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Les Echos - 04 10 2018

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ASSURANCES
DE PERSONNES
www.henner.com
Santé Prévoyance Retraite Services médicaux
Série Limitée
Spécial mode
hommes
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // JEUDI 4 OCTOBRE 2018 // LESECHOS.FR
SNCF : le « new deal »
social de Pepy
L’ESSENTIEL
ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES : UN
TOP 20 À L’ACCENT FRANÇAIS
L’Oréal et Kering sont parmi les trois
meilleurs élèves en matière d’égalité
professionnelle dans le monde. Cinq
sociétés françaises sont dans le
Top 20, mais la France est à la traîne
sur l’égalité salariale. // P. 4
ENTREPRISES
& MARCHÉS
LA FILIALE RÉGIONALE D’AIR
FRANCE SE RESTRUCTURE
Trois ans après sa création, HOP!,
la filiale régionale d’Air France,
va vivre son troisième plan de restructuration, avec des suppressions de postes à la clef. // P. 21
l Le dirigeant dévoile
les contours et le futur pacte
social du groupe public.
l La progression automatique des salariés sous statut
va être renégociée.
BOEING CROIT AU BEL AVENIR
DE SES PALACES VOLANTS
Le constructeur américain transforme ses moyens et gros-porteurs en mobile home de luxe.
// P. 21
5G : LES ENCHÈRES EN ITALIE
RAPPORTENT UNE FORTUNE
AFP
Les op érateurs italiens vont
débourser 6,5 milliards d’euros
pour les fréquences 5G. Trois fois
plus qu’initialement prévu par le
gouvernement. // P. 23
P
réparation de l’ouverture à la
concurrence, nouveau pacte social,
offensive commerciale… A l’occasion du séminaire annuel des cadres de la
SNCF, qui se tient mercredi et jeudi au Stade
de France, le patron du groupe, Guillaume
Pepy, présente dans une interview aux
« Echos » ce que sera la « nouvelle SNCF »
CRÉATIONS D’USINES : LA
RECONQUÊTE S’ESSOUFFLE
Sur les neuf premiers mois de
l’année, le bilan entre ouvertures
et fermetures de sites industriels
reste positif mais de peu. // P. 26
LES BANQUES SE PRÉPARENT
AU « HARD BREXIT »
Les banques européennes ont posé
les jalons de leur organisation en cas
de « hard Brexit ». Des interrogations
subsistent sur le marché de dérivés.
// P. 29 ET L’ÉDITORIAL DE
JACQUES HUBERT-RODIER P. 9
Radars Bercy table
sur 12 % de recettes
en plus en 2019 // P. 3
pement des compétences de près de 1 milliard
d’euros ». La future trajectoire financière est
également précisée : « Nous anticipons une
augmentation de 20 % du chiffre d’affaires en
sept ans, et de la marge opérationnelle de
50 %. Tout en maintenant un niveau très
élevé d’investissements : 57 milliards d’euros
d’ici à 2026. » // PAGE 17
La course au
record de Wall
Street continue
AUTOMOBILE Les députés veulent réduire les émissions de CO2 de 40 % d’ici à 2030.
BOURSE Mardi soir, l’indice Dow Jones
Mercredi, les députés européens ont adopté, à
une confortable majorité, un objectif de réduction des émissions de CO2 des nouveaux véhicules légers et des camionnettes de 40 % à l’horizon
de 2030. C’est un peu moins que les 45 % proposés par la commission environnement de l’hémicycle ou que les 50 % réclamés par les ONG et les
écologistes. Mais, trois ans après le « dieselgate »,
c’est bien plus que l’objectif de 30 % avancé par la
commission dans sa proposition initiale. Les
constructeurs automobiles jugent ces objectifs
irréalistes et misent sur l’intervention des Etats
européens pour les revoir à la baisse. Les eurodéputés veulent aussi pousser la filière à un effort
rapide avec un objectif intermédiaire de –20 %
dès 2025. // PAGE 19
a inscrit son 101e record depuis l’élection
de Donald Trump, il y a moins de deux
ans. La réforme fiscale du président
américain et sa politique protectionniste agressive ont permis de prolonger
le plus long marché haussier de l’histoire des Etats-Unis : 3.495 jours sans
connaître de baisse de plus de 20 %. Et
ce, malgré deux alertes en 2018. Ce
« bull market » peut-il durer ? De plus
en plus de voix s’élèvent pour s’inquiéter d’un risque de correction avant la fin
de l’année. Mais, pour l’instant, il y a peu
de signes avant-coureurs d’un désastre
boursier imminent, alors que la croissance des Etats-Unis et les marges des
entreprises restent solides. // PAGE 28
Nucléaire : les scénarios
s’affrontent sur les
fermetures de réacteurs
NICOLAS BARRÉ
À 7h12 Du lunDi au venDreDi
Dans le 7h-9h De nikos aliagas
Tout est en place
pour une crise
financière en 2020
Chronique par
Nouriel Roubini
110e ANNÉE
36PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
Des politiques de relance intenables,
des taux d’intérêt qui remontent, des
tensions commerciales qui s’aggravent,
des actifs surévalués, des banques centrales impuissantes : ce sont les ingrédients de la prochaine récession, selon
Nouriel Roubini. // PAGE 10
EDF prévoit de fermer entre 7
et 12 réacteurs entre 2029 et 2035.
ÉNERGIE Alors que le gouvernement prévoit de publier fin
octobre la feuille de route énergétique des dix années à venir,
l’interrogation centrale reste la trajectoire de la production
nucléaire. Selon nos informations, EDF, qui n’entend pas fermer de réacteur – hormis les deux de Fessenheim – avant
2029, prévoit ensuite de fermer entre 7 et 12 réacteurs jusqu’en 2035. Le gestionnaire du réseau RTE, qui a publié l’an
dernier une série de scénarios pour les pouvoirs publics,
aurait, quant à lui, estimé cet été que six fermetures de réacteurs étaient envisageables sur la période 2024-2028. La
filière gaz redoute des arbitrages en faveur du « tout électrique », alors qu’Engie, GRDF ou GRTgaz défendent la place
du gaz vert dans la transition. // PAGE 18
Laurent Cerino/RÉA
sur
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22795
d’un côté et les nouveaux salariés, de l’autre.
Pour cela, nous allons payer plus cher les jeunes qui débutent leur carrière et des dispositions du statut vont bouger. L’automaticité de
la progression professionnelle ne disparaîtra
pas, mais elle devra être renégociée avec les
partenaires sociaux. » Il annonce également
« un programme sans précédent de dévelop-
Pollution automobile : le Parlement
européen sur une ligne dure
Gilles Rolle/RÉA
Laurent Grandguillot/RÉA
CARNET // P. 34
issue de la réforme ferroviaire. « Au 1er janvier 2020, il faut un nouveau groupe, largement transformé et prêt à fonctionner »,
explique-t-il. Cela se traduira notamment
par la négociation d’un nouveau pacte
social, qui couvrira l’ensemble des cheminots : « Il ne peut y avoir de SNCF à deux vitesses, plaide le dirigeant, avec les statutaires
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02 //
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
FRANCE
L’Etat : des sous
et des hommes
l Son successeur à l’Intérieur devrait être connu « dans quelques jours ».
l L’exécutif tente de dédramatiser, tandis que les interrogations se font fortes.
Pour couper court à l’idée de fragilité au sommet de
l’Etat, notamment en matière de sécurité, l’exécutif
met soudain l’accent sur l’argent qu’il y consacre.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
eur passage de relais est
glacé, mais Gérard
Collomb et Edouard
Philippe disent au fond la
même chose, ce mercredi, sur
le perron du ministère de
l’Intérieur. Le budget du
ministère de l’Intérieur
augmente plus que les autres,
les effectifs vont grimper de
10.000 en cinq ans. CQFD, la
sécurité est tenue, l’Etat est là.
Quand on cherche la solidité,
quand on veut rassurer et faire
oublier que les hommes,
décidément, sont trop
hommes, que reste-t-il ?
L’argent, le sonnant et
trébuchant argent. L’Etat me
coûte donc il est.
Le constat ne vaudrait pas un
entrefilet s’il n’allait à rebours
de la lecture économique que
l’exécutif tente de pousser
depuis son arrivée au pouvoir.
Une politique économique ne
se juge pas au budget mais aux
« actions de transformation »
menées indépendamment,
affirment régulièrement
Emmanuel Macron et ses
ministres. Le budget n’est que
contingence.
Il n’empêche, le réflexe revient
vite. Pris à partie sur sa
politique environnementale,
mardi à l’Assemblée, François
Départ de Collomb : Macron
temporise et minimise la crise
de Rugy répond budget : « Plus
de 1 milliard cette année »,
vante-t-il ; questionnée sur la
violence faite aux femmes,
Marlène Schiappa fait de
même. La preuve par le
budget. La nouvelle lecture
sera pour plus tard.
Face aux « péripéties »
humaines (le mot est
d’Emmanuel Macron), il faut
montrer l’ancrage. S’appuyer
sur ce colosse qu’est l’Etat et
sur son amie, la Constitution
de 1958, fêtée ce 4 octobre par
le président. « Ce n’est pas une
crise politique, l’Etat
fonctionne », a-t-il insisté en
Conseil des ministres. Il n’y a
pas de fragilité au sommet de
l’Etat, encore moins de
vacance. Gérard Collomb
quitte son ministère en disant
donc cela : « Nous avons de
grands directeurs, de grands
préfets, qui ont un sens du
service public extraordinaire. »
A cela près que dans le même
discours, le ministre cède le
pas au (futur ?) maire. « Il y a
dans les quartiers une situation
très dégradée, le terme de
reconquête républicaine prend
tout son sens. Parce que oui,
aujourd’hui, c’est plutôt la loi du
plus fort qui s’impose, [celle] des
narcotrafiquants, des islamistes
radicaux, qui a pris la place de la
République », souligne-t-il, en
écho aux propos de Martine
Aubry il y a quelques jours.
Mais il y a sûrement des
budgets à brandir pour
montrer que l’Etat est là.
cecilecornudet@lesechos.fr
POLITIQUE
Il faudra attendre « quelques jours »
pour connaître le nouveau ministre
de l’Intérieur, après le départ rocambolesque de Gérard Collomb du
gouvernement. En attendant,
Edouard Philippe assure l’intérim.
Une passation de pouvoirs très tendue avec celui qui va retrouver dans
les prochains jours la mairie de Lyon
a eu lieu mercredi matin, place
Beauvau.
Après avoir annulé son déplacement en Afrique du Sud, le Premier
ministre a profité de ses nouvelles
fonctions – provisoires – pour féliciter les policiers pour l’arrestation de
Redoine Faïd en se rendant dans les
locaux de la Direction centrale de la
police judiciaire, à Nanterre. But de
l’opération : faire passer le message
que la continuité de l’Etat est assurée. Se donnant le temps en ne voulant pas choisir sous la pression,
l’exécutif s’est surtout employé à
dédramatiser. « Je vous rassure. Il y a
un cap, des institutions, un gouvernement au travail, au service du pays et
du peuple français. C’est ce qui
compte. Le reste, ce sont des péripéties », a déclaré le chef de l’Etat à
l’occasion de sa visite au Mondial de
l’automobile.
Richard Ferrand, le président de
l’Assemblée nationale, a choisi, lui,
l’humour : à ses yeux, le départ de
Gérard Collomb du gouvernement
est une « rupture non conventionnelle ». Au sein de la majorité, les éléments de langage ont tourné à plein.
« Gérard Collomb s’est mis en situation de démissionner », a été le message répété en boucle dans les
médias. Ce qui n’a pas désarmé les
oppositions, dont les critiques ont
redoublé d’intensité. Le député
Boris Vallaud, porte-parole du PS, a
Mis devant le fait accompli par la démission de Nicolas Hulot fin août, Emmanuel Macron n’a pu
que céder face à la volonté de départ de son ministre de l’Intérieur. Photo Thomas Samson/AFP
évoqué la « chienlit au sommet de
l’Etat ». « Ce à quoi on est en train
d’assister depuis la rentrée, épisode
après épisode, c’est un lent affaissement au sommet de l’Etat », a estimé
Laurent Wauquiez, le patron de LR,
« Entre Emmanuel
Macron et Gérard
Collomb, la relation
était plus
personnelle que
politique. Quand elle
s’est dégradée, tout
s’est effondré. »
JEAN-DANIEL LÉVY
Directeur du département
politique & opinion
chez Harris Interactive
qui a appelé l’exécutif à retrouver de
la « dignité ». Une certitude : lancée
depuis les Antilles la semaine dernière, l’opération reconquête
d’Emmanuel Macron a été stoppée
net. Mis devant le fait accompli par la
démission de Nicolas Hulot fin août,
Emmanuel Macron n’a pu que céder
face à la volonté de départ de son
ministre de l’Intérieur. Comme c’est
devenu une habitude depuis la rentrée, il subit les événements sans les
maîtriser.
« Manque de solidarité »
Gérard Collomb étant le septième
ministre à quitter le gouvernement
en seize mois – et le troisième ministre d’Etat, après François Bayrou et
Nicolas Hulot – nombreux sont ceux
à s’interroger sur ce qui ne tourne
plus rond dans cette machine qui
semblait si bien huilée depuis
mai 2017. « On a le sentiment que face
à la baisse de la popularité d’Emma-
nuel Macron, il y a une forme de manque de solidarité. Lyon n’était pas en
danger pour Gérard Collomb, car c’est
une ville centriste par essence, donc
son départ suscite des questions »,
estime Bruno Jeanbart, directeur
des opinions politiques chez OpinionWay. La solidité du macronisme est interrogée. « Entre Emmanuel Macron et Gérard Collomb, la
relation était plus personnelle que
politique. Quand elle s’est dégradée,
tout s’est effondré », estime de son
côté Jean-Daniel Lévy, directeur du
département politique & opinion
chez Harris Interactive. Ce jeudi,
Emmanuel Macron se rendra à
Colombey-les-deux-Eglises, à l’occasion du soixantième anniversaire de
la Constitution, pour rendre hommage au Général de Gaulle, père
d’une Ve République, dont la solidité
des institutions est aujourd’hui
d’une grande aide pour le chef de
l’Etat. — G. P.
INTERVIEW // BRUNO CAUTRÈS Chercheur au Cevipof
en bref
Heitz choisi pour succéder à Molins
comme procureur de Paris
JUSTICE La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a choisi
Rémy Heitz, l’actuel directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG), pour succéder à François Molins au poste sensible
de procureur de Paris, a annoncé mercredi le porte-parole de la
chancellerie sur Twitter. La ministre a proposé ce magistrat au
Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui rendra un avis
non contraignant pour le gouvernement. Ancien « M. Sécurité
routière » de Jacques Chirac, Rémy Heitz sera ensuite officiellement nommé sur décret présidentiel.
La Cour des comptes veut une réforme
rapide de la taxe sur les salaires
FISCALITÉ« Barème incohérent », « recouvrement peu performant »: la taxe sur les salaires, acquittée par certaines entreprises notamment du secteur financier, doit être modifiée « rapidement » pour tenir compte des réformes fiscales engagées par le
gouvernement, estime, dans un rapport publié mercredi, la
Cour des comptes. Celle-ci propose que la taxe sur les salaires
soit déclarée via la DSN, un dispositif qui permet aux entreprises d’automatiser leurs déclarations à partir de leurs logiciels de
paie. Cela devrait être fait « au plus tard en 2022 », juge la Cour.
sur
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7h45
Du lunDi au venDreDi
« Ce sont les premières grosses difficultés »
ces signes négatifs, dont l’accumulation finit par dire quelque chose.
Les Français peuvent se demander
comment celui qui se présentait
comme le maître des horloges se
retrouve dans cette situation.
Propos recueillis par
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Quels enseignements
tirez-vous de cette démission ?
Sans en exagérer l’importance, on
peut noter plusieurs signaux
depuis quelques semaines indiquant que quelque chose ne va
pas. Nicolas Hulot et Gérard Collomb, respectivement numéros
trois et deux du gouvernement,
sont partis d’eux-mêmes, même si
c’est pour des raisons différentes. On ne peut pas se limiter à dire
que Nicolas Hulot était un électron
libre et que Gérard Collomb était
uniquement préoccupé par la mairie de Lyon. Très proche d’Emmanuel Macron, Gérard Collomb
savait quelles seraient les conséquences de sa décision. Il aurait pu
temporiser, sachant qu’Emmanuel
Macron était en pleine reconquête
de l’opinion, il ne l’a pas fait. Il anticipe certes des élections municipales plus compliquées que prévu à
Lyon, mais ce n’est pas en reprenant
immédiatement son siège de maire
qu’il rendra forcément les choses
plus faciles.
Y a-t-il un problème
au sommet de l’Etat ?
On est au moment de l’examen
du budget, mais le budget du ministère de l’Intérieur avait été préservé,
et même favorisé avec des créations
de postes. Donc il y a quelque chose
de mystérieux dans le départ de
Gérard Collomb. Il marque (peut-
Bruno Cautrès estime que « cela confirme qu’il faudra bien
un remaniement ». Photo Sipa
être) un dysfonctionnement entre
lui et Emmanuel Macron, même si
on manque d’éléments empiriques.
Par ailleurs, tout le monde a pu
constater que Gérard Collomb était
à la peine pendant ses auditions
parlementaires dans le cadre
de l’affaire Benalla. Il avait l’air de
dire qu’il ne savait pas et faisait passer le message que cette affaire
s’était passée en dehors de lui. En
toile de fond, il y a un peu un
malaise dans la police, qui voit que
le chef de l’Etat ne lui confie pas
l’intégralité de sa sécurité.
Les proches d’Emmanuel
Macron ne croient-ils
plus en lui ?
Non. C’est exagéré de dire cela. Les
proches comme Benjamin Griveaux ou Christophe Castaner sont
encore là et ils sont encore dans une
absolue confiance envers Emmanuel Macron. Le système Macron
ne s’effondre pas ! En revanche, il
fait face à ses premières grosses difficultés. Le scénario est connu :
l’exercice du pouvoir et le déroulement du quinquennat amènent
leur lot d’erreurs, dans la communication ou les choix stratégiques. Ces
erreurs créent des désillusions,
chez les électeurs et même chez
ceux qui portent le projet. En faisant le choix de redevenir maire
d’une grande ville, Gérard Collomb
ajoute un élément à un contexte difficile pour l’exécutif. Souvenonsnous de la cuvée du redressement
d’Arnaud Montebourg en 2014, elle
revêtait quelque chose de plus
large. Dans le cas d’Emmanuel
Macron, on semble être au début de
Quelles conséquences cette
crise peut-elle avoir à terme ?
Cela confirme d’abord qu’il faudra
bien un remaniement. Emmanuel
Macron le fera quand il voudra
envoyer un message pour montrer
qu’il clôt la première étape de son
quinquennat et qu’il passe à la suivante. Le président court après les
difficultés depuis quelques mois.
Les Français veulent des changements, mais ils portent aussi des critiques sur son style et sa méthode. Il
a envoyé le week-end dernier depuis
les Antilles le message qu’il changeait de méthode, mais c’est très difficile pour un président de le faire. Il
incarne moins bien l’empathie
envers les Français que d’autres
attributs de son image. Etre proche
d’eux, cela ne veut pas dire se contenter de faire des selfies. lls attendent encore des résultats sur le fond
de son projet, qui est la mobilité des
Français, la notion de seconde
chance. François Mitterrand avait
fait la cinquième semaine de congés
payés, qui avait changé la vie des
Français. Emmanuel Macron court
après une mesure équivalente, un
gros symbole de changement de la
vie des Français, mais c’est particulièrement compliqué, compte tenu
de la situation économique et de la
contrainte européenne. n
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FRANCE // 03
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
Les radars routiers devraient
rapporter 12 % de plus en 2019
SÉCURITÉ ROUTIÈRE
Le durcissement de la politique routière entamé en 2015
est à l’origine de cette forte hausse. Photo Laurent Grandguillot/RÉA
Les recettes s’élèveraient à 1,23 milliard
d’euros.
Renaud Honoré
@r_honore
La bonne fortune des radars routiers ne se dément pas. Ces derniers
devraient une nouvelle fois battre
des records en termes d’amendes
collectées en 2019, si l’on en croit les
chiffres du projet de loi de finances
2019 : les recettes forfaitaires issues
du contrôle automatisé sont attendues en hausse de 12 % par rapport
Une écocontribution
en vue
pour tous
les déchets
ménagers
ENVIRONNEMENT
Un tiers des déchets
ménagers échappent
aux éco-organismes,
et donc à l’éco-contribution.
Aux radars fixes
sensiblement moins
nombreux, le
gouvernement préfère
désormais d’autres
dispositifs comme
les radars autonomes
(ceux installés dans
les zones de chantiers)
ou les voitures radars.
Un amendement au
projet de loi de finances assujettit les
industriels mettant
sur le marché
ces produits souvent
non recyclables.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
La commission du développement
durable de l’Assemblée veut profiter
du projet de loi de finances 2019
pour secouer le cocotier. Afin de
réduire le volume de déchets ménagers déposés en décharge ou incinérés plutôt que recyclés, elle entend
sanctionner les industriels mettant
sur le marché des produits non recyclables. La commission a approuvé
ce mercredi à une large majorité
l’amendement de la députée En
marche Lauriane Rossi, selon lequel
« à compter du 1er janvier 2019, toute
personne physique ou morale qui
fabrique, importe ou introduit sur le
marché des produits manufacturés
non recyclables » paiera une écocontribution. Pour viser les industriels, elle s’appliquera à partir de
10.000 unités vendues pour un chiffre d’affaires d’au moins 1 million
d’euros.
A côté de cette nouveauté, le gouvernement va assumer le renforcement de la stratégie radars,
déployés à grande échelle depuis
une décision de 2002 de Jacques
Chirac. Le parc restera de la même
taille, avec 4.700 appareils fin 2019.
Mais sa composition évolue peu à
peu : aux radars fixes sensiblement
moins nombreux, le gouvernement
préfère désormais d’autres dispositifs comme les radars autonomes
(ceux installés dans les zones de
chantiers) ou les voitures radars.
Sur ce point, l’externalisation au
secteur privé de la conduite de ces
voitures est censée se poursuivre :
après la Normandie, « trois autres
régions fin 2018 » seront concernées, selon les documents budgétaires, puis « trois régions supplémentaires seront bénéficiaires de
cette externalisation en 2019 ».
Enfin, il est prévu 100 nouveaux itinéraires contrôlés par des panneaux leurres, où « les conducteurs
seront dissuadés de pratiquer des
vitesses supérieures à la limite autorisée par l’incertitude du positionnement du radar ».
« La fin d’une prime
aux cancres »
Aujourd’hui, sur les 580 kilos de
déchets ménagers générés par Français et par an, un tiers seulement
relèvent d’un éco-organisme et
ont payé une écotaxe à ce dernier
lors de leur mise sur le marché, qu’ils
soient recyclables ou non. Un autre
tiers est composé de déchets organiques, donc compostables. Le problème est le dernier tiers : des produits sans éco-organisme, donc
n’ayant pas payé d’écotaxe à leur
mise sur le marché et qui sont souvent non recyclables, à l’instar des
textiles sanitaires (couches-culottes, etc.). Les industriels fabriquant
ces produits ne sont pas incités à
l’usage de matériaux recyclables.
« C’est la fin de la prime aux cancres et une avancée majeure pour
l’économie circulaire », se réjouit
Nicolas Garnier chez Amorce, une
association représentant les collectivités locales. Ces dernières paient
actuellement 450 millions d’euros
de taxe sur les activités polluantes (la
TGAP), sur la mise en décharge et
l’incinération des déchets, et le projet de budget pour 2019 prévoit une
forte augmentation de cette TGAP,
dès 2019 mais surtout à partir de
2021. « A volume constant de déchets
incinérés ou enfouis, la taxe triplera
en 2025, et si nous réduisons de moitié
les volumes enfouis ou incinérés, elle
passera quand même de 450 à
900 millions par an d’ici à 2025, cal-
à celles prévues pour 2018, à
1,04 milliard d’euros. Le cap du milliard est franchi, sans même tenir
compte des majorations décidées
après impayés. Si on les ajoute, les
recettes bondissent à 1,23 milliard.
A ce niveau, cela représente rien
moins qu’une augmentation de
50 % par rapport à un passé pas
lointain, à savoir les chiffres de 2016.
Le durcissement de la politique
routière entamé en 2015 face à la
recrudescence de la mortalité routière est à l’origine de cette forte
hausse. Le gouvernement actuel y a
apporté sa touche, avec la limitation de vitesse ramenée de 90 km/h
à 80 km/h cet été sur les 400.000 km
de routes secondaires. Les documents budgétaires retiennent
l’hypothèse que cette seule mesure
entraînera un « doublement du
nombre d’infractions enregistrées
par les radars situés sur les routes
concernées ». Le surcroît de recettes
dégagé par les 80 km/h doit financer la modernisation d’établissements de santé (26 millions d’euros
au titre de 2019).
Vitesse moyenne stable
« Les industriels
responsables du
non recyclable
doivent payer. »
NICOLAS GARNIER
Délégué général chez Amorce,
une association représentant
les collectivités locales
cule Nicolas Garnier. Pourquoi
répercuter cette hausse dans la taxe
d’enlèvement des ordures ménagères
des ménages ? Les industriels responsables du non-recyclable doivent
payer. » C’est le but de l’amendement. Mais il doit encore être
accepté par la commission des
finances de l’Assemblée mardi prochain. Il sera probablement sousamendé au passage, pour préciser
son champ d’application. Voire
reporté à 2020 car il sera dur de mettre en place avant janvier 2019 l’organisme devant recevoir cette écocontribution et décider de son
partage. n
Energies renouvelables : le fonds
chaleur va augmenter de 50 %
L’enveloppe du « fonds chaleur », qui abonde le financement des projets d’équipement de chauffage
alimenté par des énergies renouvelables, sera augmentée de 50 % en 2019. François de Rugy, le ministre
de la Transition écologique, l’a annoncé mardi à
l’Assemblée, devant la commission du développement
durable. Le montant de ce fonds, géré par l’Agence de
l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe),
devrait être porté de 215 à 300 millions d’euros.
Cette hausse représente la moitié du chemin qu’il
reste à parcourir pour que soit tenu l’engagement pris
lors de la campagne présidentielle par Emmanuel
Macron de doubler ce fonds.
Il reste à voir si cet arsenal aura un
impact réel sur la conduite des
automobilistes. Pour l’instant, il
n’apparaît pas qu’ils roulent moins
vite, contrairement à ce que pronostiquait le gouvernement.
Celui-ci reconnaît désormais que la
vitesse moyenne a été de 80,8 km/h
sur les routes françaises en 2017,
alors qu’il annonçait moins de
77 km/h il y a un an. « La vitesse
moyenne des véhicules légers reste
stable » depuis 2012, est-il écrit dans
le document budgétaire, avec toutefois « de fortes disparités selon les
types de réseaux ». Il y a ainsi une
légère baisse en agglomération,
mais une augmentation de 4 km/h
sur les autoroutes limitées à
130 km/h et une hausse de 2 km/h
sur le réseau à 110 km/h.
Dès lors, l’objectif de moins de
2.000 morts sur les routes françaises en 2020 (contre 3.693 décès en
2017) paraît encore lointain. La
France a toutefois connu quatre
mois de suite de baisse de la mortalité mi-2018, sur fond de mise en
place de la limitation à 80 km/h sur
les routes secondaires. n
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04 // FRANCE
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
Egalité femmes-hommes : la France
peut mieux faire sur les salaires
SOCIÉTÉ
Deux entreprises
tricolores, L’Oréal et
Kering, figurent parmi
les trois meilleurs
élèves en matière
d’égalité professionnelle dans le monde.
Et cinq sont dans
le Top 20, selon
la dernière édition
du palmarès
international de
l’association Equileap.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Alors que le Parlement vient de
voter l’obligation pour les entreprises de supprimer les écarts de
salaire entre hommes et femmes
dans les trois ans, le millésime 2018
du palmarès de l’organisation à but
non lucratif Equileap, que « Les
Echos » publient en exclusivité
pour la France, vient montrer le
chemin qui reste à parcourir.
L’ONG a de nouveau passé au crible quelque 3.000 entreprises cotées
de 23 pays affichant plus de 2 milliards de dollars de capitalisation
boursière. Elle constate une amélioration globale des performances
des entreprises étudiées. « Le mou-
vement #MeToo a eu un impact, mais
aussi la prise de conscience qui
s’étend, du fait que les entreprises soucieuses d’égalité femmes-hommes ont
de meilleurs résultats financiers que
les autres », souligne Diana van
Maasdijk, directrice générale et
cofondatrice d’Equileap.
« Le mouvement
#MeToo a eu un
impact, mais aussi la
prise de conscience
qui s’étend du fait
que les entreprises
soucieuses d’égalité
femmes-hommes
ont de meilleurs
résultats financiers
que les autres. »
En huitième position
parmi les 23 pays étudiés
La note attribuée repose sur dixneuf critères, qui vont du pourcentage de femmes aux postes de
direction à l’ampleur des inégalités
salariales en passant par les pratiques de sous-traitance. Globalement, l’Hexagone n’est pas en mauvaise position, avec 26 entreprises
dans les 200 premières du classement. Elle se situe, comme l’an dernier, en huitième position parmi
les 23 pays développés étudiés.
Avec un carton rouge sans surprise pour les secteurs des matières
premières et de l’industrie et un carton vert pour l’énergie, les biens de
consommation et le secteur financier, qui est aussi celui où il y a sans
doute le plus de contentieux individuels d’inégalités de traitement.
La France peut s’enorgueillir
d’avoir deux sociétés dans le trio de
tête : L’Oréal, qui partage cette
année la première place avec General Motors, et Kering. Cinq entreprises tricolores au total figurent
dans le Top 20 avec Société Générale, TF1 et Schneider Electric, dont
la DRH a été chargée par la minis-
DIANA VAN MAASDIJK
Directrice générale
et cofondatrice d’Equileap
tre du Travail, Muriel Pénicaud,
d’une mission sur l’égalité salariale.
rémunération à la fin de 2021. La
ministre du Travail a confirmé que
l’idée d’un seul indicateur était abandonnée au profit d’une batterie de
cinq critères. Y figurerait une mesure
de l’écart salarial, mais la pondération choisie pourrait permettre aux
entreprises de limiter leur effort en la
matière pour peu qu’elles agissent
sur d’autres sujets, comme attribuer
des augmentations en retour de
Belle marge de progression
Mais sur ce sujet, précisément, le
classement d’Equileap sonne
comme un avertissement, en plein
débat sur les critères qui s’appliqueront pour déterminer si un
employeur a atteint ou non l’objectif
de suppression des inégalités de
congé maternité ou féminiser un peu
plus les promotions. Or, le palmarès
d’Equileap montre que les entreprises françaises sont à la traîne en
matière salariale, rendant le sujet
d’autant plus incontournable.
Si L’Oréal, Société Générale et la
Foncière des régions sont les mieux
placées des sociétés tricolores sur les
rémunérations selon le genre, la
France a une belle marge de progres-
sion devant elle. A 4,1 % de l’objectif
atteint, elle est certes devant les EtatsUnis et l’Allemagne, mais loin derrière l’Angleterre qui est à 19 %, et très
en deçà de la moyenne, qui est de
7,7 %. C’est d’autant plus notable que
la barre n’est pas infranchissable. Le
palmarès Equileap identifie 25 sociétés qui seraient parvenues à l’égalité
salariale, dont aucune n’est française.
En revanche, à défaut d’être
exemplaire sur les cadres dirigeants, la France est en pointe sur
la place des femmes dans les conseils d’administration. « Son score
atteint 92 % de l’objectif, c’est un des
meilleurs des 23 pays », note Diana
van Maasdijk. n
Avec la loi avenir
professionnel,
les PME ont accès
aux fonds mutualisés
pour cette forme
de transfert de savoirfaire prometteuse.
Alain Ruello
@AlainRuello
Un spécialiste de la salaison artisanale en plein développement, un
fabricant de chaussons qui monte en
gamme, un hôtel-restaurant familial
ou une tannerie de peaux de crocodile : ces entreprises ont en commun
d’avoir fait partie d’un groupe de cinquante PME volontaires pour une
expérimentation de plus de deux ans
en matière de formation professionnelle. Un essai prometteur, à tel point
qu’il a trouvé une reconnaissance
dans la loi avenir professionnel
qui vient d’être adoptée. Ce texte
donne corps à une forme légale de
transmission de savoir-faire à la fois
nouvelle et ancienne parce que réalisée en situation de travail.
« Le droit de la formation professionnelle a consacré un modèle séparatiste : le travail d’un côté, la formation de l’autre », a rappelé mardi
Béatrice Delay, conseillère au Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation profession-
nelles (Cnefop) lors d’un séminaire
de restitution de cette expérimentation, qui a fait salle comble. De fait, le
stage à l’extérieur de l’entreprise est
devenu la formule dominante, avec
feuille d’émargement en guise de quitus. Problème, les salariés des petites
entreprises se forment très peu, par
manque d’appétence ou parce que
leurs employeurs peuvent difficilement se passer d’eux, anticipent des
difficultés administratives, voire
n’en voient pas l’intérêt. Ancienne,
cette situation n’est plus tenable : le
gouvernement a fait du développement des compétences une pierre
angulaire de la lutte contre le chômage de masse.
vité, ce qui a supposé de compter
avec les effectifs disponibles ou les
pics d’activité sans oublier les aléas
de production. Sans regret étant
donné, bien souvent, la carence
d’offres de formation à proximité.
L’Afest « renoue avec une tradition
séculaire de transmission du savoir
Un gain de confiance
personnelle indéniable
et du geste […] Quel que soit son âge
ou son statut », se félicite Pierre Possémé, le président (Medef ) du
Fonds paritaire de sécurisation des
parcours professionnels (FPSPP.)
C’est dans ce contexte que les résultats de l’expérimentation − baptisée
« Afest » pour « Actions de formation
en situation de travail » − prennent
toute leur importance. Après bien
des tâtonnements, 70 personnes peu
ou pas qualifiées ont pu se former à
des métiers spécifiques dans leur
propre entreprise pour la majorité
d’entre eux : préparateur de bouillon
de salaison, auxiliaire vétérinaire,
commercial matériel médical, soigneur en zoo, agent d’entretien de
chantiers… Avec pour certains un
changement de poste ou une certification à la clef. Et pour tous, un indéniable gain de confiance personnelle.
Leurs employeurs ont dû s’adapter pour ne pas pénaliser leur acti-
Et après ? Comment transformer
l’essai ? De l’avis général, il faudra
encore en passer par une phase
d’essaimage avant que l’Afest ne
rentre dans les mœurs. Les futurs
opérateurs de compétences (Opco)
auront un rôle fondamental à jouer
du fait de leur mission de développement des compétences dans les
PME de moins de 50 salariés.
Un problème, entre autres, doit
être résolu : le financement de la
phase de préparation. Une phase
longue, donc chère pour une TPE
mais payante à terme. Les grands
groupes, parce qu’ils disposent d’une
direction des ressources humaines,
n’ont pas ce souci et manifestent de
plus en plus leur intérêt. De même
que les régions, bien décidées à faire
bon usage des formations en situation de travail dans le cadre du grand
plan de compétences des chômeurs
dotés de 14 milliards. n
Le gouvernement a
fait du développement
des compétences
une pierre angulaire
de la lutte contre
le chômage de masse.
Lancée début 2016, l’expérimentation Afest a été portée par les
partenaires sociaux et le ministère du Travail, avec l’appui de
l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail.
« Une solution aux difficultés de recrutement des PME »
1
En quoi une formation
en situation de travail
est-elle différente
d’une formation sur le tas ?
La différence tient à la formalisation. Il s’agit d’une formation organisée, intentionnelle, et qui a vocation à s’inscrire dans le plan de
développement des compétences
de l’entreprise. Elle sera donc éligible aux fonds mutualisés des entreprises de moins de 50 salariés.
Sa mise en place suppose une
réflexion en amont pour que la
situation de travail soit réellement
apprenante et fasse l’objet d’un
accompagnement. Le salarié doit
bénéficier d’un « droit à l’essai
étayé », ou « droit à l’erreur », ce qui
nécessite généralement un aménagement de la situation de production normale.
2
Quels sont les principaux
enseignements de ces
deux ans d’expérimentation ?
L’expérimentation visait prioritairement les personnes ayant peu
INTERVIEW
PHILIPPE
DEBRUYNE
Président du Comité
paritaire interprofessionnel national pour
l’emploi et la formation
DR
SOCIAL
Lydie Lecarpentier/RéA
La formation en situation de travail prête à décoller
d’appétence pour les formations
classiques, souvent peu qualifiées, et
les TPE, même si cela peut intéresser
les grandes entreprises. Nous nous
sommes aperçus que l’enjeu principal n’était pas tant juridique que pratique. La loi avenir professionnel
reconnaît qu’une action de formation peut se réaliser en situation de
travail. Pour autant, il n’existe pas de
modèle prédéfini. Tout doit être préparé. L’aménagement du poste de
travail est une contrainte, mais qui
offre de multiples avantages indirects : elle améliore l’accueil des
apprentis en entreprise, et peut avoir
un impact positif sur les conditions
de travail. Autre enseignement, il
faut aménager du temps en parallèle de la formation pour prendre du
recul. A l’arrivée, cela débouche ou
non sur une certification. Mais dans
tous les cas, la personne formée
trouve plus de sens dans son travail
et gagne une plus grande reconnaissance de ses collègues.
3
Quelle sera la suite ?
Un certain nombre de questions se posent sur le modèle économique de ces formations. Le
coût d’ingénierie n’est pas neutre
pour une entreprise, même si elle
peut façonner la formation à ses
spécificités et, du coup, résoudre
ses difficultés de recrutement
quand les candidats compétents
manquent. Ce n’est d’ailleurs pas
un hasard si les régions, qui sont
responsables de la formation des
demandeurs d’emploi, s’y intéressent, de même que Jean-Marie
Marx, le haut-commissaire aux
compétences.
Il y a enfin un enjeu de dialogue
social. La première réaction des
élus syndicaux peut être de suspecter des situations de production
déguisées. Plus globalement, il
s’agit de changer de regard sur ce
qu’est une formation.
Propos recueillis par A. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
Des propositions pour améliorer
la carte des intercommunalités
Jean-Luc Rigaut, maire d’Annecy et président de l’Assemblée
des communautés de France, prône la création d’une intercommunalité par bassin de vie. Photo Patrice Coppee/AFP
COLLECTIVITÉS
Matthieu Quiret
@MQuiret
L’Assemblée des
communautés de
France se tient ce jeudi.
« Nous avons fait du chemin ces dernières années vers la rationalisation
du bloc communal, encore un dernier
effort », proposera Jean-Luc Rigaut,
le maire (UDI) d’Annecy, à l’ouverture ce jeudi du congrès de l’Assemblée des communautés de France
(ADCF) qu’il préside. Dans une
enquête de l’association d’élus
Blanquer
veut refondre
la politique
d’éducation
prioritaire
Communautés géantes
Pour l’élu local, il s’agit de converger à terme vers la présence d’une
intercommunalité par bassin de
vie. Les deux cartes ne se superposent pas encore. Les nouvelles
communautés géantes peuvent
parfois contenir plusieurs bassins,
comme celle du Pays basque articulée autour des aires de Biarritz et
de Bayonne. Ailleurs, un bassin
peut être à cheval sur plusieurs
intercommunalités.
Jean-Luc Rigaut estime que les
deux tiers des communautés sont
bien configurées et que le tiers restant se réorganisera au fur et à
mesure des déblocages politiques
locaux. L’Insee, qui a défini précisément un bassin de vie, notamment par l’accès aux 16 des 31 équipements intermédiaires, en
dénombre pratiquement 1.700.
ENSEIGNEMENT
Le ministre de
l’Education nationale a
commandé un rapport
dont les premières
pistes sont attendues
pour la fin de l’année.
La mise en œuvre de
la réforme est prévue
pour la rentrée 2020.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Conflits
L’ADCF propose aussi d’enterrer la
hache de guerre avec les maires,
lesquels dénoncent souvent les
communautés comme des rivales
leur reprenant les ressources et les
compétences. L’enquête montre,
que dans 79 % des assemblées communautaires, la répartition des
compétences est en effet un exercice difficile, voire conflictuel. Et
94 % des collectivités constatent
des tensions stables ou en croissance avec les maires.
La rumeur circulait depuis un
moment. Cette fois, c’est sûr, le
gouvernement est décidé à réformer l’éducation prioritaire. Le
m i n i s t r e d e l ’ E d u c a t i o n l ’a
annoncé mardi soir, lors d’une
audition à l’Assemblée. Il entend
conduire en la matière « une politique plus subtile qui n’est pas en noir
et blanc, avec une vision pluriannuelle des enjeux pour fixer des
objectifs aux établissements ». Il n’y
aura donc pas de révision de la
carte de l’éducation prioritaire en
2019 qui ferait « des gagnants et des
perdants », mais une réforme de
plus grande ampleur programmée pour la rentrée 2020.
Le ministre de l’Education a
demandé un rapport sur ce sujet à
Pierre Mathiot – qui avait conduit la
concertation sur le bac – et à l’inspectrice générale Ariane Azéma.
Des premières conclusions sont
attendues en fin d’année, avant une
remise officielle à la fin du premier
trimestre 2019.
72 % des adhérents
de l’Assemblée
des communautés
de France estiment
que les chantiers
de réorganisation
imposés par la réforme
de 2015 sont achevés
dans leur collectivité.
Pour pacifier le bloc local, JeanLuc Rigaut propose de clarifier les
compétences des communes et de
leur communauté. « Depuis les
années 1980, les lois Defferre puis
Raffarin 2 ont motivé les transferts
de compétences par des incitations
financières. Il faut en finir avec ça et
renforcer la commune autour des
compétences de proximité maintenant que les quatre domaines de responsabilité des intercommunalités
sont stabilisés : l’économie et
l’emploi, la mobilité, l’aménagement
du territoire, l’environnement. »
« REP » ou « REP + »
La logique de l’éducation prioritaire
conduisait jusqu’ici à ce que des établissements soient labellisés
« REP » (réseau d’éducation prioritaire) ou « REP + » (réseau d’éducation prioritaire renforcé). Avec, à la
clef, des moyens supplémentaires
et des dispositifs particuliers (régimes indemnitaires, avancement…)
« Les moyens considérables qui sont
mis par la France dans son éducation
prioritaire doivent être beaucoup
plus efficaces dans le futur, et la philosophie est de se dire comment les
moyens doivent, non pas indemniser
la difficulté, mais stimuler la réussite
et permettre de se fixer des objectifs »,
affirme Jean-Michel Blanquer.
Des « difficultés
structurelles »
Le « zonage territorial » et les politiques d’éducation prioritaire nuisent « à la lisibilité et à l’équité du
système », ajoute-t-il encore, en se
défendant toutefois de vouloir en
finir avec la politique des labels.
« On essaiera de garder une forme de
label, plus souple qu’aujourd’hui »,
glisse un connaisseur du dossier. Le ministre souligne « des succès » dans la politique d’éducation
prioritaire, mais aussi des « difficultés structurelles », car elle n’a
pas permis « de réduire substantiellement les inégalités de résultats
scolaires des élèves et de choix
d’orientation ».
locaux, 72 % de ses adhérents estiment que les chantiers de réorganisation imposés par la réforme
de 2015 sont achevés dans leur collectivité. Elle a regroupé les communes au sein de 1.260 intercommunalités, dont les compétences
stratégiques ont été renforcées. « La
carte intercommunale est faite, il n’y
a plus de communes isolées, mais
nous proposons maintenant aux
maires d’agir ensemble pour finaliser
la carte de France des bassins de vie. »
Le sport aux maires
Comment faire, alors ? « En pratique, c’est complexe », admet JeanMichel Blanquer. Il affirme seulement, pour l’instant, vouloir des
établissements qui « s’organisent
selon des objectifs » qu’ils atteindraient « de manière collective »,
dans la logique de la prime au
mérite en REP +, avec « des logiques d’équipes qui réussissent à
amener l’école vers un niveau supérieur ». L’évaluation serait locale,
en lien avec une nouvelle gestion
des ressources humaines.
Le ministre lance sa réforme à un
moment où l’ex-fonctionnaire en
charge de l’éducation prioritaire au
ministère de l’Education entre 2013
et 2017, Marc Bablet, vient de claquer la p orte. Dans son blog
accueilli par Mediapart, il dit
s’inquiéter d’une « stratégie de rupture » et de « la dilution de la politique de l’éducation prioritaire dans la
diversité des territoires ». « L’éducation prioritaire […] constitue
aujourd’hui une capitalisation
remarquable de ce que l’on sait faire
pour l’enseignement en milieu populaire dans une approche qui ne prend
pas en compte que la question du territoire », insiste-t-il.
(
Lire l’éditorial de
Jean-Francis Pécresse
Page 9
Le dédoublement des CP et CE1
générerait 2 points de PIB en plus
Certains jugeront que Bercy va plus vite que la musique.
Alors que le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, estime qu’il est encore trop tôt pour évaluer les
effets du dédoublement des CP et des CE1 dans les quartiers les plus défavorisés, le rapport économique, social
et financier (RESF) annexé au projet de loi de finances
estime le gain de la mesure à « environ 2 points de PIB ».
L’effet est envisagé « à très long terme », avec à la clef
120.000 emplois créés. Il viendrait d’une « hausse de la
productivité » et « de l’employabilité des élèves traités ».
Depuis septembre, 190.000 élèves bénéficient du dédoublement. Ils seront 300.000 par an à partir de la rentrée
2019, lorsque le dispositif aura été totalement déployé.
L’élu savoyard reconnaît par exemple que les services culturels ou
sportifs ont davantage vocation à
être gérés par les mairies. « Arrêtons de raisonner par strates, mais
raisonnons plutôt par compétences,
c’est ce qui compte pour les habitants. Le sport, c’est le club de foot
par exemple, c’est de la proximité. »
A condition, estime-t-il, que les
communes aient la taille critique. Il
admet par ailleurs la nécessité de
résorber les sureffectifs créés par le
bloc local lorsque les communes
ont conservé les postes équivalents
aux transferts de compétences.
Il recommande enfin que l’Etat
réorganise ses services autour de la
maille des bassins de vie en restructurant, par exemple, les groupes
hospitaliers territoriaux à cette
échelle plutôt qu’à l’échelle de la
maille départementale. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
TURQUIE : L’INFLATION
ATTEINT DES RECORDS
ZONE EURO : L’ACTIVITÉ
A FAIBLI EN SEPTEMBRE
L’inflation turque a bondi
à près de 25 % sur un an en
septembre, son plus haut
niveau depuis 15 ans. Cela
renforce les interrogations
du marché sur la capacité de
la banque centrale à procéder
à une nouvelle hausse
significative de son taux
directeur. Les prix ont
augmenté de 6,3 % en
septembre par rapport à août.
La croissance de l’activité
dans le secteur privé
de la zone euro a ralenti
en septembre, à son rythme
le plus faible en quatre mois.
L’indice PMI composite
IHS Markit, baromètre
de la croissance à la fois dans
le secteur manufacturier
et dans les services, s’est
établi à 54,1 en septembre,
contre 54,5 en août.
37
MILLIONS DE NUITÉES
L’Europe a apporté le plus
grand nombre de touristes
en France cette année
avec 37 millions de nuitées,
le Royaume-Uni étant
le premier « émetteur ».
Les Américains ont généré
9,7 millions de nuitées
et l’Asie 8,9 millions (+9,1 %)
Brexit : Theresa May ramène un
semblant d’unité chez les tories
ROYAUME-UNI
La Première ministre,
si contestée au sein
de son propre camp,
a promis mercredi
à Birmingham
des lendemains
qui chantent.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
C’est en dansant sur l’air du tube
d’Abba « Dancing Queen » que
Theresa May est entrée sur la
scène du grand auditorium, à Birmingham, pour prononcer le discours de clôture de la conférence
annuelle du Parti conservateur.
Un clin d’œil à son récent voyage
en Afrique, où son pas de danse a
fait le tour des réseaux sociaux.
Un pied de nez, aussi, au désastreux discours prononcé l’an dernier, où une très longue quinte de
toux et la chute une à une des lettres de son slogan avait laissé
l’image d’une Première ministre
affaiblie et moquée. « Désolée si je
tousse, mais je suis restée debout
toute la nuit pour fixer celui de
cette année à la superglue », a-telle plaisanté.
Chef de guerre
« Opportunité », était-il affiché
derrière elle cette année pendant
qu’elle parlait. Car la Première
ministre, actuellement si contestée au sein de son propre camp,
s’est attachée à lui promettre des
lendemains qui chantent. Une
manière pour elle d’appeler les
tories à l’unité, alors que son plan
pour l’après-Brexit reste très critiqué par les « hard Brexiters » du
La France agira par ordonnances
La ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie
Loiseau, a présenté mercredi en Conseil des ministres un
projet de loi destiné à légiférer par ordonnances pour éviter
un vide juridique en cas d’absence d’accord entre l’Union
européenne et le Royaume-Uni d’ici le 30 mars 2019. « Nous
devons à nos concitoyens, à nos entreprises, aux Britanniques
qui résident en France d’être prêts à toutes les hypothèses. » Les
ordonnances régleront par exemple la situation des Français ayant résidé au Royaume-Uni et revenant en France (...),
ainsi que le sort des Britanniques résidant en France, afin
qu’ils ne se retrouvent pas brutalement en situation irrégulière. « Ce n’est pas un acte de défiance ni par rapport à l’état
de la négociation ni par rapport à nos partenaires britanniques », a précisé la ministre.
parti, Boris Johnson en tête. « Je
crois passionnément que le
meilleur est à venir et que l’avenir
est plein de promesses, a-t-elle
lancé , reprenant ainsi à son
compte une antienne dont les
« hard Brexiters » s’étaient jusque-là réservé l’exclusivité. Mais
si nous allons tous dans des directions différentes à la poursuite de ce
que nous jugeons être le Brexit parfait, nous risquons de ne pas avoir
de Brexit du tout », a-t-elle aussitôt
averti, tout en appelant de nouveau à « conserver son sang-froid »
au moment d’aborder la partie la
plus difficile des négociations.
Organiser un second référendum,
comme le voudraient les Remainers du Labour ? « Le peuple a
déjà voté, et il a choisi le Leave », a-telle tranché.
La Première ministre s’est placée au-dessus de la mêlée, en
regrettant que « le débat rigoureux entre opposants politiques
tourne souvent à la confrontation
entre ennemis », où « ceux qui se
mettent en avant au service des
autres deviennent des cibles », et
où les avis sont si « polarisés » que
« le terme compromis devient un
gros mot ». Elle a montré qu’elle
était aux responsabilités, en multipliant les annonces sur la santé,
le logement et le coût de la vie.
Elle s’est enfin posée en chef de
guerre, en s’en prenant violemment à Jeremy Corbyn, accusé
d’avoir piétiné les valeurs du
Labour et d’aller chercher son
inspiration au Kremlin.
Alors que l’an dernier son mari
l’avait guidée, titubante, vers
« Si nous allons
tous dans des
directions
différentes
à la poursuite
de ce que nous
jugeons être
le Brexit parfait,
nous risquons
de ne pas avoir
de Brexit du tout. »
THERESA MAY
Première ministre
l’extérieur de la salle, la Première
ministre s’est offert le luxe d’un
bain de foule en descendant de la
tribune. Et beaucoup de militants
semblaient conquis, à la sortie.
Alors que certains comme Boris
Johnson s’imaginent déjà prendre sa place dès le printemps, une
fois le Royaume -Uni sorti de
l’Union européenne, le ministre
du Brexit, Dominic Raab, s’est
risqué à pronostiquer qu’elle sera
toujours à son poste au congrès
de l’an prochain. Pas sûr néanmoins que le souffle de son
discours lui redonne, in fine,
suffisamment d’air pour tenir
jusque-là.
(
Lire l’éditorial de
Jacques Hubert-Rodier
Page 9
Theresa May a prononcé le discours de clôture de la conférence
annuelle du Parti conservateur à Birmingham. Photo Ben Stansall/AFP
La révolution numérique va bouleverser le commerce mondial
INTERNATIONAL
L’explosion de
l’ère numérique va
accroître le commerce
international de près
de 35 % dans les quinze
prochaines années.
Richard Hiault
@RHIAULT
Au même titre que le bateau à
vapeur, le chemin de fer et le télégraphe de la révolution industrielle du
début du XIXe siècle ou l’apparition
des containers dans les années 1950,
Internet bouleverse le commerce
international. Dans son rapport
annuel sur le commerce mondial,
publié mercredi, l’Organisation
mondiale du commerce (OMC) dessine le futur tableau des échanges
commerciaux lié à la révolution
technologique en cours.
« L’Internet des objets, l’intelligence artificielle, l’impression en 3D
et les blockchains ont le potentiel de
transformer profondément la
manière dont nous commerçons, qui
négocie et ce que nous échangeons »,
affirme le directeur général de
l’OMC, Roberto Azevêdo. Un exemple ? Le négoce des produits technologiques s’est envolé. Pour les produits de technologie de
l’information, il a triplé en l’espace
de vingt ans à 1.600 milliards de dollars en 2016. Parallèlement, le commerce de biens dits « numérisables » (CD, DVD, livres, journaux)
s’est effondré. De 2,7 % du commerce mondial en 2000, la part de
ces produits n’était plus que de 0,8 %
en 2016. Aujourd’hui, ces produits sont consommés différemment via l’abonnement à des platesformes de streaming, notamment.
Premier constat du rapport : la
révolution numérique, indépendamment des tensions commerciales actuelles, en diminuant les coûts
de transaction, devrait permettre
une croissance cumulée du commerce mondial comprise entre 31 et
34 % dans les quinze prochaines
années. Deuxième constat : les technologies numériques vont accroître la composante services du commerce. De ce fait, l’OMC s’attend à ce
que le commerce de services représente 25 % du commerce mondial
en 2030 contre 21 % en 2016.
Troisième constat, la numérisation de l’économie pourrait bouleverser les chaînes internationales
de production manufacturière.
Internet réduit notamment les
coûts de coordination des tâches
dispersées parmi plusieurs pays. Il
pourrait même conduire à une certaine relocalisation de la production. « L’impression 3D peut, dans
une certaine mesure, se substituer
aux méthodes de fabrication traditionnelles, en réduisant le besoin de
« L’Internet des
objets, l’intelligence
artificielle,
l’impression en 3D
et les blockchains
ont le potentiel de
transformer
profondément la
manière dont nous
commerçons, qui
négocie et ce que
nous échangeons. »
ROBERTO AZEVÊDO
Directeur général de l’OMC
production et d’assemblage externalisés, le nombre d’étapes de production et le besoin de stocks, d’entreposage et de distribution […] », souligne
l’OMC.
Un monde en proie
aux bouleversements
Quatrième constat, et non des
moindres, la révolution numérique
pourrait redistribuer les avantages
comparatifs des pays. La qualité de
l’infrastructure numérique, la
taille du marché, la réglementation
en vigueur en particulier en termes
de protection de la propriété intel-
lectuelle sont autant d’éléments
pouvant rebattre les cartes. Dans ce
cadre, les infrastructures énergétiques sont vitales pour qui veut
développer des secteurs économiques à forte intensité numérique.
« Les serveurs de prise en charge des
technologies numériques dépendent
[…] de systèmes de refroidissement
consommant de grandes quantités
d’énergie », observe l’OMC.
Dans ce monde en proie aux
bouleversements, tout le monde
n’est pas à la même enseigne. Les
pays développés ont incontestablement une longueur d’avance. Si les
pays en développement et les pays
les moins avancés rattrapent leur
retard, leur part dans le commerce
mondial est appelée à grimper à
57 % en 2030 contre 46 % en 2015.
Dans le cas contraire, cette part ne
serait que de 51 %, prédit l’Organisation.
L’explosion de l’ère numérique
ne va pas sans poser des problèmes
de coopération internationale. La
protection des consommateurs et
de leurs données personnelles, les
risques de cyberattaque, la protection de la propriété intellectuelle
nécessitent l’action des pouvoirs
publics. Les différences de régulation nationales peuvent poser des
problèmes d’interopérabilité entre
les pays, avertit l’OMC. De même, le
risque d’une course réglementaire
vers le bas, notamment en ce qui
concerne la protection de la vie privée, ou l’adoption de règles à des
fins protectionnistes, sont autant
de sujets à traiter au niveau international. A l’OMC, des discussions
sont en cours pour faire en sorte
que tous les pays soient dans le
même bateau ou le même train et
que la révolution numérique profite à tous. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 07
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
Le gouvernement italien
peine à crédibiliser son budget
Pays-Bas : les
expatriés dénoncent
le rabotage de leurs
avantages fiscaux
l Le déficit serait porté à 2,4 % du PIB en 2019 avant de baisser en 2020 et 2021.
l Mais l’obligation d’insérer toutes les promesses électorales
rend particulièrement ardue l’élaboration du budget.
EUROPE
Les grandes
multinationales
se joignent à ce vent
de contestation.
. Zucchi/Insidefoto/Ropi-Réa
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
Le ministre des Finances, Giovanni Tria, va devoir convaincre Bruxelles sur les moyens prévus pour respecter les objectifs .
EUROPE
Olivier Tosseri
@oliviertosseri
— Correspondant à Rome
Matteo Salvini se « fiche de l’avis de
Bruxelles » mais visiblement pas de
celui de la bBourse. Le gouvernement ne voulait pas reculer d’un
millimètre face aux exigences de
l’Europe, il a reculé de plusieurs
dixièmes de pourcentage devant la
pression des marchés. Le remboursement de la dette italienne coûte à
l’Etat près de 68 milliards d’euros
par an. Avec une telle fébrilité sur
les marchés financiers et un spread
autour de 300 points continuant à
monter, la facture serait devenue
tout simplement insoutenable. A
cela s’ajoute le risque grandissant
pour le secteur bancaire qui a perdu
13 % à la Bourse de Milan ces cinq
derniers jours, et 30 % ces six der-
niers mois. Cela signifie concrètement des emprunts plus difficiles et
plus coûteux à obtenir ou à rembourser pour les entreprises et les
familles et l’érosion de leur épargne.
Attaque spéculative
Luigi Di Maio accuse l’Europe de
« terrorisme médiatique », tandis
que Matteo Salvini, qui déclarait
« manger le spread au petit déjeuner » soupçonne une attaque spéculative destinée à racheter les
entreprises italiennes. Ils ont néanmoins été contraints de faire une
première concession. Le déficit
sera bien augmenté à 2,4 % du PIB,
mais seulement en 2019 et non
pendant les trois prochaines
années. Il baissera ensuite en 2020
et 2021 sur des hypothèses de travail qui ont été finalement ramenées à 2,1 % et 1,8 %.
Il n’y a pas que les marchés qui
sont fébriles. Giuseppe Conte,
Luigi Di Maio et Matteo Salvini
Le revenu citoyen
suscite de l’inquiétude
Le ministre du Travail
et leader du M5S, Luigi di
Maio, est obligé de revoir
ses ambitions à la baisse
pour faire passer sa
principale promesse
électorale.
Le revenu citoyen de 780 euros par
mois est la promesse phare du
M5S. Ses dirigeants assurent qu’il
permettra notamment « d’abolir la
pauvreté » et de « redonner un futur
à 6,5 millions de personnes » qui
devraient le percevoir dès le 1er avril
prochain. Cette mesure, à défaut
d’être la plus discutable dans la longue liste de celles annoncées par le
gouvernement, est celle qui est le
plus discutée… voire remise en
cause. Les marchés ne sont pas les
seuls à s’inquiéter d’un revenu
citoyen dont le lancement coûtera
10 milliards d’euros. Pour l’électorat de la Ligue, c’est de « l’argent jeté
par les fenêtres », une mesure
« d’assistance » pour des « Méridionaux qui resteront sur le canapé ».
Luigi di Maio a donc été contraint de multiplier les restrictions.
Les 780 euros ne pourront être perçus que par les Italiens, ou des
étrangers résidant en Italie depuis
au moins dix ans, dont le revenu est
inférieur à 9.360 euros par an pour
les célibataires et à 10.140 euros par
an pour les couples. Pour les propriétaires d’une maison ou d’un
appartement, le revenu citoyen
sera abaissé à environ 400 euros. Il
ne sera plus versé au troisième
refus d’une proposition soumise
par l’un des centres pour l’emploi.
C’est du reste un point sensible de
cette réforme, puisque ce sont eux
qui seront chargés de la mettre en
œuvre.
Limiter les fraudes
Or la péninsule ne compte que 500
de ces agences, dont la moitié disposent de moyens informatiques
insuffisants. Un chiffre qui concerne 7 personnes sur 10 dans le
sud avec souvent l’absence de connexion Internet. 7.934 salariés y
travaillent, contre 98.739 dans les
agences pour l’emploi en Allemagne, 74.080 au Royaume-Uni et
54.000 en France. Ils sont le plus
souvent âgés, eux-mêmes précaires, avec une connaissance limitée
des nouveaux outils numériques.
Résultat, seulement 2,4 % des Italiens déclarent avoir trouvé un
emploi grâce à leur aide, l’écrasante
majorité s’en remettant à celle de
leurs amis ou de leur famille.
Pour limiter les fraudes, Luigi di
Maio promet que le revenu citoyen
ne pourra être utilisé qu’avec une
carte électronique dans des magasins italiens pour contrôler la traçabilité des dépenses et favoriser la
reprise économique. « Je ne veux
pas qu’avec cet argent on achète des
jeux de hasard ou des cigarettes. On
injectera ainsi 10 milliards d’euros
pour relancer la consommation,
assure le ministre du Travail. Nous
investissons sur le sourire des Italiens ». Les marchés et la Commission ont déjà perdu le leur.
— O. T.
Des emprunts
plus difficiles et plus
coûteux à obtenir
ou à rembourser
pour les entreprises
et les familles.
multiplient les rencontres avec
Giovanni Tria et ses équipes du
ministère des Finances. Les plus
élémentaires règles budgétaires
des uns demeurent toujours difficilement conciliables avec les promesses électoralistes des autres.
Toutes celles du contrat de gouvernement doivent être insérées dans
la prochaine loi de finances, à commencer par le revenu citoyen,
totem du M5S. Il lui faut pour cela
trouver 10 milliards d’euros, et ni la
hausse du déficit ni des prévisions
de croissance très optimistes de
+1,6 % en 2019 et +1,7 % en 2020 ne
sont pour l’instant suffisantes.
La mise en place aussi laborieuse d’un budget ne s’était pas vue
en Italie depuis la crise de 2011, qui
avait porté le spread au-dessus des
500 points et entraîné la chute du
gouvernement Berlusconi. Il faut
pourtant que la copie soit rendue à
Bruxelles le 15 octobre prochain.
En attendant, ce sont des insultes
qui pleuvent depuis Rome. Luigi Di
Maio refuse toute légitimité à JeanClaude Juncker et à « sa commission non élue par les citoyens italiens ». Quant à Matteo Salvini, il
affirme ne parler « qu’avec des personnes sobres », demandant à ses
compatriotes d’« aller voir sur
Internet les photos où Juncker
titube ». Des dérapages qui confirment la volonté du gouvernement
de mettre en scène le plus possible
son conflit avec Bruxelles, dans la
perspective des prochaines élections européennes. n
Les lendemains vont déchanter
pour des milliers d’expatriés
aux Pays-Bas. Provoquant un
vent de colère au sein de cette
communauté de quelque
60.000 travailleurs étrangers
hautement qualifiés, La Haye
entend réduire sérieusement
l’allégement fiscal dont ils bénéficient depuis une loi de 1960.
Depuis plus d’un demi-siècle,
un avantage fiscal sur mesure
permet aux expatriés d’être
exonérés d’impôt sur 30 % de
leurs revenus. Cette mesure,
destinée au départ à attirer les
talents étrangers, vise aussi à
couvrir des dépenses comme
les frais de scolarité des enfants
ou les déplacements dans le
pays d’origine.
Dénoncer l’injustice
A l’origine, la règle s’appliquait
pour les dix premières années
d’expatriation. En 2012, ce délai
avait été ramené à huit ans. En
2019, l’allégement fiscal prendra fin cinq ans après l’arrivée
sur le territoire. Le projet du
gouvernement tel qu’il figure
dans le budget 2019 prévoit
aussi l’application rétroactive
de la mesure.
Des milliers d’expatriés aux
Pays-Bas depuis plus de cinq
ans, et ayant investi en prenant
en compte l’avantage fiscal,
vont donc être plus lourdement
imposés au 1er janvier, un, deux
ou trois ans avant ce qu’ils
escomptaient. Le groupe de
pression United Expats, qu’ils
ont créé, entend faire plier le
gouvernement.
« Appliquer ce changement de
politique aux bénéficiaires
actuels aura des conséquences
importantes et graves sur ces
personnes et leurs familles »,
anticipe Jessica Piotrowski,
porte-parole d’United Expats.
Une pétition de 40.000 signatures circule pour dénoncer
l’injustice du projet, et
35.000 euros ont été récoltés
pour financer une éventuelle
action en justice visant à contester son caractère rétroactif.
Pétition
La pétition a en outre reçu le
soutien de la confédération
patronale VNO-NCW et de plusieurs multinationales (Ahold
Delhaize, AkzoNobel, ASML,
Heineken, Philips). Ces grands
groupes s’étonnent qu’aucune
période de transition n’ait été
prévue.
Pour sa part, La Haye peut
s’appuyer sur une étude de chercheurs montrant le caractère
indolore de son projet sur les
finances des expatriés. Il apparaîtrait que 80 % des bénéficiaires n’utilisent pas l’avantage fiscal au-delà de cinq ans après
leur arrivée aux Pays-Bas. Parmi
les 20 % restants, un certain
nombre choisissent de s’installer durablement aux Pays-Bas,
perdant ainsi automatiquement le cadeau fiscal réservé
aux travailleurs étrangers expatriés à titre temporaire.
Malgré tout, La Haye entend
continuer à attirer les multinationales, comme l’atteste un
projet de loi en préparation fortement décrié. Il s’agit de la suppression de la taxe sur les dividendes, considérée par
l’opposition comme un cadeau
aux actionnaires de grands
groupes, notamment ceux
d’origine britannique. La disparition de cette taxe se traduirait
par un manque à gagner de
1 , 9 m i l l i a r d d ’e u r o s p o u r
l’État. n
COMMUNIQUÉ
L’EXTRANET CLIENT DE LINKT,
VÉRITABLE FENÊTRE OUVERTE SUR
VOS SERVICES TÉLÉCOMS
Une réelle surprise. Pour ce grand compte, la démonstration
de l’extranet de l’offre télécoms d’entreprise Linkt a été le
petit plus déterminant : il a signé son contrat sur-le-champ.
Et pour qu’un extranet déclenche autant d’enthousiasme,
c’est qu’il doit être sacrément différent.
L’
’innovation et la qualité de la relation client
sont bel et bien dans
l’ADN de Linkt, cet opérateur alternatif dans le paysage français depuis à peine
un an. Parti d’une feuille
blanche, après avoir soigneusement recueilli les attentes
des clients, et s’inspirant de
l’expérience de ses salariés, il
s’attache à changer la donne
sur les offres télécoms d’entreprises. Y compris dans les
services d’accompagnement
du client comme l’extranet.
TOUS LES SERVICES
DEPUIS UN SEUL POINT D’ACCÈS
Pour qu’un extranet soit réussi il doit être simple, ergonomique, complet et centralisé. L’extranet de Linkt répond à toutes ces exigences :
toutes les informations et tous les outils d’administration sont réunis
dans une interface unique, un véritable différentiant sur le marché.
Retour de satisfaction : c’est simple et cela fonctionne.
D’abord ergonomique et « responsive », c’est-à-dire adapté aussi
bien aux ordinateurs qu’aux tablettes ou aux smartphones, l’extranet
se distingue sur de nombreux points : la richesse des informations
proposées, puisqu’il permet au client d’avoir une vue globale de
ses abonnements, de sa flotte et des opérations en cours ; la capacité à administrer depuis le centre jusqu’à la supervision des accès
(Internet, VPN et mobile), en passant par la gestion des services
(définir différentes classes de services ou privilégier des flux, par
exemple), la politique de sécurité, la gestion des groupes
ou des espaces personnels ;
enfin, la possibilité d’être
conseillé, puisque cet extranet
permet également d’être un
point de contact avec l’interlocuteur privilégié dont chaque
entreprise bénéficie en étant
client Linkt. Ce qui ne gâche
rien, l’outil est taillé aussi bien
pour des petites entreprises
que pour les grands comptes.
BIENTÔT
UN EXTRANET DOPÉ
À L’INTELLIGENCE
ARTIFICIELLE (IA)
D’ici à la fin de l’année, Linkt y injectera encore plus d’intelligence,
notamment grâce à des mécanismes d’IA. L’outil permettra ainsi
d’établir des prévisions et pourra, par exemple, être capable de
faire des recommandations, d’anticiper la possible saturation des
liens, ou de réaliser une meilleure gestion des consommations.
Pour le client, ce sera l’occasion de mieux maîtriser ses factures
et de tirer parti des informations récoltées par l’outil pour mieux
consommer. Imbattable. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
Les entreprises françaises en Afrique
espèrent une nouvelle donne
La France perd des parts
de marché partout
sur le continent
l Un des atouts
mis en avant
par les Français
est la formation
des cadres.
l Ils souhaitent
récupérer
le terrain perdu.
La Chine a occupé le champ
laissé par les Européens,
selon Coface.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
DÉVELOPPEMENT
C’est le marché le plus dynamique
au monde pour les cinq à sept
années qui viennent et la compétition est féroce. Theresa May et
Angela Merkel viennent toutes
deux d’y faire des visites officielles
dans plusieurs pays. Emmanuel
Macron, qui s’est déjà rendu plusieurs fois en Afrique, a fait de
l’alliance avec ce continent une
priorité de son quinquennat,
notamment dans les domaines
de la sécurité, l’éducation et la santé.
Et le président de la Commission
européenne, Jean-Claude Juncker,
a promis d’y créer « dix millions
d’emplois ».
Les entreprises françaises, qui
ont subi les coups de boutoirs de
concurrents étrangers, et notamment chinois, espèrent faire de nouveau la différence « en prenant une
Hamilton /RÉA
Virginie Robert
@virginierg
Un chantier d’interconnexion électrique prolonge la ligne qui relie Ouagadougou à la Côte d’Ivoire.
place d’expert pérenne et qui partage
de la valeur », explique Patrice
Fonlladosa, président du Comité
Afrique de Medef International et
président-directeur général de Veolia Africa & Middle East. Un des
atouts mis en avant par les Français
est l’effort de formation des cadres,
les embauches locales et la maîtrise
des partenariats publics-privés. Il
s’agit d’établir une coopération plus
équilibrée, en payant l’impôt sur
place et en participant à la transformation numérique de l’Afrique.
Mais pour être confortées dans leur
quête de marchés africains, les
entreprises françaises souhaitent à
la fois davantage de transparence
sur les marchés locaux et une aide
publique française et européenne
mieux organisée. Localement, le
manque d’information, la faible
sécurité juridique, les doutes sur la
gouvernance sont encore de
sérieux freins aux investissements
et aux financements.
Urbanisation croissante
Les entreprises sont très attentives
à la modernisation de l’aide au déve-
di
Vendre
avec
os
Les Ech
loppement. Les décrets du gouvernement sur des fonds de garanties
du Trésor pour des projets stratégiques hors des pays de l’OCDE sont
ainsi très attendus. Elles devraient
profiter des retombées de la montée en puissance de l’Agence française de développement. Celle-ci
vient d’augmenter considérablement ses engagements (14 milliards
en 2019, dont une part importante
va à l’Afrique) et a quadruplé
son enveloppe de dons qui passera à
1,3 milliard d’euros en 2019. Enfin,
les entreprises s’inquiètent de la
lenteur des renégociations des
Accords de Cotonou qui expirent en
2020 et définissent un cadre de coopération entre l’Union européenne
et les pays des régions Afrique,
Caraïbes, Pacifique.
« L’approche multilatérale de l’aide
publique est dépassée, » estime toutefois Bruno Mettling, président
d’Orange Africa & Middle East, qui
souligne combien les Allemands
jouent la carte bilatérale et structurent leurs activités en filières. Le
pragmatisme est de mise. « Les
acteurs africains veulent aller plus
vite pour le financement des infrastructures et être moins tributaires des
bailleurs de fonds. Nous devons donc
raisonner plus court et fractionner les
projets », observe Gérard Wolf, président de la Task Force Ville Durable.
L’urbanisation croissante de l’Afrique alors que sa démographie
explose sera un axe de développement fort pour le savoir-faire français, insiste ce dernier. n
Les inusables pick-up Peugeot qui
pendant des décennies ont sillonné
les pistes et les routes africaines ont
aujourd’hui cédé la place à leurs
homologues japonais, sud-coréens,
en attendant la vague chinoise ou
indienne. Le constat du désamour
pour les produits français sur le
continent africain n’est pas propre à
l’automobile. Il est le même dans le
secteur des machines, des appareils
électriques ou électroniques ou
encore la pharmacie.
La France perd des parts de marché partout en Afrique. A part
l’aéronautique, la tendance est
observée depuis plusieurs années,
note Coface dans une récente étude.
« Les parts de marché à l’exportation
de la France en Afrique ont été divisées par deux depuis 2000, passant
de 11 % à 5,5 % l’an dernier », note le
document. Cette dégringolade,
même si elle est rapide en Afrique,
s’inscrit dans un contexte de baisse
globale des exportations dans le
reste du monde. Entre 2001 et 2017,
la part de la France a été ramenée de
4,7 % à 3 %. Nul ne s’en étonnera, la
Chine connaît une situation inverse
à celle de la France sur le continent
africain : de 3 % en 2001, sa part de
marché en Afrique a bondi à 18 %
l’an dernier. Ce phénomène de
vases communicants entre la
France et la Chine est particulièrement net dans la partie francophone où, sans exception, tous les
flux d’exportation français sont
orientés à la baisse et certaines fois
dans des proportions importantes.
Ainsi les machines : « Dans plusieurs pays d’Afrique francophone,
la chute des parts de marché françaises est impressionnante. Entre 15 et
20 points de pourcentage en Algérie,
au Maroc, en Côte d’Ivoire et 25
points au Sénégal », note Coface. Là
encore, la place laissée par la France
est comblée par la Chine. En revanche, ce recul est moins net dans les
pays non francophones du nord et
de l’ouest comme l’Egypte, le Nigeria ou le Ghana.
Renforcer la coopération
économique
L’Afrique du Sud occupe une place à
part. Alors qu’Edouard Philippe, le
Premier ministre, devait en fin de
semaine se rendre dans la nation
arc-en-ciel pour notamment renforcer la coopération économique
entre Pretoria et Paris, la part de
marché tricolore y fond moins rapidement que dans les autres pays :
après avoir évolué entre 4 % et 5 %
jusqu’en 2005, elle est désormais
inférieure à 3 %, là encore du fait
essentiellement du recul de l’automobile où, sur cette zone, les marques françaises sont supplantées
par les indiennes. n
Le président camerounais
en quête d’un record de longévité
Paul Biya va vraisemblablement effectuer un septième
mandat présidentiel dans
un Cameroun secoué
par une insurrection
dans sa partie anglophone.
Videz-vous la tête avec
un magazine qui la remplit
Le président du Cameroun, Paul
Biya, est bien placé pour être réélu
pour un septième mandat d’affilée
lors de l’élection de dimanche. Un
mandat à l’issue duquel, en 2025, le
patron de la principale puissance
économique de la zone Cema (communauté économique et monétaire
d’Afrique centrale) frôlerait le record
de longévité politique en Afrique,
avec quarante-trois ans au pouvoir !
Un record qui pose question en
raison du manque d’impulsion de
réformes de la part d’un chef d’Etat
de quatre-vingt-six ans bien souvent
à l’étranger pour vacances ou soins
médicaux, au point que des Camerounais ironisent sur ses « visites
officielles » quand il réside dans le
pays. Il s’est rendu récemment en
province pour la première fois
depuis… 2012. Les dossiers sensibles
ne manquent pourtant pas. L’armée
est en opérations dans le tiers du
pays, aux prises avec les djihadistes
de Boko Haram dans le Nord et avec
une insurrection larvée dans les
deux régions anglophones, dans
l’Ouest, depuis deux ans. Le couvrefeu y a été décrété dans plusieurs villes le week-end dernier. Les anglophones se sentent marginalisés
dans la haute administration depuis
la fin du système fédéral, en 1972, qui
assurait la cohésion de cette ex-colonie allemande partagée en 1918 entre
les empires français et britannique.
Lutte contre la corruption
« La situation sécuritaire incertaine,
enjeu majeur de la campagne, pourrait inciter les 6,5 millions d’électeurs
à privilégier la continuité avec Paul
Biya, confronté à huit adversaires
dimanche », souligne Cyril Musila,
chercheur associé à l’Ifri (Institut
français des relations internationales). En outre, le président a rarement toléré du suspense lors des
scrutins présidentiels, sa réélection
en 2011 avec 78 % des voix avait été
entachée de nombreuses allégations de fraude. Le chef de l’Etat sera
aussi confronté à une situation économique « fragile, malgré des atouts
en matière de résilience », résume
Cyril Musila, qui juge urgente la lutte
contre la corruption, ou l’économie
grise qui représente la grande majorité de l’activité. Les coupures d’eau,
d’électricité, les interruptions de
ramassage d’ordures pour cause
d’impayés ne sont pas rares. Et un
tiers des habitants vivent avec moins
de 2 dollars par jour.
Mais le Cameroun a su mieux que
d’autres gérer le reflux des cours du
pétrole, qui contribue à seulement
un dixième du PIB du pays, et fait
preuve d’une belle résilience, avec
une croissance de 4 % cette année
grâce à sa diversification économique (agriculture, construction, textile, banques). Le pays mène aussi
des chantiers d’infrastructures
structurants, notamment l’autoroute Yaoundé-Douala, et des barrages hydroélectriques. En revanche,
le retard de certains chantiers ne rassure pas la Confédération africaine
de football sur l’organisation, en juin
prochain, de la Coupe d’Afrique des
nations. — Y. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur
du Cercle des Echos
La Chronique
Le Point de vue
Art et culture
Prospective
Etats-Unis : la vérité sur le plein-emploi
Les cinq ingrédients qui préparent la crise
de 2020
Pour un contrôle crédible
des investissements étrangers
Marivaux, poli par la féerie de Thomas Jolly
Puma sort ses griffes
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Le Brexit radieux
de Theresa May
Boll pour « Les Echos »
La Ve République, un régime
qui colle à la France
Valérie de Senneville
@VdeSenneville
— Grand reporter aux « Echos »
« Une bonne Constitution ne peut suffire à faire le bonheur d’une nation.
Une mauvaise peut suffire à faire son
malheur », écrivait le grand professeur de droit public Guy Carcassonne dans « La Constitution ». Ce
jeudi 4 octobre, la Constitution de
1958 fête son 60e anniversaire. En
plus d’un demi-siècle, le texte a
montré sa longévité – presque équivalente à celle de la IIIe République
(65 ans) –,mais surtout son élasticité. Malgré sept alternances et trois
cohabitations, rien n’a vraiment
altéré la volonté des pères fondateurs de la Ve République.
Pour autant, la réforme constitutionnelle et institutionnelle voulue
par Emmanuel Macron, ainsi que sa
pratique du pouvoir, n’achèvent-ils
pas un cycle qui a vu ce régime « miparlementaire », « mi-présidentiel »,
finir par ne pencher que d’un côté,
celui du régime présidentiel, sans
réels contre-pouvoirs ? La question
est en fait aussi vieille que la Ve République.
Du texte originel de 1958 il ne
reste, c’est vrai, plus grand-chose :
seuls 30 des 92 articles originaux
sont restés sans changement et 28
ont été ajoutés, l’ensemble faisant
l’objet de 24 révisions constitutionnelles. La Constitution compte
aujourd’hui 108 articles. Si tous les
changements ne sont pas d’égale
importance, beaucoup interrogent
sur l’équilibre entre les pouvoirs exécutif et législatif.
Le texte fondateur dote le président de la République de pouvoirs
personnels décisifs tels que le choix
du Premier ministre, le droit de dissolution, le recours au référendum
et les pleins pouvoirs en cas de crise
grave. La révision constitutionnelle
de 1962, va lui donner une légitimité
supérieure en décidant qu’il serait
désormais élu au suffrage universel
direct et à la majorité absolue.
En outre, L’instauration du quinquennat en 2000 et sa conséquence,
la synchronisation du calendrier
électoral (les élections législatives
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
La pratique institutionnelle de la Constitution de 1958, qui
fête ce jeudi 4 octobre
son 60e anniversaire,
a souvent été critiquée et accusée de
favoriser l’exécutif
face au Parlement.
Mais elle a résisté à
sept alternances et
trois cohabitations.
D
Les points à retenir
texte originel de 1958
•il neDureste
plus grand-chose :
seuls 30 des 92 articles
originaux sont restés sans
changement.
Le texte fondateur dote le
président de la République de
pouvoirs personnels décisifs
tels que le choix du Premier
ministre, le droit de dissolution
ou le recours au référendum
Conseil constitutionnel,
décentralisation, contrôle par
des autorités administratives
indépendantes : nombre de
contre-pouvoirs ont émergé
face à la toute-puissance du
chef de l’Etat.
•
•
suivent immédiatement l’élection
présidentielle), vont rendre les épisodes de cohabitation beaucoup
plus hypothétiques. Ce qui amplifie
encore la prééminence du président
de la République en accentuant ce
que les constitutionnalistes nomment « le fait majoritaire », qui veut
que le président élu avec la force du
suffrage universel entraîne dans son
sillage la formation d’une « majorité
présidentielle » à l’Assemblée nationale.
La révision de 2008 sur la modernisation des institutions a cherché à
contrebalancer ce rôle prédominant, en interdisant par exemple
l’exercice de plus de deux mandats
successifs au président élu. Elle a, de
plus, instauré la question prioritaire
de constitutionnalité (QPC) et accru
le pouvoir des commissions parlementaires. C’est mince. Surtout qu’il
reste très difficile de limiter la multiplication excessive des amendements qui, du point de vue du gouvernement, justifie le recours aux
ordonnances pour accélérer le processus législatif.
La vaste réforme des institutions « pour une démocratie plus
représentative, responsable et efficace » voulue par Emmanuel
Macron – si elle aboutit –, en réduisant de 30 % le nombre de parlementaires, en introduisant 15 % de
proportionnelle, et en limitant dans
le temps le cumul des mandats parlementaires, soulignerait encore
l’affaiblissement des pouvoirs du
Parlement.
La pratique « jupitérienne » du
pouvoir par le président de la République, qui renoue ainsi avec certains de ses prédécesseurs, accentue
encore la « présidentialisation » du
régime. Ce qu’Emmanuel Macron
assume en venant chaque année
s’exprimer devant le Congrès du
Parlement et, surtout, en acceptant,
si la réforme est adoptée, de rester
écouter les questions des parlementaires et d’y répondre. Mais qui dit
présidentialisation dit aussi réaction des députés et sénateurs pour
s’affirmer davantage. Dans le cadre
de l’affaire Benalla, on a vu certains
parlementaires désireux d’impli-
quer le plus possible le chef de l’Etat
en voulant entendre certains de ses
proches collaborateurs. Cela révèle
une assurance nouvelle du Parlement. Mais aussi une tentation... « Si
l’on n’y prend garde, c’est le début de
l’interpellation et d’une forme perverse de mise en jeu de la responsabilité du président », décrypte Denys de
Béchillon, professeur de Droit
public.
La Constitution de la Ve République a été construite sur les leçons de
l’expérience. En désirant un « parlementarisme rationalisé », les pères
fondateurs de la Constitution ont
voulu éviter les errements de la IVe.
Ce qui a assuré à la Ve République sa
pérennité, c’est « l’élection populaire
de son chef, unique moyen de garantir,
ou au moins permettre, que ledit chef
en soit un », écrit Olivier Duhamel
dans le numéro 166 de la revue
« Pouvoirs ».
Le constitutionnaliste Jean-Philippe Derosier ne voit pourtant là
rien d’antinomique avec le parlementarisme. Dans son blog, La
Constitution décodée, il explique
que si « c’est bien le président de la
République, d’abord, élu au suffrage
universel direct, qui fixe la politique
qu’il s’engage à suivre au cours de son
mandat, ce sont bien les élections
législatives, ensuite, qui vont confirmer, infléchir ou infirmer l’étendue
du pouvoir présidentiel ».
De plus, l’histoire institutionnelle
de ces dernières années a su inventer nombre de contre-pouvoirs, certes non issus d’une élection, à la toute-puissance du chef de l’Etat. « Je ne
crois pas du tout que le président de la
République concentre plus de pouvoirs que par le passé », explique Denys de Béchillon qui souligne
que le Conseil constitutionnel a
gagné en densité, que le contrôle des
autorités administratives indépendantes a fortement réduit la liberté
des gouvernements et que la décentralisation a dilué la toute puissance
financière de l’exécutif.
Et si la Constitution de 1958 était
le « pire des systèmes à l’exclusion de
tous les autres », pour paraphraser
ce que disait Churchill à propos de la
démocratie ? n
Theresa May avait, mercredi, à Birmingham,
deux messages à lancer : promettre un avenir
radieux aux Britanniques, et appeler les tories
à resserrer les rangs autour de son projet de
sortie de l’Union européenne. La Première
ministre britannique, dans son discours de
clôture du Congrès du Parti conservateur, l’a
Par Jacques
fait avec brio. Après avoir esquissé quelques
Hubertpas de danse à la tribune, elle est même parveRodier
nue – dans une quasi-première – à esquisser
sa vision du Royaume-Uni et de son parti, « ceL’Europe
lui de l’“unionisme” » et non pas l’agrégation
se prépare
de quatre fières nations, mais « l’union de tous
ses peuples ». Mais a-t-elle été entendue ? C’est
désormais
une tout autre question. Car les applaudisseau plan B.
ments qu’elle a reçus ne suffisent pas. Et la
réalité est aujourd’hui bien différente de sa vision idyllique. Il est difficile de croire que « le meilleur » pour le
Royaume-Uni soit à venir. A quelques mois désormais de la date fatidique du 29 mars 2019, lorsque le Royaume doit – en principe – sortir
de l’Union européenne, la chef du Parti conservateur est politiquement plus isolée que jamais et confrontée aux attaques de Boris Johnson, son ancien ministre des Affaires étrangères, qui se voit déjà
Premier ministre, et à d’autres dans son clan. Ses espoirs de voir son
« plan de Chequers » qu’elle a mis au point en juillet pour parvenir à
une sortie ordonnée, ont peu de chances d’aboutir. Non seulement il
a été rejeté par les autres pays européens, mais il a été dénoncé par
nombre de tories, avec, en tête, le même Boris Johnson ou encore Jacob Rees-Mogg, devenu la figure de proue des conservateurs les plus
virulents opposés à un Brexit mou. Il voit même dans un « hard
Brexit » la possibilité d’économiser des milliards de livres pour son
pays. Et la ligne dure plaide pour l’ouverture de négociations sur un
accord commercial avec l’Union, comparable à celui conclu avec le
Canada ou encore l’application des règles de l’Organisation mondiale
du commerce aux relations entre le Royaume-Uni et l’Union. A deux
semaines d’un sommet européen, le 18 octobre, les négociations avec
Bruxelles sont dans une totale impasse. Aucun progrès réel n’a été
encore réalisé sur l’épineuse question de la frontière entre la République d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord. La solution de certains membres de l’opposition travailliste d’organiser un
autre référendum sur le Brexit, est, aujourd’hui du moins, irréalisable. Car le parti de Jeremy Corbyn est tout autant divisé. Et l’Europe se
prépare désormais au plan B : celui d’une séparation du RoyaumeUni sans accord. « L’Angleterre est une île », avait dit le général de
Gaulle, en affirmant qu’il partageait cette idée avec Churchill. Elle risque bien de le rester.
(
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Pages 6 et 29
Casser l’école
Par Jean-Francis Pécresse
Quand on ne trouve pas le bon résultat, mieux vaut repartir de zéro et
ne pas s’obstiner dans un mauvais raisonnement. C’est au fond une
leçon d’école élémentaire qu’a décidé de suivre le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, pour tenter de résoudre le problème insoluble que pose, depuis plus de trente-cinq ans, l’enseignement prioritaire. En commandant un rapport sur le sujet, le ministre
laisse espérer la fin prochaine d’un scandale français : la ghettoïsation dont sont victimes les enfants issus de milieux ou de quartiers
défavorisés. Ce n’est pas faute d’avoir voulu y imposer l’égalité réelle
des chances, c’est parce que la gauche a fait de ces établissements des
laboratoires de discrimination positive. Etude après étude, le bilan
des ZEP, devenues en 2014 REP et REP+ n’apparaît pas seulement calamiteux. Il est à l’opposé de l’objectif recherché. Nulle discrimination
positive à l’œuvre, mais une puissante discrimination négative. Pour
les 20 % d’écoliers et d’élèves scolarisés dans ces établissements stigmatisés, l’inégalité scolaire s’ajoute à l’inégalité sociale. Cette double
peine, le dévouement admirable des communautés éducatives ne
parvient qu’à en atténuer les effets, au bénéfice de quelques-uns. Car,
entre un collège public « ordinaire » et un collège de REP, il y a pire
que les écarts de niveau en français et, surtout, en maths, mis crûment en lumière par les évaluations de 6e. Il y a cette sélection sociale
qui, à niveau équivalent, donne au collégien de l’éducation prioritaire
deux fois moins de chance d’intégrer le lycée général qu’à son camarade issu d’un quartier plus facile. Le système éducatif français ne se
contente pas de reproduire les inégalités sociales, il les amplifie. Cet
échec devrait conduire à rayer d’un trait ces zonages qui stigmatisent
comme des ghettos. Il devait mener à y distribuer moins de moyens,
mais mieux. Il est gratifiant mais insuffisant de verser à ces nouveaux
hussards que sont les enseignants de REP une prime de 1.000 euros.
C’est toute une méthode éducative qu’il convient d’adapter à ces écoles de quartiers à la dérive. La réponse sera nécessairement financière, sécuritaire aussi tant nombre de ces établissements sont devenus
des camps retranchés de la République. Mais elle sera aussi pédagogique, hors des cadres et des statuts de l’Education nationale. Pour reconstruire l’école, il faut savoir casser les cadres.
(
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10 // IDEES & DEBATS
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
opinions
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depuis Ferrari
5. Pollution auto : le Parlement européen sur une ligne dure
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Etats-Unis : la vérité
sur le plein-emploi
Trump et le mythe
du self-made-milliardaire
TAUX OFFICIEL « Sur le papier, tout
va bien. Actuellement de 3,9 %, le taux
de chômage devrait continuer à baisser
pour s’établir à 3,7 % d’ici la fin 2018 et
même à 3,5 % fin 2019, dans le sillage
d’une croissance économique toujours
supérieure à son potentiel. Il existe
toutefois un certain nombre de variables
sous-tendant le taux de chômage officiel,
qui dépendent à la fois de l’offre et de la
demande de main-d’œuvre. »
POPULATION ACTIVE « L’un des
principaux indicateurs est le taux de
participation à la population active, qui
mesure la part de la population en âge de
travailler qui travaille vraiment ou qui
recherche activement un emploi. Depuis
la crise financière, ce taux est passé de 65 %
en 2007 à 62 % en 2017, selon l'Organisation
internationale du travail. [...] Si ce taux était
resté stable sur la période 2007-2017, le taux
de chômage aux Etats-Unis serait
aujourd'hui proche de 8 % ( avec une
croissance de l’emploi inchangée). »
EXPLICATIONS « La baisse du taux de
participation est probablement due en grande
partie à des forces structurelles, notamment
l’incidence du vieillissement de la maind’oeuvre. Le phénomène d’automatisation
a probablement renforcé les inadéquations
au niveau des compétences en réduisant
la demande de main-d’oeuvre peu qualifiée
au sein de l’économie. D’autres explications
sont possibles, notamment l’augmentation
du taux d’incarcération ou encore une
dépendance accrue aux assurances
invalidité et l’addiction aux opioïdes. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Je me suis fait tout seul. » Cette phrase
•est«au
cœur de la mythologie construite
par Donald Trump, « le self-made-milliardaire », écrit le « New York Times ».
Mais, ajoute le quotidien, « Donald
Trump est seulement un homme qui s’est
fait tout seul si l’on ne prend pas en compte
l’aide financière massive qu’il a reçue,
enfant, des entreprises de son père. »
D’après une enquête du quotidien, à trois
ans il aurait déjà eu un revenu annuel
équivalent à 200.000 dollars
d’aujourd’hui, sans oublier des dons en
cash et des dizaines de millions de
« prêts » sans intérêts ni remboursement. Au total, il aurait ainsi reçu l’équivalent de 413 millions de dollars (2018).
D e p l u s , t o u j o u r s d ’a p r è s « T h e
NY Times », « certaines libertés ont été
prises avec le Code des impôts » notamment en matière de droit d’héritage de
son père. Pour le quotidien new-yorkais,
« toute la vie de Donald Trump a été de se
présenter et de se vendre sous une image
faite de glamour sans retenue ». Une
image au cœur même de sa réussite. « Il
s’est abandonné sans vergogne, parfois de
façon étourdissante, à cela », poursuit le
journal. Avec des mythes sur sa vie privée quand il était le roi de l’immobilier : le
nombre de mannequins avec qui il sortait, les noms d’actrices le poursuivant…
Tous ces mythes ont été enrichis lors de
ses prestations télévisées dans « The
Apprentice ». « Mais, de façon croissante,
la volonté de Trump de déformer la réalité
– et les règles – au service de sa propre
mythologie apparaît non plus comme une
exagération innocente, mais comme des
mensonges malveillants, agrémentés
d’une pincée de corruption. » En tout cas,
le journal lui redemande de publier,
enfin, ses feuilles d’impôt. Ce qu’il a toujours refusé de faire. C’est moins glamour vraisemblablement ! —J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
L’odyssée de la banque
LE PROPOS Les établissements de
crédit des pays développés doivent
se réinventer de toute urgence, car
les technologies de l’information
dont ils ont hérité ne répondent
plus aux besoins d’aujourd’hui.
Leurs clients armés de smartphone
ont muté, en quête de relations plus
fluides, plus mobiles mais aussi
plus humaines. Cette nouvelle
banque digitale attire de nouveaux
entrants. Pourtant, les vieilles
organisations peuvent sortir de
cette impasse technologique en
travaillant avec ces dernières et en
s’inspirant des pays émergents. Des
banques ont commencé à le faire,
notamment en créant leur propre
concurrence, plus agile.
L’INTÉRÊT Deux « serial
entrepreneurs » guident le lecteur
dans l’odyssée de la banque de
demain, dont les prérequis sont
autant de ruptures à intégrer dès
aujourd’hui. Experts des paiements
et des télécoms, ils parlent
d’expérience des enjeux et des
conditions d’un partenariat avec les
fintech. Ils ont fondé TagPay il y a
treize ans, une plate-forme
équipant plus d’une vingtaine de
banques dans les pays émergents,
dont Société Générale en Afrique,
ce qui leur vaut une préface de
Fintech. Les banques
contre-attaquent
par Yves Eonnet et Hervé
Manceron, Editions Dunod,
167 pages, 19,90 euros.
Frédéric Oudéa. Loin de livrer
le énième tableau apocalyptique,
ils traitent un sujet ardu et
socialement sensible avec les
nuances qui s’imposent.
LA CITATION « La vieille banque
peut laisser la place à une nouvelle
banque : plus agile et plus proche
des clients. Cette banque existe déjà,
nous l’avons rencontrée. L’Afrique,
c’est la Silicon Valley de la banque. »
— Sylvie Ramadier
La crise et la récession
de demain pourraient
se révéler plus sévères
qu’en 2008.
Les cinq ingrédients qui
préparent la crise de 2020
Dix ans après la chute de Lehman Brothers en 2008, le risque
d’une nouvelle déflagration est à nouveau élevé. Et, cette fois, les Etats
surendettés ne disposent plus des mêmes armes pour y faire face.
LA
CHRONIQUE
de Nouriel
Roubini
D
ix ans après l’effondrement
de Lehman Brothers, des
interrogations demeurent
autour des causes et conséquences de
la crise financière. Mais dans une perspective d’avenir, la question la plus
pertinente consiste à déterminer ce
qui provoquera la récession et la crise
mondiale de demain.
L’actuelle expansion mondiale
devrait se poursuivre l’année prochaine, dans la mesure où les EtatsUnis enregistrent d’importants déficits budgétaires, où la Chine
applique des politiques de crédit
assouplies et où l’Europe reste sur
une trajectoire de reprise. Mais d’ici à
2020, les conditions tendront vers
une crise financière, suivie d’une
récession mondiale. Plusieurs raisons expliquent cela.
Premièrement, les politiques de
relance budgétaire qui poussent
actuellement la croissance annuelle
américaine au-dessus de son potentiel
de 2 % ne sont pas tenables. D’ici à
2020, ladite relance se sera épuisée.
Deuxièmement, le timing de cette
relance ayant été inadapté, l’économie
américaine connaît actuellement une
surchauffe, et l’inflation s’élève au-dessus de la cible. La Réserve fédérale des
Etats-Unis devrait ainsi continuer
d’augmenter le taux cible des fonds
fédéraux, l’amenant de son niveau
actuel de 2 % à 3,5 % au moins d’ici à
2020, ce qui élèvera probablement les
taux d’intérêt à court et long terme,
ainsi que le dollar américain.
Dans le même temps, l’inflation augmente également au sein d’autres économies majeures, tandis que le prix du
pétrole contribue à des pressions inflationnistes supplémentaires. Cela signifie que les autres grandes banques centrales suivront la Fed sur la voie d’une
normalisation de la politique moné-
taire, ce qui réduira la liquidité mondiale, tout en exerçant une pression à
la hausse sur les taux d’intérêt.
Troisièmement, les tensions commerciales opposant l’administration
Trump à la Chine, à l’Europe, au Mexique, au Canada et à d’autres sont
vouées à l’escalade, engendrant une
croissance plus lente et une inflation
plus élevée. La croissance dans le reste
du monde devrait donc ralentir, sous
l’effet de pays jugeant bon de riposter
contre le protectionnisme américain.
Les marchés émergents, d’ores et déjà
fragilisés, continueront de subir les
effets du protectionnisme et des conditions monétaires resserrées aux
Etats-Unis.
Les dirigeants qui
affronteront la prochaine
récession auront
les mains liées, sachant
par ailleurs que les
niveaux globaux de dette
sont supérieurs à ceux
d’avant-crise.
Quatrièmement, l’Europe connaîtra, elle aussi, une croissance plus
lente, en raison d’un resserrement
monétaire et de frictions commerciales. Par ailleurs, les politiques populistes appliquées dans des pays comme
l’Italie risquent d’engendrer une
dynamique de dette intenable au sein
de la zone euro. Dans ces conditions,
une nouvelle récession mondiale
pourrait conduire l’Italie et d’autres
pays à quitter purement et simplement la zone euro.
Cinquième point, les marchés
boursiers américain et mondiaux
sont en effervescence. Les ratios
cours/bénéfice aux Etats-Unis sont
supérieurs de 50 % à leur moyenne
historique, les valorisations de capitaux privés sont devenues excessives
et les obligations d’Etat trop coûteuses compte tenu de leur faible rendement et de leurs primes de terme
négatives. Le crédit à haut rendement
devient également de plus en plus
coûteux, à l’heure où le taux d’endettement des entreprises américaines
atteint des sommets historiques.
Par ailleurs, l’endettement sur de
nombreux marchés émergents et dans
certaines économies développées se
révèle clairement excessif. L’immobilier commercial et résidentiel est beaucoup trop coûteux dans de nombreuses régions du monde.
La marge de relance budgétaire
dans le monde est d’ores et déjà
réduite par une dette publique massive. La possibilité de nouvelles politiques monétaires non conventionnelles sera limitée par des bilans
hypertrophiés, et par un manque de
capacité à réduire les taux directeurs.
Par ailleurs, les sauvetages dans le
secteur financier seront intolérables
pour des pays marqués par la résurgence de mouvements populistes, et
dirigés par des gouvernements quasi
insolvables.
Aux Etats-Unis, en particulier, le
législateur a limité la capacité de la
Fed à fournir de la liquidité aux institutions financières non bancaires et
étrangères présentant des passifs
libellés en dollars. En Europe, la montée des partis populistes complique
l’adoption de réformes au niveau de
l’UE, ainsi que la création des institutions nécessaires pour combattre la
prochaine crise financière et la récession qui s’ensuivra.
A la différence de 2008, époque à
laquelle les gouvernements disposaient des outils politiques permettant d’empêcher une chute libre, les
dirigeants qui affronteront la prochaine récession auront les mains
liées, sachant par ailleurs que les
niveaux globaux de dette sont supérieurs à ceux d’avant-crise. Lorsqu’elles surviendront, la crise et la
récession de demain pourraient se
révéler encore plus sévères et prolongées que celles d’hier.
Nouriel Roubini est le président
de Roubini Global Economics.
Ce texte est publié en collaboration
avec Project Syndicate 2018.
Jin Lee/Bloomberg News
Le taux de chômage aux Etats-Unis est
inférieur à 4 %. Quelle réalité derrière ce
chiffre, synonyme de plein-emploi ? Les
explications de James McCann, économiste
chez Aberdeen Standard Investments.
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IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
art&culture
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de Pascal Dupeyrat
L
a France a-t-elle pris la juste
mesure des enjeux nés de l’adoption, cet été, de la réforme américaine du Foreign Investment Risk
Review Modernization Act (Firrma) en
matière de contrôle des investissements étrangers ? Voilà la question à
laquelle le ministre de l’Economie se
doit encore de répondre à l’heure où
l’Assemblée nationale examine la loi
Pacte, notamment son volet sur la protection des entreprises stratégiques.
Le Firrma vient en effet de donner
mandat au président des Etats-Unis et
au Committee on Foreign Investment in
the United States (CFIUS) d’intervenir
auprès de ses alliés et partenaires économiques pour qu’ils se dotent de « dispositifs de contrôles similaires » et d’en
faciliter la « coordination » avec le
mécanisme américain. Ce n’est pas
encore une extraterritorialité, mais
cette logique de « coopération » y prélude de manière certaine.
La conséquence première du Firrma
sera donc de soumettre les opérations
d’investissements étrangers, même
réalisées en dehors des Etats-Unis, à
leur surveillance. Le Firrma généralise
ainsi la pratique née à l’occasion du
rachat avorté du fabricant allemand de
semi-conducteurs Aixtron par les Chinois en 2016. Des interventions similaires devraient donc se multiplier.
Seconde conséquence, le Firrma
implique l’évaluation par les Etats-Unis
des dispositifs étrangers pour en apprécier la pertinence. De ce point de vue, le
dispositif français devrait apparaître,
en l’état, comme manquant singulière-
ment de cohérence. Il faut dire que
notre réglementation sur les investissements étrangers résulte plus d’un empilement de textes en réaction à des situations de crise (décret de 2005 après le
rachat de Gemplus, décret de 2014 en
pleine affaire Alstom) qu’au déroulement d’une vision stratégique de long
terme. Ainsi, la France n’a même pas
acté dans son droit l’introduction de la
notion de sécurité nationale, pourtant
critère clef du contrôle outre-Atlantique. Pas plus qu’elle ne donne une définition des secteurs stratégiques qu’elle
entend protéger.
LE POINT
DE VUE
Pour éviter un Brexit dur,
supprimons les droits
de douane en Europe
de Jacques Delpla
Marivaux, poli par la féerie
de Thomas Jolly
Pour un contrôle crédible
des investissements
étrangers
La loi Pacte devait être
une occasion de prendre
la mesure des enjeux.
Notamment celui
sur la protection des
entreprises stratégiques.
La loi Pacte devait être une occasion
de prendre la mesure des enjeux. Force
est de constater que l’unique article proposé dans le projet initial renvoie à la
seule refonte du régime de police et de
sanctions du ministre, sorte de rédemption pour expliquer l’impossibilité par
le passé de répondre aux investissements litigieux. Certes, le projet prévoit
également la publication du futur
« décret Le Maire », lequel permettra
sans doute de décliner un contrôle plus
cohérent. Certes, les députés ont ins-
Vincent Bouquet
@VincentBouquet
THÉÂTRE
convenable. Insensible à
ses chants et à ses danses,
Arlequin va, littéralement,
« Arlequin poli par
de Marivaux,
« tomber amoureux » de
l’amour » a fait le tour de
mise en scène Thomas Jolly.
Silvia, une bergère qui
France. De Draguignan à
La Scala Paris
métamorphose son préMontbéliard, de Grasse à
(01 40 03 44 30), à 18 h 30,
tendant en gentilhomme et
Guérande, il a écumé les
jusqu’au 27 octobre, puis
provoque l’ire de La Fée.
plus petites salles de
en tournée. Durée : 1 h 30.
Au gré de sa fine lecture
l’Hexagone, mais n’avait
de la pièce, Thomas Jolly
jusqu’ici jamais fait de halte sur une scène
noircit, entre deux embardées humorisparisienne. C’est désormais chose faite, à La
tico-pop, les traits esquissés par Marivaux
Scala Paris, où il prend ses quartiers juset révèle toute la dureté allégorique du pasqu’au 27 octobre. Créée en 2006, puis
sage à l’âge adulte cachée derrière l’innorecréée en 2011 à la faveur d’une nouvelle
cence juvénile de façade. Épaulé par une
distribution, cette pièce occupe une place à
langue marivaudienne plus dépouillée et
part dans le travail de Thomas Jolly. Il s’agit
nerveuse qu’à l’accoutumée, il accouche
de son spectacle originel, celui qui a contrid’une mise en scène énergique qui trahit
bué, bien avant « Henry VI », « Richard III »
son envie de faire rimer classique avec
et « Thyeste », à le faire connaître et
théâtre tous publics, d’embrasser cette
contient en lui tous les germes théâtraux
matrice artistique qui ne le quittera plus.
que le jeune metteur en scène s’est plu, par
la suite, à cultiver.
Foisonnement scénique
Reconnaissable entre mille, son esthétiFoisonnantes, parfois jusqu’à l’excès, ses
que très commedia dell’arte est déjà là, et
idées scéniques s’imposent au premier
bien là. Visages grimés, confettis virevolplan, quitte à croquer, au moins autant que
tants et calligraphie en bâtonnets noirs sur
le théâtre, le texte de Marivaux à pleines
fond blanc en guise de décor transforment
dents. Fougueuse, sa mise en scène sait
la pièce de Marivaux en un ersatz de cabaaussi se faire onirique, notamment dans
ret, où la féerie le dispute à la dure réalité
l’utilisation de ces subtiles lumières,
des premiers émois amoureux. Convoité
comme autant de lueurs qui guident
par une fée, Arlequin est un adolescent
les personnages à travers l’obscurité d’un
dont la beauté n’a d’égal que la sottise.
avenir incertain. Pour ce metteur en scène
Désespérée par le manque d’esprit du jeune
d’à peine vingt-quatre ans, il semblait en
homme, la femme mi-diva mi-sorcière
tout cas déjà fort prometteur. La suite
cherche à l’éduquer pour en faire un fiancé
l’a prouvé… n
tauré un droit de regard parlementaire
à travers la création d’une Délégation à
la sécurité économique, gage de suivi
plus poussé des engagements. Mais
d’un point de vue américain, tout cela
apparaîtra comme sous-évalué.
Si elle veut un bon déroulement des
futures opérations de M&A intéressant
les Etats-Unis, chez eux comme
ailleurs, la France se doit de restructurer en moyens comme en doctrine son
dispositif de contrôle des investissements étrangers, et ce tout autant pour
satisfaire les prérequis élevés de la régulation américaine que pour nous prémunir de son extraterritorialité latente.
Pour cela, il va falloir changer nos
pratiques institutionnelles et rendre la
procédure plus crédible et plus transparente. Trop souvent, sur les opérations
d’envergure, le feu vert est donné par les
plus hautes autorités avant même que
l’instruction par les services ne commence. Cette logique n’est pas celle qui
prévaut outre-Atlantique où l’entre-soi
français apparaît comme la faille sécuritaire de l’instruction, que ce soit
d’ailleurs au détriment comme au
bénéfice des intérêts américains.
Par volonté américaine, le contrôle
de sécurité nationale va donc s’imposer
comme troisième pilier des opérations
d’investissement et de M&A, à jeu égal
des procédures de concurrence et de
conformité. C’est là une donnée structurelle à laquelle la France va devoir se
résigner… ou s’adapter.
Arlequin poli
par l’amour
Pascal Dupeyrat est lobbyiste,
spécialiste des secteurs stratégiques.
Nicolas Joubard
LE POINT
DE VUE
Visages grimés, confettis virevoltants et calligraphie en bâtonnets noirs sur fond
blanc en guise de décor transforment la pièce de Marivaux en un ersatz de cabaret.
La genèse d’Indridason
V
oici une proposition simple
pour éviter un Brexit dur :
l’Union européenne (UE)
devrait s’engager à réduire unilatéralement à zéro tous ses tarifs douaniers
envers tout pays à terme, et ce en cas
d’accord sur le Brexit avec le RoyaumeUni. Avec le Brexit, Londres s’est tiré
une balle dans le pied, mais c’est négatif
aussi pour nous à cause de la disruption
de nos relations commerciales. En
France, les Hauts-de-France et la Normandie seraient particulièrement
touchés, ainsi que toute l’agriculture
française (qui y exporte beaucoup) et
l’industrie automobile.
Les Britanniques vont donc quitter le
marché unique mais aussi l’union douanière de l’UE (mêmes tarifs douaniers et
mêmes normes pour l’importation
dans l’UE des produits venus du reste du
monde), pensant qu’ils négocieront
séparément des accords de plein libreéchange avec le reste du monde.
Aujourd’hui, les droits de douane de
l’UE sur l’agriculture sont de 12 % (avec
des pics à 30 %) et de 4 % pour les produits manufacturés (avec des pics à 14 %
pour le secteur automobile). Ces droits
ne s’appliquent actuellement pas entre
le continent et le Royaume-Uni, mais
s’appliqueraient si ce pays quittait notre
union douanière. Ils sont des reliques
d’un passé protectionniste et sont maintenus à la demande de lobbies puissants. Or, la théorie économique est
unanime : les barrières protectionnistes sont mauvaises pour le pays en général en protégeant des secteurs en déclin,
en faisant payer plus cher les consommateurs. Elle va même plus loin : le
libre-échange unilatéral est optimal
pour le pays qui le pratique (ce qui fait
hurler la plupart des politiques).
L’abrogation de tous les
droits de douane envers
tous les pays du monde
donnerait au RoyaumeUni le libre-échange
qu’il veut.
Notre proposition est donc que l’UE
devrait proposer au Royaume-Uni, en
cas d’accord sur le Brexit, d’abroger tous
ses droits de douane résiduels, de
manière unilatérale et envers tous les
pays du monde, graduellement (cinq
ans pour les produits manufacturés et
dix ans pour l’agriculture), sans rien
toucher par ailleurs aux normes commerciales. Avec cette proposition, nous
pensons que Londres accepterait de
rester de manière permanente dans
une telle union douanière. Cela donnerait au Royaume-Uni le libre-échange
qu’il veut. Pour l’UE, cela réduirait
l’impact négatif du Brexit pour l’ensemble de l’économie européenne et résou-
drait (partiellement) la question de
la frontière irlandaise : le besoin
de contrôle à la frontière inter-irlandaise serait fortement réduit et permettrait de préserver la paix civile en Ulster.
Rappelons que la construction européenne, c’est d’abord mettre l’économie
au service de la paix en Europe : créer
une union douanière à droits zéro participerait à cette paix. En outre, notre proposition aurait l’avantage de prendre
Trump à contre-pied et de désarmer
tous ses procès contre le protectionnisme européen.
Pourquoi les pays de l’UE accepteraient-ils cela ? L’Allemagne dira oui
car elle est devenue la première puissance commerciale au monde. La
France, l’Italie et l’Espagne pourraient
dire non, à cause de leurs lobbies agricole et automobile. Paradoxalement,
ceux-ci y ont intérêt : un Brexit dur
serait catastrophique pour ces agricultures car elles perdraient du jour au lendemain de gigantesques parts de marché en Grande-Bretagne. Pour les
lobbies agricoles, la question n’est pas
d’éviter de « perdre » (selon leur logique), mais le scénario dans lequel ils
« perdent » le moins. La solution présentée ici est celle où ils « perdent » le
moins, en gardant leurs flux d’exportations intact vers le Royaume Uni. Idem
pour le secteur automobile.
Jacques Delpla est économiste.
Isabelle Lesniak
@IsabelleLesniak
ROMAN ISLANDAIS
Les Fils
de la poussière
avant sa rencontre avec
B ergthora, sa future
femme). Cette alliance de la
carpe et du lapin permet de
faire progresser l’investigation grâce à la complémentarité de deux styles et
méthodes contradictoires.
On craignait le pire pour ce
d’Arnaldur Indridason
fond de tiroir exhumé par
traduit de l’islandais
Métailié vingt ans après sa
par Eric Boury Ed. Métailié
publication et présenté
288 pages, 21 euros.
comme le premier de cordée d’un genre littéraire longtemps méprisé
et désormais hyper-populaire : le fameux
Atmosphère glauque
polar islandais. Au contraire, dans cette
Ce n’est pas le moindre intérêt des « Fils de la
œuvre fondatrice – rédigée à trente-six ans
poussière » que de décrire la genèse délicate
alors qu’il était journaliste chargé de la
– et parfois totalement explosive – de la relarubrique cinéma dans un journal de
tion entre le duo de flics qui sera le fondeReykjavik –, Arnaldur Indridason nous iniment d’une dizaine d’aventures ultérieures.
tie au charme inégalable de son écriture
Elinborg, récemment recrutée dans la
simple et envoûtante, à ses références littépolice islandaise après ses études en géoloraires et historiques follement exotiques et
gie, y est aussi brièvement mentionnée. Auau caractère bien trempé de ses personnadelà de la présentation de ces personnages
ges très attachants.
pas encore mythiques, l’ouvrage permet de
se familiariser avec la plupart des éléments
La carpe et le lapin
qui expliquent le succès de cet écrivain traOn y découvre le commissaire Erlendur en
duit dans une quarantaine de langues :
pleine résolution de sa première affaire : le
l’atmosphère crasseuse de neige fondue qui
suicide d’un quadragénaire interné dans un
fige la ville dans ses aspects les plus glauhôpital psychiatrique de Reykjavik, concoques, l’influence des étrangers qui perturmitant à la mort suspecte de son ancien
bent les traditions millénaires d’une île
professeur. Notre flic préféré, déjà vieux,
longtemps coupée du monde, sa prédispodivorcé avec deux enfants junkies à charge
sition pour les expérimentations génétiet pétri d’une nostalgie pas toujours justifiée
ques hasardeuses.
pour un passé magnifié, mène l’enquête
« Les Fils de la poussière » a été publié
avec le frère du suicidé. Il est également
trois ans avant « La Cité des Jarres », polar
secondé par un junior aux allures de premulti-récompensé qui assit la notoriété
mier de la classe qui l’agace beaucoup :
mondiale d’Indridason. Sa noirceur préfiSigurdur Oli, tout juste revenu de ses études
gure avec éclat ce qui reste sans doute l’opus
aux Etats-Unis (et encore cœur à prendre
le plus mémorable du maître islandais. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
stratégie
Un nouveau modèle
pour les données
LA
CHRONIQUE
de Xavier Fontanet
L
es ratés de Facebook et le problème des
fake news ne sont qu’un avant-goût de ce
qui peut arriver tant que la gouvernance
de l’utilisation des données n’est pas assez
encadrée. Voilà une opportunité pour l’Europe
de rattraper son retard dans le numérique. En
ce qui concerne Internet, nos gouvernants
européens ont une stratégie essentiellement
fiscale. Ils ne prennent pas le problème à sa
racine. Le modèle « tu me donnes tes données,
je te donne mes applis » s’apparente à un troc
gigantesque : si l’on prend l’exemple de Google,
chaque client (il y en a 1 milliard) apporte aux
actionnaires en moyenne 750 euros. Est-ce juste
quand cela se produit à une telle échelle, et que
cela permet de remonter les profits au niveau
mondial pour les allouer là où l’on veut ?
En imposant que, sur le sol européen, chacun
vende ses données et achète ses applis, on
pourrait faire d’une pierre trois coups.
Premièrement, les clients européens (le quart de
ceux de Google) ont permis de créer 250 milliards
de valeur et Google n’est qu’un des acteurs
concernés. Vu les masses en jeu, remonétiser le
contrat de départ rapportera beaucoup plus que
l’éventuelle taxation des profits localisés ailleurs.
Deuxièmement, le contrôle des fake news sera
facilité, puisque derrière chaque e-mail il y aura une
personne ou une organisation qui devra montrer
patte blanche. Troisièmement, il y a enfin une vraie
segmentation stratégique à proposer aux
internautes, avec un nouveau modèle : « je vends
mon appli, mais je ne touche pas à vos données ». Ce
serait une vraie opportunité pour de nouvelles startup qui attireront des cerveaux américains et chinois
en leur donnant une partie du capital de ces
nouvelles entreprises. On pourrait même imaginer
qu’elles donnent des stock-options aux premiers
clients ! Si elles démarrent bien en Europe, elles
prospecteront à leur tour en Chine et aux EtatsUnis, car il y a fort à parier qu’il va être de plus en
plus difficile de contrôler correctement le
traitement des données. En affaires, les carottes ne
sont jamais cuites !
Xavier Fontanet
est professeur de stratégie à HEC
o
L’ÉTUDE
La transition
numérique, un risque
écologique
E
n apparence, un smartphone ou un
ordinateur n’émettent pas de gaz à effet de
serre. La transformation numérique est
même parfois présentée comme un moyen de
réduire la consommation énergétique dans un
grand nombre de secteurs (transports,
chauffage, etc.) C’est oublier que les réseaux, data
centers, terminaux et autres objets connectés qui
nous entourent fonctionnent à l’électricité, et que
leur production est vorace en énergie et en
ressources fossiles. Dans un rapport très complet
qui sera présenté ce jeudi, le think tank The Shift
Project explique que « les impacts
environnementaux directs et indirects liés aux usages
croissants du numérique sont systématiquement
sous-estimés ». D’un côté, le nombre d’outils et leur
usage ne cessent de progresser. De l’autre, leur
efficacité énergétique ne s’améliore que
modérément. A l’arrivée, note le rapport, « la
consommation énergétique du numérique augmente
de 9 % par an dans le monde » sur la période 20152020. Elle a représenté 2,7 % de la consommation
mondiale d’énergie en 2017, contre seulement 1,9 %
en 2013. Et elle pourrait atteindre 4,5 % à l’horizon
2025, voire 6 % si les progrès constatés en matière
d’efficacité énergétique se mettaient à ralentir. D’où
un appel à « passer de l’intempérance à la sobriété
numérique », par exemple en augmentant la durée
d’utilisation des appareils en entreprise ou la part de
smartphones servant à la fois à un usage personnel
et professionnel. —B. G.
L’HOMME QUI VOULAIT
100 MILLIARDS
Le patron de SoftBank,
Masayoshi Son, veut à nouveau
réunir 100 milliards de dollars
pour son fonds Vision Fund,
explique « Businessweek ».
bit.ly/2DcQeaJ
SUR
LE WEB
89
%
SATURATION NUMÉRIQUE
Après des années de hausse,
le nombre d’Américains
utilisant Internet (89 %),
un smartphone (77 %) ou
un ordinateur (73 %) stagne
ou recule, note Pew Research.
pewrsr.ch/2zDfEur
SPORT // Après une période difficile, la marque allemande rebondit en revenant au sport, son terrain
de prédilection. Le récent retrait de son actionnaire principal, Kering, laisse son avenir en suspens.
Puma ressort les griffes
LE
DÉCRYPTAGE
de
Pierre Demoux
G
are au tweet intempestif ! En cette
chaude journée de juillet, dans une
villa les pieds dans l’eau à un jet de
ballon du Vieux-Port, le service com de
Puma prévient les journalistes : celui qui
ferait fuiter une photo du nouveau maillot de
l’Olympique de Marseille avant sa révélation
o f f i c i e l l e s’e x p o s e à d e vo i r ve r s e r
200.000 euros de dédommagement, assorti
d’une menace de poursuites judiciaires. La
marque a payé cher le droit d’habiller le club
pour les cinq prochaines saisons – le contrat
est estimé à 70 millions – et il entend bien que
personne ne gâche la fête. Garden-party avec
invités VIP et feu d’artifice, les petits plats ont
été mis dans les grands pour présenter la
toute première tunique de l’OM brodée d’un
félin bondissant sur la poitrine.
En chipant la tenue phocéenne à Adidas,
partenaire historique du club, Puma a réalisé un joli coup : il s’associe avec l’un des
deux clubs les plus populaires de France (1),
ce qui lui assure une forte visibilité et l’assurance de vendre au minimum plus de
300.000 maillots par an (davantage en cas de
bons résultats). Par la même occasion, il est
devenu le premier équipementier de la Ligue
1, fort de 5 équipes, avec Bordeaux, Rennes,
Amiens et Nîmes. Une situation inédite pour
le groupe allemand. « Ce partenariat avec
Marseille constitue une étape importante
pour notre expansion dans le football et dans
le sport en général, explique Richard Teyssier,
le directeur général de Puma France. Il illustre aussi notre volonté d’investir dans le sport
performance. Ce maillot, par exemple, est le
plus technique que nous ayons jamais conçu. »
Outre « l’Ohème », l’écurie compte aussi
dans ses rangs Arsenal, le Milan AC et le
Borussia Dortmund. Quatre équipes au profil similaire de bastion historique du ballon
rond, mais peinant à suivre le rythme
imposé par les superpuissances aux poches
(très) pleines qui trustent désormais tous les
trophées. Pas tout à fait un hasard… Car si
Puma, fort de sa longue tradition d’acteur
majeur du sport, s’affiche comme le troisième équipementier mondial, il évolue
aujourd’hui à bonne distance de Nike et Adidas, dont les chiffres d’affaires sont respectivement 7,5 et 5 fois supérieurs au sien. « Il
existe un parallèle entre nos deux sociétés,
Puma résonne avec notre image d’“underdog”,
de rebelle qui veut renverser l’ordre établi »,
décrit Jacques-Henri Eyraud, le président de
l’OM. De la même manière que le club ambitionne de revenir sur le toit de l’Europe, le
félin a compris qu’il devait muscler son jeu
pour tenir tête à ses rivaux. « Ces quatre dernières années, nous avons beaucoup réinvesti
dans le sport, que le groupe avait eu tendance à
délaisser au profit du lifestyle, analyse
Richard Teyssier. Or une marque comme la
nôtre ne peut pas se développer sans posséder
une crédibilité sportive de premier plan. »
Un félin fort dépourvu
Et ça, Puma l’avait oublié au début de ce siècle. Après avoir frôlé la banqueroute dans les
années 1990, le phénix renaît quand ses
chaussures, vêtements et accessoires s’arrachent dans la rue, reléguant stades et gymnases au second plan. Le groupe avait alors tout
misé sur ce côté fashion. Exit les enseignes de
sport, priorité aux boutiques branchées et
aux corners dans les grands magasins. Les
ventes explosent, la rentabilité atteint des
sommets inédits et Puma devient l’une des
premières griffes sportives à parader sur les
podiums de la Fashion Week pour présenter
ses collections, dès 2004 – une attitude adoptée par nombre de ses rivaux depuis.
Sauf qu’au moment où la mode, passe à
autre chose, le félin se retrouve, comme la
cigale, fort dépourvu quand la bise des mauvais résultats fut venue. « Il s’est ensuivi une
période où leur positionnement était devenu
Les chiffres
clefs
Chiffre d’affaires :
•il s’est
élevé à
4,13 milliards d’euros
en 2017, en hausse
de 14 % en un an. Son
résultat net, lui, a plus
que doublé sur cette
période, passant de
62,4 à 135,8 millions.
Activités :
la chaussure reste sa
spécialité principale et
représente 48 % de son
chiffre d’affaires. C’est
aussi celle qui grossit le
plus vite (+21,4 % en
2017). L’habillement
pèse, lui, 35 % et les
accessoires comptent
pour 17 %. Trois quarts
de ses ventes sont
réalisées en Europe et
dans la zone
Amériques.
Nombre
d’employés :
le groupe comptait,
fin 2017, plus de
11.000 salariés. 89 % de
sa production, en très
grande majorité
réalisée par des
sous-traitants, provient
d’Asie (Vietnam, Chine,
Cambodge,
Bangladesh, Inde).
Répartition
du capital : Groupe
Artemis, le holding
d’investissement de la
famille Pinault, détient
29 % des parts. Il est
aussi le principal
actionnaire de Kering,
qui a conservé 16 % du
capital après son
retrait au printemps
dernier. Le flottant
représente désormais
les 55 % restants
(contre 14 % avant
l’opération).
•
•
•
illisible, estime Cédric Rossi, analyste chez
Bryan Garnier. D’une certaine façon, Puma a
eu raison trop tôt, au regard de l’actuel effacement des frontières entre sport et mode. »
Pour sortir de la famine, le groupe a dû
renouer avec son histoire. Celle initiée par les
frères Adolf et Rudolf Dassler, dont la société,
fondée en Bavière dans les années 1920, va
bâtir sa réputation dans les chaussures de
football et de course, avant qu’une brouille à
mort ne les mène à créer chacun sa propre
entreprise au sortir de la Seconde Guerre
mondiale : Adidas et Puma. S’il n’a jamais été
question de raviver une rivalité qui a longtemps rythmé l’industrie du sport – et
déchiré la petite ville d’Herzogenaurach, où
les deux compagnies possèdent toujours
leur QG –, l’objectif était de reprendre le fil du
sport de haut niveau.
« Il a fallu tout revoir
de A à Z pour retrouver
notre identité sportive,
même l’architecture
du siège a été revue. »
TORSTEN HOCHSTETTER
Directeur artistique global de Puma
C’est d’ailleurs un ancien footballeur
pro, le Norvégien Bjørn Gulden, nommé
capitaine à partir de 2013, qui a mené la
« remontada ». « Il a fallu tout revoir de A à Z
pour retrouver notre identité sportive, même
l’architecture du siège a été revue, décrit Torsten Hochstetter, le directeur artistique global
de la marque. Cela a pris du temps pour revenir sur la carte. » Dans deux styles opposés,
Puma est, par exemple, reparti fort dans le
golf et va faire son retour cet automne en
NBA, le championnat nord-américain de
basketball, après deux décennies d’absence.
Cette fois, il a retenu les leçons du passé :
ne pas mettre tous ses œufs dans le même
panier. « Dans ce secteur, il faut pouvoir marcher sur deux jambes, le sport et le lifestyle,
reprend Cédric Rossi. On le voit aujourd’hui
avec Under Armour, voire avec Nike, qui se
sont concentrés sur la performance et ont un
peu manqué le récent virage lifestyle de la
mode. » Celle-ci accorde la part belle à l’« athleisure », cette tendance à mixer sport et loisirs qui fait porter des baskets jusqu’au
bureau. Ce qui sied bien à Puma. Surtout qu’il
peut piocher dans ses anciens catalogues de
produits pour alimenter l’engouement du
moment pour le vintage. Et sa « coolitude »
se bâtit avec une équipe d’influenceurs – ces
célébrités qui édictent les styles en vogue –,
comptant Selena Gomez et ses 143 millions
de followers sur Instagram ou encore Jay-Z
(monsieur Beyoncé à la ville).
Son coup de maître, l’allemand se l’est
offert en recrutant Rihanna comme directrice artistique pour sa ligne féminine. « Elle
a fait un bien fou à la marque, assure Richard
Teyssier. Elle a apporté une inspiration. » Pas
seulement : le succès des produits dessinés
par la chanteuse-créatrice constitue l’un des
moteurs de l’euphorie des ventes. Pour la
première fois de son histoire, le groupe a
dépassé le cap des 4 milliards d’euros l’an
dernier et sa croissance est la plus dynamique parmi les grands équipementiers
(encore 10,5 % au premier semestre). Reste
une faiblesse à combler : sa présence limitée
dans l’e-commerce.
Le retrait de Kering
Mais voilà que, au moment où il revient en
haut de la vague, des nuages apparaissent
dans le ciel. Ils prennent la forme de Kering,
son actionnaire principal, qui a décidé au
printemps de retirer une partie de ses billes.
Le géant du luxe (Gucci, Saint Laurent…)
avait fait le pari de racheter Puma en 2007
pour développer un pôle lifestyle… « Cela n’a
été qu’une succession de mauvaises nouvelles
et de mauvaises surprises », juge Loïc Morvan, analyste chez Bryan Garnier, en notant
que les synergies espérées entre les deux
métiers ne se sont jamais concrétisées. « Kering part aujourd’hui au moment où
l’action est revenue à son prix d’il y a dix ans. »
Sans actionnaire de référence, le matou
pourrait se faire passer le collier autour du
cou par un nouveau propriétaire avide de
profiter de l’insolente santé du marché du
sport – même si la famille Pinault conserve la
main sur l’avenir du capital (lire encadré).
Cette nouvelle donne a aussi pour conséquence de laisser Bjørn Gulden et son équipe
seuls face à la pression du résultat imposée
par des investisseurs soucieux de voir le
cours de Bourse se maintenir à ses sommets
actuels. En cas de contre-performance, il n’y
aura plus de vétérinaires pour injecter une
piqûre de fonds. Les joueurs de l’OM, qui
abordent ce jeudi la deuxième étape de leur
périple en Europa League, seraient bien inspirés de garnir l’étagère à trophées. Histoire
de prouver que le puma n’est pas un chat noir.
(1) Il sera laissé aux fans du PSG et de l’OM le débat
pour désigner lequel est le plus populaire en France.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 13
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
enquête
Le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, est un ancien militaire partisan de la manière forte, mélange de Donald Trump et de Rodrigo Duterte, le président philippin. Photo AFP
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
A
bâtons rompus. Dans un quartier
high-tech de São Paulo, le dirigeant
d’une grosse PME se souvient avoir
réuni ses jeunes troupes pour parler des
élections, à l’aube d’une campagne qui
s’annonçait déjà animée. « Je me suis très
vite rendu compte que la moitié d’entre eux
était pro-Bolsonaro [du PSL, Parti social
libéral, extrême droite], et que l’autre était en
faveur de Haddad [PT, Parti des travailleurs
de Lula]. Il y a vraiment une polarisation
extrême dans ce pays ! », raconte ce Français,
lui-même plutôt favorable à Bolsonaro.
Pour éviter les tensions, le patron a vite préféré mettre un terme au débat, qui s’annonçait plutôt électrique et pas très constructif.
« J’ai dit : “OK. Ceci n’est plus un sujet dans
l’entreprise, sinon on va finir par s’engueuler”, se rappelle-t-il. Dans les familles ou dans
les couples, c’est souvent comme cela que cela
se passe, d’ailleurs. » Mieux vaut ne pas parler des choses qui fâchent…
Avant le premier tour de la présidentielle
qui se déroule ce dimanche, deux candidats
se détachent, en effet, nettement du peloton. D’un côté, Jair Bolsonaro, un ancien
militaire partisan de la manière forte,
mélange de Donald Trump et de Rodrigo
Duterte, le président philippin. De l’autre,
Fernando Haddad, le candidat désigné par
Lula, l’ancien chef de l’Etat incarcéré depuis
six mois pour corruption. « C’est la première
fois que l’on voit ça au Brésil ! explique
l’entrepreneur français, installé dans le pays
depuis plus de vingt ans. Bolsonaro, c’est
vraiment celui qui incarne le parti de la
révolte. C’est ce que l’on a vu un peu partout
avec la montée des populismes. Et au Brésil, il
y a encore plus de raisons d’être en colère
qu’ailleurs ! »
Elu député à sept reprises, Jair Bolsonaro
s’enorgueillit de ne jamais avoir été mis en
cause dans des affaires de corruption, et la
plupart de ses électeurs semblent lui pardonner ses fréquents écarts de langage.
« Avant d’être perçu comme un homophobe,
machiste et raciste, c’est d’abord celui qui est
perçu par ses électeurs comme le seul n’ayant
aucune implication dans tous les scandales
qui ont émaillé la vie politique brésilienne
depuis quinze ans », poursuit le dirigeant
français. Personnage polémique, le candidat de l’extrême droite fut capitaine dans
l’armée. A soixante-trois ans, il est un
ardent défenseur de l’autodéfense et de
l’autorisation du port d’armes au plus grand
nombre pour lutter contre l’insécurité. Il est
parfois accusé d’inciter les enfants à utiliser
des armes. « Les médias le décrivent un peu
comme un petit Hitler. Moi, je le vois plutôt
comme le mec qui vient au bon moment, au
bon endroit », relativise le chef d’entreprise.
Victime d’un attentat en pleine campagne électorale (il a reçu un coup de couteau
dans l’abdomen lors d’un bain de foule il y a
un mois), Jair Bolsonaro a été hospitalisé
Brésil : les milieux
d’affaires séduits
par les sirènes
de l’extrême droite
POLITIQUE // La poussée de l’extrême droite est la grande nouveauté de la
présidentielle brésilienne, dont le premier tour se déroule dimanche.
Farouchement opposés à un retour des partisans de Lula au pouvoir, les
investisseurs penchent plutôt en faveur de Jair Bolsonaro.
pendant trois semaines et n’a plus participé
directement aux débats. Mais son message
pur et dur passe bien sur les réseaux
sociaux auprès d’une partie de l’électorat. Deux sondages, publiés mardi, montrent que Bolsonaro creuse l’écart face au
candidat de gauche. Dans la foulée, la
Bourse a jubilé (+3,8 %) et le dollar a chuté
de 2 % sur le marché des changes.
Capitalisme sauvage
Dans les milieux d’affaires, ce qui plaît surtout, c’est le programme économique du
candidat d’extrême droite. Jair Bolsonaro a
lui-même confessé qu’il ne connaissait rien
en la matière ! Mais c’est le choix de son
conseiller économique, Paulo Guedes, qui
les rassure. Ultralibéral, cet ancien banquier de soixante-neuf ans issu de l’école de
Chicago promet des remèdes chocs (privatisations à tout-va pour faire rentrer quelque 200 milliards d’euros dans les coffres
publics, mise en place d’un budget « base
zéro ») pour redresser les comptes dès
l’année prochaine.
« Il est conscient de la gravité de la crise. Il
faut faire une réforme des retraites, réviser la
fiscalité, réduire l’intervention de l’Etat… Cela
va permettre de préserver la solvabilité du
pays et d’augmenter la productivité, explique
Luiz Fernando Figueiredo, ancien directeur
de la banque centrale. Je ne dis pas que Bolsonaro ne présente pas de risques, mais
ceux-ci sont moins importants [qu’avec son
adversaire Fernando Haddad]. C’est la
vision que partage la majorité des investisseurs », assure celui qui dirige actuellement
le fonds d’investissement Mauá. Toutefois,
le candidat Bolsonaro et son éventuel
super-ministre des Finances ne sont pas
toujours sur la même longueur d’onde. Le
chef de l’extrême droite a même déjà dû
démentir, en pleine campagne et, depuis
son lit d’hôpital, l’idée d’introduire une « flat
tax » de 20 % (impôt à taux unique), chère à
Paulo Guedes. Autre couac : le colistier de
Jair Bolsonaro, le général Mourão, est allé
jusqu’à défendre publiquement l’abolition
du 13e mois, ce qui a donné lieu à un nouveau démenti.
Pour certains, de telles contradictions
sont de mauvais augure. Et le marché ferait
preuve de « complaisance » à l’égard de Jair
Bolsonaro. Luís Eduardo Assis, président
de la société d’assurances Fator, est l’un des
rares à critiquer le « capitalisme sauvage »
défendu par Paulo Guedes. « Il s’agit d’un
programme maximaliste avec des mesures
impraticables. Son programme de privatisations n’est pas politiquement viable », explique cet ancien de Citibank et de HSBC. « Il
s’agirait d’un coup de barre ultralibéral. On
peut douter de sa pertinence dans un pays
comme le Brésil, où l’on a encore besoin de
services publics », ajoute un observateur.
Flash-back : la balle au centre
Au début, pourtant, tout semblait relativement simple aux yeux de la communauté
d’affaires : après s’être époumonés lors des
multiples manifestations contre la corruption au cours des dernières années, les électeurs allaient revenir à la raison et faire
preuve de modération dans les bureaux de
vote. Pourtant, c’est l’inverse qui semble
s’être produit. « L’électeur est en colère. Il
désire un changement profond. Les forces traditionnelles ne le convainquent plus »,
déplore Ingo Plöger, président du Conseil
des entreprises d’Amérique latine (CEAL) à
São Paulo. Ainsi, Geraldo Alckmin, le candidat social-démocrate, peu charismatique et
lui aussi impliqué dans un scandale de corruption, n’a jamais atteint 10 % dans les sondages. « La victoire d’un candidat modéré
n’est plus assurée », constatait déjà le mois
dernier Octavio de Barros, vice-président de
la Chambre de commerce France-Brésil à
São Paulo. Pourtant, les partisans de
Geraldo Alckmin, qui restent nombreux
parmi les investisseurs locaux, espèrent un
revirement de situation dans la dernière
ligne droite de la campagne. « Il est encore
possible qu’Alckmin se qualifie pour le second
Ce qui plaît, c’est le
programme économique
du candidat d’extrême
droite Jair Bolsonaro.
Le candidat de gauche,
Fernando Haddad, ne
séduit guère la planète
business.
tour. Les femmes, notamment, pourraient
faire pencher la balance en sa faveur », espère
Ingo Plöger. L’ancien ministre des Finances
Rubens Ricupero n’y croit pas : « Nous
n’aurons ni un Macron ni même un Macri »,
dit-il en évoquant le président argentin.
Haddad et le sentiment anti-Lula
Quant au candidat de gauche, Fernando
Haddad, il était largement inconnu du
grand public avant d’avoir été adoubé par
Lula. Ancien ministre de l’Education et
ancien maire de São Paulo, âgé de cinquante-cinq ans, il devrait bénéficier d’un bon
report de voix de la part des électeurs de
l’ancien président. Mais il ne séduit guère la
planète business. Les chefs d’entreprise
voient d’un très mauvais œil la promesse du
candidat du Parti des travailleurs de révoquer la loi du travail mise en œuvre par le
gouvernement sortant. « Il s’agit d’une loi
qui a permis des gains de productivité immédiats », estime Sandrine Ferdane, présidente de la filiale locale de BNP Paribas.
En matière budgétaire, la gauche se
déclare hostile au gel des dépenses publiques et entretient le flou en ce qui concerne
la réforme des retraites, considérée indispensable par les investisseurs. « Haddad
n’est pas convaincant sur le plan économique, assure Frédéric Dyèvre, un ancien
cadre d’Alstom installé au Brésil depuis
quinze ans. S’il gagne, cela va être un drame
pour le pays. » Beaucoup sont également
convaincus que, une fois élu, Fernando
Haddad accorderait une grâce à Lula ou
que ses partisans exerceraient des pressions sur la Cour suprême afin que l’ancien
président recouvre la liberté.
Pas de « bon choix »
Après le grand déballage de la corruption, le
sentiment anti-Lula fait toujours rage dans
les milieux d’affaires. « Il faut absolument
éviter le retour de Lula » : tel est le leitmotiv
que l’on entend beaucoup sur la traditionnelle avenue Paulista et sur l’avenue Faria
Lima, le Wall Street local. La situation, soulignent les décideurs, est totalement différente d’il y a quinze ans, lorsque Lula avait
choisi d’appliquer une politique économique modérée en arrivant au pouvoir.
« Aujourd’hui, le PT est plein de rancœur,
avec un courant qui a soif de vengeance »,
explique Luís Eduardo Assis, qui fut également directeur de la banque centrale.
« Tout cela est très mal parti, se lamente
Frédéric Dyèvre. Les deux scénarios les plus
vraisemblables pour le second tour sont catastrophiques. Si Haddad est élu, ce sera un grand
pas en arrière. Et si c’est Bolsonaro, ce serait un
saut dans l’inconnu… Il est capable de mettre le
pays à feu et à sang. » La poussée inédite de
l’extrême droite depuis que les militaires
sont rentrés dans leurs casernes en 1985
(après plus de vingt ans de dictature) serait
« le symptôme d’une société en déliquescence », selon un observateur. Trop de corruption, trop d’insécurité, pas assez d’éducation ni d’hôpitaux. Les lendemains
d’élections ne s’annoncent pas faciles pour
un Brésil qui vit depuis des mois sur des charbons ardents. « Il faudra trouver les mots pour
rassurer la société et faire sauter les clivages
dans le pays. Le Brésil ne peut pas se permettre
de rester dans cette polarisation », estime un
diplomate. « C’est un scénario sombre, très
sombre, affirme Rubens Ricupero. Avec une
telle radicalisation, la crise risque fort de
s’aggraver… », ajoute-t-il. Et le climat économique pourrait également en pâtir. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Jeudi 4 octobre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
CRIMINALITÉ LE BRAQUEUR
REDOINE FAÏD UTILISAIT UNE
BURQA POUR SE CACHER
ÉTATS-UNIS QUATRE AMÉRICAINS
SUR DIX OPPOSÉS À LA
NOMINATION DE KAVANAUGH
Le braqueur Redoine Faïd, interpellé
mercredi dans l’Oise, après trois mois
de cavale, utilisait une burqa pour se
déplacer sans être reconnu. Il y a
quelques jours, les enquêteurs
avaient identifié une jeune femme
qui « prenait à bord de son véhicule
une personne vêtue d’une burqa dont
l’allure laissait supposer qu’il pouvait
s’agir d’un homme », a indiqué le procureur de Paris, François Molins.
Le rejet de la nomination de Brett
Kavanaugh à la Cour suprême a progressé dans l’opinion publique américaine depuis la double audition du
juge fédéral et de son accusatrice,
selon un sondage Reuters-Ipsos
publié mercredi. Ils sont désormais
41 % (37 % jusque-là) à se dire opposés à son arrivée à la Cour suprême
contre 33 % (30 %) en faveur du juge
Kavanaugh, les 26 % restants se
déclarant sans opinion.
JUSTICE L’ÉTAT CONDAMNÉ
POUR LES CONDITIONS INDIGNES
DES CAMPS DE HARKIS
Jamal Khashoggi, porté disparu
depuis mardi, est un journaliste
saoudien de renom, connu pour son
franc-parler, qui s’est exilé aux EtatsUnis en 2017 après être tombé en disgrâce à la cour du prince héritier.
Jamal Khashoggi (60 ans), notamment rédacteur d’articles d’opinion
pour le « Washington Post », est
retenu depuis vingt quatre heures au
consulat saoudien à Istanbul. Il a
récemment critiqué la politique
saoudienne au Yémen.
RUSSIE SKRIPAL, UN « SALAUD »,
« UN TRAÎTRE »
Le pape François a inauguré, mercredi au Vatican la 15e Assemblée du synode des évêques, consacrée à la jeunesse,
dans le contexte pesant des nombreux scandales d’abus sexuels sur mineurs qui ébranlent l’Eglise catholique
et à un moment où un rapprochement entre le Vatican et Pékin est en cours.
MIGRANTS APPEL À UNE
« VAGUE ORANGE CITOYENNE »
POUR SOUTENIR L’« AQUARIUS »
L’ONG SOS Méditerranée a appelé
mercredi les citoyens à former une
« vague orange » lors d’une journée de
soutien samedi en France et en Europe
à l’« Aquarius », son bateau de secours
aux migrants en mer, attendu ce jeudi
à Marseille mais menacé de rester à
quai faute de pavillon. Depuis quatre
ans, 15.000 personnes sont mortes
noyées en Méditerranée en tentant la
traversée.
VIOLENCE PARIS VEUT ENRAYER
LE PHÉNOMÈNE DES RIXES
Anne Hidalgo, le procureur de la
République, le préfet de police et le
recteur d’académie de Paris ont lancé
mercredi des états généraux sur le
phénomène des rixes entre bandes de
jeunes, qui augmente à un rythme
préoccupant dans la capitale. Ces institutions veulent associer les
familles, les associations et les services sociaux pour présenter début
2019 une « stratégie de prévention ».
Photo : Tiziana Fabi/AFP
Yuri Kadobnov/AFP
GIFLE L’AGRESSEUR DE
MARIE LAGUERRE BIENTÔT
FIXÉ SUR SON SORT
Les images d’un homme qui avait
giflé une jeune femme en pleine rue à
Paris avaient fait le tour du monde au
cœur de l’été, suscitant l’indignation :
l’auteur présumé de l’agression
envers Marie Laguerre doit être jugé
ce jeudi devant le tribunal correctionnel. Le prévenu a déjà été condamné
huit fois par la justice.
Au Vatican, ouverture d’un synode sur la jeunesse
ARABIE SAOUDITE JOURNALISTE
RETENU DANS UN CONSULAT
Lionel Bonaventure/AFP
Le Conseil d’Etat a jugé mercredi que
les conditions de vie des harkis dans
les camps où ils ont été accueillis en
France après l’indépendance de
l’Algérie étaient « indignes » et engageaient la responsabilité de l’Etat
français. Il statuait sur la demande de
réparation d’un fils d’ancien supplétif
de l’armée française, qui est né et a
vécu dans des camps dits « de transit
et de reclassement ». L’Etat à été
condamné à lui verser 15.000 euros.
LA PHOTO DU JOUR
Le président Vladimir Poutine a qualifié mercredi de « salaud » et « traître
à la patrie » l’ex-agent double russe
Sergueï Skripal empoisonné en mars,
affirmant que celui-ci avait continué
de collaborer avec les services secrets
occidentaux. « Ce Skripal n’est qu’un
traître. Il a été pris et puni, il a passé
cinq ans en prison. Nous l’avons libéré,
il est parti et continuait de collaborer et
de conseiller les services secrets », a
déclaré Vladimir Poutine.
VIETNAM LE CHEF DU PARTI
DÉSIGNÉ NOUVEAU PRÉSIDENT
Le secrétaire général du Parti communiste vietnamien Nguyen Phu
Trong a été désigné mercredi seul
candidat pour le poste de chef de
l’Etat et devrait ainsi devenir le premier à cumuler ces deux fonctions
depuis Ho Chi Minh, le père de l’indépendance du Vietnam. Nguyen Phu
Trong, 74 ans, est un conservateur.
INDE NEW DELHI VA EXPULSER
SEPT ROHINGYAS
La police indienne a annoncé mercredi que sept Rohingyas détenus
depuis 2012 dans le Nord-Est de l’Inde
seraient expulsés ce jeudi vers la Birmanie, pays où cette minorité musulmane a souffert d’une répression
qualifiée de « nettoyage ethnique » et
de « génocide » par l’ONU. « Les sept
Birmans seront expulsés demain », a
déclaré la police de l’Etat de Manipur.
ON EN PARLE À PÉKIN
Le mystère Fan Bingbing se termine
sur un redressement fiscal record
La star chinoise est condamnée à plus de 110 millions d’euros d’amende.
L’ardoise est lourde mais
l’actrice échappe à des poursuites pénales si elle règle la note
dans le délai imparti.
Mise en cause dans le cadre
une vaste enquête sur les pratiques d’évasion fiscale dans
l’industrie cinématographique,
l’actrice de trente-sept ans était
complètement sortie des écrans
radars depuis le début de l’été,
n’effectuant aucune apparition
publique et n’envoyant aucun
message sur les réseaux
sociaux, suscitant de vives spéculations sur son sort.
Après avoir été placée « sous
contrôle » le temps de l’enquête,
Fan Bingbing a pu quitter sa
résidence surveillée il y a deux
semaines, selon le quotidien de
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
C
’est sans doute l’épilogue d’un mauvais film
pour la comédienne
Fa n B i n g b i n g . L a s t a r d e
cinéma, totalement invisible
durant ces trois mois, a été condamnée par le fisc chinois
à payer un total de 883 millions
de yuans (111 millions d’euros)
en impôts, amendes et pénalités. Le fisc a déterminé que Fan
Bingbing et les entreprises
qu’elle contrôle n’avaient pas
réglé des dizaines de millions
de dollars d’impôts, rapportait
mercredi l’agence de presse
officielle Chine nouvelle.
Hong Kong « South China Morning Post ». L’immense star,
comptant plus de 62 millions de
followers sur Weibo (le « Twitter » chinois), est sortie mercredi de son silence pour reconnaître ses torts et présenter ses
excuses à ses fans et au Parti
communiste. « Sans les bonnes
politiques du Parti et du pays,
sans l’attention pleine d’amour
des masses, il n’y aurait pas de
Fan Bingbing », a-t-elle écrit sur
son compte Weibo.
Double contrat
Comptant parmi les actrices les
plus célèbres et les mieux
payées de Chine, Fan Bingbing
s’est notamment fait connaître
à l’étranger par des rôles dans
les films américains « X-Men »
et « Iron Man ». Ses ennuis ont
débuté en mai, lorsqu’un exprésentateur de la télévision
publique a publié sur Internet
ce qu’il présentait comme des
contrats de l’actrice. Selon ces
documents, elle aurait été officiellement payée 10 millions de
yuans (1,3 million d’euros) pour
quatre jours de travail, mais
aurait en réalité touché 50 millions de yuans supplémentaires. L’affaire a mis au jour un
système supposé de « doubles
contrats » : l’un destiné à être
présenté au fisc, l’autre indiquant un montant bien plus
élevé mais gardé secret. L’objectif étant d’éviter une imposition
trop lourde. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
L’enseigne Chaussexpo
ferme 35 magasins
mappy
Jeudi 4 octobre 2018
www.lesechos.fr
En redressement
judiciaire,
la chaîne
entame demain
les négociations
avec les
syndicats. // P. 27
DEVISES EUR/GBP 0,887 EUR/JPY 1,3164 EUR/CHF 1,1402 GBP/USD 1,2992 USD/JPY 1,1426 USD/CHF 0,9895 TAUX EONIA -0,363 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,318 OAT 10 ANS 0,7273 T-BONDS 10 ANS 3,0801
INDUSTRIE & SERVICES
CASINO
Shutterstock
DERNIÈRE HEURE
Jean-Charles Naouri, PDG
du groupe, contre-attaque. // P. 16
La Maison-Blanche n’a pas enrichi
Donald Trump
INTERVIEW
Guillaume Pepy, président
du directoire de la SNCF. // P. 17
Enrique Moreira
@EnriqueMoreira
— Avec agences
ÉNERGIE
Les scénarios sur la table pour
fermer des réacteurs nucléaires.
// P. 18
AUTOMOBILE
Pollution : le Parlement européen
sur une ligne dure. // P. 19
BOISSON
Les producteurs de café ne profitent
pas du boom du marché. // P. 20
AÉRIEN
Nouvelle restructuration
chez Hop ! .// P. 21
HIGH-TECH & MÉDIAS
INTERVIEW
Jean-Paul Philippot, administrateur
général de la RTBF. // P. 22
TÉLÉCOMS
5G : les folles enchères en Italie
rapportent 6,5 milliards d’euros.
Trump en 2004, lors d’une séance de dédicaces pour la sortie de son livre « Comment devenir riche ». Photo Getty Images/AFP
// P. 23
Selon le dernier classement
du magazine « Forbes »,
la fortune du président
américain n’a pas progressé
depuis son élection.
START-UP
INCUBATEUR
Paris Dauphine
L’université Paris Dauphine couve
ses quatre prochaines pépites.
// P. 25
PME & RÉGIONS
INDUSTRIE
Créations d’usines :
la reconquête s’essouffle. // P. 26
FINANCE & MARCHÉS
BOURSE
Wall Street traverse le plus long
marché haussier de son histoire.
// P. 28
BANQUE
Brexit : les banques se préparent
au scénario du pire.
// P. 29 ET L’ÉDITORIAL DE
JACQUES HUBERT-RODIER P. 9
ASSURANCE
AXA et les Hauts-de-France avancent dans la télémédecine. // P. 30
SALLES DE MARCHÉS
Refinitiv affiche ses ambitions dans
les terminaux financiers.// P. 31
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 34
sur
Dans
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13h et 17h30
Du lunDi au venDreDi
Honda s’allie
à GM dans
la voiture
autonome
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
La présidence n’a pas enrichi Donald Trump,
mais elle ne l’a pas non plus appauvri. Selon
le dernier classement du magazine « Forbes » qui paraît ce jeudi, le milliardaire américain a reculé de 11 places dans la liste des
Américains les plus riches pour tomber au
259e rang, mais son patrimoine a cessé de se
dévaloriser. Estimée à 4,5 milliards de dollars par le magazine en 2015, sa fortune est
tombée à 3,1 milliards après sa victoire et n’a
pas évolué depuis.
Dans une économie en pleine expansion,
ses actifs, essentiellement dans l’immobilier,
se sont de fait dépréciés pour plusieurs raisons. Propriétaire de nombreux bâtiments
dans l’immobilier commercial, Trump a vu
sa fortune fondre de plus de 100 millions de
dollars sous l’effet de la concurrence de
l’e-commerce, a calculé « Forbes ». Mais ses
biens souffrent surtout du changement de
l’image de sa marque, longtemps synonyme
de luxe américain mais désormais très clivante. Du fait de sa notoriété, son patrimoine
fait aussi aujourd’hui l’objet d’enquêtes plus
approfondies que par le passé, qui ont
amené à des réajustements, révélant par
exemple qu’il avait menti sur la taille de son
« penthouse » new-yorkais.
Une marque clivante
La marque Trump pèse ainsi sur la valeur de
ses immeubles de Chicago et New York, qui
ont perdu 50 millions de dollars depuis sa
victoire, a chiffré le magazine. Certains
hôtels sous licence ont retiré le nom Trump
qu’ils affichaient fièrement avant 2016,
comme à Toronto, Panama ou à Soho, à New
York. Même la valeur des licences sur les
produits dérivés a fondu, passant de 23 millions en 2015 à 3 millions aujourd’hui.
Selon le « Washington Post », des 19 entreprises partenaires qui exploitaient la marque Trump pour fabriquer des parfums, des
cravates et même des tests urinaires, seules
deux sont encore en affaires avec lui – l’une
au Panama, l’autre en Turquie. Quant aux
revenus dans ses golfs aux Etats-Unis, ils ont
reculé de 9 % l’an dernier, les membres des
clubs étant las des multiples contrôles de
sécurité qui leur sont imposés.
Les deux fils de Trump ont tenté de capitaliser sur la nouvelle popularité de leur
nom auprès des classes moyennes américaines en lançant une gamme d’hôtels
dédiés, mais ceux-ci n’ont généré que
27.000 dollars de revenus, avec à ce jour quatre hôtels sous licence dans le Mississippi.
Tous ses actifs ne souffrent toutefois pas
autant. Ainsi l’hôtel Trump de Washington, inauguré deux mois avant sa victoire,
est devenu le point de ralliement des organisations conservatrices et des délégations
étrangères en visite à la Maison-Blanche. Il
rapporte, selon « Forbes », « beaucoup plus
que prévu ». Son Club de Mar-a-Lago, en
Floride, qu’il utilise comme une « MaisonBlanche d’hiver », est, quant à lui, submergé de demandes d’adhésions – dont le
prix a doublé à 200.000 dollars depuis 2016.
« Forbes » estime la valeur de cette propriété à 160 millions de dollars, soit 10 millions de plus qu’avant l’élection. Les biens
personnels du président se sont aussi valorisés, comme son « penthouse » new-yorkais ou son avion.
Mais paradoxalement, en conservant
son empire, Trump s’est peut-être tiré une
balle dans le pied. Le magazine a calculé
que s’il avait tout vendu pour investir en
Bourse, son patrimoine aurait gonflé de
500 millions de dollars. n
La filière mode mise en colère par Bercy
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Alors que vient de s’achever la Fashion
Week de Paris, la grogne est manifeste dans
la filière mode. Le projet de budget de l’Etat
menace les ressources dont disposent les
fédérations professionnelles du prêt-à-porter, de la chaussure, de la maroquinerie et
même de la bijouterie-joaillerie, alertent les
professionnels.
Aujourd’hui, leur financement repose sur
un prélèvement sur le chiffre d’affaires des
entreprises de ces secteurs, et pour l’habillement, sur des taxes douanières sur les importations. Les montants versés aux fédérations
sont déjà plafonnés, mais Bercy a décidé de
réduire ce niveau.« C’est l’incompréhension. Il
y a un an, on nous promettait des avantages fiscaux. En mars, Emmanuel Macron soulignait
le rôle des créateurs, et aujourd’hui, l’administration fiscale réduit nos ressources. Cela
revient à taxer la créativité », s’insurge PierreFrançois Le Louët, le président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin. Un
mauvais coup, alors que Paris fait face à la
concurrence de Londres, Milan et New York.
Aider les PME
Les moyens de la filière mode seraient
réduits de plus de 2,5 millions d’euros. Mais
pour l’habillement, cela reviendrait à une
coupe de 7 % du budget (10 millions) du
DEFI, le Comité Professionnel de Développement de l’Habillement. « Et 2 millions
pour l’année suivante », relève le président,
qui avec six autres responsables vient de
signer une tribune dans « L’Opinion ».
Financement de navettes pendant la
Fashion Week, aides aux jeunes créateurs,
études de marché. Ces actions multiples
soutiennent 550 entreprises.
Pour la chaussure et la maroquinerie, la
ponction va porter sur 6,5 % des revenus. Le
reste se partage entre les fédérations, là
encore pour des opérations à l’international et des promotions. « Notre nouvelle priorité c’est le digital, souligne Claude Eric
Paquin, à la fois pour aider nos PME qui sont
démunies face à ce défi, et rendre visible les
jeunes marques ». La profession, qui a subi
de plein fouet les délocalisations, veut préserver ses emplois (35.000, dont 5.000 en
production). Chez Comité France Eclat qui
regroupe la bijouterie, l’horlogerie et les
arts de la table, c’est 1 million d’euros qui va
manquer sur un budget de 13,5 millions.
La filière entend se mobiliser. Un rendezvous est prévu le 15 octobre, au Sénat, à
l’occasion du Forum de la mode. n
Nouvelle alliance dans la course à la
voiture autonome. Honda Motor a
annoncé, ce mercredi, son intention
d’unir ses forces à celles de General
Motors pour développer et produire
des véhicules autonomes à grande
échelle.
Le constructeur japonais a pris une
participation de 5,7 % dans Cruise, la
division voiture autonome du géant
américain, pour 750 millions de dollars (650 millions d’euros) et il n’investira pas moins de 2 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) sur douze
ans dans l’activité. Soit un engagement total de 2,75 milliards de dollars.
Le conglomérat japonais SoftBank
avait déjà annoncé, en mai, qu’il investirait 2,25 milliards de dollars dans
GM Cruise. Selon un communiqué de
presse commun, les investissements
annoncés ce mercredi valorisent
désormais la division 14,6 milliards de
dollars.
Un leader technologique
Les voitures autonomes développées,
précise le groupe nippon, « seront produites à grande échelle ». « De plus,
Cruise, General Motors et Honda exploreront les opportunités mondiales de
déploiement commercial du réseau de
Cruise. »
« Ensemble,
nous pouvons donner
à Cruise
une dimension
mondiale. »
MARY BARRA
PDG de GM
Avec Waymo, filiale d’Alphabet, la
division de General Motors est considérée comme en pointe dans le segm e n t d e s vo i t u r e s a u t o n o m e s .
« Ensemble, nous pouvons donner à
Cruise le meilleur design au monde,
l’expertise en ingénierie et en fabrication, ainsi qu’une dimension mondiale
pour en faire le leader dans cette technologie, pendant que Honda poursuit le
déploiement de voitures sans conducteur à grande échelle », estime la PDG
de GM, Mary Barra.
Course aux alliances
Car si, pour le moment, les voitures
autonomes n’arpentent les rues qu’à
titre expérimental, la course aux
alliances pour les développer est déjà
lancée depuis plusieurs mois. En
août 2017, Fiat Chrysler a rejoint
l’alliance entre BMW, Intel et Mobileye. De son côté, Daimler s’est associé
avec Bosch, et Renault-Nissan avec
Transdev.
Ford, Toyota et PSA se sont quant à
eux associés pour développer du
« software ». Un domaine dans lequel
les firmes de la Silicon Valley (Google
et Apple en tête) sont également très
présentes. Avec tous le même objectif : être le premier à déployer une
flotte de voitures autonomes. Les plus
ambitieux tablant sur 2021. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Casino : Jean-Charles Naouri
contre-attaque
l Le PDG du groupe de distribution dénonce le comportement
des « hedge funds » qui spéculent contre son titre.
l Il se dit ouvert à la simplification de sa cascade de holdings.
Charles Platiau/AFP
à suivre
Le Sénat décide d’enquêter sur l’état
des 200.000 ponts français
INFRASTRUCTURES Un mois et demi après l’effondrement du
pont Morandi à Gênes, qui a fait 43 morts, le Sénat a conféré
mercredi à sa commission de l’Aménagement du territoire les
prérogatives d’une commission d’enquête, pour une durée de
six mois, afin de faire le point sur la sécurité de ces infrastructures en France. La mission devra évaluer la capacité technique et
financière des collectivités territoriales, qui ont la charge de
80% des 200.000 ponts du pays, à assurer leur entretien.
Tesco chute lourdement en Bourse
à la publication de ses semestriels
Pour Jean-Charles Naouri, le groupe Casino est sur la voie du désendettement. Photo Eric Piermont/AFP
DISTRIBUTION L’action Tesco a dévissé mercredi à la Bourse de
DISTRIBUTION
Londres, cédant près de 9 % à la clôture, après la publication des
résultats semestriels du premier distributeur britannique. Le
chiffre d’affaires du groupe a certes progressé de 11,8 %, à 31,7 milliards de livres (35,64 milliards d’euros), profitant surtout des
perfomances de Booker, le principal grossiste du pays racheté par
Tesco. Mais la déception est venue de la marge opérationnelle, en
hausse de 2,94 %, pas assez au goût des investisseurs.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
et Lucas Mediavilla
@Lucas_Medv
C’est « battling Naouri ». Le PDG du
groupe Casino sort enfin de sa
réserve. Après une rentrée agitée,
Jean-Charles Naouri a décidé de
prendre la parole. Et il a choisi le
quotidien anglo-saxon des affaires,
le « Financial Times », pour faire
passer ses messages. Aux manettes
du groupe depuis 2005, le dirigeant
riposte aux différentes attaques
qui ont touché son entreprise,
comme la spéculation à la baisse
sur le titre, mais aussi les critiques
sur son plan de désendettement
et de cession d’actifs, ou encore
les rapprochements évoqués ces
dernières semaines.
« Nous avons “18 hedge funds” qui
nous “shortent”, ce qui fait probable-
Sport 2000 : le conflit continue entre
les coopérateurs et les actionnaires
DISTRIBUTION Pas encore de sortie de crise chez Sport 2000. Le
conseil de Sport 2000 France, dont le fonds Activa détient la
majorité des sièges, n’a pas pu statuer sur l’offre de rachat des
parts d’Activa par les membres de la coopérative associée, adoptée la semaine passée en assemblée générale. Le document n’a
pas été présenté en bonne et due forme, dit Activa. Par ailleurs,
le fonds a, lui, été assigné en justice par le président de la coopérative au sujet de la gouvernance de Sport 2000 France.
DÉFENSE Airbus Defense a fait
Plus d’informations sur
lesechos.fr
Entré en
Bourse mitigée
pour Aston
Martin
AUTOMOBILE Le constructeur
auto britannique Aston Martin,
entré en Bourse mercredi pour
une valorisation de 4,3 milliards
de livres (4,9 milliards d’euros), a
rapidement calé dans les échanges. A 17 h 30, le titre enregistrait
une baisse de 4,95 %, à 18,06 livres,
après avoir cédé jusqu’à 6,5 % en
séance. Plusieurs analystes soulignaient que le prix d’introduction
(19 livres) avait pu être jugé trop
élevé, vu les performances financières du groupe, dont le redressement doit encore se confirmer.
sur
DANS « C’EST MON ARGENT »
À 5h53 et 11h23 le venDreDi
« Nous avons
“18 hedge funds”
qui nous “shortent”,
ce qui fait
probablement
de nous la société
cotée la plus
“shortée” d’Europe. »
JEAN-CHARLES NAOURI
PDG de Casino
D’autres cessions
Selon Jean-Charles Naouri, le
groupe est pourtant sur la voie du
désendettement. Lundi, le groupe
annonçait la cession des murs de
55 Monoprix, qui doit lui permettre
de récupérer 565 millions d’euros.
Une somme à laquelle il faut ajouter
les 213 millions obtenus avec la cession de la foncière Mercialys.
« Nous avons déjà atteint la moitié de
l’objectif », qui prévoit 1,5 milliard
d’euros de désendettement.
conseil de Casino a exprimé un net
refus de toute approche.
Le dirigeant de soixante-neuf ans
répond également à ce que certains
analystes et investisseurs considèrent comme des points de faiblesse
de son empire. D’abord, la cascade
de holdings qui contrôlent Casino,
chacun endetté, notamment Rallye. Une structure jugée complexe.
« Nous pouvons aisément fusionner
les différentes structures. Ce n’est pas
un problème », assure-t-il.
Succession en interne
D’autres actifs seront cédés. Ils
seront non stratégiques, martèle le
PDG, et n’incluront pas « les joyaux
de la couronne » que sont Monoprix
et Franprix. Jean-Charles Naouri
affirme aussi qu’aucune vente à
Amazon, pas plus qu’un rapprochement avec Carrefour, n’est « sur la
table ». S’agissant de Carrefour, le
Autre inquiétude des commentateurs : sa succession. Aucun des
enfants de Jean-Charles Naouri ne
travaille dans le groupe. Et le PDG
approche des 70 ans. « Aujourd’hui,
il est important que je sois aux commandes », estime-t-il. « La succession se fera en interne », ajoute-t-il
aussitôt, pointant vers les dirigeants
de Monoprix et de Franprix, c’est-àdire Régis Schultz et Jean-Paul
Mochet. Un discours très calibré. n
Le 4 Casino, nouveau laboratoire du groupe
Airbus
voler pour la première fois, en
Allemagne, au-dessus de la mer
Baltique, une escadrille de cinq
drones associés à un avion, qui
préfigurent le système de combat
aérien du futur. C’est un premier
pas sur le long chemin du futur
système de combat aérien européen, dont le développement a été
confié à Airbus et Dassault par la
France et l’Allemagne, pour une
entrée en service vers 2035.
Shutterstock
Airbus esquisse
le futur système
de combat
aérien
ment de nous la société cotée la plus
“shortée” d’Europe […]. Certains
fonds n’ont que six mois d’ancienneté. Certains n’ont qu’une position à
la vente, nous. L’un d’eux n’a que cinq
salariés… ils font ça à leurs risques et
périls », proteste-t-il.
Des attaques boursières, menées
en premier lieu par le fonds activiste Muddy Waters de Carson
Block, auxquelles s’ajoutent une
série d’analyses financières négatives de la part d’agences de notation.
Un magasin expérimental
a ouvert près des ChampsElysées. Il mêle épicerie
fine, restaurant, show-room
et écrans digitaux.
Casino poursuit ses expériences.
Le groupe de distribution a ouvert
en juin deux Drugstore Parisien.
Un concept de magasin urbain
dédié à la beauté et au bien-être
qu’il a développé avec L’Oréal. Il a
inauguré mardi Le 4 Casino, un
magasin-lieu de vie très digital et
avec des services inédits.
Le point de vente se tient sur les
Champs-Elysées, au 4 avenue
Franklin-Roosevelt (d’où son
nom). Il multiplie les innovations
sur trois niveaux et fait la part belle
aux écrans, à commencer par la
vitrine « à réalité augmentée ». A
l’intérieur, le chaland trouve un
bar à croque-monsieur, une épicerie fine, un espace de co-working,
au sous-sol, une cave à vins avec un
caviste pour le conseil, et au premier, un show-room qui expose les
meilleures ventes de Cdiscount, le
site d’e-commerce du groupe.
De grands panneaux tactiles,
véritable mur digital, permettent
de commander les plus de
5.000 références de Mescoursescasino.fr. Dans la cave, un écran
téléphone, on obtient un code qui
permet l’entrée la nuit, on scanne
les produits et on paie en ligne.
« Nous avons eu à cœur d’inventer
un lieu où faire les courses devient
une expérience facile et ludique,
dans lequel on peut tester, se projeter
avant d’acheter, goûter, déguster
et même manger sur place, et ce
à toute heure », explique Tina
Schuler, directrice générale des
supermarchés, des Géant et des
Leader Price chez Casino.
Montée en gamme
de Franprix
Situé au 4 avenue Franklin-Roosevelt, à Paris, le nouveau concept
de magasin sera ouvert 24 heures sur 24. Photo François Daburon
fournit l’accès aux notes données
par les acheteurs aux vins et spiritueux. « Les innovations réunies
dans ce lieu ont été déployées grâce à
la collaboration d’une quinzaine de
partenaires du secteur », indique le
groupe. Le magasin est exploité
par Prodistribution, le plus gros
franchisé du groupe Casino, dirigé
par Moez Alexandre Zouari.
L’autre originalité du point de
vente est son amplitude d’ouverture : 24 heures sur 24. Casino teste
déjà cette pratique dans quelques
Franprix tout juste gardés par
des vigiles, notamment aux Halles,
au cœur de Paris.
Dernière innovation : l’absence
de caissière, comme chez Amazon
Go, testé outre-Atlantique. Dans
Le 4 Casino, tout est géré par
l’application. On la charge sur son
Les Drugstore Parisien lancés en
juin, à Paris, dans le quartier du
boulevard Haussmann et derrière
Le Bon Marché, rive gauche, sont,
eux, centrés sur la beauté et le bienêtre qui regroupent les deux tiers
d ’u n a s s o r t i m e n t d ’e nv i r o n
5.000 produits. Le solde se répartit
entre la petite restauration (un
meuble réfrigéré plein de sandwichs, de salades et de boissons
fraîches), des cadeaux et des gadgets. Le groupe Casino a également
beaucoup innové avec son enseigne Franprix. Sous la direction
de Jean-Paul Mochet, le réseau
est monté en gamme et a largement étendu la place dédiée à la
restauration. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
INTERVIEW // GUILLAUME PEPY Président du directoire de la SNCF
SNCF : « Des dispositions du statut vont bouger »
l Le patron du groupe public dévoile les contours de la « nouvelle SNCF », suite à la réforme ferroviaire.
l Il annonce, dans le cadre du futur contrat social, que des efforts seront demandés aux salariés sous statut.
Propos recueillis par
David Barroux,
Elsa Dicharry,
Lionel Steinmann
et François Vidal
Qui seront vos futurs
concurrents ?
Certains sont attendus, comme
Transdev, RATP, Trenitalia ou
Deutsche Bahn, les « collègues »
du secteur. Mais de nouveaux
acteurs vont apparaître dans la
chaîne de valeur, notamment des
plates-formes, comme Flixbus, qui
est déjà devenu en Allemagne Flixtrain. Dans un marché qui s’ouvre,
les frontières bougent : Engie est
notre fournisseur d’énergie, mais
le groupe est aussi intégrateur de
solutions système dans un appel
d’offres à Toronto, en concurrence
avec notre consortium ! Nous
devons nous préparer à ce nouveau monde.
Pour cela, il vous faut
améliorer votre productivité…
C’est un chantier majeur pour
l’ensemble du group e : nous
devons réduire tous les coûts du
ferroviaire. Dans les quatre ans qui
viennent, nous devons réduire des
deux tiers l’écart qui nous sépare
de nos futurs concurrents. Nous
continuerons à gagner en efficacité industrielle, grâce au numérique. Nous avons par exemple présenté un prototype de train fret
digital, qui affiche 30 % de gain de
productivité sur tous les processus
de production, alors que les progrès étaient marginaux depuis cinquante ans. Mais les gains de productivité passeront également par
« Nous avons présenté
un prototype de train
fret digital, qui affiche
30 % de gain
de productivité
sur tous les processus
de production. »
la construction d’un nouveau
pacte social, la remise à plat de
l’organisation du travail au niveau
local, une polyvalence accrue…
Au total, les gains de productivité
doivent passer de 2,2 % par an en
moyenne à près de 3 %.
Après la grève historiquement
longue du printemps dernier,
les salariés sont-ils prêts
à vous suivre ?
Ils veulent aller de l’avant. Nombre
d’entre eux conservent une opinion négative de la réforme, mais
maintenant, un nouveau chapitre
Gilles Rolle/RÉA
Où en êtes-vous dans la mise
en pratique de la réforme
ferroviaire votée
au printemps ?
Nous faisons feu de tout bois. Au
1er janvier 2020, il faut un nouveau
groupe, largement transformé et
prêt à fonctionner. Pour la SNCF, ce
sera une seconde naissance, comparable à la création de l‘entreprise
en 1937. Cela réussira grâce à la
mobilisation du management et
des salariés. Nous le faisons en
approfondissant la stratégie
actuelle, et avec une double obsession. D’abord, délivrer la promesse
faite aux clients pendant la
réforme : plus de trains, et des
transports de meilleure qualité.
Avec un focus particulier sur nos
fondamentaux, que sont la sécurité, la régularité et l’information
voyageurs. Dans le même temps, il
faut être prêt à affronter la concurrence. Dans quinze mois, les premières décisions d’appels d’offres
vont tomber. Il faut absolument
accélérer notre préparation,
même si beaucoup a déjà été fait.
Guillaume Pepy : « Dans quinze mois, les premières décisions d’appels
d’offres vont tomber. Il faut accélérer notre préparation à la concurrence. »
s’ouvre. Les cheminots veulent des
réponses sur leur avenir. Sur ce
point, le sujet des compétences est
crucial : d’ici à 2026, de 10 à 15 %
des 140.000 postes actuels vont disparaître du fait de la digitalisation.
« Il ne peut y avoir
de SNCF à deux
vitesses, avec les
statutaires d’un côté,
et les nouveaux
salariés, de l’autre. »
D’autres vont naître de la croissance du trafic et des innovations
industrielles. Et 35 % des postes
vont voir leur contenu changer
radicalement. Pour une entreprise
industrielle, c’est un choc sans précédent. Les salariés se posent des
questions sur le maintien de leur
employabilité. Nous leur apporterons des réponses précises.
Que prévoyez-vous ?
Nous allons conduire un programme sans précédent de développement des compétences de
près de 1 milliard d’euros. Et nous
allons favoriser la mobilité, géographique et professionnelle, à
l’intérieur mais aussi à l’extérieur
du groupe, pour ceux qui voudront
poursuivre un autre projet.
Par ailleurs, il ne peut y avoir de
SNCF à deux vitesses, avec les statutaires d’un côté, et les nouveaux
salariés, de l’autre. Le nouveau
pacte social concernera donc tous
les cheminots. Il sera différent
d’aujourd’hui, mais pas moins
attractif car, sinon, nous aurions
un problème de fidélisation et les
meilleurs partiraient.
Pour cela, nous allons payer plus
cher les jeunes qui commencent
leur carrière, et des dispositions du
statut vont bouger. L’automaticité
de la progression professionnelle
ne disparaîtra pas, mais elle devra
être renégociée avec les partenai-
res sociaux, afin que les salariés
d’aujourd’hui comme ceux de
demain soient traités avec équité.
Vous allez donc demander
des efforts aux salariés
sous statut ?
Oui, car une entreprise à deux
vitesses, c’est ingérable. Le futur
dispositif sera motivant et attractif
pour tous. Et les garanties fondamentales du statut, sur l’emploi, le
droit syndical ou encore le régime
de retraite, seront préservées,
même si la véritable garantie de
l’emploi des cheminots repose sur
les compétences.
Et côté clients ?
La nouvelle SNCF doit offrir à cha-
« Nous prévoyons
30 % de voyageurs
TER en plus
d’ici à 2025. »
cements de proximité, nous finalisons le lancement de notre assistant personnel de mobilité, qui
sera une application sur smartphone combinant des moyens de
transport différents, sur une logique d’adresse à adresse.
cun la liberté de se déplacer facilement. Notre offre Ouigo, qui met
le TGV à des prix low cost, doit
gagner 13 millions de clients supplémentaires en 2018 et en 2020.
Dans les TER, grâce à des efforts
marketing et à une meilleure segmentation de l’offre, nous avons
déjà réussi à accroître de 5 % le trafic en dix-huit mois, et notre prévision repose sur 30 % de voyageurs
en plus d’ici à 2025. Pour les dépla-
Quand sera-t-il prêt ?
Il y aura fin octobre une première
étape, avec la refonte complète de
l’application SNCF, qui s’est compliquée au fur et à mesure que l’on
augmentait le nombre d’informations à disposition. A partir de
décembre, les voyageurs en Ile-deFrance pourront se servir de leur
smartphone comme titre de transport. Et début 2019, une série de
partenaires VTC ou VLS [vélos en
libre-service, NDLR] vont nous
rejoindre. La possibilité de payer
via l’appli, techniquement plus
complexe, viendra plus tard.
Dans le même temps,
vous explorez la possibilité de
céder tout ou partie du capital
de iDVROOM, Ouicar et LeCab,
vos sociétés dans les nouvelles
mobilités. N’est-ce pas
contradictoire ?
Il y a actuellement des consolidations dans le secteur des nouvelles
mobilités, et nous voulons y particip er. Par ailleurs, proposer
des offres de transport sur notre
assistant, cela ne veut pas dire forcément les fournir toutes nousmêmes. n
« Nous tablons sur une augmentation
de 50 % de la marge opérationnelle »
La nouvelle SNCF sera-t-elle
en meilleure santé financière
que l’actuelle ?
En nous basant sur des hypothèses
prudentes, nous anticipons une
augmentation de 20 % du chiffre
d’affaires en sept ans, et de la
marge opérationnelle de 50 %.
Nous n’allons plus reconstituer de
dette avec un cash-flow opérationnel positif dès 2020. Le tout en
maintenant un niveau très élevé
d’investissements : 57 milliards
d’euros d’ici à 2026. Car si nous
voulons rester leader du marché,
nous devons l’être aussi en termes
d’innovation.
Cela se traduira par des trains
plus « verts », en travaillant sur
l’hybride et l’hydrogène comme
énergie de traction, pour faire disparaître à terme le diesel ferroviaire, mais aussi par un nouvel
effort sur les gares, symbolisé
par le chantier de la gare du Nord.
Un demi-milliard d’euros investi
en quatre ans, nous n’avions
jamais fait ça ! Tout comme nous
n’a v i o n s j a m a i s c o m m a n d é
100 TGV en une seule fois, comme
nous l’avons fait en juillet avec le
TGV du futur. Et dans les transports de la vie quotidienne, le
chantier du RER E, en cours dans
la région parisienne, représente
6 milliards d’investissement.
Un train à 120 km/h toutes les
106 secondes sous Paris, cela ne
s’est, là non plus, jamais fait.
Quels sont vos objectifs
pour la branche
marchandises ?
La réforme ferroviaire lève les handicaps lourds qui pesaient sur le
fret ferroviaire. Tous les acteurs du
secteur sont en train de préparer
des nouveaux projets de développement, nous compris. C’est une
perspective positive qui n’existait
pas auparavant. Avec Geodis, nous
sommes le numéro un français de
la logistique d’ambition internationale, et nous voulons le rester.
Notre marge moyenne est supérieure à celle du secteur, et nous
avons adopté cet été un plan straté-
« Si nous voulons rester
leader du marché, nous
devons l’être aussi en
termes d’innovation. »
gique qui va conforter la rentabil i t é . No u s s o m m e s t o u j o u r s
ouverts à une acquisition, il faut
trouver la bonne. Nous avons les
moyens de la financer : la dette de
SNCF Mobilités, qui représente
3 fois l’Ebitda de l’entreprise, est
stable depuis huit ans.
Quelle sera l’organisation
du futur groupe ?
Le groupe public unifié sera composé de sociétés qui auront chacune leur conseil d’administration. Cela va responsabiliser
l’ensemble des activités. C’est un
choix extrêmement ambitieux
qu’ont fait Edouard Philippe et Elisabeth Borne dans le cadre de la
réforme, et qui consiste à faire de la
SNCF une entreprise à part entière.
La société anonyme de tête sera
dans une logique de holding. Geodis lui sera rattaché, ainsi que le
transport ferroviaire de marchandises. Les gares seront une filiale
de SNCF Réseau. SNCF Mobilités
deviendra « Mobilité voyageurs »,
avec Keolis comme filiale. C’est
un véritable new deal : nous allons
passer du statut d’établissement
placé sous la tutelle de l’Etat à celui
d’une véritable société, pleinement
responsabilisée, 100 % publique.
D. Bx, E. Di., L. S. et F. V.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
Les scénarios sur
la table pour fermer
des réacteurs nucléaires
l La feuille de route énergétique est attendue fin octobre.
l Selon nos informations, EDF vise 7 à 12 fermetures
de 2029 à 2035.
l Pour RTE, six seraient envisageables sur 2024-2028.
ÉNERGIE
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Alors que le gouvernement prévoit
de publier fin octobre la feuille de
route énergétique des dix années à
venir pour réduire de 75 à 50 % la
part du nucléaire dans la production d’électricité – à un nouvel horizon à définir –, les industriels font
encore entendre leur voix. Ce
mardi, le Syndicat des énergies
renouvelables a dit redouter que la
programmation pluriannuelle de
l’énergie (PPE) « soit l’occasion pour
certains de revoir les objectifs d’énergies renouvelables ». Engie redira
aussi ses attentes le 8 octobre.
La trajectoire nucléaire
au centre
Comme en 2016 lors de la publication de la première PPE instaurée
par la loi sur la transition énergétique, l’interrogation centrale reste la
trajectoire de la production
nucléaire. Avant de démissionner
brutalement fin août, l’ex-ministre
de la Transition écologique et soli-
daire, Nicolas Hulot, avait, selon plusieurs sources, demandé courant
juillet au gestionnaire du réseau RTE
son analyse sur le nombre de réacteurs nucléaires pouvant être fermés
d’ici à 2028, sans mettre en danger la
sécurité d’approvisionnement.
Pour limiter le coût
social des arrêts,
le plus probable
est qu’aucune des
dix-neuf centrales
nucléaires ne ferme.
Selon une source au fait du dossier, la filiale indépendante d’EDF
aurait estimé que six fermetures de
réacteurs de 900 mégawatts (MW),
les plus anciens du parc, étaient
envisageables sur la deuxième partie de la PPE, c’est-à-dire la période
2024-2028.
Ce scénario vient percuter celui
d’EDF, qui n’entend pas fermer de
réacteur – hormis les deux de Fessenheim – avant 2029, quand ses premières tranches nucléaires auront cinquante ans. Selon nos informations,
9 & 10 oct. 2018
EDF prévoit ensuite de fermer entre 7
et 12 réacteurs jusqu’en 2035. Contacté, EDF n’a pas souhaité commenter. Selon le calendrier de l’Autorité de
sûreté nucléaire (ASN), 26 réacteurs
(hors Fessenheim) de 900 mégawatts
atteindront cinquante ans d’exploitation entre 2029 et 2035.
Des cinq scénarios présentés
l’automne dernier par RTE, deux
ont été retenus au début de l’année
par le gouvernement et son administration comme base de travail :
Volt et Ampère, qui prévoient respectivement 9 et 16 fermetures de
réacteurs d’ici à 2035, soit ceux prévoyant la pente de réduction de la
part du nucléaire la moins forte.
Mise à l’arrêt définitif
Tous les acteurs ont également travaillé à des critères de fermetures,
et notamment l’IRSN, l’expert technique de l’Autorité de sûreté
nucléaire. Pour limiter le coût
social des arrêts, le plus probable
est qu’aucune des dix-neuf centrales nucléaires ne ferme. Les syndicats redoutent en revanche que les
fermetures se fassent par paires, les
tranches nucléaires partageant des
équipements communs.
LE GRAND
DÉBAT
VIES D'ENTREPRENEURS !
RÉUSSITES, DOUTES, ÉCHECS...
CONFIDENCES
D'ENTREPRENEURS
À SUCCÈS.
HALIODX
Le mois dernier, les syndicats
d’EDF ont examiné, en comité central d’entreprise, le dossier de mise à
l’arrêt définitif de la centrale de Fessenheim. « Le message reste l’arrêt
simultané des deux tranches au dernier trimestre 2019 en lien avec la
mise en service de Flamanville 3 »,
indique un élu. « En cas de glissement du planning, Fessenheim 1 ne
pourrait de toute façon pas être prolongé au-delà de 2019. » Le réacteur
devrait de fait réaliser ses travaux
de quatrième visite décennale, et il
n’a pas construit tous les équipements post-Fukushima requis. n
Fessenheim : un fonds pour
compenser les pertes fiscales
Le projet de loi de finances 2019 prévoit de créer
un fonds de compensation pour amortir la perte de
recettes fiscales des collectivités locales qui verront
une centrale nucléaire ou thermique fermer sur leur
territoire. Le fonds sera financé par la solidarité entre
communes, via un prélèvement de 2 % sur le produit de
l’Ifer (l’impôt sur les entreprises de réseaux). La compensation sera intégrale les trois premières années puis
dégressive les sept années suivantes. Fessenheim devrait
étrenner ce dispositif, mais les quatre centrales à charbon (Le Havre, Cordemais, Saint-Avold et Gardanne),
qui doivent fermer avant fin 2022, sont aussi ciblées.
L’Autorité de sûreté
nucléaire critique
« la défaillance
de la surveillance »
de la part d’EDF.
KAPORAL
TEMPO ONE
Il y a deux ans, le décret de la première PPE avait laissé le sujet
nucléaire largement de côté. Elle
avait seulement indiqué que, sous
l’hypothèse d’un développement
fort des énergies renouvelables, « la
réduction de la production annuelle
d’électricité d’origine nucléaire réalisée en 2023 se situe entre 10 TWh
(térawattheures) et 65 TWh », sans
parler de sites. La production
nucléaire s’est élevée à 379 TWh l’an
dernier, un plus bas depuis vingt
ans. En moyenne, Fessenheim
(Haut-Rhin) a produit 12 TWh par
an ces dernières années.
L’ASN se fait sévère sur
les soudures de l’EPR
MARSEILLE PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR
SP3H
BIOTECH
DENTAL
EDF n’entend pas fermer de réacteur – hormis les deux de Fessenheim (photo) – avant 2029.
Photo Sebastien Bozon / AFP
MERCREDI 10 OCTOBRE 2018
14h00 à 15h30
PALAIS DES CONGRÈS
MARSEILLE CHANOT
Le ciel de Flamanville (Manche)
s’est encore un peu assombri, ce
mercredi, avec la publication d’une
note d’information de l’Autorité de
sûreté nucléaire (ASN) sur les anomalies révélées en février dernier
sur certaines soudures de tuyauteries de l’EPR en construction. La
note vise les soudures dont EDF
envisage le maintien en l’état,
notamment « les huit soudures
situées au niveau de l’enceinte de confinement » du réacteur nucléaire.
« L’ASN considère notamment que
cette option nécessite la réalisation
d’un programme conséquent d’essais
visant à mieux caractériser les propriétés mécaniques des soudures »,
indique la note. « Dans la mesure où
il n’est pas certain que cette démarche
aboutisse, l’ASN invite EDF à engager
dès à présent les actions préalables à
la réparation des soudures concernées. »
« Dysfonctionnements »
MEET MY
MAMA
SEAFOODIA
WHOOG
Inscriptions sur salondesentrepreneurs.com
Un événement
En juillet, EDF avait déjà indiqué
que son programme de justification
et/ou de réparation entraînerait un
retard d’un an pour la mise en service du réacteur, ainsi repoussée
courant 2020 – quand elle était initialement prévue en 2012. Avec un
surcoût de 400 millions d’euros, faisant grimper le budget de construction de l’EPR à 10,9 milliards
d’euros, soit un triplement par rapport au coût initialement prévu.
Les essais demandés par l’ASN
pourraient demander du temps.
« Nous avons présenté une démarche
La mise en service de l’EPR
de Flamanville est repoussée
courant 2020. Photo AFP
pour montrer que les soudures sont
conformes. Cette note est une étape,
pas un point définitif et nous confirmons le planning tel qu’il a été défini
en juillet », a réagi EDF. Mais une
réparation, si elle était finalement
imposée par l’ASN, pourrait s’avérer
très complexe pour des questions
d’accessibilité. Les soudures situées
au niveau de l’enceinte de confinement sont, selon l’ASN, placées
dans une sorte de fourreau luimême enchâssé dans la structure
en béton.
L’ASN critique par ailleurs la
« défaillance de la surveillance réalisée par EDF sur certaines activités du
chantier du réacteur EPR de Flamanville », et demande à l’électricien
d’étendre la revue de qualité des
matériels installés. Et elle demande
« une analyse approfondie des dysfonctionnements survenus au sein de
ses services et de ceux de ses fournisseurs ». — V. L. B.
La filière gaz
redoute le tout
électrique
Engie, GRDF ou GRTgaz
défendent la place du
gaz vert dans la feuille
de route énergétique
préparée par l’exécutif.
Vincent Collen
@VincentCollen
La France peut-elle se passer du
gaz ? Alors que le gouvernement met la dernière main à la
feuille de route énergétique du
pays, la filière redoute un scénario où l’électricité, forte d’une
empreinte carbone favorable,
dominerait, au détriment des
autres ressources. « Pour certains la voie à emprunter [...]
consiste à miser exclusivement
sur un vecteur énergétique qui
est l’électricité, a critiqué la
semaine dernière Isabelle
Kocher, la directrice générale
d’Engie. Je ne crois pas à un scénario tout électrique. »
Si la filière se mobilise, c’est
que les premières versions de la
Stratégie nationale bas carbone
et de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)
que prépare le gouvernement
prévoyaient une chute drastique de la place du gaz en France.
Pour 2050, les premiers documents tablaient sur une
consommation proche de
100 térawattheures par an, contre environ 500 aujourd’hui. Les
services de l’Etat seraient revenus à un schéma moins radical,
avec une consommation « comprise entre 200 et 300 térawattheures en 2050 », selon plusieurs sources du secteur.
Les acteurs du gaz français,
qui critiquent l'influence d’EDF,
ne sont pas totalement rassurés
pour autant. Ils tentent de faire
passer le message suivant : viser
une électricité 100 % décarbonée n’est pas réaliste. D’abord
parce qu’une partie est produite
par des centrales à gaz ou au
charbon, en particulier pendant
les pics de demande. Si tous les
chauffages au gaz étaient remplacés par des radiateurs électriques, la part des énergies fossiles
dans la production d’électricité
serait amenée à progresser… à
moins d’augmenter la part du
nucléaire, ce qui n’est pas le but.
« Et il faudrait complètement
redimensionner les réseaux de
transport et de distribution d’électricité », pointe un expert du gaz,
qui dénonce « la violence du
lobby électrique, EDF en tête ».
Engie, GRDF, GRTgaz… Tous
mettent en avant le potentiel du
gaz vert dans la transition énergétique, en particulier le biomét h a n e p r o d u i t à p a r t ir d e
déchets agricoles, et demandent au gouvernement d’en
tenir compte. « Le gaz vert est la
solution décarbonée la plus économique pour répondre aux
besoins de chauffage en hiver »,
estime Edouard Sauvage, le
directeur général de GRDF. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
Pollution : le Parlement
européen sur une ligne dure
Les eurodéputés ont
adopté mercredi un
objectif de réduction
de 40 % d’ici à 2030
des émissions de CO2
des véhicules neufs.
L’industrie dénonce
des objectifs
irréalistes.
Derek Perrotte
— Bureau de Bruxelles
et Julien Dupont-Calbo
L’intense lobbying des constructeurs automobiles contre des objectifs qu’ils jugent « irréalistes » n’aura
pas entamé la détermination des
députés européens. Mercredi, en
plénière à Strasbourg, ils ont adopté
à une confortable majorité (349
pour, 239 contre, 41 abstentions) un
objectif de réduction des émissions
de CO 2 des nouveaux véhicules
légers et des camionnettes de 40 % à
l’horizon 2030. Certes, c’est un peu
moins que les 45 % proposés par la
commission environnement de
l’hémicycle ou que les 50 % réclamés par les ONG et les écologistes.
Mais, trois ans après le dieselgate
et sous la pression croissante de
l’opinion, c’est bien plus que l’objectif
de 30 % avancé par la Commission
dans sa proposition initiale. « Ce vote
démontre que les mentalités évoluent,
au sein même d’un hémicycle dominé
par les conservateurs : enfin, l’urgence
climatique est prise en compte et la
santé des Européens passe avant les
préoccupations économiques de court
terme ! » s’est félicitée la socialiste
Christine Revault d’Allonnes au sortir du vote. Autre élément clef, les
eurodéputés poussent les constructeurs à un effort rapide en confirmant le principe d’un objectif inter-
Renault et Daimler
prêts à approfondir
leur coopération
AUTOMOBILE
Les dirigeants des
deux entités, Dieter
Zetsche et Carlos
Ghosn, ont fait le bilan
de leur partenariat
au Mondial de l’Auto.
Anne Feitz
@afeitz
L’un, en jean et chemise ouverte,
l’autre, en costume sombre et cravate de rigueur : pour la dernière fois
avant le passage de témoin à la tête
de Daimler, le patron du groupe allemand, Dieter Zetsche, et le PDG de
l’Alliance Renault-Nissan Mitsubishi, Carlos Ghosn, ont tenu scène
commune en marge du Mondial de
l’Auto, qui s’ouvre ce jeudi au grand
public, à Paris. Avec un message
essentiel : même si l’Alliance
Renault-Nissan s’est approfondie
d’un nouveau membre en 2016 – Mitsubishi –, même si Dieter Zetsche est
appelé à céder son fauteuil à Ola
Källenius en mai 2019, leur partenariat est appelé à se poursuivre, voire à
s’approfondir. « Il y a encore de nombreux domaines de coopération possible entre nos deux entités », a insisté
Carlos Ghosn, citant notamment
l’électrification des véhicules, les services partagés, le covoiturage, les voitures autonomes ou connectées.
Moteurs en commun
Remontant à 2010, le partenariat
entre l’Alliance Renault-Nissan et
Daimler (qui détiennent des participations croisées de 3,1 %) fait peu
parler de lui, mais il est devenu très
concret, portant sur des moteurs
autant que sur des véhicules. Il a
notamment franchi un pas important avec le développement en commun du moteur quatre cylindres
1.3 TCe, un moteur à essence turbo,
qui équipe depuis l’an dernier des
véhicules Renault (le monospace
Scenic ou la Megan), ainsi que le nouveau modèle Classe A de MercedesBenz, depuis le début de cette année.
C’est aussi un moteur de Renault
qui équipe le fourgon Vito récemment mis en cause en Allemagne
pour ses émissions diesel : la presse
allemande avait évoqué une responsabilité de Renault, mais Dieter Zetsche a fait taire tout soupçon de dissension entre les partenaires sur le
sujet. « C’est très simple, le constructeur de la voiture est responsable du
réglage, il n’y a aucun doute sur la
question » a-t-il confirmé.
Le partenariat s’étoffe aussi côté
véhicules. Alors que Renault produit
depuis 2012 des fourgonnettes Citan
pour Mercedes, fabriquées à
Maubeuge (Nord) sur la base de la
Kangoo, Daimler et Nissan ont
démarré l’an dernier la production
dans leur usine conjointe d’Aguascalientes, au Mexique : celle-ci produit
depuis 2017 des modèles Infiniti, et
depuis cette année des Mercedes.
Alors que les quatre constructeurs ont plusieurs autres projets de
développement en commun, le
changement de direction à la tête de
Daimler ne changera pas la donne,
ont assuré les deux dirigeants.
« Même si la chimie entre nous a
compté au début, cette coopération
est maintenant une machine qui
fonctionne », a déclaré Carlos
Ghosn. « Et elle continuera. » n
médiaire à atteindre dès 2025, avec
une barre fixée à 20 %.
Enfin, ultime pilule à avaler pour
l’industrie, le Parlement européen
trace la voie d’une électrification
rapide du parc, avec des objectifs de
20 % de voitures à émission zéro
dans les ventes d’ici à 2025 et 35 %
d’ici à 2030, le tout assorti de pénalités financières qui faisaient défaut
dans la proposition originale. L’eurodéputée PPE (droite) Françoise
Grossetête regrette toutefois que le
texte ne s’écarte pas plus de « l’écran
de fumée » du tout-électrique, pour
favoriser aussi d’autres alternatives
aux moteurs à combustion, comme
l’hydrogène et les hybrides rechargeables. Selon elle, « il n’y a pas de
solution miracle, seul un mélange
d’alternatives peut favoriser la voie
vers une mobilité plus propre. »
Le rôle clef de l’Allemagne
Au Mondial de Paris, les regards
étaient tournés vers Strasbourg.
« Si l’Union européenne veut baisser les émissions CO 2 , très bien.
Mais l’électrique aujourd’hui, c’est
comme le bio, c’est plus cher et c’est
le monopole technologique de
l’Asie. Il faut être honnête », affirme
Carlos Tavares, le président du
directoire de PSA. Surtout focalisée sur les objectifs de 2020-21
(95 grammes de CO2 par véhicule
par kilomètre), la filière n’est pas
étonnée par le vote des députés.
Elle mise sur un lobbying auprès
des Etats pour faire évoluer les
choses.
De fait, le dossier passe maintenant dans les mains du Conseil, où
les ministres de l’Industrie de l’UE
doivent arrêter leur position le
9 octobre, avant un trilogue final
entre institutions européennes
espéré d’ici la fin de l’année. Une
large majorité d’Etats membres,
dont la France, s’est positionnée en
faveur d’un objectif de moins 40 %
d’émissions en 2030. Mais l’Alle-
Le Parlement européen vise une électrification rapide du parc,
avec des objectifs de 20 % de voitures à émission zéro dans
les ventes d’ici à 2025 et 35 % d’ici à 2030. Photo Gilles Rolle/RÉA
magne, après avoir déjà pesé sur la
proposition initiale de la Commission, résiste, suivie par quelques
pays de l’Est.
« L’Europe ne peut pas laisser
l’Allemagne prendre tout le continent en otage pour lui faire payer
l’échec de sa stratégie diesel », insiste
l’ONG Transport & Environne-
ment. « Dans tous les cas, il faut un
compromis sur le sujet d’ici fin mars,
avant la fin de la législature, souffle
Erik Jonnaert, le secrétaire général
de l’Acea, le lobby européen de
l’automobile. Sinon, tout sera
repoussé en 2020, et il ne restera que
cinq ans avant 2025. C’est un délai
trop court pour l’industrie. » n
gyro: - Carl ZEISS Vision France – S.A.S au capital de 282 125 € - 619 200 850 RCS Rennes.
AUTOMOBILE
« Il y a encore de
nombreux domaines
de coopération
possible entre nos
deux entités. »
CARLOS GHOSN
PDG de l’Alliance RenaultNissan Mitsubishi
Eric Piermont/AFP
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QUI RÉDUISENT AUSSI L’ÉBLOUISSEMENT SUR LA ROUTE.
Dieter Zetsche (à gauche) et Carlos Ghosn. Le PDG de Daimler est
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
Les producteurs de café ne
profitent pas du boom du marché
l Les ventes ne cessent de croître, dopées par les achats de dosettes et de capsules.
l Mais la part qui revient aux producteurs a, elle, diminué, selon une étude.
BOISSON
SALON
Sophie Amsili
@samsili
Le secteur du café suscite les convoitises : Starbucks et Alibaba, Nestlé et
la chaîne Blue Bottle Coffee, CocaCola et les cafés Costa… Avec la montée en gamme du marché et sa croissance en Asie, les géants de
l’agroalimentaire s’empressent de
s’y renforcer. Mais l’or noir ne ruisselle pas jusqu’aux producteurs,
alerte le cabinet Basic dans
une étude publiée cette semaine
pour l’association Max Havelaar
France et les collectifs Commerce
Equitable France et Repenser les
Filières. La part de la valeur revenant aux producteurs ne fait même
que diminuer, affirme le cabinet.
Premier constat, la planète boit
toujours plus de café. Les ventes
mondiales ont explosé depuis la fin
des années 2000, avec une croissance annuelle estimée à 2 % en
volume. Elles ont atteint 9 millions
de tonnes en 2017, générant un chiffre d’affaires de 200 milliards de dollars. La croissance est tirée par
l’engouement pour le café en capsules et dosettes, dit « café portionné »,
dont le chiffre d’affaires aurait triplé
depuis 2012. En France notamment,
devenu le premier marché du café
portionné par habitant, avec 58 %
du café consommé à domicile.
Or il s’agit du format à plus forte
valeur ajoutée : « Le prix au kilo d’un
paquet de café moulu s’élève en
moyenne à une dizaine d’euros en
grande et moyenne surfaces, alors
qu’il peut atteindre jusqu’à 60 euros
pour des capsules », explique Sylvain
Ly, cofondateur du cabinet Basic. Le
surcoût de fabrication des dosettes
et capsules n’explique pas tout :
Le Pavillon des
arts et du design
se décline aussi
à Monaco
Le PAD, qui investit
Londres cette
semaine, a trouvé
un positionnement
unique.
Il s’installera
à Monaco au printemps prochain.
Martine Robert
@martiRD
« Nous avons estimé que les revenus
des torréfacteurs et distributeurs de
café avaient augmenté de 1,4 milliard
d’euros en France en vingt ans, alors
que ce surcoût est estimé à 310 millions euros », poursuit-il.
Baisses de rendement
Or, si les revenus issus du café ont
grimpé dans les pays de consommation, ils ont reculé pour les producteurs, intermédiaires et négociants
(–20 % au Pérou et en Ethiopie). Ces
derniers n’ont touché que 16 % de la
valeur totale générée sur le marché
français, contre 24 % vingt ans plus
tôt. Une part qui chute encore
davantage dans le café portionné :
4,8 % en Colombie et en Ethiopie et
même 2,7 % au Pérou. Parmi les
principales raisons de ce recul, la
volatilité des cours – qui ont récem-
ment atteint un plus bas de douze
ans – combinée à une hausse des
coûts de production.
Surtout, les producteurs, peu
organisés, font face à des torréfacteurs et distributeurs de plus en plus
en situation d’oligopole. En France,
trois multinationales se partagent
80 % du marché français, selon le
cabinet Euromonitor. Nestlé, en tête
(34 %) grâce à Nespresso, est suivi de
JDE (30 %), né de la fusion de Kraft
Foods et Douwe Egberts, puis de
Lavazza, qui s’est hissé à la troisième
place (17 %), après le rachat de Carte
Noire. Contactés, Nestlé et Lavazza
n’étaient pas en mesure de commenter l’étude dans l’immédiat. Pour
autant, Nestlé souligne que, dans le
cadre de son Nescafé Plan, il distribue aux producteurs des plants de
café plus résistants et organise des
formations pour améliorer leur rendement.
« Le commerce équitable peut
répondre à certains enjeux : stabiliser
les revenus des producteurs, valoriser
les organisations collectives, préserver les modèles de production agroforestiers… », explique Sylvain Ly.
« Mais il n’a pas d’outil pour mieux
répartir la valeur créée : le producteur
touche le même revenu, même lorsque le prix est élevé comme pour les
dosettes. » Au-delà du fonctionnement du marché, le cabinet Basic
alerte aussi sur l’impact des dérèglements climatiques. Les changements pourraient induire une
baisse des rendements de l’ordre de
20 % d’ici 2050 et réduire la qualité
globale du café. Là encore, les petits
producteurs en seraient les premières victimes. n
C’est un Salon élégant, emblématique de l’art de vivre à la
française. Il s’est installé cette
semaine à Londres, en marge
de la Frieze. Avec ses 68 exposants, le PAD – pour Pavillon
des arts et du design – n’a pas la
taille des méga foires. C’est le
premier cabinet de curiosités
alliant art, arts décoratifs et
design, principalement des XXe
et XXIe siècles.
Et il se décline désormais
dans 4 métropoles : outre la
capitale britannique, il y a Paris,
son nom actuel en 2007, année
de sa déclinaison à Londres. Sa
« french touch » a depuis séduit
la Foire artgenève qui a passé
un partenariat il y a six ans pour
un essaimage genevois au format resserré. Devant le succès
rencontré, l’organisateur
d’artgenève, Palexpo, Palais des
expositions de Genève, a décidé
de récidiver pendant artmontecarlo. « La clientèle suisse, il faut
aller à sa rencontre. A Monaco,
nous connaissons déjà les acheteurs mais nous comptons élargir notre clientèle à la Côte
d’Azur et au-delà à Marseille,
Venise, Milan, Turin », poursuit
Patrick Perrin.
La notoriété des marchands
français a fortement joué. « En
France, il y a une centaine de spécialistes des arts décoratifs du
XXe et près d’une trentaine en
design contemporain, quand on
recense dans ces spécialités
7 grands marchands en Angleterre, 5 à New York et en Italie, 4
en Scandinavie et 2 en Allemagne ! » souligne Patrick Perrin.
Si toutes les éditions du PAD
sont sélectives et lui valent la
Malongo veut bousculer le rayon du café
Le producteur de café bio
et équitable lance une
infusion de café froid à
emporter dans les supermarchés : le Cold Brew.
quer chez soi, à base de concentré. Comme le Cold Brew commercialisé aux Etats-Unis de longue
date, qui se veut « une alternative
aux sodas ».
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Recherche
Un nouveau venu s’aventure dans
les linéaires : le Cold Brew. Une infusion de café, sans sucre, qui se
consomme froide « à n’importe quel
moment de la journée, y compris,
lors d’un repas », explique JeanPierre Blanc, le directeur général de
Malongo. Spécialiste du café bio et
équitable, l’entreprise franco-belge
est la première à la proposer en
grandes surfaces en France en format à emporter, mais elle s’attend à
ce que d’autres lui emboîtent le pas.
« Tous les acteurs du café l’envisagent », affirme Jean-Pierre Blanc.
Le Cold Brew n’est pas inconnu
en France. Starbucks en propose
dans ses boutiques depuis plus d’un
an. Le toulousain Ederna a conçu
une machine qui permet d’en fabri-
« Notre recette est très différente.
Notre Cold Brew est bio, équitable,
sans sucre, sans arômes artificiels et
sans matières grasses et réalisé avec
des cafés arabica très haut de gamme
du Laos », dit Jean-Pierre Blanc, le
directeur général de Malongo.
Après dix-huit mois de recherche,
Malongo a mis au point une
méthode spécifique d’extraction du
café et un procédé de conservation
qui permet de garder la boisson
pendant six mois au frais. Disponible chez Monoprix, le Cold Brew de
Malongo est vendu au prix conseillé
de 3,90 euros la bouteille de 30 cl en
armoire réfrigérée. Et proposé en
deux versions, dont une au citron
(naturel) et gingembre. La France
servira de marché test.
Malongo ne cherche pas à former un grand groupe. En revanche,
Jean-Pierre Blanc veut conserver à
l’entreprise ses capacités de recherche et d’innovation. « Nous avons un
grand centre de recherche et développement à La Gaude près
de Nice », souligne-t-il.
L’entreprise affiche un
chiffre d’affaires consolidé de 150 millions
d’euros en 2017, dont
l’essentiel (100 millions d’euros) a été
réalisé en France. La
maison mère, les
cafés Rombouts, est
belge et dispose de
filiales en Belgique, au
Royaume-Uni ainsi
qu’en Espagne.
Malongo revendique la seule dosette
espresso en papier
entièrement naturelle. Le leader français du café équitable
en fabrique 400.000
par an sous des formes différentes selon
qu’elles sont desti-
nées à la distribution, à la restauration ou aux bureaux. Ses machines,
fabriquées en France par S20, une
entreprise issue du démantèlement de Brandt, sont nettement plus chères (150 euros)
que celles des autres acteurs
du café. « Mais nous tenons à
faire travailler une entreprise française et nous proposons de la payer en deux
ans au travers d’un abonnement », martèle JeanPierre Blanc. Une façon
pour Malongo de rester
fidèle à son statut d’entreprise éthique. n
Le Cold Brew
de Malongo
est une infusion
de café froid
à emporter.
Photo Arnaud Moro
Avec ses 68 exposants, le PAD est le premier cabinet
de curiosités alliant art, arts décoratifs et design. Photo DR
où le PAD est né, Genève, lancé
il y a un an et, au printemps prochain, il y aura Monaco. Un succès à l’exportation que ni la Fiac
ni la Biennale de Paris n’ont rencontré. Pour Patrick Perrin,
l’organisateur du PAD, la
recette tient à « la connaissance
de ce marché pointu, un créneau
probablement porteur, et la relation de confiance établie avec les
marchands ».
Notoriété des marchands
français
Aussi sans doute, à la taille
humaine du Salon, aux prestations de restauration de qualité,
et aux stands qui souvent
reconstituent des intérieurs
raffinés. Les différentes éditions du Pavillon des Arts et du
Design attirent 42.000 visiteurs
à Paris, 25.000 à Londres et
20.000 à Genève.
Créé en 1997 comme Salon
des beaux-arts de Paris, il prend
fréquentation assidue des
architectes et décorateurs
d’intérieur, le prix du stand, lui,
varie. « A Genève ou à Monaco
où nous louons des mètres carrés
tous équipés dans des lieux tels
que le Grimaldi Forum, c’est
550 euros le mètre carré de
stand. En revanche à Londres ou
Paris, où nous sommes sous
d’immenses tentes dans des
emplacements loués à la City de
Westminster ou au Louvre pour
les Tuileries, avec des coûts logistiques très élevés, les prix grimpent respectivement à 910 livres
et 710 euros le mètre carré », précise encore Patrick Perrin.
Ce dernier, déjà approché
par de gros organisateurs de
Salons, n’a p our l’instant
pas l’intention de raccrocher.
Il a même réfléchi à une déclinaison à B eyrouth, avant
d’y renoncer du fait du contexte
tendu de cette zone géographique. n
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INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
marketing
Nouvelle restructuration
annoncée chez Hop !
AÉRIEN
Boeing croit au bel avenir
de ses palaces volants
Les principaux sites
de Hop ! vont être
réorganisés, avec
des suppressions
de postes à la clef.
TENDANCE
Fournisseur des milliardaires
et des chefs d’Etat,
le constructeur américain
transforme ses moyens
et gros-porteurs en
mobil-homes de grand luxe.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Trois ans après sa création, les
grands travaux se prolongent chez
Hop !. La filiale régionale du groupe
Air France, née en 2015 de la fusion
de Brit’Air, Régional et Airlinair, continue de se débattre avec des problèmes d’exploitation et de courir après
la rentabilité, sur fond de perte de
parts de marché face au TGV et aux
low cost. Faute d’avoir anticipé les
départs de pilotes vers Air France, la
compagnie a dû recourir à de coûteux affrètements. Entre 2016
et 2018, le nombre d’avions exploités
en propre par Hop ! est ainsi passé de
82 à 54 appareils. Et ses quelque
3.000 salariés s’apprêtent à vivre un
nouveau chamboulement. Selon
nos informations, la direction de
Hop ! a dévoilé le mois dernier un
plan de restructuration – le troisième en trois ans – qui prévoit une
profonde réorganisation, avec des
suppressions de postes à la clef.
L’objectif affiché par la direction
est de gagner en efficacité, en mettant fin à l’éparpillement des fonctions, hérité des trois compagnies
régionales. Les services centraux
– direction générale, comptabilité,
finances – vont quitter Rungis et
Montreuil pour rejoindre le centre
des opérations à Nantes, avec un
objectif de réduction des coûts
administratifs de 15 %. « Nous avons
essayé de faire vivre un modèle éclaté,
mais cela ne fonctionne pas », explique-t-on en interne. Il s’agit aussi de
profiter de la modernisation de la
flotte de Hop !, qui doit passer de
5 types d’appareils à trois, pour
réduire les coûts et les effectifs.
Valérie Leboucq
@vleboucq
Au total, 120 postes devraient être supprimés dans les fonctions support,
tandis que 48 postes seront créés, dont 31 au siège nantais. Photo Frédéric Maigrot/RÉA
L’objectif lointain est de ramener
l’entreprise à l’équilibre « à l’horizon
2020-2021 ».
Au total, 120 postes devraient être
supprimés dans les fonctions support (dont 55 en région parisienne,
27 à Nantes, 23 à Morlaix et 4 à
Clermont-Ferrand), tandis que
48 postes seront créés, dont 31 au
siège nantais. Ce qui laisserait un
solde net de 72 suppressions de postes, susceptible d’être résorbé via un
plan de départ de volontaires ouvert
jusqu’à la fin 2019, ou via des reclassements au sein du groupe Air France.
Ces suppressions s’ajoutent toutefois au transfert à Air France des
126 salariés des escales de Nantes et
de Lyon, annoncé précédemment.
Là encore, par souci de rationalisation. Lyon et Nantes étaient les seules escales à avoir une équipe Air
France et une équipe Hop !
Mais, le plus inquiétant, du point
de vue des salariés de Hop ! est la
décision de passer tous les vols de la
compagnie sous code AF, avec les
créneaux horaires correspondants,
à compter du 1er novembre. « Nous
allons devenir un simple sous-traitant d’Air France, qui louera nos
appareils et nos équipes en ACMI
[avion et équipage loués à l’heure de
vol en marque blanche NDLR], avec
le risque de voir la marque disparaître », s’inquiète un pilote.
La marque préservée
Du côté de la direction, on affirme
que la disparition de la marque
Hop ! n’est pas d’actualité. La question aurait été tranchée il y a plus
d’un an et le nouveau directeur
général d’Air France-KLM, Benjamin Smith, ne semble pas devoir y
revenir de sitôt. On souligne aussi
que les deux-tiers de l’activité de
Hop ! sont déjà réalisés en ACMI
pour le compte d’Air France. La
décision de passer sous codes Air
France serait seulement dictée par
la perspective de simplifier la gestion du programme, de générer des
économies, ainsi que des recettes
supplémentaires, en augmentant
les possibilités de correspondances
dans les systèmes de réservation.
Cette transformation devrait
s ’a c c o m p a g n e r d ’u n e l e n t e
remontée en charge de Hop ! qui
Le plus inquiétant,
du point de vue
des salariés de Hop !
est la décision
de passer tous les vols
de la compagnie
sous code AF.
Il n’y a pas de limites aux caprices des milliardaires. Et c’est tant
mieux pour les constructeurs
aéronautiques comme Boeing,
qui trouvent là le moyen de
décliner en version jet privé
leurs gros et moyens-porteurs,
787, 777, 747 et 737. En vingtdeux ans d’activité, la filiale
Boeing Business Jet (BBJ) a
vendu 260 avions de ce type.
« La moitié de nos clients sont
de très riches particuliers et des
entreprises, 30 % des compagnies de charters, les 20 % restants sont les chefs d’Etat », explique Greg Laxton, président de
BBJ. Ces derniers ont beaucoup
renouvelé ou agrandi leur flotte
l’an dernier et commandé à
Boeing 12 de ces avions, contribuant à faire de 2017 une année
faste pour l’américain, qui totalise 16 ventes.
une autonomie inégalée
(13.000 kilomètres) pour un jet
privé, lui permettant de rallier
non-stop Los Angeles ou Tokyo
depuis Paris, avec une consommation de carburant inférieure
de 14 % aux versions antérieures.
Pour l’acheteur, l’addition est
salée : autour de 100 millions de
dollars (avant négociations)
dont 75 pour l’avion fourni
« green » ou nu par le constructeur. Après, ce qu’on appellerait
pour une maison le second
œuvre est affaire d’exigences et
de fantasmes de l’acquéreur.
« Concevoir l’aménagement et la
décoration intérieure n’est pas
notre métier. Les acheteurs préfèrent, de toute façon, confier ce travail à des spécialistes, en très petit
nombre, de l’ordre de 6 ou 7 dans
le monde », ajoute le dirigeant.
Daniela Boutsen, qui en fait
partie, confirme. « Le prix final
peut être multiplié par dix ou
quinze selon la richesse des matériaux employés ». A l’exemple de
ce client, qui fit habiller de panneaux d’or tout l’intérieur de la
carlingue. Organisatrice d’événements pour les marques de
luxe, l’épouse de Thierry Boutsen, l’ancien pilote belge de F1
reconverti dans le courtage
d’avions, a suivi ce dernier
à Monaco. La suite s’est faite un
peu par hasard. « Thierry a eu un
devrait passer de 54 appareils
exploités en propre actuellement,
hors affrètements et avions de
réserve, à 64 à l’horizon 2020. Soit
le temps nécessaire pour former
les remplacements des dizaines de
pilotes en partance pour Air
France, et pouvoir enfin se passer
des affrètements. n
DISTRIBUTION Le tribunal de
commerce d’Evry a mis en délibéré jusqu’au lundi 8 octobre sa
décision sur la reprise de Toys “R”
Us France. Trois offres principales s’opposent. L’une est menée
par Pierre Mestre, le propriétaire
d’Orchestra, l’autre par la Financière Immobilière Bordelaise, qui
vient de reprendre La Grande
Récré, la troisième par le fonds
Cyr u s , l a fami l l e L e s a ffre et
Picwic, le petit réseau des magasins de jouets des Mulliez.
Rybolovlev
attaque Sotheby’s
à New York
Thierry Lepercq
quitte Engie
MARCHÉ DE L’ART Rybolovlev a
qu’à présent directeur général
adjoint d’Engie chargé de la
Recherche & Technologie et de
l’Innovation a quitté le groupe
pour rejoindre TerraWatt Initiative comme Directeur exécutif à
partir du 1er octobre 2018. Shankar
Krishnamoorthy, directeur général adjoint, actuellement chargé
de la Stratégie, du Business Development Oversight, des 5 Métiers,
de Tractebel et d’Engie Solar
reprends ses fonctions
décidé mardi de poursuivre
Sotheby’s devant la cour fédérale à
Manhattan, alléguant que la maison de vente a aidé le conseiller en
art Yves Bouvier à lui mentir sur le
prix d’achat de 38 œuvres pour
empocher la différence. « Sotheby’s était la maison qui a sciemment et intentionnellement rendu
la fraude possible, car elle savait
combien Bouvier payait les vendeurs », selon le plaignant.
ÉNERGIE Thierry Lepercq, jus-
Franck Fife/AFP
Toys “R” Us France :
décision le 8 octobre
7h-9h
Deux heures d’info avec
Nikos Aliagas sur Europe 1
Avec Audrey Crespo-Mara, Nicolas Canteloup,
Jean-Michel Aphatie et toute la rédaction.
Boeing
en bref
Il faut compter plus de 100 millions de dollars pour devenir
propriétaire d’un BBJ Max 7, ici aménagé par Boutsen Design.
Dix ans après la grande crise
de 2008, l’avenir s’annonce
plus rose, selon lui. « Nous
sommes étroitement corrélés à
la croissance économique que
nous voyons rester bonne. De 2 à
3 % par an se traduisent pour
nous par une hausse de 6 %. De
quoi assurer la vente de 7 à
10 jets privés ».
Comme son rival Airbus,
Boeing profite du capital confiance lié à son savoir-faire dans
l’aviation commerciale. Exemple : le dernier BBJ Max, qui fait
déjà l’objet de 20 commandes
dans toutes ses versions (7, 8, 9 et
10). Dérivé du 737 Max-7 et
conçu à l’origine pour transporter 172 passagers, il sera reconfiguré de manière à n’en accommoder qu’une petite vingtaine
(plus l’équipage) dans la version
imaginée par l’atelier Alberto
Pinto Design. L’opération n’a
rien d’un coup de baguette magique : il faut entre huit et dix-huit
mois pour que s’opère la transformation dans les centres
d’aménagements intérieurs,
sous le contrôle vigilant du constructeur, sécurité oblige.
Lit double, salle de douche,
cuisine…
La place libérée permet d’installer salon, bureau (connecté à
Internet, bien sûr) chambre
avec lit double et salle de douche, cuisine… Ses réservoirs
auxiliaires donnent au BBJ Max
client qui lui a demandé de refaire
la décoration de ses A 319 Airbus
et j’ai sauté le pas », raconte-t-elle.
Sept ans plus tard, Boutsen
Design est à la tête d’une équipe
de 15 personnes, de toutes nationalités, pour satisfaire le prisme
des goûts et sensibilités de la jetset. La PME a déjà à son actif la
coordination des aménagements intérieurs de dix Boeing
(dont celui de la direction générale de l’américain), sept Airbus
et une douzaine de « petits » jets
(Gulfstream, Embraer, Bombardier…) « L’aviation est un très
petit monde qui marche par le
bouche-à-oreille », constate
Daniela Boutsen.
Comme avec les yachts (dont
elle s’occupe aussi), Boutsen
Design s’adapte à la course à la
taille de ces « mobil-homes de
luxe » que leurs propriétaires
veulent voir le plus possible à
l’image de leurs demeures terrestres. Les fournisseurs sont
les mêmes : Baccarat, Christofle, Saint Louis, Loro Piana…
Les commerciaux Boeing
font valoir qu’à l’usage un gros
jet ne coûte finalement pas tellement plus qu’un petit. « Les coûts
de maintenance sont inférieurs.
Et pour un groupe, disposer d’un
outil assez grand pour réunir le
management peut faire gagner
jusqu’à 30 jours de déplacement
par an à la direction », fait valoir
le directeur marketing de BBJ, le
capitaine Alex Fecteau. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
Comcast lève
27 milliards de
dollars d’obligations
Le groupe de Patrick Drahi
a reçu une dizaine d’offres,
selon Bloomberg et Reuters,
pour prendre une participation
(entre 40 et 60 %) dans
la structure qui hébergera
des infrastructures fibre
de SFR en France. Au moins
cinq fonds d’investissement
participent aux enchères.
Le cablô-opérateur américain
est en train de faire l’une des
plus importantes levées de dette
jamais réalisées aux Etats-Unis,
pour financer l’acquisition
de 39 milliards de dollars de Sky.
Avec l’ensemble de Sky,
la dette du groupe devrait
quasiment doubler, passant
à 114 milliards, selon S&P.
DR
en
pixels
DR
HIGH-TECH
&MEDIAS
La fibre d’Altice
intéresse
les investisseurs
+3,8 %
LA HAUSSE DE ITV
après avoir écarté le rachat
d’Endemol Shine.
Le groupe britannique
a indiqué de ne pas avoir
l’intention de racheter
le numéro 1 mondial
de la production Endemol
Shine, démentant des
informations de presse.
INTERVIEW // JEAN-PAUL PHILIPPOT,
administrateur général de la Radio-télévision belge francophone
« Séparer la radio,
la télévision et le Web
n’est plus viable »
l La RTBF a mis en place sa grande réorganisation.
l Son président livre aux « Echos » sa vision du secteur.
Propos recueillis
par Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
et Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
La RTBF a mis en place sa
grande réorganisation en septembre. Qu’est-ce qui a changé ?
Cette réorganisation résulte d’une
réflexion plus globale sur notre stratégie à moyen terme. Nous nous
sommes donné plusieurs objectifs
d’ici à cinq ans, dans un contexte de
financement inchangé : augmenter
notre volume de production de 15 %
par an ; faire en sorte que 20 % de nos
équipes travaillent dans le digital
– contre environ 5 % aujourd’hui –,
ainsi que des objectifs d’audience
par cible à la fois en télévision et sur
le numérique. Pour cela, nous avons
défini quatre catégories de public
– la nouvelle génération, les jeunes
adultes, ceux qui recherchent une
expertise et ceux plus âgés avec une
écoute fédératrice de toute la population – et nous avons alloué un
certain nombre de chaînes et de
stations à chaque catégorie. Parallèlement, nous avons réorganisé la
RTBF en deux pôles depuis la rentrée : un pôle création de contenu et
un pôle édition-publication, qui
passe ses commandes. Au lieu de
trois activités radio, télévision et
digital. Par exemple, le gestionnaire
« jeunes adultes » peut demander à
l’info de lui produire des contenus
sur les élections, destinés à ce public.
« Aujourd’hui,
les changements
sont très limités
sur les antennes, il ne
faut pas perturber
le téléspectateur. »
Quels sont les premiers
résultats ?
Aujourd’hui, les changements sont
très limités sur les antennes. Il ne
faut pas perturber le téléspectateur.
Dans les médias, l’audience descend
par l’ascenseur et remonte par
l’escalier. Quoi qu’il en soit, un mois
après cette nouvelle étape dans la
réorganisation, j’entends déjà de
nouvelles questions en interne,
notamment lorsqu’on regarde les
audiences par public.
Qu’est-ce que ça implique
en termes de management
et d’économies ?
De gros chamboulements. 70 % de
nos cadres, soit environ 200 personnes sur environ 2.000 au total,
ont dû postuler à de nouvelles fonctions. Ils ont dû déposer des dossiers
avec des propositions pour faire
évoluer leurs fonctions, ce qui a été
validé par un jury. Sur plus long
terme, nous avons réduit nos effectifs de 25 % en dix ans. Bon nombre
de services publics ont subi des coupes drastiques, à l’image de ce qui se
passe au Danemark, avec une baisse
du budget de l’audiovisuel de 20 %
entraînant la fermeture de plusieurs chaînes et stations. L’audiovisuel public a le devoir de s’adapter et de rendre des comptes aux
citoyens : il doit améliorer son efficience. Même si, d’un autre côté, les
gouvernements ne peuvent pas dire
le lundi qu’ils veulent lutter contre
les « fake news » et les Gafa et, le vendredi, réduire les moyens !
Avez-vous aussi réorganisé
l’information ?
Nous avons une rédaction trimédias : télévision, radio, digital. Il
ne s’agit pas de demander aux journalistes d’avoir les trois casquettes,
mais de mieux organiser les plannings… L’objectif à moyen terme est
d’avoir 50 % de notre temps consacré à l’investigation ou à l’élaboration de dossiers sur des grands
sujets. La proportion de communicants face au nombre de journalistes a grimpé : il faut donc d’autant
plus de décryptage.
Que pensez-vous de la réforme
de l’audiovisuel français ?
Je n’ai pas de leçons à donner. Mais
le modèle historique de séparation
de l’offre en fonction des médias
– la télévision d’un côté, la radio de
l’autre – n’est, à mon avis, pas viable
sur le long terme, même s’il a eu du
sens par le passé. Aujourd’hui, la
consommation des contenus, quels
qu’ils soient, migre vers les tablettes,
les smartphones, les télévisions
connectées ou les ordinateurs. La
technologie impose de construire
un modèle convergent découpé
par thèmes abordés (information,
culture, etc.). Faut-il pour autant
fusionner Radio France ou France
Télévisions ? Attention, changer
de modèle, c’est gérer un corps
social et ça ne se décrète pas.
« Changer de modèle,
c’est gérer un corps
social et ça ne se
décrète pas. »
Vous semblez confiant qu’un
service public peut résister aux
assauts des nouveaux acteurs
comme Netflix ou Spotify…
Je n’ai pas dit que j’étais confiant
mais que j’étais déterminé. Nos missions – informer, créer dans la diversité et le pluralisme, défendre notre
héritage, créer de la cohésion dans
nos sociétés, etc. – sont plus que
jamais utiles. Nous avons des atouts.
Les services publics européens
dépensent 18 milliards d’euros par
an, deux fois plus que Netflix et
Amazon réunis. Les médias publics
Pour Jean-Paul Philippot, « l’audiovisuel public doit améliorer son efficience ». Photo Danny Gys/RÉA
francophones investissent plus de
500 millions en contenus originaux,
contre 1 milliard pour Netflix en
contenus européens, africains et
moyen-orientaux. Ensuite, notre
offre est distincte de celle des Netflix
et Amazon. Nous investissons de un
quart à un tiers de nos ressources en
information. De même, Netflix, ce
sont des séries internationales, pour
lesquelles nous n’avons pas moyen
de rivaliser, mais il y a tout le reste, en
particulier la production locale.
Nous savons nous aussi innover
dans les formats. Nous avons créé
une fiction courte (dont les épisodes
disparaissent après 24 heures) sur
Snapchat. Quand j’ai signé le bon de
commande, je me suis demandé ce
que je faisais. Mais cela a fait 20 millions de vues. On a eu un impact.
Voulez-vous, comme beaucoup
de télévisions, produire
et exporter davantage ?
Oui. Contrairement au service
public télévisuel français, nous
n’avons pas de loi limitant nos ambitions de production maison. Nous
produisons donc 50 % de nos contenus en interne ou, de plus en plus, en
coproduction. Nous disposons aussi
souvent des droits de commercialisation, linéaires et non linéaires,
même si nous choisissons souvent
de céder les droits internationaux.
Vendre les programmes à l’étranger
est quand même un axe de développement. Nous avons par exemple
bien exporté en France des séries
comme « La Trêve » ou « Ennemi
public ». Cela dit, l’enjeu pour la
RTBF n’est pas le même que pour
France Télévisions. Notre budget est
de 370 millions d’euros, soit environ
10 % du budget de notre homologue
français.
Refuseriez-vous de vendre
vos programmes à Netflix ?
Nous leur avons vendu des contenus. Mais ce n’est pas créateur de
valeur à long terme au-delà de la
somme qu’on reçoit. Lorsqu’on vend
à Netflix, on se prive de notre création originale, je n’y suis pas favorable. Même pour des saisons anciennes de programmes toujours en
cours. Nous devons garder notre
patrimoine. On peut vendre des
droits internationaux, mais pas
pour l’Europe ou la zone francophone. Je préfère vendre à Arte
pour son offre numérique. n
Altice inaugure les nouveaux studios de BFMTV et RMC
Implantés dans le 15e arrondissement de Paris,
les sept nouveaux studios,
tous interchangeables, ont
nécessité un investissement
de 35 millions d’euros.
Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
et M. A.
« La convergence entre la télévision et
la radio, c’est vraiment notre marque
de fabrique. » Alain Weill, le PDG
d’Altice France (RMC, BFMTV,
RMC Sport, RMC Découverte…), qui
a revendu son groupe de médias à
Altice (maison mère de SFR) il y a
quelques années, n’était pas peu fier
de dévoiler à la presse les 7 nouveaux
studios de l’ensemble des médias du
groupe, basés dans le 15e arrondissement de Paris. Ceux-ci vont progressivement s’installer à partir de ces
prochains jours dans ces studios à
l’habillage très coloré. « Ce n’est pas
pour me vanter, confie le dirigeant,
mais c’est assez unique au monde
d’avoir sept studios télé-radio, sur un
même étage, avec cette surface. »
Chaque semaine, 130 émissions
différentes seront filmées. Des dizaines d’invités s’y succéderont tous les
jours. Un salon VIP, en travaux,
pourra bientôt accueillir les plus
prestigieux d’entre eux. Et un plateau sera destiné à accueillir le
Les studios pourront être utilisés par toutes les chaînes
de télévision et de radio du groupe. Photo « Les Echos »
public comme pour « Les Grandes
Gueules » ou des émissions de football. Les studios sont interchangeables, ce qui signifie qu’ils pourront
être utilisés par toutes les chaînes de
télévision et de radio du groupe.
« On a été au bout de notre concept de
mutualisation », vante Alain Weill,
dont les médias sont régulièrement
taxés d’être « low cost ».
Répartition des coûts
Les programmes aussi sont interchangeables. La matinale de RMC
de Jean-Jacques Bourdin est diffusée sur la chaîne de télévision
RMC Découverte et « Les Grandes
Gueules » sont sur RMC Story
(ex-Numéro 23). Et d’autres passerelles sont en projet, notamment la
matinale de BFM Business, également sur RMC Story. Au total, le
nouvel aménagement a nécessité
un investissement de 35 millions
d’euros. Pour Alain Weill, « c’est un
investissement important mais,
sachant que les coûts sont répartis
entre toutes nos radios et télévisions,
cela reste raisonnable ». Et Altice
serre les coûts. Par exemple, sur le
plateau de BFM Business, il n’y a
pas de cadreur mais un technicien
qui va diriger les caméras. Le plateau
de BFMTV est triple avec, notamment, une table qui se tire pour
l’émission de Jean-Jacques Bourdin.
NextRadio TV a été le premier
groupe en France à avoir poussé
aussi loin la convergence entre
radios et télévisions. Aujourd’hui,
M6 s’y emploie à petite échelle
depuis le rachat de RTL annoncé fin
2016, et la réforme annoncée de
l’audiovisuel public a clairement
l’ambition de rapprocher France
Télévisions et Radio France.
« En 2007, se remémore Alain
Weill, aucun candidat à l’élection présidentielle n’allait sur les chaînes
d’information. Quand on a mis la
matinale de RMC à la télé, je me souviens de la colère de François Fillon
qui n’avait pas compris qu’il allait
aussi passer à la télévision ! » « Ces
studios sont le symbole de l’aboutissement de notre stratégie, poursuit le
dirigeant, avec une couche supplémentaire qui est celle de la distribution avec SFR. D’un côté, Patrick
Drahi, le propriétaire de SFR, a tout
intérêt à investir dans les médias pour
ajouter la marge des médias à celle des
télécoms. De l’autre, SFR sécurise la
distribution de ses chaînes de télévision. » Grâce à ces synergies, « RMC
est aujourd’hui la radio la plus rentable de France. Car elle a deux sources
de revenus : ceux de la radio et ceux de
la production de contenus pour la
télévision », souligne-t-il. « Quand on
a racheté cette radio, c’était 20 millions de pertes ! Aujourd’hui, c’est plus
de 30 % de marge. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
5G : les folles enchères en Italie
rapportent 6,5 milliards d’euros
TÉLÉCOMS
COMMUNICATION
Les opérateurs ont
dépensé trois fois plus
que prévu initialement.
Le groupe radicalise
l’organisation
de ses activités
autour d’Havas
Paris et de BETC.
Leur endettement
pose question,
en particulier celui
de Telecom Italia.
Véronique Richebois
@VRichebois
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
et Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
« Jackpot » pour le gouvernement
italien. Il va encaisser la folle
somme de 6,5 milliards d’euros,
après quatorze jours d’enchères
survoltées pour l’attribution des
fréquences 5G dans la Botte. Le
ministère de l’Industrie se réjouit.
L’objectif minimal qu’il avait fixé
était de 2,5 milliards d’euros.
C’est la bande des 3,7 GHz qui a
concentré les convoitises. Les quatre grands opérateurs y ont investi
4,3 milliards d’euros. Rapporté au
MHz par habitant, c’est sept fois
plus qu’en Espagne et presque
trois fois plus qu’au Royaume-Uni.
Deux opérateurs réalisent à eux
seuls les trois quarts de la dépense :
TIM (Telecom Italia) et Vodafone,
qui déboursent chacun 2,4 milliards d’euros. En troisième position, le Français Iliad a également
misé gros. Il signe un chèque de
1,2 milliard d’euros, une somme
importante au regard des objectifs
La bande des 3,7 GHz a concentré les convoitises des quatre grands opérateurs. Photo Shutterstock
du groupe. Tout juste débarqué en
Italie, l’opérateur de Xavier Niel vise
10 % de parts de marché, là où ses
trois concurrents en détiennent
environ 30 % chacun. Soucieux de
ne pas braquer les marchés après
ses récents déboires boursiers, Iliad
précise que les décaissements
seront limités à 201 millions d’euros
sur la période 2018-2021.
Des sommes
« irrationnelles »
Grand perdant de ces enchères,
WindTre repart avec seulement
20 MHz dans sa besace. Certains
analystes doutent que l’opérateur
dispose de suffisamment de spectre
pour absorber l’explosion de la
consommation de données mobi-
les. Le risque est clair : voir le réseau
saturé et les clients déserter. Seule
consolation, WindTre n’a dépensé
« que » 500 millions d’euros.
Car l’amortissement de tous ces
milliards dans les bilans fragiles des
opérateurs pose question. Les syndicats italiens ont qualifié les sommes d’« irrationnelles ». Le problème est criant chez TIM, qui a
dépensé le double du montant qu’il
s’était fixé initialement. « Grâce à
l’adjudication de ces fréquences,
nous consolidons notre leadership en
Italie », s’est félicité son administrateur délégué, Amos Genish. Ce bel
optimisme n’est pas partagé par les
marchés. Le titre a perdu 2,5 % à la
Bourse de Milan. Dans une note,
Barclays exprime ses réserves vis-à-
Après Spotify, Tencent Music
se tourne vers Wall Street
MUSIQUE
Pour séduire les investisseurs, le numéro un
chinois du streaming
musical va devoir
convertir son énorme
base d’utilisateurs
en abonnés payants.
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
Six mois après le suédois Spotify, le
chinois Tencent Music s’apprête à
son tour à faire son introduction
en Bourse. Le numéro un du streaming musical en Chine a officiellement déposé mardi son dossier
auprès du gendarme boursier américain, donnant le coup d’envoi à ce
qui pourrait être l’une des plus grosses IPO d’une société technologique
de l’année. La société, située dans le
giron du mastodonte Tencent,
pourrait viser une valorisation de
25 milliards de dollars (21,6 milliards d’euros) selon des banquiers,
deux fois sa valeur déclarée lors de
l’accord de participations croisées
conclu avec Spotify fin 2017.
Un potentiel immense
Dans son document boursier, Tencent Music revendique plus de
800 millions d’utilisateurs mensuels
actifs, bien plus que les 180 millions
affichés par Spotify. Là où le suédois
est engagé dans une bataille mondiale face à d’autres acteurs (Apple
Music, Amazon, Deezer, YouTube),
Tencent Music contrôle 70 % du
marché chinois de la musique en
ligne grâce à ses trois plates-formes,
QQ Music, KuGou et KuWo.
Mais malgré un doublement de
son chiffre d’affaires en 2017 (à
1,66 milliard de dollars), Tencent
Music génère des revenus bien inférieurs à ceux de Spotify. Et pour
Havas Paris
absorbe
HumanSeven
Ma Huateng, alias Pony Ma, le fondateur de l’entreprise
Tencent Holdings. Photo China OUT/AFP
cause, l’essentiel des utilisateurs de
ses trois plates-formes ne débourse
quasiment rien. Fin juin, Tencent
Music comptait seulement 23 millions d’abonnés payants, contre
83 millions revendiqués par Spotify.
Le potentiel est donc immense,
mais la tâche n’est pas simple dans
un pays peu habitué à payer pour
écouter de la musique.
Afin de diversifier leurs revenus,
les plates-formes de Tencent Music
misent sur des services bien plus
étendus que Spotify. La diffusion de
concerts en live streaming, le
karaoké en ligne ou les achats de
cadeaux virtuels et de merchandising constituent environ 70 % de
son chiffre d’affaires. Dans les jeux
vidéo comme dans la musique, Tencent est passé maître des offres
« freemium », avec un service de
base gratuit et la facturation de quelques yuans par personne pour des
services additionnels. Et il peut
compter sur la force de frappe de
son réseau social WeChat (1 milliard
d’utilisateurs) pour drainer du trafic
vers ses différents sites. Pour lutter
contre le piratage, Tencent Music a
signé des accords avec toutes les
grandes majors, comme Universal,
Warner et Sony. Le groupe affirme
détenir un catalogue de « 20 millions de morceaux provenant de plus
de 200 labels nationaux et internationaux », qu’il peut ensuite vendre à
des sites tiers.
Malgré une population de
1,4 milliard de personnes, la Chine
reste un petit marché à l’échelle de la
planète, se situant au 10e rang mondial en 2017, selon les chiffres de la
Fédération internationale de
l’industrie phonographique. Mais
les revenus augmentent vite, progressant de 35 % l’an dernier, grâce à
une hausse de 26,5 % des revenus du
streaming. « Il s’agit indéniablement
d’un paysage très différent de celui d’il
y a encore dix ou même cinq ans,
transformé par un profond revirement de la culture locale sur la reconnaissance et la protection du droit
d’auteur – un processus initié par une
réglementation gouvernementale au
moment où les maisons de disques et
autres ayants droit déployaient leurs
efforts », indique l’Ifpi dans son dernier rapport. n
vis de TIM, dont le ratio d’endettement va exploser, au moment
même où les prix du mobile s’effondrent en Italie et où Open Fiber
déploie un réseau de fibre optique
concurrent. Les agences Standard
and Poor’s et Moody’s sont en train
de réévaluer la note du groupe.
Les ambitions d’Elliott, le fonds
d’investissement qui contrôle TIM,
pourraient être revues à la baisse.
Trop onéreuse, sa promesse d’une
conversion des actions d’épargne
en actions ordinaires ne pourra pas
être respectée. De quoi fragiliser
encore la direction, et ragaillardir
Vivendi, l’actionnaire principal mis
sur la touche par Elliott et qui attend
le meilleur moment pour prendre
sa revanche. n
Havas est à nouveau en grandes manœuvres. Et l’annonce,
mercredi, de l’absorption
de sa filiale HumanS even
(ex-Les Gaulois) par son autre
filiale Havas Paris, sous la bannière unique Havas Paris, en est
l’un des signaux les plus visibles.
Concrètement, le nouvel Havas
Paris, dirigé par Julien Carette et
Christophe Coffre, coprésidents,
et Fabrice Conrad, directeur
général, affichera 93 millions
d’euros de marge brute (dont
80 issus de Havas Paris et 13 de
Human Seven) et rassemblera
600 collaborateurs.
Un périmètre agrandi
Au petit jeu de « Qui perd ? Qui
gagne ? », Havas Paris paraît
sortir grand vainqueur. Tout
comme il figure, de façon de
plus en plus assumée, comme
un contrepoids à la puissance de
l’« autre » grand pôle BETC
(127 millions d’euros de marge
brute en 2017). Après avoir
fusionné avec Havas 360 en jan-
vier 2016, le pôle Havas Paris
agrandit, de fait, une fois encore
son périmètre en accueillant
100 collaborateurs supplémentaires, ainsi qu’un portefeuille de clients tels que Crédit
Mutuel, Transavia, L’Oréal
(Narta, Mennen, Mixa Bébé),
Hop! (groupe Air France),
Intersport, Krys, Marque Avenue et Tissaia (Leclerc). Ces budgets viendront s’ajouter à ceux
gagnés par Havas Paris cet été,
dont La Banque Postale.
Une fusion tardive
Demeure une question
majeure. Pourquoi n’effectuer
qu’aujourd’hui cette mutualisation des forces ? Après la perte
du budget Citroën qui avait considérablement affaibli Les Gaulois, Havas aurait pu rapprocher
l’agence d’Havas Paris. Au lieu
de cela, le groupe a rebaptisé la
structure HumanSeven, puis l’a
relancée en décembre 2017.
Mais l’expérience n’a duré que
dix petits mois. Très peu pour
que l’agence fasse ses preuves.
Un flottement dans la stratégie
d’Havas ? La pression des financiers ? Yannick Bolloré, PDG
d’Havas, n’esquive pas la question : « C’est exact, nous aurions
pu réaliser ce rapprochement dès
décembre. Mais le management
de l’époque avait peut-être moins
envie de le faire. » Annoncée en
octobre, la fusion entre les deux
entités sera opérationnelle le
1er janvier 2019. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Demain avec Les Echos
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INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
UNE RÉVOLUTION
POUR LA SANTÉ
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
START
UP
U
REBOND
Malt poursuit sa croissance avec le recrutement d’un nouveau directeur produit
(CPO). Stéphane Lebas rejoint la jeune
pousse qui connecte 90.000 indépendants présents
sur sa plate-forme à 30.000 entreprises clientes. La
nouvelle recrue a passé une dizaine d’années au sein
des équipes produits et innovations de SFR avant de
rejoindre le groupe Meetic/Match Europe en tant que
CPO en 2014. Chez Malt, il encadrera les équipes produits, service client, marketing et data.
Q
START
1,2
MILLION D’EUROS
Happydemics vient de lever des fonds,
notamment auprès de Kima Ventures
et d’Antoine Le Conte de Cheerz. Cette
start-up propose une technologie rendant les études d’opinion accessibles à
toutes les tailles d’entreprise.
Yescapa élargit son offre avec une plate-forme
d’achat et de vente de véhicules de loisirs, type
camping-car. Cette start-up évoluait jusque-là
sur le secteur de la location entre particuliers, mais a
identifié que 15 % de ses utilisateurs louaient un véhicule
afin de le tester dans une optique d’achat ultérieur. Pour
enrichir cette offre, la jeune pousse propose des services
de financement, d’assurance ou d’expertise du véhicule.
Elle revendique 250.000 personnes pratiquant cette
forme de voyage itinérant sur sa plate-forme.
L’université Paris-Dauphine couve
ses quatre prochaines pépites
l L’espace dédié aux start-up
au sein de l’université Paris-Dauphine
a été remis à neuf.
l Quatre nouvelles jeunes pousses
y ont fait leur rentrée cette semaine.
INCUBATEUR
Déborah Loye
@Loydeborah
Coup de neuf à l’incubateur de l’université Paris-Dauphine, qui a
accueilli lundi sa dernière promotion, dans des locaux tout juste
rénovés. Sur les murs, des photos
des 50 start-up accompagnées
depuis la création de la structure en
2014, à travers deux filières, l’une
dédiée aux étudiants entrepreneurs de PSL, et l’autre aux
diplômés. C’est dans cette dernière
que s’engagent cet automne quatre
nouvelles jeunes pousses. Elles suivront un programme d’un an qui
offre un accès à des bureaux, répartis sur 200 m 2 en plein cœur de
l’université, à du mentorat ainsi qu’à
des financements, sous forme de
prêts d’honneur ou d’un accès au
Programme d’investissements
d’avenir (PIA).
Au cœur de l’écosystème
La plate-forme de notation de
start-up Estimeo fait partie des nouveaux arrivants. Lancée en janvier 2017, la jeune pousse a levé
400.000 euros en amorçage en juin
et vise une série A l’année prochaine. Son fondateur, Florian
Bercault, mise sur la proximité avec
les chercheurs de l’université,
connue pour son expertise en
finance, pour affiner son outil. « Et
vu la nature de notre activité, être au
cœur de l’écosystème start-up est
essentiel », souligne-t-il. L’entrepreneur partagera ses bureaux avec
Labtoo, une plate-forme qui met en
relation le monde de la recherche et
celui de l’entreprise ; Simplist, qui
développe le « réseau social du
shopping » ; ainsi qu’avec Tripartie,
qui se p ositionne en tiers de
confiance sur les transactions entre
particuliers et free-lances.
Avis client responsable
Cette nouvelle promotion croisera
celle qui a pris ses quartiers au printemps, dont Fairvioo, une jeune
pousse au statut ESS, développe
une « solution d’avis client responsable ». En décrivant leur retour
d’expérience, les clients de sites
e-commerce intégrant la solution
Fairvioo choisissent une association à laquelle ils souhaitent faire
un don. « Ensuite, nous reversons
20 % de notre chiffre d’affaires aux
associations choisies », explique le
cofondateur Vincent Farines. Au
printemps, la start-up a pu bénéficier de l’aide de 50 étudiants en
master, qui ont consacré leur
semaine de travaux pratiques au
développement du marketing de
Fairvioo. « Les étudiants n’avaient
pas toujours la notion de ce qui est
réalisable ou non, mais cela nous a
donné des idées et nous a permis de
prioriser », estime Julien Legret.
Un pendant britannique de
l’incubateur ouvrira en janvier 2019
sur le campus londonien de Dauphine, permettant aux entrepreneurs qui souhaitent se développer
au Royaume-Uni d’accéder plus
facilement au marché. L’université
a par ailleurs prévu des travaux
engageant 100 millions d’euros
pour sa restauration et la construction d’une nouvelle aile, dédiée à
l’innovation. n
Depuis sa création en 2014, l’incubateur de Paris-Dauphine a accompagné 50 start-up. Photo Paris-Dauphine
Le Closet, une box qui permet de louer sa garde-robe
La jeune pousse, passée
par l’incubateur Paris-Dauphine, souhaite changer
les usages avec son offre
de location de vêtements.
Issu de la promotion de 2015 de
l’incubateur Paris-Dauphine,
Le Closet s’inscrit dans la tendance
d’une consommation « plus responsable » en proposant de louer sa
garde-robe. L’abonnement de base
à sa « box » s’élève à 49 euros par
mois, et permet de recevoir 3 vêtements et 2 accessoires, qu’il est
possible d’échanger contre d’autres
produits à tout moment.
Lancée en 2014, la start-up vient
d’aménager un nouvel entrepôt,
depuis lequel elle gère tous les
envois et retours, mais aussi le pres-
sing et les réparations. Une logistique importante que les créateurs de
l’entreprise n’ont pas souhaité
externaliser. « Mon associé et moi
sommes tous deux ingénieurs et nous
aimons construire des process qui
fonctionnent », sourit Ralph Mansour, cofondateur de la jeune
pousse.
Faire entrer la location
dans les usages
Les deux associés étaient les seuls
salariés de l’entreprise au moment
où ils ont rejoint l’incubateur ParisDauphine. « Cela nous a permis de
nous structurer et d’échanger avec
des entrepreneurs qui faisaient face
aux mêmes défis que nous », se souvient-il. Le Closet, dont le service est
pour le moment consacré aux vête-
ments féminins, revendique
aujourd’hui 10.000 abonnées et un
taux de rétention de ses nouvelles
clientes de 40 % sur un an. Ces dernières ont « entre 25 et 35 ans, et sont
plutôt issues de milieux urbains »,
décrit l’entrepreneur, ajoutant que
son « plus gros défi est de faire entrer
la location dans les usages ».
Les fondateurs
de la start-up veulent
relever le défi
du « zéro déchet ».
La tendance au « zéro déchet »,
qui consiste à réduire sa production de déchets au maximum, se
développe petit à petit, notam-
ment à travers les actions de
l’association Zero Waste France,
qui a lancé en début d’année le
défi « Rien de neuf », suivi par
quelque 47.000 personnes sur
Facebook. « Notre cible est bien
plus sensibilisée au sujet
aujourd’hui qu’il y a quatre ans »,
assure Ralph Mansour.
L’e n t r e p r i s e , q u i a v a i t
levé 700.000 euros en 2016, ne
prévoit pas de nouvelle ouverture
de son capital. L’équipe de 30 personnes travaille aujourd’hui à la
création d’emballages réutilisables
pour l’envoi de ses produits, au
développement de sa gamme
dédiée aux femmes enceintes et de
son application mobile, dont le
lancement est prévu en décembre.
— D. L.
ACINQ développe une technologie palliant les inefficiences de Bitcoin
PAIEMENT
La jeune pousse est
l’une des trois au
monde à développer
Lightning, un réseau
de paiement qui
permet de rendre
Bitcoin plus rapide.
La start-up française
lève 1,4 million
d’euros.
Le protocole Bitcoin, créé en 2008
pour faire transiter la cryptomonnaie homonyme, connaît des limites technologiques empêchant son
déploiement à très grande échelle.
D’une part, cette blockchain
souffre d’embouteillages, car elle ne
supporte que 10 transactions par
seconde. D’autre part, les frais de
transaction y connaissent des variations très fortes, car ils dépendent
de la demande. Fin 2017, au
moment où le cours du bitcoin
s’envolait, ces frais pouvaient
atteindre plusieurs dizaines
d’euros, indépendamment de la
somme engagée.
C’est pour pallier ces problèmes que deux chercheurs, Joseph
Poon et Thaddeus Dr yja, ont
rédigé, début 2016, un Livre blanc
sur Lightning, une technologie
qui pourrait fluidifier Bitcoin
tout en conservant les propriétés
de cette blockchain, telles que la
décentralisation et l’absence de
tiers de confiance. Depuis, trois
jeunes pousses travaillent au
déploiement de cette nouvelle
technologie : les américaines
Blockstream et Lightning Labs, et
la française ACINQ, qui a bouclé
un tour de table de 1,4 million
d’euros mené par Serena Capital
et des business angels tels que
Bertrand Diard (Talend), Sébastien Lucas (Oxalide) et Alistair
Milne (Altana Wealth).
Moyen de paiement
universel
« Nous pensons que Bitcoin va
ré volutionner les paiements ,
affirme Pierre-Marie Padiou,
cofondateur d’ACINQ. Sa promesse est de devenir un jour un
moyen de paiement universel.
Avec Lightning, nous résolvons le
problème de “scalabilité” [hypercroissance, NDLR] de ce protocole. » Lightning se base sur des
canaux de paiement de pair à
pair, qui forment une surcouche
à la blockchain Bitcoin.
Afin d’opérer les transactions,
des fonds sont « séquestrés »
dans cette surcouche. Les transactions ne sont inscrites dans la
blockchain que lorsque les utilisateurs le souhaitent et non à
chaque opération, ce qui opti-
mise grandement le système « et
permet de conser ver le même
niveau de sécurité et de liberté que
sur Bitcoin », décrit Pierre-Marie
Padiou.
La start-up a développé Eclair
Wallet, un portefeuille de
cryptomonnaies basé sur Lightning,
ainsi que Strike, une API permettant
aux entreprises de se brancher facilement sur le réseau Lightning.
Kamel Zeroual, partner chez
Serena, a été séduit par les cofondateurs d’ACINQ : « Ils ont une vraie
vision, une vraie compréhension des
mouvements de l’écosystème bitcoin », estime-t-il. Sur un marché qui
pourrait exploser s’il rencontre une
adhésion massive, mais qui pour le
moment génère très peu de chiffre
d’affaires, l’investissement est, plus
qu’ailleurs, un pari. « Il y aura très
peu d’élus, présume Kamel Zeroual.
Mais ACINQ a un actif technologique
fort et structurant, il s’agit donc d’un
potentiel gagnant. » — D. L.
Jean-Marie Padiou, cofondateur d’ACINQ, estime que Lightning
« permet de conserver le même niveau de sécurité
que sur Bitcoin ». Photo DR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
en
direct
Le risque
inondation décrypté
ÎLE-DE-FRANCE Le Syndicat
PACA Les zones inondables
intercommunal de traitement
des ordures ménagères de
l’agglomération parisienne a
obtenu le permis de construire
pour l’usine d’incinération
de déchets à Ivry-sur-Seine
(Val-de-Marne). Il pourra traiter
730.000 tonnes de déchets
par an. Un investissement
de 1,8 milliard d’euros.
Joel Saget/AFP
PME
&REGIONS
Ivry : l’incinérateur
obtient son permis
couvrent 10 % de la surface en
Provence-Alpes-Côte d’Azur et
ce sont en majorité des territoires urbains, selon une étude
que vient de publier l’Insee.
Au total, 998.100 habitants, soit
19 % de la population, vivent
dans une zone potentiellement
à risque. Parmi eux, 42.000 sont
soumis à un niveau de risque
élevé : plus d’une « chance » sur
deux d’être touché en quarante
ans. Pour la plupart (95 %),
l’exposition est moindre, mais
non négligeable : entre une
« chance » sur huit et une sur
trois de subir une inondation
sur la même période. Dans les
Alpes-Maritimes et le Vaucluse,
30 % des habitants vivent en
zone inondable. Comparativement, ils sont seulement 10 %
dans les Bouches-du-Rhône ou
les Hautes-Alpes.
Créations d’usines : la reconquête s’essouffle
l Sur les neuf premiers mois de l’année, le bilan entre création et fermeture de sites industriels se monte à 16.
l Les investissements sont toujours tirés par l’automobile et l’agroalimentaire, mais avec moins de vigueur.
INDUSTRIE
publiés par les entreprises ou
rapportés par la presse.
Julie Chauveau
— Avec le service Régions
Industrie manufacturière
Les effets du made in France et des
politiques de réindustrialisation
seraient-ils en voie d’essoufflement ? Les lobbys des défenseurs
du made in France continuent à
organiser des salons. Les 4 et
5 octobre aura lieu deux événements, Parcours France et
Dev & Co, destiné à permettre
aux acteurs des territoires de se
rencontrer. De son côté, le Salon
du Made in France se tiendra du 10
au 12 novembre au Parc des Expositions de la porte de Versailles à
Paris. Et le label Origine France
garantie, crée en juin 2010, compte
600 entreprises.
Mais, sur le terrain, la reconquête est lente. Après l’annus horribilis 2009, où la France avait
perdu 224 usines, selon les comptages du cabinet Trendeo, s’en
étaient suivies sept années avec
un solde négatif entre les créations de nouveaux sites et les fermetures (voir infographie ci-contre). En 2017, le solde était de 19.
Et 2018 ne devrait pas marquer
un gigantesque saut, sachant que,
sur les neuf premiers mois, le
compteur s’est arrêté à 16. L’observatoire est construit à partir d’une
compilation des communiqués
Sur l’ensemble des sites concernés,
depuis le début de l’année, l’industrie manufacturière a fait savoir son
intention de créer 14.746 emplois,
contre 11.532 sur la même période
de 2017. Pour rappel, les pertes rendues publiques en 2009 se montaient à 61.719 ! « Le progrès global de
l’industrie est d’autant plus impressionnant qu’il est obtenu alors que les
deux secteurs principaux, l’automobile et les industries alimentaires,
sont en repli par rapport à 2017,
même s’ils sont encore positifs », souligne David Cousquer, fondateur de
Trendeo. Le secteur automobile
avait été responsable d’une bonne
partie des destructions des années
2009-2012. Au total, 20 secteurs sur
27 analysés par le cabinet sont en
progression en 2018 par rapport à
2017 dans l’industrie.
Avec plus de 1.000 emplois créés,
la chimie est en nette progression,
avec en toile de fond les annonces
des groupes Ecophos à Dunkerque,
et Roullier en Bretagne. Et dans la
santé, le sud-africain Aspen a
décidé d’agrandir son usine de Seine-Maritime. Un investissement de
65 millions.
Localement, dans le Nord, le
rythme des implantations ou des
développements industriels reste
soutenu, mais avec une traduction
en emplois plus faible que par le
passé. L’équipementier aéronautique Rafaut posait mardi la première pierre de sa future usine de
pièces de grande taille à Valenciennes, pour un investissement de
20 millions d’euros, créateur de
60 emplois à terme. Produits Chimiques de Loos, fabricant de coagulants, injecte 50 millions dans une
nouvelle électrolyse à membranes,
un investissement qui pérennise les
125 emplois plus qu’il ne va en créer
de nouveaux. Sans oublier la
relance de l’ancienne usine papetière Arjowiggins, par la Wizpaper,
au prix de 16 millions d’investissements. De quoi recréer 80 emplois
sur les 310 perdus. A Dunkerque, la
nouvelle usine de ciment écologique (à partir d’un coproduit de
hauts-fourneaux) Ecocem doit
générer à plein régime 37 emplois,
pour des travaux de 37 millions
d’euros, qui devraient être doublés à
court terme, mais avec une création
inférieure d’emplois.
Spécialisation
des territoires
Certains territoires profitent de leur
spécialisation. Dans le Lot-et-Garonne, le site de l’Agropole dans la
banlieue d’Agen attire. Le groupe
Gozoki, qui regroupe plusieurs
PME, y investit 21 millions d’euros
dans une usine de légumes préparés, le plus souvent d’origine bio. Le
projet, baptisé « Vegecroc », devrait
générer 120 emplois dans les deux
ans. Près de Toulouse, Rossi Aéro a,
quant à lui, consacré 25 millions
d’euros pour créer une usine de pièces pour l’aéronautique. De son
côté, Latécoère a consacré 37 millions au transfert de son usine historique de Périole sur un autre site
moins enclavé à Toulouse. n
La technologie hybride sauve l’usine de PSA Borny
Spécialisé dans les boîtes
de vitesses, le site de Metz
Borny bénéficie d’un
investissement de 82 millions d’euros pour assembler les modèles destinés
aux véhicules hybrides.
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
La production de boîtes de vitesses destinées aux véhicules
utilitaires légers et aux particuliers démarrera en 2022. Photo DR
Les 1.300 salariés de l’usine de boîtes de vitesses PSA de Metz-Borny
n’osaient plus l’espérer. C’est pourtant leur site que le constructeur a
retenu fin septembre pour assembler la nouvelle génération destinée
aux véhicules hybrides, moyennant
un investissement de 82 millions
d’euros. Confirmée en comité
d ’e n t r e p r i s e f i n s e p t e m b r e ,
l’annonce propulse un site vieillis-
sant vers les technologies d’avenir.
La nouvelle boîte double
embrayage 7 rapports utilise la
technologie de micro-hybridation
pour réduire la consommation et
les émissions de CO2 de 15 % par
rapport à un modèle essence classique. La production destinée aux
véhicules utilitaires légers et aux
particuliers démarrera en 2022 et
devrait atteindre son rythme de
croisière deux ans plus tard avec
600.000 unités par an.
Dénommée « Punch Powertrain PSA e-transmission », la
coentreprise issue d’un joint-venture à 50-50 entre PSA et le fabricant de boîtes de vitesses sinobelge Punch Powertrain a choisi
le site de PSA Metz « pour sa perf o r m a nc e é c o n o m i q u e e t s o n
savoir-faire dans la fabrication de
boîtes de vitesses », indique la
direction de PSA.
400 salariés « glissants »
Construite dans les années 1970,
l’usine de Borny n’assemble plus
que des boîtes de vitesses MA
(5 rapports) et ML (6 rapports)
datant de plusieurs décennies. Au
cours des dix dernières années, la
production est passée de 2,5 millions à 1 million d’unités tandis que
les effectifs chutaient de 2.400 à
1.300 salariés. Retoquée en mars
dernier aux dépens de Valenciennes
(Nord) pour la fabrication de la boîte
de vitesses automatique, l’usine de
Borny avait tout lieu de craindre
pour son avenir. La nouvelle chaîne
de Punch Powertrain emploiera
400 salariés, essentiellement par
« glissement » de personnel.
Les élus se félicitent de cette
implantation, qui confirme la
position de PSA comme premier
employeur du Grand Est avec
14.000 salariés répartis entre les
s i t e s d e Tr é m e r y e t M e t z e n
Moselle, Colmar et Mulhouse en
Alsace et Sedan dans les Ardennes. En Moselle, le projet de PSA
B o r ny s’a j o u t e a u x r é c e n t e s
annonces de Mercedes Smart à
Hambach (500 millions d’euros)
de Knauf Insulation à Illange
(110 millions d’euros), de Continental à Sarreguemines (30 millions d’euros) ou, encore, de Metex
à S a i n t - Av o l d ( 5 2 m i l l i o n s
d’euros). Metz Métropole se félicite, quant à elle, d’avoir acquis
pour 2,4 millions d’euros de terrains à PSA, facilitant ainsi les
transactions ultérieures. n
Ledger fait fructifier les cryptomonnaies au cœur du Berry
Expert de la blockchain,
cette start-up qui sécurise
les transactions financières
sur les cryptomonnaies
construit une usine pour
rapatrier sa production
depuis la Chine vers Vierzon.
Christine Berkovicius
— Correspondante à Orléans
A Vierzon (Cher), le bitcoin n’a plus
rien de virtuel. Bien au contraire…
Au cœur du Berry, la plus célèbre
des cryptomonnaies est devenue
synonyme d’emploi, grâce à Ledger,
une start-up qui a investi environ
10 millions d’euros dans la construction d’une usine dédiée à
l’assemblage de ses produits.
Cette entreprise, née à Vierzon
en 2015 mais aujourd’hui basée à
Paris, commercialise des périphériques qui ressemblent à des clefs
USB ou de petits écrans tactiles,
pour sécuriser la signature des
transactions sur les cryptomonnaies. En 2017, les ventes ont
décollé. L’entreprise avait à l’époque installé un atelier de fabrication dans d’anciens bureaux peu
adaptés à une activité de produc-
tion. Elle avait prévu d’en commercialiser 50.000 unités, mais les
commandes ont dépassé le million. Résultat, la fabrication a dû
être en grande partie délocalisée
en Chine, pour pouvoir répondre
sans délai à la demande, et l’entre-
61
MILLIONS D’EUROS
Les fonds levés par Ledger
en janvier 2018.
prise a réalisé une année exceptionnelle, avec 45 millions d’euros
de chiffre d’affaires.
Permis de construire
accordé
En janvier 2018, Ledger a levé
61 millions d’euros pour financer
son développement, dont le rapatriement de la production en
France, dans des locaux qui lui permettent d’assurer à la fois la fabrication et la logistique. Le permis de
construire a été accordé cet été et la
construction devrait s’achever dans
un an. « Nous souhaitons garder la
main sur nos produits, nous sommes
dans le domaine de la sécurité, c’est
important pour nos clients », explique Joël Pobeda, cofondateur de
l ’e n t r e p r i s e , q u i e m p l o i e
aujourd’hui 170 personnes, dont 50
à Vierzon, une centaine à Paris et 20
à New York et Hong Kong, deux
bureaux qu’elle vient d’ouvrir pour
se rapprocher des grandes places
financières.
Les nouveaux locaux s’étendront sur plus de 4.000 mètres
carrés. Ils pourront accueillir jusqu’à 150 salariés et seront évolutifs
pour s’adapter à une éventuelle
progression de l’activité. Après
avoir ciblé les particuliers, Ledger
multiplie les projets. L’entreprise
s’intéresse à la clientèle des hedge
funds et des grandes banques – un
p a r t e n a r i a t a é t é n o u é ave c
Nomura, au Japon – et compte
bien faire de ce nouveau marché
un relais de croissance pour 2019.
Enfin, la start-up s’est positionnée
sur un nouveau créneau, celui des
objets connectés et vient d’engager une équipe pour travailler sur
la sécurisation des échanges de
données et transactions entre
machines. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 27
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
800.000
Les Sources de Soultzmatt savoure
la relance de son cola alsacien. La
PME de 40 salariés vient de rajeunir
la formule et l’allure de son Elsass
Cola qui a déjà 15 ans. Le taux de
sucre a été diminué à 9,4 grammes
par litre et des couleurs plus régio-
nales sont imprimées sur l’emballage. L’entreprise, qui produit par
ailleurs des sodas, espère porter la
production d’Elsass de 800.000 à
un million de bouteilles et doper sa
part de marché en Alsace, actuellement de 10 % sur les colas.
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES La
Wikipedia
BOUTEILLES DE COLA ALSACIEN
innovateurs
Savoie : la gare de
Modane évacuée
gare de Modane n’accueille plus
aucun voyageur après un dégagement de fumée suspect constaté sur un wagon de marchandises contenant divers
matériaux et des déchets du
BTP. Des analyses sont menées
par des spécialistes du risque
chimique. Le trafic a également
été interrompu.
La modélisation 3D
de Visible Patient
prise en charge à 100 %
livraisons et retours gratuits, puis
celle des chaînes textiles qui se sont
toutes mises à vendre des chaussures. » Le marché de la chaussure,
très secoué l’année dernière, a
ainsi vu disparaître la marque
Bata. Le groupe Vivarte a par
ailleurs dû réduire la voilure de
La Halle aux Chaussures de
135 magasins et cédé l’enseigne
André à Spartoo. Ce groupe avait
été également candidat à la reprise
de Millim. Cette petite chaîne nordiste de 25 magasins, basée à Longuenesse près de Saint-Omer, en
redressement judiciaire l’année
dernière également, a finalement
été recapitalisée par des acteurs
locaux qui ont fermé deux sites.
HAUTS-DE-FRANCE
En redressement
judiciaire depuis
février dernier,
la chaîne entame
demain les négociations avec les syndicats
sur la réorganisation.
Nicole Buyse
— Correspondante à Lille
Les difficultés du secteur de la distribution de mode s’accélèrent. Spécialiste des chaussures et accessoires low cost, la société Chaussexpo
– propriété de la famille du Nord
Desmazières –, placée en redressement judiciaire en février dernier, a
démarré mardi les négociations
concernant une nouvelle réorganisation de l’entreprise, menées avec
l’administrateur judiciaire.
Le plan prévoit la suppression de
124 postes, dont 94 générées par la
fermeture de 35 magasins d’ici à la
fin de l’année et le reste au siège de
Lesquin (près de Lille). L’effectif
totalise 744 personnes, n’incluant
pas l’activité logistique (64 salariés).
L’enseigne, dont le chiffre d’affaires
atteint 107 millions d’euros, accusait un déficit récurrent depuis
L’enseigne, dont le chiffre d’affaires atteint 107 millions d’euros,
accusait un déficit récurrent depuis 2015. Photo Mappy
2015. Après la défection fin 2016
d’un nouvel investisseur et une
mise en cessation de paiements
début 2018, la société avait fermé
29 magasins en 2017 réduisant le
parc à 223 établissements. Mais
cela n’a pas suffi.
Crise du textile
La reprise en 2008 d’un petit
concurrent en difficulté, la société
Tamalet – totalisant 70 magasins
dont 33 vendant également des
vêtements –, a généré les premiers
soucis financiers de Desmazières,
en raison de la récession sur le
marché du textile. Quatorze
magasins de Tamalet ont été fermés et le textile arrêté. Jean Petit,
DG de Chaussexpo, décrit un
enchaînement dans le temps.
« Nous avons subi d’abord la concurrence frontale des “pure players”
ne pouvant lutter contre leurs
Visible Patient
L’enseigne à petits prix Chaussexpo
ferme 35 magasins
LE PARTENARIAT
VISIBLE PATIENT
Date de création : 2013
Président : Luc Soler
Effectif : 16 personnes
Secteur : logiciels
Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
Fournir aux chirurgiens le clone
numérique 3D d’un patient.
C’est la promesse de Visible
Patient, fondé en 2013 à l’Institut
de recherche contre les cancers
de l’appareil digestif (Ircad) de
Strasbourg. A partir de scanners
ou d’IRM, la société modélise en
3D les organes du malade à opérer et en reconstitue chaque
structure anatomique ou pathologique. Grâce à un logiciel de
simulation préopératoire, le
praticien peut prévoir et visualiser l’acte chirurgical adapté à
son anatomie, évitant ainsi des
erreurs thérapeutiques. Plus de
3.000 personnes ont déjà bénéficié de cette technologie, lauréate du Prix de l’innovation
Réduire les collections
Chaussexpo reconnaît avoir raté le
virage des sneakers, ces chaussures
de sport qui se portent tous les jours
et dans toutes les tranches d’âge. Un
marché dominé par Decathlon. Le
plan de redressement de Chaussexpo, outre la réduction des coûts,
prévoit aussi un travail sur l’offre en
passant de deux à quatre collections, une refonte du site Internet et
le développement de nouveaux
métiers – générant onze créations
de postes – pour améliorer le cross
canal, le référencement et le travail
sur les réseaux sociaux. n
Le torréfacteur alsacien Sati s’agrandit
et modernise ses lignes
4,5 millions d’euros
ont été investis dans
près de 4.000 m2
de surface additionnelle sur le site
historique des Cafés
Sati, à Strasbourg.
Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
« Vital. » C’est l’adjectif utilisé par
Nicolas Schulé pour qualifier
l’extension du site strasbourgeois
a b r i t a n t l ’u s i n e e t l e s i è g e
des Cafés Sati, qu’il préside. « Le
site de torréfaction était dans la
même configuration depuis 2000 »,
déclare-t-il. Or, l’entreprise a multiplié les références. Notamment
via les capsules de café, commercialisées sous la marque Sati ou
sous des marques de distributeurs, qui représentent
aujourd’hui environ 40 % de la
production. Faute de place sur le
site strasbourgeois, elles étaient
jusqu’ici fabriquées dans l’usine
polonaise, désormais saturée.
Autrefois à vocation exclusivement industrielle, la zone est en
pleine urbanisation pour donner
lieu à un nouveau quartier baptisé
« Citadelle ».
Pour se maintenir, Nicolas
Schulé a posé ses conditions. Après
quelques allers-retours et négociations avec le groupe Port autonome
de Strasbourg, propriétaire des terrains, et la SPL Deux-Rives, responsable des aménagements du quartier, les travaux ont commencé et le
torréfacteur alsacien anticipe une
livraison de près de 4.000 m2 de surface additionnelle d’ici au second
semestre 2019.
Nouveaux formats
Dans ce site redimensionné, près de
3.000 m2 seront dédiés à un nouvel
entrepôt logistique, de nouveaux
bureaux, et la surface allouée au
conditionnement sera doublée, de
1.000 à 2.000 m2. Sati se dote ainsi de
deux lignes automatisées : l’une
dédiée à l’encapsulage du café, la
seconde à l’encartonnage des capsules. S’y ajoute une nouvelle ligne
plus flexible consacrée aux grains.
« Elle nous permettra de fabriquer de
nouveaux formats de 200 grammes à
3 kilos. Jusqu’ici, nous ne savions
faire que des paquets de 1 kilo au
maximum », précise le président de
l’entreprise qui produit annuellement 3.500 tonnes de café.
Si elle n’est pas encore opérationnelle, cette extension a déjà donné
lieu à 4 embauches au sein de
l ’e n t r e p r i s e q u i c o m p t e
47 employés pour un chiffre d’affaires de 33 millions d’euros en 2017. n
Joseph Cartron relance la cerise à l’eau-de-vie
LA PME À SUIVRE
BOURGOGNE
FRANCHE-COMTÉ
Effectif : 17 salariés
4,6 millions : 4,6 millions
Activité : spiritueux
Didier Hugue
— Correspondant à Dijon
Le liquoriste Joseph Cartron,
implanté à Nuits-Saint-Georges
(Côte-d’Or), a revisité la recette des
cerises à l’eau-de-vie. « Il nous aura
fallu deux années de mise au point
pour être satisfait du résultat et proposer le produit à une clientèle de bar-
men, cavistes et chocolatiers », indiq u e Ju d i t h C a r t r o n , P D G d e
l’entreprise familiale, fondée en
1882, qui porte son nom. L’élaboration commence dans des cerisaies
de la Meuse où les fruits juste cueillis
sont immédiatement plongés dans
un fût contenant un mélange
d’alcool surfin et d’eau. « La teneur
en eau doit être identique à celle des
fruits pour leur conserver une texture
charnue », explique Olivier Beutin,
directeur de production.
70 références
Ces cerises d’une bonne taille, des
griottes de Montmorency, y demeurent six mois. Nettoyés, triés et
égouttés, les fruits rejoignent
ensuite leur bocal. « Nous les noyons
de nouveau avec une liqueur composée d’un peu du mélange initial de
macération, d’infusion de cerises noires, de sucre et d’une touche de
kirsch », développe Olivier Beutin.
La dégustation finale donne un fruit
macéré, juteux, frais, ferme et surtout non dénoyauté. « Nous ne voulons concevoir que des produits
authentiques, loin de ces cavaleries
industrielles », ponctue la dirigeante.
Ces cerises à l’eau-de-vie rejoignent
une gamme de près de 70 références
maison en crèmes de fruits, liqueurs
et eaux-de-vie. Beaucoup de ces spiritueux entrent uniquement dans la
composition de cocktails concoctés
par des barmen ou mixologues.
« L’univers du cocktail est un marché de mode avec des collections et des
créateurs que les bars s’arrachent tant
ils ont une signature vendeuse, il faut
donc leur proposer en permanence de
la nouveauté », argumente Judith
Cartron. Cette clientèle représente
l’intégralité des exportations de
l’entreprise et 20 % de ses ventes en
France. Elle soigne donc ces professionnels en les faisant venir pour
découvrir des liqueurs avec des
goûts maison : thé vert, noir, sureau,
violette ou encore miel. Le liquoriste
emploie 17 personnes et réalise
4,6 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 36 % à l’international. Il
vient de séduire les marchés serbe,
chilien, libanais néo-zélandais, vietnamien et même islandais, mais
dans ce cas, pour le produit phare
régional : la crème de cassis. n
Economie de 125.000 euros
Pour le professeur Luc Soler,
président de Visible Patient, c’est
la démonstration du bénéfice de
cette innovation, « tant d’un
point de vue humain qu’économique ». Il prend l’exemple récent
d’un enfant de cinq ans atteint
d’un cancer du rein. Une analyse
du seul scanner aurait conduit à
l’ablation de la moitié de son rein
droit et de la totalité du gauche.
La modélisation par Visible
Patient aura finalement permis
de préserver une partie du rein
gauche, évitant une insuffisance
rénale. Résultat : pas de transplantation, de dialyse ni d’antirejet à vie, soit une économie
d’environ 125.000 euros en frais
de santé. « Sur ce seul et unique
cas, on comprend pourquoi une
assurance privée a décidé de faire
ce choix », estime-t-il. n
Medylink lève des fonds
pour sa plate-forme
de téléconsultation
seil Leyton. Cet apport lui permettra de porter le nombre de
ses délégués médicaux de 8 à 20
d’ici à deux ans, pour se déployer
à Marseille, Lyon et Paris.
5.000 médecins en 2021
Sandrine Arribeux
GRAND EST
2018 de l’Association française
de chirurgie (AFC), fin septembre. Aujourd’hui, 24 hôpitaux
en France et à l’étranger y ont
recours. Mais le coût de l’analyse, qui s’élève à 650 euros, reste
un frein. Pour obtenir une prise
en charge par l’assurance-maladie, une étude clinique coûtant
6 millions d’euros sur quatre ans
était nécessaire. Visible Patient a
préféré miser sur les complémentaires et mutuelles de santé.
Premières à s’engager, les Assurances du Crédit Mutuel ont
annoncé, mercredi, une prise en
charge à 100 %. Des négociations sont en cours avec trois
autres mutuelles.
LA LEVÉE DE FONDS
MEDYLINK
Date de création : 2011
Directeur général :
Christophe Molinié
Montant : 2,75 millions
Effectif : 17 personnes
Secteur : e-santé
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
La société toulousaine Medylink
a créé une plate-forme collaborative qui met en relation les
médecins généralistes, les spécialistes et les infirmier(e)s pour
faciliter l’accès aux soins et
réduire les déplacements. Elle
vient de lever 2,75 millions
d’euros auprès du fonds Majycc
Esante Invest créé par Yves Journel, fondateur des maisons de
retraite DomusVi, et Daniel
Caille, président de Vivalto
Santé. Il est accompagné par le
« family office » Bouscas et par
Olivier de Beauminy, président
de Medylink et du cabinet-con-
Pour l’heure, la plate-forme ne
compte que 600 médecins connectés, dont 250 spécialistes et
150 infirmier(e)s. « Nous voulons
en attirer 5.000 d’ici à trois ans
pour que le service soit représentatif », projette Christophe Molinié, fondateur et directeur général de Medylink. Elle permet aux
généralistes de trouver des spécialistes pour prendre en charge
un patient et de sous-traiter des
actes aux infirmier(e)s. La
société effectue les démarches
administratives pour la délégation d’actes de téléconsultation
et de téléexpertise, remboursés
depuis le 15 septembre. Le généraliste peut faire une consultation avec l’aide d’un spécialiste à
distance. Medylink loue aussi le
matériel : électrocardiogramme, polygraphe… et forme
le corps médical à son utilisation. Les fonds levés serviront à
accroître les fonctionnalités de
sa plate-forme, qui s’ouvrira aux
pharmaciens à la fin 2018 et aux
patients dans un an et demi pour
numériser le dossier médical. « Nous accroîtrons aussi le
service rendu aux médecins, en
effectuant le traitement informatique des données d’examen pour
détecter les anomalies »,
annonce Christophe Molinié. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
LE COURS DE L’ALUMINIUM
BONDIT APRÈS L’ARRÊT
D’UN SITE MAJEUR
L’aluminium a gagné 5,5 % sur le
LME après l’annonce de la mise à
l’arrêt de la plus grande raffinerie
d’alumine au monde, au Brésil. Son
propriétaire, le norvégien Norsk
Hydro a chuté en Bourse. La zone de
dépôt de déchets de la raffinerie est
presque saturée et un différend avec
les autorités l’empêche d’utiliser une
nouvelle usine de traitement des
résidus, a indiqué le groupe.
les
indices
Wall Street traverse le plus long marché
haussier de son histoire
D
l Rien ne semble vouloir interrompre
le plus long marché haussier
de la Bourse américaine, qui dure
depuis 3.495 jours.
l Cinq questions sur l’avenir
d’un « bull market » historique.
BOURSE
Pierrick Fay
@pierrickfay
Il dure depuis le 9 mars 2009, soit
3.495 jours. C’est le marché haussier le plus long de l’histoire de Wall
Street. La politique budgétaire et
fiscale a permis de relancer la croissance et les profits des entreprises
américaines en 2018. Pour combien
de temps ? Eléments de réponses
en cinq questions.
1
L’ÉCONOMIE
SERA-T-ELLE ENCORE
UN SOUTIEN ?
Le scénario « goldilocks », ce
fameux alignement de planètes qui
a alimenté la flambée des indices
actions, fonctionne toujours aux
Etats-Unis : une croissance jamais
vue depuis quatre ans, un chômage
au plus bas depuis 44 ans, une inflation modérée. Conséquence, l’économie américaine caracole quand
l’Europe, le Japon ou la Chine fléchissent. Pour combien de temps
encore ? Les avis divergent. Pour
UBS WM, « les effets de la réforme
fiscale et de la hausse des dépenses
budgétaires se feront encore ressentir
en 2019, tout comme les effets de la
dérégulation de certains secteurs.
C’est une bonne nouvelle pour les
actions américaines ». Pour Alain
Bokobza, chez Société Générale, au
contraire, « l’économie américaine
devrait commencer à ralentir alors
que l’impact de la réforme fiscale va
s’atténuer – au printemps 2019 – et
que la Fed va continuer d’augmenter
ses taux d’intérêt ». Cela sera-t-il suffisant pour mettre fin à presque
10 ans de marchés haussiers ? Pour
Aurel BGC, « l’élément clef sera la
date de fin du cycle aux Etats-Unis et,
pour le moment, il n’existe aucune
certitude que cela se passera l’année
prochaine ». Goldman Sachs ne voit
ainsi que 36 % de chances d’une
récession dans les trois ans.
2
LES BÉNÉFICES
VONT-ILS BAISSER ?
Le dernier sondage de Bank of America-Merrill Lynch est édifiant : pour
69 % des gérants sondés, les EtatsUnis sont la région la plus favorable
en ce qui concerne les prévisions de
Les chiffres fous
de Wall Street
ans, 6 mois et 25 jours :
•la 9durée
du plus long marché
boursier haussier de l’Histoire
(c’est-à-dire sans connaître de
chute de plus de 20 %), soit
3.495 jours. Série en cours.
101 : le nombre de records
de l’indice Dow Jones depuis
l’élection de Donald Trump.
Le S&P 500 en est à 89.
23 : le nombre de valeurs
du S&P 500 en baisse depuis
le 9 mars 2009, dont Under
Armour (–55 %), Kinder
Morgan (–42 %), Viacom
(–24 %) Kraft Heinz (–23 %),
Mattel (–15,6 %) et PepsiCo
(–8,7 %).
75 : le nombre de valeurs du
S&P 500 à avoir gagné plus de
1.000 % depuis le début du
marché haussier dont Apple
(+1.831 %), UnitedHealth
(+1.421 %), Boeing (+1.146 %),
Visa (+1.102 %) et Home Depot
(+1.025 %) sur le Dow Jones.
2 : le nombre de valeurs
ayant franchi cette année
la barre symbolique
des 1.000 milliards de dollars
de capitalisation.
bénéfices. Du jamais-vu depuis dixsept ans. Les analystes anticipent
encore une croissance des bénéfices
par action de près de 20 % au troisième trimestre pour le S&P 500. Il
est rare de voir les marchés boursiers s’effondrer lorsque les bénéfices des entreprises augmentent
autant. Même si, rappelle Morgan
Stanley AM, la réforme fiscale et les
rachats d’actions par les entreprises
ont enjolivé le décor (la croissance
bénéficiaire est ramenée à 8,5 %
sans cela). Or, estime Société Générale, « la hausse des coûts de financement et la moindre croissance économique vont rendre les politiques de
rachat d’actions plus onéreuses et les
actions américaines moins attractives », ce qui pourrait ralentir l’un des
moteurs de la hausse de Wall Street.
3
•
•
•
LA HAUSSE DES
SALAIRES VA-T-ELLE
ROGNER
LES MARGES ?
Amazon vient d’augmenter le
salaire minimum de plus de
250.000 employés aux Etats-Unis,
ce qui pourrait contraindre la
grande distribution à suivre. Et
d’autres, alors que le nombre
d’emplois vacants croît aux EtatsUnis. De quoi alimenter un peu plus
la hausse des coûts de production
des entreprises, au côté de la
hausse des prix du pétrole et des
effets des hausses de tarifs douaniers. Les marges pourraient donc
se retrouver sous pression. Au
point de peser lourdement sur les
marges ? Pour les stratégistes
d’UBS, « les craintes d’un recul à
court terme des marges semblent
exagérées. A l’exception du secteur
technologique, elles ne sont pas
excessives, sachant que celles des
technologiques sont soutenues par
des sociétés possédant des parts de
marché dominantes ». Par ailleurs,
UBS rappelle que « les marges ne
baissent généralement que lorsque
l’économie entre en récession ».
4
•
LES VALORISATIONS
ONT-ELLES ATTEINT
UN PLAFOND ?
En 2017, les investisseurs s’inquiétaient des excès de valorisation de
Wall Street, notamment la capitalisation des bénéfices ajustée des
cycles qui atteignait un niveau
Le décrochage des petites valeurs
Ce n’est pas l’indice le plus connu de Wall Street, mais
il mérite l’attention. En octobre, le S&P SmallCap 600,
indice des petites valeurs américaines, a reculé de 3,32 %,
quand le S&P 500 a pris 0,43 %. C’est sa pire sous-performance depuis quatre ans, selon S&P Dow Jones Indices.
L’indice n’a d’ailleurs connu une telle divergence baissière
qu’à 24 reprises au cours des 297 derniers mois. Surtout,
les écarts ont rarement été aussi importants (–3,75 %).
C’est arrivé seulement à sept reprises dans l’histoire,
dont deux fois, en mars 2000 et en juillet 2006, peu avant
les chocs de 2000-2002 et 2007-2009.
record. Le risque s’est depuis dilué,
constate Robeco : « Les inquiétudes
entourant les valorisations se sont
beaucoup apaisées, car les bénéfices
du S&P 500 progressent plus vite,
pour le moment en tout cas, que les
cours de Bourse. » Mais ces niveaux
de cours laissent tout de même peu
de place aux mauvaises surprises,
alors même que les attentes bénéficiaires des analystes sont très élevées.
5
LE RISQUE POLITIQUE,
UN DANGER POUR
WALL STREET ?
Guerre commerciale avec la Chine,
menaces contre la Corée du Nord,
l’Iran, la Turquie… La diplomatie de
Donald Trump est sur tous les
fronts et entretient le risque politique sur les marchés. Avec comme
conséquence de favoriser une fuite
des capitaux vers… les Etats-Unis.
« La problématique commerciale
contribue à limiter l’appétit pour le
risque, ce qui favorise les actions
américaines », explique Nordea
AM. « Leur suprématie montre à
quel point l’économie et les marchés
américains sont à l’abri des chocs
commerciaux. » Les flux sont donc
très favorables aux Etats-Unis.
Mais les élections de mi-mandat
aux Etats-Unis pourraient entraîner un nouvel équilibre des pouvoirs à Washington, réduisant ainsi
le « bruit politique » sur les marchés et donc l’attrait défensif de
Wall Street.
L’annonce de la mort du « bull
market » serait donc prématurée,
mais cela n’empêche pas les investisseurs d’y penser. Pour preuve, si
le S&P 500 a pris 9 % en 2018, seuls
trois secteurs y ont contribué : la
technologie, la consommation discrétionnaire et la santé. Des secteurs défensifs qui témoignent de la
prudence des marchés. n
INTERVIEW // CRAIG MACKENZIE Stratégiste d’Aberdeen
Standard Investment
« Il faut commencer à sortir des marchés
les plus chers, comme les Etats-Unis »
On sent les investisseurs
très attentistes…
Pendant près de deux ans, l’environnement a été porteur avec une
vue macroéconomique favorable :
la croissance accélérait, elle était
plutôt synchronisée. Mais les choses ont changé courant 2018. Si les
Etats-Unis restent forts, la croissance a ralenti dans le reste du
monde et la question qu’on peut se
poser, c’est : pendant combien de
temps encore vont-ils soutenir la
croissance mondiale ? De notre
point de vue, les Etats-Unis aussi
vont ralentir. La croissance sera
moins forte, sans que l’on puisse
encore parler d’une récession. Et je
pense que les marchés sont en train
de se faire à l’idée que la croissance
mondiale va ralentir.
Quels sont les facteurs
qui plaident pour
un ralentissement
de l’économie mondiale ?
Il y a trois raisons. D’abord, la
guerre commerciale. La Chine ne
veut pas d’un conflit, mais les EtatsUnis sont persuadés que le commerce avec la Chine n’est pas équitable. Pas seulement Trump, mais
beaucoup de gens dans son entourage. Et comme la Chine ne veut pas
capituler, cette question devrait rester centrale, avec le risque d’être
dommageable à terme pour la
croissance. Ensuite, les Etats-Unis
vont continuer d’augmenter les
taux, au moins encore trois ou quatre fois. Car la guerre commerciale a
Craig MacKenzie. Photo DR
un impact sur l’offre de l’économie,
pas sur la demande. Il n’y a toujours
pas eu de choc sur les prix. La
hausse des taux de la Fed aura des
répercussions sur les pays dépendants du dollar, comme certains
pays émergents, mais aussi des pays
comme la Suède, la Norvège ou
l’Australie, qui sont sensibles au
billet vert. Enfin, la Chine a démontré sa volonté de calmer son marché
du crédit. Elle a moins de marge de
manœuvre pour créer un stimulus
fort sur le crédit ou en termes budgétaires, parce que les ménages, les
entreprises et l’Etat sont endettés.
La croissance chinoise ne va pas
s’effondrer, mais elle va ralentir.
Quelles conséquences pour
les marchés financiers ?
On peut se demander si le moment
n’est pas venu de sous-pondérer les
actions, même si c’est toujours une
décision difficile à prendre. Les marges des entreprises sont à un pic historique pour les Etats-Unis, mais
aussi au Japon. Et si l’Europe n’en est
pas encore à son niveau de 2010,
c’est uniquement parce que les banques avaient des marges incroyables à cette époque. Globalement
donc, les marges sont très élevées et
ce qui sera clef pour l’avenir, c’est
l’évolution des salaires, surtout si la
croissance ralentit. On peut penser
que les entreprises ont atteint un pic
en termes de bénéfices, ce qui est un
signal de vente. Ensuite, les valorisations des actions ont augmenté.
Elles sont à un record pour les EtatsUnis, avec une prime de 30 % par
rapport à une moyenne de 15 ans.
L’Europe est aussi très bien valorisée, alors que les émergents et le
Royaume-Uni sont à leur prix. Couplé au fait que la croissance des profits va ralentir, c’est aussi le signe que
les marchés actions sont moins
attractifs.
Cela ne veut pas dire qu’il faut
vendre la classe d’actifs, mais c’est
pour nous le signe qu’il faut commencer à sortir des marchés les
plus chers – comme les Etats-Unis –
pour aller chercher des opportunités dans les pays les moins chers,
comme les émergents ou le Japon.
D’autant que la surperformance
récente doit beaucoup à la réforme
fiscale aux Etats-Unis et celle-ci est
maintenant derrière nous.
Propos recueilli par P. Fay
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
Le spécialiste
du crowdfunding
Anaxago change
de braquet
FINANCEMENT
PARTICIPATIF
La plate-forme
crée une société
de gestion.
Elle permettra
aux professionnels
de co-investir
dans des projets
proposés en ligne
aux particuliers.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
L’un des principaux acteurs
français de la finance participative a décidé de se tourner vers
la finance classique. La start-up
Anaxago, qui propose
aujourd’hui aux particuliers
d’investir en ligne dans des jeunes pousses ou des projets
immobiliers, doit annoncer ce
jeudi qu’elle a obtenu le feu vert
du gendarme de la Bourse pour
créer une société de gestion.
Baptisée Anaxago Capital,
celle-ci permettra notamment
aux investisseurs professionnels d’investir dans des projets
sélectionnés par la jeune
pousse. Aux côtés d’internautes
ou dans des projets dédiés.
Des besoins de plus
en plus importants
« L’objectif c’est de continuer à
miser sur la plate-forme tout en
s’appuyant sur les fonds de la
société de gestion pour le financement de projets plus importants ou plus matures, explique
Joachim Dupont, le cofondateur d’Anaxago. On a de plus en
plus d’acteurs qui viennent avec
des besoins de plus en plus
importants dans les secteurs de
l’immobilier et du capitalrisque. »
Brexit : les banques se
préparent au scénario du pire
l Les banques européennes ont posé les jalons de leur organisation
en cas de « hard Brexit ».
l La grande incertitude qui subsiste concerne l’avenir du marché des dérivés.
En tant que conseiller en
investissements participatifs, la
société peut aujourd’hui concourir à des financements d’un
montant de 2,5 millions d’euros
au maximum. Le gouvernement a décidé de relever ce plafond à 8 millions d’euros.
Cependant, avec Anaxago Capital, les capacités d’investissement de la plate-forme pourraient aller jusqu’à 10 millions
d’euros.
En créant sa société de gestion, Anaxago s’ancre dans un
club encore assez fermé.
« Parmi les plates-formes françaises du financement participa-
En créant sa société
de gestion, Anaxago
s’ancre dans un club
assez fermé.
tif, celles qui utilisent des financements complémentaires à ceux
fournis “par la foule” en ayant
recours aux institutionnels sont
en nombre limité », explique
Mikaël Ptachek, spécialiste des
fintech chez KPMG, Ce type de
modèle est plus répandu à
l’étranger. » En France, c’est le
cas, par exemple, du spécialiste
du prêt aux PME Lendix, qui
s’inscrit dans les pas du britannique Funding Circle.
Dans un premier temps,
Anaxago Capital compte lancer
un fonds de capital-investissement dans l’immobilier qui
devrait être bouclé au mois de
juin prochain. La société de gest i o n ve u t a u s s i p r o p o s e r
d’investir dans du capital-risque. Elle vise un encours de
200 millions d’euros d’ici à la fin
de 2020. Les produits
d’Anaxago Capital seront également ouverts aux particuliers, à
partir de 10.000 euros. n
Funding Circle dévisse pour
son premier jour en Bourse
Mauvais départ en Bourse pour Funding Circle.
La société britannique de prêts en ligne aux PME,
fleuron de la fintech, a vu son cours dévisser mercredi jusqu’à 24 % par rapport à son prix d’introduction de 440 pence, avant de se redresser légèrement à 365 pence. Les analystes estiment que sa
valorisation de départ, pourtant dans le bas de ses
attentes, a sans doute été surestimée.
La grande majorité des banques qui exercent à Londres via une succursale ont déposé une demande d’agrément pour exercer
sous le régime de succursale de pays tiers. Photo Shutterstock
BANQUE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Et si le plan B des banques en cas de
Brexit devenait leur plan A… Alors
que la tension politique monte d’un
cran et que l’hypothèse d’un « hard
Brexit » se renforce, le gouvernement lui-même a pris acte d’une
possible sortie du Royaume-Uni de
l’Union européenne sans accord.
« Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et la ministre chargée
des Affaires européennes ont présenté un projet de loi habilitant le
gouvernement à prendre par ordonnance les mesures de préparation au
retrait du Royaume-Uni de l’Union
européenne », indique le compte
rendu du Conseil des ministres de
mercredi.
Pour l’instant, aucune mesure
concrète n’est annoncée, mais pour
les banques françaises qui
emploient près de 12.000 personnes au Royaume-Uni et y génèrent
près de 6 % de leurs revenus, c’est
une bonne nouvelle. « Sollicitées
par leurs superviseurs pour fournir
des plans de continuité d’activité – y
compris en cas de “hard Brexit” – les
banques françaises se sont préparées
depuis de longs mois à la sortie du
Royaume-Uni de l’Union européenne. Mais quelques incertitudes
subsistent et nécessiteront, en cas de
“hard Brexit”, de mettre en œuvre des
mesures ciblées pour assurer la continuité de certaines activités », concède Marie-Anne Barbat-Layani, la
directrice de la Fédération bancaire
française.
« Mettre en place
un régime transitoire »
Sur le plan opérationnel, les banques ont été rassurées par les propos
du gendarme bancaire britannique.
« Le régulateur a annoncé son intention de mettre en place un régime transitoire s’il n’y a pas d’accord. Ce cadre
devrait permettre d’assurer la continuité des autorisations d’exercer des
banques de la zone euro au RoyaumeUni après le 30 mars 2019 », confirme
l’agence Moody’s dans une note. En
attendant de voir cette intention
effectivement confirmée par le Parlement britannique, la grande majorité des banques qui exercent à Londres via une succursale – grâce au
mécanisme de passeport européen –
ont toutefois déposé une demande
d’agrément pour exercer sous le
régime de succursale de pays tiers.
Crédit Agricole indique par exemple
avoir soumis sa demande en juillet
dernier.
Sur le plan
opérationnel,
les banques ont été
rassurées
par les propos
du gendarme bancaire
britannique.
Pour les banques européennes,
les conséquences d’un « hard
Brexit » peuvent être multiples.
Pour certaines, cela pourrait se
matérialiser par une hausse de leurs
besoins en capitaux propres : « Si
après le Brexit, les chambres de compensations britanniques ne sont pas
reconnues par le règlement EMIR, les
banques européennes qui en sont
membres pourraient se voir infliger
des exigences en fonds propres plus
importantes », indique l’agence
Moody’s, qui estime toutefois que ce
risque n’est pas de nature à déstabiliser les banques européennes.
Pour les banquiers, la grande
incertitude qui subsiste concerne
l’avenir de leurs contrats de dérivés
en cas de « hard Brexit ». « La possibilité pour les banques de l’Union
européenne de traiter des dérivés et
de les compenser depuis Londres
dépendra de la capacité de l’Union
européenne à reconnaître ces marchés. Sans accord, ils n’auront plus de
statut dans le cadre du droit européen », avertit Nick Hill, directeur
chez Moody’s. Le sujet est sensible
pour toutes les grandes banques
d’investissement. Les plus exposées
dans ce domaine en France sont
BNP Paribas et Société Générale.
« Pour l’instant, les autorités européennes ne se sont pas exprimées sur
la question mais nous estimons
qu’un tel enjeu de stabilité financière
ne pourra pas être laissé sans
réponse », tempère Nick Hill.
4
À NOTER
En cas de « hard Brexit »,
Crédit Agricole CIB pourrait
transférer entre 2 et 6 %
de ses 760 salariés basés
à Londres vers son siège
de Montrouge.
Les banquiers face à l’épineuse
question des dérivés
Les banques craignent
de ne pas être en mesure de
transférer leurs contrats de
dérivés sur le sol européen
avant mars prochain.
S. W. avec Thibaut Madelin
4–14 OCTOBRE 2018 • PARIS EXPO PORTE DE VERSAILLES
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Le Brexit représente un risque
majeur pour le système financier. En sortant de l’Union européenne, sans accord préalable, le
Royaume-Uni risque de voir son
marché de dérivés ne plus être
reconnu dans le cadre du droit européen. « La perte de ce statut pour les
transactions réalisées au RoyaumeUni signifierait que les banques de
l’Union européenne ne rempliraient
plus leurs obligations, c’est pourquoi
elles doivent transférer les traitements de leurs dérivés dans d’autres
Etats membres de l’Union », détaille
l’agence Moody’s dans une note.
Ces transferts concernent aussi la
compensation de ces opéra-
tions. Actuellement, les contrats de
dérivés de taux libellés en euro sont
essentiellement compensés par la
chambre de compensation londonienne LCH. Or, les banques européennes doivent d’ores et déjà prévoir d’être en mesure de le faire à
Francfort ou Paris. Cela représente
L’espoir qui domine
reste que l’UE et le
Royaume-Uni
parviennent au moins
à un accord transitoire.
un travail colossal pour les établissements. « C’est l’éléphant dans la
pièce ! », témoigne un banquier allemand. Désigné sous le terme de
« repapering », l’exercice de transfert
implique d’adapter de centaines de
milliers de contrats de produits dérivés pour leur donner une validité
légale dans l’Union européenne en
cas d’absence d’accord entre Bruxelles et Londres. « Toutes les banques
travaillent sur ce sujet », dit-il, mais ça
peut prendre 6 à 12 mois. Le sujet est
d’autant plus sérieux que Londres
concentre la vaste majorité des activités de dérivés. « La place de Londres
est quatre fois plus importante que
celle de Francfort en la matière », confirme un spécialiste.
Au sein de la communauté financière, on reconnaît qu’il y a peu de
chances que l’ensemble des contrats soient transférés d’ici à mars
prochain. « Cette question suscite
une grande inertie car les banques ne
souhaitent pas se relocaliser dans un
marché plus petit… », concède un
spécialiste. La place de Londres
offre en effet plus de liquidités aux
banques européennes pour effectuer leurs transactions. Au sein des
banques, l’espoir qui domine reste
donc que l’Union européenne et le
Royaume-Uni parviennent au
moins à un accord transitoire.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
AXA et les Hauts-de-France
avancent dans la télémédecine
Coinbase valorisé
8 milliards
de dollars
l L’assureur français et la région présidée par Xavier Bertrand
ont noué un partenariat visant à faciliter l’accès aux soins.
l Une expérimentation de téléconsultation médicale sera menée
dans un « désert médical » du Pas-de-Calais.
CRYPTOMONNAIES
La plate-forme
californienne serait
sur le point de lever
500 millions
de dollars.
ASSURANCE
L’hypothèse
d’une introduction
en Bourse prend
plus d’épaisseur.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
AXA continue de pousser ses
pions dans la télémédecine. Après
avoir été le premier assureur français à proposer à ses clients l’accès
à un tel service, le groupe dirigé
par Thomas Buberl a signé ce
mercredi un partenariat avec la
région Hauts-de-France, qui prévoit notamment une solution
expérimentale « sur mesure » de
téléconsultation médicale.
L’accord passé avec la région
présidée par Xavier Bertrand –
qui fut agent général d’assurance et ministre de la Santé –
vise à faciliter l’accès aux soins
dans les déserts médicaux. Cette
expérimentation doit commencer le 1er janvier prochain avec la
communauté de communes des
Sept Vallées dans le Pas-de-Calais, un territoire rural de
60 communes et 30.000 habitants qui souffre d’une pénurie
de médecins.
Un espace de télémédecine sera
installé dans une clinique de la
commune de Marconne. Le patient
y sera reçu par un infirmier qui établira la connexion avec le médecin.
Ce dernier effectuera la consultation à distance via les outils
connectés (stéthoscope, otoscope,
tensiomètre, etc.) manipulés par
l’infirmier.
Premier bilan dans un an
Ce sont des médecins partenaires
locaux qui assureront les téléconsultations. A défaut, le patient
pourra être mis en relation avec les
médecins d’AXA Assistance – qui
interviennent déjà sur la plateforme de téléconsultations du
groupe. « Il y a un important travail
de communication à faire pour une
bonne appropriation du dispositif et
qu’il n’y ait pas d’idées fausses »,
explique Xavier Bertrand.
Un bilan est prévu au bout d’un
an. AXA juge impossible de
prédire l’utilisation d’un tel service. « C’est une première », souli-
Raphaël Bloch
@Bloch_R
La course aux records se poursuit pour Coinbase. Après avoir
dépassé les 20 millions d’utilisateurs cet été, la plate-forme
d’échange de cryptomonnaies a
vu sa valeur financière progresser encore. Selon le site spécialisé Recode, la start-up californienne est désormais valorisée
8 milliards de dollars.
Ce chiffre avait déjà été
évoqué au printemps, après des
fuites dans le cadre du rachat de
Earn.com. Mais il était au
conditionnel. Cette fois-ci, les
chiffres sont plus concrets. Coinbase serait en effet sur le point de
lever 500 millions de dollars
auprès du fonds new-yorkais
Tiger Global Management,
explique Recode. Coinbase a
connu une croissance exponentielle. Il y a moins d’un an, la
société fondée par Brian Armstrong en 2012 n’était valorisée
qu’aux alentours de 2 milliards
de dollars. Mais la forte hausse
des cours a entraîné un afflux
d’investisseurs. Aujourd’hui,
Lors d’une téléconsultation, une patiente est reçue par une infirmière qui est connectée
avec un médecin qui établira le diagnostic. Photo Paul Allard/RÉA
gne Jacques de Peretti, le PDG
d’AXA France, qui se dit déjà prêt
à renouveler l’expérience avec la
région dans d’autres territoires.
« Nous ne sommes pas sous objectifs. Mais le juge de paix sera le
nombre de personnes prises en
charge par ce dispositif », indiquet-il. A titre de point de repère, le
ser vice de téléconsultations
ouvert par l’assureur en 2014,
et aujourd’hui accessible à
5 millions de bénéficiaires,
tourne désormais autour de
20.000 consultations par an.
AXA va investir de l’ordre de
100.000 à 150.000 euros par an
dans le projet des Sept-Vallées
(coûts informatiques, formation
des médecins locaux, mise à
disposition de ses médecins). Il
prendra aussi à sa charge les télé-
Les téléconsultations prises
en charge par l’Assurance-maladie
Depuis le 15 septembre, il est possible de bénéficier
d’un acte de téléconsultation pris en charge par
l’Assurance-maladie. Pour être remboursable,
la téléconsultation doit être réalisée par le médecin
traitant ou par un médecin recommandé par celui-ci.
Il est prévu des exceptions pour l’accès aux spécialistes,
pour les patients de moins de 16 ans ou encore pour
les personnes n’ayant pas de médecin traitant. Les tarifs
et les modalités de prise en charge sont les mêmes
que pour les consultations classiques.
consultations effectuées par les
médecins d’AXA Assistance. Si les
consultations à distance sont remboursées par l’Assurance-maladie
depuis le 15 septembre dernier, ce
n’est toutefois pas le cas pour les
consultations effectuées par
ceux-ci.
Prévention et services
« La France est le premier pays à
s’être mis au remboursement de la
télémédecine. C’est une bonne première étape », veut surtout retenir
Thomas Buberl, le directeur général d’AXA, qui a fait de la santé l’un
des marchés prioritaires du géant
français de l’assurance. Depuis
son arrivée aux manettes il y a un
peu plus de deux ans, il cherche
aussi à faire sortir l’assureur d’un
rôle de « simple payeur de factures » pour aller vers davantage de
prévention et de services. Une stratégie illustrée notamment par
cet intérêt croissant p our la
télémédecine. n
L’assureur s’associe à Navya dans les véhicules
autonomes
Le géant français
de l’assurance a signé un
partenariat stratégique
de trois ans avec
le constructeur français
de navettes autonomes.
constructeur du véhicule à son
op érateur, en passant par le
concepteur de l’algorithme ou
encore le fournisseur de la
technologie embarquée.
Les assureurs commencent à monter à bord de la voiture autonome.
AXA a annoncé ce mercredi matin,
à l’occasion de l’ouverture du
Mondial de l’automobile Paris 2018,
un partenariat stratégique avec
Navya, un constructeur français de
navettes autonomes.
Signé pour une durée de trois
ans, cet accord représente « une
opportunité commerciale majeure
avec l’un des acteurs les plus importants du véhicule autonome »,
affirme aux « Echos » Guillaume
Borie, directeur de l’innovation
d’AXA. Navya a déjà commercialisé 89 exemplaires dans 17 pays,
dont la France, l’Allemagne, les
Etats-Unis, la Suisse ou le Japon.
La start-up lyonnaise a aussi
développé un robot-taxi, dont les
premiers essais routiers sont
annoncés pour bientôt. Comme
l’expliquent les deux partenaires
dans un communiqué conjoint, il
« Il ne faut pas être effrayé par
l’inconnu. Le véhicule autonome,
c’est aujourd’hui principalement un
sujet de transport collectif. La problématique est très proche de celle du
transport aérien, où la recherche de
responsabilité remonte très loin dans
la chaîne de valeur, jusqu’aux soustraitants », indique Guillaume
Borie. Le partenariat avec Navya
comprend aussi un volet R&D
autour du partage des données
générées par le véhicule autonome.
De quoi permettre à AXA d’affiner
sa connaissance de ce nouveau
risque.
Plus globalement, ce partenariat
« s’inscrit dans notre priorité stratégique de devenir l’assureur référent
des nouvelles formes de mobilité »,
ajoute-t-il. Au printemps, AXA
s’était associé à BlaBlaCar pour proposer une offre d’assurance auto
aux membres de la plate-forme de
covoiturage en France. — L. T.
Nouvelles mobilités
La start-up lyonnaise Navya a déjà commercialisé 89 exemplaires
de sa navette autonome dans 17 pays. Photo Navya
s’agira notamment de « développer des solutions d’assurance
adaptées aux véhicules autonomes ». Il est prévu qu’AXA en
propose à Navya pour l’accompagner dans son activité de constructeur. « Mais, à l’heure actuelle,
nous ne sommes pas son assureur », précise Guillaume Borie.
Toutefois, pour AXA, il y a aussi
matière à développer des offres
« sur mesure » pour les différents
clients opérateurs des navettes
Navya.
D’autant plus qu’avec le véhicule
autonome, « la chaîne de responsabilité est morcelée », souligne
Guillaume Borie. En cas d’accident,
une multitude d’intervenants pourraient en effet être mis en cause, du
Coinbase est considérée comme
la Bourse de référence pour les
cryptomonnaies. La plateforme propose d’acheter cinq
cryptomonnaies, comme le
bitcoin et l’ether, les deux principales du marché. Cinq nouvelles
devises 2.0 devraient suivre.
Seuls Binance et Poloniex peuvent faire de l’ombre au groupe
de Brian Armstrong. Le géant
chinois, valorisé plusieurs milliards, revendique lui aussi
autour de 20 millions d’utilisateurs. La plupart sont attirés par
le large choix – une centaine de
cryptos – offert par le groupe
désormais basé à Malte. De son
côté, l’américain Poloniex, un
peu plus petit que les deux mastodontes, bénéficie de la puissance et des ambitions de son
nouveau propriétaire, le géant
américain de la fintech Circle.
Signaux d’IPO
Mais là où Coinbase garde un
peu d’avance sur ses deux
concurrents, c’est sur la course
à une éventuelle introduction
en Bourse. Car la société californienne s’est considérablement
rapprochée de Wall Street
depuis des mois. Même si rien
n’est encore arrêté, Brain Armst r o n g a e nvo yé p l u s i e u r s
signaux allant vers une IPO de
sa société. « Je dirigerais bien
une société cotée », a-t-il lâché en
septembre, lors du Salon TechCrunch à San Francisco. Une
proposition qui tombe bien :
son actionnaire Tiger Global
Management a investi dans
plusieurs célèbres sociétés
cotées parmi lesquelles LinkedIn, Spotify et Facebook. n
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REPUBLIQUE FRANCAISE
PRÉFET DE LA SEINE-SAINT-DENIS
Direction de la coordination des politiques publiques et de l’appui territorial –
Bureau de l’environnement
APPLICATION DU CODE MINIER ET DU CODE DE
L’ENVIRONNEMENT CONCERNANT LES OPÉRATIONS
SUSCEPTIBLES D’AFFECTER L’ENVIRONNEMENT
RAPPEL - AVIS D'ENQUÊTE PUBLIQUE
RECHERCHE DE GÎTE GÉOTHERMIQUE À
BASSE TEMPÉRATURE AU DOGGER ET AU TRIAS
ET OUVERTURE DE TRAVAUX DE FORAGE (DOUBLET)
SUR LA COMMUNE DE BOBIGNY
Le Syndicat SIPPEREC a présenté les 23 janvier et 2 juillet 2018, au préfet de
la Seine-Saint-Denis une demande à l’effet d’obtenir l'autorisation de recherche
d'un gîte géothermique pour une durée de trois ans sur le territoire des
communes de Drancy, Le Blanc-Mesnil, Bondy, Noisy-le-Sec, Romainville,
Pantin et Bobigny (93) et d’ouverture de travaux de forage de recherche
d’un gîte géothermique dans la nappe du Dogger et au Trias sur la commune
de Bobigny. Une demande d’information peut lui être adressée (Tour Lyon Bercy,
173-175 rue de Bercy, 75012 Paris).
L’enquête publique conjointe relative aux deux demandes d’autorisation
se déroulera à la mairie de Bobigny
du mardi 2 octobre 2018 au mercredi 7 novembre 2018 inclus.
Le dossier de demande d’autorisation comprenant une étude d’impact et
l’avis de l’autorité administrative de l’État compétente en matière d’environnement
sera déposé durant l’enquête publique à la mairie de Bobigny, où il pourra être
consulté par le public, ainsi que dans les autres communes concernées par le
périmètre de recherches et à la préfecture de la Seine-Saint-Denis (bureau de
l’environnement).
Monsieur Pierre VIGEOLAS, commandant de police retraité, désigné en qualité
de commissaire enquêteur titulaire, se tiendra à la disposition du public, à la mairie
de Bobigny (31, avenue du Président Salvador Allende, à Bobigny), pour recevoir
les observations du public, aux jours et heures ci-après :
Mardi
2 octobre
2018 de
8 h 30 à 11 h 45
Mercredi 10 octobre
2018 de 13 h 30 à 16 h 30
Jeudi
18 octobre
2018 de
8 h 30 à 11 h 45
Jeudi
25 octobre
2018 de
8 h 30 à 11 h 45
Mercredi
7 novembre 2018 de 13 h 30 à 16 h 30
Toute personne qui aurait à présenter des observations, pourra les faire
connaître, pendant la durée de l’enquête publique, soit en les consignant sur
le registre d’enquête aux heures d’ouverture des mairies précitées, soit en les
adressant à la mairie de Bobigny, à Monsieur Pierre VIGEOLAS, commissaireenquêteur chargé de procéder à l’enquête publique, soit en les faisant parvenir par
lettre recommandée au préfet de la Seine-Saint-Denis, à l’attention du bureau de
l’environnement (direction de la coordination des politiques publiques et de l’appui
territorial), soit à l’adresse suivante : pref-enquetes-publiques-environnement@
seine-saint-denis.gouv.fr.
Toutes observations ou oppositions relatives à cette demande
d’autorisation pourront également être adressées avant la fin de l’enquête
publique, par lettre recommandée au préfet de la Seine-Saint-Denis,
conformément aux dispositions de l’article 10 du décret n° 78-498 du 28 mars 1978.
De même, les demandes en concurrence présentées, qui sont mentionnées
par les articles 3 à 6 du décret précité doivent parvenir au préfet, au plus tard dans
les quinze jours qui suivent la fin d’enquête.
À l’issue de l’enquête publique conjointe, le rapport et les conclusions du
commissaire enquêteur seront tenues à la disposition du public pour une durée
d'un an, dans les sept mairies, aux heures et jours d'ouverture du public ainsi que
sur son site internet. sur son site internet.
La décision susceptible d’intervenir à la fin de cette procédure est une
autorisation assortie du respect des prescriptions et prise par arrêté préfectoral ou
un refus.
EP18-427
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
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FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
Refinitiv affiche ses ambitions
dans les terminaux financiers
SALLES DE MARCHÉS
Séparé de son ancienne
maison mère, Thomson Reuters, le spécialiste du trading et
des données de marché
veut relancer
les investissements.
Son objectif est
de regagner des parts
de marché
face à Bloomberg.
Guillaume Benoit
@gb_eco
Un nouveau nom pour un nouveau
départ. La branche Financial &
Risk de Thomson Reuters, qui rassemble les activités de trading et de
données de marché, s’est rebaptisée
Refinitiv. Une façon d’afficher sa
prise d’indépendance après le
rachat de 55 % de son capital par un
consortium mené par le fonds
d’investissement Blackstone, avec
le fonds souverain singapourien
GIC et le Canada Pension Plan
Investment Board.
L’opération, bouclée en début de
semaine, est l’un des plus gros LBO
(acquisition avec effet de levier) réa-
lisé depuis la crise financière. Son
montant, autour de 20 milliards de
dollars, est notamment financé par
une dette bancaire et obligataire de
13,5 milliards de dollars. Elle permet de détacher cette division du
reste du groupe, dans le cadre de la
plus importante restructuration
depuis le rachat de Reuters par
Thomson Financial en 2008.
Thomson Reuters conservera 45 %
de Refinitiv, ainsi que les activités
de presse, la division droit et fiscalité et la division comptabilité. Elle
recevra en outre 325 millions de
dollars par an pendant trente ans
de son ancienne branche, en contrepartie d’un abonnement aux
services de Reuters News.
L’objectif de ce détourage est de
permettre à la nouvelle entité de
prendre pleinement son envol et
de venir mieux concurrencer son
grand rival Bloomberg. Outre ses
plates-formes boursières électroniques Tradeweb, incontournable sur le marché des obligations
et des ETF, et FXall sur les changes, Refinitiv propose en effet une
offre en matière d’information et
de données de marché, et un terminal baptisé « Eikon ». « Si les
offres de service de Bloomberg et
d’Eikon sont relativement similaires, ce dernier a progressivement
perdu des parts de marché, faute
notamment d’investissements
pour suivre les virages technologiques et les nouveaux besoins des
clients », explique Antoine Pertriaux, chez Cognizant.
Un soutien de Blackstone
Selon les données du cabinet spécialisé Burton-Taylor International Consulting, Bloomberg possédait en 2016 une confortable part
de marché de 33,4 % contre
23,4 % pour Eikon. Le patron de
Refinitiv, qui dirigeait déjà l’activité dans le giron de Thomson
Reuters a annoncé dans le
« Financial Times » une grande
campagne d’investissement pour
combler ce retard. Il compte
notamment développer l’utilisa-
tion de l’intelligence artificielle, le
« cloud computing » et l’automatisation. Pas sûr toutefois que ce
soit suffisant pour chasser les terminaux de son principal concurrent qui sont bien implantés dans
les salles de marchés.
Outre l’enrichissement de son
offre, Refinitiv devrait également
pourvoir compter sur son nouvel
actionnaire, en relation étroite
avec les grandes banques d’affaires, notamment. « De par son
empreinte sur les marchés de
capitaux, Blackstone pourrait
encourager l’utilisation des services de Refinitiv au sein de son
réseau et ainsi en accélérer le
développement », ajoute Antoine
Pertriaux. n
Accord d’Euroclear avec la Fed
sur les transactions en dollars
C’est une première pour un acteur non américain.
Le dépositaire central Euroclear UK & Ireland est désormais connecté au système de règlement livraison de la
Réserve fédérale américaine. Concrètement, cela signifie
que le règlement des transactions sur titres libellés en
dollar pourra se faire en monnaie « banque centrale »,
c’est-à-dire depuis les comptes ouverts par les banques à
la Fed. Un système bien plus sécurisé que les règlements
livraisons effectués en monnaie « commerciale ».
De quoi attirer plus d’activité pour Euroclear.
LA SÉANCE DU 3 OCTOBRE 2018
Reprise timide
à la Bourse
de Paris
après l’Italie
Après avoir perdu 0,71 % la
•veille,
préoccupée par les ten-
sions sur l’Italie, la Bourse de
Paris s’est ressaisie mercredi.
Dans un volume d’échanges
limité de 2,9 milliards d’euros,
l’indice CAC 40 a gagné
23,51 points, à 5.491,40 points,
soit une hausse de 0,43 %. Les
investisseurs ont été rassurés
par les propos du ministre italien des Finances, Giovanni
Tria, prévoyant une baisse du
déficit à partir de 2020.
Les bonnes nouvelles économiques venues des Etats-Unis,
notamment des embauches
plus importantes que prévu au
mois de septembre et une forte
croissance dans l’activité des
services ont également
contribué à dynamiser la cote
parisienne.
Du côté des valeurs, le secteur bancaire a repris de la
vigueur après avoir pâti de son
exposition à la dette italienne.
Crédit Agricole SA a gagné
1,67 %, Société Générale a
progressé de 1,08 %, BNP Paribas a pris 0,96 %, et Natixis
0,88 %. Michelin, en hausse de
2,45 % a pris la tête du CAC 40,
après un relèvement de sa
recommandation par Morgan
Stanley. Airbus (+1,31 %) s’est
adjugé la troisième place du
podium.
En dehors de l’indice phare
parisien, A l s t o m a gagné
2,81 % après la cession à General Electric (GE) de trois coentreprises. Altran a profité de la
hausse de sa recommandation
par Kepler Cheuvreux et a
bondi de 9,13 %. Tout comme
Rubis (+3,05 %), distingué par
Goldman Sachs.
L’actualité boursière a également été marquée par les
débuts en B ourse d’Aston
Martin. Pour sa première journée de cotation à la Bourse de
Londres, le constructeur de voitures de sport a perdu 4,74 %.
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REPUBLIQUE FRANCAISE
PRÉFECTURE DE LA SEINE-SAINT-DENIS
PRÉFECTURE DE LA RÉGION ÎLE-DE-FRANCE,
PRÉFECTURE DE PARIS
PRÉFECTURE DE SEINE ET MARNE
PRÉFECTURE DU VAL-D’OISE
AVIS D’ENQUÊTE PUBLIQUE
Le ministère de la transition écologique et solidaire, direction générale des infrastructures, des transports et de la mer
(DGITM), situé Tour Séquoia, 92055 La Défense cédex, a présenté une demande d'autorisation environnementale relevant de
la loi sur l’eau au titre des articles L.181-1 à L.181-4 du code de l’environnement et à la dérogation pour atteinte à des espèces
protégées, en application de l’article L. 411-2 du code de l’environnement, concernant la réalisation d’une liaison ferroviaire directe
entre Paris (gare de l’Est) et l’aéroport Paris Charles de Gaulle (gare CDG 2), dénommée Charles de Gaulle Express.
Son tracé traverse les communes de Paris (10ème et 18ème arrondissements) Aubervilliers, La Courneuve, Le Bourget,
Drancy, Le Blanc-Mesnil, Aulnay-sous-Bois, Sevran, Villepinte, Tremblay-en-France, Villeparisis, Mitry-Mory et Le Mesnil-Amelot.
Les rubriques concernées par le projet au titre de la loi sur l’eau sont les suivantes : 1.1.1.0., 1.1.2.0., 2.1.5.0., 2. 2. 1. 0. et
2. 2. 3. 0.
Cette enquête publique se déroulera pendant 30 jours consécutifs, du lundi 22 octobre 2018 au mardi 20 novembre
2018 inclus en mairies de Paris (9ème, 10ème, 18ème et 19ème arrondissements), Pantin, Saint-Ouen, Saint-Denis, Aubervilliers,
La Courneuve, Le Bourget, Drancy, Le Blanc-Mesnil, Aulnay-sous-Bois, Livry-Gargan, Sevran, Vaujours, Villepinte, Tremblayen-France dans le département de la Seine-Saint-Denis, Villeparisis, Mitry-Mory, Le Mesnil-Amelot, Mauregard, Claye-Souilly,
Isles-les-Villenoy, Trilport et Fresnes-sur-Marne dans le département de la Seine et Marne, Roissy-en-France, Marly-la-Ville et
Vémars, dans le département du Val-d’Oise
La commission d’enquête a été désignée le 27 août 2018 par le président par intérim du tribunal administratif de Montreuil.
Elle est constituée de Monsieur Claude RICHER, cadre supérieur dans le domaine des grands projets de centrales thermiques,
en qualité de président, de Monsieur Jean CULDAUT, architecte urbaniste indépendant, et de Monsieur Jean-Charles BAUVE,
architecte D.P.L.G. en qualité de membres titulaires.
Le dossier de demande d’autorisation environnementale comprenant notamment une étude d'impact, l’avis de l'autorité de
l'État compétente en matière d'environnement, les avis de l’Agence régionale de la santé d’Île-de-France pour le compte des
délégations territoriales de la Seine-Saint-Denis, de Seine-et-Marne et du Val-d'Oise, de la direction régionale des affaires
culturelles d’Île-de-France et du Conseil national de protection de la nature, des collectivités territoriales et de leurs groupements,
du mémoire en réponse de la direction générale des infrastructures, des transports et de la mer (DGITM), ainsi qu’un registre
d’enquête publique, seront déposés dans les lieux d’enquête suivants, où ils pourront être consultés aux jours ouvrables et heures
habituels d’ouverture au public :
MAIRIE DE PARIS 9ÈME
Service des affaires générales
6, rue Drouot, 75009 Paris
MAIRIE DE PARIS 10ÈME
Service des affaires générales
72, rue du Faubourg Saint-Martin,
75010 Paris
MAIRIE DE PARIS 18ÈME
Service des affaires générales
1, place Jules Joffrin, 75018 Paris
MAIRIE DE PARIS 19ÈME
Service des élections
5/7, place Armand Carrel, 75019 Paris
MAIRIE DE CLAYE-SOUILLY
Service de l’urbanisme
1, allée André Benoît, 77410 Claye-Souilly
MAIRIE DE FRESNES-SUR-MARNE
2, rue de l’Église, 77410 Fresnes-sur-Marne
MAIRIE D’ILES-LES-VILLENOY
Service accueil
58, rue des Meaux, 77450 Iles-les-Villenoy
MAIRIE DE LE MESNIL AMELOT
2 rue du Chapeau
77990 Le Mesnil-Amelot
MAIRIE DE MAUREGARD
12, rue de la Grande Allée
77990 Mauregard
MAIRIE DE MITRY-MORY
Direction de l’aménagement Service environnement
11/13, rue Paul Vaillant Couturier,
77290 Mitry-Mory
MAIRIE DE TRILPORT
Rue du Général de Gaulle, 77470 Trilport
MAIRIE DE VILLEPARISIS
Service de l’urbanisme
32, rue de Ruzé, 77270 Villeparisis
MAIRIE D’AUBERVILLIERS
Service santé environnementale
31-33, rue de la Commune de Paris,
93300 Aubervilliers
MAIRIE D’AULNAY-SOUS-BOIS
Service réglementation des constructions Centre administratif
16, boulevard Félix Faure,
93600 Aulnay-sous-Bois
MAIRE DE DRANCY
Direction générale
Place de l’Hôtel de ville, 93700 Drancy
MAIRIE DE LA COURNEUVE
Pôle administratif 1 Mécano
3, mail de l’Egalité, 93120 La Courneuve
MAIRIE DE LE BLANC-MESNIL
Direction de l’aménagement Service de l’urbanisme
1, Place Gabriel Péri,
93150 Le Blanc-Mesnil
MAIRIE DE LE BOURGET
Service de l’urbanisme
22-24, rue Anizan Cavillon,
93350 Le Bourget
MAIRIE DE LIVRY-GARGAN
Direction de l’urbanisme
3, place François Mitterrand,
93190 Livry-Gargan
MAIRIE DE PANTIN
Mission environnement et développement durable
84-88, avenue du Général Leclerc,
93500 Pantin
MAIRIE DE SAINT-DENIS
Service de l’urbanisme
2, place du Caquet, 93200 Saint-Denis
MAIRIE DE SAINT-OUEN
Centre administratif et social - service Foncier
6, place de la République, 93400 Saint-Ouen
MAIRIE DE SEVRAN
Pôle urbain
1, rue Henri Becquerel, 93270 Sevran
MAIRIE DE TREMBLAY-EN-FRANCE
Service de l’urbanisme
18, boulevard de l’Hôtel de Ville,
93290 Tremblay-en-France
MAIRIE DE VAUJOURS
Direction de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et du
Foncier - 20, rue Alexandre Boucher, 93410 Vaujours
MAIRIE DE VILLEPINTE
Service de l’urbanisme et de l’aménagement
32-34, avenue Paul Vaillant Couturier,
93420 Villepinte
MAIRIE DE MARLY-LA-VILLE
Service de l’urbanisme
10, rue du Colonel Fabien,
95670 Marly-la-Ville
MAIRIE DE ROISSY-EN-FRANCE
Service de l’urbanisme
40, avenue Charles de Gaulle,
95700 Roissy-en-France
MAIRIE DE VÉMARS
Service de l’urbanisme
5, rue Léon Bouchard, 95470 Vémars
Le dossier d'enquête publique sera mis à la disposition du public sur le site internet dédié à l’enquête, à l'adresse suivante :
http://cdg-express.enquetepublique.net au plus tard à la date d'ouverture de l'enquête publique. Il sera également consultable sur
un poste informatique situé à la préfecture de la Seine-Saint-Denis, 1 esplanade Jean Moulin, 93007 Bobigny Cedex, du lundi au
vendredi de 9h00 à 16h00 (sauf jour férié).
Des informations relatives à l'enquête publique peuvent être consultées sur les sites internet des préfectures :
• de la Seine-Saint-Denis : http://www.seine-saint-denis.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-paysage-risques-naturelset technologiques-bruit-nuisances-publicite/Consultations-publiques/Dossiers-Loi-sur-l-eau
• de la région d’Île-de-France, préfecture de Paris : http://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/documents-publications
(thème : enquête publique)
• de Seine-et-Marne : http://www.seine-et-marne.gouv.fr/Publications/Enquetes-publiques
• du Val d’Oise : http://www.val-doise.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-risques-et-nuisances/ICPE-InstallationsClassees-Pour-la-Protection-de-l-Environnement/ENQUETE-PUBLIQUE-2018
Toute information relative au projet peut être demandée auprès du maître d’ouvrage, monsieur le directeur du projet « CDG
Express », ministère de transition écologique et solidaire, direction générale des infrastructures, des transports et de la mer
(DGITM) dont le siège est situé Tour Séquoia, 92055 La Défense cédex.
Toute personne qui aurait à formuler des observations concernant cette opération pourra les faire connaître pendant la durée
de l’enquête publique :
- en les consignant sur le registre d’enquête prévu à cet effet dans les lieux d’enquête cités ci-dessus, aux jours ouvrables et
heures d'ouverture habituelle des services,
- en les adressant par écrit, au siège de l’enquête, à la préfecture de la Seine-Saint-Denis, DIRECTION DE LA COORDINATION
DES POLITIQUES PUBLIQUES ET DE L’APPUI TERRITORIAL, bureau de l’environnement située au 1, Esplanade Jean
Moulin – 93000 Bobigny,
- par voie électronique, du 22 octobre 2018 à 8h00 au 20 novembre 2018 à 18h00, via un registre dématérialisé accessible sur
le site dédié à l’enquête à l'adresse suivante : http://cdg-express.enquetepublique.net ou par mail à l’adresse : cdg-express@
enquetepublique.net. Les observations reçues par voie électronique seront consultables sur le site dédié.
Un membre de la commission d’enquête se tiendra à la disposition du public pour recevoir ses observations aux lieux de
permanences, aux dates et heures fixées dans le tableau suivant :
Mairie du 10ème arrondissement de Paris
Mairie de Villeparisis (77)
Service des affaires générales
Service de l’urbanisme
Jeudi
15 novembre 2018 de 16h30 à 19h30
Vendredi 9 novembre 2018 de 9h00 à 12h00
Mairie d’Aulnay-sous-Bois (93)
Mairie de Le Bourget (93)
Service réglementation des constructions
Service de l’urbanisme
centre administratif
Jeudi
25 octobre
2018 de 14h00 à 17h00
Vendredi 16 novembre 2018 de 9h00 à 12h00
Mairie de Mitry-Mory (77)
Mairie du 18ème arrondissement de Paris
Direction de l’aménagement
Service des affaires générales
Service de l’environnement
Jeudi
8 novembre 2018 de 16h30 à 19h30
Lundi
22 octobre
2018 de 15h00 à 17h00
Samedi
17 novembre 2018 de 9h00 à 12h00
Mardi
20 novembre 2018 de 15h00 à 17h00
Mairie de Sevran (93)
Mairie de Drancy (93)
Pôle urbain
Direction générale
Lundi
19 novembre 2018 de 9h00 à 12h00
Lundi
5 novembre 2018 de 9h00 à 12h00
Mairie de Saint-Denis (93)
Mairie de Le Mesnil-Amelot (77)
Service de l’urbanisme
Lundi
5 novembre 2018 de 15h00 à 18h00
Mardi
13 novembre 2018 de 14h00 à 17h00
Mairie de Le Blanc-Mesnil (93)
Maire de Tremblay-en-France (93)
Direction de l’environnement
Service de l’urbanisme
Service de l’urbanisme
Mardi
20 novembre 2018 de 9h00 à 12h00
Jeudi
8 novembre 2018 de 9h00 à 12h00
Mairie de La Courneuve (93)
Mairie de Roissy-en-France (95)
UT Foncier Droit des Sols
service de l’urbanisme
Pôle administratif 1 Mécano
Lundi
19 novembre 2018 de 15h00 à 18h00
Lundi
22 octobre
2018 de 9h00 à 12h00
Compte tenu de la nature du projet, deux réunions d’information et d’échanges avec le public seront organisées dans les lieux,
aux dates et horaires indiqués ci-dessous :
VILLEPINTE
PARIS
Salle Joséphine Baker à l’Espace « V » Roger Lefort
Châteauform’ Collège – Salle L’École de l’Histoire
Esplanade Aimé Césaire – avenue Jean Fourgeaud,
69 ter, rue de la Chapelle, 75018 Paris
93420 Villepinte
Mardi 13 novembre 2018 à partir de 20h00
Mardi 6 novembre 2018 à partir de 20h00
À l’issue de cette enquête, le rapport et les conclusions de la commission d’enquête seront tenus à la disposition du public
pendant un an dans les mairies visées ci-dessus, ainsi qu’en préfectures de la Seine-Saint-Denis, de la région Île-de-France, de
Seine et Marne, du Val-d’Oise, ainsi que sur les sites internet précités.
La décision susceptible d'intervenir à la fin de cette procédure prend la forme d’une autorisation assortie du respect de
prescriptions ou un refus. Elle est prise par arrêté des préfets des départements concernés.
EP18-408
enquete-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot. Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
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Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
euronext
SÉANCE DU 03 - 10 - 2018
CAC 40 : 5491,4 (0,43 %) NEXT 20 : 12429,71 (0,68 %)
CAC LARGE 60 : 6108,8 (0,45 %)
CAC ALL-TRADABLE : 4313,98 (0,44 %)
DATE DE PROROGATION : 26 OCTOBRE
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
11/10/17 0,35
ESSILOR INTERNATIONAL (EI) R A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
17/04/18 3,4
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
44
899709
290.948.939
114,15
780377
428.281.952
106,24
1167252
776.295.452
26,78
2968184
1.021.903.623
104,8
317010
106.884.219
23,235
4448408
2.423.390.176
52,41
4446131
1.249.798.561
36,83
657342
366.377.026
112,35
399808
168.817.033
16,475
2597597
789.252.839
12,36
7999320
2.866.437.156
67,7
1294485
685.055.200
129,9
226392
261.541.129
12,765
4719624
2.435.285.011
128
715934
219.137.552
566,2
42536
105.569.412
460,5
171744
126.279.322
301,55
417196
505.028.689
62,5
320571
266.805.751
208
286439
560.082.187
CLOT
+ HAUT
+ BAS
43,61
44
43,32
115,15
115,25
114,05
107,06
107,34
105,84
27,05
27,145
26,64
103,2
105,65
103,2
23,235
23,355
23,145
52,14
52,66
51,99
37,02
37,6
36,83
112,5
112,8
111,7
16,57
16,67
16,47
12,398
12,474
12,332
67,72
68,4
67,51
128,85
129,9
128,6
12,795
12,865
12,705
126,85
128,35
126,45
557,4
566,2
555,2
462,6
465,6
457,9
302,75
303,35
299,25
62,52
62,78
62,4
208
208,1
206,3
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 0,64
+ 0,58
+ 3,56
+ 0,83
+ 5,74
+ 10,09
+ 1,31
- 0,41
+ 31,14
+ 1,46
+ 4,32
+ 19,56
- 1,48
+ 1,33
- 23,04
+ 0,5
+ 5,04
- 9,24
+ 0,31
+ 2,92
- 23,89
+ 0,65
+ 0,14
- 8,54
+ 0,9
+ 1,53
+ 11,39
+ 0,58
+ 7,01
- 5,04
+ 1,51
+ 4,33
- 19,99
+ 0,13
- 0,22
+ 1,17
- 0,43
- 7,9
+ 47,02
+ 0,2
+ 1,55
- 10,65
- 0,9
+ 2,05
+ 20,29
- 1,21
- 0,89
+ 29,63
+ 0,59
+ 0,09
+ 45,09
+ 0,8
+ 0,15
+ 28,88
+ 0,32
- 3,28
+ 1,74
+ 0,24
+ 0,48
+ 14,35
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
+ 1,42
48,95
41,3
2,41
+ 9,61
115,25
97,12
2,3
+ 28,99
3,4
111,16
31,53
81,33
1,4
- 0,24
30,765
24,05
- 14,96
130,55
96,7
1,65
- 6,06
27,69
20,495 5,42
- 16,24
68,66
50,06
5,79
- 14,52
45,98
35
4,59
+ 13,76
119,8
97,38
1,51
- 8,15
19,73
12,955 2,78
- 10,16
15,54
11,105 5,08
- 3,19
71,78
62,24
2,81
+ 45,45
141
87,52
0,45
- 10,74
1,21
14,815 10,61
12,075 2,74
+ 10,35
129,55
105,35
1,21
+ 24,91
614,6
417,9
1,36
+ 26,63
522,4
338,263 0,87
+ 23,37
313,7
232,5
1,12
- 2,6
67,44
60,42
2,02
+ 12,46
214,9
170,3
1,71
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
05/06/18 0,4
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
04/07/18 1,01
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/09/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
20/08/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
24/04/18 1,76
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
104,9
574133
178.978.841
13,67
4601946
2.660.056.599
140,5
312060
265.421.592
22,43
1805213
904.828.213
52,18
358470
235.249.801
74,38
720700
295.722.284
118,55
631742
443.680.643
36,385
1616007
552.615.876
77,24
1784146
1.251.544.134
67,92
1090528
578.979.025
36,815
3434771
807.917.739
90,4
398267
147.454.887
16,33
2514898
911.151.920
27
905835
452.980.999
56,26
4769760
2.664.312.938
170,14
271924
138.282.967
35,88
2344691
240.253.100
17,445
1669134
565.593.341
81,36
900728
597.408.737
21,84
2012481
1.305.230.587
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
104,7
105,6
103,95
13,75
13,81
13,625
141,8
142,25
139,9
22,31
22,51
22,2
52,16
52,54
51,9
73,74
74,69
73,74
119
119,4
118,5
36,57
36,83
36,33
77,34
77,78
76,59
67,98
68,34
67,72
36,755
37,045
36,57
89,7
90,7
88,7
16,395
16,61
16,305
26,78
27
26,59
56,3
56,5
56
170,62
171,54
169,8
34,78
36,05
34,78
17,285
17,51
17,265
81,5
82,06
81,22
22,04
22,1
21,79
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 2,45
+ 3,36
- 14,15
+ 1,03
- 1,43
- 0,43
+ 1,11
+ 4,07
+ 19,36
+ 0,23
- 5,86
+ 9,42
- 0,19
- 5,13
- 10,99
- 0,61
+ 0,48
- 12,51
+ 0,42
+ 5,82
+ 36,48
+ 0,84
+ 0,16
- 27,31
+ 0,53
+ 3,81
- 8,62
+ 0,41
- 3,02
- 8,4
+ 0,59
+ 3,92
- 25,83
- 1,21
+ 0,07
- 14,86
+ 0,52
- 7,45
- 3,67
- 0,41
+ 1,48
+ 12,4
+ 0,18
+ 3,99
+ 23,41
+ 0,58
- 3,65
- 2,6
- 9,52
- 44,54
- 0,92
- 4,4
- 11,95
+ 0,32
- 0,75
+ 0,46
+ 1,1
- 1,17
+ 2,99
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 12,42
130,85
98,04
3,39
- 5,01
15,235
13,315
2,18
+ 7,46
147,75
120,05
0,71
+ 31,58
25,4
16,455 2,38
- 7,93
63,18
48,96
3,83
- 12,12
100,8
69,75
4,81
+ 38,52
122,25
81,04
1,35
- 20,47
48,6
35,145
3,56
+ 7,64
77,98
62,88
3,92
- 4,06
78,56
64,02
3,24
- 14,62
47,505
34,815 5,99
- 19,95
113,05
76
3,07
- 9,94
0,23
22,97
72,14
15,035 0,32
+ 3,6
29,17
22,9
+ 22,27
56,68
43,09
1,14
- 11,34
195,5
169,16
- 44,15
66,48
34,78
3,59
- 18,75
22,29
17,025 4,86
- 4,29
88,8
77,56
2,16
- 1,69
24,87
20,26
2,04
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,95
3,96
60029
4,042
40.789.901
3,91
B 6,4
6,32
43904
6,4
FR0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
6,3
ABIVAX (ABVX) g
B 6,74
6,91
33011
6,91
FR0012333284
10.024.182
6,65
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,614
0,622
14079
0,622
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,6
ACTIA GROUP (ATI) g
C 5,99
5,9
19922
5,99
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
5,87
ADOCIA (ADOC) g
B 16,64
16,7
4205
16,9
FR0011184241
6.916.753
16,58
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 192
188,6
52687
192,5
FR0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
188,6
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 8,514
8,584
2907367
8,634
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,44
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 62
62,4
10078
62,8
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
61,8
AKWEL (AKW) g
B 18,18
18,64
21354
18,94
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
18,18
ALD (ALD)
A 15,5
15,65
75779
15,75
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
15,47
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 29,1
29,1
2701
29,25
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
29,05
ALSTOM (ALO) LR
A 38,01
38,83
821444
39,05
FR0010220475
20/07/18 0,35 222.997.311
37,95
ALTAREA (ALTA) g
A 199
200
1090
200,5
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
199
ALTEN (ATE) G
A 89,75
89,6
80740
90,1
FR0000071946
25/06/18 1 33.828.497
89,25
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 7,93
8,125
4955291
8,55
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
7,855
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
2,99
3,04
7798
3,04
FR0012789667
47.804.841
2,96
AMUNDI (AMUN) G
A 64
64,62
EX-DS 15/03/17
74294
64,98
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
63,84
APRIL GROUP (APR)
B 12,9
12,95
245
13
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
12,9
ARCHOS (JXR) g
C 0,622
0,631
402009
0,641
FR0000182479
42.561.334
0,622
ARKEMA (AKE) L
A 108,85
109,7
158366
109,95
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
108,75
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 13,38
13,46
1008
13,52
FR0000074783
6.651.515
13,36
ASSYSTEM (ASY) g
B 28,3
28,2
OPA 24/11/17
792
28,6
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
28,2
ATARI (ATA)
C 0,398
0,401
4123626
0,416
FR0010478248
255.105.360
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AUBAY (AUB) g
C 37
36,1
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C 7,76
7,66
3949
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B 16
15,8
3763
16
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14
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13,76
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76,65
43083
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BIGBEN INT. (BIG) g
C 10,42
10,22
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30/07/18 0,1 19.204.544
10,06
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A 71,2
71,2
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BOIRON (BOI) g
A 58,5
58,5
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58,9
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31/05/18 1,6 19.414.756
58
BOLLORÉ (BOL) G
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3,752
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BONDUELLE (BON) g
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28,6
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21,55
1304289
22,15
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
21,31
BURELLE SA (BUR)
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1255
42
1255
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
1250
CARMILA (CARM)
C 21,85
21,55
13784
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23/05/18 0,75 136.561.695
21,55
CASINO (CO) LR
A 36,01
36,42
433004
36,5
FR0000125585
18/05/18 1,56 109.729.416
35,71
CATANA GROUP (CATG) g
C 3,05
3,035
60334
3,09
FR0010193052
30.514.178
3,02
CGG (CGG) G
C 2,476
2,456
3273380
2,478
FR0013181864
709.939.860
2,432
CHARGEURS (CRI) g
C 21
21,14
13724
21,3
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
21
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 368,4
366,2
EX D OP 08/06/17
6284
369
FR0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
363,1
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A
/270918
FR0010557264
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FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 1,8 - 52,52
- 8,55
11,15
- 53,52
3,86
+ 0,64
-11,48
7,48
+ 0,32
5,95
+ 5,02 - 19,93
+ 3,13
9,87
- 37,64
6,48
- 27,67
+ 0,32
0,87
- 18,16
0,562
- 1,01 - 15,47
-31,24
9,08
- 15,71
5,86
- 0,71 + 16,38
- 3,47 21,3
+ 5,7
13,28
- 1,57 + 18,99
- 0,63 202,6
+ 37,11 156
+ 1,83 - 36,79
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- 36,84
6,646
+ 0,65 + 34,77
- 9,83 70,8
+ 24,3
46,2
+ 2,53 - 44,7
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+ 2,18
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218,5
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+ 0,11 94,4
+ 16,67 69,5
+ 9,13 - 35,01
-12,16
13,681
- 41,4
7,105
+ 1,33 - 14,12
- 3,8
4,4
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2,9
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- 8,17
57,74
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+ 0,39 12,1
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-14,38
1,576
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0,618
+ 1,25 + 8,03
+ 1,9
112,9
+ 5,48 94,82
- 20,12
- 5,74 17,88
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- 1,4 - 5,75
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+ 11,39
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-12,8
43,3
+ 4,43 33,55
- 1,29 - 11,03
+ 5,8
9,3
- 4,84
6,94
+ 4,11 + 8,57
+ 3,64
0,477
+ 42,5
0,172
- 1,99 - 30,7
-14,13 23,1
- 28,51
15,5
- 0,29 - 30,81
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- 6,76 12,38
- 16,38
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- 1,16 - 25,89
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+ 0,1
9,5
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+ 1,93 59
+ 0,69 - 21,84
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4,798
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+ 1,4 - 34,09
+ 1,75 47,8
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27,05
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+ 0,4 - 1,18
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- 1,15 - 7,17
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+ 1,14 - 27,97
+37,59 53,48
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+ 0,5 + 0,17
- 8,72
3,611
+181,88
2,697
- 0,41 + 60,75
+ 1,91
4,1
+ 30,52
1,295
- 16,48
-15,44 28,64
- 17,81
21
- 0,06 + 20,24
- 1,9 383,8
+ 34,41 291,6
- 9,66
- 0,77 7550
- 7,866400
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 1,025
8256208
393.613.788
A 20,28
210721
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 7,85
141200
FR0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
COLAS (RE)
A 178,8
199
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 26,1
1385
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1558
3789
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 129,9
226392
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 37
77967
FR0010417345
30.006.352
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,618
690560
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 113,8
1563
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C 6,78
1642
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 32,15
733665
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
EDF (EDF) LR
A 15,5
EX-DS 7/03/17
2177186
FR0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 95,92
223460
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
3,765
45503
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 13,5
174126
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 19,79
202027
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
EOS IMAGING (EOSI)
C 4,52
5964
FR0011191766
22.641.483
ERAMET (ERA) Gg
A 87
78055
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
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B 7,85
46084
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3724
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30/04/18 1,25 78.030.886
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,1
703
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A 467,8
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FR0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
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EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 20,75
774530
FR0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 97,2
135
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 50,98
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2900
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FIGEAC AERO (FGA) g
B 14,96
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FIN. ODET (ODET)
A 794
156
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A 59,6
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A 378
10
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
C 1,13
N/P REGR.
336
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277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
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01/10/01 0,1 151.685.385
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A 50,1
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22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 18,9
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GENSIGHT (SIGHT)
C 1,78
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24.766.723
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1,482
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78.204.326
GETLINK (GET) LR
A 11
681680
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22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 19,4
45673
FR0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,17
2,03
1,03
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1,61
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1,12
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2,1
3,55
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1,27
1,81
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1,55
2,6
1,28
4,28
1,42
0,93
2,79
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,988
1,056
0,977
20,3
20,42
20,22
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7,99
7,85
177,8
179
177,8
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26,1
26
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1564
1553
128,85
129,9
128,6
36,52
37,1
36,22
4,474
4,618
4,472
112,4
113,8
111,8
6,76
6,78
6,66
33,1
33,33
32,15
15,51
15,565
15,325
97,08
97,2
95,86
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3,765
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13,36
13,62
13,28
19,77
20,04
19,77
4,52
4,525
4,48
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89,15
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8,015
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40
40
38,25
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476
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814
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87
86,55
59,4
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59,2
378
378
378
1,13
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1,13
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1,488
1,462
11,03
11,11
10,98
18,42
19,4
18,4
- 7,14 +101,63
+18,89
1,223
+ 93,73
0,491
+ 0,3 + 5,43
+ 1,5
21,62
+ 2,32 18,41
- 11,82
- 2,72 10,76
- 15,3
7,5
- 0,56 - 2,04
+ 3,61 192
- 3,5 167,4
+ 0,39 - 8,81
- 2,61 29,9
- 9,22 25,3
- 0,06 + 19,96
- 3,65 1729
+ 12,16 1267
- 0,43 + 45,45
- 7,9 141
+ 47,02 87,52
- 0,65 - 12,83
- 4,7
47,38
- 51,91 28,54
- 2,14 - 50,9
- 7,1
9,18
- 50,55
4,44
- 0,18 + 50,17
+ 6,24 119
+ 40,27 72,5
- 0,59 + 8,16
+ 5,63 10
+ 7,3
5,8
+ 2,83 + 36,89
+ 0,3
35,95
+ 38,49 23,74
- 0,13 + 48,85
+11,46 15,78
+ 50,66
9,832
+ 1,25 + 6,28
+ 0,79 101,7
+ 9,05 87
- 2,53 - 21,79
+15,09
5,49
- 29,62
3,1
- 0,6 - 22,44
- 0,45 19,71
- 41,82
11,59
- 0,1 - 14,1
+ 0,41 23,94
- 10,87
17,94
+ 0,22 - 5,44
+10,78
5,92
+ 10,24
3,49
+ 2,19 - 10,38
+18,97 167,2
+ 47,92 66,75
+ 2,49 - 56,68
-13,21
19,57
- 67,55
7,28
+ 3,76 - 13,98
- 7,62 48
+ 0,25 34,3
+ 0,67 - 7,61
+ 3,59 82,286
- 7,13 63,5
- 10
- 1,25
3,61
- 13,7
2,95
+ 1,58 - 6,38
- 1,9 545,5
- 12
382,2
+ 0,62 - 20,93
- 0,25
11,78
- 35,78
7,17
+ 2,46 + 9,92
+ 3,87 21,64
- 15,85 15,275
- 0,21 - 16,72
- 6,21 125,5
- 8,83 87,8
+ 2,48 - 20,19
+ 0,74 76,98
- 13
49,04
+ 1,21 + 16,45
+ 4,1
120,4
+ 10,29 94,5
- 0,54 - 21,97
+ 1,38 19,5
- 27,03 13,14
+ 2,52 - 17,44
- 3,55 1090
- 12,36 782
+ 0,31 - 35,25
-10,5 106,6
- 19,67 64,75
+ 0,06 - 8,29
- 3,18 97,3
- 1,1
84,6
- 0,34 + 8,77
- 1,98 63,4
+ 6,07 54,4
- 22,85
-12,09 565
- 28,95 378
+ 1,96
- 8,24
- 8,24
- 0,7
- 3,01
+ 3,27
- 0,12
+ 0,89
+ 35,26
+ 4,08
-16,69
- 22,05
- 0,56
-22,71
- 65,23
+ 1,92
- 8,71
- 0,8
+ 0,55
+ 2,27
+ 8,51
- 5,44
-22,68
- 33,04
1,14
1,125
+ 73,33
0,32
0,09
- 7,73
161,9
137,3
+ 1,21
50,38
49,1
- 17,81
28,28
18,4
- 71,36
7,68
1,76
- 10,36
2,08
1,41
+ 2,89
12,49
10,11
- 22,52
27,072
18,4
4,14
4,33
4,61
0,98
0,45
3,13
0,8
20,71
1,87
0,97
2,06
3,14
1,87
2,59
1,85
4,76
0,51
1,87
5,71
1,64
2,12
1,71
0,12
1,85
4,21
11,89
2,72
3,53
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 69,4
69
1298
69,5
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
68,9
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,254
0,254
EX D S 13/06/17
15536
0,254
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,254
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 13,1
13,28
3259
13,28
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
13,1
GROUPE LDLC (LDL) g
C 16,26
16,36
NOM.
1538
16,46
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
16,26
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
22,8
23
REGR.
3896
23,2
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
22,5
GTT (GTT) Gg
A 66,6
68,1
66508
68,3
26/09/18 1,33 37.028.800
FR0011726835
66,5
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 11,78
11,58
18427
11,78
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
11,58
HIGH CO (HCO) g
C 5,2
5,22
41942
5,45
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,12
HUBWOO (HBW) g
C
/021018
FR0004052561
ICADE (ICAD) G
136.345.527
A 78,55
79,2
82560
79,3
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
78,15
ID LOGISTIC (IDL) g
B 155
155
3391
156
FR0010929125
5.628.475
154,2
ILIAD (ILD) G
A 106,9
104,6
244127
108,55
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
103,95
IMERYS (NK) G
A 63,15
63
77234
63,35
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
62,6
INGENICO GROUP (ING) LR
A 65,5
65,02
210431
65,6
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
65,02
INNATE PHARMA (IPH) g
B 4,7
4,822
104955
4,892
FR0010331421
57.600.100
4,7
INSIDE SECURE (INSD)
C 2,57
2,5
104070
2,58
FR0010291245
44.119.162
2,46
INTER PARFUMS (ITP) g
B 45,8
43,45
40647
45,85
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
42,65
IPSEN (IPN) G
A 144,4
143,85
69642
145
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
143,6
IPSOS (IPS) G
A 25,9
26,28
12593
26,34
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
25,9
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 20,1
19,74
28380
20,15
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
19,72
JCDECAUX (DEC) G
A 30,04
31,2
113787
31,26
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
30,04
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 40,5
39,66
19370
40,94
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
39,6
KLEPIERRE (LI) LR
A 29,9
29,8
485731
29,93
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
29,78
KORIAN (KORI)
A 31,7
31,32
54453
31,7
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,2
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 42,62
42,6
52222
42,94
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
42,5
LAGARDÈRE (MMB) G
A 26,37
26,24
346926
26,39
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
26,09
LATECOERE (LAT) g
C 3,99
4,045
88043
4,075
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,985
LE BÉLIER (BELI) g
C 36,9
36,6
2680
37
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
36,6
LNA SANTÉ (LNA) g
B 52,8
52
13538
53,1
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
50,8
LECTRA (LSS)
B 22,1
22,1
2870
22,2
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
21,95
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 36,95
37
490
37,1
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
36,9
LISI (FII) g
A 30,55
30,35
33601
31,2
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
30,35
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 13,6
13,26
12187
13,86
FR0000038242
15.884.557
13,22
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 17,52
16,93
252496
17,66
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
16,93
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 25,22
25,08
63578
25,66
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
25,02
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 39,7
39,1
1585
40
39,1
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 30,5
30,55
14835
30,95
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
30,3
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 4,87
4,905
14584
4,91
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,84
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,82
2,86
37610
2,865
FR0010609263
23.147.338
2,805
MERCIALYS (MERY) g
A 13,62
13,48
135866
13,66
FR0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,44
MERSEN (MRN) g
B 29,65
29,3
18386
29,8
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
29,25
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 2
2,015
16811
2,02
FR0004177046
23.261.500
1,992
NANOBIOTIX (NANO) g
B 15,3
15,94
127944
16,17
FR0011341205
19.633.373
15,3
NATIXIS (KN) LR
A 5,73
5,726
4854345
5,79
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,722
NETGEM (NTG) g
C 1,44
1,45
392
1,45
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,44
NEXANS (NEX) G
A 26,39
26,81
104817
26,96
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
26,39
NEXITY (NXI) G
A 47,16
47,14
91370
47,64
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
46,84
NICOX (COX)
B 6,225
6,4
78556
6,435
FR0013018124
22.869.669
6,225
NRJ GROUP (NRG) g
B 8,3
8,3
9652
8,38
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,28
OENEO (SBT) g
B 11,42
11,32
10743
11,42
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
11,3
ONXEO (ONXEO) g
B 1,06
1,073
61706
1,075
FR0010095596
50.914.722
1,06
ORPÉA (ORP) G
A 109,95
109,6
67504
110,55
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
109
PARROT (PARRO) g
B 4,8
4,725
17589
4,82
FR0004038263
30.174.671
4,725
PHARMAGEST INT. (PHA)
59,2
59,7
5331
59,7
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
57,5
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 26,8
26,7
3475
27
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
26,6
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,83
1,894
73809
1,92
FR0011950641
20.813.963
1,804
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 31,8
31,74
185642
32,13
FR0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
31,56
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 12,6
12,52
DIV 8 02/05/17
19210
12,62
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
12,42
PSB INDUST. (PSB)
C 50,2
49,8
272
50,2
FR0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
49,8
RALLYE (RAL)
A 9,82
9,845
35175
9,92
FR0000060618
30/05/18 1 54.999.135
9,775
RECYLEX SA (RX)
C 7,635
7,92
58663
7,98
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.747.482
7,425
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 116,2
116,4
49841
117,1
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
115,5
REXEL (RXL) G
A 12,79
12,8
546233
12,9
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
12,755
ROBERTET SA (CBE)
B 400
400
C.I.P.
19
400
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
400
ROBERTET SA (CBR)
B
/121016
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH)
A 37,2
37,15
90623
37,4
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
36,8
RUBIS (RUI)
A 48,98
49,36
DIV 2 28/07/17
200513
49,98
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
48,94
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 120,2
118,3
DIV 6 10/05/16
94674
120,5
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
117,9
SAVENCIA (BH)
B 65,4
65,6
1509
65,6
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
64,6
SCOR (SCR) LR
A 40,61
40,78
390400
41,27
FR0010411983
30/04/18 1,65 191.807.715
40,61
SEB (SK) G
A 149
149,2
39180
150
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
148,4
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 5,19
+ 0,73 95
- 15,21 66,7
6,38
+ 0,2 - 2,31
- 4,15
0,34
- 5,93
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+ 1,37 - 15,25
- 5,95 19,04
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-8
36,5
- 29,45 21,8
1,35
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1,95
- 1,2 - 28,21
- 2,03 19,68
- 27,63
11,5
1,9
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6
+ 8,75
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- 3,45
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1,83
3,04
0,36
2,44
4,05
1,15
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEQUANA (SEQ)
C 0,347
140535
FR0011352590
65.183.351
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B 29,1
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B
FR0000036857
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B 63,45
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FR0013227113
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B 0,998
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+ BAS
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324
324
324
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BPA
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+ 8,27 107,9
+ 65,88 61,6
+ 1,52 + 3,52
+ 5,06
6,078
+ 7,93
4,152
- 0,14 + 33,21
- 7,98
4,19
+ 28,13
2,78
+ 1,27 - 20,88
- 0,19 70,9
- 20,25 50,7
2,88
+ 1,48 - 30,16
+ 4,58 91,9
- 18,22 55,5
2,59
- 0,68 + 17,73
+ 8,67 148
+ 17,21 103
- 0,83 + 1,69
- 0,41 24,8
+ 3,9
22,3
3,33
+ 3,1
- 8,82
- 8,93 42,75
- 8,93 35,4
- 1,02 - 12,88
- 1,41 152,6
- 8,84 111,7
2,11
- 5,44 + 23,92
- 4,91 57
+ 30,59 39,74
- 0,13 - 22,42
- 9,15
11
- 9,92
6,42
+ 1,25 + 25,83
+ 5,19 324
+ 42,11 242
0,25
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,1
118024
22/05/17 0,43 90.920.356
A 4,751
315409
31/05/18 0,13 5.839.404.303
19,22
1155920
23/04/18 0,68 359.506.172
50,1
- 0,12 + 1,21
50,2
+ 0,89 50,38
50,1
+ 35,26 49,1
4,747 - 0,15 + 21,91
4,795
- 1,19
5,386
4,71
- 7,25
3,845
19,575 + 1,64 + 50,46
19,85
+13,31
19,85
19,205 + 4,93 10,55
4,21
11,89
0,3
16,03
4
4,09
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
10,64
14971
USD 14/09/18 0,08 8.691.081.000
7,525
16596
GB0005405286
USD 16/08/18 0,1 19.926.963.019
LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 42,62
52222
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
SCHLUMBERGER (SLB)
A 53,4
3357
AN8068571086
USD 04/09/18 0,5 1.434.212.164
STALLERGENES GREER (STAGR) A 30,95
6346
GB00BZ21RF93
19.738.742
US3696041033
HSBC (HSB)
10,72
+ 3,08
10,82
- 4,96
10,58
- 48,61
7,563 + 1,11
7,602 + 0,84
7,509 - 10,18
42,6
- 0,12
42,94
+ 2,31
42,5
- 13,71
54
54,6
- 0,74
53,4
- 8,07
31
31,05
+ 6,53
30,6
- 29,37
- 27,03
16,12
9,3
- 11,44
8,996
7,281
- 9,44
51,1
39,31
- 3,33
65,4
51
- 19,5
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Jeudi 4 octobre 2018
euronext//taux&changes//matières premières
EURONEXT HORS SRD
ISIN
FR0013341781
FR0000076887
FR0013185857
FR0000076861
BE0974269012
FR0000062978
FR0012821890
FR0004152874
FR0013296746
FR0000053043
FR0000036105
FR0000044612
FR0000062804
FR0000053837
FR0000039216
FR0011051598
FR0013258589
FR0010481960
FR0012185536
FR0000076952
FR0011992700
FR0004042083
FR0000061780
FR0013183589
FR0011800218
FR0000064123
MC0000031187
FR0013258399
FR0000062788
FR0000035370
FR0000062150
FR0011592104
FR0004548873
FR0000074254
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FR0012969095
FR0000064156
FR0000072894
FR0000064446
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FR0012616852
FR0000037475
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FR0000053399
FR0013335742
FR0004031763
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FR0000185506
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FR0000037343
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FR0000062101
FR0000061418
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FR0000124232
FR0004010338
FR0004050300
FR0010214064
FR0004155000
FR0000032526
FR0000066722
FR0004035061
FR0000038531
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FR0004026151
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FR0004029411
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FR0000066607
FR0000035263
FR0004027068
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FR0000075673
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FR0000121352
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FR0000032302
FR0000051070
FR0011742329
FR0000061244
ACTIONS
FRANÇAISES
VALEUR
OUV
+HT +BS
CLÔT ÉCART VOL
2CRSI
C 9,34 9,34
9,06
9,2 - 1,08
21304
A.S.T. GROUPEg
C 10,14 10,3
9,43
10,3 + 1,58
16843
ABEO
C 33,7
33,8
33,3
33,8
729
ACTEOSg
C 2
2,08
2
2,08 + 4
3797
AD CAPITAL
0,081 0,081 0,081
0,081 - 11,48 47738
ADL PARTNERg
C 15,25 15,35
15,2
15,3 + 0,33
1457
ADUX (EX:HI MEDIA) C 3,42
3,42
3,39
3,4 - 0,59
997
ADVENISg
C 1,82
1,83
1,79
1,8 - 4,26
1342
ADVICENNE
C 12,54 12,542 12,52
12,52 - 0,16
888
ADVINI
C 31,8
31,8
30,2
31,2 - 1,89
403
AFFINE REg
C 15,36 15,54
15,18
15,5 - 0,26
15857
AFONE PART.
C 11,2
11,2
11,2
11,2 + 0,9
96
ALPHA MOS
C
0,409 - 2,41
ALTAMIRg
B 15
15,08 14,96
15,04 + 0,27
3311
ALTAREIT
B535
535
535
535
+ 2,89
3
C 3,86 4,1
3,86
3,92 + 1,55
15905
AMOEBAg
ANTALIS
B 1,204 1,22
1,192
1,21 + 0,5
8328
B 47
47
46,4
47 + 0,64
1248
ARGANg
ARTEA
C 13,2
13,8
13,2
13,8 + 14,05
500
ARTOIS
A6400 6400 6400
6400
- 3,03
3
ATEME
C 11,74 11,96
11,64
11,76 + 1,21
52862
B
39,32
AU FEMININg
AUGROS CP
C 8,9
8,9
8,85
8,85 + 2,91
1430
AURES TECH.
C 40,65 41,3
40,55
41 + 0,86
1790
AWOXg
1,61
1,61
1,565
1,565 - 2,8
31415
BACCARAT
B222
224
222
224 + 0,9
86
BAINS MONACO
B 56,4
57,8
56,4
57,4 + 1,06
203
BALYO
C 2,61
2,655 2,58
2,6
34369
BARBARA BUI
C 7
7
7
7
- 0,71
601
BASTIDE
C 36,55 36,9
36,3
36,5 - 0,41
6114
BLEECKER
C
89
BLUE SOLUTIONSg
16,3
16,4
16,3
16,4
197
BOURBONGg
A 5,44 5,69
5,43
5,65 + 5,81
52965
BOURSE DIRECT
C 1,39
1,39
1,37
1,39 - 0,71
1680
C
7,76 + 0,77
BUSINESS ET DEC.g
CAFOM
C 7,1
7,25
7,1
7,25 + 2,84
66784
CAPELLI
40,3 40,4
38,5
39,8 - 1,24
1076
CARP.DE PARTIC.
C
57,5
CASTg
C 3,83
3,83
3,75
3,83
273
CATERING INTER.g
B 14,15 14,15
14,1
14,1 - 0,35
552
CBO TERRITORIAg
C 3,87
3,89
3,86
3,87
3432
CCA INTERN.
C
4,99
CEGEDIMg
B 27
27,4
27
27
- 0,37
607
CEGEREALg
B 37,2
37,4
37
37,2 + 2,12
378
CELLNOVOg
C 2,7
2,78
2,695
2,73 + 1,11
24048
CERENISg
B 1,832 1,838
1,812
1,838+ 0,33
12693
CFI
C
1,82
CHAUSSERIA SA
C
0,001
CIBOX INTER.g
C 0,189 0,2
0,186
0,188 + 1,35 729065
CLAYEUXg
C
0,29
CNIMg
B 101,5 102
101,5
102
- 0,49
32
COGELEC
C 9,27
9,3
8,81
8,9 - 4,3
8532
COHERISg
C 2,07
2,08
2,06
2,06 - 0,48
4230
COURTOIS
C144
144
144
144
1
CR ALPES PROV.
C 107
107,38 106,6
107,38 + 0,36
219
CR ATL. VENDÉE
C 126,5 127
126
126,12 - 0,3
167
CR BRIE PICARD.
B 23,68 23,995 23,675 23,8 + 0,51
13628
CR ILLE VILAINE
C 97
97,5
97
97,5 + 0,52
232
CR LANGUEDOC
C 71,7
71,7
71,21
71,21 - 0,68
252
CR LOIRE HTE-LOIRE C 85,6 85,6
85,6
85,6
14
CR MORBIHAN
C 81,59 81,6
79,61
81,59 + 0,73
118
CR NORD FRANCE
B 21,05 21,15
20,85
21,1
4971
CR NORM. SEINE
C 127,54 128,38 127,54 127,8 + 0,2
35
CR PARIS IDF
B 87,3
87,4
87,2
87,4 + 0,12
539
CR RHÔNE-ALPES
C 189,02 189,8
189,02 189,8 + 0,36
199
CR TOULOUSE
C108,7 109,32 108,7
109
136
CR TOUR. POITOU
C103,78 103,9 102,7
103,6
366
4,06
CROSSWOOD
C
CS-COM. ET SYST.g
C 5,42
5,44
5,4
5,4 - 0,37
1346
DALETg
C 13,6
13,6
13,6
13,6
204
DANE-ELEC MEMORYg C
0,56
DEINOVE
2,6
2,67
2,57
2,67 + 0,38 103498
DELTA PLUS GROUP B 47,2
47,2
44,8
45
- 5,06
2012
DIGIGRAM
C 0,65 0,65
0,65
0,65 - 17,2
2000
DMS
C 0,916 0,92
0,902
0,904+ 0,44
17891
DOCKS PÉTROLES A C500 505
500
505 + 3,06
10
C
58
- 2,61
DOM SECURITYg
ECAg
C 14,5
14,55
14,45
14,55 + 0,69
13821
EGIDEg
C 2,05 2,13
2,05
2,11 - 0,94
3020
ELECT. STRASBOURG B 111,5 113
111
113
+ 0,89
309
ELECTRO POWERg
C 12
12,35
12
12,1 + 1,26
9040
ENCRES DUBUITg
C 5,54 5,62
5,54
5,6 + 1,45
1339
ESSOg
B 42,6 42,6
41,7
42,25 - 0,82
2872
EURASIA FONC INV
C
0,25
EUROMEDIS GROUPEg C 6,85 6,85
6,85
6,85
101
EUROPACORPg
C 1,565 1,59
1,535
1,54 - 1,6
84370
EXACOMPTA CLAIREF. C120
120
120
120
104
860
EXPL. PROD. CHIM.
C
EXPL. PROD. CHIM.
C
865
F.I.E.B.M.
C 6,1
6,1
6,1
6,1 + 3,39
213
F.I.E.B.M.
C
118
F.I.P.P.
C 0,339 0,34
0,339
0,34 + 0,3
3500
FAUVET-GIREL g
C
32,2
FERMENTALGg
3,49 3,52
3,445
3,445- 0,72
18111
FERMIÈRE CANNES
B
1590
FIDUCIAL OFFICE
C 28,6
28,6
28,6
28,6
1
FIDUCIAL RE
B 189
189
189
189
- 0,53
1
FIN. MONCEY
A
6800
FINATIS
B 42
42
41,6
41,6 - 1,42
171
FLEURY MICHON
B 54,4 54,4
53,8
53,8 - 0,74
275
FONCIÈRE 7 INV.
C 1,89
1,89
1,89
1,89 - 11,68
900
FONCIÈRE ATLAND
C 115
115
115
115
+ 1,77
1
FONCIÈRE EURIS
B 30
30,2
30
30,2 + 0,67
281
FONCIÈRE INEA
B 39,6
39,6
39,6
39,6
10
FONCIÈRE PARIS NORD C
0,036 - 2,12
FONCIÈRE R-PARIS
C
34,97
4,16
FONCIÈRE VOLTA
C
FRANÇAISE ENERGIE C 13,85 13,9
13,8
13,8 - 0,36
446
FREY
B 28,4 28,4
28,4
28,4 + 0,71
12
FSDV
C
48,6
GALIMMO
C 24,4 24,4
24,4
24,4
1
GAUMONT
B 135
137
135
135
- 0,37
1080
GEA
C 95
95
95
95
1
GENERIXg
C 3,26 3,34
3,26
3,34 + 1,52
2168
GENOMIC VISIONg
1,068 1,068 1
1,01 - 5,78 456561
GÉRARD PERRIER
C 54,2 54,2
54,2
54,2 + 0,37
42
GFI INFORMATIQUEg B 10,45 10,45 10,45
10,45
2040
GRAINES VOLTZ
C 39
39,4
39
39,4 + 1,03
235
GROUPE IRD
C 26,4 26,6
26
26
- 1,52
375
GROUPE JAJ
C
1,78
GROUPE OPENg
C 23,8 24,7
23,4
24,2 + 0,42
22122
GROUPE PIZZORNO
C 18,3
18,3
18,1
18,1 - 0,82
155
GROUPE SFPIg
C 3,05 3,08
3,05
3,08
13130
GUERBETg
65,3 + 0,15
3340
B 65
65,3
65
GUILLEMOT CORP.g
C 4,74 4,78
4,66
4,72 + 0,43
12480
GUY DEGRENNE
C 0,19
0,19
0,19
0,19
1
HF COMPANYg
C 6,88 6,9
6,86
6,86
1643
HIPAY GROUP
C 13,15 13,75
13,15
13,75 + 1,48
2341
HOPSCOTCH GROUPEg C 7,4
7,4
7,38
7,4
253
IDI
B 44
44
43,8
43,8 - 0,23
327
IGE + XAOg
C
140
- 0,72
IMMO. DASSAULT
B 52,8 52,8
52,4
52,4 - 0,76
278
IMMO. HÔTELIÈRE
C
1,04
IND. FIN. ENT.
C
62,5
INFOTELg
C 41,25 42,05 40,5
40,8 - 0,49
13034
INNELEC MULT.g
C 5,52
5,52
5,42
5,42 - 1,81
1717
INSTALLUX SA
C392
392
392
392 + 8,89
1
INTEXA
C
2,36
INVENTIVA
B 7,54
7,6
7,5
7,6 + 0,8
2483
IT LINKg
C 7,06 7,62
6,98
7,62 + 7,93
8345
ITESOFTg
C 3,94 3,96
3,78
3,96 + 0,51
7894
ITS GROUPg
C 6,18
6,28
6,18
6,24 + 0,65
1066
JACQUES BOGART
C 5,24 5,3
5,12
5,26 - 2,59
17967
KEYRUSg
C 5,2
5,24
4,7
5,08 - 3,79
39487
57
LA FONCIÈREVERTE C
LACROIX SA
C 23,5
23,9
23,4
23,4 - 0,43
1219
LAFUMA
C 23,8
23,8
23,8
23,8 - 4,8
300
LANSON-BCC
B 32
32
32
32
16
LAURENT-PERRIER
B 105,5 106
104,5
106
182
LE TANNEURg
C
2,42
LEBON
C148,5 148,5
147
147
- 1,01
119
LES HÔTELS DE PARIS C 2,42 2,44
2,42
2,44 + 1,67
1400
LES NX CONSTR.
B 47
47,9
47
47,9 - 0,42
885
LEXIBOOKg
C 0,998 0,998 0,98
0,988 - 2,66
2161
LOCINDUS
B 24,9 25
24,9
25 + 0,4
600
MALTERIES FR-B
C
505
MANUTAN INTER.g
B 71,8
72,8
71,8
72,2 + 1,4
465
MAUREL & PROMG
A 5,59 5,63
5,35
5,35 - 4,46 255145
MCPHY ENERGYg
6,09 6,24
6,09
6,19 + 1,81
12915
MECELEC
C 1,735 1,735
1,6
1,735+ 0,87
3371
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0000052623
FR0000064404
FR0010298620
FR0000077570
FR0011584549
FR0000064180
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
FR0011341205
FR0013018041
FR0000120560
FR0004050250
FR0012789386
FR0010298901
FR0010428771
FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
FR0000038465
FR0011027135
FR0000053514
FR0000066441
FR0012432516
FR0000060832
FR0004044600
FR0012613610
FR0010380626
FR0010211615
FR0000044471
FR0000075954
FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
FR0006239109
FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
VALEUR
OUV
+HT
MEDASYSg
C 0,359 0,36
MÉDIA 6
C 13,8
13,9
MEMSCAPg
C 2,02 2,06
MICROPOLEg
C 1,38
1,385
MNDg
1,954 1,954
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 10,65 10,65
MRM
C 1,5
1,5
MUSÉE GRÉVIN
C 75,5
75,5
B 15,3
NANOBIOTIXg
16,17
NAVYA
B 5,301 5,49
NEOPOSTG
A 26
26,46
NEURONESg
B 22,6
22,9
NEXTSTAGE
C100
100
OFFICIIS PROPERTIESg C 1,44
1,46
OL GROUPEg
C 2,7
2,71
ORAPIg
C 6,9
6,9
ORCHESTRA-PRE.
C 1,03
1,09
OREGE
3,37
3,38
PARAGON ID
C 26,2 26,2
PAREFg
C
PASSAT
C 4,1
4,19
PATRIMOINE & COM
B 17,9
17,9
PCAS g
C 15,2
15,2
POUJOULAT
C 38
38
POXELg
C 6,4
6,52
PRECIA g
C
PRISMAFLEXg
C 18,35 18,35
PRODWAYS GROUP
B 4,03 4,04
PROLOGUEg
C 0,626 0,645
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
B 18,8
19,2
RIBERg
C 2,905 3,03
ROBERTET SA
B564 580
ROCHE BOBOIS
B 20,8
21
S.A.M.S.E.
B 138
138
SABETON
C 24,8 24,8
SCBSMg
C 6,9
6,9
B 27
27,3
SÉCHÉ ENV.g
SELECTIRENTE
C
SERGEFERRARI GROUP C 9,04 9,04
SIGNAUX GIROD
C 16,3
16,3
SII
C 26,7
26,8
SMCP
A 23,57 23,57
SMTPCg
B 19,22 19,34
SOC. FR. CASINOS
C 1,84
1,84
SODIFRANCE
C 19
19
SODITECH ING.
C
SOFIBUS
C
SOFT COMPUTINGg C 16,3
16,4
C 29,9 29,9
SOGECLAIRg
SPIR COM.
C 2,68 2,68
+BS
0,359
13,8
1,96
1,36
1,86
CLÔT ÉCART VOL
0,36 + 0,28
4101
13,9 + 0,73
455
2,04 + 0,49
8100
1,38 + 0,36
8502
1,87 - 4,3
134158
645
10,65
1,5
75,5
15,3
5,3
25,92
22,6
100
1,43
2,67
6,88
1,03
3,35
25,1
10,65 + 0,47
1,5
75,5 + 4,14
15,94 + 2,18
5,418+ 2,23
26,28 + 1,47
22,9 + 1,33
100
1,43 - 0,69
2,67 - 1,11
6,88 - 0,29
1,06 + 3,42
3,38 + 0,3
25,45 - 3,42
1
12953
1
127944
11984
71850
1678
10
2832
32510
528
133083
104
481
84
4,03
17,8
15,16
38
6,35
4,1
17,9
15,16
38
6,4
+ 0,24
- 0,56
- 0,26
3862
4606
40698
51
38248
+ 0,16
- 0,99
18,2 - 1,09
3,85 - 3,87
0,64 + 1,75
196
18,2
3,79
0,625
52
104167
65538
21
18,8
2,88
564
20,8
137
24,8
6,9
26,7
19,2
2,985+ 2,93
566
+ 1,43
21 + 0,96
137
- 0,73
24,8
6,9
27
+ 1,5
311
54803
879
111
345
100
380
6766
70
8,9
15,8
25,8
23,015
19,16
1,84
19
8,9 - 1,77
16,2 - 0,61
26,7 - 0,37
23,37 - 0,11
19,32 + 0,73
1,84 - 26,4
19 + 4,4
300
1843
5984
79228
2769
5
739
0,985
187
16,3
29,9
2,67
16,4
29,9
2,67 - 4,64
51
221
929
ISIN
FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
FR0004037182
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TAYNINH
TESSIg
TFF GROUP
THERMOCOMPACTg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
+HT
C
B 134
136,5
B 44
44,2
C
C 78
79
C 36,8 36,8
C
C 3,42
3,42
B 47,6
47,6
2,565 2,57
A
B 27,5
27,8
C 0,598 0,598
C
B 51
51,2
C 1,88
1,92
C 5
5,1
C
C
C 10,2
10,2
B 9,6
9,6
C 42,2 46,2
3,62
3,66
+BS
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT
ÉCART VOL
1,36
132,5
43,8
136,5 + 1,11
43,8 - 0,23
3649
842
78
36,8
79
36,8 + 0,55
3,1
47,2
2,565
3,34 - 2,34
47,2 - 0,84
2,565
35,5
38
9
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
A 39,75
0,725
C 21,42
A 3,98
C 4,32
A 56,65
15,3
55,6
A 4,751
C
40,15
41,96
40,48
0,725
21,68
4
4,36
56,9
16
56
4,795
563
1706
145370
15,2
13
61,5
72,8
13,05
62,5
72,8
12,85
61,5
72,8
13,05 + 1,16
62,5
72,8 + 0,28
362
3782
30
59,13
19,91
C 48,2 48,2
A 155
156
13,51 13,8
C
48,2
154,5
13,5
48,2 + 0,84
155
+ 0,32
13,8 + 3,76
100
966
800
0,02
EURONEXT GROWTH (Sélection)
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
23426289
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
855
27,5
0,598
27,8 + 2,21
0,598- 0,33
50,6
1,88
4,98
50,6 - 0,78
1,92 + 2,13
4,98 - 1,97
10
9,45
42,2
3,6
10
- 2,42
9,45 - 0,11
45,35 + 8,62
3,66 + 1,11
1440
16
2,34
413
3892
2212
4,74
2,3
579
5170
25278
3367
39,68
0,725
20,3
3,98
4,3
56,35
15,3
55
4,71
40,41 + 1,84
0,725- 2,03
20,62 - 3,74
4
4,3 - 2,27
56,55 - 0,18
16
- 2,44
55,6 + 1,09
4,747 - 0,15
1541
53263
311
3180
31142
3434
40,15
41,96
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
OUV
0,286
0,073
9
1,78
0,359
8,1
25,7
65,3
24,5
0,105
0,328
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
26
26,25 25,8
7,92
7,92
7,78
4,76 4,78
4,76
0,43 0,43
0,42
0,222 0,228 0,222
0,27
0,918
+HT
0,286
0,077
9,02
1,83
0,359
8,1
25,75
67,9
24,5
0,105
0,357
+BS
0,282
0,071
8,5
1,74
0,341
8,05
25,2
65,2
24,3
0,101
0,296
0,274
0,925
CLÔT ÉCART VOL
0,282+ 0,71
36454
0,075+ 2,88 9533527
9
+ 1,12
1478
1,83 + 0,55 129616
0,35 - 2,51
275174
8,05 - 0,62
2937
25,25 - 2,89
7682
67,9 + 3,98
6956
24,3 - 0,82
233
0,104+ 0,78 747850
0,349+ 44,22
26
7,92 + 2,06
4,78 - 0,83
0,425- 1,16
0,222- 2,63
0,31 + 2,82
0,271+ 0,37
0,911 - 0,44
6629
815
476
104989
77256
13,3 + 0,76
1,3 - 2,99
11
0,302- 1,47
133,5 - 1,48
803
35625
11745
399447
4101
0,266
0,902
13,2
13,3
13,2
1,34
1,34
1,23
11,05 11,05
11
0,303 0,303 0,29
137
137
133
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
40,15 - 0,2
41,96 - 0,52
434516
12288
82
CERTIFICAT/FONDS
315409
8,98
40,15
41,96
C
0,41
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
INVESTIR 10
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
136.07
100.07
0,52
0,38
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
B 71
71
C
B
136
136
C
32,255 32,255
94,5 94,5
C
B 4,1
4,13
70
70
- 2,1
217
350
90
136
136
+ 2,26
4
30,095
94,5
31,4 + 2,15
94,5 + 2,16
181
5
3,33
750
4,06
4,06 - 2,17
4235
54,5
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
COURS
BCE
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1524
LIVRE STERLING
0,8871
FRANC SUISSE
1,1402
COURONNE DANOISE
7,4569
COURONNE NORV.
9,4532
KUNA CROATE
7,4279
COURONNE SUEDOISE
10,4093
DOLLAR CANADIEN
1,4781
YEN JAPONAIS
131,604
DOLLAR AUSTRALIEN
1,6148
ROUBLE RUSSE
75,6983
ROUPIE INDIENNE
84,6532
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,7625
COURONNE TCHEQUE
25,7049
FORINT HONGROIS
322,515
ZLOTY POLONAIS
4,2982
LEV BULGARE
1,9562
DOLLAR HONG-KONG
9,031
WON SUD COREEN
1293,7931
PESO MEXICAIN
21,7094
REAL
4,4708
DOLLAR SINGAPOUR
1,5874
RAND SUD-AFRICAIN
16,6437
LIVRE TURQUE
6,9389
RENMIBI YUAN
7,9153
RUPIAH
17371,6773
PESO PHILIPPIN
62,482
RINGGIT MALAIS
4,773
BATH THALANDAIS
37,3855
-0,21
-0,29
0,21
0,01
0,13
-0,03
0,07
-0,19
0,28
0,54
0,20
-0,02
0,58
-0,37
-0,17
0,03
0,03
-0,17
0,16
0,03
-1,75
0,14
0,31
0,44
-0,22
-0,03
-0,33
-0,09
0,12
-4,00
-0,01
-2,52
0,13
-4,04
-0,06
5,98
-2,08
-2,80
5,02
9,45
10,43
4,22
0,64
3,78
2,93
0,01
-3,74
1,01
-8,02
12,46
-1,15
12,00
52,35
1,41
6,81
4,10
-2,21
-4,37
03-10-2018
1 EURO EN DEVISE
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,1524
0,8871
1,1402
10,4093
7,4569
1,316
1,4781
GBP
0,8677
1,1272
1
1,2989
0,7699
1
0,9893
1,2853
9,0321
11,7322
6,4699
8,404
1,1419 148,3279
1,2826
1,666
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
03-10-2018
CHF
SEK
DKK
0,877
1,0108
0,7781
1
9,1282
6,5388
115,42
1,2963
0,0961
0,1107
0,0852
0,1096
1
0,7164
12,6428
0,142
0,1341
0,1546
0,119
0,1529
1,396
1
0,1765
19,8243
JPY (100)
CAD
0,7599
0,8757
0,6742
0,8664
0,0791
5,6658
1
1,1232
0,6766
0,7797
0,6002
0,7714
7,042
5,0443
0,8903
1
03-10-2018
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64-0,26/-0,56 -0,21/-0,51 -0,17/-0,47 -0,10/-0,40
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
03-10-2018
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,22
PORTUGAL
-0,22
FRANCE
0,04
ESPAGNE
-0,02
ITALIE
-0,37
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,61
0,58
0,08
0,40
2,29
-0,19
0,97
0,15
0,59
2,80
0,07
1,34
0,22
0,87
2,96
0,35
1,55
0,38
1,12
3,01
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
250,86 -0.18 248,89
170,11
0.08 171,84
232,36 0.10 236,20
280,80 0.27 284,90
329,20 -0.21 327,74
337,99 -0.33 332,52
231,02 0.08 234,24
VAR %
31/12 VAR %
0.98
0.00
-1.72
-1.58
0.66
1.98
-1.45
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1524
1,1525
0,8870
0,8873
1,1402
1,1403
10,4082
10,4093
7,4555
7,4582
131,6000
131,6080
1,4777
1,4784
-0,0023
-0,0027
-0,0003
-0,0004
0,0005
0,0003
0,0108
0,0056
0,0008
0,0026
0,1033
0,0991
-0,0024
-0,0022
-0,0090
-0,0094
0,0000
-0,0025
0,0014
0,0011
0,0138
0,0084
0,0044
0,0055
0,0788
0,0687
-0,0090
-0,0089
-0,0178
-0,0183
-0,0054
-0,0055
0,0026
0,0021
0,0125
0,0061
0,0092
0,0092
0,0220
0,0074
-0,0182
-0,0182
-0,0382
-0,0387
-0,0121
-0,0123
0,0049
0,0045
0,0006
-0,0070
0,0154
0,0146
-0,0761
-0,1034
-0,0400
-0,0403
03-10-2018
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux De base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.09 %
fOnDs feDeraux
2.25 %
2 ans
2.85 %
10 ans
3.08 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.10 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,55
-0,56
-0,59
-0,58
-0,55
-0,37
0,17
0,82
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
AOÛT 16
SEPT. 16
OCT. 16
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
SOURCE CDC IXIS
TME
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
28-08
29-08
30-08
31-08
03-09
04-09
05-09
06-09
07-09
10-09
11-09
12-09
13-09
14-09
17-09
18-09
19-09
20-09
21-09
24-09
25-09
26-09
27-09
28-09
01-10
02-10
03-10
0,71
0,71
0,71
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,86
0,86
0,86
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,364
-0,371
-0,366
-0,366
-0,366
-0,367
-0,365
-0,367
-0,367
-0,366
-0,367
-0,367
-0,351
-0,351
-0,363
-0,37
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,318
-0,317
-0,318
0,68
0,70
0,71
0,68
0,67
0,68
0,69
0,70
0,69
0,71
0,72
0,70
0,70
0,72
0,74
0,74
0,78
0,77
0,76
0,77
0,82
0,82
0,81
0,81
0,82
0,77
0,78
THOR.
PUB.
PRIV.
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
03/10
02/10
COURS PRIME PREC.
LINGOT
0
33470
33500
10 FLORINS
204,5
204,5
0,9
5 DOLLARS*
14,92
289,5
289,5
10 DOLLARS
570
13,13
570
20 DOLLARS
1130
12,1
1130
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1255
-0,1
1246
LATINE
195
0,26
194
NAPOLEON
199,4
2,52
198,4
1/2 NAPOLEON* 112
15,17
106
SOUVERAIN ELI I* 255,5
4,19
255,5
SOUVERAIN
249,2
1,62
245,5
1/2 SOUVERAIN* 127
3,58
127
SUISSE
196,4
0,98
193
TUNISIENNE*
195
0,26
193
MARK*
250
4,23
250
KRUGERRAND
1096
5,19
1095
LINGOTIN 500GRS 17000
1,49
17160
LINGOTIN 250GRS 8650
3,28
8590
LINGOTIN 100GRS 3470
3,58
3430
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
491,91
485,73
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
29 165
29 416
FIX2
29 279
29 532
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
23 026
22 997
FIX2
23 200
23 068
LONDON BULLION MARKET
03/10
02/10
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 468
1 461
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 201
1 205
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 050
1 060
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
832
828
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
03/10
DÉC. 18
14,71
JANV. 19
14,74
MARS 19
14,82
MAI 19
14,88
JUIL. 19
15,09
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
02/10
14,72
14,74
14,81
15
14,97
SETTLEMENT
03/10
DÉC. 18
1203,4
AVR. 19
1213,8
JUIN 19
1219,4
AOUT 19
1225,4
DÉC. 19
1237,9
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
OCT. 18
JANV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
03/10
832
835,9
840,5
846,7
838,1
02/10
1207,3
1218,2
1223,3
1232,7
1242,7
SETTLEMENT
02/10
830,3
833,7
837,4
824,1
855,1
CATHODES : 5616 A COMPTER DU 03/10/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
642,26 DEPUIS LE 03/10
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 539,94 DEPUIS LE 03/10
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
549,24 DEPUIS LE 03/10
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
595,75 DEPUIS LE 03/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
726,65 DEPUIS LE 03/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
698,51 DEPUIS LE 03/10
LONDON METAL EXCHANGE
03/10
02/10
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1365-1375
1390-1440
13540
1360-1365
1390-1440
13560
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2079,5-2080
2092,5-2093
983250
2047-2047,5
2063,5-2064
987800
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
6273-6274
6261-6263
196600
6170-6172
6162-6162,5
199125
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
18900-18925
18895-18905
2965
18940-18950
18925-18950
2865
12410-12420
12500-12505
228456
ÉLECTRICITÉ
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
03/10
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
12320-12325
12400-12410
228210
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2000-2001
2024-2026
114900
2008-2009
2022-2024
115700
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2692,5-2693
2661-2663
199325
2617-2619
2576-2576,5
201925
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
03/10
2,79
2,81
2,8
2,83
02/10
2,81
2,8
2,8
2,82
VOL
50
116
57097
28
BASE NOV 18
BASE DEC 18
POINTE NOV 18
POINTE DEC 18
03/10
70,12
70,6
77,88
77,56
KUALA LUMPUR
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
03/10
18950
02/10
18950
VOL
CLÔTURE
02/10
40,69
46,28
CLÔTURE
02/10
70,12
70,6
77,88
77,56
VOL
364004
192492
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
03/10
74,73
74,53
74,3
74
73,6
02/10
74,5
74,33
74,08
73,78
73,4
495,5
470,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
95,8
98,28
550,5
518,5
94,7
95,34
548,5
516,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
03/10
21,45
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
02/10
27,4
27,55
27,7
GAZ NATUREL
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
03/10
3,25
3,32
3,39
VOL
CLÔTURE
VOL
02/10
3,16
3,24
3,31
CLÔTURE
02/10
27,18
VOL
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
03/10
NOV 2018 27,47
DEC 2018 27,67
JAN 2019 27,86
02/10
27,6
27,86
27,82
02/10
76,78
76,26
77
CLÔTURE
CLÔTURE
03/10
02/10
DÉC. 18
1499
1540
MARS 19 1524
1559
MAI 19
1539
1572
JUIL. 19
1554
1587
SEPT. 19
1566
1596
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
VOL
6684
5948
2727
2565
1412
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
03/10
2020
2041
2057
2097
2119
02/10
2093
2107
2119
2153
2174
VOL
16477
8379
2271
643
584
03/10
346,3
356,2
370,5
02/10
346,7
356
370,5
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
03/10
02/10
NOV. 18
175
174
JANV. 19 176,75
176,25
MARS 19 181
180
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
03/10
02/10
NOV. 18
1583
1599
11481
JANV. 19 1580
1589
10166
MARS 19 1595
1600
5560
MAI 19
1608
1614
1176
JUIL. 19
1623
1629
227
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
6011
2052
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
03/10
108
111,3
113,75
118,65
02/10
108
111,4
113,75
118,45
VOL
VOL
32545
6714
2295
1314
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
JOU R
03/10
02/10
112,45
115,7
468
141
14
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
532
64
SETTLEMENT SETTLEMENT
03/10
178
177,85
178,75
VOL
02/10
176,25
0
0
528
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
148.7
LE 02/10//18
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.13975
LE 02/10//18
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD :1.59075
LE 02/10//18
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.66425
LE 02/10//18
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
61988
22929
12228
03/10
02/10
NOV. 18
10,34
10,3
JANV. 19 10,5
10,4
MARS 19 10,75
10,5
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
CLÔTURE
1217
151
245
SETTLEMENT SETTLEMENT
03/10
02/10
DÉC. 18
367,75
367,5
MARS 19 379,5
379,5
MAI 19
386,75
386,75
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
JUS D’ORANGE
SETTLEMENT SETTLEMENT
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
76708
21062
10108
3722
1357
VOL
CAFÉ
BOIS
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
1
02/10
12,13
12,22
12,34
12,65
13,28
SETTLEMENT SETTLEMENT
03/10
02/10
DÉC. 18
520,88
519,25
226
MARS 19 535
538
7
MAI 19
548,88
549
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 104.06
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
03/10
12,13
12,26
12,39
12,68
13,29
VOL
VOL
VOL
COTON
03/10
60
76,53
77,33
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
03/10
02/10
DÉC. 18
201,25
200
26835
MARS 19 204,25
203
8823
MAI 19
205,75
204
2362
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
03/10
02/10
DÉC. 18
277,25
272,5
MARS 19 273
269,5
MAI 19
271,75
260,5
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 85,85, LE 03/10//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
VOL
7650
4487
1188
315
145
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 01/10/
Prix indicatif : 2068,75
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
03/10
27,4
27,55
27,7
CLÔTURE
03/10
02/10
DÉC. 18
339,2
334,9
MARS 19 340,3
335,5
MAI 19
345,2
339,9
AOUT 19 349,5
343,8
OCT. 19
353,4
347,9
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
CACAO
URANIUM
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
CLÔTURE
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
VOL
02/10
21,45
POWERNEXT GAS FUTURES
03/10
02/10
NOV. 18
742,25
742
75675
FÉV. 19
737,25
737,25
12811
MARS 19 735,75
735,75
5794
AVR. 19
733,5
733,5
1730
MAI 19
731,5
731,5
1533
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
501,5
476,5
SPOT
CÉRÉALES
12,15 cts/lb
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
707
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
03/10
02/10
JOUR
85,29
84,8
JANV. 19 84,81
84,35
59592
FÉV. 19
84,42
83,98
28395
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
SUCRE
London Daily Price:
03/10
NORD DA 27,23
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
PRODUITS PÉTROLIERS
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
708
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
02/10
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8600
8600
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
4,55
4,55
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33,5
33,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
7,65
7,65
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
29,3
29,3
GERMANIUM (PAR KG)
1650
1650
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14
14
SILICIUM (PAR TONNE)
2000
2000
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
03/10
VOL
112.45
03/10
02/10
206,18
206,01
REUTERS COM. 2339,77
2325,15
MOODYS COM. 5667,65
5646,82
OR INDUSTRIEL 33712
33548
LMEX
3004,3
3025,2
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Jeudi 4 octobre 2018 Les Echos
DERNIER
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LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
252,7
28/09
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
320,9 02/10
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
556,6
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
544,19 03/10
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
SYNCHRONY (LU)
252,2
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365,83 03/10
02/10
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100,7 02/10
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111,75 02/10
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
556,63 28/09
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
175,45 02/10
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108,49 02/10
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291,94 02/10
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
462,28 02/10
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102,79 02/10
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484,65 01/10
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16210,65 02/10
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LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
97,7
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157,84 02/10
LU1279334210 PICTET-ROBOTICS
142,48 02/10
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
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146,22 02/10
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
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311,1
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1215,37 02/10
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139
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154,81 03/10
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301,49 02/10
02/10
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
250,71 02/10
753,73 02/10
DÉSIGNATION
DES VALEURS
02/10
LU0256846139 PICTET-SECURITY
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
CODE ISIN
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
86,98 02/10
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CLASSIFICATION
CODE ISIN
CLASSIFICATION
sicav//fcp
02/10
02/10
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
par Florian Dèbes
@FL_Debes
DR
Michel Paulin
veut placer OVH
aux côtés
des géants
Michel Paulin a très vite dû rentrer dans ses
nouveaux habits de directeur général d’OVH.
Fin août, il a même enfilé, sous les yeux des salariés, un tee-shirt offert par son nouveau patron,
Octave Klaba, le président du service de location de serveurs en ligne. « Je n’ai pas pu
m’empêcher de le mettre tant je connaissais la
symbolique de ce geste d’Octave », raconte
l’ancien directeur général de SFR. Sur la photo
immortalisant l’arrivée de ce professionnel des
télécoms chez OVH, sa chemise dépasse encore
sous le tee-shirt.
La rencontre entre les deux dirigeants a été
un « un coup de foudre », note ce bon ami de Jacques Veyrat, le conseiller pour la France du
fonds d’investissement KKR… présent au capital
d’OVH. Michel Paulin souligne sa complémentarité avec le fondateur, en 1999, de ce groupe de
télécoms qui emploie 2.500 personnes dans le
monde : « Je suis technophile mais pas technologue », précise-t-il. Manager apprécié de ses précédentes équipes, il sait trop bien que « tout ne se
fait pas dans une seule tête » pour laisser passer
l’occasion de se frotter à un groupe aux ambitions mondiales. A l’esprit rock’n’roll d’OVH et
ENTREPRISES
BNP PARIBAS
Yann Gérardin
est le nouveau directeur général
adjoint du groupe BNP Paribas,
chargé du pôle CIB.
Yann Gérardin, 56 ans, titulaire
d’une licence en économétrie, est
diplômé d’HEC et de l’IEP de
Paris. En 1987, il a rejoint la BNP
où il a créé l’activité dérivés
actions. Devenu responsable
m o n d i a l d e l ’e n t i t é d é r i v é s
actions de BNP Paribas en 1999, il
a pris, en 2005, la responsabilité
d’Octave Klaba, le passionné d’opéra qu’est
Michel Paulin ajoute une note de classique.
Le 18 octobre prochain, il précisera lors de la
conférence annuelle d’OVH comment il entend
exécuter une stratégie déjà définie par l’entreprise et son chef entrepreneur. « Il a l’expérience
pour diriger un groupe et nous aider à passer à
l’étape supérieure », se réjouit Alain Fiocco, le
directeur technologique de l’entreprise.
Un air de déjà vu
Passé chez Bull dans les années 1990, Michel
Paulin en est devenu administrateur indépendant en 2008. Entre-temps, il avait introduit en
Bourse l’opérateur télécoms LDCom en 2004.
Renommé « Neuf Telecom », ce groupe a été
absorbé par SFR quelques années plus tard. De
son côté, Michel Paulin rejoignait Louis Dreyfus
Commodities puis Méditel, la filiale d’Orange
au Maroc, en 2013. Le polytechnicien est finalement débauché par l’homme d’affaires Patrick
Drahi pour revenir diriger SFR de janvier 2016 à
septembre 2017.
Depuis son départ pour « raisons personnelles », il humait les modèles économiques de
de la division actions et dérivés
a c t i o n s d e B N P Pa r i b a s . I l a
rejoint le comité exécutif du
groupe BNP Paribas en 2011. Il
était responsable du pôle Corporate and institutional banking
(CIB) depuis 2014.
BOUYGUES CONSTRUCTION
Bernard Mounier
devient, au sein du comité
exécutif, directeur général
délégué de Bouygues
Construction. Il est désormais
chargé du nouveau périmètre
Bouygues Bâtiment France
et Europe.
l’hypercroissance à travers des fonds d’investissement. La trajectoire d’OVH lui rappellera
sans doute l’époque précédant l’introduction
en Bourse de LDCom. « En neuf ans, nous
étions passés de 0 à 4 milliards d’euros de chiffre
d’affaires et nous avions fait 14 acquisitions »,
remémore-t-il.
Certains imaginent d’ailleurs que Michel
Paulin vient propulser en Bourse la pépite européenne OVH, tout comme il l’avait fait de « l’opérateur alternatif » dans les années 2000. Autre
option, poursuivre les acquisitions. Il connaît
bien la matière, lui qui raconte cette anecdote
où un de ses collaborateurs chez LDCom lui
avait lancé au détour d’un ascenseur : « Mais
qu’est-ce qu’on fait ? Cela fait six mois qu’on n’a
rien racheté ! »
Pour asseoir ses ambitions internationales,
OVH doit trouver sa place aux côtés de géants
comme Amazon ou Microsoft. Sur un marché
en très forte croissance – Gartner prévoit 27,6 %
d’augmentation des revenus sur le marché des
infrastructures cloud computing en 2019 –
Michel Paulin entend progresser auprès de toutes les catégories de clients. « La nomination de
Michel Paulin à la tête d’OVH est un bon choix
même s’il n’est pas spécialiste du cloud, car il a le
profil pour rassurer les grandes entreprises, alors
qu’on a vu que présenter Octave Klaba en chemise
n’a pas fonctionné », analyse un observateur du
secteur. Réputée pour ses technologies, l’entreprise souffre d’un déficit d’image auprès des
grands comptes.
Michel Paulin assure que ce point de vue est
très réducteur par rapport à la réalité des contrats confiés à OVH. Conformément à une
méthode éprouvée tout au long de son parcours, il entend, d’ailleurs, rencontrer très vite
les cadres et les clients du groupe dans toute
leur diversité, en France, en Europe et aux
Etats-Unis. « Ce sera tee-shirt et chemise ! »
assure-t-il. Dans les deux cas, il faudra mouiller
le maillot. n
Bernard Mounier, 59 ans, diplômé
de l’AFPA à Toulouse, est président de Bouygues Bâtiment Ilede-France. Entré chez Bouygues
en 1983, il est devenu directeur
général adjoint des ouvrages fonctionnels chargé de la rénovation
en 2002, puis directeur général de
Bouygues Bâtiment Ile-de-France
-Rénovation Privée en 2004. Il a
été promu directeur général
adjoint en 2008, et directeur général délégué marchés privés de
Bouygues Bâtiment Ile-de-France
en 2012. Depuis 2015, il était directeur général de Bouygues Bâtiment Ile-de-France.
LAGARDÈRE ACTIVE
Thibaud Sanner
est nommé directeur financier.
Il intègre le comité exécutif
de Lagardère Active.
Thibaud Sanner, 43 ans, diplômé
de l’Ensam et de l’Essec, a d’abord
travaillé dans l’audit et le conseil.
Entré chez Lagardère en 2010, il
fut directeur adjoint ( jusqu’en
2013), puis directeur (entre 2014
et 2016) de l’audit groupe. L’année
dernière, il a rejoint la direction
financière de Lagardère Active,
où il officiait comme directeur
financier corporate.
LA BANQUE POSTALE
Maud Vimeux
Dominique Rouquayrol
de Boisse
Maud Vimeux devient directrice
des ressources humaines
de La Banque Postale,
des services financiers et du réseau
La Poste. A ce titre, elle sera
membre du comité exécutif
de La Banque Postale et directrice
générale adjointe du réseau
La Poste. Dominique Rouquayrol
de Boisse est désormais directeur
conformité et juridique du groupe
La Banque Postale.
Maud Vimeux, 48 ans, titulaire
d’un DESS de gestion des ressources humaines de l’université Paris
Dauphine, a débuté chez Danone
en 1993. Après avoir été directrice
du développement des ressources humaines pour la division
eaux monde, elle a été nommée
DRH de Font Vella (en Espagne)
en 2005, puis de Blédina en 2011.
Après avoir conduit le projet
d’évolution de la fonction RH
pour les huit entités de Danone en
France, elle a assuré la direction
des ressources humaines France
dès 2016. En juin, elle était devenue directrice des ressources
humaines adjointe de La Banque
Postale, des services financiers et
du réseau La Poste et membre du
comité de direction générale.
Dominique Rouquayrol de Boisse,
56 ans, titulaire d’un master 2 de
droit civil et commercial, diplômé
de l’Ecole nationale de la magistrature, a d’abord été magistrat au
Tribunal de grande instance
d’Albert ville en 1988. Il a été
nommé adjoint au directeur juridique de la Commission des opérations de bourse (devenue AMF)
en 1994, puis conseiller référendair e à la Cour de Cassat ion
(chambre sociale) en 1999. Devenu
directeur juridique et fiscal d’AXA
France en 2001, il avait rejoint, en
2012, La Banque Postale en tant
que directeur juridique, membre
du comité de direction générale.
FÉDÉRATION
de la Fédération française de
tennis. Poste qu’il a déjà occupé
par le passé. Il aura notamment
pour mission de contribuer
au projet Agir et Gagner 2020.
Jean-François Vilotte, 61 ans,
ancien élève de l’ENA, diplômé de
l’IEP de Paris et titulaire d’un DEA
en Droit public, fut notamment le
directeur de cabinet du ministre
des Sports Jean-François Lamour
(2002-2006). Il avait déjà été
directeur général de la Fédération française de tennis de 2007 à
2009, sous la présidence de Christian Bîmes. Il avait ensuite présidé l’Autorité de régulation des
jeux en ligne (Arjel) entre 2010 et
2014, avant de devenir avocat
associé au cabinet De Gaulle
Fleurance & Associés.
ILS SONT NÉS
UN 4 OCTOBRE
Pierre Albouy,
ex-directeur associé de
Financière de Courcelles, 54 ans.
Alexandre Bompard,
PDG du groupe Carrefour,
46 ans.
Julien Clerc, chanteur, 71 ans.
Terence Conran,
designer, 87 ans.
Matthias Fekl,
député du Lot-et-Garonne,
ex-ministre de l’Intérieur, 41 ans.
Sara Forestier, actrice, 32 ans.
Valérie Fourneyron, médecin,
ex-ministre des Sports, 59 ans.
Jérôme Garcin,
journaliste et écrivain, 62 ans.
Francis Gutmann, industriel,
ambassadeur de France, 88 ans.
David Prudhomme,
auteur de BD, 49 ans.
Anne Rice, écrivain, 77 ans.
Susan Sarandon,
actrice, 72 ans.
Jean-Cyril Spinetta,
ancien PDG d’Air France-KLM,
75 ans.
Najat Vallaud-Belkacem,
ex-ministre de l’Education
nationale, de l’Enseignement
supérieur et de la Recherche,
41 ans.
FÉDÉRATION FRANCAISE DE TENNIS
Jean-François Vilotte
sera, à compter de novembre,
le directeur général
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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Jeudi 4 octobre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Timide Valkyrie
L’entrée en Bourse sans fanfare d’Aston
Martin joue le faire-valoir de Ferrari.
L’INVITÉ
DES ÉCHOS
« Les Echos »
+
crible
Etienne Mallet
Président de CinéFrance
FINANCEMENT DU CINÉMA « Les financements tradition-
nels stagnent, plafonnent. Il est donc urgent de réagir de manière à ce que l’on tienne compte du nouvel environnement
illustré par les plates-formes américaines [comme Netflix,
NDLR]. Il est indispensable que l’audiovisuel et le cinéma
français se réforment vigoureusement », estime Etienne
Mallet, qui a notamment produit le film « Yves Saint Laurent » sorti en 2014. « Il y a un risque de stagnation et de mort
lente [du cinéma français] ce qui est fortement regrettable car
le cinéma français est le troisième du monde, avec une créativité sans égal. Ce serait extrêmement dommageable que nous
perdions cette position. »
RÉFORME « Il faut que l’on réintroduise dans le cinéma français un esprit et une culture d’entreprise, où le mot rentabilité
n’est pas un gros mot et où l’on sait tenir un budget et prendre
des risques. »
FONDS D’INVESTISSEMENT Etienne Mallet propose de
« créer un fonds d’investissement public-privé de catalogues,
c’est-à-dire de parts de films […] qui sont rediffusés de manière
régulière. Ces parts de films génèrent des recettes et des rentabilités. Pour les investisseurs, c’est un produit identifiable, une
part d’actif réel, qui génère des rentabilités entre 5 et 10 %.
C’est un moyen d’attirer des investisseurs dans ce secteur
et de procurer des recettes nouvelles aux producteurs pour
qu’ils puissent créer, et conquérir des parts de marché
à l’international. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
L’une des attractions phares du PortAventura Park, près de Tarragone, est le
« Ferrari Land » et sa montagne russe qui propulse le touriste aventureux à
180 kilomètres/heure en quatre secondes, un succédané de ce que peuvent
offrir les voitures de l’écurie de Maranello. Le financier italien Andrea Bonomi, qui en détient la licence, devra néanmoins s’en contenter parce qu’en
matière d’accélération, sa qualité de deuxième grand actionnaire d’Aston
Martin Lagonda, à travers son fonds Investindustrial, est loin de lui offrir les
sensations de la marque à l’étalon cabré. La première introduction d’un
constructeur automobile à la City depuis la privatisation de Jaguar par Margaret Thatcher en 1984 s’est faite sans fanfare. Un prix de 19 livres par action,
finalement 15 % plus faible que le maximum espéré, fait ressortir une capitalisation de 4,3 milliards de livres qui risque de laisser le véhicule à la porte
d’entrée du club londonien du Footsie 100, à moins que la chute d’un quart
en trois séances de Royal Mail ne lui fasse une petite place. A 5,8 milliards
d’euros dette incluse, soit 17,8 fois l’Ebitda estimé cette année par Bloomberg
Intelligence, la valorisation du carrossier attitré de James Bond semble ne
devoir servir que de faire-valoir à celle de Ferrari, plus véloce de quasiment
un cinquième. La marche arrière du fabricant de la Valkyrie (-4,74 % mercredi) contraste avec l’avance prise par Ferrari dès sa première séance newyorkaise (+5,77 %) il y a trois ans. La course ne fait que commencer…
EDF 18
Engie 18
Euroclear 31
France Télévisions 22
General Motors 15
GRDF 18
Honda Motor 15
Iliad 23
M6 22
Malongo 20
Michelin 31
Mitsubishi 19
Navya 30
Nissan 19
OVH 34
Poloniex 30
PSA 26
Radio France 22
Refinitiv 31
L’une des plus longues « Recovery Story » de la City continue de tenir son
public en haleine. Les supporters de Tesco sont confortés par les bons chiffres semestriels de croissance organique en Grande-Bretagne et de son emplette Booker, tandis que les sceptiques pointent du doigt la dégradation visible de ses performances en Pologne et en Thaïlande, à l’origine d’un bénéfice opérationnel courant inférieur aux pronostics (de 6 %), sanctionné par
un rabais encore plus sévère à la City (–8,6 %). Pourtant, le patron Dave
Lewis, aux commandes depuis septembre 2014, tient ferme le cap du grand
épicier, confirmant son objectif de marge opérationnelle (3,5 à 4 % en
2020). Son « Caddie® » stratégique reste très rempli entre le redressement
des activités internationales qui revient sur le devant des linéaires et le
maintien de la dynamique retrouvée outre-Manche. S’il n’est pas sûr que
Sainsbury réussira à relever sans heurts le défi du mariage avec Asda (filiale de Walmart), il est certain que les « discounters » essaieront de riposter
par les prix au nouveau format Jack’s que Tesco vient de lancer. L’action ne
bénéficie pas d’une cote d’amour (15,3 fois le bénéfice provisionnel) par rapport aux grands concurrents cotés, comme si les gérants ne voulaient pas
crier « Victory » trop vite. Le Brexit ne leur facilite pas la tâche. Tesco est en
mode « wait and see » mais après Noël, il faudra prendre les mesures qui
s’imposent si le scénario de « hard Brexit » n’est pas écarté. Un alourdissement des stocks, ce n’est jamais appétissant pour les portefeuilles.
EN VUE
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ImPressIon l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 3 octobre 2018 : 94.910 exemplaires
origine du papier : belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
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membre de oJD-Diffusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
ce numéro comporte un 3e cahier de 12 pages « les echos sociétés »
Tesco tient ses promesses outre-Manche,
mais le Brexit pourrait compliquer sa tâche.
La scission à l’allemande de ThyssenKrupp
pose plus de questions qu’elle n’en résout.
Renault 19
Rubis 31
Simplist 25
SNCF 17
Société Générale 31
Sony 23
Spotify 23
Telecom Italia 23
Tencent 23
Tencent Music 23
Thomson Reuters 31
Tiger Global
Management 30
Universal 23
Visible Patient 27
Vodafone 23
Warner 23
WindTre 23
YouTube 23
Directeur De la publication & présiDent De la sas les echos Pierre Louette
edité par les echos, sas au capital de 794.240 euros rcs 582 071 437
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Directeur Des Développements éDitoriaux Du pôle les echos Henri Gibier
Caddie® très rempli
Choucroute dégarnie
LES ENTREPRISES CITÉES
ACINQ 25
Airbus 31
Alstom 31
Altice 22
Altran 31
Amazon 23
Apple Music 23
Aspen 26
AXA 30
Binance 30
Blockstream 25
Bloomberg 31
BNP Paribas 31
Boeing 21
Casino 16
Coinbase 30
Crédit Agricole SA 31
Daimler 19
Deezer 23
« Les grandes questions de notre temps ne se décideront pas par des discours et
des votes à la majorité, mais par le fer et le sang. » Il n’y a pas que Bismarck
qui doit se retourner dans sa tombe lorsque l’ancien empire bicentenaire
de la Ruhr, ThyssenKrupp, qui accoucha de la Grosse Bertha et du cuirassé
baptisé de son nom, se soumet aux exigences du temps et aux revendications des « sauterelles », comme on appelle outre-Rhin les fonds activistes,
celles de simplifier sa structure en se coupant en deux. La firme d’Essen,
c’est encore un peu la choucroute garnie de l’industrie germanique. Le lard
fumé le plus savoureux (les ascenseurs), côtoyant divers morceaux moins
nobles de palette (sous-marins, équipements automobiles), s’y trouve noyé
dans un chou blanc fermenté (l’acier), plus ou moins appétissant en fonction du moment. Il faut donc dégarnir comme d’autres « Konzern » sont en
train de le faire (Siemens, Daimler, Continental et ailleurs Philips, General
Electric). Mais l’alliance de circonstance entre d’un côté les gardiens du
temple, réunissant le premier actionnaire, la fondation Krupp, et le plus
puissant des syndicats, IG Metall, et de l’autre les « barbares » du droit actionnarial, les fonds Cevian (18 % du capital) et Elliott, donne à cette scission
teutonne un goût particulier qui la laisse à part. Si elle peut sembler logique
dans la patrie de la cogestion, elle ne masque pas les défauts du projet aux
yeux des investisseurs : l’absence de sang neuf pour conduire une
manœuvre radicale, le lien capitalistique maintenu entre les deux entités
qui les rendra moins agiles, et in fine une possible sortie de l’indice vedette
DAX. Une choucroute, et une mise en bière.
L
Georges Képénékian
a passation de pouvoirs entre
Gérard Collomb et Edouard Philippe fut, paraît-il, glaciale. Qui
s’en étonnera ? Ministre à mi-temps, l’ex
et futur maire de Lyon était devenu
emmerdeur à plein temps. Il fut peutêtre un bon magistrat municipal, mais
les habits d’homme d’Etat se sont révélés
trop grands pour lui. Finalement, Collomb n’était qu’au « service de lui-même »
comme le résume cruellement
« Le Point ». Ce n’est pas bon pour son
image auprès des Français, les Lyonnais
pourraient ne pas apprécier non plus la
pantalonnade à laquelle leur édile s’est
livré en leur nom. Autrement dit, les
adieux parisiens furent froids, il n’est pas
sûr que le comité d’accueil du retour soit
tellement plus chaleureux. Ainsi
« Le Canard » notait la semaine dernière : « Georges Képénékian, le maire de
Lyon, et David Kimelfeld, le président de la
métropole, ont tous deux tenu des propos
ambigus qui montraient qu’ils étaient
prêts à tuer le père et étaient tentés par
l’idée de se présenter eux-mêmes à la
municipalité… Collomb se devait donc de
calmer rapidement leurs velléités. » Georges Képénékian, 69 ans, est chirurgien
urologue, c’est lui qui s’est fait opérer. Il a
envoyé sans barguigner sa lettre de
démission. Dommage pour le maire
alors que justement Rue 89 notait ses
efforts de peopolisation pour se faire
mieux connaître des Lyonnais, photos
avec madame, souvenirs du quartier
arménien, etc. Cela fait un certain temps
que Georges, médecin réputé, évoluait
dans l’ombre de Gérard. Son engagement dans la cause arménienne lui avait
fait croiser le politique, dont il deviendrait plus tard l’adjoint. Elu à la mairie en
juillet 2017, « Képé » ne pensait sans
doute pas que son passage dans la
lumière aurait été aussi fugace.
(
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