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Les Echos - 01 10 2018

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Maison d’Épargne et de Valeur
dnca-investments.com
Oser enfin
quitter Paris
« Les Echos Executives »
// NOTRE SUPPLÉMENT DE 8 PAGES
L’ESSENTIEL
PAS DE COUP DE POUCE POUR
LES PETITES RETRAITES
La majorité, qui voulait augmenter
les petites retraites pour amoindrir l’effet négatif de la désindexation pour les plus modestes, en a
abandonné l’idée. // P. 2
ASSURANCE-CHÔMAGE :
LES PISTES D’ÉCONOMIES
La dégressivité des allocations
pour les hauts salaires, poussée
par Matignon, est refusée par les
syndicats et ses effets sont incertains. D’autres pistes sont étudiées. // P. 3
ENTREPRISES
& MARCHÉS
AIRBUS INAUGURE UNE USINE
D’HÉLICOPTÈRES EN CHINE
Le géant aéronautique européen
va ouvrir à Qingdao, dans le nordest du pays, sa première usine
d’hélicoptères en Chine, son principal marché. // P. 16
LES PRIX DES LOGEMENTS
SE STABILISENT EN FRANCE
Pour la première fois depuis son
lancement en avril, l’indice IPI
MeilleursAgents - « Les Echos »
France entière est en très légère
baisse. // P. 17
SUCRE : LE BILAN NÉGATIF
DE LA FIN DES QUOTAS
Un an après la suppression des
quotas européens sur le sucre,
la filière est aux prises avec de
lourds excédents provoquant un
effondrement des prix. // P. 20
DÉPARTS À LA DIRECTION
DE CARREFOUR BANQUE
Julien Jaillon, son directeur
général, a quitté le groupe fin
août. Pour lui succéder, Frédéric
Collardeau a été désigné.
// P. 34
Goldman Sachs
Le roi de Wall Street
tire sa révérence
Comment l’électrique s’impose
dans le paysage automobile
l Le Mondial s’ouvre cette semaine à Paris sous le signe du moteur zéro émission.
l Tous les modèles électriques présentés seront commercialisés dans les deux ans.
l Aux Etats-Unis, Elon Musk contraint de lâcher la présidence du conseil de Tesla.
A
lors que l’ineffable Elon
Musk, premier avocat de la
vo i t u r e é l e c t r i q u e , e s t
sommé de prendre du recul chez
Tesla par le gendarme boursier américain, l’industrie automobile présente au Mondial de Paris les véhicules zéro émission qui seront bientôt
en concession dans l’Hexagone et
ailleurs. Pour les constructeurs, la
conversion au lithium-ion est un
choix de raison : avec la chute des ventes de voitures diesel, c’est la seule
solution pour se conformer aux
objectifs de CO2 européens et éviter
ainsi les lourdes amendes prévues
par Bruxelles. Mais ce passage à l’électrique est encore loin d’être gagné.
Du réseau de recharge à l’autonomie
des batteries en passant par les prix de
vente ou la perte de valeur ajoutée
pour les constructeurs européens,
les points noirs restent nombreux.
// PAGES 18-19, 32, L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX PAGE 9
ET « CRIBLE » PAGE 38
Avec le Mondial 2018, l’industrie automobile semble enfin avoir enclenché sa conversion à l’électricité. Photo Miguel Medina/AFP
Le défi de l’Italie à l’Europe
et aux investisseurs
DETTE Le projet de budget 2019 en fort déficit adopté par
Rome au centre des réunions de l’Eurogroupe et de l’Ecofin.
Le ministre de l’Economie italien, Giovanni Tria, farouche
partisan d’un déficit n’excédant
pas 1,6 % du PIB du pays, va
devoir s’expliquer dès ce lundi
et mardi à Luxembourg auprès
de ses homologues européens
de l’Eurogroupe et de l’Ecofin.
Le ministre italien a dû céder à
la relance budgétaire sous la
pression du gouvernement. Le
déficit italien devrait atteindre
l’an prochain le niveau de 2,4 %
du PIB. Vendredi matin, sur
RMC, le commissaire européen
aux Affaires économiques et
financières, Pierre Moscovici, a
estimé que le budget italien
paraissait « hors des clous » des
règles européennes. La Comm i s s i o n a t t e n d l ’ex a m e n
détaillé du projet italien ces pro-
chaines semaines pour rendre
son verdict. Le feu devrait être
orange. Le rejet est écarté par le
commissaire européen, qui
n’est pas dans un esprit de sanctions. Un dialogue complexe et
tendu avec les autorités italiennes s’annonce. // PAGES 6-7,
L’ÉDITORIAL DE
DOMINIQUE SEUX PAGE 9
ET « CRIBLE » PAGE 38
Le montant des
niches fiscales
dépasse
100 milliards
// PP. 30-31
Etats-UnisChine :
la nouvelle
guerre froide
Le Regard sur le monde de
Dominique Moïsi
Les relations internationales seront
de plus en plus dominées par le dangereux
face-à-face auquel se livrent Pékin et
Washington, écrit Dominique Moïsi. Une
rivalité qui rappelle ce qu’était la compétition entre l’URSS et l’Amérique dans la
seconde moitié du siècle dernier. Les deux
premières puissances mondiales sont
poussées, pour Washington, par une volonté de se retirer du monde trop vite, et
pour Pékin, par le désir d’imposer son nouveau statut trop rapidement. // PAGE 10
IWC PORTUGIESER.
L A LÉGENDE
PARMI LES ICÔNES.
IMPÔTS C’est une première : en
SUR
Josep Lago/AFP
Daniel Leal-Olivas/AFP
CARNET // P. 37
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 1 OCTOBRE 2018 // LESECHOS.FR
Ce nouveau standard de téléphonie mobile devrait
déclencher une vraie révolution pour les industriels.
NICOLAS BARRÉ
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
La bataille mondiale de la
5G est désormais lancée
Les premiers lancements du nouveau
réseau démarrent aux Etats-Unis
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22792
110e ANNÉE
38PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
TÉLÉCOMS Verizon lance, ce lundi, une première offre outre-
Atlantique. Les Etats-Unis et l’Asie – Japon et Corée du Sud en
tête – sont à la pointe dans la 5G, la technologie de toutes les
promesses pour les télécoms. Le Vieux Continent est en retard.
Ce nouveau standard de téléphonie mobile devrait déclencher
une vraie révolution pour les industriels. // PAGES 24-25
2018, le montant des niches fiscales devrait dépasser 100 milliards d’euros, révèle une note
de Bercy que se sont procurée
« Les Echos ». C’est 7 milliards
de plus qu’en 2017, en raison de
la hausse du crédit d’impôt
pour la compétitivité et l’emploi
(CICE) qui reste la plus importante niche fiscale de France.
Depuis 2012, la somme des
457 avantages fiscaux différents recensés par la Cour des
comptes, en 2018, s’est même
accrue de 28 milliards d’euros.
Toutefois, si les niches fiscales
sont un manque à gagner pour
les finances publiques, elles
sont aussi un instrument de
politique économique qui
permet de réduire les prélèvements obligatoires. En 2019, le
budget table sur une diminution de 2 milliards d’euros des
niches fiscales. // PAGE 2
Portugieser Chronographe. Réf. 3714
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Tél. +33 1 58 18 14 98 · www.iwc.com
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02 //
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
FRANCE
Macron, le réembrayage
Le chef de l’Etat a entamé aux Antilles un travail
de reconstruction de sa relation aux Français.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessin Fabien Clairefond pour « Les Echos ».
L
’arrêt, le recul, le virage,
l’accélération, aucune
des tentatives passées
pour relancer une machine
gouvernementale grippée
n’a démontré son efficacité.
Emmanuel Macron tente un
réembrayage. Il ne change
ni la direction ni le rythme
de son action – « en aucun cas
je ne changerai de politique »,
confie-t-il au « JDD ». Mais
il corrige la manière. « Les
grandes transformations ne
s’opèrent pas d’en haut. Nous
les impulsons, il faut ensuite
que les acteurs s’en saisissent
pour les mettre en œuvre. »
Fin de la présidence verticale.
Il se corrige non parce qu’il
serait empêché. « J’ai la
majorité pour faire », rappellet-il, en se montrant aussi
détaché des sondages que
de sa réélection. Le scrutin
européen « n’aura aucun
impact sur la politique que le
gouvernement doit mener »,
assure-t-il. Il se corrige pour
faire plus, pour créer de
l’adhésion et obtenir ces
résultats que les Français
lui reprochent de ne pas voir
venir. « Les effets de beaucoup
de réformes prennent du
temps. C’est d’autant plus vrai
que c’est toute la société
que nous devons mettre
en mouvement. »
CQFD, les fameux résultats ne
sont pas entre ses mains mais
entre celles des Français.
Citoyens, associations, corps
intermédiaires, « j’ai besoin de
vous », lance-t-il, comme
lorsqu’il invitait dans
la campagne la société
à réamorcer une démocratie
bloquée.
A hauteur d’homme
Pour ce faire, il met beaucoup
de lui. Il reconnaît des
« erreurs », il prend dans les
bras, embrasse, fait parler
sa chair quand on le voyait
techno : « J’ai dans le ventre
l’impatience de 66 millions
de Français. » Comme si son
voyage aux Antilles ce weekend l’avait cette fois mis dans
le rôle de l’impatient et lui
avait fait constater le peu
d’effet de sa propre parole,
six mois après son premier
voyage. Jupiter redevenu
homme à Saint-Martin.
« Je ne suis pas parfait. »
Ainsi, à hauteur d’homme,
il peut mieux se faire
comprendre, pense-t-il.
« Même si ce n’est pas
exactement ce qu’on veut »,
accepter certains emplois
« permet de se mettre le pied
à l’étrier », explique-t-il.
C’est moins rude que
l’injonction de traverser la
rue, mais l’idée est la même.
Ce n’est pas la politique qui
est en cause, mais sa relation
aux Français, analyse
Emmanuel Macron.
Il faut de l’humilité pour
le reconnaître, mais il faut
beaucoup de temps pour
le réparer… si c’est possible.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
La dette publique a temporairement
dépassé les 100 % du PIB en 2017
FINANCES PUBLIQUES La dette publique a temporairement
dépassé la barre des 100 % du PIB à la fin juin 2017, a recalculé
l’Insee, qui prend désormais en compte la reprise de la dette de
la SNCF par l’Etat. A la fin du deuxième trimestre 2018, la dette
publique au sens du traité de Maastricht s’établissait à
2.299,8 milliards d’euros, en hausse de 5,2 milliards par rapport
au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du PIB, elle a
toutefois diminué de 0,3 point par rapport au premier trimestre
2018 et représentait 99 % du PIB.
Gratuité des transports : 500 euros
d’impôt en plus par ménage francilien
TRANSPORTS La gratuité des transports collectifs serait inadap-
tée à Paris et impossible à financer, a affirmé dimanche Valérie
Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France. « Si ce ne sont
pas les voyageurs qui paient, il faudra que quelqu’un d’autre paie »,
ce qui occasionnerait « 500 euros d’augmentation des impôts par
ménage l’année prochaine en Ile-de-France », a affirmé l’élue lors
du « Grand Jury » RTL - « Le Figaro » - LCI. L’idée de la gratuité,
avait été lancée en mars par Anne Hidalgo, la maire PS de la ville.
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Les niches fiscales dépassent
100 milliards d’euros en 2018
ges fiscaux s’est même accrue de
28 milliards d’euros, principalement à cause du CICE, le crédit
impôt recherche (CIR) étant la
deuxième niche fiscale la plus
importante.
IMPÔTS
Selon une note de
Bercy, le montant
des niches fiscales a
atteint 100,4 milliards
d’euros cette année.
Depuis 2012, la somme
des avantages fiscaux
s’est même accrue de
28 milliards d’euros.
En revanche, il devrait
diminuer de 2 milliards
d’euros en 2019, comme
le prévoit le projet
de loi de finances.
La Cour des comptes, qui recensait 457 avantages fiscaux différents en 2018, est particulièrement
sévère avec l’Etat. Au printemps
dernier, elle estimait que « l’implication de l’administration est réduite et
les propositions de modification ou
de suppression de niches fiscales sont
pratiquement inexistantes, faute
notamment d’une évaluation suffisante ». Elle jugeait que « seules certaines dépenses sont évaluées, et les
outils de mesure et de suivi déployés
pour contrôler leur efficience sont
défaillants ».
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Les niches fiscales ont encore augmenté cette année. Tant et si bien
qu’elles ont même dépassé pour la
première fois la barre des 100 milliards d’euros en 2018. C’est, en tout
cas, ce que prévoit Bercy dans une
note à laquelle « Les Echos » ont eu
accès. Selon le Trésor, le montant
des niches fiscales atteindrait
100,4 milliards d’euros, soit environ
4,4 % du PIB. C’est un peu plus que
les prévisions du gouvernement,
mais surtout cette somme est en
hausse de 7 milliards d’euros par
rapport à l’année précédente.
La recrudescence impressionnante de 2018 s’explique « essentiellement par l’effet du Crédit d’impôt
pour la compétitivité et l’emploi
(CICE), en hausse de 4,4 milliards
d’euros en raison du passage de son
taux de 6 % à 7 %, et par la hausse de
1,1 milliard d’euros du crédit d’impôt
pour l’emploi d’un salarié à domicile », selon le Trésor.
Critiques de la Cour
des comptes
Difficile de ne pas s’inquiéter de
Baisse prévue l’an prochain
cette progression des avantages
fiscaux concédés par l’Etat à certains contribuables puisqu’il s’agit
d’abord d’un manque à gagner
important pour les finances qui
affichent une nouvelle fois un déficit de 2,6 % du PIB cette année.
D’un autre côté, les niches fiscales
sont aussi un instrument de politique économique et représentent
des prélèvements obligatoires en
moins, ce qui peut bénéficier à la
croissance.
Les gouvernements qui se succèdent entonnent souvent l’air de la
chasse aux avantages fiscaux.
Ainsi, la réduction de l’impôt sur la
fortune (et maintenant de l’impôt
sur la fortune immobilière) en cas
d’investissement au capital des
PME a été supprimée l’an passé. Et,
dans le projet de loi de finances
2019, il est prévu de mettre fin au
taux réduit pour le gazole non routier. Mais aucun exécutif n’a pour
l’instant réellement réussi à réduire
le montant des niches fiscales. Probablement parce que, comme le
remarquait déjà le député LR Gilles
Carrez il y a dix ans, « dans chaque
niche, il y a un chien qui mord ».
Depuis 2012, la somme des avanta-
La décrue devrait toutefois s’amorcer en 2019, année au cours de
laquelle Bercy table sur 98,4 milliards d’euros d’avantages fiscaux.
« Le coût total des dépenses fiscales
diminuerait en 2019 de 2 milliards
d’euros, essentiellement sous l’effet de
la baisse de 950 millions d’euros du
coût du Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), de la baisse
du CICE de 480 millions d’euros,
ainsi que par le passage au prélèvement forfaitaire unique (PFU) »,
selon la note de Bercy. La réduction
des niches fiscales est donc peutêtre en marche, ce qui serait une
première depuis 2013. n
Retraites : pas de coup de pouce
pour les plus modestes
BUDGET
Les députés En marche
ont abandonné l’idée
de revaloriser plus
fortement les retraités
modestes.
Ils veulent insister sur
des réformes avantageuses pour les seniors
comme le « zéro reste
à charge ».
Solveig Godeluck
@solwiiet
Renaud Honoré
@r_honore
Faut-il faire un geste pour atténuer
l’effort réclamé aux retraités ? Fin
août, la majorité semblait tentée
d’adoucir les effets de la mesure de
revalorisation a minima des pensions de retraite en 2019 et 2020.
Alors chef de file des députés En
marche, Richard Ferrand était
monté au créneau, proposant de
remonter cette revalorisation à
+0,5 % pour les plus modestes, tandis que les plus aisés auraient eu
droit à +0,1 % ou +0,2 %. Mais le vent
a tourné. « C’est une idée à enterrer,
qui nous ferait prendre beaucoup de
coups politiques pour des gains très
faibles pour les Français », tranche
un ténor de la majorité.
Les députés de la majorité ont
renoncé à une solution qui présentait bien des problèmes. D’abord
techniques. Pour le rapporteur du
budget de la Sécurité sociale, Olivier
Véran, « c’était un mécanisme très
complexe, cela demandait huit à
Pour le gouvernement, la « revalorisation modulée » était source de problèmes. Photo François Guillot/AFP
neuf mois de process ». Surtout l’Elysée et Bercy ont fait comprendre aux
députés que le jeu n’en valait pas la
chandelle. « Si cette revalorisation
modulée avait été faite à enveloppe
constante, alors les plus modestes
auraient eu droit à un gain modeste
qu’ils auraient à peine relevé, tandis
que ceux qui auraient perdu auraient
hurlé. La solution ne présentait aucun
avantage », souligne un pilier de la
majorité. Pour lui, « la vraie modula-
« Si vous mettez
bout à bout
les mesures, il y a
une accumulation
de pouvoir d’achat
pour les personnes
âgées. »
OLIVIER VÉRAN
Rapporteur du budget
de la Sécurité sociale
rité, elle viendra de la forte revalorisation du minimum vieillesse ».
Des sommes relativisées
Pour autant, la majorité n’en a sans
doute pas fini avec cette question du
pouvoir d’achat des retraités. Elle est
encore agitée fréquemment par les
oppositions, qui trouveront des
munitions pour leurs canonnades
contre le gouvernement dans l’étude
dévoilée en fin de semaine par
l’OFCE : le centre de recherches
classé à gauche a montré que huit
retraités sur dix devraient être perdants en termes de pouvoir d’achat à
l’horizon 2020. Pour se défendre de
taper trop fort sur cette catégorie de
la population, Edouard Philippe a
déjà dégainé il y a dix jours une
mesure d’exemption de la hausse de
la CSG pour 300.000 retraités. Surtout, la majorité veut mettre en avant
d’autres réformes, dont ces derniers
devraient directement bénéficier :
c’est le cas de l’extension de la couverture maladie universelle complémentaire, mais surtout de la mise en
place progressive du « reste à charge
zéro », qui va se traduire par une
offre gratuite de lunettes, de prothèses dentaires et auditives. « Cela concernera forcément plus les personnes
âgées, avec un gain de 200 euros pour
les prothèses auditives dès 2019 par
exemple », poursuit une personnalité de la majorité. « Si vous mettez
bout à bout les mesures, il y a une
accumulation de pouvoir d’achat
pour les personnes âgées, qui représente à terme 1.200 à 1.300 euros de
revenus » par personne en un an,
selon Olivier Véran.
Le quasi-gel des pensions en 2019
et 2020 est par ailleurs relativisé par
Gérald Darmanin. Mardi dernier, le
ministre de l’Action et des Comptes
publics a insisté sur le fait que la progression moyenne des pensions ces
cinq dernières années n’était que de
0,4 %, pas très loin de l’indexation
retenue pour 2019-2020. Il y a cependant une vraie différence avec la fin
du quinquennat précédent : les prix
sont repartis à la hausse, alors qu’ils
étaient déprimés auparavant. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
Assurance chômage : les pistes
d’économies sur la table
SOCIAL
Evoquée par Edouard
Philippe, la dégressivité des allocations
se heurte au veto des
syndicats et aux effets
douteux de la formule.
D’autres pistes circulent, toutes synonymes
de baisse des droits.
Alain Ruello
@AlainRuello
La France va-t-elle rejoindre la moitié des pays de l’OCDE qui appliquent une formule d’allocation chômage dégressive comme c’est le cas
en Belgique, en Italie ou aux PaysBas ? C’est ce qu’a laissé entendre
Edouard Philippe, jeudi soir, sur
France 2. Deux cas sont envisageables, a-t-il indiqué : les personnes
ayant des « salaires très élevés » ou
une « très forte employabilité ».
Deux cas séduisants sur le papier
mais qui tiennent avant tout de
l’affichage politique.
Prudent, Edouard Philippe a renvoyé le sujet à la négociation sur les
règles d’indemnisation de l’Unédic
que les partenaires sociaux s’apprêtent à ouvrir. A ceci près que les
syndicats, unanimes, ont prévenu :
la dégressivité c’est non !
« Effets indésirables »
Le gouvernement peut toujours
passer outre leur accord – si accord
il y a. En l’espèce, cela marquerait
un retour aux années… 1990 quand
la France a pratiqué la dégressivité.
Pour l’arrêter en 2002, les effets
sur le retour à l’emploi s’avérant
contre-productifs, comme l’indique un document de l’Unédic
auquel « Les Echos » ont eu accès.
La dégressivité ? « Une recette de
grand-mère populaire aux bénéfices
douteux et aux effets indésirables »,
confirme Bruno Coquet, chercheur
affilié à l’OFCE qui conseille plutôt
de faire varier la durée des droits en
fonction de la conjoncture. Diminuer les allocations par paliers jusqu’à la fin des droits accélère la
reprise d’un emploi. Mais le plus
souvent l’allocataire reprend un
emploi moins qualifié, ce qui joue
contre les chômeurs qui auraient
pu y prétendre. En d’autres termes :
dégressivité égale moins de bienêtre et plus de chômage… Tout
l’inverse de l’objectif poursuivi !
Le seul avantage tient aux économies potentielles. En théorie, diminuer les allocations à compter du
13e mois s’appliquerait aux 9 milliards versés à partir du 12e. Si on
applique une baisse de 10 % ce serait
900 millions de dépenses en moins.
Le plus souvent
l’allocataire reprend
un emploi moins
qualifié, ce qui joue
contre les chômeurs
qui auraient pu
y prétendre.
Sauf qu’en évoquant les seuls très
hauts salaires ou les plus employables, Edouard Philippe a fermé les
écoutilles : en 2017, les chômeurs
dont le salaire journalier de référence dépassait 2,5 fois le plafond
de la Sécurité sociale ont touché
775 millions d’euros. Soit moins de
2 % des 40 milliards d’allocations
versées cette année-là, tous chômeurs confondus !
Un milliard d’économie
Pour baisser de 1 et 1,3 milliard par
an les dépenses de l’Unédic comme
le souhaite l’exécutif, il va falloir
actionner d’autres leviers, tous
synonymes de baisse de droits. Le
seuil minimum d’activité pour
recharger ses droits – 150 heures –
pourrait être augmenté. Tout
comme la période considérée pour
le calcul du salaire journalier de
référence (duquel est déduit le
montant versé).
Le nombre de mois travaillés
minimum ouvrant droit à indemnisation pourrait revenir à six mois,
contre quatre aujourd’hui, voire
plus. Autre piste évoquée, passer
d’un jour travaillé égale 0,9 jour
indemnisé et non plus un. A la clef,
1 milliard d’économie selon l’Unédic, mais pas tout de suite. n
LE GRAND RENDEZ-VOUS //
EUROPE 1 - « LES ECHOS » - CNEWS
« La gauche n’a pas dit
son dernier mot »,
assure Olivier Faure
Le premier secrétaire
du Parti socialiste,
Olivier Faure, estime que
la gauche doit se retrouver
sur certains sujets, comme
l’environnement,
« pour avancer ensemble ».
Lamia Barbot
@LamiaBarbot
« Je ne crois pas aux accords d’appareil qui font semblant d’être d’accord
sur tout. » Invité du « Grand Rendezvous » Europe 1 - « Les Echos »CNews ce dimanche, le premier
secrétaire du Parti socialiste était
interrogé sur la situation du PS et la
place de la gauche sur l’échiquier
politique, un an et demi après l’élection présidentielle. « Nous devons
assumer nos désaccords mais il y a des
combats communs, des sujets sur lesquels nous devons avancer ensemble,
comme le sujet de l’environnement »,
explique Olivier Faure, tout en rappelant son désaccord avec les propos de Jean-Luc Mélenchon et du
Parti communiste français sur
l’Europe. « Beaucoup de personnes
ont envie, clou après clou, de fermer le
cercueil du Parti socialiste. Pourtant,
on a besoin de la gauche sur la question climatique par exemple », estime
Olivier Faure qui assure que « la gauche n’a pas dit son dernier mot ».
Interrogé sur la candidature de
Manuel Valls à la mairie de Barcelone, Olivier Faure estime que
« Manuel Valls a bien vu qu’il n’a pas
d’avenir avec La République en mar-
« Gérard Collomb
a compris que,
durablement,
ce pouvoir allait être
impopulaire. »
OLIVIER FAURE
Premier secrétaire du PS
Olivier Faure, premier
secrétaire du Parti socialiste.
Photo Marie Etchegoyen/Capa Pictures
che » et ajoute qu’il est « l’un des
hommes politiques les plus détestés
aujourd’hui dans ce pays ».
« Mettre fin à l’accord
de Dublin »
Concernant l’annonce de la candidature de Gérard Collomb aux prochaines élections municipales à
Lyon, Olivier Faure considère cette
décision comme « un vrai problème ». « Comment avoir quelqu’un au gouvernement qui a basc u l é d a n s u n a u t re m é t i e r » ,
s’interroge le premier secrétaire du
PS. « Gérard Collomb est un vieux
matou à qui on ne la fait pas. Il a compris que, durablement, ce pouvoir
allait être impopulaire. Il a compris
qu’il devait prendre ses distances »,
poursuit-il.
Olivier Faure a réitéré sa volonté
de créer une Agence européenne
du droit d’asile qui déciderait
d’accorder ou pas l’asile aux personnes qui le demandent. « Il faut mettre fin aux accords absurdes de
Dublin et faire correspondre les
besoins des pays et des réfugiés. » Les
accords de Dublin délèguent la responsabilité de l’examen de la
demande d’asile d’un réfugié au
premier pays qui l’a accueilli. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
Ce que coûte la dépendance
aux personnes âgées
l La concertation sur la réforme de la dépendance s’ouvre ce lundi,
en vue d’une loi sur l’autonomie en 2019.
l La Mutualité française a calculé le reste à charge financier actuel.
SOCIAL
De neuf à dix milliards d’euros par
an. C’est l’investissement qui sera
probablement nécessaire pour
assumer le coût de la dépendance, a
estimé Emmanuel Macron en juin,
lors du congrès de la Mutualité française. Il s’était alors engagé à faire
voter « avant la fin de l’année 2019 »
une loi en vue de « construire un
nouveau risque », à côté des risques
maladie, vieillesse, accidents du travail et famille, couverts par la Sécurité sociale. La concertation s’ouvre
ce lundi et doit se clore avant le
31 décembre. Le président du Haut
Conseil du financement de la protection sociale, Dominique Libault,
qui va piloter l’ensemble, présentera les dix groupes de travail et le
calendrier en présence de la ministre des Solidarités et de la Santé,
Agnès Buzyn.
A l’issue du discours présidentiel,
la Fédération nationale de la
Mutualité française a immédiatement embrayé, car elle voit dans ce
futur nouveau risque une prolongation naturelle de son activité assurantielle. Elle publie, ce lundi, une
étude sur les restes à charge des
Français âgés qui perdent leur autonomie, soit 1,3 million de personnes
aujourd’hui.
De moins en moins
d’aidants
Si les frais de santé sont plutôt bien
pris en charge, l’hébergement en
établissement et l’aide à la vie quotidienne pèchent. En moyenne, on
entre en établissement médicalisé
(Ehpad) autour de 85 ans. Un
homme y survit deux ans, une
femme deux ans et neuf mois. Or,
cela coûte en moyenne 2.500 euros
par mois. Les personnes âgées peuvent toucher une allocation personnalisée d’autonomie (APA),
voire une aide sociale à l’hébergement (ASH) – que beaucoup ne
demandent pas car elle est récupérable sur la succession. En dépit de
ces protections, 2.000 euros restent à leur charge, chaque mois.
Résultat, pour trois ans en établissement, il faut débourser
89.100 euros, dont 72.000 à ses
frais. Si l’on y reste cinq ans, ce qui
risque de devenir de plus en plus
fréquent avec les progrès médicaux, l’addition totale est de
185.800 euros, dont 153.100 euros
pour le locataire… Un montant qui
dépasse de près de 47.000 euros le
niveau de vie médian des retraités,
souligne l’étude.
Quand ils parviennent à rester à
leur domicile, les aînés dépendants
ont eux aussi des restes à charge qui
mangent l’intégralité de leurs revenus. En perte d’autonomie sévère,
on a besoin d’une « présence responsable » à plein temps, ce qui
coûte en moyenne 4.750 euros par
mois (seize heures par jour au
SMIC). Les personnes dépendantes
ayant 1.000 euros de revenus mensuels doivent débourser entre 2.500
et 2.600 euros, après les aides sociales. Une bonne pension est une
sécurité, puisqu’à 4.000 euros de
revenus… le reste à charge tombe…
à 4.000 euros. Il ne reste plus rien.
La réalité est heureusement souvent plus douce pour les personnes
qui se maintiennent à domicile.
Car la famille, les amis, leur tiennent compagnie, les véhiculent,
leur font les courses, les aident
financièrement. Grâce à l’interven-
tion à domicile de ces aidants, le
reste à charge tombe à moins de
120 euros par mois pour les dépendances les plus sévères, et disparaît
quasiment pour les autres. Hélas,
le nombre d’aidants est appelé à
diminuer car le nombre d’enfants
par couple chute, alors que la
population vieillit. En parallèle,
souligne la Mutualité, le niveau de
vie des retraités, supérieur à celui
des actifs, va devenir nettement
inférieur dans les trente ou quarante prochaines années. Il faudra
donc trouver des relais de financement, et structurer l’accompagnement du grand âge. — S. G.
INTERVIEW // THIERRY BEAUDET Président de la Mutualité française
« Si l’assurance devient obligatoire, les gens l’accepteront »
entre 50 et 65 ans, puis on oublie
tout pendant dix ans. On néglige de
se préparer à sa propre dépendance. Alors que si l’assurance
devient obligatoire, les gens l’accepteront, car ils perçoivent de plus en
plus que c’est une nécessité.
Propos recueillis par
Solveig Godeluck
@Solwii
Quelle part comptent prendre
les mutuelles dans le futur
risque dépendance ?
Nous souhaitons porter la cause du
« grand âge », en être les militants,
comme d’autres se mobilisent
autour du handicap. Ce serait une
évolution naturelle. Aujourd’hui,
70 % des plus de 65 ans choisissent
déjà une mutuelle pour leur complémentaire santé, et cette proportion
augmente avec l’âge. De plus, nous
gérons 200 Ehpad, et nous développons des dispositifs tels que les services de soins infirmiers à domicile, la
téléassistance et les équipements
connectés. Nous voulons amplifier
ces services auxquels les gens sont
attachés, et les solvabiliser. Cependant, les financements publics sont
essentiels et devront rester majoritaires. Rappelons que le coût de la
dépendance s’élève à 30 milliards
d’euros par an hors aide informelle,
et que 80 % de cette dépense est couverte par la solidarité publique.
Il existe déjà des contrats
d’assurance-dépendance, mais
« Emmanuel Macron
a présenté
une stratégie santé
ambitieuse, moi je dis
banco, transformons,
investissons. »
Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, plaide
pour une assurance-dépendance obligatoire. Photo Denis/RÉA
ils ne marchent pas. Pourquoi ?
Ces offres sont perçues comme
chères, pour un accident tardif
auquel on ne veut pas penser. Je ne
crois pas à la capacité des assureurs
complémentaires à vendre demain
des contrats dépendance labellisés
en se contentant de les aménager à
la marge, d’y ajouter un bilan de
santé ou un audit sur l’adaptation
du domicile… Pour que cela fonc-
tionne, il faut une forme d’inclusion, ou d’obligation de cotiser. La
cosmétique ne suffira pas.
Mais il y a une deuxième raison
pour laquelle les gens ne souscrivent pas d’assurance-dépendance.
Comme s’ils devaient assumer une
dette personnelle par rapport à
leurs parents. « J’en bave, mais c’est
mon devoir. » On est généralement
confronté à cet épisode douloureux
A quel âge la cotisation devraitelle devenir obligatoire ?
On peut se demander s’il est nécessaire de faire payer les jeunes
familles, qui ont d’autres soucis à
financer. Certains trouvent logique
que l’on fasse cotiser les actifs pour
leur retraite, puis les retraités pour
leur dépendance. Nous prendrons
position d’ici à la fin de l’année.
Combien cela coûterait-il
d’assurer une personne
pour sa propre dépendance ?
Nous n’en savons rien pour l’ins-
tant, les travaux vont commencer.
Nous constatons juste que la moitié des résidents en Ehpad ont un
reste à charge supérieur à leurs
ressources.
Pour cinq ans en établissement,
les pensionnaires doivent eux-mêmes débourser 153.000 euros, dont
en moyenne 47.000 euros leur
manquent.
En 2019, la Sécurité sociale
sera à l’équilibre. Faut-il
consacrer ses excédents qui
vont croître à la dépendance ?
Les excédents de la Sécurité sociale
doivent servir à investir dans le système de santé ! Car les deux budgets de la Sécurité sociale de ce
quinquennat sont malheureusement dans le prolongement de ce
qui se fait depuis les années 2000,
en termes d’économies : transfert
de nouvelles charges aux patients
et à leurs complémentaires santé,
pression sur les tarifs des établissements de santé, hausse des taxes
qui pèsent sur les mutuelles.
Emmanuel Macron a présenté
une stratégie santé ambitieuse,
moi je dis banco, transformons,
investissons. Mais j’espère que ce
plan ne restera pas lettre morte. n
Pourquoi l’activité des hôpitaux va ralentir
SANTÉ
Une étude du cabinet
Roland Berger montre
que la progression
de l’activité hospitalière devrait demeurer
faible pendant
quelques années
et plaide pour
une hausse de 1 %
des tarifs.
Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale affiche
un objectif de croissance des dépenses hospitalières de 2,4 % pour 2019,
en hausse par rapport à 2018, le
cabinet Roland Berger publie une
étude commandée par la Fédération de l’hospitalisation privée, qui
intéressera tous les acteurs du secteur. Elle plaide pour que le gouvernement augmente de 1 % par an les
prix remboursés aux établissements publics et privés pendant
trois ans. Depuis 2014, ils n’ont cessé
de diminuer. « Les baisses de tarifs
hospitaliers des dernières années ont
permis d’ajuster de façon simpliste
l’évolution des dépenses, argumente
Patrick Biecheler, associé au sein du
cabinet. Mais nous pensons que le
pilotage uniquement par les prix
n’est pas suffisant ; il faut regarder les
volumes d’activité. »
Un « effet de saturation »
Ces volumes progressent beaucoup
moins vite qu’avant. Le ralentissement de l’activité hospitalière en
2017 a pris tout le monde de court.
Selon Patrick Biecheler, qui a compilé les chiffres des cliniques, du
ministère et obtenu des données inédites de l’Assurance-maladie, la tendance en 2018 est une croissance de
0,6 %, alors que le volume de séjours
a augmenté de 1,3 % par an en
moyenne de 2014 à 2017. La progression devrait se stabiliser autour de
0,6 % par an au cours des prochaines années, prévoit Roland Berger.
A cela plusieurs raisons. D’abord,
un « effet de saturation » : pour certaines pathologies, le gros des malades a déjà été traité, le pic des dépenses est donc passé. Cela a été
spectaculaire dans le cas des traite-
2017 a vu un ralentissement de l’activité hospitalière,
qui a pris tout le monde de court. Photo Frédérick Florin/AFP
ments innovants contre l’hépatite C.
Mais cela vaut aussi pour la chirurgie de la cataracte ou du canal carpien (douleurs articulaires).
Par ailleurs, les hospitalisations
sans nuitée se développent et les
patients cancéreux peuvent prendre
leur chimiothérapie par voie orale, à
la maison. Puis les nouvelles thérapies ou méthodes opératoires permettent de limiter les réhospitalisations : la chirurgie bariatrique fait
chuter les séjours pour des maladies
en lien avec l’obésité ; l’élimination
de l’hépatite C empêche des cancers
du foie et des cirrhoses, la lutte con-
tre le tabac et la démocratisation des
statines réduisent les accidents vasculaires… Enfin, la baisse de la natalité réduit les séjours dans les maternités, surtout dans le secteur privé.
« Quand on compare les tarifs
français aux tarifs européens, la
France est toujours en bas du
panier », souligne Patrick Biecheler :
elle est 150 % moins chère que
l’Espagne pour les endoscopies
digestives, de 71 % à 141 % moins
chère que les Pays-Bas ou l’Allemagne pour les prothèses de genou.
Un coup de pouce serait d’autant
plus nécessaire, selon Roland Berger, que les personnels hospitaliers
sont démoralisés, voire en burn-out,
après des années de restrictions. Et
que l’inflation repart à la hausse.
« Les mesures du plan santé telles que
les réorganisations territoriales ou la
digitalisation ne produiront des effets
que dans cinq à dix ans. En attendant,
nous estimons qu’augmenter de 1 %
par an les tarifs permettrait d’éviter
les défections de médecins, la grogne
sociale et les défaillances de cliniques », plaide le consultant. Rendezvous en mars, quand le gouvernement fixera les tarifs 2019 des
établissements. — S. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Les Echos
MONDE
en
chiffres
ÉTATS-UNIS : L’INFLATION
RALENTIT
REBOND DU PIB
BRITANNIQUE
L’inflation sur un an aux
Etats-Unis a légèrement
décéléré à 2,2 % en août après
2,3 % en juillet, selon l’indice
des dépenses personnelles de
consommation. Sur le mois,
cet indice que la Fed
privilégie a augmenté de
0,1 %. Hors alimentation et
énergie, l’inflation est restée
stable à 2 % en glissement
annuel.
La croissance économique
du Royaume-Uni a atteint
0,4 % au deuxième trimestre.
Au premier trimestre, la
croissance a été révisée en
recul à 0,1 %, contre 0,2 %
précédemment. Le rebond
de l’économie au cours du
deuxième trimestre tient
principalement aux
dépenses des ménages, qui
ont progressé de 0,4 %.
2,4 %
LE CHÔMAGE AU JAPON
Le taux de chômage au
Japon a légèrement reculé en
août pour s’établir à 2,4 % de
la population active (– 0,1
point par rapport à juillet).
Les conditions d’emploi sont
extrêmement favorables
puisqu’il y a avait en août 163
offres pour 100 demandes.
Rome s’apprête à affronter
Bruxelles sur son budget
l La Commission européenne a dénoncé le poids de la dette italienne.
l Elle juge suicidaire la politique de relance proposée. Pierre Moscovici va
entamer le dialogue avec l’Italie mais est réticent à dégainer d’éventuelles sanctions.
Derek Perrotte
@DereckPerrotte
— Bureau de Bruxelles
temporaire, de la transformation du
crédit d’impôt compétitivité emploi
en baisses pérennes de charges.
Le bras de fer sera intense et il est
déjà lancé. Dès vendredi, sur RMC,
le commissaire européen à l’Economie, Pierre Moscovici, a prévenu que le budget dévoilé par
l’Italie semble « hors des clous » des
règles européennes.
Certes, avec un déficit nominal
annoncé à 2,4 % de PIB, l’Italie resterait sous la barre des 3 %. La France
annonce elle-même un déficit à
2,8 % l’an prochain, argue ainsi son
gouvernement. Mais là n’est pas la
question, rétorque la Commission. D’abord, comparaison n’est
pas raison : la dette française est bien
moins alarmante que l’italienne et le
déficit « réel » devrait s’y limiter à
1,9 %, le 0,9 autre point attendus
n’étant que l’impact comptable,
Une dette « explosive »
Ensuite et surtout, ce n’est pas tant
sur son déficit nominal que sur son
déficit structurel (calculé indépendamment des hauts et des bas de la
croissance) et le contrôle de sa dette
que des efforts étaient demandés à
l’Italie, en vertu des règles du « bras
préventif » du Pacte de stabilité.
Celui-ci exige des Etats un effort
structurel de 0,6 point de PIB par an
en vue de reconstituer des marges
permettant à terme d’absorber
d’éventuels futurs chocs dans la
zone euro. Or, explique une source
européenne, tout laisse à craindre
qu’« on n’y sera pas du tout avec un tel
niveau de déficit nominal ».
La dette italienne, de l’ordre de
2.300 milliards d’euros, représente
déjà 131 % de son PIB, le ratio le plus
élevé de la zone euro derrière la
Grèce. Vendredi, Pierre Moscovici
l’a de nouveau qualifiée d’« explosive », en condamnant la politique
adoptée par Rome : « Faire de la
relance quand on a une dette très éle-
budget italien avec des sanctions à la
clef – une arme prévue par les traités
mais jamais dégainée jusqu’ici dans
l’UE – semble écarté par Pierre Moscovici. « Je ne suis pas dans l’esprit des
sanctions », a-t-il plaidé vendredi, au
nom du pragmatisme : « Nous
n’avons pas intérêt à une crise entre la
Commission et l’Italie […], un pays
important de la zone euro. »
Dans ce contexte, il se prépare à
un dialogue complexe et tendu avec
les autorités italiennes pour les
appeler à une approche plus rigoureuse. « On peut faire des mesures
sociales et réduire les déficits. Comment ça ? En faisant des choix »,
insiste Pierre Moscovici, qui rencontrera ce lundi le ministre italien des
Finances, le modéré Giovanni Tria.
Le vice-Premier ministre italien
Luigi Di Maio, chef de file du M5S, a
assuré vendredi que Rome « n’avait
pas l’intention d’aller au conflit » avec
La Commission
préparera un premier
avis détaillé d’ici
à mi-novembre.
vée, cela finit par se retourner contre
ceux qui le font. »
La Commission attend désormais la notification officielle du
budget italien d’ici au 15 octobre,
puis préparera un premier avis
détaillé d’ici à mi-novembre. Le feu
sera a priori orange : un feu vert est
exclu et un rejet pur et simple du
Le ministre
de l’Economie
au bord de
la démission
Alors que Luigi Di Maio exultait au
balcon du palais Chigi, siège de la
présidence du Conseil italien, pour
annoncer son « budget du peuple »,
la Commission européenne reste à
la fenêtre et attend plus de précision
sur un projet qui lui paraît déjà
« hors des clous » (voir ci-dessus).
Le président de la République, Sergio Matarella, a rappelé le week-end
dernier que l’article 97 de la Constitution italienne impose « l’équilibre
budgétaire et la viabilité de la dette
publique ». « Qu’il soit tranquille, a
immédiatement rétorqué Matteo
Salvini, après des années de budgets
imposés par l’Europe qui ont fait
exploser le déficit public, finalement
on change de cap et on parie sur l’avenir et la croissance. Et si à Bruxelles
ils disent que je ne peux pas le faire, je
m’en fiche, je le fais quand même. »
Retraites revalorisées
Ce qu’il veut faire avec le M5S,
c’est augmenter dès le 1er janvier les
pensions minimales de retraite à
780 euros et revenir sur la réforme
du système adopté par le gouvernement Monti. Quelqu’un ayant atteint
l’âge de 62 ans et ayant cotisé trente-
Bruxelles, dont « les préoccupations
sont légitimes ». Mais, a-t-il surtout
insisté, « ce gouvernement est engagé
à maintenir le déficit à 2,4 % pour trois
ans ». Selon lui, « la dette baissera »
grâce à la « croissance économique
inattendue » que générera un budget
se voulant de relance, un argument
qui n’a aucune chance de convaincre Bruxelles. Les discussions
seront d’autant plus complexes,
confie une source européenne,
que « la Commission n’aura pas envie
de se montrer aussi clémente avec ce
gouvernement italien populiste
qu’elle l’a été avec ses prédécesseurs ».
(
Lire l’éditorial
de Dominique Seux
Page 9
Les provocations italiennes
laissent la BCE de marbre
Le projet de budget italien
traduit une politique
populiste qui a causé de
la volatilité sur les marchés
mais ne présente pas
de risques pour les autres
pays de la zone euro.
Aris Oikonomou/AFP
Les partis populistes
ont inséré dans leur
premier budget toutes leurs
promesses électorales sans
se soucier des engagements
pris avec Bruxelles.
Giovanni Tria va tenter
de défendre le projet
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Pour Pierre Moscovici, le budget italien est « hors des clous » des règles
Giovanni Tria a fait l’objet de violentes attaques de la part du M5S.
huit ans pourra partir à la retraite.
Une mesure qui concernera
400.000 personnes et coûtera la première année 8 milliards d’euros. Le
taux d’imposition sera ramené à
1 5 % p o u r p l u s d ’u n m i l l i o n
d’autoentrepreneurs et artisans
ayant un chiffre d’affaires de moins
de 65.000 euros et à 20 % pour ceux
ne dépassant pas la limite de
100.000 euros. Une amnistie pour
les évadés fiscaux dont les montants
concernés sont inférieurs à
500.000 euros sera également adoptée. Un revenu de citoyenneté de
780 euros, promesse emblématique
du M5S, sera lancé d’ici au 1er avril
prochain. Il devrait concerner
6,5 millions de personnes pour un
coût estimé à 10 milliards d’euros.
Il faudra en trouver 1,5 milliard
pour un fonds d’indemnisation des
épargnants victimes des crises bancaires, 15 milliards d’euros pour des
investissements publics supplémentaires ces trois prochaines
années et 12,4 milliards d’euros pour
empêcher l’augmentation automatique de la TVA. Des ressources que
le gouvernement espère trouver
avec une réduction des dépenses
liées à l’accueil des migrants, des
coupes budgétaires symboliques
mais surtout avec l’augmentation
du déficit. Il le portera à 2,4 % ces
trois prochaines années et table sur
une croissance de 1,6 % l’an prochain et 1,7 % l’année suivante, bien
supérieure aux dernières prévisions
revues à la baisse de +1 % et +1,1 %
en 2019 et 2020.
Rumeur de départ
Les détails du budget seront soumis
à l’examen de la Commission européenne le 15 octobre prochain. Le
ministre de l’Economie, Giovanni
Tria, partisan d’un déficit n’excédant
pas 1,6 % « pour l’intérêt de la nation »
devra l’expliquer lundi et mardi à
Luxembourg auprès de l’Eurogroupe et de l’Ecofin.
Humilié et violemment attaqué
ces dernières semaines par le M5S, il
a songé à démissionner. Le président
de la République l’en a dissuadé. Son
départ aurait aggravé la situation.
Mais il ne pourrait qu’être différé. Au
sein même du ministère de l’Economie, on estime que l’annonce pourrait être faite à l’issue du vote du budget par le Parlement italien. n
Virginie Robert
@virginierg
Il en faudra beaucoup plus, penset-on à Francfort comme dans les
cercles d’économistes, pour que la
trajectoire de la Banque centrale
européenne (BCE) évolue au vu des
trépidations italiennes. « Les temps
ont changé par rapport à la Grèce, il y
a une meilleure résistance face au
politique. C’est une bonne chose que la
banque centrale n’ait pas à s’engager », constate Frederik Ducrozet,
économiste chez Pictet Wealth
Management.
Tant qu’il n’y aura pas de vraies
incidences sur la croissance de la
zone euro ou sur l’inflation, ni de ris-
que de contagion, il n’y a aucune
raison pour que l’institution revoie
sa politique monétaire. Lors de sa
dernière conférence de presse, le
13 septembre, Mario Draghi avait
constaté que les péripéties italiennes restaient « un épisode italien »
sans conséquence sur les autres
pays de la zone euro. « Autrement
dit, ce n’est pas l’Italie qui va influencer le programme d’assouplissement
quantitatif », souligne Frederik
Ducrozet. Le contexte en 2018 est
totalement différent de celui de
2012, avec une croissance de la zone
euro récemment révisée à la baisse à
2 % par la BCE cette année et un taux
d’inflation annuel de 1,7 % d’ici à
2020. Cette conjoncture, si elle se
maintient, va permettre à la banque
centrale de cesser son programme
de rachats d’actifs (2.600 milliards
au total) en décembre et de relever
ses taux, sans doute au dernier trimestre 2019.
En cas de crise de liquidités, la
banque centrale pourrait intervenir,
mais la justification première serait
la préservation de la stabilité financière. Il y a toujours un recours possible à l’OMT (« outright monetary
transactions »), un dispositif
– encore jamais utilisé – pour éviter
qu’un Etat ne soit forcé de quitter la
zone euro à cause de taux d’emprunt
prohibitifs qui empêcheraient tout
refinancement.
Une meilleure situation
économique
Toutefois, « l’Italie a besoin de
300 milliards d’euros en refinancement l’an prochain, c’est massif »,
constate Christopher Dembik, économiste chez Saxobank. Une obligation qui va forcément influencer
le ton de ses discussions avec
Bruxelles sur son projet de budget
et sans doute permettre d’éviter les
trop gros dérapages. Avec une dette
équivalente à 131 % de son PIB,
Rome ne peut se permettre de trop
dégrader ses finances publiques et
sa capacité à emprunter. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
Après 2 % en août, l’inflation
en zone euro a accéléré en
septembre à 2,1 %, un chiffre
qui dépasse l’objectif fixé par
la BCE. Ce sursaut est dû
avant tout aux prix de
l’énergie qui ont augmenté
de 9,5 % en septembre contre
+ 9,2 % en août. L’inflation
« sous-jacente » quant à elle
a ralenti à 0,9 % en
septembre après 1 % en août.
Shutterstock
TAUX DE CHÔMAGE ALLEMAND
Le taux de chômage en Allemagne a reculé en septembre à
5,1 %. C’est le plus bas niveau
depuis la réunification du pays
en 1990. L’Agence fédérale pour
l’emploi dénombrait 834.000
offres d’emploi vacantes à la fin
du mois de septembre, soit
61.000 de plus qu’il y a un an.
Dette : la note de l’Italie
sous haute surveillance
Le projet de budget italien
ne devrait pas rassurer
les agences de notation.
Elles pourraient placer
le pays à un cran de la
catégorie « junk bonds ».
Guillaume Benoit
@gb_eco
européennes. Photo John Thys/AFP
« Nous n’avons
pas intérêt à une
crise entre la
Commission et
l’Italie [...], un
pays important
de la zone euro. »
PIERRE MOSCOVICI
Commissaire européen
à l’Economie
Rome était déjà dans le collimateur
des agences de notation. L’accord
gouvernemental sur le budget, prévoyant un déficit de 2,4 % pour l’an
prochain, ne va certainement pas
arranger les choses. Ce, alors que
tant Standard & Poor’s que Moody’s
vont rendre leur verdict d’ici à la fin
du mois. L’enjeu est de taille. Pour
l’instant, les trois grandes agences
attribuent une note équivalant
à BBB. C’est-à-dire que l’Italie est à
seulement deux crans de tomber
dans la catégorie « spéculative »,
celle des « junk bonds ». On n’en est
pas encore là. Mais, pour les marchés, une dégradation d’un cran est
probable. Le pays se retrouverait
alors en bas de la catégorie « investissement ».
Moody’s avait placé la note de
l’Italie sous revue négative en mai
dernier, et devait se prononcer sur
une possible dégradation en août.
L’agence a préféré prolonger de
quelques semaines sa période
d’examen. Objectif de ce report : en
savoir plus sur les projets de la coalition populiste au pouvoir, tant sur le
plan du programme budgétaire que
sur la poursuite des réformes économiques engagées par le pays. S & P,
pour sa part, se prononcera le
26 octobre. Pour l’instant, il accordait à Rome une perspective stable.
Cette vision optimiste était soutenue
par les grands chantiers structurels
dans le système éducatif, le marché
du travail ou le secteur bancaire.
Les plans du gouvernement italien ne devraient pas les rassurer.
« Les risques d’une dégradation
(d’un cran) ont significativement
progressé depuis la publication des
nouveaux objectifs de déficit », explique Fabio Fois, économiste chez
Barclays. Les agences auront les
yeux rivés sur les objectifs budgétaires et la crédibilité des estimations
des futurs excédents.
Soutenabilité de la dette
Les interrogations sur la soutenabilité de la dette italienne pourraient
peser dans la balance. Selon l’économiste de Barclays, « la diminution des efforts de maîtrise du budget
combinée à un affaiblissement de la
démarche de soutien à la croissance
vont placer la dette dans un équilibre
très instable sur le moyen terme ». La
banque estime notamment que le
ratio dette sur PIB italien pourrait
repartir significativement à la
hausse. Dès à présent, les investisseurs s’attendent à des périodes de
très forte volatilité sur la dette italienne. La réaction de l’Union européenne face à un dérapage budgétaire trop marqué, mais aussi
l’instabilité politique (séparation de
la coalition, démission du ministre
des Finances…) risquent de provoquer des pics de nervosité sur le
marché de la dette. L’automne
s’annonce d’ores et déjà agité. n
Espagne : Sánchez bute
sur l’obstacle budgétaire
0,5 % de plus. Je pense que nos alliés
verront que nous avons essayé ». La
ministre des Finances va devoir
construire le budget 2019 dans les
rails préétablis en 2018. La gymnastique s’annonce compliquée
pour l’exécutif socialiste qui prévoyait un budget expansif. D’autant
que Podemos a déjà posé sur la
table ses exigences, en demandant
une hausse des dépenses sociales
et la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, ainsi
que de nouveaux impôts sur la
banque et sur les grandes fortunes,
et la fin de l’exemption des taxes
foncières pour les biens de l’Eglise.
ESPAGNE
L’opposition de droite
refuse de revoir
à la hausse le plafond
des dépenses
publiques pour 2019.
Le Premier ministre
socialiste ne va pas
pouvoir financer
les exigences sociales
de son allié Podemos.
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
Pas d’oxygène pour Pedro Sánchez.
Le Premier ministre espagnol, qui
gouverne en minorité, n’a pas
réussi à débloquer le plafond des
dépenses publiques 2019. Sa ministre des Finances, María Jesús Montero, va donc devoir dessiner la loi
de finances 2019 en s’appuyant sur
le cadre laissé par le gouvernement
précédent, celui du conservateur
Mariano Rajoy, sans grande marge
de manœuvre pour imprimer le
virage social promis aux alliés de
Podemos.
En théorie, Madrid devrait pourtant pouvoir profiter de l’accord
négocié en juillet dernier avec
Bruxelles, qui l’a autorisé à relever
son objectif de déficit à 1,8 % de PIB
(au lieu de 1,3 %) en 2019, ce qui permettrait d’augmenter les dépenses
de l’Etat de 4,4 %, soit 6 milliards
Angela Weiss/AFP
5,1 %
ZONE EURO : LA HAUSSE
DES PRIX S’ACCÉLÈRE
Pédro Sánchez n’aura pas
la marge de manœuvre
nécessaire pour financer
le virage social promis.
d’euros de mieux. Mais le jeu parlementaire en a décidé autrement.
Les forces d’opposition – le Parti
populaire et Ciudadanos – ont en
effet serré les rangs pour bloquer
vendredi les tentatives de faire
voter la hausse des dépenses publiques par la voie rapide.
Gymnastique compliquée
« Si nous sommes obligés de présenter le budget avec l’objectif de déficit
antérieur, nous le ferons », affirme
Pedro Sánchez, « même si nous
aurions plus de possibilités avec
Révélations et scandales
La bataille du budget va être un test
pour éprouver la solidité du gouvernement, arrivé aux commandes du pays grâce à une motion de
censure surprise contre le Parti
populaire, déconsidéré par une
série de scandales de corruption.
Pedro Sánchez doit maintenant
prouver qu’il est capable d’avancer
malgré ses appuis hétéroclites,
parmi lesquels les partis indépendantistes catalans.
Mais l’image de régénération de
la politique qu’il essaie de projeter
a été laminée ces dernières semaines par une succession de révélations et scandales qui sapent la
réputation de son gouvernement.
Deux ministres ont été poussés à la
démission et d’autres sont sur le
gril. Les rumeurs d’élections anticipées commencent à circuler, mais
de son côté Pedro Sánchez assure
qu’il tiendra bon. n
Vendredi 5 octobre
Les marchés s’inquiètent d’un risque
de dérive des finances publiques
Les taux italiens se sont
tendus vendredi, et la Bourse
de Milan a chuté de 3,7 %.
Pierrick Fay
@pierrickfay
La coalition populiste n’a peut-être
pas « l’intention d’aller au conflit »
avec l’Union européenne, selon les
mots du vice-Premier ministre,
Luigi Di Maio, mais le projet de déficit budgétaire de 2,4 % en 2019 a été
perçu par les marchés comme une
agression. « Cette annonce a toutes
les chances de conduire à une confrontation avec la Commission européenne dans les prochaines semaines », juge ainsi UniCredit.
Pour Adrian Hilton chez Columbia Threadneedle, « un déficit de
2,4 % l’année prochaine n’est pas un
désastre mais ces dernières semaines,
les marchés avaient été amenés à
croire – par le ministre des Finances,
Tria, plus modéré – qu’un chiffre inférieur à 2 % était plus probable et les
spreads (écarts de taux) s’étaient quelque peu stabilisés. Tout cela a changé
brusquement vendredi matin ». Et a
précipité les marchés en plein doute.
Après un mois de septembre plutôt calme, la tempête s’est réveillée
sur les actifs italiens. Le rendement
des emprunts d’Etat s’est envolé de
26 points de base, à 3,14 %, avec un
plus haut en séance à 3,25 %. Surtout, l’écart de taux avec le Bund
allemand s’est de nouveau tendu
dans la journée de vendredi pour
atteindre 268 points de base.
Pour les investisseurs, il ne fait
aucun doute que ce déraillement
budgétaire aura du mal à passer
auprès des agences de notation, d’où
ce regain de tension sur les marchés
obligataires. Les marchés espagnols
et portugais ont été plutôt épargnés,
ce qui n’a pas été le cas des taux
grecs, en hausse de 12 points de base
vendredi. Pour les investisseurs,
l’Italie rejoint le clan des cancres de
la zone euro. « Ce genre de volatilité
alimente le sentiment de risque en Italie et les déclassements de notations
pourraient aggraver encore la crise »,
souligne Adrian Hilton.
Les banques sous pression
Les marchés actions ont aussi été
chahutés. La Bourse de Milan a
chuté de 3,72 % dans le sillage des
valeurs bancaires, toujours perçues
comme fragiles. La cotation de certaines actions a même dû être interrompue. Banco BPM a perdu au final
plus de 9 %, Intesa Sanpaolo plus de
8 % et UniCredit près de 7 %. Les
autres places boursières de la zone
euro sont aussi rattrapées par la nervosité. La Bourse de Paris a reculé de
0,85 % et l’Euro STOXX 50 de 1,39 %.
Si la question de l’appartenance de
l’Italie a la zone euro n’est pas revenue sur le devant de la scène, la
devise européenne reste sous pression. L’euro est repassé en journée
sous le seuil de 1,16 dollar, avant de se
reprendre légèrement. « La question
clef concerne l’impact sur les perspectives de croissance, aujourd’hui et
demain, des décisions budgétaires du
gouvernement. Pourront-elles être
constructives ? » s’interroge Hervé
Goulletquer à La Banque Postale
AM. Le gouvernement assure que
oui. « Nous voulons rembourser la
dette et je peux vous assurer que la
dette baissera », grâce à « la croissance économique inattendue » qui
sera provoquée par le budget qui
prévoit de forts investissements, a
assuré Luigi Di Maio.
Mais le marché est libre d’en douter. Nicola Nobile chez Oxford Economics maintient ainsi sa prévision
de croissance à 1 % pour 2019, estimant que « l’effet d’une politique
budgétaire expansionniste sera
limité », notamment en raison de
« l’impact négatif induit par des taux
d’intérêt plus élevés, d’autant plus
que le déficit pourrait, à la fin, être
plus fort que ciblé ». Pour Barclays,
l’Italie a déjà perdu une partie de sa
« crédibilité aux yeux des marchés et
de ses partenaires européens. Le gouvernement de coalition aura d’autant
plus de mal à conserver la confiance
des investisseurs que le ministre des
Finances, Tria, perçu comme un
garant de la discipline budgétaire », a
été incapable de résister à la pression des partis populistes.
(
Lire « Crible »
Page 38
SUPPLÉMENT
GRATUIT
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
UNE RÉVOLUTION
POUR LA SANTÉ
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
Brexit : May tente de sauver son
plan face aux critiques des tories
ROYAUME-UNI
A Birmingham, les
militants conservateurs, réunis pour leur
congrès, n’attendent
qu’une chose : le duel
que la Première ministre va devoir livrer
avec Boris Johnson.
ÉTATS-UNIS
Le FBI enquête
sur les accusations
d’agression sexuelle
et le vote définitif
est retardé, dans
un climat de tension.
Alexandre Counis
— Envoyé spécial à Birmingham
Tenir, et s’en sortir sans trop de dommages. C’est l’objectif de Theresa
May, cette année, à la grande conférence annuelle du Parti conservateur, qui se tient jusqu’à mercredi à
Birmingham. Un rendez-vous qui
s’annonce à haut risque pour la Première ministre conservatrice, tant
ses propositions sur le Brexit sont
contestées au sein même de son
propre camp politique.
Dans les allées du centre de conférences, dimanche, les militants
n’attendaient qu’une seule chose : le
duel qu’elle doit livrer, par discours
interposés, avec Boris Johnson. Son
ex-ministre des Affaires étrangères,
qui rêve désormais clairement de
prendre sa place, doit s’exprimer
mardi… soit la veille de la cheffe du
parti. Mais la conférence n’avait pas
encore ouvert que Boris Johnson
avait déjà sorti l’artillerie lourde
pour pilonner son plan de Chequers,
vertement rejeté il y a quelques jours
par les Vingt-Sept à Salzbourg.
Comte Dracula
« La proposition de Chequers est une
humiliation morale et intellectuelle
pour le pays », avait dégainé l’exmaire de Londres, dans un article au
vitriol publié en une du « Telegraph » dès vendredi. Ce plan est
« dérangé » et « totalement grotesque », a-t-il ajouté dimanche, dans le
« Sunday Times ». « Contrairement à
la Première ministre, j’ai fait campagne pour le Brexit […] et je pense que ce
qui se passe maintenant, malheureusement, n’est pas ce qui a été promis
aux gens en 2016 », a-t-il taclé. Le plan
de Chequers, « c’est un peu comme le
comte Dracula : exposé à la lumière
La nomination
de Kavanaugh
à la Cour suprême
toujours en suspens
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Au Congrès des conservateurs, à Birmingham, Theresa May, devra faire face aux hard Brexiters
qui refusent son plan de Chequers. Photo Ben Standall/AFP
du jour, il n’est pas bien vigoureux », a
de son côté raillé sur la BBC le député
Jacob Rees-Mogg, chef de file des
députés hard-Brexiters du parti.
Comme lui, B oris Johnson
appelle à « jeter Chequers à la poubelle » pour rechercher avec Bruxelles un accord de libre-échange sur le
modèle de celui signé entre l’Union
européenne (UE) et le Canada. Une
solution publiquement rejetée il y a
quelques jours par Theresa May, qui
la juge encore pire qu’un scénario de
« no deal », où le pays quitterait l’UE
sans accord. La Première ministre
n’en démord pas : Chequers est la
seule proposition crédible sur la
table. Et elle appelait ce week-end à
la soutenir, au nom de la défense des
intérêts du pays.
Concours de beauté
Theresa May devrait être fortement
chahutée par les hard-Brexiters du
parti à Birmingham, mais sans pour
autant être poussée vers la sortie à ce
stade. Pas question pour eux de provoquer sa chute avant que le Brexit
« La proposition de
Chequers est une
humiliation morale
et intellectuelle
pour le pays. »
BORIS JOHNSON
dans un article paru vendredi
en une du « Telegraph »
n’entre en vigueur le 29 mars 2019.
Les ténors du parti vont en revanche
tous donner de la voix pour se positionner, au cas où la chute du gouvernement May s’accélérerait. Et
pas seulement Boris Johnson. Le
ministre de l’Intérieur Sajid Javid, le
nouveau ministre des Affaires
étrangères Jeremy Hunt, voire le
ministre de l’Environnement
Michael Gove ou la ministre du
Développement international
Penny Mordaunt devraient tous
chercher à occuper le devant de la
scène. Et faire entendre leur petite
musique, en pensant fermement à
la place de Premier ministre.
Pour faire taire ceux qui la verraient bien annoncer son départ dès
le Brexit entré en vigueur, Theresa
May a prévenu dimanche dans le
« Sunday Times » qu’elle était au
contraire décidée à rester à Downing Street pour plusieurs années.
« Il y a un travail à long terme à
mener », a-t-elle lancé. Avant d’accuser les opposants à Chequers de
« faire de la petite politique ». n
La Cour suprême n’a toujours
pas son neuvième juge. Le vote
du Sénat a été reporté, au terme
d’une journée de vendredi marquée de multiples rebondissements. Alors que les sénateurs
de la commission des Affaires
judiciaires du Sénat s’apprêtaient à se prononcer, le républicain Jeff Flake, qui a plusieurs
fois critiqué Donald Trump par
le passé, a demandé un report
du vote définitif, le temps que le
FBI lance une enquête courte
pour tenter de déterminer si
Brett Kavanaugh a bien été
l’auteur d’agressions sexuelles
durant sa jeunesse. « Je pense
que l’on peut faire une courte
pause, le temps d’enquêter », a-t-il
indiqué, affirmant agir pour
réduire les divisions du pays.
Une initiative soutenue par Lisa
Murkowski et Susan Collins,
elles aussi sénatrices républicaines, plutôt progressistes et dont
le vote restait indécis.
Le dos au mur, le leader républicain du Sénat Mitch McConnell puis Donald Trump, luimême, se rangeaient à cette
idée. Dans le cas contraire, ils se
seraient exposés à un vote contre des sénateurs dissidents, qui
auraient pu bloquer la nomination de Brett Kavanaugh – la
majorité républicaine au Sénat
est très courte : 51 à 49. Et le président américain demandait au
FBI de mener une enquête limitée dans ses actions et ne devant
pas durer plus d’une semaine.
Samedi, le FBI s’est mis au travail, sous la direction de la Maison-Blanche. Celle-ci a limité
l’enquête aux deux premières
accusatrices de Brett Kavanaugh : Christine Blasey Ford,
auditionnée par le Sénat jeudi,
et Deb orah Ramirez, une
ancienne camarade de l’université de Yale. En revanche, Julie
Swetnick, qui affirme avoir eu
une liaison avec Donald Trump,
ne sera pas entendue. Julie
Swetnick affirme pourtant avoir
été violée lors d’une fête où Brett
Kavanaugh était présent. Selon
elle, le juge aurait aussi, durant
ces années de jeunesse, tenté de
droguer plusieurs femmes.
Donald Trump a réaffirmé
son soutien à Brett Kavanaugh.
« Nous venons de lancer la septième enquête sur le juge Kavanaugh. Un jour, il sera reconnu
comme un grand juge de la Cour
suprême », a-t-il tweeté. Vendredi, le vote de la commission
avait été marqué par des invectives de chaque camp. Jeff Flake,
malgré son appel à retarder le
vote du Sénat, a voté en faveur
de Kavanaugh lors du vote de la
commission. Celle-ci a donc
recommandé au Sénat d’élire le
juge (par 11 voix contre 10), tout
en reportant le vote définitif.
Un enjeu électoral
Les Républicains veulent aller
vite. Si l’enquête tarde ou si la
nomination de Brett Kavanaugh
est retoquée, le processus pourrait s’allonger après les élections.
Avec le risque de se retrouver
avec une majorité démocrate
qui bloquerait tous les candidats
conser vateurs à la Cour
suprême. La plus haute juridiction américaine était, jusque-là,
partagée entre libéraux et conservateurs. Le juge que pourrait
remplacer Brett Kavanaugh,
Anthony Kennedy, était plutôt
conservateur, mais rejoignait
parfois les rangs progressistes
sur certains points, comme les
droits des minorités. n
Le pillage de la nature, principale ressource des criminels
TRAFICS
tiques locales, ont intérêt à ce que la
lutte armée se prolonge pour assurer
leur contrôle sur les ressources naturelles et les routes de trafic » en profitant de l’absence de l’Etat.
Les ventes illicites
d’or, de pétrole, diamants et bois, rapportent désormais plus
que la drogue ou le
trafic d’êtres humains
aux mafias et aux
groupes terroristes.
Daech au régime sec
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
Le trafic de pétrole, diamants, d’or
ou de bois a détrôné celui de drogue
et d’êtres humains. Le premier atlas
mondial des flux illégaux d’argent,
publié récemment par Interpol et
deux ONG, estime que la taxation, le
racket ou la vente de diverses ressources minières et agricoles représentent désormais la première
source de financement du crime
organisé et des guérillas et organisations terroristes. Le rapport
estime que ces « crimes environnementaux », c’est-à-dire le vol ou le
trafic illégal de matières premières,
avec un risque élevé d’atteintes à
l’environnement des pays concernés (pollutions, pillage), fourniraient un chiffre d’affaires annuel
de 110 à 281 milliards de dollars.
Ce rapport, qui présente pour la
première fois une mappemonde
consolidée des quelque mille routes
clandestines utilisées pour le transport de drogue, migrants, pétrole de
contrebande ou défenses d’éléphant, estime que l’exploitation illicite des ressources naturelles
représente désormais 38 % (dont
17 % pour le seul pétrole) des revenus des organisations terroristes et
des guérillas, devant le trafic de drogue (28 %), le racket et les droits de
checkpoint (26 %), loin devant les
donations extérieures et les rançons (3 %). Plus en détail, le rapport
évalue à 5 milliards de dollars par
an les revenus générés par le trafic
de migrants en provenance de Syrie
et d’Irak, à 8,4 milliards les exportations de cocaïne de la Colombie vers
les États-Unis, à 1,4 milliard les
exportations d’opium afghan vers
l’Europe à travers la Russie, ou
encore à 165 millions les ventes
d’ivoire depuis l’Afrique vers l’Asie.
Ces divers trafics se nourrissent
des conflits et les alimentent en
retour, en une sorte de cercle
vicieux ; les trafics financent les
organisations terroristes et, souligne Christian Nellemann, directeur du Norwegian Center for Global Analyses (Rhipto) « les groupes
criminels, certains liés aux élites poli-
Les trafics sont devenus, souligne
Mark Shaw, directeur de la Global
Initiative against Transnational
Organized Crime (GITOC), « un
phénomène global, aux confluents
des conflits entre l’Afrique, le MoyenOrient et les Amériques, avec un lien
direct vers le terrorisme international ». Le seul Sahara serait le théâtre
de trafics (armes, cigarettes, êtres
humains, drogue) d’un total de 450
à 765 millions de dollars. Les routes
clandestines de cet immense désert
sont aussi utilisées par les djihadistes de retour de théâtres d’opérations en Syrie, Irak ou Afghanistan.
Pour autant, les djihadistes ne
« roulent plus sur l’or ». Les revenus
des sept principales guérillas et
organisations terroristes sur lesquelles s’est concentré le rapport,
qui sévissent au Congo, en Colombie, au Nigeria, en Somalie, en
Afghanistan et en Syrie-Irak, dépassent rarement les mille dollars par
mois et par combattant. Daech ne
disposait plus, l’an dernier, que de
revenus de 10 millions de dollars
par mois, un trentième du niveau
du temps de sa splendeur en 2014.
Le revenu des talibans est désormais sans doute inférieur. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Dans les coulisses du vin de Bordeaux
des Echos
La Chronique
La confrontation Chine-Amérique,
un risque majeur pour le monde
Le Point de vue
Pourquoi la réforme Macron de la santé
est historique
Art et culture
La « Dame » d’enfer d’Arthur Nauzyciel
Sciences
Le robot Mascot va rencontrer son astéroïde
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Innover à tout prix
Boll pour « Les Echos »
Des pays émergents mieux
armés face à la crise financière
Jean-Marc Vittori
@jmvittori
Et si les pays émergents provoquaient la prochaine crise financière ? Ce scénario semble prendre
corps. Le signe le plus évident est
venu du marché des changes.
Depuis le printemps, le peso argentin a perdu plus de 50 % face au dollar et la livre turque près de 40 %. La
roupie indienne, le real brésilien, le
rand sud-africain, le rouble russe et
d’autres devises ont aussi dévissé.
C’est d’autant plus inquiétant que
les grandes entreprises de ces pays
ont beaucoup emprunté ces derniers temps, souvent en monnaie
étrangère. Elles pourraient donc
avoir du mal à rembourser.
Après la crise de la zone euro au
début des années 2010 et les tempêtes « made in USA » des années
2000 (bulles Internet et subprime),
l’orage semble donc gronder à nouveau au-dessus des pays moins
riches, comme dans les années 1990
avec la crise asiatique et les années
1980 avec la décennie perdue de
l’Amérique latine. Mais la donne a
changé, car les pays émergents ont
appris des catastrophes passées. Ils
sont moins fragiles – sans être pour
autant immunisés.
L’origine des convulsions est clairement identifiée. C’est la même
qu’au début des années 1980 : le resserrement de la politique monétaire américaine. En 2013, Ben Bernanke, qui présidait la Réserve
fédérale, avait provoqué des mouvements violents sur les marchés
en annonçant que la banque centrale des Etats-Unis commençait à
envisager de modérer sa politique
très accommodante (c’était le
fameux « tapering »). Pour aller sur
Wall Street, les investisseurs
avaient alors vendu en masse leurs
actifs des pays émergents, où ils
étaient partis chercher des rendements élevés.
Cette fois-ci, la politique de la Fed
n’a pas suffi à déclencher l’exode des
capitaux. Alors que la banque cen-
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Les secousses
financières de la
Turquie et de l’Argentine ont semé l’inquiétude sur les pays
émergents. Ces deux
pays sont cependant
des exceptions :
ils ont des déficits
courants massifs.
Il n’y a pas de risques
systémiques a priori.
Mais des dangers
majeurs subsistent.
D
Les points à retenir
Quand un pays achète
•davantage
qu’il ne vend,
il doit trouver de l’argent auprès
dinvestisseurs étrangers
pour financer l’écart.
Quand la crise survient, les
étrangers s’envolent et les prêts
du FMI prennent le relais.
Essorés par la crise de 1997,
les dirigeants des pays d’Asie
du Sud-Est ont juré de ne plus
devoir demander d’argent au
FMI, et ils dégagent aujourd’hui
tous des excédents.
Ils ont une fragilité réelle
mais limitée – il faudrait
sans doute une crise politique
pour les déstabiliser vraiment.
•
•
•
trale des Etats-Unis relève ses taux
d’intérêt depuis la fin 2016, les investisseurs ont seulement réagi quand
des signaux d’alarme se sont allumés sur le tableau de bord des
émergents. En Argentine, l’incapacité des autorités à maîtriser l’inflation et les comptes publics a donné
l’alerte. Le gouvernement a obtenu
un prêt du FMI de 50 milliards de
dollars, dont il a cherché à accélérer
l e ve r s e m e n t . C ô t é Tu r q u i e ,
l’inquiétude est venue de l’emprise
croissante du président Recep
Erdogan sur les leviers du pouvoir, y
compris économiques, et du surendettement des banques.
La Turquie et l’Argentine partagent une faiblesse majeure : leurs
échanges avec le reste du monde
affichent un déficit qui dépasse 5 %
de leur PIB. Parmi les pays qui font
plus de 100 milliards de dollars de
PIB, ce sont les seuls dans cette
situation (avec l’Algérie, très peu
présente sur la scène financière
internationale). Le déficit courant
avait déjà joué un rôle clef dans la
crise asiatique de 1997 : Malaisie,
Thaïlande et Vietnam avaient alors
dépassé les 5 % du PIB et les Philippines en étaient proches. Comme
dans la zone euro : le trou de la
Grèce avait dépassé 15 % du PIB et
celui de l’Espagne avait approché
10 %.
Ce déficit est une cause première
de crise financière. Quand un pays
achète davantage qu’il ne vend, il
doit trouver de l’argent pour financer l’écart. Cet argent vient d’investisseurs étrangers, qui construisent
des usines dans le pays ou y achètent des actions, des obligations, de
l’immobilier. Quand la crise survient, les étrangers s’envolent
comme des moineaux. Le FMI
avait été créé il y a plus de 70 ans
pour lutter contre l’asphyxie financière des pays touchés par pareille
défiance.
Mais l’action du Fonds monétaire
international a ses limites. Le FMI
ne peut pas prêter de l’argent
n’importe comment. Il pose des
conditions. Et ces conditions sont
parfois délirantes, comme ce fut le
cas en 1997. Du coup, les dirigeants
des pays d’Asie du Sud-Est ont juré
d e n e p l u s d e vo i r d e m a n d e r
d’argent au FMI, et dégagent
aujourd’hui tous des excédents – à
l’exception de l’Indonésie (2 % de
déficit prévu en 2018). Parmi les
autres grands émergents, seule
l’Afrique du Sud approche les 3 %.
Le Brésil, le Mexique et l’Inde sont
autour de 2 %. Ils ont une fragilité
réelle mais limitée – il faudrait sans
doute une crise politique pour les
déstabiliser vraiment.
Les économistes regardent bien
sûr d’autres indicateurs pour évaluer le risque des pays émergents,
comme la soutenabilité de la dette
extérieure, les réserves de change,
l’inflation, les finances de leurs
grandes entreprises. Pour les
experts de la Société Générale, seules la Turquie et l’Afrique du Sud
sont vraiment inquiétantes. Ceux
de Natixis ont identifié un « Club
des cinq » (les deux précédents,
plus l’Inde, l’Indonésie et le Brésil).
Mais rien ne semble devoir déclencher une crise majeure comparable
aux précédentes.
Restent toutefois trois dangers.
Le premier est un durcissement de
la guerre commerciale, qui affaiblirait leurs exportations de produits
industriels – et aussi, par ricochet,
de matières premières. Le
deuxième est le risque politique.
Constamment en excédent avec ses
exportations de pétrole, de gaz et de
métaux, la Russie a pourtant connu
à plusieurs reprises des chocs
financiers déclenchés par des décisions du Kremlin, s’inscrivant dans
une longue tradition. Le troisième
risque est bien sûr la Chine,
dont l’endettement a progressé à un
rythme affolant au cours de la dernière décennie. Il est cependant
périlleux d’y prédire une crise
financière. Certains le font depuis…
vingt-cinq ans. Ils auront fatalem e n t r a i s o n u n j o u r. M a i s
quand ? n
L’innovation n’a pas de prix. Mais elle a un
coût. Dans l’automobile, qui sera en vedette
cette semaine à l’occasion du Mondial,
comme dans les télécoms, qui se préparent
à l’arrivée de la 5G, les industriels le savent,
pour croître il est indispensable d’innover.
Les politiques de réduction de coûts ou
les
OPA débouchant sur des consolidations
Par David
permettent de gagner en efficacité et de
Barroux
booster la « bottom line » ; de dégager plus
de bénéfices pour autant de chiffre d’affaires.
Les innova- Mais pour trouver le chemin de la « top
tions de rup- line », de la croissance, maintenant que
la mondialisation – qui a permis d’attaquer
ture sont
de nouvelles zones géographiques – ne peut
l’occasion
plus être un relais, la seule solution est
de provode lancer de nouveaux produits permettant
de gagner des parts de marché.
quer de
Le marketing et la publicité ne sont que
nouveaux
des moteurs d’appoint permettant de faire
départs.
savoir que l’on est différent. Mais la
différence véritable ne se décrète pas, elle se
construit grâce à des ingénieurs concevant de nouveaux produits.
C’est pour créer de nouveaux besoins, pour répondre à de
nouvelles attentes que l’industrie innove. Dans un monde sans
concurrence et dans lequel les industriels n’auraient guère besoin
de se montrer attentifs aux évolutions des attentes, l’automobile ne
basculerait pas vers l’électrique et les télécoms se passeraient bien
de devoir investir dans de nouvelles générations à ultra-haut débit.
Car innover est terriblement coûteux et risqué. D’abord parce
que rien ne dit au départ que les pistes explorées aboutiront. Toutes
les bonnes idées ne débouchent pas forcément sur de bons
produits. Ensuite parce que même si une innovation finit
par aboutir, elle peut coûter bien plus cher que prévu et que les
solutions précédentes. Or, même si les consommateurs apprécient
la nouveauté, ils sont en général aussi près de leurs sous et ne sont
pas toujours disposés à payer plus cher pour une innovation.
Le progrès ne vaut souvent que s’il n’est pas plus cher.
Le décollage lent de la voiture électrique le prouve et
les opérateurs télécoms qui s’apprêtent à investir des milliards
dans la 5G le savent. Si les investissements sont certains, le retour
sur investissement, lui, n’est jamais garanti.
Enfin, les idées peuvent être copiées. Les innovations de rupture
sont l’occasion de provoquer de nouveaux départs, qui peuvent
remettre en cause le leadership d’un acteur dominant. Ce n’est,
au final, que la peur de subir le sort d’un Kodak – qui a inventé
mais enterré la photo numérique pour préserver sa rente dans
l’argentique – qui pousse aujourd’hui les industriels à sortir
de leur zone de confort en pariant sur une croissance qui ne sera
pas automatiquement rentable.
(
Lire nos informations
Pages 18, 19, 24 et 25
Illusionnistes italiens
Par Dominique Seux
La démocratie a parlé. Et condamner a priori le gouvernement
italien parce qu’il applique son programme est forcément mal vu.
Les bons esprits, qui souhaitent laisser sa chance au tandem formé
par le M5S et la Ligue, expliquent que Donald Trump n’a pas
provoqué chez lui la catastrophe redoutée et que le déficit italien
(2,4 % du PIB) sera inférieur au déficit français (2,8 %, le plus élevé
en Europe) et encore plus au plafond européen. Les mêmes
refusent de prendre au sérieux la baisse de la Bourse de Milan (3,7%
vendredi) ou la hausse des taux d’intérêt. En résumé, disent-ils :
attendons pour juger, car les populistes sont le fruit de l’échec des
méthodes traditionnelles. Cette bienveillance est attendrissante. Le
problème est qu’elle se heurte aux faits, et ceux-ci, comme chacun
sait, sont têtus. La première question concerne toute la zone euro.
L’Italie pèse environ huit fois le PIB de la Grèce et il est clair qu’une
crise de la dette souveraine aurait des conséquences dramatiques
pour toute la zone. « Je m’en fiche » si Bruxelles n’est pas content,
s’est exclamé samedi Matteo Salvini, le vice-Premier ministre.
On n’en est pas là, mais non, Rome ne peut s’en moquer totalement.
Le second doute porte sur l’Italie elle-même. Les baisses d’impôt
et l’embryon de revenu universel s’apparentent à une classique
politique de relance. Mais on ne voit pas pour l’instant quelles
réformes structurelles remuscleront une économie
dont la croissance était limitée ces dernières années.
En revanche, on comprend que si l’économie n’accélère pas
comme la promesse en est faite, les déficits seront bien supérieurs,
là aussi, aux promesses. Le seul coût budgétaire des intérêts de
la dette tourne déjà autour de 70 milliards d’euros (42 milliards
en France). C’est un poids considérable. Avec la remontée des taux
d’intérêt, la tendance ne sera pas à l’amaigrissement. Pure
coïncidence, le niveau des dettes française et italienne est
identique, environ 2.300 milliards d’euros, et la France voit
ce qui l’attend si elle s’entête à ne jamais redresser ses comptes.
(
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10 // IDEES & DEBATS
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Elon Musk contraint de quitter la présidence de Tesla
2. Retraites : la majorité renonce au coup de pouce pour les plus modestes
3. Explosion du nombre de malades du sida en Chine
4. Des doutes sur l'origine africaine de l'homme
5. Les cités mayas étaient bien plus complexes que prévu
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Plan pauvreté : n’oublions
pas la justice !
#MeToo, un an après
La confrontation Chine-Amérique,
un risque majeur pour le monde
Le plan pauvreté, présenté par Emmanuel
Macron, néglige un sujet majeur : le lien
entre criminalité et précarité, estime
l’avocat pénaliste Philippe-Henry Honegger.
chômeurs, une population, peut-être
presque plus que toutes les autres, est
directement concernée par les questions de
précarité : les personnes détenues. […] Face à
un juge, une personne condamnée qui ne
peut justifier d’un emploi et d’un
hébergement ira très souvent en prison. »
TRIBUNAUX « La première solution pour
traiter ce problème entre criminalité et
pauvreté sera justement de garantir une
justice qui, elle-même, ne serait pas pauvre.
[…] En 2018, à Bobigny (Seine-Saint-Denis),
on peut attendre entre un et deux ans avant
qu’une affaire soit audiencée pour être jugée
[…]. Plus de magistrats, plus de procureurs,
plus de greffiers – voilà comment
commencer à lutter efficacement contre un
système qui, aujourd’hui, créé de la
désinsertion au lieu de créer de l’insertion. »
CONSEILLERS « Si la justice est rendue
dans des conditions déplorables,
l’application des décisions est aussi devenue
quasi impossible, faute de moyens. […]
Cette application et le contrôle des personnes
ayant des affaires au pénal se font
normalement par l’intermédiaire des
conseillers pénitentiaires d’insertion et
de probation (CPIP). […] Mais avec si peu
de moyens, ils sont tellement peu nombreux
qu’ils arrivent à peine à rencontrer ceux
dont ils s’occupent. »
ZONES « A quand des zones de justice
prioritaires ? La justice dans les zones
défavorisées n’est pas confrontée à la même
criminalité, aux mêmes enjeux socioéconomiques, aux mêmes problématiques
de récidive et d’insertion. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Il y a un an Harvey Weinstein était
•dénoncé
comme un prédateur sexuel.
Le mouvement #MeToo débutait. C’est,
en effet, en octobre 2017 que le « New
York Times » et le « New Yorker » faisaient état de plaintes d’une douzaine de
femmes que le producteur de Hollywood aurait agressées.
Jusque-là Weinstein, écrit « The Economist », avait bénéficié de la loi du
silence et de l’acceptation du fait que les
hommes puissants peuvent « fixer leurs
propres règles dans certaines circonstances ». Depuis le monde a changé. Le juge
Brett Kavanaugh pourrait ainsi être
empêché de siéger à la Cour suprême.
Pour l’hebdomadaire, « c’est un progrès »
car désormais le témoignage d’une
femme est pris au sérieux. Et c’est la différence avec la confirmation en 1991 à la
Cour suprême du juge Clarence Thomas
en dépit des accusations de harcèlement
sexuel émis à son encontre par Anita
Hill. La semaine dernière Bill Cosby a été
condamné à la prison ferme après avoir
été reconnu coupable de viol. « La bonne
nouvelle c’est que la volonté de changer les
choses est forte. La mauvaise c’est que le
harcèlement des femmes par des hommes
risque de devenir le nouveau terrain des
guerres culturelles en Amérique. » Mais le
changement social est profond : avant
2016, 920 femmes s’étaient rapprochées d’EMILY’s list, un comité d’actions
pour l’élection de femmes progressistes.
Elles sont 42.000 avant les élections de
novembre. « The Economist » liste
néanmoins tous les risques posés par le
mouvement #MeToo comme la vérification des témoignages, les jugements
hâtifs ou encore la volonté de certaines
de le politiser. Il reste que « Hollywood
l’arrogante » a déclenché une puissante
force pour l’égalité des sexes, inconnu
depuis le mouvement des suffragettes.
—J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Dans les coulisses
du vin de Bordeaux
LE PROPOS Voilà un livre qui
devrait figurer dans la
bibliothèque de tout « honnête
homme », au sens où l’entendait
Montaigne. Ni pédant ni trivial, ce
petit précis du vin de Bordeaux, en
forme d’ode aux terroirs, regorge
d’anecdotes savoureuses et de
richesses insoupçonnées.
Construit comme un dictionnaire
amoureux, ce petit précis du
vignoble bordelais est à l’opposé
d’un exercice de cuistrerie. C’est
plutôt une histoire d’amour, celle
d’hommes et de femmes qui ont
tout sacrifié à la quête du graal du
vigneron : le bouquet suprême. En
suivant les détours de la
départementale 2 (la fameuse D2),
l’auteur retrace ainsi les itinéraires
des plus belles tribus du Bordelais :
depuis la famille Moueix (Château
Petrus) ou l’incroyable histoire de
Jean-Gabriel Camou (ancien
plombier reconverti en vigneron)
jusqu’à Pierre Lurton, le globetrotter qui gère Cheval Blanc pour
le compte d’Albert Frère et de
Bernard Arnault ou Château
d’Yquem pour le compte de LVMH,
en passant par la reconversion
d’Olivier Decelle, l’ancien patron de
Picard Surgelés.
Eloge immodéré
du vin de Bordeaux
Jean-Luc Schilling, Editions
Philippe Rey, 365 pages, 20 euros.
L’INTÉRÊT Derrière l’opulence des
grands domaines et leurs
« architectures flamboyantes »,
l’auteur décrit un monde bigarré
de petits seigneurs et de
« débrouillards » qui compte
quelque 7.000 châteaux dans la
région. Il montre aussi que la
mondialisation galopante qui s’est
abattue sur la planète représente
autant de chances que de menaces
pour la réputation des terroirs
bordelais. — Pierre de Gasquet
Damir Sagolj/Reuters
PRISON « Au-delà des sans-logis et des
La « guerre froide » menée par Donald Trump avec sa politique d’« America First », et Xi Jinping dont les ambitions
sont devenues trop visibles, va progressivement prendre le dessus sur tous les autres conflits de la planète.
Les relations internationales seront de plus en plus dominées
par le dangereux face-à-face auquel se livrent Pékin et Washington.
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
L
a rivalité entre les Etats-Unis et la
Chine est-elle devenue pour
notre temps l’équivalent de ce
qu’était la compétition entre les EtatsUnis et l’URSS au temps de la guerre
froide ? Elle structure de plus en plus le
système international, lui donnant du
sens, mais constituant aussi un risque
majeur pour l’équilibre de la planète.
Pendant trop longtemps l’arbre djihadiste, puis l’arbre russe ont masqué la
forêt chinoise. Le fondamentalisme
islamiste demeure préoccupant. La
valeur de nuisance de la Russie ne saurait être sous-estimée. Mais la menace
principale – celle qui va progressivement prendre le dessus sur toutes les
autres – est le conflit grandissant entre
les Etats-Unis et la Chine. Les deux premières puissances mondiales sont
poussées, pour Washington par une
volonté de se retirer du monde trop vite,
et pour Pékin par le désir d’imposer son
nouveau statut trop rapidement. Tout
se passe en fait aujourd’hui comme si
des deux côtés, animé par un instinct
d’autodestruction, on se hâtait d’entrer
en confrontation avec l’autre.
Sur la forme, certes, tout oppose le
comportement patricien et impérial de
Xi Jinping et la vulgarité provocatrice
de Donald Trump. Les références au
temps long et à la culture du premier
n’ont rien à voir avec le culte de l’immédiateté et du marketing du second.
Pourtant, sur le fond, les deux dirigeants mènent des politiques qui
contribuent plus à isoler leurs pays qu’à
les conforter. Cet isolement est le produit d’une ambition devenue trop visible, dans le cas de la Chine, et la conséquence de la politique d’« America
First » pour les Etats-Unis. En n’avançant plus voilée, en faisant le choix
d’une politique à la Guillaume II plutôt
qu’à la Bismarck, la Chine de Xi Jinping
abandonne les leçons de sagesse de
Deng Xiaoping. Montrer la force au
moment où l’on risque d’en avoir moins
– parce que l’argent ne suit plus dans les
caisses – n’est pas une bonne chose.
Au lendemain de l’effondrement de
l’URSS, la Chine s’était livrée à une analyse détaillée des causes qui avaient
mené à la désagrégation de l’empire
soviétique : une économie civile trop faible, un leader (Mikhaïl Gorbatchev) trop
mou. Elle semble aujourd’hui oublier
une troisième cause fondamentale : des
dépenses militaires trop élevées, liées à
un appétit impérial trop grand.
Au cours des dernières décennies, la
Chine pouvait encore se vanter d’être
une sorte d’anti-URSS. Le revenu par
tête d’habitant y est passé de 333 dollars
en 1991 à 7.329 dollars en 2017. Et l’espérance de vie moyenne des Chinois a crû
de 34 ans entre 1960 et 2010. Le problème aujourd’hui, dans le contexte de
la guerre commerciale naissante avec
les Etats-Unis, est que la Chine pourrait
bien répéter les erreurs de l’URSS d’hier.
Certes contrairement à l’URSS, la Chine
– pour peu qu’elle fasse preuve de
patience – a les moyens de ses ambitions. Sa principale richesse – sa percée
dans le domaine de l’intelligence artificielle en est la preuve – est humaine, et
non énergétique.
Après s’être réjoui, trop tôt, de l’arrivée
à Washington d’un président improbable qui par son comportement ne pouvait que conforter le statut virtuel de
numéro un de la Chine, Xi Jinping commence à s’inquiéter d’un homme qui ne
joue plus selon les règles établies, et qui
l’obligerait même à remettre en question
les piliers de sa stratégie. Est-il raisonnable de se faire tant d’adversaires en Asie,
ou de dépenser des sommes considérables pour s’assurer le concours de régimes peu fiables partout dans le monde, si
au bout du compte on s’affaiblit à l’intérieur par le biais de dépenses excessives ?
S’il est un domaine où la Chine et
l’Amérique divergent radicalement
c’est au niveau des doutes. On ignore si
Xi a des états d’âme, il est clair que
Donald Trump n’en a pas. Et pourtant
c’est lui qui – même s’il pose de bonnes
questions, comme celle des pratiques
chinoises en matière de commerce ou
de propriété intellectuelle – apparaît
comme l’apprenti sorcier numéro un.
Trump isole l’Amérique au moment où
elle aurait le plus besoin d’alliés. II se
lance dans une guerre commerciale qui
ne peut que faire des perdants de part et
d’autre. Il existe pourtant une interrogation fondamentale : la course à la
guerre froide avec la Chine est-elle bien
la conséquence de l’élection de Donald
Trump ? Si en 2020 le locataire de la
Maison-Blanche changeait radicalement, si un démocrate modéré, rationnel, en faveur du multilatéralisme arrivait au pouvoir, la relation entre les
Etats-Unis et la Chine changerait-elle
du tout au tout ? Rien n’est moins sûr. La
Chine poursuit et sans doute poursuivra une ambitieuse politique impériale,
quelles que soient les orientations de la
présidence américaine. Mais, surtout,
la victoire de Trump en 2016 n’a pas été
seulement le résultat d’un accident. Elle
traduisait la montée en puissance d’une
culture de peur et de colère qui est très
En montrant ses
ambitions de manière
trop visible, la Chine
de Xi Jinping
abandonne les leçons
de sagesse de Deng
Xiaoping.
loin d’avoir disparu dans ce que l’on
appelle l’Amérique profonde.
Pourtant la confrontation directe
entre ces deux planètes que sont les
Etats-Unis et la Chine n’est pas inévitable. La jeunesse chinoise continue de
rêver d’une Amérique synonyme – en
dépit de Donald Trump – d’ouverture
d’esprit et de culture d’excellence.
Du côté américain, la Chine est certes
de plus en plus perçue comme
une menace stratégique, mais elle
demeure aussi un marché qui fait
toujours rêver.
Que doivent faire l’Europe et plus
précisément la France devant cette
« nouvelle guerre froide » ? Certains
vont jusqu’à suggérer un renversement
d’alliances. « Notre avenir est avec la
Chine », disent-ils, « il n’est plus avec les
Etats-Unis ». D’autres, comme l’auteur
de ces lignes, sont plus prudents.
L’Amérique n’est certes plus la protection qu’elle était, mais la Chine nous
regarde avec beaucoup d’appétit.
Dominique Moïsi est conseiller
spécial de l’Institut Montaigne.
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IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
art&culture
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
1. Elon Musk contraint de quitter la présidence de Tesla
2. Un ordinateur Apple vieux de 40 ans vendu 375.000 dollars
3. L'Oktoberfest, un business à 1 milliard d'euros
4. Les cités mayas étaient bien plus complexes que prévu
5. Explosion du nombre de malades du sida en Chine
LE POINT
DE VUE
de Benoît Péricard
F
aire le pari du territoire, en finir
vraiment avec l’hospitalocentrisme, faire confiance à l’ensemble des acteurs de santé, quel que soit
leur statut, public ou privé. Tel est en
substance le sens de la réforme annoncée par le président de la République le
18 septembre dernier !
Malgré les nombreuses lois qui ont
émaillé l’histoire hospitalière depuis un
quart de siècle, aucune n’a vraiment dit
ce que devait faire l’hôpital et surtout ce
qu’il ne devait pas faire, si l’on excepte le
parti pris lors du quinquennat précédent, réservant l’exercice des missions
de service public à l’hôpital public, au
mépris de toute réalité de terrain.
En revanche, les lois ont été bavardes
sur la gouvernance et l’appellation. La
loi HPST, autrement dénommée
« Bachelot », a détaillé ce que devaient
être un directoire et un conseil de surveillance ; de même, de nombreux articles du Code de la santé sont consacrés
au fonctionnement interne des hôpitaux, alors qu’une disposition existait
depuis 1990, dite « amendement
liberté », qui permettait à chaque hôpital public d’organiser librement ses
pôles, ses départements et ses services :
un seul centre hospitalier en avait alors
fait usage ! La loi, qui, nécessairement,
traduira la réforme, devra s’appliquer à
supprimer des pans entiers du Code de
la santé publique pour laisser, enfin, une
vraie liberté aux hospitaliers.
La même loi HPST en 1999 a supprimé les appellations d’« hôpitaux
locaux » et d’« hôpitaux spécialisés »
LE POINT
DE VUE
de Ken Fisher
Pourquoi la réforme
Macron de la santé
est historique
(pour la psychiatrie), au motif fallacieux
qu’il ne fallait pas faire de différences
statutaires entre établissements. Les
hôpitaux locaux étaient aussi appelés
les « hôpitaux des médecins généralistes » : mélange des genres intolérable
pour les ayatollahs du statut public
comme de l’exercice libéral sans contrainte.
La proposition d’Emmanuel Macron
revient à réhabiliter pour une part ces
hôpitaux locaux, qui n’ont pas de plateau technique lourd, mais qui permettent de traiter 80 % des patients qui
La loi devra supprimer
des pans entiers du Code
de la santé publique pour
laisser une vraie liberté
aux hospitaliers.
s’adressent aujourd’hui aux urgences
hospitalières surencombrées. Ces établissements auront besoin de radiologie, que seuls les groupements de radiologues libéraux sont capables de
déployer et aussi de biologie, également
sous statut soit privé, soit public-privé.
Mais il faudra bannir définitivement
l’analogie avec des hôpitaux de proximité dotés d’une maternité ou d’une chirurgie moribondes, dont l’exigence de
sécurité impose la fermeture.
C’est donc à un total changement de
paradigme – et pour une fois le sens de
l’expression n’est pas galvaudé – que
sont invités l’ensemble des acteurs de la
santé. En seront-ils capables, nourris
qu’ils ont été à des décennies de jacobinisme bureaucratique et/ou conventionnel, de croyance statutaire, et de
crainte de l’audace ?
Cette réforme devra s’accompagner
d’un suivi important pour modifier en
profondeur les procédures et les attitudes, à commencer par un casting renouvelé : à l’occasion d’un mouvement de
changement des directeurs d’agence
régionale de santé (ARS), pourquoi ne
pas aller puiser dans le vivier de médecins libéraux, de dirigeants de clinique
ou d’industriels ? De même est-il tout à
fait possible de diviser les effectifs des
ARS par deux, puisqu’il s’agit avant tout
de faciliter l’initiative, de contractualiser, et non plus de contrôler a priori. Du
côté de la CNAM, on voit mal comment
la sacro-sainte unicité conventionnelle
pourrait résister à une territorialisation
de l’organisation des soins.
Restera à réformer les CHU, et à mettre en place progressivement le système
de financement adéquat. Chantiers
majeurs, bien entendu ! Mais si le
18 septembre 2018 devenait le jour où le
système de santé français a compris
que, pour bien fonctionner, il devait
d’abord s’appuyer sur de solides fondations plutôt que de ne s’occuper que du
toit et des étages supérieurs ?
La « Dame » d’enfer
d’Arthur Nauzyciel
Philippe Chevilley
@pchevilley
THÉÂTRE
La Dame
aux camélias
un fantôme devant le rideau
de tulle carmin qui voile le
plateau. Sa voix d’outretombe prendra d’autres
accents bien vivants durant
sa passion et son calvaire.
« La Dame aux camélias »
d’Alexandre Dumas fils
c o m m e vo u s n e l ’ave z
Mise en scène
jamais imaginée. Ou rêvée.
d’Arthur Nauzyciel.
Car c’est un beau rêve que
A Rennes, au TNB
nous offre Arthur Nauzyciel
(02 99 31 12 31), jusqu’au
Troupe harmonieuse
au TNB de Rennes, avec sa
5 oct. Puis en tournée
Qu’ils parlent, bougent, danversion jouée, dansée, fil(à Sceaux, Gémeaux,
sent ou restent immobiles
mée de l’œuvre d’Alexandre
du 11 au 21 oct.) 3 heures.
dans des poses picturales,
Dumas fils. Un mix savant
les comédiens brûlent les
de la pièce et du roman qui se déploie en trois
planches et crèvent l’écran. Leur jeu, mouheures d’un temps distendu qu’on ne voit pas
vant, passe sans crier gare, de la distanciation
passer. Dans un sublime décor écarlate, un
à l’incarnation lyrique. Dame Ferdane,
vaste bordel stylisé avec son tapis fleuri, son
déesse érotique et tragique entraîne dans
plafond capitonné et son gigantesque phalson sillage le bouillant et touchant Heidi
lus (reproduction de la sculpture d’Herman
Zada (Armand), le tendre Mounir Margoun
Makkink « Rocking Machine »), flottent huit
(Gaston), l’élégante Océane Caïraty (Nanine).
comédiens à la grâce infinie. Derrière eux,
Pierre Baux campe avec la dureté d’un diadéfilent par séquences des images baroques
mant M. Duval venu convaincre Marguerite
en noir et blanc évoquant les appartements
de rompre avec son fils Armand…
de la Dame ou les dîners à la campagne donDumas fils, redécouvert ou révélé ? Dernés avec son amant. Des musiques élégiarière la beauté du geste, tout est là : la critique
ques, lointaines, accompagnent leurs rires et
sociale (l’hypocrisie bourgeoise et machiste,
leurs larmes.
les avatars de la prostitution, l’argent roi)
Ce spectacle total, où Nauzyciel fusionne
mais aussi la passion… Une vraie passion trale meilleur de ses deux précédents opus,
gique, faisant un sort au mélodrame.
« Splendid’s » et « L’Empire des lumières »,
Les deux fins, celle désespérée du roman et
est l’œuvre affirmée d’un collectif artistique.
l’autre plus aimable de la pièce, s’entremêLe directeur du TNB a eu recours au scénolent, élargissant encore un peu plus le rêve
graphe surdoué Riccardo Hernandez, au
d’amour théâtral d’Arthur Nauzyciel. Ce
chorégraphe Damien Jalet et au réalisateur
voyage inédit pourra paraître long et
de Pierre-Alain Giraud pour rendre à la
bien étrange à certains. Après quelques
« Dame aux camélias » sa beauté sauvage et
minutes d’acclimatation, il nous a totalesubversive. La comédienne Marie-Sophie
ment embarqués. Pour nous laisser à l’arriFerdane donne le « la » – Marguerite héroïvée le cœur en pagaille et la tête pleine de
que surgissant dès les premières secondes tel
pétales… de camélias. n
Benoît Péricard est consultant,
ancien directeur général de CHU,
ancien directeur d’agence régionale
de l’hospitalisation.
Mid-terms aux Etats-Unis :
achetez des actions !
Qu’ils parlent, bougent, dansent, où se tiennent immobiles,
les comédiens brûlent les planches… et crèvent l’écran. Photo Philippe Chancel
L
es élections de mi-mandat en
novembre prochain aux EtatsUnis vont réserver une bonne
surprise aux détenteurs d’actions françaises et internationales. Les citoyens
américains sont sur le point de renouveler la Chambre des représentants et un
tiers du Sénat, au sein desquels le Parti
républicain du président Trump dispose
actuellement d’une courte majorité. La
probabilité que les démocrates prennent le contrôle de la Chambre des
représentants est de 50 %. Si l’Histoire a
montré que le parti du président perd
habituellement des sièges lors de cette
échéance électorale, très peu de sièges
ont une importance stratégique. Les
démocrates vont peut-être obtenir une
courte majorité. Quant aux républicains, ils peuvent enregistrer une légère
progression au Sénat. Ils n’ont qu’un
siège à défendre dans un Etat qui vote
généralement pour les démocrates,
alors que ces derniers seront vulnérables dans dix Etats à tendance républicaine. Pour résumer, aucun des deux
partis ne possède d’avantage significatif.
S’agissant du financement de la campagne, les démocrates ont collecté
davantage de fonds pour les candidats à
titre individuel. Pour autant, les comités
nationaux du Parti républicain ont fait
mieux que les comités adverses. Le parti
qui va investir le plus efficacement les
fonds collectés à l’approche des élections
remportera probablement la mise.
Rares sont ceux qui comprennent le
pouvoir de l’Amérique rurale. Quand
l’Amérique rurale s’oppose à l’Amérique
urbaine, généralement, elle gagne. Si les
démocrates sont majoritaires dans les
grandes villes, les républicains tiennent
les régions rurales. En analysant élection
par élection, Etat par Etat, force est de
constater que la domination de l’Amérique rurale profite aux républicains.
Le style clivant de Donald Trump renforcera le succès des démocrates dans
l’Amérique urbaine, mais cela ne leur
donnera pas plus de sièges pour autant.
Sa stratégie vise à conquérir l’Amérique
rurale. Sa méthode consiste à faire diversion, dissimuler ses plans, tout en séduisant les ruraux républicains avec des
symboles.
Dans une situation de
blocage – issue probable
des mid-terms – le risque
politique diminue.
Donald Trump fait preuve d’un instinct politique exceptionnel, ce qui lui a
valu de remporter l’élection présidentielle tout en perdant le vote populaire.
Dans le système électoral américain,
l’Etat dans lequel vous remportez l’élection est plus important que le nombre
d’électeurs au total. Donald Trump maîtrise particulièrement bien cette caractéristique. Il fait campagne avec virulence. Dans les affrontements clefs, il
poursuivra ses efforts, d’autant plus en
cas d’avantage pour les démocrates.
Mais qui sont les véritables gagnants
de cette course électorale ? Le blocage
politique… et les actions ! Les républicains pourraient conserver leur majorité, mais avec un pouvoir amoindri qui
limitera leur action. Ou les démocrates
pourraient prendre le contrôle de la
Chambre des représentants, bloquant
ainsi le vote de toute législation. Dans les
deux cas, c’est de l’or en perspective pour
les investisseurs. Les marchés n’aiment
pas les gouvernements réformateurs. Le
risque législatif est source d’incertitudes
et pénalise les performances. Dans une
situation de blocage politique, le risque
politique diminue. La tendance des élections de mi-mandat à provoquer des
impasses législatives explique pourquoi
la troisième année de mandat des présidents américains a toujours engendré
une performance positive de l’économie
depuis 1939.
Et l’effet est immédiat. Depuis 1926, et
les premières données fiables sur le marché boursier américain, les actions ont
progressé dans 87 % des cas au quatrième trimestre de l’année des élections
de mi-mandat. Dans 87 % des cas, il en a
été de même pour les deux trimestres
suivants, soit la série de trois trimestres
la plus positive et la plus constante de
l’histoire des marchés d’actions dans le
monde. C’est pourquoi le miracle des
87 % débutera en ce mois d’octobre. Le
marché français, ainsi que les marchés
mondiaux vont suivre la tendance haussière américaine. Achetez avant qu’il ne
soit trop tard.
Ken Fisher est président et directeur
de Fisher Investments Europe.
Ohad Naharin met
le Palais Garnier en transe
Philippe Noisette
@philippenoisett
DANSE
prend souvent le public à
rebrousse-poil : irriter ou
d’Ohad Naharin
cajoler... moquer la salle
« Decadance » est devenu
A Paris, Palais Garnier,
puis inviter des spectateurs
un standard de la danse
08 92 89 90 90,
à monter sur scène. En ce
actuelle, au répertoire de
www.operadeparis.fr
soir de première de gala au
nombreuses compagnies
jusqu’au 19 octobre.
Palais Garnier, l’assistance
du monde. La pièce imagia joué le jeu. Robes longues
née par Ohad Naharin à partir d’extraits de
versus costumes de scène... Ce morceau de
son répertoire était au départ destinée à
bravoure ne suffit pas à emporter l’adhécélébrer les dix ans de la Batsheva. Cette
sion. Ohad Naharin a délaissé les étoiles du
troupe de référence, basée à Tel-Aviv, a
ballet pour des interprètes moins repérés.
connu sous l’impulsion de Naharin une
D’où, peut-être, ce manque d’autorité dans
reconnaissance croissante, adulée
des séquences qui s’étirent. Certains talents
aujourd’hui de la planète danse. On comtirent leur épingle du jeu, comme Marc
prend ce qui peut pousser la directrice du
Moreau, Ida Viikinkoski ou Simon Le Borballet de l’Opéra de Paris, Aurélie Dupont, à
gne. Ils manifestent un plaisir fou à embrasen vouloir « sa » version. « Decadance » est
ser le style énergique de Naharin. On imaune sorte de laboratoire du mouvement,
g i n e q u’a u f i l d e s r e p r é s en t a t i o n s ,
qui met les danseurs à rude épreuve.
« Decadance » à la sauce Opéra va prendre
une autre tournure.
Public à rebrousse-poil
Pour rendre cette soirée du 27 septembre
Au menu : de la virtuosité pure, des unisexceptionnelle Aurélie Dupont a d’ailleurs
sons comme cette danse des chaises où les
mouillé sa chemise (griffée Chanel) dans un
solistes tombent à répétition, et des pas de
duo avec la russe Diana Vichneva. Ce « B/
deux. L’œuvre se nourrit de chorégraphies
olero » d’Ohad Naharin inséré au milieu de
du maître israélien comme « Anaphase »,
« Decadance » paraît un peu daté dans sa
« Three », « Naharin’s Virus ». Entre l’autogestuelle mécanique. Les spectateurs des
citation et le sampling, il y a une vraie
prochaines soirées n’auront de toute façon
réflexion sur la notion même de répertoire.
pas droit à cette « friandise » chorégraphiOhad Naharin s’amuse en définitive avec sa
que. Pas sûr qu’ils perdent au change :
« propre » légende. Surtout « Decadance »
« Decadance » se suffit à lui-même. n
Decadance
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12 // IDEES & DEBATS
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
sciences
Réchauffement :
le voir pour le croire ?
LA
CHRONIQUE
d’Hervé Le Treut
POIDS ET MESURES
Kilogramme, ampère, kelvin…
Le système international
d’unités (SI) va changer.
Toutes les explications sur le
nouveau site de la Métrologie
française.
bit.ly/2DLlJbY
SUR
LE WEB
3x
ESPACE // La sonde japonaise Hayabusa 2 va tenter de se poser sur la surface de l’astéroïde Ryugu
et d’en rapporter des échantillons sur Terre. Une première.
Le robot Mascot va rencontrer son astéroïde
forme patatoïde), la matière dont ils sont
constitués n’a pas changé depuis l’époque
lointaine où les planètes ont pris naissance
autour du Soleil. Aussi les scientifiques
voient-ils dans ces petits corps errants de
formidables bibliothèques d’archives,
vieilles de 4,5 milliards d’années.
A
la fin de la semaine, les experts du GIEC
(groupe d’experts intergouvernemental
sur l’évolution du climat) remettront
un rapport sur notre capacité à maintenir
le réchauffement climatique à la surface de la Terre
par rapport à la période préindustrielle au-dessous
d’une valeur de 1,5 degré. C’est un rapport dont le
GIEC a reçu la commande au moment de l’Accord
de Paris et, quelle que soit la manière dont ses
conclusions seront présentées, il aura une portée
historique : ce sera la première fois que l’on
se confronte de manière aussi directe à un futur
non désiré, qui est pourtant très près de devenir
inévitable, quoi que l’on fasse, pour des raisons
strictement physiques.
En effet, les gaz à effet de serre déjà émis, stockés
dans l’atmosphère, rendent impossible d’éviter un
réchauffement supplémentaire dans les prochaines
décennies, qui se superposera à celui, de 1 degré
environ, que l’on constate déjà. Nos marges
de manœuvre sont désormais très faibles, et il est
intéressant d’évaluer le chemin parcouru en se
référant au chimiste suédois Svante Arrhenius, prix
Nobel 1903. Il estimait qu’il faudrait 3.000 ans pour
doubler le CO2 atmosphérique, provoquant un
réchauffement de 5 degrés environ, et que ce serait
bénéfique pour la population humaine, en la
protégeant du prochain âge glaciaire. L’horizon des
changements climatiques, jadis de quelques milliers
d’années, s’est donc rétréci à quelques décennies. Il y
a une certaine difficulté à se confronter à ce futur :
dans les médias, dans beaucoup de lieux de décision,
les images qui servent de référence sont celles du
présent, de la sécheresse en cours, des incendies
fréquents, et c’est normal. Mais cela ne suffit pas : il
ne faut pas oublier qu’il s’agit de symptômes de l’état
d’un monde en évolution rapide. Faut-il attendre de
voir les changements dans le monde réel pour croire
les résultats de la communauté scientifique ? Non.
Il faut au contraire anticiper ce que seront les
changements des prochaines décennies dans tous
les domaines : filières agricoles, urbanisme, gestion
du territoire, adaptation des zones littorales,
conservation de la biodiversité, modalités
de transport… Ce sont ces anticipations qui peuvent
être porteuses d’innovation, et permettre,
dans l’avenir, de ne plus aborder tous ces enjeux
à reculons.
Hervé Le Treut est climatologue, professeur à
Sorbonne Univertisé et à l’Ecole polytechnique.
o
LA PUBLICATION
Les cités mayas étaient
bien plus complexes
qu’on ne le pensait
L
a civilisation maya vient de révéler de
nouveaux secrets. Centrée sur la péninsule du
Yucatán, et couvrant une très large période de
temps allant de 2.600 avant Jésus-Christ au
XVIe siècle de notre ère, cette civilisation, à l’origine
de nombreuses avancées dans l’écriture, l’art, les
mathématiques ou l’astronomie, était organisée en
cités d’une complexité jusqu’ici insoupçonnée.
A l’origine d’une publication dans la revue
« Science », une collaboration internationale de
chercheurs, dont un archéologue et un géographe
français, a utilisé un système de télédétection
aéroporté pour passer au peigne fin, depuis le ciel,
des ruines s’étendant sur quelque 2.100 km2 au nord
du Guatemala. L’imagerie Lidar (qui fonctionne
comme un radar, mais en utilisant le faisceau de
lumière d’un laser au lieu des ondes radio) a montré
que, non seulement la densité de l’occupation
humaine dans cette région était bien supérieure à
ce qu’on pensait (plus de 62.000 structures ont été
repérées), mais aussi que ces cités mayas étaient
étroitement interconnectées par de longues
chaussées, et ce à grande échelle. La diversité des
aménagements agraires et hydrauliques, mais
aussi les systèmes défensifs élaborés, ont également
surpris les chercheurs. Les lointains Mayas n’ont
pas fini de nous fasciner ! —Y. V.
ZONES HUMIDES,
PEAU DE CHAGRIN
« Les zones humides disparaissent
trois fois plus vite que les forêts »,
alerte la Convention internationale
sur ces écosystèmes, parmi les
plus riches pour leur biodiversité.
bit.ly/2Ojs4zt
« Grand Bombardement »
Le 3 octobre, le robot franco-allemand Mascot se détachera de la sonde japonaise Hayabusa 2 pour se poser
à la surface de l’astéroïde Ryugu, à 350 millions de kilomètres de la Terre. Photo DLR/2018
Yann Verdo
@verdoyann
S
i vous êtes de celles et ceux que
l’odyssée de la sonde européenne
Rosetta jusqu’à la comète Tchouri a
retenus en haleine, la mission japonaise
Hayabusa2 est faite pour vous. Après avoir
parcouru quelque 3 milliards de kilomètres
à travers le système solaire depuis son lancement en décembre 2014, le satellite nippon est arrivé en juin dernier à sa destination : l’astéroïde Ryugu, aujourd’hui distant
de la Terre de 350 millions de kilomètres. Et
c ’e s t m a i n t e n a n t q u e l e s g r a n d e s
manœuvres commencent.
Le 3 octobre au petit matin (heure européenne), le robot franco-allemand Mascot
se détachera de la sonde et, après une descente non contrôlée d’une cinquantaine de
mètres, se posera sur la surface de Ryugu.
En novembre 2014, l’atterrisseur Philae avait
fait de même depuis Rosetta. On se souvient
que son système d’ancrage au sol n’avait pas
correctement fonctionné et que Philae avait
fait plusieurs rebonds intempestifs pour
finir sa course loin du site choisi, ce qui
l’avait empêché de réaliser toutes les expériences prévues. L’atterrisseur d’Hayabusa2,
lui, a été spécialement conçu pour rebondir.
Beaucoup plus petit que Philae – il a la
taille et la forme d’un carton à chaussures –,
le robot codéveloppé par l’agence spatiale
française CNES et son homologue allemande DLR est équipé d’un bras au bout
duquel pend une masselotte. La gravité
régnant à la surface de Ryugu est si faible
que le simple actionnement de ce bras lui
permet, par action-réaction, de s’arracher
de la surface et de planer sur une courte distance pour se reposer un peu plus loin.
Aussi pourra-t-il procéder à l’analyse de la
composition chimique du sol de l’astéroïde
en différents endroits.
La taille d’une boîte à chaussures
Car, s’il ressemble à une vulgaire boîte à
chaussures, Mascot n’en est pas moins, on
s’en doute, truffé d’instruments. Sur ses dix
kilos, trois leur sont consacrés, un ratio
élevé pour une mission spatiale. Le plus
important d’entre eux, le microscope infrarouge MicrOmega, conçu par le CNES, sera
chargé de cette analyse minéralogique in
situ. Laquelle fournira aux ingénieurs de
précieux renseignements en vue de ce qui
constituera, quelques semaines plus tard, le
plat de résistance de la mission japonaise, et
son principal progrès par rapport à
Rosetta : le prélèvement et le retour sur
Terre d’échantillons de l’astéroïde. Une première dans l’histoire de l’exploration spatiale. « Mascot servira d’éclaireur. D’où son
nom de “Mobile Asteroid Surface Scout” »,
commente Aurélie Moussi, chef du projet
La Ceinture
d’astéroïdes
les orbites
•deEntre
Mars et de
Jupiter se trouve la
Ceinture d’astéroïdes,
contenant plusieurs
centaines de milliers
d’astéroïdes connus
et probablement
plusieurs millions
au total.
Tous entrent dans
la catégorie des
« petits corps du
système solaire », à
l’exception du plus
grand d’entre eux,
Cérès, qui avec ses
950 kilomètres de
diamètre a été qualifié
de « planète naine ».
Le deuxième plus
grand, Vesta, a
530 kilomètres de
diamètre.
La masse totale
de la Ceinture
d’astéroïdes est
estimée à 4 % de celle
de la Lune.
Contrairement à ce
qu’on pourrait penser,
ce disque de débris
est essentiellement
formé de vide :
chaque astéroïde est
séparé du plus proche
par environ un
million de kilomètres.
•
•
•
Hayabusa2-Mascot au CNES. Fin octobre,
ou peut-être début 2019 si les ingénieurs
jugent que tous les voyants ne sont pas au
vert, ce sera au tour de la sonde Hayabusa2
elle-même de se poser en douceur à la surface de cet astre mort de 900 mètres de diamètre. La sonde est équipée d’une trompe ;
à l’intérieur de celle-ci, un projectile fusera
pour percuter le sol et le fragmenter, les
minuscules cailloux issus de ce choc étant
alors aspirés par la trompe.
Hayabusa2 réalisera trois prélèvements.
Le troisième, prévu mi-2019, devant même
mettre en œuvre une charge explosive afin de
créer un mini-cratère à la surface de Ryugu et
accéder ainsi à des fragments plus profonds,
non exposés à l’environnement spatial.
Après quoi la sonde japonaise redécollera de
l’astéroïde et reprendra le chemin de la Terre
dans l’orbite de laquelle elle arrivera, au
terme d’un an de voyage, fin 2020. C’est alors
qu’elle lâchera la capsule chargée des inestimables cailloux que les scientifiques récupéreront quelque part dans le désert australien
avant de la rapporter dans les locaux de la
Jaxa, nom de l’agence spatiale japonaise.
Pourquoi cette rage à récupérer quelques
éclats du sol d’un astéroïde ? Comme les
comètes, dont ils ne diffèrent que par le fait
que, ne passant pas aussi près du Soleil, ils
ne « dégazent » pas et ne produisent donc
pas ces belles queues qui ont de tout temps
émerveillé les hommes, les astéroïdes sont
des reliques de la formation du système
solaire. Blocs de matière primordiale ne
s’étant pas agglomérés à d’autres, ils sont
restés de petite taille. « Bien en deçà de la taille
critique, de quelque 400 à 500 kilomètres de
diamètre, au-dessus de laquelle les sources de
chaleur interne sont tellement fortes que
l’intérieur se met à fondre, et que le corps
prend une forme sphérique, comme la Lune
ou la planète naine Cérès », explique l’astrophysicien Francis Rocard, responsable de
l’exploration du système solaire au CNES.
Ce processus s’appelle la « différenciation ». Ryugu comme Tchouri ne s’étant pas
différenciés (tous deux ont conservé leur
Et inutile de dire qu’ils ont bien des questions à leur poser ! D’autant que Ryugu, qui
a évidemment été choisi avec soin, n’est pas
n’importe quel astéroïde. C’est un astéroïde
dit « primitif » (il n’a pas subi d’altération
tout au long de son histoire) et de type C
(pour carbone), ce qui est le cas de 5 %
d’entre eux (la Ceinture d’astéroïdes orbitant entre Mars et Jupiter, et d’où provient
Ryugu, en contient plusieurs centaines de
milliers, voire plusieurs millions).
La théorie dominante est que l’essentiel
de l’eau et des macromolécules carbonées
présentes sur la Terre des premiers âges, et
qui allaient à eux deux donner naissance à
la vie, lui a été apporté par les comètes et les
astéroïdes lors de ce que les astrophysiciens
ont appelé le « Grand Bombardement ». La
mission Rosetta a trouvé des macromolécules carbonées sur Tchouri, et même le
plus simple et le plus léger des acides aminés (la glycine), ces briques des protéines
spécifiques au vivant. Mais la mission européenne n’a pas pu analyser à fond et correctement identifier ces macromolécules in
situ. La communauté scientifique brûle
donc que Hayabusa2 rapporte sur Terre ses
échantillons, pour pouvoir en dépiauter à
loisir lesdites macromolécules.
La matière dont sont
constitués Ryugu comme
Tchouri n’a pas changé
depuis l’époque où les
planètes ont pris naissance
autour du Soleil.
Aussi les scientifiques
voient-ils dans ces petits
corps errants de
formidables bibliothèques
d’archives, vieilles
de 4,5 milliards d’années.
L’eau que contient Ryugu – qui, en plus
d’être carboné, est un corps hydraté – sera,
elle aussi, analysée avec attention par les
dizaines de laboratoires du monde entier qui
se partageront les précieux échantillons.
Celle détectée sur Tchouri diffère de l’eau
présente en abondance sur Terre. Toute eau
se caractérise par sa teneur en deutérium, un
isotope de l’hydrogène (on parle du « rapport
D/H »). L’eau de Tchouri présente un rapport
D/H supérieur à celui de l’eau terrestre, ce qui
ne remet toutefois pas en question la théorie
selon laquelle l’eau de nos océans provient
des comètes et des astéroïdes. Qu’en sera-t-il
de l’eau de Ryugu (nom qui a été choisi en
référence au palais sous-marin d’un dieu de
la mythologie japonaise) ? Là encore, l’analyse des échantillons le dira. Bref, aux yeux de
Francis Rocard, il ne fait pas de doute que
« Ryugu est un astéroïde incroyable pour les
scientifiques ». Alors, cher petit Mascot, bon
vol et ne nous déçois pas… n
Les autres missions
Comètes et astéroïdes sont, pour les astrophysiciens spécialistes
du système solaire, des corps si riches d’enseignements que Rosetta
ou Hayabusa2 sont loin d’être les seules missions qui les concernent.
En 2005, une première tentative de collecte d’échantillons d’un astéroïde
avait été faite par les Japonais avec la sonde Hayabusa. Sans grand succès, puisque celle-ci n’avait réussi à capter que quelques poussières
– le système a été entièrement repensé depuis. Les Américains ne sont
pas en reste. En septembre 2016 a été lancée la sonde Osiris-REx qui
a mis le cap sur l’astéroïde Bénou. La phase d’approche a débuté en août
dernier. Osiris-REx devrait démarrer l’étude de l’astéroïde en novembre
prochain, et en rapporter des échantillons sur Terre en septembre 2023.
Soit trois ans après les Japonais.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 13
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
Dates clefs
enquête
19 juin 1964
•Naissance
à New York
1987-2001 Journaliste au
•Times,
puis au Daily Telegraph
et au Spectator
Entrée à la Chambre
•des2001
Communes.
(circonscription de Henley)
où il sera réélu en 2005.
2008 Election à la mairie
de Londres, où il sera
reconduit en 2012
2015 Retour au Parlement
(circonscription d'Uxbridge
et South Ruislip, dans le Grand
Londres). Il quitte la mairie
de Londres l’année suivante.
2016 Porte-parole du camp
du « leave », qui l’emporte
au référendum du 23 juin.
Candidature avortée
à la succession de David
Cameron.
9 juillet 2018
Démission du gouvernement.
•
•
•
•
Celui qui fut longtemps
journaliste sait occuper
l’espace médiatique. La
tribune que lui accorde
chaque semaine, le « Telegraph », son ex-journal
dont l’audience dépasse le
million de lecteurs, le dote
d’une arme de destruction
massive.
Photo Tolga Akmen / AFP
Le plan de Boris Johnson
pour succéder à Theresa May
ROYAUME-UNI // Depuis son départ du gouvernement début juillet, l’ex-ministre des Affaires étrangères
de Theresa May s’active pour être prêt à la remplacer. Une campagne savamment orchestrée,
au service d’une stratégie de conquête où rien n’est laissé au hasard.
Alexandre Counis
— Correspondant à Londres
C
’est peu dire que, tous les matins, il y
pense en se rasant. Boris Johnson
n’a désormais plus qu’une idée en
tête : s’emparer de Downing Street. Il s’y prépare activement depuis l’été, pour être prêt
le jour où Theresa May, l’actuelle Première
ministre, devra laisser la place. Et il fait tout
ce qu’il peut pour précipiter le calendrier,
car le plus tôt sera le mieux. Pas question
d’ourdir contre elle un complot pour devenir calife à la place du calife – le Parti conservateur goûte peu les histoires de Brutus
assassinant César. Le jeu est plus subtil : « Il
consiste à laisser à d’autres, le moment venu,
le soin de porter le coup de grâce, en étant prêt
à se poser alors en recours, à la fois pour le
parti et pour le pays », explique Stuart
Thomson, du cabinet spécialisé dans la
veille politique Bircham Dyson Bell. Quitte,
en attendant, à critiquer, ridiculiser, discréditer, bref fragiliser chaque jour un peu plus
une Première ministre déjà très contestée.
Alors que s’est ouvert ce week-end à Birmingham la conférence annuelle du Parti
conservateur, Theresa May s’attend une
nouvelle fois à devoir parer les coups. Son
ex-ministre des Affaires étrangères, qui
avait démissionné en juillet pour protester
contre sa vision trop soft du Brexit, pilonne
depuis les propositions qu’elle a tenté de
défendre à Bruxelles, et que les Vingt-Sept
viennent de rejeter vertement à Salzbourg.
Birmingham devrait offrir au frondeur une
formidable tribune, et lui permettre de lui
voler à nouveau la vedette. L’ancien maire de
Londres, aujourd’hui redevenu député, a
déjà prévenu qu’il prendrait la parole lors
d’un événement organisé par le blog politique de centre droit ConservativeHome,
mardi midi, à l’occasion du congrès du parti.
Autrement dit, la veille du discours officiel
que doit prononcer mercredi Theresa May.
Et s’il est de tradition que tout le monde
assiste religieusement à l’intervention du
leader des tories, son turbulent rival est déjà
certain de faire, lui aussi, salle comble.
Occuper l’espace médiatique
Pas de plan mûrement réfléchi, ni d’équipe
constituée à l’avance – pas plus que lorsque
qu’il s’était lancé à l’assaut de la mairie de
Londres. A cinquante-quatre ans, l’homme
marche toujours à l’instinct, et sait
manœuvrer vite. « Pour escalader une montagne, il faut préparer son ravitaillement, réunir son équipement et au début y aller doucement, explique Andrew Gimson, son
biographe, commentateur pour le blog
ConservativeHome. Mais ça, ce n’est pas
Boris. Il est plutôt du genre à se ruer vers le
sommet sans prendre aucune de toutes ces
précautions, ni écouter ceux qui lui conseillent
la prudence. » Celui qui fut longtemps journaliste sait occuper l’espace médiatique. La
tribune que lui accorde chaque semaine,
depuis qu’il a quitté son poste au gouvernement, le « Telegraph », son ex-journal dont
l’audience dépasse le million de lecteurs, le
dote d’une arme de destruction massive. Pas
seulement pour tirer à boulets rouges sur la
façon dont Theresa May gère le Brexit. Mais
pour donner aussi son avis sur tout ce que
fait le gouvernement : que ce dernier
s’apprête à faire des annonces sur le logement, par exemple, et la tribune du lundi
matin en fait son sujet du jour !
Gagner en crédibilité
Il y présente aussi sa vision résolument optimiste d’un Brexit rayonnant. Un Brexit où le
Royaume-Uni, redevenu souverain, retrouverait sa grandeur et sa liberté. Un Brexit où
il aurait les mains libres pour conclure des
accords de libre-échange avec les partenaires de son choix. Ou pour créer aux portes de
l’UE une sorte de Singapour sur la Manche, à
faibles contraintes réglementaires et basse
fiscalité. Ses recettes sont les mêmes que
lorsqu’il était correspondant du « Telegraph » à Bruxelles et s’amusait à tirer les
ficelles. Il inventait alors des scoops et utilisait sa verve et son humour pour se moquer
de Jacques Delors, pour le plus grand plaisir
de Margaret Thatcher. Peu importe que les
propos soient vrais : l’important est qu’ils
marquent les esprits, et qu’ils parlent au
« man in the pub ». « Boris est excellent pour
monter le volume, quitte à manier parfois
l’invective ou à céder au mauvais goût »,
raconte Andrew Gimson. Comme lorsqu’il
accuse le gouvernement de mettre une ceinture d’explosifs à la Constitution britannique
en donnant le détonateur au négociateur en
chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier.
Avoir le verbe haut ou la plume aiguisée
ne l’empêche pas, cependant, de vouloir
corriger son image de blagueur dilettante.
Le ton du discours de démission prononcé
cet été à la Chambre des communes montrait déjà un autre Boris Johnson, soignant
ses intonations de tribun sans pour autant
se laisser aller aux outrances ou aux plaisanteries faciles.
Boris Johnson vient aussi de s’offrir les
services de Lynton Crosby, le gourou électoral qui l’avait aidé à conquérir la mairie de
Londres, en 2008 puis 2012. L’homme avait
alors su lui imposer une certaine discipline.
Fini les petites phrases et les blagues potaches, au moins pendant quelques semaines.
Le prix à payer pour gagner, le temps de la
campagne, en sérieux et en crédibilité. Dans
un autre style, l’ex-ministre, qui a la nationalité britannique mais aussi américaine car il
est né à New York, vient aussi de consulter
sur son image Steve Bannon, l’ex-conseiller
de Trump, qui lui aurait plutôt suggéré de
rester fidèle à lui-même, bref de « faire du
Boris ». Le député eurosceptique est souvent
comparé au président américain, pour ses
accents populistes, ses excès de langage et sa
personnalité haute en couleur. « Mais il a
plus d’expérience que Trump, plus d’éducation aussi, estime l’un de ses proches [il est
passé par le prestigieux collège d’Eton avant
d’étudier à Oxford, NDLR]. Et lui n’a pas eu
d’aventure avec une star du porno. »
Si Boris Johnson irrite les
uns, il fascine les autres et,
même ceux qui le haïssent,
parfois le jalousent.
Avant de se lancer dans la course au pouvoir, ce digne représentant de l’« upper
class » britannique a néanmoins jugé plus
prudent de mettre de l’ordre dans sa vie personnelle. Espérant purger à l’avance les risques de procès en infidélité qui aurait pu
venir le gêner par la suite, il officialise dans
un communiqué commun publié début
septembre son divorce, après vingt-cinq
ans de mariage avec Marina Wheeler, avocate et mère de ses quatre enfants. Le weekend suivant, la presse exhume un vieux
document égrenant le nom de ses nombreuses maîtresses, pointant chacun de ses
travers et rappelant qu’il s’est essayé à la
cocaïne… Tout le monde soupçonne les
« spin doctors » de Theresa May d’être à la
manœuvre. Downing Street dément évidemment toute implication.
Conquérir les députés
Alors qu’on aurait pu les croire rivaux, Boris
Johnson soigne ses relations avec Jacob
Rees-Mogg, le très guindé et « old England »
président de l’European Research
Group, qui réunit les députés conservateurs hard-Brexiters (mais qui ne compte
pas l’ex-ministre parmi ses adhérents). Les
deux hommes se ménagent par tweets
interposés. Rees-Mogg se garde bien, par
exemple, de prendre position sur la vie privée de Boris Johnson quand la presse révèle
ses frasques. « Ne jugez point, afin que vous
ne soyez point jugé », se contente-t-il de lancer, en s’abritant derrière la célèbre formule
de l’Evangile selon Matthieu.
Les deux députés savent qu’ils ont besoin
l’un de l’autre. Et que si l’un des deux doit concourir pour Downing Street, Boris Johnson
est le mieux placé. Il est à la fois plus populaire que Rees-Mogg et plus expérimenté – il
a été ministre, ce qui n’est pas le cas de ce dernier. « Mais si Boris Johnson devient un jour
Premier ministre, il y a fort à parier que Jacob
Rees-Mogg sera ministre de l’Intérieur ou
Chancelier de l’Echiquier », se risque Stuart
Thomson. Car Boris Johnson le sait : pour
devenir chef du Parti conservateur, il lui faudra d’abord figurer parmi les deux derniers
candidats en lice choisis par les députés
tories. Un défi plus difficile à relever pour lui
que de sortir vainqueur du duel qu’arbitreraient, ensuite, l’ensemble des membres du
parti. Les « MPs » conservateurs goûtent,
en effet, très peu les dérapages du trublion
du parti. Ils le trouvent à la fois incontrôlable, peu fiable et pas assez assidu à la Chambre des communes, une maison où un
« bon parlementaire » doit accepter de passer du temps s’il veut se faire accepter. « Son
charisme ne fait aucun doute, ajoute un élu
conservateur. Mais il peut être clivant et n’a
pas toujours montré la détermination qui
sied à un leader ».
« Beaucoup d’obscurs députés du “backbench” [l’arrière ban, NDLR] lui reprochent
aussi d’être mieux payé qu’eux, d’avoir
davantage de maîtresses et de ne même pas
connaître leurs noms », raconte un fin
connaisseur des arcanes parlementaires.
Pour les convaincre, Jacob Rees-Mogg
pourrait, le moment venu, se révéler un allié
précieux. « Il y a entre Boris Johnson et lui
une forme d’accord, une sorte de pacte implicite », résume Stuart Thomson.
Convaincre le Tory Party
En attendant, l’amateur de vélo et de footing,
qui ne rate pas une occasion de s’exhiber
avec un casque trop petit et va courir avec un
bermuda à fleurs, s’adonne à une véritable
course de fond politique. Il rencontre les
cadors du Tory Party pour, dit-on, leur promettre des postes de ministre. Il déjeune
ostensiblement avec Julian Smith, le « chief
whip » du parti (le député chargé de faire
rentrer les MPs dans le rang pour qu’ils soutiennent le gouvernement) en réservant au
Quirinal, un restaurant très fréquenté des
politiques dans Great Peter Street, à un jet de
pierre de Westminster. Il multiplie les œillades à la droite du parti, comme lorsqu’il compare cet été la silhouette des femmes en burqa à des boîtes aux lettres. Il fait
des appels du pied à l’aile libérale en recommandant de mettre le holà aux hausses
d’impôts. Il sait aussi qu’il devra, quand sonnera l’heure, compter sur le soutien… de certains ministres de l’actuel cabinet May.
Le député eurosceptique
est souvent comparé
au président américain,
pour ses accents populistes,
ses excès de langage
et sa personnalité haute
en couleur.
L’influent secrétaire d’Etat à l’Environnement Michael Gove, qui soutient jusqu’à
présent la Première ministre, jouera-t-il in
fine les faiseurs de roi ? Boris Johnson fera
tout pour l’éviter car sa trahison de 2016 a
laissé des traces. Après la victoire du
« leave » au référendum sur le Brexit,
Michael Gove avait soutenu la candidature
de Johnson à la tête du parti, avant de déclarer qu’il n’était pas taillé pour le poste, et de
se présenter lui aussi… dégageant ainsi la
voie pour Theresa May. Mais la stratégie de
Boris Johnson pour conquérir le pouvoir
est, avant tout, indirecte. « Il entend contourner l’hostilité des députés en misant sur son
point fort : sa popularité auprès des militants », explique Tim Bale, politologue à
l’Université Queen Mary. Les derniers sondages montrent que 35 % d’entre eux le verraient bien endosser l’habit de chef du parti,
et du même coup de Premier ministre. Car
si Boris Johnson irrite les uns, il fascine les
autres. Et même ceux qui le haïssent, parfois, le jalousent.
Son but est clair : « il s’agit de forcer la
main aux députés en leur montrant que les
militants pourraient leur en vouloir d’évincer
leur coqueluche du beauty contest », précise
Tim Bale. Bref, de s’appuyer sur les seconds
pour convaincre les premiers de lui laisser
enfin sa chance. N’attend-il pas depuis qu’il
est petit garçon? A qui lui demandait ce qu’il
voulait faire plus tard, il répondait alors : « le
roi du monde ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Lundi 1 octobre 2018Les Echos
er
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
SOCIÉTÉ L’ÉGLISE APPELLE
LES CATHOLIQUES À
SE MOBILISER CONTRE LA PMA
ALLEMAGNE ANGELA MERKEL
SERMONNE DONALD TRUMP
CULTURE DÉCÈS DU
DESSINATEUR RENÉ PÉTILLON,
AUTEUR DE « L’ ENQUÊTE CORSE »
Stephan Agostini/AFP
FAIT DIVERS DEUX MORTS
DANS LE MASSIF DES ÉCRINS
L’île des Célèbes a été dévastée, vendredi, par un séisme puis par un tsunami.
Dimanche soir, le bilan faisait état de plus de 830 victimes.
MACÉDOINE POUR OU CONTRE
LE CHANGEMENT DE NOM ?
Dimanche était organisé en Macédoine un référendum pour changer
le nom du pays en « Macédoine du
Nord ». Ce nouveau nom, une fois
validé par le Parlement européen,
devrait permettre de rapprocher le
pays de l’UE et de mettre fin au conflit avec la Grèce. Deux millions
d’habitants sont appelés à répondre
« oui » ou « non » à la question suivante : « Etes-vous pour l’adhésion à
l’UE et à l’Otan, en acceptant l’accord
[avec la Grèce] ? »
JAPON LE TYPHON TRAMI
TRAVERSE LE SUD DU PAYS
Ichiro Ohara/AFP
FAIT DIVERS UN GENDARME
MIS EN EXAMEN APRÈS
LA MORT D’UN HOMME
Un gendarme, qui a tué un homme
dans la nuit de jeudi à vendredi à
Fouquières-lès-Lens (Pas-de-Calais),
a été mis en examen pour violences
ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le militaire a été
placé sous contrôle judiciaire. Il a
fait usage de son arme alors que
l’homme tentait de fuir, lors d’une
interpellation dans une enquête
pour vols et cambriolages.
Lourd bilan humain après
le tsunami qui a frappé l’Indonésie
La chancelière allemande, Angela
Merkel, a mis en garde dimanche le
président américain, Donald Trump,
contre la tentation de « détruire » le
multilatéralisme, et notamment les
Nations unies. « Détruire quelque
chose sans avoir développé autre
chose de nouveau est extrêmement
dangereux et peut détruire l’ordre
actuel qui garantit la paix, plus vite
que nous ne le pensons », a-t-elle
averti lors d’un meeting de campagne pour les législatives en Bavière.
L’archevêque de Paris, Mgr Michel
Aupetit, reste opposé, comme la Conférence des évêques, à la procréation
médicale assistée (PMA). Il « appelle
les catholiques à se mobiliser par une
parole », expliquant que « la question
d’une manifestation dans la rue
appartient aux citoyens, pas aux évêques ». « Ce n’est pas à nous d’en organiser et nous ne le ferons pas », a-t-il
déclaré au « Parisien dimanche ».
L’auteur de BD français René Pétillon,
célèbre p our sa bande dessinée
« L’Enquête corse » et ses dessins satiriques dans le « Canard enchaîné »,
est décédé dimanche à l’âge de 72 ans.
Sortie en 2000, « L’Enquête corse »
avait remporté le prix du meilleur
album au Festival d’Angoulême en
2001. De 1993 à 2017, il fut dessinateur
pour le « Canard enchaîné ».
ASIE
Les îles situées au sud de l’Archipel
ont été balayées dimanche par le
typhon Trami faisant une cinquantaine de blessés. Les autorités ont
conseillé à 1,5 million d’habitants
d’évacuer en prévision de possibles
inondations et glissements de terrain. Des rafales de vent à plus de
200 km/h ont été enregistrées. Un
précédent typhon avait tué plus de
10 personnes, début septembre,
dans l’ouest de l’Archipel.
Deux militaires du 4 e régiment de
chasseurs alpins de Gap ont trouvé
la mort samedi, lors d’une randonnée
d’alpinisme privée dans le massif des
Ecrins (Hautes-Alpes). Les deux
hommes, équipés de crampons et de
matériel d’escalade, étaient partis la
veille en permission. Les corps des
deux victimes, âgées de 24 et 34 ans,
ont été retrouvés par les secours vers
4 heures du matin, au pied de la face
nord du dôme de neige des Ecrins.
Les 58 migrants sauvés au large de la
Libye par le navire humanitaire
« Aquarius » ont débarqué dimanche
dans le port de La Valette. Essentiellement d’origine libyenne, ils seront
ensuite transférés sur le continent.
La France en accueillera 18 ; l’Allemagne et l’Espagne, 15 chacune ; et le
Portugal, 10.
FAIT DIVERS SAISIE DE
CIGARETTES DE CONTREBANDE
MALDIVES L’EX-PRÉSIDENT
MIS EN LIBERTÉ SOUS CAUTION
Près de 9 tonnes de cigarettes de contrebande ont été saisies au péage de
Biriatou par les douaniers d’Hendaye
(Pyrénées-Atlantiques) à la frontière
franco-espagnole. La cargaison était
dissimulée dans un camion frigorifique balte en provenance d’Espagne,
derrière un chargement de saumon
congelé. Sa valeur marchande est
estimée à 3,8 millions d’euros.
La justice des Maldives a remis en
liberté sous caution l’ancien président Maumo on Ab dul Gayo om,
incarcéré depuis février, et demifrère du président sortant Abdulla
Yameen, battu il y a une semaine par
l’opposant Ibrahim Mohamed Solih.
Ce dernier avait appelé à la libération
de tous les prisonniers politiques
après sa victoire surprise.
IMMIGRATION MALTE ACCUEILLE
LES MIGRANTS DE L’«AQUARIUS»
Une équipe médicale s’occupe des blessés à l’extérieur d’un hôpital de Palu, en Indonésie. Photo Muhammad Rifk/AFP
Richard Hiault
@RHIAULT
pillage des supermarchés et des
stations-service. Les autorités
ont annoncé qu’elles ne sanctionneraient pas les pilleurs et
rembourseraient les propriétaires des magasins, dans l’attente
de l’arrivée de l’aide.
L
e nombre de victimes va
continuer à augmenter. »
Deux jours après
le séisme de magnitude 7,5,
suivi d’un tsunami, qui a frappé
l’île des Célèbes, à l’est de Bornéo, le porte-parole de l’agence
indonésienne de gestion des
catastrophes, Sutopo Purwo
Nugroho, indiquait un bilan
provisoire. Dimanche, au
moins 832 personnes avaient
trouvé la mort. Le vice-président indonésien Jusuf Kalla a
dit craindre que le bilan n’atteigne « un ou plusieurs milliers ».
La plupart des victimes ont
été recensées à Palu, agglomération de 350.000 habitants sur la
côte ouest des Célèbes. Afin
d’éviter tout risque sanitaire, les
autorités devaient débuter des
enterrements de masse. La
population de la ville, à court de
vivres et d’eau, s’est livrée au
Images de dévastation
Arrivé dimanche à Palu, le prés i d en t i nd o né s ie n , Joko
Widodo, a demandé aux milita ires dép l oyés s u r p l ace
« d’être prêts à travailler jour et
nuit pour procéder aux évacuations et aider la population »,
selon le communiqué de la présidence. Au moment du
séisme, 71 étrangers se trouvaient à Palu. La plupart sont en
cours d’évacuation. Trois Français sont toujours recherchés.
La France s’est déclarée prête
à apporter son aide. « La France
est aux côtés de l’Indonésie dans
cette épreuve et se tient prête à
apporter son soutien en lien avec
les autorités indonésiennes », a
indiqué un communiqué de
l’Elysée dans lequel le président
Emmanuel Macron fait part de
« sa tristesse et [de]sa solidarité »
avec l’Indonésie et les victimes.
Devant l’ampleur de la catastrophe, l’Union européenne a
décidé le déblocage de 1,5 million d’euros d’aide humanitaire.
Des avions chargés de matériel
et de nourriture ont pu atterrir à
l’aéroport de la ville, dont plusieurs pistes sont inutilisables.
La ville de Palu est jonchée de
carcasses de véhicules, de bâtiments réduits à des amas de
débris, d’arbres déracinés et de
lignes électriques abattues,
témoignant de la violence des
secousses ressenties à des centaines de kilomètres de là, et de
la vague de 1,5 mètre qui s’est
abattue sur la côte. Des équipes
de sauveteurs fouillaient
notamment les restes de l’hôtel
Roa Roa, dans l’espoir de sortir
les 50 à 60 personnes qui pourraient y être prisonniers. C’est
une course contre la montre
pour sortir d’éventuels survivants des décombres alors que
les hôpitaux, dont certains ont
été endommagés, peinent à
faire face à l’afflux de victimes.
Parmi les victimes, un contrôleur aérien de vingt et un ans est
devenu un héros national. Alors
que la terre commençait à trembler, Anthonius Gunawan
Agung est resté à son poste pour
assurer le décollage d’un avion
de ligne à l’aéroport de Palu.
Après le décollage de l’avion, le
renforcement des secousses a
provoqué un début d’effondrement de la tour de contrôle. En
sautant du quatrième étage, le
contrôleur s’est cassé les deux
jambes et souffrait de nombreuses lésions internes. Emmené
dans un hôpital à proximité
pour recevoir des premiers
soins, il est décédé avant que
n’arrive l’hélicoptère qui devait
le transporter vers un établissement mieux équipé. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 1 octobre 2018
www.lesechos.fr
er
Encyclopædia
s’est redressée
à temps, en
se concentrant
sur l’eéducation.
// P. 26
DEVISES EUR/GBP 0,8906 EUR/JPY 1,3192 EUR/CHF 1,1343 GBP/USD 1,3057 USD/JPY 1,1345 USD/CHF 0,9755 TAUX EONIA -0,367 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,318 OAT 10 ANS 0,7877 T-BONDS 10 ANS 3,0638
INDUSTRIE & SERVICES
AIRBUS
DERNIÈRE HEURE
L’avionneur célèbre sa première
usine d’hélicoptères en Chine.
Facebook de nouveau ébranlé,
cette fois-ci pour piratage massif
// P. 16
IMMOBILIER
Les prix se sont stabilisés
en septembre. // P. 17
MONDIAL DE L’AUTO
2018, l’an I de la révolution
électrique. // PP. 18-19
MATIÈRES PREMIÈRES
Sucre : le triste bilan de la fin
des quotas européens. // P. 20
LANCEUR
Jeff Bezos signe un coup de maître
dans les lancements militaires.
Pierre Lemarinier
FORMATION
TÉLÉVISION
Le spot télévisé fête ses 50 ans.
// P. 23
HIGH-TECH & MÉDIAS
TÉLÉCOMS
La course au leadership mondial
pour la 5G est lancée. // PP. 24-25
INTERNET
Slack, la messagerie va entrer
en Bourse en 2019. // P. 26
START-UP
INTERVIEW
Diane Yu Cofondatrice
et directrice technique
de FreeWheel (Comcast). // P. 27
PME & RÉGIONS
RÉFORME
Marchés publics : les entreprises
face aux nouvelles règles du jeu.
// P. 28
FINANCES ET MARCHÉS
BANQUE D’AFFAIRES
La nouvelle garde prend les
commandes de Goldman Sachs.
C’est un soutien de poids pour Denis Kessler, le directeur général de SCOR,
dans le conflit qui oppose le réassureur à
Covéa. Le fondateur d’Amber Capital,
Joseph Oughourlian, un des plus importants investisseurs de SCOR, s’est mis
clairement dans son camp. Face à l’offre
surprise faite fin août par Covéa, et fermement refusée par SCOR, « la réaction
de Denis et du conseil d’administration est
la bonne. Je n’ouvrirais même pas la
porte », a déclaré au « Financial Times »
l’investisseur.
Le groupe d’assurance mutualiste,
propriétaire de MMA, MAAF et GMF,
avait adressé fin août à SCOR une proposition de rapprochement via une offre
publique au prix de 43 euros par action,
ce qui valoriserait la société à plus de
8 m i l l i a r d s d ’e u r o s . « L e p r i x à
43 euros me semble très bas. Il n’y a pas de
prime pour le contrôle », a déclaré Joseph
Oughourlian. Selon le patron d’Amber,
toute nouvelle approche ne devrait être
envisagée que si elle dépasse 50 euros
par action.
Lucas Mediavilla
Anaïs Moutot
— Correspondante à San Francisco
// P. 21
Viparis lance sa plate-forme
d’innovation. // P. 22
Valérie de Senneville
@VdeSenneville
Les attaquants n’ont pas
accédé aux échanges privés
ni posté de messages à la
place des véritables utilisateurs, selon les résultats
préliminaires de l’enquête
menée par le réseau social.
ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P.9
Les difficultés s’accumulent pour Facebook.
La faille de sécurité qui a permis à des pirates
de prendre le contrôle de 50 millions de
comptes a été « réparée » jeudi soir, a fait
savoir le réseau social aux 2,2 milliards d’utilisateurs, mais le niveau d’accès et de
contrôle exercé par les pirates reste flou. La
firme de Menlo Park a ouvert une enquête et
alerté les autorités, dont le FBI. Elle a aussi
pris des « mesures de précaution » en déconnectant automatiquement de leurs comptes
90 millions d’utilisateurs jeudi soir. « Nous
prenons cette affaire très au sérieux », a indiqué Mark Zuckerberg, lors d’une conférence
téléphonique avec des journalistes vendredi.
Le PDG de Facebook a indiqué que les
hackers n’avaient pas accédé aux échanges
privés ni posté de messages à la place des
véritables utilisateurs, selon les résultats préliminaires de l’enquête, mais, s’est empressé
d’ajouter que les conclusions « pourraient
changer. » « Jusqu’ici, nous savons qu’ils ont
eu accès à des informations publiques comme
le nom, la ville de naissance et le genre », a indiqué Mark Zuckerberg. L’identité des hackers
n’est pas encore connue et « pourrait ne
jamais l’être », a déclaré Guy Rosen, le viceprésident de l’entreprise en charge du management produit. Géographiquement, leur
cible est « assez large » et inclut des citoyens
européens. L’agence irlandaise de protection
des données a été saisie.
Vulnérabilité de « view as »
Les attaquants ont exploité une vulnérabilité de la fonctionnalité « Aperçu du profil
en tant que » (« View as ») qui permet aux
usagers de voir leur page telle qu’elle apparaît à des tiers. Le réseau social a pris « plusieurs mesures » pour protéger les utilisa-
La faille de sécurité qui a permis à des pirates de prendre le contrôle
de 50 millions de comptes a été « réparée » jeudi soir. Le niveau de contrôle
exercé par les pirates reste flou. Photo Jeff Chiu/AP/SIPA
teurs. Il a suspendu la fonctionnalité « View
as » et réinitialisé les jetons d’accès de
90 millions de comptes – 50 millions de
comptes touchés par l’attaque et, par précaution, 40 millions de comptes supplémentaires pour lesquels la fonctionnalité a
été utilisée récemment. Ce piratage risque
d’ébranler encore plus la confiance des utilisateurs, après le scandale Cambridge Analytica, du nom de cette firme britannique
ayant accédé aux données personnelles de
87 millions de profils au printemps, et après
l’utilisation de la plate-forme pour manipuler les électeurs, notamment lors de l’élection présidentielle américaine de 2016.
Au dernier trimestre, la société a
annoncé une croissance du parc d’utilisa-
teurs inférieure aux attentes des marchés.
E t s e l o n u n r é c e n t s o n d a g e d u Pe w
Research Center auprès de 3.413 utilisateurs américains , plus d’un quart ont supprimé l’application sur leur téléphone.
Mark Zuckerberg a indiqué que Facebook
« devait faire plus pour prévenir ce genre
d’attaques en amont. » La société a précédemment annoncé qu’elle comptait doubler ses équipes de sécurité, pour passer de
10.000 à 20.000 personnes d’ici à la fin de
l’année. L’action de Facebook a chuté de 3 %
après l’annonce sur la faille de sécurité,
mais le cours a regrimpé à la mi-journée.
Les marchés semblent avoir été rassurés
par la capacité de l’entreprise à réagir
rapidement. n
// PP. 30-31
GOUVERNANCE
Elon Musk contraint de quitter
la présidence de Tesla. // P. 32
ET « CRIBLE » P.38
MATIÈRES PREMIÈRES
L’irrésistible envolée des prix
du palladium. // P. 33
Systèmes de stockage automatisés
BANQUE
Départ en série à la direction
de Carrefour Banque. // P. 34
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET// P. 34
Le réassureur Covéa
avait adressé fin août
à SCOR une proposition
de rapprochement
via une offre publique
au prix de 43 euros
par action.
Selon le patron d’Amber,
Joseph Oughourlian,
toute nouvelle approche
ne devrait être envisagée
que si elle dépasse
50 euros par action.
Dès le 30 août, SCOR avait expliqué
que son conseil d’administration, jugeait
cette offre « non sollicitée », « fondamentalement incompatible avec [sa] stratégie
d’indépendance, qui est un facteur clef de
son développement, qu’elle remettrait en
cause son projet industriel fortement créateur de valeur ».
Rien depuis ne semble vouloir apaiser les tensions dans la guerre larvée que
se livrent l’assureur mutualiste et le réassureur. La semaine dernière, Thierry
Derez, le patron de Covéa, a annoncé se
retirer « temporairement » du conseil
d’administration du réassureur, SCOR
demandant dans la soirée son départ
pur et simple. « Le mode opératoire et les
modalités selon lesquels M. Thierry Derez
et Covéa ont préparé, soumis et rendu
publique la proposition de rapprochement du 24 août dernier ainsi que leurs
marques d’intérêt renouvelées ne peuvent
qu’être considérés comme hostiles, inamicaux, et perturbent fortement le fonctionnement de la société », a déclaré le conseil
d’administration à l’unanimité.
Manque de discussion
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
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de poids
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Dans un communiqué, le groupe mutualiste avait confirmé qu’il respecterait son
engagement de ne pas prendre de participation au-dessus de 10 % avant avril 2019
tout en regrettant le « manque de discussion avec SCOR ». Covéa réaffirme vouloir
constituer « un grand groupe d’assurance
français d’envergure internationale ».
SCOR a aussitôt déclaré « qu’à ce jour
l’offre financière de Covéa n’a pas eu l’écho
espéré ». Suite au prochain épisode. n
T. Meneau/Les Echos
Encyclopædia Universalis
souffle ses 50 bougies
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
INDUSTRIE
&SERVICES Airbus célèbre sa première
usine d’hélicoptères en Chine
l L’état-major d’Airbus au grand complet a fêté vendredi, en Chine,
l’installation d’une première chaîne d’assemblage d’hélicoptères.
l Le pays est le premier débouché du groupe, pour les avions commerciaux
comme pour les hélicoptères.
Tom Jamieson/NYT-Redux-RÉA
à suivre
Brexit : Toyota envisage aussi de fermer
temporairement son usine britannique
AUTOMOBILE « Interrompre la production quelques heures, des
jours ou des mois. » Sans accord entre Londres et Bruxelles sur le
Brexit d’ici à fin mars, Toyota projette de fermer temporairement son usine de Burnaston. L’avenir à plus long terme du site
d’assemblage serait également menacé. Le groupe nippon
emploie 3.000 personnes outre-Manche, et exporte 90 % de sa
production britannique en Europe continentale.
Corruption : Petrobras forcé de payer
863 millions de dollars d’amende
ÉNERGIE Le géant pétrolier brésilien Petrobras a accepté de
s’acquitter d’une amende de 853 millions de dollars (735,5 millions d’euros) dans le cadre de l’immense scandale de corruption au Brésil, a annoncé jeudi la justice américaine. Plus de
682 millions de dollars iront au parquet fédéral brésilien. Par
ailleurs, le pétrolier versera 85,3 millions de dollars (73,6 millions d’euros) à la justice américaine et le même montant à la
SEC, l’autorité de régulation économique des Etats-Unis.
d’un accord pour fusionner sa filiale d’hydrocarbures Wintershall avec DEA, détenu par le fonds LetterOne du milliardaire
russe Mikhail Fridman. En 2017, Wintershall et DEA ont réalisé
un chiffre d’affaires cumulé de 4,7 milliards d’euros et un bénéfice net de 740 millions d’euros, précise BASF, qui détiendra
dans un premier temps 67 % de la nouvelle structure. La finalisation de la transaction est prévue au premier semestre 2019.
Embraer
gardera
une marge
de manœuvre
face à Boeing
Loic Venance / AFP
DISTRIBUTION Carrefour a pré-
Giuseppe Cacace/AFP
v e n d r e d i q u e l ’a p p o r t d e s
actions de Luxottica détenues
par Delfin serait effectif le
1 er octobre, marque de la première pierre de leur fusion. A
l’issue de cette étape, la société
baptisée « EssilorLuxottica »
lancera une offre publique
d’échange sur les actions restantes de Luxottica en circulation, entre le 29 octobre et le
27 novembre. La première AG
d’EssilorLuxottica sera convoquée le 29 novembre.
AÉRONAUTIQUE Le géant améri-
cain Boeing prenant son cont r ô l e , l ’av i o n n e u r b r é s i l i e n
Embraer aura tout de même droit
de veto sur dix sujets de gouvernance cruciaux pour son indépendance, selon un accord signé
entre les deux groupes et révélé
par les syndicats. Avec 80 % des
parts, Boeing aura en revanche
les coudées franches sur la stratégie et les opérations de la future
co entrepri se qui contrôlera
Embraer. Les deux groupes ont
annoncé leur mariage en juillet.
La chaîne d’assemblage d’Airbus Helicopters de Qingdao est dédiée au H135, un hélicoptère léger
bimoteur. Photo DR
20 % par an, qui devrait se poursuivre
au cours des prochaines années. Nous
tablons sur une flotte doublée d’ici à
cinq ans, à plus de 2.000 appareils. »
Pour Airbus Helicopters, le pays est
une planche de salut. Confronté
depuis trois ans à la stagnation des
commandes d’hélicoptères civils, le
groupe a vu son chiffre d’affaires
reculer de 3 % en 2017, à 6,45 milliards d’euros. Pour s’imposer en
Chine face à Bell, Leonardo ou
le chinois Avic, Airbus Helicopters
« La Chine est
le deuxième marché
mondial pour
les hélicoptères
civils, derrière
les Etats-Unis. »
MARIE-AGNÈS VEVE,
Directrice générale d’Airbus
Helicopters China
multiplie les partenariats. « Dans les
années 1980, nous avions commencé
par céder aux Chinois la licence de
fabrication du Dauphin, rappelle
Bruno Even, le PDG d’Airbus Helicopters. En 2014, nous avons franchi
une étape majeure avec un accord
avec Avic pour développer et produire
le H175. Qingdao est une étape supplémentaire. » Sur le modèle de la
chaîne d’A320 de Tianjin, la FAL
(Final Assembly Line) de Qingdao
est une coentreprise détenue à 51 %
par Airbus, avec la municipalité de
Qingdao et la China Aviation Supplies. L’investissement de 24 millions d’euros doit permettre à Airbus de s’imposer sur le marché
émergent des évacuations sanitaires. « La Chine ne compte que 50 hélicoptères dédiés, explique Vincent
Dufour, le responsable commercial
d’Airbus Helicopters China. C’est
comme si la France n’avait que deux
hélicoptères d’urgence. Les autorités
ont décidé de développer ces services.
L’aviation civile vient de supprimer
l’obligation de déposer un plan de vol
plusieurs jours à l’avance pour les
missions sanitaires. »
Airbus table aussi sur le renforcement des moyens de lutte contre les
incendies de forêt pour recaser des
hélicoptères lourds H225, qui ne
trouvent plus preneur chez les
pétroliers. En revanche, on attend
toujours la libéralisation de l’espace
aérien chinois au-dessous de 3.000
mètres d’altitude. Les militaires contrôlent très étroitement les choses.
« Cela avance lentement, province par
province, explique Marie-Agnès
Veve. On nous assure que ce sera
chose faite dans cinq à dix ans. »
4
À NOTER
Fabrice Brégier, l’ex-numéro
deux d’Airbus, rejoint l’entité
française de l’américain
Palantir, une start-up américaine spécialiste de l’analyse
de données proche de la CIA.
Celle-ci compte la DGSI
ou Airbus parmi ses clients.
Bruno Even mise sur la reprise
des commandes militaires
La demande militaire
devrait permettre à Airbus
Helicopters d’atteindre
ses objectifs en 2018, estime
le nouveau PDG, Bruno Even.
OPTIQUE E s s i l o r a a n n o n c é
Eric Piermont/AFP
Essilor
et Luxottica
entament
leur fusion
Le mariage de raison entre Airbus et
la Chine franchit une nouvelle étape.
Alors que l’avionneur s’apprête à
fêter le dixième anniversaire de
l’usine de Tianjin, l’état-major du
groupe était en Chine vendredi dernier, pour tenir son comité stratégique annuel et célébrer la nouvelle
chaîne d’assemblage d’Airbus Helicopters de Qingdao, dans le nord-est
du pays. Dédié au H135, un hélicoptère léger bimoteur, le site – le premier d’un hélicoptériste occidental
en Chine – ne démarrera en fait que
début janvier. Il devrait fabriquer 18
appareils par an. La chaîne repose
sur l’engagement chinois d’acquérir
un minimum de 100 H135 sur les
sept prochaines années, pour un
total de 700 millions d’euros. Mais
les cinq premiers appareils seront
fabriqués en Allemagne.
Cette usine d’assemblage sera la troisième du groupe dans le pays, après
ceux d’Airbus Commercial Aircraft
à Tianjin et à Harbin. De quoi renforcer la place d’Airbus en Chine, devenue son premier débouché pour les
avions commerciaux comme pour
les hélicoptères. Ceci avant même la
finalisation d’une grosse commande de 180 avions (18 milliards de
dollars au prix catalogue), annoncée
un peu prématurément en janvier
dernier lors de la visite d’Emmanuel
Macron en Chine, mais qui pourrait
être officialisée au Salon aéronautique de Zhuhai, début novembre.
« La Chine est le deuxième marché
mondial pour les hélicoptères civils,
derrière les Etats-Unis, précise
Marie-Agnès Veve, la directrice
générale d’Airbus Helicopters
China. En 2016, les commandes chinoises ont même dépassé pour la première fois les commandes américaines. C’est aussi le marché le plus
dynamique, avec une croissance de
ÉNERGIE Le chimiste allemand BASF a annoncé la signature
senté vendredi aux instances
représentatives du personnel un
projet de transformation de dix
magasins de proximité parisiens
en « drive piétons », des points de
retrait de commandes passées
sur Internet, a indiqué la CGT à
l’AFP. Le distributeur a ouvert ses
premiers points de vente de ce
type, présentés comme un complément des « drive » classiques
et de la livraison à domicile, à
Lyon et Saint-Etienne en avril. A
Paris, l’ouverture est prévue
début décembre.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
— A Qingdao
Planche de salut
BASF et LetterOne rapprochent
leurs activités d’hydrocarbures
Carrefour va
ouvrir à Paris
des points de
retrait d’achats
sur Internet
AÉRIEN
Arriver de l’extérieur pour prendre
les commandes d’une entreprise
sur un marché en crise n’est pas
chose facile. Encore moins quand
votre prédécesseur est susceptible
de devenir votre patron. Tel est le
défi relevé par Bruno Even, le nouveau patron d’Airbus Helicopters.
Transfuge de Safran Engines, Bruno
Even, quarante-neuf ans, a succédé
il y a sept mois à Guillaume Faury,
parti chez Airbus Commercial Aircraft. Sa mission ? Poursuivre la restructuration de l’ex-Eurocopter.
« L’année 2018 est celle de la reprise
des commandes militaires, se félicite
Bruno Even. Ces derniers mois, nous
avons sécurisé plusieurs opportunités, dont une commande de 28 NH90
pour le Qatar. Nous avons également
reçu la confirmation d’une nouvelle
commande de NH90 et de 50 hélicoptères légers Lakota pour l’armée américaine… En 2018, nous devrons avoir
plus de commandes militaires que de
livraisons. » A l’inverse, le marché
civil, sur lequel Airbus Helicopters a
bâti son succès, est toujours atone.
« La remontée des cours du pétrole ne
s’est pas traduite par une reprise des
commandes, du fait des surcapacités
accumulées. Environ 30 % de la flotte
mondiale d’hélicoptères lourds dédiés
au marché offshore est au sol. La
situation devrait perdurer un an ou
deux », juge Bruno Even.
Pour faire face à cette situation,
Airbus Helicopters a déjà dû en passer par deux plans de départs volontaires (800 postes au total). Surtout,
l’hélicoptériste s’est engagé dans
une vaste réorganisation industrielle, qui prévoit de spécialiser ses
principaux sites de production en
France, en Allemagne et en Espagne. Un chantier engagé il y a deux
ans, mais qui est loin d’être achevé et
que Bruno Even va devoir mener à
bien s’il veut atteindre l’objectif de
10 % de marge d’ici cinq ans.
« Dans un marché difficile, l’optimisation des sites et des coûts reste
une priorité, souligne-t-il. Nous
avons engagé la spécialisation des
sites avec le programme H160, nous
allons la poursuivre avec les programmes plus anciens. Cela passera
par des transferts de production entre
les sites. Nous sommes en discussion
avec les partenaires sur les moyens
d’y parvenir d’ici trois à quatre ans. »
Le processus ne doit rien modifier à
la répartition de la charge de travail
entre la France, l’Allemagne et
l’Espagne, assure-t-il. Aucun plan
social n’est envisagé, les départs
« Dans un marché
difficile, l’optimisation
des sites et des coûts
reste une priorité »,
explique le nouveau
PDG, Bruno Even.
naturels devant permettre de
réduire les sureffectifs en douceur.
La réduction des coûts passera également par un sacrifice des fournisseurs, ajoute le dirigeant. « 70 % de
la valeur d’un hélicoptère provient de
la chaîne de sous-traitants, il est normal que chacun fasse un effort,
estime Bruno Even. Nous nous
remettons en cause, nos fournisseurs
pourraient eux aussi revoir leur organisation. » Autre priorité de Bruno
Even : la satisfaction client, mise à
mal par des taux de disponibilité
jugés trop faibles sur les hélicoptères militaires et le crash d’un H225
en Norvège sur les engins civils.
« Nous travaillons à ce sujet depuis
plusieurs années, mais nous ne sommes pas encore là où les clients nous
attendent », reconnaît-il. Airbus
Helicopters entend améliorer de
15 % la disponibilité des Caracal de
l’armée française dès 2018, et faire
revoler les H225 cloués au sol par les
compagnies pétrolières. Quitte à
leur trouver de nouveaux usages ou
de nouveaux clients, comme
l’Ukraine.
En revanche, Bruno Even n’aura
probablement pas de sitôt à gérer
un nouveau programme, la gamme
étant largement renouvelée. « La
priorité, c’est de livrer le H160,
dit-il. Nous sommes en phase avec le
calendrier initial, avec une certification prévue pour fin 2019. Nous avons
rentré les premières commandes, une
dizaine, ce qui correspond à la trajectoire fixée. Nous avons également
validé avec la DGA la première phase
d’études de levée de risques, en prévision du lancement des versions militaires du H160, appelé à devenir l’hélic o p t è re m u l t i rô l e d e l ’ a r m é e
française. Le lancement du programme militaire devrait intervenir
en 2023, pour des livraisons à partir
de 2028. » — B. T.
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INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
Les prix de l’immobilier
se sont stabilisés en septembre
l La fièvre immobilière semble retomber en cette rentrée.
l Il faudra attendre la fin de l’année pour déterminer s’il y
a une réelle inversion de tendances.
IMMOBILIER
Marie-Christine Sonkin
@mcsonkin
Plus le marché monte, plus on
s’approche du moment où les prix
vont se retourner. On n’en est pas
encore là, mais selon les indices des
prix immobiliers (IPI) MeilleursAgents-« Les Echos », l’immobilier a
fait une pause en septembre. L’indice
France entière s’affiche très légèrement dans le rouge, à –0,2 %. C’est la
première fois, depuis avril 2018,
début de sa publication par « Les
Echos », qu’il s’inscrit en négatif.
Pas de conclusions hâtives à tirer
cependant d’un seul mois d’observation, d’autant plus qu’un phénomène comparable avait été identifié
en septembre 2017. « Les facteurs
macroéconomiques restent stables
(taux d’intérêt, conditions d’emprunt,
dynamique d’évolution du chômage
et de la croissance économique) et ne
modifient donc pas la dynamique du
marché, analyse Sébastien de
Lafond, président de MeilleursAgents.com. Seuls les chiffres d’octobre et novembre permettront une
analyse plus fine : pause limitée ou
remise en cause plus profonde. »
En outre, selon MeilleursAgents,
dans les grandes villes, à l’exception
notable de Nice, le marché reste
assez fluide avec des délais moyens
de vente (calculés sur les trois derniers mois) inférieurs à 90 jours. La
hiérarchie et les dynamiques des
10 plus grandes villes de France restent inchangées avec des hausses
limitées de +0,1 à +0,6 % à Lyon
(+0,2 % à 4.021 euros le mètre carré),
Toulouse (+0,4 % à 2.818 euros),
Nice (+0,2 % à 4.142 euros) et Lille
(+0,1 % à 2.558 euros).
Nantes se détache du lot, avec
une hausse des prix de +0,6 % en
septembre, à 2.954 euros, soit une
progression de 4,9 % depuis le
1er janvier. La sixième ville de France
prend ainsi la première place
devant Lyon (+4,4 % depuis le début
de l’année). Illustration d’un marché tendu, le délai de vente y est, en
outre, en baisse significative, passé
de 62 jours en juin à 56 jours.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
La moyenne nationale est un agrégat trompeur, tant le dynamisme
économique varie selon les régions.
En moyenne, selon les chiffres
ministériels diffusés vendredi, les
octrois de permis de construire ont
reculé de 5 % sur douze mois cumulés à la fin août, comparé aux mêmes
douze mois un an auparavant. Ce
rythme annuel de recul peut sembler contenu, mais la situation est
très différente quand on regarde la
carte des régions.
L’Occitanie confirme sa chute
libre. Les octrois de permis de construire se sont effondrés de quasiment
15 % sur douze mois cumulés à la fin
août dans cette région qui affichait
déjà –15,3 % à la fin juillet. Ce n’est pas
un épiphénomène, car, en termes de
logements neufs, l’Occitanie est la
troisième plus importante région de
France. Elle représente à elle seule
plus de 10 % du marché avec, malgré
son recul, près de 50.000 permis de
construire délivrés depuis un an,
juste derrière l’Ile-de-France
(94.000 permis, –4,3 %) et l’AuvergneRhône-Alpes (67.500 permis, –3,4 %),
selon les données ministérielles. A
titre de comparaison, les deux seules
régions où les permis ont progressé
en France depuis un an ne représentent que 27.000 permis pour la Bretagne (+0,8 %) et un peu plus de 30.000
pour le Grand Est (+4,5 %).
Tout en étant plus petit, le CentreVal de Loire incarne, lui aussi, cette
France qui plonge, avec un recul de
11,5 % sur un an à 11.300 permis. Là
encore, comme en Occitanie on est
loin des bassins d’emplois les plus
dynamiques. Et le marché est constitué, dans les deux cas, d’une bonne
hausse des prix pourrait s’enrayer,
estime Yann Jéhanno, président du
réseau d’agences immobilières
Laforêt. Mais, dans tous les cas, celle-ci devrait rester contenue. Reste
une interrogation sur le prélèvement
à la source et la manière dont cela
impactera la façon d’emprunter des
Français. » n
Strasbourg reste stable
Parmi les autres grandes villes, hormis Strasbourg restée stable à
2.787 euros le mètre carré, Montpellier (–0,1 %, à 2.738 euros), Bordeaux (–0,2 %, à 4.273 euros) et Marseille (–0,5 %, à 2.592 euros) ont vu
leurs prix moyens baisser. L’IPI des
50 plus grandes villes s’inscrit donc
logiquement en baisse. Une tendance que l’on retrouve dans les
zones rurales.
« En 2019, si les taux d’intérêt
repartent sur un cycle haussier, la
Logement neuf :
coup de frein brutal
dans certaines régions
Les baisses d’octrois
de permis de construire
accentuent leur recul.
La hiérarchie
et les dynamiques des
10 plus grandes villes
de France restent
inchangées avec
des hausses limitées.
moitié (voire plus dans le Centre) de
maisons individuelles de constructeurs, le segment le plus baissier. Car
les ménages modestes, dans un
département comme l’Hérault,
achètent des maisons individuelles
en tissu rural moins chères que les
logements en périphérie de Montpellier, où le foncier est cher.
Pour l’instant, le plongeon des
permis de construire dans certains
endroits n’affecte pas encore le BTP,
il n’en sentira les conséquences que
dans les ouvertures de chantier de
l’an prochain. Dans l’immédiat, le
BTP reste porté par le boom passé
des ventes de logements neufs. Sur
douze mois cumulés, en Occitanie
les mises en chantier restent toujours en progression de 6 %, à comparer à +3 % en moyenne nationale,
et la construction ne recule que
dans quatre régions (les Hauts-deFrance, PACA, la Nouvelle Aquitaine et la Corse).
Annulations de ventes
Mais le recul des permis s’accentue
rapidement et les mises en chantier
décélèrent également très vite. Si,
plutôt que de raisonner en rythme
annuel en prenant en compte les
douze derniers mois cumulés, on
considère la période la plus récente,
de juin à fin août 2018, les permis de
construire sont inférieurs de 12 % à
la même période il y a un an et les
mises en chantier affichent –5,2 %,
elles ont enfoncé la barre des 5 %
avec lesquelles elles flirtaient
encore à la fin juillet.
La chute s’accélère et un fait nouveau vient l’aggraver : après une
baisse continue tout au long du premier semestre, le taux d’annulation
des ventes de logements collectifs
(y compris en résidence) confirme
la hausse amorcée fin juin. A fin
août, il était de 25,8 %, très au-dessus de sa moyenne de longue
période (18,8 %). n
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18 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
MONDIAL DE L’AUTO
2018, l’an I
de la révolution
électrique
l Les constructeurs concrétisent leur conversion
forcée à la voiture électrique.
l Au Mondial de Paris, ils présentent les modèles,
qui arriveront bientôt en concession.
Anne Feitz
@afeitz
et Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Grande première cette année porte
de Versailles : les vedettes des
podiums ne pétaraderont pas. Elles
vrombiront à peine. Au Mondial de
l’automobile, qui ouvre ses portes
mardi aux journalistes, les reines
des travées rouleront à l’énergie
électrique. Mercedes lèvera le voile
sur son imposant EQC, Audi sa
« e-tron » (mieux vaut prononcer le
nom à l’anglaise…), PSA présentera
au public la nouvelle DS3 Crossback
et sa déclinaison lithium-ion, Kia le
grand Niro. « Last but not least »,
Tesla montrera la fameuse Model 3,
la voiture qui cartonne aux EtatsUnis malgré ses galères de production. Cette fois, il ne s’agit pas de concept-cars futuristes, mais de
véhicules de série, ceux que vous
pourrez bientôt conduire de vos
propres mains.
2018, l’an I de la voiture électrique ? C’est tout comme. Jusqu’à présent limitée, l’offre de véhicules zéro
émission va sérieusement s’étoffer
en Europe dans les mois à venir. Les
quatre véhicules qui se partagent
aujourd’hui 60 % des ventes (la Nis-
san LEAF, la Renault ZOE, la Volkswagen e-Golf, et la BMW i3) ont déjà
vu arriver cet été dans les concessions le Hyundai Kona, un petit SUV.
Un début. A Noël, ce sera au tour du
Kia Niro, puis de l’Audi e-tron, dont
la production a démarré le mois dernier en Belgique. Mais c’est surtout
en 2019 que le gros de l’artillerie sera
déployé, avec la sortie de neuf nouveaux modèles à batterie(s). Parmi
eux, les SUV EQC de Mercedes et
DS3 Crossback de PSA, mais aussi la
ID Neo de Volkswagen, la remplaçante de la e-Golf, ou encore les versions électriques de la Peugeot 208
et de l’Opel Corsa. Autant de véhicu-
Avec le Mondial 2018, l’industrie automobile semble enfin avoir enclenché sa conversion
à l’électricité. Photo Miguel Medina/AFP
les dont les prix devraient s’étaler
entre 25.000 et 80.000 euros, subventions déduites, avec une autonomie supérieure à 400 kilomètres.
Eviter les amendes
de Bruxelles
En clair, l’industrie automobile
semble enfin avoir enclenché sa
conversion à l’électricité. Sur le
Vieux Continent, seuls Renault,
Nissan et BMW ont réellement fait
figure de pionniers, ayant lancé des
modèles à batterie dignes de ce
nom dès le début des années 2010.
« Les constructeurs sont longtemps
restés timides dans l’électrique, car
ils n’arrivent pas à l’intégrer dans
leur stratégie, tout en conservant leur
rentabilité », pointe Philippe Chain,
un consultant indépendant qui a
travaillé sur la Model S de Tesla et
l’Audi e-tron. Puis est arrivé le “dieselgate”, et ils n’ont pas eu d’autre
choix que de développer une offre
électrique et de la faire fonctionner ».
L’idée étant d’éviter de subir de
lourdes amendes promises par
Bruxelles s’ils ne respectent pas les
objectifs d’émissions de CO2 imposés par l’Union européenne pour
2021. Selon le cabinet AlixPartners,
INTERVIEW // LAURENT PETIZON Associé chez AlixPartners
« Recharger, ce sera un vrai
budget pour les clients »
L’automobile mondiale prépare
sa conversion à la voiture
électrique. Mais celle-ci a tout
de même sa part d’ombre…
Je ne suis pas un ennemi de l’électrique, mais il existe effectivement
quelques obstacles à surmonter.
Par exemple, le marché est encore
dépendant du système de régulation et de subventions. Celui-ci doit
être favorable et stable dans le
temps pour faire décoller les ventes
au-delà du cercle des enthousiastes.
Ces deux conditions ne sont pas
facilement réunies. Sur la durée,
tout ceci a un coût pour les pouvoirs
publics. En Europe, les constructeurs demandent, par ailleurs, aux
autorités de développer l’infrastructure de recharge. On leur
répond que c’est l’affaire du secteur
privé. Sauf qu’avec un taux d’utilisation des bornes de 10 ou 15 %, et
pour avoir un retour sur investissement de trois ans, une recharge
électrique doit être vendue aussi
cher qu’un plein d’essence. Recharger sa voiture électrique hors de son
domicile ou de son travail, ce sera
un vrai budget pour les clients.
Mais c’est tout de même
plus écolo !
Quand on regarde le bilan du puits
à la roue, on s’aperçoit que les véhicules électriques émettent moins
de C0 2 que leurs équivalents
essence dans les pays où l’énergie
est « propre », comme la France, la
Corée ou la Norvège. Dans d’autres
pays utilisant des centrales à charbon comme la Pologne ou la Chine,
c’est le contraire. Et puis le recyclage des batteries n’est pas encore
un processus très clair…
Avec ses ressources minières,
la Chine ne fait-elle pas figure
d’épouvantail pour l’Europe ?
Une vraie dépendance à la Chine
est possible. Prenez le cobalt. Environ 80 % des ressources sont au
Katanga, mais la moitié de la capacité mondiale de raffinement est
chinoise. Même quand le métal
rare n’est pas en Chine, ce pays est
incontournable. Mais les gouvernements chinois s’intéressent plus
à la mobilité urbaine décarbonée
en général qu’à la construction
automobile. C’est un horizon merveilleux pour eux. Ils auront en plus
bientôt des démonstrateurs à taille
réelle : des taxis autonomes électriques seront testés l’an prochain à
Shanghai…
Il y a aussi la lancinante question
de la perte de valeur ajoutée
pour l’industrie.
Aujourd’hui, les constructeurs
contrôlent environ 35 % de la
valeur ajoutée d’un véhicule. Sur
ces 35 %, un tiers concerne le
groupe motopropulseur, la boîte de
Philippe Wang
E
xpert automobile, Laurent
Petizon alerte le coût d’une
recharge hors de son domicile ou de son travail. L’impact
social du virage électrique sera également conséquent.
« Une vraie dépendance
à la Chine est possible »
vitesses et le moteur. Même si les
constructeurs décident de fabriquer en interne les moteurs et les
batteries (ce qui est peu probable,
vu que la Chine contrôle les deux
tiers de la production à des prix
imbattables), c’est un véritable problème pour la rentabilité des constructeurs. D’autant que les prix des
batteries pourraient repartir à la
hausse. Les prix du cobalt et du nickel explosent déjà. Surtout, même
si les constructeurs décident de
fabriquer les moteurs électriques
en interne, ils auront un problème
social. A l’heure actuelle, il faut
6 heures pour produire un groupe
motopropulseur thermique,
9 heures pour en faire un hybride et
moins de quatre heures pour un
bloc électrique… en Chine.
Propos recueillis par J. D.-C.
les constructeurs occidentaux ont
annoncé 184 milliards de dollars
d’investissements dans l’électrification de leurs gammes d’ici à 2023.
Le sujet est d’autant plus sensible
que les constructeurs ne peuvent
plus compter sur le gazole pour leur
moyenne CO2 . « Le calendrier est
serré. Avec la chute des ventes diesel,
l’industrie perd une carte importante », juge François Jaumain, associé chez PwC. C’est pour cela que
l’industrie met aujourd’hui le paquet
pour rattraper son retard. Cette
année, les voitures électriques et
hybrides devraient déjà représenter
un peu moins de 7 % de la production
mondiale, d’après les calculs de PwC.
En 2024, on devrait être à plus de 19 %.
Toute la question est désormais
de savoir si ces engins trouveront
preneur – alors que les avocats de
l’électrification déplorent souvent
le manque d’offre actuelle. Au premier semestre, les ventes de voitures 100 % électriques ne pesaient
qu’un petit pour-cent du marché
européen… A vrai dire, les constructeurs, qui ont englouti bon gré
mal gré des milliards dans la propulsion électrique, ont tout intérêt à
ce que la vague parte pour de bon.
« C’est pour cela qu’ils poussent les
gouvernements à investir dans les
réseaux de recharge. Ils ne veulent
pas que l’autonomie des véhicules
soit un blocage psychologique pour
les clients », souffle François Jaumain, pour qui la voiture électrique
pourra coûter moins cher à l’achat
et à l’usage que son équivalent
essence ou diesel vers 2025.
« En réalité, le frein principal à
l’achat reste le prix, confirme Flavien Neuvy, de l’Observatoire Cetelem. Il faudra aussi que les vendeurs
en concession poussent l’électrique,
car les clients se disent mal informés.
Sans une volonté forte, les véhicules à
batterie resteront marginaux. »
Pour éviter cet écueil, PSA a décidé
d’aligner les loyers mensuels de ses
voitures électrifiées et thermiques,
quitte à prendre à sa charge le risque
lié au prix de revente des engins
lithium-ion d’occasion. Si les concurrents de la Maison Peugeot font de
même, on verra d’ici à 2020 ou 2021,
ce que les voitures électriques ont
véritablement dans le ventre.
Lire l’éditorial
( Page
de David Barroux
9
Zéro émission, la quadrature du cercle
M
ais comment diable nos
ancêtres se sont-ils
débrouillés ? Un bon siècle après les débuts des voitures à
combustion, idéales pour résoudre les problèmes de salubrité
urbaine provoqués par nos amis
chevalins, voilà qu’il s’agit de tout
remettre à plat avec les voitures
électriques.
A l’époque, il avait fallu plusieurs
décennies pour mettre au point la
technologie (merci, Gottlieb
Daimler), donner naissance à une
industrie entière (merci, Henry
Ford), et mettre en place le dispositif
de fabrication et de distribution de
carburant (merci, la Standard Oil).
Aujourd’hui, il convient d’adapter
les batteries lithium-ion de l’électronique à des véhicules existants et de
déployer des moyens de recharge.
Rien d’insurmontable, donc, pour
les géants que sont devenus les
constructeurs automobiles.
ANALYSE
Par J. D.-C.
Cela ne veut pas dire que la conversion à l’électrique sera une partie de plaisir. Il y a en effet tout un
« système E » à installer pour parvenir à des résultats tangibles.
D’abord, il faut des voitures suffisamment attractives pour convaincre les clients de dépenser
plus que pour une voiture essence
ou diesel, du moins dans un premier temps.
Prévoir un maillage de bornes
Ensuite, c’est l’œuf et la poule, il
faut des clients – assez en tout cas
pour inciter les fabricants de voitures à se lancer dans l’aventure élect r i q u e . U n e a v e n t u r e q u’ i l s
n’embrassent pas forcément de
leur plein gré, vu les sacrifices à
réaliser en termes d’emploi (l’électrique, c’est moins compliqué à
fabriquer que le thermique) et de
valeur ajoutée (ce ne sont pas eux
qui fabriquent les batteries, au
contraire des moteurs).
En Chine,
l’Etat dispose
de l’autorité suffisante
pour orchestrer
la bascule dans
le bon tempo.
Après, il faut établir des règles
durables pour limiter la circulation
des engins polluants, et fixer des
subventions suffisantes pour
garantir l’équation économique du
zéro émission. Enfin, des bornes de
recharge publiques et rapides
devront mailler les territoires, façon
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INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
L’hybride rechargeable commence
à séduire les conducteurs
Les voitures équipées
d’une double motorisation,
thermique et électrique,
ont représenté 52 % des
véhicules électriques
rechargeables en Europe
au premier semestre.
Elles ont, au moins en apparence,
l’avantage de l’électrique sans en
avoir les inconvénients : les voitures
équipées d’un moteur thermique et
d’un moteur électrique commencent à voir leurs ventes décoller en
Europe. Selon les chiffres du cabinet Jato Dynamics, les véhicules
hybrides rechargeables ont représenté 52 % des immatriculations de
véhicules à batteries au premier
semestre sur le Vieux Continent,
alors qu’ils ne séduisaient que 36 %
des acheteurs en 2014.
« Il y a une vraie demande pour
cette motorisation », insiste Vincent
Salimon, président du directoire de
BMW France. Dans l’Hexagone,
leurs ventes ont progressé de 48 %
sur les six premiers mois de l’année
(à 6.500 unités), contre +12 % pour
les véhicules 100 % électriques (à
18.000 unités).
Peur de la panne
Capables de rouler sur la batterie
avec une autonomie de 40 à 60 kilomètres, les Mitsubishi Outlander,
Volkswagen Passat et autres Volvo
XC60 (les trois modèles les plus vendus en Europe, selon Jato) permettent de circuler sans émissions toxiques sur la plupart des trajets
quotidiens, tandis que le moteur
thermique assure les itinéraires
plus longs. « L’hybride rechargeable
permet de lever la peur de la panne »,
souligne Cécile Goubet, secrétaire
générale de l’Association nationale
pour le développement de la mobilité électrique. « C’est un bon véhicule de transition vers l’électrique,
mais il faut le recharger tous les jours
pour s’y retrouver financièrement ».
Plus lourd avec ses deux moteurs, il
consomme en effet davantage en
mode « thermique » que son équivalent sans batterie.
Les constructeurs – même les
plus réticents a priori — développent tous une offre en ce sens, car la
vente de véhicules électrifiés sera
nécessaire pour atteindre les objectifs européens d’émissions de CO2 à
horizon 2021. Toutefois, « la part de
l’hybride dans les ventes varie sensiblement selon les pays, en fonction des
incitations financières », rappelle le
cabinet suédois spécialisé EV Volumes. Sur les 738.000 voitures à batteries rechargeables vendues dans
le monde au premier semestre 2018
(dont 51 % en Chine), l’hybride représentait seulement 36 %.
Véhicules retirés
du catalogue
En l’occurrence, l’engouement des
Européens pourrait être ralenti
pendant quelques mois, en raison
de l’entrée en vigueur des nouvelles
normes d’homologation, dites
WLTP, le 1er septembre. Plus sévères, celles-ci ont fait mécaniquement augmenter les émissions
mesurées – et fait passer certains
véhicules au-dessus du seuil requis
pour bénéficier de subventions,
notamment en Allemagne. Certains constructeurs ont du coup
préféré retirer certains modèles de
leur catalogue (les Volkswagen Passat et Golf, notamment, selon
« Automotive News Europe »), tandis que d’autres, comme les Class S
et Class E de Mercedes, attendent
toujours d’être homologuées.
En France, la prime à l’achat de
2.000 euros a été supprimée cette
année, mais le CCFA (Comité des
constructeurs français d’automobiles) a entamé des discussions avec
Bercy pour qu’elle soit restaurée,
poussé par PSA qui proposera ses
premiers modèles en 2019. — A. F.
À NOTER
Le cabinet EV Volumes prévoit
que le parc mondial de
véhicules électrifiés (100 %
électriques et hybrides
rechargeables) atteindra
5,4 millions fin 2018.
La grande déprime des Salons automobiles
stations-service 2.0, afin de compléter les charges à domicile ou au travail, qui devraient représenter
l’immense majorité des cas.
Pousser en même temps tous ces
curseurs relève du combat de boxe.
Car, sur le Vieux Continent, les
« pousseurs de boutons » sont pléthore et ont souvent des intérêts
divergents. Les constructeurs, bien
sûr, mais aussi les villes, les Etats,
Bruxelles, les compagnies pétrolières, les énergéticiens, les équipementiers, les opérateurs de mobilité… Pas facile d’accorder autant
de violons dissonants. En Chine, en
revanche, l’Etat dispose de l’autorité suffisante pour orchestrer la
bascule dans le bon tempo.
Mais il n’est pas interdit d’espérer
que l’Europe y parvienne. Après
tout, le passage du thermique à
l’électrique est sans doute plus simple à opérer que le troc d’un cheval
contre une automobile. n
Des marques comme
Volkswagen, Nissan ou
Ford ont décidé de ne pas
prendre de stand au
Mondial de Paris cette
année. Les organisateurs
ont tenté de compenser
avec des espaces dédiés à
la moto, à la technologie,
ou encore à la mobilité.
Des motos, un espace professionnel dédié à la technologie, des conférences de haut niveau sur la
mobilité, une piste d’essai de voitures zéro émissions place de la Concorde, une parade de véhicules de
collections, un espace spécial pour
les voitures de luxe… Pour son édition 2018, le Mondial de l’Auto, qui
ouvre ses portes ce 4 octobre à
Paris, a fait peau neuve. « Nous
avons cherché à innover pour nous
adapter à l’évolution du secteur : il
ne s’agit plus seulement d’exposer
des voitures », explique JeanClaude Girot, le commissaire général du Mondial.
Il n’a pas vraiment eu le choix.
Alors qu’elle fête cette année ses
120 ans, la grande manifestation
dédiée à l’automobile, qui se tient
tous les deux ans, a vu se multiplier
les défections : Volkswagen, Ford,
Volvo, Opel, Nissan, Mazda, Fiat,
Je ep, et une demi-douza ine
d’autres marques ont décidé de ne
pas prendre de stand porte de Versailles cette année.
Paris n’est pas particulièrement
en cause. DS, Opel ou Mini étaient
absents de Genève en mars, tandis
que Peugeot, Fiat, Volvo et Nissan
avaient boudé Francfort, en septembre dernier. Quant au Salon
américain de Detroit, il a décidé de
se tenir en juin et non plus en janvier à partir de 2020, après
l’annonce par BMW, Audi et Mercedes qu’ils ne franchiraient pas
l’Atlantique en janvier 2019. Les
Salons auto sont-ils morts, comme
l’a déclaré Herbert Diess, le patron
du groupe Volskwagen, en juillet ?
« Ce sont des produits des années
1960, ils ne sont plus pertinents. Ils
ne nous apportent plus ce que nous
voulons, ni ce que les acheteurs de
voitures veulent », a-t-il déclaré. La
réalité, c’est que les dirigeants des
constructeurs sont de plus en plus
sélectifs. « Les Salons ont encore un
avenir mais ils ne pourront plus
compter sur tout le monde tout le
temps », dit l’un d’eux.
Concurrence des Salons
technologiques
C’est que le coût de la participation
à ces grand-messes atteint vite plusieurs millions, voire plusieurs
dizaines de millions d’euros. « Il
faut ajouter au coût de location, les
frais de personnels, d’équipement
des stands, dont certains sont
impressionnants », indique François Roudier, du CCFA (Comité des
constructeurs français d’automobiles), actionnaire de la société
organisatrice.
La désaffection des constructeurs s’explique aussi par la concurrence de Salons technologiques, comme le CES de Las Vegas
(partenaire du Mondial) ou VivaTech en France (coorganisé par
Groupe Les Echos), ainsi que par la
multiplication des moyens de
communication (festivals, réseaux
sociaux…). En ouvrant le Mondial
Paris Motor Show à d’autres thématiques et de nouveaux acteurs,
Jean-Claude Girot a triplé le nombre d’exposants par rapport à 2016.
Sans toutefois compenser en termes de revenus – sachant que les
stands représentent traditionnellement les deux tiers des revenus.
« Il en faut des petits exposants pour
compenser un stand de 10.000
mètres carrés ! » convient-il. Reste à
savoir combien le Mondial nouvelle formule séduira de visiteurs,
alors que sa durée a été réduite de
seize à onze jours. Il avait accueilli
plus d’un million de personnes en
2016. — A. F.
« Il faut ajouter au
coût de location les
frais de personnels,
d’équipement des
stands, dont
certains sont
impressionnants. »
FRANÇOIS ROUDIER
Comité des constructeurs
français d’automobiles
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
Sucre : le triste bilan
de la fin des quotas
européens
AGROALIMENTAIRE
Un an après
la suppression
des quotas sucriers
en Europe, les prix
se sont effondrés.
Le choc est sévère
pour les entreprises
françaises.
Les sucriers ont contribué à la hausse de la production mondiale,
avec un bond de près de 21 % de leurs volumes en un an. Photo François Nascimbeni/AFP
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Voilà un an, ils attendaient avec
impatience le 1er octobre et la suppression des quotas sucriers en
Europe pour appuyer sur l’accélérateur et augmenter leur production. Mais comme les laitiers, il
n’aura pas fallu plus longtemps
pour que les sucriers soient confrontés au problème des excédents.
Et à un effondrement des prix. Certes, le phénomène est mondial,
mais les Européens y ont leur part
de responsabilité.
Comme les laitiers deux ans
avant, ils ont contribué à la hausse
de la production mondiale avec un
bond de près de 21 % de leurs volumes en un an. Ceux-ci sont passés
de 15,8 millions de tonnes à 19,1 millions de tonnes, soit 11 % du total
mondial. Sans doute le marché
aurait-il pu absorber ces 3,3 millions de tonnes supplémentaires si
aucun autre acteur n’avait, lui aussi,
explosé les compteurs.
Mais à l’autre bout de la planète,
l’Inde, numéro deux mondial derrière le Brésil, a été prise d’un accès
de fièvre, augmentant sa production de 22 %, à 25 millions de tonnes. Deux acteurs de moindre
importance ont eux aussi contribué à la déferlante. La Thaïlande
(+21,6 %) et la Chine (+13 %). Résultat, le monde baigne dans les excédents et les cours du sucre se sont
mis à fondre à New York, où le sucre
brut a atteint son plus bas depuis
près de onze ans.
Les difficultés ne se sont pas fait
attendre dans l’industrie française. Les entreprises qui s’étaient
préparées à la fin des quotas à
coups d’investissements, pour
accroître leurs capacités, déchantent. Après avoir investi 1 milliard
d’euros en dix ans dans ses dix usines, pour augmenter sa production de 25 % et créer la plus grande
sucrerie d’Europe à BazancourtPomacle, Cristal Union a dû ajuster la rémunération de ses planteurs de betteraves.
Une sacrée douche froide pour
une catégorie de producteurs qui a
toujours été à l’abri des mauvais
coups du marché et qui découvre
la volatilité des cours mondiaux et
les revenus instables. Bilan de
l’exercice pour Cristal Union : un
résultat net 2017-2018 en très fort
recul, à 49 millions d’euros contre
133 millions un an auparavant.
Alain Commissaire, le directeur
général, reconnaît « n’avoir pas
anticipé une baisse aussi marquée
du marché mondial ».
Les entreprises françaises
en quête de solutions
De son côté, Tereos, le numéro deux
mondial derrière Südzucker, a
plongé dans le rouge, avec une perte
nette de 18 millions d’euros malgré
un chiffre d’affaires en hausse, à
5 milliards d’euros. L’ancien Beghin
Say ne veut plus prendre le risque
d’alourdir sa dette (2,3 milliards
euros) et envisage une augmentation de capital pour financer la
poursuite de son développement
international. Pas question cependant de céder le contrôle.
Cristal, qui a fait le choix de se
concentrer sur le bassin méditerranéen, veut, pour sa part, se renforcer au travers d’une opération
de croissance externe ou via un
rapprochement. Pour dégager
des moyens, il a prévenu ses planteurs qu’il ne garantirait plus les
prix du sucre.
Les concurrents européens, qui
se sont mieux couverts sur les marchés, ont échappé dans un premier
temps aux difficultés. L’allemand
Südzucker, dont les 29 sucreries
sont toutes en Europe, a quasi doublé son résultat opérationnel, à
139 millions d’euros sur l’exercice
clos à la fin février, pour un chiffre
d’affaires de 3 milliards d’euros sur
la seule activité sucrière. Mais il a
prévenu, fin septembre, que ses
profits sur 2018-2019 seraient
« lourdement impactés » par la
chute des prix du sucre.
L’autre grand sucrier allemand,
Nordzucker, affiche, lui aussi, des
gains de rentabilité sur l’exercice
clos à la fin février, avec un résultat opérationnel en hausse de
17 %, pour un chiffre d’affaires de
1,65 milliard d’euros en retrait de
3 %. Mais comme son compatriote Südzucker, il anticipe une
forte chute de ses résultats sur
l’exercice en cours, où l’objectif
sera « d’éviter les pertes ». Le groupe
s’attend même à une nouvelle dégradation de ses profits sur 2019-2020,
faute de rebond prévisible des prix
de marché. Surtout, il prévoit une
consolidation du marché européen.
Qui, des Français ou des Allemands,
en profitera ? n
en bref
Veolia sort enfin du capital de Transdev
TRANSPORT Près de sept ans après en avoir exprimé l’intention, Veolia devrait officialiser en début de semaine sa sortie du
capital de Transdev, le groupe de transport public dont il était à
l’origine co-actionnaire avec la Caisse des dépôts (CDC). Selon
toute vraisemblance, le groupe dirigé par Antoine Frérot va
céder les 30 % qui lui restent à Rethmann, une entreprise familiale allemande organisée autour de 3 pôles : assainissement,
logistique et agroalimentaire. Rethmann était en compétition
depuis un an pour racheter cette participation avec le fonds
d’investissement CVC Capital Partners, ainsi qu’avec Mobivia, le
groupe de mobilité français qui détient Midas et Norauto.
Plus d’informations sur lesechos.fr/Industrie-services
ThyssenKrupp : le conseil valide
la scission et confirme sa direction
BIENS D’ÉQUIPEMENT Le conseil de surveillance du géant
industriel allemand a voté dimanche en faveur du plan de scission proposé par la direction sous la pression des fonds activistes. ThyssenKrupp se sabordera bientôt en deux entités cotées
et indépendantes, l’une dédiée aux produits industriels comme
les ascenseurs, l’autre aux matériaux (dont l’acier). Bernhard
Pellens a été nommé président du conseil. De son côté, Guido
Kerkhoff, l’ancien directeur financier du conglomérat nommé
président du directoire par intérim en juillet, est confirmé pour
cinq ans à son nouveau poste.
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INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
Jeff Bezos signe un coup de maître
dans les lancements militaires
LANCEUR
Fournisseur traditionnel du Pentagone, la
coentreprise de Boeing
et Lockheed a choisi le
moteur développé par
Blue Origin pour leur
future fusée Vulcan.
Anne Bauer
@annebauerbrux
Joli succès pour Blue Origin ! La
start-up de Jeff Bezos a annoncé,
jeudi soir, que son moteur de fusée
avait été sélectionné par Boeing et
Lockheed Martin pour leur futur
gros lanceur. Alors que Blue Origin
n’a encore envoyé dans l’espace que
sa mini-fusée New Shepard, destinée au tourisme spatial, la société
vient de franchir une étape décisive
pour devenir un jour fournisseuse
direct du Pentagone.
Le moteur, que la société développe depuis une quinzaine
d’années pour sa future fusée New
Glenn, a remporté l’appel d’offres
lancé par United Launch Alliance
(ULA), la coentreprise entre Boeing
et Lockheed Martin qui assure traditionnellement la mise en orbite
des satellites espions et de défense
américains. Le moteur-fusée BE-4
se chargera de la propulsion de la
fusée Vulcan. ULA a, à son actif,
110 lancements réussis pour la Nasa
et la défense américaine.
Abaisser le coût
des lancements
Vulcan doit prendre la succession
des fusées Atlas V et Delta IV, le but
étant évidemment d’abaisser le
coût des lancements dans un marché devenu plus concurrentiel,
mais aussi de ne plus dépendre du
motoriste russe qui fournit le
RD-180 propulsant le premier étage
de l’Atlas V. La fusée Vulcan fera
Chassé-croisé
à la tête du cabinet
d’avocats Fidal
AVOCATS
Jusqu’ici directeur
général du premier
cabinet d’avocats
d’affaires français,
Yves de Sevin en
devient le président
pour un mandat
de deux ans.
Il succède à Régis
Lassabe, l’autre
membre du directoire, qui lui prend
sa place.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
C’est une première chez des
avocats : les deux membres du
directoire de Fidal, élus pour un
mandat de quatre ans, ont
décidé d’inverser leurs fonctions à mi-mandat. Yves de
Sevin devient ainsi, au 1er octobre, président du directoire, au
côté de Régis Lassabe, désormais directeur général. Pour
ces professionnels à la tête du
premier cabinet d’avocats
d’affaires français, deux règles
s’imposent pour diriger une
société de 2.500 personnes
– dont 1.400 avocats et juristes –
au chiffre d’affaires de 341 millions d’euros en 2017.
La première, c’est la gestion,
en clair, le suivi des charges, des
ratios, etc. « De par sa taille, notre
cabinet est une véritable entreprise et se gère comme telle »,
explique Yves de Sevin. La
seconde, c’est l’amélioration de
la relation client. « Nous avons
effectué un important travail afin
de mieux exploiter nos expertises.
Parallèlement, nous développons
des écosystèmes plus business à
travers des prises de participation. » Ainsi, après une première
participation dans l’Office Notarial de La Madeleine à Lille, Fidal
finalise le rachat d’une étude
notariale à Paris. Le cabinet participe aussi à hauteur de 25 % du
capital de la société de conseil en
opérations haut de bilan Adviso
Partners.
Fidal, comme les autres cabinets d’avocats, n’échappe pas à
la transformation numérique,
au cœur de cette nouvelle présidence. Un groupe de réflexion
Yves de Sevin. Photo DR
interne participe à l’élaboration
d’une offre juridique et fiscale
dématérialisée. « Le travail effectué auprès de nos professionnels
porte ses fruits. Nous sommes
passés au-delà de la simple prise
de conscience, à la nécessité de
travailler davantage en équipe
pluridisciplinaire, grâce notamment à l’implication de toutes les
structures managériales du cabinet », se félicite Yves de Sevin.
La première promotion
d’une quarantaine de personnes est d’ailleurs sortie de l’école
interne de management Talents
Up, créée en janvier 2017 en partenariat avec HEC, à l’issue
d’une formation de douze mois.
« Un chiffre d’affaires ne se
décrète pas, il est en premier lieu
le fruit d’une prise en considération de l’humain », souligne
Régis Lassabe.
« Nous avons
effectué un
important travail
afin de mieux
exploiter nos
expertises.
Parallèlement,
nous développons
des écosystèmes
plus business à
travers des prises
de participation. »
YVES DE SEVIN
Président du directoire
à partir du 1er octobre
partie des lanceurs lourds américains avec une capacité annoncée
de mettre en orbite basse jusqu’à
29 tonnes de charges utiles !
Elle devrait arriver sur le marché,
plus ou moins en même temps que
le lanceur lourd New Glenn, promis
par Blue Origin. L’horizon promis
est fixé à 2020, soit la même année
q u e l ’a r r i v é e s u r l e m a r c h é
d’Ariane 6. Nombre d’experts
parient toutefois sur plusieurs
années de retard, tant les défis technologiques sont importants.
Ne serait-ce que pour installer la
fabrication en série du moteur
BE-4. Ce moteur utilise un mélange
d’oxygène liquide et de méthane,
qui permet d’envisager des lanceurs réutilisables. C’est aussi dans
cette direction que l’Europe oriente
ses recherches pour son futur
moteur Promotheus d’Ariane. Mais
Blue Origin détient une longueur
d’avance, avec ce moteur qui sera le
premier de l’histoire des lanceurs à
utiliser le méthane et dont les travaux ont commencé il y a plus de
sept ans. Jeff Bezos investit environ
1 milliard de dollars de ses fonds
personnels par an dans Blue Origin
pour imposer la société sur le marché de l’espace.
Jeff Bezos investit
environ 1 milliard de
dollars de ses fonds
personnels par an
dans Blue Origin pour
imposer la société sur
le marché de l’espace.
La société du patron d’Amazon
souligne que le BE-4 a été « payé par
le secteur privé, sans aide gouvernementale ». Il « économisera aux contribuables 3 milliards de dollars pendant vingt ans sur les coûts de
lancement de la sécurité nationale, en
fournissant une poussée plus importante qui permet d’envoyer davantage de charges utiles dans l’espace
mais à un coût inférieur de 10 millions de dollars à celui d’une propulsion solide », promet Blue Origin.
Avec ce contrat, la start-up de Jeff
Bezos entre en tout cas de plain-pied dans sur le marché des lancements militaires du Pentagone.
Pour Blue Origin, cette bagarre
gagnée contre Aerojet Rocketdyne
est la garantie de devenir un des
principaux acteurs du marché des
lancements de satellites du Pentagone, un secteur très lucratif. ULA
n’a pas fourni de détails sur le prix
du contrat, mais a souligné que sa
future fusée Vulcan réunissait les
meilleurs partenaires : Blue Origin,
Aerojet Rocketdyne, qui construit
le moteur du deuxième étage de la
fusée, Northrop Grumman, L3 Avionics Systems et RUAG. Tout cela
représente 22.000 emplois directs
et indirects aux Etats Unis. n
La future fusée Vulcan fera
partie des lanceurs lourds
américains, avec une capacité
annoncée de mettre en orbite
basse jusqu’à 29 tonnes
de charges utiles. Photo ULA
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22 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
Pierre Lemarinier
er
Le gestionnaire des sites d’événements et d’expositions inaugure, au Parc des expositions de la porte de Versailles, un espace de 1.000 mètres carrés avec école, site de co-working et incubateur de jeunes pousses.
Viparis lance sa plate-forme d’innovation
SALONS
Un nouvel espace vient
de voir le jour au Parc
des expositions de
la porte de Versailles.
Le French Event
Booster est
une plate-forme
d’innovation dédiée
à la filière
de l’événementiel.
Martine Robert
@martiRD
Au Parc des expositions de la porte
de Versailles, à Paris, l’un des lieux
gérés par Viparis, un nouvel espace
vient de voir le jour : le French Event
Booster, une plate-forme d’innovation dédiée à la filière de l’événementiel, réunissant sur un millier de
mètres carrés une école, des espaces
de co-working ou de réunion, et un
incubateur de start-up. « Les formats des Salons, congrès, événements, deviennent hybrides, les participants et exposants n’ont plus les
mêmes attentes, et notre différenciation passe par l’expérience proposée.
Comment accélérer l’innovation ?
C’est l’objet de ce lieu », souligne
Pablo Nakhlé Cerruti, directeur
général de Viparis.
Ce French Event Booster compte
six actionnaires dont quatre fondateurs, Viparis, L’Evénement (l’association des agences événementielles), Weyou (organisateur des
Salons Heavent Paris et Cannes) et
Novelty Group (leader de la prestation technique événementielle),
ainsi que deux autres partenaires,
OPENevents (services informatiques) et Unimev (Union française
des métiers de l’événement).
Parmi les occupants de ce nouvel
espace, l’Institut de l’événement, qui
outre des modules de formations
permanentes a installé son école
qui recrute à Bac+3 pour deux ans.
« La filière avait des difficultés à
recruter. Alors, avec 40 entreprises
dont Viparis, Hopscotch, GL Events,
les filières professionnelles, nous
avons conçu ce cursus très opérationnel via une école nomade : 80 % des
cours se déroulent sur les lieux événementiels, du Grand Palais au théâtre
Mogador, du Festival de Cannes à la
Fashion Week », explique son directeur, Hubert Dupuy. Le cursus coûte
moins de 7.000 euros par an, avec
six mois de stage, pour des promotions attendues de 60 élèves par an.
Site en rénovation
Les autres occupants sont une
dizaine de start-up : de Tradefest,
sorte de TripAdvisor des Salons, à
Eventtia, une plate -forme de
networking, en passant par Aglaé,
qui rend les plantes luminescentes
ou fluorescentes, Qik Objects, pour
gérer les objets trouvés, ou encore
Odiho, qui permet une sonorisation sans enceinte via son smartphone… « Même si nous sommes
une industrie de la rencontre, la technologie, notamment le digital, constitue un complément pour améliorer
encore le service », poursuit le directeur général de Viparis.
Dans deux ans et demi, le French
Event Booster déménagera dans
un autre site de Viparis car le site de
la porte de Versailles poursuit sa
rénovation : après le pavillon 7, où
le Paris Convention Centre a déjà
accueilli depuis novembre 7 congrès de plus de 10.000 participants
(27 autres sont programmés d’ici à
2023), ouvrira à l’été 2019 le nouveau pavillon 6 relooké par Jean
Nouvel, incluant les hôtels Mama
Shelter et Novotel (450 chambres
en tout) ainsi qu’une ferme urbaine
d’un hectare et demi.
Et la filiale d’Unibail-Westfield et
de la Chambre de commerce de
« Même si nous
sommes
une industrie de
la rencontre,
la technologie,
notamment le digital,
constitue
un complément pour
améliorer encore
le service. »
PABLO NAKHLÉ CERRUTI
Directeur général de Viparis
Paris Ile-de-France compte également étendre de 5.000 mètres carrés le Palais des Congrès de Paris
(30.000 mètres carrés actuellement) pour élargir les surfaces
d’exposition, créer des commerces,
des espaces de co-working et un
hôtel. En attendant, Viparis inaugurera le 10 octobre le Palais des
arts et des congrès d’Issy-les-Moulineaux rénové, après des travaux
qui ont permis de revaloriser son
architecture Art déco.
Dans les dix sites franciliens de
Viparis réalisant environ 300 millions d’euros de chiffre d’affaires,
l’ambition de Pablo Nakhlé Cerruti
est aussi de « diversifier les activités
proposées, de donner l’envie d’y flâner », à l’instar, porte de Versailles,
du Terminal 7 géré par Noctis, du
Jardin Suspendu plébiscité par
160.000 personnes cet été, ou de
l’exposition « Games of Thrones »
visitée par 120.000 personnes en
trois mois. n
Sport 2000 vers la sortie de crise
DISTRIBUTION
11 OCTOBRE 2018
4e ÉDITION
Les coopérateurs
font une nouvelle offre
au fonds Activa Capital : 3 millions d’euros
pour le faire sortir du
capital de leur centrale.
AccorHotels Arena Paris
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
LE PLUS GRAND
RASSEMBLEMENT
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« L’offre est rédigée. Il ne manque
q u e l a s i g n a t u re a u b a s d e l a
feuille. » Frédéric Poux a le sentiment du devoir accompli. L’ancien
patron d’Afflelou, nommé président de Sport 2000 France, a
l’espoir qu’un accord puisse être
trouvé entre les exploitants de
magasin de sport et le fonds Activa
Capital. Les commerçants veulent
sortir la société d’investissement du
capital de la société qui détient leur
centrale d’achats et leur marque. Ils
ont adopté jeudi à l’unanimité, en
assemblée générale de la coopérative qui les réunit, une nouvelle
offre pour cette participation majoritaire de 52 %. Selon nos informations, elle se monte à 3 millions
d’euros. Les dirigeants d’Activa
capital donneront leur réponse lors
du conseil de Sport 2000 France du
mercredi 3 octobre.
L’enseigne de sport est en crise
aiguë depuis cet été. Mais cette crise
couve depuis une décennie. Activa
est entré au capital de Sport 2000
France en 2008. L’objectif était de
financer le plan du directeur général de l’époque, Jean-Paul Onillon,
qui souhaitait que la centrale ouvre
des magasins qu’elle aurait détenus. Le réseau aurait alors eu deux
piliers : l’un coopératif, l’autre intégré. La stratégie renforçait le pouvoir du directeur général face aux
turbulents coopérateurs. « Le projet s’est révélé catastrophique et a
creusé la dette de Sport 2000 à hauteur de 40 millions d’euros », affirme
aujourd’hui Thierry Lavigne, président de la coopérative Sport 2000.
Activa est devenu majoritaire en
2010 en assumant des pertes. Le
L’enseigne de sport est en difficulté depuis cet été. Photo P.Huguen/AFP
fonds a redonné en 2011 la gestion
aux coopérateurs, dans un souci
d’apaisement. En juin dernier, un
premier pas vers la résolution définitive du conflit est fait avec promesse d’un rachat des parts du
fonds par la coopérative. C’est le
non-respect de cet engagement qui
a permis à Activa Capital de prendre cet été la majorité du conseil de
Sport 2000 France.
Les coopérateurs ont remboursé
35 millions de dettes. Le fonds
d’investissement a perdu autant.
Pour couper les liens, les uns souhaitent payer le moins, les autres
récupérer le plus.
Une première offre à fait pschitt,
faute d’être sérieusement étayée.
« Là, explique Frédéric Poux, qui ne
Les dirigeants d’Activa
capital donneront
leur réponse lors
du conseil
de Sport 2000 France
du mercredi 3 octobre.
se prononce pas sur la pertinence
du montant, les coopérateurs se sont
appuyés sur un audit de Deloitte et
ont le soutien de la banque coopérative allemande ANWR. »
Un nouveau plan
stratégique
Les dirigeants d’Activa Capital
auraient préféré une sortie par le
haut, avec, par exemple, le rachat
du concurrent Go Sport que Rallye,
la maison mère de Casino, pourrait
céder. Thierry Lavigne préfère, lui,
poursuivre un nouveau plan stratégique interne. Sport 2000 ne va pas
mal. Son chiffre d’affaires (626 millions d’euros) a crû de 5,6 % en 2017,
plus que le marché. Les deux parties diront mercredi si elles divorcent à l’amiable.
Les spécialistes affirment que les
dirigeants d’Activa ont tiré toutes
les sonnettes pour vendre sa participation et n’ont pas le choix. Aucun
investisseur n’a pour l’heure voulu
prendre le risque d’entrer en
ménage avec un collège d’indépendants farouches prêt à quitter le
bateau au moindre désaccord. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
marketing
AVIS FINANCIERS
PARVEST
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen, L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg n° B 33,363
AVIS AUX ACTIONNAIRES DE PARVEST
Le spot télévisé
fête ses 50 ans
FUSIONS
AVIS AUX ACTIONNAIRES DES COMPARTIMENTS ABSORBE ET ABSORBANT
COMPARTIMENT ABSORBE
EQUITY AUSTRALIA
COMPARTIMENT ABSORBANT
EQUITY BEST SELECTION WORLD
FUSION PRENANT EFFET LE
7 DECEMBRE 2018
Luxembourg, le 1er octobre 2018
Chers Actionnaires,
Nous vous informons par les présentes de la décision des Conseils d’administration de PARVEST (la Société) de fusionner, sur la base de l’Article 32 des Statuts de la Société, les classes d’actions suivantes (la Fusion) :
Code ISIN
LU0111482476
LU0111481668
LU0111481668
LU0251810007
LU0111482989
LU0111482989
LU0111483102
LU0111482716
LU0111482716
Compartiment absorbé PARVEST
Compartiment
Classe
Classic - CAP*
Classic - DIS*
Classic – DIS
Valorisé en EUR
Classic EUR - CAP
N - CAP*
Equity Australia
N – CAP
Valorisé en EUR
Privilege - CAP*
I - CAP*
I – CAP
Valorisé en EUR
Devise
AUD
AUD
Compartiment
AUD
EUR
AUD
Equity Best Selection World
AUD
AUD
AUD
AUD
Compartiment absorbant PARVEST
Classe
Devise
Classic – CAP
USD
Classic – DIS
USD
Code ISIN
LU0956005226
LU0956005499
Classic EUR – DIS
EUR
LU1270637298**
Classic EUR - CAP
N – CAP
N – CAP
Valorisé en EUR
Privilege – CAP
I – CAP
I – CAP
Valorisé en EUR
EUR
USD
LU1270636993**
LU0956005572
USD
LU0956005572
USD
USD
LU0950374610
LU0956005655
USD
LU0956005655
* Les détenteurs d’actions évaluées en AUD recevront des actions évaluées en USD.
** Ces classes d'actions au sein du compartiment absorbant qui ne sont pas encore enregistrées en France seront proposées au public en France au moment de la fusion
1) Date d’entrée en vigueur de la Fusion
La Fusion entrera en vigueur le vendredi 7 décembre 2018.
La première VNI après la fusion des portefeuilles sera calculée le lundi 10 décembre 2018 dans le Compartiment et les classes absorbants, lors de l’évaluation des actifs sous-jacents prévue le vendredi 7 décembre 2018.
2) Contexte et motivation de la Fusion
- Les Actifs sous gestion du Compartiment absorbé ne cessent de baisser depuis 2010 et se situent actuellement à un niveau critique pour pouvoir gérer efficacement le véhicule. Les actifs s’élevaient à 259 millions de dollars
australiens en avril 2010 et ont baissé pour s’établir à 46 millions de dollars australiens en juin 2018. Ils sont toujours restés inférieurs à 50 millions de dollars australiens depuis la fin de l’année 2017.
- Il y a moins d’intérêt pour ce pays et les distributeurs préfèrent désormais investir sur des marchés internationaux qui sont plus diversifiés sur le plan géographique.
- Le marché des actions australien n’est actuellement pas suffisamment diversifié et est trop exposé au marché des matières premières.
- Par conséquent, les actifs du Compartiment absorbé devraient continuer de tomber en dessous du seuil critique susmentionné
Avertissement :
- Les résultats passés ne sont ni une indication ni une garantie des résultats futurs.
- Aucune garantie ne peut être apportée quant à la réalisation de cet objectif.
3) Impact de la Fusion sur les Actionnaires absorbés
Veuillez noter que la Fusion aura les impacts suivants :
- Les derniers ordres de souscription, de conversion et de rachat au sein du Compartiment absorbé seront acceptés jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres le vendredi 30 novembre 2018.
Les ordres reçus passé cette heure limite seront refusés.
- Les actionnaires du Compartiment absorbé qui ne font pas usage de leur droit de faire procéder au rachat de leurs actions, tel qu’exposé au point 8) ci dessous, deviendront des actionnaires du Compartiment absorbant.
- Le Compartiment absorbé sera dissout sans liquidation par le transfert de l’ensemble de ses actifs et passifs dans le Compartiment absorbant.
Le compartiment cessera d’exister à la date effective de la fusion.
- Les secteurs d’investissement du Compartiment absorbant sont différents de ceux du Compartiment absorbé, tel que stipulé au point 6) ci-dessous. Tous les actifs du Compartiment absorbé seront par conséquent vendus plusieurs
jours (en principe cinq jours ouvrables) avant la Fusion, en fonction des conditions de marché et dans l’intérêt des actionnaires. La Fusion sera ainsi effectuée en numéraire. Les frais de transaction liés au rééquilibrage seront à
la charge de la Société de gestion.
- Comme lors de toute fusion, l’opération peut comporter un risque de dilution de la performance pour les Compartiments absorbés, en raison, notamment, des différences concernant les actifs ciblés (cf. avertissement au point 6
ci-dessous) et du rééquilibrage des portefeuilles (tel qu’exposé ci-dessus).
4) Impact de la Fusion sur les Actionnaires absorbants
Veuillez noter les points suivants :
- La fusion n’aura pas d’impact pour les actionnaires du Compartiment absorbant.
5) Organisation de l’échange d’actions
- En tant qu’actionnaire du Compartiment absorbé, vous recevrez un nombre de nouvelles actions dans le Compartiment absorbant calculé en multipliant le nombre d’actions que vous détenez dans le Compartiment absorbé par
le rapport d’échange.
- Le rapport d’échange sera calculé le vendredi 7 décembre 2018 en divisant la valeur nette d’inventaire (VNI) par action des Classes absorbées par la VNI par action des Classes absorbantes sur la base de l’évaluation des actifs
sous jacents réalisée le jeudi 6 décembre 2018.
Les critères adoptés pour l’évaluation des actifs et, le cas échéant, des passifs à la date du calcul du rapport d’échange seront les mêmes que ceux utilisés pour le calcul de la VNI, tels que décrits dans le chapitre « Valeur nette
d’inventaire » du Livre I du prospectus de la Société.
- Les actionnaires inscrits au registre recevront des actions nominatives.
Les actionnaires titulaires d’actions au porteur recevront des actions au porteur.
- Aucun montant en espèces ne sera versé au titre de la fraction de l’Action absorbante attribuée au-delà de la troisième décimale.
PUBLICITÉ
Adopté par décret au terme
d’une bataille politique
polémique le 1er octobre
1968, le spot TV s’apprête
à aborder une nouvelle
bataille décisive.
Véronique Richebois
@VRichebois
et Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Il se réveille en sursaut, sort de
son lit en gesticulant, bougonne,
s’exclame, implore « Boursin !
Boursin ! », claque les portes…
avant d’ouvrir son frigo et de
dénicher le fameux fromage.
Diffusé à 19 h 55 sur TF1 le
1er octobre 1958, signé par Publicis, ce premier spot publicitaire
télévisé de 30 secondes, facturé
70.000 francs, entre, d’un coup,
dans la légende. « La démarche
faisait figure d’une telle aventure
que les films étaient annoncés par
avance dans les programmes TV
des quotidiens et de “Télé 7 Jours”,
explique Anne Saint Dreux, présidente de la Maison de la Publicité. Dans tous les pays européens, à l’exception de la Belgique,
la publicité télévisée existait déjà.
Aux Etats-Unis, le premier spot −
pour les montres Bulova − avait
été diffusé en 1941. »
mation et d’accroître les recettes
des deux chaînes publiques. »
Après de multiples négociations, le décret est adopté.
Truffé d’obstacles. La publicité
TV ne sera autorisée que sur
trois secteurs : l’alimentation,
l’électroménager et le textile.
Tandis que des pans entiers de
l’économie en sont écartés.
Enfin, il n’y aura que 2 minutes
de publicité quotidiennes, qui
passeront à 4 minutes en 1969.
Le prix de deux usines
S’ouvre alors une époque bénie
pour les publicitaires. « Tous les
annonceurs voulaient passer à la
télévision, ils étaient prêts à beaucoup investir et l’un d’entre eux
m’a même dit : “Votre spot va me
coûter le prix de deux usines !”, se
souvient Jean Feldmann, l’un
des créatifs les plus fameux de
l’époque. Il faut dire que l’on avait
les meilleurs : le chef opérateur de
Fellini et de jeunes réalisateurs
comme Jean-Jacques Annaud,
Ridley et Tony Scott… qui faisaient là leurs premières armes. »
Aujourd’hui, la grande distribution (pour les opérations
promotionnelles), l’édition, le
cinéma, les disques… continuent d’être écartés des écrans
TV. Toutefois, la publicité à la
télévision représente presque
3,3 milliards d’euros (selon
l’Irep 2017) et est le deuxième
média le plus investi derrière
« PARVEST Equity Best Selection World »
Compartiment absorbant
Objectif d’investissement
Accroître la valeur de ses actifs à moyen terme.
Politique d’investissement
Ce compartiment investit à tout moment 75 % de ses actifs dans des actions et/ou des titres assimilables à des
actions de sociétés sélectionnées dans le cadre d’un processus d’investissement axé sur les fondamentaux.
La part restante, à savoir 25 % maximum des actifs, peut être investie dans d´autres valeurs mobilières
La part restante, à savoir 25 % de ses actifs au maximum, peut être investie dans d’autres (y compris des P-Notes), des instruments du marché monétaire ou des liquidités, sous réserve que les
valeurs mobilières, instruments du marché monétaire, instruments financiers dérivés et/ou investissements en titres de créance de toute nature n´excèdent pas 15 % des actifs. Jusqu’à 10 % des
liquidités ainsi que, dans une limite de 15 % de ses actifs, dans des titres de créance de toute actifs peuvent en outre être investis dans des OPCVM ou OPC.
En ce qui concerne les limites d’investissement susmentionnées, les investissements du compartiment
nature et, dans une limite de 10 % de ses actifs, dans des OPCVM ou OPC.
dans des « actions A chinoises » via le Stock Connect peuvent représenter jusqu’à 25 % de ses actifs.
Le compartiment peut utiliser des instruments dérivés à des fins de couverture uniquement.
Risque spécifique du
• Risque de liquidité
• Risque de liquidité
Marché
• Risque de contrepartie
• Risque lié aux instruments dérivés
• Risque opérationnel et risque de conservation
• Risque lié aux marchés émergents
• Risques liés aux investissements dans certains pays
Risques spécifiques liés aux investissements en Chine continentale
• Risque lié aux changements affectant le régime fiscal en RPC
• Risques liés au Stock Connect
Profil type de l’investisseur Ce compartiment convient aux investisseurs qui :
Ce compartiment convient aux investisseurs qui :
- désirent ajouter un fonds domestique à un portefeuille diversifié existant ;
- cherchent à diversifier leurs investissements en actions ;
- sont disposés à accepter des risques de marché plus élevés afin d’éventuellement générer - sont disposés à accepter des risques de marché plus élevés afin d’éventuellement générer des
des rendements à long terme plus élevés ;
rendements à long terme plus élevés ;
- peuvent faire face à d’importantes pertes temporaires ;
- peuvent faire face à d’importantes pertes temporaires ;
- peuvent tolérer la volatilité.
- peuvent tolérer la volatilité.
Principales différences :
- Les investissements du Compartiment absorbant « Equity Best Selection World » sont plus diversifiés et répartis sur plus de 10 pays.
• Politiques
Les placements en « China A-Shares » via Stock Connect peuvent atteindre 25 % des actifs du Compartiment absorbant.
d’investissement
- L’Australie représente seulement 2,5 % environ de l’allocation des actifs du Compartiment absorbant.
• Stratégie
d’investissement
• Allocation d’actifs
Devise comptable
AUD
USD
Jour d’évaluation
À chaque jour de la semaine qui est un jour ouvré bancaire au Luxembourg (un « Jour À chaque jour de la semaine durant lequel les banques exercent leurs activités à Luxembourg (un « Jour
d’évaluation ») correspond une valeur nette d’inventaire datée du même jour, sauf si la bourse d’évaluation ») correspond une VNI datée de ce jour.
de Sydney est fermée
OCR :
Comme indiqué dans le DICI actuel
Comme indiqué dans le DICI actuel
• « Classic »
• 1,96 %
• 1,97 %
• «N»
• 2,71 %
• 2,71 %
• « Privilege »
• 1,08 %
• 1,08 %
• «I»
• 0,96 %
• 0,96 %
Caractéristiques
« PARVEST Equity Australia »
Compartiment absorbé
Accroître la valeur de ses actifs à moyen terme.
Ce compartiment investit en permanence au moins 75 % de ses actifs dans des actions et/ou
des titres assimilables à des actions émis par des sociétés qui ont leurs sièges ou exercent une
partie importante de leur activité en Australie.
Le SRRI (5), le Processus de gestion des risques (approche par les engagements), les Commissions de gestion maximum et le cycle de VNI sont les mêmes pour les deux Compartiments.
7) Conséquences fiscales
Cette Fusion n’aura pas de conséquence fiscale au Luxembourg pour vous.
Conformément à la Directive européenne 2011/16, les autorités luxembourgeoises sont tenues de transmettre aux autorités fiscales de votre État de résidence le produit brut total résultant de l’échange d’actions dans le cadre de
cette Fusion.
Nous vous recommandons de contacter un conseiller professionnel ou votre autorité fiscale locale pour tout conseil fiscal ou toute information supplémentaire sur les conséquences fiscales possibles liées à cette Fusion.
8) Droit de rachat des actions
Vos options :
-
Si vous approuvez cette Fusion, aucune action n’est requise de votre part.
-
Si vous êtes en désaccord, vous avez la possibilité de demander le rachat sans frais de vos actions jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres, le vendredi 30 novembre 2018.
-
En cas de question, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 / AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
9) Autres informations
-
Tous les frais liés à ces fusions, dont les frais d’audit et de transaction, seront supportés par BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg, la Société de gestion.
-
La fusion sera validée par PricewaterhouseCoopers, Société Coopérative, réviseur d’entreprises de la Société.
-
Les rapports de fusion seront indiqués sur le site Internet suivant dès qu’ils seront connus : https://www.bnpparibas-am.com/en/
-
Les Rapports annuel et semestriel et les documents légaux de la Société, les DICI des Compartiments absorbé et absorbant et les rapports du Dépositaire et du Réviseur d’entreprises agréé au titre de cette opération sont disponibles
auprès de la Société de gestion. Les DICI du Compartiment absorbant peuvent également être consultés sur le site Internet https://www.bnpparibas-am.com, où les actionnaires sont invités à en prendre connaissance.
-
L’avis sera également communiqué à tout investisseur potentiel avant toute souscription.
-
Veuillez consulter le Prospectus de la Société pour tout terme ou toute expression non définis dans cet avis.
Bien à vous,
Publicis Archives / La Maison de la Pub / DR
6) Différences importantes entre les Compartiments absorbé et absorbant
Les différences entre les Compartiments absorbé et absorbant sont les suivantes :
Les Conseils d’administration
« L’ Insomniaque », par Boursin, est le premier spot TV,
diffusé sur TF1 le 1er octobre 1958.
La France n’arrive alors qu’au
26e rang mondial, en termes
d’investissements publicitaires…
derrière l’Equateur. Il est donc
plus que temps de rattraper le
retard engrangé. Pour autant,
l’arrivée de la publicité sur le petit
écran n’est pas gagnée. De janvier à septembre 1968, une
incroyable bagarre va avoir lieu
pour bloquer son arrivée.
La presse sent le vent
du boulet
Dès avril 1968, en effet,
« L’Express » pose la question
qui fâche : « Un certain nombre
de journaux français survivrontils à la perte de 15 à 20 % de leur
recette publicitaire ? » La presse
sent le vent du boulet. Les directeurs de journaux dînent discrètement avec les députés de
tous bords. S’ensuit au printemps une crise politique carabinée, au cours de laquelle une
motion de défiance est déposée
contre la politique de l’information du gouvernement… avant
d’être retirée in extremis.
De son côté, l’ORTF fait ses
comptes : l’introduction de la
pub lui apportera 30 milliards
d’anciens francs supplémentaires, alors que son budget n’est
que de 130 milliards. En mai 1968,
à l’Assemblée, Georges Pompidou a été clair : « L’objectif de
l’adoption des réclames par le petit
écran est de développer la consom-
Internet. Même si, comme la
plupart des autres acteurs historiques, elle a souffert de la
crise de 2008-2009 et de la
concurrence accrue des Gafa.
Depuis 2000, les revenus publicitaires du petit écran ont
ainsi baissé de 17 % selon BearingPoint, résistant mieux que
la presse sur la période (−71 %).
Le ministère de la Culture
a lancé, il y a un an, une consultation sur l’ouverture possible
des secteurs interdits à la télévision − et surtout la possibilité de
faire de la publicité dite segmentée, notamment géolocalisée. Selon les estimations de
Publicis Media, 100 à 150 millions d’euros atterriraient dans
les caisses des télévisions si les
promotions pour la distribution étaient possibles sur le petit
écran. La publicité adressée
pourrait générer, elle, 200 millions d’euros supplémentaires
pour le marché d’ici à 2022,
selon une étude commandée
par le Syndicat national de la
publicité télévisée.
Toutefois, rien n’est encore
tranché. Plusieurs médias résistent. D’après une étude de France
Pub, la presse, la radio et la publicité extérieure pourraient perdre 576 millions d’euros par an
d’investissement (soit 44 % des
investissements), en cas d’assouplissements. Le spot TV aborde
sa seconde bataille majeure. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Les Echos
Denis/RÉA
en
pixels
Qualcomm perd une
bataille face à Apple
Selon la lettre professionnelle
« Satellifax », Canal+ travaillerait
à l’élaboration d’une nouvelle
offre de SVoD (vidéo par
abonnement) qui aurait
vocation à remplacer Canalplay.
Elle serait plutôt orientée
vers les séries télévisées
et elle serait disponible,
au plus tard, dans le courant
du premier trimestre 2019.
Qualcomm réclamait une
interdiction d’importation
aux Etats-Unis contre certains
iPhone, qu’il accusait de violer ses
brevets. Un juge de l’ITC a déclaré
qu’Apple a bien violé l’un des
brevets de Qualcomm, mais il a
rejeté toute rétorsion pour des
« raisons d’intérêt public ». La
décision doit être examinée par
une commission plénière de l’ITC.
Picture-Alliance/AFP
HIGH-TECH
&MEDIAS
Une nouvelle offre
de SVoD chez Canal+
1
MILLIARD DE DOLLARS
Pour faire face à une pénurie
de processeurs, Intel va
investir 1 milliard de plus
que prévu, portant la totalité
de ses investissements 2018
à 15 milliards. Le géant se dit
surpris par un retour de
la croissance de la demande
d’ordinateurs personnels.
TÉLÉCOMS
La course au leadership
mondial pour la 5G est lancée
l Les premiers lancements commerciaux ont lieu ces jours-ci aux Etats-Unis.
l Plus qu’un bénéfice pour le grand public, c’est une vraie révolution
pour les industriels qui est attendue.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
et Raphaël Balenieri
@RBalenieri
Dans le petit monde des télécoms,
cela fait des années que l’on s’y prépare. Et cette fois-ci, ça y est : la 5G
est là. Ce lundi 1er octobre, Verizon
lance les premières offres commerciales aux Etats-Unis. « Aujourd’hui,
il y a une énorme locomotive qui est
partie : les Etats-Unis. L’Asie va bientôt faire aussi ses lancements commerciaux. L’Europe est, pour sa part,
en retard », relevait, jeudi, Gilles
Vaqué, président de PMP Conseil,
lors du Telco & Digital Forum organisé par « Les Echos ».
Pour les observateurs, le pays
de l’Oncle Sam et l’Asie règnent
en maîtres, aujourd’hui, dans
la course mondiale à la 5G. Néanmoins, ce qui va se passer aux EtatsUnis dans les prochains jours n’est
encore qu’un timide aperçu des
promesses fabuleuses de cette nouvelle génération de réseaux radio.
Car ce que propose le géant américain Verizon dans quelques villes est
en réalité basique : un accès à Internet ultrarapide à son domicile grâce
à une antenne 5G située non loin,
ce qui évite de raccorder les foyers
à un câble ou à une fibre optique.
Des débits multipliés par 100
Les nouvelles antennes multiplient
les débits par 100. De quoi regarder
des films en 4K sur son téléphone,
passer des appels à plusieurs en réalité virtuelle. Ou, plus prosaïquement, éviter la saturation des réseaux
lors des concerts ou des matchs. Et
même cette perspective n’est qu’un
élément d’un tableau bien plus vaste.
« La 5G a un problème de nom. Ce n’est
pas une simple évolution de la 4G, faisait remarquer Thierry Boisnon, le
patron de Nokia France, lors du
même forum. La 5G est avant tout un
enjeu de révolution industrielle. » Plus
que le grand public, elle concerne les
usines, les ports, les hôpitaux, les
autoroutes… La 5G ambitionne de
révolutionner nos vies.
Qu’est-ce qui justifie un tel changement de focale ? Tout simplement les
caractéristiques de la 5G, qui doit certes doper les débits, mais aussi per-
mettre de connecter 100.000 objets
au kilomètre carré et réduire à néant
la latence, c’est-à-dire le temps de
réponse du réseau. Actuellement il
faut compter quelques dizaines de
millisecondes pour se connecter et
recevoir une information. Avec la 5G,
ce sera proche d’une milliseconde,
soit moins que le temps de perception visuelle d’un humain.
Collisions évitées
Cela change la donne pour de très
nombreux secteurs. Au centre de
recherche de Nokia sur la 5G, à Nozay
(Essonne), une salle entière est consacrée à ces nouvelles applications.
On y voit notamment la vidéo animée
d’une voiture parcourant la ville à
vive allure. A un carrefour, un
camion cache un autre véhicule qui
déboule de la droite. « Le temps de
réaction d’un humain entraîné, c’est
400 millisecondes », fait-on valoir
chez l’industriel. L’accident ne peut
être évité. Sauf si les véhicules ont pu
anticiper leurs trajectoires respectives sans même être en ligne de mire.
Ce qui nécessite un réseau 5G. « Dans
la distribution, la santé, les usines, la
5G va créer d’énormes opportunités.
Les possibilités sont quasi illimitées »,
se félicitait en fin de semaine dernière
Peter Karlströmer, vice-président
senior chez Cisco, lors d’un colloque
international sur ce nouveau standard de téléphonie mobile, organisé
par le gouvernement letton, à Riga.
La Commission européenne s’est
risquée à estimer l’impact de la 5G
sur l’économie en 2025. Elle en
attend 113 milliards d’euros de bénéfices par an pour l’Union, dont plus
de la moitié dans l’automobile
(42 milliards), la santé (6 milliards),
les transports (8 milliards) et les services de distribution d’eau, d’électricité… (6 milliards).
Et les téléphones dans tout ça ?
« Tout sera connecté. C’est ça, la 5G,
sourit Alexander Lautz, vice-président senior chargé de la 5G chez
Deutsche Telekom. Et lorsque tout
sera connecté, nous n’aurons plus
besoin de smartphones. » C’est le premier opérateur européen qui le dit.
(
Lire l’éditorial
de David Barroux
Page 9
L’Europe du Nord, bonne élève
du Vieux Continent
Entre la Chine et les Etats-Unis,
la bataille fait déjà rage
Les pays de la région sont
relativement peu peuplés
et très digitalisés, ce qui
favorise les déploiements.
Aux yeux de Pékin comme
de Washington, prendre
le leadership mondial sera
déterminant pour l’économie et l’émergence des
futurs géants de la tech.
Face à la montée en puissance des
Etats-Unis et de l’Asie, le Vieux Continent est parfois accusé de ne pas aller
assez vite sur la 5G. Dans l’Union
européenne, seule une dizaine de
pays ont libéré une des bandes de fréquences nécessaires à ce futur standard de téléphonie mobile, selon la
Commission européenne. Mais les
pays d’Europe du Nord, comme la
Lettonie, sont, eux, bien en avance.
Dans ce petit Etat de 2 millions d’habitants, le spectre sur la bande « haute »
des 3,5 GHz, nécessaire pour la 5G, a
déjà été attribué aux trois opérateurs
qui se partagent le marché.
C’est vrai aussi pour d’autres pays
de la région. La procédure est en
cours en Finlande et, en Estonie, elle
sera bouclée à la fin de l’année.
« Alors que le processus est encore flou
en Allemagne et en France, en Europe
du Nord le cadre général a été posé »,
explique Alexander Lautz, vice-président chez Deutsche Telekom en
charge de la 5G, en marge d’un colloque international sur le sujet organisé par le gouvernement letton, à
Riga, les 27 et 28 septembre.
au monde. Le paiement mobile est
ancré dans les mœurs. Les impôts se
paient en ligne. Même mon père, qui a
pourtant quatre-vingt- trois ans, dialogue avec son médecin en streaming
vidéo ! » dit en souriant Gabriela Styf
Sjöman, vice-présidente de Telia, un
opérateur suédois.
La Finlande à la pointe
En Lettonie, le spectre
des fréquences pour
la 5G a déjà été attribué
à trois opérateurs.
En Europe du Nord, cette nouvelle
technologie devrait répondre rapidement à des besoins. Avec presque
16 gigabits par personne et par mois,
la Finlande est, par exemple, le pays
de l’OCDE qui consomme le plus de
données. Après l’Autriche, en
deuxième position, vient la quasi-totalité des Etats de la région : l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, le Danemark, la Suède et l’Islande. La
France par comparaison est en
14e position. « L’Europe du Nord est
l’une des régions les plus digitalisées
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L’Europe du Nord a traditionnellement été à la pointe en matière de
téléphonie mobile. En 1991, le Premier ministre de la Finlande avait
passé le premier appel téléphonique utilisant la 2G. Et en 2009, l’opérateur Telia avait été le premier au
monde à lancer commercialement
la 4G à Oslo et à Stockholm.
La petite taille de ces Etats et leur
faible population jouent en leur
faveur. « Par rapport à d’autres pays
d’Europe, la Scandinavie et les pays
Baltes peuvent couvrir la majorité de
la population avec peu de sites mobiles », explique Alexander Lautz, de
Deutsche Telekom, en référence à
ces infrastructures qui forment le
maillage territorial d’un opérateur.
C’est le cas en Lettonie, où plus de la
moitié de la population vit à Riga.
Enfin, la région peut aussi s’appuyer
sur le suédois Ericsson et le finlandais Nokia, deux des plus gros équipementiers mondiaux qui ont de
grandes ambitions dans ce domaine.
— R. B. (A Riga en Lettonie)
Elsa Conesa
@ElsaConesa
et Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Bureaux de New York et Pékin
La 5G n’existe pas encore, mais
entre Pékin et Washington, elle
constitue déjà un enjeu politique.
De part et d’autre du Pacifique,
pouvoirs publics, régulateurs et
patrons en sont convaincus : le leadership mondial pour la 5G sera
déterminant pour l’économie et
l’émergence des futurs géants de la
tech. « Si les Uber, Airbnb et autres
Netflix ont émergé, c’est grâce à la
4G, expliquait récemment Rob
McDowell, un ancien membre de
la FCC, au « Wall Street Journal ».
Personne n’avait anticipé l’économie des applications. »
Pékin a mis les bouchées
doubles
Selon une étude du CTIA, le lobby
de l’industrie des télécoms, le leadership américain dans la 4G aurait
en effet généré 125 milliards de dollars de revenus supplémentaires
pour les entreprises américaines,
ainsi que des millions d’emplois. La
5G est porteuse de transformations
majeures, au premier rang desquelles les voitures autonomes et les
objets connectés. Or, selon plu-
sieurs études, y compris américaines, la Chine a déjà une longueur
d’avance. Poussée par une forte
volonté gouvernementale et ses
géants des télécoms, la Chine a fait
de la 5G une priorité. Celle-ci est au
cœur du plan industriel « Made in
China 2025 » visant à faire du géant
asiatique un leader mondial dans
une dizaine de secteurs de pointe.
Le leadership
américain dans
la 4G aurait généré
125 milliards de
dollars de revenus
supplémentaires
pour les entreprises
américaines.
Ces dernières années, Pékin a
mis les bouchées doubles : depuis
2013, autorités publiques, opérateurs et équipementiers travaillent
conjointement à l’élaboration de la
technologie. Un rapport du ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information estimait, l’an
dernier, à 1.650 milliards de yuans
(plus de 200 milliards d’euros) les
investissements cumulés de la
Chine sur la 5G d’ici à 2025. Le soutien de l’Etat, combiné à un marché
intérieur de près de 800 millions
d’internautes mobiles, pousse les
acteurs à accélérer. Des tests sont
en cours dans plusieurs villes et une
couverture nationale en 5G est programmée d’ici à 2020. Huawei pré-
voit de sortir son premier téléphone 5G à l’automne 2019. Pour
l’administration américaine et
l’industrie de la tech, laisser la
Chine arriver la première, c’est
prendre le risque, à terme, de voir
détrôner la Silicon Valley. Les
industriels américains, qui prévoient eux aussi leurs premiers lancements dans quelques villes en fin
d’année, en ont fait leur priorité.
L’opérateur télécoms Verizon a
choisi un expert de la 5G pour nouveau patron, tandis que ses rivaux
T-mobile et Sprint ont fait de leur
fusion un enjeu crucial dans la
bataille contre la Chine pour la
5G. Les géants de la tech font valoir
de leur côté que les surtaxes de
Trump sur les biens chinois risquent de menacer le leadership
américain en relevant le prix de
matériaux nécessaires à la construction des réseaux 5G.
Mais la bataille se joue aussi sur
d’autres fronts : Pékin a empêché le
rachat du néerlandais NXP par
l ’a m é r i c a i n Q u a l c o m m , e t
Washington a bloqué le rachat de
Qualcomm par Broadcom, craignant qu’il ne donne à la Chine un
avantage dans la 5G. Les puces sont
le point faible de la Chine, comme
l’a montré le blocage, temporaire,
des approvisionnements en composants américains décidé par
Trump à l’encontre de ZTE. L’administration américaine a aussi interdit les téléphones de Huawei aux
Etats-Unis, convaincue que tout
risque d’espionnage serait encore
aggravé avec la 5G, où tout peut
être connecté à Internet. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 25
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
375.000
« Philosophie
Magazine » lance
Philonomist
Magic Leap et Microsoft sont en lice
pour obtenir un énorme contrat
de 500 millions de dollars auprès
de l’armée américaine, qui souhaite
équiper ses soldats de casques
de réalité augmentée. Le Pentagone
espère en effet abaisser la létalité
de ses soldats en renforçant
leur capacité à détecter, décider
et agir avant l’ennemi.
« Philosophie Magazine » lance
mardi le site Internet bilingue
(anglais-français) Philonomist,
payant, qui souhaite « parler
différemment du monde du travail
et de l’entreprise ». Philonomist
vise 2.000 à 3.000 abonnés d’ici
à deux ans, notamment des
entreprises. Orange a déjà souscrit
un abonnement pour ses salariés.
Unique Héritage
Media lorgne
des titres de Lagardère
et de Mondadori
DOLLARS
Un ordinateur Apple, vieux
de 40 ans, a été vendu
375.000 dollars, lors d’une
vente aux enchères à Boston.
C’est le tout premier produit
jamais commercialisé
par la marque à la pomme.
Il a été conçu par Steve
Wozniak, Ronald Wayne
ainsi que Steve Jobs.
DR
Réalité augmentée :
Magic Leap
et Microsoft en lice
DR
Flavio Lo Scalzo/AGF/Sipa
er
Unique Heritage Media (« Abricot »,
« Le Monde des ados »...) vient
de lever 5 millions d’euros. Selon
« Le Figaro », il souhaite acquérir
des magazines coédités par Disney
et Lagardère (« Le Journal de
Mickey », « Picsou Magazine »...), et
aussi « Sciences et Vie » (Mondadori).
La France encore dans les starting-blocks
Beaucoup considèrent
que la France a pris
du retard dans la course
à la 5G. Un appel
à candidatures pour
l’attribution de fréquences
doit être lancé en 2019.
Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
et S. Dum.
La France a, comme tous les pays,
une carte à jouer dans la 5G. Mais
pour l’instant, elle tâtonne. Alors
que plusieurs voisins européens ont
déjà lancé leurs enchères pour les
fréquences 5G, la France attendra
mi-2019. C’est l’horizon fixé par
l’Arcep, le régulateur français des
télécoms. « Avant de lancer l’appel à
candidatures 5G, l’Arcep va d’abord
procéder à une consultation publique
sur les modalités d’attribution des fréquences. Est-ce qu’on doit mutualiser
des réseaux ? Faut-il attribuer les fréquences aux opérateurs ou à d’autres
acteurs ? Pour une couverture nationale ou locale ?… », a expliqué Cécile
Dubarry, la directrice générale de
l’Arcep, lors du Forum Telco & Digital Forum, organisé par « Les
Echos » jeudi dernier.
Le contre-exemple italien
La France prend son temps. Mais
est-ce un problème ? « Le cas dont il
ne faut surtout pas s’inspirer c’est
l’Italie » a pointé Didier Casas, le
président de la Fédération française
des télécoms (qui regroupe notam-
Les opérateurs achèvent de déployer la 4G sur tout le territoire
et ils doivent financer le déploiement de la fibre optique,
à coups de milliards. Photo Richard Damoret/RÉA
ment Orange, SFR et Bouygues
Telecom). « C’est délirant, ils en sont
à plusieurs milliards d’euros, parce
que le mécanisme des enchères a été
construit de façon à ce qu’elles montent de manière irrationnelle… »
Personne ne sait quand cela va se
terminer. « Cela peut durer tant qu’il
y a des acheteurs, il y a déjà eu
148 tours…, faisait valoir un acteur de
ces enchères vendredi. En créant la
rareté et des lots asymétriques, le
régulateur et le gouvernement ont
lancé une machine infernale. » Aux
derniers comptages, les opérateurs
de la Botte ont mis sur la table
5,95 milliards d’euros, dont 3,6 milliards pour la bande 3,7 GHz…
Autant d’argent qui n’ira pas dans le
déploiement des réseaux.
En France, si les opérateurs ne sont
pas pressés d’acheter les fréquences
5G, c’est qu’ils sont déjà très sollicités.
Ils achèvent de déployer la 4G sur
tout le territoire, y compris dans des
zones reculées, comme le leur a
demandé l’Etat ; et ils doivent, en plus,
financer l’onéreux déploiement de la
fibre optique, à coups de milliards…
Les acteurs français
s’inquiètent de leur
capacité à monétiser
la future 5G.
« Les terminaux 5G ne sont pas
annoncés avant 2020, je veux bien
qu’on soit tous en retard et qu’il y ait
une urgence absolue, ajoute Didier
Casas. Mais quand on aura déployé
des réseaux, s’il n’y a pas de téléphone
5G, cela ne sera peut-être pas très
utile ! » En réalité, certains terminaux
5G vont commencer à arriver sur le
marché dès 2019, même s’ils ne
seront pas déployés en masse. Les
acteurs hexagonaux s’inquiètent surtout de leur capacité à monétiser la
future 5G. Ce qu’ils n’ont pas réussi à
faire avec la 4G… Aux Etats-Unis, les
opérateurs télécoms prévoient, eux,
d’augmenter leur revenu par abonné
de 10 à 15 dollars grâce à la 5G.
Pour justifier les investissements
massifs requis par la 5G, le véritable
enjeu pour la France, comme pour
les autres pays, c’est de faire travailler ensemble toute une palette
de secteurs, bien au-delà des télécoms : l’automobile, la santé… Pas
facile pour les opérateurs de travailler avec ces nouveaux venus.
C’est pourtant primordial. « La
5G, c’est un enjeu industriel, a rappelé Cécile Dubarry. On ne peut pas
louper ce virage. » Si l’allemand
Volkswagen peut s’appuyer sur la
5G avant le français Renault,
l’Hexagone risque de perdre la
bataille de la compétitivité européenne… Les industriels vont donc
devoir s’organiser, et vite, ce que
peine encore à faire les Français.
L’an dernier, l’Arcep a lancé un
appel à projets pour tester les nouveaux usages et services permis par
la 5G. Mais les industriels ne se pressent pas au portillon. « On a reçu une
dizaine de demandes. Aujourd’hui,
les pilotes se concentrent autour
du véhicule autonome », a indiqué la
directrice générale de l’Arcep. « On
aimerait bien en avoir d’autres. Le
guichet est ouvert : on vous attend ! » n
La Corée du Sud et le Japon champions des connexions 5G l’an prochain
Fin 2019, près de la moitié
des connexions 5G de la
planète se feront en Corée
du Sud ou au Japon. Les
pouvoirs publics espèrent
que ce sprint profitera
à leurs équipementiers.
blement ce bilan. Fin 2017, juste
avant l’ouverture des JO d’hiver de
Pyeongchang, KT a installé dans le
village d’Euiyaji, près de sites olympiques, un système de répulsion des
populations de sangliers repérés
trop près des habitations.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
« Korea 5G Day »
En Corée du Sud, les sangliers créent
chaque année, selon des statistiques
gouvernementales, pour près de
6 milliards de wons (4,7 millions
d’euros) de dommages à des cultures
ou des infrastructures. Sur les cinq
dernières années, ils ont même
causé la mort de trois personnes. KT,
le deuxième opérateur télécoms de
Corée du Sud, veut croire que la 5G
va permettre de réduire considéra-
Le groupe a connecté à un puissant
réseau 5G, installé à l’occasion des
Jeux, une batterie de petits détecteurs
équipés de caméras et les a reliés, par
Internet, à des flashs installés dans la
forêt ainsi qu’à des gaz répulsifs. Dès
qu’un animal approche, il est éclairé
par un flash intense avant d’être
aspergé de gaz s’il ne s’est pas enfui.
Les fermiers de la région sont, eux,
immédiatement prévenus de ces
intrusions sur leur smartphone.
Ces derniers mois, les trois grands
opérateurs sud-coréens SK, KT et
Les malheurs d’Huawei
font le bonheur de Samsung
Mi-septembre, Samsung Electronics a gagné une importante
victoire symbolique en emportant une commande d’équipements 5G de l’opérateur sud-coréen SK Telecom. Il y a quelques
mois, l’américain AT&T lui avait déjà fait confiance.
Si les deux géants mondiaux Nokia et Ericsson ont également
emporté une part des contrats SK, le chinois Huawei, le troisième géant du secteur, est, lui, ressorti les mains vides de
l’appel d’offres. SK n’a pas expliqué son choix, mais pour les
analystes, cette « défaite » s’explique par la méfiance suscitée,
dans de nombreux pays, par les groupes chinois Huawei et ZTE.
N’ayant été jusqu’ici qu’un acteur mineur du marché des réseaux
de télécoms (3G, LTE…), Samsung mise sur le déploiement des
réseaux 5G pour refaire son retard. Il se présente en fournisseur
complet, capable d’installer les stations de base des réseaux mais
également de fournir des smartphones, des semi-conducteurs ou
des objets connectés compatibles avec cette nouvelle technologie.
LG Uplus ont multiplié ces démonstrations de services 5G pour préparer la population à des lancements
commerciaux en mars 2019. Le pays
sera alors le premier au monde à
offrir cette nouvelle génération de
réseaux à grande échelle à ses clients.
Espérant que cette performance
donnera une longueur d’avance sur
la scène mondiale à ses équipementiers et à ses producteurs de smart-
phones ou d’appareils connectés, le
gouvernement a « encouragé » les
trois opérateurs à s’entendre sur une
même date de lancement, déjà
baptisée « Korea 5G Day ».
Au Japon, les trois grands opérateurs NTT Docomo, SoftBank et
KDDI ont aussi massivement testé,
depuis 2017, des équipements pour
leurs futurs réseaux 5G, mais ils
n’envisagent des lancements com-
merciaux qu’au début de 2020, avant
les Jeux Olympiques d’été de Tokyo.
Les pouvoirs publics espèrent que la
compétition sera l’occasion de mettre en scène devant les médias internationaux les solutions de leurs opérateurs et de leurs équipementiers
NEC et Fujitsu, qui ont été totalement débordés par les européens
Nokia et Ericsson ainsi que par le
chinois Huawei.
Pointant la motivation des autorités et des opérateurs dans ces deux
pays, la firme Juniper affirmait,
début septembre, que 43 % des
connexions 5G recensées sur la planète l’an prochain se feront soit en
Corée du Sud, soit au Japon. « Leurs
opérateurs se sont clairement imposés comme les leaders du développement de la 5G », concluait dans son
étude l’analyste Sam Barker. n
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SAS à associé unique
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820 478 147 RCS VERSAILLES
Suivant décision du 11 septembre 2018,
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TECHNIQUES, SAS au capital de
1.254.000 euros, immatriculée au RCS
de VERSAILLES sous le n° 390 026 458,
dont le siège est sis route de Gressey,
78550 HOUDAN, représentée par son
Président, M. Cédric GAILLARD, 6 place
du Commerce, 75015 PARIS, a décidé la
dissolution anticipée sans liquidation de
la société TECSERM SN par application
de l’article 1844-5 alinéa 3 du Code civil
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Cette dissolution entraîne la transmission
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26 // HIGH-TECH & MEDIAS
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
Slack, la messagerie qui vaut 7 milliards
de dollars, va entrer en Bourse en 2019
INTERNET
Lancée en 2013,
cette messagerie
collaborative destinée
aux entreprises
cherche à ringardiser
l’e-mail.
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
Slack veut désormais se muer en outil de communication
externe pour permettre, par exemple, à deux entreprises
de communiquer entre elles via ses services. Photo Shutterstock
Fera-t-elle mieux que Snap ? Lancée il y a cinq ans, la messagerie collaborative Slack devrait s’introduire
en Bourse lors du premier semestre
de 2019, croit savoir le « Wall Street
Journal ». Ce serait l’opération la
plus importante, outre-Atlantique,
dans le secteur de la tech, depuis
celle de Snap, en mars 2017. Fin
août, la start-up américaine a
récolté 427 millions de dollars lors
d’une opération la valorisant 7 milliards. En cinq ans, la licorne a levé
près de 1,2 milliard en tout. Focalisé
sur le marché professionnel, Slack
revendique aujourd’hui 8 millions
d’utilisateurs actifs mensuels et
compte 3 millions d’abonnés à son
offre payante.
Derrière ce succès, on retrouve le
PDG et cofondateur Stewart Butterfield, qui avait aussi créé le site de
partage de photos Flickr, tombé
dans l’escarcelle de Yahoo! en 2005
moyennant 25 millions de dollars.
En 2011, la précédente société de
ce quadra commercialise le jeu
vidéo Glitch, un titre boxant dans la
catégorie dite « massivement multijoueur ». Un four. Mais rien ne se
perd ; en s’appuyant sur le système
de communication créé avec
Glitch, Stewart Butterfield et ses
équipes lancent Slack deux ans plus
tard. Le véritable adversaire de la
jeune pousse n’a pas de visage, pas
de parti, mais il porte bien un nom :
l’e-mail. « Une chose démente à utiliser à l’intérieur d’une organisation »,
« le cafard d’Internet », « pensé
autour de l’individu » : Stewart Butterfield ne cesse de pointer du doigt
tous les défauts du format dès qu’il
en a l’occasion.
En cinq ans,
la licorne a levé près
de 1,2 milliard en tout.
Une croisade qui porte ses fruits.
En rythme annualisé, le chiffre
d’affaires de Slack atteint désormais
200 millions de dollars. De la simple
messagerie interne utilisée dans les
sociétés qui l’ont adopté, Slack veut
désormais se muer en outil de communication externe, pour permettre par exemple à deux entreprises
de communiquer entre elles via ses
services. En quelques semaines, la
start-up a aussi racheté coup sur
coup les utilisateurs de son rival
Atlassian, puis Astro, une messagerie mâtinée d’intelligence artificielle. Avec cette dernière, Slack veut
notamment optimiser l’exploitation
des archives des conversations professionnelles.
Une faim d’acquisitions qui
s’explique. Cisco, Microsoft, Facebook : la concurrence est grandissante sur le marché de la messagerie
professionnelle et Slack ne doit pas
s’endormir sur ses lauriers. « Microsoft est notre seul vrai concurrent
pour le moment », confiait Stewart
Butterfield aux « Echos » il y a trois
semaines. La firme de Redmond
propose sa propre messagerie professionnelle avec Teams, un service
qu’elle a fusionné avec l’édition
entreprises de Skype. Mais pas de
quoi freiner la croissance de Slack
pour l’instant. n
Encyclopædia
Universalis souffle
ses 50 bougies
L’Encyclopædia Universalis est sauvée. Mais au prix d’une refonte
intégrale de son modèle économique. Photo Thierry Meneau/«Les Echos»
ÉDITION
L’Encyclopædia
Universalis fête
son demi-siècle
d’existence, après
avoir failli disparaître
sous l’impact
du tsunami digital.
8h40
Nicolas Canteloup
“La revue de presque”
dans le 7h-9h de Nikos Aliagas
Du lundi au vendredi
Elle s’est redressée à
temps, en se concentrant sur l’e-éducation.
Véronique Richebois
@VRichebois
Universalis fête ses cinquante ans.
A priori, l’anniversaire pourrait être
celui d’une vénérable et quelque
peu poussiéreuse encyclopédie,
laissée exsangue par Wikipédia et
consorts. En réalité, avec 3 millions
d’utilisateurs actifs à travers les
pays francophones et un (petit) profit prévisionnel de 100.000 euros
pour 2018, Universalis a beau avoir
laissé quelques plumes dans l’aventure… elle est sortie vivante du tsunami digital. Mais ce, au prix d’une
refonte intégrale de son modèle
économique vers le tout-numérique, son ennemi historique d’antan.
Créée en septembre 1966, l’Encyclopædia Universalis, fondée par le
Club français du livre et Encyclopædia Britannica, avait pourtant
commencé à donner très tôt des
gages au digital. Après avoir
amorcé son virage numérique en
1995 avec les CD-ROM, Universalis
crée son site Internet payant en
1999. Mais l’inflexion vers un nouveau modèle n’est pas suffisante.
« Les activités traditionnelles,
notamment les ouvrages papier thématiques à destination d’une clientèle très grand public, absorbaient
énormément d’énergie et généraient
des coûts fixes impossibles à amortir », confie Hervé Rouanet, directeur général depuis 2012. Un an plus
tôt, l’entreprise a réalisé 8 millions
d’euros de chiffre d’affaires… mais
une perte de 2 millions d’euros.
L’enseignement,
un marché clef
Pour lui p ermettre de mieux
repartir, le tribunal de commerce
de Nanterre prononce le dépôt de
bilan le 30 octobre 2014. Britannica,
l’actionnaire unique depuis 2005,
relève le défi. Hervé Rouanet, le nouveau directeur général, supprime
en 2012 la volumineuse collection
à tranche blanche pour passer
au tout-numérique. Aujourd’hui,
Encyclopædia Universalis se
concentre essentiellement sur
l’e-éducation (écoles, lycées et universités), qui garantit des revenus
récurrents. Un nouveau business
model qui lui a permis de sortir la
tête de l’eau : « 75 % des universités,
30 % des lycées généraux et 15 % des
collèges sont abonnés en France à
Universalis et nous avons un taux de
réabonnement proche de 90 % », calcule tout haut Hervé Rouanet.
« Et en 2018, nous aurons réalisé
4 millions de chiffre d’affaires pour
un profit de 100.000 euros. » Avec,
en ligne de mire, un nouvel axe de
développement : « L’Afrique du
Nord, où un peu plus d’un tiers de la
population parle français. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
START
UP
Q
U
REBOND
START
L’Occitane a inauguré sa
start-up studio à Marseille,
au cœur de la cité de l’innovation. Nommé « Obratori », il
accueillera une dizaine de jeunes pousses, pour un programme d’incubation
allant jusqu’à vingt-trois mois. Dédié
aux entreprises du secteur de la cosmétique et du bien-être, ce nouvel espace
comprend un FabLab ainsi qu’un laboratoire de recherche cellulaire.
1,1
MILLION D’EUROS
La start-up Toot Sweet, qui développe une application permettant de
trouver des activités culturelles autour de soi, lève 1,1 million d’euros
auprès de business angels. Une somme qui lui permettra de lancer
une nouvelle version de l’application, aujourd’hui utilisée par
200.000 personnes à Paris, et d’asseoir son positionnement commercial de régie publicitaire en temps réel.
L’application Tradee, spécialisée dans le troc
d’o bjet s de co l l ect i o n
entre particuliers, se consacre désormais uniquement à l’échange de
montres. Ces dernières représentent
déjà un tiers des objets présents sur la
plate-forme, avec 700 références.
Fondée en 2017, la start-up souhaite
se positionner comme un réseau
social pour les férus de montres, et
devenir « prescriptrice des dernières
tendances ».
INTERVIEW // DIANE YU Cofondatrice et directrice technique de FreeWheel (Comcast)
« Nous avons d’abord essayé de comprendre
la culture de StickyAds TV »
l FreeWheel (du groupe américain Comcast) a mis 110 millions de dollars, il y a deux ans,
pour racheter la start-up française.
l Jury du Startup Tour 2018, sa cofondatrice revient sur cette acquisition et sur ses projets.
Propos recueillis par
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
N
ée en Chine, Diane Yu a
commencé sa carrière
comme développeuse il y a
vingt ans chez DoubleClick – la
régie rachetée par Google – dont
elle a ensuite dirigé l’équipe d’ingénierie. Elle a alors fondé avec deux
associés FreeWheel, qui développe
des solutions de publicité vidéo et
est retournée en Chine pour y monter l’équipe de développeurs. La
société a été acquise par le géant
américain des télécommunications et des médias Comcast (NBC
Universal, Dreamworks…) en 2014,
et elle en est toujours la directrice
technique. Jury du Startup Tour
2018, elle est attentive au développement de l’écosystème français
depuis que FreeWheel et Comcast
ont mis la main sur StickyAds TV, la
start-up française spécialisée dans
la publicité vidéo programmatique,
pour 110 millions de dollars, il y a
deux ans.
Vous êtes l’une des rares
figures féminines sur la scène
mondiale des développeurs.
Est-il encore dur d’être
une femme dans ce milieu ?
Oui, mais c’était encore pire quand
j’ai commencé ma carrière il y a
vingt ans. Dans mes premiers
emplois, j’étais systématiquement
la seule femme ! Et je suis encore
l’une des seules à avoir un poste à
responsabilités. Quand j’ai créé ma
société, FreeWheel, j’ai décidé que
cela devait changer. J’ai adopté une
vraie stratégie de recrutement de
femmes. Nous voulions attirer des
femmes ingénieurs. Après dix ans
d’efforts continus, nous sommes
parvenus à avoir aujourd’hui 30 %
de femmes parmi nos ingénieurs.
Mais cela reste une exception. Il
faut faire un travail sur l’éducation,
faire tomber les barrières qui font
que les femmes hésitent encore face
à ces carrières et changer les mentalités. Les choses s’améliorent, mais
nous sommes encore loin du
compte.
« J’ai adopté
une vraie stratégie
de recrutement
de femmes. »
L’intégration d’une start-up dans
un grand groupe pose encore
souvent problème. Qu’en est-il
pour FreeWheel ?
Nous ne nous sommes jamais posé
la question d’une vente. Au départ,
nous voulions simplement régler
un problème, apporter plus de solutions au marché. Un jour, Comcast
est venu nous voir et nous a dit :
« C’est aussi notre vision. » La
vidéos sur la durée. Nous ne faisions
pas de programmatique. StickyAds
TV, lui, le faisait très bien. Nos produits se complétaient parfaitement.
Où en est l’intégration
de la société aujourd’hui ?
Nous avons procédé de la même
manière que Comcast l’a fait avec
FreeWheel. Pendant les deux premières années, nous avons laissé
une large indépendance à la société,
nous avons essayé de comprendre
sa culture. Désormais, nous travaillons de manière beaucoup plus
étroite, sur des offres communes
notamment.
Diane Yu : « Je trouve que les Chinois et les Français partagent
beaucoup de choses. » Photo FreeWheel
recette, c’est ça, c’est d’avoir des
visions alignées. Et que l’intégration
dans un groupe plus large permette
simplement d’aller plus vite. Nous
avons gardé une certaine autonomie, mais nous travaillons avec toutes les composantes du groupe. Et
nous sommes toujours en mouvement : Comcast vient d’acquérir
Sky, c’est encore un beau défi et
nous voulons réellement changer la
manière dont la télévision est
monétisée.
Il y a deux ans, vous avez racheté
le français StickyAds TV.
Qu’est-ce qui vous a plu dans
cette société ?
Nous avions une faiblesse dans
notre offre, sur la monétisation des
Quel regard portez-vous
sur l’écosystème français ?
Les start-up françaises ont-elles
des particularités, d’après vous ?
C’est amusant car l’anglais n’est pas
ma langue natale et cela me rapproche parfois des Français. J’ai
l’impression que l’on se comprend
sans se parler. Et je trouve que les
Chinois et les Français partagent
beaucoup de choses. Culturellement, nous sommes plus proches,
sur beaucoup de points, qu’on ne
p e u t l ’ê t r e d e s A m é r i c a i n s .
Les Américains sont très directs
dans leur manière de travailler,
nous sommes plus subtils. Cela
prend du temps de construire un
écosystème, mais l’image des
start-up françaises est en train de
s’améliorer. n
Le Startup Tour couronne les meilleurs projets franco-américains
L’événement organisé
par FrenchFounders et BNP
Paribas à New York vise
à accélérer des projets des
deux côtés de l’Atlantique.
Deux concours, deux styles. La
seconde édition du Startup Tour
2018, organisé à New York par
le réseau d’entrepreneurs FrenchFounders et BNP Paribas, récompensait, mercredi dernier, des jeunes pousses françaises installées
aux Etats-Unis et, pour la première
fois, des entreprises américaines
intéressées par le marché français.
Et les différences culturelles
étaient frappantes lors des pitchs
devant les 500 personnes réunies
pour l’occasion : des startuppeurs
américains au discours parfaitement chronométré, fluide mais
parfois un peu lisse, et des entrepreneurs français au ton plus
spontané et frais, bien que parfois
un peu hésitant. Deux écoles.
Mais le sentiment général était
que les Français ont progressé
dans l’exercice, face à des Américains qui baignent depuis toutpetits dans cette « culture du pitch ».
Le vainqueur de cette édition
2018, Storefront, « Airbnb du
retail », représenté par son cofondateur Mohamed Hahouache, s’est
ainsi montré particulièrement à
l’aise, commençant sa présentation par un « how are you doing ? »
adressé au public et impressionnant le jury par son assurance. Des
jurés qui ont aussi montré des différences, d’ailleurs, les Américains
étant plus prompts à questionner
les candidats…
Le concours organisé
par FrenchFounders
à New York a permis
de faire émerger quatre
start-up, dont trois
françaises.
1
STOREFRONT
Cette plate-forme met en relation les propriétaires de locaux
commerciaux et les marques
souhaitant disposer d’un magasin éphémère. L’« Airbnb du
retail », comme elle se définit,
génère plus de 1.000 réservations par mois, notamment
avec de grandes marques
comme Hermès ou L’Oréal. La
durée moyenne d’une location
y est de deux semaines. Storefront a reçu le premier prix du
Startup Tour 2018.
2
DROICE LABS
Cette start-up basée à New York
a remporté la compétition
américaine. Elle développe des
solutions d’intelligence artificielle pour aider les médecins,
en leur apportant une aide dans
la prescription de traitements,
une analyse des plaies et blessu-
Oto affirme pouvoir
reconnaître
les sentiments
grâce à l’analyse
de l’intonation
du langage.
res, ou encore la détection de
maladies potentielles avec les
données du patient. Elle disposerait déjà de 25 millions de
profils et compile 27 millions
d’articles de recherche.
3
BUBBLE
La jeune pousse américaine,
dont l’un des fondateurs est
français, a mis au point un logiciel qui permet de coder des
applications de manière simple, sans connaissance en programmation. Plusieurs sociétés l’utilisent déjà, pour un total
de 190.000 personnes. Egalement basée à New York, elle n’a
encore jamais levé de fonds et a
remporté le prix de l’Association des anciens des grandes
écoles françaises.
Départager 250 dossiers
« Londres reste la porte d’entrée des
Américains en Europe, mais les choses bougent lentement. Le travail de
communication de la French Tech,
l’implication des politiques et de
grands patrons ont fait naître un
intérêt pour la France », souligne
Vincent Deruelle, cofondateur de
FrenchFounders. D’où l’ouverture
aux sociétés américaines, cette
année. « Souvent, ces entreprises
opèrent sur un domaine particulier,
sont par exemple assez pointues sur
l’intelligence artificielle et veulent
bénéficier de l’expertise française en
ingénierie. »
Pour ce Startup Tour 2018, des
demi-finales ont été organisées
dans cinq villes nord-américaines
(New York, Miami, Los Angeles,
San Francisco et Montréal) et à
Paris, pour départager les 250 dossiers reçus. Une start-up a été sélectionnée dans chaque ville et
Quatre pépites
en vogue
4
Le lauréat Storefront, représenté par son cofondateur Mohamed Hahouache, s’est vu remettre
un chèque de 100.000 dollars et un accompagnement personnalisé. Photo DR
envoyée à la finale, ainsi que trois
entreprises américaines. « Les
sociétés devaient déjà avoir un produit sur le marché, avoir une stratégie tournée vers les Etats-Unis
et avoir levé entre 1 et 10 millions de
dollars », ajoute Vincent Deruelle.
Le concours a ainsi évolué vers
des sociétés plus matures.
« L’objectif est d’accélérer concrètement sur le marché américain. » Le
lauréat Storefront s’est vu remettre
un chèque de 100.000 dollars et un
accompagnement personnalisé.
L’an dernier, la première édition
avait été jugée très positive. L’un
des grands groupes représentés
dans le jury avait pris une participation dans l’une des start-up finalistes, suite à l’événement. Et Invivox, autre jeune pousse mise à
l’honneur, avait reçu un finance-
ment de la part d’un investisseur
américain présent dans
l’audience. Le Startup Tour devrait
s’étendre dès l’an prochain. Trois
compétitions régionales seront
organisées, une en Amérique,
une en Europe et une autre dans la
zone Asie-Pacifique. L’occasion de
faire tomber d’autres barrières et
de tester de nouvelles différences
culturelles… — N. Ra..
OTO
Cette start-up affirme être capable de reconnaître les sentiments grâce à l’analyse de
l’intonation du langage. Une
même phrase pouvant avoir
des sens différents, les solutions d’analyse de la voix butent
souvent sur cette question. La
société, créée il y a un an, revendique une précision de 90 %,
alors qu’elle a déjà effectué
3 milliards de mesures. Elle a
obtenu le prix du public lors de
ce Startup Tour 2018.
— N. Ra.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
en
direct
Le site de la cité
du renseignement
choisi fin 2019
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
Un incendie a partiellement
détruit l’abattoir des Etablissements Gesler à Haut-Valromey
(Ain). La gendarmerie privilégie
la piste criminelle après avoir
constaté plusieurs départs de feu
sur le site, qui emploie 800 personnes. Deux mille mètres carrés
sur 4.000 du site ont été touchés,
notamment l’entrepôt de salaison.
ÎLE-DE-FRANCE Le ministère
AFP
PME
&REGIONS
Un abattoir ravagé
par un incendie
de l’Intérieur a précisé vendredi le
calendrier de son projet de
450 millions d’euros visant à
regrouper les agents de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Un budget de
20 millions d’euros a été prévu sur
le projet de loi de finances 2019
pour réaliser l’étude d’un site en
Ile-de-France, qui sera choisi à la
fin de l’année prochaine. Le cabinet de Gérard Collomb précise
que plusieurs sites potentiels sont
déjà identifiés, mais les contraintes sont très fortes (sécurité,
accessibilité, etc). L’Etat achèterait
le foncier et les 37.000 mètres
carrés de bâtiments nécessaires à
l’accueil de plus de 4.200 agents, à
l’étroit dans les trois sites actuels
(dont le siège de Levallois-Perret,
les effectifs ayant bondi de 33 %
en cinq ans.
Marchés publics : les entreprises
face aux nouvelles règles du jeu
l La dématérialisation des marchés publics entre en vigueur à compter de ce lundi 1er octobre.
l Le gouvernement prépare une nouvelle salve de mesures pour favoriser l’accès des PME à la commande publique.
Fini les liasses de papiers, les plis à
décacheter et les formalités répétit i ve s . A c o m p t e r d e c e l u n d i
1er octobre, la commande publique
bascule dans l’ère numérique avec
la dématérialisation des marchés
passés par l’Etat et les collectivités.
Open data, signature électronique, plate-forme dématérialisée,
document unique de marché europ é e n … Po u r l e s a c h e t eu r s e t
les entreprises, la réforme n’a rien
d’une formalité. Les petites communes ou les TPE ne seront que
peu concernées, car le seuil de cette
« bascule numérique » a été fixé à
25.000 euros hors taxes. Mais les
autres ont dû prendre le taureau
par les cornes.
Le délai étant connu de longue
date, bien des collectivités ont
opéré une numérisation progressive. En 2016, un tiers des marchés
avaient déjà donné lieu à une offre
dématérialisée, selon l’Observatoire économique de la commande
publique (OECP). Certaines branches professionnelles ont déployé
des formations pour les entreprises, comme le groupe de BTP Roger
Martin à Dijon.
« A terme, la dématérialisation va
aider les PME, car l’accès aux marchés sera facile et plus transparent.
Aujourd’hui, il faut qu’elles fassent
cet effort. Sont-elles prêtes ? Je
l’espère et je n’ai pas ressenti
d’inquiétude », note Pierre Pelouzet, le médiateur des entreprises,
chargé par l’OECP d’une mission
sur l’accès des PME. L’accès des
petites entreprises reste l’un des
talons d’Achille de la commande
publique. Elles n’obtiennent que
28 % du montant des marchés,
voire 21 % s’agissant de ceux passés
par l’Etat. Les outils existants
(groupement, allotissement, sourcing) demeurent insuffisants face,
notamment, aux règles édictées
par Bruxelles. Trois ans après avoir
transposé la directive européenne,
l’exécutif a donc remis l’ouvrage
sur le métier : un décret est en préparation à Bercy. Des amendements à la loi Pacte ont été déposés.
Redonner de la souplesse
à la trésorerie des PME
Ce nouveau train de mesures qui
concerne les marchés de l’Etat
redonnera de la souplesse à la trésorerie des PME : hausse du taux minimal des avances de 5 à 20 %, baisse
de 5 à 3 % du montant de la retenue
de garantie, amélioration des délais
de paiement… « Ces mesures vont
dans le bon sens. Dans le BTP, nous
payons les salaires et les transporteurs à 30 jours et les fournisseurs à
45, sachant que nos marchés sont
réellement payés au-delà de ces
délais », estime Cyril Peyron, le secrétaire général du groupe Roger
Martin, qui souhaiterait que les collectivités locales soient également
incitées à montrer l’exemple.
Le décret prévoira aussi d’expérimenter une « dérogation » aux
règles de mise en concurrence pour
les start-up et les PME innovantes.
Une question délicate, à laquelle
le précédent gouvernement avait
déjà tenté de s’attaquer en créant un
nouveau type de marché couvrant
la phase de R&D, le partenariat
d’innovation. — L. A.
Richard Damoret/RÉA
RÉFORME
Les petites communes ou les TPE ne seront que peu concernées car le seuil de cette « bascule numérique » a été fixé à 25.000 euros hors taxes .
Trois carnets de commandes bien remplis
Prix compétitifs, produits
originaux, recours aux
groupements… les recettes
de celles qui y parviennent.
1 TRAVAUX PUBLICS
ROUENNAIS JOUE LE PRIX
L’entreprise Travaux Publics Rouennais (50 salariés), filiale du groupe
familial DGT, a décroché en 2018
deux marchés publics auprès de la
métropole. « Nous avons mis beaucoup d’énergie pour proposer des prix
ultra-compétitifs car dans un contexte
économique tendu, ces marchés constituent un volume de travail significatif », explique Ludovic Mahé, président de DGT. L’entreprise a décroché
un lot de 6 millions d’euros portant
sur la réalisation d’un tronçon de
ligne de transport de bus. « Nous
l’avons emporté car nous étions les
moins chers. Nous étions la seule
PME », indique le dirigeant. L’autre
marché décroché – 6 millions
d’euros – concerne l’aménagement
du cœur de Rouen. « Nous étions le
deuxième en termes de prix mais nous
l’avons emporté grâce à notre savoirfaire technique. » L’entreprise était en
cotraitance avec la société Mineral
Service, spécialisée dans le béton
décoratif. DGT a fini par la racheter
en juillet.
2 HARDRIGE VEND
100.000 PAIRES
DE CHAUSSURES À L’ARMÉE
Début septembre, Hardrige a remporté un appel d’offres de chaussures « cadre-homme » pour le service
du Commissariat des armées : « Ce
marché nous assure un minimum de
100.000 paires à fabriquer sur quatre
ans », se réjouit Olivier Richard,
PDG d’Hardrige. Durant un an, Hardrige a fait des tests et proposé
4 types de chaussures. L’entreprise a
répondu à 3 autres appels d’offres de
l’armée. Les chaussures seront fabriquées chez un sous-traitant au Portugal, mais Hardrige reste fournisseur intermédiaire : « En 2009, les
marchés publics représentaient 70 %
de notre chiffre d’affaires nous étions
trop dépendants, d’où notre mise en
liquidation en 2009 », explique Olivier Richard. Les marchés publics
ne représentent plus que de 20 à
30 % de l’activité du groupe, dont le
chiffre d’affaires s’établit à 11 millions
d’euros en 2017.
3 ROGER MARTIN ASSURE
L’ÉLARGISSEMENT DE LA RN7
Dans la Nièvre, entre Saint-Pierre-
le-Moûtier et Châtenay – Saint-Imbert, l’élargissement de la nationale 7 était devenu nécessaire. La
société de BTP Roger Martin vient
de remporter ce marché public
d’Etat de 21 millions. La commande
publique pèse 60 % du chiffre d’affaires de ce groupe indépendant, qui
revendique « un esprit PME » malgré ses 270 millions de chiffres
d’affaires et ses 1.500 salariés. « Plusieurs choses comptent pour remporter un marché : le prix, le délai, le dossier technique, mais aussi la réactivité,
ce qui suppose une proximité géographique », fait valoir Cyril Peyron, le
secrétaire général du groupe. Le
groupe est constitué de 35 PME
dans l’Hexagone. « Nous postulons
à des dizaines de marchés, mais nous
n’en remportons en moyenne qu’un
sur dix ».— L. A., C.G. et G. S.
INTERVIEW // DELPHINE GÉNY-STEPHANN Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances
« Simplifier l’accès des PME à la commande publique »
Propos recueillis par
Laurence Albert
@L_Albert_
L
a secrétaire d’Etat auprès du
ministre de l’Economie et des
Finances prépare un décret
qui assouplira les règles du jeu pour
les petites entreprises, notamment
en matière de trésorerie.
A compter de lundi 1er octobre,
les marchés publics
sont dématérialisés.
Quel sera l’impact de cette
réforme sur les PME ?
Les PME représentent 28 % des
80 milliards d’euros de marchés
publics passés annuellement par
l’Etat et les collectivités. Ce chiffre
est loin d’être anodin, mais il mérite
d’être amélioré. Les entreprises
nous en ont fait la demande dans le
cadre de la concertation préalable à
la loi Pacte.
La dématérialisation est une première avancée, sur laquelle je travaille avec Mounir Mahjoubi. Elle
simplifiera l’accès des PME à la
commande publique. Grâce au
principe du « Dites-le-nous une
fois », elles n’auront plus à fournir
plusieurs fois les pièces justificatives et économiseront sur les frais
d’envoi.
La réforme permettra aussi de
donner aux marchés publics une
visibilité indispensable. La
veille commerciale et la compréhension des textes sont moins évidentes pour les PME que pour les
grands groupes. Nous allons également simplifier l’accès aux marchés publics : aujourd’hui, quinze
textes différents régissent la commande publique. Ce foisonnement
rend les choses difficiles : à peine
26 % des PME disent s’y retrouver.
Nous allons les rassembler en un
code unifié qui sera publié d’ici à la
fin de l’année.
Parmi les freins invoqués
par les PME figure la question
financière. Comment
y remédier ?
Les problèmes de trésorerie peuvent être aigus pour ces entreprises.
Ils sont à l’origine de près d’un quart
des faillites et constituent un facteur de blocage dans l’accès à la
commande publique. Un décret est
en cours de préparation, et comprendra plusieurs mesures en leur
Vous évoquez aussi
la nécessité de « renforcer
l’équité » des relations entre
acheteurs publics et PME…
Oui, certaines pratiques me paraissent injustes. Par exemple, les prestations complémentaires gratuites
que les acheteurs publics peuvent
exiger d’une entreprise dans le
cadre de l’exécution du marché.
Elles seront supprimées.
Nous allons aussi adapter certaines règles de la commande publique au secteur agricole dans le
droit-fil de l’esprit des Etats généraux de l’alimentation.
Delphine Gény-Stephann : « la réforme permettra de donner
aux marchés publics une visibilité indispensable. » Photo L. Marin/AFP
faveur. En premier lieu, le montant
minimum des avances consenties
par l’Etat aux PME attributaires
sera relevé à 20 %, contre 5 %
actuellement. Deuxièmement, le
montant maximal de la retenue de
garantie exigée des entreprises sera
ramené de 5 à 3 % dans les marchés
de l’Etat.
Dans le cadre de la loi Pacte, nous
allons donner un cadre juridique à
« l’affacturage inversé » dans les
marchés publics, ce qui contribuera
à réduire les délais de paiement.
Cette disposition permet de déléguer
à un tiers, généralement une banque, le paiement de la prestation et
limite les aléas du délai de paiement.
Les PME innovantes
et les start-up ont encore
plus de difficultés
à accéder aux marchés.
Faut-il leur réserver
un sort particulier ?
Les achats publics innovants par les
services de l’Etat représentent
1 milliard d’euros par an, mais les
acheteurs peinent à concilier
l’innovation avec les contraintes du
Code des marchés publics. La
démarche est complexe et il n’est
pas toujours facile de bien spécifier
les critères du marché.
A l’autre bout de la chaîne, les
start-up ne s’estiment pas assez
outillées pour répondre aux appels
d’offres dont elles méconnaissent
les procédures. Le décret permettra
à tous les acheteurs d’expérimenter
pendant trois ans, et pour les marchés de moins de 100.000 euros,
une nouvelle procédure sans publicité ni mise en concurrence.
Quid des collectivités locales ?
Certains freins peuvent être levés,
car nous avons eu tendance par le
passé à « surtransposer » des directives européennes. Aujourd’hui
une collectivité doit passer un marché public pour avoir recours à un
conseil juridique dans le cadre
d’une procédure judiciaire. Aucune
directive ne nous y oblige. Cette
obligation sera supprimée.
No u s a l l o n s a u s s i r é d u i r e
la durée d’archivage des pièces
de marchés publics, qui peut être de
10 ans, alors que la directive européenne fixe un seuil minimal de
3 ans. Cette durée est excessive :
nous avons chaque année 165 kilomètres de linéaire de stockage en
plus dont l’entretien coûte 9 millions d’euros. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 29
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
19
innovateurs
Des bornes
connectées
dans le champagne
GRAND EST Les maisons de
La mairie de Nantes a décidé de
favoriser les livraisons non polluantes et silencieuses. Une nouvelle
réglementation étendra au printemps 2019 les livraisons en centreville par les véhicules propres à la
plage horaire 4 heures-23 heures,
contre 7 h 30 - 12 heures actuellement. En septembre 2020, les véhicules polluants ne pourront plus
desservir le centre-ville qu’entre
4 heures et 11 h 30. La métropole
espère que d’autres mairies étendront la zone concernée.
champagne Mumm et PerrierJouët ont installé des bornes
connectées en lisière de leur
vignoble. Objectif : informer les
visiteurs. Traditionnellement en
pierre, les bornes délimitent les
parcelles avec le nom du propriétaire. Celles-là sont en béton
et équipées d’une puce NFC.
Calcia
HEURES DE LIVRAISON
Carmat a implanté
le 11e patient de son étude
pivot en Europe
trice du Parc national de la Vanoise.
Le glacier de la Grande Motte et son
téléphérique se situent en zone centrale du parc, en pleine Réserve
naturelle de Tignes-Champagny.
AUVERGNE RHÔNE-ALPES
Plus de 20 tonnes de
déchets, qui polluent
le glacier de la Grande
Motte, sont à enlever.
Plates-formes de verre
La STGM et le parc de
la Vanoise s’associent
pour l’opération.
Fin août, 120 volontaires ont collecté
5 tonnes de déchets dits « légers »
sur le glacier de Tignes. Des rotations d’hélicoptères les ont ensuite
évacués. Baptisée « Altitude Expérience » et dotée d’un budget de
17 millions d’euros, cette action n’est
que la première étape de l’aménagement qui va se poursuivre jusqu’en
2020. Dans les entrailles de glace à
plus de 3.000 mètres d’altitude, plus
de 20 tonnes sont à enlever. Reste à
savoir comment.
La solution, toujours à l’étude,
pourrait être d’utiliser des dameuses
durant l’hiver. Le Parc national de la
Vanoise a géolocalisé et répertorié
37 installations et zones d’enfouissement. Sans oublier 44 zones de friches : des bouts de pylône, des ver-
Aurélie Monod-Gonin
Gabrielle Serraz
@GabrielleSerraz
— Correspondante à Grenoble
Téléphérique de Tignes. Le projet prévoit également une valorisation
touristique du site avec, notamment, de nouvelles télécabines vitrées.
rous de 1 mètre de diamètre, des
câbles, des piliers en béton. Autant
de fossiles de trente années d’exploitation d’un domaine skiable.
« Autrefois, on enterrait les déchets
et la neige recouvrait tout », explique
Jacques Muller, responsable de
l’opération pour la STGM. Et jusqu’à
présent, les acteurs qui se sont préoccupés d’enlever les vieux équipe-
ments sont l’ONG Mountain Wilderness, la société Lafuma, qui nettoie
avec d’autres la mer de glace. Depuis
2002, l’ONG a enlevé 472 tonnes.
A Tignes, le glacier de la Grande
Motte, joyau du domaine skiable,
fond de 2 mètres par an. « Ici, le phénomène du réchauffement s’exprime
à la puissance 10 et de façon exponentielle », explique Eva Aliacar, direc-
Depuis des dizaines d’années, protecteurs et exploitants se regardaient en chien de faïence et
menaient une guerre larvée. Avec
l’opération Altitude Expérience,
s’opère un changement de paradigme : le PNV met en œuvre son
expertise scientifique, la STGM
devient le premier exploitant de
remontées mécaniques à vouloir
magnifier un paysage, rendre réversibles ses installations et informer
les visiteurs sur la biodiversité et
l’environnement. Ce qui correspond
à une des missions du parc qui est
l’éducation. « Pour protéger, il faut
que les gens comprennent les écosystèmes », explique la directrice du parc.
Car, outre le nettoyage, le projet
compte une valorisation touristique
du site, dont le glacier se trouve entre
3.032 et 3.456 mètres d’altitude.
Les nouvelles télécabines seront
vitrées et ouvertes pour permettre
d’admirer le paysage. Au sommet,
des plates-formes de verre vont donner le vertige des altitudes, tandis
qu’à l’intérieur de la gare d’arrivée
rénovée, toute une documentation
sera exposée. Comme un musée à
ciel ouvert. n
Le maroquinier Thomas ouvre une usine à Arras
HAUTS-DE-FRANCE
L’entreprise va créer,
à terme, 250 emplois
dans sa cinquième
unité en France.
Olivier Ducuing
— Correspondant à Lille
Le groupe de luxe Maroquinerie
Thomas a annoncé son projet
d’installer une nouvelle usine à
Arras. L’investissement, de 6 millions d’euros, s’accompagne de la
création de 250 emplois à terme.
L’unité devrait croître au rythme
de 80 emplois par an. Le groupe
ENTREPRENDRE
familial, qui travaille pour l’univers de la mode et du luxe, justifie
ce projet par une croissance continue. Il s’attend à une expansion de
10 % l’an les trois prochaines
années face à un secteur du luxe en
pleine dynamique, et a besoin de
renforcer ses capacités d’une production estampillée made in
France, une des clefs du succès de
l’entreprise.
La société compte aujourd’hui
plus de 1.300 salariés pour un chiffre d’affaires de 100 millions
d’euros. Sa nouvelle usine, qui
s’étendra sur 3.000 m2 sur la zone
Actiparc, sera précédée d’une installation dans des ateliers relais
mis à disposition par la communauté urbaine, afin de pouvoir
démarrer l’activité dès le début
2019. La région Hauts-de-France
est quasi absente de la filière du
cuir, avec seulement 10 entreprises et un chiffre d’affaires global de
170 millions d’euros.
Disponibilité
de la main-d’œuvre
Yann Thomas, directeur général,
explique pourtant que le groupe a
préféré Arras face à la concurrence de plusieurs villes du Grand
Est, notamment dans le Sud Bourgogne où le groupe est déjà
implanté, via son site logistique à
Semur-en-Auxois. Il met en avant
la proximité avec un atelier de
fabrication du groupe, à Bapaume,
mais aussi la disponibilité d’une
main-d’œuvre importante. Le dossier a été fortement accompagné
par la communauté urbaine
d’Arras, l’Etat et le conseil régional, qui interviendra dans le dispositif d’aide à la formation, critère
clef dans l’univers du luxe. Né il y a
quatre-vingts ans, Maroquinerie
Thomas se revendique comme
premier fabricant européen de
produits en cuir pour l’industrie
du luxe. Selon l’observatoire du
Conseil national du cuir, la maroquinerie française a vu son chiffre
d’affaires progresser de 7 % l’an
dernier, à hauteur de 3,2 milliards
d’euros. Les effectifs de la filière se
sont envolés depuis cinq ans, passant de 13.400 salariés en 2012 à
près de 21.000 en 2017. n
avec la
MAISON HIKAKU :
MARIER L’ARTISANAT
D’EXCELLENCE ET L’ESPRIT
D’INNOVATION
Fondée en 2012, Maison Hikaku conjugue l’excellence
de la maroquinerie traditionnelle avec une vision innovante de l’accessoire, résolument tournée vers le design
contemporain. « Notre activité se compose de deux
volets complémentaires : un bureau d’étude technique,
dédié aux professionnels du cuir, et une marque de
maroquinerie haut de gamme », précise Louise Dallérac, co-fondatrice de la société. « Avec mon associée,
Emmanuelle Keller, nous souhaitons poursuivre la tradition de l’artisanat de luxe français, tout en l’inscrivant
dans l’ère du 3.0, notamment à travers une expérience
d’achat personnalisée ». De quoi permettre aux amou-
reux des belles matières et des finitions parfaites de
concevoir le sac de leurs rêves ! L’occasion, également,
de découvrir les coulisses de l’atelier, implanté au cœur
du 2e arrondissement de Paris.
ACQUÉRIR UNE EXPERTISE POINTUE
« Nous avons plein de nouveautés dans les tiroirs
qui seront dévoilées au cours de l’année prochaine »,
poursuit la jeune entrepreneure. « Pour accompagner
notre développement international, notre marque
sera notamment amenée à changer de nom. De
même, nous allons pousser encore plus loin l’offre de
personnalisation, tout en la complétant par une gamme
d’objets de décoration exceptionnels ». Se repositionner pour suivre la demande, tout en conservant
le fil rouge du travail artisanal et de la qualité. Pour
Louise Dallérac, diplômée de La Fabrique, école des
métiers de la mode et de la décoration du campus de
Entrepreneurs, la CCI Paris Ile-de-France vous accompagne dans le développement de votre entreprise : entreprises.cci-paris-idf.fr
la CCI Paris Ile-de-France, le challenge semble taillé
sur mesure. « Les années passées à La Fabrique m’ont
permis de m’épanouir et d’acquérir une vraie expertise »,
se souvient-elle. « J’avais un profil atypique, mais
mes enseignants m’ont toujours tendu la main. Cela n’a
pas de prix ! ». Une approche intelligente, offrant aux
élèves un accompagnement solide vers leurs futurs
métiers, et une relation de confiance réciproque que
la co-fondatrice de Maison Hikaku souhaite aujourd’hui
prolonger. « Je reste très
attachée à La Fabrique »,
conclut-elle. « C’est pourquoi
je participe actuellement à
la création d’un annuaire des
anciens élèves, permettant de
rassembler les compétences
Dallérac
et le savoir-faire que nous Louise
co-fondatrice de la société
partageons ».
Maison Hikaku
Carmat
La Compagnie des Alpes nettoie
le glacier de Tignes
LA STRATÉGIE
CARMAT
Date de création : 2008
Directeur général :
Stéphane Piat
Trésorerie : 44 millions
d’euros au 30 juin 2018
Effectif : 165 personnes
Secteur : dispositif médical
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
A l’occasion de la publication
des résultats du premier semestre de Carmat, ce vendredi, Stéphane Piat, son directeur général, a confirmé pouvoir tenir les
échéances cruciales fixées d’ici à
la fin 2018. Dix ans après sa création, la société cotée, qui vient de
réussir le passage au stade
industriel de son cœur artificiel
avec la mise en service de sa
nouvelle usine de Bois-d’Arcy,
aborde la dernière ligne droite
qui doit la conduire à l’obtention
du marquage CE au second
semestre 2019. Avec 44 millions
d’euros de cash au 30 juin,
elle possède, en tout cas, la trésorerie nécessaire. Est-ce encore
jouable sous trois mois ?
« Aujourd’hui, tout porte à croire
que c’est réalisable », estime Stéphane Piat, se voulant prudent.
Taux de survie de 90 %
à un mois
A la mi-juillet, Carmat a finalisé
la première moitié de son étude
pivot en Europe, avec l’implantation de 10 premiers patients
souffrant d’insuffisance cardiaque biventriculaire terminale.
« Nous avons basculé dans la
seconde partie de l’étude avec le
onzième patient qui vient d’être
implanté », annonce-t-il. « Mon
objectif est de la finaliser comme
prévu d’ici à la fin de l’année.
Mais, pour maximiser nos chances de succès, il faut néanmoins
rester précautionneux pour la
sélection des 9 derniers patients »,
insiste-t-il.
A ce stade, le taux de réussite
de la procédure opératoire
atteint toujours 100 %. Et le taux
de survie à un mois s’établit à
90 % contre 75 % pour l’étude de
faisabilité réalisée en France. En
d’autres termes, l’un des patients
est décédé « pour des raisons liées
à son état de santé pré-opératoire,
mais la bioprothèse cardiaque
n’est pas en cause dans ce cas »,
assure le directeur général.
Autre enseignement déterminant : sa taille s’est avérée adaptable à des thorax plus petits, ce
qui va élargir la population des
patients initialement ciblée.
Quoi qu’il arrive, le cœur artificiel français a, d’ores et déjà,
contribué à sauver la vie de
deux patients au National
Research Center of Cardiac Surgery à Astana, au Kazakhstan.
Implanté en octobre 2017, le premier, qui n’était pas éligible à
une transplantation cardiaque
en raison de son hypertension
pulmonaire, a recouvré un état
de santé assez satisfaisant grâce
au soutien de la bioprothèse
pendant huit mois, pour recevoir un greffon cardiaque en
juin dernier. « Cette première
mondiale montre que le cœur
artificiel de Carmat peut aussi
être utilisé chez des patients souffrant de co-morbidités qui empêchent de réaliser une transplantation dans l’immédiat », explique
Stéphane Piat.
Le cœur artificiel
français a, d’ores
et déjà, contribué à
sauver la vie de deux
patients à Astana.
Fortes de ce succès, les équipes chirurgicales d’Astana ont
renouvelé l’opération sur un
second patient, cinq mois après
son implantation, ce qui confirme la faisabilité d’utiliser la
bioprothèse comme un pont de
la transplantation cardiaque.
Sachant que la finalité première
du cœur artificiel inventé par le
professeur Alain Carpentier,
reste d’être une alternative thérapeutique définitive au manque de greffons.
Pour l’instant, deux autres
pays sont engagés activement
dans la conduite de cette étude
pivot : la République tchèque
avec l’Ikem de Prague et le Danemark avec le Rigshospilalet de
Copenhague, qui n’a pas réalisé
d’implantation à ce jour. « Nous
poursuivons nos efforts pour
l’étendre à d’autres centres cliniques européens, mais les critères
étant très différents d’un pays à
l’autre, les demandes d’autorisation prennent du temps », relativise le directeur général.
Dernière échéance cruciale
en ligne de mire pour Carmat : « Nous sommes en discussions très avancées avec la
FDA et espérons obtenir l’autorisation de démarrer une étude
de faisabilité aux Etats-Unis
d’ici à la fin de l’année 2018 »,
confirme Stéphane Piat. n
Le cœur artificiel de Carmat aborde la seconde
et dernière partie de son étude clinique européenne
pour obtenir le marquage CE avant fin 2019. Photo Carmat
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 //
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
FINANCE
&MARCHES
LE RISQUE ITALIEN FAIT
BAISSER LES TAUX
ALLEMANDS
Les tensions sur la dette italienne
après l’annonce d’un déficit budgétaire de 2,4 % en 2019 ont poussé
les investisseurs vers les valeurs
refuges. Un mouvement qui a
notamment profité au Bund. Le
rendement allemand à 10 ans a
perdu jusqu’à 7 points de base (pb)
en séance avant de clôturer à
0,47 %. Le taux français à 10 ans a
reculé de 4 points de base à 0,80 %.
les
indices
3 BANQUE D’AFFAIRES
La nouvelle garde prend les
commandes de Goldman Sachs
l Après douze ans à la tête de la banque américaine, Lloyd Blankfein
cède sa place ce lundi à David Solomon.
l Une révolution qui symbolise la transformation de ses activités.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
C’est un saut dans le vide que
s’apprête à effectuer Goldman
Sachs. La plus grande banque
d’affaires américaine change de
patron ce lundi, après avoir été dirigée pendant douze ans par Lloyd
Blankfein. L’emblématique patron,
qui a réussi à maintenir Goldman
Sachs à flot pendant la crise et en a
fait la banque la plus rentable de
Wall Street, conservera un rôle de
conseiller dans la société. Mais il
n’aura plus de fonction opérationnelle. Son départ suit ceux de toute
une génération, dont celui de son
numéro deux, Gary Cohn, parti
après l’élection de Donald Trump
conseiller le président américain,
mais qui a quitté le gouvernement
depuis. La nouvelle organisation est
toutefois prête, préparée depuis
plusieurs mois.
Le successeur de Lloyd Blankfein, David Solomon, cinquante-six
ans, connaît bien la maison : il est
entré chez Goldman Sachs en 1999.
Mais ce francophile est censé incarner la transformation de la banque.
Non seulement par sa personna-
lité, plutôt « rock’n’roll » (il est
occasionnellement DJ sous le surnom de DJ D-Sol, spécialisé dans la
musique électronique), mais aussi
par sa capacité à insuffler une nouvelle culture, celle des activités de
banque de financement et de banque de détail avec la banque en
ligne Marcus. « C’est quelqu’un qui
a fait toute sa carrière dans la banque d’affaires, il sait ce qu’est la relation de long terme avec les clients »,
explique un banquier de la maison.
De son côté, Lloyd Blankfein était
un ancien trader.
Un banquier DJ
David Solomon doit continuer
l’œuvre de son prédécesseur, qui a
entamé la diversification et orienté
Goldman Sachs vers les activités les
plus rentables, aux dépens des activités de marché de plus en plus
régulées depuis la crise. Objectif :
générer 5 milliards de dollars de
revenus supplémentaires d’ici à
2020, dont 2 milliards issus des activités de financement.
Pour ce faire, Goldman Sachs a
changé quasiment toute sa garde.
Pour remplacer David Solomon,
promu, la banque a choisi John
Waldron, quarante-neuf ans.
Celui-ci occupera les fonctions de
président et de directeur des opérations, des fonctions longtemps éclatées au sein de la banque. Pur produit de Goldman Sachs, il était
jusqu’alors le patron de la banque
d’investissement. C’est un proche
de David Solomon, qu’il a côtoyé
Objectif : générer
5 milliards de dollars
de revenus
supplémentaires
d’ici à 2020.
tout au long de sa carrière. Les deux
hommes ont acheté des propriétés
dans les mêmes quartiers, aux
Bahamas et dans le très exclusif Silo
Ridge, dans l’Etat de New York.
« Good cop, bad cop »
Le nouveau ticket a tout du duo
« good cop, bad cop » : David Solomon a une image de dur à Wall
Street, tandis que John Waldron est
considéré comme plus avenant.
Au t r e av a n t a g e d u n o u ve a u
numéro deux : un carnet d’adresses
bien rempli parmi les plus grands
dirigeants américains. Récemment, il s’est ainsi montré proche de
Rupert Murdoch, qu’il a conseillé
dans la vente des actifs de 21st
Century Fox à Disney
Des relations
parfois tendues
Le triptyque est complété par Stephen Scherr, nouveau directeur
financier, qui dirigeait la banque de
détail après avoir occupé le poste de
directeur de la stratégie. C’est lui qui
a exploré, en collaboration étroite
avec Lloyd Blankfein, les nouvelles
opportunités de croissance. Sa
nomination a été perçue comme
une volonté de contrebalancer les
pouvoirs de David Solomon, ses
relations avec le nouveau patron
ayant parfois été tendues.
« Je suis certain que John et Stephen incarneront un management
fort et efficace sous la direction de
David », avait déclaré Lloyd Blankfein lors de leur adoubement, tandis que David Solomon soulignait
que la nouvelle direction travaillerait pour « développer et exécuter la
stratégie, développer le portefeuille
de clients, assurer une gestion solide
des risques et préserver [une] culture
unique ».
David Solomon, cinquante-six ans, connaît bien la maison :
il est entré chez Goldman Sachs en 1999. Photo AFP
L’ancien directeur financier,
Martin Chavez, a, lui, été placé à la
tête de la division trading. A lui de
redynamiser une activité en perte
de vitesse. Les changements ont été
plutôt bien accueillis par les marchés. Lors des annonces, le cours de
Bourse est légèrement remonté.
« Nous apprécions ces changements.
Ils jouent sur les forces de Goldman et
de ses dirigeants », a déclaré ainsi
Ainsi parlait Lloyd Blankfein, le patron mythique
de la banque américaine
« Malgré toute
la m…, les valeurs
américaines
continueront
de resplendir »
JANVIER 2018 Lloyd Blankfein, qui
a soutenu Hillary Clinton pendant
la campagne, intervient après que
Donald Trump a désigné Haïti et les
pays d’Afrique comme des « trous
de merde ». Peu après, le patron de
Goldman Sachs attribuera toutefois
la performance de l’économie
américaine au président.
« Je crois
en l’euro »
2013 Alors que la crise des
dettes souveraines ébranle
l’Europe, Lloyd Blankfein
affirme son soutien à la
monnaie européenne, dans
un entretien au quotidien
allemand « Die Welt ».
« Les Américains ont
toujours eu du mal à
comprendre la volonté
politique des Européens
de bâtir une Europe unie
et réussie. Je ne vais pas
faire la même erreur. »
« On dirait qu’un nouveau jour
se lève sur la France »
2017 Depuis la victoire d’Emmanuel Macron, Lloyd Blankfein dit
son optimisme pour la France. Fin 2017, il se disait « frappé par
l’énergie positive ici, à Paris », sur Twitter. « Et en plus la nourriture
est bonne ! » En janvier 2018, il a participé avec enthousiasme
à la rencontre organisée à Versailles avec les grands patrons.
« Les banquiers font
le “travail de Dieu” »
2009 La phrase devenue célèbre est parue dans un article
assassin du « Times » de Londres en pleine crise financière.
Dix jours après sa publication, Lloyd Blankfein fait amende
honorable. « Nous avons participé à des choses qui étaient
clairement dommageables… Nous demandons pardon »,
dit-il lors d’une conférence à New York en 2009.
« Si j’enlevais
la couche
Goldman que
j’ai sur la peau,
est-ce qu’il y aurait
quelque chose
en dessous ? »
JEUDI 27 SEPTEMBRE 2018
Sa dernière soirée en tant que
patron de Goldman Sachs, Lloyd
Blankfein l’a passée dans
un gala de charité à New York,
organisé par le médecin qui l’a
soigné de son cancer en 2015 .
Il y a trois ans, l’annonce de
sa maladie – un lymphome
« hautement guérissable » –
avait lancé les premières
rumeurs sur sa succession.
« Quelle était
la probabilité
qu’un gamin élevé
dans un HLM dirige
un jour l’une
des plus grandes
banques
du monde ? »
JUIN 2013 Lloyd Blankfein, qui
a grandi à Brooklyn, s’exprime
devant les élèves de La Guardia
Community College, une université
du Queens, dont Goldman est partenaire. Il revient sur ses origines
modestes : son père travaillant
de nuit dans un centre de tri, sa
mère réceptionniste dans une
société de sécurité, l’appartement
partagé avec ses oncles et cousins...
et sa rage de réussir.
Florilège réalisé par Elsa Conesa (New York).
Photo Andrew Harrer/Bloomberg
Susan Katzke, analyste chez Credit
Suisse. La transformation n’est pas
terminée. Selon la presse américaine, David Solomon envisagerait
désormais de remanier le conseil
d’administration. Il l’aurait confié
lors d’un dîner avec les principaux
investisseurs de la banque, il y a
deux semaines. Une pratique courante, aux Etats-Unis, lorsqu’un
nouveau patron prend le pouvoir. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
LE PESO ARGENTIN
CONTINUE DE DÉVISSER
LA DEVISE EUROPÉENNE
FAIBLIT FACE AU DOLLAR
Mohamed El-Erian, le chef économiste d’Allianz, a déclaré qu’il
distinguait « peu de signes de
stabilisation » du peso argentin
en dépit du resserrement de la
politique monétaire du pays et
de l’augmentation du soutien
financier du FMI. En milieu
de semaine dernière, celui-ci
a accordé une rallonge de
7 milliards de dollars à un prêt
exceptionnel de 50 milliards.
L’euro a perdu 1 % face au dollar
la semaine dernière, affecté par
les inquiétudes liées au nouveau
budget italien et par une inflation sous-jacente inférieure aux
attentes en zone euro. Le dollar,
lui, est resté porté par une économie américaine vigoureuse.
La Fed a relevé ses taux pour la
troisième fois en 2018 et pourrait
les augmenter encore une fois
avant la fin de l’année.
en bref
La loi Pacte instaure un visa
pour les ICO
CRYPTODEVISES L’article 26 de la loi Pacte adopté vendredi par
l’Assemblée nationale instaure un visa pour les émetteurs de jetons
virtuels. C’est l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui sera
chargée d’examiner la conformité des ICO. Objectif : améliorer la
transparence de ces opérations et attirer les investisseurs. Une liste
blanche des émissions ayant reçu le visa sera publiée par l’AMF,
mais il restera facultatif. L’article 26 introduit aussi un cadre pour
les intermédiaires en actifs numériques, incluant les plates-formes
d’échange de cryptoactifs, les services de conservation, les services
de conseil et de placement de cryptoactifs, et autres services associés. Ces intermédiaires pourront solliciter un agrément auprès de
l’AMF, qui vérifiera leur fiabilité et leur professionnalisme.
Le géant américain
lance sa banque de
détail au Royaume-Uni
Marcus, la filiale du géant
américain spécialisée
sur les particuliers, propose
désormais des comptes
d’épargne en ligne
outre-Manche. Un premier
pas à l’international.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Les fintech comme Monzo, Starling
ou Revolut ne sont désormais plus
les seules à offrir une alternative
aux clients des grandes banques
britanniques. Marcus, la banque de
détail créée il y a deux ans aux EtatsUnis par Goldman Sachs, propose
depuis quelques jours ses services
outre -Manche. Elle lance un
compte d’épargne en ligne entièrement liquide, avant d’étendre ultérieurement son offre.
« Notre but n’est pas de rivaliser
avec de petits acteurs, mais de séduire
les clients des grandes banques britanniques, qui contrôlent 80 % du
marché britannique », indiquait la
semaine dernière au « Financial
Times » Des McDaid, le directeur
général de Marcus pour le Royau-
Un groupe d’investisseurs porte
plainte contre le CBOE
VOLATILITÉ Un groupe d’investisseurs s’estimant lésés par des
manipulations sur des produits financiers liés au célèbre indice
de volatilité VIX a porté plainte contre le Chicago Board Options
Exchange. Le CBOE, la plus importante Bourse d’options en
Amérique du Nord, calcule en effet le VIX à partir de la volatilité
des options d’achat et de vente sur le S&P 500. En février dernier,
la brusque remontée de la volatilité avait provoqué l’effondrement de plusieurs produits indiciels « short vol » liés au VIX.
Ces derniers misaient sur le maintien d’une volatilité basse et
s’étaient beaucoup développés avec la hausse continue des marchés boursiers ces dernières années.
me-Uni. Marcus se situera en réalité entre les deux mondes. Pas
d’agences à entretenir, et donc des
coûts plus faibles que les grandes
banques lui permettant de se montrer commercialement plus agressive. Mais un bilan sur lequel
s’appuyer et un statut de banque.
BPCE va modifier la tarification
des incidents de paiement
Boom de l’épargne
en ligne
Fort de ce positionnement hybride,
Marcus vise à rester dans les
meilleurs taux de rémunération du
marché. Elle propose d’emblée le
plus élevé, à 1,5 % (dont une prime
de 0,15 % la première année). Autre
avantage, la souplesse : pas de
durée minimale, pas de frais de
transactions, et un volume d’opérations illimité. Le tout à partir d’une
livre d’épargne.
Si Goldman a choisi le RoyaumeUni pour exporter son nouveau
modèle, ce n’est pas un hasard.
L’américain, qui espère étendre
plus tard son service à l’Allemagne,
y emploie d’abord 6.000 personnes,
ce qui en fait sa plus grosse implantation en dehors des Etats-Unis.
Marcus vient d’y embaucher
150 personnes supplémentaires,
La banque d’épargne en ligne de Goldman Sachs propose d’emblée
le taux de rémunération le plus élevé du marché britannique.
Photo Bloomberg
dont 50 pour son seul centre
d’appels. Il croit ensuite pouvoir y
convaincre les épargnants déçus de
la complexité actuelle et de la faiblesse des taux. Tout en surfant sur
le boom de l’épargne en ligne, un
créneau où le nombre d’acteurs a
bondi de 10 % en deux ans.
Le défi de la rentabilité
L’objectif de Goldman Sachs est
clair : développer une activité de
détail aux revenus réputés plus stables que ceux de la banque d’investissement, et élargir la base de ses
Changement de génération
à Wall Street
Jamie Dimon, le patron
de JP Morgan et dernier
survivant de la crise
financière, veut rester
en poste jusqu’en 2023.
Mais il fait déjà monter
ses lieutenants.
Morgan Stanley et Citi,
eux, remanient leurs
directions.
Anne Drif
@AnnDrif
Le départ de Lloyd Blankfein, « gardien » de Goldman Sachs au plus
fort de la tempête financière de
2008, jette la lumière sur le dernier survivant de la crise encore en
fonction : Jamie Dimon.
Depuis treize ans aux commandes de JP Morgan, première banque
américaine par les actifs, le dirigeant
de soixante et un ans a écarté pendant des années les questions sur sa
succession. « Je reste cinq ans… Jusqu’au jour où je pars », avait-il cou-
tume de répondre. Une formule très
appréciée des marchés, inquiets du
départ possible du CEO après le
scandale de la « baleine de Londres », lors de son cancer en 2014 ou
quand il fut pressenti pour devenir
secrétaire d’Etat au Trésor de
Donald Trump. Mais en janvier, le
démocrate présenté comme un rival
potentiel du président américain
aux prochaines élections, a posé les
bases de son départ… en 2023.
Les jeux sont très loin
d’être faits
D’ici là, Jamie Dimon a fait monter
ses lieutenants. Le Franco-Britannique Daniel Pinto, cinquante-cinq
ans, patron de la banque d’investissement, et Gordon Smith, cinquante-neuf ans, à la tête de la banque
commerciale, ont été promus
coprésidents et chefs des opérations de la firme de 2.610 milliards
de dollars d’actifs. D’autres noms
sont évoqués pour le remplacer un
jour, dont ceux de Marianne Lake,
la directrice financière, et de Mary
Erdoes, à la tête de la gestion
d’actifs. Mais les jeux sont très loin
d’être faits. Par le passé, des favoris
pour le rôle de CEO ont fini par quitter la banque, comme Matt Zames,
le responsable des opérations jusqu’en juin 2017, et Jes Staley, parti
prendre la direction de Barclays.
Un Français
chez Morgan Stanley
La nouvelle garde monte aussi dans
les rangs des autres grands noms de
Wall Street. Chez Morgan Stanley,
piloté par James Gorman, cinquante-neuf ans, un Français vient d’être
promu : Franck Petitgas. Dans les
arcanes de la banque américaine
depuis vingt-cinq ans, le financier
de cinquante-sept ans, qui a accompagné les plus gros deals comme
Time Warner face à Charter Communications (51 milliards d’euros)
et SABMiller face à AB InB ev
(96 milliards d’euros), a pris la
direction de l’ensemble des activités
internationales. Ted Pick, âgé lui de
quarante-neuf ans, a aussi pris la
direction de toutes les activités de
marché et de trading, métier cœur
pour la firme.
Michael Corbat, soixante-huit
ans, fait également bouger les
lignes chez Citi. Au début du mois,
le patron a annoncé en interne
remplacer son directeur financier,
John Gerspach, qui part à la
retraite en mars, par Mark Mason.
Il a aussi poussé à la présidence
d’une nouvelle division réunissant
ses plus importants métiers, la banque d’affaires et d’investissement,
Ray McGuire, secondé par Tyler
Dickson et Manolo Falco. n
dépôts pour se financer à moindre
coût. Marcus a déjà récolté plus de
20 milliards de dollars de dépôts et
accordé 3 milliards de dollars de
prêts aux Etats-Unis. Et la banque
de détail doit contribuer à hauteur
de 20 % aux 5 milliards de dollars de
revenus supplémentaires que le
groupe compte dégager d’ici à 2020.
Reste un défi : réussir à gagner de
l’argent sur ce segment au Royaume-Uni. Si Monzo, par exemple, a
atteint les 900.000 comptes courants, elle ne dégage, trois ans après
sa création, toujours pas de profit. n
BANQUE L’enquête de 60 millions de consommateurs et de
l’Unaf sur les commissions d’interventions abusives prélevées
par les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne n’aura pas
tardé à produire ses effets : vendredi, BPCE a annoncé la révision
prochaine de sa politique tarifaire venant sanctionner des incidents de paiement. Un peu plus tôt dans la journée le gendarme
bancaire (ACPR) a annoncé son projet de « renforcer les contrôles
s’agissant des frais bancaires pour l’ensemble de la population ».
SquareWell Partners démarre
une activité de conseil en gouvernance
GOUVERNANCE Un nouveau cabinet de conseil en gouver-
nance vient de voir le jour. Parmi ses associés fondateurs, des
vétérans de cette industrie. Louis Barbier et Ali Saribas, anciens
directeurs de Sodali, et Bess Joffe, ex-responsable des relations
investisseurs de Goldman Sachs. SquareWell Partners cherche
à optimiser le dialogue entre investisseurs et entreprises en fournissant à ces dernières des conseils stratégiques tout au long de
l’année. Il a développé aussi une base de données qui permet une
connaissance fine des actionnaires et de leurs attentes.
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
DEPARTEMENT DES HAUTS-DE-SEINE
VALLEE SUD - GRAND PARIS
AVIS D’ENQUETE PUBLIQUE UNIQUE
RELATIVE A LA MODIFICATION N° 1 DU PLAN LOCAL D’URBANISME (PLU) DE LA COMMUNE DE BAGNEUX
Du lundi 15 octobre à 8H30 au jeudi 15 novembre 2018 à 17H00
Par arrêté n° A 36/2018 du 07 septembre 2018, le Président de
l’Etablissement Public Territorial (EPT) Vallée Sud - Grand Paris a
prescrit l’ouverture de l’enquête publique portant sur la modification
n° 1 du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la commune de Bagneux.
La modification n° 1 du PLU de la commune de Bagneux a notamment
pour objectifs de corriger les écarts entre les orientations portées par
le Projet d’Aménagement et de Développement Durables (PADD)
et le règlement en réduisant la densité dans le diffus, d’adapter les
règles d’urbanisme pour les nouveaux projets d’aménagement qui
ont vu le jour depuis l’approbation du PLU révisé et de corriger des
erreurs matérielles ainsi que mettre en place des mesures correctives
et adaptatives.
Pendant toute la durée de l’enquête publique du lundi 15 octobre
à 08h30 au jeudi 15 novembre 2018 à 17h00, les observations et
propositions du public transmises par voie postale ainsi que les
observations écrites reçues par le commissaire enquêteur sont
consultables à la Direction de l’Aménagement Urbain de Bagneux
du lundi au vendredi aux heures d’ouverture mentionnées ci-dessus
et pendant les permanences du commissaire enquêteur indiquées
ci-dessous. Les observations et propositions du public transmises
par voie électronique seront consultables sur le site internet
http://modification-plu-bagneux.enquetepublique.net dans les meilleurs
délais.
Le commissaire enquêteur tiendra des permanences à la Direction
L’enquête publique se déroulera du lundi 15 octobre à 08h30 au jeudi de l’Aménagement Urbain de Bagneux pour recevoir les observations
écrites ou orales et répondre aux demandes d’information du public
15 novembre 2018 à 17h00, soit pendant 32 jours consécutifs.
aux dates et heures suivantes :
Monsieur Daniel THIERIET a été désigné en qualité de commissaire - lundi 15 octobre de 09h00 à 12h00 ;
enquêteur par Monsieur le Président du Tribunal Administratif de - mardi 30 octobre de 16h00 à 19h00 ;
- mercredi 7 novembre de 13h30 à 16h30 ;
Cergy-Pontoise.
- jeudi 15 novembre de 14h00 à 17h00.
Pendant toute la durée de l’enquête publique, du lundi 15 octobre à Des informations peuvent être demandées sur ce dossier auprès
08h30 au jeudi 15 novembre 2018 à 17h00, chacun pourra consulter de l’autorité compétente, responsable du Plan Local d’Urbanisme,
et prendre connaissance du dossier d’enquête publique selon les Monsieur Jean-Didier Berger, Président de l’EPT Vallée Sud Grand Paris, par l’intermédiaire de la Direction de l’Aménagement
modalités suivantes :
Bagneux aux horaires habituels d’ouverture du service. Toute
- en Mairie de Bagneux, à la Direction de l’Aménagement Urbain de
personne peut, sur sa demande et à ses frais, obtenir communication
(Rez-de-chaussée du Bât. Garlande - 57 avenue Henri Ravera du dossier d’enquête publique, dès la publication de l’arrêté
92220 BAGNEUX) les lundi, mercredi, jeudi et vendredi, de 08h30 à n° A 36/2018.
12h00 et de 13h30 à 17h00 ; le mardi de 13h30 à 17h30 et pendant Le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur seront tenus
les permanences du commissaire enquêteur précisées ci-dessous ; à la disposition du public pendant un an à compter de la clôture de
- sur le site internet http://modification-plu-bagneux.enquetepublique.net ; l’enquête publique :
- via un lien depuis les sites internet de la ville de Bagneux (www. - à la Direction de l’Aménagement Urbain de Bagneux aux jours et
bagneux92.fr) et de l’EPT Vallée Sud - Grand Paris (www.valleesud.fr) ;
heures habituels d’ouverture du service ;
- depuis un poste informatique situé à la Direction de l’Aménagement - au siège administratif de l’EPT Vallée Sud - Grand Paris, 28 rue de
Urbain de Bagneux.
la Redoute 92260 Fontenay-aux-Roses ;
Pendant toute la durée de l’enquête publique, du lundi 15 octobre à - en Préfecture ;
08h30 au jeudi 15 novembre 2018 à 17h00, chacun pourra consigner - via un lien depuis le site internet de la Ville de Bagneux
éventuellement ses observations et propositions sur le projet de
www.bagneux92.fr ;
modification du PLU, à l’attention du commissaire enquêteur :
- sur le site internet de l’EPT Vallée Sud
- Grand Paris
- sur le registre d’enquête à feuillets non mobiles, coté et paraphé
www.valleesud.fr et
par le commissaire enquêteur, à la Direction de l’Aménagement - sur le site internet http://modification-plu-bagneux.enquetepublique.net.
Urbain de Bagneux aux heures d’ouverture mentionnées ci-dessus Les personnes intéressées pourront en obtenir communication dans
et pendant les permanences du commissaire enquêteur précisées les conditions prévues par le code des relations entre le public et
ci-dessous ;
l’administration.
- sur le registre dématérialisé hébergé sur le site internet suivant :
http://modification-plu-bagneux.enquetepublique.net ;
Le Conseil de Territoire de Vallée Sud - Grand Paris se prononcera
- par voie électronique à l’adresse suivante : modification-plu- par délibération sur l’approbation de la modification n° 1 du PLU de
bagneux@enquetepublique.net ;
la commune de Bagneux, après modifications éventuelles pour tenir
- par courrier postal au commissaire enquêteur à l’adresse suivante : compte des résultats de l’enquête.
Mairie de Bagneux - Monsieur le commissaire enquêteur Le Président
Modification n°1 du PLU - Rez-de-chaussée du Bât. Garlande Jean-Didier BERGER
57 avenue Henri Ravera 92220 BAGNEUX.
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
Elon Musk contraint de quitter
la présidence de Tesla
l Le PDG de Tesla a passé un accord amiable avec le gendarme boursier américain.
l L’entreprise doit nommer deux administrateurs indépendants supplémentaires.
GOUVERNANCE
Anaïs Moutot
— Correspondante à San Francisco
Elon Musk renonce à son poste de président de Tesla, écope
d’une amende de 20 millions de dollars mais reste directeur général
de l’entreprise qu’il fonda il y a quinze ans.
Photo Joshua Lott/Getty Images/AFP
Le risque était trop grand. Face
à l’interdiction à vie d’exercer
un poste de dirigeant dans une
entreprise cotée réclamée par le
gendarme boursier américain,
Elon Musk s’est résolu à négocier.
Deux jours après avoir porté
plainte pour fraude contre le PDG de
Tesla, la Securities and Exchange
Commission (SEC) a annoncé
samedi avoir conclu un accord à
l’amiable avec le fondateur du fabricant de voitures électriques. Elon
Musk doit quitter le poste de président du conseil d’administration de
Tesla et ne peut plus être réélu pour
les trois prochaines années. Il reste
cependant directeur général de
l’entreprise et membre du conseil
d’administration. Un soulagement
pour les marchés qui n’arrivaient
pas à concevoir Tesla sans Elon
Musk, le patron emblématique
étant considéré comme indispensable à la réussite de l’entreprise.
Le règlement contraint aussi
Tesla à nommer deux administrateurs indépendants supplémentaires et à établir un comité composé
de l’ensemble des administrateurs
indépendants. L’entreprise doit
aussi mettre en place des contrôles
et des procédures additionnels
pour superviser les communications du patron de Tesla. La SEC
souligne que l’entreprise n’avait
pas adopté des « procédures suffisantes pour s’assurer que les tweets
d’Elon Musk étaient exacts ou complets ». Elon Musk et Tesla doivent
payer chacun une amende de
20 millions de dollars (17,2 millions
d’euros), somme qui sera reversée
aux investisseurs à qui l’épisode a
causé du tort.
Protéger les investisseurs
« Les différentes mesures ont été
pensées pour […] renforcer la gouvernance et la supervision de Tesla
afin de protéger les investisseurs », a
déclaré Stephanie Avakian, la codirectrice de la division de la SEC chargée de l’application de ses règles.
Certains actionnaires minoritaires
plaidaient depuis des mois pour une
réforme de la gouvernance. Un
investisseur avait réclamé la nomination d’un administrateur indépendant à la présidence du conseil
d’administration lors de l’assemblée
générale en juin, mais la mesure
avait été rejetée à 83 %.
Un procès intenté par des actionnaires contre la société à propos
du rachat de SolarCity par Tesla
questionne aussi l’indépendance de
plusieurs membres du conseil
d’administration. Celui-ci compte
notamment le frère d’Elon Musk,
Brad Buss, un ancien dirigeant du
fabricant de panneaux solaires, et
Steve Jurvetson, actionnaire de
SolarCity et investisseur dans SpaceX, le fabricant de fusées dirigé par
Elon Musk. L’accord met fin aux
poursuites pour fraude engagées
par l’organe de régulation contre
Elon Musk. La SEC lui reprochait
« les déclarations fausses et trompeuses ainsi que les omissions » présentes dans une série de tweets annonçant le retrait de Tesla de la Bourse le
7 août dernier, un projet abandonné
deux semaines plus tard. Dans ces
messages, le milliardaire affirmait
que le financement de l’opération
était « sécurisé » et indiquait un prix
de 420 dollars par action. En réalité,
la discussion qu’il avait eue avec le
fonds souverain saoudien a ce sujet
était très vague et ne comprenait
aucun prix.
La SEC avait déjà tenté de négocier
avec lui un accord. Avec une interdiction d’occuper le poste de président pendant deux ans et une
amende de 10 millions de dollars, les
termes de l’accord étaient plus favorables que celui conclu samedi,
selon le « New York Times ». Elon
Musk avait cependant refusé de le
signer au dernier moment, estimant
qu’il n’avait rien fait de mal. Des discussions avec des investisseurs et
d’autres entrepreneurs, notamment
le milliardaire Mark Cuban, qui a
aussi fait face à des plaintes du gendarme boursier, l’auraient ensuite
convaincu de la difficulté de combattre la SEC en justice.
(
Lire « Crible »
Page 38
10.000 Model 3 par semaine
Face à la dégringolade du titre en Bourse (l’action a perdu 43 %
depuis le 7 août et près de 14 % au cours de la seule séance
de vendredi) et alors qu’il est attendu au tournant dans
quelques jours sur les chiffres de production de son dernier-né, la Model 3, Elon Musk a voulu clore l’épisode au plus
vite. L’entrepreneur essaye désormais de remotiver ses troupes. Dans une série de courriels envoyés à la fin de la semaine,
il a félicité ses salariés pour le travail accompli et a annoncé
que la société avait réussi à produire plus de 10.000 exemplaires de son modèle grand public par semaine, le double
de l’objectif rempli fin juin, selon Bloomberg. La Model 3,
dont le prix démarre à 49.000 dollars contre environ
75.000 pour la Model S, est censée permettre à Tesla
de pénétrer le segment moyen de gamme et d’atteindre
une production de masse.
Les déboires du groupe,
une aubaine pour
les vendeurs à découvert
Les hedge funds et traders
qui parient sur la chute
de l’action Tesla se voient
confortés dans leurs
diagnostics et prévisions.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Les vendeurs à découvert jubilent.
Avant l’annonce de l’accord avec la
SEC, Whitney Wilson, l’un des plus
célèbres, s’était félicité de la plainte
du gendarme des marchés américains contre Elon Musk. Le titre
Tesla, qui a perdu 11,5 %, à 265 dollars la semaine dernière, a une
chance sur deux de terminer
l’année sous les 100 dollars.
Parmi les raisons qui auraient pu
l’inciter à quitter la Bourse, Elon
Musk avait mis en avant, début
août, « les attaques diffamatoires
constantes de la communauté des
vendeurs à découvert, qui portent un
tort considérable à notre marque de
valeur », selon le courriel envoyé à
son conseil d’administration et
révélé par la plainte de la SEC. Au
cours du mois d’août, 13 milliards
de dollars d’actions Tesla ont été
vendues à découvert. Le groupe
reste la deuxième valeur la plus
attaquée à Wall Street par les vendeurs à découvert derrière Apple,
avec près de 27,6 % de son capital
flottant ciblé. Jim Chanos
ou David Einhorn persistent à
parier sur la chute de l’action du
groupe d’Elon Musk.
Manipulations et procès
Début septembre, certains vendeurs
à découvert avaient porté plainte contre Tesla et Elon Musk. Parmi eux
figurait Andrew Left de la
société Citron Research. Il estimait
que le patron de Tesla avait « artificiellement manipulé le cours de son action
grâce à des tweets objectivement faux,
afin de “tuer” les vendeurs à découvert ». Sur CNBC, la semaine dernière,
il a réagi à la décision de la SEC en
déclarant : « Quand vous mentez, vous
êtes inculpé (par la SEC). Pour moi,
c’était évident qu’il le serait. »
La chute brutale du titre Tesla
suggère que le marché a été surpris
et pensait qu’Elon Musk s’en tirerait
à bon compte. « Personne n’est audessus des lois », a insisté Andrew
Left, s’interrogeant sur le fait de
savoir si « le remplacement éventuel
d’Elon Musk à la tête de Tesla serait
une bonne ou une mauvaise
chose ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
L’irrésistible envolée des prix
du palladium
MATIÈRES
PREMIÈRES
Utilisé par l’industrie
automobile pour
fabriquer les pots
catalytiques des
moteurs à essence, le
métal est proche de son
plus haut historique.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Sur les marchés des métaux malmenés par l’escalade du conflit com-
mercial sino-américain, le palladium fait cavalier seul. Depuis
mi-août, le prix du métal gris argenté
s’est envolé de 28 %. A 1.075 dollars
l’once vendredi, le palladium se
retrouve, pour la deuxième fois cette
année, tout proche de son record
historique de 2001. La première fois,
c’était en janvier. A ce prix-là, le palladium est en outre presque aussi cher
que l’or, dont l’once s’échangeait
autour de 1.185 dollars à la veille du
week-end dernier.
Utilisé dans la fabrication des
pots catalytiques des moteurs à
essence, le palladium est victime de
son succès. Depuis l’éclatement de
l’affaire Volkswagen il y a trois ans,
la demande est particulièrement
forte, et l’offre de métal plus
restreinte. Après le scandale du
« dieselgate », il y a eu un inversement de tendance dans les habitudes d’achat de voitures en Europe.
Le palladium en a très largement
profité.
« Déficit persistant »
Pour Morgan Stanley, le « déficit
persistant » d’offre du marché du
palladium en fait une « histoire
structurellement positive », et
parfaitement « intacte ». Les analystes de la banque américaine
ont placé le métal précieux en
tête de leur thermomètre des
matières premières qui comprend 18 métaux et minerais. Citigroup se montre tout aussi optimiste et voit le prix de l’once
grimper à 1.200 dollars d’ici au
deuxième trimestre 2019.
Les stocks mondiaux
de palladium s’érodent
rapidement.
Les constructeurs
pourraient
trouver un substitut :
le platine.
A ce rythme, les stocks mondiaux de palladium s’érodent
donc rapidement. « Le niveau de
la production minière ne pouvant
pas être rele vé facilement, la
demande va devoir s’ajuster », estime-t-on chez Morgan Stanley. Les
constructeurs automobiles pourraient chercher un substitut, et se
tourner en particulier vers le platine, dont le prix est aujourd’hui
nettement moins élevé : à
820 dollars l’once, il n’a pas été
aussi bon marché par rapport au
palladium depuis dix-sept ans.
Mais cela prendra du temps – au
moins deux à trois ans, afin que
les techniques s’adaptent. n
PARVEST
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen, L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg : N° B 33.363
Site Internet : www.bnpparibas-am.com
POUR LE COMPARTIMENT « STEP 90 EURO »
ET
BNP Paribas L1
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen, L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg : N° B 32.327
Site Internet : www.bnpparibas-am.com
POUR LE COMPARTIMENT « SEASONS »
AVIS AUX ACTIONNAIRES DE PARVEST ET BNP PARIBAS L1
FUSION EFFECTIVE A COMPTER DU 17 DECEMBRE 2018
Luxembourg, le 1er octobre 2018
Caractéristiques
Fonds garantis
Chers Actionnaires,
Nous vous informons par les présentes de la décision des Conseils d’administration de PARVEST et de BNP Paribas L1 (les Sociétés) de fusionner, sur la base de l’Article 32 des
Statuts des Sociétés, les classes d’actions suivantes (la Fusion) :
Code ISIN
LU0154361405
Compartiment absorbé PARVEST
Compartiment
Classe
STEP 90 Euro
Classic-CAP
Devise
EUR
Compartiment
Seasons
Compartiment absorbant BNP Paribas L1
Classe
Devise
Classic-CAP
EUR
Le gérant révisera le Seuil applicable aux dates suivantes (les « Dates de
révision ») :
-
Code ISIN
LU1655321476
1) Date d’entrée en vigueur de la Fusion
La Fusion sera effective le lundi 17 décembre 2018.
La première VNI après la fusion des portefeuilles sera calculée le mardi 18 décembre 2018 dans le Compartiment et la classe absorbants, lors de l’évaluation des actifs sousjacents prévue le lundi 17 décembre 2018.
2) Contexte et motivation de la Fusion
- La garantie offerte dans le Compartiment absorbé expire le 15 décembre 2018 et ne sera pas renouvelée, comme indiqué dans la présentation du Compartiment absorbé aux
pages 263 et 264 de la version actuelle du Prospectus de PARVEST. Ce jour étant un samedi, la dernière VNI protégée par le garant sera la VNI du vendredi 14 décembre 2018.
- La Fusion vise à fournir une offre de produit garanti et disposant de meilleures perspectives de performance.
- Le Compartiment absorbé a été lancé dans un environnement de taux d’intérêt élevés qui n’est plus d’actualité. Par conséquent, le niveau de marge disponible(1) peut ne
plus suffire pour générer une performance en ligne avec celle du marché.
- Aujourd’hui, la stratégie d’investissement du Compartiment absorbant est plus adaptée aux conditions actuelles sur le marché : un moindre niveau de garantie permet une
marge disponible supérieure(1) pour générer une performance significative dans le Compartiment absorbant en cas de hausse prononcée du marché.
(1)
Le capital investi une fois prises en compte les contraintes de Garantie (également décrites comme les « actifs à risque »).
Avertissement :
- Les résultats passés ne sont ni une indication ni une garantie des résultats futurs.
- Aucune garantie ne peut être apportée quant à la réalisation de cet objectif.
3) Impact de la Fusion sur les Actionnaires absorbés
Veuillez noter que la Fusion aura les impacts suivants :
- Les derniers ordres de souscription et de rachat concernant le Compartiment absorbé seront acceptés jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres le vendredi
7 décembre 2018.
Les ordres reçus après ces heures limites seront refusés.
- Les actionnaires du Compartiment absorbé qui ne font pas usage de leur droit de faire procéder au rachat de leurs actions, tel qu’exposé au point 8) ci dessous,
deviendront des actionnaires du Compartiment absorbant.
- Le Compartiment absorbé est dissout sans liquidation par le transfert de l’ensemble de ses actifs et passifs dans le Compartiment absorbant.
- Le Compartiment absorbé cesse d’exister à la date effective de la fusion.
- La stratégie d’investissement du Compartiment absorbant n’est pas la même que celle du Compartiment absorbé, comme l’expose le tableau au point 2) concernant les
motivations de la Fusion et au point 6) concernant les différences entre compartiments. Les actifs sous-jacents du Compartiment absorbé non conformes à la stratégie
d’investissement du Compartiment absorbant seront par conséquent vendus plusieurs jours (en principe deux jours ouvrés) avant la Fusion, en fonction des conditions de
marché et dans l’intérêt des actionnaires. Les frais de transaction liés au rééquilibrage seront à la charge de BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg, la Société
de gestion des Compartiments absorbé et absorbant (la Société de gestion).
- Comme lors de toute Fusion, cette opération peut comporter un risque de dilution de la performance pour les Actionnaires absorbés, en raison, surtout, une différence de
stratégie (cf. Point 6).
- Les niveaux SRRI du Compartiment absorbé et du Compartiment absorbant dépendent de la volatilité de ces véhicules. Compte tenu de la possibilité d’investissement du
Compartiment absorbant en actifs à risque par le biais d’instruments dérivés, la volatilité du Compartiment absorbant est plus importante que celle du Compartiment
absorbé. Par conséquent, le SRRI du Compartiment absorbant est plus élevé.
4) Impact de la Fusion sur les Actionnaires absorbants
Veuillez noter les points suivants :
- La fusion n’aura pas d’impact pour les actionnaires du Compartiment absorbant.
5) Organisation de l’échange d’actions
En tant qu’actionnaire du Compartiment absorbé « PARVEST STEP 90 Euro », vous recevrez un nombre de nouvelles actions dans le Compartiment absorbant calculé en
multipliant le nombre d’actions que vous détenez dans le Compartiment absorbé par le rapport d’échange.
Les rapports d’échange seront calculés le lundi 17 décembre 2018 en divisant la valeur nette d’inventaire (VNI) par action de la Classe absorbée par la VNI par action de la
Classe absorbante sur la base de l’évaluation des actifs sous jacents réalisée le vendredi 14 décembre 2018.
Les critères adoptés pour l’évaluation des actifs et, le cas échéant, des passifs à la date du calcul du rapport d’échange seront les mêmes que ceux utilisés pour le calcul de
la VNI, tels que décrits dans le chapitre « Valeur nette d’inventaire » du Livre I du prospectus de la Société.
Les actionnaires inscrits au registre recevront des actions nominatives.
Les actionnaires titulaires d’actions au porteur recevront des actions au porteur.
Aucun montant en espèces ne sera versé au titre de la fraction de l’Action absorbante attribuée au-delà de la troisième décimale.
-
Politique
d’investissement
Compartiment « STEP 90 Euro » de PARVEST
D’une part, accroître la valeur de ses actifs à moyen terme grâce à une
participation à la performance des marchés d’actions européens et, d’autre
part, minimiser le risque de baisse de la valeur nette d’inventaire du
compartiment.
Afin de satisfaire son objectif d’investissement, le compartiment sera géré
sur la base de techniques d’assurance de portefeuille visant à ajuster
l’exposition entre « actifs à risque » et « actifs non risqués » en fonction de
la marge disponible, après prise en compte des paramètres de protection et
des anticipations du gérant à l’égard du marché.
Pour atteindre cet objectif, le compartiment investira au moins 2/3 de
son actif :
-
-
en OPCVM ou OPC, actions et/ou titres traités comme équivalents aux
actions et/ou swaps. En outre, l’exposition aux « actifs à risque » peut
prendre la forme d’instruments financiers tels que les options, futures
ou des contrats à terme liés à des indices répliquant les marchés des
actions européennes conformes à la Directive européenne 2007/16.
En tout état de cause, le recours aux instruments financiers dérivés
(dont des TRS) ne s’accompagnera jamais d’effet de levier dans la
mesure où l’engagement maximum résultant de ces instruments et
contrats ne pourra jamais excéder la valeur nette d’inventaire du
compartiment.
en « actifs non risqués » tels que les titres à taux fixes et/ou
instruments du marché monétaire et/ou titres traités comme
équivalents aux obligations libellées dans la devise du fonds ainsi que
les dérivés (dont des TRS [75 % d’effet de levier attendu]) sur ce type
d’actifs, avec une échéance inférieure ou égale à un an.
La part restante, à savoir au maximum 1/3 de ses actifs au maximum,
peut être investie dans d’autres valeurs mobilières, des instruments du
marché monétaire, des instruments financiers dérivés (dont des TRS)
et/ou des liquidités, et dans des OPCVM ou OPC.
Les investissements en titres de créance de toute nature n’excéderont pas
25 % de l’actif et ceux en OPCVM ou OPC, pas 10 % de l’actif.
Les investissements dans des devises autres que la Devise comptable du
compartiment seront couverts contre le risque de devise dans la mesure
du possible, conformément aux règles et restrictions spécifiques régissant
les investissements et visées dans le prospectus.
Compartiment « Seasons » de BNP Paribas L1
D’une part, accroître la valeur de ses actifs à moyen terme grâce à une
participation à la performance des marchés d’actions européens et, d’autre
part, minimiser le risque de baisse de la valeur nette d’inventaire du
compartiment.
Le compartiment sera géré sur la base de techniques d’assurance de
portefeuille visant à ajuster l'exposition entre « actifs à faible risque » et
« actifs à risque », en prenant en compte des restrictions de protection de
capital et des anticipations de marché du gestionnaire de portefeuille.
Le compartiment investit avant tout dans des « actifs à faible risque » pour
maintenir le niveau de protection de la VNI défini comme la VNI garantie
décrite ci dessous.
Elle consiste en un investissement dans un portefeuille de titres de
participation (entre 90-100 % d’« actifs à faible risque ») dont la
performance est échangée contre un taux de performance monétaire
(Euribor à 3 mois*) par le biais de TRS (50 % d’effet de levier attendu),
ainsi qu’en OPCVM ou OPC.
La partie du portefeuille disponible une fois pris en compte les paramètres
de protection de la VNI est investie dans des « actifs à risque » pour
soutenir la performance.
Cela offre une exposition aux marchés d’actions de la zone euro par le
biais d’une stratégie dynamique sur options d’achat et/ou négociation
à terme et via des OPCVM ou OPC.
Au moins 75 % de l’actif du compartiment sera investi en toutes occasions
en actions émises par des sociétés ayant leur siège dans un État membre
de l’Espace Économique Européen, autres que les états non coopératifs en
matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales.
Les investissements en OPCVM ou OPC n’excéderont pas 10 % de l’actif
du compartiment.
* Des informations relatives à cet indice de référence sont disponibles
sur le site Internet www. emmi-benchmarks.eu.
à la Date de révision anniversaire, à savoir le 16 décembre de chaque
année, le Seuil applicable sera remplacé par un Nouveau seuil égal à
90 % de la VNI établie le 16 décembre ou, s’il ne s’agit pas d’un jour
ouvré bancaire, le jour ouvré bancaire précédent (si le 16 décembre
n’est pas un jour ouvré bancaire). Le Nouveau seuil s’applique le
premier jour ouvré bancaire suivant la Date de révision anniversaire de
la garantie. Le Nouveau seuil peut être inférieur ou supérieur au Seuil
initial ou au seuil précédemment fixé ;
dès lors que la VNI augmente de 10 % par rapport à la VNI à laquelle
le Seuil applicable a été établi, le Seuil applicable est alors remplacé
par un Nouveau seuil égal à 90 % de la VNI à la date concernée et qui
s’applique à la Date de révision.
Le Seuil applicable ne peut être révisé à la baisse qu’à la Date de révision
anniversaire de la garantie. Le gérant informera le Garant de toute révision
du Seuil applicable.
Compartiment « Seasons » de BNP Paribas L1
Pour chaque trimestre (chaque saison), la VNI d’une classe d’actions est
au moins égale à 80 % de la VNI (hors dividendes, le cas échéant) de cette
même classe d’actions (la « VNI garantie ») observée il y a 12 mois, date
qualifiée de date d’observation (la « Date d’observation »), sous réserve
que cette classe d’actions ait effectivement été lancée il y a 12 mois, à la
Date d’observation ou avant.
En ce qui concerne la garantie, le 3ème vendredi de mars (printemps), juin
(été), septembre (automne) et décembre (hiver) est qualifié de Date
d’observation. La première Date d’observation est le 15 décembre 2017
(hiver 2017).
Par conséquent, la première VNI garantie sera la VNI de la Date
d’observation du 21 décembre 2018 (hiver 2018) et sera au moins égale
à 80 % de la VNI en date du 15 décembre 2017 (hiver 2017).
Les actionnaires qui demandent le rachat de leurs actions lors de
toute Date d’observation, à compter du 21 décembre 2018, verront
leurs ordres de rachat basés sur un prix de rachat au moins égal à
80 % de la VNI de l’action rachetée (la VNI garantie) observée le
3ème vendredi du même mois il y a 12 mois (la Date d’observation).
Conformément aux termes de l’accord avec le Garant, les actionnaires qui
demandent le rachat de leurs actions verront leurs ordres de rachat basés
sur un prix de rachat égal au minimum au seuil applicable (le « Seuil
applicable »).
Tout actionnaire du compartiment demandant le rachat de ses actions
pourra prétendre à la Garantie si le Seuil applicable est plus élevé que la
valeur nette d’inventaire. Le cas échéant, la Société de gestion et/ou le
gérant du compartiment appliquera la Garantie, conformément aux
procédures visées dans l’Accord de garantie.
Par ailleurs, les ordres de souscription et de conversion seront suspendus
jusqu’à ce que la valeur nette d’inventaire soit supérieure ou égale au
Seuil applicable pendant deux jours d’évaluation consécutifs.
Plus aucune garantie à compter du 16 décembre 2018.
Risque spécifique du • Risque de crédit
Marché
• Risque de liquidité
• Risque de liquidité
• Risque de contrepartie
• Risque de contrepartie
• Risque lié aux instruments dérivés
• Risque lié aux instruments dérivés
Profil type de
Ces compartiments conviennent aux investisseurs qui souhaitent minimiser le risque d’une réduction de la valeur nette d’inventaire du compartiment.
l’investisseur
SRRI
4
5
- Actifs à risque : exposition aux Marchés d’actions européens pour le Compartiment absorbé ; aux Marchés d’actions de la zone euro pour le
Principales
Compartiment absorbant
différences :
- Actifs non risqués : exposition à des instruments à revenu fixe et/ou du marché monétaire pour le Compartiment absorbé ; Investissements directs
• Politiques
en Actions européennes pour le Compartiment absorbant
d’investissement
- Garantie :
• Stratégie
d’investissement
90 % de la VNI de référence*, dans le Compartiment absorbé jusqu’au 15 décembre 2018, mais aucune à compter du 16 décembre 2018 ; 80 %
de la VNI de référence** dans le Compartiment absorbant
• Allocation
d’actifs
* Seuil applicable comme indiqué dans la présentation du Compartiment absorbé à la page 263 de la version actuelle du Prospectus de PARVEST
• Fonds garantis
** VNI garantie comme indiqué dans la présentation du Compartiment absorbant à la page 95 de la version actuelle du Prospectus de BNP Paribas L1
Renouvelée chaque année dans le Compartiment absorbé ; chaque trimestre dans le Compartiment absorbant
Payée directement aux actionnaires qui font racheter leurs actions dans le Compartiment absorbé ; payée au compartiment à la date de révision
dans le Compartiment absorbant
Bénéficie à toutes les actions rachetées dans le Compartiment absorbé ; bénéficie seulement aux rachats effectués aux 4 Dates d’observation
dans le Compartiment absorbant.
- Par exemple:
Supposons que la fusion est réalisée sur la base de la VNI du 19 juin 2018 (ou encore qu’un actionnaire demande le rachat de sa participation
dans le Compartiment absorbé et souscrit gratuitement des actions du Compartiment absorbant).
La VNI du Compartiment absorbé s’élève à 106,05 € et bénéficie d’une VNI garantie de 97,03 € jusqu’au 14 déc. 2018.
Le Compartiment absorbant est évalué à 97,52 € et bénéficie de 3 niveaux de garantie : 80,25 € au 21 déc. 2018 ; 79,91 € au 15 mars 2018 et
79,17 au 21 juin 2019.
Le rapport de conversion serait le suivant : 106,05/97,52 = 1,087469 action du Compartiment absorbant pour 1 action du Compartiment absorbé.
Nous pouvons ajuster les garanties du Compartiment absorbant afin qu’elles soient comparables à la garantie actuelle du Compartiment absorbé :
Nous obtiendrions une VNI s’élevant à 106,05 €, auparavant garantie à 97,05 € et désormais garantie à 87,27 € au 21 déc. 2018 ; 83,64 € au
15 mars 2018 et 86,09 € au 21 juin 2019.
Frais courants, dont 1,91 % (19 févr. 2018)
1,25 % (19 févr. 2018)
• Commission de Maximum 1,50 %
Maximum 1,00 %
gestion
Maximum 0,35 %
Maximum 0,12 %
• Autres frais
6) Différences importantes entre les Compartiments absorbé et absorbant
Les différences entre les Compartiments absorbé et absorbant sont les suivantes :
Caractéristiques
Objectif
d’investissement
Compartiment « STEP 90 Euro » de PARVEST
Jusqu’au 15 décembre 2018 :
Le Processus de gestion des risques (approche par les engagements) et le cycle de VNI sont les mêmes pour les deux Compartiments.
7) Conséquences fiscales
Cette Fusion n’aura pas de conséquence fiscale au Luxembourg pour vous.
Conformément à la Directive européenne 2011/16, les autorités luxembourgeoises sont tenues de transmettre aux autorités fiscales de votre État de résidence le produit brut
total résultant de l’échange d’actions dans le cadre de cette Fusion.
Nous vous recommandons de contacter un conseiller professionnel ou votre autorité fiscale locale pour tout conseil fiscal ou toute information supplémentaire sur les
conséquences fiscales possibles liées à cette Fusion.
8) Droit de rachat des actions
Vos options :
-
Si vous approuvez cette Fusion, aucune action n’est requise de votre part.
Si vous êtes en désaccord, vous avez la possibilité de demander le rachat sans frais de vos actions jusqu’à l’heure limite d’acceptation des ordres, le lundi 10 décembre 2018.
Pour les actionnaires du Compartiment absorbé qui demandent le rachat de leurs actions, le prix de rachat, comme lors de tout autre jour, ne sera pas inférieur
au Seuil applicable comme indiqué dans la présentation du Compartiment absorbé aux pages 263 et 264 de la version actuelle du Prospectus de PARVEST.
En cas de question, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 / AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
9) Autres informations
Tous les frais liés à cette fusion, dont les frais d’audit et de transaction, seront supportés par BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg, la Société de gestion des
deux Sociétés.
La fusion sera validée par PricewaterhouseCoopers, Société Coopérative, réviseur d’entreprises des deux Sociétés.
Les rapports de fusion seront indiqués sur le site Internet www.bnpparibas-am.com dès qu’ils seront connus.
Les Rapports annuel et semestriel et les documents légaux de la Société, les DICI des Compartiments absorbé et absorbant et les rapports du Dépositaire et du Réviseur
d’entreprises agréé au titre de cette opération sont disponibles auprès de la Société de gestion. Le DICI du Compartiment absorbant peut également être consulté sur le site
Internet www.bnpparibas-am.com, où les actionnaires sont invités à en prendre connaissance.
Cet avis sera également communiqué à tout investisseur potentiel avant toute souscription.
Veuillez consulter le Prospectus de la Société pour tout terme ou toute expression non définis dans cet avis.
Bien à vous,
Les Conseils d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
LA SÉANCE DU 28 SEPTEMBRE 2018
La Bourse de
Paris termine
la semaine
dans le rouge
•
Minée par l’annonce du déficit
public italien, la Bourse de Paris
a terminé la semaine sur une
note négative, le CAC 40 perdant
0,85 %, à 5.493,49 points, dans
un volume d’échanges nourri de
4,6 milliards d’euros. L’indice
parisien est ainsi repassé sous
la barre des 5.500 points qu’il
avait franchie mercredi pour la
première fois depuis fin août.
Depuis le début de l’année le
CAC 40 progresse de 3,41 %.
En Italie, la coalition au
pouvoir s’est mise d’accord
sur un déficit public à 2,4 %
du PIB pour les trois prochaines années. En zone euro,
l’inflation a accéléré en septembre à 2,1 % sur un an, audessus de l’objectif de la BCE.
Enfin, aux Etats-Unis, la confiance des consommateurs a
atteint un nouveau pic
en septembre.
Les valeurs bancaires ont
souffert, les investisseurs
s’inquiétant de leur exposition
à la dette italienne. Crédit
Agricole a reculé de 4,34 %,
BNP Paribas de 3,23 % et
Société Générale de 2,81 %.
Air France-KLM a rebondi et
terminé la séance en nette
hausse (+ 3,29 %). Le titre avait
commencé par baisser après
l’annonce du départ de Franck
Terner.
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
Départs en série à la direction
de Carrefour Banque
l Après le départ surprise du patron d’Orange Bank, la direction
de Carrefour Banque connaît un profond remaniement.
l Ces acteurs peinent à bousculer le marché sur le mobile.
BANQUE
Un an après
son lancement
en avril 2017,
le compte
C-zam lancé
par le géant de
la distribution
revendiquait
120.000 clients.
Photo Pascal
Sittler/RÉA
FAITES-vous partie
des 500 entreprises
les plus dynamiques
de FRANCE ?
Pour le savoir, inscrivez-vous
au Palmarès des Champions
de la croissance 2019 jusqu’au
19 octobre 2018 sur lesechos.fr*
Edouard Lederer
@EdouardLedrer
et Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Quelques jours après le départ surprise du patron d’Orange Bank, c’est
au tour de la direction de Carrefour
Banque de connaître un profond
remaniement. Selon nos informations, Julien Jaillon, son directeur
général, a quitté le groupe fin août.
Pour lui succéder, Frédéric Collardeau a été désigné. Ce dernier
présidait jusqu’à présent la filiale de
Carrefour chargée de créer de nouvelles solutions de paiement et a
passé l’essentiel de sa carrière à
La Banque Postale. Outre le dirigeant, ce sont quatre autres membres du comité de direction qui ont
quitté ces derniers mois ou vont
quitter la filiale bancaire du géant
de la distribution. Ces départs
« n’auraient pas de lien entre eux »,
estime une source interne.
Ils interviennent toutefois dans
un contexte particulier pour Carrefour. Avec l’arrivée aux commandes
du groupe de distribution d’Alexandre Bompard, une nouvelle génération de dirigeants s’est installée.
Mouvement très remarqué, Marie
Cheval, patronne de la banque en
ligne Boursorama de 2013 à 2017 – et
passée comme Frédéric Collardeau
par La Banque Postale pour contribuer à sa création en 2006 – a rejoint
les rangs de Carrefour l’an dernier.
Désormais directrice exécutive
d’Hypermarchés France, elle assure
aussi la supervision des services
financiers.
Pour Carrefour Banque – détenu à
40 % par BNP Paribas Personal
Finance et à 60 % par Carrefour –, les
défis sont nombreux. Touchée,
comme tous les spécialistes du crédit à la consommation par le durcissement de la réglementation, la banque a vu ses résultats s’éroder depuis
2010. En 2017, à la faveur d’une
réduction de coûts et d’effectifs, la
banque a vu néanmoins son résultat
net progresser de 30 %, à 38 millions
d’euros, cela malgré un produit net
bancaire en repli de 7 %, à 359 millions d’euros. Sur le front de la banque sur mobile, le compte C-zam
alliant un compte sans découvert et
une carte de débit à la manière d’un
Compte-Nickel, doit par ailleurs
encore faire ses preuves. Fin avril –
un an après son lancement –, l’offre
revendiquait 120.000 clients. Un
résultat que Carrefour annonce en
phase avec ses objectifs mais qu’il lui
faut parvenir à pérenniser. « Lors du
lancement, les hypermarchés
jouaient le jeu pour la mettre en
valeur dans les rayons. C’est plus compliqué aujourd’hui… », concède un
responsable syndical de la banque.
Outre le nombre de comptes
ouverts, Carrefour surveille aussi
leur activité, car un certain nombre
sont peu utilisés au quotidien.
« Stratégie omnicanale »
Si les situations et les offres de service diffèrent, les enjeux rencontrés
par Orange Bank et le compte
C-zam présentent des analogies.
« Les expériences des distributeurs,
opérateurs télécoms ou start-up dans
la banque mobile ne sont pas encore
parvenues à bousculer le marché, ces
acteurs ouvrent surtout des comptes
secondaires qui restent peu rentables », rappelle Julien Maldonato,
associé chez Deloitte.
Chez Carrefour, on fait en outre
valoir la volonté d’utiliser la banque
pour « mieux accompagner la stratégie omnicanale du groupe ». « La
banque verse des dividendes au
groupe, mais sans intégration opérationnelle forte. On perçoit une vraie
volonté de considérer toutes les activités de Carrefour en France comme
une “business unit” unique, quels que
soient les métiers, et de briser les silos,
ce qui est une bonne chose », indique
encore une source syndicale. n
DÉCRYPTAGE // Certaines néobanques
rencontrent des difficultés opérationnelles
et peinent à traiter les demandes des clients.
POURQUOI PARTICIPER ?
• Bénéficiez d’une couverture médiatique sans précédent
• Gagnez en notoriété
• Profitez de nouvelles opportunités de développement
*http://www.lesechos.fr/champions-de-la-croissance-2019
Néobanques : des modèles
qui n’ont pas trouvé
leur vitesse de croisière
S
i les néobanques concentrent les ouvertures de
comptes en France, elles
rencontrent encore de multiples
défis opérationnels. Jeudi, le
magazine « 60 Millions de consommateurs » a alerté sur des difficultés de fonctionnement chez
N26, liées à sa croissance rapide
en France. « Ces derniers mois, N26
a fermé un certain nombre de
comptes suscitant l’incompréhension de ses clients. Ces derniers se
sont tournés vers le service clients
qui a rapidement été inaccessible.
N26 et d’autres nouveaux acteurs
ont des problèmes de fonctionnement car ils grossissent très vite », a
fait valoir Lionel Maugain, chef de
rubrique à « 60 Millions de consommateurs ».
Chez N26, on indique que le
problème a concerné un « nombre
faible de clients ». Reste qu’il révèle
la difficulté qu’éprouvent les
néobanques à dimensionner leurs
centres d’appels et de traitement
pour gérer les demandes des
clients.
Le problème n’est pas spécifique
à N26. « Au lancement de C-Zam,
nous avons pu être parfois surpris
par le flux de clients ayant besoin
d’informations et nous aurions
sans doute dû faire mieux. Mais
ces difficultés sont derrière nous »,
expliquait en avril au site cBanque
le directeur de Carrefour Banque,
Julien Jaillon, qui a quitté le groupe
fin août. Le Compte -Nickel a
éprouvé des difficultés similaires :
initialement la société estimait être
à l’équilibre avec 150.000 clients.
Mais entre les dépenses de conformité et de gestion de la clientèle,
l a b a s e d e c o û t s s’e s t avé r é e
nettemen t plus imp ortante .
C ’e s t f i n a l e m e n t à p a r t i r d u
650.000 e client qu’elle a trouvé
son équilibre, en août 2017.
« Tâches effectuées
à la main »
Conçus avec des structures de coûts
très légères, ces acteurs ont, il faut
dire, beaucoup misé sur des outils
d’automatisation dont les résultats
sont parfois mitigés. « En dépit de
leurs efforts d’automatisation, les
néobanques doivent encore réaliser
beaucoup de tâches à la main, une
ouverture de compte promise en
quelques minutes peut ainsi prendre
plusieurs jours… » estime Julien
Maldonato, associé chez Deloitte.
— S. W. et E. Le.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
euronext
séAncE du 28 - 09 - 2018
CaC 40 : 5493,49 (-0,85 %) neXt 20 : 12325,37 (-0,52 %)
CaC larGe 60 : 6105,86 (-0,81 %)
CaC all-tradaBle : 4314,51 (-0,76 %)
Date De ProroGation : 26 octoBre
CAC 40
srD suite
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
11/05/18 1,05
a
fr0000120073
28/05/18 2,65
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a
nl0000235190
16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
17/05/18 0,09
a
31/05/18 1,7
a
fr0000120628
03/05/18 1,26
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
30/05/18 3,02
a
fr0000120503
02/05/18 1,7
caP-Gemini (cap) R
a
fr0000125338
carreFour (ca) R
04/06/18 1,7
a
fr0000120172
21/06/18 0,46
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a
fr0000045072
Danone (bn) R
22/05/18 0,63
a
fr0000120644
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fr0000130650
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11/10/17 0,35
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26/04/18 1,53
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vol.
nb titres
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+ haut
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44,22
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113,4
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101,55
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37,4
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110,05
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16,505
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67,18
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127,8
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12,665
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127,45
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570,6
576,8
565,4
461,7
467
458,9
304,6
310,25
303,8
62,78
63,36
62,7
207,7
209,5
206,6
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% mois
% 52 s.
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+ 1,28
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- 0,18
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- 0,66
- 0,72
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- 2,61
- 0,39
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- 1,84
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- 8,53
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- 22,11
- 0,72
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- 7,38
- 1,37
- 2,91
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- 0,15
+ 4,56
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- 0,64
- 3,18
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+ 50,94
+ 0,84
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- 11,06
- 1,2
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+ 33,12
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- 0,99
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- 0,92
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+ 16,75
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 2,84
48,95
41,3
2,37
+ 7,85
113,5
97,12
2,34
+ 30,34
3,4
111,16
31,86
81,33
1,39
- 1,16
30,765
24,05
- 15,53
130,55
96,7
1,66
- 6,41
27,69
20,495 5,44
- 15,33
68,66
50,06
5,73
- 14,04
45,98
35
4,57
+ 9,62
119,8
97,38
1,57
- 8,54
19,73
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15,54
11,105 5,09
- 4,65
71,78
62,24
2,85
+ 45,33
141
87,52
0,45
- 11,65
1,21
14,815 10,50
12,075 2,76
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105,35
1,2
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1,12
- 2,2
67,44
60,42
2,01
+ 12,3
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170,3
1,71
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ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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22/05/18 3,55
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05/06/18 0,4
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21/06/18 3,55
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29/05/18 1,6
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a
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a
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11/05/18 3,03
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02/05/18 2,2
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fr0000130809
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17/09/18 0,05
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a
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04/06/18 1,25
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ouv
vol.
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17,24
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1194769
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1.305.230.587
srD
clot
+ haut
+ bas
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120,2
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37,94
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17,265
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82,02
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81,16
22,17
22,3
21,96
% Veil
% mois
% 52 s.
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- 1,34
- 15,96
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+ 40,69
+ 0,11
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+ 2,99
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- 2,81
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- 12,84
- 1,42
-11,29
- 3,39
- 0,07
+ 3,2
+ 13,87
- 0,32
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+ 23,5
- 1,69
- 8,08
- 1,42
- 6,48
- 39,7
- 0,87
- 6,37
- 11,89
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- 1,3
+ 1,56
- 1,47
- 1,69
+ 6,51
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 13,89
130,85
98,04
3,45
- 5,11
15,235
13,315
2,18
+ 7,09
147,75
120,05
0,72
+ 37,01
25,4
16,455 2,28
- 9,13
63,18
48,96
3,89
- 11,21
100,8
69,75
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+ 40,5
122,25
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48,6
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3,01
- 13,92
0,23
22,97 68,95
15,035 0,33
+ 4,84
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+ 21,27
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3,34
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22,29
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88,8
77,56
2,15
- 1,12
24,87
20,26
2,03
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
aB science (ab) g
clot
% Veil % an
bpa
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+ bas % 52 s. + bas an rDt
B 4,04
4,002
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4
B 6,04
6,24
123300
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B 6,98
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acantHe DeV. (acan) g
c 0,616
0,614
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actia GrouP (ati) g
c 6,17
6,1
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6,1
aDocia (aDoc) g
B 16,8
16,46
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aéroPorts De Paris (aDp) G
a 190
193,9
118266
194,9
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altarea (alta) g
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3
2445
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10,56
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a 72,5
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a 58,2
58
2017
58,5
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27,1
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c 21,28
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a 369,7
369
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cie Du camBoDGe (cbDG)
a
/270918
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aBc arBitraGe (abca) g
fr0000079659
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
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-28,9
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6,08
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-20,15
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+ 24,52
1,295
- 0,85 - 16,55
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- 9,66
- 0,77 7550
- 7,866400
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ost
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1
1,12
1,65
3,49
1,67
0,91
1,13
3,21
3,87
2,09
2,16
3,45
0,61
1,94
1,21
1,81
4,38
0,94
0,47
2,76
0,54
1,66
2,52
1,27
4,31
1,42
0,92
2,79
ouv
vol.
nb titres
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
1,096
1,11
1,067
20,76
20,98
20,42
8,17
8,2
7,67
177,6
177,8
175,4
25,9
26
25,6
1594
1603
1573
128,75
129,25
127,8
39,16
40,36
38,92
4,598
4,732
4,562
110,4
114,6
109,2
6,76
6,96
6,74
32,83
33,12
32,68
15,125
15,265
14,97
96,16
97,12
95,44
3,465
3,67
3,465
13,34
13,34
13,03
20,28
20,42
19,97
4,4
4,42
4,355
91,05
91,45
88,75
7,3
7,75
7,28
37,15
37,15
35,8
67,85
68
67
3,17
3,17
3,06
489
491,4
485,6
8,09
8,145
7,975
20,36
20,4
20,15
97,4
98
97
51,84
52,54
51,74
116,8
118,4
115,4
14,72
14,8
14,68
808
810
798
67,95
69,4
67,7
89,75
89,95
88,75
59,6
59,6
59,2
378
380
378
1,13
1,135
1,13
0,152
0,157
0,152
143,8
147,2
143,7
50,2
50,2
50,04
19,98
20,64
19,94
1,85
1,9
1,81
1,512
1,536
1,512
11
11,005
10,75
19,58
19,62
19,22
- 1,97 +123,67
+29,55
1,223
+107,97
0,491
- 1,33 + 7,82
+ 2,57 21,62
+ 5,41
18,41
+ 1,11 - 8,35
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- 11,77
7,5
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+ 5,09 192
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+ 0,39 - 9,5
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+ 16,45 1267
+ 0,23 + 45,33
- 6,7
141
+ 50,94 87,52
- 3,07 - 6,53
+ 4,82 47,38
- 44,56 28,54
- 2,83 - 49,54
- 7,71
9,18
- 47,73
4,44
- 2,99 + 47,49
+ 2,99 119
+ 40,35 72,5
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+4
10
+ 8,86
5,8
- 0,61 + 35,77
- 5,36 35,95
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+ 6,44 15,78
+ 42,42
9,832
- 0,99 + 5,28
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+ 9,22 87
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+ 8,96
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3,1
+ 0,98 - 22,55
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+ 1,2 - 11,88
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17,94
- 7,95
+ 6,28
5,92
+ 7,84
3,49
+ 1,68 - 8,06
+ 9,76 167,2
+ 59,6
66,75
- 5,26 - 60,54
-20,65 19,57
- 68,38
7,28
+ 2,06 - 20,11
-14,79 48
- 5,83 34,3
- 0,15 - 7,48
+ 2,34 82,286
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- 9,43
- 1,25
3,61
- 8,65
2,95
- 3,66
+ 1,24 545,5
- 8,66 382,2
- 0,55 - 21,07
- 5,27
11,78
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7,17
- 0,15 + 5,52
- 2,82 21,64
- 17,19
15,275
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- 1,35 + 16,45
+ 2,64 120,4
+ 15,07 94,5
- 0,27 - 22,08
+ 0,82 19,5
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+ 5,03 84,6
+ 9,14
- 0,33 63,4
+ 7,39 54,4
- 1,56 - 22,85
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1,125
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+ 1,31 50,38
+ 32,07 49,1
- 3,01 - 16,47
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- 63,65
1,81
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- 7,69
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1,41
+ 0,92 + 2,61
+ 0,87 12,49
+ 7,68 10,11
- 0,51 - 17,64
-11,5
27,072
- 27,44 19,213
4,05
4,16
4,62
0,96
0,45
3,05
0,82
20,71
1,89
0,99
2,08
3,15
1,82
2,53
1,84
4,73
0,49
1,88
5,94
1,62
2,12
1,71
0,12
1,85
4,21
11,91
2,73
3,32
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
ost
vol.
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
GrouPe crit (cen) g
B 73
1338
fr0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
GrouPe Flo (flo) g
c 0,26
eX D s 13/06/17
21924
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
GrouPe GorGé (Goe) g
B 13,7
1894
fr0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
GrouPe lDlc (lDl) g
c 15,5
nom.
5016
fr0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
GrouPe PartoucHe (parp)
24,3
reGr.
267
fr0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
Gtt (Gtt) Gg
a 63,7
86245
fr0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
Haulotte GrouP (piG)
B 11,84
11514
fr0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
HiGH co (hco) g
c 5,15
8242
fr0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
HuBWoo (hbW) g
c
fr0004052561
icaDe (icaD) G
clot
+ haut
+ bas
70,9
73
70,9
0,252
0,26
0,252
13,5
13,7
13,48
15,48
15,52
15,4
24,3
24,3
24
65,3
65,9
63,7
11,72
11,84
11,6
5,12
5,19
5,12
136.345.527
a 79,65
79,6
91099
80,45
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
79,35
iD loGistic (iDl) g
B 154,8
154,4
1638
155
fr0010929125
5.628.475
153,8
iliaD (ilD) G
a 116,4
112,5
215362
117,65
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
111,75
imerYs (nK) G
a 63,85
63,6
129770
63,85
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
62,85
inGenico GrouP (inG) LR
a 64,9
65,44
521820
65,98
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
64,52
innate PHarma (iph) g
B 4,738
4,618
67169
4,77
fr0010331421
57.600.100
4,614
insiDe secure (insD)
c 2,675
2,66
37603
2,705
fr0010291245
44.119.162
2,64
inter ParFums (itp) g
B 44,5
44,05
10606
44,6
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
44,05
iPsen (ipn) G
a 145
144,8
105407
146,75
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
144,5
iPsos (ips) G
a 26,18
26,36
64426
26,66
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
26,12
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 21,6
20,6
30961
21,65
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
20,5
JcDecauX (Dec) G
a 30,9
31,5
240055
31,5
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
30,88
KauFman & BroaD (Kof)
B 41,5
40,4
40653
41,5
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
40,1
KlePierre (li) LR
a 30,43
30,53
787640
30,77
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
30,38
Korian (Kori)
a 31,5
31,36
108472
31,96
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,26
laFarGeHolcim (lhn)
a 42,37
42,52
253355
43,38
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
42,37
laGarDère (mmb) G
a 26,43
26,51
323742
26,59
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
26,3
latecoere (lat) g
c 4,015
4,01
80877
4,03
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
4
le Bélier (beli) g
c 38,2
38
11887
38,4
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
37,05
lna santé (lna) g
B 54
53,4
5675
54
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
53,3
lectra (lss)
B 22,5
22,45
17074
23,05
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
22,45
lineData sVices (lin) g
B 37,85
37,95
5391
38,6
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
37,2
lisi (fii) g
a 31,15
31,05
14158
31,35
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
30,95
lumiBirD (lbirD) g
c 14,26
13,7
22697
14,36
fr0000038242
15.884.557
13,62
m6-métroPole tV (mmt) G
a 17,85
17,36
172323
17,86
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,25
maisons Du monDe (mDm)
B 25,36
25,14
82989
25,5
fr0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
25,02
maisons France conF. (mfc) g B 38,9
37,75
3334
38,9
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
37,7
manitou (mtu) g
B 31,95
31,85
10942
32,25
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
31,75
marie BrizarD W & s (mbWs)
B 5,04
4,905
42947
5,04
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,8
mauna Kea (mKea)
c 2,9
2,84
39903
2,9
fr0010609263
23.147.338
2,835
mercialYs (merY) g
a 13,86
13,88
110543
13,92
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,81
mersen (mrn) g
B 30,75
30,25
47211
30,8
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
29,85
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,06
2,045
33538
2,06
fr0004177046
23.261.500
2,015
nanoBiotiX (nano) g
B 16,43
16,08
112487
16,43
fr0011341205
19.633.373
16,05
natiXis (Kn) LR
a 5,97
5,844
8089235
5,992
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,788
netGem (ntG) g
c 1,41
1,5
9622
1,52
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,41
neXans (neX) G
a 27,43
27,08
201143
27,6
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
27
neXitY (nXi) G
a 47,58
47,58
156514
47,98
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
47,04
nicoX (coX)
B 6,6
6,415
157588
6,615
fr0013018124
22.869.669
6,38
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,3
8,2
3370
8,4
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,2
oeneo (sbt) g
B 11,18
11,1
25260
11,4
fr0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
11,1
onXeo (onXeo) g
B 1,06
1,054
99914
1,064
fr0010095596
50.914.722
1,051
orPéa (orp) G
a 110,3
111,4
190029
111,4
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
109,75
Parrot (parro) g
B 4,85
4,7
63313
4,86
fr0004038263
30.174.671
4,65
PHarmaGest int. (pha)
60,1
58,9
2825
60,4
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
58,4
Pierre & Vacances (vac) g
B 28,2
28,05
2581
28,25
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
27,55
PiXium Vision (piX) g
c 1,924
1,894
107495
1,956
fr0011950641
20.813.963
1,89
Plastic omnium (pom) G
a 32,8
32,48
253546
32,87
fr0000124570
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32,28
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B
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0,25
Autres Valeurs de la Zone euro
Gemalto (Gto) L
nl0000400653
noKia (noKia) R
fi0009000681
ses (sesG) LR
lu0088087324
a 50,08
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22/05/17 0,43 90.920.356
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312676
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18,565
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23/04/18 0,68 359.506.172
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+ 0,2 + 1,41
50,2
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3,845
18,9
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18,99
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4,23
VAleurs Zone InternatIonale
General electric (Gne)
10,02
9473
usD 14/09/18 0,08 8.691.081.000
7,636
53045
Gb0005405286
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laFarGeHolcim ltD (lhn)
a 42,37
253355
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
scHlumBerGer (slb)
a 52,4
2446
an8068571086
usD 04/09/18 0,5 1.434.212.164
stallerGenes Greer (staGr) a 30,85
1726
Gb00bZ21rf93
19.738.742
us3696041033
HsBc (hsb)
9,85
10,02
9,75
7,679
7,687
7,564
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53,2
53,2
52,2
30,75
30,95
30,6
- 2,28
-10,29
- 52,09
- 0,03
+ 0,56
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51
- 20,15
+ 4,59 41,7
- 27,65 22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
36 // FINANCE & MARCHES
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
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c
altamirg
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b
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c
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b
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c
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c
blue solutionsg
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c
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b 29
29
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37
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c
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c
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c
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c
f.i.e.b.m.
c
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c
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b
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a
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c
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c
inventiva
b 8
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c 7
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c 6,12
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b 49
49
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c
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19
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tonna elect.
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auplata
biocorp
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cerTiFicaT/Fonds
312676
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c
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agta record
bras. ouest afr.
brass. cameroun
caterpillar inc.
cfoa
diageo
lilly and co
forestière eq.
geneurog
hexcel
b 71,5
c
b
71,5
71,5
71,5
61
350
90
+ 1,54
129,5
c
3,33
- 0,02
92,5 + 3,35
28
92,5
92,5
c
b 4,33
92,5
28
750
4,34
4,24
4,25 - 1,85
2593
52,5
Taux eT changes
changes : cours au comptant
cours
bce
var.
veille
en %
var.
année
en %
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FraNc suisse
1,1343
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7,4572
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9,4536
kuNa croate
7,4318
couroNNe suedoise
10,3195
dollar caNadieN
1,5023
yeN JaPoNais
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1,6062
rouble russe
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rouPie iNdieNNe
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dollar Neo-zelaNdais 1,7521
couroNNe tcheQue
25,7688
ForiNt hoNgrois
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lev bulgare
1,9559
dollar hoNg-koNg
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WoN sud coreeN
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21,7459
real
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1,5891
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7,0071
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ruPiah
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Peso PhiliPPiN
62,6927
riNggit Malais
4,8158
bath thalaNdais
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-1,33
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28-09-2018
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principaux taux directeurs
pays
taux de référence
taux en %
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eur
usd
gbp
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sek
dkk
jpy
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gbp
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28-09-2018
sek
dkk
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jpy (100)
cad
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1
28-09-2018
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1 mois
3 mois
jour
6 mois
1 an
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28-09-2018
6 mois
allemagne 100,23
portugal
-0,22
france
-0,01
espagne
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italie
-0,34
2 ans
5 ans
7 ans
10 ans
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0,50
0,05
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1,20
0,19
0,73
2,21
0,45
1,42
0,33
0,99
2,37
euromts
indice
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
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var %
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-0.38
-0.28
-0.65
-0.09
0.03
-0.34
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248,89
171,84
236,20
284,90
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234,24
0.68
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-0.54
1.06
2.22
-0.71
cours a TerMe de l’euro contre les principales devises
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
cad
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1,1628
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0,8906
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1,1343
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-0,0122
0,0161
0,0119
28-09-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base
0.75 %
usa
taux jour le jour
2.29 %
fOnDs feDeraux
2.25 %
2 ans
2.88 %
10 ans
3.06 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.08 %
0,0551 -0,0403
-0,0054 -0,0407
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btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,58
-0,56
-0,58
-0,58
-0,55
-0,33
0,21
0,86
indices de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
août 18
tmm
euribor
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tme
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tmor.
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euribor
tec
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the
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0,75
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0,82
0,82
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1,00
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1,03
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-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
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-0,371
-0,371
-0,369
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-0,371
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-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
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-0,319
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1,02
1,02
1,02
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114
29
39,8
0,035
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114
- 0,87
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671
345
11
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555
35
197532
34,97
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1
- 4,58
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10,45
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26,4
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151
2
1
890
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13
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20074
7454
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148 + 2,07
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MaTières preMières
MéTaux précieux
MéTaux non Ferreux
MéTaux sTraTégiQues
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
28/09
27/09
COURS PriMe Prec.
lingot
32870
0
32610
10 florins
204,5
2,83
203
5 dollars*
289,5
17,12
289
10 dollars
566
14,49
560
20 dollars
1130
14,25
1130
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1245,75 1,06 1244,75
latine
193
1,13
193
napoleon
198
3,75
195
1/2 napoleon* 110
15,28
110
souverain eli i* 256
6,4
256
souverain
247,8
2,99
247,8
1/2 souverain* 127
5,57
127
suisse
191,4
0,29
191,4
tunisienne*
193
1,13
193
mark*
240
1,98
250
krugerrand
1095
7,11
1095
lingotin 500grs 16900
2,83 16900
lingotin 250grs 8500
3,44
8470
lingotin 100grs 3400
3,44
3400
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
476,47
474,93
cuivre (girm):
Londres
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
30 074
29 515
Fix2
30 348
29 383
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
22 459
22 761
Fix2
22 608
22 361
London BuLLion MarKeT
28/09
27/09
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 462
1 420
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 187
1 185
palladium (eN dollars Par oNce troy)
1 094
1 067
platine (eN dollars Par oNce troy)
815
812
neW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
settleMeNt
28/09
déc. 18
14,71
JaNv. 19
14,75
Mars 19
14,82
Mai 19
14,9
Juil. 19
14,98
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
settleMeNt
27/09
14,28
14,28
14,39
14,45
14,55
settleMeNt
28/09
déc. 18
1196,2
avr. 19
1207,4
JuiN 19
1213,2
aout 19
1219
déc. 19
1231,3
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
28/09
818,7
822,4
826,5
831,8
839,2
27/09
1186,4
1199,6
1205
1211
1223,2
settleMeNt
27/09
809
813,4
817,5
823,3
855,1
cathodes : 5516 a coMPter du 28/09/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
631,47 dePuis le 28/09
base laMiNé laitoN 1 titre 530,47 dePuis le 28/09
base laMiNé laitoN 70/30
539,65 dePuis le 28/09
base laMiNé laitoN 85/15
585,55 dePuis le 28/09
base laMiNé broNze 94/6
716,29 dePuis le 28/09
base laMiNé broNze 94/4
688,02 dePuis le 28/09
London MeTaL exchange
28/09
27/09
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1340-1350
1400-1450
13560
1345-1355
1450-1500
13560
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2028-2030
2051-2051,5
994625
2056-2056,5
2080-2081
999925
cuivre (en $ par tonne)
cash
3 Mois
stocks
6221,5-6222
6223-6225
209900
6257-6257,5
6271-6272
210900
etain (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
19015-19020
18950-19000
2865
18920-18925
18900-18950
2865
12615-12620
12725-12730
228870
éLecTriciTé
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
28/09
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
clôture
12890-12895
12975-12980
229152
plomb (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1974,5-1975
1988-1990
116300
1996-1996,5
2013-2015
116225
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2551-2552
2537-2539
203650
2545-2546
2524,5-2525,5
199200
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
28/09
2,79
2,8
2,81
2,81
27/09
2,76
2,77
2,78
2,79
vol
339
343
95074
103
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
28/09
70,8
71,5
78,85
78,04
KuaLa LuMpur
settleMeNt settleMeNt
Jou r
28/09
18950
27/09
18950
vol
clôture
27/09
40,69
46,28
clôture
27/09
71,49
71,94
80,14
78,65
vol
364004
192492
vol
clôture
clôture
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
aout 19
28/09
72,31
72,09
71,84
71,51
71,16
27/09
71,25
71,05
70,8
70,5
70,18
477,5
452,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
93,2
93,92
527
495
92,6
93,83
524,5
492,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
28/09
19,87
clôture
settleMeNt settleMeNt
vol
27/09
27,45
27,5
27,65
gaz naTureL
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
28/09
3
3,09
3,16
vol
clôture
vol
27/09
3,06
3,13
3,21
clôture
27/09
28,34
vol
vol
3
settleMeNt settleMeNt
28/09
oct 2018 27,65
Nov 2018 28,07
dec 2018 28,2
27/09
28,49
28,82
28,95
27/09
80,2
77,78
78,36
60597
16013
8271
3723
1697
clôture
clôture
28/09
27/09
déc. 18
1529
1538
Mars 19 1559
1566
Mai 19
1545
1579
Juil. 19
1562
1593
sePt. 19
1576
1604
new york (eN $ Par toNNe)
vol
10109
10079
4452
3860
2657
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
déc. 19
28/09
2057
2082
2099
2138
2159
27/09
2126
2153
2165
2198
2221
vol
28224
16839
6459
1160
1056
28/09
344,4
352,7
365,7
27/09
358,9
366,6
377,4
vol
settleMeNt settleMeNt
settleMeNt settleMeNt
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
28/09
27/09
Nov. 18
9,78
9,8
JaNv. 19 9,98
10,06
Mars 19 10,15
10,2
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
vol
28/09
27/09
Nov. 18
1516
1517
13744
JaNv. 19 1541
1513
9461
Mars 19 1555
1529
4578
Mai 19
1570
1539
1073
Juil. 19
1585
1556
276
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
19720
7418
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
28/09
102,45
105,85
108,25
112,9
27/09
99,2
102,6
104,95
109,6
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
34024
9811
3471
1088
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
Jou r
28/09
27/09
112,45
115,7
vol
548
31
settleMeNt settleMeNt
28/09
176,15
178,5
180,1
vol
27/09
176,45
0
0
72
veau vivaNt - bresil - brl :
151.1
le 27/09//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.1345
le 27/09//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.58175
le 27/09//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.62175
le 27/09//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
le 02/03//17
indices
rJ crb
settleMeNt settleMeNt
558
279
30
BeTaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
1035
365
273
28/09
27/09
déc. 18
356,25
365
214856
Mars 19 368
376,75
61044
Mai 19
375,75
384,25
21475
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
vol
clôture
vol
28/09
27/09
Nov. 18
174,5
176
JaNv. 19 176,5
178,5
Mars 19 180
181,5
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
jus d’orange
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
27/09
10,93
11,05
11,18
11,53
12,19
settleMeNt settleMeNt
28/09
27/09
déc. 18
509
513
366
Mars 19 527,25
530,75
3
Mai 19
538,25
541,25
mais à paris (eN euros Par toNNe)
caFé
Bois
settleMeNt settleMeNt
3
28/09
11,2
11,29
11,41
11,74
12,39
vol
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 98.52
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
new york (cont. n°2 - cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
Mars 10
clôture
vol
vol
coTon
28/09
76,76
76,37
77,29
clôture
settleMeNt settleMeNt
28/09
27/09
déc. 18
201,5
200,75
16519
Mars 19 204,5
203,75
5273
Mai 19
205,5
204,25
2266
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
28/09
27/09
déc. 18
264,75
259,5
Mars 19 265,5
263
Mai 19
267
260,5
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
iNdice cotlook a : 87,95, le 28/09//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
vol
6155
4298
1080
405
313
settleMeNt settleMeNt
nymex ( eN $ Par Mbtu)
clôture
clôture
cacao
uraniuM
28/09
27,45
27,5
27,65
clôture
28/09
27/09
déc. 18
319,4
313,1
Mars 19 318,5
314,5
Mai 19
321,5
317,4
aout 19 326,5
321,1
oct. 19
330,4
324,7
new york (eN ceNts Par lb)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 26/09/
Prix indicatif : 2098,36
londres (eN £ Par toNNe)
uranium nymex (en $ par lb)
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
vol
27/09
19,87
powernext gas futures
28/09
27/09
Nov. 18
724,25
712,75
72563
Fév. 19
718,25
706
11163
Mars 19 716,75
704,25
6461
avr. 19
714,5
702
2039
Mai 19
712,5
700,25
2788
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
479,5
454,5
sPot
céréaLes
11 cts/lb
londres (eN dollars Par toNNe)
685,5
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
clôture
28/09
27/09
Jour
82,79
81,72
JaNv. 19 82,24
80,93
113217
Fév. 19
81,83
80,58
66051
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
sucre
london daily price:
28/09
Nord da 27,87
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
produiTs péTroLiers
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
688
powernext gas spot
produiTs péTroLiers
clôture
etain (en dollars par tonne)
27/09
antimoine 99,65% (par tonne)
8600
8600
bismuth 99,99% (par lb)
4,55
4,55
cadmium 99,95% (par lb)
1,25
1,25
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
33,5
33,5
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
29,3
29,3
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
14
14
silicium (par tonne)
2000
2000
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
28/09
vol
112.45
28/09
27/09
201,01
199,98
reuters coM. 2313,83
2305,42
Moodys coM. 5646,82
5603,53
or iNdustriel 33061
33078
lMex
2990,1
2949,1
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 37
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
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Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
564,32 27/09
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255,25 27/09
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559,37 27/09
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
177,13 27/09
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108,41 27/09
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291,47 27/09
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
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103,71 27/09
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488,33 27/09
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synchrony (lu)
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154,58 27/09
LU0104884860 Pictet-Water
298,3
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
316,15 27/09
544,74 28/09
LU1279334210 Pictet-roBotics
27/09
code isin
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
253,35 27/09
87,55 27/09
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0280430660 Pictet-clean energy
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
27/09
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Languedoc-Roussillon et laisse Montpellier à
Hélène Mandroux. Elle a besoin d’un DGS et
Jules Nyssen trouve là l’occasion de s’éloigner
de Paca. Il restera six ans à la direction de la
mairie jusqu’à l’arrivée de Philippe Saurel,
avec qui la collaboration capote.
Il effectue alors un nouveau virage en
créant un cabinet de consultants spécialisé
dans les politiques publiques. La région tente
de monter une filière autour de la plaisance,
elle le charge de monter la participation pour
le Vendée Globe 2016 du skipper Kito de
Pavant, basé à Port Camargue. Le bateau sera
coulé pendant la course par un cachalot...
mais c’est une autre histoire.
par Matthieu Quiret
@MQuiret
DR
Jules Nyssen
le diplomate
des régions
Courtoisie
Tisser « une relation équilibrée entre les collectivités et l’Etat ». En prenant la direction générale de l’association Régions de France ce
lundi, Jules Nyssen s’est donné une ambition
qui frôle l’utopie, vu l’ambiance des derniers
jours. A Marseille, les présidents de région
ont ferraillé sec la semaine dernière avec le
gouvernement, prenant la tête de la fronde
des élus locaux. Ca tombe bien, cet agrégé
d’économie de 52 ans ne goûte rien tant que
les retournements de situation.
Au début de sa carrière à l’université d’AixMarseille, il s’entiche déjà des sujets territoriaux en enseignant la décentralisation dans
un DESS sur le développement local. L’angle
d’attaque lui ouvre le cabinet du président
socialiste de la région Paca, Michel Vauzelle.
Il tâte en parallèle de la politique locale à
Arles comme conseiller municipal. La ville
antique est le bastion de la famille où rayonne
la maison d’édition Actes Sud, fondée par son
père, et que sa sœur, Françoise Nyssen, finit
par reprendre. La mairie, elle, est tenue par
un communiste déjà très branché culture.
ENTREPRISES
CAMAÏEU INTERNATIONAL
Nicolas Woussen
devient président.
Nicolas Woussen, 42 ans, diplômé
de HEC, a exercé les fonctions de
directeur adjoint fusions-acquisitions dans le groupe Casino dès
2005. Il est ensuite devenu directeur général finance chez
Cdiscount en 2010, puis directeur
général finance et M&A de
Showroomprive.com en 2015. C’est
« Une liste d’union de la gauche », préfère Jules
Nyssen. Vauzelle finit par le nommer directeur général des services (DGS) en 2004. JeanPierre Raffarin vient alors de donner un
grand coup d’accélérateur à la décentralisation, offrant aux régions sur un plateau les
lycées, les ports ou les aéroports. Le DGS se
retrouve à embaucher à tour de bras, les effectifs du conseil régional passent de 1.500 à
5.000 agents. « J’ai tissé de nombreux liens
avec les DGS à cette époque-là. »
Plaisance et cachalot
C’est aussi la période des financements douteux du socialisme « bouillabaisse » dans les
Bouches-du-Rhône. Jules Nyssen est pris dans
la nasse d’une affaire de subventions régionales aux politiques de la Ville. Mis en examen en
2009, il est blanchi par un non-lieu trois ans
plus tard. « Il faudrait clarifier le rôle des élus et
de leur administration », en retient-il comme
leçon, tout en sous-entendus.
Entre-temps, en 2008, après les municipales, Georges Frêche prend la région
en 2017 qu’il a rejoint le groupe
Camaïeu en tant que directeur
général adjoint finance. En parallèle, il est administrateur indépendant de Maisons du Monde.
NOVARTIS PHARMACEUTICALS FRANCE
Monika Jänicke
devient directrice générale.
Elle siégera au comité exécutif
européen et au comité exécutif
France.
Monika Jänicke, 54 ans, a effectué des études de chimie à l’uni-
En 2015, l’homme d’affaires François Fontès,
qui vient de racheter la moitié des parts de
l’agence de Jean Nouvel, lui propose de rationaliser la structure. Jules Nyssen s’est déjà
frotté à l’architecte star, qui a construit l’hôtel
de ville flambant neuf de Montpellier. Pendant un an et demi, le nouveau président exécutif de cette PME de 100 salariés réduit les
effectifs, gère la fin de l’aventure du Louvre
Abu Dhabi. « Cela demandait beaucoup
d’énergie », dit-il sobrement de son départ de
l’atelier d’un artiste réputé ingérable.
En mars 2017, il traverse la France et prend
la tête de la délégation Nord-Pas-de-Calais du
Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) et de l’Inset de Dunkerque.
Quelques mois plus tard, il offre ses conseils à
sa sœur, qui vient de se jeter dans le marigot
de la politique. Au début de l’été, un cabinet de
recrutement le contacte pour travailler au
côté d’Hervé Morin, le président de Régions
de France. Sa courtoisie ne sera pas de trop
pour ramener à la table des négociations le
centriste normand très en pétard contre la
Macronie. n
versité de Constance (Allemagne) avant d’obtenir un doctorat
de l’université de Zurich. En
2003, elle a rejoint Novartis
Pharma Suisse où elle a d’abord
dirigé la division ophtalmologique, puis l’ensemble de la franchise primary care. En 2007, elle
a pris la direction du marketing
en médecine générale, avant de
devenir directrice générale de la
filiale suisse Novartis Pharmaceuticals en 2009 puis d’assurer
la direction du site de Rotkreuz
dès 2013.
LA BANQUE POSTALE
Sarah Bouquerel
devient directrice générale
de La Banque Postale IARD.
Depuis le 1er septembre,
elle est directrice adjointe
du pôle assurance de la Banque
Postale et membre du comité
de direction générale.
Sarah Bouquerel, 42 ans, ancienne
élève de l’Ecole polytechnique,
diplômée de l’IEP de Paris, est
actuaire. En 2007, elle a intégré la
direction financière du groupe
AXA comme chargée d’affaires en
fusions-acquisitions et responsable du corporate finance sur la zone
Asie-Etats-Unis dès 2009. Devenue
directrice du contrôle de gestion
vie, assurance de personnes et banque d’AXA France en 2012, elle a été
nommée, en 2015, directrice générale déléguée de Natio Assurance
(joint-venture entre AXA et BNP
Paribas Cardif), fonction cumulée,
à partir de 2016, avec celle de directrice commerciale et relation client
d’AXA Direct France.
COVAGE
Jean-Luc Achard
est le nouveau directeur des
systèmes d’information du groupe.
Jean-Luc Achard, 54 ans, titulaire
d’une maîtrise informatique appliquée à la gestion (Miage) de l’université de Paris-XI, a d’abord officié
chez Cap Gemini et chez Accenture. Il a accompagné des entreprises comme LCL, Cegetel, SFR et
BNP. Durant son parcours, il a également piloté l’industrialisation et
l ’o p t i m i s a t i o n d e s s ys t è m e s
d’information d’entreprises telles
Virgin Mobile et Sarenza.
BNP PARIBAS REAL ESTATE
Séverine Chapus
devient directrice
du développement de grands
projets mixtes. Elle intègre
la gouvernance de l’activité
promotion et le comité exécutif
international.
Séverine Chapus, 35 ans, diplômée
de HEC, a débuté chez Bouygues
Construction. Elle a dirigé, pour le
gouvernement, les programmes
d’investissements d’avenir consacrés à l’innovation urbaine avant
d’être vice-présidente villes et territoires chez Dassault Systèmes. Elle
a cofondé l’entreprise Barges &
Berges.
SECTEUR PUBLIC
CCMSA
François-Emmanuel Blanc
succède ce lundi à Michel Brault
à la direction générale de la
Caisse centrale de la mutualité
sociale agricole.
François-Emmanuel Blanc, 59
ans, titulaire d’un DEA en droit
p u b l i c (A i x - e n - P r ove n c e) e t
diplômé de l’EN3S (Saint-Etienne),
a débuté à l’Urssaf du Loiret avant
de devenir directeur de l’administration générale à la CRAM du
Centre (1986-1992), puis directeur
de production à la CPAM du Loiret
(1992-1994) et enfin directeur de la
gestion interne à la CPAM de Seine-Saint-Denis jusqu’en 2000. Il fut
ensuite directeur général de l’ARS
Poitou-Charentes (2009-2014)
avant de diriger des CPAM du Puyde-Dôme de 2000 à 2006 et des
Bouches-du-Rhône (2006-2009) et
de devenir directeur général de
l’ARS Poitou-Charentes jusqu’en
2014. Il était, depuis janvier 2015,
aux commandes du groupe Ahnac
(Association hospitalière nord
artois clinique) en qualité de directeur général.
ILS SONT NÉS
UN 1ER OCTOBRE
Jean-Jacques Annaud,
réalisateur, 75 ans.
Pierre Barnabé, COO Big Data
& Security d’Atos, 48 ans.
Christophe Beaux, ex-PDG de
la Monnaie de Paris, 52 ans.
Bernard Carayon, homme
politique, avocat, 61 ans.
Jimmy Carter, 39e président
des Etats-Unis, 94 ans.
Nicolas Chaput, CEO and CoCIO d’Oddo BHF Asset
Management, 56 ans.
Lionel-Guy Chouchan,
publicitaire, fondateur du
Festival de cinéma américain
de Deauville, 81 ans.
Michel Giraud, président du
conseil de surveillance de la
société financière Lincoln,
72 ans.
Isabelle Guichot, directrice
générale de Maje, 54 ans.
Isabelle Guion de Méritens,
générale de gendarmerie,
56 ans.
Theresa May, Première
ministre du Royaume-Uni,
62 ans.
Arnold Migus, chercheur,
70 ans.
Youssou N’Dour, musicien,
59 ans.
André Rieu, violoniste, 69 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 1 octobre 2018
er
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Le gendarme de Wall Street rend un fier
service aux actionnaires de Tesla.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
« Les Echos »
+
Un Elon bien maîtrisé
Mounir Mahjoubi Secrétaire
d’Etat chargé du Numérique
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Emmanuel Macron
a présenté, il y a six mois, le plan stratégique de la France
en matière d’intelligence artificielle. Où en est-on ? « Il y a
un nouveau directeur à la tête de l’Inria qui sera l’établissement pôle qui va organiser et structurer la recherche sur
l’intelligence artificielle. Les laboratoires qui vont en faire
partie ont été identifiés : c’est le premier chemin sur
la recherche publique. Le deuxième chemin, c’est l’investissement grâce au fonds d’investissement sur les innovations
de rupture. […] Deux priorités pour 2018 : l’intelligence
artificielle appliquée au diagnostic médical, et l’intelligence
artificielle pour expliquer les algorithmes. Ces deux premiers
challenges vont fait l’objet d’un appel à projets en 2018 pour
financer de 20 à 100 millions d’euros par projet », déclare
Mounir Mahjoubi.
PARIS 2020 Mounir Mahjoubi est-il candidat à la Mairie
de Paris dans le cadre des élections municipales de 2020 ?
« Cette question se décidera dans quelques semaines, dans
quelques mois. Ce qui est important, c’est que La République
En marche a décidé de s’ouvrir aux Parisiennes et aux
Parisiens. A partir du 3 octobre, nous serons à l’Alhambra
avec plusieurs ministres, tous les adhérents et les “marcheurs”
de Paris pour dire que nous sommes un mouvement ouvert
et que, pour les prochaines municipales, nous voulons
construire ce collectif qui ira réunir des écologistes jusqu’à
la droite. »
Interview réalisée par Benoît Georges
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Imaginer qu’un tweet puisse interdire l’exercice d’une présidence… Au Capitole, les démocrates en rêvent. A Wall Street, le gendarme boursier l’a fait. Pour
avoir tweeté début août qu’il avait obtenu un « financement sécurisé » pour retirer Tesla de la cote, alors que le projet était plus que dans les limbes, Elon
Musk va perdre son siège de président du conseil d’administration pour trois
ans, une première dans l’histoire du gouvernement d’entreprise. Les fidèles
de l’entrepreneur américano-sud-africain se sont offusqués qu’un carabinier
qui manie de moins en moins le bâton s’en prenne à l’un des patrons les plus
« visionnaires » de la Silicon Valley, et aussi le plus fantasque. Sa crédibilité en
matière d’annonces et d’objectifs n’est-elle pas déjà proche du zéro absolu régnant dans l’espace qu’il affectionne ? La SEC (Securities and Exchange Commission) n’en rend pas moins un fier service aux actionnaires de Tesla. Elle
leur offre une occasion inespérée de « mettre quelques adultes dans la pièce »,
comme on dit à la Maison-Blanche. Ce énième épisode de gouvernance, aussi
fascinant que le spectacle des fusées de Musk, a en effet révélé la face de moins
en moins cachée du fondateur de PayPal, de Tesla et de SpaceX, son impulsivité, son émotivité et son irrationalité capables de mettre en péril tout l’édifice,
et que le management de Tesla tente tant bien que mal de gérer sans l’appui
d’un conseil fantoche. Les investisseurs gardent l’essentiel, un Elon comme
administrateur et directeur général, mais mieux maîtrisé.
C-zam 34
Deutsche Telekom 24
Facebook 15
FreeWheel 27
Goldman Sachs 30
Hardrige 28
Huawei 24
Hypermarchés France
34
La Banque Postale
34
Maroquinerie Thomas
29
Nokia 24
Orange Bank 34
Samsung Electronics
24
AVIS FINANCIER
BNP Paribas AM 23, 33
EDITORIALISTES
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (Le Crible)
LES ECHOS EXECUTIVES
RÉDACTRICE EN CHEF Muriel Jasor
LES ECHOS WEEK-END
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Henri Gibier
RÉDACTEURS EN CHEF Gilles Denis,
Karl de Meyer et Lucie Robequain
DIRECTRICE ARTISTIQUE Cécile Texeraud
SÉRIE LIMITÉE
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DIRECTEUR STRATÉGIE ET COMMUNICATION Fabrice Février
PUBLICITÉ Les Echos Team Media Tél. : 01 87 39 78 00.
PRÉSIDENTE Corinne Mrejen
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 28 SEPTEMBRE 2018 : 115.497 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de OJD-Diffusion contrôle CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Ce numéro comporte un 3e cahier de 8 pages « Les Echos Exécutives »
Les banques redeviennent des thermomètres
de l’aversion au risque.
« Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. » C’est d’ailleurs à la
Journée mondiale des sourds que Matteo Salvini a défié Bruxelles avec
son déficit budgétaire sorti des clous : « Je m’en fiche, je le fais quand même. »
Un dialogue de malentendants ne ferait pourtant que rendre très audible le
verdict parfois autoréalisateur des agences de notation, attendu ce mois-ci.
A Wall Street heureusement, la petite musique de la confiance de la consommation américaine a couvert le bruit italien. De quoi calmer les investisseurs habitués aux brusques épisodes de volatilité, mais quand même
dépités de s’être laissé amadouer par les argentiers romains. L’écart de rendement de la dette italienne est revenu à son niveau de fin août. La chute
d’Intesa Sanpaolo (–8,4 %) ou d’UniCredit (-6,7 %) a effacé en partie leur ascension de septembre. Selon UBS, un écartement du spread de 1 point de
pourcentage ampute le ratio de solvabilité des six principaux prêteurs de la
Botte, de 0,2 à 0,5 point selon les cas. Tous les actifs jugés à tort ou à raison
exposés à l’Italie ont trinqué, y compris des grandes banques européennes.
Vu la multiplication des risques géopolitiques, les Européens feraient bien
de s’entendre. En attendant, les gérants traquent les indices de « momentum » positifs ou négatifs. Les valeurs bancaires avec leurs obligations
d’Etat au bilan sont l’un des thermomètres de l’aversion au risque. Pour séduire comme valeurs « value » (vu la décote sur actif), il faudrait des vents
porteurs et non contraires.
EN VUE
Les Echos est une publication du
PRINCIPAL ASSOCIÉ UFIPAR (LVMH)
PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL Pierre Louette
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RÉDACTEURS EN CHEF
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et opérations spéciales)
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Guillaume Maujean (Finance-Marchés)
Pascal Pogam (Information
et transformation digitale)
RÉDACTEUR EN CHEF TECHNIQUE Didier Boileau
DIRECTEUR DE CRÉATION Fabien Laborde
DIRECTRICE ARTISTIQUE ADJOINTE
Marion Brisson
Dialogue de sourds
EasyJet n’éclaircit pas l’horizon aérien,
malgré ses bons chiffres.
SCOR 15
Slack 26
Société Générale 34
SolarCity 32
SpaceX 32
Storefront 27
Südzucker 20
Tereos 20
Tesla 32
Travaux Publics
Rouennais 28
Universalis 26
Verizon 24
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION & PRÉSIDENT DE LA SAS LES ECHOS Pierre Louette
Edité par Les Echos, SAS au capital de 794.240 euros RCS 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
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ÉDITRICE DÉLÉGUÉE Capucine Marraud des Grottes
DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
« Les optimistes ont inventé l’avion, les pessimistes le parachute. » S’appliquant à n’être ni l’un ni l’autre, les prévisionnistes aériens peaufinent surtout la ceinture de sécurité. Car les temps deviennent plus durs pour les
compagnies européennes, entre la hausse du brut, l’inflation salariale et les
incertitudes du Brexit, sans oublier la réforme de l’heure d’été, comme le
soulignent les experts d’AlphaValue. La publication préliminaire d’easyJet
confirme cette prudence à l’horizon. Si son bénéfice avant impôt à fin septembre se situe tout en haut de la fourchette visée, son plan de vol pour le
nouvel exercice annuel intègre la fin de l’effet porteur tiré des faillites de
concurrents et des difficultés sociales de Ryanair. Et surtout, sa facture de
carburant devrait s’envoler d’un quart, avec une poussée par siège ramenée
à la moitié de ce chiffre compte tenu de la hausse d’un dixième de la capacité déployée. La low cost de Luton n’en poursuit pas moins ses gains d’efficacité : les coûts au siège, hors énergie, essaieront de rester plats comme un
tarmac. Et sa descente boursière depuis le 15 août (–15 %), concomitante
avec le décollage du brent (+17 %), ne l’empêche pas d’avoir conservé un palier positif depuis un an (+8 %). Le surcoût énergétique budgété – de 55 à
105 millions de livres pour un prix du fuel de 700 à 760 dollars la tonne – représente un handicap de plus de 10 % du bénéfice avant impôt. La disparition des pertes générées par la reprise des actifs de feu Air Berlin à Tegel
permettrait de l’éponger en totalité. Autant dire que la City sera plus sereine
quand elle verra le retour à l’équilibre outre-Rhin, promis pour cette année.
Not so easy
LES ENTREPRISES CITÉES
Airbus Helicopters
16
Air France-KLM 34
BNP Paribas 34
BNP Paribas Personal
Finance 34
Boursorama 34
Carmat 29
Carrefour 34
Carrefour Banque 34
Cisco 24
Compagnie des Alpes
29
Compte-Nickel
34
Crédit Agricole 34
Cristal Union 20
crible
C
Giovanni Tria
’est sa fête ! Giovanni Tria, qui
célébrait ses 70 ans vendredi, a eu
droit à une « soufflante » de la
part des autorités bruxelloises. De tous
les Italiens, c’était pourtant le chouchou
jusqu’alors : en plus de souhaiter le maintien dans l’euro, le ministre italien de
l’Economie et des Finances s’était érigé
comme le rempart aux folles ambitions
du gouvernement populiste. Las ! Le bon
élève s’est fait bousculer par les cancres.
Le leader du Mouvement 5 étoiles, Luigi
Di Maio – deux fois plus jeune que lui –, a
remporté la bataille budgétaire et convaincu le Premier ministre de creuser les
déficits, bien au-delà de ce que pouvait
craindre Giovanni Tria. S’il s’appelait
Nicolas Hulot, il aurait déjà démissionné.
Le président de la République, Sergio
Mattarella, l’a d’ailleurs appelé jeudi soir
pour lui demander de rester en place, au
nom de l’intérêt national. Plutôt habitué
aux couloirs universitaires – il a enseigné
l’économie et dirigé l’équivalent de l’ENA
à Rome –, le septuagénaire subit une
pression démentielle depuis son entrée
dans l’arène politique, en juin. Le bruit
court que Luigi Di Maio aurait déjà
réclamé sa tête cet été. Pire : des responsables du Mouvement 5 étoiles ont promis une « méga vendetta » dans le cas où
leurs promesses électorales ne seraient
pas financées. « Si les fonctionnaires du
ministère de l’Economie refusent nos
plans, nous passerons toute l’année 2019 à
éliminer ces petites merdes », a menacé
l’un d’eux dans une conversation privée,
révélée par la presse italienne. Giovanni
Tria a beau être un ancien membre des
jeunesses maoïstes, rien ne le préparait à
pareille épreuve. Il n’est pas exclu que les
marchés financiers et Bruxelles lui concoctent, à leur tour, une petite vendetta.
(
Lire nos informations
Pages 6 et 7
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LUNDI 1ER OCTOBRE 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22792 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT
EXECUTIVES.LESECHOS.FR
Oser enfin quitter Paris
8 Six
témoignages de cadres qui ont franchi le pas
8 Des conseils et informations pratiques
8 L’interview du fondateur de Chateauform’
LA CARTE
DE FRANCE
DES VILLES
PRÉFÉRÉES
DES CADRES
PARISIENS
p. 2
Bordeaux figure en tête du classement des villes les plus appréciées par les cadres parisiens. Photo Shutterstock
EMPLOI
Les Echos Executives
Certains managers et cadres
dirigeants saisissent l’occasion
d’une mutation professionnelle.
D’autres sont débauchés par de
florissantes ETI à solide ancrage
territorial. Sans compter ceux
qui se déplacent en région pour
y changer de vie et créer
leur propre emploi.
L' ÉDITO
I
l arrive un moment où un projet de
vie se met à peser bien plus lourd que
le développement d’une carrière.
Cette heure aurait-t-elle sonné pour les
84 % de cadres qui rêvent de quitter
Paris ? La sixième édition de l’étude « Les
villes préférées des cadres parisiens »
menée par Cadremploi (page 2) laisse
entendre que oui. Mais entre le rêve et la
réalité, il y a toute une préparation au
départ. Dans quelles circonstances ?
Quelle ville ? Pour quel job ?
Certains managers saisissent l’occasion
d’une mutation professionnelle. A l’instar
de ceux de Betclic, qui se partageaient
entre Paris et Londres et qui viennent
d’être réunis au sein d’un nouveau siège à
Bordeaux. Avec Lyon, Nantes et Toulouse,
Bordeaux (numéro un) fait d’ailleurs
partie des quatre villes les plus prisées par
les cadres parisiens candidats au départ !
D’autres managers se laissent débaucher
par de florissantes ETI à solide ancrage
territorial. Ou bien se déplacent délibérément en région pour y changer de vie et
créer leur propre emploi.
Les territoires font leur buzz
Dans tous les cas, une étude préalable
de leur nouvel écosystème économique
et social s’impose, histoire de vérifier si
l’attractivité d’une région est bien réelle
ou simplement de façade. Ensuite, les
outils partagés et numériques facilite-
ront les activités collaboratives et à
distance. Objectif : ne plus avoir à choisir entre qualité de vie et emploi.
De leur côté, à l’affût de nouveaux
talents, les territoires ont appris à se
« vendre » comme une marque. Nice,
décriée pour son recours à l’anglais,
communique autour de « We love Nice ».
La Bretagne fait le buzz en détournant
des clichés parisiens avec sa campagne
« Passez à l’Ouest ». Le marketing territorial de la Manche « Changez de point de
vue » a été récompensé aux Trophées de
la communication en 2017. Quant à la
Nouvelle-Aquitaine, elle a su attirer les
start-up avec son slogan télévisuel « Jeunes pousses en Nouvelle-Aquitaine,
l’esprit nouvelle vague », et la préfecture
de Muriel Jasor
Sauter le pas
Fuir, partir pour revenir, ou rester ?
L
es forums et sites en ligne de régions
françaises regorgent de témoignages d’excadres parisiens ou franciliens : « Le weekend, on va à Cassis, on fait les Calanques » ; « A
Grenoble, il y a le boulot, mais aussi une vie
après » ; « Ah, voir la mer tous les matins en allant
chercher mon pain… » Nombre de ces managers ont
fui Paris et sa banlieue qu’ils avaient fini par prendre
en grippe, tandis que d’autres, encore
sentimentalement attachés à la capitale, ont fait le
choix raisonné – et quelque peu douloureux – de
alloue des aides non négligeables à ces
acteurs. Bassel Abedi, le fondateur de
RendementLocatif.com, a ainsi quitté
Paris pour s’installer près de Bordeaux.
Avantage appréciable, les grandes villes
se rapprochent de Paris en heures de
TGV, et certaines, comme Angers ou
Rennes, tirent leur épingle du jeu grâce
à un écosystème actif. Mais des villes
comme Aix-en-Provence, Lille, Lyon,
Nantes, Strasbourg et Toulouse ne sont
pas en reste : une enquête réalisée par
« Les Echos », en 2017, démontre que les
start-up aiment s’y installer. Le plus
souvent, les entrepreneurs ont la bonne
idée à Paris, puis filent vers une autre
région profiter de prix moindres de
l’immobilier. A noter aussi – sans surprise – que sur les onze premières destinations citées dans le sondage, cinq
se trouvent dans le Sud.
s’extraire d’un environnement devenu trop
turbulent, trop pollué, trop cher.
De part et d’autre de l’Hexagone, ce cahier vous
éclaire sur de riches et inspirantes aventures
humaines à travers des témoignages de managers,
chroniques, conseils et informations pratiques. Vous
constaterez que certains ont d’abord choisi une
région de prédilection – celle de leur enfance, de leurs
vacances ou de leurs rêves – avant d’y réinventer une
vie personnelle et professionnelle. Ceux-là ont un
nouveau projet de vie, mais continuent d’entretenir
des liens sereins avec Paris. Ils n’ont pas amoindri
leurs ambitions professionnelles, seul désormais leur
environnement diffère. Tous sont épaulés par le
numérique dans leur désir de réussite ailleurs, mais,
lucides, ils se savent aussi exposés à quelques
« galères » insoupçonnées.
Certains partent, reviennent, puis repartent.
Observons aussi ceux qui se sentent indéfectiblement
liés à Paris. Ces managers, amoureux d’une capitale
qui favorise leur ascension, ne la quitteraient
pour rien au monde. Bonne lecture ! n
Il n’empêche. Toujours selon Cadremploi, 54 % des cadres se disent « ouverts à
des opportunités », mais seulement 8 %
d’entre eux changeront de poste cette
année, alors que le taux de chômage de
cette catégorie professionnelle est de
3,5 % et que les entreprises se livrent une
guerre de talents sans merci. Avec le
lancement, dès ce 1er octobre, de sa campagne publicitaire « Ayez l’ambition
d’être heureux », Cadremploi joue la
provocation et enfonce le clou : « Retrouvez le sommeil, changez de job, démissionnez », peut-on lire. Une communication décalée destinée à créer « un
sursaut » chez les managers, justifie-t-on
au sein du site en ligne d’emploi privé. n
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02 // EXECUTIVES
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
Changer de métier
pour changer de vie
Notre dossier complet
sur echo.st/m323045
La réalité économique,
critère de choix non exclusif
GEORGES
LEWI
ÉTUDE
est spécialiste
des marques
et du
storytelling.
TREND SPOTTING
Heureux
qui comme
Ulysse...
T
A
l’image de la Bretagne (voir ci-contre), certaines régions tentent le
tout pour le tout pour attirer les
Parisiens candidats au départ. Affichées en
quatre par trois dans les couloirs du métro,
ces publicités s’appuient régulièrement, et
souvent avec humour, sur la qualité de vie
retrouvée lors d’une installation en région.
Toutefois, cet argument massue ne fait pas
oublier aux cadres parisiens la réalité économique des territoires qui pèse lourd dans
leur choix (voir ci-dessus). Si Bordeaux,
première ville plébiscitée selon une étude
Cadremploi, est avant tout distinguée pour
son climat (62 %) et que Montpellier, AixMarseille et Nice font partie du Top 7 des
destinations préférées, ce sont ses nombreuses opportunités professionnelles
(53 %) qui permettent à Lyon d’obtenir la
seconde place, et leur dynamisme économique qui positionnent Nantes (53 %) et Toulouse (36 %) en troisième et quatrième
positions. Face aux envies de soleil, l’emploi
reste bien l’enjeu numéro un. n
Région Bretagne
Première obsession des
Parisiens candidats au départ,
la possibilité de trouver
facilement un emploi dans la
région d’accueil contrebalance
les envies de soleil et de
chaleur qui conduiraient
nombre d’entre eux à se ruer
vers le sud de la France.
ous les Parisiens sont des
provinciaux. Ils ont la
nostalgie de revenir en
province. Comme s’il s’agissait d’un
appel irrésistible, l’appel d’Ulysse,
le mythe représentatif des cadres
déracinés. Ils quittent Paris et sa
banlieue après avoir remporté une
bataille, peut-être même la guerre,
conjoint(e), réussite et enfants en
bandoulière.
Ulysse est réputé être le héros le
plus astucieux de l’Antiquité. Il
invente le cheval de Troie qui
permet aux héros grecs de prendre
la ville de l’intérieur. On parle
d’intelligence rusée à son propos.
Au début, comme Ulysse, le jeune
provincial ne voulait pas y aller.
Mais une fois sur place, il fait
merveille.
Une fois la guerre gagnée, Ulysse
traîne en route, passant par
Londres, Singapour ou New York,
avant de revenir. Il se laisse séduire
par le chant des sirènes et va rester
sept ans dans les bras de
Calypso. Mais il finit par en avoir
marre de cette gloriole de
pacotille. Notre cadre décide que lui
aussi a droit au bonheur de rentrer
le soir sans s’infliger deux heures de
RER bondé. La vie n’est pas que la
guerre, ne fût-elle qu’économique.
Une nouvelle tendance au cool est
née. C’est un héros. Il est désormais
reconnu. On l’attend, c’est sûr, en
province, chez lui !
Comme Ulysse, il va devoir
déchanter. Personne ne l’attend, et
les prétendants bien installés ne
veulent pas lui céder leur place. Ce
n’est pas facile de se désintoxiquer. Il
vivait en Red Bull qui « donne des
aiiiles » et va devenir un amateur de
limonade Lorina ! Le mythe du
héros en prend un coup. Comment
passer de Paris à Pau ? Ulysse a mis
vingt ans pour rejoindre son île
d’Ithaque.
Ce cadre s’invente alors un nouvel
héroïsme. Car il faut vivre en héros
jusqu’au bout quand on est de cette
race, de ceux dont parlent « L’Illiade
et l’Odyssée », de ceux qui ont fait
l’Histoire. Le nouvel héroïsme est
celui de la simplicité, du retour au
naturel, de la sagesse. La nouvelle
bataille est celle du vrai contre le
frelaté. Du vélo contre l’auto. Du
temps contre la course à la
consommation.
Il rejette l’« hybris », la démesure de
la ville trop grande, trop chère, trop
violente, trop tout. Le combat contre
l’hybris est précisément le combat
de la sagesse grecque tout
entière. Ses marques de référence
changent déjà. Pralus et Mulhaupt
sont moins connus que Pierre
Hermé ou Lignac, mais leurs
pâtisseries se défendent bien ! Toute
la différence est dans la notoriété.
Storytelling contre storytelling.
Héroïsme contre héroïsme. Dans
tous les cas, il s’agit de remplir un
récit épique. « L’Odyssée » ne nous
dit rien de la mort d’Ulysse, comme
si la fin de la glorieuse notoriété
était une fin en soi. On sait juste que
le retour d’Ulysse sur son île
marque, pour la période antique,
la fin des héros. n
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EXECUTIVES // 03
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
Les secteurs
de l’industrie et de
l’énergie recrutent !
Plus d’info sur
echo.st/m323647
TÉMOIGNAGE
Double reconversion dans le Sud
Beaucoup de couples qui
s’installent dans le Sud le font à la
suite de la mutation de l’un d’eux.
La reconversion professionnelle à
deux, en revanche, y est plus rare.
Pari réussi pour Muriel Lecou
et son mari.
que local a été rapide. « Sur place, il
s’est vite fait repérer par des spécialistes
de l’assurance qui avaient besoin d’un
expert en sinistres et remises en conformité. » Muriel Lecou a aidé son mari à
développer un solide réseau local de
prescripteurs et a même été, un temps,
administratrice suppléante d’un groupe
professionnel du bâtiment. « Nécessairement active, l’intégration de mon
mari s’est révélée payante au bout de
quatre-cinq ans », observe-t-elle.
Muriel Jasor
@Mljr75112
M
uriel Lecou aime Paris, l’a
toujours aimé, et prend plaisir à y retourner. « Mais, après
vingt ans sur place, je suis aujourd’hui
ravie de vivre ailleurs », s’empresse
d’ajouter cette originaire de Montpellier, à l’enfance et l’adolescence
bruxelloises, devenue parisienne pour
ses études et sa vie professionnelle.
La grosse bourgade de 6.000 habitants
qu’elle s’est choisie pour port d’attache
lui procure de nombreux plaisirs. « L’environnement naturel,
l’absence de bruit permanent, une vie
plus agréable pour les enfants…
Cette vie correspond davantage à mes
valeurs. Mon mari et moi travaillons
différemment, mais autant qu’à Paris »,
détaille-t-elle.
La campagne… près de la ville
Le couple, qui rêvait depuis longtemps
de mer, de montagne et de lumière, s’est
installé dans ce qu’il appelle une « fausse
campagne », un environnement de collines et nature à mi-chemin entre Aix-enProvence et Marseille et à vingt minutes
d’une gare TGV et d’un aéroport. « Le
plan social basé sur le volontariat de SFR,
où travaillait mon mari, a précipité les
choses », explique Muriel Lecou.
De formation ingénieur des Mines spécialisé en génie climatique, son conjoint,
Parisien aux origines bretonnes, a choisi
de se reconvertir en artisan dans le
domaine du solaire, de la climatisation
et des pompes à chaleur, « quelques mois
avant l’effondrement du marché photovoltaïque ». L’insertion de sa société AIM
Solutions Energie dans le tissu économi-
SON
CONSEIL
L’entrepreneuriat
est une voie idéale
pour s’installer en
région. Mais, au
préalable, il faut
assurer ses arrières. Un matelas
financier rend plus
serein, surtout
quand on a des
enfants. Pour
rebondir, nous nous
sommes appuyés
sur notre expérience professionnelle de plusieurs
années. Ceux qui
optent en faveur
d’une reconversion
complète choisissent une voie
beaucoup plus
difficile. Autre point
important : sur
place, on rencontre
assez vite les
anciens Parisiens.
Mais il faut vraiment aller à la
rencontre des
locaux, même si
cela prend du
temps.
L’appui du réseau
Ancienne consultante chez BearingPoint, Muriel Lecou s’est appuyée sur son
réseau d’anciens collègues et de clients
parisiens pour alimenter son travail en
free-lance. « J’ai rapidement commencé à
travailler et créé, avec une associée restée à
Paris, un cabinet spécialisé en gestion de
l’expérience client », commente-t-elle.
Son profil LinkedIn n’est pas non plus
passé inaperçu dans la région, puisque
l’ex-Parisienne d’adoption a été sollicitée
pour rejoindre un réseau de femmes
chefs d’entreprise pendant un an et a été
contactée par la Chambre de commerce
de Marseille à l’occasion du salon Entreprendre. « On est venu me chercher pour
beaucoup d’expertises », reconnaît la
consultante. La dernière fois, c’était fin
décembre 2017 : « Un chasseur de têtes a
demandé à me rencontrer, toujours grâce à
mon profil LinkedIn. » Depuis neuf ans,
Muriel Lecou concevait et déployait des
programmes stratégiques de gestion de
l’expérience client et avait, en ce
COMMUNIQUÉ
VOTRE
NOUVEAU
PA R I .
CHOISIR LA LIBERTÉ
CAEN-NORMANDIE
10 BONNES RAISONS,
DE PARIER SUR
CAEN-NORMANDIE
Faire le pari de changer de vie est un moment intense,
mais qui doit résister aux doutes.
Ici, à Caen-Normandie, nous allons vous aider à
gagner ce nouveau pari ! Parce que dans la capitale
de l’ouest normand, tout est là.Vous serez libre de ne
renoncer à rien, libre de tout choisir !
1. C’EST GRAND, AU BORD DE LA
4. MULTIPLIER LES PROJETS,
Caen-Normandie, c’est une aire urbaine
maritime de 418 000 habitants. Bordée
par des stations balnéaires romantiques et
réputées, c’est Paris-Plage toute l’année et
au grand air !
Campus technologique (santé, matériaux
et nucléaire civil), 1er espace européen
type « collider » dédié au numérique (le
« Moho »), presqu’île de 300 hectares en
reconquête urbaine, friche industrielle
devenant tiers-lieu tourné vers l’économie
circulaire (la « Grande Halle »), rénovation
complète du réseau tramway, etc. Les
projets se multiplient et c’est tout le territoire
qui se réinvente sans cesse.
MER ET À L’OUEST.
2. POUR TRAVAILLER ET
ENTREPRENDRE, TOUTES LES
COMPÉTENCES SONT BIENVENUES.
30 000 étudiants, 170 000 emplois, 37 000
entreprises et 2 200 chercheurs forment
le 1er pôle économique, d’emploi,
universitaire, culturel, sportif, médical et de
recherche de l’ouest normand. Autant de
réseaux, ouverts, prêts à accueillir toutes les
idées neuves.
Toutes les offres d’emploi à retrouver sur
www.emploi-caennormandie.fr
UNE DYNAMIQUE PERMANENTE.
5. CÉDER À TOUTES SES ENVIES,
C’EST FACILE.
Accéder à la gamme complète d’offres
culturelles,
sportives,
commerciales,
d’activités pour les enfants et leur
famille, sans oublier une scène musicale
bouillonnante et reconnue, les théâtres, les
musées, l’opéra ou la danse, c’est possible
ici parce que c’est abordable et facile.
3. UNE VOCATION COMMUNE,
6. UN LUXE DANS UN MONDE
Cahiers Oxford ou gélules Bodycap
connectés,
technologies
Eldim
(reconnaissance faciale de l’IPhone X),
traitement des tumeurs, imagerie cérébrale,
accélérateurs de particules (dont le GANIL)
de renommée mondiale, nouveaux lieux
de travail collaboratifs, demain s’imagine
en grande partie à Caen-Normandie.
Longtemps
réputé
discret,
CaenNormandie est simplement douceur de
vivre. Notre conviction : le vrai luxe consiste
à travailler, se déplacer et à profiter de
toutes les offres événementielles en restant
serein. Ici on vit dans une grande maison
sous les arbres pour le prix d’un 2 pièces
francilien, c’est le vrai bonheur !
INNOVER POUR L’AVENIR.
PARFOIS BRUTAL : LA SÉRÉNITÉ.
Rendez-vous sur
Muriel Lecou, chief customer officier chez GSE. Photo DR
domaine, accompagné trois années
durant Mérieux NutriSciences. « C’est
cette expertise qui intéressait GSE qui
entend se différencier dans son domaine
grâce à la qualité de son service et de sa
relation avec ses clients », confie-t-elle.
Résultat : elle est depuis peu salariée de
GSE. Elle y occupe la fonction de chief
customer officier et siège au comité de
direction. « Une création de poste », précise-t-elle.
Beaucoup de couples qui s’installent
dans le Sud le font à la suite de la mutation de l’un d’eux. La reconversion
professionnelle à deux, en revanche, y
est plus rare. Pari réussi pour Muriel
Lecou et son mari qui estiment s’être
implantés localement en douceur et
dans la durée. n
7. LA CAPITALE DE LA
GASTRONOMIE, NATURELLEMENT.
Rappel : nous sommes en Normandie, au
bord de mer. S’offrent alors, les meilleurs
produits de la pêche et fruits de mer, les
fromages les plus qualitatifs, les viandes
bovines les plus tendres et le maraîchage
le plus raisonné.
8. L’HISTOIRE ET LE PATRIMOINE,
UNE FIERTÉ.
Des racines Viking au Débarquement des
alliés en 1944 en passant par Guillaume
le Conquérant, sous chaque pierre de
chaque bâtiment du patrimoine historique
se cachent de petites, de grandes mais
toujours uniques histoires.
9. UN TERRITOIRE OUVERT ET
INTERNATIONAL, UNE RICHESSE.
Marin, descendant de grands conquérants,
comptant 1 000 000 de passagers/an
depuis son port (liaison Brittany Ferries
vers l’Angleterre), abritant le 1er aéroport
de Normandie et haut lieu touristique,
Caen-Normandie parle toutes les langues.
Entreprises comme institutions savent
donc tisser des relations internationales
étroites qui sont autant d’opportunités de
développement.
10. DES VALEURS À PARTAGER,
LA PAIX ET LA LIBERTÉ.
Depuis toujours notre territoire est une terre
humaniste. Les échanges d’idées et de
savoirs sont notre ADN. Ici, la diffusion de
la connaissance est permanente, car c’est
la première garantie pour préserver paix
et liberté. Et souvenez-vous qu’ici, nous en
connaissons le prix. À Caen-Normandie, la
liberté est notre plus belle conquête.
WWW.CAENLAMER.FR
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?
04 // EXECUTIVES
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
Qui a dit : « J’avais
envie d’offrir à ma
famille un cadre
plus apaisé » ?
Réponse sur echo.st/drh
TÉMOIGNAGES
De l’engagement sociétal
à Cancale
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
A
ncienne directrice de la stratégie et communication de ISS, un
fonds de pension danois détenu
par Goldman Sachs, où elle était membre du comité exécutif, à près de 50 ans,
Nathalie Moock s’est posé la question de
sa vie professionnelle. N’est-ce pas le
moment de réaliser le projet de vie de sa
conjointe, Laure, originaire de SaintMalo ? Un coup de cœur immobilier
leur a permis de sauter le pas.
Janvier 2014, direction Cancale, près de
Saint-Malo, célèbre pour ses huîtres
plates. « On se demandait comment
retrouver un équilibre entre vies personnelle et professionnelle », explique-t-elle.
SON CONSEIL
Il ne faut pas hésiter à
participer à la vie locale,
se présenter à la mairie
de son village ou de sa ville
et rencontrer les acteurs
de la chambre de commerce.
Identifier les acteurs économiques
Sa conjointe, directrice des ressources
humaines chassée par un cabinet,
trouve rapidement un poste. Pour
Nathalie Moock, ce changement est
aussi l’occasion d’un moment raisonné
dans sa vie professionnelle. « Quand on
décide de bouger en famille, il faut qu’au
moins un des deux ait un travail, même
quand on connaît bien la région »,
prévient-elle.
SON CONSEIL
Prendre le meilleur du
changement tout en prenant
du temps pour soi.
Nathalie Moock, déléguée générale de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires.
Grâce au réseau de sa conjointe, elle a
pu identifier et connaître les acteurs
économiques de la région. « Il faut avoir
envie de découvrir son territoire, de faire
preuve d’ouverture d’esprit, de s’installer
pour rester », reconnaît-elle. Pendant
plusieurs mois, Nathalie Moock a
accompagné la Fondation Le Roch-Les
M
Cap sur Lyon
La quarantaine un peu passée,
Lionel Haberlé a profité d’une
opportunité professionnelle pour
partir vivre à Lyon. Témoignage
du directeur des opérations
de Point S.
D
irecteur des opérations chez
Point S, ce pur produit parisien
– il a vécu quarante-cinq ans
dans la capitale – a décidé, en 2016, de
donner un nouveau tournant à sa carrière. « La quarantaine est un moment de
la vie où l’on a envie de créer quelque
chose de nouveau. Je désirais quitter
Paris et, si cela avait été nécessaire, changer de domaine professionnel ne me
faisait pas peur », explique Lionel
Haberlé. Directeur des opérations chez
Speedy de 2000 à 2011 où il a notamment œuvré au développement du
réseau en France et en Europe, il n’en
est pas à son premier changement. En
2012, il prend un risque professionnel
en devenant secrétaire général de
Roady, enseigne française du groupement des Mousquetaires, spécialisée
dans l’entretien et la réparation automobile. Manager d’une quarantaine de
personnes et membre du comité exécutif, il était responsable de la stratégie
commerciale, de la gestion financière et
de la coordination de l’ensemble des
services fonctionnels et opérationnels
de la structure.
Trouver de nouveaux repères
dans sa vie quotidienne
Lionel Harbelé n’a finalement pas eu
besoin de changer de secteur d’activité. Pourquoi Lyon ? L’opportunité
professionnelle tout simplement.
Point S, PME française spécialiste
mondial du pneu et de l’entretien
automobile, a, en effet, déménagé son
siège social à Lyon il y a maintenant
plusieurs années pour des raisons
immobilières principalement.
« J’avais deux attentes importantes :
diminuer mes temps de trajet et bénéficier d’un coût de la vie plus raisonnable
qu’à Paris », détaille Lionel Haberlé.
Avec une rémunération quasi similaire
à ses précédents postes en région parisienne, le pari d’une amélioration du
coût de la vie – que ce soit pour une
location ou une acquisition – est clairement gagné. Du côté du temps de parcours domicile-travail, le directeur des
opérations de Point S est passé de
45 minutes à 20-25 minutes. « Professionnellement, rien n’a changé, mis à part
ce luxe qui n’a pas de prix : avoir le
temps », reconnaît-il. Le plus difficile est
sans nul doute de retrouver ses repères
du point de vue de la vie quotidienne.
— D. I.
Mousquetaires en indépendante, ce qui
a permis de mieux les connaître.
Aujourd’hui déléguée générale de
cette fondation qui aide les jeunes et
moins jeunes à développer leur entreprise, elle est toujours sur le terrain à
organiser des rencontres et des concours de business plan. « Les technolo-
Clermont-Ferrand :
plus de proximité
A 50 ans, Maryse Vimal a décidé
de quitter Paris pour s’installer à
Clermont-Ferrand. L’ancienne DRH
France Benelux de General Mills et
Tiffany & Co a profité de ce
changement pour donner un
nouvel élan à sa carrière.
Lionel Haberlé, directeur des opérations de Point S. Photo DR
Cyril Fussien
De Paris à Cancale, près de SaintMalo, il y a seulement quelques
heures de TGV. Un monde sépare
pourtant ces deux villes.
L’occasion d’un moment raisonné
dans sa vie professionnelle
et d’un engagement sociétal fort.
Témoignage de Nathalie Moock,
déléguée générale de la Fondation
Le Roch-Les Mousquetaires.
aryse Vimal se définit comme
une « pure Parisienne ». Et
pourtant, après quarante-neuf
ans passés aux abords de la capitale,
l’ancienne DRH France Benelux de
General Mills, puis de Tiffany & Co., a
eu le sentiment de se « désaxer de [son]
axe ». « J’étais dans un rythme très prenant qui m’imposait beaucoup d’heures
de transports en commun, poursuitelle. Gérer la foule de la gare SaintLazare tous les matins à 9 heures était
devenu vraiment difficile pour moi. »
Jusqu’au jour où elle s’est promis qu’à
50 ans, elle n’y mettrait plus les pieds.
Avec son mari d’origine auvergnate,
Maryse Vimal a choisi ClermontFerrand pour point de chute. « Toute ma
belle-famille était là-bas, c’était le sens du
berceau familial », explique-t-elle. Au
terme d’un projet long de deux ans, elle
a profité de ce changement géographique pour donner un nouvel élan à sa
carrière et fonder, après une année de
reprise d’études, son cabinet de coaching, Believe in Spring. « Au niveau de
mon réseau, je repars de zéro et dois donc
accepter de passer beaucoup de temps à
tisser des liens pour me faire connaître,
mais j’ai développé une vraie proximité
avec mes clients », remarque-t-elle.
Une proximité qui se décline dans tous
les pans de sa vie. « Le rapport au temps
est ici très différent. Tout est tellement
proche que je peux faire beaucoup plus de
choses dans une même journée. En
quinze minutes, je peux aussi bien être
chez Ikea qu’au pied du chemin des Muletiers afin d’entamer l’ascension du Puy de
Dôme. » La gare Saint-Lazare paraît
bien loin. — V. B.
Booster sa carrière
à Rennes
Parisien de naissance, Stéphane
Bougreau a intégré le bureau
rennais de Grant Thornton pour
devenir associé du cabinet d’audit
et de conseil. Un choix qu’il ne
regrette en rien aux plans
professionnel et personnel.
A
l’origine, quitter Paris ne faisait
pas partie du plan de carrière
de Stéphane Bougreau. Parisien
de naissance, tout comme sa femme, il a
choisi de délaisser la capitale à la faveur
d’une promotion au sein du cabinet
Grant Thornton. « En 2009, alors que je
devais devenir associé à Paris, on m’a
proposé d’intégrer le bureau de Rennes,
raconte-t-il. J’étais un peu réticent au
départ car je ne connaissais de cette ville
que la rocade, mais j’ai finalement décidé
de me lancer, convaincu par le nouveau
terrain de jeu professionnel qui m’attendait. » En tant qu’associé, le trentenaire
d’alors allait embrasser un large spectre
de responsabilités, de la gestion et du
développement de la clientèle jusqu’au
management des équipes.
gies font que je peux travailler de
n’importe où. De chez moi, d’un espace de
co-working ou de mon bureau, ma productivité est la même. » De son côté, sa
conjointe a finalement créé son cabinet
de conseil. Un projet personnel de longue date qu’elle n’aurait peut-être pas pu
réaliser si facilement à Paris. n
Maryse Vimal, fondatrice du cabinet
de coaching Believe in Spring. Photo DR
SON CONSEIL
Il faut bien mûrir son départ
afin d’adopter le bon équilibre
entre l’audace de quitter une
bonne situation professionnelle
et la prudence de se lancer dans
un projet cohérent.
SON CONSEIL
Pour faciliter son intégration, rejoindre des réseaux
professionnels ou des associations sportives est essentiel.
Cela permet de faire des connaissances professionnelles et
personnelles, et de bâtir un
nouveau cercle de relations.
Le soutien familial
Après avoir un temps hésité à s’installer
seul, Stéphane Bougreau a finalement
choisi d’embarquer toute sa famille dès
les premières semaines afin de bénéficier de son soutien. « Nous sommes allés
visiter la ville pendant un week-end de
trois jours et je m’y suis tout de suite senti
bien, se souvient-il. J’ai ensuite progressivement convaincu ma femme et mes
enfants de l’aspect positif de ce projet. »
En passant de l’étroitesse d’un appartement parisien au confort d’une « belle
maison », la famille y a gagné en qualité
de vie, même si la perte des cercles familial et amical n’a pas toujours été facile à
gérer. « Se reconstruire un réseau nécessite de la patience, mais, grâce aux enfants
et aux sorties d’école, cela arrive plus vite
qu’on ne le pense », conclut-il. — V. B.
Stéphane Bougreau, associé du bureau
rennais de Grant Thornton. Photo DR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
EXECUTIVES // 05
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
Créer sa start-up
au vert ?
Mode d’emploi sur
echo.st/m318100
ORGANISATION
Anticiper son départ, mode d’emploi
Changer de région est synonyme
de changement de vie. Inutile de
vouloir calquer sa vie parisienne
dans un autre décor. Cinq conseils
pour organiser sa nouvelle
existence.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
Mûrir
sa décision
Attention à ne pas
prendre de décision
trop rapide. Si vous
partez dans une autre
ville, c’est pour y vivre,
pas pour les vacances.
« On ne peut pas partir s’installer en
région sur un coup de tête. Il faut faire un
cahier des charges de ce que l’on veut
gagner, ne pas perdre, retrouver. Et lorsque la motivation est familiale, il est
nécessaire de mûrir la réflexion en commun », recommande Marie-Ange Laurier, consultante de l’Association pour
l’emploi des cadres (Apec). Identifiez
d’abord les raisons de ce changement
d’air. Votre situation actuelle présente
certains avantages, il est nécessaire de
bien les identifier. Vous ne retrouverez
pas certains d’entre eux dans votre ville
d’adoption, autant que cela ne devienne
pas une source de déception.
Redynamiser
sa carrière
L’un des plus gros
challenges lorsque l’on
décide de quitter la
capitale, c’est l’emploi.
« Pour les cadres, partir
peut être l’opportunité
de redynamiser sa carrière avec de nouvelles compétences à développer et des
responsabilités plus importantes », souligne Marie-Ange Laurier. Il est impératif,
avant de se lancer définitivement, de
s’informer sur le marché de l’emploi
dans la ou les régions visées en installant, par exemple, des alertes sur les
offres d’emploi. Si vous partez à deux ou
plus, il est vivement recommandé que
l’un des deux au moins ait un emploi. Si
vous avez décidé d’aller vivre à un
endroit précis, mieux vaut regarder les
secteurs d’activité présents et les opportunités existantes. Si vous avez déjà un
projet professionnel en tête, réfléchissez
aux régions les plus accueillantes.
L’Apec comme Pôle emploi proposent
un ensemble d’outils et d’études comparatives par secteurs, par métiers, par
potentiels économiques, etc.
Trouver
un logement
et/ou des locaux
pour son
entreprise
Vous comptiez déménager sans logement à
destination ? Cela
risque d’être compliqué ! Les agences
immobilières sont, bien entendu, vos
meilleures alliées. Les allers-retours
dans votre futur lieu sont nécessaires
pour repérer les quartiers, l’école ou
encore la crèche pour les enfants, etc.
Faire appel à des déménageurs ?
Louer un camion et s’en occuper
tout seul ?
Peu importe le choix, dans tous les cas
un planning est nécessaire. Si vous êtes
locataire à Paris ou en région parisienne, n’oubliez pas non plus de résilier votre bail dans les temps. Une telle
demande s’effectue uniquement par
acte d’huissier ou par lettre recommandée avec avis de réception adressée au bailleur ou à son représentant.
Attention au délai de trois mois.
Ne pas oublier
l’administratif
Dès que vous connaissez la date de votre
emménagement,
faites la longue liste
des tâches administratives à accomplir :
déclarer son changement d’adresse
aux impôts, à la CAF, à la banque, à
l’assurance. Résilier le gaz, l’électricité, Internet et téléphone fixe, etc.
Pensez également à faire suivre votre
courrier pendant plusieurs mois.
Enfin, l’idéal est de clôturer ses
anciens comptes le lendemain de son
départ et d’en ouvrir des nouveaux la
veille de son arrivée dans son nouveau
logement. n
PROPOSÉ PAR
Cibler la ville
ou la région ad hoc
La première étape est
tout simplement de
regarder les régions
dans lesquelles vous
avez des attaches, et si
ces endroits peuvent
vous satisfaire. Elles présentent toutes
des avantages et des inconvénients. La
région parfaite n’existe pas. Quant à la
ville parfaite, elle change à chaque étape
de l’existence : les jeunes préféreront un
lieu avec des universités réputées et une
palette de divertissements. Les actifs y
chercheront avant tout un emploi et un
cadre de vie. Et du côté des retraités,
c’est la recherche d’un climat sûr et
agréable qui prime souvent sur tout
autre critère. La durée du temps de
trajet entre la nouvelle destination et
Paris compte aussi. Une heure et demie
de TGV, par exemple, peut rassurer de
futurs clients. L’essentiel est d’identifier
les critères les plus importants et de
trouver le meilleur compromis. Les
conseils régionaux et généraux mettent
à disposition de tous, sur leur site Internet, quantité de renseignements.
RENNES,
UNE DESTINATION
ATTRACTIVE
POUR LES ENTREPRISES
ET LES TALENTS
Accueillir les grands groupes comme les start-up
à haute valeur ajoutée, c’est l’ambition de la métropole
rennaise. Les investissements et initiatives déployés depuis
plusieurs années portent aujourd’hui leurs fruits pour
imposer la ville comme une destination phare.
C
’est un symbole fort. En sep-
tembre dernier, le groupe
Samsic annonçait sa décision
d’installer son futur siège social au centre-ville de Rennes et d’investir
120 millions d’euros pour construire cinq bâtiments, dont une tour de 26 étages, dans le
quartier de la gare TGV, qui place la métropole à seulement 1h25 de la capitale. Leader
des services aux entreprises avec quelque
90 000 collaborateurs et une présence dans
24 pays, Samsic réaffirme ainsi son attachement à Rennes, un territoire doté d’une ouverture internationale réelle. Jean-François
Kerroc’h, directeur de Destination Rennes,
société publique locale chargée de la promotion de la métropole, se félicite de cette
annonce : « accueillir les grands groupes
comme les start-up désireuses d’expérimenter, c’est une priorité de développement très
nette pour la métropole ».
Avant de partir, il est nécessaire d’analyser les raisons qui vous poussent à quitter Paris. Certains avantages de votre situation actuelle
n’existeront plus dans votre nouvelle vie en région. Photo Shutterstock
Les atouts de la grande couronne rennaise ?
sept secteurs d’excellence que sont leséco-industries, les industries culturelles et créatives, la santé, le numérique, l’alimentation,
les mobilités et la cybersécurité. Tournés vers
l’innovation de haut niveau, ces secteurs
bénéficient des nombreux ponts créés avec
le monde universitaire et la recherche.
Car Rennes compte 6 000 chercheurs et
s’impose comme le premier pôle d’enseignement supérieur du Grand Ouest, avec
66 000 étudiants.
Pour Jean-François Kerroc’h, la dynamique
économique est franche : « la métropole bénéficie d’un solde démographique positif.
Ainsi, entre 2008 et 2013, Rennes a connu la
deuxième plus forte croissance démographique des métropoles de plus de 250 000 habitants, situation confirmée depuis lors. Son
bassin compte aujourd’hui360000 emplois et
32 000 entreprises ». Autre indicateur positif :
le taux de chômage, situé deux points en deçà
de lamoyenne nationale. Pour aider les entreprises à s’implanter et à recruter, la métropole
multiplie les initiatives. Un exemple ? La cellule Entreprendre à Rennes, composée de
sept professionnels, accompagne, étape par
étape, les porteurs de projets d’entreprises et
les investisseurs qui souhaitent s’implanter.
Rennes plutôt que Paris
« Rennes a atteint une masse critique, qui
génère un réel effet d’entraînement.
Ce dernier se traduit par l’appétence des
entreprises à créer sur le territoire, par le
nombre des prestataires qui s’installent à
leurs côtés et par l’essor des filières de
formation », estime David Beaurepaire,
directeur délégué de HelloWork, spécialiste
de l’emploi et du recrutement sur internet
(RegionsJob, ParisJob ou encore Cadreo).
Cofondé en 2000 par trois Rennais,
HelloWork réunit aujourd’hui 250 collaborateurs en France, sans rien perdre de ses
racines bretonnes puisque son siège est resté
dans la métropole.
David Beaurepaire poursuit : « cette vitalité
s’exprime tout particulièrement dans les
secteurs en tension comme le numérique.
Il est pertinent pour les acteurs de choisir
Rennes plutôt que l’Île-de-France pour deux
raisons : d’une part, les talents ne manquent
pas ; d’autre part, il est plus facile de les
fidéliser ». Ajoutez à cela la qualité du
cadre de vie, la proximité de la mer et une
vie culturelle foisonnante : Rennes a définitivement une belle carte à jouer sur les scènes
nationale et internationale. e
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
6
06 // EXECUTIVES
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
clefs
pour briller
en entretien
d’embauche
sur echo.st/m322985
PRATIQUE
5 conseils pour réussir son installation
4
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
1
2
Intégrer des associations et/ou des réseaux
Miser sur ses passions peut
aussi être un moyen efficace
pour se bâtir un réseau. « Il faut profiter
du temps supplémentaire dont on dispose
en province pour rejoindre des associations sportives ou culturelles et tisser de
nouveaux liens », recommande Kelly
Simon, cofondatrice de la start-up Paris,
je te quitte. Travailler dans un espace de
Bien s’intégrer nécessite notamment de s’approprier son cadre de vie. Photo Shutterstock
co-working, lorsqu’on est indépendant,
ou s’associer à un ou plusieurs réseaux
professionnels peuvent également être
de bons leviers. « Pour entrer dans de
tels réseaux, il faut souvent se faire parrainer, prévient toutefois Kelly Simon.
Les arrivants ne doivent pas hésiter à
contacter des membres sur LinkedIn
pour leur demander de l’aide, même s’ils
ne les connaissent pas. »
3
Découvrir sa région
Bien s’intégrer nécessite aussi
de s’approprier son cadre de
vie. « Il ne faut pas oublier
TÉMOIGNAGE
L’idée de CAILabs, jeune pousse
qui améliore le potentiel des
fibres optiques, a germé à Paris
pour mieux se développer à
Rennes. Témoignage de son
fondateur, Jean-François Morizur.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
I
SON CONSEIL
Pour garder le contact
avec Paris, les locaux de
l’entreprise ne doivent pas
être trop loin de la gare.
Et il est vivement conseillé
aux entreprises de payer
des cartes d ’abonnement
Fréquence.
5
Se laisser du temps
Dans tous les cas, et même s’il
existe des échecs, le nouvel
arrivant doit se laisser du
temps pour se reconstruire une vie et
ne pas se décourager à la moindre
difficulté. « Il faut avoir conscience que
la première année, souvent nécessaire
pour s’adapter, est traditionnellement
compliquée, met en garde Kelly Simon.
Tisser des réseaux professionnel et
amical, s’adapter à son nouveau cadre
de vie ne se fait jamais en trois mois,
mais il faut être persévérant et accepter
que certaines tentatives de contact
restent lettre morte. » n
pourquoi l’on est venu s’installer ici et en
profiter pour jouer au touriste dans sa
propre ville », conseille Aurore Thibaud. Le nouvel habitant peut commencer par découvrir son quartier,
aller discuter avec des petits commerçants, s’accorder quelques dîners au
restaurant ; puis s’éloigner progressivement pour découvrir les alentours,
surtout si la mer, la montagne ou la
nature verdoyante sont à proximité.
« Organiser un week-end avec des amis
parisiens peut être aussi l’occasion de
découvrir de charmants endroits »,
remarque Kelly Simon.
TREND SPOTTING
Rennes, pour sa réputation et
son environnement télécoms
ncubé dans un laboratoire à Paris
durant un an, CAILabs a d’abord
dû, quand est venu le temps pour
lui de prendre son envol, trouver des
locaux. « Notre business demande de la
place. Dans Paris intra-muros, c’était
impossible et nous ne voulions pas non
plus d’un style de vie dans une banlieue
lointaine », développe le fondateur,
Jean-François Morizur. Une réflexion a
alors été entamée avec plusieurs critères : une connexion rapide avec un
TGV, un bon écosystème de start-up et
un centre-ville dynamique. Lyon, Lille,
Bordeaux, Nantes ont été envisagées.
Mais le choix s’est finalement porté sur
Faire face à la tristesse de ses
enfants, déçus d’avoir dû
quitter leurs amis après un déménagement, surtout s’ils sont adolescents,
peut être compliqué pour un parent.
« Nous conseillons autant que faire se
peut de changer de ville au moment de
la rentrée scolaire afin que l’enfant
puisse partir plus facilement sur de
nouvelles bases, suggère la cofondatrice de Paris, je te quitte. Il faut également le pousser à s’inscrire à des pratiques culturelles ou sportives où il
pourra se faire de nouveaux amis. »
Mais que les parents inquiets se rassurent : « Les enfants ont souvent une
capacité d’adaptation bien meilleure
que la nôtre et ils remarqueront bientôt
que la vie en région est aussi plus libératrice car leurs parents sont moins
inquiets pour eux », affirme Aurore
Thibaud.
Faire des rencontres
Pour un nouvel arrivant, la
première crainte est de se
retrouver seul dans une ville
qu’il ne connaît pas, ou peu. « C’est une
idée reçue, démine d’emblée Aurore
Thibaud, PDG de Laou, un site de
recrutement qui propose à des candidats de leur dénicher un emploi dans la
région qui leur correspond. Plus une
ville est à taille humaine, plus il sera
facile de nouer des relations sociales.
Les habitants d’une région accueillent
souvent les nouveaux venus à bras
ouverts, notamment lorsqu’ils ont vécu
la même situation qu’eux. »
Encore faut-il être proactif, ne pas rester
enfermé chez soi et aller explorer son
nouvel environnement. Pour cela, les
meet-up organisés dans de nombreuses
villes en région peuvent être une bonne
solution. Réservées aux nouveaux
arrivants, ces soirées leur permettent de
partager leurs questions, leurs problèmes et de faire des rencontres.
Accompagner
ses enfants
Jean-François Morizur, fondateur de CAILabs. Photo DR
Rennes. Deux éléments ont joué
en faveur de la métropole bretonne :
sa réputation et son environnement
télécoms.
Renforcer l’attractivité
des jeunes actifs
Toute l’équipe est alors partie vivre
à Rennes. Petit à petit pour certains,
qui ont d’abord profité de la souplesse
du télétravail avant de se lancer. Pour
favoriser cette attractivité, CAILabs a
décidé de s’aligner sur les montants
des rémunérations pratiqués en Ilede-France pour les postes à responsabilité. Aujourd’hui, l’entreprise, qui
développe, produit et commercialise
des lasers industriels et télécommunications, emploie une quarantaine de
personnes âgées, en moyenne, de
32 ans. « La vie en région est un bon axe
de recrutement pour des entreprises qui
recherchent des trentenaires ayant envie
de construire une famille », souligne
Jean-François Morizur,
qui a réalisé son doctorat en optique
entre la France et l’Australie.
Du côté des clients, l’accueil de l’initiative a aussi été bienveillant. Les industriels français trouvent que Rennes est
facilement accessible en TGV. Safran a
même investi dans l’entreprise lors
d’un tour de table. Pour les clients
étrangers, tels que l’américain Tellabs
ou les opérateurs japonais KDDI et
NTT, ce n’est pas un sujet. La tendance
est même plutôt l’inverse : les Japonais
apprécient la facilité du TGV contre
les embouteillages de la région
parisienne. n
Paris et la pub :
je t’aime, moi non plus
P
our Jacques Séguéla, « la
publicité française est un métier
très replié sur sa capitale. Aux
USA, c’est le contraire, les créatifs fuient
les grandes villes ». En France, quand
on est publicitaire, il est difficile de
quitter Paris : la réclame est née dans
la Ville Lumière avec Marcel
Bleustein-Blanchet en 1926. Paris et la
pub sont profondément liées l’une à
l’autre, leur relation est si passionnelle
que pour certains, la rupture est
inévitable. Car la publicité est une des
activités qui focalise le plus le stress de
la vie parisienne : compétition et
mondanités se combinent à
l’effervescence urbaine de la capitale.
Arrivés à la quarantaine, Cécile et
Richard, actifs dans de grandes
agences (BETC, Publicis), étaient
fatigués et tristes : « Marre des
incivilités et marre de la compétition, la
pub, c’est un gros “Koh-Lanta”, la jeune
garde déloge la génération qui
précède… » Ils décident d’un
changement en douceur : installation
à la ferme, à Montfort-l’Amaury, et
repli sur des agences à taille humaine.
Pas de rupture radicale, mais une
vie « plus paisible »… pour continuer à
exercer un métier qu’ils adorent. Un
choix aussi effectué par Bernard
Naville, ex-directeur de création chez
CLM BBDO et McCann : après neuf
ans enfermé dans 70 m2 avenue du
Maine, il s’installe en Normandie :
285 m2, 6.000 m2 de jardin. « Je
respire… mais je continue en free-lance
comme directeur de la création. »
La publicité n’a pas connu son exode
post-68. Il a fallu attendre les
années 1990 et 2000, des années de
crise, pour voir la reconversion
extraordinaire de grands publicitaires.
GILLES
FRAYSSE
est conseil
en valeur
de marque
(Happy
Match)
DR
Quitter la capitale et laisser,
parfois, famille, amis et réseau
professionnel derrière soi n’est pas
toujours chose aisée. Revue des
conseils à adopter pour ne pas
rater son intégration.
Jean Feldman, fondateur de FCA, la
plus grande agence créative des
années 1980, a opéré ce tournant en
1993. Artiste, peintre, sculpteur, il est
devenu ce qu’il avait toujours été :
créateur. « Trente ans de “non-repos”,
mais un souvenir merveilleux. » Mais si
Jean Feldman a quitté la pub, pour
rien au monde il ne s’éloignerait de
Paris : « Paris, c’est mon médicament,
c’est ma drogue, j’ai besoin de cette
vibration permanente. »
Nicolas Monnier, ex-président d’Alice,
a tout quitté d’un coup – la publicité et
Paris – au début des années 2000. Il
cultive les truffes à Saint-Saturnin-lèsApt, en Provence. Hervé Bourdon, exLeo Burnett, est, lui, devenu chef étoilé
au Petit Hôtel du Grand Large en
Bretagne. Quant aux fondateurs de
Jean & Montmarin, Gérard est devenu
créateur d’un des plus beaux jardins
de France, en Côtes-d’Armor, Hubert
agriculteur bio en Anjou… tout en
restant publicitaire à Paris.
A vrai dire, quitter Paris n’est pas une
fin en soi. L’important porte, à un
moment d’une vie, sur le besoin d’un
changement de rythme. Qu’en pense
Jacques Séguéla ? « J’aime Paris et
j’aime surtout Havas ! » répond
Jacques avec son sens de la formule.
Comprendre : j’aime Paris et j’aime la
pub, je ne quitterai ni l’une ni l’autre.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
EXECUTIVES // 07
Les Echos Lundi 1 octobre 2018
er
Demain,
tous télé-travailleurs ?
sur echo.st/m313497
REPÈRES
Quelques informations pratiques
Que ce soit pour construire
un nouveau réseau local ou
pour décrypter les dynamiques
économiques et sociales de votre
nouveau lieu d’adoption, quelques
pistes susceptibles de vous
apporter une aide efficace.
Clémentine Babin-Heynard
A lire avant de se lancer
Si vous hésitez à sauter le pas,
ces ouvrages vous livrent des conseils
pour un départ serein et réussi.
– « Quitter la ville, mode d’emploi »,
par Bernard Farinelli (éditions Sang
de la Terre)
– « Quitter Paris », par Mademoiselle
Caroline (éditions Delcourt)
– « Quitter Paris… ou pas ? »,
par Roger Eve et Emmanuelle Walter
(éditions Parigramme).
Les sites à consulter
avant de partir
Ils fournissent les informations
essentielles avant tout départ.
- Changerdeville.fr
- paris-jetequitte.com/
- partirdeparis.fr/
Tarifs : 29 €/mois puis de 3 €/heure
(plafond : 219 €/mois).
4, quai Jean-Moulin, 69001 Lyon.
À NANTES
La Chapelle co-working
Situé dans l’ancienne chapelle
d’un hôtel particulier, ce lieu atypique a
été classé parmi les plus beaux espaces
de co-working au monde, selon Maison
Créative.
Tarifs : 220 € HT/mois.
134, rue Paul-Bellamy, 44000 Nantes.
l
Le SOFFFA
Cet espace hybride fait office à la fois de
slowcafé, d’espace de travail, de galerie
d’art et d’espace événementiel.
Tarifs : 250 €/mois (accès 24h/24).
17, rue Sainte-Catherine, 69001 Lyon
et 27, rue Cavenne, 69007 Lyon.
Ecoworking
Ce lieu permet aux co-workers
d’adopter un comportement
écoresponsable via une charte d’usage.
Tarifs : 14 € HT/demi-journée,
270 €/mois en open space
et 410 €/mois en bureau fermé.
27, rue Romain, 69001 Lyon.
La Cantine
Cet espace cible surtout des personnes
qui développent une solution en lien
avec l’innovation ou le numérique.
Tarifs : dès 6 € TTC/demi-journée pour
les externes. Pour les abonnés : dès
170 € HT/personne en bureau fermé, dès
210 € HT/personne/mois en open space.
11, rue La Noue Bras-de-Fer,
44200 Nantes.
l À BORDEAUX
Darwin Eco-système
Ici, priorité est donnée à la création
et à l’écologie.
Tarifs : 290 € HT/mois par poste.
87, quai des Queyries, 33100 Bordeaux.
Mama Works
Filiale de la chaîne hôtelière
Mama Shelter, Mama Works
propose des espaces modulables
de détente, ainsi que de musique
et de sport, dans un cadre coloré
et convivial.
Tarifs : dès 5 €/heure pour un bureau
non dédié, 299 €/mois pour un bureau
privé en open space, dès 379 €/mois
pour les bureaux privés.
51, quai de Lawton, 33000 Bordeaux
(aussi à Lyon).
À LILLE
La maison du co-working
Cet ancien cabinet d’architectes organise
un grand nombre d’événements sociaux
(afterworks, petits déjeuners, etc.).
Tarifs : 75 € HT pour le pass de 5 jours
en nomade, 120 € pour le pass de 10
jours en nomade, 200 € HT/mois pour
un poste fixe, dès 300 € HT/mois, selon
la surface, pour les bureaux privés.
116, rue Nationale, 59800 Lille.
l
Weréso
L’offre d’espaces s’adapte à une large
palette de budgets et nécessités variés.
Tarifs : dès 249 €/mois pour un poste
nomade, dès 357 €/mois pour un poste
fixe, dès 619 €/pour des bureaux privatifs.
104, rue Nationale. 59800 Lille
(aussi à Lyon). n
FUTUR
DE LA BATTERIE DU
À LA CATHÉDRALE,
ERGIE !
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AMIE
Les associations
professionnelles à contacter
Très utiles pour construire un réseau
local ou pour décrypter les dynamiques
économiques et sociales locales.
Association progrès
du management (APM)
Créée par l’ancien président de Sodexo,
Pierre Bellon, l’association APM
propose à ses adhérents de se réunir
en club de partage et d’apprentissage.
Elle dispose également de clubs
à l’international.
Groupes d’entraînement
et de réflexion au management
des entreprises (Germe)
Ce réseau de 150 groupes dispersés sur
l’ensemble du territoire français forme
et informe les managers dans des lieux
de partage de connaissances
et d’apprentissage.
Les associations d’anciens élèves
(alumni) de grandes écoles.
Les espaces de co-working
à connaître
Les villes les multiplient. Du bureau
en open space à l’espace privé,
les propositions tarifaires
de ces tiers-lieux sont variées.
À MARSEILLE
Le Bureau
Très design, ce cadre est intimiste
(seulement huit postes de travail
et une salle de réunion) et silencieux.
Tarifs : 240 € HT/mois avec un poste
à temps illimité + accès à la salle de
réunion, 18 € HT/heure pour la location
de la salle de réunion.
73, rue Sylvabelle, 13006 Marseille.
l
La Ruche
Avantage : les co-workers ayant des
enfants peuvent bénéficier des services
des microcrèches Les Ruches agréées
CAF.
Tarifs : 250 ou 170 €/mois pour
la formule ou le poste à plein temps,
120 €/mois à mi-temps, 80 €/mois
pour le quart-temps.
28, boulevard National, 13001 Marseille.
À LYON
La Cordée
Ce concept se décline en cinq espaces
différents dans la ville.
l
A la pointe de l’innovation à l’échelle internationale, les chercheurs
amiénois du Hub de l’énergie conçoivent la batterie de demain.
Un enjeu capital en matière de transition énergétique. Tout aussi
novateur, le spectacle Chroma sublime la plus vaste cathédrale de
France par une mise en scène originale et lumineuse.
ici
amiens-naturellement.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
3
08 // EXECUTIVES
Lundi 1 octobre 2018 Les Echos
er
attitudes
à adopter
pour réduire
le stress au travail
sur echo.st/m317467
INTERVIEW
DANIEL ABITTAN, FONDATEUR DE CHATEAUFORM’
DANIELLE
RAPOPORT
« Les cadres citadins stressés
n’ont jamais autant postulé »
psychosociologue,
analyste
des modes
de vie et de la
consommation
TREND SPOTTING
Le dirigeant explique comment Chateauform’− qui propose une soixantaine de maisons, espaces événementiels
et lieux de réunion dans six pays − place toujours l’humain au centre de ses propositions.
Vous avez beaucoup de sites
Chateauform’au vert. Constatezvous ce besoin des salariés
de s’extraire de Paris pour
se ressourcer en région ?
C’est une tendance que nous constatons
depuis plusieurs années, j’en veux pour
preuve que nos séminaires au vert, Châteauform’Les maisons du séminaire et
Châteauform’Campus, continuent de
croître année après année alors que nos
séminaires en ville, Châteauform’City,
stagnent.
Que pensez-vous de cette
tendance de fond qui pousse
nombre de cadres à chercher
à travailler au vert ?
La plupart de nos couples d’hôtes sont
d’anciens cadres supérieurs ayant travaillé
dans les grandes métropoles et la raison
principale invoquée pour nous rejoindre,
c’est la qualité de vie dans des châteaux
entourés de plusieurs hectares de verdure.
Et jamais nous n’avons eu autant de candidatures spontanées de ces cadres stressés
qui privilégient une vie au vert et
au calme, quitte à sacrifier une partie
de leur salaire, et cela est vrai pour
les deux conjoints.
La coordination
horizontale est
toujours préférable
à la coordination
verticale. Pas de
titres, disons
simplement
ce que nous faisons et
soyons responsables.
D’où vient votre appétit
de serial entrepreneur ?
Comme ces grands explorateurs qui, une
fois qu’ils ont fini une mission, enchaînent
une autre exploration, je suis passionné
par l’aventure humaine que constitue
chacune de mes entreprises. Mais, au
plaisir de commander au grand nombre,
j’ai toujours privilégié la joie de n’obéir à
personne. J’ai créé Photo Service, Grand
Optical, Générale d’Optique, Solaris… En
2005, je me suis retrouvé à la tête d’un
groupe coté employant 16.000 personnes.
Cette expérience boursière m’a laissé un
goût amer. Les financiers ont fini par
s’emparer du groupe que nous avons créé,
mon associé de toujours, Michael Likierman, et moi. Aujourd’hui, je me partage
entre GrandAudition, Acuitis, et Châteauform’. Trois entreprises familiales avec des
valeurs humaines très fortes.
Mais Châteauform’
est un peu votre famille ?
C’est une entreprise née d’une amitié avec
Jacques Horovitz. Professeur de marketing intervenant dans divers séminaires,
il se plaignait de ne trouver que des lieux
de réunion impersonnels. Un jour, je lui
ai dit : « Chiche ! » Et il a imaginé, en une
semaine, sur une feuille A4, le concept de
Châteauform’d’aujourd’hui. Avec des
lieux de séminaire inédits, des décors
chaleureux, un accueil personnalisé et
incarné par un couple qui vous reçoit,
L
es raisons de quitter Paris
aujourd’hui sont nombreuses et
d’autant sujettes à questions et
réflexions qu’elles sont à la confluence
de courants sociétaux et d’idéologies,
dont la mobilité, signe de jeunesse,
d’adaptation et de modernité. La
mobilité implique la notion de
changement. Changement de métier,
de lieu, de contexte familial et
amical, comme signe d’évolution
personnelle et valorisante. S’y associe
le « courage » de quitter le connu et
s’aventurer dans une nouvelle vie.
Mais créer et bâtir de nouveaux
réseaux relationnels est énergivore et
pas évident. Changer de métier
encore moins, et l’adage « un tiens
vaut mieux que deux tu l’auras » fait
toujours des émules. Changer, c’est
abandonner des automatismes, des
habitudes, des plaisirs, certes, mais
répétitifs, exercer sa capacité
réflexive et son intuition pour
décider de sauter le pas et se
confronter à un ailleurs, peut-être
meilleur, en tout cas différent.
une sorte de maison d’hôtes. Ce concept
est né en 1996, avec l’idée de placer
le service au cœur de l’activité d’une
entreprise humaniste.
C’est-à-dire ?
Nous avons ouvert notre premier site à
Neuville-Bosc (Oise), dans la propre maison de Katy et Jacques Horovitz. L’objectif
reste le même : mettre de la chaleur ajoutée à la place de la valeur ajoutée qu’apportent les séminaires. Nous croyons en la
« ré-union », en l’art d’enrichir la relation
humaine par le partage et l’échange
à travers des expériences communes
fortes, uniques, apprenantes.
Les cinq premières années ont été difficiles. Nous ouvrions un nouveau lieu par an,
et nous peinions à emprunter de l’argent.
Une entreprise, ce sont souvent des
années de pertes, de stress et de doutes
avant de devenir une réalité profitable.
Notre chiffre d’affaires, de 97 millions
d’euros en 2014, est passé à 201 millions
en 2017, avec l’objectif d’atteindre
233 millions en 2018 et 500 à terme.
Une expansion qui ne dénature
pas vos valeurs humanistes ?
Nous proposons une soixantaine de maisons, espaces événementiels et lieux de
réunion dans 6 pays. Et chaque fois,
l’humain est au centre de nos propositions. Nous déclinons notre palette selon
des besoins de nos clients − Châteauform’Campus pour les réunions à grande
échelle, Châteauform’City au cœur des
villes, Châteauform’Collège pour les formations et du sur-mesure avec Châteauform’@home –, tout en leur offrant toujours des parenthèses de quiétude où
travail et détente se marient, car la culture
d’entreprise se renforce aussi au bar, près
de la piscine, dans un verger ou une salle
interactive.
Qu’appelez-vous « partage
de la moisson » ?
Dans une entreprise de services comme la
nôtre, 40 % du chiffre d’affaires rétribue
les talents, 25 % les fournisseurs et les
partenaires principaux, 25 % les propriétaires des sites afin de couvrir les loyers et
charges, 9 % les investissements qui sont
nos emplois de demain. Enfin, une fraction infime, proche de zéro, les actionnaires : de 1996 à 2017, nous n’avons versé
aucun dividende ! Tout a été réinvesti
dans le développement et l’amélioration
de nos maisons.
Quelles valeurs fondamentales
font votre succès ?
L’amour du client, la volonté d’apprendre
tout le temps, la loyauté, l’honnêteté,
l’esprit de famille et d’initiative, la rigueur
et la performance. Et faire mieux notre
métier que les autres. Mon rôle est de me
préoccuper sans relâche de mes collaborateurs car des collaborateurs heureux
rendent les clients heureux.
Quel manager êtes-vous ?
Nous sommes une équipe où chacun peut
s’épanouir, car nous nous appuyons sur les
atouts et oublions les faiblesses. L’échec est
une option chez Chateauform’, c’est le
meilleur des diplômes.
Le talent et la stabilité de mon équipe sont
un gage de pérennité. J’attends des esprits
ouverts et toujours en alerte. Faisons
confiance aux jeunes, utilisons l’expérience des anciens. La coordination horizontale est toujours préférable à la coordi-
Christine Caron
Propos recueillis par Martine Robert
mrobert@lesechos.fr
Paris,
on l’aime ou
on la quitte !
nation verticale : pas de titres, disons
simplement ce que nous faisons et soyons
responsables.
Son credo ?
Se ressourcer par les
voyages, les lectures, le
sport, et surtout par les
rencontres humaines.
Evidemment, les visites
de musées, d’expositions
tiennent une grande place.
Un entrepreneur doit avoir
une sensibilité artistique
pour donner une orientation spirituelle à sa société.
L’échec des sociétés tient
aussi souvent
à leur immoralité.
Qu’attendez-vous de votre
encadrement ?
Qu’il écoute, forme et cultive son attention
à l’autre. Faire, faire avec, faire faire, c’est
cela l’exemplarité. Il doit donner envie en
donnant du sens et le pourquoi avant le
comment, réfléchir et faire réfléchir, poser
des questions ouvertes et transformer le
hasard en opportunités.
Quelles sont les clefs
de votre pérennité ?
Mes équipes n’ont pas besoin d’un patron
charismatique, visionnaire ou prophète
mais d’un bon horloger qui synchronise.
Nous visons le bonheur de nos collaborateurs qui fait celui de nos clients, et enfin
celui des actionnaires. Mais attention,
l’entreprise n’est pas un paradis acquis :
nous nous fixons des objectifs et des défis
ambitieux qui stimulent le progrès
et le mouvement. n
Coup de tête ou ras-le-bol ?
Le contexte politico-sociétal actuel
autorise l’audace d’exercer ses
multicompétences. Encore faut-il les
reconnaître et les expérimenter ! Car
changer de métier, c’est optimiser ses
capacités d’adaptation et de
rebondissement, découvrir en soi des
aptitudes jusqu’alors masquées, puiser
dans ses propres ressources et
optimiser sa confiance interne. Mais
quitter Paris et ses alentours est en soi
une aventure. Ce peut être par un coup
de tête, mais plus généralement par
une lente usure, un ras-le-bol de la vie
parisienne qui n’a d’intérêt perçu que
l’image stéréotypée qu’en ont les
touristes ou les visiteurs occasionnels.
La liste des facteurs de rejet est longue
– le coût de la vie, la pollution et ses
effets sur les enfants, le mode de vie
stressant, le temps passé dans les
transports, le contexte professionnel
concurrentiel, le manque de sens, de
jardin, de contact avec la terre et avec
le temps long. A cela s’ajouterait
l’attrait de villes de province qui
innovent, créent, font la part belle aux
nouveaux arrivants, ou celui de la
campagne, pour une véritable rupture.
Mais le conditionnel s’impose, car si
certains ont réussi leur insertion
− habitat plus grand, travail différent
ou autocréé et plus enraciné dans du
« faire humain », tempo ralenti −,
d’autres n’ont pas ce pouvoir d’avoir
fait coïncider profession et mieuxvivre. Un retour à Paris s’impose,
parfois comme un échec, parfois
comme une redécouverte des
opportunités qu’offre la capitale. Ce
retour pourrait être une façon, au
même titre que ceux qui sont partis, de
faire éclore de nouvelles compétences
professionnelles, de rompre avec ses
habitudes, de profiter des atouts
culturels, de s’ouvrir à de nouvelles
relations… Quitte à relativiser le bruit,
le bitume, la foule. De leur côté, les
retraités − peut-être les plus nantis ? −
signent le retour à Paris comme un
mode de vie libératoire, adoptent ses
nouveaux rythmes, goûtent à un
relationnel enrichi, troquent la peur de
leur solitude par de multiples activités
et pas qu’associatives. n
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