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Les Echos - 07 09 2018

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Les Echos
WEEK-END
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TOUS LES VENDREDIS
www.bnymellonim.fr
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 7, SAMEDI 8 SEPTEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
Prix, nouvelles règles,
fiscalité : ce qui change
pour l’immobilier
L’ESSENTIEL
CONFIANCE : MACRON
SANCTIONNÉ PAR L’OPINION
La cote de confiance du président
tombe à 31 % (– 5 points), selon
Elabe, soit le niveau de François
Hollande à la même époque de
son quinquennat. // P. 2
ÉLUS ET HÔTELIERS VEULENT
MIEUX CONTRÔLER AIRBNB
Romain Gaillard/REA
Un adjoint à la maire de Paris préconise d’interdire Airbnb au
cœur de la ville. Les hôteliers veulent débusquer les loueurs professionnels. // P. 17 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 9
CHRONOLOGIE DES MÉDIAS :
DERNIÈRE LIGNE DROITE
Malgré des années de négociation, la filière cinéma p eine
encore à s’entendre sur les nouvelles fenêtres de diffusion des
films (salle, TV, SVoD…). // P. 22
l Le palmarès des hausses dans les grandes villes.
l Comment négocier son crédit au meilleur taux.
l Loi Elan : la nouvelle donne pour les propriétaires.
LES RACHATS D’ACTION
INTERPELLENT LA FED
La réforme fiscale de Donald
Trump a favorisé les rachats
d’action plus que les investissements, selon les économistes de
la Réserve fédérale. // P. 29
TOURISME D’AFFAIRES :
DOSSIER SPÉCIAL METZ
La métropole veut s’imposer
dans le cercle restreint des villes
d’accueil du tourisme d’affaires.
// PP. 36 À 39
// PAGE 16, L’ÉDITORIAL DE JEAN-MARC VITTORI PAGE 9 ET NOTRE SUPPLÉMENT « LES ÉCHOS PATRIMOINE »
La dette française
s’approche de 100 % du PIB
BUDGET L’Insee a requalifié SNCF Réseau en administration
publique, ce qui fait grimper la dette française à 98,5 %.
CARNET // P. 35
Shutterstock
C’est un bond qui n’était pas
attendu si vite. La dette française s’est finalement élevée à
98,5 % du PIB fin 2017, et non
pas 96,8 % comme cela était
enregistré dans les comptes
publics jusque-là. La faute à une
décision de l’Insee, rendue
publique jeudi, de requalifier
SNCF Réseau en administration publique, ce qui a pour effet
d’ajouter la dette de l’entreprise
à celle de la France sans attendre la reprise promise par le
gouvernement à l’horizon 2020
dans le cadre de la réforme ferroviaire. Comme la dette française a tendance à beaucoup
augmenter au premier semestre avant de retomber en fin
d’année, il est possible que le
cap des 100 % ait été franchi à la
L’argent coule
à flots dans
la French Tech // P. 26
fin juin. Pour la suite, la dette
publique devrait rester proche
de 98 % jusqu’à fin 2019, mais le
gouvernement promet de la
réduire de 5 points de PIB d’ici à
2022. Cette nouvelle doctrine
sur la SNCF va aussi gonfler de
0,1 point de PIB le déficit français tous les ans. Pour 2019,
l’exécutif viserait une cible proche de 2,7 %. // PAGES 3 ET 19
Les entreprises
vont devoir
publier les écarts
de salaires
Iliad-Free :
l’heure
des doutes
L’analyse de
Fabienne Schmitt
L’icône, qui a révolutionné le marché des
télécoms, a perdu de sa superbe. Depuis
janvier, l’action Iliad a reculé de plus de
45 %, réduisant à un peu plus de 6 milliards d’euros la capitalisation de l’opérateur contrôlé par Xavier Niel. Longtemps trublion du marché, Free doit
aujourd’hui adapter son modèle à la
nouvelle donne très concurrentielle des
télécoms, quitte à assagir sa stratégie.
Mais la future Freebox pourrait créer le
sursaut. // PAGE 9
IWC PORTUGIESER.
L A LÉGENDE
PARMI LES ICÔNES.
TRANSPARENCE Le gouverneNicholas Kamm/AFP
SUR
NICOLAS BARRÉ
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
Chasse aux sorcières
à la Maison-Blanche
La parution d’une tribune anonyme
déclenche une tempête politique.
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22776
110eANNÉE
40 PAGES
Antilles-Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 5,80 €. Espagne 4 €. Grande-Bretagne 6 £. Grèce 3,70 €. Italie 4 €
Luxembourg 6,10 €. Maroc 28 DH. Suisse
1 0,4 0 F S . Tu n i s i e 4 ,5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
POLITIQUE Donald Trump a très vivement réagi après la publication par le « New York Times » d’un texte anonyme d’un officiel de la Maison-Blanche dénonçant son incompétence. Pour le
président américain, il s’agit d’un acte de « trahison ». Dans son
texte, ce haut fonctionnaire affirme faire, avec d’autres, de la
« résistance », et lutter de l’intérieur contre certaines décisions
du président dommageables pour le pays. // PAGE 6
ment pourrait faire un geste en
direction de l’aile gauche de la
majorité. Il devrait accepter que
des députés En marche introduisent dans la loi Pacte, dont
l’examen a commencé en commission à l’Assemblée, l’obligation pour les grandes entreprises (plus de 1.000 salariés en
France ou plus de 5.000 dans le
monde) de publier des données
sur les écarts de rémunérations
en leur sein. Il s’agissait d’une
promesse de campagne
d’Emmanuel Macron. Le
ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, s’est dit favorable au
principe, jeudi. Reste à préciser
les contours de la mesure, le
gouvernement ne souhaitant
pas un dispositif trop contraignant. La France se rapprocherait ainsi des Etats-Unis ou du
Royaume-Uni, où de telles obligations existent. // PAGE 5
Portugieser Chronographe. Réf. 3714
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02 //
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
FRANCE
La bataille écologique
se mène hors champ
A la suite de la démission de Nicolas Hulot, l’initiative venue d’un anonyme d’une « marche pour
le climat » ce samedi semble trouver de l’écho.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
’est l’une de ces petites
histoires qui
prospèrent en temps
de désamour politique. Emu
par la démission de Nicolas
Hulot, un anonyme lance sur
Facebook l’idée d’une marche
pour le climat. Les internautes
embrayent (22.000 se sont
inscrits en quelques jours,
100.000 se disent intéressés).
Les associations de défense
de l’environnement suivent,
le contactent, l’aident à trouver
la bonne date (ce samedi
8 septembre, jour de
mobilisation internationale),
mais prennent soin de rester
en retrait. Jean-Luc
Mélenchon publie une vidéo et
s’invite dans la danse. Il est vrai
qu’il a fait sa rentrée, fin août à
Marseille, sur la « catastrophe
climatique » que les Français
ont pu constater cet été.
Discret, pas tout à fait, mais
peut-être plus que d’habitude.
Cette mobilisation « n’est pas
la propriété d’un parti ou d’une
association : c’est une cause
d’intérêt général humain », ditil en citant, et notre anonyme
de Facebook, et Nicolas Hulot.
Le climat politique reste
lui aussi brûlant, se présenter
en simple citoyen a plus
de chances de porter.
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
C
On attendra samedi pour
mesurer l’ampleur du
mouvement. Nicolas Hulot
avait justifié sa démission par
sa solitude et avait appelé au
« sursaut » et au « changement
de paradigme » en matière
écologique. Politiquement,
si l’on peut dire, le sursaut est
en tout cas en marche.
Dans notre sondage Elabe,
l’ancien ministre fait un bond
de 11 points, première
personnalité en termes de
popularité à 53 % d’opinions
positives. Ainsi va l’histoire du
pays depuis quelques années.
Les politiques sont d’autant
plus appréciés qu’ils sont loin
du pouvoir. La question
écologique est au centre des
préoccupations citoyennes,
sans que le pouvoir ne sache
vraiment qu’en faire. Prendre
un Hulot, mais à quoi bon si
c’est pour finir par constater le
fossé entre les mots indignés et
la capacité d’agir ? Prendre un
Rugy, mais comment prévenir
le désastre quand on théorise
la « politique des petits pas » ?
Et de toute façon, les Français,
attachés bien naturellement
à leur pouvoir d’achat et à leur
emploi, sont-ils prêts à mettre
la planète au premier rang
et à changer de « paradigme »
économique ? Le politique est
dans l’impasse, les citoyens
à leur corps défendant aussi…
A moins qu’un jour, un
« sursaut » venu de nulle part,
de Facebook ou d’ailleurs,
ne dessine un autre chemin.
Enfin.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Yaël Braun-Pivet retire sa candidature
à la présidence de l’Assemblée
Cote de confiance : Macron
sanctionné dans l’opinion
l La cote de confiance du chef de l’Etat chute encore de 5 points ce mois-ci, à
31 %, dans notre baromètre Elabe. Son plus bas depuis le début du quinquennat.
l Emmanuel Macron atteint le niveau de François Hollande à la même époque.
SONDAGE
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Après un été compliqué, l’exécutif
anticipait une rentrée particulièrement difficile. Elle l’est au-delà de ce
qui était imaginé. Selon le baromètre mensuel Elabe pour « Les
Echos » et Radio Classique, la cote
de confiance d’Emmanuel Macron
connaît ce mois-ci une nouvelle
dégringolade de 5 points, avec seulement 31 % de Français qui lui font
« confiance pour affronter les problèmes du pays ». Avec ce score – le
plus bas depuis son élection –, le
chef de l’Etat atteint aussi le même
niveau que François Hollande à la
même époque de son quinquennat.
C e n’e s t p a s m i e u x d u c ô t é
d’Edouard Philippe, puisque le Premier ministre chute encore plus fortement, à 27 % (–8 points), sous la
cote de confiance de Jean-Marc
Ayrault au même moment. « Cela
accrédite l’idée qu’Emmanuel
Macron est en voie de banalisation,
car, finalement, pour les Français, sa
gouvernance est comme celle des
autres, ses résultats aussi, il n’en a pas
encore », analyse Bernard Sananès,
président d’Elabe.
Méfiance-impatience
D’où, mercredi, cette séquence
exceptionnellement filmée du
début du Conseil des ministres
durant laquelle le chef de l’Etat
martèle, face à l’impatience des
Français, que « rien de ce que nous
entreprenons depuis quinze mois
n’est fait pour l’immédiat ». « Le couple sentiment de bienveillance et
forme de confiance a laissé la place
dans l’opinion au couple méfianceimpatience », note Bernard Sananès. « L’argument “On fait ce qu’on a
dit” s’est usé. Les Français désormais
s’en fichent. Ils ont du mal à voir ce
que les réformes vont changer
concrètement pour eux », s’inquiète
un pilier de la majorité.
Signe d’un durcissement de la
défiance face au chef de l’Etat, 36 %
des sondés déclarent ne pas lui faire
« du tout confiance ». Un taux en
hausse de 12 points sur trois mois.
Comme l’illustration, depuis le
début l’été, d’un pouvoir qui a semblé
perdre la main et n’a pas effacé cette
impression ces dernières semaines
avec l’épisode Hulot et les atermoiements autour du prélèvement à la
source. « La magie qui opérait sur certains électorats n’opère plus. Il y a
maintenant le doute qui s’installe sur
la capacité du chef de l’Etat à y arriver.
Les Français se demandent : “Est-ce la
réforme pour la réforme ou sa politique va-t-elle réellement changer les
choses ?” », poursuit le sondeur. Si le
mécontentement est global en cette
rentrée, il est amplifié, souligne Bernard Sananès, par des « mécontentements par segments ». Emmanuel
Macron chute ainsi nettement
auprès des jeunes, des classes
moyennes, des retraités et des
cadres. Avec des déceptions, pour les
jeunes, sur l’écologie et le départ de
Nicolas Hulot, sur le pouvoir d’achat
pour les classes moyennes, les pensions pour les retraités ou pour les
cadres (en baisse de 20 points sur
Le grand bond de Nicolas Hulot
L’ex-ministre de la Transition écologique et solidaire avait
perdu de sa superbe au fil des mois au gouvernement, voyant
sa popularité s’effriter. En claquant la porte, non seulement
Nicolas Hulot reste en tête de notre classement Elabe des
personnalités politiques, mais il gagne 11 points d’image
positive, à 53 %. Son meilleur score depuis juillet 2017. Auprès
des sympathisants de gauche, il est également en tête, à 65 %,
gagnant 11 points. Une manière de saluer sa démission. En
revanche, il perd 8 points auprès des sympathisants d’En
marche et du Modem – à 62 % tout de même –, sans doute
déçus de la « mauvaise manière » faite par le plus populaire
de ses ministres à Emmanuel Macron.
deux mois à 43 %), sur « la gouvernance avec l’affaire Benalla, le style,
l’autoritarisme, le manque d’écoute et
le doute sur la capacité à changer les
choses », explique Bernard Sananès.
Emmanuel Macron conserve toutefois son socle du premier tour de la
présidentielle, avec une cote de confiance auprès de ces électeurs à 76 %
(–1). Signe toutefois à surveiller, ils
sont moins nombreux à déclarer lui
faire « tout à fait confiance » (16 %,
– 8 points). Et aucun leader de l’opposition ne profite de ses difficultés.
Dans le classement des personnalités politiques, aucun ne progresse.
Jeudi matin sur BFMTV, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb,
intime du chef de l’Etat, a mis en
garde pour la première fois publiquement le gouvernement – et derrière lui le chef de l’Etat – sur « le
manque d’humilité », invoquant
« l’hubris », prévenant contre la
« cécité », le risque, « dans les palais
de la République », de perdre « le lien
avec la population et l’écoute ». Une
première en Macronie. De quoi tenter de montrer aux Français que le
message commence à être
entendu. n
POLITIQUE La présidente de la commission des lois à l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet (LREM), a annoncé jeudi le retrait de sa
candidature à l’investiture de son groupe pour la présidence de
l’Assemblée nationale. Elle a ajouté qu’elle voterait en faveur de
Richard Ferrand. Après ce retrait, il reste quatre candidats
LREM restent en lice : Richard Ferrand, Cendra Motin, Barbara
Pompili et Philippe Folliot. « Le sens de ma candidature a toujours été de susciter le débat, pas la division », a-t-elle expliqué.
La dégressivité des allocations-chômage approuvée
Sénat : « On ne peut réformer
sans les élus », prévient Larcher
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Pour le bonus-malus
POLITIQUE Le président LR du Sénat, Gérard Larcher, a sonné
La réforme de l’assurance-chômage
est un des dossiers chauds du gouvernement en cette rentrée et les
Français semblent être plutôt favorables aux projets de l’exécutif. Pour
six Français sur dix, l’assurancechômage actuelle fonctionne mal,
selon un sondage d’Elabe pour « Les
Echos », Radio Classique et l’Institut
Montaigne. Ce qui est encourageant
pour le gouvernement. « L’idée que
le statu quo est impossible est partagée par une majorité de Français »,
remarque Bernard Sananès, président d’Elabe. « Cela n’assure pas à
l’exécutif que la réforme se fera tranquillement, mais le gouvernement
peut espérer la faire passer sans opposition majeure. »
L’une des mesures envisagées,
la dégressivité des allocations-chômage, est approuvée par une nette
majorité des Français dans le cas
d’une application uniquement aux
cadres. 67 % des personnes interrogées sont pour. Même les cadres sou-
Les Français sont aussi partagés sur
l’efficacité de la dégressivité des
allocations-chômage en matière de
retour à l’emploi. Seulement 54 %
des Français considèrent que la
dégressivité des allocations-chômage aurait un effet dans ce sens.
« C’est embêtant pour le gouvernement parce que cela signifie que
l’effort de pédagogie reste à faire
auprès des Français. Il va devoir faire
passer l’idée que la dégressivité n’est
pas qu’une mesure budgétaire mais
qu’elle a du sens sur le plan économique », prévient le président d’Elabe.
Enfin, la promesse de campagne
d’Emmanuel Macron d’instaurer
un système de bonus-malus qui
pénaliserait les entreprises faisant
trop souvent appel aux contrats
courts est approuvée par 72 % des
Français. « Alors qu’elle est vivement
rejetée par le Medef, cette proposition
fait relativement consensus au sein
de la population française, toutes les
catégories de population la soutenant
en majorité », note l’étude d’Elabe. n
jeudi la fin de « l’illusion » créée selon lui par l’élection d’Emmanuel Macron, qu’il a mis en garde contre le risque d’une rupture
du lien entre pouvoir et territoires. « Je crois que la page de
l’hypercommunication, des effets d’annonce et d’un exercice solitaire du pouvoir se tourne », a-t-il lancé. « On ne peut pas réformer ce pays contre les territoires ou contre les élus. Ce n’est pas
possible, ça ne marche pas », a-t-il ajouté. Il s’est dit « disponible »
pour mener à bien la réforme des institutions, tout en prévenant : « L’heure n’est plus aux menaces mais au dialogue. »
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
déclaré n’avoir « aucun tabou » sur
ce sujet, ajoutant que la France
« est un des rares pays d’Europe qui
indemnise les demandeurs d’emploi
deux ans, voire trois ans pour les
seniors, sans dégressivité ».
Les personnes sondées par
l’institut Elabe se montrent
plutôt favorables au projet du
gouvernement de réformer
l’assurance-chômage.
tiennent une telle décision. « Ce n’est
pas une mesure rejetée par l’opinion
a priori. Elle apparaît comme étant
moins symbolique que d’autres »,
souligne Bernard Sananès.
L’élargissement de la dégressivité
à tous les demandeurs d’emploi
divise davantage. Elle emporte tout
de même l’accord d’une majorité
de Français (55 %). De façon assez
ironique pour Emmanuel Macron,
sur cette question, le clivage gauchedroite se recrée. Les électeurs de
Jean-Luc Mélenchon en 2017 et
ceux de Benoît Hamon sont contre
la dégressivité qui concernerait tous
les travailleurs tandis que ceux du
président de la République, de François Fillon et de Marine Le Pen sont
pour. Pour l’instant, rien n’est décidé
mais, le week-end dernier, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a
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FRANCE // 03
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
La SNCF fait grimper la dette
qui frôle les 100 % du PIB
l L’Insee a requalifié jeudi SNCF Réseau en administration publique,
si bien que sa dette vient gonfler celle de la France.
l Cette dernière a bondi à 98,5 % fin 2017 et devrait rester proche de ce niveau.
FINANCES
PUBLIQUES
Renaud Honoré
@r_honore
(avec Ingrid Feuerstein)
Les mauvaises surprises budgétaires s’accumulent pour le gouvernement en cette rentrée. Alors que la
dégradation de la croissance rend
déjà sa tâche plus ardue, il doit faire
en plus avec une décision comptable de l’Insee qui complique ses
engagements en matière de maîtrise de la dette publique. Cette dernière vient d’être revue nettement à
la hausse, à 98,5 % du PIB fin 2017
alors que les chiffres officiels
disaient 96,8 % jusqu’à présent. Une
situation qui rapproche la France
du seuil symbolique des 100 %.
La raison ? L’Insee a annoncé
jeudi avoir requalifié SNCF Réseau
– la partie du groupe public en
charge du réseau ferroviaire – en
administration publique. Cela traduit la dégradation de la situation
économique de cette entité : les
recettes commerciales de SNCF
Réseau (les péages payés pour faire
« Nous réduirons
la dette d’au moins
5 points de PIB sur
le quinquennat. »
BERCY
circuler les trains) n’ont cessé de
voir leur poids s’amenuiser comparé aux subventions, au point
qu’elles ne couvrent plus 50 % des
coûts depuis 2016. Le franchissement de ce seuil oblige automatiquement l’Insee à considérer SNCF
Réseau comme une administration
publique. Du coup sa dette devient
publique elle aussi, et ce sans attendre l’échéance de 2020 avancée par
le gouvernement au printemps
dans le cadre de la réforme de la
SNCF. Et c’est comme cela que le
taux d’endettement français a
bondi à 98,5 % fin 2017 (98,2 % fin
2016, contre 96,6 % auparavant).
Seuil purement symbolique
Ce chiffre pourrait rapidement être
revu à la hausse, au moins temporairement, quand l’Insee dévoilera à la
fin du mois l’endettement à la fin du
premier semestre 2018. « Traditionnellement, l’Etat emprunte plus au
premier semestre, ce qui fait que la
dette augmente fortement en début
d’année avant de redescendre au
second semestre. Comme le taux a
déjà augmenté de 0,8 point de PIB au
premier trimestre, il est donc tout à
fait possible qu’on ait atteint le cap des
100 % fin juin », relève François
Ecalle, spécialiste des finances
publiques et responsable du blog
« Fipeco ». L’approche de ce seuil de
100 % – purement symbolique et
sans réel sens économique –
n’inquiète pas outre mesure le gouvernement. « Nous n’attendons pas
d’impact psychologique », assuret-on à Bercy. Mais l’exécutif va devoir
vivre avec un taux d’endettement
autour de 98 % jusqu’à fin 2019.
« Avec un déficit proche du niveau stabilisant la dette, il n’y a pas d’amélioration spectaculaire à attendre », concède la source gouvernementale.
Tout n’est pas noir dans la situation,
puisque la charge d’intérêt pourrait
malgré tout diminuer l’an prochain
du fait de taux d’intérêt toujours très
bas. Un effet positif tempéré à court
terme par la remontée de l’inflation,
qui a renchéri en 2018 le coût des
obligations indexées.
La décision de l’Insee complique
en tout cas les objectifs du gouvernement en matière d’endettement.
Pour Gérald Darmanin, ministre
des Comptes publics interrogé par
« Les Echos », « la tendance sera
bonne, on a juste fait la vérité des prix
[sur la SNCF] en reconnaissant que
c’était de la dette française ».
Il n’empêche : après avoir promis
de baisser le poids de la dette de
5 points de PIB d’ici à la fin du quinquennat, l’exécutif affichait au printemps un objectif de réduction de
7 points de PIB permettant de revenir sous la barre des 90 %, qui paraît
bien plus lointain aujourd’hui.
« Nous réduirons la dette d’au moins
5 points de PIB sur le quinquennat,
même si le point de départ est plus
haut à 98,5 % », explique-t-on à
Bercy.
a
L’interview de Charles Wyplosz,
professeur d’économie sur
lesechos.fr
C H AU S S U R E S
SOINS
AC C E S S O I R E S
DÉCRYPTAGE // La nouvelle doctrine
comptable sur SNCF Réseau devrait alourdir le déficit pendant plusieurs années.
NOUVELLE ADRESSE
Un nouvel obstacle
à la réduction du déficit
in mai, Edouard Philippe
tendait la main aux syndicats de la SNCF en leur promettant, à partir de 2020, une
reprise de 35 milliards d’euros de la
dette du groupe ferroviaire, pour
obtenir la fin du mouvement social
contre la réforme du statut. Une
concession dont on comprend
aujourd’hui qu’elle n’en était pas
vraiment une : jugée inévitable par
Bercy depuis quelques années,
l’intégration de la dette de la SNCF à
l’endettement français était en fait
déjà actée comptablement. C’est ce
qui ressort de la décision de l’Insee
jeudi de requalifier SNCF Réseau en
administration publique, et ce
depuis… 2016.
Le déficit public n’est pas épargné
par ce changement voulu par
l’office statistique. De fait, celui-ci se
retrouve dégradé à 2,7 % du PIB en
2017 contre 2,6 % annoncé auparavant, pour tenir compte du besoin
de financement de SNCF Réseau
désormais intégré aux comptes
publics. A cela, il faut aussi ajouter
les 2,5 milliards d’euros engagés par
l’Etat pour la recapitalisation
d’Orano, l’ex-Areva. L’Insee a en
effet dû se rallier à l’avis de son
homologue européen Eurostat de
requalifier cette opération en
dépense publique.
F
Trois milliards de plus
chaque année
Cette nouvelle doctrine comptable
sur SNCF Réseau devrait alourdir le
déficit pendant encore plusieurs
années. Désormais, il faudra intégrer systématiquement ces 2,5 à
3 milliards de besoins de financement aux comptes publics (environ
0,1 point de PIB), du moins tant que
la réforme de la SNCF n’aura pas
permis de redresser les comptes du
groupe ferroviaire. Le management de ce dernier devrait du coup
être mis sous pression pour qu’il
dégage de 1 à 1,5 milliard d’euros
d’économies et de gains de productivité promis à l’horizon 2022.
Dans l’attente de ces gains hypothétiques, le gouvernement en est
réduit à revoir à la hausse ses prévi-
2,5 milliards d’euros
sont engagés
par l’Etat pour
la recapitalisation
d’Orano, l’ex-Areva.
sions de déficit. Pour 2018, celui-ci
est attendu à 2,6 % contre 2,3 %
prévu auparavant, une dérive due
en partie au ralentissement de la
croissance mais aussi à la nouvelle
doctrine sur la SNCF (pour
0,1 point).
Selon nos informations, le gouvernement viserait une cible proche de 2,7 % pour 2019, mais le chiffre est encore susceptible d’évoluer
avec les derniers arbitrages en
cours avant la présentation du projet de loi de finances fin septembre.
Une chose est sûre, le déficit prévisionnel pour l’année prochaine se
situera sous les 3 %, comme l’a déjà
indiqué Bruno Le Maire.
— R. Ho.
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* Jusqu’à cinq largeurs par demi-pointure sur les modèles emblématiques
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04 // FRANCE
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
Parcoursup :
les filières sport
et médecine n’ont
pas fait le plein
Formation : la mue à marche
forcée des organismes paritaires
l Les branches professionnelles vont se répartir au 1er janvier entre
onze opérateurs de compétences et non plus vingt comme actuellement.
l Ces organismes sont appelés à jouer un rôle pivot pour l’apprentissage
et l’anticipation des compétences.
Les missions
des Opco
FORMATION
Les commissions épluchent un à un les dossiers
de candidats encore sans solution, en essayant de trouver
des places qui correspondent à leur profil. Photo « Les Echos »
ÉDUCATION
La phase
complémentaire
destinée aux jeunes
sans affectation
court jusqu’au
21 septembre.
Il reste près
de 127.000 places
encore disponibles,
selon la ministre
Frédérique Vidal.
Valérie Mazuir
@EchosPolitique
et Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Le bilan détaillé et chiffré sur
Parcoursup ne sera connu que
fin septembre. Mais, alors que
la phase principale de la plateforme a pris fin mercredi soir,
on sait qu’il reste « un peu plus
de 3.000 bacheliers » sans affectation, selon la ministre de
l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui s’exprimait
jeudi sur RMC et BFMTV. Parcoursup se poursuit jusqu’au
21 septembre inclus, date à
laquelle la procédure complémentaire prendra fin.
21.000 places en BTS
La ministre a indiqué aussi qu’il
restait 127.000 places disponibles dans l’enseignement supérieur. Selon nos informations,
cela correspond à 86.000 places en licence, dont 1.000 dans
les très demandées filières
STAPS (sciences et techniques
des activités physiques et sportives) et 6.700 en première
année commune aux études de
santé (Paces), mais aussi 21.000
en BTS et 6.000 places en classes préparatoires.
A titre de comparaison,
fin septembre 2017, il restait
3.700 bacheliers sans affectation à la fin de la procédure APB
et 130.000 places disponibles.
Pour les commissions qui
épluchent un à un les dossiers de
candidats encore sans solution,
la difficulté est souvent de trouver des places qui correspondent à leur profil. Sur les quelque
3.000 bacheliers qui n’ont pas
encore de solution, nombreux
sont ceux qui sont issus d’un bac
professionnel ou technologique
et que les commissions rectorales tentent d’envoyer dans des
classes passerelles, faute d’un
dossier suffisant pour être
acceptés en BTS, par exemple.
Sur les quelque
3.000 bacheliers
qui n’ont pas
encore de solution,
nombreux sont
ceux qui sont
issus d’un bac
professionnel
ou technologique.
Au total, sur les 812.000 jeunes inscrits sur Parcoursup,
quelque 580.000 ont accepté
une proposition, 180.000 ont
quitté la plate-forme et 40.000
ont été déclarés « inactifs ».
En dépit des milliers de jeunes
sans proposition, la ministre a
estimé que la loi sur l’orientation
et la réussite des étudiants (ORE)
avait « porté ses fruits ». « Il faudra évidemment qu’on fasse le
bilan et qu’on travaille la sensation de lenteur du dernier mois,
[qui] a été probablement éprouvante », a-t-elle reconnu, tout en
soulignant que « 25.000 propositions [avaient été] acceptées
pendant le mois d’août. »
Une série de mesures pour
améliorer le dispositif sont
attendues. La ministre a ouvert
jeudi après-midi le comité de
suivi de la loi ORE. Frédérique
Vidal considère que les objectifs
politiques de la loi ont été
atteints, et que les améliorations du dispositif ne peuvent
être que techniques. n
Le petit monde de la formation
professionnelle s’apprête à vivre
une fin d’année… studieuse. Reprenant les conclusions d’un rapport
qu’elle avait commandé, Muriel
Pénicaud a donné jeudi le coup
d’envoi à un mouvement de consolidation majeur des organismes
chargés de la collecte des fonds des
entreprises (Opca). Agriculture et
transformation alimentaire,
industrie, construction… toutes les
entreprises, via leurs branches,
vont être réparties à compter
du 1 e r janvier prochain entre
onze ensembles cohérents. Soit
une réduction de près de moitié par
rapport au 20 OPCA actuels !
Financer l’alternance
contrats d’apprentissage
ou de professionnalisation)
selon des prises en charge
fixés par les branches.
l Aider les branches
à anticiper leurs besoins
en compétences
et en certifications.
l Assurer un service
de proximité au bénéfice des
PME (moins de 50 salariés).
l
L’Urssaf assurera la collecte
Cette consolidation est le dernier
avatar d’une série de restructurations depuis la création des fonds
d’assurance formation avec la loi
Delors de 1971. Ce texte avait fixé
deux principes clefs : mutualisation des contributions des entreprises au sein d’organismes attachés aux branches et gestion par
les syndicats et le patronat de ces
organismes. Les années passant, le
paysage est devenu plus complexe,
et n’a pas échappé à des dérives,
aux arrangements ou à des questions de pouvoir ou d’ego. Souvent
à tort, mais parfois à raison, il est
devenu le bouc émissaire des limites de la formation professionnelle à la française.
Avec la loi Avenir professionnel,
tout juste promulguée, le ministère du Travail appuie sur le bouton « reset ». La mission historique de collecte est transférée à
l’Urssaf. Les Opca doivent laisser
la place à des opérateurs de compétences, ou Opco. Le nombre de
missions qui leur sont assignées
est réduit à trois, ce qui n’enlève
rien à leur importance : financement de l’apprentissage, anticipation des compétences et appui aux
TPE-PME.
Pour l’aider dans ce travail de
rationalisation, Muriel Pénicaud a
commandé un rapport à Jean-Marie Marx, le président du Conseil
national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles, et à René Bagorski, celui de
l’Association française pour la
réflexion sur la formation. Leur scénario est censé mettre fin aux incohérences actuelles. Les banques
sont réparties dans cinq Opca différents. Les industries dans trois,
voire quatre si l’on considère
l’agroalimentaire. Propreté et
transports font Opca commun…
L’enjeu de la cohérence
« L’enjeu principal porte sur la cohére n c e d e s c o m p é t e n c e s e t d e s
métiers », insiste Jean-Marie Marx.
« Notre travail, conformément à la
lettre de mission qui nous a été adressée, n’était pas de partir des Opca
mais de définir des champs cohérents », abonde René Bagorski.
« Cette exigence de cohérence que
requièrent les nouvelles missions des
Opca a présidé aux propositions du
rapport, comme elle présidera aux
décisions d’agréments des opérateurs de compétences, qui seront prises au plus tard le 1er avril 2019 », a
déclaré Muriel Pénicaud.
Les branches professionnelles à l’heure du choix
es dirigeants et administrateurs des 20 Opca savent
depuis des mois que la
réforme de la formation est synonyme de tsunami pour eux. Ce
qu’ils ignoraient jusqu’à jeudi, c’est
le nombre d’organismes paritaires
appelés à survivre et chacun de
leurs périmètres. Au nom d’une
plus grande cohérence des compétences, le ministère du Travail
imaginait d’en agréer entre 10 et 15.
Ce devrait être 11, selon les préconisations du rapport Marx-Bagorski
applaudies par la ministre Muriel
Pénicaud.
De peur de ne pas survivre à ce
grand chambardement, les Opca se
sont lancés dans un grand mercato,
cajolant « leurs » branches pour les
convaincre de rester, draguant
« celles » de leurs confrères en leur
L
ANALYSE
Alain Ruello
@AlainRuello
vantant la cohérence de leur projet. Inquiet que ce foisonnement
induise un trou d’air dans les
entrées en formation, le ministère
a avancé d’un an son calendrier :
toutes les branches professionnelles devront avoir choisi un Opco en
lieu et place de leur Opca, d’ici au
31 décembre. Faute de quoi c’est le
ministère qui choisira pour elles.
Davantage d’échanges
A cette perspective, les branches ont
accéléré les échanges. « J’en reçois
matin, midi et soir », témoigne le
directeur d’un Opca. « Des gens qui ne
s’étaient pas parlé depuis longtemps se
sont rapprochés durant les auditions », corrobore René Bagorski. De
fait, le futur paysage ne peut pas faire
entièrement table rase du présent.
On peut imaginer que Constructys, l’Opca du BTP, se transforme en
Opco de la construction au sens
large. La filiation entre l’Afdas et le
futur Opco culture et médias paraît
aussi évidente. Les artisans et professions libérales (Actalians) ont
déjà écrit des statuts d’un futur
Opco, avec le soutien de l’U2P.
Pour l’industrie hors alimentaire, c’est plus complexe puisque
ses entreprises sont éparpillées
entre Opca 3+ (ameublement, bois,
papiers cartons, matériaux), OPCA
DEFi (chimie, pétrole, plasturgie…)
ou Opcaim (métallurgie). Quel avenir enfin pour Agefos PME et Opcalia, les deux grands Opca dits inter-
Dimanche de 10h à 11h
Le Grand rendez-vous
Hélène Jouan, Nicolas Barré et Damien Fleurot reçoivent
© SIPA
Cette logique s’applique à la
santé, à l’industrie ou à la culture et
aux médias, prolongeant des
regroupements déjà opérés. Elle
est complétée par une logique de
filière (donneurs d’ordre, sous-traitants) mais aussi « de grands enjeux
de société et de transformation », ce
que le rapport présente comme
une « innovation dans le champ de
la formation professionnelle ».
A titre d’exemple, les transformations de la mobilité et de la logistique « bouleversent les secteurs des
transports et des services automobiles ». Le découpage retenu doit
aussi favoriser les parcours des
salariés entre les différents secteurs couverts par un opérateur de
compétences.
Le scénario retenu laisse quelques ouvertures puisque quelques
secteurs peuvent rejoindre tel ou
tel Opco sans nuire à leur cohérence. C’est le cas par exemple du
commerce de gros (mobilité ou
commerce) ou des mutuelles
(services financiers ou cohésion
sociale). — A. R.
Florence Parly
Ministre des Armées
professionnels ? Ils n’ont plus leur
place en tant que tel dans le futur
paysage, mais le rapport souligne
que leur ancrage territorial est un
actif « précieux ».
Les quatre mois à venir ne
seront pas de trop pour aboutir.
Nombre d’Opca ayant vocation à se
regrouper ont des offres de services très différentes. Nombre de
branches qui partagent des enjeux
de compétences n’ont pas l’habitude de travailler ensemble ou
refusent de le faire.
Finalement, la contrainte du
sablier aidera peut-être à régler les
questions – ô combien sensibles –
de gouvernance, c’est-à-dire de
partage du pouvoir entre fédérations patronales appelées à faire
Opco commun mais pas toutes du
même poids… n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 05
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
Loi Pacte : les députés veulent obliger
les entreprises à publier les écarts de salaires
ENTREPRISES
Un amendement
au projet de loi Pacte
a été déposé par des
députés de la majorité
dans ce sens.
Le ministre de
l’Economie a déclaré,
jeudi, qu’il était
favorable, sur
le principe, à plus
de transparence.
Marie Bellan
@mbellan1
« Tout le Pacte et rien que le Pacte »,
disait, il y a encore quelques jours,
Olivia Grégoire, la présidente de la
commission spéciale chargée
d’examiner ce projet de loi à
l’Assemblée. Finalement, quelques
sujets annexes commencent déjà à
venir se greffer sur le texte examiné
en ce moment au Palais-Bourbon.
S’il n’est pas question pour la présidente de la commission, pas plus
que pour le ministre de l’Economie,
d’accepter d’élargir la loi Pacte au
travail le dimanche ou aux VTC,
comme le souhaitaient certains
députés LREM, la question des
écarts de salaires dans l’entreprise,
soulevée par l’aile gauche de la
majorité, a réussi à s’imposer.
Bruno Le Maire a affirmé jeudi
qu’il était favorable sur le principe,
sans rentrer dans les détails de
l’amendement. « On doit faire preuve
de transparence. Je considère que,
dans une entreprise, il est bon que les
écarts salariaux ne soient pas trop
importants pour garder de la cohésion », a-t-il affirmé sur France 2.
C’est peu dire que le sujet n’enthousiasmait pas Bercy au départ, mais
l’aile gauche de la majorité, dont fait
partie Matthieu Orphelin, proche de
Nicolas Hulot et coauteur de l’amen-
Darmanin
veut simplifier
le recouvrement
des cotisations
FINANCES
PUBLIQUES
Le ministre
de l’Action et des
Comptes publics
prévoit de fusionner
toutes les cotisations pour
les entreprises
qui adopteront
le recouvrement
simplifié via le Tese.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
et M. B.
Deux jours après avoir obtenu
le maintien du prélèvement à la
source, le ministre de l’Action et
des Comptes publics, Gérald
Darmanin effectuait, jeudi, à
Chaumont (Haute-Marne), un
déplacement à la saveur particulière. Comment sera pris en
compte l’abattement pour frais
kilométriques, fréquent en
zone rurale ? Quel impact pour
les indemnités des élus ? Quelle
responsabilité pour les entrepreneurs ? Les questions se
sont enchaînées, (presque)
comme si de rien n’était.
L’employeur
n’aura à déclarer
que le nombre
d’heures effectuées
par le salarié
et le salaire horaire.
Face aux inquiétudes persistantes des entrepreneurs, le
ministre n’était pas venu les
mains vides. Gérald Darmanin a
déclaré qu’il proposerait au Parlement d’élargir le Tese, le dispositif de déclaration simplifié et de
gestion de paie des Urssaf, à toutes les entreprises. « Nous allons
généraliser le Tese pour l’impôt
sur le revenu », a-t-il indiqué.
Bercy avait déjà annoncé en
août vouloir ouvrir ce service,
jusqu’ici réservé aux cotisations,
à l’impôt sur le revenu, mais il
était limité aux entreprises de
moins de 20 salariés. Cette
extension évite une charge supplémentaire soudaine pour les
Gérald Darmanin, ministre
de l’Action et des Comptes
publics. Photo Stéphane
de Sakutin/AFP
sociétés qui viennent de franchir ce seuil, en passant de 19 à
21 salariés. Face au risque
d’engorgement, le ministre a
rappelé que ce service était
adapté aux contraintes des petites entreprises. « Une entreprise
de 300 à 400 salariés n’a pas intérêt à le faire », a-t-il indiqué.
Ce n’est pas tout. Bercy a également imaginé fusionner toutes les cotisations, légales et
conventionnelles, pour les
entreprises qui adoptent le Tese
à h o r i z o n 2 0 2 0 . E n c l a i r,
l’employeur n’aura à déclarer
que le nombre d’heures effectuées par le salarié et le salaire
horaire. Comme pour les particuliers employeurs avec le Cesu.
Toutes les cotisations seront
ensuite calculées par l’administration et réparties entre les différents organismes de collecte.
« Simplification
de taille »
Le Tese permet déjà cette simplification du recouvrement
pour les cotisations légales
(assurance-chômage, maladie…), mais pas pour les cotisations liées aux conventions collectives, nombreuses chez les
artisans et les commerçants,
comme la prévoyance, les complémentaires santé, les cotisations liées à l’accueil d’apprentis
dans certaines branches… « Cela
va être un énorme travail d’épluchage des conventions collectives
pour l’Acoss et les Urssaf. Mais
pour les entreprises, c’est une
simplification de taille », témoigne un représentant de l’U2P,
l’organisation patronale qui
représente les artisans, commerçants et professions libérales. n
dement, a besoin d’être rassérénée en cette rentrée compliquée
par la démission du ministre de
l’Ecologie. « On ne peut pas dire “non”
à tout », concède un poids lourd de la
majorité. Manière de reconnaître
qu’il a fallu faire quelques concessions sur le volet social pour garder la
cohésion du groupe LREM.
Un engagement
de campagne
L’obligation, telle que prévue dans
l’amendement, serait cantonnée
aux plus grandes entreprises
(5.000 employés dans le monde ou
1.000 salariés en France) et consisterait à faire publier annuellement la
rémunération du premier quartile et
celle du troisième quartile, la rémunération moyenne, la rémunération
médiane, ainsi que le ratio entre la
rémunération la plus haute et la
rémunération médiane, et le ratio
entre la rémunération la plus haute
et la plus basse. L’entreprise devrait
justifier ces écarts de salaires d’année
en année. Le dialogue va s’affiner
avec l’exécutif, qui pourrait juger ces
obligations trop nombreuses.
Les députés signataires rappellent qu’il s’agit d’un engagement de
campagne d’Emmanuel Macron,
qui souhaitait faire « publier par les
grandes entreprises un ratio d’équité
mesurant l’écart de rémunération
entre le dirigeant et les salariés ».
C’est aussi une façon de rapprocher la France des pratiques anglosaxonnes. Les entreprises cotées
aux Etats-Unis ont publié pour la
première fois en 2018 le ratio entre
le salaire de leur dirigeant et celui de
l’employé médian. De même, le
Royaume-Uni vient de faire voter
une obligation similaire qui entrera
en vigueur l’an prochain.
En France, certaines règles existent déjà pour tenter de réduire les
inégalités salariales. Les entreprises publiques ou majoritairement
détenues par l’Etat doivent ainsi
plafonner le salaire de leur dirigeant à 450.000 euros annuels
Matthieu Orphelin, député LREM et coauteur de l’amendement
sur les écarts de salaires dans les entreprises. Photo Jacques Witt/Sipa
depuis 2012. C’était une promesse
de François Hollande.
Pour les entreprises privées, la
règle du « say on pay » a été renforcée en 2017 en rendant contraignant le vote de la rémunération
des dirigeants par les actionnaires
lors de l’assemblée générale. Pour
quel résultat ? Si l’Hexagone est
meilleur élève en la matière que
les Etats-Unis ou même l’Allemagne et l’Espagne, les écarts de
salaires entre patrons et salariés
restent plus importants chez nous
que dans les pays scandinaves
notamment. n
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06 //
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ESPAGNE : RÉVISION
DE LA CROISSANCE
INFLATION EN HAUSSE
AUX PAYS-BAS
L’Espagne a enregistré
en 2017 une croissance
de son PIB de 3 %
sur un an (contre 3,1 %
estimés précédemment
en janvier).
Cela s’explique notamment
par une contribution
finalement moins forte
de la demande extérieure
(0,1 % contre 0,3 % selon
l’estimation précédente).
Les prix à la consommation
aux Pays-Bas ont augmenté
en août de 2,3 % sur un an,
contre 2,1 % en juillet,
en raison notamment
de l’évolution des prix de
l’habillement et des denrées
alimentaires. Depuis
février 2018, les prix à la
consommation aux Pays-Bas
augmentent plus que dans
le reste de la zone euro.
19,1 %
LE TAUX DE CHÔMAGE
EN GRÈCE DIMINUE
Le taux de chômage en Grèce
est revenu à 19,1 % en juin,
un plus bas depuis septembre 2011, contre un chiffre
révisé de 19,3 % en mai. Il
avait atteint un record de
27,9 % en septembre 2013, les
jeunes étant les plus touchés.
Un brûlot anti-Trump provoque
une nouvelle crise à la Maison-Blanche
l Une tribune émanant de l’administration Trump décrit l’existence d’un réseau de résistants au sein du pouvoir.
l Le président américain a réagi sur Twitter dénonçant une « trahison ».
Elsa Conesa
@ElsaConesa
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Pour Donald Trump, qui a toujours
douté des sources anonymes citées
par les journaux, c’est l’attaque de
trop. La tribune publiée par le
« New York Times » mercredi soir
et présentée comme émanant d’une
personnalité de son administration
ayant souhaité rester anonyme, a
déclenché une véritable chasse aux
sorcières dans les couloirs de la
Maison-Blanche. Jeudi, ministres,
conseillers et jusqu’au vice-président Mike Pence ont dû jurer n’en
être pas les auteurs.
Titré « Je fais partie de la résistance au sein de l’administration
Trump », le texte décrit un président
incontrôlable et amoral, dont une
partie de l’entourage œuvrerait à
freiner les élans pour protéger la
démocratie américaine. « Nous voulons que cette administration réussisse et pensons que nombre de ses
mesures ont déjà rendu l’Amérique
plus sûre et plus prospère, écrit
l’auteur, évoquant l’existence d’un
réseau de résistance silencieuse au
sein du pouvoir. Mais notre devoir est
envers le pays, et le président continue
d’agir d’une façon qui est préjudiciable à notre république. C’est pourquoi
nombre de personnes nommées par
Trump ont promis de faire tout leur
possible pour préserver nos institutions, tout en entravant les élans les
plus malheureux de M. Trump jusqu’à ce qu’il quitte le pouvoir. Les
Américains doivent savoir qu’il y a des
adultes dans la pièce. » Le texte indique aussi que la possibilité d’une
procédure de destitution basée sur
le 25e amendement aurait un temps
été évoquée.
Quelques heures après la publication, le président dénonçait une
« trahison » sur Twitter, questionnant l’existence du mystérieux
auteur, et appelant le quotidien à en
donner le nom « pour des raisons de
sécurité ». Selon le « New York
Times », dont les journalistes politiques eux-mêmes disent ne pas connaître l’identité de l’auteur, la Maison-Blanche est convaincue que
celui-ci ne fait pas partie des équipes de la présidence.
Armée silencieuse
Le texte n’est pas le premier à décrire
l’environnement chaotique qui
règne à la Maison-Blanche. Les premiers extraits du livre sur le sujet
écrit par le journaliste Bob Woodward, célèbre pour avoir exhumé
l’affaire du Watergate, vont dans le
même sens. Son récit décrit l’isolement du président américain et sa
défiance envers plusieurs membres
de sa propre équipe. Il raconte
notamment comment son ancien
conseiller économique, Gary Cohn,
a subtilisé une lettre sur son bureau
pour l’empêcher de se retirer d’un
accord commercial avec la Corée du
S u d . L’e x - c o n s e i l l è r e O m a rosa Manigault Newman a, elle
aussi, décrit dans un livre qu’une
armée silencieuse au sein du pouvoir travaillait à « empêcher le président de nuire à la nation ». Le fait
qu’au sommet du pouvoir, des conseillers ou hauts fonctionnaires aient
cherché à protéger la démocratie
Le 25e amendement
L’auteur de la tribune anonyme évoque le 25e amendement de
la Constitution américaine. Celui-la permet d’écarter, temporairement ou définitivement un président qui n’aurait pas les
capacités physiques ou intellectuelles pour continuer son
mandat, et de transmettre ses pouvoirs au vice-président.
Pour l’activer, les membres du cabinet doivent écrire au
Congrès en exposant leurs motifs. Si le président conteste les
faits, les deux Chambres votent à la majorité des deux tiers.
contre un président supposé dangereux, n’est pas non plus inédit. A la fin
du second mandat de Ronald Reagan, son entourage aurait ainsi envisagé d’utiliser le 25e amendement.
Certains membres de l’administration Trump ont, eux aussi, ignoré ses
appels, comme le ministre de la Justice Jeff Sessions, refusant d’intervenir dans l’enquête du procureur spécial, ou le ministre de la Défense
James Mattis, lorsque le président a
voulu bannir les soldats transgenres.
Si ce portrait d’un Trump privé d’une
partie de son autorité a ravi ses opposants, il vient toutefois conforter ses
supporters convaincus de l’existence
d’un complot des médias et de l’establishment de Washington contre lui
et le peuple américain, à deux mois
des élections de mi-mandat. n
« Les affaires pourraient affecter les
soutiens de Trump parmi les républicains »
Propos recueillis par N. R.
La situation à la MaisonBlanche décrite par la tribune du « New York Times » et
le livre de Bob Woodward
est-elle sans précédent ?
Oui, elle l’est par la personnalité
même et le profil psychologique de
Donald Trump. En général, le président et ses conseillers ne forment
qu’une équipe. Là, il semble refuser
les conseils des membres de son
cabinet. Il y a clairement deux
directions. On peut aussi voir des
similitudes avec ce que l’on a connu
sous Richard Nixon, dans les discours, mais surtout dans les affaires, avec les accusations d’obstruction de la justice.
1
Les possibilités
d’une destitution ou d’un
recours au 25e amendement
ont-elles grandi ces dernières
heures?
Le recours au 25e amendement est
toujours possible, mais il faudrait
2
INTERVIEW
ROBERT
SHAPIRO
Professeur de sciences
politiques à l’université
Columbia
DR
ÉTATS-UNIS
que la majorité du cabinet le
veuille et que le vice-président
Mike Pence y apporte son soutien.
C’est très peu probable. Et il faudrait ensuite que les deux chambres du Congrès votent à la majorité des deux tiers. L’obstacle est
très haut et Donald Trump semble
encore bénéficier de suffisamment
de soutiens pour l’éviter. Pour
l’impeachment, cela dépendra en
grande partie des élections de mimandat de novembre. Si les démocrates l’emportent, la probabilité
d’une procédure de destitution
augmentera de 50 %. Cela ne veut
pas dire qu’elle aboutirait, bien sûr.
On entrerait alors dans une crise
constitutionnelle.
Quelles peuvent être
les conséquences de ces
affaires sur les élections
et la vie politique américaine
en général ?
Je ne crois pas que cela affecte
beaucoup la base électorale de
Donald Trump, même si sa popularité est à la baisse selon les derniers sondages. C’est d’ailleurs
intéressant car jusqu’ici, sa cote de
popularité avait plutôt bien résisté.
3
Les affaires pourraient en revanche affecter ses soutiens parmi les
républicains. Pour le moment, ils
ne veulent pas monter au créneau
car les élections approchent. Mais
si des membres de l’administration
commencent à le critiquer de
manière ouverte, sans anonymat,
les républicains pourraient être
tentés de le lâcher, pour éviter un
chaos au sommet de l’Etat. Cela
pourrait avoir une influence sur
ses projets, dans la deuxième partie de son mandat, sur une éventuelle procédure d’impeachment,
et plus probablement sur sa réélection en 2020 : des candidats républicains seraient alors tentés de se
présenter contre lui. Cela peut être
le cas du gouverneur de l’Ohio,
John Kasich, par exemple, qui a
déjà fait part de ses ambitions. A
plus long terme, les conséquences
pourraient être très désastreuses
sur la confiance des Américains
dans leur système politique, surtout si le contexte économique se
renverse. n
La parade militaire géante de Kim Jong-un
CORÉE DU NORD
Le président sud-coréen se rendra le
18 septembre à Pyongyang pour relancer le
dialogue entre la
dictature et la MaisonBlanche.
Yann Rousseau
@yannsan
Dimanche, les grandes capitales
auront les yeux rivés sur la place
Kim Il-sung, au centre de Pyon-
gyang. A l’occasion de la célébration du 70e anniversaire de la République populaire démocratique de
Corée (RPDC), Kim Jong-un va
organiser une spectaculaire parade
militaire.
Si tous les corps d’armée défileront au pas de l’oie sous les yeux du
leader nord-coréen et de son invité
d’honneur Li Zhanshu, le
numéro trois du pouvoir communiste chinois, les analystes américains et sud-coréens vont, eux, scruter le type d’armement balistique
que le régime va exhiber en cette
période très délicate. Tous veulent
savoir si Kim Jong-un va oser mettre en scène ses missiles les plus
puissants, capables d’atteindre le
territoire américain. « Pour l’instant aucun tracteur-érecteur-lanceur (TEL), ni aucun lanceur mobile
pour les missiles balistiques à portée
intermédiaire ou les missiles intercontinentaux n’a été observé sur le
site des répétitions », assure le chercheur Joseph S. Bermudez, qui
décortique des images satellites
pour l’institut 38 North.
Frustration nord-coréenne
Cette apparente retenue serait
accueillie avec soulagement par
Séoul, qui s’inquiète du récent enlisement du processus de détente
dans la péninsule. Après le sommet,
en juin, à Singapour, entre Kim
Jong-un et Donald Trump, les
échanges entre les deux pays ennemis se sont rapidement refroidis.
Fin août, Washington a même
annulé le déplacement en Corée du
Nord de Mike Pompeo, son secrétaire d’Etat. Les autorités américaines avaient été alors agacées par les
exigences formulées par Pyongyang dans une lettre à la MaisonBlanche. Depuis quelques semaines, Kim Jong-un ne cache pas sa
frustration. Il l’a clairement expliqué mercredi aux émissaires du
président sud-coréen Moon Jae-in.
Le jeune dictateur assure qu’il souhaite toujours travailler à « une
dénucléarisation complète » de la
péninsule et qu’il a même toujours
« foi » en Donald Trump et il
s’étonne de voir la communauté
internationale manifester si peu de
reconnaissance pour ses efforts. Il a
rappelé aux Sud-Coréens qu’il avait
déjà suspendu ses tests nucléaires et
balistiques, et démantelé l'un des
sites où son armée réalisait ses
essais atomiques. Pour lui, c’est
désormais aux Etats-Unis de faire
un geste important pour ne pas
enrayer le processus de détente. Il
demande notamment à Washington une déclaration marquant symboliquement la fin de la guerre de
Corée. A la sortie du conflit en 1953,
seul un armistice avait été signé par
les différents belligérants. Le président sud-coréen, Moon Jae-in, est
favorable à la signature d’un tel texte
de paix, mais son enthousiasme
n’est pas partagé par l’ensemble du
pouvoir américain. Plusieurs conseillers de Donald Trump estiment
que cette concession serait trop
généreuse et ne devrait être accord é e q u e s i P yo n g ya n g f a i t l a
démonstration de sa volonté de se
débarrasser de son arsenal
nucléaire et accepte de dévoiler un
inventaire complet de ses armes et
de ses matières fissiles. Jusqu’ici, le
régime totalitaire s’est toujours
refusé à tant de transparence. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
Suède : l’immigration au cœur
des débats avant une élection incertaine
l Les législatives de dimanche devraient voir l’extrême droite progresser au détriment des sociaux-démocrates.
l Les Démocrates de Suède pourraient constituer le troisième bloc politique à l’issue du scrutin.
POLITIQUE
Antoine Jacob
— Correspondance en Europe
du Nord
C’est à qui sera le plus ferme, le plus
exigeant. Depuis des mois, la plupart
des partis politiques en lice pour les
législatives suédoises de dimanche
rivalisent de sévérité sur les sujets de
l’immigration, de l’ordre et de la
sécurité. Une première dans un pays
où la campagne électorale est d’ordinaire dominée par l’Etat providence,
l’école ou l’impôt. Cette année,
l’heure est aux sombres bilans et
aux promesses en vue de redresser
la barre. Comme si le royaume, à
l’image traditionnellement paisible
et tolérante, était devenu un territoire instable et périlleux.
Tel est, en tout cas, le message
anxiogène que la principale formation d’extrême droite du pays, les
Démocrates de Suède (SD), a réussi
à inoculer autour d’elle. En tournée
électorale du nord au sud, Jimmie
Åkesson, leur chef, ne cesse d’énumérer les maux qui plomberaient
ce pays qu’« on ne reconnaît plus » :
immigration incontrôlée, criminalité galopante, viols et trafic de drogue, ghettos où la police n’oserait
plus s’aventurer. Bon nombre
d’experts ont beau juger ce tableau
un peu ou très exagéré, le leitmotiv,
amplifié par les réseaux sociaux,
Les sondages donnent près de 20 % des intentions de vote à l’extrême droite.
Photo Jonathan Nackstrand/AFP
séduit bien au-delà de l’électorat traditionnel d’extrême droite.
Mouvance néonazie
Les sondages des dernières semaines accordent aux SD une moyenne
d’environ 20 % des intentions de
vote. Soit une nette progression par
rapport aux législatives de 2014 marquées par un score record de 12,9 %
des voix et l’entrée de 49 députés SD
au Parlement. A l’époque, ce parti
issu de la mouvance néonazie s’était
déjà illustré par son opposition à la
politique d’accueil voulue par le restant de la classe politique, avec le
soutien des médias traditionnels.
« Alors quand la crise des migrants a
connu son pic en 2015, les Démocrates
de Suède sont apparus comme les
seuls à avoir mis en garde contre les
risques d’une telle bienfaisance »,
résume Mikael Granberg, politologue à l’université de Karlstad. La
Suède est le pays européen qui, avec
l’Allemagne et la Hongrie, a reçu le
plus de demandeurs d’asile en 2015
(155.000 pour au final 31.000 octrois
d’un statut de protection). Un net
coup d’arrêt est donné début 2016
par le gouvernement social-démocrate - vert avec l’aval des partis de
centre droit. La quasi-totalité des
quelque 23.000 demandeurs d’asile
attendus en 2018 n’obtiendront pas
de permis de résidence permanent.
Le regroupement familial, lui, est de
facto exclu pour ceux arrivés après
novembre 2015. Si les rivaux des SD
espéraient ainsi leur couper l’herbe
sous le pied, c’est manqué, si l’on en
croit les sondages. « C’est nous qui
possédons la recette originale, les
autres ne font que nous copier », lance
Jimmie Åkesson, trente-neuf ans.
« Son parti a habilement mis en parallèle l’immigration et son coût, d’un
côté, et, de l’autre, le manque de
moyens dans la santé, le logement, la
prise en charge des retraités, la lutte
contre les feux de forêts de cet été, etc. »
constate Mikael Granberg. En fin de
campagne, les sociaux-démocrates
ont tenté de recentrer les débats sur
leurs points forts. « Le scrutin sera un
référendum pour ou contre l’Etat providence », a clamé le Premier ministre sortant Stefan Löfven, en promettant de le renforcer grâce à des
mesures équivalant à 3,3 milliards
d’euros. En vain, semble-t-il. Son
parti (31 % en 2014) est donné aux
alentours de 25 % des intentions de
vote, ce qui serait son pire résultat en
plus de cent ans.
Pourra-t-il, dès lors, reconduire
sa coalition avec les écologistes,
appuyée par la gauche ex-communiste ? Les quatre partis de centre
droit vaincus en 2014 parviendrontils à les dépasser pour prendre leur
revanche ? Dans les deux cas, le
futur gouvernement, minoritaire
sauf énorme surprise, aura besoin
de trouver un soutien extérieur.
L’extrême droite, elle, tentera de tirer
profit de son émergence en tant que
troisième grand bloc politique. n
Macron lance la
campagne des
européennes
Hier, en visite à Luxembourg, Emmanuel Macron
a donné le coup d’envoi de
la campagne des élections
européennes. Il a demandé
au Parti populaire européen (PPE) de « clarifier ses
positions » : « On ne peut
pas à la fois être du côté, sur
beaucoup de sujets, de la
chancelière Merkel et du
Premier ministre Orban. »
Le PPE regroupe la plupart
des partis conservateurs
d’Europe : les Républicains
(LR), la CDU allemande,
Forza Italia et le PP espagnol. Mais il abrite aussi le
Fidesz, parti nationaliste et
anti-européen du Hongrois
Viktor Orban. En plaçant le
PPE devant ses contradictions, Macron pose les
jalons de sa stratégie. S’il
parvient à provoquer
l’exclusion du parti
d’Orban du PPE, LREM
pourrait éventuellement le
rejoindre. Dans le cas
contraire, son parti pourrait récupérer les membres du PPE les plus progressistes.
Le gouvernement ne tire pas profit d’un bilan économique positif
Les finances publiques
sont excédentaires et la
croissance est au rendezvous. Mais l’endettement
des ménages a progressé.
Selon le côté par lequel on l’observe,
la situation économique de la Suède
offre des tableaux contrastés. Du
point de vue de la conjoncture et des
finances publiques, le royaume s’en
sort de belle manière. La croissance
se maintient à un bon niveau : près
de 2,5 % cette année, selon Eurostat.
Le taux de chômage (6,2 %) est au
plus bas depuis six ans. Les exportations, dont l’économie nationale est
très tributaire, restent soutenues, le
niveau des investissements est
satisfaisant.
Quant aux finances publiques,
« elles se portent mieux que prévu »,
constate Knut Hallberg, macroéconomiste à Swedbank. Le budget affiche un excédent de 1,3 %, la dette
publique a été ramenée à 41 % du PIB.
Autant d’indicateurs qui qualifieraient aisément le pays pour la zone
euro, s’il était candidat. Impossible :
les Suédois restent majoritairement
opposés à un tel changement, déjà
rejeté par référendum en 2003.
Les inégalités se creusent
Hélas pour la coalition gouvernementale sortante, la campagne électorale n’a que peu tourné autour de
ces performances. Si ce n’est lorsque
l’extrême droite et la gauche excommuniste ont proposé de puiser
dans les caisses publiques pour renforcer respectivement « la loi et
l’ordre » et l’Etat-providence. Mais la
ministre des Finances sortante, la
social-démocrate Magdalena
Andersson, s’est refusée à envisager
au-delà des promesses de son parti,
au nom du maintien de réserves en
cas de nouvelle crise économique
ou financière. Moins roses sont les
données révélatrices de certains
problèmes structurels affectant la
plus grande économie des pays
scandinaves. Si l’épargne des Suédois a augmenté, le niveau moyen
d’endettement des ménages a doublé en dix ans, en dépit d’un récent
durcissement des conditions
d’obtention de prêts. Les inégalités
se sont creusées ces trois dernières
décennies, mettant à mal l’image
d’un pays égalitaire. « Il est de plus en
plus difficile de trouver à se loger dans
les grandes villes », fait remarquer
Elisabet Kopelman, économiste à la
banque SEB.
Par ailleurs, « le périmètre de
générosité de l’Etat-providence s’est
réduit à cause de la crise économique
du début des années 1990 », ajoute
Yohann Aucante, maître de conférences à l’EHESS, à Paris, et spécialiste du sujet. Cela dit, « le pays garde
un Etat social parmi les plus développés, qui fonctionne plutôt bien, avec
des taux de satisfaction qui ne sont
pas anodins et des congés parentaux
toujours plus élevés », tempère-t-il.
Quelles que soient ses imperfections, ce modèle pourra-t-il être
préservé longtemps ? « On peut
déjà être sûr qu’il sera davantage
sous pression pour des raisons démographiques. Dans dix ans, la proportion des Suédois âgés de 80 ans et plus
Les Suédois restent
opposés à l’euro, déjà
rejeté par référendum
en 2003.
aura augmenté de 50 % », souligne
Knut Hallberg. Or de moins en
moins de jeunes Suédois veulent se
former aux professions de la santé,
de l’éducation ou de la police. Pour
de nombreux économistes, et pour
la confédération des entreprises, le
pays n’aura d’autre moyen que
d’ouvrir à nouveau ses portes à une
main-d’œuvre étrangère pour combler ces manques. — A. J.
Damas et la Russie prêts à attaquer Idleb
SYRIE
La Turquie, l’Iran et
la Russie se concertent
sur l’avenir du dernier
bastion islamiste
important en Syrie.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
L’assaut sur Idleb semble imminent.
Au risque d’un bain de sang de civils
dans ce dernier grand bastion
rebelle en Syrie. Damas envoie
depuis des jours des renforts autour
de cette région du nord-ouest tenue
par des djihadistes mais aussi des
rebelles non islamistes et où vivent
3 millions de personnes. Dont
800.000 qui ont fui les autres
régions de Syrie reprises une à une
par Damas depuis l’intervention
russe commencée il y a trois ans.
L’artillerie du régime, appuyée par
l’aviation russe, a bombardé ces derniers jours les positions du HTC
(Hayat Tahrir Al Cham). Ce dernier,
dans la mouvance d’Al Qaida, disposerait à Idleb de 20 à 30.000 combattants puissamment équipés.
Le sort d’Idleb devrait se jouer ce
vendredi lors d’une réunion à Téhéran entre le président russe, Vladimir Poutine, son homologue iranien, Hassan Rohani, tous deux
engagés militairement aux côtés de
Damas, et le chef de l’Etat turc, Recep
Tayyip Ergodan, qui soutient au contraire des rebelles en Syrie. Ankara
craint aussi un afflux de réfugiés sur
son sol en cas d’assaut sur cette
région limitrophe. Washington,
qui préside en ce moment le Conseil
de sécurité de l’ONU, l’a convoqué ce
vendredi. Toutefois, le processus utilisé jusqu’ici – bombardements russes, négociations, évacuations des
combattants – ne peut plus fonctionner, puisque les rebelles d’Idleb n’ont
plus nulle part où aller. D’où la
crainte d’un bain de sang exprimée
par l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan
de Mistura.
Distinguo inhabituel
Moscou a annoncé jeudi qu’il « tue et
tuera les terroristes » partout en
Syrie. L’ambassadrice à l’ONU des
Etats-Unis, Nikki Haley, a déclaré
que Damas « peut continuer à
reprendre le contrôle de la Syrie », à
condition de ne pas utiliser d’armes
chimiques, ce qui provoquerait une
riposte occidentale. La prise d’Idleb
parachèverait la reconquête du
pays par le régime, qui contrôle
les deux tiers de son territoire désormais. Ne lui échapperait alors plus
quasiment plus que le nord-est, tenu
par les Kurdes soutenus par des unités américaines et françaises. Le centre de réflexion International Crisis
Group (ICG) souligne qu’une offensive sanglante à Idleb aurait un coût
politique pour le Kremlin. Cela « ruinerait les chances de Damas d’être
relégitimisée internationalement ou
de voir les Occidentaux participer
financièrement à la reconstruction du
pays », ce qui constitue l’objectif politique de Moscou. La Russie sait aussi
avoir besoin de la Turquie pour la
« fin de partie » en Syrie. Or, une
offensive générale sur Idleb serait
inacceptable pour Ankara». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
SOMMAIRE
idées&débats
Le meilleur du Cercle
des Echos
La Chronique
Le Point de vue
L’Œil du philosophe
Le Grand Entretien
Pas de solution miracle
contre l’optimisation fiscale
L’emploi, l’emploi, l’emploi
Climat : nous aurons les guerres
et le déshonneur
Séries d’été, séries d’automne
Avec Hubert Védrine
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
L’immobilier très loin
du choc d’offre
Pinel pour « Les Echos »
Free, la crise de croissance
Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
— Chef du service
High-Tech & Médias
Rien ne va plus chez Iliad. Jamais,
dans sa courte histoire, la maison
mère de Free n’avait connu pareille
déconvenue boursière. Depuis janvier, l’action a perdu plus de 45 %,
réduisant à un peu plus de 6 milliards d’euros la capitalisation de
l’opérateur contrôlé par Xavier Niel.
Certes, Iliad-Free n’a pas battu le
record d’Altice-SFR qui, en fin
d’année passée, a vu s’effondrer de
plus de 50 % sa capitalisation en
vingt jours. Mais la confiance des
investisseurs est sérieusement
ébranlée par la perte, pour la première fois au premier semestre, à la
fois d’abonnés fixes, sa vache à lait, et
mobiles, son relais de croissance.
Bien loin des 230 euros d’il y a un an,
l’action pointe aujourd’hui autour
de 106 euros. Elle est retombée peu
ou prou à son niveau de 2012, lors du
lancement de Free Mobile qui a fait
trembler le marché français des télécoms avec ses offres à prix cassés.
Comme si, depuis, aucune valeur
n’avait été créée… Xavier Niel
n’aurait-il plus la baraka ?
Rude, la sanction est à la hauteur
de la capacité de l’opérateur à exciter
jusqu’ici les marchés avec sa formidable histoire de croissance à deux
chiffres chaque année. La « success
story » Free, c’est d’abord l’idée
géniale de la Freebox en 2002, avant
l’irruption fracassante dans le
mobile dix ans plus tard. Jusqu’à l’an
dernier, le groupe était valorisé en
moyenne jusqu’à plus de huit fois
son Ebitda. Un parcours sans faute…
ou presque. En quinze ans, le groupe
n’a connu que deux fois la méfiance
des investisseurs. En 2010, quand le
ralentissement dans le fixe a fait
douter, et en 2014, lorsqu’il avait fait
le pari fou de racheter l’américain
T-Mobile. Or, pour une valeur de
croissance, la non-croissance est
toujours violemment sanctionnée.
Les marchés s’interrogent : le
modèle Iliad est-il toujours viable ?
Le groupe assure que la descente
aux enfers est terminée et qu’il aurait
réussi à stabiliser sa base d’abonnés
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
L’icône qui a révolutionné le marché des
télécoms a perdu de
sa superbe. Longtemps trublion du
marché, Free doit
aujourd’hui adapter
son modèle à la
nouvelle donne du
marché très concurrentiel des télécoms.
La future Freebox
pourrait créer le
sursaut attendu.
Les points à retenir
Au premier semestre, Free
•a perdu
à la fois des abonnés
dans le mobile et dans le fixe.
Champion des promotions,
•l’opérateur
a été pris à son
propre piège lorsque ses
concurrents ont eux aussi
pratiqué des tarifs agressifs.
Il a aussi tardé à investir
dans son réseau, même
s’il met à présent
les bouchées doubles.
L’heure de vérité sera
le lancement de la nouvelle
Freebox, promise pour
les prochaines semaines.
•
•
en juillet et en août. Un simple trou
d’air commercial, donc. En réalité, le
marché a changé. Free, le champion
des promotions, a été pris à son propre piège, alors que ses concurrents
se sont eux aussi mis à pratiquer des
tarifs agressifs. Avec ses offres bradées dans le fixe, Bouygues Telecom,
quasiment mis au tapis quand Free
Mobile a débarqué, s’est vengé en
fragilisant Iliad sur son terrain.
Désormais, c’est d’ailleurs la perspective d’une stagnation de Free
dans le fixe (25 % de parts de marché), qui représente 75 % de l’Editda
d’Iliad, que redoutent les investisseurs. Dans le mobile, la menace de
déclin ne s’est pas vue tout de suite
car, ces deux dernières années, Free
(comme Orange et Bouygues Telecom) a vécu sur le dos de SFR, dont
les contre-performances lui ont permis, par ricochet, de continuer à
conquérir des abonnés. Et puis Free
a vieilli : il a augmenté ses tarifs, il
construit son réseau, s’emploie à
bâtir une stratégie de reconquête
d’abonnés, ce qu’il n’avait jamais
jugé utile de faire jusqu’ici… Bref, il
devient un opérateur « normal ».
Aujourd’hui, l’équation est complexe. L’opérateur de Xavier Niel
devrait répondre à ses concurrents
en faisant de nouvelles promotions.
C’est sa nature. Mais peut-il prendre
le risque d’être très agressif et de voir
ses marges baisser fortement à
l’heure où il doit accélérer les investissements dans son réseau mobile ?
Dernier arrivé sur le marché, Free
doit développer son réseau et en
améliorer la qualité, qui reste en dessous de celle de ses concurrents,
alors que, désormais, la politique
tarifaire pratiquée par l’ensemble
des opérateurs présente de moins en
moins de différences… Dès lors,
pour le consommateur, mieux vaut
choisir celui qui a le meilleur réseau
puisque les prix sont équivalents.
Ironie du sort, c’est en poussant le
marché à vendre aux clients plus de
data à bas prix que Free a aussi conduit ceux-ci à accorder plus d’importance à la qualité des réseaux, alors
qu’autrefois ils avaient les yeux rivés
sur les tarifs. Résultat, ces derniers
mois, Orange, qui possède le
meilleur réseau des quatre opéra-
teurs selon l’Arcep, a récupéré un
nombre record d’abonnés Free. Iliad
a péché en tardant à investir massivement dans ce domaine. Peut-être
parce qu’il tablait sur la consolidation du marché des télécoms (sept
tentatives infructueuses ces dernières années) qui lui aurait épargné en
partie cette peine. Ou sur la régulation d’Orange dans la fibre, qui lui
aurait permis d’accéder au nouveau
réseau de l’opérateur historique.
Désormais, le groupe met les bouchées doubles, y compris pour se
développer dans la fibre, en réinvestissant quasiment tous ses bénéfices. Mais la capacité d’autofinancement, bien que supérieure à celle de
Bouygues Telecom, reste largement
en dessous de celle des poids lourds
du secteur, Orange et SFR. Or des
échéances importantes l’attendent
en Italie, où il vient de s’implanter, ou
encore dans la 5G, où les fréquences
valent des milliards. Il faut donc
s’éloigner du modèle « low cost »
pour financer ces chantiers.
Pour remonter la pente, Iliad peut
tabler sur la Péninsule, où les débuts
sont prometteurs mais mettront du
temps à rapporter. A court terme,
c’est le lancement de la nouvelle box
de Free, promise pour les prochaines semaines, qu’il ne faut pas rater.
Elle constitue une arme potentielle
de reconquête client et donc de cashflow qui pourrait relancer la
machine. Ce serait aussi l’occasion
de démontrer au marché la capacité
de Free à innover encore. Surtout,
cela pourrait peut-être permettre
d’augmenter les tarifs. Mais sa réussite dépendra aussi de l’intensité
concurrentielle sur le marché. « Free
est comme le homard qui change de
carapace, à un moment donné, il peut
être attaqué car il n’est pas protégé »,
souffle un bon connaisseur du secteur. Bouygues Telecom pourrait
très bien envisager de lancer des
promotions à tout va pour torpiller
le lancement de la Freebox. Pour
croître de façon rentable, Iliad va
devoir à la fois innover et faire
preuve d’agressivité commerciale.
Mais pas au point sans doute de provoquer une réponse trop violente de
ses concurrents. Pour le trublion des
télécoms, une page se tourne. n
L’économie française connaît peut-être un
simple tassement de la croissance après une
fin d’année 2017 en fanfare. Mais, dans la
construction, le doute n’est plus permis : c’est
clairement le retournement à la baisse qui
commence, avec son scénario habituel. Le
nombre de permis de construire chute, ce
qui présage une accélération du déclin déjà
Par Jean-Marc
amorcé des mises en chantier. La
Vittori
construction passe au-dessous du rythme
annuel de 400.000 logements construits. Les
La
prévisionnistes de l’Insee estiment que
promesse
l’investissement en logement des Français
du président devrait progresser de 1,6 % cette année contre
plus de 5 % l’an dernier. Les entreprises de la
se heurte
construction vont embaucher pratiquement
à trois
deux fois moins en 2018 qu’en 2017. Le
secteur ne va plus doper la croissance du
difficultés.
pays. Dans le même temps, les prix
continuent de monter dans le neuf comme dans l’ancien. Toujours
prêts à réclamer de l’argent à l’Etat, les professionnels pointent la
restriction du champ géographique des prêts à taux zéro (PTZ),
destinés à faciliter l’accession à la propriété des ménages aux
revenus modestes. Ce n’est pas la raison majeure. Les taux d’intérêt
sur les emprunts immobiliers ne baissent plus. Comme ils
dépassent à peine 1 %, un nouveau repli ne semble guère probable
– sauf à imaginer un nouveau choc financier qui déstabiliserait
l’ensemble du secteur. Or la baisse des taux avait permis de
compenser la hausse des prix. Par ailleurs, les Français ont un
pouvoir d’achat qui a stagné sur la première moitié de l’année, et ils
recommencent à s’inquiéter davantage du chômage. Deux autres
motifs de ne pas se précipiter sur le marché immobilier. Autant dire
qu’on est très loin du choc d’offre promis par Emmanuel Macron,
qui voulait construire « plus, mieux et moins cher ». La stratégie du
président de la République semble ici claire. Il veut libéraliser la
construction enserrée dans un enchevêtrement inextricable de
réglementations. C’est l’objectif de la loi Elan (évolution du logement
et aménagement numérique) que les députés devraient bientôt
voter. Il veut aussi alléger la facture de la politique du logement (2 %
du PIB, deux fois plus que la moyenne européenne et quatre fois
plus que l’Allemagne), qui pousse les prix à la hausse. Mais cette
volonté se heurte à trois difficultés. D’abord, il n’est jamais simple de
simplifier. Ensuite, les lobbys sont à la fois nombreux, puissants et
contradictoires, plus encore que dans d’autres domaines. Enfin,
comme sur le marché du travail, les changements, à supposer qu’ils
soient assez profonds et efficaces, donneront leur plein effet
seulement à long terme. En attendant, la France continuera sans
doute de construire trop peu de logements trop chers.
(
Lire nos informations
Page 16 et notre supplément « Les Echos Patrimoine »
Grand méchant marché
Par David Barroux
La France ne fait décidément pas confiance au marché. Convaincus
que si l’Etat ne tape pas du poing sur la table les entreprises
abuseront de leur pouvoir et nous ferons basculer dans un monde
de plus en plus horrible, notre pays est devenu une machine à
pondre des codes et des règlements en tout genre. Quand ils veulent
se moquer de nous, les Anglo-Saxons soulignent que, quand eux
font d’une innovation un nouveau business, nous, nous en faisons
une loi. Ils n’ont pas complètement tort. Certes, le capitalisme mérite
d’être surveillé et ses excès d’être punis. Mais la mondialisation et
l’évolution technologiques prouvent à quel point l’approche
maximaliste de notre régulationnite tricolore est devenue absurde
et inefficace. Sans être naïf au point d’idéaliser Uber, Airbnb,
Amazon ou Netflix, sans nier que leur montée en puissance crée des
problèmes et débouche sur des conditions de concurrence
inéquitables, il conviendrait de reconnaître que, plutôt que de saluer
les bénéfices qu’ils apportent aux consommateurs, nous avons
tendance à vouloir leur couper les ailes. Plutôt que d’alléger les
contraintes qui pèsent sur les hôtels, les taxis, les magasins ou les
chaînes de télévision et qui, au final, ont bridé leur capacité à évoluer
et à répondre aux attentes des clients, nous préférons imposer aux
barbares du digital les contraintes qui freinent les acteurs
traditionnels. Le débat sur la chronologie des médias comme les
déclarations de ceux qui veulent interdire Airbnb dans Paris le
prouvent. Nous cherchons à projeter un passé pourtant imparfait
plutôt que de prendre le risque de basculer dans un avenir qui serait
peut-être meilleur. On impose chaque jour des contraintes sur les
épaules des acteurs domestiques que l’on peut réguler, en oubliant
que les champions du numérique vont, eux, bien plus vite que nos
lois édictant de grands principes souvent impossibles à appliquer.
(
Lire nos informations
Pages 17 et 22
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // IDEES & DEBATS
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
opinions
1. Brûlot anonyme contre Trump dans le « New York Times »,
la Maison-Blanche crie à la trahison
2. La SNCF fait grimper la dette française à un niveau proche de 100 %
3. Impôt à la source : 8 à 9 millions de foyers percevront une avance de trésorerie
4. RATP : la mise en concurrence des bus au menu du gouvernement
5. Taxation des Gafa : l’Allemagne sur le reculoir
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Pas de solution miracle
contre l’optimisation fiscale
L’art de la Renaissance
à l’époque #MeToo
Contre l’optimisation fiscale, plusieurs
économistes préconisent de partir du profit
mondial réalisé par les multinationales
pour ensuite le répartir entre les Etats
impliqués dans sa production, selon des
critères non manipulables (localisation des
consommateurs, utilisateurs d’applications
ou salariés). Pour Benjamin Homo et
Nicolas Vergnet, cette idée, en apparence
séduisante, mérite un examen attentif.
FAISABILITÉ « L’idée même qu’une formule
de ventilation appliquée indistinctement à
toutes les entreprises pourrait réconcilier le
lieu de paiement de l’impôt avec la création
de valeur réelle est éminemment discutable.
La part prise par chaque salarié dans le
profit global d’une entreprise varie d’un
secteur à l’autre. Il en est de même pour
l’ensemble des facteurs de production. Pour
parvenir à un résultat juste, il faudrait créer
autant de clefs de ventilation qu’il existe de
types d’activités, ce qui est en pratique
inenvisageable. »
EMPLOI « Imposer les entreprises sur notre
territoire au motif qu’elles y emploient des
salariés pourrait créer des incitations à ne
pas y embaucher et à externaliser certaines
fonctions, comme la vente, en ayant recours
à des contrats précaires. En outre, lier le
montant de l’impôt dû à la masse salariale
identifiée sur notre sol n’inciterait guère les
entreprises à augmenter les
rémunérations. »
COLLECTE « Le gâteau à partager entre les
Etats étant d’un montant fini, de telles
réformes créeraient nécessairement des
gagnants et des perdants. A supposer que les
géants du numérique paient plus d’impôts
en France parce qu’ils y ont des clients,
certains profits que nos entreprises réalisent
sur des marchés étrangers échapperaient
corrélativement à notre fisc. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Le monde est entré dans une nou•velle
ère depuis l’affaire du producteur
de Hollywood Harvey Weinstein,
accusé de harcèlement sexuel et de
viols, et surtout depuis la réaction des
femmes qui a pris la forme d’un mouvement baptisé désormais « #MeToo ».
The Royal Academy of Arts de Londres,
pour sa prochaine exposition sur le nu
dans l’art à la Renaissance et qui doit
ouvrir ses portes en mars 2019, a décidé
d’avoir « une parité exacte » de peintures, de sculptures et de dessins de nus
masculins et féminins.
Pour le directeur de la galerie, Tim
Marlow, il s’agit d’un exercice extrêmement intéressant pour sélectionner
environ 85 œuvres datées de 1400
à 1530. Pour le directeur, cette exposition, décidée il y a trois ans, lui a permis
d’observer combien sa signification
avait changé « dans le climat culturel de
2018 ». Il s’agit pour la célèbre galerie
d’illustrer le développement de « l’idée
et de l’idéal » du nu à travers l’Europe de
la Renaissance.
Cette exposition, écrit « The Telegraph », « fait suite à une période de crise
profonde dans les arts, alors que les télévisions, les films, la musique et les arts
visuels, tous, sont en plein réexamen de
leur façon de traiter les femmes à la suite
des révélations sur les abus sexuels de
#MeToo ». Mais ce point de vue n’est pas
sans agacer. Dans le « Corriere della
Sera », l’écrivaine italienne Melania
Mazzucco souligne que « cette application étrange de quotas à la peinture révèle
l’attention religieuse, quasi hystérique,
face à la différence qui imprègne
aujourd’hui le climat culturel des pays
anglo-saxons ». On semble en tout cas
bien loin de l’esprit de la Renaissance.
— J. H.-R.
LA REVUE
DU JOUR
L’emploi, l’emploi, l’emploi
Emmanuel Macron a été élu sur la promesse que les réformes permettraient de rompre avec la fatalité d’un chômage élevé. Les Français
n’y croient plus, mais le gouvernement aurait tort de les suivre.
LA
CHRONIQUE
d’Eric
Le Boucher
’affaire Benalla aurait ébranlé la
force et la détermination
d’Emmanuel Macron, la démission de Nicolas Hulot mettrait au jour
son manque d’ambition transformatrice, son hésitation sur le prélèvement
à la source donnerait à croire que l’électoralisme commande à nouveau : le
président de la République aurait
perdu sa bonne étoile. La croissance qui
tiédit et l’inflation qui revient restreignent malencontreusement ses marges
d’action, la politique, la vieille politique,
l’aurait rattrapé.
Cette lecture d’une rentrée difficile
est, on l’espère, fausse. Fausse parce
qu’elle banalise un président qui ne l’est
pas et qu’elle banalise un pays qui ne
l’est pas. De quoi l’élection d’Emmanuel
Macron était-elle faite ? D’un concours
de circonstances, de la surprise d’un
vote en faveur d’une rupture avec trente
ans d’immobilisme politique qui a fait
s’enkyster le chômage au cœur de la
France. En apparence, les Français ne
vont pas si mal, en vérité le cancer a
rongé le moral des familles au point que
le pays est devenu foncièrement pessimiste, qu’il redoute l’avenir et que la
défiance est la règle de survie.
L
Transformation
publique et publics
vulnérables
LE PROPOS Les politiques
publiques sont confrontées
aux problèmes de décrochage, de
renoncement, de non-recours. Au
niveau des prestations sociales, des
personnes éligibles ne touchent
pas ce à quoi elles peuvent
prétendre. Dans l’univers scolaire,
des jeunes quittent le système sans
formation. Tendance aggravante :
la dématérialisation de la relation
et des procédures risque de
déshumaniser et d’augmenter
cette fracture numérique que
subissent les plus fragiles. Les
vulnérables et les invisibles ne
doivent pas être les laissés-pourcompte et les perdus de vue de la
grande vague de modernisation
des services publics.
Expérimentations et innovations
positives permettent de raccrocher
et de soutenir. Il ne s’agit plus
seulement d’organiser des
prestations et d’affirmer des droits,
il faut accompagner les usagers,
en particulier les exclus de la
numérisation.
En s’interdisant à la fois de toucher à l’âge de la retraite, à la santé, à l’école, au millefeuille territorial, tout en
accroissant le budget de la sécurité, le gouvernement additionne les mécontents. Photo AFP
Les Invisibles
de l’action publique
« Horizons publics »,
n° 4, 2018, 29,90 euros.
LA PUBLICATION Nouvelle revue
trimestrielle, « Horizons publics »
se consacre à la transformation
publique. Mêlant expertise
rigoureuse et traitement
journalistique, elle veut contribuer
à cette grande mission d’intérêt
général.
LA CITATION « Rendre visible la
société, c’est donner une dignité à
des personnes qu’on côtoie sans les
voir. » (Pierre Rosanvallon).
— Julien Damon
Rattraper le retard
Le miracle de l’élection devait permettre de prendre, enfin, les mesures libérales de flexisécurité que l’Europe du
Nord a adoptées et qui ont réussi à y
diviser le chômage par deux et, en
parallèle, de transformer le système
social datant de 1945 devenu trop coûteux (un taux de prélèvement de 56 %
du PIB) et inefficace (la situation des
jeunes). Comme souvent dans son histoire économique et sociale (1830, 1936,
1945), la France était en retard, la mission du jeune élu était le rattrapage. Sa
stratégie était tracée : relancer et rénover la production, l’offre, disent les économistes. Son but était limpide :
l’emploi, l’emploi, l’emploi.
Dix-huit mois après l’élection, l’autre
lecture de cette rentrée est que cette rupture n’est toujours pas comprise par
l’opinion et qu’elle dérange décidément
beaucoup trop de monde. Les Français
ont tellement vécu avec le chômage
qu’ils s’y sont habitués, avec moult
arrangements et ruses, et, surtout, parce
qu’au fond ils ne croient pas possible de
le vaincre. Le discours dominant reste :
le travail disparaît, les robots vont manger les postes qui restent, la solution
« libérale » consiste seulement à faire
accepter des petits boulots dégradés. Le
pessimisme est autojustifié et, dans la
débandade décliniste, la seule chose qui
compte est son propre pouvoir d’achat.
Dix-huit mois après
son élection, les Français
ne comprennent
pas Macron.
Ils n’acceptent pas
en conséquence
de faire des sacrifices
pour l’emploi,
ils n’y croient plus.
Pour créer des emplois, il faut rétablir
la compétitivité, contenir les coûts salariaux et les dépenses sociales, investir et
donner des compétences. Cette logique
de l’offre, sans doute peu et mal expliquée, continue de passer au-dessus des
têtes incrédules. Les oppositions politiques de droite comme de gauche continuent de faire des promesses « il-n-ya-ka » qui sont sans aucune valeur sauf
celle de finir d’affaiblir le discours présidentiel. Dix-huit mois après son élection, les Français ne comprennent pas
Macron, ils n’acceptent pas en conséquence de faire des sacrifices pour
l’emploi, ils n’y croient pas.
Equation insoluble
La difficulté de le dire, de faire consentir
l’opinion à une inversion de la priorité
entre l’emploi et les revenus, entre l’économique et le social, se complique en
cette rentrée à cause de la conjoncture.
Pour soutenir une croissance insuffisante, et alors que l’investissement des
entreprises continue de décevoir, il faut
effectivement veiller à ce que le pouvoir
d’achat, plus exactement l’anticipation
qu’en ont les ménages, ne soit pas érodé.
Le choix du budget 2019 montre que
le gouvernement tient compte de « la
demande » chapitre par chapitre, il
allège la contrainte du déficit. Il a
macroéconomiquement raison. Mais
la politique de l’offre doit rester la
ligne nécessaire pour relancer la production et la machine à emplois. Et
malheureusement, ce budget signe
une remise sinon un renoncement à la
réforme radicale des missions de
l’Etat indispensable pour réduire
significativement la dépense et les
prélèvements obligatoires. En s’interdisant à la fois de toucher à l’âge de la
retraite, à la santé, à l’école, au millefeuille territorial, tout en accroissant
le budget de la sécurité, le gouvernement s’expose aux critiques sur le
rabot, additionne les mécontents et se
donne une équation insoluble dès lors
que la croissance est retombée à 1,7 %.
Le président doit interdire le revenant
immobiliste et forcer à choisir.
Les débats de la rentrée sur le style
présidentiel, l’idéal écologique ou sur
le pouvoir d’achat ne sont pas inintéressants, mais le message doit revenir
à la rupture originelle : Emmanuel
Macron ne pourra redonner à la
France une foi en l’avenir que par sa
remise au travail. n
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IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
opinions
1. Virginie Pradel : « Le prélèvement à la source n’est pas adapté
à notre système fiscal »
2. La SNCF fait grimper la dette française à un niveau
proche de 100 % du PIB
3. Péages autoroutiers : gendarmes et pompiers attendent d’être exemptés
4. Le gouvernement lance une mission sur la hausse des arrêts maladie
5. Cote de confiance : Macron sanctionné dans l’opinion
LE POINT
DE VUE
de Matthieu Auzanneau
Climat : nous aurons
les guerres
et le déshonneur
Prétendre « verdir le capitalisme » et
« en même temps » miser, par exemple
comme le fait le gouvernement français, sur le développement du trafic sur
les routes et dans les airs, c’est vouloir
concrétiser une vue de l’esprit. Cette
folie conduit à la catastrophe, aussi
sûrement que les glaciers fondent partout sur Terre, et que les pétroliers n’ont
jamais découvert aussi peu de pétrole…
L’histoire du progrès ne peut pas finir
ainsi. « L’énergie est notre avenir, économisons-la », rappelle chaque jour la
République. Assez de déni : dans moins
de dix ans, nous aurons perdu toute
chance de stopper les conséquences
fatales de notre addiction aux énergies
fossiles. Il nous faut un plan, un vrai.
Vite ! Confrontés à d’autres défis mortels,
nos aînés ont su en concevoir. Ce plan
devra synchroniser les moyens d’action
de la nation (de l’Europe ?) vers l’objectif
prioritaire, par nature structurant, de la
« neutralité carbone ». Nécessairement,
la clef de voûte de ce plan sera la sobriété.
Une société sobre est une société économe, autrement dit une société riche,
robuste, agile, « résiliente », plus sûre,
plus saine et potentiellement plus juste.
Dans la cacophonie abrutissante
d’aujourd’hui, la démocratie et l’économie se cherchent un nouveau sens.
Quelle autre quête serait plus pressante
et plus désirable que de sauver, non pas
la planète, mais l’humanité ?
ous sommes en train de perdre
la guerre contre le réchauffement climatique, mais nous
persistons à « regarder ailleurs », a eu
raison de marteler Nicolas Hulot en
quittant le gouvernement. Aucun pays
au monde n’a lancé de stratégie de sortie
des énergies fossiles capable d’empêcher le chaos du dérèglement du climat,
ni, à terme, celui de l’épuisement du
pétrole. La France fait tout juste partie
des moins mauvais élèves.
L’exhortation ne suffit plus. Parlons
enfin des réponses adéquates (démocratique, technique et économique) capables de résoudre le problème vital
auquel font face nos sociétés techniques.
Sortir des énergies fossiles d’ici à 2050,
comme nous nous y sommes engagés,
n’a rien d’impossible. Mais les transformations nécessaires (de nos façons de
produire, de consommer et, surtout, de
penser) restent virtuelles. La boîte à
outils est connue, elle est prête. Pourtant
aucun dirigeant politique ne se risque à
dessiner un plan à la mesure de l’ambition actée au Bourget en 2015, à l’issue de
la COP 21, par presque toute l’humanité.
La tartufferie est immense, tragique.
Regardons autour de nous : si la
France n’agit pas, tout est perdu. Notre
pays a tout pour montrer la voie. Anticiper l’inexorable, c’est triompher de l’avenir. Avec la transition énergétique, nous
tenons la chance de redonner au projet
européen son souffle, au nom d’un chantier économique commun de long
terme, bénéfique à tous. Beaucoup de
citoyens en sont déjà convaincus. Parmi
eux figurent quelques dizaines de dirigeants de nos plus grandes entreprises.
Seulement le compte n’y est pas, tant
s’en faut. La Stratégie nationale bas carbone (SNBC) votée en 2015 n’a de « stratégie » que le nom. Dès 2016, les émissions
de gaz à effet de serre dépassaient l’objectif de 6 % dans les transports, et de 11 %
dans le bâtiment ! Et la Cour des comptes
pointe de graves défauts de conception
dans la politique française de transition
énergétique.
LE POINT
DE VUE
Comment préserver
les infrastructures
publiques
N
d’Agnès Audier
et Romain de Laubier
vec la catastrophe de Gênes, la
France redécouvre que ses
infrastructures souffrent d’un
manque grave de maintenance. Un
récent rapport du ministère des Transports indique que 7 % des ouvrages d’art
nécessitent des travaux lourds urgents.
Le manque de maintenance des lignes
SNCF et RATP est connu de tous, le taux
de disponibilité de nos hélicoptères
militaires ou de nos centrales nucléaires est insuffisant, certains de nos hôpitaux sont en mauvais état.
La succession d’accident n’est pas
une coïncidence. De nombreuses
infrastructures arrivent au bout d’un
cycle de vie. Alors, comment en est-on
arrivé là, en France au moins ? Rejeter
la faute sur la préférence supposée des
politiques pour les nouveaux projets
n’est pas suffisant. Il existe en réalité de
nombreuses causes.
L’une d’entre elle est la défiance entre
le ministère des Finances et les ministères techniques : la maintenance est un
sujet technique et seul les experts
« savent ». Mais lorsque les « budgétaires » ne croient plus les experts et pensent qu’ils cherchent à se créer des marges de manœuvre, il devient difficile de
faire des choix judicieux.
Une autre forme de défiance existe
entre les politiques et les administrations. Les décideurs politiques suspectent leurs services de demandes dictées
par des logiques d’intérêt du travail et
d’utilisation des équipes. Et non pas
pour répondre aux besoins des
A
Sortir des énergies
fossiles d’ici à 2050
n’a rien d’impossible.
La boîte à outils est prête.
Parce que les énergies fossiles sont
partout, la transition énergétique concerne chaque activité. Elle ne s’arrête pas
à la production électrique, quand le
débat s’arrête encore, et s’épuise, sur
l’alternative renouvelable contre le
nucléaire. On peut affirmer ceci : la voiture de demain est un vélo, un bus ou un
train. A tout le moins, c’est un véhicule
partagé, bien plus sobre qu’aujourd’hui :
moins puissant, plus léger et, oui, moins
rapide. Mettre au conditionnel ou édulcorer de telles évidences, évidences au
regard de ce qu’implique concrètement
un monde sans pétrole, c’est mentir.
Autant faire tout de suite comme Donald
Trump, et déchirer l’Accord de Paris. Sa
démence à lui, au moins, est cohérente.
« Après nous, le déluge ? »
citoyens. Il y a aussi de la défiance entre
le privé et public qui ne permet pas
d’utiliser au mieux les ressources du
privé et des dispositifs type partenariats
public-privé (PPP). Le recours au privé
ne pourra se faire qu’avec plus de confiance et de transparence sur les coûts et
la rentabilité des opérations, ainsi
qu’avec des contrats qui permettent de
mieux partager les risques.
Aussi, trop souvent, les méthodes
financières de sélection des investissements favorisent les projets nouveaux
et délaissent la maintenance. Ces
méthodes sont efficientes pour comparer des nouveaux projets entre eux,
mais y parviennent moins quand il
Trop souvent,
la pression budgétaire
conduit à sacrifier
la maintenance.
s’agit de mettre en balance des projets de
maintenance lourde avec des projets
nouveaux. Aux nombreuses causes qui
expliquent la succession des accidents,
s’ajoute, enfin, une pression budgétaire
globale. Elle conduit souvent à sacrifier
la maintenance pour allouer les ressources à la masse salariale et aux
dépenses courantes inévitables.
Il est possible de « retourner la
table » et de mener une politique en
rupture. Pour cela, il faudrait dans un
premier temps réaffirmer la priorité
Matthieu Auzanneau est directeur
de The Shift Project (TSP/Le Shift),
think tank de la transition carbone.
absolue à la maintenance lourde en
repoussant les nouveaux projets non
indispensables.
Il est, par ailleurs, nécessaire d’intégrer la transformation numérique dans
la réflexion. Le digital offre deux opportunités majeures. D’une part, celle de
travailler sur des plans en 3D en collaboration avec tous les acteurs (building
information modeling), ce qui peut
générer jusqu’à 25 % d’économies globales pour un bâtiment sur sa durée de
vie. D’autre part, avec la maintenance
prédictive permise par le Big Data et
l’intelligence artificielle.
En parallèle, revoir nos processus
d’investissement est indispensable. Le
secteur public vit avec une séparation
des budgets d’investissements et de
fonctionnement, là où le secteur privé a
une approche « cash » plus vertueuse
pour effectuer les arbitrages maintenance/investissement. Profitons-en
pour dédiaboliser les partenariats
public-privé et muscler la capacité de
l’Etat à signer des contrats pour des
petites ou grosses opérations.
En matière de maintenance, il est
grand temps de mettre en place une
politique en rupture. Le gouvernement
s’y atèle dans le secteur des transports,
mais il est important d’aller plus loin
pour éviter des catastrophes bien sûr,
mais aussi pour optimiser la dépense
publique.
Agnès Audier et Romain de Laubier
sont directeurs associés au BCG.
Séries d’été,
séries d’automne
L’ŒIL DU
PHILOSOPHE
Par Roger-Pol
Droit
ue s’est-il passé cette semaine ?
Une rentrée des classes sans portables et un petit remaniement
ministériel en France, un grand typhon au
Japon, deux enterrements outre-Atlantique, Aretha Franklin et John McCain. On ne
saurait oublier, après moult atermoiements et valses-hésitations, la décision
prise par Emmanuel Macron de maintenir
le nouveau dispositif fiscal. Cette annonce
atténue – mais pour combien de temps ? –
l’impression qui s’installe d’un effritement
à la source du « nouveau monde ». Toutefois, ces gros titres ont recouvert un autre
changement, qui passe inaperçu à force
d’être devenu familier. Les « séries d’été »,
qui envahissent quotidiens et magazines de
mi-juillet à fin août, se sont évanouies avec
la fin des vacances.
Pendant six semaines, en France, la
presse se réduit comme peau de chagrin, et
les pages qui restent prennent un visage
singulier. Finis, les dossiers internationaux,
estompés, les débats politiques, suspendues, les querelles. Presque toutes les nouvelles s’éclipsent. A leur place fleurissent
partout, par quatre, cinq ou six, des feuilletons culturels – instructifs, insolites, voire
incongrus. Il en est d’historiques (rois maudits, princesses improbables, milliardaires
oubliés…), de géographiques (cités perdues, trésors enfouis, enclaves préservées…), de sociologiques (gangs effroyables, sectes secrètes, mœurs rarissimes), de
littéraires (couples d’écrivains, succès
d’autrefois, batailles anciennes…), de philosophiques (doctrines méconnues, sagesses
toujours actuelles…).
En fait, la liste est interminable. Car elle
s’étend aussi à la gastronomie, aux sciences, à la mode, aux techniques, à la joaillerie, aux sports… En outre, toutes les combinaisons sont permises, depuis l’histoire
culinaire jusqu’à la littérature des expéditions lointaines, en passant par les escroqueries artistiques. Le cahier des charges
est simple : il faut et il suffit que l’ensemble
soit attractif, pédagogue et copieux. Le
résultat de ces séries cumulées – les unes
ratées, les autres remarquables, cela est
une autre histoire – forge une presse estivale fort différente de celle qu’on lit le reste
de l’année.
Voilà qui semble doublement absurde.
D’abord parce que le monde, l’été, ne
change pas. Les nouvelles ne s’arrêtent
jamais. Les agences de presse, les dépêches
Q
et les événements continuent. Ce sont les
journalistes qui prennent des vacances, et
leurs lecteurs aussi. Mais pourquoi donc
devrait-on cesser de s’intéresser à ce qui s’y
passe, parce qu’on est à la plage plutôt qu’en
ville, oisif plutôt qu’au labeur ? Ensuite,
quand arrive la rentrée, quand les séries
habituelles (politiques, économiques,
sociales, diplomatiques, culturelles…)
reprennent leur place et leurs activités,
comme cette semaine, tous les sujets dont
on parle l’été n’ont pas disparu comme par
magie. Pourquoi donc le plaisir et l’intérêt
des lecteurs pour ces thèmes différents
devraient-ils se limiter aux semaines où il
fait chaud, où l’on travaille moins ?
Plutôt que deux régimes d’informations
alternés, une permanente juxtaposition des
deux serait préférable. Pour l’actualité de
chaque jour, faits, événements, infos
Dans les journaux,
les séries d’été laissent
place cette semaine
au retour de l’actualité.
Cette organisation
de l’information
est bancale et illogique.
La repenser serait utile.
chaudes et commentaires sur le vif. Mais
également, pour ceux qui le veulent, et ils
sont nombreux, de l’encyclopédie permanente, des outils d’éveil et d’initiation, des
curiosités, des enquêtes inattendues. Parce
que la réalité est multiforme, que l’actualité
ne se découpe pas selon les calendriers de
nos activités et de nos repos, que les centres
d’intérêt des citoyens sont hétéroclites. Et
c’est tant mieux.
Chacun devrait se souvenir du vers 77 de
l’« Heautontimoroumenos » (le « bourreau
de soi-même », en grec ancien) du dramaturge latin Terence : « Homo sum, humani
nihil a me alienum puto », c’est-à-dire « Je
suis un homme ; je considère que rien de ce
qui est humain ne m’est étranger ». La formule est célèbre, elle a souvent servi. Mais
on ne s’est pas avisé, je crois, que cette
maxime est à la fois celle des dévoreurs
d’actualité – journalistes aussi bien que lecteurs – et des philosophes. Ils ont pour exigences communes de tout examiner d’un
œil critique, certes, mais sans faire de tri
préalable, sans décider à l’avance ce qui est
pur et impur, sans rien exclure, ni personne,
au nom de la bienséance et des conventions.
Plus les médias incarneront ces principes,
plus ils seront légitimes.
Roger-Pol Droit est philosophe
et écrivain.
L’ACTUALITÉ
DES THINK TANKS
Savoir exporter
IDÉE Think tank né en 2012 et dédié au commerce international, la Fabrique
de l’Exportation analyse et recommande. Il s’agit de soutenir les dirigeants,
de la TPE à la multinationale, des PME aux « micromultinationales », qui
aspirent au développement international. Méthodes et concepts de l’export
sont décortiqués et mis en débat. Les praticiens et les académiques réunis
se penchent autant sur la blockchain que sur l’actualité du dollar. Afrique,
Allemagne et Amérique latine font l’objet de conseils stratégiques
spécifiques. Et de multiples billets pratiques viennent renseigner
sur la marque « France », l’expatriation, les réseaux de distribution
ou l’établissement d’une tête-de-pont.
INTÉRÊT Jouant sur toute la palette possible des productions et animations
d’un think tank, cette Fabrique parraine également des thèses en gestion
(deux par an). Contre le protectionnisme, qui ne protège pas vraiment,
l’orientation est favorable au libre-échange. Dans un double contexte de
réaffirmation des frontières de toute nature et de déficit commercial
toujours préoccupant, ces travaux ne peuvent qu’intéresser tous ceux qui
s’inquiètent du rayonnement du pays et de ses entreprises.
— Julien Damon
www.fabrique-exportation.fr
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12 // IDEES & DEBATS
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
focus
BONNES FEUILLES
Par Guillaume de Calignon
Aux sources
du populisme
Dans un essai brillant, un politologue de Harvard
décrypte le « moment populiste » occidental.
La vie de bureau vue par Jacques Tati dans « Playtime ». Photo Les films de mon oncle
Deux essais explorent la face obscure d’un monde du travail devenu
vide de sens et destructeur de valeur. A qui la faute ?
Au capitalisme, dit l’un. Au management, répond l’autre.
Quand le travail
devient absurde
LIVRES
Par Benoît Georges
e n’est sans doute pas un hasard
du calendrier : au moment où la
plupart des actifs reprennent le
chemin du bureau, deux essais viennent dresser un tableau pour le moins
déprimant des absurdités du monde du
travail. Avec, cependant, des approches
et des préconisations radicalement différentes.
Le premier, « Bullshit Jobs », est dû à
David Graeber, anthropologue et économiste. Ouvertement anarchiste – il
fut l’un des piliers du Occupy Wall
Street – et professeur à la London
School of Economics, il a écrit des essais
remarqués sur la dette ou la bureaucratie. Mais c’est un petit article publié en
2 0 1 3 d a n s l e m a g a z i n e m i l i t an t
« Strike » qui l’a rendu vraiment célèbre. Sous le titre « Le Phénomène des
jobs à la con », il s’y étonnait de la prop o r t i o n cr o i ssan te de c adres et
employés administratifs occupés à des
tâches absurdes, inutiles, voire nuisibles pour la société. Soit « une frange […]
large de gens fondamentalement payés à
ne rien faire », en contradiction flagrante avec la prétendue efficacité de
l’économie de marché.
C
Drôle et pathétique
Cinq ans après, le livre « Bullshit Jobs »
en est, en quelque sorte, la version longue. Ce copieux essai – près de
400 pages – s’appuie avant tout sur les
témoignages envoyés à l’auteur par des
centaines de personnes estimant être
exactement dans la situation décrite
par son article. Souvent drôles, parfois
pathétiques, ces exemples accumulés
permettent à Graeber d’affiner sa définition du « job à la con », et même d’en
proposer une typologie aux intitulés
fleuris – larbins, porte-flingue, rafistoleurs, cocheurs de case et petits chefs.
L’auteur ne manquant ni de style, ni
d’humour, on sourit, donc, au départ.
Mais très vite, on rit jaune, et même plus
du tout. Car, loin de se réjouir d’être
payés à ne pas faire grand-chose, les travailleurs interrogés par Graeber ont en
ESSAI
Bullshit
Jobs
David Graeber,
Les Liens
qui Libèrent,
412 pages,
25 euros.
ESSAI
La Comédie
(in)humaine
Nicolas
Bouzou
et Julia de
Funès, Editions
de l’Observatoire,
176 pages,
17 euros.
commun d’être malheureux, voire
dépressifs – deux chapitres sur sept
sont consacrés à la « violence spirituelle » de ces emplois. Pour Graeber,
l’existence même des « jobs à la con » a
une origine politique, avec un coupable
tout désigné : le « capitalisme financiarisé ». Selon lui, l’« efficacité en est venue
à se traduire par un transfert croissant de
pouvoir aux gestionnaires, superviseurs
et autres prétendus “experts de la rationalisation”, privant les producteurs réels de
toute autonomie ».
La deuxième partie du livre s’appuie
sur Karl Marx, Abraham Lincoln ou
Michel Foucault pour exposer une
thèse sans nuances. Le monde du travail y est décrit comme un univers
« sadomasochiste » et « féodal », où les
salariés, peu à peu remplacés par des
machines, sont maintenus occupés
avec des tâches absurdes dans le seul
but de les garder actifs et prêts à consommer, pour l’unique bénéfice des 1 %
les plus riches. La solution ? Les libérer
en instaurant un revenu universel et
inconditionnel.
Dans les premières pages de « La
Comédie (in)humaine », l’essayiste
Nicolas Bouzou et la philosophe Julia
de Funès citent le fameux article de
Graeber. Mais c’est pour mieux balayer
sa théorie : « Graeber ne peut pas comprendre que la réalité est plus simple. Les
entreprises laissent croître la complexité
par paresse et pour éviter non pas la révolution, mais l’intrusion de l’imprévu et du
risque, sans voir clairement que cette
lâcheté se retourne contre elles : la démobilisation des salariés et la stagnation de
la productivité en témoignent. »
Pour autant, le monde du travail
qu’ils décrivent est à peine moins horrible que celui de Graeber, et tout aussi
absurde. Privés d’autonomie, déresponsabilisés par des procédures trop
rigides et des supérieurs trop tatillons
ou trop lâches, contrôlés en permanence (désormais par les logiciels de
communication et les badges d’accès
comme jadis par les pointeuses des usines, promenés de réunions inutiles en
séminaires d’entreprises infantilisants,
les salariés décrits par Bouzou et de
Funès sont au bord de la crise de nerfs
– ou, pour reprendre le vocable actuel,
du burn-out (épuisement) et du boreout (ennui profond).
Vieux modèles d’organisation
Pour les auteurs de « La Comédie (in)
humaine », le coupable n’est pas le capitalisme, mais les dirigeants et managers,
accrochés à de vieux modèles d’organisation. Incapables de réformer leurs
entreprises, mais soucieux de donner
l’illusion d’innover, ils multiplient les
séminaires de créativité forcée, les formations ludiques et vides de sens, les
injonctions à être heureux au travail – on
a même vu naître des postes de « chief
happiness officer ». « Trop souvent, écrivent Bouzou et de Funès, le baby-foot, les
plantes vertes et la méditation express du
midi se substituent au projet, au travail et
au sens. » Le constat a déjà été fait par
d’autres, mais il porte d’autant plus qu’il
vient cette fois de deux consultants proches du monde de l’entreprise. Il s’agit en
fait d’un appel « à remettre les idées
managériales à l’endroit » en valorisant
cinq qualités : la capacité à innover,
l’audace, l’efficacité, le courage et la
réflexion. Là où Graeber rêve de faire
exploser le monde du travail, Bouzou et
de Funès souhaitent avant tout qu’il se
ressaisisse. Une cause salutaire, à défaut
d’être totalement neuve. n
Dans la jungle des essais sur le populisme,
fait politique majeur de notre époque,
l’ouvrage de Yascha Mounk, jeune politologue allemand qui enseigne aujourd’hui à
Harvard (Etats-Unis), mérite que l’on s’y
arrête. L’auteur tente une explication du
changement d’ère politique que nous traversons, et celle-là est convaincante.
Les forces antisystème à l’œuvre dans les
pays développés, que ce soit aux Etats-Unis,
en Italie et en Hongrie mais aussi en Turquie, s’attaquent non pas à la démocratie en
tant que telle : ils mettent d’ailleurs régulièrement en avant le modèle suisse de référendum populaire. Mais ils s’en prennent
d’abord aux institutions mises en place afin
de garantir les droits des minorités ethniques, religieuses mais aussi politiques, et
aux concepts libéraux tels que la séparation
des pouvoirs ou la liberté d’expression.
« La volonté d’incarner la voix non déformée
du peuple est le trait fondamental des populistes », écrit-il. Ce qui les pousse à penser que
toute résistance à leur gouvernement est
illégitime. De l’autre côté, le refus de reconnaître les populistes comme démocrates
empêche leurs opposants de comprendre le
phénomène. Mais ce que veulent ces partis,
ce n’est ni plus ni moins que la démocratie se
transforme en « tyrannie de la majorité ».
DÉMOCRATES ANTILIBÉRAUX « Les populistes sont de profonds démocrates : ils défendent avec beaucoup plus de ferveur que les
politiciens traditionnels la nécessité que le
“demos” soit au pouvoir. Mais ils sont tout
aussi profondément antilibéraux : au contraire des figures traditionnelles, ils soutiennent publiquement que ni les institutions
ESSAI
Le Peuple
contre la
démocratie
Yascha Mounk,
Editions de
L’Observatoire,
515 pages,
23,50 euros.
indépendantes ni les libertés individuelles ne
doivent se trouver sur le chemin de la voix du
peuple.
LIBÉRAUX ANTIDÉMOCRATES « La politique de l’eurozone offre un exemple extrême
d’un système politique dans lequel les
citoyens ont la sensation d’avoir de moins en
moins à dire à propos de ce qui se passe dans
leur vie. […] Une forme de libéralisme antidémocratique s’est installée en Europe et en
Amérique du Nord. […] Les électeurs ont
néanmoins conclu depuis longtemps que
leur influence sur les politiques était
mince. »
DÉMOCRATIE CONTRE LIBÉRALISME
« Les électeurs sont de moins en moins désireux de tolérer les droits des minorités ethniques ou religieuses. Quant aux élites, elles se
sont emparées du système politique et l’ont
rendu de plus en plus sourd : les puissants
sont de moins en moins nombreux et de
moins en moins décidés à céder aux vues du
peuple. C’est ainsi que le libéralisme et la
démocratie, deux éléments cruciaux de notre
système, sont désormais entrés en conflit. »
Livres en bref
Petit manuel pour changer le monde
Cofondateur de
•l’ONG
Colibris, qui
œuvre à favoriser, à
l’échelle locale, les
démarches de transition vers une société
écologique, l’écrivain
et réalisateur Cyril
Dion s’était fait connaître du public en
2015 avec son film documentaire « Demain »,
coréalisé avec Mélanie Laurent. Il prolonge
ici sa démarche dans un essai concis et éclairant. Après un rappel des catastrophes qui
nous attendent si nous ne mettons pas très
vite le holà sur le largage de gaz à effet de
serre, le pillage des
ressources naturelles
et la destruction de la
biodiversité, Cyril
Cyril Dion, collecDion analyse les raition « Domaine du sons de notre inertie
possible », Actes
ou, comme il le dit en
Sud, 148 pages,
titre de chapitre, « ce
15 euros.
qui fait tenir la fiction
actuelle ». Non, tout ne
pourra pas continuer comme avant. Non, il
ne suffit plus de promouvoir de simples
mesures vertueuses. Ce qu’il faut, c’est offrir
aux opinions publiques une vision de l’avenir
susceptible de les mobiliser. Ce texte s’y
essaie. Non sans succès. — Y. V.
Petit Manuel de
résistance contemporaine
La « cheapisation » du monde
Ceci n’est pas un
•livre
sur le phénomène low cost, mais
une grille de lecture
originale pour comprendre le monde
dans lequel nous
vivons. Dans cet essai
engagé, deux universitaires anglo-saxons
postulent que nos sociétés modernes se
sont construites en rendant plus « cheap »
(bon marché) la nature, le travail, la nourriture ou encore… nos propres vies.
Par « cheapiser », les auteurs désignent « les processus par lesquels le capita-
lisme transmute la vie
non monnayable en
Comment notre circuits de production
monde est
et de consommation,
devenu cheap
dans lesquels ces relaRaj Patel et Jason
tions ont le prix le plus
W. Moore, Flambas possible ». Dit
marion, 336 pages, autrement, c’est une
21 euros.
façon de donner une
valeur marchande à
tout, même à ce qui n’a pas, au départ, de
prix. Cette ligne d’attaque neuve et ambitieuse vise à dénoncer les effets néfastes du
capitalisme. Elle pose par ailleurs les fondations d’une ambition toujours inassouvie :
celle d’un monde plus juste. — K. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 13
Les Echos Vendredi 7 et samedi 8 septembre 2018
Son parcours
et son actualité
le grand entretien
Depuis son bureau dans le célèbre
cabinet d’avocats Gide Loyrette Nouel à
Paris, Hubert Védrine, que l’on a souvent
comparé à Henry Kissinger, continue
d’analyser le monde.
l L’ancien secrétaire général de l’Elysée
sous François Mitterrand, puis ministre
des Affaires étrangères dans le gouvernement de cohabitation sous Jacques
Chirac, n’est pourtant pas éloigné de la
vie politique. Il lui arrive souvent de
prodiguer des conseils au président
Macron, comme il l’avait fait avec
Sarkozy ou Hollande, sans envisager de
reprendre des fonctions ministérielles.
l Auteur prolixe de très nombreux
essais et ouvrages sur la géopolitique,
l’Europe, la France, il vient de publier,
chez Fayard, « Compte à rebours ». Une
façon pour lui de mettre en garde sur les
menaces pesant sur le monde : écologiques, démographiques ou numérisation.
l
monde chaotique d’aujourd’hui terrorise la
majorité des Européens…
Est-ce que cela peut changer ?
Oui, si on parvient à sortir les Européens du
déni et de leur coma stratégique, en leur
démontrant que si l’Europe ne devient pas
une puissance (raisonnable et pacifique),
avec une autonomie stratégique, elle restera… impuissante, et donc dépendante.
HUBERT VÉDRINE Ancien ministre des Affaires étrangères
Propos recueillis par
Jacques Hubert-Rodier,
Virginie Robert et Dominique Seux
En cette fin d’été 2018, le monde vous
paraît-il plus dangereux?
Le monde est dangereux sur certains plans
et dans certaines régions. Mais il n’y a pas de
risque d’enchaînements automatiques, et
nous ne sommes pas à la veille d’un affrontement général. Ce sont plutôt nos illusions
– occidentales, européennes ou françaises –
sur la « communauté internationale » qui
s’évanouissent les unes après les autres. A
cet égard, Trump est autant un révélateur,
une cause, qu’un facteur aggravant. Le plus
dangereux, c’est le compte à rebours écologique qui n’est pas assez pris au sérieux.
Pour le reste, en géopolitique : mer agitée à
très agitée partout.
La demande de frontières formulée
par les peuples préfigure-t-elle un
mouvement de démondialisation ?
Les élites sont bien obligées d’admettre que
les peuples occidentaux rejettent une mondialisation trop massive et trop perturbatrice et l’immigration de masse. Mais cela
ne veut pas dire pour autant que le monde
va se fermer, se « démondialiser ». Personne ne va renoncer à son portable. Je vois
plutôt cela, après des excès, comme un
balancier qui va se replacer au bon endroit.
L’impact social, humain, culturel et identitaire de la baisse des droits de douane et de
l’ouverture des marchés et des frontières a
été très sous-estimé, c’est donc une correction. Il ne faut pas se faire peur : le monde va
rester ouvert, avec plus de régulation, nationale ou internationale, sur les mouvements
de personnes.
Que dites-vous à ces élites
mondialisatrices?
Je n’ai pas grand-chose à dire de plus aux
entreprises et à leurs dirigeants, sauf d’accélérer « l’écologisation ». Elles font leur job.
En revanche, je dis aux responsables politiques et à tous ceux qui ont accès à la parole
publique, qu’il faut entendre les demandes
d’identité, de souveraineté et de sécurité des
peuples, au lieu de s’en indigner, les canaliser, y répondre.
Avec Donald Trump, le multilatéralisme est-il vraiment mort ?
Il est un idéal pour nous et une pratique en
Europe, mais dans le monde d’avant Trump
la coopération internationale n’était pas la
règle ! Les Américains, y compris Bill Clinton, ont souvent habillé leur imperium derrière une apparence de concertation. Mais
au moins elle était là. Le fait que Donald
Trump casse ces illusions peut être dévastateur dans la mesure où il fera des émules.
Trump pèse-t-il vraiment sur un sujet
comme le réchauffement climatique ?
Il est très nuisible mais il ne peut pas empêcher les Etats-Unis, avec tous leurs chercheurs, leurs villes, leurs entreprises,
d’avancer dans la transition écologique. Il
met seulement l’administration fédérale
hors jeu, pour un temps. De même, s’il y
avait une avancée de la coopération internationale pour préserver la biodiversité, les
forêts ou les océans, il ne pourrait pas
l’empêcher complètement. Mais c’est un
handicap. C’est bien différent sur l’Iran où,
grâce à l’omniprésence du dollar, il peut
imposer aux entreprises du monde entier
un blocus pour provoquer une guerre civile
et la chute du régime, comme le veulent
Netanyahu et les Saoudiens.
Peut-on encore parler d’hyperpuissance à propos des Etats-Unis ?
A nouveau, oui, et peut-être plus encore
qu’avant. J’ai parlé d’hyperpuissance en
1997 parce que le terme classique de superpuissance faisait trop « guerre froide » et
qu’il me semblait que c’était la plus grande
puissance de tous les temps. Après le 11 Septembre, qui a montré une certaine vulnérabilité américaine, j’ai moins employé ce
terme, qui a eu sa vie propre. Mais les Américains conservent des éléments de puissance incomparables : le budget militaire,
les Gafa, leur pouvoir judiciaire extraterritorial et abusif auquel nul n’a eu le courage
de s’opposer depuis des décennies. L’hyperpuissance du président Clinton était rayonnante, assez séduisante, même si elle était
arrogante. Elle associait bien les intérêts
américains et une idée générale du monde,
comme sous Roosevelt, Truman ou Kennedy. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Vous
avez de nouveau une hyperpuissance, cette
fois-ci brutale, agressivement unilatéraliste
et, qui plus est, révisionniste de l’ordre
« libéral » américain, ce qui est un paradoxe. Emmanuel Macron ne prend pas
Trump de front, mais sur chaque point il ne
se laisse pas impressionner, tout en assu-
mant qu’il faut maintenir un lien. Il a raison.
Mais la question se pose : que faire malgré
Trump ? Et que faire contre lui ?
La Chine n’est-elle pas la limite à
l’hyperpuissance américaine ?
On verra. Potentiellement, c’est une gigantesque puissance et il n’y a pas de limite
apparente à son ascension. Mais dans ma
définition de l’hyperpuissance, il y avait
aussi la séduction, l’attractivité du mode de
vie, cent ans de Hollywood, les universités
américaines, avant qu’elles ne soient
minées par le politiquement correct, le rêve
américain. Les Chinois n’ont pas ça du tout
ou pas encore ! Leur réussite est spectaculaire mais leur système n’est pas séduisant.
Encore que… En tout cas, pas pour les
démocraties établies. Il y a une interrogation sur leur objectif. Les spécialistes de la
Chine disent que, méprisant le monde extérieur, ils ne chercheront pas à être prosélytes et ne voudront pas nous convertir à leurs
idées, pas de valeurs « chinoises universelles » ! Mais d’un autre côté vous voyez cette
puissance économique, multipliée par le
nombre, qui permet de neutraliser ou
d’influencer déjà 40, 50, 60 voire 70 pays !
De Deng Xiaoping à Xi Jinping, il y a eu des
ingénieurs de la décision politique, travaillant dans le temps long, et qui ont bénéficié d’une vraie stabilité. Depuis les Lumières, les Occidentaux modernes,
progressistes, ouverts pensaient être à
l’avant-garde de l’humanité. Et voilà que la
Chine remet en cause ce rôle, notre supériorité, nos idées ? C’est impensable pour
nous ! Il faut pourtant nous préparer à un
vaste compromis sur les règles mondiales.
Vous ne voyez pas la Chine comme
une puissance expansionniste ?
Pas autant que nous le fûmes, d’Alexandre
le Grand à Hitler en passant par Napoléon.
La Chine fonctionne plutôt comme un commissariat au plan, qui organiserait, en
s’assurant de ses apprivoisements et qui les
sécurise, une politique de puissance (route
de la soie, etc.) à l’instar de celle de l’Empire
britannique et de ses bases. Les Chinois ne
sont sans doute pas animés par une volonté
hégémoniste allant au-delà de ce qui a été
l’empire des Qing. Elle veut surtout maintenir son unité et son intégrité rétablies. Je
n’exclus pas complètement un affrontement, un jour, entre les Etats-Unis et la
Chine sur la libre circulation en haute mer.
Mais si, face à cette gigantesque affirmation
chinoise, certaines puissances, comme le
Japon, Taïwan, la Corée, l’Inde, l’Australie,
l’Europe, les Etats-Unis, s’organisent pour
ne pas agir en ordre dispersé afin de faire
respecter des règles de base, les Chinois
feront attention.
« Vous avez de nouveau
une hyperpuissance
américaine mais cette
fois-ci brutale. »
« Face à la montée
de l’islamisme, il faut une
alliance mondiale des
musulmans modérés
et des démocrates. »
Que pensez-vous de la décision du
président américain d’imposer des
sanctions contre l’Iran mais aussi
contre les entreprises faisant du
commerce avec ce pays ?
C’est totalement illégal et, pour ceux qui
croient encore un peu au droit international, scandaleux. De plus, irresponsable.
Pour l’Europe, la conclusion devrait être
simple : tout faire pour ne plus dépendre
des Etats-Unis, devenus une puissance erratique, même si nous préférons rester ses
alliés. Cela est trop dangereux. Il faut
reconstruire notre autonomie monétaire
(euro, SWIFT).
L’Europe peut-elle devenir
une puissance ?
Si l’on met bout à bout le potentiel des Européens sur tous les plans, il est considérable.
Emmanuel Macron a fait d’importantes
propositions pour une Europe plus forte,
mais il faut une volonté explicite et partagée
pour les mettre en œuvre. Créer des mécanismes, des coopérations, des institutions,
ne suffit pas. Les Européens ont été autrefois l’incarnation même du jeu des puissances. Après 1945, la construction européenne a intelligemment utilisé la paix
imposée par les Soviétiques et les Américains. C’était formidable : il y avait le parapluie américain et le plan Marshall. Mais
c’est fini. Pourtant l’idée que l’Europe soit
obligée de devenir une puissance dans le
RGA/RÉA
« Les élites doivent écouter les
demandes d’identité, de souveraineté
et de sécurité des peuples »
La zone euro n’est-elle pas le bon
espace pour faire repartir l’Europe ?
Il faut la renforcer mais, politiquement, cela
ne suffit pas. Que l’euro marche bien, et ne
soit pas vulnérable à une autre crise monétaire, est un objectif rationnel, important en
soi. Mais cela ne répond pas aux attentes
des peuples. On ne passe pas directement
d’une zone euro, même perfectionnée, à
une relance de l’Europe. Relance de quoi
d’ailleurs ? Si cela veut dire plus de construction européenne, avec de plus en plus
d’intégration comme le veulent les élites
intégrationnistes, les peuples ne suivront
pas. Sauf si les dirigeants européens arrivent à se mettre tous d’accord sur la maîtrise
des flux migratoires, ce qui rendrait les opinions publiques européennes plus réceptives à d’autres progrès en Europe.
Que faut-il faire face à la crise migratoire ?
D’abord sauvegarder le vrai droit d’asile,
sans le dévoyer, pour les personnes réellement en danger et, d’autre part, cogérer les
flux migratoires économiques avec les pays
de départ et de transit, en fonction de nos
capacités d’insertion et de nos besoins économiques. On peut imaginer des réunions
annuelles avec les pays européens de
l’espace Schengen, les pays de départ et
ceux de transit, avec une multitude
d’accords sur mesure.
Il faut casser le vocabulaire qui est
employé à dessein pour tout confondre :
demandeurs d’asile et migrants. L’extrême
gauche joue la carte migratoire, et de l’islamo-gauchisme. L’extrême droite veut pouvoir dénoncer une invasion générale. Et les
ONG parlent de réfugiés à propos de
migrants économiques.
Certains pays mettent en avant
la montée de l’islamisme pour
expliquer la peur des musulmans ?
Cela diminuera si l’islamisme recule ! Pour
le moment ce n’est pas le cas. Il suffit de parler avec des dirigeants musulmans qui sont
en lutte chez eux, en première ligne, contre
l’islamisme. Je connais beaucoup de
musulmans marocains, algériens, tunisiens, mauritaniens, égyptiens, etc. qui
disent : « vous êtes trop naïfs. Le voile, c’est
organisé, c’est parfois payé. Il faut juste
l’interdire. » Ils osent dire que l’islamisme,
qui s’est emparé du sunnisme, est un
nazisme. Pour moi, il faut une alliance, une
coalition mondiale des musulmans modérés et des démocrates.
La France a-t-elle échoué
pour trouver une solution en Syrie ?
Sur la Syrie, les Occidentaux, et nous en particulier, ont échoué. En fait, nous n’avons
plus de levier, sauf à nous entendre avec les
Russes.
Que faire face à la Russie ?
Depuis vingt-cinq ans, les torts ont été partagés entre Occidentaux et Russes. Je ne
dis pas que, depuis la fin de l’URSS, elle a
été mal traitée, mais elle l’a été de façon
idiote. Reconduire sans cesse des sanctions ou haïr Poutine ne constitue pas une
stratégie. Il faut en sortir par le haut.
Emmanuel Macron a raison de dire qu’il
faut réarrimer la Russie à l’Europe, et d’en
refaire un partenaire stratégique, même si
cela n’est pas facile. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,36 en mai 2018 // Taux de chômage (BIT) : 8,6 %
au 1er trimestre 2017 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
DÉLINQUANCE EXPLOSION
DES CHIFFRES DES VIOLENCES
FAITES AUX FEMMES
ROYAUME-UNI PARIS, BERLIN
ET WASHINGTON EN SOUTIEN
LA PHOTO DU JOUR
La France, l’Allemagne, les EtatsUnis et le Canada ont annoncé jeudi
dans une déclaration conjointe avoir
« entièrement confiance » dans les
conclusions de la police britannique,
qui estime que deux officiers russes
du GRU sont responsables de
l’empoisonnement en mars d’un exespion russe à l’agent inner vant
interdit Novitchok, en Angleterre.
Londres a nommément tenu jeudi le
président russe Vladimir Poutine
pour responsable, ce que Moscou a
qualifié « d’insupportable ».
Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a fait état jeudi d’une explosion
des statistiques sur les violences faites
aux femmes depuis début 2018. Les
violences non crapuleuses ont grimpé
de 8 %, contribuant à l’augmentation
des atteintes à l’intégrité physique des
personnes (+5,7 %). Les atteintes faites
aux femmes sont en hausse de 22 %.
Avec près de 28.000 cas enregistrés, les
violences sexuelles ont bondi de 23,1 %.
VIDÉO L’OTAGE SOPHIE PÉTRONIN
EN APPELLE À MACRON
Le « CMA CGM Saint-Exupéry » inauguré en grande pompe
AFP
CHINE COLÈRE CONTRE LONDRES
L’otage française Sophie Pétronin,
détenue au Mali depuis plus de
20 mois, appelle Emmanuel Macron
à tenir ses engagements de protéger
les Français, dans une vidéo où apparaît aussi l’otage colombienne sœur
Gloria, enlevée au Mali en 2017. Dans
cette vidéo, reçue mi-juin et que son
comité de soutien a décidé de mettre
en ligne jeudi, elle s’adresse à sa
famille et au chef de l’Etat.
La Chine a fermement critiqué jeudi
le Royaume-Uni pour avoir fait croiser en mer de Chine méridionale un
navire de guerre près d’îles disputées,
contrôlées par Pékin mais revendiquées par le Vietnam. Le bateau britannique est entré « sans l’autorisation du gouvernement chinois » le
31 août dans les eaux territoriales de
l’archipel des Paracels, a indiqué le
ministère des Affaires étrangères. La
Chine revendique la quasi-totalité de
la zone.
ÉTATS-UNIS FUSILLADE
À CINCINNATI, OHIO
Le « CMA CGM Antoine de Saint-Exupéry », qui avait été livré à son armateur fin janvier, a été officiellement inauguré jeudi
au Havre, en présence du ministre de l’Economie et de la ministre des Transports. Doté de dimensions exceptionnelles
(400 m de long, 59 m de large), d’une capacité de 20.600 (équivalent vingt pieds) représentant une chaîne de 123 kilomètres
de conteneurs mis bout à bout, le navire est désormais le plus grand porte-conteneurs battant pavillon français.
ARDENNES PRISON FERME
POUR LES DEUX PATRONS
DE THOMÉ-GÉNOT
ASSISTANTS D’EURODÉPUTÉS FN
NOUVELLE MISE EN EXAMEN
Charles Van Houtte, décrit comme un
personnage clef de l’organisation du FN
(devenu RN) au Parlement européen, a
été mis en examen mercredi pour
« complicité de détournement de fonds
publics », une première à ce titre dans
l’enquête sur les assistants d’eurodéputés frontistes, a-t-on appris jeudi. Les
juges enquêtent sur un possible « système » pour rémunérer comme assistants d’eurodéputés des personnes qui
travaillaient en fait pour le parti.
AFP
La cour d’appel de Reims a condamné
jeudi à deux ans de prison ferme les
deux anciens dirigeants américains
de Thomé-Génot, sous-traitant automobile à Nouzonville (Ardennes),
dont les malversations ont conduit en
2006 à la fin de ce fleuron industriel et
316 salariés au chômage. Une décision plus clémente que les réquisitions du parquet général lors de
l’audience en appel en juin.
Photo : Charly Triballeau/AFP
Quatre personnes, dont le tireur qui a
été abattu, ont péri jeudi lors d’une
fusillade dans une banque de Cincinnati, dans l’Etat américain de l’Ohio, a
annoncé le chef de la police de la ville
au cours d’un point de presse. « Le
tireur est mort », a indiqué le chef de
la police de Cincinnati, précisant qu’il
était entré dans le bâtiment par l’aire
de livraison avant de pénétrer dans le
hall d’entrée, où « trois ou quatre policiers » qui se trouvaient à proximité
sont intervenus.
JAPON SÉISME DÉSASTREUX
SUR L’ÎLE D’HOKKAÏDO
Au moins quatre personnes sont
mortes, 120 autres ont été blessées et
33 étaient portées disparues après un
puissant séisme de magnitude 6,7 qui
a secoué dans la nuit de mercredi à
jeudi Hokkaïdo, privant notamment
d’électricité la totalité des 5,3 millions
d’habitants de la grande île du nord
de l’archipel nippon.
RODÉOS MOTORISÉS TRENTE
INFRACTIONS CONSTATÉES
DEPUIS LA NOUVELLE LOI
YÉMEN REPRISE COMPLIQUÉE
DES NÉGOCIATIONS DE PAIX
Trente infractions ont été constatées
au titre de la nouvelle loi du 3 août
visant à lutter contre les rodéos sauvages, a annoncé jeudi la ministre
Jacqueline Gourault lors d’un déplacement dans les Hauts-de-Seine. Elle
a cité une interpellation à Sannois,
dans le Val d’Oise, avec une condamnation à 6 mois de prison ferme.
Une grande incertitude régnait jeudi
sur l’avenir proche des premières discussions de paix depuis 2016 prévues
à Genève sur le Yémen, alors que les
rebelles houthis ont posé des conditions – concernant les conditions de
leur voyage, le transfert de blessés et
la garantie de leur retour à Sanaapour y participer.
ON EN PARLE À NEW DELHI
L’Inde dépénalise l’homosexualité
La Cour suprême indienne a abrogé une loi datant de la colonisation
qui faisait de l’homosexualité un crime.
Marjorie Cessac
— Correspondante en Inde
Historique, cette décision
unanime met fin au désuet article 377 du Code pénal indien,
rédigé il y a plus de cent cinquante ans, à l’époque coloniale.
Selon cet article de loi, l’homosexualité était un comportement « contre l’ordre naturel »
passible d’une amende et d’un
emprisonnement de 10 ans pouvant aller jusqu’à la perpétuité.
« L’article 377 est irrationnel,
arbitraire et incompréhensible
car il entrave le droit à l’égalité
pour la communauté homosexuelle », ont déclaré les juges.
Ils ont rappelé que cette disposition « était devenue une arme de
harcèlement contre la communauté homosexuelle ». Dans les
faits, les poursuites à l’encontre
es drapeaux arc-en-ciel
étaient de sortie, jeudi,
dans les rues des métropoles indiennes. Et, cette fois,
sans peur. La communauté
LGBT (lesbiennes, gays,
bisexuels et trans) a fêté à chaudes larmes et dans la liesse la
décision historique de la Cour
suprême de dépénaliser l’homosexualité. « Personne ne peut
échapper à son individualité »,
ont conclu les juges de la plus
haute instance judiciaire du pays
estimant que « cette discrimination n’était pas constitutionnelle »
et qu’« elle n’avait pas sa place
dans la démocratie indienne ».
L
des homosexuels étaient très
rares – 7 personnes auraient été
condamnées en 2016 selon les
autorités –, mais la législation
ouvrait la porte à toutes formes
de harcèlements et de vexations
de la part de certains policiers.
De peur de représailles, certaines personnes atteintes du virus
HIV craignaient de se faire soigner, rapportent des militants.
Un long combat
Pour en arriver là, ces derniers
ont bataillé pendant près de
vingt ans. Mais la décision de la
Cour suprême, énoncée en
2017, selon laquelle « chaque
individu bénéficie d’un droit fondamental à la vie privée » y compris sur sa sexualité, leur a
redonné espoir. Elle leur a permis de baser leurs plaintes sur
l’inconstitutionnalité de l’article 377 et d’être auditionnés par
cette instance en juillet dernier.
ONG, anonymes, mais aussi
stars de Bollywood, tous unis
dans le même combat. « Cette
loi [article 377] n’aurait jamais
dû exister. Son abrogation aurait
dû avoir lieu il y a longtemps »,
avait déclaré avant la décision
Rituparna Borah, codirectrice
de l’organisation Nazariya.
Dans ce pays conservateur, les
mentalités ne changeront sans
doute pas du jour au lendemain.
Surtout dans les campagnes où
vit encore 70 % de la population.
Mais, cette fois, tout retour en
arrière paraît compliqué. n
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Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
www.lesechos.fr
La firme américaine ouvre
son premier magasin dans
la péninsule. Elle espère
convaincre des Italiens
dont la culture du café est
bien éloignée de ce
qu’elle diffuse. // P. 17
DEVISES EUR/GBP 0,898 EUR/JPY 1,288 EUR/CHF 1,1243 GBP/USD 1,2944 USD/JPY 1,1081 USD/CHF 0,9672 TAUX EONIA -0,353 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,319 OAT 10 ANS 0,6583 T-BONDS 10 ANS 2,9355
INDUSTRIE & SERVICES
IMMOBILIER
DERNIÈRE HEURE
La hausse des prix ne fléchit
pas dans le neuf.
Un milliardaire colombien acquiert
une partie de Château Pétrus
// P. 16 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI P. 9
Shutterstock
AIRBNB
Des voix s’élèvent pour un meilleur
contrôle d’Airbnb à Paris.
Jean-Francis Pécresse
@jfpecresse
SAFRAN
C’est un coup de tonnerre au sommet de la
hiérarchie du vin : propriétaire du prestigieux Château Pétrus à Pomerol, l’un des
crus les plus recherchés du monde, la
famille Moueix a, selon une information
exclusive des « Echos », cédé 20 % de ses
parts à Alejandro Santo Domingo.
A la tête d’un vaste conglomérat, ce milliardaire d’origine colombienne est notamment actionnaire du brasseur belgo-brésilien AB InBev, qui a absorbé récemment
SABMiller. Les deux familles se connaissent
depuis longtemps. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé mais la propriété de
Pomerol, un ensemble de 11,5 hectares traversé d’une célèbre veine d’argiles bleues,
aurait été valorisée plus de 1 milliard d’euros.
Si elle était confirmée, cette valeur ferait de
l’hectare de Pétrus le plus cher jamais vendu.
Selon nos informations, l’opération
remonte en réalité à plus d’un an, mais elle
n’avait jamais été dévoilée. Issus d’une
famille corrézienne, installée comme beaucoup d’autres Corréziens avant guerre dans
le Bordelais pour y développer le négoce du
vin, Jean-François Moueix et son fils Jean
Moueix assurent n’avoir aucune intention
de se désengager de Pétrus, véritable mythe
du patrimoine viticole. Pour Jean Moueix,
« l’arrivée de cet investisseur familial d’envergure est essentielle pour accompagner le développement de Pétrus à long terme et les deux
familles comptent bien y rester associées très
longtemps ». Bien que n’étant pas classé – à
la différence du Médoc ou de Saint-Emilion,
il n’existe pas de classement à Pomerol –
Pétrus figure parmi les crus les plus chers
de la planète.
Les quelque 30.000 bouteilles produites
chaque année se vendent, en dehors du circuit habituel du négoce, à des prix – jamais
c o m m u n i q u é s – p o u va n t d é p a s s e r
L’équipementier aéronautique
bondit en Bourse. // P. 18
ET « CRIBLE » P. 40
SNCF RÉSEAU
Le gestionnaire veut baisser le coût
des petites lignes. // P. 19
JD.COM
Le géant chinois d’e-commerce
dans la tourmente. // P. 21
Paramount Pictures
HIGH-TECH & MÉDIAS
AUDIOVISUEL
Accouchement difficile pour
la chronologie des médias.
// P. 22 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 9
INFORMATIQUE
Les développeurs mal utilisés
par les entreprises. // P. 23
START-UP
FRENCH TECH
Les start-up ont un total levé
de 1,95 milliard d’euros. // P. 26
PME & RÉGIONS
IMMOBILIER
Les promoteurs aussi font
la chasse à la voiture. // P. 27
FINANCE & MARCHÉS
BOURSE
La Fed interloquée par la flambée
des rachats d’actions. // P. 29
ROTHSCHILD
La banque renforce ses positions
en fusions-acquisitions. // P. 30
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 35
DOSSIER SPÉCIAL
METZ
La métropole joue la carte
franco-allemande.
// PP. 36 À 39
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Véronique Le Billon
@VLeBillon
L’actionnaire d’un
géant de la bière a pris
20 % du capital du vignoble
propriétaire d’un cru
mythique de la propriété
de Pomerol.
// P. 17 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 9
Un coup
de mou
sur l’éolien
Trou d’air sur les éoliennes. Le dernier
appel d’offres pour développer des projets de parcs éoliens terrestres en
France n’a trouvé preneur que pour
moins d’un quart de la puissance proposée, indiquent les résultats publiés
jeudi par le ministère de la Transition
écologique et solidaire.
Alors que 500 mégawatts (MW)
étaient éligibles à un soutien public,
seuls 118 MW ont été attribués, répartis
sur 5 projets. Les développeurs rescapés de cette deuxième tranche de
l’appel d’offres national, qui concernait
des parcs d’au moins 7 éoliennes, sont
le français Engie, le canadien Boralex,
le belge Elicio et le britannique RES.
L’autorité environnementale
annulée
Située à Pomerol, la propriété est un ensemble de 11,5 hectares traversé
d’une célèbre veine d’argiles bleues. Photo xPacifica-Redux-RÉA
4.000 euros l’unité dans les meilleurs millésimes. A ce niveau, ce sont surtout de riches
clients étrangers qui se l’arrachent. Cependant, toujours très attachée à ses racines, la
famille Moueix a toujours veillé à conserver
l’accès du marché français à Pétrus, afin
Les 30.000 bouteilles
produites chaque année
se vendent à des prix…
jamais communiqués.
qu’il puisse être consommé en France. Le
célèbre cru est régulièrement confronté à
des contrefaçons, qui exigent de lourds
investissements dans la traçabilité et
l’authentification. L’investissement de la
famille Santo Domingo devrait donner à
Pétrus les moyens financiers de monter
encore en puissance. Par ailleurs, on prête à
Jean-François et Jean Moueix l’intention de
procéder à des acquisitions dans le vin.
Le succès de Pétrus est à lui seul une
légende de la seconde moitié du siècle dernier. Avant d’en acquérir la moitié dans les
années 1960, puis la totalité, Jean-Pierre
Moueix, Corrézien sans le sou devenu l’un
des plus grands collectionneurs d’art au
monde (il est décédé en 2003 à l’âge de
90 ans), a entièrement bâti la notoriété de
Pétrus. Lui-même, qui parlait trois mots
d’anglais, racontait l’avoir fait découvrir à
JFK un soir où il dînait à côté de lui dans un
restaurant à New York. Il ne l’avait pas
reconnu… John et Jackie Kennedy en ont
fait leur vin favori. n
Cette faible allocation de projets n’est
pas une surprise pour le secteur. Défini
par le ministère, le cahier des charges
de l’appel d’offres, d’abord, était plus
restrictif que pour la tranche précédente. « Pour pouvoir candidater, il fallait un projet autorisé par le préfet de
département ou de région », note
Marion Lettry, chargée de l’éolien au
sein du Syndicat des énergies renouvelables (SER). La fois précédente, le
cahier des charges avait été assoupli : il
suffisait en effet d’avoir engagé
l’enquête publique.
Le dernier appel
d’offres n’a trouvé
que partiellement
preneur. Alors que
500 mégawatts (MW)
étaient éligibles,
seuls 118 MW ont été
attribués.
Surtout, une décision du Conseil
d’Etat pèse sur le développement des
projets. En décembre l’an dernier, la
juridiction administrative a annulé un
décret créant l’Autorité environnementale, estimant que celle-ci n’était pas
suffisamment indépendante du préfet
de région, qui délivre in fine l’autorisation de création de tout nouveau parc
éolien. « On pensait avoir un nouveau
décret au premier trimestre, mais les discussions ont duré plus longtemps que
prévu », indique Marion Lettry.
Prochaines mises
en concurrence
Lancé en mai 2017, l’appel d’offres
éolien terrestre, qui propose un complément de rémunération par rapport
aux prix de marché pendant vingt ans,
est réparti en six périodes sur trois ans,
pour une capacité totale de 3 gigawatts. Pour la première période de
mise en concurrence des projets, le
prix moyen octroyé aux projets était de
65,40 euros par mégawattheure
(MWh). Pour cette deuxième tranche,
le ministère de la Transition écologique n’a pas publié le prix moyen des
projets retenus. Les conditions
devraient être assouplies sur les prochaines mises en concurrence.
En juin, un appel d’offres solaire sur
les toitures des centres commerciaux
et les ombrières de parking avait lui
aussi eu un très faible nombre de projets lauréats, notamment en raison de
règles sur les autorisations en matière
d’urbanisme. n
Shutterstock
Starbucks commence à Milan
la conquête du pays du café
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
Philippe Huguen/AFP
à suivre
Sucre : Tereos va organiser un scrutin
anticipé après les démissions de l’été
AGROALIMENTAIRE Le groupe sucrier Tereos a annoncé des
élections anticipées, en décembre, six mois plus tôt que prévu,
afin de pourvoir les mandats de représentants de coopérateurs
qui ont démissionné en bloc pour dénoncer une « gouvernance
défaillante » de la coopérative. Actuellement, 70 conseillers de
région représentant 7.500 coopérateurs et 5 usines sucrières du
Nord manquent à l’appel. Tereos a aussi demandé la médiation
de Henri Nallet, président du Haut conseil de la coopération
agricole, pour « garantir que cette élection se passe bien ».
Logement neuf : la hausse
des prix ne fléchit pas
Aigle Azur inaugure une liaison
directe entre Orly et Pékin
AÉRIEN Aigle Azur a inauguré mercredi sa nouvelle liaison
directe sans escale entre Paris-Orly et Pékin, en Airbus A330200. Seule compagnie aérienne à desservir la Chine depuis Orly,
Aigle Azur prévoit trois vols par semaine, en Airbus A330-200
équipé de 19 sièges affaires et 263 sièges « éco », avec un tarif promotionnel à partir de 195 euros l’aller simple. La compagnie française, dont le principal actionnaire est le géant chinois HNA,
s’appuie sur un partenariat commercial avec Hainan Airlines.
l Près de 200 euros de plus par mètre carré pour se loger.
l Les prix du neuf ont encore augmenté de 3,1 % au deuxième trimestre.
IMMOBILIER
Catherine Sabbah
@csabbah
L’accord salarial chez KLM suscite
la controverse chez Air France
Les logements sont trop chers… et
pour une fois, ce sont ceux qui les
vendent qui le disent. La Fédération
des promoteurs immobiliers (FPI)
annonce une hausse des prix des
appartements neufs de 3,1 % au
deuxième trimestre 2018. En juillet,
il fallait débourser 184 euros de plus
qu’un an avant par mètre carré pour
devenir propriétaire d’un appartement neuf ou d’une maison. Tout le
secteur a les yeux rivés sur les taux
d’intérêt : la hausse de quelque 30 %
de pouvoir d’achat, dont ont profité
les ménages ces dernières années,
ne provient ni des aides publiques ni
des efforts des constructeurs, mais
de la baisse du coût de l’argent. S’il
AÉRIEN L’accord salarial intervenu mardi entre le syndicat de
pilotes VNV et la direction de KLM fait grincer les dents des pilotes d’Air France. Mais, contrairement aux chiffres avancés par
le syndicat de pilotes SNPL d’Air France, la hausse de salaires
accordée aux pilotes de KLM ne dépassera pas 4 %. S’ajouteront
des jours de repos supplémentaires, dont l’entrée en vigueur se
fera plus tôt que prévu, mais dont le coût n’a pas été chiffré.
Plus d’informations sur lesechos.fr
Bourbon déçoit
et chute
en Bourse
AUTOMOBILE Pour éviter que
ÉNERGIE L’action Bourbon a
perdu près de 13 % jeudi à la Bourse
de Paris. Le groupe de services
maritimes à l’industrie pétrolière a
publié une perte nette de 197 millions d’euros au premier semestre,
contre 170 millions un an plus tôt.
Le chiffre d’affaires a chuté de 15 %
(de 10% à taux de change constant),
à 340 millions, pâtissant des effets
de change et des difficultés de
l’activité services sous-marins.
Bourbon souffre du recul des
investissements des compagnies
pétrolières.
prendra du temps. « Nous sommes
prêts à plafonner nos prix et nos marges si les villes fixent les prix de leurs
terrains et arrêtent de les vendre au
plus offrant », poursuit Jean-Philippe Ruggieri. Le refrain est repris,
y compris par la présidente de la
fédération, Alexandra FrançoisCuxac, qui sent bien que le système
des aides publiques a du plomb
dans l’aile.
Marché peu lisible
Construire moins… Sur ce plan-là
aussi les chiffres parlent : les permis
de construire comme les ouvertures
de chantier sont en baisse de 4 % au
deuxième trimestre 2018. Les ventes
ont baissé de 2,8 % au cours du premier semestre. Au cours de la
même période, les mises en vente,
c’est-à-dire l’arrivée sur le marché
de nouvelles opérations, ont également diminué de 12 %.
Les villes couvertes de grues et le
manque de disponibilité des entreprises n’aident pas à la lecture du
marché du logement. Alors que les
immeubles se construisent, le lent
ralentissement du montage des
opérations ne se verra que l’année
prochaine : « Les bailleurs sociaux
n’ont pas stoppé leurs programmes,
malgré la baisse de leurs ressources,
mais nous avons rediscuté, et puis il
faut reconstituer l’offre en cherchant
de nouveaux terrains. Au premier
semestre, nous avons lancé beaucoup
moins de projets que l’an dernier »,
explique Laurent Tirot, le directeur
du logement de Bouygues Immobilier. Il n’est pas le seul, la baisse des
mises en vente atteint 15 % en Ile-deFrance, 45 % à Lyon, 70 % à Strasbourg.
(
Lire l’éditorial de
Jean-Marc Vittori page 9
Quand la pierre se numérise
Shutterstock
des ceintures de sécurité ne prennent feu, Ford va rappeler près de
2 millions de véhicules. Il s’agit de
pick-up produits dans le Michigan et le Missouri entre mars
2014 et août 2018, des F150, la
vache à lait du constructeur américain. Dix-sept cas de départ de
feu ont été signalés aux EtatsUnis, et six au Canada. Aucun
blessé n’aurait été déploré, selon
le groupe. Ce sont les prétensionneurs des ceintures avant qui
sont en cause.
Bourbon
Ford rappelle
2 millions
de pick-up
remonte, les acquéreurs auront du
mal à suivre.
« Le gouvernement veut construire plus et moins cher, nous sommes en train de produire moins et
plus cher. » Le constat de Jean-Philippe Ruggieri, directeur général
délégué de Nexity, est sans appel. Et
il est partagé. Plus cher… Pourtant,
malgré leur très bonne santé, aucun
promoteur n’endosse la responsabilité de cette hausse : « Les prix des
terrains ont été multipliés par quatre
en douze ans, ceux des logements par
deux », poursuit-il. Les délais de réalisation des projets, les coûts de
construction en hausse, les normes… tout sert à expliquer une inflation que les professionnels commencent à juger dangereuse. La
future loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du
numérique (Elan) devrait simplifier
certaines procédures, mais cela
LES ECHOS
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CXO : Chief Experience Oficer
Quels sont les nouveaux usages et comportements
du client ? Quels sont les nouveaux points de
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Un service proposé par Les Echos Solutions
Les acheteurs de logements
neufs veulent tout voir et tout
savoir avant d’acheter sur
plan. C’est presque possible
sans bouger de chez soi.
Depuis le cinquième étage, la vue sur
le parc est dégagée et même au soleil
couchant, la lumière rasante n’est
pas éblouissante… L’image semble
réelle, les ombres à l’intérieur de
l’appartement aussi, et pourtant tout
est faux, en tout cas pas encore vrai,
car encore à construire… Dans les
bureaux de vente les mieux équipés
ou même depuis chez eux, les acheteurs de logements neufs ne
rêvent plus devant des brochures en
papier glacé ou des plans. Un casque
de réalité virtuelle sur la tête, ils visitent leur prochain appartement et
peuvent, par la fenêtre, se projeter
dans leur vie future, voir les immeubles voisins, presque toucher la
végétation, apprécier les variations
de la lumière du matin au soir et
selon les saisons…
Tous les promoteurs n’en sont pas
là, et d’ailleurs leurs images ne sont
pas plus contractuelles que ne
l’étaient celles des catalogues. Mais
ils ne lésinent pas sur le marketing,
surtout pour vendre leurs programmes les plus chers et font appel à des
sociétés parfois issues du jeu vidéo
pour les modéliser. Presque tous
proposent désormais au moins des
plans en 3D, plus parlants, et des cartes indiquant aux uns où sont les
écoles et les crèches, aux autres les
commerces et les hubs de transports… « Nous n’en sommes qu’au
début, on peut tout imaginer, en montrant l’immeuble tel qu’il sera jusque
dans les détails des matériaux et des
façades, là où il sera… grâce à des photos aériennes prises par des drones.
Nous pourrions aussi simuler tout un
futur quartier si une collectivité ou un
aménageur nous le demandait… On
ne verrait quasiment pas la différence
avec le réel », explique Jeanne Massa,
la directrice d’Habiteo, qui fournit
aux promoteurs des images en 3D
ou des films de visites virtuelles.
Achat en ligne
Ces données sont aussi en ligne.
Tous les promoteurs n’ont pas fait
leur aggiornamento, et la plupart
privilégient l’efficace au glamour :
leurs sites et les immeubles qu’ils
montrent ne donnent pas forcément
envie d’y investir plusieurs années
de revenu, mais l’information est là :
simulateur de crédit, information
sur les aides publiques… « Il n’est
plus question par exemple de ne pas
indiquer le prix ni l’adresse exacte, ce
qui fut longtemps le cas dans les
annonces de ventes de logements
neufs. C’est rédhibitoire, personne n’a
le temps de chercher et on passe son
chemin », poursuit Jeanne Massa.
« Nous pourrions
simuler tout un futur
quartier si une
collectivité ou un
aménageur nous le
demandait… On ne
verrait quasiment
pas la différence
avec le réel. »
JEANNE MASSA
Directrice d’Habiteo
Chez Bouygues Immobilier il faut
laisser son adresse de courrier électronique et s’identifier pour accéder
aux visites. Ailleurs, l’information
est souvent accessible, sans filtre. Sa
numérisation a permis de réduire la
logistique : « Nos clients aiment bien
voir, toucher les matières, discuter,
être rassurés et continuent de se déplacer », explique Laurent Tirot, le
directeur général logement de Bouygues Immobilier, qui a tout de
même réduit le nombre de ses
bureaux de vente.
Nexity en a deux fois moins qu’il y
a trois ans : « Nous les gardons pour
les grandes opérations d’aménagement urbain, dans lesquelles nous
montrons encore des maquettes physiques, pour que les gens repèrent bien
tout ce qui va changer, sinon, nous
partageons les bureaux entre plusieurs programmes. Certains clients
s’informent uniquement en ligne »,
détaille Jean-Philippe Ruggieri,
directeur général délégué. Même si
ce n’est pas recommandé pour un tel
investissement, il est aujourd’hui
possible de se passer de papier et de
contact humain presque jusqu’au
bout. Les contrats de réservation
peuvent être dématérialisés, mais la
vente… doit toujours être signée
chez le notaire.
Altarea-Cogedim et Bouygues
Immobilier ont ouvert des
showrooms ou des « stores » où sont
reproduites les pièces des appartements grandeur nature. Les futurs
acquéreurs peuvent changer de carrelage ou de cuisine et voir apparaître, sur une tablette, leur studio ou
leur quatre-pièces paré de ses couleurs. « Ils pourront bientôt faire ces
travaux modificatifs en ligne, y compris pousser des murs pour agrandir
une pièce en sachant tout de suite
combien cela leur coûtera », poursuit
Jeanne Massa. Etape suivante, la
prise en compte, par les entreprises
de construction, en temps réel, de
ces changements, via le « BIM », la
maquette numérique partagée par
tous les partenaires du chantier.
— C. S.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
Plusieurs voix s’élèvent pour
un meilleur contrôle d’Airbnb
Burberry
renonce à brûler
ses invendus
TOURISME
HABILLEMENT
La capitale française
est le premier marché
d’Airbnb alors qu’elle
manque de logements.
La griffe britannique
ne détruira plus ses
stocks invendus, au
profit du recyclage.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Paris prépare-t-il un renforcement
de la lutte contre Airbnb ? C’est en
tout cas ce que préconise, dans un
livre paru jeudi, « Airbnb la ville
ubérisée », l’adjoint (communiste)
en charge du Logement à la Mairie
de Paris, Ian Brossat. Il relance le
débat alors que le durcissement du
cadre réglementaire ces dernières
années (avec notamment l’obligation depuis 2017 pour les bailleurs
de s’enregistrer) n’a rien changé :
Paris reste le plus gros marché
mondial des appartements en location de courte durée et la principale
destination d’Airbnb, alors que les
habitants de la capitale, eux, ne
trouvent toujours pas à se loger.
Selon le site alternatif InsideAirbnb, fondé par l’activiste Murray
Cox pour décrypter l’activité réelle
d’Airbnb, au 13 août, Paris y faisait
l’objet de 60.500 annonces, loin
devant New York (47.500 annonces), Rome (25.300 annonces) ou
Barcelone (17.220 annonces). Surtout, à Paris, 87 % des annonces
concernent des logements entiers
(par opposition à une chambre
dans la résidence principale du propriétaire), contre seulement 50 % à
Burberry fait un geste en direction de sa jeune clientèle. Alors
que l’éthique et le respect de
l’environnement sont des
valeurs clefs pour les Millennials, la marque de luxe britanni q u e a déci dé d e ne p l u s
détruire ses stocks d’invendus.
Au profit du recyclage ou des
dons. Elle s’engage aussi,
comme Gucci (Kering) avant
elle, à ne plus utiliser de vraie
fourrure. « Le luxe moderne veut
dire être responsable socialement
et vis-à-vis de l’environnement »,
a souligné Marco Gobbetti, le
directeur général du groupe.
Connu pour son trench-coat,
Burberry a soulevé la polémique
récemment, après avoir brûlé
pour 31 millions d’euros de marchandises l’an dernier, des vêtements et des produits cosmétiques invendus dont « la valeur
avait augmenté de 50 % en deux
ans ». Une hausse liée à la cession de sa licence beauté à l’américain Coty. Les stocks de ses
anciens produits de beauté lui
restant sur les bras. La découverte de cette pratique, pourtant
Xavier Popy/RÉA
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
A Paris, 87 % des annonces concernent des logements entiers, contre seulement 50 % à New York.
New York et 40 % à Barcelone. Dans
le détail, à Paris, InsideAirbnb
estime que les multipropriétaires
correspondent à 11.800 logements
et au total, 19.000 logements sont
proposés à la location plus de
120 jours par an.
Durcissement
On est loin des particuliers « familiaux » louant une pièce pour mettre du beurre dans les épinards. Ian
Brossat s’insurge contre la professionnalisation des bailleurs parisiens de courte durée. Airbnb a
réagi à son livre en soulignant dans
une déclaration aux médias qu’« un
Parisien sur cinq utilise aujourd’hui
Airbnb pour améliorer ses revenus et
faire face au coût de la vie »… Partisan d’un durcissement, l’élu prône
l’introduction dans la loi (le projet
de loi Elan sur le logement est en
cours d’examen) d’une interdiction
de la location de courte durée dans
les quatre premiers arrondissements parisiens (les plus touristiques), en sus de la limite à 120 jours
par an et par logement des locations
et de l’obligation pour les bailleurs
de se faire enregistrer. Rappelons
que New York a, elle, interdit les
locations de logements entiers inférieures à trente jours.
Quelles que soient les mesures
législatives envisagées, elles
ne seront guère utiles en l’absence
de contrôles et c’est sans doute là
Starbucks commence à Milan
la conquête du pays du café
BOISSONS
La multinationale
américaine ouvre son
premier magasin dans
la péninsule à Milan.
Elle espère convaincre
des Italiens dont
la culture du café
est bien éloignée de
celle qu’elle promeut.
Olivier Tosseri
@OlivierTosseri
— Correspondant à Rome
Retour aux origines pour Starbucks. C’est en se promenant dans
les rues de Milan en 1983 que
Howard Schultz, son fondateur et
principal actionnaire, a eu l’idée
d’importer la culture italienne du
café aux Etats-Unis. Trente-cinq
ans après, l’entreprise est devenue
une multinationale avec près de
29.000 établissements implantés
dans 77 pays. 78 depuis jeudi, avec
l’ouverture de son premier salon
dans la péninsule, à Milan, à quel-
ques rues du Duomo. Une arrivée
tardive alors que la présence en
Europe remonte à une vingtaine
d’années. Mais dans le pays où le
café est une véritable religion, on
considère une hérésie les « frappuccino », « latte macchiato » et autres
boissons de l’enseigne américaine,
malgré leurs noms puisés dans la
langue de Dante. Avec un espresso
vendu à environ 1 euro dans les bars
italiens, leurs prix ont de quoi dissuader les clients transalpins. Mais
pas Howard Schultz de poursuivre
son rêve de les conquérir à travers
une véritable opération de charme.
« Nous sommes venus en Italie avec
humilité pour apprendre, pas pour
enseigner quoi que ce soit, affirme
Kevin Johnson, le nouveau numéro
un de Starbucks. Notre magasin à
Milan est 100 % made in Italy. »
Torréfié sur place
Du comptoir en marbre de Candoglia, celui utilisé pour le Duomo,
aux machines pour la torréfaction
en passant par le design de la décoration et la boulangerie-pâtisserie
confiée à la marque Rocco Princi, ce
n’est pas un simple café qui ouvre à
Milan, mais la quatrième « roas-
tery » du groupe dans le monde, la
plus grande après celle de Shanghai. A travers de grands tubes
transparents au centre de la salle, le
café sera torréfié sur place pour
ensuite être envoyé dans les points
de vente du continent. Chaque
année, la multinationale aux
277.000 salariés en ouvre 2.000, soit
une inauguration toutes les quatre
heures. Un rythme de croissance
frénétique qui lui a permis de réaliser 22,4 milliards d’euros de recettes
l’an dernier, avec la vente de 4 milliards de cafés sous ses différentes
formes, à 85 millions de clients.
Starbucks a l’intention de poursuivre son expansion face à la concurrence d’autres poids lourds, comme
McDonald’s, qui renforce son offre
dans ce secteur, et Coca-Cola, qui
vient de racheter les cafés Costa.
L’Italie est un marché stratégique
et symbolique dans cette guerre du
café. D’ici à la fin de l’année, quatre
autres points de vente Starbucks
devraient ouvrir à Milan avant de
songer à la conquête d’autres villes,
Rome, Turin ou Venise. Mais la conquête la plus difficile sera celle de la
confiance des Italiens, les clients les
plus difficiles à satisfaire. n
Le premier Starbucks transalpin met en avant le made in Italy. Photo Starbucks
que le bât blesse à Paris. A mi-août,
seulement 111 condamnations pour
locations meublées illégales ont été
prononcées. Les hôteliers, premiers a être lésés par Airbnb, le
répètent. Le 4 septembre, les organisations professionnelles AhTop
et GNI ont écrit au Premier ministre
pour demander que « soient durcies
dans le cadre du projet de loi Elan […]
les conditions d’enregistrement des
meubles touristiques ». Ils réclament, en vain pour le moment, que
les loueurs prouvent avec leur avis
d’imposition que le logement constitue bien leur résidence principale.
(
Lire l’éditorial de
David Barroux page 9
courante dans le luxe, a choqué.
Toutes les grandes maisons,
dans la plus grande discrétion,
brûlent leurs invendus. Elles ne
souhaitent pas retrouver leurs
créations dans des circuits
parallèles, vendus à prix cassés.
Ni alimenter la contrefaçon.
Pour y mettre un terme, Burberry va amplifier sa politique
de lutte contre le gaspillage.
« Nous réutilisons, réparons,
donnons ou recyclons déjà des
produits invendables et nous continuerons à développer ces
efforts », indique la griffe.
La vraie fourrure bannie
Un virage essentiel, alors que les
Millennials, sensibles sur ces
sujets, sont devenus la première
clientèle du luxe. Burberry est
en pleine phase de relance après
des années difficiles. Le groupe a
recruté Riccardo Tisci, venu de
chez Givenchy, comme directeur artistique en mars. Sa première collection ne comportera
pas de vraie fourrure, dont l’utilisation était déjà limitée chez
Burberry au lapin, au renard, au
vison et au raton laveur asiatique. Des peaux désormais bannies. Si l’association de protection des droits des animaux Peta
s’est réjouie de cette annonce, la
Fédération internationale de la
fourrure s’inquiète, elle, du
recours à la fausse fourrure, qui,
« fabriquée à partir de pétrole,
n’est en aucune manière du luxe
ni responsable ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Dechert crée
un département
financement
à Paris
AVOCATS
Le cabinet d’avocats
Dechert recrute
Privat Vigand.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
Privat Vigand dispose
d’une expertise
particulière
en financement
d’opérations
immobilières
complexes
et financement
à effet de levier.
équipe de quatre collaborateurs. « C’est une des pratiques
phares de la firme que nous sommes ravis de lancer en France.
Cette décision est en ligne avec
notre positionnement stratégique visant la fourniture de conseils à forte valeur ajoutée à destination d’une clientèle
sophistiquée », détaille Alain
Decomb e, vice -chairman
chargé des opérations internationales et managing partner
du bureau parisien de Dechert.
Ce recrutement s’inscrit
aussi pleinement dans la stratégie mondiale de la firme : renforcer la pratique financement
sur des marchés clefs à travers
le monde. Après le développement des bureaux de Dubaï et
de Chicago plus tôt cette année,
celui de Paris, dont le chiffre
d’affaires s’élève à 56,6 millions
d ’e u r o s e n 2 0 1 7 , c o n t r e
Le recrutement de Privat
Vigand s’inscrit pleinement
dans la stratégie mondiale
de la firme. Photo Cabinet Dechert
53,4 millions en 2016, avec ses
90 avocats dont 21 associés, ne
pouvait pas échapper à cette
tendance.
« Négociateur
talentueux »
Qualifié par le classement de
référence Legal 500 Emea de
« négociateur talentueux » qui
« garde toujours à l’esprit l’intérêt de ses clients », Privat Vigand
conseille des banques et des
fonds d’investissement dans le
cadre d’opérations d’acquisitions nationales et internationales et lors de financements
structurés. Conseil de Natixis
dans l’acquisition de sept hôtels
à Paris et à Nice, il dispose d’une
expertise particulière en financement d’opérations immobilières complexes et financement à effet de levier. Il a aussi
récemment accompagné
Cacib, BNP Paribas, ING et BNP
Paribas Fortis dans la mise en
place d’un financement de
370 millions d’euros pour le
développement de 58 centres
commerciaux d’enseigne Cora
en France et en Belgique.
« Mon défi sera de continuer le
développement de la pratique de
Dechert dans le secteur immobilier comme conseil des grandes
banques, mais également de
f o n d s i n t e r ve n a n t d a n s l e
domaine, tout en appuyant les
pratiques juridique et fiscale du
bureau en matière de LBO »,
explique Privat Vigand. Pour
relever ce défi, cet ancien associé de Mayer Brown pourra
notamment compter sur l’expérience de Sabina Comis, pointure fiscale de la firme arrivée
du même cabinet en 2016. n
LES GAGNANTS
ET LES PERDANTS
DU CAC 40
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
Safran bondit en Bourse
après avoir relevé ses objectifs
AÉRONAUTIQUE
L’équipementier
aéronautique vise
désormais un bond
d’environ 20 % de son
résultat opérationnel
courant.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Ce mouvement
s’inscrit dans une
stratégie mondiale de
la firme américaine.
Le discret cabinet d’avocats
américain Dechert, présent à
Paris depuis 1995, continue
d’attirer les profils d’excellence.
Après les arrivées, en 2018, de
Laurence Bary, associée en
droit de la concurrence venant
de Cleary Gottlieb Steen &
Hamilton, et, en 2017, de Laurent Martinet, ancien vice-bâtonnier de Paris spécialiste des
contentieux commerciaux
complexes issu de Jones Day, le
bureau parisien annonce ce
vendredi la création d’un département financement. Il sera
dirigé par le nouvel associé Privat Vigand, accompagné de son
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
Malgré les retards de livraisons de
moteurs à Airbus et Boeing, et les
difficultés de Zodiac Aerospace, les
résultats de Safran n’ont jamais été
aussi bons. Le groupe d’aérospatial
et de défense, qui a dévoilé jeudi ses
résultats semestriels avec un mois
de retard lié à l’intégration de
Zodiac, a une fois de plus dépassé les
attentes, avec un bénéfice opérationnel courant de 1,39 milliard d’euros,
en hausse de 32,6 %, pour un chiffre
d’affaires de 9,5 milliards, en croissance de 23,9 %. Soit une marge de
14,6 %, contre 13,6 % l’an dernier.
Fort de ces bons résultats semestriels, Safran a nettement revu à la
hausse ses prévisions annuelles. Il
table désormais sur une progression
de 7 à 9 % de son chiffre d’affaires
(contre de 2 à 4 % en début d’année)
et de 20 % de son résultat d’exploitation (de 7 à 10 % précédemment),
avec un flux de trésorerie supérieur
à 50 % du résultat opérationnel.
mentiers mondiaux, Safran reste
parmi les principaux bénéficiaires
de la croissance du transport
aérien, avec des niveaux de rentabilité supérieurs à ceux de ses principaux clients, Airbus et Boeing.
Grâce notamment à la hausse con-
Les retards de livraison
de moteurs LEAP
à Airbus et Boeing
sont en passe d’être
résorbés.
Une double bonne surprise
A la Bourse de Paris, les investisseurs ont salué cette double bonne
surprise par une progression de
6,3 % du titre Safran en matinée,
en tête des plus fortes hausses. A
l’instar des autres grands équipe-
tinue des ventes d’appareils monocouloirs – Airbus A320 et
Boeing 737 –, dont il fournit la
majorité des moteurs. Mais Safran
bénéficie aussi de la croissance des
activités d’après-vente auprès des
compagnies aériennes, liée à l’augmentation des heures de vol des
avions de ligne.
Par ailleurs, le groupe a réussi à
déminer les quelques risques sur sa
route. A commencer par les retards
de livraison de moteurs LEAP à Airbus et Boeing, en passe d’être résorbés. Son président exécutif, Philippe Petitcolin, s’est dit « très
confiant » en la capacité du groupe
et de son partenaire GE à revenir à
la normale rapidement, avec un
objectif « d’environ 1.100 moteurs à
la fin de l’année ».
Le redressement de Zodiac
en bonne voie
Autre bonne nouvelle : le redressement de Zodiac Aerospace, dont le
rachat a été finalisé en février, suit
son cours comme prévu et aucun
cadavre n’a été découvert dans les
placards à l’issue de la transaction.
Le fabricant de sièges et d’équipements de cabine contribuera aux
bénéfices du groupe dès cette
année, même si son redressement
complet nécessitera encore deux
ou trois ans.
Enfin, Safran a trouvé un accord
avec Dassault Aviation sur l’indemnité à verser à l’avionneur, pour ne
pas avoir respecté les engagements
pris sur le moteur Silvercrest, destiné au jet d’affaires Falcon 5X. Cet
accord ne change pas ses perspectives de rentabilité et de cash-flow,
précise Safran, soulignant que le
montant de cette indemnité est couvert par les provisions déjà comptabilisées et que le paiement s’étalera
sur trois ans à compter de 2018.
(
Lire « Crible »
Page 40
En Inde, « l’affaire du Rafale »
bientôt devant la Cour suprême
DÉFENSE
Une plainte a été
déposée par un avocat
pour dénoncer la vente
d’avions de chasse
par la France à l’Inde.
Une annonce sur fond
de campagne électorale.
Marjorie Cessac
— Correspondante à New Delhi
Jusqu’où cette « affaire Rafale » irat-elle ? Depuis sa signature, en septembre 2016, la vente de 36 avions de
chasse Dassault Aviation par Paris à
New Delhi n’en finit plus de susciter
la polémique en Inde. Mercredi, elle
a franchi un nouveau cap avec
l’intervention de la Cour suprême.
La plus haute instance judiciaire
indienne a déclaré qu’elle allait, en
urgence, examiner une requête
réclamant la suspension de l’accord.
Le motif ? L’accord serait « le fruit
de la corruption » et « n’aurait pas été
ratifié par le Parlement comme l’exige
l’article 253 de la Constitution »,
selon l’avocat Manohar Lal Sharma,
auteur de la plainte. Une demande
avait déjà été déposée, en mars, par
l’opposant Tehseen S. Poonawalla
pour que soit révélé au grand jour le
prix de cette méga-commande.
En pleine campagne électorale
avant les législatives de 2019, cette
annonce tombe mal pour le gouvernement, déjà ciblé par Rahul
Gandhi, le chef du Congrès, le principal parti d’opposition. « C’est une
escroquerie mondialisée », critique
ce dernier. Il reproche au Premier
ministre d’avoir favorisé un businessman proche de lui, Anil Ambani, le
patron de Reliance Defense, dans le
Le 30 août dernier à New Delhi, des partisans du parti du Congrès (opposition) protestent
contre le contrat de vente du Rafale à l’Inde. Photo Sajjad Hussain/AFP
choix de l’entreprise indienne partenaire de Dassault Aviation. Et ce en
lieu et place d’HAL, la compagnie
publique d’aéronautique.
Selon Rahul Gandhi, le prix aurait
en conséquence été presque triplé
par rapport aux précédentes négociations, pour atteindre les 229 millions de dollars par avion, contre
75 millions, en 2012, lorsque le Congrès était encore aux manettes.
« Décision unilatérale »
La conclusion de la vente avait pris
tout le monde de court. En visite en
France, en 2015, Narendra Modi
avait enterré, au nom de l’urgence
aux frontières et de l’obsolescence
de la flotte indienne, les interminables négociations qui portaient sur
126 Rafale, pour n’acheter que
36 avions fabriqués en France. « En
soi, l’armée de l’air indienne n’est pas
mécontente du Rafale. Elle aime cet
avion », assure Ajai Shukla, ancien
colonel à la retraite devenu journaliste. « Mais ce qui la contrarie, c’est
la décision unilatérale de Modi
d’avoir réduit la commande, de 126 à
36 avions, sans le moindre avertissement ni consultation », souligne-t-il.
Le gouvernement, qui se retranche derrière « la sécurité de l’Etat », a
rejeté mercredi la demande d’investigation parlementaire indépendante réclamée par Rahul Gandhi.
« Cette enquête ne peut pas être menée
juste pour satisfaire l’ego d’un gentleman mal informé », a asséné Arun
Jaitley, le ministre des Finances.
La Cour suprême peut-elle
remettre en cause l’accord ? « Hors
de question, estime Ajai Shukla.
L’accord est un “fait accompli”.
L’opposition peut l’utiliser pour discréditer Modi, mais aucune de ces
accusations n’est étayée par des preuves qui peuvent être décortiquées
devant une Cour de justice. »
En attendant, cette affaire pourrait porter ombrage aux rêves de
Dassault Aviation. Le groupe français s’est porté candidat aux côtés
de cinq autres avionneurs mondiaux à l’appel d’offres entamé par
New Delhi. Il porte sur 110 avions
de combat, soit potentiellement
l’une des plus grandes commandes militaires attendues dans le
monde. n
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INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
SNCF Réseau veut baisser le coût
d’entretien des petites lignes
TRANSPORT
Le gestionnaire
des infrastructures
ferroviaires lance
son nouveau projet
d’entreprise, destiné à
gagner en efficacité.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
SNCF Réseau n’a pas de chance : le
gestionnaire des infrastructures ferroviaires a organisé une conférence
de presse jeudi pour présenter son
nouveau projet d’entreprise, mais si
l’établissement public a fait les gros
titres, c’est du fait de la décision de
l’Insee, annoncée le même jour, de
requalifier la totalité de sa dette en
dette d’Etat, une décision comptable
qui porte la dette publique de la
France près du seuil symbolique de
100 % du PIB (voir page 3).
Ces deux événements sont les
deux faces d’un même sujet : les
quelque 47 milliards de dette (à la
fin 2017) sont la résultante du déficit
structurel du système ferroviaire
français ; le projet stratégique de
Réseau, baptisé « Nouvel’R », représente les efforts que l’établissement
public compte déployer pour remédier à ce déficit structurel, en tout
cas dans les sujets relevant de sa
compétence.
Patrick Jeantet, le PD G du
groupe, y travaille depuis un an et
demi, mais après la réforme menée
ce printemps, Nouvel’R est devenue
la déclinaison opérationnelle des
transformations demandées au
gestionnaire d’infrastructures.
Gains de productivité
Le « nouveau pacte ferroviaire »
comporte plusieurs mesures favorables à Réseau, à commencer par
la reprise par l’Etat de 35 milliards
de dette au total, en 2020, puis en
2022. Mais en contrepartie, l’éta-
blissement doit réaliser de substantiels gains de productivité dans
l’entretien et la modernisation des
installations.
Pour y parvenir, Patrick Jeantet
compte notamment sur la transformation de Réseau en « entreprise
industrielle à part entière », ce qui
doit être facilité par le passage au
statut de société anonyme en 2020,
dans le cadre de la réforme.
L’organisation a d’ores et déjà été
refondue, avec la conversion à un
schéma matriciel, comme la plupart des grands groupes. Autre
nouveauté significative : le département accès réseau, chargé jusque-là des relations avec les utilisateurs, devient la direction générale
clients et services, le premier terme
étant une nouveauté dans la
sémantique maison, qui signale la
volonté d’être à l’écoute de tous les
opérateurs, la SNCF comme ses
concurrents actuels ou à venir.
Pour renouveler l’approche opérationnelle, Patrick Jeantet prend
comme base la dualité du réseau
français : « C’est l’un des plus grands
d’Europe, mais c’est aussi le moins
circulé, sauf en Ile-de-France, qui est
saturée comme les grands nœuds ferroviaires du pays. » En conséquence, « on ne peut pas avoir la
même stratégie sur tout le réseau. »
Les sections les plus sollicitées
vont donc être modernisées avec
notamment des systèmes de signalisation dernier cri, qui autoriseront
plus de trafic en réduisant l’intervalle minimum entre deux trains.
Ce sera le cas, par exemple, sur le
futur RER E à Paris, et sur la ligne
TGV Lyon-Paris, qui accueillera à
terme trois trains supplémentaires
par heure.
Des discussions
au cas par cas
Dans le même temps, Réseau travaille à une panoplie de solutions
pour réduire les coûts de maintenance et d’exploitation des petites
lignes, et rendre ainsi leur coût sup-
Les régions redoutent la fermeture de milliers de kilomètres
de petites lignes faute de moyens. Photo Richard Damoret/RÉA
portable par les régions malgré le
faible nombre de voyageurs. « Les
discussions se feront au cas par cas,
indique Patrick Jeantet, avec comme
base un catalogue d’une cinquantaine
de mesures, comme l’utilisation de
grave-bitume [un mélange de bitume
et de granulats, NDLR], qui peut dans
certains cas remplacer le ballast et
coûte moins cher à entretenir. »
ArcelorMittal :
le feuilleton de la reprise
d’Ilva trouve son épilogue
Le site industriel d’Ilva à Tarente. Photo Alfonso di Vincenzo/AFP
SIDÉRURGIE
Le gouvernement
italien n’annulera
finalement pas l’appel
d’offres remporté
par ArcelorMittal.
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
« Le meilleur accord possible dans les
pires conditions possibles. » Luigi Di
Maio, ministre du Développement
économique italien, a salué en ces
termes l’accord conclu à l’issue
d’une ultime réunion de dix-huit
heures entre le groupe ArcelorMittal et les syndicats des travailleurs de
l’aciérie Ilva de Tarente, dans les
Pouilles, au sud de l’Italie.
Le numéro un mondial de la sidérurgie accepte de garder 10.700 des
13.500 salariés du site au même
niveau de salaire et de droits. Le gouvernement financera, à hauteur de
250 millions d’euros, d’éventuels
départs volontaires. La production,
qui dans le nouveau plan industriel
doit passer de 6 à 8 millions de tonnes d’acier, devra en outre se faire
sans émissions polluantes supplémentaires et sous un contrôle plus
strict du ministère de l’Ecologie.
Les questions liées aux emplois,
ainsi que celles concernant la protection de l’environnement, figuraient au cœur des négociations. Les
mesures inscrites dans l’accord préliminaire conclu l’an dernier pour le
rachat de la plus grande aciérie
d’Europe avaient été violemment
critiquées par Luigi Di Maio.
Malgré la promesse de 4,2 milliards d’euros d’investissements,
dont 1,2 milliard pour augmenter la
productivité et 1,15 milliard pour
réduire la pollution, le leader du
M5S évoquait un « travail bâclé avec
de nombreuses irrégularités ». Reprochant à son prédécesseur d’avoir
faussé l’appel d’offres, il menaçait de
l’annuler si la proposition d’ArcelorMittal n’était pas améliorée.
De la même manière, en cas de
faible trafic, une exploitation en
navette (une seule rame qui fait
l’aller-retour) rendrait inutile la
signalisation et les coûts qui vont
avec. Des propositions que les
régions, qui redoutent la fermeture
de milliers de kilomètres de petites
lignes faute de moyens, voudront
sans doute rapidement tester. n
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Une journée historique
Une extrémité à laquelle il ne pouvait se résoudre. L’action judiciaire
qu’aurait engagée le colosse de
l’acier aurait coûté à l’Etat des milliards d’euros d’indemnisations et,
surtout, l’avenir du site et des
emplois aurait été définitivement
compromis. Unis, syndicats, patronat et élus locaux exigeaient une
solution au plus vite.
Une grève générale avait
d’ailleurs été annoncée pour lundi
prochain. Avec l’accord conclu
jeudi, qui sera soumis à référendum
auprès des salariés, le préavis a été
retiré. Le gouvernement ne pourra
plus désormais bloquer l’opération
de reprise. Elle interviendra le
15 septembre. Les syndicats évoquent une « journée historique ».
L’organisation patronale Confindustria se félicite que « la raison ait
prévalu pour éviter une tragédie économique » et espère que « finalement, après des mois d’incertitudes,
les travailleurs et les entreprises puissent repartir avec sérénité. » ArcelorMittal en est persuadé, estimant
que l’accord marque le début « d’un
long parcours pour faire d’Ilva une
entreprise plus forte et plus propre ».
Après le feuilleton de son rachat,
commence l’histoire de son redressement et, avec lui, celui de la ville de
Tarente. Elle fera l’objet des attentions du gouvernement. « Nous
adopterons une loi spéciale, promet
Luigi Di Maio. La ville est devenue
ces dernières années un désert économique et culturel. Elle ne peut pas
dépendre d’une seule entreprise. » n
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1 rond-point Benjamin Franklin 34000 Montpellier. France. N° 351 528 229 RCS Montpellier –APE 4651Z. Prix et spécifications techniques corrects à la date de parution. Prix et spécifications techniques modifiables sans avis
préalable. Photos non contractuelles. Dell n’est pas responsable des erreurs de typographie ou de photographie. Les offres promotionnelles sont limitées à 5 systèmes maximum par client. Les offres et les prix indiqués en ligne
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Inside, Pentium, Pentium Inside, vPro Inside, Xeon, Xeon Phi, Xeon Inside et Intel Optane sont des marques commerciales d’Intel Corporation ou de ses filiales aux États-Unis et/ou dans d’autres pays.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
Fleury Michon redresse la tête
après une année difficile
Confronté à un
boycott, Danone
baisse ses prix
au Maroc
AGROALIMENTAIRE
Le leader français
du jambon a retrouvé
de la rentabilité
grâce à une batterie
d’économies et de
nouveaux gisements
de croissance.
AGROALIMENTAIRE
Le groupe vendra
certains packs de
lait à prix coûtant
pour tenter de
relancer les ventes,
après des semaines
de boycott de ses
produits laitiers.
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Chez Fleury Michon, on n’aime pas
beaucoup les montagnes russes. La
réaction au plongeon de la rentabilité de l’an dernier ne s’est pas fait
attendre. En quelques mois, l’entreprise vendéenne, connue pour sa
place de leader sur le marché du
jambon, est sortie du rouge, où elle
s’était retrouvée au premier semestre 2017, avec un résultat opérationnel courant négatif de 1,3 million
d’euros pour un chiffre d’affaires de
360 millions. Des évolutions liées à
la chute des prix pour les industriels
et à la hausse des coûts d’approvisionnement. Au premier semestre
2018, le résultat est remonté à
10,9 millions d’euros et la marge
négative (–0,3 %) à 3,1 %.
Nouveaux créneaux
prometteurs
Non sans quelques efforts réalisés
dans le cadre d’un plan d’économies
drastique, baptisé « Renaissance »,
qui a valu aux salariés de travailler
plus sans compensation. L’entreprise s’est réorganisée et s’est lancée
sur de nouveaux créneaux prometteurs en réalisant quelques acquisitions. Celui de la boulangerie,
avec l’acquisition en avril d’une PME
vendéenne, Paso, spécialisée dans le
pain à l’ail et les bouchées apéritives,
qui totalise un chiffre d’affaires de
22 millions d’euros. Ou encore celle
de Good Morning, qui livre petit
déjeuner, déjeuner, pause et cocktail
aux particuliers et aux professionnels à Paris.
L’entreprise vendéenne a fait son
retour en février avec Salad’Jar dans
le secteur des salades, abandonné
pendant près de dix ans. « Nous
sommes très contents des premiers
résultats. Les ventes ont atteint
1,5 million d’euros en deux mois »,
précise Régis Lebrun, le directeur
général. « Au lieu des carottes râpées
ou du céleri que nous proposions il y a
dix ans, nous servons des repas à base
de produits frais de saison en bocal de
verre à emporter ou à consommer
sur place. »
Parallèlement Fleury Michon a
développé ses activités de catering
aérien en Amérique du Nord, où
l’entreprise livre 50 aéroports. Le
chiffre d’affaires du catering a été
doublé en dix ans et doit l’être
encore, à 200 millions d’euros, dans
un délai non précisé. « Nous avons
commencé à prospecter des clients
chinois et japonais, et déjà noué un
partenariat avec un japonais spécialiste de la cuisson du riz basé à Los
Angeles pour servir les aéroports de
cette partie du monde », précise
Régis Lebrun.
Le roi français du jambon ne
renie pas ses origines de charcutier,
mais il sait que le consommateur a
profondément changé et qu’il doit
rester à l’affût des nouveaux comportements s’il ne veut pas perdre
du terrain. « Les Français sont désormais prêts à manger n’importe où.
On le voit avec le succès que remportent les espaces de restauration dans
les magasins. Les distributeurs ne s’y
sont pas trompés. Franprix cherche à
créer des terrasses devant ses points
« Le consommateur
ne veut pas d’un
jambon par
occasion, mais d’un
jambon simple,
de qualité. [...] Il est
perdu face à l’hypersegmentation. »
RÉGIS LEBRUN
Directeur général
de Fleury Michon
de vente à Paris. La question est de
savoir si l’on est capable de les accompagner dans cette attente », explique
Régis Lebrun.
Confronté à quatre mois
de boycott de ses produits laitiers au Maroc, Emmanuel
Faber, le patron du groupe
Danone, a annoncé une baisse
de prix sur certains packs de lait
pasteurisé et des changements
d’emballage pour tenter de
relancer les ventes. Une partie
des boîtes de lait pasteurisé
seront proposées 10 % moins
cher, ce qui les ramène au prix
coûtant, entre 3,5 à 3,2 dirhams
(de 0,32 à 0,29 euro), a-t-il indiqué. Parallèlement un format
économique de 470 millilitres
sera proposé à 2,5 dirhams
(0,23 euro) pour le lait écrémé.
Qualité française à revoir
insuffisante
Avertissement
sur bénéfices
Le temps de l’hypersegmentation
est révolu, estime le groupe. Fleury
Michon, qui a eu plus de 90 références de jambon, a ramené son
offre à 70 et va continuer dans ce
sens. « Le consommateur ne veut pas
d’un jambon par occasion, mais d’un
jambon simple, de qualité, sans
OGM, sans antibiotiques, sans additif, pauvre en nitrites. Il est perdu face
à l’hypersegmentation. »
Au passage, le vendéen souligne
qu’il ne craint pas d’étiqueter la
provenance danoise de ses jambons. « Un jambon sur deux produit
en France ne correspond pas à nos
critères de qualité, dit encore Régis
Lebrun. Trop d’acidité liée aux
stress des animaux, aux conditions
d’élevage, de transport ou d’abattage
en France. » n
L e c h i f f r e d ’a f f a i r e s d e
Centrale Danone au Maroc a
plongé de 40 % au premier
semestre suite à une campagne anti-produits chers lancée
sur les réseaux sociaux, qui
visait trois sociétés : Danone,
les stations-service Afriquia et
l’eau minérale Sidi Ali. Le
mouvement a contraint la
filiale marocaine de Danone,
cotée à la Bourse de Casablanca, à faire un avertissement sur ses bénéfices.
Ces mesures commerciales
ont été décidées au terme d’une
vaste campagne de concertation
qui a réuni environ 100.000 personnes dans différentes villes du
pays, des consommateurs de
tous milieux sociaux et de tous
AVIS FINANCIERS
CONSEIL D’ADMINISTRATION DU 6 SEPTEMBRE 2018
Croissance organique de 1,8% du chiffre d’affaires
- dont Produits Fromagers
- dont Autres Produits laitiers
Résultat opérationnel courant
Résultat opérationnel
Résultat inancier
Impôts sur les sociétés
Résultat net part du Groupe
Endettement net
Juin
2018
2 347
% CA
Juin
2017
2 356
% CA
-0,4
1 342
1 067
57,2
45,5
1 331
1 097
56,5
46,6
72
59
-9
-15
32
651
3,1
2,5
104
105
–6
– 32
62
413
4,4
4,4
1,3
Le chiffre d’affaires de Savencia Fromage & Dairy est
stable à -0,4% impacté par la dévaluation de la plupart des
devises au regard de l’euro (-3,7%). L’évolution positive de
structure de 1,6% résulte de la consolidation des nouvelles
iliales russe et sud-coréenne. A taux de change et périmètre
constants, le chifre d’afaires de Savencia Fromage & Dairy
progresse de 1,8% par rapport à l’exercice précédent.
La croissance organique des Produits Fromagers est de 0,8%
avec une évolution des volumes très contrastée en Europe
et un bon développement de l’International.
La croissance organique de 2,4% des Autres Produits Laitiers
est liée à la dynamique des marchés internationaux ainsi
qu’à la forte hausse des cotations du beurre d’environ 15%.
Cette croissance a cependant été limitée par la contraction
de 27% des cotations mondiales des poudres.
Le résultat opérationnel courant au 30 juin 2018 recule
de 31% versus 2017. Ce recul est principalement lié à la
France. Il est afecté notamment par la forte hausse du prix
des matières premières et la chute des cours des ingrédients
laitiers. Les hausses de tarifs obtenues sont insuisantes
pour couvrir l’évolution de cet environnement. La marge
opérationnelle courante consolidée passe ainsi de 4,4%
Variations en %
Total
2,6
Structure
1,6
-3,7
1,8
0,8
-2,7
2,9
0,8
-2,7
0
-5
2,4
Les procédures d’examen limité sur les comptes
semestriels ont été réalisées par les Commissaires
aux Comptes. Leur rapport d’examen limité est en
cours d’émission. Les déinitions et modalités des
agrégats du type écart de structure, de change ou de
croissance organique n’ont pas évolué. Elles sont
précisées dans le rapport inancier du groupe.
En milliers d’Euros
Chiffre d’Affaires
à 3,1%. Elle recule de 1,4 point à 4,7% pour les Produits
Fromagers et de 1,0 point à 1,8% pour les Autres Produits
Laitiers.
Le résultat opérationnel prend en compte l’impact des
rationalisations annoncées dans les pays d’Europe Centrale
dans le cadre d’actions permanentes d’amélioration de la
productivité industrielle.
Le résultat inancier est en baisse de 3 millions d’euros en
lien avec l’évolution des cours de change.
La situation inancière du Groupe reste solide. La hausse
de l’endettement net résulte des opérations de croissance
externe réalisées sur les 12 derniers mois qui consolident
l’empreinte de Savencia Fromage & Dairy à l’International.
Il représente, au 30 juin 2018, 48% des capitaux propres
consolidés contre 30% au 30 juin 2017.
Le deuxième semestre restera impacté par la demande des
marchés, la volatilité de l’économie laitière et les devises.
Confiant dans sa stratégie à long terme et le travail de
ses équipes, Savencia Fromage & Dairy est focalisé sur
l’optimisation de sa performance et la réponse aux attentes
de ses consommateurs.
1er semestre 2018 1er semestre 2017
Variation en %
7 764
7 706
+ 0,75 %
Location simple
Crédit bail
Refacturation charges locatives
Autres produits locatifs
Autres prestations
5 872
0
1 688
16
188
5 296
535
1 588
17
270
+ 10,88 %
- 100,00 %
+ 6,30 %
- 5,88 %
- 30,37 %
Excédent brut d’exploitation
3 777
3 572
+ 5,71 %
Résultat brut d’exploitation
2 833
2 623
+ 8,01 %
Résultat courant avant impôt
2 889
2 622
+ 10,18 %
Résultat net
1 794
1 627
+ 10,26 %
2,35 Ð
2,13 Ð
+ 10,26 %
Total capitaux propres
37 724
37 773
- 0,13 %
Total du bilan
45 515
45 153
+ 0,80 %
Résultat par action
Les comptes semestriels ont fait l’objet d’un examen limité par le
commissaire aux comptes.
Le chiffre d’affaires s’élève à 7 764 K€ contre 7 706 K€ un an plus
tôt, en hausse de 0,75 % alors que l’activité de crédit-bail s’est
définitivement éteinte.
Perspectives du second semestre 2018
Des informations complémentaires pourront être consultées sur notre site www.savencia-fromagedairy.com
www.savencia-fromagedairy.com
Le Conseil d’Administration de SOFIBUS PATRIMOINE, présidé par
Monsieur Frédéric HOTTINGUER, s’est réuni le 6 septembre 2018, pour
examiner les comptes semestriels résumés et arrêtés au 30 juin 2018 :
Change Croissance
Le résultat avant impôt s’établit à 2 889 K€ contre 2 622 K€ au
30 juin 2017, en hausse de 10,18 % .
Le résultat après impôt s’élève quant à lui à 1 794 K€, en hausse de
10,26 % par rapport au 30 juin 2017.
Aelium
Chiffre d’affaires
« Très très significatif »
L’impact « très très significatif »
du boycott « n’a pas changé en
juillet-août […] et on espère dans
les semaines qui viennent voir
Le chiffre d’affaires
dans le pays a
plongé de 40 % suite
à une campagne
anti-produits chers.
Une crise unique,
sans précédent.
une partie significative revenir :
on a perdu 40 % en dix jours, on
serait content si on pouvait récupérer 50 % », a encore précisé
Didier Lamblin.
L’objectif premier de Danone
est de convaincre « les consommateurs de revenir vers la marque » pour « permettre à l’entreprise de revenir à l’équilibre », a
par ailleurs souligné Emmanuel
Faber, sans exclure des « adaptations » selon les résultats.
Danone avait décidé dès le mois
de mai de ne pas renouveler les
contrats de 886 intérimaires et
de réduire de 30 % son approvisionnement en lait auprès de ses
quelque 120.000 éleveurs locaux
sous contrat.
— M.-J. C.
en bref
Comptes Semestriels 2018
Chiffres clés (en M€)
âges, des commerçants ou des
éleveurs, selon Danone.
« Il n’y a aucune explication
rationnelle du boycott et plutôt
que d’essayer de le comprendre,
on a essayé de l’entendre avec cette
consultation : on a entendu qu’il y
a des gens en difficulté financière,
il y a une question de pouvoir
d’achat », a expliqué Didier Lamblin, le directeur général de Centrale Danone. Le boycott représente pour Danone une « crise
unique, nouvelle, pionnière »,
sans précédent « nulle part dans
le monde », a-t-il ajouté.
A ce jour, 11 824 m² ont été reloués et le taux d’occupation physique
sur l’ensemble du patrimoine est de 91,02 % à comparer à 86,58 %
au 30 juin 2017.
Perquisition chez
Schneider Electric
et Legrand
ÉQUIPEMENT Douze perquisitions ont été menées dans le
secteur de l’équipement et de la
distribution électrique, jeudi,
dans le cadre d’une enquête
sur des soupçons d’entente sur
les prix, selon une source judiciaire citée par l’AFP. Les fabricants de matériel électrique
Schneider Electric et Legrand,
ainsi que les distributeurs
Sonepar et Rexel sont visés par
cette enquête. « Nous avons été
sollicités par les autorités
judiciaires. Nous les avons
accueillies dans nos locaux et
nous collaborons avec elles », a
indiqué un porte-parole de
Schneider Electric.
En avril dernier, Mediapart
avait p ointé « un système
d’entente présumé sur les prix
du matériel électrique et ses
dérives frauduleuses ». « Nous
rejetons fermement les allégations de l’article », avait à l’époque réagi Schneider Electric,
indiquant que sa politique
commerciale était « conçue
pour permettre à ses distributeurs d’être aussi compétitifs
que possible ». Selon Mediapart, une information judiciaire avait été ouverte par le
Parquet de Paris.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
mécénat
Le géant chinois d’e-commerce
JD.com dans la tourmente
INTERNET
Son patron, Richard
Liu, est suspecté de
viol aux Etats-Unis.
Des investisseurs
envisagent de saisir
la justice.
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
L’affaire ne fait pas seulement tenir
en haleine des millions de Chinois
sur les réseaux so ciaux. Elle
inquiète grandement les investisseurs de JD.com. Le géant chinois
d’e-commerce, principal concurrent d’Alibaba, est dans la tourmente
depuis l’arrestation aux Etats-Unis de
son patron, Richard Liu. Interpellé
vendredi par la police de Minneapolis (Minnesota), le PDG de quarante-
cinq ans, comptant parmi les emblématiques entrepreneurs de l’Internet
chinois, fait l’objet d’une plainte pour
viol, a révélé mardi le « Wall Street
Journal ». Remis en liberté samedi
pendant que la police poursuivait
son enquête, l’homme s’est empressé
de s’envoler pour la Chine.
Rien ne se fait dans
le groupe sans l’aval
de Richard Liu,
qui détient 15,5 %
des actions et 80 %
des droits de vote.
L’action dévisse en Bourse
Alors que Richard Liu pourrait être
rattrapé par la justice américaine, la
sanction des marchés ne s’est pas fait
attendre. JD.com a vu son cours
s’effondrer sur le Nasdaq, perdant
près de 11 % lors de la seule séance de
mardi. Jamais depuis son introduction à Wall Street en mai 2014, le
groupe basé à Pékin n’avait bu un tel
bouillon. Au plus bas depuis dix-huit
mois, l’action JD. com affiche un repli
de près de 40 % depuis le début de
l’année, pénalisée aussi par la guerre
commerciale sino-américaine.
Les analystes sont nombreux à
s’interroger sur l’avenir de JD.com
en cas d’inculpation du fondateur de
l’entreprise créée en 2004. A la fois
président du conseil d’administration et directeur exécutif, Richard
Liu détient 15,5 % des actions JD.com
en circulation mais aussi… 80 % des
droits de vote. Rien ne se fait sans son
aval. Selon les statuts du groupe, le
conseil d’administration n’est pas
autorisé à tenir une réunion formelle
sans la présence de Richard Liu, à
moins que ce dernier ne se récuse.
JD.com précise même que « toute
détention contre sa volonté » ne mériterait pas une exception à cette règle,
sauf en cas d’incapacité mentale ou
physique permanente. Une clause
qui n’a rien d’innocent dans un pays
où de grands patrons ont pu disparaître un certain temps des radars,
voire se retrouver en prison.
Au-delà de son PDG, par ailleurs
père de trois enfants et marié à une
jeune célébrité de l’Internet, c’est
l’entreprise même qui pourrait
connaître des démêlés avec la justice. Des cabinets d’avocats américains envisagent de lancer une
action collective (« class action »)
contre JD. com, contestant les informations données par l’entreprise à
la suite de l’arrestation de son PDG.
Dans un communiqué posté
dimanche, JD.com, qui a ouvert un
bureau en France en janvier, avait
affirmé que les accusations d’agressions sexuelles contre Richard Liu
étaient dénuées de tout fondement
et qu’il avait été relâché « sans que
des charges soient retenues contre
lui », lui permettant de revenir en
Chine « pour reprendre son travail ».
Dans le même temps, la police de
Minneapolis précisait que son
enquête se poursuivait. n
AVEC NRJ ET
LES ENCEINTES CONNECTÉES
VOUS ÊTES À UNE SECONDE
DE L’ACHAT
« Le patrimoine
est notre pétrole »
PATRIMOINE
Chargé d’une mission
de sauvetage du patrimoine
par Emmanuel Macron,
Stéphane Bern déploie
un plan de bataille auprès
des patrons en complément
du loto lancé pour impliquer
les particuliers.
Propos recueillis par
Martine Robert
@martiRD
Outre les particuliers,
vous aviez dit vouloir
solliciter les entreprises
pour sauver le patrimoine.
Où en êtes-vous ?
Bien évidemment, j’ai commencé à solliciter les entreprises. Certaines ont répondu
d’emblée favorablement. Je
note, d’ailleurs, que les grands
groupes réinvestissent le patrimoine après lui avoir longtemps préféré l’art contemporain – même s’il ne faut pas
opposer l’un à l’autre –, à l’instar
du groupe LVMH qui a financé
la restauration du Hameau de la
reine, à Versailles. Certes, cela
est plus valorisant que de soutenir les petites églises de nos
campagnes… Mais des mécènes
américains comme Zaya Younan [qui rachète des demeures
historiques pour en faire des
qui comprend les enjeux du
patrimoine et avec Philippe
d’Ornano, coprésident du Mouvement des ETI, ces entreprises
largement familiales qui pourraient faire davantage de mécénat là où elles sont ancrées si on
relevait le plafond actuel de
0,5 % de leur chiffre d’affaires.
Avec la Caisse des Dépôts et
Consignations, nous étudions
la possibilité de développer
l’action territoriale en réhabilitant des monuments abandonnés ou en souffrance, afin de
leur donner une deuxième vie :
comme pour la forteresse de
Sedan transformée en hôtel, ne
pourrait-on envisager de redéployer les monuments à la
charge des collectivités locales
– les anciens haras nationaux,
le château de la Ferté-Vidame,
les dépendances de Compiègne
ou Fontainebleau… – en hôtels à
coût moyen comme l’Espagne
l’a fait avec les paradores et le
Portugal avec ses pousadas ? Et
je propose des baux emphytéotiques permettant à des privés
de voler au secours de ces
monuments.
Etes-vous inquiet des
conséquences de la réforme
de l’impôt sur la fortune et
de la loi Pacte, qui encourage
plutôt la RSE ?
Je partage l’inquiétude des
acteurs du patrimoine. D’un
DeBonneville-Orlandini
« La moitié de notre patrimoine se situe dans des communes
de moins de 2.000 habitants : un trésor pour redynamiser
l’économie locale », défend Stéphane Bern. Photo Frédéric Chéhu
Avec l’arrivée des enceintes connectées dans les foyers français,
une nouvelle page s’écrit pour NRJ. La radio, média le plus proche
de l’acte d’achat de par sa mobilité, entre dans une nouvelle dimension.
Désormaisdurantl’écouted’unepublicitésurNRJavecuneGoogleHome,
l’auditeur peut dire par exemple :
«Ok Google, rajoute le soda X à ma liste de courses».
Enceinte connectée pour le média le plus connecté...
Le futur de la radio commence aujourd’hui.
Contact NRJ Global : Laurence BUCQUET - 01 40 71 44 06 - lbucquet@nrjglobal.fr - www.nrjglobal.com
hôtels luxueux, mais abordables, NDLR] soutiennent nos
actions en investissant dans le
patrimoine. Longines a fait un
chèque à la Fondation du patrimoine dans le cadre de la
« Mission Bern » au dernier
Jumping de Paris, et j’ai sollicité Dassault Aviation pour le
château de Saint-Maurice-deRémens, dans l’Ain, qui a vu la
naissance de Saint-Exupéry…
La moitié de notre patrimoine
se situe dans des communes de
moins de 2.000 habitants : un
trésor pour redynamiser l’économie locale ! La France est le
premier pays visité au monde
avec 90 millions de touristes
annuels et le patrimoine est
son pétrole.
Quels sont les modes
d’intervention
de ces entreprises ?
D’une part, je leur propose de
soutenir la rénovation d’un
monument en particulier.
D’autre part, j’ai entrepris des
discussions fructueuses avec
François Asselin, de la CGPME,
côté, l’Etat me demande de mettre ma notoriété et ma crédibilité au service du patrimoine
pour lancer un loto qui devrait
rapporter de 15 à 20 millions
d’euros, et de l’autre, on semble
couper les ailes des fondations
chargées de récolter des fonds
qui sauveraient nombre de
monuments. Sans parler de
l’année blanche pour les propriétaires privés avec le prélèvement à la source ! Et que dire de
la loi Elan, qui ne protégera plus
les sites historiques dégradés ou
vétustes pour lesquels l’avis
conforme des architectes des
Bâtiments de France ne sera
plus nécessaire ? Je ne voudrais
pas être le cache-misère d’une
politique peu favorable au patrimoine. Comment expliquer au
monde rural que l’on va trouver
400 millions d’euros pour le
Grand Palais parisien alors que
des milliers de petites églises
menacent de s’écrouler ? Encore
une fois, défendre le patrimoine
de proximité crée des emplois et
fortifie le sentiment de convivialité, de fierté des habitants. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
Prix Renaudot :
un ouvrage autoédité
sélectionné
–8 %
La firme à la pomme avait
annoncé l’acquisition de l’appli
en décembre 2017, pour un
montant estimé à 400 millions
de dollars. Après une enquête
approfondie, la Commission
européenne a conclu
que ce rachat ne réduirait pas
la concurrence sur le marché
du streaming musical.
Pour la première fois dans
l’histoire du prix,
un ouvrage autoédité figure
parmi les dix-sept romans
retenus dans la première
sélection du prix Renaudot.
« Bande de Français »,
de l’auteur franco-israélien
Marco Koskas, est vendu
sur Amazon.
LA VALEUR DE L’ACTION
ALTRAN
DR
en
pixels
Shutterstock
HIGH-TECH
&MEDIAS
Rachat de Shazam
par Apple : l’UE
donne son feu vert
Jeudi, les investisseurs ont
davantage retenu les soucis
de trésorerie de la société
de R&D externalisée que le
résultat de l’enquête indiquant
que les fausses commandes
qui avaient semé le trouble cet
été sont un « incident isolé ».
Accouchement difficile
pour la chronologie des médias
Le projet de nouvelle
chronologie
AUDIOVISUEL
La filière du cinéma
peinait encore, jeudi
soir, à s’entendre sur
une réforme malgré des
années de discussions.
La salle : quatre mois
•d’exclusivité,
ou trois si le film
•
En outre, la pression de
Netflix et des consommateurs pourrait vite
chambouler le potentiel compromis.
•
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
•
Paramount Pictures
Malgré des années et des années
de négociations pour réformer
cette fameuse « chronologie des
médias », la filière du septième art
peinait encore jeudi soir à s’entendre. Même si tout le monde s’attendait à un accord en entrant jeudi
après-midi au ministère de la
Culture, et même si cette chronologie très particulière à la France
définissant les fenêtres de diffusion
exclusive des films de cinéma (salle,
vidéo à l’acte, télévision payante
ou gratuite, vidéo par abonnement)
en fonction de la contribution au
financement du septième art assurée par ces différents supports est
jugée « jurassique » par l’ensemble
de la profession.
Selon nos informations, le blocage viendrait du conditionnement
de la signature d’Orange et surtout
de Canal+, a priori d’accord pour le
projet de nouvelle chronologie qui
circule, au renouvellement tel quel
a une dérogation car il a fait
moins de 100.000 entrées.
La première fenêtre
de télévision payante
(Canal+) : neuf mois à partir
de huit mois après la sortie en
salles (six mois si dérogation).
Deuxième fenêtre
de télévision payante,
ouverte aux services
de SVoD qui participent
au financement du cinéma :
cinq mois à partir de dixsept mois après la sortie en salle
(quinze mois si dérogation).
Les services SVoD non
« vertueux » (Netflix) peuvent
diffuser des films trente mois
après leur sortie (ou vingt-huit).
Les télévisions gratuites
(TF1, M6…) : quatorze mois
à partir de vingt-deux mois
après la sortie du film.
L’achat ou la location
d’un film en vidéo est possible
dès quatre mois après la sortie
du film et ce pour toujours.
Un blockbuster comme « Mission impossible : Fallout » pourrait être accessible en SVoD dix-sept mois après sa sortie en salles.
de leurs accords de financement du
cinéma. Certaines associations professionnelles du cinéma demandant davantage – apparemment un
montant plancher à Canal et une
hausse des minimums garantis
pour Orange –, la situation paraissait bloquée jeudi à 20 heures.
Le pire est que le compromis sur
lequel la profession discute pourrait ne pas tenir très longtemps.
« C’était “Jurassic Park”, désormais
on entre dans l’histoire, mais bon… ce
n’est pas fini », commente ainsi
Pascal Rogard, de la SACD (Société
des auteurs et compositeurs dramatiques). Du reste, parce qu’ils ont
bien pris conscience de la pression
des consommateurs et de l’importance croissante des services de
vidéo à la demande comme Netflix,
tout le monde insiste sur les clauses
de « revoyure » prévues dans le nouveau texte, la première pas plus tard
que dix-huit mois après son entrée
en vigueur.
Quelques avancées
Les professionnels saluent certes
des progrès, en tout cas si la situation se débloque. D’abord, toutes les
fenêtres de diffusion sont avancées,
c’est-à-dire que le cinéphile pourra
voir les films sur tout support plus
rapidement après leur sortie sur
grand écran.
TELCO & DIGITAL
FORUM
Le compromis sur
lequel la profession
discute pourrait ne pas
tenir très longtemps.
Jeudi 27 septembre 2018
Par exemple, sur Canal, il pourra
les voir huit mois après leur sortie,
voire six mois au lieu de dix, sur TF1
dès vingt-deux mois, voire dix-neuf,
au lieu de trente, etc., et sur Netflix
après trente mois, voire vingt-huit
au lieu de trente-six. La deuxième
grande modification est que la
dérogation permettant aux films
qui ne séduisent pas en salles
d’entrer dans une chronologie plus
rapide pourra être obtenue bien
plus facilement (dès qu’il fait moins
de 100.000 entrées à l’issue de quatre semaines d’exploitation).
Le spectateur intéressé par
l’achat d’un film ou sa location à
l’unité (VAD à l’acte) y verra d’autre
Groupe Les Echos - Le Parisien
10 boulevard de Grenelle - Paris 15e
Informations et inscriptions :
www.telcodigital.fr
Avec notamment les interventions de :
part beaucoup plus clair, même
si les professionnels jugent que
cela devrait rester un petit marché.
Alors que dans le précédent cadre,
le film était retiré de la vente quand
s’ouvraient des fenêtres d’exclusivité télévisuelle, un « dégel des
droits » a été décidé et les films
seront disponibles pour toujours à
partir de quatre mois après la sortie
en salles (ou trois si dérogation).
Le médiateur de la négociation y
tenait tout particulièrement, estimant que la précédente disponibilité « gruyère » était une incitation
au piratage. Enfin, élément important pour les films documentaires
ou de fiction d’un budget inférieur à
1,5 million d’euros, ils peuvent être
mis à disposition de tous les services
dès douze mois pour les premiers et
dès dix-sept mois pour les seconds,
selon certaines conditions.
« Une occasion perdue »
Malgré cela, des professionnels de
la filière bien en vue jugent que cette
première réforme après neuf ans est
« une occasion perdue », selon l’un
d’entre eux. Cette critique tient
notamment au rôle central conservé par Canal+ dans la diffusion et
le financement du cinéma français.
Si elle a accepté le dégel de la VAD
à l’acte et un raccourcissement de sa
fenêtre, la filiale de Vivendi a réussi à
empêcher qu’un service de SVoD de
type Netflix, même s’il participait au
financement du septième art dans
le système du Centre national du
cinéma (CNC), puisse lui aussi pro-
•
•
poser un film six mois après sa
sortie. Ne leur est en effet ouverte
que la seconde fenêtre de télévision payante, qui intervient dixsept mois (ou quinze si dérogation)
après la sortie en salles. « C’est une
mesure extrêmement faible », poursuit le professionnel cité ci-dessus.
D’ailleurs, dans son scénario
« cible », le médiateur de la réforme
prônait des fenêtres liées seulement
aux engagements de financement
du cinéma, quel que soit le mode de
diffusion, que ce soit de la télévision
payante ou de la SVoD.
Certes, Netflix a fait savoir aux
autorités françaises que le potentiel
à l’exportation du cinéma français
était trop faible pour qu’il accepte de
subir la chronologie des médias et
ses contraintes de financement : il
préfère se concentrer sur les séries
et garder ses films pour ses abonnés, en tout cas en France. Mais un
Amazon Prime Video ou un autre
pourrait vouloir jouer le jeu et inciter Netflix à faire de même. Du coup,
fermer la première fenêtre de télévision payante à ces acteurs maintient
la dépendance du cinéma français à
l’égard de Canal+.
La directive européenne régissant
les médias audiovisuels (directive
« SMA »), dont l’entrée en vigueur
est prévue pour 2019, devrait aussi
pousser pour une réforme de la
chronologie des médias.
(
Lire l’éditorial
de David Barroux
Page 9
Toronto ouvre avec un film Netflix
Orion BERG
Counsel,
WHITE & CASE
En partenariat avec :
Thierry BOISNON
Président France,
NOKIA
Antoine DARODES
Directeur, AGENCE
DU NUMERIQUE
Estelle DUVAL
Directrice Data Business,
MÉDIAMÉTRIE
En association avec :
Alors que la Mostra de Venise a sélectionné
trois films Netflix – « Roma » de Alfonso
Cuarón, « The Ballad of Buster Scruggs »
des frères Coen et « Un 22 juillet »
de Paul Greengrass – pour sa compétition
cette année, le Festival de Toronto a choisi
d’ouvrir avec un autre film de la plateforme de SVoD américaine, « Outlaw King :
Le Roi hors-la-loi » de David Mackenzie,
l’auteur de « Comancheria ». Ce choix
isole le festival de Cannes qui a préféré
ne plus sélectionner de films Netflix.
« Il ne faut pas être naïf, s’est justifié Alfonso
Cuarón. Dans un contexte de distribution
complexe pour les films exigeants,
combien de chances et de possibilités un film
comme celui-ci, mexicain, en noir et blanc,
a-t-il pour se faire connaître et durer ? »
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
Les développeurs sont mal
utilisés par les entreprises
Après une série de trois entretiens, la responsable des ressources
humaines lui a envoyé un mail
avec une offre à 260.000 dollars
par an. Ce niveau de rémunération
n’est pas exceptionnel pour un
jeune codeur à San Francisco, où
les entreprises technologiques
se font la guerre pour recruter
les meilleurs talents. Selon une
étude réalisée par Stripe publiée
jeudi, « l’accès aux développeurs
qualifiés est devenu un souci plus
important pour les dirigeants
que l’accès au capital ».
INFORMATIQUE
Près de la moitié
du temps de travail
des développeurs
informatiques
est consacrée
à des problèmes
de maintenance.
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Correspondante à San Francisco
Il y a un mois, Benjamin, un développeur français avec quatre ans
d’expérience installé à San Francisco, a indiqué être en recherche
active d’emploi sur LinkedIn. En
quarante-huit heures, il a été
contacté par cinq recruteurs différents. Rapidement, il a passé un
entretien avec l’une des jeunes pousses de livraison de courses les plus
en vue en Californie.
Perte d’efficacité
La solution de paiement s’est
associée à l’institut de sondages
Harris pour réaliser une enquête
auprès de 1.000 dirigeants d’entreprise et 1.000 développeurs dans
cinq pays – Etats-Unis, RoyaumeUni, France, Allemagne et Singapour. 41 % des dirigeants indiquent que le recrutement et la
rétention des employés sont leurs
plus grands défis internes, contre
27 % pour le manque de capitaux.
L’étude souligne cependant que
les entreprises ne font pas bon usage
de cette ressource qui coûte très
cher. Sur une semaine de 41 heures
en moyenne, les développeurs
déclarent consacrer 17 heures à des
problèmes de maintenance – réusinage de code, réglage de bugs… Et la
France a le plus mauvais ratio, avec
plus de la moitié du temps des développeurs consacrée à ces tâches.
Pour Stripe, il faut
faire monter plus
de développeurs à des
positions de direction.
Selon les calculs de la jeune
pousse, les codeurs pourraient
créer 918 milliards de dollars de
richesse par an, mais la perte d’efficacité réduit cette somme de 31,6 %,
soit environ 300 milliards de dollars.
Les développeurs indiquent deux
obstacles principaux sur le chemin
d’une productivité plus élevée : la
maintenance de systèmes anciens et
les priorités fixées par la direction.
Stripe plaide donc pour que les
entreprises accélèrent le remplacement d’infrastructures obsolètes
par un assemblage de solutions
hébergées dans le cloud… comme
la sienne. Pour Claire Hughes Johnson, sa directrice opérationnelle,
il faut faire monter plus de développeurs à des positions de direction. Car si plus d’un quart des
PDG des entreprises du classement
Fortune 500 sont désormais issus
de formations techniques, les autres
niveaux hiérarchiques ne suivent
pas encore la cadence. « Face à un
problème, les entreprises ont encore
trop tendance à faire appel à une
société de conseil externe plutôt que de
demander à leurs développeurs s’ils
ont une solution », plaide Christopher Abboud, le directeur de la communication de Stripe en France. n
Selon l’étude réalisée par Stripe, « l’accès aux développeurs
qualifiés est devenu un souci plus important pour les dirigeants
que l’accès au capital ». Photo Shutterstock
Xiaomi, l’Europe
à tout prix
Raphaël Balenieri (à Milan)
@RBalenieri
Le chinois Xiaomi continue
de tisser sa toile en Europe.
Trois mois après son arrivée
quasi-simultanée en France et
en Italie, le quatrième fabricant
mondial de smartphones a
lancé, jeudi 6 septembre à
Milan, deux nouveaux produits pour étoffer sa gamme
sur le Vieux Continent. Déjà
disponibles en Chine, le bracelet connecté Mi Band 3 (qui
mesure le rythme cardiaque
ou le nombre de calories brûlées en une journée) ainsi que
le rétroprojecteur Mi Laser
seront désormais en vente en
France, en Italie et en Espagne.
Dans ces trois pays, Xiaomi est
solidement implanté sur place,
avec des équipes locales.
Le Mi Band 3 (29,99 euros)
arrive cependant sur un
marché en décroissance. Au
deuxième trimestre, le marché
des objets portables a baissé de
6,3 % dans les pays « matures »
comme ceux de l’Europe de
l’Ouest, selon IDC. En cause : la
baisse de la demande pour les
bracelets connectés « basiques » qui a porté un sérieux
coup à l’américain Fitbit, l’exroi du secteur. Mais Xiaomi, le
numéro deux mondial derrière
Apple sur ce segment, avec plus
de 15 % de parts de marché
selon IDC, espère tirer son épingle du jeu. Son modèle précédent, le Mi Band 2, s’est écoulé
à presque 16 millions d’unités
« Pour nous,
l’essentiel,
c’est d’amener
[en Europe] le
plus de produits
possible. »
LIU YAN
PDG de Xiaomi en France
Deux boutiques
en France
Né en 2010 à Pékin et désormais
coté à la Bourse de Hong Kong,
Xiaomi est arrivé le 22 mai
en France, en lançant deux
smartphones et une trottinette
à moins de 400 euros. Désormais, 8 téléphones de la marque, ainsi que 57 autres produits d’électronique (comme
ses pèse-personnes vendus
chez Marionnaud) sont disponibles dans l’Hexagone. L’entreprise chinoise va ouvrir, début
octobre, un deuxième magasin
en Ile-de-France, dans le centre
commercial Velizy 2. En Espagne, où Xiaomi est déjà à la troisième place, le groupe compte
11 emplacements. Parallèlement, le constructeur est en
phase finale de négociation
avec Orange et Free qui
devraient vendre les téléphones
Xiaomi dans leurs boutiques
(en plus de SFR et de Bouygues
Telecom, déjà acquis).
En France, Xiaomi revendique la sixième place du podium
et veut entrer dans le Top 5.
« 2019 va être une année de
bascule en France. Le nombre de
constructeurs va se réduire,
pronostique Liu Yan. C’est de
toute façon la tendance mondiale : en Chine, 5 acteurs tiennent 95 % du marché. » Xiaomi
vise désormais à s’installer en
Grèce, au Portugal, en Suisse
et en Pologne. Ses produits
étaient déjà distribués, par des
partenaires, dans ces quatre
pays. Le groupe va également
arriver très bientôt au Benelux,
puis au Royaume-Uni. n
> mardi 16 octobre
BANQUE & ASSURANCE
• La digitalisation du secteur bancaire français
> vendredi 28 septembre
• Le contrôle interne dans l’assurance
> jeudi 18 octobre
C O LLE C T I V I T É T E R R I TO R I A LE
• Financement des Partenariats Public-Privé PPP
> mardi 16 octobre
• Collectivités et RGPD
> jeudi 18 octobre
ÉNERGIE
• Le marché de l’électricité en France
> jeudi 18 octobre
LU X E
• Le marché du luxe
> vendredi 28 septembre
• Le marché des parfums et cosmétiques
> mardi 16 octobre
SANTÉ
• Complémentaires et Industrie de Santé
> jeudi 27 septembre
• Maximiser l’impact des Afaires Médicales
> mardi 2 et mercredi 3 octobre
• Exploiter pleinement le potentiel des MSLs
> jeudi 11 octobre
• Digitalisation de l’oicine
> mardi 16 octobre
• Stratégies «Beyond the pill»
> mercredi 17 octobre
• Santé connectée
> mercredi 17 et jeudi 18 octobre
• Développement des relations avec les KOLs
> jeudi 18 octobre
• Parcours de soins
> jeudi 18 octobre
• Blockchain et industrie pharmaceutique
> jeudi 18 octobre
CY C LE D I R I G E A N T
LE DIRIGEANT DANS UN MONDE DISRUPTIF
> Du jeudi 29 novembre 2018 au
Vendredi 11 janvier 2019
C O M M U N I C AT I O N
• Storytelling
> jeudi 11 et vendredi 12 octobre
D I G I TA L
• Culture digitale
> vendredi 5 octobre
• Innovation digitale
> vendredi 5 octobre
• Data Protection Oicer
> jeudi 11 octobre
• Réussir sa transformation digitale
> vendredi 12 octobre
• Chief Digital Oicer
> mercredi 17 octobre
DIRIGEANT / COMEX
• Les nouvelles technologies pour innover
> jeudi 4 octobre
LO B BY I N G
• Lobbying territorial
> jeudi 27 et vendredi 28 septembre
• Lobbying digital
> mardi 2 octobre
• Le lobbying
> jeudi 11 et vendredi 12 octobre
LU N C H & LE A R N
AU TO U R D U D I G I TA L
REGISTRES DISTRIBUÉS, BLOCKCHAIN E
ET
CRYPTOMONNAIES
> Vendredi 28 septembre 2018
M
Métier
Le quatrième
constructeur
de smartphones a
lancé, jeudi, à Milan,
deux nouveaux
produits.
AG R OA L I M E N TA I R E
• Marché des matières premières agricoles
Secteur
TÉLÉPHONIE
en 2017. « Xiaomi va pouvoir
convaincre tous ceux qui ne veulent pas mettre 100 ou 150 euros
dans un bracelet connecté »,
estime Bruno Lakehal, analyste chez Gartner.
Quant au rétroprojecteur
Mi Laser (1.899 euros), celui-ci
arrive, un peu curieusement…
après la Coupe du monde de
football. Un événement clef
qui aurait pu lui donner un
coup d’accélérateur. « On a été
pris par des contraintes industrielles. Il nous a fallu du temps
pour monter en volume. De toute
façon, nous ne sommes pas
dans la saisonnalité, nous avons
une approche un peu différente,
se justifie Liu Yan, le PDG de
Xiaomi en France. Pour nous,
l’essentiel, c’est d’amener le plus
de produits possible. »
MARKETING
• Les impacts du RGPD sur le Marketing
> vendredi 5 octobre
• Stratégie de prix
> mercredi 17 et jeudi 18 octobre
RH
• Prélèvement à la source
> jeudi 4 octobre
• Transformation digitale pour les DRH
> jeudi 18 octobre
Rendez-vous sur
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24 //
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
Hélène Bourbouloux
Jean-François Blanc
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
Sylvain Hustaix
Benjamin Tamboise
Jean-Marc Livolsi
RECHERCHE DE PARTENAIRES/CANDIDATS A
LA REPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
RECHERCHE DE REPRENEURS
VIVACTION
OPÉRATEUR DE TÉLÉPHONIE À DESTINATION DES PME TITULAIRE DE LA LICENCE ARCEP L.33-1
Fournisseur d’une solution de sécurisation des échanges mobiles (accréditation ANSSI)
CA au 31/12/2017 (exercice clos): 9 122 576 € – Portefeuille d’env. 3000 clients
Effectif: 24 salariés – Groupe: 1 société iliale opérant au Maghreb et localisée au Maroc
La date limite de dépôt des offres de reprise est ixée au : 28 septembre 2018 à 12h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du Code de Commerce) en 6 exemplaires
(dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique sera autorisé après
régularisation d’un engagement de conidentialité, la signature du règlement et une présentation succinte
du candidat à la reprise. Référence à rappeler impérativement: 6486
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB, administrateurs judiciaires associés – Maître Gaël COUTURIER
Tour CB21, 16 place de l’Iris – 92040 Paris La Défense – www.fhbx.eu
Fax : 01 40 97 02 33 / e-mail : marie.fur@fhbx.eu et valentin.laigneau@fhbx.eu
Hélène Bourbouloux
Jean-François Blanc
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
Sylvain Hustaix
Benjamin Tamboise
Jean-Marc Livolsi
RECHERCHE DE PARTENAIRES OU REPRENEURS
POUR ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
YUULOG FRANCE
SPÉCIALISÉE DANS LA LOGISTIQUE – 22 000 M² D’ENTREPÔTS POLYVALENTS
SITUÉS EN BORDURE DE L’AUTOROUTE A13 (département 27) en propriété
Effectif : 214 collaborateurs expérimentés – CA du 01/09/2017 au 30/06/2018 : 12,7 M€
La date limite de dépôt des offres de reprise des actifs est ixée au : 28 septembre 2018 à 14h00
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du code de commerce) en 6 exemplaires
(dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès à une data room électronique sera autorisé au candidat
sur demande écrite contenant la présentation succincte du candidat à la reprise, après justiication de son
identité, de sa capacité économique et opérationnelle à intervenir dans un tel dossier et après régularisation
d’un engagement de conidentialité et la signature du règlement. Référence à rappeler: 6486
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de :
SELARL FHB, administrateurs judiciaires associés – Maître Nathalie LEBOUCHER
17, rue du Port – 27400 Louviers – www.fhbx.eu
Fax : 02 32 61 45 35 / e-mail : corinne.martineau@fhbx.eu
Maître Serge PREVILLE
3, rue Croix de Bois - 45000
ORLEANS
CONTACT :
Mathieu DEREAU
Tel: 02.38.42.14.62
Fax: 02.38.42.01.24
orleans@ajassocies.fr
www.ajadatromm.fr
Réf. à rappeler : 21124
Activité : Commerce de gros de quincaillerie, dépannage et
remplacement de tout type de vitrage , vente en gros et de détail
de produits verriers
C.A au 31/03/18 : 545 k € - Effectif : 9 - Localisation : Loiret (45)
Clientèle : Particuliers, professionnels
Actifs à céder : Droits au bail (Ateliers, bureau + magasin) mobilier, matériel, important
parc machine avec table de coupe à commande numérique pour verre monolitique, table
à commande numérique pour la découpe du verre feuilleté, une rectilignes pour le
façonnage des joints polis, perceuse double tête, contourneuse pour les verres en forme
et ligne de production de vitrage isolant.
Date Redressement Judiciaire : 6 juin 2018
La date limite de dépôt des offres est fixée au : 5 octobre 2018 à 12 h
Une data room électronique hébergée sur notre site www.ajadataroom.fr sera
accessible après acceptation d’un engagement de confidentialité.
Franck MICHEL - Alain MIROITE - Charles GORINS - Nicolas DESHAYES - Christophe BIDAN - Yves BOURGOIN- Serge PREVILLE Lesly MIROITE - Nicolas GRICOURT - Céline MASCHI
Blois-Bobigny-Cayenne-Créteil-Evreux-Fort de France-Gosier-Le Mans-Marseille- Mulhouse-Nantes-Nevers-Orléans
Paris Flandrin-Paris La Fayette-Poitiers-Rennes-Rouen-Tours-Versailles
PH. CONTANT – B. CARDON – A. BARTOLUS
Administrateurs Judiciaires
SOCIÉTÉ DE TÔLERIE, DE DÉCOUPAGE ET D’EMBOUTISSAGE
• Clients industriels et premiers récurrents
• Implantée dans le département de l’Aube (10)
• CA 2016 : 1 534 797,66 €
• Efectif : 14 PERSONNES
DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES : 05/10/2018 À 12H00
Un dossier de présentation sera transmis sur demande écrite motivée auprès
de l’Étude après signature d’un engagement de conidentialité. [Réf. Étude : No 7664]
PH. CONTANT – B. CARDON – A. BARTOLUS
7, rue Pithou - BP 20080 - 10002 TROYES Cedex
Tél. : 03 25 73 97 98 - Fax 03 25 82 82 29
E-mail: contact@contant-cardon.fr
NIÈVRE
Activité : Constructeur d’équipements et de matériels de manutention
pour les secteurs agricoles, vinicoles, agro-alimentaires et industriels
Nombre de salariés : 12. Actifs : Bureau d’études intégré, machines spéciales pour les fabrications,
équipements de tôlerie chaudronnerie - cisaille et presse plieuse à commande numérique...etc,
tours , fraiseuse. Clientèle : France + Export (B to B).
Eléments comptables :
Exercice du 01/01/16 au 31/12/2016 : CA : 1 200 K€
Exercice du 01/01/17 au 31/12/17 : CA : 1 250 K€
L’accès aux informations (data-room électronique) sera possible après demande écrite précisant l’identité du Candidat-repreneur et justiiant de sa
capacité commerciale et inancière à intervenir sur cette afaire et après la régularisation d’un engagement de conidentialité.
Les candidats intéressés sont invités à déposer une ofre avant le lundi 1er octobre 2018 à 18 heures dernier délai en l’étude de :
Selarl AJUP, Maître Grégory WAUTOT, Administrateur Judiciaire
9 Place de Jaude – 63000 Clermont-Ferrand - Contact : d.picard@ajup.fr
CHIFFRE D’AFFAIRES AU 31 MARS 2018 : 6 674 K€ (12 mois)
EFFECTIF ACTUEL : 60 salariés (au 31 août 2018)
LA DATE LIMITE DE DÉPÔT DES OFFRES :VENDREDI 5 OCTOBRE 2018 À 12H00
Tout candidat doit se manifester par écrit auprès de :
SELARL AJ PARTENAIRES Maître Maurice PICARD - Administrateur Judiciaire
22, Rue du Cordier – CS 30107 – 01003 BOURG EN BRESSE
MERCI D’ÉCRIRE À :
TÉL : 04.74.45.92.00, FAX : 04.74.45.92.11, COURRIEL : jerome.abadie@ajpartenaires.fr
RECHERCHE REPRENEURS EN PLAN DE CESSION
(ART. L.642-1 ET S. DU CODE DE COMMERCE)
SOCIÉTÉ DE CONSEIL EN INFORMATIQUE
ACTIVITÉ :
Conseil et déploiement des outils CRM pour les entreprises ayant souscrit des licences Salesforce
CA 2016 : 1,9 M €, CA 2017 : 2,5 M €, CA 2018 : 2,4 M € (ESTIMÉ)
EFFECTIF : 26 salariés
septembre 2018 à 17h00
MERCI D’ÉCRIRE À :
THEVENOT PARTNERS - Maître Jonathan EL BAZE
Accès à une data room après description succincte du candidat et signature d’un engagement de conidentialité.
Merci d’indiquer la référence du dossier : VPF 3274
E-mail : vpfreudenreich@thevenotpartners.eu – fpolverelli@thevenotpartners.eu
RECHERCHE CANDIDATS REPRENEURS
Entreprise en Conciliation
Activité : charpente - Département : 47
Salariés à l’effectif : 45
CA au 30/09/2017 : 6 896 106 €
Date limite de dépôt des offres 29/09/2018 : à 18 heures à l’étude
Un dossier complet sera adressé sur demande écrite à :
SELARL « Vincent MEQUINION Administrateur Judiciaire »
6 rue d’Enghien 33000 BORDEAUX
Tél. : 05 56 56 91 93 – Fax : 05 56 56 91 92
Mail : stb@etude-mequinion.fr
APPEL D’OFFRES DE REPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCEDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
RECHERCHE REPRENEURS
EN PLAN DE CESSION
(Art. l.642-1 et s. du Code de Commerce)
ATELIERS DES JANVES (ADJ) :
activité de forge de bielles à destination
des secteurs automobiles et poids lourds.
ARDENNES MACHINING INDUSTRIES (AMI) :
activité de vente B2B de bielles usinées,
boitiers différentiels et autres pièces automobiles,
pour le compte d’ADJ et de clients propres.
CHIFFRES CLÉS :
- Part de marché européen de la bielle : évaluée à 30%
- Effectif consolidé : 350 salariés et 50 intérimaires.
CA CONSOLIDÉ :
2017 : 70 M €
2016 : 65 M €
EBITDA CONSOLIDÉ :
2016 : 1,8 M €
2017 : 6,3 M €
2016 : - 7,6 M €
2017 : - 0,6 M €
RN CONSOLIDÉ :
Date limite de depot des offres :
1ER OCTOBRE 2018 À 18H00
MERCI D’ÉCRIRE À :
THEVENOT PARTNERS
Me Jonathan EL BAZE
APPEL D’OFFRE POUR CESSION D’ENTREPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCÉDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
DÉBOUCHÉS : Collectivités / industriels / entreprises générales / particuliers / contrats
SCP THEVENOT PARTNERS - Maître Jonathan EL BAZE
Contact : vpfreudenreich@thevenotpartners.eu
2015 : - 0,5 M €
VENDREDI 21 SEPTEMBRE 2018 À 18H00
ACTIVITÉ : Bâtiment de second œuvre avec 3 pôles :
Génie climatique / travaux énergie – Maintenance/SAV – Toîtures
MARQUE : CARRE DE BOEUF
ACTIVITÉ : Boucherie en ligne
BUREAUX : 21, boulevard Poissonnière – 75002 PARIS
CA 2017 : 1 567 K € – CA 2016 : 1 749 K € – CA 2015 : 2 159 K €
RÉSULTAT D’EXPLOITATION : 2017 : - 190 K € – 2016 : - 172 K € – 2015 : - 97 K €
EFFECTIF : 1 salarié
Date limite de dépôt des offres : 5 octobre 2018 à 17 heures
2015 : 1,2 M €
Me Alexandre BONETTO
aux ins d’obtenir, contre signature d’une lettre de conidentialité
à récupérer sur le site www.ajilink.fr, les codes d’accès à la dataroom
électronique. Les offres de reprise devront être déposées en l’étude
de l’Administrateur Judiciaire au plus tard le :
RECHERCHE D’OFFRES DE CESSION
SA ENTREPRISE NOUVEAU
(39110 SALINS LES BAINS)
(ART. L.642-1 ET S. DU CODE DE COMMERCE)
BOUCHERIE EN LIGNE
2015 : 69 M €
Emmanuel DOUHAIRE
Frédéric AVAZERI
Alexandre BONETTO
Administrateurs Judiciaires Associés
23/29 rue Haxo
13001 MARSEILLE
Tél. : 04.91.54.06.87
Mail : douhaire-avazeri@ajilink.fr
www.ajilink.fr
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
Toute personne intéressée par la reprise d’une entreprise exploitant
un concept store à Marseille soit restaurant bio et végétarien
et Vente de vêtements et d’accessoires en lien avec l’écologie
Chiffre d’affaires sur 10 mois: +/- 210.000 €
Effectif: 4 salariés
est priée de se manifester dans les meilleurs délais
auprès de l’Administrateur Judiciaire :
(articles L.642-22 et R.642-40 du Code de Commerce)
APPEL D’OFFRES DE REPRISE
RECHERCHE DE PARTENAIRE OU DE REPRENEUR EN
PLAN DE CESSION
Date limite de dépôt des offres : 28
APPEL D’OFFRES
AJRS
M Philippe JEANNEROT
e
Accès à une data room après signature d’un engagement de conidentialité
et communication d’un dossier de présentation justiiant d’une capacité
inancière et industrielle adaptée aux adresses suivantes :
Emails : paulhenri.audras@aj-rs.com
lbeal@thevenotpartners.eu
cvautier@thevenotpartners.eu
Activité : garage – parking
Localisation : rue de Ponthieu, 75008 Paris
Surface : environ 1330 M2
RECHERCHE DE CADIDATS REPRENEURS OU INVESTISSEURS
DANS LE CADRE D’UN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
ACTIVITÉ : Fabrication – Installation maintenance de fours
et matériels agroalimentaires.
CA EXERCICE 2016 (12 MOIS) : 2 201 K €
PERSONNEL : 5 salariés.
Dans le cadre d’une reprise, l’Administrateur Judiciaire invite les candidats
intéressés à prendre contact avec l’Étude de Maître HOUPLAIN :
46, Promenade Jean Rostand, 93011 BOBIGNY Cedex
Tél. : 01 48 30 29 29 – Fax : 01 48 30 00 33
contact@etude-houplain.fr
Date limite de dépôt des offres :
LUNDI 1ER OCTOBRE 2018 à 17h00
APPEL D’OFFRES DE REPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCEDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
(Article L642-2 du code de commerce)
Date limite de dépôt des offres : 01/10/2018 à 12h00
Activité : Réalisation de nettoyage industriel et de travaux spéciaux
Localisation : Montrouge (92 120)
Chiffre d’affaires : 2017 : 322 K € - 2016 : 317 K €
Effectif : 8 salariés (ETP)
Date limite de dépôt des offres : 25/09/2018 à 12h00
POUR TOUS RENSEIGNEMENTS
SELARL AJRS - Administrateurs Judiciaires
Maître Francisque GAY
3, Avenue de Madrid - 92200 NEUILLY/SEINE
Mail : francisque.gay@aj-rs.com / thomas.pebarthe@aj-rs.com
L’accès à une data room électronique sera autorisé après la régularisation d’un engagement
de conidentialité et une présentation succincte du candidat à la reprise
POUR TOUS RENSEIGNEMENTS
SELARL AJRS - Administrateurs Judiciaires
Maître Thibaut MARTINAT
3, Avenue de Madrid - 92200 NEUILLY/SEINE
Mail : thibaut.martinat@aj-rs.com / thomas.pebarthe@aj-rs.com
L’accès à une data room électronique sera autorisé après la régularisation d’un engagement
de conidentialité et une présentation succincte du candidat à la reprise
APPEL D’OFFRES DE REPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCÉDURE COLLECTIVE
(Article L642-2 du Code de Commerce)
Activité : Pizzeria
Localisation : Courbevoie (92400)
Chiffre d’affaires : 2017 : 198 K € - 2016 : 252 K €
Effectif : 3 salariés
Date limite de dépôt des offres : 21/09/2018 à 18h00
POUR TOUS RENSEIGNEMENTS
SELARL AJRS - Administrateurs Judiciaires
Maître Thibaut MARTINAT
3, Avenue de Madrid - 92200 NEUILLY/SEINE
Mail : thibaut.martinat@aj-rs.com / thomas.pebarthe@aj-rs.com
L’accès à une data room électronique sera autorisé après la régularisation d’un engagement
de conidentialité et une présentation succincte du candidat à la reprise
APPEL D’OFFRES DE REPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCEDURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
(Article L642-2 du Code de Commerce)
APPEL D’OFFRES DE REPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCÉDURE COLLECTIVE
(Article L642-2 du Code de Commerce)
Activité : Imprimeur numérique et reprographie
Localisation : Gennevilliers
Chiffre d’affaires : mars 2018 : 332 K € - mars 2017 : 406 K €
Effectif : 5 salariés
Date limite de dépôt des offres : 28/09/2018 à 12h00
POUR TOUS RENSEIGNEMENTS
SELARL AJRS - Administrateurs Judiciaires
Maître Francisque GAY
3, Avenue de Madrid - 92200 NEUILLY/SEINE
Mail : francisque.gay@aj-rs.com / francoise.bro@aj-rs.com
L’accès à une data room électronique sera autorisé après la régularisation d’un engagement
de conidentialité et une présentation succincte du candidat à la reprise
APPEL D’OFFRES DE REPRISE DANS LE CADRE
D’UNE PROCÉDURE COLLECTIVE
(Article L642-2 du code de commerce)
Activité : Crêperie
Localisation : Boulogne-Billancourt (92100)
Chiffre d’affaires : 2016 : 120 K €
Effectif : 1 salarié
Date limite de dépôt des offres : 24/09/2018 à 12h00
Activité : Négoce de matériaux de construction et de rénovation
Localisation : Nièvre
Chiffre d’affaires : 2017 : 2 385 K € - 2016 : 1 722 K €
Effectif : 7 salariés
Date limite de dépôt des offres : 27/09/2018 à 12h00
POUR TOUS RENSEIGNEMENTS
SELARL AJRS - Administrateurs Judiciaires
Maître Thibaut MARTINAT
3, Avenue de Madrid - 92200 NEUILLY/SEINE
Mail : thibaut.martinat@aj-rs.com / thomas.pebarthe@aj-rs.com
L’accès à une data room électronique sera autorisé après la régularisation d’un engagement
de conidentialité et une présentation succincte du candidat à la reprise
POUR TOUS RENSEIGNEMENTS
SELARL AJRS - Administrateurs Judiciaires
Maître Thibaut MARTINAT
3, Avenue de Madrid - 92200 NEUILLY/SEINE
Tél. : 01 55 62 06 40 / Mail : thibaut.martinat@aj-rs.com
L’accès à une data room électronique sera autorisé après la régularisation d’un engagement
de conidentialité et une présentation succincte du candidat à la reprise
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Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
ADMINISTRATEUR JUDICIAIRE
111 bd de Lattre de Tassigny
CS 14235
35042 RENNES CEDEX
Tél.: 02 99 14 40 14
Fax: 02 99 14 40 15
Mail: etude@aj-gautier.com
Internet: www.aj-gautier.com
Conciliation – Pré pack cession
RECHERCHE PRISE DE PARTICIPATION OU PLAN DE
CESSION DES ACTIFS, CONFORMEMENT AUX DISPOSITIONS
DE L’ARTICLE L642-1 DU CODE DE COMMERCE
Sophie GAUTIER
Activité:
Pose de plaques de plâtre
Clientèle:
Promoteurs 35 et 44
CA2017:
5 605 K€
Efectif:
43 salariés
Localisation: 35
Date limite de dépôt des ofres :
Une data room électronique hébergée sur notre site www.aj-gautier.com
sera accessible après signature d’un engagement de conidentialité
et présentation du candidat repreneur.
Maître Frédéric
BRUNET
ENTREPRISE GENERALE DE BATIMENT
ENTREPRISE INDUSTRIELLE
EN RÉGION PARISIENNE
Me Carole Martinez
22 rue de l’Arcade
75008 Paris
www.aj-2m.com
Jeudi 20 septembre 2018 à 11h00
RECHERCHE PARTENAIRES / REPRENEURS
Article L.611-7 alinéa 1er du Code de commerce
SELARL V&V
Maître Daniel VALDMAN
Maître Stéphane VERMUE
Administrateurs Judiciaires Associés
• Activité : Concepion, réalisaion, maintenance et entreien
d’équipement de compression de gaz divers.
• Chifre d’afaires HT 2016 : 3 330K€.
• Chifre d’afaires HT 2017 : 3 135K€.
• Efectif : 24 salariés (CDI).
Contact
Marine Pace
Tél. +33 (0)1 43 12 30 00
Fax. +33 (0)1 43 87 16 18
m.pace@aj-2m.com
Maître Stéphane VERMUE
35 Rue Victor Basch
02100 SAINT-QUENTIN
LUNDI 1ER OCTOBRE 2018 À 11H00
Tél. : 03 23 05 64 44
e-mail : saint-quentin@reajir.fr
siège social : VILLEPINTE (93420)
Tél : 01 48 30 29 29
Fax : 01 48 30 00 33
Activité : Fabrication et distribution de
vêtements de prêt à porter pour femmes
Marque : SYM
Efectif : 118 salariés
Chifre d’afaires 2016 : 13 M€
Nbre de succursales : 57 sur toute la
France
Nbre d’ailiés : 23 sur toute la France
Redressement judiciaire a été ouvert par le
Tribunal de Commerce de BOBIGNY par
jugement en date du 10/07/2018.
Maîtres HOUPLAIN et BRUNET ont été
désignés en qualité d’administrateurs judiciaires.
Ces derniers invitent tout candidat intéressé par
la reprise de cette société à leur adresser une
ofre de rachat conformément aux dispositions
de l’article L 642-1 du Code de Commerce
contact@etude-houplain.fr
au plus tard le 26 septembre 2018 à 15h00
Tél : 01 60 24 41 34
Fax : 01 60 24 82 74
brunet-aj@wanadoo.fr
Maître Bernard
HOUPLAIN
Administrateur
judiciaire
46, Promenade
Jean Rostand
93000 BOBIGNY
Tout dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort émanant
du candidat, justiiant de sa qualité et de sa capacité à présenter une éventuelle offre.
RECHERCHE PARTENAIRES / REPRENEURS
CESSION D’ENTREPRISE
Administrateur
judiciaire
1, Allée Jacques
Prévert
77100 MEAUX
COMMENTAIRES: Cette entreprise générale de bâtiment, tous corps
d’état, bénéicie d’un savoir-faire reconnu depuis plusieurs décennies
sur la place de REIMS. Elle dispose de locaux fonctionnels et bien
situés, au loyer modéré.
Date du redressement judiciaire: 10 juillet 2018
La date limite de dépôt des offres de reprise / partenariat est ixée au:
CONTACT:
Les ofres tendant au mainien de tout ou parie de l’acivité de l’entreprise
devront être soumises, au plus tard le 05/10/2018 à 17h.
Un dossier de présentaion peut être obtenu sur demande écrite moivée
jusiiant d’une capacité inancière, industrielle ou commerciale adaptée,
après signature d’un engagement de conidenialité.
Implantation: Marne (51), LES MESNEUX
CA HT au 31/08/2017 : 1.590 K€
Personnel: 18 salariés
SELARL V&V
Maître Daniel VALDMAN
Maître Stéphane VERMUE
Administrateurs Judiciaires Associés
RECHERCHE REPRENEURS EN PLAN DE CESSION
(ART. L.642-2 DU CODE DE COMMERCE)
CONTACT:
• Activité : Fabricaion et pose de charpentes bois (industrielles et tradi-
ionnelles) et de structures en ossature bois.
• Clientèle : Constructeurs de maisons individuelles, charpeniers,négoces du bâiment, promoteurs,entreprises générales, pariculiers,
architectes.
• Chifre d’afaires HT : 40 152K € (2016) - 43 090K € (2017).
• Localisation : France (siège et 11 sites industriels sur 4 régions).
• Efectifs : 300 personnes.
Maître Stéphane VERMUE
35, Rue Victor Basch
02100 SAINT-QUENTIN
LA TRANSFORMATION, LE STOCKAGE
ET LA VENTE DE PAPIER
Implantation: AISNE (02)
CA HT au 31/09/2017 : 4 M€ HT
Personnel: 15 salariés
Clients : Éditeurs, imprimeurs, papetiers…
COMMENTAIRES: Cette société, située dans le sud du département de
l’Aisne, a pour activité l’achat, la transformation et la vente de lots de papier
auprès d’une clientèle principalement constituée d’éditeurs, d’imprimeurs
et de papetiers. Les locaux, pris à bail, sont implantés sur près de 40 000 m2.
La date limite de dépôt des offres de reprise / partenariat est ixée au:
Tél. : 03 23 05 64 44
Fax : 03 23 64 11 60
e-mail : saint-quentin@reajir.fr
MARDI 25 SEPTEMBRE 2018 À 11H00
Tout dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort émanant
du candidat, justiiant de sa qualité et de sa capacité à présenter une éventuelle offre.
RECHERCHE REPRENEURS
Les ofres tendant au mainien de tout ou parie de l’acivité de l’entreprise
devront être déposées chez lez Administrateurs Judiciaires , au plus tard
le 01/10/2018 à 17h et adressées par courriel aux adresses suivantes :
charpentesfrancaises@aj-2m.com et charpentesfrancaises@aj-gauier.com
Une data room virtuelle est mise en place. L’accès à cette data room
peut être obtenu sur demande écrite motivée justifiant d’une capacité financière,
industrielle ou commerciale adaptée, et après signature d’un engagement
de confidentialité à l’adresse suivante : charpentesfrancaises@aj-2m.com
et charpentesfrancaises@aj-gautier.com
Me Carole Martinez
Me Sophie Gautier
Contacts
22 rue de l’Arcade
charpentesfrancaises@aj-2m.com 111 bd de Latre de Tassigny
75008 Paris
CS 14235
charpentesfrancaises@aj-gauier.com
www.aj-2m.com
35042 Rennes Cedex
Tel : 01 43 12 30 00 et 02 99 14 40 14
RESTAURANT GASTRONOMIQUE DE POISSONS
ET FRUITS DE MER
SELARL V&V
Maître Daniel VALDMAN
Administrateur Judiciaire Associé
Marion DHALLEINE
23, Rue Emile Zola
80000 AMIENS
Implantation: PICARDIE – BAIE DE SOMME (80)
CA HT au 31/12/2016: 991 K€ – CA HT au 31/12/2017: 962 K€
Personnel: 12 salariés
COMMENTAIRES: Ce restaurant, institution depuis les années 60,
est idéalement situé en bord de mer. Il dispose de trois salles d’une capacité
de 130 couverts, d’une vue panoramique sur la Baie de Somme et d’une
terrasse. L’établissement dispose également de trois chambres d’hôtes.
La cession des murs peut également être envisagée.
Date du redressement judiciaire: 12 avril 2018
La date limite de dépôt des offres de reprise est ixée au:
Tél. : 03 22 92 96 18
Fax : 03 22 92 96 22
e-mail : amiens@reajir.fr
Tout dossier de présentation sera remis sur la base d’une lettre de confort émanant
du candidat, justiiant de sa qualité et de sa capacité à présenter une éventuelle offre.
CONTACT:
VENDREDI 28 SEPTEMBRE 2018 À 12H00
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smedard@lesechosmedias.fr
SARAH MEDARD : 01 87 39 74 94
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NEXITY
Société anonyme
au capital de 280 648 620 euros
Siège Social : 19, rue de Vienne – TSA 50029
75801 PARIS Cedex 08
444 346 795 RCS Paris
(la « Société »)
NEXITY
Société anonyme
au capital de 280 648 620 euros
Siège Social : 19, rue de Vienne – TSA 50029
75801 PARIS Cedex 08
444 346 795 RCS Paris
(la « Société »)
Emprunt obligataire d’un montant nominal total de 25.000.000 d’euros
portant intérêt au taux de 3,252 % l’an et venant à échéance le 5 mai 2020
(Code ISIN FR0011883222)
(les « Obligations »)
Emprunt obligataire d'un montant nominal total de 146.000.000 d’euros
portant intérêt au taux de 3,522 % l'an et venant à échéance le 5 mai 2021
(Code ISIN FR0011883255)
(les « Obligations »)
AVIS DE CONVOCATION DES PORTEURS D'OBLIGATIONS
AVIS DE CONVOCATION DES PORTEURS D'OBLIGATIONS
L’assemblée générale (l’« Assemblée Générale ») des porteurs
d’Obligations (les « Porteurs ») est convoquée par le Conseil
d’administration de la Société à se réunir le 28 septembre 2018 à
10h00 sur première convocation et, si nécessaire, le 9 octobre 2018
à 10h00 sur seconde convocation, au 66 avenue Marceau, 75008
Paris, France, en vue de délibérer sur l’ordre du jour suivant :
Les termes utilisés dans la présente, non déinis et commençant par
une majuscule ont le sens qui leur est attribué dans les Modalités
des Obligations 2020.
ORDRE DU JOUR
- Modification des définitions d’« Endettement Net Consolidé »,
d’« EBITDA Consolidé » et de « Coût de l’Endettement Financier
Net » figurant respectivement aux articles 4.1 (Ratio de Structure),
4.2 (Ratio de Levier) et 4.3 (Ratio de Couverture des Frais
Financiers) des Modalités des Obligations 2020 pour neutraliser
l’impact de la norme IFRS 16 sur ces définitions ;
- Modification de la définition d’« EBITDA Consolidé » pour
l’harmoniser avec les nouvelles règles de communication
financière du Groupe et suppression corrélative de la définition de
« Résultat Opérationnel Consolidé » figurant à l’article 4.2 (Ratio de
Levier) des Modalités des Obligations 2020 ;
- Mise à disposition des Porteurs des documents ayant servi au
cours de l’Assemblée Générale ; et
- Pouvoirs pour l’accomplissement des formalités.
Conditions de participation à l’Assemblée Générale
Tout Porteur, quel que soit le nombre d’Obligations qu’il possède,
a le droit de participer à l’Assemblée Générale dans les conditions
légales et réglementaires en vigueur.
Conformément à l’article R.228-71 du Code de commerce, seuls
seront admis à assister à l’Assemblée Générale les Porteurs qui
auront justifié de cette qualité au jour de l’Assemblée Générale par
l’enregistrement comptable des Obligations à leur nom ou au nom
de l’intermédiaire inscrit pour leur compte.
Pour justifier de leur droit, les Porteurs seront tenus de présenter une
attestation d’inscription en compte datée au plus tard à cette date
pouvant être obtenue auprès de l’intermédiaire habilité concerné.
Cette attestation devra, le cas échéant, être annexée au formulaire
de vote par correspondance ou de procuration signé.
Modes de participation à l’Assemblée Générale
Pour participer à l’Assemblée Générale, les Porteurs peuvent choisir
entre l’une des formules suivantes :
- y assister personnellement ;
- voter par correspondance ; ou
- donner une procuration :
• au Président de l’Assemblée Générale : dans ce cas, le Porteur
concerné remplit un formulaire de pouvoir sans indication de
mandataire ; ou
• à tout mandataire de son choix, à l’exception des personnes
mentionnées aux articles L.228-62 et L.228-63 du Code de
commerce : dans ce cas, le Porteur remplit un formulaire de
pouvoir en indiquant les nom(s), prénom(s) et adresse de son
mandataire.
Tout Porteur souhaitant voter par correspondance ou procuration
peut solliciter auprès de la Société, six jours au moins avant la date
de l’Assemblée Générale, soit le 22 septembre 2018 au plus tard, le
formulaire unique de vote par correspondance ou procuration prévu
à l’article R.225-79 du Code de Commerce.
Il est rappelé que le vote par correspondance est exclusif du vote
par procuration.
Seuls les formulaires dûment complétés, signés et accompagnés
de la justification de la propriété des Obligations parvenus au
siège social de la Société au plus tard trois jours avant la date
de l’Assemblée Générale, soit le 25 septembre 2018 au plus tard,
seront pris en considération.
Les votes par correspondance ou pouvoirs ainsi adressés à la
Société conserveront tous leurs effets pour toute autre assemblée
générale réunie à l’effet de délibérer sur le même ordre du jour en
cas de remise pour défaut de quorum ou toute autre cause.
Il n’est pas prévu de vote par des moyens électroniques de
télécommunication pour cette Assemblée Générale et, de ce fait,
aucun site visé à l’article R. 225-61 du Code de commerce ne sera
aménagé à cette fin.
Le Porteur qui a déjà exprimé son vote à distance ou envoyé un
pouvoir peut à tout moment céder tout ou partie de ses Obligations.
Si la cession intervient avant le jour de l’Assemblée Générale, la
Société invalidera ou modifiera en conséquence le vote exprimé à
distance ou le pouvoir. À cette fin, l’intermédiaire habilité teneur de
compte-titres devra signaler la cession à la Société et lui transmettre
les informations nécessaires.
Droit de communication des Porteurs
Conformément aux dispositions légales et réglementaires et
aux Modalités des Obligations 2020, le rapport du Conseil
d’administration de la Société et le texte des résolutions proposées
qui doivent être communiqués dans le cadre de l’Assemblée
Générale seront mis à la disposition des Porteurs pendant un délai
de quinze (15) jours calendaires précédant la date de l’Assemblée
Générale (i) au siège social de la Société situé 19 rue de Vienne,
75008 Paris, France ou (ii) sur simple demande adressée à la
Société par courrier au 19 rue de Vienne, 75008 Paris, France
(Attention : Monsieur Jean Marie PALU) ou par e-mail à l’adresse
suivante : JMPALU@nexity.fr.
L'assemblée générale (l’« Assemblée Générale ») des porteurs
d'Obligations (les « Porteurs ») est convoquée par le Conseil
d'administration de la Société à se réunir le 28 septembre 2018 à
10h30 sur première convocation et, si nécessaire, le 9 octobre 2018
à 10h30 sur seconde convocation, au 66 avenue Marceau, 75008
Paris, France, en vue de délibérer sur l'ordre du jour suivant :
Les termes utilisés dans la présente, non déinis et commençant par
une majuscule ont le sens qui leur est attribué dans les Modalités
des Obligations 2021.
ORDRE DU JOUR
- Modification des définitions d'« Endettement Net Consolidé »,
d'« EBITDA Consolidé » et de « Coût de l'Endettement Financier
Net » figurant respectivement aux articles 4.1 (Ratio de Structure),
4.2 (Ratio de Levier) et 4.3 (Ratio de Couverture des Frais
Financiers) des Modalités des Obligations 2021 pour neutraliser
l'impact de la norme IFRS 16 sur ces définitions ;
- Modification de la définition d'« EBITDA Consolidé » pour
l'harmoniser avec les nouvelles règles de communication
financière du Groupe et suppression corrélative de la définition de
« Résultat Opérationnel Consolidé » figurant à l’article 4.2 (Ratio de
Levier) des Modalités des Obligations 2021 ;
- Mise à disposition des Porteurs des documents ayant servi au
cours de l'Assemblée Générale ; et
- Pouvoirs pour l’accomplissement des formalités.
Conditions de participation à l’Assemblée Générale
Tout Porteur, quel que soit le nombre d'Obligations qu'il possède,
a le droit de participer à l'Assemblée Générale dans les conditions
légales et réglementaires en vigueur.
Conformément à l'article R.228-71 du Code de commerce, seuls
seront admis à assister à l'Assemblée Générale les Porteurs qui
auront justifié de cette qualité au jour de l'Assemblée Générale par
l'enregistrement comptable des Obligations à leur nom ou au nom
de l'intermédiaire inscrit pour leur compte.
Pour justifier de leur droit, les Porteurs seront tenus de présenter une
attestation d'inscription en compte datée au plus tard à cette date
pouvant être obtenue auprès de l'intermédiaire habilité concerné.
Cette attestation devra, le cas échéant, être annexée au formulaire
de vote par correspondance ou de procuration signé.
Modes de participation à l’Assemblée Générale
Pour participer à l'Assemblée Générale, les Porteurs peuvent choisir
entre l'une des formules suivantes :
- y assister personnellement ;
- voter par correspondance ; ou
- donner une procuration :
• au Président de l'Assemblée Générale : dans ce cas, le Porteur
concerné remplit un formulaire de pouvoir sans indication de
mandataire ; ou
• à tout mandataire de son choix, à l’exception des personnes
mentionnées aux articles L.228-62 et L.228-63 du Code de
commerce : dans ce cas, le Porteur remplit un formulaire de
pouvoir en indiquant les nom(s), prénom(s) et adresse de son
mandataire.
Tout Porteur souhaitant voter par correspondance ou procuration
peut solliciter auprès de la Société, six jours au moins avant la date
de l'Assemblée Générale, soit le 22 septembre 2018 au plus tard, le
formulaire unique de vote par correspondance ou procuration prévu
à l'article R.225-79 du Code de Commerce.
Il est rappelé que le vote par correspondance est exclusif du vote
par procuration.
Seuls les formulaires dûment complétés, signés et accompagnés
de la justification de la propriété des Obligations parvenus au
siège social de la Société au plus tard trois jours avant la date
de l'Assemblée Générale, soit le 25 septembre 2018 au plus tard,
seront pris en considération.
Les votes par correspondance ou pouvoirs ainsi adressés à la
Société conserveront tous leurs effets pour toute autre assemblée
générale réunie à l'effet de délibérer sur le même ordre du jour en
cas de remise pour défaut de quorum ou toute autre cause.
Il n'est pas prévu de vote par des moyens électroniques de
télécommunication pour cette Assemblée Générale et, de ce fait,
aucun site visé à l'article R. 225-61 du Code de commerce ne sera
aménagé à cette fin.
Le Porteur qui a déjà exprimé son vote à distance ou envoyé un
pouvoir peut à tout moment céder tout ou partie de ses Obligations.
Si la cession intervient avant le jour de l'Assemblée Générale, la
Société invalidera ou modifiera en conséquence le vote exprimé à
distance ou le pouvoir. À cette fin, l'intermédiaire habilité teneur de
compte-titres devra signaler la cession à la Société et lui transmettre
les informations nécessaires.
Droit de communication des Porteurs
Conformément aux dispositions légales et réglementaires et
aux Modalités des Obligations 2021, le rapport du Conseil
d'administration de la Société et le texte des résolutions proposées
qui doivent être communiqués dans le cadre de l'Assemblée
Générale seront mis à la disposition des Porteurs pendant un délai
de quinze (15) jours calendaires précédant la date de l'Assemblée
Générale (i) au siège social de la Société situé 19 rue de Vienne,
75008 Paris, France ou (ii) sur simple demande adressée à la
Société par courrier au 19 rue de Vienne, 75008 Paris, France
(Attention : Monsieur Jean Marie PALU) ou par e-mail à l'adresse
suivante : JMPALU@nexity.fr.
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot. Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
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LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
START
TRIBUNE //
NICOLAS
REBOUD
Cofondateur-PDG
de Shine
Un SMIC
pour les
free-lances ?
Bientôt la fin du sacro-saint
CDI ? Si le salariat est toujours
plébiscité par 70 % des Français, près d’un jeune sur deux
estime plus enviable d’être à son
compte, selon une étude du Credoc. Les nouveaux entrants sur
le marché du travail veulent
choisir leur emploi du temps,
leurs missions, leur lieu de travail. Ils trouvent dans le freelancing des relations plus équilibrées avec leur employeurclient et une meilleure mise en
valeur de leurs compétences. Le
salariat serait alors davantage
un moyen qu’une fin en soi : s’il
reste privilégié par la majorité
des Français, c’est pour la protection qu’il offre. A contrario, le
travail indépendant est encore
largement associé à l’absence
de protection face au chômage.
Comment redonner ses lettres de noblesse au travail indépendant et éloigner ainsi le
spectre inquiétant d’une précarisation liée à la « gig economy » ? Plusieurs solutions
ont été avancées : création d’un
statut entre le salariat et l’indépendance, protection en cas de
chômage ou de litige… Pourquoi ne pas imaginer également un « taux journalier minimum » ? De nombreux freelances établissent leur « taux
journalier » en s’alignant sur les
prix proposés par leurs concurrents (souvent à la baisse pour
gagner en compétitivité), sans
intégrer les frais nécessaires à
une meilleure protection
sociale. S’il est illusoire d’envisager un revenu mensuel minimum du free-lance, il est possible de calculer le montant
minimum à facturer par jour
(ou par heure) pour bénéficier
d’une protection comparable à
celle d’un salarié. Ce « taux journalier minimum » pourrait
faire l’objet d’une négociation
par branche professionnelle et
être inscrit dans les conventions collectives.
Les free-lances sont essentiels pour répondre aux défis du
futur du travail (recherche de
flexibilité, difficultés de recrutement dans le numérique, baisse
de confiance envers l’entreprise…). Imaginons le cadre
légal qui leur permettrait de
bénéficier de meilleures garanties sociales et d’occuper ainsi la
place qui leur revient pleinement dans notre société.
Nicolas Reboud est membre
de The Galion Project, le think
tank des entrepreneurs
en hypercroissance,
et cofondateur-PDG
de la start-up Shine.
U
La plate-forme de création vidéo automatisée
Wibbitz annonce un partenariat avec Birchbox. L’entreprise de box beauté sur abonnement utilisera notamment les modèles de vidéo préconçus par Wibbitz pour ses réseaux sociaux. Cet outil
permet en effet de décliner rapidement les vidéos produites dans des formats adaptés aux différents réseaux.
16
LE PRODUIT
-
MILLIONS D’EUROS
Le montant levé par Yoco, une
start-up sud-africaine, notamment auprès de Partech. Créée en
2015, cette jeune pousse fournit
des terminaux de paiement et des
logiciels de caisse.
La plate-forme Travauxlib, qui accompagne les particuliers dans leurs travaux
de rénovation, lance un service de visioconférence. Ce dernier permettra d’estimer le prix
des travaux avant d’acheter un bien. Les futurs propriétaires pourront filmer leur visite avec leur
smartphone, et un expert Travauxlib leur fera l’estimation en direct, ce qui leur permettra de négocier
le prix d’achat en fonction.
L’argent continue d’affluer
massivement dans la French Tech
l Les start-up françaises ont levé un total de 1,95 milliard d’euros au premier semestre.
l Un record qui s’explique notamment par le financement de sociétés plus matures.
LEVÉES DE FONDS
Guillaume Bregeras
@gbregeras
A force de le répéter, la prophétie
va finir par se réaliser. En levant
1,95 milliard d’euros lors du premier
semestre 2018, selon le baromètre
EY, la French Tech se rapproche
encore un peu plus du leader européen, le Royaume-Uni avec ses
3 milliards d’euros. Ce montant, historique, marque une croissance de
61 % par rapport au premier semestre de l’année précédente, ce qui
n’avait jamais été vu en France,
avoue Franck Sebag, associé EY :
« C’est la plus forte progression, d’un
semestre à l’autre, que nous avons
enregistrée depuis les débuts de ce
baromètre en 2013, ce qui veut probablement dire que nous finirons sur
une année historique où les investissements dans les start-up françaises
vont dépasser les 3 milliards d’euros. »
Un ticket moyen
en très forte hausse
La bonne nouvelle de ce baromètre
est la hausse du montant moyen,
passant de 4 à 5,8 millions entre
les six premiers mois de 2017 et
ceux de 2018. « Dans l’écosystème,
on a coutume de dire que la France
est très forte en amorçage, mais cette
fois un cap a été franchi, analyse
Franck Sebag. Les entreprises sont
davantage financées, notamment
grâce à la présence de plus en plus
marquée de fonds étrangers. » Sur
les cinq premières levées de fonds
de 2018, quatre enregistrent le soutien d’investisseurs venus des EtatsUnis, d’Angleterre ou d’Allemagne.
Une présence que l’on retrouve
dans l’ensemble des tours de table
supérieurs à 25 millions d’euros,
ce qui a pour effet de doper les
montants levés.
Sans surprise, la région Ile-deFrance accueille la très grande
majorité des start-up financées
entre janvier et juin dernier, et
représente 73 % de la valeur créée.
Suivent l’Auvergne-Rhône-Alpes
avec 7 % des investissements,
puis l’Occitanie avec 5 %. On note
également une importante progression en Nouvelle-Aquitaine
(de 14 millions d’euros levés au
premier semestre 2017 contre
41 millions en 2018) et un net recul
dans les Pays de la Loire (34 en 2017
contre 20 en 2018).
Habituellement faible sur les
tickets très élevés, supérieurs à
100 millions d’euros (« growth
equity »), la France se distingue
aussi cette année grâce à Voodoo.
Cette start-up créée il y a cinq ans
et positionnée dans le secteur du
jeu vidéo, principalement sur
mobile, a réuni 169 millions d’euros
notamment auprès de Goldman
Sachs. Si le Royaume-Uni a enregistré cinq opérations de cette nature
et l’Allemagne trois durant la même
période, c’est tout de même le signal
que la French Tech attendait pour
démontrer sa capacité à produire
des champions mondiaux. « Avec
Deezer dont la levée de 160 millions
s’est effectuée cet été et d’autres opérations qui vont être annoncées dans
les mois à venir, l’écosystème prouve
sa capacité à financer les entreprises
tech à la hauteur de leurs ambitions », assure Franck Sebag.
Trop peu de pistes
de sortie
Et ce niveau de tour de table devrait
encore se reproduire, mécaniquement, dans les années à venir puisque l’on a constaté le doublement
des start-up qui ont glané entre
10 et 50 millions d’euros (de 27 à
54 entreprises), lors de ce premier
semestre, et qui seront en capacité
de prétendre, dans les deux à trois
années à venir, à des levées de fonds
supérieures à 100 millions d’euros si
leur croissance se maintenait.
Reste une interrogation clef face
à cet afflux de capitaux : Quelles
perspectives de sortie ces jeunes
pousses vont pouvoir offrir à leurs
investisseurs. En levant 100 millions d’euros, leur valorisation peut
dépasser les 300 millions, ce qui
dessine une sortie proche du milliard d’euros pour rentrer dans les
taux de rentabilité interne (TRI) traditionnels des fonds. Et là, mis à
part les introductions en Bourse de
Criteo et de Talend, la French Tech
ne peut pas encore s’appuyer sur
des exemples concrets. n
Blockchain Studio facilite l’accès
à la blockchain aux entreprises
TECHNOLOGIE
La start-up lève
1,9 million d’euros
auprès d’Engie
New Business.
Elle a mis au point
un outil permettant
de développer facilement un projet
sur la blockchain.
Déborah Loye
@Loydeborah
Née d’une technologie créée pour
faciliter l’expérience de candidats lors d’un challenge innovation chez Engie, la start-up Blockchain Studio voit aujourd’hui le
groupe énergétique entrer à son
capital avec une levée de fonds de
1,9 million d’euros en amorçage.
Blockchain Studio développe un
outil permettant de rendre la
technologie blockchain plus
accessible aux entreprises. Au
même titre que WordPress facilite
la création de sites Web, leur outil
facilite l’utilisation de cette technologie, « il permet le développement de
smart contracts pour les développeurs ainsi que la création de logiciels métiers », explique Corentin
Denoeud, cofondateur de l’entreprise.
La start-up compte déjà Maltem,
qui a développé une partie du logiciel, à son capital. Engie fait de son
côté un investissement cohérent
avec ses ambitions de développement, puisque l’entreprise se positionne sur la blockchain depuis plusieurs années. « Nous avons déjà
commercialisé une solution de certification de production d’énergie
renouvelable », indique Etienne
Diane Arques/ADAGP, 2018
Tony Trichanh
UP
REBOND
Gehain, responsable de l’innovation digitale chez Engie.
Un défi pour les entreprises
La commercialisation de solutions
intégrant cette technologie encore
jeune reste un défi pour les entreprises. Seulement 15 % d’entre elles ont
un projet blockchain « déjà établi »,
alors que près d’un tiers ont des projets en développement, selon une
étude publiée mercredi par PwC.
Pour les cofondateurs de Blockchain Studio, cette difficulté à concrétiser les POC (preuves de concept)
tient à la fois au nombre restreint de
développeurs blockchain dans les
équipes et à leur capacité à gérer la
sécurité des projets. Le manque de
confiance en cette technologie est, en
effet, cité comme un obstacle à son
déploiement par 48 % des répondants de l’étude PwC.
L’enjeu se situe notamment
autour de la gestion de l’identité sur
Vincent Le Gallic et Corentin Denoeud ont fondé Blockchain
Studio pour faciliter l’accès à cette technologie.
blockchain. Elle se fait à travers une
clef privée, qui est parfois transmise
à trop de monde et par des canaux
peu sécurisés. L’outil de Blockchain
Studio promet d’offrir la possibilité
de choisir qui a accès à la clef sans la
diffuser, en utilisant les systèmes
d’authentification des entreprises.
La start-up a choisi d’être agnostique en termes de protocole (bitcoin,
ethereum…) ainsi que de types de
blockchain (publique, autorisée,
proof of work, proof of authority
– autant de concepts qui définissent
qui peut interagir avec la blockchain et dans quelles conditions).
« Les utilisateurs choisissent dans
quel contexte ils souhaitent développer leur projet, et notre outil leur permet de devenir rapidement acteur de
la blockchain en leur mettant un
nœud à disposition », indique
Vincent Le Gallic, CTO et cofondateur de l’entreprise.
Blo ckchain Studio compte
aujourd’hui 10 employés, et souhaite embaucher 15 personnes d’ici
à 2019. Alors que l’outil sera commercialisé en France début octobre,
les cofondateurs souhaitent se lancer en Asie dès janvier 2019, avant de
s’orienter vers l’Europe du Sud. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
en
direct
Taxes en baisse dans
les Alpes-Maritimes
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
PACA Charles-Ange Ginésy,
Le nouveau Club Med de la
station de ski des Arcs 1600, dont
l’ouverture est attendue mi-décembre accélère l’embauche de
ses futurs 380 employés. Suite
aux premiers recrutements au
printemps, une nouvelle session
débutera mi-septembre. Il
compte plus de 400 chambres
ouvertes hiver comme été.
président du conseil départemental des Alpes-Maritimes,
et Eric Ciotti, à la tête de la commission des finances, doivent
annoncer ce vendredi une réduction de 5 % du taux de la taxe
foncière sur les propriétés bâties
(TFPB). Si elle est votée, cette
proposition ramènera le taux
départemental de 12,42 % actuel-
Andy Parant / Les Arcs
PME
&REGIONS
Le Club Med
des Arcs recrute
lement à 11,8 % en 2019, tout en
poursuivant le désendettement
du département. Les organismes
de logement social, dont le montant des taxes foncières atteint
plusieurs centaines de milliers
d’euros, verront leur contribution diminuer de plusieurs
dizaines de milliers d’euros, tout
comme les grandes entreprises
ayant un foncier important. Au
total, le département restituera
ainsi chaque année 15 millions
d’euros aux contribuables.
Les acteurs de l’immobilier aussi
font la chasse à la voiture
l Les promoteurs immobiliers sont nombreux,
sous la pression des villes, à remplacer les parkings
de voiture attitrés par des services de mobilité.
l Auto-partage, parkings mutualisés et vélos électriques
fleurissent en bas des immeubles.
Marion Kindermans
@MaKindermans
Dans quelques jours fleuriront
dans le métro parisien des affiches
d’Ubeeqo promouvant l’auto-partage. La filiale d’Europcar Mobility
Group doublera le nombre de ses
véhicules en libre-service en Ilede-France, pour atteindre les 600
d’ici à fin décembre.
Outre l’auto-partage, les flottes
de vélos ou de trottinettes électriques, les bornes de recharge électrique ou autres offres de pack de
mobilité s’imposent dans les programmes immobiliers. Le parking
attitré, qui allait de pair avec le logement ou le bureau, va-t-il disparaître ? Il est en tout cas de plus en plus
Ce que dit
le Code
de l’urbanisme
Une dérogation a été
introduite dans le Code
de l’urbanisme par l’ordonnance du 3 octobre 2013, qui
permet de construire moins
de stationnement que
ce qui est prévu dans le PLU,
à condition que le projet
de construction soit situé
à moins de 500 mètres
de transports en commun.
remplacé par un panel de solutions
de mobilité. Car diminuer les places
de parking présente bien des avantages. Moins cher pour le promoteur, qui économise de 8 à 15 % en
coût de construction, il permet de
réduire les loyers et de tirer l’impact
carbone du bâtiment à la baisse.
La tendance s’ancre dans les centres-villes denses. Les écoquartiers
et les appels à projets d’urbanisme
des collectivités, comme « Réinventer Paris » ou « Inventons la
métropole du Grand Paris », poussent à limiter le stationnement. Les
professionnels suivent. « Dans les
cahiers des charges, les pouvoirs
publics nous demandent des solutions de mobilité mais c’est à nous
d’identifier lesquelles sont les plus
adaptées », confirme Kevin Cardona, directeur de l’innovation de
BNP Paribas Real Estate.
Immeuble sans parking
Nexity fait partie des pionniers. En
2015, bénéficiant d’une dérogation
accordée par Paris, dont le plan
local d’urbanisme (PLU) – modifié
depuis — prévoyait une place de
stationnement pour 100 mètres
carrés de logement, le promoteur a
construit le premier immeuble
sans parking dans le 18e arrondissement. Il a ensuite misé sur l’autopartage. En partenariat avec Ubeeq u o , s e i z e vé h i c u l e s o n t é t é
installés dans huit résidences en
Ile-de-France. Nexity finançait la
mise à disposition des véhicules et
se rémunérait avec le chiffre d’affaires généré par leur usage.Mais le
bilan est décevant. « Cela nous coûte
de l’argent, nous n’avons pas rentabilisé ce modèle car il faut encore sensibiliser les gens à cet usage », reconnaît Valérie de Robillard, directrice
de la RSE chez Nexity, qui a réduit
l’expérience à la moitié des véhicules dans trois résidences. Nexity
choisit désormais le sur-mesure. A
Clichy-sous-Bois, une flotte de vélos
électriques sera proposée avec
Green On dans la résidence. « Nous
financerons ce service les deux premières années, ensuite la copropriété
décidera de le payer ou non », précise Valérie de Robillard. Le promoteur propose aussi depuis peu à
ses salariés un « crédit mobilité »
plutôt qu’une voiture de fonction.
Dans ses opérations, BNP Paribas Real Estate fait aussi bouger la
mobilité. Le programme « Réinventer Paris », place des Ternes,
prévoit 7 places d’auto-partage
ouvertes aux usagers de la résidence et aux habitants du quartier.
Dans le programme 17 & Co, qui
sera livré en 2021 à la porte de
Saint-Ouen, une plate-forme proposera une flotte de vélos, des
informations sur les transports,
des voitures partagées, un stationnement mutualisé, avec un parking public de 500 places et une
station-service équipée de GNC.
Une conciergerie guidera les salariés et les touristes. « Ces enjeux se
conçoivent dès le coup de crayon de
l’architecte car il faut concevoir des
parkings avec des accès adaptés, des
connexions Internet, des câblages
électriques pour les bornes »,
Les flottes de vélos s’imposent dans les programmes immobiliers.Photo Shutterstock
détaille Kevin Cardona. Les parkings mutualisés répondent aussi
à cette diminution du stationnement. Sur la moitié de ses projets
en cours, Nexity prévoit des places
qui se partageront entre salariés,
habitants du quartier, voire entreprises voisines. « Dans les bureaux,
entre 30 et 40 % des places sont vides
en journée, il s’agit de rentabiliser cet
a c t i f i m m o b i l i e r » , ex p l i q u e
William Rosenfeld, cofondateur de
ZenPark, spécialiste du parking
partagé, qui enregistre « près de
300 projets de parkings mutualisés,
contre cinq il y a deux ans ».
Proposer ces services est un
défi. « Nous prenons des risques à
nouer des partenariats avec ces jeunes pousses, nombreuses mais parfois encore fragiles », fait remarquer Valérie de Robillard. Reste
aussi à en trouver le modèle économique. Tout l’enjeu étant de financer cette offre de mobilité sans renchérir le coût pour les habitants ou
les entreprises. n
A Strasbourg, l’écoquartier Danube met fin
au stationnement attitré
Dans cet écoquartier,
le stationnement des
voitures est proscrit. Deux
parkings mutualisés sont
situés à l’entrée et les
habitants, via un Pass
Mobilité, sont invités à
prendre tramway ou vélo.
Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
« Un laboratoire de la ville de
demain. » Tel est l’objectif poursuivi
par l’écoquartier Danube, qui
accueillera d’ici à 2020 quelque
1.800 habitants sur une ancienne friche portuaire. 720 logements seront
répartis sur 6 hectares pour un
investissement de 200 millions
d’euros. En plus des performances
énergétiques des constructions, de
la gestion de l’énergie et des déchets,
la question de la mobilité a été particulièrement poussée.
Ici, à proximité immédiate de
deux lignes de tramway, la voiture
est tout juste tolérée, piétons et
cyclistes sont prioritaires.
400 arceaux à vélo sont prévus en
plus des garages à vélos fermés présents dans chaque construction,
avec en moyenne un ratio d’une
place pour vélo par pièce. A terme, le
stationnement sera proscrit dans le
quartier. Il sera circonscrit aux deux
parkings situés aux entrées. Cette
approche a valu au quartier d’être
lauréat de l’appel à projets Ecoquartier 2009 du ministère de la Transition écologique dans la catégorie
mobilité. « La ville a fixé le cahier des
charges de 0,5 place de stationnement
par logement », rappelle Alain Jund,
adjoint au maire chargé de l’urbanisme et de la transition énergétique.
« Pas de place attribuée »
« L’idée était de diminuer le prix
d’acquisition des logements », explique Eric Fullenwarth, directeur
général de la SERS, aménageur du
quartier. La maîtrise d’ouvrage et la
gestion des deux parkings déportés
sont assurées par l’association syndicale du quartier. Les promoteurs,
qui en financent la construction,
répercutent seulement une demiplace de stationnement sur le prix
des logements, contre une en
moyenne à Strasbourg.
Mais pour effectivement stationner leur véhicule, les habitants doivent s’acquitter d’un abonnement. « Il n’y a pas de place
attribuée », résume Alain Jund, qui
met en avant le principe du « foisonnement » selon lequel une
même place de stationnement peut
être utilisée alternativement par différents usagers. « Pour les promoteurs, ce projet était un saut dans
« Pour les
promoteurs, ce
projet était un saut
dans l’inconnu. »
JÉRÔME SCHUMACHER
Directeur des ventes chez Nexity
Immobilier Résidentiel Est
l’inconnu », reconnaît Jérôme Schumacher, directeur des ventes chez
Nexity Immobilier Résidentiel Est.
Prix du logement inférieur
Le promoteur construit actuellement à Danube deux bâtiments
totalisant 89 lots. Ils ont tous été
commercialisés. Et « la question du
parking n’a pas du tout été un frein »,
précise-t-on chez Nexity. Pour les
acquéreurs, pour la plupart urbains
primo-accédants et déjà familiers
des modes de déplacement alternatifs, le prix, inférieur à la moyenne
dans le neuf, a été décisif.
Le promoteur propose des alternatives avec le réseau d’autopartage
Citiz, dont deux véhicules seront
attribués au programme. Le nombre de véhicules pourra encore progresser au fil des constructions. Les
habitants peuvent aussi bénéficier
du Pass Mobilité mis en place par la
ville, qui, via un abonnement unique (de 26 à 52 euros par mois),
donne accès aux tram, bus, vélopartage, autopartage et TER. n
« Il faut passer d’une
logique de bâti à une
logique de services »
INTERVIEW
LÉA MARZLOFF
Directrice des études
chez Chronos
on a une place de parking. Or cette
dernière sera garée 95 % du temps.
De plus en plus de villes accordent
des dérogations pour que les promoteurs associent moins de places
de parking par logement.
Les écoquartiers
misent sur les nouvelles
mobilités…
Oui, les programmes , dans des villes où il y a une offre de transports
dense, intègrent de plus en plus
cette donnée. Cognin, près de
Chambéry, se limite à une place par
logement et propose un abonnement mensuel pour louer des vélos
électriques. Sont aussi intéressants
le projet Danube, à Strasbourg, des
Docks, à Saint-Ouen, du quartier de
l’Union, à Roubaix, qui met en place
un site Internet de quartier dédié à
la mobilité pour ceux qui veulent
pratiquer le covoiturage, utiliser les
modes doux… On voit aussi l’autopartage ou les parkings mutualisés.
2
DR
AMÉNAGEMENT
Propos recueillis par M. K.
hronos, cabinet d’études
sur les enjeux de mobilité, a
publié en avec OuiShare
une note sur la fin de la traditionnelle place de parking dans les projets immobiliers, intitulée
« Echange stationnement contre
services de mobilité ».
C
Pourquoi se pencher
sur la place de parking ?
D’abord, le stationnement est un
coût important dans le logement.
Un parking représente entre 8 et
15 % du coût de construction d’un
immeuble. Le promoteur dépense
entre 15 et 25.000 euros pour une
place de parking en sous-sol. Cet
argent peut être utilisé autrement,
pour des équipements sportifs en
sous-sol ou pour des solutions de
mobilité durable comme des parkings à vélos. C’est aussi un enjeu
social, pour faire baisser les loyers
et de les rendre accessibles. Enfin, il
y a un enjeu environnemental.
Avoir ou non une place de stationnement conditionne nos choix de
mobilité. On utilise plus sa voiture si
1
Quel est l’enjeu pour les
acteurs de l’immobilier ?
Sous la contrainte des collectivités
et des aménageurs, ils doivent prévoir une multiplicité d’offres et
innover. Ils faut passer d’une logique de bâti à une logique de services
et travailler avec les acteurs de la
mobilité. Les cahiers des charges
des appels à projets les poussent
dans ce sens. Mais il leur faut agir
sur toutes les composantes de la
mobilité. Ce peut être afficher les
horaires des transports en commun dans l’immeuble, installer des
douches près des parkings de vélos,
inclure les abonnements de mobilité dans les loyers, faire une plateforme de covoiturage, mais aussi
proposer des livraisons à domicile
pour que les habitants aient moins
besoin de se déplacer. Il faut aussi
mettre l’accent sur l’accompagnement des habitants pour qu’ils évoluent dans leurs modes de déplacement. Les initiatives sont encore
timides, mais il y a beaucoup de
projets dans les cartons. n
3
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28 // PME & REGIONS
LE TAUX D’OCCUPATION DES HÔTELS DE PARIS-LA DÉFENSE
Les hôtels du quartier d’affaires parisien de la Défense ont enregistré un
taux d’occupation de 77,2 % au
deuxième trimestre 2016, soit
3 points de plus que lors de la
période correspondante de l’année
dernière. Le prix moyen des cham-
bres a également augmenté. « Cela
témoigne de l’évolution de la mixité
des usages dans le quartier, et notamment de l’augmentation de la dimension tourisme et loisir », se réjouit
Marie-Célie Guillaume, directrice
générale de Paris-La Défense.
innovateurs
La Méridionale veut
moins polluer
MARSEILLE La compagnie de
Pascal Pochard-Casabianca/AFP
77,2 %
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
transport maritime La Méridionale a signé une charte d’écoresponsabilité avec l’Agence française
pour la biodiversité. Elle s’engage à
agir sur l’équipement : peintures
en silicone pour les coques, hélices
redéssinées pour optimiser la
consommation de carburant,
moteurs à injection électronique…
Une première en France.
UnseenLabs va lancer
ses nanosatellites
de surveillance maritime
Herby, la seule marque française de
séchoirs, relance le fameux Tancarville
L’espoir est d’avoir ainsi un relais de
croissance pour Herby en France,
avec un produit différenciant.
Herby rachète la
marque emblématique
de séchoir à linge
Tancarville.
Un objet indispensable
Il parie sur sa notoriété pour séduire
de nouveaux clients.
Christine Berkovicius
— Correspondante à Orléans
L’entreprise, qui emploie 85 personnes, ne va pas pour autant
modifier radicalement son ADN. Photo Tancarville
auprès des 30-40 ans, d’où la décision de la relancer », explique le
directeur général, Richard Woods.
Concurrence des marques
de distributeur
Herby, passé sous pavillon allemand en 2010, a estimé qu’il y avait
matière à créer une gamme premium autour du Tancarville.
« Trois modèles ont été imaginés en
misant sur un rajeunissement de la
marque et sur son image de qualité »,
ajoute Richard Woods. Pour l’instant, le produit, décliné avec une
gamme d’accessoires comme un
panier à linge amovible, est en
phase de test, avec plusieurs opérations promotionnelles prévues d’ici
à la fin de l’année. La première a eu
lieu début 2018 avec Carrefour, et
d’autres enseignes vont suivre.
L’entreprise, qui emploie 85 personnes, ne va pas pour autant modifier radicalement son ADN. Le secteur, mature, est dominé à 80 % par
les marques de distributeur pour
qui l’entreprise produit notamment, avec des produits bon marché et peu technologiques. Mais cet
objet du quotidien reste indispensable, si bien que les consommateurs
continuent à renouveler régulièrement leurs séchoirs à linge.
En France, l’entreprise détient
environ 40 % de part de marché,
face à une concurrence étrangère
essentiellement italienne. Ces dernières années, elle s’est attaquée à
l’export, jusqu’alors inexistant, et
qui représente aujourd’hui 20 % de
son chiffre d’affaires. Herby vend
principalement en Europe du Nord,
au Benelux, en Allemagne et en
S candinavie, et a profité des
réseaux commerciaux de sa maison mère, Leifheit, spécialiste des
accessoires pour le soin du linge, la
cuisine et le ménage. Résultat, son
chiffre d’affaires a progressé, à
12 millions l’an dernier, contre
10 millions en 2012. n
LA LEVÉE DE FONDS
UNSEENLABS
Date de création : 2015
Fondateurs : Jonathan,
Benjamin et Clément Galic
(de gauche à droite)
Montant : 7,5 millions d’euros
Effectif : 4 personnes
Secteur : maritime
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
La surveillance des navires qui
contreviennent à la réglementation en matière de pêche en
haute mer ou qui transportent
des produits illicites, comme la
drogue, est l’une des préoccupations quotidiennes des polices
maritimes de la plupart des
Etats. Spécialiste de l’interception, dans l’espace, de signaux
électromagnétiques, la société
rennaise UnseenLabs utilise sa
technologie innovante, brevetée, pour suivre les navires par
satellite. Afin de placer sur
orbite une vingtaine de nanosatellites, elle annonce ce vendredi
Le sous-traitant Lauak s’implante
au Canada avec Bombardier
Lauak reprend les
activités tuyauteries
et canalisations
de Bombardier.
Il fait un pas supplémentaire vers les
grands donneurs
d’ordre américains.
Pierre Etcheleku
— Correspondant à Bayonne
L’avionneur canadien Bombardier
vient de vendre à l’entreprise aéro-
nautique familiale Lauak ses activités tuyauteries et canalisations. Le
sous-traitant de premier rang, basé
près de Bayonne, signe un contrat
d’approvisionnement pluriannuel
avec le constructeur : un marché
annuel d’aujourd’hui 25 millions de
dollars qui doit passer à 40 millions
d’ici à trois ans. Lauak affichait
150 millions d’euros de ventes fin
2017.
Cette opération reflète les efforts
en cours de Bombardier pour se
concentrer sur son cœur de métier,
via des fusions et cessions. Pour
Lauak, c’est l’occasion de prendre
pied en Amérique, à Mirabel.
L’entreprise intègre sur ce site Bombardier proche de Montréal 90 personnes et la fabrication des tuyaute-
ries, lesquelles diffusent les fluides
dans les aéronefs. Le contrat
d’approvisionnement, amorcé sur
sept ans, implique aussi l’implantation d’une usine Lauak au Mexique
qui, avec celle de Mirabel, fabriquera les pièces pour Bombardier
Canada. Il amène en plus le renforcement de ce segment de soustraitance créant 50 postes à Hasparr e n ( P y r én é e s - At l a n t i q u es) ,
l’entreprise fournira le site Bombardier de Belfast (Ulster).
L’Asie en ligne de mire
« Après divers rachats ces dernières
années, l’été 2018 est celui d’une
acquisition transformante puisque
nous voilà, comme nous le souhaitions, en Amérique, avant de l’être en
Asie d’ici à cinq ans », pronostique
Mikel Charritton, directeur général
de Lauak. Le groupe accroche une
nouvelle gamme à ses compétences, ce qui lui permettra d’aller vers
d’autres constructeurs.
Installé à Ayherre et à Hasparren,
Lauak a ajouté au fil de sa croissance externe d’autres sites, à L’IsleJourdain (Gers), au Blanc (Indre),
mais aussi à Setúbal au Portugal où
travaillent 400 personnes. Avec,
dans ses commandes, des sous-ensembles ou pièces notamment
pour Dassault ou Airbus (A320neo,
A350), le groupe employait 1.550
salariés fin 2017. Cet effectif doit,
cette année, approcher les 1.800 et
le chiffre d’affaires atteindre
180 millions d’euros. n
Boxtal revisite la logistique des TPE
LA PME À SUIVRE
ÎLE-DE-FRANCE
Effectif : 50 salariés
Chiffre d’affaires : 50 millions
Activité : transport
Dominique Malécot
@Dmalecot
« Vite on livre ! » Le slogan peint sur
les camionnettes vert pomme de La
Redoute à la fin des années 1970 est
toujours – et plus que jamais –
d’actualité dans l’e-commerce. Et il
n’est plus réservé aux grandes
structures. Boxtal en fait son affaire.
Cette entreprise parisienne d’une
cinquantaine de salariés a trouvé le
moyen d’ouvrir aux TPE et PME les
réseaux des géants mondiaux du
transport express, les FedEx, UPS,
DHL, TNT et consorts.
Car ces « intégrateurs », comme
on les appelle dans le métier, travaillent pour des clients dont les
volumes justifient l’ouverture d’un
compte et l’enlèvement des colis.
Boxtal met donc à profit sa compétence de commissionnaire de transport. Ce statut, qui lui impose une
obligation de résultat, lui permet d’enlever des colis chez l’expéditeur et de les livrer chez l’intégrateur.
Ce dernier peut alors les injecter
directement en toute confiance dans
son réseau pour les acheminer à destination. « Nous sommes les spécialis-
tes du premier kilomètre », résume
Virginie Ducrot, directrice générale
de Boxtal. Une ancienne d’AOL, qui a
su attirer les talents. « Nous apportons à ces grands transporteurs mondiaux les volumes de clients auxquels
ils n’ont pas accès, ce qui nous permet
de négocier des tarifs très intéressants
pour les petites entreprises. »
L’atout des relais de colis
Ces dernières y trouvent leur
compte puisqu’elles peuvent proposer à leurs clients un service comparable à celui des géants de l’e-commerce. Les TPE peuvent gérer leurs
expéditions sur le site Internet de
Boxtal ou proposer la prestation sur
leur site en y intégrant un module
Boxtal. Le tout complété par un ser-
vice clients qui occupe 10 salariés
rompus aux spécificités de ce type
d’envois. C’est une étape majeure
pour Boxtal, dont l’activité a débuté
en 2009. Jusqu’en 2016, l’entreprise
s’appelait Envoimoinscher.com et
reposait sur un réseau de transporteurs et des relais de colis qu’elle utilise toujours. Ce qui pouvait paraître alors comme un handicap se
mue en atout maintenant que la
livraison hors domicile explose.
Boxtal, qui a réalisé 30 millions de
chiffre d’affaires l’an dernier avec 50
salariés, avait terminé 2016 sur
7 millions de ventes. Déjà présente
en Espagne, l’entreprise a « des projets dans d’autres pays dans les vingtquatre prochains mois », conclut
Virginie Ducrot. n
« Les premiers équipements dotés
de nos antennes seront envoyés
dans l’espace au premier trimestre 2019 à partir d’une base située
en Inde », précise Clément Galic,
qui a créé UnseenLabs avec ses
deux frères, Jonathan et Benjamin. Les 20 nanosatellites, dont
le poids maximum unitaire sera
de 10 kilos, tourneront autour de
la Terre à une hauteur comprise
entre 500 et 600 mètres. Chaque
grande zone maritime sera survolée toutes les 20 minutes pour
localiser, grâce à leurs émissions
passives électromagnétiques,
tous les navires croisant au
large, à commencer par les plus
difficilement repérables. « La
guerre électronique n’est pas
notre métier, nos cibles seront les
polices des mers, les armateurs ou
les assureurs », ajoute-t-il.
Il existe plusieurs technologies et services pour le repérage
des navires, comme l’AIS (Automatic Identification System),
mais ses balises situées à bord
des bateaux p euvent être
débranchées. Si le calendrier
que s’est fixé UnseenLabs est respecté, la société devrait générer
un chiffre d’affaires de 8 à 10 millions d’euros à l’horizon 2021. n
Etnisi recycle les coquilles
de moule de la Braderie
de Lille en carrelage
Etnisi
NOUVELLE
AQUITAINE
Premier semestre 2019
DR
CENTREVAL DE LOIRE
Le Tancarville est de retour ! Cette
célèbre marque de séchoir à linge,
créée à la fin des années 1950 en
référence au pont suspendu normand, avait disparu des rayons
depuis une dizaine d’années après
la faillite de son dernier propriétaire. La société Herby, seul fabricant de séchoirs étendoirs en
France, basée à La Loupe (Eure-etLoir), a décidé de s’en emparer pour
lui donner une nouvelle vie. « Nous
étions en veille depuis un moment, la
marque s’est trouvée disponible il y a
deux ans et Herby en a profité pour la
racheter. Notre étude de marché a
confirmé qu’elle avait conservé une
très bonne notoriété, en particulier
avoir levé 7,5 millions d’euros
auprès de Definvest, fonds du
ministère des Armées géré par
bpifrance et la Direction générale de l’armement (DGA), de la
société Nexeya, spécialisée dans
les petits satellites, et du fonds
régional Breizh Up.
LE PARTENARIAT
ETNISI
Date de création : 2017
Fondateur : Espérance
Fenzy
Effectif : 1 personne
Secteur : recyclage
Nicole Buyse
— Correspondante à Lille
Les 4,06 tonnes de moules collectées lors de la traditionnelle
Braderie de Lille, le week-end
dernier, vont se transformer en
carrelage grâce au partenariat
noué par la ville avec la start-up
locale, Etnisi. Ingénieur ayant
dix ans d’expérience dans le BTP,
son fondateur, Espérance Fenzy,
a mis au point un process – confidentiel – qui permet de valoriser n’importe quelle matière
usagée solide : béton, verre,
sable, ampoules, faïence,
mâchefer… pour en faire un
nouvel objet du quotidien.
Actuellement, il fabrique sur
son site de production, à Rou-
baix, du carrelage pour terrasse
à partir de déchets de pierre
bleue. « Nous avons aussi réalisé
des tabourets avec du marc de café
ou de la brique », explique-t-il.
Doté d’une enveloppe de
100.000 euros, ce partenariat
avec la ville de Lille va permettre
à Etnisi d’achever son projet de
recyclage des coquilles de
moule. « Nous avons fait des prétests, mais, comme il faut adapter
le process à chaque matière première, nous allons pouvoir finaliser la formule, qui associe des
déchets de calcaire de la métropole lilloise, explique -t-il.
Ensuite, nous allons passer une
batterie de tests techniques de
résistance et nous assurer du
caractère inerte du carrelage visà-vis de l’environnement. » Il faut
10 kilos de coquilles pour faire
1 mètre carré de carrelage. Ce
projet devrait conforter la candidature de Lille comme capitale
verte européenne.
Espérance Fenzy, qui aimerait se déployer en France, est en
train de mettre au point une
unité de production transportable, afin de transformer les
déchets là où ils se trouvent pour
éviter de les transporter et donc
limiter l’empreinte carbone. Ce
projet, dont le budget est de
100.000 euros, est financé à hauteur de 50 % par bpifrance.
Depuis la création de sa société
en septembre 2017, le fondateur
d’Etnisi, qui est soutenu par Initiative Lille Métropole, a investi
un total de 400.000 euros. n
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Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
SÉANCE CHAHUTÉE
POUR LA DEVISE RUSSE
FINANCE
&MARCHES
Le rouble perdait 1,6 % jeudi soir,
atteignant son plus bas niveau
depuis 2016 à 69,43 contre un
dollar. La devise russe, qui abandonne 17 % depuis le début de
l’année, est la cinquième plus
chahutée, derrière le peso argentin, la livre turque, le real brésilien
et le rand sud-africain. Les marchés émergents frôlent le « bear
market » : l’indice MSCI perd 20 %
depuis son pic en janvier.
les
indices
La Réserve fédérale américaine interloquée
par la flambée des rachats d’actions
l Les entreprises américaines ont
rapatrié en trois mois 300 milliards
de dollars aux Etats-Unis.
l Une manne qui a surtout profité
aux rachats d’actions.
BOURSE
Pierrick Fay
@pierrickfay
« Une hausse “dramatique” des
rachats d’actions. » En anglais, le
terme « dramatic » n’a pas une connotation aussi forte qu’en français,
mais sous la plume d’économistes
de la Fed, le terme témoigne d’une
interrogation vis-à-vis de la hausse
spectaculaire des rachats d’actions
aux Etats-Unis. A fin juillet, le
S&P 500 a déjà annoncé 754 milliards de dollars de rachat et, selon
Goldman Sachs, la barre des
1.000 milliards devrait être franchie
cette année. Un record alimenté par
la réforme fiscale de Donald Trump.
Celle-ci permet en effet aux entreprises de bénéficier d’un allégement
de taxes lorsqu’elles rapatrient leurs
bénéfices logés à l’étranger.
Pendant des années, la fiscalité
dissuasive avait poussé les multinationales américaines à amasser une
montagne de trésorerie. Et elles n’ont
pas attendu longtemps pour saisir
l’aubaine : 300 milliards de dollars
ont déjà été rapatriés au premier trimestre, soit presque un tiers des
montants logés en cash hors du pays
selon les économistes de la Fed. C’est
six fois plus que la moyenne trimestrielle des sept années précédentes.
Rachat d’actions plutôt
qu’investissement
Des économistes de la Fed – Michael
Smolyansky, Gustavo Suarez et
Alexandra Tabova – se sont penchés
sur le phénomène, soulignant que
« la quantité de cash rapatrié pourrait
avoir un effet notable sur les modèles
de financement et les décisions
d’investissement à moyen terme, un
point qui avait largement retenu
l’attention des investisseurs ». Et leurs
premières conclusions confirment
ce que craignaient certains observateurs. « Au premier trimestre, ces
rapatriements ont été associés à une
hausse spectaculaire des rachats
d’actions. » A contrario, « la preuve
d’une augmentation des investissements est moins claire à ce stade ».
Cela s’explique notamment par la
structure du rapatriement. A elles
seules, quinze entreprises concentrent 80 % du montant du cash logé
à l’étranger. Les 300 milliards sont
donc concentrés dans une poignée
de sociétés à l’origine de la hausse
spectaculaire des rachats d’actions.
En dollars, les rachats d’actions de
ce Top 15 sont passés de 23 milliards, au quatrième trimestre 2017,
à 55 milliards sur le seul premier trimestre 2018. Selon l’étude, le ratio
entre le montant de leurs rachats
d’actions et leurs actifs a doublé au
premier trimestre.
Productivité en hausse
Dans le même temps, ils n’ont pas
trouvé de « preuve d’un pic dans les
investissements de ces 15 plus gros
détenteurs de cash par rapport au trimestre précédent ». Pour l’instant,
car ils ne peuvent pas encore tirer
de « conclusions définitives. Il est un
peu tôt pour détecter une hausse des
investissements étant donné que les
effets du rapatriement peuvent mettre du temps à se matérialiser ».
Encore faut-il qu’elles aient des raisons de le faire. Certes, leurs marges
atteignent des niveaux record, mais
elles ont déjà investi massivement
ces dernières années et la productivité du travail a augmenté au
deuxième trimestre 2018 à son
rythme le plus fort depuis trois ans.
La tentation protectionniste de
Donald Trump pourrait aussi les
inciter à la prudence. Enfin cette
étude pourrait nourrir la réflexion
de la Fed sur son programme de
hausse des taux – celle de septembre est actée par plus de 99 % des
investisseurs – et sur les conséquences de la réforme fiscale de Trump.
Celle-ci n’a pour l’instant pas provoqué d’emballement ni sur les
dépenses des ménages ni sur les
salaires. Pas de quoi justifier une
accélération du rythme de hausse
des taux aux Etats-Unis. n
INTERVIEW // PATRICK ARTUS Economiste, directeur de la recherche chez Natixis
« Ce phénomène préfigure la fin
de Wall Street »
Pourquoi les rachats d’actions
explosent-ils aux Etats-Unis ?
Pendant longtemps, les entreprises
américaines ont privilégié les
rachats d’actions aux dividendes
parce que la fiscalité sur les plus-values était plus favorable. Mais ce
n‘est plus vrai aujourd’hui. Elles le
font toujours car cela enrichit les
actionnaires – en faisant monter les
cours de Bourse – mais aussi leurs
dirigeants. Les rachats d’actions
sont une pratique courante aux
Etats-Unis depuis trente ans, avec
des plans compris entre 400 et
600 milliards de dollars. La réforme
fiscale américaine fait que l’on va
passer à 1.000 milliards. Cela me
fascine parce que les entreprises du
S&P 500 vont racheter 4,5 % des
actions sur le marché, contre 3 % les
années précédentes. La conséquence, c’est qu’il y a aujourd’hui
deux fois moins d’actions cotées
aux Etats-Unis qu’en l’an 2000.
Les rachats d’actions sont-ils
bons pour l’économie américaine ? On voit que les entreprises n’investissent pas plus…
Mais elles investissent déjà énormément ! On constate que les
rachats d’actions n’ont pas freiné les
niveaux d’investissement qui sont
déjà très élevés aux Etats-Unis. Mais
ces investissements supplémentaires ne sont pas toujours très rentables, surtout dans un monde où les
investisseurs réclament un rende-
ment de 15 % du capital. Si une
entreprise constate que ses investissements ne sont pas assez rentables, il vaut mieux rendre l’argent
aux actionnaires. C’est une bonne
réallocation du capital. Le problème, c’est que quand toutes les
entreprises cotées le font, cela
devient un phénomène macro.
Elles sont déjà extrêmement profitables et, avec la réforme fiscale,
elles ne savent plus quoi faire de ces
profits et le rendent aux actionnai-
« Il y a vingt ans,
il y avait plus
de 8.000 sociétés
cotées aux Etats-Unis,
elles ne sont
plus aujourd’hui
que 3.800 ! »
res. Le problème, c’est qu’en fontils ? Ils achètent de l’immobilier ou
d’autres produits financiers. Ils ne
le dépensent pas, ne font pas
d’investissement. C’est donc très
inefficace pour l’économie. Ils ne
contribuent pas à la croissance.
Pour l’économie au sens large, il
vaudrait mieux que les entreprises
augmentent les salaires.
Les rachats d’actions font-ils
peser un risque sur la Bourse ?
Oui, d’abord parce que pour les
financer, les entreprises ont pris
l’habitude de s’endetter pour racheter leurs actions. Elles mettent du
levier dans leur bilan et cela change
profondément la structure de
celui-ci. Elles ont de moins en
moins de fonds propres et de plus
en plus de dettes. La fragilité financière s’accroît en conséquence.
Par ailleurs, les rachats d’actions
posent aussi la question du rôle des
Bourses dans le financement de
l’économie. A ce rythme, il n’y aura
plus d’actions cotées aux Etats-Unis
dans vingt ans. Elles seront toutes
détenues par de grands investisseurs ou par des fonds de private
equity. C’est un peu le syndrome
Tesla – même si ce dernier va rester
en Bourse – les chefs d’entreprise
n’ont plus envie d’être cotés, de
répondre aux questions des analystes, de publier des résultats trimestriels ou de remplir des pages et des
pages de documents à la SEC, le
gendarme de la Bourse américain.
Il y a vingt ans, il y avait plus de
8.000 sociétés cotées aux EtatsUnis, elles ne sont plus aujourd’hui
que 3.800 !
Le phénomène des rachats
d’actions préfigure la fin de Wall
Street au profit d’une économie du
non-coté. Après, des études montrent que ce segment est plus vertueux. Il investit plus, fait plus de
recherche et développement, mais,
à l’inverse, s’endette plus et créé
moins d’emplois.
Anticipez-vous
une augmentation des rachats
d’actions en Europe ?
Il y a une pression des investisseurs
institutionnels américains. Chaque
fois qu’ils rencontrent des dirigeants, c’est la même demande :
rendez-nous du cash. Mais contrairement aux Etats-Unis, les niveaux
de cours sont assez bas et les actionnaires n’auraient pas intérêt à vendre. Ils ne sont pas demandeurs.
Mais la pression augmente pour
qu’ils accroissent les rachats
d’actions.
Propos recueillis par P. Fay
Patrick Artus. Photo Marc Bertrand/« Challenges »-RÉA
la cote hebdomadaire des opcvm
Nom du fonds
VL au
30/12/2017
Dernière VL
Date VL
Performance
Depuis le
30/12/2017
Performance
1 an
04/09/2018
05/09/2018
04/09/2018
04/09/2018
13,51
4,24
-3,32
-2,41
21,79
18,97
1,82
-1,37
Performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
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275,59
208,68
363,61
66,46
312,83
217,53
351,52
64,86
50,67
33,78
33,67
1,03
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les
prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Conflit au Crédit
Mutuel : les
syndicats inquiets
pour l’emploi
BANQUE
L’intersyndicale
du groupe Crédit
Mutuel a annoncé
avoir déclenché un
mécanisme interne
en vue de préserver
l’emploi en cas de
sortie du Crédit
Mutuel Arkéa
de l’ensemble
mutualiste.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Pour voir le jour, le projet du
Crédit Mutuel Arkéa de quitter
le groupe Crédit Mutuel devra
surmonter nombre d’obstacles
réglementaires et politiques. A
présent, c’est au tour des syndicats du groupe Crédit Mutuel de
manifester leur inquiétude.
L’ensemble des membres du
Comité de Groupe National
« soutient et réaffirme que le
maintien du groupe Crédit
Mutuel Arkéa au sein de la Confédération est la meilleure des solutions et la plus protectrice des
emplois », a déclaré jeudi l’intersyndicale, craignant que le projet de scission d’Arkéa compro-
« Cette CPCE sera
sollicitée
pour apporter
son concours dans
la recherche
de solutions
aux problèmes
d’emplois
qui pourraient
naître de
restructurations. »
L’INTERSYNDICALE
mette « la stabilité des emplois de
l’ensemble du groupe ».
Pour répondre à ces inquiétudes, les syndicats ont décidé de
« recourir à l’accord de branche
Crédit Mutuel » sur « la gestion
anticipée des restructurations ».
Cet accord-cadre permet d’élargir la Commission Paritaire
Confédérale (CPC) – l’entité de
négociation paritaire de la branche Crédit Mutuel – en CPC de
l’Emploi (CPCE). Cette CPCE
« sera sollicitée pour apporter
son concours dans la recherche
de solutions aux problèmes
d’emplois qui pourraient naître
de restructurations », note
l’intersyndicale.
Eventuels « doublons »
A priori, la démarche ne rejette
pas le principe du divorce, mais
veut s’assurer qu’en cas de sortie,
les éventuels impacts sur
l’emploi et la gestion des carrières auront été correctement
anticipés. Mais elle adresse également un message politique,
alors que les caisses locales
d’Arkéa seront prochainement
consultées sur le projet. « Sans
préjuger de la réalisation de la
scission à un moment ou à un
autre, ou de son invalidation par
les autorités, les organisations
syndicales représentatives composant le Comité de groupe national tiennent à apporter leur soutien à l’ensemble des salariés des
fédérations regroupées au sein de
Crédit Mutuel Arkéa », indique le
communiqué.
Cette crainte sur l’emploi en
cas de divorce s’oppose directement à celle d’Arkéa. Pour le
groupe bancaire – qui regroupe
le Crédit Mutuel de Bretagne,
du Sud-Ouest et du Massif Central – c’est le maintien dans le
groupe Crédit Mutuel qui ferait
peser un risque sur l’emploi : ce
dernier accuse de longue date la
Confédération de chercher à
centraliser le groupe, au risque,
selon elle, de voir la tête du
groupe faire disparaître d’éventuels « doublons ». n
Santé et bien-être
au travail
Mercredi 3 octobre 2018
Groupe Les Echos - Le Parisien
Auditorium « 10 Grenelle »
10 boulevard de Grenelle - Paris 15e
Informations et inscriptions :
www.lesechos-events.fr
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
La consolidation pourrait se
poursuivre dans la réassurance
RÉASSURANCE
« Nous pensons que
l’environnement
de marché reste
propice au M&A,
avec des
réassureurs plus
petits sous pression
pour trouver
un partenaire
plus grand. »
Les agences
de notation s’attendent
à la poursuite
des opérations de
fusions-acquisitions.
La pression devrait
reprendre sur les prix
de la réassurance.
MOODY’S
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Surprise de la rentrée, le dossier
SCOR-Covéa va forcément faire
parler dans les couloirs des grands
hôtels monégasques où le monde
de la réassurance va se retrouver à
partir de ce week-end pour les traditionnels Rendez-vous de Septembre (RVS). Immédiatement rejetée
par SCOR, la tentative de rachat par
son premier actionnaire, le groupe
mutualiste réunissant MMA,
MAAF et la GMF, va alimenter les
spéculations sur la poursuite du
mouvement de consolidation dans
le secteur.
L’année aura déjà été prolifique.
Particularité, les trois grandes acquisitions de 2018 n’auront pas été le fait
de réassureurs. Validus est ainsi
tombé dans l’escarcelle du géant
américain de l’assurance AIG pour
5,56 milliards de dollars. AXA s’est
offert pour 15,3 milliards de dollars
XL Group, qui réalise un tiers de son
chiffre d’affaires dans la réassurance
et les deux tiers dans les risques
d’entreprises – la partie qui intéresse
sans aucun doute le plus le groupe
français. Et fin août, le fonds d’investissement américain Apollo annonçait le rachat d’Aspen Insurance Holdings pour 2,6 milliards de dollars.
« Nous pensons que l’environnement de marché reste propice au M &
A, avec des réassureurs plus petits
sous pression pour trouver un partenaire plus grand », estime Moody’s
dans une note sectorielle. Un avis
partagé par les autres grandes
agences de notation. « Beaucoup de
compagnies, en particulier sur le
marché des Bermudes, vont prendre
en considération les avantages en termes de taille et de diversification plus
grandes que peuvent apporter les
fusions et acquisitions », juge ainsi
Mais « les augmentations n’ont
pas été aussi fortes ou généralisées
qu’anticipé par beaucoup de participants du marché », observe Fitch.
« Les renouvellements de mi-année
sur les comptes non sinistrés ont été
décevants, avec des prix stables ou
légèrement à la baisse », complète
Moody’s. Ce qui fait dire à l’agence
que la « pression sur les prix pourrait reprendre en 2019 ».
Une offre toujours
surabondante
Fitch Ratings. « Les petits et moyens
groupes qui ont un bon historique de
souscription et des portefeuilles
d’activités rentables restent des cibles
attractives », estime de son côté S&P
Global Ratings.
La pression sur les prix pourrait
renforcer ce mouvement. De l’avis
des agences de notation, la hausse
des tarifs survenue lors des renou-
Edmond de Rothschild
renforce ses positions
en fusions-acquisitions
BANQUE
D’AFFAIRES
Le groupe d’Ariane
de Rothschild reprend
la totalité de l’équipe
de la banque d’affaires
DC Advisory, proche
des grandes familles
en régions.
Anne Drif
@AnnDrif
En partenariat avec :
vellements du 1er janvier dernier,
après plusieurs années de baisse, ne
devrait pas se reproduire. L’an dernier, ce redressement avait été
poussé par la facture très lourde des
catastrophes naturelles (ouragans
Harvey, Irma, Maria, incendies en
Californie) qui avaient coûté plus de
130 milliards de dollars aux assureurs et à leurs réassureurs.
A ce stade, le contexte n’est pas en
faveur des vendeurs de réassurance. D’une part, l’offre est toujours surabondante. A la fin du prem i e r t r i m e s t r e , l e n i ve a u d e
capitaux dans l’industrie s’élevait à
un niveau record de 610 milliards
de dollars, selon les données du
courtier Aon. L’offre est toujours
nourrie par les capitaux dits « alternatifs », comme les « obligations
catastrophes » (« cat bonds »), une
classe d’actifs prisée par les fonds de
pension ou les hedge funds en quête
de rendements. Ceux-ci représentaient 16 % du total des capitaux à
fin mars. « Contrairement à ce qu’on
aurait pu penser, les événements de
2017 n’ont pas refroidi les ardeurs des
investisseurs », constate Claude
Tendil, le président des RVS.
Par ailleurs, le coût des catastrophes naturelles sur le premier
semestre est relativement contenu
pour le secteur de l’assurance, avec
une facture de 17 milliards de dollars, selon les estimations de
Munich Re. n
Pas de trêve sur le mercato des banquiers d’affaires. Après Lazard,
HSBC, Barclays et Citi, c’est au tour
des établissements français proches des grandes familles d’accélérer les transferts. Edmond de
Rothschild annonce ce vendredi
recruter l’ensemble de l’équipe de
DC Advisory spécialisée sur les
transitions patrimoniales locales.
Proche des entrepreneurs en
régions et de fonds d’investissement actifs sur le segment des PME,
l’équipe basée à Lyon a récemment
conseillé Eurazeo sur le rachat de
l’opérateur de cliniques C2S et Abé-
nex sur l’expert du diagnostic
immobilier AC Environnement.
« Nous partageons le même ADN
avec l’équipe de Nicolas Durieux, en
raison de la proximité avec nos
clients de banque privée. Cette
alliance est un message envoyé au
marché sur nos fortes ambitions en
fusions-acquisitions, aux côtés du
capital-investissement, de la banque
p a t r i m o n i a le e t d e l a ge s t i o n
d’actifs », commente Philippe
Duval, le responsable du M&A au
sein du groupe d’Ariane de Rothschild. Grâce à cette alliance,
Edmond de Rothschild compte
franchir la barre des 30 transactions par an et des 25 millions
d’euros de volume d’affaires.
DC Advisory clarifie
sa position
Celle-ci intervient quelques mois
après son renforcement dans la
tech, avec le recrutement de
Raphaël Compagnion, appelé à
conseiller les familles sur leurs
acquisitions dans le digital. Prochaine étape après avoir conforté sa
présence en France, l’international.
« Nous renforçons notre action commerciale auprès des familles entre-
Philippe Duval, responsable
du M&A au sein du groupe
d’Ariane de Rothschild. Photo DR
preneuriales suisses, belges, espagnoles et italiennes très actives en M&A
dans ces géographies », indique Philippe Duval.
De son côté, pour DC Advisory
(ex-Close Brothers racheté par
Daiwa), cette séparation amiable
clarifie sa position. La banque
d’affaires est montée en grade dans
les tailles de transactions pour se
concentrer sur les gros deals,
comme l’acquisition par PAI de
l’éditeur de jeux Asmodee pour
1,2 milliard d’euros, ou la société de
services de métrologie Trescal pour
plus de 600 millions d’euros. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
Les grands groupes miniers
se ruent sur le cuivre
l Plusieurs opérations de fusions-acquisitions viennent d’être annoncées.
l La voiture électrique et les énergies renouvelables ont relancé
l’intérêt pour le métal.
MATIÈRES
PREMIÈRES
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Peu importe le plongeon de 18 %
des cours cette année. Le cuivre
fait à nouveau rêver les grands
groupes miniers. Ces derniers
jours, plusieurs transactions ont
été annoncées par des géants du
secteur. BHP, le premier mineur
de la planète, vient ainsi d’acheter
une participation dans une
société d’exploration, SolGold,
qui opère en Equateur et possède
l ’u n d e s p r o j e t s c o n s i d é r é s
comme les plus prometteurs
aujourd’hui dans le secteur, Cascabel. S’il voit le jour, ce projet
pourrait devenir une des plus
grandes mines de cuivre au
monde.
Des contrats « offtake »
Au même moment, Zijin Mining,
qui est le numéro trois chinois du
cuivre, est en passe de reprendre un
vaste projet minier en Serbie,
actuellement développé par des
Canadiens. La société a endossé le
rôle de « chevalier blanc » après
avoir enchéri sur une offre hostile
d’un concurrent canadien. Là
encore, ce gisement de cuivre recèlerait un potentiel considérable,
d’après les experts du secteur.
De son côté, Glencore a signé des
contrats « offtake » (contrats
d’achats de la production) avec un
producteur de cuivre au Brésil dans
lequel il a pris en juillet une participation de 5 %.
Pour l’heure, le montant des
transactions dans le cuivre n’est
pas élevé : BHP va débourser un
peu plus de 35 millions de dollars
pour s’installer en Equateur, et
Zijin Mining 1,41 milliard. Mais
cette nouvelle chasse aux mines
de cuivre reflète le fort attrait qu’a
retrouvé le métal depuis un peu
moins de deux ans.
Le cuivre est redevenu une
superstar car la demande mondiale est amenée à augmenter fortement dans les décennies à venir.
dans la plus grande fonderie de cuivre serbe pour près de 1,3 milliard
de dollars.
De la Chine à l’Europe
Sa dernière acquisition hors de
Chine est la plus importante. Zijin
Mining, premier producteur d’or
du pays et troisième de cuivre, va
débourser plus de 1,4 milliard de
dollars pour une grande mine de
cuivre qu’il développera en Serbie.
Le groupe, né à Xiamen, une ville
portuaire sur la côte est de la Chine,
en a fait l’annonce mardi, quelques
jours après avoir indiqué qu’il avait
pris une participation majoritaire
BHP fait ainsi le pari d’une vraie
révolution des transports via
l’électrification et rappelle qu’un
véhicule électrique contient quatre fois plus de cuivre qu’un véhicule classique. Glencore est tout
aussi dithyrambique.
Les grandes découvertes
se font rares
Le secteur compte aussi sur
l’électrification de la demande
d’énergie à travers le monde, dont
la production, la distribution et la
transmission nécessiteront
beaucoup de cuivre, selon BHP.
Tout comme les productions
d’électricité éolienne et solaire.
Zijin Mining entre ainsi de plainpied en Europe, le dernier
continent sur lequel le groupe
n’était pas encore présent. Ces dernières années, le producteur, qui
vient de fêter ses vingt-cinq ans et
s’est introduit en 2003 à la Bourse
de Hong Kong, a investi partout
dans le monde. Il a commencé par
le Kirghizistan, le Tadjikistan et la
Russie. Il possède une mine en Australie depuis 2012 et en Papouasie-
Nouvelle-Guinée depuis 2015. Zijin
Mining développe également des
projets en Amérique du Sud et en
Afrique. il est arrivé en 2015 en
République démocratique du
Congo (RD C). D’après Africa
Mining Intelligence, la société
chercherait à développer son
Le groupe chinois
se présente comme
le chef de file
des nouvelles routes
de la soie.
Le français Sycomore repris
par Generali
GESTION D’ACTIFS
L’assureur italien et la
boutique indépendante
sont entrés en négociations exclusives.
Sophie Rolland
@Sorolland
C’était la pépite la plus convoitée
dans le secteur de la gestion d’actifs.
Après avoir attiré près d’une
dizaine de candidatures de repreneurs potentiels, Sycomore Asset
Management, la seule boutique
française indépendante spécialisée
dans l’ISR (investissement socialement responsable), sera bien rachetée par l’assureur italien Generali.
Les deux sociétés ont confirmé être
entrées en négociations exclusives
jeudi. Generali, qui veut renforcer
Le CAC 40
signe
sa troisième
baisse d’affilée
une bonne partie de
•la Pendant
journée, la Bourse de Paris a
BHP, Glencore et Zijin Mining ne
sont pas les seuls à la poursuite
du cuivre. Cet été, Anglo American a donné le coup d’envoi pour
un projet minier à 5 milliards de
dollars au Pérou, et Kaz Minerals,
un groupe kazakh coté à Londres,
a acheté une mine dans une partie reculée de l’est de la Russie
pour 900 millions.
Mais tous les appétits ne seront
pas forcément satisfaits. D’abord
parce que peu de mines de cuivre
sont actuellement à vendre à travers le monde. Ensuite, parce que
les grandes découvertes de
gisements se font de plus en plus
rares. n
De l’Australie à l’Amérique, le chinois Zijin Mining
étend sa présence
En quelques années,
le premier producteur d’or
de Chine a investi sur tous
les continents.
LA SÉANCE DU 6 SEPTEMBRE 2018
son activité de gestion d’actifs, a
commencé à développer sa stratégie multi-boutiques en mars dernier avec une co-entreprise dans
l’investissement en dette d’infrastructures. Un modèle qui doit permettre à Sycomore AM de conserver son autonomie. « Nous voulions
distinguer la majorité économique et
la gouvernance. Notre priorité était
de préserver notre ADN, autrement
dit de conserver notre autonomie en
termes de stratégie, de gestion de nos
fonds, de capital humain et de communication », explique Emeric
Préaubert, associé fondateur et
co-directeur de la gestion.
Autres atouts de Generali : sa
notoriété et sa présence dans plus de
soixante pays. « Nous pourrons nous
appuyer sur le groupe pour nous
développer à l’international. » Les
actifs gérés par Sycomore proviennent à un peu plus de 15 % de l’international. « A long terme nous aime-
rions équilibrer la répartition de nos
encours entre les investisseurs institutionnels [aujourd’hui, environ 65 %,
NDLR], les conseillers en gestion de
patrimoine et l’international. »
Encours en forte hausse
En forte croissance ces dernières
années, la société de gestion a vu ses
encours passer de 5 milliards d’euros
fin 2016 à 8,3 milliards d’euros au
30 juin dernier. Le capital était
réparti avant l’opération à 70 % entre
les quatre associés fondateurs
(Christine Kolb, Emeric Préaubert,
Cyril Charlot et Laurent Deltour), les
salariés, Malakoff Mederic et un
« family office ». Generali rachète la
participation de Malakoff Médéric,
du « family office » et une partie de la
participation de Christine Kolb,
d’Emeric Préaubert, et de Cyril Charlot. Laurent Deltour, qui a quitté la
société en avril, cède, lui, la quasitotalité de sa part. n
portefeuille dans l’or, au Ghana et
en Tanzanie. Le groupe se présente
comme le chef de file de la Belt and
Road Initiative, le gigantesque projet chinois de nouvelles routes de la
soie, un programme d’infrastructure destiné à relier par terre et par
mer la Chine à l’Europe.
Et son président et fondateur, Jinghe Chen, influent vice-président
de la China Gold Association et
président de la China Mining Association, ne cache pas ses ambitions.
Il voit son groupe comme un acteur
mondial majeur dans l’or, le cuivre
et le zinc d’ici à 2022.
— M. Jq.
tenté de se reprendre, après la
baisse de 1,54 % enregistrée
mercredi. Mais les premières
tendances à l’ouverture de Wall
Street ont douché ses espoirs.
Dans un volume d’échanges
moyen de 3,7 milliards d’euros,
l’indice CAC 40 a cédé
16,38 points, à 5.243,84 points,
soit une baisse de 0,31 %. Les
investisseurs ont fait preuve de
nervosité dans un contexte
commercial tendu. De nouvelles sanctions américaines
contre la Chine étaient envisagées et les tractations avec le
Canada sur l’accord de libre-
échange nord-américain
progressent lentement. Les
autres places européennes ont
également terminé en recul. A
Londres, le FTSE 100 a cédé
0,87 % tandis que le DAX allemand a perdu 0,71 %. L’indice
Euro Stoxx 50 a reculé 0,59 %.
Du côté des valeurs, le secteur aéronautique a affiché une
bonne dynamique. Safran a
pris la tête du CAC 40. L’équipementier a bondi de 6,37 % après
avoir nettement relevé ses prévisions de résultats annuels, le
premier semestre s’étant révélé
meilleur qu’attendu. Airbus,
en hausse de 1,24 % s’est adjugé
la deuxième place, devant
Vinci (+1,18 %). STMicro electronics a cédé 1,52 %, victime des ventes décevantes d’un
fabricant taïwanais de semiconducteurs.
Hors du CAC 40, Altran a
chuté de 8,07 % à cause d’un
flux de trésorerie disponible
inférieur aux attentes.
en bref
Citigroup se réorganise
BANQUE Citigroup a promu Tyler Dickson et Manolo Falco
pour conduire ses activités de banque d’investissement au sein
d’une nouvelle structure. La banque américaine, dirigée par
Michael Corbat, a décidé de regrouper son activité de prêt et de
conseil aux clients avec son activité de levée de capital et de
dette, selon un document interne cité par Bloomberg. Ray
McGuire, actuellement chargé des activités de banque de financement et d’investissement prendra le rôle de vice-président de
l’institution financière. Ces changements interviennent quelques jours après l’annonce du départ du directeur financier,
John Gerspach, en mars prochain. Celui-ci sera remplacé par
Mark Mason. Le directeur des activités en Europe, MoyenOrient et Afrique, Jim Cowles, partira à la fin de l’année.
BBVA augmente ses provisions
sur la Turquie
BANQUE La banque espagnole BBVA a annoncé jeudi qu’elle
comptait augmenter le montant de ses provisions en raison de
la situation économique en Turquie. L’établissement de crédit a
revu à la hausse le coût de la couverture du risque sur les créances dans le pays de 150 à 200 points de base, rapporte Reuters.
Les risques de dépréciation des actifs dans l’énergie et l’immobilier ont été revus en hausse sur fond d’un abaissement des
prévisions de croissance économique pour le pays. BBVA a une
participation de plus de 49 % dans la banque turque Garanti. La
livre turque a perdu plus de 40 % de sa valeur depuis le début de
l’année en raison de tensions entre Washington et Ankara.
AVIS FINANCIERS
Avis aux porteurs de Titres Subordonnés Remboursables
Code valeur : FR0010236836
REMBOURSEMENT PAR ANTICIPATION AU PAIR DE LA TOTALITÉ DE CET EMPRUNT
Les porteurs de ces titres sont informés que, conformément à l’article 2.2.6 b du contrat
d’émission ayant obtenu le visa de l’Autorité des Marchés Financiers n° 05-685 en date du
23 septembre 2005, l’Emetteur a décidé, de procéder au remboursement anticipé total au pair
à la Date de Paiement d’Intérêts soit le 20 octobre 2018.
Les porteurs de ces titres percevront les intérêts dus ainsi que le remboursement des titres
le 22 octobre 2018.
Le prix de remboursement sera égal au pair, soit un euro par titre.
Les intérêts cesseront de courir à dater du jour où le capital sera mis en remboursement.
Société anonyme au capital de 8 559 311 468 EUROS - Siège social : 12, place des États-Unis - 92127 Montrouge Cedex - 784 608 416 RCS Nanterre - APE 651 D
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32 //
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
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ventes aux enchères publiques //
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Rectificatif à l’annonce 117421, 117422 et 117423
paru dans LES ECHOS du 27/07/2018
VENTE aux enchères publiques sur liquidation judiciaire, au palais de justice
d’EVRY (91), le mercredi 12 septembre 2018 à 10h.30 – EN 3 LOTS
1er lot de la vente : UN TERRAIN de 2.973 M² à ALLOS (04)
Lieudit « Le Seignus Bas » Mise à Prix : 60.000 €
Il fallait lire : avec faculté de baisse de ¼ et éventuellement de ½ à défaut d’enchère
2ème lot de la vente : BIENS IMMOBILIERS à ORSAY (91)
Mise à Prix : 40.000 €
Il fallait lire : avec faculté de baisse de ¼ et éventuellement de ½ à défaut d’enchère
3ème lot de vente : 4 PARCELLES à SAINT AUBIN (91)
Lieudit « La Fontaine Billehou » Mise à Prix : 45.000 €
Il fallait lire : avec faculté de baisse de ¼ et éventuellement de ½ à défaut d’enchère
S’adresser - A Maître Michel MIORINI avocat, 4 rue Féray (91) CORBEIL
ESSONNES, Tél. 01.60.90.13.13, dépositaire d’une copie du CCV
enchères publiques au palais de justice de BOBIGNY (93),
93 VENTE aux
le mardi 9 octobre 2018 à 13h.30 - EN UN SEUL LOT
93
APPARTEMENT de 3 pièces à AUBERVILLIERS (93)
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 17421, 117422, 117423)
enchères publiques au palais de justice de CRETEIL (94),
94 VENTE aux
le jeudi 11 octobre 2018 à 9h.30 - EN UN SEUL LOT
93
UNE MAISON D’HABITATION à SUCY EN BRIE (94)
04
91
27 rue Lopes
et Jules Martin (Escalier D)
ème
Bâtiment III, Au RdC, 2 porte à droite, comprenant : entrée, cuisine, séjour,
dégagement, 2 chambres, salle de bains, WC – CAVE n°15 au sous-sol
Mise à Prix : 40.000 € - Occupé - (Consignation : 4.000 €)
S’adresser : - A Maître Jean-Claude GUIBERE, avocat, 34 rue de Bourgogne (93)
BOBIGNY, Tél. 01.48.969.969, dépositaire d’une copie du CCV - Au grefe du TGI de
BOBIGNY où le CCV est déposé - Sur les lieux où une visite sera organisée le jeudi
27 septembre 2018 à 9h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 118400)
UN APPARTEMENT de 82,33 M² à EVRY (91)
304 allée Pablo Neruda
- Niv. +2, Esc.C, 1ère porte à gauche de l’ascenseur, comprenant :
entrée, cuisine, séjour, 3 chambres, WC, SdB, BALCON
- Niv. -1, Esc.A : EMPLACEMENT de STATIONNEMENT
Mise à Prix : 15.000 € - Occupé - (Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Michel MIORINI, avocat, Membre de la SELAS AVOCATS
ASSOCIES MIORINI, 4 rue Féray (91) CORBEIL-ESSONNES, Tél. 01.60.90.13.13 –
site internet : miorini.com, dépositaire d’une copie du CCV - Au grefe du juge de
l’exécution du TGI d’EVRY où le CCV est déposé - Sur les pour visiter, le Lundi 15
octobre 2018 à 11h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 118446)
92
93
VENTE aux enchères publiques, le Jeudi 11 octobre 2018 à 14 H 30
au TGI de NANTERRE (92), à l’Extension du Tribunal, 6 rue Pablo-Neruda
à COLOMBES (92)
1°) au 77 rue Jules Michelet (adresse postale)
UN APPARTEMENT de 80,34 m² (hors balcon), au 13
VENTE aux enchères publiques, au TGI de CRETEIL (94), au Palais de
Justice, rue Pasteur Vallery-Radot, le Jeudi 11 octobre 2018 à 9 H 30
UN STUDIO à ALFORTVILLE (94)
9 rue Emile Eudes
de 24,08 m². Bâtiment A, au 1er étage porte gauche, comprenant :
pièce principale en entrant avec cuisine attenante, salle d’eau avec w.-c.
Ce bien serait actuellement OCCUPÉ par des locataires
(Voir la situation relatée dans le procès-verbal de description et lors de la visite)
MISE A PRIX : 55.000 Euros (outre les charges)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser :
Au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI de CRETEIL, 2ème étage de l’immeuble
de grande hauteur, les lundis et mardis de 9 H 30 à 12 H 30 et de 13 H 30 à 17 H
00, où il a été déposé, à Maître Aurélia DESVEAUX, Avocat à VINCENNES (94),
1 rue Defrance, Tél. : 01 43 74 37 72, à Maître Frank MAISANT, membre de la SCP
MAISANT ASSOCIES, Avocat à PARIS 16ème, 16 rue Paul Valéry, Tél. : 01 53 81 50 21
VISITE sur place le Mercredi 3 octobre 2018 de 15 H 30 à 16 H 30
12 Route de Marolles
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice de EVRY (91)
Le mercredi 24 octobre 2018 à 10h30 - EN UN SEUL LOT
91
93
94
93
Edifiée sur UN TERRAIN de 413 M²
Mise à Prix : 50.000 € - (Consignation : 5.000 €)
S’adresser : - A Maître Serge TACNET, avocat, 60 rue Jean Jaurès (94) CHAMPIGNY
SUR MARNE, Tél. 01.47.06.94.22 dépositaire d’une copie du cahier des conditions
de vente - Au grefe du juge de l’exécution du TGI de CRETEIL où le cahier des
conditions de vente est déposé - Sur les lieux pour visiter où une visite sera organisée
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 118757)
94
93
VENTE aux enchères publiques, au palais de justice
de CRETEIL (94), le jeudi 11 octobre 2018 à 9h.30 - EN UN SEUL LOT
94
93
VENTE aux enchères publiques, au TGI de CRETEIL (94), au Palais de
Justice, rue Pasteur Vallery-Radot, le Jeudi 11 octobre 2018 à 9 H 30
UN PAVILLON d’habitation sis à THIAIS (94)
37 bis rue Gabriel Péri
Comprenant au rez-de-chaussée : vestibule, entrée, salon, salle à manger,
extension à usage de salon-bar, cuisine, w.-c., au 1er étage : palier, 3 chambres,
salle de bain avec w.-c., au 2ème étage mansardé : palier, chambre, salle de bain avec w.c., au sous-sol : palier, salle d’eau, w.-c., chambre, buanderie,
2nd sous-sol indépendant (accessible par le salon-bar), constitué de 2 pièces, (réserve et
rangement). Terrasses et jardin - Sur un terrain de 05 a 35 ca.
Ce bien serait actuellement OCCUPÉ
(Voir la situation relatée dans le procès-verbal de description et lors de la visite)
UN APPARTEMENT à VINCENNES (94300)
MISE A PRIX : 150.000 Euros (outre les charges)
Au 1er étage, porte gauche, comprenant : entrée, séjour, cuisine, WC, salle d’eau,
séchoir, 2 chambres, placards, loggia - CAVE au sous-sol
Mise à Prix : 30.000 € - (Consignation : 3.000 €)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser :
Au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI de CRETEIL, 2ème étage de l’immeuble de grande
hauteur, les lundis et mardis de 9 H 30 à 12 H 30 et de 13 H 30 à 17 H 00, où il a été déposé, à
Maître Aurélia DESVEAUX, Avocat à VINCENNES (94), 1 rue Defrance, Tél. : 01 43 74 37 72,
à Maître Frank MAISANT, membre de la SCP MAISANT ASSOCIES, Avocat À PARIS 16ème, 16
rue Paul Valéry, Tél. : 01 53 81 50 21
188 rue de la Jarry (Esc. A)
S’adresser : - A Maître Marie-Odile GENEFORT avocat, 14 rue de Fontenay (94) NOGENT
SUR MARNE, Tél. 01.48.73.24.10, dépositaire d’une copie du CCV - Au grefe des criées
du TGI de CRETEIL où le CCV est déposé - Sur les lieux où une visite sera organisée, le
mardi 2 octobre 2018 de 9h à 10h
VISITE SUR PLACE LE MERCREDI 3 OCTOBRE 2018 DE 14 H 00 À 15 H 00
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 118445)
ème
étage
à droite fond gauche, comprenant : entrée, séjour, 3 chambres, cuisine, w.-c.,
salle de bain, 2 débarras, placards, balcon de 3,21 m²
2°) au 83 à 87 rue Jules Michelet
Au 2ème sous-sol, UN EMPLACEMENT pour véhicule automobile
Ces biens seraient actuellement OCCUPÉS
(Voir la situation relatée dans le procès-verbal de description et lors de la visite)
enchères publiques au palais de justice de CRETEIL (94),
94 VENTE aux
le jeudi 11 octobre 2018 à 9h.30 - EN UN SEUL LOT
93
UN APPARTEMENT de 3 pièces à VINCENNES (94)
MISE A PRIX : 100.000 Euros (outre les charges)
77-79 avenue de la République et 1-3 rue de la Paix
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser :
Au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI de NANTERRE, de 9 H 30 à 11 H 30, où il a
été déposé sous la Référence Grefe 17/00165, à Maître Céline RANJARD-NORMAND,
Avocat à BOIS-COLOMBES (92), 5 rue des Bourguignons, Tél. : 01 47 80 75 18 (de 14 H
à 16 H), à Maître Frank MAISANT, membre de la SCP MAISANT ASSOCIES, Avocat à
PARIS 16ème, 16 rue Paul Valéry, Tél. : 01 53 81 50 21
VISITE sur place le Mercredi 3 octobre 2018 de 11 H 00 à 12 H 00
Bâtiment II, au 3ème étage, à gauche, porte droite, n°306 comprenant : entrée, séjour,
2 chambres avec placard et l’une avec cabinet de toilette ; cuisine, dégagement
avec placard, SdB, WC, BALCON - CAVE n°2 au 3ème sous-sol – PARKING n°3 au
1er sous-sol
Mise à Prix : 150.000 € - (Consignation : 15.000 €)
S’adresser : - A Maître Serge TACNET, avocat, 60 rue Jean Jaurès (94) CHAMPIGNY
S/MARNE, Tél. 01.47.06.94.22 dépositaire d’une copie du CCV - Au grefe du TGI de
CRETEIL où le CCV est déposé - Sur les lieux où une visite sera organisée
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 118786)
93
93
VENTE aux enchères publiques au TGI de BOBIGNY (93),
173 avenue P.V. Couturier le MARDI 16 OCTOBRE 2018 à 13h30
UN APPARTEMENT à AULNAY SOUS BOIS (93)
80 Avenue Pierre Jouhet
COMMUNIQUÉ
De 38 m2, au rez-de-chaussée, au fond de la cour, porte gauche, compr. :
pièce principale, cuisine avec dégagement, Sd’E avec WC, 1 chambre
Mise à Prix : 15 000 €
Rens. : SCP WUILQUE - BOSQUE - TAOUIL - BARANIACK, DEWINNE avocats,
2 Place de la République - 93600 AULNAY-SOUS-BOIS - T. 01.48.66.62.47 ou sur
www.wbtb-avocats.fr. Au Grefe du JEX du TGI de BOBIGNY où le cahier des
conditions de vente est déposé ou au Cabinet de l’Avocat poursuivant.
Visite le MARDI 9 OCTOBRE 2018 DE 9H00 A 9H30
aux enchères publiques sur Liquidation Judicaire, au palais de
93 justiceVENTE
de BOBIGNY (93) le mardi 9 octobre 2018 à 13 h 30 - EN UN SEUL LOT
93
UN PAVILLON à LES PAVILLONS SOUS BOIS (93)
12 allée de l’Emancipation
De 152,85 M², élevé sur terre-plein comprenant : - Au RdC : entrée, salon-séjour,
cuisine, TERRASSE - à l’étage : 3 chambres, SdB - A l’extérieur : terrasse, 3 STUDIOS
Mise à Prix : 120.000 € - Loué - (Consignation : 12.000 €)
Avec faculté de baisse du ¼, de ½ puis de ¾ faute d’enchères
S’adresser : - A Maître Nathalie GARLIN, avocat, SCPA ROULETTE GARLIN BOUST
MAHI, 9 rue Roger Salengro (93) DRANCY, Tél. 01.48.30.31.31, dépositaire d’une
copie du cahier des conditions de vente - Au grefe du juge de l’exécution du TGI de
BOBIGNY où le cahier des conditions de vente est déposé - Sur les pour visiter, le
mercredi 3 octobre 2018 de 14h30 à 15h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 118171)
enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
93 VENTE leauxmardi
9 octobre 2018 à 13 h.30 - EN UN SEUL LOT
93
UN APPARTEMENT de 56,90 M² à LE BOURGET (93)
12-16 avenue de la Division Leclerc (Bât. B)
Au 4ème étage, comprenant : entrée, séjour, BALCON, cuisine, 2 chambres, Dégagement, SdE
- CAVE au sous-sol – GARAGE n°1 au sous-sol (Bât. D) - PARKING extérieur non couvert n°3
Mise à Prix : 30.000 € - Loué - (Consignation : 3.000 €)
S’adresser : - A Maître Valérie GARÇON, avocat de la SCP W2G, 21 av. du général de
Gaulle (93) ROSNY SOUS BOIS, Tél. 01.48.54.90.87 dépositaire d’une copie du CCV - Au
grefe du juge de l’exécution du TGI de BOBIGNY où le CCV est déposé - Sur les lieux pour
visiter, le vendredi 28 septembre 2018 de 14h à 15h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 118634)
Définir et régulariser les charges locatives
Les catégories de charges récupérables sont définies par la loi.
Dans chaque catégorie, la répartition entre locataire et propriétaire
est elle aussi prévue par la loi. Exemple pour l’eau chaude et le
chaufage : consommation d’énergie, combustible consommé et
entretien des conduits sont à la charge du locataire ; le propriétaire
paye le combustible stocké et la modernisation de la chauferie.
La demande de paiement des charges récupérables doit
s’appuyer sur des justificatifs - impossible de fonctionner au
forfait. Le paiement peut être demandé d’avance sous forme de
provision (mensualisée avec les loyers ou trimestrielle) ou sous
forme de remboursement sur présentation des justificatifs après
que le propriétaire a réglé.
La régularisation annuelle des charges locatives suit l’assemblée
générale de copropriété ou se fait à la date d’anniversaire du
bail. Par courrier, la régularisation doit présenter le décompte
des charges locatives, préciser les catégories auxquelles elles
correspondent ainsi que la consommation d’eau et d’énergie.
Si le locataire a payé plus que dû, le propriétaire rembourse la
diférence du montant réel des charges. Si le locataire a payé
moins que dû, il dispose d’un mois à réception de la régularisation
pour payer le complément annuel.
Bon à savoir : si le locataire n’a pas accès aux justificatifs et au
décompte des charges, il peut s’abstenir de payer le supplément
demandé. Quant au propriétaire, s’il souhaite majorer les provisions
qui se sont avérées insufisantes, le locataire est tenu d’accepter.
PROCHAINES VENTES (extrait)
T. G. I. de EVRY (91)
l Audience du 12/09/2018 à 10H30
ENSEMBLE IMMOBILIER à CORBEIL ESSONNES (91100) - MISE À PRIX : 120 000 €
Ref VLimmo 117899
Maître GUEDJ
BATIMENT à VIRY CHATILLON (91170) - MISE À PRIX : 120 000 €
Ref VLimmo 117887
Maîtres BREMARD, BARADEZ
MAISON INDIVIDUELLE à PUSSAY (91740) - MISE À PRIX : 100 000 €
Ref VLimmo 117895
Maîtres FLOQUET, NOACHOVITCH-FLOQUET
APPARTEMENT à BOISSY LE CUTTE (91590) - MISE À PRIX : 92 000 €
Ref VLimmo 117900
Maître GUITTARD
MAISON D’HABITAT. à SAINTRY S/SEINE (91250) - MISE À PRIX : 92 000 €
Ref VLimmo 117888
Maîtres FLOQUET, NOACHOVITCH-FLOQUET
MAISON à ST GERMAIN LES ARPAJON (91180) - MISE À PRIX : 80 000 €
Ref VLimmo 117894
Maîtres FLOQUET, NOACHOVITCH-FLOQUET
MAISON DE 101,80 M² à PUSSAY (91740) - MISE À PRIX : 60 000 €
Ref VLimmo 117424
Maître MIORINI
TERRAIN DE 2.973 M² à ALLOS (04260) - MISE À PRIX : 60 000 €
Ref VLimmo 117421
Maître MIORINI
APPARTEMENT à ETAMPES (91150) - MISE À PRIX : 56 000 €
Ref VLimmo 117891
Maîtres FLOQUET, NOACHOVITCH-FLOQUET
MAISON à CORBEIL ESSONNES (91100) - MISE À PRIX : 53 000 €
Ref VLimmo 117902
Maître GUITTARD
PARCELLES à SAINT AUBIN (02300) - MISE À PRIX : 45 000 €
Ref VLimmo 117423
Maître MIORINI
BIENS IMMOBILIERS à ORSAY (91400) - MISE À PRIX : 40 000 €
Ref VLimmo 117422
Maître MIORINI
APPARTEMENT à BALLANCOURT S/ESSONNE (91610) - MISE À PRIX : 40 000 €
Ref VLimmo 117890
Maîtres FLOQUET, NOACHOVITCH-FLOQUET
APPARTEMENT à CORBEIL ESSONNES (91100) - MISE À PRIX : 36 000 €
Ref VLimmo 117889
Maîtres FLOQUET, NOACHOVITCH-FLOQUET
APPARTEMENT à CHILLY MAZARIN (91380) - MISE À PRIX : 32 000 €
Ref VLimmo 117898
Maître GUITTARD
APPARTEMENT à GRIGNY (91000) - MISE À PRIX : 30 000 €
Ref VLimmo 117795
Maître AD LITEM JURIS
APPARTEMENT à CORBEIL ESSONNES (91100) - MISE À PRIX : 28 000 €
Ref VLimmo 117893
Maîtres FLOQUET, NOACHOVITCH-FLOQUET
APPARTEMENT à EVRY (91000) - MISE À PRIX : 20 000 €
Ref VLimmo 117775
Maîtres MORELLI, SEVIN
APPARTEMENT à EVRY (91000) - MISE À PRIX : 20 000 €
Ref VLimmo 117774
Maîtres MORELLI, SEVIN
APPARTEMENT à GRIGNY (91350) - MISE À PRIX : 19 000 €
Ref VLimmo 117892
Maîtres FLOQUET, NOACHOVITCH-FLOQUET
APPARTEMENT à GRIGNY (91350) - MISE À PRIX : 15 000 €
Ref VLimmo 117897
Maître COHEN
APPARTEMENT à EVRY (91000) - MISE À PRIX : 15 000 €
Maîtres FLOQUET, NOACHOVITCH-FLOQUET Ref VLimmo 117896
APPARTEMENT à GRIGNY (91350) - MISE À PRIX : 15 000 €
Ref VLimmo 118317
Maître DAMOISEAU
STUDIO DE 28,10 M² à SOISY SUR SEINE (91450) - MISE À PRIX : 6 100 €
Ref VLimmo 117434
Maître MIORINI
MAISON DE VILLE à CROSNE (91560) - MISE À PRIX : 2 798 €
Ref VLimmo 117901
Maître GUITTARD
MAISON À USAGE D’HABITATION à CROSNE (91560) - MISE À PRIX : 2 798 €
Ref VLimmo 118318
Maître GUITTARD
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
séAncE du 06 - 09 - 2018
CaC 40 : 5243,84 (-0,31 %) neXt 20 : 12037,47 (0,28 %)
CaC larGe 60 : 5843,38 (-0,24 %)
CaC all-tradaBle : 4145,04 (-0,27 %)
Date De ProroGation : 25 sePtemBre
euronext
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
11/05/18 1,05
a
fr0000120073
28/05/18 2,65
airBus GrouP (air) R
a
nl0000235190
16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
17/05/18 0,09
a
31/05/18 1,7
a
fr0000120628
03/05/18 1,26
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
30/05/18 3,02
a
fr0000120503
caP-Gemini (cap) R
02/05/18 1,7
a
fr0000125338
carreFour (ca) R
04/06/18 1,7
a
fr0000120172
21/06/18 0,46
creDit aGricole (aca) R
a
fr0000045072
Danone (bn) R
22/05/18 0,63
a
fr0000120644
enGie (enGi) R
04/05/18 1,9
a
fr0010208488
11/10/17 0,35
essilor international (ei) R a
fr0000121667
26/04/18 1,53
Hermes intl (rms) R
a
fr0000052292
KerinG (Ker) R
07/06/18 7,6
a
fr0000121485
l.V.m.H. (mc) R
14/05/18 4
a
fr0000121014
leGranD (lr) R
17/04/18 3,4
a
fr0010307819
l'oréal (or) R
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75,75
BiGBen int. (biG) g
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31014
10,4
fr0000074072
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9,5
BiomérieuX (bim)
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76,4
204018
78,3
fr0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
76,3
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a 64,5
62,1
25631
64,6
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60,8
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B 28,3
28,55
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1295
50
1300
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a 350,2
349,6
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14841
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fr0000130403
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349,1
cie Du camBoDGe (cbDG)
a
/240818
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aBc arBitraGe (abca) g
fr0000079659
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. ! : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
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- 7,14 6450
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ost
isin / Date Détach. coupon / Div
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a 170,6
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a 1577
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eutelsat com. (etl) L!
a 20,09
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B 98,4
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ouv
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clot
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bpa
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109
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42
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6,28
6,28
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33,55
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19,87
19,95
19,56
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840
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+ 18,94 68,9
- 1,29 - 52,57
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- 65,62
8,61
+ 0,7 - 6,67
+ 2,6
48
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- 11,91
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3,1
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1,6
2,16
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4,21
11,94
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
clot
ost
vol.
+ haut
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+ bas
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4720
23,8
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13/06/18 0,65 23.986.230
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68,8
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c 16,2
16,2
nom.
6587
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a 57,1
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12
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5,66
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c
/050918
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% mois
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bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 4,08
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2,77
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1052
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153
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B 4,606
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59463
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c 2,605
2,6
24299
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fr0010291245
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iPsen (ipn) !
a 149
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71211
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fr0010259150
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a 26,36
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fr0000073298
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23,1
60451
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fr0000033904
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JcDecauX (Dec) !
a 29,2
29,22
132297
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fr0000077919
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fr0004007813
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a 40,01
40,1
88201
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ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
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a 24,9
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333223
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fr0000130213
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149080
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le Bélier (beli) g
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lna santé (lna) g
B 57,4
56
17094
57,6
fr0004170017
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lectra (lss)
22
B 22,3
14548
22,35
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22
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lisi (fii) g
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34,6
17917
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fr0000050353
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lumiBirD (lbirD) g
c 16,74
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13929
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m6-métroPole tV (mmt) !
a 16,73
17
126916
17,04
fr0000053225
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B 25,46
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168469
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mauna Kea (mKea)
c 2,925
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2
16048
2,02
fr0004177046
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1,996
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Autres Valeurs de la Zone euro
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VALeurs Zone InternatIonale
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3080
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29
28,3
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1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
euronext//taux&changes//matières premières
EuronExT hors srd
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14,2
14,2
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1711
afone part.
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10,2
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alpha mos
c
0,44
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altareit
b
535
amoebag
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4,5
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c
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artois
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6050
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au femining
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awoxg
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baccarat
b
220
bains monaco
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32005
barbara bui
c
7,6
bastide
c 41,3
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bleecker
c
90
blue solutionsg
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16,4
16,3
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632
bourbon!g
a 4,65 4,66
4,11
4,18 - 12,92 246852
bourse direct
c
1,58
business et dec.g
c
7,85 + 1,95
cafom
c 8,85 8,85
8,85
8,85 - 0,56
44
capelli
43,4 43,7
43,1
43,7 + 0,69
74
carp.de partic.
c
45,6
castg
c 3,87
3,87
3,87
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251
catering inter.g
b 15,8
15,9
15,75
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1987
cbo territoriag
c 3,88 3,91
3,88
3,91 + 0,77
10380
cca intern.
c
4,99
cegedimg
b 30,1
30,5
29,8
29,8 - 1
2249
cegerealg
b 36,4 36,8
36,4
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102
cellnovog
c 2,885 3,125
2,885
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81503
cerenisg
b 1,96
1,976
1,932
1,936- 1,22
14256
cfi
c 1,24
1,24
1,24
1,24 + 0,81
898
chausseria sa
c
0,001
cibox inter.g
c 0,205 0,207 0,203
0,203- 0,98 159093
clayeuxg
c
0,26
cnimg
b 102,5 102,5 100,5
102
319
cogelec
c 11,592 11,718 11,53
11,53 - 0,52
482
coherisg
c 2,3
2,3
2,3
2,3
451
constellium
11
courtois
c145
145
145
145
1
cr alpes prov.
c 110
111,28 110
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210
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c130
131,5 130
131,5 + 1,15
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cr brie picard.
b 24,03 24,265 24,03
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1471
cr ille vilaine
c 99,5 99,5
99,25
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cr languedoc
c 73,5
73,5
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cr morbihan
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80,98
476
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b 20,8
21,1
20,8
20,85
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cr norm. seine
c130,02 130,02 129,4
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84
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b 90,97 91
90,7
91
- 0,01
656
cr rhône-alpes
c 197,8 198
197,8
197,8 - 0,1
15
cr toulouse
c 111,6 112,4
111,6
112,4
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cr tour. poitou
c104,86 105,98 104,86 105 + 0,13
91
crosswood
c
4,06
cs-com. et syst.g
c 6,94
7,04
6,76
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2543
daletg
c 14,5
14,5
14,3
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2077
dane-elec memoryg c
0,56
deinove
2,39 2,39
2,29
2,35
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delta plus group b 45,2 46,2
45,2
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559
digigram
c
0,785
dms
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1,12
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15785
docks pétroles a c540 540
540
540
+ 1,89
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dom securityg
c 60
60
58,8
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ecag
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egideg
c 2,14
2,18
2,14
2,18
980
elect. strasbourg b 113,5 114
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electro powerg
c 11,25 11,5
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encres dubuitg
c 5,8
5,8
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5,76
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essog
b 44,7
45
44,05
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3271
eurasia fonc inv
c 0,185 0,19
0,185
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2299
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c 1,72
1,745
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124
124
124
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c
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expl. prod. chim.
c
855
f.i.e.b.m.
c 6
6
6
6
1400
f.i.e.b.m.
c 118
118
118
118
- 9,23
260
f.i.p.p.
c 0,34 0,34
0,33
0,33 - 2,94
6626
fauvet-girel g
c
32,2
fermentalgg
2,995 3,01
2,99
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3803
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b
1610
fiducial office
c 28
28
28
28
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b 191
191
191
191
- 1,04
50
fin. moncey
a
5850
finatis
b 45,2 45,2
45,2
45,2
20
fleury michon
b 52,8 53,6
52
53,6 + 1,52
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foncière 7 inv.
c
1,8
foncière atland
c 112
112
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29,8
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foncière inea
b 40
40
40
40
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c
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c
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28,6
28,6
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c
49
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b
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25,6
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25,6
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c
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idi
b 43,9 43,9
43,2
43,6 - 0,68
1093
ige + xaog
c 138,5 138,5
138
138
- 0,36
182
immo. dassault
b 54,2 54,2
52,8
53
- 2,21
960
immo. hôtelière
c
1,04
ind. fin. ent.
c 63
63
63
63 + 8,62
2
infotelg
c 49,5 50
49,3
49,5
1528
innelec mult.g
c 5,34 5,34
4,92
4,97 - 7,28
12397
installux sa
c382
382
382
382
+ 0,53
2
intexa
c
2,32
inventiva
b 8,5
8,5
8,4
8,4 - 1,18
4568
it linkg
c 7,18
7,38
7,08
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737
itesoftg
c 3,9
3,9
3,88
3,88 - 0,51
261
its groupg
c 7,34
7,34
7,18
7,34 - 0,27
1354
jacques bogart
c 6,28 6,3
6,26
6,3 + 0,32
1813
keyrusg
c 6,36 6,36
6,16
6,16 - 3,75
8105
la foncièreverte c
57
lacroix sa
c 25,6
25,8
25,5
25,8 + 0,78
303
23
lafuma
c
lanson-bcc
b 31,6
31,6
31,2
31,2 - 1,27
94
laurent-perrier
b 112,5 112,5 108
108
- 1,37
329
le tanneurg
c
1,99
lebon
c 128,5 129,5
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128,5
147
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2,2
2,02
2,02 - 12,93
5928
les nx constr.
b 48,2 48,2
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111
lexibookg
c 1
1
0,95
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12059
locindus
b 24,9 25
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c
530
manutan inter.g
b 74
75
74
75
+ 1,35
276
maurel & prom!
a 5,65
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105132
mcphy energyg
5,86 5,94
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8036
actions
françaises
EuronExT hors srd suite
isin
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valeur
ouv
+ht
mecelec
c 1,73
1,775
medasysg
c 0,374 0,379
média 6
c 14,5
14,5
memscapg
c 2,16
2,26
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c 1,345 1,345
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2,4
2,44
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mr bricolage sa
b 11,05 11,05
mrm
c 1,45
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musée grévin
c
nanobiotixg
b 16,53 17,28
navya
b 6,5
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neopost!
a 22,2 22,5
neuronesg
b 23
24,1
nextstage
c100
100
officiis propertiesg c 1,56
1,56
ol groupeg
c 2,86 2,88
orapig
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orchestra-pre.
c 1,67
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orege
3,35
3,35
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c 31,5
31,5
c 83
84
parefg
passat
c 4,02 4,02
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b 18,6
18,8
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c 6,8
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b 4,23 4,26
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c
ramsay gds
b 19,6
19,6
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c 3,25
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b499 502
roche bobois
b 21,2
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s.a.m.s.e.
b160
161
sabeton
c
c
scbsmg
séché env.g
b 26,7
26,7
selectirente
c 70,5 70,5
sergeferrari group c 8,9
8,98
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c 28
28,2
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c 25,9 26,4
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b 20,25 20,25
soc. fr. casinos
c
sodifrance
c
soditech ing.
c
sofibus
c 187
187
soft computingg c 15,1
15,1
sogeclairg
c 37
37
+bs
1,73
0,36
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1,335
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clôt
1,775 0,374
14,5
2,12 1,3452,29 -
écart vol
1,39
33
17240
1
2,75
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17
104425
152
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300
2921
5740
24886
1184
- 0,71
+ 0,9
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19,1
0,84
187
15,1
35,6
187
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1
662
isin
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fr0000063307
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valeur
spir com.
tayninh
tessig
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tipiak
tivoly
tonna elect.
toupargel groupe
tour eiffel
txcellg
unibel
union fin. fr. bque g
utig
verneuil part.
vetoquinolg
videlio (ex:iec)
viel et cieg
viktoria investg
visiodentg
voluntis
voltalia
xilam animationg
ymagisg
ouv
+ht
c 2,94 2,95
c 1,36
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179,5
c
c 82
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c
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a
b 28,4 28,5
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c
c 11,9
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ma0000011488
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françaises
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528
aperam
beni stabili
celyad
cnova nv
dexia
euronext
mainstay medical
montea cva
nokiaR
rentabiliweb gpg
robeco nv
rolinco
a 37,5
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c 25,36 25,38
a 4,18
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c
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58,5
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1840
451
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19,91
c
a 141,5
48
143,5
141,5
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c
618
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703
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isin
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fr0004045847
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1419
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Zci limited
37,18
0,74
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c
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- 0,67
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396
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- 0,82
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auplata
biocorp
biophytis
blockchain group
carbio
carmat
esker
evolis
europlasma
gaussin
groupe guillin
groupe parot
hiolle industries
hybrigenics
implanet
mastrad
neovacs
nextedia
nsc groupe
piscines desjoyaux
theradiag
umanis
vergnet
voy. du monde
ouv
0,361
0,085
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0,358- 1,65
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81
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137
134,5
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i10gs - Fr0011630474
Fr0013284114
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INVESTIR PEA PALATINE
8,98
101
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99.19
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bras. ouest afr.
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cfoa
diageo
lilly and co
forestière eq.
geneurog
hexcel
b 70,5
c
b
70,5
70
- 0,71
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+ 2,12
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c
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c
b 5,62
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52
Taux ET changEs
changEs : cours au comptant
cours
bce
var.
veille
en %
var.
année
en %
dollar us
1,1619
livre sterliNg
0,8987
FraNc suisse
1,1252
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7,4561
couroNNe Norv.
9,7891
kuNa croate
7,4306
couroNNe suedoise
10,5883
dollar caNadieN
1,5351
yeN JaPoNais
128,842
dollar australieN
1,6143
rouble russe
80,6802
rouPie iNdieNNe
83,627
dollar Neo-zelaNdais 1,7621
couroNNe tcheQue
25,7044
ForiNt hoNgrois
326,41
zloty PoloNais
4,328
lev bulgare
1,9574
dollar hoNg-koNg
9,1236
WoN sud coreeN
1306,23
Peso MexicaiN
22,5143
real
4,8182
dollar siNgaPour
1,5983
raNd sud-aFricaiN
17,8028
livre turQue
7,6608
reNMibi yuaN
7,9463
ruPiah
17350,7298
Peso PhiliPPiN
62,677
riNggit Malais
4,8123
bath thalaNdais
38,1167
-0,12
-0,25
-0,42
0,01
0,17
-0,01
0,53
0,16
-0,66
-0,18
1,63
0,55
-0,19
-0,13
-0,36
-0,02
0,09
-0,07
0,30
0,11
-0,06
-0,07
-0,85
0,01
-0,01
-0,12
0,54
-0,35
-0,03
-3,22
1,29
-3,81
0,12
-0,62
-0,02
7,81
1,70
-4,84
4,98
16,66
9,09
4,19
0,64
5,04
3,64
0,07
-2,75
1,98
-4,61
21,19
-0,47
19,80
68,20
1,81
6,69
4,42
-1,40
-2,50
06-09-2018
1 euro en devise
principaux taux directeurs
pays
taux de référence
taux en %
eur
eur
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy
cad
usd
1
1,1619
0,8987
1,1252
10,5883
7,4561
1,2884
1,5351
gbp
chf
0,8607
1,1127
1
1,2942
0,7727
1
0,9677
1,2525
9,1089
11,7885
6,4151
8,3022
1,1083 143,4297
1,3209
1,7096
0,8888
1,0334
0,7984
1
9,4118
6,6283
114,52
1,3649
Marché obligataire
Taux marchés monétaires et eurodevises
cours dE changEs croisés
06-09-2018
sek
dkk
0,0944
0,1098
0,0848
0,1063
1
0,7043
12,1669
0,145
0,1341
0,1559
0,1205
0,1509
1,4198
1
0,1728
20,5919
jpy (100)
cad
0,7761
0,9023
0,6972
0,8732
0,0822
5,7883
1
1,1921
0,6514
0,7571
0,5849
0,7327
6,8956
4,8563
0,8389
1
06-09-2018
marchés monétaires
1 mois
3 mois
jour
6 mois
1 an
Zone euro-0,34/-0,64 -0,27/-0,57-0,20/-0,50 -0,17/-0,47 -0,10/-0,40
ecarts de taux avec l’allemagne
06-09-2018
6 mois
allemagne 100,26
portugal
-0,26
france
-0,01
espagne
-0,06
italie
-0,40
2 ans
5 ans
7 ans
10 ans
-0,60
0,51
0,09
0,28
1,84
-0,22
0,90
0,12
0,49
2,29
0,02
1,33
0,20
0,80
2,60
0,32
1,55
0,33
1,07
2,72
euromts
indice
var %
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
252,48
170,56
234,34
283,95
334,07
343,58
233,17
0.11
0.29
0.18
0.23
0.34
0.37
0.20
31/12 var %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
1.34
0.90
-0.96
-0.47
1.59
2.95
-0.65
cours a TErME de l’euro contre les principales devises
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1622
1,1625
0,8982
0,8983
1,1247
1,1248
10,5863
10,5877
7,4557
7,4564
128,8060
128,8140
1,5354
1,5358
-0,0044
-0,0045
-0,0024
-0,0027
-0,0011
-0,0015
0,0033
-0,0016
0,0005
-0,0002
-0,3811
-0,3857
-0,0033
-0,0035
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-0,0101
-0,0021
-0,0046
-0,0003
-0,0008
0,0046
-0,0004
0,0035
0,0011
-0,4274
-0,4356
-0,0091
-0,0093
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-0,0195
-0,0072
-0,0076
0,0009
0,0004
0,0064
-0,0007
0,0066
0,0041
-0,4558
-0,4718
-0,0189
-0,0191
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-0,0390
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0,0025
-0,0015
-0,0121
0,0121
0,0082
-0,5266
-0,5567
-0,0396
-0,0403
06-09-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base
0.75 %
usa
taux jour le jour
1.86 %
fOnDs feDeraux
2.00 %
2 ans
2.70 %
10 ans
2.94 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.08 %
Taux bons du trésor
btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,57
-0,55
-0,59
-0,61
-0,55
-0,43
0,05
0,69
indicEs de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
août 18
tmm
euribor
1 mois
3 mois
-0,3279
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,369
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,294
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
tme
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
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0,77
0,77
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0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
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0,83
0,68
0,73
source cdc ixis
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
the
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
01-08
02-08
03-08
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10-08
13-08
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16-08
17-08
20-08
21-08
22-08
23-08
24-08
27-08
28-08
29-08
30-08
31-08
03-09
04-09
05-09
06-09
0,73
0,73
0,80
0,80
0,80
0,80
0,80
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0,75
0,75
0,75
0,75
0,70
0,70
0,70
0,70
0,70
0,71
0,71
0,71
0,71
0,71
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
-0,363
-0,358
-0,358
-0,355
-0,355
-0,361
-0,356
-0,357
-0,357
-0,357
-0,357
-0,359
-0,362
-0,36
-0,36
-0,361
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,37
-0,37
-0,368
-0,369
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,37
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
0,74
0,75
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,65
0,65
0,66
0,66
0,65
0,64
0,64
0,63
0,65
0,66
0,66
0,68
0,68
0,70
0,71
0,68
0,67
0,68
0,69
0,70
thor.
pub.
priv.
0,93
0,93
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,93
0,93
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
MaTièrEs prEMièrEs
MéTaux préciEux
MéTaux non FErrEux
MéTaux sTraTégiQuEs
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
06/09
05/09
COURS PriMe Prec.
lingot
33490
0
33030
10 florins
208
2,66
208
5 dollars*
287
13,96
287
10 dollars
576
14,36
550
20 dollars
1130
12,13
1101
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1269
1,05
1275
latine
195
0,29
195
napoleon
195,9
0,75
195,9
1/2 napoleon* 109,9
13,04
102
souverain eli i* 260
6,06
255,1
souverain
248,9
1,53
249
1/2 souverain* 128,8
5,08
128,8
suisse
193,7
-0,38
192,1
tunisienne*
195
0,29
195
mark*
252
5,09
252
krugerrand
1097,5
5,36
1097,5
lingotin 500grs 17190
2,66
17190
lingotin 250grs 8600
2,72
8600
lingotin 100grs 3360
0,33
3420
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
473,39
471,46
cuivre (girm):
LondrEs
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
27 163
27 299
Fix2
27 002
27 419
cathodes : 5286 a coMPter du 06/09/
autres demi produits cuivreux :
606,68 dePuis le 06/09
base cuivre
base laMiNé laitoN 1 titre 510,17 dePuis le 06/09
base laMiNé laitoN 70/30 518,94 dePuis le 06/09
base laMiNé laitoN 85/15
562,8 dePuis le 06/09
base laMiNé broNze 94/6
692,02 dePuis le 06/09
base laMiNé broNze 94/4
663,57 dePuis le 06/09
London METaL ExchangE
06/09
05/09
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2045,5-2046
2076-2077
1064450
cash
3 Mois
stocks
London BuLLion MarKET
06/09
05/09
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 405
1 412
etain (en $ par tonne)
1 197
palladium (eN dollars Par oNce troy)
978
988
platine (eN dollars Par oNce troy)
790
774
settleMeNt
settleMeNt
06/09
sePt. 18
14,05
déc. 18
14,2
JaNv. 19
14,27
Mars 19
14,31
Mai 19
14,38
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
05/09
14,12
14,22
14,22
14,33
14,39
settleMeNt
06/09
788
792
795,7
809
808,4
05/09
1202,3
1212,5
1218,4
1224,3
1236,8
settleMeNt
05/09
784,4
786,5
792,2
787,4
808,6
éLEcTriciTé
5822-5823
5848-5849
262900
5849,5-5850
5865-5870
262100
18915-18925
18850-18875
2915
cash
3 Mois
vol.
12410-12415
12490-12500
237030
18725-18750
18650-18655
2940
12450-12475
12565-12570
237984
plomb (en $ par tonne)
2065-2067
2078-2080
121500
2085,5-2086
2100-2102
121925
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2436-2436,5
2426,5-2427
236900
2435-2435,5
2426,5-2427
237425
nEW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
06/09
2,62
2,63
2,64
2,64
05/09
2,6
2,61
2,61
2,62
vol
465
284
211
82500
KuaLa LuMpur
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
06/09
18800
05/09
18800
05/09
antimoine 99,65% (par tonne)
8400
8400
bismuth 99,99% (par lb)
4,55
4,55
cadmium 99,95% (par lb)
1,25
1,25
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
33,25
33,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
29,25
29,25
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
14
14
silicium (par tonne)
2000
2000
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
06/09
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
settleMeNt
06/09
déc. 18
1204,3
avr. 19
1214,6
JuiN 19
1228
aout 19
1234,1
déc. 19
1238,7
platine (eN dollars Par oNce)
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
cash
3 Mois
vol.
cash
3 Mois
vol.
nEW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
2039,5-2040
2069,5-2070
1067075
cuivre (en $ par tonne)
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
21 830
21 517
Fix2
21 811
21 480
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 205
1505-1515
1580-1600
13500
1530-1540
1550-1560
13500
06/09
vol
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
clôture
05/09
40,69
46,28
clôture
clôture
06/09
72,51
72,43
80,53
79,93
05/09
72,51
72,43
80,53
79,93
vol
364004
192492
vol
produiTs péTroLiErs
sucrE
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
656
london daily price:
442
417
449,5
424,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
89,25
89,7
488,5
456,5
91,2
92,22
487,5
455,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
aout 19
clôture
clôture
06/09
65,8
65,6
65,38
64,8
65,58
05/09
67,18
66,93
66,68
66,38
66,08
clôture
clôture
05/09
2,79
2,81
2,9
vol
clôture
vol
4
2
06/09
10,81
11,61
11,75
11,89
12,19
05/09
10,91
11,7
11,82
11,95
12,24
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
06/09
oct 2018 27,46
Nov 2018 27,6
dec 2018 27,72
clôture
06/09
05/09
sePt. 18
1603
1618
déc. 18
1652
1672
Mars 19 1667
1695
Mai 19
1674
1695
Juil. 19
1680
1705
new york (eN $ Par toNNe)
2530
9829
6250
1919
1993
05/09
82,78
81,7
82,1
06/09
2300
2281
2298
2306
2323
05/09
2290
2303
2318
2327
2340
37
13118
5484
1709
473
clôture
vol
06/09
05/09
sePt. 18
1537
1554
483
Nov. 18
1491
1501
4565
JaNv. 19 1493
1499
2455
Mars 19 1506
1511
1553
Mai 19
1523
1530
649
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
12
7539
2022
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
sePt. 19
06/09
99,05
102,45
105,8
112,85
05/09
95,6
103,4
106,7
113,7
vol
2
13367
4124
358
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
settleMeNt settleMeNt
06/09
445,3
412,4
406,4
05/09
445,2
412,4
406,4
settleMeNt settleMeNt
vol
1572
59755
12468
settleMeNt settleMeNt
vol
06/09
05/09
sePt. 18
10,73
10,8
Nov. 18
10,9
10,82
JaNv. 19 11,02
10,99
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
vol
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
06/09
05/09
112,45
115,7
149
36
settleMeNt settleMeNt
vol
1
204
15
settleMeNt settleMeNt
vol
06/09
176
172
176
245
05/09
177,05
0
0
veau vivaNt - bresil - brl :
150.25
le 05/09//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.0905
le 05/09//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.51725
le 05/09//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.51975
le 05/09//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
le 02/03//17
indicEs
rJ crb
jus d’orangE
Bois
478
104
47
BETaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
vol
06/09
05/09
sePt. 18
351,5
351,5
déc. 18
365,75
365,25
Mars 19 377,75
377,25
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
vol
05/09
27,04
27,06
27,2
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
vol
1
221
3
settleMeNt settleMeNt
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
new york (cont. n°2 - cents par lb)
sePt. 18
Nov. 18
JaNv. 19
vol
vol
06/09
05/09
Nov. 18
180,5
181
JaNv. 19 182,5
183
Mars 19 184,75
185,5
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
caFé
coTon
06/09
81,97
81,36
81,84
clôture
settleMeNt settleMeNt
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 99.69
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
iNdice cotlook a : 92,55, le 06/09//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
55005
44788
17801
7937
3244
vol
06/09
05/09
sePt. 18
501
493,75
déc. 18
516,25
521,75
Mars 19 536
542,5
mais à paris (eN euros Par toNNe)
vol
05/09
26,85
settleMeNt settleMeNt
vol
vol
settleMeNt settleMeNt
06/09
05/09
sePt. 18
202
199,25
767
déc. 18
198,75
199,75
15683
Mars 19 201
202,25
4746
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
06/09
05/09
sePt. 18
235
239,5
déc. 18
247
246,75
Mars 19 251,25
254,25
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
powernext gas futures
06/09
05/09
Nov. 18
677,25
686,25
55740
Fév. 19
669,75
678,25
3811
Mars 19 668
676,25
6671
avr. 19
666,25
674
2618
Mai 19
665
672,5
1823
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
settleMeNt settleMeNt
06/09
2,78
2,8
2,89
clôture
vol
clôture
nymex ( eN $ Par Mbtu)
06/09
Nord da 27,07
06/09
05/09
Jour
76,12
77,27
Nov. 18
76,12
77,27
190417
JaNv. 19 75,44
76,57
52388
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
vol
05/09
26,6
26,75
26,9
gaz naTurEL
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
vol
7428
8577
3356
1730
934
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 04/09/
Prix indicatif : 2254,5
londres (eN £ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
06/09
26,6
26,75
26,9
clôture
cacao
uranium nymex (en $ par lb)
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
06/09
05/09
oct. 18
330,6
334,9
déc. 18
330,7
334,1
Mars 19 329,2
331,3
Mai 19
331,5
333,5
aout 19 334,3
336,2
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uraniuM
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
clôture
05/09
20,5
powernext gas spot
produiTs péTroLiErs
clôture
clôture
06/09
20,5
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
londres (eN dollars Par toNNe)
663
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
sPot
céréaLEs
11,41 cts/lb
vol
112.45
06/09
05/09
195,02
196,47
reuters coM. 2297,94
2305,78
Moodys coM. 5558,38
5564,7
or iNdustriel 33559
33427
lMex
2868
2855
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
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Tél. : 01 56 88 71 00
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538,83 05/09
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
545,79 06/09
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
synchrony (lu)
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
251,93 05/09
357,66 06/09
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
98,62 05/09
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
113,82 04/09
LU0168449691 Pictet-greater china
553,88 05/09
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
172,84 05/09
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
106,74 04/09
LU0188501257 Pictet-health
284,59 05/09
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
457,95 05/09
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
101,47 04/09
LU0070964530 Pictet-indian eq.
523,02 05/09
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
131,67 05/09
LU0851564897 euroPean equity (eur)
165,73 04/09
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
119,13 31/08
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
96,63 04/09
LU0851564541 World equity (eur)
158,46 04/09
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15241,15 05/09
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
160,17 05/09
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
155,95 31/08
142,23 05/09
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
319,47 05/09
LU1279334210 Pictet-roBotics
LU0090689299 Pictet-Biotech
760,71 05/09
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144,97 05/09
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142,18 05/09
LU0935723782 ram (l) tf ii asia Bd tot ret
139
LU0340554913 Pictet-digital
307,83 05/09
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
1231,56 05/09
LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
148,66 06/09
LU0104884860 Pictet-Water
298,27 05/09
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
253,75 05/09
89,76 05/09
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
302,48 05/09
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0280430660 Pictet-clean energy
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
code isin
classification
classification
sicav//fcp
05/09
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
par Pascale Braun
Correspondante à Nancy
Fred Marvaux
Françoise
Rossinot,
une femme
au service
des Goncourt
L’ancienne journaliste est restée très pro. Mercredi, sur le plateau d’Anne-Sophie Pierson,
dans les studios de la télévision viàMirabelle,
Françoise Rossinot, commissaire générale du
Livre sur la Place, détaille avec précision le programme. La 40e édition de la manifestation
démarre ce vendredi à Nancy. Le cru s’annonce
exceptionnel : les dix académiciens du Goncourt présideront l’événement. Et pour la première fois, ils délaisseront les tables de Drouant
pour délibérer dans les salons de l’hôtel de ville
nancéien avant de dévoiler la liste des nominés
du prix depuis la place Stanislas.
En prélude, le rideau s’est levé jeudi soir sur la
lecture, par la comédienne Alice Taglioni, de
textes de Jean d’Ormesson choisis par sa fille,
Héloïse. Il tombera, dimanche, après l’interprétation par Isabelle Adjani et Lambert Wilson de
la correspondance entre Albert Camus et Maria
Casarès. Dans l’intervalle, les 175.000 visiteurs
attendus auront pu rencontrer 200 écrivains et
assister à une centaine de débats et d’entretiens.
Une réserve revendiquée
Concise et quasi exhaustive sur le déroulé du
week-end, Françoise Rossinot tait, en revanche,
le rôle qu’elle a joué pour hisser le Salon lorrain
au rang d’événement national. De même, elle
passe rapidement sur sa prise de fonction
imminente : elle est la nouvelle déléguée générale de l’Académie Goncourt.
ENTREPRISES
VIVENDI
Christine Pigeyre
devient présidente-directrice
général de CanalOlympia et
présidente de Vivendi Sports,
deux sociétés de Vivendi Village.
Christine Pigeyre, 56 ans, titulaire
d’un DEA de sciences politiques,
d’un DESS de droit de la vie politique
En annonçant son arrivée, le président de
l’académie, Bernard Pivot, a salué « sa formidable connaissance du milieu littéraire, de la presse
littéraire et de l’édition » ou encore « ses qualités
humaines de bienveillance et d’attention aux
autres ». Des louanges que cette mère de famille
accueille avec retenue. « Le Goncourt constitue
un événement littéraire immense qui n’a pas
besoin de moi pour être mis en lumière. Je serai là
pour écouter les membres de l’académie, les servir, voir ce qu’ils auront envie de développer »,
commente l’intéressée.
La modestie n’est pas feinte. La sexagénaire
blonde, mise impeccable, ne cache pas sa crispation lorsqu’il s’agit de se dévoiler. Epouse
d’André Rossinot, maire de Nancy durant
trente et un ans, puis président de la métropole du Grand Nancy, ex-ministre et ex-député, l’ancienne journaliste à « L’Est républicain » a appris tant par la presse que par la
politique à plutôt faire parler. Elle revendique
la réserve. Tout au plus, milite-t-elle, à ses
heures contre la souffrance animale.
En 1983, Françoise Rossinot est devenue la
directrice de la communication de son époux,
de quinze ans son aîné, mais n’a pas voulu se
contenter d’être « la femme de ». La littérature a
permis à cette fille de libraires de Grasse de
maintenir sa pratique des interviews, d’entretenir son érudition et de contribuer à la vie culturelle de Nancy, sa ville d’adoption.
et d’un DESS de communication,
reste directrice des relations extérieures de Vivendi, poste qu’elle
occupe depuis 2008. Après des
débuts à l’Assemblée nationale et au
Sénat, elle avait rejoint en 1989 la
Générale des Eaux (devenue
Vivendi) où elle a exercé différentes
fonctions de communication.
GROUPAMA
Bénédicte Crété-Dambricourt
En 1994, elle lance les Rencontres du Livre sur
la Place, qui convient, tous les deux mois, un
auteur à débattre avec son public. « Mon premier
invité, Elie Wiesel, est venu spécialement de New
York à Nancy, raconte Françoise Rossinot. Le
moment fut inoubliable. J’entends encore sa voix
particulière, si douce et mélancolique lorsqu’il parlait de ces trains que l’on n’a jamais arrêtés. »
L’organisatrice est restée en contact avec le
prix Nobel de la paix jusqu’à son décès et a noué
des amitiés durables avec d’autres grandes
consciences, dont Jorge Semprun et Jean
d’Ormesson.
Pour son dernier Livre sur la Place en tant
que commissaire générale – fonction qu’elle
assume depuis 2007 –, Françoise Rossinot est
fière d’accueillir des stars telles Salman Rushdie, Amélie Nothomb ou Guillaume Musso.
Mais elle se réjouit au moins autant d’une autre
mission, celle discrète et primordiale, qu’elle a
impulsée pour rapprocher la littérature de ceux
qui en sont coupés.
Quand Mitterrand ou Chirac
appelaient à la maison
Tout au long de l’année, le Livre sur la Place se
décline en un travail de terrain dans les écoles,
au pied des immeubles, dans les maisons de
retraite ou les prisons. Le Nancéien Philippe
Claudel s’est ainsi rendu durant plusieurs
années au centre pénitentiaire de la ville, dont
il a tiré le livre « Le Bruit des trousseaux ». En
lien avec le bailleur social OMh, Daniel Picouly
a lancé des « battles » de lecture dont les finales rassemblent place Stanislas des collégiens
de la banlieue de Nancy.
Restée journaliste dans l’âme, Françoise
Rossinot assure trop respecter les auteurs
pour franchir elle-même le cap de l’écriture.
Hormis pour transmettre des informations
littéraires. Elle admet néanmoins un regret.
« Je n’ai rien noté des années de vie politique
passées aux côtés de mon mari, quand François Mitterrand ou Jacques Chirac appelaient
le soir à la maison. J’aurais pu laisser une
trace de cette époque et de ces personnages »,
écrit cette femme de lettres qui, même dans
ce cas, aurait certainement évité de se mettre au grand jour. n
Mikaël Cohen
sont nommés respectivement
directrice des ressources
humaines et directeur
des opérations financières
et des investissements du
groupe.
Bénédicte Crété-Dambricourt,
45 ans, titulaire d’un DEA de droit
social à la faculté des sciences juridiques de Bordeaux et du DESS
CAAE (administration des entreprises) à l’IAE de Bordeaux, a
débuté comme responsable de
recrutement chez Adecco. C’est en
2002 qu’elle a rejoint Groupama.
D’abord chargée d’études juridiques, elle a la DRH intégré, en
2006, devenant en 2009, directrice
du développement des cadres dirigeants, cadres supérieurs et expatriés, puis en 2015, directrice du
développement RH groupe, en
charge des dirigeants, de la communication interne, de la marque
employeur et de RSE, de l’université Groupama et de la DRH de
Groupama SA. Depuis l’an dernier,
elle est DRH groupe adjointe.
Mikaël Cohen, 55 ans, diplômé
de l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique et de l’Ecole nationale supérieure des télécommunications, a
débuté chez EDF. En 1990, il est
entré à la Caisse autonome de refinancement où il a notamment
occupé le poste d’adjoint du directeur financier. En 1996, il a rejoint
la Caisse des Dépôts et Consignations comme responsable du service de la gestion actif-passif. Il a
été promu responsable du département de la gestion d’actifs en
1999, puis directeur financier au
sein de la direction des fonds
d’épargne en 2006. Il était directeur des investissements de CNP
Assurances depuis 2011.
BNP PARIBAS
Luc Rondot
est nommé directeur
des systèmes d’information
et membre du comité
exécutif de la banque
de détail en France
de BNP Paribas.
Luc Rondot, 57 ans, diplômé de
l’Institut Control Data, a réalisé
une grande partie de sa carrière
au sein du groupe BPCE. Il fut
d’abord chef de projet responsable du développement des applications agence dans l’une des
entités de la Banque Populaire, il
est ensuite devenu directeur
général adjoint du Centre informatique national des Caisses
d’Epargne, avant d’être promu
directeur exécutif, charge de la
direction des systèmes d’information du Crédit Foncier. Depuis
2016, il était directeur exécutif,
chargé de la direction des opérations du Crédit Foncier.
SECTEUR PUBLIC
Emmanuel Chiva, 49 ans, ancien
élève de l’ENS, docteur en biomat h é mat i q u e s , a u d i t e u r d e l a
49e session nationale armement
et économie de défense de
l’IHEDN, est également officier
de réserve de la Marine nationale. Il travaille depuis plus de
vingt ans dans les domaines de
l’intelligence artificielle et de la
simulation militaire. Il était
directeur général adjoint en
charge de la stratégie et du développement de la société Agueris.
ILS SONT NÉS
UN 7 SEPTEMBRE
Stéphane Abrial, général
d’armée aérienne, directeur
général délégué de Safran,
président du musée de l’Air
et de l’Espace, 64 ans.
Hervé Chabalier, créateur
de l’agence Capa, 73 ans.
Marcel Desailly, footballeur,
50 ans.
Abdou Diouf, ancien président
sénégalais, 83 ans.
Chrissie Hynde, chanteuse
du groupe The Pretenders,
67 ans.
Olivier Fécherolle,
ex-directeur général
de Viadeo, 49 ans.
Maud Fontenoy, navigatrice,
femme politique, 41 ans.
Frank Garnier, président
de Bayer France, 62 ans.
Marie-Agnès Gillot, danseuse
étoile, 43 ans.
Philippe Lemoine, directeur
général de la Société
de la Tour Eiffel, 70 ans.
Gilles Moëc, économiste, 48 ans.
Pierre Nanterme, PDG monde
d’Accenture, 59 ans.
Luc Rémont, ex-président
de Schneider Electric France,
directeur général des
opérations internationales,
49 ans.
Renata, créatrice de mode,
84 ans.
Jean-Yves Tadié,
universitaire, spécialiste
de Marcel Proust, 82 ans.
MINISTÈRE DES ARMÉES
Emmanuel Chiva
devient directeur de l’Agence
de l’innovation de défense,
nouvellement créée.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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VENDREDI 7 ET SAMEDI 8 SEPTEMBRE 2018
LESECHOS.FR/
SPÉCIAL
TERRITOIRES
STRATÉGIE // Metz inaugure le 7 septembre le centre des congrès Robert-Schuman. Pour s’imposer dans le cercle
restreint des villes d’accueil du tourisme d’affaires, la métropole mise avant tout sur son identité transfrontalière.
A Metz, l’atout franco-allemand
reste une valeur d’avenir
Fortnite Battle Royale, de League of
Legends ou de l’Arma Cup. Les 16
salles de commission tiendront lieu
de courts annexes. L’association
Grand Est Numérique poursuivra
la séance inaugurale les 13 et 14 septembre avec le Salon professionnel
#Gen, avant la première ouverture
au public proposée à l’occasion des
Journées du patrimoine.
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
e 7 septembre prochain, les
invités qui, sortant de la gare
de Metz, déboucheront sur
le parvis Adrienne Thomas pour
assister à l’inauguration du centre
des congrès Robert-Schuman, franchiront en quelques pas un siècle de
symboles. Dans son livre « Die
Katrin wird Soldat » publié sous le
pseudonyme d’Arienne Thomas,
l’auteure juive berlinoise Herta
Strauch a relaté son engagement
d’aide-soignante au service des
blessés et des prisonniers transitant
en gare de Metz durant la Première
guerre mondiale. Best-seller des
années 1930, l’ouvrage, qui fut brûlé
lors des autodafés nazis, constitue
un manifeste intemporel de pacifisme. Robert Schuman incarne
une autre figure de la réconciliation
européenne. De naissance allemande et d’origine luxembourgeoise, l’ex-député de la Moselle et
président du Conseil des ministres
de la IVe République a édifié avec
Jean Monnet la Communauté européenne du charbon et de l’acier,
socle de la future Union.
Il a fallu cent ans à Metz pour cicatriser les plaies des deux annexions,
assumer l’héritage de l’empire prussien et revendiquer son identité
franco-allemande. Plus largement,
la ville puise sa légitimité européenne dans 3.000 ans d’une histoire successivement gallo-romaine, lotharingienne, germanique
et française. Le nouveau centre des
congrès, qui arbore en façade plus
de 10.000 pierres de Jaumont, rend
hommage à ce patrimoine millé-
L
La métropole entre
dans le club restreint
des villes d’accueil
du tourisme d’affaires,
au terme d’un
investissement de
60 millions d’euros.
L’auditorium du centre des congrès Robert-Schuman peut acueillir 1.200 personnes. Photo Studio Hussenot
naire. « Cette pierre exploitée depuis
le temps des Romains se retrouve
dans tous les bâtiments anciens
depuis le XVe siècle. Elle constitue la
matière même de la ville et lui confère
sa forte personnalité », estime JeanMichel Wilmotte, architecte de
renommée internationale retenu
par Metz Métropole pour édifier
Metz Congrès.
Ocre, sobre et fonctionnel, le centre Robert-Schuman accolé à la
gare contraste avec les exubérantes
courbes blanches du Centre Pompi-
dou Metz qui lui fait face. Les deux
bâtiments traduisent pourtant une
même ambition : gommer définitivement l’image de ville de garnison
ou de bastion d’industries défuntes
qui colla trop longtemps à la ville.
L’édifice de Shigeru Ban figure
aujourd’hui parmi les musées les
plus fréquentés de France, notamment grâce à l’afflux de visiteurs
allemands, belges, luxembourgeois
et néerlandais. Metz Métropole
compte réitérer ce succès dans le
domaine du tourisme d’affaires, en
misant à la fois sur sa centralité
européenne et sur sa capacité à
créer l’événement.
choix. La métropole se distingue
aussi par un fort soutien au numérique et à l’e-sport. Il existe dans le tierslieu TCRM Blida une communauté
de jeunes très engagés qui est littéralement venue nous chercher », explique Julien Brochet, directeur de
l’ESWC. Flambant neuf, le centre
des congrès messin se prête parfaitement à l’événement, qui y organisera également ses deux prochaines éditions. L’auditorium de 1.200
places fera office de court central
pour les grandes compétitions de
Fort soutien au numérique
Le centre Robert-S chuman
accueillera pour son lancement
une manifestation de dimension
mondiale, l’e-sport World Convention (ESWC), qui doit réunir plus de
10.000 visiteurs les 8 et 9 septembre. « Metz est très bien connectée à
ses voisins européens et à Paris, mais
ce n’est pas la seule raison de notre
Metz entrera ainsi dans le club
restreint des villes d’accueil du tourisme d’affaires, au terme d’un investissement de 60 millions d’euros. Le
financement de l’édifice s’est avéré
acrobatique, le Département désargenté ayant tardé à s’acquitter de sa
contribution. Le projet a néanmoins
suscité un consensus quasi unanime. « Loin de relever d’une dépense
de prestige, le centre des congrès
Robert-Schuman répond à une nécessité. Renoncer à cet investissement
revenait à admettre que les choses se
passeraient ailleurs. Or Metz a toute
légitimé de revendiquer l’atout unique
que lui confère sa position frontalière », affirme Xavier Bouvet, directeur de l’agence d’attractivité Inspire
Metz. Géré par le groupe GL Events,
Metz Congrès a d’ores et déjà programmé 60 manifestations. L’édifice est fin prêt, la réputation de
Metz, ville de congrès, reste à bâtir. n
Philippe Gisselbrecht _ Ville de Metz
DR
Jean-Christophe Verhaegen/AFP
Trois initiatives ancrées dans l’histoire transfrontalière
De l’Annexion à l’Unesco Longtemps honni par les Lorrains,
le patrimoine architectural légué par l’empereur Guillaume II
compte aujourd’hui parmi les richesses que Metz espère inscrire
à l’Unesco. Edifiée par l’architecte berlinois Kröger, la gare monumentale que Maurice Barrès qualifiait « d’immense pâté de viande »
a été élue plus belle gare de France au concours Villes & Connexions de 2017. Nécropole nationale de la Première guerre
mondiale, le site funéraire messin de Chambière conforte également
la candidature de la Ville.
Starck propulse la maison Heler à 40 mètres de hauteur
Metz manque encore d’hôtellerie haut de gamme. Le designer
Philippe Starck compte remédier à cette carence en lançant dans
le quartier de l’Amphithéâtre une spectaculaire ligne d’hôtels intitulée
Maison Heler. Réplique fidèle d’une demeure construite en 1904
avenue Foch, une maison caractéristique de la période de l’Annexion
se posera sur le toit du premier immeuble de grande hauteur de la ville.
L’hôtel de luxe de 14 étages proposera 119 chambres et suites lors de
son ouverture prévue en 2020.
Metz, résolument wunderbar Pour la troisième année d’affilée,
Metz a arboré courant mai des drapeaux français et allemands
et organisé durant une semaine une cinquantaine d’événements
binationaux. Instauré dans la foulée du Sommet franco-allemand
de 2016, « Metz est wunderbar » (formidable) constitue désormais
un temps fort des échanges économiques, touristiques, sportifs
et culturels entre Metz et l’Allemagne. L’initiative permet également
de populariser le bilinguisme : Metz compte déjà trois écoles primaires biculturelles.
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TERRITOIRES // 37
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
TRANSPORT // Premier port céréalier fluvial de France, Metz s’arrimera bientôt à une nouvelle entité regroupant
neuf ports de la rivière Moselle. Le futur exploitant devra redynamiser la navigation en massifiant le transit.
Un nouveau port fluvial pour se renforcer
dans la compétition européenne
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
a loi NOTRe suscite des
remous dans la gestion locale
des activités portuaires, et la
Moselle n’échappe pas à la règle. Les
concessions actuelles arrivant à
expiration, Voies navigables de
France (VNF) a créé un syndicat
mixte ouvert pour redynamiser la
navigation au long de la rivière.
Début 2019, l’organisme désignera
un opérateur unique pour gérer
neuf ports publics et privés mosellans. « Ce regroupement augmentera
l’assise des ports mosellans et les rendra plus visibles à l’échelle européenne », estime Xavier Lugherini,
chargé de l’action commerciale à
VNF Nord-Est.
Les autorités consulaires messines ne cachent pas leur crainte de
voir le Nouveau Port de Metz – premier port céréalier de France – dissoudre sa notoriété au sein de la
future infrastructure lorraine. Pour
l’heure, la Société des Ports de
Moselle (SPM) gère les deux installations de Metz et celle de ThionvilleIllange, la CCI de Meurthe-et-Moselle exploitant la plate-forme
multimodale de Frouard. Le futur
syndicat mixte regroupera ces quatre ports publics ainsi que cinq ports
privés, soit un volume annuel global
de 7 à 8 millions de tonnes. Le Nou-
L
veau Port de Metz – ainsi dénommé
depuis sa création en 1967 – concentre à lui seul près de la moitié de ce
volume. Historiquement créé pour
exporter du minerai lorrain – dont
nulle tonne n’a jamais quitté la rive –,
il n’a obtenu qu’à la fin des années
2000 la création d’une ligne de conteneurs. Aménagé au terme d’un
investissement de 12 millions
d’euros, le terminal 2 du NPM a vu
son tonnage passer de 3.200 EVP
(équivalent 20 pieds) lors de son
ouverture en 2014 à 27.000 EVP l’an
dernier.
Accès facile
« Les navettes fluviales qui connectent Metz à Anvers et Rotterdam via
le Rhin nous ouvrent un nouvel horizon vers le grand export maritime
aux Etats-Unis ou en Asie », souligne
Jacques Kopff, directeur général de
la SPM. La coopération transfrontalière joue un rôle essentiel dans
cette expansion : le port messin utilise les installations rhénanes du
groupe allemand HTAG à Cologne
pour acheminer les marchandises
vers la mer du Nord. La société
Luxport gère pour sa part 10 hectares de plate-forme de container, qui
sécurisent les volumes du port
luxembourgeois de Mertert-Wasserbillig, à l’est du Luxembourg.
Le port de Metz fait valoir son
accès facile à la route et au rail, et ses
équipements de manutention flambant neufs pour attirer de nouvelles
entreprises. Au milieu de la décennie, les importations de charbon
qui alimentaient les centrales thermiques de La Maxe et de Blénodles-Pont-à-Mousson permettaient
encore d’équilibrer les flux entre
amont et l’aval.
Au cours des trois dernières
années, le cimentier Vicat, le fabricant de béton Feidt et Eurogranulat
se sont implantés au long de la
Moselle pour bénéficier de ses
infrastructures portuaires, com-
pensant partiellement la fin du
charbon et le déclin de l’acier. Le
port de Metz peut espérer s’étendre
à moyen terme sur des emprises
industrielles libérées, dont celle de
la centrale EDF de La Maxe, pour
faciliter de nouvelles installations.
L’écueil principal réside peut-être
dans la sourde concurrence
qu’exercent entre eux les ports lorrains. Le futur opérateur aura pour
mission de massifier les volumes au
long de la Moselle, en laissant aussi
peu de prise que possible aux considérations politiques. n
Au terminal 1
convergent 2,5 millions
de tonnes circulant par
voie d’eau vers le nord
de l’Europe,
2,3 millions de tonnes
acheminées par
camion depuis
l’autoroute A31
et 120.000 tonnes
transitant par le centre
de tri derroviaire
de Woippy.
Photo SDPM
La logistique cherche à retrouver
le sens de l’histoire
Un hors-série
exceptionnel
Ikea a instauré en bordure
de Moselle un modèle de
multimodalité qui utilise la
route, la navigation fluviale
et le rail.
Implanté à la Maxe, dans la banlieue de Metz, depuis l’an 2000, Ikea
a instauré en bordure de Moselle un
modèle de multimodalité. Rompant avec le « tout-camion », l’entrepôt de 115.000 mètres carrés, situé à
proximité de son magasin, utilise
non seulement la route, mais aussi
la navigation fluviale et le rail pour
desservir une quarantaine de
points de vente en France, en Suisse,
en Espagne et au Portugal. Premier
client du port de Metz hors céréales,
Global Transports & Logistics Services, filiale d’Ikea, expédie 1.600
EVP par conteneurs depuis 2014,
auquel s’ajoute, depuis 2016, le
même volume transporté par train.
« Cette diversification s’inscrit dans
une stratégie de long terme pour
acheminer nos marchandises en
Europe de manière plus durable », indique le service logistique
de l’enseigne suédoise.
Confortés par la COP 21, les transports par voie d’eau vont dans le
sens de l’histoire. Or Metz peine à
faire valoir un atout fluvial et géographique pourtant avéré depuis
2.000 ans. Les Romains naviguaient déjà au long de la Moselle,
de la Saône et du Rhin, et Metz, qui
se nommait alors « Divodurum
Mediomatricorum », occupait une
place de choix sur les axes LyonTrèves et Reims Strasbourg.
« La métropole des liaisons
européennes
Au XIIIe siècle, durant la République messine, puis au cours des
périodes fastes des villes libres de
l’Empire et des Trois Evêchés, Metz
– qui battit parfois sa propre monnaie – prospéra grâce au commerce
international, servant d’entrepôt et
de relais aux marchands allemands, français et hollandais. Rattachée à la France par le traité de
Westphalie en 1648, la ville s’est
Global Transports & Logistics Services, filiale d’Ikea, expédie 1.600
EVP par conteneurs depuis 2014. Photo Inter IKEA Systems B.V. 2018
muée en place forte administrative
et militaire. L’Annexion de 1870 a
achevé de la renfermer, tout en lui
conférant une gare démesurée et
de nouvelles lignes ferroviaires
vers l’Allemagne et le Luxembourg.
L’ère industrielle a laissé à la ville un
canal à grand gabarit de Metz à
Neuves-Maisons, ainsi que le canal
des mines de fer de la Moselle.
L’aménagement de la rivière fut
complexe et morcelé, la France et
l’Allemagne ayant pris grand soin
de ne pas faciliter l’accès au pays
voisin. « En ce début de XXIe siècle,
ces vestiges apparaissent tout entiers
comme un grand délaissé. Les communes du bassin de vie messin n’ont
pas encore pris collectivement la
mesure de ces infrastructures et de la
manière de les utiliser au-delà de ses
usages industriels. Mais la métropolisation peut jouer un rôle de déclic »,
analyse Fabien Soria, chef de projet
mobilités et stratégies métropolitaines à l'agence d’urbanisme messine Aguram.
Metz, qui a accédé début 2017 au
statut de métropole, affiche l’ambitieux projet de devenir « la métro-
pole des liaisons européennes ». Ses
nouvelles compétences lui permettront peut-être de clarifier ses objectifs. A ses frontières, des villes voisines ont pris de l ’avance, démontrant
au passage l’énorme potentiel de la
logistique en termes d’emploi et
d’attractivité. Voici trente ans, la
commune belge d’Athus a mis à profit sa position centrale au coeur des
trois frontières et son point de jonction entre trois lignes ferroviaires.
Elle gère aujourd’hui une grande
partie du transport terrestre des
conteneurs arrivant des ports de la
mer du Nord. Au Luxembourg,
l’Eurohub de Bettembourg achève
un investissement de 120 millions
d’euros, qui conforte sa position de
pivot du ferroutage européen. Amazon conférera peut-être à Metz le
statut un statut analogue – mais uniquement sur un mode routier. Le
géant américain pourrait implanter
sur le plateau de Frescaty qui jouxte
la ville une base logistique de
185.000 m2. Le projet créerait 2.000
emplois et triplerait à certaines heures la circulation au long des départementales du secteur.. n
En vente chez votre marchand de journaux
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38 // TERRITOIRES
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
L’EXEMPLE
Le machiniste
Claas, pionnier
du grand export
Leader européen du
machinisme agricole,
le groupe allemand
Claas a implanté à Metz
un centre de profit quasi
autonome spécialisé
dans les presses à balles.
Repreneur, en 1998, de l’usine Someflor à Florange, l’équipementier ThyssenKrupp Presta France a souhaité avant tout être au cœur
des industries automobiles françaises et allemandes. Photo ThyssenKrupp
ATTRACTIVITÉ // Metz compte sur son offre technologique, scientifique
et universitaire pour attirer les entreprises allemandes.
Valoriser ses atouts pour
séduire les voisins allemands
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
etz est wunderbar ? Proclamé chaque printemps
au cours d’une semaine
événementielle de plus en plus
populaire, le mot d’ordre rencontre un faible écho parmi les entreprises allemandes. « L’image de
Metz n’est pas encore ce qu’elle
devrait être. Bien située entre Paris
et Frankfort, verdoyante et agréable
à vivre, la métropole offre aussi des
compétences technologiques et des
ressources humaines qui mériteraient d’être mises en avant »,
estime Hervé Bauduin, directeur
général de Claas France (lire cicontre) et nouveau président de
l’UIMM Lorraine.
Au cours des cinq dernières
années, le technopôle de Metz a
successivement accueilli plusieurs
équipements de recherche-développement de dimension européenne, dont le potentiel reste
encore méconnu. Emanation de
Georgia Tech Lorraine, l’institut
Lafayette multiplie les brevets sur
des technologies de rupture,
notamment dans le domaine de
l’automobile. Le CEA Tech ouvre à
l’industrie régionale la plate-forme
M
Fflor, dédiée à l’usine du futur. L’IRT
M2P revendique une centaine de
partenariats avec le tissu local.
Plus connues, car ancrées sur le
territoire depuis un quart de siècle,
les grandes écoles messines, dont
l’Enim, Centrale Supélec, Arts et
Métiers Paritech ou l’ESITC, ont
fourni aux industries lorraines,
allemandes et luxembourgeoises
plusieurs générations de cadres et
d’ingénieurs. La métropole messine, qui a longtemps tiré de sa position géographique son principal
argument vis-à-vis de ses voisins
allemands, compte à présent faire
valoir ses nouveaux atouts.
Positionnement idéal
Repreneur, en 1998, de l’usine
Someflor à Florange, l’équipementier ThyssenKrupp Presta France
recherchait avant tout un positionnement idéal au cœur des industries automobiles françaises et allemandes. Spécialisée dans les
systèmes de direction, l’usine, qui
compte aujourd’hui 1.200 salariés
et 250 intérimaires, s’est muée en
vingt ans en plate-forme pilote du
groupe en matière de concepts
technologiques et de management
à la faveur d’un environnement
accueillant. « Nous avons développé
sur le territoire des compétences que
nous partageons avec l’ensemble du
groupe. Nombre de nos collaborateurs s’expatrient au siège de notre
maison mère ou dans d’autres usines », témoigne Philippe Wernoth,
directeur général de ThyssenKrupp
Presta France.
L’entreprise s’est associée dès son
lancement à la plate-forme Fflor du
CEA Tech, dont elle utilise entre
autres le banc de réalité virtuelle
dédié à l’ergonomie. Elle participe
également à la chaire de recherche
industrielle d’Arts & Métiers Paristech, inaugurée en mai dernier
pour mettre au point des systèmes
de production reconfigurables et
performants.
Leader mondial des systèmes
d’essais sur matériaux, l’allemand
ZwickRoell a transféré son siège
social de Paris à Metz en 2011 pour
assurer un haut niveau de service à
ses clients historiques, notamment
sidérurgiques, et pour développer
le marché français. La densité du
tissu économique, universitaire et
scientifique messin a conforté la
structure, passée de 27 salariés lors
de son implantation sur le technopôle de Metz à 41 personnes désormais regroupées sur la nouvelle
zone d’activité de Mercy. « Les
acteurs locaux ont accès à nos
experts de Metz et aux laboratoires
de notre maison mère basée à Ulm,
au Bade-Wurtemberg. Ces échanges
leur permettent de suivre l’évolution
des matériaux et composants et de
valider de nouvelles solutions à haute
valeur ajoutée », explique Gauthier
Basin, responsable Relations
clients de Zwick France.
Qualité française
Encore rares, ces exemples instillent peu à peu outre-Rhin la
notion de qualité française et positionnent Metz comme gisement de
compétence, voire comme point
d’ancrage potentiel. La ville entend
faire reconnaître ses atouts, notamment auprès des 400 étudiants allemands qui fréquentent son
campus. Les obstacles restent nombreux – à commencer par celui de la
langue, toujours bien réel. Les
modalités de l’apprentissage et des
stages transfrontaliers demeurent
d’une redoutable complexité et les
différences, les préjugés interculturels ont la vie dure. Mais l’industrie
allemande, continuellement en
recherche de personnel et de compétences de pointe, pourrait
apprendre à en trouver chez son
voisin messin. n
Implanté depuis quarante ans à
Woippy, dans la périphérie de
Metz, Claas France constitue le
plus gros exportateur de l’agglomération messine. Seul site de
production mondial de ramasseurs-presses à balles du groupe
allemand, l’usine du lieu-dit
Saint-Rémy dessert une soixantaine de pays sur les cinq continents. De ses 33.000 mètres carrés d’ateliers sortent chaque
année entre 2.500 et 3.000
machines destinées à l’Europe,
l’Asie, l’Afrique, aux Etats-Unis
ou à l’Océanie. Après deux
années de récession, la production enregistre depuis 2017 un
rebond de 15 %. « Le marché de
l’Europe de l’Ouest stagne et
s’avère tributaire de nombreux
aléas, dont la politique agricole
commune. C’est donc en dehors
de l’Europe que nous recherchons
nos marges de progression »,
indique Hervé Bauduin, directeur général de l’usine.
Au plus près des acieries
En 1958, le groupe familial
Claas a choisi d’implanter sa
première usine hors Allemagne au plus près des aciéries
mosellanes qui lui fournissaient la matière première de
Il a dit
« L’attractivité de
la région repose
sur un écosystème fertile et sur
une main-d’œuvre
qualifiée. »
HERVÉ BAUDUIN
Directeur général de l’usine
ses engins agricoles. L’agglomération messine disposait de surcroît d’une main-d’œuvre disponible et qualifiée, qui parlait
encore fréquemment allemand. Enfin, l’usine utilisait
pleinement les capacités de fret
ferroviaire de Woippy, avec
deux voies de chemin de fer
débouchant dans son enceinte.
Ces paramètres ont changé,
mais la France demeure le premier marché européen de
machinisme agricole et la
métropole messine s’est avérée
propice à de nouveaux développements. Le site, qui s’est mué
en centre de profit en 1996, s’est
doté de tous les services permettant la conception, la production et l’expédition de 26
La production
enregistre depuis 2017
un rebond de 15 %.
modèles de presses à balles rondes et carrées. Le service R&D
emploie aujourd’hui 60 personnes. L’effectif de 370 permanents monte à 500 personnes
au cours des longs pics d’activité : les ouvriers travaillent
8 h 42 par jour d’octobre à
juillet, soit 1.600 heures en neuf
mois et demi. Une politique
salariale généreuse, un process
de formation permanent et
l’octroi d’une journée de télétravail par semaine à tout le personnel, hors opérateurs, contribuent à fidéliser le personnel.
Fidèle aux préceptes allemands en matière d’apprentissage, l’usine Claas de Woippy
accueille chaque année une
trentaine d’alternants à tous les
niveaux, tant pour alimenter
son propre vivier de recrutement que pour consolider le
tissu industriel local. « L’attractivité de la région repose sur un
écosystème fertile et sur une
main-d’œuvre qualifiée, y comp r i s p a r m i l e s s o u s - t ra i tants », assure Hervé Bauduin.
L’usine mise sur les compétences des écoles d’ingénieurs de
Metz et sur la plate-forme du
CEA Tech pour accompagner sa
propre transition numérique.
— P. B. (à Metz)
L’ÉVÉNEMENT
#Gen, l’interface entre les geeks et les dirigeants
Le rendez-vous business
et numérique du Grand Est
organise une édition hors
normes au nouveau centre
Metz Congrès.
Son essor témoigne d’un
écosystème numérique
dense partiellement
transfrontalier.
Organisé par Grand Est Numérique
les 13 et 14 septembre, le Salon #GEN
n’est pas peu fier d’inscrire sa
sixième édition dans la séance inaugurale du centre des congrès
Robert-Schuman. « Nous voir confier un tel espace constitue une
aubaine, tant pour notre association
que pour les 3.000 participants attendus. L’événement nous conforte dans
notre ambition de figurer bientôt au
Top 5 des rencontres nationales du
business numérique », assure Frédéric Schnur, président de Grand Est
Numérique. Deux jours durant,
#GEN occupera la totalité du nouveau bâtiment, du rez-de-chaussée,
où viendront se restaurer un millier
de décideurs et de chefs d’entreprise, au deuxième étage loué pour
des réunions de travail, en passant
par les 1.200 places de l’auditorium.
Parmi les temps forts annoncés
figurent les interventions de Mariya
Gabriel, commissaire européenne
en charge du numérique, de Bertrand Piccard, inventeur de l’avion
solaire Solar Impulse, d’Oussama
Ammar, créateur de l’accélérateur
de start-up Thefamily ou encore, de
Laurent Alexandre, fondateur de
Doctissimo.fr et dirigeant de NBIC
Finance. Revendiquant un rôle
d’interface entre scientifiques,
chercheurs et start-up d’une part,
chefs d’entreprise et décideurs nongeeks d’autre part, #GEN enchaînera 55 conférences et tables rondes pour cette édition hors normes.
Grand Est Numérique, qui
compte aujourd’hui 200 adhérents
et cinq salariés, doit son essor au
regroupement sous la bannière
Lor’N’Tech d’une activité digitale
éparse, mais bien ancrée en Lorraine. Seule composante transfrontalière de la French Tech, le réseau
porté par le Pôle métropolitain
européen du Sillon lorrain revendique depuis sa création ses liens avec
la Sarre et le Luxembourg.
Mutualiser les espaces
#GEN enchaînera 55 conférences et tables rondes lors
de l’événement des 13 et 14 septembre. Photo Raoul Gilibert
Le Grand-Duché, qui se caractérise
par une fulgurante croissance
numérique, n’a longtemps vu en la
L o r r a i n e q u’u n v i v i e r d e
main-d’œuvre qualifiée. Cette approche semble évoluer vers une relation
moins unilatérale. « Aujourd’hui,
nous comptons à Metz une douzaine
de start-up reconnues qui ne seraient
pas restées sur notre territoire voilà
quelques années, quand les porteurs
de projets lorrains partaient naturellement vers le Luxembourg », note
Philippe Hénaux, directeur de la
mission Attractivité numérique et
Ecosystème des start-up à Metz
Métropole. Les quatre tiers lieux de
Lor’N’Tech et le Lohft (Luxembourg
House of Financial Technology),
nouvelle place forte des start-up à
Luxembourg-ville, envisagent de
mutualiser des espaces d’accueil.
Côté franco-allemand, la coopération démarre plus lentement. Très
lié à l’université, l’écosystème numérique sarrois reste pour l’heure
moins visible que son homologue
lorrain. Le cluster « silver économie » sarro-lorrain qui se proposait
de mettre le numérique au service
du grand âge est resté dans les limbes. La coopération en matière de
cybersécurité entre les chercheurs
lorrains et le Cispa de Sarrebruck
peine à décoller, mais pourrait
déboucher à terme sur un centre de
recherche franco-allemand. En
revanche, le start-up show 42, qui
réunit chaque année 42 jeunes
pousses de Metz, Luxembourg, Trèves et Sarrebruck, confirme l’existence d’un terreau numérique transfrontalier. — P. B. (à Metz)
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TERRITOIRES // 39
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
FORMATION // L’Institut supérieur franco-allemand de technique, d’économie et de science a formé en qua-
rante ans 3.000 cadres qui ont renforcé l’industrie et les échanges dans les deux pays.
L’Isfates, l’institut qui forme des cadres
avec une vraie culture binationale
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
a modestie n’empêche pas
l’excellence. Peu connu des
Messins, dirigé par une toute
petite équipe et encadré par des responsables de filière le plus souvent
bénévoles, l’Institut supérieur franco-allemand de technique, d’économie et de science (Isfatès) n’a pas la
notoriété des grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce. Mais ses
étudiants mettent en général une
semaine à trouver un emploi, tant
ses diplômes constituent un gage de
qualité dans l’espace transfrontalier et au-delà. En quarante ans
d’existence, l’institut a placé près de
3.000 diplômés dans des entreprises françaises et allemandes, mais
aussi dans les cinq continents.
« Nous cultivons des valeurs
d’ouverture et de diversité et misons
davantage sur l’entraide que sur la
compétition. L’Isfatès joue un rôle
d’ascenseur social. Les études
menées au cours des deux dernières
décennies indiquent qu’entre cinq et
dix ans après avoir obtenu leur
diplôme, nos étudiants occupent les
mêmes postes que s’ils étaient sortis
des meilleures écoles d’Allemagne ou
de France », souligne Gabriel
Michel, directeur de l’Isfatès.
Inspiré par la pédagogie des pays
du nord de l’Europe, l’enseignement repose sur l’acquisition des
compétences interculturelles sur le
terrain : les étudiants ne passent
que trois de leurs dix semestres de
scolarité à Metz, effectuant le reste
de leur parcours à la HTW de Sarrebruck, puis en Europe dans le cadre
de stages Erasmus ou à l’international, notamment au Québec, à la
faveur d’une coopération étroite
avec Polytechnique Montréal. « Au
début de la première année, on perçoit nettement les différences entre
étudiants français et allemands. A la
fin du cursus, on ne les distingue plus,
tant les échanges les ont transformés : les uns et les autres sont devenus adaptables et enclins au consensus », observe Gabriel Michel.
L
Pont entre Paris et Berlin
En quarante ans d’existence, l’institut a placé près de 3.000 diplômés dans des entreprises françaises
et allemandes, mais aussi dans les cinq continents.Photo DR
Issu d’une coopération historique entre l’université de Lorraine et
la HTW Saar (Hochschule für Technik un Wirtschaft des Saarlandes)
de Sarrebruck, l’Isfatès dispense
depuis quarante ans un cursus
franco-allemand ouvert à l’international. Anticipant le déclin du char-
bon et de l’acier, ses trois filières initiales – le génie mécanique,
l’électricité et la gestion – devaient
former des cadres pour développer
de nouvelles activités dans la
Grande Région Sarre-LorraineLuxembourg. L’école propose
désormais à ses 400 étudiants fran-
çais et allemands sept licences et
cinq masters dans les domaines des
sciences de l’ingénieur, en logistique, en tourisme et en management international. Les doubles
diplômes se sont parfois élargis à
des diplômes reconnus, selon les
filières, par jusqu’à six pays.
Avec seulement quatre personnels
administratifs – relayés, côté sarrois, par l’équipe de l’IHK – et un
seul enseignant en poste, l’Isfates a
conscience de la fragilité de ses ressources humaines. L’institut puise
dans le vivier universitaire régional
pour s’assurer le concours d’environ 80 enseignants. Son quarantième anniversaire, qui sera célébré
au centre des congrès Robert-Schuman le 3 novembre, constituera
l’occasion d’un bilan encourageant : l’Isfatès représente
aujourd’hui la première entité de
l’Université franco-allemande
(UFA) avec 7 % des effectifs et le
nombre d’inscrits ne cesse de progresser.
L’institut puise
dans le vivier
universitaire régional
pour s’assurer le
concours d’environ
80 enseignants.
« L’Isfatès bénéficie à la fois de sa
situation géographique, qui permet
des échanges fréquents et réguliers, et
de sa réputation, qui suscite des candidatures au niveau national dans
les deux pays. Son fonctionnement
associant les étudiants français et
allemands dans un parcours commun lui confère une place importante dans notre organisation »,
salue Olivier Mentz, vice-président
allemand de l’UFA. Regroupant
6.500 étudiants, l’UFA constitue
elle-même un succès de la relation
entre Paris et Berlin et une référence universitaire pour l’Union
européenne. n
LE PROJET
LE PRESTIGE
Les réseaux de villes
estompent les frontières
Le WTC MetzSaarbrücken
ressuscité
Quattropole et Tonicités
s’entrecroisent sur un
territoire frontalier
englobant quatre pays.
« Les réseaux de
villes sont des
sentinelles qui
informent et
alertent les élus
mieux que les Etats
ou les régions ne
peuvent le faire. »
Les deux réseaux assurent
un rôle d’animation et de
cohésion, mais également
de vigie.
« Quatre villes, trois pays, une aventure », annonce le sous-titre du
guide touristique LuxembourgMetz Sarrebruck-Trèves paru en
juin 2018. Publié à 10.000 exemplaires aux éditions DuMont Reiseverlag, très connues outre-Rhin,
l’ouvrage bilingue français-allemand constitue la première réalisation d’envergure du réseau Quattropole. « Nous voulions faire connaître
le territoire aux habitants des quatre
villes et ancrer la présence du réseau
au centre de l’Europe, en diffusant le
guide jusqu’en Suisse et en Belgique », explique Jade Porcherot,
assistante du secrétariat général de
l’association.
Situées à moins d’une heure de
route les unes des autres, les villes
de Quattropole, qui représentent
un bassin de population de 526.000
habitants, tirent d’une longue histoire commune, un remarquable
patrimoine culturel et un art de
vivre méconnu. Fondé en 2000 par
quatre maires soucieux de conforter l’idéal européen, le réseau s’est
mué quinze ans plus tard en association de droit allemand, basée à la
Maison de la Grande Région au
Luxembourg et dotée depuis 2017
d’un « Leitbild ». Cette vision d’avenir commune a été ratifiée par les
maires et 10 représentants de chacune des quatre villes, soit 44 élus.
Rédigé par une équipe d’urbanistes
architectes planificateurs déjà
LOUIS-FRANÇOIS REITZ
Chargé de la prospective
et des enjeux métropolitains
à la Ville de Metz
Le Comité Directeur de QuattroPole est composé des maires
des quatre villes de gauche à droite : Lydie Polfer (Luxembourg),
Wolfram Leibe (Trèves), Charlotte Britz (Sarrebruck), Dominique
Gros (Metz). Photo Réseau de villes QuattroPole
auteurs du Leitbild de l’eurodistrict
SaarMoselle, ce document fondateur définit 35 projets à plus ou
moins court terme, dont certains
sont déjà engagés. Quattropole a
lancé en juillet un Prix de musique
doté de 10.000 euros, récompensant une création émanant de l’une
des quatre villes et faisant appel à
des techniques numériques.
Questions de mobilité
Englobant six villes – Luxembourg
et Esch-sur-Alzette au Grand-Duché, Arlon en Belgique et Longwy,
Thionville et Metz en Lorraine –, le
réseau Tonicités n’a pas encore
franchi le cap de l’institutionnalisation, mais se concentre depuis sa
création, en 2006, sur les problématiques des 180.000 travailleurs frontaliers. La coopération entre les six
partenaires s’est traduite par la
publication de documents sur les
liaisons ferroviaires et routières,
l’établissement de connexions
transfrontalières à haut débit et la
publication d’agendas culturels.
Porté par l’agence d’urbanisme
du Nord lorrain Agape, le projet
européen Mmust (Modèle multimodal et scénarios de mobilité
transfrontaliers), doté d’un budget
de 2,9 millions d’euros sur trois ans,
recoupe ces thématiques sur un territoire englobant les villes de Tonicités. Le réseau ne figure pourtant
pas parmi les partenaires officiels
de Mmust, qui doit élaborer un
modèle de prévision des déplacements des personnes et des marchandises. Cette absence tient en
partie aux dissensions que les questions de mobilité font naître entre
villes frontalières.
« Les réseaux de villes sont des sentinelles qui informent et alertent les
élus mieux que les Etats ou les
régions ne peuvent le faire », assure
Louis-François Reitz, chargé de la
prospective et des enjeux métropolitains à la Ville de Metz. Tonicités
pointe notamment les nuisances
induites par l’extension du hub
logistique luxembourgeois de Bettembourg au long des autoroutes
lorraines ou encore, les perspectives démographiques qui font craindre un assèchement de la
main-d’œuvre dans l’espace frontalier. — P. B. (à Metz)
Sauvé par sa spécificité
transfrontalière, le seul
WTC binational du
monde devra faire valoir
les atouts de l’agglomération messine vis-à-vis
de l’Allemagne.
Le WTC Metz-Saarbrücken
revient de loin, mais il existe
encore et tient à le faire savoir.
Dernier dépositaire du label
World Trade Center du Grand
Est depuis la disparition du
WTC de Strasbourg, il compte
organiser l’an prochain une
rencontre nationale, voire
européenne, du réseau pour
fêter son 30e anniversaire.
La structure messine a bien
failli ne pas survivre au retrait
de la Chambre de commerce et
d’industrie de la Moselle en
2015. Exsangue et quasiment
réduite au statut de bien immatériel, elle doit son salut à sa spécificité franco-allemande. « Il
existe de nombreux clubs d’affaires dans le sillon lorrain, mais
rares sont ceux qui peuvent prétendre à une véritable expertise
sur la thématique franco-allemande. Il ne fallait pas laisser
perdre cette richesse, qui repose
sur plus d’un quart de siècle
d’expérience », affirme Laurent
Buonvino, nouveau président
du WTC Metz-Sarrebrücken.
Ex-dirigeant de la société
métallurgique Procidec, qu’il a
redressée en développant les
ventes à l’international, l’entrepreneur a présidé durant douze
ans le Club Défi Export du WTC
Metz-Saarbrücken.
E n j u i n , l ’a s s o c i a t i o n a
dépoussiéré ses statuts pour
stabiliser sa gouvernance,
impliquer d’avantage la composante allemande et s’ouvrir à de
nouveaux partenariats. Metz
Métropole et la Ville restent les
principaux financeurs du
WTC, mais deux nouveaux collèges représentant une trentaine d’industriels et plusieurs
partenaires académiques la
rendent moins tributaire des
institutions. Les liens statutaires avec les partenaires allemands – le Land de Sarre, la
ville de Sarrebruck et la chambre de commerce et d’industrie
sarroise IHK Saarland – se renforcent.
Donner corps à
la relation économique
Le WTC, naguère logé dans une
tour qui porte encore son nom
sur le technopôle de Metz,
occupe désormais un demiétage dans l’ancien corps de
garde de la place d’Armes. Plus
prestigieux, ces locaux historiques abritent également l’office
de tourisme et l’agence d’attractivité Inspire.
Reste à donner corps à la relation économique entre Metz et
Sarrebruck, et plus largement
entre la France et l’Allemagne. « Metz a hérité d’une culture
allemande qu’elle ne valorise pas
assez. En ciblant bien son action
marketing, elle peut faire valoir
ses équipements technologiques
et convaincre des entreprises allemandes d’implanter des centres
de recherche-développement sur
son territoire », estime Axel
Schwindling. Nouveau venu au
directoire du WTC Metz-Saarbrücken, l’entrepreneur allemand s’est spécialisé dans le
développement d’entreprises à
l’international. — P. B. (à Metz)
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crible
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Zodiac ne perturbe pas la croissance
ronronnante du motoriste d’avions Safran.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
« Les Echos »
+
Comme dans un fauteuil
Delphine Gény-Stephann
Secrétaire d’Etat à l’Economie
LOI PACTE « L’objectif est de lever tous les verrous à partir
de notre tissu d’entreprises qui va être consolidé, qui va
se projeter plus facilement à l’étranger ou dans l’innovation.
Nous voulons une économie plus forte, plus équilibrée,
avec davantage d’entreprises de tailles intermédiaires.
Nous voulons que cette croissance, que ces créations
d’emplois, bénéficient aussi aux salariés. »
PARTICIPATION « Avec la loi Pacte, nous annulons
le forfait social sur l’intéressement et la participation dans
les entreprises de moins de 50 salariés, et sur l’intéressement
dans les entreprises de moins de 200 salariés. C’est un fort
levier d’engagement pour les salariés. Ce dispositif est
une façon de créer une vision commune sur les objectifs.
Nous pensons que la loi a le potentiel de doubler le nombre
de salariés dans les entreprises françaises qui ont accès
à ces dispositifs. »
PRÉLÈVEMENT À LA SOURCE « L’année qui a été prise
par le gouvernement a permis des expériences en grandeur
réelle qui ont été extrêmement utiles et qui ont permis
de régler les problèmes techniques. C’est une réforme
de modernisation importante qui est bonne pour
les Français. Elle va être favorable en termes de trésorerie.
Et le gouvernement a introduit des éléments encore plus
favorables avec l’avance sur les crédits d’impôt, qui est
augmentée dès le mois de janvier 2019. »
Interview réalisée par Etienne Lefebvre
L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Restauration américaine
La chance sourit-elle aux audacieux ou aux esprits préparés ? Les deux,
pourrait répondre Safran. Cette synthèse virgilo-pasteurienne n’avait
pourtant rien d’évident il y a six mois lorsque le motoriste aéronautique a pris
d’assaut Zodiac Aerospace. Le fabricant de sièges d’avion et d’équipements de
cabine, empêtré dans une crise de croissance qui tournait à la spirale
infernale, aurait pu vite devenir un poids mort pour l’allié de General Electric
au moment d’un passage de relais historique entre deux générations
de moteurs qui a accumulé les retards. La révision, l’an dernier, des termes
de l’OPA de 7,2 milliards d’euros, sous la pression des fonds activistes, avait
d’ailleurs révélé que sur certains aspects, l’intrépidité l’avait peut-être
emporté sur la préparation d’une décision pourtant mûrie de longue date.
Les débuts de son intégration, comme dans un fauteuil de classe affaires,
confirment en revanche les qualités métronomiques du repreneur. La contribution de Zodiac aux profits en quatre mois, à fin juin, est pratiquement supérieure des deux tiers à ce qu’escomptaient les analystes. Elle n’enlève rien à
l’accélération de la croissance du reste du Safran, tellement forte qu’elle en
vient à diluer l’impact positif de l’acquisition sur le bénéfice net par action de
2018, dans le bas d’une fourchette entre 5 et 10 %. Les nouvelles prévisions livrées jeudi par le groupe de Philippe Petitcolin toisent d’un cinquième les estimations des analystes. « Supersonique », résume « Investir ».
Dechert 18
Deezer 26
Engie 26
Etnisi 28
Fitbit 23
Fleury Michon 20
Free 23
Glencore 31
Ilva 19
Kaz Minerals 31
Netflix 22
Orange 23
Safran 18, 31
SCOR 30
SFR 23
Sidi Ali 20
SNCF Réseau 19
SolGold 31
Wirecard boute Commerzbank hors du DAX,
signe du peu d’attrait des modèles bancaires.
Quand on a choisi son nouveau régime, l’essentiel est de s’y tenir. En bon
expert de la restauration, Sodexo s’est donc donné du temps pour accélérer
le pas. Le taux de croissance interne prévu en 2020 par son grand chef,
Denis Machuel (+3 %), semble maigre par rapport au menu du passé
(de +4 à +7 % à moyen terme) tout en s’améliorant par rapport à la famine
actuelle (de +1 à +1,5 % confirmé pour l’exercice clos fin août prochain). Une
fois que ses fourneaux auront été bien relancés, le géant mondial
des services aux entreprises et collectivités s’engage à servir une marge
opérationnelle courante durablement supérieure à 6 %, un peu plus
nourrissante que l’actuelle (5,7 % à fin août). Il retire toutefois de son menu
la friandise des gains annuels chiffrés. Les analystes conviés au premier
Capital Markets Day de la décennie n’espéraient pas beaucoup mieux,
conscients de l’ampleur de la tâche. Les appétits boursiers volatils depuis
l’indigestion du « profit warning » de mars dernier ont seulement sanctionné l’absence de bonne surprise (–1,2 % jeudi). Les équipes et les outils sont en
place pour revenir dans la course outre-Atlantique, le point fort devenu
le maillon faible, où l’inflation ne facilite pas la tâche. Plutôt que de se lancer
dans des révisions déchirantes, le fleuron marseillais a choisi de démontrer
que son modèle diversifié et respectueux des parties prenantes pouvait
se muscler – sans se renier – et sans vaches sacrées. La Bourse ne demandera
qu’à le voir pour y croire et pour pouvoir substituer une cote d’amour
à la décote actuelle par rapport au géant Compass (de l’ordre de 20 %).
Starbucks 17
STMicroelectronics
31
UnseenLabs 28
Vinci 31
Voodoo 26
Xiaomi 23
Zijin Mining 31
Zodiac Aerospace 18
AVIS FINANCIERS
Crédit Agricole SA 31
Direct Energie 17
Gaussin 7, 15
Savencia 20
Sofibus 20
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IMPRESSION l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 6 septemBre 2018 : 93.731 exemplaires
origine du papier : Belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de oJD-Difusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
ce numéro comporte un 3e cahier de 8 pages « les echos patrimoine ».
Attendu au tournant, Sodexo mise
sur un long travail de fond.
Finesse de fintech
LES ENTREPRISES CITÉES
Airbnb 17
Airbus 31
Altarea-Cogedim 16
Altran 31
Anglo American 31
Apple 23
ArcelorMittal 19
AXA 30
BHP 31
Blockchain Studio 26
Bouygues Immobilier
16
Bouygues Telecom 23
Boxtal 28
Burberry 17
Canal+ 22
Danone 20
Dassault Aviation 18
Pourquoi bouder son plaisir ? Quand une fintech encore jeune réussit à déloger
une vieille banque de l’indice phare de la place de Francfort, cela ne peut que
flatter l’image de l’Europe aux yeux des investisseurs mondiaux, à charge pour
Wirecard de délivrer la croissance espérée. Celle-ci lui procure un multiple
de valorisation bien plus élevé que Commerzbank (61 fois et 11 fois les bénéfices
prévisionnels) et un poids boursier deux fois supérieur malgré des effectifs dix
fois inférieurs. Pour la Bourse de Paris, il est seulement dommage de constater
que des valeurs bien différentes les unes des autres, mais rattachées au monde
vibrant des paiements (Ingenico, Gemalto, Edenred, Worldline) n’ont pas réussi à surfer boursièrement aussi bien sur le boom du e-commerce. Le nouveau
fleuron munichois a su aller chercher de la croissance en Asie et commencer
par la petite porte, celle des jeux en lignes et des sites pour adultes, qui ont longtemps pesé sur sa réputation dans les portefeuilles. Devant cette leçon de
« destruction créatrice » à la Schumpeter, infligée par Markus Braun, un patron
né à Vienne – une drôle d’ironie de l’histoire –, la grande banque de Francfort
boutée hors du grand « benckmark » teuton reste bonne joueuse. Elle ne désespère pas pour autant de réussir sa transformation numérique. Car fine
mouche comme les autres fintech, Wirecard ne souhaite pas remplacer
les banques, dépourvu d’un énorme bilan rempli d’encours et peu désireux
d’en avoir un. Compte tenu du retour sur capitaux des banques en Europe, cela
se comprend. Cela vaut à Commerzbank de valoir moins de 0,4 fois ses fonds
propres, un niveau bien inférieur à la moyenne mondiale et même européenne. Les régulateurs financiers germaniques garderont le triomphe modeste.
Paul McCartney
e rebelle du groupe c’était
John, le bourgeois c’était lui.
U n e g u e u l e d ’a n g e , u n
mariage avec la fille aisée d’un industriel américain dont – parce qu’elle se
nommait Eastman – on a toujours
voulu qu’elle fût l’héritière Kodak.
Peut-être est-ce pour cela d’ailleurs
que la belle Linda pratiqua la photo ?
Soixante-trois de ses œuvres données par Paul seront exposées au
Victoria & Albert Museum dans sa
nouvelle section consacrée à la
photo. Le couple fut « fusionnel »
comme on dit dans « Psychologies
Magazine ». Depuis la mort de Linda
d’un cancer du sein (comme la mère
du chanteur lorsqu’il avait 14 ans),
les déboires amoureux de Paul ont
défrayé la chronique. Il faut dire que
certains étaient gratinés. Son
mariage avec Heather lui aurait
coûté 22.000 euros par jour, prix
L
d’un divorce sanglant. Il s’est depuis
remarié avec Nancy Shevell, une fortune du poids lourd (New England
Motor Freight) et, apparemment, ça
va bien. Dans son nouvel album,
« Egypt Station », le prince de la ballade chante à 76 ans « Happy With
You », « bel hommage au bonheur
conjugal aux échos autobiographiques » souligne « Le Figaro ».
Comme les baby-boomers, Paul qui,
né en 1942, est lui-même un enfant
de la guerre, a du mal à quitter la
scène. « When I’m Sixt y Four »
c’était, pour lui, il y a douze ans et il
avait écrit cette chanson en 1967. Les
critiques de « Egypt Station », son
cinquantième album, y ont trouvé
quelques « pépites », ils y regrettent
aussi un petit manque de souffle.
L’auteur d’« Eleanor Rigby » a écrit
les plus belles chansons du XXe siècle, pas forcément celles du XXIe.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
VENDREDI 7 ET SAMEDI 8 SEPTEMBRE 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22776 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENTPATRIMOINE.LESECHOS.FR/
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HAUSSES
es Gaulois sont réfractaires au changement !
Malgré le fardeau croissant de la fiscalité, ils semblent
vouloir s’éterniser dans l’ère de
la pierre. Première et, sans
doute, raison essentielle de cet
engouement, le niveau des
taux. Tant qu’ils pourront
emprunter à des conditions
aussi attractives les Français
continueront à s’endetter pour
devenir propriétaires.
Soulignons au passage que
l’immobilier est le seul actif
qu’il est possible d’acquérir
avec l’argent qu’on n’a pas.
Deuxième raison de cet
appétit, un rendement qui
reste attractif par rapport aux
autres placements.
La perte de pouvoir d’achat
des retraités, confrontés à la
hausse de la CSG et à une très
faible revalorisation des pensions alors que l’inflation
s’accélère, fait figure d’argument supplémentaire en
faveur de la pierre. Elle permet
d’obtenir un revenu régulier
– du moins à ceux qui ont la
chance de mettre la main sur
un bon locataire – tout en
préservant son capital.
Mais cet enthousiasme est-il
bien justifié ? En moyenne, les
prix grimpent mais les évolutions sont des plus éclectiques.
Certaines villes montent en
flèche, d’autres stagnent ou
marquent des baisses plus ou
moins significatives. Le jour où
les taux retrouveront leurs
niveaux d’avant-crise, les
valorisations risquent de faire
de grands écarts avec, d’un
côté, Paris, les grandes métropoles régionales et stations
balnéaires de luxe… De l’autre,
tout le reste ou presque.
Adieu veau, vache, cochon,
couvée… Les rêves de plus-values risquent de se briser aussi
vite que le pot au lait. Ne restera plus aux investisseurs
déconfits qu’un actif dévalorisé
et, hélas, illiquide.
L
Invitation
Conférence Vivre et Investir au Portugal
20 Septembre à 18h00 | Hôtel Renaissance Paris Arc de Triomphe
39 avenue de Wagram 75017 Paris
Inscription gratuite et obligatoire | + 33 (0)1 53 70 00 08 | portugal@marcfoujols.com
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02 // PATRIMOINE
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
INVESTISSEMENT // Les prix grimpent… Peu importe ! Tant que les taux sont bas, il faut en profiter.
C’est du moins ce que pensent la majorité des Français. Mais tout le monde ne fera pas une bonne affaire.
Faut-il acheter aujourd’hui ?
véritablement essentielle. Pour ne
pas se tromper au moment d’acheter,
il faut donc se montrer extrêmement
vigilant quant à l’attractivité de la
zone où se situe le logement, notamment en termes d’emplois, de services
et de transports. »
D’où l’importance de prendre son
temps, et surtout d’analyser le marché. « Nous commençons à avoir des
acquéreurs anxieux en zones très
tendues. Les biens sont vendus en un
temps record, ce qui contraint nos
clients à se précipiter sur les offres.
Cependant, il arrive qu’ils reviennent
Anne-Lise Defrance
@AnneLisDefrance
a hausse des prix n’y change
rien : 3 particuliers sur 5
jugent la période globalement favorable à l’achat, d’après
une étude Ifop sur le moral immobilier des Français commandée par la
Fnaim. Et ils ont bien raison… « du
moins pour la majorité d’entre eux »,
reconnaît Sébastien de Lafond, président de MeilleursAgents.
Les prix ont grimpé de +0,9 % en
moyenne au niveau national depuis
le 1er janvier avec des pointes à +3 %
à Paris et +2,1 % dans les 10 plus
grandes villes de France, selon
MeilleursAgents. Et ces nouvelles
hausses entraînent une érosion du
pouvoir d’achat immobilier dans la
moitié des 20 plus grandes villes
françaises.
L
« Le marché
français s’étant
développé de
manière équilibrée
sans caractère
spéculatif, il
présente une faible
volatilité, ce qui
repousse l’idée de
toute bulle
immobilière. »
A mensualités égales,
un acquéreur ne peut
plus s’offrir que
70 m2 à Toulouse
en juillet 2018.
FRANCK HÉLARY
Directeur général adjoint
de Crédit Agricole Immobilier
Contre 74 m2 dans la
même ville en janvier.
Comme l’indique le baromètre
semestriel du courtier Meilleurstaux, à mensualités égales, un
acquéreur ne peut plus s’offrir par
exemple que 70 m² à Toulouse en
juillet 2018 contre 74 m² dans la
même ville en janvier. Mais le pouvoir d’achat reste bien supérieur à
celui enregistré il y a dix ans. « Sur la
dernière décennie, l’indicateur de
pouvoir d’achat immobilier 2018 se
classe parmi les trois meilleurs »,
explique le président de la Fnaim
Jean-Marc Torrollion. En cause ?
La baisse des taux de crédit qui continue à compenser le rebond des
prix. « Il est d’autant plus attractif
aujourd’hui pour un particulier de se
positionner sur le marché immobilier qu’il peut faire jouer à plein cet
effet de levier », poursuit Jean-Marc
Torrollion.
Autres arguments à jouer en
faveur de l’achat : le maintien des
aides à l’acquisition dans le neuf
(prêt à taux zéro, dispositif Pinel…),
et surtout la grande stabilité du
marché que rien ne semble pour le
moment pouvoir remettre en question. « Nous sommes actuellement
dans un cycle immobilier long qui a
débuté en 1998 », analyse Franck
Hélary, directeur général adjoint de
Crédit Agricole Immobilier chargé
de la promotion. « Si, au cours de ces
vingt ans, l’immobilier a effectivement connu des ralentissements, il
n’y a néanmoins pas eu de véritable
crise. Or, le marché français s’étant
développé de manière équilibrée sans
caractère spéculatif, il présente une
faible volatilité, ce qui repousse l’idée
de toute bulle immobilière et, par
conséquent, d’une possible explosion
de cette dernière. »
De quoi conforter l’image de la
pierre « valeur refuge » face à l’évolution parfois brusque des marchés
financiers. « L’immobilier progresse
moins vite qu’un investissement
boursier mais se révèle en contrepartie moins risqué. A ce titre, l’immobilier reste donc un des éléments
moteurs de la démarche patrimoniale des Français », poursuit
Franck Hélary. Et encore plus
aujourd’hui... à condition de ne pas
se focaliser sur la réalisation d’une
éventuelle plus-value à terme.
« L’immobilier n’offre pas partout
l’assurance d’un gain sur la durée.
Dans les zones dynamiques, l’important actuellement est d’entrer sur le
marché en tirant parti des taux bas »,
note Sébastien de Lafond.
Pour autant, alors que la situation globale apparaît favorable à
La date
1998
C’est cette année qu’a débuté le
cycle long de hausse dans lequel
se trouve le marché immobilier
en France.
une décision d’achat, tous les profils
d’acquéreurs n’ont pas le même
intérêt à se lancer dans ce type
d’opération. « Ceux qui ont le plus à
gagner sont les primo-accédants qui
peuvent ainsi profiter de cette conjonction de conditions avantageuses
pour faire leurs premiers pas sur le
marché immobilier et s’immuniser le
plus tôt possible face aux aléas de ce
dernier. Tout comme les investisseurs
qui bénéficient encore d’une rentabilité correcte dans la plupart des grandes villes », souligne Sébastien de
Lafond. De plus, tous les secteurs
géographiques ne sont pas propices
à l’achat. « Il n’existe pas un mais plusieurs marchés immobiliers en
France. Dans les zones peu tendues
où les prix sont restés quasi stables, il
existe un équilibre qui amène à acheter sans se poser de question »,
estime Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut de management
des services immobiliers. « Dans les
grandes agglomérations en revanche,
l’augmentation particulièrement
rapide des prix au cours des dernières
années revêt un caractère presque
pathologique qui peut amener à
s’interroger. »
Un avis tempéré par Sébastien de
Lafond pour qui la liquidité du bien,
c’est-à-dire sa capacité à trouver
rapidement preneur avec peu de
décote, constitue l’un des principaux fondamentaux sur lequel
appuyer son choix d’achat. « Si la
notion de localisation a toujours été
importante, elle s’avère aujourd’hui
sur leur décision après réflexion »,
constate Christine Fumagalli, présidente du réseau Orpi. Gare également à ne pas se positionner sur un
logement dans une optique de court
terme sous peine de ne pas rentabiliser son opération. « Acheter pour
revendre deux à trois ans plus tard
dans l’espoir de faire un coup financier est un jeu qui n’en vaut pas la
chandelle au regard des frais inhérents à une acquisition immobilière.
A commencer par les droits de mutation », insiste Franck Hélary. Sans
oublier l’impôt sur les plus-values
ainsi que la fiscalité locale. Et ce,
malgré la disparition progressive de
la taxe d’habitation d’ici à 2021.
« Espérons que la taxe foncière ne
sera pas fortement appréciée pour
compenser la perte liée à la suppression de la taxe d’habitation, car dans
le cas contraire, les propriétaires
subiront une réelle baisse de leur pouvoir d’achat ou toutefois devront faire
face à une hausse du coût total de
l’achat immobilier », commente
Maël Bernier, porte-parole de
Meilleurstaux.com.
Ces précautions prises, les
voyants sont plutôt au vert pour les
futurs acquéreurs. « Si l’on regarde
le traitement politique de l’immobilier depuis un an, l’effet est assez dissuasif. Mais si l’on fait un peu de prospective, il n’est pas possible que les
choses n’évoluent pas. Il faut donc
rester positif », conclut Henry BuzyCazaux. n
NÉGOCIATIONS
Emprunter au meilleur taux pour gagner en pouvoir d’achat
Les Cassandre ont eu tort,
les taux des crédits immobiliers n’ont pas repris
le chemin de la hausse en
2018. Comment en profiter.
Alors que nombre de professionnels
du marché agitaient il y a encore un
an la menace d’une possible remontée des taux immobiliers, la réalité
est aujourd’hui tout autre. Selon
L’Observatoire Crédit Logement/
CSA, les taux d’emprunt diminuent,
en effet, de l’ordre de 1 point de base
chaque mois (0,01 %) depuis l’été
2017, pour s’afficher désormais à
1,43 % en moyenne. Soit à peine 0,1 %
de plus que les plus bas historiques
atteints en décembre 2016. « A la
grande surprise de tous, les taux sont
quasiment retombés à leur niveau
plancher. Ils pointent actuellement à
1,10 % en moyenne sur 15 ans, 1,30 %
sur 20 ans et 1,60 % sur 25 ans. D’où
un véritable effet d’aubaine à
emprunter sur une longue durée, car
cela permet aux particuliers de conserver leur épargne mais également
leur capacité d’endettement », note
Philippe Taboret, directeur général
adjoint du courtier en crédits Cafpi.
Mieux encore, au-delà de ces
barèmes officiels, les établissements
bancaires sont prêts aujourd’hui à
accorder des décotes supplémentaires sur les taux proposés. « En fonction des profils clients, ces rabais peuvent aller de 40 à 50 centimes,
permettant ainsi à certains
d’emprunter à moins de 1 % sur
20 ans », détaille Cécile Roquelaure,
directrice des études d’Empruntis.
Motif ? Face à un ralentissement des
demandes de prêt d’environ 20 %
entre janvier et juin 2018 dû à la
hausse des prix de l’immobilier, au
recentrage du prêt à taux zéro et à la
baisse des renégociations de prêt
dont les volumes ont été quasiment
divisés par trois, les banques sont
loin d’avoir atteint leurs objectifs
commerciaux.
Dossier sans apport
Or, après un premier trimestre marqué par un attentisme des acheteurs, le marché immobilier a
retrouvé un dynamisme inédit. « Les
banques veulent profiter de ce regain
d’activité pour rattraper le retard pris
en début d’année sur leurs objectifs de
production de crédits », explique
Sandrine Allonier, porte-parole de
Vousfinancer. Quitte, pour certaines, à ajuster leur politique commerciale pour attirer les clients. Si
les CSP + ou les profils disposant de
revenus significatifs restent les
cibles privilégiées des établissements bancaires, « ces derniers sont
davantage ouverts à la discussion
qu’il y a quelques mois », insiste
Cécile Roquelaure. « Ils tendent
depuis quelques semaines à faire tomber leurs garde-fous en étudiant les
demandes de crédits même les plus
atypiques. Au point même, pour quelques-uns, d’accepter des dossiers sans
apport, voire sollicitant un financement de l’opération à 110 % pour tenir
compte des différents frais inhérents à
l’achat. »
Mais pour bénéficier de ces con-
ditions attractives, pas d’autre solution souvent pour les emprunteurs
que d’accepter un certain nombre
de concessions. A commencer généralement par souscrire l’assuranceemprunteur proposée par la banque ou s’engager à domicilier ses
salaires dans l’établissement prêteur. Problème, prévient Philippe
Taboret, s’il est désormais possible
de résilier son assurance-emprunteur à chaque anniversaire du contrat, « la domiciliation des salaires
implique pour sa part une durée
minimum contractuelle qui, en cas de
non-respect par le client, peut remettre en cause l’avantage consenti sur le
taux ». Un jeu qui n’en vaut pas parfois pas la chandelle au regard des
niveaux actuels de taux sans
décote… — A.-L. D.
1,1 %
EN MOYENNE
SUR QUINZE ANS
Les taux sont quasiment
retombés à leur niveau
plancher. 1,3 % sur 20 ans
et 1,6 % sur 25 ans.
Et face à la baisse de la
demande de crédit, les
établissements bancaires
sont prêts aujourd’hui à
accorder des décotes
supplémentaires sur les
taux proposés.
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Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
PATRIMOINE // 03
BONNE PIOCHE // Où fallait-il investir il y a dix, cinq ou un an pour réaliser les plus grosses plus-values ?
Le palmarès des hausses de prix
ordeaux, Lyon, Paris, Nantes, Rennes… elles sont cinq à
truster le Top 10 des villes
dont les prix immobiliers ont le plus
augmenté sur dix, cinq et un an,
selon les données de MeilleursAgents. Si elles n’occupent certes pas
toujours les mêmes places au sein
du classement, elles figurent néanmoins à chaque fois en bonne position. Voire sur le podium pour Lyon
et Bordeaux.
Pourtant, ces métropoles ont
connu des évolutions tarifaires disparates au cours de la dernière
décennie avec des écarts souvent
saisissants ! Alors que Paris a vu ses
prix grimper de 11,8 % en cinq ans, la
capitale girondine enregistrait une
hausse de plus de 25 % et Lyon, de
plus de 15 % au cours de la même
période. Et le fossé se creuse encore
plus sur dix ans. Tandis que Rennes
a réalisé une augmentation déjà
importante de 20 % au cours des dix
dernières années, Bordeaux a littéralement explosé (+44 %) suivi de
près par la capitale des Gaules
(+42,2 %) et Paris (+41,5 %). De quoi
faire pâlir Nantes, qui pointe pourtant en 4e position des plus fortes
hausses de la décennie avec +23,7 %.
B
Réveil en fanfare
de Bordeaux
Oublié le qualificatif de « Belle
Endormie », qui lui a longtemps
collé à la peau, Bordeaux est donc la
ville où les prix ont connu l’ascension la plus spectaculaire depuis
2008. « B ordeaux a é volué de
manière impressionnante depuis les
années 2000. La ville d’aujourd’hui
n’a plus rien à voir avec celle d’il y a
vingt ans. Entre l’arrivée du tram, de
la LGV qui la met à moins de deux
heures de Paris, la construction d’un
nouveau pont et le développement des
infrastructures et des entreprises, elle
présente une grande attractivité aux
yeux des acquéreurs », analyse Thomas Lefebvre, directeur scientifique
de MeilleursAgents.
Mais l’année écoulée semble
remettre en cause l’hégémonie de la
commune qui rétrograde en 9e position du classement avec une hausse
de seulement… 3,7 %. « Sur un an,
Bordeaux semble ralentir avec un
prix moyen de 4 300 euros/m². Elle
paie sa folle ascension de 17 % en
2017 », constate Thomas Lefebvre.
Signe indéniable de la fin de l’emballement selon le réseau Guy Hoquet,
« le budget moyen diminue de 3,3 %
p a s s a n t d e 3 07.4 9 6 e u ro s a u
1er semestre 2017 à 297 270 euros
actuellement. »
Dauphine de Bordeaux sur les
cinq et dix dernières années, Lyon
`
•
profite de l’accalmie bordelaise pour
s’emparer du titre de la ville ayant
essuyé la plus forte augmentation
au cours de l’année écoulée (+7,4 %).
« Lyon a longtemps été caché par le
succès de Bordeaux. Mais cette commune a toujours attiré et sa situation,
en termes de bassin d’emploi, est plus
saine que sa rivale, d’où le dynamisme
de ses prix immobiliers qui croissent
de manière moindre mais constante », note Thomas Lefebvre.
D’autant que, malgré une hausse du
montant de vente de 12,7 % en un an,
selon Guy Hoquet (239 844 euros en
moyenne au 1er semestre 2017 contre
270.180 euros sur la même période
en 2018), les prix moyens au mètre
carré dans cette ville s’affichent
autour des 4.000 euros, permettant
ainsi à un couple disposant de revenus médians de s’offrir une surface
d’environ 40 m² contre seulement
31 m² à Bordeaux et 20 m² à Paris.
Du côté de la capitale justement, si
les prix continuent à grimper avec
4,9 % de hausse en un an, la ville se
classe néanmoins cette année en
milieu de tableau quasiment ex
aequo avec Rennes et faisant à peine
mieux que Toulouse. En cause ?
« Avec 9 270 euros le mètre carré, le
record historique établi l’an dernier
est de nouveau battu. Cette flambée
des prix parisiens a des conséquences
sur l’activité qui marque encore le pas
entre le 1 e r semestre 2017 et le
1er semestre 2018 », explique le réseau
Century 21. Pour acheter à Paris, pas
d’autres choix, donc, pour les acquéreurs que de consentir à quelques
sacrifices en termes de surfaces
(50,1 m² de superficie moyenne contre 51,2 au 1 e r semestre 2017).
— Anne-Lise Defrance
o
Le conseil
à suivre
Malgré le risque d’exposition sur
les marchés financiers, un placement en assurance-vie rapporte
souvent plus sur la durée qu’un
achat immobilier. Ainsi, imaginons un particulier ayant investi
150.000 euros sans frais d’entrée
dans un contrat multisupport
(80 % en euros et 20 % en UC) il
y a dix ans. Selon les simulations
de Good Value for Money, au
31 décembre 2017, son capital
s’est élevé à 198.991 euros. Soit
un gain de 32 % contre seulement 3,9 % pour l’immobilier au
niveau national sur la même période.
Retrouvez l’intégralité
de l’article sur
lesechos.fr
a
SUR
LE WEB
Marché de l’art L’ex-Biennale des antiquaires a
perdu son lustre d’antan. « Best of » d’une manifestation
parisienne qui cherche ses marques. Retrouvez la chronique de Judith Benhamou-Huet sur lesechos.fr/patrimoine
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04 // PATRIMOINE
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
LOYERS // La rentabilité varie selon les villes
1%
avec des écarts de performance pouvant aller
du simple à plus du double.
DE HAUSSE
des valeurs locatives à Paris,
Nantes et Toulouse (au premier
trimestre 2018)
Où investir pour
rentabiliser son
investissement
locatif
omparativement à d’autres
placements, l’immobilier
continue de faire bonne
figure. Malgré l’instauration cette
année de l’impôt sur la fortune
immobilière (IFI), la majoration des
prélèvements sociaux, les aléas de la
location (vacance locative, impayés
de loyer, dégradations), le retour
annoncé de l’encadrement des
loyers et la hausse moyenne des prix
de la pierre, l’immobilier continue
d’attirer les investisseurs. Il faut dire
qu’il s’agit d’un actif tangible, finançable à crédit dans un contexte de
taux d’intérêt très bas. Selon le site
MeilleursAgents, les performances
locatives des 30 plus grandes villes
de France sont assez disparates
(voir tableau) mais tiennent la route.
Les 5 communes où l’immobilier
locatif sert les meilleures rentabilités brutes dans l’ancien sont : SaintEtienne (9,3 %) ; Limoges (8,1 %) ;
Le Mans (7,3 %) et enfin ex aequo
Brest et Perpignan (7,2 %). Il s’agit de
secteurs où le marché de l’immobilier est très accessible.
Dans le centre-ville de Mulhouse,
les investisseurs non locaux sont
nombreux à rechercher des petites
surfaces pour cette même raison.
« Dans ce quartier où le mètre carré
avoisine 1.300 euros, les rentabilités
évoluent autour de 8 % et la demande
locative est là », affirme David Balin
C
de l’agence Guy Hoquet à Mulhouse. A noter que de récentes baisses de prix ont été constatées à Metz
(–1 %, à 1.733 euros/m 2 ); Reims
(–0,9 %, à 1.997 euros/m2); SaintEtienne (–0,7 %, à 932 euros/m2) et à
Brest (–0,7 %, à 1.353 euros/m2). Ce
reflux des valeurs permet mécaniquement de doper la rentabilité
locative.
Les 5 communes où
l’immobilier locatif
sert les meilleures
rentabilités brutes
dans l’ancien sont :
Saint-Etienne,
Limoges, Le Mans,
Brest et Perpignan.
A l’opposé, les rendements les
plus faibles s’affichent, sans surprise, dans les secteurs où les
valeurs à l’achat sont les plus chères. C’est le cas de Paris et de Bordeaux (3,5 %) ; de Lyon (3,7 %) ;
d’Aix-en-Provence (4,3 %) et de Nice
(4,4 %). Mais l’investissement locatif continue de rester un bon filon
dans ces villes. « Faute de pouvoir
acheter dans ces communes où le
prix de la pierre est très élevé, certains
ménages qui y vivent n’ont pas
d’autres choix que de rester locataires. Cela contribue à consolider la
demande locative et à maintenir les
valeurs élevées », explique Stéphane
Moquet, directeur général d’Orpi
France.
Pour préparer son investissement, se fier au seul rendement
facial le plus élevé ne suffit pas.
D’autres critères sont à prendre en
compte. « Mieux vaut sélectionner
une ville disposant d’une activité économique dynamique, d’un bassin
d’emplois conséquent, d’une démographie croissante et d’une bonne
qualité de vie. Ce sont autant d’éléments qui, combinés entre eux, sont
susceptibles de soutenir une
demande locative pérenne dans le
temps », explique Jérôme Robin,
associé au cabinet grenoblois RF
Patrimoine.
Autre élément à vérifier : l’état
général du marché locatif. « A
l’échelle nationale, le marché locatif
est à ce jour globalement stable en
termes de prix sauf dans certains secteurs ou quartiers hypertendus où la
demande est abondante et excède
l’offre », reconnaît Jean-Marc Torrollion, président de la Fnaim.
Selon la dernière édition de l’Observatoire statistique des locations,
OSLO, de cette organisation professionnelle, 4 villes affichent (au
Avec 9,3 %, Saint-Etienne (Loire) est en tête des communes
où l’immobilier locatif offre les meilleures rentabilités brutes
dans l’ancien. Photo shutterstock
1er trimestre 2018) une hausse des
valeurs locatives supérieure à 2 % :
Marseille, Rennes, Bordeaux et
Dijon. D’autres enregistrent des
progressions comprises entre 1 et
2 %. C’est le cas de Lille, Strasbourg,
Orléans, Rouen et Lyon.
Quant à Paris, Nantes et Toulouse, l’évolution des loyers a été
inférieure à 1 %. « Au niveau national, le volume des mandats pour les
nouvelles locations s’est contracté de
10 % en l’espace d’un an. Dans certaines villes, l’offre de locations nues a
tendance à se réduire car les bailleurs
sont de plus en plus nombreux à
opter pour la location meublée de
courte ou moyenne durée plus rentable. D’autres propriétaires revendent
pour cause d’un durcissement de la
fiscalité et d’une législation toujours
plus contraignante », indique Stéphane Moquet. « A trop vouloir
réglementer ce marché locatif, il va y
avoir moins d’offres », affirme Laurent Vimont, président de Century 21 France. Cette contraction du
nombre de logements disponibles
dans le parc locatif privé pourrait,
selon lui, contribuer à faire augmenter les valeurs locatives.
Relevons que les écarts de loyers
au sein des 30 premières villes de
France sont importants, allant de 1 à
presque 4. La valeur locative la plus
abordable, soit 7,20 euros par
mètre carré pour un appartement
ancien, se trouve à Saint-Etienne,
contre 26,50 euros le mètre carré à
Paris.
Au sein des agglomérations de
plus de 500.000 habitants, les délais
médians de location varient sensiblement. Selon OSLO, il faut seulement 23 jours pour louer un bien à
Lille contre 50 jours à Nantes, 74
jours à Paris mais jusqu’à 146 jours à
Toulouse. D’après l’observatoire
Clameur, sur la période 2013-2017,
les loyers ont progressé en
moyenne de 0,3 % par an, soit deux
fois moins vite que l’inflation.
— Laurence Boccara
À LA LOUPE
Trois idées d’investissement
à haut rendement
Seuls quelques placements
immobiliers sont en
mesure de générer
des performances
de 4 % ou plus.
Voici trois solutions
d’investissement
envisageables. Elles doivent
être réalisées à titre
de diversification.
L’investissement locatif se décline
de différentes façons. Tout va
dépendre de la mise de fonds, du
type de bien choisi (neuf ou ancien)
et du régime fiscal. Voici
trois exemples d’investissement
capables de générer des revenus
locatifs plus élevés que la location
nue traditionnelle.
1
LES PARKINGS
SOUTERRAINS
C’est l’investissement immobilier
qui propose les tickets d’entrée les
plus accessibles, soit entre 5.000 et
30.000 euros (voire 50.000 euros à
Paris) à l’achat, selon la ville et le
quartier. D’après le site Monsieurparking.com, la performance
annuelle servie à Paris est comprise
entre 4 et 6 % selon les arrondissements (voir carte).
Mais tout n’est pas idéal dans le
parking. Pour ces petits montants
de transaction, les frais de notaire
sont élevés. Aussi pour les amortir,
la détention de ce bien doit être long u e . D e p l u s , « p o u r i nve s t i r
gagnant, mieux vaut acquérir plusieurs lots au même endroit. Disposer d’une seule adresse facilite la gestion locative, plus simple que celle
d’un logement. Dans un parking, il
n’y a pas de travaux d’entretien ou de
réparation à réaliser », indique Benjamin Spivac, ingénieur patrimonial au sein de la société de gestion
Amplegest. Autre conseil : pour
doper la rentabilité, mieux vaut
cibler un box. « Le loyer peut être de
10 à 20 % supérieur à celui d’un simple emplacement sous-terrain », précise Mathieu Mars, directeur de
l’Institut du Patrimoine.
Reste une inconnue de taille à
long terme : quid de la place de la
voiture dans la ville ? Si la disparition des lieux de stationnement sur
la voie publique est une réalité, la
présence des véhicules particuliers
pourrait dans un futur pas si lointain être menacée. Certains citadins
préfèrent déjà ne pas être propriétaire d’un véhicule (et donc n’ont pas
besoin d’un garage). En cas de
nécessité, ils n’hésitent pas à en
louer ou en partager un. Si ce phénomène persiste et s’amplifie, le
garage pourrait avoir moins la cote.
Sa valeur pourrait alors baisser,
tout comme son loyer. A contrario,
la hausse des tarifs de stationnement sur la voie publique, comme
celle des amendes, pourrait faire
grimper les prix.
Une parade possible consiste à
acheter un box. Cet espace fermé
pourra, si besoin, être recyclé et être
utilisé pour du stockage. Attention,
les loyers perçus sont assujettis au
régime des revenus fonciers, donc
taxés au barème progressif de
l’impôt sur le revenu plus les prélèvements sociaux.
2
LA LOCATION MEUBLÉE DANS L’ANCIEN
La location meublée permet de
louer de 10 à 20 % plus cher que le
même bien nu. Ce n’est pas neutre
pour celui qui poursuit un objectif
de rentabilité. De plus, « la location
de plusieurs mois à un an rapporte
autant voire plus que la location touristique de courte durée à répétition »,
affirme Jean de Balincourt, fondateur de Lokizi, une plate-forme de
location de biens meublés de longue
durée. Les raisons ? D’abord, un
appartement loué sur une longue
période se détériore moins vite que
celui à la nuitée, car les locataires
« tournent » moins. Ensuite, le risque de vacance locative, donc de
manque à gagner, est moins élevé.
Reste que, pour proposer un
logement meublé susceptible de
séduire les locataires (souvent des
personnes seules ou des couples), il
faut mettre tous les atouts de son
côté. D’abord, ce sont les petites et
moyennes surfaces qui sont le plus
plébiscitées et plus particulièrement dans les quartiers centraux et/
ou résidentiels. Ensuite, l’équipement de l’habitation doit être
complet et irréprochable.
Certes, le décret du 31 juillet 2015
a établi une liste d’éléments de
mobilier à fournir au minimum,
mais mieux vaut aller au-delà et
proposer aux occupants le maximum de confort et de services possible. Ce sont des atouts gagnants
pour se démarquer de la concurrence de plus en plus importante
sur ce créneau de location.
Pour doper la rentabilité, certains propriétaires de grandes surfaces en centre-ville ou proches des
facultés pourront jouer la carte de
la colocation. L’addition des loyers
versés par différents colocataires
en place sera toujours supérieure
de 10 à 15 % à un loyer versé pour la
même surface par un locataire unique. Ce type de location dans
l’ancien permet à un contribuable
d’adopter le statut fiscal de « loueur
meublé n on profess ionnel »
(LMNP) permettant de générer des
revenus non fiscalisés pendant plusieurs années grâce au jeu des
amortissements.
3
LA RÉSIDENCE
SERVICES
Investir dans un appartement situé
dans une résidence services permet
de générer des revenus réguliers.
Tous les propriétaires de la résidence signent un bail de neuf ans
minimum avec un professionnel
chargé de la gestion locative.
Les commerciaux qui vantent les
charmes de ces opérations insistent
bien sur le fait que les loyers sont
versés, à date fixe, même si l’ensemble immobilier locatif n’est pas totalement occupé. Selon le type de
résidence, les p erformances
annoncées sont tentantes : 3,8 %
pour un appartement en résidence
senior et près de 4 % pour une
chambre en Ehpad ou en résidence
étudiante. Là encore, les budgets
diffèrent selon le bien acheté. La
chambre d’étudiant(e) est la plus
accessible et ne dépasse généralement pas 100.000 euros HT.
Ce placement immobilier « clefs
en main » comporte néanmoins
des risques réels bien identifiés.
« D’abord, certains programmes affichent des prix élevés et déconnectés
du marché immobilier local. Surpayer dès l’achat revient à rogner sur
la performance à venir. Ensuite, le
gestionnaire peut ne pas tenir ses
promesses annoncées au départ. Ce
dernier a, en effet, la capacité de réviser à la baisse les loyers en cours de
bail ou lors de son renouvellement.
Ce scénario peut remettre en cause la
rentabilité de l’opération et l’équilibre de son financement », souligne
Arthur Poisot, conseiller en gestion
de patrimoine, membre du réseau
Fiducée Gestion Privée. — L. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PATRIMOINE // 05
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
IMPÔTS // Alors que les autres placements bénéficient d’une flat tax à 30 %, prélèvements sociaux compris,
les revenus fonciers restent soumis au barème progressif.
Gérer au mieux la fiscalité du locatif
ur le papier, les revenus procurés par un placement
immobilier sont matraqués,
mais les microrégimes et surtout la
déduction des déficits ou les amortissements permettent d’alléger la
facture. Que les loyers soient imposés dans la catégorie des revenus
fonciers (logements loués vides) ou
dans celle des bénéfices industriels
et commerciaux (logements loués
S
meublés), ils sont soumis au
barème progressif de l’impôt sur le
revenu et supportent en plus 17,2 %
de prélèvements sociaux. Soit un
taux d’imposition pouvant atteindre 62,2 % pour les contribuables
qui atteignent la tranche marginale
à 45 % (abstraction faite des 6,8 %
de CSG déductibles du revenu global). « Contrairement aux placements financiers qui bénéficient
aujourd’hui de la flat tax à 30 %, la
fiscalité qui pèse sur les revenus locatifs est très lourde. Le moyen de l’alléger un peu est de louer en meublé
pour pouvoir bénéficier du régime
des BIC. Ce régime permet de déduire
les frais d’acquisition ainsi que
d’amortir le prix de l’immeuble. Ce
qui au final peut permettre de générer un déficit BIC tandis que l’amortissement va permettre d’annuler les
revenus imposables pendant plusieurs années », explique Christine
Chiozza-Vauterin, avocate chez
LightHouse LHLF.
Tant que les loyers ne dépassent
pas 15.000 euros par an, c’est le
régime du microfoncier qui s’applique. Il a le mérite de la simplicité : il
suffit de reporter le montant de ses
loyers sur sa déclaration, et le contribuable n’est imposé que sur 70 %
du montant à déclarer. Mais il ne
permet aucune déduction supplémentaire et encore moins de constater un déficit foncier.
Au-delà de ce seuil ou si le contribuable renonce au microfoncier,
les loyers sont soumis à un régime
réel d’imposition qui consiste à
déduire les charges supportées
pour leur montant justifié : travaux
d’entretien et de rénovation, taxe
Tant qu’ils ne
dépassent pas
70.000 euros par an,
les loyers relèvent
du micro-BIC.
foncière, frais de gestion, charges de
copropriété, intérêts d’emprunt…
« Mais les frais de notaire et les frais
d’acquisition ne sont pas déductibles », rappelle Christine ChiozzaVauterin.
Lorsque les charges déductibles
sont supérieures au montant des
loyers, le déficit constaté est impu-
table sur le revenu global, dans la
limite de 10.700 euros par an. Soit
une économie d’impôt annuelle de
4.815 euros au maximum pour les
contribuables les plus lourdement
imposés, qui présente l’avantage de
ne pas être prise en compte dans le
plafond global des niches fiscales
de 10.000 euros. Mais cette économie n’est définitivement acquise
que si le bailleur continue à louer le
bien jusqu’au 31 décembre de la
3e année qui suit celle au titre de
laquelle le déficit a été imputé.
Que la location ait un caractère
occasionnel ou régulier, tous les
loyers perçus en contrepartie de la
location d’un logement meublé
sont désormais imposables dans la
catégorie des bénéfices industriels
et commerciaux (BIC). Tant qu’ils
ne dépassent pas 70.000 euros par
an, les loyers relèvent du micro-BIC.
Le montant imposable est déterminé de manière forfaitaire, après
application d’un abattement de
50 %. Comme le microfoncier, le
micro-BIC n’autorise aucune autre
déduction et ne permet pas de constater de déficit. Au-delà de ces montants de recettes ou si le bailleur
renonce au régime micro-BIC, un
régime réel d’imposition s’applique. Le bailleur peut alors déduire
toutes ses charges pour leur montant réel, ce qui lui permet d’amortir
l’immeuble et les meubles (ce que
ne permettent ni le régime foncier
ni le micro-BIC).
Cela peut donc permettre de
gommer ses revenus imposables
sur une longue durée mais pas de
« défiscaliser » ses autres sources
de revenus, dans la mesure où les
déficits sont uniquement imputables sur les bénéfices de la même
année et des six années suivantes
tirés de la même activité sauf pour
ceux qui peuvent se prévaloir du
statut de loueur en meublé professionnel.
— Nathalie Cheysson-Kaplan
Achat immobilier : pensez à
LA GARANTIE DE VOTRE PRÊT IMMOBILIER
Contracter un prêt immobilier est un engagement inancier important.
Pour vous accorder un prêt, la banque exige une garantie.
Plusieurs formes de garantie existent : l’hypothèque ou le privilège
de prêteur de deniers (réservé à l’ancien) et la garantie inancière.
La garantie inancière présente des avantages importants
Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre du leader
de cette formule: Crédit Logement.
PRATIQUE
Quel impôt sur
les plus-values
immobilières ?
La plus-value réalisée lors de la
vente d’un logement autre que la
résidence principale est soumise à
l’impôt sur le revenu à un taux forfaitaire de 19 %, auquel s’ajoutent
17,2 % de prélèvements sociaux et
une « surtaxe » – dont le taux varie
de 2 % à 6 % – pour les plus-values
d ’u n m o n t a n t s u p é r i e u r à
50.000 euros. C’est le notaire chargé
de la vente qui effectue la déclaration auprès du service des impôts et
prélève les sommes dues au fisc sur
le prix versé par l’acheteur.
La plus-value imposable est calculée par différence entre le prix de
vente, diminué des différents frais
supportés par le vendeur (commission versée à un intermédiaire ou à
un mandataire ; frais liés aux certificats et diagnostics obligatoires…) et
le prix d’achat. Le prix d’achat est
majoré forfaitairement de 7,5 %
pour tenir compte des frais d’acquisition et des frais engagés pour les
travaux de construction, d’agrandissement ou d’amélioration pour leur
montant réel à l’exception de ceux
qui ont déjà été déduits du revenu
global ou des revenus catégoriels
(revenus fonciers ou bénéfices
industriels et commerciaux) pour
l’impôt sur le revenu. Lorsqu’il s’agit
d’un immeuble détenu depuis plus
de cinq ans, les travaux peuvent être
| Quelle est votre activité? |
Crédit Logement intervient pour garantir les prêts immobiliers
consentis par les réseaux bancaires aux particuliers pour l’achat
de leur résidence principale, secondaire, d’un investissement
locatif ou pour des travaux.
pris en compte, sans justificatif,
pour un montant fixé à 15 % du prix
d’acquisition. Ce forfait s’applique
même en l’absence de travaux et
même si les travaux ont déjà été pris
en compte pour le calcul de l’impôt
sur le revenu !
Plus d’1 prêt immobilier sur 3 est garanti par Crédit Logement,
ce qui nous confère la place de leader de la garantie des prêts
immobiliers résidentiels en France.
| Quel est l’intérêt de la garantie Crédit Logement? |
La garantie Crédit Logement va bien au-delà d’une simple
caution accordée sur un prêt lors de sa mise en place.
Le jeu des abattements
Une fois la plus-value calculée, lorsque l’immeuble est détenu depuis
plus de cinq ans, son montant est
diminué d’un abattement pour
durée de détention qui n’est pas le
même selon qu’il s’agit de calculer le
montant de la plus-value soumise à
l’impôt sur le revenu ou celui de la
plus-value soumise aux prélèvements sociaux.
Pour le calcul de la plus-value soumise à l’impôt sur le revenu, cet
abattement est de 6 % pour chaque
année de détention à compter de la
6e et jusqu’à la 21e, puis de 4 % au-delà
de vingt-deux ans. Pour le calcul de
la plus-value soumise aux prélèvements sociaux (17,2 %), l’abattement
est de 1,65 % entre la 6e et la 21e année
de détention, de 1,60 % pour la
22e année puis de 9 % pour chaque
année au-delà de la 22 e année.
Compte tenu de ces abattements, la
plus-value réalisée sur un immeuble détenu depuis plus de trente ans
échappe à toute imposition (impôt
sur le revenu et prélèvements
sociaux) tandis que celle réalisée sur
un immeuble détenu depuis vingttrois ans mais moins de trente ans
ne supporte que les prélèvements
sociaux. — N. C.-K.
Il s’agit d’une garantie active qui va accompagner l’emprunteur
tout au long de la vie de son prêt. La garantie permet de
bénéicier, à un coût compétitif, d’un ensemble de services
qu’une sûreté réelle n’apportera pas.
L’emprunteur souhaite changer de bien pour en acheter un
nouveau ? Comme la garantie Crédit Logement n’est pas
attachée au bien, mais au prêt que l’emprunteur a souscrit, il
lui est possible, sous réserve de l’accord préalable de la
banque qui a consenti le prêt à l’origine et avec confirmation par
Crédit Logement du maintien de sa garantie, de transférer le prêt
garanti sur une nouvelle acquisition et ce, sans frais supplémentaires de la part de Crédit Logement.
De plus, si l’emprunteur revend son bien avant la fin de son
prêt, il n’a pas besoin de s’acquitter de frais de mainlevée, ce
qui serait le cas avec une prise d’hypothèque.
Enfin, et parce que tout emprunteur peut être confronté à des
difficultés financières, Crédit Logement poursuit sa mission
d’accompagnement en analysant avec l’emprunteur les causes
de sa défaillance.
Par ce dialogue, Crédit Logement identifie toutes les solutions
amiables possibles et met en place, en accord avec l’emprunteur et sa banque, la solution la mieux adaptée à sa situation
personnelle. Dans près de 50 % des cas, l’emprunteur retrouve
un cycle normal de gestion de son prêt immobilier.
DES CHIFFRES QUI DONNENT CONFIANCE
S.A. au capital de 1 259 850 270 € - RCS PARIS B302 493 275 - Contenu non contractuel.
L’impôt est forfaitaire
et son montant s’allège
au fil du temps.
Rencontre avec Jean-Marc Vilon, Directeur Général de Crédit Logement
+ de 40 ans d’expertise
+ de 200 partenariats bancaires
+ de 7 millions d’emprunteurs garantis
+ de 500 000 opérations immobilières garanties en 2017
+ de 300 milliards d’euros d’encours de prêts immobiliers garantis
En savoir plus sur la garantie Crédit Logement
www.creditlogement.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // PATRIMOINE
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
LÉGISLATION // La commission mixte paritaire de la loi logement Elan devrait se réunir cette rentrée
parlementaire. En attendant les derniers ajustements sur ce texte, voici le résumé des dispositions.
Ce que la loi Elan
va changer pour
les propriétaires
e futur texte sur le logement
baptisé « loi Elan » (Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique) est en
passe d’achever son parcours législatif au Parlement. Adopté par le
Sénat le 25 juillet dernier, ce texte
va, en cette rentrée parlementaire,
être examiné une dernière fois en
commission mixte paritaire. En
attendant les derniers ajustements,
l’adoption définitive de la loi et la
publication des décrets d’application – probablement fin 2018 ou
début 2019 –, voici six mesures phares de ce texte.
L
1
CRÉATION DU BAIL
MOBILITÉ
Ce bail d’un nouveau genre a été
conçu par l’Etat afin de répondre à
la demande croissante des locations meublées de courte durée. Il a
été créé pour les jeunes en formation professionnelle, suivant des
études supérieures, en contrat
d’apprentissage, en stage ou en mission temporaire dans le cadre d’une
activité professionnelle. De un à
dix mois, la durée de ce bail est
volontairement courte pour répondre aux besoins de ce profil de locataires.
Contrairement à la procédure
applicable avec un bail classique, le
bailleur ne pourra pas exiger de
dépôt de garantie. Le locataire et le
propriétaire bénéficieront de la
garantie « Visale » (Visa pour le
logement et l’emploi), un dispositif
gratuit couvrant les impayés de
loyers. Ce bail mobilité a la spécificité d’être non reconductible.
Ainsi, si le locataire en place souhaite rester dans les lieux au-delà de
la durée initialement prévue, il faudra signer un nouveau bail meublé
classique d’une durée d’un an (ou
neuf mois pour un étudiant) plus un
dépôt de garantie. « Le bail mobilité
constitue un nouvel instrument à la
disposition du bailleur. Comme il
existe déjà de nombreuses déclinaisons de contrats de location (nu,
meublé, location touristique, colocation…), l’avenir dira si ce bail d’un
nouveau genre sera vraiment utile et
surtout s’il trouvera son public »,
commente Jean-Marc Torrollion,
président de la Fnaim.
Ce nouveau bail pourrait être une
solution pour les propriétaires qui,
en dehors de Paris et des grandes
agglomérations, ont des difficultés
pour louer leur bien. Certains professionnels sceptiques affirment
que cela pourrait aussi servir aux
bailleurs des grandes villes ayant
épuisé leur quota de jours en location touristique de courte durée.
2
CAUTIONNEMENT
SIMPLIFIÉ
L’acte de cautionnement solidaire
demandé lors de la location devrait
être moins compliqué. Ainsi, la personne qui se portera caution pour
un locataire n’aura plus à recopier
de façon manuscrite plusieurs
paragraphes obligatoires (sans
ratures et à la virgule près) mentionnant son engagement en tant
que caution. A l’avenir, elle devra
lire cet acte déjà prérédigé et signer
au bas du document ou réaliser une
signature électronique (dématérialisée).
« Avec la digitalisation prévue de
ce document, il devrait être plus facile
d’effectuer cette démarche de caution
à distance. C’est une bonne chose car
cela devrait être plus rapide pour
monter un dossier de location »,
reconnaît Pierre Hautus, directeur
général l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). « Il y
a un côté pratique indéniable qui
devrait faciliter la vie des bailleurs et
rendre plus simples les démarches
liées au cautionnement », ajoute
Sophie Erignac-Godefroy, avocate
associée spécialiste de l’immobilier
au cabinet UGGC Avocats.
Deux autres mesures à relever
concernant le volet locatif : « La dispense de la solidarité du bail lorsqu’un époux doit quitter le domicile
commun pour cause de violence et
l’obligation pour le bailleur de donner l’identité de son locataire au syndic. Cette précaution sera utile en cas
de troubles du voisinage », signale
Sophie Erignac-Godefroy.
LOCATION
TOURISTIQUE
PLUS CONTRÔLÉE
3
La loi Elan prévoit de durcir les contrôles et renforcer les sanctions
financières civiles à l’encontre des
propriétaires et des sites qui abusent de la location touristique de
courte durée et qui ne suivent pas
les obligations. En cas de location
d’une résidence principale à des
fins touristiques au-delà de la durée
légale de 120 jours par an (selon
l’article L.651-2 du Code de la construction et de l’habitation), les
amendes à l’encontre des particuliers devraient passer de 5.000 à
10.000 euros.
« Ces pénalités financières civiles
renforcent les amendes existantes,
étant rappelé que les cas de fraude
caractérisée sont également passibles
de sanctions pénales », précise
Sophie Erignac-Godefroy. A noter
que les plates-formes Internet de
location, diffusant ces offres non
légales, écoperont aussi d’amendes
pouvant aller jusqu’à 50.000 euros.
4
ENCADREMENT DES
LOYERS CONFIRMÉ
Annulé il y a quelques mois par les
tribunaux administratifs de Lille et
de Paris, l’encadrement des loyers,
introduit par la loi Alur du 24 mars
2014, devrait faire un retour en
force avec la loi Elan. Le texte prévoit la réintroduction de cette
mesure à titre expérimental pendant une durée de cinq ans, dans les
zones tendues. Cette décision est
laissée à l’initiative des villes, et
notamment des élus locaux sur la
base d’une démarche volontaire
dans le but de réguler leur marché
locatif.
Ce nouvel encadrement devrait
être opposable aux bailleurs avec
des sanctions prévues en cas de
non-respect des règles. Les amendes pourront atteindre 5.000 euros
pour une personne physique et jusqu’à 15.000 euros pour une personne morale (notamment lorsqu’une SCI est propriétaire du
logement loué).
5
COPROPRIÉTÉ
RÉAMÉNAGÉE
L’article 60 du texte devrait permettre au gouvernement de légiférer
par ordonnance afin d’ajuster et de
simplifier la loi du 10 juillet 1965 sur
la copropriété. Cela devrait être
l’occasion de revisiter les règles de
gouvernance. « Ce réaménagement
devrait permettre des assouplissements adaptés à la taille et la diversité
des copropriétés de plus en plus nombreuses en France et de digitaliser
davantage les processus et les relations entre le syndic et les copropriétaires », précise Jean-Marc Torrollion.
6
NUMÉRISATION
GÉNÉRALISÉE
Cela va dans l’esprit de cette loi. Un
certain nombre de documents liés
au bail (règlement de copropriété,
diagnostics immobiliers…)
devraient à terme pouvoir être
numérisés et accessibles en ligne
par le locataire. « Cela devrait éviter
les nombreux documents en annexes
au bail qui, au fil des obligations législatives, sont de plus en plus volumineux et coûteux à éditer », indique
Pierre Hautus.
— Laurence Boccara
Un certain nombre de documents liés au bail (règlement de copropriété, diagnostics immobiliers…)
devraient à terme pouvoir être numérisés et accessibles en ligne par le locataire. Photo Paul Sittler/RÉA
MEUBLÉS
Location saisonnière :
les erreurs à éviter
La location en meublé de
tourisme peut se transformer en cauchemar, si les
règles ne sont pas respectées. Ce qu’il faut savoir
avant de se lancer.
En ville, il n’y a pas de saison pour
louer une habitation meublée à des
touristes ou à des actifs de passage.
Néanmoins, il convient de respecter
certaines règles de plus en plus restrictives.
PAS ENREGISTRER
•SONNELOGEMENT
Pour une location touristique de
courte durée via une plate-forme
Internet, il est désormais obligatoire
de faire enregistrer son logement
auprès de la mairie où se situe le
bien et, par la suite, d’afficher le
numéro obtenu dans l’annonce diffusée en ligne. Pour une résidence
principale, la loi limite ce type de
location à cent-vingt jours par an. S’il
s’agit d’une résidence secondaire, le
propriétaire est soumis à des contraintes particulières selon les villes
(Paris, Bordeaux, Lyon, Nice) qui ont
pris des dispositions pour limiter ce
genre d’activité. Dans certaines
communes (notamment celles de
plus de 200.000 habitants), il est
nécessaire d’obtenir en plus une
autorisation de changement
d’usage si le meublé est une résidence secondaire. A Paris, notam-
Retrouvez le dossier
« Immobilier »
le 7 septembre dans « C’est mon argent »,
sur franceinfo à 5h53 et 11h23
et sur franceinfo.fr
En partenariat avec
ment, il existe, en outre, des règles de
compensation. Elles imposent
d’acheter une surface équivalente
(voire supérieure) d’un local commercial que vous devrez transformer en local d’habitation !
PLUS DE 4 MOIS
•PARLOUER
AN
En cas de non-respect des règles de
durée pour la location d’une résidence principale, et donc d’infraction, il faut savoir que les contrôles
sont de plus en plus fréquents et que
les sanctions financières sont
salées, pouvant se chiffrer à plusieurs milliers d’euros (lire loi Elan :
ce qui change pour les propriétaires). Même si la location est occasionnelle et se limite à quelques
semaines dans l’année pendant la
période estivale, un certain formalisme administratif est à respecter.
Si le meublé n’est pas votre résidence principale, il faut faire une
déclaration de meublé de tourisme
en mairie (formulaire Cerfa n°
14004*03) afin que cette dernière
puisse collecter la taxe de séjour ou
demander à la plate-forme de location en ligne de la récolter pour elle.
LE RÈGLEMENT
•DEOUBLIER
COPROPRIÉTÉ
Louer un bien avec des allers et
venues incessants d’occupants peut
créer des nuisances sonores (parties communes et privatives) et risque de perturber la tranquillité d’un
immeuble. Avant de se lancer dans
cette activité, même ponctuelle, il
faut penser impérativement à consulter le règlement de copropriété
afin de s’assurer que la location touristique de courte durée n’est pas
interdite.
Certains copropriétaires, excédés par des locations à répétition,
ont voté en assemblée générale des
dispositions pour stopper ou éviter
ces scénarios. Attentive à ce qui se
passe dans l’immeuble, une copropriété peut assigner en justice un
copropriétaire ne respectant pas les
règles d’usage et d’occupation de
l’immeuble.
Témoin cette récente décision de
justice (arrêt de la Cour de cassation
du 8 mars 2018) : un couple qui avait
transformé sa résidence principale
en plusieurs studios indépendants
pour les louer en courte durée a été
obligé par cette décision de justice
(engagée par sa copropriété) à
remettre tout en état initial. Le
règlement de copropriété spécifiait
qu’aucune activité commerciale
n’était autorisée afin de préserver le
caractère résidentiel de l’immeuble.
• NÉGLIGER L’ÉQUIPEMENT
En meublé, la concurrence est rude.
Aussi vaut-il mieux se démarquer
des autres en présentant un bien
soigné et des prestations de qualité.
Plus que jamais, pour être attractif,
il faut équiper totalement l’appartement et penser à tout décrire dans
l’annonce, sans oublier de mentionner la marque de la machine à café.
Si, aujourd’hui, l’absence de télévision n’est plus rédhibitoire, le wi-fi
est une évidence tout comme l’air
conditionné, le lave-linge ou le lavevaisselle.
•LASOUS-ESTIMER
GESTION LOCATIVE
Pour gérer au quotidien une location proposée à la semaine ou à la
quinzaine, mieux vaut passer par
une agence immobilière locale, surtout si vous n’êtes pas sur place. Sa
commission avoisine les 10 à 20 %.
Pour un bien proposé à la nuitée sur
une plate-forme en ligne, la gestion
locative est encore plus fastidieuse
compte tenu du défilé régulier des
occupants. Là encore, il faut être sur
place et disponible pour réaliser
l’accueil et le départ à toute heure,
répondre aux demandes intempestives des « hôtes » et assurer la
remise en état pour les prochains
arrivants.
Pour éviter que ces locations à
répétition soient chronophages et
fastidieuses, il est possible de faire
appel aux services de conciergeries
privées spécialisées. Certaines
revendiquent un service à domicile
haut de gamme digne d’un hôtel
5 étoiles fournissant un cadeau de
bienvenue, du linge de maison, des
kits de toilette et une assistance téléphonique. En général, ce genre de
prestataire facture la gestion complète (check-in et check-out,
ménage, linge) entre 18 et 20 % des
revenus générés. Il est parfois possible d’opter pour une gestion à la
carte. Une chose est sûre, ces dépenses grignotent la rentabilité déjà
amoindrie par la commission facturée par la plate-forme de location.
Enfin, il ne faut pas oublier les frais
récurrents de remplacement et de
remise en état (détérioration, casse,
usure.) — L. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PATRIMOINE // 07
Les Echos Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018
PLACEMENT // Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) séduisent toujours plus d’épargnants.
Quels sont les atouts et les inconvénients de ce placement ? Explications et mode d’emploi.
Bien choisir sa SCPI
e placement dans la pierre
peut prendre la forme d’un
achat de parts de SCPI.
L’investisseur devient associé de la
société civile, gérée pour lui par un
professionnel. Cette solution
d’investissement appelé « pierrepapier » fait depuis quatre ans un
tabac auprès de particuliers pour
cause de rendements appréciables
(voir graphique IEIF). Au premier
semestre 2018, même si la masse de
liquidités injectées dans ces véhicules devrait être moins abondante en
volume que le semestre précédent,
ce secteur d’activité atteint toujours
des niveaux de collecte élevés. Rappelons que ce placement n’a rien de
miraculeux. Il offre des avantages et
aussi des inconvénients.
L
DES ATOUTS
•INDÉNIABLES
TICKET D’ENTRÉE MODESTE
Ce placement est facile d’accès, avec
une valeur unitaire de la part qui,
pour les SCPI les plus abordables,
avoisine 100 à 150 euros et, pour les
plus chères, peut monter jusqu’à
1.000 euros. Le nombre de parts
s’ajuste au montant à placer. C’est
utile pour calibrer des investissements réalisés au fil de l’eau et selon
ses capacités financières du
moment.
ACQUISITION RAPIDE
Le délai de souscription de parts de
SCPI à crédit est plus rapide que
celui concernant l’achat d’un bien
immobilier en direct. Avec ce placement, pas besoin de passer par
l’étape de la signature chez le
notaire. Seules quelques semaines
suffisent pour devenir titulaire officiel des parts.
FINANCEMENT À CRÉDIT
Comme un bien physique, la pierrepapier peut se financer avec un crédit immobilier. « C’est un effet de
levier à ne pas négliger en cette
période de taux d’intérêt bas », rappelle Jonathan Dhiver, fondateur de
MeilleureSCPI.com. Néanmoins,
les établissements prêteurs
n’accepteront de monter un dossier
qu’à partir d’un achat minimum de
50.000, voire 100.000 euros. Précision utile : une seule enveloppe de
prêt suffit à financer l’achat de parts
de plusieurs SCPI.
DIVERSIFICATION
Ce placement donne l’occasion de
faire une incursion dans le vaste
marché de l’immobilier tertiaire,
majoritairement animé par de
grands investisseurs institutionnels (compagnies d’assurances,
banques…). Les actifs valant des
dizaines de millions d’euros, ils sont
inaccessibles en direct à un particulier en solo. Grâce à ce véhicule collectif, le titulaire de parts devient
détenteur d’une partie du portefeuille composé d’immeubles. C’est
l’occasion pour un investisseur de
mixer un immobilier très lié à l’activité économique des entreprises
avec de l’immobilier d’habitation
détenu en direct.
RENTABILITÉ BRUTE ÉLEVÉE
Même si la performance annuelle
de ce placement s’érode au fil des
ans (4,4 % en 2017 contre 5,1 % en
2014), elle tient encore la dragée
haute à celles d’autres placements
(assurance-vie en euros, livrets
bancaires…). « Cette année 2018
devrait être globalement stable en
termes de performance », avance
Patrick Boério, analyste responsable des SCPI à l’Institut de l’épargne
immobilière et financière (IEIF).
REVENTE CALIBRÉE
En cas de besoin cash et de revente
rapide, les parts de SCPI sont facilement cessibles et sont « sécables ».
Rien n’empêche de céder le montant exact dont on a besoin. C’est
UN ACCÈS PARFOIS LIMITÉ
AUX MEILLEURES
Les SCPI qui affichent dans le temps
une bonne rentabilité ne veulent
pas diluer la qualité de leur patrimoine. « La tendance générale est à
l’ajustement de la collecte par les
acteurs », constate Patrick Boério.
En effet, face à l’abondance de liquidités qui les obligent à investir sans
délai et à trouver des « deals » dans
une période où l’offre est limitée,
quelques sociétés de gestion ont
décidé de maîtriser leur investissement. Chaque année, elles déterminent une enveloppe de collecte et
dès que ce montant est atteint, la
souscription de leur SCPI à capital
variable (pourtant réputée ouverte
à t o u t m o m e n t) e s t s t o p p é e .
D’autres vont jusqu’à limiter le
montant de souscription par foyer.
donc plus souple à « liquider »
qu’un bien physique qu’il faudra
vendre entièrement même si l’on a
besoin que d’une partie de la
somme.
ter le risque locatif grâce au jeu de la
mutualisation.
PAS DE GESTION LOCATIVE
La société chargée de la gestion de
la SCPI s’occupe de tout. Cela va de
la gestion locative des nombreux
occupants aux éventuels travaux
d’entretien et de rénovation en passant par la composition du portefeuille et la stratégie d’acquisition et
de cession des immeubles en patrimoine.
LES SCPI « MAISON » SURVENDUES
Si les banques acceptent de financer
à crédit l’achat de parts de SCPI, dans
la pratique, elles ont la fâcheuse tendance de ne donner leur feu vert que
pour l’acquisition de leurs SCPI
« maison ». Or, certains véhicules
gérés par les sociétés de gestion filiales de groupes bancaires ne sont pas
toujours les plus performants. Certains acteurs indépendants font
beaucoup mieux.
MUTUALISATION
DES RISQUES LOCATIFS
La taille du patrimoine immobilier
et la diversité des actifs permettent
d’amortir les chocs en cas de
vacance ou de défaillance de certains occupants. Une SCPI dotée
d’une capitalisation significative
s’avère une bonne parade pour limi-
DES INCONVÉNIENTS
•À CONNAÎTRE
LES FRAIS
Pour devenir propriétaire des parts
de SCPI, l’épargnant devra consacrer en général entre 8 % et 10 %
TTC de son investissement aux frais
destinés à rémunérer la société de
gestion et le réseau de distribution.
Par ailleurs, les frais de gestion
annuels sont de l’ordre de 10 % des
loyers annuels encaissés par la
SCPI, et parfois davantage.
UNE LIQUIDITÉ
RELATIVE
Une part de SCPI ne se cède pas
aussi vite qu’une action cotée.
D’abord, tout va dépendre de
l’envergure de la SCPI. Et si cette
dernière ne dispose pas d’une taille
critique (minimum 400 millions
d’euros de capitalisation), il ne sera
pas toujours facile de trouver des
acheteurs sur un marché secondaire. Actuellement le marché est
porteur, mais cela n’a pas toujours
été le cas. Le cas échéant, le vendeur
peut être amené à accepter une
décote (le capital de l’investisseur
n’est pas garanti). Ensuite, le remboursement des parts vendues n’est
pas immédiat. Il faut se conformer à
un processus administratif d’une
durée de 6 à 10 semaines.
LA FISCALITÉ DES REVENUS
FONCIERS
Les revenus locatifs issus de la pierre-papier sont considérés comme
des revenus fonciers. « Ils sont donc
taxés au barème progressif de l’impôt
sur le revenu, plus les prélèvements
sociaux de 17,2 % », indique Jonathan Dhiver. Pour ceux qui sont
imposés à la tranche marginale la
plus élevée du barème, la taxation
sur les revenus locatifs n’est pas
neutre puisqu’elle atteint 62,2 %
(soit 45 % + 17,2 %).
L’IMPÔT SUR LA FORTUNE
IMMOBILIÈRE (IFI)
Les parts de SCPI détenues pas un
contribuable, comme tous les
autres actifs immobiliers, sont prises en compte dans le calcul de l’IFI.
« Et cela est vrai que l’on soit propriétaire des parts souscrites en direct
auprès de la société de gestion ou via
des unités de compte d’un contrat
d ’ a s s u ra n c e - v i e » , r a p p e l l e
Guillaume Eyssette, conseiller en
gestion de patrimoine du cabinet
Gefinéo. — Laurence Boccara
DÉCRYPTAGE
Six idées fausses
sur les SCPI
Certaines incertitudes ou
des a priori circulent à
propos des SCPI. Voici
6 fausses idées tenaces qui
méritent un décryptage.
Souscrire des parts de SCPI, c’est se
simplifier la tâche vu les écueils
d’une gestion immobilière en
direct. Mais gare aux idées reçues !
LES MEILLEURES
SCPI ONT LE MEILLEUR
RENDEMENT
1
Les rendements les plus élevés (6 %
et plus) sont affichés par des SCPI
créées il y a moins de cinq ans. Elles
sont à la tête d’un patrimoine
immobilier neuf ou récent encore
facile à gérer car ne nécessitant pas
de travaux.
Or, « en immobilier, il n’y a pas de
secret. La règle est la même pour tous
les investisseurs. Si le rendement est
plus élevé que la norme, c’est que
l’actif comprend une dose de risque.
Même s’il n’a pas coûté cher et génère
des revenus élevés sur la durée, la
qualité du bâtiment ou sa localisation peuvent se révéler peu qualitatifs », avertit Paul Bourdois, cofondateur de Francescpi. com.
Analyser l’historique des résultats permet justement de comprendre si la dernière performance servie est exceptionnelle ou habituelle.
de l’immobilier résidentiel en
France. « Certaines SCPI investissent
déjà dans des villes qui seront, à
terme, desservies par une gare du
Grand Paris Express et jouent sur
l’effet JO 2024 qui boostera le développement de certains quartiers »,
remarque Paul Bourdois. Il s’agit des
SCPI dites « fiscales » (Pinel,
Malraux, déficit foncier). Comme
l’immobilier détenu en direct, la
détention de ces parts ouvre droit
aux mêmes avantages fiscaux. Sauf
que l’effet fiscal pour le contribuable, notamment dans le neuf, prend
effet à la souscription des parts et
non pas à la livraison du bien
comme pour un achat d’un bien en
direct.
Le taux de rendement interne (TRI)
permet aussi de vérifier la stabilité
des résultats. Cette notion est utile
pour ceux qui souhaitent percevoir
des revenus réguliers afin de doper
une future pension de retraite ou de
rembourser un crédit.
2
LE RENDEMENT
AFFICHÉ EST GARANTI
Même si ce placement a la réputation de servir un rendement régulier à date fixe, ce dernier n’a absolument rien de garanti. « La SCPI a un
sous-jacent immobilier. Les valeurs
de transactions et locatives sont susceptibles de varier selon le marché »,
rappelle Guillaume Eyssette. Des
immeubles mal placés ou vétustes,
qui se louent mal ou pas du tout ; un
ralentissement de l’activité économique qui oblige les entreprises à
faire des économies sur leurs surfaces ; une baisse du marché des
loyers de bureaux sont autant de
facteurs susceptibles de sabrer les
revenus locatifs de la SCPI.
Il faut donc s’informer sur la
répartition géographique (de préférence équilibrée) de la SCPI, sa
taille, l‘âge des immeubles en portefeuille et sur son taux d’occupation.
« Attention au poids trop élevé dans
un portefeuille, d’immeubles occupés
par un monolocataire. Si cet occupant unique s’en va ou négocie son
loyer à la baisse, cela risque d’affecter
le rendement », souligne Jérémy
UN GROS « REPORT
À NOUVEAU » EST
INDISPENSABLE
4
Aras, directeur associé de l’Institut
du Patrimoine.
3
UNE SCPI N’ACHÈTE
QUE DES BUREAUX
L’immobilier de bureau n’est pas le
seul type d’investissement de la
SCPI. Face à l’appétit des investisseurs pour les SCPI et à l’abondance
de liquidités, les acteurs de ce secteur ont agrandi leur terrain de jeu,
et donc leur champ d’investissement. Depuis cinq ans, de nouveaux véhicules sont apparus avec
différentes thématiques telles que
l’hôtellerie, la logistique, les résidences services et les établisse-
ments de santé. « Certains opérateurs achètent des maisons de
retraite, des maternités, des laboratoires, des crèches et des cliniques »,
détaille Sigrid Duhamel, présidente
de BNP Paribas REIM France.
Si des sociétés de gestion adoptent une stratégie diversifiée en
mêlant tous ces actifs au sein d’une
même SCPI, d’autres se spécialisent
et ciblent des niches spécifiques.
Ainsi, quelques sociétés de gestion
ont choisi d’investir dans les
bureaux et les commerces hors de
France, majoritairement en Europe
(voir illustration). Et une petite
dizaine d’autres SCPI jouent la carte
Les sociétés de gestion de SCPI ont
souvent tendance à mettre en avant
l’existence d’une réserve appelée
« report à nouveau ». Il s’agit d’une
poche de trésorerie souvent bien
remplie qui a pour fonction de lisser dans le temps les résultats de la
SCPI en cas d’évolution erratique du
marché immobilier.
Pour Frédéric Puzin, président
de Corum Asset Management, disposer de cette trésorerie d’appoint
notamment pour les SCPI à capital
variable, « ne sert à rien ». « En
abondant le report à nouveau, on
prive le porteur de part d’une partie
de ses dividendes de l’année. De plus,
cet argent mis de côté ne rapporte
rien car il est placé sur des comptes à
terme aux performances faibles.
Mieux vaut s’en passer », ajoute ce
dernier. Cette politique systématique du report à nouveau est surtout
en vigueur chez les « anciennes »
SCPI. C’est aujourd’hui moins pratiqué chez les SCPI plus récentes
(moins de 10 ans).
5
INUTILE DE
MULTIPLIER LES SCPI
Une SCPI détient certes plusieurs
actifs, mais cette diversification
n’est pas forcément suffisante.
Limiter le risque, c’est prendre soin
de ne pas mettre tous ses œufs dans
le même panier. Aussi, il est conseillé de se composer un portefeuille en mixant des SCPI d’un
même secteur, de combiner les thématiques d’investissement, le tout
sans oublier de mixer les sociétés de
gestion. Ce cocktail permet de jouer
sur plusieurs tableaux afin d’optimiser son rendement quand tout va
bien ou de le préserver en cas de
période difficile. Plus le portefeuille
immobilier est diversifié, moins la
SCPI sera exposée aux aléas du
marché locatif et sujette à des variations erratiques de revenu, donc de
rendement.
6
LES FRAIS
SONT INDOLORES
Même si le rendement servi est toujours net de frais, il convient de s’y
intéresser de près car des écarts existent selon les SCPI. Les sociétés de
gestion prélèvent au moment de la
souscription de frais d’entrée compris entre 8 et 10 % du montant
investi. A cela s’ajoutent des frais de
gestion annuelle de l’ordre de 10 à
14 %. Attention, certaines sociétés de
gestion expriment ces frais hors
TVA, ce détail est important à relever. Pour amortir ces frais dans le
temps, il faut conserver les parts au
moins cinq ans, sachant que pour
que la part puisse se valoriser il faut
se donner dix ans minimum. — L. B.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // PATRIMOINE
Vendredi 7, samedi 8 septembre 2018 Les Echos
BARÈME // La pierre est déjà défavorisée
en termes d’impôt sur le revenu, elle reste en outre
le seul actif comptabilisé pour l’impôt sur la fortune.
Le poids de l’impôt
sur la fortune
immobilière
es immeubles donnés en
location n’échappent pas à
l’IFI, y compris lorsqu’ils
sont détenus par l’intermédiaire
d’une société civile immobilière
(SCI). Seule exception à cette règle :
les immeubles achetés en nue-propriété ne font pas partie du patrimoine imposable pendant toute la
période du démembrement lorsque l’usufruit temporaire a été
acquis simultanément par un
bailleur institutionnel.
Les immeubles donnés en location meublée font, en principe, partie du patrimoine imposable, sauf
pour les contribuables qui ont le statut de loueur en meublé professionnel au sens de l’IFI. Attention, la définition n’est pas la même que pour
l’impôt sur le revenu. Pour être considéré comme tel, les deux conditions suivantes doivent être réunies : l’activité de location meublée
doit rapporter plus de 23.000 euros
de recettes par an et ces recettes doivent représenter plus de la moitié
des revenus professionnels (salaires, rémunération des dirigeants et
bénéfices professionnels) de
l’ensemble des membres de votre
L
Il est possible sous certaines conditions de prétendre à l’exonération accordée au titre des biens
professionnels, lorsque l’activité est exercée au travers d’une société. Photo Shutterstock
désormais déductibles : frais
d’acquisition, d’entretien et de réparation, de travaux, taxe foncière…
Déterminer le montant
de l’annuité
foyer fiscal. On ne tient pas compte
des pensions de retraite pour apprécier si cette condition est remplie. Il
est également possible sous certaines conditions de prétendre à l’exonération accordée au titre des biens
professionnels, lorsque l’activité est
exercée au travers d’une société (ce
qui suppose toutefois que le contribuable exerce son activité professionnelle principale au sein de cette
société).
Pour tenir compte du recentrage
de l’IFI sur l’immobilier, seules les
dettes relatives aux dépenses liées
au patrimoine immobilier sont
Attention, ces dépenses ne sont pas
déductibles « au fil de l’eau ». Seules
les dettes existant au 1er janvier se
rapportant à ces dépenses sont
déductibles : emprunts bancaires
en cours de remboursement, sommes restant dues aux artisans ou
entrepreneurs, droits de donation
ou de succession en instance de
paiement, capital représentatif de la
rente en cas d’acquisition en viager…
En outre, les emprunts in fine doivent désormais être déduits comme
s’ils étaient amortissables. Pour
déterminer le montant de l’annuité
théorique, il suffit de diviser le capi-
tal emprunté par la durée du prêt.
Chaque année, le montant déductible est alors égal à la somme des
annuités restant à courir jusqu’au
remboursement du prêt. Mais cette
règle ne s’applique que lorsque les
prêts sont contractés directement
par le contribuable. « Elle ne joue pas
lorsque le bien est acquis par l’intermédiaire d’une société. En clair, il est
toujours possible de déduire la totalité
du capital restant dû lorsque
l’emprunt est souscrit par l’intermédiaire d’une société, telle qu’une
société civile immobilière (SCI) »,
explicite Stéphanie Auféril, avocate
associée chez Arkwood. Le barème
de l’IFI commence à 0,5 % et va jusqu’à 1,5 % sur la fraction de la valeur
nette taxable supérieure à 10 millions d’euros.
— Nathalie Cheysson-Kaplan
`
SUR
LE WEB
Où investir ? Il existe
•encore
des opportunités à
proximité des grandes métropole régionales, là où les
prix n’ont pas encore explosé.
17 communes situées autour
de villes dynamiques ont été
passées à la loupe. Prix, projets de constructions, état
des lieux du neuf et de l’ancien, marché locatif… Tout ce
qu’il faut savoir pour acheter
à proximité de Lille, Rennes,
Nice, Toulouse, Lyon, Bordeaux, Strasbourg… Une
grande enquête à découvrir
sur lesechos.fr/patrimoine
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