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Les Echos - 05 10 2018 - 06 10 2018

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AUJOURD’HUI
AVEC LES ECHOS
Gestion de Fortune - Family Office
Tél. 01.53.93.23.23
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Les Echos
Patrimoine
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 5, SAMEDI 6 OCTOBRE 2018 // LESECHOS.FR
Impôts :
ce qui nous
attend en 2019
L’ESSENTIEL
SOINS DE VILLE : L’ALERTE
DE LA COUR DES COMPTES
Dans son rapport annuel sur la
Sécurité sociale, la Cour se félicite
du retour à l’équilibre, mais
pointe la dérive persistante du
coût des soins de ville et réclame
des outils de régulation. // P. 4
L’OUEST ACCUSE MOSCOU DE
CYBERATTAQUES MASSIVES
Washington, La Haye, Londres,
Canberra, Ottawa et Bruxelles
ont accusé jeudi le renseignement militaire russe, GRU, de
hacking d’organisations internationales et d’entreprises. // P. 8
NOUVELLE DONNE SUR
LE MARCHÉ DE LA BIÈRE
Les volumes de bière consommés
reculent dans le monde, à l’exception de l’Afrique et de l’Asie du
Sud-Est. En revanche, le marché a
gagné 20 % en valeur en cinq ans
grâce aux bières artisanales.
L’économie
française
repart
de l’avant
Les Echos
WEEK-END
VOTRE MAGAZINE TOUS LES VENDREDIS
l Après un trou d’air, l’Insee table sur une
croissance plus forte au second semestre.
l Le pouvoir d’achat grimpera fin octobre.
A
près la déception du premier
semestre, la croissance française
devrait retrouver un rythme plus
élevé durant la deuxième partie de l’année.
Dans une note publiée jeudi, l’Insee anticipe
une progression de 0,5 % du PIB au troisième trimestre et de 0,4 % au quatrième.
D’abord parce que le pouvoir d’achat des
Français sera dopé par la fin des cotisations
maladie et chômage pour les salariés et par
la suppression de la première tranche de la
taxe d’habitation, ce qui nourrira la
consommation. Ensuite, parce que les
entreprises continuent à investir. Sur
l’année entière, la croissance atteindrait
1,6 %, c’est-à-dire à peu près ce qu’espère le
gouvernement. Cette performance ne permettra toutefois pas de renforcer les créations d’emplois et sera donc insuffisante
pour faire baisser rapidement le chômage,
qui toucherait encore 8,9 % de la population active en fin d’année.
l BUSINESS STORY RODOLPHE SAADÉ, LA MER
EN HÉRITAGE l CULTURE ISRAËL, LE GÉNIE DES SÉRIES
l STYLE MODE : LA TENTATION DU SHOW
l ... ET MOI « CHERS PARENTS, JE VEUX PARTIR FAIRE
DE L’HUMANITAIRE »
// PAGE 3 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI PAGE 10
// P. 18
La plate-forme de réservation de
VTC s’installe à Aix, Avignon et
Toulon. Dans le même temps,
Uber Green, qui permet de commander un véhicule hybride, est
lancé à Nice, Bordeaux et Lille.
// P. 28
Hippisme
Le Prix de l’Arc
de Triomphe
retrouve
Longchamp // P. 19
DOMMAGES La hausse est
attendue entre 1 et 2 % en auto.
En habitation, les majorations
devraient aller de 0 à 5 %.
sur
Les offres de grands groupes ou de start-up se multiplient
pour optimiser le diagnostic ou le suivi des patients.
NICOLAS BARRÉ
À 7h12 Du lunDi au venDreDi
Dans le 7h-9h De nikos aliagas
L’intelligence artificielle,
nouvelle frontière de la santé
Imagerie, diagnostic, traitement…
Un dossier de 8 pages pour comprendre.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22796
110eANNÉE
42 PAGES
Antilles-Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 5,80 €. Espagne 4 €. Grande-Bretagne 6 £. Grèce 3,70 €. Italie 4 €
Luxembourg 6,10 €. Maroc 28 DH. Suisse
1 0,4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
MÉDECINE C’est l’un des domaines où l’intelligence artificielle porte à
la fois le plus d’espoirs et le plus de craintes. Les algorithmes sont déjà
capables de rivaliser avec les radiologues pour l’analyse de certaines
images, et les offres de grands groupes ou de start-up se multiplient
pour optimiser le diagnostic ou le suivi des patients. Mais certains
pointent les risques d’une déshumanisation des soins ou d’une utilisation incontrôlée des données de santé. // NOTRE SUPPLÉMENT
L’analyse de
Jacques-Hubert Rodier
Le Brésil, qui vote pour son prochain président le 7 octobre, est en pleine crise politique. Mais il n’est pas le seul pays d’Amérique latine confronté à des menaces dont
les pires sont la violence et la corruption.
Venezuela, Nicaragua, Argentine, Colombie sont tous, à divers titres, confrontés au
chaos social qui remet en cause la démocratisation du continent. // PAGE 10
ET NOS INFORMATIONS PAGE 7
Alors qu’aucun assureur n’a encore communiqué
sur l’évolution de ses tarifs automobile et habitation
pour 2019, la tendance s’annonce haussière, selon
les professionnels interrogés par « Les Echos » et les
projections de plusieurs cabinets de conseil.
D’après Facts & Figures, les majorations devraient
atteindre entre 1 et 2 % en moyenne en auto. Pour
l’habitation, les revalorisations sont attendues
entre 0 et 5 %. Mais les assureurs ont de plus en plus
de mal à faire passer leurs hausses. // PAGE 32
Evan McGlinn/NYT-Redux-RÉA
Ludovic/RÉA
CARNET // P. 38
Assurance : les tarifs vont
encore augmenter en 2019
L’Amérique
latine au bord
du gouffre
Shutterstock
UBER PART À LA CONQUÊTE
DES VILLES MOYENNES
La Réserve
fédérale fait
flamber les taux
et le dollar
MENEZ AVEC TNP LES TRANSFORMATIONS
OÙ INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
ET INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE
FERONT LA DIFFÉRENCE
MARCHÉS Le marché obliga-
taire a connu deux jours de
hausse aussi brutale qu’inattendue. Les taux américains ont
bondi, entraînant avec eux la
plupart des rendements d’obligations d’Etat dans le monde.
Le dollar a enregistré sa
sixième journée de hausse
d’affilée face aux autres devises.
Il a même enfoncé temporairement le seuil psychologique de
1,15 dollar pour un euro. Cause
principale, la détermination
affichée par la Réserve fédérale
de poursuivre, voire d’amplifier, son resserrement monétaire, portée par la bonne santé
de l’économie américaine. Les
marchés en sont de plus en plus
convaincus et entrevoient la fin
de plus de trente ans d’âge d’or
obligataire. // PAGE 33
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02 //
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
FRANCE
Macron, faire
pour se refaire
Pour oublier les questions de personnes, rien de mieux
que les débats de fond suscités par les réformes,
fussent-elles périlleuses, estime le chef de l’Etat.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
es difficultés conduisentelles à la prudence ?
Jeudi a répondu « non ».
Guillaume Pepy, dont on peut
difficilement imaginer qu’il
s’exprime sans l’aval de
l’exécutif, annonce dans « Les
Echos » une réforme de la SNCF
sans tabou : fin du statut,
disparition d’une partie des
emplois, changement radical
du contenu de beaucoup
d’autres, etc. Qu’il célèbre
la Constitution de 1958
ou échange dans un bain
de foule, Emmanuel Macron
dit à sa façon la même chose.
Faire pour tenter de se refaire,
a-t-il décidé.
S’il y met un peu plus les
formes, le chef de l’Etat ne
renie rien du message distillé
à force de petites
phrases. A Colombey-les-DeuxEglises, il rapporte, tout
sourire, à une retraitée ces
mots du fils de Gaulle : « Le
pays se porterait autrement si
les Français ne se plaignaient
pas. On ne se rend pas compte
de la chance immense qu’on a. »
Nouvelle polémique ? Tant pis
ou plutôt tant mieux à ses
yeux, il faut bien qu’un
message fort couvre la
confusion créée par le départ
de Gérard Collomb. D’ailleurs,
des vertus de la Ve République,
c’est celle-ci qu’il choisit de
mettre en tête de liste : « La
force de notre Constitution, c’est
qu’elle permet d’avancer. » Le
reste n’est que « péripéties ».
Depuis le début de l’été, on
sentait une interrogation au
sein de la majorité. Plus ou
moins de social ? Et surtout
quel rythme et quelle intensité
pour les réformes ? En
enterrant le rapport CAP 2022,
en s’interrogeant
sur l’opportunité de l’impôt à
la source, l’exécutif n’était-il pas
en train de se corriger ? Depuis
quelques jours, Emmanuel
Macron a tranché, il n’en sera
rien. Surtout ne pas faire
comme ses prédécesseurs.
Surtout ne pas prendre le
risque de déstabiliser ceux qui
l’ont élu pour « transformer ».
En outre, l’analyse sondagière
et médiatique de la première
année l’a amené à ce constat.
Des réformes qui bousculent
créent du bruit et agitent partis
et syndicats, mais elles
focalisent l’attention des médias
et au final le servent. Dans les
périodes sans chantiers, ce sont
les histoires de personnes
qui retiennent l’attention…
et au final le desservent.
Retour donc, espère-t-il, aux
débats de fond, sur l’assurancechômage, sur les retraites
et sur la réforme de l’Etat
qui refait surface, en espérant
que les mêmes audaces
produiront les mêmes effets.
Malgré la météo politique.
cecilecornudet@lesechos.fr
en bref
Hollande propose de supprimer
la fonction de Premier ministre
INSTITUTIONS François Hollande a plaidé jeudi pour la suppression de la fonction de Premier ministre, afin d’avoir « un seul
chef de l’exécutif », face à un Parlement qu’il faut, selon lui, doter
de pouvoirs proches de ceux du « Congrès américain ». Selon lui,
« l’hyperprésidence » que l’on constate « depuis des années » n’est
« pas liée à la Constitution actuelle » mais à un « Parlement trop faible » et à cette « dyarchie au sein de l’exécutif ». Il a expliqué ne pas
avoir fait cette proposition lors de son quinquennat car elle est le
résultat de « l’expérience qui est la (sienne) d’avoir été président ».
Assurance-chômage : l’U2P accepte
de négocier mais fixe ses lignes rouges
UNÉDIC L’U2P a annoncé, jeudi, sa participation à la négocia-
tion que le gouvernement a proposé aux partenaires sociaux
d’ouvrir pour réviser les règles de l’assurance-chômage. L’organisation patronale des artisans, professions libérales et commerces de proximité se range aux objectifs fixés par l’exécutif :
favoriser le retour à l’emploi et réduire les déficits de l’Unédic.
Comme le Medef, elle exclut toute hausse des cotisations et renvoie la questions des contrats courts aux branches. Tous les syndicats ont accepté de négocier, chacun en posant ses conditions.
sur
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7h45
Du lunDi au venDreDi
Le chef de l’Etat s’installe
dans l’impopularité
l La cote de confiance d’Emmanuel Macron atteint 30 % dans le baromètre
Elabe pour « Les Echos », son plus bas niveau depuis le début du quinquennat.
l Le bénéfice des plans pauvreté et santé a été effacé par le feuilleton
de la démission de Gérard Collomb.
POLITIQUE
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Durablement condamné à voir sa
cote de confiance s’enliser à des
niveaux très faibles ? Dans le baromètre Elabe (1) pour « Les Echos » et
Radio Classique, seuls 30 % des
Français accordent leur « confiance
à Emmanuel Macron pour affronter
efficacement les problèmes qui se
posent au pays ». Soit une baisse de
1 point sur un mois, après une forte
chute (–5) déjà en septembre. C’est
son plus bas niveau depuis son élection, et c’est aussi le même que celui
de François Hollande à la même
époque de son quinquennat. « Le
chef de l’Etat s’installe dans l’impopularité. Il est passé en dessous du tiers
des Français qui lui font confiance, il
est dans la zone critique », relève Bernard Sananès, le président d’Elabe.
Problème de gouvernance
Après un été difficile, entaché
par l’affaire Benalla, après le coup
dur de la démission de Nicolas Hulot
fin août, le mois de septembre devait
sonner, espérait-on dans l’entourage
du président, comme celui de la
reconquête. Sur le fond d’abord, avec
l’ouverture d’une nouvelle phase du
quinquennat, marquée par la présentation du plan de lutte contre la
pauvreté et par celle du plan santé.
Sur la forme, aussi, avec, aux
Antilles, un chef de l’Etat « au
contact ». Las. « Le bénéfice de la
séquence de septembre, avec les plans
pauvreté et santé, ainsi que le début de
correctif d’image, a été effacé par
l’affaire Collomb et le sentiment d’un
vrai problème de gouvernance »,
estime Bernard Sananès.
En dépit d’accents sociaux plus
marqués, Emmanuel Macron
continue de baisser auprès de l’électorat populaire, à 22 % (–4 points).
Malgré les messages du gouvernement sur le pouvoir d’achat, les classes moyennes aussi lui font de
moins en moins confiance, à 29 %,
en chute de 8 points.
Inquiétant également, le président poursuit sa descente auprès
d’un électorat qui lui était plutôt
favorable, celui des cadres. Certes, ils
lui font davantage confiance que la
moyenne des Français, à 37 %, mais
ce chiffre a dégringolé de 26 points
en trois mois. C’est un électorat qui
attend que les réformes se poursuivent à un rythme élevé et est troublé
par tout ce qui peut donner l’impression de flottement à la tête de l’Etat.
Le président poursuit
sa descente auprès
d’un électorat qui lui
était plutôt favorable,
celui des cadres.
« Il y a un isolement très grand dans
l’opinion », souligne Bernard Sananès quand seul son électorat de premier tour lui fait encore massivement confiance, à 70 %. Auprès de
tous les autres votants du premier
tour, Emmanuel Macron est très en
dessous de 30 % ou, auprès des électeurs de François Fillon, à 30 %.
Même auprès de son socle de premier tour, Emmanuel Macron enre-
gistre une baisse de 5 points ce
mois-ci, atteignant, là aussi, son
niveau le plus bas depuis le début du
quinquennat. Comme auprès de ses
électeurs de second tour, à 50 % (en
baisse de 6 points). « Tout ce socle qu’il
avait gagné la première année, il l’a
perdu avec le recul de ses soutiens
sociologiques comme les cadres »,
analyse Bernard Sananès.
La cote de confiance d’Edouard
Philippe remonte de 1 point ce
mois-ci, mais reste à un niveau très
faible, à 28 %. Seule petite consolation, il regagne auprès des retraités
les 9 points perdus le mois dernier, à
36 %, sans doute aidé par l’annonce
du geste fiscal pour 300.000 retraités à partir de 2019. Pas suffisant
pour aborder sereinement la suite.
(1) Sondage réalisé par Elabe par Internet
les 2 et 3 octobre 2018, auprès d’un échantillon de 1001 personnes, selon la méthode
des quotas.
a
L’ in té gral ité de s ré sul tats
du sondage et l’analyse vidéo de
Bernard Sananès sur lesechos.fr
Dupont-Aignan
marque des
points à droite
A l’approche des européennes, Nicolas DupontAignan enregistre une
hausse « significative »
dans le baromètre Elabe.
Les bonnes opinions
à l’égard du leader de
Debout la France, qui surfe
sur la vague populiste,
progressent de 3 points
sur un mois, à 22 %.
Il fait surtout un bond
de 10 points en deux mois
chez les sympathisants
de droite (à 54 %) et est au
plus haut depuis la présidentielle chez les électeurs
de François Fillon (39 %).
Alors qu’il s’était rallié à
Le Pen en 2017, « l’électorat
de droite le reconnaît encore
parmi les siens », observe
Bernard Sananès,
le président d’Elabe.
Lire l’article sur lesechos.fr
Macron réaffirme sa volonté de réformer les institutions
Epinglant « la tyrannie
de l’immédiateté », le chef
de l’Etat a confirmé jeudi
que les débats sur la
réforme des institutions
reprendront en janvier
à l’Assemblée.
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
En baisse dans les sondages, en
pleine tourmente politique après la
démission de Gérard Collomb,
Emmanuel Macron avait, jeudi, un
rendez-vous mémoriel et institutionnel : le 60e anniversaire de la
Constitution de la Ve République,
promulguée le 4 octobre 1958 après
avoir été approuvée par référendum quelques jours avant.
« Garder le cap »
Le chef de l’Etat a salué les mérites de
ce texte fondateur, qui permet une
grande stabilité. Emmanuel Macron
ne peut que s’en féliciter aujourd’hui
alors qu’il traverse une situation politique chahutée, le remaniement
consécutif au départ du ministre de
l’Intérieur étant dans beaucoup de
têtes. « L’important est de garder le
cap, nos institutions le permettent »,
Le président de la République, accueilli par Laurent Fabius, s’est
rendu au Conseil constitutionnel pour célébrer le 60e anniversaire
de la Constitution de la Ve République. Photo Pool/Thomas Samson/AFP
a-t-il dit, au Conseil constitutionnel.
Emmanuel Macron a surtout
profité de cet anniversaire pour
défendre sa propre réforme des
institutions, et la relancer. Introduire une dose de proportionnelle,
réduire le nombre de mandats des
élus dans le temps… Autant de
réformes qui, si elles n’entrent pas
dans le champ strict de la Constitution, doivent entrer en vigueur
selon lui. « Ces ajustements sont
nécessaires pour rendre notre système politique plus juste et plus
représentatif », a-t-il déclaré.
»Péripéties »
Stoppé net par l’affaire Benalla en
juillet dernier, l’examen des trois
projets de loi réformant les institutions (constitutionnel, organique
et ordinaire) à l’Assemblée devrait
reprendre en janvier, a confirmé
Emmanuel Macron. L’exécutif a
prévu quinze jours consécutifs
pour l’examen de ces textes. En ce
jour anniversaire, le président
avait coupé sa journée en deux. Il
l’a commencée par un temps symbolique à Colombey-les-DeuxEglises, où il s’est recueilli sur la
tombe du général de Gaulle et a
effectué une visite de sa résidence,
La Boisserie. Comme à son habitude, il a profité de sa rencontre
avec les habitants présents pour
faire passer ses messages, saisis
par les caméras de télévision.
« La force de cette Constitution,
c’est qu’elle permet d’avancer […]
Elle permet d’éviter la tyrannie de
l’immédiateté, qui est une absurdité contemporaine, c’est-à-dire
que ce ne sont pas les péripéties du
quotidien qui doivent décider pour
une nation », a-t-il insisté. La
veille, il avait déjà qualifié de
« péripétie » le départ de son
ministre de l’Intérieur.
a
A lire aussi l’interview
de Philippe Raynaud, politologue,
sur lesechos. fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
L’activité économique retrouve
des couleurs au second semestre
l La croissance devrait rebondir grâce aux gains de pouvoir d’achat dus aux mesures fiscales, a annoncé jeudi l’Insee.
l Mais, sur l’année, le PIB ne progresserait que de 1,6 %.
ÉCONOMIE
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Après le trou d’air de la première
moitié de l’année, la croissance
française devrait retrouver sa
vitesse de croisière. C’est en tout cas
l’espoir du gouvernement et désormais celui de l’Insee. Dans ses dernières prévisions publiées jeudi,
l’Insee table sur une progression du
PIB de 0,5 % au troisième trimestre,
puis de 0,4 % sur le suivant, soit un
rythme deux fois plus élevé que lors
de la première moitié de l’année. En
2018, la croissance atteindrait donc
1,6 %, c’est-à-dire peu ou prou ce
que l’exécutif attend (1,7 %).
Des facteurs ponctuels
spécifiques à la France
Le rebond espéré de l’économie
française fait suite à la déception du
premier semestre. La croissance
s’est en effet davantage tassée dans
l’Hexagone que dans la zone euro
au cours des six premiers mois.
« Les raisons sont à chercher du côté
de facteurs internationaux mais
aussi de facteurs plus ponctuels et
plus spécifiques à la France »,
comme les grèves dans les transports ou encore la baisse du pouvoir
d’achat en début d’année, souligne
Julien Pouget, chef du département
de la conjoncture à l’Insee.
Mais pour lui, « beaucoup
d’ingrédients sont réunis au second
semestre pour un retour à une
meilleure fortune ». Le pouvoir
d’achat sera dopé par la suppression des cotisations maladie et chômage des salariés ce mois-ci et de la
première tranche de la taxe d’habi-
Les investissements
des entreprises
continuent à faire
preuve de dynamisme
en raison
des forts besoins.
Ils devraient
augmenter de 3,6 %
cette année.
tation. Il devrait augmenter de 1,3 %
cette année et de 1,7 % sur les trois
derniers mois, grâce aussi à un
reflux de l’inflation d’ici à la fin 2018.
Si, pour l’instant, « la forte hausse
à venir du pouvoir d’achat ne semble
pas intégrée par les ménages », ainsi
que le fait remarquer Frédéric Tallet, économiste à l’Insee, la consommation devrait tout de même profiter de cette manne.
Taux de chômage stable
Les investissements des entreprises
continuent à faire preuve de dynamisme en raison des forts besoins.
Ils devraient augmenter de 3,6 %
cette année, anticipe l’Insee. Quant
aux exportations, elles devraient
rebondir avec les livraisons d’Airbus
d’ici à la fin décembre. Seul bémol,
les créations d’emplois devraient
ralentir à 130.000 seulement sur
l’année et le taux de chômage devrait
être de 8,9 % à la fin 2018, stable par
rapport à il y a un an. Si tout se passe
comme le prévoit l’Insee, le scénario
du gouvernement pour 2019, qui
table sur une croissance de 1,7 %, en
sortira renforcé. D’ailleurs, le consensus des économistes fait apparaître que ces derniers s’attendent à
une croissance au même niveau que
celle que Bercy espère.
Mais les questions sur l’allure de
l’activité économique en France et
en zone euro sont nombreuses.
« L’environnement international
reste marqué par des incertitudes,
commerciales tout d’abord avec les
tensions commerciales venant des
Etats-Unis, financières avec les crises
de change qui affectent certaines économies émergentes, et politiques en
Europe avec le Brexit et le virage budgétaire du gouvernement italien »,
met en avant Julien Pouget.
Autre interrogation, le prix du
pétrole. Celui-ci semblait s’être stabilisé cet été aux alentours de
75 dollars, mais il est reparti à la
hausse depuis un mois et valait
jeudi près de 86 dollars. Or, selon
Bercy, une hausse de 10 dollars du
baril ampute le PIB de 0,1 % la première année et de 0,2 % les suivantes. Il ne faudrait pas que le prix de
l’or noir grimpe trop dans les prochains mois.
(
Lire l’éditorial
de Jean-Marc Vittori
Page 10
La grande divergence industrielle
du couple franco-allemand
Une étude du Trésor
montre qu’entre 2000
et 2016, la production
industrielle a reculé de 3 %
en France alors qu’elle
a bondi de 25 % outre-Rhin.
Le constat est connu mais les chiffres précis, eux, le sont moins. Et ils
sont impressionnants. Entre 2000
et 2016, c’est-à-dire depuis la création de l’euro, l’entrée de la Chine
dans l’Organisation mondiale du
commerce et, plus globalement,
l’explosion du commerce international avec l’émergence de puissances économiques régionales
telles que le Brésil ou l’Inde, la production industrielle a reculé de 3 %
en France. Et dans le même temps,
elle a grimpé de 25 % en Allemagne. Conséquence : « La part de
l’industrie dans le PIB a reculé
de 16,5 % au début des années 2000
à 10 % en 2016 », notent les économistes du Trésor dans un rapport
annexé au projet de loi de finances
pour 2019.
Plus précisément, la production
française s’est nettement réduite
dans les secteurs de moyenne-haute
technologie alors que l’Allemagne a
très bien résisté à la mondialisation.
Ce constat est vrai dans des branches
comme les machines, la chimie, les
équipements électriques et surtout
l’automobile.
La débâcle de l’automobile
made in France
Dans ce dernier secteur, la France
s’est effondrée : la production des
constructeurs et équipementiers
dans l’Hexagone a baissé de 28 %
quand, sur la même période, celle
de leurs concurrents outre-Rhin
grimpait de 57 %. Délocalisation,
fermeture d’usines, crise de 2008,
difficultés des pays du sud de
l’Europe, nos principaux clients,
coût du travail élevé et réglementation contraignante mais aussi stratégie low cost exigeant de faire
fabriquer à l’étranger les véhicules : les raisons de la débâcle de
l’automobile made in France sont
nombreuses.
Dans les branches de moyennebasse technologie et de basse technologie, la France n’a pas beaucoup
mieux résisté. Dans la métallurgie,
la production a baissé de 10 % en
seize ans, dans le raffinage du
pétrole, de 34 % et dans le textile, le
cuir et les chaussures, de 51 % !
L’agroalimentaire sort du lot avec
une croissance de 5 %. Mais, là
encore, l’Allemagne, comme dans
la quasi-totalité des secteurs, fait
mieux que l’Hexagone.
Un tel écart entre
les deux économies,
moteurs de la zone
euro, ne peut
que mettre
en danger le projet
européen à terme.
Certes, les économistes du Trésor
notent que « hors effet de structure
sectorielle, les entreprises françaises
présentent une intensité relativement
plus élevée de recherche et développement par rapport aux autres pays »,
tels que l’Allemagne, les Etats-Unis
et le Royaume-Uni. Ce qui, théoriquement, devrait soutenir la compétitivité de l’offre industrielle tricolore. Mais cela n’empêche pas
l’Hexagone d’accumuler les déficits
commerciaux depuis 2005 alors
que l’Allemagne engrange des excédents. Une telle divergence des deux
économies, moteurs de la zone
euro, ne peut que mettre en danger
le projet européen à terme.
La France peut se targuer d’une
vraie réussite au cours des deux
dernières décennies dans seulement deux secteurs : le matériel de
transport aéronautique et ferroviaire et la pharmacie. Dans ces
deux branches, la production dans
l’Hexagone a crû plus vite qu’en
Allemagne depuis 2000. Un arbre
qui, toutefois, ne peut cacher la
forêt. — G. C.
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04 // FRANCE
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
Les remèdes de la Cour des comptes
pour maîtriser le coût des soins de ville
l Les magistrats financiers se félicitent du retour à l’équilibre de la Sécurité sociale, dans un rapport publié jeudi.
l Ils appellent au désendettement et à un tour de vis supplémentaire sur les branches maladie et vieillesse.
SANTÉ
Solveig Godeluck
@Solvii
Le retour à l’équilibre financier de la
Sécurité sociale est prévu pour
2019 et la Cour des comptes s’en
réjouit, dans son rapport annuel
sur l’application des lois de financement de Sécurité sociale, publié
jeudi matin. « On doit se réjouir de
cette embellie », mais « elle mérite
d’être nuancée », a déclaré le premier président de la Cour. Sa principale recommandation cette année
est donc de continuer les efforts, en
s’attachant à réaliser des économies
structurelles, notamment sur les
soins de ville, afin que la Sécurité
sociale ne soit pas obligée de couper
dans ses coûts dès que la conjoncture se retournera. De manière
générale, la Cour est plutôt satisfaite de la tenue des comptes. Il y a
moins de schémas comptables
baroques tels que le fonds pour le
financement de l’innovation pharmaceutique, qui disparaît dans le
projet de budget 2019. Ses 200 millions d’euros sont réintégrés dans
l’enveloppe de dépenses d’assurance-maladie (Ondam) 2019.
sages de la rue Cambon rappellent
que 280 milliards de déficit ont été
accumulés depuis 1996. Des milliards d’euros de CSG-CRDS ont déjà
été engloutis pour payer les intérêts
et rembourser… Deux branches de
la Sécurité sociale continuent
cependant à poser des problèmes.
La maladie, dont les déficits persistent. Et la vieillesse, équilibrée seulement grâce au quasi-gel des pensions en 2019-2020. La Cour fait un
gros plan sur la première, qu’elle a
autrefois qualifié d’« homme
malade » de la Sécurité sociale.
Certes, l’Ondam est formellement respecté depuis huit ans. Fini
les dérapages, depuis que de nouveaux outils de pilotage et de régulation en cours d’année ont été mis
en place. Mais on n’y parvient qu’en
ponctionnant l’enveloppe de
Déficit des hôpitaux publics
La Cour rappelle la nécessité de
tenir bon sur l’objectif d’extinction
de la dette sociale en 2024. Il reste
105 milliards d’euros à amortir. Le
gouvernement vient de décider de
transférer 15 milliards de dette de
court terme supplémentaire à la
caisse d’amortissement (Cades). Les
dépenses des hôpitaux, pour compenser des dérapages des soins de
ville, de plus de 600 millions d’euros
en 2017 puis en 2018 par rapport à
l’objectif initial. Du coup, le déficit
des hôpitaux publics a presque
doublé, à 835 millions en 2017 contre 439 millions en 2016.
ceux des établissements de santé. Il
faudrait également annexer à
l’Ondam un objectif de maîtrise de
leurs déficits et de leur dette.
Pour ne pas léser les hôpitaux, il
faudrait pouvoir aussi piloter les
dépenses de soins de ville. Mais
comment ? Les sages ont visiblement été très intéressés par les travaux de Jean-Marc Aubert, missionné sur le chantier « repenser le
financement » dans le cadre
du plan santé. Ce dernier préconise
le déclenchement d’une alerte
quand un « sous-objectif » tel que
les soins de ville dérape en cours
d’année. Cela irait de pair avec la
création d’un fond de lissage pluriannuel, couplé à des accords de
modération et de pertinence des
dépenses. La Cour rebondit sur ces
propositions qui n’ont pas encore
Des financements mis
en réserve pour la ville
Cela ne s’appelle pas économiser,
mais déplacer le problème, souligne la Cour : « Pris ensemble, les déficits de l’assurance-maladie et des
hôpitaux publics dépassent ceux de
2016 (5,7 milliards contre 5,2 milliards) », écrit-elle. Par souci de
transparence, elle préconise
d’ailleurs de publier simultanément en mars l’Ondam constaté, les
comptes de l’Assurance-maladie, et
été exploitées par le gouvernement.
Elle recommande de mettre en
réserve des financements dévolus
aux soins de ville, et de ne les débloquer qu’en cours d’année, si les
dépenses ne dérapent pas. Pour
maîtriser les coûts, elle évoque
« plusieurs mécanismes possibles en
fonction de la nature des dépenses de
ville concernées ». Les accords prixvolumes, tout puissants dans le
médicament, pourraient ainsi se
décliner dans d’autres domaines.
Quant au coût des consultations
chez le médecin et ou d’autres professions libérales de santé, s’il
explose, il serait possible de mettre
en réserve une partie des augmentations conventionnelles (revalorisation des actes) ou des dotations
forfaitaires (rémunération sur
objectif de santé publique). n
Patrick Allard /RÉA
Shutterstock
Gilles Rolle/RÉA
L’effort pour réduire les risques et prévenir les accidents est insuffisant
Trop de risques cardioneurovasculaires non gérés
Compenser la pénurie
d’ophtalmologistes
Un malus renforcé
pour les accidents du travail
Crises cardiaques ou accidents
vasculaires cérébraux, les maladies cardio-neurovasculaires sont
la première cause de mortalité
chez les femmes et la deuxième
chez les hommes. Leur prise en
charge coûte 16,1 milliards par an,
pour 4,5 millions de patients
diagnostiqués. La Cour des
comptes pointe du doigt les
défaillances de la prévention. Si la
lutte anti-tabac a pris un virage
décisif en 2017, avec la décision de
porter le paquet de cigarettes à
10 euros, elle demande d’« agir
avec la même détermination sur
Dans la filière soins visuels, le
goulet d’étranglement est l’ophtalmologie, rappelle la Cour des
comptes. Les ophtalmologues
sont mal répartis sur le territoire,
et les délais s’allongent, alors que
six Français sur dix portent des
lunettes ou des lentilles. Les
difficultés d’accès vont s’accentuer jusqu’en 2030. La Cour note
également que le coût des soins
de ville d’ophtalmologie et
d’orthoptie (1,7 milliard d’euros)
croît de 3,4 % par an en
moyenne, du fait de l’augmentation du nombre d’actes et surtout
Avec 3,3 accidents du travail pour
100 salariés en 2016, la France est
moins performante que l’Allemagne, qui affiche un ratio de 2 %.
De plus, les fréquences de ces
accidents ne reculent plus vraiment depuis quelques années.
« Devant la permanence des
sinistres professionnels, il convient
de faire jouer un rôle plus actif à la
tarification pour les prévenir »,
estime la Cour des comptes.
Et d’ assumer le fait que certains
secteurs d’activité, ou PME,
pourraient à l’avenir verser
nettement plus de cotisations. Les
l’alcool et l’alimentation » et de
« relever les droits d’accises sur
l’ensemble des boissons alcoolisées
et la contribution sur les boissons
contenant des sucres ajoutés ». Elle
regrette que le Nutri-Score, qui
note les valeurs nutritionnelles
des aliments, soit facultatif. Et elle
demande des incitations plus
fortes pour les médecins de ville,
acteurs de la prévention. Par
ailleurs, elle veut que les seuils
d’activité soient relevés et généralisés pour les établissements
prenant en charge des chirurgies
cardio-neurovasculaires.
des dépassements d’honoraires.
Il est urgent d’aller vers une plus
grande délégation de tâches,
conclut-elle : « Les orthoptistes
devraient pouvoir diagnostiquer
et traiter les troubles de la vision,
et les opticiens lunetiers ceux de la
réfraction », à condition d’approfondir leur formation et de
renvoyer les situations pathologiques vers un ophtalmologue.
Ces derniers, s’ils souhaitent
s’installer dans une zone où les
dépassements d’honoraires sont
importants, devraient s’engager
à un contrat de maîtrise tarifaire.
cotisations accidents du travailmaladies professionnelles sont
déjà modulées en fonction de la
sinistralité constatée. Mais ce
malus n’est pas assez dissuasif,
jugent les magistrats. Ils recommandent d’éliminer les dérogations et, notamment, celle qui
veut que les entreprises de moins
de 10 salariés ne paient qu’un tarif
collectif au lieu de subir un taux
individualisé. La Cour appelle à
majorer le taux de cotisation
pour l’ensemble des entreprises,
et à surpondérer le coût moyen
des accidents les plus fréquents.
Comment l’enseignement catholique
s’adapte aux contraintes budgétaires
ÉDUCATION
Le nombre d’élèves
dans les écoles catholiques est stable (+0,1 %)
en cette rentrée.
Les chefs d’établissement ont dû refuser
des demandes
pour des raisons
budgétaires.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Avec ses 7.600 établissements,
l’école catholique « se porte bien »,
affirmait jeudi le secrétaire général
de l’enseignement catholique, Pascal Balmand, lors de sa conférence
de rentrée. Fortes de 2.099.890 élèves, les écoles catholiques
accueillent 2.576 élèves de plus
que l’an dernier, soit une petite
hausse de 0,1 %. Un signe de « vitalité », selon Pascal Balmand, qui
relève toutefois une croissance
« beaucoup moins soutenue que celle
d e s t ro i s o u q u a t re d e r n i è re s
années ». Cela s’explique par la
démographie (qui chute dans le premier degré) mais aussi par « les arbitrages budgétaires de l’Etat ».
La rentrée 2018 s’est faite sans
créations de postes, contrairement à
celles du quinquennat précédent.
« Notre capacité à répondre à l’aspira-
tion des familles s’en est trouvée fortement réduite, au point qu’en de nombreux lieux nos chefs d’établissement
ont dû refuser une part croissante des
demandes d’inscription qui leur
étaient adressées », indique encore
Pascal Balmand.
« L’école catholique ne vit pas dans
l’opulence », complète-t-il, en regrettant que des collectivités territoriales « rechignent à s’acquitter des forfaits pourtant rendus obligatoires par
la loi Debré », comme l’a relevé la
Cour des comptes le mois dernier.
Les orientations budgétaires du
gouvernement, qui se traduiront
pour la rentrée 2019 par une suppression de 550 postes de professeurs
dans l’enseignement catholique,
vont compliquer la donne. Pascal
Balmand évoque une « perte sèche »
et promet « des redéploiements
d’envergure », d’autant que la politique de suppression de postes doit se
poursuivre.
Assouplissements
pédagogiques
Face à cela, les établissements
catholiques innovent, pour « garantir à la fois des conditions d’enseignement fécondes et une moindre consommation de moyens horaires ».
Dans des écoles ou des collèges à
effectifs réduits, des « classes de
cycle » se mettent en place. Au lieu
de s’organiser en quatre niveaux (6e,
5e, 4e, 3e), une dizaine de collèges
n’en ont plus que trois, et les élèves
sont répartis en « groupes de besoins
Fortes de 2 millions d’élèves, les écoles catholiques accueillent
2.576 élèves de plus que l’an dernier. Photo Denis Allard/RéA
spécifiques » et « centres d’intérêt ». Un élève peut ainsi faire son
collège en trois ou cinq ans, selon
ses besoins. L’enseignement catholique réclamait depuis des années
de pouvoir mettre en œuvre ces
assouplissements pédagogiques.
Pour la première fois en cette rentrée, l’Education nationale a donné
son feu vert. n
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06 // FRANCE
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
« Exit tax » : la majorité veut
corriger le projet de l’exécutif
FISCALITÉ
Le rapporteur général
du budget à l’Assemblée souhaite que les
plus-values de cession
soient soumises à une
imposition en France
jusqu’à cinq ans après
l’expatriation du
contribuable.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Nouveau rebondissement dans le
feuilleton de l’« exit tax ».
Après l’annonce d’une suppression
en mai par Emmanuel Macron, suivie du maintien d’une exit tax édulcorée dans le projet de loi de finances en septembre, les députés de la
majorité souhaitent amender le
texte pour renforcer ce mécanisme.
« Nous ne pouvons pas nous passer
d’un véritable dispositif anti-abus,
comme beaucoup de pays européens
en possèdent », déclare aux
« Echos » le rapporteur général du
budget à l’Assemblée, le député
LREM Joël Giraud.
Cette taxe, appliquée aux plus-values latentes d’un contribuable qui
transfère son domicile fiscal à
l’étranger, sera abordée dans la
deuxième partie de l’examen
du projet de loi de finances, en
novembre. Les projets des parlementaires peuvent donc encore évoluer d’ici là. L’idée serait bien d’étendre à cinq ans le délai de surveillance
par l’administration fiscale. Le texte
présenté fin septembre par le gouvernement prévoit de ramener de
quinze ans à deux ans la période
pendant laquelle un entrepreneur
parti à l’étranger peut être soumis à
l’imposition de ses plus-values en
France. Avec pour objectif d’éviter
les allers-retours de courte durée, le
temps d’exercer les plus-values.
Simplification
Autant un délai de quinze ans
paraissait trop lourd à tenir pour
l’administration fiscale qui peinait à
suivre les dossiers sur une aussi
longue durée, autant un délai de
deux ans apparaît insuffisant aux
yeux de certains députés de la majorité. Parmi eux, Emilie Cariou
(LREM) devrait déposer un amendement en vue de prolonger à cinq
ans la période pendant laquelle un
contribuable est soumis à cette exit
tax. Joël Giraud est prêt à aller dans
son sens, à une nuance près. Il souhaiterait que ce délai de cinq ans
s’applique au-delà d’un certain
montant de plus-values. Ainsi, deux
critères seraient à prendre en
compte : le montant du patrimoine
m o b i l i e r, q u i d o i t ê t r e d e
800.000 euros pour qu’un contribuable soit soumis à l’exit tax, et le
montant des plus-values estimées,
pour définir combien de temps il y
serait assujetti. Reste à voir si le gouvernement soutiendra cette démarche, sachant que cette révision de
l’exit tax visait aussi une simplification du mécanisme. n
« Nous ne pouvons
pas nous passer
d’un véritable
dispositif anti-abus,
comme beaucoup
de pays européens
en possèdent. »
JOËL GIRAUD
Député LREM et rapporteur
général du budget
à l’Assemblée
Des députés mettent en doute
le chiffrage de la « niche Copé »
cette mesure », explique-t-elle. Ce
que dit l’étude d’impact, c’est que la
réforme, au global, coûterait
110 millions d’euros à l’Etat à horizon
2022. La diminution des avantages
sur le régime est estimée à 200 millions d’euros. Le coût de l’élargissement de la niche Copé serait de
330 millions d’euros. A noter que le
taux d’impôt sur les sociétés sera
ramené à 25 % d’ici à 2022, ce qui
conduit Bercy à chiffrer le coût à
terme à 110 millions d’euros.
BUDGET
Des élus de la majorité
pointent une évaluation défaillante de la
part de Bercy concernant la réforme de
l’intégration fiscale.
En fiscalité, le diable est dans les
détails. Et dans le projet de loi de
finances, il pourrait bien se nicher
dans l’article 12 sur l’intégration fiscale. Le texte prévoit d’aménager le
régime de groupe français pour éviter une nouvelle condamnation par
la justice européenne. Plusieurs
avantages de ce régime sont supprimés. En contrepartie, le gouvernement propose d’accroître l’avantage
sur les plus-values de cession de
titres de participation, plus connu
sous le nom de « niche Copé ».
Plus précisément, il est question
de ramener la quote-part de frais et
charges (QPFC) – soit la partie effectivement soumise à l’IS – de 12 % à
5 %. Lors de la présentation du projet de budget, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le
Maire, estimait que l’impact budgétaire de cette réforme tenait de
« l’épaisseur du trait ».
En examinant de plus près l’éva-
« Petits sujets
et gros montants »
luation du projet de loi de Finances,
des députés de la commission des
Finances ont mis en doute ce constat. Le jeu ne serait pas à somme
nulle, mais bien à l’avantage des
entreprises. « On s’est rendu compte
que la mesure de compensation sur la
quote-part de frais et charges allait
bien plus loin que ce qu’on pensait »,
Jean-Pierre FARANDOU
Président DU DIReCTOIRe
GROUPe KeOLIS
Didier Gambart
Président
TOYOTA France
Mercredi 10 octobre 2018 à 19h00,
« L’industrie du transport face aux
nouveaux enjeux de la mobilité urbaine »
Informations et inscriptions :
www.lesechos-prospective.fr
indique Joël Giraud (LREM), rapporteur du budget à l’Assemblée. De
son côté, la députée Emilie Cariou
(LREM) souhaite déposer un amendement pour maintenir la fraction
de plus-value imposée à 12 %. « On
nous a parlé d’un toilettage de l’impôt
sur les sociétés. Je ne vois pas pourquoi la “niche Copé” vient perturber
A Saclay,
l’alliance autour
de Polytechnique
est sur les rails
Premier écueil : c’est une évaluation
à comportements constants.
« Il s’agit d’une évaluation “statique” », réalisée à partir des données
2016, susceptible d’évoluer selon les
adaptations des entreprises et les
montants de déficits qui pourront
être imputés par les entreprises »,
précise l’étude d’impact. Or on peut
supposer que l’allégement de la fiscalité sur les cessions intragroupes
puisse accroître le nombre d’opérations. Ce qui peut aussi faire douter
de ce chiffrage, c’est que, lorsque la
quote-part avait été portée de 10 % à
12 % par les socialistes en 2013, la
mesure avait été évaluée à 720 millions d’euros. A ce jour, les députés
se plaignent de ne pas bénéficier
d’un chiffrage fiable de la part de
Bercy. « Ce sont des petits sujets, mais
qui peuvent faire de gros montants
pour les finances publiques », pointe
Emilie Cariou. — I. Fe.
Contentieux
fiscal : la France
à nouveau
condamnée
La France vient à nouveau
d’être condamnée par la
Cour de justice de l’Union
européenne (CJUE) dans le
cadre d’un contentieux
fiscal. Il s’agit d’une affaire
ancienne, liée au précompte mobilier, et qui a
connu de nombreux
rebondissements. Suite à
un arrêt du Conseil d’Etat
de 2012 défavorable aux
entreprises, la Commission européenne a introduit un recours en manquement auprès de la
CJUE. La Cour a jugé jeudi
que la France avait « manqué aux obligations qui lui
incombent en vertu du
droit de l’Union. »
L’annonce de cette alliance avait été faite par Emmanuel
Macron il y a un an, Photo Denis Allard/Sipa
ENSEIGNEMENT
Les écoles d’ingénieurs regroupées
autour de Polytechnique veulent
compter 10.000
étudiants et 1.000
enseignants-chercheurs d’ici à 2022.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
C’est un premier pas prometteur, à en croire les écoles d’ingénieurs qui se sont alliées sur le
plateau de Saclay. L’X, l’Ensta
ParisTech, l’Ensae ParisTech,
Télécom ParisTech et Télécom
SudParis ont signé, jeudi, avec
leurs ministres de tutelle, une
« convention de coopération ».
« On met en œuvre ce qu’avait
annoncé le président de la République », s’est félicité Eric Labaye,
qui a pris les rênes de l’Ecole
polytechnique le 17 septembre.
L’annonce de cette alliance avait
été faite par Emmanuel Macron
il y a un an, lors de sa visite sur
place. Après la scission de Paris
Saclay en deux pôles, le chef de
l’Etat avait appelé de ses vœux la
construction d’un institut de
sciences et technologies de rang
mondial autour de l’X. Les écoles d’ingénieurs s’y étaient engagées, au sein d’un pôle baptisé
« NewUni » à titre provisoire.
Plus visibles au plan
international
Dans un marché de l’enseignement supérieur très concurrentiel, ces écoles veulent être plus
visibles au plan international,
pour attirer les meilleurs chercheurs et étudiants. Elles ont
déjà des chaires ou des laboratoires en commun, mais elles
veulent aller plus loin. Elles
envisagent par exemple de
« coordonner [leurs] recrutements » de chercheurs ou de
mettre en place un parcours
doctoral pour repérer, dès la
licence (ou le bachelor), les étudiants brillants susceptibles de
faire de la recherche.
La convention de coopération prévoit aussi une offre de
formation élargie, avec des
cours dispensés uniquement en
anglais. Les écoles entendent
proposer « la même palette de
diplômes que ce qu’on trouve
dans les grandes universités
internationales ». Avec, notamment, un premier cycle : soit le
bachelor de Polytechnique sera
étendu à l’ensemble des écoles,
soit d’autres bachelors, plus thématiques, seront créés.
L’ensemble NewUni, qui
compte 7.300 étudiants et 850
enseignants-chercheurs,
entend atteindre 10.000 étudiants et 1.000 enseignantschercheurs et doctorants d’ici à
2022. Sans pour autant « tourner le dos » à l’université Paris
Saclay, précise Yves Poilane,
directeur de Télécom ParisTech. NewUni se montre aussi
ouvert à des partenariats,
comme avec HEC Paris.
« NewUni, c’est cinq écoles,
une stratégie et l’ouverture à des
partenariats comme avec l’Institut Mines-Télécom, le CNRS et
d’autres organismes de recherche, et d’autres écoles comme
HEC, et puis on verra… » affirme
Eric Labaye, visiblement très
ouvert sur cette question.
Il reste d’autres
étapes à franchir
avant que l’institut
promis par le chef
de l’Etat soit
opérationnel.
Les écoles doivent,
d’ici à janvier,
s’accorder sur
un nom et sur
une marque.
Pour être « reconnu mondialement », le groupement d’écoles envisage aussi de se présenter comme une seule entité
dans les classements internationaux. Mais, sur ce sujet très
sensible, qui conduirait Polytechnique à ne plus être classée
en son nom propre, « le timing »
n’est pas encore calé, tempère
Eric Labaye.
Il reste d’autres étapes à franchir avant que l’institut promis
par le chef de l’Etat soit opérationnel. Les écoles doivent, d’ici
à janvier, s’accorder sur un nom
et sur une marque. Le futur établissement – qui délivrera les
diplômes – doit aussi être créé
d’ici à l’été 2019, sur la base des
nouvelles règles attendues pour
les regroupements universitaires. Enfin, la question du financement de l’ensemble qu’il faudra « augmenter », selon Eric
Labaye, n’est pas non plus
réglée. « Les projets extraordinaires trouvent des financements », élude-t-il pour l’instant,
en affirmant qu’il faut appréhender cette question « au
niveau mondial ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 07
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
MONDE
en
chiffres
PAYS-BAS : INFLATION
EN HAUSSE DE 1,9 %
ÉTATS-UNIS : COMMANDES
À L’INDUSTRIE EN HAUSSE
Les prix à la consommation
aux Pays-Bas ont augmenté
en septembre de 1,9 % sur
un an, contre 2,1 % en août,
en raison notamment de
l’évolution des prix des
billets d’avion, selon des
chiffres officiels publiés
jeudi par l’Office des
statistiques (CBS). Les prix
de l’essence ont également
eu un effet sur l’indice.
Les commandes à l’industrie
ont augmenté de 2,3 % au
mois d’août, leur plus forte
hausse depuis septembre
2017, a annoncé jeudi le
département du Commerce.
La statistique de juillet a été
révisée pour afficher une
baisse de 0,5 % des
commandes à l’industrie,
au lieu d’un recul de 0,8 %
annoncé précédemment.
96 %
DES MÉDICAMENTS
CONSOMMÉS
en Iran sont produits localement. Si avec la reprise des
sanctions, des médicaments,
y compris vitaux, sont devenus introuvables, c’est que le
pays importe plus de la moitié des composants indispensables à leur fabrication.
Brésil : l’extrême droite a le vent en poupe
à l’approche de l’élection présidentielle
Fondation Getulio-Vargas. Il lui faudrait pour cela gagner une dizaine
de points dans la dernière ligne
droite. Lors d’un éventuel second
tour, les deux candidats (Bolsonaro
et Haddad) seraient au coude à
coude, selon les sondages.
l Jair Bolsonaro
distance son
adversaire
de gauche dans
les sondages.
l Ambitieux,
il vise la victoire
dès le premier
tour, ce dimanche.
« Irresponsable »
Miguel Schincariol/AFP
AMÉRIQUE DU SUD
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
« #PasLui ! » C’était le mot d’ordre
des féministes qui se sont mobilisées, le week-end dernier, dans tout
le pays pour tenter de faire barrage
à l’extrême droite. Son présidentiable Jair Bolsonaro, ancien capitaine
de l’armée aux propos fréquemment outranciers, paraissait une
cible facile. « Il incarne le fascisme
et un retour en arrière en matière de
droits de l’homme », assure l’avocate
Gabriela Araujo qui a participé au
mouvement à São Paulo.
Mais la réplique ne s’est pas fait
attendre. Des vidéos ont vite été
diffusées, par l’intermédiaire de
groupes sur WhatsApp, montrant
des femmes semi-nues ou commet-
Les supporters du candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro à la présidentielle ont défilé le 30 septembre 2018 dans les rues de São Paulo.
tant des actes obscènes durant une
manifestation. « Les femmes de
droite ont plus d’hygiène que celles
de gauche », provoque alors Eduardo
Bolsonaro, le fils du candidat, luimême député. Images truquées ou
non, le mouvement «#PasLui ! » est
discrédité auprès d’une grande part
de l’opinion. Jair Bolsonaro a même
amélioré son score auprès de l’électorat féminin.
Le candidat de l’extrême droite, qui
vient de sortir de l’hôpital après avoir
été poignardé il y a un mois lors d’un
La bombe à retardement
des retraites
Des réformes économiques
et sociales ont été engagées
par Michel Temer.
Mais celle des retraites,
la plus importante,
reste en suspens. Et la
croissance est languissante.
Après la longue récession, une
éclaircie… La politique économique mise en œuvre par Michel
Temer, le président conservateur
installé aux commandes du Brésil
après la destitution de Dilma Rousseff il y a deux ans, a permis de
redresser la barre. Quelques réformes structurelles ont été menées à
bien, comme la réforme du travail
ou celle qui gèle, en termes réels,
les dépenses publiques pour au
moins 10 ans. Mais le plat de résistance, c’est la réforme des retraites
qui permettrait de corriger les
déséquilibres budgétaires.
Le gouvernement voulait
notamment instaurer un âge
minimum de départ à la retraite
et fusionner les régimes des
employés du secteur privé et des
fonctionnaires afin de mettre un
terme à certains privilèges. Mais
après deux ans de corps-à-corps
avec le Congrès, le gouvernement a
jeté l’éponge après qu’un scandale
de corruption eut mis en cause le
président Temer lui-même.
Mais avec un déficit budgétaire
de plus de 7 % du PIB et un déficit
croissant de la Sécurité sociale, la
réforme des retraites demeure un
dossier chaud. « Le Brésil est bien
loti en termes de contrôle de l’inflation et de la balance des paiements,
mais on doit continuer à avancer en
matière de réformes budgétaires »,
soutient Ilan Goldfajn, le président
de la banque centrale, qui vient de
réduire sa prévision de croissance
à 1,4 % cette année (après 1 % en
2017). Michel Temer a même évoqué la possibilité de tenter de faire
adopter le texte entre les élections
et le 1er janvier, lorsque s’achèvera
son mandat.
Examiné à la loupe
« La réforme est prête. Elle pourrait
entraîner des économies de l’ordre
de 1,4 point de PIB », estime Mário
Mesquita, chef économiste d’Itaú,
la plus grande banque du Brésil.
Celui-ci affirme avoir abordé le
sujet avec les conseillers économiques des principaux présidentiables. « Ils n’ont pas tous la même
approche de la question, mais
personne ne cache la gravité du
problème », dit-il.
La question est également
examinée à la loupe par les investisseurs étrangers. « Quel que soit
le résultat des élections, le Brésil
risque de perdre le soutien des investisseurs s’il n’arrive pas à maîtriser
les dépenses publiques », estime
Martin Castellano, chef économiste
pour l’Amérique latine à l’Institute
of International Finance (IIF). La
prochaine administration n’aura
d’autre choix que de réformer les
finances publiques en profondeur. »
— T. O.
meeting, a le vent en poupe. Il dispose
désormais d’une dizaine de points
d’avance sur Fernando Haddad, le
candidat de gauche qui bénéficie
du soutien de l’ancien président Lula,
en prison. Tous les autres candidats
sont loin derrière, y compris Ciro
Gomes, autre candidat de gauche,
Marina Silva, l’écologiste, et Geraldo
Alckmin, représentant du Parti de la
social-démocratie brésilienne
(PSDB).
A la veille du premier tour, Jair
Bolsonaro a reçu le soutien des asso-
« Jair Bolsonaro
incarne le fascisme
et un retour en
arrière en matière
de droits
de l’homme. »
GABRIELA ARAUJO
Avocate
ciations de grands propriétaires terriens, d’un des principaux dirigeants
de l’église évangélique Edir Macedo,
également propriétaire de chaînes
de télévision, et même de certains
cadres du PSDB.
La vague Bolsonaro va-t-elle se
transformer en déferlante ? Le candidat de l’extrême droite vise désormais la victoire dès le premier tour.
« Ce n’est pas l’hypothèse la plus probable, mais je n’écarterais pas cette
possibilité », affirme Claudio Couto,
professeur de sciences politiques à la
A gauche, Fernando Haddad a initialement bénéficié de la popularité
de Lula. Mais sa trajectoire ascendante a été interrompue au cours
des derniers jours. Son entourage a
commis des erreurs, soulignent les
observateurs. Le PT, par exemple, a
toujours rechigné à procéder à une
autocritique après tous les scandales de corruption. En matière de
politique étrangère, le parti continue à affirmer un soutien quasi
inconditionnel au gouvernement
vénézuélien. « Ils sont solidaires de la
dictature de Maduro qui a détruit le
pays. C’est irresponsable », relève le
politologue Giuseppe Cocco, de
l’Université fédérale de Rio de
Janeiro (UFRJ).
L’envolée de Jair Bolsonaro dans
les sondages a également été appréciée des marchés financiers. « Il est
notable que la Bourse de São Paulo a
grimpé de 5 % au cours de la semaine,
alors que les autres places financières
en Amérique latine restaient stables »,
remarque William Jackson, chef
économiste pour les marchés émergents de Capital Economics, qui
recommande toutefois aux investisseurs de ne pas trop s’emballer. n
Un climat d’insécurité pesant
Chômage, corruption,
violence… Ce cocktail
explosif a favorisé la
montée de l’extrême droite
dans les sondages.
Une policière en civil vient chercher sa fille à l’école. Elle aperçoit
un voleur, arme à la main, en
train de menacer un gardien
devant le portail. La policière
dégaine et tire contre l’agresseur.
Le jeune homme s’effondre et
décède peu après. La scène se
déroule en banlieue de São Paulo,
en mai dernier. « Je pensais juste à
défendre les mères et les enfants
qui étaient là », explique la policière. Les images de son intervention sont diffusées en boucle un
peu partout.
Katia Sastre va très vite devenir une héroïne au sein d’une
population effrayée par la violence. L’an dernier, 63.000 homicides ont été recensés, soit une
moyenne de plus de 30 assassinats pour 100.000 habitants.
« Un bon bandit
est un bandit mort »
A partir de cette intervention, la vie
de Katia Sastre va basculer. Dès le
lendemain, jour de la Fête des
mères, le gouverneur de l’Etat lui
rend un hommage appuyé. Quinze
jours plus tard, la policière de quarante-deux ans, qui est également
pasteur d’une église évangélique,
déboule sur la scène politique : elle
entre en lice pour un siège de députée pour le compte du Parti de la
république, de droite. Avec de bon-
« La gauche a
essayé de se faire
passer pour une
victime,[….].
Mais ce n’est pas
comme cela que
les gens voient
les choses.
Il y a un fort
sentiment anti-Parti
des travailleurs au
sein d’une grande
partie de
la population. »
GIUSEPPE COCCO
Politologue de l’université
fédérale de Rio de Janeiro
nes chances d’être élue, en raison
de sa notoriété. Maire sortant et
candidat du Parti social-démocrate (centre droit) pour être gouverneur de São Paulo, João Doria a
adopté à son tour un discours sécuritaire musclé pendant la campagne électorale : « Si les bandits réagissent, la police va tirer. Elle va tirer
pour tuer », prévient-il, en tendant
ouvertement des perches à l’électorat d’extrême droite.
Le sentiment d’insécurité est largement répandu au sein de la
population. L’institut de son-
dage Datafolha a demandé aux
Brésiliens « ce qu’ils ressentaient
lorsqu’ils pensaient à leur pays
aujourd’hui » : 88 % des personnes
interrogées ont fait état de leur sentiment d’insécurité. Plus des deux
tiers ont dit ressentir de la colère
(c’est surtout le cas de trois jeunes
sur quatre), et près de 80 % se
disent tristes.
Corruption
Autre dossier sensible pour l’opinion
publique : la corruption. L’ancien
président Lula est en prison depuis
six mois, ainsi que plusieurs anciens
responsables du Parti des travailleurs (PT). « La gauche a essayé de
se faire passer pour une victime, en
disant qu’il s’agissait d’une manipulation. Mais ce n’est pas comme cela que
les gens voient les choses, explique le
politologue Giuseppe Cocco, de
l’Université fédérale de Rio de
Janeiro. Il y a un fort sentiment
anti-PT au sein d’une grande partie de
la population. »
A quelques jours du premier tour,
la justice a peut-être aussi décoché
une flèche mortelle : elle a rendu
publique la teneur des accusations
de l’ancien ministre des Finances
Antonio Palocci contre Lula.
L’ancien président, soutient son
ministre des Finances d’alors, était
bien au courant de la corruption à
Petrobras, l’entreprise pétrolière
publique, dont il avait nommé une
partie de la direction. Des accusations qui restent toutefois à prouver,
mais qui viennent alimenter le sentiment anti-PT à la veille du scrutin.
— T. O.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
Cyberattaques : les accusations
pleuvent contre la Russie
Hacking chinois
aux Etats-Unis
EUROPE
Londres, La Haye,
Bruxelles, Canberra,
Ottawa et Washington
accusent le renseignement militaire russe de
hacking tous azimuts
ces dernières années.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a sonné la charge avec son homologue
néerlandais, contre le Kremlin ce jeudi. Photo Alain Jocard/AFP
« Bloomberg Businessweek », citant 17 sources
proches du renseignement
et des entreprises,
a rapporté que des espions
chinois avaient placé des
puces dans du matériel
utilisé par une trentaine
d’entreprises, ainsi que
par plusieurs agences
fédérales américaines,
ce qui donnerait à Pékin
un accès secret à leurs
réseaux internes. La
chaîne logistique de Supermicro, une entreprise de
matériel informatique,
aurait été infiltrée par une
unité de l’armée populiare.
Apple et Amazon ont
démenti jeudi en avoir
fait les frais.
sile d’origine russe, ainsi qu’au laboratoire de l’OIAC, en Suisse. Ce dernier enquête sur l’utilisation d’armes
chimiques par le régime syrien
comme sur l’empoisonnement, en
mars, d’un ancien agent double
russe, Sergueï Skripal dans la ville
anglaise de Salisbury. Un empoisonnement au Novitchok (l’agent neurotoxique le plus létal de la planète)
imputé au GRU. Le Royaume-Uni a
divulgué récemment l’identité de
deux agents filmés près du domicile
de Sergueï Skripal que Vladimir
Poutine a qualifié mercredi de
« salaud et de traître ». Les chefs du
gouvernement britannique, Theresa May, et néerlandais, Mark
d’analyse britannique Royal United
Services Institute, les activités du
GRU « vont bien au-delà de l’espionnage traditionnel en temps de paix. En
lançant des opérations perturbatrices
qui menacent la vie dans les pays
ciblés, ils gomment la démarcation
entre la guerre et la paix. »
Moscou a dénoncé « l’espion
mania » qui se serait emparée des
Occidentaux. Peu connu du grand
public, le GRU, créé par les bolchéviques en 1918 et considéré comme
une structure rivale du KGB dans
l’Union soviétique, a la réputation
d’être la plus puissante agence
d’espionnage et d’assassinats à
l’étranger de la Russie. n
Y. B., Didier Burg (à La Haye)
Nicolas Rauline (à Washington)
Haro sur le GRU. Londres, La Haye,
Canberra, Ottawa, Washington et
Bruxelles ont déclenché jeudi un feu
nourri d’accusations de cyberattaques contre le service de renseignement militaire russe (GRU). Ce dernier a lancé, selon eux, les plus vastes
opérations de hacking au niveau
mondial ces dernières années.
Cette salve d’accusations a été
déclenchée, jeudi matin, à la suite de
l’annonce par la ministre de la
Défense des Pays-Bas, Ank Bijleveld,
d’un coup de filet mené par les services de renseignement néerlandais
en avril dernier. Ils avaient alors
déjoué de justesse une opération
d’espions russes visant l’Organisation pour l’interdiction des armes
chimiques (OIAC) basée à La Haye.
Les quatre officiers du GRU avaient
garé une voiture remplie de matériel
d’écoute à proximité de l’OIAC pour
pirater son réseau wi-fi. Ils avaient
été expulsés le jour même.
Un ordinateur saisi a notamment
révélé qu’ils s’intéressaient à
l’enquête concernant le vol MH17 de
la Malaysia Airlines, abattu en 2014
au-dessus de l’Ukraine par un mis-
Rutte, ont dénoncé le « mépris du
GRU pour les règles internationales ».
La Russie doit « cesser son comportement irresponsable », a affirmé de
son côté le secrétaire général de
l’Alliance Atlantique, Jens Stoltenb e rg . L’ U n i o n e u r o p é e n n e a
dénoncé l’action agressive du GRU,
tout comme le Canada et l’Australie.
Infiltrer les ordinateurs
Côté américain, le département de la
Justice a annoncé jeudi l’inculpation
de sept agents du GRU, actuellement
repliés en Russie. Ils auraient hacké
le groupe américain Westinghouse,
qui fournit du combustible
nucléaire aux centrales ukrainien-
nes, et des agences qui ont révélé des
cas de dopage russes lors des derniers Jeux Olympiques, dont
l’Agence mondiale antidopage. Ces
officiers russes seraient parvenus à
infiltrer des ordinateurs américains,
régulièrement, entre décembre 2014
et mai 2018. Le secrétaire adjoint
américain à la Justice, John Demers,
a décrit des « accès sophistiqués, continuels et non autorisés aux réseaux
informatiques des victimes. »
Trois des sept agents ont déjà été
inculpés en juillet dans le cadre de
l’enquête du procureur spécial
Robert Mueller sur l’ingérence russe
lors du scrutin présidentiel de 2016.
Pour Malcolm Chalmers, du centre
La paralysie politique va perdurer
en Bosnie malgré les élections
BALKANS
L’incroyable complexité
des institutions est liée
aux compromis trouvés
après le conflit des
années 1990.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
C’est sans doute dans le pays à
l’architecture institutionnelle la
plus compliquée de la planète que
se déroulent des élections générales ce dimanche. Les électeurs de
Bosnie sont appelés à renouveler à
la fois la présidence collégiale
(constituée d’un représentant des
musulmans, d’un des Croates et
d’un des Serbes) et le Parlement
bicaméral à Sarajevo, ainsi que
les gouvernements et parlements
des « entités » serbe et bosnocroate, en sus de ceux de dix districts. Soit, au total, six chambres
parlementaires et treize exécutifs,
forts de 180 ministres… pour
un pays de 3 millions d’habitants.
Une complexité de nature à
paralyser l’exécutif, comme on
peut d’ailleurs le constater au vu de
l’absence de réformes d’envergure
dans ce pays pourtant candidat
depuis deux ans à l’entrée dans
l’Union européenne, avec des perspectives d’adhésion toutefois nulles à moyen terme. Cette paralysie
risque fort de se prolonger après les
élections de dimanche, qui ont failli
être annulées suite à divers recours
juridiques et dont la campagne a
été émaillée d’accusations d’ingérences russes et occidentales. Se
présentent 65 partis, dont les principaux ont une plate-forme nettement nationaliste, et 24 coalitions.
Il faut espérer que ces acteurs ne
battront pas le record de 2010 pour
former le gouvernement de Sarajevo : quinze mois de tractations.
La paralysie chronique des institutions explique le niveau de corruption, le plus faible niveau de vie
des Balkans et un chômage frappant plus du quart de la population,
voire la majorité des jeunes. Dont
170.000 ont quitté le pays ces quatre
dernières années. Ce chômage
(dont le taux réel est sans doute
inférieur, au vu de l’économie grise)
s’explique aussi par la faiblesse des
investissements étrangers, ainsi
que par la politique de discrimination positive pour que les trois
nationalités aient un accès équivalent à l’emploi, au détriment des
compétences pour un poste donné.
Divisions confessionnelles
Cette question de l’équilibre entre
les trois peuples constituant la fédération de Bosnie-Herzégovine est
en effet sensible dans un pays où les
affrontements entre Bosniaques
musulmans, la moitié de la population, Croates catholiques, un
sixième, et Serbes orthodoxes, un
tiers (sans oublier 4 % d’« Ostali »
ou « Autres », qui refusent de se
définir par rapport à une communauté), ont fait 100.000 morts environ. La guerre de 1992-1995 s’est
achevée avec les accords de Dayton
sous supervision internationale.
Les électeurs de Bosnie-Herzégovine vont désigner dimanche,
quatre présidents, six chambres parlementaires et quatorze
gouvernements de districts ou fédéraux. Photo Ahmed Hadrovic/Sipa
Les blessures sont telles qu’un district, celui de Brčko, est encore
aujourd’hui sous supervision internationale.
Les accords de Dayton ont, certes, arrêté les massacres mais gelé
les divisions confessionnelles et
s’appuient sur un partage guère
opérationnel des prérogatives entre
les diverses entités. Sarajevo est
chargé de l’armée, des finances, de
la justice et de la diplomatie, tandis
que la police, l’éducation, l’économie et la santé sont du domaine des
entités serbe et bosno-croate. Pour
ajouter à la confusion, nombre de
Croates militent pour une entité à
eux… En 2022, la Bosnie devra peutêtre désigner 14 gouvernements et
huit chambres parlementaires. n
Dimanche de 10h à 11h
Le Grand rendez-vous
© Meigneux/SIPA
Hélène Jouan, Nicolas Barré et Damien Fleurot reçoivent
Bruno Le Maire
Ministre de l’Économie et des Finances
Les partis
traditionnels
menacés
d’effondrement
en Lettonie
EUROPE
Les élections
législatives organisées samedi pourraient déboucher
sur un paysage
politique très éclaté.
La question se pose en Lettonie,
comme à chaque élection législative organisée en Europe :
quels sont les risques de voir
émerger des forces populistes
ou nationalistes ? Ces interrogations sont d’autant plus justifiées que les électeurs lettons
restaient très indécis à la veille
du vote. Dans ce petit pays balte
de 1,9 million d’habitants où vit
la plus importante minorité
russe de la région, c’est le score
du parti Harmonie qui est très
attendu. Arrivé en tête des élections de 2014 avec 23 % des voix,
ce mouvement pro-russe pourrait faire encore mieux dimanche. Harmonie soutient la politique du Kremlin et propose de
réduire à 1 % du PIB l’effort de
défense du pays alors que,
depuis son adhésion à l’Otan, en
2004, la Lettonie est l’un des
rares pays européens à consacrer 2 % de sa richesse à son
effort de défense.
Mise en examen
du gouverneur
Ce parti a peu de chances de
prendre les rênes du pouvoir si,
comme en 2014, ses adversaires
refusent de s’allier à lui. A l’époque, un gouvernement tripartite avait vu le jour, réunissant
l’Union des Verts et Paysans
(ZSS), l’Unité (V) et les conservateurs de l’Alliance nationale
(NA) pour mener une politique
de centre droit. La coalition a
redressé l’économie qui figure
aujourd’hui dans le peloton de
tête de la zone euro. L’opinion
publique a toutefois été ébranlée par la mise en examen du
gouverneur de la Banque centrale et la faillite de la banque
ABVL accusée de blanchiment
d’argent.
Les sondages reflètent,
comme ailleurs en Europe, une
lassitude envers les partis traditionnels. A eux trois, les partis
actuellement au pouvoir ne
devraient pas rassembler beaucoup plus de 20 % contre 58 %
lors de l’élection précédente.
D’où l’inquiétude de voir le parti
pro-russe parvenir à construire
une majorité à la Diète. Le candidat du parti baptisé « A qui
appartient l’Etat » (KPV LV),
Aldis Gobzems, lui a fait une
offre de services à condition
qu’Harmonie reconnaisse
l’occupation de la Crimée et de la
Lettonie par la Russie. Le Nouveau Parti conservateur, qualifié
de populiste par la presse locale,
pourrait être un autre candidat à
une alliance inédite dans les
pays Baltes.— C. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 09
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
Europe : Moscovici laisse le
champ libre à Timmermans
Brexit : Londres fait
un geste sur l’Irlande
COMMERCE
Le Royaume-Uni
propose de rester
dans une union
douanière avec
l’Union européenne.
l Le commissaire à l’Economie a annoncé qu’il ne poserait pas sa candidature
pour mener la bataille des Européennes pour les socialistes.
l En raison d’une divergence trop forte avec les socialistes français.
UNION EUROPÉENNE
Plutôt un socialiste libéral… que
Pierre Moscovici. En fermant la
porte à la candidature de Pierre
Moscovici à la tête de liste pour les
socialistes européens du PSE, le
Parti socialiste français a pris un risque : celui de devoir se résoudre à
accepter Frans Timmermans
comme le candidat de la gauche
européenne en 2019. Le Néerlandais, qui est actuellement le premier vice-président de la Commission européenne, pourrait alors en
théorie, être éligible à la succession
de Jean-Claude Juncker à la tête de
la Commission.
Dans un entretien au « Monde »,
Pierre Moscovici, le commissaire
en charge de l’Economie et des
Finances, a annoncé jeudi qu’il
renonçait à toute candidature en
raison de « désaccords profonds »
avec le PS français. Celui qu’une partie de l’Europe du Sud était prête à
adouber pour mener la bataille de
2019 dénonce un protectionnisme
latent, notamment au sujet de
l’accord du Ceta avec le Canada. Il
estime que le PS n’a « pas pris la
mesure du défi existentiel auquel fait
face l’Europe » et cultive une ambiguïté au sujet de l’Union.
Brouiller les pistes
Cet abandon en dit long sur la
bataille idéologique qui se joue,
alors que le PS risque un score très
décevant lors du scrutin de 2019.
Pierre Moscovici est trop identifié à
une commission jugée libérale par
Planet Pix/Zuma-RÉA
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
— Bureau de Bruxelles
Pierre Moscovici est trop identifié à une commission jugée libérale par les socialistes français.
les socialistes français. Pour Christine Revault d’Allonnes, qui dirige la
délégation socialiste française au
Parlement européen, l’enjeu de
l’élection sera « de clarifier nos
alliances, en regardant plutôt à gauche et vers les écologistes que vers le
centre ». Beaucoup, dans la famille
socialiste européenne, estiment
que la stratégie de coalition avec le
PPE (droite), menée au début de
cette mandature, a brouillé les pistes. « Tant qu’on laissera entendre
que voter à droite ou à gauche, c’est
pareil, ça n’incitera pas les gens à
voter », plaide Christine Revault
d’Allonnes, qui veut empêcher que
« les nationalistes soient les seuls à
incarner une forme de rupture ».
Frans Timmermans, qui livre la
bataille sur l’Etat de droit contre la
Pologne, dispose, lui, du soutien de
son parti et de son gouvernement.
Bien que non déclaré, il est le candidat le plus crédible, face au seul responsable politique officiellement
en lice, le Slovaque Maros Sefcovic.
Lors d’une récente réunion avec des
responsables socialistes européens, il a longuement développé la
thématique sociale pour tenter
d’effacer son image très centriste et
« Macron-compatible », selon une
source à la Commission. Quant à sa
croisade pour l’Etat de droit, elle lui
permet de capitaliser sur un sujet
qui fédère dans la famille socialiste
européenne.
ayons une autre candidature qui
apparaisse plus en cohérence avec les
positions du PSE », affirme Christine Revault d’Allonnes.
Mais les quelques noms qui circulent risquent d’entrer en contradiction avec les choix de chefs de
gouvernement nationaux qui,
selon certaines sources, auraient
déjà fait un pacte avec Frans Timmermans. n
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Emmanuel Macron doit encore
convaincre sur l’Europe. A moins
de huit mois des élections au Parlement européen, les Français restent
très divisés sur la question européenne, selon le baromètre Elabe
pour « Les Echos », Radio Classique
et l’Institut Montaigne. Ils sont ainsi
24 % à penser que l’Europe pré-
sente plus d’avantages que d’inconvénients, un pourcentage en baisse
de 7 points par rapport à mars 2017.
Ceux qui pensent le contraire sont
38 % (+1 point), tout comme ceux
qui mettent sur le même plan avantages et inconvénients (+6 points).
« Les Français ne mesurent plus
les bénéfices de l’Europe, ils ne voient
que les inconvénients. L’Europe est
perçue comme trop lointaine, trop
institutionnelle, alors que ce qui
compte pour eux, c’est l’Europe du
quotidien », souligne Bernard Sananès, le président d’Elabe. Si le sentiment de défiance progresse dans
toutes les catégories de la population, il faut quand même noter que
les jeunes sont plus optimistes que
Faire avaler la pilule
Les contrôles réglementaires
resteraient, eux, nécessaires,
reconnaîtrait désormais Londres. Mais le gouvernement proposerait de les simplifier sur les
marchandises en provenance de
la Grande-Bretagne et à destination de l’Irlande du Nord. A
Bruxelles, on considère que seuls
les contrôles sanitaires et phytosanitaires doivent être pratiqués
à la frontière. Les autres contrôles réglementaires peuvent rester dans les mains des autorités
actuelles de surveillance. Quant
aux contrôles douaniers et sur la
TVA, ils peuvent se faire en ligne,
via un système de code-barres.
Reste à faire avaler la pilule au
parti unioniste nord-irlandais, le
DUP. « AUCUNE frontière dans la
mer d’Irlande ne sera jamais
acceptable pour les unionistes,
qu’elle soit réglementaire ou
autre », a twitté mardi soir sa dirigeante, Arlène Foster. Une voix
qui compte, car sans le DUP, le
gouvernement de Theresa May
n’a plus de majorité parlementaire. — A. C.
Contradiction
« Je continue de penser qu’il serait
nécessaire et profitable que nous
et
Près de deux Français sur trois jugent
Macron incapable de changer l’Europe
Moins d’un quart
des Français sondés
par Elabe pensent
que l’Europe présente
plus d’avantages
que d’inconvénients.
C’est peut-être le geste qui permettra de débloquer les négociations entre le Royaume-Uni et
l’UE. Londres vient de faire de
nouvelles propositions visant à
éviter les frictions à la frontière
irlandaise une fois le Brexit entré
en vigueur. Et, selon Reuters, on
estime à Bruxelles que c’est « un
pas dans la bonne direction ».
D’autant que Londres serait prêt
à prendre des engagements plus
concrets pour éviter toute concurrence déloyale. Au cœur de la
discussion, le plan B (« backstop ») qui doit s’appliquer, tel un
filet de sécurité, si Londres et
Bruxelles échouent ou tardent
trop à trouver un accord pour
encadrer leurs relations commerciales post-Brexit.
L’objectif d’un tel dispositif :
s’assurer que les échanges restent fluides à la frontière entre
l’Irlande du Nord, sous domination britannique, et qui va donc
quitter l’UE, et la République
d’Irlande, Etat souverain et résolument européen. L’enjeu est
d’importance : le fragile équilibre
qui permet d’y maintenir la paix
depuis les accords de 1998 en
dépend.
Première nouveauté : le
Royaume-Uni accepterait désormais un « backstop » sans limite
dans le temps. Ce qui risque de
faire hurler les « hard brexiters ».
Il s’en tiendrait pour le reste à sa
proposition initiale : un plan de
secours laissant le pays tout
entier dans une union douanière
avec l’UE (et non comme le voulait Bruxelles la seule Irlande du
Nord). Les mêmes droits de
douanes extérieurs s’appliqueraient alors. Avantage principal
d’un tel système : aucun contrôle
douanier ne serait nécessaire sur
le commerce de marchandises
ou les échanges de biens agricoles entre les deux Irlande.
présentent
leurs aînés. Parmi les plus critiques,
on retrouve, sans surprise, les électeurs de Marine Le Pen.
La capacité d’Emmanuel
Macron, qui a fait de l’Europe un
point central de son projet politique, à faire bouger les lignes est
jugée très prudemment. Déjà, plus
de trois Français sur quatre (76 %)
disent mal connaître son projet
européen, qui a pourtant été martelé pendant la campagne présidentielle et depuis son élection.
« Expliquer son projet »
Et, surtout, près de deux Français
sur trois (64 %) estiment qu’il ne
sera pas capable « de faire évoluer
significativement le fonctionnement
et l’orientation politique de l’Union
européenne », un pourcentage qui a
progressé de 3 points par rapport à
mai 2018. S euls les électeurs
d’Emmanuel Macron estiment
majoritairement qu’il pourra faire
bouger les lignes. « L’enjeu pour
Emmanuel Macron est d’expliquer
son projet, de convaincre qu’il peut y
arriver et de rassurer sur les bénéfices de l’Europe », ajoute Bernard
Sananès.
Pour La République En marche,
qui est déjà partie en campagne
européenne, l’ennemi est la démobilisation et l’abstention de son électorat, qui est profondément européen. Les problèmes de politique
intérieure rencontrés par le président de la République pourraient
bien avoir un impact négatif sur
cette mobilisation.
Sondage réalisé les 2 et 3 octobre
2018 auprès d’un échantillon
de 1.001 personnes,
selon la méthode des quotas.
le 1er festival des médias de demain
1 date | 3 lieux | des expériences
jeudi 22 novembre 2018
Programme & réservation : maisondelaradio.fr
Les Echos
10 boulevard de Grenelle
75015 Paris
Maison de la Radio
116 avenue du Président-Kennedy
75016 Paris
France Télévisions
18, rue du Professeur Florian Delbarre
75015 Paris
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 //
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle
des Echos
La Chronique
Le Point de vue
Art et culture
Sauver l’emploi
ou protéger le salarié ?
Nous n’avons rien appris de la crise de 2008
Repenser le modèle des concessions
autoroutières en Europe
Après « Sapiens », Harari s’attaque au
monde contemporain
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Le pouvoir d’achat
dans le grand brouillard
C’est l’obsession des Français. Le pouvoir
d’achat est aussi le sujet le plus brumeux du
moment. Depuis le début de l’année, les
revenus sont dans un tourbillon où même le
plus expérimenté des comptables se
mélangerait les pinceaux. Les taxes sur le
tabac et les carburants ont augmenté le
1er janvier. La CSG a été relevée de 1,7 point fin
Par Jean-Marc
janvier tandis que les cotisations sociales
Vittori
payées par les salariés ont été allégées de
2,2 points. Le renchérissement du pétrole a
Même les
accentué la hausse de l’essence et du gazole.
statisticiens Les prix des produits alimentaires ont
accéléré. Le pouvoir d’achat a dévissé de 0,5
de l’Insee
% en début d’année. Mais l’impôt sur la
ont du mal
fortune dû en juin a fondu des deux tiers. Les
à s’y
salariés vont découvrir une autre baisse de
leurs cotisations de 0,95 point fin octobre. La
retrouver.
taxe d’habitation va diminuer d’un tiers pour
quatre foyers sur cinq. Vous ne savez plus où
vous en êtes ? Ce n’est pas grave, ça continue en 2019. Hausse des
taxes à nouveau sur le carburant et le tabac, nouvelle baisse de la
taxe d’habitation, hausse des pensions de retraite inférieure à la
hausse des prix mais revalorisation du minimum vieillesse,
suppression des cotisations sur les heures supplémentaires.
Vous avez l’impression que ça s’éclaircit ? Attendez de voir les
surprises du prélèvement à la source de l’impôt sur les revenus.
Pour les dix millions de Français déjà mensualisés, le prélèvement
viendra dix jours plus tard et sera d’un montant un peu
inférieur pendant les dix premiers mois de l’année, mais il faudra
continuer à payer en novembre et décembre. Et ceux qui profitent
des niches fiscales recevront mi-janvier un virement de 30 %,
pardon, de 60 % du montant des abattements de l’année
précédente.
Une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Le pouvoir d’achat
devrait connaître une forte hausse de 1,5 % au dernier trimestre
2018, mais les Français n’en croient pas un mot. Même les
statisticiens de l’Insee ont du mal à s’y retrouver. Ils viennent de
monter leur prévision de progression du pouvoir d’achat en 2018 de
1 % à 1,3 % – la hausse serait finalement du même ordre que l’an
dernier. Quant au gouvernement, il patauge magnifiquement dans
cette histoire, promettant des milliards d’euros en ajoutant des
torchons et des serviettes avant de se raviser car ce n’était pas le
candidat Macron qui avait promis d’être le président du pouvoir
d’achat. Ce tourbillon pourrait être distrayant s’il n’avait pas deux
effets redoutables. D’abord, il crée de l’incertitude chez les Français
qui risquent donc de gonfler encore un peu plus leur épargne.
Ensuite, il rend illisible l’action gouvernementale. Mieux vaudrait
tenir un cap que d’agiter un brumisateur.
(
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Page 3
Course de vitesse
Par David Barroux
Les entreprises n’aiment pas trop partager. Sauf quand elles n’ont
pas le choix, elles préfèrent faire le plus de choses en interne. Certes,
l’externalisation, qui permet aux groupes de se concentrer sur leur
« core business », a poussé plus d’une entreprise à confier sa cantine,
son gardiennage ou son nettoyage à des prestataires de services
extérieurs. Mais l’intégration verticale n’en reste pas moins une
priorité car lorsque l’on s’appuie sur des partenaires stratégiques ou
de simples fournisseurs, on partage son chiffre d’affaires, ses
marges et l’on sacrifie une partie de son indépendance. Dans
l’automobile, plus possible cependant de chercher à tout faire tout
seul. Même si la voiture a toujours été un secteur placé sous le signe
de l’innovation permanente, jamais cette industrie n’a été amenée à
faire face, de manière concomitante, à autant de révolutions. Déclin
accéléré du diesel et montée en puissance de la voiture électrique,
arrivée programmée de la voiture autonome et des robotaxis, boom
de la voiture partagée et apparition de nouveaux services de
mobilité… En plus de tous les défis auxquels tous les industriels
doivent faire face à l’heure du tsunami digital, les géants de l’auto
doivent se battre en plus de façon simultanée sur une multitude de
fronts qui leur sont propres. Pas étonnant dans ces conditions que
les alliances, qui ont toujours existé, soient aujourd’hui de plus en
plus nombreuses. Pour limiter leurs investissements, se concentrer
sur l’essentiel et être capable d’offrir les meilleurs produits, les
constructeurs s’allient entre eux, délèguent de plus en plus de
missions aux fournisseurs devenus équipementiers et apprennent
à travailler avec de nouveaux acteurs comme les Gafa. Ces alliances
ne sont pas sans risques mais les constructeurs n’ont pas le choix. Ils
manquent de moyens pour bien faire tout, tout seul, et ils manquent
surtout de temps. Et quand on est engagé dans une course de
vitesse, il est primordial de pouvoir s’appuyer sur des alliés qui vous
permettent d’aller plus vite en vous aidant à préserver vos forces.
(
Lire nos informations
Page 20
Pascal Garnier pour « Les Echos »
L’année de tous les dangers
en Amérique latine
Jacques Hubert-Rodier
– Editorialiste
de politique internationale
Après l’« annus mediocris »,
l’« annus horribilis » de l’Amérique
latine ? L’ancien ministre des Affaires étrangères du Mexique Jorge
Castañeda décrivait 2017 comme
une année médiocre, marquée par
« le bon, le mauvais, et le “Donald” ».
Le « bon », écrit-il dans une chronique pour le Project Syndicate, c’est
l’accord de paix en Colombie avec
les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et le début
d’une timide opération « mains propres » à l’échelle du continent contre la corruption des élites. Le mauvais, c’est le quasi-coup d’Etat
de Nicolás Maduro au Venezuela
contre l’Assemblée nationale et son
remplacement par une Assemblée
constituante aux ordres après une
sanglante répression. Quant au
« Donald », tout le monde aura
compris qu’il s’agit de l’effet Trump
sur l’Amérique latine. Sur cette
échelle, 2018 est pire, et les mois qui
viennent menacent d’être horribles.
Certains observateurs, comme Ian
Bremmer, président de la firme
d’analyse du risque Eurasia Group,
prédit « des catastrophes et des crises
pour la région ».
D’après le FMI, qui a révisé
récemment à la baisse ses prévisions, la région devait poursuivre sa
lente reprise, avec une croissance de
1,6 %, après 1,3 % en 2017. Mais ces
chiffres masquent des disparités
entre les pays. Car le pire est à venir
au Venezuela. L’économie devrait
s’effondrer, avec une baisse de 18 %
du PIB cette année, soit la troisième
année consécutive de dure récession. « En 2017, il y avait un pays en
état d’insurrection, mais il y avait
encore une perspective politique et
diplomatique », souligne un observateur à Caracas. Aujourd’hui, ajoute-t-il, le pays est à la dérive et les
Vénézuéliens « votent avec leurs
pieds » en s’exilant. Certains analystes évoquent le départ de cinq millions de personnes fuyant le régime
chaviste de Maduro et la misère qu’il
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Le Brésil, qui vote
le 7 octobre prochain,
est en pleine crise
politique. Mais il n’est
pas le seul pays
d’Amérique latine
confronté à des
menaces dont les
pires sont la violence
et la corruption.
D
Les points à retenir
Le pire est à venir au
•Venezuela.
L’économie devrait
s’effondrer, avec une baisse
de 18 % du PIB cette année
Le Nicaragua connaît un
retour surprenant de l’histoire,
avec une sanglante répression
du régime sandiniste
contre les manifestants.
Dix-sept ans après sa
banqueroute, l’Argentine
fait face à une nouvelle crise
financière.
Une autre ombre sur
l’Amérique latine se profile
après l’arrivée à la présidence
d’Iván Duque en Colombie :
celle de la remise en cause
de l’accord historique
avec les FARC.
•
•
•
provoque. Cet exode, d’une ampleur
proche de celui qu’a connu en 2015
l’Europe avec l’afflux de réfugiés
syriens, a provoqué une crise régionale en créant des tensions avec la
Colombie, le Brésil et le Pérou. Au
point que le secrétaire général de
l’Organisation des Etats américains
(OEA), Luis Almagro, la bête noire
des chavistes, a évoqué la nécessité
d’une intervention militaire pour
renverser le régime à Caracas,
reprenant ainsi l’une des menaces
de Donald Trump contre Maduro.
Fragilité politique
Mais la crise vénézuélienne n’est pas
la seule qui secoue aujourd’hui le
continent. Certes les origines des
remous ne sont pas les mêmes pour
les dix-neuf pays, mais, comme le
notait Ian Bremmer dans BusinessDay, « les problèmes et la colère des
populations sont devenus un trait
commun ». Comme le Venezuela en
2017, c’est le Nicaragua qui connaît
un retour surprenant de l’histoire,
avec une sanglante répression du
régime sandiniste contre les manifestants (de 300 à 500 morts). Et,
comme au Venezuela, c’est un
régime de gauche, celui du président
Daniel Ortega, qui tente de se maintenir au pouvoir par la force, provoquant aussi le début d’un exode vers
le Costa Rica. A l’image de la pièce de
Sartre « L’Engrenage » (1946), les
mêmes sandinistes renversaient en
1979 la dictature sanglante des
Somoza. L’histoire tourne-t-elle en
rond ? Dix-sept ans après sa banqueroute, l’Argentine fait face à une nouvelle crise financière. Certes, l’aide
massive promise par le FMI devrait
donner un répit au président, Mauricio Macri. Mais, à l’approche des
élections générales d’octobre 2019, il
est certain de devoir faire face à un
mouvement de contestation. Il sera
confronté, en outre, à ceux qui estiment qu’il n’a pas tenu sa promesse
électorale d’éviter au pays de repasser sous les fourches Caudines des
créanciers étrangers. Au Brésil, la
crise est d’une nature différente.
Après la destitution de la présidente
Dilma Rousseff en 2016, le plus
grand pays d’Amérique latine est
retombé dans une grande fragilité
politique à l’approche des élections
du 7 octobre prochain. Un scrutin
qui devrait voir une montée des
extrêmes après la décision de la justice d’invalider la candidature de
Lula, emprisonné pour corruption.
Une autre ombre sur l’Amérique
latine se profile enfin après l’arrivée
à la présidence d’Iván Duque en
Colombie : celle de la remise en
cause de l’accord historique avec les
FARC. Mais quelles que soient les
différences d’un pays à l’autre, deux
phénomènes communs à tous
menacent l’ensemble de la région.
La première est la corruption. La
partie émergée de l’iceberg est le
scandale de prévarication généralisée autour de l’entreprise de BTP
brésilienne Odebrecht parti du Brésil et qui a atteint d’autres pays
comme le Pérou ou l’Argentine.
Mais ce n’est pas le seul cas. Le Guatemala vient de se débarrasser de la
Commission internationale contre
l’impunité, soutenue par l’ONU. Une
annonce que le président Jimmy
Morales, soupçonné de corruption,
a faite à la fin août entouré de militaires. L’autre menace est la violence
endémique qui sévit sur le continent, avec 2,5 millions de meurtres
enregistrés depuis le début du siècle. L’Amérique latine totalise
aujourd’hui le tiers des assassinats
dans le monde pour 8 % de la population globale. Deux phénomènes
qui ont pesé dans la victoire en
juillet de López Obrador à la présidence du Mexique, un populiste que
certains comparent à Donald
Trump et qui prendra ses fonctions
en décembre. Pour toute l’Amérique latine, le risque est le retour au
populisme d’antan, comme l’avait
connu l’Argentine des Perón. Certes,
il y a peu de chances de voir le continent sombrer à nouveau dans la
généralisation des dictatures militaires comme dans les années 1960
et 1970, à l’exception aujourd’hui du
Venezuela et du Nicaragua. Mais,
sans sursaut politique, la spectaculaire démocratisation de l’Amérique latine sera remise en cause. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Brexit : les banques françaises se préparent au scénario du pire
2. Guillaume Pepy : « Il ne peut pas y avoir de SNCF à deux vitesses »
3. Le buzz des Etats-Unis : quand 225 millions de téléphones portables
sonnent en même temps
4. Cette nuit en Asie : les Etats-Unis durcissent leur guerre
contre le plus grand gang de yakuzas japonais
5. Emmanuel Macron s’installe dans l’impopularité
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Sauver l’emploi
ou protéger le salarié ?
Le mégaphone
de Donald Trump
Deux modèles d’Etat providence
s’opposent quand une usine risque de
fermer. Le point avec Eric Duédal, ministre
conseiller pour les Affaires économiques
auprès de l’ambassade de France en Suède.
FERMETURE « Que fait l’Etat ? Dans les
Hauts-de-France où un candidat est sur les
rangs pour reprendre l’aciérie Ascoval de
Saint-Saulve (Nord) menacée de fermeture
avec 281 emplois à la clef, la question est une
nouvelle fois d’actualité. “Que fait Bercy ?”,
entonnent en chœur les acteurs locaux […]
Au-delà même de cette interrogation il en est
une autre, tout aussi essentielle et beaucoup
plus pragmatique : faut-il ou non sauver
les entreprises en difficulté ? »
PERFUSION « Ce débat n’aurait clairement
pas eu lieu en Suède, pas plus que dans
les autres pays de la zone nordique, qui
appliquent tous le même credo : ce sont les
individus qu’il faut protéger et pas
nécessairement leurs emplois. […] Une raison
à cela : les partenaires sociaux sont
collectivement d’accord sur la nécessaire
adaptation de l’outil de travail. Tous estiment
aujourd’hui que, dans un monde global, il ne
sert à rien de mettre sous perfusion, dans
l’espoir d’en prolonger la vie, une entreprise
condamnée à disparaître par obsolescence
ou par manque de compétitivité. »
PRAGMATISME « Pour les partenaires
sociaux, l’innovation est la préoccupation
essentielle avec, pour reprendre l’exemple
suédois un budget dédié à la R&D élevé.
Il en va de même pour la formation
professionnelle, pierre angulaire du système
de reconversion des employés. C’est le fruit
d’un accord pragmatique entre syndicats
et employeurs. Mieux formés par les
programmes de reconversion, notamment,
mais aussi par la formation continue,
les employés s’inscrivent dans des schémas
de production à plus haute valeur ajoutée
que par le passé. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Photo S. Eells/Bloomberg
Le « New York Times », comme du
•reste
l’ensemble de la presse américaine,
en ont fait leurs choux gras : mercredi
dans l’après-midi, quelque 225 millions
de téléphones portables aux Etats-Unis
se sont mis à sonner et vibrer en même
temps. Habitués à recevoir des alertes
avant les tempêtes, les fortes pluies ou
pour signaler un enlèvement d’enfant,
les Américains ont découvert médusés
un message étrangement titré : « Alerte
du président ». Très vite, le mot clef
#PresidentialAlert s’est diffusé sur Twitter, avec des messages de colère,
d’inquiétude ou de plaisanteries. Certains internautes y voyant une intrusion
insupportable du président américain,
d’autres une opération massive de collecte de données.
En réalité, il s’agissait du premier test
grandeur nature conduit par le système
présidentiel d’alerte, piloté par l’Agence
fédérale des situations d’urgence
(Fema). Le système doit permettre
d’informer en direct et de donner des
instructions aux Américains en cas de
catastrophe naturelle, d’attaque terroriste, ou lorsque la sécurité du pays est
en jeu. Seul le président a le pouvoir de
déclencher son utilisation et le message
est vérifié par deux représentants de la
Fema avant d’être envoyé, afin d’éviter
les fausses alertes, comme celle évoquant l’arrivée d’un missile sur Hawaï il
y a quelques mois. Unique par son
ampleur, le message présidentiel de
mercredi aurait, selon l’agence, atteint
75 % de la population américaine. Des
messages ont également été diffusés à la
télévision ou à la radio. Face aux réactions sur les réseaux sociaux, la Fema a
précisé que le système n’avait pas vocation à devenir le mégaphone du président américain, mais qu’il s’agissait simplement de la modernisation du
système d’alertes en vigueur depuis plus
de cinquante ans. —Elsa Conesa
LE LIVRE
DU JOUR
Nous n’avons rien appris
de la crise de 2008
La différence entre la crise des années 1930 et celle de 2008 ?
Dans le premier cas, toutes les institutions mondiales avaient été changées.
Dans le second, rien n’a été fait. Il est temps d’agir.
LA
CHRONIQUE
d’Eric
Le Boucher
L
Payer ses impôts,
un acte citoyen
LE PROPOS Voici un tour
d’horizon sur l’histoire,
la structure et les méthodes
de l’impôt. Au-delà de la révision
de ce que sont ses différentes
formes et ses différents taux,
ce dossier didactique rappelle
qu’acquittement ne vaut pas
forcément consentement.
Le civisme fiscal n’est ni l’adhésion
ni la compréhension fiscale.
D’où l’importance de bien saisir
les bases des rouages et des usages
de l’impôt. La méconnaissance
nourrit la défiance. Ce qui est
particulièrement dommageable
tant citoyenneté et fiscalité
sont liées.
Le contribuable se sentant
toujours plus client, il importe
encore plus maintenant qu’il
saisisse vraiment de quoi il s’agit.
En l’espèce, les ordres de grandeur
doivent renseigner les diverses
opinions possibles. A l’heure
du prélèvement à la source,
entre autres réformes, il est bon
de savoir que l’impôt sur le revenu
ne représente que 75 % de la CSG,
et largement deux fois moins que
la TVA.
La crise n’a pas été
un krach seulement
financier, mais
du système entier.
Fiscalité : l’affaire
des citoyens
Cahiers français, n° 405,
2018, 8 euros.
LA PUBLICATION Les « Cahiers
français », dans leur nouvelle
formule, savent faire ressortir
les points saillants d’un thème,
ici le panorama fiscal français.
LA CITATION « La fraude fiscale
s’élèverait à un montant compris
entre 60 et 80 milliards d’euros par
an, égalant ou dépassant ainsi le
déficit de l’Etat » (Marie-Christine
Esclassan).
— Julien Damon
’idée est très simple. Elle consiste
à rappeler que la crise des
années 1930 avait débouché sur
une révision complète des institutions
et des politiques. Une fiscalité très forte,
un corsetage des banques, un keynésianisme généralisé et la nécessité d’une
étroite coopération internationale qui
sera mise en place en 1945, et au sein de
l’Europe dans les années 1950.
La crise de 2008 était exactement de
la même ampleur, un krach. Mais les
institutions n’ont pas été changées d’un
pouce. Les gouvernements ont rétabli
le système financier en péril, ils l’ont stabilisé couci-couça, mais rien d’autre.
Les malheurs actuels viennent de là : la
faible croissance, les inégalités, le discrédit de la politique et de la démocratie. La montée du populisme s’explique
par cette mauvaise analyse de la crise,
qui n’a pas été un krach seulement
financier mais du système entier.
Robert Shiller, Angus Deaton, tous
deux prix Nobel d’économie, Jeffrey
Sachs, Stephen Roach, Teresa Ghilarducci, des économistes mondialement
reconnus, se sont ralliés à cette thèse.
Parmi beaucoup d’autres. De plus en
plus d’autres. Invités à débattre des
leçons tirées de la crise de 2008 (1), ils
dressent un portrait du monde très
pessimiste.
Ils commencent par mettre à bas
l’autosatisfaction des gouverneurs des
banques centrales et des gouvernements. Pour ces derniers, la réponse à la
crise financière qui a consisté à « tout
faire » pour sauver le système financier
et à ouvrir les vannes du crédit budgétaire a été la bonne.
Il fallait faire l’inverse de la réaction de
1929, quand les autorités ont laissé le
système se purger tout seul, aggravant la
crise et provoquant des millions de faillites. En 2008, les autorités ont bloqué le
mal. Puis elles ont imposé des contraintes fortes au système financier pour
empêcher qu’il n’explose à nouveau.
Pour nos économistes, cette politique a été bonne mais elle ne suffit pas,
elle consiste à préparer la guerre d’hier.
Pire même, elle a donné le sentiment
aux opinions qu’on sauvait les banques
mais pas les « petits » comme eux.
Aucun responsable de la débâcle n’a été
Les gouvernements
ont rétabli le système
financier en péril,
ils l’ont stabilisé
couci-couça,
mais rien d’autre.
La montée du populisme
s’explique par
cette mauvaise analyse
de la crise.
sanctionné. Surtout, les banques centrales ont créé d’énormes masses financières à taux zéro, encourageant la
prise de risque excessive. La finance
reste hors sol et explosive. Le « shadow
banking », la finance laissée libre sans
régulation, s’est gonflée à 160.000 milliards de dollars, deux fois le PIB mondial. La Chine, qui a elle aussi ouvert les
vannes keynésiennes en 2009, a une
dette montée de 150 % à 250 % du PIB.
Le pays a beau être isolé et très malin, sa
situation financière est le signe de la
grande fragilité mondiale qu’est
l’endettement de tous.
L’essentiel est la situation des salariés, source du mécontentement croissant. Selon les calculs de Teresa Ghilarducci, 30 % des Américains ont des
salaires que d’autres pays considèrent
comme sous le niveau de pauvreté.
Angus Deaton estime que, depuis 2000,
il y a eu plus de morts d’overdose (par
absorption d’opioïdes) aux Etats-Unis
que de tués pendant les deux grandes
guerres. Le système éducatif est redevenu élitaire. Il y a cinquante ans, il était
possible de commencer au bas de
l’échelle dans une entreprise et d’y grimper jusqu’en haut. C’est devenu impossible, puisque les tâches d’en bas ont été
externalisées dans des petites sociétés
où les non-qualifiés restent coincés. Et il
ne s’agit plus seulement de la condition
des Noirs américains, les Blancs peu
éduqués de tous les pays les ont rejoints
dans leurs difficultés à vivre.
Que faire ? On le sait. Jeffrey Sachs
dit que l’Accord de Paris sur le climat et
les Objectifs de développement durable de l’ONU (une croissance partagée,
un travail décent, une éducation de
qualité, des inégalités réduites, la lutte
contre la faim…) sont deux bonnes
lignes de conduite. Ils recentrent
l’action publique vers les « biens communs ». Propositions idéalistes ? Oui,
hélas, tant que les institutions ne sont
pas entièrement rebâties sur une coopération mondiale très soudée et probablement très contraignante. Nous
n’y sommes vraiment pas.
En économie comme en climatologie, le malheur est qu’une épaisse couche de méfiance et de repli égoïste interdit ce multilatéralisme rénové. Les
tours de magie nationalistes proposent
d’aller en arrière, séduisent les opinions
et bloquent l’avancée conjointe vers les
seules bonnes solutions, qui sont coopératives. On sait ce qu’il faut faire pour
reconstruire le « système » mondial,
mais Donald Trump, Boris Johnson,
Viktor Orbán plaisent en nous entraînant vers l’opposé.
(1) Project Syndicate 28 septembre 2018
Eric Le Boucher est éditorialiste
aux « Echos ».
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
opinions
LE POINT
DE VUE
d’Olivier Marty
L
e congrès du Parti conservateur
britannique, qui s’est tenu à Birmingham cette semaine, suscite
une nouvelle volée de critiques à
l’encontre de Theresa May, dont les faiblesses (manque d’autorité sur un parti
divisé, indécision et inefficacité dans la
conduite des négociations avec l’Union
européenne, prises de position peu rassurantes) sont souvent cruellement
rappelées.
Pourtant, une position plus objective
devrait nous amener à considérer aussi
ses qualités, éprouvées depuis deux ans.
La Première ministre britannique est
d’abord une dirigeante incontestablement courageuse. A l’été 2016, il fallait,
outre une ambition légitime, une certaine abnégation pour tenter de réaliser
le Brexit, une tâche extraordinairement
difficile et douloureuse. Le tout dans un
climat politique et social délétère, qui a
fait fuir glorieusement tous les populistes qui avaient déclenché cette affaire.
Face au risque d’un échec gouvernemental retentissant, qui pèse encore
aujourd’hui comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, elle fit valoir
son sens des responsabilités et son
souci du rassemblement national, tant
à la Chambre des communes que vis-àvis de l’opinion publique.
Mme May a également le mérite de
tenter d’obtenir le moins mauvais
résultat possible pour le Royaume-Uni
à l’issue des négociations. Elle a considéré à juste titre que le suffrage populaire, aussi peu éclairé qu’il fût, ne pouv a i t ê t r e i g n o r é , m a i s q u’ i l l u i
LE POINT
DE VUE
de Noël Amenc, Frédéric
Blanc-Brude et Sarah Tame
L
es opérateurs autoroutiers sont
sous le feu des critiques : la
recherche du profit pourrait-elle
mener à d’autres tragédies comme celle
de Gênes ? Ces propos ne doivent pas
cacher une question plus simple : les
contrats de concessions autoroutières
sont-ils obsolètes en Europe ?
Sachant que le plan Juncker, entre
autres, envisage d’importants investissements privés dans ce secteur, l’analyse d’EDHECinfra (centre de recherche
de l’Edhec sur les investissements dans
les infrastructures) suggère un problème plus fondamental que la seule
question de la maintenance du pont
Morandi.
Les routes italiennes sont une succession de tunnels et de viaducs, plus
chers à construire que d’autres autoroutes. Austrade per l’Italia est donc
une entreprise de taille, avec 23 milliards d’euros d’actifs, soit deux à cinq
fois plus que les concessions françaises
Sanef et APRR, malgré des réseaux du
même ordre de grandeur. Toutes trois
dépensent autant : 50 % de leurs revenus annuels sont consacrés à la maintenance et à l’exploitation du réseau.
Autostrade dépense 20 % de ses revenus en nouveaux investissements, contre 13 % pour Sanef et APRR.
Mais leurs niveaux de revenu diffèrent : de 17 % des actifs pour Autostrade
en 2017, contre 30 et 40 % pour les deux
français. Côté profits, le rendement des
actifs est de 8 à 10 % en France, contre
4,5 % pour Autostrade, qui a aussi payé
75 % de ses profits en dividendes en
2017, ne rattrapant pas tout à fait la concurrence française (95 %).
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
1. Les cinq ingrédients qui préparent la crise de 2020
2. Aéroports de Paris : feu vert de l’Assemblée à la privatisation
3. Bruno Cautrès : « Il y a quelque chose de mystérieux dans le départ
de Collomb »
4. Pollution automobile : le Parlement européen sur une ligne dure
5. Une éco-contribution en vue pour tous les déchets ménagers
Brexit : et si l’on sousestimait Theresa May ?
incombait de « rationaliser le populisme ». C’est ainsi que, dès janvier 2017, malgré plusieurs maladresses, approximations, et revirements,
elle eut, à défaut de réelle stratégie,
comme fil conducteur la volonté de
trouver une solution qui minimise les
conséquences du Brexit et rassemble
tant son camp que la classe politique
britannique. L’UE a raison de l’aider au
fil des discussions afin de favoriser un
accord, qui est encore à sa portée.
Dans un climat encore
très incertain, Theresa
May a le mérite
de tenter d’obtenir
le moins mauvais
résultat possible
pour le Royaume-Uni.
Malgré les critiques, le
plus probable est qu’elle
continue à tenir la barre.
Troisième qualité, une certaine
dignité dans la défense de l’honneur britannique. Tant à Bruxelles que dans son
pays, la Première ministre a voulu rappeler, avec une prestance indéniable,
que, malgré toutes ses faiblesses, le
Royaume-Uni reste bien une puissance
d’influence respectée, riche d’une histoire glorieuse et de nombreux atouts :
« soft power », innovation, savoir-faire
commercial et financier, position avantageuse dans le domaine de l’économie
de la connaissance.
Cet acquis est de nature à ressouder
un corps social qui a besoin, comme
d’autres, d’être plus uni et confiant. Il
amène également à relativiser l’impact
du Brexit sur l’économie du pays malgré un coût inévitable.
A court terme, le congrès de Birmingham a été certes l’occasion pour les
ténors tories de malmener la Première
ministre. Toutefois, la confrontation
des trois lignes de force qui travaille
actuellement le Parti conservateur
(néo-thatchériens, rénovateurs, et partisans de l’unité nationale) ne débouche
pas encore sur une alternative crédible
pour un nouveau « leadership ».
Par ailleurs, les militants, eurosceptiques et âgés, du parti, s’ils soutiennent
de plus en plus Boris Johnson, ne sont
pas encore confrontés à la décision tangible de l’investir au prix de faire
dérailler les négociations avec Bruxelles. Dans un climat encore très incertain, le plus probable est donc que
Mme May tienne la barre.
Cette situation devrait lui permettre
de mener à bien le Brexit en se rapprochant des solutions avancées par
l’Union européenne et de se concentrer
un peu plus sur les problèmes intérieurs du pays. Viendra ensuite le temps
d’une nouvelle équipe et d’un jugement
sans doute plus nuancé de son action.
Olivier Marty enseigne les Questions
européennes à Sciences Po.
Repenser le modèle
des concessions
autoroutières en Europe
D’où deux questions. D’abord, Autostrade a-t-il un problème de revenus ?
Ses péages sont parmi les plus bas
d’Europe surtout pour les poids lourds.
Avec de plus faibles revenus pour sa
taille, bien qu’il dépense autant voire
plus que les opérateurs français en
investissements et maintenance,
Autostrade peut-il maintenir le niveau
d’investissement requis ?
Un meilleur modèle
consisterait en la
création d’un régulateur
européen chargé de
trouver un équilibre
entre niveau des tarifs,
besoin d’investissement,
et rentabilité.
Ensuite, pourquoi Autostrade paiet-il des dividendes s’il dépense trop
peu ? L’entreprise pourrait dépenser
plus de ses revenus en maintenance et
faire moins ou pas de profits. Mais une
entreprise privée existe pour générer
un profit. A 4,5 % de rendement sur
actifs, est-ce qu’Autostrade gagne trop
d’argent ? En s’intéressant au secteur
des concessions autoroutières en
Europe en général, on peut esquisser
une réponse.
EDHECinfra suit la performance
financière de 63 concessions autoroutières en Europe. Certaines collectent
des péages, d’autres reçoivent un
revenu contractuel payé par la partie
publique. Ces dernières permettent de
mieux comprendre la performance
relative des autoroutes à péage. Elles
livrent un service donné (auquel elles se
tiennent et dépensent donc l’argent
nécessaire) et n’ont, par définition, pas
de problème de revenu.
En Europe, ces autoroutes « contractées » en exploitations depuis plus de
dix ans ont un rendement sur actifs
moyen de 2,5 % à 6 % et paient souvent
100 % de leurs profits en dividendes. Les
autoroutes à péage paient entre 30 et
90 % de leurs profits aux actionnaires.
Sous cet angle, la performance financière d’Autostrade semble bien basse,
sachant les risques encourus. Pour les
opérateurs d’autoroutes à péage, ces
risques sont bien réels. Parmi les concessions étudiées, 20 % des concessionnaires font des pertes certaines années,
voire banqueroute. A contrario, les
autoroutes à revenus contractés ne perdent quasiment jamais d’argent.
Un meilleur modèle consisterait en la
création d’un régulateur européen
chargé de trouver un équilibre entre
besoin d’investissement, niveau des
tarifs et rentabilité. C’est un casse-tête
bien connu dans le secteur des infrastructures, mais aussi des questions que
les responsables politiques ne peuvent
ignorer indéfiniment. De récentes
avancées en matière de mesure de la
performance et du risque de ces investissements permettraient de créer un
cadre clair et transparent.
Noël Amenc est professeur à l’Edhec,
Frédéric Blanc-Brude et Sarah Tame
sont respectivement directeur
et directrice associée d’EDHECinfra.
Grosse fatigue
sur l’Olympe
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
Par Roger-Pol
Droit
L
’Olympe n’est plus ce qu’il était. Il n’y a
pas si longtemps, il y faisait
beau. Jupiter, après sa victoire sur les
Titans, pensait avoir instauré une ère nouvelle. Beaucoup l’avaient cru. Ils allaient
répétant que tout avait changé, que les
vieux démons se trouvaient terrassés, et
qu’on pouvait, enfin, se mettre en marche
vers l’abondance et la croissance. Et voilà, à
présent, que rien ne va plus ! Le brouillard
s’est installé, il fait presque froid, et l’on ne
discerne aucun horizon. Le maître des lieux
est désorienté. Il ne saisit pas ce qui s’est
détraqué, pourquoi il a perdu les rênes. Ni
de quelle manière les reprendre en main.
Vivre au sommet, il faut bien le dire, n’est
pas simple. Les bruits du monde parviennent atténués et déformés. Ainsi, par exemple, avait-on dit au premier des Olympiens
qu’un certain Colomb venait de découvrir le
nouveau monde et qu’il en pensait monts et
merveilles. Le maître l’avait cru, s’en était
même réjoui. A présent, la nouvelle se
trouve démentie. C’était un malentendu, ce
Collomb, avec deux « l », s’est envolé. L’exubérance est tombée, la confusion règne. Un
grand poète venant de mourir, on entend
chanter, du fond de la vallée : « Que c’est
triste Venise, au temps des amours mortes… »
Jupiter ne comprend pas.
D’autant moins qu’on lui avait répété
aussi qu’il était le maître des horloges, et
qu’il se voit réduit à suivre le mouvement,
voire à tenter de le rattraper, sans y parvenir.
Enfin, plus que tout, Jupiter, par fonction,
est censé contrôler la foudre. Et elle lui
tombe dessus ! Lui qui était supposé déclencher les orages vient de se retrouver sous
l’averse, trempé, dans une petite île, contraint de chercher refuge chez de jeunes
habitants qui l’ont traité sans respect,
comme un copain… Le voilà perplexe et
déboussolé.
Qui donc commande ? Où est passée
l’autorité ? La sienne, celle des dieux, celle
de l’Olympe, celle de l’Etat ? Est-elle
malade ? En panne ? En morceaux ? Comment les recoller ? Comment restaurer le
pouvoir, ou seulement sa représentation,
son image, son décor ? Les deux, en fait, se
distinguent-ils vraiment ? Peut-être le pouvoir n’est-il nulle part ailleurs que dans sa
représentation. Il n’est pas « symbolisé »
par la foudre, l’Olympe, le Capitole et tutti
quanti. En fait, il est tout entier constitué par
les signes qui l’incarnent. Et quand ces
signes ne fonctionnent plus, quel est le
remède ? Voilà ce qui tourmente Jupiter.
Il a beau tourner et retourner ces interrogations, il ne trouve pas d’issue. Lui vient
l’idée de rappeler des Enfers, du séjour des
morts, quelques vrais philosophes, histoire
de l’aider à y voir clair. Il commence par Platon, Aristote, Cicéron, convaincu que c’est
un bon début. Mais ils l’ennuient, avec leurs
interminables discours sur le bien commun, sur la nécessité de préférer le bonheur
de la Cité dans son ensemble à celui des individus en particulier, sur la place des lois et
l’impérieux devoir de les faire partout
régner sans lacune ni distinction. Ce sont
des raseurs, des machines à commenter.
Pas des hommes d’action.
Alors, lui qui surplombe les siècles, convoque à son chevet Machiavel. Il s’y connaît
en crise et en ruse. Le Florentin lui rappelle
que ce qui rend un Prince « méprisable, c’est
d’être jugé changeant (…), irrésolu ». Il « doit
L’espace du politique
n’est pas un sommet.
Tous ceux qui y travaillent
et s’y consacrent ne sont
pas en haut, ni ailleurs.
Tout se joue entre humains,
ici et maintenant.
Sans distance, sans abri,
sans retrait.
se garder comme d’un écueil » mortel des
hésitations et des atermoiements, se souvenir que la guerre, et elle seule, demeure « la
vraie profession de quiconque gouverne ». Il
fait venir encore Baltasar Gracian, le jésuite
espagnol du XVIIe siècle, théoricien du
« Héros » et de « L’Art de la prudence », qui
lui dit à l’oreille : « Toi qui aspires à la grandeur, écoute bien le conseil : que tous te connaissent, que personne ne te comprenne. »
Mais Jupiter sait déjà cela depuis toujours.
Ce qu’il cherche est autre chose. Il veut comprendre ce qui lui arrive.
Et, finalement, c’est un vrai choc ! Ce qu’il
découvre, en effet, c’est tout simplement
que… l’Olympe n’existe pas ! Ce n’est qu’une
représentation, une histoire qu’on se
raconte, une montagne imaginaire. Pis
encore : les dieux ne sont que des hommes,
et leur pouvoir une fiction. Elle est capable
d’impacter la réalité, certes, mais ce n’est
pourtant qu’une fiction. L’espace du politique n’est pas un sommet. Tous ceux qui y travaillent et s’y consacrent ne sont pas en haut,
ni ailleurs. Pis que tout : il n’existe en politique ni ancien ni nouveau monde. Tout se
joue entre humains, ici et maintenant. Sans
distance, sans abri, sans retrait. Voilà pourquoi Jupiter ne se sent pas très bien. Voilà
pourquoi l’Olympe n’est plus ce qu’il était. n
L'ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
La classe moyenne enfle inexorablement dans le monde
IDÉE Bonne nouvelle, on le sait, l’extrême pauvreté dans le monde baisse
rapidement. Des experts de la Brookings Institution mettent l’accent sur une
autre dynamique positive : l’accès des populations à la classe moyenne. A ce
titre, septembre 2018 aura même marqué l’entrée dans une nouvelle ère pour
l’humanité. En effet, pour la première fois dans l’histoire du monde, plus de la
moitié de la population mondiale appartient désormais à la classe moyenne
ou à la classe favorisée. 200 millions d’individus sont riches, 3,6 milliards
appartiennent à la classe moyenne, 3,2 milliards sont en situation fragile,
600 millions sont pauvres. En résumé, 3,8 milliards d’individus sont pauvres
ou proches encore de la pauvreté ; 3,8 milliards en sont éloignés.
INTÉRÊT Tout est affaire de données, de planchers et plafonds délimitant les
différentes catégories. La classe moyenne est ici approchée par une fourchette
de capacités quotidiennes de consommation individuelle valorisée entre 10 et
110 dollars. A l’horizon 2030 : 150 millions de pauvres en moins, 1 milliard de
« fragiles » en moins, 100 millions de riches en plus. La classe moyenne
gagnerait près de 2 milliards de personnes. Les bouleversements sont
considérables.
— Julien Damon
www.brookings.edu
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IDEES & DEBATS // 13
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
focus
BONNES FEUILLES
Par Guillaume de Calignon
Comment la gauche segmente
ses combats politiques
Dans un essai éclairant, l’Américain Mark Lilla,
professeur à Columbia, montre l’impasse dans
laquelle se trouve la gauche face aux populismes.
Dans son troisième opus, l’historien identifie trois menaces existentielles pour l’humanité : le défi nucléaire,
l’effondrement écologique et la disruption technologique. Photo De Fontenay/JDD/Sipa
Après avoir exploré le passé dans « Sapiens » et l’avenir lointain dans
« Homo Deus », Yuval Noah Harari livre le troisième et dernier volet
de sa trilogie, consacré cette fois aux défis du temps présent.
Après « Sapiens », Harari s’attaque
au monde contemporain
LIVRES
Par Yann Verdo
R
ien de plus attendu, de la part
d’un historien, que d’étudier le
passé. Yuval Noah Harari l’a fait,
et de magistrale façon, avec son bestseller « Sapiens », publié en hébreu en
2011 − après avoir été refusé par la plupart des grandes maisons d’édition
israéliennes − et traduit depuis dans
plus d’une quarantaine de langues. De
cet ouvrage phare, sous-titré « Une
brève histoire de l’humanité », le célèbre biologiste de l’évolution et géographe Jared Diamond, l’un des principaux inspirateurs de l’auteur, a pu dire
avec raison que si « “Sapiens” s’est rapidement imposé partout dans le monde,
c’est parce qu’il aborde les plus grandes
questions de l’histoire moderne dans une
langue limpide et précise ».
Les historiens qui s’attaquent à l’avenir relèvent déjà d’une espèce plus rare.
Mais celui qui est devenu entre-temps le
plus célèbre des professeurs d’histoire
de l’université hébraïque de Jérusalem a
relevé le gant avec la suite qu’il a donnée à
son premier essai, « Homo Deus », au
succès à peine moindre.
Ces deux phénomènes de l’édition
appelaient un troisième et dernier opus,
centré cette fois sur le présent. C’est
désormais chose faite avec « 21 Leçons
pour le XXIe siècle ». Le propos en est
clairement explicité dès la première
page d’introduction : « Dans ce livre-ci,
j’entends faire un zoom sur l’“ici et maintenant”. Je me concentre sur les affaires courantes et l’avenir immédiat des sociétés
humaines. Que se passe-t-il actuellement ? Quels sont les plus grands défis et
choix du jour ? A quoi devrions-nous prêter attention ? Que devons-nous enseigner
à nos enfants ? »
Comme son titre l’indique, le nouvel
essai de Yuval Harari se présente comme
une série de leçons. Un mot à prendre au
ESSAI
21 Leçons
pour le
XXIe siècle
par Yuval
Noah Harari.
Albin Michel,
375 pages,
23 euros.
pied de la lettre puisqu’il a en grande partie été écrit « en conversation avec le
public », sur la base des réponses que
l’auteur a apportées aux questions que
lecteurs, journalistes et collègues ne cessent de lui adresser. Comme une sorte de
cours s’élaborant à mesure qu’il se
déroule, grâce aux échanges entre le
conférencier et son (vaste) auditoire.
Disruption technologique
A chaque leçon, un nouveau thème.
L’ensemble apporte une nouvelle fois la
preuve que, du fond du « moshav » où il
vit avec son mari et pratique assidûment
la méditation vipassanā, Yuval Harari
sait brasser large. Impact de l’intelligence artificielle sur le monde et l’économie du travail, explosion des Big Data,
captation de nos données personnelles
via les réseaux sociaux, résurgence des
nationalismes, fondamentalisme religieux, menace terroriste, drame des
migrants errant en mer Méditerranée…
Les analyses s’enchaînent, solidement
documentées et argumentées.
Yuval Harari démontre au passage
qu’il n’a rien perdu de sa « langue limpide
et précise » si appréciée de Jared Diamond. Mais ce qui fait la force et l’intérêt
de cet ouvrage en constitue peut-être
aussi, paradoxalement, la faiblesse.
« Sapiens » comme « Homo Deus »
étaient construits sur une idée clef
(pourquoi et comment un singe parmi
d’autres s’est hissé au-dessus de tous les
autres animaux dans le premier cas, en
quel sens peut-on dire que nos lointains
descendants seront l’équivalent des
anciens dieux grecs dans le second),
thèse à laquelle on pouvait ou non adhérer mais qui structurait tout l’ensemble.
Ce n’est pas le cas de ces « 21 Leçons
pour le XXIe siècle », dont les exposés
aussi divers que nuancés, pour pénétrants qu’ils soient, permettent difficilement de dégager un axe fort. Si ce n’est
l ’ i d é e q u e l ’ h u m a n i t é s e t r o u ve
aujourd’hui confrontée à « trois menaces existentielles », de natures différentes et d’importance inégale. L’une est la
possibilité de voir se déclencher une
guerre nucléaire. Elle ne peut être
balayée d’un revers de la manche pour
la bonne raison que, comme l’auteur n’a
pas peur de l’écrire en toutes lettres en
sous-titre de l’un des chapitres, il ne
faut « jamais sous-estimer la bêtise
humaine ».
Ce « défi nucléaire » reste cependant
évitable, ce qui n’est pas le cas des deux
autres : « l’effondrement écologique »
d’une part (« depuis des millénaires
Homo sapiens se conduit en serial killer
écologique ; le voici qui se conduit en meurtrier de masse écologique »), la « disruption technologique » de l’autre. Par ce
dernier terme, l’auteur désigne principalement la fusion, selon lui inéluctable,
des technologies de l’information et des
biotech. « Par le passé, nous avons acquis
le pouvoir de manipuler le monde autour
de nous et de refaçonner la planète entière
[…] Dans le siècle qui vient, biotech et infotech vont nous donner le pouvoir de manipuler le monde en nous et de nous refaçonner », écrit-il. Perturberons-nous notre
système mental en agissant inconsidérément sur lui sans en avoir bien mesuré
toute la complexité, exactement comme
nous l’avons fait avec les écosystèmes ?
Ne serait-ce que pour cette question et
d’autres, ces « 21 Leçons » méritent tout
autant d’être lues − et méditées − que les
deux premiers volets de la trilogie. Yuval
Harari met toute son érudition et son
sens aigu de l’analyse au service de la
compréhension du monde. On ne
saurait lui reprocher que ce monde soit
éminemment complexe… n
Tout le monde connaît la droite identitaire.
Elle est au pouvoir aux Etats-Unis, en Italie et
monte dans nombre de pays, dont la France.
Mais qu’est-ce que la gauche identitaire ?
C’est le courant de pensée à la base de la culture politique d’une Hillary Clinton et du
Parti démocrate américain. Pour la définir,
Mark Lilla, politologue à l’université de
Columbia, raconte une anecdote : quelques
semaines après l’élection présidentielle américaine de 2016, l’auteur surfe sur le Web. La
page d’accueil du site du Parti républicain
propose onze principes généraux pour le
peuple américain. Sur celle des démocrates,
un onglet intitulé « les gens » permet d’accéder à 17 types de communautés : femmes,
Afro-Américains, gays, Amérindiens, Latinos… et chaque communauté a le droit à ses
propres propositions, censées répondre à
ses problèmes spécifiques. C’est clair : la gauche ne parle plus à un peuple mais à
des « particules élémentaires », à l’identité des
individus sans aucun objectif de construire
un « nous », une collectivité, constate Mark
Lilla. Et c’est une impasse. Elle ne pourra pas
arriver au pouvoir en se coupant du peuple à
ce point, en n’ayant que les élites sur les deux
côtes pour soutien et en oubliant le pays intérieur. L’auteur décrypte ce mouvement dans
le temps long, avec des références historiques, philosophiques et sociologiques. Le
propos de Lilla, sincèrement de gauche, est
valable pour les Etats-Unis, mais pas seulement. La gauche européenne, balayée par la
vague des antisystème de droite, cherche sa
réponse et hésite. Ce livre lui montre le chemin à ne pas suivre.
ESSAI
La Gauche
identitaire.
L’Amérique
en miettes
par Mark Lilla,
Stock, 151 pages,
16 euros.
DEUX IDÉOLOGIES INDIVIDUALISTES
« Durant deux générations, l’Amérique a été
privée d’une vision politique de sa destinée. Il
n’y en a pas eu à droite ; il n’y en a pas eu à gauche. Il n’y a que deux idéologies individualistes éculées intrinsèquement incapables de
discerner le bien commun et d’amener le pays
à s’unir afin d’assurer sa sécurité ».
LE PENDANT DE GAUCHE DE REAGAN
« La politique identitaire n’est pas l’avenir de
la gauche. Ce n’est pas non plus une force hostile au néolibéralisme. La politique identitaire, c’est du reaganisme pour gauchistes. »
RETROUVER UN AVENIR COMMUN « La
seule solution est de recourir à quelque chose
que nous partageons tous dans une démocratie, mais qui n’a rien à voir avec notre appartenance identitaire, sans toutefois nier l’existence et l’importance de celle-ci. Et cette chose
s’appelle citoyenneté ; […] il est crucial de nous
concentrer sur ce statut politique commun et
non sur nos différences manifestes. » n
Livres en bref
Aux sources de la colère populaire
« Ecrire, c’est hurler
•sans
bruit. » Par ce
mot, Marguerite
Duras entendait probablement parler des
écrivains de fiction.
Mais cette citation
s’applique parfaitement à Christophe
Guilluy. L’homme est
pourtant géographe, ce qui a priori ne
pousse pas particulièrement à la révolte. Son
dernier ouvrage n’est pas un travail de chercheur – il en a fait plusieurs depuis le début
des années 2000 et notamment « La France
périphérique » –, mais un livre politique.
La thèse est la suivante : les classes moyennes occidentales sont désormais reléguées
loin des métropoles, là où se créent la
richesse et les emplois. En voie de déclasse-
ment, méprisées par
les élites, qui seraient
entrées en sécession,
elles sont en train de
reprendre la main en
par Christophe
imposant leurs thèGuilluy,
mes dans le débat
Flammarion,
politique à travers le
241 pages, 18 euros. mouvement populiste qui touche toutes
les démocraties occidentales. La classe dirigeante n’aurait donc plus qu’à choisir : « Protéger ou disparaître, rejoindre le mouvement
réel de la société ou être emporté dans le chaos
qu’elle a créé. » Parfois schématique et simplificateur, nourri par une colère sourde,
l’ouvrage mérite qu’on s’y arrête parce qu’il
permet de comprendre l’affrontement qui
risque de structurer le paysage politique des
prochaines décennies. —G. C.
No Society.
La fin de la
classe moyenne
occidentale
Travailler moins pour aller mieux
Cinquième
•semaine
de congés
payés en 1982, passage aux 35 heures
dans toutes les entreprises en 2002, coup
de projecteur sur le
revenu universel à la
présidentielle 2017…
Et puis un livre, « Vers
une civilisation du loisir ? », publié en 1962,
tellement d’actualité qu’une réédition sort ce
vendredi 5 octobre en librairie. Dans une
société où les citoyens travaillent moins et où
le progrès technique et technologique per-
met de se décharger
des tâches les plus
Vers une
chronophages, la
civilisation
(re)lecture de ce livre
du loisir ?
est éclairante. Le
par Joffre
sociologue Joffre
Dumazedier,
Dumazedier (1915éditions MkF,
2002) offre une
19 euros.
réflexion instructive
sur notre relation au
temps libre et sa place dans notre épanouissement personnel. Car, en pleines Trente
Glorieuses, l’auteur croyait déjà à ses vertus et
à ce qu’il permet : se cultiver et, pourquoi pas,
devenir meilleurs. Déculpabilisant. —K. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Vendredi 5 et samedi 6 octobre 2018 Les Echos
Son parcours
le grand entretien
Ce diplômé de l’école d’ingénieurs
ENSIMAG et d’un Master of Science
de la Texas A&M University a toujours été
tourné vers l’international, chez Schneider
Electric, Altran, puis Sodexo qu’il intègre
en 2007. Il y a d’abord été patron
des Services Avantages et Récompenses
pour l’Europe, puis Monde avant
de mettre également la main sur la direction digitale en 2015, et sur les Services
aux Particuliers et à Domicile en 2016.
Ce promoteur de la diversité et de l’inclusion a activement contribué à renforcer
l’engagement du Groupe. Il se détend
en pratiquant la « méditation pleine
conscience » très régulièrement.
Son actualité
Le 1er juillet, Denis Machuel formait
son comité exécutif et le 6 septembre
il présentait sa stratégie aux investisseurs pour une croissance interne
du chiffre d’affaires de plus de 3 % d’ici
à l’exercice 2019-2020 et un retour
durable à une marge d’exploitation
supérieure à 6 %. Sodexo, reconnu leader
de son secteur en matière de responsabilité sociétale et durabilité par
le Dow Jones Sustainability Index pour la
14e fois, s’est renforcé récemment dans
les services à la personne avec l’achat
de Crèches de France et a a noué un
partenariat mondial avec Microsoft pour
développer des services numériques.
« Le danger permanent
des grandes entreprises,
c’est la bureaucratie »
DENIS MACHUEL
Directeur Général de Sodexo
Propos recueillis par
Martine Robert
@martiRD
et David Barroux
@DavidBarroux
A
ux manettes de Sodexo depuis fin
janvier 2018, il livre sa vision et les
recettes du premier employeur
privé français dans le monde pour mobiliser ses 460.000 salariés.
Sodexo sert 100 millions de consommateurs par jour. Ces consommateurs ont-ils beaucoup changé ?
Oui, pour deux raisons. Il y a d’une part la
technologie, qui leur propose un éventail
des possibles gigantesque en termes d’informations, de modes de vie… Et il y a d’autre
part une aspiration certaine à la qualité de
vie, qui se traduit par des préoccupations
croissantes en matière de santé et de bienêtre, la montée en puissance du sport et des
loisirs… Cette aspiration devient universelle,
on le voit dans le rapport au travail, notamment pour les nouvelles générations.
Qu’est-ce que cela implique
dans vos métiers ?
Nous qui sommes dans le B to B, cela nous
oblige à nous réinventer. Pour sensibiliser
nos équipes, nous leur expliquons que nous
évoluons du B to B au B to Me. C’est une tendance de fond pour préparer l’avenir. Bien
entendu Sodexo signe toujours un contrat
avec une entreprise, un hôpital, une université, une prison, un stade, une salle de spectacle, une société minière, mais ce que les
clients vont apprécier, c’est notre expertise
des services intégrés de qualité de vie alliée
à notre capacité à satisfaire le consommateur par la personnalisation.
Est-ce que cela remplace
la relation B to B ?
Non, mais c’est une porte d’accès vers le
B to B. Nous servons des consommateurs
organisés en communautés par nos clients,
qu’il s’agisse des salariés, patients, étudiants, prisonniers, spectateurs… Ces communautés qui étaient avant relativement
homogènes sont fragmentées par la technologie et les styles de vie, le télétravail, le coworking, le soin à domicile, l’éclatement des
campus et l’e-learning… Et les clients nous
demandent de plus en plus de contribuer à
maintenir l’unité de ces communautés malgré ce nomadisme. Car cette fragmentation
les perturbe, il y a un côté stressant pour
eux, ils sont plus éloignés de ceux dont ils
ont la responsabilité. Sodexo les rassure par
la complémentarité de ses trois métiers.
Quels sont-ils ?
Il y a les services de restauration et de « facility management » opérés sur les sites de
nos clients : ce sont les cantines, mais aussi
la maintenance technique, la conciergerie, etc. Tout ce qui fait qu’un environnement de travail est agréable à vivre et permet à nos clients de se concentrer sur leur
activité. Dans les résidences étudiantes, on
organise même des événements de socialisation pour éviter le décrochage des jeunes
la première année. Notre deuxième métier,
ce sont les avantages et récompenses, plus
connus par nos cartes restaurants, cartes
cadeaux ou sports, très complémentaires
de notre activité sur site puisque justement
hors site. Cela permet une continuité de service : on peut déjeuner au restaurant
d’entreprise, ou se faire livrer un repas, ou
aller dans un restaurant affilié à notre
carte… On peut ainsi accompagner la révolution des usages en proposant des choix
multiples. Enfin, notre troisième métier, ce
sont les services aux particuliers, des crèches à l’accompagnement des personnes
âgées à domicile.
Chacun aspire à davantage de services,
à manger mieux et de multiples
façons, mais en payant de moins
en moins cher...
Dans notre métier, on sait que l’équilibre
entre le « client pay » et le « consumer pay »
est en train d’évoluer. Longtemps, dans la
restauration, le client – entreprise ou hôpital – payait et subventionnait, et ce, dans
beaucoup de pays. On est convaincu que la
part payée par le consommateur lui-même
va devenir de plus en plus importante, à
mesure que l’on ira vers davantage de personnalisation. Un patient à l’hôpital pourra
ainsi s’offrir un repas amélioré si ces médecins l’y autorisent. De même, le bio est plus
cher, mais le consommateur est prêt à
dépenser un peu plus pour lui. Toute la
nuance est dans le « un peu plus » : où vat-on mettre le curseur ?
Qui va rogner sur sa marge ?
Sodexo est né dans le respect sociétal.
L’entreprise est une communauté de salariés, de clients et d’actionnaires, disait déjà
son fondateur il y a cinquante-deux ans.
Pierre Bellon était visionnaire, il a créé une
société d’emblée responsable et cela guide
toujours notre vision à long terme. On est très
sensible aux écosystèmes autour de nous, à
notre chaîne d’approvisionnement ; on met
de plus en plus l’accent sur le développement
durable, on privilégie des fournisseurs qui
soient des PME et, si possible, dirigées par
« Les robots vont compléter
ce que fait l’homme plutôt
que le remplacer. »
« Rien ne remplace
un sourire, une attention,
la connaissance
du consommateur. »
des femmes : nous apportons 1,9 milliard en
chiffre d’affaires aux PME avec qui nous faisons affaire et notre objectif est d’atteindre les
10 milliards en 2025. En France, nous travaillons avec 23.000 PME, beaucoup de circuits courts et de bio : ainsi, à Marseille, où
l’on sert 50.000 repas par jour dans les écoles,
la moitié de la nourriture est bio et cela nécessite de construire des partenariats avec les
producteurs, les chaînes amont… De même,
nous sommes très engagés dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.
Peut-on remédier à ce gaspillage ?
Nous le considérons comme l’un des scandales de notre siècle. Le gaspillage représente 30 % de la nourriture produite sur
Terre. Si c’était un pays, ce serait le troisième
en termes de gaz à effet de serre, après la
Chine et les Etats-Unis. Nous pouvons faire
quelque chose mais pas seul, c’est toute une
chaîne à mettre en place, de la production
jusqu’à la poubelle. Avec notamment le
WWF, nous avons créé l’International Food
Waste Coalition, en 2015, pour regarder de
manière systémique, faire de l’éducation à
chaque étape de la chaîne alimentaire.
Nous scrutons la chaîne logistique jusqu’à
nous, ainsi que la production en cuisine et la
consommation. Il faut aussi prévoir une
meilleure réutilisation des produits, à l’instar du projet zéro déchet qui nous a fait
gagner la tour Eiffel. Fréderic Anton utilise
tout dans la carotte : avec les épluchures il
fait une panure, avec les feuilles, des chips.
Quand on éduque les enfants ou les entreprises, ils en mettent moins dans leur
assiette. On s’est fixé comme objectif de
réduire le gaspillage chez nous de moitié
d’ici à 2025 à l’échelle mondiale.
Le digital vous bouleverse ?
Le digital, c’est évidemment une disruption,
mais c’est avant tout un vecteur de croissance car cela permet d’aller plus loin dans
la personnalisation de nos services. On a
racheté FoodChéri, qui livre 14.000 repas
par semaine en Ile-de-France, une start-up à
la fois très digitale et tendance dans ses plats
(à 50 % bio et végétariens). En intégrant,
dans une offre de services sur site, une application avec des informations sur le menu du
restaurant d’entreprise ainsi que la possibilité de commander en ligne auprès de ce restaurant, ou de se faire livrer des aliments de
l’extérieur avec FoodChéri, cela crée une
relation différente au consommateur. On a
également acquis deux start-up, Xpenditure
et iAlbatros, pour incuber une nouvelle
« corp-up », Rydoo, qui propose une suite
logicielle accompagnant le voyageur d’affaires, de la réservation de ses déplacements à
la gestion de ses notes de frais sur son smartphone : il suffit de photographier sa facture
et de l’envoyer ainsi directement à la comptabilité sans paperasserie à remplir. On a
aussi créé notre fonds d’investissement,
Sodexo Ventures, abritant des start-up avec
lesquelles nous passons des accords commerciaux et dans lesquelles nous restons
minoritaires pour les laisser se développer
auprès d’autres clients.
En interne, l’automatisation
menace-t-elle certains postes ?
L’un de nos grands sujets en interne, c’est
l’efficacité. On vient d’arrêter la feuille de
route de la transformation de nos systèmes
informatiques, et nous allons dépenser
William Beaucardet
entre 300 et 400 millions d’euros par an
pour devenir plus agile, innovant, et réduire
le reporting de 50 %. Cela veut dire beaucoup plus de tâches automatisées afin de se
concentrer sur ce qui est vraiment nécessaire pour créer de la valeur, pour le client
ou pour nous. Le danger permanent des
grandes entreprises, c’est la bureaucratie. Il
faut libérer du temps pour nos équipes sur
site, qui sont face au client, parce que la
valeur est dans cette relation.
En cuisine, les robots vont-ils
remplacer les humains ?
Les robots vont compléter ce que fait
l’homme plutôt que le remplacer. Nos services consistent à prendre soin du client : rien
ne remplace un sourire, une attention, la
connaissance du consommateur. Mais, en
revanche, on peut utiliser des drones pour la
surveillance des bâtiments afin d’éviter à nos
salariés le risque de monter sur le toit, ou
encore des exosquelettes pour porter plus
facilement des choses lourdes. Dans quinze
ans, il y aura probablement davantage
d’automatisation dans la cuisine, dans le
« facility management », mais il faut utiliser
les robots là où la valeur ajoutée est assez faible, comme le nettoyage des parkings, ou
bien là où l’interaction homme-machine
peut être efficace, par exemple dans l’accompagnement des personnes à domicile. Aux
Etats-Unis, via notre filiale Comfort Keepers,
nous avons un partenariat avec GrandPad,
qui fournit une tablette permettant une interaction avec nos assistants de vie, les personnes âgées et les familles ; une suite logicielle
créée avec des ergonomes permet aux
seniors de faire des e-mails vocaux pour éviter la saisie, de positionner leurs photos aisément dans un album, de communiquer
immédiatement avec leurs proches, l’auxiliaire de vie… Avec une start-up israélienne,
Intuition Robotics, nous faisons des pilotes
avec un petit robot conversationnel appelé
« ElliQ » : celui-ci peut, par exemple, rappeler à la personne âgée de prendre son médicament quand l’auxiliaire de vie n’est pas là.
Les nombreux emplois peu qualifiés
ne seront-ils pas fragilisés ?
Aujourd’hui personne ne sait prédire à dix
ans ce que sera l’impact de la technologie sur
le travail. En revanche, le fait que nos métiers
soient à forte humanité ajoutée constitue un
rempart très fort face à la robotisation, de
même que notre modèle intégré de services
de qualité de vie, au centre duquel est le consommateur. Il y aura inévitablement des
mouvements de masse, des professions qui
disparaîtront, mais il faudra toujours des
humains pour servir d’autres humains. On
sait que les métiers relationnels seront les
moins impactés par la digitalisation. En
revanche, l’automatisation va laisser plus de
temps aux gens dans les entreprises pour
d’autres choses que le travail, pour la formation, la préparation aux challenges de
demain. La société de loisirs va se développer,
c’est pourquoi nous avons investi dans ce segment qui pèse 1,7 milliard d’euros chez nous,
que l’on a racheté Centerplate aux Etats-Unis,
que nous gérons des lieux de sport ou de
prestige comme la tour Eiffel, Roland-Garros, l’Olympique Lyonnais, l’Olympique de
Marseille, Paris La Défense Arena… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
VIOLENCE SIX MOIS FERME POUR
L’HOMME QUI AVAIT GIFLÉ UNE
FEMME DANS LA RUE À PARIS
TRAVAIL DÉTACHÉ HONGRIE
ET POLOGNE SAISISSENT
LA JUSTICE
L’homme qui avait giflé une jeune
femme fin juillet dans la rue à Paris a
été condamné jeudi à six mois de prison ferme. Cet homme de 25 ans, qui
comparaissait détenu, reste en prison. Le tribunal a également prononcé une obligation de soin et une
interdiction d’entrer en contact avec
la victime, Marie Laguerre. Elle avait
posté la vidéo de son agression qui a
fait le tour des réseaux sociaux.
La Hongrie et la Pologne ont annoncé
jeudi avoir saisi la justice européenne
pour faire annuler la réforme du travail détaché adoptée en 2017 par les
28 au terme de laborieuses tractations, dans le but d’accorder à ces travailleurs un salaire identique pour
un même travail au même endroit. Le
gouvernement hongrois a critiqué
jeudi « le caractère protectionniste »
du texte, en contradiction selon lui
avec le principe de libre circulation
de la main d’œuvre et des services.
FOOTBALL DESCHAMPS
APPELLE CHEZ LES BLEUS
LE MILIEU LYONNAIS NDOMBÉLÉ
LA PHOTO DU JOUR
Melania Trump en visite au Malawi
ROUMANIE UN RÉFÉRENDUM
POUR INTERDIRE LE MARIAGE GAY
Fabrice Coffrini/AFP
Pour pallier les blessures, Didier Deschamps a fait appel jeudi à un petit
nouveau, le milieu Tanguy Ndombélé
(Lyon), en vue des matches des Bleus
contre l’Islande et l’Allemagne, les 11
et 16 octobre, tandis qu’un vieux briscard fête son retour, le défenseur de
Crystal Palace, Mamadou Sakho.
Tanguy Ndombélé a « plus de régularité avec Lyon », a expliqué le sélectionneur.
Quelque 19 millions d’électeurs roumains sont appelés à voter ce weekend pour ancrer dans la Constitution
l’interdiction du mariage gay. Donné
largement vainqueur, le « oui » permettra de modifier la loi fondamentale pour définir le mariage comme
« l’union entre un homme et une
femme » et non plus entre « époux ».
L’initiative est soutenue par l’Eglise
orthodoxe, riche et influente dont le
patriarche a qualifié la consultation
« d’acte patriotique ».
ÉTATS-UNIS LE FBI NE CONFIRME
PAS LES ACCUSATIONS CONTRE
BRETT KAVANAUGH
En visite en Afrique pour une semaine, Melania Trump a visité jeudi une école à Lilongwe au Malawi, deuxième étape de son
voyage qui la mènera au Kenya et en Egypte. Ce déplacement, réalisé sans son mari Donald, est à but « diplomatique et humanitaire » et met l’accent sur les enfants à travers sa campagne « Be Best » (Sois le meilleur).
Photo : Saul Loeb/AFP
JUSTICE REDOINE FAÏD « RESTE
COMBATIF », SELON SON AVOCAT
Redoine Faïd, arrêté mercredi après
trois mois de cavale et incarcéré à la
prison ultra-sécurisée de Vendin-leVieil (Pas-de-Calais), est « conscient
de la situation » et « reste combatif », a
déclaré jeudi son avocat, Raphaël
Chiche. « Une fois l’apaisement venu,
il sera nécessaire de reposer le débat
des longues peines et des mouroirs faisant fonction de prisons », a-t-il
ajouté. Le braqueur sera soumis à des
mesures particulières.
Saul Loeb/AFP
FAUNE UNE OURSE SLOVÈNE
LÂCHÉE EN BÉARN
Une ourse capturée en Slovénie a été
relâchée, jeudi matin, dans les Pyrénées-Atlantiques, par hélicoptère,
malgré les éleveurs anti-ours qui l’ont
guettée toute la nuit, bâtons de berger
à la main, organisant des barrages en
vallée d’Aspe. « L’opération de réintroduction se poursuivra dans les prochains jours avec, pour unique priorité, de garantir la sécurité des deux
ourses femelles », a affirmé le ministère de la Transition écologique.
// 15
Il n’y a « rien » dans le rapport du FBI
sur le juge Brett Kavanaugh qui confirme les accusations d’agressions
sexuelles portées contre lui, a assuré
jeudi un des chefs de la majorité républicaine au Sénat, Chuck Grassley.
« Le FBI n’a pas trouvé de tiers qui
puisse confirmer les allégations, il n’y a
pas non plus de preuves. Cette enquête
n’a trouvé aucune trace de comportement inapproprié », a-t-il ajouté.
MALAISIE L’ÉPOUSE DE L’EXPREMIER MINISTRE INCULPÉE
Rosmah Mansor, la flamboyante
épouse de l’ancien Premier ministre
malaisien, a été inculpée jeudi pour
blanchiment d’argent dans le cadre
d’un scandale de détournement présumé de milliards de dollars qui a
contribué à précipiter la chute de son
gouvernement. Rosmah Mansor,
66 ans, a plaidé non coupable.
MIGRANTS L’« AQUARIUS »
EST ARRIVÉ À MARSEILLE
ÉTATS-UNIS LA CHINE ACCUSÉE
D’ŒUVRER CONTRE TRUMP
L’« Aquarius », le bateau de secours
aux migrants en mer de SOS Méditerranée, est arrivé jeudi dans le port de
Marseille pour une escale. « Nous
appelons les gouvernements européens à nous permettre de poursuivre
notre mission de sauvetage en attribuant un pavillon à l’“Aquarius”,
déterminé à reprendre la mer au plus
vite », a tweeté SOS Méditerranée.
Le vice-président américain Mike
Pence a prononcé le réquisitoire le
plus dur contre la Chine depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison
Blanche. Il a dénoncé un retour en
arrière sur les libertés, une « agression » économique et militaire, et,
surtout, une ingérence politique
pour se débarrasser du président en
influençant le processus électoral.
ON EN PARLE À GENÈVE
La dispendieuse vie genevoise de Gulnara Karimova
La « Tribune de Genève » dévoile l’étendue des dépenses somptuaires
de la fille de l’ex-président ouzbèke.
avec Gérard Depardieu − sans
oublier ambassadrice d’Ouzbék i s t a n a u p r è s d e l ’O N U à
Genève : Gulnara Karimova a
cumulé toutes ces activités,
avec, à chaque fois, un dénominateur commun : l’amour du
luxe le plus effréné.
Jean-Jacques Franck
— Correspondant en Suisse
D
ans les coffres de la banque Lombard Odier à
Genève, les enquêteurs
ont mis la main sur une bague
avec un énorme diamant rouge de
la Maison Boucheron, facturée
19,5 millions de francs suisses,
et sur un collier de rubis à
500.000 francs. » Ainsi commence le long article paru dans la
« Tribune de Genève », qui s’est
procuré le rapport d’enquête de
la police suisse conclue fin 2016,
et portant sur les agissements de
Gulnara Karimova, fille d’Islam
Karimov, ex-président de la
République d’Ouzbékistan.
Fille à papa, affairiste, fashionista, designer de mode, chanteuse − dont un duo sirupeux
39 millions de bijoux
Selon le journal, Karimova a
acheté pour 39 millions de
bijoux auprès du revendeur
genevois Chronolux, l’un des
premiers à avoir investi le marché russe à la chute de l’URSS.
Elle a dépensé plus de 3 millions
pour le seul équipement audio
de sa villa à Coligny, au bord du
lac Léman. Surtout, elle a littéralement pompé plus de 130 millions de dollars à la société Zeromax, installée à Zoug en 2005.
L’histoire de cette firme est
particulière. Selon les câbles de
l’ambassade américaine à Tachkent, la capitale d’Ouzbékistan,
Gulnara Karimova « contrôlait
étroitement via Zeromax le commerce d’hydrocarbure de son
pays. Zeromax siphonne 80 %
des exportations », ajoutait
l’ambassade. Selon la « Tribune
de Genève », la justice suisse n’a
pas pu « conclure que Gulnara
Karimova exerçait un contrôle
sur cette société ». Ce qui ne l’a
pourtant pas empêchée de recevoir 130 millions de dollars en
paiements, et 370 millions sous
forme de transferts de Zeromax
vers des sociétés off-shore « liées
à Gulnara Karimova ». « Zéromax a fait faillite en 2010, laissant
une ardoise de 5,6 milliards de
francs auprès de 191 créanciers »,
affirme le quotidien suisse, « la
plus grosse faillite de Suisse
depuis Swissair ».
De son côté, le Conseil fédéral
(gouvernement suisse) tente de
solder la page ouzbèke. Le 9 mai
dernier, il a décidé de restituer à
l’Ouzbékistan 800 millions de
francs d’avoirs gelés en Suisse de
Gulnara Karimova. Un argent
qui « provient vraisemblablement
d’actes de corruption au détriment
de l’Etat ouzbek. » Tachkent se
réjouit. Les opposants au nouveau président Mirziyoyev
demandent que la Suisse contrôle l’utilisation de cet argent via
une fondation pour le développement du pays, afin d’éviter tout
nouvel accaparement illégal de
ce qui revient au peuple. Gulnara
Karimova, elle, serait assignée à
résidence à Tachkent. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
La création du studio
français d’animation
Xilam, marquante pour
le genre en France, a
généré un revenu de
plus de 50 millions
d’euros. // P. 26
Vendredi 5, samedi 6 octobre
2018
www.lesechos.fr
DEVISES EUR/GBP 0,8842 EUR/JPY 1,3078 EUR/CHF 1,1409 GBP/USD 1,3009 USD/JPY 1,1371 USD/CHF 0,9919 TAUX EONIA -0,365 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,318 OAT 10 ANS 0,791 T-BONDS 10 ANS 3,0801
INDUSTRIE & SERVICES
BOISSONS
Geelong
DERNIÈRE HEURE
Le gouvernement prépare la mise en
concurrence du réseau bus de la RATP
Tom Enders
appelle l’Europe
à ne pas rater
la révolution
spatiale
Nouvelle donne sur le marché
mondial de la bière. // P. 18
HIPPISME
L’Arc de Triomphe fait son retour
dans un Longchamp « new-look ».
Anne Bauer
@annebauerbrux
// P. 19
AUTOMOBILE
Le jeu des alliances se met en place
dans la voiture autonome.
// P. 20 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 10
IMMOBILIER
Le grand bazar des logements
étudiants. // P. 22
PÉTROCHIMIE
Boom du plastique dans les pays
émergents. // P. 23
CULTURE
Laurent Grandguillot/RÉA
Quand les musées parisiens
se font auditoriums. // P. 24
HIGH-TECH & MÉDIAS
INFORMATIQUE
Les éditeurs historiques tirent
leur épingle du cloud. // P. 25
START-UP
DREAMINZZZ
En cas de marché perdu par l’entreprise publique, le transfert des salariés au nouvel exploitant serait obligatoire.
La jeune pousse avignonnaise
lancera un nouveau produit de
relaxation au CES 2019. // P. 27
La concertation pour
définir le cadre social
qui s’appliquera lors
de l’ouverture du marché,
fin 2024, est lancée.
Shutterstock
PME & RÉGIONS
TRANSPORTS
Uber veut être plus vert et part
à la conquête des villes moyennes.
// P. 28
DOSSIER SPÉCIAL
PRIX DE L’ENTREPRENEUR
DE L’ANNÉE 2018 // P. 30
FINANCE & MARCHÉS
ASSURANCE
Vers une nouvelle hausse
des tarifs d’assurance auto
et habitation en 2019. // P. 32
MARCHÉ OBLIGATAIRE
La Fed fait flamber les taux
et le dollar. // P. 33
DANSKE BANK
La banque danoise fait l’objet
d’une enquête aux Etats-Unis.
// P. 34 ET « CRIBLE » P. 42
CARNET // P. 38
SUPPLÉMENT
PATRIMOINE // PP. 39-41
sur
Dans
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13h et 17h30
Du lunDi au venDreDi
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
La fin du monopole de la RATP sur l’exploitation des réseaux de bus à Paris et en petite
couronne est prévue pour le 31 décembre
2024, mais le gouvernement veut définir
dès le début de l’année prochaine le cadre
social qui s’appliquera pour cette mise en
concurrence, ce qui ne se passera sans
doute pas sans turbulences auprès des
personnels.
La ministre des Transports, Elisabeth
Borne, a écrit jeudi aux syndicats et au patronat du secteur pour annoncer le lancement
d’une concertation destinée à « garantir les
conditions d’une concurrence équitable entre
les salariés, tout en maintenant un haut
niveau de sécurité et la continuité du service ».
Le résultat devrait être intégré par voie
d’amendements à la future loi d’orientation
des mobilités (LOM), qui doit être examinée
par le Parlement au printemps.
Des règles communes à tous
Deux thèmes doivent être abordés : les
règles qu’appliqueront l’ensemble des entreprises en matière de temps de travail et de
repos (sur le reste des sujets, la convention
collective du transport public urbain devrait
s’appliquer) ; et, surtout, ce qu’il adviendra
des salariés de la RATP lorsque l’entreprise
publique perdra l’exploitation d’une ou plusieurs lignes au profit d’un concurrent privé.
Sur ce dernier point, l’exécutif semble
avoir déjà une idée assez arrêtée, qui ne sera
vraisemblablement pas du goût des syndicats de l’entreprise publique : l’avant-projet
de la LOM vient d’être complété par un article qui stipule qu’en cas de marché perdu,
« les contrats de travail en cours des salariés
concourant à l’exploitation […] du service
public concerné sont transférés au nouvel
employeur ». En clair, ce transfert serait
automatique et obligatoire, que les agents
concernés le veuillent ou non, comme cela
se fait déjà lorsqu’un réseau en province
change d’opérateur.
Pour les pouvoirs publics, cette disposition est indispensable afin d’assurer la continuité du service : être capable de conduire
un bus articulé place de l’Opéra ou dans certaines rues parisiennes étroites nécessite un
savoir-faire long à acquérir. Si les chauffeurs
ne suivent pas, le nouvel exploitant ne sera
pas capable de faire tourner la ligne avant de
longs mois. Cela ferait aussi les affaires de la
RATP, car elle ne se retrouverait pas avec des
agents en surnombre à recaser.
Pour rassurer les personnels, l’avantprojet de loi prévoit que « la poursuite des
contrats de travail s’accompagne du transfert
de garanties sociales de haut niveau ».
C’est ce dernier point qui doit être précisé
par la concertation, en s’appuyant sans
doute sur ce qui a été fait à la SNCF dans
la réforme ferroviaire. A défaut de conserver le statut (qu’ils perdront en quittant
l’entreprise publique), les salariés transférés
devraient donc se voir assurer le contenu
du statut : maintien de la rémunération,
de la garantie d’emploi et du régime particulier de retraites, entre autres. n
Banijay bien placé pour acquérir
Endemol Shine
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
et Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Le producteur de « Koh Lanta », Banijay,
serait en bonne position pour acquérir
Endemol Shine, le leader mondial de la
production audiovisuelle. Selon nos informations, confirmant celles de « Variety », le
producteur derrière les émissions de Cyril
Hanouna ou encore « Koh Lanta » ferait
partie des derniers finalistes.
Plusieurs prétendants se sont intéressés à Endemol Shine au cours des dernières semaines. Le producteur de « Masterchef », « Money Drop » ou « Black
Mirror » avait été mis en vente par ses
deux actionnaires Apollo Global Manage-
ment et 21st Century Fox, avant l’été.
Mais peu à peu, plusieurs ont jeté
l’éponge. ITV l’a ainsi dit publiquement
cette semaine, peu de temps après RTL
(Fremantle).
Ne resteraient donc en course que peu de
repreneurs potentiels. La presse anglosaxonne évoque notamment Endeavor,
l’agence de talents hollywoodienne. « Banijay pourrait être le seul crédible », dit une
source proche du dossier. Les prétendants
auraient rendu leurs offres début octobre.
Une prise de taille
Pour Banijay, qui est considéré comme le
numéro quatre mondial, l’acquisition du
leader serait une prise de taille. Elle était
estimée autour de 2,5 à 3 milliards d’euros
avant l’été mais, de source proche du dos-
sier, cela devait être moins que cela (autour
de 2 milliards). Selon nos informations,
Vivendi, actionnaire à hauteur d’un peu
plus de 30 % de Banijay, serait favorable au
principe de l’opération. Si le prix final lui
convenait, il serait prêt à remettre de
l’argent pour rester à environ 30 % du capital du nouvel ensemble. Le projet de Banijay
serait de faire en sorte que l’endettement du
nouveau groupe constitué soit inférieur à la
dette de Endemol Shine actuelle.
Avec une telle acquisition, la société de
Stéphane Courbit passerait d’un chiffre
d’affaires d’un peu moins de 1 milliard
d’euros (846 millions en 2017, selon Oddo) à
environ 3 milliards. Une telle opération permettrait à Banijay d’acquérir un très beau
catalogue et d’accentuer sa présence sur les
marchés anglo-saxons. n
Cette fois-ci, Elon Musk n’est pas venu au
Congrès international de l’astronautique. C’est donc Tom Enders, le patron
d’Airbus, qui l’a remplacé pour la traditionnelle conférence du jeudi soir de
cette grand-messe du spatial, qui
s’achève ce vendredi, à Brême, en Allemagne. Si, lors des deux années précédentes, le Californien avait fait rêver des
milliers de participants sur ses projets
de voyage sur Mars, Tom Enders a, lui,
tiré la sonnette d’alarme. Il a appelé
l’Europe à ne pas rater la nouvelle « ruée
vers l’or spatial », qui se dessine.
Préoccupé par la lente réaction européenne à la révolution du « new space »,
Tom Enders a mis en cause le processus
de décision des Etats membres, jugé trop
lourd, les inefficacités industrielles
auquel il conduit et l’insuffisance
d’investissements et d’enthousiasme
pour le spatial. A quelques mois de son
départ d’Airbus, l’ancien officier de
réserve de la Bundeswehr, qui avait déjà
écrit au printemps aux ministres allemand et français chargés du spatial, persiste et signe. Pour lui, la révolution du
« new space » est au moins équivalente à
la révolution Internet il y a vingt ans.
« L’humanité a l’opportunité de découvrir
de nouveaux continents dans l’espace,
l’Europe va-t-elle se contenter de regarder
les autres comme il y a cinquante ans, lors
des premiers pas de l’homme sur la
Lune ? » se demande-t-il. En rappelant
que les services spatiaux (navigation,
météo, vidéo) font partie de notre vie
quotidienne, le patron d’Airbus affirme
qu’on va vers une « société orbitale ». Il y a
trois ans, personne n’imaginait un atterrissage sur Mars. Aujourd’hui, peu en
doutent. Et certainement pas Tom
Enders, qui, pour rappeler l’ampleur des
changements à venir, fait cette piqûre de
rappel : « Un enfant avec un smartphone
a aujourd’hui accès à plus d’informations
que le président des Etats-Unis il y a
quinze ans. »
Pour Tom Enders,
la révolution du « new
space » est équivalente
à la révolution Internet
il y a vingt ans.
Airbus se veut à la pointe de cette économie « orbitale ». Et de citer l’envoi prochain de la constellation OneWeb, étape
essentielle pour la société digitale, les
projets du groupe pour l’impression 3D
dans l’espace, le lancement de remorqueurs spatiaux ou la construction
d’une autoroute laser pour la transmission de données. Alors que le groupe de
travail sur le spatial promis lors du dernier sommet franco-allemand tarde à se
mettre en place, il a profité de sa tribune
pour adresser ses « dernières recommandations » : simplifier la gouvernance spatiale européenne, modifier la règle du
« juste retour géographique » qui oblige à
répartir la charge de travail au centime
près entre les Etats donateurs, appliquer
une préférence européenne avec ArianeGroup – comme la Nasa le fait avec ses
fournisseurs. Prendre enfin le leadership sur les remorqueurs spatiaux
pour nettoyer les débris dans l’espace,
parler à nouveau de vols habités et, surtout, ranimer un rêve collectif. n
DR
« Oggy et les cafards »
fête ses vingt ans
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Nouvelle donne sur le
marché mondial de la bière
l Les volumes consommés progressent sur le continent africain
et en Asie du Sud-Est, mais reculent partout ailleurs.
l En revanche, le marché mondial s’est apprécié de 20 % en valeur depuis cinq ans.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération.
Aris Oikonomou/AFP
à suivre
Ryanair dans le collimateur
des commissaires européens
AÉRIEN Après les déclarations de la commissaire aux Affaires
sociales, Marianne Thyssens, exhortant Ryanair à « respecter la
loi » européenne sur les droits des personnels navigants, la
commissaire en charge de la protection des consommateurs,
Vera Jourova, s’en est également pris à la compagnie low cost.
Dans un message sur Twitter, elle accuse Ryanair de ne pas respecter les droits de passagers victimes d’annulations, en les
obligeant à adresser leurs recours à la justice irlandaise. Une
disposition contraire à la réglementation, a-t-elle souligné.
ThyssenKrupp va garder 30 %
de son entité biens d’équipement
BIENS D’ÉQUIPEMENT Le géant allemand ThyssenKrupp
En 2020, les pays émergents devraient représenter 65 % de la consommation mondiale de bière, en volume. Photo Carlo Gabuco/Bloomberg
devrait conserver environ 30 % de l’entité ThyssenKrupp Industrials (ascenseurs, équipements automobiles et ingénierie
industrielle) issue de son projet de scission, a déclaré jeudi le
président du comité d’entreprise de ThyssenKrupp Steel
Europe. A l’issue de la scission, prévue début 2019, cette participation minoritaire aura vocation à être cédée rapidement,
après le feu vert des actionnaires.
Le repreneur
de GM&S sur le
point de changer
de mains
AUTOMOBILE L’équipementier
automobile GMD, qui a repris il y
a un an GM&S, est aujourd’hui
lui-même à vendre : son propriétaire Alain Martineau a 72 ans et
souhaite passer la main.
Employant 2.400 personnes (plus
1.800 intérimaires, selon l’intersyndicale), le groupe devrait recevoir sous peu une offre de l’espagnol CIE Automotive. Inquiets,
les salariés demandent à être
reçus à Bercy. Très médiatisée, la
reprise de GM&S s’est soldée par
le départ de 157 salariés sur 277.
Eric Piermont/AFP
TRANSPORT Les syndicats ont
d é n o n c é j e u d i l a vo l o n t é d u
patron de la SNCF de demander
des efforts aux salariés sous statut (« Les Echos » d’hier).« En
soufflant sur des braises encore
chaudes, Guillaume Pepy joue clairement la carte de la provocation! » déplore Roger Dillenseger,
de l’Unsa. « On veut croire que c’est
davantage une erreur de communication qu’un retour sur des engagements » pris lors de la réforme
ferroviaire, estime, de son côté,
Sébastien Mariani, de la CFDT.
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
50 GRANDS PATRONS
FONT VOTRE
JOURNAL : COMMENT
LES JEUNES VONT
CHANGER LE MONDE
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
Le marché de la bière change de
profil. L’an dernier, la consommation mondiale a diminué à
196,2 milliards de litres, selon le
cabinet Euromonitor, contre
196,9 milliards en 2012. En revanche, le marché s’est considérablement apprécié, passant de 522 milliards de dollars sur la période à
622 milliards en 2017.
Mais toutes les régions ne sont
pas logées à la même enseigne. La
consommation diminue en Amérique du Nord, en Europe, en Chine
et au Japon, tandis qu’elle progresse sur le continent africain et
dans le Sud-Est asiatique. Tant et si
bien que « les pays émergents représenteront 65 % de la consommation
en 2020 », estiment Barth Report et
Global Data. Dans ce schéma, l’Asie
se taille la part du lion, avec 40,6 %
des volumes en 2020, devant
l’Amérique centrale et du Sud, qui
en totaliseraient 16 %. « Le marché
de la bière est intimement corrélé à
l’activité économique », estime Malteurop, leader mondial du malt, un
ingrédient que l’on retrouve dans
85 % des bières bues dans le
monde.
Curieusement, pour une fois, la
Chine n’est pas la locomotive de la
croissance mondiale. Au contraire,
le marché chinois recule de 3 % par
an, selon Eibens Consulting, tout en
étant le plus important du monde.
Les importations (en provenance
d’Europe pour 70 %) augmentent
sans compenser la baisse des volumes. Le nombre de microbrasseries y est confidentiel. Ce n’est donc
pas pour l’instant de l’empire du
Milieu que viendra la dynamique,
mais des pays de l’Asie du Sud-Est,
du Brésil, du Mexique et du continent africain.
Sur les marchés matures, les
grands brasseurs ont dû compenser la baisse des volumes au travers
d’une offre nouvelle, privilégiant le
haut de gamme, les bières de spé-
cialité et aussi les bières artisanales,
les grands trublions du secteur,
plus typées et plus fortement consommatrices de malt en général.
Un atout d’avenir pour les malteurs.
Aux Etats-Unis, les brasseries artisanales étaient plus de 5.000 fin
2016, selon l’Association des brasseurs.
Progression des sans-alcool
Autre segment en fort progrès, la
bière sans alcool, qui devrait représenter 20 % des ventes de ABInBev à
horizon 2025, selon le groupe. Le
géant belgo-brésilien pèse plus du
quart des volumes produits dans le
monde (27 %) depuis le rachat du
numéro deux SABMiller, devant
Heineken, numéro deux, avec 11 %.
Ce sont ces différentes bières qui
concentrent les meilleures marges.
ABInBev a été le plus actif dans
l’acquisition de bières artisanales,
avant le rachat de SABMIiller, souligne Euromonitor. Heineken a, pour
sa part, renforcé son portefeuille en
2017 en s’offrant les 50 % qu’il n’avait
pas encore dans les bières « craft »
Les chiffres clefs
622
MILLIARDS D’EUROS
Le marché mondial de la
bière, en valeur, en 2017.
–3%
PAR AN
Le recul du marché chinois
– selon Eibens Consulting –,
qui reste néanmoins le plus
important du monde.
Lagunitas aux Etats-Unis. Dans le
même esprit, Carlsberg a mis la
main sur le britannique Fields
Brewery. Ou encore Molson Coors
et Constellation. Autant d’initiatives pour compenser la baisse des
volumes mondiaux par une montée en gamme. n
Le français Malteurop à la conquête de l’Asie
Shutterstock
SNCF : les
syndicats
dénoncent les
propos de Pepy
BOISSONS
Le géant mondial du malt
cherche à profiter de l’essor
de la consommation de
bières dans le Sud-Est
asiatique. Il entend générer
50 % des revenus à l’étranger à l’horizon 2025.
hausse du PIB et l’urbanisation de
ces pays », explique Olivier Parent,
directeur général de Malteurop.
Les pays les plus dynamiques
sont le Vietnam, les Philippines, le
Laos, le Cambodge, la Corée ou la
Thaïlande.
Geelong, entre Bells Beach, le paradis des surfers, où la Rip Curl a été
créée, et Melbourne, la capitale culturelle. C’est le plus grand port en
eau profonde de l’Australie. Un
point de départ stratégique vers
l’Asie du Sud-Est. C’est là que le français Malteurop, le grand rival de
Soufflet, a choisi d’investir pour
doper ses capacités de production
dans la région. « Nous ne pouvions
plus satisfaire la demande de nos
clients brasseurs, compte tenu de la
croissance du marché dans le Sud-Est
asiatique », explique Alain Le Floch,
directeur général de Vivescia, le
groupe coopératif, dont Malteurop
est filiale.
De fait, la région est devenue une
zone prioritaire pour les grands
acteurs de la bière, comme AB
InBev. « La consommation y augmente régulièrement de 2 à 3 %. Et
cela va continuer pendant plusieurs
années. L’évolution va de pair avec la
De 10 à 15 % de part
de marché en 2022
Pour répondre aux attentes des
brasseurs, le malteur français a
donc dépensé 65 millions d’euros
dans l’extension de ses installations
sur le port de Geelong. Le chantier a
duré deux ans afin de passer d’une
capacité de 80.000 tonnes à
200.000 tonnes par an. « On peut
encore s’agrandir de 120.000 tonnes », précise Alain Le Floch. Un
investissement financé sur les fonds
propres de Vivescia Industries, qui
regroupe une activité de boulangerie industrielle et Malteurop.
Vivescia Industries entend porter
son ratio Ebitda sur chiffre d’affaires de 7,4 à 10 % d’ici à 2025, grâce à
l’internationalisation des activités.
L’objectif est de générer 50 % des
r e v e n u s à l ’é t r a n g e r à c e t t e
échéance, contre 31 % aujourd’hui.
Tout en passant d’un chiffre d’affaires de 2,3 à 4 milliards d’euros.
« D’ici à cinq ans, Malteurop aura
porté sa part de marché de 10 à 15 %
du malt mondial », affirme Olivier
Parent.
Pourquoi l’Australie est-elle une
tête de pont idéale pour servir vers
l’Asie ? En raison de sa situation géographique et de ses liens historiques
avec la Chine. Dès 1850 au moment
de la ruée vers l’or, de nombreux
Chinois ont émigré en Australie. Ils
comptent pour 5,6 % de la population de cet immense territoire
grand comme 14 fois la France.
L’Australie est une tête
de pont idéale pour
servir vers l’Asie, en
raison de sa situation
géographique et de
ses liens historiques
avec la Chine.
Le pays est aussi un des trois
grands bassins de production
d’orge, « l’âme de la bière », avec
l’Europe et l’Amérique du Nord.
Tous les pays n’ont pas la terre, le climat ou le savoir-faire requis. « C’est
un métier très particulier, où l’on
porte une attention extrême au grain
afin de lui conserver les qualités qui
permettront d’en faire du malt », dit
Trevor Perryman, directeur général
de Malteurop Nouvelle-Zélande,
Australie.
En Chine depuis vingt ans
La Chine ne fait pas partie de ce plan
de développement, bien que Malteurop y soit implanté depuis vingt
ans avec une malterie de
100.000 tonnes créée pour suivre le
brasseur philippin San Miguel.
« C’est un marché compliqué, où nous
avons choisi d’opérer sur des segments très précis », explique Alain Le
Floch. « Nous y faisons du malt de blé,
du bio, du tourbé, des malts spéciaux,
des malts torréfiés… » Des niches à
forte valeur ajoutée qui évitent de se
mesurer à des géants locaux,
comme Cofco ou Super Thaï. Mais
qui lui permettent de livrer Tsingtao
et Snow.
M.-J. C., à Geelong
À NOTER
Dans le monde, 85 % du malt
est fait à partir d’orge, le blé
et le maïs fournissant les 15 %
restants.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
L’Arc de Triomphe fait son retour
dans un Longchamp new-look
l Après deux ans de délocalisation à Chantilly, la célèbre course hippique, considérée comme le championnat
du monde des pur-sang, retrouve l’hippodrome parisien après sa rénovation.
l Ce retour intervient au moment où la nouvelle direction du PMU doit relancer le pari hippique en France.
La 97e édition du Prix de l’Arc de
Triomphe, qui se courra ce dimanche, aura une saveur toute particulière. La célèbre course hippique,
considérée comme le championnat
du monde des pur-sang, retrouvera, après deux ans de délocalisation à Chantilly (Oise), l’hippodrome de ParisLongchamp,
rouvert fin avril à l’ouest de la capitale après une importante rénovation.
La modernisation de ce vénérable équipement – inauguré en 1857 –
a coûté 140 millions d’euros à son
propriétaire, France Galop, la
société mère des courses de galop
en France. L’opération n’a pas manqué de critiques, et notamment de
la part de la Cour des comptes, à
l’heure où la filière hippique fait
face à une situation difficile, du fait
du déclin des prises de paris en
France ces dernières années. Le
renversement de tendance, constaté en 2017, ne s’est d’ailleurs pas
confirmé cette année pour diverses
raisons, dont l’incidence négative
de la Coupe du monde de football.
Vitrine de prestige
De son côté, France Galop a justifié
son « nouveau Longchamp » par
un surcroît espéré de fréquentation
et de recettes, d’autant que l’institution a misé sur l’émergence d’un
véritable lieu de divertissement,
d’où l’appel pour ce faire à la société
spécialisée Noctis. En outre, elle
parie sur le développement d’une
activité de séminaires. A ce stade, le
nombre d’entrées pour les jours de
courses s’élève, selon l’organisation,
à environ 100.000 en cumul depuis
la réouverture, le 8 avril dernier.
Plus de 70.000 personnes sont par
ailleurs comptabilisées au titre des
événements hors courses. Les festivals Solidays et Lollapalooza en ont
attiré en outre plus de 200.000 en
juin et juillet.
Si France Galop a désormais sa
vitrine de prestige et son lieu de vie,
la problématique de la relance du
pari hippique en France, au cœur de
la stratégie du nouveau directeur
général du PMU, Cyril Linette – son
plan doit être dévoilé prochainement –, n’en reste pas moins posée.
Chez l’opérateur de paris hippiques,
on reconnaît d’ailleurs que le Prix
de l’Arc de Triomphe n’échappe pas
non plus à la morosité ambiante,
quand bien même le partenariat
noué en 2007 par France Galop avec
le Qatar a rehaussé le prestige de
l’épreuve avec une dotation globale
Evénement planétaire
Le caractère planétaire de l’événement n’en fait pas moins un rendezvous exceptionnel pour le PMU
avec un total d’enjeux à l’international de 31 millions en 2017. De fait,
des paris sont pris pour une cinquantaine de pays étrangers. Le
Japon, où l’Arc de Triomphe fait
l’objet de paris pour la troisième
année d’affilée, est un marché crucial pour l’opérateur contrôlé par
les sociétés de courses. A Hong
Kong, où l’hippisme suscite un fort
engouement, cinq courses de la réunion de ce dimanche seront sujettes
à des paris, dont l’Arc bien entendu.
S’agissant des partants, 19 chevaux
sont annoncés dont 9 étrangers.
Figurent parmi les favoris Enable,
vainqueur en 2017, Sea of Class, et
Waldgeist, présenté comme la
meilleure chance française. n
Ludovic/REA
Christophe Palierse
@cpalierse
de la course record, portée à 5 millions d’euros depuis 2014. Ainsi, le
total des enjeux enregistrés par le
PMU en France pour la course s’élevait à 15,6 millions l’an dernier, soit
3 millions de moins qu’en 2013.
La modernisation du célèbre hippodrome – inauguré en 1857 – aura coûté 140 millions d’euros.
Comment l’hippodrome est devenu un lieu tendance
France Galop a développé
les événementiels d’entreprise grâce à ses nouveaux
espaces. L’objectif est
d’atteindre les 2 millions
d’euros de chiffre d’affaires
annuel dans cette activité.
Martine Robert
@martiRD
A l’approche du Qatar Prix de l’Arc
de Triomphe ce dimanche, c’est
l’effervescence sur l’hippodrome
ParisLongchamp, son nouveau
nom. France Galop compte bien
profiter des nouvelles installations,
inaugurées en avril dernier, pour
briller auprès des 4.000 VIP conviés
à un déjeuner orchestré par le
groupe Potel et Chabot lors de la
plus prestigieuse course de galop
du monde.
« En rénovant l’hippodrome, nous
avons eu la volonté de l’ouvrir toute
l’année, et pas seulement pendant les
courses : des activités familiales le
week-end aux soirées festives pour
jeunes urbains en semaine, en passant par la clientèle B to B », explique
Fabrice Favetto Bon, directeur marketing de France Galop. Et de préciser que « de mi-mai à mi-juillet,
25.000 personnes ont participé aux
animations du jeudi soir orchestrées
par le groupe Noctis. De même, 2.500
invités ont été reçus par plusieurs
dizaines d’entreprises séduites par
les formats proposés dans des espaces privatifs ou semi-privatifs ».
Une cinquantaine
d’événements
Ces équipements ont permis à l’écosystème France Galop de se mobiliser : courtiers, agents commerciaux, personnel de la maison de
vente Arqana, propriétaires… « Le
club Proscenium réunit 250 entreprises de taille intermédiaire, nous
avons pu recevoir 70 patrons lors
d’une opération conjointe menée
avec Arqana pour leur faire découvrir le monde des courses et ses coulisses », se félicite Fabrice Favetto
Bon. Entre mi-mai et mi-juillet,
25 opérations de ce type ont été
organisées.
En dehors des compétitions hippiques, France Galop s’appuie sur
Noctis pour animer le site. Ainsi LG,
Cisco, et dernièrement Dior pour
son défilé de la Fashion Week, ont
choisi ParisLongchamp. « Jusqu’à
mi-juillet, nous avons reçu une cinquantaine d’événements de 50 à
2.000 personnes. Nous parviendrons, en rythme de croisière, à une
centaine d’événements par an, en
dehors des courses », estime le directeur marketing.
Le restaurant éphémère est le
plus grand « food garden » de Paris.
Après avoir servi 60.000 convives
sur 30 dates l’été dernier, il rouvrira
en mai prochain et jusqu’à fin sep-
tembre. Séduit par le concept, un
site d’e-commerce a privatisé ses
800 couverts en plein air pour une
convention interne réunissant une
population de jeunes collaborateurs, autour de barbecues.
Le restaurant
éphémère est le plus
grand « food garden »
de Paris.
Pierre Costabadie
HIPPISME
Les nouveaux espaces sont plébiscités par les entreprises pour organiser leurs événements.
« Nos débuts, très encourageants,
ont montré notre capacité à faire
vivre Longchamp en dehors des
300.000 personnes qui viennent
toute l’année pour les courses »,
résume Fabrice Favetto B on.
L’objectif est de faire grimper le chiffre d’affaires des hospitalités de
1,2 million d’euros à 2 millions.
France Galop gère désormais en
direct et non plus via des agences, la
clientèle des entreprises, et souhaite élargir celle-ci à l’international à l’occasion du Qatar Prix de
l’Arc de Triomphe, dont de 25 % à
30 % des 50.000 spectateurs sont
anglo-saxons.
À NOTER
Casino Restauration devrait
servir 10.000 repas grand
public pendant la compétition.
Les modalités de la privatisation de la FDJ se précisent
JEUX
L’Assemblée a adopté
en première lecture
l’article de la loi Pacte
sur la FDJ.
Le projet de privatisation de la Française des Jeux (FDJ) a passé un nouveau cap jeudi. L’Assemblée nationale a adopté en première lecture
l’article 51 de la loi Pacte relative « à
la croissance et la transformation des
entreprises », lequel porte précisément sur l’opération. A l’issue de ce
premier débat parlementaire, qui a
balayé de nombreux sujets de fond
– monopole public, recettes budgétaires, politique des jeux, régulation… – les contours de cette privatisation se précisent et des zones
d’ombre demeurent.
Bruno Le Maire, le ministre de
l’Economie et des Finances, a ainsi
assuré que l’Etat, qui détient
aujourd’hui 72 % du capital de l’opérateur public de jeux de loterie et de
paris sportifs, conservera une part
« d’au moins 20 % ». Si ce chiffre est
conforme à la part évoquée ces derniers mois – on parlait de 20 à
25 % –, d’aucuns s’interrogeaient
récemment sur l’éventualité d’un
désengagement plus conséquent.
Par ailleurs, le ministre a con-
firmé la création d’une nouvelle
autorité de régulation indépendante du secteur des jeux d’argent
mais ses contours, à ce stade, sont
loin des espérances des députés et
en deçà des promesses gouvernementales. Alors que les groupes
parlementaires ont, à nouveau,
plaidé pour une autorité unique sur
la base d’une autorité de régulation
des jeux en ligne (Arjel) renforcée,
une préconisation de la Cour des
Comptes et un souhait partagé par
les opérateurs de jeux en ligne et les
exploitants de casinos, Bruno Le
Maire a indiqué que la nouvelle
autorité ne supervisera pas le secteur des casinos, qui nécessite tou-
jours, à ses yeux, « le contrôle étroit
du ministère de l’Intérieur ». Il a
argué de risques de blanchiment
« plus importants », tout en rappelant la différence entre le taux de
retour aux joueurs (TRJ) moyen
– soit le ratio de mises qui revient
aux joueurs – de la FDJ, de l’ordre de
67 % en 2017, et le TRJ d’une
machine à sous, soit 95 %.
Si les amendements déposés en
faveur de cette autorité unique ont
été rejetés, les arguments du ministre n’ont pas convaincu au-delà de la
majorité. D’autant que certains jeux
en ligne de la FDJ ont été pointés du
doigt par des députés, de gauche
comme de droite, car relevant, esti-
ment-ils, de machines à sous en
ligne. C’est pourquoi, des amendements avaient été déposés, de facto
en vain, pour substituer au mot
« loterie » ceux de « grattage et
tirage », considérés comme plus
précis. Pour sa part, la FDJ défend
« des jeux pleinement de loterie avec
des TRJ modérés de 70 % environ ».
Hypocrisie
Au-delà des députés critiques, ce
point a été relevé à l’issue de l’examen de cet article 51 de la loi Pacte
par l’association d’opérateur de
jeux en ligne AFJEL. Interrogé par
« Les Echos », son président,
Emmanuel de Rohan Chabot,
directeur général et fondateur du
groupe ZEturf, a dénoncé « l’hypocrisie » de Bruno Lemaire, tout en
considérant qu’« on reste plus que
jamais dans le conflit d’intérêts avec
un Etat actionnaire, un Etat régulateur et un Etat percepteur ». A ce
titre, ce dernier n’a pas exclu des
contentieux auprès de la Cour de
justice européenne.
Enfin, la polémique est d’autant
plus vive que le gouvernement
compte détailler son projet par
ordonnance et décrets inhérents.
Entre-temps, c’est-à-dire début
2019, le dossier FDJ sera passé par le
Sénat, où le débat pourrait repartir
de plus belle. — C. P.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
Le jeu des alliances se met en
place dans la voiture autonome
Mégots :
les cigarettiers
mis en demeure
TABAC
La perspective d’une
éco-contribution
pour financer
la collecte et
le recyclage des
mégots se précise.
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
et Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Cela ressemble à une réunion
de la dernière chance. Pour
échapper à une taxe sur les
mégots, Brune Poirson, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique, rassemble ce vendredi les
représentants des grands groupes de l’industrie du tabac afin
d’entendre leurs propositions
précises d’engagement pour
lutter contre la pollution par les
mégots. Le gouvernement
pourrait mettre à exécution sa
menace de créer une éco contribution pour financer leur
collecte et leur recyclage.
d’une filière à responsabilité
élargie des producteurs (REP)
dans le cadre de la future loi économie circulaire en 2019.
Chaque année, 20.000 à
25.000 tonnes de mégots sont
jetés dans la nature et dans la
rue. Cette situation pose un réel
problème environnemental et
sanitaire (les filtres contiennent
des substances chimiques parfois toxiques) aux villes, en
même temps qu’il pèse sur leurs
ressources. La facture se chiffre
à 55 millions d’euros sur le
Grand Lyon, qui la répercute au
contribuable local. Certaines
municipalités mettent à
l’amende les fumeurs indélicats, comme à Paris, où le jet de
mégot est verbalisé 68 euros.
Les industriels surpris
Mais pour Brune Poirson, pas
plus que les consommateurs, les
producteurs ne peuvent se dérober à leur responsabilité. Une
position dont les industriels du
tabac se sont dits « extrêmement
surpris » jeudi. « Nous prenons
ce sujet très au sérieux. Nous
avons beaucoup travaillé pour
l Toyota s’associe avec SoftBank, tandis qu’Honda investit dans la filiale
dédiée de General Motors.
l Tour d’horizon des alliances entre constructeurs.
AUTOMOBILE
Bertrand Guay/AFP
Anne Feitz
@afeitz
Brune Poirson, la secrétaire d’Etat à la Transition écologique,
rassemble ce vendredi les représentants des grands groupes
de l’industrie du tabac afin d’entendre leurs propositions.
Simple éventualité, évoquée
en mai dernier, lors de la présentation par le Premier ministre,
Edouard Philippe, de la « feuille
de route économie circulaire »
(FREC), ce scénario est devenu,
depuis jeudi, une forte probabilité. Les mesures préconisées
par l’industrie du tabac et
transmises à la secrétaire d’Etat
« manquent d’ambition »,
vient-elle de faire savoir, plus de
trois mois après avoir réuni ses
représentants. « Seuls les
fumeurs et leurs incivilités sont
pointés du doigt. Cela ne suffit
pas », poursuit-elle dans un
communiqué.
Les producteurs
s’exposent
à une application
du principe
« pollueur-payeur ».
A moins d’obtenir « de réels
engagements chiffrés » ce vendredi, les cigarettiers s’exposent
à une application en bonne et
due forme du principe « pollueur-payeur » via la création
formuler des propositions. Les
propos du ministre ne reflètent
pas les échanges que nous avons
eus », a indiqué aux « Echos »
le porte-parole de Philip Morris
(Marlboro). Les cigarettiers se
disent « d’accord pour prendre
leur part de responsabilité » et
déclarent « être prêts à financer
leurs propositions. Tout cela,
bien entendu, doit être budgété.
Encore faut-il savoir lesquelles le
gouvernement retient », a ajouté
le représentant de Philip Morris.
Les cigarettiers sont prêts à
« financer une étude sur les
comportements d’incivilité », des
campagnes de sensibilisation
aux gestes écoresponsables,
la distribution de cendriers de
poche dans les stations de ski ou
sur les plages, un guide des bonnes pratiques à destination des
collectivités locales... Ils suggèrent aussi d’apposer des messages de sensibilisation sur les
paquets et de renforcer l’application des sanctions envers les
fumeurs qui jettent leur mégot
n’importe où. Mais instituer une
collecte dédiée aux mégots n’est
« pas réaliste », ces déchets ne
représentant, selon eux, qu’un
faible tonnage. n
LES ECHOS
n ForMation
Fonctionnement économique de l’hôpital
vous êtes un fournisseur de l’hôpital, un
partenaire, un investisseur, une collectivité : faites
le point sur l’organisation et le financement de
l’hôpital en france. assurance maladie, ars,
tutelles : qui fait quoi ? au cœur des réformes
organisationnelles et financières du système de
santé, l’hôpital doit redéfinir ses priorités.
Rendez-vous le 8 novembre 2018 à Paris
En savoir plus sur www.lesechos-formation.fr/hopital.htm
Un service proposé par Les Echos Solutions
Qui gagnera la course à la voiture
autonome ? Les constructeurs
automobiles multiplient en tout cas
les alliances, pour se donner les
meilleures chances d’atteindre un
jour la ligne d’arrivée. Jeudi, Toyota
a dévoilé la création d’une société
commune avec SoftBank pour
développer son « e-palette », sorte
de wagon capable d’effectuer des
livraisons sans chauffeur. La veille,
c’est Honda qui annonçait avoir
investi 2,75 milliards de dollars
(2,5 milliards d’euros) dans Cruise,
la filiale de General Motors dédiée
au véhicule autonome. « Les partenariats forts seront clefs pour
réduire les coûts initiaux », insistent
les analystes d’UBS, dans une note
consacrée au sujet, en date du 8 mai.
Des sommes colossales
Les constructeurs automobiles ne
peuvent pas être absents de la compétition. Même si la voiture sans
chauffeur partout, et dans toutes les
circonstances, n’est pas vraiment
pour demain, ils devront maîtriser
le sujet assez vite. Car la conduite
autonome pourrait se banaliser
d’ici deux ou trois ans dans certains
environnements adaptés, comme
les autoroutes.
« Or, elle nécessite un savoir-faire
dans des domaines techniques que
les constructeurs ne maîtrisent pas
du tout : le logiciel, la fusion et l’analyse des données, le traitement
vidéo, etc. explique Sébastien Amichi, directeur exécutif d’Accenture
Strategy. Ils ont donc quasiment tous
intégré des écosystèmes qui leur permettent d’accéder à ces technologies,
comprenant aussi des acteurs
comme les villes, concernées par leur
utilisation pour leurs systèmes de
transport. »
Rester dans la course nécessite
des sommes colossales : rien que
cette année, AlixPartners estime à
56 milliards de dollars les investissements engagés sur le sujet. Il s’agit
notamment de multiplier les essais,
en conditions réelles mais aussi sur
simulateur, afin d’acquérir une
expérience suffisante pour réduire
le risque d’accident. Un domaine
dans lequel Waymo, la filiale dédiée
d’Alphabet (Google) a pris, selon
tous les experts, une avance considérable.
Une plate-forme avec Intel
et Mobileye
« Nous ne voulons pas être les premiers, nous voulons surtout que
notre technologie soit la plus sûre », a
insisté Didier Leroy, numéro deux
de Toyota, au Mondial de l’Auto à
Paris. Déjà associé en consortium à
NTT DoCoMo, Ericsson et Intel, le
géant japonais avait annoncé fin
août un investissement de 500 millions de dollars dans le capital
d’Uber, deux mois et demi après
avoir injecté 1 milliard de dollars
dans celui de Grab, concurrent
d’Uber en Asie du Sud-Est.
Considéré comme le plus avancé
dans le domaine avec sa filiale
Cruise, rachetée en mars 2016 pour
1 milliard de dollars, General
Motors continue d’accueillir les
partenaires et leurs milliards à bras
o u vert s : o u t re Ho nda et s es
2,75 milliards, le constructeur américain avait déjà annoncé en juin
l’entrée de SoftBank au tour de table
de Cruise, pour 2,25 milliards de
dollars. Ford s’est de son côté allié à
Lyft, un autre concurrent d’Uber
outre-Atlantique (dont GM est
aussi actionnaire).
Chez les européens, Daimler s’est
associé à Bosch, tandis que BMW a
créé en 2016 une plate-forme avec
Intel et Mobileye. Celle-ci a, depuis,
accueilli Fiat Chrysler ainsi que les
équipementiers Continental et Delphi, et espère que d’autres la rejoindront. En France, les constructeurs
n’ont pas conclu de partenariats
avec des acteurs emblématiques de
la high-tech. S’appuyant aussi sur
l’Alliance qu’il forme avec Nissan et
Mitsubishi, Renault travaille avec le
CEA ou le CNRS, et mène notamment des tests à Rouen en coopération avec Transdev, tandis que PSA
a choisi de s’allier avec des start-up,
comme nuTonomy.
À NOTER
Les députés français ont assoupli le 2 octobre le cadre législatif des tests sur route ouverte,
au sein de la loi Pacte.
(
Lire l’éditorial
de David Barroux
Page 10
Toyota et SoftBank s’allient dans la mobilité du futur
Les deux géants japonais,
en retard sur leurs concurrents chinois et américains,
lancent la société Monet
pour développer au Japon
de nouveaux services.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Il y a six mois, des jeunes cadres de
Toyota et de SoftBank ont commencé à se retrouver régulièrement, à Tokyo, pour évoquer les
initiatives des géants de la tech américaine et chinoise sur les véhicules
autonomes ou le covoiturage. Dressant un état des lieux de l’offre japonaise et du cadre réglementaire, ils
ont pris conscience de leur grand
retard dans cette révolution.
Convaincus de pouvoir rattraper
la concurrence, le plus grand constructeur du pays et le plus audacieux des acteurs locaux des télécoms ont annoncé, qu’ils allaient
s’allier au sein d’une nouvelle coentreprise, afin d’inventer une nouvelle génération de services. « Nous
pouvons les rattraper », a lancé Junichi Miyakawa, le CTO de SoftBank.
« C’est vrai que cela peut ressembler à
un rapprochement un peu inhabituel. Mais le Japon doit être en compétition avec le reste du monde. »
Anticiper le vieillissement
de la population
Dans les prochains mois, des
ingénieurs et des experts des deux
sociétés vont se retrouver au sein
de la nouvelle entité, baptisée
« Monet » pour « Mobility Network », dont le capital, d’abord
établi à 2 milliards de yens, sera
détenu à 50,25 % par SoftBank et
à 49,75 % par Toyota Motor.
Dans les premières années,
Monet va se concentrer sur le marché japonais et les nouveaux services liés au vieillissement de la population et à la désertification rurale.
« Aujourd’hui, un Japonais sur quatre a plus de 65 ans », a rappelé Junichi Miyakawa. « Et 8,2 millions
d’entre eux n’ont plus qu’un accès
limité à des commerces », a pointé le
cadre de Softbank, qui a aussi souligné le nombre croissant de districts
ne disposant plus d’hôpitaux. Les
villes ont bien essayé de répondre à
ce problème en proposant plus de
navettes ou de cars. « Mais 83 % de
ces opérateurs de bus sont désormais
non profitables », a dit le dirigeant.
SoftBank et Toyota se proposent
donc d’utiliser la navette autonome
et électrique « e-palette », dévoilée début 2018 par le constructeur,
et les services d’intelligence artificielle déployés sur les réseaux par le
groupe de télécoms pour offrir, au
début de la prochaine décennie,
des alternatives aux municipalités
et aux populations âgées les plus
isolées. Au total, une centaine de
villages devraient être sélectionnés
pour ces expériences.
Dans certaines zones, des « e-palettes » seront aménagées en petits
magasins mobiles pouvant être
appelés par les habitants incapables
« Cela peut
ressembler à un
rapprochement un
peu inhabituel. Mais
le Japon doit être en
compétition avec le
reste du monde. »
JUNICHI MIYAKAWA
CTO de SoftBank
de se déplacer. Les véhicules pourront aussi venir chercher des personnes âgées ayant besoin de se rendre dans un hôpital. Les premiers
contrôles de santé seront effectués
directement dans l’engin, qui sera
équipé de capteurs dédiés. Ailleurs,
les « e-palettes » serviront de véhicules de livraison autonomes.
Accentuer le lobbying
Les deux groupes, qui ne travaillaient pas directement ensemble jusqu’ici, estiment que les partenariats qu’ils ont construits,
chacun de leur côté, dans la gestion
des Big Data, l’imagerie satellite ou
la conduite sans chauffeur, vont
leur permettre de concrétiser rapidement ces projets.
Ils ont noté qu’ils allaient devoir
aussi accentuer leur lobbying
pour convaincre les autorités japonaises de définir rapidement un
cadre réglementaire favorable à
cette révolution. « Les voitures vont
être prêtes, mais peut-être pas la
société », a dit Junichi Miyakawa.
Avant de rappeler que le gouvernement n’autorisait toujours pas
les tests de véhicules autonomes,
sans chauffeur humain, sur des
routes ouvertes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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22 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
Le grand bazar
des logements étudiants
l Le gouvernement a lancé un plan de construction de 60.000 logements.
l Il a aussi créé un observatoire pour savoir où il faut les bâtir.
IMMOBILIER
Catherine Sabbah
@csabbah
60.000 logements pour étudiants
d’ici à 2022, et 20.000 de plus pour
les jeunes actifs. Le plan de construction de ces logements sociaux est
lancé, le comité de pilotage installé…
Reste à savoir pour fabriquer quoi et
où. Si le gouvernement a aussi
annoncé la naissance d’un observatoire – opérationnel au mieux en
mars 2019 –, c’est qu’il manque
cruellement de données sur un sujet
que personne ne veut vraiment
prendre en charge. La Fédération
des agences d’urbanisme a aussi
soutenu l’installation d’une trentaine d’observatoires régionaux
pour tenter d’y voir plus clair.
« Les universités s’y mettent et certaines dédient une personne pour
aider les étudiants, notamment étrangers, à trouver un toit. La Fondation
Paris Dauphine a même construit un
immeuble… ça bouge, mais un certain
nombre considèrent encore que le
logement ne fait pas partie de leur
mission », explique-t-on à la Conférence des présidents des universités.
Et toutes ne sont pas non plus très
promptes à céder leurs terrains. Plus
d’une centaine d’opérateurs privés
construisent aussi des résidences
avec services dédiés aux étudiants, là
où ils trouvent des terrains, sans
aucun plan d’aménagement à
l’échelle nationale ou régionale.
S eul le Centre national des
œuvres universitaires (Cnous) a fait
un recensement précis : il propose
175.000 places pour… 700.000 étudiants boursiers. Dans ces résiden-
ces, dont 4.500 chambres doivent
encore être rénovées, « on passe de
9 mètres carrés à des studios un peu
plus grands, on gagne de l’espace,
mais on perd des places… », explique
Thierry Bégué, le conseiller hébergement de la présidente du Cnous.
Où vont les autres, les quelque 2 millions qui n’ont pas droit à ces chambres aux loyers à moins de
300 euros ? Dans le parc HLM, dans
les résidences privées qui en
accueillent environ 120.000 pour
des loyers de 450 à 650 euros selon
les villes, et là où ils trouvent… en
colocation ou dans des studios loués
encore plus cher.
Le constat du manque de logements est pourtant patent depuis
trente ans. Les plans se succèdent
d’un quinquennat à l’autre. Il a fallu
cinq ans pour construire
40.000 chambres et studios sous le
précédent, mais c’est loin de suffire
pour répondre au baby-boom qui a
fait bondir le nombre d’étudiants
de 135.000 à la rentrée 2018. Au
point que certains doivent parfois
renoncer ou changer d’orientation
faute de trouver où vivre… « Sur les
60.000 prévus, nous en construirons
35.000, poursuit le conseiller du
Cnous, et 20.000 sur des terrains déjà
maîtrisés par l’Etat ou des collectivités. Les autres sont plus problématiques compte tenu des prix du foncier
à proximité des centres, des transports et des commerces, c’est-à-dire là
où les étudiants veulent habiter ».
Nouveautés de la loi Elan
Tous ne suivent plus des cursus
réguliers, certains alternent avec des
stages, des séjours à l’étranger…
autant de situations plus forcément
adaptées au fonctionnement des
IMMOBILIER
Le promoteur
nantais Réalités
change de braquet
pour implanter ses
résidences seniors
partout en France.
Olivia Bassi
— Correspondante à Nantes
colocation dans le logement social et
la garantie Visale ouverte à tous les
étudiants de moins de 30 ans rassurante pour les propriétaires.
« Les villes se sont enfin saisies du
sujet, elles y voient une évidente question d’attractivité, les étudiants sont
un potentiel de dynamisme qu’elles
veulent faire venir et garder », explique Zoé Chaloin, chargée de mission
universités et territoires à la FNAU.
Les universités aussi, car les conditions d’accueil sont prises en compte
dans certains classements internationaux. « Nous avons à cœur de mettre en cohérence les nombreux acteurs
qui travaillent dans ce secteur »,
reconnaissent pudiquement les
conseillers du ministère. n
Il a fallu cinq ans pour
construire
40.000 chambres et
studios sous le
précédent
quinquénnat.
résidences classiques. Le bail mobilité de moins de dix mois pourrait
répondre à cette nouvelle demande.
Il sera utilisable, dans le parc privé,
dès la promulgation de la loi Elan
d’ici à quelques semaines. Le ministère de la Cohésion des territoires
insiste aussi sur la facilitation de la
ouvrent sur de vraies terrasses. Et
les étudiants disposent de
800 mètres carrés accessibles à
tous, au lieu des 80 prévus par le
programme.
Une barre de béton… La résidence
Jourdan Chris Marker, déployée sur
100 mètres et 8 étages le long du
b o u l e v a r d Jo u r d a n , d a n s l e
14 e arrondissement de Paris,
répond bien à cette appellation. Son
architecte, Eric Lapierre, assume
même parfaitement cette image en
référence à d’illustres architectes et
au mouvement moderne… modernisé. « Le programme prévoyait
365 logements, cela prend de la place,
mais malgré sa taille, cet immeuble
est plus accueillant qu’imposant. J’ai
préféré sortir du plan classique des
chambres carrées de 18 mètres carrés
pour multiplier par dix les surfaces
communes dont les étudiants pourront profiter », explique-t-il. Les
logements en mesurent finalement 20. Perpendiculaires au bâtiment, ils sont plutôt étroits, mais
éclairés sur toute leur hauteur par
des baies vitrées dont certaines
Un bâtiment ludique
Ces salles en double hauteur, disposées à chaque étage communiquent
toutes entre elles et dessinent une
diagonale longée par un petit funiculaire le long de la façade vitrée et
habillée de grands stores rouges. Des
espaces qui pourront aussi accueillir
les étudiants de géographie et d’économie de l’Ecole normale supérieure, juste en face. A l’arrière, une
succession de terrasses sont accessibles jour et nuit via une coursive et
des escaliers qui relient aussi tous les
étages. « Plutôt que d’aligner des logements de part et d’autre d’un couloir
aveugle et un peu carcéral, nous avons
intégré des fonctions qui n’étaient pas
demandées, une manière plus complexe mais plus ludique d’envisager la
circulation et la vie dans l’immeuble »,
poursuit Eric Lapierre.
Étudie-t-on mieux là où on est
mieux logé ? Ces réflexions très
Filipe Dujardin
Vers des résidences studieuses, joyeuses
et plus rentables
La résidence Chris Marker,
dans le 14e arrondissement
de Paris, inaugure une
nouvelle ère pour les
bâtiments du Crous.
250 millions
pour un réseau
de résidences
seniors
Il aura fallu onze ans,
entre le concours et la livraison,
pour mener à bien ce chantier.
poussées dans les nouveaux espaces
tertiaires sont aussi légitimes ici…
« Ces espaces communs sont essentiels et surtout leurs usages, constate
Thierry Bégué, le conseiller hébergement de la présidente du Cnous.
Construire des résidences, on sait
faire, maintenant c’est aux services
que nous devons penser, pourquoi pas
du co-working… ». Ou la location de
ces chambres à d’autres occupants,
pendant l’été, lorsque les étudiants
prennent le large.
Il aura fallu onze ans, entre le
concours et la livraison, pour
mener à bien ce chantier compliqué dont le montage avait été imaginé par Rémi Feredj, l’ancien
directeur immobilier de la RATP.
La résidence est érigée sur un terrain de la régie des transports, qui
a tenu à en garder l’usage. Les bus
qui l’occupaient se garent désormais en sous-sol, dans un centre
de maintenance et de remisage
flambant neuf, financé par la cession des droits à construire en surface. Il a fallu adapter la réglementation pour installer des
logements au-dessus d’une activité industrielle, mais le prix final
ne dépasse pas les 55.000 euros
par chambre que le Cnous
dépense habituellement pour ses
résidences.
— C. S.
intervention spéciale
axelle lemaire
Partner - Global Head
of Terra Numerata
Roland Berger
Lundi 8 octobre 2018
Spéciale keynote d’Axelle Lemaire
en clôture du Club Les Echos Digital
de Jean-Paul Agon et Lubomira Rochet.
Le promoteur nantais Réalités a
conclu, au terme de 6 mois de
négociation, une levée de fonds
de 250 millions d’euros auprès
du fonds d’investissement britannique InfraRed Capital Partners. De quoi lui donner les
moyens de financer une vingtaine de résidences services
pour les seniors dans l’Hexagone d’ici à 2023, au rythme de
quatre à six nouveaux établissements par an. Le britannique,
Heurus assure l’exploitation
des résidences avec du personnel présent 24 h/24 et 7 jours/7
pour l’accueil et la conciergerie.
Chaque établissement emploie
environ 25 équivalents temps
plein. La société vise dans cinq
ans un chiffre d’affaires de
45 millions d’euros, soit entre 2,2
et 2,3 millions par résidence. Si
le partenariat se poursuit audelà, c’est le double qui est visé
en 2030.
Service à la carte
Le résident s’acquitte d’un loyer
entre 1.700 et 2.000 euros par
mois selon la taille de son appartement, tarif comprenant
1 heure de ménage par semaine,
le petit-déjeuner et le goûter, les
animations et l’assistance administrative. En option, il peut
choisir de prendre ses repas au
restaurant ou de compléter ses
heures de ménage ou d’autres
services. Chaque résidence
Les futures résidences proposeront une centaine
d’appartements du T1 au T3. Photo Marta Nascimento/RÉA
spécialisé dans l’immobilier de
bureaux et les infrastructures
logistiques, y voit une source de
diversification sur un marché
pérenne et hors des cycles économiques.
Les futures résidences, propriété d’InfraRed, seront construites par Réalités sur le
modèle d’un concept rôdé
depuis 2014 à Nantes et à Trélazé, près d’Angers, par sa filiale
Heurus, dirigée par Karine
Bachelier. Il propose une centaine d’appartements du T1 au
T3 pour des personnes âgées
non dépendantes, avec environ
800 mètres carrés d’espaces de
vie partagés (restaurant, salon
d’activité et salons privatifs).
compte une infirmière pour
coordonner les soins nécessaires aux résidents. « Cela nous
permet d’accueillir dans nos résidences les mêmes soins que ceux
prodigués en hospitalisation à
domicile y compris pour accompagner la perte d’autonomie »,
indique Karine Bachelier.
Heurus vise un déploiement
national dans les agglomérations de plus de 40.000 habitants et notamment dans les
régions où l’offre d’hébergement des personnes âgées est
insuffisante. Les cinq premières
résidences verront le jour dans
l’Ouest à Loudéac, Brest, SaintLunaire, Noyal-Châtillon-surSeiche et Cherbourg. n
en bref
Métro du Grand Paris : un contrat
à 360 millions pour Siemens et Thales
FERROVIAIRE La Société du Grand Paris et Ile-de-France Mobilités
ont annoncé jeudi l’attribution d’un marché de quinze ans et 360 millions d’euros à un groupement piloté par Siemens, associé à Thales.
Siemens fournira le système permettant de piloter les trains du métro
du Grand Paris Express en mode automatique sans conducteur, Thales les deux postes de commande centralisés, installés à Champigny
et à Aulnay et assurant la gestion des ligne 15, 16 et 17 du futur métro.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
Boom du plastique
dans les pays émergents
Le Petit Poucet
Leo Pharma
s’attaque à Sanofi
PÉTROCHIMIE
PHARMACIE
La production pétrochimique mondiale
va augmenter de 30 %
d’ici à 2030, prévoit
l’Agence internationale
de l’énergie.
Le laboratoire
danois vient
concurrencer
Novartis, Sanofi
et Lilly dans la
dermatologie pour
les affections graves.
Les pays émergents
consomment encore
beaucoup moins
de plastique
et d’engrais que
les pays occidentaux.
Catherine Ducruet
@CDucruet
Bonne nouvelle pour les patients
souffrant de psoriasis sévère :
une nouvelle alternative thérapeutique arrive sur le marché
français. Le danois Leo Pharma
vient d’obtenir le feu vert pour
commercialiser le Kyntheum,
un médicament similaire au
Cosentyx de Novartis ou au Taltz
de Lilly, au prix de 998,86 euros
(26.000 euros par an).
Troisième produit de ce type,
il peut encore espérer capter une
part de ce marché de 5,5 milliards de dollars au plan mondial
en 2017, même si, en France, la
Haute Autorité de santé considère qu’il n’est pas meilleur que
ses concurrents.
De toute façon, le spécialiste
de la dermatologie a d’autres
cordes à son arc avec, en développement, une molécule contre l’eczéma, autre maladie de la
peau très handicapante dans ses
formes sévères. Sur ce marché
potentiel des traitements immunologiques de l’eczéma, estimé à
7,3 milliards de dollars en 2024,
le tralokinumab, actuellement
en essais de phase II, n’a pas
d’autre concurrent que le
Dupixent de Sanofi. Cela ne
s’arrête pas là. Le groupe de
1,4 milliard d’euros de chiffre
d’affaires travaille aussi au stade
préclinique sur une autre molécule contre cette maladie et
développe plusieurs produits
d’administration locale, dont le
delgocitinib en essais de phase II,
revendiquant ainsi un des plus
riches pipelines contre l’eczéma.
Vincent Collen
@VincentCollen
Plastiques, engrais, emballages,
détergents, pneus, vêtements… Les
produits issus de la pétrochimie
sont partout et ils devraient continuer à inonder la planète, en dépit
de leur impact de plus en plus
décrié sur l’environnement. La production pétrochimique mondiale
est appelée à croître de 30 % d’ici à
2030 et de près de 60 % d’ici à 2050,
estime l’Agence internationale de
l’énergie (AIE) dans un rapport
publié ce vendredi.
Au milieu du siècle, on atteindrait
ainsi 1 milliard de tonnes de production annuelle, un volume « du même
ordre de grandeur que celui du
ciment ou de l’acier ». Le plastique
représentera environ 60 % du total
de la production pétrochimique à
cet horizon. Le méthanol, utilisé
notamment pour améliorer l’efficacité des carburants, connaîtra, lui
aussi, une forte croissance.
Le potentiel de la pétrochimie est
encore « énorme » dans les pays
émergents, souligne l’AIE. La consommation de plastique en Afrique
atteint à peine 4 kg par an et par habitant, alors qu’elle dépasse 60, voire
80 kg dans les pays occidentaux.
Même constat pour les engrais. Les
pays riches en utilisent 85 kg par
habitant, contre de 12 à 60 kg seulement en Chine, en Inde ou en Afrique. Le rattrapage est en cours, et il
se traduit par une explosion de la
demande dans les pays en développement. La croissance dépasse déjà
10 % par an dans certains pays.
Une consommation
appelée à augmenter
Le secteur de la pétrochimie
devient un débouché de plus en
plus important pour les hydrocarbures. Il absorbe déjà 14 % de la production mondiale de pétrole et 8 %
de celle de gaz. C’est beaucoup
moins que les transports, mais sa
part dans la consommation de brut
est appelée à augmenter au fur et à
mesure que l’efficacité énergétique
du secteur automobile progresse et
que les véhicules électriques se
développent. D’ici à 2030, les
besoins de la pétrochimie assureront près de la moitié de la croissance de la demande de pétrole,
selon le rapport.
C’est pourquoi les compagnies
pétrolières et gazières, qu’elles
soient internationales comme
Total et ExxonMobil, ou nationales
comme Saudi Aramco, investissent
massivement dans de nouvelles
unités de production.
Mais l’impact environnemental
de ce secteur est de plus en plus critiqué par les associations de défense
de l’environnement. D’abord, les
émissions de CO2 dont il est responsable vont augmenter de 30 %
entre 2017 et 2050, prévoit l’AIE, et
cela malgré l’amélioration de l’efficacité énergétique de la pétrochimie.
Le secteur est aussi à l’origine d’une
pollution beaucoup plus visible, liée
aux déchets, à l’image du « continent de plastique » qui flotte au
milieu de l’océan Pacifique. Seul 9 %
du plastique produit depuis 1950 a
pu être recyclé et 12 % incinéré.
Si rien n’est fait et que le rythme
actuel est maintenu, la masse de
plastique accumulée dans les
océans ferait plus que doubler d’ici
à 2030, prévient l’Agence. Certains
pays comme la France ou le Royaume-Uni commencent à prendre des
mesures pour interdire les sacs en
plastique dans la grande distribution ou les objets à usage unique
comme les gobelets ou les pailles.
« Mais ces produits ne représentent
qu’une faible part du total », souligne Araceli Fernandez Pales, l’un
des auteurs du rapport.
Les plastiques sont aussi de plus
en plus utilisés dans les bâtiments,
l’automobile ou l’aéronautique. Et
dans ces applications, ils contribuent positivement à lutter contre
le réchauffement climatique en
améliorant l’isolation ou en réduisant le poids des véhicules. n
Les chiffres clefs
4
KILOGRAMMES
la consommation de plastique
par habitant en Afrique.
De
60 à 80
KILOGRAMMES
La consommation de plastique
par habitant dans les pays
occidentaux.
La fermeture de Fessenheim
dissociée du dossier de l’EPR
ÉNERGIE
Le ministre de la
Transition écologique
ne lie plus la fermeture
de Fessenheim
à la mise en service
de l’EPR Flamanville.
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Cela sonne comme un air de
défiance vis-à-vis d’EDF. Jeudi, le
ministre de la Transition écologique
et solidaire, François de Rugy, a
estimé que le calendrier de fermeture de la centrale de Fessenheim
(Haut-Rhin) n’était plus forcément
lié à celui du démarrage de l’EPR de
Flamanville (Manche). « Aujourd’hui,
on est obligé d’envisager de ne pas faire
les deux opérations en même temps,
car tout simplement nous n’avons pas
de date », a expliqué François de
Rugy sur franceinfo. « EDF n’est pas
capable de nous donner une date et
l’Autorité de sûreté du nucléaire non
plus », a-t-il insisté.
Mercredi, l’ASN a publié une note
d’information sévère sur le dossier
des soudures défectueuses détectées
sur le circuit secondaire de l’EPR de
Flamanville, jugeant qu’« un travail
important » restait « à faire », et que
des réparations lourdes n’étaient pas
exclues. Sollicité, EDF a toutefois
indiqué que son calendrier de mise
La mise à l’arrêt « probable » de Fessenheim a été annoncée
pour le dernier trimestre 2019. Photo Sébastien Bozon/AFP
en service de l’EPR de Flamanville
restait celui donné en juillet : un
chargement du combustible à la
fin 2019, pour une mise en service
courant 2020.
Echéances réglementaires
Si le remplaçant de Nicolas Hulot
est lui aussi historiquement hostile
au nucléaire, il y a aussi, dans ses
déclarations, la prise en compte des
échéances réglementaires de la centrale de Fessenheim. Les deux réacteurs, mis en service début 1978,
n’ont pas construit les diesels
d’ultime secours demandés par
l’Autorité de sûreté nucléaire après
l’accident nucléaire de Fukushima.
Ceux-ci devaient, en théorie, être
installés au plus tard à la fin 2018.
Par ailleurs, la dernière visite décennale du réacteur numéro 1 avait
démarré en octobre 2009. Or les
réacteurs doivent réaliser tous les
dix ans une « épreuve hydraulique »
pour tester la résistance de leurs
installations. Cela pourrait donc
constituer une date butoir. Le calendrier du deuxième réacteur est un
peu décalé.
Le 19 septembre, EDF a présenté
en comité central d’entreprise un
calendrier industriel actualisé de la
fermeture de Fessenheim. Selon
celui-ci, la date de mise à l’arrêt
« probable » des deux réacteurs est
fixée au dernier trimestre 2019.
Selon nos informations, la réduction
Avec 30 milliards de chiffre
d’affaires, la dermatologie est,
après la cancérologie, le
domaine promis à la plus forte
croissance d’ici à 2025 (de 6 à 11 %
par an, selon les analystes). C’est
assez logique puisque les nouveaux produits sont issus dans
les deux cas du progrès des connaissances en immunologie. En
dermatologie, ce sont en effet les
nouveaux produits d’immunologie (Dupixent, Cosentyx, Talz)
qui tirent les ventes, avec des prix
en dizaines de milliers d’euros
quand les traitements locaux ne
dépassent pas quelques centaines d’euros.
A terme, la situation pourrait
évoluer. « D’ici quinze ou vingt
ans, les trois quarts de la population ne seront pas blanches et
pour servir ces patients, la dermatologie a du pain sur la planche, car une maladie ne
s’exprime pas de la même façon
sur une peau noire ou asiatique
que sur une peau blanche »,
explique Kim Kjeller, le patron
de la R&D de Leo Pharma.
Veille technologique
Pour aller vite en la matière, Leo
Pharma a choisi d’organiser sa
R&D selon un modèle original.
Outre les partenariats classiques avec des équipes académiques ou des sociétés de biotech,
le laboratoire a créé Leo Pharma
Open Innovation, une structure
qui teste gratuitement pour des
partenaires publics ou privés le
potentiel de molécules dans les
maladies de la peau. « Un outil de
veille technologique extraordinaire », commente Kim Kjeller.
Enfin, Leo Pharma est convaincu que le digital peut répondre aux attentes des patients,
alors que le nombre de médecins ne croît pas aussi vite. Le
groupe a mis au point différentes applications dans cette optique. En particulier Imagine qui
permet, à partir de photos, de
diagnostiquer, surveiller et prédire l’évolution de maladies telle
que le psoriasis ou l’eczéma. n
AVIS FINANCIERS
des effectifs serait progressive, avec
une « organisation minimale de
312 emplois, à valider avec l’ASN »,
après la mise à l’arrêt définitif des
réacteurs et jusqu’à l’évacuation
complète du combustible, soit en
2022. A partir de 2024, il n’y aurait
plus qu’une soixantaine d’emplois
sur le site. A la fin de cette année,
l’effectif prévu à Fessenheim est de
700 salariés, et de 650 personnes à la
fin 2019. S elon EDF, quelque
850 salariés travaillent aujourd’hui à
la centrale, ainsi que 350 salariés
d’entreprises prestataires.
Le secrétaire d’Etat Sébastien
Lecornu s’est rendu jeudi en Alsace
pour le troisième comité de pilotage
pour l’avenir du territoire de Fessenheim. Il a annoncé le déblocage par
l’Etat de 10 millions d’euros dès janvier de l’an prochain pour favoriser
la reconversion économique du territoire. « Il s’agit d’un fonds d’amorçage pour financer les premières
actions du projet de territoire conçu
par les élus locaux », a-t-il expliqué à
Colmar.
À NOTER
Selon le baromètre annuel
de l’IRSN, 47,6 % des sondés
n’ont pas entendu parler
des « difficultés rencontrées
par EDF pour la finalisation
et la mise en service de l’EPR
de Flamanville ».
(
Lire »Crible »
Page 42
Chiffre d’affaires du 3ème trimestre 2018
et perspectives
Le chiffre d’affaires cumulé à fin septembre 2018 s’élève à 17,20 M€, en
progression de 8,6% (chiffre d’affaires 9 mois 2017 : 15,84 M€).
Malgré la crise sur les matières premières depuis 1 an, Parf’ex conserve
l’objectif de réaliser un chiffre d’affaires au-delà des 22 M€ au 31 décembre
2018 (Chiffre d’affaires au 31 décembre 2017 : 21,1 M€). Par contre, dans
ce contexte, sa rentabilité en sera affectée.
1er
trimestre
2ème
trimestre
3ème
trimestre
Cumul
2018
5,90
5,65
5,65
17,20
2017
5,48
5,54
4,82
15,84
+7,7%
+2,0%
+17,3%
+8,6%
M€
Evolution
PROCHAINE COMMUNICATION :
Fin du premier trimestre 2019 : résultats 2018
A propos de Parf’ex : Parf’ex est spécialisée depuis 1985 dans la création et la
production de compositions parfumantes pour Parfumerie, Cosmétique, Hygiène,
Ambiance, Détergence... Il distribue ses produits dans plus de cinquante pays à
des clients tels que Clarins, Pierre Fabre, L’Occitane, LVMH…
Contacts actionnaires:
M. Thierry Di Manno
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24 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
Quand les musées parisiens
se font auditoriums
Fondation Yves Rocher :
la planète Terre
vue de La Gacilly
CULTURE
Le Musée d’Orsay
accueille 35.000 personnes par an autour
de concerts variés.
De nombreuses
autres institutions
muséales parisiennes
font la part belle
à la musique.
ENVIRONNEMENT
Le mécénat du groupe
de cosmétiques a fait de
la reforestation de la planète
et de la sensibilisation à
l’écologie par la photographie
ses priorités.
Martine Robert
@martiRD
Depuis un an et demi aux commandes des Musées d’Orsay et de l’Orangerie, Laurence des Cars affiche
une vision pluridisciplinaire de ces
deux institutions. « Orsay a été le
premier musée à avoir son auditorium dès sa création, en 1986, pour y
proposer de la musique du XIXe siècle
et des spectacles qui accompagnent
la vie et les collections du musée »,
rappelle la présidente de l’établissement public d’Orsay.
Elle a confié à Luc BouniolLaffont, l’ancien directeur général
de l’ensemble baroque Les Arts Florissants, le soin de programmer de
manière ambitieuse cet auditorium
de 347 places fraîchement rénové,
et d’organisation des événements
grand public dans la nef d’Orsay
ou dans la salle des Nymphéas à
l’Orangerie. Des midis musicaux
aux soirées, l’offre est variée et
l’auditorium affiche un taux de fré-
mécénat
Au Musée d’Orsay, les concerts ont lieu dans l’auditorium et dans la nef. Photo Sophie Boegly-Crépy
quentation payante de 86 %. Orsay
recevra même en 2019 la prestigieuse Philharmonie de Berlin,
ainsi que l’Académie royale de
musique de l’Opéra de Paris, dirigée
par son chef Philippe Jordan. Entre
les concerts, les conférences et les
projections, ce ne sont pas moins de
35.000 spectateurs par an qui sont
accueillis à l’auditorium d’Orsay.
A u L o u v r e , l ’a u d i t o r i u m
(420 places) a accueilli une tren-
taine de concerts sur les deux dernières saisons, notamment un cycle
Debussy, musicien inspiré par ses
visites au Louvre, et un cycle sur les
œuvres jouées au musée aux XVIIe
et XVIIIe. Le théâtre Claude LéviStrauss du Quai Branly (490 places)
met, lui, l’accent sur les musiques
du monde avec, cette saison, cinq
grands spectacles, onze concerts
et une création. Quant à la salle
de spectacle du Centre Pompidou
Orsay a, dès sa
création en 1986,
proposé « de la
musique du
XIXe siècle et des
spectacles qui
accompagnent la
vie et les collections
du musée. »
LAURENCE DES CARS
Présidente de l’établissement
public d’Orsay.
VENDREDI 12 OCTOBRE
25 personnalités
vous donnent
leur vision du monde
en 2038
ÉDITION
COLLECTOR
110 ANS
(384 places), elle est davantage axée
sur la danse et les performances
mais l’institution a noué des liens
avec l’Académie de l’Opéra de Paris.
Guimet, enfin, mise sur les sons
venus d’Asie et Cluny a noué un partenariat avec le Centre de musique
médiévale et consacre 60.000 euros
par an à la musique.
Mais, pour Luc Bouniol-Laffont,
à Orsay, au-delà des concerts, c’est
« d’identité musicale » qu’il s’agit.
« Nous voulons “musicaliser” le
Musée d’Orsay et l’Orangerie, en proposant une cinquantaine de concerts
en lien avec la collection ou les expositions temporaires, comme “Picasso.
Bleu et rose” ou “Degas à l’opéra”… Ce
qui fait que nous ne sommes pas juste
une salle de concert de plus. » n
Le Musée
d’Orsay fait
académie avec
Royaumont
Laurence des Cars tisse
des partenariats avec
des institutions musicales
de premier plan. Avec
la Fondation Royaumont,
qui accueille en résidence
des interprètes et musiciens, gère des bibliothèques musicales, et organise
un festival à l’automne, elle
vient de créer une académie dédiée « à la mélodie
et au lied ». L’objectif est
de faire émerger de jeunes
duos de chanteurs et pianistes, qui bénéficieront de
formations en histoire de
l’art à Orsay pour s’imprégner du contexte artistique
de l’époque. « Cette collaboration s’inscrit dans notre
volonté d’accompagner
les artistes dans le développement de leur carrière »,
observe Francis Maréchal,
directeur général
de Royaumont.
« Faire revivre une terre perdue. » Perdue à cause de l’exode
rural. Telle était l’obsession
d’Yves Rocher quand il commença en 1959 à se lancer dans
les cosmétiques à base de plantes, dans son grenier de La
Gacilly, petit village du Morbihan. Maire en 1962, le jeune
chef d’entreprise promettait de
créer une centaine d’emplois.
Aujourd’hui, ils sont des milliers à travailler pour la marque
en Bretagne et dans le monde.
Cet amour de la terre natale,
avec 55 hectares de cultures de
plantes bio à La Gacilly,et cette
fibre écologique, ses fils Daniel
et Jacques en ont hérité. Avec
chacun leur fondation, tous
deux se sont engagés pour la
nature. Le premier sensibilise
les jeunes au monde marin, le
second milite pour replanter la
planète.
Matthieu Ricard, Thomas Pesquet, Stéphane Couturier,
Brent Stirton, Pascal Maitre,
Michael Nichols, Pierre de Vallombreuse, Sophie Zénon ou
Nick Brandt, Raymond Depardon, Sarah Moon, Yann
Arthus-B ertrand, Rob ert
Doisneau, Sebastião Salgado,
Seydou Keïta… « C’est l’occasion
de sensibiliser le grand public, les
collégiens d’une quinzaine d’établissements qui mènent des travaux avec des professionnels et
d’embarquer les commerçants et
artisans de la Gacilly, dont certains réalisent jusqu’à 60 % de
leur chiffre d’affaires pendant le
festival », poursuit Valérie
Renard.
Compenser quinze jours
de déforestation
Le budget de 650.000 à
700.000 euros de la manifestation est financé à 45 % par le
m é c é n a t d u g r o u p e Yve s
Rocher, 15 % par des subventions, 20 % par une centaine de
partenaires privés, 20 % par la
vente de produits dérivés et par
la déclinaison du festival à
Baden en Autriche.
Mais le festival est loin d’être
la seule action menée par la
Cette année encore, plus de 320.000 visiteurs ont découvert
le festival de photos de La Gacilly, un événement gratuit,
en plein air et tous publics. Photo Cyril Drouhet
Jacques Rocher, devenu
maire de La Gacilly en 2008,
s’est attaché à attirer de nombreux artistes et artisans dans
sa commune, mais aussi des
touristes avec un écolodge où
l’on mange local et avec la Maison Yves Rocher où l’on découvre la success story familiale de
manière ludique. Il a lancé il y a
quinze ans le premier festival
européen de photo gratuit et en
plein air pour faire prendre
conscience, par la force de
l’image grand format, de la
beauté et de la fragilité de la planète, malmenée par l’exploitation intensive des sols, l’industrialisation et l’urbanisation.
Expérience immersive
La trentaine d’expositions consacrées aux peuples et à la
nature, attire entre juin et septembre, de 320.000 à
380.000 personnes séduites
par cette expérience immersive
et déambulatoire. « On présente
de 1.000 à 1.500 clichés d’une
trentaine de photographes
reconnus ou émergents et on
produit des contenus en finançant des résidences et des commandes qui documentent
notamment la vie locale », précise Valérie Renard, directrice
adjointe du festival. Plus de
300 auteurs ont été montrés :
fondation créée il y a plus de
vingt-cinq ans par Jacques
Rocher. « Nous œuvrons pour la
biodiversité de quatre manières :
en soutenant des femmes engagées, en plantant des arbres, en
préservant les espèces végétales
uniques, en soutenant le regard
éclairé des photographes sur la
planète », explique le fondateur.
On recense déjà 400 lauréates
du prix Terre de Femmes, plus
de 80 millions d’arbres plantés
sur les 100 prévus pour 2020,
50 pays où ces actions sont
déployées. La fondation dispose d’un budget de 3 millions
d’euros par an et s’appuie sur
cinq permanents à temps plein
ainsi que sur les compétences
i n t e r n e s a u g r o u p e Yv e s
Rocher. Sur certains produits
cosmétiques de la marque,
25 centimes sont prélevés pour
la fondation, mettant ainsi le
consommateur à contribution.
Et pas question de se désengager, car la tâche est immense.
« Les arbres que nous replantons, ne compensent que quinze
jours de déforestation, car chaque année, 13 millions d’hectares
de forêts disparaissent à travers
le monde, soit l’équivalent de
quatre fois la superficie de la Belgique. On est dans un système
court-termiste absolu », se
désole-t-il. — M. R.
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// 25
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
« Fake news » se dit
« infox » en français
Apple et Amazon ont démenti
que les services de
renseignement chinois aient
inséré des puces informatiques
dans leurs systèmes à des fins
d’espionnage. 17 sources proches
du renseignement et des
entreprises ont rapporté à
« Bloomberg Businessweek »
de tels faits concernant une
trentaine d’entreprises.
A l’expression « fake news »,
préférez le terme « information
fallacieuse » ou le néologisme
« infox », a statué jeudi la
Commission d’enrichissement
de la langue française. Et ce pour
« désigner une information
mensongère ou délibérément
biaisée », précise la commission
dans une recommandation
publiée au Journal Officiel.
Shutterstock
en
pixels
Shutterstock
HIGH-TECH
&MEDIAS
Apple et Amazon:
pas d’espion chinois ?
6,6
GIGAOCTETS
La consommation de données mobiles des abonnés 4G
en France progresse fortement. Selon l’Arcep, elle a
bondi de 44 % en un an pour
atteindre 6,6 Go par mois en
moyenne. Tous types d’abonnements confondus, les
Français utilisent 4,2 Go.
Les éditeurs historiques tirent
leur épingle du cloud
l Microsoft, Adobe, Oracle, SAP… les « papys » du logiciel ont réussi à devenir les plus gros acteurs
de l’informatique dématérialisée.
INFORMATIQUE
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
et Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
Les anciens et les modernes
Mais le cloud, ce sont surtout les
ventes de logiciels dématérialisés
– deux tiers du marché total. Ici, les
acteurs sont différents. Ce sont de
jeunes éditeurs nés avec le nouvel
environnement : Salesforce,
Workday, Dropbox, Zendesk… qui
bousculent les géants historiques du
secteur. Pour ces derniers, la bascule
est délicate car elle signifie abandonner un juteux business de ventes de
licences à installer contre un modèle
de location à l’usage moins rémunérateur à court terme. Les chiffres
montrent néanmoins que les vieilles
barbes font mieux que résister.
Parmi les cinq acteurs qui réalisent
la moitié des ventes de logiciels
cloud dans le monde, selon Synergy
Research, quatre sont des vétérans :
Microsoft, Adobe, Oracle et SAP.
Il y a deux ans, Microsoft a même
ravi le titre de plus gros éditeur cloud
au monde à Salesforce. Le groupe de
Redmond, notamment grâce à
Office365, détient aujourd’hui 17 %
du marché du logiciel cloud et y affiche une croissance de 45 %.
Concentration en cours
Pour réussir cette performance, les
géants ont régulièrement sorti leur
chéquier pour acquérir des sociétés
nées dans le cloud. SAP a mis la main
sur Concur, Oracle s’est offert NetSuite, Adobe a avalé Magento, etc.
Salesforce, quoique natif du cloud,
n’est pas en reste. En mars, il a racheté
MuleSoft 6,5 milliards de dollars.
Face à cette concentration, les
jeunes éditeurs n’attendent pas
d’être rachetés. Ils sont de plus en
plus nombreux à pousser la porte
de la Bourse pour financer leur
croissance. Twilio, Talend, Cloudera, Hortonworks, MongoDB : toutes ces stars du cloud ont pris leurs
quartiers à Wall Street ces dernières
années et affichent aujourd’hui des
capitalisations boursières allant de
2 milliards de dollars à près de
8 milliards. Encore loin de leurs
aînés, mais prêtes à s’unir (comme
dans la récente fusion ClouderaHortonworks) pour monter plus
haut dans les nuages. n
Comment le cloud a permis à Adobe de se renouveler
L’éditeur de Photoshop
veut rendre ses logiciels
plus accessibles aux
créateurs en ligne, notamment les youtubeurs.
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Correspondante à San Francisco
Parmi les vieilles gloires du logiciel,
Adobe se fait plus discret que
Microsoft ou Oracle. L’entreprise
californienne, née quelques années
après eux en 1982, est pourtant l’un
des éditeurs qui a le mieux réussi la
transition de la vente de licences à
l’abonnement via le cloud. Depuis
cinq ans, la capitalisation boursière
du fabricant de logiciels de création
de contenus (photo, vidéo, animation…) a bondi de 25 à 132 milliards
de dollars. Son chiffre d’affaires a
crû de 25 % l’année dernière pour
atteindre 7,3 milliards et la firme a
dégagé un bénéfice de 1,6 milliard
(+45 % sur un an). Ces bons résultats s’expliquent par une transition
vers le cloud opérée dès 2012. Un
virage qui pèse d’abord sur les
comptes avec des revenus qui met-
tent plusieurs années à revenir à
leur niveau pré-transition, mais qui
lui permettent ensuite d’accélérer.
Produits phares
Aujourd’hui, 70 % de son chiffre
d’affaires provient toujours des produits phares qu’elle a lancés ou
rachetés au cours des années 1990 –
Photoshop en 1989 pour la retouche photo, Premiere en 1991 pour le
montage vidéo, Acrobat en 1993
pour la manipulation de documents PDF... « Notre histoire est celle
d’une révolution autour des franchises que nous avons déjà. La nouveauté, c’est la reconstruction pour le
cloud et le mobile, afin d’offrir l’ubiquité sur différents appareils »,
raconte aux « Echos » Br yan
Lamkin, le viceprésident de l’entreprise. Alors que celle-ci avait atteint
un plateau de 3 millions d’unités
vendues à la fin des années 2000, le
cloud lui a « permis de briser cette
barrière », poursuit-il, sans communiquer de chiffres précis. « Nous
avons été capables d’attirer de nouveaux clients plus rapidement car
nous avons pu offrir notre produit à
un prix plus bas pour commencer »,
estime-t-il. Le cloud a aussi réduit
l’ampleur du piratage associé à la
vente de licences.
Cette acquisition de nouveaux
clients s’est accélérée avec une stratégie agressive sur le mobile, qui permet à Adobe de gagner des clients
hors du segment professionnel.
Depuis un an, l’éditeur de Photoshop
travaille à des versions plus grand
public de ses logiciels afin de toucher
le nouveau marché des créateurs en
ligne. L’an dernier, il a lancé Lightroom CC, un logiciel de retouche
photo plus accessible que Photoshop,
sur smartphone. « Il y a Google Photos
et Apple Photos mais nous visons ceux
qui veulent monter un niveau au-dessus », explique Bryan Lamkin. Une
version plus accessible de son logiciel
Shutterstock
Le cloud est un raz de marée : les
revenus générés par l’informatique
dématérialisée sont estimés par le
cabinet IDC à 133 milliards de dollars en 2017 et devraient approcher
les 360 milliards de dollars dans
cinq ans. Un tiers de cette fortune
représente la vente d’infrastructures informatiques (stockage, serveurs de calcul…) et de plates-formes de développement logiciel.
Là, le géant Amazon règne en
maître absolu. A lui seul, il y a
généré davantage de chiffre d’affaires que ses quatre principaux concurrents réunis (Microsoft, IBM,
Google et Alibaba) selon le cabinet
Synergy Research.
Aujourd’hui, 70 % du chiffre d’affaires d’Adobe provient des produits phares qu’elle a lancés ou rachetés au cours des années 1990.
de montage vidéo a, elle, été dévoilée
en version bêta en juin sous le nom de
Project Rush. « Nous visons les
influenceurs sur YouTube, qui veulent
construire leur marque sans la complexité des outils professionnels »,
explique Bryan Lamkin.
L’entreprise se prépare aussi à
annoncer le lancement d’une nouvelle version de Photoshop sur iPad
lors de sa conférence annuelle MAX,
qui démarre à Los Angeles dans dix
jours, selon Bloomberg. Bryan
Lamkin ne confirme pas la rumeur
mais indique que l’objectif de l’entreprise est de faire que « chaque application majeure soit présente sur tous
les appareils ». L’entreprise remonte
également de plus en plus la chaîne
de valeur avec l’introduction de XD,
un logiciel de conception d’expériences utilisateur lancé l’an dernier.
Celui-ci intègre tous les contenus
produits par ses autres logiciels
pour les distribuer sur un site Web,
une application mobile ou un panneau publicitaire numérique. Il permet surtout de collaborer en équipe
sur les prototypes, un aspect que
l’entreprise avait tendance à négliger
jusqu’ici. n
Cloudera et Hortonworks unissent leurs forces
Les deux acteurs américains des logiciels de Big
Data ont annoncé qu’ils
allaient fusionner.
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
C’est un gros rapprochement dans
le monde du logiciel américain.
Mercredi soir, Cloudera et Hortonworks ont annoncé qu’ils
fusionnaient leurs activités.
Une annonce qui a fait bondir
leurs cours respectifs à l’ouverture
de Wall Street ce jeudi ; l’addition de
leurs deux capitalisations s’élevait à
près de de 5 milliards de dollars. Les
deux sociétés évoquent une « fusion
d’égal à égal ». Mais dans les faits, les
actionnaires de Cloudera seront en
possession de 60 % des actions de la
nouvelle entité contre 40 % pour
ceux d’Hortonworks.
Cette fusion est celle de deux
concurrents directs dans l’une des
niches du vaste marché (lire ci-contre) du logiciel cloud : les solutions
de Big Data, permettant d’analyser
des masses colossales de données.
« Cette opération va permettre à la
nouvelle entité d’atteindre une vraie
taille critique et de bénéficier d’un vrai
effet de levier face des groupes comme
Oracle », juge Bertrand Diard, fondateur du français Talend – une réus-
site française du secteur. Cloudera et
Hortonworks proposent tous deux
des versions professionnelles de
Hadoop. Développé par des ingénieurs de chez Yahoo!, celui-ci est un
logiciel libre, géré par la fondation
Apache, permettant de répartir les
calculs sur une multitude de serveurs bon marché - une des clefs de
l’analyse de données massives.
Le « Petit Prince »
du Big Data
Après la fusion, le nouvel ensemble
gardera un rival direct : MapR. Il
devra aussi ferrailler avec les mastodontes du cloud (Amazon, Microsoft, Google) qui ont également des
solutions inspirées de Hadoop. Créé
en 2008, Cloudera a été l’une des
toutes premières sociétés à se lancer
sur ce créneau. Auréolé d’un buzz
grandissant dans le secteur, Cloudera avait réalisé, en 2014, un tour de
table (mené par Intel) le valorisant
4,1 milliards de dollars. Mais le
« Petit Prince » du Big Data s’est
ensuite fait prudent à son entrée en
Bourse début 2017, fixant un prix
valorisant ses actifs deux fois moins.
Depuis, la capitalisation oscille
toujours autour de 2 milliards de
dollars. Sans décoller. L’an dernier,
Cloudera a enregistré la perte nette
la plus importante de son histoire, à
386 millions de dollars. Depuis
début 2014, celles-ci se montent à
1,04 milliard en tout. En face, les
revenus augmentent. Mais encore
trop lentement. Ces dernières
années, Hortonworks n’est jamais
parvenu à être rentable non plus et
a perdu près de 900 millions sur la
même période.
Le nouvel ensemble va représenter 720 millions de dollars de revenus sur l’année 2018, compte plus
de 2.500 clients et espère dégager
125 millions d’économie par an
grâce aux synergies, selon les prévisions dévoilées dans lesquelles le
duo Cloudera-Hortonworks n’évoque pas de bénéfices à venir. A voir
si leur union fait la force. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // HIGH-TECH & MEDIAS
Sharp se jette
dans la bataille
des écrans OLED
ÉLECTRONIQUE
Le groupe japonais
veut offrir une
alternative aux
marques forcées de
se fournir auprès du
duopole constitué
par Samsung et LG.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Lorsqu’il a investi, il y a deux
ans, 3,8 milliards de dollars
dans le rachat de Sharp,
l’ancienne gloire de l’industrie
nippone alors aux abois, le
géant taïwanais Foxconn se
voyait monter progressivement
en gamme après s’être construit
pendant des décennies sur
l’assemblage à très bas coût des
produits électroniques des
autres marques de la planète.
Ce mercredi, le groupe de Taipei a enregistré une victoire
symbolique forte en dévoilant
le tout premier smartphone
Sharp équipé d’un écran OLED
made in Japan.
L’appareil baptisé « Aquos
Zero », qui ne sera d’abord commercialisé que sur le marché
japonais, marque l’irruption
des deux nouveaux partenaires
sur ce marché des petites dalles
ultra-performantes, flexibles et
légères, basées sur ces diodes
électroluminescentes organiques. Actuellement, le géant
Samsung Display contrôle plus
de 90 % des ventes mondiales
de cette nouvelle génération
d’écrans, quand son concurrent
LG, lui aussi sud-coréen, capte
8 % de la demande.
Made in Japan
Sharp ne produit, pour l’instant, des écrans OLED que pour
sa nouvelle gamme de smartphones mais il espère séduire,
au fil de la montée en puissance
de ses usines, les marques qui
s’agacent de cette domination
coréenne sur ces composants
particulièrement coûteux.
Apple, auquel Sharp a longtemps fourni des écrans LCD
pour ses iPhone, est particulièrement visé.
Selon les calculs de TechInsights, la dalle OLED Samsung du
nouvel iPhone XS Max est l’élément le plus cher de l’appareil.
Facturée 80,50 dollars pièce à
Apple, elle représente 18 % du
coût de revient total du smartphone, au grand dam de la
firme californienne qui espère
que l’arrivée d’un nouveau producteur permettra, à l’avenir, de
faire baisser ces prix.
« L’engouement pour ces écrans
OLED a ralenti par rapport à
l’année dernière », expliquait, en
juillet, Katsuaki Nomura, un
cadre de Sharp, avant de pointer des prix jugés encore trop
élevés par les producteurs.
Actuellement,
le géant Samsung
Display contrôle
plus de 90 % des
ventes mondiales
de cette nouvelle
génération d’écrans.
Samsung va dominer ce marché pendant plusieurs années
encore, mais l’émergence de
Sharp pourrait être accélérée
par Foxconn, qui assemble déjà
les smartphones de plusieurs
grandes marques et offre
d’importantes économies
d’échelle.
C’est sur cette stratégie que le
groupe taïwanais a d’ailleurs
construit la renaissance de
Sharp. Misant sur l’aura de la
marque nippone, Foxconn
l’aide à se relancer sur les marchés où il n’arrivait plus à être
profitable en lui offrant ses
moyens de production et en
mettant à disp osition ses
réseaux d’achat de composants.
Lundi, le groupe japonais
a v a i t d é j à a n n o n c é q u’ i l
allait revenir sur le marché du
PC qu’il avait abandonné il y a
huit ans. A cette fin, il a pris le
contrôle, pour 30 millions
d’euros, des activités de conception d’ordinateurs de son
ancien concurrent Toshiba,
dont la marque de portables
Dynabook est toujours populaire au Japon mais dont les
coûts de production n’étaient
plus compétitifs. n
en bref
AFP : projet de suppression nette
de 125 postes sur 5 ans
PRESSE Le PDG de l’Agence France-Presse Fabrice Fries a
annoncé jeudi en conseil d’administration un projet de suppression nette de 125 postes sur cinq ans, sans départs contraints, dans
le cadre d’un « plan de transformation » pour ramener le résultat
net de l’entreprise à l’équilibre en 2021. Ces réductions de postes,
qui représentent environ 5 % des effectifs de l’AFP à fin 2017, permettraient de limiter la progression des charges, laquelle, sans
« action correctrice profonde » et couplée à une légère érosion des
recettes commerciales, provoquerait un déficit d’exploitation
cumulé de 90 millions sur les cinq prochaines années.
COMMUNIQUÉ
PRÉFECTURE DE LA SEINE-MARITIME
Direction de la coordination des politiques publiques et de l’appui territorial
Bureau des procédures publiques
AVIS D’ENQUÊTE PUBLIQUE
Modificatif
Projet de parc éolien en mer Dieppe-Le Tréport
Société Eoliennes en Mer Dieppe Le Tréport (EMDT)
L’avis d’enquête publique unique relatif au projet d’installation d’un parc éolien en
mer présenté par la société Eoliennes en Mer Dieppe-Le Tréport (EMDT), publié le
27 septembre 2018 est modifié comme suit :
La commission d’enquête sera composée de : Mme Marianne AZARIO, sans profession,
présidente.
M. Alban BOURCIER, maître de conférence et ingénieur conseil, Mme Ghislaine CAHARD,
professeure des écoles retraitée, M. Jean-Marc VIRON, chargé d’affaires retraité,
M. Patrick JAYET, commandant de police retraité.
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
La fin de la publicité sur Radio
France de nouveau évoquée
AUDIOVISUEL
Le rapport de la
députée Aurore Bergé,
devant aider à la
réforme de l’audiovisuel en 2019, préconise
aussi des expérimentations sur la publicité
géolocalisée.
Marina Alcaraz,
Fabienne Schmitt
et N. M.
Bientôt plus du tout de spots de
publicité sur Radio France ? C’est ce
que préconise le rapport parlementaire issu de la « Mission d’information sur une nouvelle régulation de
la communication audiovisuelle à
l’heure numérique », porté par
Aurore Bergé, la rapporteure de
cette mission, et Pierre-Yves Bournazel, son président.
Le rapport, présenté jeudi matin
aux parlementaires, est aussi remis
au gouvernement, qui planche sur
une grande loi audiovisuelle devant
être présentée en conseil des ministres en mars 2019 touchant à la fois
l’audiovisuel public et privé et
devant transposer la directive européenne SMA.
A l’issue des auditions de 222 professionnels des médias, le rapport
propose ainsi 40 recommandations, dont la suppression de la
publicité sur les antennes et le
numérique de Radio France, ainsi
que sur France 5. La publicité sur
Radio France représente un peu
plus de 40 millions d’euros, plafond
récemment dépassé. « Cela permettrait de renforcer la singularité du
service public », souligne Aurore
Bergé. En revanche, la députée souhaite conserver la publicité sur les
autres antennes de France Télévisions, compte tenu des économies
demandées au groupe.
Redevance par foyer
Cette suppression sera accompagnée de nouveaux moyens pour
l’audiovisuel public. Le rapport pré-
Aurore Bergé, la rapporteure de la « Mission d’information sur une nouvelle régulation
de la communication audiovisuelle à l’heure numérique ». Photo Ludovic Marin/AFP
voit en effet d’universaliser la contribution à l’audiovisuel public par
le biais d’une contribution forfaitaire par foyer, en maintenant les
exonérations sous condition de ressources existantes.
En clair, que quasiment tout le
monde paie la redevance, qu’il
déclare un poste de télévision ou pas.
Cela pourrait générer une manne
d’environ 100 millions d’euros de
recettes supplémentaires. La ministre de la Culture s’est aussi dite favorable à ce schéma et le sujet pourrait
être abordé dans le cadre du projet
de loi de finances de 2020.
Publicité géolocalisée
Le document des parlementaires
préconise aussi d’autoriser la publicité segmentée et géolocalisée à la
télévision dans le cadre d’une expérimentation de dix-huit mois.
C’est l’une des demandes fortes
du secteur, alors que cette ouverture pourrait entraîner un surcroît
de revenus de l’ordre de 200 millions d’euros d’ici à 2022, selon une
étude commandée par le Syndicat
Questions
sur la publicité
sur France
Télévisions
Dans l’avant-propos du
rapport, le président de la
Mission d’information sur
la régulation de la communication audiovisuelle à
l’ère numérique, PierreYves Bournazel propose
de rétablir la publicité sur
France Télévisions entre
20 heures et 21 heures
pendant cinq ans pour
dégager 60 millions
d’euros de recettes à affecter aux contenus. Mais il
s’agit ici d’une proposition
« à titre personnel »,
comme le président d’une
mission peut le faire.
L’idée n’a pas été retenue
dans les 40 préconisations
du rapport.
national de la publicité télévisée
(SNPTV). Une mesure vivement
contestée par la presse quotidienne
régionale et la radio notamment.
La rapporteure est également
favorable à la suppression des jours
interdits de cinéma à la télévision et
semble confiante que cette proposition sera retenue.
Fusion Hadopi - CSA
Une partie importante du rapport
est consacrée à la lutte contre le
piratage. Les parlementaires préconisent de donner davantage de pouvoir à l’Hadopi (la Haute Autorité
pour la diffusion des œuvres et la
protection des droits sur Internet).
Le rapport est aussi favorable à une
fusion de l’Hadopi et du Conseil
supérieur de l’audiovisuel (CSA).
Le ministère de la Culture a, lui
aussi, annoncé des mesures, au
printemps. Notamment une loi destinée à permettre aux moteurs de
recherche et fournisseurs d’accès
Internet de bloquer plus facilement
les sites « pirates », qui seraient
répertoriés dans une liste noire. n
« Oggy et les cafards », le « Tom et Jerry »
français, fête ses 20 ans
ANIMATION
La création du studio
français d’animation
Xilam, marquante
pour le genre en
France, a généré
un revenu de plus de
50 millions d’euros.
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Oggy, le personnage du studio
d’animation français Xilam, fête ses
vingt ans avec l’ambition de continuer pendant encore longtemps à
se laisser pourrir la vie par ses
cafards attitrés.
La série, qui selon le directeur de
l’animation de France Télévisions,
Pierre Siracusa, « marquera incontestablement l’histoire de l’animation française, non seulement par
son succès international pendant
autant de temps, mais aussi parce
qu’elle a fait renaître le genre du cartoon abandonné par les Américains », a une huitième saison en
développement.
700 passages
sur Gulli chaque mois
Elle a rapporté plus de 50 millions
d’euros de revenus avec des marges
devenues confortables, expli-
que Marc du Pontavice, le fondateur de Xilam, une société recherchée par les investisseurs à la
Bourse de Paris.
« Oggy » totalise environ 500 épisodes de sept minutes répartis en
7 saisons. Elle est diffusée en France
sur Gulli, qui n’en programme pas
moins de 700 passages d’épisodes
chaque mois. Mais également presque partout sur la planète. « Oggy
est un des trois personnages d’animation préférés en Inde », dit Marc
du Pontavice.
La première saison a coûté un
peu moins de 9 millions d’euros à
réaliser et le prix de production a
baissé ensuite, même s’il a
remonté un peu pour les
saisons 5, 6 et 7. La fabrication, qui implique entre 120
et 150 personnes, est financée
par des pré-achats par des chaînes
et « la dynamique s’est encore accrue
par rapport aux débuts », poursuit le
patron du studio, qui a également
créé et produit « Les Zinzins de
l’espace », « Zig et Sharko »
et « Les Dalton ».
L’émergence des
plates-formes
c o m m e Ne t f l i x e t
Amazon, même
s’ils ne sont pas
les vecteurs de
diffusion préférés de Xilam, crée
une forte demande
pour ce type de contenus, et cela fait
flamber les prix.
« En France, il n’y a guère que “Les
Lapins crétins” d’Ubisoft ou “Totally
Spies !” de Marathon Média qui peuvent rivaliser en notoriété », dit un
professionnel de la télévision.
Pierre Siracusa note toutefois que
des séries françaises comme « Pyjamasques », par le studio Frog Box,
sont en train de faire des démarrages au moins aussi fracassants
qu’« Oggy ».
L’idée de départ, à la fin des
années 1990, a été de « faire renaître
un “Tom et Jerry” pour l’an
2000 ». Pour des
raisons diver-
ses liées à la pression des syndicats
de scénaristes, la comédie animée
des cartoons du genre « slapstick »,
c’est-à-dire visuelle et burlesque,
avait été abandonnée par l’industrie américaine de l’animation dans
les années 1970.
Acquisitions
Derrière « Oggy » se cachent beaucoup de franchises (25 séries dont
19 toujours diffusées), ce qui rend
Xilam ambitieux en matière de
croissance externe.
La société vient de lever 22 millions d’euros. « Nous visons des studios qui ont de belles expertises techniques – pas forcément avec la
capacité de produire – dans le but de
leur apporter notre savoir-faire éditorial, dit Marc du Pontavice. Nous
visons une opération d’ici à la fin de
l’année et deux ou trois autres dans
les dix-huit mois. » n
« Oggy et les cafards »
totalise environ 500 épisodes de sept minutes
répartis en 7 saisons.
La série est diffusée en
France sur Gulli. Photo DR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
START
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LE BUZZ
U
650.000
REBOND
Clap de fin pour PermiGo 2. La
jeune pousse lyonnaise a été mise
en liquidation judiciaire, selon
« Lyon Capitale », dix-huit mois après avoir
repris PermiGo 1 à la barre du tribunal.
Cette décision du tribunal de commerce de
Lyon affecte directement les personnes qui
n’avaient pas validé leur permis de conduire
et qui avaient réglé des heures d’apprentissage qu’elles ne pourront pas effectuer.
EUROS
Little Worker a bouclé un tour de financement
auprès de 50 Partners, bpifrance et plusieurs
business angels. La start-up parisienne a développé une solution complète de conceptionrénovation d’appartements qui s’appuie sur
des outils numériques.
Notify vient de conclure un contrat sur
trois ans avec B ouygues Telecom.
La start-up, fondée en 2016 et dirigée
par Franck Lhuerre, propose des solutions qui
permettent de détecter la disponibilité des clients
pour recevoir une sollicitation marketing de la part
des entreprises. Durant la phase de test de douze
mois qui a préfiguré ce partenariat, Notify a permis
d’augmenter de 39 % le taux de joignabilité des
clients de Bouygues Telecom en appel sortant.
Dreaminzzz lancera un nouveau
produit de relaxation au CES 2019
l La jeune
pousse avignonnaise commercialise un masque
d’hypnose
depuis 2017.
l Elle lancera
un Guide
de respiration
à Las Vegas en
janvier prochain.
INTERVIEW // GARY SHAPIRO
Président-directeur général
de la Consumer Technology Association
« Il ne faut pas venir au CES
avec un produit final et
un business plan définitif »
SANTÉ
Déborah Loye
@Loydeborah
Un ingénieur et un hypnothérapeute se rencontrent sur le pas d’une
porte. Le premier est coincé devant
chez lui, sa serrure a été forcée. Le
deuxième, son voisin, l’invite à manger. En discutant, ils ont une idée de
start-up. « Et un mois plus tard, nous
avions une maquette de notre masque d’hypnose ! » raconte Kévin
Kastelnik, l’ingénieur de l’histoire, qui s’est associé à Guillaume
Gautier pour lancer Dreaminzzz
en 2015. Ce masque, nommé « Hypnos », est semblable à un masque
de nuit et émet des vibrations ainsi
que de la lumière, liées à une séance
d’hypnose délivrée à travers une
application. Le masque est commercialisé depuis fin 2017 au prix de
199 euros, chez Nature et Découvertes, Boulanger et Amazon.
Accélérer à l’international
Mais c’est chez les professionnels
de santé que les entrepreneurs ont
écoulé leurs premiers exemplaires.
« Nous avons très rapidement travaillé avec des kinésithérapeutes, des
chirurgiens en urologie ou encore des
dentistes », indique-t-il. Le masque
est utilisé dans plusieurs services du
Kévin Kastelnik (à gauche) et Guillaume Gautier ont lancé Dreaminzzz en 2015. Photo Hypnos
CHRU de Lille, où une étude comparative entre l’anesthésie chimique et
le masque est menée en ce moment.
La jeune pousse sera présente au
prochain congrès de l’Association
dentaire de France car plusieurs
praticiens utilisent leur produit,
notamment pour les enfants, auxquels des programmes sont dédiés.
« Nous sommes en train d’accélérer
sur notre offre B to B », indique le
cofondateur de l’entreprise.
Pour le moment, c’est le B to C qui
mène le bal, représentant 90 % du
chiffre d’affaires de la start-up, que le
cofondateur affirme pouvoir tripler
entre l’exercice de 2017 et celui de
cette année. Pour le moment, Kévin
Kastelnik n’identifie pas de concurrent frontal. « Il existe de nombreux
dispositifs d’hypnose utilisant des
casques de réalité virtuelle, mais notre
produit est plus léger, plus familier, et
sa prise en main est très simple »,
affirme-t-il. La jeune entreprise souhaite donc accélérer rapidement à
l’international et travaille à la traduction de ses programmes pour se
lancer au Royaume-Uni en 2019,
puis enchaîner sur les Etats-Unis.
Réguler sa respiration
Durant la prochaine édition du CES,
qui se déroulera à Las Vegas du 8 au
11 janvier 2019, Dreaminzzz sera présent à l’Eureka Park avec la région
Paca pour présenter son nouveau
produit, Hilo, un petit objet rond,
très léger, qui permet de réguler sa
respiration grâce à des indications
lumineuses et des vibrations, jusqu’à atteindre un rythme permettant d’être relaxé. « Nos clients
utilisent le masque chez eux, mais
demandaient un outil plus discret
qu’ils pourraient utiliser au travail ou
dans les transports, par exemple »,
détaille Kévin Kastelnik. Hilo sera
ensuite commercialisé sur le site
pour environ 70 euros. Du CES, où il
s’était déjà rendu en début d’année,
l’entrepreneur attend « une énorme
visibilité à l’international, notamment sur les marchés européens ». n
Les grandes entreprises
ne coupent-elles pas
leurs ailes aux jeunes
pousses ?
Je ne pense pas. Les perspectives de
rachat sont une des raisons pour
lesquelles les business angels mettent leur argent dans les start-up. Il
est donc nécessaire de continuer à
avancer dans cette perspective-là.
Très peu d’entreprises peuvent
grandir toutes seules et sans trop
diluer leur capital, comme Facebook l’a fait, par exemple. Il faut
avoir une idée vraiment unique
pour cela. Or, très souvent, plusieurs équipes ont la même idée et
c’est leur vitesse de déploiement qui
va faire la différence. En cela, les
grands groupes sont très utiles
car leurs investissements permettent aux jeunes entreprises de monter en puissance très rapidement.
Qu’est-ce que le CES apporte
réellement aux entrepreneurs
qui s’y rendent ?
Je dis souvent aux start-up que cela
ne sert à rien de venir avec un business model définitif et un produit
David Paul Morris/Bloomberg
Quelles sont les grandes
tendances que vous observez
dans l’écosystème start-up ?
Ce qui a drastiquement changé
ces dernières années, c’est l’intérêt
que les grands groupes portent
aux start-up. Ils les regardent de
très près aujourd’hui, car l’innovation est un enjeu majeur pour eux
et ils savent que c’est auprès de
ces pépites tech qu’ils trouveront
des solutions.
Gary Shapiro estime
que l’intérêt grandissant
des grands groupes pour
les start-up est une belle
opportunité pour l’écosystème.
final. Il faut venir avec une idée,
trouver un moyen pour que les gens
s’arrêtent à son stand et « pitcher »
son projet efficacement. Ensuite, il
faut écouter. Ce que les entrepreneurs retirent du CES, ce sont des
informations sur ce que les investisseurs et les clients veulent vraiment.
Après, à eux d’adapter leur business. Pour une start-up, planifier
trop de choses sur le long terme est
une perte de temps et d’argent.
Propos recueillis par D. L.
Trois pépites tricolores prêtes pour le Consumer Electronics Show
By The Wave, le boîtier
qui coache les surfeurs
Notilo Plus, le drone
subaquatique pour plongeurs
R-Pur, le masque respiratoire
pour conducteurs de deux-roues
Basée à Hossegor, l’équipe de By
The Wave développe depuis
janvier 2017 un boîtier permettant d’analyser les performances
des surfeurs. « Nous avons
développé des modèles mathématiques qui nous permettent
de connaître leurs mouvements
précisément, que ce soit leur
positionnement, les mouvements
de leurs bras, etc. », détaille
le fondateur de l’entreprise,
Kévin Lestrade. Le boîtier,
qui est vendu 180 euros,
est délivré avec une application
qui indique aux utilisateurs
ce qu’ils ont bien fait, ce qu’ils
doivent améliorer et comment ils
peuvent s’y prendre pour le faire.
L’application propose par ailleurs
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Venus étudier à Paris, les deux
futurs cofondateurs de R-Pur
ont souffert de la pollution
au point d’imaginer leur future
start-up. A vélo ou à moto, ils ont
arpenté les rues de la capitale,
convaincus qu’il fallait apporter
une solution pour réduire
ses effets néfastes sur
les conducteurs de deux-roues.
Ils ont alors imaginé un masque
respiratoire capable de filtrer
les nanoparticules selon
la norme européenne FFP3,
à savoir la plus efficace
du marché. Pour lancer leur
produit, les deux entrepreneurs
ont démarré une campagne sur
Indiegogo qui leur a permis
de vendre l’équivalent
des défis à ses utilisateurs,
qui leur permettent d’obtenir
des réductions auprès
de marques partenaires. By The
Wave est en train de développer
un nouveau produit qui pourra
également être installé sur des
snowboards et des skates. C’est ce
dernier qui sera présenté au CES
en janvier. « Nous venons d’étendre
nos deux brevets aux Etats-Unis,
au Japon et à l’Australie, indique
le cofondateur. Nous allons
au CES pour trouver des
partenaires dans la distribution. »
La jeune pousse vient de boucler
une levée de fonds de
270.000 euros en amorçage,
et compte se lancer sous peu
dans une série A. — D. L.
Fort des 2 millions d’euros qu’elle
vient de lever en mai dernier, la
jeune pousse marseillaise qui
propose un drone sous-marin
veut étendre son rayon d’action.
Actuellement présent en Europe,
Notilo Plus produit iBubble, un
engin subaquatique qu’il veut
proposer aux marchés américain
et asiatique. L’iBubble se destine
aux plongeurs qui veulent
photographier ou filmer leurs
performances, un peu comme
le font les sportifs de l’extrême
avec des drones. Ils peuvent ainsi
prédire un scénario avant la
plongée, ou le positionner durant
l’expédition en fonction des
angles de prise de vue souhaités.
Son prix élevé – 4.000 euros –
limite en revanche encore le
nombre de ses utilisateurs
potentiels. Tout comme son poids
(9 kg), qui ne facilite pas son
transport. Mais Notilo Plus
commence à explorer le marché
des professionnels qui
pourraient plus facilement en
assumer le coût. Capable
d’identifier des objets précis grâce
à un outil de reconnaissance
d’image embarqué, ce sousmarin de poche pourrait
intéresser les polices
qui draguent le fond des fleuves
ou des lacs à la recherche
de cadavres par exemple. n
de 230.000 euros d’articles,
soit 340 % de plus qu’escompté.
Désormais hébergés à
Station F, ils lorgnent le marché
nord-américain, qu’ils avaient
déjà testé en début d’année avec
une première participation au
CES, et durant lequel ils avaient
reçu un Innovation Award
de la part des organisateurs.
Et surtout, ils veulent désormais
se diversifier en proposant
leur masque directement
aux professionnels.
Les pompiers et le GIGN
se sont notamment déjà montrés
intéressés, mais la jeune pousse
doit d’abord structurer
sa production pour faire face à
une demande très forte. — G. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
en
direct
Les objets design de
Pylones séduisent
les Chinois
ÎLE-DE-FRANCE La nouvelle
plate-forme de tri du port de
Bonneuil-sur-Marne (Val-deMarne) destinée à traiter une
partie des déblais de construction du métro du Grand Paris,
a été inaugurée. Le fleuve et
les installations d’Haropa Ports
de Paris doivent jouer un rôle
déterminant dans la logistique
de ce chantier hors norme.
ÎLE-DE-FRANCE Créé en 1985, le
Haropaports
PME
&REGIONS
Bonneuil armé pour
le Grand Paris
créateur d’objets inédits et design
Pylones veut capter la clientèle
chinoise. L’entreprise, qui a ouvert
sa première boutique à Hong
Kong en 2006, implante le moyen
de paiement préféré des Chinois
dans une cinquantaine de ses
boutiques en France,
en Allemagne, en Suisse, en
République tchèque, en Italie et
en Espagne. Pylones s’est appuyé
sur Silkpay, partenaire français
officiel d’Alipay, le géant
du paiement mobile et des services marketing digital chinois.
« Quelques secondes suffisent aux
clients chinois pour régler leurs
achats avec leur mobile », explique-t-on chez Pylones. Le groupe
est à la tête de 37 boutiques françaises, 45 européennes et
30 magasins sont sous licence
dans le reste du monde.
Uber veut être plus vert et part à la conquête
des villes moyennes
l La plate-forme de réservation
de VTC passe à la vitesse supérieure
avec l’ouverture de ses services
dans trois villes de taille modeste,
Aix-en-Provence, Avignon et Toulon.
l Désormais, ses services sont
délivrés dans quinze zones urbaines.
TRANSPORTS
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Et trois de plus. Avec Aix-en-Provence, Avignon et Toulon, Uber
porte désormais à 15 le nombre de
zones urbaines dans lesquelles sont
délivrés ses services. Ces ouvertures font suite à l’opération estivale
conduite par l’application sur le littoral atlantique et dans le sud du
pays. « Sur les deux mois de la saison,
600 chauffeurs ont réalisé leur
activité avec nous dans ces villes et
nous y avons enregistré plus de
40.000 demandes de courses », explique Rym Saker, porte-parole de
l’entreprise en France.
Dans les onze autres villes testées
cet été comme Deauville, SaintJean-de-Luz et Biarritz, la demande
a en revanche été jugée « trop cyclique » pour fournir suffisamment de
travail aux VTC. L’activité y aurait
pourtant augmenté de 35 %, mais
elle est le fait d’une fréquentation
majoritairement étrangère, selon
l’analyse de données dont se sert
Uber pour cibler son déploiement.
Malgré la longueur des démarches
pour devenir chauffeur VTC depuis
le vote de la loi Grandguillaume
régulant leur nombre, le groupe a
enregistré en France une croissance significative : entre mars et
juin, les effectifs de conducteurs
utilisant l’application ont gonflé de
3.000, pour s’établir à un total de
28.000, tandis que le nombre de
passagers transportés a franchi le
cap des 3 millions.
Taxis inquiets
La grogne des taxis n’est pas près
de s’éteindre. Dans la cité papale,
la profession s’était mobilisée cet
été pour protester contre l’arrivée d’Uber. « Nous allons veiller à
la stricte application de la loi et des
règles. Hors de question de les voir
rouler dans les voies de bus, occuper des emplacements réservés ou
prendre des clients à la volée »,
prévient aujourd’hui Jean
Capezza, le président du Syndicat
des artisans du taxi de Vaucluse,
qui s’inquiète des risques de cannibalisation du marché et de
baisse du prix des courses.
« Notre couverture est maintenant
suffisante sur la côte méditerranéenne », explique Uber. Outre
les trois nouvelles villes ouvertes
au Sud, l’application est active à
Toulouse, Montpellier, Mar-
Entre mars et juin, les effectifs de conducteurs utilisant l’application ont gonflé de 3.000, pour s’établir à un total de 28.000. Photo Shutterstock
seille, Cannes et Nice. Une autre
métropole sera ouverte d’ici à la
fin de l’année, mais le groupe
mise surtout sur le déploiement
de nouveaux services pour maintenir son rythme de croissance.
Début juillet, il a signé un accord
Uber va proposer
d’autres services,
notamment des
courses en véhicule
hybride ou électrique.
de partenariat expérimental avec
la régie Ligne d’Azur, qui exploite
le réseau des transports urbains
pour la métropole Nice Côte
d’Azur. Son objectif est d’offrir un
service nocturne de mobilité à la
demande quand le tram et le bus
s’arrêtent de fonctionner. Les
voyageurs paieront un prix fixe
de 6 euros pour une course en
Uber depuis et vers l’une des stations de la ville.
Le complément sera payé au
chauffeur par la métropole. Si
l’expérience est concluante, le
groupe pourrait alors proposer
ce service à d’autres collectivités parmi les quinze où il opère.
Mobilité douce
D’autres services vont être déployés
en régions, à commencer par
l’option UberGreen. Lancée à Paris
en juin 2016, elle permet de commander une course avec un véhicule hybride ou électrique. « Il s’agit
d’encourager une mobilité plus durable », explique le groupe, qui précise
que 2.800 véhicules sont concernés.
A Nice, Bordeaux et Lille, de nouveaux chauffeurs vont être encouragés à rouler propre grâce à une
prime de 4.000 euros versée par
Uber en complément de la prime
gouvernementale.
Le groupe veut, enfin, promouvoir la mobilité douce en intégrant à
son application d’autres modes de
transport pour réaliser des trajets
courts en centre-ville. Il a acheté
Jump, dont l’offre de vélos électriques en libre -ser vice sera
prochainement disponible à Paris.
Le géant des VTC a également
investi dans l’activité de Lime, dont
l’offre de trottinettes électriques en
« free floating » vient de débarquer
à Bordeaux. n
Les taxis font de la résistance dans les territoires ruraux
L’irruption d’Uber dans
les grandes villes a poussé
les compagnies de taxi
à s’organiser et à se doter
d’outils numériques. A la
campagne, le taxi domine,
assurant les transports
pour le secteur de la santé.
Julie Chauveau
— Avec le service Régions
Les taxis toujours vainqueurs en
nombre, mais pour quand ? Les
chiffres publiés par le rapport de
l’Observatoire national des transports publics particuliers de personnes, réalisé à partir de l’analyse
des recensements de taxis, même
s’il n’existe pas de registre national,
des registres de VTC et des cartes
professionnelles, montre que, fin
2017, sur les 82.000 véhicules circulant, 68 % étaient des taxis. Ils
étaient 78 % en 2016.
L’arrivée d’Uber dans les grandes
villes à partir de 2015 ne s’est pas
faite sans difficultés. Puis l’adaptation est venue. « Il y avait une inquiétude légitime, nous ne nous battions
pas à armes égales », retrace Hakim
Kerkoub, le président des Taxi13, la
plus grande compagnie de Strasbourg, qui regroupe 210 artisans.
Trois ans après l’arrivée d’Uber, ce
professionnel réclame toujours
davantage de régulation face à ce
qu’il nomme la maraude électronique, à laquelle se livreraient les
chauffeurs VTC en attendant les
courses à des stations de taxis ou
devant des hôtels. Mais l’arrivée des
VTC a été « un mal pour un bien qui a
conduit à une remise en question de la
profession », juge le président des
Taxis13. Depuis 2016, la compagnie
s’est dotée d’une application de
réservation et géolocalisation qui
représente aujourd’hui 20 % des
courses. Une prochaine version permettra un paiement dématérialisé.
Hakim Kerkoub estime que deux
clients sur trois partis à la concurrence ont été depuis récupérés. Il en
veut pour preuve le prix de la
licence, qui s’établissait à Strasbourg à 130.000 euros est remonté
depuis à 160.000 euros.
blit, lui, à 1,66 euro par kilomètre. Si
Uber présente l’avantage de la simplicité, la facture peut s’envoler dès
lors que la demande augmente avec
un système de majoration. « On sait
très bien que certains chauffeurs se
déconnectent de la plate-forme et
reviennent lorsque les prix sont
majorés », assure M. Delumeau,
président du Syndicat autonome
des artisans taxi de Gironde. Ces
derniers ont signé en septembre 2017 avec la mairie de Bordeaux
une charte de bonne conduite.
Retour des tensions
Charte de bonne conduite
A Na n t e s , U b e r a t r a n s p o r t é
200.000 clients en trois ans et fait
travailler 300 conducteurs. Selon
les usagers, la concurrence a eu un
effet perceptible sur la ponctualité
et la fiabilité des taxis. Mais la contre-attaque a elle aussi été essentiellement numérique. La coopérative
Taxis Nantes, principal acteur avec
168 véhicules, a investi dans une
application du même nom. Au bout
du compte, Taxi Nantes estimait
récemment que la concurrence n’a
pas vraiment fait baisser son activité. A Bordeaux, les prix ont tendance à se rapprocher. « Uber pratique un tarif kilométrique distinct
selon les villes et le marché. Il est
d’abord assez élevé pour recruter des
chauffeurs puis il baisse progressive-
ment », analyse Théodore Monzies,
fondateur d’Eurecab, une plateforme comparant les prix des VTC
et des taxis. Si Uber pratique un tarif
kilométrique distinct dans chaque
ville, à Bordeaux il s’établit à
1,20 euro, sans compter 0,30 euro
par minute. Le tarif des taxis s’éta-
Depuis quelques semaines, la concurrence est à nouveau exacerbée.
« Sur le terrain, c’est l’anarchie, avec
une multitude de chauffeurs travaillant sans carte professionnelle,
sans autorisation et attendant les
clients, parfois même sur les emplacements de taxi, par exemple à la gare
ou près du Grand Hôtel. Les rapports
deviennent très tendus, et cela cause
des problèmes à tout le monde, y compris aux chauffeurs de VTC qui sont
en règle », insiste Robert BerardKarna, président du Syndicat des
taxis de Bordeaux Métropole
Gironde. Une rencontre est prévue
dès la semaine prochaine avec
l’adjoint au maire chargé de la voirie.
Mais l’avenir se compliquera
encore avec l’arrivée de nouvelles
sortes de plates-formes de covoiturage. A Lyon, Lyko propose de mettre
en relation des conducteurs et des
voyageurs qui se rendent à l’aéroport
de Lyon Saint-Exupéry. Le fondateur
est un ancien chauffeur de taxi. Son
logiciel fixe les points de récupération selon les horaires de vol et adresses des uns et des autres. La start-up
vise les aéroports parisiens dans les
semaines qui viennent, suivi de ceux
de Bordeaux et Nice l’an prochain.
Un marché qui est traditionnellement le cœur de métier du taxi dans
les grandes villes.
Sur l’ensemble de l’Hexagone,
l’activité est différente. La concentration de chauffeurs de taxi est élevée
en Ile-de-France et… dans les espaces ruraux. En moyenne, pour
10.000 habitants, il y a environ 8
taxis. La préfecture de police de Paris
en compte 30,2, les grandes villes ont
une offre de plus faible avec seulement 5 unités. Le département où la
densité des taxis est la plus faible est
le Nord : seulement 633 pour environ 2,6 millions d’habitants, soit
2,4 p our 10.000 habitants. A
l’inverse, il y a en moyenne 10 taxis
pour 10.000 habitants dans les territoires ruraux, dont 19 en Creuse et en
Lozère. Une situation qui s’explique
en partie par le poids des transports
de malades assurés par les entreprises de taxi. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 29
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
15
GRAND EST Le groupe sidérurgi-
Les lignes Aurillac-Paris, Brive-Paris, Le Puy-Paris, Rodez-Paris ainsi
que La Rochelle-Poitiers-Lyon profitent de ces subventions. Ces lignes
s’inscrivent dans le cadre d’obligations de service public définies par
un règlement européen.
Fred Marvaux/RÉA
MILLIONS D’EUROS
supplémentaires vont être attribués
à partir de 2019 par l’Etat aux lignes
d’aménagement du territoire, ces
liaisons aériennes visant à desservir
des territoires enclavés. Le budget
consacré en 2018 à ces lignes aériennes s’est élevé à 5 millions d’euros.
innovateurs
ArcelorMittal
s’associe à Novafer
que ArcelorMittal a créé avec
Novafer une coentreprise pour
reprendre, sur le site de Florange
(Moselle), la maintenance des
wagons, une activité jusque-là
assurée entièrement par sa filiale
Gepor. Cette entité sera détenue
à parité par ArcelorMittal et
Novafer et disposera d’un atelier
de 6.000 mètres carrés.
Epsiline optimise le
rendement des éoliennes
avec son radar optique
vent tournées en studio, constitue
un autre atout mais se heurte à la
taille modeste des studios niçois,
corsetés sur 7 hectares et sans possibilité d’extension. Le comité préconise de développer des partenariats régionaux, en particulier avec
Provence Studios, à Martigues, qui
dispose de 22.000 mètres carrés de
PROVENCE-ALPESCOTE D’AZUR
Repris en régie depuis
2017, les studios
de la Victorine
sont en difficulté.
Un rapprochement
avec Provence Studios
à Martigues
est proposé.
La vogue des séries
TV, souvent tournées
en studio, constitue
un autre atout.
Christiane Navas
— Correspondante à Nice
Quel avenir pour les studios de la
Victorine à Nice ? 2019, l’année de
leur centenaire, sera-t-elle celle de
la renaissance ? Composé de professionnels, le comité Victorine,
présidé par Eric Garandeau (ancien
président du CNC), vient de présenter une feuille de route pour relancer l’activité des studios, qui « sans
moyens tournent aujourd’hui au
ralenti ». Propriété de la ville de Nice
depuis 1960, les studios de la Victorine ont été repris en régie depuis
novembre 2017 après l’échec des
différentes tentatives de confier, via
une délégation de service public,
leur exploitation à des opérateurs
privés. Le dernier en date avait été le
groupe Euro Media France, de 2000
L’objectif est de créer un pôle régional capable de rivaliser avec
ses concurrents européens. Photo Ville de Nice
à 2017. Les studios accueillent
encore quelques tournages, des
spots publicitaires et actuellement
la saison 2 de la série britannique
« Riviera ».
« Sanctuariser » le site
« Il n’y aura pas de projet immobilier
à la place des studios », a garanti le
maire de Nice, Christian Estrosi, qui
a réaffirmé son intention de « sanctuariser » le site dans les documents
d’urbanisme de la ville. Il a confié à
un comité de professionnels le soin
de proposer des pistes pour relancer l’activité cinématographique et
audiovisuelle. « La révolution
numérique est favorable au retour à
une activité en studio », analyse Eric
Garandeau. Mais cela suppose des
investissements (pas encore chiffrés) pour moderniser le site et le
doter des équipements numériques
nécessaires à l’accueil de projets liés
aux jeux vidéo et à la réalité virtuelle. La vogue des séries TV, sou-
bâtiments et d’une réserve de plus
de 20 hectares disponibles à proximité de l’étang de Berre. Il s’agirait
de créer un pôle en région Sud capable de rivaliser avec les concurrents
européens. Ce rapprochement permettrait de mobiliser des financements.
Le comité met l’accent sur la possibilité de développer des filières
métiers en partenariat avec le pôle
image en gestation sur Cannes et en
valorisant les savoir-faire des techniciens des studios avec le lancement d’une école des compagnons
de la Victorine. Le rapport recommande, enfin, la création d’une
société d’économie mixte qui permettrait de concilier la souplesse de
la gestion privée avec le contrôle de
la puissance publique. n
Epsiline
Un nouveau scénario pour relancer
les studios de la Victorine
LA TECHNOLOGIE
EPSILINE
Date de création : 2009
Président-fondateur :
Christophe Lepaysan
Effectif : 4 personnes
Secteur : éolien
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
A Toulouse, Epsiline a conçu un
petit lidar (laser radar), qui
mesure avec précision le vent
pour orienter de manière optimale les éoliennes. L’appareil,
placé sur la tête de l’éolienne,
détermine la vitesse et le sens du
vent, qui souffle 10 mètres
devant les pales, et non derrière
comme un anémomètre classique. « Ce guidage plus précis augmente le rendement électrique de
l’éolienne de 2 à 5 % et apporte un
gain de 5.000 à 20.000 euros par
an », affirme Christophe Lepaysan, président d’Epsiline, qu’il a
fondé en 2009 après ses études à
l’Institut d’optique de Paris-Saclay. Autre avantage : la bonne
orientation des pales diminue
Le constructeur E-Loft va créer
100 emplois pour ses maisons en bois
Le vendeur de maisons
en bois construites
en usine va s’installer
dans l’ex-site
de Chaffoteaux &
Maury situé près de
Saint-Brieuc.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
E-Loft fabrique en usine des maisons en bois – 9 modèles différents –
qui sont livrées finies. Il ne reste
plus ensuite à ses équipes qu’à la
fixer au sol, relier les réseaux électriques et de distribution d’eau et
effectuer les finitions. Le tout en
seulement 3 à 5 semaines d’interventions. « Notre ambition, indique
Philippe Roué, l’un des deux dirigeants d’E-Loft, est de produire une
maison par jour. »
L’e n t r e p r i s e ay a n t b e s o i n
d’espace va s’installer dans une
partie de l’ex-usine Chaffoteaux &
Maury près de Saint-Brieuc. Elle a
longtemps fabriqué des chaudières à gaz, mais le site est fermé
depuis 2013. E-Loft va occuper plus
de 10.00 mètres carrés de locaux
qui sont achetés auprès des deux
investisseurs, propriétaires depuis
quelques semaines des 48.000
mètres carrés de l’ancienne usine
où ils entendent attirer d’autres
industriels.
Cent emplois en plus
E-Loft emploie 40 collaborateurs.
Son nouvel espace va lui permettre
de répondre à la demande, à condition d’embaucher. Cent emplois
supplémentaires vont donc être
créés au cours des deux prochaines
années. La société a réalisé 5 millions d’euros de chiffre d’affaires en
2017, elle table sur 7 millions
d’euros en 2018. Pour se développer,
l’entreprise vient de faire rentrer
dans son capital le fonds Enthéos
qui lui apporte plusieurs millions
d’euros.
L’entreprise bretonne a déjà livré
et installé une centaine de maisons,
principalement dans le grand
Ouest de la France. Elle recrute des
commerciaux pour étendre sa zone
d’intervention. Chaque maison,
d’une surface comprise entre 63 et
145 mètres carrés, revient à l’acheteur au prix de 1.000 à 1.100 euros le
mètre carré (hors terrain). E-Loft
fait état d’une clientèle variée formée de primo-accédants, mais également d’inves t i s seu rs et de
familles à la recherche de résidences secondaires. n
Le pâtissier Geldelis se prépare à grandir
LA PME À SUIVRE
BRETAGNE
Effectif : 60 salariés
Chiffre d’affaires : 10 millions
Activité : Pâtisserie industrielle
Lidl, Picard, Carrefour, mais aussi
celles de la restauration hors foyer…
sont quelques-unes des enseignes
de distribution à vendre dans leurs
r ayo n s l e s t a r t e s , q u i c h e s e t
autres préparations à base de pâte
de Geldelis. Forte d’une croissance
annuelle comprise entre 20 et 30 %,
l’entreprise bretonne située à Torcé,
en Ille-et-Vilaine, entame une
extension de 2.000 m² de ses locaux
industriels afin « d’augmenter de
l’ordre de 30 % nos capacités de production », indique Fabrice Besnoux,
le responsable industriel. Les travaux, de plusieurs millions d’euros
– la société reste discrète sur le chiffrage exact de l’investissement –,
seront achevés dans le courant de
2019.
Cette année, Geldelis va mettre
sur le marché 2.600 tonnes de produits finis dont 15 % destinés à
l’export. Outre les pays européens,
le fabricant, qui fait état de 200 références différentes de clafoutis salés,
pizzas, fars bretons, vend ses produits frais en France et surgelés
dans des zones plus éloignées
comme Israël, mais aussi en Chine
pour des clients distributeurs. « Le
service de R&D de l’entreprise, continue Fabrice Besnoux, adapte nos
recettes aux goûts des pays où nous
sommes présents, notamment afin
de nous mettre en conformité avec les
normes sanitaires locales. » En 2017,
Geldelis a réalisé un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros qui sera
porté à 13 millions d’euros en 2018.
Une vingtaine
de recrutements
Ce développement nécessite des
postes supplémentaires. L’entreprise emploie actuellement 60 collaborateurs et entame un plan de
recrutement qui porte sur plus
d’une vingtaine de personnes.
Dirigée par Annie Saulnier qui
préside l’Association bretonne des
entreprises agroalimentaires
(Abea), fédération des industries de
transformation des viandes, des
produits laitiers ou de la mer, Geldelis est filiale du groupe familial J
Dis. Présidée par Joseph Jouault, le
père d’Annie Saulnier, cette société
holding contrôle, outre Geldelis,
plusieurs autres sociétés régionales. Il s’agit notamment de Terdici,
spécialisée dans la fabrication d’aliments pour le bétail qui dispose de
3 usines, mais aussi de Lysadis, un
réseau régional constitué de 4 jardineries, toutes situées en Ille-et-Vilaine. — S. du G.
Quatre fois moins cher
« Vendu 25.000 euros, notre
appareil coûte quatre fois moins
cher que les lidars existants et
peut être amorti en un an et
demi », explique Christophe
Lepaysan. La société sous-traite
la fabrication des composants et
effectue l’assemblage, les tests et
la livraison. Depuis le début de
la commercialisation en 2016,
elle en a vendu une quinzaine en
France, en Grèce, au Portugal et
en Inde, notamment à Engie
Green et Total Eren. Après avoir
levé plus de 2 millions d’euros
entre 2012 et 2017, Epsiline prévoit un nouveau tour de table
dans un an pour commercialiser ses appareils aux Etats-Unis
et en Chine, grands pays utilisateurs d’éoliennes. n
Semin lance l’enduit
de rebouchage
en aérosol
Semin
BRETAGNE
les vibrations et accroît la durée
de vie de l’éolienne. Mais les
lidars sont chers à produire.
Pour baisser leur coût, Epsiline
a développé avec le Laboratoire
d’architecture et d’analyse des
systèmes (LAAS) du CNRS, à
Toulouse, une technologie plus
simple avec moins de composants, qu’il a brevetée. Son radar
optique, baptisé « YawAdvisor », utilise des semi-conducteurs qui émettent la lumière à
travers la lentille, à la place des
sources laser plus onéreuses. Le
fonctionnement est semblable
à un lidar classique : le laser
envoie un faisceau lumineux et
les particules dans l’air réfléchissent une partie de la
lumière vers l’appareil, qui calcule ainsi la vitesse du vent.
L’INVENTION
SEMIN
Date de création : 1838
Président : Philippe Semin
Chiffre d’affaires :
130 millions d’euros en 2017
Effectif : 600 personnes
Secteur : bâtiment
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
Simplifier l’application des produits et rendre leur utilisation
plus propre. C’est l’idée directrice
de la politique d’innovation de
Semin, spécialiste français des
produits pour le second œuvre
dans le bâtiment, dont l’une des
usines est basée à Amblainville,
dans l’Oise. Illustration de cette
stratégie, il vient de lancer le premier enduit de rebouchage en
aérosol, dont la mise au point a
n é c e s s i t é u n a n d e R & D.
L’enduit, prêt à l’emploi, devait
être rendu assez liquide pour
être pulvérisé. Un problème
résolu par l’utilisation de l’azote,
grâce auquel il prend la consistance d’une mousse, facilement
injectable dans les trous. « Ce
projet a mobilisé un tiers de notre
budget de recherche, soit environ
1 million d’euros », souligne Ludivine Wininger, responsable du
laboratoire de l’entreprise localisée à Kédange-sur-Canner.
Commercialisé sous le nom de
« Re-bouch-trou », ce nouvel
enduit a été, selon elle, très bien
accueilli par les consommateurs. Le groupe a lancé un autre
enduit innovant, dit à « poussière maîtrisée ». Plus de deux
ans de recherche et de tests sur
chantiers ont été nécessaires
pour rendre la charge minérale
plus lourde et réduire ainsi la
poussière au ponçage. « Les éléments en suspension ont été
réduits par trois, ce qui offre un
confort d’utilisation inédit », se
félicite Philippe Semin, PDG de
cette ETI familiale.
Une étude sur l’alginate
Semin a aussi fait des efforts
pour substituer les résines synthétiques dans ces produits.
Dans les enduits en poudre,
99 % des composants sont
désormais d’origine minérale
ou issus du végétal. Pour cela,
l’entreprise a fait feu de tout bois
en recourant aux amidons issus
de la pomme de terre, du blé ou
des pois. « Nous menons une
grande étude actuellement sur
l’utilisation de l’alginate, tiré des
algues », confie Ludivine Wininger. Depuis 2012, Semin a réduit
de plus de 30 % sa consommation de polymères. n
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30 // ENTREPRENEUR
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
Prix de l’Entrepreneur de l’année
2018
Des dirigeants au parcours exemplaire sont, cette année encore, mis à l’honneur par le prix de l’Entrepreneur
de l’année organisé par EY, en partenariat avec HSBC, Verlingue, Steelcase et bpifrance. « Les Echos » vous font
découvrir, région par région, ces champions de la croissance durable et les clefs de leur succès.
EST //
Pour Stéphane Lehning,
les plantes c’est la santé
Avec sa nouvelle gamme de
compléments alimentaires
naturels, le président des
Laboratoires Lehning veut
démontrer les vertus des
plantes dans le traitement
des maux quotidiens.
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
P
etit-fils de René Lehning,
inventeur de l’antigrippal
L 52, et représentant de la
troisième génération à la tête de
l’entreprise familiale, Stéphane
Lehning, quarante-trois ans, veille
au grain. Et c’est peu dire ! Le 14 septembre 2018, lors de l’inauguration
des nouvelles installations des
Laboratoires Lehning – un investissement de 8,2 millions d’euros sur le
site de Sainte-Barbe, dans la campagne mosellane – l’entrepreneur a
fait figure d’homme-orchestre.
Très à l’aise devant un parterre de
400 invités, il s’est montré attentif
au moindre détail de la visite de
l’usine de 11.500 mètres carrés, qui
exporte ses produits naturels et
homéopathiques dans 40 pays.
Incollable sur les vertus de la propolis verte du Brésil ou de la teinture mère de cassis, Stéphane Lehning maîtrise également les
arcanes de l’autoconsommation
d’énergie verte, tant il a surmonté
d’obstacles administratifs pour
couvrir son site de plus de 3.000
panneaux solaires. Conquérant, il
annonce à la presse une diversifica-
Stéphane Lehning, quarante-trois ans, maîtrise les arcanes
de l’autoconsommation d’énergie verte. Photo DR
tion dans les compléments alimentaires et de grandes ambitions à
l’international. Ce fils et petit-fils de
dirigeants restés fidèles au village
de Sainte-Barbe depuis plus un siècle, se dit volontiers diplômé en BSP
(« bon sens paysan »). La boutade
masque une vaste culture de l’herboristerie, une grande capacité
organisationnelle et l’art de capter
l’air du temps pour convertir les
tendances détectées en opportunités commerciales.
Un savoir cultivé
Stéphane Lehning s’est initié dès
l’enfance aux vertus de l’homéopathie grâce à son père, qui a conforté
le laboratoire familial et commencé
l’export. Il a cultivé ce savoir avec
des médecins et des botanistes,
dont Jean Florentin, ethno-pharmacologue et compagnon de route
d u m e s s i n Je a n - M a r i e P e l t .
« L’homéopathie suscite beaucoup
d e d i s c u s si o n s , n o n p a s p o u r
convaincre, mais pour apprendre et
échanger », note ce diplômé de droit
privé, qui complète ses connaissances par d’arides lectures d’ouvrages
techniques sur le végétal, les vaccins ou la chirurgie.
Dirigeant les Laboratoires
Lehing depuis 2004, Stéphane Lehning a simultanément entrepris de
conforter l’outil industriel et de
diversifier ses marchés. Son groupe,
qui compte désormais 320 salariés
NORD DE FRANCE //
Avec Loïc Quentin de Gromard,
Saverglass s’est réinventé
Propulsé PDG du verrier
picard il y a trente ans, il l’a
transformé en colosse
industriel. Saverglass
rayonne désormais jusque
sur le continent américain.
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
C
ette fois, il en est sûr, ce sera
la bonne. A tout juste soixante-dix ans, Loïc Quentin de
Gromard est sur le point de transmettre à Jean-Marc Arrambourg la
présidence exécutive de Saverglass,
le groupe verrier auquel il aura consacré plus de trente ans de sa vie professionnelle. Et dont il est parvenu à
faire le leader mondial de sa spécialité : les bouteilles de luxe pour spiritueux et vins fins. Fin 1984, à son arrivée dans la société basée à
Feuquières (Oise), les choses n’ont
rien d’acquis. Tous les voyants de ce
symbole de l'empire Desjonquères,
START-UP
La société de biotechnologies s’est muée, en moins
de trois ans, en champion
français de la production
de protéines d’insectes.
Clément Ray a reçu le prix
de l’Entrepreneur de l’année
catégorie start-up. Photo DR
InnovaFeed se sent pousser des
ailes. Moins de trois ans après sa
création par Clément Ray et trois
associés, l’entreprise est parvenue,
en janvier 2018, à boucler une première levée de fonds de 15 millions
d’euros. Et à annoncer, fin septembre, la création de sa seconde unité
industrielle en partenariat avec
Tereos, le géant sucrier. L’usine,
basée à Nesles (Somme), verra le
jour en 2019 avec 110 d’emplois à la
clef. « Il s’agira de l’une des principales unités européennes de production
de protéines à base d’insectes destinées à l’alimentation animale et plus
connu sous le nom de Société Autonome de Verreries, sont au rouge.
Ses pertes cumulées à 2 millions
menacent à court terme la survie du
verrier. Loïc Quentin de Gromard,
ingénieur passé sur les bancs de
l’IAE Paris et de l’Ensae Executive, se
voit confier l’élaboration d’un plan
de la dernière chance. Sa stratégie
approuvée, le voilà propulsé PDG de
la société, qu’il redresse au forceps. Il
arrête un des deux fours et licencie
30 personnes en les reclassant pres-
START-UP
pour 55 millions d’euros de chiffre
d’affaires en 2017, détient une usine
dédiée à la nutrition animale à
Clermont-Ferrand, une filiale au
Brésil et une société de distribution
de préparations homéopathiques à
Paris. Inlassable VRP à l’international, Stéphane Lehning se tient à
l’affût de nouvelles croissances
externes, notamment en Amérique
du Nord et du Sud.
Avec sa gamme de compléments
alimentaires d’origine naturelle
lancée en juin dernier, l’autodidacte
des sciences naturelles entend faire
valoir un siècle de savoir-faire familial et démontrer de manière encore
plus formelle les vertus thérapeutiques du végétal. n
`
SUR
LE WEB
•
Les autres lauréats de la
région Est sur entrepreneurs.lesechos.fr
Tennispro Distribution
Prix de l’Entreprise globale ;
EIMI Prix de la Vision stratégique ; De Giorgi
Constructions Prix de l’Entreprise familiale ; Chêne
de l’Est Prix de l’Entrepreneur franco-allemand ;
Visible Patient Prix de la
Stratégie disruptive ;
In’bô Prix de l’Engagement
sociétal.
que toutes. Un programme d’investissement de 1,5 million d’euros
reçoit l’assentiment des actionnaires
et des banques.
L’objectif est alors de se concentrer uniquement sur la fabrication,
puis la décoration de bouteilles de
luxe, un créneau émergent. Dès
1985, l’entreprise restructurée enregistre un modeste bénéfice. Suffisant, en tout cas, pour convaincre
les actionnaires d’investir, en 1988,
20 millions d’euros – un montant
égal au chiffre d’affaires ! – pour
doubler la capacité de production.
Symbole de ce renouveau : le
groupe change de nom et devient
Saverglass. Pour Loïc Quentin de
Gromard, c’est aussi l’occasion de
mettre en pratique son éthique du
management, centrée sur l’association et le respect des collaborateurs.
InnovaFeed nourrit les
poissons avec des mouches
particulièrement à la pisciculture »,
annonce Clément Ray, qui tient les
détails du projet secrets.
Appetit de fer
Ce succès, InnovaFeed le doit à un
petit insecte : Hermetia illucens,
mouche endémique d’Europe,
aux multiples vertus. Une croissance rapide, d’abord : 8 jours
seulement, contre plus de 50
pour les autres insectes autorisés
dans la production de protéines.
Un appétit de fer, surtout, les larves étant capables de dévorer des
tonnes de coproduits : de résidus
de production issus de l’industrie
betteravière et de l’amidonnerie.
InnovaFeed a validé son concept
en implantant, en 2016, un premier pilote industriel à Gouzeaucourt, non loin de Cambrai, dans
le Pas-de-Calais. L’unité de Nesles, qui entrera en service dès
2019, sera trente fois plus importante. « Nous allons permettre
l’économie de 25.000 tonnes de
dioxyde de carbone par an. Notre
ambition est de participer à une
production de qualité et respectueuse de l’environnement dans le
secteur de l’aquaculture », se félicite Clément Ray.
Grâce au soutien de ses actionnaires et d’investisseurs privés,
InnovaFeed ambitionne de créer
une vingtaine de sites industriels
d’ici à 2025. — G. R.
Quipment
gère l’intendance des
essais cliniques
Installée à Nancy, la
start-up gère l’approvisionnement en matériel
scientifique de dizaines de
laboratoires dans le monde.
Le bâtiment en bois flambant neuf
possède des allures de navire, et
l’espace de stockage de 500 mètres
carrés dont les racks montent à
6,30 mètres ressemble à une cale.
« Nous sommes les soutiers de la
recherche clinique », plaisante Pierre
Malingrey, président-cofondateur
de Quipment, en arpentant les
réserves et la zone logistique de son
nouveau site nancéien. Le matériel
stocké – des centaines de centrifugeuses pour produits sanguins, congélateurs, électrocardiographes et
autres appareils de mesure – est
expédié dans 80 pays pour fournir à
la recherche clinique mondiale un
matériel parfaitement normé, calibré et opérationnel.
Nouveaux médicaments
Associé à Valère Horath, commercial, et à Jérôme Gil, ingénieur
biologiste, Pierre Malingrey,
diplômé d’HEC, a convaincu une
cinquantaine de laboratoires et
prestataires mondiaux. Conditionné dans des emballages sur
mesure, le matériel correspondant
aux normes électriques, au fuseau
horaire et aux normes en vigueur
dans le pays d’utilisation parvient à
Jérôme Gil, Pierre Malingrey
et Valère Horath, les trois
cofondateurs de Quipment.
Photo Quipment
ses utilisateurs accompagné d’un
mode d’emploi rédigé dans la langue idoine.
« Auparavant, les laboratoires
géraient tant bien que mal le matériel
nécessaire à leurs essais, au prix de
beaucoup de casse, de gâchis et de risques d’erreur. Nous leur avons
apporté une solution structurée,
flexible et parfaitement traçable »,
e x p l i q u e P i e r r e M a l i n g r e y.
L’industrie pharmaceutique et
ses partenaires hospitaliers sont
ainsi en mesure de tester les nouveaux médicaments dans les
meilleures conditions avant leur
validation définitive.
Le savoir-faire déployé depuis
2010 par la PME lorraine a séduit
jusqu’aux Etats-Unis. En 2015,
Valère Horath a traversé l’Atlantique pour implanter Quipment à
Atlanta, et créer des entrepôts
rigoureusement identiques à la
base logistique de Nancy. La filiale
américaine réalise déjà 7 millions
d’euros de chiffre d’affaires, soit
plus de la moitié des 10 millions
d’euros de sa maison mère. — P. B.
Loïc Quentin de Gromard, président de Saverglass. Photo Loïc Quentin
« Dès 1985, nous avons mis en place
un contrat d’intéressement, mesure
alors très innovante, pour associer
les 260 collaborateurs aux progrès de
l’entreprise », se remémore-t-il.
Filiales à l’étranger
Dans les années qui suivent, le
groupe engage un programme de
création de capacités nouvelles et
de filiales à l’étranger. Pour le
mener, trois opérations de financement en LBO sont menées avec le
fonds Natixis Industrie, puis Astorg
aux côtés des cadres du groupe, et
enfin avec l’américain Carlyle, associé à quelque 300 collaborateurs. Le
plan de développement est un succès et permet à Saverglass d’accéder
au rang de leader mondial sur le
créneau des flacons premium avec
une part de marché de 64 %. De
1986 à 2016, sa production de verre
est passée de 20.000 à 410.000 tonnes, soit quelque 700 millions de
bouteilles et carafes de luxe fabriquées dans les quatre usines du
groupe. Côté décor, 170 millions
d’opérations sont réalisées dans les
trois unités françaises. Le groupe
pèse environ 3.000 emplois, dont
2.500 en France. A l’international,
après s’être implanté aux Emirats
arabes unis, le groupe a investi
120 millions dans une usine, à Guadalajara, au Mexique. Intégrant une
unité ultramoderne de décor,
l’unité de production mexicaine,
démarrée en juin 2018, doit conforter la position de Saverglass sur le
marché américain des spiritueux
haut de gamme, la tequila notamment. Avec cinq usines et quatre
unités de décor, le verrier va franchir la barre symbolique des
500 millions de chiffre d’affaires. n
`
•
SUR
LE WEB
Les autres lauréats de la
région Est sur entrepreneurs.lesechos.fr
Saagie Prix du Born Global ;
Morphosis Prix de la Vision
stratégique ; Champagne
Billecart-Salmon Prix de
l’Entreprise familiale ; Colisweb Prix de la Stratégie
disruptive ; Urbilog et Compéthance Prix de l’Engagement sociétal
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 31
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
AJ PARTENAIRES
Maître Maurice PICARD – Administrateur Judiciaire
22, rue du Cordier - BP 107 – 01 000 BOURG-EN-BRESSE
Tél.: 04.74.45.92.00 – Télécopie: 04.74.45.92.11
Courriel: guillaume.jouet@ajpartenaires.fr
APPEL D’OFFRES EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Recherche d’offre(s) de cession (Art. L 631-13 du Code de Commerce)
SARL CST BATIMENT – 01600 TREVOUX
Activité : Réalisation de travaux de plâtrerie, peinture, décoration, ravalement
Clients/secteur : Particuliers, constructeurs, architectes / Rhône, Ain
Site internet : www.cst-batiment.com
C.A. au 31.12.2017 (12 MOIS) : 643 K €
C.A. au 31.12.2016 (12 MOIS) : 729 K €
Effectif : 6 salariés
RECHERCHE DE PARTENAIRES/CANDIDATS
A LA REPRISE EN REDRESSEMENT
JUDICIAIRE
Maître Christophe BIDAN
31 Boulevard Albert Einstein
Bâtiment E
44300 NANTES
CONTACT :
Gwénola FERRON
Tel: 02 40 12 12 37
Fax: 02 40 12 12 57
nantes@ajassocies.fr
www.ajadataroom.fr
Une note de présentation sera adressée sur demande écrite précisant l’identité du candidat
repreneur et justifiant de sa capacité commerciale et financière à intervenir dans une telle affaire.
DATE LIMITE DE DEPOT DES OFFRES : LUNDI 29 OCTOBRE 2018 À 12 HEURES
ENTREPRISE À CÉDER
(ARTICLES L.631-22 ET L.642-1 ET SUIVANTS DU CODE DU COMMERCE)
Activité : Salle de culture physique, musculation, cardio training, danse,
fitness, loisirs et toutes activités se rattachant.
Implantation : 94
Salariés à ce jour : 6
CA 30/06/2016 : 1 073 795 €
Date limite de dépôt des offres : 07/11/2018 à 12h00
Maître Florence TULIER POLGE – Administrateur Judiciaire
Rue René Cassin - 91000 EVRY – Tél. : 01 60 87 36 36 – Fax : 01 60 87 36 37
etude@tulier-aj.com – Contact : Engareh ALIREZAI
Références à rappeler : 2599
Activité : Restauration traditionnelle –« LA PATATERIE »
Chiffre d’affaires au 31/12/2017 : 746 370 €
Effectif : 11
Localisation : Centre commercial Pôle Sud -44115 BASSE GOULAINE
Actifs à céder : fonds de commerce, bail commercial, contrat de franchise,
stocks, matériels d’exploitation, clientèle
Date Redressement Judiciaire : 26 septembre 2018
La date limite de dépôt des offres est fixée au : 7 NOVEMBRE 2018
Une data room électronique hébergée sur notre site www.ajadataroom.fr
sera accessible après acceptation d’un engagement de confidentialité.
Réf. à rappeler : 21435
Hélène Bourbouloux
Jean-François Blanc
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
Sylvain Hustaix
Benjamin Tamboise
Jean-Marc Livolsi
cahier de charges)
Réception des offres: A.J.I.R.E.-Administrateurs Judiciaires - Maître Erwan MERLY
Bureau de Rennes : 6, cours Raphael Binet - 35065 RENNES CX
Contact :Dorian LEGOUT
Tel: 02 99 67 84 90 - Fax: 02 99 30 50 10 - etude.rennes@ajire.eu
RECHERCHE PARTENAIRES / REPRENEURS
RECHERCHE DE REPRENEURS
TRANSPORT DEMENAGEMENT ENSEIGNE NATIONALE
SARL LA VOLONTÉ AU SERVICE DE L’HYGIÈNE (VSH) – NETTOYAGE INDUSTRIEL (92)
Activité: Société constituée en 1993 spécialisée dans le nettoyage industriel (locaux
commerciaux et administratifs, parties communes) – CA au 31/12/2017: 4549K€ dont 80%
dans le cadre de marchés publics – Portefeuille clients au 01/10/2018: 17 clients, essentiellement
en Île-de-France (120 K€ HT/mois) – Effectif total: 96 CDI outre des agents de service en CDD
en fonction des besoins – Lieu d’activité: 35 boulevard de Stalingrad – 92240 MALAKOFF
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au : 6 novembre 2018 à 12h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du Code de Commerce) en
6 exemplaires (dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire (Me Gaël Couturier) et au liquidateur
judiciaire (Me Christophe BASSE). L’accès à une data room électronique sera autorisé après
régularisation d’un engagement de confidentialité, la signature du règlement data-room, et une
présentation succincte du candidat à la reprise. Référence à rappeler impérativement : VSH–LJPA
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB, M Gaël COUTURIER – Administrateurs Judiciaires Associés
Tour CB21, 16 place de l’Iris – 92040 Paris La Défense – www.fhbx.eu
Fax : 01 40 97 02 33 / e-mail : morgan.bayon@fhbx.eu
RECHERCHE DE CANDIDATS REPRENEURS
EN PLAN DE CESSION
SELARL V&V
Maître Daniel VALDMAN
Administrateur Judiciaire Associé
CONTACT:
S. LELEU
8, Impasse Jean-Claude
Chabanne
95300 PONTOISE
31 OCTOBRE 2018 – 17H00
RECHERCHE DE PARTENAIRE OU DE REPRENEUR
2 ENTREPRISES EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
APPEL D’OFFRES
En redressement judiciaire
1 salarié
Chiffre d’affaires au 31/12/2017 (12 mois) : 212 K €
POUR TOUS RENSEIGNEMENTS
Résultat d’exploitation
au 31/12/2017 (12 mois) : - 49 K €
Date Redressement Judiciaire : 21 décembre 2017
Couverture géographique : national et international
Implantation : Val d’Oise
CA HT au 31/12/2017 : 980 K€
Personnel : 8 CDI
Clients : particuliers, entreprises
Produits : 2 sociétés d’exploitation spécialistes du déménagement
particuliers et professionnels
COMMENTAIRES :
- Titulaires 2 franchises d’exploitation région parisienne (92 et 93)
- Garde meubles : capacité 200 caisses
Date redressement judiciaire : 30 avril 2018 et 4 juin 2018
La date limite de dépôt des offres de reprise / partenariat est fixée au:
Tout dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort émanant
du candidat, justifiant de sa qualité et de sa capacité à présenter une éventuelle offre.
e-mail: s.leleu@reajir.fr
ENTREPRISE EXPLOITANT UNE ACTIVITÉ DE BAR À VIN
ET DE CAVE À VIN À PARIS, DANS LE 4ÈME ARRONDISSEMENT
ENTREPRISE DE DÉSAMIANTAGE
Siège social et lieux des principaux chantiers :
Yvelines (78) et Ile-de-France
(accès donné à une data room électronique sur demande écrite et motivée justifiant d’une capacité
commerciale, industrielle ou financière adaptée, après signature d'un engagement de confidentialité et d’un
Blois-Bobigny-Cayenne-Créteil-Evreux-Fort de France-Gosier-Le Mans-Marseille- Mulhouse-Nantes-Nevers-Orléans
Paris Flandrin-Paris La Fayette-Poitiers-Rennes-Rouen-Tours-Versailles
Un dossier de présentation peut être obtenu auprès de Maître Florence TULIER POLGE sur demande écrite.
Activité : Travaux de protection et de sécurité en milieu
industriel et l’isolation par traitement et revêtement.
Activité : négoce de produits carnés en France et à l’international
- Chiffre d'affaires 2017 : 75 M€
- Nombre de salariés : 15
- Localisation : BRETAGNE
Date limite de dépôt des offres :
Vendredi 26 Octobre 2018 à 12 Heures
Franck MICHEL - Alain MIROITE - Charles GORINS - Nicolas DESHAYES - Christophe BIDAN - Yves BOURGOIN- Serge PREVILLE Lesly MIROITE - Nicolas GRICOURT - Céline MASCHI
e
APPEL D’OFFRES RECHERCHE DE CANDIDATS
EN VUE D’UNE CESSION
RECHERCHE DE REPRENEURS
DANS LE CADRE D'UN PLAN DE CESSION
Pour accéder au dossier de présentation, les candidats acquéreurs intéressés sont invités
à contacter par écrit :
Maître Rousselet – Administrateur judiciaire
38, avenue Hoche – 75008 Paris – joanna.rousselet@fajr.eu
La date limite de remise des offres est fixée au 17 octobre 2018, à 12H.
Sébastien VIGREUX
Administrateur Judiciaire Associé
8, rue du poids de l’huile
31 000 TOULOUSE
Mail : vigreux@ajilink.fr
www.vigreux.eu
SCP PASCALE CHANEL – ÉLODIE BAYLE
APPEL D’OFFRES
 Activité : vente et pose d’isolation thermique et phonique,
réparation de toiture, nettoyages et traitements toitures/façades,
traitement des charpentes, termites, radiateurs électriques
 Région : sociétés implantées dans le sud de la France ayant des
activités dans les grandes agglomérations : Bordeaux, Narbonne,
Montpellier, Toulon, Marseille
 CA Du 01/01/2016 au 31/12/2016 : 6.875.130 €
CA Du 01/01/2017 au 31/12/2017 : 6.915.744 €
CA Du 01/10/2017 au 31/08/2018 : 5.730.452 €
 Clientèle : particuliers
 Effectif : Société 1 : 42 salariés – Société 2 : 24 salariés
Modalités :
 Cession organisée en applications des articles L642-1 et suivants
du Code de Commerce. L’accès aux informations sera réalisé par
dataroom électronique après un premier contact auprès de l’étude
 Les identifiants de connexions seront communiqués après remise
de l’engagement de confidentialité et des pièces mentionnées
Date limite de dépôt des offres : 25/10/2018 à 17H
Effectif : 58 salariés en CDI + 1 salarié (Holding)
Total bilan: 2016 : 2 445 K € / 2017 : 2 493 K €
Date limite de dépôt des offres :
ENTREPRISE DE MÉTALLERIE SERRURERIE EN GIRONDE (33)
RECHERCHE REPRENEURS DANS LE CADRE D’UNE CESSION
■ SAS APEL LOR À SARREBOURG
Activité : Conception et fabrication de produits en cuir
Effectif : 25 salariés – C.A. au 31/12/2017 : 2 487 K €
■ SAS SODECO À SARREBOURG
Activité : Importation, exportation, achat, couture réparation de pièces
Effectif : 7 salariés – C.A. au 31/12/2017 : 369 K €
■ SAS LORACA À SARREBOURG
Activité : Holding
Effectif : 6 salariés – C.A. au 31/12/2017 : 606 K €
16 novembre 2018 à 17h00
TOUT CANDIDAT DOIT SE MANIFESTER PAR ÉCRIT AUPRÈS DE :
SELARL AJRS – Maître Philippe JEANNEROT
7, rue Jean Mermoz - 78000 VERSAILLES
Mail : vincent.montane@aj-rs.com
L’accès aux informations sera possible après demande écrite
précisant l’identité du candidat repreneur et justifiant de sa capacité
commerciale et financière à intervenir dans cette affaire.
DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES FIXÉE PAR LE TRIBUNAL AU : 19/10/2018
D O S S I E R D E R E P R I S E À DE M A N D E R À L’ É T U D E U N I Q U E M E N T EN LR A R :
25, RUE DE SARRE – 57070 METZ, OU PAR EM A I L : ajmetz@scp-bayle-chanel.fr
RECHERCHE DE CANDIDATS REPRENEURS OU INVESTISSEURS DANS
LE CADRE D’UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Activité : Ingénierie industrielle, Bureau d’études et assistance technique
en installation d’usines, tuyauterie, chaudronnerie, structure métallique
CA exercice 2017 (15 mois) : 6 995 K €
CA exercice 2016 (12 mois) : 6 108 K €
Personnel : 57 salariés
RECHERCHE DE REPRENEURS
POUR MAGASINS DE COMMERCE DE DÉTAIL
Date limite de dépôt des offres : vendredi 9 novembre 2018 à 17h
ST ETIENNE-L’ETRAT (42580) – articles de décoration murale
Lieu-dit Grange Neuve
Surface de vente : 803 m2
CA TTC 2017 : 598 K € / Effectif : 4 personnes
Dans le cadre d’une reprise, l’Administrateur Judiciaire invite les candidats
intéressés à prendre contact avec l’étude de Maître HOUPLAIN
46, Promenade Jean Rostand – 93 011 BOBIGNY Cedex
Tél. : 01 48 30 29 29 – Fax. : 01 48 30 00 33 – contact@etude-houplain.fr
RILLIEUX-LA-PAPE (69140) – articles de décoration murale
ZAC du Champ de Roy
Surface de vente : 867 m2
CA TTC 2017 : 640 K € / Effectif : 5 personnes
POITIERS (86360) – articles de décoration murale
Route de Paris
Surface de vente : 323 m2
CA TTC 2017 : 364 K € / Effectif : 3 personnes
MELUN FOIRE (77000) – articles de décoration murale et de literie
ZAC du Champ de Foire
Surfaces de vente cumulées : 742 m2
CA TTC 2017 cumulés : 1.001 K € / Effectifs cumulés : 5 personnes
AMIENS-LONGUEAU (80330) – articles de décoration murale
Route de St Quentin
Surface de vente : 632 m2
CA TTC 2017 : 461 K € / Effectif : 3 personnes
Me Christophe THEVENOT
SCP THEVENOT PARTNERS
Administrateurs Judiciaires
Me Florent HUNSINGER
SCP HUNSINGER
Administrateur Judiciaire
RECHERCHE REPRENEURS EN PLAN DE CESSION
(ART. L.642-1 ET S. DU CODE DE COMMERCE) : GROSBILL
ACTIVITÉ : Vente de matériel informatique en boutique et sur internet
CA 2015 : 111,4 M €
CA 2016 : 82,8 M €
CA 2017 : 31,8 M €
REX 2015 : - 11,3 M €
REX 2016 : - 9,5 M €
REX 2017 : - 8,3 M €
EFFECTIF : 37 salariés
SITUATION LOCATIVE : La société dispose de 3 boutiques en région parisienne
Date limite de dépôt des offres : 24 octobre 2018 à 17h00
MERCI D’ÉCRIRE À :
Accès à une data room après description succincte du candidat et signature d’un engagement
de confidentialité. Merci d’indiquer la référence du dossier : GROSBILL
E-mails : vbloch@thevenotpartners.eu / fpolverelli@thevenotpartners.eu
/ selgueddari@thevenotpartners.eu
CREIL-ST MAXIMIN (60740) – articles de décoration murale et de literie
ZC Cora Les Haies
Surfaces de vente cumulées : 672 m2
CA TTC 2017 cumulés : 835 K € / Effectifs cumulés : 5 personnes
COMPIEGNE (60200) – articles de décoration murale
CC Carrefour Jaux-Venette
Surface de vente : 740 m2
CA TTC 2017 : 493 K € / Effectif : 2 personnes
Un accès à la dataroom vous sera ouvert après régularisation d’un engagement de confidentialité.
Les offres devront être adressées au plus tard le :
Lundi 29 octobre 2018 à 12 heures
SELARL AJC – Maître Colins METALLIER
4 avenue de Flandre – 59700 MARCQ EN BAROEUL
Tél. : +33 3 20 983 336 / Fax : +33 3 20 982 982
Contact mail : dataroom@ajc.eu
Data-room : http://dataroom.ajc.eu
Web : http://www.aspaj.fr et http://ventes-actifs.cnajmj.fr
annonce@lesechosmedias.fr
sarah Medard : 01 87 39 74 94
Sébastien VIGREUX
Administrateur Judiciaire Associé
4, rue Esprit des Lois
33 000 BORDEAUX
Mail : Vigreux.bdx@ajilink.fr
www.vigreux.eu
 Activité : Entreprise de métallerie, tôlerie, thermolaquage.
L’entreprise dispose d’un savoir-faire reconnu en tôlerie, serrurerie,
chaudronnerie, mécano-soudure et peinture.
 Clientèle : Promotion immobilière et diverses industries.
 CA du 01/07/2017 au 30/06/2018 (12mois) : €
CA du 01/07/2016 au 30/06/2017 (12mois) : 3.872.714 €
CA du 01/07/2015 au 30/06/2016 (12mois) : 3.389.150 €
 Effectif : 29 salariés dont 1 apprenti et 1 CDD.
 Moyens : 1 poinçonneuse à commande numérique ; 3 plieuses 1 cisaille.
Modalités :
 Cession organisée en applications des articles L.642-1 et suivants
du Code de Commerce.
 L’accès aux informations sera réalisé par dataroom électronique
après un premier contact auprès de l’étude
 Les identifiants de connexions seront communiqués après remise
de l’engagement de confidentialité et des pièces mentionnées
Date limite de dépôt des offres : 26/10/2018 à 17h00
APPEL D’OFFRES POUR PRISE DE PARTICIPATION
OU CESSION D’ENTREPRISE
ALLIER (03)
Activité : société exerçant une activité de négoce de céréales,
de distribution et de conseil en agrofourniture de semences,
produits de santé végétale et fertilisants.
Nombre de salariés : 7. Actifs : Immobilier détenu dans le cadre d’un bail commercial
auprès d’une holding ou du dirigeant. Clientèle : agriculteurs, particuliers.
Eléments comptables :
Situation arrêtée au 31/05/2018 (7 mois) : CA 2.579 K€ - Résultat net – 164,9 K€
Exercice clos au 30/06/2017 : CA : 9.422 K€ - Résultat net : -545,9 K€
L’accès aux informations (data-room électronique) sera possible après demande écrite précisant l’identité du Candidat-repreneur et justifiant de sa
capacité commerciale et financière à intervenir sur cette affaire et après la régularisation d’un engagement de confidentialité.
Les candidats intéressés sont invités à déposer une offre avant le mercredi 24 octobre 2018 à 12 heures dernier délai en l’étude de :
Selarl AJUP, Maître Grégory WAUTOT, Administrateur Judiciaire
9 Place de Jaude – 63000 Clermont-Ferrand - Contact : c.bey@ajup.fr
APPEL D’OFFRE POUR CESSION D’ENTREPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCÉDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
(articles L.642-22 et R.642-40 du Code de Commerce)
HAUTE-LOIRE (43)
Activité : travaux d’installation thermique,
de climatisation, de chauffage, de sanitaire
Nombre de salariés : 22
Eléments comptables :
Exercice du 31/12/2017 : CA : 2.445 K€ / Résultat : -189 K€
Exercice du 31/12/2016 : CA : 2.443 K€ / Résultat : - 56 K€
L’accès aux informations (data-room électronique) sera possible après demande écrite précisant l’identité du Candidat-repreneur et justifiant de sa
capacité commerciale et financière à intervenir sur cette affaire et après la régularisation d’un engagement de confidentialité.
Les candidats intéressés sont invités à déposer une offre avant le jeudi 11 octobre 2018 à 12 heures dernier délai en l’étude de :
Selarl AJUP, Maître Grégory WAUTOT, Administrateur Judiciaire
9 Place de Jaude – 63000 Clermont-Ferrand - Contact : clermont@ajup.fr
RECHERCHE CANDIDAT REPRENEUR – SECTEUR DE L’IMMOBILIER
PLATEFORME COLLABORATIVE / LOGICIEL MÉTIER TRANSACTION / CRÉATION SITE WEB
RECHERCHE REPRENEURS EN PLAN DE CESSION
(Art. L.642-1 et S. du Code de Commerce)
TP PARTNERS – SBMTP
DISTRIBUTEUR EXCLUSIF DE LA MARQUE CASE
DANS 44 DÉPARTEMENTS
ACTIVITÉ :
Achat, vente, réparation, entretien, location de matériels et pièces détachées
pour les travaux publics, l’industrie et l’agriculture.
C.A. :
RÉSULTAT NET:
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RECHERCHE DE REPRENEUR ENTREPRISE EN
REDRESSEMENT JUDICIAIRE
A D M I N I S T R AT E U R S J U D I C I A I R E S A S S O C I É S
CA: 2016 : 6 137 K € / 2017 : 5 435 K €
2015
2016
2017
57,8 M €
- 0,6 M €
72,3 M €
- 3,9 M €
75 M €
- 1,4 M €
ÉTABLISSEMENTS :
La société dispose de 19 établissements dans le Grand Ouest.
EFFECTIF : 215 salariés
DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES :
31 OCTOBRE 2018 À 17H00
MERCI D’ÉCRIRE À :
THEVENOT PARTNERS – Maître Jonathan EL BAZE
AJ UP – Maître Armel DOLLEY
Accès à une data room après communication d’un dossier de présentation justifiant
d’une capacité financière et industrielle adaptée et signature d’un engagement
de confidentialité. Merci d’indiquer la référence du dossier : FP3283
Email : tpgroup@thevenotpartners.eu
L’ACTIVITÉ CÉDÉE REGROUPE À CE JOUR ENVIRON 550 CLIENTS.
LES ACTIFS SONT :
• La clientèle
• La marque et les noms de domaines associés
• Les développements informatiques et applications de logiciels
• Les documentations techniques et commerciales
C.A. 2017 : 640 K € – Effectif : 7 salariés
Date limite de dépôt des offres : 18 octobre 2018
POSSIBILITÉ DE CESSION EN BRANCHE AUTONOME D’ACTIVITÉ
ÉCRIRE à la SCP EZAVIN THOMAS, Administrateur judiciaire - 1, rue Alexandre Mari, 06300 NICE
(Tél. : 04.93.62.76.60 – Fax : 04.93.80.74.65 – Mail : scp@etude-aj.fr - Réf dossier N°930 / DD)
Transmission d’un dossier de présentation sur demande écrite motivée et après signature d’un engagement de
confidentialité. Les offres devront être conformes aux dispositions de l’art. L. 642-2 du Code de Commerce.
RECHERCHE REPRENEUR POUR :
SAS TAXIS SYLVIE
Appartement n°1 – 21, Place de l’Eglise – 72390 LE LUART
Activité : Taxi
5 licences–Autorisation d’exploitation sur les communes de :
CONNERRE, LE LUART, SEMUR EN VALLON et SCEAUX SUR HUISNE
Effectif : 5 salariés
CA exercice clos au 31/07/2017 : 495 679 € HT
Dépôt des offres aux plus tard le 25 octobre 2018 à 16 heures
et dossier de présentation auprès de la SELARL TRAJECTOIRE,
Administrateur Judiciaire
Tél: 02.33.80.39.00 – Mail: trajectoire@aj-trajectoire.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 //
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
LA BOURSE DE COPENHAGUE
MALADE DE SA PHARMACIE
Dans un contexte de baisse des
marchés, la Bourse de Copenhague a vécu sa pire séance depuis
octobre 2016 : - 4,48 %. L’indice
OMX Copenhagen 20 a souffert
de la chute des valeurs pharmaceutiques Ambu et Novo Nordisk.
La première (-14,7 %) en raison
de prévisions jugées décevantes,
la seconde (-7,24%), en raison
des craintes de concurrences
nouvelles sur un médicament.
les
indices
Vers une nouvelle hausse des tarifs
d’assurance auto et habitation en 2019
Pourquoi Bruxelles va
compliquer la tâche
des agents et des courtiers
l Selon Facts & Figures, les majorations tarifaires seraient de 1 à 2 % en
automobile et de 0 à 5 % en habitation.
l Les assureurs ont de plus en plus
de mal à faire passer ces hausses.
ASSURANCE
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Les assureurs sont encore loin
d’avoir arrêté leurs prix pour 2019,
mais la tendance ne fait guère de
doute. Selon plusieurs dirigeants
de compagnie interrogés par « Les
Echos », elle sera à nouveau haussière. L’un d’eux s’attend à des augmentations tarifaires « systématiquement au-dessus de 2 % ». D’après
un autre grand assureur, les majorations pourraient même grimper
autour de 4 %. Mais « en automobile, la concurrence est telle que cela
rend peu réaliste la possibilité de
faire passer des hausses de tarifs
importantes », nuance Cyrille Chartier-Kastler, le fondateur du cabinet
de consultants Facts & Figures, qui
a publié jeudi ses prévisions.
Impact de la limitation
de vitesse à 80 km/h
Selon lui, les assureurs, qui multiplieraient par ailleurs les promotions pour les nouveaux clients,
« n’arrivent, au global, plus à faire
passer leurs hausses de tarifs ». Il en
veut pour preuve le fait que la
prime moyenne par contrat
« n’augmente quasiment plus », en
auto comme en habitation. En
2 0 1 7 , c e l l e - c i s’é t a b l i s s a i t à
466 euros (hors taxes) pour l’automobile, contre 465 euros l’année
précédente.
Pour 2019, Facts & Figures anticipe toutefois des majorations
moyennes comprises entre +1 % et
+2 % en auto. Une estimation proche de celle du cabinet de conseil en
actuariat Actuaris. « Les prix ne
devraient pas augmenter de plus de
1,5 à 2 % en moyenne, car l’auto reste
l e p ro d u i t h a r p o n » , e s t i m e
Guillaume Rosolek, directeur
« pricing & data » chez Actuaris.
« Les assureurs auront du mal à justifier des hausses plus fortes, parce
Censée apporter
plus de sécurité pour les
consommateurs, la directive distribution d’assurances (DDA) est entrée
en vigueur le 1er octobre.
que les clients ont beaucoup entendu
dire que l’abaissement de la vitesse à
80 km/h sur les routes allait faire
baisser le nombre d’accidents »,
ajoute-t-il.
Des tarifs au cas par cas
dans l’habitation
En habitation, « ce sera du cas par
cas, anticipe Cyrille Chartier-Kastler. Les résultats techniques sont très
contrastés selon les opérateurs ».
D ’a p r è s l u i , l e s m a j o r a t i o n s
devraient donc aller de 0 % à 5 %,
avec une hausse moyenne de 1 à
2 %. Pour Actuaris, les tarifs
devraient en moyenne augmenter
de 2,5 à 3 % « au minimum ».
Les assureurs ont toujours des
arguments à faire valoir
pour demander des majorations
tarifaires. En habitation, « le poids
des événements naturels est véritablement gigantesque cette année. En
ce qui nous concerne, c’est l’année la
plus coûteuse après 2009 [qui avait
été marquée par les tempêtes Klaus
et Quinten, NDLR] », explique-t-on
chez une compagnie. « Il n’y a pas
eu d’événements qui ont défrayé la
chronique, mais une succession de
tempêtes, d’inondations, d’orages.
Les effets retard de la sécheresse
de 2016 et 2017 se font aussi ressentir », énumère un autre opérateur.
Surtout, les assureurs doivent supporter le coût d’un grand nombre
d’événements qui passent au-dessous des montants de prise en
charge prévus dans leurs programmes de réassurance.
Autre élément inflationniste,
les coûts de la réparation restent
toujours orientés à la hausse. C’est
le cas aussi bien en habitation qu’en
automobile, en particulier pour les
bris de glace. Les assureurs pointent aussi le coût sans cesse croissant de l’indemnisation des personnes blessées dans les accidents
de la route. « La jurisprudence reste
inflationniste », résume l’un
d’eux. n
Les assureurs auto pointent le coût sans cesse croissant
de l’indemnisation des personnes blessées dans les accidents
de la route. Photo Shutterstock
Depuis lundi, vendre un produit
d’assurance est plus compliqué.
Tous les intermédiaires (courtiers,
agents généraux, etc.), ainsi que les
compagnies d’assurances doivent
désormais composer avec la directive distribution d’assurances
(DDA). Censé être plus protecteur
pour les consommateurs, ce cadre
européen impose de nouvelles obligations en matière d’information et
de devoir de conseil ou encore
de transparence sur la rémunération de distribution. « La DDA
rajoute beaucoup de formalisme.
Mais il y a désormais une égalité de
traitement puisque le devoir de conseil
s’applique désormais aussi aux
réseaux salariés des compagnies
d’assurances », souligne Grégoire
Dupont, directeur général d’Agéa,
la Fédération nationale des syndicats d’agents généraux d’assurances.
« Millefeuille
contractuel »
Beaucoup d’intermédiaires s’alarment de l’impact sur leur activité,
pointant des lourdeurs. En assurance non vie, le vendeur doit, par
exemple, remettre au client avant la
signature du contrat un document
d’information standardisé – l’Ipid –
résumant les caractéristiques du
produit, à l’instar de ce qui existait
déjà pour l’assurance-vie. « On vient
ajouter un document dans le millefeuille contractuel. Chaque compagnie sort son propre Ipid. Cela va être
compliqué au niveau de la gestion au
quotidien pour les distributeurs. A
un moment, il faudra se pencher sur
ce qui peut être allégé », déplore Bertrand de Surmont, président de la
Chambre syndicale des courtiers
d’assurances (CSCA) et directeur
général de FMA Assurances.
« Il devient plus contraignant
d’exercer le métier de distributeur.
Pour acquérir un client, il faudra
dépenser plus de temps et sans doute
aussi plus d’argent », abonde Laurent Ouazana, président du syndicat Planète Courtier et du courtier
grossiste Ciprés Assurances. Selon
lui, le coût d’acquisition et de conseil
pourrait augmenter de 20 à 30 %.
Certains essaient de tirer le
meilleur parti de la DDA. Allianz
France explique y voir « une opportunité pour valoriser le conseil commercial et en améliorer la qualité » :
« Nous avons ainsi fait pivoter le
schéma de rémunération de nos
réseaux commerciaux en assurancevie, d’une rémunération au produit à
une rémunération du conseil
apporté au client », détaille Franck
Le Vallois, membre du comité exécutif en charge de la distribution.
Autre nouveauté souvent jugée
positive, la DDA rend obligatoire
pour les distributeurs – à partir du
23 février prochain – 15 heures de
formation par collaborateur et par
an. « C’est une bonne chose, car cela
va sans doute éle ver le niveau
d’ensemble des distributeurs »,
approuve Laurent Ouazana.— L. T.
« Il devient plus
contraignant
d’exercer le métier
de distributeur. Pour
acquérir un client, il
faudra dépenser
plus de temps et
sans doute aussi
plus d’argent. »
LAURENT OUAZANA
Président du syndicat
Planète Courtier et du courtier
grossiste Ciprés Assurances
Le superviseur met en garde les banques sur l’assurance-emprunteur
SUPERVISION
L’ACPR vient d’épingler les pratiques d’un
établissement qui
allaient à l’encontre du
droit des emprunteurs
à assurer leur prêt en
dehors de leur banque.
Un sujet sensible
pour le secteur.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Le superviseur avertit les banques
sur l’assurance-emprunteur. Mercredi, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a fait
savoir qu’elle avait « mis en garde »
une banque qui empêchait ou
décourageait ses clients d’assurer
leur crédit chez un concurrent. Le
nom de la banque n’a pas été rendu
public. Ces pratiques « sont contraires à l’objectif poursuivi par le législateur d’accroître les possibilités de mise
en concurrence entre les différentes
offres d’assurance proposées sur le
marché », souligne le gendarme
bancaire dans un communiqué.
Dans le détail, il est reproché à la
banque d’avoir augmenté le taux
d’intérêt de son crédit et/ou ses frais
de dossier quand son client choisis-
sait un assureur externe à sa banque pour garantir le remboursement de son emprunt en cas
de décès, invalidité, etc. L’établissement mis en garde a aussi refusé,
sans justification valable, les demandes de changement d’assuranceemprunteur dans le cadre de rachat
de crédits, selon le régulateur.
Cet avertissement
vise à rappeler
toutes les banques
à respecter les
mesures législatives
adoptées depuis 2010.
Sans le nommer, l’ACPR se contente de noter que « l’établissement
a indiqué corriger » ses mauvaises
pratiques. La publication de cet
avertissement vise en tout cas à rappeler toutes les banques à respecter
les mesures législatives adoptées
depuis 2010. Celles-ci permettent
aux assurés de choisir leur assurance-emprunteur en dehors de leur
banque prêteuse et, depuis peu, de
changer d’assureur tout au long de
la durée de leur prêt.
L’ACPR se dit « particulièrement
attentive » à la bonne application de
ces mesures. En 2017, déjà, l’autorité
s’était fendue d’une « recommandation » aux banques après avoir
relevé l’existence de « freins dans la
mise en œuvre du droit au libre choix
du contrat d’assurance-emprunteur » pour les prêts immobiliers.
Il faut dire que le renforcement
de la concurrence sur ce marché,
estimé à près de 7 milliards d’euros
en 2017, a été accueilli de mauvaise
grâce par les bancassureurs français. Les établissements, qui ont fait
du crédit immobilier un produit
d’appel peu margé, ont l’habitude
de vendre leur crédit avec une assurance « maison » rémunératrice.
Les banques font des efforts
sur les prix
« On a aujourd’hui des banques avec
lesquelles on n’arrive pratiquement
pas à faire de délégation, sauf pour les
personnes qu’elles ne veulent pas
assurer car elles ont des professions à
risque ou des problèmes de santé »,
témoigne-t-on chez un courtier
sous couvert d’anonymat.
« Certains établissements ou certaines agences sont plus réfractaires
que d’autres à la délégation, mais on
n’est pas dans un mouvement de
place », nuance Cécile Roquelaure,
directrice des études pour le courtier Empruntis. « On va dans le bon
sens, c’est beaucoup plus facile
aujourd’hui de faire une délégation
qu’il y a un an », ajoute-t-elle.
D’autres observent que, pour s’adapter à la concurrence, plusieurs banques ont réduit les prix de leur assurance-emprunteur « maison ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
La Fed fait flamber les taux et le dollar
MARCHÉ
OBLIGATAIRE
Le taux américain à
10 ans est au plus haut
depuis 2011 et le dollar
a connu sa sixième
séance de hausse
face à l’euro.
Les marchés croient
de plus en plus à
un fort resserrement
monétaire outreAtlantique.
Guillaume Benoit
@gb_eco
Le mouvement a été aussi brutal
qu’inattendu. Le taux américain à
10 ans a pris 4 points de base jeudi
m a t i n , a p r è s avo i r b o n d i d e
12 points de base la veille et évolue
autour de 3,22 %. Un niveau qui
n’avait pas été atteint depuis 2011.
Poussé par l’augmentation des rendements outre-Atlantique, le dollar
a connu sa sixième journée de
hausse consécutive contre ses
pairs, enfonçant même temporairement le seuil psychologique de
1,15 dollar pour un euro. Autre chiffre symbolique, le taux américain à
30 ans semblait bien parti pour clôturer pour la deuxième séance consécutive au-dessus de 3,25 %. Un
événement qualifié de « bouleversement pour le marché » par le gourou
obligataire Jeffrey Gundlach dans
un tweet il y a quinze jours.
Pourquoi un tel mouvement ? En
partie à cause des moindres craintes sur la dette italienne, après plusieurs jours de tensions qui avaient
envoyé les investisseurs vers les
valeurs refuges. Au premier rang
desquelles les obligations émises
par le Trésor américain. Le risque
étant temporairement écarté, ils
ont allégé leurs positions de Treasuries, envoyant mécaniquement les
taux à la hausse.
Mais si ce retour de l’appétit pour
le risque a pu servir de catalyseur, les
raisons de cette hausse sont bien
plus profondes et directement liées à
la très bonne santé de l’économie
américaine. Le marché de l’emploi
est sur une bonne dynamique et les
chiffres attendus ce vendredi
devraient confirmer un taux de chômage au plus bas depuis 1969.
Pression à la hausse
des salaires
Avec, en contrepartie, une pression
à la hausse sur les salaires qui semble devenir réelle. Amazon vient
par exemple de décider de relever le
salaire minimum pour tous ses
salariés américains. L’inflation,
autre mandat de la banque centrale
américaine avec le plein-emploi, est
également proche de son objectif.
Une situation qui inci te la
Réserve fédérale américaine à
poursuivre, voire à accélérer, son
resserrement monétaire, comme
l’a laissé entendre Jerome Powell,
« évoquant un ensemble de circonstances économiques remarquablement positives ». Il a également
déclaré que la Fed était très atten-
Les investisseurs
ont fortement
augmenté leurs
positions vendeuses
sur la dette
américaine.
tive au risque de surchauffe de l’économie et pourrait monter ses taux
directeurs au-delà de ses niveaux
neutres (ni un encouragement, ni
un frein à l’économie), même si on
en était encore loin.
Immédiatement, les marchés
ont revu à la hausse leurs anticipations de tours de vis, estimant
désormais qu’après un relèvement
des taux attendu en décembre, la
p r o b a b i l i t é d ’u n e h a u s s e e n
mars 2019 était de 60 %.
Surtout, les investisseurs ont fortement augmenté leurs positions
vendeuses sur la dette américaine.
En effet, d’après Bloomberg, la
valeur notionnelle des futures sur
les Treasuries à 10 ans a bondi de
20 milliards de dollars sur la seule
journée de mercredi. Un mouvement qui devrait favoriser la hausse
de taux (et donc la baisse du prix des
obligations), d’autant que quelquesuns des grands acheteurs d’obligations américaines ont déserté le
marché, notamment les Européens
et les Japonais, découragés par les
coûts de couverture des opérations
en dollars.
Signe d’un regain de nervosité,
les tensions sur le marché obliga-
taire américain se répercutent au
niveau mondial. Les taux souverains européens étaient en forte
hausse jeudi (de plus de 6 points de
base pour les 10 ans français et allemand). Le taux suisse à 10 ans semble avoir retrouvé durablement le
territoire positif. Les rendements
nippons se sont pour leur part rapprochés de leurs niveaux de fin
2015, avant la mise en place de taux
négatifs par la Banque du Japon. De
quoi redonner de la vigueur aux
analystes qui annoncent, depuis
plusieurs mois pour certains, la fin
de l’âge d’or obligataire.
4
À NOTER
La France a levé 8,862 milliards
d’euros jeudi, à des taux légèrement en hausse. Le rendement
à l’émission des OAT à 10 ans
s’est élevé à 0,86 % contre 0,71 %
en septembre dernier.
Trois indicateurs suivis de près par les marchés
Le taux de chômage américain pour septembre devrait être de
3,8 %, son niveau le plus bas depuis 1969. Les statistiques mensuelles seront publiées ce vendredi. Cette dynamique encourage
la Réserve fédérale à poursuivre son resserrement monétaire.
Le plein emploi, l’un de ses objectifs étant atteint, et l’inflation étant
proche de son objectif, la banque centrale américaine n’a pas
besoin de maintenir une politique accommodante.
Regain de volatilité sur les changes. Les devises émergentes ont
connu une nouvelle séance agitée. Les monnaies jugées les plus
fragiles, livre turque (-2,9 %), peso argentin (-2,7 %) et rand sud
africain (-2,2 %), ont été particulièrement sanctionnées. Les autres
monnaies émergentes ont cédé entre 1 % et 2 %. Même l’euro est
passé brièvement sous 1,15 dollar à 1,1463, avant de se stabiliser
à 1,1505 dollar.
Les taux américains ont entraîné dans leur hausse les taux européens. Le rendement des obligations d’Etat allemandes à 10 ans a
ainsi grimpé de 6 points de base à 0,52 %. Le taux français sur la
même maturité a atteint 0,875 %, un plus haut depuis son pic de
juin dernier. Les rendements européens ont connu une semaine très
chahutée, partagés entre les tensions sur la dette italienne puis le
mouvement global de hausse des taux.
Habillage de bilan : les autorités financières
pointent du doigt les banques européennes
RÉGULATION
Le Comité de Bâle
prend position contre
les techniques permettant aux banques
européennes de
réduire artificiellement leur bilan.
Des pratiques légales
que le secteur assume
dans un contexte de
concurrence accrue.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Les grandes banques européennes
savent se faire magiciennes. Tous
les trois mois, leurs bilans se con-
tractent pour quelques jours avant
de retrouver leurs dimensions
habituelles. Pourquoi une telle
« respiration » ? Depuis la crise
financière, les banques doivent respecter un « ratio de levier » qui rapporte leurs fonds propres au total
de leurs actifs. Lever de l’argent frais
permet de respecter ces nouvelles
règles… Mais réduire sa taille de
bilan, même sur une courte
période, est une façon tout aussi
efficace d’y parvenir.
Tour de passe-passe
Ce tour de passe-passe n’est pas du
goût du Comité de Bâle, cette
assemblée où se concertent tous les
régulateurs financiers de la planète.
Dans un récent communiqué, les
gendarmes bancaires mettent à nu
les techniques de ce qu’ils désignent
sans fard comme un « habillage de
bilan bancaire ». Les établissements
Bâle III : une facture finalement
limitée en Europe
Aprement débattu en 2017, le complément apporté aux
règles de Bâle III – l’accord international qui a durci les
règles du jeu pour les banques après la crise financière –
n’aura finalement qu’un impact limité sur les banques
des 28 pays de l’Union. Selon des calculs préliminaires
de l’Autorité bancaire européenne, les cent premiers
établissements du Vieux Continent (et du Royaume-Uni)
devront rajouter 24,5 milliards d’euros de fonds propres
pour se conformer aux nouvelles exigences, qui seront
pleinement en vigueur en 2027. Sur ce total, 6 milliards
d’euros seraient des fonds propres « durs », c’est-à-dire
de l’argent frais apporté par les actionnaires, ou alors
des résultats mis en réserve.
visés implicitement sont les grandes banques de marché étrangères
actives aux Etats-Unis. Les champions de la zone euro se trouvent
ainsi naturellement aux premières
loges. Pour réduire leur bilan, « les
banques peuvent très facilement
déboucler leurs positions autour des
dates clefs de publication, pour peu
que ces positions soient prises sur des
marchés à court terme et liquides »,
explique la Banque des règlements
internationaux (BRI, dont fait partie le Comité de Bâle) dans son dernier rapport économique.
En ligne de mire, la BRI désigne le
marché des p ensions livrées
(« repo »), par lequel la banque
« prête » ses titres de dettes en
échange d’un financement de court
terme ou prend en « pension » des
titres en échange de liquidités. Au
moment choisi, les banques « mettent fin à une partie des prises en pension et utilisent les fonds ainsi obtenus pour rembourser les pensions
livrées », explique la BRI.
sur une base journalière : réduire
son bilan sur quelques jours n’a dès
lors aucun intérêt. Le RoyaumeUni a mis en place ce mode de calcul
en 2016.
« On l’assume »
« Ces pratiques sont liées à la réglementation européenne telle qu’elle
est écrite. On l’assume parfaitement,
explique un banquier français. Il y a
un écart de réglementation entre
l’Europe et les Etats-Unis, et pour une
fois cela a lieu à note avantage. »
Il est vrai que les banques européennes digèrent mal une partie du
calcul du ratio de levier qui, elle,
avantage les banques américaines :
leurs règles de calcul les autorisent
à « netter » leurs positions de dérivés, ce qui réduit le montant total
d’exposition, alors qu’en Europe ces
contrats sont additionnés. Enfin, de
nouveaux assouplissements réglementaires sont discutés outre-At-
la cote hebdomadaire des opcvm
Deux modes de calcul
Bâle menace le secteur de nouvelles
exigences en fonds propres s’il
poursuit de telles pratiques. Une
menace toute relative car ses décisions ne sont pas contraignantes et
s’adoptent par consensus. Surtout,
à y regarder de plus près, cette respiration des bilans n’a rien d’illégal.
En Europe, la mesure du ratio de
levier se base sur une photographie
du bilan prise à date fixe tous les
trois mois… d’où les comportements opportunistes dénoncés.
Aux Etats-Unis, le calcul s’effectue
lantique pour les grandes banques… mais dont se trouveraient
exclues, a priori, les banques étrangères. n
nom du fonds
vl au
30/12/2017
Dernière vl
Date vl
performance
Depuis le
30/12/2017
performance
1 an
315,85
228,48
348,85
65,22
02/10/2018
03/10/2018
02/10/2018
02/10/2018
14,61
9,49
-4,06
-1,87
18,80
18,62
-0,71
-3,33
performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé)
contact@federal-finance.fr
www.federal-finance.fr
federal indiciel us (fr0000988057)
federal indiciel Japon (fr0000987968)
federal apal (fr0000987950)
federal croissance p (fr0000987703)
275,59
208,68
363,61
66,46
51,77
40,98
31,67
1,86
les performances passées ne préjugent pas des performances futures. elles ne sont pas constantes dans le temps. les documents d’information clé pour l’investisseur et les
prospectus des fcp sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
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34 // FINANCE & MARCHES
Danske Bank
fait l’objet
d’une enquête
aux Etats-Unis
BANQUE
Copenhague
redoute que
la banque perde
son accès au financement en dollars.
Danske Bank, secouée par un
gigantesque scandale de blanchiment d’argent, risque de se
voir confrontée à une crise
existentielle après l’ouverture
d’une enquête par les autorités
américaines. Celles-ci sont
réputées pour les amendes très
lourdes qu’elles peuvent imposer. Dans un scénario extrême,
Washington pourrait interdire
à Danske de traiter en dollars.
D a n s ke B a n k « a re ç u d e s
demandes d’informations de la
part du département de la Justice (DOJ) américain en lien
avec une enquête pénale menée
par le DOJ sur la filiale estonienne de la banque », a indiqué
jeudi la plus grande banque
danoise. Le titre, qui a déjà
perdu un tiers de sa valeur
cette année, a cédé jeudi 4,60 %
à la Bourse de Copenhague, à
158,60 couronnes.
« Nous pensons qu’une
amende de 6 milliards de dollars,
peu probable de notre point de vue
[…], est déjà reflétée dans le cours
de l’action », a écrit dans une note
Kapilan Pillai, analyste chez Jefferies. Si une telle amende devait
toutefoisêtrte infligée, elle serait
un moindre mal pour l’ancien
fleuron danois. Selon le ministre
danois des Entreprises, qui a
qualifié le scandale de « plus
grande affaire de blanchiment en
Europe », l’enjeu pour son pays
est d’éviter que Danske subisse le
même sort que ABLV. En février,
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
En Afrique de l’Ouest, l’esquisse
d’une Opep du cacao
la banque lettone, soupçonnée
de blanchiment d’argent russe et
ukrainien et de liens avec le
régime nord-coréen, s’est vu
interdire par les Etats-Unis tout
financement en dollars. Elle a
depuis été liquidée. « Nous coopérons avec les autorités qui
enquêtent sur nous dans le cadre
du dossier. Il est cependant trop
tôt pour spéculer sur le résultat de
ces investigations », a déclaré
Jesper Nielsen, successeur par
intérim du directeur général de
Danske, Thomas Borgen, qui a
démissionné en septembre à la
suite du au scandale.
Dans le collimateur
de l’Union européenne
Selon un rapport indépendant
commandé par la banque, sa
filiale estonienne a vu transiter
entre 2007 et 2015 quelque
200 milliards d’euros à travers
les comptes de 15.000 clients
étrangers ne résidant pas en
Estonie. Une part importante de
ces fonds a été jugée suspecte, ce
qui pourrait porter la somme
d’argent sale à plusieurs dizaines de milliards d’euros, provenant essentiellement de Russie.
Le scandale fait l’objet de plusieurs enquêtes au Danemark,
mais aussi au Royaume-Uni. La
banque se trouve également
dans le collimateur de l’Union
européenne. Cette semaine, les
ministres des Finances de
l’Union européenne se sont
engagés à améliorer les règles
européennes pour lutter contre
le blanchiment. Le maire de
Copenhague, Frank Jensen, a
déclaré que la capitale danoise
envisageait d’arrêter sa coopération avec Danske. — T. M.
(
Lire « Crible »
Page 42
en bref
BPCE renouvelle son état-major
BANQUE Le groupe bancaire mutualiste a annoncé jeudi une
nouvelle gouvernance. Le pilotage de la banque de proximité et
de l’assurance – jusqu’ici assuré par Laurent Roubin – sera
confié à l’actuelle présidente du directoire de la Caisse d’Epargne Languedoc-Roussillon, Christine Fabresse, qui rejoint le
directoire du groupe. Par ailleurs, le directeur général de la
Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique, Dominique
Garnier, assurera le transfert et le pilotage chez BPCE des activités de financement spécialisé de Natixis vers BPCE SA. Le
comité de direction générale de la banque a en outre été élargi
de huit à dix membres.
l La Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux plus grands producteurs mondiaux,
harmonisent leurs prix.
l Des obstacles structurels demeurent pour influer sur le marché du cacao.
MATIÈRES
PREMIÈRES
Muryel Jacque
@MuryelJacque
La récolte de cacao a démarré en
Afrique de l’Ouest. Pour la première
fois, les deux plus grands producteurs mondiaux, la Côte d’Ivoire et
le Ghana, se sont entendus pour
annoncer ensemble les prix qu’ils
payeront aux planteurs. Et ce, juste
avant le coup d’envoi de la nouvelle
campagne de commercialisation.
Un événement dans cette région qui
fournit les trois quarts des fèves de
la planète. La Côte d’Ivoire a légèrement relevé le prix minimum
garanti à 750 francs CFA par kilogramme (soit 1,07 euro), le Ghana a
maintenu le sien à 7.600 cedis par
tonne (soit 1.372 euros, ou 1,372 euro
par kilogramme).
Fin mars, Abidjan et Accra
avaient signé un pacte stratégique
en ce sens. Certains y voient
l’amorce d’une « Opep » du cacao, à
l’image de l’Organisation des pays
exportateurs de pétrole. Renforcer
leur coopération pourrait permettre aux deux pays voisins de peser
sur le marché mondial. Car, ils ont
beau cueillir plus de 60 % du cacao
consommé sur le globe, leur
influence sur la fluctuation – parfois extrême – des prix internationaux reste limitée. Récemment, le
cours de l’ingrédient phare du chocolat, coté à New York et à Londres,
n’a pas échappé aux montagnes
russes. Après avoir plongé de 45 %
sur 2016 et 2017, il a réalisé un bond
sans égal de 40 % entre janvier et
mai… avant de rechuter de 30 %
depuis.
Un négoce mondial
ultra-concentré
Cette très forte volatilité des cours
plonge régulièrement dans la crise
le secteur du cacao en Afrique de
l’ouest. La filière « est extrêmement
déséquilibrée car la production mondiale se répartit entre plus de 5 millions d’exploitations, qui cultivent en
moyenne moins de 10 hectares, tandis que les secteurs d’aval sont très
concentrés », souligne Frédéric
Courleux, directeur des études
d’Agriculture Stratégies, dans un
rapport récent.
De 50 à 60 % du négoce mondial
de fèves sont contrôlés par trois
grandes entreprises (Barry Callebaut, Olam et Cargill) tandis que,
dans la transformation, six entreprises (Barry Callebaut, Olam et Cargill,
auxquelles s’ajoutent Ecom, Touton
et Blommer) représenteraient à
elles seules 90 % de la transformation cacaoyère, a estimé la Cnuced
en 2016. Ces sociétés vendent
ensuite leurs produits à l’industrie
du chocolat.
Face à ces mastodontes, il faudra
plus qu’une harmonisation des poli-
La filière « est
extrêment
déséquilibrée car la
production se répartit
entre plus de
5 millions de
d’exploitations, qui
cultivent moins de
10 hectares ».
FRÉDÉRIC COURLEUX
Directeur des études
d’Agriculture Stratégies
tiques de prix pour que les deux
grands producteurs africains
gagnent en influence sur les marchés mondiaux, estiment les analystes de Fitch Solutions. « Divers obstacles structurels vont limiter leur
capacité à manipuler le marché du
cacao », assurent-ils. La Côte d’Ivoire
et le Ghana organisent notamment
leur système de ventes très différemment, ils ne stockent pas le cacao
dans des entrepôts (ce qui permet
d’éviter de vendre quand les prix
sont bas) ou encore transforment
peu la matière première en produits
semi-finis.
En attendant, les volumes de leur
production de cacao sont regardés
de près par le secteur, car leurs variations peuvent avoir des répercussions importantes sur le marché à
l’échelle mondiale. Après deux
années d’excédents, cette saison
pourrait être différente : les bonnes
récoltes attendues – dont 2 millions
de tonnes en Côte d’Ivoire et 900.000
au Ghana – devraient être entièrement absorbées par une demande
très solide. Le marché pourrait
même être déficitaire de 50.000 tonnes, selon un consensus d’experts
interrogés par Bloomberg. n
COMMUNIQUÉ
AVIS PREALABLE A LA MISE EN VENTE D’ACTIONS EN DESHERENCE
Aux termes d’une délibération en date du 16 mai 2018, le Directoire de la
Société WELEDA LABORATOIRE DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES
DIETETIQUES ET COSMETIQUES, SA à directoire et conseil de surveillance,
9 rue Eugène Jung – 68330 HUNINGUE, 945 850 246 RCS MULHOUSE, a :
- constaté que des actionnaires n’avaient pas été atteints par les convocations
aux Assemblées Générales depuis plus de 10 ans, ni leurs éventuels
successibles,
- décidé, conformément aux dispositions des articles L.228-6, L.228-6-3,
R.228-11 et R.228-14 du Code de commerce, la mise en vente aux enchères
publiques des actions en déshérence dans un délai d’un an à compter de la
parution du présent avis.
En conséquence, le Directoire met en demeure les ayants droit des actions
en déshérence de faire valoir leurs droits dans le délai d’un an susvisé et les
informe que la Société procédera à la vente publique des actions à l’expiration
dudit délai.
A dater de cette vente, les ayants droit ne pourront plus prétendre qu’à la
répartition en numéraire du produit net de ladite vente qui sera tenu à leur
disposition, pendant 10 ans, sur un compte bloqué, dans un établissement
de crédit. A l’expiration de ce délai de 10 ans, le produit net de la vente des
actions sera tenu à leur disposition pendant 20 ans à la Caisse des Dépôts et
des Consignations.
Conformément à l’article R.228-14 du Code de commerce, la vente aura lieu
à l’expiration d’un délai d’un an après la publicité présentement effectuée
dans les conditions prévues à l’article R.228-11 si, pendant cette période, les
personnes au nom desquelles l’inscription a été faite ou leurs ayant droit n’ont
pu être atteintes par l’avis mentionné à l’article R.228-11 adressé par lettre
recommandée avec demande d’avis de réception.
Le géant du chocolat Mars veut 100 % de cacao
« responsable » d’ici à 2025
Le premier fabricant
mondial de confiserie
investit 1 milliard de dollars
sur dix ans dans
un nouveau programme
de développement durable.
Mars veut des barres chocolatées
plus « vertes ». Le premier chocolatier au monde, qui vend des
M&M’s, des Twix ou des Snickers
dans tous les supermarchés de la
planète, a décidé d’investir 1 milliard de dollars dans un nouveau
programme de développement
durable. Il ambitionne de se
fournir entièrement en « cacao
responsable » d’ici à 2025.
Le groupe familial américain
n’en est pas à sa première initiative
puisqu’il a été le premier dans ce
secteur à se fixer ce genre d’objectifs
en 2009. D’autres géants du chocolat ont suivi. Pour autant, les conditions de vie des millions de petits
producteurs, en particulier en Afrique, ne se sont pas améliorées. Et le
travail des enfants dans les plantations et la déforestation est régulièrement dénoncé par les ONG.
Jusqu’à présent, l’industrie du
cacao, peu coordonnée, n’est pas
parvenue à enrayer ces graves
problèmes. Mars, qui travaille
avec 180.000 planteurs, le reconnaît. « Nous ne sommes pas satisfaits de la situation actuelle du secteur du cacao, constate Alex
Assanvo, le directeur des affaires
publiques cacao pour Mars. C’est
pourquoi nous déployons un nouveau plan en mettant le cacaocul-
teur au centre de notre stratégie. »
Le marché mondial du chocolat
pèse aujourd’hui plus de 100 milliards de dollars. Mais les pays
producteurs n’en récupèrent que
6 % et les petits planteurs moins
de 2 %, estime l’Organisation
internationale du cacao (Icco).
Cartographie
des plantations
Le fabricant, qui travaille déjà avec
des organismes de certification, a
défini ses propres normes pour
parvenir à 100 % de cacao durable.
Il va mettre en place des contrats
sur plusieurs années avec ses
fournisseurs. Il veut renforcer le
système de primes « pour que les
producteurs ne soient pas assujettis
aux prix du marché internatio-
nal », explique Alex Assanvo.
Mars va également cartographier
les plantations « afin de s’assurer
que le cacao que nous achetons ne
vient pas de zone protégée », et
financer des investissements pour
contribuer à améliorer les rendements des cultures. En Côte
d’Ivoire, on estime ainsi que la productivité – aujourd’hui faible –
peut doubler.
« Nous ne craignons pas de pénurie dans un avenir proche, dit Alex
Assanvo. Actuellement, il y a un surplus de cacao et la situation ne nous
inquiète pas. Mais cela est relatif.
Sans suivi de la production, sans
amélioration des pratiques agricoles,
par exemple, il y aura un impact à
long terme sur la production. »
— M. Jq.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
Comment Trump a trompé
Wall Street dans les années 80
A cette époque où Internet n’existait pas, la presse, notamment les
chroniques boursières des grands
journaux, étaient l’une des sources
d’information essentielles des marchés. La chronique de trois minutes
de Dorfman sur CNBC était ainsi
suivie par tous les traders, hedge
funds et boursicoteurs de Wall
Street, soit près d’un demi-million
de personnes. C’était un mélange
très influent de rumeurs, de ragots
et de recommandations. En 1994, le
« Washington Post » avait analysé
ses recommandations sur les
actions lors des dix-huit derniers
mois. Il affichait un taux de succès
de 95 % et les actions qu’il recommandait s’envolaient de 13 % dans
les minutes qui suivaient.
BOURSE
Manipulation des
médias, chantage
à l’OPA, Donald Trump
n’a lésiné sur aucun
moyen pour
gagner de l’argent
en Bourse au début
de sa carrière.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
La famille Trump a flirté avec la
ligne blanche en matière de manipulations boursières mais sans
jamais être inquiétée par le gendarme de Wall Street, selon une
longue enquête du « New York
Times » (« NYT »). Donald Trump
avait déjà compris que son nom ne
laisserait pas les marchés indifférents et il parvint souvent à les
prendre à leur propre jeu.
Boursicotage en famille
« Le New York Stock Exchange
[NDLR : la Bourse américaine] est le
plus grand casino au monde. La seule
différence avec les autres casinos est
que les joueurs portent des costumes
cravate et des mallettes en cuir »,
avait-il déclaré dans les années
1990. Entre bluff et coups d’éclats, il
s’est montré aussi impitoyable à
Wall Street que dans l’immobilier.
Le 26 janvier 1989, le père de
Donald Trump, Frederick, acheta
8.600 actions du groupe Time
pour un montant de 935.000 dollars. Sept jours plus tard, Dan
« Greenmailing »
« Le New York Stock Exchange est le plus grand casino du monde »,
avait déclaré Donald Trump dans les années 1990.
Photo Evy Mages/AFP
Dorfman, un chroniqueur boursier très suivi, « connu pour
bavarder avec Donald Trump »,
selon le « New York Times »,
révéla que ce dernier avait pris
une « position significative » dans
Time. Le cours progressa et Fred
Trump empocha plus de
41.000 dollars en deux semaines.
Le 4 mars de la même année,
Time et Warner annoncèrent
leur fusion, une information
révélée en exclusivité par Dan
Dorfman dans un article de
« USA Today ». Ce dernier évoqua
l’intérêt de Donald Trump pour
American Airlines la même
année, peu de temps après que
Fred Trump en a acheté pour
5 millions de dollars. Mais cette
fois le marché fut plus sceptique,
entraînant une perte de 1,7 million pour le père de Donald
Trump.
« Durant les années 1980, Donald
Trump devint célèbre pour laisser
fuiter des informations selon lesquelles il était en train d’acheter une
action, dans l’intention de lancer une
offre publique d’achat. Il vendait
ensuite ses titres si le cours progressait ou forçait la société à racheter sa
participation, avec une prime, pour
qu’elle évite d’être rachetée », estime
le « New York Times ».
Cette dernière technique, très en
vogue à Wall Street à cette époque,
était qualifiée de « greenmailing »,
ou chantage au billet vert. « C’est
parfaitement légal », avait déclaré
Donald Trump lors de sa mise en
pratique contre la société Bally, un
de ses concurrents dans le secteur
des casinos. Avant de conclure :
« Ces idiots ont cédé et je me suis bien
amusé car je les ai effrayés. » n
ventes aux enchères publiques //
LA SÉANCE DU 4 OCTOBRE 2018
Paris victime
des tensions
sur les marchés
de taux
La Bourse de Paris a subi sa
•plus
forte baisse depuis près
d’un mois, jeudi, perdant 1,47 %,
à 5.410,85 points, dans des volumes fournis de 4,4 milliards
d’euros. En cause, les tensions
sur les marchés obligataires
(lire page 33). Les taux américains remontent depuis deux
jours et entraînent des prises de
bénéfices sur les obligations.
Les investisseurs craignent une
accélération de la politique de
resserrement monétaire de la
Fed, compte tenu des bons chiffres économiques publiés
outre-Atlantique. Ce qui pousse
les taux européens à la hausse,
avec un risque de durcissement
des conditions de financement
des entreprises.
Dans ce contexte, il n’y a eu
que sept valeurs en hausse sur
le CAC 40, dont des valeurs
financières sensibles à la
hausse des taux. Crédit Agricole SA a pris 2,19 %, AXA
1,89 % et Société Générale
0,67 %. Capgemini a pris aussi
0,76 %. Le groupe a renforcé
son partenariat avec Indosuez
Wealth Management en pre-
nant une participation dans sa
filiale Azqore. En revanche, les
valeurs du luxe ont été pénalis é e s d a n s u n c o n t ex t e d e
crainte de ralentissement du
marché chinois, suite à la publication d’une étude de Bryan
G a r n i e r. K e r i n g a p e r d u
5,36 %, LVMH 4,89 %, L’Oréal
3,56 % et Hermès 3,12 %. Ces
entreprises pesant lourd à la
Bourse de Paris, cela explique la
sous-performance de la place
de Paris face au DAX allemand
(–0,35 %) ou à l’indice paneuropéen Euro STOXX 50
(–0,89 %). Par ailleurs Valeo a
chuté de 6,56 %. L’équipementier automobile a souffert
d’une note négative d’une
société de Bourse qui préfère
jouer les constructeurs automobiles. La note a aussi fait
plonger Faurecia de 5,25 %.
Hors CAC 40, l’opérateur de
maisons de retraite Korian a
pris 1,53 %, profitant d’un relèvement de la recommandation de
Credit Suisse. Enfin, le producteur d’énergie renouvelable
Neoen fera son entrée en Bourse
le 19 octobre, à Paris. Le prix de
l’action sera fixé le 16 octobre
dans une fourchette comprise
entre 16 et 19 euros, soit une
valorisation de 1,45 milliard
d’euros en milieu de fourchette.
Le fonds Impala de Jacques
Veyrat restera actionnaire
majoritaire du groupe.
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tgi d’evrY où le ccv est déposé - sur les pour visiter, le : mardi 6 novembre 2018 à 14h
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dans LES ECHOS du 21.09.2018 concernant
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publiques au palais de justice de BoBIGnY (93),
93 la vente auxleenchères
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(lot n°162), LE PARKING (lot n°57) en étant exclu. le reste sans changement
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au 4ème étage, 2ème porte à gauche de l’esc. b, comprenant : entrée, cuisine, pièce
principale, couloir, 3 chambres, sdb, Wc – CAVE n°408 au sous-sol du bât. ii
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(consignation : 5.000 €)
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bobignY, Tél. 01.48.969.969, dépositaire d’une copie du ccv
- au greffe du juge de l’exécution du tgi de bobignY où le ccv est déposé
- sur les lieux pour visiter, le : mercredi 31 octobre 2018 de 14h30 à 15h
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94
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venTe aux enchères publiques, au palais de justice de CreTeIL (94)
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champignY sur marne, Tél. 01.47.06.94.22, dépositaire d’une copie du
cahier des conditions de vente - au greffe du juge de l’exécution du tgi de
creteil, où le cahier des conditions de vente est déposé les lundi & mardi
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PAVILLON à QUINCY SOUS SENART (91480) - mise À prix : 50 000 €
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APPARTEMENT à RIS ORANGIS (91130) - mise À prix : 36 000 €
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APPARTEMENT à SAINT MICHEL SUR ORGE (91240) - mise À prix : 30 000 €
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MAISON à BOIS HERPIN (91150) - mise À prix : 28 000 €
maître floquet, noachovitch-floquet
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APPARTEMENT à EVRY (91000) - mise À prix : 15 000 €
maître miorini
ref vlimmo 118446
APPARTEMENT à GRIGNY (91350) - mise À prix : 10 000 €
maître aD litem Juris ref vlimmo 119255
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36 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
euronext
SÉANCE DU 04 - 10 - 2018
CAC 40 : 5410,85 (-1,47 %) NEXT 20 : 12268,33 (-1,30 %)
CAC LARGE 60 : 6020,2 (-1,45 %)
CAC ALL-TRADABLE : 4252,56 (-1,42 %)
DATE DE PROROGATION : 26 OCTOBRE
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
11/10/17 0,35
ESSILOR INTERNATIONAL (EI) R A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
17/04/18 3,4
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
43,46
1284304
290.948.939
114,95
896987
428.281.952
106,74
1429096
776.295.452
26,85
4526843
1.021.903.623
102,85
363541
106.884.219
23,18
10012530
2.423.390.176
52,05
4827402
1.249.798.561
36,9
742768
366.377.026
112,2
638255
168.817.033
16,525
3601238
789.252.839
12,43
10784786
2.866.437.156
67,3
2203295
685.055.200
129,35
325425
261.541.129
12,7
7158009
2.435.285.011
126,8
719478
219.137.552
557,4
112207
105.569.412
459,1
494374
126.279.322
300,1
1240441
505.028.689
62,46
552867
266.805.751
206,3
726702
560.082.187
CLOT
+ HAUT
+ BAS
42,55
43,61
42,48
113,1
115,05
112,65
105,26
106,74
104,56
26,85
27,33
26,765
102,9
103,6
101,65
23,675
23,75
23,155
52,3
52,75
52,01
36,93
37,14
36,69
113,35
114,05
112
16,22
16,6
16,175
12,67
12,746
12,43
66,25
67,3
66,16
127,65
129,35
126,8
12,705
12,72
12,495
124,55
127,05
124,35
540
557,8
536,4
437,8
459,4
432
287,95
300,4
286,2
62,08
62,48
62,06
200,6
206,7
199,65
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 2,43
- 3,65
+ 1,29
- 1,78
+ 6,15
+ 7,77
- 1,68
+ 0,1
+ 28,15
- 0,74
+ 5,94
+ 18,28
- 0,29
+ 0,68
- 23,21
+ 1,89
+ 7,47
- 7,34
+ 0,31
+ 2,79
- 22,29
- 0,24
+ 2,5
- 8,56
+ 0,76
+ 3,14
+ 13,12
- 2,11
+ 5,7
- 5,37
+ 2,19
+ 4,88
- 17,89
- 2,17
- 0,56
- 2,76
- 0,93
- 6,07
+ 45,92
- 0,7
+ 0,91
- 10,84
- 1,81
+ 0,52
+ 16,73
- 3,12
- 1,39
+ 27,06
- 5,36
- 3,12
+ 37,83
- 4,89
- 1,29
+ 22,61
- 0,7
- 3,15
+ 0,84
- 3,56
- 1,23
+ 10,68
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 1,05
48,95
41,3
2,47
+ 7,66
115,25
97,12
2,34
+ 26,82
3,4
111,16
31,00
81,33
1,43
- 0,98
30,765
24,05
- 15,2
130,55
96,7
1,65
- 4,29
27,69
20,495 5,32
- 15,98
68,66
50,06
5,77
- 14,73
45,98
35
4,6
+ 14,62
119,8
97,38
1,5
- 10,09
19,73
12,955 2,84
- 8,19
15,54
11,105 4,97
- 5,29
71,78
62,24
2,87
+ 44,09
141
87,52
0,45
- 11,37
1,21
14,815 10,54
12,075 2,76
+ 8,35
129,55
105,35
1,23
+ 21,01
614,6
417,9
1,41
+ 19,84
522,4
338,263 0,91
+ 17,34
313,7
232,5
1,18
- 3,29
67,44
60,42
2,03
+ 8,46
214,9
170,3
1,77
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
05/06/18 0,4
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
04/07/18 1,01
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
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SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
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01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/09/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
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TOTAL (FP) R
20/08/18 0,13
A
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25/09/18 0,64
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A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
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VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
24/04/18 1,76
A
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20/04/18 0,45
OUV
VOL.
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104,1
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13,715
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21,96
2459886
1.305.230.587
SRD
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
AB SCIENCE (AB) g
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 2,01
+ 2,04
- 16,28
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+ 3,39
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 14,18
130,85
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195,5
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- 47,81
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- 19,55
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88,8
77,56
2,17
- 2,1
24,87
20,26
2,05
VALEURS FRANÇAISES
OUV
VOL.
NB TITRES
B 3,96
28690
40.789.901
B 6,35
47720
FR0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
ABIVAX (ABVX) g
B 6,89
19636
FR0012333284
10.024.182
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ADOCIA (ADOC) g
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5190
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6.916.753
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 189,5
117103
FR0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
AIR FRANCE-KLM (AF) G
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4003574
FR0000031122
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19814
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B 18,64
18480
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ALD (ALD)
A 15,55
78932
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 29,05
5577
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
ALSTOM (ALO) LR
A 38,74
1012694
FR0010220475
20/07/18 0,35 222.997.311
ALTAREA (ALTA) g
A 199,2
3064
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22/05/18 12,5 16.051.842
ALTEN (ATE) G
A 89,9
43868
FR0000071946
25/06/18 1 33.828.497
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 8,115
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FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
2,99
12554
FR0012789667
47.804.841
AMUNDI (AMUN) G
A 64,5
EX-DS 15/03/17
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FR0004125920
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APRIL GROUP (APR)
B 13
1506
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ARKEMA (AKE) L
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FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
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OPA 24/11/17
887
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
ATARI (ATA)
C 0,406
1529349
FR0010478248
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1564
FR0000039232
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BÉNÉTEAU (BEN)
A 13,88
120523
FR0000035164
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BIC (BB) G
A 76,65
94880
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
BIGBEN INT. (BIG) g
C 10,3
50744
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.204.544
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 70,9
113041
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
BOIRON (BOI) g
A 58
5181
FR0000061129
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BOLLORÉ (BOL) G
A 3,728
2148794
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
BONDUELLE (BON) g
B 29,35
21177
FR0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 21,55
1667365
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
BURELLE SA (BUR)
A 1255
355
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
CARMILA (CARM)
C 21,55
46389
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
CASINO (CO) LR
A 36,45
662799
FR0000125585
18/05/18 1,56 109.729.416
CATANA GROUP (CATG) g
C 3,05
98984
FR0010193052
30.514.178
CGG (CGG) G
C 2,446
3587856
FR0013181864
709.939.860
CHARGEURS (CRI) g
C 21,3
65847
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 366,6
EX D OP 08/06/17
12294
FR0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A 5900
2
FR0000079659
07/06/18 180 559.735
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
CLOT
+ HAUT
+ BAS
102,6
104,55
102,05
13,73
13,785
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138,05
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137,9
22,05
22,48
22,05
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52,52
51,92
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73,64
72,28
116,05
119,55
116,05
36,095
36,655
36,07
76,35
77,37
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67,5
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67,18
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37,455
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88,12
89,84
88,04
15,98
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27,25
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56,82
56,07
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169,28
164,18
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34,5
32,16
17,115
17,21
16,915
80,96
81,64
80,9
21,95
22,05
21,89
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
3,906
4,026
3,906
6,29
6,35
6,25
6,73
6,91
6,73
0,61
0,618
0,6
5,81
5,93
5,81
16,44
16,82
16,44
189,1
194,2
188,4
8,64
8,704
8,354
60,4
62,2
60
17,96
18,64
17,8
15,14
15,64
15,14
28,5
29,2
28,5
39,12
39,26
38,59
197,2
201
197
88,5
90,3
88,25
7,665
8,12
7,645
3,05
3,05
2,99
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65
64,1
12,8
13
12,8
0,618
0,636
0,618
108,25
109,8
107,6
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28,5
28,15
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0,406
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7,9
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15,5
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10
10,38
9,96
70,8
71,1
70,3
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58,7
57,5
3,75
3,75
3,694
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29,7
28,9
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1255
1210
20,5
21,55
20,5
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37,84
36
2,98
3,05
2,9
2,394
2,466
2,38
21,42
21,48
20,6
351,5
366,6
350,5
5900
5900
5900
- 1,36 - 53,17
-10,25
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- 57,31
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- 0,48 + 0,16
-11,41
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- 20,78
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-31,32
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- 17
5,81
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- 2,15 - 27,48
- 7,06 16,2
- 2,53
9,5
- 0,56 - 5,21
- 4,71 82,6
+ 1,14 59
- 1,54 - 23,05
-12,33 78,5
- 26,62 56,1
- 0,05 - 17,18
- 5,45
4,798
- 10,39
3,552
+ 1,72 - 32,96
+ 3,68 47,8
- 21,07 27,05
- 2,78 - 8,07
- 5,33 24,28
- 6,85 20,39
- 2,79 - 3,94
- 6,87 1420
- 6,23 1210
- 4,87 - 11,7
- 9,29 25,35
- 15,69 20,5
+ 0,06 - 27,93
+32,94 53,48
- 27,67 25,37
- 1,81 - 1,65
- 8,59
3,611
+174,34
2,697
- 2,52 + 56,69
+ 1,61
4,1
+ 28,33
1,295
+ 1,33 - 15,37
-14,53 28,64
- 16,07 20,6
- 4,01 + 15,42
- 4,12 383,8
+ 28,94 291,6
- 8,53 - 17,37
- 9,23 7550
- 15,71 5900
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 0,979
7191283
393.613.788
A 20,22
392558
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 7,9
281014
FR0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
COLAS (RE)
A 179
416
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
A 86,4
105992
FR0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 26,1
5227
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1557
5008
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 129,35
325425
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 36,4
118532
FR0010417345
30.006.352
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,48
479585
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 113,6
4400
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C 6,76
1
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 32,98
604636
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
EDF (EDF) LR
A 15,48
EX-DS 7/03/17
2596002
FR0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 96,88
279565
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
3,65
58582
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 13,3
291943
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 19,76
371264
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
EOS IMAGING (EOSI)
C 4,52
12622
FR0011191766
22.641.483
ERAMET (ERA) Gg
A 88,45
59450
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 8,165
54087
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 39,95
3869
FR0004110310
5.955.072
EURAZEO (RF) G
A 67,5
99479
FR0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,03
9452
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 474,2
25580
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 8,065
166924
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 21,26
679463
FR0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 96,6
13
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 50,8
1278670
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 117,2
7495
FR0000064784
22/05/18 2 25.072.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 14,76
10897
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 804
434
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 65,4
35730
FR0011476928
26.792.938
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 59,6
671
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 378
22
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
C 1,13
N/P REGR.
2673
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,158
1920474
FR0000079634
01/10/01 0,1 151.685.385
GECINA (GFC) G
A 142,7
174343
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.162.901
GEMALTO (GTO) L
A 50,08
218545
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 19,91
198735
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 1,765
36810
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,486
36718
FR0011790542
78.204.326
GETLINK (GET) LR
A 11,03
753744
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 18,32
28580
FR0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,18
2,07
1,03
1,16
1,67
3,63
1,75
0,9
1,13
3,13
3,87
2,11
2,13
3,53
0,65
1,92
1,27
1,8
4,58
1
0,48
2,78
0,53
1,52
2,67
1,31
4,28
1,4
0,97
3,05
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,935
0,987
0,926
20,62
20,64
20,22
7,99
8,03
7,82
177,2
179
177,2
85,35
86,4
85,2
25,8
26,1
25,4
1538
1557
1533
127,65
129,35
126,8
35,14
36,56
34,56
4,434
4,528
4,41
111,2
113,6
110,4
6,76
6,76
6,76
32,33
33,28
32,32
15,195
15,49
15,13
95,2
97,14
95,02
3,49
3,65
3,465
12,97
13,36
12,93
19,35
19,82
19,29
4,455
4,55
4,455
88,4
90,2
86,5
7,86
8,17
7,85
39
39,95
39
67,2
67,8
67,1
3,16
3,17
3,03
465,6
474,2
464,6
8,08
8,105
7,995
21,35
21,39
20,98
96,6
96,6
96,6
49,25
50,84
48,43
114,6
117,2
114
14,76
15
14,7
796
810
788
64,05
65,65
63,85
59,4
59,6
58,8
378
378
378
1,13
1,13
1,13
0,163
0,168
0,158
139,7
144
139,4
50,2
50,2
50,08
19,47
19,94
18,98
1,785
1,8
1,765
1,46
1,49
1,452
10,845
11,04
10,81
18,18
18,5
17,94
- 5,36 + 90,82
+14,72
1,223
+ 79,46
0,491
+ 1,58 + 7,09
+ 3,93 21,62
+ 4,14
18,41
+ 1,65 - 10,37
- 2,44 10,76
- 13,15
7,5
- 0,34 - 2,37
+ 2,43 192
- 2,72 167,4
- 1,5 - 9,66
- 4,69 97,3
- 2,41 84,6
- 1,15 - 9,85
- 4,09 29,9
- 10,1
25,3
- 1,22 + 18,5
- 2,9 1729
+ 10,81 1267
- 0,93 + 44,09
- 6,07 141
+ 45,92 87,52
- 3,78 - 16,12
- 7,33 47,38
- 54,54 28,54
- 0,89 - 51,34
- 5,66
9,18
- 51,42
4,41
- 1,07 + 48,56
+ 3,35 119
+ 38,83 72,5
+ 8,16
+ 7,3
10
+ 7,47
5,8
- 2,33 + 33,71
- 1,64 35,95
+ 35,05 23,74
- 2,03 + 45,83
+ 8,77 15,78
+ 49,26
9,832
- 1,94 + 4,23
- 1,24 101,7
+ 6,91 87
- 4,65 - 25,43
+11,32
5,49
- 32,23
3,1
- 2,92 - 24,7
- 3,5
19,71
- 43,84 11,59
- 2,12 - 15,92
- 2,27 23,94
- 13,52 17,94
- 1,44 - 6,8
+ 8,39
5,92
+ 5,82
3,49
- 0,39 - 10,73
+24,51 167,2
+ 41,44 66,75
- 1,93 - 57,51
-13,44 19,57
- 67,57
7,28
- 2,5 - 16,13
- 8,56 48
- 1,66 34,3
- 0,81 - 8,36
+ 2,67 82,286
- 8,36 63,5
+ 0,32 - 9,71
+ 0,32
3,61
- 10,73
2,95
- 2,02 - 8,27
- 2,47 545,5
- 15,25 382,2
- 0,31 - 21,17
+ 4,94 11,78
- 35,54
7,17
+ 0,66 + 10,65
+ 4,86 21,64
- 14,99 15,275
- 16,72
- 4,83 125,5
- 8,84 87,8
- 5,25 - 24,38
- 3,66 76,98
- 18,57 48,43
- 1,88 + 14,26
+ 2,69 120,4
+ 7,25 94,5
+ 0,14 - 21,86
+ 2,36 19,5
- 26,57 13,14
- 2,21 - 19,27
- 6,57 1090
- 14,87 782
- 1,76 - 36,4
-12,02 106,6
- 20,58 63,85
+ 8,77
- 1,66 63,4
+ 6,83 54,4
- 22,85
- 9,13 565
- 28,93 378
+ 4,49
- 4,12
+ 1,88
- 1,62
- 4,77
+ 2,05
+ 0,2
+ 0,86
+ 37,53
- 0,97
-17,01
- 23,04
+ 0,85
-20,31
- 65,14
- 1,88
- 8,29
- 2,67
- 1,68
+ 1,36
+ 6,38
- 1,3
-21,93
- 34,95
1,14
1,125
+ 81,11
0,32
0,09
- 9,23
161,9
137,3
+ 1,41
50,38
49,1
- 18,6
28,28
18,4
- 71,12
7,68
1,76
- 12,05
2,08
1,41
+ 1,17
12,49
10,11
- 23,53
27,072
17,94
4,07
4,26
4,63
1
0,45
3,16
0,81
20,71
1,92
0,99
2,1
3,24
1,91
2,6
1,86
4,75
0,52
1,88
5,67
1,64
2,23
1,75
0,13
1,85
4,21
11,91
2,77
3,58
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 69,3
69
2862
69,3
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
68
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,253
0,258
EX D S 13/06/17
5938
0,26
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,253
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 13,28
13,22
1159
13,3
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
13,12
GROUPE LDLC (LDL) g
C 16,46
16,64
NOM.
5965
16,88
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
16,4
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
23,2
22,2
REGR.
12830
23,2
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
22
GTT (GTT) Gg
A 68
67,55
56467
68,45
26/09/18 1,33 37.028.800
FR0011726835
67,25
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 11,58
11,66
28925
11,8
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
11,48
HIGH CO (HCO) g
C 5,22
5
45271
5,22
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
4,95
HUBWOO (HBW) g
C 0,171
0,171
22171
0,173
FR0004052561
136.345.527
0,171
ICADE (ICAD) G
A 78,9
76,35
122573
78,9
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
76,15
ID LOGISTIC (IDL) g
B 155
155
3147
156,2
FR0010929125
5.628.475
154,6
ILIAD (ILD) G
A 104,75
102,15
251554
105,3
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
102,15
IMERYS (NK) G
A 63,3
63,1
91590
63,3
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
62,7
INGENICO GROUP (ING) LR
A 65,02
65,38
388781
65,68
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
64,32
INNATE PHARMA (IPH) g
B 4,8
4,78
123653
4,95
FR0010331421
57.600.100
4,78
INSIDE SECURE (INSD)
C 2,5
2,5
49288
2,52
FR0010291245
44.119.162
2,47
INTER PARFUMS (ITP) g
B 43,35
42,95
16224
43,75
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
42,8
IPSEN (IPN) G
A 144,25
141,4
107199
144,65
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
140,9
IPSOS (IPS) G
A 26,3
25,92
22860
26,3
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
25,8
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 19,86
19,46
34413
19,86
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
19,36
JCDECAUX (DEC) G
A 31,22
31,52
170896
31,56
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
30,56
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 39,62
38,46
38308
39,8
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
38,2
KLEPIERRE (LI) LR
A 29,8
29,29
824277
29,83
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
29,27
KORIAN (KORI)
A 32,38
31,8
222588
32,5
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,2
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 42,72
42,46
121577
42,78
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
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LAGARDÈRE (MMB) G
A 26,25
25,87
384301
26,25
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25,8
LATECOERE (LAT) g
C 4,05
3,83
174105
4,05
FR0000032278
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LE BÉLIER (BELI) g
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36,5
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FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
36,5
LNA SANTÉ (LNA) g
B 52
51,8
8262
52,2
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
51,2
LECTRA (LSS)
B 22,1
22,15
3533
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FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
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LINEDATA SVICES (LIN) g
B 37,4
37,5
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FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
37,4
LISI (FII) g
A 30,3
30,6
9033
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FR0000050353
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LUMIBIRD (LBIRD) g
C 13,26
13,52
28152
14,1
FR0000038242
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13,26
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 16,95
17,07
213307
17,3
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
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MAISONS DU MONDE (MDM)
B 25,1
25
69389
25,4
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
24,98
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 39,1
39
1023
39,8
39
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 30,9
30,65
14195
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FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
30,55
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 4,86
4,725
25341
4,895
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,7
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,935
2,89
90071
2,935
FR0010609263
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A 13,53
13,38
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13,64
FR0010241638
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13,37
MERSEN (MRN) g
B 29,05
29,1
18735
29,5
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
29
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2,04
27628
2,045
FR0004177046
23.261.500
2,01
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B 15,94
15,77
67951
16,1
FR0011341205
19.633.373
15,7
NATIXIS (KN) LR
A 5,73
5,838
8151487
5,85
FR0000120685
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5,686
NETGEM (NTG) g
C 1,44
1,43
2832
1,45
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,43
NEXANS (NEX) G
A 26,9
26,6
150152
26,9
FR0000044448
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26,45
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A 47,18
47,18
140504
47,44
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05/06/18 2,5 56.129.724
46,72
NICOX (COX)
B 6,5
6,245
111661
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FR0013018124
22.869.669
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NRJ GROUP (NRG) g
B 8,28
8,26
12231
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FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
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OENEO (SBT) g
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11,26
25787
11,32
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31/07/18 0,15 64.103.519
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1,067
58913
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1,061
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A 109,55
106,2
143076
109,75
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
106,05
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B 4,73
4,575
39224
4,73
FR0004038263
30.174.671
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59,7
58,5
1963
59,7
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
57,9
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 26,7
26,5
6990
26,9
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
26,3
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C 1,91
1,878
57598
1,92
FR0011950641
20.813.963
1,87
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A 31,65
30,47
339306
31,67
FR0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
30,25
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 12,64
11,8
DIV 8 02/05/17
51269
12,64
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
11,5
PSB INDUST. (PSB)
C 49,4
48,1
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25/05/18 1,25 3.675.000
48,1
RALLYE (RAL)
A 9,81
9,8
55277
9,93
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30/05/18 1 54.999.135
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RECYLEX SA (RX)
C 7,76
8,09
78209
8,13
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04/07/90 0,61 25.747.482
7,555
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A 116
112,1
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116
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894168
12,795
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B 390
390
C.I.P.
10
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B
/121016
C.D.V. NOM.
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A 37,15
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67435
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36,5
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A 49,32
48,4
DIV 2 28/07/17
167717
49,48
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
48,28
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 118,6
116,1
DIV 6 10/05/16
114373
118,6
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
115,6
SAVENCIA (BH)
B 65,4
66,8
557
66,8
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
65
SCOR (SCR) LR
A 40,7
41,52
649601
41,6
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30/04/18 1,65 191.807.715
40,69
SEB (SK) G
A 149,5
150,6
85768
151,7
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
148,5
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 5,19
+ 0,73 95
- 15,44 66,7
6,38
+ 1,78 - 0,77
+ 0,78
0,34
- 0,77
0,23
- 0,45 - 15,63
- 5,57 19,04
- 37,38 12,2
+ 1,71 - 16,76
+ 0,85 22,2
- 34,51
15,18
- 3,48 - 34,3
-11,2
36,5
- 33,53 21,8
1,4
- 0,81 + 34,83
+18,2
68,45
+ 43,89 47,06
1,97
+ 0,69 - 27,71
- 1,35 19,68
- 32,21
11,48
1,89
- 4,22 + 2,04
-16,39
6
+ 3,52
4,3
2,8
+ 1,79 + 6,88
- 1,72
0,204
+ 6,88
0,155
- 3,6 - 6,81
- 8,67 88,65
+ 0,85 76,15
+ 14,64
+ 1,17 156,6
- 1,21 120
- 2,34 - 48,86
-11,33 214,4
- 54,78 102,15
0,67
+ 0,16 - 19,66
+ 3,02 87,8
- 18,26 58,55
3,29
+ 0,55 - 26,55
+11,65 94,34
- 17,92 55,8
2,29
- 0,87 + 0,63
+ 2,4
6,995
- 55,08
4,41
- 14,97
- 5,3
3,12
- 14,09
2,215
- 1,15 + 36,74
+ 8,05 45,85
+ 34,64 30,727
1,56
- 1,7 + 42,01
- 7,49 155,95
+ 22,9
99
0,71
- 1,37 - 15,57
-4
34,5
- 10,93 25,6
3,36
- 1,42 - 29,24
-21,37 32,9
- 32,43 19,36
3,6
+ 1,03 - 6,2
+13,71 36,9
- 0,44 25,46
1,78
- 3,03 - 2,95
-12,19 47,26
- 4,57 38,2
4,81
- 1,71 - 20,11
- 3,17 38,58
- 10,97 29,27
+ 1,53 + 8
+ 7,51 34
+ 13,88 22,84
1,89
- 0,33 - 9,74
4
+ 3,38 51,1
- 13,48 39,31
- 1,41 - 3,22
+ 2,37 27,17
- 8,26 21,99
5,03
- 5,32 - 32,92
- 2,3
6
- 35,52
3,695
- 0,27 - 27,01
-19,96 66,3
- 13,59 36,5
3,23
- 0,39 - 12,05
- 7,99 60
- 9,55 50,5
0,45
+ 0,23 - 11,93
- 2,64 26,3
- 18,14
17,82
1,72
+ 1,35 - 4,6
+ 9,65 39,45
- 5,06 30,25
3,6
+ 0,82 - 23,69
- 8,25 41,75
- 34,09 29
1,57
+ 1,96 + 91,77
-21,85 17,96
+ 83,95
6,8
+ 0,83 - 20,73
+ 1,19 24,34
- 14,56 16,65
5,57
- 0,32 - 33,77
- 1,42 38,58
- 34,04 23,54
1,76
- 0,26 - 34,92
-13,24 63,9
- 31,52 37,7
4,36
+ 0,33 + 0,49
+ 0,49 37,95
- 10,09 28,65
2,02
- 3,67 - 62,44
-27,2
13
- 66,91
4,695
+ 1,05 - 39,03
- 0,34
5,41
+ 10,31
2,48
- 0,74 - 27,46
- 3,88 18,75
- 21,78 13,29
- 0,68 - 22,07
-12,35 41,9
- 14,29 29
2,58
+ 1,24 - 10,53
+ 0,99
2,52
- 11,3
1,9
- 1,07 + 6,34
-10,7
18,87
- 8,79
8,295
+ 1,96 - 11,49
+ 0,9
7,45
- 15,51
5,618
6,34
- 1,38 - 40,91
-22,07
2,9
- 41,63
1,4
34,97
- 0,78 - 47,96
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2,63
+ 0,09 - 4,92
- 7,13 56,6
- 8,53 45,28
5,3
- 2,42 - 38,41
-21,15
10,95
- 34,57
6,2
- 0,48 - 9,43
- 5,92
9,24
- 25,59
7,6
1,82
- 0,53 + 9,85
+ 9,11
11,42
+ 14,2
9,5
1,24
- 0,56 - 1,2
- 7,22
2,49
- 39,38
1,04
- 3,1 + 8,04
- 8,33 125,2
+ 1,38 87,5
1,04
- 3,18 - 48,13
- 5,96
9,56
- 55,58
4,04
- 2,01 + 33,11
- 3,15 65,8
+ 17,85 44,05
1,11
- 0,75 - 42,18
-14,24 45,65
- 42,28 26
- 0,85 - 26,33
+ 6,7
4,085
- 34,91
1,6
- 4
- 19,59
- 7,33 42,21
- 16,05 30,25
1,61
- 5,75 - 36,9
-13,24 20,45
- 46,49 11,5
16,95
- 3,41 + 8,11
- 6,78 53
- 6,33 44,2
2,6
- 0,46 - 33,92
+10,17
16,32
- 39,28
8,565 10,2
+ 2,15 - 37,91
+32,41
15,35
- 14,12
5,725
- 3,69 - 2,94
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+ 8,78 99,05
1,47
- 0,23 - 15,54
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- 12,17
11,82
3,29
- 2,5 + 30
- 7,14 477
+ 29,56 330
1,18
- 1,35 + 20,03
+11,57 37,55
+ 17,32 28,25
- 1,95 - 17,94
- 6,11
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- 1,86 + 92,57
+ 5,07 120,5
+ 94,15 59,75
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- 18,7
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B
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7,32
312
314
306
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,13
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% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 49,28
0,9
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242
0,26
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NL0000400653
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USD 04/09/18 0,5 1.434.212.164
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+ 1,04 41,7
GB00BZ21RF93
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HSBC (HSB)
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 37
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
euronext//taux&changes//matières premières
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FR0000065278
FR0000051393
FR0000030827
FR0000033243
FR0000036980
FR0000066219
FR0000071797
FR0000064297
FR0000060451
FR0000064958
FR0013233012
FR0000072597
FR0004026151
FR0000073843
FR0012872141
FR0004029411
FR0000039638
FR0000066607
FR0000035263
FR0004027068
FR0006864484
FR0000075673
FR0000121295
FR0004165801
FR0004023208
FR0000033599
FR0000121352
FR0000030074
FR0000032302
FR0000051070
FR0011742329
FR0000061244
ACTIONS
FRANÇAISES
VALEUR
OUV
+HT +BS
CLÔT ÉCART VOL
2CRSI
C 9,28 9,28
9,12
9,24 + 0,44
61407
A.S.T. GROUPEg
C 10,38 10,38
9,95
10,36 + 0,58
4430
ABEO
C 33,8
33,8
32,6
33,2 - 1,78
526
ACTEOSg
C 2,07
2,16
2,05
2,15 + 3,37
7642
AD CAPITAL
0,088 0,09
0,088
0,09 + 11,11
14751
ADL PARTNERg
C 15,1
15,25
14,7
15
- 1,96
3890
ADUX (EX:HI MEDIA) C 3,39 3,44
3,37
3,44 + 1,18
1157
ADVENISg
C 1,805 1,805 1,73
1,73 - 3,89
3721
ADVICENNE
C 12,514 12,514 12,5
12,5 - 0,16
492
ADVINI
C 31,2
31,2
31,2
31,2
1
AFFINE REg
C 15,44 15,5
15,12
15,16 - 2,19
10956
AFONE PART.
C 11,2
11,2
11,2
11,2
166
ALPHA MOS
C 0,4
0,4
0,4
0,4 - 1,24
3891
ALTAMIRg
B 15,04 15,1
15
15,1 + 0,4
2276
ALTAREIT
B
535
C 3,92
3,995 3,9
3,9 - 0,51
3373
AMOEBAg
ANTALIS
B 1,218 1,218
1,152
1,21
22047
B 46,1
47,2
46,1
47,2 + 0,43
4849
ARGANg
ARTEA
C 14,4
14,4
14,4
14,4 + 4,35
110
ARTOIS
A6400 6400 6400
6400
1
ATEME
C 11,78 12,2
11,68
11,86 + 0,85
9563
B
39,32
AU FEMININg
AUGROS CP
C 8,85 8,85
8,85
8,85
450
AURES TECH.
C 41,05 41,5
40,9
41,15 + 0,37
2302
AWOXg
1,6
1,615
1,52
1,575+ 0,64 52436
BACCARAT
B
224
BAINS MONACO
B 58,8 58,8
57
57,2 - 0,35
642
BALYO
C 2,6
2,685 2,56
2,585- 0,58
67378
BARBARA BUI
C 7,7
7,7
7,7
7,7 + 10
206
BASTIDE
C 36
36
35,4
35,4 - 3,01
5459
BLEECKER
C
89
BLUE SOLUTIONSg
16,3
16,4
16,3
16,4
616
BOURBONGg
A 5,65
5,68
5,58
5,66 + 0,18
49041
BOURSE DIRECT
C 1,39
1,39
1,37
1,37 - 1,44
755
C 7,86
7,86
7,86
7,86 - 0,25
143
BUSINESS ET DEC.g
CAFOM
C 7,25
7,35
7,25
7,35 + 1,38
787
CAPELLI
39,8 39,8
38,4
39
- 2,01
1017
CARP.DE PARTIC.
C
57,5
CASTg
C 3,82
3,82
3,82
3,82 - 0,26
11
CATERING INTER.g
B 14,1
14,1
13,9
13,95 - 1,06
1791
CBO TERRITORIAg
C 3,87
3,89
3,86
3,89 + 0,52
5311
CCA INTERN.
C
4,99
CEGEDIMg
B 26,9 28
26,9
27,7 + 2,59
2999
CEGEREALg
B 37,2
37,6
37,2
37,4 + 0,54
151
CELLNOVOg
C 2,73
2,82
2,73
2,79 + 2,2
32196
CERENISg
B 1,832 1,852
1,82
1,834- 0,22
18170
CFI
C
1,82
CHAUSSERIA SA
C
0,001
CIBOX INTER.g
C 0,193 0,193
0,188
0,189+ 0,53 116883
CLAYEUXg
C
0,29
CNIMg
B 102
102,5 100,5
100,5 - 1,47
233
COGELEC
C 8,87
9,5
8,87
9,5 + 6,74
25014
COHERISg
C 2,06 2,06
2,04
2,05 - 0,49
2255
COURTOIS
C144
144
144
144
1
CR ALPES PROV.
C 107,38 107,38 106,62 106,62 - 0,71
143
CR ATL. VENDÉE
C 126,14 126,5
126,12
126,12
57
CR BRIE PICARD.
B 23,8 24
23,8
23,95 + 0,63
4170
CR ILLE VILAINE
C 97,5
97,5
97
97,1 - 0,41
381
CR LANGUEDOC
C 71,21 71,22
71,02
71,06 - 0,21
401
CR LOIRE HTE-LOIRE C 85,6 85,8
85,31
85,31 - 0,34
51
CR MORBIHAN
C 81,59 81,69 79,81
81,69 + 0,12
264
CR NORD FRANCE
B 21
21,2
21
21,15 + 0,24
1681
CR NORM. SEINE
C 127,8 128,38 127,8
128,12 + 0,25
34
CR PARIS IDF
B 87,2
87,75
87,2
87,75 + 0,4
821
CR RHÔNE-ALPES
C 189,8 189,8
189,8
189,8
65
CR TOULOUSE
C109,02 109,4 109
109,1 + 0,09
458
CR TOUR. POITOU
C103,6 103,88 102,8
103
- 0,58
319
4,06
CROSSWOOD
C
CS-COM. ET SYST.g
C 5,44 5,44
5,38
5,4
1583
DALETg
C 13,6
13,8
13,6
13,6
776
DANE-ELEC MEMORYg C
0,56
DEINOVE
2,67
2,68
2,62
2,63 - 1,5
84545
DELTA PLUS GROUP B 44,8 45
42,4
43,4 - 3,56
3907
DIGIGRAM
C 0,715 0,715
0,715
0,715+ 10
369
DMS
C 0,91
0,934 0,91
0,934+ 3,32
17557
DOCKS PÉTROLES A C510
510
510
510 + 0,99
15
C 60
60
57,8
57,8 - 3,02
691
DOM SECURITYg
ECAg
C 14,55 14,55
14,5
14,5 - 0,34
363
EGIDEg
C 2,08 2,09
2,05
2,08 - 1,42
3421
ELECT. STRASBOURG B 113
114
112
112
- 0,89
127
ELECTRO POWERg
C 12,4
12,8
12,2
12,5 + 3,31
32592
ENCRES DUBUITg
C 5,6
5,6
5,6
5,6
861
ESSOg
B 42
42,2
41,35
41,4 - 2,01
4829
EURASIA FONC INV
C
0,25
EUROMEDIS GROUPEg C 6,85 6,85
6,7
6,8 - 0,73
1751
EUROPACORPg
C 1,545 1,555
1,49
1,49 - 3,25 90356
EXACOMPTA CLAIREF. C 126
126
126
126 + 5
20
860
EXPL. PROD. CHIM.
C
EXPL. PROD. CHIM.
C
865
F.I.E.B.M.
C
6,1
F.I.E.B.M.
C
118
F.I.P.P.
C 0,324 0,339 0,324
0,339 - 0,29 20944
FAUVET-GIREL g
C
32,2
FERMENTALGg
3,475 3,48
3,42
3,425- 0,58
13382
FERMIÈRE CANNES
B
1590
FIDUCIAL OFFICE
C 28,6
28,6
28,6
28,6
1
FIDUCIAL RE
B 189
189
189
189
1
FIN. MONCEY
A
6800
FINATIS
B 42
42,6
42
42,6 + 2,4
201
FLEURY MICHON
B 54
54
53,4
53,4 - 0,74
182
FONCIÈRE 7 INV.
C 1,71
1,71
1,71
1,71 - 9,52
243
FONCIÈRE ATLAND
C 115
117
115
117
+ 1,74
101
FONCIÈRE EURIS
B 30,4 30,8
30,4
30,8 + 1,99
301
FONCIÈRE INEA
B 39,6
39,6
39
39,3 - 0,76
609
FONCIÈRE PARIS NORD C 0,036 0,037 0,036
0,037
15088
FONCIÈRE R-PARIS
C
34,97
4,16
FONCIÈRE VOLTA
C
FRANÇAISE ENERGIE C 13,75 13,9
13,6
13,7 - 0,73
464
FREY
B 28,6
28,6
28,6
28,6 + 0,7
12
FSDV
C
48,6
GALIMMO
C 24,4 24,4
24,4
24,4
1
GAUMONT
B 134
137
134
135
31
GEA
C 95
95,6
85,6
91
- 4,21
3152
GENERIXg
C 3,34 3,34
3,31
3,31 - 0,9
1912
GENOMIC VISIONg
1,01
1,044 0,973
1,008- 0,2
245293
GÉRARD PERRIER
C 54,2 54,2
53,4
53,4 - 1,48
209
GFI INFORMATIQUEg B 10,45 10,5
10,45
10,45
25481
GRAINES VOLTZ
C 38,6 38,6
38,6
38,6 - 2,03
28
GROUPE IRD
C 26
26
26
26
461
GROUPE JAJ
C
1,78
GROUPE OPENg
C 24,45 24,55 23,7
24
- 0,83
14324
GROUPE PIZZORNO
C 18,15 18,4
18,1
18,1
127
GROUPE SFPIg
C 3,08 3,08
3,05
3,06 - 0,65
4865
GUERBETg
6268
B 65
65,1
64,1
64,9 - 0,61
GUILLEMOT CORP.g
C 4,72
4,76
4,66
4,66 - 1,27
8082
GUY DEGRENNE
C 0,19
0,19
0,19
0,19
1
HF COMPANYg
C 6,88 6,96
6,8
6,8 - 0,88
1249
HIPAY GROUP
C 13,3
13,75
13,3
13,75
1223
HOPSCOTCH GROUPEg C 7,4
7,4
7,34
7,34 - 0,81
523
IDI
B 43,9 43,9
43,8
43,9 + 0,23
229
IGE + XAOg
C
140
IMMO. DASSAULT
B 52,6 52,6
52,6
52,6 + 0,38
13
IMMO. HÔTELIÈRE
C
1,04
IND. FIN. ENT.
C 64
64
64
64
+ 2,4
1
INFOTELg
C 40,8
41,2
40,75
40,75 - 0,12
9975
INNELEC MULT.g
C 5,44 5,46
5,3
5,3 - 2,21
2056
INSTALLUX SA
C362
388
362
388
- 1,02
50
INTEXA
C
2,36
INVENTIVA
B 7,58
7,6
7,5
7,5 - 1,32
1612
IT LINKg
C 7,6
8,12
7,5
8,02 + 5,25
9492
ITESOFTg
C 3,96 3,96
3,88
3,88 - 2,02
1731
ITS GROUPg
C 6,3
6,38
6,2
6,38 + 2,24
1598
JACQUES BOGART
C 5,28 5,32
4,85
5
- 4,94
10443
KEYRUSg
C 5,08 5,08
4,84
4,87 - 4,13
31418
57
LA FONCIÈREVERTE C
LACROIX SA
C 23,4 23,4
23,4
23,4
327
LAFUMA
C 24
24
24
24 + 0,84
25
LANSON-BCC
B 32
32
31,8
31,8 - 0,63
169
LAURENT-PERRIER
B 105,5 106
105
106
407
LE TANNEURg
C 3,22
3,22
3,22
3,22 + 33,06
1500
LEBON
C 147
148,5
147
147
94
LES HÔTELS DE PARIS C 2,46 2,46
2,46
2,46 + 0,82
1000
LES NX CONSTR.
B 46,9 46,9
44,5
44,6 - 6,89
3860
LEXIBOOKg
C 0,974 1,045 0,974
1,03 + 4,25
19310
LOCINDUS
B 24,9 25
24,9
24,9 - 0,4
545
MALTERIES FR-B
C
505
MANUTAN INTER.g
B 72,6
72,8
71,4
71,8 - 0,55
311
MAUREL & PROMG
A 5,34 5,36
5,24
5,24 - 2,06 170769
MCPHY ENERGYg
6,23 6,45
6,17
6,28 + 1,45 123031
MECELEC
C 1,6
1,73
1,6
1,73 - 0,29
830
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0000052623
FR0000064404
FR0010298620
FR0000077570
FR0011584549
FR0000064180
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
FR0011341205
FR0013018041
FR0000120560
FR0004050250
FR0012789386
FR0010298901
FR0010428771
FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
FR0000038465
FR0011027135
FR0000053514
FR0000066441
FR0012432516
FR0000060832
FR0004044600
FR0012613610
FR0010380626
FR0010211615
FR0000044471
FR0000075954
FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
FR0006239109
FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
VALEUR
OUV
+HT +BS
MEDASYSg
C 0,36 0,36
0,351
MÉDIA 6
C 13,95 13,95
13,95
MEMSCAPg
C 2,04 2,04
1,98
MICROPOLEg
C 1,35
1,36
1,31
MNDg
1,87
1,87
1,75
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 10,65 10,65 10,65
MRM
C 1,5
1,5
1,48
MUSÉE GRÉVIN
C
NANOBIOTIXg
15,7
B 15,94 16,1
NAVYA
B 5,54 5,59
5,495
NEOPOSTG
A 26,22 26,3
25,66
NEURONESg
B 22,8
23
22,8
NEXTSTAGE
C100
100
99,5
OFFICIIS PROPERTIESg C 1,43
1,43
1,41
OL GROUPEg
C 2,68 2,68
2,61
ORAPIg
C 6,88 6,9
6,46
ORCHESTRA-PRE.
C 1,055 1,07
1,05
OREGE
3,38 3,38
3,35
PARAGON ID
C 25,05 25,25 24,4
PAREFg
C
PASSAT
C 4,15
4,15
4,03
PATRIMOINE & COM
B 17,9
17,9
17,6
PCAS g
C 15,16 15,18
15,16
POUJOULAT
C 38
38
38
POXELg
C 6,48 6,54
6,3
PRECIA g
C 197
197
196
PRISMAFLEXg
C 18,25 18,35
18,25
PRODWAYS GROUP
B 3,9
3,9
3,8
PROLOGUEg
C 0,639 0,65
0,639
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
B 18,8
19
18,8
RIBERg
C 2,96 3,015
2,93
ROBERTET SA
B 572
578
556
ROCHE BOBOIS
B 21
21,4
21
S.A.M.S.E.
B 137
137
136
SABETON
C
SCBSMg
C 6,85 6,85
6,85
B 27,1
27,4
27
SÉCHÉ ENV.g
SELECTIRENTE
C
SERGEFERRARI GROUP C 8,9
8,9
8,86
SIGNAUX GIROD
C 16
16,05
15,7
SII
C 26,7
26,7
25
SMCP
A 23,22 23,4
22,9
SMTPCg
B 19,16 19,3
19,16
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C 17,1
18,8
17,1
SODITECH ING.
C
SOFIBUS
C
SOFT COMPUTINGg C 16,3
16,4
16
C 29,8 29,8
28,8
SOGECLAIRg
SPIR COM.
C 2,7
2,84
2,68
CLÔT ÉCART VOL
0,351 - 2,5
9200
13,95 + 0,36
1
1,98 - 2,94
1915
1,33 - 3,62
41826
1,76 - 5,88 267343
645
10,65
1,48 - 1,33
16
6721
75,5
15,77 - 1,07
5,58 + 2,99
25,68 - 2,28
22,9
100
1,42 - 0,7
2,65 - 0,75
6,72 - 2,33
1,05 - 0,94
3,38
24,4 - 4,13
67951
8191
106798
2429
25
15001
16884
2979
39896
297
662
84
4,04
17,9
15,16
38
6,4
196
18,3
3,82
0,64
- 1,46
632
1826
138
1
58703
7
41
35580
159101
- 2
+ 0,55
- 0,78
21
18,8
2,94
564
21,4
136
+
-
2,08
1,51
0,35
1,91
0,73
150
8717
1814
2144
307
6,85 - 0,73
27
500
4353
24,8
70
8,86 - 0,45
16,05 - 0,93
25,7 - 3,75
22,995 - 1,61
19,16 - 0,83
120
2055
8969
33049
1691
1,84
18,8
- 1,05
221
0,985
187
16
- 2,44
29
- 3,01
2,74 + 2,62
123
530
3055
ISIN
FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
FR0004037182
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TAYNINH
TESSIg
TFF GROUP
THERMOCOMPACTg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
+HT
C
B 136,5 138,5
B 43,9 44,1
C
C 78
78
C 36,8
37
C
C 3,34 3,36
B 47,3
47,3
2,565 2,59
A
B 27,3
27,7
C 0,598 0,598
C 1,81
1,81
B 50,8
51
C 1,92
1,92
C 5
5
C
C
C 10,002 10,002
B 9,4
9,45
C 45,5 49,5
3,69 3,69
+BS
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT
ÉCART VOL
1,36
135
43,5
138,5 + 1,47
43,5 - 0,69
433
643
77,5
36,6
77,5 - 1,9
36,6 - 0,54
3,34
46,8
2,565
3,34
201
46,8 - 0,85
1739
2,58 + 0,59 1842735
35,5
47
152
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
A 40,33
0,724
C 21,18
A 3,98
C 4,3
A 56,25
16
55,4
A 4,725
C
40,27
41,91
15,2
13,05
61,5
71,4
13,35
61,5
71,4
13
61
70,4
13,25 + 1,53
61
- 2,4
70,4 - 3,3
48,8
154,5
13,3
48,8 + 1,25
155
13,3 - 3,62
1045
453
289
59,13
19,91
C 48,8
A 155
13,3
C
48,8
156
13,3
1
396
10
0,02
EURONEXT GROWTH (Sélection)
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
855
27,3
0,544
1,81
50
1,92
4,99
27,7 - 0,36
0,58 - 3,01
1,81 - 22,65
50,2 - 0,79
1,92
4,99 + 0,2
10
9,36
45
3,6
10
9,45
48,3 + 6,51
3,6 - 1,64
826
2973
40
1656
14119
1161
4,74
2,3
40,95 40,23
0,724 0,715
22,4
21,1
4
3,98
4,31
4,3
56,9
56
16
14,8
55,6
54,6
4,796 4,688
236
2886
33386
3256
40,91 + 1,14
0,715 - 1,31
22,14 + 7,37
4
4,3
56,9 + 0,62
14,8 - 7,5
55,6
4,76 + 0,27
1512
77852
313
24
56813
930
40,27
41,91
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
0,285
0,077
8,98
1,8
0,342
8,06
25,15
67,6
24,3
0,104
0,349
25,8
7,88
4,8
0,425
0,23
+HT
0,286
0,08
9
1,838
0,376
8,1
25,25
69
24,3
0,106
0,365
26,65
7,88
4,82
0,43
0,242
+BS
0,285
0,075
8,98
1,796
0,342
8,05
24,5
67,1
23,9
0,1
0,321
25,5
7,82
4,66
0,421
0,224
0,27
0,912
0,27
0,92
0,265
0,902
CLÔT ÉCART VOL
0,285+ 1,06
14300
0,08 + 6,67 9858386
9
241
1,808- 1,2
45041
0,36 + 2,86 391961
8,05
2339
24,95 - 1,19
7713
67,8 - 0,15
6011
24,3
316
0,106+ 1,92 2186212
0,322- 7,74 11634026
25,5 - 1,92
11026
7,88 - 0,51
297
4,82 + 0,84
2973
0,429+ 0,94 55261
0,23 + 3,6
522282
0,31 + 2,82
0,269- 0,74 254744
0,909- 0,22
16391
82
13,3
13,3
13,3
13,3
1,295 1,3
1,24
1,27 - 2,31
11
11,15
11
11
0,302 0,302 0,298
0,299- 0,99
134
135,5
133,5
134 + 0,38
CERTIFICAT/FONDS
313478
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
40,27
41,91
C
0,41
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
40,27 + 0,3
41,91 - 0,12
32
27049
19672
31837
141
INVESTIR 10
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
134.75
99.31
-0,97
-0,76
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
B 71
C
B
134
C
71
70
70
48
350
90
138
127
136,5 + 0,37
455
3,33
+ 2,15
98,5 + 4,23
30
94,5 98,5
C
B 4,07 4,08
94,5
496
750
4,03
4,08 + 0,49
1115
53
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
COURS
BCE
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1501
LIVRE STERLING
0,8842
FRANC SUISSE
1,1409
COURONNE DANOISE
7,4573
COURONNE NORV.
9,4961
KUNA CROATE
7,4244
COURONNE SUEDOISE
10,4179
DOLLAR CANADIEN
1,4855
YEN JAPONAIS
130,783
DOLLAR AUSTRALIEN
1,6264
ROUBLE RUSSE
76,9573
ROUPIE INDIENNE
84,8966
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,7745
COURONNE TCHEQUE
25,8054
FORINT HONGROIS
325,04
ZLOTY POLONAIS
4,3142
LEV BULGARE
1,9547
DOLLAR HONG-KONG
9,0119
WON SUD COREEN
1302,4247
PESO MEXICAIN
22,0731
REAL
4,5151
DOLLAR SINGAPOUR
1,5892
RAND SUD-AFRICAIN
17,0863
LIVRE TURQUE
7,1109
RENMIBI YUAN
7,8995
RUPIAH
17444,7426
PESO PHILIPPIN
62,4645
RINGGIT MALAIS
4,7655
BATH THALANDAIS
37,6264
0,15
-0,29
0,33
0,01
0,52
-0,04
0,20
0,52
-0,52
0,70
1,68
0,10
0,69
0,31
0,64
0,41
-0,07
0,13
0,79
0,93
0,77
0,30
1,55
2,29
0,23
0,78
0,22
0,26
0,80
-4,20
-0,35
-2,47
0,13
-3,60
-0,11
6,07
-1,59
-3,41
5,77
11,27
10,74
4,93
1,04
4,60
3,31
-0,07
-3,94
1,68
-6,48
13,57
-1,03
14,98
56,13
1,21
7,26
4,07
-2,36
-3,75
04-10-2018
1 EURO EN DEVISE
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,1501
0,8842
1,1409
10,4179
7,4573
1,3078
1,4855
GBP
CHF
0,8695
1,131
1
1,3009
0,7687
1
0,9919
1,2901
9,0581
11,7836
6,4833
8,4353
1,1371 147,9175
1,2918
1,6803
0,8765
1,0082
0,7751
1
9,1338
6,5385
114,655
1,3025
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
04-10-2018
SEK
DKK
0,096
0,1104
0,0849
0,1095
1
0,7159
12,5529
0,1426
0,1341
0,1542
0,1185
0,1529
1,3969
1
0,1754
19,92
JPY (100)
CAD
0,7646
0,8794
0,6761
0,8722
0,0797
5,7027
1
1,1358
0,6732
0,7741
0,5951
0,7678
7,0127
5,0201
0,8804
1
04-10-2018
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64-0,26/-0,56 -0,21/-0,51 -0,18/-0,48 -0,10/-0,40
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
04-10-2018
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,22
PORTUGAL
-0,22
FRANCE
0,04
ESPAGNE
-0,01
ITALIE
-0,35
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,58
0,54
0,09
0,38
2,13
-0,13
0,89
0,16
0,53
2,54
0,13
1,27
0,23
0,81
2,75
0,41
1,49
0,39
1,06
2,85
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
250,19
170,07
231,90
279,81
327,52
336,28
230,48
VAR %
-0.27
-0.47
-0.20
-0.41
-0.51
-0.51
-0.24
31/12 VAR %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
0.79
-0.15
-1.63
-1.44
0.45
1.64
-1.37
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1501
1,1502
0,8840
0,8843
1,1407
1,1410
10,4173
10,4186
7,4560
7,4586
130,7790
130,7870
1,4835
1,4875
-0,0046
-0,0050
-0,0033
-0,0033
0,0010
0,0010
0,0198
0,0148
0,0013
0,0030
-0,7177
-0,7219
0,0034
0,0069
-0,0113
-0,0117
-0,0030
-0,0055
0,0019
0,0018
0,0229
0,0176
0,0049
0,0059
-0,7422
-0,7523
-0,0032
0,0002
-0,0202
-0,0206
-0,0084
-0,0085
0,0031
0,0028
0,0215
0,0153
0,0097
0,0096
-0,7990
-0,8136
-0,0124
-0,0091
-0,0405
-0,0410
-0,0151
-0,0153
0,0054
0,0052
0,0096
0,0022
0,0159
0,0150
-0,8971
-0,9244
-0,0342
-0,0312
04-10-2018
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux De base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.09 %
fOnDs feDeraux
2.25 %
2 ans
2.85 %
10 ans
3.08 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.09 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,56
-0,67
-0,59
-0,58
-0,55
-0,39
0,14
0,78
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
AOÛT 16
SEPT. 16
OCT. 16
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
SOURCE CDC IXIS
TME
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
29-08
30-08
31-08
03-09
04-09
05-09
06-09
07-09
10-09
11-09
12-09
13-09
14-09
17-09
18-09
19-09
20-09
21-09
24-09
25-09
26-09
27-09
28-09
01-10
02-10
03-10
04-10
0,71
0,71
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,86
0,86
0,86
0,86
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
-0,363
-0,363
-0,364
-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,364
-0,371
-0,366
-0,366
-0,366
-0,367
-0,365
-0,367
-0,367
-0,366
-0,367
-0,367
-0,351
-0,351
-0,363
-0,365
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,318
-0,317
-0,318
-0,318
0,70
0,71
0,68
0,67
0,68
0,69
0,70
0,69
0,71
0,72
0,70
0,70
0,72
0,74
0,74
0,78
0,77
0,76
0,77
0,82
0,82
0,81
0,81
0,82
0,77
0,78
0,85
THOR.
PUB.
PRIV.
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
04/10
03/10
COURS PRIME PREC.
LINGOT
0
33500
34200
10 FLORINS
204,5
-1,16
204,5
5 DOLLARS*
289,5
12,57
289,5
10 DOLLARS
569
10,62
570
20 DOLLARS
1130
9,81
1130
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1255,25 -2,12
1255
LATINE
195
-1,8
195
NAPOLEON
197
-0,79
199,4
1/2 NAPOLEON* 112
12,81
112
SOUVERAIN ELI I* 255,5
2,06
255,5
SOUVERAIN
246
-1,74
249,2
1/2 SOUVERAIN* 127
1,46
127
SUISSE
197
-0,79
196,4
TUNISIENNE*
195
-1,8
195
MARK*
255
4,14
250
KRUGERRAND
1097,5
3,18
1096
LINGOTIN 500GRS 17350
1,46
17000
LINGOTIN 250GRS 8670
1,4
8650
LINGOTIN 100GRS 3470
1,46
3470
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
490,75
491,91
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
29 505
29 165
FIX2
29 609
29 279
CATHODES : 5666 A COMPTER DU 04/10/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
647,63 DEPUIS LE 04/10
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 545,91 DEPUIS LE 04/10
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
555,16 DEPUIS LE 04/10
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
601,39 DEPUIS LE 04/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
732,58 DEPUIS LE 04/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
704,26 DEPUIS LE 04/10
LONDON METAL EXCHANGE
04/10
03/10
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1425-1435
1460-1470
13540
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2166-2166,5
2175-2176
979800
CASH
3 MOIS
STOCKS
LONDON BULLION MARKET
04/10
03/10
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 456
1 459
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
1 201
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 060
1 050
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
830
832
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
04/10
DÉC. 18
14,65
JANV. 19
14,8
MARS 19
14,77
MAI 19
14,85
JUIL. 19
15,05
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
03/10
14,67
14,71
14,77
14,85
14,97
SETTLEMENT
04/10
DÉC. 18
1205
AVR. 19
1215,6
JUIN 19
1222,4
AOUT 19
1223,9
DÉC. 19
1242,9
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
OCT. 18
JANV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
04/10
823,4
827,7
832
835,6
830
03/10
1201,1
1212,7
1218
1225,4
1239,3
SETTLEMENT
03/10
827,5
828,7
834,6
837,9
855,1
2079,5-2080
2092,5-2093
983250
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 983
23 026
FIX2
23 184
23 200
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 203
1365-1375
1390-1440
13540
CASH
3 MOIS
VOL.
6273-6275
6277-6278
194175
18900-18920
18925-18930
3065
6273-6274
6261-6263
196600
18900-18925
18895-18905
2965
12390-12400
12450-12475
228438
ÉLECTRICITÉ
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
04/10
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
12410-12420
12500-12505
228456
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2020-2020,5
2042-2043
114525
2000-2001
2024-2026
114900
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2632-2633
2625-2625,5
198575
2692,5-2693
2661-2663
199325
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
04/10
2,8
2,79
2,8
2,84
03/10
2,82
2,83
2,82
2,84
VOL
182
243
76709
61
BASE NOV 18
BASE DEC 18
POINTE NOV 18
POINTE DEC 18
04/10
70,05
70,54
77,89
77,43
KUALA LUMPUR
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
04/10
19000
03/10
18950
VOL
CLÔTURE
03/10
40,69
46,28
CLÔTURE
03/10
70,05
70,54
77,89
77,43
VOL
364004
192492
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
04/10
75
73,98
74,48
73,48
73,15
03/10
75,7
75,5
75,28
74,95
74,6
501,5
476,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
95,8
98,28
563,5
531,5
95,8
98,28
550,5
518,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
04/10
21,45
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
03/10
27,55
27,65
27,85
GAZ NATUREL
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
04/10
3,19
3,25
3,32
VOL
CLÔTURE
VOL
03/10
3,24
3,3
3,38
CLÔTURE
03/10
27,23
VOL
VOL
1
SETTLEMENT SETTLEMENT
04/10
NOV 2018 27,41
DEC 2018 27,51
JAN 2019 27,76
03/10
27,47
27,67
27,86
03/10
76,78
76,4
77,15
CLÔTURE
CLÔTURE
04/10
03/10
DÉC. 18
1508
1497
MARS 19 1532
1524
MAI 19
1547
1539
JUIL. 19
1562
1556
SEPT. 19
1572
1569
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
VOL
5331
6498
3201
2664
1728
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
04/10
2010
2034
2053
2093
2114
03/10
2015
2038
2053
2093
2114
VOL
17637
10486
3363
960
634
04/10
353,6
363
374,8
03/10
353,8
363
374,8
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
04/10
03/10
NOV. 18
1616
1586
11949
JANV. 19 1615
1584
9262
MARS 19 1626
1598
3239
MAI 19
1639
1612
499
JUIL. 19
1653
1625
188
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
8707
2187
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
04/10
108
111,45
113,85
118,55
03/10
106,55
109,95
112,35
117
VOL
VOL
22029
5221
1599
808
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
JOU R
04/10
03/10
112,45
115,7
VOL
79627
33804
7928
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
04/10
03/10
NOV. 18
10,75
10,5
JANV. 19 10,93
10,66
MARS 19 11,04
10,76
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
1124
433
82
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
831
71
12
SETTLEMENT SETTLEMENT
04/10
178,6
178,7
179,15
VOL
03/10
178
0
0
140
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
148.9
LE 03/10//18
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.132
LE 03/10//18
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.57875
LE 03/10//18
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.67475
LE 03/10//18
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
SETTLEMENT SETTLEMENT
487
166
256
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
04/10
03/10
DÉC. 18
367,5
364,5
MARS 19 379,25
376,25
MAI 19
386,75
384
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
VOL
CLÔTURE
138
3
04/10
03/10
NOV. 18
174,25
174,75
JANV. 19 176,5
177
MARS 19 179,75
180,25
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
47500
13849
8635
4900
1984
SETTLEMENT SETTLEMENT
04/10
03/10
DÉC. 18
517,25
515,25
MARS 19 538,5
534,75
MAI 19
545,38
546
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
CAFÉ
BOIS
SETTLEMENT SETTLEMENT
4
03/10
12,25
12,37
12,51
12,8
13,41
VOL
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 103.58
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
04/10
12,27
12,4
12,53
12,81
13,4
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
04/10
03/10
DÉC. 18
202,75
201,5
13798
MARS 19 205,5
204,5
6095
MAI 19
206,75
205,75
1755
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
COTON
04/10
90,7
76,01
76,84
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
04/10
03/10
DÉC. 18
286,5
276
MARS 19 279
271
MAI 19
279,75
260,5
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 85,8, LE 04/10//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
VOL
3902
2526
810
290
53
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 01/10/
Prix indicatif : 2068,75
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
04/10
27,55
27,65
27,85
CLÔTURE
CACAO
URANIUM
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
CLÔTURE
04/10
03/10
DÉC. 18
340,6
339,3
MARS 19 342,7
341,2
MAI 19
346,8
346,1
AOUT 19 351,9
349,4
OCT. 19
355,9
350,5
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
03/10
21,45
POWERNEXT GAS FUTURES
04/10
03/10
NOV. 18
744,75
742,25
64293
FÉV. 19
740
737,25
6410
MARS 19 738,25
735,75
4520
AVR. 19
736,25
733,5
1227
MAI 19
734,5
731,5
1196
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
510,5
485,5
SPOT
CÉRÉALES
12,34 cts/lb
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
708
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
04/10
03/10
JOUR
85,05
86,29
JANV. 19 84,6
85,83
87258
FÉV. 19
84,25
85,45
39260
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
SUCRE
London Daily Price:
04/10
NORD DA 26,76
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
PRODUITS PÉTROLIERS
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
713
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
03/10
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8600
8600
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
4,55
4,55
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33,5
33,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
7,65
7,65
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
29,3
29,3
GERMANIUM (PAR KG)
1650
1650
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14
14
SILICIUM (PAR TONNE)
2000
2000
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
04/10
VOL
04/10
03/10
205,69
207,32
REUTERS COM. 2339,77
2339,77
MOODYS COM. 5667,65
5667,65
OR INDUSTRIEL 33800
112.45
LMEX
3051,8
33712
3025,2
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38 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
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LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
252,7
28/09
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DÉSIGNATION
DES VALEURS
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HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
321,2
03/10
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
560,7
03/10
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
543,04 04/10
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
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DÉSIGNATION
DES VALEURS
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EN EUROS** VALOR.
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
DERNIER
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EN EUROS**
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DATE
SYNCHRONY (LU)
253,58 03/10
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
365,53 04/10
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
100,99 03/10
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
112,14 03/10
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
556,63 28/09
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
175,64 03/10
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
109,12 03/10
LU0188501257 PICTET-HEALTH
292,18 03/10
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
463,72 03/10
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
103,14 03/10
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
477,28 03/10
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
132,43 03/10
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
163,83 03/10
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
16085,74 03/10
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
119,9 28/09
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
98,12 03/10
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162,59 03/10
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
156,35 28/09
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157,63 03/10
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141,79 03/10
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141,85 03/10
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1215,37 02/10
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138,88 03/10
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301,97 03/10
749,97 03/10
DÉSIGNATION
DES VALEURS
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
LU0256846139 PICTET-SECURITY
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
CODE ISIN
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
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LU0090689299 PICTET-BIOTECH
DERNIER
DIVIDENDE NET
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VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CLASSIFICATION
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CLASSIFICATION
sicav//fcp
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Par Stanislas du Guerny
—Correspondant à Rennes
Christian Guyader
Christian
Guyader,
l’esprit de la mer
Ils seront 124 skippeurs à prendre, en solitaire, le
4 novembre prochain, le départ de la 11e édition
de la mythique Route du Rhum, qui relie la cité
corsaire de Saint-Malo à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. Parmi ces adeptes du grand large, un
patron : Christian Guyader, président du groupe
Guyader Gastronomie.
Ce chef d’entreprise, qui a démarré, enfant,
son apprentissage de la voile sur un Optimist à
l’Ile-Tudy, s’était fait depuis longtemps le pari
qu’il prendrait un jour la mer pour traverser
l’Atlantique en participant au Rhum. « C’est le
bon moment, confie le navigateur, l’œil rieur et,
déjà, le visage buriné par le sel et les embruns. J’ai
cinquante-huit ans, je me sens prêt à aller au bout
de mes rêves. L’entreprise se développe bien, je peux
faire ce break. Après je serai trop âgé », poursuit
Christian Guyader qui, l’an dernier, a remporté
en équipage l’Atlantic Rallye for Cruisers, une
transat de 2.700 milles entre la Grande Canarie,
en Espagne, et Sainte-Lucie, aux Caraïbes, histoire de se faire la main.
Cet automne, s’il laisse son directeur général,
Antoine Gorioux – également actionnaire
minoritaire du groupe –, à la barre pendant qu’il
voguera sur les flots, Christian Guyader ne
délaissera son entreprise que trois petites
semaines. Et encore : « En mer, je continuerai de
ENTREPRISES
AIR FRANCE-KLM
Alexandre Boissy
est nommé secrétaire général
adjoint d’Air France-KLM,
secrétaire général adjoint
d’Air France et directeur
de la communication d’Air FranceKLM. En complément,
il assurera l’intérim de la direction
de la communication d’Air France.
Il sera membre du comité exécutif
d’Air France pendant cette période.
réfléchir à l’avenir, afin d’imaginer le futur du
groupe, promet-il. On dit que l’homme est doté de
deux cerveaux ! »
L’aventure de cette société bretonne d’agroalimentaire remonte à… 1930, quand son grandpère a ouvert une petite charcuterie à Landrévarzec, une commune de 1.827 âmes qui abrite
toujours le siège social de Guyader Gastronomie.
Au fil des ans, la boutique a pris du volume, devenant une entreprise artisanale, puis industrielle.
Son diplôme de l’Institut de gestion de Rennes
(IGR) sous le bras, Christian Guyader rejoint
l’affaire familiale en 1982. Il est alors responsable
de la production et de l’informatique aux côtés de
sa mère. Denise Guyader en a pris les rênes en
1973 après le décès prématuré de son époux. En
1992, Christian lui rachète la société qui, à l’époque, compte une vingtaine de collaborateurs.
Marin et terrien
Sous son impulsion la société s’est transformée,
se diversifiant dans la fabrication de produits
haut de gamme élaborés de la mer, mais aussi
dans la production de cakes salés et sucrés, de
saumons et de truites. Aujourd’hui, le groupe,
qui reste à capitaux familiaux, emploie plus de
420 personnes réparties entre six usines, toutes
en Bretagne, et affiche 80 millions d’euros de
Alexandre Boissy, 44 ans, ancien
élève de l’Ecole nationale des
ponts et chaussées, a rejoint Air
France en 1999. En 2011, il s’est vu
confier la responsabilité de la
recherche opérationnelle d’Air
France. Trois ans plus tard, il a été
nommé responsable de la recherche opérationnelle Air FranceKLM. Depuis 2015, il était secrétaire du comité exécutif d’Air
France-KLM et directeur du cabinet du président-directeur général d’Air France-KLM.
chiffre d’affaires annuel. L’une de ses principales
marques commerciales, Guyader L’esprit de la
mer, atteste la passion de son dirigeant. Epicurien et homme de marketing, il entend d’ailleurs
profiter de cette aventure maritime pour faire
parler de ses produits. Christian Guyader a fait
installer à son bord une véritable cuisine équipée. Si la météo, souvent capricieuse en Atlantique à cette période de l’année, le permet, il mitonnera ses petits plats à base de terrines, cakes et
autres rillettes de saumon, tous made in Guyader. « J’aurai de bonnes conditions de confort
comme un vrai lit, dans la navigation il faut garder
la notion de plaisir », poursuit ce patron, qui associe ses équipes à son défi : 200 salariés ont déjà
visité le voilier. Un tirage au sort va être organisé
et deux d’entre eux pourront s’envoler aux
Antilles, tous frais payés !
Pour cette Route du Rhum, Christian Guyader
n’a pas pour ambition de prendre place sur le
podium aux côtés des plus grands, comme
Armel Le Cléac’h, François Gabard ou Thomas
Coville, mais plutôt de naviguer en « bon marin »,
afin d’emmener son multicoque à bon port et
« d’utiliser le bateau comme il se doit, sans prendre
de risques. J’ai une fille de neuf ans, je mesure mes
responsabilités », avoue le dirigeant, également
père de deux grands enfants d’un premier
mariage.
Le skippeur, qui reçoit dans d’étonnants
bureaux perdus au milieu d’un parc à Quimper
– « Je suis marin et terrien », dit-il en souriant –,
sait garder les pieds sur terre. Il aime l’aventure
mais n’a rien d’un casse-cou. Il va naviguer sur un
voilier de près de 14 mètres de long, construit à
Lorient au chantier Marsaudon et aménagé avec
minutie par Gwen Chapalain, son team manager. Pour avoir bien en main son multicoque, le
marin s’entraîne depuis des semaines au large de
la Bretagne.
Son pari secret ? S’il arrive à Pointe-à-Pitre, si
possible sans trop d’encombres, le marin a promis de se faire tatouer la tête de l’Indienne qui
orne la coque de son bateau. Il s’agit d’une figure
dessinée par Sailor Jerry, célèbre tatoueur nordaméricain de marins, au cours du XXe siècle. n
BVA GROUP
Dominique Levy Saragossi
Cécilia Ragueneau
rejoignent BVA Group
en qualité de directrices
générales adjointes, membres
du comité exécutif du groupe.
Dominique Levy Saragossi,
52 ans, a été formée à la Reims
Business School. Au cours de sa
carrière, elle a occupé des postes
de direction chez Ipsos et Kantar.
Plus récemment, elle était direc-
trice générale et présidente du
directoire de l’Obs.
Cécilia Ragueneau, 45 ans, diplômée de l’Europ ean Business
School Paris, est titulaire d’un
DESS marketing de l’université de
Paris-I. Entrée chez Canal+ en
2000, elle a notamment été directrice des nouveaux contenus/digital en 2008. Elle a assuré, entre
2011 et 2015, la direction générale
d’iTélé. Dernièrement, elle était
directrice générale de RMC.
ENGIE
Michael Webber
deviendra directeur scientifique
et technologique d’Engie,
à compter du 1er janvier prochain.
Michael Webber, 47 ans, est titulaire d’un bachelor of science et
d’un bachelor of arts de l’université
du Texas, ainsi que d’un master of
science et d’un doctorat en génie
mécanique obtenus à l’université
de Stanford. Il est entré à l’université du Texas en qualité de directeur
associé du Center for International
Energy and Environmental Policy
en 2006. Il a été nommé, en 2009,
codirecteur du Clean Energy Incubator de l’université, avant de devenir, toujours sur ce campus, directeur adjoint de l’Institut de l’énergie
en 2013. Il était jusqu’à présent maître de conférences au sein du département de génie mécanique, ainsi
qu’en qualité de Josey Centennial
Fellow dans les ressources énergétiques. Il est l’auteur de 400 publications et détient 4 brevets.
SPB
Isabelle Eloir
est nommée directrice
marketing.
Isabelle Eloir, 50 ans, diplômée en
marketing de l’IAE de Lille, a
débuté chez Hertz en 1992. A partir de 1998, elle a intégré Bouygues
Telecom où elle est devenue, en
2003, responsable marketing
client. Elle a été nommée directrice marketing, relation client et
fidélisation de Cortix en 2008, puis
responsable marketing et communication chez Gaz de Bordeaux
en 2010. Elle était ensuite devenue
responsable marketing client,
puis responsable du développement commercial chez Cdiscount.
ADMINISTRATION
SIG
Michael Nathan
a été nommé, mercredi,
en Conseil des ministres,
directeur du service d’information
du gouvernement. Il prendra
ses fonctions le 29 octobre.
Michael Nathan, 41 ans, est diplômé
de l’université de Paris-V et de l’université Paris Dauphine. Dernière-
ment, il était vice-président de Dassault Systèmes, chargé, notamment,
de la communication digitale. Il
avait, auparavant, officié chez Digiplug, Warner Bros et Hennessy.
SECTEUR PUBLIC
VNF
Nancy Canoves Fuster
prend la direction
de la communication de Voies
navigables de France (VNF).
Nancy Canoves Fuster, 34 ans, titulaire d’un master 2 en sciences
politiques de l’université de Paris-I,
a débuté en 2008, comme attachée
parlementaire au Sénat, avant de
devenir conseillère, en charge des
relations avec le Parlement et les
élus auprès du ministre délégué,
puis du secrétaire d’Etat des Transports, de la Mer et de la Pêche.
Depuis 2015, elle était directrice de
cabinet du directeur général des
infrastructures, des transports et
de la mer au ministère de la Transition écologique et solidaire.
ILS SONT NÉS
UN 5 OCTOBRE
Jérôme Deschamps,
acteur, auteur, metteur
en scène, cofondateur
de La Famille Deschiens, 71 ans.
Bob Geldorf, musicien,
auteur-compositeur, 67 ans.
Philippe Guillanton,
ex-directeur général de Yahoo!
France, propriétaire-viticulteur,
53 ans.
Eric Halphen, magistrat, 59 ans.
Guillaume Huser,
président de HomeServe
France, 52 ans.
Imran Khan, Premier ministre
du Pakistan, 66 ans.
Marie Laforêt,
actrice et chanteuse, 79 ans.
Thierry Pasquet,
président de Screenvision
Capital en France, 56 ans.
Cédric Villani, mathématicien,
député de l’Essonne, 45 ans.
Kate Winslet, actrice, 43 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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VENDREDI 5 ET SAMEDI 6 OCTOBRE 2018
PATRIMOINE.LESECHOS.FR/
PATRIMOINE
FISCALITÉ // Le changement, c’est pour 2019. Liste des principales innovations pour le contribuable.
Impôts : ce qui nous attend en 2019
Marie-Christine Sonkin
@mcsonkin
Assouplissement
du « pacte Dutreil »
L
e projet de loi de finances pour 2019
ne contient pas de grosses surprises.
Pourtant, de nombreuses innovations lancées précédemment attendent le
contribuable. Le point sur tout ce qui va
changer.
Le volet fiscal de la loi Pacte
prévoit que l’exonération partielle des droits de mutation ne
sera plus entièrement remise
en cause en cas de cession entre
héritiers ou donataires en
cours de pacte. Les modalités
d’apport des titres à une société
holding seront assouplies.
Enfin, l’obligation de déclaration administrative actuelle
sera supprimée.
A noter : pour faciliter la croissance des entreprises, le passage de l’imposition à l’impôt
sur le revenu (IR) à l’imposition
à l’impôt sur les sociétés (IS)
sera désormais réversible. Elles
pourront dorénavant, durant
cinq ans, revenir sur leur choix.
• PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE
Après quelques tergiversations de dernière
minute, le grand saut du prélèvement à la
source est confirmé. Certains revenus
demeurent exclus du système. Il s’agit des
plus-values immobilières, des revenus de
capitaux mobiliers, des rachats sur les contrats d’assurance-vie, des plus-values de
cession de valeurs mobilières, des gains de
stock-option et attribution d’actions gratuites ou BSA. Attention, dorénavant, il faudra
prévenir l’administration dans un délai de
soixante jours en cas de changement de
situation familiale : mariage ou pacs, naissance ou adoption, décès du conjoint ou
partenaire de pacs, divorce ou rupture du
pacs. Si votre situation familiale a changé en
2018, vous pouvez d’ores et déjà en informer
l’administration fiscale afin qu’il en soit
tenu compte dans le taux du prélèvement
applicable en janvier 2019.
• BARÈME DE L’IMPÔT
L’article 2 du projet de loi de finances revalorise de 1,6 % les tranches de revenus du
barème de l’impôt sur le revenu ainsi que
les seuils qui lui sont associés. Ces dispositions s’appliqueront à compter de l’imposition des revenus de l’année 2018. « Ce
barème sera aussi utilisé pour déterminer le
taux de prélèvement du foyer dès septembre 2019, précise Nora Faugère, fiscaliste
chez Fidroit, mais lorsqu’un nouveau
barème sera voté fin 2019, c’est ce dernier qui
sera appliqué pour calculer l’impôt final
liquidé en septembre 2020. En définitive, à
revenus constants, le contribuable verra le
montant de son impôt légèrement revu à la
baisse du fait de la réévaluation des tranches
en fonction de l’inflation. »
• RÉDUCTIONS ET CRÉDITS D’IMPÔT
Les bénéficiaires de crédits et de réductions
d’impôt afférents aux dépenses de service à
la personne, de garde d’enfant et d’hébergement en Ehpad, mais aussi d’investissements locatifs (dispositifs Pinel, Duflot,
Scellier, Censi-Bouvard, investissements
DOM), aux dons aux œuvres et aux cotisations syndicales bénéficieront, le 15 janvier,
d’une avance égale à 60 % des crédits et
réductions obtenus l’année précédente
(obtenus au titre de l’imposition des revenus 2017 déclarés en 2018) au titre des
dépenses de cette nature. Attention, si le
crédit d’impôt baisse en 2018, par exemple
si vous n’avez plus d’employé à domicile,
l’avance correspondante devra être régularisée, voire restituée en 2019.
A noter : les employés à domicile ne
seront pas soumis au PAS en janvier 2019.
Un acompte annuel d’impôt sur le revenu
leur sera demandé en septembre 2019. Il
sera calculé sur la base des derniers revenus
connus, soit, en principe, ceux de 2018.
L’impôt 2019 sera régularisé en 2020, une
fois la totalité des revenus de 2019 connue.
Comme tous les contribuables, les
employés à domicile bénéficieront de l’effacement de l’imposition de leurs revenus
courants de 2018.
• TAXE D’HABITATION
La réforme de la taxe d’habitation entérinée par la loi de finances pour 2018 prévoit
la baisse progressive à partir de 2018, puis
la suppression de la taxe d’habitation en
2020 pour 80 % des Français. En 2018,
cette baisse est de 30 %. Elle doit grimper à
65 % en 2019 et serait supprimée en 2020
pour 80 % des Français. Ce dégrèvement
dépend du montant de votre revenu fiscal
de référence ainsi que de votre quotient
familial. Pour éviter un effet de seuil, il est
prévu une dégressivité de la baisse de la
taxe d’habitation en fonction de votre
revenu fiscal. Par exemple, pour une part,
le seuil à ne pas dépasser est de
27.000 euros, mais les contribuables dont
le revenu fiscal de référence va jusqu’à
28.000 euros pourront bénéficier d’une
ristourne minorée. Pour l’instant, les 20 %
des ménages se situant au-dessus des
seuils prévus n’ont droit à aucun abattement. Toutefois, dans un communiqué du
9 mai 2018 publié à l’occasion de la remise
du rapport sur la refonte de la fiscalité
locale, le Premier ministre affirme que,
« après le dégrèvement complet de taxe
L’APPARTEMENT
DE LA SEMAINE
d’habitation pour 80 % des Français, conformément aux engagements du président
de la République, qui prendra effet progressivement jusqu’en 2020, la suppression
complète de la taxe d’habitation interviendra au plus tard d’ici à 2021 ».
Attention, la mesure ne concerne que la
résidence principale. Par ailleurs, la redevance télé n’est pas concernée par ces
réductions.
FLAT TAX POUR LES PLUS•VALUES
DE VALEURS MOBILIÈRES
Cette mesure figurait aussi dans la loi de
finances pour 2018, mais les contribuables
ne ressentiront ses effets qu’à partir de 2019.
Les plus-values de cession de valeurs mobilières réalisées à compter du 1er janvier 2018
pourront bénéficier de la taxation à la flat
tax au taux unique de 30 % (impôt sur le
revenu et prélèvements sociaux compris).
Dans ce cas, le taux forfaitaire s’appliquera sur le montant net de la plus-value et
aucun abattement pour durée de détention
ne sera possible. Attention, la CSG ne sera
pas déductible l’année suivante en cas de
taxation à la flat tax. Pour les titres acquis
avant le 1er janvier 2018, le contribuable
pourra opter pour la taxation au barème
progressif, donc continuer à bénéficier de
l’application des abattements pour durée de
détention. Il faudra donc faire ses calculs
pour déterminer si la flat tax est ou non plus
favorable. « Le choix du barème peut être
d’autant plus avantageux que, en 2018, les
plus-values seront alors imposées non pas au
taux marginal comme habituellement mais à
un taux moyen. Ceci résulte du mode de calcul
du crédit d’impôt modernisation du recouvrement (CIMR), dont le montant se voit
mécaniquement augmenté par la présence de
revenus exceptionnels », explique Nora
Faugère (voir exemple).
Attention, l’option pour le barème progressif est globale. Elle concerne tous les
revenus dans le champ du PFU.
• « EXIT TAX »
L’actuel dispositif sera remplacé par un système d’imposition des plus-values latentes
sur les titres et valeurs mobilières sur les
résidents français qui cèdent leurs titres
moins de deux ans après leur départ du territoire national. n
IPI LES INDICES DES PRIX IMMOBILIERS
MEILLEURSAGENTS- « LES ÉCHOS »
SUR
LE WEB
•SiEpargne
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investir dans le vin
ou les Bitcoins, soyez
vigilants ! L’AMF
publie sa liste noire
des sites non
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Défiscalisation Un PEA pour
les jeunes devrait voir
le jour dans le cadre
de la loi Pacte.
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POUSSÉE DE FIÈVRE
À NANTES
Dans un marché immobilier qui
se stabilise globalement en
septembre à Paris et dans les
grandes villes régionales,
Nantes se distingue. Cette ville
de l’Ouest très dynamique
attire les locaux mais aussi de
plus en plus de cadres parisiens en quête de qualité de
vie. Nantes voit ses prix progresser de 0,6 % en septembre,
de 4,9 % depuis le 1er janvier, et
de 6,9 % sur un an, à fin
septembre, d’après MeilleursAgents.com. C’est l’une des
rares métropoles où le délai de
vente moyen (actuellement de
56 jours) n’a pas augmenté.
« Les appartements avec
terrasse ou rénovés sont très
demandés et peuvent trouver
acheteur au prix fort, souligne
Pascale Arnaud de l’Agence
du Parc, tandis que le segment
des maisons, plus que tendu,
enregistre une hausse des prix
depuis deux ans. »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
40 // PATRIMOINE
–2,57 %
IMMOBILIER
FONDS ACTIONS ITALIE
Les marchés s’inquiètent du
projet de budget italien et du
déficit annoncé ainsi que de
des tensions entre Rome et la
Le baromètre
des fonds
+6,80 %
FONDS ACTIONS BRÉSIL
Commission européenne.
Dans ce contexte, les fonds
investis en actions italiennes
perdent 2,57 % en trois mois.
Les fonds dédiés à la Bourse
de São Paulo gagnent 6,80 %
en trois mois. A quelques jours
du premier tour de l’élection
présidentielle brésilienne,
les investisseurs saluent un
sondage favorable au candidat
d’extrême droite.
Morningstar le 2 octobre 2018
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018 Les Echos
INVESTISSEMENT // Le neuf séduit pour son confort dernier cri, ses espaces rationnels, ses accès sécurisés
et son côté zéro travaux pendant plusieurs années. Ces avantages valent-ils une telle surcote ?
Locatif : faut-il miser sur le neuf ?
T
aux d’intérêt bas, avantages
fiscaux et qualité de l’habitat sont les arguments commerciaux des promoteurs. Mais les
particuliers trouvent-ils toujours
leur compte dans ces programmes
vendus avant même d’être construits ? Analyse des atouts et des
inconvénients de l’immobilier neuf.
EMPLACEMENT
•PASUNTOUJOURS
CENTRAL
Le neuf « pousse » souvent dans des
grands espaces fonciers autour des
villes déjà urbanisées. A la
demande des mairies, d’anciens
quartiers périphériques sont
reconfigurés et réhabilités. Des
quartiers sont créés ex nihilo à la
suite de la reconversion de sites
industriels, ferroviaires ou portuaires. Toutefois, ces « morceaux de
ville » en devenir ont la particularité
de ne pas être des adresses établies.
C’est en faisant un pari sur la
mutation d’un quartier que les premiers acheteurs de neuf profitent
ainsi de prix de lancement mesurés.
« Quand on achète dans ces secteurs,
il faut se donner du temps pour qu‘ils
se valorisent », ajoute Olivier Bokobza, directeur général du pôle résidentiel de BNP Paribas Real Estate.
La durée de détention est importante, car « le neuf est souvent de 15 à
20 % plus cher que l’ancien. Le risque
consiste à surpayer cet immobilier
dont le prix de vente résulte d’une
addition de coûts (du terrain et de la
construction) plus la marge du promoteur », souligne Jean-Maximilien Vancayezeele, directeur général du groupe Crystal.
UN ACHAT SUR PLAN
•VERSION
DIGITALE
C’était jusqu’il y a peu un des travers
du neuf : choisir et acheter sur plan
un appartement qui ne sortira de
terre que dix-huit à vingt-quatre
mois plus tard. Mais depuis deux
ans, l’essor de la technologie a
modifié les modes de commercialisation de la vente en l’état futur
d’achèvement (Vefa). Les promoteurs sont de plus en plus nombreux à développer des outils digitaux pour « aider le client à se
projeter dans un bien qui n’existe
pas ». Grâce à la 3D et à des vues virtuelles en drone, il est possible de
survoler de jour et de nuit la future
résidence et de voir comment elle
s’imbrique dans son quartier. Les
grands promoteurs nationaux proposent dans leurs bureau de vente
et showroom, des visites immersives où l’on se promène de
pièce en pièce.
DES FRAIS ET DES TAXES
•ALLÉGÉS
C’est un atout phare du neuf : des
droits de mutation minorés. Payés
par l’acheteur, ces frais avoisinent
entre 2 et 3 % du prix de vente
contre 7 à 8 % pour une acquisition
dans l’ancien. Autre avantage :
durant les deux années suivant
l’achèvement de l’immeuble, le
logement est parfois exonéré de la
taxe foncière. Toutefois, les choses
changent. Quelques villes comme
Nancy, ont décidé de supprimer ce
cadeau fiscal. Attention, depuis le
1er janvier 2013, tout bien acheté en
Vefa faisant l’objet d’une première
revente dans les cinq ans suivant
son achèvement est considéré
comme un logement ancien avec
les droits de mutation y afférents.
logement, c’est être tranquille en
matière de travaux. Pas de dépenses en ravalement de façade, de
réfection de toiture, de rénovation
des parties communes ou de remise
aux normes (ascenseur, amiante…)
à prévoir avant plusieurs années.
En cas de vices de construction,
de malfaçons ou de dommages survenant dans les dix ans suivant la
remise des clefs, la garantie décennale s’applique. Il peut toutefois y
avoir quelques ratés lorsque des
assurances low cost sont souscrites
à l’étranger. En cas de mauvais fonctionnement des équipements ou
des parties communes, le propriétaire bénéficie de la garantie
biennale.
•
DES SURFACES ET
UN CONFORT OPTIMISÉS
Les constructions modernes développent une distribution rationnelle des espaces (peu de couloirs,
cuisine ouverte, peu de cloisons…).
« A nombre de pièces équivalentes
avec l’ancien, le neuf offre une surface
plus compacte, développe moins de
mètres avec en prime des balcons et
des terrasses », explique Georges
Rocchietta, président d’Atland.
Grâce aux normes de construction en vigueur, le logement offre un
confort thermique, phonique ainsi
que des performances énergétiques et environnementales imbattables par l’ancien. A l’échelle de
l’immeuble, cela participe à la maîtrise des charges de copropriété. A
l’échelle d’un appartement désormais « connecté », une simple
application installée sur un smartphone permet de piloter à distance
les consommations (éclairage,
POSSIBLES RETARDS
•DEDELIVRAISON
chauffage…) pour agir sur sa facture énergétique. Même si la place
de la voiture en ville devrait au fil
des ans se réduire, les opérations
neuves prévoient pour l’instant des
places de parking sous le futur
immeuble. Le promoteur installe,
sur demande, des bornes pour
recharger les futures voitures électriques. « Cette option est facturée
entre 1.000 et 2.000 euros », indique
Georges Rocchietta.
•
PAS DE TRAVAUX À
PRÉVOIR ET DES GARANTIES
Etre le premier propriétaire d’un
Le retard de livraison est un grand
classique dans l’immobilier neuf.
D’ailleurs, à la signature, le promoteur indique volontairement une
période (trimestre, semestre) plutôt
qu’une date. Si le retard est manifeste et a créé des dépenses imprévues (location de garde-meuble,
paiement d’intérêts intercalaires,
frais de relogement), il est possible
de demander une indemnisation
au promoteur. En septembre dernier, Vinci Immobilier s’est engagé à
indemniser ses clients dès le premier jour de retard de livraison
quelle qu’en soit la cause.
— Laurence Boccara
Défiscalisation loi Pinel ou ancien avec travaux : le match
A budget égal, choisir
d’investir dans l’ancien avec
le régime du déficit foncier
ou dans le neuf en Pinel ne
répond pas aux mêmes
objectifs et n’obéit pas aux
mêmes règles. Décryptage
pour bien choisir.
La perspective de l’IFI aura-t-elle un
effet repoussoir ? En tout cas, jusqu’à présent, l’investissement dans
l’immobilier tente de nombreux
épargnants. Si la gestion est parfois
lourde et si les risques d’impayés
sont réels, c’est une bonne façon de
se procurer des revenus complémentaires réguliers pour la retraite
tout en préservant son capital. Mais
quelle est la formule la plus pertinente pour cet investissement locatif ? Match entre le neuf et l’ancien.
Acheter du neuf oblige à être
patient car le rendement locatif n’est
pas immédiat. Même si la réservation se réalise alors que le chantier a
commencé, la remise des clefs
s’effectuera au mieux seize à dixhuit mois plus tard s’il n’y a pas de
retard. En revanche dans l’ancien, le
bien a le mérite d’exister. Même en
cas de gros travaux, quelques mois
suffiront avant de le mettre en location. Résultat, la perspective d’un
encaissement des premiers loyers
est proche.
saurus (voir exemple). Reconduit
jusqu’au 31 décembre 2021, le Pinel
ouvre droit à une réduction d’impôt
sur le revenu égale à 12 % du prix du
bien sur six ans, de 18 % sur neuf ans
et de 21 % sur douze ans. Mais cet
avantage fiscal est assorti de contraintes. Les investissements sont
pris en compte dans la limite de
300.000 euros par personne et de
deux opérations dans l’année. En
outre, le prix d’achat ne peut pas
dépasser 5.500 euros le mètre carré.
« Le Pinel est une opération idéale
pour un primo-investisseur », indique Cédric Forman.
En revanche, l’usage du déficit
foncier dans l’ancien correspond
davantage aux besoins d’un contribuable déjà doté de revenus fonciers. Réaliser des travaux importants p ermet de gommer ces
revenus existants qui, du coup, sont
moins ou pas taxés. « Dans le cadre
de cette “année blanche”, il est particulièrement intéressant pour les propriétaires bailleurs qui ont des revenus fonciers positifs chaque année
HYPOTHÈSES Achat d’un 30 m2 à Clamart (92), une
commune desservie par le futur Grand Paris Express ;
couple doté de 120.000 euros de revenus annuels, soit
imposé au TMI de 30 %. Achat financé 100 % à crédit
au taux de 1,75 % sur vingt-cinq ans avec une assurance
de 0,30 %.
tants, le déficit constaté sera reportable pendant dix ans. L’impact fiscal
au titre de 2018 est nul par le biais de
l’application du crédit d’impôt
modernisation du recouvrement,
mais la répartition des déficits continue à produire ses effets pour les
années suivantes. En 2019, le propriétaire bailleur ne débloquera aucune
somme pour les travaux mais déclarera 50 % des travaux débloqués
l’année précédente. Ces 50 % doivent
permettre d’absorber le revenu foncier existant et de remonter à hauteur
Achat d’un 30 m2 à rénover
Achat d’un 30 m2 neuf en Pinel
Fiscalité comparée
Une acquisition dans le neuf en
Pinel et dans l’ancien avec travaux
(en déficit foncier) ne répond pas au
même objectif. « Dans le premier cas,
le contribuable cherche à réduire son
impôt sur le revenu. Dans le second
cas, c’est un moyen efficace de gommer des revenus fonciers existants et
imposables grâce à la réalisation de
travaux déductibles », insiste Cédric
Forman, directeur général de Thé-
d’engager de gros travaux d’ici la fin de
cette année. Le droit commun prévoit
que tout déficit foncier vient s’imputer
sur le revenu foncier positif et
remonte sur le revenu global imposable dans la limite de 10.700 euros. Audelà, les déficits sont reportables pendant dix ans sur les revenus fonciers
des années à venir. En 2018, le propriétaire bailleur va débloquer 100 % des
travaux qu’il a prévu de financer, ceci
lui permettant d’absorber son revenu
foncier imposable et le plafond de
10.700 euros. Au-delà de ces mon-
Studio de 30 m2 avec 11 m2 de terrasse pour un montant de
235.000 euros ; 7.050 euros de frais
de notaire. Coût total de l’opération : 242.050 euros ; mensualité
de crédit 1.032 euros. Engagement
de location sur neuf ans.
Ici l’objectif est faire des économies
d’impôts. Avec cet achat, la fiscalité
sur les revenus fonciers est nulle
les premières années car elle
est gommée par les intérêts
d’emprunt et les charges.
En revanche, elle réapparaît
dès que les charges de la location
et les intérêts d’emprunt
ne couvrent plus les loyers
perçus. La réduction totale
d’impôt sur neuf ans s’élève
à 43.569 euros.
Achat d’un 2 pièces de 30 m2 dans
une opération clefs en main de
déficit foncier. Le montant s’élève à
235.000 euros dont 85.000 euros
de foncier et 150.000 euros de
travaux ; 6.800 euros de frais de
notaire. Le couple dispose de
30.000 euros de revenus fonciers
brut annuels. Coût total de l’opération : 241.800 euros; mensualité de
crédit de 1.031 euros. Engagement
de location sur trois ans. Cet achat
permet de gommer des revenus
fonciers grâce à la réalisation de
travaux déductibles. Au titre de
2018, la totalité des fonds débloqués
pour travaux absorbera les revenus
fonciers 2018 et 10.700 euros de
déficit foncier seront déduits du
revenu imposable. Le reliquat de
fonds débloqué sera reporté pendant dix ans pour absorber les
futurs revenus fonciers. En 2019,
50 % de ces mêmes fonds débloqués (soit 75.000 euros) absorberont les revenus fonciers de 2019 et
10.700 euros de déficit foncier
seront déduits du revenu imposable. Au total, pour 150.000 euros de
fonds travaux débloqués, ce couple
aura bénéficié du traitement fiscal
de 225.000 euros (150.000 + 50 % x
150.000 euros) de fonds travaux.
Dans cet exemple, l’effet travaux
lié au prélèvement à la source est
de 123 %.
de 10.700 euros sur le revenu global
imposable. Au-delà de ces montants,
le déficit sera reportable pendant dix
ans sur les revenus fonciers », souligne Cédric Forman.
En Pinel, la marge de manœuvre
en matière de location est plus
réduite que dans l’ancien. D’abord, le
locataire doit disposer de ressources
annuelles inférieures ou égales à un
barème fixé par l’Etat. Ensuite, il faut
respecter un niveau du loyer plafond. Avec l’entrée en vigueur du
prélèvement à la source le 1er janvier
prochain, l’administration fiscale
remboursera 60 % de la réduction
d’impôt Pinel au 15 janvier 2019 et le
solde en septembre 2019.
Dans l’ancien, il n’existe aucune
obligation concernant le profil du
locataire et les loyers sont libres bien
que la loi Elan prévoie, à terme, un
nouvel encadrement.
Un immeuble neuf avec une
majorité de propriétaires investisseurs n’est pas toujours la panacée.
Les habitants, tous locataires ou
presque, pourront être moins attentifs à l’état des parties communes
qu’un propriétaire occupant sa résidence principale. Quant aux déménagements et emménagements à
répétition, ils accentuent l’usure
naturelle des lieux et peuvent
engendrer des dépenses supplémentaires à la copropriété (panne
d’ascenseur, bris de glace, sols
endommagés). Autre élément
important : une fois passée la durée
obligatoire de détention imposée
par le régime fiscal, tous les bailleurs
auront des velléités de céder leur
bien, et souvent au même moment.
Or cette offre abondante et concurrente au sein d’un même immeuble
peut faire baisser le prix. Ce scénario
est moins probable dans l’ancien,
car tout le monde n’a pas acheté au
même moment. — L. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
en bref
Tim Scott/Fluid Images/
Sotheby’s
MARCHÉ
DE L’ART
DES ENCHÈRES EN OR
CHEZ SOTHEBY’S
RETOUR AU BERCAIL
D’UN TABLEAU DE PISSARO
Sotheby’s organise le 17 octobre
à Londres (du 9 au 19 octobre en
ligne) la première vente aux enchères consacrée à l’or. Une Ferrari
512 BB de 1977, de couleur or métallisé, sera l’un des temps forts. Estimation : de 350.000 à 450.000 livres.
La CA de Paris a confirmé le
2 octobre la restitution aux descendants d’un collectionneur juif
spolié sous l’Occupation d’un
tableau de Pissarro. « La
Cueillette » avait disparu avant
d’être achetée légalement en 1995.
A Londres, les foires Frieze
mettent l’art politique à la mode
DR
PATRIMOINE // 41
Les Echos Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
LA CHRONIQUE
DU FISCALISTE
ÉVÉNEMENT // A l’occasion de la double foire de Londres, dans un contexte politique
tourmenté, 290 galeries font la part belle aux revendications et aux moqueries des artistes.
D
Comme la demande se détourne sensiblement des artistes jeunes et trop chers, l’offre des
galeries s’oriente naturellement vers des créateurs plus « classiques » qui ont largement fait
leurs preuves dans le passé. Ce travail de redécouverte est particulièrement perceptible à
Frieze Masters. Ainsi la galerie du Britannique
James Brett « The Museum of Everything », qui
a beaucoup valorisé l’art brut contemporain,
expose à Frieze Masters les œuvres de peintres
haïtiens des années 1940 et 1950, remarqués en
1945 par le théoricien du surréalisme André
Breton alors qu’il fuyait le nazisme, à vendre
entre 20.000 et 300.000 euros. Pour Hector
Hyppolite comme pour Wilson Bigaud, Brett
parle des premiers « surréalistes noirs ».
eux tendances guident actuellement le
marché de l’art. La première est la présence d’un art aux revendications politiques – conscience écologique, féminisme, présidence américaine problématique. La deuxième
est la difficulté qu’ont les galeries à vendre un art
plus jeune (voir « Les Echos » du 14 juin 2018 à
propos de la foire Art Basel).
Les foires Frieze (160 galeries contemporaines) et Frieze Masters (130 galeries de l’Antiquité au XX e siècle), qui se tiennent dans
Regent’s Park à Londres jusqu’au 7 octobre, en
sont un parfait reflet. Au chapitre de la politique, sans nul doute le stand le plus abouti de
Frieze cette année est celui de la galerie de Hong
Kong et de Londres de Simon Lee.
Son espace entier est consacré au californien
Jim Shaw (né en 1952), un des piliers de la critique des outrances de la société américaine, qui
utilise cependant l’iconographie made in USA
pour en parler. Son sujet, cette fois, c’est Donald
Trump, et plus généralement le cirque du pouvoir des présidents américains montré dans
une verve surréaliste.
Avant même l’ouverture de la foire, la moitié
des tableaux de cette nouvelle production
avaient été vendus entre 40.000 et 80.000 dollars. Shaw est un des rares grands noms américains à ne pas céder aux sirènes du succès et des
hausses de prix. Il confie même : « Je fais tout
pour ne pas être un artiste à succès : changer de
style souvent, utiliser des couleurs criardes, parler
de sujets d’actualité qui seront oubliés demain. »
Il n’en reste pas moins un excellent artiste.
Les street artists, malgré
un succès populaire avéré,
trouvent rarement une place
dans les foires d’art
contemporain sérieuses.
Il y a une exception notable
à ce phénomène : les peintres
brésiliens, Os Gêmeos.
La part des femmes
Si on parle de politique, cette année la foire
revendique une programmation importante
d’artistes femmes. Par coïncidence, l’installation certainement la plus marquante de la foire
est celle d’une femme franco-italienne, Tatiana
Trouvé (née en 1968). Elle vient d’intégrer l’écurie de la galerie parisienne de Kamel Mennour
et occupe tout son stand de Frieze avec une
gigantesque fontaine de bronze en forme
d’arbre abattu, dont les branches laissent couler
de l’eau. Plusieurs objets symboliques en marbre sont disposés autour. L’œuvre monumentale, baptisée « The Shaman », est à vendre
650.000 euros. Elle semble clairement avoir
une symbolique en lien avec le péril écologique
actuel.
Les artistes intrinsèquement les plus politiques, au sens étymologique au moins, sont certainement les street artists. Mais face à la
médiocrité de l’offre générale dans ce domaine,
et malgré un succès populaire avéré, ils trouvent rarement une place dans les foires d’art
contemporain sérieuses. Il y a une exception
notable à ce phénomène : les peintres brésiliens
*
« Tragedy Display », de Jim
Shaw. Hommes d’affaireszombies, imagerie
apocalyptique, icônes
de la consommation de masse…
L’artiste originaire du Michigan
dépeint en détail la face
grotesque, schizophrène
et inquiétante de l’Amérique
du XXIe siècle.
Courtesy of the artist and Simon Lee
Gallery © Jim Shaw 2018
LE GRAPHE
DE LA SEMAINE
Le spectre d’une bulle immobilière refait surface
Dix ans après 2008, le scénario d’une nouvelle crise immobilière est-il envisageable ?
Dans son rapport annuel sur les risques de
bulle immobilière, la banque suisse UBS
s’inquiète des déséquilibres du marché
observés dans certaines grandes métropoles des pays industrialisés. Bien que l’étude
éloigne le risque d’une crise équivalente à
celle de 2008, au moins six villes à travers le
monde sont clairement entrées dans une
zone de risque.
« La plupart des foyers ne peuvent plus se
permettre d’acheter des biens immobiliers
dans les grands centres financiers sans avoir
hérité d’un apport substantiel », explique
UBS dans son 2018 Global Real Estate Bubble Index. L’étude a montré que le rapport
prix-revenu médian des villes analysées a
progressé de 5,5 en 2008 à 7,5 en 2018. Sauf à
bénéficier d’un héritage conséquent, la plupart des ménages ne peuvent plus se per-
mettre d’acheter un logement dans un
grand centre financier, explique la banque
suisse.
Si Paris reste juste en dessous du seuil de
risque de bulle immobilière de l’indice, la
banque souligne des « déséquilibres
majeurs » sur le marché parisien, qualifié de
« surévalué ». Dans la capitale française, les
prix corrigés de l’inflation ont augmenté de
plus de 5 % sur un an. Elle arrive ainsi à la
8e place du classement de l’indice derrière
Hong Kong, Munich, Toronto, Vancouver,
Amsterdam et Londres, puis Stockholm.
Paris est de moins en moins abordable
pour ses habitants : quatorze années de
revenu d’un employé qualifié dans les services sont en moyenne nécessaires pour y
acheter un appartement de 60 mètres
carrés. Ce chiffre monte à quinze ans à
Londres, plus de vingt ans à Hong Kong.
— S. T.
Os Gêmeos (nés en 1987). Ces jumeaux, nés à
São Paulo, ont parcouru le monde entier qu’ils
ont peuplé de leurs êtres étranges et de leurs
remarquables fresques réalisées dans des couleurs vives, sur des fonds psychédéliques. En
2017 à New York, sur la 7e Rue, ils ont peint sur
deux immenses murs, de leur propre initiative,
un hommage à la culture hip-hop.
Art brésilien et haïtien
Parallèlement ils exposent en galerie et Lehmann Maupin, de New York, Hong Kong et
Séoul montre à Frieze quatre de leurs grandes
peintures, qui ont été vendues immédiatement
pour 200.000 dollars chacune. Le marché asiatique semble particulièrement intéressé par
leurs personnages « cartoonesques », et durant
ces cinq dernières années leurs prix ont augmenté de seulement 20 %, selon David Maupin.
De ce côté de la planète, ethnocentrisme
oblige, on connaît mal l’histoire de l’art en Haïti,
tout comme celle du Brésil. Ainsi, l’un des
génies de l’abstraction brésilienne reste le peintre Alfredo Volpi (1896-1988), qui, à partir de
motifs de la vie quotidienne (drapeaux, façades
de maisons, etc.), a créé un extraordinaire
répertoire de formes colorées (1). Sur le stand
des galeries brésiliennes Almeida e Dale et
Marilia Razuk, ses œuvres sont proposées entre
80.000 et 1,5 million de dollars.
Enfin, il ne faut pas manquer les très secrets
car très érotiques mais fascinants dessins des
années 1930 et 1940 du cinéaste russe Sergueï
Eisenstein, le père, entre autres, du fameux
« Cuirassé Potemkine ». La galerie Alexander
Gray de New York dévoile ces feuilles brûlantes
et s’en sépare à partir de 20.000 dollars (2).
— Judith Benhamou-Huet
(1) Le Nouveau Musée national de Monaco exposait
son travail de février à mai 2018 et il figure dans l’exposition consacrée à l’art d’Amérique latine « Geométrie
Sud » de la fondation Cartier à partir du 14 octobre.
(2) Une partie de ces dessins méconnus seront aussi
montrés dans une exposition « Le Violon d’Ingres » à
la Villa Médicis, à Rome, à partir du 2 novembre.
— Christophe Frionnet,
avocat associé, CMS Francis
Lefebvre Avocats
Prélèvement à la
source : en sait-on
plus sur le régime
des primes perçues
en 2018 ?
La loi prévoit que le dispositif
d’« année blanche » ne concernera pas les gratifications surérogatoires qui, s’entendant
comme non directement liées
au contrat de travail, doivent
être assimilées à un revenu
exceptionnel. Qu’en est-il des
bonus ? Des précisions sur ce
point ont été apportées en août
dernier par la doctrine administrative.
La doctrine retient une définition assez large du lien avec le
contrat de travail en y assimilant : les avenants, mandats
sociaux, conventions et accords
collectifs, à condition que
ceux-ci aient été conclus avant
le 1er janvier 2018, ainsi que les
usages d’entreprise.
Mais elle exige deux critères
pour l’année blanche :
l Le contrat de travail ou
assimilé doit déterminer les
conditions du versement et du
calcul de la prime 2018 ;
l Le montant versé en 2018
ne doit pas être supérieur à
celui qui résulte du contrat de
travail.
Il est permis de s’interroger
sur le point de savoir si le législateur a entendu traiter les primes non expressément prévues par le contrat – comme
étant sans lien avec le contrat de
travail.
L’administration admet toutefois dans sa doctrine que ces
primes puissent bénéficier de
l’année blanche si elles remplissent les conditions suivantes :
l Elles sont à la fois attribuées et versées de manière
habituelle ;
l Leur montant ne va pas audelà de celui attribué habituellement.
4
À
RETENIR
Une prime contrac•tualisée
ne sera
pas imposée sous
certaines conditions.
Par mesure
de tolérance, les
primes non contractualisées pourront aussi bénéficier de cette
absence d’imposition
sous certaines
conditions.
•
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
L’Etat ne sait pas quand EDF démarrera
Flamanville, la Bourse s’en moque.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
« Les Echos »
+
Une histoire de soudure
François Eyraud DG de Danone
Produit Frais France
BIO « Chez Danone, depuis plus de dix ans, nous avons
une marque qui s’appelle Les 2 Vaches qui est leader sur
le marché des yaourts laitiers de vaches bio. Et là, on accélère.
Nous nous sommes engagés à ce que d’ici fin à 2019, l’ensemble
des marques destinées aux enfants, pour Danone en France,
aient une alternative bio », détaille François Eyraud.
« Ce sont des segments qui vont plus vite. »
INNOVATIONS « Nous attaquons de nouvelles catégories
de produits. Cette année, nous avons déjà lancé Alpro qui
est un produit ultra-frais à base de végétaux, qui démarre
très bien. Des produits végan ultra-frais, alternatifs
aux produits laitiers. Au mois de septembre, nous avons mis
en place des glaces basées uniquement sur des produits
végétaux. Et, en produits laitiers, nous allons bientôt
lancer Activa Bio qui est l’une des plus grandes marques
sur le marché. »
INFORMATIONS « Le consommateur veut de l’information :
il veut comprendre ce qu’il achète, comment un produit a été
fait… La transparence est une attente des consommateurs.
Et nous, en tant que producteur, nous devons y répondre.
Nous avons pris des engagements pour avancer
sur la transparence. Nous avons déjà mis le Nutri-Score
sur un certain nombre de packagings, nous sommes en train
de le déployer sur l’ensemble des produits de la gamme
Danone Produits Frais France. Nous allons publier, le mois
prochain, sur notre site Internet, l’information de l’ensemble
de nos recettes. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
L’Etat n’est pas souvent un investisseur avisé, mais il est parfois initié. Les
agioteurs qui gardent une oreille collée au poste depuis l’annulation de la
hausse des tarifs électriques par Ségolène Royal, devant les caméras, à l’été
2014, auront appris jeudi de la bouche de François de Rugy, à la radio, qu’EDF
n’était « pas capable de nous donner une date » sur l’ouverture de la centrale
nucléaire de Flamanville. A la communauté financière, l’électricien, qui a levé 4 milliards d’euros de capitaux l’an dernier, n’ose pourtant pas livrer une
réponse de normand. Il prévoit toujours officiellement de raccorder l’EPR de
la Manche « courant 2020 ». L’entreprise publique peut néanmoins se féliciter
d’une chose : quand le ministre de la Transition écologique et solidaire se
charge à sa place de ses relations avec les investisseurs, tout le monde s’en
moque ! Il ne s’agit cependant pas de l’histoire de l’homme qui a vu l’homme
qui a vu l’ours réintroduit dans les Pyrénées, ni même d’une affaire de soudures, bien que celles de Flamanville soient très critiquées par le gendarme
atomique. Il fut un temps justement où la « soudure » entre les revenus
de Flamanville et de l’alsacienne Fessenheim, que François de Rugy a promis
de fermer « d’ici à 2022 », aurait inquiété la Bourse. La hausse de 44 % des prix
du courant et le triplement de ceux du carbone en un an ont changé la donne.
A leurs niveaux actuels, la trajectoire financière d’EDF redevient soutenable,
calcule JP Morgan. Un plaidoyer en soi pour une régulation tarifaire…
Foxconn 26
Geldelis 29
General Motors 20
Hermès 35
Honda 20
Hortonworks 25
Kering 35
Korian 35
Leo Pharma 23
LG 26
LVMH 35
Lyft 20
Lyko 28
L’Oréal 35
Malteurop 18
MapR 25
Mars 34
Mitsubishi 20
Monet 20
eDitorialistes
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (le crible)
Les eChos exeCUTIves
réDactrice en chef Muriel Jasor
Les eChos week-end
Directeur De la réDaction Henri Gibier
réDacteurs en chef Gilles Denis,
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ImPressIon l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 4 octobre 2018 : 94.606 exemplaires
origine du papier : belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de oJD-Diffusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
ce numéro comporte un 3e cahier de 8 pages « les echos spécial ».
Amazon prend un risque calculé
avec sa nouvelle politique salariale.
« Quand le monde change autour de vous et quand il change contre vous,
vous devez comprendre ce qu’il faut faire parce que se plaindre n’est pas
une stratégie. » Amazon semble suivre le conseil de Jeff Bezos en fixant son
salaire minimum aux Etats-Unis à 15 dollars. Non seulement, le patron
le plus mal vu de Donald Trump coupe l’herbe sous le pied à ses détracteurs
mais, en plus, il prend de vitesse la concurrence juste avant le rush de fin
d’année, dans une Amérique taraudée par les pénuries de main-d’œuvre.
Et voilà comment le nouveau numéro un des milliardaires américains
de « Forbes » vient de décrocher un tweet d’encouragement du socialiste
américain Bernie Sanders, pourtant à l’origine de la proposition « Stop
BEZOS » (Stop Bad Employers by Zeroing Out Subsidies Act). Selon Loop
Capital Markets, il pourrait quand même en coûter de 1 à 2 milliards de dollars, moins de 1 % du chiffre d’affaires mais plus d’un tiers du dernier bénéfice net. Grâce à ses juteuses activités informatiques, Amazon peut toutefois se permettre d’afficher une rentabilité irrégulière dans le commerce,
surtout si cela affaiblit les rivaux. Suppression de certaines primes
et stock-options, embauche d’un sixième d’intérimaires en moins grâce
à l’automatisation, baisse espérée des frais de turnover et pouvoir d’achat
injecté dans l’économie américaine : ce « socialisme à visage amazonien »
ne devrait pas trop effrayer Wall Street. Le géant numérique redore
son image de marque mais conserve sa réputation. On n’y jette pas l’argent
par les fenêtres.
EN VUE
les echos est une publication du
principal associé ufipar (lvmh)
présiDent-Directeur général Pierre Louette
Directrice générale pôle les echos Bérénice Lajouanie
Directeur Délégué Bernard Villeneuve
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Directeurs Délégués De la réDaction
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réDacteurs en chef
David Barroux (entreprises)
Laura Berny (enquêtes)
Daniel Fortin (magazine, opinions, innovation)
Arnaud Le Gal (les echos entrepreneurs
et opérations spéciales)
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Clémence Lemaistre (information digitale)
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Pascal Pogam (information
et transformation digitale)
réDacteur en chef technique Didier Boileau
Directeur De création Fabien Laborde
Directrice artistique aDJointe
Marion Brisson
A visage amazonien
Danske Bank semble mieux prendre
la mesure de son risque blanchiment.
Nissan 20
Notilo Plus 27
Olam 34
RATP 17
Renault 20
Samsung Display 26
Saverglass 30
Sharp 26
Société Générale 35
SoftBank 20
Soufflet 18
Taxi13 28
Taxis Nantes 28
Touton 34
Toyota 20
Uber 28
Valeo 35
Waymo 20
Xilam 26
Directeur De la publication & présiDent De la sas les echos Pierre Louette
edité par les echos, sas au capital de 794.240 euros rcs 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
éDitrice Déléguée Capucine Marraud des Grottes
Directeur Des Développements éDitoriaux Du pôle les echos Henri Gibier
Y aurait-il quelque chose de moins pourri au royaume bancaire du Danemark ? La Bourse de Copenhague ne se permet pas encore de l’espérer,
la mauvaise séance de Danske Bank (–4,6 % jeudi) ayant même porté
la perte de substance boursière du premier prêteur du pays à un tiers en un
an. Car c’est désormais avéré, l’oncle Sam a décidé de mettre son nez dans
le « Baltic Laundromat » abrité par la filiale estonienne de 2007 à 2015 dans
le cadre de son département non-résidents. Ces nouveaux limiers s’ajoutent à ceux du Danemark, de l’Estonie et du Royaume-Uni, et la justice américaine – le très redouté DOJ – a transmis des demandes d’informations
liées à une enquête pénale. La probabilité d’une grosse amende s’en trouve
augmentée aux yeux des investisseurs mondiaux – d’où la sanction
boursière – même si aucun élément aggravant n’a fuité (contournement
d’embargo ou financement terroriste). Et pourtant, si ce gros scandale de
blanchiment européen vient ainsi de connaître le mauvais rebondissement
redouté, les actionnaires malheureux peuvent aussi constater que les dirigeants et régulateurs danois semblent avoir enfin cessé d’en sous-estimer
les retombées éventuelles. L’ancien patron Thomas Borgen a renoncé
à assurer l’intérim et le superviseur a obtenu de la banque qu’elle cesse ses
rachats d’actions, en imposant une rallonge au coussin de sécurité, au titre
des risques de réputation et de conformité. Les ratios de solvabilité sont
élevés (16 % des encours ajustés des risques encourus pour les fonds
propres de base et 20 % pour le capital total), mais ils ne sont pas forcément
du luxe vu l’ombre portée américaine.
Sam et la lessiveuse
LES ENTREPRISES CITÉES
Adobe 25
Airbus 17
AXA 35
Barry Callebaut 34
Blommer 34
BMW 20
Bosch 20
Capgemini 35
Cargill 34
Crédit Agricole SA 35
Cruise 20
Daimler 20
Danske Bank 34
Ecom 34
EDF 23
Eurecab 28
Faurecia 35
Fiat Chrysler 20
Ford 20
crible
O
Jair Bolsonaro
n a tort de s’obnubiler sur les
municipales lyonnaises. Il n’y a
pas qu’à Lyon qu’on s’amuse. Au
Brésil, on ne s’ennuie pas non plus. Après
s’être emballé pour un candidat de gauche emprisonné, Lula, le pays s’enthousiasme pour un sbire d’extrême droite,
Jair Bolsonaro. A ne pas confondre avec
Borsalino même si, comme le film, Jair
sent la poudre. Au propre et au figuré. Sa
nette avance dans les sondages a été
confortée par l’attentat qui l’a envoyé trois
semaines à l’hôpital. Pour le premier tour
de la présidentielle du 7 octobre, Bolsonaro est donné gagnant face au Parti des
travailleurs de Lula. Les marchés l’apprécient. A chaque sondage le faisant progresser la Bourse monte avec lui. Pourtant, en économie il dit aussi n’importe
quoi, privatisations impraticables, etc. Il a
lui-même reconnu qu’il n’y comprenait
rien. La réaction populaire est parfois difficile à comprendre. Après que des centai-
nes de milliers de femmes ont manifesté
dans les rues contre ses dérapages
misogynes, il est passé de 18 à 24 % dans
l’électorat féminin ! De cet ancien militaire élu 7 fois député, 63 ans, jusque-là
personne n’avait entendu parler. Pourtant, il fait du bruit. Il est homophobe,
raciste, misogyne, son seul avantage
serait qu’il n’a pas d’affaire de corruption
sur le dos – au Brésil ! « Bozo » préférerait
avoir un fils « mort dans un accident de la
route plutôt qu’homosexuel ». Père de
4 garçons, il qualifie la naissance de sa fille
d’« instant de faiblesse ». Le « Trump tropical » considère que « l’erreur de la dictature a été de torturer et non pas de tuer ».
D’une députée de gauche, il dit qu’il ne la
violerait pas car « trop laide », elle « ne le
méritait pas ». Comment passer du carnaval au film d’horreur.
(
Lire nos informations
Page 7
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
VENDREDI 5 ET SAMEDI 6 OCTOBRE 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22796 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT LESECHOS.FR/
SPÉCIAL
Innovation Les remèdes de l’intelligence artificielle pour le monde de la santé // P. 2 | Interview Jean-David Zeitoun : « Le besoin
en médecine est quasiment illimité » // P. 3 | Infographie Médecine et hôpital : les promesses de l’intelligence artificielle // PP. 4-5 |
Régulation Les données de santé, la mère des batailles // P. 6 | Imagerie Quand l’algorithme est autorisé à poser un diagnostic // P. 7 |
INTELLIGENCE
ARTIFICIELLE
Shutterstock
Une révolution
pour la santé
Médecine
augmentée
L’ ÉDITORIAL
de Benoît
Georges
F
aut-il encore former
des étudiants
en médecine ?
A l’heure où le plan santé
présenté par la ministre
Agnès Buzyn prévoit enfin
d’en finir avec le système
du numerus clausus,
la question peut sembler
incongrue. Pourtant,
au regard des récents progrès
spectaculaires de l’intelligence
artificielle, certains n’hésitent
pas à affirmer que, au même
titre que les chauffeurs Uber
ou les caissières
de supermarché,
les généralistes
et les spécialistes seront
demain victimes
de l’automatisation.
Après tout, si les machines
savent détecter une tumeur
mieux qu’un radiologue,
si des chatbots questionnent
les patients comme le ferait
un médecin de famille,
si des logiciels sont capables
de prédire les chances
de guérison d’un patient
atteint d’un cancer,
si des robots chirurgiens
opèrent le cerveau avec une
précision millimétrique, à quoi
bon passer dix ans à étudier
l’anatomie, les soins d’urgence
et les interactions entre
médicaments ?
Sauf que, dans la santé comme
dans bien d’autres domaines,
les prophètes de la fin du
travail oublient que les choses
ne sont jamais aussi simples.
D’abord parce que les progrès
évoqués précédemment,
s’ils existent, sont encore loin
de devenir la règle – il faudra
souvent de longues études
pour s’assurer de leur
pertinence et de leur innocuité,
et certaines pistes aujourd’hui
vues comme prometteuses
aboutiront à des impasses.
Ensuite parce qu’automatiser
une tâche – l’analyse
d’une radio ou la lecture
d’un électrocardiogramme,
par exemple – ne signifie
pas que l’on détruit un emploi :
c’est oublier la dimension
relationnelle du travail
du médecin, qui aura juste
plus d’outils, ou des outils
plus efficaces, à sa disposition.
Enfin parce que le monde
du XXIe siècle manque
de médecins : c’est déjà
vrai dans les campagnes
et les petites villes de nos pays
développés, et ce l’est encore
plus dans les autres nations
où les besoins sont immenses.
Demain, comme par le passé,
tout ce qui permettra de traiter
plus de monde, mieux,
plus vite et moins cher
sera bienvenu.
Oui, l’intelligence artificielle
porte la promesse de soigner
autrement, mais rien ne dit
qu’elle permettra de le faire
sans médecin. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
SPÉCIAL INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
02
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
INNOVATION // La santé est sans doute le domaine dans lequel l’intelligence artificielle suscite à la fois
les plus grands espoirs, mais aussi les craintes les plus vives.
Les remèdes de l’intelligence
artificielle pour le monde de la santé
nal des données de santé supposait
d’attendre une autorisation de la
CNIL, ce qui pouvait prendre plusieurs mois. Désormais, l’absence de
retour après quatre mois vaudra
pour acceptation (lire page 6).
Pour aller plus loin, le gouvernement a mis sur les rails le Health
Data Hub. Objectif : faire travailler
ensemble des spécialistes qui en
avaient peu l’habitude : industriels,
médecins, biologistes, datascientists… « La maîtrise de la donnée en
quantité massive pour la recherche,
pour la surveillance sanitaire ou l’épidémiologie, c’est de la responsabilité
des Etats et cela se joue au niveau
européen. C’est un enjeu d’indépendance sanitaire face aux géants du
Web », insiste Joëlle Bouet.
Frank Niedercorn
@FNiedercorn
— Correspondant à Bordeaux
P
our le médecin, l’intelligence
artificielle (IA) sera-t-elle
demain aussi banale que le
stéthoscope ? Un simple outil de
plus à sa disposition, en quelque
sorte. A moins… qu’elle ne le remplace. Comme d’autres secteurs,
celui de la santé pourrait bien être
transformé par les progrès de l’intelligence artificielle. Avec à la clef la
promesse d’une amélioration des
soins de santé ou d’une réduction
des coûts. Mais aussi de nombreuses craintes.
Dans certains domaines où
l’information est déjà numérisée,
comme l’imagerie médicale, la cardiologie, l’ophtalmologie ou l’oncologie, la recherche a fait des progrès
spectaculaires (voir notre infographie pages 4 et 5). Deux facteurs ont
joué : l’amélioration des capacités de
calculs des ordinateurs et les progrès
d’une partie de l’intelligence artificielle, utilisant les réseaux de neurones et leur capacité d’apprentissage.
Une fois entraîné sur des bases de
dizaines de milliers d’images, un
algorithme peut identifier un mélanome de la peau ou une tumeur cancéreuse. Les performances sont
spectaculaires pour l’identification
d’une maladie de la rétine : la rétinopathie diabétique. Un pas a été franchi avant l’été avec l’autorisation par
la Food and Drug Administration,
l’agence de santé américaine, du
dépistage automatique de cette
maladie grâce à un système d’intelligence artificielle (lire page 7).
Vers l’analyse exhaustive
Les avancées sont loin d’être aussi
rapides dans tous les domaines.
« Ces systèmes sont très verticaux et
spécifiques. Cela ne concerne actuellement que quelques pathologies,
comme la détection de mélanomes
à partir de photographies. Pour
d’autres affections comme la sclérose
en plaque, les performances de détection des lésions dans les IRM sont très
en dessous de celles des radiologues »,
Quel rôle pour le docteur ?
Dans certains domaines où l’information est déjà numérisée, la recherche a fait des progrès spectaculaires. Photo U-T San Diego/Zuma/RÉA
analyse Emmanuel Barbier, chercheur à l’Inserm, qui a mis au point
avec l’Inria un programme capable
de localiser et d’identifier différents
types de tumeurs cérébrales.
Mais ces limitations ne seront
peut-être que temporaires. La
start-up israélienne Zebra Medical
Vision affirme avoir développé une
technologie permettant de détecter
dans les radios des pathologies
concernant aussi bien les poumons
que les os ou le système cardiovasculaire. « Je ne pensais pas voir arriver un système d’analyse exhaustif
avant cinq ans », avoue Olivier Clatz,
PDG de Therapixel (lire page 7).
Les espoirs vont bien au-delà de
l’imagerie. « A court terme, ces technologies vont permettre de faire plus
précisément et plus rapidement ce
que sait déjà faire l’homme, précise
Joëlle Bouet, associée du cabinet
OpusLine, chargé par Bercy d’une
étude sur l’impact du numérique
sur les industries de santé. Au-delà,
la promesse de l’intelligence artifi-
cielle est d’éclairer sur des sujets
qu’on ne comprend pas, de résoudre
des questions sans réponse. Existet-il, par exemple, une corrélation
entre les perturbateurs endocriniens
et l’explosion observée du diabète à
travers le monde ? Aujourd’hui c’est
une suspicion, mais on est incapable
de le démontrer. »
La robotique va constituer l’autre
domaine d’excellence de l’intelligence artificielle. En début d’année,
« A court terme, ces
technologies vont
permettre de faire
plus précisément
et plus rapidement
ce que sait déjà
faire l’homme. »
JOËLLE BOUET
Associée du cabinet OpusLine
sur les dix innovations sélectionnées dans le monde par l’observatoire Netexplo, trois relevaient de ce
domaine. Les Australiens du projet
Stentrode travaillent à un dispositif
implantable dans le cerveau permettant de piloter un exosquelette
par la pensée. A l’université de
Columbia, une équipe développe
une prothèse auditive intelligente
utilisable dans les environnements
bruyants. Quant à l’université de
Newcastle, elle met au point une
prothèse de main bionique qui,
grâce à sa caméra, choisit la façon la
plus appropriée de saisir un objet.
L’intelligence artificielle concerne
aussi l’hôpital et son fonctionnement. La Fédération hospitalière de
France (FHF), qui regroupe les hôpitaux publics, prend le sujet à bras-lecorps. Elle vient de lancer une étude
sur deux ans pour estimer l’impact
de l’intelligence artificielle sur les
241 métiers recensés dans un hôpital, représentant 3.000 tâches différentes. L’ambition est de « savoir si
l’IA peut nous aider et quel est son
degré d’acceptabilité », explique
Enguerrand Habran, qui dirige le
Fonds recherche et innovation de la
FHF. Cette dernière soutient aussi
plusieurs projets de terrain, comme
celui du Groupe Hospitalier Bretagne Sud, dont le service d’urgence
accueille 90.000 patients par an et
beaucoup de personnes âgées. En
analysant les données sur plusieurs
années et sur plusieurs milliers de
patients (parcours, pathologie, actes
médicaux…), l’objectif serait à terme
de faire faire baisser les temps
d’attente et d’améliorer l’organisation globale du système de santé territorial en anticipant le besoin de lits,
dans l’hôpital lui-même et en dehors
pour la convalescence.
Dans la foulée du rapport Villani
sur l’intelligence artificielle, la
France est décidée à jouer son rôle,
notamment en facilitant l’accès aux
données de santé pour les industriels. Jusqu’à présent, lancer un projet d’étude à partir du Système natio-
Quel paysage de la santé cette irruption de l’intelligence artificielle va-telle nous dessiner ? Et, d’abord, quel
sera le rôle du médecin ? « La
machine peut faire un diagnostic certain à 95 % ou même 99 %. Ce doit
être le médecin qui décide en dernier
ressort. Nous imaginons une intelligence artificielle auxiliaire du médecin plutôt qu’en compétition avec lui.
Ce sera le praticien augmenté »,
estime Olivier Floch, associé du
cabinet OpusLine.
Le professeur Israël Nisand, gynécologue obstétricien du CHU de
Strasbourg et spécialiste de bioéthique, voit, quant à lui, se dessiner un
avenir dans lequel l’intelligence
artificielle jouera un rôle de filtre :
« Internet sera là, à qui on pourra énumérer ses symptômes. Les robots vous
poseront quelques questions complémentaires, vous demanderont de
montrer une lésion devant le smartphone et vous proposeront diagnostic,
pronostic et traitement avec ordonnance par retour d’e-mail. » Du coup,
poursuit le praticien, « la consultation médicale en présence d’un médecin deviendra rare. Cela pourrait devenir une offre pour citoyens aisés, une
sorte de “sur mesure” de la médecine
alors que le “prêt à soigner”, réservé à
la “plèbe”, sera numérique et automatique, en plus d’être gratuit ». n
1 LES FORCES EN PRÉSENCE
Google mène le peloton
des Gafa
Les start-up, moteur
de l’innovation
Et si les Gafa devenaient aussi
des géants de la santé ? Google
a tenté d’enfiler la blouse
blanche il y a plus de dix ans.
Après l’échec de Google Health,
son dossier médical en ligne
abandonné en 2012, la firme
est revenue en force avec
sa filiale DeepMind Health,
en faisant ce qu’elle sait faire
de mieux : collecter et traiter
les données. En l’occurrence
celles de patients d’hôpitaux,
notamment britanniques.
Les choses ont toutefois été
plus difficiles que prévu avec
le Royal Free Hospital Trust,
qui lui permettait d’accéder
à l’historique médical
de 1,6 million de patients.
L’accord a été dénoncé quand
les autorités britanniques
ont constaté que ces données
n’avaient pas été anonymisées
et avaient été utilisées dans
un cadre plus large que prévu.
Mais Google a plusieurs fers
au feu. Son projet Baseline
« Un médecin 24 heures sur 24. »
C’est la promesse de Babylon
Health, une jeune entreprise
britannique qui a levé
50 millions de livres depuis
sa création en 2014 et développé
un service de consultation basé
sur une application smartphone.
Le monde des start-up mettant
en œuvre l’intelligence
artificielle pour innover
dans la santé est foisonnant :
le cabinet CB Insights a recensé
481 deals, pour un montant total
de 3,6 milliards de dollars
investis sur les cinq dernières
années. Dans l’Hexagone,
bpifrance a dénombré une
soixantaine de jeunes pousses
nées après 2010 et utilisant
le « machine learning »,
le « deep learning »
ou les systèmes experts.
Pour les jeunes entreprises,
l’une des difficultés reste l’accès
aux données. C’est justement
l’originalité de Owkin, une startup spécialiste du « machine
a l’ambition de « cartographier »
la santé humaine, en recueillant
les données de santé
de 10.000 volontaires grâce
à des objets connectés.
Sa dernière initiative en date,
Cityblock, vise à offrir des
services médicaux et à faire
de la prévention en direction
des titulaires des minima
sociaux américains.Les autres
géants du Web ne sont pas
inactifs. Amazon se lance dans
l’assurance santé, et Facebook
AI Research (Fair), après avoir
recruté Yann LeCun, l’un
des pères du « deep learning »,
a embauché en début d’année
Jérôme Pesenti, un ancien
responsable du programme
Watson d’IBM. Apple confirme
aussi son intérêt pour la santé
avec sa montre Apple Watch
Series 4, le premier appareil
grand public doté d’un capteur
et d’un algorithme susceptibles
de détecter un incident
cardiaque. — F. N.
learning » et de la recherche
en oncologie dans laquelle
a investi Google Ventures.
« Nous collaborons avec la
recherche publique en mettant en
œuvre le principe d’apprentissage
fédéré. Cela permet d’échanger
des algorithmes pour les entraîner
sans avoir à faire sortir
les données », résume Thomas
Clozel, cofondateur de Owkin.
La jeune entreprise a annoncé,
le 4 octobre, le lancement
avec Apricity, une autre start-up
spécialiste de la recherche
sur la fertilité, d’un projet
collaboratif baptisé « Substra »,
financé à hauteur de 10 millions
d’euros par bpifrance.
L’ambition est de mettre au point
avec six grands instituts de
recherche publique une plateforme de traitement sécurisée,
et ainsi de faire tourner leurs
algorithmes prédictifs dans
leurs domaines de prédilection :
anatomopathologie,
dermatologie et fertilité. — F. N.
IBM, pionnier
des industriels
Watson Health est-il parti trop
tôt ? Dès 2011 et la victoire de son
système d’IA dans le jeu Jeopardy!,
IBM avait ciblé le marché de la
santé et notamment la recherche
sur le cancer. Le programme, qui
fonctionne comme une aide au
diagnostic, a été entraîné en absorbant une bonne partie de la littérature scientifique anglophone
concernant l’oncologie. Selon IBM
et en fonction des formes de
cancers, ses recommandations de
traitement vont dans le même
sens que celles des médecins dans
au moins 8 cas sur 10, et même à
96 % pour le cancer du poumon.
Pourtant, depuis l’an dernier, des
doutes sont apparus sur la fiabilité
de ses conseils. L’un des projets
phares, mené avec le MD Anderson Cancer Center de l’université
du Texas, a été abandonné. Chez
IBM, on plaide la jeunesse du
système. « Il y a un vrai sujet
autour de la représentativité des
données. Watson est utilisé pour le
traitement de 84.000 patients
majoritairement américains et
européens et ses recommandations
s’appliquent moins aux patients
originaires d’Asie ou d’Afrique.
Changer d’échelle et passer à 1 million de sujets va demander beaucoup de moyens », explique
Silvano Sansoni, responsable des
ventes d’IBM France. Big Blue
revendique 230 hôpitaux utilisateurs dans le monde, contre 55 l’an
dernier. S’il n’a pas de partenaire
hospitalier en France, il a signé en
juillet un accord avec le français
Guerbet, spécialiste des produits
de contraste en radiologie, pour
mener des recherches sur le cancer du foie. Parmi les grands
industriels de la santé, notamment
ceux de l’imagerie médicale,
Philips est probablement le plus
actif. Le groupe vient de créer à
Paris un centre d’expertise en
intelligence artificielle employant
une trentaine de chercheurs.
L’objectif est notamment de parier
sur les partenariats avec les
start-up et les hôpitaux. — F. N.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
SPÉCIAL INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
03
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
INTERVIEW // JEAN-DAVID ZEITOUN Médecin et docteur en santé publique
« Le besoin en médecine
est quasiment illimité »
l Les géants de la tech ne gagneront pas forcément la bataille de l’IA en santé.
l Les professionnels du secteur et les start-up ont une carte à jouer.
Propos recueillis
par Benoît Georges
@bengeorges
et Rémy Demichelis
@RemyDemichelis
Les premières expérimentations d’intelligence artificielle
appliquées à la santé remontent à près d’un demi-siècle…
Cela fait au moins quarante ans que
des personnes éminentes comme
Robert Califf, grand chercheur et
ancien commissaire de la FDA
[Food and Drug Administration,
NDLR], écrivent sur l’interaction
entre le médecin et la machine et
sur la possibilité d’induire des risques ou des diagnostics à partir de
grandes quantités de données. Mais
aujourd’hui, l’IA en médecine est
en phase de maturation. D’abord
parce que les technologies d’IA ont
connu des progrès importants, en
particulier depuis 2012. Ensuite,
parce que les médecins sont de plus
en plus prêts à accueillir ces technologies et à modifier leurs pratiques.
C’est dans le diagnostic
que l’on voit aujourd’hui les
progrès les plus spectaculaires,
notamment grâce à la
reconnaissance d’images.
Qu’est-ce que cela va changer ?
On a déjà des études de très bon
niveau méthodologique qui montrent que les algorithmes égalent les
performances des ophtalmologues, des anatomo-pathologistes
ou des dermatologues. Donc on a
déjà une applicabilité presque
immédiate de ces technologies.
Reste la question de l’implémentation pratique et du business model.
Certains en déduisent
que les radiologues,
par exemple, vont disparaître…
Ce thème du remplacement des
métiers n’est pas exclusif à la santé.
Premièrement, je pense que les
médecins vont résister assez fortement parce qu’ils ont les connaissances et l’influence pour le faire.
Deuxièmement, le besoin en médecine est quasiment illimité, les gens
en voudront toujours plus et il y aura
une demande qui sera colossale.
Donc, si les radiologues passent
moins de temps à lire les mammographies – je n’ai pas dit « arrêtent de
les lire » – ce n’est pas grave, il y aura
toujours une demande en face. On
n’aura, par exemple, plus forcément
besoin de deux radiologues pour
analyser une mammographie, mais
il y en aura toujours un.
« Pour que les
algorithmes fassent
la meilleure prédiction
possible, il ne faut
pas simplement leur
donner les images. »
Ce qui étonne, les autorisations
de mise sur le marché
de ces produits d’IA
arrivent très rapidement…
Elles sont maintenant à la hauteur
du niveau de preuve qui a été généré
par les études. Si les études sont
bien faites, il n’y a aucune raison
pour que les agences n’autorisent
pas ces produits.
Il y a des principes clefs qui ne sont
pas différents par rapport aux
médicaments ou aux dispositifs
médicaux. C’est un équilibre entre
les bénéfices et les risques et c’est
toujours un certain niveau de
preuve qui doit être démontré.
C’est aussi pour cela
qu’il faudra toujours
des médecins ?
Oui, ces études ne peuvent pas être
faites uniquement chez Google, il
faut bien à un moment aller dans les
centres de soins pour les réaliser. Et
pour que les algorithmes fassent la
meilleure prédiction possible, il ne
faut pas simplement leur donner
les images. Il faut leur fournir aussi
les données cliniques et c’est là où
les médecins sont incontournables.
Pour certaines anomalies à l’électrocardiogramme (ECG), vous ne
pouvez pas les interpréter de façon
optimale sans avoir le contexte clinique. Vous pouvez avoir la même
image ECG chez un malade qui
est en train de faire un infarctus et
chez un malade qui a fait un infarctus il y a quinze ans. Les géants de la
tech et les start-up ont besoin des
données cliniques, donc c’est un
atout majeur pour que les médecins puissent garder la main s’ils
se débrouillent bien et s’ils se font
eux-mêmes entrepreneurs.
Les études de médecine
sont synonymes de bachotage.
Cela doit-il évoluer ?
Oui, et avec la réforme annoncée,
cela devrait être le cas. Mais il ne
faut pas croire pour autant que le
médecin sera dispensé d’acquérir
d’immenses quantités de connaissance sous prétexte que la machine
les détiendra. Un scénario possible
est au contraire qu’il nous faille
devenir meilleurs pour challenger
la machine à bon escient. Je pense
que la tendance va nous obliger à
élever notre niveau, et ça vaut pour
tout le monde.
« Les géants de la tech
et les start-up ont
besoin des données
cliniques, donc c’est
un atout majeur
pour que les médecins
puissent garder
la main. »
Les géants du Web vont-ils
s’accaparer le secteur
de la santé et de l’IA ?
Personne ne le sait, mais ce n’est pas
gagné pour eux. […] Je pense qu’on a
des atouts pour faire des start-up de
qualité. Dans le médicament,
quand vous prenez du retard, vous
ne le rattrapez pas parce qu’il y a la
propriété intellectuelle. C’est le premier qui a déposé le brevet qui va
commercialiser le médicament.
Mais en IA, comme il n’y a quasiment pas de propriété intellectuelle, le retard est théoriquement
rattrapable. Si Google commercialise aujourd’hui son produit, vous,
dans un an ou deux, vous pouvez en
commercialiser un autre.
Peut-on imaginer
que toutes les maladies
seront un jour diagnostiquées
par l’IA, comme avec
le tricordeur de « Star Trek » ?
Cela n’est pas évident. Il y a toujours
des débats pour certaines pathologies, par exemple sur les standards
diagnostiques d’une infection ou
d’une polyarthrite rhumatoïde.
Pour d’autres maladies, il n’y a pas
de débat : quand vous avez une
tumeur cancéreuse, vous avez une
tumeur cancéreuse. Mais sur certains diagnostics, les lignes sont
encore floues entre le normal
et le pathologique.
Quelles sont les autres
limites auxquelles l’IA
sera confrontée en médecine ?
Je pense qu’il va y avoir beaucoup
de prédictions qui seront fausses ou
futiles. Fausses pour les raisons
invoquées plus haut, ou futiles soit
parce qu’on n’aura pas les traitements (si je vous dis que vous avez
un risque de 10 % de développer la
maladie de Parkinson, ça ne va rien
changer à votre vie, il n’y a rien à
faire), soit parce qu’on disposera de
traitements mais qu’on ne connaîtra pas la meilleure stratégie thérapeutique à adopter.
News = Informations / Talks = Echanges
Les rôles des généralistes et des
spécialistes vont-ils évoluer ?
Sur les dix-quinze ans à venir, la
grande mission du généraliste sera
de faire en sorte que les différents
traitements ne viennent pas entrer
en collision entre eux. Et le rôle du
spécialiste sera d’avoir le plus haut
degré d’expertise possible. Les
maladies sont considérées comme
de plus en plus compliquées parce
qu’on les connaît mieux – il n’y a pas
un diabète, il y a quinze diabètes.
Donc la surspécialisation est une
tendance déjà réelle qui devrait inéluctablement s’accentuer. n
Gastro-entérologue à l’hôpital Saint-Antoine et diplômé de Sciences
Po Paris, Jean-David Zeitoun a confondé la start-up Inato. Photo DR
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SPÉCIAL INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
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SPÉCIAL INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
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Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
RÉGULATION // Si l’accès légal et technique aux données de santé ne devient pas plus facile en France,
les chercheurs en intelligence artificielle risquent de se tourner vers d’autres pays.
Les données de santé, la mère des batailles
Jacques Henno
@jhennoparis
3 QUESTIONS À
V
Risque de pénurie
Or, en France, dans le domaine des
données de santé, en dehors de la
Sécurité sociale et de quelques équipes pluridisciplinaires spécialisées
dans le traitement du cancer, seuls
trois secteurs ont organisé avec
méthode la numérisation de leurs
travaux : les cabinets de radiologie,
les laboratoires de biologie et les spécialistes du génome. Deux raisons
expliquent cette pénurie de données : d’abord, dans l’Hexagone, ces
informations sensibles sont extrêmement protégées ; ensuite, s’il
existe un grand nombre de bases de
données médicales en France, peu
d’entre elles sont structurées pour la
recherche ou interopérables.
Depuis la loi de janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers
et aux libertés, le traitement des
« données concernant la santé » est
très encadré : par exemple, toute
demande d’accès aux données
VALÉRIE EDEL
Directrice adjointe de
l’INDS (Institut national
des données de santé)
DR
ous connaissez le Sniiram ?
Sans doute pas, mais lui
vous connaît ! Le Système
national d’information inter-régimes de l’Assurance-maladie est
en effet une gigantesque base
de données qui collecte tous les
remboursements de la Sécurité
sociale. Il couvre 99 % de la population française et comprend 20 milliards de lignes de prestations !
Rassurez-vous, votre nom n’y
figure pas ; il a été remplacé par un
pseudonyme… Heureusement pour
vous, car ce fichier, ainsi que les milliers d’autres bases de données
médicales, de toutes tailles, hébergées en France, devraient, en
théorie, être beaucoup sollicités à
l’avenir, au nom de l’intelligence
artificielle (IA). Depuis quelques
mois, le Sniiram est mouliné dans
tous les sens par des algorithmes
de statistiques et d’IA, à la demande
de la Caisse nationale de l’assurance-maladie (CNAM). Objectifs ?
Identifier les médicaments qui augmentent le risque de chutes chez
les personnes âgées ; détecter les
médecins ou les pharmaciens
qui prescrivent un peu trop facilement des substituts aux drogues,
comme le Subutex, etc.
Amélioration de la qualité des
soins, réduction des coûts, accélération des essais thérapeutiques, veille
sanitaire… « L’intelligence artificielle en santé ouvre des perspectives
très prometteuses », résumait le
mathématicien et député Cédric
Villani dans son rapport sur l’IA
remis en mars dernier au Premier
ministre. Mais pour fonctionner
correctement, l’IA a besoin d’énormes masses de données. « Si la
France ne va pas assez vite sur la donnée, elle n’ira pas assez vite sur l’IA »,
prévient Jean-Yves Robin, actuel
directeur général d’OpenHealth,
une entreprise spécialisée dans
l’analyse des données de santé.
« La France dispose
d’un fichier unique
au monde »
L
e fichier Sniiram, qui
rassemble les remboursements de la
Sécurité sociale, couvre toute
la population française
depuis 2006. Ses données
agrégées sont en partie accessibles via un portail Internet.
1
Depuis la loi de janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, le traitement
des « données concernant la santé » est très encadré. Photo Shutterstock
publiques doit répondre à un motif
d’intérêt public. Pour faciliter leur
consultation, toutes les informations de santé pseudonymisées collectées par des organismes publics,
dont le fameux Sniiram, ont été
regroupées, en 2017, au sein du
SNDS, le Système national des
données de santé (lire l’interview
de Valérie Edel ci-contre).
Pour utiliser un de ces fichiers,
il faut montrer patte blanche, en
détaillant les données souhaitées et
les objectifs attendus de la recherche. « Il faut déposer une demande
sur le site de l’INDS, commente
Hélène Guimiot-Bréaud, cheffe du
service santé de la CNIL. Le dossier
est transmis au Ceréés, le Comité
d’expertise pour les recherches, les
études et les évaluations dans le
domaine de la santé, qui examine les
aspects méthodologiques et scientifiques de la demande, avant de la transmettre à la CNIL, qui prend la décision finale. »
Premier problème : un des intérêts des programmes d’intelligence
artificielle est de pouvoir être lancés
sans savoir précisément ce que l’on
cherche… « Nous ne voulons pas d’un
consentement général donné par
les patients qui permettrait d’utiliser
les données de santé pour faire tout
et n’importe quoi au nom de l’IA »,
répond Alexis Vervialle, chargé
de mission nationale offre de soins
à France Assos Santé, l’Union natio-
nale des associations agréées d’usagers du système de santé. « Les responsables de l’INDS sont conscients
de cette difficulté et de la nécessité de
faire évoluer, en accord avec la CNIL,
la doctrine d’utilisation », reconnaît
Julie Galland, cheffe du bureau des
industries de santé, à la Direction
générale des entreprises, au ministère de l’Economie et des Finances. Par exemple, des bases de données pourraient être spécialement
conçues, à partir des fichiers existant, pour servir de « bacs à sable »
aux logiciels de Big Data et d’IA.
La France est riche
de milliers de bases
de données médicales,
mais très peu de ces
fichiers ont été organisés pour la recherche.
Second problème, qui pourrait
conduire à une « pénurie » de données de santé : leur structure et
leur manque d’interopérabilité.
La France est riche de milliers de
bases de données médicales, constituées par des hôpitaux, des universités, des laboratoires pharmaceutiques, la CNAM, etc. Mais très
peu de ces fichiers ont été, dès le
départ, organisés pour la recherche.
« Il nous a fallu trois ans pour rendre
les données du Sniiram exploitables
par le Big Data », révèle Emmanuel
Bacry, mathématicien, enseignant
à Polytechnique et Paris-Dauphine,
directeur de recherche au CNRS
et qui travaille sur cette pépite
de la CNAM.
Nomenclatures communes
Les fichiers n’ont pas, non plus,
été conçus pour être versés dans un
immense « entrepôt » de données,
comme le Health Data Hub, une
gigantesque plate-forme regroupant des données médicales de toutes origines, que le rapport Villani
appelle de ses vœux. « Jusqu’à présent, en France, on cherchait à échanger des données entre différents
acteurs d’un parcours de soins »,
explique Gérard Domas, vice-président de l’association Interop’Santé,
qui milite pour des standards
d’échange de données de santé entre
éditeurs de systèmes d’information.
« Aujourd’hui, le paradigme a
changé : on veut pousser les données
en dehors du parcours de soins pour
les utiliser à des fins de recherche… »
La solution passe, bien sûr, par
l’adoption de nomenclatures communes (même unité, même valeur
pour une donnée échangée). Mais
aussi par la mise en commun des
pratiques de restructuration et
d’appariement des données, parfois
fort complexes, au sein du futur
Health Data Hub. n
Quel est le rôle
de l’INDS ?
L’INDS, créé en avril 2017 à partir de l’IDS (Institut des données
de santé), est un guichet unique destiné aux organismes
souhaitant obtenir l’autorisation d’effectuer des recherches
à partir de jeux de données
extraits des dossiers médicaux
conservés dans les hôpitaux
français ou extraits du SNDS. Ce
Système national des données
de santé comprend uniquement des donnés médico-administratives : les remboursements de la Sécurité sociale
(le fichier Sniiram), l’activité
des hôpitaux (le fichier PMSI)
et les causes médicales de décès
(CépiDc). Le Sniiram est un
fichier unique au monde, puisqu’il couvre toute la population
française depuis 2006. Il ne
contient que des données, non
pas anonymisées, mais pseudonymisées : il existe donc un
risque de retrouver l’identité
exacte de la personne. C’est
pourquoi l’accès au SNDS
doit être extrêmement encadré.
2
A quoi peuvent servir
ces données médicoadministratives ?
Du point de vue de la recherche
médicale, elles obtiennent toute
leur valeur lorsqu’elles sont
recoupées avec des données cliniques, comme les dossiers
médicaux des hôpitaux ou les
résultats des examens médicaux. Cet appariement peut se
faire de façon probabiliste (il y a
une forte probabilité que telle
personne qui s’est vue rembour-
ser tel médicament soit atteinte
de telle affection) ou, dans des
conditions d’anonymisation
extrêmement drastiques, grâce
au numéro de Sécurité sociale.
Pour favoriser l’application de
l’intelligence artificielle aux
données de santé, la future plate-forme Health Data Hub préconisée par le rapport Villani
sur l’IA doit aller encore plus
loin, en rassemblant aussi des
données venues d’organismes
privés. Une mission de préfiguration de ce Health Data Hub
a été confiée à trois experts,
dont la présidente de l’INDS,
Dominique Polton. Elle doit
rendre son rapport dans les prochains jours.
« L’accès doit être
extrêmement
encadré. »
3
Qui peut avoir
accès au SNDS ?
Tout organisme français ou disposant d’un représentant en
France et souhaitant effectuer
des recherches médicales
n’impliquant pas la personne
humaine et ne visant ni la
commercialisation de produits
de santé, ni la sélection du
risque par les assureurs. En
à peu près un an, nous avons
reçu 500 demandes, dont
170 concernaient le SNDS et
quelque 250 les dossiers médicaux au sein des hôpitaux.
L’accès au SNDS n’est toujours
donné que pour des extraits
des fichiers qu’il contient, par
exemple les remboursements
de tel médicament. Ces jeux de
données sont mis à disposition
sur un portail Internet d’où
il n’est possible d’exporter
que des données agrégées,
comme des moyennes.
Propos recueillis par J. H.
Cryptage et tatouage pour protéger les informations de santé
Indispensables pour
entraîner les algorithmes
d’intelligence artificielle,
les données de santé devront
circuler entre différents
intervenants. Mais
comment s’assurer qu’elles
ne tomberont pas chez des
acteurs mal intentionnés ?
Il y a encore quelques mois, les jeux
de données extraits des grandes
bases de données médico-administratives françaises pouvaient être
obtenus… sous forme de CD-ROM !
Un support physique dont il est difficile d’empêcher la copie. Un pre-
mier progrès a été réalisé grâce à
Internet : pour éviter toute copie de
ces informations, celles-ci ne sont
plus accessibles désormais que via
des plates-formes informatiques
d’où toute exportation de données
brutes est impossible.
Mais la multiplication des
acteurs publics ou privés, français
ou d’origine étrangère (plusieurs
Gafa ont récemment multiplié les
investissements en France dans le
domaine de l’IA et de la santé) et
leur volonté de faire tourner des
algorithmes d’intelligence artificielle sur des données de santé
ne pourront que multiplier les
échanges de fichiers entre systèmes
informatiques. Comment s’assurer
que les informations transmises
seront utilisées à bon escient et
ne se retrouveront pas entre des
mains indélicates ?
Empêcher les copies
Il faut tout d’abord assurer leur
sécurité. « Une piste que nous explorons est l’externalisation de ces données sous une forme chiffrée, mais
de façon à pouvoir continuer à faire
des calculs entre elles », explique
Gouenou Coatrieux, professeur au
département image et traitement
de l’information d’IMT (Institut
Mines-Télécom) Atlantique et
membre du Latim (Laboratoire de
traitement de l’information médicale), une unité de recherche associant l’Inserm (Institut national de
la santé et de la recherche médicale), l’université de Bretagne Occi-
Chaque jeu de
données possède
un marquage unique
qui permet de savoir
qui l’a éventuellement
recopié ou revendu.
dentale (UBO), l’IMT Atlantique et
le CHRU de Brest. Le principe ? Les
données A et B sont envoyées
sous formes cryptées au service de
cloud qui va, par exemple, « faire »
leur addition ; seul le résultat sera
décrypté et connu en clair par
l’organisme de recherche.
Autre problème : comment
s’assurer, une fois que des donnés
de santé ont été confiées à un organisme extérieur, que ce dernier ne
va pas les recopier et les divulguer à
des tiers ? Une préoccupation valable également pour toutes données
confidentielles, qu’il s’agisse de données bancaires, militaires, indus-
trielles… C’est là qu’intervient le
principe du tatouage : introduire
une petite modification dans la
base de données ; sa présence ne
va pas en gêner l’exploitation, et
elle sera connue du propriétaire
du fichier. « Nous avons breveté le
tatouage à grande échelle, affirme
Gouenou Coatrieux. Dès qu’un utilisateur fait une requête, les données
sont tatouées à la volée avant de lui
être confiées. » De ce fait, chaque
jeu de données possède un marquage unique qui permet de savoir
qui l’a éventuellement recopié ou
revendu. Prochaine étape : mélanger cryptage et tatouage ! — J. H.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
SPÉCIAL INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
07
Vendredi 5, samedi 6 octobre 2018
Lexique
IMAGERIE // L’annonce a fait grand bruit début avril :
aux Etats-Unis, un système d’IA a été autorisé à poser
un diagnostic sur la rétinopathie diabétique par la FDA.
Détermination
•parDIAGNOSTIC
le médecin de la nature
ou de la cause de la maladie.
Il se fait généralement en
fonction de la correspondance
entre les symptômes du patient
(et éventuellement les résultats
d’examens complémentaires)
et la classification des maladies
(elle-même instable).
PRONOSTIC Prévision
de l’évolution de la maladie
jusqu’au résultat final – guérison totale, partielle (persistance
d’un handicap) ou décès.
Quand l’algorithme
est autorisé
à poser un diagnostic
Rémy Demichelis
@RemyDemichelis
L
e 11 avril 2018, la Food and
Drug Administration (FDA),
autorité américaine chargée
des autorisations de mise sur le
marché des dispositifs de santé, a
donné pour la première fois son aval
à un système d’intelligence artificielle permettant de diagnostiquer
une maladie : IDx-DR. Il s’agit d’un
algorithme qui repère les signes de
la rétinopathie diabétique, c’est-àdire des lésions ou un œdème au
fond de l’œil. Dans le pire des cas,
elle peut entraîner la cécité.
Le dispositif s’adresse principalement à certains diabétiques, pour
lesquels il est conseillé d’être dépistés une fois par an. Le logiciel affiche
un taux de précision de l’ordre de
90 %, alors que le seuil à dépasser
pour autoriser la commercialisation avait été établi à 85 % par la
FDA. Une pertinence supérieure
à celle des ophtalmologistes en
moyenne. Avec IDx-DR, lorsqu’une
personne obtient un résultat positif
à la rétinopathie diabétique, elle est
orientée vers un médecin. Ce dernier ayant toute liberté d’être en
accord ou non avec la machine.
François Pelen, ophtalmologiste
français et cofondateur de Point
Vision, ajoute un bémol sur ces systèmes en général : « La machine a
des faux positifs ou faux négatifs qui
ne sont pas les mêmes que ceux des
médecins. Ce qui m’embête, c’est de
laisser repartir des gens qui n’ont pas
été diagnostiqués positifs par la
machine alors qu’ils auraient dû
l’être. Je suis prêt à équiper mes centres de ces outils, mais sous la supervision d’un médecin. »
L’aura de la FDA
L’annonce d’autorisation de la FDA
avait suscité beaucoup d’intérêt de
la part de la communauté scientifique. La rétinopathie diabétique
toucherait plus de 30 % des diabétiques en France, soit environ
1 million de personnes.
Pourtant, IDx-DR bénéficie
d’un « marquage CE », permettant sa commercialisation dans
l’Espace économique européen,
depuis 2013. L’Autriche ou les Pays-
Bas s’en servent déjà, et cette IA
ne doit pas obligatoirement être
utilisée en cabinet. « Concernant
l’introduction de notre produit
en France […], nous répondons
aux impératifs réglementaires,
mais nous devons compléter la
traduction de notre produit en français », précise Laura Shoemaker,
directrice du marketing et de la
communication chez IDx.
Pourquoi faire plus cas de l’autorisation de la FDA que de l’homologation européenne ? Déjà, l’autorité
américaine semble rompue aux us
des relations publiques. Pour
IDx-DR, elle a publié un communiqué où elle précisait bien que
c’était la première fois que ce type
d’outil était autorisé. Ensuite, sa centralisation lui donne une meilleure
visibilité ; la FDA s’occupe des dispositifs médicaux, des médicaments,
mais aussi de la sécurité alimentaire. « Les exigences sont plus nombreuses sur la partie évaluation produit aux Etats-Unis », ajoute Olivier
Clatz, cofondateur de Therapixel.
En France, le fait qu’il y ait remboursement ou pas par l’Assurance-
•
DONNÉES DE SANTÉ
•N’importe
quelle donnée liée
directement ou indirectement
à la santé d’un patient ou
d’une population. Elles peuvent
par exemple à la fois désigner
des données de l’Assurancemaladie et des données
cliniques, mais elles concernent
le plus souvent les premières.
Elles renseignent dans ce cas
sur les actes pratiqués sur
un patient ou les médicaments
dispensés en pharmacie,
mais elles ne donnent pas
les résultats de ses examens.
CLINIQUES
•AuDONNÉES
sens restreint, il s’agit juste
des données recueillies
directement par le médecin en
interrogeant et en examinant
le patient. Au sens plus large (le
plus courant), il s’agit de toutes
les données qui concernent
le patient. Elles sont utiles
au diagnostic et au pronostic.
Le logiciel IDx-DR affiche un taux de précision de l’ordre de 90 %
dans le diagnostic de la rétinopathie diabétique, une pertinence
supérieure à celle des ophtalmologistes en moyenne. Photo IDx
maladie est déterminant, et ce n’est
pas encore le cas d’IDx-DR. Aux
Etats-Unis, le fournisseur négocie
avec les assurances. Tous les dispositifs et médicaments autorisés par
la FDA ne sont pas automatiquement remboursés par Medicare,
l’assurance-santé gérée par le gouvernement fédéral, mais ils sont tout
de même 80 % à l’être. « En Europe,
le marché est compartimenté par
pays, avec des différences de langues et
de systèmes de remboursements,
alors qu’aux Etats-Unis, c’est un boulevard », indique Catherine Martineau-Huynh, directrice de l’exploitation chez TheraPanacea. OutreAtlantique, une autorisation donne
accès à 320 millions d’habitants et
une seule langue est nécessaire. n
RÉSEAU DE NEURONES
•Système
d’IA capable
d’apprendre automatiquement
et reproduisant grossièrement
le fonctionnement
des neurones humains.
Selon le type, le réseau
a parfois besoin qu’un humain
nomme les choses à apprendre
(apprentissage supervisé),
d’autres fois que l’humain
lui dise simplement
si ses réponses sont vraies
ou fausses (apprentissage par
renforcement), ou il peut être
capable d’apprendre tout seul
(apprentissage non supervisé).
TAUX DE SENSIBILITÉ Lors
d’un diagnostic, c’est la capacité
à détecter les sujets malades.
TAUX DE SPÉCIFICITÉ Lors
d’un diagnostic, c’est la capacité
à écarter les sujets sains.
1 TROIS EXEMPLES DE START-UP FRANÇAISES
•
Shutterstock
Shutterstock
Patrick Allard/RÉA
•
Cardiologs met l’IA
au cœur des patients
Therapixel révolutionne
la mammographie
TheraPanacea prédit
et optimise les traitements
Dans les séries télévisées qui se passent à l’hôpital,
quand un patient fait un arrêt cardiaque, il y a toujours
un plan sur un écran qui suit les battements du cœur,
des « bips » qui deviennent bruyants et rapides.
Cet outil qui indique les pulsations cardiaques
est un électrocardiogramme (ECG). Outre les infarctus,
il peut donner de nombreuses autres indications
sur l’état du cœur. La start-up française Cardiologs
a décidé en 2014 de créer un système d’intelligence
artificielle capable de décrypter les courbes d’ECG.
L’algorithme peut repérer des anomalies telles que les
arythmies, l’hypertrophie ventriculaire gauche et une
centaine d’autres. « Pour les cardiologues, le problème,
c’est le temps, explique Yann Fleureau, cofondateur
et PDG de la start-up. Ils doivent parfois analyser un mois
d’ECG. L’idée, c’était de faire gagner du temps aux
cardiologues. » Le logiciel de Cardiologs est loin d’être
le premier destiné à ces praticiens, mais il a divisé
par quatorze le nombre de fausses alertes par rapport
aux anciens systèmes. « C’était nécessaire pour encourager
l’adoption », indique Yann Flereau. Le programme,
qui repose sur l’apprentissage profond, est actuellement
en test en France et en Inde, et sa commercialisation
a commencé aux Etats-Unis. « Chaque mois, des milliers
de cas sont analysés. » L’outil de Cardiologs est utilisé
en hôpital, mais aussi en ambulatoire, objectif sur lequel
la start-up mise beaucoup parce que « ça permet d’aller
plus vite ». Autre avantage : le marché n’est pas limité
par le nombre de lits ou de consultations. « L’ECG
est le capteur qui peut sortir de l’hôpital par excellence. »
Yann Fleureau se réjouit d’ailleurs que la nouvelle montre
connectée d’Apple, présentée à la mi-septembre, intègre
un capteur ECG approuvé par le régulateur américain
de la santé, la FDA : « On arrive à un moment où le patient
va être facilement en mesure de générer des données
cliniques en dehors de l’hôpital. » — R. D.
En matière d’intelligence artificielle appliquée
à la santé, c’est une des premières start-up françaises
à s’être fait remarquer à l’international. Pourtant,
Therapixel, créé en 2013, spin-off de l’Inria
(Institut national de recherche en informatique
et en automatique), ne vend aucun produit d’IA,
ou du moins pas encore. Il développe un système
qui permet de diagnostiquer des cancers du sein
à partir de mammographies. Therapixel connaît
un immense succès depuis qu’il a remporté, en 2017,
le Digital Mammography Challenge, un concours lancé
par des organisations américaines pour améliorer
le dépistage. La même année, la Société française
de radiologie lui attribuait le prix de l’innovation.
Le taux de pertinence de son système est équivalent
à celui des humains. « Pour la commercialisation,
ce sera plutôt fin 2020 », indique Olivier Clatz,
cofondateur de Therapixel, qui prévoyait jusqu’à
récemment de sortir un produit en 2019.
« On commencera certainement avec les Etats-Unis. »
Il prévoit, d’ailleurs, d’ouvrir un bureau à Chicago
et de lancer un partenariat avec Advocate Health Care,
un groupement d’établissements de santé.
En France, les mammographies sont toujours
lues par deux médecins. « Nous militons pour que
la seconde lecture soit logicielle », ajoute Olivier Clatz.
Ce qui annoncerait un bouleversement du métier
et des coûts. Reste encore à obtenir les autorisations
de la Food and Drug Administration et de l’Union
européenne. Les demandes sont en cours et, malgré
plus de 10.000 cancers analysés, il faut encore des études.
L’une des prochaines, à paraître, montrera que,
pour 30 % d’un groupe de femmes atteintes du cancer
du sein, l’IA a été capable de détecter la tumeur
sur des images prises un an avant qu’elle soit
diagnostiquée. — R. D.
La start-up TheraPanacea a fait grand bruit cet été, avec la
publication dans la prestigieuse revue « The Lancet Oncology » d’un article sur la prédiction de guérison des cancers avec un traitement par immunothérapie, une approche thérapeutique consistant à stimuler les défenses de
l’organisme. L’étude était cosignée avec le centre européen
de lutte contre le cancer Gustave-Roussy, qui est entré
cette semaine au capital de l’entreprise. L’autre terrain sur
lequel s’est lancé TheraPanacea est celui de l’optimisation
de la radiothérapie. Ce traitement par radiations attaque
les cellules cancéreuses, mais risque d’endommager les
cellules saines et les organes aux alentours. Il faut donc
bien dessiner la cible et trouver le bon dosage. « Actuellement, un médecin consacre entre une heure et trois heures
par patient au contourage, explique Catherine MartineauHuynh, directrice des opérations de la start-up. Il doit
regarder 200 à 300 images de coupes anatomiques et dessiner manuellement les contours de la tumeur et de tous les
organes alentour sur chaque coupe. Nous aimerions réduire
ce processus à quelques secondes. » Le processus d’homologation par l’UE est en cours pour un premier produit qui
sera commercialisé en Europe à la fin de l’année : ARTPlan. Il permettra de contourer automatiquement tous les
organes à risques sur les images. « Mais l’objectif, c’est
d’automatiser toute la chaîne de traitement, aussi bien les
phases d’optimisation du traitement que son suivi. » Le plus
grand défi technique auquel fait face la start-up est de
prendre en compte les modifications anatomiques des
patients : « Il peut y avoir 30 à 40 séances d’irradiation pour
un patient en radiothérapie, avec plusieurs mois d’écart
entre l’imagerie de départ et la dernière séance. Cependant,
le patient va changer anatomiquement pendant cette
période, ce qui induit de l’imprécision dans le ciblage de la
tumeur. Il faudrait encore ajuster les plans en cours de
traitement pour 25 % des patients si on voulait prendre en
compte au mieux ces changements. » — R. D.
DE PRÉCISION
•OUTAUX
DE PERTINENCE Terme non
rigoureusement statistique
servant à simplifier l’expression
d’une moyenne entre taux de
sensibilité et taux de spécificité.
VRAI POSITIF Sujet malade
correctement diagnostiqué. On
dit qu’il s’agit d’un vrai positif,
car le sujet est positif au test
de dépistage ou au diagnostic
et il est vraiment malade.
FAUX POSITIF Sujet sain
diagnostiqué comme malade
par erreur. Le préjudice peut
être triple : médical, car le
patient peut être exposé à tort
à des examens ou des traitements invasifs ; économique,
car ces procédures génèrent
du gaspillage ; d’angoisse, car
le patient se croit malade à tort.
VRAI NÉGATIF Sujet sain
correctement diagnostiqué.
FAUX NÉGATIF Sujet malade
diagnostiqué comme sain.
Le préjudice est essentiellement
médical, puisque cela retarde
le diagnostic réel d’une maladie
et peut réduire les chances
de guérison.
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SUR
LE WEB
Retrouvez ce dossier,
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supplémentaires et tous
nos articles sur la santé
et l’IA dans la rubrique
« intelligence artificielle »
des Echos.fr :
https://www.lesechos.fr/
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