’onde.
Elections en toile de fond
Trois d’entre eux – Susan Collins,
Lisa Murkowski et Jeff Flake –
seront particulièrement scrutés.
« Si les sénateurs démocrates restent
unis dans leur opposition à Kavanaugh, les républicains ne pourraient se permettre qu’une seule
défection », explique Idris Fassassi,
professeur de droit public à l’Uni-
versité d’Amiens, spécialiste des
Etats-Unis. « En cas d’égalité à 50-50,
la décision reviendrait au vice-président », et serait donc favorable au
magistrat.
« Pour que la procédure soit retardée, il faudrait que les républicains se
rendent compte qu’ils n’ont pas les
voix suffisantes ou que l’écho de
l’audition de jeudi soit tel dans l’opinion publique qu’il serait politiquement trop risqué de confirmer Kavanaugh au regard des élections à
venir », poursuit le chercheur. La
nomination du juge de Washington
« Avec un équilibre des forces entre
Trump, d’un côté, et une majorité
démocrate au Sénat, de l’autre, le président américain aurait deux tactiques à sa disposition, explique Lauric
Henneton, maître de conférences à
l’Université de Versailles SaintQuentin-en-Yvelines. Il peut choisir
un candidat de consensus, qui soit
acceptable pour les démocrates, au
risque de mécontenter sa base. Il peut
aussi opter pour une tactique plus
personnelle en proposant un candidat qui correspond à ce que son électorat attend et accuser les démocrates de
faire de l’obstruction pour renforcer
l’idée d’un complot progressiste qui
vise à dénaturer l’Amérique à laquelle
il voulait “rendre sa grandeur”. »
Cette seconde option deviendrait
dès lors une stratégie électorale,
en vue des élections de 2020, où
Donald Trump compte briguer un
deuxième mandat. En face, les sénateurs démocrates pourraient également décider d’une opposition systématique, laissant un siège vacant à
la Cour suprême pendant deux ans.
Si un tel scénario se concrétisait, « la
Cour suprême ferait ainsi les frais de
cette politisation généralisée du processus de nomination des juges », conclut Idris Fassassi. n
La rallonge du FMI n’enraye pas la chute du peso argentin
ARGENTINE
L’organisation financière a augmenté son
prêt à l’Argentine de
50 à 57 milliards de
dollars, qui seront
versés de manière
anticipée.
Le gouvernement
Macri espère dissiper
les craintes d’un
nouveau défaut de
paiement.
Aude Villiers-Moriamé
@AudeVM
— Correspondante à Buenos Aires
Rien n’y fait. Pour le quatrième jour
d’affilée, le peso argentin a continué
de dévisser. Jeudi en fin de matinée,
le lendemain de l’annonce d’une rallonge de 7 milliards de dollars à un
emprunt déjà exceptionnel de cinquante milliards de dollars pour stabiliser l’économie argentine, la
devise enregistrait une baisse de
2,3 % face au dollar. Depuis le début
de la crise monétaire et financière, il
y a cinq mois, le peso a perdu plus de
50 % de sa valeur face au billet vert.
Pas de quoi rassurer les Argentins
auxquels le président Macri devait
s’adresser jeudi dans l’après-midi,
après la publication de nouveaux
chiffres sur la pauvreté. Candidat à
sa réélection l’an prochain, il veut
expliquer que les mesures d’austérité adoptées par le gouvernement
en échange de l’aide du FMI épargneront les plus vulnérables. Selon
les estimations de l’Université
catholique argentine (UCA), un tiers
des Argentins se trouvent déjà sous
le seuil de pauvreté.
Dès mercredi, le nouveau président de la banque centrale, Guido
Sandleris, a annoncé à Buenos Aires
une refonte du système monétaire et
financier argentin. « Notre principal
objectif est de réduire l’inflation »,
a-t-il déclaré d’emblée, avant de
dérouler ses nouvelles mesures :
contrôle strict de l’émission monétaire et mise en place d’un corridor
de fluctuation libre pour le peso. La
banque centrale n’interviendra pas
tant que le taux de change, actuellement à près de 40 pesos pour un dollar, se situera entre 34 et 44 pesos
pour un dollar, marge qui sera rele-
vée de 3 % chaque mois. « Mais si le
peso continue de se déprécier au
rythme que l’on a vu jusqu’ici, la
situation risque d’être très difficile à
contrôler », estime Matías Carugati,
économiste au sein du cabinet de
conseil Management & Fit selon qui
« il faudra surveiller de près la réaction des marchés ».
Le nouveau président
de la banque centrale
a annoncé une refonte
du système monétaire
et financier argentin.
Dans un contexte d’inflation galopante – plus de 40 % attendus en
2018 –, contrôler la monnaie en circulation pourrait approfondir la
récession dans laquelle est entrée
l’Argentine cette année. Le gouvernement, qui table sur une contraction de 2,4 % du PIB en 2018 et de
0,5 % l’an prochain, pourrait être
amené à revoir sa copie. Ce climat
d’incertitude préoccupe les Argentins, qui ont vu leur pouvoir d’achat
chuter en raison de la dépréciation
du peso ces derniers mois. Malgré
ces difficultés, « nous apportons
notre soutien total au gouvernement
argentin », a assuré Christine
Lagarde mercredi à New York, aux
côtés du ministre argentin de l’Économie, Nicolás Dujovne. La directrice générale du Fonds monétaire
international (FMI) a annoncé le
versement anticipé du prêt de
50 milliards de dollars accordé au
mois de juin à l’Argentine, ainsi
qu’une augmentation de ce montant
de 7 milliards supplémentaires.
« C’est une annonce qui vise à rassurer les marchés et à leur garantir que
l’Argentine n’entrera pas en défaut de
paiement sur sa dette », indique
Matías Carugati. On connaît enfin la
« letra chica », les détails, de cet
accord, négocié depuis le début du
mois de septembre. « Nous allons
verser à l’Argentine 19 milliards de
dollars d’ici à la fin 2019 », a indiqué
Christine Lagarde, qui a précisé qu’il
s’agissait « du plus grand prêt de l’histoire du FMI ».
L’accélération du calendrier de
versement et l’accroissement du
montant initial doivent permettre
au gouvernement Macri de respecter les échéances de paiement sur la
dette de l’Argentine et d’atteindre les
objectifs de son programme économique, qui vise notamment à parvenir à l’équilibre budgétaire en 2019.
Le FMI scrutera de près les débats–
plutôt tendus – sur le budget 2019 de
l’Argentine qui ont démarré la
semaine dernière à la Chambre des
députés. « L’approbation de ce budget par le Congrès argentin est une
étape essentielle », a insisté Christine
Lagarde. n
Dimanche de 10h à 11h
Le Grand rendez-vous
© CHAMUSSY/SIPA
Hélène Jouan, Nicolas Barré et Damien Fleurot reçoivent
Olivier Faure
Premier Secrétaire du Parti Socialiste
en bref
La Grèce lève
les restrictions
aux DAB
BANQUES La limite sur les
retraits d’argent imposée en
2015, au moment où la Grèce
risquait de quitter la zone
euro, sera supprimée à partir
de la semaine prochaine, a
indiqué jeudi le ministre des
Finances, Euclide Tsakalotos.
Cette mesure de contrôle des
capitaux, limitant initialement les retraits bancaires à
420 euros par carte bancaire
et par semaine, avait été mise
en place pour éviter une panique bancaire. Elle avait ralenti
la consommation, les importations et les exportations et
entraîné la fermeture de centaines d’entreprises. Les restrictions ont ensuite été progressivement assouplies alors
que le pays retrouvait une
meilleure santé économique.
Actuellement, les Grecs sont
autorisés à retirer jusqu’à
5.000 euros par mois.
L’Afrique du sud
augmente
l’actionnariat noir
MINES Le gouvernement sud-
africain a dévoilé jeudi une
nouvelle charte minière qui
contraint les compagnies
minières à faire passer la part
de leur actionnariat noir de
26 à 30 % de leur capital, afin
de corriger les inégalités économiques héritées de l’apartheid. Cette répartition doit
être effective d’ici 2023, a précisé le ministre sud-africain
des Mines, Gwede Mantashe.
Elle doit être distribuée entre
les employés (au moins 5 %),
les communautés qui abritent les mines (au moins 5 %)
e t d e s e n t r e p r e n e u r s (a u
moins 20 %). La nouvelle
charte a fait l’objet de sept
mois d’âpres discussions
entre le gouvernement et
l’industrie minière.
La croissance
slovène recule
PRÉVISIONS Le gouverne-
ment slovène a abaissé jeudi sa
prévision de croissance économique à 4,4% pour cette
année, dans un contexte de
tassement de la conjoncture
européenne. Ljubljana tablait
jusqu’à présent sur une croissance de 5,1% pour 2018. Mais
après avoir affiché un record
de 2% au quatrième trimestre
2017, la croissance slovène a
ralenti à 0,5% au premier trimestre et à 0,8% au deuxième.
Le gouvernement slovène a
par ailleurs abaissé de 0,1
point ses prévisions de croissance pour 2019, à 3,7%. La Slovénie a enregistré en 2017 sa
plus forte croissance en dix
ans et l’une des plus dynamiques de la zone euro, avec une
hausse de 5% de son PIB, après
3,1% en 2016.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 11
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Les fintech françaises doivent accélérer
des Echos
La Chronique
« L’Allemagne first », la plaie
de l’Europe
Le Point de vue
Retraites : comparer avant de réformer
Art et culture
Le travailleur américain en danger
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Ne plus s’inquiéter
de la dette publique ?
Pinel pour « Les Echos »
Brexit : quelles sont les chances
réelles d’un second référendum ?
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Le Royaume-Uni va-t-il revoter sur
le Brexit ? La question est désormais posée, depuis la grande conférence annuelle du Parti travailliste
qui s’est achevée, mercredi, à Liverpool. Les militants ont voté à une
écrasante majorité une motion
dans laquelle le Labour n’exclut
pas… de rester dans l’Union
européenne ! Plus exactement, elle
prévoit que l’opposition examinera « toutes les options sur la table,
y compris un People’s Vote » – autrement dit, un second référendum – si
elle ne par vient pas à obtenir
des législatives anticipées, au cas
où le gouvernement conservateur de Theresa May échouerait
à trouver un accord sur l’aprèsBrexit avec Bruxelles, ou si celui-ci
était rejeté par le Parlement
britannique.
Mais qu’importent les alinéas et
autres conditions. C’est assez pour
susciter l’effervescence des médias,
toujours friands d’un rebondissement dans un feuilleton aussi long
et touffu que le Brexit. Assez, surtout, pour réveiller les espoirs de
ceux qui rêvent encore, au Royaume-Uni ou ailleurs, d’inverser le
cours de l’Histoire, en revenant sur
la décision prise par les Britanniques à l’occasion du référendum de
juin 2016. L’excitation est à son
comble. Mais est-ce à juste titre ?
En soi, l’adoption de ce texte est
clairement un événement, impensable il y a seulement quelques
jours. Cela fait des mois que l’idée
flotte outre-Manche. Lancée en
avril par quatre députés, la campagne « People’s vote », qui milite pour
permettre aux électeurs de se prononcer sur le projet d’accord que
Theresa May espère conclure sur le
Brexit avec Bruxelles, a fait des
émules. L’ex-ministre de l’Education, la conservatrice Justine Greening, a fait sensation en proposant
avant l’été qu’ils puissent choisir
entre trois options : le projet de soft
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
A l’issue du congrès
de Liverpool, les
travaillistes n’excluent
plus un nouveau vote,
donnant pour
la première fois corps
au projet. Mais ses
chances de se réaliser
restent, à ce stade,
infimes.
D
Les points à retenir
motion prévoit
•queLal’opposition
examinera « toutes
les options sur la table,
y compris un People’s Vote ».
Le plus probable reste,
malgré tous les vents
contraires, que Theresa May
trouve finalement un accord
avec Bruxelles, et qu’il soit
ensuite approuvé par
les députés britanniques.
Theresa May comme
Jeremy Corbyn savent bien
que priver les Brexiters,
qu’ils soient conservateurs
ou travaillistes, de leur victoire
de 2016 serait prendre le risque
de provoquer une hémorragie
dans les rangs
de leurs électeurs.
•
•
Brexit de Theresa May, le scénario
d’un « no deal » où le pays quitterait
l’UE sans accord de divorce à l’amiable, et le maintien dans l’Union.
Mais c’est la première fois que le
projet passe du stade de l’incantation évanescente à celle de l’hypothèse concrète, la première fois qu’il
n’est plus simplement dans l’air,
mais qu’il est réellement sur la
table. De ce point de vue, l’adoption
de la motion travailliste est une victoire p our les R ema iners du
Labour. Ils ont tordu le bras à
Jeremy Corbyn, le leader du parti,
qui se serait bien passé de prendre
position sur un terrain aussi glissant. Ils ont forcé la porte, et cranté
une évolution dans la position
du parti.
Un accord avec Bruxelles
reste le plus probable
Au Labour comme chez les
« tories », les Remainers se prennent d’autant plus à rêver que
les difficultés rencontrées par Theresa May pour conclure un accord
avec Bruxelles, en accroissant
l’incertitude, ne font qu’entretenir
la possibilité d’un tel scénario.
D’autant que son plan vient d’être
vertement rejeté à Salzbourg par les
Vingt-Sept et qu’il devrait encore
essuyer les critiques des hard Brexiters à l’occasion du congrès du Parti
conservateur s’ouvrant ce weekend à Birmingham. De quoi donner
des arguments à ceux pour qui la
situation, en deux ans, a si profondément changé que redonner la
parole au peuple serait pleinement
justifié.
Si la possibilité d’un second référendum existe désormais, un tel
scénario a néanmoins, à ce stade en
tout cas, une chance infime de se
réaliser. D’abord parce qu’elle n’est
pour l’instant inscrite qu’à l’agenda
du parti d’opposition. Ensuite parce
que le plus probable reste, malgré
tous les vents contraires, que Theresa May trouve finalement un
accord avec Bruxelles, et qu’il soit
ensuite approuvé par les députés
britanniques. La discussion est
rude et l’atterrissage compliqué.
Mais tout le monde a intérêt à éviter
un « no deal », et la volonté politique, des deux côtés de la Manche,
est réelle.
Enfin, parce que les travaillistes
se sont mis d’accord, mardi, pour
appeler in fine à l’organisation d’un
nouveau vote. Mais portera-t-il sur
les modalités du Brexit ou sur un
maintien ou non dans l’Union européenne ? Keir Starmer, le « Monsieur Brexit » du parti, est favorable
à cette dernière option, mais John
McDonnell, le numéro deux du
Labour, l’a exclue. Résultat, la formulation alambiquée de la motion
de compromis qui vient d’être
adoptée est sur ce point muette. Les
Remainers les plus optimistes se
féliciteront qu’elle ne ferme pas formellement la porte à une telle
option. Les plus pessimistes regretteront qu’elle ne soit pas gravée
dans le marbre.
Une toute dernière raison, et non
des moindres, plaide contre la probabilité d’un second vote. Deux ans
après le premier, la population britannique reste profondément divisée. « Certes, ceux qui ne sont pas
allés voter le 23 juin 2016 penchent
pour le Remain, expliquait cette
semaine au congrès de Liverpool
Anand Menon, professeur au
King’s College et directeur du think
tank The UK in a Changing
Europe. Mais l’essentiel de ceux qui
se sont prononcés restent sur leur
position. Et même en supposant que
l’issue du vote soit différente, que
ferait-on d’un pays qui voterait pour
le Remain sur un score aussi serré
qu’en 2016 pour le Leave, par exemple à 52 %-48 % contre 48 %-52 % ? »
La réponse est simple : il serait,
tout bêtement, ingouvernable. Theresa May comme Jeremy Corbyn
savent bien que priver les Brexiters,
qu’ils soient conservateurs ou travaillistes, de leur victoire de 2016
serait prendre le risque de provoquer une hémorragie dans les rangs
de leurs électeurs. Et prendre un risque plus grand encore pour la crédibilité de leur démocratie. n
Une année de production… C’est le poids
de la dette publique française. Un poids
qui a augmenté de moitié en à peine
une décennie, qui n’avait jamais été aussi
élevé depuis la Seconde Guerre mondiale.
Dans l’ancien monde, il aurait fallu sonner
le tocsin. Le fardeau de cette dette menace
d’étouffer le pays. Même si le seuil de 100 %
Par Jean-Marc
ne figure pas dans le dispositif d’alerte des
Vittori
autorités européennes, la crédibilité de la
France risque d’en souffrir, d’autant plus que
Il semble
la dette publique diminue dans la zone euro
que la ban(– 10 points de PIB en sept ans). Et le pays est
que centrale de plus en plus vulnérable à une hausse
taux d’intérêt, qui se profile justement
interviendra des
à l’horizon. La nervosité pourrait gagner les
toujours
investisseurs, aux nerfs déjà mis à l’épreuve
pour éviter par les louvoiements budgétaires de Rome.
Dans l’ancien monde, cette montée
une catasde la dette aurait été d’autant plus
trophe
inquiétante qu’elle ne se limite pas au secteur
sur la dette. public. Dans les grands pays européens,
les entreprises françaises sont devenues les
championnes de l’emprunt, avec un endettement qui se rapproche
de 75 % du PIB alors qu’il recule partout ailleurs ou presque.
Les ménages français sont, eux aussi, très allants sur le crédit pour
acheter des logements toujours plus chers, ce qui a amené le Haut
Conseil de stabilité financière à tirer la sonnette d’alarme. Mais
le monde a changé depuis la grande crise financière de 2007-2008.
Les banques centrales ont acheté massivement de la dette
publique, alors qu’elles avaient été rendues indépendantes depuis
les années 1980 précisément pour éviter que les Etats puissent
financer leurs déficits par la création monétaire. Elles sont en
situation de « fiscal dominance », comme disent les économistes.
Dans cette « domination budgétaire », la politique monétaire est
surdéterminée par la politique budgétaire. La banque centrale fait
« ce qu’il faut » ou agit « quoi qu’il en coûte », pour reprendre deux
traductions possibles de la fameuse expression « whatever it
takes » employée par le président de la Banque centrale
européenne, Mario Draghi, en 2012, pour sauver l’euro et calmer
les inquiétudes des investisseurs… sur les dettes publiques italienne
et espagnole. Dans le nouveau monde, il semble que la banque
centrale interviendra toujours pour éviter une catastrophe sur
la dette. Au Japon, elle détient déjà près de la moitié des obligations
publiques du pays. Il y a bien sûr des garde-fous pour limiter
la tentation. Aux Etats-Unis, c’est le Congrès qui joue ce rôle.
En Europe, la modération des ardeurs passe par les débats entre
pays aux intérêts divergents. Au moment où les banques centrales
semblent normaliser leur politique monétaire, nous nous
enfonçons en réalité toujours plus loin en territoire inconnu.
(
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Le piège des élus locaux
Par Etienne Lefebvre
François Hollande est décidément très prolixe ces derniers temps
concernant l’action de son successeur. L’ex-chef de l’Etat a fait cette
fois la leçon à Emmanuel Macron, jeudi, sur ses rapports dégradés
avec les collectivités : « Rien ne peut se faire sans les élus locaux », a-til mis en garde, alors que ceux-ci ont lancé un appel contre la volonté
« recentralisatrice » du gouvernement. Cette nouvelle attaque de
l’ancien hôte de l’Elysée ne manque pas de sel, quand on se souvient
que les collectivités ont subi un régime minceur sans précédent
lors du dernier quinquennat. Les dotations de l’Etat qui leur sont
réservées avaient été drastiquement réduites de près de 12 milliards
d’euros entre 2014 et 2017. Le nouveau gouvernement, conscient
des limites de cette méthode, a garanti la stabilité des dotations d’ici
à 2022, et proposé aux élus de passer des contrats de bonne gestion
avec l’Etat, garantissant une hausse modérée de leurs dépenses
de fonctionnement (+ 1,2 % par an). Si les discussions avec les préfets
ont pu apparaître plus jacobines que girondines dans certains
territoires, force est de reconnaître que la situation financière
globale des collectivités s’est beaucoup améliorée. Au point que la
Cour des comptes s’inquiète de la trop grande mansuétude de l’Etat
et regrette ouvertement la méthode du rabot de François Hollande…
« L’appel de Marseille » des associations d’élus locaux, porté par
François Baroin, Dominique Bussereau et Hervé Morin, pousse
donc le bouchon un peu loin, et n’est évidemment pas dénué
d’arrière-pensées politiques. Le gouvernement ne doit pas sousestimer cette fronde pour autant, car l’Etat en régions ne pèse plus
grand-chose, et sans le relais des départements et des régions,
l’exécutif sera bien en peine de mener à bien ses grands plans de
transformation (lutte contre la pauvreté, formation, mobilité, etc.).
Au vu des enjeux, il est urgent d’enterrer la hache de guerre.
(
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12 // IDEES & DEBATS
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
opinions
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Zuckerberg
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5. Les vrais dangers d'une dette à 100 % du PIB
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Les fintech françaises
doivent accélérer
Macron et le malaise
français
La fintech française accuse un retard
de croissance par rapport à ses voisins
européens. Le poids de la réglementation
et le manque de collaboration en sont
les principales raisons, explique Cyril
Armange, de Finance Innovation.
Macron est en chute dans
•lesEmmanuel
sondages. Une chute qui pourrait
LEVÉE DE FONDS « Avec plus
de 200 millions d’euros levés au premier
semestre, les start-up françaises
de la finance sont en bonne voie pour battre
le record de l’an dernier, à savoir
318 millions d’euros levés. […] Cela étant,
de l’autre côté de la Manche, avec
250 millions de dollars, la néobanque
britannique Revolut a levé, à elle seule,
plus que l’ensemble des fintech tricolores en
un semestre. »
BAC À SABLE « L’aspect réglementaire
n’est pas étranger à un tel retard.
Les fintech pointent régulièrement du doigt
un régulateur parfois en retard sur
l’encadrement des mutations du secteur. […]
L’une des mesures concrètes pour apporter
plus de souplesse au cadre réglementaire
recouvre la création d’un bac à sable à
l’anglaise. L’objectif : permettre aux start-up
d’expérimenter sans contrainte leurs idées et
solutions jusqu’à un certain seuil d’activité. »
PLATE-FORME « Il est plus qu’urgent
de mener une réflexion autour de la
nécessité de créer des champions nationaux.
Plusieurs pistes peuvent être empruntées,
notamment celle de faciliter la collaboration
entre grands donneurs d’ordre et fintech.
Une conviction qui pourrait se concrétiser
via une plate-forme construite comme un
point de rencontre entre les besoins
des établissements financiers traditionnels
et des offres proposées par les fintech, en vue
de cocréer un écosystème souverain et
unifié. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
remettre en cause son projet réformiste. Mais « le malaise français »
n’empêche pas le « Financial Times » de
continuer d’applaudir le mouvement
de réformes en France. « En quelques
mois, Emmanuel Macron a réalisé beaucoup plus que ses deux prédécesseurs,
Nicolas Sarkozy et François Hollande,
qui, à ce stade de leur présidence, inscrivaient de meilleurs scores dans l’opinion
publique. » Et le « Financial Times » cite
nombre de réformes à mettre au
compte du jeune président français et
qui vont, aux yeux du quotidien de la
City, « dans la bonne direction » : assouplissement du marché du travail, transformation du système fiscal, réduction
du rôle et du poids du gouvernement
dans l’économie, diminution de la pression fiscale pour les entreprises privées,
modernisation de l’enseignement,
changement de braquet à la SNCF.
« Cette semaine encore, le projet de budget est un autre pas, bienvenu, même s’il
est petit », ajoute le « FT ». Enfin, l’économie ne va pas si mal, même s’il est
encore prématuré de savoir si l’effet
Macron sera positif pour la création
d’emplois et la croissance économique.
En tout cas, dans un monde de plus en
plus dominé par des régimes illibéraux,
le président Macron « est encore l’un des
rares exemples d’un libéral confiant se
lançant dans la difficile tâche de réformer
son pays ». Pour le journal, « cette
perspective ne concerne pas la France
seulement. Mais bien au-delà. Beaucoup
repose sur ses épaules. » Décidément, les
Britanniques admirent nos politiciens.
« The Times » de Londres, récemment,
faisait le panégyrique de Nathalie
Loiseau, « l’arme secrète de Macron pour
le Brexit ».
— J. H.-R.
La violence sous l’œil
des anthropologues
LE PROPOS Quoi de commun
LA PUBLICATION « Monde
commun : des anthropologues
dans la cité » est la dernière-née des
revues éditées par les Presses
universitaires de France. Lancée
mi-septembre, cette publication
semestrielle regroupe un collectif
d’anthropologues autour de Michel
Agier, spécialiste des migrations.
Outre un (gros) dossier thématique,
elle comprend notamment un
grand entretien. A l’honneur
dans ce premier numéro : Patrick
« L’Allemagne first », la plaie
de l’Europe
EUROPE // La cause du multilatéralisme, défendue par Emmanuel Macron
face à Trump à l’ONU, serait plus crédible si l’Europe pouvait montrer
l’exemple en la matière. Mais la classe politique allemande s’y refuse,
toute à son souci de faire prévaloir les intérêts de l’Allemagne.
LA
CHRONIQUE
d’Eric
Le Boucher
C
LA REVUE
DU JOUR
entre la violence policière et le déni
de justice subi par certains dans les
banlieues françaises, la situation
d’otage dans l’Ukraine en guerre,
l’effacement de certaines traces
de la violence d’Etat en Iran ? Rien,
a priori. Et pourtant… « Violence
partout, justice nulle part » fait le
lien entre ces thématiques, même
si elles concernent des pays
différents. L’objectif des auteurs
des recherches publiées dans
la revue « Monde commun :
des anthropologues dans la cité » ?
« Rendre le chaos du monde un peu
plus intelligible » par la mise en
œuvre « d’une anthropologie bien
ancrée dans l’enquête de terrain ».
A plusieurs reprises, Emmanuel Macron a tenté de convaincre Angela Merkel qui, pour l’instant, a refusé
toute politique de coopération européenne. Photo Michael Kappeler/dpa Picture-Alliance/AFP
« Violence partout,
justice nulle part »
Monde commun :
des anthropologues
dans la cité n° 1
Presses universitaires de France,
208 pages, 16 euros
Boucheron, titulaire de la chaire
Histoire des pouvoirs en Europe
occidentale, XIIIe-XVIe siècle
du Collège de France.
LA CITATION « Se faire braquer
par une arme n’est jamais anodin.
C’est un bouleversement
émotionnel. A tel point que je me
souviens très bien de ce nœud dans
les boyaux. Il n’est pas possible
d’omettre la sensibilité, qui se
manifeste ici par une décharge
d’adrénaline. »
— Marianne Bliman
’est entendu, l’adversaire
s’appelle Donald Trump. Sa
vision primaire du monde
l’emmène à condamner le libre échange, les instances internationales
comme l’Organisation mondiale du
commerce (OMC), le traité de Paris sur
le climat, le Conseil des droits de
l’homme de l’Organisation des nations
unies ou la Cour pénale internationale.
L’Amérique choisira toujours « l’indépendance » et non « la gouvernance
mondiale », a dit le président américain
à la tribune de l’ONU.
C’est entendu, le président français
s’oppose à cette vision du monde et,
quelques heures après Donald
Trump, il a discouru en premier
défenseur du multilatéralisme. Il
refuse « la loi du plus fort » et plaide
pour une nouvelle gouvernance mondiale avec une nouvelle priorité : la
lutte contre les inégalités. Très beau,
très bien. La cause française serait
plus solide si l’Europe pouvait montrer l’exemple d’un multilatéralisme
régional en état de bon fonctionnement. Emmanuel Macron en est le
premier convaincu, et il a, l’an dernier, multiplié les app els à une
r e l a n c e e u r o p é e n n e . L’ E u r o p e
devrait être un exemple de lutte contre les inégalités, de démocratie
vivante, d’humanisme moderne. Elle
a démontré en particulier avec le
règlement européen sur la protection
des données personnelles et la directive sur les droits d’auteur numériques, que c’est possible. Elle renforce
le droit des personnes, dans la transparence et la responsabilité et encadre les monopoles du Gafa, ce sont
des avancées considérables, dont
l’Union europénne peut être fière.
Plus largement, la Commission Junker a commencé à changer sa focale en
s’éloignant du libéralisme anglo-saxon
pour revenir vers un modèle rhénan
plus « protecteur ». Par ailleurs, la
condamnation à une large majorité du
Parlement de Strasbourg des atteintes
aux droits de l’homme dans la Hongrie
de Viktor Orbán est à mettre au même
registre d’un modèle européen non du
XXe, mais du XXIe siècle. Mais le modèle
reste non présentable. L’Union ne
correspond pas à son idéal d’origine de
rapprochement des peuples et des
économies, ce qu’on nommait « convergence » et qu’on appelle aujourd’hui
« inclusion ». La crise de 2010 des dettes
souveraines n’est pas surmontée, les
niveaux de vie ne se rapprochent pas, le
chômage a disparu au nord, il reste considérable au sud.
La France a fait
des propositions
pour renforcer
la cohésion de l’Europe :
gouvernement
économique,
union bancaire,
harmonisation fiscale.
Mais à rebours
de l’égoïsme commercial
de l’Allemagne.
La France a fait des propositions
pour renforcer cette cohésion interne
insatisfaisante : un budget plus large,
un gouvernement économique, une
union bancaire, une harmonisation
fiscale. D’autres idées sont mises à
débat, par exemple celle de l’institut
Bruegel sur l’Europe, non pas par cercles concentriques, mais par Clubs,
selon les sujets (Union monétaire,
immigration, politique étrangère…).
Les économistes allemands, hier sûr
d’eux pour refuser une « Europe des
transferts », commencent à évoluer
doucement. Mais ils sont à rebours de
l’opinion et de la classe politique outreRhin qui, au contraire, se renforcent,
dans la ligne de Trump d’une « Allemagne en premier ». La réticence à taxer
les Gafa est un signe comme le silence
fait aux propositions de Macron. Mais
le principal est l’égoïsme commercial
et budgétaire. L’excédent budgétaire
germanique atteindra 2,9 % du PIB,
l’Allemagne va dépasser les 3 % à
l’envers ! Et pourtant, le gouvernement
reste réticent à toute relance intérieure. Alors même que Mme Merkel
s’effraie de la disparition du parapluie
militaire américain, le clan des pacifistes d’un autre âge empêche de mettre le
paquet sur le budget des armées ; le
gouvernement n’ose pas. Devant les
périls du monde, l’Allemagne fait
l’autruche.
Le plus contraire à une Europe
modèle est le deuxième excédent : celui
des paiements courants. Quand la
Chine est passée d’un surplus de ses
exportations sur ses importations de
11 % du PIB il y a dix ans à 1,4 % l’an
dernier, le chiffre allemand n’a cessé de
grossir pour atteindre 8 % du PIB. Un
cinquième est réalisé avec les EtatsUnis (65 milliards d’euros), ce qui
motive, sinon justifie, les diatribes de la
Maison-Blanche contre Berlin et, par
assimilation, contre l’Europe tout
entière considérée comme « un
ennemi ».
Les économistes français considèrent que l’Allemagne mène une politique « non coopérative », c’est un
euphémisme. Ses qualités de producteur, notamment d’automobiles, n’ont
pas été acquises sans efforts de la
population, c’est certain. Mais maintenir de tels excédents est exporter le
chômage chez les autres, c’est s’obstiner à croire qu’ils font la force européenne et non pas, à de tels niveaux, sa
faiblesse, c’est engendrer et encourager le protectionnisme, c’est refuser
toute coopération, c’est-à-dire détruire
le multilatéralisme.
Eric Le Boucher est éditorialiste
aux « Echos ».
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IDEES & DEBATS // 13
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
opinions
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5. Prime d’activité : les revalorisations seront ciblées sur les salariés
au SMIC
LE POINT
DE VUE
de Christophe Eberlé
et Jean-Charles Simon
A
l’approche de la fin de la consultation publique lancée par le
gouvernement sur la question
des retraites, il importe d’avoir les idées
claires. Et pour cela, rien de mieux que
de comparer notre système de retraite
aux situations de nos voisins.
Un constat majeur s’impose : les
dépenses publiques au titre des retraites
sont très élevées en France. Nous y avons
consacré, en 2016, 15 % du PIB, soit
2,5 points de plus que la moyenne de la
zone euro et quasiment 4 points de plus
qu’en Allemagne. Des écarts qui correspondent respectivement à environ
55 et 85 milliards d’euros par an à
l’échelle de notre pays : de quoi avoir un
impact majeur sur nos finances publiques. C’est d’autant plus spectaculaire
que la France peut pourtant compter sur
une démographie moins défavorable en
la matière, avec une population un peu
plus jeune que chez nombre de ses
voisins. Les plus de 65 ans représentent
ainsi 33,3 % de la population des
20-64 ans en France, contre 34,8 % en
Allemagne et 37,8 % en Italie.
Premier élément qui amène à ce haut
niveau de dépenses publiques, une espérance de vie à la retraite record. Selon les
dernières données disponibles de
l’OCDE, la France est sur la plus haute
marche avec 27,6 ans pour les femmes
et 23,6 ans pour les hommes, contre
des moyennes respectives de 22,5 et 18,1
années dans les pays de l’Organisation.
Avec un pays comme la Corée du Sud,
l’écart dépasse même les dix années
d’espérance de vie en retraite ! Une différence qui vient bien entendu d’un départ
effectif en retraite beaucoup plus précoce en France qu’ailleurs.
LE POINT
DE VUE
de Fabien Tastet
L
e maire est l’élu le plus populaire
de France. Figure proche et familière dans les communes de taille
modeste, tutélaire dans les collectivités
plus importantes, il est celui à qui nos
concitoyens s’adressent, se réfèrent, en
qui ils placent leurs attentes et dont ils
convoquent la responsabilité.
Et pourtant, l’Etat réalise ce paradoxe
de miner savamment ces élus dans lesquels les Français ont le plus confiance.
Dépenses de plus en plus encadrées,
prolifération des normes qui renchérissent les projets, réformes fiscales
– notamment celle de la taxe d’habitation – qui rompent le lien de responsabilité et de citoyenneté que constitue
l’imp ôt lo cal vis-à-vis des habitants, ponction sur leurs dotations de
fonctionnement, rapports proposant de
leur retirer des compétences emblématiques comme la gestion des écoles et les
permis de construire, réduction des
emplois aidés si utiles au fonctionnement des équipements publics et du
réseau associatif, la liste des mesures
qui sapent la légitimité des maires de
France est sans fin.
Pourquoi alors se déplacer, par un
dimanche d’élections, pour désigner
un maire dont la capacité à agir et à
opérer des choix de financement est lentement mais sûrement inexorablement
entamée ?
A ce constat préoccupant s’ajoute un
puissant sentiment d’abandon lorsque
ces élus se trouvent livrés à eux-mêmes
face à des problèmes qui les dépassent
comme la gestion de l’impact des flux
migratoires, les fermetures d’entreprises ou de services publics nationaux
comme La Poste ou l’hôpital. Dans ces
Retraites : comparer
avant de réformer
Deuxième raison de notre situation
spécifique, un revenu relatif des Français de plus de 65 ans qui n’a pas d’équivalent à l’étranger. Il est même supérieur
au revenu moyen de la population,
représentant 103,4 % de ce dernier en
2014, contre 88,5 % en Allemagne et
87,6 % en moyenne dans l’OCDE.
La France a consacré
15 % du PIB aux retraites
en 2016, soit 2,5 points
de plus que la moyenne
de la zone euro.
La raison ? Des durées
de retraite plus longues
et des pensions
plus généreuses
que chez nos voisins.
Troisième facteur essentiel, une très
faible part de nos retraites s’appuie sur
des mécanismes en capitalisation. Dans
la nomenclature de l’OCDE, les actifs des
fonds de pension représentaient en 2016
l’équivalent de 0,6 % du PIB en France,
6,8 % en Allemagne, 95 % au RoyaumeUni, 127 % en Suisse et 180 % aux PaysBas... Nous finançons en fait la quasi-totalité de nos retraites en répartition avec
des cotisations obligatoires sur les revenus des actifs et sur les entreprises. C’est
une différence majeure avec les pays qui
laissent une large part de la préparation
de la retraite aux choix d’épargne des
individus ou aux régimes facultatifs
d’entreprise.
La France se distingue ainsi par un
système qui pèse lourd en dépenses
publiques et donc en prélèvements obligatoires, reposant en quasi-totalité sur la
répartition et les mécanismes publics,
avec des retraites plus longues et des
pensions plus généreuses par rapport
aux revenus d’activité.
Au-delà des objectifs déjà affichés par
la réforme en projet, comme le rapprochement des régimes existants et leur
simplification, il pourrait être envisagé
d’intégrer le principe d’une convergence
européenne dans la création de notre
nouveau dispositif universel.
Pour cela, le gouvernement dispose
de trois axes naturels : diminuer le
niveau de revenu moyen en phase de
retraite, partir plus tard à la retraite et
développer la capitalisation. Si on exclut
le premier axe sur lequel aucun gouvernement ne se risquerait, ces mesures
présenteraient des externalités positives
qui dépassent d’ailleurs le seul objectif de
normalisation de nos choix en matière
de retraite. Un âge de départ plus élevé à
la retraite, c’est une hausse du taux
d’emploi de la population et donc une
augmentation de la croissance potentielle. Développer la capitalisation, c’est
aussi se donner les moyens d’une épargne retraite française abondante pour
financer nos entreprises.
A l’aune des constats factuels et des
comparaisons internationales, la bonne
réforme des retraites pour la France
serait tout simplement une réforme responsable et européenne.
Christophe Eberlé et Jean-Charles
Simon sont respectivement CEO
et directeur exécutif d’Optimind.
Ne tirez plus
sur les maires !
conditions, nul besoin d’être devin pour
prédire qu’en 2020, bon nombre de
maires jetteront l’éponge – s’ils ne l’ont
pas fait avant – et que le vivier des candidats potentiels à ce mandat si honorable se tarira dangereusement au point
de créer une profonde désaffection
pour l’engagement politique local.
L’Etat est en train
d’affaiblir
et de décourager
les maires de France.
Il faut donner aux élus
locaux un vrai statut,
associé à une indemnité
conforme aux exigences
de leur mandat.
A cette crise des vocations s’ajoute un
second risque pour la République, celui
de voir se clairsemer les rangs des femmes et des hommes qui veulent faire de
l’action publique leur métier. Au détour
de l’été, par un cavalier législatif auquel
le Conseil constitutionnel a finalement
fait barrage, le gouvernement a cherché à ouvrir sans limites – et sans concertation préalable – la direction des
administrations à des personnes
venues du secteur privé.
En créant une première brèche dans
l’édifice statutaire, le gouvernement a
adressé le signal que l’engagement
dans un parcours méritocratique de
préparation à un concours de la fonction publique ne donnera bientôt plus
aucune priorité à l’accès à l’emploi
public.
Il y a chaque année 120.000 lauréats
des concours de la fonction publique et
bien sûr beaucoup plus de candidats
qui aspirent ainsi à se mettre au service
de leurs concitoyens. Si les salles de
concours de la fonction publique se
vident, si les étudiants dans les facultés
tournent le dos aux séances de sensibilisation sur les métiers de l’administration, qui, demain, ouvrira les portes des
services publics dans les zones rurales,
les quartiers difficiles où leur présence
est tant nécessaire ?
Il faut donner aux élus locaux un vrai
statut associé à une indemnité conforme aux exigences du mandat qu’ils
occupent (90 % des maires ont une
indemnité qui ne dépasse pas le SMIC).
En mettant vraiment en œuvre la
promesse présidentielle d’un droit à
l’expérimentation qui donnerait aux
élus la possibilité d’inventer des solutions adaptées à leurs territoires. En
garantissant dans la loi de finances
l’autonomie financière des collectivités
locales indispensable à leur libre administration. En conduisant une réforme
de la fonction publique qui favorise
l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, la diversité sociale
du recrutement, la mobilité, l’efficacité
et la qualité de vie au travail, l’ouverture
au secteur privé assorti des garanties
d’aptitudes et de déontologie nécessaires et sans remettre en cause la primauté du concours.
Fabien Tastet est président
de l’Association des administrateurs
territoriaux de France.
Valls ou le nouveau
nomadisme en politique
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
Par Roger-Pol
Droit
L
a candidature de Manuel Valls à la
mairie de Barcelone suscite des réactions étonnées, perplexes, voire carrément acerbes. Certains se fâchent, d’autres
haussent les épaules. Plus rares sont ceux qui
lui rendent hommage. Selon le conseil bien
connu de Spinoza, au lieu de rire ou de pleurer, mieux vaut s’efforcer de comprendre. Audelà d’un cas individuel et de circonstances
locales, cette trajectoire incite à réfléchir. Car
elle suggère quelles mutations politiques
s’esquissent en Europe.
Au premier regard, le cas paraît unique.
Evidemment, il n’est jamais arrivé qu’un
ancien Premier ministre français soit candidat à un poste de responsabilité dans un autre
pays européen. En outre, la spécificité de
Manuel Valls dans le paysage politique national est forte. Et contrastée : son échec aux primaires de la gauche, son élection très serrée à
un siège de député ont presque fait oublier
son envergure d’homme d’Etat.
Elle est pourtant attestée par quelques
hauts faits. Par exemple, n’avoir jamais cédé
face aux abjections de Dieudonné. Et surtout
avoir prononcé, le 13 janvier 2015, devant une
Assemblée nationale l’acclamant debout, le
discours le plus puissant de la Ve République.
Cette parole de vérité rarissime disait enfin
sans ambages le pays en guerre contre le
terrorisme islamiste, les ennemis venant
du dedans, l’essor d’un nouvel antisémitisme,
né dans les cités, longtemps dénié, inefficacement combattu.
Dans le paysage européen, l’exception
constituée par Barcelone et la Catalogne ne
semble pas moindre. Les conflits aigus au
sujet de l’indépendance, le clivage profond de
l’opinion, le retrait massif des banques et des
sièges d’entreprise ont créé une situation sans
équivalent. Pour toutes ces raisons, il peut
paraître hasardeux de tirer de ces particularités des enseignements qui les dépassent. Et
pourtant, cette candidature ne parle pas uniquement de Barcelone, ni seulement de
Manuel Valls.
Elle ressemble, à sa manière, à bien
d’autres trajectoires que l’on a aujourd’hui
oubliées. Celles des « princes » qu’observa
Machiavel, quand ils briguaient le pouvoir
dans les cités italiennes de la Renaissance.
Ces ambitieux, le plus souvent, n’avaient pas
fait carrière dans la ville qu’ils désiraient
gouverner. Ils débarquaient, séduisaient,
manœuvraient, guerroyaient, perdaient ou
gagnaient. On pense aussi aux gouvernants
des multiples principautés allemandes de
l’Âge classique. Ceux qui arrivaient à leur tête
n’étaient pas nécessairement des gens du cru.
Toutefois, il faut remarquer ceci : pareils vaet-vient politiques prenaient place dans des
nations morcelées, où se juxtaposaient des
unités politiques bien plus restreintes que les
Etats contemporains, dans une Europe qui
n’était encore ni unifiée ni même construite.
Ce cas nouveau de mobilité politique indique-t-il, à bas bruit, le nouveau morcellement
de l’Europe, l’amorce de sa fragmentation en
unités plus petites ? Il faudrait alors lire l’arrivée de Manuel Valls dans l’histoire de Barcelone tout autrement. Au lieu d’être une aventure personnelle et contingente, elle parlerait
des tensions vives qui travaillent les régions,
des craquements qui se font entendre dans
l’Union, des solutions à inventer pour tenir
ensemble la satisfaction des désirs d’autonomie, l’unité des Etats et la communauté européenne. Fini les blocs figés. Les unités politiques ont désormais des contours fluctuants.
Vue sous cet angle, l’exception révèle une
tendance forte.
Tout semble être
une exception dans la
candidature de Manuel
Valls à la mairie de
Barcelone, sa situation
personnelle comme celle
de la ville et de sa région.
Pourtant, on peut
y discerner des mutations
de l’Europe comme
des carrières politiques.
Elle se combine à une autre : la flexibilité
croissante des parcours politiques. Fini le
temps des plans de carrière dans les allées du
pouvoir. On ne compte plus les anciens ministres reconvertis dans des cabinets de conseil
ou des ONG. Inversement, de nombreux
cadres ou dirigeants sont récemment devenus députés, et sans avoir en tête de l’être toujours. Cette porosité entre l’exécutif et les
milieux d’affaires évoque plutôt les analyses
de Saint-Simon, au XIXe siècle, que celles de
Montesquieu au XVIIIe siècle. Elle montre là
aussi l’émergence d’une forme nouvelle de
fluidité, de nomadisme politique, qui n’en est
sans doute qu’à ses débuts.
Reste à savoir si la démocratie y gagne, ou si
elle y perd. Quand les responsables changent
de place, géographiquement ou professionnellement, le bien commun, les libertés,
l’autorité de l’Etat sont-ils mieux garantis ? Ou
moins bien ? Les réponses s’esquissent à
peine. Mais ces questions, dorénavant, sont
posées.
Tout semble être une exception dans la
candidature de Manuel Valls à la mairie de
Barcelone, sa situation personnelle comme
celle de la ville et de sa région. Pourtant, on
peut y discerner des mutations de l’Europe
comme des carrières politiques.
Roger-Pol Droit
est philosophe et écrivain.
L'ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Refonder la politique familiale
IDÉE La politique familiale à la française est un terrain classique pour les
conflits idéologiques et les bagarres budgétaires. Dans une note présentant
les triples qualités de la densité, de la clarté et de l’efficacité, la fondation JeanJaurès analyse d’abord les résultats des principaux dispositifs socio-fiscaux
relevant de la politique familiale. Sous la plume experte de l’économiste
Marc de Basquiat, ce travail – appelé à faire référence – décortique les enjeux
et objectifs des différents mécanismes. Ceux-ci conjuguent leurs effets,
aboutissant à des niveaux de soutien bien différenciés, selon que la famille
est pauvre, aisée ou de classe moyenne. Les graphiques publiés
sont particulièrement percutants, notamment pour les couples
avec un enfant à charge.
INTÉRÊT Alors que les polémiques relatives aux conditions de ressources
des allocations familiales ou au plafond du bénéfice du quotient familial
retentissent régulièrement, il est rare de disposer d’une information
et d’une mise en perspective limpides de la politique familiale sous son volet
de transferts monétaires. Les réformes suggérées visent à revenir aux
fondamentaux et à la simplicité. Une bonne entrée dans tous les débats,
encore à revenir, sur le RSA, les prestations logement et tutti quanti.
www.jean-jaures.org
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 // IDEES & DEBATS
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
focus
LIVRES
Par Benoît Georges
Mieux apprendre,
ça s’apprend
Les méthodes d’enseignement n’ont pas su évoluer
aussi vite que les recherches sur le cerveau
et les outils numériques, déplore François Taddei.
L’intelligence artificielle, la génétique, les
neurosciences ne cessent de progresser. La
quantité de savoirs librement accessibles à
tous n’a jamais été aussi grande. Pourtant,
nous continuons d’apprendre et d’enseigner à peu près comme il y a un siècle. Heureusement, d’autres pistes se dessinent,
explique François Taddei, créateur du Centre de recherches interdisciplinaires. Polytechnicien et chercheur en biologie, il puise
dans toutes ses expériences – y compris
dans celle de père – pour livrer un premier
essai à son image : foisonnant, brillant, inspirant et toujours d’une grande clarté.
COMPRENDRE L’APPRENTISSAGE. « Notre
Si les accidents et les décès au travail ont diminué aux Etats-Unis, le stress et les problèmes liés à des conditions
de travail difficiles pèsent sur la santé d’employés très mal couverts. Photo Ozier Muhammad/NYT-Redux-RÉA
Le monde du travail américain ne va pas bien. La situation est particulièrement préoccupante en termes de santé. Jeffrey Pfeffer livre un état des
lieux accablant. Travailler en France s’avère profondément préférable.
Le travailleur américain en danger
LIVRES
Par Julien Damon
ESSAI
Dying for
a Paycheck
U
n des thèmes en vogue, au sujet
du travail, est celui dit des
« bullshit jobs ». Le penseur à
succès et militant anarchiste américain David Graeber est connu pour sa
critique de ces « métiers à la con » (« Les
Echos » du 7 septembre). Avec un certain sens de la formule, il met au jour le
caractère féodal d’un management
supposé à l’écoute et le caractère soviétiforme d’organisations, publiques ou
privées, prétendument agiles. Mais ses
généralisations et exagérations sur
l’univers professionnel procèdent de
considérations souvent brouillonnes. Il
n’en va pas de même des travaux de son
compatriote Jeffrey Pfeffer.
Pollutions sociales
Professeur, très apprécié, de comportement organisationnel à Stanford, Pfeffer se penche spécifiquement dans son
dernier essai publié outre-Atlantique
sur les ravages contemporains du
monde du travail aux Etats-Unis. Il ne
cite pas les boulots décriés par Graeber,
ni ne reprend ses saillies anticapitalistes. Il passe, lui aussi, par des anecdotes,
mais il s’appuie également sur des
revues de littérature scientifique et des
enquêtes rigoureuses.
Le portrait général qui ressort s’avère
terrifiant. Accidents et décès au travail
ont certes diminué, outre-Atlantique,
des trois quarts en une cinquantaine
d’années. Mais parallèlement, stress et
troubles associés ont augmenté de
manière impressionnante. Jeffrey Pfeffer écrit que les problèmes liés à des
conditions de travail et à des modalités
de management qu’il dit toxiques
pèsent à la fois sur la santé des employés
et sur la profitabilité des entreprises.
Cette toxicité du travail, dans le contexte particulier de la protection sociale
par Jeffrey
Pfeffer, Harper
Business,
259 pages,
22,30 euros.
américaine, est un mécanisme perdant-perdant. Pfeffer parle d’un coût de
200 milliards de dollars par an pour le
système de santé (8 % du total des
dépenses de santé) et de 300 milliards
de pertes pour les entreprises.
Culte du résultat, extension du travail
précaire et des horaires, immixtion
grandissante de la sphère professionnelle dans la sphère privée, toutes ces
« pollutions sociales » précarisent les
existences et mettent en danger la
santé. Pfeffer fait des estimations. Des
mauvaises conditions de travail, il
résulterait 120.000 morts par an, dont
50.000 liées à l’absence d’une assurance-maladie (nous sommes aux EtatsUnis), 35.000 liées au chômage et
30.000 à l’insécurité de l’emploi.
Les conditions de travail figureraient
ainsi au cinquième rang dans la liste des
causes de mortalité. Ce chiffre colossal
serait réduit de moitié si les Etats-Unis
façonnaient leur droit du travail, leur
système de santé et leur management
comme dans les pays européens membres de l’OCDE. Le pays néglige la santé
au travail et la santé en général, avec
l’absence d’une couverture universelle,
malgré les quelques avancées de l’époque d’Obama.
L’environnement
avant l’humain
Le docteur Pfeffer veut apporter des
remèdes. Les entreprises produisent
aujourd’hui des rapports sur la soutenabilité environnementale, bien moins
sur la soutenabilité humaine. S’implan-
tant dans des bâtiments écologiques
mais inhumains, elles traitent des conséquences et non des causes. Elles développent des à-côtés gadgets de type
baby-foot ou stages de yoga. Pfeffer
plaide pour davantage d’autonomie
dans l’exécution des tâches et plus de
sens d’appartenance dans les communautés que doivent constituer les
organisations.
Une nécessaire reconnaissance
Les employés, qui ont tendance à
rationaliser leur souffrance au travail,
ont besoin, au-delà d’un endroit vraiment appropriable, de reconnaissance et de soutien. L’analyse de Pfeffer porte sur le cas américain et se
n o u r r i t d e m u l t i p l e s e xe m p l e s
ailleurs dans le monde anglo-saxon,
en Chine ou au Japon. La situation
française est peu évoquée, sinon, incidemment, pour rappeler les suicides
chez Orange et, surtout, pour soutenir
la légitimité du « droit à la déconnexion » qui y a été voté.
Le lecteur français pourra estimer
vivre dans une sorte d’Eden du droit du
travail et de la Sécurité sociale. Mais il
pourra aussi trouver des ressemblances, dont Pfeffer assumerait pleinement
la légitimité, avec des situations et des
personnages en France – il suffit pour
s’en convaincre de lire le dernier livre de
Nicolas Bouzou et Julia de Funès, « La
Comédie (in) humaine » (« Les Echos »
du 7 septembre). L’auteur fait aussi
attention aux mots. Il serait, à ce titre,
très réservé à l’égard de l’expression
hexagonale à la mode traitant des « collaborateurs » de l’entreprise.
Les critiques du présentéisme, de
l’ouverture des magasins le dimanche
ou encore des licenciements (au régime
très facilité aux Etats-Unis) donnent en
tout cas à réfléchir, certes dans leur contexte. La charge globale est à l’encontre
d ’u n p a y s à p r o t e c t i o n s o c i a l e
défaillante. Mais la leçon, à la fois individuelle et collective, est générale : ne pas
accepter l’inacceptable. n
cerveau est le théâtre de multiples phénomènes aléatoires dans la manière dont se connectent nos neurones. Lorsque des connexions transitoires sont stabilisées, elles
peuvent être mémorisées. C’est ainsi que l’on
apprend. Et ce phénomène d’apprentissage
est universel. Ce qui est vrai de nos systèmes
neuronaux est vrai pour toutes les formes de
cellules, des bactéries aux organismes multicellulaires, avec ou sans cerveau. »
PRENDRE CONSCIENCE DU CHOC. « Nos
programmes scolaires et nos systèmes éducatifs n’ont, à l’heure actuelle, pas pris conscience de l’intensité du choc que les progrès de
l’intelligence artificielle s’apprêtent à porter à
nos façons de vivre, de travailler, de consommer, de vivre ensemble, d’interroger nos normes juridiques et […] de bousculer nos normes éthiques. »
LAISSER LES PROFS EXPÉRIMENTER. « Sur
le papier, les professeurs peuvent déjà adap-
ESSAI
Apprendre
au XXIe siècle
Par François
Taddei, CalmannLévy, 398 pages,
19,90 euros.
ter leurs enseignements au nom de la
“liberté pédagogique” qui leur est reconnue.
Mais combien peuvent réellement s’en
emparer quand l’essentiel de leurs gestes
sont contraints par des horaires nationaux,
une taille des classes prédéfinie, des programmes qui laissent peu de temps aux pas
de côté ? Savez-vous, par exemple, qu’il
n’existe aucune loi scientifique qui prouverait qu’il est plus efficace d’apprendre entre
quatre murs, en groupe de 25-35, avec un
seul enseignant, à raison de 50 minutes par
discipline ? »
MISER SUR LA R&D. « L’éducation est un des
rares secteurs stratégiques pour notre pays
dans lequel nous n’investissons quasiment
pas en recherche et développement, contrairement à ce que nous jugeons naturel de faire
dans tous les secteurs d’avenir (la santé, la
mobilité, l’énergie, les technologies…). Si la
France ne consacrait que 1 % du budget de
l’éducation à la recherche et développement,
la face de l’école en serait bouleversée en
quelques années. » n
Livres en bref
L’automobile, c’était mieux avant
Eric Leser est un
•homme
modéré et
un journaliste
éclairé. Mais lorsque
l’on s’attaque à la
sacro-sainte automobile, il voit rouge !
Dans son dernier
livre, il a choisi de s’en
prendre à celles et
ceux, qui, à Paris ou dans d’autres villes du
monde, mènent ce qu’il nomme une guerre
idéologique à la voiture. Et instruit, par ce
biais, un nouveau procès contre ceux qui,
du haut de leurs palais républicains parisiens, accroiss ent le fossé avec les
manants de la France
périphérique, écraAutomobile :
sée de taxes, de conFrance d’en
trôles tatillons et
haut contre
achevée par cette
France d’en bas injustice suprême, la
Par Eric Leser,
limitation à 80 km/h
Editions Eyrolles,
sur les routes secon201 pages, 16 euros. daires, ces veines où
coule ordinairement
le sang d’une province méprisée.
La thèse est facile, populaire, tant pis si
elle ne tient pas une minute. L’auteur défend
son point de vue avec talent et il ne sera pas
dit que le lobby automobile s’est rendu sans
combattre. — D. Fo.
Fous et chefs d’Etat
Ils sont névropa•thes,
sociopathes ou
psychopathes. Souvent narcissiques et
extravagants, parfois
grossiers. Certains
d’entre eux violentent, massacrent et
tourmentent. Tous
ont un point commun : ils sont chefs d’Etat. Dans un livre très
fouillé, l’ancien patron de Radio France
Jean-Luc Hees brosse le portrait des dirigeants les plus dérangés de la planète.
Le casting ? Bachar el-Assad, le « boucher de Damas ». Un homme « complexe »,
auquel la « notion de
“mal” semble étranCes
gère ». Abou Bakr alpsychopathes Baghdadi, l’ex-secréqui nous
taire administratif
gouvernent
devenu « calife » de
Par Jean-Luc Hees, l’autoproclamé Etat
Plon, 321 pages,
islamique, organisa19,90 euros.
tion terroriste commettant les pires barbaries. Il y a aussi Kim Jong-un, le dictateur
nord-coréen, obsédé par la survie de son
régime et la bombe atomique. Et bien sûr,
Donald Trump, qui, à côté, passerait presque pour un saint, avec son trouble de la
personnalité antisociale. — K. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 15
Les Echos Vendredi 28 et samedi 29 septembre 2018
Son parcours
le grand entretien
Elève moyen mais entrepreneur génial,
Marc Simoncini a chuté plus d’une fois
mais à toujours su rebondir.
Entrepreneur de la génération Minitel,
il fera une première fois fortune en
vendant iFrance lors de la bulle Internet
à Vivendi.
Lui, qui n’a jamais eu de traversées du
désert bien longues, se sortira d’une
impasse financière en faisant de Meetic
un géant du « dating ». Il vendra ce site
de rencontres au géant américain
Match. Fortune faite, il a décidé de
rester en France pour investir dans les
start-up et dans ses passions.
Né à Marseille, Marc Simoncini a 49 ans.
Son actualité
Après avoir investi les 100 millions
d’euros de son fonds Jaïna Capital, Marc
Simoncini va lever des capitaux pour
relancer une deuxième séquence.
Dans son autobiographie « Une Vie
choisie », l’entrepreneur raconte
sans filtre son parcours personnel
et professionnel.
Il finance des start-up et s’implique
aussi dans des projets plus personnels.
Il s’est ainsi lancé dans la conception et
fabrication de vélos très haut de gamme
sous la marque Héroïn et il a lancé
deux sociétés de productions de longs
métrages.
« Il se passe vraiment
quelque chose en France »
Propos recueillis par
David Barroux
@DavidBarroux
et Guillaume Brégeras
@gbregeras
La France est-elle vraiment une nation
de start-up ou est-on juste dans le buzz ?
Non, il se passe vraiment quelque chose en
France. On peut se dire que c’est le génie français, notre créativité, la qualité de notre formation, de nos infrastructures. Nous sommes un pays latin, mais avec une culture
anglo-saxonne par certains côtés, ce qui est
favorable à l’éclosion d’entreprises. Ça, c’est
la réponse trop politiquement correcte. Ma
vision est que la France est un pays tellement
compliqué dans lequel tellement de choses
ne vont pas que cela stimule des entrepreneurs. Quand il y a un problème, il peut y
avoir une solution. Et s’il y a une solution, il y
a une opportunité. Et comme en France on
ne manque pas de problèmes, nous sommes
une terre fertile pour faire naître des
start-up. La deuxième réalité, c’est que nous
sommes aussi un pays d’une extrême complexité et que cela nous protège en partie.
Pour une start-up étrangère, venir en France
et faire face à notre Code du travail, notre
Code des impôts, notre cadre social, les normes, les règles, a quelque chose d’effrayant.
Un pays aussi complexe, ça ne donne pas forcément très envie.
On peut donc être optimiste ?
Nous avons des opportunités et notre
fameux système D, un système mental qui
nous a toujours poussés à nous débrouiller.
Et puis nous avons réussi à créer une dichotomie entre les patrons et les entrepreneurs.
Nous sommes passés de l’image d’un patron
perçu de façon négative à celle d’un entrepreneur qui peut apporter quelque chose de collectivement bénéfique. Cela crée un nouvel
état d’esprit. C’est d’ailleurs sans doute cette
évolution qui a contribué à amener au pouvoir Emmanuel Macron, qui est de ceux qui
osent dire que, pour partager la richesse, il
faut commencer par la produire.
Pourquoi avoir soutenu le candidat
Macron lors de l’élection présidentielle ?
Parce que je sentais qu’il allait être porté au
pouvoir notamment par la jeune génération,
qui avait compris qu’il fallait d’abord générer
des richesses avant de pouvoir les partager.
C’était le moment de cristallisation d’un
mouvement que j’ai vu grandir sous mes
yeux pendant quinze ou vingt ans. Je savais
qu’à un moment donné, une personne arriverait pour s’affranchir des étiquettes politiques traditionnelles pour changer les chos e s . C ’é t a i t l a p r e m i è r e f o i s q u e j e
m’engageais en politique et probablement la
dernière.
Quel regard portez-vous sur
sa première année à la tête du pays ?
Je n’en parle pas, nous verrons les résultats à
la fin du quinquennat. Je ne vais pas commenter les différents sujets, il faut laisser du
temps pour apprécier correctement les choses. Au sein d’une entreprise, il faut plusieurs
années parfois pour voir les bénéfices d’un
changement, alors à l’échelle d’un pays, c’est
encore plus long !
Peut-on imaginer que ces changements
débouchent sur l’éclosion d’un Gafa
français ?
Nous n’aurons pas de Google ou de Facebook
français. Nous avons un tout petit marché et
le marché européen unifié et harmonisé
n’existe pas. Meetic était une des seules
start-up qui ait réussi à être numéro un mondial sur son marché, mais nous étions ex
aequo avec un américain qui évoluait dans
un pays avec une langue et une seule monnaie, tandis que nous devions, nous, nous
imposer dans 13 pays, 7 langues et 12 monnaies différentes. Pour atteindre la même
taille, nous avons été obligés de surmonter
beaucoup plus de difficultés. Il peut toujours
y avoir un miracle, mais cette complexité territoriale nuit à la capacité française de faire
émerger des champions mondiaux. Mais ce
n’est pas pour cela que l’on ne peut pas avoir
des centaines de champions nationaux ou
européens. Plutôt que de rêver à un énorme
séquoia, regardons les 1.000 sapins qui poussent juste derrière.
Les Américains ne vont donc pas
tout rafler ?
Les grands acteurs américains ne peuvent
pas s’intéresser à toutes les niches de marché. Nous avons par exemple financé Ornikar, une start-up formidable pour venir
disrupter le marché du permis de conduire.
C’est important pour nous, à l’échelle de la
France, mais ça n’est pas un enjeu pour une
multinationale du numérique. Il reste plein
de combats à mener qui ne retiendront pas
l’attention des géants américains. Tous les
marchés n’ont pas un enjeu global comme
celui des taxis avec Uber. C’est d’ailleurs en
partie comme cela que j’analyse mes investissements. J’évite de me mettre en concurrence frontale avec Google, Amazon ou
Facebook. Si l’on veut avoir une chance, il
faut trouver une niche trop technique ou
trop réglementée qui va freiner certains,
mais qui recèle tout de même un véritable
potentiel.
Quel est le premier conseil qu’il faut
donner à un startuppeur ?
Une des clefs est de ne pas se lancer trop vite.
Il faut laisser maturer son idée, il faut trouver
ses points de faiblesse. Il faut, pendant des
semaines et des mois, se demander ce qui
fera qu’une idée n’aboutira pas, qu’un plan ne
fonctionnera pas. Si au bout de plusieurs
mois vous n’avez pas trouvé une raison pour
laquelle votre start-up ne marcherait pas,
vous pouvez y aller en vous disant qu’il n’y a
encore qu’une chance sur 100 que cela marche. Si on ne fait pas ce travail critique, on a
qu’une chance sur 100.000. On va perdre du
temps, de l’énergie et de l’argent.
Qu’est-ce qu’un bon entrepreneur ?
C’est quelqu’un qui a une idée, de l’énergie et
une capacité à entraîner des gens meilleurs
que lui à travailler à ses côtés pour développer cette idée. Il faut à la fois de l’ego et la
capacité à s’asseoir dessus… Il faut le recul
nécessaire pour faire une place à meilleur
que soi. Il faut faire rêver et entraîner et faire
preuve de sagesse. Ce qui n’est pas toujours
facile quand on est jeune. Ce n’est pas un
hasard si l’âge moyen de ceux qui réussissent
est plutôt de 42 ans. Une forme de maturité
est nécessaire pour éviter les péchés
d’orgueil. L’ego est un bon moteur, mais il ne
faut pas se laisser aveugler.
N’y a-t-il pas une bulle dans les start-up
en ce moment ?
Il y a sans doute un peu trop de projets et un
peu trop d’argent. Mais l’on ne saura s’il
existe une bulle que le jour où elle éclate. Il y a
peut-être des valorisations un peu trop élevées, mais elles ne sont pas non plus irrationnelles. Depuis vingt ans, le monde du numérique a su se forger une solide expérience, et
nous possédons désormais des outils et suffisamment de recul pour anticiper la trajectoire d’une entreprise. Attention, il peut y
avoir des accidents, car la part de risque reste
importante, même si elle est calculée. Le
Joël Saget/AFP
MARC SIMONCINI Fondateur de Meetic, de Sensee et de Jaïna Capital
peu près équitable entre tous les êtres
humains. L’entrepreneur, lui, en saisit un
peu plus. A l’image d’un train qui passe à
toute vitesse dans lequel il y a une porte
ouverte, l’entrepreneur va tenter d’y monter,
et s’il n’y arrive pas dès le premier coup, il tentera à nouveau sa chance jusqu’à ce qu’il y
arrive. La clef est la résilience et il faut en
trouver la source.
véritable problème est le manque de sorties
pour toutes ces start-up qui se financent par
le capital-risque. Les opérations de rachats
en sont une, mais sur un marché français qui
manque un peu de profondeur en raison de
sa taille, elles sont trop rares.
Est-ce que l’introduction en Bourse,
comme vous l’avez fait avec Meetic,
représente une bonne alternative
comme sortie ?
C’est certain, mais il faut être prêt. L’IPO est
très difficile car vous entrez dans un monde
régulé qui est antinomique avec celui des
start-up. Cela nécessite une certaine maturité de la part de l’entrepreneur et je doute
qu’à vingt-cinq ans il soit prêt. En revanche,
elle reste un outil formidable pour le développement de l’activité, car cela crée de la
notoriété, rassure les investisseurs, cela
donne de la liquidité aux actionnaires et aux
salariés… les avantages sont nombreux, tout
comme les inconvénients. Les reportings trimestriels n’ont aucun sens dans un monde
où, dans le numérique, la prise de décision
doit être très rapide et où tout peut changer
extrêmement vite.
« Une jeune personne qui
tague un train dans la nuit
peut s’en sortir si vous lui
donnez un ordinateur et
une formation. »
« Il pourra réaliser des
choses incroyables en
design, et trouver sa route. »
Vous seriez prêt à retenter l’aventure
de la Bourse ?
Jamais ! Tout d’abord parce que je n’ai pas
monté d’entreprise de cette envergure
depuis Meetic. Et je n’ai plus la patience de
faire des roadshows. Je ne suis d’ailleurs pas
certain que Xavier Niel ait pris du plaisir
dans ce process, bien que ce soit probablement très intéressant pour Free.
Vous parlez souvent du facteur chance
pour réussir, mais tout le monde
a-t-il le même capital chance ?
Tout le monde est doté du même nombre de
chances, le hasard est réparti de manière à
Malgré cette équité des chances,
la French Tech ne représente
pas du tout la diversité en France.
Les personnes qui ne sont pas nées du bon
côté du périphérique ont d’autres soucis que
celui de se demander s’ils vont sauter pour
prendre un train en marche, et risquer de
prendre une porte en pleine figure. Il faut
probablement avoir déjà une vie confortable
pour se lancer, mais cela change. Et le numérique est extraordinaire pour cela. Quel que
soit le talent que vous avez, vous pouvez
l’exprimer. Une jeune personne qui tague un
train dans la nuit peut s’en sortir si vous lui
donnez un ordinateur et une formation, il
pourra réaliser des choses incroyables en
design, et trouver sa route. Les entrepreneurs de cette génération ont intégré cette
donne, c’est pourquoi ils redistribuent. Lorsqu’ils ont réussi, ils n’investissent pas seulement dans l’immobilier comme la génération précédente, mais ils s’engagent pour
redistribuer les richesses, et c’est un mouvement mondial.
Vous êtes régulièrement attaqué sur
Twitter à propos de votre réussite.
Existe-t-il en France encore
un problème important lié à l’argent ?
Il y a toujours un problème avec une frange
de la population en France, mais je pense que
c’est un problème d’éducation, et l’Etat y est
pour beaucoup. Les Français ont des notions
d’économie pathétiques et lorsque vous ne
faites pas la différence entre posséder des
parts dans une start-up qui est vouée à
l’échec dans neuf cas sur dix, et le mot « fortune », vous avez un vrai problème ! L’ISF,
par exemple, n’a été compris que par les gens
qui l’ont payé. Il y a également un problème
d’ordre philosophique autour de la réussite
en France, mais c’est un autre sujet, qui n’évoluera pas tant que nous maintiendrons aux
frontons des mairies « Liberté, égalité, fraternité ». Ce n’est pas d’« égalité » dont il faut
parler, mais d’« équité ». On ne naît pas
« égaux », mais il va falloir traiter tout le
monde de la même manière si l’on veut s’en
sortir.
Quelle est l’entreprise que vous auriez
rêvé de monter ?
Twitter. Le ratio entre la simplicité de l’idée et
la puissance de l’outil est dingue ! De mon
point de vue, c’est l’une des plus belles réussites des vingt dernières années. Il fallait cinq
minutes pour le penser et le mettre en
œuvre. C’est l’exemple type de ce que le
numérique permet, tout en étant accessible
à tous, car il était possible de lancer ce réseau
simplement avec quelques milliers de dollars. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018Les Echos
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Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
FÊTE CAMPION CESSE
SES ACTIVITÉS FORAINES
ÉGYPTE SISSI VEUT RELANCER
LA PAIX AVEC NETANYAHU
Marcel Campion, après le tollé suscité par ses propos homophobes
contre des élus de la Ville de Paris, a
annoncé jeudi cesser ses activités
foraines et son retrait du marché de
Noël, qui doit se tenir aux Tuileries. Il
a également indiqué avoir mis en
vente sa célèbre grande roue. Depuis
le début de la semaine, le ministère de
la Culture et le Musée du Louvre affirment étudier le maintien ou non de ce
marché dans le jardin des Tuileries.
Le chef de l’Etat égyptien, Abdel Fattah Al Sissi, a appelé à la reprise des
négociations de paix israélo-palestiniennes, lors de sa rencontre avec le
Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, à New York, selon la
présidence égyptienne. Le chef du
gouvernement israélien avait déclaré
sans plus de précisions sur Twitter
que les discussions, en marge de
l’Assemblée générale des Nations
unies, avaient porté sur « les événements dans la région ».
AFFAIRE L’AUDITION
DE BENALLA REPORTÉE
Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, a appelé, jeudi, la
communauté internationale à une
application « stricte » des sanctions
contre la Corée du Nord « jusqu’à ce
que la dénucléarisation soit terminée
et entièrement vérifiée ». Il a estimé
que les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, dont il présidait une
réunion consacrée au dossier
nucléaire nord-coréen, devaient
« montrer l’exemple ».
TUNISIE SALVINI VEUT BLOQUER
LES DÉPARTS, AIDER LE RETOUR
PRISONS LÉGÈRE DIMINUTION DU
NOMBRE DE DÉTENUS EN AOÛT
Le nombre de détenus a légèrement
diminué en août, mais reste toujours
au-dessus du seuil symbolique des
70.000 personnes incarcérées franchi en avril, pour une capacité de
60.000 places, selon les chiffres de
l ’a d m i n i s t r a t i o n p é n i t e n t i a i r e
publiés jeudi. Avec le plan prison, la
Garde des Sceaux prévoit de baisser
la population carcérale de 8.000 unités, la ramenant à ses niveaux de
2008-2010.
La Ryder Cup débute ce vendredi et met aux prises, pour la première fois en France, sur le parcours du Golf national, les
douze meilleurs golfeurs européens face au douze meilleurs américains. Les équipes ont été présentées hier par les deux
capitaines. Tiger Woods jouera dès le matin, associé à Patrick Reed, contre une paire européenne composée de Francesco
Molinari et Tommy Fleetwood. Les organisateurs prévoient 62.000 spectateurs par jour de vendredi à dimanche.
Fethi Belaid/AFP
ROUTE DU RHUM TOP DÉPART
LE 4 NOVEMBRE AVEC
UN RECORD DE 124 BATEAUX
Pour ses 40 ans d’existence, la célèbre
course transatlantique en solitaire, la
Route du Rhum, s’offre un record de
participants avec 124 bateaux au
départ, le 4 novembre à Saint-Malo.
Le lancement officiel de l’événement,
qui n’a lieu que tous les quatre ans, se
tenait ce jeudi à Paris. En 2014, la
course s’était gagnée en un temps
record de 7 jours et 15 heures, signé
Loïck Peyron.
La France au centre de la planète golf
ÉTATS-UNIS DÉTENTE MAIS
FERMETÉ CONTRE PYONGYANG
Bertrand Guay/AFP
L’audition d’Alexandre Benalla chez
les juges d’instruction, prévue
vendredi à Paris, a été reportée.
L’annonce a été faite par ses nouveaux avocats, qui ont succédé au
premier. La nouvelle date de l’audition n’a pas été précisée. Benalla est
mis en examen depuis fin juillet
notamment pour son rôle présumé
dans des violences.
LA PHOTO DU JOUR
Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, en visite en Tunisie jeudi,
a appelé au rapatriement des Tunisiens arrivés illégalement en Italie, et
à « bloquer » l’émigration irrégulière ». Matteo Salvini, qui a rencontré le président tunisien, s’exprimait
quelques jours après avoir fait adopter par le gouvernement italien une
série de mesures draconiennes promises par l’extrême droite pour limiter l’immigration clandestine.
BIRMANIE ROHINGYAS :
L’ONU PRÉPARE UN DOSSIER
Le Conseil des droits de l’homme de
l’ONU a décidé, jeudi, de créer une
équipe chargée de réunir des preuves
sur les crimes les plus graves commis
en Birmanie depuis 2011 pouvant être
utilisées devant des tribunaux. Une
résolution a été adoptée par 35 voix
sur 47, 3 pays ayant voté contre
(Chine, Philippines et Burundi).
RODEZ LE CHEF DE LA POLICE
MUNICIPALE MORTELLEMENT
POIGNARDÉ
BALKANS LA MACÉDOINE
SE PRÉPARE AU RÉFÉRENDUM
Le chef de la police municipale de
Rodez est mort, jeudi, après avoir été
frappé de plusieurs coups de couteau, a indiqué le maire de la ville.
L’agresseur présumé a été interpellé
peu après les faits, qui se sont déroulés en pleine rue vers 10h30, à proximité de l’Hôtel de ville. La victime a
succombé à ses blessures une fois à
l’hôpital.
Le gouvernement macédonien soumet dimanche à référendum le nouveau nom de l’ex-République yougoslave, censé tourner la page du conflit
avec la Grèce et ouvrir la voie à un
rapprochement avec l’Union européenne et l’Otan. Le vote populaire
doit valider le nouveau nom proposé
en accord avec Athènes, de « République de Macédoine du Nord ».
Photo : Carl Recine/Reuters
ON EN PARLE À MOSCOU
Skripal : les masques commencent à tomber
Un site d’investigation affirme avoir découvert la véritable identité d’un suspect
dans la tentative d’assassinat de Sergueï Skripal : un colonel de l’armée russe.
Benjamin Quénelle
— Correspondant à Moscou
sans rien de criminel le concernant », selon les mots du président Poutine.
Avec son compère Alexandre
Petrov, le soi-disant Rouslan
Bochirov a raconté à la télévision
russe qu’ils étaient partis « se
payer un peu de bon temps » en
Angleterre et voir « la célèbre
cathédrale » de Salisbury. Dans
une surprenante interview à
Russia Today, ils admettent
avoir pu s’approcher de la maison de Skripal « sans le savoir ».
Démentant être des agents, rejetant toute accusation d’empoisonnement au gaz neurotoxique
Novitchok, ils invoquent une
« coïncidence fantastique ».
Ces déclarations avaient suscité hilarité dans le monde et
colère à Londres, mais ont
aussi provoqué des contre-en-
P
eu à peu, le voile se lève
sur l’affaire Skripal.
L’homme d’affaires
amateur de tourisme serait en
fait un agent spécial au service
du Kremlin. Derrière Rouslan
Bochirov se cacherait Anatoli
Tchepiga. Ce Russe et un autre
mystérieux « touriste » sont au
cœur de la crise diplomatique
entre Londres et Moscou qui a
été provoquée en mars dernier
par l’empoisonnement de l’exespion russe Sergueï Skripal et
sa fille à Salisbury en Angleterre. Les autorités russes, qui
affirment ne pas être liées à
cette affaire, assurent que le
principal suspect identifié par
les Britanniques est un « civil
quêtes. Sceptique parmi
d’autres rares journaux critiques en Russie, le quotidien
économique « RBK » a cherché
dans le registre des sociétés une
entreprise enregistrée sous le
nom de Bochirov mais… n’a
rien trouvé. Le site d’investigation Bellingcat basé au Royaume-Uni, lui, a fouillé dans les
sources disponibles sur Internet et trouvé de nombreuses
informations. Des révélations
rejetées par la porte-parole de
la diplomatie russe.
Un « héros de la Russie »
décoré par Poutine
Méthodiquement, Bellingcat a
fait le rapprochement : Rouslan Bochirov serait le pseudonyme d’Anatoli Tchepiga dont
le site a retracé la carrière. Né en
1979 dans un village près de la
frontière chinoise, ce Russe
est entré dès 18 ans dans l’académie militaire régionale.
Diplômé « avec les honneurs »
en 2001, il a rejoint le GRU, le
ser vice de renseignement
militaire russe. La vie de
« spetsnaz » d’Anatoli Tchepiga, aujourd’hui âgé de 39 ans,
marié et père d’un enfant, l’a
conduit en Tchétchénie. Mais
aussi près de la frontière ukrainienne, au début du conflit au
Donbass. C’était en 2014. Une
mission remplie avec brio.
Cette année-là, le colonel Anatoli Tchepiga, déjà récompensé
d’une vingtaine de médailles,
est décoré de la plus haute distinction russe : Héros de Russie.
Un titre remis en personne
par… Vladimir Poutine. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
www.lesechos.fr
Destiné aux surfeurs
et au grand public,
un centre de loisirs
avec vague artificielle
est en gestation dans
la commune landaise
de Castets. // P. 28
DEVISES EUR/GBP 0,8908 EUR/JPY 1,3239 EUR/CHF 1,141 GBP/USD 1,3106 USD/JPY 1,1338 USD/CHF 0,9771 TAUX EONIA -0,367 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,319 OAT 10 ANS 0,778 T-BONDS 10 ANS 3,1191
INDUSTRIE & SERVICES
AIR FRANCE
DERNIÈRE HEURE
Joël Saget/AFP
Netflix tisse sa toile en France
Enrique Moreira
@EnriqueMoreira
Benjamin Smith nommé
aux commandes.
// P. 18 ET « CRIBLE » P. 38
TOURISME
Eté radieux pour les voyagistes
français. // P. 19
ÉNERGIES VERTES
Les Etats-Unis accélèrent
leur virage. // P. 20
SPECTACLE VIVANT
Une belle année 2017
pour le secteur. // P. 22
LUXE
La traçabilité des cuirs
est devenue un enjeu. // P. 23
HIGH-TECH & MÉDIAS
CONSEIL
Pierre Nanterme,
PDG d’Accenture : « Non, je ne
rachèterai pas Publicis ». // P. 24
SALESFORCE
Reed Hastings, patron de Netflix, a expliqué que la principale justification de l’ouverture du bureau parisien
était la croissance « très rapide » de la base d’abonnés français de Netflix. Photo Robyn Beck/AFP
L’éditeur de logiciels s’appuie
sur les API pour doubler de taille.
// P. 25
Le bureau parisien qui
ouvre suit ceux que la
plate-forme américaine a
déjà à Londres et à Amsterdam.
START-UP
PHARMACIE
Inova Software et NextStage AM
à l’assaut de l’industrie
pharmaceutique. // P. 26
L’idée est d’y faire travailler
une vingtaine de personnes.
Netflix annonce aussi le
lancement de sept nouveaux contenus français.
Les lunetiers du Jura
PME & RÉGIONS
OPTIQUE
Le Mondial s’ouvre dans un climat
d’inquiétude. // P. 27
FINANCE & MARCHÉS
SCOR
Le patron de Covéa se retire
du conseil sans apaiser
les tensions. // P. 30
VENDEURS À DÉCOUVERT
Les nouveaux lanceurs d’alerte.
// P. 31
LITHIUM
En Europe, la course à l’or blanc
s’accélère. // P. 32
FUSIONS-ACQUISITIONS
Les banques d’affaires invitées
à jouer la transparence. // P. 34
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET
// P. 37
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
« La France est un bon endroit pour travailler. » Quatre ans après le lancement de
Netflix dans l’Hexagone, Reed Hastings, son
PDG-fondateur, est venu lui-même annoncer la création l’an prochain d’un bureau
français basé à Paris et composé, « au
départ », d’une vingtaine de personnes.
Après Amsterdam, siège de la filiale européenne, et Londres (une soixantaine de personnes), Paris devient la troisième implantation européenne du géant américain de la
vidéo par abonnement. En déplacement sur
le lieu de tournage en banlieue parisienne
de la série française futuriste « Osmosis »,
qui doit sortir en début d’année prochaine,
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Reed Hastings a expliqué que la principale
justification de l’ouverture de ce bureau
était la croissance « très rapide » de la base
d’abonnés français de Netflix. Il a ainsi confirmé que le nombre de clients s’établissait
« dans la région » à 3,5 millions.
Venir « pitcher » à Paris
Deux ans après son arrivée dans l’Hexagone, Netflix avait fermé son bureau français composé de moins de 10 personnes.
Mais aujourd’hui, le géant américain, avec
130 millions d’abonnés dont 70 millions
hors Etats-Unis, veut faire sa place dans
l’écosystème de production français.
Sa future entité parisienne, sur laquelle
Netflix donne peu de détails, comptera plusieurs décisionnaires en matière de production de contenus, en plus des équipes liées
au marketing. « Nous voulons que le bureau
parisien soit un bon endroit pour venir pitcher des bonnes idées », a dit Reed Hastings.
De la concurrence supplémentaire,
donc, pour les diffuseurs locaux, sachant
que risquent également de débarquer en
force Apple, Google et Amazon.
Le patron de Netflix a déjà annoncé jeudi
sept nouveaux contenus originaux en français, dont trois séries de fiction, trois films
de fiction et un documentaire, avec des
talents montants plutôt que des stars. Ces
projets s’ajoutent à sept autres contenus originaux sur le point de sortir, dont « Osmo-
sis », mais aussi « The Eddy », par Damien
Chazelle, le réalisateur de « La La Land »,
une série documentaire sur l’affaire Grégory, et « Plan Coeur », une série réalisée
par Noémie Saglio.
« Si ces quatorze shows rencontrent leur
succès en France, nous pourrions doubler le
nombre de shows produits en quelques
années, et s’ils s’exportent bien, nous irions
plus vite », a expliqué Reed Hastings. En
rythme de croisière, Netflix confirme pour
l’instant ce qu’il avait dit en avril, à savoir
vouloir produire une dizaine de contenus
français chaque année.
Financer la production française
Netflix est prêt pour cela à « devenir plus responsable et être un bon citoyen européen ».
Un accord a été trouvé avec le Centre national du cinéma (CNC) pour payer la taxe Netflix de 2 % devant financer la production
française, a dit Reed Hastings. Netflix pourrait cependant devoir payer bien davantage à la faveur de la transposition en
France de la directive européenne sur les
services de médias audiovisuels (SMA).
Enfin, Reed Hastings n’a pas voulu commenter les discussions qu’il a eues avec
EuropaCorp, la société de Luc Besson. Il a
toutefois précisé qu’il préférait prendre les
catalogues en licence plutôt que de les acheter et que Netflix n’avait fait qu’une petite
acquisition en vingt et un ans d’existence. n
Entreprises : le « name and shame »
renforcé pour les mauvais payeurs
Marie Bellan
@mbellan1
SUR
ThyssenKrupp
va se scinder
en deux entités
Depuis le passage d’Emmanuel Macron à
Bercy, le « name and shame » est devenu
une pratique courante pour la Direction de
la concurrence, de la consommation et de la
répression des fraudes (DGCCRF). En 2015,
celui qui était alors ministre de l’Economie
avait expressément demandé que soient
rendus publics les noms des entreprises
sanctionnées par la DGCCRF pour non-respect des délais de paiement vis-à-vis de
leurs fournisseurs. Airbus Helicopters ou
SFR s’en souviennent. Désormais, le montant des amendes sera non seulement
publié sur le site de la DGCCRF, comme c’est
déjà le cas depuis la loi Sapin 2, mais aussi
dans la presse locale, aux frais de l’entreprise incriminée. « Pour les manquements
les plus graves, la publication dans d’autres
titres de presse, par exemple spécialisée ou
nationale, pourra être imposée par la DGCCRF », précise Bercy.
Réputation des entreprises
Ce renforcement des sanctions vient d’un
amendement adopté jeudi par les députés
lors de l’examen du projet de loi Pacte et soutenu par le gouvernement.
Depuis l’application de la loi Sapin 2, les
délais de paiement se sont améliorés.
L’année 2017 a marqué un progrès, sauf chez
les grands groupes, qui, en moyenne, res-
tent de mauvais payeurs pour leurs fournisseurs. Le « name and shame » n’est toutefois
pas le seul responsable : les contrôles de la
DGCCRF se sont aussi accrus depuis 2015 et
le montant des sanctions administratives a
été porté à 75.000 euros pour une personne
physique et 2 millions pour une personne
morale. Parmi les dernières sanctions prononcées et publiées sur le site de la DGCCRF,
on trouve le groupe Decathlon, qui s’est vu
infliger une amende de 75.000 euros en septembre. CDiscount affiche pour sa part une
amende de 310.000 euros, en septembre
également. Amazon (375.000 euros), la
Française des Jeux (375.000 euros) ou
encore La Poste (375.000) font aussi partie
des mauvais payeurs épinglés cet été. n
C’est la fin annoncée d’un géant industriel bicentenaire. Le conglomérat allemand ThyssenKrupp a dévoilé jeudi sa
volonté de mettre un terme à sa structure de conglomérat. « Le directoire de
ThyssenKrupp proposera au conseil de
surveillance, lors d’une réunion extraordinaire le dimanche 30 septembre 2018, de
diviser le groupe en deux sociétés nettement plus ciblées et plus efficaces », a indiqué le groupe. « Il ne devrait pas y avoir
trop de surprise car le fonds activiste
Cevian et la fondation ThyssenKrupp ont
exprimé leur soutien à ce schéma »,
assure une porte-parole de ThyssenKrupp . Le syndicat IG Metall réservait
néanmoins encore sa réponse jeudi.
La scission proposée par le président
intérimaire du directoire, Guido
Kerkhoff, sera ensuite soumise à
l’assemblée générale des actionnaires.
« Cela pourrait se produire dans les douze
à dix-huit mois prochains », estime le
groupe d’Essen. Selon ce projet, les
entreprises de produits industriels d’un
côté, et de matériaux de l’autre, seront
« chacune gérées comme des sociétés indépendantes cotées en Bourse ». « Le conseil
d’administration est convaincu que ces
entreprises seront mieux en mesure de se
développer et de se concentrer sur leurs
forces », assure ThyssenKrupp .
Les entreprises
de produits industriels
et de matériaux seront
« chacune gérées comme
des sociétés indépendantes cotées en Bourse ».
La scission se fera au moyen d’un
spin-off. Après l’opération, les actionnaires du conglomérat détiendront deux
types d’actions : d’une part, celle de ThyssenKrupp Materials, dont ils détiendront 100 % du capital. De l’autre, ils
auront une « majorité claire » de ThyssenKrupp Industrials. Dans le détail,
ThyssenKrupp Industrials (90.000 salariés) sera composé de trois entités : l’activité des ascenseurs, celle de fournisseur
pour l’automobile et celle dédiée aux
centrales nucléaires. ThyssenKrupp
Materials (40.000 salariés) comprendra
le négoce de matériaux, la participation
de 50 % dans la future coentreprise avec
Tata Steel Europe dans l’acier, et le secteur maritime.
Au regard de l’exercice 2016-2017, ces
activités représentent un chiffre d’affaires respectivement de 16 milliards et de
18 milliards d’euros. Cette proposition
répond pleinement aux demandes des
fonds activistes Cevian et Elliot, qui ont
fait pression pendant des mois sur la
direction. Les marchés ont d’ailleurs
salué cette annonce par une progression
de plus de 10 %, à 22,06 euros. Soucieux
d’augmenter ses marges, le groupe avait
récemment bouclé la fusion de ses activités sidérurgiques avec le pôle européen du géant indien Tata, pour contrer
la concurrence de l’acier chinois et devenir le numéro deux européen derrière
ArcelorMittal. Mais cela n’a pas été suffisant. Ce rapprochement a conduit en
juillet aux départs des présidents du
directoire et du conseil de surveillance,
Cevian et Elliot trouvant l’accord trop
généreux sur le plan social. Au moment
de quitter ses fonctions, Ulrich Lehner,
président du conseil de surveillance,
s’était dit victime d’une « terreur psychologique » de la part des fonds. n
Wavelandes
Un parc à surf en projet
dans les Landes
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Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Benjamin Smith nommé
aux commandes d’Air France
AÉRIEN
à suivre
Après la démission
de Franck Terner,
c’est le nouveau patron
du groupe Air FranceKLM qui va diriger la
compagnie Air France.
Jim Watson/AFP
Et ce pour une période
de transition,
qui s’achèvera au plus
tard le 31 décembre.
Amazon ouvre une boutique
pour ses produits les mieux notés
DISTRIBUTION Le géant américain du commerce en ligne Ama-
zon a inauguré jeudi une boutique qui ne vend que les produits
les mieux notés sur son site par les acheteurs, un nouvel exemple de ses ambitions dans le commerce physique de détail. Avec
Amazon « 4-star », dont la première unité est située dans le
quartier de Soho à Manhattan, le groupe de Seattle offre une
sélection de produits Amazon et d’autres marques notés au
minimum 4 étoiles sur une échelle qui en compte 5. La boutique
a aussi créé une section produits « populaires à New York ».
Keurig Dr Pepper rachète Core
Nutrition pour 525 millions de dollars
BOISSON Keurig Dr Pepper a accepté, jeudi, d’acheter Core
Nutrition, un fabricant d’eaux embouteillées pour athlètes et
d’autres types de boissons, pour 525 millions de dollars (449 millions d’euros). Ce rachat s’inscrit dans la tendance des grandes
entreprises de boisson qui ne veulent plus compter autant sur
leurs sodas. Core Nutrition, dont les boissons sont considérées
comme faibles en sucre et exemptes d’ingrédients artificiels,
correspond aux nouvelles attentes des consommateurs.
Charcuterie :
Fleury Michon
annonce –25 %
de sel en 2020
lequel la filiale chinoise de Suez
détient 35 % aux côtés d’acteurs
locaux d’eau et d’urbanisme a été
choisi par la ville de Changshu,
voisine de Shanghai, pour un contrat de 413 millions d’euros portant sur la construction et la concession pendant trente ans d’une
usine d’épuration, et pour un contrat d’exploitation et de maintenance d’une usine de traitement
des déchets. Suez est présent
depuis 2006 à Changshu dans
l’eau potable et l’assainissement.
DR
SERVICES Un consortium dans
ALIMENTATION Fleury Michon
annonce une nouvelle baisse de
–25 % de sel dans toute sa charcuterie pour 2020. Le groupe vendéen
revendique la paternité de cette initiative dès 2002. L’industriel
affirme que le goût de ses produits
sera « comparable » et qu’il n’a pas
eu besoin d’additifs (arômes,
exhausteurs, etc.) pour y parvenir.
En revanche, il a utilisé des
bouillons de légumes, des herbes et
des épices pour donner plus de
saveur à sa charcuterie.
LES VALEURS
QUI VONT
REBONDIR
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
Réuni ce jeudi, le conseil d’administration d’Air France a nommé Benjamin Smith directeur général de la
compagnie, « après avis favorable du
conseil d’administration d’Air France-KLM. » Le nouveau patron du
groupe aérien franco-néerlandais,
arrivé mi-septembre au siège de
Roissy, remplace Franck Terner,
qui a remis sa démission, au terme
de trente-six années dans l’entreprise. Toutefois, il s’agit d’une mission temporaire, « pour une période
de transition qui s’achèvera au plus
tard le 31 décembre 2018 », précise un
communiqué d’Air France.
Trois mois où il ne chômera pas,
puisque son conseil lui a assigné « comme missions prioritaires
de définir la vision stratégique à court
et moyen terme d’Air France,
d’apporter une solution aux enjeux
salariaux, et de proposer l’organisation de la future direction générale de
la compagnie. » La priorité des priorités, bien sûr, sera de résoudre le
conflit social qui oppose depuis des
mois les différentes catégories du
personnel d’Air France, et singulièrement les pilotes, à la direction
d’Air France. Des revendications
salariales qui ont coûté son poste de
PDG à Jean-Marc Janaillac, désavoué avant l’été par une majorité de
salariés appelés à s’exprimer dans
le cadre d’un référendum d’entreprise. Quinze journées de grève
entre le 22 février et le 8 mai ont
coûté 335 millions d’euros à la compagnie. « Je mesure les attentes en
interne, y compris les enjeux sala-
Priorité des priorités pour Ben Smith : résoudre le conflit social qui oppose depuis des mois
les différentes catégories du personnel d’Air France. Photo Joël Saget/AFP
riaux. Je souhaite y répondre avec
une nouvelle approche. Mes premières rencontres de travail avec les équipes d’Air France et les représentants
des organisations syndicales me rendent confiants dans notre capacité à
construire ensemble l’avenir et le succès d’Air France », a déclaré Ben
Smith, cité dans le communiqué à
l’issue du conseil d’administration.
« Incompréhension »
Comme directeur général d’Air
France-KLM, il n’a pas attendu
d’être nommé à la tête de la compagnie française pour entamer des
discussions avec les syndicats
représentatifs, SNPL AF en tête, le
syndicat de pilotes majoritaires, qui
fut à la pointe des grèves du premier
semestre et qui reste le fer de lance
de la revendication salariale, mais
aussi la CFDT et la CFE-CGC.
A l’issue de cette rencontre, le
bureau du SNPL AF, présidé par
Philippe Evain, avait déclaré se donner un mois pour parvenir à un
accord salarial. Ben Smith recevra
lundi l’intersyndicale, qui inclut des
organisations non représentatives,
probablement pour lui délivrer un
discours de la méthode sur cette
« nouvelle approche », et peut-être
lever un doute sur des propos repris
jeudi par le « Financial Times » à
propos de la participation de l’Etat
au capital du groupe. Selon une
Une fois résolue
la question sociale,
s’il y parvient, le patron
d’Air France devra
s’atteler à la question
de la gouvernance
de la compagnie.
source proche, « le directeur général
d’Air France-KLM n’a jamais
affirmé que l’Etat était prêt à vendre
sa participation. Répondant à une
question du journaliste du « FT », il a
indiqué que ceci interviendrait en
temps voulu. » Une « incompréhension » qui a conduit le ministre de
l’Economie, Bruno Le Maire, à affir-
mer dans la journée que « cela ne fait
pas partie de la feuille de route de Ben
Smith, de liquider la participation de
l’Etat français dans Air France. »
Définir un plan stratégique
Car, une fois résolue la question
sociale, s’il y parvient, le patron
d’Air France devra s’atteler à la
question de la gouvernance de la
compagnie, qui divise les administrateurs favorables à une séparation claire des fonctions entre Air
France-KLM et Air France, et ceux
qui pensent que le patron du
groupe aérien ne peut pas ne pas
suivre de très près sa principale
filiale. Il lui faudra enfin définir un
plan stratégique car, pour Ben
Smith, véritable expert du transport aérien, cité par le quotidien
britannique, « ce n’est pas comme si
cette compagnie aérienne était attaquée de manière disproportionnée
ou injuste, elle a juste un modèle concurrentiel qui ne fonctionne pas. »
(
Lire également « Crible »
Page 38
Ryanair passe à l’offensive en France
16 nouvelles lignes à partir de Bordeaux, dont deux en France vers
Marseille et Nantes. Seulement
70 routes aériennes partent, à ce
jour, de l’Hexagone, contre plus de
400 en Italie pour la compagnie au
trèfle. Selon David O’Brien, directeur commercial de Ryanair,
« 30 avions avec des pilotes et des équipages basés en France est un objectif
modeste ».
AÉRIEN
Fleury Michon
Suez remporte
deux contrats
en Chine
Antoine Boudet
@Aboudet
La low cost irlandaise
annonce investir
à Bordeaux
et à Marseille.
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
et Frank Niedercorn
— Correspondant à Bordeaux
Comme une réponse au nouvel
appel à la grève lancé pour ce vendredi au départ de six pays d’Europe
(Allemagne, Belgique, Espagne,
Italie, Pays-Bas et Portugal), Ryanair
a fort opportunément annoncé,
jeudi, un renforcement de son dispositif sur le sol français. Lors de deux
conférences de presse à Marseille et
Bordeaux, la low cost irlandaise et
première compagnie aérienne européenne a communiqué sur le choix
de ces villes pour implanter ses deux
premières bases en France.
L’atterrissage dans les Bouchesdu-Rhône était attendu. Il s’agit en
fait d’un retour. Après le retrait de ses
4 avions basés à l’aéroport de Marseille-Provence il y a huit ans, afin de
protester contre sa mise en examen
en tant que personne morale pour
« travail dissimulé et prêt illicite de
main-d’œuvre », Ryanair reviendra
en avril 2019 avec des ambitions plus
modestes. La compagnie comptera
125 emplois créés
Ryanair basera deux avions à l’aéroport de Bordeaux dès l’été 2019.
2 Boeing 737 et desservira 11 nouvelles lignes (dans 9 pays), portant à 40
le nombre de ses routes au départ de
la cité phocéenne.
L’investissement de 200 millions
d’euros doit permettre à la low cost
d’accroître localement son activité
de 26 %, avec un objectif de 2,4 millions de passagers transportés par
an. Cette réouverture, négociée de
longue date, est la conséquence
directe de la récente décision de la
Cour de cassation d’annuler purement et simplement la condamnation de Ryanair par la cour d’appel
d’Aix-en-Provence en octobre 2014.
Malgré sa victoire juridique, il a
décidé d’appliquer le droit français
et de payer ses charges sociales en
France pour chacun des 60 nouveaux employés prévus à Marseille.
L’arrivée à Bordeaux était moins
attendue. L’aéroport de la ville, qui
accueillera aussi 2 avions aux couleurs de la compagnie irlandaise dès
l’été 2019, a sans doute bénéficié de la
guerre commerciale entre les low
cost. EasyJet a positionné 3 appareils de façon permanente, tout
comme Volotea. Ryanair ouvrira
L’ouverture des deux bases devrait
générer la création d’environ
125 emplois directs, essentiellement
des postes de navigants. « Ce seront
des contrats français respectant intégralement le droit du travail français », a insisté Eddie Wilson, le
directeur des ressources humaines.
Et Ryanair devrait continuer sa politique d’expansion en France. « Nous
allons acquérir 40 nouveaux appareils l’an prochain et nous annoncerons dans les dix-huit mois l’ouverture de 2 nouvelles bases françaises »,
assure David O’Brien.
À NOTER
Ryanair a annulé 150 vols
ce vendredi sur les 2.400 prévus
en raison d’une grève européenne de son personnel de
cabine. La commissaire européenne aux Affaires sociales,
Marianne Thyssen, a appelé la
compagnie au « respect du
droit communautaire ».
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INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
Eté radieux pour les voyagistes français
TOURISME
« Les Français
retournent
également en Egypte,
plutôt sur les bords
de la mer Rouge. »
La Grèce et l’Espagne
sont toujours les
destinations préférées
des Français devant la
Tunisie, qui confirme
son redressement.
RICHARD SOUBIELLE
Vice-président de l’organisation
Les Entreprises du voyage
2018 s’annonce comme
une année record.
Elsa Dicharry
@dicharry_e
« Nous sommes très très contents. »
Le président du syndicat professionnel Seto, René-Marc Chikli, a
exprimé sa satisfaction, mardi, en
présentant le bilan des tour-opérateurs français pour l’été 2018 dans le
cadre du Salon IFTM Top Resa. Un
été radieux, en dépit d’un « effet
Coupe du monde de football » et des
fortes chaleurs qui ont ralenti les
ventes en juillet, ainsi que des grèves à la SNCF, chez Air France et
chez Ryanair.
Entre le 1er mai et le 31 août, les
tour-opérateurs ont fait voyager
10,3 % de clients supplémentaires
(2,02 millions au total) par rapport à
l’été 2017, pour les voyages à forfait,
leur activité principale. Le volume
d’affaires sur la période a gagné
7,7 %, à 1,974 milliard d’euros. La
hausse n’est plus que de 5,7 % si l’on
inclut la vente de vols secs (en baisse
de 14,8 %), à 2,183 milliards.
Concernant les voyages à forfait,
le trafic est en hausse tant sur le
moyen-courrier (+11,3 %), que sur le
long-courrier (+7 %) ou vers la
« Sur le long-courrier,
les Etats-Unis
ont très bien marché
cet été. Il n’y a pas eu
d’effet Trump. »
RENÉ-MARC CHIKLI
Président du syndicat
professionnel Seto
France (+8,7 %). Les Iles grecques
sont la première destination
moyen-courrier, devant les Canaries, la Grèce continentale, les
Baléares et l’Espagne continentale.
Ces deux dernières sont néanmoins
en recul. « On assiste à une saturation du marché », explique le président du Seto.
Avec +83 % de clients, la Tunisie –
autrefois première destination des
Français à l’étranger, mais boudée
depuis le Printemps arabe – confirme son redémarrage. Loin derrière, l’Egypte (+106 %) et la Turquie
(+83 %) repartent aussi. « Sur le
long-courrier, les Etats-Unis ont très
bien marché cet été, note René-Marc
Chikli. Il n’y a pas eu d’effet Trump ».
La République dominicaine et le
Canada arrivent en deuxième et
troisième position.
toxiques qui ont envahi ses plages.
Le Japon (+60 %), la Chine (+59 %),
la Tanzanie (+51 %) et le Vietnam
(+47 %) ont le vent en poupe.
Divulgué ce jeudi, le dernier
baromètre d’activité de l’organisation Les Entreprises du voyage portant sur juillet-août, montre grosso
modo les mêmes tendances côté
destinations. « L’Espagne et la Grèce
ont le plus important volume de ventes. La Tunisie fait une très forte
poussée et retrouve ses niveaux
d’avant-2014. La Turquie aussi
revient, grâce à des promotions. Les
Sargasses aux Antilles
Les Antilles françaises (7e), dévastées en partie par les ouragans Irma
et Maria en septembre 2017, sont en
recul de 8 %. Elles ont aussi souffert
de la prolifération des sargasses, ces
algues brunes nauséabondes et
Le golf français compte
sur la Ryder Cup pour accélérer
AUTOMOBILE C’est bien sur le site de Metz-Borny (Moselle) que
seront produites les boîtes de vitesses électrifiées de PSA – baptisées « eDCT ». Celles-là seront assemblées par la nouvelle
coentreprise créée pour l’occasion entre le constructeur et
l’équipementier belgo-chinois Punch Powertrain. L’objectif est
de fabriquer environ 600.000 boîtes 48 volts par an (pour des
véhicules Mild-hybrid) avec une ouverture de la ligne en 2021.
L’investissement représente environ 80 millions d’euros. Quelque 400 salariés pourraient être concernés par le projet. Cette
annonce donne de la visibilité à l’usine lorraine de PSA, qui, jusque-là, n’était pas concerné par la conversion industrielle du
groupe à la production électrifiée.
Raphaël Bloch
@Bloch_R
Engie rachète le développeur éolien
français Sameole
ÉNERGIE Engie a annoncé jeudi le rachat de Sameole, dévelop-
James Marsh/BPI/Rex/Sipa
pant des parcs éoliens en France. Le groupe met ainsi la main
sur un portefeuille de projets de 500 mégawatts (MW). « Cette
acquisition vient renforcer notre position de leader sur le marché
éolien terrestre avec 1.900 MW de capacités installées en France »,
indique par ailleurs Engie. Le montant de la transaction n’est,
lui, pas précisé. Créé en 2005, Sameole était détenu jusqu’à présent par la société d’investissement Samfi-Invest. Son portefeuille de projets se situe essentiellement dans le nord-ouest et
le sud-ouest de la France. Il s’agit du deuxième rachat cette
année pour Engie dans les énergies renouvelables dans l’Hexagone, après celui de la société bretonne Langa, en juin dernier.
La Fédération française de golf veut capitaliser sur l’effet « Ryder » et la présence de la star Tiger Woods.
à 410.000, selon les chiffres de la
FFG. « Le nombre de licenciés stagne,
mais la pratique dite libre ou occasionnelle continue de progresser »,
tente de nuancer le directeur tech-
L’Hexagone veut
jouer dans la cour
des grands.
Notamment
parce que les
retombées potentielles
sont importantes.
nique national (DTN), Christophe
Muniesa. Le constat est toutefois là.
En France, le golf figure « seulement » à la quatrième place des
sports individuels les plus prati-
qués, derrière le tennis, l’équitation
et même le judo (le foot est numéro
un pour les sports collectifs). Des
disciplines dont l’ancrage est plus
ancien, mais que le monde de la
petite balle blanche s’était fixé
comme objectif de dépasser, il y a
quelques années.
Tarifs les plus faibles
d’Europe
C’est dans ce contexte que la
FFG et les acteurs de la filière ont
investi des centaines de millions
d’euros dans les infrastructures.
L’objectif ? Dépasser largement
les 400.000 licenciés et fidéliser
les 400.000 autres pratiquants
occasionnels. « La Ryder Cup est un
formidable accélérateur pour ça »,
souligne Pascal Grizot. Depuis 2011,
pas moins de 98 parcours dits « de
proximité » ont vu le jour. L’objectif
a été de miser sur des sites plus
accessibles, pour des temps de
jeu plus courts et, donc, moins coûteux. Au total, la France compte
désormais 732 golfs avec de nouvelles infrastructures. Selon EY, les
parcours français ont permis de
générer 759 millions d’euros en
2017, avec les tarifs moyens les
plus faibles d’Europe, à 42 euros
pour un 18 trous.
Cette dynamique pourrait permettre à la France de s’inviter parmi
les destinations golfiques de référence en Europe, à côté de l’Espagne
et du Portugal. L’Hexagone veut
jouer dans la cour des grands.
Notamment parce que les retombées potentielles sont importantes.
Toujours selon EY, les touristes golfiques dépensent en moyenne 61 %
de plus que les autres. La Ryder Cup
devrait le confirmer. n
La Française des Jeux offre
une seconde vie au Morpion
JEUX Lancé en 1994, le
DR
Le golf français veut faire de la Ryder
Cup une fête. Il veut aussi capitaliser
sur l’événement avec la présence
de la star Tiger Woods pour mettre
le projecteur sur un sport qui pèse
1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an et plus de 15.000 emplois,
selon le cabinet EY. Avec l’objectif de
relancer sa pratique, qui s’est tassée
depuis quelques années.
Car, après un fort décollage dans
les années 2000, le nombre de licenciés n’a quasiment pas évolué
depuis 2010. Il est passé de 407.000
vedettes de l’été
sur lesechos.fr/diaporamas
PSA éclaircit l’avenir de l’usine
de Metz-Borny
Parcours, infrastructures… des centaines de
millions ont été investis pour relancer un
sport qui patine depuis
quelques années.
410.000 licenciés
a
Tourisme : les destinations
en bref
SPORT
L’ambiance est électrique du côté
du Golf national à Guyancourt, dans
les Yvelines. A quelques heures du
début de la Ryder Cup, le troisième
événement sportif le plus suivi de
la planète, les 24 joueurs européens
et américains règlent les derniers
détails. La compétition doit démarrer ce vendredi pour trois jours
(du 28 au 30 septembre).
Les membres de la Fédération
française de golf (FFG) sont également sur le pont. Mais depuis
beaucoup plus longtemps. Leur
travail, sur et en dehors des greens,
n’a pas commencé cette semaine. Il
a démarré en 2011, lors de l’attribution de la compétition à la France.
« Cette Ryder Cup est l’aboutissement
d’un long travail », confirme Pascal
Grizot, président de la commission
Ryder Cup France 2018 et viceprésident de la FFG.
Français retournent également en
Egypte [qui, dans ce baromètre, fait
son retour dans le Top 10 des destinations moyen-courrier, NDLR],
plutôt sur les bords de la mer Rouge,
mais ils retrouveront les pyramides
cet hiver », explique Richard Soubielle, son vice-président.
Les chiffres, en revanche, sont un
peu moins spectaculaires que ceux
du Seto : le nombre de passagers
pour les voyages à forfait n’a augmenté que de 1 % en juillet-août, par
rapport à l’été précédent, pour un
volume d’affaires en hausse de 5 %.
« Nous avons eu un été en demiteinte, dans une année 2018 record »,
résume Jean-Pierre Mas, président
de l’organisation. De janvier à août,
les réservations ont en effet crû de
6 % par rapport à la même période
de 2017 en nombre de passagers.
Et la tendance devrait se poursuivre, avec déjà une très belle arrièresaison.
Morpion avait disparu
des bacs des buralistes en
2016. La Française des
Jeux (FDJ) offre à son
célèbre jeu une brève
nouvelle vie. Elle a mis en
vente à partir de jeudi
– pour de quatre à six
mois – plus de 100 millions de tickets dans ses
30.800 points de ventes
et sur son site Internet. Ils
sont proposés au prix
imbattable de 50 centimes d’euros. Le gain maximum est de
500 euros. La relance du Morpion s’inscrit, pour la FDJ, dans
une stratégie plus large de développement de jeux de grattage
entrée de gamme, à mise modérée.
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Air Liquide
inaugure son
vaisseau amiral
en R&D
ÉNERGIE
Le spécialiste
des gaz industriels a
entièrement rénové
son centre de
recherche de Saclay.
Catherine Ducruet
@CDucruet
Hall immense, bois clair et
grandes baies vitrées… Inauguré ce jeudi par Air Liquide
sur le plateau de Saclay, le nouveau Campus Innovation se
veut « à l’image de l’approche
d’“innovation ouverte” à laquelle
le groupe s’est converti ces dernières années, avec la création de
Labs », a expliqué Benoît Potier,
le PDG du groupe. Le spécialiste des gaz industriels, déjà
installé sur le site depuis les
Le site proposera
un hébergement
sur 3.000 mètres
carrés à une
vingtaine de startup et l’accès à des
espaces partagés
d’expérimentation.
années 1970, a entièrement
rénové son plus grand centre de
recherche du monde, en y
investissant 50 millions
d’euros. C’est le « vaisseau amiral » de la recherche du groupe,
a souligné Benoît Potier.
Spécialisé dans la science des
petites molécules essentielles
– oxygène, hydrogène, azote –
(M-Lab) et la science des données (d2Lab), le site complète, le
i-Lab consacré aux nouveaux
usages et aux nouveaux modes
de consommation et la Factory
(transformation numérique),
situés dans le 11e arrondissement à Paris.
A Saclay, ce sont quelque
500 personnes, dont 350 cher-
cheurs, qui vont travailler sur
les 15.000 mètres carrés de
laboratoires et de plates-formes
pilotes pour la conception et
l’expérimentation, grandeur
nature, de technologies.
Le bâtiment lui-même, à
haute performance énergétique, permet de tester les nouvelles énergies propres. Une pile à
combustible fournit le campus
en chaleur, froid et électricité,
en partie à partir d’hydrogène
produit sur place. Le bâtiment
dispose aussi de 300 mètres carrés de panneaux photovoltaïques et il est alimenté en gaz
naturel 100 % biométhane.
« L’implantation sur le plateau de Saclay vise à favoriser les
échanges avec les universités,
les grandes écoles et les partenaires industriels de la R&D »,
explique Benoît Potier, « et à
partir de l’année prochaine, nous
accueillerons des start-up sur le
campus ». Le site proposera non
seulement un hébergement sur
3.000 mètres carrés à une vingtaine de start-up et l’accès à des
espaces partagés d’expérimentation, mais aussi un programme d’accompagnement.
Elles pourront bénéficier d’un
support par des experts d’Air
Liquide, pour accélérer l’industrialisation de leur offre.
Réseau mondial
Ce centre rénové fait partie d’un
réseau mondial de cinq autres
centres, situés en Europe
(Francfort) aux Etats-Unis
(Delaware) et en Asie (Shanghai, Tokyo, Séoul).
Parmi les projets développés
à Saclay, figure notamment la
mise au point de solutions de
captage de CO2 dans l’air pour
l’industrie agroalimentaire. Le
but est de réaliser du captage
sur le site même de production.
Le site travaille aussi sur le
développement de réservoirs
plus légers, adaptés aux nouveaux usages de la mobilité,
mais aussi sur des solutions
connectées pour le maintien à
domicile de personnes, souffrant de maladies chroniques. n
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
Les Etats-Unis accélèrent
dans les énergies vertes
l Malgré Trump, le solaire et l’éolien progressent plus vite que jamais.
l Les renouvelables représentent 18 % de l’électricité produite aux Etats-Unis.
ÉNERGIE
Vincent Collen
@VincentCollen
En juin 2017, Donald Trump a fait la
une des journaux en annonçant
que les Etats-Unis sortaient de
l’Accord de Paris sur le climat.
Quinze mois plus tard, on peine à
voir les effets de sa décision dans le
pays. Les champs d’éoliennes et de
panneaux solaires y poussent
comme des champignons, y compris dans les Etats les plus conservateurs comme le Texas.
Les capacités de production
d’électricité renouvelable ont bondi
de 14 % l’an dernier, la progression
la plus importante jamais enregistrée, et le rythme de croissance
devrait être comparable en 2018,
prévoit Bloomberg New Energy
Finance (BNEF). Les champs
d’éoliennes en construction représentent une capacité de plus de
19 gigawatts, un record, selon
l’American Wind Energy Association (AWEA). Et quelque
73 gigawatts de capacités d’électricité solaire supplémentaires entreront en service d’ici à 2022, prévoit
l’Agence internationale de l’énergie.
L’éolien, le solaire ou encore
l’hydraulique représentent désormais 18 % de l’électricité produite
aux Etats-Unis, deux fois plus qu’il y
a dix ans. Une proportion comparable à celle de la France, mais la croissance est plus élevée.
L’impact sur l’environnement est
particulièrement important car
cette progression se fait au détriment des centrales à charbon, remplacées par les centrales au gaz et
les renouvelables. N’en déplaise à
son défenseur Donald Trump, la
part du charbon dans la production
d’électricité est passée de 50 à 30 %
en une décennie, et le déclin se
poursuit. Rien que cette année, près
de 13 gigawatts de capacités de
génération à partir de charbon
devraient disparaître.
« Les Etats-Unis sont en train de
rattraper leur retard sur l’Europe en
matière d’énergies renouvelables »,
observe Frank Demaille, patron
pour l’Amérique du Nord d’Engie.
« Nous ne prévoyons pas de ralentissement pour les prochaines années.
La croissance devrait se poursuivre
au rythme de 20 gigawatts de capacités supplémentaires par an ou plus
d’ici à 2025 », souligne Ethan Zindler, associé chez BNEF.
L’arrivée de Trump à la MaisonBlanche est donc sans effet pour
l’instant. En dépit de ses coups
d’éclat, le président américain n’a
pas touché aux généreuses subventions fédérales, sous forme de crédits d’impôt, qui favorisent le secteur depuis les années 1990. « Les
élus républicains au Congrès ont toujours soutenu les crédits d’impôt, ce
qui a probablement contribué à convaincre le président de ne pas les
remettre en question », décrypte
Matt Riley, en charge de l’éolien
chez Engie aux Etats-Unis.
Des emplois dans les Etats
ruraux
Les renouvelables sont une source
de revenus et d’emplois dans les
Etats ruraux, terres d’élection des
Républicains. Plus de 85 % des
capacités éoliennes sont installées
dans des districts qui ont voté
Trump en 2016, souligne l’AWEA.
Une trentaine d’Etats se sont par
ailleurs imposé des objectifs de
montée en puissance des énergies
nouvelles. La Californie, Etat le plus
peuplé, vise même une électricité
d’origine 100 % renouvelable en
2045. Face à de telles ambitions, la
politique fédérale menée à
Washington n’a que peu de conséquences.
Les crédits d’impôt ont vocation à
s’éteindre ces prochaines années,
mais cette disparition était déjà pro-
Engie veut faire son come-back outre-Atlantique
Après des cessions d’actifs
massives, le pays représente
moins de 3 % des bénéfices
du groupe.
Vincent Collen
@VincentCollen
— Aux Etats-Unis
Le campus de Saclay est spécialisé dans la science
des petites molécules essentielles – oxygène, hydrogène,
azote – et la science des données. Photo Le Square/Franck Benausse
n
LES ECHOS
FORMATION
Le marché français de l’électricité et ses perspectives
Nouveaux fournisseurs, émergence de
l’autoconsommation et des batteries,
digitalisation, incertitude sur le maintien du
tarif…, entre intensification de la concurrence
et mutation de la chaîne de valeur, le marché
français de l’électricité est en recomposition. Notre formation vous propose
un tour d’horizon complet des évolutions en cours.
Rendez-vous le 18 octobre 2018 ou le 06 décembre 2018 à Paris
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Un service proposé par Les Echos Solutions
grammée sous la présidence de
Barack Obama. Elle ne devrait pas
avoir un impact négatif important,
estiment les experts. « L’éolien et le
solaire sont devenus très compétitifs
même en l’absence de subventions »,
relève Ethan Zindler. Le prix des
modules photovoltaïques est tombé
à moins de 30 cents par watt, un
dixième du coût en vigueur il y a dix
ans. Dans l’éolien, le prix des turbines a été divisé par deux entre 2009
et 2017 sur un marché où la concurrence fait rage, calcule BNEF.
En conséquence, les énergies
renouvelables sont devenues ultracompétitives dans de nombreux
Etats. Au Texas, la contrée du gaz et
du pétrole, l’éolien est déjà la source
d’énergie la moins chère du marché, selon BNEF. En Californie, le
solaire sera la source la moins onéreuse d’électricité dès le début de la
prochaine décennie, et cela malgré
la baisse des crédits d’impôt. n
Pour se faire une idée des défis qui
attendent Engie aux Etats-Unis, le
site de Mount Tom, dans le Massachusetts, est l’un des plus emblématiques. Sur une trentaine d’hectares coincés entre une route, une
voie ferrée et une rivière, l’énergéticien gère une ferme solaire qui
comprend 17.000 panneaux photovoltaïques. Elle peut produire
6 mégawatts d’électricité pour
Holyoke Gas & Electric, la petite
compagnie locale, et Engie vient
d’y associer des batteries permettant de stocker l’énergie produite.
Mais c’est encore la cheminée de
la vieille centrale à charbon, juste à
côté, qui domine le paysage. Après
cinquante ans de service, cette usine
d’une capacité bien plus importante
– quelque 150 mégawatts – a été fermée en 2014 et Engie est en train de
la démanteler.
L’ex-GDF Suez a subi de profondes transformations partout dans
le monde ces dernières années,
mais les Etats-Unis sont le pays où
cette révolution a été la plus spectaculaire. Début 2016, le groupe
était un acteur majeur de la production d’électricité outre-Atlantique avec 10 gigawatts de capacités
A Mount Tom, dans le Massachusetts, Engie gère une ferme
solaire de 17.000 panneaux photovoltaïques. Dans le fond, la vieille
centrale à charbon est en train d’être démantelée. Photo DR
installées. L’Amérique du Nord
représentait 8 % des bénéfices.
Mais la plupart des centrales thermiques américaines ont ensuite
été vendues, tandis que le groupe
se recentrait sur les énergies vertes, les infrastructures et les services énergétiques.
Aujourd’hui, la filiale américaine représente moins de 3 % des
bénéfices. L’objectif est de remonter à 8 % d’ici à 2021 et Engie
pourra même « aller plus loin » audelà de cette date, a annoncé cette
semaine la directrice générale,
Isabelle Kocher.
Le défi est de taille,
tant Engie part de
presque zéro dans les
énergies renouvelables
(moins de 1 gigawatt
aujourd’hui).
Le défi est de taille, tant Engie
part de presque zéro dans les énergies renouvelables (moins d’un
gigawatt aujourd’hui), contrairement à d’autres européens comme
EDF, qui détient près de 3 gigawatts
d’éolien aux Etats-Unis. « Nous sommes partis plus tard que d’autres,
mais nous sommes bien positionnés », estime Frank Demaille,
patron d’Engie pour l’Amérique du
Nord. Le groupe français a fait de
petites acquisitions pour étoffer son
portefeuille. Il affiche 9 gigawatts de
projets dans l’éolien et 2 mégawatts
dans le solaire.
Engie compte en particulier sur
l’essor des contrats de long terme
signés avec de grands groupes
comme Walmart, l’opérateur de
télécoms T-Mobile ou encore
Microsoft, qui veulent la garantie
que leur électricité est d’origine
renouvelable. « Ces contrats représentent environ 50 % du marché »,
souligne le dirigeant.
Concession géante
L’autre vecteur de croissance, ce
sont les services énergétiques. La
direction d’Engie est très fière
d’avoir décroché l’an dernier une
concession géante – plus d’un milliard de dollars sur cinquante ans –
pour gérer et améliorer l’efficacité
des réseaux d’électricité, de chauffage et de climatisation de l’Ohio
State University, qui accueille
68.000 étudiants et 46.000 salariés
sur un campus de plus de 600 hectares. Le groupe cible d’autres contrats de ce type. « Les Etats-Unis
sont encore en retard sur l’Europe
dans les services énergétiques, le
potentiel est important », assure
Frank Demaille. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
Spectacle vivant : une belle
année 2017 pour le secteur
Le patron du PMU
prépare une
révolution marketing
JEUX
l Les chiffres du CNV font apparaître une hausse des représentations de 4 %,
de la fréquentation de 8 % et des recettes de billetterie de 15 %.
l Les grandes jauges progressent le plus.
Nommé directeur
général de l’opérateur de paris hippiques mi-avril, Cyril
Linette présentera
son plan à la filière
mi-octobre.
CULTURE
Martine Robert
@martiRD
Le Centre national de la chanson,
des variétés et du jazz vient de
publier son étude annuelle sur la
diffusion en 2017 des spectacles
vivants (musique, humour, cabaret) et les voyants sont tous au vert.
Le CNV a passé au crible
65.400 représentations (+4 %), qui
ont fait 28,7 millions d’entrées
(+8 %) et ont généré 930 millions
d’euros de billetterie (+15 %).
Globalement les grandes jauges,
en plein air ou en salle, ont séduit le
public. Le succès des festivals ne se
dément pas : ceux-ci pèsent 15 %
des représentations, mais 21 % de la
billetterie totale et 25 % de la fréquentation. Ils ont comptabilisé
7,1 millions d’entrées, en hausse de
11 %, et généré 191 millions d’euros
de recettes, en croissance de 15 %,
avec un prix moyen de 30 euros le
billet. La réussite des éditions 2017
de Musilac à Aix-les-Bains, du Main
Square à Arras, des Eurockéennes à
Belfort, des Déferlantes à Argelès,
ont plus que compensé l’arrêt du
Big Festival à Biarritz, ou le recul de
fréquentation de Beauregard à
Hérouville-Saint-Clair, Garorock à
Marmande ou Rock en Seine à
Saint-Cloud.
Les 17 Zénith ont, eux, enregistré
3,3 millions d’entrées (11 % du total)
et 138 millions d’euros de billetterie
(15 %), avec un prix moyen de
47 euros ; leur fréquentation et leurs
recettes progressent de 10 % et 13 %.
Antoine Boudet
@boudet
Cyril Linette veut passer à
l’action. Le 11 octobre prochain,
le directeur général du PMU
présentera à son conseil
d’administration les pistes du
plan stratégique à trois ans qu’il
est en train de peaufiner avec
ses équipes. Le constat, il l’avait
dressé dans une interview
accordée à « Paris-Turf », la
« bible » des parieurs, mi-juillet,
soit trois mois après la nomination du tandem qu’il forme
désormais avec B ertrand
Méheut, président du conseil
d’administration, à la tête de
l’opérateur de paris hippiques.
Et il était alarmant.
De fait, après la période faste
de la fin des années 1990 et du
début des années 2000, le PMU
a perdu en cinq, six ans 1,6 milliard d’euros d’enjeux et a vu son
résultat net décroître régulièrement pour tomber, cette année,
à 780 millions, « 20 millions en
dessous du budget », a souligné
Cyril Linette devant la presse
jeudi. A tel point, a-t-il ajouté,
que le coût d’organisation des
courses hippiques en France
n’est plus couvert par les revenus du PMU. En d’autres termes,
que la filière est en perte.
Les Vieilles Canailles (Johnny Hallyday, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell), l’une des tournées phares
de 2017. Photo SIPA
Les équipements polyvalents (Stade
de France, Stade Pierre-Mauroy de
Lille, Groupama Stadium de Lyon,
Orange Vélodrome de Marseille)
tirent encore mieux leur épingle du
jeu, avec une fréquentation multipliée par 1,5 et une billetterie par 2.
61 % des représentations
dans les petites salles
L’Ile-de-France concentre 35 % de
la fréquentation totale, bénéficiant
de ses nouveaux équipements spectaculaires (La Seine Musicale, Paris
L a D é f e n s e A r e n a ) , d ’u n e
salle Pleyel totalement repensée et
d’un Bataclan rénové.
Comme le souligne le CNV lui-
même, les chiffres sont à nuancer
dans la mesure où il suffit de quelques grandes tournées (Vieilles
Canailles) ou mégaconcerts (Rolling Stones) pour faire grimper fortement les chiffres d’affaires et les
entrées. Ainsi, l’an dernier, le Stade
de France a accueilli 9 concerts,
avec des jauges énormes, au lieu de
2 en 2016. De même Live Nation a
lancé le Lollapalooza Paris et le
North Summer Festival à Lille.
Si la multiplication des grandes
jauges attirant des calibres internationaux tire les prix vers le haut, il
faut néanmoins noter que 61 % des
représentations se font encore dans
de petites salles enregistrant moins
de 200 entrées, indispensables
pour attirer un public de proximité
et des artistes émergents. Les représentations de 200 à 1.500 entrées se
sont accrues en nombre et en fréquentation, mais un glissement
semble s’être opéré des salles de
1.500 à 3.000 places au profit des
3.000 à 6.000 entrées.
L’humour reste le premier genre
diffusé en nombre de représentations (28 %), mais le pop rock est leader en fréquentation (21 %) et en
billetterie (25 %), tandis que le rap,
hip-hop, reggae est le segment en
plus forte croissance et que la progression de l’électro s’explique par
sa place de choix dans les festivals. n
« Institution ni prudente
ni visionnaire »
Après le constat, les solutions.
Pour Cyril Linette, elles s’articulent autour de trois axes : redonner confiance à sa clientèle de
base, les quelque 400.000 turfistes, qui pèsent 90 % du chiffre
d’affaires et expriment leur
mécontentement « car les jeux
ne leur ressemblent plus » ;
Le dispositif a apporté
une bouffée d’oxygène
aux petites structures
de moins de 5 millions
de chiffre d’affaires
car le secteur reste fragile.
Le crédit d’impôt spectacle vivant,
mis en place fin 2015, vise le soutien
aux artistes en développement, en
permettant aux producteurs de
déduire une partie de leurs dépenses de création. Il a atteint son objectif, à en croire l’étude confiée à EY
par les organismes représentant les
professionnels (Prodiss, SMA, Profedim, Forces musicales). Pour la
première année pleine (2017),
250 entreprises en ont bénéficié,
p o u r l ’a c c o m p a g n e m e n t d e
875 projets représentant
14.700 représentations. Ces bénéficiaires sont très majoritairement de
petites structures, commerciales ou
associatives, puisque 86 % réalisent
moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cette bouffée d’oxygène leur a permis de monter des
spectacles qui n’auraient pu voir le
jour, d’accroître les tournées en
France et à l’étranger, d’investir
dans du matériel et de renforcer les
effectifs permanents de 10 % pour
accompagner l’émergence. Soit une
centaine de millions d’euros, les
dépenses injectées dans l’économie.
Ces dépenses réalisées dans le
cadre des spectacles éligibles au
dispositif représentent 16,2 millions
d’euros de crédit d’impôt octroyé
par l’Etat, mais celui-ci n’est pas perdant puisque ces projets ont généré
38,9 millions d’euros de contributions fiscales et sociales supplémentaires, selon EY.
Si près des trois quarts du montant du CISV a concerné les musiques actuelles, la musique classique n’en est pas exempte (12 % des
projets) ni les comédies musicales
(8 %), les spectacles d’humour (6 %),
ou même les ciné-concerts (1 %).
Marges faibles
voire négatives
Pour Olivier Darbois, président du
Prodiss, « ce crédit d’impôt est
d’autant plus indispensable que le secteur reste fragile ». De fait l’Insee estimait en 2014 la marge nette du spec-
tacle vivant à 1,4 %, contre 2 % pour
l’enregistrement sonore et l’édition
musicale, 2,9 % pour les activités
cinématographiques et audiovisuelles, 10,3 % pour l’architecture.
Et cette marge est encore mise à
mal avec les surcoûts d’accueil du
public liés à la sécurité et avec la
menace de la circulaire Collomb
visant à faire peser en partie les
coûts de sûreté sur les organisateurs de spectacles. « Aujourd’hui
des marges négatives ou très faibles,
de l’ordre de 0,2 %, sont courantes et
même les gros acteurs n’échappent
pas à ces problématiques structurelles », poursuit Olivier Darbois, qui
compte aussi se battre contre le
fléau des sites pirates de revente
de billets. — M. R.
« Parcours client unifié »
Et comment ! Il s’agirait, ni plus
ni moins, de passer à une marque unique fédérant l’ensemble
du secteur, PMU bien sûr, la
plus connue. Aux sociétés mère
des sociétés de courses, France
Galop et Le Trot, qui se disent
aussi différentes que les fédérations de rugby et de foot, le
patron du PMU répond par une
image : « Le galop, c’est du
sprint, le trot du demi-fond
donc… de l’athlétisme. » L’idée
est aussi de créer un « parcours
client unifié », qui pourra renvoyer un turfiste d’un hippodrome de galop vers un hippodrome de trot.
Parmi les pistes du plan
Linette, un petit peu moins de
courses, « il y en a le dimanche à
20 h 30 », s’étonne l’ancien
patron de « L’Equipe » et du service des sports de Canal+, un
peu moins de jeux, avec déjà
bientôt « un Quinté débarrassé
de certains attributs des jeux
d’argent », et la définition d’une
« élite des hippodromes » pour y
présenter « des spectacles plus
captivants ». La question de leur
couverture télévisuelle se
posera alors. Il faudra aussi
envoyer des signaux au réseau
de points de vente que le PMU
rémunère moins bien que la
FDJ. Pour Cyril Linette, une
chose est sûre, ce n’est ni une
course de galop, ni une course
de trot, mais bel et bien un sacré
parcours d’obstacles. n
Lionel Bonaventure/AFP
Le crédit d’impôt a accompagné 250 producteurs
et près de 900 projets
reconquérir la clientèle récréative, en d’autres termes, ceux qui
jouent pour le plaisir de jouer et
peuvent se tourner aussi bien
vers les jeux de la FDJ que les
paris sportifs ; enfin, partir à la
conquête du grand public pour
l’intéresser au spectacle des
courses. Fustigeant une « institution hippique ni prudente ni
visionnaire et trop clientéliste »,
comme l’a d’ailleurs pointé du
doigt un rapport de la Cour des
comptes, Cyril Linette va présenter un projet de réorganisation et de rationalisation de la
filière « avec une proposition
marketing puissante ».
Il n’y a plus que les grandes réunions hippiques qui attirent
encore les foules (ici le Grand Steeple-Chase de Paris à Auteuil).
Boulanger poursuit le maillage du territoire français
ÉLECTROMÉNAGER
Le concurrent
de Darty multiplie
les ouvertures, seul
ou en partenariat.
Il vient d’ouvrir
un grand espace
au sein du BHV/Marais,
à Paris.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
Boulanger poursuit sa conquête de
Paris. L’enseigne d’électroménager
et de high-tech de la galaxie Mulliez
a inauguré mardi deux espaces
de 1.000 mètres carrés au total au
sein du BHV/Marais, rue de Rivoli.
C’est le quatrième point de vente
au cœur de capitale après ceux de
l’Opéra et des centres commerciaux
Beaugrenelle et Italie 2. La marque
dispose, en outre, d’un petit corner
de 350 mètres carrés aux Galeries
Lafayette du boulevard Haussmann.
Boulanger a décidé il y a trois ans
de ne pas laisser la riche région parisienne aux seules mains du grand
concurrent Darty. « Notre objectif est
que chaque Français ait un Boulanger
à moins de 30 minutes de chez lui »,
résume Gaële Wuilmet, directrice
client chez Boulanger. L’enseigne
compte 143 unités en France, contre
218 pour Darty. La partie commence
à se jouer sur un pied d’égalité.
A côté de ses magasins détenus
en propre, Darty a développé
132 franchises, dans les villes petites
et moyennes. Boulanger a répliqué
en juin en s’associant aux 152 indépendants de chez Expert &
Connexion, présents dans le même
type de zone. « Avec nos partenaires,
nous sommes en marche vers notre
cap des 500 points de vente Boulanger de toutes tailles en France »,
déclarait à l’époque le directeur
général, Etienne Hurez, au magazine spécialisé « LSA ».
Développement soutenu
L’accord signé un mois plus tard
avec le groupe Galeries Lafayette
renforce Boulanger en région parisienne (avec le BHV/Marais, les Galeries Haussmann, mais aussi le BHV
de Parly 2) et sur la Riviera, région
dont l’enseigne, née à Lille, est longtemps restée éloignée. Boulanger
va pénétrer les grands magasins
de Nice-Masséna et de Cap 3000.
« Nous nous considérons comme une
plate-forme », explique Gaële Wuilmet pour expliquer ces associations.
« Mais nous privilégions des partenaires qui, comme nous, ont l’amour
du client et un actionnariat familial ».
Au BHV/Marais, Boulanger a
déployé un concept baptisé « Comptoir ». Inspirée par les Apple Store, la
marque expose ses produits sur des
tables. Des objets connectés à l’équipement de la maison, tous les arti-
« Notre objectif
est que chaque
Français ait un
Boulanger à moins
de 30 minutes
de chez lui. »
GAËLE WUILMET
Directrice client chez Boulanger
cles sont branchés et en situation de
démonstration. Rue de Rivoli, l’offre
se partage entre 400 mètres carrés
au niveau multimédia et 600 au
niveau dédié à la maison. Prix de
l’immobilier dans le quartier oblige,
Boulanger équipe des petites cuisines de 42 centimètres de large et des
minimachines à laver de 3 kilos.
Bienvenue chez les célibataires.
Au total, la chaîne ouvrira une
douzaine de points de vente cette
année, après une dizaine l’an passé
et avant une autre douzaine en 2019.
Le développement est soutenu. Le
chiffre d’affaires a atteint 2,5 milliards d’euros en 2017. Il sera de
3 milliards en 2018, l’e-commerce
représentant entre 10 % et 20 % des
ventes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
mécénat
La traçabilité des cuirs est
devenue un enjeu pour le luxe
LUXE
Des fondations plus
nombreuses et hybrides
Les tanneries
ne connaissent pas
toujours l’origine
des peaux
qu’elles travaillent.
CULTURE
Mais les jeunes
générations exigent
de la transparence
au nom du bien-être
animal.
Le Panorama 2018
d’EY-Les Entreprises pour
la cité montre la diversité du
mécénat, brouillant parfois
les frontières avec l’économie
sociale et solidaire.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
La traçabilité de la ferme à la fabrication est devenue essentielle pour une filière positionnée
sur le haut de gamme. Photo Studio Cui Cui
donner un jour cette garantie. Car
transparence et éthique sont des
valeurs clefs pour les Millennials.
« Le consommateur est perdu, il faut
lui redonner confiance, relève Caroline Krug, directrice générale des
tanneries Pechdo. Il doit pouvoir
savoir si telle peau vient de France ou
du Pakistan. »
Spécialisée dans les cuirs techniques (antifeu, lavable, déperlant…),
Pechdo a fait le choix de se fournir
en totalité en France. Mais le marché des peaux est mondial. Pour les
ovins, l’Espagne est la référence,
avec l’agneau entrefin, tandis que la
Des projets menacés
Le projet de loi de finances pour 2019 a mis en colère
la filière cuir. Le gouvernement prévoit de limiter
les ressources des centres techniques industriels, dont
celui du cuir. Ce dernier est financé par une taxe payée par
les entreprises, dont le plafond de la collecte va être diminué. Et le surplus réaffecté au budget de l’Etat. « Cela va
se traduire par des économies de bouts de chandelle, avec
10 millions de plus dans le budget. Cet écrêtement va en
revanche priver notre filière d’un quart de ses moyens »,
note Frank Boehly, président du Conseil national du cuir.
« Incohérent », selon lui, alors que le CTC a « des projets
structurants », pour le développement des PME
de la filière, comme la traçabilité des peaux.
France et les Pays-Bas remportent
la palme de la qualité pour le cuir
brut de veau. Les peaux de chèvres
les plus appréciées viennent, elles,
d’Inde, du Pakistan ou du Nigeria.
Marquage laser
« Un industriel français peut travailler avec des tanneries locales,
sans savoir d’où viennent les peaux,
sauf pour les maisons de luxe qui ont
des cahiers des charges rigoureux »,
souligne Frank Boehly, président
du Conseil national du cuir. Les circuits sont complexes. Un cuir brut,
venu des Pays-bas ou d’Espagne,
peut être exporté vers l’Italie, faire
l’objet d’une opération de tannage,
puis revenir pour une finition spécifique en France. La traçabilité de la
ferme à la fabrication est donc
essentielle pour une filière positionnée sur le haut de gamme. « Il y
a deux enjeux, celui du bien-être animal, c’est-à-dire s’assurer que l’élevage et l’abattage ont été faits dans de
bonnes conditions, et l’amélioration
de la qualité, relève Jean-Christophe
Muller. Sans connaître l’origine des
peaux qui sont vendues par lots de
différents pays, nous ne pouvons pas
avancer. »
Pour améliorer la maîtrise de
cette chaîne, le Centre technique du
cuir (CTC) a mis au point une technologie de marquage laser testée
par les grands abattoirs depuis plusieurs mois. L’idée, s’appuyer sur ce
qui a été fait pour le parcours de la
viande depuis la crise de la vache
folle. « Chaque animal a un code-barres inscrit sur les morceaux de carcasse. Notre outil permet de le reproduire dans les abattoirs sur la peau, et
ensuite de le lire, via des logiciels chez
les tanneurs, sans que les procédés de
transformation ne l’altèrent », précise Thierry Poncet du CTC.
Quatre grands abattoirs ont fait
l’acquisition de cet équipement,
évalué à quelque 100.000 euros.
Mais cette innovation, après cette
première étape, doit franchir un
cap industriel pour une mise sur le
marché. « Si nous avons une longueur d’avance, nous devons rapidement intensifier les investissements », insiste le CTC. Un projet
menacé par le projet de budget 2019
(voir encadré).
La filière française estime que
son système de traçabilité pilote
fera un effet boule de neige, et
s’imposera en Europe, notamment
en Italie, réputée pour ses marques
de luxe. La péninsule est aussi le
premier pays européen pour les
cuirs tannés, devant la France. n
Mécénat croisé
En deux ans, le nombre de fondations et fonds de dotations a
crû de 32 %, avec une progression de 14 % des premières et de
63 % des seconds, pour atteindre respectivement 2.509 et
2.606 structures. Le panel des
230 entités interrogées pour le
Panorama EY-Les Entreprises
pour la cité fait apparaître des
budgets annuels moyens et
médians de 1,4 million d’euros et
740.000 euros, en hausse de
20 % et 48 % par rapport à 2016.
Ces enveloppes servent à
financer davantage de projets,
réduisant du même coup la
dotation affectée à chacun : de
30.400 euros en moyenne il y a
deux ans, celle-ci tombe à
19.400 euros cette année. Mais
ces projets s’intègrent dans une
stratégie de mécénat coordonnée, signe de la maturité des
acteurs de la philanthropie.
Parmi les champs d’intervention privilégiés figurent pour
61 % l’éducation, 58 % l’action
sociale, 57 % l’insertion professionnelle, preuve que ces enjeux
humains sont au cœur des préoccupations. Depuis le précédent panorama, l’environnement a gagné 11 points et
l’économie sociale et solidaire
8 points pour atteindre chacun
27 % des fonds et fondations
concernés. Si les deux tiers des
répondants pratiquent le mécénat croisé, les trois quarts soutiennent les causes sur la durée,
via des engagements pluriannuels. Autre tendance notable :
le recours au mécénat collectif
qui séduit 67 % des structures.
Nul doute que le phénomène
s’amplifiera avec l’engagement
attendu des PME : elles ne sont
encore que 14 % à s’investir dans
le caritatif.
A mesure que le mécénat se
professionnalise, les démarches d’évaluation des fonds et
fondations sont effectuées
majoritairement en interne, là
encore avec la volonté de justifier l’utilité des actions menées
et d’en améliorer le pilotage. Les
structures dites « opératrices »
qui conçoivent et réalisent leurs
Ces structures assument
désormais totalement leur rôle
à l’égard des ressources humaines des entreprises qui les portent, en termes de cohésion
interne et de fierté d’appartenance, ainsi que leur contribution à l’image institutionnelle, à
la « marque employeur ».
D’ailleurs, les collaborateurs
sont impliqués à 83 % dans les
actions de solidarité, parrainant
des causes, pratiquant le mécénat de compétences, participant
à des dons en nature ou des
arrondis sur salaire. Et 89 % des
fonds et fondations interrogés
voient dans leur action un levier
d’ancrage dans leur territoire,
tandis que 87 % estiment collaborer à l’innovation, étant les
fers de lance de la coopération
multiacteurs, de la conduite du
changement…
Ces divers constats sont probablement à corréler avec la
hausse constatée du budget
moyen annuel de 55.600 euros
alloué à la communication des
actions de mécénat, en augmentation de 35 % par rapport à
2016. On peut y voir aussi la
volonté de légitimer l’existence
de ces fonds et fondations vis-àvis de leurs parties prenantes
propres projets (plutôt que de
contribuer simplement à des
organisations d’intérêt général)
représentent désormais 38 %
du panel, traduisant la volonté
croissante des mécènes de maîtriser leurs actions.
Les fondations qui dans le
passé avaient fait le choix de
l’indépendance vis-à-vis de leur
entreprise ont désormais pour
61 % d’entre elles un objet social
en lien avec l’activité de leur
maison mère. Et comme ces
structures sont de plus en plus
souvent rattachées à la présidence ou à la direction générale,
on entrevoit les risques de
dépendance potentiels.
Au moment où certains
s’interrogent sur la nécessité de
repenser la loi Aillagon, de
réduire les avantages dont bénéficient les grands mécènes au
profit d’un renforcement de
ceux accordés aux PME, la vigilance s’impose. D’autant que la
coopération croissante entre
entités caritatives et acteurs
de l’économie sociale et solidaire (SCOP, SCIC, Esus), voir
sociétés commerciales, complexifie un peu plus la donne
quant aux structures éligibles
au mécénat d’entreprise. n
Martine Robert
@martiRD
Des feuilles d’ananas pour faire des
sacs, de la rhubarbe pour le tannage, des élastiques organiques…
L’intérêt des consommateurs pour
des solutions éthiques et durables
ne cesse de monter et interpelle la
filière luxe, notamment pour le cuir.
« Il y a trois ans, ce sont des sujets dont
on ne parlait pas. Aujourd’hui, le
mouvement vegan et les associations
ont des arguments qui résonnent
auprès des jeunes générations », souligne Jean-Christophe Muller, viceprésident de la Fédération française
de la tannerie mégisserie (FFTM) et
patron des tanneries Haas.
Alors que la maroquinerie est la
principale source de revenus des
groupes de luxe, la traçabilité des
peaux devient une question centrale. Toutes les maisons réfléchissent à des solutions pour pouvoir
internes et externes. Et donc de
garantir leur pérennité.
L’industrie du parfum confrontée
à une pénurie de matières premières
COSMÉTIQUE
L’industrie de la parfumerie est
sous tension. Depuis l’an dernier,
elle fait face à une pénurie de matières premières de synthèse pour la
fabrication de gels douche, shampoings ou parfums d’ambiance. Un
manque qui pénalise les grands
groupes spécialisés dans la création
de compositions parfumées,
comme IFF ou Givaudan, ainsi que
des PME comme TechnicoFlor. Ces
derniers devant trouver des solutions pour des clients L’Oréal ou
Clarins. « Cette pénurie concerne
environ 200 matières premières sur
un millier couramment utilisées
dans ces compositions. Ces 20 % sont
très difficiles à trouver depuis un
an », indique François-Patrick
Sabater, PDG de Technicoflor, un
groupe familial de 60 millions de
revenus, basé près de Marseille.
A l’origine de cette pénurie, un
incendie en octobre 2017 sur un site
BASF en Allemagne. Le groupe
déclare alors un incident « de force
Lydie Lecarpentier/RÉA
Depuis un an, 20 %
des ingrédients
de synthèse utilisés
dans la composition
des arômes
sont devenus rares.
L’incendie d’une usine chimique de BASF, des incidents en Inde
et des fermetures de sites en Chine ont provoqué la pénurie.
majeure » et stoppe la production
d’ingrédients. Ce sinistre est suivi par
d’autres aux Etats-Unis. Rebelote
début 2018, cette fois en Inde, où les
bâtiments de deux fournisseurs brûlent, sans oublier la Chine, qui ferme
ou délocalise des usines chimiques
pour des raisons de pollution.
Le sujet est sensible pour le Syndicat national des fabricants de produits aromatiques, qui estime que
tout est réglé. Ce qui n’est pas le cas
des fabricants. « Cela a posé un problème mondial, mais c’est passé. Il y a
eu une très bonne gestion par
les entreprises de cette pénurie »,
assure Philippe Massé, son président. Chez L’Oréal, on reconnaît
que « malgré de fortes tensions, nos
fournisseurs ont su réagir extrêmement rapidement et nous n’avons
pas été impactés. »
Envolée des prix
Mais du côté des groupes d’arômes
et de parfums, les effets de ces ruptures continuent de se faire sentir. Dans son dernier rapport
annuel, IFF, le géant mondial,
estime que « l’impact d’une perturbation de la chaîne d’approvisionnement liée à un ingrédient clef fabri-
qué par BASF devrait ralentir la
croissance du bénéfice d’exploitation
en 2018 ».
C’est seulement le mois dernier
que BASF a repris la fabrication à
Ludwigshafen, mais d’une partie de
ses ingrédients. Or pour certaines
de ces matières de synthèse, le nombre de fournisseurs dans le monde
est limité. Leur disponibilité n’est
donc pas suffisante, d’autant que la
demande de produits d’hygiène ne
cesse de progresser. Conséquence,
les prix se sont envolés, de l’ordre de
20 à 30 %. Avec un impact sur la rentabilité des entreprises. « Nous
avons perdu 4 points de marge
depuis le début de l’année, car nous
ne pouvons pas tout répercuter sur
nos clients, remarque François-Patrick Sabater. Nous avons dû en plus
refuser des commandes. »
Du coup, les groupes ont cherché
des « matériaux alternatifs ». Certains ont même proposé à leurs
clients de revoir un peu les formules (composées de 50 à 80 ingrédients) de certains produits. Un
petit écart que le consommateur
n’est pas censé percevoir, en sentant
son gel douche ou son déodorant.
La filière des matières premières
naturelles en a profité pour reprendre du galon, même si elle est très
soumise aux aléas climatiques.
Avec en plus une qualité variable et
des coûts très élevés.— D. Ch.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
Italie : le nouveau
patron de la Rai
fait polémique
Le distributeur de musique
français Believe, de Denis
Ladegaillerie, continue de
monter dans la chaîne de valeur
de son industrie en prenant
49 % du holding de Vincent
Frèrebeau (le label Tôt ou Tard),
un des producteurs indépendants les plus en vue en France
(Vianney, Vincent Delerm…).
Les députés de la coalition au
pouvoir en Italie ont nommé
mercredi un journaliste
controversé à la présidence de
la Rai, le média public. Pour ses
détracteurs, Marcello Foa (photo)
est un nationaliste pro-russe et
anti-euro qui flirte avec l’extrême
droite. Sa nomination avait
été retardée par Forza Italia.
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en
pixels
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HIGH-TECH
&MEDIAS
Musique : Believe
s’associe à Vincent
Frerebeau
3,4
MILLIONS D’EUROS
Canal+ a été condamné aux
prud’hommes à verser plus
de 3,4 millions d’euros à l’exanimatrice de feu le « Grand
Journal », Maïtena Biraben,
pour l’avoir licenciée en 2016
sans « cause réelle »
ni « sérieuse », selon
le conseil de prud’hommes.
Pierre Nanterme, PDG
d’Accenture : « Non, je ne
rachèterai pas Publicis »
CONSEIL
Le PDG du géant
du conseil revient
sur sa stratégie
d’acquisitions agressive.
Il affirme ne pas être
intéressé par le rachat
d’une grande entreprise
de communication.
Florian Dèbes
@FL_Debes
et Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
Accenture trace sa voie dans le
numérique, l’informatique dématérialisée (cloud) et les services relatifs à la sécurité. Les résultats du
quatrième trimestre clos au 31 août
le confirment : ces nouvelles activités, baptisées « The New », pèsent
désormais pour 60 % du chiffre
d’affaires du géant du conseil.
Et pour Pierre Nanterme, qui
a fait pivoter le groupe et ses
450.000 salariés dans cette direction, ce n’est pas fini. « Le New représente plus de 20 milliards de dollars
de chiffre d’affaires, c’est déjà davantage que le chiffre d’affaires total de
la très grande majorité des acteurs
du marché », clame le présidentdirecteur général d’Accenture dans
un entretien aux « Echos ». Ces dernières années, le groupe a multiplié
les acquisitions de sociétés petites
ou de taille moyenne, dans le marketing, l’informatique en ligne et l’analyse de données. « On a doublé
en trois ans notre rotation vers le
New », relève Pierre Nanterme, rare
patron français à diriger un groupe
international.
Les développements dans le
marketing et la publicité du groupe
de conseil en management, technologies et externalisation ont fait
beaucoup de bruit. Au point que
le marché anticipe désormais
un scénario de rachat d’un grand
groupe de communication comme
Publicis par l’« ogre » du conseil.
Ce que Pierre Nanterme balaye
d’un revers de la main. « Non, nous
n’avons pas l’intention de racheter
Publicis, assure-t-il. Même si nous
sommes désormais concurrents
dans certains métiers, ce groupe a des
activités qui n’ont pas vocation à être
chez nous. Accenture a pris une
orientation clairement digitale. »
Racheter pour revendre une
partie des actifs ? « Nous avons
d’autres choses à faire, répond le
PDG d’Accenture. Dans notre
monde, il faut capter les vagues
d’innovation et réagir à très grande
vitesse, tout ce qui peut nous ralentir,
comme l’acquisition d’une grande
entreprise, je n’y suis pas favorable. »
Et si Capgemini, concurrent
d’Accenture, rachetait lui un grand
groupe de communication, cela
pousserait-il ce dernier à changer
d’avis ? « Nous ne définissions pas
notre stratégie par rapport à celle des
autres. Et je ne pense pas qu’une telle
hypothèse modifierait fondamentalement notre univers concurrentiel. »
Le groupe pourrait, en revanche,
être intéressé par certains actifs qui
seraient susceptibles d’être mis en
vente par WPP. « Nous regardons
tout », élude Pierre Nanterme.
100 acquisitions en cinq ans
« Ce qui nous intéresse avant tout
dans les sociétés que nous pouvons
acquérir, ce sont les compétences et
le potentiel de croissance. Nous
ne cherchons pas d’entreprises
en croissance faible ou moyenne.
Notre croissance est de l’ordre de
9 % en moyenne ces dernières
années, tout ce qui se situe en dessous
a peu d’intérêt pour nous. » Kantar,
la filiale de WPP spécialisée dans
la data, pourrait répondre à ce
portrait-robot.
« Toutes nos
acquisitions n’ont
qu’un seul objectif,
c’est la croissance
des revenus. Aucune
ne vise à faire des
économies d’échelle
sur les coûts. »
PIERRE NANTERME
PDG d’Accenture
Ces dernières années, le géant
mondial du conseil, qui réserve de
25 à 30 % de son free cash-flow aux
acquisitions, s’est montré particulièrement boulimique. En cinq ans,
Accenture a mené plus de 100 opérations de M&A dans le monde, qui
représentent 5 milliards de dollars
investis ! Trois ont été réalisées
en France : Octo, Altima et Arismore. « On va continuer notre stratégie d’acquisitions de pépites. Je suis le
chercheur d’or dans “Lucky Luke”,
je creuse et je cherche les pépites !
Je passe presque tout mon temps à
cela. Tous les ans, nous passons en
revue des centaines d’entreprises. »
Après les emplettes aux EtatsUnis (50 % du chiffre d’affaires du
groupe) puis en Europe, Accenture
compte être plus actif en Asie-Pacifique, là où il juge que les compétences sont les meilleures en
robotique, automatisation, data et
intelligence artificielle. « Toutes nos
acquisitions n’ont qu’un seul objectif,
reprend Pierre Nanterme, c’est la
croissance des revenus. Aucune de
nos acquisitions ne vise à faire des
économies d’échelle sur les coûts. »
A ce compte-là, l’intégration
dans la multinationale est cruciale.
« C’est le plus difficile, nous avons
beaucoup modifié notre culture
d’entreprise pour passer d’une
culture unique dominante à une
culture de cultures selon le niveau
d’intégration des sociétés rachetées »,
poursuit le dirigeant, par ailleurs
professeur de management. « Le
maître mot de notre stratégie, c’est
d’avoir une offre de services de bout
en bout pour nos clients. Si vous ne
les accompagnez que sur un élément
de la chaîne de valeur, vous ne pouvez
pas vous engager sur les résultats. »
« Le maître mot de
notre stratégie : avoir
une offre de services
de bout en bout pour
nos clients. »
PIERRE NANTERME
PDG d’Accenture
C’est cette même logique qui
pousse Accenture à se lancer sur
le marché de l’achat automatisé d’espaces publicitaires (programmatique). « Nous pensons
que nous pouvons redonner de la
transparence dans la gestion des
achats d’espaces, sur les coûts
comme sur la performance, grâce
au numérique et aux approches
programmatiques », justifie Pierre
Nanterme, qui décèle une demande
de ses clients déçus par les acteurs
historiques du secteur.
Vigilance sur la rentabilité
Sa politique de rachat d’expertise,
couplée à 700 millions de dollars
d’investissement en recherche
et développement, a permis à
Accenture de se renforcer sur
cinq marchés. Avec Accenture Interactive (conseil en marketing et
publicité en ligne), Accenture Cloud
(conseil en migration informatique), Accenture Applied Intelli-
gence (conseil en analyse de données), Accenture Security (conseil
en cybersécurité) et Accenture X.O
(conseil en industrie connectée),
le groupe se déploie tout le long
des projets de transformation
numérique des entreprises.
« Le New est plus rentable que
nos métiers historiques », se félicite
Pierre Nanterme. L’optimisme du
patron cache toutefois une légère
érosion du taux de marge opérationnelle au premier semestre.
« Une profitabilité plus basse sur
certains grands contrats dans la
santé et les services publics et un
haut niveau d’investissement sont
les premières causes », notait,
en début d’année, un analyste
de Morningstar.
Un tour de vis sur les coûts de
fonctionnement semble avoir
remis les choses d’équerre. Mais le
taux de marge opérationnelle sur
l’année stagne néanmoins par rapport à l’an dernier, à 14,8 %. n
Reworld Media en passe de racheter Mondadori France
PRESSE
Le propriétaire de
« Marie France » et
« Télé Magazine » veut
s’offrir la filiale française de l’éditeur italien.
Peu d’observateurs y croyaient dans
le petit monde de la presse française. Et pourtant, Reworld Media,
l’éditeur de « Marie France », « Télé
Magazine » ou encore « Be », est en
passe de réussir son pari de racheter
Mondadori France. Après plusieurs
mois de tractations, les deux groupes sont entrés en négociations
exclusives en vue de la cession de
la filiale française de l’italien à
Reworld. En France, Mondadori
édite les titres « Grazia », « Science
& Vie », « Télé Star » ou encore
« Closer ». C’est le numéro trois de la
presse magazine dans l’Hexagone.
Si ces négociations aboutissent,
elles donneraient naissance à un
nouvel ensemble qui pèserait
484 millions de chiffres d’affaires
et 34 millions d’Ebitda.
« Nous sommes en train de créer le
numéro un des groupes magazines en
France », affirme Pascal Chevalier,
patron de Reworld Media, aux
« Echos ». Celui-ci ne donne aucun
détail sur l’offre qu’il a formulée.
Selon nos informations, Mondadori
réclamait 80 millions d’euros pour
sa filiale. Mais Reworld Media proposerait un prix inférieur. L’offre
compte une clause prévoyant que
Mondadori puisse devenir actionnaire minoritaire de Reworld Media
dans le cadre de la transaction.
acquisition qu’il ait jamais réalisée
et elle lui permettrait de doubler de
taille.
Le groupe piloté par Pascal Chevalier est en pleine croissance. Il a
publié en 2017 un excédent brut
d’exploitation de 8 millions d’euros,
en hausse de 7 % sur un an, pour
186 millions de chiffre d’affaires
(+17 %), dont 74 % réalisés dans le
digital. « Je ne suis pas un financier
qui achète et revend, plaide Pascal
Chevalier. Je suis dans un vrai projet
industriel. Entre Mondadori, spécialiste des magazines papier, et
Reworld, très fort dans le digital, il
peut y avoir un vrai échange de
savoir-faire. »
Les « clefs »
du nouveau monde
Reworld Media
doublerait de taille
Pour Reworld Media, conseillé par
Pierre-Henri Chappaz chez Rothschild dans ce dossier, si tout se passe
bien, cela serait la plus importante
La filiale française de Mondadori édite notamment le magazine
« Grazia ». Photo « Les Echos »
Comme pour les autres titres de
presse qu’il a rachetés ces dernières
années, que ce soit à Axel Springer
(« Télé Magazine », « Vie Pratique »…) ou à Lagardère (« Auto
Moto », « Be », « Maison & Travaux »…), Reworld compte multiplier les supports de diffusion.
« Presse, applications mobiles, chaînes YouTube, réseaux sociaux… On
doit produire du contenu sur tous ces
supports », affirme Pascal Chevalier.
En quelques années, Reworld est
devenu le spécialiste des rachats de
magazines en difficulté, qu’il digitalise et à qui il applique une logique
de « média marchand » en développant des sites d’e-commerce autour
des marques. Il possède un savoirfaire en matière de publicité digitale.
« L’arrivée de Google et de Facebook a
créé une révolution dans les médias, y
compris au niveau des régies publicitaires, explique le patron de
Reworld Media. Aujourd’hui, on
demande à la presse de s’engager sur
un nombre de clics, de ventes… Tout
cela est nouveau. » Reworld Media
pense avoir les « clefs » de ce nouveau monde pour les « vieux »
magazines de presse écrite. — F. Sc.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 25
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
Salesforce s’appuie sur les API
pour doubler de taille
LOGICIELS
L’éditeur de logiciels a
déjà intégré MuleSoft,
une société acquise
au printemps dernier
pour 6,5 milliards
de dollars.
Salesforce vise
un chiffre d’affaires
de 23 milliards
de dollars en 2023.
Florian Dèbes
@FL_Debes
Salesforce ne traîne pas. A peine six
mois après avoir signé un chèque de
6,5 milliards de dollars pour mettre
la main sur MuleSoft, l’éditeur de
logiciels pour les commerciaux
présente déjà, dans son offre, les
technologies de sa plus grosse
acquisition à date. L’annonce a été
faite à l’occasion de son grand raout
annuel, Dreamforce : cette semaine,
le centre-ville de San Francisco a
vu affluer une marée humaine de
170.000 commerciaux et spécialistes du marketing numérique.
L’entreprise qui a fait décoller le
marché du logiciel en ligne – dit
« en tant que service » – ne se donne
pas le temps. Près de vingt ans après
sa création, elle vient juste de passer
la barre symbolique des 10 milliards
de dollars de recettes annuelles,
mais s’est fixé pour ambition
d’atteindre les 23 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans… qua-
tre ans. Rien que pour son exercice
fiscal en cours, elle vise 13,17 milliards de dollars de ventes, soit une
croissance de 30 % sur un an, contre
25 % l’année dernière.
Faciliter le travail
d’intégration
Salesforce peut espérer étirer la
facture de ses clients en allégeant
le travail d’intégration de ses services grâce aux technologies de MuleSoft. « C’est très stratégique pour
nous, MuleSoft peut devenir aussi
gros que Salesforce », souligne sans
préciser d’échéance Alexandre
Dayon, le Français directeur de la
stratégie de l’éditeur californien de
logiciels, et fidèle du co-PDG et fondateur, Marc Benioff.
A partir de l’an prochain, les
clients de Salesforce pourront
nourrir leur plate-forme de relation
client avec des données issues de
logiciels tiers, grâce aux connecteurs de MuleSoft. Ses interfaces de
programmation applicative – API,
pour « application programming
interface » en anglais – facilitent
l’intégration des logiciels au sein du
système informatique existant des
clients, par exemple leur logiciel de
facturation ou de logistique.
10
MILLIARDS DE DOLLARS
Les recettes annuelles
de Salesforce.
« Demain, tous les
objets seront
connectés à une
API, c’est un marché
à plusieurs milliards
de dollars. »
ALEXANDRE DAYON
Directeur de la stratégie
de Salesforce
Salesforce veut ainsi devenir
un pivot pour toutes les données
concernant les clients d’une entreprise, qu’elles soient issues d’une
autre base de données ou des différents pans de la plate-forme. Une
vue unique, baptisée « Customer
360 » et réunissant les données
de Sales & Services Cloud, Marketing Cloud et E-Commerce Cloud,
a également été présentée.
« Jusqu’ici, Salesforce vendait
souvent séparément chaque volet
de sa plate-forme, note Penny
Gillespie, l’analyste en chef du
marché des logiciels de relation
client et e-commerce pour Gartner.
Puisque tout sera préconnecté, la
société pourra signer davantage
de contrats multiproduits et tient
un argument pour ne pas rogner
ses prix dans des offres groupées. »
Avec cette stratégie pour MuleSoft, Salesforce grappille un peu de
valeur sur le terrain de ses partenaires intégrateurs, qui assuraient
justement la compatibilité entre
SFR jure que son pari
est payant dans le foot
les standards du logiciel en ligne
et les particularismes de chaque
système informatique d’entreprise.
« Il restera toujours des paramétrages et nous travaillons aussi beaucoup sur la conduite du changement nécessaire à l’exploitation de
nouveaux outils », veut rassurer
Arnaud Bouchard, vice-président
« digital customer experience »
chez Capgemini France.
« Ce sera sûrement plus complexe que cela en a l’air, il faudra faire
correspondre les jeux de données
Salesforce avec les autres », abonde
Stéphanie Gandon Auger, la directrice expérience client d’Ingenico.
Par exemple, s’assurer que le
client dénommé Max Martin dans
Salesforce est la même personne
que le Maxime Martin du logiciel
de facturation.
Un marché à plusieurs
milliards de dollars
Mais MuleSoft se prépare aussi pour
un marché encore plus prometteur,
celui de l’économie des API. A
l’image d’une start-up comme
Stripe, de nombreuses entreprises
s’interrogent sur des modèles économiques qui les verraient donner
accès à leurs données via des flux
de données en API tarifés. « Ce sera
la vraie transformation », considère Ross Mason, le cofondateur
britannique de MuleSoft. « Demain,
tous les objets seront connectés à
une API, c’est un marché à plusieurs
milliards de dollars », poursuit
Alexandre Dayon. Mais d’autres
acteurs sont déjà sur les rangs, à
l’image de Tibco Software. n
Marc Benioff, PDG de Salesforce, lors de la conférence Dreamforce
à San Francisco, le 25 septembre . Photo David Paul Morris/Bloomberg
Marc Benioff, en campagne
pour la philanthropie
« Nous savons que les affaires sont le meilleur vecteur
du changement », a lancé Marc Benioff, le massif co-PDG
et fondateur de Salesforce, lors d’une conférence qui a fait
une large place au projet philanthropique de l’entreprise
et de ses clients. Comme d’habitude, la keynote a démarré
par des chants hawaïens particulièrement appréciés
du patron. Entouré de milliers de spectateurs sur une
scène à 360 degrés ou déambulant parmi les premiers
rangs, le premier employeur de San Francisco a martelé
avec passion ses messages, comme un politique
en campagne, mais a laissé le soin à ses cadres,
notamment son récemment nommé co-PDG
Keith Block, de présenter les évolutions du logiciel.
Vendredi 5 octobre
TÉLÉVISION
L’opérateur télécoms
diffuse depuis quelques jours la Ligue
des champions sur
sa chaîne RMC Sport.
Il s’attend à des recrutements d’abonnés
record dans le fixe.
Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
Beaucoup d’observateurs doutent
aujourd’hui de la stratégie de convergence de SFR dans les médias et
les télécoms. Mais Alain Weill, lui,
semble sûr d’avoir réussi son coup.
Invité d’un colloque télécoms organisé par « Les Echos » jeudi matin,
le PDG d’Altice Europe, la maison
mère de l’opérateur au carré rouge,
s’est montré plus qu’optimiste sur
les perspectives de recrutement
d’abonnés de l’opérateur télécoms.
« On dira au mois de novembre
que nos recrutements d’abonnés
fixes ont atteint des niveaux que SFR
n’avait pas connus depuis très très
longtemps ; je pense des niveaux qui
n’avaient jamais été connus », a-t-il
lancé. RMC Sport, la chaîne de télévision sportive de SFR, diffuse,
depuis quelques jours, la prestigieuse Ligue des champions, et
l’opérateur assure que ses abonnements en sont dopés, malgré de
sérieux problèmes techniques de
réception au lancement.
« On a déjà atteint l’objectif de
nombre d’abonnés qu’on s’était
donné pour l’année 2018, s’est réjoui
Alain Weill. Et il reste encore de
beaux matchs en octobre, novembre,
décembre. C’est encourageant, cela
veut dire que des gens changent d’opérateur pour venir s’abonner au foot
chez nous. » Un peu avant 17 heures,
l’action Altice Europe progressait
RMC Sport, la chaîne de télévision sportive de SFR, diffuse
depuis quelques jours la Ligue des champions. Photo Paul Ellis/AFP
de 4,90 %, à 2,397 euros. Alain Weill
avait révélé, il y a quelques jours,
que SFR avait séduit 200.000 abonnés sur la seule journée du démarrage de la compétition européenne.
Le groupe n’aura néanmoins réussi
son pari que s’il parvient, un jour, à
rentabiliser un investissement onéreux dans les droits du foot (plus de
1 milliard pour les trois saisons du
foot européen).
L’opérateur est candidat
à la Premier League
En attendant, l’opérateur persiste
et signe. Alain Weill a ainsi indiqué
qu’il serait candidat au renouvellement des droits télévisés pour la
Premier League de foot, qui vont
être mis aux enchères en octobre.
« Bien sûr que l’on sera candidat,
même si ce n’est pas vital pour
nous. Cela ne remet pas en cause
notre modèle si on perd des droits »,
a-t-il soutenu.
Mediapro, l’autre acteur des
droits télévisés qui défraye la chronique en France et qui vient de ravir
à Canal+ la majeure partie de la
Ligue 1 de foot, ne se dit, lui, pas intéressé par les compétitions européennes. « Nous sommes plus intéressés par la Ligue 2 de foot que
par la Premier League, a ainsi
affirmé Jaume Roures, PDG de
Mediapro, également présent au
colloque. Car nous avons l’ambition
de faire une chaîne sportive uniquement sur le foot français. »
L’espagnol cherche à nouer des
accords de distribution avec les
opérateurs télécoms français,
mais n’exclut pas toute autre forme
d’alliance, y compris capitalistique.
« On va voir ce que l’on peut faire
avec BeIN ou SFR, tous les scénarios
sont ouverts et possibles », a poursuivi Jaume Roures. « On a vocation
à distribuer le championnat de
France de foot, a renchéri Alain
Weill. Mediapro a besoin de diffuser auprès d’un public le plus large
possible. Donc, on a intérêt à s’entendre. Je n’ai aucune idée de ce que sera
la bonne formule, mais, nous aussi,
on est très ouvert. » n
SUPPLÉMENT
GRATUIT
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
UNE RÉVOLUTION
POUR LA SANTÉ
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
START
UP
U
REBOND
Après l’avoir annoncé aux « Echos » il y a
quelques mois, Doctolib se lance officiellement dans la télémédecine à partir du
1 er janvier 2019. Ce service sera accessible aux
20 millions de patients qui utilisent sa plate-forme
qui bénéficieront du remboursement des actes par
l’Assurance-maladie. 500 médecins vont démarrer
avant que le service ne soit proposé aux 60.000 praticiens de santé connectés à la start-up. Doctolib
compte 620 salariés en France et en Allemagne.
y
LE RDV
150
MILLIONS DE DOLLARS
C’est le prix qu’a déboursé GrubHub pour
acquérir Tapingo. Cette start-up américaine déploie un service de commande et
livraison dans les campus universitaires.
Elle avait levé un total de 36 millions de
dollars depuis sa création, en 2012.
Vivatechnology et PublicisLive lancent
un concours : identifier les start-up les
plus disruptives du secteur événementiel. Cet « Innovation Event Challenge » devrait avoir
un débouché très concret, puisque les candidats ou
les lauréats auront pour mission d’améliorer l’expérience des visiteurs lors de la prochaine édition qui
se tiendra à la Porte de Versailles entre les 16 et
18 mai prochain.
Inova Software et NextStage AM
à l’assaut de l’industrie pharmaceutique
Wecasa veut
moderniser
le service
à domicile
PHARMACIE
SERVICES
A la frontière des
biotechnologies et du
digital, la start-up
lyonnaise a levé
6 millions d’euros
pour accélérer un
modèle déjà rentable.
La jeune pousse
annonce une levée
de fonds de 1,2 million d’euros.
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
Inova Software revendique parmi
ses clients la moitié des cinquante
plus grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux – et une centaine d’autres plus petits. Avec ses
6 millions d’euros de revenus
annuels récurrents, en croissance de 30 % par an, ses 90 %
d’activité à l’international, un
bureau à Tokyo et un autre à New
York, la start-up lyonnaise avait tout
pour séduire NextStage AM : le
fonds de capital-développement a
décidé de miser 4,5 millions d’euros
« sur son très fort potentiel de développement », jauge Nicolas de SaintEtienne, associé-gérant.
L’augmentation de capital d’un
montant total de 6 millions, abondée par bpifrance, permet aussi aux
trois cofondateurs, Gilles Toulemonde, David Carteret et Fritz
Eisenhart, de reprendre une majorité de 51 % dans l’entreprise de 50
salariés (et 18 nationalités).
Multiplier les points
de contact
Son logiciel en mode SaaS aide les
laboratoires à gérer des milliers de
relations partenariales.
« Aujourd’hui, la moitié des médicaments en développement dans les Big
Pharmas sont sourcés à l’extérieur,
Au dernier congrès BIO à Boston, 20.000 personnes issues de 6.000 sociétés étaient rassemblées pour présenter 7.000 technologies.
dans des biotech spécialisées », explique Gilles Toulemonde, PDG de la
société née en 2010. Neuf des quinze
best-sellers mondiaux en pharmacie sont déjà issus d’une stratégie
thérapeutique collaborative, qui a
pris le pas sur la R&D interne. Car
les cibles se sont multipliées : « Il n’y
a plus un cancer du sein mais cinquante. » De plus, les chances de
mise sur le marché (8 % en
moyenne) s’avèrent supérieures.
Les gros laboratoires mènent
jusqu’à 300 accords de licences
parallèlement, avec les pépites des
sciences du vivant. Ce marché de
la propriété intellectuelle
représente 250 à 300 milliards
de dollars de transactions
annuelles. D’où le succès d’Inova
Software auprès des départements
de « business développement » en
charge de ces contrats extrêmement sensibles sur des molécules
classifiées. Le cloud semi-privé
hébergé dans un data center suisse
est entièrement crypté. L’activité
d’Inova se double depuis 2015 d’une
plate-forme de networking (Oneto-One Partnering) dédiée aux
grands événements de l’industrie
pharmaceutique.
Au dernier congrès BIO à Boston,
20.000 personnes issues de 6.000
sociétés étaient rassemblées pour
présenter 7.000 technologies et
faire leur marché. Inova a reçu
250.000 demandes de rendez-vous
et en a organisé 46.900. Cette plateforme est un levier de croissance
Les moyens apportés
par NextStage AM
doivent servir
rapidement
à des acquisitions
pour renforcer
la technologie.
pour la jeune société, qui veut
exploiter son trésor de données afin
de susciter des collaborations
opportunes. C’est un des objectifs
de la levée de fonds, avec le recrutement de 15 personnes d’ici la fin de
l’année, dont 8 en R&D sur ce projet
d’intelligence artificielle.
Les moyens apportés par NextS-
tage AM doivent aussi servir rapidement à des acquisitions pour
renforcer la technologie. Et pour
passer à la vitesse supérieure, « en
grandissant chez nos clients », explique Gilles Toulemonde. « On veut
pousser le logiciel dans les autres services où les partenariats externes
prennent de l’importance, comme la
recherche académique et les opérations industrielles. »
Cela représenterait non plus
quelques centaines, mais quelques
milliers d’utilisateurs potentiels
dans une Big Pharma. Et Nicolas de
Saint-Etienne songe même à aller
vers l’automobile, l’énergie, l’environnement… Bref, partout où il y a
des technologies et de la propriété
intellectuelle. n
Kactus souhaite devenir leader européen
de l’événementiel pour entreprises
ÉVÉNEMENTIEL
Créée en 2016,
l’entreprise annonce
une levée de 5 millions
d’euros, qui lui permettra de continuer
son expansion
dans les services
haut de gamme.
Déborah Loye
@Loydeborah
Alors qu’elle prépare son mariage,
Anne-Sara Budowniczy se rend
compte qu’il est difficile de trouver
un lieu à son goût. Nous sommes en
2015 et la jeune femme, qui travaille
dans les start-up depuis le début de
sa carrière, avec notamment un passage chez Evaneos, décide de lancer
une plate-forme permettant aux
futurs mariés de réserver une salle.
Rapidement, elle bute sur les contraintes de cette clientèle, au taux de
répétition quasi inexistant.
En 2016, elle décide, avec son
associé Thomas Cottin, de pivoter.
« Nous avions remarqué que des
entreprises venaient sur notre site, et
réservaient des salles. Nous avons
donc décidé de nous focaliser sur ce
besoin-là », explique la cofondatrice. Pari gagnant, puisque Kactus
compte aujourd’hui 3.500 clients,
dont des enseignes comme Chanel, Engie ou la SNCF. La jeune
pousse vient par ailleurs de boucler
un tour de table de 5 millions
d’euros auprès d’I d i n v e s t et
du Fonds Ambition Amorçage
Angels de la BPI. A travers sa plateforme, Kactus permet aux entreprises d’obtenir plusieurs devis pour
l’organisation d’événements. La
start-up recense 8.000 lieux en
France, et propose des réservations
pour des séminaires résidentiels
comme pour des soirées ou des
repas d’affaires. Une activité sur
laquelle se positionne une autre
jeune pousse : Bird Office, qui vient
également d’annoncer une levée de
secteurs comme l’hôtellerie, trusté
par Booking.com ou Expedia, ce
marché n’a pas encore été pris par un
gros acteur. »
Doubler les effectifs
25 personnes travaillent pour Kactus. Photo Kactus
fonds de 5 millions d’euros et qui
revendique 9.000 clients. « Contrairement à eux, nous ne nous positionnons par sur la réservation à la dernière minute, explique AnneSara Budowniczy. Nous sommes
concentrés sur l’optimisation de
l’appel d’offres, et sur la possibilité
pour les entreprises de comparer les
prix. » Sur ce segment, l’ambition
de Kactus est claire : devenir un leader européen. « Le marché est
énorme, puisqu’il touche toutes les
e n t re p r i s e s , a f f i r m e N i c o l a s
Debock, qui a suivi l’investissement
chez Idinvest. Et contrairement à des
Affichant un panier moyen de
5.000 euros, Kactus a fait le choix de
ne pas tout numériser, et a embauché des experts événementiel qui
passent du temps chez ses clients.
Sur le digital, la start-up a développé
un tableau de bord à l’intention des
assistantes de direction, qui y consultent des tableaux comparatifs de
prix, ou y retrouvent tous les e-mails
liés à l’événement. Avec l’argent levé,
Kactus compte doubler ses effectifs, 25 personnes aujourd’hui, et
continuer à se développer en France
ainsi qu’à affiner son produit. Pour
ce qui est de l’international, Kactus
mise dans un premier temps sur les
filiales de ses clients existants. A
l’horizon 2020, l’entreprise a prévu
de tester de nouveaux marchés,
avant de choisir les lieux de son
expansion. n
« Nous voulons réenchanter les
services à domicile, et l’image que
les gens s’en font. » Avec sa plateforme permettant de réserver
coiffeur, massage ou esthétic i e n n e e n l i g n e , We c a s a
redonne un coup d’éclat à une
forme de consommation… un
brin surannée. C’est d’ailleurs à
travers sa grand-mère que l’une
des associées, Anne-Emilie
Prévot, raconte avoir découvert
la coiffure à domicile. « J’ai
commencé à l’utiliser pour moi
aussi, et je n’ai jamais arrêté »,
assure-t-elle. « Nous comptons
beaucoup de femmes parmi nos
clientes, indique Pierre André,
cofondateur de la start-up. Souvent, elles découvrent nos services lorsqu’elles ont des enfants en
bas âge. Pouvoir se faire coiffer
ou masser à domicile est alors un
vrai soulagement. » La plateforme a été conçue pour répondre à des besoins urgents, puisque les réservations peuvent
s’effectuer jusqu’à trois heures
avant le début des services.
Pas d’acteur majeur
A la suite d’un premier tour de
table de 250.000 euros réalisé
en juin 2017, Wecasa annonce
avoir conclu, après deux ans
d’existence, une deuxième levée
de fonds de 1,2 million
d’euros auprès du Seed Club
d ’ I s a i e t d ’e n t r e p r e n e u r s
comme Sébastien Forest (Allo
Resto), Pierre Kosciusko-Morizet (PriceMinister) et Yvan
Wibaux (Evaneos). Pour Mounia Rkha, responsable du Seed
Club chez Isai, la force de
Wecasa réside dans la panoplie
de catégories proposées : « Le
service à domicile est un secteur
énorme sur lequel personne n’a
réussi à s’imposer pour le
moment. Le fait qu’ils diversifient
leurs offres leur permet de mieux
valoriser l’acquisition client. ».
L’investisseuse, qui a travaillé
chez Leboncoin, affirme même
qu’il y a chez Wecasa « quelque
chose de semblable » à l’entreprise fondée par Olivier Aizac. A
terme, la jeune pousse souhaite déployer son offre à
d’autres catégories afin de
« devenir la référence de réservation de services à domicile ». Mais
pour le moment, c’est sur son
outil que l’équipe de 9 personnes
va se concentrer. « Nous développons des algorithmes qui permettent de trouver le meilleur professionnel pour chaque demande, en
fonction de critères comme les
besoins, la localisation… », indique Pierre André. L’objectif :
développer une interface destinée aux professionnels. Wecasa
indique travailler avec
1.000 professionnels, dans une
centaine de villes en France. La
start-up se rémunère en prélevant une commission, de l’ordre
de 20 %, sur les services, dont
elle fixe les prix. —D. L.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
en
direct
Le cercle ClichyMontmartre fermé
ÎLE-DE-FRANCE La mairie n’a
ÎLE-DE-FRANCE Le cercle de jeu
pas pu dégager une majorité
pour faire voter mardi son projet
d’aménagement de la Petite
Ceinture ferroviaire via une
coentreprise avec la SNCF. Cette
transformation d’une vingtaine
de sites le long de ce chemin de
fer est dénoncée par les écologistes et les centristes. Le projet
pourrait être revoté plus tard.
Shutterstock
PME
&REGIONS
Paris ajourne
la Petite Ceinture
Clichy-Montmartre, le dernier en
activité à Paris, a été fermé administrativement suite à la suspension provisoire des agréments
autorisant l’exploitation des jeux
en tant que Cercle. L’établissement doit passer au statut club
afin de pouvoir reprendre une
activité à partir de janvier 2019.
En juillet, cinq personnes ont été
mises en examen et placées sous
contrôle judiciaire dans une
enquête pour blanchiment et
travail dissimulé autour de ce
cercle de jeu. Depuis le 1er janvier,
une nouvelle loi autorise dans la
capitale des « clubs de jeu » de
manière très réglementée.
Depuis 2008, sur les dix cercles
que comptait Paris, neuf avaient
été fermés. Le premier des nouveaux « clubs de jeu » a été ouvert
en avril par le groupe de casinos
Tranchant.
Le Mondial de l’optique s’ouvre
dans un climat d’inquiétude
l Le sujet du reste à charge zéro pour les lunettes et du plafonnement des remboursements de montures
à 100 euros au 1er janvier 2020 agite les fabricants.
l Une étude commandée par les professionnels prévoit la suppression de 1.000 à 2.700 emplois.
OPTIQUE
Monique Clémens
— Correspondante à Besançon
Les 37.000 visiteurs attendus au Silmo, le Salon mondial de
l’optique qui ouvre ce vendredi,
seront en quête de lunettes originales, esthétiques ou performantes.
Qui dit que, demain, ils ne focaliseront pas uniquement leur quête sur
le prix au détriment de la qualité ou
même du made in France ? C’est ce
que redoutent les professionnels du
Gifo (Groupement des industriels et
fabricants de l’optique), qui s’alarment des conséquences de la
réforme annoncée par le gouvernement pour 2020. Elle vise un reste à
charge zéro des équipements optiques pour le client et un plafonnement du remboursement des montures à 100 euros, contre 150
aujourd’hui.
Selon une étude réalisée par le
cabinet Asterès-Rinzen pour le
Gifo, dont « Les Echos » ont pu se
procurer une version préliminaire,
son impact sur la filière française
– industriels des montures et des
verres et opticiens confondus –
serait estimé entre 985 et 2.735 pertes d’emplois, selon les trois scénarios envisagés. Avec un coût pour la
société de 47 millions d’euros dans
le meilleur des cas, et de 70 voire
170 millions d’euros dans les deux
autres. « Quel que soit le scénario [réponse faible, mitigée ou forte
des acheteurs à un reste à charge
supplémentaire, NDLR], la réforme
est économiquement inefficace, les
pertes encourues par les opticiens et
fabricants n’étant jamais compensées par les économies réalisées par
les complémentaires et l’Assurancemaladie », indique l’étude.
La filière emploie 10.000 personnes en France, répartis à parts égales
entre une cinquantaine de fabricants de montures et une douzaine
de verriers qui tentent de négocier
avec les ministères, à travers leur
bras armé, le Gifo. « Nous avons
compris que la réforme irait jusqu’au
bout, même si nous avons réussi à
bouger quelques petits curseurs,
comme de maintenir à deux ans le
délai de remboursement entre deux
montures par les complémentaires
santé », explique Jérôme Colin, son
« Cela nous oblige
à un niveau de prix
impossible à tenir
pour les produits
réellement fabriqués
en France »
JOËL THIERRY
Vice-président
des Lunetiers du Jura
président. Le passage de ce délai de
un à deux ans en 2017 a déjà valu
environ 20 % de perte de chiffre
d’affaires aux fabricants de montures, estime-t-il.
Nivellement par le bas
Les industriels ont réussi à hisser
le plafonnement du remboursement des montures à 100 euros, au
lieu des 85 envisagés initialement.
Mais ce plafond inquiète déjà beaucoup dans les vallées de Morez (Jura)
et d’Oyonnax (Ain), qui comptent
encore 1.000 emplois et assurent
l’essentiel de la production hexagonale. « La perte du premier plafonnement à 150 euros, il y a trois ans, avait
déjà abouti à la disparition de 10 à 15 %
des effectifs de la filière de production », déplore Joël Thierry, lunetier
et vice-président des Lunetiers du
Jura. « Passer de 150 à 100 euros
maintenant, ça nous sort complètement du jeu, et en termes d’emploi ce
sera bien au-delà. Cela nous oblige à
un niveau de prix impossible à tenir
pour les produits réellement fabriqués
en France avec les conditions de coût
de main-d’œuvre que l’on connaît. »
Verriers, opticiens et fabricants
de montures sont dans le même
bateau, même si les impacts sont
différents. Vice-président du Gifo et
directeur général d’Essilor France,
Alexandre Montague assure que
les verriers seraient favorables à la
mesure si elle permettait aux Français de s’équiper de lunettes de qualité sans pénaliser les industriels. « L’intention de la réforme est
bonne, mais pas le mécanisme. Je ne
suis pas sûr que les Français seront
mieux corrigés demain. Pour les verres, le risque est un nivellement par le
bas, avec le risque de fabrications
moins chères et un sourcing à l’étranger. Il va falloir qu’on se réinvente. » n
Les industriels ont réussi à hisser le plafonnement du remboursement des montures à 100 euros, au lieu des 85 envisagés initialement.
les vallées de Morez (Jura) et d’Oyonnax (Ain) assurent l’essentiel de la production hexagonale. Photo Les lunetiers du Jura
Pendant la réforme, l’innovation continue
Des lunettes pour prévenir
l’assoupissement au volant,
des montures design en bois
ou en filet de pêche recyclé,
des verres anti-lumière bleue
et une nouvelle machine
d’examen de la vue…
Soumise à de nombreuses réglementations et législations, la filière
française de production de verres
et montures est habituée à « toujours se réinventer », selon Jérôme
Colin, président du Gifo (Groupement des industriels et fabricants
de l’optique). Chez Essilor, dont le
rapprochement avec l’italien
Luxottica est imminent, 200 millions d’euros sont consacrés chaque année à la R&D.
• VERRES HIGH-TECH
Le groupe a développé une nouvelle machine pour « un examen de
vue plus naturel, plus fluide, moins
fatigant et introduit une nouvelle
norme de précision », explique Pascal Voillemin, responsable marketing instruments chez Essilor. Baptisée « Vision-R 800 », la machine
allie lentilles à focale variable et
nouveaux algorithmes. Essilor présente aussi, dans le cadre du Salon,
son Crizal Sapphire+, un verre
traité antireflets, quel que soit
l’angle de la lumière, ainsi qu’une
collection de montures en filets de
pêche recyclé, développées avec sa
marque Costa Sunglasses.
Chez les verriers encore, BBGR
Optique a développé une protection
2 en 1 contre la lumière bleue nocive
et les UV, « quel que soit le matériau », explique Hélène Amidieu,
responsable marketing et produit. « Pour cela, nous utilisons les
nanotechnologies et nous avons mis
au point un nouveau procédé qui
évite les verres jaunes, les rendant à la
fois protecteurs et esthétiques. »
• CAPTEURS INFRAROUGES • LUNETTES CONNECTÉES
Côté montures, une tendance forte
se confirme : celle des lunettes écologiques ou écoresponsables en bambou, en lamellé-collé, en matériaux
recyclés. Le maquettiste et designer
vendéen Sébastien Geslin, devenu
artisan lunetier pour fabriquer ses
propres lunettes, s’est spécialisé
dans les montures en bois issu de
forêts écogérées. Pour les mettre en
forme, il a mis au point, pendant
quatre ans, sa propre technologie. « Je ramollis le bois avec de la
vapeur et je tourne autour ensuite, en
orbite, pour le mettre en forme »,
explique-t-il. Une façon de respecter
la matière et de travailler dans le sens
de la fibre. Depuis la commercialisation, en 2016, il a déjà fabriqué plus de
150 montures en noyer, chêne, chêne
des marais… équipées de renforts au
carbone et d’une autre innovation
maison : le système S-Temp, qui permet le réglage temporal.
L’autre tendance, dans les montures,
ce sont les lunettes connectées.
Créée en 2016 par Philippe Peyrard,
un ancien dirigeant d’Atol, la start-up
Ellcie Healthy, qui emploie 20 personnes à Nice, est en train de finaliser
ses lunettes dotées d’intelligence
artificielle : une monture pour prévenir l’endormissement au volant,
en collaboration avec Optic 2000.
« Près de sept personnes sur dix portent des verres correcteurs, et près de
100 % des verres solaires, offrons aux
montures d’autres fonctionnalités »,
explique-t-il. Sa première preuve de
concept est donc constituée de capteurs infrarouges implantés dans la
monture et détectant les signes précurseurs de l’endormissement que
sont les clignements des paupières,
les bâillements et les microchutes de
tête. D’autres applications sont déjà
envisagées, notamment pour la prévention des chutes. — M. Cl.
La manufacture lunetière Thierry esquive les coups
A l’approche de la réforme,
les clients créateurs
distributeurs du fabricant
français s’orientent vers
moins de valeur ajoutée.
La manufacture Thierry SA
est sans doute le plus gros
fabricant de montures
de France. Photo DR
A Morbier, dans le bassin lunetier
jurassien, la manufacture Thierry
SA se remet tout juste de la perte, en
2017, d’un gros client français du
luxe qui représentait 20 % de ce segment d’activité. Ce lunetier presque
totalement intégré et travaillant
uniquement pour des marques de
créateurs ou du luxe était alors
passé de 150 à 130 collaborateurs.
Il compterait aujourd’hui suffisamment de clients pour retrouver le sourire si la réforme sur le
reste à charge zéro et surtout le
plafonnement des montures à
100 euros ne pointait le bout de son
nez. « Si ce plafonnement est appliqué dans toute sa rigueur, aucun produit français ne passera plus », pron o s t i q u e J o ë l T h i e r r y, s o n
dirigeant. « Ce qui est en train de se
mettre en place va tirer le produit
vers le bas. La crainte de nos clients
créateurs distributeurs est que
l’ensemble des prix descendent d’un
cran. Nos clients du luxe, qui sont
davantage positionnés sur les lunettes solaires, les plus en vue, sont
moins concernés par la réforme. »
« Des produits à moindre
valeur ajoutée »
Labellisée Origine France Garantie, la manufacture Thierry SA est
sans doute le plus gros fabricant de
montures de l’Hexagone. Elle part
du dessin ou du concept du client et
livre le produit fini – pour certains
jusqu’à la logistique – en s’appuyant
systématiquement sur la filière
locale et les sous-traitants de la vallée de Morez pour l’outillage, la galvanoplastie, la coloration des montures, le polissage…
Son plus gros client est le français Lafont, depuis quarante ans,
mais Thierry SA fabrique aussi des
montures pour Anne & Valentin,
Jean-François Rey ou encore le
belge Theo. Avec la défection de son
client du luxe, l’année 2017 a connu
un trou d’air dans la production –
500.000 montures contre 550.000
l’année précédente – mais la société
devrait retrouver son volume de
croisière en 2018 « avec des produits
à moindre valeur ajoutée », estime le
dirigeant. Avec ses séries courtes et
ses produits spécialisés, Thierry SA
ne sera pas le plus impacté. Mais il
anticipe la réforme et accélère ses
recherches de nouveaux clients à
l’international qui ne seront pas
impactés.— M. Cl.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // PME & REGIONS
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
11
MILLIONS D’EUROS
sur les 15 à 20 millions escomptés,
ont déjà été récoltés pour la mission
patrimoine grâce aux jeux à gratter
et au loto. « La vente des jeux à gratter se poursuit à bon rythme »,
annonce la FDJ. 5 millions de tickets à 15 euros ont été écoulés, soit
innovateurs
Le Havre : retour
du nez du paquebot
« France »
NORMANDIE Acheté 171.600
euros, le « nez » de l’étrave du
paquebot « France » est arrivé
sur le port du Havre, où il est
désormais exposé. Construit en
1960, le navire a été vendu en
1979 au norvégien Kloster qui l’a
rebaptisé « Norway », avant de
le démanteler. Le Havre était le
port d’attache du « France ».
40 % des jeux commercialisés, et
2,5 millions de Français ont joué au
Loto (environ 2 grilles chacun à 5,5
euros l’une). 25 % de la mise du Loto
et 10 % du jeu de grattage vont au
financement de la restauration du
patrimoine français.
Météo France et le CNRS
étudient les éclairs
à bord d’un Falcon
Tokyo en 2020, et à ceux de Paris en
2024 », espère Charles Bride, secrétaire général de la FFS. La vague
artificielle devrait donc être opérationnelle à l’été 2019, avant d’être
accessible au grand public fin
2020 : elle se déclinera pour tous les
niveaux, de la vaguelette à la
« déferlante » de 2,40 mètres.
NOUVELLE
AQUITAINE
Destiné aux surfeurs
et au grand public,
un centre de loisirs
avec vague artificielle
est en gestation dans
la commune landaise
de Castets.
20 kilomètres de la mer
Pierre Etcheleku
— Correspondant à Bayonne
Un œil sur les Jeux Olympiques de
Tokyo (2020), l’autre sur les mordus
du surf, le complexe de loisirs
Wavelandes vient d’être présenté à
Castets (Landes). Ses promoteurs,
la société du même nom, la Fédération française de surf (FFS) et l’Association nationale handi surf veulent
y offrir une vague artificielle disponible toute l’année, moyennant un
investissement initial de 40 millions d’euros.
Vague parfaite
Le cœur du projet est un bassin de
155 mètres sur 155 avec un dispositif
créant 900 vagues artificielles par
heure. « Ce sera une première en
Un bassin de 155 mètres sur 155 doit permettre de créer
900 vagues artificielles par heure. Photo Wavelandes
Europe, assure Norbert Ducrot, président de Wavelandes, après le prototype expérimenté à Aizarnazabal
au Pays basque espagnol. Nous
aurons ainsi une vague parfaite 365
jours par an.» Depuis 2005, en effet,
l’entreprise Wavegarden perfectionne près de Saint-Sébastien une
vague artificielle selon une techno-
logie baptisée « The cove » (l’anse).
Une première application est testée
depuis 2015 au pays de Galles, au
sein du parc Snowdonia.
Première cible pour Wavelandes,
l’entraînement des sportifs : « Ce
sera un outil indispensable pour
optimiser nos chances de médailles
en surf aux Jeux Olympiques de
Wavelandes sera aussi un centre de
loisirs de neuf hectares implanté au
sud des Landes et accessible depuis
l’autoroute Bordeaux-Espagne.
Selon ses créateurs, il va créer
200 emplois. Si certains s’inquiètent de la viabilité d’un projet « à
20 km de la mer » et de ses coûts
énergétiques, il arrive après une
opération similaire envisagée en
2014 plus au sud, à Saint-Geoursde-Maremne, et qui avait été abandonnée quelques mois plus tard.
Autre projet, The Park est à
l’heure actuelle en gestation à Lacanau (Gironde) avec une piscine à
vagues. Les initiatives se multiplient donc autour du surf : devenu
discipline olympique, ce sport a de
plus en plus d’adeptes, et la branche
cumule en France un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros avec près
de 4.000 salariés. n
Recytech conforte son modèle d’économie
circulaire du zinc
HAUTS DE FRANCE
Le spécialiste du
recyclage du zinc
injecte 3 millions
d’euros dans
la combustion
des gaz, qui garantit
l’avenir du site.
Olivier Ducuing
— Correspondant à Lille
Pérennisation du site et réduction
drastique des composés organiques
volatils : l’investissement de 3 millions d’euros que vient de réaliser
l’usine Recytech, à Fouquières-lez-
Lens (Pas-de-Calais), garantit l’avenir de cette usine. Cette coentreprise,
dont une moitié appartient à Recylex et l’autre à Befesa, est la seule en
France à produire du zinc recyclé.
Créée en 1991, elle traite 130.000 tonnes de matière par an, issues en
majorité des aciéries électriques et
contenant de 15 à 20 % de zinc.
Au terme d’un procédé industriel lourd qui passe par un four
Wa e l z o ù l a m a t i è r e a t t e i n t
1.300 degrés, Recytech produit un
concentré, l’oxyde Waelz, qui contient 60 % de zinc. Celui-ci est
ensuite réutilisé par les fabricants
qui peuvent introduire jusqu’à
30 % de ce minerai secondaire
dans les lingots de zinc. Recytech,
qui sort 48.000 tonnes de produits
finis, tire avantage aujourd’hui de
cours mondiaux élevés.
Ecosystème stratégique
« On profite des années de vaches
grasses pour faire les investissements
nécessaires et pour notre recherche et
développement, afin de pouvoir faire
le dos rond en période critique »,
explique le directeur général, Frédéric Heymans. Le cycle de fabrication produit des composés organiques volatils dangereux pour l’effet
de serre. Le nouveau système RTO
(oxydateur thermique régénératif)
mis en place permet de brûler ces
gaz à 900°C,, l’énergie produite par
cette combustion étant autosuffisante. Mieux, à terme elle doit fournir de l’énergie pour le processus
industriel. Pour optimiser son
modèle d’économie circulaire,
Recytech réfléchit à la valorisation
des 75.000 tonnes annuelles de scories aujourd’hui évacuées sous
forme de remblais techniques. Or,
ce laitier contient encore 40 % de fer
et pourrait aussi être utilisé dans la
fabrication du ciment. L’entreprise
a engagé une réflexion en ce sens
avec le pôle de compétitivité sur
l’économie circulaire Team2, dont
elle est membre.
Recytech, qui emploie 48 salariés
pour un chiffre d’affaires de 52 millions d’euros en 2017, s’affiche
comme un maillon majeur d’un
écosystème stratégique en France,
alors que la Chine absorbe à elle
seule 60 % du zinc mondial. n
EFA embarque sur les véhicules autonomes
LA PME À SUIVRE
CENTREVAL DE LOIRE
Effectif : 100 salariés
Chiffre d’affaires : 18 millions
Activité : électronique
Stéphane Frachet
— Correspondant à Tours
Un tunnelier contrôlé vocalement
et à distance par son conducteur ou
un train de travaux sur une voie ferrée en réparation, un chariot à
bagages autonome sous la soute
des avions : ce sont quelques-uns
des chantiers de l’électronicien
EFA, PME franco-allemande de
95 salariés, dont la branche française est installée à Fondettes, près
de Tours (Indre-et-Loire).
Au printemps dernier, son dirigeant, Benoit Beaumont,a présenté
un boîtier doté d’un outil de reconnaissance de la voix pour des engins
de travaux publics, baptisé « Evas »
(« embedded voice assistant system », système embarqué à commande vocale). Alors directeur
d’une filiale commerciale de produits électroniques outre-Rhin,
Benoit Beaumont s’est lié d’amitié
avec un homologue, Maximilian
von Puttkamer. Au début des années
2000, les deux trentenaires veulent
se lancer dans l’entrepreneuriat et
choisissent de croiser leurs participations. Le Français prend 40 %
d’EFA Allemagne et réciproque-
ment. Ils étaient deux. Ils seront
bientôt plus de 100 et l’ensemble réalise 18 millions d’euros de chiffre
d’affaires, dont 10 en France. Les prévisions laissent présager d’une croissance supérieure à 20 % en 2018.
Tous types de véhicules
D’abord négociant en composants
électriques et électroniques, EFA
est devenu concepteur, puis assembleur spécialisé dans l’électronique
pour les engins mobiles : systèmes
de détection, chaîne de traction
automatisée, boîtiers de commandes, systèmes d’alarme… Les trois
activités, négoce, conception, et
industrie, s’équilibrent en trois tiers
équivalents. « Nous touchons à tous
les véhicules terrestres ou maritimes,
qui travaillent dans des conditions
parfois dégradées », explique Benoit
Beaumont.
C’est le segment du véhicule autonome dans le secteur industriel qui
tracte EFA. Les trains d’entretien et
de travaux ferroviaires de Socofer,
les machines d’Haulotte, les chariots élévateurs de Manitou, la
demande explose. « Pour l’instant,
nous ne touchons pas à l’aéronautique, seulement aux matériels de servitude aéroportuaire. Mais les constructeurs y pensent aussi »,
s’enthousiasme Benoit Beaumont.
L’automobile ? « On a des touches »,
poursuit le dirigeant, qui équipe la
chaîne de traction des Mehari électriques, mais qui sait aussi que
d’autres géants comme Bosch,
Valeo ou les Gafa sont déjà très avancés sur ce marché grand public. n
Meteéo France
Un parc à surf en projet
dans les Landes
LE PROJET
EXAEDRE
Période : 2016-2019
Responsable : Eric Defer
Budget : 4,5 millions d’euros
Equipe : 30 chercheurs
Secteur : météorologie
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
C’est une campagne de mesures
inédite en Europe : des scientifiques du CNRS et de Météo
France étudient la formation
des éclairs à bord d’un avion
Falcon 20 volant dans les nuages d’orage au-dessus de la
Corse pendant 24 heures, sur la
période du 13 septembre au
12 octobre. Elle fait partie du
projet Exaedre (Exploitation de
nouvelles observations en électricité atmosphérique pour la
recherche et l’environnement),
lancé en 2016 pour une durée de
trois ans. Doté d’un budget de
4,5 millions d’euros, il est
financé par l’ANR (2,5 millions),
le CNES et le programme
d’étude du cycle hydrologique
sur l’arc méditerranéen.
Ce premier projet européen
sur l’étude des éclairs vise à connaître les processus microphysiques, dynamiques et électriques des cumulonimbus qui
conduisent à leur propagation.
Alors que le réchauffement climatique provoque des orages
plus violents, ces connaissances
permettront de mieux suivre
ces épisodes, en temps réel, et
d’améliorer les prévisions
météorologiques en intégrant
ce paramètre dans les modèles
numériques de Météo France.
Comprendre leur
déclenchement
« L’éclair est un phénomène mal
compris, explique Eric Defer,
chercheur au Laboratoire
d’aérologie de Toulouse et responsable de ce projet. Nous voulons connaître l’origine de son
déclenchement et comment le
champ électrique est constitué
dans un nuage. » Dans un cumulonimbus, les charges négatives
s’accumulent en bas et les positives en haut. Il y a un échange
de charges entre les cristaux de
glace au sommet et les gouttes
d’eau au-dessous, et seulement
10 % des éclairs se propagent
vers le sol. Les scientifiques étudient l’évolution de l’éclair dans
le nuage, selon l’altitude, et la
convection atmosphérique,
c’est-à-dire les flux d’air chaud et
froid verticaux. Ils cherchent à
savoir si l’on peut relier le
rythme des éclairs – jusqu’à 30
par minute ! – avec le niveau des
précipitations et s’il y a une corrélation entre les éclairs et la
grêle. « Aujourd’hui, nous ne
pouvons prévoir un orage de
grêle que 15 minutes avant et c’est
trop tard pour prévenir », souligne Eric Defer.
La campagne de mesures
réunit cinq équipes universitaires, issues notamment du
Laboratoire d’aérologie du
CNRS à Toulouse, du Centre
national de recherche météorologique, du Laboratoire atmosphères, milieux, observations
spatiales (Latmos) du CNRS à
Paris et du Laboratoire de
m é t é o r o l o g i e p hys i q u e à
Clermont-Ferrand. Elle implique aussi le CEA, l’Onera et
l’IRSN ainsi que les entreprises
Météorage, Ciel Ingénierie et
Innovative Solutions for Instrumentation and Science.
C’est le Service des avions
français instrumentés pour la
recherche en environnement
(Safire) qui réalise les mesures.
Avec quatre opérateurs et un
scientifique à bord, le Falcon 20
embarque une quinzaine d’instruments, dont le gros radar de
nuage Rasta qui caractérise le
contenu de glace, le vent et la
réflectivité. Sous ses ailes, quatre sondes de microphysique
produisent des images des gouttes d’eau et des cristaux de glace.
Huit moulins à champ restituent les composantes, verticale
et horizontale, du champ électrique et des détecteurs de
l’IRSN comptent les particules à
haute énergie.
Ces mesures sont complétées
par les observations au sol du
réseau Saetta en Corse, dont les
12 stations localisent les éclairs
en 3D en détectant le rayonnement. Cela permet d’identifier
les orages pour guider l’avion.
Les chercheurs ont aussi installé des appareils sur le site de
San-Giuliano : des microphones du CEA étudient le tonnerre,
un interféromètre de l’Onera
localise les éclairs, le microlidar
du Latmos caractérise les aérosols… Ces observations seront
complétées par deux missions
spatiales dédiées aux éclairs : la
plate-forme Taranis du CNES en
2019 et le satellite Météosat troisième génération (MTG) équipé
d’un détecteur optique en
2021. n
Des scientifiques du CNRS et de Météo France étudient la
formation des éclairs à bord d’un avion Falcon 20 volant
dans les nuages d’orage. Photo Météo France
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ENTREPRENEUR // 29
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
Prix de l’Entrepreneur de l’année
2018
Des dirigeants au parcours exemplaire sont, cette année encore, mis à l’honneur par le prix de l’Entrepreneur
de l’année organisé par EY, en partenariat avec HSBC, Verlingue, Steelcase et bpifrance. « Les Echos » vous font
découvrir, région par région, ces champions de la croissance durable et les clefs de leur succès.
OUEST //
Yves Guillemot (Ubisoft), sur
le podium du jeu vidéo mondial
Ubisoft figure dans le Top 3
mondial du jeu vidéo.
L’entreprise créée en 1986
compte aujourd’hui 14.000
collaborateurs répartis
entre une trentaine
de studios de création.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Q
uel chemin parcouru par
les cinq frères Guillemot
depuis la création d’Ubisoft
en 1986 ! A l’origine, il s’agissait de
diversifier les activités de négoce
agricole de leurs parents dans la
petite commune bretonne de
Carentoir dans le Morbihan. Le spécialiste des jeux vidéo emploie
désormais plus de 14.000 collaborateurs et se situe dans le trio de tête
mondial des éditeurs. « Nous avons
d’abord démarré par la vente de jeux
qu’on importait d’Angleterre »,
explique Yves Guillemot, le PDG et
cofondateur d’Ubisoft, aujourd’hui
âgé de cinquante-huit ans.
Puis l’idée est rapidement venue
à la fratrie de créer leurs propres
produits pour consoles, puis PC,
tablettes et désormais dématérialisés sur Internet. « Notre force, indique encore Yves Guillemot, formé à
l’Institut des petites et moyennes
entreprises de San Francisco, est de
savoir prendre des risques afin de
nous adapter aux technologies de
rupture. » Désormais, les deux tiers
des 2 milliards d’euros de chiffre
d’affaires d’Ubisoft seront générés
Yves Guillemot, président et cofondateur, reçoit le prix de l’Entrepreneur de l’année pour la région Ouest. Photo Christophe Archambault/AFP
par les ventes de jeux sur le Web,
notamment grâce aux différentes
plates-formes du groupe. C’était loin
d’être le cas il y a encore cinq ans.
Sur le long terme
Le président partage son temps
entre Montreuil (Seine-Saint-Denis),
siège d’Ubisoft en France, Rennes,
où le groupe concentre ses activités
de back-office, comme la comptabilité, et la trentaine de studios de création de jeux dans le monde : en
France (Montpellier, Bordeaux,
Annecy…), au Canada (Montréal, le
plus grand du groupe, Toronto Halifax…), à Singapour, en Chine…
Engagé sur un créneau porteur à
forte croissance, Ubisoft a suscité
l’appétit de Vincent Bolloré. Cet
autre entrepreneur breton a, un
moment, eu des velléités de prendre, par l’intermédiaire de sa filiale
Vivendi, le contrôle d’Ubisoft, et ce
malgré l’opposition farouche des
Guillemot. Vivendi a commencé sa
croisade par Gameloft, un autre
éditeur de jeux créé par les cinq frères en 1999 et spécialisé dans les
jeux sur mobile. Après une OPA
hostile, Vivendi a finalement acquis
finalement 100 % du capital de
Gameloft en 2016.
Dans le cas d’Ubisoft, la bataille a
tourné à l’avantage des Guillemot.
Fin 2017, Vivendi a jeté l’éponge. Le
groupe a donc vocation à rester
dans le giron familial, qui détient un
peu plus de 15 % du capital. « La
famille voit sur le long terme, mes frères participent à la stratégie, nous
disposons de beaucoup d’opportuni-
GRAND SUD //
Vincent Gardeau (Celad),
l’informatique en mouvement
La SSII toulousaine Celad
s’est diversifiée dans
l’informatique industrielle
et connaît une croissance
régulière à deux chiffres.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
C
réé en 1990 par la Banque
Populaire Toulouse Pyrénées (devenue BP Occitane)
pour gérer l’informatique interne,
Celad a été cédé à Vincent Gardeau
en 2002 pour éviter le délit de marchandage de personnel. Cet ancien
chef de projet informatique de la
banque a aussitôt diversifié son
activité à l’informatique industrielle en plus des systèmes d’information. « Il ne fallait pas rester
mono-client pour rendre l’entreprise
pérenne », raconte le dirigeant.
L’ancien nageur de haut niveau,
actuel président du club de natation
toulousain Les Dauphins du TOEC,
START-UP
La jeune entreprise
toulousaine a déjà vendu
80 navettes sans conducteur et se tourne vers
les véhicules industriels.
Gilbert Gagnaire reçoit le Prix
de l’Entrepreneur 2018 pour la
catégorie start-up. Photo DR
Quatre ans seulement après sa création à Toulouse, EasyMile a déjà
vendu 80 navettes autonomes dans
20 pays. Ses véhicules électriques
sans conducteur transportent
15 personnes à 20 km/h. Ils sont
équipés d’une quinzaine de capteurs : caméras, radars, lidars,
GPS… EasyMile conçoit les logiciels,
achète les capteurs et fait fabriquer
les navettes par Ligier. Les expérimentations de ces navettes autonomes se sont multipliées. La RATP les
teste entre le métro Château de Vincennes et le Parc floral, la Deutsche
Bahn entre la station thermale de
a imprimé la culture de la performance à son entreprise. Le succès a
dépassé ses espérances. En
quinze ans, la PME de 35 personnes
est devenue une ETI de 1.130 salariés, dont la moitié est postée chez
les clients. En croissance régulière
de 10 à 15 % par an « sans recours au
crédit », Celad a réalisé un chiffre
d’affaires de plus de 85 millions
d’euros en 2017 (+12 %), avec un
résultat net de 6,2 millions. Vincent
Gardeau a ouvert dix agences dans
tés de croissance », indique encore
Yves Guillemot. Le dirigeant
annonce la création de « 1.000
emplois supplémentaires dans les
cinq prochaines années. Notre métier
s’assimile aux Jeux Olympiques, il
faut que nous soyons en permanence
sur le podium. »
Pour cela, l’entreprise multiplie
les créations. Dernière en date :
Assassin' Creed Odyssey. Les équipes d’Ubisoft ont modélisé les
principaux lieux de la Grèce antique. 1.000 collaborateurs ont travaillé sur ce scénario pendant
deux ans, huit des studios du
groupe ont participé au développement du jeu, dont la sortie est
prévue le 5 octobre 2018. n
`
SUR
LE WEB
•
Les autres lauréats de la
région Ouest sur entrepreneurs.lesechos.fr
Compagnie biodiversité/
Léa Nature Prix de la Vision
stratégique ; Groupe Rapido Prix de l’Entreprise familiale ; Fondation AmipiBernard Vendrela Prix
de l’Engament sociétal ;
10-Vins Prix de la Stratégie
disruptive ; Imeon Energy
Prix du Born Global.
toute la France, dont les deux dernières à Strasbourg et ClermontFerrand en 2017. Il a aussi opéré par
croissance externe en rachetant
deux entreprises parisiennes,
Quartz Ingénierie (40 personnes)
en 2012 et Profil Hom (60 personnes) en 2015, pour permettre à son
agence de Paris d’atteindre une
taille critique de 300 collaborateurs. L’an dernier, il a enfin
implanté sa société pour la première fois à l’étranger en ouvrant
une filiale américaine à Palo Alto
qui emploie 12 personnes. « Certains clients comme Intel nous ont
demandé de les suivre aux EtatsUnis », explique Vincent Gardeau.
L’activité de la SSII est répartie à
parts égales entre l’informatique
industrielle et les systèmes d’information. Dans l’industrie, elle tra-
EasyMile fait avancer
des véhicules autonomes
Bad Birnbach et la gare, située à
2 kilomètres. D’autres tests ont lieu à
Toulouse, Singapour, Dubaï, etc.
Mais un chauffeur de sécurité est
encore présent à bor car « il faut
prouver qu’une navette autonome
fera aussi bien que la conduite
d’autobus avec conducteur, qui ne
génère qu’un mort pour 25 millions
d’heures d’opération, explique Gilbert Gagnaire, président d’EasyMile. Le challenge est très élevé, ainsi
que le coût de la R&D. Donc, c’est plutôt dans un environnement contraint
qu’on peut commencer des solutions
commerciales. »
Aujourd’hui, la start-up se tourne
vers les véhicules industriels. Pour
le constructeur de véhicules d’aéroport TLD Group elle conçoit un
tracteur à bagages autonome, qui
sera commercialisé en 2019 auprès
des aéroports et des sites industriels. Elle étudie également un
tramway autonome avec Alstom,
un autobus avec Iveco…
Pour développer la technologie,
EasyMile a levé 34 millions d’euros :
Alstom et Continental Automotive
ont apporté 13,5 millions chacun en
2017 et bpifrance 6,5 millions cet
été. La start-up a doublé ses effectifs
en deux ans et emploie 150 salariés,
dont 120 à Toulouse et les autres à
Singapour, Berlin, Denver et Melbourne. EasyMile a réalisé un chiffre d’affaires de 7,2 millions d’euros
en 2017 et prévoit 18 millions en
2018 en livrant 50 navettes dans
l’année. — L. M.
START-UP
Hemarina,
des substituts
sanguins venus
de la mer
Hemarina produit une
molécule d’hémogobine
purifiée issue du ver marin
nommé arénicole, qui
améliore la conservation
des greffons.
Pas moins de 60 brevets protègent
l’innovation d’Hemarina : un substitut sanguin obtenu à partir d’une
molécule d’hémoglobine purifiée
issue d’un ver marin nommé arénicole. Créateur d’Hemarina à Morlaix (Finistère) près du centre de
recherche CNRS de Roscoff dont
il est issu, Franck Zal, âgé de cinquante-deux ans, est un entrepreneur persévérant. Soucieux de
« sauver des vies », il aura mis quasiment une décennie complète pour
parvenir à créer HEMO2life, son
substitut sanguin de stockage de
l’oxygène qui permet de beaucoup
mieux conserver les greffons. Ce
produit innovant, de portée mondiale, est issu des travaux réalisés
par Franck Zal dans le cadre de sa
thèse sur la respiration des vers
marins sous le sable entre deux
marées.
Un élevage de vers marins
sur l’île de Noirmoutier
Avant l’été 2018, 60 patients, répartis entre 6 centres français de transplantation, ont bénéficié de gref-
Franck Zal, le fondateur, a
obtenu le prix de la start-up
de l’année pour la region ouest.
Photo DR
fons rénaux conservés dans une
solution additionnée de HEMO2life.
Le résultat a été probant puisqu’il
n’y a eu « aucune perte de greffon et
pas de décès à 3 mois », indique
Franck Zal. Le marquage CE indispensable à la commercialisation du
nouveau substitut sanguin est en
cours d’obtention. Les premières
ventes sont attendues en 2019.
Franck Zal, qui a déjà levé 22 millions d’euros auprès de fonds
d’investissement, veut parfaitement contrôler sa matière première. Il a donc ouvert un élevage
de vers marins sur la presqu’île de
Noirmoutier. D’une capacité de 30
tonnes annuelles, cet outil industriel permettra à Hemarina d’étendre les applications de la molécule
d’hémoglobine purifiée. Des tests
sont en cours à Toronto au Canada
pour les transplantations de poumons.— S. du G.
Vincent Gardeau, président de Celad, a obtenu le Prix de l’Entrepreneur de l’année pour le Grand Sud. Photo DR
vaille à 45 % dans l’automobile pour
le développement des véhicules
autonomes et électriques, puis dans
les télécoms (objets connectés), le
ferroviaire, l’aérospatial (traitement d’images), etc. Dans les systèmes d’information, elle réalise 80 %
de son activité dans la banque et
l’assurance pour digitaliser les
offres de crédits et de gestion des
sinistres. Au fil des ans, Celad s’est
co nst i t u é un p ort efeu i l l e de
300 clients : des PME et des grands
groupes comme Renault, Intel, Airbus, Continental, Valeo, Banque
Populaire, Caisse d’Epargne, etc.
Pénurie d’informaticiens
L’entreprise a même obtenu les
deux agréments crédit d’impôt
recherche et crédit d’impôt innovation, et s’en sert d’atout commercial.
« Au lieu de prendre le crédit d’impôt
comme beaucoup de SSII, nous en
faisons bénéficier nos clients, ce qui
revient à baisser le coût de nos prestations de 30 % », explique Vincent
Gardeau. Cette année, Celad tentera
d’embaucher 200 personnes au
total malgré les difficultés de recrutement sur un marché en croissance. « Nos clients nous demandent
plus d’activité, mais nous sommes
victimes de la pénurie d’informaticiens », déplore Vincent Gardeau,
qui a limité le turnover du personnel à 8 % par an en instaurant une
politique sociale avantageuse. n
`
•
SUR
LE WEB
Les autres lauréats
de la région Grand Sud sur
entrepreneurs.lesechos.fr
Lim Group Prix de la Vision
stratégique ; Cuirs du futur
Prix de l’Entreprise familiale ; Comerso Prix de l’Engagement sociétal ; Poietis
Prix de la Stratégie disruptive ; Olikrom Prix du Born
Global.
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30 //
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
NERVOSITÉ SUR LES TAUX
ITALIENS
Les incertitudes sur la présentation de budget italien ont fait
vaciller les taux. L’éventualité
d’un report de la publication du
projet budgétaire sur fonds de
mésentente entre les deux partis
de la coalition populiste a
inquiété les investisseurs. Le
rendement italien à 10 ans a
presque touché 3 % dans la matinée, avant de clôturer à 2,88 %,
une fois la rumeur démentie.
les
indices
SCOR : le patron de Covéa se retire
du conseil sans apaiser les tensions
Frais
bancaires :
BPCE pointé
du doigt
BANQUE
l Covéa a annoncé jeudi la décision
de son PDG de se retirer
temporairement du conseil
d’administration de SCOR.
l Le réassureur réclame toujours
sa démission.
ASSURANCE
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Le conflit monte encore d’un cran
entre SCOR et Covéa. Malgré une
tentative d’apaisement de Thierry
Derez, le patron de Covéa, qui a
annoncé jeudi la décision de se retirer « temporairement » du conseil
d’administration du réassureur,
SCOR a demandé dans la soirée son
départ pur et simple évoquant une
« situation de conflit d’intérêts général avéré ». Il s’agit d’une nouvelle
étape dans la guerre larvée entre
l’assureur mutualiste et le réassureur, dont il veut prendre le contrôle. Un mois après avoir essuyé un
refus cinglant de SCOR, Covéa, qui
détient plus de 8 % de son capital,
réaffirme vouloir constituer « un
grand groupe d’assurances français
d’envergure internationale ».
Dans un communiqué publié
jeudi soir, SCOR a fait savoir que
son conseil d’administration
n’avait pas changé de position, resserrant les rangs derrière le PDG,
Denis Kessler. Réuni le 21 septembre, celui-ci a confirmé « à tous
égards sa décision du 30 août 2018 de
refuser résolument d’engager des
discussions avec Covéa ».
Modalités « hostiles »
« Le mode opératoire et les modalités
selon lesquels M. Thierry Derez et
Covéa ont préparé, soumis et rendu
public la proposition de rapprochement du 24 août dernier ainsi que
leurs marques d’intérêt renouvelées
ne peuvent qu’être considérés comme
hostiles, inamicaux, et perturbent
fortement le fonctionnement de la
société », a déclaré le conseil d’administration à l’unanimité.
Jeudi matin, Covéa avait pourtant
tenté de calmer le jeu. « Dans un
souci de sérénité et d’apaisement,
Thierry Derez a décidé de se mettre en
retrait temporaire du conseil d’admi-
Bruno Le Maire
saisit le gendarme
bancaire suite
à des révélations
sur des frais d’incidents contestables.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
nistration de SCOR, jusqu’à l’assemblée générale annuelle appelée à se
réunir en 2019 », a déclaré la maison
mère des marques GMF, MAAF et
MMA. Covéa ne s’était pas exprimé
publiquement sur le dossier depuis
qu’il avait révélé, il y a trois semaines, la proposition de rapprochement faite au réassureur fin août et
que celui avait catégoriquement
rejetée. Le groupe mutualiste avait
alors retiré son offre valorisant
SCOR quelque 8 milliards d’euros,
mais n’a rien perdu de son intérêt
pour une opération « amicale ».
Pour SCOR, toutefois, « la notion
de retrait temporaire d’un administrateur n’est visée ni par la loi ni par
les statuts ou le règlement intérieur du
conseil d’administration de SCOR ».
« M. Thierry Derez reste donc tenu de
démissionner du conseil d’administration », assène le groupe.
« Une large autonomie
managériale »
Dans son communiqué, Covéa
« regrette l’absence de toute discussion avec SCOR et les attaques dont il
est l’objet ». L’assureur mutualiste
n’a pas manqué de rappelé son
engagement à soutenir « une large
autonomie managériale » chez le
réassureur en cas de rapprochement. Sur le fond, SCOR « constate
qu’à ce jour l’offre financière de
Covéa n’a pas eu l’écho espéré ».
Alors que le prix proposé par l’assureur était à 43 euros par action, le
cours de Bourse de SCOR ne s’est
pas aligné sur ce niveau-là depuis
que Covéa a révélé sa tentative
infructueuse. Jeudi, à la clôture, le
titre valait 40,40 euros.
Covéa affirme, lui, vouloir respecter « pleinement » son engagement annoncé le 8 avril 2016 de ne
pas détenir, directement ou indirectement, plus de 10 % du capital pour
une durée de trois ans. Au-delà,
l’assureur sera donc délié de tout
engagement et pourra donc revenir
à la charge. Les six mois qui viennent pourraient être agités. n
SCOR a demandé, dans la soirée de jeudi, le départ pur et simple
de Thierry Derez, le patron de Covéa.
Photo C. Lebedinsky/« Challenges »-RÉA
L’assureur mutualiste réduit
la voilure au Royaume-Uni
Covéa va céder sa filiale
Swinton au courtier
britannique The Ardonagh
Group pour 165 millions
de livres.
La coïncidence est saisissante. Alors
qu’il rêve de construire un groupe
d’assurance d’envergure mondiale
en mettant la main sur le réassureur
SCOR, Covéa réajuste à la baisse son
dispositif au Royaume-Uni. L’assureur français a annoncé jeudi la ces-
la cote hebdomadaire des opcvm
Nom du fonds
VL au
30/12/2017
Dernière VL
Date VL
Performance
Depuis le
30/12/2017
Performance
1 an
Performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé)
contact@federal-finance.fr
www.federal-finance.fr
Federal Indiciel US (FR0000988057)
Federal Indiciel Japon (FR0000987968)
Federal APAL (FR0000987950)
Federal Croissance P (FR0000987703)
Bruno Le Maire a saisi le gendarme bancaire (ACPR) suite à
des révélations de pratiques
commerciales contestables des
Caisses d’Epargne et des Banques Populaires. « Toute pratique illégale doit être sanctionnée
si elle est avérée, a déclaré jeudi
soir le ministre des Finances. Je
suis déterminé à obtenir des banques une meilleure maîtrise des
frais bancaires. »
Dans la journée, l’Unaf et
60 millions de consommateurs
avaient alerté sur d’importantes
irrégularités dans la facturation
des commissions d’interventions, les frais prélevés en cas de
dépassements de découvert
autorisé. Selon ces associations,
les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires ont mis en place
fin 2017 un outil qui entraînerait
des facturations « sans objet ».
Ces établissements factureraient une commission pour
chaque opération passée sur le
compte au cours d’une journée à
l’issue de laquelle le compte est
débiteur, et pas uniquement les
opérations opérées à découvert.
275,59
208,68
363,61
66,46
308,86
224,91
344,29
66,15
25/09/2018
26/09/2018
25/09/2018
25/09/2018
12,07
7,78
-5,31
-0,47
19,05
19,34
-1,19
-1,05
48,63
38,97
30,95
3,60
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les
prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
sion de Swinton Group, son activité
de courtage en assurances-dommages pour les particuliers au Royaume-Uni. Le montant de la transaction – communiqué par l’acquéreur,
le groupe de courtage britannique
The Ardonagh Group – s’élève à
165 millions de livres (environ
185 millions d’euros). Ce mouvement, justifie le groupe mutualiste
dans un communiqué, « permettra
à Covéa de se concentrer sur son activité de souscription au Royaume-Uni,
et d’aligner ainsi sa stratégie au
Royaume-Uni sur celle du groupe en
France et à l’étranger ».
Acquis par sa filiale
anglaise en 2001,
Swinton était en perte
de vitesse ces
dernières années.
Acquis par sa filiale anglaise en
2001, Swinton était en perte de
vitesse ces dernières années. En
2017, ce courtier, qui distribue
essentiellement des contrats auto et
habitation et professionnels, avait
vu son chiffre d’affaires diminuer
de 30 %, à 129 millions d’euros. Face
à des consommateurs britanniques
qui achètent de plus en plus leur
assurance sur Internet, Swinton
(1 million de clients en portefeuille à
fin décembre) a fait évoluer son
modèle pour le tourner d’abord
vers la vente à distance.
Cette réorientation s’est traduite
par la fermeture de plusieurs dizaines de points de vente, avec un
réseau de boutiques qui s’est réduit
à peau de chagrin au fil des années.
Swinton a aussi investi 45 millions
de livres dans sa digitalisation et sa
transformation au cours des deux
dernières années, indique The
Ardonagh Group.
Un marché toujours
stratégique
« Le Royaume-Uni demeure un marché stratégique pour Covéa, qui y conserve sa filiale d’assurance Covea
Insurance », déclare dans un communiqué Pierre Michel, directeur
général réassurance et international chez Covéa. L’an dernier, ses primes acquises y ont atteint 782 millions d’euros. Encore très francofrançais, le groupe rassemblant les
enseignes GMF, MAAF et MMA a
vu ses activités d’assurances à
l’international représenter à peine
plus de 10 % de son chiffre d’affaires
total en 2017, soit 1,74 milliard
d’euros (–13,4 % d’une année sur
l’autre). Celles-ci ont contribué à
hauteur de 23 millions d’euros au
résultat net part du groupe, contre
55 millions en 2016.— L. T.
« Une facturation
sans objet »
« Si le compte est dans le rouge en
fin de journée, toutes les opérations débitrices réalisées dans la
journée donnent lieu à une commission d’intervention, quand
bien même une seule opération
met le compte dans le rouge. Le
code monétaire et financier stipule qu’une telle commission
n’est prélevée qu’en cas d’irrégularité du compte. Il y a donc une
facturation sans objet et c’est illégal ! » affirme Fabien Tocqué,
coordinateur à l’Unaf.
BPCE estime de son côté que
« ce système est légal et porté à la
connaissance du client ».
« L’ancien système de commissionnement était désavantageux
pour le client qui se voyait facturer des frais en fonction du solde
de son compte de façon instantanée. Désormais les irrégularités
du compte sont observées en fin
de journée, ce qui permet à chaque client d’éventuellement régulariser sa situation », fait encore
valoir le groupe. Pour le client, ce
nouveau système de facturation
présente en effet un avantage :
s’il s’assure de repasser dans le
vert avant la fin de la journée, il
ne verra alors pas facturé
de commission d’intervention
liée à une opération débitrice
réalisée le matin par exemple.
Aux yeux des associations, ce
système n’est toutefois pas de
nature à alléger le poids des
frais d’incidents pour les clients
en difficultés, qui atteignent en
moyenne 296 euros par
an selon une enquête de 60 millions de consommateurs. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
Les vendeurs à découvert,
nouveaux lanceurs d’alerte
ACTIVISME
BANQUE
D’AFFAIRES
Ils parient sur la chute
d’une action en
dénonçant les dérives
et la mauvaise gestion
du management
des groupes cotés.
La banque d’affaires
italienne parachève
l’évolution de sa
gouvernance.
Et se recentre sur
la gestion de patrimoine et la croissance à l’étranger.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Près de 200 campagnes
en 2017
Selon Activist Insight, cette tendance s’est nettement accentuée
depuis avec 186 campagnes, dont
138 aux Etats-unis, l’année passée et
menées par une cinquantaine
de vendeurs à découvert activistes
(Kerrisdale, Gotham City, Pump
Stopper, Glaucus, Emerson analytics, Citron Research, Muddy
Waters…). En 2017, ils ont encore
ciblé les entreprises américaines de
petite taille (entre 250 millions et
2 milliards de dollars de capitalisation), dans 40 % des cas. C’est leur
cœur de cible. S’attaquer aux grands
groupes est un pari audacieux, long,
et risqué que seuls des gérants établis comme Bill Ackman ou David
Einhorn peuvent se permettre.
Plus la cible est petite, plus l’activiste vendeur à découvert se fait
entendre du marché et gagne de
l’argent. Son rendement annuel est
de près de 34,4 % quand il s’attaque à
une petite valeur de moins de
250 millions de dollars de capitalisation et 58 % pour une très petite
action (moins de 50 millions), selon
Activist Insight. A partir de 2 mil-
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
liards de dollars de capitalisation, il
ne gagne de l’argent qu’à très court
terme et en perd sur l’année. Deux
secteurs, la santé et la technologie,
ont concentré près de la moitié de
leurs cibles, et à parts égales, en 2017.
Depuis 2013, les activistes lanceurs d’alerte ont gagné le plus
d’argent, 41 % par an en moyenne,
quand ils ont dénoncé des sociétés
cotées qui manipulaient leurs cours
en recrutant de manière non transparente des agences de communication chargées de faire la promotion de leur titre en divulguant des
fake news favorables. La dénonciation de fraudes leur rapporte 23 %
par an. Les marchés sont encore
plus sensibles aux attaques sur le
cœur de l’activité d’une société,
comme de vendre des produits inef-
ficaces (rendement 32,5 %). Une critique souvent adressée aux entreprises du secteur de la santé.
Cette vente à découvert agressive
qui fait baisser leurs cours est souvent perçue comme du chantage par
les sociétés, notamment quand
l’activiste avance masqué et fait du
battage médiatique sur les réseaux
sociaux. Cette discrétion paie, puisqu’un vendeur à découvert anonyme
gagne 13 % par an, contre 3 % pour
un fonds qui expose publiquement
ses griefs. Les vendeurs à découvert
ne révèlent pas toujours des catastrophes comme des fraudes (13 %
des cas sur longue période). Ils estiment dans 40 % des campagnes que
l’action est surévaluée (1). De quoi
leur ménager une certaine flexibilité. Autres critiques adressées aux
Gérants communicants
Dans un peu plus d’un cas sur deux, les hedge funds ont dévoilé
leurs positions vendeuses à découvert à la télévision ou dans
les journaux. 18 % des campagnes activistes ont été révélées à
l’occasion de conférences, un mode de diffusion qui a augmenté
ces dernières années lors de rendez-vous comme Sohn, Robin
Hood, Salt, où les gérants présentent leurs nouveaux investissements, des achats le plus souvent mais aussi des positions
vendeuses à découvert. 12 % de ces dernières sont révélées au
travers des lettres régulières que les fonds adressent à leurs
clients. Pour avoir le plus d’impact sur les marchés, certains,
comme Muddy Waters, ont recours à Twitter.
Le gendarme de Wall Street fait
le ménage sur le marché des ADR
BOURSE
Les premières
sanctions tombent
aux Etats-Unis
dans une affaire
portant
sur des émissions
d’ADR fantômes.
Guillaume Benoit
@gb_eco
En début de semaine, la Securities
and Exchange Commission (SEC) a
annoncé avoir réglé un litige portant sur des « ADR » avec la Société
Générale. La transaction s’est élevée à 800.000 dollars. Au cœur de
ce dossier, certaines pratiques du
courtier Newedge, entré dans le
giron de SG Americas Securities.
La Société Générale est loin d’être
le seul établissement concerné. Le
courtier ITG a dû payer 24 millions
de dollars à la SEC en janvier 2017 et
Deutsche Bank 75 millions en juillet
dernier. JP Morgan a reconnu être
sous le coup d’une enquête. BNY
Mellon et Citigroup seraient aussi
dans le viseur, d’après le « Wall
Street Journal ».
Les « american depositor y
receipts » (ADR) sont des certificats
de dépôt permettant aux investis-
seurs américains de détenir des
actions de sociétés étrangères libellées en dollars. Ces titres sont régis
par le droit américain et sont échangés à Wall Street. Ainsi des gérants
qui ne peuvent pas – ou ne souhaitent pas – investir en dehors de leurs
frontières ou dans une autre devise
ont accès à un plus vaste horizon de
valeurs à acheter. C’est par ce biais,
par exemple, que les entreprises du
CAC 40 se font également coter sur
la Bourse de New York.
Un mécanisme
assez simple dévoyé
Le mécanisme est assez simple.
Une banque dépositaire va acheter
un certain nombre d’actions d’une
société étrangère et les conserver.
En échange, elle va émettre des
titres (ADR). L’ADR peut représenter une action, un paquet d’actions,
ou une fraction de cette action. Les
investisseurs qui détiennent les
ADR corresp ondants ont les
mêmes droits que les porteurs de
l’action sous-jacente. Ils touchent
les dividendes qui y sont associés et
peuvent voter. Surtout, ils peuvent à
tout moment demander qu’on leur
échange leur certificat contre
l’action équivalente.
L’émetteur doit par conséquent
être toujours en possession des
titres sous-jacents. Ce qui n’est pas
forcément simple, car le transfert
peut prendre quelques jours. La
réglementation américaine prévoit
donc la possibilité de créer des ADR
« anticipés » avant que le dépositaire ne reçoive vraiment les titres.
Un régime d’exception qui est censé
être très court.
Défaut de contrôle
Sauf que plusieurs courtiers se sont
mis à demander des ADR « anticipés » sans détenir les titres, ou
sans s’assurer que leurs clients
détenaient les titres. C’est principalement ce défaut de contrôle que
la SEC reproche à SG Americas
Services, estimant que certains
membres de son personnel
savaient très bien qu’ils empruntaient ou prêtaient des ADR sans
actions sous-jacentes, et que les
procédures de surveillance interne
étaient insuffisantes.
Cette pratique est dangereuse
car elle crée un marché d’ADR
« fantômes ». Dans le cas de Deutsche Bank, la SEC a même constaté
que ces pseudo-ADR avaient été
utilisés pour procéder à des ventes
à découvert à nu, c’est-à-dire
sans même emprunter les titres
au préalable. Ce qui est strictement
interdit aux Etats-Unis. Le régulateur américain, qui enquête depuis
plusieurs années sur ce scandale,
devrait poursuivre son grand nettoyage. n
sociétés ciblées ? Une structure
financière déficiente comme un
endettement excessif (13 %), un business model mal adapté (15 %), ou des
pertes de parts de marché dans son
secteur (une campagne sur quatre).
Effrayer les actionnaires
Les hedge funds qui rendent publiques leurs positions vendeuses à
découvert doivent effrayer les
investisseurs et actionnaires, alors
que les activistes traditionnels doivent les séduire par leur projet alternatif. Et ils y parviennent ;
après avoir rendu publiques leurs
positions vendeuses à découvert,
l’action chute de 4 % dans les dix
jours autour de leur annonce, et de
12 % dans les trois mois. Les volumes augmentent, tout comme les
positions vendeuses à découvert
sur l’action. La presse commence à
s’en faire l’écho et davantage d’articles à tonalité négative sont publiés
sur le groupe ciblé. Les activistes
qui rendent publics leurs positions
sont plus agressifs et hostiles que
ceux qui restent discrets. Ils exigent
davantage de leurs cibles, comme
qu’elles se fassent racheter ou changent totalement de stratégie. Ils ont
un taux d’échec plus important.
(1 ) « Public short selling by activist hedge
funds » .
Après près de vingt ans, le
groupe Bolloré quitte le pacte
d’actionnaires de Mediobanca.
Dans une lettre adressée à la
banque d’affaires italienne, dont
il conserve 7,9 % du capital, sa
filiale, la Financière du Perguet,
précise que son retrait est dû « à
l’engagement financier croissant
du groupe Bolloré dans Vivendi et
à l’objectif d’utiliser ses actifs avec
davantage de flexibilité ».
Elle exprime, en outre, sa
« satisfaction pour les excellents
résultats » enregistrés par la
banque et « son soutien à
l’actuelle stratégie et au management ». Vincent Bolloré conservera ainsi sa participation au
sein du capital, et sa fille Marie
continuera, a priori, à siéger au
conseil d’administration – son
mandat s’achève en 2020. Ça
n’en reste pas moins la fin d’une
époque pour la banque prestigieuse.
La mue s’accélère
Un an après la sortie de Pirelli
du pacte, la mue de Mediobanca s’accélère en effet. Avec le
retrait de Bolloré, l’accord entre
actionnaires, qui représentait
60 % du capital il y a encore dix
ans, passe sous la barre des
25 %. Comme le prévoit une de
ses clauses, le franchissement
de ce seuil entraîne sa dissolution automatique. Elle interviendra le 1er janvier prochain.
La présence de Bolloré a
longtemps été perçue comme
Vincent Bolloré conservera
sa participation au sein
du capital de Mediobanca.
Photo AFP
un « cheval de Troie » pour
pénétrer en Italie, où le groupe
est également présent à travers
ses participations dans Telecom Italia et Mediaset. Avec
7,9 % du capital, il reste second
actionnaire de Mediobanca
après UniCredit (8,4 %) et loin
devant Mediolanum (3,28 %)
ou encore Edizione, le holding
de la famille Benetton (2,1 %).
Cet épisode intervient alors
qu’Alberto Nagel, administrateur délégué de Mediobanca
depuis 2008, a vendu ses participations dans les plus grands
fleurons économiques transalpins. Son plan stratégique met
l’accent sur ses activités de gestion de fortune et sur son développement à l’étranger, d’où la
banque tire presque la moitié
de ses revenus de banque
d’investissement.
La banque italienne est ainsi
en discussions pour une entrée
au capital de la banque d’affaires Messier Maris. Déjà principale banque d’affaires en Italie,
cela lui permettrait de s’installer dans le paysage français, aux
côtés de Rothschild et Lazard.
La décision de Bolloré est indépendante de ce projet, que
l’homme d’affaires breton verrait toutefois d’un bon œil. n
AVIS FINANCIERS
RÉSULTATS
SEMESTRIELS 2018
CHIFFRE D’AFFAIRES À 559,3 M€
RENTABILITÉ OPÉRATIONNELLE À 10,3 %
Sur le 1 semestre, le Groupe AKWEL réalise un chiffre d’affaires de 559,3 M€ en
croissance de 4,6 % en publié et de 10,7 % à périmètre et taux de change constants.
er
CHIFFRE D’AFFAIRES :
559,3 M€
Dans un contexte de croissance de l’activité et d’expansion de ses capacités
industrielles, le Groupe AKWEL enregistre des résultats semestriels en repli par
rapport à la performance historique de la première moitié de l’exercice 2017.
RÉSULTAT OPÉRATIONNEL
La marge opérationnelle courante demeure à un niveau élevé et représente 10,3 %
du CA. La rentabilité nette s’établit à 8,2 %.
57,5 M€
UNE SITUATION FINANCIÈRE SAINE
La structure financière du Groupe AKWEL est très saine avec un endettement
financier net au 30 juin 2018 de 42,4 M€. Les fonds propres du Groupe s’établissent
à 442,4 M€ à fin juin 2018.
Comme prévu, les investissements non financiers ont sensiblement diminué, à 35,8 M€
contre 46,4 M€ au 1er semestre 2017. Les investissements devraient demeurer encore
significatifs sur la seconde moitié de l’exercice avant une baisse plus marquée attendue
à compter de l’exercice 2019.
OBJECTIFS À MOYEN TERME
Pour l’exercice 2018, dans un marché mondial affichant une croissance à fin juin de
4 % et qui restera globalement bien orienté sur l’année, le chiffre d’affaires d’AKWEL
bénéficiera du démarrage et de la montée en puissance des nouvelles productions.
Compte tenu de la performance sur le 1er semestre et des efforts liés au
développement et à l’industrialisation des nouveaux projets, le Groupe anticipe un
résultat opérationnel 2018 en repli par rapport à 2017.
À l’horizon 2020, AKWEL a pour objectif de réaliser un chiffre d’affaires de l’ordre
de 1,2 milliard d’euros. Le Groupe estime être bien positionné pour saisir les
opportunités qu’apportent les nouvelles formes de mobilité.
Réunion de présentation :
mardi 9 octobre 2018
à 10h00 à Paris
COURANT :
GEARING*
inférieur à 10 %
*endettement net sur
capitaux propres
Retrouvez l’intégralité du communiqué sur
www.akwel-automotive.com
Euronext Paris - Compartiment B
ISIN : FR0000053027 – Reuters :
AKW.PA - Bloomberg : AKW:FP
Prochain communiqué :
chiffre d’affaires du 3ème trimestre 2018,
le 15 novembre 2018 après Bourse
www.ACTUS.fr
Ce sont les lanceurs d’alerte des marchés mais loin d’être désintéressés.
Ils vendent à découvert une action,
qu’ils estiment surévaluée du fait de
la mauvaise gestion de son management ou de ses dérives (fraudes…).
Et leur influence n’a cessé de grandir. 280 campagnes activistes
« short » (menées par des vendeurs
à découvert) ont été menées par 49
hedge funds (David Einhorn, Bill
Ackman…) entre 1996 et 2015. C’est à
partir de la crise financière de 2008
et le plongeon des actions que leur
nombre a fortement augmenté.
Bolloré quitte le
pacte d’actionnaires
de Mediobanca
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
Société Générale
se développe
dans les fintech
Elle bénéficiera
ainsi d’un point
d’observation sur
les services financiers innovants.
clients ou de cartes de paiement. Concrètement, Treezor
propose ses services à des
acteurs qui ont, ou non, une
licence bancaire. Ceux qui n’en
ont pas peuvent ainsi exercer
sous son ombrelle avec une
identité marketing qui leur est
propre. Treezor mobilise par
exemple son infrastructure
pour permettre à la fintech
Lydia de proposer des cartes de
paiement ou pour faire tourner
la plate-forme de comptes bancaires pour les professionnels
de la néobanque Qonto.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
300.000 cartes
de paiement
BANQUE
La banque de la
Défense a acquis
le fournisseur
de services pour
les néobanques,
Treezor.
Société Générale accélère dans
les fintech. Si la banque de la
Défense n’a pas de « banque sur
smartphone » pour concurrencer les champions que sont
Revolut, N26 et autres, elle a
annoncé jeudi l’acquisition de la
plate-forme Treezor, qui fournit
des services en B to B à ceux qui
ambitionnent de créer des banques sur smartphone.
« Le modèle de plate-forme de
Treezor permettra au groupe
d’accompagner le développement des fintech clientes de
Treezor et à nos métiers de
s’ouvrir aux acteurs externes de
l’écosystème fintech pour continuer de satisfaire nos clients en
leur apportant rapidement des
services innovants », a déclaré
Claire Calmejane, directrice de
l’innovation du groupe Société
Générale. Créé en 2015,
Treezor fournit des services
d’ouverture de compte, de paiement, d’identification des
A ce jour, Treezor revendique
3 milliards d’euros de flux financiers et 300.000 cartes de paiement émises. « Cette acquisition
devrait donner à Société Générale
accès à toute une série de projets
qui émergent dans le sillage de la
nouvelle directive européenne sur
les services de paiement (DSP2) »,
analyse un connaisseur du secteur. Cette directive doit ouvrir
aux fintech l’accès aux données
bancaires des clients.
Ce n’est pas le premier investissement du groupe dans les
métiers dits de « bank as a service ». Mi-2016, il est entré au
capital d’une autre société de
services bancaires sur mobile,
TagPay. Concentrée jusqu’à présent sur l’Afrique, cette plateforme de banque en kit cherche
à monter en puissance en
Europe. La fintech devrait
annoncer un premier contrat
avec une banque française (distincte de Société Générale) dans
les prochaines semaines. n
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
RAPPEL - AVIS D’ENQUÊTE PUBLIQUE
RELATIF A LA MODIFICATION DU PLAN LOCAL
D’URBANISME (PLU) DE LA VILLE D’ARGENTEUIL
Par arrêté n° 2018/30 du 31 juillet 2018, le Président de l’Etablissement Public
Territorial (EPT) Boucle Nord de Seine a engagé la procédure de modification du
Plan Local d’Urbanisme de la Ville d’Argenteuil en vue de l’adaptation du rapport de
présentation, du règlement, du zonage et des pièces graphiques.
L’enquête publique aura lieu
du jeudi 27 septembre 2018 au samedi 27 octobre 2018 inclus,
soit durant 31 jours consécutifs.
Monsieur Jean-Paul SOARES, Technicien Principal, a été désigné en qualité de
Commissaire-Enquêteur.
Le Commissaire-Enquêteur se tiendra à la disposition du public, à l’Hôtel de
Ville d’Argenteuil, à la Direction de l’Urbanisme Opérationnel, pour recevoir ses
observations, aux dates suivantes :
- le jeudi
27 septembre 2018 de 14 h 00 à 17 h 00,
- le mardi
9 octobre
2018 de 9 h 00 à 12 h 00,
- le mercredi 17 octobre
2018 de 14 h 00 à 17 h 00,
- le samedi
27 octobre
2018 de 9 h 00 à 12 h 00,
Le dossier de modification du PLU comprenant le projet de modification, l’exposé
de ses motifs et le cas échéant les avis des personnes publiques associées, sera
consultable à la Mairie d’Argenteuil, à la Direction de l’Urbanisme opérationnel (service
Droit des Sols, rez-de-chaussée) aux jours et heures d’ouverture des services (Soit de
8h30 à 12h et de 13h30 à 17h30 du lundi au vendredi, sauf le jeudi à partir de 11h,
et de 8h30 à 12h le samedi)
Le même dossier sera consultable au siège de l’Etablissement public territorial
(EPT) Boucle Nord de Seine aux jours et heures habituels d’ouverture de
l’établissement.
Deux registres papier à feuillets non mobiles, cotés et paraphés par le
commissaire enquêteur seront mis à disposition, l’un à la mairie d’Argenteuil et
l’autre au siège de l’EPT pour récolter les observations du public sur le projet de
modification.
Un registre électronique est également mis en ligne pour recueillir les informations
du public.
Il sera accessible depuis l’adresse suivante :
https://www.registre-dematerialise.fr/910
Chacun pourra prendre connaissance du dossier et consigner ses observations
sur le registre d’enquête ou les adresser par écrit, à l’attention du CommissaireEnquêteur, aux adresses suivantes :
Hôtel de Ville d’Argenteuil
Etablissement Boucle Nord de Seine
1 bis rue de la Paix
Direction de l’Urbanisme opérationnel
12-14 boulevard Léon Feix
92230 GENEVILLIERS
BP 721 - 95 107 ARGENTEUIL CEDEX
Toute personne peut également, sur sa demande et à ses frais, obtenir
communication du dossier d’enquête publique dès la publication de l’arrêté
d’ouverture de l’enquête. Les demandes devront être adressées à la Mairie
d’Argenteuil, Direction de l’Urbanisme Opérationnel.
A l’expiration du délai d’enquête, le registre sera clos et signé par le CommissaireEnquêteur qui disposera d’un mois pour transmettre au Président de l’EPT Boucle
Nord de Seine le dossier avec son rapport et ses conclusions motivées.
A l'issue de l’enquête publique, le rapport et les conclusions du CommissaireEnquêteur seront consultables aux heures habituelles d’ouverture au public pendant
une durée d’un an en Préfectures des Hauts-de-Seine et du Val d’Oise, au siège
administratif de l’EPT situé 177, Avenue Gabriel Péri 92230 GENNEVILLIERS et à
la Mairie d’Argenteuil.
Le présent avis fera l’objet d’une mention dans deux journaux locaux d’annonces
légales, quinze jours au moins avant le début de l’enquête et rappelé dans les huit
premiers jours de l’enquête.
Le présent avis est affiché au siège de l’EPT Boucle Nord de Seine et en Mairie
d’Argenteuil et publié par tout autre procédé en usage à la ville d’Argenteuil.
EP18-430
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
La société d’exploration Keliber Oy
prospecte pour trouver
du lithium en Finlande et assure
avoir le projet le plus avancé
en Europe. Photo Keliber
Lithium : en Europe, la course
à l’or blanc s’accélère
l Avec l’essor des voitures électriques, la demande mondiale peut doubler
d’ici à 2025.
l Aujourd’hui, l’Europe importe la majeure partie du métal.
MATIÈRES
PREMIÈRES
droits d’exploration d’une dizaine
d’autres gisements potentiels, a
fait savoir à l’AFP le secrétaire
d’Etat à l’Energie, Jorge Seguro
Sanches.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Morgan Stanley appelle le phénomène la « EV fever ». En français, la
« fièvre de la voiture électrique ».
Promise par beaucoup à un avenir
radieux, la voiture électrique a mis
en ébullition plusieurs petits marchés de métaux ces deux dernières
années. A commencer par le
lithium, qui entre dans la composition des batteries de ces véhicules,
comme dans celles des installations
de stockage d’énergie, destinées
également à fleurir à grande
échelle.
Résultat, un peu partout dans le
monde, on creuse : des dizaines de
projets d’exploration de lithium
ont vu le jour. Car, pour répondre à
une demande que les analystes
voient s’envoler dans les décennies
à venir – même si le choix du
lithium pour plusieurs modèles de
batteries n’est pas définitif –, la
production actuelle est très largement insuffisante.
De la Finlande au Portugal
Certaines régions, Europe en tête,
n’en produisent carrément pas. La
très grande majorité vient d’Amérique latine et d’Australie, avant
d’être transformée en Chine. Mais
le continent européen, qui abrite
des réserves non négligeables de
lithium, se réveille. Des projets
miniers poussent en Allemagne,
en République tchèque, en Autriche, en Suède, en Finlande, au
Sécuriser
l’approvisionnement
Royaume-Uni ou encore au Portugal. En Serbie, le numéro deux
mondial de la mine Rio Tinto a la
main sur ce qui est considéré
comme un des plus grands
gisements de la planète et étudie
la possibilité de l’exploiter de
façon rentable.
Attirées, des « juniors » – de
petites entreprises spécialisées
dans la prospection – se pressent.
Au Po r t u g a l , l e s é q u i p e s d e
S av a n n a h R e s o u r c e s s o n t à
l’œuvre. Et David Archer, le directeur général de cette société britannique, affiche son ambition.
Leur projet à Barroso, au nord du
pays, peut « devenir le plus gros
fournisseur de spodumène [minéral de lithium, NDLR] d’Europe de
l’Ouest à brève échéance », a-t-il
assuré cette semaine.
Savannah prendra la décision
de construire une mine début 2019
en fonction des résultats des dernières études et la production de
concentré pourrait démarrer dès
2020. Le Portugal entend d’ailleurs
surfer sur cet intérêt grandissant
des investisseurs pour ses ressources. Le gouvernement lancera un
appel d’offres pour attribuer les
Les australiens d’European
Lithium font, eux, le pari d’ouvrir
u n e m i n e e n Au t r i c h e . L e u r
objectif ? « Sécuriser l’offre européenne de lithium. » Les grands
utilisateurs du métal, tels les
constructeurs automobiles, sont
en effet à l’affût. Ils cherchent par
tous les moyens à garantir leur
approvisionnement. A l’image de
Tesla, qui vient de signer pour
trois ans avec un géant chinois du
lithium, Ganfeng, pour qu’il lui
vende un cinquième de sa production. « Au début des années
2030, on estime que la consommation de lithium sera sept fois plus
importante qu’aujourd’hui », estimait récemment Pertti Lamberg,
le patron de Keliber Oy, qui prospecte en Finlande et assure avoir
le projet le plus avancé en Europe.
Pour des pays comme la France,
la question de la dépendance au
lithium est cruciale. Le BRGM a
étudié les besoins en matériaux
pour la France d’ici à 2050 dans le
cadre de sa transition énergétique. Il conclut que pour la seule
production d’énergie solaire et
éolienne et les batteries nécessaires aux véhicules électriques, le
besoin annuel de l’Hexagone
serait supérieur au total mondial
extrait annuellement pour
l’ensemble de la planète. n
Plusieurs grands producteurs prêts à entrer en Bourse
Trois introductions prévues
d’ici à la fin de l’année
vont venir tester
l’appétit des investisseurs
pour le secteur du lithium.
Après deux années mirifiques, les
cours du lithium sont en baisse en
2017. Et les pro ducteurs ont
moins la cote sur les Bourses de
par le monde. Les trois grands
spécialistes du métal blanc, qui
s’apprêtent à s’introduire sur les
marchés dans les prochaines
semaines, vont donc tester
l’appétit des investisseurs pour le
secteur.
Le groupe américain de chimie
FMC compte vendre pour 100 millions de dollars d’actions de Livent,
nouveau nom de sa branche de
lithium qu’il va introduire sur le
New York Stock Exchange en octobre. Les analystes soulignent qu’il
s’agira de la plus grande société
« pure play » jamais cotée sur une
grande place américaine. Les deux
plus gros producteurs de lithium de
la planète, l’américain Albemarle et
le chilien SQM, sont cotés au Nyse,
mais ils ont tous deux d’autres
activités dans leur portefeuille.
Deux cotations des deux plus
grands acteurs chinois du secteur
sont également attendues, celle de
Tianqi Lithium et celle de Ganfeng
Lithium.
Ambitions à la baisse
Celui-ci a dû revoir ses ambitions à
la baisse. Le groupe, qui doit entrer
début octobre à la Bourse de Hong
Kong, va chercher à lever 676 millions de dollars au maximum. Soit
nettement moins que le milliard de
dollars et jusqu’au milliard et demi
qu’il espérait attirer en février dernier. D’après les termes de la transaction vus par Bloomberg, la fourc h e t t e d e p r i x p o u r l ’a c t i o n
représenterait une décote de 29 à
56 % par rapport au cours de clôture de Ganfeng à la Bourse de
Shenzhen, où le spécialiste du
lithium est déjà coté.
Pour les investisseurs, le choix
n’est pas évident, à l’heure où les
prix du lithium mollissent. C’est
davantage un pari à très long terme.
« On s’attend à ce que la tendance à
l’électrification des véhicules soit un
important catalyseur de croissance
pour les composés de lithium au
cours de la décennie à venir et dans le
futur », plaide FMC dans le prospectus déposé fin août auprès de la
Securities and Exchange Commission (SEC). — M. Jq.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 33
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
APPEL D’OFFRES
Emmanuel DOUHAIRE
Frédéric AVAZERI
Alexandre BONETTO
Administrateurs Judiciaires Associés
23/29 rue Haxo
13001 MARSEILLE
Tél. : 04.91.54.06.87
Mail : douhaire-avazeri@ajilink.fr
www.ajilink.fr
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
Toute personne intéressée par la reprise d’une entreprise exploitant
une activité de vente de prêt à porter pour homme haut de gamme
Chiffre d’affaires au 31/12/2017: 6.947.721.00 €
Magasins: 06
Effectif: 14 ½ salariés E.T.P.
est priée de se manifester dans les meilleurs délais
auprès de l’Administrateur Judiciaire :
M Frédéric AVAZERI
aux fins d’obtenir, contre signature d’une lettre de confidentialité
à récupérer sur le site www.ajilink.fr, les codes d’accès à la dataroom
électronique. Les offres de reprise devront être déposées en l’étude
de l’Administrateur Judiciaire au plus tard le :
e
31 OCTOBRE 2018 À 17H00
ROBERT LOUIS MEYNET
Administrateur Judiciaire
RECHERCHE DE CANDIDATS A LA REPRISE EN
REDRESSEMENT JUDICIAIRE
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
ASSOCIATION RHÔNE INSERTION ENVIRONNEMENT
Localisation : 11, Chemin des étangs, DARDILLY (69570)
Activité : Association d’insertion professionnelle du public éloigné de l’emploi à travers
l’entretien d’espaces verts et cours d’eau - Agréments Atelier Chantier Insertion (ACI)
Convention d’occupation : locaux 1.300 m2 / 32.000 € HT/HC par an
CA au 31/12/2017 : 7.200.000 € – Effectif : 289 salariés (dont 70 CDI permanents)
Les offres de reprise doivent être déposées auprès de Me Robert Louis MEYNET au plus tard le:
lundi 29 octobre 2018 à 12h
Activité : SCI propriétaire de trois immeubles aux caractéristiques suivantes :
- à Cayenne :
• Immeuble 1 : 11 Lots de 55 m2 à 150 m2 pour un total de 996 m2
• Immeuble 2 : 2 lots T2 et 2 lots T3, pour un total de 220 m2
- à Fort de France : 3 lots pour un total de 150m2
Chiffre d’affaires au 31/12/2017 : 127 K€ - Effectif : 0 salarié
Locataires : Particuliers et professionnels
Objectifs recherchés : Cession d’actifs
Date d’ouverture du redressement judiciaire : 12 décembre 2017
La date limite de dépôt des offres est fixée au :
05 novembre 2018 à midi (12h00)
Maître Alain MIROITE
Centre d’affaires AGORA
Etang Z’abricot
97200 FORT DE FRANCE
CONTACT :
Arnaud DURAND
martinique@ajassocies.fr
www.ajadataroom.fr
Cette annonce vous intéresse, vous pouvez contacter :
Robert Louis Meynet
128, rue Pierre Corneille
69003 LYON
www.etude-meynet.com
Contact : Alice CHASLOT
Tél : 04.78.14.57.67
Fax : 04.78.14.57.68
alice.chaslot@etude-meynet.fr
Une data room électronique hébergée sur notre site www.ajadataroom.fr sera accessible
après acceptation d’un engagement de confidentialité
Franck MICHEL - Alain MIROITE - Charles GORINS - Nicolas DESHAYES - Christophe BIDAN - Yves BOURGOIN- Serge PREVILLE Lesly MIROITE - Nicolas GRICOURT - Céline MASCHI
Blois-Bobigny-Cayenne-Créteil-Evreux-Fort de France-Gosier-Le Mans-Marseille- Mulhouse-Nantes-Nevers-Orléans
Paris Flandrin-Paris La Fayette-Poitiers-Rennes-Rouen-Tours-Versailles
APPEL D’OFFRES EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Maître Maurice PICARD – Administrateur Judiciaire
22, Rue du Cordier - BP 107 – 01 000 BOURG EN BRESSE
Tél. : 04.74.45.92.00 – Télécopie : 04.74.45.92.11
Courriel : guillaume.jouet@ajpartenaires.fr
APPEL D’OFFRE
DE REPRISE D’ENTREPRISE
ACTIVITÉ LABORATOIRE D’ANALYSE
AMIANTE SPÉCIALISÉ DANS L’AIR
(80% DU CA)
RECHERCHE D’OFFRES DE CESSION (Art. L.631-13 du Code de Commerce)
SAS GROUPE UNIVERSAT
Localisation : 69 140 RILLIEUX-LA-PAPE
Activité : Vente directe sous la marque propre IDHD, installation et maintenance
d’équipements d’accès internet par satellite, d’équipements multimédia (télévision,
home cinéma, barre de sons, protection caméra IP et système d’alarme partenaire
Securitas…) et d’équipements pour le traitement d’eau et d’air connecté.
Clientèle : Particuliers à hauteur de 80%. Environ 60 000 clients sur toute la France.
Actifs : Propriété ou droit d’utilisation des marques IDHD, O-LIFE et R-LIFE.
CA au 31.12.2017 (12 mois) : 2.265 K € – CA au 31.12.2016 (12 mois) : 3.721 K €
Effectif : 13 salariés et 8 VDI.
Une note de présentation sera adressée sur demande écrite précisant l’identité du candidat repreneur
et justifiant de sa capacité commerciale et financière à intervenir dans une telle affaire.
DATE LIMITE DE DEPOT DES OFFRES : VENDREDI 16 NOVEMBRE 2018 À 12H
- 4 sites en France
- Effectif : 114,2 ETP
- Atterrissage 2018 : environ 7 M €
Cession d’Actifs
Appel d’offre effectué dans le cadre
des dispositions de l’Article L.611-6
du Code de Commerce par le Conciliateur,
la SELARL BARONNIE-LANGET (Me LANGET),
sise 14 rue du Viaduc,
94130 NOGENT-SUR-MARNE.
ADMINISTRATEUR JUDICIAIRE
ETUDE DUNOGUÉ-GAFFIÉ
23, rue d’Hauteville
75010 PARIS
Tél : 01 44 18 34 45
Fax : 01 44 18 34 47
Activité de Jeux de Poker - Prestigieux local
sis 84 rue de Clichy 75009 PARIS
CA au 31/12/2017 : 15 M€
CA au 31/12/2016 : 15 M€
Effectif : 175 salariés
Date Limite de Dépôt des Offres
en l’Etude de l’Administrateur Judiciaire:
À VENDRE :
FONDS DE COMMERCE
« ZEN-DESIGN »
Achat vente de cuisines, salles
de bain, articles de décoration.
EMPLACEMENT & SUPERFICIE EXCEPTIONNELS :
Local de 366 m2 à SAINT-TROPEZ – Z.A. de Saint Claude, Route des Plages
DESCRIPTION :
► Bail de 9 ans – durée: du 12/04/2012 au 11 avril 2022
► Destination: achat et vente de cuisines, salles de bain, dressing, appareils ménagers,
luminaires, meubles, articles de décoration, textile d’ameublement.
► Loyer mensuel: 8.760 € TTC / Chiffre d’affaires: 921.615 € au 30/06/2017
DÉPÔT DES OFFRES :
La date limite de réception des offres est fixée au Mardi 30 octobre 2018 à 16h00 en main propre
contre récépissé en l’étude de Maître DIDIER CARDON, 15 Impasse de l’horloge, 06110 LE CANNET,
ou envoyée en lettre recommandée AR. Un dossier complet sera transmis sur demande par courriel:
actif.cardon@orange.fr. Cette vente se déroule dans le cadre de l’article L642-19 du code de Commerce
et sous l’autorité de Madame FRADJ, Juge-Commissaire au Tribunal de Commerce de FREJUS.
RECHERCHE DE CESSION DE CONTRÔLE, PRISE DE
PARTICIPATION OU CESSION D’ACTIFS,
CONFORMÉMENT AUX DISPOSITIONS
DE L’ARTICLE L.611-7 DU CODE DE COMMERCE
Sophie GAUTIER
ADMINISTRATEUR JUDICIAIRE
111 bd de Lattre de Tassigny
CS 14235
35042 RENNES CEDEX
Tél.: 02 99 14 40 14
Fax: 02 99 14 40 15
Mail: etude@aj-gautier.com
Internet: www.aj-gautier.com
Activité:
Scierie - Menuiserie - Séchage - Négoce
Industriels - Artisans - Négociants - Particuliers
Clientèle:
CA2017:
31.12.2017 (12 mois): 6.437 K€
Effectif:
35 personnes
Localisation: Ille-et-Vilaine
Date limite de dépôt des offres :
30 octobre 2018 à 11h00
le 26/10/2018
Une data room électronique hébergée sur notre site www.aj-gautier.com
sera accessible après signature d’un engagement de confidentialité
et présentation du candidat repreneur.
Maître Béatrice DUNOGUÉ-GAFFIÉ , Administrateur Judiciaire
Tout candidat est invité à remettre une offre
adreyfus@etudedunogue-gaffie.fr
au plus tard
le 12 octobre 2018 à 12h00
APPEL D’OFFRE EN VUE D’UNE CESSION
Concernant une société spécialisée dans
RECHERCHE, DIAGNOSTIC, PRELEVEMENT, ANALYSES
SUR TOUS LES ELEMENTS LIQUIDES, SOLIDES, GAZEUX SE
RAPPORTANT A L’ENVIRONNEMENT
Région : Ile de France - Effectif actuel 66 salariés
Chiffre d’affaires 2017 : 4.216.908 €
Les offres, libellées conformément aux termes des articles L 642-1 et suivants
du Code de Commerce, devront être déposées chez l’administrateur judiciaire
en 10 exemplaires au plus tard le 15 octobre 2018 à 16 heures 00.
Un dossier de présentation de la société sera accessible aux candidats manifestant leur intérêt par écrit, et sous engagement de confidentialité, auprès de :
Maître Philippe BLERIOT – Administrateur Judiciaire
26, Chemin de la Madeleine – 93000 BOBIGNY
Téléphone : 01.48.96.21.90 – Fax : 01.48.96.21.92 Aj93@bleriot.fr
selon les modalités prévues au cahier des charges.
Accès à la data room après signature
d’un engagement de confidentialité
et non débauchage.
Contact : maxime.langet@baronnie.org
thibaut.nekili@baronnie.org
Tél. : 01.48.71.86.76
RECHERCHE REPRENEUR POUR UN ORGANISME
MUTUALISTE RELEVANT DU LIVRE III DU CODE DE LA
MUTUALITE EN PRE PACK CESSION
ACTIVITÉ : Organisme Mutualiste Sud-Est – LOCALISATION : 13
CA 2015 : 39.613.753 € – CA 2016 : 40.314.943 € – CA 2017 : 37.687.847 €
NOMBRE DE SITES :
Centres de santé polyvalents : 10 – Centres dentaires : 11
S.S.I.A.D: 5 – Foyer logement pour personnes âgées : 1
EFFECTIF : 622 salariés pour un équivalent temps plein de 420.3
Date limite de dépôt des offres : Jeudi 18 Octobre à 12H00
MERCI D’ÉCRIRE À :
SCP GILLIBERT & ASSOCIES membre de THEVENOT PARTNERS - Me Vincent GILLIBERT
11, Rue Venture - 13001 MARSEILLE
Accès au dossier après signature d’un engagement de confidentialité.
Merci d’indiquer la référence du dossier : 2854
E-mail : vgillibert@thevenotpartners.eu / bsilve@thevenotpartners.eu
RETROUVEZ UNE SÉLECTION
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reprise-entreprise.lesechos.fr
Administrateurs Judiciaires Associés
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
SOCIÉTÉS EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE RECHERCHE PARTENAIRE OU CESSIONNAIRE
FONDS DE COMMERCE AUTO-ÉCOLE
Trois fonds de commerce (2 sociétés) situés à Paris et Levallois-Perret
• Activité : Auto-école
• Nombre de salariés au total : 16 salariés
• Chiffre d’affaires total au 31/12/2017 : 932 k€
Les offres tendant au maintien de tout ou partie de l’activité de l’entreprise devront être soumises,
au plus tard le 23/10/2018 à 12 heures.
Un dossier de présentation peut être obtenu sur demande écrite motivée justifiant d’une capacité financière, industrielle
ou commerciale adaptée, après signature d’un engagement de confidentialité.
Contact : Charlotte Mauthé
Tél. : +33 (0)1 47 24 40 13
Fax : +33 (0)1 47 21 35 05
neuilly@bcm-aj.com
Me Charles-Henri Carboni
35-37, avenue Sainte-Foy – CS 90043
92522 Neuilly-sur-Seine Cedex
www.bcm-aj.com
Hélène Bourbouloux
Jean-François Blanc
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
Sylvain Hustaix
Benjamin Tamboise
Jean-Marc Livolsi
RECHERCHE DE REPRENEURS
LES BERLINES DE PARIS
VOITURES DE TOURISME AVEC CHAUFFEUR
(TRANSFERTS, TOURISME, MISE À DISPOSITION D’UN VÉHICULE AVEC CHAUFFEUR)
CA au 31/12/2017 (exercice clos): 3.152.309€ – Flotte automobile: 4 véhicules en propre,
3 véhicules en crédit-bail – Effectif total: 29 salariés – Locaux situés à Clichy.
La date limite de dépôt des offres de reprise des actifs est fixée au :
lundi 15 octobre 2018 à 12h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du Code de Commerce) en 6 exemplaires
(dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique sera autorisé après
régularisation d’un engagement de confidentialité, la signature du règlement, la signature du règlement,
et une présentation succincte du candidat à la reprise. Référence à rappeler impérativement : 18/6487
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB, Me Gaël COUTURIER – Administrateurs Judiciaires Associés
Tour CB21, 16 place de l’Iris – 92040 Paris La Défense – www.fhbx.eu
Fax : 01 40 97 02 33 / e-mail : charlotte.fort@fhbx.eu et valentin.laigneau@fhbx.eu
APPEL D’OFFRES DE REPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCEDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
(Article L642-2 du Code de Commerce)
COLLOQUE NATIONAL DE L’IFPPC
« Le Commissaire à l’exécution du plan,
acteur du rebond de l’entreprise »
RECHERCHE DE REPRENEURS
POUR MAGASINS DE COMMERCE DE DÉTAIL
ST ETIENNE-L’ETRAT (42580) – articles de décoration murale
Lieu-dit Grange Neuve
Surface de vente : 803 m2
CA TTC 2017 : 598 K € / Effectif : 4 personnes
JEUDI 22 NOVEMBRE 2018
Maison de la RATP - 75012 Paris
Sous la direction scientifique des Professeurs :
Pierre-Michel LE CORRE, Professeur agrégé - Université de Nice Sophia Antipolis
Philippe PETEL, Professeur agrégé - Université de Montpellier
Avec les interventions de (par ordre alphabétique) :
Béatrice AMIZET, Mandataire judiciaire – Christophe BIDAN, Administrateur judiciaire
Sébastien DEPREUX, Président de l’IFPPC, Mandataire judiciaire
François LEGRAND, Mandataire judiciaire – Vincent ROUSSEAU, Administrateur judiciaire
Ludivine SAPIN, Administrateur judiciaire
Un(e) Magistrat(e) du Parquet – Un(e) Magistrat(e) Consulaire
I. La mission du commissaire à l’exécution du plan en lien
avec la durée du plan et le paiement des créanciers
II. Solutions alternatives à la résolution et résolution du plan
A. La modification du plan
B. Le recours aux procédures amiables pendant l’exécution du plan
C. La demande de résolution du plan
D. Le sort des sommes non distribuées au jour de la résolution du plan
Informations
et inscriptions
sur www.ifppc.fr
En partenariat avec :
POITIERS (86360) – articles de décoration murale
Route de Paris
Surface de vente : 323 m2
CA TTC 2017 : 364 K € / Effectif : 3 personnes
MELUN FOIRE (77000) – articles de décoration murale et de literie
ZAC du Champ de Foire
Surfaces de vente cumulées : 742 m2
CA TTC 2017 cumulés : 1.001 K € / Effectifs cumulés : 5 personnes
AMIENS-LONGUEAU (80330) – articles de décoration murale
Route de St Quentin
Surface de vente : 632 m2
CA TTC 2017 : 461 K € / Effectif : 3 personnes
CREIL-ST MAXIMIN (60740) – articles de décoration murale et de literie
ZC Cora Les Haies
Surfaces de vente cumulées : 672 m2
CA TTC 2017 cumulés : 835 K € / Effectifs cumulés : 5 personnes
A. La construction et les délais du plan
B. La vie du plan
C. Le paiement du dernier dividende
D. La fin du plan
TARIFS
Adhérent IFPPC :
Salarié d’adhérent IFPPC:
Non adhérent :
Universitaire :
RILLIEUX-LA-PAPE (69140) – articles de décoration murale
ZAC du Champ de Roy
Surface de vente : 867 m2
CA TTC 2017 : 640 K € / Effectif : 5 personnes
Déjeuner sur place inclus
POUR TOUS RENSEIGNEMENTS
SELARL AJRS - Administrateurs Judiciaires
Maître Thibaut MARTINAT
3, Avenue de Madrid - 92200 NEUILLY/SEINE
Mail : thibaut.martinat@aj-rs.com
L’accès à une data room électronique sera autorisé après la régularisation d’un engagement
de confidentialité et une présentation succincte du candidat à la reprise
APPEL D’OFFRES – RECHERCHE CANDIDAT
EN VUE D’UNE CESSION D’ENTREPRISE
(Art. L.631-13 du Code de Commerce et R.631-39 du décret du 25/03/2007)
ENTREPRISE MAJOR AUTO-ÉCOLE
Date Redressement Judiciaire : Le 5 octobre 2017
Activité : 3 agences dans les Yvelines:
– Versailles (10/15 places d’examens)
– Montigny-Le-Bretonneux (21 places d’examens)
– Trappes (5 places d’examens)
Localisation : YVELINES (78)
Effectif : 12 salariés en CDI
COMPIEGNE (60200) – articles de décoration murale
CC Carrefour Jaux-Venette
Surface de vente : 740 m2
CA TTC 2017 : 493 K € / Effectif : 2 personnes
Date limite de dépôt des offres : Le 25 octobre 2018 à 17h00
Un accès à la dataroom vous sera ouvert après régularisation d’un engagement de confidentialité.
Les offres devront être adressées au plus tard le :
TOUT CANDIDAT DOIT SE MANIFESTER PAR ÉCRIT AUPRÈS DE :
Madame Jessica LEVY (rappeler la référence 3287)
SELARL AJC – Maître Colins METALLIER
4 avenue de Flandre – 59700 MARCQ EN BAROEUL
Tél. : +33 3 20 983 336 / Fax : +33 3 20 982 982
Contact mail : dataroom@ajc.eu
Data-room : http://dataroom.ajc.eu
Web : http://www.aspaj.fr et http://ventes-actifs.cnajmj.fr
SELARL AJRS – Maître Philippe JEANNEROT
7, rue Jean Mermoz - 78000 VERSAILLES
Mail : jessica.levy@aj-rs.com
L’accès aux informations sera possible après demande écrite
précisant l’identité du candidat repreneur et justifiant de sa capacité
commerciale et financière à intervenir dans cette affaire.
Lundi 29 octobre 2018 à 12 heures
350 €
200 €
450 €
90 €
Activité : Vente au détail de chaussures
Localisation : Bois-Colombes (92)
Chiffre d’affaires : 2017: 238 K € - 2016 : 283 K €
Effectif : 2 salariés à temps partiel
Date limite de dépôt des offres : 12 octobre 2018 à 12h00
CA: Exercice clos au 31/12/2016: 1.157 K€
Exercice clos au 31/12/2017: 958 K€
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
Les banques d’affaires invitées
à jouer la transparence
FUSIONSACQUISITIONS
Selon la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, les conseils en
fusions-acquisitions
ne peuvent s’exclure,
par principe,
des obligations
des lobbyistes.
Anne Drif
@Anndrif
Aucune banque d’affaires ne peut
faire exception aux règles de transparence des lobbyistes. Jean-Louis
Nadal, le président de la Haute
Autorité pour la transparence de la
vie publique (HATVP) vient de
l’affirmer devant Olivier Marleix, le
président de la commission
d’enquête sur les cessions de fleurons (Alstom, Alcatel, STX, etc.) à
des groupes étrangers.
Dans un courrier adressé le
21 septembre au député, et dont
« Les Echos » ont pris connaissance,
le président de la HATVP rappelle
que « la qualification de représentant
d’intérêts ne peut concerner ou
exclure toute une branche d’activité
par principe ». La nature juridique
des banques d’affaires les fait entrer
dans le champ de la loi. « Les
banques d’affaires répondent de
manière satisfaisante au critère organique », écrit-il au député LR, précisant que l’examen se fait au cas par
cas : les banques sont contraintes
Jean-Louis Nadal, président de la Haute Autorité pour la transparence
de la vie publique, rappelle que la nature juridique des banques d’affaires les fait entrer dans le champ de la loi. Photo Lionel Bonanventure/AFP
d’être affiliées au registre des lobbyistes de la HATVP et de déclarer
leurs actions, dans la mesure où
elles remplissent toute une série de
critères cumulatifs.
Programme de contrôles
Interrogée, la Haute Autorité pour la
transparence précise également
qu’elle a lancé depuis le printemps
un « programme de contrôles » qui
vise « à aller chercher les non-inscrits
pour les obliger à s’inscrire et, par
ailleurs, à contrôler les déclarations »
des entités déjà enregistrées. Contrairement à d’autres établissements financiers, comme BNP Paribas ou Crédit Agricole, aucune
banque d’affaires ne s’est jusqu’ici
inscrite au registre de la HATVP.
Une absence qui interpelle les députés, inquiets de voir des fleurons
industriels français passer sous
pavillon étranger avec l’aide de ces
banques-conseils. « L’opacité dans
laquelle opèrent ces banques d’affaires ne permet pas à l’Etat d’exercer un
contrôle averti de ces cessions où les
intérêts nationaux et de défense sont
pourtant en jeu », pointait Olivier
Marleix dans son courrier du 19 avril
à Jean-Louis Nadal. Dans le cas
d’Alstom Energie, qui a été cédé à
l’américain General Electric, « la
surabondance des moyens déployés,
100 millions d’euros pour la rémuné-
ration des intermédiaires, du seul côté
d’Alstom, dont 20 % pour les banques
d’affaires, était de nature à influer sur
la décision publique. Autant au moins
du côté de GE. Or, ces actions
d’influence ne sont jamais tracées. »
Les banquiers d’affaires justifient
leur absence du registre de la
HATVP. « Quand une banque intervient ou échange avec des représentants publics, c’est dans le cadre d’une
prestation de services ou de financement, ce n’est pas pour changer la loi et
donc pas comme représentant d’intérêts », a indiqué Mathieu Gelis, directeur général de Citi en France. Le prés i d e n t d e L a z a r d e n Fr a n c e ,
Matthieu Pigasse, pour sa part, s’est
dit « favorable à l’extension de la réglementation aux banques d’affaires
lorsque leur travail s’apparente à du
lobbying », avant d’ajouter : « Ce qui
n’est généralement pas le cas. » n
« L’opacité dans
laquelle opèrent ces
banques d’affaires ne
permet pas à l’Etat
d’exercer un contrôle
averti de ces cessions
où les intérêts
nationaux et de
défense sont
pourtant en jeu. »
OLIVIER MARLEIX
Président (LR)
de la commission d’enquête
sur les cessions d’entreprises
de l’Assemblée nationale
LA SÉANCE DU 27 SEPTEMBRE 2018
La Bourse
de Paris
confirme les
5.500 points
La Bourse de Paris a signé sa
•troisième
séance de hausse
d’affilée, jeudi. Des interrogations subsistaient sur le budget
italien pour 2019, et la séance a
d’ailleurs été assez agitée sur
les marchés européens. Mais
les investisseurs ont bien
accueilli les annonces faites la
veille par la Réserve fédérale
américaine et la place
parisienne a été portée par le
dynamisme des marchés
américains.
Le CAC 40 a progressé de
0,50 %, à 5.540,41 points, confortant son retour au-dessus
des 5.000 points depuis mardi.
Depuis le point bas touché le
6 septembre, l’indice a regagné
5,66 %. Le volume d’échanges a
n’a pas dépassé 3,33 milliards
d’euros.
L’indice a été soutenu par la
hausse d’Essilor (+1,98 %),
Sanofi (+1,88 %), de Pernod
Ricard (+1,73 %), de Sodexo
(+1,46 %), de Publicis (+1,33 %),
ou encore par Engie (+1,25 %).
Le groupe a annoncé le rachat
de Sameole, détenteur d’un
ventes aux enchères publiques //
portefeuille de près de
500 mégawatts (MW) de
projets éoliens terrestres en
cours de développement en
France.
Total a profité de la hausse
des cours du pétrole et a gagné
1,06 %.
En revanche, STMicroelectronics a perdu 1,79 %. Les producteurs de semi-conducteurs
ont pâti de la révision à la baisse
de 30 % de l’objectif de cours
d’UBS sur le suisse.
Parmi les plus fortes baisses
sur le CAC 40, Atos a reculé de
2,23%, TechnipFMC de 1,63 %,
Capgemini de 1,52 %. Certaines valeurs automobiles ont
également baissé. Valeo a cédé
1,17 %, Peugeot 0,59 %.
Le secteur bancaire, déjà à la
peine cette année, a été desservi
par les banques italiennes sous
pression. Société Générale a
cédé 0,31 %, BNP Paribas a
reculé de 0,29 %.
Dernier au classement du
S R D, l e c o n s t r u c t e u r d e
camping- cars T r i g a n o a
dégringolé de 14,69 %. La croissance organique est ressortie à
5,5 % sur la période, un niveau
jugé faible par les analystes de
Kepler Cheuvreux.
GTT s’est adjugé 4,61 % après
que Portzamparc a relevé sa
recommandation à « conserver » contre « alléger » sur
l’action.
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du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le cahier des conditions de vente est
déposé - Sur les lieux pour visiter, le : mercredi 17 octobre 2018 de 10h à 11h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 119223)
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Maître CALESTROUPAT - THOMAS & ASSOCIES
APPARTEMENT à ROSNY SOUS BOIS (93110) - MISE À PRIX : 60 000 €
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Maître FOY
APPARTEMENT à LE BOURGET (93350) - MISE À PRIX : 50 000 €
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Maître DOMINIQUE-DROUX & BAQUET
APPARTEMENT à VILLEPINTE (93420) - MISE À PRIX : 44 800 €
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Maître LEOPOLD
STUDIO à MONTREUIL (93100) - MISE À PRIX : 40 000 €
Ref VLimmo 118419
Maître LEOPOLD
APPARTEMENT à MONTREUIL (93100) - MISE À PRIX : 25 000 €
Ref VLimmo 118169
Maître GARCON
APPARTEMENT à LIVRY GARGAN (93190) - MISE À PRIX : 19 500 €
Ref VLimmo 118241
Maître GARCON
Au 5ème étage, escalier gauche, en face comprenant : entrée, SdE/W.C.,
cuisine, pièce principale, chambre - Au sous-sol, une CAVE
Mise à Prix : 15.000 € - Inoccupé (Consignation pour enchérir : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Florence LOUIS, avocat, 3 rue Charles Auray (93) PANTIN,
Tél. 01.40.11.74.20, dépositaire d’une copie du cahier des conditions de vente - Au
greffe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le cahier des conditions de vente
est déposé - Sur les lieux pour visiter, le : mercredi 31 octobre 2018 de 14h30 à 15h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 119218)
93
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
le mardi 6 novembre 2018 à 13h30 - EN UN SEUL LOT
UN STUDIO de 24 M² à STAINS (93)
6 allée Paul Langevin
Hall 6, au 3ème étage, porte 34, comprenant : entrée avec placards,
pièce avec coin cuisine, SdE avec WC – UNE CAVE porte 0304 au RdC
- UN EMPLACEMENT DE STATIONNEMENT
Mise à Prix : 30.000 € - Inoccupés
(Consignation pour enchérir : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Valérie GARÇON, avocat de la SCP W2G, 21 av. du général
de Gaulle (93) ROSNY SOUS BOIS, Tél. 01.48.54.90.87 dépositaire d’une copie
du CCV - Au greffe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est
déposé - Sur les lieux pour visiter, le : vendredi 26 octobre 2018 de 14h à 15h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 119213)
COMMUNIQUÉ
Congé au locataire en location vide : quels motifs
prévoit la loi ?
Le propriétaire peut mettre fin à un contrat de location vide
uniquement pour des motifs prévus par la loi. Le congé doit être
suivi d’effet, sous peine de devenir frauduleux et contestable par
le locataire.
Congé pour vente : le locataire dispose d’un droit de préemption
pour acquérir le bien (sauf s’il est vendu à un parent jusqu’au
troisième degré du propriétaire vendeur). Le congé doit lui
indiquer le prix et les conditions de vente afin qu’il puisse se
prononcer. S’il ne donne pas suite, il peut rester dans le logement
jusqu’à la fin du contrat. S’il accepte l’offre, la vente doit être
conclue sous quatre mois si un prêt bancaire est nécessaire, sous
deux mois dans le cas contraire. De plus, si le propriétaire vend
à un tiers, mais à un prix inférieur à celui indiqué initialement
dans le congé au locataire, ce dernier bénéficie d’un deuxième
droit de préemption et de deux mois pour réaliser la vente au
nouveau prix.
Congé pour reprise : le propriétaire peut récupérer son bien
pour y habiter ou loger un proche (conjoint, partenaire pacsé,
concubin, ascendants et descendants ou ceux de son conjoint,
partenaire pacsé ou concubin). Il doit justifier du caractère réel
et sérieux de sa décision quand il donne congé (mutation ou
besoin d’un logement plus grand, par exemple).
Motif légitime et sérieux : la loi ne définit pas précisément le
motif légitime et sérieux. Le pouvoir d’appréciation revient aux
juges. Dans tous les cas, le congé doit indiquer le motif avec les
justificatifs correspondants.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
euronext
séAncE du 27 - 09 - 2018
CaC 40 : 5540,41 (0,50 %) neXt 20 : 12389,78 (0,04 %)
CaC larGe 60 : 6156,03 (0,46 %)
CaC all-tradaBle : 4347,72 (0,39 %)
Date De ProroGation : 26 octoBre
CAC 40
srD suite
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
11/05/18 1,05
a
fr0000120073
28/05/18 2,65
airBus GrouP (air) R
a
nl0000235190
16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
17/05/18 0,09
a
31/05/18 1,7
a
fr0000120628
03/05/18 1,26
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
30/05/18 3,02
a
fr0000120503
caP-Gemini (cap) R
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carreFour (ca) R
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a
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21/06/18 0,46
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a
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Danone (bn) R
22/05/18 0,63
a
fr0000120644
04/05/18 1,9
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fr0000130650
enGie (enGi) R
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
29/05/18 0,58
a
fr0010208488
11/10/17 0,35
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fr0000121667
26/04/18 1,53
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leGranD (lr) R
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ouv
vol.
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+ haut
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113,5
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105,2
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109,9
111,35
109,9
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129
129
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566
558,6
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466,2
457,3
307,65
307,65
303,65
63,36
63,4
62,76
208
208,3
204,3
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% mois
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- 2,77
+ 0,02
+ 7,42
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+ 0,89
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+ 0,1
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bpa
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48,95
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1,62
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5,54
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4,53
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1,99
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04/06/18 1,25
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vol.
nb titres
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254602
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240.253.100
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81,78
917591
596.909.204
22,55
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1.305.230.587
srD
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
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% mois
% 52 s.
- 0,15
- 0,77
- 16,96
+ 0,84
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% an
bpa
+ haut an per
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- 13,76
130,85
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35,06
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88,8
77,56
2,14
+ 0,36
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2
Valeurs françaIses
ouv
vol.
nb titres
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28550
40.789.901
B 6,21
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13464
fr0011184241
6.916.753
aéroPorts De Paris (aDp) G
a 188,6
42297
fr0010340141
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air France-Klm (af) G
a 8,544
3920597
fr0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
aKKa tecHnoloGies (aKa) g
B 62,2
17072
fr0004180537
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aKWel (aKW) g
B 20,9
16554
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alD (alD)
a 15,97
121571
fr0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
alPes (cie Des ) (cDa) g
B 28,85
10158
fr0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
alstom (alo) LR
a 38,94
471748
fr0010220475
20/07/18 0,35 222.304.187
altarea (alta) g
a 198,4
3884
fr0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
alten (ate) G
a 91,5
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bpa
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4,044
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20,9
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29,25
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3,02
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13
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29
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1260
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22,05
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36,36
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371,2
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6450
6450
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ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
clot
% Veil % an
bpa
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+ bas % 52 s. + bas an rDt
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462905
21,1
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fr0000120222
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20,74
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a 7,9
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109345
8,12
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fr0010667147
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179
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fr0000130650
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fr0010417345
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c 114
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/190918
+ 6,36
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fr0004191674
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c 6,98
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+ 1,8
82,286
fr0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
67,5
- 3,21 63,5
euro ressources (eur)
c 3,08
3,17
- 9,43
1210
3,17
- 0,63
3,61
fr0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
3,06
- 9,94
2,95
euroFins scientiFic (erf) G
a 486,2
489
+ 0,58 - 3,66
24232
492,4
+ 1,79 545,5
fr0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
483,2
- 8,62 382,2
euroPcar GrouPe (eucar) G
a 7,915
8,135 + 2,78 - 20,63
218340
8,15
- 6,17
11,78
fr0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
7,835 - 36,05
7,17
eutelsat com. (etl) LG
a 20,49
20,39
- 0,68 + 5,68
653616
20,5
- 2,16
21,64
fr0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
20,34
- 17,08 15,275
eXel inDustries (eXe) g
B 98,6
97,8
- 0,81 - 15,69
134
98,6
- 9,02 125,5
fr0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
97,8
- 8,56 87,8
Faurecia (eo) G
a 53,26
52,7
- 1,13 - 19,08
502857
53,98
76,98
fr0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
52,06
- 9,81 50
FFP (ffp) g
a 119,2
118,4
- 0,5 + 18,05
3733
119,2
+ 4,23 120,4
fr0000064784
22/05/18 2 25.072.589
117,6
+ 16,59 94,5
FiGeac aero (fGa) g
B 14,76
14,76
- 0,14 - 21,86
3601
14,94
+ 2,64 19,5
fr0011665280
31.839.473
14,7
- 27,08 13,14
Fin. oDet (oDet)
a 820
822
+ 0,24 - 16,63
76
824
- 5,52 1090
fr0000062234
07/06/18 1 6.585.990
810
- 12,17 786
Fnac DartY (fnac)
a 68,75
68,4
- 0,51 - 32,08
18446
68,9
- 9,64 106,6
fr0011476928
26.792.938
67,7
- 15,56 67,55
Foncière Des réGions (fDr) G a 89,65
89,9
+ 0,34 - 4,85
79381
90,2
- 0,11
97,3
fr0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
89,4
+ 5,76 84,6
Foncière lYonnaise (flY)
a 59,8
59,6
+ 9,14
860
59,8
+ 1,71 63,4
fr0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
59
+ 6,45 54,4
FromaGeries Bel (fbel)
a 384
384
- 21,63
70
384
-12,33 565
fr0000121857
18/05/18 7 6.872.335
384
- 27
378
Futuren (ftrn) g
c 1,13
1,13
n/P reGr.
11558
1,135
1,14
fr0011284991
277.776.587
1,13
1,125
Geci international (Gecp) g
c 0,158
0,155
+ 72,22
539931
0,158
-10,92
0,32
fr0000079634
01/10/01 0,1 149.898.521
0,152
- 3,13
0,09
Gecina (Gfc) G
a 146,6
146,7
+ 0,27 - 4,68
113034
147,8
- 0,14 161,9
fr0010040865
12/06/18 2,65 76.162.901
145,3
+ 8,67 137,3
Gemalto (Gto) L
a 50,2
50,1
- 0,2 + 1,21
236116
50,26
+ 1,19 50,38
nl0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
50,1
+ 30,74 49,1
GenFit (Gnft) G
B 20,6
20,6
+ 0,1 - 13,88
271853
21,02
-12,27 28,28
fr0004163111
31.166.437
20,42
- 17,6
19,78
GensiGHt (siGht)
c 1,84
1,84
- 70,23
60274
1,865 -19,65
7,68
fr0013183985
24.766.723
1,815 - 63,92
1,815
Genticel (Gtcl) g
1,55
1,53
- 1,42 - 7,83
18949
1,564 - 4,73
2,08
fr0011790542
78.095.788
1,53
- 2,55
1,41
GetlinK (Get) LR
a 10,875
10,9
+ 0,18 + 1,68
731405
10,93
- 0,5
12,49
fr0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
10,775 + 7,76 10,11
fr0004026714
cnP assurances (cnp) GR
3,3
1,94
1,02
1,13
1,48
3,47
1,72
0,9
1,12
3,18
3,83
2,08
2,12
3,34
0,6
1,88
1,19
1,77
4,36
0,93
0,47
2,75
0,53
1,6
2,47
1,27
4,29
1,41
0,92
2,79
3,99
4,21
4,64
0,97
0,45
2,96
0,79
0,83
20
1,88
0,99
2,06
3,18
1,85
2,57
1,84
4,73
0,49
1,87
5,93
1,62
2,09
1,69
0,12
1,82
4,21
11,89
2,75
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
clot
ost
vol.
+ haut
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
+ bas
Gl eVents (Glo) g
B 19,9
19,68
16428
19,98
fr0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
19,54
GrouPe crit (cen) g
B 72
73
2671
73
fr0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
71,9
GrouPe Flo (flo) g
c 0,251
0,26
eX D s 13/06/17
25008
0,262
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,251
GrouPe GorGé (Goe) g
B 13,68
13,7
3897
13,7
fr0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
13,52
GrouPe lDlc (lDl) g
c 15,5
15,48
nom.
5380
15,52
fr0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
15,4
GrouPe PartoucHe (parp)
24
24,3
reGr.
484
24,4
11/09/17 0,31 9.627.034
23,8
fr0012612646
Gtt (Gtt) Gg
a 63,6
63,5
109605
64,35
fr0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
62,55
Haulotte GrouP (piG)
B 12,04
11,8
46210
12,04
fr0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
11,7
HiGH co (hco) g
c 5,25
5,15
10808
5,3
fr0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,15
HuBWoo (hbW) g
c 0,168
0,168
21758
0,168
fr0004052561
136.345.527
0,168
icaDe (icaD) G
a 79,65
79,65
38598
79,75
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.531.428
79,35
iD loGistic (iDl) g
B 155
154,8
1322
155,2
fr0010929125
5.628.475
154,2
iliaD (ilD) G
a 113
116,95
188578
117,75
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
112,95
imerYs (nK) G
a 63,5
63,85
105884
63,9
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
62,9
inGenico GrouP (inG) LR
a 63,8
65
297853
65,04
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
63
innate PHarma (iph) g
B 4,72
4,738
44816
4,764
fr0010331421
57.600.100
4,63
insiDe secure (insD)
c 2,685
2,695
35165
2,705
fr0010291245
44.119.162
2,675
inter ParFums (itp) g
B 44,2
44,4
32366
44,6
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
43,4
iPsen (ipn) G
a 145
144,65
85363
146,25
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
143,65
iPsos (ips) G
a 25,96
26,22
23876
26,26
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
25,92
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 21,6
21,5
10753
21,7
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
21,4
JcDecauX (Dec) G
a 30,68
31,1
168035
31,1
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
30,28
KauFman & BroaD (Kof)
B 41,52
41,74
21892
41,9
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
41,44
KlePierre (li) LR
a 30,6
30,5
464169
30,77
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
30,5
Korian (Kori)
a 31,66
31,46
73715
31,7
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,42
laFarGeHolcim (lhn)
a 41,4
42,61
170044
43,19
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
41,4
laGarDère (mmb) G
a 26,17
26,54
261630
26,64
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
26,12
latecoere (lat) g
c 3,955
4,015
83006
4,03
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,915
le Bélier (beli) g
c 39,1
38,5
4964
39,1
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
38,35
lna santé (lna) g
B 54,6
53,9
8575
54,9
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
53,6
lectra (lss)
B 22,25
22,5
15179
22,5
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
21,9
lineData sVices (lin) g
B 38,2
37,85
2011
38,5
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
37,75
lisi (fii) g
a 31,55
31,45
7670
31,6
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
31,2
lumiBirD (lbirD) g
c 13,68
14,22
62798
14,28
fr0000038242
15.884.557
13,42
m6-métroPole tV (mmt) G
a 17,96
17,97
89233
18,09
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,61
maisons Du monDe (mDm)
B 25,12
25,28
66274
25,5
18/06/18 0,44 45.241.894
fr0013153541
25
maisons France conF. (mfc) g B 39,6
38,6
2844
39,65
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
38,6
manitou (mtu) g
B 31,8
31,85
14402
32,1
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.617.974
31,7
marie BrizarD W & s (mbWs)
B5
5,02
11483
5,02
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,95
mauna Kea (mKea)
c 2,9
2,9
95462
2,96
fr0010609263
23.147.338
2,85
mercialYs (merY) g
a 14
13,88
101042
14
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,83
mersen (mrn) g
B 30,65
30,85
15486
30,95
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
30,65
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,075
2,065
21041
2,075
fr0004177046
23.261.500
2,03
nanoBiotiX (nano) g
B 16,55
16,43
111034
16,83
fr0011341205
19.633.373
15,97
natiXis (Kn) LR
a 6,03
6,028
4465236
6,06
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,95
netGem (ntG) g
c 1,43
1,42
31248
1,495
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,4
neXans (neX) G
a 26,49
27,45
147334
27,59
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
26,37
neXitY (nXi) G
a 48,04
47,6
135256
48,26
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
47,54
nicoX (coX)
B 6,785
6,615
190085
6,9
fr0013018124
22.869.669
6,585
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,5
8,32
7506
8,6
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,32
oeneo (sbt) g
B 11,12
11,16
14847
11,16
fr0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
11,02
onXeo (onXeo) g
B 1,066
1,052
60217
1,074
fr0010095596
50.914.722
1,05
orPéa (orp) G
a 114,05
110,6
158383
114,1
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
110,25
Parrot (parro) g
B 4,585
4,82
46883
4,88
fr0004038263
30.174.671
4,58
PHarmaGest int. (pha)
58,3
60
5536
60,6
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
58,3
Pierre & Vacances (vac) g
B 28,15
28,2
2239
28,2
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
27,8
PiXium Vision (piX) g
c2
1,946
139764
2
fr0011950641
20.813.963
1,914
Plastic omnium (pom) G
a 32,71
32,81
220646
33,13
fr0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
32,41
PlastiValoire (pvl)
B 13,3
13,14
DiV 8 02/05/17
36382
13,32
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- 0,01 73
7,87
- 1,63 - 11,13
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- 5
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89
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3,24
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-16,36
11
- 8,3
6,84
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+ 38,99 242
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Autres Valeurs de la Zone euro
1,08
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nl0000400653
noKia (noKia) R
fi0009000681
ses (sesG) LR
1,49
15,22
2,48
9,66
1,48
3,22
1,18
1,9
3,17
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lu0088087324
a 50,2
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a 4,714
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+ 7,2
18,785
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11,89
0,3
16,36
3,92
4,28
VAleurs Zone InternatIonale
General electric (Gne)
9,73
25134
usD 14/09/18 0,08 8.691.081.000
7,631
36455
Gb0005405286
usD 16/08/18 0,1 19.906.723.136
laFarGeHolcim ltD (lhn)
a 41,4
170044
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
scHlumBerGer (slb)
a 52,6
4138
an8068571086
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stallerGenes Greer (staGr) a 31
2067
Gb00bZ21rf93
19.738.742
us3696041033
HsBc (hsb)
10,08
10,08
9,65
7,681
7,701
7,616
42,61
43,19
41,4
52,4
52,6
51,6
30,75
31
30,65
+ 4,03
- 7,69
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16,12
9,58
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51,1
39,31
- 6,19
65,4
51
- 20,15
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
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actions
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b
amoebag
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c
artois
a
ateme
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au femining
b
augros cp
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b
bains monaco
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89
blue solutionsg
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bourbonGg
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bourse direct
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c 7,1
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capelli
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c
castg
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3,8
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catering inter.g
b 14,4
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cbo territoriag
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cca intern.
c
cegedimg
b 29
29,2
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cegerealg
b 36,8
37,2
36
cellnovog
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cerenisg
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1,92
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cfi
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1,82
1,82
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c
cibox inter.g
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cnimg
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2,1
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constellium
courtois
c144
144
144
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126
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c
cs-com. et syst.g
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deinove
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c
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c
f.i.e.b.m.
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c
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c
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b
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a
finatis
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b 55,2
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c 2
2
2
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c 114
115
114
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b 29
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c
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c
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frey
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c
galimmo
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145
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57
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c
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c
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c
immo. dassault
b 52,8 53,6
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c
ind. fin. ent.
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65
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infotelg
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c 5,4
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c
intexa
c
inventiva
b 8
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6,86
jacques bogart
c 6,14
6,14
6,1
keyrusg
c 5,52
5,8
5,5
la foncièreverte c
lacroix sa
c 23,2 24,2
23,2
lafuma
c 23,4 23,4
23,4
lanson-bcc
b 31,8 32,4
31,8
laurent-perrier
b 110,5 111
109,5
le tanneurg
c 2,38 2,38
2,38
lebon
c150,5 150,5
145
les hôtels de paris c
les nx constr.
b 48,5 49
48,5
lexibookg
c 1,045 1,045 1,005
locindus
b
malteries fr-b
c
manutan inter.g
b 74,2
74,2
73
maurel & promG
a 5,71
5,74
5,61
mcphy energyg
6,1
6,12
6,03
clôt écart
10,4
11,5 + 1,05
35,5 - 0,28
2,03 - 3,33
vol
38829
17857
95
6479
0,092
14,5 - 1,02
3,56 - 0,84
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574
1353
9414
347
3
3253
361
5648
8684
515
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20562
7132
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6800
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75
3686
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189231
410
9990
1
250
191148
1944
3932
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2054
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11965
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25779
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1
0,001
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0,25
100
101,5
9
10,6 - 2,57
2245
2,09 - 0,48
2823
actions
françaises
euronexT hors srd suite
isin
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fr0000065864
valeur
ouv
+ht
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c 1,76
1,76
medasysg
c 0,352 0,352
média 6
c 14
14
memscapg
c 1,965 2
micropoleg
c 1,405 1,42
mndg
1,97
2,09
moul. strasbourg c
mr bricolage sa
b 10,85 10,85
mrm
c 1,48
1,48
musée grévin
c
nanobiotixg
b 16,55 16,83
navya
b 5,86 5,89
neopostG
a 25,1
26,32
neuronesg
b 23
23
nextstage
c100
100
officiis propertiesg c 1,48
1,48
ol groupeg
c 2,66 2,67
orapig
c 7,22
7,22
orchestra-pre.
c 1,045 1,05
orege
3,38 3,39
paragon id
c 27,5
27,5
c 84
84
parefg
passat
c 3,9
3,9
patrimoine & com
b 17,5
17,6
pcas g
c
poujoulat
c 38
38
poxelg
c 6,85 6,85
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c204 204
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c 18,3
19
prodways group
b 4,13
4,155
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c 0,629 0,632
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c
ramsay gds
b 19
19,3
riberg
c 3,145 3,175
robertet sa
b564 564
roche bobois
b 21,2
21,4
s.a.m.s.e.
b 146
146
sabeton
c
c 6,85 6,9
scbsmg
séché env.g
b 27
27
selectirente
c
sergeferrari group c 9,12
9,14
signaux girod
c 16,65 17
sii
c 27
27,1
smcp
a 23,5
23,595
smtpcg
b 19,42 19,9
soc. fr. casinos
c
sodifrance
c
soditech ing.
c
sofibus
c
16,7
soft computingg c 16,7
sogeclairg
c 32,4 32,6
+bs
1,76
0,34
14
1,96
1,385
1,932
clôt écart vol
1,76 - 0,28
5
0,349- 0,85
30051
14
+ 1,45
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+ 1,78
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10,7
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1351
76
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100
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- 2,78
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178
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21
84
+ 1,82
22
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38
9
6,71
6,72 - 1,47
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200
202
+ 1
123
18
18,95 + 3,27
1977
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21
19
19 + 3,26
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548
- 1,08
21
21
144
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- 0,69
39
75355
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8,96 - 1,54
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187
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32,4
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49
isin
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valeur
spir com.
tayninh
tessig
tff group
thermocompactg
tipiak
tivoly
tonna elect.
toupargel groupe
tour eiffel
txcellg
unibel
union fin. fr. bque g
utig
verneuil part.
vetoquinolg
videlio (ex:iec)
viel et cieg
viktoria investg
visiodentg
voluntis
voltalia
xilam animationg
ymagisg
ouv
c 2,75
c
b 129
b 43,055
c
c 80
c 36,8
c
c 3,44
b 47,8
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a
b 27,9
c 0,61
c
b 51,2
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c 5,18
c
c
c 10,5
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c 42,8
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+ht
2,75
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ma0000011488
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actions
françaises
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131
43,8
+ 1,74
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80
36,8
80
36,8
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+ 1,27
36,8
20
28
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47,8
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2,54
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47,8
2,55
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isin
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10,5
9,7 - 0,92
43,3 + 3,47
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75
6578
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lu0569974404
it0001389631
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beni stabili
celyad
cnova nv
dexia
euronext
mainstay medical
montea cva
nokiaR
rentabiliweb gpg
robeco nv
rolinco
a 39,3
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c 23,2
a 4,14
c 4,47
a 58,25
39,77
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23
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56,6 56,6
55
a 4,714 4,862 4,67
c
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c
15,2
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71,4
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70,8
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543
156
156
59,13
19,91
c
a 153
46
153,5
152
153,5 + 1,32
12,43 + 4,42
c
551
0,02
euronexT groWTh (sélection)
1106
795
31015
855
27,9
0,61
hexcel
infosys
maroc telecom
merck and co inc
procter & gamble
rorento cdh
rusal plc
televerbier
total gabon
vale sa
Zci limited
3751
15922
2518
463
63853
valeur
agrogeneration
auplata
biocorp
biophytis
blockchain group
carbio
carmat
esker
evolis
europlasma
gaussin
groupe guillin
groupe parot
hiolle industries
hybrigenics
implanet
mastrad
neovacs
nextedia
nsc groupe
piscines desjoyaux
theradiag
umanis
vergnet
voy. du monde
ouv
+ht
0,3
0,304
0,068 0,069
8,74
8,86
2,22
2,26
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24,7
24,7
0,116 0,116
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7,8
7,94
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0,3
0,309
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0,945 0,945
82
82
13,85 13,85
1,355 1,36
11
11,05
0,308 0,32
132,5 137
+bs
clôt écart vol
0,296
0,304+ 2,01 84026
0,063
0,065- 4,41 26288480
8,74
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1351
2,12
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7,89
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3538
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7654
65,4
65,9 - 1,64
5157
24,4
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25,2
26,3 - 1,13
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7,76
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646
4,88
4,88
1
0,432
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19844
0,232
0,234
125491
0,3
0,309- 0,32
610
0,289
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0,914
0,914- 2,77
44622
82
82
14
13,85
13,85
1
1,33
1,33 - 0,75
7207
11
11
12627
0,307
0,31 + 0,81
35641
132,5
134
+ 1,13
558
cerTiFicaT/Fonds
387041
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
39,63 + 0,18
investir 10
i10gs - Fr0011630474
Fr0013284114
138.05
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-0,11
0,18
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ch0008853209
sn0008626971
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us5324571083
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ch0308403085
agta record
bras. ouest afr.
brass. cameroun
caterpillar inc.
cfoa
diageo
lilly and co
forestière eq.
geneurog
b 71,5
c
b
71,5
71,5
71,5
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+ 1,54
128
c
81
350
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30,275 30,275 30,275
c
b 4,31
30,275- 0,02
89,5
- 2,19
100
750
4,34
4,31
4,33 + 0,7
1009
11
144
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23,8 + 0,3
96,75
71,9 - 0,29
85,1 - 0,8
80,99 + 0,61
20,85
126,1 + 0,08
88,2 - 1,4
188,2 - 0,32
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2
321
186
2184
431
330
397
54
2921
61
1212
85
9
236
4,06
5,52 - 1,43
13,9 - 0,71
1874
2484
0,56
2,485 - 2,55
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279
4330
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500
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0,25
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124
860
15
875
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72938
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26,4
1
1,78
25
18,4
3,18
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4,79
0,19
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13
7,5
44,6
138,5
53
- 0,79
- 0,31
+ 1,78
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+ 0,38
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516
2828
13423
19656
1
2448
450
2485
387
137
1,04
65
43
- 1,15
5,5 + 1,85
201
13833
3729
376
Taux eT changes
changes : cours au comptant
cours
bce
var.
veille
en %
var.
année
en %
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1,1672
livre sterliNg
0,8909
FraNc suisse
1,1414
couroNNe daNoise
7,4589
couroNNe Norv.
9,5003
kuNa croate
7,4322
couroNNe suedoise
10,2959
dollar caNadieN
1,5216
yeN JaPoNais
132,3425
dollar australieN
1,6178
rouble russe
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rouPie iNdieNNe
84,688
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couroNNe tcheQue
25,6993
ForiNt hoNgrois
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4,2724
lev bulgare
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dollar hoNg-koNg
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WoN sud coreeN
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real
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dollar siNgaPour
1,595
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ruPiah
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Peso PhiliPPiN
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-0,61
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0,00
4,83
0,80
-2,25
5,21
10,67
10,47
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0,62
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2,31
0,06
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1,48
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-0,67
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3,02
6,97
5,23
-1,10
-3,24
27-09-2018
1 euro en devise
principaux taux directeurs
pays
taux de référence
taux en %
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3087
861
1282
920
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57
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- 3,65
1474
160
183
151
1500
486
2,36
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929
1360
25
505
73
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eur
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy
cad
usd
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0,8909
1,1414
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gbp
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chf
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dkk
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jpy (100)
cad
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0,6572
0,767
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0,7501
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4,9007
0,8696
1
27-09-2018
marchés monétaires
1 mois
3 mois
jour
6 mois
1 an
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27-09-2018
6 mois
allemagne 100,23
portugal
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france
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espagne
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-0,30
2 ans
5 ans
7 ans
10 ans
-0,56
0,50
0,07
0,35
1,48
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0,85
0,11
0,45
1,91
0,15
1,24
0,19
0,75
2,16
0,44
1,45
0,34
1,01
2,30
euromts
indice
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
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0.01 332,52 2.21
232,57 -0.13 234,24 -0.58
var %
31/12 var %
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usd
gbp
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1672
1,1673
0,8907
0,8910
1,1412
1,1415
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10,2965
7,4577
7,4600
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1,5217
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-0,5232
-0,5819
-0,0415
-0,0422
27-09-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
chf
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base
0.75 %
usa
taux jour le jour
2.03 %
fOnDs feDeraux
2.25 %
2 ans
2.89 %
10 ans
3.12 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.09 %
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btf
taux
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3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,58
-0,56
-0,58
-0,58
-0,55
-0,33
0,21
0,86
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moy.
mens.
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
août 18
tmm
euribor
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3 mois
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tme
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tmor.
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moy.
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euribor
tec
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the
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0,76
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0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
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0,82
0,82
0,82
0,82
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1,00
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1,00
1,03
1,03
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-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
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-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,364
-0,371
-0,366
-0,366
-0,366
-0,367
-0,365
-0,367
-0,367
-0,366
-0,367
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,37
-0,371
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-0,372
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-0,372
-0,371
-0,372
-0,37
-0,369
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
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1,02
1,02
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1,02
1,02
1,02
1,02
MaTières preMières
MéTaux précieux
MéTaux non Ferreux
MéTaux sTraTégiQues
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
27/09
26/09
COURS PriMe Prec.
lingot
32610
0
32330
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2,89
198
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17,85
289
10 dollars
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14,18
560
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0
-100
0
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1235,5
latine
193
1,94
193
napoleon
195
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1/2 napoleon* 110
16,2
110
souverain eli i* 256
7,25
256
souverain
247,8
3,81
241
1/2 souverain* 127
6,41
127
suisse
191,4
1,09
192,4
tunisienne*
193
1,94
193
mark*
250
7,07
250
krugerrand
1095
7,96
1090
lingotin 500grs 16900
3,65
17000
lingotin 250grs 8470
3,89
8470
lingotin 100grs 3400
4,26
3400
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
474,93
475,32
cuivre (girm):
Londres
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
29 515
28 940
Fix2
29 383
29 178
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
22 761
22 572
Fix2
22 361
22 575
London BuLLion MarKeT
27/09
26/09
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 416
1 431
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 185
1 194
palladium (eN dollars Par oNce troy)
1 067
1 065
platine (eN dollars Par oNce troy)
812
824
2,36
7,92 - 1
6,4
3,84 + 1,05
6,96 - 0,29
6,1 - 0,97
5,78 + 3,21
eur
Marché obligataire
Taux marchés monétaires et eurodevises
cours de changes croisés
27-09-2018
neW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
settleMeNt
27/09
déc. 18
14,26
JaNv. 19
14,28
Mars 19
14,37
Mai 19
14,45
Juil. 19
14,51
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
settleMeNt
26/09
14,36
14,42
14,45
14,57
14,83
settleMeNt
27/09
déc. 18
1186,7
avr. 19
1197,8
JuiN 19
1202,8
aout 19
1212,5
déc. 19
1221,8
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
27/09
807,8
812,3
816,2
822
828,4
26/09
1198,5
1213,2
1215,5
1222,4
1234,6
settleMeNt
26/09
822,6
825,4
834,4
840
855,1
cathodes : 5496 a coMPter du 27/09/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
629,02 dePuis le 27/09
base laMiNé laitoN 1 titre 527,11 dePuis le 27/09
base laMiNé laitoN 70/30
536,37 dePuis le 27/09
base laMiNé laitoN 85/15
582,69 dePuis le 27/09
base laMiNé broNze 94/6
713,13 dePuis le 27/09
base laMiNé broNze 94/4
685,09 dePuis le 27/09
London MeTaL exchange
27/09
26/09
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1345-1355
1450-1500
13560
1410-1420
1450-1500
13560
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2056-2056,5
2080-2081
999925
2018-2020
2054-2054,5
1006775
cuivre (en $ par tonne)
cash
3 Mois
stocks
6257-6257,5
6271-6272
210900
6275,5-6276
6280-6282
212925
etain (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
18920-18925
18900-18950
2865
18950-18975
18945-18950
2865
12890-12895
12975-12980
229152
éLecTriciTé
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
27/09
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
clôture
12840-12845
12950-12960
229464
plomb (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1996-1996,5
2013-2015
116225
2016-2018
2028,5-2029
116350
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2545-2546
2524,5-2525,5
199200
2526-2526,5
2525-2525,5
204975
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
27/09
2,76
2,77
2,78
2,78
26/09
2,8
2,81
2,82
2,83
vol
1089
718
81662
173
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
27/09
72,83
73,54
81,4
80,64
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
27/09
18950
26/09
18950
vol
clôture
26/09
40,69
46,28
clôture
26/09
72,83
73,54
81,4
80,64
vol
364004
192492
vol
clôture
clôture
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
aout 19
27/09
71,05
71,15
70,58
70,25
69,9
26/09
70,7
70,5
70,28
69,98
69,65
472,5
447,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
92,6
93,83
524,5
492,5
92,95
93,37
523,5
491,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
27/09
19,87
clôture
settleMeNt settleMeNt
vol
26/09
27,4
27,5
27,65
gaz naTureL
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
27/09
3,06
3,13
3,21
vol
clôture
vol
26/09
2,97
3,05
3,13
clôture
26/09
29,22
vol
vol
1
settleMeNt settleMeNt
27/09
oct 2018 28,49
Nov 2018 28,82
dec 2018 28,95
26/09
29,51
29,75
29,88
26/09
80,2
78,58
79,06
26/09
9,9
10,92
11,07
11,21
11,55
18171
58822
13611
10416
5010
clôture
clôture
vol
27/09
26/09
déc. 18
1529
1541
Mars 19 1557
1577
Mai 19
1574
1592
Juil. 19
1590
1603
sePt. 19
1602
1616
new york (eN $ Par toNNe)
5950
5310
1666
1140
731
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
déc. 19
27/09
2113
2139
2155
2193
2216
26/09
2168
2192
2209
2239
2258
vol
15926
10219
2505
1246
1884
clôture
vol
27/09
26/09
Nov. 18
1511
1512
5611
JaNv. 19 1509
1510
4168
Mars 19 1525
1526
1400
Mai 19
1540
1539
348
Juil. 19
1555
1556
110
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
12575
3566
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
27/09
98,85
102,25
104,6
109,6
26/09
97,8
101,15
103,55
108,35
vol
10240
2514
1209
332
vol
settleMeNt settleMeNt
Jou r
27/09
26/09
112,45
115,7
747
172
77
settleMeNt settleMeNt
27/09
26/09
déc. 18
364,5
362,25
Mars 19 376,75
374
Mai 19
384
381,75
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
vol
52321
10715
4079
settleMeNt settleMeNt
vol
27/09
26/09
Nov. 18
9,69
9,8
JaNv. 19 9,88
9,99
Mars 19 10,1
10,12
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
227
46
17
settleMeNt settleMeNt
vol
275
153
settleMeNt settleMeNt
27/09
176,95
177
177,5
vol
26/09
178,1
0
0
veau vivaNt - bresil - brl :
le 26/09//18
betail vivaNt - cMe - usd :
le 26/09//18
betail d'eNgrais - cMe - usd :
le 26/09//18
Porc Maigre - cMe - usd :
le 26/09//18
Porc FraNce e - eur :
le 02/03//17
213
vol
27/09
199,92
1.5705
0.622
1.5
26/09
199,77
reuters coM. 2305,42
2295,64
Moodys coM. 5603,53
5603,53
or iNdustriel 33078
112.45
150.75
1.13875
indices
rJ crb
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
26/09
351,3
354
363
vol
BeTaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
settleMeNt settleMeNt
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
178
2
27/09
26/09
Nov. 18
176,25
177,25
JaNv. 19 178,5
179,5
Mars 19 181,75
182,5
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
jus d’orange
27/09
351
354
363
vol
caFé
Bois
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
settleMeNt settleMeNt
27/09
26/09
déc. 18
514
517,5
Mars 19 533
536
Mai 19
542,13
547,25
mais à paris (eN euros Par toNNe)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 97.56
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
new york (cont. n°2 - cents par lb)
27/09
90,7
77,56
78,18
27/09
10,02
10,89
11,01
11,15
11,5
vol
vol
vol
coTon
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
clôture
settleMeNt settleMeNt
27/09
26/09
déc. 18
200,5
200,5
18308
Mars 19 203,25
203,25
3696
Mai 19
204,25
204,5
2672
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
27/09
26/09
déc. 18
259,75
258
Mars 19 263
263
Mai 19
262
260,5
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
iNdice cotlook a : 88,45, le 27/09//18
settleMeNt settleMeNt
clôture
settleMeNt settleMeNt
nymex ( eN $ Par Mbtu)
clôture
vol
4707
2459
612
180
91
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 25/09/
Prix indicatif : 2129,49
londres (eN £ Par toNNe)
uranium nymex (en $ par lb)
27/09
27,4
27,5
27,65
clôture
27/09
26/09
déc. 18
312,4
312,1
Mars 19 313,5
314,1
Mai 19
316,6
317,5
aout 19 319,8
322
oct. 19
323,2
325,7
new york (eN ceNts Par lb)
cacao
uraniuM
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
vol
26/09
21,9
powernext gas futures
27/09
26/09
Nov. 18
713,75
710,75
54121
Fév. 19
706,75
704,5
5316
Mars 19 704,75
702,75
7249
avr. 19
703
700,75
5180
Mai 19
699,5
699,25
2711
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
477,5
452,5
sPot
céréaLes
11,01 cts/lb
londres (eN dollars Par toNNe)
678
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
clôture
27/09
26/09
Jour
81,66
81,34
Nov. 18
81,71
81,34
72731
JaNv. 19 80,79
80,31
56630
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
sucre
london daily price:
27/09
Nord da 28,34
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
produiTs péTroLiers
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
685,5
powernext gas spot
produiTs péTroLiers
clôture
KuaLa LuMpur
26/09
antimoine 99,65% (par tonne)
8600
8600
bismuth 99,99% (par lb)
4,55
4,55
cadmium 99,95% (par lb)
1,25
1,25
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
33,5
33,5
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
29,3
29,3
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
14
14
silicium (par tonne)
2000
2000
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
27/09
lMex
2990,1
33011
2999,7
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 37
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
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Pictet Asset Management
34, avenue de Messine 75008 Paris
Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
310,73 26/09
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
561,71 26/09
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
544,81 27/09
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
254,25 26/09
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
365,03 27/09
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
560,01 26/09
LU0188501257 Pictet-health
290,93 26/09
493,94 26/09
16253,76 26/09
111,99 26/09
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
175,91 26/09
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
108,23 26/09
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
465,51 26/09
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
103,54 26/09
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
134,26 26/09
LU0851564897 euroPean equity (eur)
165,56 26/09
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
118,96 21/09
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
98,77 26/09
LU0851564541 World equity (eur)
156,88 26/09
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
161,22 26/09
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
155,24 21/09
LU1279334210 Pictet-roBotics
141,06 26/09
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
316,42 26/09
LU0090689299 Pictet-Biotech
758,9 26/09
LU0338483075 Pictet-russian equities
58,6 26/09
LU1074511459 ram (l) tf conv euroPe
146,53 26/09
252,94 26/09
LU0419186167 ram (l) tf gB Bd tot ret
141,95 26/09
LU0935723782 ram (l) tf ii asia Bd tot ret
137,9 26/09
88,07 26/09
LU0340554913 Pictet-digital
310,48 26/09
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LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
154,58 27/09
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val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
258,12 21/09
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désignation
des valeurs
101,36 26/09
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0256846139 Pictet-security
code isin
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
synchrony (lu)
LU0168449691 Pictet-greater china
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
LU0070964530 Pictet-indian eq.
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
code isin
classification
classification
sicav//fcp
297,49 26/09
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Martine
Liautaud,
de la banque
d’affaires
à la philanthropie
Elle aurait pu se reposer, se contenter d’avoir été
l’une des premières femmes banquières d’affaires, se retirer dans un des paysages de sa Bretagne… C’est mal connaître Martine Liautaud.
Le 15 octobre, cette dirigeante, au regard
lumineux sous sa fine frange, inaugurera, après
Paris, New York et San Francisco, une antenne
de sa fondation pour les femmes entrepreneuses à Montréal. Car hélas, déplore-t-elle, en sirotant un café froid dans son élégant bureau parisien, « les chiffres sont têtus ». Les femmes
représentent moins de 15 % des entrepreneurs
ayant plus de trois ans d’activité. Et leur nombre
décline toujours à mesure qu’elles grimpent
dans la hiérarchie : elles forment la moitié des
recrues, mais ne sont plus qu’un quart des viceprésidents et 10 % des « numéros un ». Des faits
auxquels Martine Liautaud, elle-même à la tête
de sa propre société, entend tordre le cou.
En 2010, déjà, elle avait lancé, avec l’aide
d’anciens, comme elle, de Standford, la Women
Business Mentoring Initiative, histoire
d’accompagner des créatrices d’entreprise de
plus de trois ans, à des étapes clefs de leur développement. En 2016, elle y a ajouté la Women
Initiative Foundation, ce fonds de dotation
dédié à la promotion des femmes et soutenu par
Engie, BNP Paribas et Liautaud & Cie. « Je suis
une optimiste », affirme la banquière conseil.
Martine Liautaud, elle, est entrée dans le
monde de la finance « par la grande porte ». A
ENTREPRISES
MOBALPA
Vincent Jung
est le nouveau directeur
de l’enseigne Mobalpa.
Vincent Jung, 53 ans, est titulaire
d’un deug en sciences économiques, d’un master 2 marketing et
d’un master ICG gestion et management stratégique. Après des débuts
DR
par Laurance N'Kaoua
@LauranceNKaoua
vrai dire, cette fille d’ingénieur, qui a étudié le
droit et les sciences politiques, a provoqué le
destin. Lorsqu’elle rencontre Jack Francès,
ancien camarade de promotion de son père à l’X
et patron de la Banque de Suez, elle a dans sa
besace, le sens des chiffres, l’envie d’être banquière d’affaires et du bagout. « J’étais la troisième d’une une famille de cinq enfants, dit-elle.
J’ai été très aimée. Mais les gens n’ont jamais rien
attendu de moi. J’ai grandi libre et audacieuse. »
Du haut de ses jeunes années, elle assure au
patron vouloir rejoindre son groupe pour contribuer à « restructurer l’économie française ».
C’était en 1974. Elle n’avait pas 25 ans. « Des
années plus tard, il m’a avoué que face à une fille si
jeune avec tant d’audace, il ne pouvait pas dire
non », confie Martine Liautaud.
Meccano et La Martinière
Elle est certes embauchée à la Banque de Suez
(désormais Indosuez Wealth Management).
Mais la bataille n’est pas gagnée. « J’étais dans un
bureau sans tâche ni client », raconte-t-elle.
La jeune femme s’en ouvre alors, lors d’un
cocktail, aux épouses de certains collègues. « Le
lendemain, l'un des dirigeants m'a avoué que sa
femme lui avait violemment reproché la manière
dont j'étais traitée. Il m'a fait venir dans son bureau.
Il m’a remis une liste de clients étrangers, notamment japonais. Et j’ai ouvert le marché ! » dit cette
esthète, fan d’opéra, qui a gravi, quatre à quatre,
chez Pierre & Vacances Central
Parks, il a rejoint le marché de la cuisine devenant notamment directeur des ventes chez Cuisinella. Il a
ensuite travaillé dix ans chez
Arthur Bonnet, où il fut directeur
commercial, marketing et réseau.
CA TECHNOLOGIES
Rémi Trento
accède au poste de vice-président
et directeur général pour la France.
les échelons. Avant 35 ans, elle passe associée. Et
travaille à plus d’une privatisation. Ses clients
sont Serge Kampf chez Capgemini, Francis Bouygues à TF1…
Mais c’est sur le campus de Stanford, où elle
part en 1989 suivre l’« executive program » que
tout bascule : le virus de l’entrepreneuriat la
gagne. Et en 1990, fraîchement diplômée, elle
quitte la Banque Indosuez après seize ans et crée
une société de conseil et d’investissement qui
deviendra Liautaud & Cie. Malgré la solitude,
rugueuse parfois. « Je crois qu’on a le droit de créer
son chemin », dit-elle. Elle prend, sous la houlette
de son holding, la société Meccano, dont elle
devient vice-présidente et actionnaire majoritaire. Parallèlement, elle contribue au lancement
des éditions de La Martinière. Avant de revendre
ses parts en 2000 à la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel. « Il faut expérimenter des tas
de choses pour devenir entrepreneur. Rien ne vaut
le vécu », ajoute-t-elle.
Mais ce n’est que plus tard qu’elle se mêlera de
parité. En 2009, aux balbutiements de la loi instaurant des quotas de femmes administratrices :
« On m’a interviewée car mon conseil était égalitaire. Et j’ai pris conscience qu’il n’y avait que 8 % de
femmes dans les conseils d’administration ! »
déclare Martine Liautaud. « Elle est à la fois bienveillante et surprenante, avec une volonté de faire et
une envie de porter les gens. Elle fait bouger les choses », estime Delphine Bellini, directrice générale
de la Maison Schiaparelli.
La patronne de Liautaud & Cie, qui a même
rédigé un livre en anglais sur les bonnes pratiques d’entrepreneuses, opte rarement pour la
facilité.
On la dit aussi généreuse, tenace. Perfectionniste, jusqu’au-boutiste même. Admirée, parfois
redoutée : « Les gens qui ne m’aimaient pas dans
l’entreprise, je ne les calculais même pas », sourit
cette mère de deux enfants, deux fois grandmère, fan d’art numérique et de tableaux d’Haïti,
d’où son époux est originaire. « Elle est extrêmement humaine. Et elle ne s’arrête jamais », commente Julie Le Cardinal, professeur à CentraleSupelec, qui collabore aux études sur la parité de
sa fondation. « J’aime être utile », résumera simplement l’intéressée. n
Rémi Trento, 47 ans, ingénieur
diplômé de PolyTech à Sophia
Antipolis, récipiendaire d’un programme de management et stratégie au sein de l’ESCP Europe a
d’abord été chargé de la relation
client en Hongrie, puis à New York
d’IBM, avant d’intégrer GeoTel
Communications en 1998. En 2000,
il a rejoint Cisco, où il a été chargé
de l’avant-vente, des relations partenaires et, enfin, de grands comp-
tes. Il était directeur des ventes du
pôle finance et assurance.
NORAUTO
Samuel Barnabas
est désormais directeur général
de Norauto France.
Samuel Barnabas, 42 ans,
diplômé de la Skema Business
School, a d’abord travaillé au sein
du cabinet PwC. En 2005, il a inté-
gré Norauto, où il a successivement assumé la direction administrative et financière de Norauto
France, puis de Norauto International. Devenu directeur du centre de Roncq en 2014, il était directeur général de Norauto Pologne
depuis 2016.
NEXITY
Marie Zaiter Al Houayek
Sébastien Durand
deviennent respectivement
directeur général délégué
et directeur de l’innovation
et de la transformation de Nexity
Property Management.
Marie Zaiter Al Houayek, 40 ans,
ingénieure diplômée de l’Ecole
centrale Paris est titulaire d’un
doctorat en mécanique des structures et des ouvrages dans leur
environnement et traitement des
sols pollués. Après des débuts dans
le groupe BTP Consultants, elle a
rejoint UFG PM, puis Nexity Property Management en qualité de
directrice technique. En 2016, elle a
aussi été nommée directrice générale de Costame.
Sébastien Durand, 47 ans, diplômé
Sup de Co Tours-Poitiers, travaille
depuis quinze ans au management et au développement de technologies dédiées au bâtiment pour
le compte d’entreprises. Ainsi, il a
œuvré auprès d’Orange, de Vinci,
de Schneider Electric et de plusieurs start-up.
OUI.SNCF
Cécile Trunet-Favre
accède au poste de directrice
de la communication
et des affaires publiques.
Elle intègre le comité de direction.
Cécile Trunet-Favre, 39 ans, diplômée de l’IEP de Strasbourg et de
l’Institut des hautes études internationales, est titulaire d’un master en
marketing et communication internationale de l’université Paris-II.
Elle a débuté au Conseil régional
d’Ile-de-France puis a rejoint la
direction de la communication du
groupe RATP. En 2009, elle a intégré la filiale RATP Dev, assurant la
direction de la communication.
Depuis 2016, elle était directrice de
la communication et de la marque
de l’université Paris-Dauphine.
RCI BANK AND SERVICES
Marc Lagrené
sera directeur clients
et opérations de RCI Bank
and Services à compter de lundi
prochain. Il siégera au comité
exécutif.
Marc Lagrené, 52 ans, diplômé
d’HEC, a commencé sa carrière,
en 1991, au poste de contrôleur
de gestion chez RCI Banque S.A.
De 1995 à 2010, il a occupé alternativement des postes dans le
contrôle de gestion et le risque de
crédit en Italie, à la DIAC et au
siège de RCI Banque S.A. Entre
2011 et 2014, il a assuré la direction générale de RCI Banque
Argentine. Depuis quatre ans, il
officiait à la direction du contrôle interne groupe.
ILS SONT NÉS
UN 28 SEPTEMBRE
Brigitte Bardot, actrice, 84 ans.
Marie-Claire Capobianco,
membre du comité exécutif
de BNP-Paribas, présidente
de l’Institut national
de la relation client, 61 ans.
Patricia Chapelotte,
présidente d’Albera Conseil,
56 ans.
Eric Ciotti, questeur
de l’Assemblée, député
des Alpes-Maritimes, 53 ans.
Charles de Croisset,
ancien PDG du CCF, 75 ans.
Mika Häkkinen,
ex-pilote de Formule 1, 50 ans.
Maurice de Kervénoaël,
président du conseil de
surveillance des champagnes
Laurent-Perrier, 82 ans.
Philippe Petitcolin, directeur
général de Safran, 66 ans.
Sylvia Pinel, députée
du Tarn-et-Garonne, ex-ministre,
coprésidente du Mouvement
radical, 41 ans.
Tatiana de Rosnay,
écrivain, 57 ans.
Mira Sorvino, actrice, 51 ans.
Mathieu Valbuena,
footballeur, 34 ans.
Naomi Watts, actrice, 50 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Le nouveau patron d’Air France-KLM manie
la carotte et le bâton.
L’INVITÉ
DES ECHOS
« Les Echos »
+
Monsieur Smith à l’Elysée
Julien Codorniou
DG de Facebook Workplace
FACEBOOK WORKPLACE Workplace est le réseau social
pour les entreprises, développé par Facebook en 2016, avec
pour objectif d’aider les salariés d’une entreprise à collaborer entre eux. « Il faut imaginer Workplace comme une startup au sein de Facebook, qui commercialise un outil inspiré de
Facebook. Cet outil est basé sur le newsfeed, les groupes,
le tchat… », explique Julien Codorniou. « L’idée est
de connecter tout le monde dans l’entreprise, du siège jusqu’à
la frontline, et de proposer des outils qui fonctionnent très
bien sur mobile, pour des gens qui n’étaient pas forcément
habitués des applications SaaS [software as a service, NDLR]
auparavant. »
CONCURRENCED’autres outils concurrents existent
sur ce marché, comme Slack ou même Microsoft Teams.
« L’avantage que nous avons est que 2,5 milliards de personnes savent déjà utiliser Workplace, car si l’on sait utiliser
Facebook, Messenger ou WhatsApp, on sait utiliser Workplace. Il n’y a pas besoin de formation. Nous voulons connecter
toutes les personnes dans le monde qui sont employées et qui
ont un téléphone mobile : c’est à peu près 4 milliards
de personnes. On ne s’intéresse pas seulement au marché
des cols blancs. »
DONNÉES « Workplace et Facebook sont complètement
séparés. […] Nous avons dû obtenir toutes les certifications
pour montrer à nos clients que les données sur Workplace
sont leurs données. »
Interview réalisée par Fabienne Schmitt
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
La diplomatie consiste, selon le trait gaulliste, à maîtriser « l’art de faire durer
indéfiniment les carreaux fêlés ». A l’aune du général, Ben Smith, le nouveau
directeur général d’Air France-KLM, n’est donc pas diplomate. A moins que
la confidence, faite au « Financial Times », qu’Emmanuel Macron est disposé
à céder les 14 % détenus par l’Etat au capital de l’empennage tricolore ne constitue à l’égard des personnels une sorte d’ultimatum qui, d’habitude, selon
la formule d’Ambrose Bierce, est « la dernière exigence avant les concessions ». Dans « Paris Match », il prend les airs candides d’un James Stewart
dans « Monsieur Smith au Sénat », concédant que « le pays est nouveau pour
[lui] ». Mais il en maîtrise déjà les codes et le poids des mots. L’ancien
numéro deux d’Air Canada a habilement éteint la polémique naissante sur
sa feuille de paie en promettant de consacrer la moitié de son salaire fixe à
l’achat de titres en Bourse. Un engagement loin d’être anodin quand les valeurs de l’aérien n’ont pas pris acte de la remontée des cours du pétrole. Il manie le bâton élyséen d’un impossible sauvetage public et la carotte d’une croissance qui va pourtant redevenir plus aléatoire. Et fait passer les messages.
A la « butée d’un mois » pour signer un accord, évoquée par le représentant
des pilotes, Philippe Evain, répond un « chemin » à découvrir « ensemble […],
même si cela doit prendre un an ». A un multiple boursier remonté de 45 %
depuis le départ, en mai, de Jean-Marc Janaillac, le plus court serait le mieux.
Haas 23
Inova Software 26
Keliber Oy 32
Livent 32
Luxottica 27
Lydia 32
Mondadori France 24
MuleSoft 25
Netflix 17
NextStage AM 26
Publicis 24
Recytech 28
Reworld Media 24
Rio Tinto 32
RMC Sport 25
Salesforce 25
AVIS FINANCIER
Akwel 31
eDitorialistes
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (le crible)
Les eChos exeCUTIves
réDactrice en chef Muriel Jasor
Les eChos week-end
Directeur De la réDaction Henri Gibier
réDacteurs en chef Gilles Denis,
Karl de Meyer et Lucie Robequain
Directrice artistique Cécile Texeraud
sÉrIe LImITÉe
réDactrice en chef Frédérique Dedet
Directrice artistique
Clarice Fensterseifer
Directeur De la Diffusion et Du marketing clients Etienne Porteaux
Directeur stratégie et communication Fabrice Février
PUBLICITÉ Les Echos Team Media tél. : 01 87 39 78 00.
présiDente Corinne Mrejen
Directrice générale Cécile Colomb
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tél. : 01 70 37 61 36. fax : 01 55 56 70 38 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h
ImPressIon l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 27 septembre 2018 : 91.224 exemplaires
origine du papier : belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de oJD-Diffusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
ce numéro comporte un 3e cahier de 8 pages « les echos patrimoine ».
Les rumeurs de mariages bancaires
ne sont plus ce qu’elles étaient.
Son célèbre patronyme empêche de le suspecter de manquer de fibre stratégique. Quand le directeur financier de Deutsche Bank, James von Moltke,
qualifie les scénarios de rapprochement avec UBS ou Commerzbank de
« fictions de la presse », la déprime boursière bancaire suit donc son cours à
Francfort, faute d’antidépresseurs spéculatifs (–35 % depuis le début de
l’année). Il se dit « constamment étonné » de ce qui passe à travers les filtres
des rédactions. Pourtant, des publications comme le « Handelsblatt »,
le « Wall Street Journal » ou le « Financial Times » n’ont pas besoin de la
créativité débridée des romans de « pulp fiction » pour remplir leurs colonnes consacrées aux fusions et acquisitions. La réalité leur suffit d’autant
qu’elle dépasse parfois la fiction, comme le montrent SCOR et Covéa
ou Carrefour et Casino. Ce qui a vraiment de quoi étonner les amateurs
de valeurs bancaires, c’est plutôt l’envie d’expression dans les rangs et
le besoin de réflexion au sommet. Un banquier d’affaires senior de la firme
de Francfort aurait préconisé en avril une scission de la banque d’investissement, pour faciliter un mariage du reste, un scénario jugé « bien intentionné mais superficiel » par sa hiérarchie. C’est toujours mieux que de voir
un mystérieux mémo interne déplorer l’absence de stratégie gagnante dans
ce métier, ce qui aurait été le cas chez HSBC. En fait, cette ébullition se comprend à la lumière des nouvelles technologies qui donnent des ailes à de
nouveaux concurrents et qui font douter de l’exécution sans faille des vieux
schémas de synergie de coûts. Le mariage pour tous ce n’est pas simple.
EN VUE
les echos est une publication du
principal associé ufipar (lvmh)
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et transformation digitale)
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Pulp fusion
La guerre commerciale n’est pas un jeu
à somme nulle pour Ford et d’autres.
Savannah Resources 32
SCOR 30
SFR 25
Société Générale 32
SQM 32
Stripe 25
STX 34
Swinton Group 30
Technicoflor 23
Tesla, 32
ThyssenKrupp 17
Tianqi Lithium 32
Treezor 32
WPP 24
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edité par les echos, sas au capital de 794.240 euros rcs 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
éDitrice Déléguée Capucine Marraud des Grottes
Directeur Des Développements éDitoriaux Du pôle les echos Henri Gibier
Lorsqu’une vision d’ensemble apparaît trop simple, il suffit de zoomer pour
en saisir toute la complexité. C’est ce que vient de faire Jim Hackett, le patron
de Ford, en évaluant à 1 milliard de dollars l’impact sur ses profits du surcoût
annuel d’achats d’acier et d’aluminium induit par les tarifs douaniers décidés
au printemps par Donald Trump. Wall Street s’est toujours montré impavide
face aux vociférations de l’hôte de la Maison-Blanche sur le commerce international. Les investisseurs estiment en effet que tant que les taxes demeurent
raisonnables, il s’agit d’un jeu à somme nulle. Comme l’expliquait récemment
Patrick Artus, le directeur de la recherche de Natixis, cette guerre est pour eux
un « non-événement total ». Elle est incapable de relocaliser des chaînes
entières de production parties depuis longtemps – Ford en a d’ailleurs fait
la démonstration en abandonnant le projet de vendre aux Etats-Unis
un crossover importé de Chine car le débouché aurait été trop étroit.
La hausse éventuelle des prix à la consommation peut, elle, être
compensée par la fiscalité grâce aux recettes engrangées aux frontières.
Les « Trumponomics » autofinancent ainsi le déficit budgétaire créé par les
baisses d’impôts par l’afflux de capitaux étrangers sur les Bourses américaines. La perspective microéconomique peut néanmoins être totalement
inversée en fonction des forces respectives de chacun des acteurs. Parti avec
retard sur le marché pétaradant des SUV, perdant de l’argent en Amérique latine et en Asie-Pacifique, ayant divisé par deux, en deux ans, sa part du
gâteau chinois, Ford est ce maillon faible qui aura plus de mal à répercuter ces
impacts à ses clients. La complainte de Jim ne sera sans doute pas la seule.
La ballade de Jim
LES ENTREPRISES CITÉES
Accenture 24
Air Liquide 20
Albemarle 32
Alcatel 34
Alstom 34
BBGR Optique 27
Capgemini 24
Covéa 30
EFA 28
Ellcie Healthy 27
Engie 20
Essilor France 27
European Lithium 32
Exaedre 28
FMC 32
Ganfeng 32
crible
C
Tiger Woods
ouronnée reine d’Ecosse à l’âge
de six jours, Marie Stuart n’a pas
été seulement la souveraine la
plus jeune de l’histoire. Le numéro spécial passionnant que « Les Echos WeekEnd » ont consacré au golf nous
apprend qu’elle fut aussi pionnière en la
matière de ce jeu qui rend fou. Lui est
même attribuée l’introduction dans
son pays du terme de « caddie ». Ce mot
est une déformation de celui de cadet,
car c’étaient à l’époque les cadets militaires qui en France portaient les clubs.
Tiger Woods, lui, est un géant. Depuis
Sheila on n’avait pas vu un tel comeback ! Sa décadence fut à la hauteur de
sa grandeur, « un destin grandiose et
monstrueux », résume assez bien
« L’Equipe ». Le petit tigreau avait deux
ans lorsque son père Earl le présenta
comme « la prochaine révélation du
monde du golf » à un journaliste sportif.
Celui-ci racontera : « Il faisait moins
d’un mètre et il envoyait des coups de fusil
à cinquante mètres à chaque fois. » Dixneuf ans plus tard, en 1996, il a 21 ans,
repousse les limites athlétiques d’un
sport jusque-là pépère. A Augusta, il
bluffe les anciens par un coup de départ
dépassant les 300 mètres, en 2009, ses
gains cumulés dépasseront le milliard
de dollars. Ce seront ensuite ses excès
qui le dépasseront. Sexomania, du putt
aux putes, shoots aux antidouleur… Fin
2017, le Tigre était tombé à la 1199e place
du classement mondial. En août, il a
atteint la deuxième place de l’USPGA.
La Ryder Cup, qui s’ouvre en France, est
écrite pour être son chef-d’œuvre. Dans
son enfance, un bégaiement tenace
l ’é l o i g n a i t d e s e s c a m a r a d e s .
Aujourd’hui, pour lui, c’est l’histoire qui
bégaie.
(
Lire nos informations
Page 19
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
VENDREDI 28 ET SAMEDI 29 SEPTEMBRE 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22791 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENTPATRIMOINE.LESECHOS.FR/
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management
Les derniers feux
des placements vedettes
LA
CHRONIQUE
de MarieChristine
Sonkin
Il y a des fonds.
Mais il n’y a qu’un fonds
qui crée des fonds*.
Novaxia Immo Avenir, est un fonds qui finance des projets de réhabilitation d’immeubles vacants pour les
transformer en actifs d’hébergement, avec la potentielle perspective d’une double valorisation : la plus-value
foncière et la création de fonds de commerce exploités par des tiers. Pour toute souscription, bénéficiez
d’une réduction d’IR**.
Plus d’informations sur novaxia.fr ou au 01 85 08 23 00
* Nous évoquons ici la création de fonds de commerce. ** En contrepartie d’un risque de perte en capital des actions pendant 5 ans. Le traitement
fiscal dépend de la situation fiscale de l’investisseur et est susceptible d’être modifié ultérieurement. L’attention du public est attirée sur les rubriques
“facteurs de risques” de la note complémentaire et du Prospectus, notamment le risque de perte en capital et d’illiquidité. Il appartient à chaque investisseur de vérifier l’intérêt de l’investissement au sein de Novaxia Immo Avenir. Une note complémentaire et un prospectus visé par l’Autorité des
marchés financiers le 06/06/2018 sous le n°18-230 sont disponibles sans frais et sur simple demande auprès de Novaxia Asset Management.
L
es fausses solutions fleurissent sur la Toile avec des
slogans aussi mensongers
qu’accrocheurs : des propositions
de trading sur le Forex pour débutants à comment se transformer
en cryptomillionnaire en passant
par les offres pour devenir rentier
avec l’immobilier, même sans
argent (sic !)…
La réalité est plus aride. Rendements obligataires à l’étiage, inflation en hausse, immobilier en
chauffe, marchés financiers incertains… L’épargnant 2018 n’a pas les
meilleures cartes entre ses mains
pour réussir un Grand Chelem.
D’autant plus qu’il n’est pas question de tout miser sur un coup
de poker. Et si la solution était de
replacer l’investisseur au cœur
du jeu ? Le flou autour des solutions d’épargne se dissipe dès lors
que chacun définit clairement
ses objectifs et se contraint à une
discipline d’épargne compatible
avec son budget. L’étape suivante
consiste à définir la dose de risque
à injecter pour respecter un équilibre délicat entre ses capacités
à supporter d’éventuelles pertes
en capital et la durée de placement.
Car les règles ont changé.
Vu la faiblesse de rendement
des placements sans risques,
les solutions alliant liquidité et
sécurité ne permettent même plus
de se protéger de l’inflation ! Il faut
envisager des solutions plus complexes et diversifier ses placements
pour limiter les risques de pertes.
Le Livret A et les contrats
d’assurance-vie en euros à capital
garanti sont toujours les placements vedettes. Mais les épargnants qui restent vissés sur ces
seuls produits sont éblouis par
la lumière d’étoiles déjà mortes.
Ils regardent les rendements du
passé alors que l’avenir appartient
à d’autres astres.
Malgré cette illusion d’optique,
une certaine prise de conscience
commence à se manifester.
Elle ne se traduit pas par une
nouvelle appétence pour le risque,
mais par un regard plus sévère
sur les différents frais prélevés par
les intermédiaires. Le mouvement
n’a pas échappé à certains députés
qui, après le plafonnement des
frais liés à la vente de l‘immobilier
de défiscalisation, s’interrogent
aujourd’hui sur la nécessaire
transparence des frais afférents
à l’assurance-vie.
La course au low cost ouvre
un boulevard aux fintech œuvrant
sur Internet. Mais dans un paysage
où il est de plus en plus difficile
de générer une valeur ajoutée,
les professionnels de la gestion
de patrimoine ont plus que jamais
leur place. n
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02 // PATRIMOINE
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
PLACEMENTS // Dans un contexte marqué par la volatilité boursière et l’instabilité fiscale, les Français
plébiscitent avec constance la sécurité et la liquidité de leur épargne aux dépens de sa rentabilité.
Le rendement est
une affaire de temps !
L
es clichés ont la vie dure… En
témoignent les photos du
patrimoine financier des
Français produites par les services
statistiques de la Banque de France.
Année après année, la même configuration apparaît : numéraire et
dépôts à vue débordent (plus de
530 milliards d’euros en stock fin
mars), comptes sur livret au taquet
(fin août, la collecte du Livret A a
dépassé 11 milliards d’euros et son
encours atteignait 283 milliards
d’euros) et fonds en euros toujours
bien garnis (plus des deux tiers des
cotisations nouvelles et des trois
quarts des 1.700 milliards d’euros
d’encours d’assurance-vie).
« En structure, les produits de taux
continuent de représenter 65 % du
patrimoine financier des ménages »,
confirme la Banque de France dans
sa lettre StatInfo de fin août. Quelques signes attestent pourtant de
frémissements en faveur des placements boursiers. « Après avoir
atteint 7 millions, le nombre de PEA
tombé à 4 millions fin 2017, est
remonté à 4,3 au premier trimestre
2018, porté par la dynamique boursière et la fiscalité avantageuse
induite par le PFU, le prélèvement
forfaitaire unique, indique Philippe
Crevel, directeur du Cercle de
l’Epargne. Par ailleurs, notre
enquête annuelle sur les comportements d’épargne des Français témoi-
gne en 2018 d’un regain d’intérêt des
sondés pour les actions : ils sont 39 %
à juger ce placement intéressant contre 29 % deux ans plus tôt. »
Diversification gagnante
Et ils n’ont pas tort. S’il est vrai que
les performances passées ne peuvent préjuger des résultats futurs,
les chiffres n’en demeurent pas
moins têtus. Une étude publiée fin
juin par l’IEIF (Institut de l’épargne
immobilière et financière) sur la
rentabilité comparée des principaux placements atteste ainsi de la
capacité des actifs cotés mobiliers
(actions et obligations) et aussi
immobiliers (foncières), mais aussi
des SCPI à surperformer au long
cours les produits liquides et garantis (Livret A, assurance-vie en
euros, sicav monétaires).
Sur 10 ans par exemple,
entre 2007 et 2017, les actions ont,
malgré les crises de 2008 et 2011,
généré une rentabilité moyenne de
3,3 % contre 1,7 % pour l’épargne
réglementée (respectivement 7,2 %
et 2,2 % sur vingt ans). « Sur des
durées de 10, 15 et 20 ans, les foncières
cotées arrivent en tête et sur 5, 30 et
40 ans, c’est au tour des actions »,
précisent les experts de l’IEIF. Soulignant l’efficacité financière de la
diversification, ils estiment notamment que « le patrimoine des Français constitué à plus de 60 % de loge-
ments, de 15 % d’assurance-vie, de
13 % de sicav monétaires et de 11 %
d’actions fin 2016, s’est – en considérant cette structure constante dans le
temps – apprécié de 477 % sur 20 ans,
alors que l’assurance-vie n’a progressé que de 210 % ».
Publié quelques mois plus tôt, en
février, le premier baromètre de
l’AMF (Autorité des marchés financiers) consacré aux comporte-
Récemment
interrogés sur
leurs préférences
financières, seulement
17 % des Français
optent pour
la plus-value au prix
du risque.
ments de placement des Français,
conforte cette perception. « En croisant de multiples données (stratégie,
durée, date d’épargne, frais et fiscalité, etc.), nous avons cherché à évaluer avec précision le rendement
comparé dans le temps du Livret A,
des obligations souveraines domestiques et des actions du CAC 40. » Il en
ressort qu’au bout de dix ans, « la
performance d’un portefeuille mixte
composé de 50 % d’actions et 50 %
d’obligations est supérieure en
moye nne de 23 % à celle d’un
Livret A », calcule l’AMF.
Réticences
envers les actions
Ces résultats devraient achever de
convaincre les épargnants qui,
selon ce même baromètre seraient
« 44 % à juger les actions comme les
supports les plus intéressants sur le
long terme et 56 % à penser qu’il s’agit
d’une bonne idée pour diversifier ses
placements ». Mais de la parole aux
actes, le plus dur reste à faire.
« Secoués par les krachs financiers
des années 2000, les épargnants ont
développé une aversion aux pertes
plus encore qu’au risque », constate
Alain Tourdjman, directeur études,
veille & prospective chez BPCE.
Récemment interrogés sur leurs
préférences financières, « 50 % se
prononcent en faveur de placements
disponibles et peu rémunérés et seulement 17 % optent pour la plus-value
au prix du risque », précise-t-il.
« Les incitations fiscales à l’épargne
longue se sont multipliées au cours
des quarante dernières années pour
un résultat souvent limité, confirme
Philippe Crevel. La question désormais est de savoir si avec l’instauration de la flat tax, et les mesures du
projet de loi de Pacte favorables à une
réorientation de l’épargne des Français vers des placements davantage en
phase avec l’économie réelle, le gouvernement parviendra à ses fins. »
Crédits photos : Shutterstock. Conception : Sakara
La responsabilité
des intermédiaires
Le rôle des intermédiaires financiers est à cet égard fondamental.
« Les Français, dans leur grande
majorité, ignorent le fonctionnement
des produits qu’on leur propose,
leurs ressorts de performance et le
degré d’adéquation qu’ils offrent – ou
pas – avec leur profil d’épargnant et
leurs objectifs patrimoniaux. Plus
que jamais nous devons faire preuve
de pédagogie et de transparence sur
les frais notamment qui, quelles que
soient les allocations d’actifs conseillées, doivent être explicités afin
que le client puisse raisonner en fonction de la performance nette qui tombera dans sa poche », confirme
Guillaume-Olivier Doré, président
et fondateur de Mieuxplacer.com.
Comme le remarque Latifa
Kamal, directrice du développement Produits & Ingénierie patrimoniale chez Primonial, la réglementation européenne, au travers
des directives MIF 2 (effective) ou
Se sentir accompagné, bénéficier de toutes les garanties, profiter de
services uniques… en devenant propriétaire avec BPD Marignan,
vous avez l’assurance d’accéder à un habitat tout entier dédié à votre
bien-être, parfaitement respectueux de son environnement, et
désireux de redessiner la ville de demain. Faites connaissance avec
la qualité et le savoir-faire BPD Marignan.
Cela changera votre vision de l’immobilier.
bpd-marignan.com
Conseils inadéquats
Une série de contrôles menés par
l’AMF entre fin 2016 et fin 2017 et
44 %
DES ÉPARGNANTS
jugent les actions comme les
supports les plus intéressants
sur le long terme, selon
le baromètre de l’AMF.
portant sur des instruments financiers risqués vendus à des personnes âgées par différents réseaux
bancaires et d’assurance témoignent cependant du chemin qui
reste à parcourir : manque « de
compréhension par les établissements de l’articulation entre le conseil en investissement et la réceptiontransmission d’ordres avec des cas
dans lesquels les établissements
auraient dû s’abstenir de fournir un
conseil », déficit de « traçabilité du
conseil en investissement » et parfois « non-respect des profils des
clients ou de leurs objectifs d’investissement et de l’évaluation des connaissances et de l’expérience des
clients en matière d’investissement »… Le constat se passe de
commentaires.
— Laurence Delain
A chaque âge ses solutions
Comment piloter sa prise
de risques en fonction
d’horizons de placement ?
Vivez votre projet immobilier
DDA (attendue début octobre) « va
totalement dans ce sens. Elle remet la
qualité et le suivi du conseil au cœur
de la relation tissée avec le client et ne
permet plus de décaler la proposition
d’allocation d’actifs de son profil
d’investissement ».
Pour faire les bons choix, il suffit,
selon Albert d’Anthoüard, directeur
de la clientèle privée de Nalo, une
structure dédiée à la gestion de
patrimoine en ligne, « de se poser
trois questions simples : quels sont les
projets poursuivis, quels montants
exigent-ils et dans quel environnement patrimonial et matrimonial se
situe-t-on ? » Le degré d’exposition
aux actions de son épargne financière peut ainsi varier du simple au
double selon les réponses apportées
et la tranche d’âge où l’on se situe.
Avant 30 ans
C’est l’âge de tous les possibles, des
premiers emplois, du remboursement de ses crédits étudiants et
autres prêts projets (permis de conduire, premiers achats d’électroménager, etc.), des déménagements
souvent à répétition et « il est fortement recommandé de garder une
importante part d’épargne liquide,
mobilisable à tout moment », remarque Latifa Kamal, directrice du
développement produits et ingénierie patrimoniale chez Primonial.
« Mais, ajoute-t-elle, c’est également
le moment de démarrer une capitalisation au long cours en plaçant chaque mois 100 ou 200 euros sur une
assurance-vie multisupport fortement exposée en UC, unités de
compte, dynamiques. »
De 30 à 50 ans
Les projets de vie se succèdent et
conduisent à effectuer de fréquents
arbitrages sur différents horizons
de placement. Il en résulte des stratégies financières à plusieurs ressorts mixant épargne de précaution
et diversification via la souscription
d’une assurance-vie au profil équilibré ou dynamique (50 % ou plus
d’UC), doublée le cas échéant d’un
PEA (plan d’épargne en actions) et/
ou d’un plan d’épargne salariale
(PEE) en gestion active, le tout complété par une amorce d’épargne
retraite (PERP, Madelin ou autres)
en gestion à horizon.
Après 50 ans
C’est le temps des bilans et des
recompositions patrimoniales. La
grande majorité des 50-60 ans a fini
de rembourser son crédit immobilier, dispose de fait d’une meilleure
capacité d’épargne et la question de
la réorganisation des placements
financiers se pose parfois de façon
d’autant plus pressante que les
divorces et recompositions familiales sont légion dans cette tranche
d’âge.
Avec l’allongement de la durée de
vie, l’horizon de placement reste
par ailleurs suffisamment long
(15-20 ans) pour continuer de diversifier une fraction de son patrimoine (sous forme d’assurance-vie
en UC, compte titres, etc.), et ce
d’autant plus que, comme le remarque Alain Tourdjman, directeur des
études chez BPCE, pour les seniors
aisés, « le nouvel IFI et l’institution
du prélèvement forfaitaire unique
induisent de nouveaux arbitrages
fiscaux favorables aux actifs
financiers ».
— L. D.
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PATRIMOINE // 03
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
DE 20 À 30 ANS // A l’âge de tous les possibles, épargner régulièrement est une habitude à prendre.
Même s’ils ont l’avantage de la simplicité, pas question pour autant de ne choisir que les placements classiques.
Quels placements
pour démarrer ?
P
enser à se constituer un
patrimoine lorsqu’on entre
dans la vie active n’a rien
d’évident. Entre les dépenses
contraintes (loyer, voiture…) et celles
qui concrétisent enfin des rêves (loisirs…), la liberté apportée par les premiers revenus peut être mise à rude
épreuve. Il n’empêche : une écrasante majorité des 25-35 ans affirment vouloir se constituer un patrimoine dans les cinq à dix ans, et
déclarent même, pour un tiers
d’entre eux, « agir concrètement », en
épargnant ou en investissant (sondage réalisé par l’Ifop pour l’Union
Financière de France, en mai 2017).
• LIVRET A ET LEP
En tête de liste des produits phares
de cette tranche d’âge, d’ores et déjà
détenus ou à détenir, on trouve le
Livret A. Ce grand « classique » n’a
pas son pareil pour abriter à court
terme les quelques mois de trésorerie nécessaires pour pouvoir faire
face sereinement aux imprévus. Le
Livret A (tout comme le livret de
développement durable et solidaire) dispose, il est vrai, d’atouts :
un fonctionnement simple, facile à
comprendre, des minima de versement particulièrement bas
(10 euros) et la possibilité d’avoir
accès à son épargne à tout moment,
sans frais, en cash aux distributeurs
Ouvrir un PEL
aujourd’hui n’est pas
judicieux.
des banques grâce à des cartes de
retrait gratuites (La Banque Postale, BNP Paribas…) ou sous forme
de virements destinés à alimenter le
compte courant, via des opérations
lancées en ligne ou sur mobile.
Hélas, le prix à payer pour conjuguer sécurité et liquidité parfaites
se traduit aujourd’hui par un taux
d’intérêt très peu attractif puisque
de 0,75 % seulement l’an, toutefois
net d’impôt et de prélèvements
sociaux. Sachant que les versements ne commencent à générer
des intérêts non pas le jour où ils
sont effectués, mais à partir du 1er et
du 16 de chaque mois, et que ces
mêmes intérêts ne sont crédités que
par quinzaine pleine (du 1er du mois
au 16, puis du 16 au dernier jour du
mois), il est nécessaire d’être un tantinet vigilant quant à la date des
retraits : à défaut, le total des intérêts risque d’être bien maigre…
Ceux dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas certains seuils
(19.468 euros pour une part fiscale
et 29.863 euros pour un couple soumis à imposition commune en 2018)
ont intérêt à privilégier le Livret
d’épargne populaire (LEP), qui offre
un demi-point de rémunération
annuelle en plus. Pas de quoi faire
des folies : en y plaçant d’emblée les
7.700 euros autorisés, le gain sera de
96,25 euros pour un an, contre
57,75 euros avec un Livret A.
• ÉPARGNE LOGEMENT
Pour une épargne de précaution
dont l’horizon de placement n’est
pas défini car on ne sait pas vraiment quand on va s’en servir, mieux
vaut regarder du côté de l’épargne
logement. A une condition : être
titulaire d’un plan épargne logement affichant un taux de rémunération de l’épargne, hors prime
d’Etat, de 2,5 % (plans ouverts avant
janvier 2015), de 2 % (plans ouverts
entre février 2015 et janvier 2016),
de 1,5 % (plans ouverts entre
février 2016 et juillet 2016) ou
encore de 1 % (plans ouverts entre
août 2016 et décembre 2017).
Le cas échéant, en pensant à
« alimenter » un ancien plan, vous
ferez « coup double » : d’une part,
votre épargne sera mieux rémunérée que sur un livret (c’est la contrepartie d’un blocage relatif des fonds
durant les 4 premières années) et,
d’autre part, ce matelas de sécurité
vous permettra à la fois d’afficher
un meilleur profil de risque si vous
empruntez pour votre future résidence principale et d’engranger
une prime d’Etat allant jusqu’à
1.000 euros (1.500 euros pour un
logement performant énergétiquement), hors majorations éventuelles pour charge de famille.
En revanche, ouvrir un PEL
aujourd’hui n’est pas judicieux :
outre le faible rendement annuel
(1 % l’an), les gains sont fiscalisés dès
le premier euro depuis le 1er janvier
2018. Par ailleurs, il n’est plus possible de bénéficier du « bonus » que
constitue la prime d’État.
QUELS CONTRATS
•D’ASSURANCE-VIE
?
Autre possibilité pour loger son
épargne au long cours : ouvrir un
contrat d’assurance-vie. Une stratégie à adopter « même si l’on n’a
aucune visibilité sur ses projets et
même si l’on ne dispose pas de sommes importantes », selon Philippe
Crevel, directeur du Cercle de
l’Epargne.
Depuis l’instauration d’un prélèvement forfaitaire unique de
30 % sur les rachats effectués
avant le 8e anniversaire du contrat
(prélèvements sociaux inclus),
l’assurance-vie, jusqu’alors réceptacle de l’épargne de long terme,
peut désormais s’envisager pour y
loger aussi une épargne de moyen
terme que l’on ne pense pas utiliser
d’ici quatre à cinq ans. D’autant
que de nombreux contrats peuvent être ouverts à partir de quelques dizaines d’euros seulement :
100 euros pour Puissance Avenir
d’Assurancevie.com ou 120 euros
pour le multisupport Afer par
exemple.
Le fait de « prendre date » fiscalement parlant permet en outre de
bénéficier plus vite de l’abattement
annuel de 4.600 euros (pour une
personne seule) ou de 9.200 euros
(couple soumis à imposition commune) sur les gains réalisés, une
fois franchi le cap des 8 ans du
contrat. Pour Bernard Le Bras, président du directoire de Suravenir,
l’intérêt d’ouvrir un contrat d’assurance-vie est aussi de « pouvoir
accéder à différents marchés et donc
de pouvoir booster potentiellement le
rendement de son épargne ». Pour
cela, il est impératif de choisir « un
contrat peu gourmand en frais, qui
puisse être piloté de façon dynamique, sur portable ou sur tablette » et
qui comprenne différentes options
de gestion permettant, de façon
automatisée, soit de limiter les pertes lorsque la valeur des unités de
compte est en baisse (« stop-loss »),
soit de sécuriser les gains lorsqu’elle
est en hausse.
— Roselyne Poznanski
FLEXIGESTION
PATRIMOINE
1,4
, MILLIARD D’EUROS GÉRÉS
ET AUTANT DE BONNES RAISONS D’INVESTIR
PERFORMANCE NETTE + 22,54 % SUR 5 ANS*
Privilégier les versements réguliers
Pour pouvoir s’appuyer à terme sur un certain capital, il faut
savoir épargner régulièrement, de préférence tous les mois,
et non une fois de temps en temps, même si la somme allouée
à ce moment-là est plus importante. Virée de façon automatique vers un livret ou un contrat d’assurance-vie, l’épargne
disparaît en douceur du compte courant et devient de facto
indisponible pour toutes sortes de tentations. Cela permet
aussi de « moyenner » dans le temps le prix d’achat des différents supports (unités de compte des contrats d’assurance-vie,
parts d’OPCVM ou titres vifs dans le cadre du PEA ou d’un
compte titres ordinaire) et donc d’amortir les mouvements
des marchés, notamment en profitant des creux de marché.
Enfin, parce qu’elle est source d’intérêts supplémentaires,
appelés « composés », puisque les intérêts déjà acquis produisent à leur tour d’autres intérêts, ce qui constitue en parallèle
une seconde source de gains.
* Performance nette de frais de gestion du 31 août 2013 au 31 août 2018, encours au 31 août 2018, source SIX.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Flexigestion Patrimoine (code ISIN FR0010259424) présente un risque de perte en capital. Pour une information complète sur les
risques, veuillez vous référer au Document d’Informations Clés pour l’Investisseur (DICI) disponible sur www.cmcic-am.fr. Si vous
souhaitez investir, rapprochez-vous de votre conseiller financier qui vous aidera à évaluer l’opportunité de cet investissement en fonction
de votre situation personnelle et financière, vos objectifs et votre horizon de placement, votre sensibilité au risque et vos connaissances
et expérience en matière de produits financiers. Flexigestion Patrimoine est géré par CM-CIC Asset Management, société de gestion
agréée par l’AMF sous le n° GP 97-138, SA au capital de 3 871 680 €. Les fonds gérés par CM-CIC AM ne peuvent être ni vendus, ni
conseillés à l’achat, ni transférés, par quelque moyen que ce soit, aux États-Unis d’Amérique (y compris ses territoires et possessions),
ni bénéficier directement ou indirectement à toute « US Person », y compris toute personne, physique ou morale, établie ou résidant
aux États-Unis.
cmcic-am.fr
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04 // PATRIMOINE
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
DE 20 À 30 ANS // Epargner pour pouvoir compter sur un certain capital à
terme, c’est bien. Utiliser l’effet de levier du crédit pour commencer à bâtir
la composante immobilière de son patrimoine, c’est encore mieux.
Les clefs pour un premier
achat immobilier
M
ême si la hausse continue
des prix de l’immobilier
dans certaines villes peut
dissuader, il n’est jamais trop tôt
pour se lancer dans un investissement immobilier, d’autant que les
taux d’intérêt sont très bas. Selon le
courtier en crédit Vousfinancer.com, « les taux moyens sont
actuellement à 1,3 % sur 15 ans, 1,5 %
sur 20 ans et 1,7 % sur 25 ans, mais
avec des taux planchers négociés à
0,65 % sur 15 ans, 0,8 % sur 20 ans et
1,35 % sur 25 ans pour les meilleurs
profils ». Même avec un budget
serré ou un petit apport personnel,
il est d’abord judicieux de montrer
que l’on s’est déjà engagé dans une
démarche d’épargne : « Alors même
qu’il n’a pas d’échéances de prêt à
rembourser, un jeune qui met de côté
chaque mois de 20 % à 30 % de ses
revenus, parce qu’il vit encore chez
ses parents ou parce qu’il en a simplement la volonté, témoigne d’une
capacité à bien gérer son budget. Audelà de l’apport constitué, c’est un
signal extrêmement positif qui se traduit souvent par l’octroi de bonnes
conditions de financement », explique Guy Poyen, directeur marketing du Crédit Agricole IDF.
L’atout PTZ
Pour l’achat de la résidence principale neuve ou ancienne, il est
ensuite opportun de rechercher sur
quels financements complémentaires, les plus indolores possible,
on va pouvoir éventuellement
s’appuyer. En tête, on trouve le prêt à
taux zéro (PTZ). Sous réserve d’être
primo-accédant et de répondre à
certains critères de ressources
notamment, le PTZ peut couvrir
jusqu’à 40 % du coût global de
l’acquisition. Au premier trimestre 2018, son montant moyen a été
de 56.170 euros*.
Viennent ensuite le prêt action
logement réservé aux salariés,
ainsi que diverses propositions
émanant soit d’établissements
bancaires (prêt primo-accédant de
30.000 euros à 0 %, sans conditions
d’âge, de revenus et sans frais de
dossier du Crédit Agricole IDF par
exemple), soit de collectivités territoriales (prêt Paris logement à 0 %,
Nouveau Chèque Premier Logement de la ville de Marseille ou
encore aide forfaitaire octroyée par
Rennes Métropole notamment).
Penser au locatif
RÉSIDE ÉTUDES, LEADER DES
RÉSIDENCES URBAINES AVEC SERVICES
Lorsque le niveau des prix au mètre
carré atteint des sommets, comme
c’est le cas dans certaines métropoles (Paris, Lyon, Bordeaux, Rennes…) et n’offre pour unique perspective que la possibilité d’acquérir
des surfaces d’habitation extrêmement réduites, voire des locaux
annexes (garages…), il peut être
intéressant de songer à l’investissement locatif pour constituer la première pierre de son futur édifice
immobilier personnel. A une
condition : « Accepter d’investir
dans des régions où la demande loca-
tive est forte comme Lille et Nantes,
où la rentabilité brute sera de l’ordre
de 4 % à 5 % par an et non de 2 % par
an comme en région parisienne,
mais où l’on sait par avance que l’on
ne réalisera pas ou peu de plus-values
lors de la revente », conseille Christophe Chaillet, directeur de l’ingénierie patrimoniale chez HSBC
France.
Il est possible
d’envisager d’investir
à plusieurs, avec
constitution préalable
d’une société civile
immobilière (SCI).
De façon plus dynamique
encore, afin de se lancer d’emblée
dans une opération plus importante, il est possible d’envisager
d’investir non plus seul, mais à plusieurs, de préférence avec constitution préalable d’une société civile
immobilière (SCI). Un schéma juridique très apprécié des établissements bancaires, et pour cause : les
coemprunteurs sont généralement
caution solidaire les uns des autres,
ce qui sécurise davantage encore le
prêteur par rapport à un achat réalisé seul.
— Roselyne Poznanski
*Source : statistiques nationales PTZ,
SGFGAS, juin 2018.
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clientèle avec Réside Études, expert des résidences gérées depuis 30 ans.
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SUR
LE WEB
de l’art Une nouvelle fondation ouvre
•le Marché
4 octobre près de Washington à l’initiative de l’homme d’affaires
Mitchell Rales et de son épouse. Leurs choix artistiques sont très
longuement muris à rebours des modes et de la spéculation.
Retrouvez la chronique de Judith Benhamou-Huet sur lesechos.fr
Logement Avec le projet de loi de finances 2019,
certaines des subventions accordées aux particuliers
pour rénover leur logement vont évoluer.
Récapitulatif des aides en vigueur jusqu’au 31 décembre.
Impôts Les contribuables ont jusqu’au 15 octobre pour
s’acquitter de leur taxe foncière. Et bénéficient de cinq jours
supplémentaires en cas de paiement en ligne.
Ce qu’il faut savoir.
Et toute l’actualité du patrimoine
sur lesechos.fr/patrimoine
•
•
•
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PATRIMOINE // 05
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
DE 30 À 50 ANS // Années de construction, de consolidation, mais aussi
parfois de décomposition-recomposition professionnelles et familiales,
ces deux décennies ouvrent de larges perspectives pour une gestion active.
C
Du risque pour de
meilleurs rendements
omment bâtir une stratégie
patrimoniale pérenne en
adéquation avec les multiples projets de vie qui ne manqueront pas de se succéder vingt ans
durant ? La question appelle évidemment une kyrielle de réponses
d’autant qu’elle s’inscrit dans un
univers financier incertain, marqué, entre autres, par la volatilité
des places boursières, une courbe
des taux sous pression inflationniste et de fortes incertitudes géopolitiques.
Pour les 30-50 ans, le temps reste
le meilleur des alliés pour diversifier donc rentabiliser leur épargne
tout en lissant leur prise de risques.
« Assurer son autonomie financière
reste, à tout âge, le premier objectif
patrimonial », rappelle Alain
Tourdjman, directeur des études de
la BPCE. La mise en pratique de ce
programme est évidemment bien
plus complexe que son énoncé
mais quelques principes directeurs
permettent d’en dessiner les grandes lignes.
BIEN DOSER SON ASSU•RANCE-VIE
MULTISUPPORT
Que l’on ait 30, 40 ou 50 ans, « la préoccupation financière s’articule surtout autour de projections de long
terme, dont l’objet évolue au gré des
parcours personnels, familiaux et
professionnels : l’achat de son logement, le financement des études des
enfants, la préparation de la retraite,
la protection du conjoint, l’anticipation de sa transmission, etc. »,
résume Alain Tourdjman. Ce n’est
donc pas un hasard si, à partir de
40 ans le taux de détention de l’assurance-vie grimpe en flèche.
La chute des taux
fragilise le fonds
en euros.
Même si la chute des taux fragilise le fonds en euros (son rendement moyen tombé en 2017 à 1,8 %,
devrait peu bouger cette année),
aucun placement ne réunit à ce jour
autant d’atouts patrimoniaux sous
une même bannière.
Quatre atouts majeurs restent
l’apanage du produit. D’abord la
liquidité : on peut récupérer son
argent à tout moment. Ensuite la
diversité : du fonds en euros sécurisé aux unités de compte (UC) les
plus variées, toutes les combinaisons financières sont envisageables
au sein d’un même multisupport.
Troisième atout, la souplesse : on
peut alimenter son contrat par des
versements libres susceptibles
d’être suspendus à tout moment.
Enfin la fiscalité : passé huit ans,
l’épargne capitalisée est récupérable en franchise partielle d’impôts.
En outre, sur le plan successoral,
l’assurance-vie demeure le seul
moyen de transmettre à la pers o n n e d e s o n c h o i x j u s q u’à
152.500 euros hors droits. Reste à
bien choisir son contrat (voir
tableau ci-dessus). Pour le piloter au
mieux dans le temps, le plus simple
consiste en général à opter pour
une gestion profilée plus ou moins
dynamique, selon son aversion au
risque, en privilégiant si possible
« une architecture ouverte, susceptible de donner accès aux meilleures
expertises et convictions de marché », note Cyrille Chartier Kastler,
président fondateur du cabinet
Facts & Figures et du site Goodvalueformoney.eu.
Sur huit ans, un taux d’unités de
compte de l’ordre de 30 %-40 %
apparaît comme un bon compromis, quitte à réduire la voilure aux
alentours de 10 % si l’on pense avoir
besoin de son épargne dans les
deux ans. Dans une optique
retraite, il est par ailleurs recommandé de doubler ce pilotage d’une
gestion par horizon, qui, en sécurisant automatiquement l’actif du
contrat au fur et à mesure que cette
échéance approche, permet de
bénéficier d’un couple performance-risque adapté à chaque étape de
la constitution de son épargne.
• PENSER AU PEA
sachant que dans ce cas l’abondement de l’employeur, plafonné à
3.178,5 euros en 2018, peut être
majoré de 80 % (jusqu’à 5.721 euros).
ENVISAGER DES
•SOLUTIONS
ALTERNATIVES
Le conseil vaut en priorité pour les
particuliers qui, déjà propriétaires
de leur logement et d’un patrimoine
financier bien ventilé entre liquidités, assurance-vie et valeurs mobilières, sont prêts à immobiliser une
fraction de leurs avoirs (10 %) pour
dégager un surplus de rendement à
terme. Une multitude de possibilités s’offrent à eux (produits structurés, fonds à performance absolue,
fonds flexibles, obligataires atypiques, etc.) parmi lesquelles deux
voies de long terme méritent d’être
explorées : la tontine et le private
equity. La première consiste en une
forme très particulière d’épargne
mutualisée, distribuée par Groupe
Le Conservateur, qui bloquée jusqu’à échéance (dix ans minimum)
offre un potentiel de doublement de
sa mise sur quinze ans.
Quant à l’investissement dans
des entreprises non cotées, qu’il
passe par l’achat de parts de FCPR
(fonds commun de placement à risque), de FCPI (fonds commun de
placement dans l’innovation) de
FIP (fonds d’investissement de
proximité), ou qu’il transite par
l’enveloppe fiscale de l’assurancevie, de l’épargne salariale ou du
PEA-PME, il peut selon diverses
estimations convergentes, générer
sur dix ans une rentabilité
moyenne de 10 %.
— Laurence Delain
VOUS ALLEZ AIMER L’EXPÉRIENCE DU NEUF
Pour nombre de professionnels, la
quarantaine apparaît comme le
moment idéal pour souscrire, en
complément d’une assurance-vie,
un PEA (plan d’épargne en actions).
Plafonné à 150.000 euros
(300.000 euros pour un couple) et
concentré sur les actions européennes (100 % en titres vifs ou 75 % sous
forme de FCP), le PEA offre moins
de latitude de gestion qu’un comptetitres classique. Mais son régime fiscal (exonération des dividendes et
plus-values au bout de cinq ans) en
fait « un outil de diversification boursière incontournable que l’on peut, le
cas échéant, transférer, ce qui, même
si on en parle beaucoup ces derniers
temps, n’est pas le cas de l’assurancevie », souligne Renaud Bellivier de
Prin, responsable du département
patrimonial de Fortuneo.
PROFITER DE L’ÉPARGNE
•SALARIALE
… Si vous aimez
Pour les salariés qui ont la chance
d’y avoir accès au sein de leur entreprise, le PEE (plan d’épargne entreprise), également exonéré d’impôts
au bout de cinq ans de détention (et
susceptible d’être récupéré avant
terme en cas de mariage, pacs, troisième enfant, divorce, chômage,
surendettement, achat de son logement, etc.) permet de gérer activement au travers de FCPE (fonds
communs de placement d’entreprise) diversifiés, les primes d’intéressement, de participation, voire
l ’a b o n d e m e n t r e ç u s d e s o n
employeur. Avec à la clef une ouverture sur l’actionnariat salarié
Garder du cash
Quel que soit son profil professionnel et patrimonial, il est
indispensable d’avoir à disposition une poche de liquidités
mobilisables à tout instant pour faire face aux imprévus.
Les différentes formes d’épargne réglementée : Livret A, LDDS,
voire si l’on ne paye pas – ou peu – d’impôt, LEP sont les
meilleurs outils pour conserver ses liquidités. Reste que la
faible rémunération de ces produits ne permet pas de se protéger contre l’inflation. Inutile donc de faire le plein, d’autant
plus que dorénavant le prélèvement à la source évite
de provisionner des fonds pour le paiement des impôts.
Outre ces « tirelires », dont les montants sont plafonnés,
il peut être utile de recourir ponctuellement (pour des fonds
en attente d’affectation), aux super-livrets régulièrement
promus sur Internet (par BforBank, ING Direct, Fortuneo, RCI
Banque, etc.). Mieux vaut néanmoins bien décrypter les taux
mis en avant, qui, annoncés bruts de prélèvements sociaux
et d’impôts sont temporaires et soumis à condition. Les 2,5 %
brut récemment garantis par Fortuneo pour 100.000 euros
de versements maximum, ne valent par exemple que
quatre mois durant et retombent ensuite à 0,30 %.
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Cedex R.C.S. NANTERRE N° 702 022 724. Crédit photo : Getty Images – Création : OSWALDORB - 09/2018.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // PATRIMOINE
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
DE 30 À 50 ANS // Objet d’une vaste refonte dans le projet de loi Pacte, l’épargne retraite bloquée jusqu’à cette
échéance et génératrice d’une rente viagère n’est guère prisée. Les dispositifs existants ont pourtant des atouts.
Quels placements pour
percevoir des revenus
L
’appréhension financière de
la retraite est l’un des grands
paradoxes des épargnants
français. Chaque année plus
inquiets pour leurs vieux jours, ils
refusent d’agir concrètement pour
se constituer un complément de
revenus. Selon l’édition 2018 de
l’enquête annuelle du Cercle de
l’Epargne consacrée à cette thématique, 71 % des sondés estiment que
le niveau de leur future pension sera
insuffisant. Mais, dans le même
temps, « seuls 55 % d’entre eux déclarent placer de l’argent dans un produit d’épargne en vue de la retraite (ils
étaient 57 % en 2015) et ils ne sont que
22 % à épargner régulièrement dans
ce but, contre 27 % en 2016 », précise
Philippe Crevel, directeur du Cercle.
chant une sortie en capital alors que
ceux en rente recueillent seulement
7 % des suffrages », remarque Xavier
Collot, directeur épargne salariale et
retraite d’Amundi.
Par ailleurs cette épargne retraite
pourrait être récupérée avant
terme et sans pénalités en cas
d’achat de sa résidence principale.
Ces perspectives poussent à prendre date et à amorcer un plan dès la
trentaine, quitte à ne verser dans un
premier temps qu’un montant
modeste, afin d’optimiser son effort
d’épargne pour ses vieux jours.
Cap sur le Perco
L’assurance-vie préférée
Plusieurs facteurs expliquent cette
léthargie. Tout d’abord, comme le
note Philippe Crevel, pour préparer
leur retraite, « 65 % des Français
mettent en avant le fait d’être propriétaires de leur logement. Ensuite, 30 %
d’entre eux, contre 22 % en 2016,
jugent qu’aucun placement n’est suffisamment rentable ». A défaut, la
garantie et la liquidité restent des
critères prioritaires de choix, ce qui,
fort logiquement, pousse les épargnants à préférer l’assurance-vie
aux placements de retraite en rente.
Il est vrai qu’« avec l’allongement
de l’espérance de vie, la retraite peut
durer très longtemps et mieux vaut
garder à cette échéance de la marge de
diversification financière lorsque
l’on sait qu’à 50 ans, on a encore un
horizon successoral de plusieurs
décennies devant soi ! » souligne
Gilles Ulrich, président du directoire du groupe Le Conservateur.
Si ce n’est déjà fait, aux alentours
de la quarantaine, il devient donc
urgent d’alimenter une assurancevie multisupport. Passé 8 ans de
détention, ce contrat pourra, tout à
la fois, rester ouvert, donc continuer de fructifier, et ménager des
possibilités de retraits défiscalisés
sous réserve de composer habilement avec l’abattement annuel de
4.600 euros (9.200 euros pour un
couple), dont profitent les revenus
générés par l’assurance-vie dans ce
cas. Ceux qui disposent de plusieurs
contrats pourront par ailleurs sécuriser financièrement leurs vieux
jours, en optant, le moment venu
pour un dénouement sous forme de
rentes viagères peu fiscalisées
(régime des rentes à titre onéreux).
Quant aux amateurs d’actions
détenteurs d’un PEA, ils doivent garder à l’esprit que ce plan boursier
peut lui aussi être converti en rentes
viagères, qui ont l’avantage appréciable d’être totalement défiscalisées (sauf prélèvements sociaux).
Plan retraite en complément
Une fois que l’on a bien pris ses marques sur le terrain de l’assurancevie, on peut, en complément, ouvrir
un plan d’épargne spécifiquement
dédié à la préparation de la retraite
en rentes afin d’optimiser le gain fiscal associé à son alimentation, surtout si l’on est fortement imposé (au
moins 30 %). Qu’ils prennent la
forme d’un PERP (plan d’épargne
retraite populaire), d’un contrat
Madelin ou d’un PERE (plan de
retraite d’entreprise, connu sous
l’appellation « article 83 »), ces placements sont actuellement bloqués, sauf cas de force majeure
(décès invalidité du conjoint, fin de
droits au chômage ou cessation
d’activité suite à une liquidation
d’entreprise, surendettement) jusqu’à la retraite. Et à cette échéance,
ils sont uniquement transformables en rentes viagères fiscalisées.
Seul le PERP – et le régime assimilé
de Préfon Retraite – permet de
monétiser 20 % de son épargne.
Mais le projet de loi Pacte en
cours d’examen pourrait changer la
donne : il prévoit de donner plus de
latitude à l’épargnant, qui aurait la
liberté de récupérer sous forme de
capital (ou toujours de rente) l’épargne correspondant à la fructification financière de ses cotisations
individuelles. « On ne peut que se
réjouir de cette mesure lorsque l’on
sait que 77 % des Français plébiscitent
les produits d’épargne retraite débou-
Les salariés qui ont accès à des dispositifs d’épargne entreprise ont,
quant à eux, intérêt à regarder du
côté du Perco. Egalement conforté
par le projet de loi Pacte, ce plan
d’épargne retraite collectif alimenté
pour l’essentiel par des primes
d’entreprise (participation, intéressement, abondement) vaut notamment pour sa grande souplesse :
admettant plusieurs cas de déblocages anticipés, il peut, à l’échéance de
la retraite, être dénoué au choix sous
la forme d’un capital défiscalisé ou
d’une rente faiblement imposée
(assiette dégressive comme dans le
cas de l’assurance-vie). Par ailleurs,
il bénéficie dans la plupart des cas
d’une gestion diversifiée à horizon,
sécurisée à mesure que l’échéance
de la retraite se rapproche.
— Laurence Delain
À NOTER
Les formules de rentes viagères
sont enrichies de plusieurs
options de prévoyance (réversion, annuités garanties, rentes
modulables par palier, etc.) qui
constituent autant de
protections pour ses proches
(conjoint, partenaire d’un pacs,
mais aussi enfant, frère,
sœur, etc.) en cas de décès
prématuré.
SCPI de capitalisation à capital variable
Un patrimoine de plus de 660 appartements
situés majoritairement à Paris
TRI 10 ans : 3,91%*
TRI 15 ans : 6,73%
Éligible à l’assurance-vie
Contrats en unité de compte
des compagnies d’assurance :
Assurance Epargne Pension,
Intencial Patrimoine,
Apicil, Cnp Assurances
et Swisslife
L’immobilier locatif
en direct ou en parts
L’achat de son logement
constitue le premier
placement retraite des
Français. Une priorité qui
n’exclut pas d’autres options
immobilières en vue d’un
complément de revenu.
Etre propriétaire d’un bien immobilier reste le premier réflexe à avoir,
pour, au moment de la retraite, ne
plus acquitter de loyer ou d’intérêts
d’emprunts sur ce poste. « C’est
l’objectif patrimonial prioritaire des
Français, et il est particulièrement
marqué chez les jeunes », confirme
Alain Tourdjman, directeur des
études de la BPCE. Enclenché
autour de la trentaine, l’achat
immobilier, qui se fait généralement au prix d’un endettement à
long terme, conditionne plusieurs
années durant la stratégie patrimoniale des 30-50 ans, qui, passé
40 ans, sont pour la grande majorité
d’entre eux parvenus à leurs fins.
Emplacement
et potentiel locatif
Se pose alors la question de l’immobilier locatif. Acheté en direct ou via
la souscription de parts de SCPI et
d’OPCI (sociétés civiles et organismes collectifs de placement immobilier), ce placement est à privilégier pour la rentabilité, donc le
revenu récurrent qu’il dégage chaque année : de 3 % à 4 % brut en
moyenne, voire davantage pour
certaines SCPI bien diversifiées, des
locations meublées, des petites surfaces bien situées, etc.
L’effet de levier du crédit (consécutif à la chute des taux) associé aux
multiples mécanismes de défiscalisation dont profite l’immobilier de
rendement (amortissement de
l’achat du bien avec les programmes neufs Pinel ou la location meublée, déficit foncier déductible des
revenus, etc.) est très incitatif… Des
appâts qui ne doivent pas empêcher
l’investisseur de se montrer sélectif.
Pour que le rêve de bailleur ne
vire pas au cauchemar, il faut se
souvenir que, dans le neuf comme
dans l’ancien, les règles d’or d’un
investissement immobilier réussi
sont immuables. Elles se résument
pour l’essentiel à la qualité de
l’emplacement et au bon rapport
entre le prix du bien et son potentiel
locatif. Ce principe de bon sens vaut
pour l’investissement en direct
comme pour la pierre-papier.
Les SCPI (et les OPCI) dont le rendement moyen annualisé dépasse
4 % ne manquent pas d’atouts pour
qui cherche à profiter des avantages
de l’investissement locatif moyennant un ticket d’entrée relativement
modeste (quelques milliers d’euros)
et une charge de gestion déléguée à
des professionnels aguerris. Mais
plusieurs observateurs s’inquiètent
des risques de surchauffe de ce segment de marché qui, depuis quelques années, suscite l’engouement
des particuliers (collecte de nouveau en hausse de +24 % au
deuxième trimestre 2018, selon le
site MeilleureSCPI.com).
Quelques précautions d’usage
s’imposent pour qui souhaite souscrire ce placement dans une opti-
Plusieurs observateurs
s’inquiètent des
risques de surchauffe
sur le marché
de la pierre-papier.
que retraite. Fortement chargé en
frais de souscription et de gestion,
l’investissement en SCPI exige
notamment un horizon de placement d’au moins dix ans pour être
amorti.
Il ne doit pas représenter plus de
10 % d’une épargne financière. Et
comme miser sur l’immobilier tertiaire (bureaux, commerces, résidences services, etc.) ne peut se faire
à la légère, il est recommandé de
sélectionner des acteurs réputés, à
l’historique visible, aux portefeuilles bien ventilés tant sur le plan
géographique que sectoriel (dans
la santé, les services aux personnes
âgées notamment, où les rentabilités restent élevées) et offrant
des taux d’occupation élevés (au
moins 90 %). — L. D.
Trois pistes pour alléger son impôt
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*Taux de rendement interne au 31/12/2017. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, notamment de pertes en
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Agrément AIFM du 16/07/2014 au titre
153, boulevard Haussmann 75008 Paris
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Soucieux de réduire une pression fiscale concentrée sur les
classes « moyennes aisées », nombre d’épargnants tentent de
bâtir des stratégies financières. Plusieurs plans d’épargne
permettent ainsi de capitaliser en franchise fiscale des revenus
financiers dans des enveloppes exonérées d’impôts à échéance.
C’est le cas de l’assurance-vie, du PEA, des plans d’épargne
salariale, du PEL (pour les anciens plans) et des livrets réglementés, lesquels échappent en sus aux prélèvements sociaux
(17,2 %). Par ailleurs, les PERP (plans d’épargne retraite populaires) et plans assimilés (Préfon, Corem) ainsi que les contrats
Madelin (réservés aux travailleurs non salariés) font partie des
rares placements déductibles chaque année du revenu imposable dans des bornes confortables qui échappent au plafonnement des niches fiscales. Quant aux sommes placées dans les
fonds communs de placement dans l’innovation et les fonds
d’investissement de proximité, elles sont déductibles de
l’impôt à hauteur de 18 % (taux temporairement porté à 25 %
en 2018) dans la limite de 12.000 euros (et 24.000 euros pour
un couple), soit un maximum de 2.160 euros (3.000 euros cette
année) par catégorie de produit et par contribuable.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PATRIMOINE // 07
Les Echos Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018
À PARTIR DE 50 ANS // Vos droits retraite exprimés aujourd’hui en trimestres ou en points vont constituer
vos revenus de demain. Il est donc crucial de s’y intéresser.
Bilan retraite :
les 8 points à vérifier
1
ÉDITEZ VOS DOCUMENTS RETRAITE
A partir de 55 ans, vous pouvez connaître le montant prévisionnel de
votre future retraite, dès l’âge légal
de départ, et au-delà. Il suffit pour
cela de créer votre compte personnel sur le portail officiel des retraites
(Info-retraite.fr) et de télécharger
votre estimation indicative globale
(EIG). Profitez-en aussi pour éditer
et valider votre relevé de carrière.
2
VÉRIFIEZ VOTRE ÂGE
DE TAUX PLEIN
Pour bénéficier d’une pension optimale, mieux vaut partir à « taux
plein » (pourcentage maximum de
ses revenus d’activité dont peut
bénéficier l’assuré). Pour cela, il faut
avoir engrangé 166 trimestres
d’assurance-vieillesse si vous êtes
né en 1957 et 167 si vous êtes né en
1958, 1959 ou 1960. Dans l’idéal, le
taux plein est atteint à l’âge légal,
c’est-à-dire à 62 ans. Il peut aussi
l’être après. Les personnes ayant
cotisé 5 trimestres avant la fin de
l’année de leurs 20 ans, grâce à des
petits boulots par exemple (ou 4 trimestres pour les personnes nées en
fin d’année), peuvent, elles, sous
certaines conditions, bénéficier du
dispositif carrières longues, et partir en retraite dès 60 ans : à vérifier
donc !
CHIFFREZ L’IMPACT
DU FUTUR MALUS
AGIRC-ARRCO
3
Sauf profils spécifiques (personnes
handicapées, inaptes au travail…),
tous les salariés nés en 1957 ou après,
qui partiront à la retraite dès leur âge
de taux plein, carrières longues
incluses, verront à partir du 1er janvier prochain leur pension complémentaire Agirc-Arrco amputée d’un
malus égal à moins 10 % durant
3 ans. Pour une retraite Agirc-Arrco
de 3.000 euros par mois nets de prélèvements sociaux, ce sont
donc 10.800 euros (300 euros/
mois × 36 mois) qui ne seront pas
versés. Ce nouveau dispositif oblige
donc à un choix radical : accepter ce
manque à gagner ou envisager de
travailler au moins une année civile
en plus pour y échapper.
ÉVALUEZ D’AUTRES
MINORATIONS
ÉVENTUELLES
4
Si vous décidez de partir dès l’âge
légal sans avoir le nombre de trimestres nécessaires pour le taux
plein (vous en totalisez 163 et
non 167 par exemple), vous subirez
une décote sur votre retraite de base
(1,25 % en moins par trimestre
manquant) et un abattement viager
sur votre retraite complémentaire :
ce dernier est différent du malus
Les stratégies pour faire
face à la longévité
Comment financer de
longues années de retraite
et se protéger financièrement contre la dépendance ? Les scénarios
à privilégier.
Pour mettre en place la meilleure
stratégie possible, « le maître mot
reste la diversification de son patrimoine », répète Cédric Goguel, responsable du marché clientèle patrimoniale et banque privée de Crédit
Agricole SA. Sauf que… l’objectif
étant ici de dégager des revenus
complémentaires, la question de la
sortie des fonds (en capital ou en
rente) revêt un caractère essentiel.
Les solutions du viager
Ainsi, si l’immobilier constitue un
élément clef de toute préparation
patrimoniale au financement de la
perte d’autonomie, « faut-il encore
adapter les possibilités de mobilisation de cette classe d’actifs », indique
Fabien Vatinel, directeur de l’ingénierie patrimoniale de Neuflize
OBC. A commencer, par exemple,
par délaisser une vente classique au
profit d’un viager, qui assure au vendeur le versement d’une rente mensuelle jusqu’à son décès.
Autre solution, opter pour un
prêt viager hypothécaire. En
contrepartie de la prise d’une hypothèque sur un bien immobilier (résidence principale, secondaire ou
locative), la banque prête à son propriétaire une somme d’argent pouvant aller jusqu’à 75 % de la valeur
estimée du logement sous forme de
capital ou de revenus périodiques.
« Au décès de l’emprunteur, l’établissement bancaire peut alors vendre le
bien pour récupérer le montant prêté
majoré d’intérêts. Néanmoins, les
héritiers ont la possibilité, s’ils le veulent, de le conserver en remboursant
eux-mêmes la banque. De même, de
son vivant, le propriétaire du logement peut mettre fin au contrat de
prêt quand il le veut en procédant à
des remboursements anticipés »,
détaille Fabien Vatinel.
Sortir en rente d’un PEA
Le PEA est l’un des rares produits
disponibles permettant de bénéficier d’une rente viagère entièrement exonérée d’impôt sur le
revenu passé 8 ans de détention.
Seuls les prélèvements sociaux au
taux de 17,2 % sont dus sur la rente
versée. Et encore… uniquement sur
une fraction de celle-ci déterminée
une fois pour toutes en fonction
de l’âge du bénéficiaire le jour du
versement de sa première rente
(50 % pour les personnes âgées de
50 à 59 ans, 40 % pour celles de 60
à 69 ans et 30 % pour celles au-delà
de 70 ans).
A l’inverse, dans le cadre de
l’assurance-vie, « la sortie en rente
est fiscalement dissuasive au regard
des rachats partiels programmés, qui
bénéficient pour leur part d’un abattement annuel de 9.200 euros pour
un couple au-delà des 8 ans de vie du
contrat », poursuit-il.
— Anne-Lise Defrance
Ne pas occulter la dépendance
L’assurance-dépendance garantit le versement d’une rente
viagère en cas de perte d’autonomie de l’assuré. Intéressants
à première vue, certains de ces contrats sont néanmoins à
« fonds perdus ». Au décès du souscripteur, l’ensemble des
cotisations versées restent acquises à l’assureur sans que les
héritiers du défunt puissent y prétendre. Mais attention, prévient Cédric Goguel, « quelles que soient les options patrimoniales mises en place, choisir des enveloppes pour anticiper financièrement sa dépendance n’est pas une fin en soi, au sens où il faut
aussi prévoir comment accéder à ses fonds ». Mieux vaut désigner à l’avance, via un mandat de protection future, la ou les
personnes qui le représenteront auprès des banques et autres
compagnies d’assurances quand il n’en sera plus capable.
qui, dans ce cas, ne sera pas appliqué. Parfois, il peut être plus intéressant de procéder ainsi. Pour chiffrer ces manques à gagner, sollicitez
un entretien information retraite
(EIR) personnalisé et gratuit, vers
58-60 ans auprès de n’importe
lequel de vos régimes de retraite
(base ou complémentaire).
CALCULEZ LES
BÉNÉFICES D’UN
RACHAT DE TRIMESTRES
5
Cette option (soumise à l’accord de
votre régime de base) peut vous intéresser si vous souhaitez partir dès
l’âge légal, avec des pensions optimales, sans décote ni minoration,
malus excepté. Le prix d’achat d’un
trimestre est fonction de votre âge et
de votre salaire soumis à cotisations :
comptez 3.275 euros minimum par
trimestre à 60 ans. Avant de vous
lancer, calculez le temps de retour
sur investissement qui, idéalement,
ne doit pas excéder 10 à 12 ans. Dans
tous les cas, ne vous laissez pas aveugler par l’avantage fiscal procuré,
même important, puisque les sommes versées sont intégralement
déductibles du revenu imposable.
6
ÉTUDIEZ L’IDÉE
D’UN DÉPART TARDIF
Travailler plus longtemps pour
doper le montant de vos futures
pensions, pourquoi pas ? Sauf que la
surcote (+ 1,25 % par trimestre travaillé au-delà du taux plein) sur la
retraite de base peut avoir un impact
limité, voire décevant. Idem pour
l’acquisition de points de retraite
complémentaire et pour le bonus
Agirc-Arrco, pendant du malus
prévu lorsqu’on décale d’au moins
2 ans son départ à la retraite.
MESUREZ
LE DIFFÉRENTIEL
REVENUS/PENSIONS
7
Le taux de remplacement des salaires nets moyens de fin de carrière
par les pensions de retraite est
actuellement de 74 % pour les hommes et de 72,5 % pour les femmes,
tous statuts professionnels confondus (Etudes et Résultats, n° 0926,
DREES, juillet 2015). Attention, ce
différentiel est d’autant plus important que les salaires de fin de carrière le sont aussi. Pour y parer, anticipez cette étape, par exemple par
l’ouverture d’un contrat d’épargne
retraite.
8
FAITES VALOIR VOS
DROITS À RÉVERSION
Dès 50 ans dans certains régimes,
mais plus souvent dès 55 ou 60 ans,
n’oubliez pas de solliciter, si tel est
votre cas, les différents régimes de
retraite de votre (ex-)conjoint
décédé. Cette démarche n’est jamais
automatique et, si elle est effectuée
tardivement, aucune rétrocession
n’est généralement possible.
— Roselyne Poznanski
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // PATRIMOINE
Vendredi 28, samedi 29 septembre 2018 Les Echos
À PARTIR DE 50 ANS // Pour aider leurs enfants et leur éviter des droits de succession, certains épargnants courent le
risque de perdre la maîtrise de leur patrimoine, voire de se trouver à court de ressources. Les précautions à prendre.
Les secrets pour transmettre à moindre coût
Q
u’il s’agisse d’alléger la fiscalité que vos proches auront
à payer au moment de votre
succession ou d’organiser en amont
la répartition de vos biens, « il n’est
jamais trop tôt pour réfléchir à la
stratégie à adopter pour optimiser la
transmission de votre patrimoine,
sans pour autant vous en départir
complètement », rappelle Laure
Varastet, ingénieure patrimonial
chez Oddo BHF Banque Privée.
Pour autant, attention, prévientelle, car même si, contrairement
aux donations qui vous privent définitivement et immédiatement
d’une part de vos revenus, les différents mécanismes de transmission
vous confèrent un droit de regard,
voire de mainmise, sur les actifs
ainsi légués, « une fois ces solutions
mises en œuvre, il est compliqué, voire
impossible, de revenir en arrière.
Elles ne pourront pas faire l’objet de
réaménagements ultérieurs ».
La carte du démembrement
Ce postulat de départ posé, il existe
plusieurs manières de transférer de
son vivant tout ou partie de son
patrimoine à ses héritiers. A commencer par le démembrement de
propriété, lequel consiste à donner
la nue-propriété du bien, tout en en
conservant l’usufruit, c’est-à-dire le
droit d’utiliser l’actif en question et
d’en récolter les revenus.
Principal atout de cette opération ? La fiscalité. Au décès de l’usufruitier, le ou les nus-propriétaires
récupèrent la pleine propriété du
bien sans avoir de droit à payer.
Mieux, « plus le démembrement est
anticipé, plus cette solution est intéressante fiscalement parlant », souligne Catherine Costa, directrice du
pôle solutions patrimoniales de
Natixis Wealth Management. « Les
droits de donation à acquitter au
moment de cette opération sont en
effet réduits dans la mesure où ils ne
sont pas calculés sur la valeur globale
du bien, mais uniquement sur celle de
la nue-propriété. » Or, celle-ci augmente en fonction de l’âge du donateur. Autrement dit, plus ce dernier
est jeune, moins le pourcentage de la
valeur de l’actif à partir duquel sont
calculés les droits de donation que le
nu-propriétaire doit payer est élevé.
La création d’une SCI
permet d’éviter
l’indivision.
Reste alors à s’interroger sur le
type de bien à démembrer. « Si cela
n’est pas possible pour un PEA, indique Catherine Costa, rien ne l’interdit pour un compte titres. » Sauf
que… n’étant alors plus l’unique propriétaire de ce portefeuille, l’usufruitier perd le droit de vendre seul
les titres qui le compose et doit, pour
ce faire, obtenir l’accord préalable
du nu-propriétaire. Du moins, en
théorie. Motif ? « Face à cette difficulté, le juge considère que le portefeuille en question constitue une “universalité de biens” et autorise dès lors
l’usufruitier à procéder seul aux arbitrages à condition de réinvestir le prix
de cession dans l’acquisition d’autres
titres », explique Sandrine Quilici,
directrice de l’ingénierie patrimoniale chez Pictet Wealth Management. Mais, ajoute-t-elle, « dans tous
les cas, il n’a pas le droit de modifier le
profil de gestion initial dudit portefeuille ».
Mixage avec
une société civile
Pour éviter les tensions, une solution : détenir le portefeuille dans
une société civile dont l’usufruitier
est désigné comme gérant. « Il a
alors toute latitude pour gérer celui-ci
seul comme il l’entend », détaille Sandrine Quilici. « Concrètement, il peut
vendre et réinvestir à son gré même
dans des actifs autres que mobiliers. »
Un bémol néanmoins : des plusvalues taxables peuvent être générées au moment du transfert du
compte titres vers la société civile, si
celui-ci est déjà démembré. Quant à
celles dues en cas d’arbitrage, c’est
au nu-propriétaire qu’il incombe de
s’en acquitter. Afin de réduire pour
lui l’impact de cette fiscalité, « il peut
alors être intéressant pour la société
de détenir ses actifs financiers au sein
d’un contrat de capitalisation où
l’impôt n’est dû qu’en cas de rachat ».
Au t r e a c t i f d é m e m b r a b l e ,
l’immobilier. Et, là encore, même si
le démembrement de propriété
d’un logement ou d’un terrain est
tout à fait possible, la création d’une
société civile immobilière apparaît
plus attractive pour optimiser sa
transmission, parce qu’elle permet
d’éviter l’indivision.
Plus séduisant encore, « le donateur peut être gérant de la structure, et
des statuts adaptés pourront lui donner des pouvoirs élargis allant même
jusqu’à pouvoir vendre le bien, sauf
s’il constitue le seul actif de la SCI. Par
là même, il garde une grande maîtrise
dans la gestion de son patrimoine »,
précise Catherine Costa. Prudence
toutefois quant à la manière dont un
bien immobilier personnel entre
Choisir
le bon régime
matrimonial
« Contrairement aux idées
reçues, le régime matrimonial ne détermine pas les
droits que l’époux survivant aura sur la succession
de son conjoint décédé,
mais la part des biens qui
entreront dans le patrimoine successoral de ce
dernier et feront donc
l’objet d’un partage entre
les héritiers », explique
Me Nathalie CouzigouSuhas, notaire à Paris.
D’où l’importance de bien
évaluer les conséquences
du régime choisi.
Plus d’informations sur
lesechos.fr/patrimoine
dans le patrimoine d’une SCI, prévient Sandrine Quilici. « Il peut en
effet être apporté par l’un des associés
ou être acheté par la SCI qui s’endette
alors pour l’acquérir. Cette seconde
stratégie permet certes de transmettre, grâce à la dette, les parts pour une
valeur très réduite, mais peut aussi
poser des problèmes au niveau de
l’IFI, au sens où l’administration peut
refuser de prendre en compte la dette
pour l’évaluation des parts. »
Toujours l’assurance-vie
Outre le démembrement, la stratégie phare en matière de transmission reste celle de l’assurance-vie.
« Ce produit permet de conserver les
sommes placées au sein de son contrat. La transmission aux bénéficiaires désignés ne se faisant en effet
qu’au décès du souscripteur, ce dernier peut le racheter à tout moment et
consommer l’argent ainsi épargné »,
note Laure Varastet.
Sans compter, une fiscalité particulièrement avantageuse (notamment pour les primes versées avant
les 70 ans du souscripteur) avec des
abattements spécifiques, quel que
soit le lien de parenté entre le titulaire du contrat et son bénéficiaire.
« C’est donc un excellent moyen de
préparer l’avenir sans risque de
devoir un jour négocier avec ses
futurs héritiers pour utiliser à son
gré son propre patrimoine ou leur
demander de l’aide pour financer sa
dépendance », insiste Catherine
Costa. Car, tous les professionnels
s’accordent à le dire : si l’intention
d’anticiper sa transmission est certes louable, mieux vaut veiller à ne
pas trop se déposséder et, en tout
état de cause, ne jamais transmettre
de son vivant sa résidence principale.
— Anne-Lise Defrance
Prévoir le partage
par testament
Afin que votre partenaire
pacsé hérite d’une partie
de votre patrimoine ou pour
prévoir la répartition de vos
biens entre plusieurs bénéficiaires, rien de mieux qu’un
testament. Pour que vos dernières volontés soient bien
prises en compte, vous devez
respecter les règles de transmission imposées par la loi.
Ainsi, vos héritiers dits
« réservataires », c’est-à-dire
vos enfants ou votre époux(se)
ne peuvent être exclus de la
transmission. De même, un
certain formalisme prévaut à
la rédaction d’un testament.
Vous pouvez certes confier
cette opération à un notaire
moyennant 115,39 euros hors
TVA (on parle de testament
« authentique »), mais rien ne
vous empêche de le rédiger
seul. Pour être valable, ce
testament (dit « olographe »)
doit être entièrement écrit de
votre main, signé et daté. Le
moindre mot tapé à l’ordinateur est motif d’annulation.
Pour le conserver, pas d’obligation : à domicile, dans un
coffre de banque ou chez le
notaire (26,91 euros HT de
droits de garde), lequel vous
proposera alors de l’enregistrer auprès du Fichier central
des dispositions de dernières
volontés (FCDDV). A noter :
quels que soient les modes de
rédaction et de conservation,
vous pouvez à tout moment
remettre en cause tout ou
partie de votre testament.
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HSBC France - Société Anonyme au capital de 366 584 940 euros - SIREN 775 670 284 RCS Paris -Siege social : 103, avenue des Champs-Elysées - 75008 Paris - Banque et intermédiaire en assurance
immatriculé auprès de l’ORIAS (Organisme pour le Registre des Intermédiaires en Assurance - https://www.orias.fr) sous le n° 07 005 894. Crédit photo : iStock
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