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Les Echos - 17 09 2018

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Maison d’Épargne et de Valeur
Audiovisuel
La filière tricolore
face à Netflix // P. 22
L’ESSENTIEL
L’EXÉCUTIF RENONCE
À SUPPRIMER L’« EXIT TAX »
Ce dispositif fiscal destiné à freiner les départs d’entrepreneurs à
l’étranger va juste être réaménagé et simplifié, afin d’éviter les
allers-retours intéressés. // P. 2
DES POSTES EN MOINS
À L’ÉDUCATION NATIONALE
Les suppressions de postes de
fonctionnaires vont aussi toucher le ministère de Jean-Michel
Blanquer. Et cela sans attendre
2020. // P. 4
COMMERCE : TRUMP DURCIT
LE TON FACE À PEKIN
Washington songe à taxer 200 milliards de dollars supplémentaires
d’importations chinoises. Pékin a
réagi en invitant ce lundi les banquiers de Wall Street. // P. 6
LE DIAGNOSTIC D’UN EXPERT
SUR L’ÉTAT DE L’AMÉRIQUE
Pour Alan Abramowitz, l’Amérique est plus que jamais divisée,
sur des critères économiques
mais aussi raciaux. Le scrutin de
novembre pourrait basculer en
faveur des démocrates.
// GRAND ANGLE P. 13
ENTREPRISES
& MARCHÉS
GAZ : VERS LA FIN
DES TARIFS RÉGLEMENTÉS
Un amendement au projet de loi
Pacte prévoit la fin des tarifs
réglementés du gaz, jugés
contraires au droit européen, à
compter du 1er juillet 2023. // P. 18
BREXIT : LA BANQUE
D’ANGLETERRE S’ALARME
Selon le gouverneur de la Banque
d’Angleterre, un Brexit sans accord
pourrait être aussi désastreux pour
l’économie britannique que la crise
de 2008, avec, entre autres, un
effondrement des prix de l’immobilier. // P. 28
Un nouveau patron pour
sauver Air France-KLM
l Le nouveau directeur général d’Air France-KLM prend officiellement ses fonctions.
l L’ex-numéro deux d’Air Canada marque une rupture avec ses prédécesseurs.
U
n mois après l’annonce de sa nomination, le nouveau directeur général d’Air France-KLM, le Canadien Benjamin Smith, prend officiellement ses
fonctions ce lundi. Son arrivée clôt la période d’incertitudes, ouverte par le vote de rejet du projet d’accord salarial
et la démission du PDG Jean-Marc Janaillac début mai.
Elle constitue aussi une promesse de rupture dans l’histoire d’Air France car Benjamin Smith est non seulement
le plus jeune patron d’Air France-KLM (46 ans), mais également le plus expérimenté, et le seul à avoir fait toute sa
carrière dans l’aerien. Les défis à relever sont légion.
A commencer par la nécessité de parvenir à un accord
avec le principal syndicat de pilotes.
// PAGE 17 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX PAGE 9
Plan santé : comment la carte
hospitalière va être redessinée
LREM veut
revoir les droits
de succession
SANTÉ Les hôpitaux
FISCALITÉ « L’impôt sur les successions
locaux vont s’ouvrir aux
soignants de la ville.
Mardi, lors de la présentation de la stratégie de transformation du système de
santé, Emmanuel Macron devrait
annoncer plusieurs initiatives pour restructurer l’offre de soins à partir des
besoins du territoire. Cela passera
notamment par la création d’un réseau
d’établissements hospitaliers de proximité ouverts aux professionnels de
santé en ville. Cette réforme avait été proposée par le Haut Conseil pour l’avenir
de l’Assurance-maladie. Les professionnels exerçant en ville vont ainsi jouer un
rôle plus grand dans l’accès aux soins.
Toutefois, ces établissements de proximité resteront partie intégrante des
groupements hospitaliers de territoire.
Par ailleurs, les médecins libéraux vont
recevoir des financements afin de salarier des assistants médicaux, comme ils
le réclament depuis longtemps. En contrepartie, ils devront s’engager à soigner
un plus grand nombre de patients.
// PAGE 3 ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 9
CARNET // P. 35
Alstom
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 17 SEPTEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
est complexe, il n’a pas suivi les évolutions de notre société, des familles. On va
réfléchir à revoir totalement la fiscalité
des successions, sans tabou », a déclaré le
délégué général de La République En
marche, Christophe Castaner, vendredi, lors de sa conférence de rentrée.
Le parti de la majorité devrait présenter
ses travaux en 2019. L’approche n’est
« pas comptable », a promis le chef des
marcheurs. Plusieurs économistes de
l’équipe de campagne d’Emmanuel
Macron militent pour une taxation plus
lourde des successions, mais la mesure
n’a pas été inscrite dans le programme
de 2017. // PAGE 2
Boris Horvat/AFP
Denis/RÉA
dnca-investments.com
Ces structures de proximité disposeront de lits, mais elles ne seront pas équipées
de lourds plateaux techniques, contrairement aux hôpitaux de plein exercice.
Ferroviaire Alstom
lance le premier
train à hydrogène
en Allemagne // P. 16
Impôt à la source :
la peur du bug
de l’an 2019
Analyse par
Ingrid Feuerstein
Laurent Mignon. Photo Christophe Morin/Bloomberg
Management de transition
depuis 2001
Les priorités du nouvel
homme fort de BPCE
Laurent Mignon met l’accent sur
l’Europe et la banque de proximité.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22782
110e ANNÉE
36PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
BANQUE Dans sa première interview depuis qu’il est devenu
président du directoire de BPCE début juin, Laurent Mignon
détaille aux « Echos » ses priorités stratégiques pour le groupe
bancaire. « Notre enjeu de développement doit être européen »,
souligne-t-il, tout en estimant que « notre force est d’être une banque décentralisée et proche de ses clients ». Le nouveau patron du
groupe mutualiste annonce que BPCE ne lancera pas sa néobanque Fidor en France. // PAGE 27
Même si Emmanuel Macron
a fini par donner son feu vert
au lancement de la réforme
du prélèvement à la source,
les inquiétudes demeurent.
Elles portent tant sur le risque de « bugs techniques »
que sur le choc psychologique lié à un impôt prélevé sur
la fiche de paie. L’évaluation
de l’impact économique du
prélèvement à la source reste
difficile à évaluer car il n’existe pas d’expérience similaire
récente. Le gouvernement a
donc bien plus à perdre qu’à
gagner sur le plan politique.
S’il y a des bugs en série, il sera rendu coupable de ne pas
avoir arrêté la machine à
temps. Si la transition se fait
sans heurts, l’impôt à la source nous apparaîtra vite comme une évidence. // PAGE 9
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02 //
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
FRANCE
Macron et le chômeur :
le dire sans les fleurs
Les petites phrases d’Emmanuel Macron contre
l’immobilisme français alimentent le sentiment
d’un président loin de la vraie vie des gens.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
O
n peut s’imposer dans
un monde agonisant
par des petites
phrases. Emmanuel Macron
doit une partie de son
ascension à cette succession
d’interpellations que les
politiques traditionnels
s’interdisaient. Prenez-vous en
main, surmontez votre
immobilisme, n’a-t-il au fond
cessé de lancer, ces dernières
années, aux Français qu’il
croisait. Certains le
rejoignaient sur le fond,
d’autres s’en trouvaient
choqués, mais pendant
longtemps, c’est son audace qui
surnageait. Lui au moins disait
ce qu’il pensait. Hors des codes.
Le chef de l’Etat lui-même
s’était tellement convaincu de
l’utilité de ces polémiques qu’il
en avait fabriqué une : la vidéo
sur le « pognon de dingue » avait
été publiée à l’aube de son
discours social de la Mutualité,
en juin, pour en relever
l’impact. Las, elle l’avait dévoyé.
Il arrive un moment où dire ce
que l’on a sur le cœur n’est plus
une vertu, politique du moins.
Il y a pourtant sans doute
toujours autant de Français qui
approuvent le fond des propos,
et toujours autant qui s’en
trouvent choqués. Ce week-
end, lors d’une visite de l’Elysée,
Emmanuel Macron a répondu
à un jeune qui se désolait de ne
pas trouver de débouchés à sa
formation en horticulture. :
« Si vous êtes prêt et motivé,
dans l’hôtellerie, le café, la
restauration. Ou dans le
bâtiment ! Il n’y a pas un endroit
où je vais où ils ne me disent pas
qu’ils cherchent des gens !… Il y a
des tas de métiers… Il faut y
aller !… Je traverse la rue, je vous
en trouve ! » Le président
bouscule sans prendre de
gants, comme à son habitude,
mais la perception a changé.
Emmanuel Macron n’est plus
cet inconnu sur lequel on
projette ce qu’on veut. Il a
malgré lui installé une image
de président déconnecté qui
donne une clé de lecture à
chacune de ces petites phrases.
S’il est vrai que les statistiques
montrent l’existence de
secteurs « en tension », voit-il
quelle remise en cause
concrète serait pour un
horticulteur de travailler dans
la restauration ?
L’image est d’ailleurs tellement
lourde à porter que lui-même
tente depuis la rentrée de la
décoller. En présentant il y a
trois jours son plan pauvreté,
Emmanuel Macron a multiplié
les mots d’empathie, prônant
des « droits et devoirs » loin de
la seule lutte contre
« l’assistanat »… Jusqu’à ce
qu’une vidéo vienne une fois de
plus caricaturer son
raisonnement. Non fabriquée
celle-là.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
La Banque de France table sur une
croissance inférieure à celle estimée
par Bercy
CONJONCTURE La Banque de France a corrigé vendredi ses
estimations après le ralentissement de la croissance au premier
semestre. Elle prévoit désormais une croissance de 1,6 % en 2018
et 2019, alors que le gouvernement espère, lui, 1,7 %. La consommation est plus faible qu’attendu en raison de l’augmentation du
prix du pétrole et des hausses des prélèvements du gouvernement. L’investissement des ménages est en phase de retournement et les exportations vont pâtir des tensions commerciales.
Retrouvez l’intégralité de l’article sur
lesechos.fr/economie-france/conjoncture/
Benjamin Griveaux bien positionné
pour ravir Paris à Anne Hidalgo
MUNICIPALES Benjamin Griveaux au coude-à-coude avec Anne
Hidalgo. Selon un sondage Ifop pour « Le Parisien », dix-huit
mois avant les élections municipales, le porte-parole du gouvernement obtiendrait 23 % des suffrages s’il se portait candidat,
autant que la maire actuelle. Les deux autres profils LREM testés,
le secrétaire d’Etat Mounir Mahjoubi et le député de Paris
Hugues Renson, sortent moins bien classés. La candidate LR Florence Berthout obtiendrait 21 % des voix. L’ex-conseiller de François Hollande Gaspard Gantzer n’en recueillerait que 4 %.
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
L’exécutif renonce à supprimer
en totalité l’« exit tax »
FISCALITÉ
L’« exit tax », dont
Emmanuel Macron
avait annoncé
la suppression en mai,
sera simplifiée dans
le projet de loi
de finances.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Les entrepreneurs ne pourront pas
« divorcer » si facilement de la
France, après y avoir créé leur entreprise. Selon plusieurs sources, le
projet de loi de finances ne supprimera pas totalement l’ « exit tax »,
une décision annoncée en mai
par Emmanuel Macron dans le
magazine « Forbes ». Le gouvernement s’oriente vers une évolution de
ce dispositif, destiné à freiner les
départs d’entrepreneurs à l’étranger. « Il s’agirait plutôt d’un réaménagement et d’une simplification »,
indique-t-on au sein de la commission des Finances à l’Assemblée
nationale. Plus précisément, la taxe
ciblera les cessions intervenant
moins de deux ans après le départ
du contribuable, alors que le délai
était de quinze ans jusqu’ici. Avec
pour objectif d’éviter les allers-retours de courte durée, le temps
d’exercer les plus-values.
Pour simplifier les démarches,
l’obligation de constituer une garantie auprès d’un comptable public ne
concernera que les départs vers un
pays n’ayant pas signé d’assistance
fiscale au recouvrement. « Nous
remplaçons l’ “exit tax” par un dispositif anti-abus », résume une source
à Bercy. Ces nouvelles règles s’appliqueront aux départs intervenant
après le 1er janvier 2019.
Instaurée en 2011, l’« exit tax »
cible les chefs d’entreprise qui transfèrent leur domicile fiscal à l’étranger. A partir du moment où un con-
L’« exit tax » ciblera les cessions intervenant moins de deux ans après l’expatriation du contribuable,
au lieu de quinze actuellement. Photo Thierry Meneau / « Les Echos »
tribuable possède un certain
patrimoine mobilier, il doit déclarer
ses plus-values latentes, lorsqu’il
quitte la France. Il paiera l’impôt sur
la plus-value de cession lors de la
vente de l’entreprise, si elle intervient dans un délai de quinze ans.
Instaurée en 2011,
l’« exit tax » cible
les chefs d’entreprise
qui transfèrent
leur domicile fiscal
à l’étranger.
A la surprise générale, Emmanuel Macron avait annoncé sa suppression dans une interview à « Forbes ». Le chef de l’Etat avançait que
cette taxe freinait la création
d’entreprise, comparant cette déci-
sion avec le mariage. « Si vous voulez
vous marier, vous ne devriez pas
avoir à expliquer à votre partenaire :
“Si tu te maries avec moi, tu ne seras
pas libre de divorcer” […] Je suis pour
l’idée de pouvoir se marier et être libre
de divorcer », disait-il alors.
Dans les semaines suivantes, les
services de Bercy ont planché sur
cette mesure pour répondre à
l’annonce présidentielle. Les difficultés liées à sa disparition sont vite
apparues. L’« exit tax » est un dispositif anti-abus, certes complexe,
mais beaucoup de pays européens
en sont dotés.
Difficultés à fournir
un chiffrage
Entre les plus-values latentes, celles
qui étaient en sursis (par exemple,
lors d’une cession par échange de
titres) ou celles qui étaient réalisées,
Bercy avait du mal à fournir un chif-
frage précis des recettes qui allaient
être abandonnées, sachant que les
estimations allaient de 140 millions
à… 6 milliards, selon les méthodes
employées.
La suppression de l’« exit tax » ne
se serait pas nécessairement traduite par une simplification pour
les services fiscaux. En effet, sa disparition pour les départs antérieurs
à janvier 2019 posait question pour
des raisons de rétroactivité. Dans
tous les cas, les services fiscaux
auraient dû continuer à suivre pendant plusieurs années les dossiers
existants. Lors d’une audition en
juin à l’Assemblée nationale, le
directeur de la législation fiscale,
Christophe Pourreau, a déclaré que
le dispositif avait « une certaine efficacité ». Il avait laissé entendre
que le scénario d’une évolution de
l’« exit tax », et non une suppression, était à l’étude. n
La République En marche rouvre
le dossier des droits de succession
SUCCESSION
Christophe Castaner
propose une réflexion
« sans tabou » pour
réformer la fiscalité des
droits de succession.
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
et Renaud Honoré
@r_honore
La République En marche totalement inaudible et inexistante dans
le débat politique ? Voilà qui pourrait – un peu – changer la donne.
Christophe Castaner, le délégué
général du mouvement présidentiel, a annoncé vendredi, lors de sa
conférence de rentrée, lancer, à la
tête du parti, plusieurs chantiers
pour « inspirer, expliquer » mais
aussi « challenger » la politique du
gouvernement, lui « proposer des
avancées complémentaires ». Parmi
ceux-ci, quelques dossiers potentiellement explosifs comme la sortie du nucléaire et le mix énergétique, la PMA pour toutes et son
remboursement intégral, la modulation systématique, « à la hausse et
à la baisse », en fonction de l’évolution des revenus, des loyers des
logements sociaux ou encore
l’extension de la prime d’activité à
tous les apprentis…
Mais c’est surtout la proposition
sur les droits de successions qui a
frappé les esprits. « L’impôt sur les
successions est complexe, il n’a pas
suivi les évolutions de notre société,
des familles. On va réfléchir à revoir
totalement la fiscalité des successions, sans tabou », a avancé Christophe Castaner. En augmentant les
droits de succession ? L’approche
n’est « pas comptable », a-t-il
répondu.
« L’idée est vraiment de tout remettre à plat, d’axer sur les inégalités »,
ajoute un proche. Les travaux
devraient être présentés dans le
courant de l’année prochaine. « Le
charme des propositions, c’est d’être
acceptées, ou pas », a glissé, prudent,
Christophe Castaner. Le chef des
marcheurs ne fait que remettre sur
la table un débat présent depuis les
débuts du mouvement. Durant la
campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, plusieurs économistes de son équipe – dont Jean PisaniFerr y qui coordonnait le
programme – militaient pour une
taxation plus lourde des successions. « L’impopularité de la mesure
avait dissuadé de l’inclure dans le programme », se rappelle un ancien de
la campagne.
« Société d’héritiers »
Les macronistes historiques n’y ont
pourtant pas renoncé : la note confidentielle adressée début juin au
chef de l’Etat par les économistes
Jean Pisani-Ferry, Philippe Aghion
et Philippe Martin mentionnait
« une taxation plus lourde des très
grosses successions », compensée
par « un relèvement du plafond audessous duquel les successions ne
sont pas taxées pour en faire une
réforme neutre fiscalement ».
« Il fallait revoir la fiscalité du
capital et l’ISF, un impôt d’affichage,
auquel échappaient les vraies grandes fortunes. Mais la contrepartie
logique devrait être un impôt fort sur
les grosses successions », estimait
début septembre Jean Pisani-Ferry
dans une interview au « JDD ».
Le débat sur la réforme des successions va au-delà du simple cercle
des Marcheurs. Dans une note
parue en janvier 2017, France Stratégie s’inquiétait d’une « société
d’héritiers » avec des héritages
représentant désormais 19 % du
revenu net disponible des ménages,
contre 8 % en 1980. Raison pour
laquelle ce think tank rattaché à
Matignon proposait une refonte
radicale, en alourdissant les droits
de succession (pas des donations) et
en prenant en compte l’ensemble
du patrimoine hérité tout au long
d’une vie.
Plus récemment début 2018, le
Conseil des prélèvements obligatoires – instance rattachée à la Cour
des comptes – proposait également
de rendre les droits de succession
moins attractifs que les donations,
afin d’accélérer la transmission aux
jeunes générations. Une autre piste
consistait à revenir sur l’avantage
successoral de l’assurance-vie. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
Plan santé : comment le gouvernement
va redessiner la carte hospitalière
l Le gouvernement souhaite ouvrir les hôpitaux locaux aux professionnels de santé libéraux.
l La carte hospitalière va ainsi être revue.
Solveig Godeluck
@Solwii
Redessiner la carte hospitalière,
mais sans déclencher une tempête.
C’est le pari que devrait faire Emmanuel Macron mardi, avec la présentation de son plan de transformation du système de santé. Selon nos
informations, le président va
annoncer la création d’un réseau
d’établissements hospitaliers de
proximité ouverts aux professionnels de santé de ville. Ces structures
légères disposeront de lits. On
pourra éventuellement s’y faire
opérer de jour, y réaliser une radio
ou une prise de sang, mais ils ne
seront pas équipés de lourds plateaux techniques, contrairement
aux hôpitaux de plein exercice.
Pour y parvenir, le gouvernement ne souhaite pas créer de nouveaux établissements, alors que le
système hospitalier compte déjà
bien plus de lits par habitant qu’en
Allemagne. Il préfère reconvertir
les hôpitaux de proximité, qui
bataillent pour leur survie, pour le
maintien d’une maternité ou d’un
bloc opératoire. Mais 240 établissements, c’est bien peu pour mailler le
territoire. Des unités dédiées aux
besoins locaux pourraient aussi
être ouvertes au sein d’hôpitaux
plus grands, dans des CHU.
Cette restructuration nécessitera
des moyens financiers. La ministre
de la Santé, Agnès Buzyn, a plaidé
pour un assouplissement de l’objectif de dépenses d’assurance-maladie l’an prochain, et pour que les
tarifs hospitaliers ne baissent plus.
Selon la Fédération hospitalière de
France, la hausse du volume d’activité devrait rester inférieure à 1,5 %
en 2018, pour la deuxième année
consécutive.
Au service
des médecins de ville
Le gouvernement va donc mettre
en œuvre la proposition formulée
par le Haut Conseil pour l’avenir de
l’assurance-maladie (HCAAM),
celle de créer des « établissements
de santé communautaires ». Ces
structures de premier recours – il
en faudrait 550 à 600 idéalement –
doivent, selon le HCAAM, être
mises au service des médecins de
ville et s’intégrer aux filières de
soins locales, médecine générale,
gériatrie, soins de suite, prévention
tabac ou obésité, médecine infantile et scolaire… Pilotées par les
acteurs de terrain, elles auraient
Alain Jocard/AFP
SANTÉ
Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.
trois missions : limiter le recours
non pertinent à l’hôpital, organiser
les sorties d’hospitalisation, faciliter la permanence et la continuité
des soins sur leur bassin de vie.
Dans ce schéma, ce sont les
« communautés professionnelles
territoriales de santé » (CPTS)
créées par la loi Touraine de 2015
qui prennent le pouvoir à l’échelle
locale pour organiser et garantir
l ’a c c è s a u x s o i n s – u n r ô l e
aujourd’hui largement dévolu à
l’hôpital, vers lequel on se tourne
quand il n’y a plus de solutions en
ville. Mais les quelque 200 CPTS
créées à ce jour sont encore « très
largement virtuelles », selon Jacques Battistoni, le président de
MG France, car elles sont peu nom-
breuses, hétérogènes, et manquent
de moyens.
Cette faiblesse risque de compromettre le renversement de perspective. Car que pèse localement une
CPTS encore embryonnaire face à
un CHU ? De plus, les futurs établissements communautaires
devraient rester inscrits dans les
groupements hospitaliers de territoire (GHT), pilotés par les grands
établissements. Autrement dit, la
gouvernance des nouveaux établissements, même partagée, devrait
rester marquée de l’empreinte puissante des hôpitaux.
(
Lire l’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 9
Des assistants pour
les médecins libéraux
Le plan de transformation
du système de santé
va mettre l’accent
sur la structuration
des soins de proximité.
Pour transformer tout le système de
santé, et pas seulement l’hôpital, il
va falloir structurer les soins de
proximité. C’est l’ambition du plan
que doit dévoiler Emmanuel
Macron mardi. Parmi les annonces,
la création d’un nouveau métier,
celui d’assistant médical, subventions à l’appui. Selon nos informations, l’objectif est d’environ
500 recrues dès 2019, et de plusieurs milliers dans les années qui
vont suivre.
L’assistant médical vient en
appui du médecin libéral. Il
accueille les patients, se charge du
secrétariat et des télétransmissions, et peut éventuellement prêter main-forte pour déshabiller un
nourrisson, placer un patient sur la
balance et sous la toise. « Les spécialités qui en ont le plus besoin sont surtout les médecins qui font de la
consultation, généralistes, pédiatres,
psychiatres, endocrinologues, rhumatologues… », explique Jean-Paul
Ortiz, président de la Confédération
des syndicats médicaux (CSMF). A
contrario, les radiologues travaillent déjà avec des manipula-
« Prendre un
assistant médical
n’est possible que
si l’on a une grosse
demande de soins,
et tous les médecins
ne souhaitent pas
augmenter leur
productivité. »
JACQUES BATTISTONI
Président du syndicat
MG France
teurs, les biologistes avec des laborantins, et les dentistes avec des
assistants dentaires.
Créer des assistants médicaux
est une demande récurrente de la
profession, qui vient d’élaborer un
référentiel de formation en un an,
accessible aux aides-soignants.
Pour aider les libéraux à payer ces
salaires, le gouvernement
devrait abonder le forfait structure,
créé par la convention médicale de
2016 pour inciter les professionnels
libéraux à s’équiper et à s’organiser,
et doté au maximum de 4.600 euros
par médecin en 2019.
Contrepartie
Il faudra plutôt autour de
50.000 euros par an pour embaucher, répètent les professionnels. Le
gouvernement pourrait plutôt les
encourager à se mettre à trois pour
embaucher un assistant partagé en
lui versant 15-16.000 euros chacun.
Comme la négociation d’un avenant conventionnel sera longue,
pour 2019, il est prévu de tirer sur les
crédits des agences régionales de
santé, voire sur le nouveau fonds
d’innovation organisationnelle.
En contrepartie, l’Assurancemaladie demanderait aux médecins de soigner plus de patients.
« Prendre un assistant médical n’est
possible que si l’on a une grosse
demande de soins, et tous les médecins ne souhaitent pas augmenter
leur productivité », met en garde
Jacques Battistoni, le président du
syndicat MG France. L’assistant
médical pourrait selon lui sauver
les cabinets de groupe qui ne trouvent pas de remplaçant quand l’un
des médecins prend sa retraite.
Puisque cette mesure doit renforcer l’accès aux soins, il y aura probablement des conditions de modération tarifaires. C’est déjà le cas chez
les ophtalmologues, qui n’obtiennent d’aide pour recruter un
orthoptiste qu’à condition d’être en
secteur 1 (tarifs opposables) ou
d’être signataires du contrat Optam
qui leur interdit des dépassements
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04 // FRANCE
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
Suppressions de postes
en vue à l’Education nationale
ENSEIGNEMENT
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
et Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Au cabinet de Jean-Michel Blanquer, la tension monte à une
semaine de la présentation du projet de loi de finances. Le très populaire ministre de l’Education
sait que son ministère doit être
concerné par les suppressions de
postes de fonctionnaires dès 2019,
alors qu’il pensait n’y être confronté
qu’à partir de 2020. Le chiffre exact
est quasiment classé secret défense.
« C e l a p o u r ra i t a l l e r j u s q u ’ à
2.000 suppressions, tout en sachant
qu’il y aura aussi des recrutements »,
indique une source parlementaire.
Jean-Michel Blanquer a entamé un
véritable bras de fer avec son collègue au Budget, Gérald Darmanin.
Contacté, le ministère de l’Education a refusé de s’exprimer.
Le Premier ministre, Edouard
Philippe, a annoncé 4.500 suppressions de postes de fonctionnaires en 2019 et plus de 10.000 en
2020. Il s’agit d’accélérer pour
atteindre 50.000 postes en moins
au sein de l’Etat sur le quinquennat,
alors que seulement 1.600 postes
ont été supprimés en 2018. Une
cible impossible à atteindre sans
mettre à contribution l’enseignement scolaire, qui représente près
de la moitié des effectifs. Or, après
le boom des années 2000, l’évolution de la natalité a ralenti et doit
conduire à la baisse du nombre
d’enfants à encadrer.
« Première priorité »
Le secrétaire d’Etat à la Fonction
publique, Olivier Dussopt, avait
précisé dans « Les Echos » que
l’Education nationale ne serait pas
épargnée. « L’Education, comme les
autres ministères, va mettre à profit
des réorganisations pour se réformer, avait-il déclaré. Ça ne veut pas
dire que nous allons nécessairement
supprimer des postes d’enseignants. » Il avait défendu « la priorité au premier degré » et la poursuite du dédoublement des classes
en éducation prioritaire. Et indiqué
que 6.000 postes d’accompagnants
p our les enfants handicap és
seraient créés.
En août, Edouard Philippe avait
lui aussi défendu « la priorité [au]
Le chiffre exact
des suppressions de
postes est quasiment
classé secret défense.
primaire dans les évolutions budgétaires ». Alors que l’exécutif n’a eu de
cesse de présenter l’Education
comme « la première priorité »,
annoncer des suppressions de postes dès 2019 est politiquement très
délicat pour Jean-Michel Blanquer.
Il redoutait ces derniers jours
d’avoir à gérer une situation similaire à celle des Sports. La nouvelle
ministre, Roxana Maracineanu,
avait elle-même qualifié de « très
brutale » la demande de suppression de 1.600 postes (d’ici à 2022)
dans son ministère, après la publication de la lettre de cadrage de
Matignon.
C’est pour éviter un bis repetita
que Jean-Michel Blanquer pourrait
clarifier les évolutions à venir dans
son périmètre dès cette semaine, en
amont de la présentation du budget, en mettant en avant les réformes engagées. n
Eric Feferberg/AFP
l Le ministère de l’Education serait mis à contribution dès 2019 pour tenir
les objectifs de suppressions de postes de fonctionnaires sur le quinquennat.
l Au grand dam de Jean-Michel Blanquer.
Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer,
pensait être épargné par les suppressions de postes en 2019.
Tests en seconde : démarrage ardu
Les proviseurs sont
favorables aux évaluations
mais pointent des failles
logistiques.
seurs, le SNPDEN. Des chefs d’établissement se plaignaient déjà jeudi
que le site Internet destiné aux
épreuves était « en maintenance ».
Question 1 : « S’il y a du soleil, est-ce
qu’il fait chaud ? » Question 2 :
« Hugo a voulu calculer 1379+562,
mais il a tapé 1379+552. Pour se corriger, doit-il ajouter 10, ajouter 100,
soustraire 10 ou soustraire 100 ? »
Voilà deux exemples de « simulation » des tests numériques destinés cette année aux élèves de
seconde.
Ils doivent débuter ce lundi.
« Enfin, si tout fonctionne… », grince
Pascal Bolloré, proviseur et membre du principal syndicat de provi-
Une séance en français
et une en mathématiques
Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, défend ces tests
comme devant « permettre à chacun
de savoir où il en est de ses compétences en français et en mathématiques ».
Ils consisteront en deux séances de
50 minutes, l’une de français, l’autre
de mathématiques. Les tests doivent
être corrigés automatiquement via
une plate-forme numérique. Les
résultats doivent permettre de
« mieux cibler les deux heures
d’accompagnement personnalisé »
promises par le ministre.
Les proviseurs, eux, ont en tête les
« bugs » de l’an dernier avec les évaluations des élèves de sixième : elles
s’étaient déroulées en octobre, pour
des résultats connus… en mars. Ils
redoutent aussi l’organisation de
plusieurs dizaines de séquences de
tests, faute de moyens informatiques
suffisants. Quant à l’accompagnement personnalisé, « seul un lycée
sur trois » l’a mis en place comme
demandé par le ministère selon le
SNPDEN, car les instructions sont
arrivées trop tard dans les lycées.
Sur le fond, les chefs d’établissement se montrent ouverts au principe des évaluations. « Nous n’y som-
mes pas opposés, à condition d’une
mise en place souple », affirme Pascal
Bolloré. Même le principal syndicat
du second degré, le SNES-FSU, admet
que « les tests vont permettre aux élèves de prendre conscience de leur
niveau, notamment ceux issus des collèges les plus populaires qui comprennent difficilement que leurs notes chutent au lycée ».
Une approche à mille lieues de
celle prévalant dans le premier
degré. Le principal syndicat, le
SNUipp-FSU, qui redoute les « prescriptions pédagogiques » issues des
évaluations des CP et CE1, a appelé
les enseignants à boycotter les évaluations des CP et CE1.
— M.-C. C.
Les entreprises déçues par
l’évolution du régime des brevets
en partenariat avec
FISCALITÉ
Si tous les pays du monde
réduisaient les inégalités
hommes-femmes,
le PIB mondial
pourrait augmenter
de $12 000 milliards
par an d’ici 2025
(Source McKinsey)
On en parle ?
#WFGM18
womens-forum.com
Membres du comité stratégique
App à télécharger sur
Le projet de loi
de finances prévoit
de restreindre
le champ d’application du régime
français des brevets.
Le gouvernement
a renoncé à abaisser
le taux d’imposition.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Les grands groupes français ont
essuyé un revers dans leur tentative
de préserver le régime fiscal des
brevets. A quelques jours de la présentation du projet de loi de finances, les arbitrages commencent
à tomber. Celui concernant la
« patent box » française s’avère
défavorable aux industriels hexagonaux. Le projet de budget prévoit
de réduire le champ d’application
de ce régime, sans abaisser le taux
d’imposition, selon plusieurs sources concordantes, confirmant une
information du « Figaro ». En toute
logique, l’Etat devrait donc parvenir
à faire une économie budgétaire
sur cette niche qui revient à taxer les
revenus tirés des droits de propriété
industrielle au taux réduit de 15 %.
« On craint que l'objectif soit budgétaire. C'est en telle contradiction avec
la stratégie de croissance du gouvernement qu'on imagine mal qu'il aille
jusqu'au bout de cette idée », a réagi
Patrick Martin, président délégué
du Medef.
Avantages corrélés
aux dépenses
Le débat sur le régime français des
brevets remonte au quinquennat
précédent lorsque la pression internationale sur les mécanismes d’éva-
L’Irlande ou la Grande-Bretagne affichent des taux d’impôt
sur les sociétés bien inférieurs aux taux français. Photo Shutterstock
sion fiscale a commencé à monter.
La France, qui n’a pourtant pas la
réputation d’un paradis fiscal, a été
contrainte de se mettre en conformité sur son régime du « 39 ter
decies », dans le viseur de l’OCDE et
de la Commission européenne.
Les recommandations de l’OCDE
consistent à appliquer le principe
du « nexus », c’est-à-dire que les
avantages fiscaux doivent être corrélés avec les dépenses de recherche engagées dans le pays. Cette
approche vise à éviter que les entreprises ne localisent leurs brevets
dans une coquille vide hébergée
dans un paradis fiscal. Dans les
faits, cela implique que le taux
réduit de 15 % s’applique uniquement aux brevets issus de la recherche en France.
Face à la perspective d’un durcissement, l’Afep, qui représente les
grands groupes français, a proposé
plusieurs aménagements. L’association a demandé une clause de sauvegarde lorsque des circonstances
exceptionnelles expliquent qu’une
entreprise doive faire une partie de
sa recherche hors de France (par
exemple, des essais cliniques à
l’étranger pour une entreprise pharmaceutique). Le patronat a également suggéré d’intégrer l’exploitation des logiciels dans les dépenses.
Jusqu’au dernier moment, les
entreprises ont espéré que le taux
d’imposition de cette « patent
box », actuellement de 15 %, soit
réduit pour compenser l’élargissement de l’assiette. Avec pour argument que certains pays voisins
comme l’Irlande ou la Grande-Bretagne affichent des taux d’impôt sur
les sociétés bien inférieurs aux taux
français.
Taux à 15 % maintenu
Le gouvernement a finalement
décidé de maintenir le taux à 15 %.
En outre, le régime s’appliquera
uniquement aux brevets qui ont été
déposés, alors que certaines industries publient peu pour des raisons
de confidentialité. « Les entreprises
qui ne brevettent pas vont doubler
leur impôt sur les sociétés, protestet-on à l’Afep. Nous trouvons que cela
va trop loin, ce n’est plus de la lutte
contre la fraude. » Autre modification sensible : le revenu qui bénéficiera du taux réduit sera minoré des
dépenses de recherche. « Plus vous
faites de la recherche, plus vous êtes
pénalisés », regrette l’Afep.
Le dispositif a tout de même été
amélioré sur un point : les logiciels
pourront être retenus dans les redevances éligibles. Ce n'était pas le cas
jusqu'à présent. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
Marine Le Pen
attaque Macron
sur ses résultats
LE GRAND RENDEZ-VOUS // EUROPE 1 - « LES ÉCHOS » - CNEWS
Bruno Retailleau :
la politique
du gouvernement a
« étouffé la croissance »
POLITIQUE
Le président
du groupe
Les Républicains
au Sénat a réitéré
son soutien
à François Fillon.
Yann Verdo
@verdoyann
Fidèle à François Fillon, ferme sur
les migrants, critique envers la politique économique d’Emmanuel
Macron. Invité du « Grand Rendezvous » Europe 1-CNews-« Les
Echos », le président du groupe
Les Républicains au Sénat, Bruno
Retailleau, a montré qu’il savait,
lui aussi, rester « droit dans ses
bottes ».
Interrogé sur les nouvelles révélations du « Journal du dimanche », qui écrit que les cadeaux faits
par l’avocat Robert Bourgi au candidat malheureux à la présidentielle allaient bien au-delà des quelques costumes déjà connus et que
les enquêteurs ne parvenaient pas
à mettre la main sur la preuve que
Pénélope Fillon avait effectué un
réel travail pour son mari, l’élu LR a
balayé ces accusations d’un revers
de la main. « Le tribunal médiatique, ce n’est pas la justice de la Répu-
POLITIQUE
En meeting à Fréjus,
la présidente du RN
profite de l’absence
de résultats probants de la politique
économique de son
adversaire.
blique. J’ai beaucoup souffert, et pas
que moi, du déferlement pendant la
campagne présidentielle, a-t-il dit.
Avant de jeter l’honneur de François
Fillon aux chiens, laissez-le se
défendre. »
Le proche de l’ancien Premier
ministre est monté à l’offensive sur
la question des migrants, ainsi que
sur les choix fiscaux et budgétaires
du gouvernement. « Il faut la plus
Le proche de François
Fillon est monté
à l’offensive sur la
question des migrants.
Mais c’est sur la
politique économique
de l’actuel exécutif
qu’il a eu les formules
les plus frappantes.
grande fermeté. On ne peut pas
accueillir toute la misère du monde
chez nous », a déclaré l’ex-président
du Conseil régional des Pays de la
Loire à propos de l’épineux problème de l’accueil des migrants traversant la Méditerranée.
Alors que l’approche des élections européennes de mai 2019 sera
sans doute l’occasion pour le mouvement LR de formuler des propo-
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Bruno Retailleau a balayé d’un revers de main les nouvelles révélations concernant les cadeaux faits à François Fillon par l’avocat
Robert Bourgi. Photo Marie Etchegoyen/Capa Pictures pour Europe 1
sitions visant à réguler drastiquement les flux migratoires, Bruno
Retailleau s’est prononcé pour « un
triple niveau de protection », le premier en amont, le deuxième aux
frontières de l’Europe avec Schengen, et le troisième à l’échelle nationale. « Je propose un blocus de la
Méditerranée », a-t-il lancé.
« Petit raboteur »
Mais c’est sur la politique économique de l’actuel exécutif que l’élu a eu
les formules les plus frappantes.
Regrettant qu’Emmanuel Macron
et son équipe aient infligé aux Français « un choc fiscal comparable à
celui de François Hollande en 2013 »,
il a estimé que cette orientation
avait « confisqué le pouvoir d’achat,
bloqué la consommation et étouffé la
croissance. Cette politique est
injuste », a-t-il tranché, avant de
conclure son analyse en déclarant
qu’« il aurait fallu faire d’autres
choix fiscaux ».
Quant à la dépense publique,
qualifiée de « mère des batailles », la
récente interview donnée par le
Premier ministre Edouard Philippe
au « Journal du dimanche » est,
selon lui, la preuve que le gouvernement n’est pas à la hauteur des
enjeux en matière de réduction de
la dette. « C’est la politique du “petit
raboteur” », a-t-il tranché. n
C’est peu dire que le sondage
Odoxa pour « Le Figaro » a
remis du baume au cœur des
dirigeants du parti d’extrême
droite. Il accorde 21 % des intentions de vote au Rassemblement
national (RN), au coude-à-coude
avec La République En marche
(LREM), créditée de 21,5 % des
intentions de voix aux élections
européennes de mai prochain.
Après l’échec de la présidentielle
de 2017 et des législatives, empêtrée dans les affaires judiciaires
et en proie à de graves difficultés
financières, Marine Le Pen est
un peu rassurée.
Lors du lancement de sa campagne pour les élections européennes à Fréjus, la présidente
du RN s’en est longuement pris à
Emmanuel Macron, « président
arrogant et fuyant ». Elle a attaqué le président de la République sur le terrain économique,
où elle s’était retrouvée en position de faiblesse lors du débat de
l’entre-deux-tours l’an dernier,
face à l’ancien ministre de l’Economie. Elle sait que le manque
de résultats probants en la
matière depuis un an lui ouvre
une brèche. « Le président probusiness enregistre les plus mauvais résultats économiques de la
zone euro », a-t-elle moqué, vilipendant « les lois de libéralisation sociale » et la « politique
pour les très riches ». Elle a aussi
critiqué la perspective de voir
l’imposition sur les successions
augmenter, idée évoquée par
Christophe Castaner, le président de LREM vendredi. « Cette
politique régressionniste va
s’attaquer au patrimoine. Nous
sommes le parti de la transmission », a-t-elle lancé dans un
appel à droite.
Migrants et Europe
Par ailleurs, les migrants ont été
la cible de Marine Le Pen.
« Jamais nous n’avons vu un
peuple qui organise sciemment
l’invasion de son territoire », a-telle proclamé. « La parenthèse
mondialiste se referme », veutelle croire, soucieuse de faire
passer les idées d’Emmanuel
Macron comme étant celles de
« l’ancien monde ». En mai prochain, ce seront « les nations ou
la Commission », a-t-elle prévenu. La tête de liste aux européennes n’est pas encore décidée. Les concurrents sont
nombreux mais aucun
n’émerge clairement à ce jour. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ITALIE : HAUSSE DES PRIX
À LA CONSOMMATION
ÉTATS-UNIS : LES VENTES
AU DÉTAIL RALENTISSENT
Les prix à la consommation
en Italie ont augmenté de
1,6 % en août sur un an, après
+1,5 % en juillet, +1,3 % en
juin et +1 % en mai, selon une
deuxième estimation publiée
vendredi par l’Institut
national des statistiques
(Istat). La première
estimation, il y a deux
semaines, faisait état d’une
hausse de 1,7 % sur un an.
Les ventes au détail aux
Etats-Unis ont légèrement
progressé, de 0,1 %, en août,
selon les chiffres publiés
par le département du
Commerce. Il s’agit de la plus
faible hausse en six mois
en août aux Etats-Unis,
les ménages ayant réduit
leurs achats d’automobiles
et de vêtements. Sur un an, la
progression ressort à 6,6 %.
6,1 %
LA HAUSSE EN AOÛT DE
LA PRODUCTION EN CHINE
La production industrielle a
crû de 6,1 % en août sur un
an, selon les chiffres officiels.
La production de matériel
de transport a baissé, celle de
voitures a à peine progressé,
les volumes d’acier ont été
divisés par trois sur un mois.
Donald Trump finalise sa nouvelle salve
de tarifs douaniers contre la Chine
l Selon le « Wall Street Journal », Washington va taxer
200 milliards de dollars supplémentaires d’importations.
l La hausse s’élèverait à 10 % au lieu des 25 % envisagés.
IMPORTATIONS
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
C’est une nouvelle menace qui se
précise pour la Chine. Selon le « Wall
Street Journal », Donald Trump
envisage de taxer 200 milliards de
dollars supplémentaires d’importations chinoises, confirmant les
informations de Bloomberg parues
vendredi. La Maison-Blanche pourrait annoncer sa décision en début
de semaine, juste avant la reprise des
négociations commerciales, prévue
le 27 septembre.
Négociations
avortées ?
Selon le quotidien américain,
l’administration Trump se dirigerait vers des taxes de 10 %, plutôt
que le chiffre de 25 % qui avait été
évoqué au mois d’août. Ce serait là la
conséquence de la consultation
publique qui s’est achevée la
s e m a i n e d e r n i è r e , et durant
laquelle de nombreuses entreprises
américaines ont fait part de leur
mécontentement. D’autant que les
nouveaux tarifs pourraient entrer
en application au quatrième tri-
mestre, durant la période des fêtes,
la plus intense pour les commerçants américains…
Donald Trump pourrait néanmoins faire passer les taxes à 25 %
s’il considère que Pékin ne fait pas
preuve de bonne volonté au cours
des négociations et que les exigences américaines en matière de
politique économique ne sont pas
remplies. La Maison-Blanche n’a
pas confirmé ces informations. Sa
porte-parole, Lindsay Walters, s’est
contentée de préciser : « Le président a été clair : lui et son administration continueront de prendre des
mesures face aux pratiques commerciales injustes de la Chine. Nous
encourageons la Chine à répondre
aux préoccupations de longue date
soulevées par les Etats-Unis. »
Si elle se confirmait, la décision
américaine pourrait remettre en
cause les négociations, alors que
Pékin a prévu d’envoyer à Washington son vice-Premier ministre Liu
He négocier avec le secrétaire au
Trésor, Steve Mnuchin. L’empire du
Milieu pourrait, en outre, prendre
des mesures de rétorsion contre les
produits américains.
Ces taxes sur 200 milliards de dollars d’importations supplémentaires viendraient s’ajouter à celles sur
50 milliards de produits, entrées en
L’UE tend la main au géant d’Asie
Face aux perturbations mondiales engendrées par
l’Amérique de Donald Trump, l’Union européenne doit
se rapprocher de la Chine. C’est ce qu’a estimé, vendredi,
à Pékin, le nouvel ambassadeur de l’UE auprès de la
Chine, Nicolas Chapuis. « Dans le triangle que forment
les Etats-Unis, la Chine et l’Union, l’urgence est au renforcement de la base du triangle que forment l’Europe et la
Chine », qui ensemble « peuvent faire beaucoup pour
atténuer les perturbations de l’économie mondiale ».
Compte tenu du poids économique du géant asiatique
« coopérer avec la Chine est pour nous un impératif
absolu », a poursuivi le diplomate français.
vigueur en juillet dernier. Au contraire de la première salve, elles
pourraient toucher des biens de consommation courants et entraîner
une hausse des prix pour les consommateurs américains. Seraient
concernés, entre ’autres, des produits électroniques, des fruits de
mer, des vélos…
Mais l’escalade pourrait continuer. La semaine dernière, Donald
Trump s’était déjà projeté vers de
nouvelles sanctions. Il avait affirmé
qu’en plus des 200 milliards, il restait encore 257 milliards de dollars
d’importations chinoises à taxer. Ce
qui reviendrait à taxer la totalité des
produits chinois entrant chaque
année aux Etats-Unis. n
Donald Trump pourrait faire passer les taxes à 25 % s’il considère que Pékin ne fait pas preuve
de bonne volonté au cours des négociations. Photo Stephen Crowley/NYT-Redux-RÉA
Pékin cherche à amadouer les banquiers de Wall Street
Plusieurs dirigeants
de grandes institutions
bancaires américaines
doivent être reçus, ce lundi
matin, par Wan Qishan,
le numéro deux chinois.
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
A d é f a u t d e s’e n t e n d r e ave c
Washington, Pékin courtise les banquiers de Wall Street. Des cadres
dirigeants des principales institutions bancaires américaines doivent
être reçus, ce lundi, par Wan Qishan,
vice-président chinois et homme de
confiance de Xi Jinping. Cette entrevue fait suite à la tenue, dimanche à
Pékin, d’une table ronde financière
sino-américaine avec les grands
noms de la finance de ces pays.
Les invitations ont été envoyées à
la hâte par le régime communiste
alors que Donald Trump durcit le
ton et qu’une escalade du conflit
commercial entre les deux premières économies mondiales se profile
à grand pas. Si beaucoup de poids
lourds, tels que Stephen Schwarzman, PDG du fonds d’investissement Blackstone, n’ont pas été en
mesure de se rendre à Pékin, les
grands noms de Wall Street (Citigroup, Goldman Sachs, JP Morgan,
Morgan Stanley) avaient décidé
d’envoyer un de leurs dirigeants.
Diplomatie parallèle
Tenue en toute discrétion, la réunion de dimanche devait être présidée par Zhou Xiaochuan, ancien
gouverneur de la banque centrale
chinoise (PBOC) de Chine, et John
Thornton, ex-président de Goldman Sachs. Les autorités chinoises
espèrent réunir cette nouvelle instance tous les six mois pour discuter
des relations entre les deux pays
ainsi que des réformes financières
et économiques à mener en Chine.
Parmi les représentants chinois,
devaient figurer Yi Gang, actuel
gouverneur de la banque centrale,
parfait anglophone et ex-professeur
aux Etats-Unis, ainsi que le régulateur des banques et des assurances
Guo Shuqing, ou encore le vice-ministre des Finances Liao Min.
« Comme les canaux de communication officiels avec Washington sont
coupés, la Chine mène une sorte de
diplomatie parallèle, estime Zhan
Zhixin, chercheur l’Institut des études internationales de Shanghai.
Pékin se rapproche des entreprises
américaines en espérant que ces dernières auront une influence positive
Les Chinois espèrent
réunir cette instance
tous les six mois.
sur l’administration de Donald
Trump. On sait bien que la MaisonBlanche n’est pas indifférente à
l’humeur de Wall Street. » Donald
Trump a donné son feu vert à la
tenue de nouvelles discussions politiques de haut niveau, fin septembre, mais semble décidé à enclencher de nouvelles taxes sur la moitié
des exportations chinoises, rendant
le dialogue compliqué.
Ces derniers temps, Pékin a multiplié les déclarations bienveillantes
à l’égard des entreprises américaines. « Il y a un changement d’attitude
par rapport au début du conflit commercial lorsque Pékin promettait de
rendre coup pour coup aux taxes
douanières par des mesures quantitatives et qualitatives », constate Hu
Xingdou, professeur d’économie
dans une université chinoise. Confronté à un ralentissement économique, Pékin veut sans doute prendre garde de ne pas faire fuir les
entreprises américaines présentes
sur le sol chinois. Un tiers d’entre
elles a déjà décidé d’annuler ou de
retarder des investissements en raison du conflit commercial, selon
une récente enquête de la Chambre
de commerce américaine. n
Les tensions sino-américaines fragilisent le Vietnam
Pour se protéger, Hanoï
veut multiplier les accords
commerciaux, surtout
avec les Etats-Unis.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
SUR
NICOLAS BARRÉ
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
Craignant que la guerre commerciale sino-américaine n’ait des conséquences fâcheuses sur son économie, Nguyen Xuan Phuc, le
Premier ministre du Vietnam, est à
la recherche de solutions alternatives pour assurer la croissance de
son produit intérieur brut. Au premier semestre, la croissance a
atteint 7,1 %, signant là l’une des
meilleures performances asiatiques, juste derrière l’Inde.
échanges commerciaux avec son
voisin chinois et a exporté l’an dernier pour 42 milliards de dollars
vers les Etats-Unis sur un total de
215 milliards. Seule différence : le
Accord commercial
transpacifique
Vietnam a dégagé un excédent de
29 milliards de dollars en 2017 avec
les Etats-Unis, tandis qu’il comptabilisait un déficit de 21,6 milliards
de dollars avec la Chine.
Lors du Forum économique de
l’Asean (Association des nations de
l’Asie du Sud-Est), qui vient de se
tenir à Hanoï, le chef du gouvernement vietnamien a publiquement
demandé aux Etats-Unis de réinté-
Les risques de décisions protectionnistes, voire de mise en place de
normes sanitaires plus restrictives,
inquiètent au premier plan les dirigeants vietnamiens, car la Chine,
comme les Etats-Unis se rangent
parmi ses principaux partenaires
commerciaux. Bon an mal an, le
Vietnam réalise un tiers de ses
Protectionnisme ou
normes sanitaires plus
restrictives inquiètent
les dirigeants.
grer le TPP, l’accord commercial
transpacifique, Washington ayant
claqué la porte le jour de l’investiture
de Donald Trump. Hanoï veut avant
tout éviter les coups d’accordéon
dans les échanges provoqués par des
tensions politiques. Dans cette optique, il compte multiplier les accords
commerciaux en plus des douze
déjà conclus. « J’ai expliqué à Donald
Trump que je comprenais ce besoin de
rééquilibrer les échanges. Mais ce que
nous livrons aux Etats-Unis profite au
consommateur américain, tandis que
les investissements américains sur
notre sol sont utiles à notre économie », explique-t-il dans une interview accordée à Bloomberg.
Manifestations
anti-chinoises
Jusqu’à présent, le Vietnam a joué la
carte américaine pour contrebalancer l’influence grandissante de la
Chine. Une enquête d’opinion
menée en 2017 par Pew Research
Center montre que seulement 10 %
de la population vietnamienne porte
un regard bienveillant sur son voisin
chinois, tandis que 84 % se disent
favorables aux Etats-Unis.
Régulièrement, la relation Chine-Vietnam connaît des poussées
de fièvre. En juin, le projet d’installer sur le sol vietnamien des zones
économiques spéciales favorisant
les investisseurs chinois a provoqué
de nombreuses manifestations à
travers la péninsule. La loi créant
ces zones a depuis été mise en sourdine lors de la session de printemps
de l’Assemblée. A cela s’ajoute le différend sur la mer de Chine du Sud
dont Pékin revendique la suprématie sur plus de 80 % de sa superficie,
générant des conflits entre les deux
capitales, notamment en matière
d’exploration pétrolière. n
Les chiffres clefs
7,1 %
LA CROISSANCE
du Vietnam au premier
semestre 2018, soit juste
derrière celle de l’Inde.
29
MILLIARDS DE DOLLARS
d’excédent commercial
réalisé en 2017 par le
Vietnam avec les Etats-Unis.
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08 // MONDE
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
En Bavière, la CSU met la prospérité
en avant face à la montée des extrêmes
ÉLECTIONS
de campagne, elle rappelle que la
région a quintuplé son produit
intérieur brut en quarante ans et
que son taux de chômage est le plus
bas du pays.
Le parti socialchrétien a réuni
ses troupes à Munich.
« Ordre et humanité
vont de pair »
Objectif : doper la
mobilisation en amont
d’élections régionales
à hauts risques.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Quand le danger devient imminent,
mieux vaut se serrer les coudes. Le
slogan « Ja zu Bayern ! », (« Oui pour
la Bavière ! ») de l’Union chrétienne
sociale allemande en est l’illustration. Lancé samedi à Munich pour
porter le programme de campagne
de la CSU aux élections régionales
du 14 octobre, il résume la volonté
des dirigeants du parti bavarois de
faire taire leurs dissensions pour
sauver ce qui peut encore l’être de
leur poids en Bavière.
Le congrès extraordinaire du
parti qui s’est tenu samedi à Munich
n’avait d’ailleurs d’autre objectif que
de remobiliser ses 800 délégués,
chargés de sillonner la région pour
faire mentir les sondages.
Les plus récents prédisent en
effet une cuisante déconvenue. Si la
CSU disposait, il y a quatre ans, de
près de 48 % des voix à la chambre
régionale, elle ne serait plus crédi-
Le ministre-président de Bavière, Markus Söder, et Horst Seehofer, le ministre de l’Intérieur
entourés de Markus Blüme et Daniela Ludwig. Photo Sven Hoppe/dpa Picture-Alliance/AFP
tée que de 35 % des suffrages. Cette
dégringolade permettrait à une
grosse poignée de partis politiques,
en tête desquels les Verts et le parti
d’extrême droite AfD, d’entrer au
Landtag, obligeant la CSU à partager le pouvoir, ce qu’elle n’a fait
qu’une fois en cinquante ans,
entre 2008 et 2013.
« On ne peut espérer obtenir la
majorité absolue, mais il ne faut pas
perdre espoir, plus nous aurons de
poids, moins une cohabitation sera
compliquée », observe Otto Seidl,
conseiller municipal à Munich. La
CSU espère convaincre les indécis, la
moitié des électeurs bavarois n’ayant
pas encore arrêté son choix. Le
ministre président de Bavière,
Markus Söder, s’est dit prêt « à tout
donner » pour les convaincre.
La stabilité
pour programme
L’air fatigué et en retrait, son rival,
Horst Seehofer, le ministre de l’Intérieur fédéral et président de la CSU,
lui a donné un premier coup de
pouce en lui rendant un hommage
appuyé. « Je dois d’abord remercier
Markus Söder pour son engagement
sans équivalent pour notre région,
notamment en faveur des familles et
des classes moyennes, a-t-il souligné,
avant de conclure : A l’heure où se
multiplient les foyers d’incertitudes
dans le monde, il est le meilleur garant
de la stabilité pour la Bavière. »
Cette promesse de stabilité et de
paix sociale est au cœur de l’argumentaire de la CSU, qui revendique
le succès économique de la Bavière,
deuxième Land le plus important
derrière la Rhénanie-du-NordWestphalie. Dans son programme
Une performance liée à la politique
régionale du parti, mais aussi à sa
capacité à défendre les intérêts bavarois dans les débats nationaux et
européens. « Les autres partis vont
au contraire chercher leurs ordres à
Berlin avant de prendre une décision », a rappelé Markus Söder.
Autrement dit, une fragmentation
du paysage politique ne pourrait que
desservir les intérêts de la Bavière.
Et si la crise gouvernementale
ouverte par Horst Seehofer en juin
sur la politique migratoire européenne a pu crisper certains électeurs, le ministre de l’Intérieur a
défendu son bilan. « Il faut poser des
règles afin que l’immigration nourrisse le marché de l’emploi plutôt
qu’elle ne grossisse les rangs des chômeurs. Ordre et humanité vont de
pair », a-t-il souligné.
Une double exigence que
Markus Söder voit comme la ligne
rouge séparant la CSU des extrêmes. « Nous ne voulons ni des communistes ni de l’extrême droite »,
a-t-il tonné sous une salve d’applaudissements. Un vœu qui risque de
rester pieux, vu la percée de l’AfD en
Bavière : les derniers sondages la
créditent de 11 %. n
L’Europe souhaite refonder ses relations avec l’Afrique
PARTENARIAT
Sur fond de crise
migratoire, s’affirme
la nécessité d’aider les
économies africaines.
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
Faire plus et mieux pour l’Afrique.
En présentant, vendredi, son projet
de partenariat avec le Continent
noir, la Commission européenne a
tenté de convaincre qu’elle abordait
le sujet avec une philosophie nouvelle. Derrière la formule de son président Jean-Claude Juncker, qui
propose de bâtir une relation
« d’égal à égal », il s’agit en particulier
de mettre l’accent sur l’investissement plutôt que sur les subventions.
La crise migratoire n’est pas pour
rien dans cette impulsion. Alors que
l’évolution démographique de l’Afrique fait craindre à certains une
Concurrence chinoise
Un autre facteur incite les Européens à rehausser leur niveau de
jeu sur le continent africain :
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RÉFORME
Chaque Etat devra
choisir entre heure
d’hiver ou d’été
avant les élections.
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
Le maître des horloges européennes est pressé. Comme
annoncé par surprise fin août
par Jean-Claude Juncker luimême, la Commission européenne est décidée à mettre fin
aux changements d’heure, fin
mars et fi n o c t o bre, dans
l’Union. Et vite : dans le projet
présenté vendredi, les Etats
membres sont priés de valider le
principe du passage à une heure
fixe avant fin 2018. Puis d’annoncer d’ici à avril 2019 leur choix
individuel : se figeront-ils sur
l’heure d’hiver ou d’été ?
La Commission n’entend pas
décider pour eux, ni imposer un
choix collectif. Les ultimes
changements d’heure interviendraient en mars 2019 pour
ceux optant pour l’heure d’été,
et en octobre 2019 pour les partisans de l’heure d’hiver. Un
calendrier aussi serré révèle
une visée très politique. Les
citoyens de l’Union sont demandeurs d’une telle réforme. La
consultation en ligne lancée cet
été à la demande du Parlement
a enregistré une participation
record (4,6 millions de réponses) et conclu que 84 % ne veulent plus régler leur montre
En pleine poussée
des populismes, la
Commission y voit
une belle occasion
de faire parler d’elle.
déferlante migratoire en Europe
d’ici à 2050, un consensus émerge
quant à la nécessité d’aider les économies africaines. Les vents sont
favorables : en 2018, parmi les dix
pays affichant la plus forte croissance au monde, six sont en Afrique
(Côte d’Ivoire, Djibouti, Ethiopie,
Ghana, Sénégal et Tanzanie).
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Bruxelles
veut cesser
de changer
d’heure
dès 2019
la concurrence chinoise. Même si,
précise Federica Mogherini, la
haute représentante européenne
pour les Affaires étrangères,
l’Union européenne est encore, de
loin, le partenaire principal de
l’Afrique. Elle représente 36 % de
son commerce extérieur et 40 %
des investissements directs étrangers sur le continent. A comparer à
respectivement 16 % et 5 % pour la
Chine, avance la commissaire italienne. Mais pris isolément, les
pays européens ne font plus le
poids face à Pékin.
Reste à trouver les moyens.
Bruxelles propose de généraliser la
méthode testée avec le plan Juncker : l’utilisation de fonds européens pour rassembler des acteurs
publics et privés autour de projets
d’investissements. Le but étant de
créer un effet de levier et, avec 1 euro
du budget de l’Union, de mobiliser
entre 6 et 11 euros d’investissements, selon les cas de figure. Alors
que l’Union européenne aura
mobilisé 42 milliards d’euros pour
l’Afrique sur la période 2014-2020,
essentiellement sous forme de subventions, Bruxelles propose de porter ce chiffre à 61 milliards
entre 2021 et 2027. Mais en accor-
dant, cette fois, la part belle aux
investissements par effet de levier.
De quoi espérer plus de 400 milliards d’euros d’investissements sur
cette période.
La balle dans
le camp des Etats
A la Commission, on fait remarquer que les fonds européens représentent entre 20 % et 25 % de tout ce
que mobilise l’Europe pour l’Afrique, compte tenu des contributions
des Etats membres. « Si les Etats
membres nous suivent sur cette logique, nous avons donc les moyens de
faire la différence en volume », plaide
un officiel.
La perspective reste toutefois
encore lointaine : non seulement la
négociation du budget européen
2021-2027 s’annonce épique, faisant
planer un doute sur les 61 milliards
avancés par Bruxelles. Mais il est
peu probable que les Etats membres, souvent sous forte contrainte
budgétaire, suivent la Commission,
qui souhaite augmenter de 45 %
son financement à l’Afrique. « J’en
appelle aux Etats membres pour
qu’ils soient cohérents quand ils
disent que l’Afrique doit être LA priorité », plaide Federica Mogherini. n
tous les six mois. En pleine
poussée des populismes et des
nationalismes, la Commission,
jusqu’ici sceptique sur ce dossier serpent de mer, y voit une
belle occasion de faire parler
d’elle pour une réforme populaire avant les élections européennes de mai.
Encore faudra-t-il convaincre
les Etats membres. Jeudi, le projet, abordé pour la première fois
en préalable à une réunion des
ministres des Transports en
octobre, a reçu un accueil
mitigé. Selon nos informations,
la Finlande, les pays Baltes et
quelques pays de l’Est, demandeurs de longue date, ont affiché
leur enthousiasme. Mais tous
les autres, dont la France et
l’Allemagne, sont restés prudents. « Beaucoup ont souligné
que leur position restait à définir
et que le délai prévu pour s’organiser apparaissait très court »,
indiquent plusieurs sources.
L’exercice serait plus complexe qu’il n’en a l’air. En laissant
à chaque Etat le choix, la Commission ouvre une boîte de Pandore. Au risque de créer des
décalages nouveaux – par
exemple si la Belgique adoptait
l’heure d’hiver et la France celle
d’été ! – et d’ajouter des grains de
sable dans un marché unique
que la réforme vise au contraire
à fluidifier. « Je compte sur la
rationalité des Etats membres »
pour « se coordonner intelligemment entre voisins », explique la
commissaire Violeta Bulc, chargée du dossier. Certains pourraient même, murmure-t-on à
Bruxelles, en profiter pour
changer de fuseau horaire et se
réaligner entre eux, comme
l’Espagne et le Portugal ou la
Suède et la Finlande. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur
du Cercle des Echos
La Chronique
Le Point de vue
Art et culture
Sciences
Plan pauvreté : l’esprit retrouvé du RSA
Le Brexit et la grande lassitude du peuple
britannique
Climat : objectif zéro carbone
La fascinante laideur de Franz West
au Centre Pompidou
Alzheimer : les nouveaux fronts
de la recherche
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Donner sa chance
à Air France
Prélèvement à la source :
la grande peur du bug de l’an 2019
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Tout ça pour ça ? A première vue, la
semaine de tergiversations sur le prélèvement à la source a pu donner un
sentiment de mise en scène. L’intervention du Premier ministre,
Edouard Philippe, au « 20 heures »
est apparue d’un naturel tel qu’on
aurait presque pu croire à une opération de « storytelling » dont l’ambition serait de susciter le débat et de
faire adhérer les Français à ce nouveau mode de collecte de l’impôt.
A en croire ce qui peut filtrer de
l’Elysée ou de Bercy, il semble pourtant que le chef de l’Etat a bel et bien
failli tirer un trait sur le prélèvement à la source, après trois ans de
travaux. S’il avait été mis en scène,
ce moment d’hésitation – alors que
les contribuables recevaient leur
avis d’imposition et que les entreprises commençaient à mettre à
jour leurs logiciels de paie – aurait
été pour le moins risqué, tant il a
altéré la réputation de la réforme.
Pour beaucoup de Français, prélèvement à la source rime désormais
avec bug et perte de pouvoir d’achat.
Non, l’explication la plus plausible de cet incroyable cafouillage,
c’est que l’Elysée a soudainement
pris peur. Lorsqu’Emmanuel
Macron a exprimé ses doutes en
Finlande, le 30 août dernier, il souhaitait bien, initialement, préparer
les esprits à un abandon de l’impôt à
la source avant que l’administration envoie les taux de prélèvement
aux employeurs durant la
deuxième quinzaine de septembre.
C’est qu’en l’espace d’un an, les
vents politiques ont tourné. La polémique sur la CSG des retraités est
passée par là, l’affaire Benalla aussi,
avec les reproches qui se sont amplifiés de « président déconnecté ». La
décision de baisser en deux temps
les cotisations salariales pour les
employés du privé, en janvier puis en
octobre 2018, est apparue comme
une erreur, car ce décalage a conduit
à diluer l’effet psychologique de cette
mesure, alors qu’elle constitue l’une
des principales mesures de pouvoir
d’achat du gouvernement.
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Le choc psychologique lié à un impôt
prélevé sur la fiche
de paie est complexe
à anticiper dans la
mesure où il n’existe
pas d’expérience
comparable,
sauf peut-être
le passage à l’euro.
D
Les points à retenir
Dans un contexte politique
•difficile,
le chef de l’Etat a bel
et bien failli tirer un trait
sur le prélèvement à la source.
Les inquiétudes demeurent
sur les risques de « bugs
techniques » et sur le choc
psychologique lié à un impôt
prélevé sur la fiche de paie.
L’évaluation de l’impact
économique du prélèvement
à la source reste difficile
à évaluer.
Le gouvernement a bien
plus à perdre qu’à gagner
sur le plan politique.
•
•
•
Dans ce contexte, on peut comprendre l’extrême prudence du chef
de l’Etat face aux assertions de Bercy
selon lesquelles tout allait bien se
passer. D’autant que la bascule vers
un impôt à la source sera irréversible, contrairement à d’autres mesures fiscales. On imagine mal l’Etat se
priver d’une année de recettes
d’impôt sur le revenu pour revenir à
une taxation en année n + 1…
Même si Emmanuel Macron a
fini par donner son feu vert au lancement de la réforme, les inquiétudes
sont toujours là. Elles portent autant
sur le risque de « bugs techniques »
que sur le choc psychologique lié à
un impôt prélevé sur la fiche de paie.
Toute la difficulté étant qu’il n’existe
pas d’expérience similaire récente.
La plupart des pays développés ont
adopté l’impôt à la source dans les
années 1920 ou les années 1940,
avant l’informatisation, et à l’époque où l’écho d’un « bug » ne se
répandait pas en quelques minutes
sur les réseaux sociaux. Le dernier
pays à avoir effectué cette transition
est l’Islande dans les années 1980.
Rien de comparable avec la France
en termes de population, d’autant
plus que le prélèvement à la source
en Islande s’était accompagné d’une
réforme fiscale. « L’année blanche »
s’était traduite par un surplus de
croissance, ce qui ne semble pas être
le cas pour l’instant en France. Au
contraire, l’activité économique
s’est plutôt tassée, du moins au premier semestre.
D’ici à la fin de l’année, l’Insee
devrait chiffrer dans sa note de
conjoncture l’impact économique
du prélèvement à la source. Mais
cette évaluation restera somme
toute théorique car la statistique
peine à appréhender les effets psychologiques. Mathématiquement,
la très grande majorité des ménages
sera gagnante en trésorerie, puisque
l’impôt sera étalé sur douze mois, au
lieu de dix avec la mensualisation.
C’est ce qui fait dire à la députée Cendra Motin (LREM), chargée d’une
mission sur le prélèvement à la
source, que l’effet négatif sur la fiche
de paie sera rapidement absorbé,
car les contribuables ne seront plus
prélevés en milieu de mois ou
n’auront plus à régler leur tiers provisionnel en février. Les ménages se
comporteront-ils de manière aussi
rationnelle ? Pas si sûr… Dans le système actuel, beaucoup de ménages
pensent que payer par tiers est plus
favorable pour leur trésorerie. C’est
une idée reçue : mi-mai, ils ont payé
les deux tiers de leur impôt, contre
seulement la moitié pour les ménages mensualisés.
Une autre inconnue vient compliquer l’équation. Aucune étude
n’a jamais évalué l’impact économique de notre mode actuel de collecte, notamment sur le point de
savoir si les régularisations en septembre sur l’avis d’imposition
– parfois conséquentes – jouent sur
la consommation des ménages.
Certains économistes pointent du
doigt une épargne de précaution
élevée chez les Français, pour payer
l’impôt l’année suivante. Mais on
peine à évaluer les effets économiques du système actuel sur le consentement à l’impôt.
Finalement, la transition la plus
comparable avec le prélèvement à la
source reste sans doute le passage à
l’euro en 1999. A l’époque, la bascule
s’était étonnamment bien passée. A
ceci près que, pendant des années,
les citoyens ont eu le sentiment que
l’euro avait fait monter les prix.
C’était une illusion d’optique : l’Insee
a démontré le contraire par A + B…
Qu’en sera-t-il de l’impôt à la
source ? Cette fois, le gouvernement
a bien plus à perdre qu’à gagner sur
le plan politique. Même si ce type de
prélèvement recueille une majorité
d’opinions favorables, ce n’est pas
sur ce terrain que les Français attendent les politiques, mais plutôt sur le
front de l’emploi. S’il y a des bugs en
série, si les contribuables s’approprient mal cette réforme, on mettra
en cause les ministres de Bercy et le
président pour ne pas avoir arrêté à
temps la machine. Si la transition se
fait sans heurts, l’impôt à la source
nous apparaîtra vite comme une
évidence. On se demandera simplement comment on faisait, avant,
quand on payait ses impôts un an
après avoir perçu les revenus. n
Il y a enfin un pilote dans l’avion.
Après des mois et des mois d’un étonnant
et inacceptable vide, Ben Smith s’installe
aux commandes d’Air France pour prendre la
succession de Jean-Marc Janaillac.
L’entreprise française a certes traversé
en pilote automatique sans dommage – et
sans grève – un été porteur mais elle reste
Par David
dans une situation de très grande fragilité.
Barroux
Même si la compagnie et le groupe
Air France-KLM sont loin d’être en faillite,
le tandem est l’un de ceux qui perdent
Ben Smith
terrain, pris en sandwich entre des
doit pouvoir du
compagnies low cost européennes sur le
diriger
court-courrier et des rivaux de tous horizons
sur le long-courrier (les compagnies du Golfe
Air France
comme les acteurs historiques occidentaux
sans être
qui ont su se redresser). Pour ne pas devenir
le jouet
un acteur de second rang, Air France ne peut
d’influences pas se contenter de faire du surplace et de
extérieures. planer lentement quand ses rivaux décollent
et avancent pour partir à la conquête de
nouveaux cieux. L’avenir du groupe dépendra
bien sûr de facteurs extérieurs comme l’évolution du prix du pétrole
ou de la conjoncture mondiale. L’Etat français à la fois actionnaire,
régulateur et taxeur du travail en général, et du transport aérien en
particulier, aura également un rôle majeur à jouer. L’interne, des
pilotes au reste du personnel, devra également faire preuve d’un
nouveau sens des responsabilités qui fait défaut depuis des années
dans cette entreprise qui adore se tirer une balle dans le pied en
prenant ses clients en otages.
Mais pour que le nouveau commandant de bord en provenance
d’Air Canada puisse avoir une véritable chance de donner une
nouvelle chance à Air France, il faudra d’abord s’assurer
qu’il sera bien le seul maître à bord. Si le conseil d’administration,
la présidente par intérim Anne-Marie Couderc, l’Etat, les actionnaires
stratégiques, l’équipe de direction en place, le « camp KLM »,
les pilotes et tant d’autres parties prenantes cherchent tous à jouer
le rôle de copilote pouvant faire changer de cap le groupe en limitant
la marge de manœuvre de Ben Smith, celui-ci n’arrivera à rien.
Il ne faut bien sûr pas lui signer un chèque en blanc et personne
ne prétend qu’il ne doit pas écouter les conseils des uns et des autres et
prendre plus ou moins en compte leurs revendications. Mais il
importe qu’il puisse fixer et dérouler une stratégie sans que certains
cherchent à s’inviter sans arrêt dans ses décisions. Si l’on veut pouvoir
juger un jour Ben Smith sur ses résultats, il faut lui donner une
véritable autonomie. Pas en faire le jouet d’arbitrages sociaux
ou politiques permanents. Il faut qu’il puisse diriger Air France et sans
doute un jour Air France-KLM comme une entreprise normale.
(
Lire nos informations
Page 17
Santé : une rupture
est nécessaire
Par Etienne Lefebvre
Un plan chasse l’autre. Après avoir fixé une feuille de route ambitieuse
pour lutter différemment contre la pauvreté – en mettant l’accent sur
l’insertion –, Emmanuel Macron entend revoir en profondeur
l’organisation du système de santé. L’objectif principal paraît similaire
à celui des plans lancés par quasiment tous les gouvernements
précédents : rapprocher la médecine libérale de l’hôpital pour aller
vers une organisation des soins beaucoup plus efficiente sur le
territoire. Avec des résultats beaucoup trop limités, les deux mondes
restant cloisonnés. Pourquoi cette tentative aurait-elle plus de
chances de succès ? Parce que le système est à bout de souffle, les
hôpitaux en particulier. Les établissements publics sont exsangues
financièrement, et peinent de plus en plus à trouver les professionnels
compétents, tentés par les cliniques privées où ils bénéficient de
meilleures conditions. La médecine libérale quant à elle, telle qu’elle
est organisée aujourd’hui, ne permet pas d’assurer une bonne
couverture du territoire et attire moins les jeunes diplômés.
Le « scénario de rupture » préconisé par le Haut Conseil pour
l’avenir de l’assurance-maladie mérite dès lors d’être creusé. En
créant des établissements de proximité à mi-chemin entre un
hôpital et une maison de santé, où les professionnels libéraux
viendraient facilement s’investir. Cela implique de créer un nouveau
cadre d’exercice attractif pour ces médecins, qui s’engageraient
dans un projet collectif et bénéficieraient de moyens matériels et
organisationnels. Pas de coercition, certes, mais un effort financier
réservé aux professionnels soucieux de l’intérêt commun. Cela
implique aussi, du côté des hôpitaux, d’accélérer la mutation
entamée ces dernières années : une concentration des plateaux
techniques sur certains établissements, et pour les autres, une
priorité donnée à la transversalité (plutôt que des empilements de
spécialités) via les disciplines de médecine interne et polyvalente
post-urgences. Il faudra enfin des moyens. De fait, le gouvernement
s’apprête à desserrer un peu la contrainte financière. Cela paraît
justifié, à condition de réformer vraiment.
(
Lire nos informations
Page 3
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // IDEES & DEBATS
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Budget : suppressions de postes en vue à l’Education nationale
2. Gaz : le gouvernement programme la fin des tarifs réglementés
3. L’exécutif renonce à supprimer en totalité l’« exit tax »
4. La voiture sans chauffeur n’est pas pour demain
5. Les cotisations pour les retraites complémentaires vont augmenter
en janvier
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Plan pauvreté :
l’esprit retrouvé du RSA
Plaidoyer pour un
renouveau du libéralisme
Julien Damon, professeur associé
à Sciences Po, sociologue et chroniqueur,
réagit dans une interview – dont voici
quelques extraits – au plan pauvreté
présenté par Emmanuel Macron
la semaine dernière.
EFFICACITÉ « Il y a trente ans, on inventait
le RMI. Il y a vingt ans, une loi d’orientation
sur l’exclusion était votée. Il y a dix ans,
on généralisait le RSA… Ce n’est donc pas
la première fois que les pouvoirs publics
annoncent un grand chambardement.
Mais cette fois-ci, la visée est particulièrement
intéressante, car elle est double. On vise
l’efficacité des mesures engagées et le souci
de la dépense publique. On ne peut plus
se permettre de seulement stabiliser le taux
de pauvreté autour de 14 % de la population. »
SUPER RSA « En 2005, Martin Hirsch
remettait un rapport, “Au possible, nous
sommes tenus”, qui proposait de fusionner les
principaux minima sociaux, les prestations
logement, une partie des prestations
familiales et la prime pour l’emploi.
De ce rapport est né le RSA. Je suis ravi
de constater que le plan présenté jeudi par
Emmanuel Macron est un retour à la logique
première. Le revenu universel d’activité
est un “super RSA”, qui a pris la mesure
des insuffisances du RSA créé il y a dix ans. »
ACCOMPAGNEMENT « Donner
des prestations sociales ne suffit pas.
Il est impératif, pour que ce plan réussisse,
d’accompagner plus efficacement les
personnes dans le besoin. […] Sur le modèle
du médecin traitant, il faudrait instituer
une sorte de travailleur social traitant.
Dans la majorité des cas, un bénéficiaire
du RSA doit attendre six mois avant son
premier entretien avec un travailleur social.
C’est trop long. Il faut aller plus vite ! »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Qu’est-ce cet ovni que l’on appelle
•« libéralisme
» ? « The Economist », qui
célèbre ses 175 années d’existence et qui
est un fidèle promoteur de cette doctrine de philosophie politique et morale,
le définit ainsi : « Ce n’est pas le progressisme gauchiste des universités américaines ni l’ultralibéralisme de droite qui
effraye tant les commentateurs en
France ; mais un engagement universel
pour le respect de la dignité de l’individu,
des marchés ouverts, un gouvernement
limité et une foi dans le progrès humain
qui doit être amené par le débat et les
réformes. » Pour « The Economist », qui
lance un manifeste pour le renouveau et
la défense de cette doctrine, « le libéralisme a construit le monde moderne,
mais le monde moderne est en train de se
retourner contre lui ».
Pour le journal, ce rejet est préoccupant. En 175 ans, des progrès comme la
réduction de l’extrême pauvreté ou
encore l’allongement de la durée de vie,
l’alphabétisation, la prospérité ont été
réalisés. Tout cela n’est certes pas dû
seulement au libéralisme. La Chine en
est la preuve. Mais globalement le fascisme, le communisme et les régimes
totalitaires ont échoué. Au point où la
démocratie libérale a commencé à
dominer le monde. Mais cette philosophie est de plus en plus remise en question. En France, par exemple, 9 % des
Français pensent que la prochaine
génération aura une réussite moindre
que la précédente. De plus en plus
d’électeurs doutent, en outre, que ce système fonctionne et soit efficace.
En tout cas, le Parlement européen,
en déclenchant la procédure de l’article 7
à l’encontre de la Hongrie, vient de rappeler l’importance du respect des
valeurs de liberté, de démocratie et de
séparation des pouvoirs. —J. H.-R.
Fiction autour de l’ENA
d’en savoir un peu plus sur les noms
des promotions passées de l’ENA.
Il permet aussi un petit et très
caustique voyage dans l’univers
de la haute administration, où,
parfois, des petits riens prennent
des proportions immenses.
Où les différents lobbys s’affrontent
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
L
ors du dernier concert de la saison des Proms au Royal Albert
Hall de Londres le 8 septembre
dernier, les drapeaux bleu et or aux couleurs de l’Europe n’avaient jamais été
aussi nombreux à flotter dans la salle.
Comme si la célébration musicale de la
gloire de la Grande-Bretagne était indissociable de son maintien dans l’Union.
Mais ne nous trompons pas : cette
démonstration de force des partisans du
camp du « remain » ne saurait cacher
une réalité qui est tout autre. Après plus
de 27 mois de débats toujours plus confus, la grande majorité des Britanniques
est morte d’ennui. Elle aimerait tourner
la page d’une querelle qui n’intéresse
plus (et encore) que des minorités d’activistes de part et d’autre du spectre politique. De fait, depuis le référendum du
26 juin 2016, il ne s’est pas passé grandchose. L’économie britannique pas plus
que la livre sterling ne se sont effondrées
comme le prédisaient les proeuropéens.
Les bénéfices sociaux ne se sont pas fait
sentir comme le promettaient les tenants
du Brexit. Selon un récent sondage, 60 %
des Britanniques consultés se reconnaissent dans la formulation suivante : « Je
ne m’intéresse plus à la question de
savoir comment et quand nous quitterons l’Union. Je veux juste que la question soit réglée une fois pour toutes. »
En cette fin d’été 2018, il existe non
pas un consensus, mais une opinion
majoritaire sur l’issue des négociations
en cours. En dépit de ses éléments les
plus complexes, comme la question de
l’Irlande du Nord, la négociation débouchera sur un accord. La diplomatie
finira par l’emporter.
Pour la majorité de mes interlocuteurs, la question est désormais ailleurs
et se résume ainsi : l’accord obtenu serat-il ratifié par le Parlement britannique ?
Ceci est une tout autre histoire. Le parti
conservateur est plus divisé que jamais.
Des leaders d’envergure lui font cruellement défaut. Theresa May n’a pas la
force de caractère et l’intelligence politique de Margaret Thatcher. Boris Johnson n’est qu’une caricature grossière de
son modèle, Winston Churchill. Du coté
des travaillistes, Jeremy Corbyn a réussi
l’exploit de tirer vers le bas un parti qui
était hier associé aux notions d’humanisme et de modernité, un parti qui à sa
manière est aussi divisé sur l’essentiel
que son rival conservateur. En vingt-sept
mois, les positions se sont comme rigidifiées de part et d’autre.
Sur un plan géopolitique et économique, les arguments en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union
se sont vu renforcer par le cours des événements. A l’heure où l’Amérique s’éloigne et où la Chine et la Russie se rapprochent, les Européens – terme qui inclut
les Britanniques – n’ont jamais eu autant
besoin d’Europe. A l’heure où le multilatéralisme vole en éclats sous les coups de
boutoir de l’Amérique de Donald Trump
et où les risques de guerre commerciale
se rapprochent, il n’est pas bon d’être
seul. Mais personne dans le camp du
Photo Mary Evans/Rue des Archives
LE PROPOS Pour une fois, un livre
L’INTÉRÊT « ENA Circus » permet
La plus grande confusion règne au Royaume-Uni sur le Brexit. La majorité
des britanniques parient sur un « deal » avec l’Union européenne, mais une
large partie de l’opinion est avant tout soucieuse d’en finir avec l’incertitude
John Bull est un personnage
symbolisant le Royaume-Uni,
l’archétype du gentlemanfarmer conservateur.
LE LIVRE
DU JOUR
consacré à l’ENA n’est pas un essai,
mais une fiction. Sur un ton
humoristique, celle-là nous
emmène dans les coulisses
de ce monde mal connu et objet
de tous les fantasmes qui est celui
de la haute fonction publique.
L’histoire : pour la première fois
depuis sa création (en 1945), ce ne
sont pas les nouveaux élèves qui
vont choisir le nom de leur
promotion à l’ENA, mais un comité
extérieur mis en place par la
direction. Le choc est à la hauteur
de l’innovation. Le ton est léger
et le style du récit se veut innovant :
il alterne des lettres, des e-mails, des
témoignages, des comptes rendus
et même des tweets… Aussi enlevé
qu’un récit journalistique pour
traiter un sujet qui, a priori,
n’intéresse que le microcosme.
Le Brexit et la grande lassitude
du peuple britannique
ENA Circus
Par David Brunat. Editions
du Cerf. 248 pages, 20 euros.
pour arriver à leurs fins. L’auteur
ne se prive pas de rencogner
un monde qu’il connaît bien.
LA CITATION « On savait déjà que
l’ENA était le sanctuaire des élites
autoproclamées. On découvre depuis
peu qu’elle est aussi le temple de
la bien-pensance, une loge généreuse
pour les adeptes de cette foi nouvelle
aux ravages aussi effroyables que
le fanatisme religieux et qui s’appelle
le politiquement correct. »
— Grégoire Poussielgue
« remain » n’a réussi à présenter cet
argument de manière convaincante.
Dans le camp des Brexiters, on se sent
renforcé par la relative stabilité des
lignes existant entre les deux camps.
Mais on a trop tendance à prendre pour
du soutien ce qui n’est en fait pour
l’essentiel que de l’apathie.
Le vrai défi sera de justifier le coût de ce
qui ne restera peut-être aux yeux de l’histoire que comme une gigantesque « distraction » au sens étymologique du
terme. Une majorité de Britanniques ne
sera-t-elle pas tentée un jour de dire, à
juste titre d’ailleurs : « Tout ça pour ça ? »
A l’heure où l’Amérique
s’éloigne et où la Chine et
la Russie se rapprochent,
les Européens
– terme qui inclut
les Britanniques –
n’ont jamais eu autant
besoin d’Europe.
Un constat trompeur, car si l’accord
sur le Brexit ne satisfait vraiment personne, le Brexit lui-même aura des conséquences sur l’avenir de l’Europe et sur
la stabilité de l’ordre international. Pour
les partisans du Brexit comme pour
nombre de ses opposants, existe encore
l’idée que le vote des Britanniques peut
conduire à un « reset » de la construction
européenne. Le peuple a parlé, on ne
peut faire l’Europe sans le peuple. Pour
les opposants au Brexit, au contraire, le
vote du 23 juin 2016 marque le début de
la déconstruction du projet européen,
sinon celui de l’ordre du monde. En se
prononçant comme ils l’ont fait en
faveur du Brexit, les Britanniques n’ontils pas ouvert les portes de la MaisonBlanche à Donald Trump, avec un discours du type : « Nous l’avons fait, à vous
de jouer maintenant. Il n’y a rien d’illégitime à voter contre l’avis de la majorité des
élites. » De la manière la plus démocratique, le vote des Britanniques n’a-t-il pas
de facto conforté la tentation de l’illibéralisme au sein du monde occidental ?
En attendant, les Britanniques, qu’ils
soient opposés ou favorables au Brexit,
se demandent dans leur majorité « à
quelle sauce ils vont être mangés ». De
fait, si on les pousse un peu plus loin, ils
sont toujours incapables de prédire si le
résultat de la négociation laissera la
Grande-Bretagne – désormais en
dehors de l’Europe – dans un statut plus
proche de celui de la Norvège ou de celui
du Canada.
Un ancien diplomate britannique de
haut rang me confiait à Londres il y a
quelques jours son désarroi et son
espoir. « Nous avions une réputation de
pragmatisme et de modération, nous
avons versé dans l’émotionnel et l’extrémisme. » Mais il ajoutait : « Notre nature
profonde est ailleurs, et à la fin du fin, c’està-dire lorsque les Britanniques seront confrontés au coût réel – économique, financier et diplomatique – de leur choix, nous
reviendrons à une vision plus réaliste de
nos intérêts. » Autant un second référendum est inenvisageable dans le contexte
actuel, autant il n’est pas exclu dans quelques années, après la réussite formelle
de la négociation et la signature d’un
accord. John Bull, ce personnage qui est
l’incarnation du pragmatisme anglais,
n’est pas mort.
Dominique Moïsi est conseiller
spécial à l’Institut Montaigne.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
art&culture
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LE POINT
DE VUE
de Jean-François Lepetit
U
n groupe mutualiste a récemment annoncé avoir proposé à
SCOR un rapprochement « amical »… au moyen d’une proposition non
sollicitée d’offre publique d’achat.
Sur le fond, l’absence de logique
industrielle d’une telle opération, qui
aboutirait au mariage de la carpe et du
lapin, rendrait celle-ci regrettable. Ce
serait un gâchis pour SCOR, société de
réassurance relevée par un dirigeant
d’exception d’un état de quasi-faillite au
début des années 2000, situation qui
n’était pas étrangère à un contexte
d’actionnariat dominé à l’époque par
une mutuelle. En seize ans, cette entreprise cotée est devenue le 5e réassureur
mondial, avec une valorisation de plus
de 7 milliards d’euros, ce qui en fait une
success-story qui a peu d’équivalents.
Au-delà de ce cas d’espèce, cette tentative est révélatrice de l’expansionnisme
des mutuelles du secteur financier français, à contre-courant de ce qui peut
être observé dans la plupart des pays
étrangers, et elle pose avec acuité la
question des facteurs dont il se nourrit.
Aujourd’hui, le monde mutualiste contrôle environ 60 % du secteur bancaire et
50 % du secteur des assurances français.
J’ai vécu la restructuration du système
bancaire français au profit de mutuelles.
Le CIC a été acquis par le Crédit Mutuel.
La Banque Indosuez, que je dirigeais, et le
Crédit Lyonnais ont été acquis par le Crédit Agricole. Quel bilan peut-on en tirer ?
Certes, les activités de banque de détail du
CIC et du Crédit Lyonnais ont pu trouver
une place dans les deux groupes auxquels elles ont été intégrées et dont c’était
LE POINT
DE VUE
de Renaud Bettin
et Jean-Marc Jancovici
S
tupéfaits. Hébétés. Ahuris.
Ce nouvel été caniculaire, hors
norme pour l’hémisphère Nord,
nous a surpris. Aurions-nous autant
d’avance sur les prévisions climatiques
que nous avons de retard dans la mise
en œuvre d’une économie décarbonée ?
Les scientifiques ont répété à l’envi ces
dernières années les seuils à ne pas
dépasser, sous peine de mettre en route
une machine infernale dont personne
ne sait où elle peut s’arrêter. Il faut limiter
l’élévation de la température moyenne à
2 °C de réchauffement, ce qui impose de
rester sous 450 ppm de concentration
de gaz carbonique dans l’atmosphère, et
de laisser 70 % des réserves connues de
charbon, pétrole et gaz sous nos pieds.
Mais puisque l’homme est ainsi fait
qu’il cherche toujours à dépasser les
limites, il faut se doter d’un objectif à
atteindre plutôt que de limites à ne pas
dépasser. Un objectif radical, invariable, inaltérable, qui stimule notre inventivité et motive notre volonté d’agir collectivement.
Cet objectif nous l’avons : zéro. Zéro
carbone, pour être précis, ou encore neutralité carbone. Elle est atteinte lorsque les
émissions humaines, ajoutées aux émissions naturelles, deviennent au plus égales à ce que nous appelons les « puits »,
c’est-à-dire les mécanismes qui retirent
des gaz à effet de serre de l’air de l’atmosphère : accroissement net de la biomasse
ou du carbone des sols, dissolution dans
l’océan, et éventuellement interventions
humaines appropriées. C’est à cette condition, et cette condition seulement, que
la concentration atmosphérique en gaz à
effet de serre cesse d’augmenter.
Si l’on veut garantir les 2 °C, ce zéro
émission nette doit arriver dès 2050.
Ne laissons pas
une mutuelle
s’emparer de SCOR
le métier principal. Mais s’agissant des
activités de marché et à l’international, le
Crédit Lyonnais, la Banque Indosuez et
même le CIC, qui disposaient de positions enviables, les ont vues s’atrophier,
voire créer de graves pertes. Logique :
pour les mutuelles françaises, l’Asie, le
Moyen-Orient ou les Etats-Unis sont très
loin de leur environnement quotidien.
Une société mutuelle
peut tranquillement
envisager de lancer une
OPA dénuée de projet
industriel et rester
pourtant à l’abri de toute
conséquence immédiate.
Une tentative de rachat du type de
celle qui pèse sur la SCOR serait de
bonne guerre si les règles du jeu étaient
les mêmes pour tous. Il n’en est rien !
L’émission de certificats constitue une
partie des fonds propres des banques
mutuelles. Ces instruments portent
intérêt sans lien avec les marchés de
dette ou d’actions. Le porteur n’a pas
droit aux résultats ni à des dividendes.
C’est en fait un instrument de dette. A la
différence des actions, les certificats ne
sont donc pas des instruments de fonds
propres. Les réserves accumulées, de
vrais fonds propres, deviennent une
masse de ressources à la disposition des
mutuelles, sans qu’il y ait de titulaires de
ces passifs : des comptes sans propriétaires, un miracle comptable !
Ces moyens financiers considérables
ne seraient pas un problème en soi s’ils
étaient gérés dans le respect des principes de rationalité économique et de
bonne gouvernance. Mais, de ce point de
vue, une société mutuelle est un ovni
pour un homme de marché : pas de
comptes à rendre à des actionnaires soucieux de leurs dividendes et de l’évolution de leurs titres. Pas d’élection des
administrateurs par les actionnaires.
Pas d’objectifs de résultats ni de stratégie
à justifier auprès des investisseurs. Et, au
final, la possibilité pour leurs dirigeants
d’utiliser quasiment à discrétion ces
fonds, y compris pour financer des
conquêtes boursières.
C’est là que le bât blesse tout particulièrement : alors qu’une société cotée qui
lance une offre publique d’achat doit
s’astreindre à une discipline forte, notamment sur le prix offert, afin de ne pas être
elle-même sanctionnée en Bourse par
ses actionnaires, à l’inverse, une société
mutuelle peut tranquillement envisager
de lancer une OPA dénuée de projet
industriel et rester pourtant à l’abri de
toute conséquence immédiate.
L’homme de marché que j’ai été, le
dirigeant de banque, le président du
CMT, du CMF, de la COB, du CNC, l’initiateur de l’AMF et de l’ANC se révolte à
l’idée de voir des fleurons de notre économie menacés de lente dissolution
dans la nébuleuse d’une mutualité aux
moyens et aux contraintes hors marché.
Dès lors que la neutralité
carbone fera l’objet
d’une définition
exigeante, crédible
et partagée, elle sera
un extraordinaire
levier d’action.
La neutralité carbone est simple à définir quand il s’agit de l’ensemble de
l’humanité. Mais, dès qu’il s’agit d’un
acteur qui ne représente qu’une partie de
l’humanité, et ne couvre qu’une partie de
nos activités (une entreprise, une ville, ou
un Etat), la définition devient plus complexe. Sur quoi s’engager ? Ses seules
émissions directes, ou celles de l’ensemble de sa chaîne logistique ? Faut-il raisonner en annuel ou en cumulé ? La
« compensation carbone », qui consiste
à « annuler » ses propres émissions en
finançant des réductions ailleurs, est-elle
une modalité acceptable ? Comment éviter un effet pervers majeur en pareil cas,
qui est que plus on émet, plus on engage
d’argent pour « compenser », et plus on
peut revendiquer un rôle de « bienfaiteur climatique » ?
Judith Benhamou-Huet
@judithbenhamou
EXPOSITION
Fr a n z We s t c o n ç o i t
souvent, dans un premier
Paris, Centre Pompidou,
temps, des sculptures à base
Imaginez un monde où le
jusqu’au 10 décembre.
de tiges de métal et de plâtre,
slogan le plus populaire
www.centrepompidou.fr
un matériau qui lui est
auprès de la jeunesse serait
familier du fait du métier de
« Paix et amour », où la pratique des paradis
sa mère. Les plus connues sont les « Passartificiels serait la règle, où les vertus ordonstücke », des sculptures manipulables et
nées et matérialistes de la bourgeoisie capitransportables. Ces protubérances de plâtre
taliste n’auraient plus cours, où le partage
sont, selon son ami l’historien de l’art autriserait de mise et où l’héritage freudien serait
chien Robert Fleck, « des névroses visualisées ».
considéré comme une donnée majeure. Ce
monde-là a existé et l’artiste Franz West
Inconfortables canapés
(1947-2012) est l’un de ses plus illustres
Lorsque, en 1992, la Documenta de Cassel lui
enfants. Le Centre Pompidou consacre au
propose de participer à la prestigieuse maniViennois une rétrospective substantielle en
festation, faute d’idée motrice, il demande
190 œuvres − un peu à l’étroit dans l’espace
quels sont les meubles qui manquent. On lui
qui lui est dédié. West pratiquait un art plurépond : des assises pour l’auditorium. C’est
tôt trash, une création post-dada sale, un art
ainsi qu’il crée 72 canapés, d’un grand incond’une liberté immense souvent en collabofort. Ils sont inspirés de bancs romains : « Il
ration avec d’autres artistes.
aimait observer les gens placés dans des situaSi ses créations sont esthétiquement
tions contraintes », ajoute son ami. Les bancs
repoussantes, Franz West est aujourd’hui
sont recouverts de kilims, allusion directe au
un artiste célébré par les grands musées du
sofa utilisé par les patients de Freud.
monde. Ce créateur singulier est le fils d’un
West bannit la séparation entre design et
marchand de charbon et d’une dentiste.
art. Il se moque aussi beaucoup : dans les
Cette dernière a beaucoup d’influence sur
années 2000, il crée des sculptures monului au point qu’il adoptera son patronyme.
mentales qui sont des phallus ou des crottes
Il n’a pas fait d’études. Il a arrêté l’école
géantes dans des couleurs pastel qui pastiaprès avoir assisté à seize ans à une perforchent les monuments présents sur les places
mance du mouvement des actionnistes
publiques partout en Europe. « C’est un
viennois connus pour leur goût du sang et
artiste qui a inventé de nouvelles formes en
des actions violentes sur les corps. Toute sa
sculpture », conclut la commissaire de l’expocréation est inspirée par la psychologie et
sition, Christine Macel. West était aussi un
l’observation des comportements.
grand adepte de l’humour et de la légèreté. n
Franz West
Jean-François Lepetit, banquier et
ancien président de la Commission
des opérations de Bourse.
Climat : objectif
zéro carbone
Comme un surplus de CO2 créé
aujourd’hui met des milliers d’années
avant de s’épurer de l’atmosphère, tout
retard dans l’atteinte de cet objectif se
paiera de façon irrémédiable par une
souffrance accrue. La plupart des grandes entreprises et des pays s’engagent
sur cette échéance de 2050, à commencer par la France, dont la neutralité carbone constitue une annonce forte de son
récent plan climat.
La fascinante laideur de Franz
West au Centre Pompidou
Les entreprises connaissent la valeur
de la normalisation : elle est indispensable pour permettre le déploiement
rapide d’une production, grâce à un
référentiel partagé par tous. Ici, la production à diffuser rapidement n’est rien
de moins que la préservation d’une planète sans laquelle il n’y a plus d’entreprise qui puisse exister. Pour « produire
de la neutralité », il faut donc rapidement s’accorder sur sa signification précise vue d’une organisation. Or, pour
l’heure, chacun voit le zéro à sa porte, et
il est impossible au non-spécialiste de
distinguer rapidement l’action sérieuse
de la peinture verte. Une normalisation
sérieuse est ici essentielle, et des initiatives existent qui permettent de commencer à en définir les contours.
Dès lors que la neutralité carbone
fera l’objet d’une définition exigeante,
crédible et partagée, elle sera un extraordinaire levier d’action. Une entreprise qui s’engage vers un objectif de
neutralité carbone se donne un objectif
qui fait ô combien sens, et catalyse les
interconnexions entre les parties prenantes de sa chaîne de valeur (fournisseurs, prestataires, clients, salariés…).
En dépassant son avatar actuel
qu’est la simple compensation, la neutralité carbone fournira l’opportunité
de se projeter dans un monde de rupture, et obligera à se penser dans un
cadre de radicalité économique, pourtant physiquement nécessaire, celui
du zéro émission nette. Il est plus que
temps d’y aller !
Renaud Bettin est manager chez
Carbone 4 ; Jean-Marc Jancovici
est associé de Carbone 4
et président de The Shift Project.
Les œuvres de Franz West, fantaisistes et esthétiquement repoussantes,
sont exposées jusqu’au 10 décembre au Centre Pompidou.
Photo Philippe Migeat – Centre Pompidou
« Scala » de gala
Philippe Noisette
@philipenoisett
SPECTACLE
plus anciens se souviennent sans doute de ces
Conception Yoann
petits jouets créés par le
Il y avait du beau monde ce
Bourgeois,
S u i s s e Wa l t h e r Ko u r t
soir d’ouverture au 13, bouavec Yurié Tsugawa.
Walss. Animés d’un reslevard de Strasbourg à
La Scala Paris,
sort, d’un coup de pouce ils
Paris : et si tout ce gratin
13, bd de Strasbourg,
se déformaient. Yoann
parisien n’était pas forcéjusqu’au 24 oct.
Bourgeois en propose ici
ment venu pour Yoann
puis en tournée.
la version XL. Sauf qu’il
Bourgeois, nul doute qu’à la
Lascala-paris.com
dédouble cet effet saisisvision de « Scala », sa créasant avec des solistes tous
tion inaugurale, ces invités ont découvert
remarquables ; l’humain se fait sous nos
un univers à part. Dans « Scala », Bourgeois
yeux marionnettes.
reprend le fil de ses réflexions sur l’équilibre
A ce jeu d’adresse, Valérie Doucet est la
et le vivre-ensemble. Le décor est fait d’escavéritable découverte de « Scala ». Peu à peu la
lier, trappes et autres trampolines. Les
pièce catastrophe, avec ces chutes à foison, se
interprètes jouent avec une agilité confontransforme en dialogue où chacun semble là
dante de cette scénographie piège.
pour l’autre. Que ce soit autour d’une table ou
au bord du vide. Yoann Bourgeois, filant la
Une phrase sans ponctuation
métaphore, parle à propos de « Scala » d’une
qui ne s’arrête jamais
phrase sans ponctuation qui ne s’arrête
Dans sa première partie, « Scala » oscille
jamais. Bien vu ! Il manque encore un suppléentre le burlesque du comique de répétiment d’âme à cet opus tout frais. Le temps
tion et l’inquiétante étrangeté d’un monde
pour les artistes de prendre leurs marques
uniforme. On sort par une porte, pour
par rapport à l’œuvre même, qui plus est,
mieux rentrer par le sous-sol du plateau.
dans un lieu flambant neuf.
Et lorsque une armée de mains envahit la
D’une certaine façon, Yoann Bourgeois
scène, chassée tant bien que mal d’un coup
renoue avec le cirque dans ses portés et ses
de balai, la pièce bascule dans une autre
voltiges assumés. « Scala » est à la fois nosdimension poétique. La grande séquence
talgique d’une histoire artistique et définitioù les corps semblent jaillir et rebondir est
vement contemporaine. En témoigne le
bien dans la manière de Yoann Bourgeois,
choix de Radiohead pour sa bande-son.
homme de tous les possibles acrobati« Daydreaming », titre phare de l’album
ques. Mais la vraie nouveauté est ailleurs,
« A Moon Shaped Pool », trouve ici sa plus
dans ce travail autour des wakouwas. Les
belle interprétation scénique. n
Scala
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
sciences
LA
CHRONIQUE
de Gérard Berry
L
e sigle IHM est généralement lu comme
« interface homme-machine ». En fait,
sa lecture doit être beaucoup plus générale :
« interaction homme-machine ». En effet, l’interface
n’est qu’un moyen de réaliser des interactions
qui peuvent être complexes.
Sur le Web, les sites sont très inégaux en termes
de facilité d’interaction et de design graphique.
Certains, et particulièrement les sites de réservation
de trains ou d’avions, sont pleins de rectangles
de couleur ne contenant que peu d’informations,
ce qui oblige à utiliser sa souris pour faire apparaître
des informations qui devraient être immédiatement
accessibles. Voilà un mouvement aussi inefficace
qu’inutile. Les logiciels de musique ou de retouche
photographique offrent des fonctionnalités
nombreuses dont l’enchaînement doit tomber sous
les doigts tout en étant facilement paramétrable.
Dans les systèmes industriels, l’interaction peut être
très complexe. Dans un avion, les affichages
du cockpit et les manettes et boutons de commande
conditionnent directement la qualité du vol
et surtout la récupération de situations difficiles.
La gestion d’alarmes multiples et rapprochées
est particulièrement délicate pour les logiciels,
les pilotes et leurs interactions, comme le montrent
les rapports sur les accidents du mont Sainte-Odile
en 1992 et du Paris-Rio en 2009. Dans les tours de
contrôle des aéroports, il a fallu très longtemps pour
concevoir des systèmes électroniques aussi efficaces
que les bandes de papier annotées que s’échangent
traditionnellement les contrôleurs. Il n’était pas
évident de faire aussi bien, mais c’était devenu
indispensable pour la traçabilité des opérations,
nécessaire pour les enquêtes en cas de problème
et pour une meilleure analyse de données.
Un point central pour cette IHM au sens large
est, encore une fois, la formation : elle n’est
pratiquement pas enseignée dans les cours
d’informatique, et peu valorisée dans les projets
d’étudiants. Pour le confort et la sécurité des usagers,
il serait pourtant indispensable que les ingénieurs
en comprennent mieux les tenants
et les aboutissants.
Gérard Berry, informaticien, est professeur
au Collège de France.
o
LA PUBLICATION
Eteindre l’addiction
au tabac dans le cerveau
des fumeurs ?
V
oilà une étude qui pourrait redonner
de l’espoir à tous ceux qui n’arrivent pas
à décrocher de la cigarette. Si plus
de 7 millions de personnes meurent chaque année
du tabagisme, l’effet de la nicotine sur le cerveau
des fumeurs est tel que les photos chocs et le prix
faramineux des paquets ne suffisent pas toujours
à les décider à arrêter. Mais tout serait changé si
la science parvenait à bloquer l’action de la nicotine,
qui est à l’origine de l’addiction. Et c’est peut-être
ce qu’elle est sur le point de réaliser. Un résultat
spectaculaire vient en effet d’être obtenu sur
des souris grâce à l’optogénétique, cette discipline au
croisement de l’optique et de la génétique qui permet
de décrypter ou de manipuler le cerveau à l’aide
de la lumière. Dans l’étude parue dans « eLife »,
une équipe franco-américaine a réussi à agir sur les
récepteurs nicotiniques auxquels se lie la nicotine.
Comment ? En y accrochant un outil moléculaire
faisant office de nano-interrupteur. Sous l’effet de la
lumière violette, l’interrupteur se replie et empêche
la nicotine de se fixer. Par là même, il empêche aussi
les neurones de la dopamine, constituant le circuit
de la récompense, d’augmenter leur activité
électrique et de libérer leur neurotransmetteur,
mécanisme cérébral à la base de l’addiction. Et l’effet
est réversible : à la lumière bleue, le récepteur
nicotinique repasse de « off » à « on » et les souris
retrouvent leur goût pour la nicotine ! — Y. V.
73.000
ans
L’ENFANCE DE L’ART
Le plus ancien exemple
de dessin abstrait, exécuté
à l’ocre, a été découvert
dans la grotte de Blombos
en Afrique du Sud.
Il date de 73.000 ans.
https://bit.ly/2xjqu6a
SANTÉ // Loin de se focaliser sur les seuls neurones, comme cela a longtemps été le cas, les études
récentes se concentrent sur les processus inflammatoires à l’œuvre à l’intérieur des cerveaux malades.
Alzheimer : les nouveaux fronts
de la recherche
Yann Verdo
@verdoyann
A
l’approche de la Journée mondiale
contre la maladie d’Alzheimer, vendredi prochain, et alors que les quatre médicaments qui avaient reçu une autorisation de mise sur le marché viennent d’être
déremboursés en France (lire ci-dessous), la
recherche continue de marquer des points.
Une étude tout aussi macabre qu’intéressante, conduite aux Etats-Unis et parue en
juin dans la revue « Neuron », a en particulier livré de bien curieux résultats. Des chercheurs de l’université d’Arizona et de l’Icahn
School of Medicine at Mount Sinai (New
York) ont passé au crible plus de 1.400 cerveaux de personnes décédées, une partie
d’entre elles ayant développé la maladie et
l’autre non. Les multiples analyses auxquelles ont été soumis ces cerveaux ont été passées à la moulinette des outils de bio-informatique et des algorithmes de traitement
des big data, à la recherche d’une différence
statistique significative. Et ce processus a
permis d’en révéler une : chez les cerveaux
malades, les auteurs de l’étude ont trouvé des
niveaux élevés d’ADN… du virus de l’herpès !
Pour étonnant qu’il puisse paraître aux
yeux des non-spécialistes, ce résultat n’est
pas tout à fait une surprise. Cela fait déjà un
certain temps que des recherches ciblent un
possible lien entre l’Herpesviridae humain
(HHV) et la plus répandue des formes de
démence. « Cette étude a mis en lumière une
corrélation troublante et ouvre une piste qui
mérite d’être poursuivie », commente
Guillaume Dorothée, neuro-immunologiste à l’Inserm. « Mais de là à conclure que le
virus de l’herpès est la cause de la maladie et
qu’il suffirait de vacciner les gens pour la prévenir, il y a un gouffre. Nous n’en sommes pas
du tout là ! » L’étude de « Neuron » s’inscrit
dans un contexte plus large, un nouveau
front de la recherche qui s’est ouvert au
début des années 2000 et que les propres
travaux de Guillaume Dorothée ont largement contribué à faire progresser. Ce nouveau domaine, aujourd’hui particulièrement actif, est celui qui consiste à aborder la
maladie sous l’angle de la neuro-inflammation, autrement dit l’ensemble des réactions
immunitaires déclenchées dans le cerveau
à son apparition.
Immense espoir
Il est acquis que la maladie d’Alzheimer se
traduit, sur le plan biologique, par l’accumulation de deux types de protéines anormales, pathogènes, qui étouffent et tuent les
cellules nerveuses : des agrégats de peptides bêta-amyloïdes à l’extérieur des neurones (les tristement célèbres « plaques séniles ») et des fibres de protéines tau à
l’intérieur de ceux-ci. Et pourtant, indique
la neurologue Catherine Thomas-Antérion, « des études ont montré qu’un tiers des
personnes qui présentaient des taux anormalement élevés de peptides bêta-amyloïdes et de
protéines tau ne développaient pas la maladie ». Deux agents nécessaires, mais pas suffisants ? « C’est ce que pensent de plus en plus
de chercheurs, convaincus qu’un troisième
processus, quel qu’il soit, est à l’œuvre ; et celui
qui figure actuellement en tête de liste est
l’inflammation cérébrale », poursuit Catherine Thomas-Antérion, membre du conseil
scientifique de l’Observatoire B2V des
Mémoires, organisateur de la Semaine de la
mémoire qui débute ce lundi à Montpellier.
Il y a deux façons d’étudier la neuroinflammation : soit en recherchant un possible agent infectieux, comme les auteurs
de l’étude de « Neuron » l’ont fait avec le
virus de l’herpès ; soit en s’efforçant de
démonter les mécanismes cellulaires soustendant le processus inflammatoire. Telle
est la voie suivie, à l’Inserm, par Guillaume
Dorothée et son équipe. Ces travaux ont
déjà une longue histoire. Au début des
années 2000, quand l’idée a émergé qu’il y
avait peut-être un lien entre maladie
Inserm
Apprendre
à interagir
VACANCES LUNAIRES
« SpaceX a signé avec
le premier client privé
du monde pour se rendre
autour de la Lune à bord de
notre véhicule », a tweeté
la compagnie d’Elon Musk.
https://bit.ly/2p4rGqt
SUR
LE WEB
Plaques séniles, ou plaques amyloïdes, observées en fluorescence dans un cas de maladie d’Alzheimer.
Chiffres clefs
de la maladie
Dans le monde
•– Un
nouveau cas
toutes les 3 secondes.
– Première cause
de démence :
de 60 à 70 %
– Le nombre de cas
de démence
va presque doubler
tous les vingt ans.
En France
•– Un
nouveau cas
toutes les 3 minutes
– 900.000 malades
– Quatrième cause
de mortalité.
d’Alzheimer et système immunitaire, des
expériences ont été conduites sur des souris
rendues artificiellement malades et à qui
l’on a ensuite injecté un vaccin. Les résultats
ont soulevé un immense espoir, puisque en
stimulant ainsi leur système immunitaire
de façon à aider celui-ci à nettoyer leur cerveau de ses protéines pathogènes (bêtaamyloïde et tau), les expérimentateurs sont
parvenus à empêcher les symptômes de
déclin cognitif. Mais les choses se sont
gâtées lorsque ce même vaccin a été administré pour la première fois sur des malades
humains. « Chez 6 % des patients, des complications graves sont apparues et ce premier
essai d’immunothérapie a été stoppé », rappelle Guillaume Dorothée.
tivation des Treg avait eu comme conséquence de réduire la quantité de microglie,
cet ensemble de cellules du système immunitaire du cerveau dont l’une des fonctions
est de phagocyter les plaques de peptides
bêta-amyloïdes. Dans l’autre, la quantité de
microglie s’en était à l’inverse trouvée augmentée. « Il semble clair que les Treg modulent la réponse neuro-inflammatoire et que
cela a un impact sur la vitesse de développement des troubles cognitifs dans nos modèles
animaux », résume Guillaume Dorothée.
Ces résultats sont-ils transposables chez
l’homme ? Il est encore trop tôt pour le
savoir. Ce qui paraît acquis, c’est que la
neuro-inflammation joue un rôle lui-même
Rôle ambivalent
Les cellules microgliales,
de Dr Jekyll qu’elles étaient,
semblent au bout
d’un certain temps
se transformer en Mr Hyde.
Ces complications étaient liées à l’une des
deux grandes composantes du système
immunitaire, les lymphocytes T. Ceux-ci
ont donc été affublés de l’étiquette « dangereux, à oublier » et longtemps tenus à
l’écart. Mais, à la lumière de travaux récents,
leur action apparaît bien plus ambivalente
que strictement et exclusivement délétère.
Des travaux conduits par l’équipe de
l’Inserm sur des souris ont en particulier
pointé le rôle clef d’une catégorie de cellules T, les cellules T régulatrices, ou Treg. Ce
sont un peu les gendarmes du système, qui
sifflent par exemple la fin de la partie quand
les agents infectieux ont été éliminés.
Poursuivant ses investigations sur les
souris, l’équipe de Guillaume Dorothée a
inactivé les Treg chez certaines d’entre elles
et les a au contraire stimulées chez d’autres
– en s’aidant pour cela d’une molécule bien
connue en cancérologie, l’interleukine.
Pour celles chez lesquelles les Treg avaient
été inactivées, le développement de la maladie s’en est trouvé accéléré et les symptômes
de déclin cognitif n’ont pas tardé. Pour les
autres, ces mêmes symptômes, qui apparaissent normalement sur les souris au
bout de 8 à 9 mois, n’étaient toujours pas
survenus passé 10 mois. Les analyses ont
montré que, dans le premier groupe, l’inac-
ambivalent dans cette dynamique complexe que sont l’apparition et le développement de la maladie : plutôt bénéfique aux
premiers stades, il devient ensuite nocif. Les
cellules microgliales, de Dr Jekyll qu’elles
étaient, semblent au bout d’un certain
temps se transformer en Mr Hyde, par
exemple en se mettant à éliminer massivement les synapses ou connexions entre
neurones, une autre de leurs fonctions en
plus de la destruction des plaques séniles.
Les toutes prochaines années devraient
permettre d’en apprendre plus sur le rôle
positif ou négatif du système immunitaire
en général, et des Treg en particulier, dans la
maladie d’Alzheimer : Guillaume Dorothée
s’est associé avec la neurologue et clinicienne Marie Sarazin, de l’hôpital SainteAnne, pour conduire un essai clinique sur
l’homme. Les procédures d’autorisation
ont été lancées. En cette 24e édition de la
Journée mondiale contre Alzheimer, la
course contre la montre continue. n
La bataille du (dé)remboursement
Depuis le 1er août, les quatre seuls médicaments (Aricept, Ebixa, Exelon, Reminyl) qui
avaient franchi tous les obstacles des essais
cliniques, jusqu’à la mise sur le marché,
ne sont plus remboursés en France par la
Sécurité sociale. Et ce, au motif d’un rapport
bénéfice-risque jugé insuffisant par la Haute
Autorité de santé, qui les a déclarés « néfastes
et entraînant beaucoup d’effets secondaires ».
Pourtant, à l’annonce de ce déremboursement, tant la Fédération française de neurologie que la Société française de gériatrie se
sont récriées. Les sociétés savantes ont
au contraire indiqué que toutes les études
réalisées sur ces molécules avaient pointé
un effet bénéfique, certes léger, mais supérieur à l’effet placebo. Ces sociétés, qui font
remarquer que même la Grande-Bretagne,
pourtant très stricte en matière de remboursement, a renouvelé en juin ses recommandations de prescription, comptent
déposer un recours contentieux devant
le Conseil d’Etat pour demander l’annulation
de la décision.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Les Echos Lundi 17 septembre 2018
grand angle
INTERVIEW // ALAN ABRAMOWITZ Politologue
et auteur, professeur à l’Emory University
« Aux Etats-Unis,
le vote est motivé
par la haine
de l’autre camp »
l Pour Alan Abramowitz, politologue,
les divisions économiques, mais aussi
raciales, de l’Amérique se reflètent dans
les résultats de ses élections.
l Les deux blocs semblent plus que jamais
s’affronter, mais le scrutin de novembre
pourrait basculer côté démocrate.
Propos recueillis par
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
A
lan Abramowitz, politologue de
l’Emory University, en Géorgie, a
développé un modèle de prédiction des élections, qui se base sur la popularité du président, sa longévité et les performances économiques. Un modèle qui a
fonctionné de 1988 à 2016. Il y a deux ans,
toutefois, il avait senti la montée de Donald
Trump, notamment à cause de la profonde
division qu’il décrit dans le pays.
Après les révélations contenues dans
le livre de Bob Woodward et dans la
tribune anonyme publiée dans le
« New York Times », comment jugezvous la situation à la Maison-Blanche ? Cela pourrait-il avoir une
influence sur la vie politique américaine et les élections de novembre ?
L’impact ne sera pas très élevé. Aujourd’hui,
l’opinion des gens sur Donald Trump reste
bloquée : ses supporters continuent de le
soutenir, quoi qu’il arrive, et ses détracteurs
continuent de le détester. Ce n’est pas gravé
dans le marbre, mais c’est très difficile à
faire bouger. Il faudrait des circonstances
exceptionnelles pour que cela évolue. Toutes ces affaires et toutes les réactions de
Donald Trump renforcent en fait ce que
chacun pense de lui, la vision du monde de
chaque camp.
Est-ce que cela pourrait jouer sur le
comportement de certains candidats
républicains, qui pourraient
s’éloigner de Donald Trump ?
Je ne pense pas. Les candidats républicains,
en général, restent attachés à Donald
Trump parce qu’ils sentent que leur électorat l’est. Et ceux qui se présentent dans un
district qui a des chances de basculer côté
démocrate évitent de parler de lui et de trop
« nationaliser » le débat. Les voix qui s’élèvent ces derniers jours contre Donald
Trump, dans le camp républicain, sont celles qui étaient déjà critiques envers lui. Ce
sont parfois des employés des administrations précédentes, celle de George W. Bush
notamment, des fonctionnaires, des représentants de think tanks, très rarement des
élus. Et ceux qui le faisaient ne se représentent pas en novembre.
Le modèle que vous avez mis au point
avait prédit la victoire de Donald
Trump en 2016, mais à titre personnel, vous ne croyiez pas en son élec-
tion. Pourquoi ?
En réalité, mon modèle, comme la plupart
des autres, déterminent le vote populaire.
Pour prédire le résultat de l’élection, il faut
aller beaucoup plus en profondeur, au
niveau des Etats, amasser un grand nombre
de données, intégrer des sondages… Or
Donald Trump a perdu le vote populaire, de
3 millions de voix. Mon modèle n’était donc
pas aussi bon que cela ! Je pensais que le
Parti républicain, avec un candidat classique, pouvait gagner le vote populaire et que
Trump, un candidat en dehors du système,
ne pourrait pas réunir autant de voix. Finalement, je n’étais pas loin de la vérité, même
si mon modèle a eu faux !
« Il y a de fortes chances
que les démocrates
remportent au moins l’une
des deux chambres. »
« Il est certain que
le Parti démocrate a pris
un virage à gauche. »
Vous avez développé le concept
d’« esprit de parti négatif » (« negative
partisanship »). En quoi cela consistet-il et en quoi explique-t-il les derniers
résultats électoraux aux Etats-Unis ?
C’est un phénomène qui s’est développé ces
dernières années. Il s’agit d’une tendance
qui consiste, pour les soutiens d’un parti, à
systématiquement discréditer ceux de
l’autre parti, ses leaders notamment, dans
n’importe quelle situation. Le vote devient
peu à peu motivé par cette haine de l’autre
camp, plutôt que par les idées ou l’admiration envers son propre parti. Cela existe
depuis vingt ou trente ans, mais en 2016, le
phénomène a atteint un autre niveau : les
deux candidats à l’élection présidentielle
avaient un taux d’impopularité très haut, du
fait de cette haine qu’ils suscitaient chez
leurs adversaires. Et cela a joué en particulier pour Donald Trump. Il a affronté des
résistances dans le Parti républicain, durant
la primaire ou même après sa nomination.
Mais presque tous ont finalement voté pour
lui, plus par rejet des démocrates en général, et de Hillary Clinton en particulier.
Donald Trump a-t-il uniquement
gagné l’élection grâce au vote
d’une population déclassée, blanche
et moins éduquée ?
Oui : cette frange de la population s’est rangée derrière les républicains au fur et à
Alan Abramowitz avait senti la montée de Donald Trump, notamment à cause de la profonde division qu’il décrit
dans le pays. Photo Emory University
mesure. Cela n’a pas toujours été vrai, mais
c’est le cas au moins depuis les années 1980.
Et le facteur racial est décisif. Une large base
du Parti républicain est attirée par les discours racistes et anti-immigration. L’arrivée de Donald Trump sur la scène politique
en 2011, quand il a relayé des thèses conspirationnistes sur l’état civil de Barack
Obama, l’a d’ailleurs fait connaître et apprécier de cette frange. En outre, cette population ouvrière et blanche était concentrée
dans les Etats susceptibles de faire pencher
la balance, les « swing states », comme la
Pennsylvanie, le Wisconsin, le Michigan,
l’Ohio ou l’Iowa. L’autre facteur qui a fait
gagner Trump, ce sont les divisions au sein
du Parti républicain : il y avait 16 candidats
au départ de la campagne pour la primaire.
Trump avait sans doute la base de soutiens
la plus large, même s’il ne représentait pas
la majorité. Il n’existait pas d’alternative crédible à Trump.
Le facteur racial est, selon vous,
plus important que le facteur
économique ?
Oui, ce n’est pas le seul, mais c’est le plus
important. En fait, les arguments économiques sont liés, dans ces discours, aux facteurs raciaux. S’ils ont perdu leur emploi ou
qu’ils se sentent déclassés, c’est parce que les
démocrates, et Barack Obama en particulier, ont donné trop d’avantages aux minorités. Donald Trump a su utiliser ces arguments.
L’Amérique semble profondément
divisée entre démocrates et républicains. Pourtant, il existe aussi
des divisions à l’intérieur de
ces partis. Le discours d’un Bernie
Sanders ne s’adresse-t-il pas aussi
à ces déclassés ?
En réalité, les différences idéologiques à
l’intérieur des partis sont plutôt minces
aujourd’hui. Dans les années 1950 et 1960,
elles étaient beaucoup plus importantes
avec des libéraux et des conservateurs chez
les républicains, et aussi des démocrates
libéraux et des démocrates conservateurs.
Ce n’est plus le cas. Chez les démocrates, il
s’agit avant tout de conflits générationnels.
Une « vague démocrate »
est-elle plausible lors des élections
de mi-mandat de novembre ?
C’est difficile de prédire l’étendue de cette
vague, mais aujourd’hui, il apparaît certain
que les démocrates vont progresser, dans
tous les scrutins. Les républicains sont en
difficulté, c’est incontestable. Il y a de fortes
chances que les démocrates remportent au
moins l’une des deux chambres, plutôt la
Chambre des représentants. Pour le Sénat,
ce sera plus compliqué, mais ce n’est pas
impossible.
Dans certains Etats conservateurs,
comme le Texas, le scrutin s’annonce
plus serré que prévu. En décembre,
l’Alabama a aussi envoyé au Sénat
un démocrate, contre Roy Moore.
Le Sud est-il en train de changer ?
Ce n’est pas si surprenant, au Texas surtout.
C’est un Etat qui évolue, il devient de moins
en moins républicain. C’est une tendance de
long terme. En 2012, Mitt Romney l’avait
emporté avec 16 points d’avance sur Barack
Obama. En 2016, Donald Trump n’avait plus
que 9 points d’avance sur Hillary Clinton.
C’est un Etat qui a une population de plus en
plus diverse. Les minorités y sont déjà la
majorité, l’électorat suit peu à peu cette tendance. Et on y trouve, dans certaines banlieues, des classes moyennes ou supérieures éduquées, qui ne veulent pas voter pour
Donald Trump, même si elles sont plutôt
républicaines. Enfin, sur l’élection qui s’y
profile en novembre, le candidat républicain Ted Cruz, qui reste néanmoins le
favori, est assez controversé, tandis que le
démocrate Beto O’Rourke a fait une vraie
percée et a levé plus d’argent pour sa campagne que Cruz. L’écart devrait être encore
plus faible entre les deux.
« Les candidats
républicains restent
attachés à Donald Trump,
parce qu’ils sentent que
leur électorat l’est. »
Une nouvelle génération semble
apparaître chez les démocrates…
Il ne faut pas surestimer le poids de ces nouvelles figures. On peut en avoir une vision
déformée car on parle beaucoup, par exemple, d’Ayanna Pressley, qui vient de remporter la primaire démocrate pour un siège à la
Chambre des représentants dans le Massachusetts, ou bien d’Alexandria Ocasio-Cortez, vainqueure de la primaire démocrate à
New York. Mais, sur toutes les primaires
organisées jusqu’ici, seules quatre ont vu la
défaite du candidat sortant : deux chez les
républicains et deux chez les démocrates.
Ce qui est certain, c’est que le Parti démocrate a pris un virage à gauche. Cela fait
quelque temps déjà et cela se double d’un
fossé générationnel qui se creuse. Enfin,
cela reflète l’évolution démographique de
certaines régions, où les minorités sont
devenues majoritaires. C’est le cas dans les
deux districts du Massachusetts et de New
York, qui ont voté pour Ayanna Pressley et
Alexandria Ocasio-Cortez. Mais il ne faut
pas en conclure que l’on va vers un renversement complet de l’establishment démocrate. Surtout que ces figures sont parfois
soutenues par une partie de cet establishment. Elles ont une expérience au sein du
parti, elles ne sont pas sorties de nulle part,
surtout Ayanna Pressley. Et les gens qui
votent aux primaires démocrates sont, en
général, plus libéraux, ils votent pour des
candidats qui vont offrir une alternative
plus forte aux républicains.
Dans votre dernier livre, vous faites
un parallèle entre la situation
d’aujourd’hui et celle de 1966, en
soulignant que la majorité présidentielle ne tire pas toujours les bénéfices d’une bonne économie…
Oui, ce n’est absolument pas une garantie.
En 1966, le président démocrate Lyndon
Johnson a perdu les élections de mi-mandat alors que la situation économique
était très favorable, meilleure même
qu’aujourd’hui. C’est ce qui risque d’arriver à Donald Trump, d’autant que les
salaires, eux, n’augmentent pas. Une
grande partie des Américains ne ressentent pas les bénéfices de cette croissance.
En règle générale, l’économie ne semble
pas avoir une influence déterminante sur
le résultat des élections de mi-mandat. Il
s’agit davantage d’un référendum envers
le président.
Une procédure d’impeachment
contre Donald Trump est-elle
complètement à exclure ?
Si les démocrates remportent la Chambre
des représentants, l’hypothèse deviendrait
tout à fait plausible. Pas dans l’immédiat,
mais au fil du temps, si l’enquête de Robert
Mueller montre qu’il y a eu obstruction de
justice ou collusion avec la Russie et que
Donald Trump est directement impliqué.
Avec le contrôle de l’une des deux chambres, les démocrates auraient la pression de
leur propre base pour lancer une procédure
d’impeachment. Mais c’est un long processus, qui doit rallier les deux tiers de chacune
des chambres. Cela n’a jamais eu lieu,
même si Andrew Johnson, en 1868, ne s’est
sauvé que d’une seule voix. Je n’imagine pas
les élus républicains voter pour l’impeachment, à moins que le rapport de Robert
Mueller ne soit vraiment accablant envers
Donald Trump et que les électeurs républicains ne se retournent contre lui. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Lundi 17 septembre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,36 en mai 2018 // Taux de chômage (BIT) : 8,6 %
au 1er trimestre 2017 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
À L’ÉTRANGER
LR ESTROSI RENONCE
À AFFRONTER CIOTTI DANS
SA FÉDÉRATION POLITIQUE
ÉTATS-UNIS APRÈS L’OURAGAN
FLORENCE, LES INONDATIONS
MENACENT
Christian Estrosi a décidé de ne pas
briguer de nouveau mandat à la présidence de la fédération Les Républicains (LR) des Alpes-Maritimes, qu’il
dirige depuis 2002. Le maire de Nice
souhaite éviter une « petite guerre de
clochers » avec son rival le député
Eric Ciotti, qui s’est porté candidat en
août. Les élections internes des
Républicains, appelées à désigner les
présidents des fédérations, sont prévues les 13 et 14 octobre.
La tempête Florence, qui a déjà fait au
moins 13 morts sur la côte atlantique
américai ne, menaça it toujour s
dimanche de faire des ravages en raison des « quantités monumentales »
de pluie qu’elle charrie et des inondations qu’elle provoque. Les autorités
ont averti les habitants évacués de ne
pas tenter de rentrer chez eux. Samedi
soir, 676.000 foyers et entreprises
étaient privés d’électricité en Caroline
du Nord et 119.000 en Caroline du Sud.
SPORT KÉVIN MAYER CHAMPION
DU MONDE DE DÉCATHLON
SYRIE LE RÉGIME ORGANISE
SES PREMIÈRES ÉLECTIONS
DEPUIS 2011
Nicolas Tucat/AFP
EN FRANCE
Le Français Kévin Mayer s’est emparé
du record du monde du décathlon
avec 9.126 points, détrônant l’Américain Ashton Eaton (9.045 points),
dimanche à l’issue du Décastar de
Talence, en France. C’est le premier
Français champion du monde de la
discipline. A 26 ans, il est le 3e athlète
à franchir la barre mythique des
9.000 points, après Eaton et Sebrle.
LA PHOTO DU JOUR
Scènes de désolation après le passage de Mangkhut à Hong Kong
Le régime de Bachar al-Assad a organisé dimanche ses premières municipales depuis 2011. « Plus de 40.000
candidats sont en lice », a précisé
l’agence de presse officielle syrienne
Sana. La majorité des candidats sont
affiliés au parti du président Assad, le
Baas, ce qui laisse certains habitants
sceptiques. Les dernières municipales remontent à décembre 2011, au
début d’une guerre qui a fait plus de
360.000 morts.
IRAK LE BLOC PROCHE DE L’IRAN
REMPORTE LE PARLEMENT
Avant de faire ses premiers morts en Chine où 2,37 millions de personnes ont dû être évacuées dimanche, le typhon
Mangkhut a semé le chaos à Hong Kong où ses rafales de vent à plus de 230 kilomètres/heure ont fait plus de 200 blessés.
Aux Philippines, au moins 59 personnes ont péri.
CENTRE-DROIT UN CONGRÈS
FONDATEUR POUR LE PARTI AGIR
BENALLA LES SÉNATEURS LREM
RENONCENT À L’AUDITION
Les trois sénateurs LREM, membres
de la commission d’enquête du Sénat
sur l’affaire Benalla, ne participeront
pas à l’audition mercredi de l’ex-collaborateur de l’Elysée, destinée à
mieux cerner les fonctions à l’Elysée
du jeune homme mis en examen
pour violences sur un manifestant.
L’audition cristallise les tensions
entre le Sénat et l’exécutif, qui accuse
l e s s é n a t e u r s d ’e m p i é t e r s u r l e
domaine de l’enquête judiciaire.
GIFLE UN CHAUFFEUR DE BUS
EN CONSEIL DISCIPLINAIRE
Un chauffeur de bus de la RATP va
passer en conseil disciplinaire pour
avoir giflé un collégien qui l’avait
insulté jeudi près de la mairie
d’Arcueil, a indiqué la régie des transports parisiens dimanche. Des vidéos
amateurs de l’incident circulent sur
Internet, et une pétition de soutien au
chauffeur, adressée à la direction de
la RATP, a été publiée en ligne.
Photo : Anthony Wallace/AFP
AFP
Dimanche, le congrès fondateur du
parti Agir, qui réunit d’ex-LR « constructifs » envers le gouvernement,
s’est ouvert avec Jean-Pierre Raffarin,
et clos avec Alain Juppé. Le nouveau
parti, qui compte neuf députés – ils
siègent dans un groupe parlementaire commun avec l’UDI – se veut
« plus européen que LR, plus attaché
aux classes moyennes que la majorité,
plus démocrate que les extrêmes », a
expliqué Jean-Pierre Raffarin.
Le Parlement irakien a élu samedi à sa
présidence le candidat soutenu par la
liste pro-Iran, ouvrant la voie à la formation d’un gouvernement plus de
quatre mois après les législatives.
Alors que le pays est paralysé par une
crise politique depuis le scrutin de mai,
Mohammed Al Halboussi (photo), né
en 1981, devient le plus jeune président
du Parlement de l’histoire de l’Irak.
Dimanche, Téhéran a déclaré « soutenir les choix » du peuple irakien.
VENEZUELA PÉKIN CONFIRME
SON SOUTIEN À MADURO
La Chine est disposée à fournir au
Venezuela l’aide qu’elle peut lui
apporter, a déclaré vendredi le Premier ministre chinois Li Keqiang au
président Maduro, mais les médias
chinois n’ont pas évoqué de nouvelle
aide financière. En dix ans, Pékin a
injecté plus de 50 milliards de dollars
dans l’économie vénézuélienne.
YÉMEN AU MOINS 32 REBELLES
TUÉS LORS DE NOUVELLES
VIOLENCES
Au moins 32 rebelles ont été tués
dans des combats et des raids aériens
ces dernières 24 heures autour de
Hodeïda, la grande ville portuaire
dans l’ouest du pays. Ces nouvelles
violences ont coïncidé avec l’arrivée,
dimanche, de l’émissaire de l’ONU
Martin Griffiths dans la capitale
Sanaa.
ON EN PARLE À BERLIN
Hambach, symbole de la lutte contre le charbon
L’évacuation de « zadistes » doit ouvrir la voie à l’extension d’une mine de RWE.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
donné raison à l’énergéticien
RWE qui veut étendre la plus
grande mine d’Europe à ciel
ouvert d’extraction de lignite en
bordure de la forêt. Propriétaire
de Hambach depuis une quarantaine d’années, la société en
a déjà consommé plus de 90 %.
C
’est la version allemande
de Notre-Dame-desLandes qui voit s’affronter dans la forêt de Hambach,
entre Cologne et Aix-La-Chapelle, l’énergéticien RWE et les
pourfendeurs de l’extraction de
charbon. Depuis jeudi, plusieurs
centaines de policiers sont mobilisées par le Land de Rhénaniedu-Nord-Westphalie pour évacuer des militants écologistes
installés dans une soixantaine de
cabanes dans la cime d’arbres de
cette forêt millénaire.
Après une longue bataille
juridique, la justice allemande a
Le conflit s’étend à Berlin
Elle assure devoir défricher dès
le mois d’octobre 100 hectares
supplémentaires sur les
200 restants afin de sécuriser la
production d’électricité pour la
région. Sinon, « c’est l’ensemble
de la mine qui s’immobilisera
progressivement au cours des
deux prochaines années », a prévenu RWE. L’extraction de
lignite par le groupe dans la
région assure 15 % de la production d’électricité en Rhénaniedu-Nord-Westphalie.
C’est justement le poids de
cette source d’énergie extrêmement polluante que dénoncent les « zadistes » de Hambach, bien décidés à rester
dans leurs cabanes. Vendredi,
ils ont accueilli les forces de
l’ordre en se soulageant audessus de leurs têtes. « Attaque
d’excréments contre la police »,
selon « Bild ».
Le conflit a pris une tournure politique avec l’occupation vendredi de la représentation berlinoise du Land de
Rhénanie-du-Nord-Westphalie organisée par le mouvement activiste de lutte contre
l’exploitation du charbon Ende
Gelände (fin de terrain). Les
occupants ont conditionné
leur départ à l’arrêt de l’opération d’évacuation de la forêt de
Hambach. Le recours au
lignite est très critiqué. « RWE
se bat pour le charbon au prix
d’une image désastreuse », note
le « Handelsblatt ».
Il risque aussi de compliquer
la tâche de la commission ad
hoc d’une vingtaine de membres (collectivités, acteurs économiques, syndicats et ONG)
chargée par la chancelière
Angela Merkel de préciser d’ici
à la fin de l’année les modalités,
le financement et le calendrier
de la fin de l’exploitation du
charbon par l’Allemagne. n
2
27
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28
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9
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MARDI
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MERCRED
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27
2
23
/
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JEUDI
MERCREDI
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 17 septembre 2018
www.lesechos.fr
La plate-forme
française
se focalise sur
trois disciplines :
addictologie,
psychiatrie et
nutrition. // P. 24
DEVISES EUR/GBP 0,891 EUR/JPY 1,3048 EUR/CHF 1,126 GBP/USD 1,308 USD/JPY 1,1191 USD/CHF 0,9664 TAUX EONIA -0,371 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,319 OAT 10 ANS 0,6719 T-BONDS 10 ANS 2,9848
INDUSTRIE & SERVICES
FERROVIAIRE
DERNIÈRE HEURE
Alstom lance le premier train
à hydrogène sur le rail allemand.
Transparence des rémunérations :
Bercy moins ambitieux que prévu
// P. 16
AÉRIEN
Ben Smith, le nouveau patron
canadien d’Air France-KLM, entre
en piste. // P. 17 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 9
GAZ
Les députés
frileux
sur la loi
alimentation
Shutterstock
Valérie Leboucq
@vleboucq
Le gouvernement programme la
fin des tarifs réglementés. // P. 18
SERVICES
Suez surfe sur la vague du dessalement au Moyen-Orient. // P. 20
ALIMENTATION
Unilever se diversifie dans la vente
de produits frais. // P. 21
HIGH-TECH & MÉDIAS
TÉLÉVISION
Un amendement à la loi Pacte devait obliger les grandes entreprises à publier leurs salaires.
Finalement, le texte adopté prévoit que cela se fasse hors rémunérations des dirigeants. Photo Laurent Cerino/RÉA
Les professionnels de l’audiovisuel
font front face à Netflix. // P. 22
PRESSE
Droit voisin : comment Google
et Facebook vont peser dans
les négociations. // P. 23
Hélène Perry – Anakena
PME & RÉGIONS
DISTRIBUTION
Les bons plans de la vente
à domicile. // P. 25
NORMANDIE
Spécialiste des huiles végétales
Olvea devient raffineur. // P. 26
FINANCE & MARCHÉS
INTERVIEW
Laurent Mignon (BPCE) : « Notre
enjeu de développement doit être
européen. » // P. 27
Bercy a fait adopter
un amendement à
la loi Pacte beaucoup moins
contraignant que ce que
prévoyaient les députés de
la majorité sur la transparence des salaires dans
les grandes entreprises.
Marie Bellan
@mbellan1
La déception est à la mesure de l’enthousiasme qu’avaient suscité les déclarations
de Bruno Le Maire il y a quelques jours dans
les rangs de l’aile gauche de la majorité parlementaire. Le ministre de l’Economie
avait, en effet, déclaré qu’il était favorable à
davantage de transparence sur les rémunérations pratiquées dans les grandes entreprises. Mais la notion de transparence n’est
pas la même pour Bercy et pour certains
députés d’En marche, dont Matthieu
Orphelin, qui avaient déposé un amende-
ment à la loi Pacte pour obliger les grandes
entreprises (5.000 employés dans le monde
ou 1.000 salariés en France) à publier leurs
salaires en comparant les différents quartiles et à indiquer le ratio entre la rémunération la plus haute et la rémunération
médiane, ainsi que la rémunération la plus
haute et la plus basse.
Moyenne des salaires
En fin de compte, l’amendement adopté
prévoit la publication du salaire moyen
dans l’entreprise, hors rémunérations des
dirigeants. « Ce qui est intéressant, c’est de
savoir quelle est la moyenne des salaires, hors
dirigeants […], pour voir s’il y a un écart trop
important », a justifié le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui assistait aux
débats en commission, pour faire adopter
cet amendement plutôt que celui de
M. Orphelin. Les députés de l’aile gauche et
ceux de l’opposition n’ont toutefois pas dit
leur dernier mot et le débat, alors que l’exécutif vient de présenter un plan contre la
pauvreté et la réduction des inégalités,
devrait repartir de plus belle dans l’hémicy-
cle. Les députés de la majorité sont aussi
restés sur leur faim sur d’autres sujets du
chapitre III de la loi Pacte. Par exemple, le
nombre d’administrateurs salariés pouvant siéger dans les conseils d’administration des grandes entreprises. Alors que le
rapport Notat-Senard recommandait
d’introduire un troisième administrateur
salarié dans les conseils de plus de 12 membres, cet amendement a été retiré en commission et devrait refaire surface en séance.
Autre sujet cher à la CFDT : l’obligation
faite à toutes les entreprises, y compris les
SAS, de se conformer aux règles de représentation des salariés dans les conseils
d’administration. Là encore, l’amendement
qui prévoyait de l’imposer aux SAS de plus
de 5.000 salariés a été retiré.
Le député En marche Stanislas Guérini,
qui porte ces sujets dans la majorité, a toutefois eu la satisfaction de voir adopter son
amendement sur le doublement des heures
de formation obligatoires dispensées aux
administrateurs salariés pour leur permettre d’exercer leur mandat dans de bonnes
conditions. n
BREXIT SANS ACCORD
La Banque d’Angleterre tire
le signal d’alarme. // P. 28
MARCHÉS
Nasdaq OMX frappé par une perte
de trading de 100 millions d’euros.
// P. 29
LES ÉCHOS EXECUTIVES
STRATÉGIE
Gérer
un projet
Supply chain : 5 tendances pour
prendre de l’avance.
// PP. 30 À 32
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 35
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En deuxième lecture à l’Assemblée
nationale, la future loi agriculture et alimentation a revu à la baisse les ambitions pourtant affichées depuis le début
du quinquennat. Ainsi, l’engagement
du président Macron d’interdire le glyphosate, au plus tard d’ici à trois ans, ne
devrait pas être repris par le texte en
tant que tel. Après des débats enflammés, selon l’AFP, les députés ont finalement rejeté dans la nuit de vendredi à
samedi (par 42 voix contre 35) l’amendement permettant son interdiction. Il
avait été soutenu par l’ex-ministre de
l’Ecologie Nicolas Hulot et par l’ensemble de la gauche. Comme en mai, lors
lors de la première lecture du projet de
loi, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, s’y est opposé, préférant
la mobilisation d’une « task force »
autour de la recherche pour développer
des solutions agronomiques autres.
« Nous souhaitons être au rendez-vous
dans les trois ans pour répondre à l’objectif présidentiel et surtout à la demande du
gouvernement », a-t-il affirmé.
Statu quo sur l’étiquetage
des produits
Même frilosité des députés concernant
le renforcement de l’étiquetage des produits alimentaires. Contrairement à ce
qui avait été voté en première lecture
(contre l’avis du gouvernement ), Stéphane Travert a botté en touche en
déclarant que le sujet relevait « de la
réglementation européenne ». Favorable
Les députés ont
finalement rejeté
l’amendement
permettant l’interdiction
du glyphosate.
Ils se sont montrés sans
pitié pour les couverts
et contenants jetables
en plastique dont l’usage
devrait être banni à partir
du 1er janvier 2020.
à plus de transparence de l’étiquetage, le
ministre a rappelé qu’une « expérimentation était en cours » et s’est engagé à ce
que cette exigence soit relayée au
niveau européen. En attendant seules
les huitres devront satisfaire cette exigence de transparence accrue puisque
leur provenance devra être indiquée à
partir de 2023. Ce qui est d’ailleurs déjà
le cas en général.
Les députés se sont en revanche
montrés sans pitié pour les couverts et
contenants jetables en plastique dont
l’usage devrait être banni à compter du
1 e r janvier 2020. L’interdiction (à
laquelle s’opposait aussi le gouvernement) s’ajoutera à celle déjà faite à
l’encontre des pailles et « touillettes ».
L’élargissement du champ de cette
interdiction a été adopté en juin par le
Sénat avant que le projet de loi n’effectue son retour à l’Assemblée faute
d’accord en commission mixte paritaire. L’interdiction pourrait être étendue d’ici à 2025 aux contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de
service dans les cantines, de la crèche à
l’université. n
Doctoconsult
Doctoconsult met la psychiatrie
à l’heure de la télémédecine
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Alstom lance le premier train
à hydrogène sur le rail allemand
l Deux trains à hydrogène Coradia iLint circulent pour la première fois
à partir de ce lundi en service commercial dans le nord de l’Allemagne.
l Le train, qui n’émet que de la vapeur d’eau, sort de l’usine allemande d’Alstom.
à suivre
FERROVIAIRE
Pauline Houédé
— Envoyée spéciale à Bremervörde
Premier pas vers l’évolution
de l’actionnariat de La Poste
COURRIER Les députés ont adopté un amendement du gouver-
nement qui permettra à la Caisse des Dépôts et Consignations
de devenir l’actionnaire majoritaire. La volonté du gouvernement de créer un grand pôle public de banque et d’assurance,
passe par le rapprochement des géants CNP Assurances et La
Banque Postale. A terme, la Caisse détiendra « plus de 50 % » des
parts du groupe, avait annoncé fin août le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.
Manifestation et arrestation d’ouvriers
sur le chantier de l’aéroport d’Istanbul
AÉRIEN Une manifestation d’ouvriers sur le chantier du futur
aéroport international d’Istanbul, qui s’était déroulée vendredi
pour protester contre les conditions de travail, a conduit à quelque 600 arrestations, ce samedi, selon le président du syndicat
Dev Yapi-is des travailleurs du bâtiment. Cent-soixante ont été
libérés dimanche. Environ 35.000 personnes, dont 3.000 ingénieurs et membres du personnel administratif, travaillent sur le
chantier de cet aéroport, qui a déjà coûté la vie à 27 ouvriers.
L’allemand Metro met en vente
ses hypermarchés Real
25 mesures
pour tripler
la part du vélo
dpa Picture-Alliance/AFP
AG R OA L I M E N TA I R E A l o r s
TRANSPORT Edouard Philippe a
détaillé vendredi à Angers (Maineet-Loire) les 25 mesures du Plan
Vélo destiné à tripler en six ans la
part du vélo dans les déplacements
des Français, de 3 à 9 % des trajets
quotidiens. Mesure la plus notable
du dispositif, un « forfait mobilité
durable » facultatif, permettra aux
employeurs de contribuer aux frais
de déplacements domicile-travail
d e l e u r s e m p l o yé s « j u s q u ’ à
400 euros en franchise sociale et fiscale » par an.
Rechargés en hydrogène par une
station mobile installée en gare de
Bremervörde et fournie par le spécialiste allemand des gaz industriels Linde, ils pourront, avec un
plein, parcourir 1.000 kilomètres.
Soit circuler pendant une journée à
travers ce territoire plat, planté çà
et là d’éoliennes, cerné par la Weser
et l’Elbe.
Après une période transitoire
pendant laquelle les ingénieurs
étudieront le comportement des
deux trains, Alstom prévoit de
livrer en 2021 quatorze autres Coradia iLint au Land de Basse-Saxe, qui
a participé au projet à hauteur de
81,3 millions d’euros (contre
8,4 millions pour l’Etat fédéral). Le
train, qui roule à une vitesse maximale de 140 km/heure, sort de
l’usine d’Alstom de Salzgitter, la
plus importante du groupe, également située en Basse-Saxe.
Travail franco-allemand
Conçu par ses équipes de Tarbes,
spécialistes de la traction, et de
Salzgitter, le train permet également à Henri Poupart-Lafarge de
rendre hommage au « travail
d’équipe franco-allemand », sym-
bole d’importance alors qu’Alstom
entend se marier avec son rival de
toujours, l’allemand Siemens. « Ce
projet n’aurait pas vu le jour si Alstom n’avait pas été déjà présent en
Allemagne », explique le dirigeant,
qui rappelle que ce sont des Länder
allemands, tôt intéressés par
l’hydrogène, qui ont demandé
au groupe de développer cette
technologie.
Si Siemens a pour sa part
annoncé en février un partenariat
avec le spécialiste canadien des
piles à combustible Ballard, le
constructeur canadien Bombardier mise quant à lui sur les batteries : son prototype Talent 3, présenté la semaine dernière à Berlin,
veut également remplacer le diesel
sur les petites lignes non électrifiées grâce à ses batteries d’une
autonomie de 40 kilomètres et
rechargeables sur les caténaires. n
« Le rail ne peut pas rester à l’écart
de la sortie du diesel »
Propos recueillis par
Lionel Steinmann
hargé d’une mission sur le
développement du train à
hydrogène, le député du
Médoc Benoît Simian mise sur son
exploitation commerciale en
France avant la fin du quinquennat.
1
Le Premier ministre vous
a confié en juin une mission
sur le « verdissement du parc
ferroviaire » et plus particulièrement le développement
du train à hydrogène.
Où en sont vos travaux ?
Je mène depuis cet été des auditions avec l’ensemble des acteurs,
afin de rendre un prérapport à la
ministre des Transports dès fin
septembre, et un rapport final pour
fin novembre. Puis nous lancerons
cinq ateliers, afin que les parties
prenantes travaillent ensemble sur
la gouvernance, la soutenabilité
financière, la sécurité, l’homologation… L’objectif est d'avoir un train
à hydrogène en exploitation en
France avant la fin du quinquennat.
C’est un calendrier ambitieux, mais
tenable. Au moment où la filière
velle-Aquitaine et BourgogneFranche-Comté. Enfin, l’absence
d’émissions de particules fines
peut intéresser les grandes métropoles confrontées aux problèmes
de pollution.
INTERVIEW
BENOÎT SIMIAN
Député LREM
de la Gironde
3
Thomas samson/AFP
Shutterstock
ral d’Uber en France annoncedans
une interview au « Journal du
Dimanche » l’arrivée de ses chauffeurs à Aix-en-Provence, Avignon
et Toulon. La plate-forme de réservation de voiture avec chauffeur
(VTC) porte ainsi à 15 le nombre de
villes françaises où elle opère. « Six
cents chauffeurs ont réalisé leur
activité avec nous cet été dans ces
trois villes et nous y avons enregistré
40.000 demandes de courses », précise Steve Salom au « JDD ».
Alstom prévoit de
livrer en 2021 quatorze
autres Coradia iLint
au Land de Basse-Saxe.
C
VTC Steve Salom, directeur géné-
Shutterstock
Uber arrive
à Aix, Avignon
et Toulon
totypes, qui ont obtenu l’homologation des autorités allemandes en
juillet, remplaceront ainsi la flotte
diesel jusqu’alors en circulation sur
les près de 100 kilomètres qui séparent Cuxhaven, station balnéaire
de la mer du Nord, et Buxtehude,
aux portes de Hambourg.
Le Coradia iLint, qui émet uniquement de la vapeur d’eau, ambitionne de remplacer les locomotives diesel polluantes, qui
continuent de circuler sur les
réseaux ferrés. En Allemagne, si la
plupart des tronçons les plus fréquentés sont équipés de caténaires,
environ 40 % du réseau total n’est
pas encore électrifié. Contre environ 50 % en France. Ce sont sur ces
lignes régionales moins empruntées et non électrifiées qu’Alstom
veut développer l’hydrogène
comme alternative au diesel et aux
coûteuses caténaires. Les deux pro-
sujet de la vente de sa chaîne d’hypermarchés Real, une activité
en difficulté mais qui pourrait valoir jusqu’à 1 milliard d’euros.
Le distributeur allemand pense que la vente pourrait se faire
dans un délai de six à huit mois. Real compte 282 points de vente
et emploie 34.000 personnes. Une activité déficitaire dont les
ventes ont reflué de 7,2 % au dernier trimestre. Certains évoquent l’intérêt possible d’Amazon.
qu’une nouvelle épidémie de
peste porcine a fait son apparition en Belgique, les éleveurs de
porcs français ont été reçus vendredi au ministère de l’Agriculture, qui leur a exposé sa stratégie
pour contrer l’entrée de la maladie dans l’Hexagone. Les autorités prévoient un contrôle de l’état
de santé des sangliers, vecteurs
potentiels du virus, et incitent les
éleveurs à renforcer l’isolation
des bâtiments d’élevage. Aucun
vaccin ni traitement n’existe.
Rechargés en hydrogène par une station mobile, les trains pourront, avec un plein, parcourir 1.000 km.
Lignes régionales
DISTRIBUTION Metro a exprimé vendredi son optimisme au
Peste porcine :
le plan
de bataille
français
Sur le quai, quelques curieux
armés de smartphones. A bord du
train, une nuée de caméras, micros,
et costumes-cravates. Pour son
premier voyage en ce dimanche
après-midi, le Coradia iLint a transporté un public bien différent des
usagers habituels de la petite gare
en brique de Bremervörde.
C’est dans cette bourgade de près
de 19.000 habitants du nord de
l’Allemagne, en Basse-Saxe, que
Henri Poupart-Lafarge, dirigeant
du constructeur français Alstom, a
présenté dimanche en allemand,
devant responsables politiques et
journalistes, son train à hydrogène
Coradia iLint, vitrine technologique du groupe avec lequel il entend
« écrire l’avenir ». Deux Coradia
iLint commenceront ce lundi
à y transporter des voyageurs
en service commercial, opération
présentée comme une première
mondiale.
A part les symboles de molécules
d’hydrogène qui ornent ses sièges,
rien ne semble distinguer le Coradia iLint des autres trains : sa particularité se cache sur son toit, où un
réservoir stocke l’hydrogène destiné aux piles à combustible qui alimentent en énergie son moteur
électrique.
René Frampe
Joël Saget/AFP
(Basse-Saxe)
automobile s’organise pour sortir
du diesel, on ne peut pas imaginer
que le rail reste à l’écart. Le parc ferroviaire français est vieillissant. Un
quart des motrices – trains de voyageurs et fret – sont thermiques. Il ne
faut pas rater la phase de renouvellement qui se profile en optimisant
les investissements.
2
Sur quelles lignes
cette technologie
serait-elle pertinente ?
La moitié du réseau français n’est
pas électrifiée et est donc potentiellement éligible à cette nouvelle
technologie. Celle-ci n’a pas vocation à se déployer partout, mais
cela peut contribuer à pérenniser
certaines petites lignes : passer à
l’hydrogène coûterait quatre fois
moins cher que l’électrification.
Les régions seront sans doute
moteur sur le sujet, comme l’ont été
les Landers en Allemagne. Les plus
en avance sont l’Occitanie, la Nou-
Comment financer ?
Pour les investissements initiaux, des fonds européens peuvent
être mobilisés, et une partie des
crédits des contrats de plan EtatRégion pour l’électrification de certaines lignes peut être reconvertie.
Il n’y a pas à développer de locomotives spécifiques : on peut adapter
la technologie sur un modèle existant de TER Regiolis, ou de Citadis.
Le vrai sujet, c’est le coût de
l’hydrogène. La solution, c’est la
mutualisation : sur les achats, mais
aussi sur les stations, si celles-ci
servent également à alimenter des
bus ou des taxis. Il faudra également avoir à l’esprit que l’hydrogène gris [produit à partir d’hydrocarbures, NDLR] coûte
aujourd’hui 10 fois moins cher que
l’hydrogène vert [issu des énergies
renouvelables]. Cela pourrait
permettre de boucler l’équation
économique. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
Ben Smith, le nouveau patron canadien
d’Air France-KLM, entre en piste
l Le nouveau directeur général d’Air France-KLM prend officiellement ses fonctions ce lundi.
l L’ancien numéro deux d’Air Canada a fait toute sa carrière dans le transport aérien.
AÉRIEN
L’heure de l’embarquement a sonné
pour Benjamin Smith. Un mois
après l’annonce de sa nomination, le
nouveau directeur général d’Air
France-KLM prend officiellement
ses fonctions ce lundi, même si,
selon certaines indiscrétions,
l’ancien numéro deux d’Air Canada
avait déjà commencé à rencontrer
les principaux dirigeants du groupe.
Anne-Marie Couderc, la présidente
non exécutive d’Air France-KLM, l’a
annoncé vendredi en interne. « Ben
a accéléré son arrivée, a-t-elle indiqué. Je compte sur vous pour lui
réserver le meilleur accueil. »
Sans être saluée par des hourras,
l’arrivée de Benjamin Smith représente un certain soulagement mêlé
d’espoir prudent chez Air FranceKLM. Elle met formellement fin à
une période d’incertitude de quatre
mois, ouverte par le vote de rejet du
projet d’accord salarial et la démission du PDG, Jean-Marc Janaillac.
Elle constitue aussi une promesse de
rupture dans l’histoire d’Air France,
Benjamin Smith étant à la fois le premier étranger et le plus jeune patron
jamais nommé à la tête d’Air FranceKLM.
Mais c’est aussi et surtout la première fois qu’Air France-KLM se
choisit un professionnel expérimenté, ayant fait toute sa carrière
dans le transport aérien. Tous ses
prédécesseurs, même s’ils avaient
Ryan Remiorz/AP/Sipa
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Benjamin Smith est le premier étranger et le plus jeune patron jamais nommé à la tête d’Air France-KLM.
quelques connaissances du secteur,
étaient issus de la haute administration française.
« Homme de terrain
et de dialogue »
Anne-Marie Couderc n’a pas manqué d’insister sur ce point : « Ben est
spécialiste reconnu du transport
aérien au plan international, a-t-elle
souligné. C’est un vrai passionné
d’aviation. Il lui a consacré toute sa
carrière professionnelle. » Entré en
2002 chez Air Canada, après avoir
dirigé sa propre agence de voyages,
Benjamin Smith était jusqu’à pré-
sent resté dans l’ombre du PDG d’Air
Canada, Calin Rovinescu. Cependant, il a joué un rôle de premier
plan dans le redressement d’Air
Canada, en pilotant notamment la
réorganisation des opérations entre
les trois principaux hubs de
Toronto, Montréal et Vancouver, la
restructuration du cargo et le lancement de la filiale low cost Air Canada
Rouge. Autant de sujets d’actualité
chez Air France-KLM.
D’après quelques témoignages
recueillis auprès de salariés d’Air
Canada, Benjamin Smith a su se
faire apprécier à ses différents pos-
tes. Perçu comme un « homme de
terrain et de dialogue », « Ben » avait
notamment pour habitude de faire
la tournée des popotes plusieurs fois
par an, pour expliquer ses décisions
aux employés d’Air Canada. A chaque intervention, il insistait notamment sur la nécessité pour chaque
salarié de placer le service au client
au cœur des préoccupations. Un
sens de la communication qui lui
sera utile chez Air France-KLM.
Cependant, Benjamin Smith va
devoir surmonter des obstacles bien
plus redoutables chez Air FranceKLM. A commencer par la question
des revendications salariales chez
Air France. Si l’intersyndicale a finalement décidé, il y a une semaine, de
ne pas déposer de nouveau préavis
de grève dans l’attente de l’arrivée du
nouveau directeur général, ses principaux représentants n’ont pas
caché leur impatience.
La polémique suscitée par le triplement potentiel de sa rémunération – avec un fixe porté de 600.000 à
900.000 euros et une part variable
qui pourrait atteindre 3,6 millions –
assortie d’un parachute doré équivalent à deux ans de salaires, ainsi que
l’annonce d’un accord salarial entre
la direction et le syndicat de pilotes
de KLM, n’ont évidemment pas
arrangé les choses.
Mise en garde du syndicat
de pilotes
« Toute tentative visant à repousser la
conclusion d’un accord portant sur
les salaires sera […] perçue comme
une attitude extrêmement mal
venue », prévient le principal syndicat de pilotes SNPL AF, qui met également en garde les dirigeants d’Air
France contre la tentation d’attendre, début décembre, l’élection d’un
nouveau bureau du SNPL AF, « plus
conciliant », pour faire des concessions. « Espérons que ce genre de
méthode disparaîtra avec l’arrivée de
notre nouveau dirigeant et que le
pragmatisme l’emportera sur le dogmatisme », écrit le SNPL AF, dont le
poids reste déterminant chez Air
France.
(
Lire l’éditorial
de David Barroux page 9
Les dossiers prioritaires
L’épineux sujet des salaires des pilotes
Le nouveau patron d’Air
France-KLM ne pourra rien
changer au sein du groupe
sans en passer par un
accord avec le SNPL AF.
Les revendications
salariales des pilotes sont
le point de passage obligé
vers le rétablissement de
la paix sociale. Mais
sont-elles raisonnables ?
L’aérien tricolore pénalisé
Le diagnostic est pourtant bien
connu. Avec des charges sociales et
des taxes très supérieures à celle des
nos voisins européens, le transport
aérien français – et Air France en
particulier – est lourdement pénalisé. Selon les chiffres d’Air FranceKLM, ces charges sociales représenteraient à elles-seules, un écart de
coût de 400 à 700 millions d’euros
avec les autres grandes compagnies
européennes. « Pour un salaire net de
100, le coût total – charge et taxes
incluses – s’élève à 274 en France, 210
en Allemagne et 106 à Dubaï », expliquait l’an dernier, Jean-Marc
Janaillac. Selon le directeur général
d’Air France, Franck Terner, la différence entre le montant des charges
d’Air France et de KLM serait égale à
l’écart entre leurs résultats d’exploitation 2017 (588 millions d’euros
pour Air France, contre 910 millions
pour KLM).
Mais pour l’heure, la seule décision actée est une baisse de la majoration de la taxe d’aéroport à compter du 1er avril, ramenée de 1,25 euro
à 0,9 euro par passager. Ce qui
aurait permis aux compagnies
d’économiser 50 millions, sur un
total de plus de 1 milliard d’euros de
taxes acquittées chaque année par
les compagnies françaises. — B. T.
Comme tous les Français, les pilotes d’Air France n’aiment pas voir
s’étaler leurs salaires dans la
presse. Pourtant, au-delà de tout
voyeurisme, leurs revendications
salariales sont bien au centre de la
crise d’Air France. Non pas que les
pilotes soient les seuls à réclamer
une augmentation. La revendication d’une hausse générale de 5,1 %,
à l’origine des grèves du premier
semestre, est portée par 10 syndicats d’Air France, représentant
tous les métiers.
Mais sans la mobilisation des
pilotes, les grèves n’auraient pas eu
le même impact. Et aucun retour
durable à la paix sociale et à la
croissance ne pourra se faire sans
un accord salarial avec le principal
syndicat de pilotes, le SNPL AF, qui
représente à lui seul 62 % des
3.620 pilotes d’Air France. Ce qui
pose la question de l’acceptabilité
de leurs revendications, au regard
de la situation financière de l’entreprise et de la concurrence.
L’objectif du SNPL AF est une
hausse générale de salaires de
5,1 %, auxquels s’ajouteraient différentes mesures de revalorisation
spécifiques aux pilotes pour 4,7 %
supplémentaires et le 1 % décidé
unilatéralement par la direction
en début d’année. Soit 10,8 % de
hausse au total. Comparées aux
augmentations consenties dans
d’autres compagnies, dans un contexte général de profits record, de
forte croissance et de pénurie de
pilotes, cela n’a rien d’extraordinaire. Les pilotes de Delta, le partenaire américain d’Air FranceKLM, ont obtenu 30 %, ceux de
Lufthansa 8,5 %, et KLM vient
d’accorder environ 8 % à ses pilotes
(4 % de salaires et 4 % sous forme
d’un jour de repos supplémentaire
par mois). Même Ryanair a dû consentir à ses pilotes jusqu’à 20 % de
hausse.
Cependant, la rentabilité d’Air
France est très inférieure à celle de
ses concurrents. Sur la base d’une
masse salariale d’environ 1 mil-
Gilles Rolle/RÉA
Contrairement à Air Canada – où la
direction avait pu imposer aux syndicats une révision à la baisse des
accords sans que ces derniers puissent recourir à la grève, dans le cadre
de la loi des faillites canadienne –
Benjamin Smith ne pourra rien
changer chez Air France sans en
passer par un accord avec le SNPL
AF. La création d’une véritable filiale
long-courrier à coûts réduits, la
poursuite du développement de la
filiale low cost Transavia ou l’achat
de nouveaux avions régionaux plus
performants pour Hop! nécessitent
notamment d’être négociés et
approuvés par le SNPL AF.
Benjamin Smith est également
attendu sur la gouvernance d’Air
France et de KLM, dirigée respectivement par Franck Terner et Pieter
Elbers. Au premier est reproché, à
tort ou à raison, l’échec des négociations salariales et une accumulation
de difficultés opérationnelles ayant
conduit à une multiplication des
retards et annulations de vols cet été.
Quant au second, si son bilan à la tête
de KLM semble inattaquable, le
degré d’autonomie de la compagnie
néerlandaise vis-à-vis du groupe,
ainsi que le non-respect de l’accord
initial sur la répartition de la croissance entre Air France et KLM, sont
autant de sources de tensions au sein
du groupe. L’ancien PDG d’Air France-KLM avait même du renoncer à
siéger au conseil d’administration de
KLM. L’une des priorités de Benjamin Smith sera donc de résoudre ces
problèmes de gouvernance.
Cependant, le succès ou l’échec du
nouveau patron dépendra aussi des
choix du gouvernements sur deux
dossier-clefs : la réduction des charges pesant sur Air France et l’éventuelle cession des 14 % du capital
encore détenu par l’Etat. Or, sur ces
deux dossiers, les intentions du gouvernement sont encore très floues.
Les Assises du transport aérien,
lancées en mars dernier par la
ministre des Transports, Elisabeth
Borne, pour réfléchir aux moyens
d’améliorer la compétitivité du
transport aérien français, tardent à
déboucher sur des mesures concrètes. Initialement attendues pour septembre, les arbitrages inter-ministériels ont pris du retard et ses
« conclusions » ne seront pas connues, au mieux, avant la mi-octobre.
Mais certains évoquent déjà un
report à la fin de l’année.
Du fait des charges, les pilotes d’Air France coûtent plus chers
à l’entreprise, mais leurs revenus réels sont comparables
à ceux de leurs collègues de Lufthansa.
liard d’euros, charges incluses, ces
10,8 % de hausse représenteraient
un surcoût de près de 100 millions
pour Air France. Une hausse générale des salaires de 5 % coûterait
encore plus cher : de l’ordre de
240 millions.
Comparaisons difficiles
Or, le résultat d’exploitation d’Air
France en 2017 n’était que de
588 millions d’euros. Par ailleurs,
Air France-KLM souffre déjà de
charges de personnel plus élevées
que ses concurrents. Les salaires
tous métiers confondus représentent 29,5 % du chiffre d’affaires
d’Air France, contre 28,6 % chez
KLM, 23 % chez Lufthansa, 21,7 %
chez IAG… et 15,4 % chez Emirates.
Les salaires perçus par les pilotes ne sont pas pour autant nettement supérieurs à ceux des concurrents. Les comparaisons sont
rendues très difficiles par les différences entre part fixe et part variable, le nombre d’heures de vols
effectuées, les années d’ancienneté
et les calculs des primes.
Mais si le salaire annuel brut
moyen s’élevait à 201.000 euros en
2017 (selon le chiffre cité par le DG
d’Air France, Franck Terner) et
peut atteindre 300.000 euros pour
moins d’une centaine de commandants de bord instructeurs en fin
de carrière, le salaire net moyen se
situerait plutôt à 150.000 euros par
an (avant impôt) pour un commandant de bord long-courrier,
contre environ 198.000 euros chez
Lufthansa. Un copilote débutant
sur moyen-courrier démarrera à
75.000 euros, contre 73.000 euros
chez Lufthansa après impôt, pour
monter à 127.000 euros après une
dizaine d’années. Soit à peu près
autant que chez la low cost Norwegian et moins que chez Ryanair. Et
si l’activité de la compagnie baisse,
la rémunération des pilotes, dont
une partie dépend de la prime de
vol, baissera également. — B. T.
Restauration :
Newrest
décroche pour
300 millions
de contrats
AÉRIEN
Le français remporte
les contrats
des aéroports de
Montréal-Trudeau et
de Londres-Gatwick.
Il signe ainsi
pour dix ans
avec Air Canada
et British Airways.
Martine Robert
@martiRD
Ce sont deux beaux contrats qui
tombent dans l’escarcelle du
t o u l o u s a i n Ne w r e s t : A i r
Canada et British Airways lui
font confiance pour leur restauration servie à bord, au départ
des aéroports de Montréal-Trudeau et de Londres-Gatwick.
Soit un montant global de
300 millions d’euros sur dix ans
signé avec les deux compagnies
aériennes. Newrest va construire pour les honorer deux
unités ultramodernes dédiées à
ces transporteurs, où seront
confectionnés les repas, pour
un montant de plus de 20 millions d’euros d’investissements.
Déjà implantée à LondresHeathrow, Londres-City, Manchester, Birmingham, Glasgow,
Edimbourg, Exeter, Southampton et Bristol, Newrest renforce
ainsi significativement sa pré-
L’aérien pèse
désormais près
de la moitié
du chiffre d’affaires
de l’entreprise
toulousaine.
sence au Royaume-Uni avec
15 vols long-courriers et 55 vols
court-courriers servis par jour
pour British Air ways à
Gatwick. Même constat au
Canada, où le toulousain opère
aussi depuis 2009 à Toronto,
Calgar y et Montréal, avec
20 vols long-courriers et 60 vols
court et/ou moyen-courriers
par jour au départ de Trudeau
pour Air Canada. « Ces contrats
sont importants pour nous, car il
s’agit des bases “maisons” de ces
deux compagnies », souligne
Olivier Sadran, co-PDG de
Newrest.
Croissance organique
de 10 %
Créé en 1996 sous le nom de
Catair, Newrest intervient
aujourd’hui sur le catering
aérien et ferroviaire, les ventes à
bord, la restauration concédée,
les bases-vie, et les concessions
de restauration aéroportuaires
et autoroutières. Avec plus de
30.000 collaborateurs dans
50 pays, le groupe, encore
détenu à 88,6 % par son manag e m e n t ( 3 1 0 p e r s o n n e s) ,
devrait réaliser cette année un
chiffre d’affaires de 1,4 milliard
d’euros (hors activité en Arabie
saoudite où Newrest intervient
par une participation minoritaire), avec 400 millions d’euros
générés en France.
« Notre croissance organique
est de 10 % et nous sommes en
expansion pour la douzième
année d’affilée. L’an prochain,
nous allons attaquer le Brésil et
l’Argentine », se félicite Olivier
Sadran. L’aérien pèse désormais près de la moitié du chiffre
d’affaires de Newrest, l’autre
moitié se répartissant à parts
égales entre le catering ferroviaire, les bases-vie et la restauration collective classique. n
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18 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
Gaz : le gouvernement programme
la fin des tarifs réglementés
ÉNERGIE
La loi Pacte prévoit leur
extinction en 2023.
Les concurrents d’Engie
demandent des garanties supplémentaires.
Vincent Collen
@VincentCollen
Véronique Le Billon
@VLeBillon
La fin des tarifs réglementés du gaz
est en vue… enfin ! L’Assemblée
nationale a adopté dans la nuit de
vendredi à samedi, en commission,
un amendement au projet de loi
Pacte qui programme leur extinction le 1er juillet 2023. Précisément,
cet article additionnel autorise le
gouvernement à prendre une
ordonnance en ce sens, au plus tard
six mois après la promulgation de la
loi. L’évolution des tarifs réglementés du gaz est encadrée. Ils sont commercialisés uniquement par le four-
nisseur historique, en l’occurrence
Engie, et sont calculés pour que les
fournisseurs alternatifs de gaz
comme ENI, Direct Energie ou EDF
puissent proposer des offres plus
avantageuses (afin de favoriser la
concurrence).
En juillet 2017, le Conseil d’Etat,
saisi par les concurrents d’Engie, a
jugé que ces tarifs étaient contraires
au droit européen. Le gouvernement aura mis plus d’un an pour
tirer les conséquences juridiques de
cette décision. Les fournisseurs
alternatifs accusent l’Etat d’avoir
traîné des pieds pour protéger les
positions d’Engie, dont il reste
l’actionnaire de référence. « Il n’y a
aucune raison valable pour avoir pris
autant de temps, mais nous sommes
satisfaits que la mesure soit enfin
prise », réagit Naïma Idir, directrice
des affaires réglementaires d’ENI.
« Nous ne sommes pas totalement
rassurés, car de nombreux points restent à préciser dans le texte de l’ordonnance lui-même », explique Fabien
Choné, cofondateur de Direct Energie et président de l’Anode, l’association des fournisseurs alternatifs. Les
concurrents d’Engie veulent avoir
accès aux données des clients au
tarif réglementé « bien avant 2023 »
pour pouvoir leur faire des offres. Ils
veulent aussi que les pouvoirs
publics lancent une campagne de
communication. « Un Français sur
deux ne sait toujours pas que le marché du gaz est ouvert à la concurrence », souligne le dirigeant.
Tarif bleu d’EDF
L’amendement gouvernemental a
également pour objet de tirer les
conséquences de la décision du Conseil d’Etat, en mai dernier, sur les
tarifs réglementés de l’électricité.
La juridiction administrative a globalement validé le principe du
« tarif bleu » d’EDF, au grand dam
des concurrents de l’électricien.
Mais elle a demandé au gouvernement de réexaminer régulièrement
la pertinence du tarif régulé. Une
révision que le gouvernement propose de mener « tous les cinq ans »,
selon l’explication de texte de
l’amendement.
Le Conseil d’Etat a également
demandé de revoir les critères d’éli-
gibilité du tarif bleu non résidentiel,
aujourd’hui fondé sur la seule puissance du compteur. Le Conseil d’Etat
a ainsi jugé que « l’absence de distinction » entre les petits professionnels
(artisans, commerçants, professions libérales…) et « les sites
non résidentiels appartenant à
des grandes entreprises » va « au-delà
de ce qui est nécessaire pour atteindre
l’objectif d’intérêt économique général poursuivi ».
Mais l’interprétation de la décision du Conseil d’Etat fait l’objet d’un
bras de fer entre le gouvernement et
les concurrents d’EDF. L’exécutif
propose de supprimer, « sur un an »,
l’accès au tarif bleu non résidentiel
pour les petits sites des entreprises
« de plus de 5.000 salariés ou ayant un
chiffre d’affaires de plus de 1,5 milliard
d’euros ». Les fournisseurs alternatifs, eux, réclament que le tarif bleu
non résidentiel ne soit disponible
que pour les petits consommateurs
professionnels. Un enjeu non négligeable : au total, 3,2 millions de sites
non résidentiels – soit près des deux
tiers d’entre eux – sont encore au
tarif bleu. n
Avec iNext, BMW se lance dans la voiture semi-autonome
AUTOMOBILE
Commercialisée en
2021, la iNext que vient
de dévoiler le groupe
bavarois sera sa
première voiture à
proposer en série une
autonomie de niveau 3.
Anne Feitz
@afeitz
— A Munich
BMW fait décoller la voiture autonome… au sens propre. Le constructeur allemand a dévoilé la silhouette
de la iNext, son premier véhicule
autonome annoncé en 2016, dans
un Boeing 777 cargo de Lufthansa.
Moquette bleue et éclairage tamisé,
le gros-porteur a été spécialement
aménagé pour présenter le prototype la semaine dernière à Munich,
puis à New York, San Francisco et
Pékin. Présentée comme l’étendard
technologique de BMW, la iNext est
annoncée sur les routes pour 2021.
Elle sera produite dans l’usine de
Dingolfing, en Bavière. « Nous y travaillons depuis plus de dix ans », a
rappelé Klaus Fröhlich, directeur de
la R&D de BMW. « Totalement autonome, 100 % électrique, dotée des dernières technologies en matière d’intelligence artificielle, la iNext sera plus
qu’une voiture. »
Affichant une silhouette futuriste
de SUV moderne (toit panoramique,
énorme calandre en forme de
papillon, porte sans poignées), le
prototype présenté à Munich est
aussi doté d’un intérieur épuré à
l’extrême, « inspiré des boutiques-hôtels dernier cri », a expliqué Adrian
van Hooydonk, le directeur du
design. Il intègre les technologies les
plus modernes de connectivité (y
compris, bien sûr, avec son smartphone ou son domicile) : écran tac-
tile en lieu et place de tableau de
bord et, même, accoudoir central et
tissu des banquettes arrière dotés de
fonctions tactiles – il n’est pas sûr
toutefois que ces fonctions équipent
les premières iNext de série.
BMW promet une
autonomie de niveau 3,
sur une échelle
qui en compte 5.
Surtout, le constructeur bavarois
promet pour 2021 une autonomie de
niveau 3, sur une échelle qui en
compte 5 : le conducteur peut lire ou
répondre à ses e-mails, mais doit
être capable de reprendre le contrôle dans un délai relativement
court, si le véhicule le lui demande
(au niveau 4, le conducteur peut
s’endormir, la voiture est capable de
se mettre en sécurité toute seule, et
au 5, le conducteur n’est plus néces-
saire). « Nous serons capables de proposer des technologies de niveau 3, 4,
et 5, mais la réglementation et l’environnement ne seront alors certainement pas prêts », a expliqué Klaus
Fröhlich. Alors que les experts
s’interrogent sur la responsabilité
en cas d’accident en mode autonome, le dirigeant n’a pas d’états
d’âme : « A compter du niveau 3, elle
revient au constructeur. »
Un temps volontariste sur le véhicule autonome (il envisageait le
niveau 4, voire 5, pour 2021), BMW
se montre donc aujourd’hui plus
prudent. Il a créé en 2016 une plateforme de développement en partenariat avec Intel et Mobileye, qui a
accueilli depuis Fiat Chrysler, Continental et Delphi. Il multiplie les tests
(40 BMW Série 7 tournent en Allemagne, en Californie et en Israël), et
vient d’annoncer la création de nouvelles pistes d’essais spécifiques
dans son centre français de Miramas (Bouches-du-Rhône) et en
République tchèque, ainsi qu’un
nouvel investissement de 100 millions d’euros dans un nouveau centre de simulation près de Munich.
« Nous aurons 240 millions de kilomètres de tests avant validation, dont
95 % dans des simulateurs », explique Klaus Fröhlich, reconnaissant
toutefois que le niveau 5 ne se généraliserait sans doute pas de sitôt.
À NOTER
BMW a aussi présenté
la semaine dernière
un prototype de moto capable
de conduire toute seule,
sur le circuit fermé de Miramas.
La future voiture autonome de BMW a été présentée
dans un Boeing 777 cargo la semaine dernière. Photo BMW
Une concurrence active
Dans la course au véhicule autonome, c’est Waymo qui
arrive – largement – en tête selon une étude récente
d’UBS : la filiale dédiée de Google sera capable de proposer une autonomie de niveau 4 et 5 dès cette année – mais
elle ne commercialise pas (encore ?) de véhicules. Chez
les constructeurs, l’Audi A8 a été la première à proposer
en décembre dernier une autonomie de niveau 3 (dans
les embouteillages et jusqu’à 60 km/h). Lesté d’un apport
de 2,25 milliards de dollars de la part de SoftBank, General Motors a communiqué sur une Chevy Bolt disponible
dès 2019 avec un niveau 4. Mercedes a de son côté évoqué
un niveau 3 sur la Class S, qui sera commercialisée en
2020, et Renault a annoncé des robots-taxis sur les routes en 2022, sans plus de précision.
La voiture sans chauffeur
n’est pas pour demain
Selon une étude
d’AlixPartners, il faudra
encore plusieurs années
pour réduire les freins
en matière de coûts et
d’innovation technologique.
L’industrie automobile va investir
56 milliards d’euros cette année
dans la voiture autonome… mais il
faudra encore plusieurs années
avant de voir des engins sans chauffeur sur les routes. Selon une étude
que vient de publier le cabinet AlixPartners, une autonomie de niveau
4, sur une échelle qui en compte 5,
est encore loin d’être au point, tant
du point de vue technologique que
de celui des coûts. Le niveau 4 per-
met au conducteur de détourner
son attention de la route, la voiture
étant capable de se mettre seule en
sécurité. « D’après les données disponibles en Californie, les essais
menés sur les voitures autonomes
ont nécessité une intervention tous
les 15.000 miles (26.000 kilomètres) », indique Laurent Petizon,
associé du cabinet en France. « C’est
très loin du taux observé avec une
conduite humaine, d’un accident
tous les 500.000 miles. » AlixPartners estime que les niveaux ne
seront pas comparables avant
2023. De même, alors que les fonctions d’automatisation de niveau 2
(régulateur de vitesse associé au
maintien dans une voie de circula-
tion, notamment) coûtent, selon le
cabinet, environ 800 euros, le surcoût estimé d’un niveau 4 est
aujourd’hui de 21.000 euros. Il
nécessite en effet un niveau élevé
d’intelligence artificielle et des équipements sophistiqués (comme les
lidars, ces radars utilisant des faisceaux laser).
« Or, les sondages montrent que le
consommateur n’est pas prêt à
débourser plus de 2.000 euros »,
indique Laurent Petizon. Même
si la courbe d’apprentissage fera
tomber ce surcoût autour de
3.400 euros en 2025, selon les estimations du cabinet, il ne sera toujours pas à portée de toutes les
bourses. — A. F.
U élue enseigne
de distribution préférée
par les PME
de l’agro-alimentaire.
*Fédération des Entreprises et des Entrepreneurs de France
*
Toutes les équipes des Magasins U remercient la
pour l’honneur qui leur est fait.
Ce prix est important pour nous car il salue notre volonté
de nouer des collaborations durables et respectueuses
avec tous nos partenaires
et de faire notre métier de commerçant autrement.
Coopérative U Enseigne. SA coopérative. Parc Icade - 20 rue d’Arcueil - CS10043 - 94533 Rungis. R.C.S. 304 602 956 Créteil - Septembre 2018.
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
Suez surfe sur la vague du
dessalement au Moyen-Orient
SERVICES
Les besoins en eau
potable dans les zones
arides et fortement
urbanisées
se font de plus en plus
pressants.
JOUETS
Les Lesaffre, le fonds
Cyrus et les Mulliez
s’associent pour
reprendre la chaîne
américaine de
magasins de jouets.
Le marché du dessalement de l’eau de mer
croît de 8 % par an.
Philippe Bertrand
@Berta1Philippe
Antoine Boudet
@Aboudet
— à Mascate
Trente-deux mois de chantier seulement, « un record absolu pour
une usine de cette capacité », 7 millions d’heures de travail pour jusqu’à 2.000 personnes au plus fort
des travaux, et ce sans un blessé,
près de 280 millions d’euros de
coûts de construction, frais financiers compris, le tout pour une
unité de dessalement d’eau de mer
qui tourne depuis le 12 juin dernier
à plein régime et sort quotidiennement 281.000 mètres cubes d’eau
potable. Jean-Louis Chaussade, le
directeur général de Suez, l’autre
géant mondial français avec Veolia des services à l’environnement,
n’est pas peu fier de Barka 4, la plus
grande usine de dessalement d’eau
de mer du sultanat d’Oman et
joyau du groupe dans cette activité, avec celle de Melbourne en
Australie.
Inaugurée en juin dernier, l’usine Barka 4, construite par Suez dans le sultanat d’Oman,
sort 281.000 mètres cubes d’eau potable par jour. Photo Suez
Suez y a investi 11 millions
d’euros, au côté de ses trois partenaires dans le consortium Barka
Desalination Company. A la clé, un
contrat de 10 millions annuels sur
vingt ans dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) avec
Oman Power and Water Procurement Company (OPWP), en charge
de l’approvisionnement en eau du
sultanat et, à ce titre, de la construction d’infrastructures. « Barka 4 est
la démonstration de notre capacité à
mener des projets complexes dans les
délais », s’est félicité Jean-Louis
Chaussade à Mascate, la capitale de
ce petit Etat de la Péninsule arabique, devant la presse française.
« Notre défi désormais est de trouver
les moyens de réduire encore la
consommation d’énergie de ces usi-
nes et de la verdir », a ajouté celui qui
n’aura probablement plus l’occasion de voir de telles installations
dans ses fonctions actuelles.
Dernier mandat
Nommé en 2004 patron de l’exLyonnaise des Eaux par Gérard
Mestrallet, alors PDG de GDFSuez, Jean-Louis Chaussade,
67 ans, verra en effet son dernier
mandat de directeur général
s’achever à la prochaine assemblée
générale en mai 2019, conformément aux statuts de la société. Et s’il
ne refuserait sans doute pas de succéder à son mentor qui, à soixantedix ans, devra lui aussi quitter la
présidence du conseil de Suez, il a
affirmé sans ambages devant les
journalistes qu’il ne resterait pas s’il
PRÉSENTE SON FESTIVAL
devait être confronté à une situation conflictuelle avec son, ou sa,
successeur (e), le nom de l’actuelle
patronne de la France, Marie-Ange
Demont, revenant régulièrement
comme celui d’une candidate
sérieuse. Allusion à peine voilée à
la situation qui semble prévaloir
chez Engie, premier actionnaire de
Suez avec 32 % du capital.
DIRECTION ARTISTIQUE ET ILLUSTRATION :
FLORA GRESSARD
21, 22, 23 SEPT. 2018
STATION F
ENTRÉE GRATUITE
sur inscription
5, parvis Alan Turing
leparisien.fr/parisparadis
75013 Paris
plus d’infos
PARISPARADIS
Vendredi matin, les administrateurs judiciaires de
Toys’’R’’Us France ont présenté
aux représentants des salariés
les trois offres de reprise déposées au tribunal de commerce
d’Evry. Deux sont connues.
Pierre Mestre, le fondateur de
la chaîne Orchestra, propose
l’introduction de la puériculture dans les magasins de
jouets. Le patron de la Finan-
Capital Partners 90 %. Ce dernier est dirigé par Steve Freidheim, gendre de Tony Lesaffre.
Le fonds présente aussi la particularité d’être l’un des créanciers de la maison mère américaine de Toys’’R’’Us, en cours de
liquidation.
Un apport de 80 millions
d’euros
Ce consortium familial s’est
associé à Picwic, la petite
(25 unités) enseigne de jouets de
la famille Mulliez. Cette association avec un opérateur du secteur donne du poids à l’offre de
reprise. Picwic a annoncé la fermeture de 5 points de vente non
rentables, mais aussi le lancement au Havre d’un nouveau
concept de vente. L’objectif est la
création d’un nouveau leader de
la distribution de jeux et jouets
en France. L’offre réunit deux
des plus grandes familles du
Cap sur le Moyen-Orient
En attendant, Jean-Louis Chaussade savoure le chemin parcouru.
Et si les investisseurs rechignent à
mieux valoriser le groupe français,
dont le cours de l’action était vendredi à la clôture de la Bourse de
Paris en repli de 25 % sur trois ans,
le patron de Suez ne renie rien de sa
stratégie fondée sur la gestion de
l’eau et des déchets pour les municipalités et, de plus en plus, pour les
entreprises, mais aussi sur le traitement des déchets dangereux,
mieux valorisé. Avec une présence
dans plus de 70 pays dans le monde,
la part de l’international représente
désormais près de 40 % de l’activité
du groupe, quand elle pesait moins
de 1 % voilà trente ans.
Dans le secteur de l’eau, le
Moyen-Orient n’est pas le moindre
des marchés pour Suez. Et pour
cause… Cette région, en y ajoutant
l’Afrique du Nord, concentre 6,3 %
de la population mondiale, mais
seulement 1,4 % de la ressource en
eau douce. En outre, ses habitants
vivent essentiellement dans un
environnement urbain, et sont
grands consommateurs d’eau. Le
sultan Qabus, qui règne sur Oman
depuis 1970, a été le premier dirigeant dans la région à mesurer
l’ampleur du défi. Précurseur, il a
décidé la dérégulation et la privatisation du secteur de l’eau dès 2004.
Multiplication des appels
d’offres
La Felicità
Toys’’R’’Us France :
Picwic soutient
la troisième offre
de reprise
Pas moins de 14 usines de dessalement sont opérationnelles ou en
construction dans le sultanat. Et
les choses s’accélèrent encore :
OPWP prévoit ainsi de lancer, d’ici
à l’an prochain, au moins trois
appels d’offres pour le financement, la construction et l’opération
de trois usines de dessalement,
d’une capacité totale de
600.000 mètres cubes par jour.
Les pays de la région ne sont pas
en reste. Le puissant voisin saoudien a lancé sous l’impulsion du
prince héritier Mohamed Ben Salman le plan « Vision 2030 », qui
prévoit notamment la privatisation
de la gestion des réseaux d’eau. Au
total, dans la zone, pas moins de
45 projets de PPP sont identifiés !
De quoi alimenter les espoirs des
groupes français, y compris Saur,
mais aussi du coréen Doosan, qui a
récemment remporté son premier
appel d’offres pour une petite installation à Oman.
Toutefois, les tensions géopolitiques dans la région, la situation
financière plus ou moins fragile de
ces pays selon leur niveau de dépendance aux ressources de pétrole et
de gaz, et la question de la succession des potentats locaux jettent
des ombres au tableau. n
Le tribunal de commerce d’Evry se prononcera le 3 octobre
sur le repreneur. Photo Jean-François Monier /AFP
cière Immobilière de Bordeaux, Michel Ohayon, veut,
lui, faire d’une pierre deux
coups. Il est candidat au rachat
de La Grande Récré, également
sous administration judiciaire,
et veut passer les Toys’’R’’Us
français sous cette enseigne en
constituant un méga réseau.
L’offre de Jellej Jouets était jusqu’à présent méconnue.
Selon une source proche du
dossier, la société a été créée
spécifiquement par des membres de la famille Lesaffre (la
levure). Tony, Quentin et Elodie
Sevestre Lesaffre détiennent
10 % du capital, le fonds Cyrus
Nord. Jellej Jouets et Picwic
donnent des gages au tribunal
de commerce et aux fournisseurs de Toys’’R’’Us France avec
une promesse d’engagement
financier de 80 millions d’euros.
Les associés affirment aussi
détenir le droit d’utiliser la marque Toys’’R’’Us (elle aussi aux
mains de créanciers américains) jusqu’à l’année prochaine. De quoi passer le cap
décisif du prochain Noël.
Le tribunal de commerce
d’Evry se prononcera le 3 octobre. D’ici là, les trois repreneurs
potentiels pourront améliorer
leur offre. n
en bref
ThyssenKrupp réorganise son pôle
industriel en difficulté
SIDÉRURGIE Thyssenkrupp a annoncé qu’il allait séparer ses
activités de chantiers navals du reste de sa division de solutions
industrielles, qui se concentrera sur la construction et la maintenance des usines. Cette scission pourrait être le prélude à une
restructuration plus vaste de cette division d’ingénierie à destination des sites industriels, confrontée à des difficultés. Elle
pourrait aussi décider de l’avenir de Guido Kerkhoff. Ce dernier a
été nommé président du directoire par intérim après la démission en juillet de Heinrich Hiesinger. ThyssenKrupp traverse une
zone de turbulences avec les départs coup sur coup de son président du directoire et du président de son conseil de surveillance
sur fond de critiques de fonds activistes entrés au capital.
Solvay centralise sa recherche à Lyon
CHIMIE Le chimiste belge Solvay a présenté vendredi son futur
centre de recherche de Lyon, qui accueillera un millier de salariés à l’échéance 2023, au prix d’un investissement supérieur à
100 millions d’euros. Ce spectaculaire bâtiment, tout en courbes
et en transparence, remplacera une série de constructions hétéroclites bâties dans les années cinquante en bordure d’autoroute dans la « Vallée de la Chimie » lyonnaise. Comme déjà
annoncé, le centre lyonnais verra ses effectifs doubler en
accueillant notamment les chercheurs Solvay d’Aubervilliers.
« Nous ne savons pas encore quel sera le pourcentage de gens qui
viendront », a indiqué le président du comité exécutif JeanPierre Clamadieu.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
Unilever se diversifie dans
la vente de produits frais
Carrefour :
Marie Cheval
nommée
à la tête
des hypers
en France
ALIMENTATION
Le groupe anglonéerlandais va vendre
ses propres produits
comme les sauces
Knorr en les accompagnant de légumes frais.
DISTRIBUTION
L’énarque avait été
nommée il y a
un an pour opérer
la transformation
digitale de l’ensemble du groupe.
John Thys/AFP
Il fait appel à
un exploitant agricole
pour lui fournir
les légumes.
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
La nouvelle offre d’Unilever sera d’abord testée aux Pays-Bas.
pour préparer un plat chez soi en y
ajoutant un produit du groupe. La
recette pour cuisiner le plat figure
aussi sur l’emballage.
Pour la mise en place de cette
nouvelle offre, Unilever a fait appel
au groupe agricole néerlandais
ZON qui fournit les légumes nécessaires. Il se charge aussi de l’assemblage des ingrédients frais avec le
produit d’Unilever les accompagnant ainsi que de l’acheminement
vers les supermarchés.
Concurrence d’Internet
Pour l’heure, Unilever propose six
variantes de légumes au rayon frais
des supermarchés en utilisant trois
de ses marques alimentaires
emblématiques. Ses sauces Knorr
permettent de préparer un curry à
l’indienne avec des choux-fleurs et
des burritos mexicains aux poivrons et courgettes. Ses condiments
Conimex accompagnent des choux
de Chine et un plat thaïlandais. Sa
marque Unox sert à la préparation
d’une purée de légumes et d’une
soupe de pois cassés. L’assortiment
est appelé à se renouveler selon les
légumes de saison, précise Sarah
Richardson, directrice du marketing d’Unilever pour le Benelux.
« Cette stratégie est ingénieuse
mais elle présente des difficultés au
niveau logistique concernant l’approvisionnement en produits frais qui
doit se faire au niveau local », estime
Jos Versteeg, analyste du cabinet
InsingerGilissen. Par ailleurs, outre
les distributeurs déjà présents sur
ce nouveau créneau, Unilever va se
trouver confronté à la concurrence
des sites Internet proposant des
offres similaires. HelloFresh livre
ainsi à domicile tous les ingrédients
pour préparer un repas à partir de
produits frais. n
AVIS FINANCIERS
Déduction faite de la charge d’impôt, le résultat net part du groupe s’élève à
11,2 M€ en Exploitation, en hausse de + 10,4% sur un an. Il affiche une marge
nette renforcée à 5,24% du chiffre d’affaires, en hausse de + 25 points de base.
Si cette nomination apparaît à
première vue comme une promotion, Marie Cheval descend
en fait à l’étage France quand
elle avait jusqu’alors des responsabilités au niveau mondial.
Cela compte, même si les deux
sièges vont être regroupés à
Massy, en région parisienne.
Elle demeure au comité exécutif
du groupe, mais au titre des
seuls services financiers.
Par ailleurs, Enrique Garcia
Lopez, ancien de McKinsey en
charge de Carrefour. fr, devient
directeur exécutif e -commerce et transformation digitale France. Marie Cheval
lâche donc la main sur le digital. Sa mission en la matière ne
semblait pourtant pas terminée, malgré les accords passés
avec Tencent en Chine et Google en France.
« La transformation des
hypermarchés passe par l’omnicanal. L’expertise de Marie Cheval sera clef », rétorque-t-on en
interne. Elle aura tout de même
bientôt quelqu’un au-dessus
d’elle qui dessinera une stratégie
digitale qu’elle devra suivre.
Objectifs de croissance organique et d’EBITDA croisière relevés
Promotion des énarques
« Le premier semestre 2018 ouvre pour notre Groupe, nos équipes et l’ensemble
de nos partenaires, la séquence du nouveau plan Grandir Ensemble 2022. À
l’aune de cette ambition, nos performances poursuivent leur consolidation dans nos
trois lignes de métiers : maisons de retraite médicalisées, instituts de réadaptation
et clinique psychiatrique, et structures d’hospitalisation à domicile, faisant de LNA
Santé le dépositaire d’un positionnement stratégique différenciant ; notre engagement se
nourrit d’un ADN unique et d’un sens du service qui fondent la noblesse de notre métier
et de notre projet d’entreprise ».
Jean-Paul Siret, Président Directeur Général
+ 5,1 %
Progression de l’ensemble des performances
214,1 M€
Le parc en activité, incluant les lits en restructuration, représente à date
7 200 lits répartis sur 68 établissements. Il est constitué de 6 163 lits en
« régime de croisière », en hausse de + 12% sur un an, en ligne avec le plan
de transformation.
EBITDA *
Le chiffre d’affaires total du 1er semestre 2018 s’établit à 260,4 M€ en augmentation
de + 7,5%. L’activité Exploitation s’établit à 214,1 M€ en progression de
+ 5,1% par rapport au premier semestre 2017, grâce à une croissance organique
dynamique de + 4,1% et + 1,0% de croissance externe.
+ 4,8 %
à 25,3 M€
Tout en intégrant l’effort des restructurations, le résultat opérationnel courant
s’élève à 21,9 M€ en consolidé et à 21,3 M€ en Exploitation, pour une marge
opérationnelle courante Exploitation de 10%, conforme à l’objectif.
Le résultat financier affiche une baisse de 2,9% à - 3,2 M€ contre - 3,3 M€ un
an plus tôt.
Résultat
Opérationnel
Courant *
+ 4,9 %
à 21,3 M€
Parc de lits en
« régime de croisière »
+ 12 %
à 6 163 lits
Dans la continuité des six premiers mois de l’exercice, la prévision d’un bon
niveau d’activité pour le 2nd semestre permet de réviser d’un demi-point
l’objectif annuel de croissance organique du chiffre d’affaires plus proche
désormais de 4%, et de marge d’EBITDA en régime de croisière attendue à
12,5%. La hausse prévisible du levier financier sera quant à elle progressive, au
rythme des prochaines acquisitions, et doit se maintenir sous le niveau de x 2,0
fin 2018.
* Activité Exploitation.
Fort de la dynamique de développement et des enjeux de transformation des
métiers portés par le nouveau plan Grandir Ensemble 2022, le groupe LNA
Santé a décidé de s’inscrire avec ses partenaires dans une nouvelle trajectoire
de progrès, de croissance et de performance.
L’action LNA est cotée sur le
compartiment B d’Euronext
Paris.
Code ISIN : FR0004170017.
À propos de LNA Santé : Fort de plus de 25 ans d’expérience, LNA Santé s’implique
au cœur des territoires de santé pour améliorer la qualité de vie des personnes
temporairement ou durablement fragilisées dans un environnement accueillant
et bienveillant, adapté à chacun et à tout âge.
Retrouvez l’intégralité du communiqué de presse sur www.lna-sante.com
Ligne Actionnaires (mardi et jeudi de 10h à 12h) : 0 811 04 59 21
Jérôme Gacoin
jgacoin@aelium.fr
Tél. : 01 75 77 54 65
Prochain communiqué
• Chiffre d’affaires 3e trimestre 2018 :
6 novembre 2018 à la clôture du marché
Aelium
Contacts :
Damien Billard
contact@lna-sante.com
Tél. : 02 40 16 17 92
CAMPAGNE
Devenue une marque
« mainstream », Nike renoue,
via sa campagne avec le
joueur Colin Kaepernick,
avec la transgression de ses
débuts. Avec à la clef un vrai
succès commercial.
Véronique Richebois
@VRichebois
Donald Trump avait prédit sa
mort. A l’inverse, la campagne
de pub risquée et controversée de Nike, signée par l’agence
Wieden+Kennedy, l’a fait
rebondir à des hauteurs inattendues. Les deux jours qui ont
suivi la sortie de la campagne, le
3 septembre, les ventes de
l’équipementier sportif ont
effectué un bond spectaculaire
de 31 % tandis que les mentions
de Nike sur les réseaux sociaux
augmentaient de 1.678 % sur la
même période !
Quant à l’action, elle n’a cessé
de progresser durant toute la
semaine, pour finalement s’établir à 83,50 dollars, vendredi à la
clôture de Wall Street. Le succès
parfait d’une communication
très intelligemment ciblée.
ques heures après la sortie de la
campagne, déferlaient sur les
réseaux sociaux des vidéos de
citoyens américains blancs,
appartenant pour l’essentiel à la
« middle class », brûlant leurs
Nike sous le hashtag #BoycottNike. En riposte à cette campagne choc, Ben Zahn, le maire de
Kenner, une petite ville de Louisiane, a même décidé d’interdire
la vente de produits Nike dans sa
ville, avec effet immédiat.
« Nike est en train de se faire
tuer à coups de boycott et de
colère. A quoi pensaient-ils en faisant ça ? », a tweeté Trump. Face
à la polémique, les marchés euxmêmes ont affiché leur
défiance : le jour même de la sortie de la campagne, l’action Nike
chutait de 2,7 % à Wall Street.
Sauf que les experts du marketing et de la communication de
l’équipementier sportif ont touché juste. Président du groupe
DDB, responsable du budget
Nike France (en collaboration
avec Wieden+Kennedy) depuis
1996, Jean-Luc Bravi se souvient : « Nike n’a jamais été exclusivement dans le culte de la performance, pas plus que dans celui
du consensus. Depuis sa création
en 1971, la marque s’est toujours
engagée, beaucoup de ses égéries
Du monde à la France
Résultats
du 1er semestre 2018
Chiffre d’affaires *
Nike se réapproprie
son image rebelle
et transgressive
Comme Alexandre Bompard,
Marie Cheval appartient à la
promotion Cyrano de Bergerac
de l’ENA. Carrefour a nommé il
y a quelques jours un autre
énarque, Alexandre de Palmas,
à la tête des magasins de proximité français.
Pascal Clouzard, le directeur
exécutif de Carrefour France,
présent dans le groupe depuis
1999, est désormais entouré de
deux énarques qui chapeautent
les deux activités principales de
son périmètre, dont l’une est
proche d’Alexandre Bompard.
Mais c’est Pascal Clouzard qui a
proposé la nomination de
Marie Cheval, indique une communication interne du groupe.
— P. B.
Angela Weiss/AFP
Premier groupe agroalimentaire à
sauter le pas, Unilever se lance dans
la vente de produits frais. Les PaysBas, où Unilever a désormais son
siège après avoir abandonné sa
structure bicéphale anglo-néerlandaise, ont la primeur de cette stratégie. « Cette première expérience sera
exportée à d’autres marchés au vu
des résultats obtenus », précise un
porte-parole.
Le nouveau concept d’Unilever,
connu pour ses produits de grande
consommation dans l’alimentaire
et l’hygiène (Dove, Axe, Lipton…),
consiste à vendre ses propres marques telles ses sauces Knorr ou ses
condiments exotiques Conimex en
les accompagnant de légumes
frais. Il emboîte ainsi le pas aux distributeurs néerlandais, comme
Ahold, qui se sont déjà lancés sur ce
créneau avec leur marque de
distributeur.
L’idée est de proposer dans un
emballage unique tous les ingrédients frais parfaitement dosés
Carrefour France a perdu son
patron des hypermarchés. Alain
Rabec a quitté l’entreprise, indiquait le groupe vendredi, dans
un communiqué sans plus
d’explication. Présent chez Carrefour depuis quinze ans, il a
peut-être voulu, alors que la
transformation du distributeur
s’annonce difficile, profiter du
plan de départs volontaires qui a
été ouvert au sein des sièges du
distributeur. Le nom de sa remplaçante crée en revanche la
surprise : Marie Cheval. Débauchée de Boursorama il y a un an
par le nouveau PDG, Alexandre
Bompard, elle avait pris la fonction de directrice de la transformation digitale du groupe. Un
poste hautement stratégique à
l’heure de l’e-commerce.
Les hypermarchés, au cœur
de l’histoire et de l’activité de
Carrefour, génèrent encore la
majorité du chiffre d’affaires
dans l’Hexagone. Trop grands,
ils doivent aujourd’hui se
transformer. Leurs rayons non
alimentaires ont été attaqués
et vaincus par Amazon et
consorts. Leur restructuration
constitue un élément clef de la
réussite du plan de transformation que le PDG du groupe a
présenté en janvier.
marketing
Le joueur de football Colin Kaepernick, qui avait protesté
contre les violences policières envers les Noirs en mettant
un genou à terre pendant l’hymne américain, s’affiche sur
les publicités Nike.
Il est vrai que pour son
30e anniversaire, Nike a frappé
fort. Depuis le 3 septembre, les
affiches géantes du joueur de
football Colin Kaepernick – gros
plan d’un visage, esthétique soignée – s’exposent et provoquent
sur les plus hauts buildings
américains. Sur la photo du
joueur s’inscrivent ces mots :
« Croyez en quelque chose.
Même s’il faut sacrifier le reste. »
Une mise en scène très politique. En 2016, l’ancien quarterback des 49ers de San Francisco
avait posé un genou à terre lors
de l’hymne américain, pour
protester contre les violences
policières envers les Noirs.
Antipatriotique
Durant les mois qui ont suivi, le
geste, jugé antipatriotique par
une partie des Américains
– mais justifié par d’autres – a
incité des centaines d’autres
joueurs à mettre, à leur tour, un
genou à terre au moment de
l’hymne national. Exclu de la
NFL (National Football League),
Kaepernick, lui, n’a jamais réintégré une formation de prestige.
Avec sa campagne, Nike a
créé une polémique d’une
ampleur inattendue. Le président Donald Trump a appelé au
boycott de la marque. Et quel-
– M i ch a e l Jo rd a n , S e re n a
Williams, Tiger Woods, LeBron
James – étant issues de quartiers
défavorisés. Cette campagne, par
son opposition à l’Amérique de
Trump, de plus en plus en plus clivée, conservatrice et intolérante,
est un geste politique fort. »
Une identité diluée
« Nike comme Levi’s, McDonald’s et Apple sont des marques
qui se sont construites sur la
transgression des normes établies, l’affirmation de leur différence, avant de devenir peu à peu
des marques “mainstream” »,
décrypte, de son côté, Valérie
Planchez, vice-présidente de
Havas Paris et planneuse stratégique. « Mais, à force de viser une
cible de plus en plus large, elles
ont fini par diluer leur identité
initiale. Nike avait besoin d’un
réancrage, qui passait par une
nouvelle prise de parole auprès
de sa communauté d’origine.
Cette campagne lui permet de
redonner de la densité, de l’épaisseur et même une forme de dureté
à sa marque. Et elle fonctionne car
cette communauté préexistait à la
création de Nike. Comme fonctionne le choix de Colin Kaepernick, dont l’histoire personnelle et
la micro-communauté d’origine
collent à la campagne. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
Appel à la grève chez
« Ouest France »
Ecrans : l’iPhone
se tourne vers LG
Les syndicats du quotidien
rejettent un projet de
réorganisation qui entraînerait
56 suppressions de postes. Le
groupe, également propriétaire
de plusieurs titres concurrents
(« Le Courrier de l’Ouest »,
« Presse Océan », « Le Maine
libre »…), veut mettre davantage
en commun les contenus locaux
et fermer certains bureaux.
Selon « Electronic Times », le
sud-coréen LG a passé les tests
de qualité pour devenir le
second fournisseur d’Apple en
écrans Oled. La firme à la
pomme a adopté en 2017 cette
technologie pour l’écran de
l’iPhone X, au lieu d’une dalle
LCD classique. Mais il ne
disposait que d’un fournisseur :
son grand concurrent Samsung.
DR
en
pixels
« Ouest France »
HIGH-TECH
&MEDIAS
+128 %
QUTOUTIAO RÉUSSIT
SON ENTRÉE EN BOURSE
Vendredi, l’action de l’agrégateur d’informations a
enregistré la plus forte
hausse des introductions
boursières de 2018. Soutenu
par le géant chinois Tencent,
l’appli Qutoutiao regroupe
17 millions d’utilisateurs
quotidiens.
Les professionnels de l’audiovisuel
font front face à Netflix
l Au festival de La Rochelle, patrons de chaînes de télévision et représentants de la filière audiovisuelle
ont appelé à des allégements de réglementation pour résister à la montée en puissance du groupe américain.
Vers une
redevance
déconnectée
des téléviseurs
TÉLÉVISION
« Celui dont on parle le plus, c’est
quand même le seul absent : Netflix. » Pascal Rogard, directeur
général de la SACD (Société des
auteurs-compositeurs dramatiques), résume avec humour le cœur
des discussions au festival de
La Rochelle. Et, de fait, le nom du
géant américain a été prononcé des
dizaines de fois lors du grand débat,
vendredi, avec les patrons des principales chaînes, les représentants
du secteur et la ministre de la Culture et de la Communication. En
écho à cette inquiétude, Delphine
Ernotte a annoncé dimanche matin
au micro d’Europe 1 que France
Télévisions pourrait cesser de vendre ses séries à Netflix. La patronne
du groupe audiovisuel veut réserver les productions maison à Salto,
la future plateforme de streaming
commune à France TV, TF1 et M6.
A La Rochelle, on ne cachait pas
une certaine appréhension. Les plates-formes conquièrent de plus en
plus d’adeptes (on parle de plus de
3,5 millions d’abonnés à Netflix en
France), notamment parmi les jeunes, sur fond de changement des
habitudes de consommation. Le
risque ? Que les grandes chaînes
traditionnelles se retrouvent
demain marginalisées face aux
Gafan. Les dirigeants de médias en
sont conscients. « Quand TF1 investit 150 millions d’euros dans la fiction
française, c’est une goutte d’eau face
aux milliards de Netflix », a rappelé
Gilles Pélisson, son PDG.
Réforme de la loi de 1986
Netflix et consorts ont aussi une
puissance marketing et d’attraction
sans pareille. En témoigne le contrat
d’exclusivité signé entre Netflix
et Harlan Coben, auteur de best-sellers. Alors que celui-ci avait, ces dernières années, travaillé avec TF1 sur
l’adaptation de polars, qui avaient
fait des cartons à l’antenne. « Quand
on voit la promotion que fait Netflix
sur “La Mante” [une série de TF1,
NDLR] ou « Peaky Blinders » [de la
BBC], il y a de quoi se poser des questions », s’est émue Delphine Ernotte,
la présidente de France Télévisions.
Face à cette offensive, les chaînes
espèrent plus que jamais des allége-
Christophe Brachet - FTV/Mon Voisin Productions -Motherproductions
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
— A La Rochelle
France Télévisions vend actuellement certaines séries à Netflix (ici « Dix pour cent », diffusée sur France 2), mais réfléchit à arrêter.
« Quand TF1 investit
150 millions d’euros
dans la fiction
française, c’est une
goutte d’eau face
aux milliards
de Netflix. »
GILLES PÉLISSON
PDG de TF1
ments réglementaires, pour ne pas
les pénaliser davantage. L’occasion
est toute trouvée : le gouvernement
prépare une vaste réforme de la loi
de 1986 qui doit être présentée au
Parlement d’ici la fin de l’année. A
La Rochelle, les patrons de l’audiovisuel et les représentants de la profession ont, fait rare, montré un
front relativement uni sur plusieurs
sujets face à « l’envahisseur » étranger, comme le montre l’accord
entre TF1 et la filière, soutenant tous
ensemble plusieurs assouplissements. « Le non linéaire [Netflix et
autres, NDLR] n’est pas nouveau,
mais les choses bougent trop lentement. Certaines règles n’ont pas de
sens, comme celle sur les jours de
cinéma interdits à la télévision, a
plaidé Nicolas de Tavernost, le
patron de M6. Tout le monde est
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d’accord. Même le Conseil supérieur
de l’audiovisuel le dit. Et ce n’est pas
souvent que je remercie le CSA… »,
a-t-il ajouté avec le sourire.
Secteurs interdits
De même, les chaînes espèrent
l’ouverture des secteurs interdits de
publicité (édition, cinéma, promotion de la distribution) sur le petit
écran, ainsi que la possibilité de
faire de la publicité dite « segmentée (notamment géolocalisée), face
à la concurrence des Gafan qui trustent l’essentiel de la publicité digitale. « Ces interdictions sont des boulets », a redit Gilles Pélisson. La
ministre de la Culture n’a pas exclu
de faire des expérimentations, mais
« avec la préoccupation de la préservation de l’équilibre avec les autres
médias, et notamment la presse. »
L’autre grand volet du combat
porte sur les taxes et obligations
d’investissement des Gafan, face à
celles des chaînes de télévision.
Françoise Nyssen a appelé à « plus
d’équilibre entre les diffuseurs traditionnels et les opérateurs du numérique et les nouveaux entrants sur le
marché ». C’est ce qui est prévu dans
le cadre de la transposition de la
directive SMA (Service de médias
audiovisuels), l’an prochain. Elle a
aussi évoqué « une réflexion plus globale sur le rééquilibrage de la fiscalité
affectée au CNC » (Centre national
du cinéma et de l’image animée).
« Certains acteurs cotisent trois fois
moins au fonds de soutien du CNC
que les diffuseurs traditionnels ; je ne
pense pas qu’il s’agisse d’une situation soutenable », a-t-elle dit, faisant
allusion à la « taxe Youtube » (qui ne
rapporte que quelques millions).
L’inquiétude des professionnels
est d’autant plus vive qu’ils craignent une remise en cause des aides
du CNC. « Avec l’augmentation du
volume de production face à la stabilité des recettes du CNC, le risque est
que les fonds alloués par celui-ci aux
fictions diminuent, a relevé Stéphane Lebars, délégué général de
l’Union syndicale de la production
audiovisuelle. Le CNC réfléchit
d’ailleurs à revoir le financement des
séries de plusieurs saisons. Et ce
d’autant que Netflix et consorts pourront eux aussi demander demain des
aides. » Un réel enjeu, alors que l’institution contribue en moyenne au
financement à hauteur de 10 % du
budget des séries et 20 % des feuilletons, selon ses données. « Il y a, en
effet, des discussions sur les feuilletons, mais rien n’est tranché »,
répond Christophe Tardieu, directeur général délégué du CNC. n
A La Rochelle, la ministre
de la Culture à La Rochelle
a évoqué l’avenir de la
redevance. « Le paiement
de la CAP [contribution à
l’audiovisuel public,
NDLR] doit être déconnecté
de la détention d’un téléviseur, a soutenu Françoise
Nyssen. Plusieurs alternatives sont envisageables. La
question doit être abordée
sans tabou. » Cette contribution, d’un montant de
139 euros, est actuellement liée à la détention
d’un téléviseur et prélevée
en même temps que la
taxe d’habitation, qui doit
elle-même disparaître.
Alors que les contenus
sont consommés de plus
en plus sur téléphone,
tablette ou ordinateur,
la ministre a expliqué :
« A moyen terme, l’évolution des usages pose la
question de son rendement
et de l’équité entre contribuables. » La décision doit
être prise, au plus tard,
dans le projet de Loi de
finances pour 2020. La
suppression de la CAP est
régulièrement évoquée
mais, selon « Le Figaro »,
le sujet « n’est pas d’actualité » du côté de Matignon.
La CAP, qui doit rapporter
cette année 3,8 milliards,
est la principale source de
financement des entreprises de l’audiovisuel public
(France Télévisions, Radio
France, Arte…).
TF1 signe un nouvel accord dans la production
La Une et les organisations
professionnelles ont défini
de nouvelles règles pour les
quotas de production.
Au terme d’une négociation de plusieurs mois, TF1 et les organisations
professionnelles représentant la
filière audiovisuelle sont parvenus à
s’entendre sur de nouvelles règles
du jeu en matière de production. A
l’heure où le gouvernement prépare
une grande réforme de l’audiovisuel, qui devrait toucher les relations entre les chaînes de télévision
et les producteurs audiovisuels,
l’accord conclu entre TF1, le syndicat
des agences de presse audiovisuelles (Satev), le Syndicat des producteurs et créateurs de programmes
audiovisuels (Spect), le Syndicat des
producteurs de films d’animation
(SPFA), le Syndicat des producteurs
indépendants (SPI) et l’Union syndicale de la production audiovisuelle
(Uspa), n’est pas anodin.
Ce nouveau contrat, remplaçant
celui signé en mai 2016, prévoit
un changement des quotas de production dite dépendante (réalisée
en interne) et indépendante (avec les
producteurs extérieurs sous certaines conditions). Sous des aspects
techniques, ces quotas sont très
importants dans la profession, dans
la mesure où ils définissent les possibilités de création « maison ».
Avec l’acquisition de la société de
production Newen (à l’origine
notamment de « Plus belle la vie »)
par TF1, annoncée en 2015, le groupe
de médias produit de plus en plus en
interne, ne serait-ce que parce qu’il
a, depuis l’été 2017, le feuilleton quotidien « Demain nous appartient ».
Nouvel état d’esprit
Dans le détail, le nouvel accord prévoit que la part de production indépendante de TF1 grimpe de 64 % à
70 % des obligations d’investissement (soit 8,75 % de son chiffre
d’affaires net) ; et de 26 % à 30 %
(3,75 % de son chiffre d’affaires net)
pour la production dépendante. Le
couloir de 10 % qui apportait une
souplesse est, lui, supprimé. Cet avenant entrera en vigueur au 1er janvier
2019 pour une durée de trois ans.
« C’est un accord gagnant-gagnant »,
L’accord démontre
qu’un groupe
de télévision et des
syndicats peuvent
s’entendre sans
l’intervention de l’Etat.
dit-on du côté de TF1. « S’unir sur des
combats communs est essentiel, face
aux Gafan notamment », s’est félicité
Gilles Pélisson, le PDG du groupe,
au festival de La Rochelle. Nicolas de
Tavernost, le patron de M6, a toutefois regretté que TF1 n’ait pas « joué
collectif » avec les autres chaînes.
Quoi qu’il en soit, cet accord
signale un changement d’état
d’esprit dans le petit monde de
l’audiovisuel, souvent à couteaux
tirés. Comme lors de l’accord de
mai 2016, qui avait été signé après
de longs mois de négociations entre
la filiale de Bouygues et les organisations de producteurs, alors que le
rachat de Newen avait créé la polémique. Il intervenait juste après
celui entre France Télévisions et ces
mêmes organisations.
Surtout, cet accord démontre
qu’un groupe de télévision et des
syndicats peuvent s’entendre sans
l’intervention de l’Etat. Alors que le
dossier sur la chronologie des
médias a traîné en longueur, obligeant la ministre de la Culture a des
ultimatums, les deux partis veulent
prouver ici que les accords professionnels sont une meilleure façon
de faire évoluer les choses que la
voie législative… — M. A.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
Droit voisin : comment Google et Facebook
vont peser dans les négociations
PRESSE
Les éditeurs de presse
devront jouer collectif
pour que le futur droit
voisin soit une réelle
source de revenus.
Ils doivent continuer
d’investir pour
s’adapter à l’économie
numérique.
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Les éditeurs de presse ont accueilli
avec soulagement le vote du Parlement européen, mercredi, une
étape cruciale vers l’instauration
possible vers 2021 d’un droit voisin
devant forcer les géants du Net à
rémunérer les sites d’informations.
N’empêche, Google et Facebook,
mais aussi bientôt Apple et Amazon, ont acquis une telle puissance
qu’ils ont plusieurs leviers pour
adoucir leur addition. Certes, estime
un spécialiste de la réglementation
et du lobbying des Gafa, il n’y a pas
de raison que ces géants ne se mettent pas en conformité, comme ils
l’ont fait pour le RGPD, le règlement
européen sur la protection des données. « C’est un mécanisme public
classique de protection des industries
des contenus, explique-t-il. En
France, lorsque les bénéfices des télécoms ont grimpé, ils sont venus à la
rescousse des télévisions pour financer la production. Et ce droit voisin
n’impactera pas massivement non
plus le modèle économique des Gafa :
il peut même les favoriser, car c’est
plus facile pour les grands de se conformer au système. » Mais cela ne
signifie pas qu’ils vont faire tourner
la planche à billets pour les éditeurs.
Et ce même si est mis en place dans
la loi un système de gestion collective obligatoire qui irait jusqu’à fixer
des barèmes, comme le prônent certains. « Les éditeurs devront jouer collectif jusqu’au bout et ce droit voisin
ne les dispense nullement d’innover »,
résume Eric Léandri, fondateur du
moteur de recherche Qwant.
publicité et le reversement d’une
partie des revenus aux éditeurs.
C’est ce qui se passe déjà sur le
réseau social avec le format Instant
Articles, sur lequel Facebook peut
décider de diminuer la partie revenant aux éditeurs. Google peut, lui,
transformer son format mobile
AMP en un système fermé similaire. Les éditeurs refuseront-ils
tous Instant Articles ?
Intelligence artificielle
Monétisation du trafic
Google insiste sur le fait qu’il ne
gagne pas d’argent avec Google
News proprement dit, car il n’y
commercialise pas d’espaces publicitaires. Néanmoins, il nourrit
d’informations récentes les résultats de son moteur de recherche,
lequel serait statique sans elles (par
exemple, pour Paris, on aurait toujours la page Wikipedia, l’office du
tourisme, etc.). Ensuite, ces données nourrissent ses autres services
(Google Mail, Google Maps, etc.). Il
peut donc difficilement se passer
des news. Même chose pour Facebook, sur lequel une grande partie
des conversations entre membres
s’appuient sur l’actualité.
Cela dit, Google et Facebook peuvent faire valoir dans la négociation
sur la valeur du droit voisin que,
aujourd’hui, ils font payer les e-com-
Le moteur de recherche et le réseau social feront tout pour adoucir l’addition. Photo Bloomberg
merçants comme la FNAC pour
ramener du trafic chez eux et qu’ils
pourraient faire de même pour les
sites d’information. Pour les médias
qui ont un modèle économique
payant, ils peuvent demander un
partage des revenus issus des internautes qu’il a renvoyés vers eux et
qui se sont inscrits. Google peut
aussi pousser pour que les sites
d’infos installent son écosystème de
publicité numérique, pour lequel il
perçoit des commissions.
Les éditeurs vont devoir serrer
Le pari d’Apple dans la santé
TECHNOLOGIE
Le groupe investit
beaucoup dans
ce secteur en forte
croissance.
La nouvelle Apple
Watch 4 confirme
cette ambition.
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
En dévoilant, mercredi à Cupertino,
l’Apple Watch Series 4, le dernier
modèle de sa montre connectée lancée en 2015, la firme à la
pomme a confirmé son intérêt pour
le marché florissant de la santé.
« C’est la première fois qu’un appareil grand public intègre un capteur
électrocardiographe muni d’un algorithme permettant de détecter les cas
de fibrillations atriales, l’un des facteurs des AVC. C’est une excellente
nouvelle, estime Yann Fleureau,
PDG et fondateur de Cardiologs,
une start-up française qui travaille
sur l’application de l’intelligence
artificielle à la cardiologie. Le porteur de l’Apple Watch va pouvoir
enregistrer en direct les battements
cardiaques anormaux. Comme ces
capteurs ont été certifiés par la FDA
[le régulateur américain, NDLR], les
données récupérées pourront être
immédiatement exploitables par les
médecins. »
L’appli Health préinstallée
L’Apple Watch Series 4 participe
d’une stratégie bien plus large
menée depuis plusieurs années
par le troisième fabricant mondial
de smartphones. Tim Cook, son
patron, expliquait dans une interview au magazine « Fortune » l’an
dernier : « La santé est, selon les
pays, le premier ou le deuxième plus
gros secteur de l’économie […]. Je
pense sincèrement que c’est un très
grand pan d’activité à explorer pour
le futur d’Apple. » Aujourd’hui, ce
Commercialisée à partir du 21 septembre, l’Apple Watch 4 incarne
l’ambition du groupe dans la santé. Photo Marcio Jose Sanchez/AP/Sipa
secteur comble aussi son retard en
matière numérique, ce qui ouvre
des perspectives pour les géants de
la tech. « Dans la distribution, 90 %
des Américains ont eu une expérience digitale, selon nos études. Or,
dans la santé, ce chiffre tombe à 40 %,
explique Arielle Trzcinski, analyste
senior chez Forrester. Ce secteur a
été le laissé-pour-compte de la numérisation. Apple va pouvoir faire fructifier son expérience en l’amenant
maintenant dans la santé. »
Amazon, Microsoft, Intel, Facebook… Tous les géants de la tech
s’intéressent à la santé et attaquent
ce segment par leur cœur de métier.
Pour Apple, ce sont de nouveaux
produits dans le hardware, mais
aussi dans les services. Avant de
lancer l’Apple Watch en 2015, la
firme à la pomme avait déjà mis au
point, en 2014, son application
dédiée à la santé, Health. Pré-installée dans tous les iPhones, l’application permet de compter le nombre
de pas réalisés en une journée, de
suivre la qualité du sommeil ou de
l’alimentation. Aux Etats-Unis, une
quarantaine d’hôpitaux volontaires
l’utilisent depuis mars pour stocker
les données de leurs patients, qui
peuvent accéder aux résultats de
tests directement via Health et être
notifiés lorsque les résultats sont
mis à jour.
Impact difficile à mesurer
En 2015, Apple avait également
lancé ResearchKit, une plate-forme
en open source permettant à des
chercheurs et des développeurs de
concevoir à leur tour des applications pour la recherche médicale.
Grâce à elle, l’université Stanford, en
Californie, a pu « recruter » plus de
54.000 volontaires pour une étude
médicale à très grande échelle, selon
le « New York Times. » L’impact de
ces nouvelles technologies est
encore difficile à évaluer. « Les fausses alertes vont peut-être créer une
charge supplémentaire pour les
médecins. Et, en même temps, on va
pouvoir identifier des personnes que
l’on n’aurait pas trouvées autrement », estime Yann Fleureau, chez
Cardiologs. En France, le monde
médical a encore un peu de temps
pour se préparer. L’Apple Watch 4
sera disponible dans l’Hexagone dès
le 21 septembre, mais la fonction
électrocardiogramme est limitée,
pour le moment, aux Etats-Unis. n
Google et Facebook
peuvent difficilement
se passer du contenu
des sites d’infos.
Mais ils ne feront pas
tourner la planche
à billets pour autant.
les rangs pour refuser, estime Eric
Léandri. Certains seront toutefois
tentés d’accepter pour être privilégiés dans les renvois de trafic. Bien
sûr, les éditeurs pourront plaider
qu’il s’agit d’un abus de position
dominante. Mais, comme l’a montré le précédent Google Shopping,
plusieurs années passent avant que
les sanctions tombent. En outre,
poursuit Eric Léandri, Google et
Facebook peuvent faire remonter le
contenu news dans leur propre écosystème, où ce sont eux qui gèrent la
Pour Google News, Alphabet, la
maison mère, peut aussi créer des
articles à base d’intelligence artificielle résumant ce qui se dit ailleurs
et les privilégier dans les résultats de
recherche. Facebook peut faire de
même dans les « feeds » de ses
membres. Difficile alors de retracer
le droit d’auteur. Les Gafa sont aussi
les mieux placés pour élaborer la
base de données qui permettra de
pister les contenus soumis à droit
voisin ou d’auteur. Ils peuvent faire
payer ce service. « D’où l’intérêt de
créer une base en open source », dit
Eric Léandri. Bien sûr, il ne s’agit pas
de prêter à Google et Facebook des
intentions machiavéliques. Mais
l’addition de droits voisins dans tous
les pays peut rapidement monter.
Les Gafa chercheront à la minimiser. Autrement dit, estiment les spécialistes, les éditeurs n’ont pas intérêt à cesser d’investir et de chercher
un modèle économique numérique
qui les rend moins dépendants des
Gafa, par exemple en créant des
logins communs ou des alliances à
l’image de Gravity et Skyline… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
START
UP
-
LE PRODUIT
La start-up de VTC Marcel, dont
les chauffeurs ne sont présents
qu’en Ile-de-France, lance une
gamme de véhicules électriques. Cette nouvelle flotte de 100 voitures est principalement composée de Renault ZOE. Depuis son
lancement en 2014, Marcel communique
sur le caractère « équitable » de son modèle.
10,5
MILLIONS D’EUROS
La jeune pousse grenobloise ISKN a annoncé
avoir bouclé un nouveau tour de table. Fondée en
2014, l’entreprise commercialise une « ardoise
magique » permettant de transcrire en temps réel
sur écran un dessin réalisé sur papier. Elle va lancer trois nouveaux produits début 2019.
Doctoconsult met la psychiatrie
à l’heure de la télémédecine
SANTÉ
Guillaume Bregeras
@gbregeras
« Nous avons obtenu les autorisations il y a deux ans déjà, raconte
Fanny Jacq. La consultation en ligne
pour les disciplines que nous couvrons est très efficace, ce qui a aidé
bien entendu. » A l’inverse d’autres
plates-formes de téléconsultation
qui choisissent un positionnement
généraliste, Doctoconsult se
concentre sur la psychiatrie, la
nutrition et l’addictologie. Trois
domaines jusque-là peu digitalisés
et « parents pauvres de la numérisation », affirme la startuppeuse, également médecin psychiatre depuis
Heetch veut
ouvrir son capital
à ses chauffeurs
La start-up lance
un programme
pour fidéliser
ses travailleurs
indépendants.
Elle se focalise
sur trois disciplines :
la psychiatrie,
la nutrition
et l’addictologie.
Le besoin des clients
à la base de l’idée
La société Salonaise Macatrust
lance Circulariz, un logiciel antifraudes financières au service
des auditeurs financiers. Des outils similaires existaient déjà aux Etats-Unis, en Irlande
ou en Allemagne, mais les 13.000 commissaires aux comptes recensés en France pourront désormais utiliser une solution développée dans l’Hexagone.
VTC
La plate-forme
française vient
de lever 2 millions
d’euros pour accélérer
son développement.
Pour Doctoconsult, ce n’est pas une
nouveauté, mais cela devrait clairement accélérer son déploiement.
L’entrée en vigueur, samedi 15 septembre, de la loi permettant le remboursement des actes de télémédecine va rendre le sujet plus lisible à
la fois pour les praticiens psychiatres que vise la start-up et pour leurs
patients. La jeune pousse fondée
par Fanny Jacq n’a pas attendu ce
jour pour tester sa solution et
compte déjà une centaine de médecins qui ont pratiqué un millier de
consultations depuis novembre 2017. Et avec la particularité
d’avoir déjà obtenu les agréments
nécessaires pour déclencher les
remboursements de la part de la
Sécurité sociale et des mutuelles !
Z
L’APPLI
L’entrée en vigueur, samedi 15 septembre, de la loi permettant le remboursement des actes
de télémédecine devrait accélérer le déploiement de Doctoconsult. Photo Doctoconsult
quinze ans. C’est à Paris, lorsqu’elle
a ouvert son cabinet en libéral,
qu’Anne Jacq a compris l’opportunité de la télémédecine : « Le besoin
est venu de mes patients qui souhaitaient pouvoir continuer les échanges
avec moi lorsqu’ils partaient en
vacances ou lorsqu’ils ne pouvaient
pas se déplacer. »
La jeune pousse
compte déjà
une centaine
de médecins qui ont
pratiqué un millier
de consultations
depuis novembre 2017.
Et depuis, l’idée a fait son chemin.
En 2016, elle lance sa start-up et procède aux premiers tests. Deux types
de clients se dessinent : un premier
qui utilise le service en complément
de ses consultations traditionnelles, et le second qui souffre du manque de disponibilité de la part des
praticiens. Au-delà du phénomène
de digitalisation du parcours de
santé, le médecin souhaite innover
dans sa discipline et mettre l’accent
sur la prévention : « Il faut dix ans
pour poser un diagnostic bipolaire
aujourd’hui, alors que l’on pourrait
faire beaucoup mieux. » Son ambition, à terme, est de recueillir des
données patients via leur smartphone, ce qu’elle appelle « le phénotypage digital ». Elle assure que ces
data sont récupérées avec le consentement des patients et qu’elles
sont hébergées sur un site agréé en
e-santé.
Une rémunération
basée sur l’acte
A travers ce dispositif, la fondatrice
de Doctoconsult cherche à maintenir un lien plus ténu entre les médecins et les personnes malades : « Si
un patient a tendance à s’isoler lorsqu’il est en dépression, le praticien
peut veiller sur lui en mesurant des
paramètres comme la marche, la
qualité du sommeil ou le nombre
d’appels qu’il a passés. Il se sentirait
ainsi épaulé. » Les données nécessaires à cette relation pourraient
déboucher sur un robot conversationnel qui inciterait les personnes
touchées à reprendre une activité,
par exemple.
Mais, pour le moment, la start-up
se focalise sur son développement
en s’appuyant sur un business
model de rétrocession d’honoraire,
selon une commission fixée entre
10 et 15 %. D’autres formes de rémunération sont à l’étude, notamment
via des abonnements pour des établissements de santé, mais cela a
déjà suffi pour convaincre quelques
investisseurs de rejoindre l’aventure. Bpifrance, via le fonds Patient
Autonome, et Elsan viennent
d’injecter 2 millions d’euros dans la
jeune pousse, qui peut ainsi continuer de rêver à la grande ambition
de sa fondatrice : « Devenir le leader
mondial de la santé digitale dans ce
domaine ! »
4
À NOTER
La télémédecine a été reconnue
en France, en 2009, par la loi
hôpital, santé et territoire,
mais souffre d’un retard
de déploiement par rapport
à d’autres pays.
Quelques start-up s’y sont cassé
les dents, Heetch a choisi de tenter le coup. La start-up de VTC
va ouvrir environ 5 % de son
capital sur huit ans à ses chauffeurs qui travaillent en indépendants. Ces bons de souscription d’actions (BSA) leur
seront accessibles dès janvier
prochain à partir du 100e trajet
qu’ils auront réalisé pour
l’appli. « J’aurais aimé le faire
plus tôt, mais le risque était de
voir nos chauffeurs requalifiés
en salarié », assure son fondateur Teddy Pellerin.
Acheter les actions
à leur valeur actuelle
D’autres plates-formes analogues, mais dans des secteurs différents, ont planché puis reculé
devant la difficulté administrative. OuiShare ou La Ruche ont
tenté, en vain, de faire évoluer la
législation sur cette question.
Teddy Pellerin a donc choisi
d’utiliser l’outil des BSA pour
partager la valeur future de
Heetch avec ses chauffeurs,
qui doivent payer ces actions
sur la base de la valeur actuelle
de la jeune pousse. L’idée est de
leur permettre d’exercer ces
titres à des moments clefs
(rachat, levée de fonds, introduction en Bourse…) en pariant sur
une forte hausse de leur valeur.
Mais ce plan est tout autant un
outil pour les fidéliser. Heetch
s’est démarqué de ses concurrents (Uber ou Chauffeur Privé)
en livrant à ses chauffeurs l’information sur le prix final et la destination de la course avant qu’ils
ne l’acceptent. De facto, une
grande partie d’entre eux refu-
sent les petits trajets et préfèrent
travailler avec d’autres applications en parallèle pour multiplier leurs chances de trouver de
longues courses. Et, à ce jour,
seulement 20 % des conducteurs qui utilisent Heetch passent par la plate-forme pour réaliser la majorité de leurs courses.
« Nous sommes en avance sur ce
point et je pense que nous avons
raison de leur donner l’information, tranche Teddy Pellerin. J’aimerais croire que ce plan
de BSA va les inciter à accepter
davantage les petites courses, mais
je crois qu’il s’agit plutôt d’un
ensemble de choses, comme de
donner une priorité sur les “bonnes” courses pour les chauffeurs
qui accepteraient des moins bonnes, par exemple. »
« J’aurais aimé le
faire plus tôt,
mais le risque
était de voir nos
chauffeurs
requalifiés
en salariés. »
TEDDY PELLERIN
Fondateur de Heetch
Avec ce plan, Heetch se positionne comme un précurseur
dans le monde des VTC. Seul
Juno, une start-up israélienne
implantée à New York, rachetée
finalement par Gett en 2017,
avait ouvert 50 % de son capital
aux conducteurs affiliés. Mais
pour que cela ait un sens, il faut
que la valeur de l’entreprise se
décuple très fortement dans
les années à venir et qu’une
« sortie » offre la possibilité à ces
néoactionnaires de réaliser une
belle opération financière. Dans
un secteur qui se consolide rapidement, il faudra résister suffisamment longtemps pour s’en
donner la chance. — G. B.
Une plate-forme de financement collaboratif à Saclay
CAPITAL-RISQUE
La plate-forme Siinaps,
lancée mardi, permettra aux particuliers de
se joindre à des professionnels de l’investissement pour financer
des start-up locales.
Déborah Loye
@Loydeborah
Sur le plateau de Saclay, qui concentre 15 % de la recherche française,
25.500 entreprises de toutes tailles
se développent sur plusieurs filières
d’excellence telles que l’optique, les
neurosciences, l’aérospatial ou
encore l’énergie et la mobilité. « Mais
pour le moment, les différents acteurs
comme les habitants, les chercheurs et
les entreprises peinent à se rencontrer
et à créer des synergies », note Nathalie Ricoeur-Nicolaï, cofondatrice
de Scientipôle Capital, un fonds
situé sur le plateau de Saclay. Cette
dernière a ainsi décidé de créer Siinaps, une plate-forme de financement collaboratif, développée en
partenariat avec Les Entreprêteurs.
Toucher un large public
Cette nouvelle source de financement pour les entreprises locales (ou
ayant un lien avec les territoires)
agrège à la fois des fonds d’investissement, des business angels et des particuliers. « Les entreprises choisies
seront présentées sur la plate-forme,
elles annonceront le montant qu’elles
cherchent, et chacun pourra mettre au
pot », résume Nathalie Ricoeur-Nicolaï. Le montant minimum est fixé
à 20 euros pour les prêts et 500 euros
pour les investissements en amorçage. « La plate-forme permet à tout
un chacun d’avoir accès à de l’investis-
sement de niveau professionnel », se
réjouit Nathalie Ricoeur-Nicolaï.
Eikosim, qui vend des logiciels aux
industriels de l’aéronautique pour les
aider à concevoir leur produit de
manière plus efficace, fait partie des
premières entreprises ayant pu déposer leur demande de financement sur
la plate-forme. « Cela nous donne
accès à un public très large, en investissant moins de temps que si nous faisions le tour des clubs de business
angels, explique son fondateur, Florent Mathieu. Qui plus est, cet outil
nous mettra en relation avec des personnes présentes sur le plateau et susceptibles de nous aider à développer
notre business. » Pour ce premier tour
de table, Eikosim, qui a été créé en
2016, a déjà sécurisé 300.000 euros, et
souhaite en récolter 200.000 de plus
grâce à Siinaps. Trois autres entreprises ouvriront leur financement sur la
plate-forme ce mardi : Numscale,
Enalees et Phonoptics.
Siinaps a été imaginé p our
qu’investisseurs comme entrepreneurs aient à fournir le moins
d’efforts possible. Le contrôle de
l’identité des investisseurs y est intégré, tout comme la possibilité de faire
les transactions, et de suivre ses investissements depuis un seul tableau de
bord. A terme, Siinaps a vocation à
être exportable pour être utilisé par
des business angels indépendants de
Paris-Saclay. « Tous les secteurs sont
bouleversés par le modèle des platesformes, il n’y a pas de raison que le capital-risque ne s’y confronte pas ! »
avance Nathalie Ricoeur-Nicolaï.
4
À NOTER
Le lancement de Siinaps
aura lieu mardi 18 septembre,
au Conservatoire à rayonnement départemental ParisSaclay, à partir de 18 h 30.
Le plateau de Saclay concentre 15 % de la recherche française
et 25.500 entreprises de toutes tailles. Photo EPA Paris-Saclay
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
en
direct
Le site Topannonces
racheté
AUVERGNE RHÔNE-ALPES Le
ÎLE-DE-FRANCE Le site de peti-
ministère de la Transition écologique a reconduit le préfet de la
région Auvergne Rhône-Alpes et
du Rhône comme préfet coordonnateur du plan national d’action
sur le loup. Et ce jusqu’au
31 décembre 2023. Le plan fixe un
objectif d’atteindre 500 loups d’ici
à 2023. Le décret étend ses pouvoirs de décision sur les abattages.
Shutterstock
PME
&REGIONS
Une gouvernance
sur le loup
tes annonces en ligne ParuVendu a racheté Topannonces,
qui enregistre 1 million de visiteurs unique et affiche 700.000
petites annonces par mois. Cette
société a longtemps appartenu
au groupe Spir (Ouest-France)
qui l’avait revendue il y a deux
ans à HF Company. Implantée à
Lyon, la société dirigée par
Laurent Radix réalise un chiffre
d’affaires de 15 millions d’euros,
avec un résultat net de 4 millions. Son activité progresse
chaque année de 20 % à 25 %.
La société avait été reprise à la
barre du tribunal de commerce
en 2012. Devenue multi-thématique (auto-moto, emploi, immobilier), l’entreprise accueille plus
de 10 millions de visiteurs uniques sur ses sites par mois et
emploie une cinquantaine de
salariés.
Les bons plans de la vente à domicile
l Selon une étude du cabinet Xerfi, la vente à domicile enregistrera une hausse annuelle de 5 % de son activité d’ici à 2020.
l L’avenir du fameux modèle Tupperware réside désormais dans le multicanal et la digitalisation.
DISTRIBUTION
Monique Clémens
@mo_clemens
— Correspondante à Besançon
Qui ne connaît pas Tupperware et
les réunions à domicile de nos
mères ou grands-mères ? Mais
aussi les produits d’entretien Stanhome, les compléments alimentaires Herbalife, avant Vorwerck et
son fameux robot Thermomix que
toutes les bonnes ménagères de
plus ou moins 50 ans arborent fièrement dans leur cuisine.
La vente à domicile a le vent en
poupe. Après une hausse de 4 % en
2017 (contre 3 % les précédentes
années), le cabinet Xerfi, qui a
publié une étude sur le sujet,
estime à 5 % par an la hausse du
chiffre d’affaires des entreprises de
son panel à l’horizon 2020. La
vente directe pèse 17 milliards
d’euros en Allemagne, championne en la matière.
Grandes enseignes
En comparaison, la France a
un « retard considérable » à rattraper, estime-t-on à la Fédération
française de la vente directe
(FVD). « Aujourd’hui, ce secteur ne
concerne plus seulement la ménagère, elle vise également les hommes
et aussi les jeunes ou les retraités »,
estime Jacques Cosnefroy, son
délégué général. Les succès sont
légion : Passion Déco, Saporissimo, Charlott’, Officinea, Captain
Tortue… Le plus bel exemple, selon
lui, étant celui de la filiale française
de Victoria, le spécialiste belge des
bijoux fantaisie, qui, six ans après
sa création, pèse déjà 66 millions
d’euros de chiffre d’affaires.
Comme le montre l’étude Xerfi,
l’avenir de la vente à domicile
réside dans le multicanal et la digitalisation. Vorwerck vient d’ouvrir
une boutique à Paris, où son taux
de pénétration n’est que de 2 %,
contre 10 à 11 % dans l’ensemble de
la France. La vente à domicile
apparaît aussi comme un complé-
ment pour de grandes enseignes, à
la tête de réseaux historiques de
magasins, comme Phildar, qui a
lancé des « ateliers tricot ». Ou
Yves Rocher qui vient de racheter
Arbonne International, une
société de vente directe américaine de cosmétiques naturels qui
pèse 470 millions d’euros. Ou
encore Bonduelle, qui, depuis
2015, teste de nouveaux produits
en vente à domicile.
Réunions « digitales »
Les acteurs de la grande distribution trouvent dans ce canal un
moyen de sauver emplois et outils
de production. « Le multicanal
deviendra une des forces de la distri-
bution », pronostique Jacques
C o s n e f r o y. L a F V D r é u n i t
aujourd’hui 140 enseignes pour
6 . 000 ent rep ri s es, réal i sant
4,5 milliards de chiffre d’affaires
par an et totalisant 650.000
emplois. Sur cet effectif, 60.000
sont en production, dans les usines
des adhérents, mais le gros des
troupes est constitué des vendeurs
à domicile, dont 40 % sont à temps
plein.
La digitalisation est l’autre axe
d’avenir du secteur. VIP Domotec
France a commencé dans les
années 1990 par faire tester entre
amies, dans des ateliers, ses chiffons en microfibre. « La vente
directe s’imposait : personne ne
connaissait notre produit, il fallait
aller l’expliquer. Il n’y a rien de plus
puissant qu’une personne convaincue qui le recommande à ses amis »,
assure Pierre Simonnet, le cofondateur de l’entreprise. La société
emploie aujourd’hui 300 vendeurs actifs, des « conseillères de
vente » façon Tupperware, qui
totalisent un chiffre d’affaires de
3 millions d’euros. Après avoir
proposé le paiement par mobile,
certaines se lancent dans des réunions « digitales » de type Skype.
La digitalisation permet de relayer
les expériences « maison » par les
réseaux sociaux, l’e-commerce,
m a is a u s s i v i a d e s p o i n t s d e
vente. n
Hélène Perry – Anakena
Oika Oika
Ipheos
Mazelie
Les 5 marques qui montent chez les particuliers et les professionnels
Mazélie réveille les
chaussures Hardrige
Ipheos lance une
gamme cosmétique
Oika Oika fait tester
ses jeux de société
Captain Tortue
traverse les frontières
Gabrielle Serraz
— Correspondante à Grenoble
Olivier Ducuing
— Correspondant à Lille
Denis Meynard
— Correspondant à Saint-Etienne
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Olivier Richard, PDG des Chaussures de la Bièvre,
qui possède la marque Mazélie, se félicite d’avoir
opté pour la vente directe en 2012. La vente à domicile représente désormais 40 % des ventes du
groupe, avec 40.000 paires de chaussures écoulées
par 400 vendeurs en France. « C’est une nouvelle
façon de consommer, à côté du magasin traditionnel
et d’Internet », remarque Olivier Richard, PDG du
groupe basé à Sillans, en Isère. L’aventure commence en 2009. Après avoir perdu plusieurs marchés militaires et administratifs, l’entreprise Hardrige est mise en liquidation. Plus d’usine en Isère,
plus de salariés. Les trois enfants du fondateur
gardent six magasins en France et décident de
continuer à produire leurs chaussures de luxe en
sous-traitance au Portugal. En lisant un article sur
le succès en vente directe de la lingerie Charlott’,
et cherchant un moyen de se relancer sans appuis
financiers, Olivier Richard décide de lancer une
filiale dédiée, Mazélie. Et ça marche ! En 2018, la
vente directe est devenue « le premier métier de la
société », assure Olivier Richard, qui évoque un
chiffre d’affaires global du groupe de 10 millions
d’euros. Mazélie commercialise des modèles 100 %
cuir, de 79 à 199 euros. Les vendeuses, au statut
indépendant, gagnent de 400 à 4.500 euros par
mois. Aux chaussures se sont ajoutés de la maroquinerie, des accessoires et des produits d’entretien. Souscrite l’an dernier, une levée de fonds de
1 million d’euros va permettre à Mazélie de se
déployer en Allemagne, « le premier marché de la
vente directe en Europe ». n
Il y a quatre ans, il était directeur régional chez
Nocibé. Une réorganisation et une perspective de
mutation à Bordeaux ont conduit Jean-Christophe
Hallynck et deux de ses collaborateurs à opter pour
la création d’entreprise. Après un an de réflexion, il
lance sa société de vente directe de produits cosmétiques, Ipheos. Comment exister dans un marché
dominé par des majors comme Avon ou Yves
Rocher ? « Tous nos produits sont naturels, fabriqués en France, avec une démarche écoresponsable »,
répond le dirigeant, majoritaire au capital. La
gamme comprend 11 produits (crèmes de beauté,
de nuit, sérums liftants…), qui montera peut-être à
15 avec les projets en cours. Le canal choisi est celui
de la vente directe, avec l’idée de raccourcir le
temps des réunions chez les clientes. « Il est dur
aujourd’hui de capter l’attention plus d’une heure, »
expose-t-il. La petite société de Hem, discrète sur
ses chiffres, évoque un volume de ventes encore
inférieur à 200.000 euros, mais le nombre de ses
vendeuses – qui touchent 30 % de commissions –
est déjà monté à 200. Ipheos va à l’international : un
contact avec une Française établie en Suède a
débouché sur une exclusivité de diffusion. La
marque est déposée en Europe, aux Etats-Unis, en
Chine, à Singapour et à Hong Kong. Pour doper les
ventes, Jean-Christophe Hallynck
a ouvert une division B to B depuis un an, afin de
vendre aux professionnels. La société a également
ouvert un site d’e-commerce. Si une cliente rattachée à une vendeuse passe par ce canal, la commission lui est acquise. n
Dès la création de sa société de vente de loisirs
créatifs, Oika Oika, voici cinq ans, Thomas Watine
a fait le choix de la vente à domicile. « Cela permet
d’aller à la rencontre de personnes qui ne connaissent
pas forcément ce marché des jeux de table, de leur
faire partager de bons moments et de concrétiser par
une vente lorsqu’elles deviennent fans », explique cet
ex-cadre de la grande distribution. Oika Oika, qu’il
dirige avec sa femme et qui emploie une douzaine
de salariés, a reçu le prix de la jeune entreprise 2014
de la Fédération de la vente directe (FVD).
Cette année-là, le chiffre d’affaires s’élevait à
600.000 euros, contre un prévisionnel de 6,5 à
7 millions en 2018. Pour accompagner cette croissance, un million d’euros a été investi dans la construction d’un bâtiment de 1.100 mètres carrés à
Andrézieux-Bouthéon, près de Saint-Etienne, où
l’équipe a emménagé en juillet. Les vendeurs (dont
le turnover est d’environ 20 %), qui perçoivent en
moyenne 25 % du chiffre d’affaires réalisé,
devraient être 1.800 d’ici à fin décembre. Ils animent des réunions d’environ deux heures à domicile, et présentent une douzaine de jeux (sur un
catalogue de 350 références) à un groupe de sept
ou huit clients potentiels. Pour attirer des vendeurs,
la jeune pousse a sillonné la France d’avril à juin
dernier dans un camping-car. « La rémunération de
la majorité d’entre eux tourne autour de 500 euros
par mois, mais elle est dix fois plus élevée chez les
plus performants », assure le dirigeant. L’an prochain, Oika Oika proposera de la location de
grands jeux en bois, de type jeux de kermesse. n
Nouveau coup d’accélérateur pour Captain Tortue,
le leader tricolore de la vente de vêtements à
domicile. Après avoir abandonné, il y a deux ans,
sa marque pour enfants, le groupe aixois pousse à
l’international ses quatre griffes féminines : Miss
Captain, Miss Captain Trend, lancé en 2014, Little
Miss Captain, et Java Séduction, sa ligne de lingerie qui a plus que quadruplé son chiffre d’affaires
depuis son rachat en 2009. Chiffre d’affaires :
67 millions d’euros en 2017. Pour parvenir à ce
résultat, le groupe s’appuie sur 4.000 conseillères
qui tiennent chaque jour plus de 250 ateliers chez
leurs clientes. Le groupe en revendique une base
de 600.000 en France et désormais dans neuf
autres pays, dont la Grande-Bretagne, la Belgique,
l’Espagne, la Suisse et l’Allemagne. Au total, ces
marchés étrangers où elle compte près de
600 conseillères couvrent 15 % des ventes. Les
recrutements s’effectuent par le bouche-à-oreille,
les petites annonces et Internet. L’équipe – 80 personnes abritées dans un siège flambant neuf
intégrant la logistique sur 7.400 m2 – conçoit
chaque année quatorze collections, comptant
chacune une trentaine de modèles. La société
écoule ainsi près de 2 millions de pièces par an sur
le segment milieu-haut de gamme. « Le développement des achats en ligne a mis en évidence les vertus
du modèle de distribution directe pour retisser des
liens avec les acheteurs », loue Philippe Jacquelinet,
président du groupe qu’il a fondé en 1993. Il ambitionne un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros
dans moins de quatre ans. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // PME & REGIONS
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
4
innovateurs
Incident du Pont
de l’Ile de Ré
GRANDE AQUITAINE Un des
calanque de Mounine, un endroit
très compliqué d’accès. D’après les
premiers éléments de l’enquête, le
feu aurait été provoqué par une
imprudence, des restes de bivouac
ayant été retrouvés, bien qu’interdits.
Shutterstock
HECTARES
Un incendie a ravagé 4 hectares
vendredi matin dans le parc national des calanques. Une centaine de
pompiers, dont environ 75 marinspompiers, un bateau-pompe et
quatre bombardiers d’eau ont été
mobilisés toute la matinée dans la
72 câbles du pont de l’île de Ré
(Charente-Maritime) s’est rompu
et la circulation des poids lourds
de plus de 40 tonnes est interdite. Il n’y a pas de risque d’effondrement de l’ouvrage haut de
trente mètres et long de près de
3 kilomètres. Le câble rompu fait
440 mètres de long et 15 centimètres de diamètre.
Velco invente le guidon
de vélo intelligent
et multifonctionnel
Le spécialiste des huiles végétales
et de poisson Olvea devient raffineur
NORMANDIE
DR
Olvea met en service
deux lignes de raffinage à Fécamp,
son siège social.
LA LEVÉE DE FONDS
VELCO
Un investissement
de 30 millions d’euros.
Date de création : 2015
Président : Pierre Regnier
Montant : 3 millions d’euros
Effectif : 15 personnes
Secteur : loisirs
Claire Garnier
— Correspondante à Rouen
Olvea, qui commercialise
45.000 tonnes d’huiles par an pour
la cosmétique, la pharmacie et
l’agroalimentaire, ajoute une corde à
son arc. Après avoir mis en place en
Afrique une filière d’approvisionnement et de production, l’entreprise
se lance dans le raffinage d’huiles
brutes. Elle a investi 30 millions
d’euros dans deux lignes de raffinage
d’huiles sur son site et siège social de
Fécamp, en Seine-Maritime.
Dans cette usine inaugurée le
7 septembre, les huiles sont désacidifiées, leurs pigments et leur odeur
sont enlevés, un élément capital
pour les huiles de poisson ! « Nous
avons construit une ligne de raffinage
pour l’huile de poisson – anchois et
sardine essentiellement – et une ligne
pour les huiles végétales, soit une cin-
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
La société a investi 30 millions d’euros dans deux lignes de raffinage. Photo Bruno Ballandonne
quantaine d’huiles différentes dont le
beurre de karité, l’huile d’argan,
d’avocat, de macadamia, d’amande
douce, de noix, de noisette, de ricin »,
explique le PDG Arnauld Daudruy,
qui incarne la quatrième génération
de cette entreprise familiale. En
2017, elle a réalisé 105 millions
d’euros de chiffre d’affaires avec
240 salariés, dont 120 à Fécamp.
30.000 tonnes par an
Jusqu’à présent, Olvea achetait des
huiles déjà raffinées pour les commercialiser ou faisait raffiner chez
des confrères des huiles brutes
achetées ou produites par luimême au Maroc (huile d’argan) ou
au Burkina Faso (beurre de karité et
huile de sésame). En investissant
dans ce nouvel outil industriel, qui
offre une capacité de 30.000 tonnes
de raffinage par an et s’ajoute à ses
capacités de stockage de 10.000 tonnes, l’industriel compte accroître la
fluidité, la réactivité et la productivité de l’entreprise. « Nous allons
pouvoir maîtriser notre production,
notre qualité et ne plus être soumis
aux ruptures de charge », ajoute
Arnauld Daudruy. Le dirigeant a en
ligne de mire l’objectif des 200 mil-
Cycliste chevronné, Pierre
Regnier imaginait un système
de tracker, à l’instar des valises
connectées, pour retrouver son
vélo en cas de perte ou de vol.
Mais le Wink Bar, le guidon connecté conçu par ce jeune ingénieur et ses associés, qui ont
fondé la société nantaise Velco,
intègre bien d’autres fonctionnalités. Il emporte un éclairage
puissant et bilatéral et, surtout,
un système de guidage. Selon
un parcours établi, via une
interface GPS développée en
interne, le guidon s’allume à
droite ou à gauche, montrant la
voie à suivre. Tout fonctionne
lions d’euros de chiffre d’affaires
d’ici à cinq ans.
La PME, qui réalise 75 % de son
chiffre d’affaires à l’export, devrait
s’appuyer sur des marchés en croissance, qu’il s’agisse des huiles pour
shampoings et crèmes hydratantes,
des gélules contenant des huiles de
poisson riches en oméga 3 ou
encore les huiles de spécialités
(noix, noisette, olive…). Olvea va,
par ailleurs, partir à la conquête de
« marchés premium », avec des produits issus de filières équitables,
offrant une « traçabilité complète et
une qualité sanitaire élevée ». n
Coriolis met ses forces dans le composite
Le fabricant de têtes
de robot pour la
production de pièces
en composites pour
l’aéronautique
reprend MF Tech.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Coriolis a fait ses comptes. Plus
d’une soixantaine de ses têtes
de robot dédiées à la fabrication
de pièces en composites fonctionnent dans différentes usines en
France et à l’étranger. A Nantes, Airbus utilise les technologies de
ENTREPRENDRE
Coriolis pour la fabrication de pièces de fuselage en composites pour
les appareils de type A350. La légèreté de ces matériaux contribue à
limiter la consommation de carburant. L’entreprise bretonne installée à Lorient (Morbihan) réalise un
chiffre d’affaires annuel de 25 millions d’euros et emploie 170 collaborateurs.
Afin d’élargir ses compétences dans
le composite et aborder de nouveaux marchés, elle vient d’effectuer une première croissance
externe avec la reprise de MF Tech,
implanté à Argentan (Orne). Composée d’une vingtaine de collaborateurs, cette société, qui réalise plus
de 2 millions d’euros de chiffre
d’affaires, s’est fait connaître dans le
secteur de l’enroulement filamen-
taire robotisé, un savoir-faire calqué sur le modèle du filage du ver à
soie. Cette technologie est utilisée
notamment dans l’automobile, un
créneau où Coriolis a bien l’intention de se renforcer en s’appuyant
sur les compétences de sa nouvelle
filiale.
A ce jour, MF Tech intervient
pour la fabrication de réservoirs en
composites pouvant contenir de
z
CORIOLIS
LA FICHE D’IDENTITÉ
Chiffre d’affaires :
25 millions d’euros
Effectif : 170 collaborateurs
R&D : 16 % du chiffre d’affaires
l’hydrogène. D’autres applications
sont à l’étude, notamment pour la
fabrication de châssis.
Intérêts en Chine
Coriolis, qui consacre 16 % de son
chiffre d’affaires à la R&D, entend
poursuivre son développement
dans l’aéronautique, qui lui permet
de réaliser une croissance annuelle
de plus de 10 %. L’entreprise, dirigée
par Clémentine Gallet, vient
d’ouvrir une filiale commerciale
aux Etats-Unis, à Seattle. Coriolis a
créé une filiale en Chine, à Shanghai. Elle s’intéresse de près aux
projets de ce pays en matière d’aéronautique et de création d’avions
gros-porteurs. A plus long terme, la
PME vise le secteur des énergies
marines. n
avec la
YOUR-COMICS :
LA CRÉATIVITÉ AU SERVICE
D’UNE COMMUNICATION
DISRUPTIVE
Créée en 2014, Your-Comics est une agence de
communication parisienne, spécialisée dans le
storytelling et la conception graphique. « Dans
un monde marqué par l’infobésité, c’est-à-dire la
surcharge informationnelle, l’impact des messages
diffusés a tendances à se diluer énormément »,
analyse Danyl Hassim, co-fondateur de l’activité.
« Aujourd’hui, pour obtenir un meilleur taux de mémorisation, il faut trouver des manières plus originales
de communiquer ». Sortir des sentiers battus et jouer
la carte de la créativité – pour être vu, lu et entendu.
« Notre mission consiste à expliquer de manière simple
des notions complexes », poursuit-il.
« Pour cela, nous nous appuyons non seulement sur
le storytelling, mais aussi sur un univers graphique
original ». Vidéos animées, bandes dessinées, infographies, présentations interactives... Force est de
constater que la jeune agence a bien plus d’une corde
à son arc pour aider ses clients à sortir du lot.
UN VRAI RÉSEAU DE COMPÉTENCES
Une approche qui n’est pas passée inaperçue, bien
au contraire ! À ce jour, Your-Comics compte pas
moins d’une centaine de clients, dont de nombreuses
entreprises multinatio nales. De quoi se projeter déjà
plus loin ! « Les marchés étrangers font partie de
nos grands axes de développement pour les années
à venir », explique Danyl Hassim. « En parallèle, nous
retravaillons toujours notre offre pour suivre l’évolution
technologique, notamment dans les domaines phares
Entrepreneurs, la CCI Paris Ile-de-France vous accompagne dans le développement de votre entreprise : entreprises.cci-paris-idf.fr
Foamous lance
le premier parfum sous
forme de mousse
comme l’intelligence artificielle ou encore la réalité
augmentée ». Autant de challenges pour la jeune
agence, domiciliée à la pépinière d’entreprises Paris
Soleillet, gérée par la CCI Paris Ile-de-France. « Le
fait d’être à Paris Soleillet nous permet d’échanger
avec d’autres start-up, issues de secteurs d’activité
diversifiés », ajoute-t-il. « Sans oublier l’appui de experts
de la CCI et les nombreuses conférences proposées
sur des thématiques telles que le recrutement, le développement international ou
encore le référencement sur le
web ». Un atout de taille, selon
Danyl Hassim. « Au-delà des
infrastructures, Paris Soleillet
nous offre aussi un vrai réseau
de compétences », conclut-il. Danyl Hassim (à gauche)
« Un avantage certain pour Shayan Remtoulah (à droite)
co-fondateurs de l’agence
faire avancer nos projets ! ».
DR
BRETAGNE
via l’application Wink, avec un
panel de ser vices comme
le Velco Tour, qui signale au
touriste, par un clignotement,
les points d’intérêt tout en proposant le contenu correspondant sur smartphone. Une
fonction Velco Delivery a été
développée spécifiquement
pour les livreurs, dont ceux de
La Poste ou de Deliveroo. Et aux
gestionnaires de flotte, tels
JCDecaux, Transdev ou Keolis,
est proposé le système spécifique Velco City. Quant au guidon, « il est à 95 % made in
France, fabriqué par un réseau
de partenaires industriels de
l’ouest de la France », précise
Pierre Regnier. Il est disponible
en version VTT et urbain.
Maintes fois primé, ce guidon est pour l’instant commercialisé via des grossistes et en
première monte auprès des
industriels, comme Peugeot ou
Arcade. Pour le grand public, il
sera accessible en 2019 au prix
de 279 euros. L’entreprise prévoit de vendre 3.000 guidons
dès cette année pour un chiffre
d’affaires de 500.000 euros,
puis 10.000 l’an prochain. Pour
soutenir cet élan, renforcer son
effectif et s’imposer à l’international, Velco, qui a déjà levé un
demi-million en 2017, vient de
mobiliser 3 millions supplémentaires. Ce nouveau tour de
table réunit Go Capital, 3CIE,
Pays de la Loire Participations,
Naeil Venture, Mirai Venture,
Paris Business Angels et un
« family office » vendéen. n
L’IDÉE
FOAMOUS
Date de création : 2018
Fondateurs : Christiane
et Stéphane Varak
Effectif : 2 personnes
Secteur : parfumerie
Christiane Navas
— Correspondante à Nice
La difficulté d’innover en parfumerie n’a pas découragé Stéphane et Christiane Varak, qui
viennent de lancer Foamous.
C’est le premier parfum sous
forme de mousse, dont la marque est déposée et protégée.
« Plutôt que de miser sur de nouvelles fragrances, nous avons
cherché à renouveler le geste avec
une mousse aux vertus hydratantes et rémanentes », expliquentils. S’affichant vegan, elle contient très peu d’alcool (3 %) et ses
effluves résistent plus longtemps qu’une eau de toilette classique. Les deux créateurs, issus
de l’univers du luxe, ont travaillé
deux ans à sa mise au point avec
l’aide de chimistes et de parfumeurs grassois pour les essences. Foamous cible les jeunes
générations, au féminin comme
au masculin, en quête de nouveautés.
Douze références avec un
packaging vintage sont disponibles et le succès, avec un prix
inférieur à 20 euros, est déjà au
rendez-vous. Koicc, grand distributeur de produits cosmétiques en Corée, rencontré lors du
Tax Free 2017 à Cannes, propose
Foamous sur 200 points de
vente. Sephora distribue cette
mousse de parfum au Brésil et a
fait un premier test sur le marché français. Chupa Chups a
proposé un cobranding à la
start-up azuréenne pour créer
quatre références fruitées qui
ciblent les 10-12 ans avec une distribution qui démarrera en 2019
sur les grandes et moyennes
surfaces. Stéphane et Christiane
Varak, qui ont autofinancé les
premiers pas de leur entreprise,
sont aujourd’hui courtisés par
des fonds d’investissement prêts
à soutenir leur phase de développement. Accompagné par
l’accélérateur Village By CA de
Sophia, labellisé French Tech,
Foamous travaille avec les équipes du CNRS, à Grasse, pour
améliorer les propriétés de sa
mousse et a noué un partenariat
avec l’Edhec pour peaufiner le
marketing. Leur carnet de rendez-vous est bien rempli pour le
prochain Tax Free, en octobre à
Cannes. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
FINANCE
&MARCHES
LA BOURSE DE TÉHÉRAN
CLÔTURE À SON PLUS HAUT
NIVEAU
La Bourse de Téhéran a terminé
à un niveau jamais atteint depuis
son ouverture en 1967, après cinq
jours consécutifs de gains. La
hausse des cours depuis trois mois
a été provoquée par les revenus
croissants des exportations
de l’industrie pétrochimique et
des sociétés produisant des métaux
de base, dopés par la chute du rial
iranien face au dollar.
les
indices
INTERVIEW // LAURENT MIGNON Président du directoire de BPCE
« Notre enjeu
de développement
doit être européen »
l Laurent Mignon préside le groupe BPCE depuis trois
mois et donne sa première interview aux « Echos ».
l Il détaille ses priorités stratégiques pour le groupe et
affirme qu’il ne lancera pas la néobanque Fidor en France.
Propos recueillis par
Sharon Wajsbrot,
Thibaut Madelin
et Guillaume Maujean
Vous avez pris la présidence
de BPCE il y a trois mois.
Quelles sont vos priorités ?
Je voudrais dire que je suis à la tête
d’un groupe en forme, dynamique,
grâce à son ancrage remarquable
dans les territoires et à ses collaborateurs compétents et engagés. Je crois
à la force du modèle décentralisé et
proche du terrain de BPCE. Le
groupe ne va pas annoncer de changement de cap, celui-là a été fixé il y a
dix-huit mois dans le plan TEC 2020.
C’est dans ce cadre que nous allons
œuvrer jusqu’en 2020. Ce sera notre
colonne vertébrale, tout comme le
plan stratégique de Natixis. Ce qui est
très important pour moi qui arrive à
la présidence de BPCE, c’est de placer
la banque de proximité au cœur de
mon action. Cela veut dire développer ce métier mais aussi chercher à le
rendre plus efficace, ainsi que
l’ensemble de notre organisation.
Pour cela, nous allons continuer à
investir dans le digital et dans nos
outils informatiques. Nous voulons
continuer à développer notre
modèle de banque de proximité
décentralisé avec les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne, mais
aussi apporter plus de simplification
et plus d’agilité. Parmi mes priorités,
nous devons régler certains sujets
structurels, c’est ainsi que nous avons
lancé le projet de redéploiement des
métiers du Crédit Foncier dans
l’ensemble de nos réseaux. Cette opération, comme la succession de la
gouvernance de BPCE menée en juin
dernier, attestent de la maturité du
groupe, dix ans après sa création.
Vous venez d’annoncer
une autre opération majeure
en transférant certains
métiers de financement
de Natixis à BPCE SA.
Pourquoi engager une telle
opérationà 2,7 milliards
d’euros ?
En rapprochant ces métiers, on
gagnerait en efficacité pour nos
clients et cela fait partie de nos objectifs prioritaires. D’une part, avec le
numérique notamment, on
s’aperçoit qu’il y a de plus en plus de
synergies entre les métiers de
financement spécialisés et ceux de
la banque de détail par exemple
dans l’informatique, mais aussi
dans nos offres. Quand nous
construisons un parcours digital de
crédit immobilier, il nous faut
inclure d’autres métiers, comme la
caution par exemple.
« On ne se rêve pas
néobanque ni banque
intégrée. »
« Notre force est
d’être une banque
décentralisée et
proche de ses clients. »
Ce projet donne d’autre part à
Natixis la capacité de renforcer son
modèle peu consommateur de capital. Elle renforce sa solvabilité en
portant son ratio de fonds propres à
11 %, soit l’objectif fixé à fin 2020 et lui
donne des marges de manœuvre
pour faire des acquisitions. Le
groupe a décidé, à l’occasion de ce
projet, de soutenir les initiatives de
développement de Natixis jusqu’à
2,5 milliards d’euros, contre 1 milliard d’euros prévu initialement sur
la durée de notre plan.
Pour simplifier le groupe,
souhaitez-vous accélérer les
fusions de Caisses d’Epargne
et de Banques Populaires ?
Nous avons fait beaucoup en la
matière. Aujourd’hui, l’essentiel a
été fait et si l’on va plus loin nous
risquons de perdre en proximité, or
c’est le fondement de notre modèle.
On ne se rêve pas néobanque ni
banque intégrée. Notre force est
d’être une banque décentralisée et
proche de ses clients. Il ne faut pas
copier ce qui se fait ailleurs. Les évolutions que nous menons doivent
être adaptées à chaque territoire. Il
en va de même pour l’évolution de
nos réseaux d’agences. Il faut que
chaque banque régionale puisse
avoir de la souplesse. Ce qui
m’importe, c’est la capacité de nos
agences à se développer commercialement. Notre enjeu est donc
d’apporter aux Banques Populaires
et aux Caisses d’Epargne les
meilleurs outils informatiques et
digitaux pour le faire.
Quelle place a votre
néobanque Fidor dans
cet écosystème ?
Fidor est une belle société que nous
avons acquise il y a presque deux
ans, avec une activité B to C qui se
développe bien et qui compte près de
230.000 clients en Allemagne. Elle a
aussi une activité B to B, qui propose
des services pour d’autres acteurs.
Ce qui m’intéresse fondamentalement, c’est son activité B to C. Je suis
en train de travailler avec les équipes
pour déterminer comment intégrer
Fidor dans notre stratégie. Pour le
moment, on ne l’a probablement pas
suffisamment bien fait. Cette société
a vécu un peu à côté du groupe. Notre
enjeu de développement doit être
européen et Fidor peut nous servir
d’aiguillon. C’est une piste parmi
d’autres.
Vous ne lancerez donc pas
Fidor en France ?
Non, on ne lancera pas Fidor en
France. Je crois plus à ce qu’on fait
en lançant une offre mobile comme
Enjoy qu’en lançant une énième
néobanque. Il y en a déjà assez. Ma
priorité est de savoir si nous
pouvons avoir une stratégie européenne avec cette plate-forme. On y
arrivera ou pas, mais essayons d’en
faire un atout. C’est forcément une
Pour Laurent Mignon, « il y a de plus en plus de synergies entre les métiers de financement
spécialisés et ceux de la banque de détail ». Photo Bruno Delessard/Challenges-RÉA
réflexion d’investissement. Une
banque comme cela n’est pas rentable la première année.
« Nous avons encore
une présence
en banque de détail
en Afrique. [...]
Nous avançons dans
l’hypothèse d’un
désengagement. »
Pourriez-vous inviter
des partenaires ?
L’étude est en cours. J’ai demandé
à un membre du comité de direction générale de BPCE, Jean-Yves
Forel, de se consacrer à cela. Audelà du cas particulier de Fidor,
quand on réfléchit en tant que
groupe, on observe qu’il y a un
développement de la pratique
bancaire qui va converger en
Europe. Il y a une Europe des paiements qui se consolide. Nous pouvons créer, également, autour des
métiers de services financiers, des
acteurs qui vont être présents sur
plusieurs pays. C’est un projet à
plus long terme.
Qu’en est-il de vos autres
activités internationales ?
Nous avons encore une présence
en banque de détail en Afrique
qui fait actuellement l’objet de
réflexions approfondies. Nous
avançons dans l’hypothèse d’un
désengagement. Nous pensons
que nos banques, même si elles
ne correspondent plus à notre
stratégie, sont de belles banques
qui peuvent intéresser de potentiels acquéreurs. Nous sommes
sur la bonne voie.
En tant qu’actionnaire de CNP
Assurances comment percevezvous le rapprochement engagé
avec La Banque Postale ?
Le groupe BPCE est un actionnaire
historique significatif de CNP,
membre des pactes d’actionnaires
actuellement en place. BPCE est
également un membre du conseil
d’administration de CNP. Il en est
un partenaire industriel important
ainsi que de La Banque Postale.
Dans ce cadre, nous souhaitons
analyser la situation de manière
approfondie et constructive, dans le
respect de nos intérêts patrimoniaux et stratégiques.
Souhaitez-vous céder
cette participation ?
Ce n’est pas une participation
stratégique. Nous sommes attentifs
à l’avenir de nos liens avec nos
partenaires historiques. n
27 et 28 septembre 2018
Centre de Congrès de Lyon
Le point de repère des professionnels du patrimoine
Rejoignez-nous à la Convention Patrimonia et trouvez des solutions clés en main, des informations
pour mettre à jour vos connaissances et de l’inspiration pour préparer votre métier de demain !
INSCRIPTION SUR
www.patrimonia.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // FINANCE & MARCHES
Les paiements
par carte accélèrent
en Europe
PAIEMENT
En 2017, les paiements par carte
ont représenté 52 %
des transactions
réalisées autrement
qu’avec des espèces
dans l’Union
européenne.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Les paiements réalisés sans
billets ou pièces sont toujours
plus prisés en Europe. L’an
dernier le nombre total de paiements scripturaux (par carte,
virement, prélèvement, chèque, etc.) réalisé dans l’Union
européenne (UE) a progressé
de près de 8 % pour atteindre
134 milliards, selon les données
publiées par la Banque centrale
européenne (BCE) vendredi.
Les Européens ont plus que
jamais recours aux cartes pour
effectuer leurs transactions. Les
paiements par carte ont bondi
de plus de 11 % en 2017 pour
représenter plus de la moitié
des paiements scripturaux
(52 %), contre 37 % il y a dix ans.
Cet engouement pour les cartes
s’explique notamment par
l’essor du commerce en ligne. Il
pourrait se confirmer dans les
prochaines années, du fait de la
diffusion de solutions comme le
paiement sans contact ou les
portefeuilles électroniques.
Ceux-ci permettent d’effectuer
rapidement des paiements sur
Internet sans avoir à saisir systématiquement son numéro de
carte bancaire. A l’inverse, les
cartes bancaires pourraient
être concurrencées par le développement du virement instantané. Il existe encore de grandes
disparités au sein de l’UE dans
l’usage des cartes. Celles-ci ont
permis près de 55 % des paiements scripturaux en France en
2017 et sont très utilisées au
Royaume-Uni, en Scandinavie
ou dans les pays baltes. Mais
elles ne représentaient que 21 %
du nombre total des paiements
étudiés en Allemagne.
Le cash résiste
Le nombre de virements et de
prélèvements continue aussi de
progresser, cependant moins
vite que les paiements par carte.
En 2017, ceux-là représentaient
respectivement 24 % et 19 % des
paiements scripturaux. Ces chiffres ne doivent pas faire oublier
que l’argent liquide reste encore
très utilisé dans la zone euro. Fin
2017, une étude de la BCE a montré que près de 80 % des transactions « sur le point de vente »,
c’est-à-dire dans les magasins, y
sont réalisées en espèces. n
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
Brexit sans accord : la Banque
d’Angleterre tire le signal d’alarme
Selon le gouverneur
de la Banque d’Angleterre, en cas de Brexit
sans accord, les prix
de l’immobilier pourraient chuter de 25 à
35 % sur trois ans.
La hausse des taux
des crédits immobiliers provoquerait
un effondrement
du marché.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
A deux jours de l’anniversaire de la
faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, l’image a
dû frapper les esprits. Invité jeudi à
« briefer » le gouvernement de
Theresa May sur les conséquences
d’un Brexit qui se ferait sans accord
de divorce à l’amiable avec Bruxelles, le gouverneur de la Banque
d’Angleterre, Mark Carney, leur a
tout simplement expliqué qu’un tel
scénario pourrait, s’il se produisait,
être aussi désastreux pour l’économie britannique… que la crise
financière de 2008.
Selon le Canadien, les prix de
l’immobilier pourraient ainsi
ANNLEGALECH
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Commune de Saint-Ouen (93400)
RAPPEL - AVIS D’ENQUETE PUBLIQUE UNIQUE
Demande de Permis de Construire n° 093.070.17.A0045
Projet de construction d’un ensemble immobilier tertiaire avec commerce et parc
de stationnement situé au 27/31 rue de Clichy
Par arrêté n° AR 18/569 en date du 18 juillet 2018, le Maire de la Commune de Saint-Ouen a ordonné, l'ouverture de
l'enquête publique préalable à la délivrance d’un permis de construire sis 27/31 Rue de Clichy à Saint-Ouen.
Le projet représente la construction d’une surface de plancher de 44 000 m² et a fait l’objet d’une étude d’impact soumise
à la procédure d’une enquête publique au titre de la rubrique 39 de l’annexe de l’article R 122-2 du code de l’environnement
et nécessitant une dérogation pour perturbation d’individus, déplacement d’espèces, au titre de l’article L411-2 du code de
l’environnement.
Cette enquête publique a pour objet la demande de permis de construire n° PC 093.070.17.A0045 déposée le 30 novembre
2017 par la SCCV SAINT-OUEN V2 – V3 relatif au projet de construction d’un ensemble immobilier tertiaire à usage de bureaux
comprenant également une coque vide de commerce, un restaurant d’entreprise, un auditorium ainsi que du stationnement en
sous-sol.
Une étude d’impact a été réalisée dans le cadre de ce projet et annexée à la demande de permis de construire. Elle a fait
l’objet d’une absence d’observation de l’autorité environnementale en date du 22 février 2018.
Par décision n° E18000015/93 en date du 11 juin 2018, le premier vice-président du Tribunal Administratif de Montreuil a
désigné Monsieur Jean-François BIECHLER en qualité de commissaire-enquêteur.
L'enquête publique se déroulera pendant 32 jours du mardi 11 septembre 2018 à 8h30 au vendredi
12 octobre 2018 à 17h30 à l’Unité Territoriale Droit des Sols de Saint-Ouen - Centre Administratif Fernand
Lefort 3éme étage - 6, place de la République - 93400 Saint-Ouen (siège de l’enquête) aux jours et heures habituels d'ouverture
(du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h00, sauf le jeudi matin, et le samedi de 08h30 à 12h00). Les bureaux
sont fermés les jeudis matins samedis après-midi, les dimanches et jours fériés.
Le commissaire enquêteur recevra en personne les observations du public au Centre Administratif Fernand Lefort – Unité
Territoriale Droit des Sols - 06 place de la République 93400 Saint-Ouen les jours suivants :
Mardi
11 septembre 2018 de 8h30 à 12h00,
Mercredi
3 octobre
2018 de 9h00 à 12h00,
Samedi
22 septembre 2018 de 9h00 à 12h00,
Vendredi 12 octobre
2018 de 14h30 à 17h30.
Jeudi
27 septembre 2018 de 14h30 à 17h30,
Pendant la durée de l'enquête, les observations, propositions sur le projet pourront être consignées sur le registre d'enquête
prévu à cet effet au Centre Administratif UT Droit des Sols. Elles peuvent également être adressées par écrit à l’attention du
commissaire enquêteur à l’adresse de la Mairie de Saint-Ouen - 7, place de la République - 93406 Saint-Ouen Cedex.
Le dossier d’enquête publique sera disponible en consultation sur le site internet dédié et sécurisé à l’adresse suivante :
http://zac-des-docks-v3-saint-ouen.enquetepublique.net
Ce site sera également accessible à partir d’un lien mis en place sur le site de la Ville de Saint-Ouen dont l’adresse est :
http://www.saint-ouen.fr.
Pendant toute la durée de l’enquête publique, des observations et propositions pourront être déposées par voie électronique
sur le registre dématérialisé ouvert à cet effet sur le site de l’enquête à l’adresse susvisée ou envoyées par voie électronique à
l’adresse suivante : zac-des-docks-v3-saint-ouen@enquetepublique.net
Les remarques faites par tous moyens et réceptionnées avant le mardi 11 septembre 2018 à 8h30 et/ou après le vendredi
12 octobre 2018 à 17h30 ne seront pas prises en considération.
Afin de permettre un accès au dossier d’enquête sous forme numérique, un poste informatique sera mis à disposition à l’Unité
Territoriale Droit des Sols pendant toute la durée de l’enquête publique aux heures et jours d’ouvertures habituels du Centre
Administratif.
Toute personne pourra, sur sa demande et à ses frais, obtenir copie du dossier d’enquête publique auprès de l’Unité
Territoriale Droit des Sols dès la publication du présent avis.
Le dossier d’étude d’impact et l’avis de l’Autorité Environnementale seront consultables sur le site de la Ville de Saint-Ouen
dès publication du présent avis.
A compter de l’ouverture de l’enquête publique, des informations sur le dossier soumis à enquête peuvent être demandées
auprès de l’Unité Territoriale Droit des Sols (tel : 01.71.86.30.63 / 01.71.86.30.64) pour les questions administratives ou auprès
de Monsieur Antonin DURET, BNP PARIBAS REAL ESTATE, 01.55.65.27.28 ou antonin.duret@realestate.bnpparibas pour les
questions techniques relatives au projet et/ou à l’étude d’impact.
A l'expiration du délai d'enquête, le registre sera clos et signé par le commissaire-enquêteur qui disposera d'un délai d'un
mois pour transmettre au Maire le dossier avec son rapport et ses conclusions motivées.
Le commissaire notifiera au Maître d’Ouvrage, dans les 8 jours suivants la fin de l’enquête, un procès-verbal de synthèse
comportant les observations et propositions du public. Ce dernier disposera d’un délai de 15 jours pour transmettre au
commissaire enquêteur son éventuel mémoire en réponse.
Le rapport et les conclusions du Commissaire Enquêteur seront tenus à disposition du public pendant un an au Centre
Administratif Fernand Lefort – Unité Territoriale Droit des Sols.
Le rapport et les conclusions du commissaire-enquêteur seront également mis en ligne sur le site de la Ville de Saint-Ouen.
Une copie sera transmise au Président du Tribunal Administratif de Montreuil.
A l'issue de la procédure et après réception du rapport et des conclusions du commissaire enquêteur, le permis de construire
pourra être délivré par Monsieur le Maire conformément à l’article R 423-57 du code de l’urbanisme.
Cet avis sera publié en Mairie et dans deux journaux diffusés dans le département au moins 15 jours avant le début de
l’enquête. Un second avis paraîtra dans les huit premiers jours de l’enquête. Il sera également affiché sur les panneaux
administratifs de la ville et sur les lieux du projet et mis en ligne sur le site internet de la ville.
Le Maire
William DELANNOY
EP18-295
enquête-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
vier 2020) est connu – et détesté des
« hard Brexiters » – pour publier
régulièrement des prévisions particulièrement sombres sur les conséquences du Brexit. Mais alors qu’à
six mois seulement de la sortie de
l’UE, le Royaume-Uni peine à
trouver un accord avec Bruxelles, le
gouvernement de Theresa May ne
peut qu’être attentif à la voix et à
l’expertise de la Banque d’Angleterre. En cas d’accord avec Bruxelles qui se ferait sur la base du plan
de « Chequers » poussé par Theresa May, Mark Carney aurait en
revanche promis, selon le « Financial Times », un rebond de l’économie britannique de 16 milliards de
livres.
CONJONCTURE
Un scénario envisagé
lors des tests de résistance
Selon Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, un Brexit
sans accord pourrait être aussi désastreux pour l’économie
britannique que la crise financière de 2008. Photo Daniel Leal-Olivas/AFP
chuter de 25 à 35 % sur trois ans,
la hausse des taux des crédits
immob iliers provo quant un
effondrement du marché. Soulignant qu’en l’absence d’accord, le
transport aérien et ferroviaire
entre le Royaume-Uni et l’Union
européenne serait automatiquement bloqué, Mark Carney a aussi
prévenu que le taux de chômage
passerait, dans un tel cas de
figure, de 4 % aujourd’hui à plus
de 10 %.
La crise de 2008 dans toutes
les mémoires
De quoi faire réfléchir les ministres
autour de la table sur les conséquences d’un échec des négociations avec Bruxelles. « Il n’a pas dit
que tout cela allait se produire », a
tempéré un ministre cité, sans
préciser son nom, par « The Guardian ». « Mais tout le monde est
d’accord sur le fait qu’il faut tenir
compte du scénario du pire », s’est-il
empressé d’ajouter.
Le gouvernement conservateur de Theresa May n’a sans
doute pas envie de revivre les
affres d’un krach immobilier et
d’une crise économique aussi
grave que la crise des « subprimes » en 2008. Le contribuable
britannique non plus. Rien que
pour sauver Royal Bank of Scotland de la faillite, l’Etat avait dû
injecter 45,5 milliards de livres
au plus fort de la crise financière
– ce qui fut à l’époque le plus gros
sauvetage bancaire de la planète.
Mark Carney (dont le mandat
vient d’être prolongé jusqu’en jan-
–5%
DANS L’IMMOBILIER
LONDONIEN
Les prix de l’immobilier
londonien – dans le segment
des biens à plus de 1 million
de livres – ont connu une baisse
par rapport à leur plus haut
de 2015.
La banque centrale avait soumis
l’an dernier les banques du pays à
des tests de résistance (« stress
tests ») où elles étaient confrontées
à un scénario où les prix immobiliers chutaient précipitamment de
33 %. Dans un tel cas de figure, elle
avait conclu que les banques britanniques auraient les reins suffisamment solides pour continuer à prêter à l’économie. Mais qu’elles
perdraient 50 milliards de livres
avant impôts sur les deux premières années.
En renforçant le climat d’incertitude, le Brexit a déjà pesé sur le
volume des transactions immobilières outre-Manche. Le prix
des maisons, notamment à
Londres, n’augmente plus. Ce ralentissement a mis en difficulté le plus
grand groupe d’agences immobilières au Royaume-Uni, le britannique Countrywide, propriétaire
des enseignes John D Wood et
Hamptons.
A la fois sous l’effet du Brexit et
d’une évolution de la fiscalité, les
prix sur le segment des biens londoniens à plus d’un million de livres
ont baissé, en moyenne, d’environ
5 % par rapport au plus haut de
2015. « C’est à la fois beaucoup et très
peu, vu l’augmentation de 10 % par
an en moyenne lissée sur vingt ans
observée à Londres jusqu’en 2015 »,
explique Christophe Chambon,
directeur de l’agence immobilière
French Touch Properties. n
AMF : un journaliste
poursuivi pour délit d’initié
RÉGLEMENTATION
Le juge de l’AMF
va devoir décider
si la publication d’un
article à venir peut
être constitutive
d’une information
privilégiée ou non.
Laurence Boisseau
@boisseaul
L’affaire est inédite. Vendredi, pour
la première fois, un journaliste a dû
s’expliquer devant la Commission
des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour des
manquements d’initiés commis
entre 2011 et 2012.
Le journaliste (britannique et,
aujourd’hui, retraité) travaillait
pour le « Daily Mail ». Il rédigeait
une lettre financière quotidienne
publiée sur le site Web du journal.
Il a été auditionné avec six autres
Britanniques. Il lui est reproché
d’avoir transmis des « informations privilégiées » à différents
contacts financiers et sources,
ainsi prévenus de la teneur de ses
rapports avant leur publication
dans sa lettre. Les autres mis en
cause ont été convoqués, soit pour
avoir transmis des informations
privilégiées soit pour les avoir utilisées, voire pour les deux.
Selon le Collège de l’AMF (l’équivalent du procureur), il y avait un mode
opératoire particulièrement bien
rodé : certains des mis en cause
auraient alerté le journaliste de
rumeurs de marché. Au cours des
discussions, ce dernier aurait précisé
s’il écrivait ou non sur ces rumeurs et
aussi quand il publierait. Selon le cas,
les sources transmettaient alors
cette information à d’autres ou l’utilisaient pour leur propre compte en
achetant des « spread bets », des instruments financiers proches des
CFD (« Contract for Differences »,
produits dérivés), puis en les revendant par la suite.
Analyse ou information
privilégiée
« Je ne leur ai jamais indiqué ce que
j’allais écrire, mais je les remerciais
de m’avoir transmis des rumeurs », a
assuré le journaliste. « Seuls mes
supérieurs hiérarchiques étaient au
courant. Ce n’était pas mon rôle de
savoir ce que mes contacts allaient
faire ensuite », s’est-il défendu,
faisant également valoir pour sa
défense sa notoriété construite au
cours de quarante ans de carrière.
« C’est la lecture personnelle d’un
journaliste qui veut relayer à ses
lecteurs son analyse du marché », a
indiqué son avocate Géraldine
Roch. « Une analyse ne saurait constituer une information privilégiée, la
jurisprudence est fournie sur le sujet.
Il me semble donc impossible de
conclure qu’une publication est une
information privilégiée. »
Parmi les rumeurs qui ont
circulé, celle d’une possible OPA
(offre publique d’achat) de LVMH
sur Hermès à 350 euros, soit une
prime de 86 % sur le cours du jour,
ou bien d’une offre d’achat à
19 euros sur la société pétrolière
Maurel & Prom. Le journaliste
aurait également fait état de plusieurs marques d’intérêt sur
Arkema.
Si « les manquements ne paraissent pas constitués » à l’encontre du
journaliste, selon la rapporteure de
la Commission des sanctions, la
représentante du Collège de l’AMF
(procureure) a demandé aux membres de la commission (juges) d’établir sa responsabilité en vue de le
sanctionner ou non. Elle a réclamé
des sanctions s’étalant entre
20.000 et 175.000 euros contre
quatre des mis en cause, qui ont tiré
des avantages compris entre
13.440 euros et 38.000 euros. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
Nasdaq OMX frappé par une perte
de trading de 100 millions d’euros
LA SÉANCE DU 14 SEPTEMBRE 2018
l Les pertes d’un milliardaire norvégien sur le marché de l’énergie ont forcé
le Nasdaq OMX à activer le fonds de défaut de sa chambre de compensation…
l L’opérateur boursier a dû utiliser 7 millions d’euros de ses fonds propres.
La Bourse de
Paris reprend
le chemin
de la hausse
BOURSE
Guillaume Benoit
@gb_eco
Bien malgré lui, l’opérateur boursier
Nasdaq OMX a apporté une contribution remarquée à l’anniversaire
de la chute de Lehman Brothers.
Une perte de trading a généré un
trou de plus de 100 millions d’euros
sur le marché nordique de l’énergie.
Le Nasdaq a dû activer une grande
partie du fonds commun de défaut
de sa chambre de compensation
pour faire face à cet accident.
L’événement est rarissime sur
cette Bourse où s’échangent notamment des contrats à terme sur l’électricité en Allemagne et en Scandinavie. « Il s’agit principalement de
permettre aux entreprises ayant des
besoins prévisibles en électricité, par
exemple, de se couvrir auprès de négociants, en fixant un prix à l’avance,
explique Antoine Pertriaux, chez
Cognizant. On y trouve aussi des banques, qui jouent un rôle de teneur de
marché, et apportent de la liquidité en
spéculant sur les contrats. »
Parmi ces apporteurs de liquidité, on trouve également des traders individuels. Et en particulier
un milliardaire norvégien, Einar
Aas. Intervenant aguerri, avec près
de vingt ans d’expérience, il est un
pilier du marché nordique de
l’énergie. Mais cette fois-ci, il a vu
trop grand. Il a pris une position
démesurée par rapport à la liquidité du marché, reposant sur un
pari qui s’est révélé perdant. Il
comptait sur un resserrement de
Bourse de Paris a terminé
•enLahausse
vendredi, profitant
d’une éclaircie en matière commerciale pour regagner une
partie du terrain perdu la
semaine passée. Washington et
Pékin se sont dit prêts à reprendre le dialogue pour éviter une
escalade dans la guerre commerciale les opposant, qui commence à faire souffrir les entreprises américaines implantées
chez le grand rival asiatique. Le
CAC 40 a donc gagné 0,46 % et
clôturé à 5.352,57 points, dans
un volume d’échanges de 3 milliards d’euros. Sur la semaine, il
s’est apprécié de 1,91 %. Ses
gains depuis le début de l’année
s’élèvent à 0,75 %.
A la Bourse de Stockholm s’échangent notamment des contrats à terme sur l’électricité
consommée en Allemagne et en Scandinavie. Photo Ludovic/RÉA
l’écart de prix entre l’électricité
produite en Scandinavie et celle
produite en Allemagne. Mais c’est
l’inverse qui s’est produit. La différence entre les deux a même atteint
17 fois sa valeur moyenne.
Liquidation
du portefeuille
Une catastrophe pour Einar Aas qui
a dû faire face à une hausse des
marges exigées par la chambre de
compensation de Nasdaq OMX.
« Les transactions sur ce marché sont
compensées, c’est-à-dire que la “clearing house” s’intercale entre le
vendeur et l’acheteur, décrit Antoine
Pertriaux. Tous les jours, elle évalue le
prix des positions qu’elle garantit et
réalise des appels de marge pour couvrir son propre risque. » Le trader a
eu beau mobiliser ses dernières
liquidités, 36 millions d’euros, selon
ses dires, cela n’a pas suffi. Pas plus
que sa propre contribution au fonds
de défaut de la chambre de compensation. Nasdaq OMX a donc dû
ponctionner les contributions des
autres acteurs pour un total de
107 millions d’euros, soit près des
deux tiers du fonds de défaut, et
engager 7 millions d’euros de ses
fonds propres.
Einar Aas, lui, a été exclu de la
Bourse. Les autres intervenants
devront réalimenter le fonds dès ce
lundi. Et Nasdaq va créer une
nouvelle réserve de fonds propres
destiné à couvrir les risques de sa
chambre de compensation. « Les
différents mécanismes de sécurité ont
bien fonctionné, évitant ainsi des
défauts en chaîne, mais il faut se
demander comment un seul participant de la sphère privée a pu créer une
situation potentiellement aussi dangereuse », souligne Antoine Pertriaux. Le régulateur suédois a
ouvert une enquête.
Depuis la crise, la concentration
des risques au sein des chambres de
compensation préoccupe les autorités de marchés. L’an dernier, le gendarme européen (ESMA) leur a
imposé de simuler des chocs extrêmes. Résultat du test : le système
dans son ensemble paraît résister. n
en bref
Credit Suisse vise un bénéfice annuel de
5 à 6 milliards de francs en 2019 et 2020
BANQUE Credit Suisse estime « réaliste » de dégager un bénéfice
annuel avant impôts de 5 à 6 milliards de francs suisses (4,44 à
5,33 milliards d’euros) en 2019 et en 2020, a déclaré son directeur général, Tidjane Thiam, dans une interview publiée dimanche par le journal suisse « NZZ am Sonntag ». « Pour l’avenir,
notre objectif, c’est d’avoir une activité normale. [...] Nous avons
travaillé jour et nuit ces trois dernières années pour éliminer les
problèmes du passé », explique le dirigeant de la deuxième
banque suisse. « Pour les deux prochaines années, un bénéfice
compris entre 5 et 6 milliards de francs est réaliste », ajoute-t-il.
Pour 2018, Tidjane Thiam s’attend à ce que le bénéfice soit « un
petit peu plus faible », l’établissement restant confronté à des
coûts élevés de financement.
Einer Aas, le trader par qui le scandale est arrivé
Ce Norvégien a gagné
des centaines de millions
d’euros en spéculant
sur le marché nordique
de l’énergie.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
En quelques jours, Einar Aas a presque tout perdu. Les paris audacieux
de ce trader norvégien sur les marchés nordiques de l’énergie en
avaient fait un des hommes les plus
riches du pays. Mais son dernier
calcul, désastreux, a causé une
perte de plus de 100 millions d’euros
sur la plate-forme gérée par le Nasdaq (couverte par le fonds de
défaillance), et risque d’entraîner sa
faillite personnelle.
Einar Aas, quarante-sept ans,
aurait misé sur un rapprochement
entre les prix de l’énergie nordiques
et allemands. Mais c’est l’inverse qui
s’est produit. La flambée des prix
européens du carbone d’un côté et
des précipitations inattendues de
l’autre, ont bouleversé la donne sur
ces marchés : les écarts entre les
deux marchés n’ont jamais été aussi
élevés… On disait pourtant que le
milliardaire norvégien était abonné
à plus d’une dizaine de services
météorologiques différents pour
affiner ses investissements. « Mon
exposition sur le marché était trop
importante par rapport à la liquidité
du marché », a simplement indiqué
le trader dans un communiqué.
Positions hors norme
D’après le journal économique
« Dagens Næringsliv », les positions prises par Einar Aas étaient
hors norme : il aurait mis en place
des contrats dérivés sur le marché
de 23 térawatts/heure (TWh).
L’équivalent d’un quart de la consommation d’énergie de la Norvège.
Il aurait aussi détenu 11 TWh en produits dérivés sur le marché allemand. C’est bien plus que ce que
consomme la ville d’Oslo en un an.
Après avoir été gestionnaire de
risques chez des énergéticiens,
Einar Aas avait monté sa société
Ailleurs, sur les places européennes, la tendance a été
similaire. Les Bourses ont terminé dans le vert. Le Footsie
britannique a terminé en
hausse de 0,31 %. A Francfort, le
DA X a g a g n é 0 , 5 7 % . S u r
l’ensemble de la semaine, le
STOXX 600 a pris 1,15 %.
Du côté des valeurs, les titres
technologiques ont été bien
orientés. STMicroelectronics a gagné 2,02 % et Soitec
4,29 %. Les valeurs automobiles et les valeurs des secteurs
des ressources de base n’étaient
pas en reste. Va l e o a pris
4,62 %, Renault 2,86 % et Peugeot 0,17 %. ArcelorMittal a
gagné 1,56 %, après la validation
par les travailleurs du sidérurgiste italien Ilva de l’accord
signé par les syndicats concernant le rachat de l’entreprise
par le géant mondial de l’acier.
Casino a pris 6,82 % après
des propos prêtés à son PDG
auprès d’analystes jugés rassurants par les investisseurs.
avant de la dissoudre en 2005 pour
gagner en aisance. Depuis, il était à
son compte, travaillant de chez lui,
dans la petite ville portuaire de
Grimstad. Très discret – il n’existe
presque aucune photo de lui, il n’a
jamais donné d’interview –, c’est
son impressionnante réussite
financière qui avait fait la renommée de cet amateur de poker et de
paris hippiques. En 2009, il devient
le plus gros contribuable du pays.
En 2016, ses revenus atteignent
112 millions d’euros. Ces dernières
années avaient été moins fructueuses. Il pourrait désormais devoir
vendre ses nombreux biens immobiliers, des côtes norvégiennes à
celles de Marbella. n
Investec va coter sa filiale de gestion
d’actifs à Londres et Johannesburg
IPO C’est un tournant dans l’histoire du britannique Investec. Ses
fondateurs, Stephen Koseff et Bernard Kantor, se préparent à passer
la main de la société qu’ils ont créée il y a plus de quarante ans à
Johannesburg. Un départ qui va s’accompagner d’un spin-off, une
séparation entre les deux principales activités du groupe : la banque
d’investissement et de gestion de fortune d’un côté et la gestion
d’actifs de l’autre. Investec va procéder à l’introduction en Bourse
d’Investec AM à Londres et Johannesburg. Investec AM gère
109 milliards de livres d’actifs (143 milliards d’euros), principalement au Royaume-Uni, en Afrique du Sud, en Australie et aux EtatsUnis. L’action Investec PLC bondit de 7,7 %, après avoir gagné jusqu’à
13 % en séance. C’est sa plus forte progression depuis neuf ans.
Le gouvernement italien pousse
appels d’offres
le président de la Consob à la démission appel à projets
RÉGULATION
Mario Nava quitte la
direction de l’autorité
boursière italienne
six mois seulement
après sa nomination.
Pierrick Fay
@pierrickfay
« Je vous promets que nous nommerons un serviteur de l’Etat et pas de la
finance internationale. » Luigi
Di Maio, leader du M5S exulte en
apprenant la démission de Mario
Nava, nommé en avril dernier à la
tête de l’autorité de la Bourse italienne. Pour le gouvernement
eurosceptique au pouvoir depuis le
mois de juin, il servait surtout les
intérêts de Bruxelles et ses intérêts
personnels. Ce fonctionnaire de la
Commission européenne y était
chargé de la surveillance du système financier et de la gestion de crises à la Direction générale de la stabilité financière. Il avait demandé
un détachement temporaire, conservant les avantages fiscaux liés à
ce poste, n’hypothéquant pas sa carrière bruxelloise et prêtant le flanc à
la critique de conflits d’intérêts.
Dans la note annonçant son
départ de la Consob, Mario Nava
réaffirme la légitimité de sa nomination validée par quatre institutions :
Commission européenne, présidence du Conseil, présidence de la
République et Cour des comptes. Il
estime que la « question est donc uniquement politique. La Consob est indépendante mais ne peut pas être isolée.
Elle doit pouvoir travailler avec les
autres autorités indépendantes mais
aussi avec les institutions politiques ».
Rappels à l’ordre
Il a pris acte que ce n’était pas possible avec l’actuel gouvernement. Les
membres de ce dernier n’avaient pas
apprécié d’être rappelé à l’ordre
après des déclarations qui avaient
fait plonger cet été le titre de MPS en
Bourse. Mario Nava, qui se réclamait de la « vieille école » n’abusant
pas des prises de parole sur les
réseaux sociaux et à la télévision,
avait « recommandé de la prudence
pour minimiser l’impact de ces déclarations en les faisant par exemple à la
fermeture des marchés ». « La
Consob sera le moteur d’un changement et permettra aux marchés de
mieux fonctionner, je ne veux pas être
un notaire », avait-il annoncé lors de
sa prise de fonction. Son programme prévoyait un renforcement
de la collaboration avec Bankitalia
ainsi qu’une plus grande simplification et numérisation des procédures
de cotation en Bourse.
En évidence sur son bureau, les
dossiers délicats de la gouvernance
de l’opérateur téléphonique TIM et
celle de la banque en crise Carige
qui venait d’être porté à l’attention
de son autorité. « Il était trop compétent et trop autonome pour l’actuel
gouvernement », a commenté Paolo
Gentiloni, qui avait nommé Mario
Nava. Trop européen surtout. n
13
la CHrYsalIDe
MarseIlle
RÉALISATION
ET INVESTISSEMENT
D’UN PROJET IMMOBILIER
MONTOLIVET 2022
Identification de l’organisme qui passe
le marché :
LA CHRYSALIDE MARSEILLE
26 rue Elzéard Rougier
13004 Marseille
Objet du marché : APPEL A PROJET
POUR RÉALISATION ET INVESTISSEMENT D’UN PROJET IMMOBILIER - MONTOLIVET 2022
LA CHRYSALIDE-MARSEILLE souhaite
repenser la composition physique immobilière de son site de Montolivet, situé
dans le quatrième arrondissement de Marseille, dans le cadre du développement
d’un ensemble immobilier autour de ses
structures médico-sociales en favorisant
un contexte pilote en matière d’inclusion.
Les opérateurs devront proposer un modèle juridique et financier ainsi qu’un cadre
contractuel de conception, de réalisation
et d’exploitation de l’ensemble immobilier.
Les Groupements seront constitués à minima
d’opérateurs économiques (investisseurs) et
promoteurs. Le Groupement d’opérateurs
sera complété d’opérateurs techniques : Architecte, Bureaux d’études, …
Procédure de passation : Appel à Projet
• ETAPE 1 : Sélection des Candidatures
• ETAPE 2 : Sélection du Groupement
• ETAPE 3 : Contractualisation de l’Offre
• ETAPE 4 : Réalisation du projet
Modalités d’attribution :
Candidatures : La CHRYSALIDE MARSEILLE sélectionnera librement les candidats par leur profil, leur expérience, l’intérêt pour l’inclusion.
Offres : La CHRYSALIDE MARSEILLE
choisira librement sur les principaux critères suivants le projet retenu : La qualité
fonctionnelle, architecturale, technique
et environnementale du projet, le cadre
administratif et le montage juridique proposé, incluant notamment les modalités
financières.
Date limite : 28 Septembre 2018, à 16
heures.
Renseignements divers : Les renseignements peuvent être demandés par courriel
à l’adresse suivante : montolivet2022@
gmail.com
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
BUSINESS.LESECHOS.FR
LUNDI 17 SEPTEMBRE 2018
EXECUTIVES
Supply chain : 5 tendances
pour prendre de l’avance
STRATÉGIE
Longtemps cantonné au transport
et considéré comme un centre
de coûts, le supply chain
management a acquis ses lettres
de noblesse stratégique grâce aux
promesses de valeur ajoutée qu’il
tient et veut continuer à tenir.
Vincent Bouquet
vbouquet@lesechos.fr
E
ncore réservé aux grandes et aux
moyennes entreprises, le supply
chain management infuse progressivement dans un nombre croissant
d’organisations. Longtemps cantonné
aux seuls transports et perçu comme un
centre de coûts, le concept est de mieux
en mieux appréhendé dans sa globalité.
Il est devenu un outil de pilotage de
l’ensemble des flux de l’entreprise, qu’ils
soient physiques, financiers ou d’informations. Orienté vers la création de
valeur, le supply chain management se
distingue nettement de la logistique
limitée aux seuls flux physiques. Tour
d’horizon des cinq tendances qui bousculent une spécialité en pleine transformation.
1
La planification
tous azimuts
Adoptée au cours des années 2000
par certaines entreprises pionnières, la
logique de planification est aujourd’hui
arrivée à maturité et séduit de plus en
plus de groupes français comme Essilor,
Michelin ou encore Sanofi. « Malgré un
environnement économique toujours
plus imprévisible, les entreprises ont
acquis la conviction que pour bien acheter, produire et livrer, il fallait concevoir
et planifier », explique Laurent Grégoire, président de la section thématique Logistique et supply chain de la
Commission nationale des services.
De la chaîne de production au vendeur,
ce travail de prévisions suppose que les
sociétés réussissent à jongler entre
plusieurs horizons : le très court terme
pour anticiper la livraison des produits
ou services ; le moyen terme pour perfectionner les familles de produits ; et le
long terme pour programmer les investissements financiers les plus lourds.
Matérialisé par un processus de Sales &
Operations Planning (S&OP), ou Integrated Business Planning (IBP), éprouvé
chaque mois, il traduit la stratégie de
Mary Barra, chairman et CEO de General Motors Company ; Florent Menegaux, numéro 2 de Michelin ; Jérôme Guillen, numéro 2 de Tesla… Autant d’exemples qui montrent
que la supply chain a gagné ses lettres de noblesse et peut mener jusqu’à la direction générale. Photos William Widmer/Redux-RÉA ; Vernier/JBV News ; dpa Picture-Alliance/AFP
l’entreprise dans un déroulé opérationnel balisé semaine par semaine. Chez
Essilor, ce process a, par exemple,
permis de garantir l’adéquation
entre la charge et la capacité des usines
de production de verres.
2
L’essor de la méthode
DDMRP
Parmi les différentes méthodologies avancées du supply chain management, le DDMRP (Demand Driven
Material Requirements Planning) est
sans doute celle qui, actuellement, a le
plus le vent en poupe. Uniquement tirés
par les demandes réelles des clients, les
flux de production s’adaptent au jour le
jour aux commandes grâce à un système de « buffers » – des zones tampons
de stocks –, capables d’absorber les
variations de la demande, et à un code
couleur qui permet aux chaînes de
fabrication de prioriser leurs tâches.
Résultat : les stocks diminuent, tandis
que le taux de service et la satisfaction
des clients s’améliorent. « Attirées par
le taux de service exceptionnel, les délais
client très courts et la meilleure capacité
d’innovation que cette méthode permet
d’atteindre, les entreprises comme Michelin, bioMérieux ou Air Liquide sont de
plus en plus nombreuses à s’y convertir
pour ne pas risquer de perdre des parts de
marché », affirme Caroline Mondon,
directrice générale de Fapics, association française de supply chain
management.
3
L’émergence de la RSE
Poussées par les investisseurs et
les consommateurs, les entreprises cherchent à approfondir leur responsabilité sociétale et environnementale, ou politique RSE. Un objectif que la
supply chain pourrait, dans les mois et
les années à venir, leur donner les
moyens d’atteindre. « Outre la quasisuppression du gaspillage et la diminution des émissions de gaz à effet de serre
qu’elle offre grâce à une meilleure gestion
des stocks et à une plus grande efficacité
des transports, la traçabilité des produits
garantie par une supply chain maîtrisée
peut aider les entreprises à développer
leurs achats responsables », assure le
nouveau président de Fapics, Rémi
Lequette. Autrement dit, le supply chain
management pourrait aider à détecter
le sous-traitant peu éthique d’un fournisseur ou, au contraire, évaluer
l’impact financier lié au choix
d’un fournisseur responsable.
4
Les défis des économies
circulaire et d’usage
La supply chain n’échappe pas
aux disruptions qui chamboulent le
monde économique.
« On pourrait penser que l’économie
circulaire améliore, grâce à sa logique de
récupération, la productivité de la supply
chain avec des flux de transport fonctionnant dans les deux sens et un meilleur
taux de remplissage, détaille Laurent
Grégoire. Or, on constate aujourd’hui
que ce ne sont pas les mêmes camions qui
livrent et récupèrent les marchandises, ce
qui, à terme, pourrait conduire à l’aug-
L' ÉDITO de Muriel Jasor
Le bon produit au bon moment, au bon endroit
L
a logistique a vécu, vive la supply chain !
Nombre d’organisations saisissent
l’importance d’investir dans la robotique et
la digitalisation d’une gestion de flux non
seulement physiques, mais aussi financiers et
d’information. Elles se donnent ainsi les moyens de
fluidifier leur activité pour gagner en réactivité
face au client. Autrement dit, de délivrer - avec une
maîtrise de ses coûts et de sa qualité - le bon
produit au bon endroit et au bon moment. Cet
avantage compétitif leur permet de doper leur
chiffre d’affaires, puis à terme de changer d’échelle.
En propulsant, il y a quelques jours, Jérôme
Guillen numéro deux de Tesla, Elon Musk
démontre, d’une façon éclatante, qu’il considère la
supply chain comme l’épine dorsale de
l’entreprise. Le Frenchy promu a en effet joué un
rôle important dans l’augmentation des
cadences de production du Model 3, et surtout
réussi « à faire ce que tous pensaient impossible :
créer une ligne d’assemblage générale de gros
volumes en quelques semaines », a justifié
l’entrepreneur de Californie.
Preuve que la supply chain peut mener loin, même
très haut dans l’organigramme, et mettre à
bas nombre d’idées reçues sur l’activité (emplois
peu rémunérés, peu qualifiés, guère évolutifs ou
encore exclusivement masculins…). D’une grande
diversité, ses métiers couvrent une large
fourchette de rémunérations (lire page XX). Tous
requièrent à la fois des compétences techniques et
une grande agilité intellectuelle, car il s’agit de
gérer quantité d’urgences et de prévenir de
nombreux risques. Vecteur de changement et
levier stratégique, la supply chain intègre en son
sein un nombre grandissant de critères RSE :
empreinte carbone, mutualisation des moyens de
collecte, traçabilité des produits… Une façon
originale, selon le cabinet BearingPoint, d’allier
responsabilité sociétale et d’entreprise, contraintes
réglementaires et performance économique. La
logistique a vécu, vive la supply chain... verte !
mentation du trafic routier et aller
à l’encontre de la préservation de
l’environnement. »
Quant à l’économie d’usage ou de fonctionnalité, elle s’invite peu à peu dans
certaines stratégies B to B. Michelin
propose, par exemple, à ses clients professionnels le paiement à l’usage de pneus
de camion, et même d’avion, ce qui a
poussé le fabricant clermontois à refondre l’organisation de sa chaîne logistique. « En parallèle, certaines entreprises
songent à revoir leur politique d’entreposage en payant seulement en fonction des
stocks qu’elles détiennent, ajoute Laurent
Grégoire. On peut même imaginer que,
dans un futur proche, la même logique
s’applique aux lignes de fabrication. »
5
Les promesses
de la blockchain
Encore en phase de test, l’imbrication de la blockchain dans la supply
chain est vectrice de nombreuses promesses, particulièrement en matière de
traçabilité. Ces derniers mois, Carrefour
a appliqué cette technologie à ses filières poulet d’Auvergne et tomate « qualité Carrefour » afin de permettre au
consommateur de disposer de certaines
informations relatives au produit – origine, nom du producteur ou de l’éleveur,
mode de culture ou d’élevage. Un système qui, outre la transparence qu’il
génère, permet au distributeur de suivre le produit, mais aussi toutes les
opérations directement afférentes.
Combinée aux « smart contracts » et à
l’intelligence artificielle, la blockchain
pourrait même, à terme, participer à
l’automatisation quasi complète de la
supply chain. « Conformément au
“smart contract” qui le relie à un distributeur, la production d’un fournisseur de
boissons pourrait, lorsque la température
dépasse 30 degrés deux jours de suite,
augmenter automatiquement, sans
qu’aucune personne n’ait eu à en discuter », imagine le chercheur. Encore
théorique, une telle application
bouleverserait, à coup sûr, l’organisation de la supply chain de demain. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
5
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
EXECUTIVES // 31
c’est le nombre
d’années d’études
pour les métiers
de la supply chain
echo.st/m318372
Supply chain :
des serious games
pour évangéliser
FORMATION
Depuis le début de l’année,
l’association Fapics s’est lancée
dans un tour de France pour
sensibiliser les entreprises
aux vertus du supply chain
management et promouvoir
les bonnes pratiques.
Vincent Bouquet
@VincentBouquet
E
t Fapics prit son bâton de pèlerin… Depuis le début de l’année,
l’association française de supply
chain management s’est lancée, avec le
soutien de la direction générale des
entreprises (DGE) et du réseau des
directions régionales des entreprises,
de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte),
dans un tour de France pour répandre
la bonne parole auprès des entreprises.
Après Paris, Lyon et Lille, c’est à Rennes qu’elle posera ses valises, dans les
prochaines semaines, afin d’organiser,
autour du serious game « The Fresh
Connection » créé par la société néerlandaise Inchainge, une journée découverte à l’attention des collaborateurs
d’entreprise, étudiants et enseignants
en école ou en université présents. « Cette stratégie d’évangélisation
entend démontrer à tous que la supply
chain n’est pas réservée à une élite
d’entreprises, mais peut booster la compétitivité de l’ensemble du tissu industriel français », souligne sa directrice
générale, Caroline Mondon. Au fil des
étapes, plusieurs salariés de grands
groupes comme Air Liquide, Essilor,
Michelin ou Sanofi ont pu se mesurer à
des collaborateurs d’entreprises de
taille plus modeste telles que Chantelle,
Clasquin, Leroy Merlin ou encore
Toupargel.
Briser les silos
Répartis dans des équipes de quatre
personnes, les participants endossent,
au choix, les rôles de directeur commercial, directeur de la production,
directeur des achats ou directeur de la
supply chain au sein du board, fictif et
resserré, d’une entreprise productrice
de jus de fruits en proie à des difficultés
économiques. « Les joueurs doivent,
tout d’abord, se mettre d’accord sur une
stratégie, détaille le président de Fapics,
Rémi Lequette. Vont-ils se lancer sur le
marché du haut de gamme, avec des
dates de péremption serrées et des prix
élevés, qui nécessite une supply chain
très réactive ou, au contraire, se concentrer sur des produits plus accessibles,
avec des dates de péremption plus lâches
et des prix plus modestes, et déployer
CARRIÈRE
une supply chain proche de celle du
hard-discount ? »
A chaque fois qu’une décision est prise
par l’équipe, elle est intégrée dans le
logiciel qui, à la fin des différents
rounds, calcule automatiquement le
retour sur investissement (ROI), fournit
quelques indicateurs clefs et fait un
point sur le compte de résultat. « En
entreprise, nous sommes souvent absorbés par des enjeux opérationnels, témoigne Julien Gaydon, responsable supply
chain monde chez Chantelle et participant de la session parisienne qui s’est
tenue en février dernier à la DGE. Le jeu
a cet avantage de nous faire sortir du
cadre et nous fait prendre de la hauteur
pour se poser les bonnes questions. »
Et Emmanuelle Graux Renaud, chargée
de projet IT systèmes décisionnels chez
Leroy Merlin et participante à la journée organisée en avril dernier dans les
Hauts-de-France, d’ajouter : « Comme
dans la majorité des grandes organisations, nos directions travaillent trop
souvent en silos avec leurs propres objectifs parfois aux antipodes. Mon travail est
de construire des systèmes pour la supply
chain : je dois consolider et mettre en
commun des informations. Le jeu nous
apprend à avoir cette vision de bout en
bout de la supply chain et permet de
casser le fonctionnement “siloté” de nos
organisations. »
F
lorent Menegaux, numéro 2 de
Michelin, qui deviendra gérant
associé commandité du géant
industriel l’an prochain, Tim Cook,
patron d’Apple, ou bien encore Mary
Barra, chairman et CEO de General
Motors Company prouvent que la maîtrise de la supply chain peut mener loin.
Jusqu’à la direction générale : « On fait
carrière dans cette voie. De plus en plus de
directeurs supply chain sont membres de
comité exécutif », confirme Stéphane
Glowinski, managing partner du cabinet
Transearch.
Opérationnel mais aussi visionnaire, le
directeur supply chain joue un rôle
majeur dans la réduction des coûts de
son entreprise. Ses missions sont autant
stratégiques que tactiques ou opérationnelles. « Quelqu’un qui n’a jamais fait
d’opérationnel va avoir du mal à apporter
de la valeur ajoutée à la fois tactique et
stratégique. On ne peut pas faire l’économie du terrain », confirme Jean-Marc
Viallatte, directeur supply chain groupe
d’Arkema.
Deux grands profils se dessinent. Ceux
qui ont commencé par la logistique en
Prioriser les problèmes
« Lors du deuxième round, nous avons
vérifié et différencié les contrats par
client, ajusté les conditions de livraison et
davantage étudié l’organisation du travail
pour gagner en efficacité », raconte
Florence Dessertine, chargée de mission
au sein de l’entité Industrial Merchant
VP d’Air Liquide Europe. Des ramifications pléthoriques qui obligent les
joueurs à prioriser leurs problè-
Salaire annuel brut en milliers d’euros. Pour une ancienneté de :
Directeur...
25
50
apprenant à gérer un entrepôt et en
manageant des équipes disposent souvent d’une solide expérience technique.
Ils ont une formation d’ingénieur spécialisé en logistique ou bien sont titulaires d’un cursus universitaire logistique.
En revanche, lorsque la logistique est
confiée à des prestataires, on préférera
choisir un directeur supply chain fin
connaisseur des achats, du contrôle de
gestion ou de l’organisation.
Un rôle d’interface
Au quotidien, le directeur de la supply
chain joue un rôle d’interface entre le
commercial, la production, la finance et
les achats. C’est lui l’artisan de la cohésion
de l’entreprise. Il lui faut donc aimer le
contact avec les équipes et éprouver de la
curiosité pour les métiers de son organisation. « Il faut être capable de réagir très
vite et être extrêmement sensible à la
notion de service client », complète JeanMarc Viallatte. Responsable de l’ensemble des flux de l’entreprise, le directeur
supply chain a la responsabilité des
activités de prévision, de planification,
d’approvisionnement, d’ordonnancement, des transports et, dans certaines
entreprises, du pilotage de l’administration des ventes. « De plus en plus de directeurs supply chain ont la gestion du service
client dont ils doivent augmenter la satisfaction », ajoute Edouard-Nicolas Dubar,
associé du cabinet Elsinore Executive
Search.
Idéalement, ce dirigeant doit aussi être
capable de remettre en cause les schémas
traditionnels et disposer d’une expérience
à l’international. « La valeur ajoutée d’un
0 à 2 ans
75
58
... avec moins de 250
salariés
mes, « comme dans la réalité », se félicite Rémi Lequette.
Pour les plus téméraires, une version
financière du jeu, intitulée « The Cool
Connection », est même disponible. « Il
s’agit d’une expérience différente, d’un
cran plus stratégique et complexe : j’ai
davantage perçu l’impact direct de mes
décisions sur la finance, remarque Guénaële Roger, directrice supply chain de
la filiale France de Chantelle. Dans les
deux cas, les jeux sont extrêmement
concrets et rendent visibles nos décisions. » En démontrant, au passage, à
tout un chacun que la supply chain est
bien un rouage stratégique essentiel. n
88
125
140
105
48
Chef de projet
Ingénierie Dév.
42
42
Chef de projet
43
Responsable S&OP
Responsable
Prév. des Ventes
38
40
33
40
38
33 38
37
58
55
50
35 40
85
52
20 à 30 %
5 à 20 %
5 à 20 %
5 à 15 %
0 à 15 %
65
55
20 à 30 %
5 à 15 %
65
50
180
5 à 15 %
80
57
50
42
85
55
52
43
88
55
48
Part
variable
5 à 15 %
72
45
Responsable
150
Plus de 15 ans
20 à 30 %
95
80
5 à 15 ans
95
... plus de 1.000
salariés
Demand Planer Customer Planer
Responsable
Ingénieur Méthodes
Logistique
Manager Coordinateur
Logistique
2 à 5 ans
100
62
65
... 250 à 1.000
salariés
Contract Manager
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
Au fur et à mesure de la progression
dans le jeu, la donne se complexifie et
les paramètres à intégrer par les participants sont de plus en plus nombreux.
Supply chain : une large fourchette de rémunération
Une grande
variété de métiers
Qualifiée presque d’arrière-garde
encore récemment, la fonction de
directeur supply chain devient
incontournable au sein des
entreprises. Sa standardisation en
dit long sur sa prise de pouvoir.
Etudiants de l’Ecam Lyon lors de la finale française étudiante du serious game
« The Fresh Connection » sur le campus Euralogistic de Lille, le 21 juin dernier. Photo DR
70
70
5 à 15 %
0 à 10 %
« LES ÉCHOS » / SOURCES : MICHAELPAGE, PAGE GROUP
Au quotidien, le
directeur supply chain
joue un rôle d’interface
entre le commercial,
la production, la finance
et les achats. C’est lui
l’artisan de la cohésion
de l’entreprise.
directeur supply chain est de pouvoir faire
évoluer des architectures au quotidien
pour aider le business sans l’impacter »,
complète Edouard-Nicolas Dubar.
La formation continue,
un enjeu crucial
Autant de critères qui rendent son
recrutement difficile. Le secteur n’est
pas non plus le plus attractif. Selon
Facips, l’association française de supply
chain management, la France compte
presque dix fois moins de certifiés que
les Pays-Bas et les pays anglo-saxons, et
quarante fois moins que certains pays
d’Asie. La supply chain étant sans cesse
en pleine transformation, l’enjeu réside
donc dans la formation continue. Mais
les salariés en place ne disposent pas
toujours de certains « fondamentaux » et
ne sont pas forcément capables d’avoir
un positionnement stratégique. Face à ce
constat, Arkema lance en octobre prochain la Supply Chain Academy. Cette
formation s’emploie, dans un premier
temps, à fournir les bases du métier aux
salariés intéressés. Puis, second volet
plus pratique, s’adresse aux responsables de régions (Asie, Europe, Amérique
du Nord, etc.). « L’idée est de leur expliquer leur positionnement, leur rôle stratégique et leur façon d’interagir avec les
responsables business », explique JeanMarc Viallatte. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
0
32 // EXECUTIVES
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
Transformation :
le protocole de
bioMérieux sur
echo.st/m318371
DES CHIFFRES ET DES LETTRES
Dans la stratégie,
n’oubliez pas la supply chain !
T
Le précurseur du drive, qui a lancé Leclerc Chez Moi en mars dernier, a fait appel à Acteos pour gérer la planification
du transport, le dimensionnement des ressources et l’optimisation des tournées. Photo Lydie Lecarpentier/RÉA
BUSINESS CASE
Comment Leclerc s’est mis
à la livraison à domicile
Après une longue attente, le
distributeur s’est lancé un défi
de taille en venant concurrencer
ses adversaires. Il installe
progressivement sa gestion
logistique et pense déjà
aux futures améliorations.
Camille Marchais
@camillemrchs
I
ls étaient nombreux à l’attendre. Le
précurseur du drive a lancé Leclerc
Chez Moi en mars dernier, son
service de livraison à domicile sur Paris.
L’enseigne de Michel-Edouard Leclerc
promet de proposer des prix attractifs à
l’ensemble des habitants de la capitale.
L’entreprise s’est fixé pour objectif
d’atteindre entre 4.000 et 6.000 livraisons par jour, sur trois ans. Dans cet
objectif, elle s’appuie sur les 6.000
mètres carrés de sa centrale Parisnordis, située à Pantin. Afin d’anticiper les
nouvelles contraintes de la logistique
urbaine et le rythme imposé par les
clients d’e-commerce, Leclerc a fait
appel à Acteos, un éditeur de solutions
pour le supply chain management 4.0.
La société gère la planification du transport et l’optimisation des tournées.
Même fonctionnement
que les drives
Leclerc a choisi de garder le même
système de gestion que pour l’ensemble
des drives en y apportant quelques
particularités. Plusieurs technologies
développées par Acteos sont déployées.
Elles planifient les approvisionnements
des marchandises, le dimensionnement
des ressources et le transport du dernier
kilomètre, suivent la livraison et tracent
les biens. Les chauffeurs sont aussi
équipés d’un terminal mobile. L’appareil leur permet d’avoir accès à toutes
les informations concernant les produits qu’ils livrent au client et de les
faire remonter en centrale. Il offre
également la particularité de prendre
des photos afin de contrôler l’identité
du client ou d’apporter des preuves sur
la qualité de la marchandise, dans le cas
des œufs par exemple. Pour garantir le
bon fonctionnement du système, Acteos
a dû former les livreurs à l’utilisation de
ce nouveau matériel. « Nous les avons
également accompagnés sur le terrain
pour qu’ils adhèrent véritablement à un
outil informatique et non plus à du
papier », explique Thomas Felfeli, directeur du marketing chez Acteos.
Le distributeur mise bien évidemment
sur les prix pour se différencier de ses
concurrents, mais pas seulement.
« Nous avons baissé nos frais de livraison
pour concurrencer Carrefour entre
autres, commente Pascal Potdefer,
directeur chez Parisnordis. Cela nous a
permis, grâce à l’intermédiaire d’Acteos,
de livrer en créneau d’une heure alors
qu’au démarrage nous étions partis sur
un créneau de deux heures. »
En quête d’amélioration
drait pouvoir faire des estimations de
commandes sur les jours à venir et
mieux diviser la flotte. Leclerc souhaite
également proposer au client de changer
son créneau horaire jusqu’à deux heures
avant celui initial. « Que ce soit le client
ou le chauffeur, cela permettrait de prévoir les aléas, confie Joe Nammour,
consultant transport chez Acteos. Nous
recherchons de la flexibilité. Si un chauffeur se trouve bloqué et qu’un autre de ses
collègues qui livre dans un quartier proche est en avance, il pourrait venir l’aider
à décharger une fois arrivé chez le client. »
Aujourd’hui de 8/10, la note attribuée à
la satisfaction client devrait augmenter.
C’est en tout cas ce qu’espère Leclerc en
atteignant un jour le sacro-saint 10/10. n
ADEL OUEDERNI
DR
ransformation, changement,
rupture… Le monde change.
Les entreprises doivent donc
s’adapter. S’adapter ? Au regard des
possibilités offertes par les
nouvelles technologies, cette
transformation ne peut se résumer à
un simple renouvellement d’une
gamme de produits. Il faut parfois
renverser la table ! Ce qui implique
de réinventer l’organisation interne
des entreprises pour leur permettre
de gagner en fluidité, en réactivité,
tout en favorisant l’innovation et
l’épanouissement des talents.
La supply chain ne doit pas être
oubliée. En effet, se transformer
n’est possible que si elle devient un
acteur clef de la relation et de
l’organisation avec les clients, le
garant de la promesse qui leur est
faite sur les produits et les niveaux
de service (délai, disponibilité,
personnalisation…) et de la viabilité
économique et opérationnelle pour
l’entreprise. C’est particulièrement
valable dans les secteurs de biens
courants où la disponibilité du
produit doit être immédiate, au
risque de perdre le client.
Pour ancrer la supply chain au centre
de la stratégie de l’entreprise, le digital
est une formidable opportunité. A
coût raisonnable, il transforme le
travail au quotidien − grâce à
l’automatisation notamment – et
permet de dégager du temps pour
l’analyse, la qualification et
l’optimisation. Les équipes supply
chain peuvent ainsi être
repositionnées comme des acteurs
majeurs impactant les indicateurs
clefs de l’entreprise, avec une valeur
ajoutée perceptible par les clients.
Un préalable ? Il ne faut surtout pas
raisonner en termes technologiques
mais se concentrer sur l’objectif de
valeur et sur le service que l’on veut
apporter au client, ce qui oblige à
définir des priorités. Les nouvelles
technologies ne sont pas des
recettes miracles. Leur utilité et
leurs usages doivent être qualifiés
avec les équipes opérationnelles. Il
Associé
EY Consulting
convient donc d’expérimenter pour
confirmer le potentiel et affiner
l’approche, avant d’industrialiser à
grande échelle.
Les entreprises françaises ont-elles
bien saisi les enjeux ? Force est de
constater qu’il existe encore une
dominante logistique dans le focus
de la fonction supply chain. Or, ce
n’est pas forcément la partie qui
dégage le plus de valeur.
Dans ce contexte, nous formulons
plusieurs recommandations. Il est
indispensable que les entreprises
repensent l’organisation de la
supply chain et développent les
compétences de leurs équipes,
notamment la capacité à intégrer
l’ensemble de la chaîne de valeur et
à analyser ses facettes. Elles doivent
également développer la maturité
de leur Plan Industriel et
Commercial (S&OP). Cela leur
permettra de traduire la stratégie de
l’entreprise en décisions – alignant
les plans commerciaux et
opérationnels – sur la base
d’arbitrages informés. Et impliquera
de développer une vision commune,
économique et opérationnelle !
Nous recommandons de tirer parti,
par exemple, de l’analytics pour
améliorer les prévisions de ventes
sur la base de facteurs exogènes (la
météo par exemple), adapter la
distribution à la spécificité de
chaque point de vente, produit ou
client et optimiser la planification.
Quant à l’automatisation intelligente
des processus (RPA, Robotic
Process Automation), elle permet de
faciliter le travail des équipes supply
chain et de les focaliser sur la valeur
pour l’entreprise et les clients. Le
monde change, adaptons-nous ! n
Leclerc personnalise également son
offre. Lorsque le chauffeur clôture sa
livraison, le prochain client reçoit un
message qui lui indique l’heure d’arrivée
du livreur. A la manière des start-up
comme UberEats, Deliveroo ou Glovo, il
peut choisir de cliquer sur
un lien qui l’emmène vers
le site Internet Leclerc où il
suit le cheminement de sa
livraison en temps réel et
la note. Les réserves émises sont regroupées dans
une banque de données.
Grâce à elle, le groupe
identifie ses indicateurs de
performance en matière
d’optimisation de tournée,
de taux de remplissage,
d’heures travaillées et de
préfacturation.
Qu’est-ce que l’IoT ?
Même avec des retours
L’IoT (Internet of Things en anglais), l’Internet des objets, recouvre le développement de solutions d’objets connectés qui captent des informations,
client positifs, Leclerc ne
interagissent avec des plateformes logicielles et s’intègre dans un service. C’est un marché en plein essor qui pénètre aujourd’hui l’ensemble des secteurs
compte pas s’arrêter là.
« Au niveau du taux de
d’activité et des applications, quels que soient les usages dans le monde professionnel et chez les particuliers. Il s’agit d’une véritable révolution qui s’amorce,
satisfaction du service
80 milliards d’objets connectés sont attendus d’ici 2020 et l’IoT sera la première source d’investissements technologiques pour les entreprises.
client, c’est un combat
perpétuel. Nous souhaitons
En 2020, chacun d’entre nous sera en moyenne détenteur de 7 objets connectés
continuer de nous améliorer », indique Pascal
L’IoT n’est pas seulement au cœur de l’IT mais aussi de nombreux autres domaines d’activité tels que la santé,
Potdefer. Dans sa liste de
l’automobile, l’énergie et se concrétise dans notre quotidien à travers des produits finis : de nos voitures à nos
projets, le distributeur
vêtements en passant par nos accessoires, tout a vocation à devenir IT ! L’IoT de demain, c’est imaginer
prévoit de parfaire sa
traçabilité en analysant
votre porte de frigidaire vous donner des informations sur la météo, votre agenda ou les résultats scolaires
les temps de transport et
de vos enfants, mais c’est aussi transformer votre baie vitrée en un écran pour projeter vos diaporamas
les contraintes des chaufet vos photos de famille.
feurs, mais cherche également à mieux respecter la
chaîne du froid. Le groupe
Un secteur d’avenir
prévoit de suivre la tempéAujourd’hui nous constatons une augmentation des demandes de nos clients pour les accompagner sur les
rature à l’aide d’objets
connectés. Il vise aussi
problématiques de l’IoT. Nos ingénieurs sont de plus en plus mobilisés pour leurs compétences en dispositifs de
l’ouverture prochaine de
communication, réseaux télécoms, développement applicatif et User Expérience. Tous ces savoir-faire doivent
deux points relais. « Nous
être combinés dans une vision système pour assurer l’ensemble des processus de l’IoT et leur sécurité.
voulons nous en servir
comme futurs hubs et, par
la suite, travailler sur le
dernier kilomètre », ajoute
le directeur de la centrale. A terme, grâce aux
données, le groupe vou-
L’IoT en plein boum
Décrypté par Didier BONNET, Directeur du Pôle IT Télécom d’ALTEN
altenrecrute.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
euronext
séAncE du 14 - 09 - 2018
CaC 40 : 5352,57 (0,46 %) neXt 20 : 12294,07 (0,55 %)
CaC larGe 60 : 5964,94 (0,47 %)
CaC all-tradaBle : 4224,61 (0,45 %)
Date De ProroGation : 25 sePtemBre
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
11/05/18 1,05
a
fr0000120073
28/05/18 2,65
airBus GrouP (air) R
a
nl0000235190
16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
17/05/18 0,09
a
31/05/18 1,7
a
fr0000120628
03/05/18 1,26
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
30/05/18 3,02
a
fr0000120503
caP-Gemini (cap) R
02/05/18 1,7
a
fr0000125338
carreFour (ca) R
04/06/18 1,7
a
fr0000120172
21/06/18 0,46
creDit aGricole (aca) R
a
fr0000045072
Danone (bn) R
22/05/18 0,63
a
fr0000120644
enGie (enGi) R
04/05/18 1,9
a
fr0010208488
11/10/17 0,35
essilor international (ei) R a
fr0000121667
26/04/18 1,53
Hermes intl (rms) R
a
fr0000052292
KerinG (Ker) R
07/06/18 7,6
a
fr0000121485
l.V.m.H. (mc) R
14/05/18 4
a
fr0000121014
leGranD (lr) R
17/04/18 3,4
a
fr0010307819
l'oréal (or) R
01/06/18 1,26
a
fr0000120321
micHelin (ml) R
25/04/18 3,55
a
fr0000121261
22/05/18 3,55
ouv
vol.
nb titres
42,5
523019
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510836
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106,6
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284011
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121
455721
219.137.552
545,2
71680
105.569.412
449,7
232683
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519047
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444614
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203,8
386792
560.082.187
103
575285
178.978.841
clot
+ haut
+ bas
42,6
42,83
42,5
106,55
107
105,95
106,2
106,78
105,12
25,12
25,15
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98,9
100,25
98,26
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22,225
22,065
51,54
51,98
51,32
36,23
36,39
36,02
108,2
108,35
107,55
16,15
16,255
16,065
12,358
12,38
12,24
65,4
65,57
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12,4
12,44
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120,75
121,65
120,15
541,6
546,6
538,8
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452,9
445,4
292,35
294,3
290,1
63,34
63,44
62,72
201,9
203,8
201,9
103,1
103,6
102,35
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 0,57
- 1,57
+ 4,51
+ 0,66
- 0,28
+ 9,64
+ 0,53
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+ 1,56
- 3,94
+ 11
- 0,18
- 0,12
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+ 0,48
+ 2,86
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+ 0,49
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- 22,54
+ 0,42
- 2,08
- 6,45
+ 0,7
- 2,3
+ 8,72
- 0,16
+ 7,02
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+ 0,55
+ 4,46
- 19,15
+ 0,17
- 3,89
- 3,82
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- 0,22
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+ 0,13
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+ 47,01
+ 0,74
- 2,57
+ 27,36
+ 1,38
+ 0,86
+ 6,81
- 0,74
- 3,03
+ 12,54
+ 0,49
- 6,99
- 11,54
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 0,93
48,95
41,3
2,47
+ 1,43
113,3
97,12
2,49
+ 27,95
3,4
111,16
31,28
81,33
1,41
- 7,36
30,765
24,05
- 18,5
130,55
96,7
1,72
- 10,47
27,69
20,495 5,69
- 17,2
68,66
50,06
5,86
- 16,35
45,98
35
4,69
+ 9,41
119,8
97,38
1,57
- 10,48
19,73
12,955 2,85
- 10,45
15,54
11,105
5,1
- 6,5
71,78
62,24
2,91
- 13,5
1,21
14,815 10,28
12,165
2,82
+ 5,05
127,6
105,35
1,27
+ 21,37
614,6
417,9
1,4
+ 22,42
522,4
338,263 0,89
+ 19,13
313,7
232,5
1,16
- 1,32
67,44
60,42
1,99
+ 9,16
214,9
170,3
1,76
- 13,76
130,85
98,04
3,44
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
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a
fr0000133308
05/06/18 0,4
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a
fr0000120693
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a
fr0000121501
02/05/18 0,53
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a
fr0000130577
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fr0000131906
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a
21/06/18 3,55
a
fr0000073272
29/05/18 1,6
saint-GoBain (sGo) R
a
fr0000125007
sanoFi (san) R
11/06/18 1,3
a
fr0000120578
11/05/18 3,03
scHneiDer electric (su) R a
fr0000121972
02/05/18 2,2
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fr0000130809
soDeXo (sW) R
30/05/18 2,2
a
fr0000121220
solVaY (solb)
01/02/18 2,75
a
be0003470755
16/01/18 1,55
stmicroeletronics (stm) R a
nl0000226223
18/06/18 0,05
tecHniPFmc (fti) R
a
Gb00bDsfG982
total (fp) R
20/08/18 0,13
a
fr0000120271
11/06/18 0,62
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a
fr0013326246
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a
DiV 3 06/06/16
fr0013176526
04/06/18 1,25
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a
fr0000124141
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a
fr0000125486
ViVenDi (viv) R
24/04/18 1,76
a
fr0000127771
20/04/18 0,45
ouv
vol.
nb titres
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4138586
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134,3
437178
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23,97
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50,5
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235.249.801
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118,5
720785
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1903607
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1845877
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35,725
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437455
105.876.416
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3056657
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950650
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4427316
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175
295896
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17,895
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80,98
937747
596.909.204
21,98
3686168
1.305.230.587
srD
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
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% Veil
% mois
% 52 s.
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- 4,18
- 2,01
+ 0,45
- 3,58
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+ 0,17
- 4,11
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+ 1,83
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+ 38,87
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- 0,01
- 26,63
- 0,07
+ 3,82
- 7,84
+ 1,27
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+ 2,05
- 1,35
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-11,1
- 1,09
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+ 0,1
- 5,24
+ 4,62
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- 1,23
- 3,69
- 10,68
+ 0,27
- 2,96
+ 0,56
- 1,55
- 0,23
+ 2,5
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 5,77
15,235
13,315
2,2
+ 2,16
147,75
120,05
0,75
+ 40,31
25,29
16,455 2,23
- 9,66
63,18
48,96
3,91
- 12,13
100,8
69,75
4,82
+ 37,41
119,35
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1,36
- 21,43
48,6
35,145
3,6
+ 5,26
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62,88
4,01
- 3,25
78,56
64,02
3,21
- 16,82
47,505
34,815
6,14
- 18,09
113,05
76
3
- 2,85
7,98
120,65
14,11
105,15
- 12,63
0,23
22,97 69,99
15,035 0,32
29,17
22,9
+ 16,97
56,27
43,09
- 9,35
195,5
169,16
- 40,02
66,48
35,06
- 17,25
22,29
17,605
- 5,2
88,8
77,56
- 3,88
24,87
20,26
1,15
3,35
4,77
2,18
2,09
Valeurs françaIses
ouv
vol.
nb titres
B 4,19
40078
40.789.901
B 6,96
17487
fr0004040608
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aBiVaX (abvX) g
B 7,11
14254
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acantHe DeV. (acan) g
c 0,614
4
fr0000064602
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c 7,42
5227
fr0000076655
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B 16,48
13830
fr0011184241
6.916.753
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a 187,1
66621
fr0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
air France-Klm (af) G
a 8,334
3540260
fr0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
aKKa tecHnoloGies (aKa) g
B 65,2
38711
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aKWel (aKW) g
B 20,7
11667
fr0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
alD (alD)
a 16,25
208051
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30/05/18 0,55 404.103.640
alPes (cie Des ) (cDa) g
B 28,1
3470
fr0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
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a 39,8
484351
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20/07/18 0,35 222.358.701
altarea (alta) g
a 194
2117
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22/05/18 12,5 16.051.842
alten (ate) G
a 89,6
38325
fr0000071946
25/06/18 1 33.828.497
altran tecHnoloGies (alt) G a 7,52
1767247
fr0000034639
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amPlituDe surG. (ampli) g
3,14
3752
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a 63,1
eX-Ds 15/03/17
130866
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B 13,65
367
fr0004037125
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c 0,661
156320
fr0000182479
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arKema (aKe) L
a 106,7
138529
fr0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
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c 13,6
14143
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6.651.515
assYstem (asY) g
B 27,6
oPa 24/11/17
4424
fr0000074148
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atari (ata)
c 0,404
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fr0010478248
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auBaY (aub) g
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c 7,5
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c 0,214
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B 17,22
1493
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Bénéteau (ben)
a 13,6
79383
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a 77
84007
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14,96
14,84
820
828
808
68,45
70,4
67,7
25,9
26,2
25,9
89,8
90,15
89,2
60
60
59,4
380
392
380
1,13
1,14
1,13
0,161
0,165
0,156
146,4
149,2
146
50,22
50,26
50,2
23,6
24,1
23,44
2,1
2,14
2,06
1,502
1,528
1,49
+ 0,36 + 99,39
+17,85
1,223
+ 99,39
0,491
+ 0,1 + 0,39
- 3,83 21,62
- 1,13
18,41
+ 0,77 - 12,16
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- 9,06
7,5
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- 1,06 192
- 5,01 167,4
+ 0,39 + 20,66
+ 0,84 1729
+ 22,06 1267
+ 1,71 + 48,15
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+ 3,44 - 0,8
+23,76 47,38
- 44,03 28,54
+ 0,71 - 50,29
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9,18
- 47,74
4,452
- 0,52 + 54,98
+ 7,41 119
+ 48
72,5
- 1,18 + 6,36
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28,3
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5,8
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+ 9,18
15,035
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9,832
+ 0,41 + 6,77
+ 1,73 101,7
+ 11,2
87
+ 1,24 - 29,91
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3,1
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+10,04
5,92
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+ 30,36 66,75
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8,61
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+ 2,61
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+ 2,11 + 15,65
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- 4,87
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+ 1,45
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- 1,34
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22
- 66,02
7,68
2,03
- 9,52
2,08
1,41
4,35
4,34
4,86
0,98
0,44
3,09
0,78
0,83
22,8
1,85
1,03
2,05
3,28
1,84
3,18
1,91
4,81
0,5
1,92
2,76
5,82
1,7
2,12
1,72
0,12
1,84
4,21
11,92
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
clot
ost
vol.
+ haut
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
+ bas
Gl eVents (Glo) g
B 22,7
22,95
5031
23,1
fr0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
22,35
GrouPe crit (cen) g
B 73,3
73,8
1853
74,5
fr0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
72,8
GrouPe Flo (flo) g
0,26
c 0,26
eX D s 13/06/17
359842
0,265
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,259
GrouPe GorGé (Goe) g
B 13,9
13,86
6293
13,9
fr0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
13,76
GrouPe lDlc (lDl) g
c 15,64
15,5
nom.
5047
15,7
fr0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
15,5
GrouPe PartoucHe (parp)
24,5
24
reGr.
3309
24,5
11/09/17 0,31 9.627.034
23,4
fr0012612646
Gtt (Gtt) Gg
a 64,4
65,25
45773
65,3
fr0011726835
29/05/18 1,33 37.028.800
64,35
Haulotte GrouP (piG)
B 12,46
12,08
22409
12,46
fr0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
11,94
HiGH co (hco) g
c 5,44
5,58
13556
5,6
fr0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,43
HuBWoo (hbW) g
c 0,173
0,173
17158
0,173
fr0004052561
136.345.527
0,173
icaDe (icaD) G
a 82,85
82,05
65427
82,9
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.531.428
81,8
iD loGistic (iDl) g
B 154,2
154,4
453
154,8
fr0010929125
5.628.475
154
iliaD (ilD) G
a 115,05
114,25
127023
117,9
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
114,15
imerYs (nK) G
a 60,2
60,3
107022
61,1
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
60,15
inGenico GrouP (inG) LR
a 61,36
60,96
331758
61,46
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
60,6
innate PHarma (iph) g
B 4,692
4,632
109164
4,692
fr0010331421
57.600.100
4,58
insiDe secure (insD)
c 2,62
2,65
31444
2,665
fr0010291245
44.119.162
2,62
inter ParFums (itp) g
B 40,5
41,45
15250
41,6
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
40,5
iPsen (ipn) G
a 151,55
148,7
108083
152,3
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
148,4
iPsos (ips) G
a 26,12
26,2
33610
26,34
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
25,98
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 21,5
21,1
32667
21,7
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
20,75
JcDecauX (Dec) G
a 29,74
29,8
93949
30,12
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
29,56
KauFman & BroaD (Kof)
B 44
44,52
15521
44,6
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
43,96
KlePierre (li) LR
a 30,7
30,51
516123
30,73
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
30,42
Korian (Kori)
a 32,9
33,12
241575
34
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
32,48
laFarGeHolcim (lhn) L
a 39,9
39,99
83730
40,07
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
39,66
laGarDère (mmb) G
a 25,5
26,09
609144
26,1
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
25,5
latecoere (lat) g
c 4,145
4,195
104549
4,24
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
4,12
le Bélier (beli) g
c 45,4
46,45
968
46,5
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
45,35
lna santé (lna) g
B 57,5
57,6
13310
57,8
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
57,5
lectra (lss)
21,7
B 21,65
4898
22
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
21,65
lineData sVices (lin) g
B 34,75
35,1
1825
35,25
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
34,75
lisi (fii) g
a 32,55
32,35
23677
33,3
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
32
lumiBirD (lbirD) g
c 15,92
15,76
10026
16,24
fr0000038242
15.884.557
15,6
m6-métroPole tV (mmt) G
a 17,55
17,7
77167
17,75
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,51
maisons Du monDe (mDm)
B 24
25,2
134590
25,44
18/06/18 0,44 45.241.894
fr0013153541
23,94
maisons France conF. (mfc) g B 41,8
42,05
1173
42,6
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
41,8
manitou (mtu) g
B 29,7
30,1
36542
30,1
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.617.974
29,55
marie BrizarD W & s (mbWs)
B 4,85
4,92
42828
4,99
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,8
mauna Kea (mKea)
c3
3,11
363232
3,19
fr0010609263
23.147.338
2,975
mercialYs (merY) g
a 13,64
13,73
123558
13,8
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,56
mersen (mrn) g
B 31,45
31,15
24789
31,85
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
31,1
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,02
2,02
10398
2,02
fr0004177046
23.261.500
2
nanoBiotiX (nano) g
B 17,62
17,46
84813
17,78
fr0011341205
19.633.373
17,36
natiXis (Kn) LR
a6
5,85
5883108
6
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,85
natureX (nrX) g
B
/120918
03/07/14 0,1 9.568.951
c 1,69
1,66
11997
1,715
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,655
neXans (neX) G
a 25,5
25,9
272129
25,95
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
25,48
neXitY (nXi) G
a 50,05
50,3
55128
50,45
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
50
nicoX (coX)
B 7,31
7,25
85866
7,315
fr0013018124
22.869.669
7,18
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,5
8,6
5633
8,66
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,5
oeneo (sbt) g
B 10,72
10,7
30962
10,78
fr0000052680
31/07/18 0,15 63.180.843
10,7
onXeo (onXeo) g
B 1,082
1,09
49649
1,099
fr0010095596
50.914.722
1,071
orPéa (orp) G
a 118
117,15
64512
118
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
116,5
Parrot (parro) g
B 4,5
4,48
22888
4,52
fr0004038263
30.174.671
4,46
PHarmaGest int. (pha)
61,2
59,3
5338
61,2
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
58
Pierre & Vacances (vac) g
B 27,5
28,5
3155
28,65
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
27,5
PiXium Vision (piX) g
c 1,856
1,846
39096
1,86
fr0011950641
20.813.963
1,83
Plastic omnium (pom) G
a 31,9
32,56
206526
32,68
fr0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
31,89
PlastiValoire (pvl)
B 13,72
13,56
DiV 8 02/05/17
4791
13,72
fr0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
13,56
PsB inDust. (psb)
c 49,9
50,4
3712
50,4
fr0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
49,8
rallYe (ral)
a 9,05
9,29
117891
9,29
fr0000060618
30/05/18 1 54.999.135
9,02
recYleX sa (rX)
c 6,45
6,48
88348
6,585
fr0000120388
04/07/90 0,61 25.741.482
6,325
rémY cointreau (rco) G
a 115,5
115,2
97629
116,2
fr0000130395
31/07/18 1,65 50.223.800
114,7
reXel (rXl) G
a 12,775
12,8
884345
12,855
fr0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
12,745
roBertet sa (cbe)
B 400
400
c.i.P.
39
400
fr0000045601
28/06/18 5,2 143.582
400
roBertet sa (cbr)
B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 32,7
32,85
31601
33,3
fr0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
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+ 4,06 - 21,16
-11,28 54,5
- 19,78 31,55
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- 0,17
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2,5
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3,328
- 67,31
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2,05
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11
+ 4,54
7,07
+ 0,65 + 19,61
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+ 37,5 242
0,26
Autres Valeurs de la Zone euro
Gemalto (Gto) L
1,1
Valeurs françaIses
a 50,22
190120
22/05/17 0,43 90.785.956
a 4,722
234528
31/05/18 0,13 5.839.404.303
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1024081
23/04/18 0,68 359.506.172
50,22
+ 1,45
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4,756 + 1,34 + 22,14
4,756 + 4,14
5,386
4,673
- 5,99
3,845
16,6
+ 1,22 + 27,59
16,925
- 6,98 18,31
16,405 - 9,68 10,55
4,21
11,92
0,3
16,06
4
4,82
VAleurs Zone InternatIonale
General electric (Gne)
10,74
2212
usD 14/09/18 0,08 8.691.081.000
7,402
6291
Gb0005405286
usD 16/08/18 0,1 19.906.723.136
laFarGeHolcim ltD (lhn) L
a 39,9
83730
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
scHlumBerGer (slb)
a 52
575
an8068571086
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stallerGenes Greer (staGr) a 29,35
3214
Gb00bZ21rf93
19.738.742
us3696041033
HsBc (hsb)
10,68
10,74
10,68
7,413
7,43
7,35
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39,66
52,4
52,6
51,8
29,35
29,55
29,25
+ 0,3
- 2,02
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10,32
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- 14,99
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65,4
51
- 23,79
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Lundi 17 septembre 2018 Les Echos
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32
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b
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c
artois
a
ateme
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au femining
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b
bains monaco
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c 3,185 3,2
barbara bui
c
bastide
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bleecker
c
blue solutionsg
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bourbonGg
a 4,6
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1,52
business et dec.g
c
cafom
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c
castg
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cbo territoriag
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c
cegedimg
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cegerealg
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cellnovog
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3,065
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cfi
c
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c
cibox inter.g
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cnimg
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constellium
courtois
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144
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197
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c
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deinove
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digigram
c
dms
c 1,12
1,12
docks pétroles a c535
535
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45
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c
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6,7
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127
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c
expl. prod. chim.
c
f.i.e.b.m.
c
f.i.e.b.m.
c
f.i.p.p.
c 0,34 0,34
fauvet-girel g
c
fermentalgg
3,085 3,09
fermière cannes
b
fiducial office
c 28
28
fiducial re
b 192
192
fin. moncey
a
finatis
b 44
44
fleury michon
b 54,4 54,8
foncière 7 inv.
c
foncière atland
c 115
115
foncière euris
b 29,6
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c
foncière volta
c
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14,25
frey
b 28,6
28,6
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c 49
49
galimmo
c 24,2 24,2
gaumont
b 135,5 138,5
gea
c 96,6 96,6
generixg
c 3,63
3,63
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0,929 0,93
gérard perrier
c 57,6
57,6
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8,18
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c 40,4 40,4
groupe ird
c 26
26
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c
groupe openg
c 28,5
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groupe piZZorno
c 20,2 20,2
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c 3,05 3,05
guerbetg
b 57,2 58
guillemot corp.g
c 4,76 4,98
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7,42
idi
b 42,8 43,2
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c
immo. dassault
b 53,2
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c
ind. fin. ent.
c 63
63
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c 50,7
50,9
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c 5,4
5,4
installux sa
c382
382
intexa
c
inventiva
b 8,58 8,6
it linkg
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c 3,74
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c 7,32
7,32
jacques bogart
c 6,14
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la foncièreverte c
lacroix sa
c 25,5
25,5
lafuma
c
lanson-bcc
b 31
31
laurent-perrier
b 110,5 111,5
le tanneurg
c
lebon
c 132
132,5
les hôtels de paris c
les nx constr.
b 47,4
47,5
lexibookg
c 1,03
1,03
locindus
b 25
25,1
malteries fr-b
c530 530
manutan inter.g
b 69,2 69,8
maurel & promG
a 5,66 5,68
mcphy energyg
6,05 6,08
+bs
10,55
9,97
35,3
2,45
0,092
14,6
3,6
1,84
12,4
31,8
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10
0,412
15
clôt écart
10,7 + 1,91
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32
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vol
15164
14014
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5688
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13
39,34
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220
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- 0,73
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110
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54032
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96,6
3,52
3,59 - 0,55
0,894
0,908- 0,33
57,6
57,6
8,16
8,18 + 0,25
40,4
40,4 + 2,02
26
26
7232
10
1
1
8
5
13874
153616
26
70
12
8
1,8
26,95
19,85
2,98
57,1
4,72
0,198
6,96
13
7,42
42,7
27,45 - 4,02
19,85 - 1,73
2,98 - 2,61
57,6 + 0,7
4,74 + 0,42
0,198- 0,5
7
- 1,96
13,05 - 0,38
7,42
42,8 - 0,93
32998
84
3338
2027
27567
501
1217
1432
369
709
137
53,2
53,2
1
1,04
63
49,4
5,4
376
63
49,8 - 1,78
5,4 + 0,37
376
- 1,57
Taux eT changes
changes : cours au comptant
cours
bce
var.
veille
en %
var.
année
en %
dollar us
1,1674
livre sterliNg
0,891
FraNc suisse
1,1299
couroNNe daNoise
7,4596
couroNNe Norv.
9,6046
kuNa croate
7,4337
couroNNe suedoise
10,4644
dollar caNadieN
1,5172
yeN JaPoNais
130,654
dollar australieN
1,622
rouble russe
79,9013
rouPie iNdieNNe
83,6307
dollar Neo-zelaNdais 1,7777
couroNNe tcheQue
25,5276
ForiNt hoNgrois
323,92
zloty PoloNais
4,3083
lev bulgare
1,9574
dollar hoNg-koNg
9,1624
WoN sud coreeN
1309,3978
Peso MexicaiN
22,021
real
4,873
dollar siNgaPour
1,6005
raNd sud-aFricaiN
17,2666
livre turQue
7,117
reNMibi yuaN
7,9933
ruPiah
17224,8662
Peso PhiliPPiN
63,0593
riNggit Malais
4,8446
bath thalaNdais
38,102
0,38
-0,02
0,15
-0,01
0,03
0,02
0,19
0,38
1,00
0,02
-0,41
-0,02
0,28
-0,24
-0,35
0,05
0,04
0,38
0,14
-0,50
0,67
0,29
-0,80
-3,54
0,23
0,00
0,32
0,65
0,17
-2,76
0,42
-3,41
0,16
-2,50
0,02
6,54
0,52
-3,50
5,49
15,53
9,09
5,12
-0,05
4,23
3,17
0,07
-2,34
2,23
-6,70
22,57
-0,33
16,20
56,26
2,41
5,91
5,06
-0,74
-2,53
13-09-2018
1 euro en devise
principaux taux directeurs
pays
taux de référence
taux en %
8,6 + 0,23
6,2 + 3,33
3,74
7,32
6,08 - 1,62
6,14 + 1,66
25,5
30,8
110
31
110
2,02
131
- 0,38
150
45,5
45,5 - 3,6
0,974
0,974- 5,89
24,9
25,1 + 0,4
530
530
69,2
69,2
5,59
5,62 - 1,06
5,96
5,98 - 1,16
131
187
501
2759
1
758
75594
19932
2,36
dkk
0,885
1,0333
0,7887
1
9,2623
6,6024
115,64
1,3429
0,0956
0,1116
0,0852
0,108
1
0,7129
12,4845
0,145
0,1341
0,1565
0,1195
0,1515
1,4028
1
0,1751
20,3394
jpy (100)
cad
0,7654
0,8936
0,6821
0,8648
0,0801
5,7097
1
1,1614
0,6591
0,7694
0,5873
0,7447
6,8973
4,9166
0,861
1
13-09-2018
marchés monétaires
1 mois
3 mois
jour
6 mois
1 an
Zone euro-0,33/-0,63-0,28/-0,58-0,20/-0,50 -0,17/-0,47 -0,10/-0,40
ecarts de taux avec l’allemagne
13-09-2018
6 mois
allemagne 100,25
portugal
-0,25
france
-0,01
espagne
-0,06
italie
-0,32
2 ans
5 ans
7 ans
10 ans
-0,58
0,51
0,07
0,28
1,60
-0,20
0,89
0,11
0,49
2,09
0,04
1,30
0,18
0,79
2,44
0,34
1,52
0,32
1,06
2,57
euromts
indice
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
251,67
170,61
234,34
284,27
332,88
341,65
233,22
var %
-0.16
-0.10
-0.03
-0.02
-0.07
-0.09
-0.04
31/12 var %
248,89 1.28
171,84 1.04
236,20 -0.76
284,90 -0.19
327,74 1.64
332,52 2.84
234,24 -0.40
cours a TerMe de l’euro contre les principales devises
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1673
1,1674
0,8910
0,8910
1,1298
1,1300
10,4615
10,4672
7,4592
7,4599
130,6500
130,6580
1,5176
1,5186
0,0036
0,0035
-0,0002
-0,0003
0,0034
0,0034
0,0281
0,0300
0,0010
0,0009
1,1528
1,1181
0,0046
0,0054
-0,0019
-0,0020
0,0000
-0,0021
0,0042
0,0042
0,0292
0,0312
0,0030
0,0028
1,1063
1,0685
-0,0010
-0,0002
-0,0115
-0,0117
-0,0051
-0,0052
0,0055
0,0054
0,0296
0,0302
0,0067
0,0056
1,0625
1,0165
-0,0112
-0,0105
-0,0314
-0,0317
-0,0116
-0,0118
0,0078
0,0076
0,0212
0,0174
0,0137
0,0112
0,9843
0,9242
-0,0323
-0,0320
13-09-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
Taux bons du trésor
btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,57
-0,56
-0,59
-0,61
-0,56
-0,39
0,09
0,74
MéTaux non Ferreux
MéTaux sTraTégiQues
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
13/09
12/09
COURS PriMe Prec.
lingot
0
33490
33480
10 florins
205
1,21
205
5 dollars*
287
13,99
287
10 dollars
551
9,43
551
20 dollars
1130
12,17
1130
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1241
-1,15
1241
latine
195
0,32
193
napoleon
199,4
2,58
199,4
1/2 napoleon* 109,9
13,07
100
souverain eli i* 258
5,27
258
souverain
252,6
3,07
252,8
1/2 souverain* 128,8
5,11
128,8
suisse
195,8
0,73
193,7
tunisienne*
200
2,89
200
mark*
250
4,29
250
krugerrand
1097,5
5,39
1097,5
lingotin 500grs 17200
2,75
17100
lingotin 250grs 8570
2,39
8450
lingotin 100grs 3440
2,75
3420
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
472,23
471,46
cuivre (girm):
Londres
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
27 032
27 003
Fix2
27 042
27 146
cathodes : 5334 a coMPter du 13/09/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
611,89 dePuis le 13/09
base laMiNé laitoN 1 titre 510,54 dePuis le 13/09
base laMiNé laitoN 70/30
519,76 dePuis le 13/09
base laMiNé laitoN 85/15
565,82 dePuis le 13/09
base laMiNé broNze 94/6
698,08 dePuis le 13/09
base laMiNé broNze 94/4
669,35 dePuis le 13/09
London MeTaL exchange
13/09
12/09
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1545-1555
1570-1580
13600
cash
3 Mois
vol.
1981-1981,5
2022-2023
1052975
London BuLLion MarKeT
13/09
12/09
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 417
1 426
etain (en $ par tonne)
1 196
platine (eN dollars Par oNce troy)
810
788
settleMeNt
13/09
sePt. 18
14,17
déc. 18
14,25
JaNv. 19
14,29
Mars 19
14,36
Mai 19
14,44
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
settleMeNt
12/09
14,19
14,29
14,32
14,39
14,47
settleMeNt
13/09
déc. 18
1207,3
avr. 19
1219,2
JuiN 19
1225,2
aout 19
1232,6
déc. 19
1250,9
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
13/09
802,1
805,3
811
824,6
822,1
12/09
1211,6
1223,6
1230,9
1236
1246,9
settleMeNt
12/09
800,2
803
808
814,7
808,6
2034-2035
2073-2074
1054525
cuivre (en $ par tonne)
cash
3 Mois
stocks
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 210
1500-1510
1565-1585
13600
aluminium (en $ par tonne)
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
22 245
21 896
Fix2
22 306
21 850
neW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
319
168
sek
indices de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
août 18
tmm
euribor
1 mois
3 mois
-0,3279
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,369
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,294
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
tme
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
source cdc ixis
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
the
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
08-08
09-08
10-08
13-08
14-08
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17-08
20-08
21-08
22-08
23-08
24-08
27-08
28-08
29-08
30-08
31-08
03-09
04-09
05-09
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07-09
10-09
11-09
12-09
13-09
0,80
0,80
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,71
0,71
0,71
0,71
0,71
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
-0,361
-0,356
-0,357
-0,357
-0,357
-0,357
-0,359
-0,362
-0,36
-0,36
-0,361
-0,363
-0,363
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-0,363
-0,363
-0,364
-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,364
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,37
-0,37
-0,368
-0,369
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,37
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
0,70
0,70
0,65
0,65
0,66
0,66
0,65
0,64
0,64
0,63
0,65
0,66
0,66
0,68
0,68
0,70
0,71
0,68
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0,70
thor.
pub.
priv.
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
MaTières preMières
6431
4167
1201
1
1369
1536
23
0,8566
1,1223
1
1,3101
0,7633
1
0,9678
1,2679
8,9642 11,7439
6,3898
8,3713
1,1191 146,6159
1,2997
1,7027
chf
MéTaux précieux
palladium (eN dollars Par oNce troy)
982
979
484
1
1,1674
0,891
1,1299
10,4644
7,4596
1,3065
1,5172
gbp
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base
0.75 %
usa
taux jour le jour
1.84 %
fOnDs feDeraux
2.00 %
2 ans
2.80 %
10 ans
3.00 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.08 %
190
1283
115
57
57
25,5
eur
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy
cad
usd
bce
2,36
8,58
6
3,74
7,32
6,06
6,02
eur
Marché obligataire
Taux marchés monétaires et eurodevises
cours de changes croisés
13-09-2018
cash
3 Mois
vol.
5890-5891
5906,5-5907
233025
18870-18875
18800-18825
2895
5848,5-5849
5868-5869
234300
19050-19070
19000-19050
2900
12280-12285
12375-12390
235836
éLecTriciTé
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
13/09
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
clôture
12250-12255
12325-12350
236340
plomb (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1981-1982
2001-2003
120300
1969-1970
1991-1992
120300
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2353-2355
2361-2362
227300
2338-2338,5
2338-2339
229675
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
13/09
2,68
2,68
2,69
2,69
12/09
2,67
2,67
2,67
2,68
vol
138
154
84
91443
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
13/09
73,34
74,34
81,24
81,9
KuaLa LuMpur
settleMeNt settleMeNt
Jou r
13/09
18950
12/09
18900
vol
clôture
12/09
40,69
46,28
clôture
12/09
73,34
74,34
81,24
81,9
vol
364004
192492
vol
5
5
clôture
clôture
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
aout 19
13/09
68,33
67,33
67,08
66,5
64,25
12/09
69,18
68,95
68,68
68,38
68,08
457,5
432,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
91,2
90,42
500,5
468,5
91,2
90,42
497
465
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
13/09
24,15
clôture
settleMeNt settleMeNt
vol
12/09
27
27,15
27,4
6
gaz naTureL
clôture
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
vol
clôture
vol
12/09
2,82
2,82
2,9
clôture
12/09
29,08
vol
vol
3
settleMeNt settleMeNt
13/09
oct 2018 27,9
Nov 2018 28,29
dec 2018 28,52
12/09
29,05
29,19
29,47
12/09
83,4
82,51
82,93
clôture
clôture
vol
13/09
12/09
déc. 18
1633
1648
Mars 19 1652
1666
Mai 19
1663
1677
Juil. 19
1671
1683
sePt. 19
1677
1689
new york (eN $ Par toNNe)
6376
3974
2218
1267
801
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
déc. 19
13/09
2315
2322
2330
2345
2353
12/09
2327
2332
2341
2349
2358
vol
15294
6681
2534
328
189
settleMeNt settleMeNt
13/09
433,3
373,9
368
12/09
433,4
375,1
368
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
13/09
12/09
sePt. 18
1550
1546
215
Nov. 18
1504
1516
3844
JaNv. 19 1512
1523
1870
Mars 19 1530
1539
1086
Mai 19
1548
1558
756
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
60
6656
1451
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
sePt. 19
13/09
96,7
100,8
104,1
111,2
12/09
97,8
102,25
105,65
112,85
vol
vol
1
11396
1756
339
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
Jou r
13/09
12/09
112,45
115,7
86
131386
54444
settleMeNt settleMeNt
vol
13/09
12/09
sePt. 18
10,49
10,8
Nov. 18
10,79
10,75
JaNv. 19 10,92
10,86
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
212
11
settleMeNt settleMeNt
vol
255
settleMeNt settleMeNt
13/09
174
174
174
vol
12/09
175,5
0
0
130
veau vivaNt - bresil - brl :
151
le 12/09//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.11475
le 12/09//18
betail d'eNgrais - cMe - usd :1.54625
le 12/09//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.558
le 12/09//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
le 02/03//17
indices
rJ crb
settleMeNt settleMeNt
vol
BeTaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
1438
145
268
settleMeNt settleMeNt
13/09
12/09
sePt. 18
337,75
341,75
déc. 18
351,25
353,5
Mars 19 363,75
365,75
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
vol
clôture
vol
13/09
12/09
Nov. 18
175,25
177,25
JaNv. 19 178
179,75
Mars 19 181
182,25
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
jus d’orange
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
settleMeNt settleMeNt
13/09
12/09
sePt. 18
481,75
481,75
déc. 18
502,63
506,75
254
Mars 19 522,5
527
2
mais à paris (eN euros Par toNNe)
caFé
Bois
sePt. 18
Nov. 18
JaNv. 19
83055
105254
30525
15188
9624
vol
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 99.85
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
new york (cont. n°2 - cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
12/09
11,65
12,31
12,42
12,49
12,77
settleMeNt settleMeNt
13/09
12/09
déc. 18
197,25
198,75
32198
Mars 19 199,75
201,75
13231
Mai 19
201
202,5
5085
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
vol
coTon
13/09
81,99
81,71
82,15
13/09
11,66
12,45
12,56
12,6
12,79
vol
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
13/09
12/09
sePt. 18
226,5
247,5
déc. 18
242,75
246,75
Mars 19 246,5
252
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
iNdice cotlook a : 92,4, le 13/09//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
clôture
settleMeNt settleMeNt
nymex ( eN $ Par Mbtu)
13/09
2,84
2,83
2,92
clôture
vol
4832
20134
7080
1536
365
cacao
uraniuM
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 11/09/
Prix indicatif : 2257,54
londres (eN £ Par toNNe)
uranium nymex (en $ par lb)
13/09
27
27,15
27,7
clôture
13/09
12/09
oct. 18
334,5
334,6
déc. 18
353,6
347,2
Mars 19 352,4
347,1
Mai 19
353,8
348
aout 19 355,6
350,9
new york (eN ceNts Par lb)
vol
12/09
24,15
powernext gas futures
13/09
12/09
Nov. 18
682,25
694
54322
Fév. 19
677,25
688,25
9532
Mars 19 675,5
686,5
6007
avr. 19
673,75
684,75
2448
Mai 19
673
683,75
1815
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
457
432
sPot
céréaLes
12,29 cts/lb
londres (eN dollars Par toNNe)
660,5
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
clôture
13/09
12/09
Jour
78,38
79,74
Nov. 18
78,38
79,74
223452
JaNv. 19 77,58
78,9
64831
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
sucre
london daily price:
13/09
Nord da 27,58
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
produiTs péTroLiers
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
656,5
powernext gas spot
produiTs péTroLiers
clôture
etain (en dollars par tonne)
12/09
antimoine 99,65% (par tonne)
8400
8400
bismuth 99,99% (par lb)
4,55
4,55
cadmium 99,95% (par lb)
1,25
1,25
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
33,25
33,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
29,25
29,25
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
14
14
silicium (par tonne)
2000
2000
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
13/09
vol
13/09
12/09
197,27
198,97
reuters coM. 2294,61
2290,03
Moodys coM. 5549,24
5541,69
or iNdustriel 33652
112.45
lMex
2889,8
33471
2833,4
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Lundi 17 septembre 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
marketing@mirabaud-am.com
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Pictet Asset Management
34, avenue de Messine 75008 Paris
Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
295,11 12/09
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
524,18 12/09
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
546,05 13/09
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
252,5
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
359,37 13/09
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
524,44 12/09
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
LU0188501257 Pictet-health
284,33 12/09
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
515,61 12/09
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
14987,57 12/09
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
112,89 12/09
171,07 12/09
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
106,87 12/09
460,78 12/09
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
99,7
131,06 12/09
LU0851564897 euroPean equity (eur)
162,53 12/09
118,28 07/09
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
96,36 12/09
LU0851564541 World equity (eur)
155,47 12/09
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
160,35 12/09
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
155,87 07/09
LU1279334210 Pictet-roBotics
139,91 12/09
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
317,73 12/09
LU0090689299 Pictet-Biotech
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87,73 12/09
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LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
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val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
97,69 12/09
241,32 12/09
305,65 12/09
désignation
des valeurs
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
synchrony (lu)
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
LU0340554913 Pictet-digital
code isin
12/09
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0280430660 Pictet-clean energy
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0168449691 Pictet-greater china
LU0070964530 Pictet-indian eq.
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
code isin
classification
classification
sicav//fcp
12/09
301,23 12/09
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Attachant, dit-on, et curieux, instinctif.
L’homme, fan d’opéra et d’Astérix, s’avoue perfectionniste, mais se dévoile peu, reste cartésien… et à l’écoute. Avide de découvrir, soucieux toujours d’avancer, d’aller plus loin. N’a-til pas sillonné Pékin, dès 1987, quelques années
seulement après l’ouverture de la Chine ? Il a
même embarqué sa promo d’apprentis ingénieurs télécoms au Japon, à l’exposition internationale de Tsukuba, en 1985.
par Laurance N’Kaoua
@LauranceNKaoua
Passer d’un grand groupe américain à l’X ?
C’est une première ! Eric Labaye, qui s’installe, ce matin, dans son bureau de président
exécutif, sur le campus de Polytechnique,
arrive tout droit du prestigieux cabinet de
conseil en stratégie McKinsey. Ce dirigeant, le
verbe sage, un costume impeccable, a passé
trente-trois ans dans les rangs de ce puissant
cabinet new-yorkais, devenant même, en
2005, le premier Français à son comité de
direction mondial. Non sans avoir piloté, au
passage et pendant huit ans, le bureau parisien. En tant que directeur associé senior, il
développait dernièrement – rien de moins –
le portefeuille mondial de clients.
Toutefois, cet ingénieur en télécommunications, né il y a cinquante-sept ans, se dit terriblement « attaché » à l’école de Palaiseau, fondée en
1794 et militarisée par Napoléon 1er. Il raconte
même avoir fait partie de la seule promotion de
l’X à défiler sur les Champs-Elysées de nuit. Une
idée de François Mitterrand, un 14 juillet 1982.
Commission Attali
Major à l’Insead
Vincent Zanzouri
Eric Labaye,
de McKinsey
à l’X
Face à ses détracteurs qui, sur fond d’inquiétudes liées à la réorganisation universitaire du
plateau de Saclay, lui ont reproché, dans une
lettre ouverte, de n’avoir pas fait une carrière
académique, il se dit serein : « Ils ne savaient
sans doute pas que j’ai dirigé pendant quatre ans
le “capital intellectuel” de McKinsey, avec 2.000
chercheurs et 500 millions de dollars de budget », précise-t-il. Et de rappeler, avec méthode,
qu’il a présidé, en parallèle, le think tank MGI,
bras armé de la firme en matière de recherche
économique globale. « J’y ai travaillé aux côtés
de prix Nobel ! », ajoute-t-il.
Rodé à esquisser les contours d’un monde
futur, Eric Labaye avait d’ailleurs croisé Emmanuel Macron dans les coulisses de la commission Attali pour la libération de la croissance
française en 2007.
« Il est celui qui peut faire rayonner l’X à l’international, assure Cécile Kossoff, ancienne
patronne de la communication globale de
McKinsey passée directrice de la marque du
groupe Mazars. Il capte très vite les choses, travaille énormément et connaît les patrons français
et étrangers. »
De Mouhers à New York
Le parcours est fulgurant. De son enfance à
Mouhers, ce village de 250 âmes dans l’Indre,
aux bancs de Louis Legrand, de l’X puis de
Télécom ParisTech… Car, derrière ses lunettes fines, ce fils unique d’instituteurs devenus
professeurs de mathématiques affiche une
obstination sans faille et une soif d’apprendre,
avec une rigueur toute scientifique, presque…
militaire.
Eric Labaye a « bouclé » ses études comme
stagiaire à Manhattan. A l’époque, en 1984, les
managers américains se repassent un bestseller : « In Search of Excellence », rédigé par
Tom Peters et Robert Waterman, deux consultants de McKinsey. Le jeune homme est
bluffé.
Et, déjà, l’X fait basculer son destin. Car, de
retour en France, c’est dans l’annuaire des
anciens de Polytechnique qu’Eric Labaye puise
le nom d’un « partner » de McKinsey, qui
l’encourage à postuler. Il quitte le corps des télécoms : le géant du conseil lui offre un MBA à
l’Insead, dont il sortira major. Au passage, à
Fontainebleau, ce père de quatre enfants, pianiste à ses heures, rencontre son épouse. Avant
de vivre sept ans outre-Atlantique.
Chez McKinsey il a appris le management
collégial. A l’X, ce marathonien envisage de
rencontrer tous les chercheurs et autres
patrons de laboratoires… Car Eric Labaye
devra orchestrer le changement : il devra piloter NewUni qui regroupe, selon la stratégie
annoncée par Emmanuel Macron, cinq écoles
dont l’X, sur le plateau de Saclay, un job à hauts
risques. « Chez McKinsey, il a souvent innové,
assure Julie Avrane-Chopard, directrice associée senior du cabinet. C’est lui qui a, par exemple, initié le programme de recherche “Women
Matter” pour faire progresser la mixité dans les
instances dirigeantes des entreprises. Il a des
valeurs fortes. »
Et, dit-on, le goût de transmettre. L’intéressé
s’est d’ailleurs impliqué dans les conseils de l’Essec,
de Télécom ParisTech et de Science Po. Sur le plateau de Saclay, beaucoup reste à construire… n
bureau d’études, il a ensuite occupé
divers postes de directeur des
achats, jusqu’à conduire l’intégration et assumer la responsabilité des
achats généraux du groupe Airbus.
Dès 2011, il a occupé le de poste directeur des opérations du constructeur
aéronautique Reims Aviation. Entré
chez Daher en 2014, il est devenu
vice-président des programmes
aérostructures & systèmes.
ING
Emeline Bourgoin
prend la direction des ressources
humaines d’ING en France.
Elle siège au comité de direction.
Emeline Bourgoin, 42 ans, diplômée de l’ESC Bordeaux, a travaillé
chez Alti, Cegelec, Electronic Arts,
Canal+ et Dailymotion. Elle a, par
ailleurs, été directrice des ressources humaines, de la communication et de la responsabilité sociale
chez AXA Group Solutions.
KANTAR
Chloé Defours
est nommée chief transformation
officer de Kantar TNS et Kantar
Millward Brown. Elle intègre
leurs comités de direction.
Chloé Defours, 44 ans, titulaire
d’une maîtrise de sciences de gestion (IUP sciences de gestion,
ISEM, Montpellier), a d’abord travaillé deux ans chez Icone France.
En 1999, elle a rejoint Kantar TNS
où elle a dirigé le département
« digital » puis un des départements « consumer ». En 2016, elle
était devenue senior client advisor.
COMITÉ
PARIS 2024
Maïa Wirgin
Bruno Marie-Rose
ENTREPRISES
CAFOM
François Rosset
sera directeur général d’Habitat
à compter de ce lundi.
François Rosset, 49 ans, titulaire
d’un DEA économie du développement de l’université de Paris-I,
ancien élève de l’Ecole des mines
de Paris, a assumé des fonctions
de direction au sein du groupe
LVMH de 2001 à 2014. En poste
chez Louis Vuitton en France, il a
participé au développement de la
zone Russie et Europe de l’Est. Il a
dirigé la région Amérique latine
avant de prendre la tête des opérations de DFS (division travel
retail de LVMH) à Singapour. En
2015, il avait rejoint Kering, au
service de projets omnicanaux
pour différentes marques.
DAHER
Thierry Gendre
Olivier Dumas
Thierry Gendre prend la direction
opérationnelle industrie. Olivier
Dumas deviendra directeur qualité
et excellence opérationnelle
groupe à partir du 1er octobre.
Thierry Gendre est membre
du comité exécutif de Daher.
Thierry Gendre, 50 ans, diplômé de
l’Insa Toulouse a exercé diverses
responsabilités au sein du groupe
Airbus, d’abord en bureau d’études,
puis en production et enfin aux
achats. Il a notamment été directeur
de la chaîne d’assemblage (FAL)
A330/A340.
Olivier Dumas, 59 ans, diplômé de
l’Ensae (Sup’Aero), a débuté dans le
groupe Airbus au sein des équipes
d’ingénierie. Responsable de
sont nommés directrice des affaires
publiques et directeur de la
technologie et des systèmes
d’information au sein du comité
d’organisation des Jeux Olympiques
et Paralympiques de Paris 2024.
Maïa Wirgin, 38 ans, ancienne élève
de l’ENA, est conseillère référendaire à la Cour des comptes. A partir
de 2011, elle est devenue secrétaire
générale de La Chaîne parlementaire-Public Sénat. En 2014, elle a
rejoint Radio France où elle a été
successivement directrice de cabinet du PDG, puis secrétaire générale de Radio France.
Bruno Marie-Rose, 53 ans, diplômé
de l’Insa de Lyon, est un ancien athlète. Il a pris la direction des systèmes d’information dans le comité
d’organisation des championnats
du monde d’athlétisme de Paris en
2003, avant d’être nommé consultant pour l’organisation de la Coupe
du monde de rugby 2007. Après
avoir été directeur associé au sein
de cabinets de conseil en systèmes
d’information, il est devenu directeur des opérations et de l’architecture des systèmes d’information au
sein de la banque d’investissement
de la Société Générale. Il fut également président de la Ligue nationale d’athlétisme pendant neuf ans.
ILS SONT NÉS
UN 17 SEPTEMBRE
Jean-Claude Carrière,
écrivain, scénariste
et dramaturge, 87 ans.
Florence Cathiard,
copropriétaire du Château
Smith Haut Lafitte, 72 ans.
Laurence Engel, présidente
de la Bibliothèque nationale
de France, 52 ans.
Jean-François Ferret,
directeur général
de Relais & Châteaux, 56 ans.
Philippe Fragione,
alias Akhenaton, rappeur, 50 ans.
Marion Guillou-Charpin,
ex-présidente-directrice
générale de l’Inra, 64 ans.
Adriana Karembeu,
mannequin, 47 ans.
Serge Klarsfeld,
avocat, historien, 83 ans.
Baz Luhrmann,
réalisateur, 56 ans.
Narendra Modi,
Premier ministre indien, 68 ans.
Franck Piccard,
champion de ski, 54 ans.
Marie-Laure Sauty de Chalon,
ex-présidente des groupes
Aufeminin et Aegis Media
France, 56 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 17 septembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
« Les Echos »
+
Nouvelle dimension
Malgré Dassault Systèmes, le CAC 40
a du mal à se convertir à la technologie.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
Jean-Marc Chéry
PDG de STMicroelectronics
LES SMARTPHONES « A l’avenir, ce seront plutôt des “superphones”. Ils deviennent des machines intelligentes, qui
apprennent toutes seules. Elles vont être au centre de nos
vies. Elles seront le portail d’entrée de nos propriétés privées : voiture, domicile... Bientôt, les cartes SIM seront embarquées dans les téléphones – ce sera une révolution. Ce
qui fait l’ADN de l’industrie des semi-conducteurs, c’est sa
capacité à satisfaire les besoins sociétaux à des niveaux
économiques abordables par le plus grand nombre. »
LES VOITURES AUTONOMES « Il est complexe de prédire
leur avènement à cause des aléas de la circulation, et même l’intelligence artificielle ne sait pas mieux y répondre
qu’un humain. Plus que la voiture autonome, il faut augmenter la sécurité dans le véhicule grâce à l’électronique, et
le plus rapidement possible. La généralisation de l’innovation va aller beaucoup plus vite que ce que l’on a vu sur la
mécanique, par exemple. Il y a aura des véhicules très sécurisés avec de l’assistance à la conduite dès 2020. »
LES TENSIONS COMMERCIALES « Nous sommes inquiets
quant aux effets collatéraux des tensions entre Trump et la
Chine. Cela freine le commerce et le rend moins fluide, cela
fait prendre moins de risque sur le front de l’investissement.
Un seul tweet peut avoir des effets collatéraux très graves. »
Interview réalisée par David Barroux
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Les décisions qui font l’unanimité sont-elles toujours infaillibles ? Le conseil
scientifique des indices d’Euronext a fait d’une pierre deux coups en corrigeant ce que la communauté financière considérait comme des anomalies :
l’absence dans le CAC 40 de Dassault Systèmes, une success story pesant
plus de 34 milliards d’euros – ce qui en fera à compter du 24 septembre sa
dix-huitième capitalisation –, et la présence de Solvay, dont l’inconvénient
d’une place de cotation et d’un barycentre belges se doublait d’une sous-performance boursière de plus de 30 % depuis son entrée dans le club il y a six
ans. Les gérants n’ont qu’un regret : que l’éditeur de logiciels de conception en
trois dimensions, sorti de la cuisse de Dassault Aviation par Marcel Dassault
et Charles Edelstenne il y a trente-sept ans, et dirigé par Bernard Charlès, n’ait
pas été plus tôt réintégré dans le saint des saints. Pendant son bannissement
de seize ans, le titre a retourné à ses actionnaires 864 % de gains, dividendes
réinvestis, soit presque cinq fois mieux que le CAC 40 et 60 % de plus que l’indice composite du Nasdaq ! A cette aune, certains verraient bien Thales renforcer les casaques technologiques du CAC 40 mais, comme au PMU, les cotes sont parfois surfaites. STMicroelectronics et Atos n’ont guère brillé depuis leur entrée l’an dernier. Les destriers « high-tech » sont en outre souvent
des poneys nains sur le terrain des volumes de transactions. Les nouvelles
dimensions ne peuvent pas toujours s’affranchir des vieilles considérations.
France Télévisions 22
General Motors
Company 31
Heetch 24
Hermès 28
La Banque Postale 27
LVMH 28
M6 22
Maurel & Prom 28
Michelin 31
MPS 29
Nasdaq OMX 29
Natixis 27
Netflix 22
Newen 22
Newrest 17
Nike 21
AVIS FINANCIER
LNA Santé, 21
EDITORIALISTES
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (Le Crible)
LES ECHOS EXECUTIVES
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LES ECHOS WEEK-END
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SÉRIE LIMITÉE
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 14 SEPTEMBRE 2018 : 114.184 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
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est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Quand Metro veut vendre ses hypers
allemands, Francfort attend de voir.
Douze ans, c’est une éternité dans le commerce. En 2006, Metro se frottait
les mains de reprendre les 85 hypers de Walmart outre-Rhin. Aujourd’hui,
l’ex-géant de Düsseldorf place sur son linéaire de cessions ses 282 magasins
Real en Allemagne ainsi que leur plate-forme de cybercommerce, pour se
replier à 100 % sur son activité historique de grossiste. Sa peau de chagrin
en inspire bien peu à la Bourse de Francfort, même si le britannique Tesco a
fait un chemin inverse. Ses « big boxes » ne sont pas assez rentables :
160 millions d’excédent brut d’exploitation estimé pour des ventes de 7 milliards d’euros (une marge de 2,2 %). Des augures financiers ne voient donc
qu’une grosse caisse comme Amazon pour faire monter le prix sur l’étiquette au milliard, un multiple de capitalisation (6,2 fois) situé entre celui
de Tesco (7,5 fois) et celui de Metro (5,5 fois), dont les activités « cash and
carry » ne sont pas à la fête en Russie et en Chine. Comme le « private equity » regorge d’argent à placer en immobilier, chercher à attirer le chaland
peut néanmoins se comprendre, même au pays des « hard- discounters »
où, en plus, les pertes accumulées ne profitent pas fiscalement à l’acheteur.
Propriétaire en propre d’une soixantaine d’hypers, le distributeur se vante
de payer désormais un cinquième de moins ses nouveaux salariés. Le directoire n’a pas parlé de cette mise en vente avec le financier tchèque Daniel
Kretinsky qui doit pourtant racheter les parts de la famille Haniel. De quoi
calmer l’action (–3,7 % au lendemain de la nouvelle) dans son gros caddy
spéculatif (+30 % depuis fin juillet).
EN VUE
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Peu de chagrin
UPS a compris qu’il faudra se battre pour
conserver le fruit de ses investissements.
Peugeot 29
Renault 29
Siinaps 24
Soitec 29
STMicroelectronics 29
Suez 20
TF1 22
TIM 29
Toys’’R’’Us France 20
Unilever 21
Valeo 29
Velco 26
Veolia 20
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Edité par Les Echos, SAS au capital de 794.240 euros RCS 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
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ÉDITRICE DÉLÉGUÉE Capucine Marraud des Grottes
DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
Partout dans le monde, ses camions marrons font penser à l’Oncle Sam. Et
pourtant, United Parcel Service (UPS) semblait un peu décalé dans l’Amérique de Donald Trump, avec son actionnariat salarié, ses chauffeurs syndiqués, ses cadres fidèles à la maison et sa foi inébranlable dans la mondialisation enrichissante pour tous. Le numéro un mondial de la distribution de
colis a donc fait savoir qu’il avait compris la nécessité de rattraper son retard
dans l’automatisation et la flexibilité outre-Atlantique. Les investissements
de « Big Brown » sont ainsi passés de 4,9 % du chiffre d’affaires en 2016 à 7,9 %
l’année dernière. Son « plan de transformation », assorti de départs volontaires et de négociations avec les « teamsters », vient d’être présenté une matinée entière aux analystes financiers. Il prévoit de rester dans la zone des 8,5 %
à 10 % jusqu’en 2020, avant de revenir à 6 à 7 %. Le PDG David Abney veut surtout convaincre du renouvellement de l’équipe dirigeante et du maintien de
la rentabilité des capitaux investis, une nécessité pour conserver sa cote
d’amour vis-à-vis de FedEx, d’autant que sa dette à long terme a déjà presque
doublé. Même en recherchant la croissance rentable (PME, Santé, international), il ne sera pas facile de conserver ces efforts de productivité dans un
secteur bousculé par Amazon. Le chiffre clef – 1 à 1,2 dollar de plus pour le bénéfice par action 2022 – de l’ordre du milliard de dollars n’a pas redoré ses
lettres de noblesse à Wall Street (–2,9 %). Les pronostiqueurs postaux espéraient un paquet cadeau plus gros. Il faudra que la gestion du tsunami habituel de livraisons et retours de fin d’année marque un progrès notable, grâce
aux nouvelles capacités, pour qu’ils se sentent plus transportés.
Un chiffre et des lettres
LES ENTREPRISES CITÉES
Air Canada 17
Alstom 16
ArcelorMittal 29
Arkema 28, 31
Banque Populaire 27
BPCE 27
British Airways 17
Caisse d’Epargne 27
Carige 29
Carrefour 21
Casino 29
CNP Assurances 27
Direct Energie 18
EDF 18
Engie 18
Fidor 27
Foamous 26
crible
U
Benjamin Smith
ne centaine de pilotes d’Air
France gagnent plus de
300.000 euros par an. On comprend que ces forçats du ciel soient plus
souvent en grève que dans leur cockpit.
Rien pour eux vraiment dans le plan
pauvreté ? De toute façon, chez Air
France, il est bien plus souvent question
de salaires que de services au client.
Avouons-le, parfois ces ailes nous les brisent. Quant au nouveau patron, le Canadien Benjamin – dites Ben – Smith, il a été
tout de suite mis dans l’ambiance.
L’accueillit-on en lui demandant son
plan de vol ? Evidemment non, depuis
qu’il est là on ne parle que de son salaire.
Celui-ci est certes rebondi, bien qu’il soit,
ajouteront les mauvais esprits, une centaine de fois inférieur à ce qu’a coûté la
grève du printemps. Bien sûr, l’intersyndicale qui jugea « inconcevable que la
compagnie, française depuis 1933, tombe
dans les mains d’un dirigeant étranger »
annonce « un bras de fer » à la rentrée. De
Ben Smith, en tout cas, ils ne pourront
pas critiquer l’inexpérience. Tout jeune,
il apprenait par cœur les horaires des
liaisons aériennes. A 47 ans, il fut un élément clef du redressement d’Air Canada,
compagnie qui frôla la faillite en 2003.
De mère britannique de Hong Kong et de
père australien, Ben a trois passeports. Il
est capable de repérer une erreur sur
n’importe quelle maquette d’avion, a travaillé à Air Ontario pendant ses études
d’économie avant de fonder une agence
de voyages et d’entrer chez Air Canada
en 1999 à l’âge de 28 ans. Numéro deux, il
était programmé pour devenir PDG. En
choisissant la France, il prouve son goût
du risque. Il a doté la compagnie canadienne d’une filiale low cost prospère :
Rouge. Pour lui aussi, le rouge est mis.
(
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