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Les Echos - 03 09 2018

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ASSURANCES
DE PERSONNES
www.henner.com
Stratégie
Les enseignes face
à la mutation
commerciale
Santé Prévoyance Retraite Services médicaux
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 3 SEPTEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
// DOSSIER PP. 37 à 39
L’ESSENTIEL
LES NOUVEAUTÉS
DE LA RENTRÉE SCOLAIRE
Les dédoublements de CP et de CE1
des quartiers défavorisés se poursuivent. A Laval, ce lundi, Emmanuel Macron lance le développement des internats. // P. 6
L’ARGENTINE SE PRÉPARE À
VIVRE UNE NOUVELLE CRISE
Le gouvernement de Mauricio
Macri semble incapable de maîtriser la chute du peso et l’inflation,
et le malaise social s’accroît. // P. 7
COMMERCE : LES ÉTATS-UNIS
ET LE CANADA TEMPORISENT
Washington et Ottawa ne sont pas
parvenus à un accord avant la
date butoir de vendredi. Mais les
négociations reprendront cette
semaine. // P. 8
Allocations
chômage :
le projet choc
du Medef
Les métropoles tirent toujours
les prix de l’immobilier
l Geoffroy Roux de Bézieux prône une refonte
complète, avec une couverture à deux niveaux.
l Objectif : inciter davantage à la reprise d’emploi.
l Pas de tabou sur la dégressivité pour l’exécutif.
ENTREPRISES
& MARCHÉS
LE RUDE CHEMIN DES JEUNES
START-UP FRANÇAISES
Malgré les levées de fonds de Deezer
et de RemadeGroup cet été, les pépites tech tricolores qui s’adressent
directement au consommateur peinent à se développer. // P. 25
DEVISES : TRUMP VEUT
CHANGER LES RÈGLES DU JEU
Le président américain veut pouvoir désigner plus facilement les
Etats qui manipulent leur devise.
Il plaide pour des clauses dans les
accords commerciaux. // P.28
RÉVOLUTION EN VUE POUR
LES MUTUELLES ÉTUDIANTES
Le régime de Sécurité sociale des
étudiants prendra fin en septembre
2019. Les mutuelles étudiantes
s’organisent pour survivre à la disparition de leur principale activité.
// P. 30
A
radicalement les règles pour inciter plus efficacement à
la reprise d’emploi. » Interrogée dimanche sur
l’hypothèse d’une dégressivité dans le temps des allocations chômage, la ministre du Travail, Muriel
Pénicaud, a assuré que le gouvernement n’aurait
« aucun tabou » dans la négociation à venir. « On est
un des rares pays d’Europe qui indemnise les demandeurs d’emploi deux ans, trois ans pour les seniors,
sans dégressivité », a-t-elle indiqué. Geoffroy Roux de
Bézieux estime que la dégressivité est « un paramètre
comme un autre », dont il faut discuter, à l’instar du
plafonnement des indemnités. // PAGE 3
LOGEMENTS La tension monte dans les principales villes françaises. Le
prix de la pierre continue de progresser malgré l’atonie estivale, selon le
baromètre Les Echos-MeilleursAgents. A 9.300 euros le m2, Paris poursuit son ascension, dépassant allégrement ses précédents sommets.
Dans ce contexte, les Entretiens d’Inxauseta sur le logement, qui se tiennent au Pays basque, ont montré une tension là aussi renforcée entre les
professionnels et le gouvernement. La rentrée sera dure. // PAGE 16
Organiser la
lutte contre
le populisme
Remaniement, impôt : rentrée
sous tension pour Macron
POLITIQUE Après une visite dans un collège de Laval ce lundi,
le chef de l’Etat entrera dans le vif du sujet avec le remaniement et l’arbitrage sur le prélèvement à la source.
CARNET // P. 34
Enceintes
connectées
L’Europe peaufine
sa riposte à Amazon
Rentrée du gouvernement, acte II. Après un premier acte qui a viré subitement à la cacophonie,
Emmanuel Macron espère repartir sur de bonnes
bases. Après la rentrée scolaire, pour laquelle il se
rendra dans un collège de Laval ce lundi, le chef de
l’Etat entrera dans le vif du sujet avec le remaniement consécutif au départ de l’emblématique
ministre de la Transition écologique. Annoncé pour
mardi, celui-ci est lourd d’enjeux, et devrait aller audelà du simple remplacement de Nicolas Hulot. Le
gouvernement sera « au complet mardi », a précisé
Le regard sur le monde de
Dominique Moïsi
Il est légitime de s’opposer à Matteo
Salvini et Viktor Orbán. Mais pour
combattre les populismes, d’extrême
droite comme d’extrême gauche,
la clarté des actions doit être en
cohérence avec la fermeté des
propos, écrit Dominique Moïsi. Sur
le long terme, il est moins dangereux
de perdre les élections que de perdre
son âme dans des alliances ou des
silences douteux. // PAGE 11
Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement. Le même jour se tiendra une réunion décisive
sur le prélèvement à la source, en pleine confusion
sur la mise en application de cette réforme. Le tout
en bouclant les derniers arbitrages budgétaires qui
risquent de faire grincer des dents. Alors que l’inflation a atteint un rythme annuel de 2,3 %, le pouvoir
d’achat des ménages est déjà entamé par la hausse
des prix.
// PAGE 2 ET L’ÉDITORIAL DE JEAN-MARC
VITTORI PAGE 10
POSSÉDEZ UN AVION.
PARTAGEZ LES COÛTS.
// P. 23
SUR
NICOLAS BARRÉ
Shutterstock
Deutsche Telekom
lors que le gouvernement imaginait peutêtre que le Medef allait claquer la porte de
l’Unédic, son nouveau président, Geoffroy
Roux de Bézieux, avance dans « Les Echos » un projet ambitieux de refonte du régime d’assurance-chômage. L’indemnisation se ferait à deux niveaux, propose-t-il : une première couverture universelle
financée par la CSG, gérée par l’Etat, à laquelle s’ajouterait une assurance complémentaire obligatoire,
pilotée par les partenaires sociaux. Une architecture
proche de ce qui existe aujourd’hui pour les retraites.
Objectif avancé par le président du Medef : « Changer
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
Coca-Cola accélère sa diversification
en rachetant les cafés britanniques Costa
AGROALIMENTAIRE Le secteur du café suscite
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22772
110e ANNÉE
38PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
l’appétit des géants de l’agroalimentaire. C’est au tour
de Coca-Cola de se positionner sur ce secteur. Le géant
mondial a annoncé vendredi le rachat de la chaîne britannique de cafés Costa. Une opération à 4,4 milliards
d’euros, soit la plus importante acquisition de son histoire. Comme ses concurrents, Coca s’est engagé dans
une stratégie de diversification, alors que les consom-
mateurs ont tendance à bouder les boissons sucrées
pour des aliments plus sains. Costa, qui est le grand
concurrent de Starbucks, a vu son expansion s’accélérer. De 39 magasins en 1995, la chaîne est passée à près
de 4.000, dont la majorité au Royaume-Uni. Elle a
contribué au développement du café au pays du thé.
// PAGE 17, L’ÉDITORIAL DE DAVID BARROUX
PAGE 10 ET « CRIBLE » PAGE 38
NETJETS.COM
+33 1 56 43 48 99
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02 //
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
FRANCE
Macron,
la crise existentielle
Durant la campagne, le candidat écoutait ses soutiens
venus des affaires et ceux issus de la politique. Quinze
mois plus tard, ces derniers parlent-ils plus fort ?
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
i les ennuis volent, diton, en escadrille, c’est
peut-être parce qu’ils
sont soumis au même
commandement, ou plutôt à la
même logique. Entre les
interrogations sur le
remplacement de Nicolas Hulot
et celles sur l’impôt à la source,
il n’y a pas qu’une concomitance
de calendrier. Il y a le même
retour à une question
existentielle : qu’est-ce que le
macronisme ? Si le
macronisme est d’abord un
équilibre politique gauchedroite, alors convient-il de
remplacer Nicolas Hulot par
une autre personnalité de
gauche (même si Daniel CohnBendit pour sa part s’en défend
désormais), et de reporter une
réforme sur le prélèvement
obligatoire qui pourrait affecter
le sentiment qu’ont les Français
de leur pouvoir d’achat ?Depuis
la fin du printemps, les
macronistes venus de la
politique, et plus précisément
de la gauche, poussent
Emmanuel Macron à replacer à
gauche un quinquennat qui
aurait trop poussé dans le sens
opposé. Christophe Castaner,
Richard Ferrand, une partie des
parlementaires En marche
veulent un président non
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
S
seulement plus proche des gens
mais aussi plus social et plus
juste. Objectif numéro un :
gommer l’image de « président
des riches ». Elle a fait trop de
dégâts dans l’opinion.
Christophe Castaner, le patron
du parti LREM, est peut-être
celui qui assume le plus
publiquement cette correction.
Il faut revenir au « socle
électoral » du premier tour de la
présidentielle, défend-il, qui
plaçait Emmanuel Macron en
position exactement centrale
sur l’échiquier politique.
A ceci près que le chef de l’Etat a
connu une évolution
sondagière inédite en quinze
mois : son « socle électoral » s’est
plutôt maintenu, mais il s’est
déplacé. Les plus fervents
macronistes sont un peu plus à
droite qu’ils ne l’étaient au
moment de l’élection. A l’image
de tous ces soutiens venus du
monde des affaires que l’on
trouvait dans l’entourage du
candidat au moment de la
campagne. Leur logique
aujourd’hui ne voudrait-elle pas
que la société civile survive au
départ de Hulot et que le
président évite de donner
un contre-signal au
mouvement, désavouant au
passage ses ministres de
droite ? Quinze mois plus tard,
quelle analyse Emmanuel
Macron fait-il de son élection :
les Français l’ont-ils d’abord
choisi pour son « en même
temps » politique ou pour son
audace « transformatrice » ?
Réponse cette semaine.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Assurance-chômage : Pénicaud
n’a « aucun tabou » sur la dégressivité
TRAVAIL La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a indiqué dimanche que le gouvernement « n’avait aucun tabou » sur la réforme de
l’assurance-chômage, y compris sur la dégressivité des allocations
chômage. « On est un des rares pays d’Europe qui indemnise les demandeurs d’emploi deux ans, trois ans pour les seniors, sans dégressivité »,
a déclaré la ministre lors du « Grand Jury » RTL-« Le Figaro »-LCI.
Il y a des règles du régime d’assurance-chômage qui « quelquefois se
transforment en un piège », a-t-elle dit, évoquant les règles liées
à la permittence (travail alternant avec des périodes indemnisées).
Remaniement : Macron
veut relancer sa rentrée
l Une nouvelle équipe gouvernementale est attendue pour mardi.
l Elle devrait aller au-delà du seul remplacement de Nicolas Hulot.
POLITIQUE
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Rentrée du gouvernement, acte II.
Après un premier acte qui a viré
subitement à la cacophonie –
démission surprise de Nicolas
Hulot, colère des retraités après les
arbitrages sur le budget 2019, atermoiements exprimés par l’exécutif
sur le prélèvement à la source… –
Emmanuel Macron espère repartir
sur de bonnes bases. Après la
rentrée scolaire, pour laquelle il
se rend dans un collège de Laval
ce lundi, il entrera dans le vif du
sujet avec le remaniement consécutif au départ de l’emblématique
ministre de la Transition écologique et solidaire. Annoncé pour
mardi, celui-là est lourd d’enjeux et
devrait aller au-delà du simple remplacement de Nicolas Hulot. Le
gouvernement sera « au complet
mardi », a précisé vendredi dernier
Benjamin Griveaux, le porte-parole
du gouvernement.
Les doutes que le départ de Nicolas Hulot a distillés sur la politique
environnementale de l’exécutif ont
fait couler beaucoup d’encre. L’exécutif et la majorité ont beau défendre un choix personnel et vanter la
politique mise en œuvre pour l’écologie et l’environnement, l’électrochoc demandé par Nicolas Hulot à
l’occasion de son départ pourrait
avoir lieu. Il faut « aider ce gouvernement à reprendre l’initiative sur la
transition écologique », a ainsi
déclaré Daniel Cohn-Bendit, qui a
rencontré Emmanuel Macron
dimanche. Le nom de l’ancien leader de Mai 1968 circulait pour remplacer Nicolas Hulot, mais l’intéressé a déclaré, à l’issue de cet
échange, que c’était « une fausse
bonne idée ». Au-delà de son seul
cas, le départ du numéro trois du
gouvernement a aussi ébranlé toute
Faiblesse politique inédite
D’autres potentiels partants sont
cités, comme Jacques Mézard, le
ministre de la Cohésion des territoires. Emmanuel Macron et son Premier ministre Edouard Philippe ont
travaillé tout le week-end sur ce
remaniement. Si l’affaire Benalla
avait révélé une trop forte verticalité
du pouvoir, le départ de Nicolas
Hulot révèle de son côté une faiblesse politique inédite depuis
l’élection. Couplée à une rentrée
chaotique, la démission de Nicolas
Hulot perturbe beaucoup une
équipe censée être solide.
Il s’agit donc de refermer la page
de la rentrée ratée et d’en ouvrir une
nouvelle. Sur fond d’enquêtes d’opinion en berne, de nouvelles voix
amies se sont fait entendre pour tirer
la sonnette d’alarme. « La méthode
Macron doit changer », a averti dans
les colonnes du « JDD » l’économiste
Jean Pisani-Ferry. Déjà en juin dernier, l’architecte du programme présidentiel d’Emmanuel Macron avait
envoyé un premier coup de
semonce. Il n’y a pas que des voix
amies qui s’expriment. La faiblesse
de l’exécutif redonne du tonus aux
Invité du « Grand Rendezvous » Europe 1 « Les Echos » - CNews,
le porte-parole du
gouvernement a esquissé
le profil du successeur
de Nicolas Hulot.
POLITIQUE Le président de l’Association des maires de France,
Après une semaine difficile pour
l’exécutif, Benjamin Griveaux a
défendu, dimanche, une politique
des « petits pas » et « un président
qui, d’une rentrée à l’autre, maintient
le cap et l’horizon ». Après la démission de Nicolas Hulot, et avant le
remaniement prévu cette semaine,
c’est Daniel Cohn-Bendit qui devait
s’entretenir dimanche soir avec le
chef de l’Etat. « Conscience libre de
l’écologie […], il a cet engagement
viscéralement ancré en lui, a estimé
Benjamin Griveaux, invité du
« Grand Rendez-vous » sur
Europe 1 en partenariat avec « Les
Echos » et CNews. « A lui de nous
dire ce qu’il veut faire », a-t-il ajouté.
Au demeurant, ce qui va guider
le choix du nouveau ministre de la
Transition écologique et solidaire
sera surtout sa capacité à tenir la
politique engagée. Le départ de
Nicolas Hulot ? « Un choix personnel », explique Benjamin Griveaux,
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
l’architecture gouvernementale et la
méthode mise en œuvre par Emmanuel Macron quinze mois après son
élection. « Le départ de Nicolas Hulot
marque un moment où il faut faire
une analyse de la situation », concède-t-on à l’Elysée. Plusieurs ministres pourraient quitter l’équipe gouvernementale, à commencer par la
ministre de la Culture, Françoise
Nyssen, fragilisée par les affaires
concernant Actes Sud, la maison
d’édition qu’elle dirigeait avant de
rejoindre la Rue de Valois.
oppositions de droite comme de
gauche. Elle permet aussi à François
Hollande de s’inviter dans la partie,
ce qu’il ne manque pas de faire.
Depuis Cherbourg, l’ancien président s’est livré vendredi dernier à
une violente attaque contre son successeur. n
Il faut « aider
ce gouvernement
à reprendre
l’initiative
sur la transition
écologique ».
DANIEL COHN-BENDIT
Ancien leader de Mai 1968
Griveaux : pas de changement de cap
sur la politique environnementale
Valérie Landrieu
@ValLandrieu
SUR
Photo Denis/RÉA
LE GRAND RENDEZ-VOUS // EUROPE1 - « LES ÉCHOS » - CNEWS
Baroin juge que Macron « donne
les pleins pouvoirs à l’administration »
François Baroin (LR), estime dans une interview au « Journal du
dimanche » qu’Emmanuel Macron a donné « les pleins pouvoirs à
la haute administration ». « Les dernières décisions budgétaires sont
exclusivement comptables, sans cohérence politique », affirme-t-il.
François Baroin fustige la baisse des APL, l’augmentation de la CSG, la
désindexation des pensions de retraite, et bientôt peut-être la retenue
de l’impôt à la source, qui « ne tiennent pas compte du modèle économique français » où « plus de 55 % du PIB reposent sur la consommation ».
Edouard Philippe, le Premier ministre, et Emmanuel Macron, le président de la République.
Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.
Photo Eric Frotier de Bagneux
qui préfère s’attarder sur les chantiers environnementaux engagés
par le gouvernement. « Nous avons
fait en un an plus qu’aucun ministre
de l’Environnement n’en avait
jamais fait ces quinze dernières
années », a-t-il défendu.
Dans les pas du président
Pour autant, alors qu’un rapport
commandé par Bruno Le Maire et
Nicolas Hulot, au printemps dernier, préconise la construction de
six EPR à partir de 2025, le prochain ministre ne devra-t-il pas
être « nucléaire-compatible » ?
« Ce ne sont pas les rapports qui font
la politique du gouvernement […] »,
a souligné le porte-parole. Pour ce
dernier, « la sagesse recommande
que l’EPR de Flamanville soit achevé
avant de prendre des décisions sur
les nouveaux EPR ». Le futur remplaçant est cependant averti : il
devra « s’inscrire dans les pas du
président de la République et mettre
tout en œuvre pour que le mix électrique soit à 50 % nucléaire, dans les
meilleurs délais ». A quatre mois de
la mise en place prévue du prélève-
ment à la source, et alors que règne
une certaine confusion sur la question, Benjamin Griveaux a indiqué
qu’il s’agissait d’« éliminer les scories techniques pour que la réforme
puisse se mettre en place ». Alors
que le budget 2019 prévoit de ne pas
revaloriser les pensions de retraite
à la mesure de l’inflation, il s’est par
ailleurs lancé dans une petite leçon
d’économie : « Le pouvoir d’achat
ce n’est pas seulement ce que vous
recevez, c’est aussi ce que vous
dépensez », a-t-il déroulé. Au service de son argumentation, la suppression de la taxe d’habitation et
la mise en place progressive, d’ici à
2020, du « zéro reste à charge » sur
l’optique et le dentaire.
Le porte-parole du gouvernement a toutefois semblé favorable
à la modulation proposée par
certains députés LREM, afin
de mieux revaloriser les petites
retraites : « Le projet de loi de finances sera présenté au Conseil des
ministres le 26 septembre avec les
hypothèses de croissance, et nous
pourrons en discuter », a-t-il fait
savoir. Sur l’Europe, Benjamin
Griveaux a estimé que « les prochaines élections seront probablement les plus importantes depuis
que l’Union existe ». Les questions
migratoires et environnementales,
ainsi que le numérique, seront au
cœur des débats. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
INTERVIEW // GEOFFROY ROUX DE BÉZIEUX Président du Medef
« Il faut changer les règles d’indemnisation
du chômage pour inciter à la reprise d’emploi »
l Dans sa première interview comme président du Medef, Geoffroy Roux
de Bézieux détaille sa proposition de réforme du régime d’assurance-chômage.
l Il appelle l’exécutif à trancher rapidement sur le prélèvement à la source.
Propos recueillis par
Nicolas Barré, Marie Bellan,
Ingrid Feuerstein
et Etienne Lefebvre
Alors qu’une nouvelle négociation
s u r l ’a s s u r a n c e - c h ô m a g e va
s’ouvrir, Geoffroy Roux de Bézieux
détaille aux « Echos » la proposition
de réforme du Medef. La ministre
du Travail, Muriel Pénicaud, a indiqué dimanche sur RTL que le gouvernement « n’avait aucun tabou »,
y compris au sujet de la dégressivité
des allocations chômage. Pour le
président du Medef, les règles
d’indemnisation actuelles n’incitent pas au retour à l’emploi et doivent être revues « radicalement ».
Depuis la démission de Nicolas
Hulot, plusieurs voix se sont
élevées pour dire que le
modèle libéral n’était pas
compatible avec l’écologie.
Qu’en pensez-vous ?
La transition écologique est devenue un véritable axe de développement pour les entreprises, et pas
seulement les plus grandes. Le basculement s’est fait au moment de la
COP21. Ce qui était vécu autrefois
comme une contrainte, on le fait
maintenant par intérêt. D’abord
vis-à-vis des consommateurs qui
font de l’écologie un vrai critère de
choix dans leur comportement
d’achat. Mais aussi vis-à-vis des
salariés, notamment des jeunes
cadres que nous cherchons à recruter et que l’on a de plus en plus de
mal à attirer. Il y a cependant une
vision punitive de l’écologie que je
ne partage pas. Le renchérissement
des coûts énergétiques, par exemple, est gérable, si on nous donne de
la visibilité pour nous adapter. Les
entreprises sont la solution, pas
l’inverse.
Le nouveau système
d’assurance-chômage
serait basé sur une
allocation universelle
forfaitaire financée
par la CSG,
et gérée par l’Etat.
Ensuite, il y aurait un
régime assurantiel
complémentaire
obligatoire, géré
par les partenaires
sociaux.
La rentrée du gouvernement
s’avère compliquée. Craignezvous que cela n’entame sa
capacité à poursuivre les
réformes que vous attendez ?
La réalité, c’est que la marge de
manœuvre budgétaire s’est réduite,
d’autant plus qu’il n’y a pas de
réflexion de fond sur la dépense
publique. Il y a un cap oui, mais pas
de vision, c’est pour cela que j’ai
parlé de tambouille comptable à
propos du budget. Cela dit, nous ne
sommes pas demandeur d’une
grande réforme fiscale chaque
année. La stabilité est en soi une
politique pro-entreprise.
Le gouvernement hésite
à retarder encore le prélèvement à la source de l’impôt.
Est-ce un soulagement
pour vous ?
J’ai été le premier à soulever le problème psychologique que cela
poserait pour le salarié qui verrait
sa feuille de paie de janvier entamée
de son impôt sur le revenu. Quand
deux salariés assis côte à côte, avec
la même ancienneté, font le même
job dans une même entreprise et
que leur feuille de paie nette n’est
pas la même, c’est compliqué à
expliquer dans des PME. Il a fallu
deux ans pour s’en rendre compte,
mais ce n’est pas en décalant d’une
année de plus que cela va changer.
Si on doit décaler, c’est pour ne plus
passer par l’entreprise, en gardant
l’impôt contemporain. Sur le plan
technique, il y aura des bugs, mais
c’est l’effet psychologique qui est le
plus préoccupant. Le marketing de
la feuille de paie l’an prochain sera
compliqué. Mais si le gouvernement décide d’y aller, les entreprises
feront leurs efforts pour que ça
marche. Maintenant, il faut vite
trancher !
Vous allez entamer
une nouvelle négociation
sur l’assurance-chômage,
comment l’abordez-vous ?
Avant tout, il faut rappeler que les
problèmes de recrutement sont
devenus la préoccupation
numéro un des chefs d’entreprise. Il
y a, à la fois, un sujet de compétences, un problème géographique,
avec des zones sinistrées en France,
et une question d’efficacité du marché du travail. On a ce paradoxe
invraisemblable d’un chômage
structurel supérieur à 8 % depuis
quinze ans et des emplois qui restent non pourvus. Nous sommes le
seul pays de l’OCDE qui fonctionne
comme cela. La deuxième raison de
faire cette réforme, c’est le problème financier de l’Unédic. Et
enfin la troisième, c’est que nous ne
sommes plus dans un véritable système d’assurance-chômage. L’Unédic finance le service public de
l’emploi, l’Etat garantit la dette et,
dernier élément clef : il n’y a plus de
cotisations salariales mais un
financement universel via la CSG.
Ces trois raisons nous donnent
l’occasion de remettre complètement le système à plat.
Et pour les contrats courts,
quelle est votre solution ?
En tout cas, pas le bonus-malus,
car la conséquence de la taxation,
ce sera qu’il n’y aura tout simplement pas d’embauche. C’est une
vision punitive de l’économie.
Même en faisant varier le malus
par secteur, on n’y arrive pas. Vous
prenez la restauration, par exemple, l’organisation du travail n’a
rien à voir entre un traiteur, un restaurateur et un acteur de la restauration collective. Pourtant, c’est le
même secteur. D’autres solutions
peuvent émerger par la négociation collective dans les branches.
Geoffroy Roux de Bézieux,
président du Medef.
Photo AFP
phénomène de l’augmentation des
arrêts courts est probablement lié à
l’allongement de la vie au travail,
mais, à ce moment-là, il n’y a aucune
raison à ce que ce soit l’entreprise
qui en supporte le coût. Avant de
parler de solution, travaillons sur
des statistiques fiables par tranches
d’âge, par types de métiers, par types
d’arrêts pour essayer de comprendre. Comparons-nous avec d’autres
pays de l’Union européenne. Regardons les solutions mises en œuvre
ailleurs. C’est un problème structurel de long terme, donc ne le réglons
pas par le seul prisme budgétaire de
court terme. n
Le gouvernement a renoncé
à faire payer aux entreprises
les arrêts maladie de courte
durée. Comment limiter
leur augmentation ?
Dire que c’est la faute des entreprises, je ne l’accepte pas. La conséquence de l’absentéisme de courte
durée pour un employeur, c’est de la
perte de chiffre d’affaires, c’est donc
très pénalisant. De même, il est inacceptable de dire que les conditions
de travail se sont dégradées. Il suffit
d’aller dans les usines pour voir les
progrès qui ont été faits en termes
d’ergonomie et tous les efforts de
prévention qui sont déployés. Le
C H AU S S U R E S
SOINS
AC C E S S O I R E S
NOUVELLE ADRESSE
De quelle manière ?
Premièrement, une allocation universelle forfaitaire financée par la
CSG, gérée par l’Etat, qui intégrerait l’ASS et potentiellement
d’autres minima sociaux. Ensuite,
un régime assurantiel complémentaire obligatoire, géré par les
partenaires sociaux, comme c’est
le cas pour les retraites complémentaires, financé par les cotisations des entreprises, non garanti
par l’Etat et avec une règle d’or :
l’équilibre des comptes. Il pourrait
même y avoir un troisième étage,
un régime supplémentaire, pour
les indépendants et les chefs
d’entreprise qui ne sont pas assurés aujourd’hui par les cotisations.
Enfin, le budget de Pôle emploi
devrait être financé séparément.
Pas en pourcentage des recettes de
l’Unédic, comme aujourd’hui, car
il augmente quand le chômage
baisse.
Quels seraient les paramètres
de votre système ? Y aurait-il
de la dégressivité ?
C’est un paramètre comme un
autre. Mais il ne faut pas confondre
plafonnement des indemnités,
dont on peut discuter aussi,
et dégressivité des allocations. Tout
est sur la table. Une chose est sûre :
il faut changer radicalement les
règles pour inciter plus efficacement à la reprise d’emploi. Et, in
fine, réduire le chômage de masse,
qui est un frein pour la croissance et
la prospérité du pays.
CENT
MODÈLES
CINQ
L A RG E U R S *
* Jusqu’à cinq largeurs par demi-pointure sur les modèles emblématiques
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
POSSÉDEZ UN AVION.
PA R T A G E Z L E S C O Û T S .
Darmanin veut soutenir la réforme
de l’impôt à la source jusqu’au bout
« C’est tout l’objectif
de cette période
de test : faire
le point pour
effectuer ensuite
des corrections
si besoin. »
FISCALITÉ
Le prélèvement
à la source fera l’objet
d’une réunion
décisive ce mardi.
Elle réunira
le ministre de l’Action
et des comptes publics,
le Premier ministre
et le chef de l’Etat.
BRUNO PARENT
Directeur général
de l’administration fiscale
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Report ou pas ? La pression sur
l’exécutif est encore montée d’un
cran ce week-end, à la veille d’une
réunion décisive sur le prélèvement
à la source. Le ministre de l’Action
et des Comptes publics, Gérald Darmanin, rencontrera ce mardi le Premier ministre et le président de la
République pour faire un point sur
l’état d’avancement de la réforme.
Le temps presse : à compter du
15 septembre, les taux de prélèvements doivent être transmis aux
employeurs.
Pour le ministre de Bercy, ce sera
l’occasion – et sans doute la dernière – de défendre coûte que coûte
cette transformation du système de
prélèvement de l’impôt qu’il porte
depuis quinze mois. « Sur le plan
purement technique, nous sommes
prêts et c’est ma responsabilité d’y
veiller », a déclaré Gérald Darmanin
vendredi dans un entretien aux
« Echos ». Une note interne à la
Direction générale des finances
publiques (DGFIP), révélée par « Le
Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, dans un centre d’appels des impôts. Photo PQR/Sud Ouest/MAXPPP
Parisien », fait pourtant état de
nombreux dysfonctionnements
durant la phase de test. En février
dernier, le système aurait généré
plus de 350.000 erreurs de prélèvement, liées à une double transmission du fichier par certains organismes publics. Fiasco en
perspective ? C’est sans doute contre le risque d’un bug massif que le
chef de l’Etat souhaite se prémunir.
« Il est légitime que le président de la
République ait demandé qu’on ait un
travail d’expertise le plus poussé […]
pour éviter les scories techniques,
explique Benjamin Griveaux, le
porte -parole du gouvernement. Nous mettons les mains sous
le capot. »
De son côté, l’administration fiscale a récusé tout échec lors de la
phase de test. « C’est tout l’objectif de
cette période de test : faire le point
pour effectuer ensuite des corrections si besoin », a réagi le directeur
général, Bruno Parent. Et d’argumenter que l’administration traite
300 millions de données pour
38 millions de foyers fiscaux. « Les
anomalies identifiées lors des tests
(0,1 %) ont été résolues », a ajouté
Gérald Darmanin.
Impact
sur le pouvoir d’achat
Outre l’aspect technique, l’exécutif
s’inquiète de l’impact psychologique
sur le pouvoir d’achat d’une feuille
de paie où le salaire net est amputé
par l’impôt sur le revenu, sachant
que le calendrier n’est pas le
meilleur. Le prélèvement à la source,
s’il est confirmé, entrerait en vigueur
trois mois après la baisse de cotisation salariale en octobre, principale
mesure de pouvoir d’achat d’Emmanuel Macron à l’attention des salariés. Sceptiques sur la réforme, certains de ses proches, dont Richard
Ferrand et Christophe Castaner,
l’auraient alerté du risque politique.
Un report paraît tout aussi difficile à
assumer, comme le soulignent plusieurs députés de la majorité, et risquerait d’amputer la capacité de
réforme du gouvernement. « Fake
news », assurait le député LREM Stanislas Guerini la semaine dernière,
alors qu’il était interrogé sur le prélèvement à la source. Sans compter
que l’impôt à la source reste populaire, malgré les tergiversations
actuelles : une majorité de Français
(60 %) y sont favorables, selon un
sondage Ifop pour « Le Journal du
dimanche ». L’annonce d’un report
signerait sans doute l’annulation
définitive de cette réforme, déjà plusieurs fois abandonnée par le passé.
« Si l’argument est politique, reporter
ne changerait pas la donne sur le plan
psychologique », argumente une
source à Bercy.
Alors que certains fiscalistes suggèrent de mettre en place un système d’acompte contemporain en
janvier prochain, sans reporter
l’année blanche, le ministre de
l’Economie et des Finances, Bruno
Le Maire, a laissé entendre qu’il n’y
avait pas de solution intermédiaire
possible : « Soit nous faisons cette
transformation en profondeur, soit
nous restons au système actuel »,
a-t-il déclaré sur BFM. n
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FRANCE // 05
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
La fin des soldes et l’alimentaire
dopent les prix en août
Santé au travail :
des fonds pour
la prévention
CONJONCTURE
SANTÉ
L’inflation atteint 2,3 %
en rythme annuel, tout
comme en juillet, et
reste à son plus haut
niveau depuis 2012.
Les PME bénéficieront de 85 millions
d’euros supplémentaires par an.
Le pouvoir d’achat
est d’ores et déjà
affecté par le retour
de la hausse des prix.
Solveig Godeluck
@Solwii
Claude Fouquet
@ClaudeFP
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Après avoir atteint en juillet
son plus haut niveau depuis 2012,
l’inflation s’est stabilisée en août,
s e l o n l e s p r e mi e r s r é sultats
publiés vendredi par l’Insee. Calculée en rythme annuel, elle atteint
en effet 2,3 %. Pour mémoire, il y a
un an, l’inflation n’était que de
0,9 %. Cette hausse de l’indice des
prix à la consommation s’explique
d’abord par les évolutions du prix
de l’énergie et du tabac. En un an, le
prix du baril de brent, libellé en
euros, a grimpé de près de 50 %.
« Sur les douze derniers mois, un
point d’inflation provient de la
hausse du prix de l’énergie, dont
0,2 point de fiscalité, et 0,3 point
d’inflation est dû à la hausse des
taxes sur le tabac », explique Julien
Pouget, chef du département de la
conjoncture de l’Insee.
Il s’agit quasi intégralement de
« mauvaise » inflation, c’est-à-dire
qu’elle n’est pas entraînée par une
hausse des salaires. C’est une inflation imp ortée dans le cas du
pétrole ou qui provient de décision
de politique économique pour le
tabac. Elle a donc un impact négatif
direct sur le pouvoir d’achat des
ménages, puisque les salaires ne
suivent pas.
pétrole a eu lieu dans la deuxième
moitié de l’année 2017 et sera donc
largement passé. C’est pourquoi le
Hypothèse
En un an, le prix
du baril de brent
a grimpé
de près de 50 %.
Heureusement pour les Français,
« nous anticipons une décrue de
l’inflation d’ici la fin de l’année, si les
prix du pétrole se stabilisent à leur
niveau actuel », précise toutefois
Julien Pouget. Ainsi, en décembre
prochain, l’inflation devrait atteindre 1,7 % sur un an, selon l’Insee.
Cela s’explique par un effet de base :
le gros de la hausse du prix du
gouvernement table sur une inflation hors tabac, qui servira au calcul de revalorisation des prestations sociales, de 1,6 % en moyenne
cette année. L’an prochain, l’inflation devrait approcher 1,5 %, selon
les prévisions de Bercy, même si
cette hypothèse peut encore être
revue d’ici à la fin du mois quand le
budget sera présenté en Conseil des
ministres.
Si, comme l’a indiqué le Premier
ministre la semaine dernière, les
retraites, les allocations logement et
les allocations familiales ne sont
revalorisées que de 0,3 % dans le
projet de loi de finances 2019, alors
la perte de pouvoir d’achat, notamment pour les retraités, dépassera
1 %. Ce qui pourrait une nouvelle fois
avoir un impact négatif sur la consommation et donc la croissance en
2019. Sans compter que, politiquement, la grogne du troisième âge se
fera peut-être entendre.
(
Lire l’éditorial
de Jean-Marc Vittori
Page 10
Autant commencer la discussion dans de bonnes dispositions. Lundi dernier, deux jours
avant le début de la négociation
sur la réforme de la santé au travail, Matignon a écrit aux partenaires sociaux qui gèrent la
commission accidents du travail-maladies professionnelles
(CAT-MP) pour leur annoncer
une bonne nouvelle : une dotation supplémentaire du fonds
national de prévention. « Les
pouvoirs publics souhaitent
s’engager à une forte augmentation des crédits alloués aux dispositifs d’incitations financières »,
expose le Premier ministre,
Edouard Philippe, dans ce courrier, consulté par « Les Echos ».
En 2018 et les deux années qui
vont suivre, ce fonds géré par la
CAT-MP, qui disposait en 2016
de 340 millions d’euros, va percevoir 85 millions d’euros supplémentaires par an. Après
avoir évalué les dispositifs de
prévention sur quatre ans, pour
vérifier leur efficacité, ce coup de
pouce passera à 100 millions par
an en 2021-2022. Dans son rapport sur la santé au travail remis
mardi, la députée LREM Charlotte Lecocq demandait que des
recettes supplémentaires soient
affectées à la prévention, en
ponctionnant l’excédent récurrent de la branche AT-MP de la
Sécurité sociale (800 millions
attendus en 2018). C’est une
question de rattrapage : « La
France consacre pour la prévention environ 3 % de ses dépenses
d’assurance risques professionnels (340 millions affectés à la
prévention sur environ 13 milliards de dépenses), quand l’Allemagne en consacre 10 %
(900 millions à la prévention sur
9 milliards de dépenses), soit trois
fois plus », expose le rapport.
Baisse des cotisations
Le fléchage des excédents de la
branche vers la prévention santé
au travail ne va pas de soi. L’assurance-maladie, qui assume le
coût de certaines maladies d’origine professionnelle mais non
identifiées comme telles, bénéficie de transferts AT-MP. Par
ailleurs, le patronat réclame une
baisse de cotisation pour résorber l’excédent. Ce sont les PME
qui bénéficieront des fonds supplémentaires. Celles de moins de
200 salariés le feront via la signature d’un « contrat de prévention ». En 2017, les sommes
allouées à ce dispositif se sont
élevées à 28 millions d’euros. Les
employeurs de moins de
50 salariés peuvent, eux, demander des « aides financières simplifiées ». Le budget de ces aides
s’est élevé à 53 millions en 2017. n
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06 // FRANCE
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
Rentrée scolaire : le dédoublement
des classes, carte maîtresse de l’exécutif
l Les dédoublements de CP et de CE1 des quartiers les plus défavorisés se poursuivent lors de cette rentrée.
l A Laval, ce lundi, Jean-Michel Blanquer et Emmanuel Macron donnent le coup d’envoi du développement des internats.
ENSEIGNEMENT
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Plus de douze millions d’élèves
reprennent, ce lundi, le chemin de
l’école. Quelques nouveautés marquent cette rentrée. Emmanuel
Macron et le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, se rendent d’ailleurs ce lundi,
à Laval, pour y annoncer le développement des internats. Mais la rentrée est surtout dominée par « le
déploiement » de mesures déjà
engagées. La plus emblématique
d’entre elles est le dédoublement
des CP et des CE1 des zones défavorisées. C’était la mesure phare du candidat Macron pendant la campagne présidentielle.
Déjà appliquée dans les CP classés
« REP + » – le label des quartiers les
plus défavorisés –, elle s’étend cette
année aux CE1 de ces mêmes quartiers et aux CP en REP. Au total,
190.000 élèves sont concernés, contre 60.000 l’an dernier. « C’est la
mesure de justice sociale la plus
importante que je connaisse », s’est
félicité le ministre de l’Education.
Jean-Michel Blanquer a annoncé
qu’ils seraient 300.000 élèves à en
bénéficier l’an prochain. « On donne
plus à ceux qui ont moins », répète-
t-il régulièrement. L’exécutif en fait
un atout majeur. « Le dédoublement
en CP et en CE1 semble produire
d’excellents résultats et j’en suis assez
fier », affirmait, jeudi, Edouard Philippe en parlant des « très bons premiers retours ».
Et quand le Premier ministre
assure que cette mesure peut
« transformer la réalité », on comprend qu’elle soit une carte maîtresse de sa politique. Enseignants et
parents d’élèves sont séduits. Même
le principal syndicat du premier
Au total,
190.000 élèves sont
concernés, contre
60.000 l’an dernier.
degré, le SNUipp-FSU pourtant très
critique à l’égard de Jean-Michel
Blanquer, affirmait dans une
enquête publiée en juin que, pour
71 % des enseignants interrogés,
« les compétences des élèves dans ces
classes à effectif réduit sont acquises
plus rapidement ». A 90 %, ils y
voyaient un climat de classe « plus
apaisé ».
La mesure n’est toutefois pas
exempte de critiques. Le même syndicat regrette les effets collatéraux,
estimant que d’autres niveaux de
classes et d’autres postes en pâtis-
sent. Sur les 3.881 postes créés à cette
rentrée, 3.000 sont destinés à la mise
en place des dédoublements, selon
le ministre. « Il en aurait fallu
5.000 », selon le SE-Unsa. Ce syndicat déplore, lui aussi, qu’il ait fallu
« ponctionner sur les départements
ruraux et sur les postes de remplaçants ». Et pointe le coût pour les collectivités – qui « doivent parfois créer
de 8 à 10 classes en deux ans ». « Nous
avons habillé Paul sans déshabiller
Pierre, conteste Jean-Michel Blanquer. Chaque département de France,
a fortiori les 66 départements ruraux,
voit son taux d’encadrement s’améliorer. On bat un record historique et
on crée des postes, malgré la baisse
démographique. »
Quels effets aura vraiment la
mesure sur le niveau des élèves ?
Certains chercheurs, comme
Mathieu Valdenaire et Thomas
Piketty, ont montré que les petits
effectifs n’ont d’effet que s’ils
s’accompagnent de pratiques pédagogiques adaptées, et que réduire
les classes sans se préoccuper du
reste reviendrait à « arroser le
sable ». Une étude de l’Ecole d’économie de Paris affirmait au contraire, il y a un an, qu’il restait encore
« beaucoup d’inconnues » sur le rôle
des pratiques pédagogiques. Le premier résultat des évaluations,
attendu en juin dernier, ne sera
dévoilé qu’en décembre. n
Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, veut faire bénéficier 300.000 élèves de cette
mesure l’an prochain. Photo Nicolas Tavernier/RÉA
Ce qui change cette année
Plus d’évaluations, plus
de dédoublements, une
révision des programmes
du CP à la 3e, des nouvelles
règles pour le portable
et la mise en œuvre de la
réforme du bac : telles sont
les principales nouveautés
de cette rentrée scolaire.
Le ministre de l’Education, JeanMichel Blanquer, accélère le
rythme soutenu de réformes déjà
engagées. Mais qui suscitent aussi
interrogations et inquiétudes
quant à leur mise en œuvre. Tour
d’horizon de ce qui change cette
année.
: DAVANTAGE
•DEPRIMAIRE
DÉDOUBLEMENTS
DE CLASSES
Les dédoublements de classes,
lancés l’an dernier dans les CP des
quartiers les plus défavorisés
(« REP + », dans le jargon de l’Education nationale), se poursuivent
avec 4.700 classes supplémentaires. A cette rentrée, 3.200 classes de
CP sont dédoublées en REP et
1.500 classes de CE1 en REP+, contre
2.200 en 2017. Sur 1,2 million d’écoliers scolarisés en REP et REP+
(20 % des écoliers), 190.000 élèves
de CP et de CE1 vont donc étudier
dans des classes « dont les effectifs
sont proches de douze élèves », selon
le ministère. Sur les 3.881 postes
créés en cette rentrée, le ministre
affirme que 3.000 d’entre eux
seront affectés aux dédoublements.
Jean-Michel Blanquer justifie sa
« priorité à l’école primaire » par les
résultats des évaluations de 6 e ,
selon lesquelles « 20 à 40 % des élèves ont des difficultés en français et en
mathématiques ».
DES PROGRAMMES
•« CLARIFIÉS
»
Il y aura « une clarification des programmes » du CP à la classe de 3e (en
français, mathématiques et enseignement moral et civique), « pas un
changement », insiste le ministre de
l’Education. « Des repères annuels
de progression » s’y ajouteront. Ils
sont attendus en septembre pour
« aider les professeurs ». « Les enseignants du premier degré et du collège
se désespèrent des changements
incessants et de la petite musique
qui dirait que ce qu’ils faisaient
avant n’était pas sérieux », s’est
agacé Stéphane Crochet, du SEUnsa. « On fait peu de cas des enseignants qui préparent leurs cours
bien en amont », a critiqué de son
côté le SNES-FSU.
DE NOUVELLES
•ÉVALUATIONS
EN COURS
DE CP ET EN DÉBUT DE CE1
Jean-Michel Blanquer dit avoir
tenu compte des critiques de l’an
dernier sur la qualité des évaluations à l’entrée en CP, et les avoir
revues avec les chercheurs du conseil scientifique qu’il a mis en place.
S’y ajoutera cette année une autre
évaluation en milieu de CP « car
énormément de choses se jouent au
cours des quatre premiers mois de
l’année de CP », selon le ministre.
« Il faut arrêter de procrastiner en
matière d’apprentissage des savoirs
fondamentaux, défend-il. A six ou
sept ans, il faut que ce qui doit être
acquis le soit. » Ces évaluations vont
aussi concerner les élèves de CE1,
en début d’année. Et elles se poursuivront pour les élèves entrant en
6e.
DE LANGUES
•AUPLUS
COLLÈGE
Au collège, les classes bilangues
« continuent leur développement »,
selon le ministère de l’Education. A
la rentrée, 67 % des collèges proposeront « au moins une classe bilangue » contre 47 % en 2016, assure le
ministère. Mais les établissements
se plaignent d’un manque de
moyens qui les empêche, par exemple, de recréer des classes européennes, faute d’un nombre d’heures suffisant. Des mesures sont
attendues mi-septembre pour revaloriser le rôle des langues.
DU NEUF SUR LE
•PORTABLE,
POUR LES ÉLÈVES
ET POUR LES ENSEIGNANTS
Jean-Michel Blanquer a dit et
répété que le téléphone portable
serait interdit, pour répondre à la
promesse de campagne du chef de
l’Etat. Le sujet risque de virer au casse-tête des « casiers » ou des « corbeilles » pour les établissements,
qui ne disposent déjà pas tous
d’emplacements pour permettre
aux élèves de déposer leurs lourds
manuels scolaires.
Ecoles et collèges devront aussi,
en ce début d’année, décider dans
leur règlement intérieur si les enseignants peuvent utiliser téléphone
ou tablette pour des usages pédagogiques. C’est l’autre volet – et la vraie
nouveauté – de la loi publiée cet été
qui autorise, pour la première fois,
l’utilisation du portable dans les
classes. Chaque collège fera comme
bon lui semble. Ce que regrette le
SNES-FSU, qui aurait préféré que la
même règle s’applique à tous.
EN ŒUVRE
•DELALAMISE
RÉFORME DU BAC
Les élèves qui entrent en seconde
cette année passeront le bac en
2021, première édition du bac nouvelle formule. Au lieu d’être évalués
sur une semaine d’épreuves, les élèves le seront, en partie, sur du contrôle continu (40 % de la note finale)
qui prendra en compte les résultats
de 1re et de terminale. Les futurs
bacheliers passeront quatre épreuves finales : deux épreuves écrites
sur des disciplines de spécialité
qu’ils auront choisies, une épreuve
de philosophie et un oral qu’ils
auront préparé. Ceux qui entrent en
seconde passeront « un test de positionnement pour leur permettre
d’approfondir ce qu’ils feront dans
l’enseignement supérieur », a indiqué Jean-Michel Blanquer.
— M.-C. C.
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// 07
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
MONDE
en
chiffres
STAGNATION
DE LA PRODUCTION
INDUSTRIELLE
AU JAPON EN JUILLET
INFLATION DE 2 %
EN ZONE EURO
L’inflation dans la zone euro
a atteint en août 2 % en rythme
annuel, l’objectif fixé par la
Banque centrale européenne,
selon des chiffres provisoires
publiés vendredi. Ce léger
ralentissement par rapport
au 2,1 % de juillet s’explique
par la baisse du prix l’énergie.
Parallèlement, le chômage
est au plus bas depuis 2008,
à 8,2 % de la population active.
8,2 %
DE CROISSANCE EN INDE
La production industrielle
japonaise a ralenti en juillet
pour le troisième mois
d’affilée, en raison de la
baisse des exportations et
des inondations dans l’ouest
du pays. Elle a baissé
de 0,1 % par rapport à juin,
selon des données officielles
publiées vendredi.
La croissance de l’économie
indienne a atteint 8,2 %
en glissement annuel au
deuxième trimestre, contre
7,7 % au premier, selon des
chiffres officiels publiés vendredi. C’est la plus forte croissance d’une grande économie,
devant même la Chine.
L’Argentine se prépare à vivre
une nouvelle crise
l La brutale dépréciation du peso
et l’inflation que le gouvernement
Macri semble incapable de maîtriser
préoccupent les Argentins.
l Le malaise social s’accentue à un an
de la prochaine élection présidentielle.
AMÉRIQUE DU SUD
Aude Villiers-Moriamé
@AudeVM
— Correspondante à Buenos Aires
Réunions d’urgence à la Casa
Rosada, deux conférences de presse
par jour, rumeurs de remaniement… C’est à un rythme effréné et
peu rassurant que le gouvernement
argentin a tenté de réagir la semaine
dernière.
Quatre jours après le brutal effondrement du peso – qui a perdu près
de 20 % de sa valeur face au dollar en
48 heures – l’équipe économique du
gouvernement de Mauricio Macri
(centre-droit) annoncera de nouvelles mesures ce lundi avant de se rendre à Washington pour reprendre
les négociations avec le Fonds
monétaire international (FMI).
L’institution financière serait
prête à débourser de manière anticipée 29 milliards de dollars – sur les
50 prévus dans le cadre d’un prêt sur
trois ans accordé en juin dernier à
l’Argentine – pour permettre au pays
d’honorer ses dettes et de respecter
ses engagements en matière de
réduction du déficit budgétaire (le
gouvernement doit le ramener à
1,3 % du PIB en 2019). Une perspec-
tive qui préoccupe les Argentins, qui
s’attendent à ce que le FMI, en
échange de cette avance, impose des
conditions drastiques au pays.
La situation économique de
l’Argentine, déjà compliquée en raison d’une crise financière qui dure
depuis le mois d’avril, s’est dégradée
à la suite de l’annonce de ce nouvel
appel à l’aide au FMI, mercredi dernier, lors d’un discours télévisé de
Mauricio Macri. Un message de
moins de deux minutes, maladroit
et imprécis, qui se voulait rassurant
pour les marchés mais qui n’a pas eu
l’effet escompté et a provoqué une
fuite massive de capitaux.
Mesures d’urgence
Le lendemain, l’Argentine vivait, hallucinée, son « jueves negro » (jeudi
noir), les yeux rivés sur les écrans de
télévision, alors que le peso s’effondrait sur le marché des changes et
que le dollar prenait son envol, jusqu’à dépasser le seuil historique de
40 pesos. Une spirale infernale que
seules de nouvelles mesures
d’urgence ont réussi à freiner : la
banque centrale a relevé de 45 à
60 % son taux d’intérêt directeur, un
nouveau record mondial, et a injecté
plus de 250 millions de dollars sur
les marchés. « Il y a un manque de
confiance en l’économie argentine,
Ce même jeudi noir, sous une pluie torrentielle, le centre de Buenos Aires était paralysé par une immense manifestation en défense
de l’université publique, affectée par de fortes coupes budgétaires. Photo Damian Dopacio/AFP
mais nous allons tout faire pour être
moins exposés à la volatilité du marché », s’est hâté d’affirmer le ministre
de l’Economie, Nicolás Dujovne.
Les prévisions de récession se
sont dégradées ces derniers jours,
passant de –0,3 % à –1 % du PIB pour
2018. La popularité – déjà mal en
point – de Mauricio Macri en a également pris un coup, et ce alors que le
président compte briguer un second
mandat l’an prochain.
Ce même jeudi noir, sous une
pluie torrentielle, le centre de Buenos Aires était paralysé par une
immense manifestation en défense
de l’université publique, affectée par
de fortes coupes budgétaires. Les
professeurs réclament notamment
une hausse de salaire, à l’instar de
Gonzalo Yurkievich, qui enseigne la
géographie à l’université de Buenos
Aires : « Dans ce contexte économique, on continue de nous proposer
15 % d’augmentation, alors que l’inflation va dépasser les 30 % cette année. »
Dans le cortège, sous les parapluies, l’on distingue quelques pancartes avec le slogan « Education,
oui. FMI, non ». Pour beaucoup
d’Argentins, ce nouveau recours à
l’institution financière, à qui ils attribuent en partie la responsabilité de
la grave crise de 2001, inquiète. Jusqu’à pousser certains à envisager
l’expatriation : « Ce pays va droit dans
le mur. Si je veux continuer à étudier et
trouver un travail décent, il va falloir
que je quitte l’Argentine », estime Sol,
étudiante en arts visuels. n
« L’impact de la crise
sur la société argentine
va être très dur »
3 QUESTIONS
MARTÍN ALFIE
Economiste, directeur
du cabinet Radar.
DR
Les entreprises françaises inquiètes
de la situation à Buenos Aires
Les investisseurs étrangers
craignent la volatilité
de la devise argentine
comme les risques
d’une explosion sociale
qui résulterait d’une politique
budgétaire trop stricte.
Virginie Robert
@virginierg
Il n’y a pas que la fragilité du peso
qui fait trembler les investisseurs.
Le climat social est de plus en plus
tendu alors que les Argentins perdent chaque jour en pouvoir d’achat.
Les concerts de casseroles ont tintinnabulé, jeudi, et les manifestations
ont éclaté dans plusieurs villes :
à Buenos Aires, où des dizaines
de milliers d’étudiants protestaient
contre les réductions budgétaires
dans les universités, mais aussi à
La Plata, Rosario et Mar del Plata.
En Argentine, la France est le
cinquième investisseur étranger,
d e va n t l ’A l l e m a g n e . P l u s d e
250 entreprises françaises y sont
implantées, employant environ
50.000 personnes, selon les données
de Medef International. En 2015,
le stock des investissements français atteignait 3,8 milliards de dollars, selon les derniers chiffres du
Trésor. En 2017, la France contrôlait
4 % du stock d’investissements
étrangers. Ses entreprises sont
présentes principalement dans
l’automobile, l’énergie, l’agroalimentaire, les mines et le secteur
finance-assurance. Dans les mois
qui viennent, explique un observateur, « les entreprises françaises
craignent que le ralentissement
économique ne s’accentue et certaines
estiment que l’austérité n’est pas la
meilleure solution ».
Une certaine stabilité
De 2010 à 2015, le volume des investissements étrangers avait eu tendance à se contracter fortement en
raison de la politique menée par
Cristina Kirchner et du resserrement de la politique de contrôle des
changes. « Depuis soixante ans,
le problème central de l’Argentine
est son manque de crédibilité. Macri,
avec un gouvernement d’entrepreneurs, a voulu la restaurer en refondant les outils statistiques et en
nouant un pacte avec les fonds
vautours qui lui ont permis de revenir
sur les marchés internationaux »,
explique Gérard Estrada, directeur
de l’observatoire politique de l’Amérique latine à Sciences Po.
Cette stratégie a fonctionné pendant un temps. L’image du pays s’est
améliorée et les investisseurs sont
« En faisant appel au
FMI, Macri a voulu
créer un choc pour
que les marchés
financiers cessent
de spéculer contre
le peso argentin. »
GÉRARD ESTRADA
Directeur de l’observatoire
politique de l’Amérique latine
à Sciences Po.
revenus, Macri cherchant à offrir
une certaine stabilité fiscale avec
des garanties juridiques. Selon le
« World Investment Report 2018 »
publié par la Cnuced, l’Argentine a
triplé ses flux entrants de 2016 à 2017,
atteignant 11.857 millions de dollars
à la fin de 2017. L’an dernier, l’Argentine a été le 26e pays à recevoir le plus
d’IDE sur 200 alors que le pays s’était
classé 55e en 2016. Les stocks d’IDE
ont augmenté de 8 % au cours de
cette période et atteignent 76 milliards en 2017.
Malheureusement, les premiers
relèvements de taux d’intérêt de
la Réserve fédérale américaine
ont pesé sur les pays émergents,
Argentine et Turquie en tête. Par
ailleurs, décidés à Buenos Aires, le
gel des embauches dans le secteur
public, la forte réduction des investissements en infrastructures et la
baisse ou l’arrêt de subventions aux
transports ou à l’achat de gaz ont
suscité plusieurs mouvements de
grève générale.
« En faisant appel au FMI, Macri a
voulu créer un choc pour que les marchés financiers cessent de spéculer
contre le peso argentin », explique
Gérard Estrada. Mais la population
est très remontée contre l’institution
multilatérale. Surtout, la hausse des
taux d’intérêt (le taux directeur de
la banque centrale atteint 60 % !)
étrangle les entrepreneurs locaux.
« Avant, Macri avait une image de
réformateur. Mais aujourd’hui, la
mauvaise situation de l’économie
n’est plus mise au débit de Kirchner
mais au sien », observe l’expert.
Minoritaire au Parlement, le président argentin pourrait être mis en
difficulté par les péronistes. Ces derniers sont pourtant englués dans les
affaires de corruption de Cristina
Kirchner qui mettent notamment
en cause des grandes entreprises du
BTP argentin. Un secteur sur lequel
Macri comptait justement s’appuyer
pour relancer l’économie. n
Sommes-nous face
à une crise similaire
à celle de 2001 ?
Il y a plusieurs différences avec la
situation que l’Argentine a connue
en 2001. Notre système financier
est aujourd’hui beaucoup plus
solide. En 2001, nous avions un système dollarisé, la hausse du taux
de change avait entraîné de fortes
pertes économiques.
Aujourd’hui, ce risque est moins
élevé. Une autre différence, négative cette fois, c’est qu’à l’époque
nous avions 0 % d’inflation. Or,
cette année, nous allons avoir un
taux d’inflation au-delà des 30 %.
La forte hausse du dollar va provoquer une hausse encore plus
importante de l’inflation, qui à
son tour entraînera une baisse du
pouvoir d’achat, une baisse de la
consommation et une augmentation de la pauvreté. L’impact sur la
société va être très dur.
1
Comment Mauricio Macri
doit-il corriger
sa politique économique
pour sortir de la crise ?
Si je dois émettre une critique globale sur la direction économique
qu’a prise ce gouvernement, je dirai
qu’il a misé de manière excessive
2
sur l’ouverture et la dérégulation
financières. En ce qui concerne
la crise que nous sommes en train
de vivre, je pense qu’elle a été gérée
de manière erratique. Le taux
d’intérêt peut être utilisé comme
un outil pour répondre à des situations de panique et de crise.
Mais le grand problème, c’est que
ces outils de régulation ne sont pas
utilisés de manière cohérente. Certains jours, on augmente le taux
d’intérêt, d’autres, on vend des dollars ; parfois, on augmente les
réserves bancaires… Tout cela est
fait sans coordination et sans plan
cohérent, ce qui explique que ces
mesures soient inefficaces et entraînent des dommages collatéraux.
Quant à une sortie de crise, la solution envisagée par le gouvernement
consistant à accentuer la réduction
du déficit budgétaire n’est pas la
bonne. On l’a vu avec la Grèce : la
récession va se prolonger et les
salaires vont baisser.
Quelles mesures
le gouvernement
va-t-il annoncer ce lundi ?
Il y a beaucoup de rumeurs, notamment concernant le taux de change.
Le FMI préférerait que le gouvernement intervienne le moins possible.
Or, en Argentine, et ces derniers
jours le prouvent bien, laisser le
peso flotter complètement reviendrait à jouer avec le feu.
Ce qui est certain, c’est que le gouvernement va annoncer davantage
de restrictions budgétaires. Politiquement, c’est risqué [la prochaine
élection présidentielle est prévue fin
2019, NDLR]. Les taxes aux exportations agricoles, qui devaient
être progressivement abaissées,
seront sans doute maintenues voire
remontées. Mais si cela n’est pas
suffisant, le gouvernement devra
agir sur d’autres leviers très sensibles, comme les retraites, en
prenant le risque d’augmenter la
colère sociale.
A. V.-M.
3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
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Commerce : le Canada et les Etats-Unis
s’accordent un délai supplémentaire
INTERNATIONAL
« Un accord qui soit
gagnant pour nos
trois pays est à
notre portée. Mais
nous n’y sommes
pas encore. »
Washington et Ottawa
ne sont pas parvenus
à un accord avant
la date butoir
de vendredi.
CHRYSTIA FREELAND
La ministre canadienne
des Affaires étrangères
Mais les négociations
reprendront
cette semaine.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
La pression de Donald Trump sur
les Canadiens n’a pas fonctionné,
pour le moment. Les négociations ont été interrompues vendredi, sans qu’un accord commercial ne soit trouvé entre les
deux partenaires. Le président
américain avait fixé la fin de
semaine comme date butoir pour
parvenir à un compromis, mais
sa sortie face à des journalistes,
qui était censée rester privée, a
précipité l’arrêt des discussions,
vendredi midi.
La presse canadienne avait
rapporté des propos fermes de
Donald Trump selon lesquels son
administration ne comptait faire
aucun compromis sur le dossier
et la renégociation de l’accord
n’aboutirait qu’« à ses conditions ». « Je ne peux pas le dire
publiquement car ce serait si insultant qu’ils ne trouveraient pas
d’accord », aurait-il ajouté. Des
fuites que le locataire de la Maison-Blanche n’a pas appréciées.
Selon lui, les commentaires qu’il
Washington avait fixé la date
butoir à vendredi pour pouvoir
envoyer le texte au Congrès. La loi
américaine prévoit en effet un
délai de 90 jours avant que le
texte ne soit réellement signé.
La situation
ne serait pas bloquée
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le négociateur américain, Robert Lighthizer. Photo A. Harrer/Bloomberg
a faits aux journalistes n’étaient
pas destinés à être publics.
Dossiers épineux en suspens
Samedi, alors que le pays enterrait John McCain, le président
américain en a remis une couche
sur le réseau social en clamant
q u e , s i a u c u n a c c o r d n’é t a i t
trouvé, le Canada se retrouverait
e n d e h o r s d e l ’A l é n a . E t i l a
menacé de retirer son pays de
tout accord, si le Congrès se
mêlait des négociations.
Vendredi, les discussions entre
le Canada et les Etats-Unis
n’avaient pu aboutir. Elles doivent néanmoins reprendre mercredi. Ottawa se montre plutôt
optimiste sur leur issue. « Un
accord qui soit gagnant pour nos
trois pays est à notre portée, a
affirmé la ministre canadienne
des Affaires étrangères Chrystia
Freeland, lors d’une conférence
de presse vendredi. Mais nous n’y
sommes pas encore. » Le négociateur américain, Robert Lighthizer, a, lui aussi, joué l’apaisement.
Il a souligné que la semaine avait
été « constructive » et que des progrès avaient été réalisés. Les dossiers les plus épineux restent
pourtant en suspens. Le
Canada ne veut rien céder sur le
lait, alors que Washington
lui reproche de fermer son marché aux producteurs américains.
L’o u v e r t u r e d u C a n a d a a u x
médias de son voisin fait aussi
débat. Des sujets éminemment
politiques à un an d’élections
législatives décisives pour le Premier ministre, Justin Trudeau.
Et les Etats-Unis voulaient que
l’accord tripartite puisse être
signé par le président mexicain,
Enrique Peña Nieto, avant qu’il ne
laisse sa place à son successeur,
Andres Manuel Lopez Obrador.
Celui-ci a exprimé des doutes sur
certains dossiers, par le passé,
avant toutefois de valider
l’accord préliminaire trouvé la
semaine dernière entre Mexico et
Washington. La situation ne
serait toutefois pas bloquée : cet
accord signé avec le Mexique a
été notifié au Congrès américain,
vendredi. Et une autre loi indique
que le texte définitif ne doit être
rendu public que 60 jours avant
sa signature. Ce qui laisserait
encore un mois pour le modifier
et trouver un accord avec le
Canada. n
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MONDE // 09
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
Lula hors jeu, la campagne présidentielle
est relancée au Brésil
AMÉRIQUE DU SUD
La candidature
de l’ancien président
a été invalidée par
la justice brésilienne.
La décision redistribue
les cartes à un mois
du scrutin, alors
que l’économie montre
des signes de faiblesse.
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
Six contre un. Les magistrats du Tribunal supérieur électoral ont rejeté
à une majorité écrasante la tentative
de Lula, condamné pour corruption
et en prison depuis cinq mois, de briguer la présidence début octobre.
Au terme d’une session marathon
qui s’est achevée samedi à l’aube,
l’ancien président, qui a gouverné le
Brésil entre 2003 et 2010, a été placé
hors jeu. Motif : son casier politicojudiciaire n’est pas vierge, ce qui le
rend inéligible selon la loi brésilienne. Seul un magistrat s’est prononcé en faveur du rétablissement
des droits politiques de Lula, en
accord avec une recommandation
du comité des droits de l’homme
de l’ONU.
Ce verdict, qui tombe après des
mois de polémique, ne constitue pas
vraiment une surprise. Mais il va
provoquer une redistribution des
cartes dans la course à la présidence,
dans la mesure où Lula faisait figure
de grand favori, selon les sondages.
Fernando Haddad, son colistier,
doit maintenant rendre visite à Lula
dans sa cellule, ce lundi, à Curitiba
et officialiser sa candidature, dans
l’espoir de récupérer une bonne
partie des intentions de vote dont
était créditée l’icône de la gauche
brésilienne. Mission : se qualifier
pour le second tour, alors qu’il ne
dispose actuellement que de 4 % des
intentions de vote. Sans Lula, c’est
le candidat de l’extrême droite Jair
Bolsonaro qui figure en tête des
intentions de vote. La tâche de Fernando Haddad, ancien ministre de
l’Education et ancien maire de São
Paulo, ne sera pas facile, car trois
autres candidats, dont Marina Silva
(écologiste), ont également été
ministres de Lula et prétendent
disputer une partie de l’héritage.
Campagne imprévisible
Cette campagne électorale à rebondissement est de loin la plus imprévisible depuis vingt ans. Personne
n’est en mesure de prévoir qui va
se qualifier pour le second tour,
d’autant que plus d’un électeur sur
trois se déclare indécis. « La victoire
d’un candidat modéré n’est pas assurée », souligne Octavio de Barros,
vice-président de la Chambre de
commerce France-Brésil à São
Paulo. D’autant plus que les favoris
du marché, tel l’ancien gouverneur
de São Paulo Geraldo Alckmin, n’ont
pas décollé dans les sondages. Cette
incertitude a largement contribué
à entretenir l’instabilité des marchés
(le dollar s’étant apprécié de 8,5 % le
mois dernier face au real).
La polémique autour de Lula
a quelque peu perturbé le débat
sur les programmes. L’électeur
aurait ainsi « le choix entre des
mensonges réconfortants et des
vérités qui dérangent », pour reprendre une formule employée par Ian
L’électeur aurait
ainsi « le choix entre
des mensonges
réconfortants et des
vérités qui
dérangent. »
IAN BREMMER
Cabinet de consultants Eurasia.
Bremmer, du cabinet de consultants Eurasia.
D’un côté, un candidat de gauche,
Ciro Gomes, qui promet à 60 millions de personnes endettées de
régler leurs ardoises. De l’autre, un
conseiller du candidat d’extrême
droite qui promet de privatiser toutes les entreprises publiques, y compris le géant pétrolier Petrobras,
pour régler les problèmes budgétaires du pays. Quant au Parti des
travailleurs de Lula, il compte
essentiellement sur un retour à
la croissance pour équilibrer les
comptes. La croissance qui, justement, n’est pas encore au rendezvous cette année.
Pourtant, malgré les problèmes
conjoncturels et les incertitudes
électorales, certains investisseurs
évoquent toujours la « résilience »
de l’économie brésilienne. Sandrine
Ferdane, présidente de la filiale de
BNP Paribas au Brésil, souligne
ainsi « sa diversification, alors que
d’autres pays émergents sont plus
dépendants d’une matière première
ou d’un partenaire, l’entrée sans faiblir de capitaux étrangers, les exportations, et la solidité du système
financier local ». n
Timide croissance
En période électorale, l’économie croît à
un train de sénateur. Au deuxième trimestre, le PIB a progressé de 0,2 % par rapport
au trimestre précédent, et de 1 % sur un an.
La reprise de l’activité économique a été
contrariée par une longue grève des chauffeurs routiers au mois de mai. Les exportateurs sont à leur tour pénalisés par la
recrudescence de la crise en Argentine
voisine. Le gouvernement prévoit une
croissance de 1,6 % cette année, contre 1 %
en 2017 après deux ans de profonde
récession. Toutefois, Goldman Sachs
vient de réduire sa prévision de 1,5 % à 1,2 %
pour cette année. Selon la Fondation
Getulio Vargas (FGV), il faudra attendre
2020 pour que le PIB revienne au niveau
qu’il avait atteint en 2014.
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10 //
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle
des Echos
Le Regard
sur le monde
Le Livre du jour
Sciences
Et si Trump faisait chuter
le dollar ?
Comment organiser la lutte contre
le populisme
« Les Grands Entretiens de l’histoire »
Le réchauffement, c’est maintenant !
LES ÉDITORIAUX DES « ÉCHOS »
La ruade ravageuse
de l’inflation française
Depuis près d’une décennie, l’inflation avait
disparu du radar. Les oracles qui ont prédit
sa résurgence à maintes reprises s’étaient tous
trompés. Les banquiers centraux ont
vainement acheté des milliers de milliards de
dollars ou d’euros de titres financiers pour
tenter de la faire revenir. Mais le paysage a
changé ces derniers mois. Dans la zone euro,
Par Jean-Marc
l’inflation dépasse désormais la cible que s’est
Vittori
assignée la Banque centrale européenne – une
hausse des prix « inférieure à mais proche de
L’inflation
2% ». En France, cette hausse est encore plus
amplifie
forte. Elle atteint 2,6 % selon le mode de calcul
européen – et de 2,3 % selon la norme française.
l’effet
La poussée est forte par rapport aux cinq
négatif sur
années précédentes. Les causes sont claires.
les revenus En France, près des deux tiers de l’accélération
de la hausse viennent de la flambée des cours du pétrole,
avec un baril moitié plus cher qu’il y a un an.
de CSG
Le reste vient des hausses de taxes (carburant
du début
et tabac). La hausse annuelle des prix devrait
rester sur une pente de près de 2 % jusqu’à la fin
d’année.
de l’année avant de revenir autour de 1,5 % à la
mi-2019, sauf en cas de nouveau choc sur le
pétrole. Economiquement, cette poussée inflationniste n’est donc pas
inquiétante, même si elle a des effets désagréables. Elle pèse sur la
croissance, car le renchérissement du pétrole revient à transférer
de l’argent du consommateur français vers le pays producteur.
Elle va aussi tendre à l’automne les négociations salariales dans les
entreprises, alors que la France a encore des coûts salariaux
souvent élevés par rapport à la concurrence.
Politiquement, il en va tout autrement. Car l’accélération des prix
se produit au mauvais moment. Elle amplifie l’effet négatif sur les
revenus de la hausse de CSG en début d’année décidée par le
gouvernement. Elle va ronger les effets positifs des baisses de
prélèvements à venir dans les prochains mois – taxe d’habitation et
cotisations sociales salariales. Et elle va fatalement cogner avec la
moindre indexation de certaines prestations sociales annoncées par
un gouvernement qui n’a pas su trouver d’autres moyens plus
intelligents de faire des économies. Les retraités pas assez pauvres
pour toucher le minimum vieillesse et pas assez riches pour payer
la taxe d’habitation et donc profiter de sa baisse vont être
particulièrement pénalisés. Avec des élections qui se pointent à
l’horizon, Emmanuel Macron et son équipe risquent de se laisser
enfermer dans un débat stérile sur le pouvoir d’achat. Ils vont peutêtre devoir renoncer à mettre en œuvre le prélèvement à la source
de l’impôt sur le revenu, qui brouillerait encore plus la situation.
Ce renoncement ne serait pas dramatique en soi. Mais la poussée
d’inflation risque de briser l’élan réformateur.
(
Lire nos informations
Page 5
Grandir plus que grossir
Par David Barroux
Pour les hommes comme pour les entreprises, mieux vaut grandir
que grossir. En déboursant plusieurs milliards de dollars pour
mettre la main sur Costa, une chaîne de restauration rapide misant
sur le café, à l’image de Starbucks, Coca-Cola a appliqué ce principe
de bon sens. Confronté au désamour dans de plus en plus de pays
pour ses boissons trop riches en sucre, le géant d’Atlanta a compris
que son salut ne dépendait plus de sa capacité à nous faire boire plus
de boissons gazeuses. Le salut est ailleurs. Pour continuer de croître,
Coca-Cola ne doit plus grossir mais doit bel et bien grandir. Son but
ne doit plus être de vendre des millions de litres de plus de ses
produits vedettes (Coca, Fanta, Sprite…) mais bien d’enrichir
son offre et de diversifier son portefeuille de produits en misant
sur des boissons comme l’eau, les jus et le café.
Porté par la première vague de mondialisation, le colosse
américain a pendant des décennies tiré sa croissance en surfant sur
le goût de la planète pour l’American way of life. Il suffisait de
convertir de nouveaux marchés à la canette rouge pour doper le
chiffre d’affaires. Un seul produit ou presque, plus ou moins décliné,
permettait de croître. Le monde et les attentes des consommateurs
ont changé. La demande est plus diversifiée, plus locale, plus
segmentée. Plus qu’une stratégie de maximisation des volumes sur
un produit unique, les titans de la grande conso doivent apprendre à
jouer la carte de produits de niche plus ou moins locaux et qui
passeront de mode plus vite que les plus célèbres des sodas. CocaCola, qui était maître dans l’art des grandes séries et du « one size fits
all », va devoir devenir expert dans les petites séries. Et le groupe,
qui a assis toute sa croissance en s’appuyant sur les champions
mondiaux de la grande distribution ou de la restauration rapide,
de Walmart à McDonald’s en passant par Carrefour et d’autres,
va devoir aussi apprendre à miser sur de nouveaux canaux de
distribution. En rachetant Costa, il fait le plus gros chèque de son
histoire, mais il fait sans doute aussi un pas dans la bonne direction.
(
Lire nos informations
Page 16
Boll pour « Les Echos »
La crise des opioïdes, un défi pour
le marché du travail américain
Elsa Conesa
— Bureau de New York
Les chiffres ont de quoi faire pâlir
d’envie la vieille Europe. Plus de
3,5 millions d’emplois créés en dixhuit mois, un taux de chômage moitié moins élevé qu’en France, une
croissance pointant vers les 3 %, des
marchés euphoriques… Près de
deux ans après sa victoire, Donald
Trump aborde les élections de mimandat avec de solides arguments.
Les démocrates sont d’ailleurs bien
en peine de lui adresser des reproches sur ce terrain.
Pourtant, il est une statistique sur
laquelle le président tweete rarement, du moins depuis qu’il s’est
installé à la Maison-Blanche : ce
sont les 95 millions d’Américains
tristement connus sous le nom de
« NLF » – « not in the labor force ».
Autrement dit, sortis du marché du
travail et, par là même, des statistiques miraculeuses de l’emploi. Une
armée fantôme rarement évoquée
en dehors des cercles d’experts.
Le candidat Trump avait identifié
le phénomène en 2016, quand il
contestait les chiffres du chômage
du second gouvernement Obama,
alors autour de 5-6 %. « Ne croyez
pas ces chiffres pipeaux, lançait-il à
ses supporters, ravis. Le chiffre, c’est
sans doute 28-29 %, peut-être 35 %.
J’ai même entendu récemment
42 %. » Il n’était pas loin de la vérité :
la proportion d’Américains sortis
de la population active ne cesse
d’augmenter, silencieusement,
depuis vingt ans. C’est l’un des
grands mystères de l’économie
américaine. Alors qu’analystes et
banquiers centraux s’inquiètent
des risques de surchauffe, près de
40 % des Américains de plus de 16
ans ont tout bonnement cessé de
chercher du travail, et ne sont plus
comptabilisés dans la population
active. La part de ceux ayant un
emploi ou en cherchant un active-
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Malgré un taux
de chômage moitié
moins élevé qu’en
France, la proportion
d’Américains sortis
du marché du travail
augmente silencieusement depuis vingt
ans. Un effet collatéral de l’épidémie
d’opioïdes qui ravage
le pays. Les entreprises sont obligées
de s’adapter.
ment – mesurée par le taux de participation – est tombée à moins de
63 %, un plus bas depuis la présidence Carter et le second choc
pétrolier. Trump n’est pas en cause,
Obama non plus : le retournement
est bien plus ancien.
Cette population de chômeurs
qui s’ignore, au cœur d’une économie qui créée chaque mois
200.000 emplois, suscite d’autant
plus de fantasmes que les données
manquent. Dans plus de la moitié
des cas, il s’agit simplement de personnes retraitées ou trop âgées
pour travailler et, pour un peu
moins d’un quart supplémentaire,
d’étudiants et de personnes en formation. Reste toutefois un bloc de
23 millions d’adultes inactifs, âgés
de 25 à 54 ans, dont certains ont certes choisi de ne pas travailler, mais
que les experts peinent à appréhender. Au sein de cette tranche d’âge,
les hommes en particulier suscitent
des interrogations : leur taux de
participation au marché du travail a
reculé de près de 2 % depuis la crise
de 2008, alors même que le taux de
chômage a diminué de moitié.
72.000 morts par overdose
D
Les points à retenir
de 40 % des Américains
•dePrès
plus de 16 ans ont tout
bonnement cessé de chercher
du travail, et ne sont plus
comptabilisés dans la
population active.
Les opioïdes, licites
et illicites, suscitent
des problèmes d’addiction
si graves qu’ils ont rendu
des millions de patients
dépendants à l’héroïne
et à d’autres drogues
synthétiques.
•
Pour un nombre croissant d’économistes et de politiques, il faut regarder du côté des « opioïdes », ces
antidouleurs à base d’opium dont
abusent les Américains. Ces drogues, licites et illicites, suscitent des
problèmes d’addiction si graves
qu’elles ont rendu des millions de
patients dépendants à l’héroïne et à
d’autres drogues synthétiques. Du
fait d’une réglementation laxiste et
d’une politique commerciale très
agressive des laboratoires à partir
des années 1990, le pays, avec 5 % de
la population mondiale, consomme aujourd’hui 80 % des opioïdes, selon les chiffres du prix Nobel
d’économie Angus Deaton.
L’épidémie, qui a fait l’an dernier
près de 72.000 morts par overdose,
soit davantage que pendant toute la
guerre du Vietnam, a aussi envahi le
marché du travail, en éloignant de
l’emploi des victimes souvent précaires. Pour l’économiste de Princeton Alan Krueger, près d’un quart
du déclin de la participation au
marché du travail est imputable à la
consommation de ces analgésiques
à haut risque. Ses travaux montrent
que près de la moitié des hommes
de 25 à 54 ans sortis du marché de
l’emploi prenaient quotidiennement des médicaments contre la
douleur, et, dans les deux tiers des
cas, des médicaments sur ordonnance. « Je pense qu’il y a un lien avec
la baisse du taux de participation des
personnes âgées de 25 à 55 ans », a
admis l’ancienne présidente de la
Fed Janet Yellen l’an dernier, hésitant toutefois sur le sens du lien de
causalité. Quant aux économistes
de la Fifth Third Bank, ils comparent désormais l’ampleur des effets
de l’épidémie sur le marché du travail aux ravages de la « grippe espagnole » de 1918.
Pour p our voir les quelque
6,7 millions d’emplois encore
ouverts en août, les entreprises
s’adaptent. Certaines renoncent à
faire passer des tests pour détecter
la consommation de stupéfiants.
Elles n’ont pas le choix : à Youngstown, dans l’Ohio, épicentre de l’épidémie, elles doivent écarter jusqu’à
la moitié des candidats dont les
tests révèlent qu’ils consomment
drogues et médicaments. Certaines
ont choisi de travailler avec des
associations qui leur envoient des
candidats qu’elles savent sevrés.
Mais, malgré le plan présenté
par la Maison-Blanche en
début d’année, l’épidémie ne
semble pas vouloir refluer. Ce
qui fait dire aux analystes de Goldman Sachs, qui se sont penchés
sur la question, que l’armée des
« NLF » a encore de beaux jours
devant elle. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
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5. Les banques grecques encore loin d’un retour à la normale
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Et si Trump faisait chuter
le dollar ?
Silicon Valley :
le début de l’exode
RECORD « Après avoir gagné plus de 8 %
depuis le début de l’année, la valeur du dollar
approche des sommets inégalés depuis plus
d’une décennie et les indicateurs
du marché pointent vers une appréciation
supplémentaire au cours des prochains mois.
A première vue, cela semble aller dans le sens
du président américain Donald Trump,
qui est arrivé au pouvoir en promettant
de “redonner sa grandeur à l’Amérique”. »
TAUX DIRECTEUR « La responsabilité
de Donald Trump dans l’appréciation
du dollar n’est pas du tout évidente. […]
La plupart des économistes compétents
attribueraient l’appréciation du dollar à la
hausse des taux d’intérêt. Dans un effort
pour juguler l’inflation, la Réserve fédérale
américaine a déjà augmenté son taux
directeur deux fois cette année. »
ALTERNATIVES « Les politiques
belligérantes de Trump mettent cette
position privilégiée à risque. Sa promesse
protectionniste de mettre “l’Amérique en
premier” a des relents de nationalisme
xénophobe et son utilisation des tarifs
douaniers comme instrument
d’intimidation l’éloigne aussi bien de ses
amis que de ses ennemis. Plus il maintient
ces politiques, plus il est probable que les
marchés se déplaceront progressivement
vers des alternatives au dollar. Finalement,
le dollar s’affaiblirait lentement et le
privilège exorbitant de l’Amérique ainsi que
son influence mondiale s’évaporeraient. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle,
l’espace opinions des Echos.fr
lesechos.fr//idees-debats/cercle
La Silicon Valley ? « C’est comme Flo•rence
à la Renaissance. » Ce bout de
terre, situé entre San José et San Francisco, a attiré depuis quatre-vingts ans
presque toutes les start-up de la hightech qui sont parfois devenus ensuite
des géants. Au point que la région de la
baie de San Francisco pourrait être
classée économiquement au 19e rang
mondial. Rien dans le monde ne peut
parvenir à rivaliser. « Plus qu’un lieu,
c’est une idée », écrit « The Economist ».
Mais elle pourrait bien avoir atteint son
apogée. L’hebdomadaire décèle plusieurs signes que « quelque chose est en
train de changer ». L’année dernière les
départs d’Américains de la région ont
été plus nombreux que les arrivées. Et
cela pour plusieurs raisons dont la principale est le coût de la vie, parmi les plus
élevés dans le monde. Mais il y a aussi
les conditions qui se sont détériorées,
notamment avec des encombrements
massifs et l’accroissement des inégalités. Du coup, d’autres centres sont en
train d’en profiter comme Miami-Fort
Lauderdale, devenue la première
région pour l’activité des start-up. En
outre, l’accès aux marchés financiers
pour les jeunes pousses est beaucoup
plus aisé sans oublier qu’il est de plus
facile de travailler de n’importe où
grâce aux technologies mobiles.
Pourtant, il y a le revers de la médaille :
l’affaiblissement de l’innovation. Et
« The Economist » rappelle que les
politiques anti-immigrés de Trump
contribuent à ce dernier phénomène :
le quart des entreprises sont créées par
des étrangers aux Etats-Unis. Il est vraisemblable que le déclin relatif de la Silicon Valley pourrait signaler qu’innover
est devenu plus difficile. Reste que la
« vallée du silicium » ne peut pas être
clonée et restera unique. — J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Rencontres avec le passé
LE PROPOS Jean-Marc Sylvestre
a passé sa vie à interviewer des
patrons, des syndicalistes, des
hommes politiques. Avec « Les
Grands Entretiens de l’histoire », il
passe à la vitesse supérieure. Il lui
faut de l’icône, du grandiose. Ainsi
s’est-il demandé ce que « les grands
personnages de l’histoire penseraient
de la situation actuelle ». Il se
téléporte pour poser ses questions
à Cléopâtre, Marie-Antoinette,
Napoléon III, Mozart, Coco Chanel,
le général de Gaulle, George
Washington… Frédéric Bastiat est
également « interrogé », Sylvestre
ne pouvait pas faire l’impasse sur sa
propre réputation de « libéral ».
Bastiat est bougon d’avoir été à ce
point effacé de la mémoire
économique française. Tout juste at-il eu droit à un buste
à Mugron, son village landais natal.
L’auteur de « Pétition des fabricants
de chandelles » trouve que la France
reste championne du monde par
son nombre de donneurs de leçons
et déplore le manque d’esprit
critique. On ne saurait lui donner
tort. Napoléon III est rebaptisé en
Macron de l’époque. Il établit son
propre bilan : « J’ai laissé le pays
dans un état de richesse qu’il n’avait
jamais atteint. » Paris, c’est lui : « En
« Les Grands Entretiens
de l’histoire »
par Jean-Marc Sylvestre, Editions
Saint-Simon, 240 pages. 17,50 euros.
vingt ans de pouvoir, la France a
rattrapé le niveau économique de la
Grande-Bretagne. Le chemin de fer,
les gares, la construction de Paris avec
mon ami Haussmann le préfet.
Même le métro avait été programmé.
Regardez bien le plan d’urbanisme de
Paris, il n’a pas changé. »
LA CITATION Ecoutez Colbert
parler de la célèbre épistolière :
« Madame de Sévigné m’appelait
“le Nord”, craignant “la glace qui
l’attendait” juste avant d’entrer en
audience avec moi. » Cela donne
envie de relire la Marquise.
— Sabine Delanglade
Le 28 août, le Premier
ministre de Hongrie,
Viktor Orbán, était
à Milan pour rencontrer
le ministre
de l’Intérieur italien,
Matteo Salvini.
Comment organiser la lutte
contre le populisme
Il est légitime de s’opposer à Matteo Salvino et Viktor Orban. Mais pour
combattre les populismes, d’extrême droite comme d’extrême gauche,
la clarté des actions doit être en cohérence avec la fermeté des propos.
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
n cette rentrée 2018, à moins d’un
an de l’échéance électorale des
Européennes, « populistes » et
« progressistes » fourbissent leurs
armes, affinent leurs arguments et consolident leurs alliances. Viktor Orban
était en Italie pour rencontrer le leader
de l’extrême droite Matteo Salvini,
Emmanuel Macron s’est rendu au
Danemark et en Finlande.
La lutte contre les populismes, qu’ils
soient d’extrême droite ou d’extrême
gauche, sera dure et difficile : toutes les
bonnes volontés doivent être réunies,
toutes les idées mobilisatrices recherchées. Ce qui devrait être clair, c’est que
cette lutte doit s’organiser autour de
cinq mots-clefs : ceux de lucidité, de
justice, d’unité, de clarté, enfin et surtout de courage.
Tout commence par la lucidité. Rien
ne sera possible dans la lutte contre les
populismes si les élites – qui sont soucieuses du respect de la démocratie et
de l’état de droit – ne prennent pas pleinement conscience de l’intensité de la
colère, de la peur et du désespoir qui
anime des populations toujours plus
nombreuses depuis la crise financière
et économique de 2008, et ceci des deux
côtés de l’Atlantique. Le mal n’ayant pas
été traité à ses racines, il s’est métastasé
comme peut le faire un cancer au fil des
années. Il faut une décennie pour qu’un
problème non résolu produise ses effets
les plus négatifs. 2008-2018 : le compte y
est. « Ils n’ont rien appris, ni rien oublié »,
disait Talleyrand des émigrés de
Coblence de retour en France après la
fin de la Révolution et de l’Empire. En
remplaçant le mot « oublié » par celui de
« compris » la formule pourrait-elle
s’appliquer aujourd’hui à certains dirigeants financiers, économiques, sinon
politiques qui par leur aveuglement
continuent de faire le lit des populismes ? Mettre l’accent sur le travail est
tout à la fois noble et légitime, mais si
cette priorité semble se faire au détriment de la quête d’équilibre et plus
encore de justice au sein de la société,
elle devient contre-productive. A
E
l’heure de la mondialisation et de la
transparence, les classes moyennes
n’ignorent plus rien du mode de vie et
des revenus des plus riches.
La montée des inégalités, lorsqu’elle
rencontre celle de la corruption devient
de son côté un cocktail destructeur
auquel aucun pays – pas même un
membre fondateur du projet européen
comme l’Italie – ne saurait résister. Aux
Etats-Unis, l’explosion des inégalités
– bien plus spectaculaire encore qu’en
Europe – a largement contribué à
conduire Donald Trump à la MaisonBlanche.
La montée des inégalités,
lorsqu’elle rencontre
la corruption, devient
un cocktail destructeur
auquel aucun pays
– pas même un membre
fondateur du projet
européen comme
l’Italie – ne saurait
résister.
Au-delà de l’exigence de lucidité et de
justice, il existe un besoin d’unité. En
2000, la secrétaire d’Etat de Bill Clinton,
Madeleine Albright, entendait créer
autour de l’Amérique une « Alliance des
démocraties » qui puisse, en quelque
sorte, institutionnaliser et consolider le
nouvel équilibre du monde, né de la
chute du Mur de Berlin, de l’effondrement de l’URSS et des retrouvailles de
l’Europe avec son histoire et sa géographie. En 2018, face à la montée des
autoritarismes et des démocraties
illibérales, les démocraties libérales
classiques, désormais sur la défensive,
doivent resserrer les liens qui existent
entre elles, autour de la défense de leurs
valeurs communes.
N’existe-t-il pas déjà, de facto, au sein
du G7 comme un « Club des Quatre »
constitué de la France, de l’Allemagne,
du Canada et du Japon, autrement dit
tous ceux qui, en dépit de leurs faiblesses respectives, continuent de garder le
cap face aux dérives de ces deux autres
membres que sont les Etats-Unis et
l’Italie ? La face humaine de l’Amérique
du Nord, le Canada, l’Occident asiatique, le Japon, rejoignant ainsi les deux
derniers grands de l’Union alors que la
Grande-Bretagne est exclusivement
obsédée d’elle-même depuis le Brexit.
Prendre conscience de cette unité et en
tirer des enseignements éthiques et
politiques est nécessaire, au plan européen, comme au plan mondial. Face
aux populismes, il existe aussi une exigence de clarté pédagogique, d’autant
plus indispensable qu’elle succède à
des années de flou démagogique.
« L’histoire ne nous apprend rien, car elle
contient tout, si ce n’est qu’il ne faut pas
envahir la Russie à la fin de l’été », écrivait avec ironie et cynisme l’historien
britannique A.J.P. Taylor. Pourtant il
existe des analogies troublantes entre
les années 1930 et le temps présent. La
libération de la parole, qui ouvre la voie
à celle de l’action haineuse, est à
l’œuvre.
Qui aurait prédit que plus de soixante-quinze ans après l’effondrement du
fascisme, il y aurait au pouvoir en Italie
des élus du peuple qui s’exprimeraient
sur un ton et parfois dans des termes si
proches de ceux de Mussolini ? En Allemagne, et bien sûr plus encore à l’Est
– la partie la moins vaccinée du pays
contre le retour des démons du passé –,
o n v i e n t d ’a s s i s t e r à d e s s c è n e s
troublantes de lynchages en pleine rue
contre des étrangers. En Suède, une
extrême droite qui n’hésite plus à dire
« qu’il n’est pas possible d’être Juif et
Suédois à la fois », s’apprête à réaliser un
bon, sinon un très bon score, aux
prochaines élections.
Mais le mot-clef déterminant est
celui de courage. C’est lui qui conditionne l’efficacité de tous les autres. Le
courage passe par la conviction que, sur
le long terme, il est moins dangereux de
perdre les élections que de perdre son
âme, dans des alliances ou des silences
douteux. Il est des valeurs avec lesquelles on ne transige pas. Se poser en
opposant principal de Viktor Orban et
Matteo Salvini, comme Emmanuel
Macron vient de le faire, est légitime.
Cela implique bien sûr que la clarté des
actions soit en cohérence avec la fermeté des propos. Sur la question des
migrants, rien n’est pire que l’ambiguïté
et les demi-mesures. A vouloir satisfaire toutes les parties, on perd sur les
deux tableaux.
Dominique Moïsi est conseiller
spécial à l’Institut Montaigne.
Marco Bertorello/AFP
Le dollar américain, dont la valeur atteint
des sommets, risque de s’affaiblir sous
l’effet des politiques protectionnistes
de Donald Trump, estime Benjamin
Cohen, professeur d’économie politique
internationale à l’université de Californie.
opinions
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
sciences
Ils sont tombés
sur un os !
LA
CHRONIQUE
d’Antoine Balzeau
SUR
LE WEB
LE FAUX ESPOIR
DES OMÉGA-3
Pour les personnes
diabétiques, prendre des
oméga-3 tous les jours
ne réduit par les risques
cardiovasculaires, révèle
une étude britannique.
bit.ly/2ockatf
45
jours
UN ANGOISSANT SILENCE
45 jours : c’est ce que donne
la Nasa pour tenter de rétablir le contact avec le rover
Opportuniy, alors que la tempête de poussière sur Mars
s’est enfin apaisée.
https://go.nasa.gov/2C0Jr36
Alors que des milliers d’hectares de forêts partaient en fumée, alors que les températures
ont battu des records en Europe du Nord, plusieurs études sont venues confirmer cet été la réalité
du réchauffement climatique. Inquiétant.
Le réchauffement, c’est maintenant !
Yann Verdo
@verdoyann
ous en avez peut-être déjà entendu parler,
une grande partie des Hommes
d’aujourd’hui ont quelques pour-cent
de leurs gènes qui viennent directement
des Néandertaliens. Certains ont même hérité
de l’ADN d’une autre humanité préhistorique,
les Dénisoviens. Etrange, n’est-ce pas ? Mais la
dernière découverte sur le sujet (*) est encore plus
étonnante. Un bout d’os, surnommé « Denny »,
trouvé au beau milieu de l’actuelle Russie,
dans la fameuse grotte de Denisova, daté d’il y a
90.000 ans, a été séquencé. Résultat : maman était
Néandertalienne, papa Dénisovien. Ce fossile, celui
d’une jeune femme, est le premier métis entre deux
espèces humaines ! Vous me direz alors que si cette
jeune femme existe, c’est que ses parents ont pu se
reproduire ensemble. Comment se peut-il donc
qu’ils aient été d’espèces différentes ? C’est pourtant
bien le cas. Si cette trouvaille a d’ailleurs pu être
reconnue, c’est que les différences génétiques
entre ces groupes humains sont évidentes.
Paradoxalement, cela conforte donc l’idée que ce
sont bien des espèces distinctes génétiquement.
Malheureusement, ce fossile ne nous aidera pas
à découvrir l’apparence d’un métis. C’est juste un
bout d’os de quelques centimètres. Impossible
de dire en quoi celle à qui appartenait ce fragment
ressemblait à papa et en quoi elle ressemblait
à maman, et avouez que cela est bien dommage !
Encore un rêve de paléoanthropologue contrarié.
En revanche, ce travail – et ceux à venir – nous
renseignera sur les problèmes de fertilité lors
de ces événements d’hybridation, ainsi que sur les
migrations des populations humaines, mais aussi
sur les modalités de l’extinction de ces espèces
humaines. Denny nous aidera un peu à savoir
pourquoi nous sommes toujours là et pourquoi
nous avons en nous un peu de Néandertalien
et de Dénisovien. Car la vérité est que nous sommes
tous métis !
V
* Slon et al. : « The genome of the offspring
of a Neanderthal mother and a Denisovan father »,
revue « Nature ».
Antoine Balzeau est paléoanthropologue au
CNRS et au Muséum national d’histoire naturelle.
o
LA PUBLICATION
L’enfer mental des SDF
’est un problème de société aussi grave
– pour ne pas dire tragique – que peu
souvent débattu : la santé mentale
des SDF. Une étude, réalisée par une équipe de
l’université d’Aix-Marseille et parue fin août
dans « Progress in Neuro-Psychoparmacology
& Biological Psychiatry », vient d’en apporter
un éclairage. Et il est édifiant. S’inscrivant
dans le cadre du projet « Un chez-soi d’abord »
visant à offrir à des personnes sans domicile
fixe un logement pour améliorer la qualité
des soins psychiatriques, cette étude a inclus
plus de 700 SDF (en grande majorité
des hommes, âgés en moyenne de 38 ans)
souffrant dans 70 % des cas de schizophrénie
et dans 30 % de troubles bipolaires.
L’objectif de l’étude consistait à savoir
s’ils recevaient un traitement médicamenteux
adapté. Ce n’est pas le cas : près de neuf patients
sur dix ne sont pas correctement traités.
En particulier, plus de la moitié ne reçoivent pas
un traitement de fond approprié à leur
pathologie, qu’il s’agisse d’antipsychotiques
pour la schizophrénie ou de régulateur
d’humeur pour la bipolarité. En outre,
une même proportion souffre, en plus, d’une
dépression non traitée. Ajoutons que quelque
45 % d’entre eux, en revanche, reçoivent
des anxiolytiques au long cours et 15 %
des hypnotiques au long cours, ce qui n’est pas
recommandé du fait des risques de dépendance
et d’altération des fonctions cognitives.
— Y. V.
C
’est « à la sortie d’un été où la Californie brûle, où la Grèce brûle », que
l’ex-ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a annoncé
sa décision de quitter le gouvernement.
Peut-être que les chaleurs caniculaires,
l’extrême sécheresse et les milliers d’hectares calcinés auront-ils du moins eu le mérite
de frapper les esprits. Chercheur au Centre
national de recherches météorologiques,
Hervé Douville veut le croire. « On est en
train d’“entrer dans le dur” du réchauffement
climatique. Malheureusement, seules les
catastrophes accélèrent la prise de conscience
et la prise de décision. Aux Etats-Unis, le terrible ouragan Katrina de 2005 a plus fait que
tous les discours des scientifiques. »
Ces discours, opinions publiques et décideurs seraient sans doute bien avisés de les
entendre. Et de s’intéresser aux nouvelles
études parues en pleine torpeur estivale de
juillet-août, parmi lesquelles celle du World
Weather Attribution, un réseau de centres
de recherche qui s’est donné pour tâche, à
chaque fois que survenait un événement
météorologique extrême, d’étudier dans
quelle mesure celui-ci pouvait être « attribué » (d’où le nom du réseau) au dérèglement du climat par la main de l’homme. Il y
a un an, le WWA s’était livré à cet exercice
pour la canicule qui s’était abattue sur
l’Europe du Sud durant l’été 2017. Après
moulinage des données, les scientifiques
avaient conclu que la probabilité de survenue d’une telle surchauffe estivale dans le
pourtour méditerranéen était devenue dix
fois plus grande que dans un monde où
l’homme n’aurait pas déréglé le climat. Cet
été, ils ont refait le même travail d’analyse,
mais pour la vague d’extrême chaleur qui a
déferlé pendant trois jours autour de la mijuillet sur toute l’Europe du Nord, où plusieurs records de température ont été
observés. Cette fois, l’étude du WWA, rendue publique fin juillet, a conclu à une probabilité multipliée par deux. « Ce facteur
moindre est tout à fait normal », explique le
spécialiste des événements extrêmes
Robert Vautard, chercheur au Laboratoire
des sciences du climat et de l’environnem e n t ( L S C E ) e n Fr a n c e a s s o c i é a u
réseau. « Le “signal” du réchauffement climatique est plus fort en Europe du Sud qu’en
Europe du Nord durant l’été, et durant l’hiver
c’est l’inverse. »
Les canicules ne sont pas les seuls événements que le dérèglement du climat va rendre, à l’avenir, de plus en plus fréquents et/
ou intenses. Les grandes pluies, telles celles
qui ont fait monter la Seine à un niveau
inégalé en juin 2016 ou qui s’abattent régulièrement dans les Cévennes, sont aussi
concernées. Il en va probablement de
même des ouragans – à cet égard, le rapport
2017 de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine sur
l’état du climat mondial, publié début août,
a indiqué qu’avec 87 cyclones tropicaux l’an
dernier, 2017 avait légèrement dépassé la
moyenne annuelle de 82 observée sur la
période 1981-2010. Mais les modèles climatiques ne sont pas encore assez fins pour
permettre de mettre en cause avec certitude
le dérèglement du climat.
C
Quatre années anormalement
chaudes
Toute la difficulté, pour ces modèles très
gourmands en calcul intensif, est de démêler
la part respective des deux grandes
composantes du système climatique. La première regroupe tout ce qui contribue au
« forçage », c’est-à-dire à la perturbation du
système par des causes extérieures, que celles-ci soient naturelles (le volcanisme…) ou
liées à l’homme (les gaz à effet de serre, les
aérosols…). La seconde correspond à la
« variabilité naturelle » qui fait que, pour un
forçage donné, le climat oscille avec plus ou
moins d’amplitude, selon un rythme décennal et de façon difficilement prévisible, en
raison d’un certain nombre de facteurs
Records de température dans tout le nord de l’Europe, méga-incendies en plusieurs points du globe
(comme ici en Californie, près de Redding, le 31 juillet) : l’été 2018 a apporté son lot d’événements extrêmes
et de catastrophes naturelles, rendant sensible le dérèglement du climat. Photo Mark Ralston/AFP
2017,
année record
2017 a été l’une
des trois années
les plus chaudes
de l’histoire
moderne. Un podium
où figurent
par ailleurs… 2015
et 2016 !
l Le niveau moyen
des mers a atteint
un nouveau record,
en étant 7,7 cm plus
haut qu’en 1993.
L’élévation des
océans est de 3,1 cm
par décennie.
l En Arctique comme
en Antarctique,
l’étendue de la
banquise n’a jamais
été aussi réduite
que l’an dernier
depuis le début
des observations.
l
essentiellement liés à la dynamique complexe des océans. Si raffinés qu’ils soient
devenus, les modèles et simulations utilisés
par les climatologues ont encore du mal à
prévoir ce stop-and-go lié à la variabilité
naturelle. C’est dans ce contexte qu’un jeune
chargé de recherche au CNRS, Florian Sévellec, a mis au point avec un confrère néerlandais une approche novatrice pour améliorer
leur pouvoir de prévision. Leur étude,
publiée mi-août dans la revue « Nature Communications », a consisté à appliquer à la
prévision climatique un outil mathématique, les opérateurs de transfert, développé
dans les années 1970 et couramment utilisé
dans d’autres domaines, par exemple pour
prévoir les trajectoires suivies par les amas
de déchets plastiques à la surface des océans.
Pour la mettre au service de la prévision
du climat, les deux chercheurs ont sélectionné pas moins de dix modèles climatiques concurrents, afin de limiter l’incertitude liée à l’utilisation d’un seul, et se sont
calés sur un scénario « business as usual »,
c’est-à-dire faisant l’hypothèse que les émissions de gaz à effet de serre continuent à
leur rythme actuel. « Il ne s’agit pas de prévoir la température absolue, qui dépend à la
fois du forçage et de la variabilité naturelle,
mais, pour un forçage donné [correspondant
en l’occurrence au scénario « business as
usual », NDLR], quel sera le delta de température, en plus ou en moins, dû à la variabilité
naturelle », explique le physicien océanographe. Après quoi, lui et son collègue ont
laissé à leur opérateur de transfert le soin de
rechercher, dans les simulations du climat
des XXe et XXIe siècles de ces dix modèles,
des « analogues » de l’état climatique actuel,
afin d’en déduire les possibilités futures en
termes de température moyenne, et ce tant
pour l’atmosphère que pour la surface de
l’océan. Les résultats ? Cette nouvelle
méthode, complémentaire et non pas concurrente des simulations classiques (sur
lesquelles elle s’appuie), permet de se projeter avec un bon niveau de confiance à un
horizon de quatre à cinq ans. Et l’éclairage
n’est pas rassurant…
Il ne faut pas s’attendre
à une nouvelle pause
dans le réchauffement,
à l’instar de celle constatée
entre 1998 et 2012.
Car il ne faut pas s’attendre à une nouvelle
pause dans le réchauffement, à l’instar de
celle constatée entre 1998 et 2012 (le fameux
« hiatus climatique », dû à la faiblesse d’El
Niño durant la période). Au contraire : les
quatre années 2018-2021 seront très probablement « anormalement chaudes ».
L’adverbe « anormalement » ne doit pas
donner à penser à une élévation spectaculaire du thermomètre. La température
moyenne de l’atmosphère, à l’échelle du
globe, ne devrait dépasser les prévisions
classiques que de quelques centièmes de
degré, voire, dans le pire des cas, un ou deux
dixièmes de degré. Mais, comme l’opérateur de transfert ne permet pas encore de
dire comment se répartira ce supplément
de réchauffement – c’est la grosse limite de
la méthode –, il n’est pas exclu que celui-là
ne se concentre sur une partie limitée du
globe. Auquel cas ses effets pourraient ne
pas être anodins. Et d’autres forêts, partir en
fumée… n
Les quatre scénarios du GIEC
« 2.6 », « 4.5 », « 6 » et « 8.5 »… Derrière
ces chiffres un peu cabalistiques, au cœur
du 5e rapport du GIEC (le 6e, prévu pour
2022, est déjà en chantier), se cachent les
quatre grands scénarios de réchauffement
à l’horizon 2100, selon les efforts plus ou
moins soutenus qui seront faits pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Les chiffres en question indiquent le flux
radiatif supplémentaire, exprimé en watts
par mètre carré et par seconde, dû
à la modification de l’atmosphère. Seul
le scénario « 2.6 » (2,6 watts par mètre
carré et par seconde supplémentaires
du fait des gaz à effet de serre) permettrait
de contenir le réchauffement en dessous
de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
Mais il est déjà caduc. Dans son rapport
2017 sur l’état du climat, la National
Oceanic and Atmospheric Administration
(NOAA) américaine indiquait que la
concentration du seul CO2 avait atteint l’an
dernier 405 parties par million, un niveau
inégalé depuis… 800.000 ans. Ce taux nous
place de facto sur la pente de l’un des trois
autres scénarios, conduisant respectivement à des hausses de température de 2,5 °,
3 ° et 4,5 °C, en fonction des efforts qui
seront faits dans la prochaine décennie
pour limiter les émissions.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 13
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
enquête
Prouesse technique d’une longueur totale de 1,18 km, le pont découpait sa silhouette sur l’horizon d’une ville projetée avec enthousiasme vers l’avenir. Photo Piero Cruciatti/AFP
Après l’effondrement
du pont, le port de Gênes
espère tenir bon
annuel de 2,7 millions de conteneurs pour
69 millions de tonnes de marchandises et
une masse salariale, toutes catégories confondues, de 55.000 personnes dont 28.000
directement employées à Gênes.
Sans compter le transport de passagers,
qui représente 4,2 millions de personnes
par an, dont 1,7 seulement dans le cadre de
croisières. « En 2018, nous allions vers une
nouvelle augmentation du trafic, indique
Paolo Emilio Signorini le président de
l’autorité portuaire. Mais avec l’effondrement, si nous n’enregistrons pas de baisse, ce
sera déjà une réussite. La crainte est que les
entreprises optent pour d’autres routes maritimes. Nous pourrions déjà faire face à une
baisse de 10 % de l’activité cette année ».
Spectre du chaos
Menace de bataille judiciaire
Au palazzo San Giorgio, qui abrite l’autorité
portuaire, l’activité, elle, est frénétique. Les
réunions se succèdent entre acteurs politiques locaux, régionaux et nationaux, représentants des entreprises, professionnels du
secteur maritime. Il faut faire vite. Environ
55 % de l’import/export du pays arrive à
Gênes. Les produits qui rempliront les étals
des magasins italiens à Noël et ceux made in
Italy sur les rayons à l’étranger afflueront
dès cet automne. Le temps presse alors que
les Génois rentrent de vacances et les entreprises reprennent leurs activités, faisant
planer le spectre du chaos sur un trafic
urbain déjà saturé en temps normal.
Les traits sont tirés, l’inquiétude et la fatigue s’y lisent mais elles n’entament en rien
la détermination d’une population qui a
démontré qu’elle sait affronter l’adversité
comme ce fut le cas après le G8 en 2001 ou
les inondations meurtrières en 2011 et 2014.
Ainsi, Giampaolo Botta, directeur général
de Spediporto, l’association des expéditeurs
et transporteurs du port, veut conjurer le
risque d’un départ massif des armateurs.
« Nous devons nous relever et nous demandons au plus vite un nouveau pont, martèlet-il. Il n’y a pas d’alternative et nous n’en voulons pas. »
« Personne ne croit ici en ce délai, commente
Giampaolo Botta, mais techniquement c’est
jouable en deux ans maximum. Au-delà, les
problèmes deviendraient sérieux et irrémédiables pour le port et la ville. Nous avons surtout peur de la bureaucratie italienne avec ses
temps bibliques. » Mais c’est l’affrontement
entre le gouvernement et le groupe Atlantia
de la famille Benetton, propriétaire d’Autostrade per l’Italia, qui suscite les plus vives
inquiétudes.
Se lancer dans une bataille judiciaire
pour révoquer sa concession autoroutière
ne ferait que retarder le chantier de la
reconstruction que tout le monde veut voir
s’ouvrir au plus vite. « Cela ne m’intéresse pas
qu’on livre des guerres idéologiques et de propagande sur la peau des Génois et des Ligures,
explique Giovanni Toti, le président de la
Région. La magistrature enquête, elle fera du
bon travail et nous aurons les coupables de la
catastrophe qui paieront pour leurs erreurs.
La politique a un autre devoir, celui d’atténuer les dégâts pour les citoyens et les entreprises qui ont déjà tant souffert. »
Un monde politique qui affiche son unité,
du gouvernement à l’édile et au président de
la Ligurie, ces deux derniers étant issus des
rangs de la droite, une première pour une
cité et son territoire traditionnellement de
gauche. Oubliées les bisbilles locales et la
marginalité au niveau national d’une région
loin de la capitale, à la population à peine
supérieure à 1,5 million d’habitants. Elles
ont empêché la réalisation d’infrastructures modernes, alternatives indispensables
au viaduc Morandi.
La Gronda di Genova, la bretelle d’autoroute, est ainsi un serpent de mer depuis
une trentaine d’années et rencontre l’opposition farouche du M5S. Quant aux travaux
détruit des vies mais également tout le schéma de circulation
de la ville de Gênes. Pour son port, le premier du pays, les conséquences
sont potentiellement préjudiciables.
ênes la Superbe. Pétrarque lui a
attribué ce surnom. Pour sa beauté
mais surtout pour son arrogance,
celle que lui octroyait son statut d’une des
plus puissante et riche république maritime italienne. Au fil des siècles, le déclin
puis la chute de sa thalassocratie lui ont fait
perdre de sa superbe mais ses habitants
n’ont jamais renoncé à leur fierté.
Plus qu’un simple viaduc, le Morandi, du
nom de son architecte, était un des symboles de leur ville, comparé au pont de Brooklyn. Son effondrement est une blessure
affective mais aussi d’estime pour les
Génois. Il avait été inauguré en 1967, apogée
du miracle économique de l’après-guerre,
celui qui avait fait de Gênes l’un des sommets du triangle industriel italien avec
Turin et Milan.
Prouesse technique d’une longueur
totale de 1,18 km avec sa travée principale de
219 mètres et ses piles de 90 mètres de haut
en béton armé précontraint, le pont découpait sa silhouette sur l’horizon d’une ville
projetée avec enthousiasme vers l’avenir.
Les années de plomb et la crise économique étaient sur le point de la faire plonger
dans le marasme. En quarante-cinq ans, la
population a chuté de 29 %, passant sous la
barre des 600.000 habitants dont près d’un
tiers a plus de 65 ans, ce qui en fait la ville
d’Europe avec la plus grande concentration
de personnes âgées. Au cours des deux dernières décennies, 150.000 jeunes diplômés
sont partis. Comme les fleurons industriels.
Gênes a perdu ses usines puis ses illusions,
elle a désormais perdu le pont sur lequel
elles s’appuyaient.
Les blessures d’orgueil ne sont pas mortelles mais celle-ci risque d’être fatale. C’est
l’artère principale d’une cité étirée sur une
vingtaine de kilomètres le long d’une côte
au relief accidenté, encastrée entre la mer et
la montagne, qui a été coupée. Elle irriguait
son cœur : le port, son premier employeur,
donnant du travail à 10 % de sa population
active. Il battait avec une nouvelle intensité
qui la faisait revivre.
Les dix dernières années, celles de la crise
et de la récession pour l’Italie, ont été celles
de son boom. Son activité a enregistré une
hausse de 61 %, +15 % en 2017, avec d’importants investissements qui ont modernisé
ses structures et augmenté autant sa productivité que sa compétitivité. Dix milliards
d’euros de chiffre d’affaires, un transit
G
« Avec l’effondrement,
si nous n’enregistrons
pas de baisse, ce sera
déjà une réussite. »
PAOLO EMILIO SIGNORINI
Président de l’autorité portuaire
« Nous devons nous
relever et nous
demandons au plus vite
un nouveau pont. »
GIAMPAOLO BOTTA
Directeur général de Spediporto
Solutions provisoires
Mais d’autres solutions pourraient être
envisagées comme la réduction des tarifs
pour le transit sur les voies ferrées, l’augmentation du nombre des convois, l’allongement de la durée du temps de travail, un
bonus maritime entre la France, l’Italie et
l’Espagne pour substituer les ferries aux
camions.
Les membres de Spediporto sont disposés à faire face à des surcoûts de 20 à 25 %
qui représentent plusieurs centaines de
milliers d’euros par mois ; et les entreprises
génoises à une dizaine de millions d’euros
de dommages par mois, d’après une première estimation qui devrait être revue à la
hausse. L’important est que cette situation
demeure provisoire.
Autostrade per l’Italia, la société concessionnaire vouée à la vindicte populaire et à
celle du gouvernement qui l’a désignée
comme unique coupable de l’effondrement
du viaduc pour de présumées négligences,
va ouvrir un fonds d’indemnisation de
500 millions d’euros qui s’ajoutent aux
33,5 millions d’euros immédiatement
débloqués par le gouvernement. Elle
s’engage avant tout à remplacer le pont
Morandi par une nouvelle structure en
acier, d’ici à huit mois. Déclaration qui vise
surtout à rassurer les armateurs et à ne pas
effrayer les investisseurs étrangers.
ITALIE // En s’effondrant le 14 août dernier, le pont Morandi a non seulement
Olivier Tosseri
@OlivierTosseri
— Correspondant à Rome
Pas d’alarmisme pour l’instant. Le port
n’est pas isolé et les marchandises peuvent
toujours y entrer et en sortir, bien que plus
difficilement. Des itinéraires alternatifs seront rapidement mis en place avec
l’utilisation de routes à l’abandon et la ligne
ferroviaire sur laquelle le viaduc s’est effondré sera bientôt déblayée.
permettant d’augmenter la rapidité et la
capacité de la ligne ferroviaire, les travaux
lancés il y a vingt ans devraient être achevés
d’ici à 2023. 143 km seulement séparent
Gênes de Milan mais aucune ligne de TGV
ne les relie, à l’inverse de Turin, Venise, Florence ou encore Bologne. Gênes est plus
proche de Rome que la capitale lombarde
mais il faut, pour s’y rendre avec le train le
plus rapide, plus de quatre heures depuis la
première au lieu de moins de trois heures
depuis la seconde. Six heures avec le train
régional.
« Les investissements techniques ou technologiques pour le port ne suffisent plus, il
nous faut désormais ces nouvelles infrastructures physiques pour conquérir de nouveaux
marchés tels que la Suisse et l’Allemagne.
L’avenir, c’est devenir le port de Milan pour
notre compétitivité et notre rayonnement
international. Au lieu de ça, Gênes continue
de souffrir d’un enclavement qui pénalise le
tourisme et les entreprises », déplore Gian
Enzo Duci, président de Federagenti, l’association nationale des agents maritimes.
De la fenêtre de son bureau, il admire les
deux tours médiévales, vestiges de
l’enceinte de la ville, construite en quatre
ans seulement pour la protéger des assauts
de Barberousse au XIIe siècle. Il semble
envier cette preuve que les Génois, dans
l’urgence, sont capables de construire vite,
bien et pour longtemps. L’inverse du pont
Morandi. Toute la logistique et les transports du nord-ouest reposaient sur ce viaduc autoroutier, sans solution alternative
en cas d’accident. Une situation atypique
pour ne pas dire anormale.
« Dans les grandes villes modernes, les différentes typologies de trafic sont séparées et
les flux diversifiés, souligne Gian Enzo Duci.
Or cette autoroute, traversant Gênes, cumulait trois fonctions : les déplacements intramuros, un axe incontournable pour le transit
des marchandises et des touristes entre l’Italie, la France et l’Espagne et enfin une voie de
service interne du port. » 90 % des conteneurs prenant ensuite la route, 5.000 poids
lourds y entrent et en sortent quotidiennement dont 2.000 passaient par le pont
Morandi. « C’est une absurdité qu’une ville de
plus d’un demi-million d’habitants n’ait
qu’une seule solution de viabilité urbaine.
Cette tragédie doit être une opportunité pour
le faire comprendre et prouve que de bonnes
infrastructures sont indispensables. »
Ces dernières années, Gênes avait
retrouvé un élan qui lui laissait espérer que
son déclin était enrayé. Elle était pressentie
pour devenir le point d’escale en Méditerranée de la nouvelle route de la soie, s’était
redécouvert un attrait touristique et misait
sur la renommée internationale de son institut technique pour faire émerger des
start-up et attirer de nouvelles entreprises.
La ville veut croire que la catastrophe du
pont Morandi ne la mettra pas à terre mais
lui permettra de réaliser ses ambitions. La
force de volonté et la superbe de Gênes sont
intactes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Lundi 3 septembre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,36 en mai 2018 // Taux de chômage (BIT) : 8,6 %
au 1er trimestre 2017 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
JUSTICE PLAINTE POUR VIOL :
NON-LIEU POUR DARMANIN
ALLEMAGNE NOUVELLES
MANIFESTATIONS À CHEMNITZ
Un juge d’instruction, saisi d’une
plainte avec constitution de partie
civile pour viol contre le ministre des
Comptes publics, Gérald Darmanin, a
estimé le 16 août qu’il n’y avait pas lieu à
poursuivre. Une première plainte de
Sophie Patterson-Spatz, une quadragénaire, avait été classée sans suite en
février dernier. Elle avait alors déposé
une nouvelle plainte avec constitution
de partie civile. Elle accusait le jeune
ministre de 35 ans de l’avoir violée en
2009 alors qu’elle sollicitait son aide
dans une affaire judiciaire.
Dix-huit personnes ont été blessées
samedi soir à Chemnitz, épicentre de
la contestation anti-migrants de
l’extrême droite, contre laquelle le
ministre des Affaires étrangères a
appelé à la mobilisation générale.
Selon un bilan publié par la police,
des heurts avec les forces de l’ordre
sont survenus lors de la dispersion de
deux cortèges antagonistes ayant rassemblé au total plus de 11.000 personnes, dont environ 8.000 sympathisants de la droite ultra anti-migrants.
Washington cesse de financer l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens
TURQUIE COMMERCE : ERDOGAN
NE VEUT PLUS UTILISER
LE DOLLAR
AFP
TOURISME FRÉQUENTATION
RECORD À PARIS PLAGES
L’opération Paris Plages a connu un
été « exceptionnel » marqué par un
record de fréquentation grâce à la
météo ensoleillée et chaude, selon la
mairie. Depuis le 7 juillet, ce sont
305.000 personnes qui ont participé
aux activités sportives et ludiques
proposées sur les bords de la Seine,
soit une hausse de 6,5 % par rapport
à l’été 2017.
LA PHOTO DU JOUR
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a accusé dimanche les EtatsUnis d’avoir un comportement de
« l o u p s s a u va g e s » e t a d é c l a r é
qu’Ankara poursuivrait les transactions en devises autres que le dollar
avec la Russie et d’autres pays. Il a
indiqué que la Turquie était déjà en
négociation avec la Russie au sujet
d’échanges commerciaux non libellés dans la devise américaine.
RUSSIE LES MANIFESTATIONS
CONTRE LA RÉFORME
DES RETRAITES CONTINUENT
Déjà convaincus que Washington veut « liquider » leur cause, les Palestiniens ont exprimé samedi leur colère et leur désarroi après la décision des Etats-Unis, qui en étaient de loin le plus grand contributeur, d’abandonner tout financement de
l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNRWA) qui intervient dans les territoires palestiniens, mais aussi au Liban, en Jordanie et en Syrie (photo) et dont l’aide à des millions de personnes se retrouve en jeu. Les activités de l’agence sont « irrémédiablement biaisées », estime le département d’Etat américain.
Photo : Louai Beshara/AFP
Deux bombes anglaises, d’environ
213 kilos chacune et datant de la
Seconde Guerre mondiale, ont
été neutralisées dimanche dans le
centre-ville de Caen. L’opération a
démarré en début de matinée pour
s’achever un peu après midi. Près
de 1.200 personnes ont été évacuées
du périmètre de sécurité qui incluait
la cour d’appel, la préfecture et la
Direction des finances publiques.
BESANÇON LE MAIRE ÉDULCORE
UN ARRÊT « ANTI-MENDICITÉ »
Le maire (LREM) de Besançon, JeanLouis Fousseret, a remplacé un arrêté
controversé qui interdisait la mendicité
en centre-ville par un autre, édulcoré
mais « dont les objectifs restent inchangés », indique l’AFP. Dans la nouvelle
mouture, l’article portant sur l’interdiction de « la mendicité, accompagné ou
non d’animaux » a été supprimé, le
maire interdisant désormais « l’occupation de manière prolongée en station
debout, allongée ou assise » des voies
publiques « lorsqu’elle est de nature à
porter atteinte à la tranquillité publique ».
AFP
CAEN DEUX BOMBES DATANT
DE LA GUERRE NEUTRALISÉES
Des milliers de Russes ont manifesté
dimanche à travers tout le pays
contre un projet de relèvement de
l’âge de départ à la retraite, une mobilisation qui se poursuit malgré les
promesses de Vladimir Poutine d’un
assouplissement de la réforme : passer pour les femmes de 55 actuellement à 60 ans (contre 63 dans le texte
initial) alors que l’âge de départ à la
retraite pour les hommes passerait à
65 ans, contre 60 ans aujourd’hui.
PAYS-BAS ATTAQUE
AU COUTEAU À AMSTERDAM
Le jeune Afghan de 19 ans qui a grièvement blessé, vendredi, deux Américains dans une attaque au couteau à
la gare centrale d’Amsterdam avait
des motivations « terroristes », ont
indiqué les autorités. Cette attaque
est survenue après la tentative du
député d’extrême droite Geert Wilders d’organiser un concours de caricatures du prophète Mahomet.
SOCIÉTÉ DRAME FAMILIAL
PRÈS DE CANNES
ITALIE CONDAMNÉ POUR AVOIR
CONVOYÉ DES CLANDESTINS
EN COVOITURAGE
Un homme de 31 ans a tué à l’arme
blanche son père, sa mère et sa sœur
dimanche au Cannet, une commune
limitrophe de Cannes (Alpes-Maritimes), dans un drame familial. Les
raisons seraient « d’ordre psychiatrique », selon la procureure de la République de Grasse, Fabienne Atzori,
évoquant « un différend familial ».
Un automobiliste italien de 26 ans a
été condamné, en août, en Italie, à
neuf mois de prison et 24.000 euros
d’amende, le tout avec sursis, pour
avoir transporté depuis la France, via
le site de covoiturage BlaBlaCar, une
Ivoirienne sans papiers et un Marocain demandeur d’asile en France,
selon des informations de presse.
ON EN PARLE EN INDE
L’arrestation de militants « gauchistes »
suscite l’indignation
L’opposition dénonce une mascarade qui ne vise qu’à faire taire les voix dissidentes.
Marjorie Cessac
— Correspondante à New Delhi
« Les organisations maoïstes
avaient en tête de renverser le gouvernement indien en utilisant des
armes achetées en Russie et en
Chine », a expliqué vendredi l’un
des chefs de la police, ajoutant
que « les personnes arrêtées ont
joué un rôle actif dans cette conspiration ». Selon lui, des réunions auraient même eu lieu à
Paris, où « l’organisation des
fonds aurait été coordonnée ».
Enfin, ces militants se seraient
également servis d’un événement organisé, près de Pune
(Maharashtra), par des associations de défense des dalits (ex-intouchables) pour répandre leurs
« idées rebelles ». Ce dernier
commémorait, le 31 décembre
2017, la victoire remportée, il y a
deux cents ans, par ces dalits,
aravara Rao a pu sortir
de prison, jeudi dernier, pour regagner sa
résidence. Mais en attendant
son procès, il fait l’objet d’une
très étroite surveillance. Ce
poète est un des cinq militants
des droits de l’homme arrêtés
mardi dernier par la police
indienne. Lui, comme les
autres, est accusé d’être un
« agent maoïste urbain ». En
d’autres termes, d’avoir offert
en sous-main son « soutien
logistique » et son « expertise » à
des rebelles naxalites, qui, eux,
mènent leur guérilla (pourtant
déclinante) depuis les zones
forestières du pays.
V
alors enrôlés dans l’armée
anglaise, contre les hautes castes, leurs oppresseurs. Il a dégénéré en violences lorsque des
nationalistes hindous extrémistes s’en sont mêlés. A la suite de
l’enquête, cinq militants gauchistes ont été arrêtés en juin, et
les cinq autres, le 28 août dernier.
Assignés à résidence
Jugées arbitraires, ces détentions ont déclenché la colère de
l’opposition et d’ONG internationales. « Ces arrestations sont
inquiétantes », a déclaré Aakar
Patel, directeur d’Amnesty
International Inde. « Elles suggèrent que ces personnalités sont
uniquement prises pour cible en
raison de leurs activités militantes », ajoute-t-il. « La plupart des
inculpés n’ont rien à voir avec
l'événement en question », affirment deux juges à la retraite,
qui, dans un article corédigé
pour le site Scroll, révèlent en
avoir été les organisateurs.
« Mais oui, nous sommes ouvertement gauchistes et ces militants
partagent plus ou moins nos
idées », y précisent-ils. Face à
l’indignation, la Cour suprême a
ordonné mercredi que les militants soient sortis de prison
pour être assignés à résidence
en attendant l’audience du
6 septembre.
« En démocratie, la dissidence
est une soupape de sécurité », a
justifié le juge Dhananjaya Y.
Chandrachud. « Si vous la supprimez, la Cocotte-Minute explosera », a-t-il mis en garde. n
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ENTREPRENDRE
avec
Lundi 3 septembre 2018
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INDUSTRIE & SERVICES
IMMOBILIER
DERNIÈRE HEURE
Prix de l’ancien : pas de pause
estivale dans les grandes villes.
Coquille Saint-Jacques : Londres
et Paris cherchent un compromis
// P. 16
COCA-COLA
En mettant la main sur les cafés
Costa, le géant accélère sa diversification. // P. 17
UE : fin des
taxes sur
les panneaux
solaires chinois
RATP
Trafic en hausse au premier
semestre. // P. 18
Dominique Chapuis
(avec Reuters)
AUCHAN
Vuarnet renoue avec les vêtements
de ski. // P. 22
Les restrictions sur la vente de panneaux solaires chinois dans l’Union
européenne vont prendre fin ce lundi
soir à minuit, comme prévu. La Commission a décidé de supprimer ces
mesures antidumping, qui au final
pénalisent aussi certains industriels
européens.
En vigueur depuis 2013, ces taxes
visaient au départ à protéger l’industrie
solaire européenne face à ces importations massives de panneaux chinois
meilleur marché. Finalement, elles se
sont révélées contre-productives, car
elles ont dans le même temps augmenté les coûts pour des entreprises du
Vieux Continent, notamment les installateurs de panneaux solaires, qui se
fournissaient en Chine.
HIGH-TECH & MEDIAS
OBJETS CONNECTÉS
Favoriser les énergies
renouvelables
Le distributeur paie le prix
du changement. // P. 19
ÉNERGIE
La construction du gazoduc russe
Nord Stream 2 démarre, sur fond
de tensions. // P. 20
AFP
Vuarnet
ÉQUIPEMENT SPORTIF
Enceintes connectées : l’Europe
peaufine sa riposte à Amazon.
La réglementation européenne autoriseles Britanniques à pêcher la saint-jacques à proximité des côtes normandes.
// P. 23
La tension reste très vive
en Normandie.
PUBLICITÉ
Mark Read prêt à succéder à
Martin Sorrell à la tête de WPP.
Une réunion est prévue
ce mercredi.
// P. 24
STARTUP
FINANCEMENT
Alexandre Counis
— Correspondant à Londres
et Claire Garnier
— Correspondante en Normandie
La rude trajectoire des jeunes
pousses françaises B to C. // P. 25
PME & REGIONS
LOTO DU PATRIMOINE
269 sites et une délicate équation
financière. // P. 26
Mandel Ngan/AFP
FINANCE & MARCHÉS
CHANGES
Donald Trump en guerre contre
les manipulateurs des devises.
// P. 28
BANQUE
Les banques grecques encore loin
d’un retour à la normale. // P. 29
ASSURANCE MALADIE
Les mutuelles étudiantes privées
de leur principale activité.
// P. 30
OBLIGATIONS
Rentrée animée pour les émissions
de dette d’entreprise. // P. 31
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Faire retomber la pression. C’est ce qu’ont
cherché à faire, vendredi, le ministre de la
pêche, Stéphane Travert, et son homologue
britannique, George Eustice, en annonçant
l’ouverture de négociations pour trouver un
accord entre les deux pays sur la pêche à la
coquille Saint-Jacques au large de la baie de
Seine. Après les violentes altercations qui
ont opposé mardi 28 août les marins-pêcheurs français aux bateaux britanniques
venus pêcher dans les eaux communautaires, une réunion de crise se tiendra ce mercredi à Londres entre les directeurs de
pêches français et anglais et les représentants des pêcheurs des deux côtés du « Channel » pour tenter de désamorcer le conflit.
Si le conflit est si dur, c’est parce que la
coquille Saint-Jacques n’est pas gérée au
niveau européen. Les pêcheurs français
reprochent aux Britanniques de venir piller la
ressource en pleine période de reproduction. « Ils voient leur gagne-pain s’envoler sous
leurs yeux », résume Dimitri Rogoff, président
du Comité régional des pêches de Normandie. Ils sont d’autant plus remontés qu’euxmêmes se sont imposés des règles pour la préservation du précieux mollusque, dont
l’interdiction – fixée par arrêté ministériel –
de pêcher entre le 15 mai et le 1er octobre dans
les eaux territoriales françaises comme dans
les eaux communautaires.
De solides arguments
de part et d’autre
Les Britanniques, de leur côté, ont le droit
pour eux. La réglementation européenne
les autorise à pêcher la saint-jacques à
proximité des côtes normandes. Depuis
2013, les deux pays sont chaque année parvenus à des accords interdisant aussi aux
Britanniques, en échange de contreparties,
de pêcher avant le 1er octobre dans les secteurs Manche Est et au sud d’une ligne Barfleur-Antifer, un gisement considéré
comme le plus riche d’Europe. Mais l’interdiction ne s’appliquait qu’aux navires de
plus de 15 mètres.
Selon les Français, les Britanniques ont
eu tôt fait de s’engouffrer dans la brèche.
« Ils ont développé leur flotte de bateaux de
moins de 15 mètres, qui ne tombent pas sous le
coup de l’accord », explique Pascal Coquet,
président national de la commission
coquillages embarqués. En juillet 2018, les
Français demandent que ces bateaux plus
petits soient eux aussi concernés. Devant le
refus des Britanniques, aucun accord n’est
trouvé pour cette année.
Cette proposition sera de nouveau sur la
table mercredi à Londres. « Nous demandons aux Britanniques de pêcher en même
temps que nous, entre octobre et mai », explique Dimitri Rogoff. Autre proposition: la
création d’une zone communautaire de
gestion commune de la Saint-Jacques au
sud de la ligne Barfleur-Antifer.
La guerre de la coquille Saint-Jacques,
c’est aussi deux modèles économiques. Les
Français exploitent de petits bateaux (300
au total) et font une pêche artisanale, tandis
que les Anglais disposent aussi de gros
bateaux industriels, avec parfois des équipages philippins à bas coûts, et dont le plus
gros peut surgeler à bord.
L’ironie ? Si les pêcheurs anglais et écossais s’intéressent de plus en plus à la
coquille Saint-Jacques (ils sont passés de
3.000 à 30.000 tonnes en 15 ans, c’est-à-dire
grosso modo la production française), ce
n’est pas pour eux – les Anglais ne raffolent
pas des « scallops » – mais… pour l’exporter
vers la France, premier pays consommateur. n
Le plus connu des « payday lenders »
succombe au tour de vis réglementaire
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Un texte sur fond jaune barre désormais la
page d’accueil du site Internet de Wonga,
l’un des principaux « payday lenders » du
Royaume-Uni. L’entreprise – qui accordait
jusqu’ici des prêts de court terme à des taux
très élevés – y annonce en quelques mots ce
que les médias britanniques pressentaient
depuis quelques jours déjà : elle se place
sous le régime des faillites.
Si Wonga est peu connu en France, il est
un symbole fort des dérèglements d’une
certaine forme de crédit à la consommation
outre-Manche : en plein boom vers la fin
des années 2000, ces acteurs vont vite attirer les critiques – jusqu’à celles de l’archevê-
que de Canterbury – pour le niveau des taux
pratiqués. Jusqu’en 2015 – année d’un durcissement de la régulation –, une myriade
de nouveaux acteurs ont proposé ces prêts
de court terme et d’assez petits montants,
faciles à obtenir mais dotés de taux d’intérêt
pouvant s’élever à plus de 5.000 % par an !
Laxisme
Mais, depuis ces nouvelles règles du jeu – qui
ont notamment permis de plafonner les
taux à 0,80 % par jour –, des centaines de
petits acteurs ont mis la clef sous la porte. De
quoi faire dérailler leur modèle économique. Wonga a de plus pris de plein fouet une
vague de réclamations de clients liées aux
prêts accordés avant 2014. A partir de cette
année charnière, l’entreprise creuse ses per-
tes. Une récente recapitalisation de 10 millions de livres n’y aura rien changé.
Reste que la disparition de cet acteur
phare laisse des questions en suspens : si ce
système a trouvé sa place, c’est que les prêts
proposés en « payday loan » ont pu être
meilleur marché – hors éventuelles pénalités de retard – que les dépassements de
découvert à la banque. Interrogé par le
« Financial Times », l’ancien patron de
l’Insolvency Service [entité britannique
chargée des entreprises en faillite et des
ménages surendettés, NLDR] juge qu’il
existe « une vraie demande pour les prêts de
court terme ». Pour ce dernier, la disparition
de ce type de crédit pourrait se traduire par
une augmentation des impayés sur les factures de téléphone ou d’électricité. n
Mis en place il y a cinq ans, ces droits
de douane antidumping ont été reconduit par la Commission européenne
en mars 2017 pour dix-huit mois, l’exécutif européen faisant alors savoir
qu’il ne comptait pas les renouveler.
Pour échapper à ces restrictions,
l’accord prévoyait que les producteurs
chinois devaient respecter un prix
plancher de 0,56 euro par watt de
puissance produite.
En vigueur depuis 2013,
ces taxes visaient au
départ à protéger l’industrie solaire européenne
face à ces importations
massives de panneaux
chinois meilleur marché.
Aujourd’hui, la Commission estime
que le dispositif a joué son rôle, en permettant à ces prix à l’importation de
s’aligner sur ceux du marché mondial.
Bruxelles souhaite aussi, en supprimant ces taxes, favoriser le développement des énergies renouvelables.
Si Pékin s’est félicité de cette issue en
y voyant un « modèle de règlement positif d’un différend commercial grâce à
des consultations », les entreprises
européennes sont divisées. SolarPower Europe, qui regroupe les
importateurs et installateurs européens de panneaux photovoltaïques, a
salué la fin de ces restrictions. Un
« tournant décisif » pour l’industrie
solaire européenne, note l’association,
qui voit se lever la principale barrière à
sa croissance.
En revanche, les fabricants de panneaux solaires craignent, eux, de nouvelles importations massives. Regroupés au sein d’EU ProSun, ils avaient
demandé une nouvelle prolongation
de ces mesures antidumping, en affirmant qu’une levée serait « dévastatrice
pour l’industrie ». Certaines entreprises pourraient d’ailleurs porter
l’affaire devant la Cour de justice
La Chine a des capacités excédentaires dans la fabrication de panneaux
solaires de 30 gigawatts. Le marché
européen dans son ensemble en représente environ 7 gigawatts. La guerre
commerciale avec les Etats-Unis, après
la mise en place de taxes douanières
par l’administration Trump, ne lui
offre guère d’autres débouchés. n
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Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
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Un bond en trompe-l’œil du marché
automobile français en août
AUTOMOBILE Les immatriculations de voitures neuves ont
bondi de 40 % en août en France, comparé à août 2017, selon les
chiffres provisoires du Comité français des constructeurs automobiles (CCFA). Un boom lié aux effets du durcissement par
l’Union européenne, depuis le 1er septembre, des tests d’homologation des véhicules neufs. Ce changement a poussé certains
constructeurs à accorder de gros rabais en août. Au total,
150.393 voitures neuves ont été immatriculées, soit une hausse
cumulée de 6,3 % depuis le début de l’année.
l Les prix sont
plus élevés que
jamais dans les
dix plus grandes
villes.
l Paris atteint
9.300 euros du
mètre carré et
Bordeaux
se calme, mais
après une vraie
surchauffe.
Club Med se rapproche un peu plus
de la Bourse de Hong Kong
Qui dit mieux ? Ou plutôt qui dit
plus ? Les appartements à Paris se
vendent au prix moyen – et exorbitant – de 9.300 euros par mètre
carré, encore en hausse de 0,2 % au
cours du mois dernier et de 4,9 %
depuis un an. Un record supérieur
de 7 % au prix de 2011, considéré à
l ’é p o q u e c o m m e u n s o m m et
après une forte hausse, d’après le
dernier baromètre de MeilleurAgents.com pour « Les Echos ».
Heureusement, Paris n’est pas la
France… « Les prix sont plus élevés
que jamais dans les dix plus grandes
villes, mais si l’on prend le pays
entier, on est encore à 3 % de moins
qu’en 2011. Le phénomène de métropolisation est régulier et on assiste
bien, depuis quelques années, à une
division du territoire de plus en plus
marquée entre Paris, les grandes villes et le reste », commente Thomas
Lefèbvre, le directeur scientifique
de MeilleursAgents.com. L’indice
des prix en zone rurale frémit
néanmoins de 0,8 % depuis le
début de l’année. Il avait baissé de
4,8 % sur cinq ans et de 9,3 sur dix.
Celui des grandes villes, stable au
cours du dernier mois, est en
hausse de 2,7 % depuis le début de
l’année et de 14,4 % sur dix ans.
Strasbourg, l’exception
Même si l’été n’est pas la saison de
prédilection des acheteurs, et que
les volumes sont modestes, le mois
d’août a été contrasté. Nantes a augmenté de 1 % et la hausse de son
marché sur un an atteint 6,5 %. Les
Toulousains doivent aussi dépenser plus pour se loger : +0,4 % au
mois d’août, qui vient nourrir une
augmentation de 4,2 % sur un an. A
« Le phénomène
de métropolisation
est régulier et on
assiste bien, depuis
quelques années,
à une division du
territoire de plus en
plus marquée entre
Paris, les grandes
villes et le reste. »
THOMAS LEFÈBVRE
Directeur scientifique
de MeilleursAgents.com
Lyon, calme plat au cours des dernières semaines, mais c’est pour le
bien des acquéreurs : cette pause
suit une hausse de 7,4 % sur douze
mois et de 4,1 % depuis le début de
l’année 2018. Sur la même période,
Marseille, Nice et Montpellier
accusent une croissance, faible
mais réelle, et de très légères baisses ce mois-ci. La tendance s’est en
revanche inversée à Strasbourg, où
les prix ont perdu 0,2 % au cours
des neuf derniers mois. L’avenir
dira si la capitale alsacienne trace
la voie ou souffre d’une exception.
La surchauffe bordelaise semble
enfin refroidie : après une hausse
de 17 % en 2017, liée notamment à
l’arrivée du TGV, sur douze mois, la
hausse est contenue à 3,7 %, mais,
depuis janvier 2018, la courbe
d’évolution du marché est quasi
plate.
L’indice de tension immobilière
de MeilleursAgents.com, qui indique le nombre d’acquéreurs en
recherche active pour un bien à
vendre, est supérieur à 1, dans presque toutes les grandes villes. Seule
Marseille affiche un chiffre de
0,9 %, ce qui pourrait laisser augurer une baisse des prix, dans certains quartiers en tout cas. Tant que
les taux d’intérêt sont bas, les vendeurs n’ont, partout ailleurs, pas de
souci à se faire. n
TOURISME La branche tourisme du conglomérat chinois Fosun
International, dont fait partie Club Med, a déposé vendredi sa
demande d’introduction à la Bourse de Hong Kong. Le projet
prévoit notamment une part du capital flottant d’au moins 25 %.
Le 4 juillet, Fosun avait officialisé son intention de faire coter
son pôle tourisme, lequel comprend également le mégacomplexe Atlantis de Sanya sur l’île d’Hainan.
Lait : le chinois Synutra rompt son
contrat avec une coopérative normande
AGRICULTURE Après son usine de Carhaix en Bretagne, le chi-
Muddy Waters
fait chuter le
cours de Casino
ÉNERGIE Total a cédé avec ses partenaires le projet Joslyn de sables
bitumineux, situé dans l’Alberta, à
Canadian Natural Resources Limited (CNRL). Le montant de l’opération s’élève à 225 millions de dollars canadiens. Depuis la chute des
cours du pétrole en 2014, le projet
était suspendu. Le groupe a aussi
vendu son activité polystyrène en
Chine, où il estime ne pas avoir la
taille critique. La cession à Ineos
Styrolution, spécialiste des styrènes, inclut deux usines d’une capacité de 200.000 tonnes chacune.
D I ST R I B U T I O N L e c o u r s d e
Casino a dévissé de plus de 16 % en
séance vendredi, avant de clôturer
à –10,22 %, à 27,31 euros, après un
tweet de Muddy Waters, un fonds
spéculatif jouant à la baisse des
titres, soulignant que le distributeur n’avait pas déposé les comptes de sa filiale Casino Finance.
Casino a réagi en indiquant que
les comptes n’avaient pas été
publiés en raison de « retard technique » mais étaient intégrés aux
comptes groupe 2017 et seraient
visibles sur Infogreffe dès lundi.
Logement : dialogue de sourds
entre les professionnels et le gouvernement
Le budget du logement va
encore baisser en 2019. Les
professionnels de ce secteur
sous perfusion depuis
des années contestent
une politique menée sous
la contrainte budgétaire.
DR
Total cède
des actifs
au Canada
et en Chine
AUTOMOBILE Le constructeur
a u t o m o b i l e Fo r d r e n o n c e à
importer aux Etats-Unis des voitures fabriquées dans son usine
de Chongqing, en Chine, en raison des tarifs douaniers élevés
instaurés par l’administration
Trump depuis le 23 août sur
50 milliards de dollars de biens
venant de Chine, dont les véhicules, rapporte l’AFP. Une autre
série de taxes douanières sur
200 milliards de dollars de produits chinois pourrait suivre.
Le budget logement devrait baisser
de 1,16 milliard en 2019, avec de
nouvelles économies liées, surtout,
au calcul de l’APL. Depuis un an, le
« choc d’offre » se fait attendre, les
prix montent et les permis de construire ont baissé de 12 %. Réunis
pour les entretiens d’Inxauseta à
Bunus, au Pays basque, bailleurs
sociaux, promoteurs, constructeurs, banquiers et élus se sont penchés sur cette politique qu’ils ont du
mal à cerner… sans ministre.
Aucun représentant du gouvernement n’a fait le voyage, une première en seize ans pour ces « universités d’été » du logement.
LE LOGEMENT COÛTE
•MOINS
QU’IL NE RAPPORTE
DR
Ford renonce
à importer
un véhicule
de Chine
Shutterstock
nois Synutra se désengage des Maîtres laitiers du Cotentin
(MLC). Le contrat signé en 2017 pour onze ans avec la coopérative normande a été rompu. « Ces derniers mois, nous avons
constaté des ventes inférieures aux engagements volumétriques
pris par Synutra de 690 millions de briquettes de lait par an »,
indique MLC. Le normand a investi 114 millions d’euros sur ce
site ouvert en 2017 dans la Manche. Il emploie 120 salariés.
Aucun des professionnels n’imagine se passer de ces fameuses
aides « à la pierre » ou « à la personne » qui aident plus de 50 % des
ménages français à se loger et soutiennent le bâtiment. « Osons dimi-
nuer les aides, mais alors baissons
d’autant les prélèvements », préconise Didier Ridoret, le président de
la Société mutuelle d’assurance du
BTP. Car, selon l’Insee, le secteur a
coûté certes 41,9 milliards à l’Etat
en 2017, mais en a rapporté 74,4.
Une baisse de 0,3 % des dépenses,
contre une hausse de 5,7 % des
recettes. La plus forte augmentation du pouvoir d’achat (plus de
25 % en quelques années) provient
de la baisse des taux d’intérêt, et
donc… du marché, non des aides.
UNE POLITIQUE
•À CONTRE-COURANT
Les Français dépensent pourtant
toujours plus pour se loger et 60 %
des bénéficiaires de l’APL ont des
revenus inférieurs au seuil de pauvreté. Le plaidoyer pour maintenir
ces aides n’est pas nouveau, mais il
est nourri : la réforme du prêt à
taux zéro par exemple est sévèrement critiquée. Surtout efficace
pour les petits budgets, en périphérie des grandes villes ou en zone
rurale, ce système a été recentré
vers les régions les plus chères.
Benoît Catel, le directeur général
du Crédit Foncier, en prédit 30.000
de moins cette année. Muriel Boulmier, la présidente d’Arosha, un
groupement de 31 bailleurs sociaux
d’Aquitaine, ne croit pas que les
ventes de logements HLM, encouragées par le gouvernement, permettront de compenser les coupes
budgétaires imposées en 2018 par
la baisse des APL. « Et si nous vendons le parc social, nous ne parviendrons jamais à le reconstituer au
même endroit », ajoute Nathalie
Motsch, adjointe (LR) à l’urbanisme à Biarritz.
Autre effet pervers, « la suppression de “l’accession sociale” qui bénéficiait à 50.000 ménages fait chuter
les ventes de maisons individuelles,
explique encore Michel Piron, président du Conseil national de
l’habitat pendant plus de dix
ans. Ces gens vont rester locataires et
bénéficier d’aides plus coûteuses
pour la collectivité. » En annonçant
sa démission, Nicolas Hulot a expliqué que le budget de la rénovation
thermique était insuffisant. « Sans
aide, la plupart des Français n’ont
pas les moyens d’entamer des travaux, c’est aussi simple que cela »,
confirme Michel Pelenc, le président de la fédération Solidaire pour
l’habitat.
PAS MOINS D’AIDES,
•MAIS
MIEUX CIBLÉES
« Des politiques à l’échelle des territoires et non de la nation tout
entière », voilà une des pistes évoquées par les participants, dont
beaucoup soulignent la difficulté
de dialoguer avec le gouvernement.
« La politique du logement se fait à
Bercy », déplore Sylvia Pinel, plus
vindicative qu’elle ne l’était comme
ministre du Logement.
L’idée de contraindre les villes à
plafonner les prix des logements
afin de faire baisser ceux des terrains fait également son chemin.
Certaines collectivités ont déjà opté
pour ce système, mais beaucoup
continuent de mettre leurs parcelles aux enchères pour alimenter
leur budget.
A quelques jours du vote définitif
de la loi Elan et alors qu’Edouard
Philippe a annoncé une revalorisation des APL de seulement 0,3 %,
pour une inflation estimée à 1,7 %,
les professionnels redoutent des
mauvaises surprises dans la loi de
finances. « Je fais le pari qu’il y aura
un ministre du Logement heureux
au cours du quinquennat, celui qui
sera chargé du prochain plan de
relance, peut-être dès l’année prochaine. Car lui aura des crédits… »
a conclu Michel Piron.
— C. S.
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INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
En mettant la main sur les cafés Costa,
Coca-Cola accélère sa diversification
l Le géant débourse 5,1 milliards de dollars pour racheter la chaîne britannique de cafés.
l L’opération le positionne comme un concurrent de Starbucks, même s’il avoue que la distribution n’est pas son métier.
AGROALIMENTAIRE
Nicolas Rauline
@nrauline
— Correspondant à New York
et Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
La bataille de la croissance se
déplace vers le café pour Coca-Cola.
Le groupe a annoncé vendredi le
rachat de la chaîne britannique de
cafés Costa pour 5,1 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros). C’est tout
simplement la plus grosse acquisition de l’histoire de Coca. Le groupe
pousse ainsi davantage sa diversification et va se poser en concurrent
de Starbucks, le géant du secteur, qui
possède 27.000 points de vente à travers le monde et… qui possède un
accord avec Pepsi, pour distribuer
les boissons de ce dernier.
Comme ses concurrents, CocaCola est engagé dans une stratégie de
diversification, afin de trouver des
relais de croissance. Les consommateurs ont, en effet, tendance à s’éloigner des boissons sucrées pour aller
vers des aliments plus sains. CocaCola, PepsiCo et Keurig Dr Pepper
ont ainsi racheté, ces dernières
années, plusieurs marques d’eau,
d’eau gazeuse, de thé ou de jus de
fruits. Le précédent record pour
Coca-Cola datait de 2007 quand le
groupe avait misé 4,1 milliards de
dollars sur Glacéau, qui produit
notamment les marques Vitaminwater et Smartwater. Plus
récemment, Coca-Cola avait pris
une participation dans BodyArmor,
financé par le basketteur Kobe
Bryant et concurrent de Gatorade.
« Plus de choix »
Le principal attrait de Costa, pour
Coca-Cola, est son positionnement
sur le café. « C’est une stratégie sur le
café, non sur la distribution, qui n’est
clairement pas notre expertise, a
averti le patron du groupe, James
Quincey. Les consommateurs continuent de vouloir dépenser plus pour
leurs boissons. Ils veulent juste plus de
choix, notamment pour le café, dans
toutes ses formes. » D’ailleurs, Coca
ne compte pas ouvrir de cafés Costa
aux Etats-Unis dans l’immédiat,
mais devrait déployer ses machines
à café et vendre ses grains dans les
stations-service du pays, sur les campus ou encore dans les chaînes de
restauration rapide. Et il se retrouve
à la tête d’un réseau de points de
vente dense, à l’international.
L’eldorado chinois
Depuis l’acquisition de Costa par
Whitbread pour 19 millions de livres
en 1995, la chaîne de cafés concurrente de Starbucks a littéralement
explosé. Elle ne possédait alors que
39 magasins. Elle en totalise désormais plus de 2.400 outre-Manche et
1.400 à l’international !
Au Royaume-Uni, en particulier,
elle est présente dans toutes les grandes villes et rares sont les « high
streets » qui ne disposent pas de leur
Costa Coffee. La chaîne a contribué
au développement du café au pays
du thé, notamment le « flat white »
(café au lait) et le cappuccino, particulièrement prisés des Anglais. Mais
la concurrence s’est durcie ces dernières années avec Starbucks, Caffè
Nero et la myriade d’indépendants.
Et le ralentissement de la croissance
outre-Manche a contraint l’enseigne
à chercher de nouveaux relais de
croissance en s’implantant en Chine.
Coca-Cola possède déjà une marque de café en bouteille et en canette,
Georgia, lancée à l’origine pour le
marché asiatique et qui réalise
l’essentiel de ses ventes au Japon.
Elle y est leader de son segment et a
dépassé le milliard de dollars de
revenus l’an passé. L’Asie est l’autre
attrait de l’opération pour CocaCola. La Chine constitue déjà le premier marché de Costa à l’international, via 450 magasins. Les marchés
se montrent toutefois prudents
sur ces annonces. Vendredi, à la mijournée, le titre Coca-Cola perdait
0,8 %.
(
Lire l’éditorial de
David Barroux page 10
et « Crible » page 38
Le café réveille l’appétit des géants de l’agroalimentaire
a planète café est en pleine
effervescence. On ne compte
plus les rachats, les partenariats et les investissements. Ils sont
en grande majorité le fait de groupes en quête de nouveaux relais de
croissance et disposant d’une solide
assise financière. L’opération réalisée par Coca-Cola, qui vient de
signer l’acquisition de la chaîne de
cafés Costa auprès du britannique
Whitbread, n’échappe pas à la règle.
C’est pour le géant d’Atlanta une
nouvelle occasion de réduire sa
dépendance à l’égard des sodas, de
plus en plus perçus comme « diététiquement incorrects ». Mais c’est
aussi un pari sur un secteur en plein
essor. Notamment en Asie.
Le Vietnam est devenu le
deuxième producteur mondial de
café. Les volumes, les coûts de pro-
L
ANALYSE
Marie-Josée Cougard
duction et la position géographique
du pays ont convaincu le leader
mondial Nestlé et l’américain Mondelez d’y investir. Et la Chine, historiquement consommatrice de thé,
s’intéresse de plus en plus au café
depuis dix ans. Les agriculteurs
chinois accompagnent ce mouvement : beaucoup ont délaissé la
culture du thé pour le café. Les
résultats sont rapides : depuis 2007,
la production a quadruplé, propulsant la Chine au 13e rang mondial
devant le Costa Rica et le Kenya
réunis. Les plus grands acteurs y
sont. Nestlé a ouvert une boutique
Nespresso à Shanghai au début de
la décennie (à l’époque la 200e de
son réseau), et le groupe a signé un
partenariat avec le géant chinois
Alibaba pour développer ses ventes
en ligne. En achetant Costa, CocaCola met de son côté la main sur un
réseau de près de 500 boutiques en
Chine. Le marché des boissons
chaudes dans l’ancien empire du
Milieu devrait dépasser 34 milliards de dollars d’ici à 2022, selon
GlobalData.
Des empires à coups
de milliards
Sur les marchés plus anciens,
d’autres très riches acteurs se bâtissent des empires à coups de milliards et de rapprochements de
marques dans le café. Ainsi la
famille allemande Reimann, propriétaire des parfums Coty et des
chaussures de luxe Jimmy Choo.
Son véhicule d’investissement JAB
a créé un nouveau géant en fusionnant DEMB (Senseo, L’Or et Maison
du Café) avec Jacques Vabre et
Maxwell, les marques de Mondelez. JAB a ensuite mis la main sur la
chaîne des 2.000 cafés Panera aux
Etats-Unis.
En réponse à ces acquisitions,
Nestlé, pour qui le café est une priorité stratégique, a déboursé près
d’un demi-milliard de dollars pour
s’offrir la chaîne de cafés californienne Blue Bottle – le « Starbucks
des hipsters » – en septembre l’an
dernier. Et c’est encore l’intérêt
pour le café qui a poussé Nestlé à
signer en mai dernier un accord à
7,15 milliards de dollars avec Starbucks pour commercialiser la marque au niveau mondial. n
Cidre : le leader français s’offre
le numéro deux britannique
BOISSONS
La coopérative Agrial,
qui produit les cidres
Ecusson et Loïc Raison, acquiert le britannique Aston Manor.
Le cidre français et le « cider » britannique n’ont rien à voir, disent les
experts. Les recettes ne sont pas les
mêmes : le cidre français est fait à
100 % à base de pommes, tandis que
le « cider » anglo-saxon peut ne pas
en contenir plus de 30 %. La différence n’a en tout cas pas dissuadé le
groupe coopératif Agrial, leader du
cidre en France, de s’offrir Aston
Manor, numéro deux du « cider »
outre-Manche. Un groupe familial
né en 1983 appartenant aux Ellis, qui
réalise un chiffre d’affaires de
134 millions de livres (150 millions
d’euros) et exporte dans plus de
20 pays.
Nouveaux débouchés
Le « cider » anglo-saxon ne contient pas plus de 30 % de pommes.
Le cidre à la française 100 %. Photo Jean François Monier/AFP
La taille des deux marchés n’a, elle
non plus, rien à voir. Quand la
France produit 800.000 hectolitres
de cidre, le Royaume-Uni fabrique
8 millions d’hectolitres de « cider »,
indique Marc Roubaud, le directeur
général d’Eclor, la branche boissons
de la coopérative. C’est le plus gros
marché au monde, dont il représente 43,5 % des ventes. L’acteur
dominant du cidre mondial est
le brasseur Heineken, avec la marque Strongbow.
L’acquisition d’Aston Manor est
une grosse opération pour Agrial,
qui prend ainsi pied au RoyaumeUni. La priorité de la coopérative
normande, qui produit les marques
Ecusson, Loïc Raison et La Mordue,
est de pallier les effets du ralentissement du marché français en trouvant de nouveaux débouchés pour
ses coopérateurs producteurs de
pommes. L’idée est de vendre les jus
nécessaires à la production d’Aston
Manor plus que du cidre à la française. Chacun ses goûts.
Agrial, qui, via sa filiale Eclor, est
installé aux Etats-Unis depuis plusieurs années, poursuit donc son
internationalisation en mettant la
main sur les quatre usines d’Aston
800.000
HECTOLITRES
La production française de cidre.
Manor. Elle a deux sociétés américaines, avec Manzana dans la Napa
Valley en Californie, où elle fabrique de la compote et du vinaigre de
cidre. Et Seattle Cider dans l’Etat de
Washington, premier consommateur de cidre aux Etats-Unis.
— M.-J. C.
AVIS FINANCIERS
TONNELLERIE FRANÇOIS FRERES – TFF GROUP
Société anonyme au capital de 8.672.000 euros
Siège social : SAINT ROMAIN (21190) - R.C.S. DIJON B 515 620 441
Les actionnaires sont convoqués au siège social à SAINT ROMAIN (21190), en assemblée générale mixte le 26 octobre 2018 à
11 heures (approbation des comptes de l’exercice clos le 30 avril 2018, affectation du résultat, fixation des jetons de présence,
votes sur les principes relatifs aux modalités de fixation des rémunérations des dirigeants mandataires sociaux, approbation
des éléments fixes, variables et exceptionnels composant la rémunération des dirigeants, renouvellement du mandat des commissaires aux comptes, renouvellement du mandat d’un membre du conseil de surveillance, autorisation à donner au Directoire
d’acheter en Bourse les actions de la société, autorisation à consentir au Directoire de réduire le capital social par annulation
des actions acquises). Des formules de pouvoir et de vote par correspondance, ainsi que les documents d’information prévus
par la loi, seront à la disposition des actionnaires au siège social ou sur le site internet de la société.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
TRANSPORTS
Le nombre de voyageurs continue d’augmenter dans les métros
et les tramways.
SPORT
Le Français Xavier
Thévenard s’est
imposé samedi
dans la 16e édition
de l’Ultra-Trail
du Mont-Blanc.
Il recule dans les bus.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
L’augmentation du nombre de
voyageurs sur le réseau RATP ne se
dément pas. Après +1,3 % en 2017 et
+1,6 %, en 2016, la fréquentation a à
nouveau progressé de 1 % sur les six
premiers mois de l’année 2018 (par
rapport à la même période l’année
précédente), soit 1,73 milliard de
voyages, selon les comptes semestriels que le groupe public a publié
vendredi. « Le trafic est tiré par la
reprise économique et le dynamisme
du tourisme en Ile-de-France »,
explique l’entreprise dans un communiqué, ce dernier phénomène
provoquant une nette hausse des
titres de transport occasionnels
(tickets au trajet ou à la journée).
Difficultés de circulation
dans Paris
La tendance n’est toutefois pas la
même selon les modes de transport. Le métro (+1 %) et le tramway
(+6,6 %, avec la montée en puissance des lignes récemment ouvertes) confirment leur dynamisme.
Le nombre de voyageurs sur les
portions de RER exploitées par la
RATP est, lui, stable, mais avec de
fortes variations selon les lignes : le
trafic sur le RER A, qui est déjà la
ligne la plus chargée d’Europe avec
près de 1 million de voyageurs quotidiens, est en hausse de 5 %, alors
qu’il a baissé dans les mêmes proportions dans le RER B, du fait
notamment des grèves à répétition
ce printemps à la SNCF, qui gère
l’autre moitié de la ligne. Le réseau
de bus, lui, continue de souffrir, « du
fait des difficultés persistantes de cir-
Les organisateurs
vont exporter leur
concept en Chine,
à Oman et à Ushuaia
en Argentine.
Gabrielle Serraz
@GabrielleSerraz
— Correspondante à Chamonix
La fréquentation de la portion du RER A exploitée par la RATP (soit 75 % de la ligne) a augmenté
de 5 % au premier semestre 2018. Photo Rolle/RÉA
1,6
MILLIARD D’EUROS
Les investissements de la RATP
prévus sur l’ensemble de 2018.
culation dans Paris ». Son trafic
recule de 1 % sur un an.
La bonne tenue globale de la fréquentation se répercute sur les
comptes, puisqu’elle se traduit par
une hausse de 2,2 % des recettes de
billetterie. Ces dernières représentent 40 % des 2,2 milliards d’euros
de chiffre d’affaires réalisé par la
RATP en Ile-de-France sur les six
premiers mois de l’année. Des montants qui indiquent au passage que
l’hypothèse d’une gratuité des
transports en commun, sur
laquelle travaille la Mairie de Paris,
risque bien de rester hors de portée
sur le plan financier. En comptant
les filiales, et notamment RATP
Dev, qui regroupe les activités hors
Ile-de-France, le chiffre d’affaires
total du groupe au premier semestre atteint 2,78 milliards, et le résultat net, 114 millions.
Investissements soutenus
A 575 millions d’euros, le niveau des
investissements réalisés par le
groupe reste soutenu, et se concentre sur les infrastructures, que ce
soit pour la modernisation des
lignes existantes (déploiement du
pilotage automatique sur le tronçon central du RER A, entre autres)
ou sur des chantiers de prolongement (pour les lignes de métro 4, 11,
12 et 14).
Les investissements pour renouveler le matériel roulant sont, eux, à
un point bas, mais ils devraient
bientôt grimper : des appels d’offres
ont été lancés pour les RER B nouvelle génération, ainsi que pour
l’achat d’un millier de bus électriques, première étape vers la disparition totale des bus diesel d’ici à
2025. Sur l’ensemble de 2018, le
groupe RATP prévoit d’investir au
total 1,6 milliard d’euros. n
La ville de Saint-Etienne veut relancer
le trolleybus
TRANSPORTS
Les constructeurs
européens misent sur
la technologie IMC.
Elle permet de s’affranchir de l’alimentation électrique, grâce
à des batteries qui se
rechargent en roulant.
Denis Meynard
— Correspondant à Saint-Etienne
« Saint-Etienne fait partie, avec Lyon
et Limoges, des rares villes françaises
qui continuent à utiliser le trolleybus
dans les transports publics », souli-
L’Ultra-Trail du
Mont-Blanc veut
s’exporter sur
les cinq continents
gne le maire LR de Saint-Etienne,
Gaël Perdriau. Une situation susceptible d’évoluer dans les prochaines années avec l’apparition d’une
nouvelle génération de véhicules
qui a déjà séduit plusieurs grandes
villes européennes.
Autonomie d’une
vingtaine de kilomètres
Cette solution pour rendre attractifs les centres urbains, développée
par des constructeurs tels que le
suisse Hess, le belge Van Hool, le
polonais Solaris ou le franco-italien
Iveco Bus associé à Skoda Electric,
constitue une alternative à l’autobus électrique autonome, qui se
heurte à l’autonomie insuffisante
de ses batteries. La métropole stéphanoise devrait être la première
autorité organisatrice de transports
de l’Hexagone à s’équiper, d’ici à la
fin 2019, de ces trolleybus 2.0. Elle a
pour cela lancé en juillet un marché
négocié portant sur une tranche
ferme de 22 véhicules.
Grâce à la technologie IMC (In
Motion Charging), ils seront équipés de batteries chargeables en
exploitation qui leur confère une
autonomie d’une vingtaine de kilomètres. Pouvant ainsi s’affranchir
temporairement de leur alimentation normale par ligne aérienne de
contact bifilaire.
Objectif 100 % de véhicules
propres
Plusieurs candidatures, émanant
de constructeurs européens, qui
ont jusqu’au 5 octobre pour remet-
tre leur offre (elle sera évaluée à
60 % sur la valeur technique et à
40 % sur le prix), viennent d’être
validées par la collectivité. SaintEtienne Métropole, dont le président affiche pour objectif « d’atteindre 100 % de véhicules propres d’ici à
dix ou quinze ans », devrait bénéficier d’une subvention du ministère
du Développement durable, au titre
du programme Territoire à énergie
positive pour la croissance verte.
La livraison des cinq premiers
trolleybus de nouvelle génération
est prévue au dernier trimestre de
l’an prochain, au moment où sera
par ailleurs mise en service une
troisième ligne de tramways à
Saint-Etienne. Deux investissements qui s’élèvent au total à une
centaine de millions d’euros. n
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Courir 170 kilomètres, dont
9.800 mètres de dénivelés positifs, pendant 20 heures et
44 minutes dans le froid et sous
la pluie. Voilà pour la performance sportive signée par
Xavier Thévenard, vainqueur,
p our la troisième fois, de
l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. La
course est mythique ; la 16e édition a réuni jusqu’à dimanche, à
Chamonix, les plus grands de la
planète, dont l’Américain Jim
Walmsley, numéro un au classement mondial, et rassemble
plus de 100.000 personnes,
spectateurs et coureurs.
Symbole du succès mondial
de ce sport extrême, la course a
décidé de s’exporter. Après le
succès de la première édition de
la Gaoligong By UTMB dans le
sud de la Chine, qui a réuni
2.000 athlètes au printemps,
une épreuve aura lieu dans le
sultanat d’Oman fin novembre.
Pour sa première édition Oman
by UTMB accueillera 300 coureurs, qui évolueront sur un
parcours de 137 kilomètres
dans les montagnes du djebel
Akhdar.
Tourisme haut de gamme
Enfin, du 5 au 7 avril 2019, ce
sera la première édition
d’Ushuaïa by UTMB, à
l’extrême sud de la Patagonie,
en Argentine. Plusieurs distances seront proposées, dont un
parcours d’environ 130 kilomètres au milieu de forêts subantarctiques ou de glaciers dans
un environnement parfois
extrême. « A chaque fois, nous
choisissons une région iconique,
sauvage et magnifique », explique Rémi Duchemin, directeur
général d’UTMB International. « Le plus souvent, ajoute-t-il,
nous intervenons à la demande
de responsables locaux qui souhaitent développer un tourisme
haut de gamme et se faire connaître. »
Depuis 2000, la discipline du
trail running, qui a démarré
aux Etats-Unis, connaît un
développement quasi exponentiel. Des 300 coureurs des
débuts, la course autour du
mont Blanc est devenue une
entreprise qui, selon ses organisateurs, génère un chiffre
d ’a f f a i r e s d e 1 5 m i l l i o n s
d’euros. Propriété dès l’origine
d’un couple de commerçants de
Chamonix, Catherine et Michel
Poletti, la marque UTMB déposée en 2003 est détenue par la
SARL Autour du Mont Blanc,
toujours organisatrice de
l’Ultra-Trail du Mont-Blanc
(UTMB). Depuis deux ans elle
s’est associée (50-50) à l’agence
événementielle OC Sport de
Rémi Duchemin (La Route du
Rhum, The Transat, La Haute
Route) pour créer UTMB International. Basée à Crans-Montana en Suisse, elle a pour ambition de développer la marque
UTMB sous licence au niveau
mondial.
Chaque coureur localisé
Selon Remi Duchemin, l’objectif au sein de chaque « continent » (Asie, Moyen-Orient,
Océanie, Afrique, Amérique du
Nord, Amérique du Sud,
Europe), est de créer 5 UTMB.
UTMB International réalisera
des missions de conseil et
accordera jusqu’à 5 labels « by
UTMB » à des événements
répondant à des critères de
sélection, comme la sécurité.
Après quelques années, le
meilleur événement de chaque
continent deviendra UTMB à
part entière.
La société se rémunère par le
biais de royalties pour l’utilisation de sa marque et aussi pour
les services qu’elle apporte,
comme le logiciel Livetrail
Organisation, qui permet de
localiser chaque coureur.
L’ambition d’UTMB est de
devenir la marque référence
mondiale du trail running et
d’embarquer les sponsors sur
tous les continents. En premier
figure la marque américaine
Columbia, qui a fait de l’UltraTrail du Mont-blanc son laboratoire et équipe les 2.000 bénévoles de la course. n
Pascal Tournaire
Trafic en hausse au premier
semestre sur le réseau RATP
Les coureurs peuvent
être suivis sur Internet
tout au long de la course.
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INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
Auchan paie le prix du changement
DISTRIBUTION
Le distributeur souffre
en France et en Russie.
ll mène tambour
battant une coûteuse
transformation.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
Auchan perd de l’argent. Mais
Auchan est « à la mi-temps » de
son plan de transformation. Le
groupe du Nord a publié vendredi
ses résultats du premier semestre.
Il affiche une perte nette part du
groupe de 151 millions d’euros,
contre 7 millions en 2017. Le résultat d’exploitation courant passe
de 326 à 145 millions. L’endettement grimpe de 3,7 à 4,45 milliards. Si les chiffres sont cruels, le
groupe est néanmoins en pleine
transformation.
Auchan Holding regroupe la
petite banque Oney, la foncière
Ceetrus (ex-Immochan) ainsi que
les hypers et les supermarchés
Auchan. Oney a dopé de 17 % son
bénéfice net, à 30 millions. L’organisme financier se veut le spécialiste du paiement fractionné (en
trois ou quatre fois). Il cherche des
« partenaires stratégiques ».
Ceetrus bascule de la construction de centres commerciaux à
l’aménagement urbain. La société a
gagné la transformation de la gare
du Nord à Paris et celui de la gare de
Vigo, en Espagne. Son directeur
général, Benoît Lheureux, croit à
l’aboutissement de son mégaprojet
Europa City, au nord de Paris. La
foncière amendera toutefois son
projet à la demande de l’Etat.
Ceetrus a des revenus en hausse de
5,7 %, à 345 millions. Ses centres
commerciaux comptent de moins
en moins de cases vides. L’excédent
brut d’exploitation (Ebitda) croît
dans les mêmes proportions, à
225 millions.
Les magasins à la peine
Partout, les nouveaux
modes de
consommation
délaissent
les hypermarchés
au profit des magasins
de proximité.
Les magasins restent les maillons
faibles du groupe Auchan. A tout le
moins en France et en Russie. Le
chiffre d’affaires semestriel se tient,
à 25,9 milliards d’euros. Même les
Entretien de la maison : Shiva
atteint les 200 agences
SERVICES
À DOMICILE
La franchise Shiva
du groupe Domia va
ouvrir sa 200e agence
courant septembre.
Le groupe cherche
à s’implanter dans
des villes de province
de 20.000 à
30.000 habitants, où
la demande est forte.
David Pauget
@DavidPauget
Le cap est atteint : la franchise Shiva,
dans le domaine du ménage à domicile, va ouvrir sa 200e agence courant septembre. Créé en 2002, Shiva
a rejoint le groupe Acadomia en
2004 (devenu Domia en 2012), avant
d’ouvrir son réseau à la franchise en
2006. Depuis, il est en pleine expansion dans le secteur dynamique des
services à la personne, qui pèse plus
de 20 milliards d’euros.
Aujourd’hui, Shiva peut se targuer de compter 10.000 intervenants, 70.000 clients, pour 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Une croissance très rapide par rapport à Acadomia : créé en 1989,
l’autre pilier du groupe Domia
dédié au soutien scolaire, via un
développement par succursales,
représente aujourd’hui 120 millions d’euros d’activité, pour un
réseau de 30.000 collaborateurs et
80.000 clients.
80 agences ouvertes
en un an
« Nous avons ouvert 80 agences Shiva
en une année. C’est un rythme très
soutenu », s’enthousiasme Maxime
Aiach, président et fondateur du
groupe Domia aux côtés de ses
associés, Philippe Coléon et José
Shiva vient de lancer une campagne de recrutement du personnel.
Une campagne télé suivra, dès la mi-septembre, visant cette fois
à séduire de nouveaux clients. Photo Shiva
Dinis. Le groupe, désormais accompagné par le fonds d’investissement
IK, qui a pris 50 % du capital en mai,
compte poursuivre sur cette lancée : Shiva s’offre actuellement une
campagne de recrutement de nouveaux intervenants. « Employés de
maison et fiers de notre métier »,
peut-on lire sur les affiches qui fleurissent depuis peu dans le métro. On
y voit des travailleurs souriants,
représentatifs de la diversité. « Le
message adressé est que nos intervenants font partie de l’entreprise, que
Shiva crée du lien social, les valorise »,
explique Maxime Aiach, critiquant
certaines plates-formes, comme
Leboncoin, qui, selon lui, « font la
promotion du travail au noir ». Une
campagne télé suivra, dès la mi-septembre, visant cette fois à séduire de
nouveaux clients.
L’enseigne recherche enfin des
entrepreneurs pour ouvrir des
agences supplémentaires, ayant
pour objectif d’atteindre le nombre
de 350 en 2020 et de couvrir ainsi
l’ensemble du territoire. « La franchise est comme un mariage »,
s’amuse à comparer Maxime
Aiach. « Le franchiseur et le franchisé ne doivent pas se tromper en
faisant le choix de cet engagement. »
Shiva cherche notamment à s’implanter dans des villes de province
de 20.000 à 30.000 habitants, où la
demande est forte.
Crédit d’impôt
L’autre grand chantier du président
du groupe Domia, par ailleurs président de la Fédération des entreprises
de services à la personne (FESP), est
la suppression du délai de remboursement du crédit d’impôt dont bénéficient les services à la personne :
d’un montant égal à 50 % des dépenses annuelles d’aide à domicile, il est
remboursé par l’Etat aux particuliers au bout de douze à dix-huit
mois, un « décalage insupportable »,
juge Maxime Aiach. Selon une étude
du cabinet Oliver Wyman, le remboursement immédiat permettrait
de créer 80.000 emplois dès les premiers mois de sa mise en œuvre, et
jusqu’à 150.000 emplois équivalent
temps plein à terme. n
hypermarchés français, à la peine
depuis des mois, stabilisent leurs
ventes (+0,2 %). Mais au prix d’un
coûteux investissement dans les
prix. Auchan est le spécialiste des
grands hypermarchés. Partout, les
nouveaux modes de consommation les délaissent au profit des
magasins de proximité.
« En Russie, nous avons connu
quinze ans de succès avec des hypers
et une politique de prix bas tous les
jours. L’embargo occidental a poussé
les Russes à la recherche de promotions et vers les magasins près de chez
eux. Les indicateurs économiques
repassent au vert, mais les habitudes
restent », raconte Wilhelm Hubner,
directeur général d’Auchan Retail.
Succès à suivre en Chine
Le groupe multiplie donc les supermarchés de proximité. Ils ont représenté 94 % des 250 ouvertures du
premier semestre. Cette transformation tous azimuts a coûté
87 millions d’euros au groupe lors
des six premiers mois de l’année. En
gros, la moitié des pertes du holding
est due à la refonte des points de
vente et l’autre aux pertes d’exploitation de la France et de la Russie.
La filiale chinoise Sun Art montre
plus que jamais le chemin. Elle affiche pour le premier semestre un
résultat net stable de 221 millions,
dont 36 % reviennent à Auchan.
L’entrée d’Alibaba au capital conduit
au développement de la livraison
en une heure dans les 481 hypermarchés chinois. Les rayons
d’électrodomestique sont en train
d’être concédés à Suning, le Darty
local. Les petites boîtes Auchan
Minute sont déjà 270. Et des supermarchés franchisés He Xiao Ma
ouvrent dans les petites villes. Tout
ce qu’il faut faire en Europe. n
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
La construction du gazoduc russe
Nord Stream 2 démarre, sur fond de tensions
ÉNERGIE
Une barge entame
les travaux
préparatoires au large
des côtes allemandes.
Le débat se cristallise
autour de l’avenir
du transit ukrainien
et des menaces de
sanctions américaines.
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Au cœur de l’été, le « Castoro 10 »
s’est installé dans les eaux peu
profondes de la Baltique, au large
des côtes allemandes et de la
grande plage de Lubmin. Huit ans
après avoir installé le gazoduc Nord
Stream, la barge de l’italien Saipem
entame les travaux préparatoires
pour la pose sous-marine des
1.230 kilomètres de tuyaux de Nord
Stream 2, le projet à 9 milliards
d’euros du russe Gazprom.
« Le matériel a été acheté, le
“coating” des tuyaux [le revêtement
pour les lester au fond de l’eau,
NDLR] a été fait », explique Philippe
Vedrenne, chargé de l’approvisionnement gaz chez Engie. Le groupe
français finance le projet à hauteur
de 10 %, comme les allemands Uniper et Wintershall, l’autrichien OMV
et l’anglo-néerlandais Shell. « On en
est à peu près à la moitié, c’est-à-dire
que l’on a déboursé entre 400 et
450 millions d’euros », précise Philippe Vedrenne.
La Russie, la Finlande, la Suède et
l’Allemagne ont octroyé les permis
nécessaires à la construction. La
mise en service est toujours prévue
fin 2019, même si le dépôt, le 10 août,
d’une demande de permis pour éviter de passer dans les eaux territoriales du Danemark, opposé au projet, pourrait retarder de quelques
mois ce projet d’une capacité de
transit de 55 milliards de mètres
cubes de gaz, « assez pour approvisionner 26 millions de ménages européens », détaille Nord Stream 2.
Le projet est encore loin de faire
l’unanimité en Europe. Si l’Allemagne le défend pour son industrie,
tout comme l’Autriche, l’Italie y est
hostile. « Les 77 milliards de mètres
cubes qui ont transité de la Russie vers
l’Union européenne via l’Ukraine l’an
dernier ont représenté 2,6 milliards
d’euros de revenus pour les Ukrainiens. Si on construit Nord Stream 2 et
que la demande n’est pas en forte
hausse, cela va assécher le transit »,
estime Thierry Bros, chercheur
associé à l’Oxford Institute for
Energy Studies. Alors que le contrat
actuel de transit via l’Ukraine
s’achève fin 2019, « la Commission
européenne préfère que cet argent soit
payé par Gazprom plutôt que par les
subventions européennes ».
La part de marché du gaz
russe amenée à augmenter
La part de marché du gaz russe en
Europe – un tiers de la consommation – pourrait aussi croître de
manière significative, alors que le
gaz naturel liquéfié (GNL) est une
alternative aujourd’hui plus coûteuse. « On n’aime pas que le gaz soit
trop cher pour nos clients ni pour nos
réseaux. Pour qu’il soit compétitif, on
a besoin d’une abondance de routes et
Nord Stream 2 sert à cela, défend Philippe Vedrenne, d’Engie. Qu’on y
participe ou pas, il y a un problème
Engie finance le projet
à hauteur de 10 %,
comme les allemands
Uniper et Wintershall,
l’autrichien OMV
et l’anglo-néerlandais
Shell.
Le projet est encore
loin de faire
l’unanimité en Europe
d’approvisionnement à long terme à
gérer. » Alors qu’une réunion trilatérale entre la Commission européenne et les gouvernements russe
et ukrainien a eu lieu cet été, les partisans du projet prônent une négociation et « une approche non idéolo-
gique ». Une ambition difficile… « Il y
a un jeu de rôle avec des agendas
cachés. Et les Ukrainiens ne jouent pas
très franc jeu parce qu’ils ont la
volonté d’augmenter leurs tarifs de
transit », note Thierry Bros.
Les Etats-Unis
« en embuscade »
Les Etats-Unis, en outre, sont « en
embuscade et compliquent l’analyse », poursuit le chercheur. « Pourquoi l’Europe se rend encore plus
dépendante vis-à-vis des ressources
énergétiques russes ? » a critiqué, il y a
une semaine, le conseiller à la sécurité nationale américain, John Bolton. Une loi votée l’an dernier par le
Congrès en réponse aux soupçons
d’ingérence russe dans la campagne
présidentielle de 2016 a fait peser une
menace de sanctions sur Nord
Stream 2 et ses financeurs. Même si
l’horizon s’est éclairci sur ce point en
novembre dernier, « le Congrès se sert
de Nord Stream 2 pour contrer les
Russes et Trump s’en sert pour attraper les Allemands, qu’il accuse de ne
pas financer l’Otan, et pour promouvoir le gaz naturel liquéfié américain », décrypte un acteur du dossier.
En Finlande jeudi dernier, Emmanuel Macron a plaidé en faveur d’un
« aggiornamento complet » de la
relation entre l’Union européenne et
la Russie. Alors qu’Emmanuel
Macron et Angela Merkel doivent se
rencontrer le 7 septembre en
France, Paris est pour l’instant resté
silencieux sur le dossier. Les spéculations vont bon train sur ce que le
chef de l’Etat français pourrait
demander à l’Allemagne en échange
d’un soutien tricolore : scénario de
sortie du charbon ou prix plancher
du CO2 en Europe… n
COMMUNIQUÉ
CR-2018-001740
À LA HAUTE COUR DE JUSTICE
COUR D’ANGLETERRE ET DU PAYS DE GALLES
POUR LES ENTREPRISES ET LA PROPRIÉTÉ
COMPANIES COURT (ChD)
À L’ÉGARD DE HISCOX INSURANCE COMPANY LIMITED
BIENS DE
CONSOMMATION
-etÀ L’ÉGARD DE HISCOX S.A.
-etÀ L’ÉGARD DE PARTIE VII DE LA
LOI DE 2 000 SUR LES SERVICES ET LES MARCHÉS FINANCIERS
AVIS EST DONNÉ PAR LA PRÉSENTE que Hiscox Insurance Company Limited (« HIC ») (le « Cédant ») et Hiscox S.A. (« HSA ») (le
« Cessionnaire ») ont déposé une requête auprès de la Haute Cour de Justice d’Angleterre et du Pays de Galles (la « Cour »), conformément
à l’article 107 paragraphe 1 de la Loi de 2 000 sur les services et les marchés financiers (la « Loi ») pour une ordonnance en vertu de
l’article 111 paragraphe 1 de la Loi sanctionnant un régime de transfert d’activités d’assurance (le « Régime ») pour le transfert à HSA de
certaines activités d’assurance générale exercées par HIC (l’« entreprise transférante ») et pour la prise d’ordonnances auxiliaires dans le
cadre de la mise en œuvre du Régime en vertu de l’article 112 de la Loi.
Si le Régime est sanctionné par la Cour, il entraînera le transfert à HSA de tous les contrats, biens, actifs et passifs relatifs à l’entreprise
transférante et, par conséquent, sauf disposition contraire dans le Régime, les paiements relatifs aux polices y compris l’entreprise
transférante seront, dès que le transfert deviendra effectif, traités par HSA.
Des copies du rapport sur les conditions du Régime préparé par un expert indépendant conformément à l’article 109 de la Loi (le
« Rapport de l’expert indépendant »), des copies des lettres envoyées aux assurés, une déclaration présentant les conditions du Régime
et un résumé du Rapport de l’expert indépendant, et des copies du document du Régime lui-même peuvent être obtenues sur le site
www.hiscoxgroup.com/partvii.
Des copies peuvent également être demandées gratuitement en contactant HIC ou HSA au numéro de téléphone ou à l’adresse indiquée
ci-dessous à partir de la date de publication du présent avis jusqu’à la date à laquelle la demande est entendue par la Cour. Ces documents,
d’autres documents relatifs au Régime (y compris d’autres rapports actuariels et un document Questions et réponses) et toute autre
information concernant le Régime seront publiés sur le site Internet qui peut être consulté pour les mises à jour.
Toute question ou préoccupation concernant le transfert proposé doit être adressée à HIC ou HSA en utilisant le numéro de téléphone, le
courrier électronique ou le courrier postal suivant :
Pays /
Branche
France
Registre
du commerce
Registre de commerce
et des sociétés
Numéro
Numéro
d’enregistrement d’enregistrement
de la branche
de la branche
(HIC)
(HSA)
428 239 511
833 546 989
Adresse
Hiscox France,
Service Transfert,
12 quai des Queyries,
CS 41177,
33072 Bordeaux
Bic renforce sa présence
sur le continent africain
Numéro de
téléphone
Adresse
électronique
0800940182
transfert@hiscox.fr
La demande de transfert doit être soumise au Rolls Building, Fetter Lane, Londres, EC4A 1NL le 14 décembre 2018. Si elle est approuvée
par la Cour, il est actuellement proposé que le régime prenne effet le 1er janvier 2019 à 00 h 01 BST.
Toute personne qui prétendrait être lésée en raison de l’exécution du Régime a le droit d’assister à l’audience et d’exprimer son
point de vue, soit en personne, soit par l’intermédiaire d’un représentant légal.
Toute personne ayant l’intention d’assister à l’audience du 14 décembre 2018 est priée (sans y être obligée) d’en informer HIC ou HSA le
plus tôt possible et de préférence au moins cinq jours ouvrables avant l’audience, en indiquant les motifs de son opposition, en appelant
le numéro ci-dessus ou par écrit à l’adresse ci-dessus.
Toute personne qui prétend être lésée par le Régime mais qui n’a pas l’intention d’assister à l’audience peut également présenter des
observations sur le Régime en donnant avis de ces observations, dès que possible et de préférence au moins cinq jours ouvrables avant
l’audience du 14 décembre 2018, en appelant le numéro ci-dessus ou par écrit à l’adresse ci-dessus.
Le géant mondial
de la papeterie vient
de racheter Haco
Industries Kenya, son
partenaire historique
dans la région.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Bic renforce sa base industrielle en
Afrique. Le géant mondial des biens
de consommation vient de racheter
le site de production d’instruments
d’écriture d’Haco Industries au
Kenya. La société est son partenaire
depuis quarante ans dans la région.
Bic récupère aussi les activités de
distribution. Le montant de l’opération n’est pas communiqué. Haco
est devenu au fil du temps le premier
fabricant et distributeur de produits
d’écriture au Kenya. Il revendait également les rasoirs et les briquets Bic
dans toute l’Afrique de l’Est, notamment en Ouganda, en Ethiopie et en
Tanzanie. Son usine semi-automatisée, installée à côté de Nairobi,
emploie quelque 400 salariés.
Les programmes
d’éducation, un levier
Pour Bic, le rachat de ce distributeur
est stratégique. Il témoigne de la
volonté du géant mondial de se renforcer en Afrique, où il est présent
depuis 1958. Une longue histoire qui
a créé une notoriété de la marque
très forte. La zone avec le MoyenOrient ne pèse environ que 5 % de
son chiffre d’affaires, mais avec un
taux de croissance supérieur à celui
Le rachat du distributeur Haco témoigne de la volonté de Bic
d’accélérer en Afrique, où il est présent depuis 1958. Photo Bic
des pays matures. « Ceci est une excellente opportunité de renforcer nos
positions sur l’un des marchés les plus
porteurs pour les produits Bic dans le
monde », a souligné Gonzalve Bich,
le directeur général de Bic. Le développement des programmes d’édu-
« C’est une
excellente
opportunité de
renforcer nos
positions sur l’un
des marchés les
plus porteurs pour
Bic dans le monde. »
GONZALVE BICH
Directeur général de Bic
cation sur le continent africain est
un levier fort. « Selon nos estimations, le marché de l’écriture en Afrique de l’Est représente environ 1,5 milliard de produits par an et croît de 5 à
10 % par an », précise le dirigeant. Il
parie aussi sur la progression de la
classe moyenne pour mieux vendre
ses rasoirs et ses briquets.
Le fabricant de stylos bille poursuit ainsi « sa stratégie de proximité », quand une opportunité se
présente. Il a ainsi racheté, il y a
quelques années, son distributeur
au Maroc, avec, comme pour le
Kenya, la volonté de se rapprocher
des consommateurs et d’être plus
efficace dans la mise sur le marché
des produits. Avec cette acquisition, Bic va compter trois usines en
Afrique, dont deux de papeterie en
Tunisie et en Afrique du Sud. L’opération devrait être finalisée au
1er janvier 2019. n
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22 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
marketing
Vuarnet renoue avec
les vêtements de ski
5 millions d’euros, avec des pertes.
D’où le plan de relance mis en place il
y a trois ans, lors de l’arrivée du nouveau PDG. « L’enjeu était d’abord de
sécuriser la production, en remettant
notre parc à niveau dans notre usine
de Meaux, et de retravailler les collections, précise Lionel Giraud. Nous
avions des verres très performants
avec des montures des années 1980 ! »
ÉQUIPEMENT
SPORTIF
Le fabricant
de lunettes de soleil
relance cet hiver
une ligne de vêtements
de ski arrêtée
il y a trois ans.
Ventes triplées en trois ans
Il a ouvert une
boutique à New York.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Vuarnet se relance à l’assaut des
montagnes, via une collection de
vêtements de ski. Une ligne pour les
pratiquants, et une autre « grand
froid » plus urbaine, avec des prix
de 200 à 800 euros. « Elle sera vendue dans une cinquantaine de points
de vente dans les stations, comme
Courchevel ou Megève, et dans les
grandes villes, se réjouit Lionel
Giraud, son PDG. Vuarnet doit
devenir une marque globale pour se
redéployer. »
Mythique aux Etats-Unis
Connue pour ses lunettes de soleil, la
société fondée en 1957 par un opticien, Roger Pouilloux, et Jean Vuarnet, le champion olympique de descente en ski alpin, avait développé
une ligne textile dans les années
1990. La marque équipait encore les
grandes écoles de ski, comme celle
de Courchevel. Gérée pendant vingt-
L’ambition de la marque est d’ouvrir une trentaine de boutiques
d’ici trois à cinq ans. Photo Vuarnet.
cinq ans de façon séparée par les
héritiers du médaillé olympique,
cette activité a été reprise en 2015
par l’actionnaire de Vuarnet, le
fonds britannique Neo Investment
Partners. Un élément clef dans la
stratégie pour relancer cette marque culte, très connue aux EtatsUnis – Miles Davis l’avait adoptée. En
1984, lors des JO de Los Angeles,
dont le fabricant est un sponsor,
« It’s a Vuarnet day today » était
l’expression utilisée par les présentateurs météo américains au lieu de
« Sunny day »…
Car l’inventeur des fameux verres
permettant de voir les reliefs sur une
surface blanche a connu des déboires. Au sommet de sa gloire en 1992,
avec quelque 65 millions d’euros de
revenus, la société sort de la piste, au
gré des changements de mains. Son
distributeur aux Etats-Unis claque
la porte, et les ventes plongent à
Une version contemporaine du
modèle Glacier, portée par… James
Bond, est lancée. Les trois modèles
iconiques sont conservés, dont
celui rendu mythique par Alain
Delon dans le film « La Piscine ». Le
dirigeant recrute Vincent Cassel
pour incarner la marque. Les résultats sont au rendez-vous, avec un
chiffre d’affaires qui devrait atteindre 15 millions cette année et un
Ebitda proche de l’équilibre.
Prochain défi, développer des
boutiques, en plus de la présence de
ses lunettes de soleil dans un réseau
sélectif d’opticiens. Un second
magasin vient d’ouvrir à New York,
après celui de Paris l’an dernier, rue
B oissy-d’Anglas, là où Roger
Pouilloux avait son atelier d’optique. « New York est notre premier
drapeau, nous en aurons d’autres sur
nos marchés clefs comme l’Italie, et
bien sûr en France, reprend Lionel
Giraud. Demain, nous y proposerons aussi notre offre textile. »
L’ambition est d’en ouvrir une trentaine d’ici trois à cinq ans. Un
moyen pour la griffe de retrouver
les sommets. n
Candia lance « Les
Laitiers responsables »
avec WNP
CAMPAGNE
Epaulé par son agence WNP,
Candia effectue, avec ce lait
haut de gamme, son plus
grand lancement depuis
dix ans. Avec un objectif :
recréer de la différence et
des critères de choix autour
d’un produit trop souvent
acheté dans l’indifférence.
Véronique Richebois
@VRichebois
La surprise est de taille. Ni pré,
ni vache amoureusement
filmée sur fond de coucher de
soleil, pas plus que d’éleveur en
gros pull tricoté main… A
l’occasion du lancement pendant l’été du label « Les Laitiers
responsables » apposé sur sa
gamme Grand Lait, Candia et
son agence WNP ont décidé de
tordre le cou aux clichés en
vigueur dans la filière.
La marque phare de la coopérative Sodiaal, deuxième acteur
du secteur en France, a opté à
l’occasion de sa campagne télé
acteurs du marché communiquent en se copiant les uns les
autres, surenchérissant dans les
bons sentiments. « Comme la
communication automobile ou
hygiène-beauté, celle des éleveurs
est presque devenue un genre
publicitaire en soi, reprend Nicolas Gayet. Pour être vus et entendus, nous nous sommes dit avec
Candia qu’il fallait sortir de cette
communication du terroir et de
l’image d’Epinal type “Des animaux et des hommes”. »
« C’est qui le patron ? ! »,
un électrochoc
Mais la démarche de communication de la coopérative est
d’autant plus acrobatique que
la mise sur le marché du lait
équitable et « militant » de la
marque « C’est qui le patron ? ! »
a provoqué un électrochoc
dans la communication de la
filière du lait. Lancé en 2016
pour démontrer, en pleine crise
du lait, que les consommateurs
étaient d’accord pour payer
plus cher afin de soutenir les
producteurs, « C’est qui le
patron ? ! » est parvenu à définir
Cuisine : les recettes de Blanco
pour séduire les Millennials
ÉQUIPEMENT
SANITAIRE
Le groupe allemand
cible les jeunes
générations avec des
mitigeurs de couleur,
interchangeables
selon les envies.
La personnalisation ne concerne
pas que la mode. L’univers de la cuisine est rattrapé par cette tendance,
avec la multiplication des aménagements sur mesure. Mais même
les fabricants d’éviers s’y mettent. L’allemand Blanco, l’un des
leaders du secteur, vient ainsi de
lancer en France son concept Sity /
Viu. L’idée : proposer, avec la cuve,
4 gaines colorées de mitigeur inter-
changeables : orange, jaune, kiwi et
gris. Plus une planche à égoutter,
elle aussi dans ces différents tons.
« L’idée est de séduire les trentenaires, avec un évier qu’ils pourront
faire évoluer au gré de leurs envies,
alors que le taux de renouvellement
d’une cuisine en France intervient en
moyenne tous les vingt-trois ans »,
relève Philippe Weber, le directeur
marketing.
Une touche déco importante, car
l’évier figure au cœur de la cuisine :
on passe près de 60 % de son temps
à proximité pour préparer des
petits plats. Les cuisines sont aussi
plus ouvertes sur le salon, où l’on
reçoit ses amis. Cette nouveauté a
un prix : 850 euros, « un tarif compétitif », assure Blanco. Le marché
français va servir de test, avant une
extension internationale.
Montée en gamme
grâce à l’innovation
Dans un secteur où les fabrications
asiatiques pullulent, « la montée en
gamme grâce à l’innovation, le design
ou les nouveaux services est au cœur
de notre stratégie », indique Frédéric
Thomas, le gérant de la filiale
France. Parmi ses dernières nouveautés figure aussi un mitigeur
sans contact, qui laisse couler l’eau
grâce à un capteur de détection.
Pratique quand on a les mains sales
ou les mains prises.
L’objectif de Blanco, qui a pour
clients les cuisinistes et les grossistes sanitaires, est de maintenir son
taux de croissance. Filiale du holding familial Blanc & Fischer
(1,2 milliard d’euros de chiffre
d’affaires), l’entreprise a vu ses ventes progresser de 5 % en 2017, à
379 millions d’euros. Elle revendique le premier rang mondial pour
ses éviers en composite. Ce segment
pèse 60 % du marché français,
devant l’Inox et la céramique.
Son nouveau modèle Sity / Viu est
fabriqué dans l’un de ses 4 sites allemands (plus 2 sites au Canada et en
Turquie), dans lesquels le groupe a
investi plus de 17 millions d’euros en
2017. Autre changement du marché : la disparition progressive des
deux bacs, remplacés par un grand
évier. « Les consommateurs veulent
pouvoir y nettoyer une cocotte ou une
grille de four, même dans les petits
appartements parisiens, en réduisant la place de l’égouttoir », note
Philippe Weber. Un nouvel axe de
développement pour le fabricant.
— D. Ch.
Candia a opté à l’occasion de sa campagne télé vantant
son lait responsable pour un territoire inattendu :
le bitume urbain. Crédit WNP agency
vantant son lait responsable et
mieux-disant, pour un territoire
inattendu : le bitume urbain.
Son mode de communication
ne l’est pas moins avec un vrai
radio-trottoir accompagné de
questions qui fâchent : « Et vous,
savez-vous comment vous choisissez vos fruits et légumes ? Vos
œufs ? Vos produits de beauté ?
Votre lait ? » interpelle un intervieweur invisible.
Questionnements
Las ! Si chacune des personnes
interrogées est en mesure de
justifier ses arbitrages en
matière d’œufs (« on veut des
poules élevées en plein air »), de
fruits et légumes (« des circuits
courts », « des producteurs
locaux »), un grand flou artistique surgit dès que l’on aborde
l’achat du lait. Pourquoi celui-ci
plutôt que celui-là ? « Euh… »,
répond, gêné, l’un des interviewés, résumant assez bien
l’absence d’implication générale. Car comme la farine, le
sucre en morceaux, le riz, les
pâtes… le lait fait partie de la
famille ingrate et mal-aimée
des produits indifférenciés,
dans laquelle le consommateur
s’investit peu affectivement et
arbitre en fonction du prix.
Pourtant, les choses changent. « On assiste depuis près
d’une dizaine d’années à une série
de questionnements sur le lait :
comment sont traitées les vaches ?
Est-ce que ce lait sera bon pour
ma santé ? » intervient Nicolas
Gayet, managing partner de
l’agence WNP (Flying Blue,
Beiersdorf, Marie…). Sauf que,
pour traiter la question, les
un territoire de communication exceptionnellement fort.
Son arme ? Simplissime : une
interrogation provocante
détournée en marque… et un
petit logo facétieux aux yeux
ronds. Ni budget marketing ni
publicité. Moralité, en mai 2018,
50 millions de litres de lait
« C’est qui le patron ? ! » ont été
vendus depuis décembre 2016,
selon Emmanuel Vasseneix,
vice-président de Syndilait.
A partir de là, comment organiser la riposte pour Candia, pris
en étau entre des laits « conventionnels », achetés sur la base du
prix… et de l’autre, des laits « bio »
ou « militants » ? L’enjeu est de
taille puisque cette nouvelle version haut de gamme, vendue
20 % de plus que la moyenne,
soit 1 euro le litre, représente,
selon Damien Lacombe, président de la coopérative Sodiaal,
« le plus grand lancement de Candia depuis dix ans ».
« Nous avons choisi une
démarche “rupturiste”, en mettant en avant le fait que nous
commercialisons un lait à la fois
“responsable” envers les éleveurs
– 41,5 centimes sont reversés aux
éleveurs par bouteille – et se souciant du bien-être animal »,
intervient Gérald Saada, directeur marketing et R&D Monde
Candia. D’où les spots télé déclinés sur plusieurs formats sur
TF1, M6, France Télévisions et
en digital. Et d’où aussi – plus
inattendu – le choix de communiquer au cinéma car « les
Millennials grandissent, deviennent un jour parents… » Et commencent, un jour, à se préoccuper du choix de leur lait. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 23
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
en
pixels
Stephane de Sakutin/AFP
HIGH-TECH
&MEDIAS
Après onze ans au sein de
France Télévisions, la directrice
de France 3, Dana Hastier
(photo), va quitter le groupe.
Ce départ intervient dans un
contexte de réorganisation
du groupe, où les patrons de
chaîne vont disparaître au profit
de directions transversales.
a Plus d’informations sur lesechos.fr
Sage : le patron de
l’éditeur débarqué
DR
Départ
de la directrice
de France 3
Quatre ans après son arrivée à la
tête du plus gros éditeur de logiciels britannique, Stephen Kelly
(photo) est poussé vers la sortie.
Une acquisition de poids en 2017
(l’américain Intacct, pour 850 millions de dollars) avait propulsé le
titre au-dessus de 8 livres sterling,
avant de chuter de 20 %
en six mois face aux difficultés
de la transition vers le cloud.
Enceintes connectées : l’Europe
peaufine sa riposte à Amazon
l Orange et Deutsche Telekom commercialiseront dans quelques semaines des enceintes
connectées développées en Europe.
l Mais le combat commercial s’annonce rude.
OBJETS CONNECTÉS
Florian Dèbes
@FL_Debes
« Hallo Magenta. » Amazon, Google
et Apple ne seront bientôt plus les
seuls à proposer des enceintes
connectées abritant un assistant
vocal capable d’entendre une question et d’y répondre. L’opérateur
allemand Deutsche Telekom vient
de démarrer une phase ultime de
tests de sa propre enceinte avec
1.000 utilisateurs approchés notamment lors de l’IFA, le Salon européen
de l’électronique grand public qui se
tient actuellement à Berlin. Baptisé
« Magenta » et vendu 149,99 euros,
l’objet est le résultat d’un partenariat
avec Orange, qui le commercialisera cet automne sous le nom de
« Djingo ». Magenta s’exprimera en
allemand, Djingo en français. Dans
les prochaines semaines, les deux
produits devraient être officiellement lancés sur le marché au cours
d’une conférence de presse commune des deux PDG, Timotheus
Höttges et Stéphane Richard. L’un et
l’autre souligneront une « protection
des données maximum », au standard européen, par opposition à des
pratiques américaines critiquées de
partage des données.
Mais le combat s’annonce rude.
Comme un signe que les concurrents américains mobiliseront leurs
moyens gigantesques pour étouffer
toute concurrence, le Google Assistant et sa nouvelle enceinte grand
format Home Max étaient littéralement partout en publicité à l’IFA.
Plus discret cette fois-ci, Amazon a
lancé son assistant vocal en français
et ses enceintes début juin, suivi
quelques jours après par Apple et
son HomePod.
Les opérateurs européens
face à la puissance de Google
« Orange va devoir trouver un positionnement différencié avec Djingo
– en se concentrant notamment sur
l’interface avec sa box et la télévision –
pour ne pas croiser frontalement les
plates-formes numériques aux capacités d’innovation incomparables et
pour résister à leur rouleau compresseur commercial », relève Thomas
Husson, analyste chez Forrester.
Même scepticisme quant aux chances de succès des opérateurs télécoms chez Strategy Analytics :
« Les opérateurs sont limités à leur
territoire en termes de déploiement,
remarque David Watkins, directeur
du cabinet. Cela interroge sur
l’attractivité de leur plate-forme
aux yeux des développeurs des
services destinés aux utilisateurs. »
D’ailleurs, Deutsche Telekom ne
ferme pas la porte à l’assistant
vocal d’Amazon : Alexa pourra être
appelé depuis Magenta.
Le marché européen attise les
convoitises alors que Google et
Amazon se disputent le titre de
meilleur vendeur de cette nouvelle
catégorie de produits qui, en quatre ans, a ringardisé les fabricants
traditionnels d’enceintes audio.
Parti en retard sur son concurrent, Google écoule désormais
davantage de Google Home
q u’A m a z o n n e d i s t r i b u e
d’Echo, d’après les derniers
pointages du cabinet Canalys.
Au total, il se serait vendu
2 5 m i l l i o n s d ’e n c e i n t e s
connectées dans le monde sur
les six premiers mois de 2018,
essentiellement aux EtatsUnis et en Chine.
Gemalto
retrouve
son aplomb
ÉLECTRONIQUE
Le spécialiste des
transactions sécurisées a repris pied au
premier semestre,
après une année
2017 tourmentée.
Les cartes à puce
en déclin
Magenta, l’enceinte
connectée de Deutsche
Telekom. Photo Deutsche Telekom
Les géants historiques de l’audio s’allient aux Gafa
« Les géants américains ont déjà
gagné. » Dans les allées de l’IFA de
Berlin, le plus gros Salon de la tech
grand public en Europe, le constat
semble partagé par l’ensemble des
historiques de l’audio. Marshall,
Blaupunkt, Panasonic, Harman,
Bang & Olufsen… Tous lancent ou
ont lancé des enceintes connectées
propulsées avec Google Assistant,
Amazon Alexa ou encore Cortana
de Microsoft.
Après avoir lentement, mais
sûrement, développé leurs compétences en construction de matériel
audio, les acteurs historiques de ce
marché ont totalement laissé la
main aux entreprises américaines,
Le groupe britannique Sky,
numéro un de la télévision
payante en Europe, a annoncé
dimanche sa volonté d’investir 3,5 millions d’euros dans
le fonds israélien de capitalrisque Remagine Ventures.
Il compte également ouvrir
un bureau en Allemagne.
La direction de Gemalto peut
décrocher sa ceinture. Le groupe
semble sorti de la zone de fortes
turbulences qu’il a traversée
en 2017. En témoignent les résultats semestriels publiés vendredi par le spécialiste français
des transactions sécurisées. Le
chiffre d’affaires du groupe s’est
stabilisé, à 1,4 milliard d’euros
– peu ou prou son niveau de l’an
dernier sur le premier semestre.
Après avoir connu des années
de croissance ininterrompue, le
roi des cartes à puce avait marqué le pas en 2017. Les revenus
avaient décroché de 5 % sur
l’année et étaient repassés sous
la barre des 3 milliards d’euros
– une première depuis 2014.
Gemalto a repris pied grâce à
un nouvel équilibre. Les activités qui portent la croissance
du groupe, baptisées « Identity,
IoT & Cybersecurity », en croissance de 12,5 % au premier
semestre, comptent pour 46 %
des revenus du groupe, contre
déjà 41 % un an plus tôt.
Ce segment concentre les
récents succès de Gemalto,
dont l’emblématique contrat de
fabrication du prochain passeport britannique post-Brexit.
En France, le cabinet d’étude
de marché GfK a comptabilisé 250.000 ventes en magasin au premier semestre 2018,
auquelles il faut additionner
les ventes directes, en ligne,
des fabricants. « Le démarrage a été bon et l’arrivée de
nouveaux acteurs va permettre
de créer tout un écosystème de
la voix dont nous ne sommes
qu’au commencement », souligne Fabien Gulluni, qui imagine les enceintes connectées
au pied des sapins à Noël.
Sur ce marché déjà bien
encombré, des start-up européennes joueront aussi des
coudes à plus long terme. Snips,
un spécialiste français des algorithmes, fait ses armes sur le
marché des entreprises avant de se
présenter à un public le plus large
possible. « 14.000 développeurs tiers
ont déjà créé 25.000 services sur
notre plate-forme, cela fait de nous
le troisième plus gros écosystème
derrière Amazon et Google », se
réjouit Yann Lechelle, le directeur
des opérations. Il faudra demander
à Djingo ce qu’il en pense. n
Etienne Combier
@etiennecombier
— Envoyé spécial à Berlin
MILLIONS D’EUROS
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Bon démarrage
A l’IFA de Berlin, où Google
et Amazon sont de tous
les lancements de produits,
les marques historiques de
l’audio ont préféré collaborer plutôt que de créer leur
propre assistant vocal.
3,5
qui ne proposaient aucun assistant
il y a cinq ans. Quitte à ne pas contrôler une partie de leur produit appelée à grandir de plus en plus dans les
années à venir.
De fait, les assistants vocaux sont
devenus une nouvelle bataille entre
géants de la tech. La possibilité pour
les consommateurs de parler à leur
enceinte pour écouter de la musique, chercher de l’information ou
acheter des objets est devenue centrale dans la stratégie de développement d’Amazon ou de Google. Face
à eux, les acteurs de l’audio campent
sur leur expertise dans la fabrication de matériel audio et parlent
volontiers d’une « collaboration »
avec les géants américains.
« Les assistants vocaux ne sont pas
notre focus. Nous devons continuer à
faire ce pour quoi nous sommes
bons », estime ainsi Roberta Spigarelli, responsable formation et communication de produits chez le
danois Bang & Olufsen. « [Les Gafa]
nous proposent déjà un bon produit,
pourquoi ne pas l’utiliser ? Cela ne
rime à rien », estime Oxana Penning, chez l’allemand Blaupunkt.
Malgré la collaboration entre les
historiques de l’audio et les géants
américains, ces derniers commercialisent leurs propres enceintes
connectées. Une concurrence forte,
avec notamment près de 50 millions d’Amazon Echo vendues
depuis son lancement en 2014.
« Si seul le prix comptait, ce serait un
problème. Mais ce n’est pas le cas »,
rétorque Michael Mauser, vice-président chez Harman.
techniques avec un nombre considérable d’acteurs. Rien que sur les types
d’appareils, Amazon est compatible
avec plus de 20.000 appareils, Google
5.000 », décrit Sylvain Chevallier.
Une avance trop grande
pour être rattrapée
Le montant
des investissements
et la technicité
des assistants vocaux
font reculer les acteurs
historiques de l’audio.
Le montant des investissements et
la technicité des assistants vocaux
font reculer comme un seul homme
les historiques de l’audio. « Ces technologies complexes nécessitent des
sommes très importantes et les
acteurs ne peuvent donc qu’être très
peu nombreux », estime Sylvain Chevallier, associé chez BearingPoint.
De leur côté, les géants américains poussent pour nouer ce genre
de partenariats, nécessaires pour
se rendre indispensables aux
consommateurs. « Pour cela, il faut
avoir des accords et des interfaces
Ces grands groupes semblent
avoir pris trop d’avance, trop vite.
Google Assistant, lancé en mai 2016,
est déjà présent dans 500 millions
d’appareils dans le monde. « Ils sont
loin devant nous, il n’y a pas besoin de
les rattraper », affirme ainsi Michael
Mauser. « Ils sont les meilleurs sur
le marché, et nous voulons donner
le meilleur à nos clients », confirme
Peter Holmberg, responsable communication chez Marshall. Sans
faire de bruit, les Google et Amazon
ont éteint toute concurrence. n
Cette bonne dynamique vient
compenser les difficultés persistantes des cartes SIM et des
cartes bancaires, regroupées au
sein du segment « Smartcards
& Issuance » et dont les revenus
reculent de 9 % sur six mois.La
situation n’y est plus aussi critique qu’en 2017. Le marché des
cartes bancaires s’est assaini,
même si la croissance se fait
attendre. « Nous continuons de
travailler sur des innovations,
comme l’afficheur digital au dos
de la carte, ou le paiement sans
contact qui n’est pas du tout
déployé aux Etats-Unis », explique Philippe Vallée,directeur
général de Gemalto.
Concernant les cartes SIM
standards, la décrue des volumes et des prix se poursuit.
« Cette dégradation continuera,
estime Philippe Vallée. Mais la
fonction d’identification des terminaux reste nécessaire. Et
demain, elle sera requise pour des
milliards d’objets connectés. »
Gemalto semble d’autant plus
serein que le rapprochement
avec Thales se profile. Le géant
technologique français a lancé
en décembre une OPA amicale,
qui doit être finalisée d’ici à la fin
de l’année – sous réserve du feu
vert de Bruxelles.Avec près de
3,5 milliards d’euros de chiffre
d’affaires, il figurera comme le
numéro deux mondial de la
sécurité informatique, derrière
Symantec et devant Idemia. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 // HIGH-TECH & MEDIAS
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
Mark Read prêt à succéder
à Martin Sorrell à la tête de WPP
Le patron
de « L’Express »
débarqué
PUBLICITÉ
PRESSE
A 51 ans, le chief
operating officer
de WPP s’apprête
à prendre la tête
du leader du secteur
de la communication.
Guillaume Dubois
paierait l’échec
de sa stratégie
de relance du titre
orientée autour
du numérique.
Véronique Richebois
@VRichebois
Rompre avec « l’ancien
monde »
Jusqu’au bout, pourtant, et tout au
long de l’été, la question de la succession de Martin Sorrell est restée
posée. Fallait-il confirmer aux commandes Mark Read, codirecteur
général délégué qui, aux côtés
d’Andrew Scott depuis avril, « tient
la baraque », selon l’expression d’un
« insider » ? Ou, à l’inverse, porter
son choix, de manière plus stratégique, sur un grand patron, offrant au
marché l’idée d’une rupture spectaculaire avec l’« ancien monde »
incarné par Sorrell ? Entre avril et
juillet, le board de WPP a engagé un
WPP
La fin d’une époque… et le début
d’une autre. Avec Mark Read, c’est
finalement le choix d’un « insider »
que s’apprête à faire ce mardi, selon
les médias anglo-saxons, le conseil
d’administration de WPP, en le
nommant à la tête du numéro un
mondial de la communication. Un
paradoxe en soi, le « fils spirituel »
de Martin Sorrell – évincé abruptement en avril sur fond de suspicion d’abus de bien social – étant
désormais sommé d’incarner une
rupture radicale avec la stratégie
d’acquisitions boulimiques de
son prédécesseur…
Blond, posé, les tempes grisonnantes, réputé savoir déléguer,
agir vite et trancher dans le vif, cet
homme de cinquante et un ans,
entré dans le groupe en 1989, se
prépare à prendre les rênes d’un
holding mondial gigantesque rassemblant 202.000 collaborateurs
répartis dans 400 agences individuelles et 112 pays. Le tout en étant
responsable d’annonceurs tels
qu’Unilever, Nestlé, Procter & Gamble, HSBC ou Ford, gérés par ses
filiales Ogilvy, Y&R, Grey, JWT,
VML, Wunderman et AKQA…
Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
« Fils spirituel » de Martin Sorrell et dauphin souvent annoncé, Mark Read devra incarner la rupture.
chasseur de têtes et multiplié les
contacts avec de grands patrons
issus de l’extérieur comme – entre
autres – Tim Armstrong, CEO
d’Oath (Verizon), Matt Brittin, CEO
de Google Europe, David Kenny,
VP d’IBM Watson & Cloud…
Avec Mark Read,
le conseil
d’administration de
WPP fait finalement le
choix d’un « insider ».
Mais Mark Read a convaincu.
En interne, l’actuel président du
réseau digital mondial Wunderman, qui fut auparavant Global
CEO de WPP Digital à compter de
2002, a acquis « une maîtrise parfaite des écosystèmes digitaux et noué
des relations étroites avec les Gafa,
estime un insider. En outre, il
connaît parfaitement tous les rouages internes de WPP. » En parallèle, à
l’externe, ce diplômé de Cambridge
et d’Harvard, « qui n’hésite pas à
mettre les mains dans le cambouis »,
selon l’expression d’un manager,
a permis à WPP de figurer comme
le grand vainqueur du Mediapalooza de cet été, avec les gains des
budgets d’achat et de conseil média
de Mondelez dans de nombreux
pays européens, d’Adidas pour le
monde ainsi que la reconduction
du compte Shell dans 40 pays et de
Mars dans l’ensemble du monde
(1,4 milliard de dollars en 2017).
Scepticisme des marchés
Mais le plus dur reste à venir.
« Fils spirituel » de Martin Sorrell et
dauphin souvent annoncé, Mark
Read va devoir incarner la rupture.
A charge pour lui de redresser
les comptes de WPP qui a réalisé
l’an dernier son pire exercice
depuis 2009. Pour y parvenir, les
analystes tablent sur le désengagement du géant anglo-saxon de ses
participations minoritaires (Vice
Media, Richard Attias & Associates…). Le processus a déjà été
enclenché avec la révélation, en
juin, des discussions entre AT&T et
AppNexus, dont WPP détient 15 %
du capital. Mais, comme l’y incite la
dernière note du cabinet Forrester,
publiée il y a une dizaine de jours,
WPP serait bien inspiré de simplifier ses structures, en réduisant le
nombre de ses réseaux, quitte à en
fusionner certains.
Mardi, les résultats semestriels
que délivrera le leader mondial de
la communication devraient donc
être guettés avec une attention
redoublée par des marchés de plus
en plus sceptiques sur la capacité
des groupes de communication à
s’adapter à la disruption digitale. n
Les radios exploitent le bon filon
des émissions d’histoire
RADIO
La plupart des grandes
radios généralistes
ont leur « monsieur
Histoire ».
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Désuète, l’histoire ? A la radio,
elle est, au contraire, très branchée.
La rentrée radiophonique le prouve
avec une abondance d’émissions
programmées cette saison. La plupart des grandes radios généralistes ont d’ailleurs leur « monsieur
Histoire » (souvent un homme),
qui apporte ses expertises ou présente une émission dédiée. En
cette rentrée, France Culture a ainsi
annoncé l’arrivée d’un nouveau
producteur de son émission du soir
« Matières à penser », Patrick
Boucheron, professeur au Collège
de France. Radio Classique a
recruté Franck Ferrand, qui opérait
auparavant chez Europe 1.
Cette dernière chaîne a supprimé
son émission d’histoire de l’aprèsmidi, en perte de vitesse, mais a
engagé un nouveau consultant,
Fabrice d’Almeida, qui intervient
tous les matins et aura p our
mission de développer les podcasts. Chez RTL, le très médiatique
Stéphane Bern a une émission
culturelle, mais intervient de temps
en temps sur des questions d’histoire dans diverses émissions.
La plupart des émissions consacrées aux temps anciens et plus
contemporains fonctionnent bien à
la radio, en particulier en podcasts,
que les radios cherchent à développer. Par exemple, sur France Inter,
« La Marche de l’histoire » de
Jean Lebrun attire en moyenne
819.000 auditeurs et est leader sur
la tranche de début d’après-midi.
Avec 1 million de téléchargements
par mois, il s’agit de la huitième
émission la plus téléchargée de
la station. « Autant en emporte
l’histoire », de Stéphanie Duncan,
l e d i m a n c h e s o i r, a f f i c h e
240.000 téléchargements.
Sur France Culture, « La Fabrique de l’histoire » d’Emmanuel
Laurentin réunit un quart de
l’audience moyenne de la radio,
et les podcasts sont classés quatrième de la station (avec 1,5 million
de téléchargements). « Concor-
dance des temps », présenté par
Jean-Noël Jeanneney, est écouté
par 261.000 auditeurs (un quart des
auditeurs le samedi).
L’histoire à la radio est ancienne.
« La radio a une longue tradition
dans ce domaine. Dès la naissance
des radios publiques, il y a eu les
retransmissions de grandes conférences de la Sorbonne », souligne
Emmanuel Laurentin, dont l’émission existe depuis 1999. L’émission
« Les Lundis de l’histoire » (de JeanPierre Le Goff) sur France Culture
a duré presque une cinquantaine
d’années, en faisant l’une des plus
anciennes du service public !
« L’histoire permet à la fois d’aller
sur le terrain de la connaissance,
mais aussi [celui] de la distraction »,
reprend le spécialiste de France Cul-
819.000
AUDITEURS
en moyenne écoutent l’émission
« La Marche de l’histoire », de
Jean Lebrun, sur France Inter.
C’est la huitième émission la plus
téléchargée de la station (1 million
de téléchargements par mois).
ture. En outre, la radio, du fait de son
absence d’images, se prête bien au
récit oral. « Il est bien plus aisé d’avoir
des archives en radio qu’en télévision », souligne Sandrine Treiner,
directrice de France Culture.
Un talent de conteur
A en croire les spécialistes, il n’y a
pas de sujets interdits ou indigestes,
même si les thèmes en résonance
avec l’actualité ont tendance à
mieux marcher. « Je choisis des
sujets qui vibrent en fonction des préoccupations présentes des auditeurs.
Et ce n’est pas forcément l’actualité
directe », indique Jean Lebrun. Seul
élément indispensable : le présentateur doit avoir un réel talent de
conteur. « Il faut savoir étonner
l’auditeur », ajoute Jean Lebrun.
Le regain d’intérêt pour l’histoire
à la radio est sans doute à relier au
fait que « l’on est dans une société
bousculée par des menaces, des évolutions et qui a besoin de repères »,
souligne Jean-Francis Pécresse,
directeur de Radio Classique
(Groupe Les Echos). « La politisation de l’histoire s’est beaucoup
accélérée, ce qui ouvre le champ
d’opportunités pour la radio »,
ajoute Sandrine Treiner. n
Trois ans après son rachat par
Patrick Drahi, « L’Express »
semble dans l’impasse. Selon
nos informations, publiées vendredi sur notre site, le news
magazine historique s’apprête à
perdre son patron, Guillaume
Dubois, débarqué sur fond
d’échec de relance du titre. La
nouvelle n’a pas été officialisée
par SFR, le propriétaire, mais un
comité d’entreprise extraordinaire est prévu ce lundi. Elle a, en
tout cas, suscité de forts remous
en interne, alors que Guillaume
Dubois avait lancé, en janvier, un
plan stratégique sur trois ans
soutenu par son actionnaire.
Nommé fin 2016 à la tête de
« L’Express », il avait succédé à
l’emblématique Christophe
Barbier, resté éditorialiste. Il
difficile entre les deux rédactions et de vrais problèmes de
fond se sont posés, en particulier sur l’organisation du travail.
Devenu payant, le site Internet a
vu son audience reculer. Elle est
passée de 12,643 millions de
visiteurs uniques mensuels en
janvier à 9,176 millions en juin
dernier, selon les chiffres de
Médiamétrie.
Le journal perd
de l’argent
« Guillaume Dubois a amorcé
la transformation du titre postBarbier. Il faut désormais un vrai
homme de presse à la tête du
magazine pour la concrétiser »,
affirme une source proche du
dossier. Ce fidèle d’Alain Weill,
le PDG de SFR (propriétaire
de « L’Express »), avec qui il a
bâti, avec succès, la chaîne de
télévision BFMTV, est plus un
homme d’audiovisuel que de
presse écrite, un métier très spécifique. Bien que proche de ce
dernier, avec qui il travaille
depuis seize ans, Guillaume
Dubois ne conservera pas de
fonctions au sein du groupe SFR.
Comme l’ensemble des news
magazines, « L’Express » souffre du recul de la publicité, de la
chute de ses ventes depuis plu-
Guillaume Dubois avait lancé en janvier un plan
stratégique sur trois ans. Photo Romuald Meigneux/Sipa
avait alors choisi d’impulser
une stratégie résolument tournée vers le numérique. En mars,
il avait notamment décidé de
fusionner les rédactions Web et
papier, ainsi que les offres, sous
un même abonnement.
Mais l’initiative n’a pas porté
ses fruits, la greffe s’est avérée
« Guillaume
Dubois a amorcé
la transformation
du titre postBarbier. Il faut
désormais un vrai
homme de presse
à la tête du
magazine pour la
concrétiser. »
UNE SOURCE PROCHE
DU DOSSIER
sieurs années et de l’arrivée de
nouveaux acteurs (« Society »,
Slate, Huffington Post…).
Entre 2016 et 2017, sa diffusion
France payée a reculé de 1,54 %,
à 288.046 exemplaires, selon
l’ACPM. En 2013, ce chiffre atteignait les 420.410 exemplaires.
Le titre perd de l’argent dans
un contexte publicitaire toutefois sinistré pour l’ensemble de
la presse. Il cumulerait autour de
5 millions de pertes. Pour les
équipes, le bilan est lourd :
depuis 2015, « L’Express » s’est
séparé d’une centaine de personnes, a connu deux PDG (Marc
Laufer, Guillaume Dubois) et a
lancé deux nouvelles formules.
Dans un communiqué interne,
la société des journalistes de
l’hebdomadaire regrette « les
errements stratégiques, un fonctionnement low cost et un management incompréhensible ».
Un nouveau départ s’impose.
Il devrait s’écrire avec une personnalité qui serait recrutée à
l’extérieur du journal. n
en bref
Cathay Pacific attribue la totalité
de son budget à Publicis et VCCP
PUBLICITÉ A l’issue d’une compétition ayant démarré en mars,
Publicis Groupe remporte le budget création, ainsi que l’achat
et le conseil média de Cathay Pacific, géré depuis vingt-cinq ans
par McCann. Selon Campaign, qui estime le compte à 100 millions de dollars, l’agence VCCP collaborera aussi aux nouvelles
campagnes qui seront plus axées sur le marketing.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
START
UP
START
REBOND
U
Sublime Skinz poursuit son
déploiement international
avec l’ouverture d’un bureau à
Düsseldorf, en Allemagne. La start-up fondée en 2012 avec l’objectif de proposer une
plate-forme publicitaire premium pour
l’habillage des sites Internet, avait levé
5 millions de dollars notamment auprès
d’Isai en 2015. Elle étend ses activités
désormais dans une quinzaine de pays,
dont les Etats-Unis et assure toucher
200 millions d’utilisateurs chaque mois.
Q
18,5
MILLIONS D’EUROS
La start-up belge Teamleader, qui développe une
plate-forme de gestion d’entreprises, a clôturé un
tour de table de série C auprès d’un investisseur londonien, Keen Venture Partners. Ce nouveau capital
lui permettra d’accélérer le développement de son
logiciel et de se déployer à l’international.
Système D, l’incubateur de l’association Démocratie ouverte, lance un
appel à candidatures pour son nouveau programme d’accélération dédié aux projets
engagés pour la démocratie. Ce programme de
six mois promet l’accès à un large réseau d’élus,
d’investisseurs et d’entreprises et offre la possibilité de travailler à l’espace de co-working de la
Halle civique à Paris. Le programme est gratuit.
La rude trajectoire
des jeunes pousses
françaises B to C
l Malgré les levées de fonds de Deezer et de RemadeGroup cet été, les pépites tech tricolores qui s’adressent
directement au consommateur peinent à se développer.
l Zoom sur trois d’entre elles aux parcours différents :
Tribe, Bim et Mapstr.
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Les deux importants tours de table
de Deezer et de Remade cet été sont
un trompe-l’œil. Avec respectivement 160 et 125 millions d’euros
l e vé s , c e s d e u x s t a r t - u p q u i
s’appuient sur un modèle B to C ne
traduisent pas les difficultés que
rencontrent la French Tech pour
élever de jeunes pousses solides sur
ce modèle. La preuve, une nouvelle
fois, avec la disparition de Bim et de
Tribe, et l’obstacle du financement
que Mapstr a rencontré.
TRIBE N’A PAS RÉSISTÉ
•FACE
AUX AMÉRICAINS
L’histoire avait pourtant bien commencé. Lorsque Cyril Paglino
cofonde Tribe en 2015, il se positionne sur le créneau porteur de la
messagerie vidéo. D’un seul doigt,
son appli permet d’enregistrer un
clip à envoyer à ses proches et,
rapidement, il attire l’attention
dans la Silicon Valley, où il s’est installé. Tribe est en avance sur les
géants américains, et il arrive
à convaincre le fonds historique
Sequoia Capital (Oracle, PayPal,
Airbnb, Go ogle…) d’investir
2,5 millions de dollars. Malgré ces
liquidités, la start-up peine à faire
croître le nombre de ses utilisateurs quotidiens, marqueur clef
pour accélérer la croissance.
« Av a n t d e m o n é t i s e r n o t r e
audience, il fallait atteindre une
masse critique, ce que nous n’avons
pas su faire », analyse Cyril Paglino,
quelques semaines après avoir
cessé l’activité de son entreprise.
Selon lui, la course engagée avec
les géants américains sur le créneau de la messagerie vidéo était
devenue trop déséquilibrée :
« Nous étions au départ une messagerie asynchrone, puis live, et à chaque fois que nous avons innové,
nous avons été rattrapés par Apple,
Snap, Instagram… Nous sortions
régulièrement des nouveautés, mais
nous n’avions pas le moyen de les
distribuer comme eux. » Autre
coup dur pour la jeune pousse : peu
après avoir pivoté vers le jeu vidéo
pour accompagner le développement de ce secteur, Apple déférence l’appli de son App Store.
« C’est arrivé du jour au lendemain,
nous avons tout essayé pour inverser
cette décision, mais cela n’a pas été
possible. Le plus sage était de s’arrêter et de passer à autre chose. »
Depuis, Cyril Paglino a placé
l’ensemble de ses salariés parmi les
grandes entreprises de la Silicon
Valley et se donne encore un peu de
temps avant de replonger dans
l’aventure entrepreneuriale.
FAUCHÉE
•PARBIM,UNL’APPLI
DÉFICIT DE REVENUS
Là aussi, l’aventure partait sur de
bons rails. Avec plusieurs business
angels de renom (Yannick Bolloré,
Jacques-Antoine Granjon, Frédéric
Mazzella, Pierre Kosciusko-Morizet…), Bim pensait pouvoir résou-
dre le problème des réservations de
dernière minute dans les restaurants les plus en vogue. Avec plus
de 100.000 téléchargements de
l’appli au bout d’un an d’existence,
les signaux sont au vert, mais la
question de la monétisation se pose
rapidement. L’abonnement auquel
souscrivent les restaurateurs pour
bénéficier de ce service ne suffit pas.
« En juin, nous effectuons un pivot
vers le B to B, raconte Anne-Christelle Pérochon, cofondatrice et PDG
de Bim, car les conciergeries avaient
besoin d’un outil analogue. » Rapidement, des discussions sont entamées avec l’un des plus gros acteurs
du secteur. Durant plusieurs mois,
les équipes de Bim avancent sur le
développement de l’outil pour qu’il
s’adapte aux besoins de ce prospect,
sans qu’aucun contrat de partenariat ne soit rédigé.
En février dernier, alors que cet
acteur devait entériner le partenariat, il se dédit pour développer en
interne sa propre solution. « Nous
étions conscients d’évoluer dans une
zone à risque, avoue Anne-Christelle
Pérochon. Mais nous n’avions aucun
pouvoir de négociation face à eux. »
Face à cette perte de revenus substantiels, Bim tente de diversifier ses
activités sans y parvenir. Au début
de l’été, la jeune pousse est approchée pour un rachat par l’un des leaders mondiaux de la gastronomie,
mais cela n’aboutira pas. Bim est
mis en liquidation dans la foulée et
depuis, Anne-Christelle Pérochon
aide ses anciens salariés à rebondir
dans une autre entreprise.
MAPSTR PRÊT
•À REBONDIR
Le couperet est passé très près pour
Mapstr, mais l’appli de cartes personnalisées a, quant à elle, trouvé les
ressources financières pour se
r e l a n c e r. F i n 2 0 1 7 , l a j e u n e
pousse incubée à Station F lance un
processus de levée de fonds. Plusieurs investisseurs se montrent
intéressés, mais un fonds d’investissement européen qui cherche à se
faire une place en France préempte
le tour de table et veut être le seul à
injecter les 3 millions d’euros que la
start-up cherche à réunir. Fin avril, le
fonds se retire à la dernière minute.
La jeune pousse ne compte plus que
cinq semaines de liquidités devant
elle pour tenir et doit relancer le processus à zéro. Quatre business
angels finissent par l’aider avec un
ticket total de 750.000 euros.
Des moyens qui permettent à
Mapstr de se relancer pour un an, en
ajustant son plan de recrutement à la
baisse, tout en concentrant son effort
sur l’augmentation de partenariats
et de services (une messagerie
embarquée verra le jour le 20 septembre prochain), y compris
payants, pour ses utilisateurs. Avare
de chiffres, la pépite assure simplement qu’elle a connu un très bel été
avec une croissance supérieure à
50 % de sa base d’utilisateurs actifs. n
« Il ne faut pas avoir trop de certitudes »
Propos recueillis par G. B.
En quoi les start-up
B to C se financentelles différemment ?
Contrairement aux start-up qui exigent de lourds investissements en
R&D, les pépites B to C peuvent croître par palier. Les coûts marketing
sont souvent les plus importants,
mais l’on peut ajuster les modèles
au fur et à mesure. La tendance est
forte dans le financement d’entreprises du logiciel par abonnement,
qui est sur un modèle B to B, mais il
ne faut pas avoir trop de certitudes
et nous n’avons pas de dogme sur le
type de start-up à accompagner.
INTERVIEW
BENOIST
GROSSMANN
1
Existe-t-il un schéma
préétabli pour faire
croître ces start-up ?
Nous les prenons au cas par cas, et
toutes n’ont pas la capacité ou la
2
Associé et membre
du directoire
d’Idinvest
Criteo, évoluant sur la publicité,
avait un terrain mondial à conquérir. Si nous sommes assez
équilibrés dans notre portefeuille
entre les jeunes pousses B to B et B
to C, le deal flow ne l’est pas autant
et penche très nettement en
faveur des B to B.
L’e-commerce semble
être l’un des secteurs
les plus durs pour les
start-up, vous confirmez ?
C’est un secteur où personne ne
gagne d’argent. Le client est volatil et ces jeunes pousses dépensent leurs fonds pour constamment en conquérir. Les seuls
acteurs à s’en sortir sont ceux qui
ont réussi à imposer une marque
ou un concept, comme Venteprivee.com, ou qui évoluent dans
le textile où les marges sont très
élevées. n
3
Idinvest Partners
FINANCEMENT
Après le déférencement
de l’appli Tribe
sur l’App Store d’Apple,
la start-up a cessé
son activité. Photo Tribe
nécessité à devenir mondiales.
BlaBlaCar n’a pas de marché aux
Etats-Unis par exemple, alors que
Bientôt un géant tricolore du reconditionnement de téléphones
RECYCLAGE
Trois start-up
du secteur ont levé
des sommes importantes cette année.
Déborah Loye
@Loydeborah
Il est un secteur qui s’est bien porté
cet été : celui du reconditionnement
de téléphones portables. Deux
importantes annonces de levées de
f o n d s o n t r y t h m é l e s va c a n ces : Back Market en juin (41 mil-
LES ECHOS
n FORMATION
Stratégie de marque à l’ère du digital
Branding 4.0 : quels sont les nouveaux enjeux
pour les marques à l’heure du digital ? Alignez vos
KPI’s avec les objectifs de l’entreprise et mesurez
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Un service proposé par Les Echos Solutions
lions récoltés) et Remade en août
(125 millions en dette). Plus tôt dans
l’année, un autre acteur français
avait su séduire les investisseurs,
Recommerce, qui a bouclé un tour
de table de 50 millions en février.
Sur ce marché encore jeune mais
à très haut potentiel – IDC le projette
à 52,7 milliards de dollars pour
2022 – certains espèrent voir émerger un géant français. « Il se pourrait
que le troisième vendeur de smartphones dans le monde ne soit pas une
marque asiatique, mais un acteur du
reconditionnement », avance Valérie Ducourty, directrice d’investissement chez Idinvest, qui accompagne Remade depuis 2015.
Différents modèles
Bien qu’elles visent le même marché,
les trois principales start-up françaises du reconditionnement misent
sur des modèles différents. Back
Market met en relation des recondi-
tionneurs et des clients. Un modèle
de marketplace gagnant, puisqu’il
lui a permis d’afficher un chiffre
d’affaires de 96 millions en 2017.
Pour se distinguer,
les acteurs français
misent sur la qualité,
sans laquelle
acheteurs, opérateurs
et distributeurs
prendront la fuite.
Avec un volume d’affaires de
130 millions en 2017, Remade opère
sur toute la chaîne de production,
de la récupération des iPhone jusqu’à la vente, en direct ou à des distributeurs. Recommerce choisit, de
son côté, de sous-traiter le reconditionnement, mais concentre ses forces sur le sourcing de téléphones –
de toutes marques –, grâce à des
partenariats avec des opérateurs
(Bouygues Telecom, Free et SFR)
ainsi que sur le développement
d’une technologie permettant de
prédire le prix des produits et
d’assurer leur traçabilité.
Dans un marché sur lequel le
volume est décisif, tous se développent à l’international. Matthieu
Millet, fondateur de Remade, indique que la présence de son entreprise dans différents pays permet en
outre d’équilibrer les différences
d’appétence des populations, parfois plus enclines à vendre leurs
téléphones usagés et parfois plus
intéressées par l’achat d’un téléphone d’occasion. Benoît Varin, à la
tête de Recommerce, affirme, lui,
« miser sur l’économie circulaire, et
revendre les téléphones dans le pays
où ils ont été achetés », même s’ils n’y
sont pas nécessairement reconditionnés.
Foison de « reconditionneurs »
fleurissent en Europe et dans le
monde, du magasin de rue aux
acteurs plus structurés comme l’allemand Rebuy, qui vient de se lancer
au Royaume-Uni après l’Allemagne,
l’Autriche, la France et les Pays-Bas.
Pour se distinguer, les acteurs français misent sur la qualité, sans
laquelle acheteurs, opérateurs et distributeurs prendront la fuite. « Il y a
de la place pour plusieurs acteurs,
même en France, affirme Matthieu
Millet, qui vise les 7 à 10 % de part de
marché mondial, à condition qu’ils
maîtrisent vraiment l’art du reconditionnement. » Sur Internet, les commentaires négatifs des déçus du
reconditionné fleurissent. Signal faible que les acteurs du secteur
feraient bien d’écouter ? « Si le pari de
la qualité est gagné, la consolidation se
fera dans un an ou deux, projette Valérie Ducourty. Sans cela, le marché risque de s’éteindre de lui-même. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
en
direct
Strasbourg :
le contournement
autorisé
PACA Le maire de Marseille Jean-
GRAND EST Le préfet de la
Claude Gaudin a reçu une délégation de salariés du McDonald’s de
Saint-Barthélemy, dans les quartiers Nord. Une vente de l’établissement à un restaurateur asiatique
est prévue. Les salariés craignent
pour leur emploi. Les élus demandent au groupe de faire un effort
pour ce quartier en difficulté.
région Grand Est a signé deux
arrêtés autorisant la construction d’un contournement autoroutier de Strasbourg. Un projet
fortement contesté depuis des
années par les associations. Les
arrêtés autorisent le concessionnaire Arcos, une filiale de Vinci,
et la Sanef, chargée d’un échan-
Shutterstock
PME
&REGIONS
Grève dans
un McDonalds
à Marseille
geur, à engager des travaux
en vue de la construction d’une
rocade de 24 km, essentiellement
payante. Les travaux commenceront par des opérations de déboisement et de fouilles. Le préfet a
promis des mesures de maintien
de l’ordre alors que des manifestations ont été annoncées dans
les jours qui viennent. Les détracteurs dénoncent la consommation de terres agricoles et la mise
en danger d’espèces protégées,
dont le grand hamster d’Alsace.
MONUMENTS HISTORIQUES
Loto du Patrimoine : 269 sites
et une délicate équation financière
l Les 12 millions de tickets du jeu à gratter sont mis en vente
ce lundi, deux semaines avant le tirage spécial du Loto.
l Stéphane Bern a menacé de démissionner, pointant
les faibles moyens dont il dispose pour sa mission.
Laurence Albert
@L_Albert_
et Martine Robert
@martiRD
Estampillés Chambord ou MontSaint-Michel, 12 millions de tickets à
gratter sont depuis ce lundi dans les
vitrines des buralistes. Donnerontils aux Français l’envie de s’adonner
davantage aux jeux de hasard ? La
Française des Jeux (FDJ) l’espère :
le 14 septembre, veille des Journées
du patrimoine, elle lancera son premier Loto Mission Patrimoine. Contrairement à sa voisine britannique,
la France n’a pas pour habitude de
recourir à sa « Loterie nationale »
pour financer sa politique culturelle
ou sociale. Mais l’argent se raréfie
pour rénover le patrimoine. Les collectivités sont à sec, l’Etat également.
Fin mai, l’exécutif a donné son feu
vert à la croisade du journaliste Stéphane Bern pour sauver 269 sites
« en péril » en sollicitant les entreprises et le grand public via une campagne de don et des jeux de hasard conçus par la FDJ.
Equation économique
Si Chambord joue les « têtes de gondole » sur les tickets, la mission Stéphane Bern, qui travaille avec
la Fondation du patrimoine, cible en
réalité des projets plus modestes :
forts, ponts (aqueduc du Gier, pont
d’Ondres…), châteaux (Bussy-Rabutin…), maisons (Villa Viardot…). Des
édifices publics ou privés situés en
zone rurale, à rénover entièrement
ou partiellement « dans un délai raisonnable ». Quelque 2.000 monuments avaient été signalés ; 269 ont
été retenus et 18 – un par région –
sont jugés prioritaires. Seuls ces édifices « emblématiques » sont assurés de percevoir l’intégralité des
fonds (5 millions d’euros). Pour
les autres, le résultat est plus incertain. Stéphane Bern ayant finalement élargi son spectre de 120 à
269 sites, l’équation économique
s’est complexifiée. Il faut désormais
récolter 53 millions d’euros ; or le
Loto n’en rapportera que 15 à 20.
Où trouver le reste ? La directrice
générale de la Fondation du patrimoine, Célia Vérot, rappelle que le
Loto « doit de toute façon être complété par la souscription nationale »,
soit via le site Internet de la fondation, soit via d’autres plates-formes
de crowdfunding. Les choses
démarrent doucement : seuls 3,8
millions d’euros ont été récoltés. Certains propriétaires se demandent
s’ils vont pouvoir effectuer les travaux tant escomptés. « Attendons de
voir les résultats du Loto Patrimoine
avant de tirer des conclusions sur la
générosité des Français […]. Les résultats sont contrastés selon l’élan que
suscite chacun de ces monuments,
selon leur caractère historique, esthétique, ou géographique », indique Stéphane Bern. Sur le site de la mission,
le couvent de Saint-François à Pino,
en Corse, a déjà réuni 218.000 euros
sur les 296.000 nécessaires quand la
maison des Chevaliers à Viviers
(Ardèche) n’en a récolté que 1.395
euros (sur 227.000).
En sus des 18 « élus », Stéphane
Bern compte sur « l’élan national »
pour financer entièrement de 20 à
50 sites. Mais, dans un entretien
publié samedi par les quotidiens
régionaux du groupe Ebra, il a
menacé de quitter ses fonctions, évoquant les faibles moyens financiers
dont il dispose pour sa mission.
«J’entends qu’on est prêt à mobiliser
450 millions d’euros pour rénover le
Grand Palais à Paris. Et pendant ce
temps, on me laisse me décarcasser
pour trouver 20 millions d’euros pour
le patrimoine vernaculaire des petits
villages », a-t-il souligné, indiquant
attendre la fin de l’année pour faire
un bilan.
Attirer les entreprises
A la Fondation, on attend beaucoup
de la vaste campagne de communication qui démarre ces jours-ci. « Le
fait d’être associés à la mission Bern
nous donne une visibilité en tant que
grande cause nationale et inscrit
dans l’esprit des Français l’idée que
l’on peut donner pour le patrimoine.
Nous espérons attirer des mécènes et
des bénévoles », fait valoir Célia
Verot. L’un des enjeux est d’attirer les
entreprises, et notamment les PME,
« plus difficiles à toucher pour des raisons fiscales ». La Fondation milite
pour une évolution des plafonds du
mécénat (0,5 % du chiffre d’affaires).
« Nous attendons un effet levier, sur
le patrimoine de proximité », confirme Angélique Delorme, conseillère patrimoine de la ministre de
la Culture, Françoise Nyssen. «Nous
avons 44.000 monuments et, chaque
année, le ministère injecte 326 millions d’euros dans 6.000 opérations de
rénovation. Cette enveloppe a été
sacralisée, mais ce n’est jamais assez,
il faut trouver des financement innovants. » Reste à savoir si les Français
joueront le jeu. n
Vendus plus chers
(15 euros), les tickets
à gratter « Mission
Patrimoine » offrent
une fréquence de gain
supérieure à la moyenne.
Photos Laurent Enguehard
/CC BY-SA 3.0
Un jeu atypique
Vendus plus chers (15 euros),
les tickets à gratter « Mission
Patrimoine » offrent une
fréquence de gain supérieure
à la moyenne (plus d’une
chance sur trois) pour un
montant inédit (1,5 million).
Le Super Loto mettra en jeu
13 millions pour une mise de
départ de 3 euros. Les joueurs
empocheront l’intégralité
de leur gain, et c’est la part
de l’Etat qui sera reversée
à la Fondation, soit 1, 52 euro
par ticket de grattage et
0,75 euro par grille de loto.
CULTURE // Après Stéphane Bern, Philippe Bélaval est sollicité pour redéfinir la feuille de
route de l’Etat pour le patrimoine illustre l’incapacité de la Rue de Valois à se réinventer.
Deux missions emblématiques d’un ministère en perdition
e patrimoine s’est réinstallé
au premier rang du débat
culturel, du fait de l’engouement du public pour le sujet, de la
capacité de médiatisation de Stéphane Bern, de l’intérêt du président de la République lui-même :
Emmanuel Macron a confié au
patron du Centre des monuments
nationaux, Philippe Bélaval, le soin
de repenser le rôle de l’Etat dans ce
domaine d’ici à mi-septembre. Une
mission qui intervient à un moment
charnière, pour plusieurs raisons.
Les modes de financement du
patrimoine évoluent à la vitesse
grand V, comme en témoigne la
mise en place du Loto, évoqué
depuis de nombreuses années,
m a i s a u s s i l ’a c q u i s i t i o n p a r
25.000 actionnaires du château de
la Mothe-Chandeniers, ou encore
les multiples formes de mécé-
L
nat. Un cocktail de ressources vient
compléter les traditionnelles et
indispensables subventions de
l’Etat. « Avoir une démarche entrepreneuriale, comprendre que tourisme et culture peuvent participer
du même combat, ne sont plus
tabous », souligne Philippe Bélaval.
Sortir du ronron
La révolution numérique a bouleversé des monuments séculaires.
Elle permet de donner davantage
d’informations au visiteur, de vendre à distance des entrées, d’inventer de nouvelles scénographies, de
renforcer l’émotion, de divertir
intelligemment. Petit et grand
patrimoine ne sont pas à égalité
dans les moyens qu’ils peuvent y
consacrer, même si le CMN et
son incubateur de start-up ont pour
vocation de diffuser l’innovation au
plus grand nombre de sites. « Toutes ces évolutions perturbent les
esprits, tranchent avec un certain
ronron installé depuis longtemps,
déplacent les repères et les lignes
d’action habituelles de beaucoup
d’acteurs. On a dépassé la seule logique du monument protégé en soi »,
constate Philippe Bélaval.
La recomposition du paysage
patrimonial est en marche et, audelà, celle du ministère de la Culture. Les directions de la création
artistique, des patrimoines, des
archives, des musées de France,
sont vacantes, de même que la présidence de la RMN-Grand Palais.
Tout est suspendu à la feuille de
route que dessinera Philipe Bélaval.
Deux réformes mises en œuvre
sous la présidence de Nicolas
Sarkozy semblent dans le collimateur. Le rapprochement entre la
Réunion des musées nationaux et le
Grand Palais n’a pas prouvé sa pertinence, pas davantage la révision
générale des politiques publiques
supprimant nombre de directions
culturelles pour n’en conserver que
trois énormes rue de Valois. Et tandis
que la RMN-Grand Palais peine à
afficher un programme cohérent, le
ministère de Françoise Nyssen apparaît ni plus ni moins en perdition.
Ce qui se passe au niveau du patrimoine, avec les nominations parallèles de Bern et de Bélaval, illustre de
manière emblématique l’incapacité
du ministère à se réinventer. Il suffit
de voir à quel point ces deux missions sont devenues l’exutoire de toutes les frustrations suscitées par la
Rue de Valois, incapable de montrer
la moindre empathie pour ce secteur
pourtant chéri des Français lors des
Journées du patrimoine. — M. R.
L’écurie idéale
de Léonard de Vinci
Construites selon les plans
de Léonard de Vinci, les
écuries de Chaumont-Laguiche ménagent des surprises. L’enjeu est de ravaler
leur imposante façade.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
A Saint-Bonnet-de-Joux (Saône-etLoire), dès la grille du domaine de
Chaumont-Laguiche poussée, un
bâtiment de deux étages en grès
ocre dévoile sa façade du XVIIe siècle, aux fenêtres et cheminées
ponctuées de sculptures et d’escaliers monumentaux. L’invité non
prévenu s’extasie volontiers sur la
beauté du château. La famille de
Laguiche a l’habitude et la réponse
est toujours la même : « Ce n’est pas
le château, ce sont les écuries... »
« C’est presque un palais pour les
chevaux, convient la châtelaine,
Anne de Laguiche. Henriette de La
Guiche a fait construire ces écuries en
1648 pour son époux, le duc
d’Angoulême, petit-fils du roi Charles IX – le dernier des Valois – pour
loger sa garde à cheval. » Classées en
1982, elles sont un des monuments
historiques les plus surprenants de
France. « Ce sont, à ma connaissance,
les plus grandes écuries privées,
ajoute Anne de Laguiche. Elles sont
longues de 60 mètres sur quinze de
large. » Les proportions idéales, estimait Léonard de Vinci. Ce n’est pas
un hasard. Ces écuries sont les seules en France conçues selon ses principes, exposés au XVe siècle dans son
carnet intitulé « L’Ecurie propre ».
Leur conception est révolutionnaire. Le premier étage, accessible
par les escaliers en façade, logeait
les cavaliers, qui surveillaient les
chevaux par des oculi. Le foin était
entreposé au deuxième étage. Pour
le descendre, rien de plus simple :
on le basculait dans des trous faits
dans les murs. Il tombait par l’intérieur des murs jusqu’à des soupiraux encore visibles au-dessus des
mangeoires.
« Léonard de Vinci prévoyait aussi
un réseau d’évacuation des eaux, qui
doit exister sous ce dallage, explique
Anne de Laguiche en désignant des
bouches d’égout en pierre, au milieu
des écuries. Mais on n’a pas essayé de
le mettre au jour car nous tentons
d’entretenir ce que l’on voit, avant de
faire des fouilles… »
Jumelage
C’est en effet l’urgence. Il faut
540.000 euros pour ravaler la
façade et la protéger par un enduit
c a r l a p i e r r e , à n u , s’a b î m e .
« Quand Stéphane Bern nous a dit
en décembre avoir 80 % de candidatures de bâtiments publics et vouloir
des candidatures de propriétaires
privés, j’ai refait un dossier à mon
nom, de peur que le premier, présenté par la mairie, ait été pris pour
un bâtiment public ! » se souvient
Anne de Laguiche, qui croise les
doigts car « les écuries sont le plus
gros des quatre projets de la Saôneet-Loire, mais ne sont pas parmi les
18 prioritaires ».
En attendant, une association
des amis des écuries de Chaumont
est née. L’an dernier, Anne de
Laguiche a découvert à la Villa
Arconati, près de Milan (Italie),
une autre écurie (plus petite) conçue sur les mêmes principes. Un
jumelage est dans les cartons pour
marquer, en 2019, le 500e anniversaire de la mort de Léonard de
Vinci. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 27
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
14,6
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
L’Institut Paul Bocuse, école
internationale de cuisine et
d’hôtellerie basée à Ecully, dans
la banlieue de Lyon, va ouvrir
son septième campus international en Russie. Ce projet de cursus de trois ans est mené avec
l’Université fédérale de Sibérie,
un établissement comptant
31.000 étudiants à Krasnoïarsk.
10 degrés. Avec plus de 200 millions
de bouteilles expédiées sur la campagne 2017-2018 et une croissance
des expéditions (+8,2% en volume et
5,4% en valeur au 31 juillet), les professionnels estiment les besoins de
production à 914.700 hl d’alcool pur.
AFP
HECTOLITRES D’ALCOOL PUR PAR HECTARE DE COGNAC
C’est le montant du rendement
annuel du cognac fixé par les instances professionnelles pour 2018
contre 12 hl l’année dernière. Ce chiffre détermine la production maximale dédiée à l’eau de vie pour un
degré d’alcool de référence de
innovateurs
L’Institut Paul
Bocuse en Russie
Naskeo lève 12 millions
d’euros pour exploiter
le gisement du gaz vert
La maison de Pierre Loti devrait rouvrir en 2023
A Rochefort, la maison
natale de l’illustre écrivain,
transformée par lui-même
en lieu théâtral inspiré de
ses voyages, exige une
lourde rénovation, notamment d’un somptueux
plafond de bois peint
rapporté d’un palais
de Damas.
forces pour réunir les 12 millions
d’euros de la troisième levée de
fonds de Naskeo. Annoncée ce
lundi, l’opération voit la sortie
des actionnaires historiques :
Idinvest et Siparex. Depuis 2007,
la société a levé 6,2 millions.
Naskeo
Une centrale au Japon
LA LEVÉE DE FONDS
NASKEO
Frank Niedercorn
— Correspondant à Bordeaux
Une jolie bâtisse de deux étages
aux volets fermés dans une rue
tranquille de Rochefort. La maison
natale de Pierre Loti et ses trésors
ne sont plus accessibles au public
depuis 2012. Le bâtiment a été
victime du temps, des visiteurs,
mais aussi des réaménagements
successifs apportés par le fantasque et génial auteur qui avait fait de
sa maison le décor du roman de sa
vie. Né en 1850, Pierre Loti a rencontré un immense succès auprès
d’un public assoiffé d’exotisme et
obtenu la reconnaissance de ses
pairs avec son élection à l’Académie française.
Insectes xylophages
Au fil de ses voyages, devenu riche,
celui qui mène aussi une carrière
d’officier de marine agrandit les
lieux en rachetant la maison contiguë, puis transforme bon nombre
des pièces. Avec des objets rapportés
de Turquie, il aménage un « salon
Date de création : 2005
PDG : Aurélien Lugardon
Montant : 12 millions d’euros
Effectif : 55 personnes
Secteur : biogaz
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
A Rochefort, le fantasque auteur avait fait de sa maison le décor du roman de sa vie. Photo Vincent Lagardere
turc ». Suivront une chambre arabe,
une pagode japonaise, une chambre
des momies, une salle chinoise…
Entre-temps il construit un salon
Empire, une salle gothique avec des
fenêtres d’église posées à l’envers,
puis une vaste salle Renaissance.
Le joyaux de la maison, la « mosquée », a été installée au second
étage dans une pièce décorée de
faïence de diverses provenances.
Elle est surmontée d’un riche plafond du XVIIIe siècle, rapporté par
Pierre Loti d’un palais de Damas. En
2016, à l’occasion des travaux de restauration menés dans la maison
dont la ville est propriétaire depuis
1969, on s’aperçoit que ce fragile
ouvrage en bois de peuplier est attaqué par des insectes xylophages. « Le Loto du patrimoine va permettre de sauver le plafond. Le coût
d e l a r e s t a u ra t i o n , e s t i m é à
450.000 euros, est dû à la difficulté
du chantier qui impose de travailler
sur le plafond sans le démonter »,
résume Claude Stefani, conservateur du patrimoine.
Visite virtuelle
Le choix de la maison de Pierre Loti
parmi les 18 sites « emblématiques » de la mission Bern a pourtant fait resurgir les polémiques
La loi de transition énergétique
pour la croissance verte de 2015,
qui fixe pour objectif au moins
10 % de biogaz dans la consommation française en 2030, a
valeur de mine d’or pour Naskeo. Treize ans après sa création,
ce spécialiste de la méthanisation qui conçoit et construit des
centrales de production de gaz
vert a acquis la maturité technologique nécessaire pour exploiter à plein ce potentiel industriel.
Quatre investisseurs l’ont bien
flairé : Generis Capital Partners,
Citizen Capital, Sigma Gestion et
Supernova Invest unissent leurs
autour de l’auteur du « Roman d’un
spahi » et de « Jérusalem ». S’il a
pris la défense d’Alfred Dreyfus, il
n’a pas échappé à l’antisémitisme et
au racisme latent de l’époque.
Inconditionnel de la Turquie, il a
aussi violemment défendu la Turquie face au génocide arménien.
L’objectif est désormais de rouvrir la maison de l’écrivain au public
en 2023, à l’occasion du centenaire
de sa mort pour un budget, revu à la
baisse, estimé aujourd’hui à moins
de 7 millions. D’ici là on peut profiter de l’exposition Pierre Loti du
musée Hèbre de Rochefort et de la
visite virtuelle en 3D de la maison. n
La rotonde de Montabon sauvée de la ruine
tion qui a racheté le site l’an dernier.
La rotonde, vaste édifice en demicercle, appartenait à un particulier,
également féru de patrimoine, qui
l’avait acquise sept ans plus tôt pour
la sauver de la destruction.
lier par ses 100 mètres de long et ses
14 mètres sous plafond, le site pouvait accueillir jusqu’à 85 locomotives
et près de 500 personnes y travaillaient aux grandes heures du
train à vapeur, la rotonde ayant cessé
de fonctionner en 1954.
L’âge d’or de la vapeur
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
Depuis des années, la rotonde de
Montabon est ardemment protégée
par un groupe de passionnés, lesquels ont accueilli avec émotion le
soutien de 495.000 euros issus du
Loto du patrimoine. « C’est la reconnaissance d’un patrimoine industriel
mais aussi de toute l’énergie consacrée
à le remettre à peu près en état », note
Bruno Duru, président de l’associa-
ENTREPRENDRE
S’il existe d’autres rotondes en
France, celle de Montabon, près de la
gare de Château-du-Loir (Sarthe), est
l’une des seules à conserver sa configuration originelle. Construit en
1886 sur la voie Paris-Bordeaux, ce
bâtiment de 2.500 mètres carrés servait à alimenter en eau et en charbon
les locomotives à vapeur. Un pont
roulant de 24 mètres, activé à la
main par les cheminots, permettait
de faire entrer les locomotives dans
les dix alvéoles du bâtiment. Singu-
2,2 millions d’euros
« C’est un lieu de mémoire collective,
celle du travail industriel », souligne
le président de l’association, dont les
120 adhérents n’ont pas ménagé leur
peine pour entretenir le lieu, classé
monument historique en 2010. « On
vient de refaire 300 mètres de voies
rayonnantes », mentionne Bruno
Duru, estimant à 5.200 heures de
travail l’effort consenti dernier par
les bénévoles. Le rêve de l’association est de créer un musée et de faire
circuler un ancien train entre la
rotonde et le petit village de Chenu, à
15 kilomètres.
Déjà, le visiteur peut admirer des
locomotives, des wagons, dont un
sleeping-car de l’Orient-Express,
mais aussi une ancienne grue à
vapeur et des draisines très rares.
L’ensemble du projet est estimé à
2,2 millions d’euros. Dès lors, le
demi-million d’euros du Loto ne
suffira pas. Il permettra tout juste
de refaire la toiture, première
urgence. Par la suite, Bruno Duru
espère un soutien supplémentaire.
En attendant, l’association table sur
une aide de la DRAC, du département et de la région pour un tiers du
coût total tandis qu’une souscription est en cours par le biais de la
Fondation du patrimoine. n
Caly Technologies
révolutionne la protection
des avions contre la foudre
société en 2014 avec deux autres
enseignants-chercheurs. D’où la
réalisation phare de Caly : « Un
dispositif qui permet de protéger
le système électrique d’un avion
contre la foudre car, dans l’aéronautique, la miniaturisation est
une qualité majeure », soulignet-il. Ce qui est aussi valable pour
les autres modes de transport et
les applications nomades.
Caly Technologies
Sauvé de la destruction par
des passionnés, cet ancien
entrepôt pour locomotives
à vapeur doit recevoir un
demi-million d’euros du
Loto du patrimoine. Il en
faudrait quatre fois plus.
LA TECHNOLOGIE
CALY TECHNOLOGIES
Date de création : 2014
Président : Pierre Brosselard
Effectif : 6 personnes
Secteur : électronique
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
avec la
APPINEST :
QUAND LE JEU ET
L’APPRENTISSAGE FONT
RÉSOLUMENT BON MÉNAGE
sommes persuadés que dans 10 ans, savoir coder sera
aussi important que savoir parler anglais », poursuit-il.
« Ainsi, au-delà du loisir, MagiCats ofre aux joueurs la
possibilité d’acquérir de nouvelles connaissances et
de découvrir les fondamentaux de la programmation ».
Start-up parisienne fondée en 2015, AppiNest s’est
spécialisée dans la conception d’applications mobiles
et de jeux éducatifs. « Nous sommes partis du constat
que les nouveaux médias représentaient un moyen
formidable de sensibiliser leurs utilisateurs à de
nouvelles idées », explique Thibault Louis-Lucas,
président et co-fondateur de l’activité. « Dans un
premier temps, nous avons ainsi développé l’application Pistache, pour motiver les enfants à efectuer
leurs petites tâches du quotidien ». Un projet qui se
prolonge aujourd’hui grâce à Dreamz Studio, filiale
d’AppiNest, et le jeu vidéo MagiCats Builder. « Nous
CONSEILS ET PARTAGE D’EXPÉRIENCE
Créatif, instructif et ludique, MagiCats Builder a
déjà séduit une communauté rassemblant plus de
20 000 joueurs – en France, bien sûr, mais surtout à
l’international. Un vaste marché qui amène le co-fondateur d’AppiNest à songer déjà à d’autres axes de développement. « À terme, nous souhaiterions créer une
version 100 % éducative, dédiée aux écoles », précise
Thibault Louis-Lucas. « Le projet est ambitieux, mais
nous avons déjà de nombreuses demandes, émanant
notamment des États-Unis et d’Angleterre ». De quoi
stimuler aussi les collaborateurs de la jeune entreprise,
Entrepreneurs, la CCI Paris Ile-de-France vous accompagne dans le développement de votre entreprise : entreprises.cci-paris-idf.fr
domiciliée à la pépinière d’entreprises de Paris Soleillet,
gérée par la CCI Paris Ile-de-France. « Le fait d’emménager, en été 2016, à Paris Soleillet a marqué une évolution importante pour notre activité », se souvient-il.
« Notre business model est devenu plus stable, et nous
pouvons aujourd’hui bénéficier d’un accompagnement
de qualité qui se traduit notamment par des conseils
d’experts, des ateliers de formation et des services
de mise en relation ». Sans oublier les échanges avec
les autres start-up ! « Au total,
nous sommes une soixantaine
d’entreprises à être hébergées
à Paris Soleillet », conclut-il.
« Cela crée un efet d’émulation
qui favorise les rencontres,
l’entraide et le partage d’exThibault Louis-Lucas
périence ».
Président de la société
Appinest
Forte de ces fonds, l’entreprise
basée à Malakoff (92) et à Bouguenais (44), qui a déjà construit
une trentaine d’unités de méthanisation, va pouvoir enrichir son
business model en devenant à la
fois exploitant et investisseur
pour une dizaine de projets.
« Notre ambition est d’être copropriétaire des centrales avec nos
clients pour constituer un parc de
méthanisation avec les acteurs du
monde agricole et des collectivités
locales », explique Aurélien
Lugardon, PDG et cofondateur
de Naskeo. Son premier projet
du genre est une grosse centrale
de 500 mètres cubes de biogaz
par heure pour la coopérative
agricole Scara, près de Troyes,
dans le Grand Est.
Ce mois-ci, la société va livrer
sa première unité de méthanisation à l’international, sur l’île
d’Hokkaido, au Japon, où elle a
ouvert un bureau. « Nous avons
aussi un projet avec l’industrie
agroalimentaire en Afrique pour
réaliser l’unité de méthanisation
des quatre plus gros abattoirs de
Nairobi, au Kenya », annonce le
PDG de Naskeo, qui vise un chiffre d’affaires de 15 millions
d’euros en 2018. n
Né de quinze ans d’expériences
menées au sein du Laboratoire
Ampère de l’université Lyon-I,
Caly Technologies électrise le
secteur des semi-conducteurs
avec un composant au carbure
de silicium. Il est dédié aux dispositifs électroniques de conversion de courant, de la prise à la
batterie, ou de protection des
circuits en tension : disjoncteurs, fusibles intelligents, parafoudres… C’est précisément
dans ce domaine que Caly
apporte, avec l’ajout de carbure
de silicium, une innovation clef
« avec une protection égale dans
un volume cinq fois plus petit »,
explique son président, Pierre
Brosselard, qui a cofondé la
Puissance démultipliée
En phase d’industrialisation, la
société conduit des tests avec
plusieurs constructeurs et équipementiers aéronautiques.
« C’est le secteur le plus mûr
aujourd’hui, mais notre produit
est aussi bien destiné à des installations industrielles, des réseaux
de distribution d’énergie qu’à des
appareils domestiques et médicaux, tels les défibrillateurs ou
pacemakers », détaille-t-il. Là où
il faut des centaines de puces
pour protéger un avion ou une
usine, une seule suffit pour un
PC. « Pour les sites fixes, comme
un data center, l’enjeu de la taille
est moins fort : on misera plutôt
sur des modules de volumes identiques, mais avec une puissance
démultipliée. »
Les cofondateurs de Caly ont
choisi d’externaliser la production et exploitent deux licences
acquises auprès de la SATT
Pulsalys. En avril 2018, ils ont
cédé 49 % du capital − pour un
montant confidentiel −
au groupe Mersen, l’ancien
Carbone Lorraine. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
LA ROUPIE TOMBE
À SON PLUS BAS NIVEAU
FINANCE
&MARCHES
La roupie a touché son plus bas
historique vendredi, à 71 contre
un dollar. La devise indienne est
pénalisée comme de nombreuses monnaies émergentes et perd
environ 10 % depuis le début de
l’année. Cette faiblesse affecte
directement les industries
importatrices de pétrole et nombre d’entreprises. Pour autant,
la banque centrale n’a pas jugé
la situation très préoccupante.
les
indices
Donald Trump en guerre contre
les manipulateurs des devises
CHANGES
Le président
américain réfléchit
aux critères permettant de dire qu’un pays
manipule sa monnaie.
Et veut intégrer des
clauses de non-agression monétaire dans les
accords commerciaux.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Donald Trump réfléchit aux
moyens de qualifier la Chine de
pays « manipulateur » de sa devise,
a-t-il déclaré dans une interview
à Bloomberg TV. Avant même
son élection, il avait prévenu la
Chine qu’il ne tolérerait plus sa
politique de baisse du yuan.
Une « formule » permet aux
Etats-Unis de déterminer si un pays
s’est engagé dans « la guerre des
changes » (course aux dévaluations
compétitives). « Et nous regardons
de près cette formule. » Le président
américain fait allusion au rapport
du Trésor américain, qui se penche
deux fois par an sur la politique
de change de ses principaux partenaires commerciaux. Objectif ?
Déterminer s’ils manipulent leur
monnaie pour la faire baisser et
favoriser leurs exportations au
détriment des Etats-Unis. Trois critères permettent de déterminer si
c’est le cas : un excédent courant de
3 % du PIB, des interventions sur le
marché des changes représentant
au moins 2 % du PIB, un excédent
commercial avec les Etats-Unis d’au
moins 20 milliards de dollars.
Le 20 juillet, Donald Trump s’était plaint de la perte de compétitivité des Etats-Unis du fait des manipulations de change. Photo Mandel Ngan/AFP
L’administration Trump veut
peut-être changer ces conditions
pour les durcir et les élargir à
l’ensemble des pays. Le Trésor a
déjà qualifié la Chine de pays manipulateur de sa monnaie de 1992 à
1994, mais les Etats-Unis n’ont pas
pour autant engagé des rétorsions
contre ce pays, ce dernier ayant
engagé des réformes par la suite.
Les Etats-Unis vont aussi inclure
des clauses sur les monnaies dans
leurs accords commerciaux,
comme le récent accord avec le
Mexique l’a illustré. Une clause va
imposer la transparence sur les opérations de change. Cette clause est
Une hausse de 1 % des
tarifs douaniers dans
un pays réduit ses
importations de 1,4 %.
« un signal envoyé aux autres pays qui
ont manipulé leur monnaie », a souligné le ministre de l’Economie mexi-
cain, Ildefonso Guajardo. Elle leur
dit en substance : « C’est désormais le
nouveau standard », a-t-il ajouté.
Interventions verbales
Le président américain sera-t-il
pour autant prêt à renoncer à ses
interventions verbales récurrentes
pour faire baisser le dollar ? Le
20 juillet, il s’était plaint de la perte
de compétitivité des Etats-Unis du
fait des manipulations de change.
Il avait fait reculer de 0,7 % le dollar
le jour de sa déclaration et la baisse
s’était prolongée pendant une
semaine, selon les estimations des
stratèges du Credit Suisse. Un mois
plus tard, il faisait de nouveau reculer le billet vert de 0,4 % après avoir
regretté les hausses des taux d’intérêt de la Réserve fédérale.
Pour faire chuter les importations
chinoises aux Etats-Unis et réduire le
déficit, la hausse des tarifs douaniers
est bien plus efficace que la baisse du
dollar, selon des travaux (1) d’Agnès
Bénassy-Quéré, Mathieu Bussière et
Pauline Wibaux. Une hausse de 1 %
des tarifs douaniers dans un pays
réduit ses importations de 1,4 %. C’est
trois fois plus efficace qu’une baisse
de 1 % de sa monnaie qui ne réduit les
importations que de 0,5 %. Donald
Trump n’a pas confirmé l’information de l’agence Bloomberg, selon
laquelle il pourrait taxer davantage
les importations chinoises, à hauteur de 200 milliards de dollars, contre 50 milliards aujourd’hui.
(1) « Trade and currency weapons »,
CESifo Working Papers n° 7112
L’administration Trump veut permettre
aux ménages d’investir dans les licornes
BOURSE
Le président du gendarme de la Bourse,
la SEC, souhaite
simplifier les règles
qui tiennent les particuliers à l’écart
du non-coté et d’entreprises comme Uber
ou Airbnb.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Les licornes financeront-elles bientôt les retraités américains ? Jay
Clayton, le président du gendarme
américain de la Bourse (SEC), veut
ouvrir le champ du non-coté aux
ménages pour leur faire profiter
de l’explosion de la valorisation
des start-up, qui leur échappe
aujourd’hui complètement.
Pour un ménage lambda, investir
dans une entreprise non cotée est
presque impossible aux Etats-
Unis : la réglementation impose
aux investisseurs individuels
un certain niveau de revenus
(300.000 dollars) et de patrimoine,
ainsi que des contraintes administratives souvent dissuasives qui
poussent les entrepreneurs à se
tourner plutôt vers des institutionnels. Un cadre pensé pour être
contraignant afin de protéger les
investisseurs individuels contre un
risque généralement plus élevé de
fraude dans le non-coté, un marché
par nature moins transparent.
Or, les start-up qui se ruaient vers
la Bourse il y a encore quelques
années tendent aujourd’hui à solliciter des investisseurs privés pour
lever des fonds – dette ou capital.
« Ces jours-ci, le non-coté regorge de
capital, a constaté Jay Clayton, dans
un échange avec le “Wall Street
Journal”, en marge d’une conférence à Nashville la semaine dernière. La question est de savoir qui y
participe. » Selon le cabinet Preqin,
plus de 450 milliards de dollars de
capital ont été levés dans le noncoté l’an dernier aux Etats-Unis,
dépassant le précédent record
datant de 2007. « Tant que les entreprises éviteront la Bourse, la majorité
des investisseurs individuels sera
tenue à l’écart de cette croissance »,
déplorait déjà Jay Clayton peu après
sa nomination en 2017.
La facilité avec laquelle les
start-up lèvent des fonds auprès
d’investisseurs institutionnels sans
passer par la Bourse a de ce fait dissuadé bon nombre d’entrepreneurs
de chercher à coter leur société en
Bourse. Le statut d’entreprise cotée
comporte, en effet, de nombreuses
contraintes, comme l’ont montré les récents déboires d’Elon
Musk, patron de Tesla. Le mois dernier, Dolnald Trump critiquait
d’ailleurs l’obligation faite aux
entreprises de publier des résultats
trimestriels, et affirmait avoir
chargé la SEC de réfléchir au sujet.
Nouvelle catégorie
d’investisseurs
La SEC compte publier un document de travail dans les mois qui
viennent, explorant plusieurs pistes, dont celle d’un assouplissement
des restrictions limitant le non-
coté aux investisseurs les plus
sophistiqués, d’une simplification
des règles encadrant les levées de
fonds pour les petites entreprises,
ou encore en facilitant la distribution de part du capital aux salariés
dans les entreprises de l’économie
du partage. Un appel public à commentaires sera prévu. « Nous pourrons ensuite bouger assez vite sur ces
sujets », a promis Jay Clayton.
Pour faciliter le processus, la SEC
pourrait aussi créer une catégorie
d’investisseurs individuels « accrédités », comprenant des personnes
ayant une éducation supérieure, ou
une expertise particulière. Celles-là
pourraient ainsi bénéficier d’une
plus grande diversification de leur
portefeuille en investissant dans le
non-coté, et auraient la possibilité
de s’enrichir lorsque les start-up
décident d’entrer en Bourse.
Le régulateur, qui s’est attaché,
depuis sa nomination par Donald
Trump en début d’année dernière, à
promouvoir la Bourse comme un
moyen de financement pour les
entreprises, y élargirait sans doute
aussi son champ d’intervention. n
Le président de la SEC, Jay Clayton, souhaite permettre aux ménages américains d’investir dans le secteur non coté, alors que de
plus en plus de start-up préfèrent rester à l’écart de la Bourse.
Photo AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
Les banques grecques encore loin
d’un retour à la normale
l Le secteur bancaire grec affiche des résultats assez ternes au premier semestre.
l Malgré le retour à la normale de l’économie du pays, les banques souffrent encore du poids des créances douteuses.
BANQUE
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Pas de miracle pour les banques
grecques. Bien sûr, la Grèce va nettement mieux qu’au plus fort de la
crise qui a failli la faire sortir de la
zone euro à partir de 2010. Le pays
est même parvenu, le 20 août dernier, à sortir de son troisième plan
d’aide, retrouvant largement sa
souveraineté économique. Mais les
défis restent gigantesques, et les
résultats des grandes banques grecques s’en ressentent.
Les premiers trimestriels depuis
ce retour à une forme de normalité
s’avèrent plutôt faibles : Alpha Bank
et Eurobank, troisième et quatrième
établissements du pays (23 % de
part de marché chacune) ont ouvert
le bal jeudi dernier. Alpha a affiché
une perte nette de 52,9 millions
d’euros au deuxième trimestre,
après avoir dégagé un bénéfice net
de 65,2 millions d’euros au premier
trimestre. Quant à Eurobank, il a
conclu son deuxième trimestre sur
un bénéfice de 1 million d’euros tout
juste. Vendredi, Piraeus – première
banque du pays – a fait à peine
mieux, avec un gain de 24 millions
d’euros net. Pour terminer, National
Bank of Greece (NBG) ne s’est pas
montré plus flamboyant, avec une
perte de 15 millions d’euros net, liée
au coût de mise en place d’un plan
de préretraites.
Le boulet des créances
douteuses
Dans tous les cas, les grands établissements ne paraissent pas encore
tout à fait maîtres de leur destin. La
production de crédits au secteur
privé, en repli depuis 2011 dans le
pays, reste bien entendu directement liée à la santé de l’économie
grecque. La demande reste faible,
notamment en raison d’un taux de
chômage supérieur à 20 %. Surtout,
les banques restent entravées par
une masse ahurissante de NPL
(« non-performing loans », prêts
non remboursés depuis au moins
90 jours), qui représentent toujours
plus de 40 % du total des prêts
accordés.
Les résultats des banques fluctuent en partie en fonction de leur
capacité à se débarrasser de ces
boulets. Lorsqu’elles parviennent à
céder un portefeuille de dettes douteuses, elles peuvent mécaniquement reprendre des provisions, ce
qui soutient leurs résultats. C’est ce
qui a permis à Piraeus de sortir la
tête hors de l’eau. Mais le rythme de
cession ne peut pas être trop rapide
– sauf à brader les portefeuilles –, ce
qui fait que les banques mettront
encore plusieurs années à résoudre
ce problème.
Pas d’inquiétude
sur les liquidités
Cette morosité ne doit pas faire
oublier que le secteur s’est profondément restructuré en huit ans : il
ne reste plus que 9 des 40 banques
qui existaient au déclenchement de
la crise. Et celles qui ont survécu ont
été recapitalisées par trois fois, por-
Dette souveraine : la BCE trop
dépendante des agences de notation
tant leur ratio de solvabilité à plus
de 15,8 % en moyenne, largement
au-dessus des exigences réglementaires. Ombre au tableau, une large
partie de ce capital est, en réalité,
constituée de crédits d’impôt et non
d’argent frais ou de titres de dette, ce
qui rend ces bilans d’un peu moins
bonne qualité, toutes choses égales
par ailleurs.
Autre voyant passé au vert : selon
l’agence Moody’s, le secteur aura
bientôt fini de rembourser les liquidités d’urgence fournies par la Banque de Grèce en 2015 : cette
année-là, la panique bancaire
menace, et les clients retirent en
masse leurs dépôts. « Un retour graduel des dépôts et un accès croissant
au marché interbancaire » réduisent
à présent les besoins de liquidités
d’urgence, note l’agence de notation. De quoi, par ailleurs, atténuer
un effet collatéral de la sortie du
plan d’aide de la Grèce : pendant
cette période d’exception, la Banque centrale européenne a accepté
de prendre en collatéral des titres
de dette grecque de mauvaise qualité, en échange de liquidités. Cette
souplesse a désormais disparu, un
aléa que les banquiers s’emploient à
dédramatiser. Après huit ans de
crise, le retour à la normale des banques grecques reste une épreuve en
soi. n
Vendredi 7 septembre
La Banque centrale s’appuie
sur les notes de crédit
attribuées par les agences
de rating pour fixer les
conditions d’accès à son
guichet. Un système
pervers, selon des économistes de Bruegel.
Isabelle Couet
@icouet
Les Grecs le savent. La Banque centrale européenne (BCE) dispose
d’un énorme pouvoir : celui de rendre la dette d’un Etat plus ou moins
attrayante sur les marchés. Depuis
qu’Athènes est sorti du programme
d’aide en août, la BCE n’accepte plus
sa dette en garantie des prêts qu’elle
accorde aux banques. La BCE ne fait
qu’appliquer ses règles de gestion
du collatéral (actifs déposés en
garantie) : les titres dont la note de
crédit est inférieure à BBB-, ne sont
pas éligibles à son guichet. « La BCE
joue un rôle crucial dans la détermination des actifs sûrs », résument
Grégory Claeys et Ines Gonçalves
Raposo, deux économistes du think
tank Bruegel. Selon eux, la méthodologie de la BCE est « dangereuse »
pour les dettes souveraines.
Comment la BCE valorise-t-elle
les actifs apportés aux opérations
de refinancement ? L’institution
détermine une « décote » (« haircut ») par rapport au prix de marché sur la base de quatre critères : le
type d’actif et d’émetteur, la maturité résiduelle et la note de crédit. La
BCE retient la meilleure note attribuée par l’une des quatre agences
de notation auxquelles elle se réfère
pour les emprunts d’Etat, Moody’s,
Fitch, S&P et DBRS.
Les économistes voient un défaut
majeur dans cette méthodologie.
« Dépendre d’une notation procyclique établie par des agences peut conduire à des changements abrupts de
haircuts. » Avec la crise, la banque
centrale a dû suivre le rythme soutenu des dégradations de notes. « En
2011, la décote sur la dette portugaise à
1 an a augmenté de 1,5 % à 6,5 % »,
Le Président de la BCE, Mario Draghi. Photo Daniel Roland/AFP
relèvent les auteurs. De quoi aggraver la situation du Portugal : les banques ont été obligées d’apporter
beaucoup plus de dette portugaise
qu’avant pour obtenir le même
montant de liquidités à la BCE.
Autre problème : l’échelle de la
BCE est moins granulaire que celle
des agences. Exemple : la décote
appliquée à une dette souveraine de
1 an et notée A- s’élève à 1 %, alors que
celle sur un titre similaire noté un
cran au-dessous atteint 7 % ! « C’est
ce qui est arrivé à la dette italienne en
février 2017 », pointent les économistes. La BCE n’a que deux niveaux
de « haircut » alors que les actifs
acceptés à son guichet se répartissent sur une échelle de rating de
10 crans, allant de AAA à BBB-.
Divergence avec
la Banque d'Angleterre
La BCE ajuste régulièrement sa
méthodologie. Mais pour les deux
économistes, des changements
plus profonds sont nécessaires. Elle
pourrait, a minima, rendre son
échelle de décotes plus graduelle.
Ils soulignent par ailleurs les différences avec la Banque d'Angleterre
(BoE), qui s’appuie non pas sur les
agences de notation, mais sur ses
propres critères. La philosophie de
la BoE est la suivante : « Les décotes
sont fixées de manière à demeurer
relativement stables dans des conditions de marché changeantes. » La
Banque d'Angleterre cherche non
seulement à protéger son bilan – le
collatéral permet de se couvrir en
cas de défaut d’une banque qui a
emprunté des liquidités – mais
aussi à offrir une grande visibilité
aux contreparties. « La BoE a pu
maintenir ses niveaux de décote stables au cours des dernières années
sur les dettes souveraines, y compris
celles de l’Italie et du Portugal », font
valoir Gregory Claeys et Inès Gonçalves Raposo.
La BCE pourrait-elle s’affranchir
des agences de notation et ne dépendre que de ses propres critères d’évaluation ? Les deux économistes
reconnaissent que son statut de
banque centrale pour 19 Etats complique l’exercice. Des pertes réalisées sur ses opérations auraient un
impact sur les différents Etats membres, qui contribuent à son capital.
« Pour éviter de donner l’image d’une
BCE politisée, il est sans doute préférable qu’elle dépende d’une évaluation extérieure. Le Mécanisme européen de stabilité, à travers l’analyse de
soutenabilité des dettes, pourrait être
une alternative aux agences de notation », préconisent les contributeurs
de Bruegel. n
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TOUT CE QUI CHANGE
APRÈS L’ÉTÉ
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30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
Les mutuelles
étudiantes
privées de leur
principale activité
Le Régime de Sécurité
sociale des étudiants
prendra fin
en septembre 2019.
Privées de leur principale activité, les
mutuelles étudiantes
s’apprêtent à vivre une
véritable révolution.
Carole Favreau
@carole_favreau
Dernière rentrée pour le Régime de
Sécurité sociale des étudiants
(RSSE). Suite à la mise en place de la
loi du 8 mars sur l’orientation et la
réussite des étudiants (dite « loi
ORE »), ce régime vieux de soixante-dix ans, qui avait été jugé « inefficace et dispendieux » par le candidat
Macron, prendra fin définitivement
en septembre 2019.
« Une vraie révolution »
A la rentrée, les nouveaux étudiants
seront ainsi automatiquement affiliés à la CNAM – qui récupère la gestion du Régime de Sécurité sociale
des étudiants comme l’avaient pré-
conisé de nombreux rapports. Ceux
qui poursuivent leurs études continueront à être affiliés à leur
mutuelle étudiante jusqu’en septembre 2019, date à laquelle ils basculeront systématiquement au
régime général. Un chambardement pour les étudiants qui
s’étaient habitués à ce système,
mais plus encore pour ces mutuelles dont l’activité et l’organisation
vont être complètement bouleversées.
« C’est une vraie révolution qu’on
nous impose en interne », confie
Pierre-Edouard Magnan, nouveau
président d’EmeVia, réseau qui réu-
A la rentrée, les nouveaux étudiants seront automatiquement affiliés à la CNAM. Photo Sipa
la moitié de notre chiffre d’affaires »,
indique Pierre-Edouard Magnan.
Néanmoins, les mutuelles
devraient pouvoir continuer à exister grâce à leur activité de complémentaire santé. Environ
150.000 étudiants sont affiliés à la
complémentaire santé de la LMDE,
tout comme à celle d’EmeVia.
nit une dizaine de mutuelles régionales. En supprimant le régime
d’assurance-maladie obligatoire
des étudiants, le gouvernement
supprime en effet, par là même, la
principale activité des mutuelles
étudiantes. « Cela représente plus de
Aucun plan social
n’est prévu
Du reste, aucun plan social n’est
prévu. Le personnel sera en effet
entièrement reclassé à la CNAM en
janvier prochain, comme ce fut le
cas pour la LMDE, qui a transmis
une partie de ses salariés et de ses
activités à l’assurance-maladie en
2015. « Il y a eu le départ de 436 salariés, mais en même temps on a rétrocédé les activités de gestion du régime
étudiant », déclare Romain Boix,
président de la LMDE. Ainsi, « si
certains pensaient tuer les mutuelles
étudiantes en tuant le régime étudiant, ils vont être déçus », affirme
Pierre-Edouard Magnan.
Chez les associations étudiantes,
deux sons de cloche se font entendre. Du côté de la Fage – qui plaide
pour la suppression de ce régime
depuis 2012 –, on se réjouit d’avoir
été entendu par le gouvernement.
« En étant à la CNAM, les étudiants
bénéficieront d’un système de soins
90
EUROS
Montant que devront s’acquitter
les étudiants au titre de la
nouvelle contribution vie
étudiante et de campus (CVEC).
Ils n’auront plus à payer les
217 euros pour s’affilier au RSSE.
beaucoup plus efficient », insiste
Jimmy Losfeld, président de la
Fage, qui pointe « des délais de remboursement extrêmement importants ». Du côté de l’Unef, on
déplore au contraire cette décision
qui « attaque l’autonomie des jeunes ». Pour Lilâ Le Bas, présidente
de l’association étudiante, cette
modification législative signe
« l’émergence des mutuelles et des
assurances privées ».
A la rentrée, les étudiants
n’auront donc plus à s’acquitter des
217 euros demandés pour s’affilier
au RSSE, mais devront tout de
même débourser 90 euros au titre
d’une nouvelle « contribution vie
étudiante et de campus » (CVEC). Le
gouvernement devrait pour sa part
remettre un premier rapport au
Parlement en septembre 2021 afin
d’évaluer le nouveau dispositif du
régime étudiant. n
en bref
Le fonds souverain saoudien recrute
l’ancien patron de DowDuPont
FONDS Le fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF) a
recruté l’ancien PDG de DowDuPont, Andrew Liveris, en tant que
conseiller spécial, selon Reuters. Sa mission consiste à aider le fonds à
augmenter la valeur de son portefeuille. Le PIF, dont l’ambition est de
devenir le plus gros fonds souverain du monde, est au cœur du plan de
transformation de l’économie saoudienne lancé par le prince héritier
Mohammed ben Salmane. Ce plan repose sur la capacité du fonds à
investir dans des secteurs hors du pétrole et à générer des rendements
élevés. Le PIF vise un encours supérieur à 400 milliards de dollars d’ici
à 2020. Alors que l’introduction en Bourse du géant national Aramco a
été reportée sine die, la priorité est la vente par le fonds de sa participation majoritaire dans Saudi Basic Industries à Aramco. Andrew Liveris
est entré au conseil d’administration d’Aramco cette année.
Bruno Le Maire en attend plus des banques
sur les frais des plus fragiles
AFP
ASSURANCE MALADIE
BANQUE Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a
confirmé dimanche son intention de plafonner à 200 euros par an les
frais bancaires des Français les plus fragiles et va demander aux banques
d’agir pour augmenter les souscriptions d’offre spécifique de comptes à
leur destination. Le ministre a exprimé dimanche sur BFM TV le souhait
qu’elles se mobilisent pour augmenter de 30 % le nombre de comptes
spécifiques pour ces populations fragiles. Le gouvernement doit réunir ce
lundi la Fédération bancaire française (FBF) et le gouverneur de la
Banque de France en ce sens. Le
ministre s’est prononcé en outre
pour un système d’alerte et de prévention « beaucoup plus efficace »,
indiquant que ces mesures pourraient être intégrées au projet de loi
Pacte de croissance et transformation des entreprises dont l’Assemblée
nationale entame l’examen en commission cette semaine.
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FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
Rentrée animée pour les
émissions de dette d’entreprise
LA SÉANCE DU 31 AOÛT 2018
OBLIGATIONS
Total, Michelin et
Siemens ont ouvert
le bal la semaine
dernière.
La Bourse de
Paris clôture
en nette baisse
Les entreprises
veulent profiter des
bonnes conditions
avant la fin du soutien
de la BCE.
Les places financières ont
•connu
une séance difficile
Guillaume Benoit
@gb_eco
Le marché des obligations entreprises a fait sa rentrée avec une
semaine d’avance. Plus de 10 milliards d’euros ont ainsi été levés
entre mardi et vendredi derniers.
Un volume peu habituel pour une
fin de mois d’août. Parmi les gros
emprunteurs, on compte Total
(1,25 milliard en 2 tranches), Siemens (2,75 milliards en 3 tranches)
et Michelin (2,5 milliards en 3 tranches). Le groupe de pneumatiques
signe là la plus grosse levée obligataire de son histoire.
Particularités de ces opérations,
elles offraient toutes des durées
assez longues. Ainsi, chez Michelin,
c’est la tranche à 12 ans qui a le plus
intéressé les investisseurs, avec une
demande de 2,6 milliards d’euros.
La tranche à 20 ans (750 millions
d’euros) n’a pas été en reste, avec des
ordres atteignant 2,2 milliards.
« Les investisseurs sont prêts à miser
sur des durées plus longues en
échange d’un rendement quand les
émetteurs affichent une qualité de
crédit solide », explique Franck Hergault chez Crédit Agricole CIB. Ce
qui est le cas de ces trois entreprises,
toutes notées dans le haut de la catégorie investissement.
D’autres opérations devraient
suivre, de la part d’entreprises un
peu moins bien notées. « Les émetteurs attendent souvent qu’une ou
deux opérations significatives rou-
Parmi les gros emprunteurs, on trouve Michelin (2,5 milliards en trois tranches). Le groupe
de pneumatiques signe là la plus grosse levée obligataire de son histoire. Photo Jean-Sébastien Evrard/AFP
vrent le marché avant de se lancer »,
témoigne Franck Hergault. Beaucoup d’entreprises avaient préféré
temporiser, face à, un contexte agité
à la fin du printemps. Les soubresauts de la dette italienne et les ten-
Les montants levés
sur le marché
en euros s’élèvent
à 230 milliards
contre 246 milliards
l’an dernier.
sions liées aux craintes de guerre
commerciale avaient entraîné une
forte volatilité, peu propice aux
émissions. Les montants levés sur
le marché en euros, toutes catégories de notation confondues, s’élèvent à 230 milliards d’euros, contre
246 milliards l’an dernier, selon les
estimations de Société Générale.
Certes, 2017 avait été une année
record. Mais on est encore loin de
prévisions de volumes pour 2018
supérieurs à 350 millions d’euros.
Pour satisfaire ce besoin de financement, les entreprises ne veulent
plus perdre de temps. « Les conditions de financement sont encore
intéressantes pour les entreprises,
estime Blaise Bourdy, chez Société
Générale. Michelin, par exemple,
affiche un coupon de 2,5 % pour sa
tranche à 20 ans. »
Contexte moins favorable
Mais cela ne durera pas : la tendance est à la hausse des taux et des
primes demandées par les investisseurs aux entreprises plutôt qu’aux
Etats. « Il va d’abord y avoir un effet
lié à l’abondance des émissions en
septembre, qui pousse les investisseurs à demander des primes plus
élevées, avertit Blaise Bourdy. Le
contexte géopolitique (situation italienne, guerre commerciale EtatsUnis - Chine…) pèse également. Et la
Banque centrale européenne va arrêter ses achats nets d’obligations fin
décembre. » L’institut de Francfort a
déjà considérablement réduit ses
acquisitions de titres. Et même s’il
s’est engagé à réinvestir les montants dont il sera remboursé lorsque les obligations de son portefeuille arriveront à échéance,
l’impact et le montant de ces réinvestissements sont difficiles à quantifier. Ils seront en tout cas moins
efficaces que les investissements
directs de la BCE lors des émissions
des entreprises. Et sa moindre
intervention sur le marché secondaire va également toucher les prix
sur le marché primaire. Un contexte moins favorable alors que les
investisseurs ont déjà repris la main
sur la fixation des prix. n
vendredi, sur fond de regain
de tensions commerciales
entre les Etats-Unis et la Chine.
La menace d’une nouvelle salve
de taxes douanières portant
sur 200 milliards de dollars
de produits chinois importés
aux Etats-Unis a inquiété les
investisseurs.
A Paris, le CAC 40 a perdu
1,3 % à 5.406,85 points, dans un
volume d’échanges de 3,6 milliards d’euros. Sur la semaine,
l’indice a cédé 0,47 %. Vendredi,
la Bourse de Francfort a reculé
de 1,04 %, celle de Londres de
1,11 %, de même que l’indice
européen Euro STOXX 50.
A Wall Street, le Dow Jones
a finalement terminé quasi
stable (– 0,09%). Les marchés
américains sont fermés ce
lundi pour cause de jour férié.
Le secteur automobile a souffert des menaces du président
Tr u m p . R e n a u l t a p e r d u
0,67 %, Peugeot 1,58 %, Valeo
0,99 % et Michelin 2,21 %.
La séance a aussi été marquée par la dégringolade de
Casino. Le titre a abandonné
10,22 % à 27,31 dollars, après
avoir chuté de 16,6 % en séance.
La valeur, qui a fait l’objet d’un
abaissement d’objectif de cours
de Credit Suisse en milieu de
semaine passée, a enchaîné
trois séances de repli. Le groupe
a reconnu un « retard technique » dans la publication
des comptes de sa filiale Casino
Finance sur Infogreffe. Un
retard que l’activiste Muddy
Waters, qui avait attaqué
Casino en Bourse fin 2015,
a dénoncé vendredi sur son
compte Twitter.
Kering a reculé de 2,99 %,
LVMH de 2,66 % et Hermès
de 1,96 %. Une note d’UBS a
évoqué un possible ralentissement des dépenses chinoises
dans le luxe.
Saint-Gobain s’est distingué au sein du CAC 40. Le titre
s’est apprécié de 1,97 %, soutenu
par un relèvement de sa recommandation par Bank of America-Merrill Lynch.
Air France-KLM a poursuivi sa chute. Après avoir
abandonné 7 % jeudi, le titre
a lâché 3,43 %. Kepler Cheuvreux a revu sa recommandation à la baisse.
11 OCTOBRE 2018
4e ÉDITION
AccorHotels Arena Paris
Wells Fargo licencie des salariés
ayant falsifié leurs notes de frais
Les employés ont
modifié l’heure de
la commande sur les
factures envoyées par
e-mail pour que
les dîners puissent
donner lieu à un
remboursement.
Etienne Goetz
@etiennegoetz
Opération nettoyage. La banque
américaine Wells Fargo, éclaboussée par le scandale des comptes fantômes, a licencié ou suspendu plus
d’une dizaine de salariés de sa banque d’investissement, soupçonnés
de ne pas avoir respecté les règles de
remboursement des repas du soir,
rapporte le « Wall Street Journal ».
Comme dans l’immense majorité
des entreprises, les salariés de Wells
Fargo peuvent faire passer en note
de frais leur dîner s’ils sont contraints de rester tard pour travailler
sur une opération ou s’ils ont un rendez-vous avec un client.
Les dirigeants de Wells Fargo ont
appris que certains salariés commandaient des repas via des platesformes de livraison en ligne avant
l’heure autorisée pour les notes de
frais. Par la suite, les employés trafiquaient la facture envoyée par
e-mail pour que l’heure de la commande puisse donner lieu à un remboursement. Après des mois
Le groupe mène un plan drastique d’économies visant à réduire
les dépenses de 4 milliards de dollars d’ici à 2019. Photo Shutterstock
d’enquête interne, des salariés ont
été sanctionnés (licenciement, suspension) et le versement de leur
bonus dû cet été a été retardé. Selon
un document d’un régulateur américain, la Finra, au moins neuf analystes et associés ont été limogés ou
ont démissionné après des soupçons de modification de notes de
frais.
Bilan plafonné
Ces mesures interviennent alors
que l’établissement est sous pression des régulateurs, dans le sillage
du scandale des comptes fictifs
ouverts à l’insu des clients pour
gonfler les revenus de sa banque de
détail. La maison a payé une
amende de 1 milliard de dollars
pour solder une partie des poursui-
tes, notamment venant du bureau
de protection des consommateurs
(CPFB). La banque s’est séparée
d’environ 5.000 salariés et a débarqué son PDG, John Stumpf. La Fed a
par ailleurs imposé une limite au
développement de Wells Fargo en
fixant un plafond à son bilan.
Parallèlement, le groupe mène
un plan drastique d’économies
visant à réduire les dépenses de
4 milliards de dollars d’ici à 2019,
afin d’absorber les contrecoups du
scandale et de l’environnement de
taux bas qui met à mal la marge
nette d’intérêt. Le quotidien américain rappelle que Fidelity s’était
séparé de plus de 200 salariés pour
des abus concernant des achats
d’ordinateurs et des avantages pour
les activités sportives. n
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32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
séAncE du 31 - 08 - 2018
CaC 40 : 5406,85 (-1,30 %) neXt 20 : 12309,35 (-0,96 %)
CaC larGe 60 : 6019,34 (-1,26 %)
CaC all-tradaBle : 4268,15 (-1,16 %)
Date De ProroGation : 25 sePtemBre
euronext
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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a
fr0000120404
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a
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28/05/18 2,65
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a
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16/04/18 1,28
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lu1598757687
atos se (ato) R
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17/05/18 0,09
a
31/05/18 1,7
a
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03/05/18 1,26
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a
fr0000131104
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30/05/18 3,02
a
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caP-Gemini (cap) R
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a
fr0000125338
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a
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21/06/18 0,46
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a
fr0000045072
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a
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enGie (enGi) R
04/05/18 1,9
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essilor international (ei) R a
fr0000121667
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fr0000121485
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14/05/18 4
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leGranD (lr) R
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a
fr0010307819
l'oréal (or) R
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a
fr0000120321
micHelin (ml) R
25/04/18 3,55
a
fr0000121261
22/05/18 3,55
ouv
vol.
nb titres
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109,7
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21,925
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685.055.200
12,845
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2.435.285.011
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157117
219.137.552
571,2
19221
105.569.412
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191167
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552057
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103
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clot
+ haut
+ bas
43,1
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108,8
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25,94
26,16
25,64
103,2
103,5
102,15
21,745
21,925
21,65
50,58
51,38
50,36
38,03
38,8
37,97
110,75
111,95
110,3
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15,63
15,33
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11,734
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68,45
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12,63
12,855
12,61
124,3
125,75
123,85
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571,2
558,2
468
482,3
468
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101,95
% Veil
% mois
% 52 s.
- 1,15
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- 1,36
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+ 0,25
+ 50,49
- 1,01
- 5,72
+ 15,6
- 0,58
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+ 17,21
- 1,96
+ 3,43
+ 26,09
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+ 59,68
- 2,66
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+ 37,05
- 0,28
+ 3,28
+ 10,22
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27,69
20,495 5,79
- 18,75
68,66
50,36
5,97
- 12,19
45,98
36,08
4,47
+ 11,99
119,8
97,38
1,54
- 14,8
19,73
12,955 2,99
- 14,55
15,54
11,105 5,34
- 3,05
71,78
62,24
2,8
- 11,89
1,21
14,815 10,47
12,165
2,77
+ 8,13
127,6
105,35
1,23
+ 25,54
614,6
417,9
1,36
+ 28,11
522,4
338,263 0,86
+ 23
313,7
232,5
1,13
+ 1,11
67,44
60,42
1,94
+ 11,76
214,9
170,3
1,72
- 14,72
130,85
100,25
3,48
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ost
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a
fr0000133308
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a
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a
fr0000125007
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a
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fr0000121972
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a
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a
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a
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a
fr0013326246
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a
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a
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a
fr0000127771
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vol.
nb titres
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74,5
821565
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113
903981
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3337132
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553017
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1031170
1.305.230.587
srD
clot
+ haut
+ bas
13,95
14,055
13,905
136
136
134,8
23,7
23,99
23,61
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55,84
55,2
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113,15
111,35
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37,39
36,67
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73,69
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35,24
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114,4
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17,935
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26,16
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53,87
181
183,98
180,22
39,11
39,26
38,68
18,16
18,265
18,095
82,56
83,76
82,48
22,35
22,54
22,3
% Veil
% mois
% 52 s.
- 0,78
- 4,55
- 2,28
+ 0,3
- 1,41
+ 18,47
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+ 37,64
+ 1,97
- 2,65
- 19,56
- 1,19
- 0,91
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- 0,65
+ 2,03
+ 3,71
- 1,03
- 7,53
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+ 0,2
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+ 22,42
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+ 24
- 0,63
- 4,66
- 0,99
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- 0,6
- 7,04
- 7,86
- 1,32
-4
+ 6,74
- 0,45
+ 0,68
+ 15,95
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 3,63
15,235
13,315
2,15
+ 3,07
147,75
120,05
0,74
+ 39,78
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16,455 2,24
- 2,38
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51,78
3,62
- 11,57
100,8
70,26
4,78
+ 30,72
113,65
81,04
1,43
- 19,39
48,6
35,19
3,51
+ 2,56
76,17
62,88
4,11
- 0,87
78,56
66,54
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- 18,14
47,505
34,815 6,24
- 19,93
113,05
76
3,07
- 1,08
7,98
120,65
14,37
105,15
- 2,75
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77,91
16,57
0,29
+ 2,01
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22,9
+ 16,99
56,27
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1,15
- 5,95
195,5
178,25
- 37,19
66,48
3,2
36,54
- 14,64
22,29
17,895 4,63
- 3,04
88,8
77,56
2,13
- 0,31
24,87
20,26
2,01
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
aB science (ab) g
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
B 4,402
4,4
24043
4,438
40.789.901
4,382
B 7,12
7,14
7406
7,15
fr0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
7,1
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B 6,8
6,71
6823
6,8
fr0012333284
9.904.229
6,71
acantHe DeV. (acan) g
c 0,612
0,61
1655
0,612
fr0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,61
actia GrouP (ati) g
c 8,55
8,52
6532
8,55
fr0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
8,45
aDocia (aDoc) g
B 17,14
17,4
71280
17,62
fr0011184241
6.916.753
16,72
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a 189,7
189,3
81486
190,1
fr0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
188,4
air France-Klm (af) !
a 8,42
8,274
4579380
8,44
fr0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,16
aKKa tecHnoloGies (aKa) g
B 65,8
68,4
33811
68,6
fr0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
65,8
aKWel (aKW) g
B 21,45
20,9
8106
21,45
fr0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
20,75
alD (alD)
a 16,07
16,05
9737
16,08
fr0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
15,96
alPes (cie Des ) (cDa) g
B 28,7
29,95
23736
29,95
fr0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
28,5
alstom (alo) LR
a 38,03
38
592060
38,12
fr0010220475
20/07/18 0,35 222.210.471
37,77
altarea (alta) g
a 199,6
199,6
5471
200
fr0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
197
alten (ate) !
a 89,5
88,95
42111
89,75
fr0000071946
25/06/18 1 33.828.497
88,8
altran tecHnoloGies (alt) ! a 9,43
9,48
718708
9,51
fr0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
9,415
amPlituDe surG. (ampli) g
3,2
3,16
5169
3,2
fr0012789667
46.929.852
3,16
amunDi (amun) !
a 62,4
62,1
eX-Ds 15/03/17
56529
62,48
fr0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
61,34
aPril GrouP (apr)
B 12,4
12,45
1407
12,6
fr0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
12,35
arcHos (JXr) g
c 0,732
0,73
90072
0,74
fr0000182479
42.561.334
0,726
arKema (aKe) L
a 108
107,9
66788
108,3
fr0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
107,25
artPrice.com (prc) g
c 14,18
14,24
7642
14,3
fr0000074783
6.651.515
14,08
assYstem (asY) g
B 28,1
27,8
oPa 24/11/17
4892
28,1
fr0000074148
19/06/18 1 15.668.216
27,7
atari (ata)
c 0,445
0,438
752353
0,445
fr0010478248
255.105.360
0,437
auBaY (aub) g
c 40,8
41,4
5450
41,4
fr0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
40,8
aurea (aure)
c 7,26
7,2
837
7,28
fr0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
7,18
aVenir telecom (avt) g
c 0,221
0,221
37450
0,221
fr0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,22
aXWaY soFtWare (aXW) g
B 18,12
18,5
5402
18,5
fr0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
17,86
Bénéteau (ben)
a 13,88
13,76
153147
14
fr0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
13,7
Bic (bb) !
a 78,25
79,75
153752
79,95
fr0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
77,95
BiGBen int. (biG) g
c 10,58
10,58
25348
10,66
fr0000074072
30/07/18 0,1 19.060.784
10,3
BiomérieuX (bim)
a 75,5
75,7
99062
76,1
fr0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
75,2
Boiron (boi) g
a 67,1
67,1
682
67,1
fr0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
66,8
Bolloré (bol) !
a 4,16
4,124
1632730
4,176
fr0000039299
06/06/18 0,04 2.927.197.152
4,06
BonDuelle (bon) g
B 28,5
28,7
8245
28,85
fr0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
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Bureau Veritas (bvi) L
a 22,27
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22,3
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18/05/18 0,56 442.036.000
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a 1330
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carmila (carm)
c 22,95
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fr0010828137
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22,75
casino (co) LR
a 30,42
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4244245
30,43
fr0000125585
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catana GrouP (catG) g
c 3,24
3,26
206466
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fr0010193052
30.514.178
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cGG (cGG) !
c 2,452
2,39
2711940
2,5
fr0013181864
699.326.544
2,378
cHarGeurs (cri) g
c 25,22
24,86
14687
25,24
fr0000130692
26/04/18 0,35 23.501.104
24,62
cHristian Dior (cDi)
a 378,3
371,2
eX D oP 08/06/17
4889
378,3
fr0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
369,5
cie Du camBoDGe (cbDG)
a
/240818
fr0010557264
aBc arBitraGe (abca) g
fr0000079659
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. ! : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
- 0,68 - 47,24
- 1,57
11,15
- 57,12
4,05
- 0,28 + 13,69
7,48
+ 18,21
6,27
- 1,76 - 22,25
+ 0,3
9,87
- 37,76
6,48
- 0,65 - 29,07
- 5,86
0,87
- 18,67
0,562
- 0,58 + 22,06
+ 7,71
9,08
+ 12,11
6,83
+ 3,57 + 21,25
- 3,33 21,3
+ 7,94 13,28
- 0,42 + 19,43
- 1,1 202,6
+ 26,33 156
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+ 5,04 16,64
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fr0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
11,52
HiGH co (hco) g
c 5,75
5,8
8936
5,8
fr0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,68
HuBWoo (hbW) g
c 0,165
0,174
2580
0,174
fr0004052561
136.345.527
0,165
icaDe (icaD) !
a 84,4
84,05
54786
84,5
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.531.428
83,7
iD loGistic (iDl) g
B 153,2
152,6
2882
153,4
fr0010929125
5.628.475
151,6
iliaD (ilD) !
a 112,5
111,3
268284
115,35
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
110,75
imerYs (nK) !
a 62,45
61,9
127014
62,65
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
61,7
inGenico GrouP (inG) LR
a 60,52
60,54
553141
60,84
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
59,44
innate PHarma (iph) g
B 4,7
4,742
35188
4,744
fr0010331421
57.600.100
4,688
insiDe secure (insD)
c 2,66
2,62
31675
2,68
fr0010291245
44.119.162
2,62
inter ParFums (itp) g
B 39,6
39,9
14582
40
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
39,5
iPsen (ipn) !
a 153,1
153,15
24385
153,65
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
151,9
iPsos (ips) !
a 29,04
27,3
76331
29,04
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
27,28
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 24,7
25,15
17088
25,45
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
24,55
JcDecauX (Dec) !
a 28,78
28,38
114498
28,78
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
28,32
KauFman & BroaD (Kof)
B 45,04
45,3
25623
45,38
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
44,42
KlePierre (li) LR
a 31,13
30,9
896159
31,13
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
30,62
Korian (Kori)
a 29,3
29,16
65195
29,32
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
28,9
laFarGeHolcim (lhn) L
a 42,14
42,11
180224
42,3
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
41,76
laGarDère (mmb) !
a 25,39
25,4
250642
25,52
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
25,32
latecoere (lat) g
c 4,27
4,14
131987
4,28
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
4,14
le Bélier (beli) g
c 46,8
46,2
983
46,8
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
46
lna santé (lna) g
B 57,5
57,6
6506
57,6
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
57,1
lectra (lss)
B 23
22,75
12689
23
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
22,6
lineData sVices (lin) g
B 35,5
35,5
601
35,5
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
35,25
lisi (fii) g
a 34,85
35,4
3937
35,4
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
34,65
lumiBirD (lbirD) g
c 16,96
16,5
27787
17
fr0000038242
15.884.557
16,5
m6-métroPole tV (mmt) !
a 17,28
17,03
92718
17,28
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17
maisons Du monDe (mDm)
B 24,92
25,22
29609
25,32
18/06/18 0,44 45.241.894
fr0013153541
24,8
maisons France conF. (mfc) g B 46,95
46,55
1540
46,95
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
45,7
manitou (mtu) g
B 31,85
31,2
12641
31,85
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.617.974
31
marie BrizarD W & s (mbWs)
B 6,2
6,18
29124
6,25
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
6,08
mauna Kea (mKea)
c 2,97
2,9
66148
2,98
fr0010609263
23.147.338
2,81
mercialYs (merY) g
a 14,73
14,69
135031
14,79
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
14,56
mersen (mrn) g
B 34,1
33,65
21671
34,1
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
33,2
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,005
1,996
22512
2,015
fr0004177046
23.261.500
1,984
nanoBiotiX (nano) g
B 17,54
17,66
124255
17,68
fr0011341205
19.633.373
17,17
natiXis (Kn) LR
a 5,78
5,75
1321112
5,798
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,738
natureX (nrX) g
B 134,6
134,8
648
135,2
fr0000054694
03/07/14 0,1 9.568.951
134,6
netGem (ntG) g
c 1,835
1,83
1919
1,84
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,83
neXans (neX) !
a 27,81
27,5
158497
27,85
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
27,18
neXitY (nXi) !
a 52,5
52,55
11989
52,75
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
51,9
nicoX (coX)
B 7,805
7,79
64064
7,845
fr0013018124
22.869.669
7,725
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,98
8,8
7111
9
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,8
oeneo (sbt) g
B 10,1
10,12
25383
10,22
fr0000052680
31/07/18 0,15 63.180.843
10,08
onXeo (onXeo) g
B 1,181
1,17
49944
1,181
fr0010095596
50.914.722
1,17
orPéa (orp) !
a 116
116,5
80927
116,75
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
115,4
Parrot (parro) g
B 4,81
4,72
28916
4,835
fr0004038263
30.174.671
4,72
PHarmaGest int. (pha)
62,8
63,2
483
63,2
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
62,7
Pierre & Vacances (vac) g
B 30,1
30,55
2606
30,8
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
30,05
PiXium Vision (piX) g
c 1,92
1,906
73300
1,92
fr0011950641
20.813.963
1,85
Plastic omnium (pom) !
a 34,6
34,12
270423
34,68
fr0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
34,08
PlastiValoire (pvl)
B 14,2
14,28
DiV 8 02/05/17
20729
14,28
fr0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
13,94
PsB inDust. (psb)
c 51,2
51
1165
51,4
fr0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
51
rallYe (ral)
a 9,54
8,92
114950
9,56
fr0000060618
30/05/18 1 54.999.135
8,635
recYleX sa (rX)
c 7,76
7,005
171542
7,78
fr0000120388
04/07/90 0,61 25.741.482
6,99
rémY cointreau (rco) !
a 120,8
120,7
79907
121,2
fr0000130395
31/07/18 1,65 50.223.800
119,8
reXel (rXl) !
a 13,49
13,55
1128029
13,57
fr0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
13,395
roBertet sa (cbe)
B
/270818
c.i.P.
fr0000045601
28/06/18 5,2 143.582
roBertet sa (cbr)
B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 32,9
33,3
30721
33,8
fr0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
32,65
ruBis (rui)
a 50,55
51
DiV 2 28/07/17
150179
51,25
fr0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
50,4
sartorius steD. Bio. (Dim)
a 109,9
109,2
DiV 6 10/05/16
48288
110,5
fr0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
109,1
saVencia (bh)
B 72,6
73,2
790
73,2
fr0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
72,4
% Veil % an
bpa
% mois + haut an per
% 52 s. + bas an rDt
- 2,04
- 1,64 27,9
- 4,76 22
2,71
- 2,87 - 2,45
- 2,07 95
- 15,83 67,5
6,2
- 1,54 - 1,54
- 3,4
0,34
- 5,19
0,23
+ 0,28 - 9,13
- 5,07 19,04
- 28,62 13,24
- 1,75 - 15,56
- 1,75 22,2
- 33,54 15,36
- 1,59 - 26,61
- 4,62 36,5
- 22,98 23,7
1,25
+ 0,86 + 17,56
+ 5,08 60,55
+ 37,52 47,06
2,26
+ 1,72 - 26,84
- 8,24 19,68
- 21,7
11,5
1,86
+ 0,87 + 18,37
+15,08
5,8
+ 6,42
4,3
2,41
+ 5,46 + 8,75
0,204
+ 16
0,155
- 0,18 + 2,59
+ 1,51 88,65
+ 12,58 76,25
- 1,29 + 12,87
+ 8,38 156,6
+ 9,98 120
- 0,94 - 44,28
-17,86 214,4
- 48,7
110,75
0,61
- 1,28 - 21,19
- 6,78 87,8
- 16,24 61,7
3,35
- 0,66 - 31,99
-14,68 94,34
- 27,41 59,44
2,48
+ 0,3 - 0,17
- 2,91
6,995
- 56,89
4,41
- 1,87 - 10,88
- 9,66
3,12
- 6,09
2,215
+ 0,63 + 27,03
+ 5,7
40,25
+ 33,81 30,727
1,68
+ 0,1 + 53,81
+ 7,74 153,65
+ 35,71 99
0,65
- 6,38 - 11,07
- 4,61 34,5
+ 4,06 25,96
3,19
+ 2,65 - 8,55
- 0,2
32,9
+ 0,2
24
2,78
- 0,98 - 15,55
+ 1,57 36,9
+ 3,18 25,46
1,97
+ 0,18 + 14,31
+ 3,57 47,26
+ 18,15 38,9
4,08
- 0,26 - 15,72
- 4,25 38,58
- 8,71 30,42
- 0,55 - 0,97
- 2,67 30,58
- 1,15 22,84
2,06
- 1,7 - 10,48
4
- 3,51
51,1
- 14,7
40,08
- 0,12 - 4,98
+ 1,64 27,17
- 5,89 21,99
5,12
- 3,16 - 27,5
+ 2,22
6
+ 3,24
3,95
- 2,02 - 7,62
- 9,59 66,3
+ 6,7
45,1
2,55
- 2,21
+ 5,49 60
+ 6,75 50,5
0,41
- 0,87 - 9,54
+ 2,25 26,3
- 2,07 17,82
1,67
- 9,69
+ 0,28 39,45
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3,8
+ 1,87 - 11,72
+19,39 41,75
- 4,17 29
1,36
- 2,94 +134,04
+15,55 17,96
+157,81
6,8
- 1,73 - 20,92
- 7,6
24,34
- 7,8
16,71
5,58
+ 1,53 - 33,19
- 3,59 38,58
1,75
- 27,32 23,56
- 0,85 - 22,33
+10,05 63,9
- 20,43 40,1
3,65
- 2,19 + 2,3
- 4,29 37,95
+ 13
29,5
1,99
+ 1,15 - 50,87
-18,15
13
- 59,66
5,84
- 3,01 - 38,82
- 0,68
5,41
+ 36,15
2,48
+ 0,14 - 20,36
- 4,11
18,75
- 13,18
14,51
- 1,32 - 9,88
- 4,94 41,9
+ 8,9
31,65
2,23
- 0,94 - 12,46
- 2,16
2,52
- 12,84
1,9
+ 0,91 + 19,08
+12,63 18,87
- 6,21
8,295
- 0,73 - 12,83
- 6,5
7,45
- 8,85
5,726
6,44
+ 0,15 + 52,2
- 0,44 136,6
+ 60,48 84,1
- 24,38
-22,46
2,9
- 25,61
1,82
27,32
- 0,94 - 46,19
- 3,98 52,26
- 41,35 27,04
2,55
+ 0,19 + 5,9
- 0,28 56,6
+ 12,87 45,28
4,76
- 0,7 - 23,18
- 2,38 10,95
- 19,69
7,66
- 2
- 3,51
+ 0,46
9,24
- 19,93
7,6
1,71
+ 0,4 - 1,27
- 1,75 10,94
+ 10,48
9,5
1,38
- 0,93 + 8,33
- 4,88
2,49
- 71,18
1,051
+ 0,43 + 18,51
- 0,98 125,2
+ 14,44 87,5
0,94
- 2,08 - 46,49
+12,92
9,56
- 60,8
4,04
+ 0,8 + 43,8
+ 8,22 65,8
+ 43,02 44,05
1,03
+ 1,66 - 33,34
+13,15 45,65
- 31,15 26
- 0,21 - 25,23
+13,18
4,085
- 63,02
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FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
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c
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a
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b
bains monaco
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c
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c
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a 5
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c
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c
cegedimg
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31,5
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c
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c
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c130
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c
cs-com. et syst.g
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deinove
2,6
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49
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115
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1,84
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c
expl. prod. chim.
c
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c
f.i.e.b.m.
c
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c
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3,07
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b
fiducial office
c 28
28
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190
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a
finatis
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fleury michon
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2,22
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c 114
114
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c
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c
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14,2
frey
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fsdv
c
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139
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c
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c
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b 53,2
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c
ind. fin. ent.
c
infotelg
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5,72
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c376
376
intexa
c
inventiva
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c 6,7
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lacroix sa
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27,5
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c 23
23
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b 31,2
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laurent-perrier
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c
lebon
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les nx constr.
b 50
50
lexibookg
c 0,98
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locindus
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c
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b 78,8
78,8
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a 5,81
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19
23444
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c
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c
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31-08-2018
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31-08-2018
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332,33 0.04 327,74 1.36
341,97 0.07 332,52 2.77
231,76 -0.06 234,24 -1.00
var %
31/12 var %
cours a TErME de l’euro contre les principales devises
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1596
1,1597
0,8944
0,8945
1,1244
1,1247
10,6188
10,6205
7,4555
7,4558
128,6900
128,6990
1,5166
1,5168
-0,0077
-0,0077
-0,0027
-0,0030
-0,0014
-0,0016
0,0057
0,0056
0,0022
0,0014
-0,4037
-0,4376
-0,0033
-0,0036
-0,0132
-0,0133
-0,0024
-0,0049
-0,0007
-0,0009
0,0070
0,0064
0,0043
0,0034
-0,4487
-0,4997
-0,0088
-0,0092
-0,0225
-0,0225
-0,0075
-0,0078
0,0006
0,0003
0,0090
0,0075
0,0075
0,0065
-0,4782
-0,5214
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-0,0189
-0,0418
-0,0420
-0,0140
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0,0036
0,0022
0,0042
0,0012
0,0134
0,0110
-0,5393
-0,5983
-0,0395
-0,0403
31-08-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base inDispOnible %
usa
taux jour le jour
1.90 %
fOnDs feDeraux
2.00 %
2 ans
2.72 %
10 ans
2.91 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.30 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.08 %
Taux bons du trésor
btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,57
-0,54
-0,61
-0,59
-0,54
-0,41
0,07
0,74
indicEs de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juin 16
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
tmm
euribor
1 mois
3 mois
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-0,3279
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
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-0,3648
-0,3628
-0,3614
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-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
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-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,268
-0,294
-0,298
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-0,309
-0,313
-0,313
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-0,329
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-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
source cdc ixis
tme
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
the
0,45
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
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0,97
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0,83
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0,65
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0,41
0,45
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0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
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0
0
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0
0
0
26-07
27-07
30-07
31-07
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14-08
15-08
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17-08
20-08
21-08
22-08
23-08
24-08
27-08
28-08
29-08
30-08
31-08
0,65
0,73
0,73
0,73
0,73
0,73
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0,80
0,80
0,80
0,80
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,71
0,71
0,71
0,71
0,71
0,76
0,65
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
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0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
-0,366
-0,365
-0,366
-0,366
-0,363
-0,358
-0,358
-0,355
-0,355
-0,361
-0,356
-0,357
-0,357
-0,357
-0,357
-0,359
-0,362
-0,36
-0,36
-0,361
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,37
-0,37
-0,368
-0,369
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,37
-0,371
-0,37
-0,37
-0,321
-0,32
-0,32
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
0,68
0,67
0,70
0,70
0,74
0,75
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,65
0,65
0,66
0,66
0,65
0,64
0,64
0,63
0,65
0,66
0,66
0,68
0,68
0,70
0,71
0,68
thor.
pub.
priv.
0,85
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,85
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
MaTièrEs prEMièrEs
MéTaux préciEux
MéTaux non FErrEux
MéTaux sTraTégiQuEs
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
31/08
30/08
COURS PriMe Prec.
lingot
0
33700
33670
10 florins
203
-0,35
199
5 dollars*
271
7,03
267
10 dollars
598,75
18,24
598
20 dollars
1149,5
13,46
1149
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1279
1,3
1261
latine
196,9
0,72
196,9
napoleon
199,9
2,26
193,9
1/2 napoleon* 109
11,52
109
souverain eli i* 254,8
3,38
258
souverain
251,7
2,12
251,3
1/2 souverain* 121
-1,81
128,7
suisse
193,8
-0,86
194
tunisienne*
195
-0,25
195
mark*
254
5,36
254
krugerrand
1099
4,94
1061
lingotin 500grs 17190
2,11
17190
lingotin 250grs 8630
2,52
8550
lingotin 100grs 3445
2,32
3440
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
484,58
483,8
cuivre (girm):
LondrEs
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
26 905
26 976
Fix2
27 064
26 987
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
21 975
21 773
Fix2
21 895
21 810
London BuLLion MarKET
31/08
30/08
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 444
1 448
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 202
1 197
palladium (eN dollars Par oNce troy)
979
980
platine (eN dollars Par oNce troy)
792
792
2,32
6721
2590
500
1
10162
10409
eur
Marché obligataire
Taux marchés monétaires et eurodevises
cours dE changEs croisés
31-08-2018
settleMeNt
31/08
sePt. 18
14,44
déc. 18
14,56
JaNv. 19
14,59
Mars 19
14,67
Mai 19
14,74
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
30/08
14,46
14,59
14,62
14,72
14,78
settleMeNt
31/08
787,1
790,4
795,6
801,6
808,8
30/08
1205,8
1216
1222,5
1229
1239,9
settleMeNt
30/08
789,9
794,5
800,5
795
808,6
613,14 dePuis le 31/08
base cuivre
base laMiNé laitoN 1 titre 515,42 dePuis le 31/08
524,3 dePuis le 31/08
base laMiNé laitoN 70/30
base laMiNé laitoN 85/15
568,71 dePuis le 31/08
base laMiNé broNze 94/6
698,79 dePuis le 31/08
base laMiNé broNze 94/4
670,24 dePuis le 31/08
London METaL ExchangE
31/08
30/08
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1570-1580
1600-1620
13500
1575-1585
1630-1650
13500
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2115-2116
2141-2142
1075750
2126-2127
2148,5-2149
1073050
cuivre (en $ par tonne)
cash
3 Mois
stocks
6065,5-6066,5
6070-6071
266450
cash
3 Mois
vol.
18975-19000
18915-18920
2910
antimoine 99,65% (par tonne)
8400
8400
bismuth 99,99% (par lb)
4,55
4,55
cadmium 99,95% (par lb)
1,25
1,25
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
33,25
33,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
29,25
29,25
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
14
14
silicium (par tonne)
2000
2000
6063-6065
6078-6079
267850
18990-19010
18970-18975
2960
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
31/08
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
13280-13290
13400-13430
240678
13410-13415
13500-13510
240666
plomb (en $ par tonne)
2070-2071
2082-2084
126225
2065-2065,5
2084-2085
126225
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2483-2485
2483-2484
243825
2505-2506
2504-2504,5
245750
nEW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
31/08
2,65
2,66
2,66
2,67
30/08
2,67
2,69
2,71
2,7
vol
2483
1478
631
98889
KuaLa LuMpur
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
31/08
19050
30/08
19050
30/08
éLEcTriciTé
etain (en $ par tonne)
settleMeNt
31/08
déc. 18
1206,7
avr. 19
1217,7
JuiN 19
1223,4
aout 19
1229,1
déc. 19
1241,1
platine (eN dollars Par oNce)
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
autres demi produits cuivreux :
cash
3 Mois
vol.
nEW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
settleMeNt
cathodes : 5347 a coMPter du 31/08/
31/08
vol
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
clôture
30/08
40,69
46,28
clôture
clôture
31/08
70,95
71,18
79,03
78,6
30/08
71,45
71,23
79,08
78,41
vol
364004
192492
vol
produiTs péTroLiErs
sucrE
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
660
london daily price:
456,5
431,5
459,5
434,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
87,5
89,73
498
466
87,55
88,44
500,5
468,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
aout 19
clôture
31/08
67,87
67,57
67,26
66,91
66,57
30/08
68,25
67,95
67,63
67,3
66,93
vol
30/08
26,65
26,8
26,95
clôture
31/08
2,92
2,94
3,03
30/08
2,88
2,91
3
vol
vol
1
clôture
31/08
sePt 2018 26,64
oct 2018 26,72
Nov 2018 26,79
31/08
10,6
11,42
11,5
11,62
11,87
30/08
10,52
11,31
11,4
11,53
11,76
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
clôture
31/08
30/08
sePt. 18
1635
1619
déc. 18
1688
1666
Mars 19 1700
1680
Mai 19
1703
1686
Juil. 19
1708
1692
new york (eN $ Par toNNe)
1664
8963
5408
3098
1365
settleMeNt settleMeNt
30/08
82,09
82,22
82,58
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
31/08
2323
2336
2342
2348
2362
30/08
2295
2283
2294
2302
2317
vol
24430
9884
4577
446
clôture
vol
31/08
30/08
sePt. 18
1583
1601
404
Nov. 18
1501
1523
6317
JaNv. 19 1500
1519
2783
Mars 19 1510
1528
1250
Mai 19
1527
1543
532
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
15
9304
2707
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
sePt. 19
31/08
98,1
101,8
105,1
112,1
30/08
98,35
102,65
106,05
113,1
vol
23
22118
7657
1641
30/08
429,6
402,7
396,1
vol
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
31/08
30/08
112,45
115,7
vol
398
201
160
settleMeNt settleMeNt
vol
31/08
30/08
sePt. 18
351
340,5
16236
déc. 18
365
356,25
195549
Mars 19 377,25
368,75
54156
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
31/08
30/08
sePt. 18
10,83
10,7
Nov. 18
10,83
10,71
JaNv. 19 10,98
10,88
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
193
400
6
settleMeNt settleMeNt
vol
14
435
18
settleMeNt settleMeNt
vol
31/08
182,15
184,05
186,5
275
30/08
180,25
0
0
veau vivaNt - bresil - brl :
146.3
le 30/08//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.068
le 30/08//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.4945
le 30/08//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.50425
le 30/08//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
le 02/03//17
indicEs
rJ crb
jus d’orangE
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
4
357
5
BETaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
Bois
31/08
437,6
411,8
408,1
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
vol
31/08
30/08
Nov. 18
184,75
183,25
JaNv. 19 186,75
186,5
Mars 19 188,75
188,5
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
new york (cont. n°2 - cents par lb)
sePt. 18
Nov. 18
JaNv. 19
vol
settleMeNt settleMeNt
caFé
coTon
31/08
82,31
82,22
82,58
clôture
vol
31/08
30/08
sePt. 18
518,5
508
déc. 18
545,5
535
Mars 19 565,5
555,5
mais à paris (eN euros Par toNNe)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 99.04
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
iNdice cotlook a : 92,65, le 31/08//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
76797
60659
18305
6895
3947
settleMeNt settleMeNt
31/08
30/08
sePt. 18
204,75
199,75
7625
déc. 18
205,5
201,75
28907
Mars 19 208,25
204,25
7539
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
vol
30/08
26,54
26,67
26,71
settleMeNt settleMeNt
2
vol
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
31/08
30/08
sePt. 18
243,5
240,5
déc. 18
252,5
249
Mars 19 257
253
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
30/08
26,22
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
settleMeNt settleMeNt
clôture
powernext gas futures
vol
clôture
nymex ( eN $ Par Mbtu)
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
vol
7403
5387
1161
299
116
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 29/08/
Prix indicatif : 2239,26
londres (eN £ Par toNNe)
gaz naTurEL
clôture
31/08
30/08
Nov. 18
689,75
687,5
26996
Fév. 19
682,25
680,25
6390
Mars 19 680,25
678,25
5179
avr. 19
678,25
676,25
1016
Mai 19
677
674,75
1253
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
31/08
26,65
26,8
26,95
clôture
cacao
settleMeNt settleMeNt
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
31/08
30/08
oct. 18
326,5
324,5
déc. 18
323,5
320,6
Mars 19 322,9
320
Mai 19
324,7
321,5
aout 19 328,2
325,5
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uranium nymex (en $ par lb)
31/08
Nord da 26,43
31/08
30/08
Jour
77,42
77,77
Nov. 18
77,64
78,02
223221
JaNv. 19 77,13
77,58
46019
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
clôture
30/08
21,09
uraniuM
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
clôture
31/08
21,09
powernext gas spot
produiTs péTroLiErs
clôture
londres (eN dollars Par toNNe)
659,5
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
sPot
céréaLEs
10,97 cts/lb
vol
112.45
31/08
30/08
198,41
198,25
reuters coM. 2303,4
2298,6
Moodys coM. 5602,47
5627,06
or iNdustriel 33501
33322
lMex
2988,5
2963,8
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHÉS
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
marketing@mirabaud-am.com
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Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
558,85 30/08
546
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
256,46 30/08
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
362,42 31/08
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
100,71 30/08
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
114,89 30/08
LU0168449691 Pictet-greater china
573,73 30/08
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
176,43 30/08
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
107,79 30/08
LU0188501257 Pictet-health
288,1
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
467,71 30/08
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
102,52 30/08
LU0070964530 Pictet-indian eq.
537,18 30/08
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
133,44 30/08
LU0851564897 euroPean equity (eur)
167,58 30/08
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
118,96 24/08
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
98,2 30/08
LU0851564541 World equity (eur)
159,01 30/08
31/08
30/08
synchrony (lu)
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15647,17 30/08
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
163,93 30/08
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
154,98 24/08
144,78 30/08
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
319,98 30/08
55,85 31/08
LU1074511459 ram (l) tf conv euroPe
146,68 30/08
253,66 30/08
LU0419186167 ram (l) tf gB Bd tot ret
142,25 30/08
LU0935723782 ram (l) tf ii asia Bd tot ret
139,02 30/08
LU1279334210 Pictet-roBotics
LU0090689299 Pictet-Biotech
769,77 30/08
LU0338483075 Pictet-russian equities
LU0256846139 Pictet-security
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
307,4 30/08
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
263,5 30/08
91,54 30/08
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0280430660 Pictet-clean energy
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
code isin
classification
classification
sicav//fcp
LU0340554913 Pictet-digital
316,26 30/08
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
1246,19 30/08
LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
151,53 31/08
LU0104884860 Pictet-Water
300,63 31/08
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
par Monique Clémens
– Correspondante à Besançon
Dominique Pizzalla/PSA
Stéphane Dubs
au volant
de PSA
à Sochaux
Il accueille ses visiteurs dans la combinaison
aux couleurs du groupe que portent tous les
salariés de l’usine. Barbe naissante comme il se
doit, poignée de main ferme, l’homme est vif et
va droit au but. Stéphane Dubs parle vite, réfléchit vite, s’exprime volontiers avec les mains et,
comme il tient à être précis, schématise ses projets en les dessinant si besoin. Depuis quelques
semaines, il est le nouveau patron de l’usine PSA
de Sochaux, la première qui a fabriqué des voitures Peugeot, le berceau du groupe.
A vrai dire, cet ingénieur au parcours maison
est en poste depuis le 1er mai, mais n’a pas été
facile à attraper tant son agenda est chargé. Car
la vie de l’usine n’est pas un long fleuve tranquille. Stéphane Dubs remplace Yvan Lambert,
qui a porté puis présenté le projet Sochaux 2022
que le nouveau venu s’emploie désormais à
déployer tout en continuant à faire tourner
l’usine. Un projet qui doit faire basculer le site
industriel dans le XXIe siècle, avec en ligne de
mire le véhicule de demain, doté de nouvelles
motorisations et d’aides à la conduite, et, à
terme, une seule ligne de production pour six
silhouettes. Et un projet que Carlos Tavares, le
patron du groupe automobile, « trouve spectaculaire », selon celui qui hérite du dossier.
ENTREPRISES
MCKINSEY
Francis Morel
est désormais senior executive
advisor au bureau de Paris.
Il travaillera étroitement avec
la practice consumer technology
et media en Europe.
Francis Morel, licencié en droit,
diplômé de l’IEP de Paris et titulaire d’un MBA de l’Insead, a
dirigé plusieurs groupes de
presse, travaillant, entre autres,
Tant et si bien qu’il a tenu à ce que le nouveau
directeur de Sochaux vienne le partager en
comité exécutif avant l’été. « Mon job, c’est la
pérennité du site, et on l’obtiendra. Un job passionnant et plein d’enjeux. L’un d’eux est de produire les SUV 3008 et DS7 avec toute leur technicité, puis de démarrer les 5008 et C5 de Rennes en
2019. L’usine est un mastodonte qui produit
800.000 véhicules par an mais qui n’était plus
compétitif. »
Course contre la montre
Autant d’enjeux aux allures de course contre la
montre pour lesquels il lui a fallu trouver des
solutions flexibles, en accord avec les salariés.
C’est ainsi que le nouveau directeur de Sochaux
a négocié un travail de nuit pour les équipes de
week-end afin de laisser une plage de 20 heures
consécutives pour les travaux.
Pendant la pause estivale de trois semaines,
700 ouvriers et techniciens ont pris le relais des
quelque 10.000 salariés de l’usine pour accélérer la métamorphose. Un budget global de
200 millions d’euros sur cinq ans avait été
annoncé en 2017, au lancement de cette indispensable mue qui passe par le compactage de
l’usine et la rationalisation des flux entre les ate-
ave c l e s g r o u p e s L a g a r d è r e
(1974-84), Editions Mondiales,
devenu Mondadori (1984-1995) et
Axel Springer (1996-2004). Il fut,
de 2004 à 2011, le directeur général
de la société Le Figaro SA. Il était,
de 2011 à mars 2018, le PDG du
Groupe Les Echos-Le Parisien. Il
a, par ailleurs, présidé le Syndicat
de la presse magazine et d’information et celui de la presse quotidienne nationale. En 2014, il était
devenu coprésident du Fonds
Google-AIPG pour l’innovation
numérique de la presse (FINP).
liers emboutissage, ferrage et peinture. Les
transformations successives du site avaient fini
par tellement les éloigner les uns des autres que
des camions devaient assurer leur transport sur
le site. Dans l’usine de demain, les distances
seront réduites et le transport des pièces sera
assuré par de petits véhicules autonomes.
« Le principal sujet est logistique », confirme le
nouvel homme fort du site. « La surface de production va être divisée par deux. L’objectif est de
disposer de l’usine high cost la plus compétitive
d’Europe. Nous sommes dans un périmètre concurrentiel et il fallait que ce projet soit partagé par
tout le monde. Depuis cinq ans, nous avons impliqué les salariés », dit-il.
Ingénieur diplômé de l’Ensem de Nancy, Stéphane Dubs n’est pas un nouveau venu à
Sochaux. Cet homme de 49 ans, père de trois
enfants, a déjà un long parcours dans le groupe
PSA : il a occupé différents postes au ferrage
avant d’être chef de projet du lancement industriel des Peugeot 3008 et 5008 de première
génération.
Il est ensuite passé par les fonctions support
du groupe, puisqu’il fut nommé, en 2013, directeur de la performance supply chain amont du
groupe PSA. Un fauteuil qu’il a occupé pendant
quatre ans et qui, à ses compétences industrielles, a ajouté une bonne connaissance du réseau
de fournisseurs et de la performance des sites –
une vue d’ensemble bien utile pour actionner le
plan Sochaux 2022.
Stéphane Dubs était revenu sur le site franccomtois en 2017, pour assurer la direction du
montage, où il a porté la production à plus de
2.000 véhicules par jour, exploit que son prédécesseur, qui l’avait nommé à ce poste, n’avait pas
manqué de souligner lors du passage de
relais. « J’ai aujourd’hui une vision de la totalité
du spectre de notre exigence de “valeur ajoutée
élargie”, qui s’applique depuis peu à toutes les usines », estime-t-il. La suite ? « J’ai l’habitude de
changer de job tous les trois ou quatre ans, sinon je
m’ennuie, glisse-t-il avec malice. Mais pour l’instant, je m’éclate .» n
CREDIT SUISSE
Bruno Hallak
est nommé responsable
de la banque d’affaires (IBCM)
de Credit Suisse (France)
en remplacement de Fabien
Antignac, qui devient conseiller
spécial du PDG d’Atalian.
Bruno Hallak, 51 ans, X-Ponts,
titulaire d’un DEA d’économie,
avait rejoint Credit Suisse en 2017
comme vice-président EuropeMiddle East IBCM, fonction qu’il
conserve. Il avait précédemment
dirigé Deutsche Bank (France),
après avoir été, entre autres,
managing director chez Merrill
Lynch. Il a commencé sa carrière
au Trésor.
BUREAU VERITAS
François Chabas
Pascal Quint
François Chabas est nommé
vice-président exécutif
et directeur financier du groupe.
Pascal Quint devient
vice-président exécutif,
responsable des risques
et de la conformité, et directeur
juridique du groupe. Il dirigera
également le département
juridique et d’audit interne.
Par ailleurs, François Chabas
devient membre du comité
exécutif du groupe.
Il a également piloté le lancement de l’activité cloud et des services de cloud hybride en France,
puis aux Etats-Unis. Dernièrement, il était vice -président,
chargé des comptes stratégiques
chez IBM.
François Chabas, 43 ans,
diplômé de HEC, titulaire d’une
licence d’histoire, a rejoint
Bureau Veritas en tant qu’auditeur interne dans l’équipe corporate finance en 2003. Après plusieurs postes de directeur
financier au sein de la zone
Europe du Nord et Europe centrale dès 2005, il est devenu
directeur opérationnel de la zone
nordique et baltique en 2008,
puis vice-président de la certification pour l’Europe du Nord et
l’Europe centrale. Promu viceprésident finance de la région
Europe du Sud en 2013, il était
directeur financier Europe de
Bureau Veritas depuis 2014.
SODEXO
Pascal Quint, 60 ans, a réalisé des
études de droit en France et au
Royaume-Uni. Après des débuts
en cabinet d’avocats, il est devenu
directeur juridique d’Euro
Disney SCA et de Cegelec ou
encore secrétaire général du
groupe Accor. Depuis quatre ans,
il était manager de transition. Il a
notamment effectué des missions comme directeur juridique
au sein de diverses entreprises.
EUTELSAT
Philippe Oliva
rejoint, ce lundi, Eutelsat au
poste de vice-président exécutif
ventes et produits. Il sera
rattaché à Michel Azibert,
directeur général délégué
et directeur commercial
et du développement, en vue
de lui succéder courant 2019
en qualité de directeur
commercial.
Philippe Oliva, 46 ans, diplômé
de l’Ecole supérieure des ingénieurs commerciaux, a réalisé
l’essentiel de sa carrière chez
IBM qu’il a intégré dès 1999.
Après avoir dirigé l’activité services aux entreprises en France, il
est devenu vice-président des
services liés aux services
d’infrastructure technologique.
Angelo Piccirillo
est nommé directeur juridique
du groupe.
Angelo Piccirillo, 42 ans, diplômé
en droit de l’université de Rome
La Sapienza, a travaillé dans
l’industrie du pétrole et du gaz
ainsi que pour des cabinets d’avocats. Depuis dix ans chez Sodexo,
il a notamment eu la responsabilité de l’édification du cadre juridique mondial du groupe. Il fut,
entre autres, directeur juridique
pour le département contrats de
clients mondiaux, pour la région
Méditerranée, puis pour le
segment entreprises au niveau
mondial.
ILS SONT NÉS
UN 3 SEPTEMBRE
Mario Draghi, président
de la Banque centrale
européenne, 71 ans.
Olivier Fleurot, advisor,
ex-senior vice-président
du groupe Publicis , 66 ans.
Michel Giannuzzi, PDG de
Verallia Packaging, 54 ans.
Gérard Houllier, ancien
sélectionneur de l’équipe
de France, 71 ans.
Jean-Pierre Jeunet,
cinéaste, 65 ans.
Macha Méril,
comédienne, 78 ans.
Benoît Potier, président
d’Air Liquide, 61 ans.
Laurence Saunder, associée
gérante d’Uside (l’ancien
Institut français d’action
sur le stress), 59 ans.
Vincent Trintignant,
acteur et réalisateur, 45 ans.
Thomas Valentin,
vice-président du directoire
de M6, 64 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LUNDI 3 SEPTEMBRE 2018
BUSINESS.LESECHOS.FR
EXECUTIVES
Commerce : les 7 commandements
de la transformation
STRATÉGIE
Achats, numérique,
positionnement, expérience
client… Pour faire face à une
concurrence à couteaux tirés, les
enseignes traditionnelles doivent
s’engager dans de profondes
mutations, sur tous les fronts.
remarque Jamila Yahia-Messaoud,
directrice du département consumer
insights de Médiamétrie. On retrouve
d’ailleurs Carrefour et Leclerc dans le Top
15 des sites d’e-commerce. » Accélérer sur
le numérique, comme Walmart l’a fait
pour contrer Amazon ou les Galeries
Lafayette avec le rachat de La Redoute,
est devenu une condition nécessaire,
mais pas suffisante.
le bon équilibre
3 …avecet trouver
les magasins physiques
omme en témoignent les difficultés de Toys’R’Us, de La
Grande Récré ou du groupe
Happychic – qui chapeaute les marques
Brice, Jules et Bizzbee –, dans le commerce aussi, les règles de l’ancien
monde ont vécu. Tour d’horizon de sept
points d’évolution clefs à ne pas négliger.
C
1 Nouer des alliances
Carrefour et Tesco, MediaMarkt et
FNAC Darty, Metro et Schiever, Casino
et Amazon… Ces derniers mois, les
annonces de partenariats noués entre
distributeurs ou entre professionnels
du retail et géants de la tech n’ont pas
cessé. « S’allier n’est pas une obligation,
mais rester seul n’est plus une convention, analyse Frank Rosenthal, expert
en marketing du commerce.
De formes disparates, ces partenariats
stratégiques ont des objectifs divers :
s’allier pour acheter ensemble et abaisser les tarifs des fournisseurs, comme
Carrefour et Système U ou Auchan et
Casino ; s’ouvrir des perspectives à
l’international, tels Tesco et Carrefour
ou FNAC Darty et MediaMarkt ; doper
ses ventes en ligne – et exploiter les
data – à l’image de Monoprix et Amazon, Auchan et Alibaba ou encore
Carrefour et Google.
2
Accélérer sur le numérique…
Entre 2010 et 2017, le chiffre d’affaires
de l’e-commerce est passé de 30 à
81,7 milliards d’euros, selon la Fédération
e-commerce et vente à distance (Fevad).
L’an passé, le secteur a affiché une croissance de 14,3 % et représente aujourd’hui
8,5 % des ventes du commerce de détail
en France. « L’e-commerce concerne tout
type de produits, y compris des produits
du quotidien comme l’alimentaire,
« Nous estimons que les ventes en magasin
représenteront encore 75 à 85 % des ventes
au détail d’ici à 2025, affirme le BCG
dans une récente étude. Un magasin joue
maintenant plusieurs rôles : il peut servir de
showroom expérientiel de produits, de centre
de distribution pour les commandes en ligne,
de lieu de rencontre et d’expériences sur les
médias sociaux, ou de destination pour
ceux qui cherchent des idées. »
Aux distributeurs alors de trouver le bon équilibre entre l’e-commerce et les magasins physiques, et
de garder à l’esprit que leur nouvelle
vitrine est bien virtuelle. « Si tout se
digitalise et se disrupte, on réalise que
le consommateur, lui, n’est pas virtuel,
observait il y a quelques mois Olivier
Mathiot, président de Rakuten France
et vice-président de France Digitale. C’est la même personne qui achète
un jour en ligne et un autre en magasin.
C’est ce qu’on appelle le “online to
offline” (O2O). Le client commence
en un point, en général sur un écran,
pour finir soit par se faire livrer,
soit par se déplacer en magasin. »
4 Se différencier
Pour survivre face à leurs concurrents, les enseignes peaufinent la singularité de leur offre assortie d’une promesse immédiatement identifiable par
les clients, comme Ikea l’a fait avec le
design à petit prix. De son côté, pour
valoriser son offre, la Camif a mis
l’accent sur le made in France et joué
sur sa communauté de clients. Avant
d’acheter un produit, un futur client
peut aller l’essayer chez l’un des membres de la communauté, ce qui permet
de créer du lien entre les acheteurs.
Une façon d’entrer dans une logique
de complicité avec les clients. Mais
attention, celle-ci doit être réelle et
immédiatement constatable par lui.
Denis/RÉA – Romuald Meigneux – DR – Shutterstock – Nicolas Braibant /Capital At Work
Vincent Bouquet
toujours
5 Personnaliser
plus la relation client…
clients et créer un nouveau besoin chez
eux, comme a su le faire McDonald’s.
Avant le prix ou la diversité des produits,
c’est désormais l’expérience client qui fait
office de paramètre le plus important.
Chez Sephora, les vendeurs se sont transformés en « personal shoppers ». Grâce
à l’application MySephora, et pour peu
que le consommateur soit détenteur
d’une carte de fidélité, ils peuvent avoir
accès à ses données clefs – habitudes
d’achat, montant moyen du panier, avantages fidélité non utilisés – pour affiner
leurs conseils et améliorer leur taux
de transformation. En restant à l’écoute
des tendances du marché, les enseignes
peuvent même anticiper les attentes des
et fournir des solutions
6 …inédites
Ce qui oblige les distributeurs à élargir
leur palette de services. Dans son magasin parisien de la place de la Madeleine,
Leroy Merlin ouvre en plus de ses modules d’e-learning, plus de 400 sessions de
cours de bricolage par an. Dans la même
veine, Darty a noué un partenariat avec
la start-up Hellocasa afin de proposer à
ses clients d’installer le produit qu’ils
viennent d’acheter. Ce changement de
positionnement, Hubert Joly l’a aussi
initié pour sortir Best Buy du marasme,
aux Etats-Unis, il y a quelques années.
« Nous vendions du matériel. Nous vendons aujourd’hui des solutions et des
services. Nous sommes des experts »,
expliquait-il cet été dans « Les Echos ».
de nouvelles
7 S’adjoindre
compétences
Plus que des nouveaux métiers, cette
transformation du commerce génère un
besoin en compétences pointues. Pour
gérer les livraisons, les experts logisticiens s’arrachent, tout comme les webdesigners chargés de produire les contenus en ligne. Ces métiers, auparavant
peu en vogue, s’échangent à prix d’or sur
le marché du travail. n
L' ÉDITO de Muriel Jasor
Des technologies en magasin
pour plus d’humain
oin de l’enterrer, le numérique réinvente le magasin physique, mieux, le
théâtralise. Grâce à lui, les enseignes retrouvent de l’attractivité
et, par le biais des bots et d’une
gestion affinée de la relation
client (CRM), elles parviennent
à fluidifier les parcours d’achat
des consommateurs.
Face aux menaces de l’ogre
américain Amazon ou celles du
chinois Alibaba, le commerce
traditionnel européen n’a de
cesse de suivre le rythme effréné
des innovations : les places de
marché sont aujourd’hui légion,
les objets connectés se multiplient, des robots déambulent
dans les travées des magasins
et les réalités augmentée et
L
virtuelle gagnent du terrain.
Paradoxe, ce recours accru aux
technologies les plus en pointe
n’a d’autre finalité qu’offrir aux
clients une expérience… plus
authentique et humaine.
La concurrence s’exacerbant,
l’impératif est de concilier le
magasin physique et le digital en
un grand « phygital ». Car demain,
en Europe, on pourra scanner des
produits donnant accès à des
vidéos explicatives et des avis de
clients, mieux verser dans le
« retail sensoriel » ! (page 36)
Pour ne pas se disperser, des
enseignes s’allient à des start-up
comme vient de le faire Castorama avec Needelp (page 36).
Elles ont tout à y gagner. Grâce
au traitement approprié de la
data, des offres ultrapersonnalisées répondent aux besoins
des clients et les vendeurs, bien
renseignés, sont mieux armés
pour non seulement les épauler
dans leur acte d’achat mais aussi
les aider à satisfaire leur quête
de sens. Car, autre point crucial,
l’engagement des enseignes dans
une démarche responsable est
aussi sollicité. Avec le lancement
du mouvement Go for Good en
faveur de produits plus justes et
plus durables, les Galeries
Lafayette tentent de répondre à
cette demande pressante, explique, dans une interview, le directeur général Nicolas Houzé
(page 37). Le magasin physique
est décidément loin d’avoir dit
son dernier mot. n
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58 %
36 // EXECUTIVES
DES
EURS
MMAT
CONSO
Lundi 3 septembre 2018 Les Echos
EFFECTUENT
UN ACHAT
SUR INTERNET
AU MOINS UNE FOIS
PAR MOIS.
echo.st/m319487
Former les vendeurs
BUSINESS CASE
Pour promouvoir ce nouveau service,
Castorama a déployé un plan de formation des vendeurs. Dès le mois de juin,
Needelp s’est rendu dans 24 magasins
pour former les équipes. Quant aux
autres lieux de vente, ils bénéficient
d’un package de formation et d’un
« ambassadeur ». Dans tous les cas, la
formation prend la forme d’une cession
de courte durée au cours de laquelle
sont expliqués la genèse du projet, la
complémentarité de ce service par
rapport à ceux existants et la manière
d’expérimenter le parcours client sur la
plate-forme.
Comment
Castorama
transforme son
service client
Fragilisée sur le plan financier,
l’enseigne de bricolage propose
des prestations plus attractives
à ses clients.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
et Camille Marchais
uméro deux du bricolage dans
le cœur des Français, après son
concurrent Leroy Merlin, Castorama est engagé dans un vaste plan de
transformation depuis 2016. Et il y a
urgence. Ses ventes ont encore diminué
de 3,8 % au second semestre par rapport à
2017. Le retard sur le numérique est la
première raison de cette contre-performance. L’offre a aussi trop peu évolué ces
dernières années. Et d’après la direction
du groupe, l’image prix de Castorama
reste encore trop élevée.
N
Réduire les coûts et resserrer
la politique RH
Le plan « One Kingfisher » – du nom de
la maison mère – cible justement ces
trois faiblesses pour un coût total de
800 millions de livres (918 millions
d’euros). Objectif final : augmenter de
500 millions de livres (574 millions
d’euros) le bénéfice annuel du groupe.
Sa feuille de route ? Créer une offre
unique propre aux quatre enseignes
– Castorama, Brico Dépôt, Screwfix
PERSPECTIVES
et B & Q –, à des prix accessibles tout
en accélérant la transition numérique.
En juin, les services financiers et la
comptabilité de Castorama ont été
délocalisés vers la Pologne à moindre
coût. Et un accord d’entreprise a été
trouvé pour supprimer 321 postes d’ici
à 2020 sur les 20.000 que compte
l’enseigne en France. Du côté de l’offre,
une centrale d’achats unique a été créée.
Plus de 40 % des produits sont désormais communs aux enseignes, ce qui
permet de diminuer les prix de 15 à
20 %. Castorama repense aussi sa stratégie client. Ainsi, depuis le 15 juin, l’enseigne de bricolage s’est associée à EDF.
Baptisée « opération carton plein »,
cette alliance propose, pour toute souscription d’un contrat dans les trois
mois, une réduction de 15 % dans les
magasins de bricolage Castorama.
Cocréer avec des start-up
La transformation numérique de Castorama passe notamment par une cocréation avec des start-up afin d’offrir le
meilleur service possible au client.
« Le marché est en pleine mouvance. Il est
important d’être en veille, d’aller chercher
une expertise, une agilité auprès de ces
jeunes sociétés pour étendre nos services
et répondre toujours mieux aux attentes
de nos clients », estime Frédéric Boullé,
responsable des services et de la relation client omnicanale de Castorama.
Historiquement, la marque de bricolage
Créer une communauté
de consommateurs
La maison mère de Castorama, Kingfisher, compte augmenter de 500 millions
de livres (574 millions d’euros) le bénéfice annuel du groupe. Photo Philippe Huguen/AFP
propose un « service pose », réalisé par
des artisans auprès de ses clients. Après
une étude poussée et la mise en place de
conseils stratégiques mensuels, Castorama a compris que rien n’était proposé
pour faciliter la réalisation de petits
travaux. La marque a alors développé
un partenariat avec la start-up Needelp.
Comment cela fonctionne-t-il ? D’une
façon très simple : le client se rend
directement sur la plate-forme en ligne
où une vingtaine de prestations lui sont
proposées – pose de cuisine, montage
de meubles, plomberie ou encore électricité. Une fois la prestation choisie, il
poste une annonce précisant le service
dont il a besoin. En moins de 24 heures,
il peut sélectionner, parmi les profils
de bricoleurs, celui qui lui correspond
le mieux, en fonction des avis laissés
par les précédents clients.
De son côté, afin de s’assurer de la
qualité de ses prestations, la start-up
procède à un recrutement rigoureux
des candidats. Elle leur demande
notamment de présenter leurs précé-
dentes réalisations et d’apporter des
références d’anciens employeurs. Une
fois le contrat signé, chaque bricoleur
est libre de fixer ses propres tarifs. De
son côté, Needelp touche une commission de 18 % sur chaque projet. Bien
qu’élevée, cette dernière intègre une
garantie « satisfait » ou « refait ».
Le client n’a donc pas à s’inquiéter :
en cas de dommages, il ne paie aucun
frais supplémentaire. « Si besoin, nous
faisons intervenir à notre charge un
autre prestataire et rachetons les matières premières », avertit Guillaume de
Kergariou, fondateur et président de
Needelp. « Ce service est l’un des principaux leviers pour augmenter les ventes
et satisfaire le client, il est donc primordial qu’il soit fiable et performant. »
Toutefois, la plate-forme enregistre
très peu de sinistres, moins de 0,1 %.
Elle se porte même plutôt bien puisqu’elle a récemment enregistré une
hausse de 40 % des prestations commandées et vient de dépasser la barre
des 110.000 membres.
Castorama poursuit activement le développement de sa chaîne de bricolage,
lancée en 2010, sur YouTube. A travers
une série de petites vidéos, la marque
propose des conseils pratiques pour
apprendre à réaliser certains travaux
(poser du carrelage, peindre un plafond,
monter un dressing, installer une
cabine de douche ou abri de jardin,
rénover une porte, etc.). Pour chaque
vidéo, la chaîne explique comment
réaliser ses travaux de bricolage et de
décoration de la manière la plus simple.
Les différentes étapes d’un projet sont
résumées sous la forme d’une liste
figurant sous la vidéo. Les clients peuvent aussi accéder à des MOOC en ligne.
Repenser le service livraison
Autre axe de transformation crucial : la
livraison. Cette dernière, critère déterminant d’achat et de réengagement,
permet de gagner des parts de marché et de fidéliser les clients. Au cœur
du commerce et de l’e-commerce, la
livraison prend des formes diverses :
livraison intermagasin, « ship from
store », « ship from warehouse », retour
colis express, etc. Autant de solutions
logistiques d’une grande utilité en contexte fortement concurrentiel. Cette
stratégie, qui se veut gagnante,
n’échappe pas à Castorama qui réfléchit
à optimiser la livraison au dernier
kilomètre. Objectif ? Offrir dans la
journée ou à J + 1 une livraison à domicile. Plusieurs tests sont en cours en
région parisienne, là aussi avec des
jeunes pousses. n
Enseignes : les tendances de demain
Emergentes en Europe, des
innovations esquissent les
contours d’un commerce du futur,
plus proche des consommateurs.
Valérie Landrieu
es robots aux allures d’androïdes pour accueillir les clients,
comme ceux d’EventBoot, ou
de robustes machines pour assurer,
aux marques et aux distributeurs,
une visibilité en temps réel sur les
stocks, comme ceux de Qopius, vont
se déployer dans les magasins. Mais
le commerce de demain ne se résumera
pas à des automates.
D
Du « phygital » plus
que de l’omnicanal
L’omnicanalité serait en train de vivre
ses dernières heures, selon Arnaud Gallet,
le directeur du Salon Paris Retail Week.
« La dernière enquête de tendances que nous
avons menée avec Havas Paris montre que
les frontières entre le commerce physique et
l’e-commerce n’existent plus », explique ce
dernier. Les commerçants physiques se
déploient dans le digital tandis que les
pure players, comme Amazon, se lancent
dans des boutiques physiques. Les uns et
les autres examinent de près l’interaction
qui s’opère entre les décisions prises par
les consommateurs lors de leurs achats en
ligne et lors de leurs courses en magasin.
Pour formaliser le nouvel écosystème,
Havas Paris et Paris Retail Week parlent
de « phygital ». L’édition du Salon professionnel, du 10 au 12 septembre, sera
d’ailleurs placée sous le signe du « Smart
Phygital » puisqu’intelligence artificielle et
réalité augmentée seront à l’avenir partie
prenante du commerce.
connectées, intégrant des solutions IoT.
Côté commerçant, l’hyperempathie se
décline dans toutes les façons de nouer
une relation étroite avec la clientèle, qu’il
s’agisse de développer une messagerie
exclusive entre un client et son vendeur,
comme chez Farfetch, d’utiliser la reconnaissance faciale pour identifier l’humeur
du client, à l’instar de Walmart, ou de faire
du point de vente un « magasin physique
personnalisé ». Car demain, lorsqu’il se
déplacera en magasin, le consommateur
exigera d’y vivre « des expériences génératrices d’émotions », annonce Arnaud
Gallet. Déjà 60 % des Français déclarent
avoir envie de faire autre chose qu’acheter
en magasin (ReachFive/mediarithmics).
De l’hypertechnologie
pour une hyperempathie
« En magasin ou en ligne, le consommateur souhaite de plus en plus que ses
aspirations individuelles soient prises en
compte », souligne Arnaud Gallet. Résultat : la porosité croissante entre les lieux
de vie privée et les espaces marchands
débouche sur un nouveau paradigme,
l’hyperproximité. Il se retrouve dans
toutes les initiatives technologiques
permettant de se rapprocher du consommateur, de la livraison à toute heure
du jour et de la nuit aux armoires
Alibaba a déjà expérimenté, cet été,
un magasin éphémère avec des
miroirs intelligents. A la clef, l’affichage d’informations sur les produits
que les clients touchent en rayon,
grâce à une technologie RFID. De son
côté, Nike développe « Nike Live » à
Los Angeles. Ce concept-store exploite
les données de la communauté de
clients présents dans le magasin pour
adapter leurs expériences et nourrir
le « retail émotionnel ».
« Big » et « safe » data,
indissociables
L’hyperempathie des marchands ne
pourra toutefois exister sans une gestion
fine des données. « Lorsque vous en savez
plus sur vos clients, vous pouvez aller plus
loin pour établir une relation avec eux.
Vous dépassez le transactionnel », argumente un distributeur. Mais pour préparer demain, il faudra redoubler de précautions, RGPD oblige mais pas
seulement : le consommateur prend
conscience de la valeur de ses propres
données et il veut s’assurer de leur bonne
utilisation. 81 % des Français déclarent
ainsi se sentir de plus en plus espionnés
par les marques et 62 % d’entre eux se
disent prêts à payer plus cher pour une
enseigne ou une marque faisant preuve
d’éthique dans la gestion de leurs données.
La voix, essentielle
« Nous entrons dans l’an I du conversationnel », annoncent les experts. Alors que les
assistants vocaux de Google et d’Amazon
sont arrivés sur le marché, les distributeurs devront revoir leurs approches pour
mettre en avant leurs produits. « Avec
l’essor des assistants vocaux, ils vont devoir
développer une nouvelle stratégie de réfé-
rencement en se basant sur le langage
courant », souligne Arnaud Gallet. Ils
recruteront à l’occasion de nouveaux
profils pour de nouveaux métiers, logés
dans le giron des SEO.
ComScore estime qu’une recherche sur
deux se fera par voie vocale d’ici à 2020.
Les assistants conversationnels vont,
eux, multiplier leurs services :
« Les chatbots sont en phase d’accélération
et peuvent même désormais aller jusqu’à
l’encaissement », précise Arnaud Gallet.
C’est déjà techniquement possible.
Deux incontournables, la santé
et la durabilité
Un temps réservé à un petit cercle militant, l’interrogation « Consommer est-il
devenu dangereux pour la santé ou pour
la planète ? » se généralise. Le client
prend conscience de l’importance de
consommer de façon saine, éthique et en
accord avec ses valeurs. De plus en plus,
il s’attardera, à l’avenir, sur la façon dont
le produit qu’on lui propose est fabriqué.
Les commerçants et les distributeurs qui
profiteront du digital pour intégrer ces
exigences à leur stratégie auront une
carte à jouer. Etes-vous prêt ? n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
EXECUTIVES // 37
Les Echos Lundi 3 septembre 2018
QUI A DIT :
« LE VENDEUR DOIT
DÉSORMAIS ÊTRE
AUSSI DIGITAL
QUE SON CLIENT » ?
echo.st/m315143
INTERVIEW
NICOLAS HOUZÉ, DIRECTEUR GÉNÉRAL DES GALERIES LAFAYETTE ET DU BHV MARAIS
« Nous sommes
des créateurs de désirs »
GILLES
FRAYSSE
DR
Conseil
en valeur
de marque
@fraysse_y
TREND SPOTTING
Chargé d’impulser une nouvelle dynamique depuis cinq ans, Nicolas Houzé s’apprête à donner le coup d’envoi
à une vaste opération pour inscrire l’enseigne dans une démarche responsable avec 500 marques.
Vous souhaitez innover
en lançant le mouvement
Go for Good, pourquoi ?
Peu de gens le savent, mais l’industrie du
textile est une industrie particulièrement
polluante. La mode est éphémère et le
drame du Rana Plaza (au Bangladesh) a
créé un électrochoc sur la nécessité de
faire évoluer les conditions de fabrication.
Voilà pour les éléments de contexte. Nous
avons également constaté que nos clients
avaient de plus en plus conscience des
problématiques de durabilité et aspiraient
à acheter des marques plus responsables.
Au sein du groupe Galeries Lafayette,
nous n’avons pas attendu d’être confrontés
à cette situation pour nous engager. Go for
Good marque une nouvelle étape déterminante dans l’incarnation des valeurs qui
nous animent depuis toujours.
Combien de marques avez-vous
convaincu de vous suivre ?
Un cahier des charges ambitieux a été
présenté aux 2.000 marques présentes
dans nos magasins, notamment dans celui
d’Haussmann. 500 d’entre elles ont
répondu favorablement. Pour qu’un produit soit éligible au label, il a dû satisfaire
au moins l’un des trois critères définis par
notre équipe RSE : respect de l’environnement, des conditions de travail, ou production locale. C’est une première étape qui va
dans le bon sens : l’idée est d’engager une
démarche de progrès, qui se renforcera
dans le temps.
Nous nous adaptons
aux nouveaux modes
de consommation,
pour passer
de la possession
vers l’usage.
Quand le groupe s’est-il inscrit
dans une démarche responsable ?
Nous avons mis en place une direction qui
s’y consacre depuis 2012, mais notre engagement est beaucoup plus ancien. Philippe Houzé, le président du directoire qui
a longtemps dirigé Monoprix, a été l’un
des pionniers en la matière, en lançant des
produits « responsables » dès les années
1990. Cette prise de conscience a pris plus
de temps dans notre activité de mode.
Mais c’est inscrit dans notre histoire : la
devise du fondateur des Galeries Lafayette,
Théophile Bader, était de « rendre le beau
et le bon accessible au plus grand nombre ». Cent vingt-cinq ans plus tard, elle est
toujours d’actualité, et nous y avons ajouté
la dimension du « bien ». Notre promesse
de marque repose désormais sur ce socle.
L’urgence écologique ne remetelle pas en question la logique
consumériste ?
Nous devons contribuer à consommer
moins, et mieux. C’est pourquoi nous testons depuis plusieurs années de nouveaux
services dans nos magasins, tels que
la location de vêtements, qui contribue
à rendre les produits plus durables, ou
la vente d’articles de seconde main, qui
permet de leur donner une nouvelle vie.
C’est également dans cet esprit que nous
avons acquis InstantLuxe, un site de vente et
d’achat d’articles de luxe d’occasion certifiés,
qui a trouvé sa clientèle dans nos magasins,
et avons déployé Panoply, qui permet
de louer sa garde-robe. Ce type d’action
concrète nous permet de nous adapter aux
nouveaux modes de consommation, pour
passer de la possession vers l’usage.
L’avenir du commerce
viendra d’un juste
équilibre entre
physique et digital,
et le lien humain
restera toujours
prépondérant
chez nous.
En définitive, quel est aujourd’hui
le métier du « grand magasin » ?
Pendant longtemps, il s’agissait de permettre de tout trouver sous le même toit. Cette
mission a évolué d’une logique de transaction vers une logique de relation. Nous
essayons aujourd’hui d’être davantage des
créateurs de désirs. Notre vocation consiste à surprendre, raconter des histoires,
divertir, proposer des expériences dans
des lieux de vie uniques… Nous voulons
donner une raison aux clients de venir
chez nous, que ce soit pour y trouver des
services, des marques ou pour vivre des
événements comme Go for Good.
Et de quelle manière le numérique
s’inscrit-il dans cette ambition ?
Le digital est notre priorité numéro un. C’est
un formidable levier à notre disposition
pour nous aider, demain, à mieux servir nos
clients dans une approche résolument
omnicanale. Nous sommes pleinement
mobilisés pour atteindre cet objectif, que ce
soit en développant notre site marchand
Galerieslafayette.com, ou en réalisant des
acquisitions comme celle, récente, de La
Redoute. Dans cette optique, de nouveaux
métiers ont fait leur apparition au sein du
groupe, comme ceux de data scientist ou de
digital strategist. Mais l’avenir du commerce
viendra d’un juste équilibre entre physique
et digital, et le lien humain restera toujours
prépondérant chez nous.
Comment sera équipé votre futur
magasin des Champs-Elysées ?
Ce magasin [qui ouvrira en mars 2019,
NDLR] est une opportunité unique pour
nous d’écrire une nouvelle page de notre
histoire entrepreneuriale de commerçants,
en imaginant un modèle totalement réinventé sur une avenue iconique. Le digital y
sera présent dans l’optique d’optimiser
l’expérience proposée. Des outils digitaux
très innovants seront ainsi mis à la disposition des clients comme des collaborateurs
pour faciliter la vie de chacun. Pour ce
magasin, nous prévoyons de recruter 400
personnes qui seront spécialement choisies et formées pour devenir des « personal
stylists », avec la mission de nouer et
d’entretenir une relation privilégiée avec
leurs clients. Ce lien unique sera toujours
notre point de différenciation par rapport
à un site Internet, même doté d’un chatbot.
Tous ces changements modifientils la culture d’entreprise ?
Dans un groupe familial centenaire,
qui a vécu les révolutions majeures du
ace à la grande mutation
amorcée il y a vingt ans,
on observe une
transformation à marche forcée
des marques d’enseigne pour faire
face à l’énorme succès des marques
« digital natives » : le généraliste
Amazon bien entendu, mais aussi
tous les pure players tels qu’Asos
pour la mode ou encore Sarenza
pour les chaussures.
Les actionnaires de certaines
grandes enseignes de distribution
s’interrogent sans doute sur les
chances de réussite d’une telle
transformation. Chez Carrefour,
elle se fait au fil des changements
de PDG : trop visionnaire, Lars
Olofsson tenta de changer le
modèle en profondeur et fut
remercié. Puis Georges Plassat
incarna une stratégie « back to
the basics », un retour au métier
d’épicier, enfin aujourd’hui
Alexandre Bompard ambitionne
de réinventer Carrefour comme
il réussit à le faire avec la FNAC.
Mais pour l’instant, il se charge
surtout d’alléger la structure.
Ces méga-brands de la distribution
cherchent toutes à ne pas
connaître le sort d’un Kodak,
resté impuissant face à la montée
de la photo numérique dans les
années 1990-2000 : taille trop
importante pour pouvoir opérer
une transformation rapide
et radicale, ADN du business
model aux antipodes du
numérique… Certaines marques
peuvent mourir.
Il est pourtant possible de prendre
ce virage sans être né dans le
monde digital. Certaines enseignes
se convertissent au « phygital »,
ce monde physique où l’on introduit
énormément de digital afin
d’améliorer l’expérience client
(utilisation du smartphone,
possibilité de « click & collect »
ou d’e-reservation…), Sephora,
Optic 2000 ou Zara y ont recours
avec succès. C’est plus facile pour
elles car les produits s’y prêtent.
Mais dans le cas des grandes
chaînes d’hypermarchés ou
de supermarchés, distribuant
des produits pondéreux à faible
coût, l’achat en ligne reste
marginal. Pour ces produits
« food » de grande consommation,
le Web n’a pas encore explosé
comme pour les biens culturels
ou les articles à forte valeur
ajoutée. Et tant que
le consommateur ne bascule pas,
il est très difficile d’opérer une
mutation réelle. Les marques
d’enseigne profitent donc de ce
répit pour se préparer à leur
dématérialisation en offrant plus
de services au-delà de leur métier
classique : crédit, banque,
spectacles mais aussi
investissements dans les nouveaux
modes de distribution tels que
le drive ou les points relais… Mais
lorsque le changement déferlera,
sauront-elles être rapides, souples
et radicales ? n
F
Thibaut Voisin
Propos recueillis par Muriel Jasor,
Valérie Landrieu et Camille Marchais
Le salut
grâce au
« phygital »
Son état d’esprit
« Je suis un commerçant
avant d’être le directeur
général de l’entreprise.
Quand je voyage, en France
comme à l’étranger, à titre
professionnel ou en vacances, je ne peux pas m’empêcher d’aller humer ce qui se
passe dans les magasins.
Mon but : que le groupe soit
encore là dans 125 ans. »
commerce des dernières décennies, entretenir la culture d’entreprise est un défi de
tous les instants. Mais la réinvention permanente fait partie de notre ADN, et les
différentes générations de dirigeants
actionnaires qui se sont succédé et dont je
fais partie ont toujours veillé à entretenir
et à faire vivre nos valeurs auprès de
nos 16.000 collaborateurs. Dans un environnement plus mouvant que jamais,
et alors que notre groupe opère une transformation sans précédent, il n’y a pas
de raison que cela change. n
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crible
Lundi 3 septembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
« Les Echos »
+ L’INVITÉ
DES ÉCHOS
Thierry Ardisson Producteur
de télévision et de cinéma
Fort de café
Coca-Cola rachète à prix d’or Costa Coffee,
en misant sur son échelle mondiale.
L’empire et moi
Convertir au café les buveurs de thé de Sa Gracieuse Majesté était déjà remarquable, faire courir le plus gros géant américain des sodas, c’est encore
plus fort. Whitbread a réalisé le doublé : l’ex-brasseur britannique va vendre Costa Coffee à Coca-Cola pour 3,9 milliards de livres en cash, moitié
plus que le produit anticipé de la cotation abandonnée. Et pourtant, aux
dernières nouvelles, les ventes à magasins comparables de la chaîne de restauration s’effritaient outre-Manche. Les « cheers » à Londres (+14,3 % pour
Whitbread) tranchent avec la circonspection à New York (-0,9 % pour
Coca-Cola). Le prix fort de café – 16,5 fois l’excédent brut d’exploitation de
l’exercice écoulé pour la cible contre 15,6 fois pour l’acquéreur – s’explique
par le potentiel à l’international et le réservoir d’amélioration de la marge.
Les jus de fruits mexicains Del Valle et les smoothies britanniques Innocent, dont les tailles respectives ont été multipliées sous sa houlette par cinq
depuis 2007 et par trois depuis 2011, apportent de l’eau au moulin du numéro un mondial des sodas. A l’étroit dans sa spécialité mature outre-Atlantique, il révèle aussi au passage sa fébrilité à ne pas se laisser distancer davantage sur le segment caféiné où JAB et Nestlé ferraillent durement. Si cette
incursion imprévue dans la distribution lui fait gagner du temps sur un
marché global de la boisson en pleine ébullition, Wall Street ne diluera pas
trop sa cote de valorisation. Ce stimulant brûlant étant tiré, il vaudra quand
même mieux l’assimiler au plus vite.
La régulation des jeux vidéo affaiblit Tencent
dans la bataille des données.
CINÉMA Alors que Canal+ a perdu les droits de la Ligue 1 de
football pour 2020-2024, le cinéma français s’inquiète pour
son financement. « Canal+ a facilité la vie du cinéma pendant
de longues années. Malheureusement, nous avons créé un
modèle franco-français, une exception culturelle, une bulle :
le cinéma français a été surfinancé. Des films à 20 millions
d’euros qui faisaient 1 million d’entrées, évidemment ce n’est
pas rentable. […] Cela a financé un cinéma qui n’a pas d’obligation de résultat », analyse Thierry Ardisson, producteur
du film « Ma fille », qui sortira le 12 septembre.
GAFA « Mes associés et ma fille ont des discussions avec
Netflix et Amazon. C’est l’avenir. La télévision linéaire va aller
de plus en plus mal. La nouvelle façon de consommer la
télévision, ce sont les plates-formes. […] Nous sommes dans
un changement de modèle. Si j’avais trente ans aujourd’hui,
je travaillerais pour les plates-formes ou de la télé payante. »
RÉFORME AUDIOVISUEL PUBLIC Le gouvernement a demandé 190 millions d’euros d’économies dans l’audiovisuel
public. « Tout le monde sait que, chez France Télévisions, il y
a à peu près 7.000 personnes en trop. Là, on aurait de l’argent
pour faire des programmes… J’attendais de la présidence
Macron une autre façon de faire, mais pas du tout : ils enlèvent
190 millions d’euros. […] Cela oblige les producteurs à serrer
les coûts, à tourner en batterie : cela donne des émissions de
moins bonne qualité », déclare Thierry Ardisson.
Interview réalisée par Olivier Harmant
Tout le monde ne peut se vanter comme les anciens rois de France d’être
« empereur en son royaume ». Le roi des jeux vidéo en ligne Tencent va
donc se plier aux directives de l’empire du Milieu, remonté contre la myopie des jeunes et les risques d’addiction. L’éditeur de Honor of Kings risque
donc de trôner sur un marché national empêché de croître. Les augures attitrés relativisent le choc en se disant que les régulations pénalisent surtout
les challengers. Il n’empêche, ce tour de vis tombe mal pour la plus grosse
« pondération » (avec 4,84 %) de l’indice MSCI Emerging Markets, déjà privée de son autre couronne – première capitalisation boursière chinoise –
par le roi du shopping Alibaba. Non seulement les gamers lui offraient son
cheval de Troie dans la grande bataille des data et des algorithmes, mais
cette dernière se durcit aussi bien avec les vieux rivaux qu’avec les jeunes
pousses (Bytedance, Meituan-Dianping, Didi, etc.). Or son multiple de capitalisation dépasse celui d’Alibaba (34 et 31 fois le bénéfice prévisionnel). Les
investisseurs mondiaux n’ont donc plus trop envie de regarder beaucoup
plus loin que le bout de leurs lunettes, en remettant en question la suzeraineté des géants numériques américains, plutôt meilleur marché à l’exception d’Amazon et de Netflix.
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
EN VUE
Mauricio Macri
LES ENTREPRISES CITÉES
Air France-KLM 31
Amazon 23
Apple 23
Back Market 25
Bang & Olufsen 23
Bic 20
Bim 25
Blanco 22
Blaupunkt 23
Caly Technologies 27
Candia 22
Casino 31
Coca-Cola 17
Costa 17
Deutsche Telekom 23
Engie 20
Europe 1 24
France Culture 24
France Inter 24
Gemalto 23
Google 23
Haco Industries 20
Harman 23
Hermès 31
Kering 31
Keurig Dr Pepper 17
LVMH 31
Mapstr 25
Marshall 23
Michelin 31
Microsoft 23
Naskeo 27
Orange 23
Panasonic 23
PepsiCo 17
Peugeot 31
PSA 34
Radio Classique 24
RATP 18
Recommerce 25
Remade 25
Renault 31
RTL 24
Saint-Gobain 31
SFR 24
Shiva 19
Snips 23
Starbucks 17
Sun Art 19
Thales 23
Valeo 31
Vuarnet 22
Wells Fargo 31
WPP 24
INDEX DES AVIS
FINANCIERS
TFF GROUP 17
Les Echos est une publication du
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’ai la rate/Qui s’dilate/J’ai le foie/
Qu’est pas droit/J’ai le ventre/Qui
se rentre/J’ai l’pylore/Qui s’colore/
L’estomac/Bien trop bas/. » En 1934, tout
allait mal, Ouvrard, le chanteur de caféconcert, en avait fait une chanson : « Je
n’suis pas bien portant ». Aujourd’hui, ça
dérape aussi de tous les côtés et de celui
des pays émergents en particulier,
Venezuela, Turquie, Argentine… On n’en
est pas aux chansons mais à la course de
fonds. Depuis son élection en 2015, Mauricio Macri, le président argentin, 59 ans,
a dû en effet changer de sport. Il était jusque-là plutôt foot. En 1995, après avoir
passé dix jours dans un cercueil où
l’enfermèrent des ravisseurs, le riche
héritier abandonna l’entreprise industrielle familiale pour diriger le club des
Boca Juniors, il les emmènera aux sommets. Avant, en 2003, de décrocher la
mairie de Buenos Aires et un siège au
Parlement. En 2015, lors de son élection à
J
la Casa Rosada, l’Argentine va (déjà) mal,
mais Mauricio est libéral et le FMI
l’accueille favorablement. L’organisation
dirigée par Christine Lagarde saluera
très vite ses « efforts extraordinaires ».
Après Kirchner, c’est le Kärcher. Le
contrôle des changes tombe, les dépenses sont sabrées, Macri montre patte
blanche à Davos, la « vérité » des prix fait
mal : l’électricité augmente de 700 %.
Cela ne suffira pas, la hausse brutale du
dollar qui alourdit le remboursement de
la dette fait le reste. En mai dernier, Macri
– 3 femmes, 4 enfants, 5 frères et sœurs –
doit tendre la main au FMI qui la lui
accorde. En lui demandant ces jours-ci
l’accélération du versement de son aide,
le président a affolé les marchés, les taux
sont à 60 %. Le fan de voitures de sport
va-t-il se crasher ou éviter la faillite ?
(
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Page 7
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