close

Вход

Забыли?

вход по аккаунту

?

Les Echos - 17 08 2018

код для вставкиСкачать
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Hippisme : jeunes cracks
cherchent propriétaires
Les traditionnelles ventes de yearlings
par la maison Arqana se tiennent
cette
fin de
semaine
à
Deauville.
// P. 16
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // VENDREDI 17,SAMEDI 18 AOÛT 2018 // LESECHOS.FR
nos séries
d’été
( Les pionnières )
Shahrzad Rafati
// P. 9
( L’auteur qui vous
a construit )
Raphaël Enthoven
et Clément Rousset
// P. 8
( L’Amérique
en séries )
« The Man
in the High Castle »
// P. 8
( Stars de la fintech )
Valentin Stalf
// P. 22
Comment
Trump a gagné
la bataille
des marchés
Ben Smith, un Canadien
pour pacifier Air France
L’ESSENTIEL
l Wall Street est au plus haut, le dollar flambe :
Le coût de la rentrée scolaire est
en baisse de 3 % sur un an, selon
l’étude annuelle de la Confédération syndicale des familles. // P. 2
VIADUC DE GÊNES : ATLANTIA
SOMBRE EN BOURSE
Le gestionnaire du viaduc de
Gênes a plongé de 22 % en
Bourse. Il est sous la pression du
gouvernement italien, qui veut
révoquer ses concessions. // P. 11
ET « CRIBLE » PAGE 26
VTC : LE BILAN MITIGÉ
DU NOUVEAU PATRON D’UBER
L e c h i f f r e d ’a f f a i r e s d u
numéro un des VTC a bondi de
63 % au deuxième trimestre,
mais l’entreprise est encore loin
d’être rentable. // P. 13
les investisseurs se ruent sur les actifs américains.
l La Maison-Blanche a renforcé la toute-puissance
des Etats-Unis sur les marchés financiers.
l Sa stratégie n’est toutefois pas sans risques.
ake America Great Again. » Sur les marchés financiers, le pari est gagné pour
Donald Trump. Wall Street domine avec
la toute-puissance de ses banques et de ses valeurs
technologiques, les emprunts d’Etat américains
attirent toujours les investisseurs et le dollar a
retrouvé son statut de valeur refuge dans un contexte de montée des tensions géopolitiques dans le
monde. La performance des actifs financiers américains est à mettre – en grande partie – au crédit de
Donald Trump. Son vaste plan de baisse des impôts
a redonné du carburant à une économie proche de
M
Ryan Remiorz/AP/Sipa
LE COÛT DE LA RENTRÉE
SCOLAIRE EN BAISSE
la fin de cycle et a surtout permis aux entreprises
américaines de retrouver des taux de marge record.
Par ailleurs, sa politique étrangère – et notamment
l’arme des sanctions économiques – incite les investisseurs à rapatrier leurs capitaux vers les EtatsUnis. Mais cette politique – que certains voient
comme opportuniste à quelques semaines des élections de mi-mandat – n’est pas sans risques.
La hausse du dollar perturbe déjà les marchés
émergents et pourrait aussi compliquer la tâche de
la Fed.
jeudi directeur général d’Air France-KLM par le conseil d’administration du groupe. Le jeune patron canadien de 46 ans sera le premier
étranger à diriger la compagnie française. Soutenu par l’Etat français, il
est en revanche fraîchement accueilli par l’intersyndicale d’Air France.
// PAGE 19 ET NOS INFORMATIONS PAGE 4
// PAGE 13 ET L’ÉDITORIAL DE JEAN-MARC VITTORI PAGE 6
AÉRIEN Benjamin Smith, le numéro deux d’Air Canada, a été nommé
Les vieilles gloires font
la course en tête dans
l’industrie musicale
LES RISQUES DE CONTAGION
ENTRE BANQUES DIMINUENT
En Europe, les grands établissements paraissent moins exposés
aux autres banques qu’il y a dix
ans. Mais la mesure du risque
reste complexe. // P. 20
MUSIQUE Grâce à la manne des concerts, les groupes
CARNET // P. 25
Difficile à imaginer à la lecture des articles
sur les artistes les plus tendance du moment
ou en écoutant la radio. Et pourtant, c’est bel
et bien la vieille garde qui occupe les premières places du classement américain Billboard 2018 des musiciens. Ainsi, U2
(54,4 millions de dollars), le chanteur de
country Garth Brooks (52,2 millions) et
Metallica (43,2 millions) trustent les trois
premières places grâce aux revenus qu’ils
tirent de leurs longues tournées de concerts.
Drake, qui écrase la concurrence sur le ter-
Mode
Le jean, une icône
américaine en crise
sur ses terres // P. 14
SUR
« L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Pénurie de
main-d’œuvre :
la tentation
du recours
aux réfugiés
EMPLOI Le recours aux réfugiés peut-il
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22761
110e ANNÉE
26PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
être une solution à la pénurie de
main-d’œuvre dans certains secteurs ?
C’est en tout cas une des solutions avancées par le secteur de l’hôtellerie-restauration, qui peine à pourvoir les 120.000 à
150.000 postes vacants. Cette solution se
heurte toutefois au fait que beaucoup de
nouveaux arrivants n’accèdent pas à des
formations suffisantes pour leur permettre d’exercer un métier de service,
du fait notamment de la barrière de la
langue. En Allemagne, près d’un quart
des réfugiés arrivés depuis 2015 ont
trouvé un emploi. // PAGE 3
L’autre cause du
déficit commercial
Le point de vue de
rain du streaming, est loin derrière. Avec
« seulement » 12,1 millions de dollars de
revenus (dont 8,6 millions issus du streaming sur des plates-formes comme
Apple Music ou Spotify), le rappeur canadien figure à la 37e place. Le live devrait continuer à tirer les revenus des musiciens et les
aider à toucher une part plus importante du
chiffre d’affaires de cette industrie. Actuellement, elle ne leur reverse que 12 % du total,
selon Citigroup, soit bien moins que les
autres industries de talents. // PAGE 17
Wall Street
met la pression
sur Tesla
et Elon Musk
Le milliardaire est suspecté
par la SEC d’avoir manipulé
le cours de Bourse.
François Meunier
AUTOMOBILE Milliardaire ou non, il faut
Les investisseurs internationaux,
à la recherche d’actifs sûrs, plébiscitent la dette française. Ce qui permet
à notre pays de maintenir des taux
bas. Cette incitation rend sa position
extérieure nette fortement négative.
Elle encourage surtout la dépense et
l’endettement interne, publics et privés, qui pèsent sur sa compétitivité,
explique François Meunier.
// PAGE 7
parfois réfléchir à deux fois avant de
gazouiller dans son téléphone. Selon les
médias américains, la SEC a demandé à
Tesla de lui fournir un certain nombre de
documents attestant qu’Elon Musk, le
patron du constructeur californien de voitures électriques, était bien à même d’affirmer sur Twitter qu’il avait trouvé le financement de son projet de sortie de la Bourse. Un
projet qui suscite quelques doutes chez les
analystes financiers. // PAGE 12
Bloomberg
Shutterstock
comme U2 ou Metallica restent les mieux rémunérés.
La nouvelle sortie sur Twitter d’Elon
Musk a suscité de nombreux remous
au sein du conseil de Tesla.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
FRANCE
Baisse en trompe-l’œil
du coût de la rentrée scolaire
ÉDUCATION
Selon l’étude annuelle
de la Confédération
syndicale des familles
(CSF), la rentrée coûte
près de 3 % moins cher
cette année.
Mais les familles
restreignent une part
de leurs dépenses de
fournitures scolaires
pour compenser
la hausse globale
du coût de la vie.
Impôt à la source :
l’exécutif fait un
geste en direction
des TPE-PME
FISCALITÉ
Les entreprises de
moins de 20 salariés
bénéficieront
d’un dispositif
spécial pour
la collecte de l’IR.
Officiellement, le prélèvement
à la source, qui doit être mis en
place en janvier 2019, ne suscite
pas d’inquiétude au sein du
gouvernement. Pour autant,
celui-ci enchaîne depuis quelques semaines les annonces
montrant que la migration vers
ce nouveau mode de prélèvement de l’impôt sur le revenu
(IR) directement sur la fiche de
paie mensuelle du travailleur
ne sera peut-être pas aussi
fluide que promis.
Gérald Darmanin a ainsi
décidé de mettre en place un dispositif spécial qui exonérera les
petites entreprises de la collecte.
« Il n’y a pas de problème en tant
que tel pour les entreprises », a
expliqué le ministre de l’Action
et des Comptes publics dans un
entretien au « Courrier Picard »,
avant de concéder qu’il avait
« compris que pour les très petites entreprises, il peut y avoir des
difficultés, faute d’avoir la même
agilité qu’une grosse entreprise ».
Recours au « Tese »
Depuis plusieurs mois, des voix
s’élèvent parmi les dirigeants de
TPE-PME pour critiquer cette
réforme, qui va donc obliger les
entreprises à prélever l’IR. « Les
entreprises ne sont pas prêtes »,
avait dénoncé au printemps la
Confédération des petites et
moyennes entreprises (CPME),
en disant son « hostilité au rôle
de percepteur d’impôt que les
pouvoirs publics entendent faire
jouer aux chefs d’entreprise ». Le
dispositif imaginé par Bercy
vise à enlever cette charge pour
les entreprises de moins de
20 salariés : ces dernières pourront recourir au système titre
emploi ser vice entreprise
(Tese) mis en place pour le prél è ve m e nt d e s c o t is a t i o ns
Urssaf, afin d’assurer le prélèvement à la source. « Cela concernera environ 1 million d’entreprises de moins de 20 salariés », a
souligné Gérald Darmanin.
Cette nouvelle annonce
intervient alors que le locataire
de Bercy avait déjà tenté de
déminer le terrain autour des
conséquences de la réforme
pour l’emploi à domicile. Pour
ces salariés (femmes de
ménage, assistantes maternelles, etc.), il a finalement été
décidé début juillet de reporter
d’un an, à 2020, l’instauration
du prélèvement à la source, du
fait des difficultés pour sa mise
en place. De ce fait, les
250.000 personnes concernées
pourraient être amenées à
payer dès janvier 2020 à la fois
leur impôt sur 2019 et sur 2020.
Un premier changement
notable, qui ne sera peut-être
pas le dernier : une semaine
seulement après cette annonce,
Bercy avait encore évolué sur
cette question en évoquant la
possibilité d’exonérer purement et simplement ces salariés à domicile d’impôt sur le
revenu pour 2019. « Tout est mis
en œuvre pour qu’ils ne paient
pas l’impôt deux fois en 2020 », a
confirmé Gérald Darmanin au
« Courrier Picard ». Une telle
solution pose toutefois un problème juridique d’égalité
devant l’impôt. — R. Ho.
en bref
Un ex-député PS de Marseille devant
la justice pour abus de confiance
POLITIQUE Henri Jibrayel, député socialiste des quartiers Nord de
Marseille de 2007 à 2017 et toujours conseiller départemental des
Bouches-du-Rhône, est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour
abus de confiance et prise illégale d’intérêt. Il est soupçonné d’avoir
détourné des subventions à des associations pour offrir quatre journées de croisière à 1.200 personnes âgées de sa circonscription marseillaise en mai 2011, en vue des législatives de 2012, ce qu’il conteste.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
C’est une première depuis 2013. Le
coût de la rentrée scolaire est en
baisse de 2,91 % par rapport à l’an
dernier, selon l’étude annuelle de la
Confédération syndicale des
familles (CSF), publiée jeudi. Avec
une revalorisation de l’allocation de
rentrée scolaire (ARS) de 1 % par
rapport à 2017 – elle a été versée
jeudi –, on pourrait conclure hâtivement à une amélioration du pouvoir d’achat des familles modestes,
éligibles à l’ARS. A y regarder de
près, l’étude de la CSF – faite à partir
de l’observation, par 128 familles
partout en France, du coût de la rentrée scolaire pour leurs enfants – est
bien plus complexe.
La baisse du coût de la rentrée de
près de 3 % s’explique, certes, par
« des pratiques d’achat différentes
pour les familles », qui sont « de
moins en moins enclines à faire des
achats superflus ». « Les marques,
notamment pour les affaires de
sport, sont moins plébiscitées par les
familles », indique l’étude. « Les
familles, plus attentives, privilégient
la réutilisation des survêtements
d’une année sur l’autre », complète
Johan Jousseaume, chargé du sec-
Pour les enfants scolarisés à l’école élémentaire, le coût de la rentrée est en hausse. Photo Sipa
teur éducation de la CSF. De fait, le
coût de la rentrée baisse de 2,60 %
pour les collégiens et de 4,43 %
pour les lycéens.
Forte augmentation
pour l’entrée en CP
Mais la baisse des dépenses liées à
l’équipement sportif n’explique pas
tout. Johan Jousseaume évoque
aussi la hausse du coût de la vie des
familles, de 2,3 % en moyenne selon
l’Insee, avec le poids croissant des
factures d’énergie. « Cela a des répercussions fortes sur le budget global
des familles qui doivent faire des
choix et raisonner d’autres dépenses », commente-t-il.
D’autant que, pour les enfants
scolarisés à l’école élémentaire – au
cours préparatoire, au cours élémentaire ou au cours moyen –, le
coût de la rentrée est en hausse.
L’augmentation est significative
pour le budget de la rentrée au CP,
qui augmente de 10,64 % sur un an
soit étendu jusqu’à l’obtention du
bac et plaide, à destination des étudiants, pour la création d’un revenu
d’autonomie. n
pour atteindre 165,70 euros. La CSF
explique la tendance par la hausse
du budget consacré aux fournitures
et à l’équipement sportif pour les
enfants qui entrent à l’école élémentaire. « Cet investissement significatif
des familles coïncide avec leur volonté
de voir leur enfant s’adapter au mieux
à l’école et à ses exigences », selon la
CSF. Cette dernière pointe aussi du
doigt certaines écoles qui réclament
« une quantité de fournitures excessive ». L’étude publie par exemple la
liste d’une école du Petit-Quevilly
(Seine-Maritime) qui prescrit, pour
un élève de CP, 15 crayons HB,
5 gommes et 3 stylos bleus. A
Colombes (Hauts-de-Seine), une
autre école réclame 6 stylos bleus et
4 gommes pour un élève de CM1…
« Avec un taux d’inflation de 2,3 %,
il aurait fallu revaloriser davantage
l’allocation de rentrée scolaire »,
plaide Aminata Koné, secrétaire
générale de la CSF. La confédération réclame aussi que son bénéfice
Hausse de 1 %
de l’allocation
de rentrée
L’allocation de rentrée
scolaire (ARS) a été versée
jeudi à 3 millions de
familles. En hausse de 1 %
cette année, l’ARS s’élève
à 367,73 euros pour
les élèves de 6 à 10 ans,
à 388,02 euros pour les
11-14 ans et à 401,47 euros
pour les 15-18 ans.
Elle est versée aux familles
qui ont peu de ressources
(24.453 euros de revenu net
annuel pour une famille
avec un enfant à charge).
Formation : les Fongecif refusent
leur mort programmée
les pour les jeunes et Fongecif pour le
reste des salariés. Las, la loi reconduit les quatre premiers, pas le dernier… Pour tenter de faire bouger le
gouvernement, les représentants du
personnel des Fongecif portent deux
revendications principales. Primo,
que les équipes administratives qui
suivent les dossiers CIF soient reprises dans les futures commissions
paritaires interprofessionnelles
régionales. « Ce serait logique, mais
nous n’avons aucune garantie à ce
stade », indique Hélène Macou, porte-parole de l’intersyndicale.
RÉFORME
Les organismes
paritaires qui gèrent
les formations longues
de reconversion sont
condamnés avec la loi
avenir professionnel.
Direction et salariés
se mobilisent pour
infléchir la réforme.
Alain Ruello
@AlainRuello
« Les Fongecif ont été créés par une
décision politique. Ils seront […]
démantelés par une décision politique. » C’est avec des accents qui
empruntent à Mirabeau que les
représentants du personnel des
Fongecif se sont constitués en intersyndicale fin avril. L’annonce avait
alors pris un relief particulier : à
peine un mois plus tôt, les présidents
et directeurs généraux de ces organismes paritaires en charge des congés individuels de formation (CIF)
venaient, eux aussi, d’unir leurs forces. Deux démarches parallèles,
mais un même combat : défendre
900 emplois et l’expertise accumulée en trente-cinq ans, que le projet
de loi avenir professionnel promettait de rayer d’un trait de plume.
Le texte a été adopté par le Parlement le 1er août, donnant un tour
encore plus concret à la mort pro-
Hamilton/RÉA
Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin,
cherche à déminer le terrain auprès des TPE-PME, très
inquiètes de la réforme. Photo Geoffroy Van der Hasselt/AFP
En trente-cinq ans d’existence, les Fongecif ont accumulé une
expertise que le projet de loi avenir professionnel réduirait à néant.
grammée des Fongecif. Cette perspective découle de deux changements structurants inscrits dans la
réforme. Le premier entérine la disparition du CIF, ce dispositif qui permet de financer des reconversions,
le ministère du Travail lui reprochant d’avoir dévié de ses objectifs
avec le temps. Sous la pression des
syndicats, le gouvernement a consenti à maintenir un dispositif de
formations longues, sous la forme
d’une variante du compte personnel de formation, appelée CPF de
transition.
L’inflexion est notable. Elle suscite
toutefois bien des interrogations.
L’enveloppe financière de ce CPF de
transition sera-t-elle équivalente
à celle du CIF ? Comment fonctionneront les commissions paritaires
interprofessionnelles régionales,
instaurées un peu par surprise lors
de l’examen de la loi au Parlement,
pour instruire les dossiers ?
La seconde menace mortelle pour
les Fongecif réside dans l’ouverture à
la concurrence, à compter du 1er janvier 2020, du Conseil en évolution
professionnelle (CEP). Né avec la
réforme de 2014, ce dispositif
d’accompagnement, gratuit et universel, a été confié à cinq opérateurs :
Pôle emploi pour les chômeurs,
Apec pour les cadres, Cap emploi
pour les handicapés, missions loca-
Haro sur le privé
Secundo, les Fongecif espèrent
conserver les prestations du CEP
dans deux cas : l’accompagnement
des personnes qui actionneront le
CPF de transition et des salariés qui
voudraient profiter du nouveau
droit à indemnisation chômage en
cas de démission (la loi leur impose
d’avoir un projet professionnel
sérieux). Ce faisant, avance Djamal
Teskouk, membre du bureau confédéral à la CGT, il resterait une part
du marché pour le privé. « Nous
prodiguons du conseil en mobilité
professionnelle depuis les années
1990, même si ce n’était pas encore
sous la dénomination de “CEP”. Ce
serait dommage de perdre une telle
expertise », insiste-t-il. « Les cabinets
privés on les connaît : une heure facturée, ce n’est pas toujours une heure
assurée », abonde Hélène Macou
qui défend, elle aussi, le maintien
d’un CEP estampillé service public
de l’emploi. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Vendredi 17, samedi 18 août 2018
Le casse-tête de l’emploi de réfugiés
dans l’hôtellerie-restauration
l Face au manque de main-d’œuvre
dans l’hôtellerie-restauration, les
patrons veulent pouvoir embaucher
plus facilement des migrants.
l Mais les offres de formation
ne sont pas encore bien calibrées
pour répondre à une telle demande.
IMMIGRATION
Les hôteliers et les restaurateurs
ont encore mis les pieds dans le
plat. Devant la difficulté éprouvée à
embaucher pour certains postes, ils
proposent d’avoir recours à la
main-d’œuvre que constituent les
migrants. Le calcul est simple pour
un secteur qui a vu ses effectifs
déjà croître de 25 % entre 2005
et 2017.
D’un côté, les besoins actuels
sont estimés à plusieurs dizaines de
milliers d’emplois, « entre 120.000 et
150.000 » pour Didier Chenet, président du Groupement national des
indépendants de l’hôtellerie-res-
« Il y a à peu près
50 % des primoarrivants qui ont
accès à une
formation
linguistique, alors
qu’elle est
absolument
nécessaire. »
PIERRE HENRY
France terre d’asile
tauration (GNI), et la formation
de 40.000 à 50.000 jeunes par an
par le secteur ne suffit pas à y répondre. De l’autre, les demandes d’asile
croissent chaque année et
258.000 personnes sont prises en
charge (chiffre arrêté au mois de
juin) par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides
(Ofpra) et sont donc susceptibles de
disposer d’un permis de travail en
toute légalité.
Des délais trop longs
A l’heure actuelle, « un migrant qui
a demandé l’asile ne peut pas solliciter une autorisation de travailler
avant neuf mois suivant le dépôt de la
demande, s’il n’obtient pas son statut
de réfugié avant », explique AnneLaure Charrier, responsable de la
Cimade pour l’Ile-de-France, et il
mettra encore quelques semaines à
obtenir le précieux sésame. La nouvelle loi asile et immigration, adoptée le 1er août, va réduire ce délai à
six mois. « Plus un réfugié peut
travailler vite, mieux c’est pour tout
le monde », fait valoir le patron
du GNI.
Pourtant, les difficultés de recrutement ne sont pas suspendues uniquement à ces dispositions législatives. « Les métiers en tension sont en
cuisine et dans la salle, continue
Didier Chenet. Une fois la barrière de
la langue franchie, le secteur a les
moyens de s’occuper de la formation
Les employeurs
peinent à recruter des
salariés saisonniers
Dans l’agriculture et
l’hôtellerie-restauration,
les exploitants confient
des difficultés à boucler
leurs recrutements.
Pôle emploi relativise.
Lucas Mediavilla
Aux cuisines des restaurants
comme aux terrasses des cafés,
les saisonniers manquent…
C’est le constat de l’Union des
métiers et des industries de
l’hôtellerie (Umih), qui alerte
cette semaine sur la pénurie
à laquelle serait confronté le
secteur et réclame qu’on ouvre
plus franchement la porte aux
travailleurs migrants.
Quelque 50.000 offres de
poste de saisonnier ne trouveraient pas preneur, selon le
syndicat. Un manque de bras
aussi éprouvé chez les viticulteurs, qui peinent à boucler
leurs recrutements, dans le
Bordelais ou encore en Alsace.
Préjudiciable, alors que débute
la période des vendanges.
Secteurs sous tension
Faut-il y voir un lien avec
l’enquête de Pôle emploi, en
avril dernier, sur les besoins de
main-d’œuvre pour l’année ?
L’établissement public y notait
alors une nette hausse des difficultés à recruter pour les entreprises. La hausse du nombre de
projets de recrutement saisonnier, passés de 776.000 en 2017
à 812.000 en 2018, peut avoir eu
comme effet de mettre certains
secteurs sous tension, en inversant un peu le rapport de force
entre offres d’emploi et candidatures. Mais, pour Stéphane
Ducatez, directeur qualité,
statistiques et pilotage à Pôle
emploi, les données du syndicat
hôtelier doivent être relativisées : « Parler de pénurie est
excessif », prévient-il. « Dans
95 % des cas, les offres d’emplois
créés sont pourvues. L’employeur
met plus de temps et fera peut-être
plus de concessions sur les conditions de travail », souligne-t-il.
Le statisticien met aussi en
garde contre une utilisation
abusive des chiffres concernant
l’emploi saisonnier. « L’appareil
statistique n’est pas assez outillé
pour en chiffrer les tendances. »
La nature très hétérogène des
contrats (CDD d’usage, intérim,
contrat de vendanges), ainsi
que le caractère non linéaire
de cette forme d’emploi, rend
toute analyse complexe. n
« Parler
de pénurie
est excessif.
Dans 95 % des
cas, les offres
d’emplois créés
sont pourvues. »
STÉPHANE DUCATEZ
Directeur qualité,
statistiques et pilotage
à Pôle emploi
La loi asile et immigration va porter de 200 heures à 400 heures la formation linguistique en français dispensée aux réfugiés.
Photo Stéphane Audras/RÉA
de ces personnes. » Mais encore
faut-il qu’elle soit franchie.
Contrat d’intégration
républicaine
« Il y a à peu près 50 % des primo-arrivants qui ont accès à une formation
linguistique, alors qu’elle est absolument nécessaire », alerte Pierre
Henry, directeur général de l’association France terre d’asile. Les
200 heures au maximum (bientôt
portées à 400 avec la loi asile et
immigration) de la formation, dispensées dans le cadre du contrat
d’intégration républicaine, ne sont
souvent pas suffisantes pour permettre d’obtenir un niveau de français permettant d’envisager un
emploi en salle dans la restauration
par exemple.
Certaines associations se proposent donc d’améliorer cette formation avec des cours plus spécifiques
à certains jargons professionnels
ou sur la façon de se comporter en
entreprise. « Maîtriser le vocabulaire et tout ce qui est induit, ce qui
relève du socioculturel, est primordial », met en avant Judith Aquien,
déléguée générale à Action emploi
réfugiés, plate-forme mettant en
relations employeurs et réfugiés
cherchant du travail.
Programme « Hope »
L’Agence nationale pour la formation des adultes (Afpa) chapeaute
depuis septembre, en coopération
avec les ministères de l’Intérieur et
du Travail, un programme baptisé
« Hope », qui se propose lui aussi
d’accompagner plus efficacement
les réfugiés vers l’insertion professionnelle. La formation a pour
objectif final le recrutement des
personnes qui y participent dans
des secteurs en tension. Les premiers résultats sont encourageants, mais les effectifs pour l’instant concernés (1.000 réfugiés) ne
correspondent pas vraiment aux
besoins dont fait état le secteur de
l’hôtellerie-restauration. Autre
problème de taille, « ce programme
vise une insertion durable sur le marché du travail, ce que ce secteur
n’offre pas forcément », indique-t-on
du côté de la Rue de Grenelle.
— C. N.
Comment l’Allemagne intègre les migrants
au marché du travail
Un peu plus d’un quart
des réfugiés arrivés depuis
2015 en Allemagne ont
trouvé un emploi.
des autorités. Enfin, l’Allemagne
a étendu aux réfugiés une série
d’instruments existants, prévus
notamment pour les chômeurs de
longue durée ou les travailleurs
d’origine étrangère, en les combinant avec des cours d’allemand. Les
Pauline Houédé
@Pauline_H
— Correspondante à Berlin
Trois ans après l’arrivée de près de
1 million de réfugiés, l’Allemagne
continue d’intégrer lentement ces
nouvelles populations dans son
marché du travail. Un peu plus d’un
quart des personnes en âge de travailler, venues de Syrie, d’Afghanistan, d’Erythrée, d’Irak, d’Iran, du
Nigeria, du Pakistan ou de Somalie,
et arrivées sur le territoire depuis
début 2015, ont aujourd’hui un
emploi, selon l’Institut allemand de
recherche sur l’emploi (IAB). Pour
beaucoup, des postes dans l’hôtellerie-restauration et les services. « Ce
ne sont pas de très bons résultats si
l’on regarde la bonne conjoncture sur
le marché du travail allemand »,
commente Karl Brenke, expert de
l’Institut allemand pour la recherche économique (DIW) à Berlin. « Le
principal problème reste le manque
de formation professionnelle, de 70 %
à 80 % des réfugiés n’en ont pas. »
Entreprises encouragées
« Ces chiffres sont absolument satisfaisants », tempère Andreas Hauptmann, chercheur à l’IAB, qui rappelle l’importance des défis à
surmonter, dont la maîtrise de la
langue. « Nous observons une tendance à la hausse, le taux d’emploi
grimpe », souligne l’expert, qui met
en avant la conjoncture favorable
en Allemagne comme les mesures
adoptées par l’exécutif.
L’Allemagne
a suspendu en 2016,
pour trois ans et dans
une grande partie
du pays, une règle
qui donnait la priorité
à l’emploi aux
travailleurs allemands
et européens.
employeurs peuvent, par exemple,
toucher une aide financière d’une
durée limitée, lorsqu’ils emploient
un réfugié en compensation pour
une « moindre performance », le
temps de son adaptation à son
poste.
Une brochure a été éditée pour donner des conseils, expliquer
les différents métiers et aider les migrants dans leur recherche
d’emploi. Photo Steffi Loos/AFP
Pour faciliter l’accès à son marché du travail, l’Allemagne a suspendu en 2016, pour trois ans et
dans une grande partie du pays, une
règle qui donnait la priorité à
l’emploi aux travailleurs allemands
et européens. La levée de cet obstacle bureaucratique a permis de
réduire de quinze à trois mois le
délai réglementaire imposé aux
demandeurs d’asile pour pouvoir
chercher du travail.
Pour encourager les entreprises
à engager des migrants comme
apprentis, Berlin a également instauré la règle « 3+2 », qui permet à
un demandeur d’asile qui commence une formation (trois ans)
de la terminer et de travailler
ensuite deux ans dans une entreprise, conformément au système
dual d’apprentissage allemand.
Et ce quelle que soit l’issue de
sa demande d’asile déposée auprès
« Job à 1 euro »
Un temps évoquée dans le débat sur
l’intégration, une dérogation au
salaire minimum spécialement
prévue pour les réfugiés n’a cependant jamais été mise en œuvre.
Peu utilisé, un programme qui
visait la création de 100.000 « jobs à
1 euro » pour les demandeurs
d’asile, annoncé par Berlin en 2016,
a, quant à lui, vu son financement
largement réduit l’année dernière.
Ces tâches d’intérêt général, rémunérées à 1 euro de l’heure, avaient
été initialement lancées pour les
chômeurs de longue durée. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 //
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
MONDE
ZONE EURO : EXCÉDENT
COMMERCIAL EN BAISSE
Les ventes au détail au
Royaume-Uni ont progressé
de 0,7 % en juillet sur un
mois – après un repli de 0,5 %
en juin – grâce au bond
des achats sur Internet,
aux festivités de la Coupe
du monde et au beau temps,
a annoncé l’ONS. Les ventes
sur Internet notamment
auprès des grands magasins
ont augmenté de 18,2 %
La zone euro affiche en juin
un excédent commercial
de 22,5 milliards d’euros,
en baisse par rapport à
juin 2017 (25,7 milliards
d’euros), selon l’Office
européen Eurostat. Les
exportations se sont établies à
198,6 milliards d’euros (+ 5,7 %
sur un an) et les importations
ont atteint 176,1 milliards, en
hausse de 8,6 %.
212.000
INSCRITS
En données CVS, les
inscriptions hebdomadaires
de demandeurs d’emploi
ont reculé la semaine dernière aux Etats-Unis de
2.000, à 212.000. Cela
donne à penser que les
tensions commerciales
ne pèsent pas sur le marché
du travail.
Ding Haitao/XinhuaI/RÉA
en
chiffres
ROYAUME-UNI : REBOND
DES VENTES AU DÉTAIL
La reprise des discussions est une opportunité pour Pékin de réaffirmer son opposition « à l’unilatéralisme et aux pratiques de protectionnisme commercial » américains.
Washington invite les Chinois à chercher
un compromis sur le commerce
DIPLOMATIE
Après deux mois
de retrait, les deux
pays renouent
le dialogue dans
l’optique d’atténuer
les tensions de la
guerre commerciale.
Au point mort depuis deux mois, les
négociations entre la Chine et les
Etats-Unis reprendront fin août. A
l’invitation de Washington, Wang
Shouwen, le vice-ministre chinois
du Commerce, rencontrera David
Malpass, sous-secrétaire américain
au Trésor chargé des affaires internationales, a annoncé le ministère
chinois jeudi. La rencontre se fera
dans un climat tendu, alors que la
Maison-Blanche a prévu d’imposer
une nouvelle salve de sanctions de
16 milliards de dollars à la Chine,
après avoir taxé 34 milliards de dollars de produits chinois. En représailles, les autorités chinoises
avaient annoncé en juillet puis en
août des mesures de rétorsion sur
50 milliards de dollars d’importations américaines (porc, soja, charbon, etc.). La reprise des discussions
est donc une opportunité pour
Pékin de réaffirmer son opposition
« à l’unilatéralisme et aux pratiques
de protectionnisme commercial »
américains, selon le ministère.
Un déficit commercial
handicapant
Sans accord, Pékin se retrouvera tôt
ou tard dans une impasse où il ne
pourra plus riposter aux attaques
américaines, handicapé par son
excédent commercial de 335 milliards de dollars. Le président amé-
ricain, Donald Trump, persuadé de
gagner cette guerre commerciale,
n’a d’ailleurs pas exclu de taxer
encore 200 milliards d’exportations
chinoises en septembre et menacerait même d’imposer des droits de
douane sur l’ensemble des produits
importés, soit 500 milliards de
dollars.
De nombreux observateurs
sont sceptiques
La Chine a donc tout intérêt à trouver un compromis. Elle envisagerait d’ouvrir son secteur financier
aux entreprises américaines et
d’augmenter ses importations de
produits américains. Le dialogue
profiterait également à la première
économie mondiale, dont les entreprises, comme Coca-Cola, Whirlpool, General Motors ou Ford, sont
les premières touchées par cette
guerre commerciale. Mais il faudra
attendre fin août pour connaître les
effets réels des hostilités commerciales sur l’économie des deux pays.
De nombreux observateurs estiment néanmoins que les négociations n’aboutiront pas. Le scénario
s’était déjà produit plus tôt en juin
lors de l’entretien entre Wilbur
Ross, le secrétaire au Commerce
américain, et Liu He, le vice-Premier ministre chinois, lorsque
Washington s’était retiré des pour-
parlers au dernier moment.
Makoto Sengoku, analyste au Tokai
Tokyo Research Institute, nuance
pour sa part qu’« ils ne se rencontreraient pas s’ils n’étaient pas déterminés à régler le problème ». — M. Rou.
Les Etats-Unis sanctionnent des sociétés russe et
chinoise pour violation de l’embargo contre Pyongyang
Le Trésor américain a annoncé des sanctions financières mercredi contre deux
entreprises russe et chinoise accusées
d’avoir continué à entretenir des relations
commerciales avec la Corée du Nord,
malgré l’embargo contre Pyongyang.
Il est reproché au groupe chinois Dalian
Sun Moon Star International Logistics
Trading Co et à sa filiale de Singapour
SIN SMS, d’avoir exporté de l’alcool et des
cargaisons de cigarettes vers la Corée du
Nord en falsifiant les documents de livrai-
son. Ce commerce « illégal » pèse plus de
1 milliard de dollars par an, précise l’administration américaine dans un communiqué. Une société russe, Profinet, et son
directeur général, Vasili Kolchanov, sont
également punis pour avoir fourni des
services portuaires à des bâtiments nordcoréens. Ces vaisseaux, parmi lesquels
deux pétroliers qui font déjà eux-mêmes
l’objet de sanctions, ont profité de ces prestations dans les ports russes de Nakhodka,
Vostochny, Vladivostok et Slavyanka.
Trump veut faciliter les cyberattaques américaines
Le président
américain a signé
un décret qui revient
sur les dispositions
de l’administration
Obama en la matière.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Il sera désormais plus facile aux
Etats-Unis de lancer des cyberattaques. Selon le « Wall Street Journal », Donald Trump est revenu sur
une série de dispositions prises
sous l’administration Obama,
qui encadraient strictement toute
attaque informatique de la part de
l’administration américaine.
vous retrouver à polluer une opération d’espionnage soigneusement
préparée depuis des années, pour
accéder à un système informatique
étranger », a ainsi réagi Michael
Daniel, ancien coordinateur de la
cybersécurité à la Maison-Blanche,
sous Barack Obama. Certains
redoutent aussi que cette nouvelle
liberté soit utilisée sur des opérations domestiques.
La Maison-Blanche souhaiterait
ainsi durcir sa politique et mettre
le pays en capacité de réagir face
aux menaces. Concrètement, jusqu’ici, l’US Cyber Command (un
sous-commandement interarmées
chargé de la sécurité informatique
de l’armée) devait obtenir l’autorisation d’un comité représentant
plusieurs agences gouvernementales avant de lancer une offensive,
même en cas de riposte.
De nouvelles sanctions
Risques d’interférence
Ce procédé était source d’inertie
pour certains, mais il était le garant,
selon d’autres, d’une bonne organisation. Il permettait, par exemple,
d’éviter les risques d’interférence
avec d’autres opérations en cours.
Et il imposait des garde-fous sur
un sujet extrêmement sensible.
« Si vous n’avez pas de bons mécanismes de coordination, vous pouvez
Mandel Ngan/AFP
ÉTATS-UNIS
Donald Trump veut donner plus de liberté aux agences gouvernementales pour lancer des opérations informatiques d’envergure.
Les règles édictées sous l’administration Obama en matière de cyberattaques dataient de 2012. Elles
étaient censées être secrètes, mais
avaient été révélées parmi les documents rendus publics par Edward
Snowden, en 2013.
On ignore encore ce que contient
précisément le décret signé par
Donald Trump. Mais, d’après des
sources citées par le quotidien amé-
ricain, il s’agit là d’un « pas en avant
offensif », qui viserait à soutenir les
opérations militaires, combattre
les tentatives d’intrusion étrangère
et le vol de propriété intellectuelle.
Des objectifs variés, qui vont dans
le sens d’une vaste libéralisation.
L’administration Trump souhaiterait aussi pouvoir imposer de
nouvelles sanctions aux Etats
qui financent ou organisent des
attaques. Elle réagirait ainsi aux
menaces qui pèsent sur les infrastructures du pays.
L’an dernier, des agents russes
étaient parvenus à s’infiltrer dans
les réseaux qui gèrent des équipements électriques. Ce type d’attaques pourrait provoquer des coupures de courant à grande échelle.
Outre la Russie, la Corée du Nord,
la Chine ou encore l’Iran sont suspectés par Washington de mener ce
genre d’opérations. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 05
Les Echos Vendredi 17, samedi 18 août 2018
Au Parlement européen, une rentrée
sous la pression des élections de 2019
UNION
EUROPÉENNE
La NouvelleZélande verrouille
son immobilier
Le scrutin du printemps prochain risque
d’entraîner une reconfiguration électorale
profonde en Europe.
La droite du PPE, en
particulier, s’interroge
sur sa stratégie.
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
Ce ne sera pas une rentrée comme
les autres. Alors que les Européens
doivent être appelés aux urnes, en
mai 2019, pour renouveler le Parlement européen, l’institution qui
siège à Strasbourg aborde cette
échéance avec une inquiétude palpable. Au-delà des enjeux personnels qui voient chaque député affiner sa stratégie en vue du prochain
scrutin, c’est la dynamique globale
des grands partis qui inquiète : le risque est réel qu’au soir du vote,
l’Union européenne se retrouve en
terra incognita, voire en situation de
paralysie. Au cœur de toutes les
interrogations figure l’avenir
du Parti populaire européen (PPE),
qui rassemble le cœur des droites de
l’Union. Alors qu’il domine structurellement la politique européenne,
celui-ci redoute d’assister à une
nette érosion de sa base électorale.
En cause : la perte de vitesse, dans de
nombreux pays, des droites traditionnelles par rapport à 2014.
« Si on regarde les enquêtes d’opinion, on peut sérieusement se demander si le PPE sera en mesure de former
une coalition au lendemain du vote »,
note un haut responsable européen,
qui va plus loin en s’inquiétant de la
possibilité même d’une coalition
eurocompatible : la poussée des
partis eurosceptiques n’est-elle pas
en mesure de les faire triompher à
l’échelle européenne ? Dans ce contexte, la tentation d’une droitisation
Les prix ont augmenté à Auckland quatre fois plus
rapidement que les salaires depuis dix ans. Photo Shutterstock
ASIE-PACIFIQUE
L’actuel président du Parlement européen, Antonio Tajani, est issu du Parti populaire européen,
le premier en sièges dans l’hémicycle. Photo John Thys/AFP
du PPE est nette. Tous les regards
sont braqués sur un membre sulfureux de cette grande famille : le Premier ministre hongrois, Viktor
Orban, réélu très nettement chez lui
au printemps dernier. L’homme fort
de Budapest se pose en sauveur de la
droite européenne et prône une
politique nationaliste, luttant résolument contre l’immigration et
renouant explicitement avec les
valeurs chrétiennes.
Compte tenu de l’inquiétante
dérive « illibérale » du personnage,
un autre homme, à la posture plus
eurocompatible, fait toutefois
figure de modèle plus présentable :
Sebastian Kurz, le Premier ministre
autrichien, âgé de trente et un ans.
« Lors de la conférence du PPE à
Munich, c’était un peu lui la star,
témoigne un participant à la réunion. Il incarne cette droite jeune,
intraitable sur l’immigration et qui
présente bien. » Le PPE réussira-t-il à
préserver son large spectre politique, qui a fait sa force jusqu’à présent, ou se décalera-t-il sur la
droite ? Cette question est liée à celle
de l’avenir du centre de l’échiquier,
qui dépendra en partie de la stratég i e q u’a d o p t e r a E m m a n u e l
Macron. Longtemps soupçonné de
vouloir dynamiter l’espace politique
La partition
européenne
d’Emmanuel Macron
s’annonce difficile
à jouer.
européen comme il l’a fait en
France, le président français suscite
aujourd’hui quelques doutes à
Bruxelles sur ce point. « Personne
n’a encore compris à quoi va ressembler sa stratégie en 2019, et honnête-
ment beaucoup se demandent si
lui-même le sait », lâche un parlementaire.
Scrutin de tous les dangers
De fait, la partition européenne
d’Emmanuel Macron s’annonce
difficile à jouer. Le projet initial du
président français était de créer une
dynamique européenne puissante
dès son début de mandat et d’être en
mesure de brandir des victoires
tangibles au printemps 2019, pour
« vendre » l’Union européenne aux
électeurs.
Bien que des succès aient été
enregistrés (sur le travail détaché
notamment) et que l’Union fasse de
réels progrès dans certains domaines comme la défense, elle peine à
faire la démonstration médiatique
de son efficacité, en particulier sur
le sujet migratoire. Ce qui pourrait
faire du scrutin de 2019 l’élection de
tous les dangers pour l’Union. n
« IBK » réélu à la tête du Mali malgré
un bilan très mitigé
Ibrahim Boubacar
Keïta va devoir s’atteler à lutter contre la
corruption, l’insécurité et le sous-développement, après une
réélection contestée.
Un bilan sécuritaire
et économique mitigé
IBK aura en charge la sécurité d’un
pays essentiel pour la stabilité du
Sahel. La menace djihadiste n’y est
plus frontale, comme celle qui avait
obligé la France à intervenir militairement en 2013 (la France maintient sur zone 4.500 soldats via
l’opération Barkhane, au côté du
Les prix sont
devenus inaccessibles à la majorité
des ménages
dans le marché
immobilier.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
Quoique aux antipodes, la Nouvelle-Zélande est victime de son
succès. Les achats de logements
par des étrangers ont porté les
prix à des niveaux inaccessibles
aux résidents, ce qui a poussé le
Parlement à voter mercredi une
mesure radicale : l’interdiction
de toute acquisition dans
l’immobilier résidentiel par des
étrangers, sauf s’ils résident
dans le pays. Une mesure à
rebours du climat économique
parmi les moins protectionnistes et les plus dérégulés de la
planète en vigueur depuis deux
décennies dans ce duo d’îles
du Pacifique sud.
Contrer la spéculation
chinoise
La cheffe du gouvernement travailliste, Jacinda Ardern, s’était
engagée à rendre l’immobilier
plus abordable à ses concitoyens, chez qui la proportion
de propriétaires est tombée au
plus bas depuis 1951. Ce thème
avait figuré en bonne place
dans la campagne législative
qui l’a vue l’an dernier prendre
le pouvoir après neuf ans de
règne des conservateurs. Sous
l’effet de la spéculation d’étrangers, surtout chinois, et de l’installation de riches étrangers,
notamment californiens, les
AFRIQUE
Le chef de l’Etat malien, Ibrahim
Boubacar Keïta, a été réélu dimanche dernier avec 67 % des voix au
second tour de la présidentielle,
selon des résultats officiels communiqués jeudi, face à l’ancien ministre des Finances Soumaïla Cissé. Ce
dernier, qui avait félicité chaleureusement « IBK », ainsi que tous les
Maliens l’appellent, lors de leur précédent duel en 2013, a pour l’instant
refusé de reconnaître le résultat en
raison de fraudes, qui seraient
importantes sans pour autant avoir
inversé le résultat, selon une source
sur place. La participation n’a pas
dépassé 24 %.
Les étrangers
non résidents
ne pourront plus
acheter de logements anciens.
Ibrahim Boubacar Keïta, réélu dimanche dernier avec 67 % des voix, sera chargé de la sécurité
d’un pays essentiel pour la stabilité du Sahel. Photo Issouf Sanago/AFP
dispositif G5 Sahel, Mauritanie,
Mali, Burkina, Niger et Tchad).
Mais la menace est diffuse dans la
plus grande partie du pays, ce
qu’illustre le fait que 400 bureaux
de vote n’ont pu fonctionner dimanche. Par ailleurs, l’accord de paix de
2015 entre Bamako et la rébellion
touareg, dans le nord de ce pays
désertique de 18 millions d’habitants, n’est appliqué qu’en partie.
IBK, s’appuie sur un bilan sécuritaire et économique mitigé, en raison sans doute de l’indécision chronique de ce diplômé de lettres en
France. On p eine à citer une
réforme d’envergure menée sur le
plan économique ou institutionnel,
hormis celle, avortée, de la Consti-
tution. Le niveau de vie, un des plus
bas de la planète, n’a pas vraiment
progressé, même si Mamadou
Samaké, sociologue et enseignant à
l’université de Bamako, pointe « les
réalisations dans le domaine social et
la construction de routes » ou de centrales électriques. Mais 45 % des
Maliens vivent avec moins de 2 dollars par jour, et le pays est au
170e rang mondial pour l’indice de
développement humain.
Croissance inégale
La croissance, de 5 % par an, un
niveau indispensable compte tenu
d’une progression de la population
de 2,5 % par an, « s’appuie surtout
sur quelques secteurs : le coton, dont
le Mali est de nouveau le numéro un
en Afrique, l’or, les télécommunications, les banques et l’agriculture
vivrière, mais elle ne bénéficie pas
vraiment au plus grand nombre en
raison de la prédominance du secteur informel. Il est urgent de lancer
une réforme fiscale et les transformations structurelles permettant l’essor
de l’agroalimentaire, de l’industrie,
du tourisme », estime Paul Derreumaux, consultant installé de longue
date au Mali. Il rappelle aussi « les
critiques croissantes de corruption
entendues dans le pays. L’administration et la classe politique, déjà mal
perçues sur ce plan depuis longtemps, ont encore perdu de leur crédibilité sur ces cinq ans ». — Y. B.
prix ont augmenté de 30 % en
cinq ans, deux fois plus vite
que les salaires, voire quatre
fois plus à Auckland.
Le ministre du Développement économique, David
Parker, a résumé l’esprit de la
loi, votée de peu (63 pour et
57 contre) en déclarant que
« les Néo-Zélandais ne devraient
pas être supplantés par des
étrangers plus riches ». En raison d’accords de libre-échange,
seuls les ressortissants d’Australie et de Singapour sont
exonérés de cette législation. Si
les étrangers ne pourront plus
acheter de logements anciens,
sauf dérogation de l’Overseas
Investment Office, ils pourront
toutefois investir, de manière
limitée, dans de l’immobilier
neuf et à condition que cela augmente le nombre total de logements sur le terrain concerné.
Une mesure
à rebours du climat
économique
parmi les moins
protectionnistes
et les plus dérégulés
de la planète.
Les opposants à la loi font
valoir que la hausse des prix,
qui a d’ailleurs ralenti à 5 % en
rythme annuel en juin, s’explique, certes par une immigration record dans ce pays stable
et prospère, mais aussi par le
manque de nouvelles constructions. Les étrangers n’auraient
d’ailleurs joué qu’un rôle
mineur dans la flambée des
prix. En juin, ils n’ont acquis
que 3 % des logements en vente.
L’ancien Premier ministre,
John Key, s’est ainsi interrogé :
« Deviendrons-nous riches
en vendant à cinq millions de
Néo-Zélandais ou à trois milliards de membres de la classe
moyenne ? » n
en bref
Ankara jure d’émerger « plus fort »
de la crise
TURQUIE Le ministre turc des Finances, Berat Albayrak, a estimé
jeudi, lors d’une téléconférence avec des centaines d’investisseurs étrangers, que son pays « sortirait plus fort » de la crise, qu’il
a qualifiée « d’anomalie de marché » après un plongeon de 20 % de
la devise turque. Un plongeon provoqué par un différend avec
Washington sur le contrôle judiciaire d’un pasteur américain
accusé de terrorisme. Le ministre a récusé tout contrôle des capitaux et tout appel au Fonds monétaire international. Emmanuel
Macron a, parallèlement, estimé lors d’un entretien avec son
homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, nécessaire de « renforcer les liens économiques » entre la France et la Turquie. Washington a menacé la Turquie de « sanctions supplémentaires ».
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 //
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
idées&débats
L’ÉDITORIAL
DES « ÉCHOS »
Le vrai défi du nouveau
patron d’Air France
Double révolution à la tête d’Air France.
La première est la plus visible : son nouveau
patron, Ben Smith, n’est pas français. Il n’est
même pas européen, puisqu’il est canadien.
Les syndicats ont aussitôt dénoncé la mainmise de l’étranger sur ce qui fut longtemps
une fierté nationale. La seconde révolution
est la plus profonde : Air France va être dirigée
Par Jean-Marc
par un non-fonctionnaire. Ou pour le dire
Vittori
de manière positive, par un professionnel
du secteur qui connaît le métier, le pratique
Ben Smith,
depuis longtemps et a même eu l’audace
devra
de créer une entreprise.
Quand Air France était une société
réussir
publique, il pouvait paraître logique qu’elle
ce qui
soit présidée par un haut commis de l’Etat
ressemble à – administrateur colonial, général, préfet, puis
une mission le plus souvent énarque. Mais la donne a
changé depuis les années 1990.
impossible : complètement
Le service public protégé et réservé à une élite
remettre
est devenue une activité de masse soumise à
une concurrence féroce tous azimuts (rail, low
les pilotes
à leur place. cost, haut de gamme, jets privés...). La firme a
été introduite en Bourse, l’Etat n’en détenant
aujourd’hui plus que 14 %. Et elle s’est
rapprochée de la néerlandaise KLM.
Un Canadien venu du transport aérien ne garantit évidemment
pas le succès. Comme Tom Cruise dans le film « Fallout » qui fait
actuellement un tabac, il est parachuté sur Paris pour une mission
impossible. Peut-être aura-t-il plié bagages dans quelques mois. Mais
peut-être est-il mieux placé que tous ses prédécesseurs pour réussir
le plus grand défi de la compagnie aérienne : remettre les pilotes à
leur place. A la fois parce qu’il connaît parfaitement le métier, et parce
qu’il est un négociateur chevronné. Dans nombre de compagnies
aériennes, les pilotes participent à la gestion de l’entreprise. Ils sont
parfois en désaccord avec la direction. Ils font alors grève, comme on
l’a vu récemment chez Lufthansa (sans parler de Ryanair ou Royal
Air Maroc). Mais leur fonctionnement repose sur deux piliers qui
manquent cruellement chez Air France: une tradition de dialogue et
une vision de l’entreprise qui va jusqu’à ses équilibres financiers.
Le problème n’est pas seulement social, économique ou même
politique. Il est d’abord culturel. Aux Etats-unis, les pilotes d’avion
sont considérés comme des conducteurs de camion. La seule
différence est leur niveau de qualification et donc de salaire. En
France, les pilotes se considèrent comme l’élite de la nation.
Beaucoup d’entre eux ont fait une grande école. Ils sont persuadés
d’avoir toujours raison, y compris et surtout quand ils défendent leurs
intérêts particuliers. C’est évidemment faux. Si Ben Smith parvient à
le leur faire comprendre, il pourra réussir. Sinon, il échouera.
(
SOMMAIRE
Le Point de vue
Art et culture
La vraie origine du déficit commercial
français
Femmes de culture, femmes de combat :
Julie Fuchs
Raphaël Enthoven : « Clément Rosset »
L’auteur qui vous
a construit
Ces séries qui racontent « The Man in the High Castle »,
l’Amérique de Trump un cauchemar américain
Les pionnières
Shahrzad Rafati, la grande prêtresse
du numérique
Donald Trump veut accentuer tous les attributs
du dollar comme seule monnaie mondiale de
réserve : taille du PIB et croissance, avance dans
les savoirs, puissance de la langue et du droit,
dominance militaire… Photo Shutterstock
LE POINT
DE VUE
de Jean-Paul Betbeze
Make the Dollar
Great Alone
DEVISES // Pourquoi la guerre commerciale tous azimuts
engagée par Donald Trump profite avant tout à l’économie
américaine et à sa monnaie.
Lire nos informations
Page 13
DANS LA PRESSE ÉTRANGÈRE
Face à Trump la presse américaine
contre-attaque
journalistes ne sont pas
•des« Les
ennemis ». Les attaques
répétées contre les journalistes
de Donald Trump font partie du
quotidien des grands médias
américains qui ont décidé de
contre-attaquer. Des centaines
de rédactions ont ainsi répondu
à l’appel lancé par le « Boston
Globe ». Le quotidien du Massachusetts les a invitées à rédiger des éditoriaux
pour défend r e l a
liberté de la
presse. Jeudi matin, le « New
York Times » titrait « La presse
libre a besoin de vous », affirmant que critiquer les médias
quand ceux-ci sont trop partiaux est légitime, mais que les
qualifier d’« ennemi du peuple »,
quand certaines vérités dérangent, menace la démocratie.
C’est également ce que soutient le « Boston Globe » dans
son éditorial. Pour le journal, il
n’est pas surprenant de la part
d’un président enlisé dans de
sombres affaires financières
d’intimider les journalistes
indépendants. Trump surfe en
outre sur un sentiment d’hostilité largement partagé par de
nombreux Américains. En
effet, près de 48 %des électeurs
républicains estiment que les
médias sont l’ennemi du peuple, selon un sondage Ipsos. Et
plus d’un quart de la population affirme que le président
devrait avoir le droit d’interdire un
journal qui
aurait eu un
« mauvais
comportement ».
« Notre liberté dépend de la
liberté de la presse, et elle ne peut
être limitée sans être perdue »,
disait Thomas Jefferson, l’un
des Pères fondateurs du
pays. Car, ajoute l’article du
« Globe », le mensonge et la dissimulation ne vont pas de pair
avec une population bien informée, nécessaire à la démocratie. L’un des rôles de la presse
libre est de rétablir la vérité. En
tout cas, traiter la presse d’ennemie « n’est pas américain ».
— M. Rou.
aire du dollar la seule monnaie
mondiale de réserve, donc contrer la stratégie monétaire de
l’Europe avec son euro et empêcher le
rêve de puissance de la Chine avec son
renminbi : telle est la traduction du
« Make America Great Again » du président Trump.
On comprend pourquoi le président
américain veut plus de croissance et
d’emploi, renforcer son avancée technologique et creuser l’écart avec ses
concurrents, notamment la Chine. Il
veut accentuer tous les attributs du dollar comme seule monnaie mondiale de
réserve : taille du PIB et croissance,
avance dans les savoirs (et la révolution
de la communication), puissance de la
langue et du droit, dominance militaire,
passée désormais à l’espace. Le jeu
trumpien se construit.
Mais la vraie nature d’une monnaie
de réserve est sa résistance aux crises et
aux guerres. Or voilà soixante-dix ans
que nous vivons dans une paix qui
laisse s’installer le sentiment que celle-là pourrait naître de l’équilibre des
puissances, dans un monde tripolaire
(USA, Europe, Chine). Une illusion !
F
Expansion diplomatique
La stratégie chinoise après des années
d’expansion diplomatique cachée,
grâce à l’OMC pour l’économie, devient
volontariste. Les routes de la soie (ou
Broad Road Initiative) se font autant
politiques que commerciales, pour renforcer les alliances en Asie – et isoler
l’Inde, intégrer désormais l’Afrique –, ce
qui compte pour les votes à l’ONU. Le
tout sans oublier les métaux rares,
indispensables aux nouvelles technologies, plus les investissements et avan-
cées militaires (la Chine est le deuxième
investisseur militaire mondial). La
monnaie chinoise est entrée dans le cercle fermé des grandes : le renminbi se
place derrière le dollar, l’euro et le yen,
mais devant la livre sterling, par son
poids. La Chine entend ainsi développer
les échanges sans passer par le dollar,
évitant les menaces et sanctions américaines. Elle commence même à vouloir
coter le pétrole, en passant par une
variante de l’Arabian Light. Danger !
Arme douanière
C’est le moment choisi par Donald
Trump pour déclencher les hostilités
sous prétexte de combattre les déséquilibres commerciaux, et les réduire avec
la Chine, l’Allemagne, le Mexique, la
Turquie et le Canada. Ces « usual suspects » sont aujourd’hui mis sous pression pour crime d’excédent commercial. L’arme douanière lui est facile : elle
permet d’outrepasser le Congrès en
augmentant les droits de douane.
Le grand avantage de cette guerre
américaine visant au rééquilibrage des
échanges commerciaux est que « les
autres » ne peuvent la gagner. La Chine
exporte en effet quatre fois plus vers les
États-Unis qu’elle n’importe de produits
américains (510 milliards de dollars
contre 130 en 2017). Si, par exemple, les
États-Unis font passer à 20 % leurs taxes
à l’importation, le surcoût qu’ils payent
est de 100 milliards de dollars. Mais ceci
impliquerait, côté Chine, des droits de
80 % sur les importations américaines
pour atteindre ces mêmes 100 milliards ! Impossible pour elle de prendre
un tel risque.
Cette guerre via les droits de douane
va davantage ralentir les économies
adverses que l’économie américaine,
peu importatrice. Mais comme cela
prend du temps à se manifester chez
« les autres », les marchés boursiers
jouent leur rôle d’accélérateur.
La Chine fragilisée
Cette guerre
via les droits
de douane
va davantage
ralentir
les économies
adverses
que l’économie
américaine,
peu
importatrice.
L’inquiétude qu’ils manifestent au sujet
de la croissance chinoise, russe ou turque précipite les baisses des changes.
Toute à son objectif de faire du renminbi une monnaie mondiale, la banque centrale chinoise ne peut le laisser
trop baisser. Elle est donc contrainte de
soutenir l’économie par la dette, alors
qu’elle voulait la désendetter ! La Chine,
du coup, se fragilise.
C’est encore plus vrai pour la Russie,
qui n’a d’autre choix que de faire baisser
le rouble (et produire plus de pétrole) !
La livre turque, elle aussi, plonge, avec
ses entreprises endettées en dollars. De
proche en proche, les monnaies émergentes baissent (Afrique du Sud, Inde
– donc tous les BRICS), plus l’euro. Avec
l’inquiétude qui se répand dans les pays
endettés, les taux longs montent partout (en Italie par exemple).
Bref, seul le dollar progresse. C’est
bien la preuve que le dollar est la monnaie mondiale par excellence. Mieux
encore, les taux longs américains baissent à 2,9 %, autant que l’inflation (qui
monte), alors que le déficit budgétaire
va exploser avec ses projets de grands
travaux, pacifiques et militaires ! La
monnaie mondiale : c’est celle que le
monde veut, pour prêter plus et moins
cher à celui que l’on considère comme
le meilleur !
Jean-Paul Betbeze est fondateur
de Betbeze Conseil.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 07
Les Echos Vendredi 17, samedi 18 août 2018
art&culture
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Qui est Atlantia, le gestionnaire du viaduc de Gênes, très présent en France ?
2. Le bilan mitigé de Dara Khosrowshahi, un an après sa nomination à la tête d'Uber
3. L'intersyndicale d'Air France s'oppose à la nomination de Ben Smith
4. Tesla : le gendarme boursier américain met la pression sur Musk
5. Olivier Goy, le rouleau compresseur du financement participatif français
LE POINT
DE VUE
de François Meunier
e déficit commercial récurrent
de la France inquiète. La mauvaise compétitivité, la spécialisation industrielle peu porteuse, des
dépenses publiques mal tenues sont les
raisons invoquées le plus souvent. Mais
ce diagnostic ne doit pas faire oublier
un autre facteur, à savoir une demande
mondiale en actifs sûrs (« safe assets »)
qui se reporte fortement sur notre pays.
Résumons : les investisseurs du
monde entier, dont les banques centrales, ont un besoin constant et important
d’actifs sûrs libellés en euros. Où les trouver ? Les titres de dette allemands sont
les cibles de choix. Or, il y en a de moins
en moins sur le marché. Le budget
public allemand dégage à présent des
excédents (1,3 % du PIB en 2017), ce qui
fait baisser rapidement le stock disponible de dette publique, d’autant plus que la
BCE en a absorbé un quart dans le cadre
de son programme de rachat de titres.
De par sa vigueur exportatrice, l’Allemagne présente une position financière extérieure créditrice de 60 % de
son PIB, contre 20 % il y a dix ans. L’Allemagne, loin d’emprunter, prête au reste
du monde l’argent nécessaire à lui acheter son énorme excédent courant.
C’est la France, dans la même zone
monétaire, qui prend une bonne part
du relais. De fait, sa position extérieure
nette est fortement négative. Ce n’est pas
lié aux investissements en fonds propres des entreprises à l’étranger. Avec
un montant net de 481 milliards d’euros
pour la France en 2017 et de 564 milliards d’euros pour l’Allemagne, ils sont
en proportion des deux économies. Ce
sont les positions en titres de dette qui
L
LE POINT
DE VUE
de Georges Affaki
et Régis Bismuth
’administration américaine a
activé, le 6 août, la phase 1 du
rétablissement des sanctions
contre l’Iran, suspendues en janvier 2016 grâce à l’accord de Vienne sur
le nucléaire iranien. Sont désormais
interdites les opérations sur la monnaie
et sur la dette iraniennes et les opérations impliquant le secteur automobile.
La phase 2 rétablira, le 4 novembre
2018, l’ensemble des sanctions américaines en vigueur en 2013, y compris
celles visant le secteur de l’énergie et les
opérations bancaires.
Ces sanctions revêtent une dimension
extraterritoriale car elles visent des personnes qui ne sont ni des ressortissants
ni des résidents aux Etats-Unis dès lors
qu’il existe un lien avec les Etats-Unis,
fût-il ténu. L’administration américaine
considère ainsi qu’un paiement en dollars impliquant une compensation dans
le système bancaire américain suffit.
L’UE se devait de répondre à cette
extraterritorialité. Depuis le 7 août
2018, sa réponse prend la forme d’un
bouclier et d’une épée.
Une « loi de blocage » existe dans
l’arsenal européen via le règlement
2271/96, adopté en 1996 en réponse aux
sanctions extraterritoriales américaines contre Cuba, l’Iran et la Libye. Il a été
actualisé le 7 août 2018 et est d’application immédiate, y compris aux contrats
en cours. Les ressortissants et les résidents des Etats membres de l’UE, ainsi
que les filiales européennes de sociétés
américaines entrent dans son champ
d’application. Les succursales des
sociétés américaines en Europe et les
L
La vraie origine
du déficit commercial
français
jouent, quasiment à l’opposé : une position créditrice de 1.365 milliards d’euros
pour l’Allemagne, débitrice de 943 milliards d’euros pour la France. Cette dernière devient donc, en partie à son corps
défendant, un très gros fournisseur
d’actifs libellés en euros pour le reste du
monde. On préfère certainement un
Bund allemand à une OAT française,
mais on en trouve beaucoup moins.
Le phénomène est durable. Il aide à
expliquer que les taux français ne se
soient jamais vraiment écartés des taux
allemands, malgré quelques menaces
au moment de la crise de 2011. Il explique
aussi l’extrême singularité de la France
dans l’ensemble de la zone euro. Après
tout, l’Italie ou l’Espagne ne sont pas des
modèles de bonne gestion publique ni,
pour l’Italie, de bonne compétitivité ; ils
ont pourtant des comptes extérieurs
positifs. Dans une relation assez symbiotique, les excédents allemands ont
besoin des déficits français. L’origine
n’est pas tant commerciale que financière, même si c’est avec l’Allemagne que
notre solde commercial est le plus négatif. Cela vient du bas de la balance des
paiements, reflet comptable des flux
commerciaux. On reconnaît là pour la
France, toutes proportions gardées, une
position analogue à celle des Etats-Unis :
si le reste du monde veut du dollar, il faut
bien que les Etats-Unis en exportent. Et
pour produire ces actifs, il faut bien,
comptablement, pour la France comme
pour les Etats-Unis, dégager des déficits
des soldes courants, et des déficits
publics au premier chef.
L’extraordinaire capacité de l’Allemagne à produire des excédents met
sous pression les partenaires de la zone
monétaire commune, dont la France,
qui, parmi les grands pays, a le moins
mauvais risque de crédit. Le mécanisme de transmission n’est pas le taux
de change, puisqu’il est bloqué ; c’est le
taux d’intérêt et le fort appétit pour la
dette française. La France bénéficie
d’un coût de financement qui ne correspond pas à sa situation de solvabilité.
C’est ce qui encourage la dépense et
l’endettement interne, publics et privés.
La France devient
un très gros fournisseur
d’actifs libellés en euros
pour le reste du monde.
Dans une relation
assez symbiotique,
les excédents allemands
ont besoin des déficits
français.
Protégée en même temps que pénalisée par l’euro, la France peut en continuer avec ses déficits. Et, renversant la
logique, elle y est forcée quelque part
sous la pression de son grand voisin.
C’est son (tout petit) privilège exorbitant, pour reprendre le mot qu’appliquait Giscard d’Estaing aux Etats-Unis.
C’est ce qui rend plus difficile qu’ailleurs
l’inversion des déficits.
François Meunier est économiste,
membre du jury du prix Turgot.
Sanctions américaines
contre l’Iran : les limites
de la réponse européenne
filiales américaines d’entreprises européennes ne sont pas visées.
Cette loi de blocage vise à protéger les
entreprises européennes contre ces
sanctions américaines. C’est le bouclier.
Tout opérateur de l’UE dispose de
trente jours pour aviser la Commission
européenne s’il estime que de telles
sanctions affectent ses intérêts. Cela
pourrait inclure les injonctions faites à
un débiteur européen de suspendre
l’exécution de ses obligations résultant
d’un contrat avec l’Iran. L’information
de la commission n’est pas un choix de
l’opérateur : c’est une obligation.
L’efficacité de la loi
de blocage dépendra des
Etats membres qui sont
responsables de la mise
en œuvre du règlement
et des poursuites.
L’application de la loi de blocage
annulera l’effet dans l’UE de toute décision étrangère fondée sur les sanctions
américaines. Un opérateur de l’union
sanctionné aux Etats-Unis ne pourrait
voir ses biens dans l’UE saisis.
Si l’application des sanctions a occasionné un dommage à l’opérateur, il
pourra en demander réparation devant
les tribunaux compétents. C’est l’épée.
Un jugement d’un tribunal compétent
d’un Etat membre pourra donner lieu au
recouvrement des dommages et intérêts
par la saisie des avoirs détenus dans l’UE
par l’autorité américaine qui a causé le
dommage résultant des sanctions.
L’immunité souveraine protégera
sans doute l’Etat américain. Il n’en sera
pas de même pour la société mère américaine exigeant que sa filiale européenne rompe un contrat avec l’Iran.
Plus délicat sera le cas d’une banque
européenne qui refuserait le déboursement d’un crédit pour financer une
exportation en Iran.
Une solution pour les banques européennes pourrait être de solliciter
l’autorisation de la commission de se
conformer aux sanctions en démontrant que ne pas les respecter léserait
gravement leurs intérêts ou ceux de
l’UE. L’exclusion du système bancaire
américain du fait d’une sanction handicaperait l’activité des banques, fût-elle
libellée en euros, car leur refinancement ne se ferait plus en dollars.
L’efficacité de la loi de blocage dépendra surtout des Etats membres qui sont
responsables de la mise en œuvre du
règlement et des poursuites. La question
qui se pose est de savoir si la réponse unifiée envisagée par le règlement ne sera
pas affectée par les divergences des Etats
membres sur son application. Ou comment une épée inoffensive pourrait rendre un bouclier inefficace.
Georges Affaki, professeur associé
à l’université Paris-II et avocat,
est président de la commission
bancaire d’ICC France.
Régis Bismuth est professeur
à l’Ecole de droit de Sciences Po.
Julie Fuchs, dans le « Comte Ory », à l’Opéra Comique de Paris. Photo Stefan Brion
Femmes de culture, femmes
de combat : Julie Fuchs
Marianne Bliman
@Marianne_Bliman
Fait isolé ou symptôme d’une tendance
forte mais souterraine dans le milieu lyrique ? Lorsque l’on parle avec Julie Fuchs
des questions de discriminations faites aux
femmes et d’inégalités de traitement femmes-hommes, impossible de ne pas évoquer l’épisode qu’elle a vécu il y a quelques
mois avec l’Opéra de Hambourg. C’était en
avril dernier. Quatre jours avant le début
des répétitions de « La Flûte enchantée »,
dans lequel elle devait interpréter le rôle de
Pamina, son agent lui envoie un mail l’informant qu’elle ne pouvait finalement plus y
participer. « L’intégrité artistique de la production ne peut être maintenue si l’interprète
est enceinte », estime la direction du Hamburgische Staatsoper. Un revirement aussi
soudain qu’inattendu.
« A trois mois de grossesse à peine, j’avais
averti l’Opéra que j’étais enceinte. Ce qui est
très respectueux de ma part : je n’étais pas
obligée, j’aurais pu attendre. Et le jour de la
première, je n’aurais été enceinte que de quatre mois », souligne-t-elle, le ton posé. Entre
son annonce et la décision couperet, pourtant, des discussions ont eu lieu entre les
deux parties. La mise en scène allait finalement être changée pour les quelques minutes que l’Opéra de Hambourg avait jugées
délicates pour elle. Elle, de son côté, pouvait
continuer de se préparer pour son rôle, faire
les allers-retours entre Avignon – où elle
habite – et Paris pour travailler avec son professeur et son coach, et avait déjà pris ses
billets… Tout serait bien. Mais rien n’y a fait,
plus rien n’était négociable. Sur le moment,
Julie Fuchs ne s’offusque pas particulièrement, elle se dit que ce n’est pas grave. Mais
quand même, elle trouve bizarre que « des
règles de fonctionnement d’un théâtre, qui
peuvent être plus ou moins strictes, font que
l’on décide pour une femme enceinte, plutôt
qu’elle-même, son compagnon, ou ses médecins ». Surtout, explique-t-elle encore, « je ne
voulais pas que les gens qui allaient voir que je
ne chantais pas à Hambourg puissent imaginer que je ne le faisais pas parce que j’étais
enceinte, fatiguée ou empêchée. Professionnellement, c’est dangereux pour une artiste freelance et pour une femme en général, de laisser
penser ça. Surtout que ce n’est pas le cas ! »
Tracer sa route
en France et ailleurs
Jusqu’à cet épisode, Julie Fuchs n’avait pas
eu l’impression d’avoir subi une quelconque discrimination ou inégalité de traitement dans le cadre de ses activités professionnelles. Ou si, une, peut-être, liée à son
âge. « C’est quitte ou double. Soit les décideurs
veulent des jeunes pour apporter du sang
frais et de la nouveauté. Soit ils ont peur des
jeunes parce qu’ils n’ont pas fait leurs preuves
et qu’ils craignent de leur donner leur
chance », explique celle qui a fêté, il y a peu,
ses trente-quatre ans. Mais son agent agit
aussi comme un paravent : « Beaucoup de
choses passent par lui, explique-t-elle. Il
arrive donc souvent qu’on ne sache pas le fin
mot de l’histoire. »
Au-delà de l’épisode lui-même – désormais dans les mains des avocats des deux
Julie Fuchs, jeune soprano française.
Photo Sarah Bouasse
parties –, Hambourg a joué comme un détonateur pour Julie Fuchs. « Je me suis rendu
compte, en recevant beaucoup de messages de
femmes, qu’il y avait un grand tabou et un
grand silence sur la grossesse », décrit-elle.
Des chanteuses lui ont raconté des histoires
proches, aux issues diverses mais peu souvent à leur avantage. « J’ai été la première
surprise, assure-t-elle. Je ne me rendais pas
compte qu’il y avait un tel manque de parole, y
compris dans mon milieu. » Raison de plus
pour agir, désormais : « Il faut être actif dans
son optimisme », lâche-t-elle, avec fougue. « Je pense vraiment qu’il y a quelque
chose à éclaircir pour tout le monde. »
Depuis avril, bien du temps a passé, Julie
Fuchs a continué de tracer sa route sur les
scènes de France et d’ailleurs. Le 12 juillet,
elle a (momentanément) baissé le rideau
avec la dernière de « L’incoronazione di
Poppea », de Monteverdi, avec l’Opernhaus
Zürich… une production dans laquelle elle
n’a d’ailleurs visiblement pas eu de mal à
tenir la partition perchée sur des talons de
10 centimètres. Cette dernière représentation, intense et émouvante pour elle, a clos
une saison « extrêmement dense et très longue », au cours de laquelle elle a notamment
triomphé dans « Comte Ory », à l’Opéra
Comique de Paris. Sa préoccupation essentielle, désormais : préparer l’arrivée, très
bientôt, de son premier enfant. « Je crois
qu’avec un nouveau-né, on ne s’ennuie pas ! »
lâche-t-elle, rayonnante, dans un grand
éclat de rire. Et puis « c’est bien, de temps en
temps, quand on l’a décidé, de se poser »,
explique-t-elle, assurant ne pas craindre un
seul instant de passer un temps aussi long
sans chanter.
Pour ses fans et les autres, en tout cas, pas
d’inquiétude : ils pourront retrouver Julie
Fuchs les 28, 30 et 31 décembre à l’Opéra
Grand Avignon. Elle y tiendra le rôle
d’Eurydice dans « Orphée aux enfers »
d’Offenbach. L’ouverture, d’ores et déjà très
attendue, d’une nouvelle saison qui
s’annonce bien remplie. n
5 RETROUVEZ
LA SEMAINE PROCHAINE
Femmes de culture, femmes de
combat : Hortense Archambault
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // IDEES & DEBATS
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
série d’été 4/9
L’AUTEUR QUI VOUS A CONSTRUIT
CES SÉRIES QUI RACONTENT L'AMÉRIQUE DE TRUMP
« The Man in the High Castle »
Un cauchemar américain
Adaptée d’un roman de Philip K. Dick, cette série
imagine un monde où les nazis auraient gagné
la guerre. Mais c’est pour mieux questionner le
spectateur sur les valeurs de l’Amérique et notre
rapport à la vérité.
Benoît Georges
@bengeorges
Raphaël Enthoven
« Clément Rosset a décidé
de toute mon existence »
Un philosophe rend hommage à un autre
philosophe. Raphaël Enthoven raconte le choc
de lecture que fut dans sa jeunesse la découverte
de Clément Rosset, disparu en mars dernier.
Propos recueillis par
Daniel Fortin
Pourquoi cet auteur plus
qu’un autre ?
Parce que aucun auteur ne m’a,
autant que lui, donné le sentiment
de lire à livre ouvert dans l’esprit (et
donc le cœur) de son lecteur. Pourtant,
Rosset semble écrire, en disciple de Montaigne, « à sauts et à gambades ». Mais c’est une illusion : chaque intuition est absolument requise par
la précédente. Aucun mot n’est laissé au hasard. De
sorte que le lecteur de Rosset est à la fois en balade et
en chemin. Il gambade et il avance. Il est enchanté,
tout en étant stupéfié par le sentiment d’évidence
qui accompagne chacune de ses phrases.
Racontez-nous le moment
où vous le découvrez, le contexte ?
C’était un jour d’extrême ennui, dans une ferme
bourguignonne où je préparais le bac français.
Après avoir plusieurs fois fait le tour des textes qui
étaient au programme (et des œuvres d’où ils
étaient tirés), j’ai promené mon regard sur l’unique
étagère de la maison où se trouvait « Le Réel et son
double ». J’ai ouvert le livre par hasard. Et je l’ai
dévoré. Chaque page était bue avec le délice d’une
soif qu’on étanche. En fermant le livre, deux heures
après l’avoir ouvert, j’étais dans la situation de celui
à qui, pour une fois, quelque chose est arrivé, et qui
a tout changé. Le monde avait cessé d’être une
énigme temporairement éclairée, pour devenir
une caverne aux trésors, constamment disponible.
Et mes chagrins s’étaient d’eux-mêmes rangés
dans la colonne des émotions à comprendre avant
de les subir… Ces deux heures ont peut-être décidé
de toute mon existence.
En quoi vous influence-t-il encore ?
Comme tous ceux qui lisent Rosset, je suis (à
jamais ? qui peut le dire ?) son disciple et l’amant de
son œuvre. Rosset est le fils de Spinoza et de Bergson. Du premier, il conserve l’immanence (c’est-àdire le sentiment que notre monde est à la fois infini
et sans au-delà). Du second, il retient l’idée de « singularité », qui désigne à la fois l’unicité et la bizarrerie de chaque phénomène. Pour le dire simplement : dans le monde de Rosset, tout est explicable
(et pour cause), mais tout est étrange. Aucun phénomène n’échappe à son explication, mais aucune
explication ne résout l’énigme de sa présence. Ce
n’est pas parce que tout est causé que tout est clair.
Au contraire. Le monde est sans mystère, mais il n’a
aucun sens. Le monde est limpide, mais il est stupéfiant. Or,
c’est le secret même de l’étonnement ! Ce qui nous étonne n’est
pas tant l’événement auquel
nous ne nous attendons pas, que
l’événement auquel nous pouvons nous attendre mais dont, pour
cette raison, le surgissement relève
quasiment du miracle. Est étonnante
l’arrivée de ce que nous attendons. Et non le jaillissement de l’imprévu. Et quelle est l’expérience qui,
tout en étant certaine, nous surprend immanquablement ? La mort. Rosset est un penseur de la
mort. Savoir être surpris par un événement,
comme la mort pourrait elle-même nous surprendre, est un viatique pour l’existence.
« Le monde est sans mystère,
mais il n’a aucun sens. »
« Le monde est limpide,
mais il est stupéfiant. »
Nous sommes en 1962 et les nazis ont gagné la
Seconde Guerre mondiale. La moitié est des EtatsUnis est sous occupation allemande. La moitié
ouest, quant à elle, est gouvernée par l’armée japonaise. Les montagnes rocheuses constituent une
zone neutre, où tentent de survivre tous ceux
– noirs, juifs, handicapés – que les occupants des
deux côtés persécutent. Mais un embryon de résistance s’organise, avec pour principale activité la
récupération d’étranges bobines de film qui montrent une tout autre version de l’histoire : dans
celle-ci, les Alliés semblent avoir vaincu les puissances de l’Axe… Des bobines que convoite aussi,
depuis Berlin, un Adolf Hitler vieillissant désormais maître du monde.
Postulat bizarre
Difficile de trouver un postulat plus bizarre que
celui de « The Man in the High Castle ». Cette série
phare, diffusée par Amazon Prime Video, est adaptée d’un des maîtres de la science-fiction américaine, Philip K. Dick. Mais il n’y est question ni de
voyage vers mars, comme dans « Total Recall », ni
d’androïdes, comme dans « Blade Runner », pour
ne citer que deux des nombreux films tirés de
l’œuvre de K. Dick. Dans « Le Maître du Haut Château », titre original du roman, comme dans la
série qui s’en inspire, le fantastique relève d’un
genre artistique appelé « uchronie » : une réécriture du cours de l’histoire à partir d’un événement
improbable – les Anglo-Saxons parlent, eux,
d’« alternative history ».
Lancée en novembre 2015, la série conçue par
Frank Spotnitz (scénariste de « X-Files ») et produite par Ridley Scott (réalisateur d’« Alien » et de
« Blade Runner ») est donc antérieure à l’élection
de Trump. Mais, à la lumière de celle-ci, impossible de ne pas y penser, tant les thèmes abordés (les
valeurs américaines face au fascisme, les fake
news et la notion d’une réalité alternative, la violence du pouvoir…) sont en phase avec l’actualité.
« The Man in the High Castle » est donc une série
en costumes sur un moment historique qui n’a
jamais existé. Plus encore que dans le roman, le
choc de cette uchronie est d’une intensité incroyable : les images de l’immense croix gammée qui
orne Times Square à New York, ou des troupes
japonaises quadrillant San Francisco, suffisent à
créer le malaise. Tout comme l’ambiance de grisaille et de couvre-feu régnant en permanence
dans une Amérique des sixties, que l’on a l’habitude de voir si gaie et si colorée. Le malaise est
encore plus fort dans la façon dont les Américains
de la série semblent – pour la plupart – s’accommoder très bien de l’occupation nazie. Dès le premier
épisode, alors que l’un des héros, Joe Blake (interprété par Luke Kleintank), tente de rejoindre la
zone neutre, un ancien combattant américain lui
confie : « Je ne sais même plus pourquoi nous nous
battions. » Avant de lui expliquer que les cendres
qui tombent autour d’eux viennent de l’hôpital voisin – « tous les mardis, ils brûlent les estropiés et les
malades. Ils sont un poids pour l’Etat. » Glaçant.
Mise en abîme
Même choc, dans l’épisode suivant, avec le petit
déjeuner d’une famille américaine typique, jusqu’au moment ou apparaît le père, l’Obergruppenführer John Smith (Rufus Sewell), en uniforme
d’officier nazi, pour une discussion presque badine
sur les valeurs de l’éducation, de l’obéissance et du
IIIe Reich. Cette confrontation permanente, à la
fois visuelle et morale, entre l’Amérique que nous
connaissons et celle qui aurait pu être, constitue le
grand point fort de « The Man in the High Castle ».
Le travail sur les images, les décors et les objets de
la vie quotidienne – toujours plausibles et souvent
d’une grande beauté – se double d’une mise en
abîme : les personnages sont saisis d’une fascination quasi mystique quand ils découvrent les films
en noir et blanc montrant le débarquement de
Normandie ou la chute du Reichstag. A l’inverse,
nous savons que ces images d’archives sont vraies,
nous avons vu depuis l’enfance la plupart d’entre
elles, et c’est le monde de la série qui est à nos yeux
fascinant.
A côté de ce vertige existentiel, l’intrigue n’est
cependant pas toujours à la hauteur. « The Man in
the High Castle » tient de la série d’espionnage, parfois difficile à suivre, du récit de guerre et de résistance, mais aussi du film choral, avec une poignée
de personnages dont les destins s’entremêlent, et
occasionnellement du fantastique – un des dignitaires japonais ayant la capacité d’évoluer entre
l’Amérique du film et la nôtre. Cela n’a pas empêché cette série de connaître un immense succès
aux Etats-Unis. La première saison aurait réuni
plus de 8 millions de spectateurs, et si les chiffres
de la deuxième n’ont pas été rendus publics, Amazon a déjà signé pour deux saisons supplémentaires. La bande-annonce de la troisième, annoncée
pour cet automne, montre John Smith avec une
femme présentée comme venant d’une autre
dimension. Le vertige n’est pas près de s’arrêter. n
l
RETROUVEZ LUNDI
« Billions » ou l’Amérique des milliardaires
au dessus des lois
Deux ou trois livres de lui que vous
conseillez particulièrement et pourquoi ?
Un seul. « Loin de moi ». Une réflexion sur l’identité. Ceux qui pensent qu’ils ont (et sont) un « moi »
bien caché sous le flux des apparences doivent
absolument lire ce livre ! Ils y découvriront que,
hormis le « moi social », ma propre identité n’est
rien de consistant. Ils comprendront aussi le paradoxe propre à l’identité : mon identité me désigne
moi (et personne d’autre), tout en faisant de moi
l’identique de tout le monde. A lire quand on a
envie de comprendre pourquoi toute passion identitaire est aussi une passion grégaire.
Un extrait que vous aimez.
L’épitaphe (peut-être apocryphe) de Martinus von
Biberach, que Rosset cite à deux reprises :
« Je viens je ne sais d’où,
Je suis je ne sais qui,
Je meurs je ne sais quand,
Je vais je ne sais où,
Je m’étonne d’être aussi joyeux… »
l
RETROUVEZ LUNDI
Jean Giono, par Gaspard Koenig
« The Man in the High Castle » est une série en costumes sur un moment historique
qui n’a jamais existé. Photo Amazon Prime Video
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Vendredi 17, samedi 18 août 2018
SÉRIE
D’ÉTÉ
24/24
Shahrzad Rafati,
la grande prêtresse
du numérique
LES PIONNIÈRES // Partie seule s’installer au Canada, cette Iranienne
a réussi à hisser en quelques années sa start-up BroadbandTV
au troisième rang mondial des plates-formes numériques. Elle s’est aussi
lancée dans la création de jeux en ligne et d’applications pour mobile.
acteurs du secteur mais aussi les pouvoirs publics.
Une nuée de sites de téléchargements illégaux ont
vu le jour, à l’image de Napster, de KaZaa ou bien
encore d’eMule. BroadbandTV répond donc à un
vrai besoin. Développée en interne par Shahrzad
Rafati et une poignée de spécialistes des logiciels,
sa technologie est capable d’identifier sur le Web,
notamment sur YouTube, les contenus piratés
provenant d’un producteur de vidéos donné, de
supprimer les contenus répréhensibles et de
rebaptiser le contenu afin d’y attacher de la publicité permettant de générer des revenus. Loin de
supprimer les fichiers piratés ou de faire la chasse
aux pirates – « La plupart des gens qui téléchargent
illégalement des vidéos n’ont pas conscience d’être
des pirates. Ce sont simplement des fans », a coutume de dire Shahrzad Rafati –, Broadband TV se
contente en quelque sorte de transformer la piraterie en source de profits.
Les débuts sont difficiles et ce n’est pas avant
2007 que la société décolle véritablement. Cette
année-là, Shahrzad Rafati signe avec la National
Basketball Association, la principale ligue de basket-ball au monde. Grande productrice de vidéos
sportives sur le Web, la NBA perd chaque année
des millions de dollars en raison des téléchargements illégaux. Ce premier « grand client » en
appelle d’autres. En 2007 et 2008, BroadbandTV
s’engage notamment avec Sony Pictures et avec
A & E (History Channel et Biography Channel).
Tristan Gaston-Breton
tgb@historyandbusiness.fr
e la révolution iranienne aux
vidéos sur Internet… Incroyable
parcours que celui de Shahrzad
Rafati. A seulement trente-huit
ans, la fondatrice de BroadbandTV cumule les distinctions
et les récompenses : élue dirigeante de l’année et
femme la plus influente du Canada en 2013,
elle a été inscrite, trois ans plus tard, sur la
liste des vingt femmes les plus influentes
du monde dans l’industrie des
médias. Quant à la plate-forme qu’elle a
créée en 2005, elle est aujourd’hui,
avec 285 millions de visiteurs uniques
et une trentaine de milliards de vues
par mois, le troisième réseau digital
au monde derrière Google et Facebook. « Une ascension improbable », soulignait le magazine en
ligne Digiday. De fait, rien ne destinait cette Iranienne partie
s’installer au Canada à l’âge de
dix-sept ans à s’imposer comme
l’une des grandes figures de
l’industrie numérique…
Lorsqu’elle naît à Téhéran en
1979, le shah d’Iran vient d’être
renversé par la révolution et a dû
quitter le pays. C’est désormais
l’ayatollah Khomeyni qui exerce
le pouvoir. Pour la famille de Shahrzad Rafati, c’est la fin d’une époque. Entrepreneurs l’un et l’autre –
sa mère a créé une petite usine textile et son père est promoteur immobilier –, ses parents avaient connu jusqu’alors une existence privilégiée. Il leur
faut désormais faire preuve de prudence.
Le destin de la famille bascule véritablement en 1980. Cette année-là, l’Irak envahit
l’Iran. Une guerre longue et meurtrière commence. Afin d’échapper aux bombardements
qui frappent la capitale à intervalles réguliers, les
parents de la petite Shahrzad se réfugient dans un
village situé au nord de Téhéran. C’est là que la
future entrepreneuse est scolarisée et qu’elle passe
sa jeunesse. Elle se révèle une étudiante
brillante. Mais les temps sont difficiles. A cause de
la guerre, bien sûr, mais aussi de « l’ordre moral »
imposé par le nouveau régime, en particulier aux
femmes. « Je voulais apprendre des choses nouvelles et prendre ma vie en main. Mais la société
n’offrait pas de véritable choix. J’ai donc décidé de
terminer mes études le plus vite possible et de suivre
mes rêves », racontera-t-elle plus tard.
D
Pascal Garnier pour « Les Echos »
Départ pour le Canada
Ses rêves ont un nom : l’Amérique. Depuis la fin de
la guerre avec l’Irak, en 1988, et la mort de Khomeyni, l’année suivante, l’Iran change. C’est désormais Hachemi Rafsandjani qui préside la République islamique d’Iran. L’heure est à l’ouverture et
aux réformes économiques, encore timides certes,
néanmoins bien réelles. En 1996, profitant de ce climat favorable, Shahrzad Rafati s’envole pour Vancouver, au Canada, où résident des amis de sa
famille. Elle vient d’avoir dix-sept ans. Ses parents
ne sont pas enthousiastes. Mais ils laissent faire,
persuadés qu’elle ne pourra pas vivre seule au
Canada et qu’elle ne tardera pas à regagner son pays
natal. De fait, la vie à Vancouver s’avère tout sauf
facile. A l’exception des amis de ses parents, Shahrzad Rafati n’a sur place ni famille ni amis. Elle n’a, en
outre, pas d’argent et, surtout, ne parle pas un mot
d’anglais ! Arrivée trop tard pour s’inscrire dans
l’école où elle doit achever ses études secondaires,
elle passe sa première année à prendre des cours
d’anglais et, pour les payer, à donner des cours de
Véritable originalité
mathématiques à
des étudiants
d’orig ine iranienne. « Elle a la force et
l’énergie de six hommes », dira, bien
plus tard d’elle, Hamed Shahbazi, le PDG de la
société de technologie de l’information Tio
Networks. Est-ce un effet de cette énergie ? Toujours est-il que, deux ans après son arrivée au
Canada, elle a achevé brillamment ses études
secondaires et s’est inscrite à l’université de Colombie-Britannique en sciences informatiques, une
matière qui la passionne. C’est là qu’elle crée sa première entreprise. Constitué avec le soutien de
l’Unicef, MakeChange est en réalité un organisme à
but non lucratif qui entend mettre en rapport, sur le
Web, les organisations non gouvernementales et
les donateurs. Internet et les réseaux, déjà… Mais ce
projet ne décolle pas, faute de financements.
L’étape suivante se situe en 2005. A vingt-cinq
ans, Shahrzad Rafati s’est totalement adaptée à la
vie canadienne. Cette année-là, elle se rend au
Consumer Electronics Show, la grand-messe consacrée à l’innovation technologique qui se tient
chaque année à Las Vegas. La jeune femme en
revient avec un nouveau projet : créer une société
permettant de diffuser des vidéos sur le Web via
des décodeurs. Depuis le lancement de YouTube,
cette même année 2005, les vidéos en ligne font
figure de « nouvelle frontière » pour les groupes de
médias.
Alléchés par les possibilités offertes par ce marché, de nouveaux acteurs y
investissent des sommes importantes. L’idée de
Shahrzad Rafati est simple dans son principe :
proposer aux diffuseurs un modèle de vidéos
payantes sur le Net. Mais elle a vite fait d’y renoncer. Fabriquer et vendre du matériel – les décodeurs – est un métier difficile qui exige des compétences et des moyens financiers qu’elle n’a pas. La
jeune femme, en outre, est beaucoup plus intéressée par le « soft ware » que par le « hardware ». Bien décidée à voler de ses propres ailes,
elle s’emploie donc à élaborer un nouveau business plan. Ainsi naît, toujours en 2005, BroadbandTV, dont le capital est détenu par Shahrzad
Rafati et quelques proches. La première, et la
seule, levée de fonds n’interviendra qu’en 2013.
L’idée, cette fois encore, est pionnière : permettre aux diffuseurs de « monétiser » leurs contenus
vidéo qui se retrouvent sur la Toile sans qu’ils
l’aient voulu. En clair, il s’agit de lutter contre le
téléchargement illégal. Vaste tâche ! Avec l’explosion d’Internet depuis le début des années 2000, le
piratage sur Internet est en effet devenu une véritable plaie qui préoccupe non seulement les
Mais ce ne sont pas tant les grands comptes que les
petits créateurs individuels qui nourrissent le
développement de la plate-forme. Désireux de
monétiser leurs vidéos sur YouTube, ils sont de
plus en plus nombreux à se tourner vers la start-up
de Vancouver. Au début des années 2010, le
modèle de la société – qui compte alors 50 salariés
et travaille avec une centaine de consultants indépendants – est définitivement au point et a dépassé
la problématique du seul piratage. Aux 8.500 producteurs, créateurs de vidéos mais aussi chaînes
de télévision dont elle gère la présence sur YouTube, BroadbandTV propose, contre un pourcentage sur les revenus, des services de monétisation
leur permettant de générer des profits ainsi que
des solutions pour développer leur présence sur
YouTube. L’optimisation et la monétisation des
données : telle est la véritable force, la véritable originalité aussi, de l’entreprise.
On comprend que la start-up ait rapidement
suscité l’intérêt des grands groupes de médias.
C’est finalement avec RTL Group que Shahrzad
Rafati, qui souhaite s’adosser à un acteur important pour accélérer son développement, fait
affaire. En juin 2013, le géant luxembourgeois aux
53 chaînes de télévision et aux 28 stations de radio
acquiert 51 % du capital de BroadbandTV pour
36 millions de dollars. Cinq ans plus tard, l’entrepreneuse iranienne est toujours à la tête de la
société qu’elle a fondée. Forte d’un peu plus de
400 salariés, elle a ouvert des bureaux en Europe,
en Amérique latine, en Inde et en Extrême-Orient.
Jamais à court d’idées, Shahrzad Rafati s’est
déployée vers de nouvelles directions. Avec l’appui
de RTL Group – qui a déclaré en 2017 ne pas souhaiter monter à son capital –, elle a créé une division spécialisée dans le « contenu de marque »
pour gérer les relations entre les créateurs et les
grandes marques, développer ses propres réseaux
de musique et de jeux sur YouTube et, surtout, elle
s’est lancée dans la création de jeux en ligne et
d’applications pour mobile. Un nouveau défi en
perspective pour l’entrepreneuse… n
5 RETROUVEZ LUNDI
Nouvelle série : Les grands usines
françaises. Premier volet : Alstom
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 //
Vendredi 17, samedi 18 août 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,36 en mai 2018 // Taux de chômage (BIT) : 8,6 %
au 1er trimestre 2017 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
ANTISÉMITISME AMENDE POUR
LE CHEF DU BASTION SOCIAL
ITALIE BRUXELLES RÉPLIQUE
AUX CRITIQUES SUR LE VIADUC
Le chef du groupe d’ultra-droite le
Bastion social, Steven Bissuel, a été
condamné jeudi à Lyon à 20.000 euros
d’amende. Il avait publié en 2015 un
dessin assorti d’un texte antisémite
sur les réseaux sociaux. Le tribunal a
retenu contre cet homme de 24 ans le
chef d’accusation de « provocation à la
haine raciale et à la violence en raison
d’une origine ethnique, en état de récidive légale ».
Bruxelles a répliqué jeudi aux critiques
du gouvernement italien selon lesquelles le défaut d’entretien du viaduc qui
s’est effondré mardi à Gênes, faisant
39 morts, serait dû à l’austérité budgétaire. La Commission a souligné que le
sérieux budgétaire n’empêchait pas de
financer les dépenses essentielles telles que l’entretien des infrastructures.
Rome a aussi appelé le concessionnaire de l’autoroute concerné, Autostrade per l’Italia, à suspendre les péages quelque temps.
ÉLECTIONS CAMPION VEUT
DÉTRÔNER HIDALGO À PARIS
LA PHOTO DU JOUR
Mort d’Aretha Franklin
Le « roi des forains » veut faire chuter
Anne Hidalgo. Selon « Le Figaro »,
Marcel Campion veut présenter une
liste, baptisée « Libérons Paris », aux
élections municipales de l’an prochain
dans la capitale. L’organisateur de la
foire du Trône, qui a des contentieux
avec l’actuel maire de Paris, aurait déjà
17 personnes candidates sur sa liste
dont toutefois il ne prendrait pas la tête.
Le parti conservateur au pouvoir a
abandonné jeudi une réforme controversée du mode de scrutin aux élections européennes qui aurait presque
banni les petits partis polonais du Parlement européen. La réforme avait été
approuvée par le Parlement polonais
en juillet et n’attendait plus que la
signature d’Andrzej Duda, le chef de
l’Etat pour entrer en vigueur. Mais ce
dernier a opposé son veto affirmant
que si elle passait, une partie de la
population ne serait pas représentée.
INDE DÉCÈS DE L’ANCIEN
PREMIER MINISTRE
La grande voix de la soul s’est éteinte : Aretha Franklin est décédée jeudi, à 76 ans, d’un cancer. La chanteuse, considérée
comme l’une des plus grandes interprètes de tous les temps, avait vendu 75 millions de disques. Particulièrement connue
pour ses chansons « Respect » – manifeste féministe et politique en 1967 –, « Chains of Fools », « Since You’ve Been Gone »,
« I Say a Little Prayer » ou « A Natural Woman », elle avait remporté 18 Grammy Awards aux Etats-Unis.
ORAGES DÉCLARATION
DE CATASTROPHE NATURELLE
DANS 865 COMMUNES
L’état de catastrophe naturelle a été inscrit au « Journal officiel » mercredi
pour 865 communes françaises touchées par des orages de fin mai à tout
début juillet. Plusieurs départements
d’Ile-de-France, l’Oise, les Vosges, la
Savoie, les Pyrénées, la Moselle et
l’Alsace, ainsi que des départements
des Pays de la Loire, du Nord et du SudOuest sont notamment concernés.
Plus de 4.400 dossiers d’inondations
ont été instruits cette année.
DOUANES 12.000 CONTREFAÇONS
SAISIES À CALAIS
Les douaniers ont saisi plus de
12.000 articles de contrefaçon au port
de Calais, dont certaines répliques du
nouveau maillot de football de Cristiano Ronaldo à la Juventus Turin, des
casquettes, des chaussures, des t-shirts,
des robes de grandes marques, des
figurines de super-héros, ainsi que
4.000 tenues de grands clubs de football et de basket. La valeur à la revente
de ces articles est estimée à plus de 1,5
million d’euros.
ROUTE DEUX MORTS
DANS UN ACCIDENT SUR L’A9
Un accident entre un poids lourd et
une voiture fait deux morts et un
blessé grave jeudi matin sur l’A9, dans
le sens Nîmes-Orange au niveau de
l’aire d’autoroute Tavel Sud. Cinq personnes âgées d’une vingtaine d’années
étaient à bord de la voiture. Deux personnes âgées de 19 et 21 ans sont mortes. Il s’agit du conducteur de la voiture
et d’un des passagers arrières. Selon
les premiers éléments de l’enquête,
l’automobile roulait trop vite et s’est
rabattue contre le poids lourd.
Photo : Dimitrios Kambouris/Getty Images/AFP
Sanjay Kanojia/AFP
Joël Saget/AFP
POLOGNE ABANDON DÉFINITIF
DE LA RÉFORME ÉLECTORALE
Atal Bihari Vajpayee, l’ancien Premier
ministre indien, est décédé jeudi à l’âge
de 93 ans, après un demi-siècle de vie
politique. Narendra Modi, l’actuel chef
de gouvernement, lui a rendu hommage. « Il a vécu pour la nation et l’a servie avec assiduité pendant des décennies. »Ancien journaliste et poète
converti à la politique, il avait notamment contribué à la montée en puissance du parti nationaliste Bharatiya
Janata, aujourd’hui au pouvoir.
CHINE SCANDALE DES VACCINS
Le Parti communiste chinois a fait
limoger un haut dirigeant provincial,
après un retentissant scandale de vaccins défectueux qui avait provoqué un
tollé en Chine en juillet, selon un média
d’Etat. Les autorités avaient découvert
un processus de fabrication illégal de
vaccins contre la rage dans un laboratoire pharmaceutique, qui avait provoqué la colère de l’opinion publique. Le
vice-gouverneur de la province du
Jilin, où est basée l’entreprise, a donc
été démis de ses fonctions.
ÉTATS-UNIS REPRISE DU PROCÈS
MANAFORT
Les délibérations du jury ont débuté
jeudi dans le procès pour fraudes fiscale et bancaire de l’ex-chef de campagne de Donald Trump, Paul Manafort,
premier à se retrouver sur le banc des
accusés dans l’enquête du procureur
Mueller sur une compromission de
l’équipe Trump avec le Kremlin. Les
accusations à son endroit concernent
toutefois des faits antérieurs à la campagne présidentielle.
ON EN PARLE À LA HAYE
Les « écoles Erdogan » en Occident sous le feu des critiques
Les Néerlandais ont fermement réagi à un projet d’Ankara d’organiser
un enseignement pour la diaspora turque dans le monde.
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
en effet, quelques semaines
seulement après la réouverture
des représentations diplomatiques respectives des deux pays
à Ankara et à La Haye.
ngénieuse, la dernière trouvaille du président turc,
Recep Tayyip Erdogan,
pour accentuer sa mainmise
sur la diaspora turque a fait réagir aux Pays-Bas. Ankara
entend, en effet, créer des écoles dans une quinzaine de pays
occidentaux pour fournir un
enseignement à la communauté turque à l’étranger. La
plupart des pays d’Europe sont
concernés, mais aussi les EtatsUnis, le Canada et l’Australie.
Cette annonce faite par
l’agence gouvernementale turque chargée des relations avec
les Turcs à l’étranger, YTB, a
produit le plus mauvais effet
aux Pays-Bas. Elle intervient,
I
Une menace
pour l’intégration
Les relations néerlando-turques étaient tendues depuis des
mois suite à une série d’incidents. Cette fois-ci, Ankara
entend replonger les Néerlandais d’origine turque dans leurs
racines avec cinq ou six heures
d’enseignement durant les
week-ends. Le projet que
détaille YTB évoque notamment deux heures d’enseignement du turc par semaine, une
heure de religion et une autre
d’histoire de la Turquie. Selon
Joost Lagendijk, consultant
Le nombre de noyades a fortement
augmenté cet été par rapport à la
même période en 2015, révèle une
enquête de Santé publique France
publiée jeudi. Selon ce décompte, 1.758
personnes ont été prises en charge
dans les hôpitaux entre le 1er juin et le
9 août 2018 dans le pays, outre-mer
compris. Dans 21% des cas (373), elles
n’ont pas pu être sauvées. Sur la même
période en 2015, le nombre de prises en
charge était de 858 et 329 personnes
sont mortes.
23
23
4
20
SAMEDI
14/22
2
24
255
0
14/24
14/20
24
ÉTATS-UNIS AUGMENTATION
DES OVERDOSES MORTELLES
Les décès par overdose ont bondi à
près de 72.000 en 2017 aux Etats-Unis,
contre 67.114 en 2016 et 54.207 en 2015,
dans le sillage de la crise liée aux opiacés qui sévit depuis plusieurs années.
C’est bien plus que les décès sur la
route, par arme à feu ou par suicide.
La crise des opiacés découle en partie
de la surprescription d’antidouleurs
qui a rendu près de 2 millions de personnes dépendantes. Elles se tournent
ensuite vers l’héroïne et le fentanyle,
lorsque leur ordonnance expire.
La Haye a réagi avec fermeté.
« Nous ne voulons pas d’un
enseignement qui soit un frein à
l’intégration aux Pays-Bas ou
qui propage des idées antidémocratiques. Si des signaux nous
l’indiquent, le gouvernement
réagira », a menacé Wouter
Koolmees, ministre des Affaires sociales néerlandais chargé
de l’intégration.
Celui-là même a déjà eu
maille à partir avec Recep
Tayyip Erdogan au printemps
dernier. Juste avant les élect i o n s d e j u i n e n Tu r q u i e ,
l’homme fort d’Ankara avait
envoyé une lettre sujette à caution à ses « concitoyens » néerlandais, les enjoignant de participer au scrutin. Le ministre
avait alors évoqué « une ingérence étrangère malvenue ». n
2
23
23
VACANCES FORTE HAUSSE
DES NOYADES CETTE ANNÉE
spécialisé sur la Turquie, « les
cours d’histoire et de culture
sont le plus susceptibles d’accentuer le fossé culturel et social
entre la communauté turque et
la société néerlandaise ». A côté
du gouvernement, plusieurs
partis politiques sont aussi
montés au créneau pour
dénoncer ces écoles du weekend, même si, d’un point de vue
juridique, rien n’interdit a
priori l’organisation d’un tel
enseignement aux Pays-Bas.
« C’est inquiétant de voir comment le président d’un pays
autoritaire et non démocratique
veut se rallier les Néerlandais
d’origine turque, ce qui va à
l’encontre de leur intégration »,
a critiqué un député du parti
libéral du Premier ministre,
Mark Rutte. De son côté,
29
25
2
25
25
14/26
2
24
25
20/29
25
15/25
27
24
24
15/27
14/25
24
27
DIMANCH
26
3
32
15/29
15/30
22/31
2
29
23
26
31
17/25
28
31
3
30
/
16/24
LUNDI
17/29
31
17/32
16/22
17/25
25/33
26/34
26/33
21/30
19/26
19/27
16/22
12/22
15/25
33/45
33/45
34/46
6
21/27
18/26
18/29
28/30
29/31
29/31
23/32
23/31
24/32
12/22
13/21
18/24
22/32
21/33
23/34
4
23/32
17/32
21/31
15/24
15/25
16/25
28/35
28/33
22/27
20/25
19/26
19/29
14/21
15/24
16/22
29/30
29/33
29/34
4
26/33
26/34
27/33
8/18
10/21
9/14
28/32
25/31
25/31
25/29
19/29
22/28
17/29
16/25
15/26
SAMEDI
13/25
25
24
DIMANCHE
16/23
23/32
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Vendredi 17, samedi 18 août
2018
www.lesechos.fr
Après une année 2016
décevante, la production
de miel est repartie
à la hausse en 2017,
selon une étude qui laisse
certains apiculteurs
sceptiques. // P. 15
DEVISES EUR/GBP 0,8952 EUR/JPY 1,2633 EUR/CHF 1,1343 GBP/USD 1,2715 USD/JPY 1,1097 USD/CHF 0,9964 TAUX EONIA -0,359 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,319 OAT 10 ANS 0,6094 T-BONDS 10 ANS 2,8757
INDUSTRIE & SERVICES
TESLA
DERNIÈRE HEURE
Le gendarme de Wall Street met
la pression sur Elon Musk. // P. 12
Atlantia, le gestionnaire du viaduc
de Gênes, sombre en Bourse
AIR FRANCE
L’avionneur ouvre une nouvelle
ère en nommant un Canadien
à sa tête. // P. 13 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI P. 6
UBER
La Coupe Davis
transformée
en Mondial
de tennis
Sergio Lima / AFP
Christophe Palierse
@cpalierse
Le bilan mitigé du nouveau patron,
Dara Khosrowshahi, un an après
sa nomination. // P. 13
TEXTILE
Le jean, icône de l’Amérique,
en crise sur ses terres. // P. 14
Shutterstock - L’abus d’alcool
est dangereux pour la santé,
à consommer avec modération
CARLSBERG
Le brasseur danois relève
ses objectifs. // P. 15
Le groupe subit le contrecoup de l’effondrement du pont Morandi à Gênes, mardi. Photo Piero Cruciatti/AFP
LAGARDÈRE
Le groupe français se renforce
dans les magasins d’aéroport
aux Etats-Unis. // P. 16
Le titre du leader européen
des autoroutes à péage
a chuté de 22 % à la Bourse
de Milan.
HIPPISME
Les futurs cracks cherchent
de nouveaux propriétaires. // P. 16
Gabriel Nedelec
@GabrielNedelec
HIGH-TECH & MÉDIAS
MUSIQUE
Grâce aux concerts, la vieille garde
musicale reste la plus « bankable ».
Le souffle du tragique accident de Gênes ne
va pas laisser indemne Atlantia. Le titre du
gestionnaire de l’autoroute italienne A10,
dont un viaduc s’est effondré mardi, a chuté
de plus de 22 % jeudi à la Bourse de Milan.
Le groupe, contrôlé à hauteur de 30 %
par la famille Benetton, subit le contrecoup
de l’accident mais aussi de l’annonce du
gouvernement italien de mettre un terme à
l’ensemble de ses concessions. Or, Atlantia
gère plus de la moitié du parc autoroutier
italien. Dans un communiqué publié jeudi,
le géant s’est défendu en affirmant que la
position du gouvernement avait été prise
« en l’absence de toute contestation spécifique » et « de toute certitude sur les causes
effectives » du drame. Atlantia prévient en
// P. 17
PME & RÉGIONS
HAUTS-DE-FRANCE
Le japonais Kubota investit 50 millions d’euros dans l’Oise. // P. 18
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
Le groupe immobilier DCB
se diversifie dans la logistique.
// P. 18
Shutterstock
FINANCE & MARCHÉS
BOURSE
Comment Donald Trump
a conquis les investisseurs
de la planète. // P. 19
BANQUE
En dix ans, les risques
de contagion entre banques
ont diminué. // P. 20
DEVISE
Le rand sud-africain
dans la tourmente. // P. 20
DEPOSIT SOLUTIONS
La fintech lève 100 millions
de dollars. // P. 22
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 25
outre que, si rupture de contrat il y avait, elle
devrait donner lieu à une « indemnisation
équivalente au manque à gagner de la concession », soit plusieurs milliards d’euros, selon
la presse italienne.
L’entreprise entend ainsi « protéger les
intérêts » de ses actionnaires en « continuant de dialoguer avec le gouvernement italien durant ce moment sensible », dit-elle
dans le communiqué. Cela n’a manifestement pas suffi à rassurer les investisseurs.
Atlantia est le premier constructeur
et gestionnaire d’autoroutes à péage
d’Europe. En Italie, ses différentes filiales (dont Autostrade per l’Italia) gèrent
3.408 km de routes, soit plus de 51 % du
réseau. Il possède aussi des concessions au
Brésil, au Chili, en Inde et en Pologne. Le
groupe a, au mois de mars, poussé ses pions
dans la gestion du tunnel sous la Manche en
devenant le premier actionnaire de Getlink,
l’ex-Eurotunnel. Il est aussi gestionnaire de
la partie italienne du tunnel du Mont-Blanc.
Outre son activité terrestre, Atlantia se
diversifie dans les aéroports. En Italie, il
gère les deux principaux aéroports de
Rome. C’est d’ailleurs grâce à son activité
aéroportuaire qu’Atlantia a mis un premier
pied en France. En 2016, le consortium
Azurra a remporté l’appel d’offres pour le
rachat de la société Aéroports de la Côte
d’Azur. Le groupe italien, actionnaire à 65 %
du consortium, est donc devenu propriétaire de trois aéroports de la région : SaintTropez, Cannes et Nice.
Aventure française
Depuis mars, Atlantia a aussi fait une entrée
fracassante dans le réseau autoroutier français. Associé au tandem germano-espagnol
Hochtief-ACS, l’Italien a racheté pour
18,2 milliards d’euros l’espagnol Abertis,
maison mère de Sanef, troisième réseau
autoroutier français. Il devrait être l’actionnaire principal de la future société commune. Atlantia pourrait aussi être candidat
à la privatisation d’ADP.
Reste à savoir si la tragédie de Gênes ne va
pas bouleverser ses plans. L’Etat français
sera, à n’en pas douter, très vigilant si sa candidature venait à être officialisée.
(
Lire « Crible »
Page 26
Distribution : les ventes du géant
Walmart au plus haut depuis dix ans
Raphaël Bloch
@Bloch_R
et Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
« Economisez plus. Vivez mieux. » Et, surtout, « dépensez toujours ». Tel pourrait
être le nouveau slogan de l’enseigne
Walmart, qui a publié jeudi des résultats trimestriels en très nette hausse. Dès l’ouverture à Wall Street, l’action du groupe grimpait de plus de 9 %.
Le chiffre d’affaires du géant américain
de la distribution a progressé de 3,8 % sur
un an, à 128,02 milliards de dollars, lors du
deuxième trimestre. A périmètre comparable, la croissance des ventes monte même à
4,5 %. Cette dynamique s’explique principa-
lement par une hausse de la fréquentation
dans les magasins physiques, où la dépense
moyenne a augmenté de plus de 2 %, explique Walmart. Le numéro un mondial de la
distribution s’attend que cette dynamique
se poursuive. Les ventes dans l’e-commerce, où le groupe de Bentonville (Arkansas) tente de répondre à la concurrence
d’Amazon, sont également bien orientées.
Au deuxième trimestre, Walmart a enregistré une hausse de 40 % des ventes en ligne
aux Etats-Unis sur un an, après une progression de 33 % au trimestre précédent.
Des charges exceptionnelles
La performance du groupe dirigé par Doug
McMillon dans l’e-commerce est surveillée
de près car la croissance avait ralenti durant
la période cruciale des fêtes de fin d’année,
ce qui avait quelque peu inquiété les investisseurs. Les derniers chiffres devraient, en
partie, les rassurer.
Le groupe tire profit aux Etats-Unis d’une
multitude de facteurs incitant les ménages à
dépenser : croissance solide, baisse des
impôts pour les particuliers, situation de
quasi-plein-emploi et revalorisation des
salaires. Walmart a par conséquent relevé
ses objectifs financiers pour l’ensemble de
l’exercice fiscal. Les résultats du trimestre
sont moins bons. Le numéro un mondial de
la distribution a affiché une perte de 861 millions de dollars. Mais elle n’est due qu’aux
charges exceptionnelles qu’a générées la cession de la filiale brésilienne et à l’investissement dans l’« Amazon chinois » JD.com. n
Le tennis mondial a donc sauté le pas.
Réunie en assemblée générale, la Fédération internationale de tennis (FIT) a
décidé ce jeudi, à 71,43 % des votants
– une majorité d’au moins les deux tiers
était nécessaire –, de remplacer la formule actuelle de sa vénérable Coupe
Davis, dont la première édition remonte
à août 1900, par une véritable Coupe du
monde de tennis annuelle, laquelle
opposera 18 équipes au cours d’une
semaine en novembre.
La compétition, dont la première édition se tiendra du 18 au 24 novembre
2019 à Lille ou Madrid, sera en réalité
organisée sur deux semaines. La première, prévue en février, consistera en
une sorte de phase préliminaire avec
24 équipes. Les 12 vainqueurs se retrouveront en novembre pour la phase
finale, à laquelle participeront également les demi-finalistes de l’édition précédente, ainsi que deux équipes nationales invitées. Ce Mondial de fin d’année
sera organisé en un seul lieu et marqué
par des rencontres à élimination directe,
à raison de trois matchs (deux simples et
un double) disputés au meilleur des
trois sets. La FIT met donc fin à la formule des rencontres disputées alternativement à domicile ou à l’extérieur qui
font pour ses amoureux le charme de la
Coupe Davis. Mais l’épreuve avait aussi
ses détracteurs. Dans un calendrier du
tennis « pro » particulièrement chargé,
bien des figures traînent les pieds pour y
participer. La question de la rétribution
des participants, dans un contexte de
flambée des dotations du circuit, était
également posée.
Controversé, le projet de
réforme a divisé la famille
du tennis, y compris
les « vieilles » nations
de la petite balle jaune.
De fait, la nouvelle épreuve est adossée à un partenariat commercial,
annoncé fin février concomitamment
au projet, avec le groupe Kosmos, créé et
présidé par le footballeur espagnol
Gerard Piqué du FC Barcelone. Kosmos,
qui a l’appui de Hiroshi Mikitani, le PDG
du groupe japonais d’e-commerce
Rakuten, prévoit d’investir 3 milliards
de dollars dans la compétition sur une
période de vingt-cinq ans. Autre parrainage de poids, celui du milliardaire
américain Larry Ellison : le 6 août, le
cofondateur d’Oracle a déclaré soutenir
le projet et vouloir être « investisseur ». Il
a également proposé d’organiser l’édition de 2021 dans le complexe d’Indian
Wells dont il est propriétaire.
Pour autant, la réforme de la Coupe
Davis a divisé la famille du tennis, y compris les « vieilles » nations de la petite
balle jaune. L’instance dirigeant le tennis britannique et son équivalente australienne ont manifesté leur opposition.
A l’inverse, la Fédération française de
tennis, dont le président, Bernard Giudicelli, appartient au conseil de la FIT, y
était favorable, malgré l’hostilité de
joueurs. Parmi les stars du tennis, Rafael
Nadal et Novak Djokovic avaient, eux,
clairement manifesté leur soutien. De
son côté, BNP Paribas, actuel sponsor de
la Coupe Davis, déclarait jeudi accueillir
« positivement cette évolution ». n
Shutterstock
Les chiffres sur la production
de miel font débat
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 //
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
AFP
à suivre
Bricolage : Kingfisher rebondit,
Castorama à la peine
DISTRIBUTION Le groupe britannique de magasins de bricolage Kingfisher a fait état jeudi d’un rebond de ses ventes au
deuxième trimestre, grâce à ses activités pour les professionnels au Royaume-Uni et en France avec Brico Dépôt. Castorama
est, lui, de nouveau à la peine. Lors de la période du 1er mai au
31 juillet, les ventes du groupe ont augmenté de 3,4 %, à 3,26 milliards de livres (3,65 milliards d’euros). L’enseigne britannique
Screwfix (+11,8 % de ventes sur un an), qui s’adresse notamment
aux professionnels confirme ses performances. Castorama est
à -4,1 % hors effets de change.
La nouvelle saillie numérique d’Elon Musk a suscité de nombreux remous au sein du conseil de Tesla, dont plusieurs membres
auraient demandé au dirigeant de mettre la pédale douce sur son utilisation de Twitter. Photo Nicholas Kamm
Tesla : le gendarme de Wall Street
met la pression sur Elon Musk
Henkel révise à la baisse son objectif
de résultat annuel
BIENS DE CONSOMMATION Le fabricant de la lessive Persil et
de la colle forte Loctite a confirmé, jeudi, son objectif d’une
croissance organique annuelle de 2 % à 4 %, mais il a abaissé
celui de la croissance du bénéfice par action, ramené de 5 %-8 %
à 3 %-6 %. La baisse des monnaies des marchés émergents et la
hausse des prix des matières premières ont rogné les résultats
du deuxième trimestre. Henkel a précisé que ses activités en
Amérique du Nord étaient revenues à la normale après avoir
rencontré des problèmes de livraison. En Bourse, l’action a
d’abord ouvert en forte baisse (–3,4 %) avant de se reprendre
pour terminer à 107,55 euros (+0,05 %).
l La SEC aurait officiellement demandé au milliardaire des documents
sur le projet de retrait de la cote évoqué sur Twitter la semaine dernière.
l Pour sa défense, Elon Musk a expliqué lundi qu’il était en discussions
avancées avec le fonds saoudien PIF.
AUTOMOBILE
Fin d’Autolib’ : les syndicats ont signé
un accord sur le plan social
Raphaël Bloch
@Bloch_R
et Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
TRANSPORT Deux semaines après la fin du service d’autopartage du groupe Bolloré, les quatre syndicats représentatifs des
260 salariés d’Autolib’ ont signé mardi un accord sur le plan
social, selon des sources syndicales. Le plan de sauvegarde de
l’emploi (PSE) devrait être mis en œuvre « autour du 1er septembre », a indiqué à l’AFP Samir Mohamdi, délégué syndical FO
(majoritaire). Le PSE prévoit un report de licenciement de deux
mois (au 31 octobre), des départs anticipés, des aides à la mobilité,
un congé de reclassement de huit mois, des aides à la création
d’entreprise ou à la formation, et la recherche de reclassement.
AGROCHIMIE Le groupe allemand Bayer a débuté jeudi
l’intégration de Monsanto, le
géant américain des pesticides et des semences, acquis
début juin pour 63 milliards
de dollars (54 milliards
d’euros). L’opération intervient au moment où les
ennuis judiciaires de Monsanto sèment le doute sur la
pertinence de l’opération. Le
cours du titre Bayer a encore
cédé 4,63 % jeudi en Bourse,
soit un recul de 17,5 % depuis
le début de la semaine.
COMMENT
ACHETER
ET ENTRETENIR
UN CHÂTEAU ?
Demain chez
d
votre marchan
de journaux
DR
Bayer débute
l’intégration
de Monsanto
La dernière péripétie d’Elon Musk a
au moins le mérite de mettre le mot
« subpoena » sur le devant de la
scène. Selon plusieurs médias américains, le gendarme boursier de
Wall Street aurait envoyé à Tesla
une injonction – « subpoena », en
droit anglo-saxon –, afin d’obtenir
les éventuels documents étayant les
déclarations de son patron sur Twitter le 7 août.
Ce jour-là, le promoteur de la
fusée réutilisable avait envoyé un
pavé dans la mare en expliquant via
le clavier de son smartphone qu’il
projetait de retirer le constructeur
de voiture électrique de la cotation,
et qu’il disposait surtout du financement pour ce faire.
C’est ce second point qui semble
particulièrement intéresser la SEC,
qui a reçu plusieurs plaintes
d’investisseurs à l’encontre de la
communication d’Elon Musk. En
neuf mots, ce dernier avait fait bon-
La SEC a reçu
plusieurs plaintes
d’investisseurs
à l’encontre
de la communication
d’Elon Musk.
dir le cours de l’action de 11 %. Selon
les actionnaires remontés, le milliardaire s’est trop avancé en disant
qu’il disposait déjà des milliards de
d o l l a r s (o u d e s d i z a i n e s d e
milliards) nécessaires à une telle
opération.
Quoi qu’il en soit, le titre Tesla a
reculé de plus de 3 % mercredi,
après les révélations de presse. Il
faut dire qu’en droit boursier américain, l’envoi d’un subpoena signifie
que le stade de l’enquête préliminaire a été franchi, et que les autorités se penchent sérieusement sur le
sujet. Pour sa défense, Elon Musk a
expliqué lundi qu’il était en discussion avancée avec le fonds saoudien
PIF. Dans un post de blog, l’homme
qui a envoyé une voiture dans
l’espace a précisé que le fonds souverain de l’Arabie saoudite lui avait
proposé ce projet il y a deux ans
déjà, et que la monarchie pétrolière,
qui dispose de fonds gigantesques,
était toujours sur la même longueur
d’onde. A l’entendre, c’est pour cela
qu’il peut dire que le « financement
est prêt » sans manipuler les marchés, même si aucun accord formel
n’est signé. Mercredi, Goldman
Sachs a par ailleurs affirmé conseiller Tesla sur une sortie de la
Bourse.
La nouvelle saillie numérique
d’Elon Musk a suscité de nombreux
remous au sein du conseil de Tesla,
dont plusieurs membres auraient
demandé au dirigeant de mettre la
pédale douce sur son utilisation de
Twitter, alors que le fondateur de
Tesla et de Space X est suivi par
22 millions d’internautes. Si l’opération se poursuit et que l’Arabie saoudite prend une portion importante
du capital de Tesla, la manœuvre
pourrait bien être l’une des premières à être examinées par les autorités américaines selon la nouvelle loi
sur les investissements étrangers
aux Etats-Unis, signée cette
semaine par Donald Trump. n
Pourquoi le marché doute de la capacité
du constructeur à quitter la Bourse
l y a comme un doute. L’action
Tesla est repassée au-dessous
du prix qui était le sien avant
le tweet d’Elon Musk évoquant son
projet de retirer le constructeur
automobile de la cote. Sa capitalisation est retombée à 55 milliards de
dollars quand le prix évoqué par
Musk valorise l’entreprise californienne à 71 milliards. La prime
potentielle est alléchante (24 %),
mais les investisseurs hésitent, le
signe qu’ils doutent de sa capacité à
mener son projet à bien.
Avant lui, un autre entrepreneur,
Michael Dell, a mené à bien un
ambitieux projet de retrait boursier.
Celui de Dell, début 2013, qui reste le
plus important LBO depuis la crise
financière (rachat financé par de la
dette). Mais, constate John Plassard,
consultant pour Mirabaud Securities chez Cambridge Securities,
Tesla n’est pas Dell. Au moins pour
deux raisons. La première tient au
parcours boursier de l’action.
« Depuis que Michael Dell a repris les
rênes du groupe en janvier 2007,
I
ANALYSE
de Pierrick Fay
l’action s’est effondrée de moitié »,
rappelle John Plassard. Le fabricant
de PC a perdu des parts de marché et
ses résultats ont stagné. « Pour
Tesla, la situation est différente puisque le cours de Bourse est passé de
35 dollars en janvier 2013 à près de
340 dollars, soit une multiplication
de presque 10 en un peu plus de cinq
ans ». Et depuis son introduction en
Bourse en juin 2010, le titre a même
progressé de 1.892 % !
A priori, un tel parcours devrait
inciter les actionnaires à vendre
leurs titres, quand tout le jeu d’Elon
Musk consiste à en convaincre une
grande partie (notamment les aficionados de la marque) de les conserver pour les apporter à la structure qui ne sera pas cotée. Et ce, afin
de limiter le coût de l’opération. Car
c’est l’autre différence entre Tesla et
Dell. Alors que Tesla fait face à un
endettement très élevé, le groupe
informatique était assis sur une
montagne d’argent avec 68 milliards de dollars en réserve. En
outre, Tesla a encore perdu de
l’argent au deuxième trimestre avec
un « free cash-flow » négatif de
706 millions de dollars. « D’un côté,
on a une entreprise qui brûle du cash
alors que Dell dégageait un important
cash-flow. Toutes les banques voulaient prêter de l’argent à Dell. Le fait
que Microsoft avait aussi prêté de
Tesla fait face
à un endettement
très élevé.
l’argent (2 milliards à taux préférentiel) était aussi un gage », rappelle
John Plassard. Sans oublier le fait
que les obligations Tesla sont classées en « junks » (obligations pourries). La valeur des obligations à
échéance 2025 a d’ailleurs reculé de
près de 9 % en un an. Difficile dans
ces conditions d’imaginer un finan-
cement par la dette. Dans son tweet,
Elon Musk avait assuré que le financement de l’opération était sécurisé.
Le fondateur de Tesla continue de
peaufiner son plan de reprise et discute avec des candidats potentiels
(dont le PIF, le fonds souverain saoudien), sous l’œil scrutateur du gendarme boursier américain, la SEC.
Pour John Plassard, son projet a
en tout cas du sens : « Une sortie de la
cote lui permettrait de ne plus avoir à
rendre des comptes et de réduire la
pression sur le développement du
Model 3. Il n’aurait pas à prendre des
risques pour tenir ses engagements en
matière de production. Il y a d’importantes contraintes réglementaires
lorsque l’on est coté, y compris en termes de transparence sur le salaire, ce
que Musk ne supporte pas. C’est un
passionné qui vend du rêve et il en a
assez qu’on tape sur son entreprise. »
Mais, s’il réussit, ce sera « une réussite exceptionnelle, qu’on le veuille ou
non, une success-story folle, surtout
p o u r u n e s o c i é t é q u i p e rd d e
l’argent ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 13
Les Echos Vendredi 17, samedi 18 août 2018
Air France-KLM ouvre une nouvelle ère
en nommant un Canadien à sa tête
l Benjamin Smith, le numéro deux d’Air Canada, a été nommé directeur général d’Air France-KLM.
l Le nouveau patron prendra ses fonctions au plus tard le 30 septembre.
AÉRIEN
Antoine Boudet
@ABoudet
Heidrick and Struggles, missionné
après l’échec d’un premier cabinet
de chasseurs de têtes, a finalement
trouvé l’oiseau rare pour Air France-KLM. Le conseil d’administration du groupe franco-néerlandais,
réuni jeudi après-midi, a nommé le
numéro deux d’Air Canada, Benjamin Smith, directeur général, plus
de trois mois après la démission du
PDG Jean-Marc Janaillac. Il pourrait être nommé administrateur du
groupe, avec le soutien de l’Etat
français, à l’occasion de la prochaine assemblée générale des
actionnaires.
Anne-Marie Couderc, comme
présidente non exécutive du
groupe, a confié trois missions au
jeune patron de 46 ans. « Il est
chargé en priorité de redynamiser
Air France, de donner une profonde
impulsion stratégique au groupe, et
de travailler avec les équipes à une
nouvelle approche managériale »,
indique-t-elle dans le communiqué
publié à l’issue de la réunion. Benjamin Smith aura aussi en charge
l’organisation de la direction générale du groupe, Frédéric Gagey,
directeur général par intérim
devant redevenir directeur financier. Aucun élément sur sa rémunération n’est communiqué. Selon
nos informations, celle-ci pourra
aller jusqu’à 4,250 millions d’euros
par an, si tous les critères sont
remplis, et pour moitié en actions
long terme.
Le nouveau patron, qui parle
bien français et va s’installer à Paris,
prendra ses fonctions au plus tard
le 30 septembre. La capacité
qu’aura Ben Smith à s’entourer sera
primordiale pour sortir Air France
de l’impasse sociale, qui lui a encore
coûté plus de 335 millions d’euros
« Il est chargé en
priorité de
redynamiser Air
France, de donner
une profonde
impulsion
stratégique au
groupe, et de
travailler avec les
équipes à une
nouvelle approche
managériale. »
ANNE-MARIE COUDERC
Présidente non exécutive
du groupe
au premier semestre de cette
année, suite aux quinze jours de
grève des pilotes. Ces derniers, qui
réclament toujours une augmentation des salaires de 5,1 %, menacent
à nouveau de clouer les avions au
sol en septembre. La nomination
d’un nouveau directeur général
d’Air France qui aurait leurs faveurs
pourrait contribuer à désamorcer
la crise.
Avant même que le conseil
d’administration se réunisse jeudi à
17 heures pour nommer Benjamin
Smith, le ministre de l’Economie,
Bruno Le Maire, l’adoubait. En
déplacement à Ascain (PyrénéesAtlantiques), il indiquait plus tôt
dans la journée que le représentant
de l’État, lequel détient 14,3 % du
capital d’Air France-KLM, voterait
en sa faveur, considérant qu’il a
un « excellent profil » pour diriger le
groupe après avoir « déjà fait ses
preuves dans le secteur aérien. »
d’un dirigeant étranger dont la candidature serait poussée par un groupe
industriel concurrent », en l’occurrence Delta Air Lines. De fait, le
transporteur aérien américain, qui
détient 8,8 % du capital d’Air France-KLM et le chinois China Airlines,
qui en possède autant, ont eu leur
mot à dire, et se sont finalement
entendus avec l’Etat français sur le
nom de Ben Smith. Mais, précision
qui ne manque pas d’importance,
ce dernier est Canadien, et l’on sait
que les relations entre les deux voisins américains ne sont pas des plus
cordiales.
Echaudé par l’épisode, fin juin, de
la candidature du directeur financier de Veolia, Philippe Capron, qui
avait suscité un tir de barrages déjà
des pilotes (mais pas seulement), le
gouvernement avait estimé, par la
voix de la ministre des Transports,
Elisabeth Borne, que le futur patron
d’Air France-KLM devrait être « un
professionnel du transport aérien. »
C’est bien le cas, et à cet égard le parcours de l’heureux élu, un des artisans du spectaculaire redressement d’Air Canada au bord de la
faillite dans les années 2000,
devrait rassurer les personnels du
groupe franco-néerlandais.
Un pro de l’aérien
Plus tôt encore, ce n’était pas du tout
le même son de cloche du côté
de l’intersyndicale d’Air France
(CGT, FO, SUD, SNPNC, Unsa-PNC,
CFTC, SNGAF, SNPL, Alter). Elle
réagissait, dans un communiqué, aux informations parues la
veille, déclarant « inconcevable que
la compagnie Air France, française
depuis 1933, tombe dans les mains
La capacité qu’aura Ben Smith à s’entourer sera primordiale pour sortir Air France
de l’impasse sociale. Photo Ryan Remiorz/AP/Sipa
Lire l’éditorial
( Page
de Jean-Marc Vittori
6
Benjamin Smith, l’un des artisans
du retournement d’Air Canada
En grandes difficultés
au début des années 2000,
le groupe canadien a dégagé
ces dernières années
des résultats record pour
ses 80 ans d’histoire. Ben
Smith, numéro deux
du groupe, n’y est pas
pour rien.
Diplômé d’un Bachelor of Arts (BA)
in Economics de l’université du
Western Ontario, Benjamin Smith
ne pourra pas être taxé de technocrate. Avec ce seul cursus universitaire de trois ans, le profil du nouveau patron d’Air France-KLM
tranche avec celui de haut fonctionnaire surdiplômé qui prévalait jusqu’ici pour s’asseoir aux commandes de la compagnie nationale.
En revanche, c’est un vrai pro de
l’aérien. Il a commencé sa carrière
en 1990 comme agent au département ventes et service clientèle
d’Air Ontario, filiale d’Air Canada.
Mais, très vite, il se sent pousser des
ailes d’entrepreneur, et lance en
1993 une agence de voyages d’affaires qu’il pilotera pendant huit ans,
avant de remonter, en 2002, à bord
de la compagnie à la feuille d’érable,
alors en grandes difficultés.
Négociateur en chef
Il y est d’abord chargé de faire décoller la filiale à bas coût Tango, créée
un an plus tôt pour offrir un service
sans fioritures sur certaines
liaisons d’Air Canada et réduire les
coûts d’exploitation de la compagnie principale en difficulté. La
fiche biographique de Benjamin
Smith, sur le site du groupe canadien, le présente comme celui qui a
contribué à l’aboutissement d’un
modèle « qui est maintenant le standard de l’industrie à travers le
monde ». Après l’arrêt en 2004 de
Tango, qui restera une offre tarifaire à bas prix, il s’attelle ensuite au
lancement d’Air Canada Rouge,
compagnie à bas coût spécialisée
dans les voyages de loisirs. Membre
du comité exécutif du groupe
depuis 2007, Ben Smith conduit
avec succès les négociations avec
les syndicats de pilotes et de personnels navigants des deux compagnies, aux statuts de personnel dif-
férents comme Air France et
Transavia, pour sceller des accords
d’une durée de dix ans, jusqu’en
2020. Avant de rejoindre Air France-KLM, il était président des compagnies et directeur exécutif des
opérations, chargé de toutes les
fonctions opérationnelles, commerciales et de ser vice p our
Ben Smith est présenté
par Air Canada
comme « le visionnaire
derrière l’expansion
du réseau ».
l’ensemble du groupe à travers le
monde, et supervisait la stratégie et
les performances financières.
Numéro deux d’Air Canada, présidé par Calin Rovinescu depuis
2009, Ben Smith est présenté par le
groupe comme « le visionnaire derrière l’expansion du réseau vers plus
de 200 destinations sur les 6 continents, avec une flotte de plus de 350
a v i o n s » , e t l ’a r c h i t e c t e d u
deuxième hub d’Air Canada à
Toronto-Pearson, après celui de
Vancouver. Il a été l’un des artisans
du spectaculaire retournement de
la situation financière du groupe.
En 2017, Air Canada a réalisé un
chiffre d’affaires de 16,2 milliards de
dollars canadiens (10,3 milliards
d’euros), en hausse de 10 % sur un
an, pour un résultat d’exploitation à
1,4 milliard, soit une marge d’exploitation de 8,4 %. La même année, le
groupe franco-néerlandais a affi-
ché un chiffre d’affaires de 25,8 milliards d’euros, en hausse de 3,8 %, et
un résultat d’exploitation de 1,5 milliard, soit une marge de 5,8 %.
Et quand l’action Air FranceKLM cotait 8,92 euros mercredi à la
clôture, contre 12,50 début 2010,
celle d’Air Canada est passée de 1,26
dollar à… 23,40. Reste à savoir si la
recette que Benjamin Smith a concoctée outre-Atlantique réussira
sur le Vieux Continent. — A. Bo.
Le bilan mitigé du nouveau patron d’Uber, un an après sa nomination
VTC
Le chiffre d’affaires
du numéro un des VTC
a bondi de 63 % au
deuxième trimestre,
mais l’entreprise
est encore loin
d’être rentable.
Anaïs Moutot
— Correspondante à San Francisco
Dara Khosrowshahi fait tout pour se
présenter comme l’anti-Travis Kalanick, le sulfureux patron
d’Uber démis de ses fonctions il y a
un an. Mais, comme lui, il privilégie
la croissance à la rentabilité. Un an
après sa nomination à la tête du leader des VTC, l’entreprise a dévoilé,
mercredi, des résultats trimestriels
dressant un bilan mitigé alors qu’elle
s’apprête à souffler ses dix bougies
l’an prochain.
Entre les mois d’avril et juin 2018,
Uber a réalisé 2,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires, une augmentation de 63 % en un an. La
société extrait de plus en plus de
recettes par trajet, car elle a moins
besoin de subventionner les courses
pour attirer les chauffeurs.
Elle bénéficie aussi du succès de
ses nouvelles initiatives : Uber Frei-
ght, son service de mise en relation
entre chauffeurs de camion et expéditeurs de marchandises lancé au
printemps 2017, devrait atteindre
500 millions de revenus cette année,
et UberEats 6 milliards, selon le
média en ligne The Information. Le
service de livraison de nourriture est
désormais disponible dans 293 villes, soit une centaine de municipalités supplémentaires en un an.
Perte de 891 millions
de dollars
Mais ce développement agressif
nécessite des investissements très
lourds qui grèvent les comptes de
l’entreprise californienne. Elle a
perdu 891 millions de dollars au dernier trimestre, un chiffre en baisse
de 16 % par rapport à l’an dernier à la
même période. Uber a néanmoins
replongé dans le rouge, alors que la
société avait dégagé un bénéfice au
précédent trimestre. Dara
Khosrowshahi, qui veut introduire
Uber en Bourse dans la seconde
moitié de l’année 2019, a estimé lors
d’une conférence en juillet que
l’entreprise avait besoin, pour réussir son IPO, d’un flux de trésorerie
disponible positif, mais pas forcément d’être rentable. Pour atteindre
cet objectif, l’ancien PDG d’Expedia
cherche à céder certaines divisions
déficitaires. Il a d’abord revendu les
filiales asiatiques et russe – une décision qui a permis d’être bénéficiaire
au premier trimestre –, puis s’est
séparé de l’activité de location de voitures pour chauffeurs en janvier et a
abandonné la fabrication de
camions autonomes en juillet.
Dans le même temps, le PDG
d’Uber n’a pas mis fin aux investissements dans la voiture autonome, qui
représentent de 15 à 30 % des pertes
totales de la société, selon The Information. Certains investisseurs lui
demandent d’envisager une revente
de la division.
La société investit également dans
de nouveaux modes de transport,
avec le rachat de l’opérateur de vélos
électriques Jump et la participation
au dernier tour de table de la start-up
de trottinettes électriques Lime. Elle
poursuit aussi son expansion internationale, notamment en Inde et au
Moyen-Orient, où elle aurait approché Careem, un concurrent
dubaïote, pour discuter d’un rachat
ou d’un partenariat. La multiplication des acteurs locaux la met cependant en difficulté dans de nombreux
marchés et Lyft gagne du terrain aux
Etats-Unis. Uber est également fragilisé par le vote récent d’une loi à New
York qui gèle les nouvelles licences
de VTC pour un an, et impose un
salaire horaire minimum pour les
chauffeurs. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 // INDUSTRIE & SERVICES
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
Le jean, icône
de l’Amérique,
en crise sur ses terres
l Aux Etats-Unis, les ventes sont en baisse, victimes
notamment de la concurrence des pantalons « outdoor ».
l La guerre commerciale n’arrange rien.
TEXTILE
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Le jean n’a plus la cote dans son propre pays. Cette semaine, le fonds
VF Corp s’est débarrassé des deux
marques emblématiques qu’il détenait, Wrangler et Lee, embourbées
dans les difficultés. Le groupe
d’habillement va leur rendre leur
indépendance, préférant se focaliser sur les segments les plus porteurs du marché, les leggings, pantalons de yoga et les marques de
vêtements et d’accessoires d’extérieur, comme JanSport, Timberland ou The North Face.
La fin d’une époque pour les deux
icônes de l’industrie américaine,
Lee et Wrangler, parmi les pionniers
du secteur avec Levi’s au début du
XXe siècle ? La nouvelle société, qui
sera cotée en Bourse, aura en tout
cas fort à faire pour redresser la
barre. Les revenus de Lee et Wrangler seront, au mieux, stables cette
année. Sur le marché américain, les
deux marques se sont fait grignoter
des parts de marché par des concurrents qui vendent à bas prix sur
Amazon, ou encore par Walmart
qui distribue ses propres marques
dans ses milliers de magasins. Ce
n’est d’ailleurs plus vers l’Amérique
que Lee et Wrangler se tournent.
« La nouvelle société créée cherchera à étendre son empreinte internationale, avec une attention particulière à l’Asie, et en construisant à
partir de sa présence en Chine », a
expliqué VF Corp lors de l’annonce
du spin-off.
Greenpeace salue
les efforts de l’industrie
textile pour moins polluer
L’ONG souligne
les « progrès indéniables »
de plusieurs grandes
marques de vêtements
en matière d’usage des
substances chimiques.
Léa Ménard
@menard_lea
Ce n’est peut-être pas digne d’un
20/20 mais l’encouragement est
notable. « Même si d’importants
progrès restent à faire, des avancées
majeures ont été obtenues », juge
ainsi Greenpeace dans la dernière
évaluation de sa campagne
« Detox » sur l’industrie textile.
En 2011, l’ONG environnementale avait lancé un « Défi Detox »
aux marques d’habillement, pour
« dénoncer l’utilisation de produits
chimiques toxiques par l’industrie
textile et l’inciter à adopter des pratiques plus respectueuses des consommateurs et de l’environnement ». La méconnaissance des
usages de leurs prestataires sur
leurs chaînes de sous-traitance,
souvent basées en Asie, était particulièrement visée.
Les entreprises signataires
devaient s’engager à travailler sur
l’élimination de 11 groupes de
substances chimiques dangereuses. Jusqu’à 20 % de la pollution
des eaux serait imputable aux
divers traitements des tissus. Et
l’industrie du textile utiliserait
chaque année 43 millions de tonnes de substances chimiques,
selon les calculs de la Fondation Ellen Macarthur. Les éthoxylates de nonylphénol pour fixer
les couleurs ou encore les phtalates pour les éléments plastiques se
retrouvent ainsi souvent dans
« Même
si d’importants
progrès restent
à faire, des
avancées majeures
ont été obtenues. »
GREENPEACE
Dans sa campagne « Detox »
sur l’industrie textile.
les chaînes de production de nos
vêtements et du linge de tous les
jours.
Défi relevé
Selon Greenpeace, 80 entreprises,
représentant 15 % de la production textile mondiale, ont signé sa
charte. Parmi elles : H&M, Adidas
ou encore le groupe Inditex (Zara,
Pull&Bear, Bershka). En 2016,
l’ONG n’hésitait pas, pour les faire
avancer plus rapidement, à
publier un classement pointant les meilleures et les pires
entreprises de prêt-à-porter. Deux
ans plus tard, l’accent est mis sur
les bonnes pratiques.
« Nous sommes un peu dans une
phase de valorisation […] tout en
gardant un dialogue critique
autour de la surconsommation et
du gaspillage », précise Yannick
Vicaire, responsable au sein de
Greenpeace. « Ce n’est pas un brevet de responsabilité qu’on distribue ». « Toutes les marques ont très
peur quand Greenpeace les appelle.
Elles ne veulent pas être dans son
collimateur », résume Hélène Sarfati-Leduc, consultante dans la
mode de luxe et le développement
durable.
L’évolution est poussée par une
demande croissante des clients
pour des produits plus naturels, et
donc par ricochet des industriels.
« On perçoit de manière très claire
un intérêt des marques, elles se
retrouvent dans une position où
elles ont plus envie de communiquer », met en avant Richard Martinetti, chargé de certification à
l’Industrie française du textile et
de l’habillement. « C’est du marketing par la preuve. » Une voie
étroite entre pratiques écologiques et « greenwashing ». « Il ne
faut pas hésiter à marqueter sa responsabilité, mais à condition de ne
pas décevoir les consommateurs »,
estime Hélène Sarfati-Leduc.
A l o r s q u e l ’o b j e c t i f d e
Greenpeace, désormais, est
d’obtenir « zéro rejet » à l’horizon
2020, des discussions autour
des substances irritantes ou corrosives ont aussi été lancées
depuis quelques semaines au
niveau européen par l’Agence
européenne des produits chimiques (ECHA). n
Aux Etats-Unis, le marché du
jean est en chute libre : l’an dernier, il
n’a pesé que 16,2 milliards de dollars,
contre 18,8 milliards en 2013, selon
Euromonitor. Il y a bien longtemps
qu’il n’est plus le pantalon des
ouvriers, et les jeunes urbains le
délaissent, en particulier les femmes, pour des modèles plus confortables et sportifs.
Les ventes de « stretch », sur ce
segment, ont dépassé l’an dernier,
pour la première fois, celles des
jeans. Même Levi’s est touché : le
géant est parvenu à retrouver de la
croissance, ces dernières années
(4,9 milliards de dollars de revenus
l’an dernier), grâce aux marchés
émergents, mais reste bien loin des
chiffres qu’il générait dans les
années 1990.
Miser sur l’innovation
pour survivre
Une autre menace guette le secteur :
la guerre commerciale. Le jean
américain, s’il ne représente pas un
enjeu énorme (le premier marché
d’exportation est le Canada, avec
40 millions de dollars), est symbolique. Il fait partie des produits ciblés
par les tarifs douaniers imposés par
l’Europe en représailles aux mesures de Donald Trump sur l’acier et
l’aluminium.
« Si Levi’s, Lee, Wrangler ou un
autre exportent depuis la Chine ou le
Bangladesh, ce ne sera pas compté
comme une exportation américaine », soulignait toutefois récemment Nate Herman, vice-président
de l’American Apparel & Footwear
Association.
En outre, ces grandes marques
ont largement diversifié leurs lieux
Sur le marché américain, Lee et Wrangler se sont fait grignoter des parts de marché
par des concurrents qui vendent à bas prix sur Amazon. Photo Shutterstock
de production et sont donc moins
touchées par les mesures prises par
exemple par la Chine sur le coton
américain, expédié pour fabriquer
chez elle les jeans des grandes marques américaines. Les principales
victimes sont donc les petites marques qui fabriquent aux Etats-Unis,
dont les produits sont déjà 50 % plus
chers en moyenne, et qui se retrouvent désormais taxées à 37 % en
Europe…
Pour tenter de reconquérir le consommateur, les grandes marques
en ayant les moyens misent sur
l’innovation. Comme Levi’s, qui
compte beaucoup sur son projet
FLX (Future Led Execution), un
laser qui permet de délaver les jeans
de manière plus écologique et personnalisée.
Le procédé pourrait révolutionner le secteur, un modèle pouvant
être créé en une heure. La marque
espère ainsi raccourcir les délais de
fabrication et gérer au mieux ses
stocks. A terme, enfin, cela pourrait
redistribuer les cartes sur les lieux
de production. Le jean américain n’a
pas dit son dernier mot. n
16,2
MILLIARDS DE DOLLARS
C’est le poids du marché
du jean l’an dernier,
aux Etats-Unis, contre
18,8 milliards en 2013,
selon Euromonitor.
Le made in USA revient à la mode
Des dizaines de marques
tentent de se faire
une place sur le marché
en produisant exclusivement aux Etats-Unis.
Un défi qui les positionne,
pour la plupart,
sur du haut de gamme.
L’Amérique ne redeviendra probablement jamais le producteur de
jeans qu’elle a été pendant une
grande partie du XX e siècle. Le
31 décembre dernier, la gigantesque usine de Cone Mills White Oak,
à Greensboro, en Caroline du Nord,
a définitivement fermé ses portes,
après cent douze ans de service.
C’était la dernière à expédier, à
grande échelle, les tissus du rêve
américain. A son apogée, autour de
la Seconde Guerre mondiale, elle
était la plus grande fabrique du
monde. Sur près de 15 hectares,
2.500 ouvriers confectionnaient des
milliers de modèles chaque jour. A
la fin, ils n’étaient plus que 200 et le
carnet de commandes s’était épuisé.
Désormais, on peut compter sur
les doigts de la main les dernières
usines de denim aux Etats-Unis. De
taille modeste, elles travaillent avec
des marques peu connues et se battent pour survivre. Les géants sont
partis depuis longtemps au Mexique, mais surtout en Asie, en Chine,
en Inde ou au Bangladesh, où les
salaires peuvent être dix fois infé-
rieurs et où les frais d’expédition ont
chuté. Cela pourrait toutefois commencer à changer. De jeunes créateurs font en effet le pari du made in
USA et de la production locale. Une
démarche presque militante chez
certains.
Ventes en ligne
C’est le cas de Rob McMillan. Cet
ancien trader a créé sa propre marque, Dearborn Denim, à Chicago, il y
a deux ans. « Ma mère pensait que ça
ne durerait pas plus de trois mois,
donc on se débrouille plutôt bien, plaisante-t-il. Cela a été encore plus difficile que ce que j’imaginais, mais nous
sommes parvenus à fédérer autour de
nous une forte communauté qui veut
Désormais, on peut compter sur les doigts de la main les dernières usines de denim
aux Etats-Unis. Photo Peter Hoffman/Redux-RÉA
acheter responsable. » Pour limiter
les coûts, il a fait le pari de réduire au
maximum le circuit de distribution.
Il s’approvisionne dans une usine de
Géorgie, mais contrôle tout le reste.
La grande majorité de ses modèles sont vendus sur Internet, sans
intermédiaire. « Souvent, un modèle
vendu 100 dollars est en fait acheté
par le distributeur entre 40 et 50 dollars auprès de la marque. Elle-même
peut l’acheter 25 dollars, parfois
moins, auprès du fabricant. Et les
coûts de ce dernier sont peut-être
deux fois inférieurs », explique-t-il.
Il peut ainsi s’en sortir, proposer
des tarifs compétitifs avec les grandes marques (à partir de 59 dollars),
tout en payant ses salariés bien audessus du salaire minimum. Dearborn Denim a même ouvert deux
boutiques à Chicago. « Nous resterons sûrement concentrés sur la
région, nous n’avons pas la structure
pour nous déployer au-delà. Et nous
nous focalisons sur le marché américain. Nous voulons rester abordables », ajoute Rob McMillan, qui fait
le parallèle avec l’agriculture locale.
Comme Dearborn Denim, des
dizaines de petites marques tentent
leur chance. Buck Mason, Bluer
Denim, Ginew… La plupart, nées ces
dernières années, ne se positionnent pas uniquement sur le jean, et
certaines ont trouvé leur place avec
un positionnement haut de gamme
– la plupart des modèles sont vendus à plus de 150 dollars. Une tendance suivie par certaines grandes
marques : Calvin Klein, par exemple, met désormais en avant des collections entièrement produites aux
Etats-Unis.
— N. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 15
Les Echos Vendredi 17, samedi 18 août 2018
Les chiffres sur la production
de miel font débat
Après une année 2016
très décevante,
la production de miel
est repartie à la hausse
en 2017, selon
une étude
de FranceAgriMer.
Sur le semestre,
le bénéfice d’exploitation dépasse
aussi les attentes.
Une évaluation
qui laisse certains
apiculteurs sceptiques.
Des données discutées
Selon l’établissement public FranceAgriMer, le ratio de miel produit
par ruche a atteint 21,1 kg en 2017,
contre 16,5 kg en 2016. Du côté du
miel biologique, l’augmentation est
encore plus forte avec 23,4 kg, contre 15,6 kg l’année précédente. Des
chiffres encourageants, selon
Thierry Dufresne, président de
l’Observatoire français d’apidologie
(OFA), qui estime que cette embellie
pourrait se poursuivre cette année.
Un optimisme que ne partagent
BOISSONS
Le brasseur danois
a réalisé un chiffre
d’affaires meilleur
que prévu au
deuxième trimestre.
AGRICULTURE
Les abeilles auraient-elles retrouvé
le chemin des ruches ? Selon une
étude publiée cet été par FranceAgriMer, la production de miel en
France a nettement progressé en
2017, avec 19.788 tonnes collectées.
La récolte précédente, en 2016, avait
été une année noire pour les apiculteurs, avec seulement 16.099 tonnes
produites, selon le même observatoire de la production de miel et
gelée royale. Ces chiffres sont les
résultats d’une étude réalisée auprès
d’un échantillon de 2.000 apiculteurs (notamment ceux détenant
plus de 50 ruches), qui fait ensuite
l’objet d’un traitement statistique.
Carlsberg relève
ses objectifs
Enrique Moreira
@EnriqueMoreira
Selon les gens du métier, le nombre de tonnes a été surestimé pour ces dernières années.
Photo Rémy Gabalda/AFP
pas tous les apiculteurs. Henri Clément, secrétaire général et porte-parole de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), est ainsi très
sceptique face aux tonnages annoncés. « C’est totalement incohérent et
irréaliste », déplore-t-il. Un sentiment partagé par Pierre Ickowicz.
Les apiculteurs
font régulièrement
face à des pertes,
généralement autour
de 30 %, pouvant
grimper jusqu’à 80 %,
a indiqué en juin
l’Unaf.
« Avec tous les gens du métier, nous
n’arrivons pas à comprendre », sou-
pire le président de l’entreprise de
vente de matériels Icko Apiculture.
Selon eux, le nombre de tonnes a
été surestimé pour ces dernières
années. Thierry Dufresne appelle
d’ailleurs la filière à un peu plus de
transparence. « Aujourd’hui, la seule
chose qu’on peut regretter, c’est que les
données qui remontent ne sont pas
tout à fait suffisantes. Il n’y a pas assez
d’apiculteurs qui font remonter leurs
chiffres. »
Face à des taux de mortalité parfois très importants, les apiculteurs
sont à plusieurs reprises montés au
créneau. « Les apiculteurs, comme
leurs abeilles, ont été des lanceurs
d’alerte », souligne Henri Clément.
« Les lobbys sont encore puissants,
même si au bout de vingt ans la prise
de conscience commence à être faite »,
estime-t-il.
Fin avril, puis le 1er août, plusieurs
restrictions contre les néonicotinoï-
des ont été votées par l’Union européenne. Ces insecticides très nocifs
pour les abeilles sont fréquemment
employés dans l’agriculture conventionnelle. Une utilisation qui n’est
pas sans conséquence sur la production de miel, déjà soumise aux aléas
climatiques et aux maladies, dont
les attaques de varroa, un acarien
parasite particulièrement dévastateur chez les butineuses.
Les apiculteurs font régulièrement face à des pertes, généralement autour de 30 %. Des taux de
mortalité pouvant désormais grimper à 40 %, 50 %, voire 80 %, a indiqué en juin l’Unaf auprès de l’AFP.
Fin juillet, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a annoncé
qu’une aide de 3 millions d’euros
destinée au renouvellement des
essaims serait mise en place pour les
apiculteurs touchés par la mortalité
des abeilles. — L. Me.
Coupe du monde et canicule
forment généralement un duo
gagnant pour les brasseurs du
monde entier. Le danois Carlsberg (Tuborg, Kronenbourg,
1664, Grimbergen…) ne fait pas
exception. Le volume de bière
écoulé sur les six premiers mois
de l’année a progressé de 3,2 %,
selon les chiffres du brasseur
présentés jeudi. Son chiffre
d’affaires s’affiche à 30,9 milliards de couronnes danoises
(4,1 milliards d’euros), soit un
recul de 0,7 % mais une croissance de +5,1 % à taux de change
et périmètre constants. Le
résultat net semestriel du
groupe s’est élevé à 385 millions
d’euros (+ 6,5 %).
De quoi réviser à la hausse ses
objectifs annuels. Le brasseur
danois table désormais sur une
croissance de son résultat
d’exploitation entre 5 % et 9 %,
et non plus de l’ordre de 5 %. Par
ailleurs, le géant aux centaines
de marques estime que sa dette
va continuer de se réduire. De
quoi satisfaire les investisseurs :
à la mi-séance, le titre progressait de 3,7 %, après avoir ouvert
en hausse de 4,1 %, sa plus forte
progression depuis deux ans.
Le troisième brasseur
mondial, derrière AB InBev
et Heineken, réalise 20 % de
ses ventes en Russie, où il
contrôle un tiers du marché. Le
brasseur danois est cependant
confronté, depuis quelques
années, à une crise des ventes.
La Coupe du monde de football,
qui se déroulait dans les plus
grandes villes russes pendant
un mois en début d’été, a permis
de rattraper sa mauvaise performance de début d’année,
avec au final une légère croissance des volumes (+1 %) au
premier semestre.
Forte croissance en Asie
Le brasseur affiche par ailleurs
une forte croissance en Asie, sur
l’ensemble du premier semestre. Aussi bien en volume qu’en
chiffre d’affaires. Les ventes
sont notamment portées par sa
marque Tuborg, dont les volumes ont progressé en Chine et
en Inde. De quoi conforter le
brasseur, qui détient 5,2 % de
part de marché localement, derrière AB InBev (16,1 %) mais loin
devant son concurrent Heineken (0,5 %). L’alliance entre le
néerlandais et le numéro un
China Resources Beer n’effraie
pas le PDG de Carlsberg, Cees’t
Hart. Il estime que Carlsberg a
« les fonds nécessaires pour
poursuivre sa croissance » en
Chine. n
3,2 %
D’AUGMENTATION
La progression du volume
de bière écoulé par
Carlsberg sur les six
premiers mois de l’année.
fusions // acquisitions // cessions // partenariats
ENTREPRISES COMMERCIALES ET INDUSTRIELLES
PA
-E
VEND FONDS DE COMMERCE DE FABRICATION DE CHAUSSURES
À CHAMPIGNEULLES
Maître Frédéric
BRUNET
Administrateur
judiciaire
1, Allée Jacques
Prévert
77100 MEAUX
Tél : 01 48 30 29 29
Fax : 01 48 30 00 33
contact@etude-houplain.fr
au plus tard le 26 septembre 2018 à 15h00
brunet-aj@wanadoo.fr
Start-up produisant des systèmes d’analyse en temps réel du mouvement
du regard (eye-tracker embarqué) à destination de leaders de l’industrie
(IHM 4.0) et des professionnels de la santé (neurodiagnostic)
En redressement judiciaire
16 salariés
Chiffre d’affaires au 31/12/2017 (12 mois) : 263 K€
Résultat d’exploitation au 31/12/2017 (12 mois) : -504 K€
Pour accéder au dossier de présentation, les candidats intéressés sont invités à contacter par écrit :
Maître Abitbol - Administrateur judiciaire
38, avenue Hoche – 75008 Paris – frederic.abitbol@fajr.eu
La date limite de remise des offres est fixée au 28 septembre 2018 à midi.
Maître Bernard
HOUPLAIN
Administrateur
judiciaire
46, Promenade
Jean Rostand
93000 BOBIGNY
APPEL D’OFFRES
RECHERCHE DE PARTENAIRE OU DE REPRENEUR
ENTREPRISE EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
SASU NORD PROPRETE DU LITTORAL
Région : HAUTS DE FRANCE (NORD)
Chiffre d’affaires : 238.973,00 € au 30 septembre 2017
Activité : Nettoyage Industriel et Tertiaire
Effectif : 20 salariés
siège social : VILLEPINTE (93420)
Activité : Fabrication et distribution de
vêtements de prêt à porter pour femmes
Marque : SYM
Effectif : 118 salariés
Chiffre d’affaires 2016 : 13 M€
Nbre de succursales : 57 sur toute la
France
Nbre d’affiliés : 23 sur toute la France
Redressement judiciaire a été ouvert par le
Tribunal de Commerce de BOBIGNY par
jugement en date du 10/07/2018.
Maîtres HOUPLAIN et BRUNET ont été
désignés en qualité d’administrateurs judiciaires.
Ces derniers invitent tout candidat intéressé par
la reprise de cette société à leur adresser une
offre de rachat conformément aux dispositions
de l’article L 642-1 du Code de Commerce
Tél : 01 60 24 41 34
Fax : 01 60 24 82 74
RECHERCHE D’INVESTISSEURS OU DE
CANDIDATS REPRENEURS EN PLAN DE CESSION
CESSION D’ENTREPRISE
Modalités :
Maître Vincent LABIS
Administrateur Judiciaire Associé
SELARL AJILINK LABIS CABOOTER
59140 DUNKERQUE
www.ajilink.fr
Cession organisée en application des articles L642-1 et suivants du Code
de Commerce
L’accès aux informations sera réalisé par dataroom
Les identifiants de connexion seront communiqués après remise de
l’engagement de confidentialité et des pièces mentionnées, téléchargeables sur
le site :
WWW.AJILINK.FR
Choisir : Etude LABIS-CABOOTER
Rubrique : RECHERCHE DE REPRISES (réfs : 1639)
Date limite de dépôt des offres : 15 septembre 2018
RETROUVEZ UNE SÉLECTION
D’ANNONCES SUR :
reprise-entreprise.lesechos.fr
VOUS SOUHAITEZ PARAÎTRE DANS CETTE RUBRIQUE
smedard@lesechosmedias.fr
SARAH MEDARD : 01 87 39 74 94
RETROUVEZ UNE SÉLECTION D’ANNONCES SUR : reprise-entreprise.lesechos.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 // INDUSTRIE & SERVICES
Lagardère se renforce
dans les magasins
d’aéroport
aux Etats-Unis
DISTRIBUTION
Le groupe français
va racheter
l’américain HBF.
Il poursuit
sa stratégie
de recentrage
sur ses activités
de « travel retail ».
Le groupe Lagardère confirme
que le « travel retail » est une
priorité pour lui. Il a annoncé
mercredi soir le rachat pour
330 millions de dollars du spécialiste américain de la restauration Hojeij Branded Foods.
HBF, dont le siège est situé à
Atlanta, exploite plus
de 124 bars et restaurants dans
38 aéroports aux Etats-Unis et
au Canada, dont Atlanta, Dallas,
Detroit, Newark, Orlando et San
Francisco. L’entreprise a acquis
en 2017 la marque Vino Volo,
numéro un des bars à vin dans
les aéroports en Amérique du
Nord. Le portefeuille des marques qui louent ses concessions
comprend notamment illy Caffè,
LongHorn Steakhouse, ChickFil-A, P.F. Chang’s, Pei Wei et Cat
Cora. HBF a réalisé un chiffre
d’affaires de 225 millions de dollars en 2017. L’acquisition est
encore soumise à l’obtention des
feux verts réglementaires. Mais
aussi, précise le groupe Lagardère, à « l’accord de certaines
tierces parties ». En tout état de
cause, l’opération sera réalisée
via la filiale Lagardère Travel
Retail.
L’ajout de HBF aux activités
de Lagardère Travel Retail permettrait de créer « un acteur
pesant 1,1 milliard de dollars »,
numéro trois sur le marché
nord-américain dans le segment du commerce et de la restauration aéroportuaires, selon
le communiqué publié. Cette
acquisition « renforce considérablement » la présence du groupe
sur le segment de la distribution
alimentaire, explique Dag Rasmussen, PDG de Lagardère Travel Retail. Elle est « conforme » à
la stratégie du groupe visant la
croissance sur trois segments :
« ventes hors taxes et mode, équipements de voyage, et restauration ». Le marché américain est
plus tiré par le trafic domestique
et l’alimentation que par l’international et le duty free. Il est lui
aussi sous-exploité. A titre
d’exemple, les espaces commerciaux de l’aéroport de Chicago
ne représentent qu’un tiers de
ceux de Charles-de-Gaulle.
Lagardère a déjà acquis Paradies en 2015, pour 560 millions
d’euros, une société familiale
présente dans 75 aéroports
outre-Atlantique.
Désengagement
des médias
La concurrence fait rage dans le
secteur du commerce dans les
lieux de fort passage. Les
acteurs du secteur comme SSP
ou Autogril multiplient les
investissements. Il faut grandir
pour exister au plan mondial,
même si Lagardère Travel
Retail est présent sur cinq continents et 34 pays.
Le group e se donne des
moyens. Il a entamé depuis peu
son désengagement des médias
(à l’exception de « Paris Match »,
du « Journal du dimanche » et
d’Europe 1). Il a aussi annoncé en
juillet la vente de ses actifs radio
en République tchèque, Pologne, Slovaquie et Roumanie au
groupe Czech Media Invest, du
milliardaire tchèque Daniel
Kretinsky. Lagardère a également conclu avec ce dernier la
cession de ses titres de presse en
France (« Elle », « Version
Femina », « Art et Décoration »,
« Télé 7 jours », « France Dimanche », « Ici Paris » et « Public »).
En 2017, Lagardère Travel Retail
a réalisé 3,4 milliards de chiffre
d’affaires et un résultat opérationnel de 112 millions d’euros,.
La branche est la plus rentable
du groupe après l’édition.
— P. B. et C. F.
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
Les futurs cracks cherchent
de nouveaux propriétaires
l Les ventes de yearlings de Deauville se déroulent cette fin de semaine.
l La maison de vente aux enchères Arqana, spécialisée dans les pur-sang,
essaie de diversifier le profil des acheteurs potentiels.
HIPPISME
Martine Robert
@martiRD
Du 18 au 20 août reviennent sur le
devant de la scène les prestigieuses
ventes aux enchères de yearlings de
la maison Arqana, à Deauville. Avec
cette année un catalogue de 345 chevaux, soit un niveau comparable à
2016, après une année 2017 marquée
par une sélection plus resserrée.
Arqana espère obtenir un prix
moyen de plus de 165.000 euros,
comme l’an dernier. Et trouver preneurs pour au moins 75 % de ces
chevaux, présentés essentiellement
par des haras français. Des objectifs
mesurés car « les ventes de début
d’année nous ont enseigné que le point
haut du cycle est sans doute derrière
nous », souligne sa directrice marketing et communication, Alix Choppin. En partie du fait d’une baisse de
la demande en provenance de pays
jusqu’ici essentiellement acheteurs,
et désormais producteurs.
C’est le cas du Moyen-Orient.
« Depuis huit ou dix ans, le Qatar,
Dubaï, le Koweït, Bahreïn, l’Arabie
saoudite ont acquis des chevaux
auprès des haras européens ; ils ont
maintenant leurs propres étalons et
poulinières, et sont moins acheteurs.
L’Australie a également fortement
développé son industrie des courses et
son élevage ; le pays attire de plus en
plus d’acheteurs étrangers, notamment de Hong Kong ou de Mongolie
intérieure », poursuit-elle.
Au point qu’il devient plus difficile
de trouver de bons acheteurs que de
détecter de futurs champions. D’où
la nécessité de générer de nouvelles
vocations de propriétaire. Et pour ce
faire, Arqana a acquis une suite
du nouvel hippodrome ParisLongchamp, avec une vue à couper le
souffle sur la capitale. La maison de
vente y organise des opérations
d’initiation aux courses et à la propriété de cracks, à destination des
chefs d’entreprise. « Nous les invitons particulièrement les jeudis soir,
Arqana a acquis une suite du nouvel hippodrome ParisLongchamp. La maison de vente y organise
des opérations d’initiation aux courses à destination des chefs d’entreprise. Photo Zuzanna Lupa
lorsque France Galop organise avec le
groupe Noctis des animations avec
des DJ et des compétitions. Entre mimai et mi-juillet, ces soirées ont attiré
jusqu’à 8.000 personnes chacune.
C’est un excellent point d’entrée pour
sensibiliser de nouveaux venus en
« Depuis 8-10 ans,
le Qatar, Dubaï,
le Koweït, Bahreïn,
l’Arabie Saoudite
ont leurs propres
étalons et
poulinières, et sont
moins acheteurs. »
ALIX CHOPPIN
Directrice marketing
et communication d’Arqana
leur offrant une expérience VIP »,
constate Alix Choppin. De nouveaux investisseurs français apparus ces dernières années, la génération des entrepreneurs de 40-50 ans,
contribuent à renouveler l’image
des courses. « Certains sont devenus
des ambassadeurs pour nous comme
Steve Burggraf, cofondateur de la
chaîne de burgers haut de gamme Big
Fernand, ou David Salabi, de la banque d’affaires privée Cambon Partners », se félicite la directrice marketing et communication.
La belle réussite
d’Antoine Griezmann
Alain Salzman, de Marques Avenue,
s’est ainsi associé à Steve Burggraf
pour acquérir plusieurs poulains,
qui ont deux ans cette année. Philippe Lazare, PDG d’Ingenico (terminaux de paiement), s’est initié
grâce à son ami David Krainc d’IDC
France (études sur les nouvelles
technologies) et a pris une part dans
l’écurie de groupe Arqana Racing
Club. Depuis cette année, il a sa propre casaque, sa pouliche, Trésorerie,
a déjà gagné à Chantilly, et il souhaite acquérir des parts d’étalons et
de juments destinés à la reproduction. Important collectionneur d’art,
Thierry Gillier, fondateur de Zadig et
Voltaire, a lui effectué ses premiers
achats l’an passé sous le nom de
Haras Voltaire, sa propriété près de
Deauville. Quatre de ses cinq poulains de deux ans sont à l’entraînement en France, chez Jean-Claude
Rouget, le dernier en Angleterre.
Quant au footballeur Antoine Griezmann, ce passionné va voir régulièrement ses champions à l’entraînement près de Lyon, et connaît une
belle réussite : ses chevaux qui ont
couru (tous achetés chez Arqana)
ont gagné. Et son poulain Tornibush
a remporté sa quatrième victoire de
suite en juillet, au Festival du galop
de Vichy. De quoi susciter des vocations ! n
INTERVIEW // STEVE BURGGRAF Cofondateur de la chaîne de restauration Big Fernand
« Je gère mes chevaux de course comme
un centre de profit »
e cofondateur de Big Fernand achète des chevaux
depuis cinq ans. Un investissement de passion, qu’il gère en
businessman avisé. Sa pouliche
Homérique s’est classée 3e du prestigieux Prix de Diane cette année.
L
Vino Volo est numéro un des bars à vin dans les aéroports
en Amérique du Nord. Photo HBF
LES ECHOS
n PUBLISHING
Concepteur des communications éditoriales
de votre marque
Avec Les Echos Publishing, proposez
à vos clients, dirigeants et particuliers
à hauts revenus, votre magazine et votre
newsletter en gestion de patrimoine
www.lesechos-publishing.fr
Un service proposé par Les Echos Solutions
Qui vous a mis le pied
à l’étrier comme propriétaire
de chevaux ?
Je suis entré en 2013 dans l’écurie de
groupe La Boétie. Cela m’a permis
un apprentissage pendant un an.
Puis j’ai décidé d’acquérir mes deux
premiers yearlings, l’un aux ventes
d’été d’Arqana, l’autre à celles
d’automne. Je me suis fait guider par
le courtier Laurent Benoit, car je
gère cette activité, qui est un plaisir,
comme une entreprise. Pour maximiser mes chances, j’ai aussi choisi
un jeune entraîneur de quarante ans, François-Henri Graffard,
à Chantilly, avec qui je m’entends
bien. Cela doit être aussi une aventure humaine.
Qu’en retirez-vous ?
Investir dans les chevaux procure
une émotion beaucoup plus forte
que d’avoir quelques voitures
anciennes et un peu d’art, où j’ai
investi par ailleurs. Cela peut générer de bonnes et de mauvaises surprises, c’est excitant ! Et puis on évolue dans un milieu de compétition,
où se retrouvent de nombreux
chefs d’entreprise.
Avez-vous déjà réalisé
des plus-values ?
Ma pouliche Homérique est une
exceptionnelle championne. Je l’ai
achetée 80.000 euros, elle en vaut
1,5 à 2 millions aujourd’hui. Il y a
une belle qualité de chevaux en
France, en Angleterre, en Irlande.
Je possède une vingtaine de chevaux, parfois achetés avec d’autres
hommes d’affaires : poulains de
moins d’un an, juments pour la
reproduction, yearlings. Maintenant j’ai vocation à devenir éleveur.
J’ai acquis une propriété en Sologne
pour cela.
Pourquoi avoir accepté de
jouer les ambassadeurs pour
la maison de vente Arqana ?
Arqana est pour moi un gage de qualité. Et j’ai travaillé avec Noctis à
chevaux, parient. C’est génial ! J’ai
beaucoup travaillé au renouveau
des courses et je me suis pris au jeu
avec ma femme, qui est cavalière.
« On évolue dans un
milieu de compétition,
où se retrouvent
de nombreux chefs
d’entreprise. »
Pour Steve Burggraf, « les
chevaux sont une diversification ». Photo Zuzanna Lupa
l’offre de restauration du nouvel hippodrome de ParisLongchamp, comme partie prenante
dans l’appel d’offres remporté par ce
groupe que j’ai présenté à France
Galop et à qui j’ai apporté ma connaissance du monde des courses. Le
jeudi soir, des milliers de gens venus
pour la convivialité, et pas pour les
Serez-vous aux ventes
de Deauville ?
Oui, chaque été, il y a des rendezvous hippiques internationaux
incontournables. Deauville est une
ville du cheval et il s’y déroule la plus
belle vacation de yearlings de
France. J’achète généralement des
yearlings de 100.000 à 150.000 euros
maximum. Car ensuite chaque cheval me coûte 2.000 euros par mois.
Mais je gère ce business comme une
diversification, un nouveau centre
de profit. La valeur de mon stock,
acquis un million d’euros, a triplé en
quatre ans.
Propos recueillis par M. R.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 17
Les Echos Vendredi 17, samedi 18 août 2018
Amazon intéressé
par les salles
de cinéma
5,8 %
Twitch, la filiale de vidéo en ligne
accueillant des fans de jeux vidéos,
pense que les ambitions de sa maison mère Amazon dans la publicité en ligne peut l’aider à concurrencer plus frontalement le géant
YouTube. Sa patronne, Emmett
Shear, s’est fixé un objectif de
recettes publicitaires de 1 milliard
de dollars, le double d’aujourd’hui.
Selon Bloomberg, le géant
de l’e-commerce Amazon
s’intéresserait à la petite chaîne
de 50 salles de cinéma haut
de gamme Landmark Theatres,
focalisée sur le cinéma indépendant. Le propriétaire du service
de SVoD Amazon Prime a la
réputation d’être plus conciliant
que Netflix avec le grand écran.
DU CAPITAL DE SYMANTEC
Landmark Theatre
en
pixels
Shutterstock
HIGH-TECH
&MEDIAS
Twitch :
des ambitions
à la YouTube
Le fonds activiste Starboard
Value a fait bondir Symantec
en Bourse en achetant 5,8 %
de ses actions. Il réclame
5 sièges au conseil
d’administration et une
amélioration de la marge
de l’éditeur américain de
logiciels de cybersécurité.
Grâce aux concerts, la vieille garde
musicale reste la plus « bankable »
l Malgré l’explosion du streaming, concerts et tournées sont toujours au cœur du business model des interprètes.
l Et n’ont jamais rapporté autant d’argent aux anciennes gloires, qui tiennent le haut du pavé.
MUSIQUE
Basile Dekonink
@Bdekonink
Difficile à imaginer à la lecture des
articles sur les artistes les plus
tendance du moment ou en écoutant la radio. Et pourtant… Drake,
qui écrase la concurrence sur le terrain du streaming, est loin d’être
l’artiste actuel le plus « bankable ».
Avec 12,1 millions de dollars de revenus en 2017 (dont 8,6 millions
issus du streaming sur des platesformes comme Apple Music ou
Spotify), le rappeur canadien figure
seulement à la 37e place du classement américain 2018 de Billboard
pour les revenus 2017. Et ce malgré
le cap des 50 milliards d’écoutes,
toutes plates-formes confondues,
franchi début août.
Non, en termes de gains, c’est bel
et bien la vieille garde qui occupe le
devant de la scène. U2 (54,4 millions
de dollars), le chanteur de country
Garth Brooks (52,2 millions), Metallica (43,2 millions) : le podium de
la rémunération est confisqué par
des aînés qui n’ont pas les faveurs
des playlists Spotify mais tirent la
grande majorité de leurs recettes
des concerts et des tournées.
La prépondérance du live dans
les gains des interprètes n’en finit
pas de se confirmer. Bien plus que
les droits d’auteur, les ventes physiques et le streaming, il représente
66,8
MILLIONS
Le nombre de tickets qui ont été
écoulés pour les 100 tournées
les plus rentables de 2017.
80 % des 959,5 millions de dollars de
recettes enregistrés par les 50 artistes les mieux rémunérés, assurant
de confortables revenus à d’anciennes gloires qui ne vendent plus
de disques mais comblent encore
les salles (les concerts de Céline
Dion lui ont rapporté 15,1 millions
de dollars, ceux de Britney Spears
13,2 millions).
L’explosion du streaming n’a
donc pas dissuadé les mélomanes
d’aller voir les artistes sur scène.
C’est même le contraire : 66,8 millions de tickets ont été écoulés pour
les 100 tournées les plus rentables
de 2017, un chiffre record en augmentation de 10,4 % sur un an, selon
la revue spécialisée dans l’industrie
musicale « Pollstar ». Avec un prix
moyen du billet record lui aussi
(84,63 dollars, en progression de
5 %), ces 100 tournées ont généré un
chiffre d’affaires de 5,63 milliards de
dollars (+15,8 %). Du jamais-vu.
La dynamique ne faiblit pas
L’artiste ne capte évidemment pas
l’ensemble de ces recettes. Selon les
données compilées par Citigroup,
une moyenne d’un tiers est absorbée par les dépenses liées à l’organisation du concert, 8 % sont alloués à
la location du lieu, puis viennent les
parts du manager (25 %), de l’agent
(10 %) et du promoteur (3 %). Restent 31 % pour les interprètes.
Il n’empêche : avec plus de
20 milliards de dollars de chiffre
d’affaires mondial, « le live continue de démontrer sa popularité
croissante, faisant de 2017 une année
record pour le marché mondial
du concert », note « Pollstar ».
Et la dynamique ne faiblit pas :
dans son point d’étape mi-annuel,
la revue spécialisée observe encore
une croissance de 12 % des recettes
tirées des 20 tournées les plus profitables du premier semestre. n
Les musiciens, parents pauvres de l’industrie
Selon une étude de
Citigroup, les auteurs et
musiciens ne touchent que
12 % des revenus de
l’industrie de la musique.
La part augmente toutefois,
notamment grâce au live.
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
La banque d’affaires est plus généreuse avec ses talents que l’industrie de la musique. C’est ce qu’explique Citigroup dans une étude
récente sur les rouages de ce secteur. Sur un chiffre d’affaires aux
Etats-Unis (concerts compris) de
43 milliards de dollars, seulement
5 milliards sont revenus aux artistes au sens large, c’est-à-dire les
auteurs, compositeurs ou musiciens. Soit 12 %. « C’est également
bien moins que dans le cinéma »,
précise aux « Echos » Thomas
Singlehurst, patron de la recherche
média européenne chez Citigroup
et un des auteurs du rapport.
Il ajoute que si son étude porte
sur les Etats-Unis, les autres marchés, en tout cas occidentaux, sont
assez similaires.
Manager, agent, éditeur pour les
droits d’auteur, producteur pour
les enregistrements, business
manager, tourneur pour les concerts, avocat, sociétés de collecte
des droits… côté fabrication. Ventes physiques, plates-formes de
streaming musicales comme Spotify ou vidéo comme YouTube, synchronisation avec la publicité et le
cinéma… côté consommation.
Thomas Singlehurst résume le
problème ainsi : « L’industrie de la
musique a tant d’intermédiaires et
Le groupe U2, ici en concert au stade londonien de Twickenham,
en 2017, tire la grande majorité de ses recettes des concerts
et des tournées. Photo Chona Kasinger/NYT-Redux-RÉA
sa consommation est tellement fragmentée que l’artiste ne capture
qu’une petite part. »
Comme l’explique à la fin de
l’étude Kevin Brown, patron de
GigRev, une société aidant les artistes à monétiser leurs fans, « on n’a
pas le temps d’acquérir de la connaissance [dans ce milieu, NDLR] :
quand vous avez cinquante ans et
que vous comprenez comment cela
fonctionne, vous êtes trop vieux pour
être la pop star qu’il fallait que vous
soyez à dix-huit ». Et comme, ajoute-t-il, « on est soit rien, soit au sommet des charts en un rien de temps »,
la tentation de faire appel à des
pros à tous les étages de l’industrie
est irrésistible. Bjorn Niclas, cofondateur de Choon, un service musi-
cal basé sur la blockchain, estime,
lui, que l’industrie se repaît de son
opacité : « Quand il y a du mystère, il
y a des marges. »
Tout n’est pas noir
La situation s’améliore quand
même. Comme l’explique Citigroup, la part des artistes n’était
que de 7 % en 2000. De même,
« alors que l’émergence de l’Internet
et le déclin des ventes physiques ont
fait stagner le revenu des artistes
entre 2000 et 2009, […] il a repris le
chemin de la hausse depuis [en
valeur absolue] », expliquent les
analystes.
Paradoxalement, ce n’est pas
tant le rebond du streaming dont se
félicite l’industrie qui en est la rai-
son, mais la croissance de la popularité du live. La part revenant aux
artistes y est bien plus importante,
« et les musiciens ajustent leur comportement en conséquence », dit
Thomas Singlehurst.
Seulement 0,5 % des CD se vendent à plus de 10.000 exemplaires
et c’était en 2011 ! explique Citi. En
streaming, un artiste complètement indépendant gagne entre
15.000 et 20.000 livres par million
de streams, explique Kevin Brown.
« Or 99 % des streams de Spotify
concernent 10 % des morceaux, cela
signifie que 90 % des artistes sur
Spotify ne gagnent rien ou quasiment », calcule-t-il.
Pendant ce temps, le prix d’un
seul concert équivaut parfois à
presque un an d’abonnement à un
site de streaming. « Autrefois, les
artistes tournaient pour vendre des
disques, poursuit Thomas Singlehurst. Aujourd’hui ils vendent des
disques pour pouvoir tourner. »
Même s’il est sans doute plus dur
qu’autrefois de percer – en ventes
comme en live – étant donné le
foisonnement de groupes disponibles, les artistes vont continuer
à maximiser le potentiel des
concerts, selon Citigroup. L’autre
raison d’espérer est que les nouveaux entrants dans le numérique
cherchent à optimiser les revenus
des artistes, notamment en utilisant la blockchain. Enfin, les artistes ont de plus en plus accès à la
data pour maximiser leurs interactions avec leurs fans et leur vendre
des rééditions, des t-shirts ou des
accès privilégiés à des événements.
« Les fans ont une forte propension à
payer pour des expériences », précise Kevin Brown. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
en
direct
MBN se développe
à Rennes
PACA Le village d’Allos (Alpes-
BRETAGNE Le groupe MBN,
de-Haute-Provence) a manifesté
mercredi en silence et en blanc
contre sa maire qui refuse de
démissionner malgré la perte
de la majorité municipale lors
de l’élection partielle du 8 juillet.
Marie-Annick Boizard estime
devoir terminer son mandat
jusqu’aux élections de 2020.
spécialisé dans le regroupement
de crédits, profite de l’engouement actuel pour les renégociations de prêt. Il est en train de
lancer sur le Web le site Finidemepriver.com afin de proposer
aux particuliers le rachat de
crédits en ligne qui complétera
son offre du Crédit Conseil de
DR
PME
&REGIONS
Un village se rebelle
contre son maire
série d’été 9/9
France (franchise de courtage en
regroupement de crédits) et de
Money’up (regroupement de
crédits). L’entreprise a lancé
pour cela l’embauche d’une
trentaine de commerciaux et va
déménager dans un nouveau
siège de 400 m2 au centre de
Rennes sur le site du Mabilay qui
concentre les entreprises innovantes de la métropole. MBN
déploie plus de 50 agences en
France et emploie 180 salariés.
PATRONS : OÙ ÉTIEZ-VOUS EN MAI 68 ?
Jean-Guy Le Floch, de Mai 68 aux bonnets rouges
Le patron de l’entreprise textile
Armor Lux a vécu les événements
de Mai près de Quimper, où il était
scolarisé. Mais d’autres manifestations agricoles l’ont plus marqué.
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
idèle à ses racines, JeanG u y L e F l o c h , s’ i l a
quitté sa Bretagne
natale pendant près de
quinze ans pour travailler à Paris avec Vincent Bolloré,
dont il était le numéro deux, est
revenu au pays pour reprendre
Armor Lux il y a maintenant plus de
vingt-cinq ans. C’est dire s’il est
accroché au territoire de son
enfance finistérienne. En Mai 68,
celui qui était déjà un brillant élève –
il sera par la suite diplômé de Centrale Paris – était scolarisé en classe
de troisième au lycée Laennec, à
Pont-l’Abbé. « Cela bougeait peu, les
professeurs ne nous informaient pas
vraiment, pas question pour nous de
manifester. Par contre, je me souviens que le BEPC nous avait été attribué, sans même passer l’examen. »
Alors âgé de quinze ans, JeanGuy Le Floch entend encore les
commentaires quotidiens de son
père qui était sous-directeur d’un
collège dans la petite commune de
Plozévet. Encarté SFIO, il était ébahi
par la situation parisienne. « Mes
parents étaient très attachés à la
valeur travail et comprenaient mal à
F
REPÈRES
9 novembre 1953
Naissance à Carhaix
1993 Reprise de la
bonneterie d’Armor Lux
avec Michel Guégen
2018 Anniversaire des
80 ans de l’entreprise
quoi mèneraient les grèves. » Surtout, la famille, même si elle était de
gauche, vouait un réel respect au
général de Gaulle. « S’il s’en allait,
on avait peur que le mouvement ne
dégénère », continue-t-il. De Gaulle
a régulièrement sillonné la Bretagne, en partie en souvenir des hommes de l’île de Sein, qui ont été les
premiers à répondre à son appel du
18 Juin en rejoignant Londres.
La Bretagne gronde
Reste qu’à Quimper, en ce printemps 1968, la Bretagne gronde.
Une partie de sa population se sent
isolée et demande au gouvernement d’intervenir, non pas sur
les thèmes des étudiants de la
Sorbonne mais plutôt sur celui
de « l’Ouest veut vivre » ! Ce slogan
était affiché sur les pancartes de la
vaste manifestation agricole du
8 mai 1968 dans les rues de Quimper et de Brest. Plus de 10.000 agriculteurs, pêcheurs, commerçants,
petits artisans et même des prêtres… ont arpenté ces deux villes
sous le regard inquiet des autorités,
notamment du préfet de l’époque,
qui craignaient une flambée de violence. Cette année-là, les cours du
lait et de la viande sont au plus bas,
l’ambiance n’est pas au beau fixe
En Mai 68, Jean-Guy Le Floch, alors âgé de quinze ans, était
scolarisé au lycée Laennec, à Pont-l’Abbé. Photo Samuel Bigot / Andia
Le japonais Kubota investit
50 millions d’euros dans l’Oise
situé à Argenteuil (Val-d’Oise), et la
proximité de l’aéroport de RoissyCharles de Gaulle, à 40 minutes
du futur centre de R&D.
HAUTS-DE-FRANCE
Le spécialiste japonais
des machines agricoles
Kubota va implanter
son centre européen
de R&D dans l’Oise.
Pole d’excellence agricole
Une centaine d’ingénieurs et techniciens
travailleront dans
cet établissement
high-tech.
Guillaume Roussange
— Correspondant à Amiens
Kubota continue de creuser son
sillon en Europe. Le fabricant japonais de tracteurs vient de confirmer la création de son centre de
recherche et de développement
pour le continent, moyennant un
investissement de 55 millions
d’euros. Celui-ci verra le jour à Crépy-en-Valois, dans l’Oise, sur un
terrain de 30 hectares, dont
10.000 m2 de bâtiments couverts et
dotés de moyens d’essais de dernière génération. Prévu pour être
pleinement opérationnel d’ici à
2020, il créera une centaine de postes d’ingénieurs et de techniciens.
Prévu pour être pleinement opérationnel d’ici à 2020, le nouveau
centre de R&D créera une centaine de postes d’ingénieurs
et de techniciens. Photo François Lo Presti/AFP
Cette implantation confirme la
position stratégique de la région
Hauts-de-France pour le tractoriste japonais. En septembre 2015, il
investit 40 millions d’euros à
Bierne, près de Dunkerque (Nord),
dans une usine d’assemblage.
Employant 200 personnes environ,
l’établissement est spécialisé dans
l’assemblage des tracteurs pour
« grandes cultures », en particulier
les M7001, une gamme d’engins de
130 à 170 chevaux. Au total, 2.000
engins, vendus sur le marché français mais aussi américain et australien, y sont produits.
Le site, à quelques encablures du
port de Dunkerque, et son accessibilité avaient, à l’époque, été déterminants dans le choix de Kubota.
Tout comme, aujourd’hui, la proximité du siège du groupe en France,
L’annonce de Kubota conforte aussi
la vocation de l’Oise en matière
d’agriculture innovante. A l’ouest
du département, le groupe Agco
Massey Ferguson a fait de son usine
de Beauvais son centre d’expertise
mondiale pour les tracteurs de nouvelle génération, appuyé par les collectivités qui viennent de créer un
pôle d’excellence « Innovation, agritech et numérique agricole ».
Mi-mai, la première pierre du
centre Pim@tec, un des premiers
centres mondiaux d’innovation et
d’expertise pour l’agro-machinisme, a été posée. 20 millions
d’euros sont investis dans ce projet,
financé par l’Europe, la région et le
Centre d’expertise des industries
mécaniques (Cetim). Dans la foulée, les agglomérations de Beauvais
et de Compiègne ont créé un incubateur d’entreprises partagé, dédié
à l’agriculture du futur et à la chimie
verte, l’autre spécialité du territoire. Grâce à ses investissements,
Kubota espère capter, à terme, 10 %
du marché européen des machines
agricoles. n
dans les fermes comme celle des
grands-parents de Jean-Guy Le
Floch, qui vivaient de peu dans la
petite commune de Cap Sizun. Tous
se sentaient abandonnés par la
capitale. Quimper se situait à plus
de 8 heures en voiture de Paris. La
ville était privée d’autoroute, la ligne
de train n’était pas totalement électrifiée et le sera seulement à partir
de 1987. L’Ouest breton avait peur
de décrocher.
A l’usine Armor Lux de Quimper,
qui était alors la propriété d’un
homme d’affaires suisse, il a fallu,
face à la détermination du syndicat
CGT, fermer les portes de l’usine de
fabrication de sous-vêtements en
coton pendant une quinzaine de
jours. La matière première manquait. Jean-Guy Le Floch regarde
avec distance les événements. Il ne
se considère pas comme un exsoixante-huitard. Elève studieux,
bridgeur à ses heures perdues, passionné par les maths, l’homme a
même obtenu un diplôme d’expertcomptable, préparé le soir ou le
week-end. Celui qui reçoit
aujourd’hui, en jean et chemise à
carreaux dans son modeste bureau
d’Armor Lux, dit plus se souvenir de
l’application des 35 heures que des
événements de 1968. Mais il évoque
aussitôt les Jeux Olympiques de
Mexico en octobre 1968, ouverts
dans un contexte de violence et de
ségrégation raciale aux Etats-Unis.
L’image des athlètes afro-américains proches des Black Panthers
qui ont levé le poing ganté de noir
vers le ciel au moment de l’hymne
américain l’a marqué.
Son esprit rebelle, Jean-Guy Le
Floch l’a plus récemment mis au
service des « bonnets rouges » dont
il a été l’un des défenseurs face au
gouvernement de Jean-Marc
Ayrault. S’il y avait un jour un retour
de l’écotaxe ou d’une mesure similaire imposée par le pouvoir central,
rien ne dit que Jean-Guy Le Floch ne
se recoifferait pas du célèbre bonnet
dont tous les modèles ont d’ailleurs
été fabriqués… par son usine quimpéroise. « Je ne suis pas très jacobin », avoue celui qui dit continuer
de s’inquiéter de l’avenir de la Bretagne. Il considère que Quimper reste
toujours isolé du continent européen, que son aéroport manque
d’ambitions et que le TGV est
encore loin de placer sa ville à
3 heures de Montparnasse comme
réclamé depuis des années par lui
et les autres dirigeants locaux. n
5 RETROUVEZ LUNDI
Nouvelle série : Itinéraires
insolites
Sur les routes du comté,
le Jura dévoile ses contours
DCB se diversifie
dans la logistique
AUVERGNERHONE-ALPES
Le groupe immobilier fait aussi l’acquisition du siège
mondial de Casino
dans la Loire.
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
Deux ans après la création de sa
filiale logistique, le promoteur
lyonnais DCB International
vient de livrer sa première réalisation : un entrepôt sous température dirigée de 28.000 m2
dans le nord de l’Isère. Ce
« frigo » de 13 mètres de haut,
automatisé (312.000 m3 de stockage sur racks mobiles), est
construit pour STEFF, leader de
la logistique du froid. DCB
Logistics vient aussi d’acquérir
l’ancienne plate-forme Calor
à Corbas et envisage d’y faire
un centre de messagerie qui
p o u r r a i t g é n é r e r j u s q u’à
300 emplois.
Et la jeune société, qui s’est
fait la main sur le concours de
l’hôtel logistique urbain de Bercy-Charenton – remporté par
Sogaris –, est candidate pour un
projet du même ordre sur le
port Edouart-Herriot : un hôtel
urbain de 20.000 m2.
Le nouvel acteur, qui vise
50 millions d’euros de chiffre
d’affaires dans les trois ans, se
positionne sur le stockage des
marchandises en périphérie,
la distribution à l’entrée des
agglomérations et le dernier
kilomètre. Fondateur de DCB il
y a dix-neuf ans, actif dans
l’immobilier tertiaire, Didier
Caudard-Breille a récemment
construit les sièges d’Adecco et
de Blédina, et transformé les
anciens locaux d’Alstom, à Villeurbanne, en lieu de travail collaboratif industriel. « On était
trop exposé en ne construisant
que des bureaux », explique le
président, qui a entre-temps
déjà lancé une nouvelle filiale,
DCB Résidence, dédiée au logement géré senior et étudiant.
Stratégie patrimoniale
DCB International a aussi
acheté le siège du groupe
Casino à Saint-Etienne. La
vente, pour un montant de
100 millions d’euros, s’accompagne d’une signature d’un bail
de douze ans. Une opération
originale pour un promoteur
jusque-là guère porté sur la
logique patrimoniale. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 19
Les Echos Vendredi 17, samedi 18 août 2018
FINANCE
&MARCHES
les
indices
STATU QUO MONÉTAIRE
EN NORVÈGE
La devise norvégienne a clôturé sur
une note stable à 8,45 couronnes
par dollar. La banque centrale
norvégienne a maintenu son taux
directeur à 0,50 %, et a réaffirmé
son intention de relever les taux en
septembre. Ce serait le premier
resserrement depuis sept ans. « Le
redressement de l’économie norvégienne semble se poursuivre de façon
globalement conforme à l’image
dépeinte en juin », estime-t-elle.
Comment Donald Trump a conquis
les investisseurs de la planète
l Depuis son élection fin 2016,
le président républicain a renforcé
la domination américaine
sur les marchés financiers.
l Les investisseurs se ruent sur les
actifs américains, mais sa politique
agressive n’est pas sans risques.
BOURSE
Pierrick Fay
@pierrickfay
« Make America Great Again ». Ce
n’était peut-être pas l’objectif premier du slogan de campagne de
Donald Trump, mais depuis son
élection, le 45e président des EtatsUnis a contribué à refaire de l’Amérique le champion toutes catégories
sur les marchés financiers. Depuis
l e 8 n ove m b r e 2 0 1 6 , l ’ i n d i c e
S&P 500 a progressé de 32,7 %,
presque trois fois plus vite que les
Bourses de la zone euro (+11,33 %) et
que celles des émergents (+13,4 %).
Seul le Japon tient à peu près la distance (+29,2 %). Et depuis le début
de l’année, l’écart est encore plus
frappant avec une hausse de 6,14 %
pour le S&P 500 contre une baisse
de près de 4 % pour l’Euro STOXX et
de près de 12 % pour le MSCI EM…
La high-tech et les banques
La suprématie américaine est particulièrement nette sur deux secteurs : la high-tech d’abord. Un
temps concurrencées par la montée
en puissance des stars chinoises de
l’Internet (Baidu, Tencent, Alibaba),
les valeurs de la Silicon Valley ont
repris leurs distances. Bloomberg
constate ainsi qu’un ETF d’Invesco
qui réplique le Nasdaq 100 a gagné
presque 17 % cette année, quand
l’ETF Invesco China Technology a
perdu 20 %. Le secteur bancaire
ensuite : les banques américaines
ont bondi de 51 % depuis l’élection de
Trump, sur la promesse notamment
d’une déréglementation et grâce à la
hausse des taux, quand les banques
européennes ne gagnent que 4 %.
Le dollar a aussi redressé la tête
pour revenir au-dessus de son
niveau d’avant-crise face à un
panier de devises (lire ci-contre). Et
les emprunts d’Etat américains
offrent un rendement suffisamment attractif pour les investisseurs
(2,86 % à 10 ans) sans que le resserrement monétaire de la Fed vienne
peser sur le crédit. La performance
des actifs américains constitue une
première victoire pour Donald
Trump. Sa politique budgétaire et
fiscale a permis de relancer la croissance américaine, quand la zone
euro et le Japon ont déçu au premier semestre. « Donald Trump a
hérité fin 2016 d’une économie américaine dans un ciel bleu. La croissance était solide et il a rajouté une
relance budgétaire assez importante,
qui a profité aux bénéfices des entreprises et à l’investissement », reconnaît Frédéric Rollin chez Pictet AM.
Et cela se voit sur la confiance des
entreprises. Selon BlackRock, près
de 80 % des entreprises du MSCI
USA ont rehaussé leurs prévisions
pour 2018, contre 63 % en moyenne
depuis la fin de la crise financière.
10
MILLIARDS DE DOLLARS
Selon Barclays, Wall Street a été
le seul, parmi les marchés
importants, à avoir enregistré
des flux significatifs sur les
actions depuis début juillet.
Mais la surperformance des
Etats-Unis est aussi une conséquence de la politique internationale de Donald Trump, et notamment des sanctions commerciales
qui touchent de plus en plus de
pays. En augmentant les incertitudes et en réveillant l’aversion au risques, Donald Trump a poussé de
nombreux investisseurs à se réfugier sur les actifs américains.
« Le dollar a retrouvé sa qualité de
valeur refuge car les investisseurs
trouvent du rendement sur les obligations américaines », souligne Frédéric Rollin. Les taux à 2 ans offrent un
rendement de 2,61 %, au plus haut
depuis juin 2008. Selon l’IIF (Institute of International Finance), les
gérants de fonds ont porté leur allocation sur les actions et obligations
américaines quasiment à leur plus
haut niveau depuis l’élection de 2016.
Le sondage de BofA ML montre
aussi que la surpondération des
actions américaines dans les fonds
atteint son niveau le plus élevé
depuis janvier 2015, faisant des
Etats-Unis, à leurs yeux, la région la
plus favorable pour investir, pour la
première fois depuis cinq ans.
Pas sans risques
Le jeu n’est pas sans risques, à terme,
sur la croissance mondiale – comme
en témoigne la chute des devises
émergentes –, sur l’inflation ou sur la
confiance des acteurs économiques,
même si pour l’instant Frédéric Rollin juge « peu probable le risque d’une
récession. Cela va sans doute créer un
ralentissement, mais les économies
américaine et mondiale sont quand
même solides. Au niveau actuel, la
hausse des tarifs douaniers ne suffira
pas à faire dérailler l’économie mondiale ». Reste à savoir si cette politique sera suffisante pour gagner les
élections de mi-mandat aux EtatsUnis. Les supporters de Trump
pourraient en effet être beaucoup
plus sensibles aux conséquences de
la hausse du pétrole ou de l’inflation
importée – liée à la hausse du dollar –
qu’aux records de Wall Street.
4
À NOTER
Selon le sondage de BofA ML
réalisé entre le 3 et le 9 août,
une guerre commerciale est
considérée par 57 % des sondés
comme le principal risque
majeur pour les marchés, et ce,
pour le troisième mois de suite.
Le président américain
en guerre
contre le dollar fort
Donald Trump n’est pas
parvenu à faire baisser
le billet vert autant qu’il
le voudrait, relançant les
chances d’une intervention
sur le marché des changes
à l’initiative du Trésor.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Depuis son élection le 8 novembre
2016, le dollar a fait du surplace
(–0,5 %). Pourtant le président américain n’a pas ménagé ses efforts
pour faire baisser le billet vert, estimant qu’il est trop fort et pénalise la
compétitivité de l’économie américaine. Il a accusé de nombreux pays
de manipuler leur monnaie en
l’affaiblissant. Dans un tweet du
20 juillet dernier, le président américain a tancé « la Chine, l’Union européenne et d’autres » qui « ont manipulé leur monnaie et leurs taux
d’intérêt à la baisse » alors que « les
Etats-Unis augmentent leurs taux et
que le dollar devient plus fort de jour
en jour ». Depuis son plus bas mi-février, le dollar a progressé de 7,2 %.
S’estimant victime de la « guerre des
changes » (course aux dévaluations
compétitives), les Etats-Unis sont en
droit de riposter (tarifs douaniers,
protectionnisme…), selon Donald
Trump.
Le dollar est aujourd’hui plus
élevé que sous le mandat de son prédécesseur, Barack Obama. Ce dernier a bénéficié de la politique de
soutien de la Réserve fédérale alors
qu’elle remonte ses taux sous
l’administration Trump. Deux mois
après son élection, le billet vert avait
bondi de 6,7 %. Si l’Amérique était
bien « de retour », selon le slogan de
campagne du républicain, et que la
confiance, des consommateurs et
des entreprises, revenait en force, le
dollar pourrait difficilement s’affaiblir.
D’ailleurs, Donald Trump s’est
félicité jeudi dans un tweet que
« notre économie fait mieux que
jamais, et l’argent se déverse sur notre
dollar chéri comme rarement avant ».
La vigueur du dollar est aussi le reflet
de l’attractivité des Etats-Unis. Le
billet vert « progresse à la fois contre
les devises des pays développés et des
émergents, ce qui ne s’est pas vu depuis
les années 2014-2015, et la poursuite
de l’appréciation du dollar risque
d’envenimer les relations commerciales », souligne, sur Twitter, Robin
Brooks, économiste en chef à l’Institute of International Finance.
Déclencher
le « feu et la fureur »
L’impatience de Donald Trump
face à un dollar trop fort contre les
devises de ses partenaires commerciaux pourrait le décider à déclencher le « feu et la fureur » sur le marché des changes : une intervention
unilatérale sur le marché des changes pour vendre des dollars. Cette
initiative, un choc pour les mar-
Donald Trump a accusé de
nombreux pays, la Chine en
tête, de manipuler leur monnaie en l’affaiblissant, portant
préjudice aux Etats-Unis.
Photo Rick Loomis/AFP
chés, serait une première depuis le
milieu des années 1990, les autorités américaines étant intervenues
depuis, mais toujours dans le
cadre d’opérations coordonnées
entre plusieurs banques centrales.
Tensions avec la Fed
Depuis 1934, c’est une prérogative
du Trésor que d’intervenir sur le
marché des changes, ce qui a parfois
créé des tensions avec la Réserve
fédérale. Si l’administration décide
d’intervenir, avec une force de
frappe mobilisable, par le Trésor, de
l’ordre de 100 milliards de dollars,
« cela poserait un sérieux dilemme à
la Fed », souligne Robin Winkler,
stratège à la Deutsche Bank. « Coopérer avec le Trésor pour faire baisser
le dollar est en opposition avec la politique monétaire de remontée des taux
qui fait progresser le billet vert. Les
marchés en déduiraient que la Fed
estime que le dollar est trop fort ou
qu’elle a cédé à l’administration
Trump. » La chute du billet vert risquerait d’être très prononcée. Si, à
l’inverse, la Fed ne collabore pas
avec le Trésor, les analystes y verront le signe d’une crise institutionnelle majeure, et « cela ferait sans
doute baisser encore plus le dollar
qu’une intervention sur le marché ».
Donald Trump est-il prêt à courir
tous ces risques ? Il a démontré en
dix-huit mois à la Maison-Blanche
une approche décomplexée à
l’égard des marchés et a pris ses distances à l’égard du dogme du dollar
fort de ses prédécesseurs. Le billet
vert étant moins dépendant de la
Fed, et celle-ci ne commentant
presque jamais son évolution,
Donald Trump s’est efforcé d’occuper le terrain et d’influer sur son
cours, jusqu’ici par des paroles. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
En dix ans, les risques de contagion
entre banques ont diminué
Le rand
sud-africain
dans la
tourmente
l En Europe, les grands établissements
paraissent moins exposés aux autres
banques qu’il y a dix ans, ce qui limite a
priori les effets domino en cas de crise.
l Mais la mesure de ces risques reste
un exercice compliqué.
DEVISE
BANQUE
Edouard Lederer
@EdouardLederer
La nouvelle est de bon augure à
l’heure où les investisseurs se
demandent si la crise des monnaies
émergentes pourrait se propager au
secteur bancaire : en dix ans, les risques qu’une tempête ne se diffuse de
banque en banque se sont réduits,
sans pour autant disparaître.
C’est ce qui ressort de données
publiées cet été dans un article du
Bulletin de la Banque de France (1),
et portant sur un échantillon de
neuf banques européennes (UniCredit, KBC, BBVA, Erste, ING, Barclays, BNP Paribas, UBS et Deutsche
Bank). Premier constat, les banques
prêtent moins aux autres banques,
et détiennent moins d’actions ou
d’obligations d’autres banques. Or,
les prêts interbancaires – si
l’emprunteur fait défaut – comme la
détention de titres – si leur valeur
dégringole – restent des canaux
directs de transmission de crise.
UniCredit et KBC
plus exposés
Plus précisément, en 2008, les actifs
interbancaires représentaient pour
ces neuf établissements 5,5 % du
total de leurs actifs. Dix ans plus
tard, ce ratio tourne autour de 4 %.
Deux d’entre elles – UniCredit et
KBC – demeurent tout de même
exposées à plus de 8 % de leurs
actifs, selon l’étude. A l’inverse,
l’exposition d’UBS et de Deutsche
D
Limiter les risques
Il reste à relever au moins
•deux
grands défis pour limiter
encore davantage les risques
de contagion entre banques.
Les banques peuvent être
exposées à une contrepartie
située dans un autre pays,
alors même que la
réglementation est restée
nationale (ou au mieux
européenne). D’où le défi
d’améliorer les échanges
d’information entre les
juridictions concernées.
Des progrès sont nécessaires
dans la qualité des données et
leur exploitation, afin de
mieux comprendre les
interconnexions entre les
banques et les acteurs non
bancaires de la finance.
•
•
Très dépendant
des capitaux extérieurs et en proie
à ses propres difficultés, le pays subit
de plein fouet
les conséquences
de la crise turque.
Bank paraît très faible, inférieure à
2 %. Pour les banques de la zone
euro, l’intervention de la BCE, qui a
facilité depuis la crise l’injection de
liquidités, explique pour partie
cette capacité plus forte d’autofinancement.
Sophie Rolland
@Sorolland
Redresser la barre
Autre critère permettant de mesurer le risque d’effet domino entre
grandes banques : la dépendance –
plus ou moins forte – aux ressources hors dépôts. Plus la banque
attire de dépôts, moins elle dépend
de moyens de financement externes (emprunt sur les marchés,
autres banques…) réputés moins
stables. Ainsi, en 2008, pour chaque
euro de dépôt à leur passif, les neuf
groupes bancaires de l’échantillon
comptaient en moyenne 2,5 euros
de ressources hors dépôts. Dans le
cas de Deutsche Bank, Barclays et
UBS, le « hors dépôt » s’élevait
même à 4,5 euros pour chaque euro
déposé par les clients.
Les neuf banques de l’échantillon
ont totalement redressé la barre
puisque, dans le passif, dépôts et
hors dépôts se situent désormais à
égalité. Cette situation peut s’expliquer par la mise en place de nouvelles réglementations imposant aux
banques de se soucier de la stabilité
de leurs ressources, mais surtout
par l’extrême faiblesse des taux
d’intérêt qui poussent les épargnants à laisser dormir leurs liquidités sur de simples comptes courants, en France en particulier.
Portefeuilles similaires
Les effets de contagion indirects
restent plus complexes à mesurer,
comme par exemple lorsque les
banques cessent brutalement de se
faire confiance et refusent d’accorder un prêt à leurs homologues.
Autre risque plus diffus, le « recoupement de portefeuille » décrit une
situation dans laquelle les établissements détiennent, chacun de leur
côté, des portefeuilles d’actifs similaires, comme de la dette d’Etat ou
des actions.
« Les établissements en difficulté
cherchent à se désendetter et à céder
des actifs », ce qui se fait dans de
mauvaises conditions étant donné
l’urgence de la situation, soulignent
les auteurs de l’article. « Les autres
établissements détenant les mêmes
actifs subissent alors des pertes puisque ces actifs sont valorisés aux prix
du marché dans leurs bilans. »
(1) Les instruments de politique macroprudentielle : un rempart contre les risques de contagion interbancaire.
Marchés émergents : le secteur
bancaire européen sur le qui-vive
Les investisseurs surveillent
à nouveau le « risque pays ».
Or, les grandes banques
européennes ont largement
misé sur les économies
émergentes, comme la
Turquie et l’Amérique latine
pour se développer.
Occupés à surveiller la rentabilité
des banques de la zone euro – qui n’a
pas retrouvé son niveau d’avantcrise – les investisseurs avaient
quelque peu perdu de vue les risques liés aux expositions géographiques. Avec la crise politique italienne, puis ces derniers jours avec
la débâcle monétaire en Turquie, ce
risque est remonté en tête de leurs
préoccupations. Les banques les
plus exposées aux économies
émergentes se sont fait chahuter en
Bourse ces derniers jours.
L’Espagne
en première ligne
la cote hebdomadaire des opcvm
Nom du fonds
VL au
30/12/2017
Dernière VL
Date VL
Performance
Depuis le
30/12/2017
Performance
1 an
308,31
219,14
357,33
65,73
13/08/2018
14/08/2018
13/08/2018
13/08/2018
11,87
5,01
-1,73
-1,10
20,93
17,33
5,62
-0,15
Performance
3 ans
FEDERAL FINANCE GESTION
1 allée Louis Lichou - 29480 Le Relecq-Kerhuon
Service Relations Clientèle : N° Cristal 09.69.32.88.32 (appel non surtaxé)
contact@federal-finance.fr
www.federal-finance.fr
Federal Indiciel US (FR0000988057)
Federal Indiciel Japon (FR0000987968)
Federal APAL (FR0000987950)
Federal Croissance P (FR0000987703)
275,59
208,68
363,61
66,46
Dépendance
aux capitaux extérieurs
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Les établissements espagnols, qui
ont beaucoup misé sur la locomotive de l’international, se trouvent
en première ligne. BBVA est, en
effet, l’une des premières banques
européennes en Turquie. Depuis
2017, la banque contrôle 49,9 % de
Garanti, la deuxième banque turque, dotée d’un bilan de 84 milliards
de dollars. La valeur des portefeuilles de crédit de BBVA dans le
pays s’élève à 4,4 milliards d’euros et
Garanti a généré pas moins de 16 %
des revenus de BBVA au premier
37,39
21,39
22,87
-3,01
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les documents d’Information Clé pour l’Investisseur et les
prospectus des FCP sont disponibles sur le site www.federal-finance.fr
Le rand sud-africain, l’une des
devises émergentes les plus
échangées sur les marchés,
subit de plein fouet les conséquences de la crise turque.
Depuis le début du mois d’août,
il a perdu près de 10 %. C’est
moins que la livre turque
(–14 %) mais plus que le peso
argentin (–8 %), pourtant lui
aussi en mauvaise posture,
la roupie indienne (–2,3 %) ou la
roupie indonésienne (–1,4 %).
Mauvaises nouvelles économiques, risques politiques,
chute du prix des matières premières et reflux des capitaux
internationaux… Pour le rand,
le cocktail est explosif. Il y a six
mois pourtant, l’élection de
Cyril Ramaphosa à la tête du
pays avait créé un véritable
espoir. Le successeur de Jacob
Zuma promettait de combattre
la corruption, d’attirer les investissements et de stimuler la
croissance. Le rand avait alors
atteint son plus haut niveau en
trois ans.
Depuis le déclenchement de la crise turque (ici, Istanbul),
les investisseurs surveillent à nouveau les risques liés
aux expositions géographiques. Photo Shutterstock
semestre. Avec le retournement de
cycle économique et la poursuite de
la dépréciation de la livre, la banque
pourrait voir ses pertes sur créances et ses crédits non performants
progresser. « Mais cela devrait rester
gérable car BBVA dispose d’amortisseurs en capital », fait valoir Marco
Troiano, analyste chez Scope
Ratings, dans une note. Dans ce
contexte, les analystes de JP Morgan ont toutefois réduit de 6 % leurs
prévisions de bénéfice par action
pour BBVA en 2019 et 2020.
L’autre grand champion espagnol, Santander, pourrait lui aussi
souffrir. En effet, au-delà de la seule
crise turque, plusieurs pays émergents ont vu leur monnaie s’affaiblir
très fortement face au dollar. Outre
l’effet négatif du taux de change, ces
pays pourraient voir leur économie
ralentir, et par ricochet l’activité de
la banque. La banque génère actuellement 26 % de ses profits au Brésil,
7 % au Mexique et 3 % en Argentine.
D’autres grandes banques européennes sont aussi scrutées pour
leur présence dans les émergents.
BNP Paribas, qui possède 72 %
d’Economy Bank of Turkey – une
des 10 premières banques du pays –,
ING, qui détient également une
filiale turque et un portefeuille de
prêts qui représente 2,3 % de ses
crédits, ou encore UniCredit, qui
détient une participation de 40 %
dans la quatrième banque turque,
Yapi Kredi. Pour ces établissements, les risques se concentrent
sur une dégradation de leurs portefeuilles de crédits, dont une partie
significative (40 % pour l’ensemble
du secteur bancaire turc) est libellée en devise. Aux yeux des investisseurs, ING et UniCredit pâtissent
aussi de leur exposition au marché
russe, également bousculé par les
sanctions américaines.
Pour les analystes d’UBS la sanction boursière infligée aux banques
européennes pourrait toutefois
être trop sévère. « Au regard des
perspectives de dividende et des valorisations, la réaction des marchés à
l’exposition bancaire en Turquie a été
excessive », estime Mark Haefele,
responsable des investissements
d’UBS Wealth Management.
4
À NOTER
Selon l’agence Bloomberg,
les traders de Deutsche Bank
ont généré 35 millions de dollars de profits en prenant des
paris liés à la crise turque.
Mais l’euphorie aura été de
courte durée. Depuis le mois
d’avril, la remontée des taux
d’intérêt américains et le renforcement du dollar ont incité
les investisseurs à se montrer
plus vigilants vis-à-vis des pays
les plus dépendants des capitaux extérieurs. Or, touchée par
une chute de sa production
minière et un ralentissement
de son économie, l’Afrique du
Sud a justement vu le déficit de
ses comptes courants se creuser.
La situation est devenue critique début août. Cyril Ramap h o s a a a n n o n c é q u’ i l
prévoyait d’amender la Constitution afin de rendre possibles
des expropriations agricoles
sans compensation. Un
repoussoir pour les investisseurs, qui redoutent une
réforme agraire à la zimbabwéenne. « Personne ne devrait
posséder plus de 12.000 hectares
de terres et donc, si tel est le cas,
ces terres devraient être confisquées sans compensation », a
précisé Gwede Mantashe, le
président du Congrès national
africain (ANC), dans une interview publiée mercredi.
La chute du chinois
Tencent
Sur fond de crise turque, ces
commentaires, combinés à une
note très critique de Moody’s
sur l’économie sud-africaine,
ont fait plonger le rand de près
de 2 % en une seule séance. S’y
est ajoutée, mercredi, la chute
du chinois Tencent. Le géant de
l’Internet et des jeux sur mobile
a plongé après l’annonce d’une
suspension des permis de commercialisation de nouveaux
titres de jeux vidéo, entraînant
avec lui le sud-africain Naspers,
son actionnaire à 31 %… Et
l’ensemble de la Bourse de
Johannesburg. Naspers pèse,
en effet, 18 % du principal indice
de la Bourse sud-africaine, qui a
terminé en baisse de 3,8 % le
15 août. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ventes aux enchères publiques //
EN
EN PARTENARIAT
PARTENARIAT AVEC
AVEC
VOUS SOUHAITEZ PARAÎTRE DANS CETTE RUBRIQUE
AGENCE@IMMOLEGAL.FR
01 42 96 96 72
75
93
Vente aux enchères publiques, le Jeudi 20 septembre 2018 à 14 H 00
au Tribunal de PARIS, Parvis du Tribunal de PARIS, à PARIS 17ème
PROCHAINES VENTES
COMMUNIQUÉ
UN STUDIO à PARIS 18ème
6 bis rue de Clignancourt
de 27,85 m² (hors terrasse). Bâtiment E, au 3ème étage, 2ème porte à gauche en
sortant de l’ascenseur E, comprenant : entrée, pièce principale avec coin-cuisine,
salle d’eau avec w.-c., terrasse (7,5 m²). Avec une CAVE
et un EMPLACEMENT couvert pour véhicule automobile - Loué
MISE A PRIX : 90.000 Euros (outre les charges)
Pour consulter le cahier des conditions de vente, s’adresser au Grefe du Juge de
l’Exécution du TGI de PARIS, où il a été déposé sous la Référence Grefe 17/00296, à la
SELARL GRYNWAJC, agissant par Maître Vanessa GRYNWAJC (AARPI GRYNWAJC
– STIBBE), Avocat à PARIS 8ème, 40 rue de Monceau, Tél. : 01 45 63 55 55
Email : v.grynwajc@stg-avocats.com
VISITE sur place le Mardi 11 septembre 2018 de 11 H 00 à 12 H 00
enchères publiques, au palais de justice de BOBIGNY (93)
93 VENTE aux
le mardi 2 octobre 2018 à 13 h 30 - EN UN SEUL LOT
93
UNE MAISON D’HABITATION à ROSNY S/BOIS (93)
87 rue des Berthauds
Sur TERRAIN de 355 M² : - au RdC : entrée, salle principal, cuisine, WC, escalier,
- à l’étage : 3 chambres, SdB, placards - au sous-sol : 2 pièces, coin cuisine, chambre,
salle de douche, VERANDA CAVE - JARDIN – TERRASSE
T. G. I. de BOBIGNY (93)
l Audience du 4/09/2018 à 13H30
ATELIER à BOBIGNY (93000) - MISE À PRIX : 830 000 €
Ref VLimmo 117796
Me BOSQUE ET ASSOCIES
APPARTEMENT à TREMBLAY EN FRANCE (93290) - MISE À PRIX : 64 000 €
Ref VLimmo 117794
Maître LEOPOLD
APPARTEMENT à LA COURNEUVE (93120) - MISE À PRIX : 62 000 €
Ref VLimmo 117776
Maître LEOPOLD
MAISON D’HABITATION à SEVRAN (93270) - MISE À PRIX : 54 000 €
Ref VLimmo 117585
Maître FOY
APPARTEMENT DE 61,90 M² à EPINAY S/ SEINE (93800) - MISE À PRIX : 30 000 €
Ref VLimmo 117447
Maître GARCON
APPARTEMENT à BONDY (93140) - MISE À PRIX : 27 000 €
Ref VLimmo 117445
Maître CIEOL
APPARTEMENT à GAGNY (93220) - MISE À PRIX : 15 000 €
Ref VLimmo 117631
Maître DOMINIQUE-DROUX & BAQUET
APPARTEMENT à LES PAVILLONS SOUS BOIS (93320) - MISE À PRIX : 14 000 €
Ref VLimmo 117772
Maître DOMINIQUE-DROUX & BAQUET
APPARTEMENT à SEVRAN (93270) - MISE À PRIX : 9 097,76 €
Ref VLimmo 117656
Maître BOSQUE ET ASSOCIES
Mise à Prix : 65.000 € - (Consignation pour enchérir 6.500 €)
S’adresser : - A Maître Myriam CALESTROUPAT avocat, SCPA CALESTROUPATTHOMAS et Associés, 8 ter bd. Henri Barbusse (93) MONTREUIL,
Tél.01.48.58.17.06, www.fgtavocats.com, dépositaire d’une copie du cahier des
conditions de vente - Au Grefe du Juge de l’Exécution du TGI de BOBIGNY où
le cahier des conditions de vente est déposé - Sur les lieux pour visiter, le : jeudi
27 septembre 2018 de 14h30 à 15h
Retrouvez toutes les informations sur le site www.vlimmo.fr (réf : 117998)
LES MEILLEURES OPPORTUNITÉS AUX ENCHÈRES
Retrouvez le calendrier des prochaines ventes aux enchères
et consultez gratuitement les résultats ainsi que notre newsletter
sur le site
69 • RHÔNE
VLimmo.fr
182351B – LES ECHOS
SOCIETES
Aux termes d’un acte SSP en date du
10/08/2018 il a été constitué une SAS
nommée :
182045B – LES ECHOS
BUREAU BIM
Aux termes d’un acte SSP en date du
02/08/2018 il a été constitué une SASU
nommée :
ONIX
Objet social : La conception de la structure et du contenu et de l’écriture des programmes informatiques ; logiciels systèmes et réseaux, applications logicielles,
bases de données, pages Web, l’adaptation de logiciels, la vente, la location
d’espaces publicitaires.
Siège social : 20 Boulevard Eugène Deruelle - Bat B, 69003 LYON Nom
commercial : CREACID Capital :
1000 € Président : M. Mohamed-Hadel
YOUNSI demeurant : 5 Rue Barrier,
69006 LYON élu pour une durée indéterminée Durée : 99 ans à compter de son
immatriculation au RCS de Lyon
182061B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
22/06/2018 il a été constitué une SASU
nommée :
COSY
Objet social : Vente de narguilé à
consommer sur place, salon de thé, restauration rapide
Siège social : 424 cours Emile Zola,
69100 Villeurbanne Nom commercial :
LE COSY Capital : 1000 € Président :
M. Gressy BENZEMA demeurant : 148
rue de la Pagère, 69500 BRON élu pour
une durée indéterminée Durée : 99 ans
à compter de son immatriculation au
RCS de Lyon
Objet social : Ingénierie, études,
conseil, assistance
Siège social : 4 Maurice Audibert, 69800
Saint-priest Sigle : bb Nom commercial : bureau bim Capital : 1000 € Président : M. saad chouattah demeurant : 7
rue francois truffaut, 69800 Saint-priest
élu pour une durée indéterminée Admission aux assemblées et exercice du
droit de vote : Chaque actionnaire est
convoqué aux Assemblées. Chaque action donne droit à une voix. Clauses
d’agrément : Les actions sont librement
cessibles entre actionnaires uniquement
avec accord du Président de la société.
Durée : 99 ans à compter de son immatriculation au RCS de Lyon
182550B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
14/08/2018 il a été constitué une SASU
nommée :
PROMILL
Objet social : Services aux entreprises
et aux particuliers, intermédiation
commerciale, centre d’appels, marketing
digital, communication des entreprises,
e-réputation, annuaire, e-commerce
Siège social : 52, Avenue Chanoine
Cartellier, 69230 St Genis Laval Capital :
2000 € Président : Mlle Milly-Nadège
MAFOGANG FOKAM demeurant : 2 IMP
ÉLIANE, 69190 ST-FONS élu pour une
durée indéterminée Durée : 99 ans à
compter de son immatriculation au RCS
de Lyon
T. G. I. de PARIS (75)
l Audience du 6/09/2018 à 14H
APPARTEMENT à PARIS (75017) - MISE À PRIX : 400 000 € - Maître DE JORNA
Ref VLimmo 117700
LOGEMENT à PARIS (75005) - MISE À PRIX : 100 000 € - Maître FREAUD
Ref VLimmo 117626
LOGEMENT à PARIS (75018) - MISE À PRIX : 9 023,01 € - Maître SIMONNET
Ref VLimmo 117647
LOGEMENT à PARIS (75010) - MISE À PRIX : 7 000 € - Maître RINGUET
Ref VLimmo 117648
LOGEMENT à PARIS (75018) - MISE À PRIX : 1 914,42 € - Maître SIMONNET
Ref VLimmo 117646
182340A – LES ECHOS
COFFEE GRIFFON
Constitution SSP en date du 10/08/2018
de COFFEE GRIFFON, SASU au capital
de 1000 euros. Siège : 8 Place Du Griffon, 69001 Lyon. Durée : 99 ans. Président : M. ACHOUR Mohamed 20 Rue De
L’Oiseliere, 69009 Lyon. Objet : Restauration rapide sur place. Droit de vote et
admission aux assemblées permis à chaque actionnaire. RCS : Lyon.
182188B – LES ECHOS
HOME SECURITE UNIVERSEL
SARL Unipersonnelle
au capital de 7000,00 €
2 RUE LOUIS ADAM,
69100 VILLEURBANNE
499898658 RCS Lyon
Par décision du Gérant en date du
15/05/2018 il a été décidé de transférer
le siège social de la société au 735 RUE
DU MALBOUSQUET, 83600 FREJUS à
compter du 10/08/2018. La société sera
immatriculée au RCS de Fréjus et sera
radiée du RCS de Lyon
182532B – LES ECHOS
HOVE
SARL au capital de 10000,00 €
2 petite rue de la rize, 69100 Villeurbanne
532591088 RCS Lyon
Par décision en date du 30/06/2018 il a
été décidé de transférer le siège social
de la société au 25 avenue beauregard,
69150 Decines charpieu à compter du
01/04/2017.
Gérance : M. guillaume saco, demeurant
5 rue françois gros, 69200 Venissieux.
Mention en sera faite au RCS de Lyon
182636B – LES ECHOS
Aux termes d’un acte SSP en date du
15/07/2018 il a été constitué une SARL
Unipersonnelle nommée :
Aux termes d’un acte SSP en date du
13/07/2018 il a été constitué une SASU
nommée :
12115041 – LE PUBLICATEUR LEGAL
ALTERA MOBILITES
MALTAZAR
S.A.R.L. à associé unique
au capital de 239.020 euros
Siège social : 24 RUE DESNOS, 69120
VAULX EN VELIN Nom commercial :
saïda makhlouf Capital : 100 € Gérant :
SAIDA MAKHLOUF, 14 ALLE JEAN CABOT, 38090 VILLEFONTAINE Durée :
99 ans à compter de son immatriculation
au RCS de Lyon
Objet social : Stage de brassage et
brassage de bière
Siège social : 2 chemin du Génie, Allée
Denis Papin, 69200 Vénissieux Capital :
1000 € Président : M. nicolas chardigny
demeurant : 53 rue marius poncet, 69290
Saint genis les ollieres élu pour une durée indéterminée Durée : 99 ans à
compter de son immatriculation au RCS
de Lyon
Pour avis
12114898W – LE PUBLICATEUR LEGAL
DELIGUME
SAS au capital de 8.000 €
84, impasse des Pépinières, 69480 Anse
831150305 RCS Villefranche-Tarare
182156B – LES ECHOS
Objet social : VENTE-ACHAT VEHICULE LOCATION VEHICULE IMMATRICULATION
10370 Villenauxe-la-Grande, en remplacement de M. Patrick STEIN.
Aux termes de l’AGE en date du
04/04/2018, les associés ont décidé de
modifier le capital social en le portant de
8.000 € à 8.889 €.
Mention sera portée au Registre du
commerce et des sociétés de VillefrancheTarare
182043A – LES ECHOS
PASIDEO-TRAITEUR
SAS au capital de 2500 €
RCS LYON Nº 808463962
Zone Portuaire CNR
Nouvelle incitation fiscale pour louer les biens
vacants
Le Ministère du Logement veut favoriser l’accès au logement
des publics les plus modestes. Un nouveau dispositif permet
une exonération d’impôts sur les revenus locatifs des
propriétaires qui mettent en location leur bien vacant à un
loyer abordable.
Ce dispositif prévoit une déduction de 15% à 70% des loyers
annuels perçus, à condition que le propriétaire ait signé à partir
de janvier 2017 une convention à loyer maîtrisé conclue avec
l’agence nationale de l’habitat (ANAH).
Le pourcentage de l’exonération est défini selon l’efort consenti
par le propriétaire pour proposer un loyer abordable aux foyers
modestes. La loi définit un barème en trois catégories pour
évaluer cet efort : loyer très social, social ou intermédiaire. Les
propriétaires doivent donc demander un loyer qui entre dans
l’une de ces catégories pour bénéficier du nouveau dispositif.
Ce nouvel avantage fiscal vise particulièrement les zones
tendues pour y accélérer la mise sur le marché locatif des
logements vides. C’est pourquoi l’exonération consentie tient
également compte du territoire sur lequel le bien est loué. Plus
la tension locative est forte, plus l’exonération sera importante pas moins de 30% dans les zones où le déséquilibre entre ofre
et demande est le plus fort.
L’État espère ainsi aider 115 000 personnes aux revenus
modestes à se reloger en trois ans.
182398A – LES ECHOS
SCI SEJB au capital de 150 €
S.A.S. au capital de 200.000 euros
392 GRANDE RUE 69640 DENICE
5357, route de Neuville
Zone d’Activité Commerciale des Iles
Par AGE du 13/08/2018 à 11h 30, il a été
décidé la dissolution anticipée de la société. Mr CAILLAUX Eric, 392 grande rue
69640 DENICE est désigné liquidateur.Le
siège de liquidation est fixé au siège social. Dépot légal des actes au greffe de
Villefranchesur-Saône.
182400A – LES ECHOS
SCI SEJB
SCI au capital de 150 €
RCS Villefranche-sur-Saône
Nº508039054
392 GRANDE RUE 69640 DENICE
Par AGE du 13/08/2018 à 12h30, il a été
approuvé les comptes présentés par le liquidateur et quitus lui a été donné. Elle
constate en conséquence la clôture définitive des opérations de liquidation
182425A – LES ECHOS
COLLEGE DES MAI
182057A – LES ECHOS
Par décision de l’associé unique de
la SARL « CENTR’INOX DISTRIBUTION » au capital de 30.000 €, siège 145
Route de Millery « Bâtiment Hermès »
69700 MONTAGNY, 508 837 481 RCS
LYON, en date du 16/04/2018, le siège social est transféré au 33 Bd Général Leclerc, Le Forum 06240 BEAUSOLEIL, à
compter du 1er mai 2018, dans le ressort
du Tribunal de Commerce de NICE. Les
statuts ont été modifiés en conséquence. AVIS.
COLLEGE DES MAI SASU au capital de
1000 euros, 30 boulevard des brotteaux
69006 Lyon. RCS Lyon 814461240. A
compter A.G.E du 01-06-2016 : Dissolution anticipée et mise en liquidation volontaire. Liquidateur durée liquidation : Mme
BRETEAU (JEANNY-EVARISTE) Samira,
11 Lieu Dit Le Puits, 72560 Change. Siège
liquidation : adresse liquidateur. Mention
au RCS Lyon
Allée des Boutons d’Or
Zone d’Activité du Charpenay
69210 LENTILLY
752 980 714 RCS LYON
Suivant décisions en date du 1er/8/2018,
l’associé unique a décidé de nommer en
qualité de nouveau gérant, M. Godefroy
CAPRON, demeurant 41, rue de Perrey,
182634A – LES ECHOS
ALIVESHOP LYON
ALIVESHOP LYON, SAS au capital de
2000 euros, 270 Rue Jean Dausset 13090
Aix En Provence. RCS Aix en Provence
832480982. A compter A.G.E du
29-12-2017 : Transfert du siège social à :
31 Rue Victor Hugo, 69002 Lyon. Démission président : Mme SIMON Julie. Nomination nouveau président : M. Michael
AMAR, Chemin De Val Sec, parc St Georges Bat D 5 13170 Les Pennes Mirabeau.
Statuts mis à jour. Formalités au RCS de
Lyon.
69380 MARCILLY-D’AZERGUES
967 501 966 RCS LYON
Suivant délibérations en date du
29/6/2018, l’assemblée générale extraordinaire a décidé :
- d’approuver dans toutes ses dispositions le projet de traité de fusion en date
du 15/5/2018, aux termes duquel la société SOLYREF (ayant son siège social
sis 5357, route de Neuville, Zone d’Activité Commerciale des Iles 69380 Marcilly
d’Azergues, immatriculée sous le nº 320
815 178 RCS LYON) a fait apport, à titre
de fusion, à la société, de la totalité de son
patrimoine ; la société étant propriétaire
de la totalité des actions de la société SOLYREF, il n’y a pas lieu à augmentation
du capital social, et la société SOLYREF
a été dissoute de plein droit sans liquidation, à compter du 29/6/2018 (date de réalisation de la fusion) ;
- d’adopter, à compter du 29/6/2018,
comme nouvelle dénomination sociale
"MATFER BOURGEAT CORPORATE".
Les statuts ont été modifiés en conséquence.
Pour avis
VENTE DE FONDS GERANCE
182620A – LES ECHOS
LE PERKO CAFE/COFFEE GRIFFON
182659A – LES ECHOS
SCI LES GABARRES
CALPI Coating
MATIK
RCS Villefranche-sur-Saône
Nº508039054
69560 ST ROMAIN EN GAL
Par AGE du 24/04/2018 il a été décidé
d’augmenter le capital de 67500 € portant
celui-ci à 70.000 €.
12110408 – LE PUBLICATEUR LEGAL
SCI LES GABARRES SCI au capital de
1000 euros, Le Sens 69620 Theize. RCS
Villefranche-Tarare 524837796. A
compter A.G.E du 14-08-2018 : Dissolution anticipée et mise en liquidation volontaire. Liquidateur durée liquidation : Mme
JAMMET (SALAÜN) Annick, 17 Boulevard
Emile Guillerot, 56100 Lorient. Siège liquidation : siège social. Mention au RCS Villefranche-Tarare.
PAR acte SSP du 09/08/2018, LE PERKO
CAFE, SARL au capital de 1000 euros,
siège 8 place du griffon, 69001 Lyon,
804 664 407 RCS Lyon a confié en location-gérance à COFFEE GRIFFON, SASU
en formation au capital de 1000 euros,
siège 8 place du griffon, 69001 Lyon, RCS
Lyon en cours, son fonds de commerce
de : Restauration de type rapide sis et exploité au 8, Place du GRIFFON, 69001
Lyon. Durée location-gérance : 1 an à
compter du 01/09/2018, fin le 31/08/2019,
renouvelable par tacite reconduction.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
en bref
La fintech Deposit Solutions
lève 100 millions de dollars
Amazon serait en pourparlers
avec des assureurs européens
ASSURANCE Amazon, le géant américain du commerce électro-
BANQUE
150
Elle permet à des
banques de proposer
à leurs clients
les solutions d’épargne
d’institutions
financières tierces.
MILLIONS DE DOLLARS
Le total des sommes levées par
Deposit Solutions depuis son
lancement en 2011 en incluant
le dernier tour de table.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Une offre censée fidéliser
les clients des banques
Cette opération, portant à près de
150 millions de dollars les sommes
levées par Deposit Solutions depuis
sa création en 2011, valorise la
société à plus de 500 millions de
dollars (439 millions d’euros). Elle
figure parmi les tours de table les
plus significatifs réalisés par des
fintech européennes cette année
bien que loin derrière ceux de la
néobanque britannique Revolut
(250 millions de dollars) et de sa
concurrente allemande N26
(160 millions de dollars).
70
Tim Sievers, fondateur et PDG de Deposit Solutions. Sa société
est désormais valorisée à plus de 500 millions de dollars.
Photo Thomas Fandrich
Misant sur l’émergence d’un
modèle de « banque ouverte »
(Open Banking), Deposit Solutions propose de mettre en relation les institutions financières via
sa plate-forme. Grâce à la fintech,
les banques en quête de dépôts
peuvent offrir leurs comptes à
terme chez des concurrentes.
Elles peuvent ainsi s’éviter les contraintes liées à la distribution de
ces produits et consolider leur
refinancement. Quant aux banques distribuant les comptes à
terme de tiers, elles enrichissent
leur offre avec des produits à la
rémunération potentiellement
alléchante et touchent au passage
une commission.
« Il devient de plus en plus facile
pour les clients de changer de banque. Si, en tant que banque, vous ne
pouvez pas fournir des produits
d’épargne bancaire attractifs, vos
clients iront ailleurs », assure Tim
Sievers, fondateur et PDG de
Deposit Solutions. La société,
basée à Hambourg, mène une
bonne partie de son activité en
Allemagne et revendique Deutsche Bank parmi ses clients. Elle
assure mettre désormais en relation 70 banques issus de 16 pays
différents.
Un prochain lancement
en Suisse
Grâce à sa levée de fonds, la fintech,
comptant 250 collaborateurs, veut
avancer sur trois fronts différents.
« Nous voulons accroître notre activité avec les partenaires existants,
augmenter le nombre de partenaires
de notre plate-forme en Europe et
Aegon va céder ses activités d’Europe
centrale à la compagnie NN Group
ASSURANCE L’assureur Aegon a annoncé ce jeudi avoir scellé
un accord avec la compagnie d’assurance néerlandaise
NN Group en vue de vendre ses activités en République tchèque
et en Slovaquie. Cette opération de 155 millions d’euros qui doit
être finalisée début 2019 permet à Aegon de concentrer ses ressources sur ses principaux marchés. Aegon a par ailleurs
annoncé un bénéfice net semestriel de 491 millions d’euros, en
chute de 46% sur un an.
BANQUES
Le nombre de banques
mises en relation grâce
à Deposit Solutions pour
la gestion des dépôts
bancaires. Elles sont basées
dans 16 pays différents.
lancer notre plate-forme de vente
directe aux consommateurs (B to C)
dans d’autres marchés européens »,
explique Tim Sievers, évoquant un
prochain lancement en Suisse.
Lancée en 2015, l’activité B to C
permet aux épargnants de faire
fructifier leurs dépôts en les plaçant en ligne dans différentes institutions financières à travers
l’Europe. Une offre comparable à
celle de la fintech allemande Raisin. Après avoir développé son site
Zinspilot en Allemagne, Deposit
Solutions a mis la main sur la plate-forme Savedo et ainsi étendu
son champ d’action à l’Autriche et
aux Pays-Bas. Deposit Solutions
assure avoir conquis à ce jour plus
de 155.000 clients directs et facilité
ainsi le placement de plus de
9 milliards d’euros de dépôts. n
Trading : Citigroup sanctionné
pour des activités pour compte propre
BANQUE Citigroup s’est vu infliger une amende de 10,5 millions
de dollars venant sanctionner
ses activités pour compte propre. Selon le gendarme boursier
américain, la SEC, trois traders
ont pris des positions pour le
compte de la banque américaine entre 2013 et 2016 pour
couvrir des pertes liées à des
transactions non autorisées.
« Citigroup a manqué de vigilance et son système de contrôles
s’est révélé trop faible pour détecter ces opérations pendant plusieurs années », a déploré la SEC.
Shutterstock
Deposit Solutions vient de faire le
plein d’argent frais pour se donner
les moyens de ses ambitions : bouleverser le marché des dépôts bancaires en Europe. La fintech allemande
a annoncé mercredi avoir levé
100 millions de dollars (88 millions
d’euros). Le tour de table a été mené
par le fonds de capital-investissement basé à Londres Vitruvian Partners. La société d’investissement
suédoise Kinnevik y a également
participé aux côtés d’actionnaires
historiques de l’entreprise tels que le
fonds américain e.ventures.
nique, projetterait de lancer un site Internet de comparaison des
prix des assurances au Royaume-Uni, d’après Reuters. Pour ce
faire, l’entreprise de Jeff Bezos serait en pourparlers avec des
compagnies d’assurance européennes, selon des sources proches citées par l’agence. Aucune précision supplémentaire n’a été
faite concernant l’identité des interlocuteurs, ni sur les produits
d’assurance qui pourraient être vendus sur le site. Selon Reuters,
le lancement n’est pas imminent. Certains sites de comparaison
des prix comme comparethemarket.com ou gocompare.com
pourraient souffrir de l’entrée d’Amazon sur le marché.
Les chiffres clefs
série d'été 08/09
LES NOUVELLES STARS DE LA FINTECH
Valentin Stalf
Les chiffres clefs
de N26
Le banquier
des 18-35 ans
l
Plus de 1 million de clients
dans 17 pays.
l
215 millions de dollars
levés depuis le lancement.
l
Le jeune Autrichien a découvert le monde
des start-up chez Rocket Internet.
Avant de fonder sa banque N26 qu’il juge
« plus cool » que les instituts traditionnels.
Pauline Houédé
@Pauline_H
— Correspondante à Berlin
e quotidien allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung » l’a
surnommé « l’épouvantail des
banques ». L’homme tout juste
entré dans la trentaine ambitionne rien de moins que révolutionner le
secteur. Les cheveux blonds mi-longs, en
short et tee-shirt, l’Autrichien Valentin Stalf
a opté en cette chaude journée d’été pour un
style presque californien qui tranche avec le
traditionnel costume-cravate du banquier.
« Les banquiers du futur, ce sont les développeurs », explique le cofondateur de la fintech berlinoise N26.
L
Tencent, Zalando et Tesla
comme modèles
Son arme révolutionnaire tient dans sa
poche : une application ultra-simple d’utilisation qui permet de gérer son compte bancaire exclusivement sur smartphone. Sa
cible : les 18-35 ans. Après avoir séduit plus
de 1 million de clients, la banque mobile
N26, présente dans dix-sept pays – dont la
France –, entend franchir la barre des
5 millions en Europe d’ici à 2020. Parmi les
entreprises qui l’inspirent, le jeune dirigeant cite volontiers le chinois Tencent
et son appli mobile au succès fulgurant WeChat, le spécialiste allemand de la
vente de vêtements en ligne Zalando, ou
encore le constructeur américain de voitures électriques Tesla.
Autant de défricheurs. C’est qu’il y a dans
l’esprit de Valentin Stalf le monde ancien et le
nouveau. L’ancien, c’est celui des banques
traditionnelles, longtemps assoupies sur
leurs services payants et encombrées de leur
coûteux réseau d’agences. Et puis le nouveau, dont il veut assurément faire partie.
A l’issue de ses études de finance et comptabilité dans la prestigieuse et très classique
Université de Saint-Gall, en Suisse, à l’heure
où ses camarades se dirigent vers les cabinets
de conseil ou la banque d’investissement, le
Viennois veut se frotter à l’univers des
start-up. Il atterrit à Berlin chez Rocket Internet, usine à jeunes pousses des frères Samwer, à l’origine notamment de Zalando.
L’entreprise, qui n’est pas encore cotée,
occupe alors un modeste bureau dans la
Saarbrücker Strasse : « Cette époque chez
Surnommé « l’épouvantail
des banques », Valentin
Stalf ambitionne
rien de moins que
révolutionner le secteur.
430 salariés.
Valentin Stalf, cofondateur de N26, est persuadé que les développeurs
sont les banquiers du futur. Photo Eric Piermont/AFP
Rocket Internet a été extrêmement importante pour moi, raconte-t-il. J’y ai vu comment on peut, à partir d’une idée, et avec 2 ou
3 personnes, fonder en six ou sept mois une
entreprise de 80 personnes. Je n’ai plus eu
peur de monter une entreprise. »
Le jeune diplômé fait alors partie d’une
« task force » chargée de créer des start-up
en reproduisant en Europe des succès américains comme les spécialistes des paiements mobile Stripe ou Square. Valentin
Stalf tombe ainsi, presque par hasard, dans
la marmite des services financiers inno-
vants. « J’ai travaillé très tôt sur les thèmes du
paiement bancaire. A l’époque, en 2011-2012, il
y avait très peu de fintech en Allemagne »,
rappelle-t-il.
Carte de crédit pour ados
Un peu plus d’un an plus tard, il quitte Rocket pour lancer sa propre entreprise avec
Maximilian Tayenthal, compère au faux air
de Jean Dujardin qu’il connaît depuis plus
de quinze ans. Les deux hommes fondent
Papayer, une carte de crédit prépayée pour
ados. Cette première tentative est un échec,
mais l’application très intuitive, qui permet
aux parents de surveiller les paiements de
leurs bambins, séduit.
Les deux associés voient alors plus large
et décident de fonder une banque pour
mobiles. Adieu Papayer, bonjour N26. Le
produit lancé en 2015 reprend nombre de
fonctions de l’app de Papayer, comme celle
qui permet de bloquer et de débloquer une
carte sur simple pression du pouce, ou les
notifications qui alertent en temps réel à
chaque dépense.
L’image de l’épouvantail est exagérée,
juge Valentin Stalf, mais « les banques ont
reconnu que notre modèle commercial
apporte beaucoup d’avantages aux clients et
est meilleur que leur modèle classique, estime-t-il dans un allemand truffé d’anglicismes. Avec N26, nous avons réussi à bâtir une
marque nettement plus cool et stylée ».
Les relations avec les établissements
bancaires ont bien évolué : « Personne ne
voulait travailler avec nous. Les banques
nous prennent aujourd’hui naturellement
au sérieux », résume Valentin Stalf. Outre
l’argentier star Peter Thiel, N26 compte
également parmi ses investisseurs Tencent et Allianz depuis une levée de 160 millions de dollars en mars. Les fonds seront
en grande partie alloués aux dépenses
marketing visant à doper la croissance. La
fintech prévoit de se lancer au RoyaumeUni et aux Etats-Unis. En septembre, elle
ouvrira un bureau à Barcelone. Après Berlin, la métropole catalane convient à la
« coolitude » de N26. n
l
RETROUVEZ LUNDI
Max Levchin, le cofondateur de PayPal
qui s’attaque aux cartes de crédit.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 23
Les Echos Vendredi 17, samedi 18 août 2018
séAncE du 16 - 08 - 2018
CaC 40 : 5349,02 (0,83 %) neXt 20 : 12168,17 (0,35 %)
CaC larGe 60 : 5954,43 (0,77 %)
CaC all-tradaBle : 4217,74 (0,75 %)
Date De ProroGation : 28 août
euronext
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
11/05/18 1,05
a
fr0000120073
28/05/18 2,65
airBus GrouP (air) R
a
nl0000235190
16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
17/05/18 0,09
a
31/05/18 1,7
a
fr0000120628
03/05/18 1,26
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
30/05/18 3,02
a
fr0000120503
caP-Gemini (cap) R
02/05/18 1,7
a
fr0000125338
carreFour (ca) R
04/06/18 1,7
a
fr0000120172
21/06/18 0,46
creDit aGricole (aca) R
a
fr0000045072
Danone (bn) R
22/05/18 0,63
a
fr0000120644
enGie (enGi) R
04/05/18 1,9
a
fr0010208488
11/10/17 0,35
essilor international (ei) R a
fr0000121667
26/04/18 1,53
Hermes intl (rms) R
a
fr0000052292
KerinG (Ker) R
07/06/18 7,6
a
fr0000121485
l.V.m.H. (mc) R
14/05/18 4
a
fr0000121014
leGranD (lr) R
17/04/18 3,4
a
fr0010307819
l'oréal (or) R
01/06/18 1,26
a
fr0000120321
micHelin (ml) R
25/04/18 3,55
a
fr0000121261
22/05/18 3,55
ouv
vol.
nb titres
42,6
742432
290.205.703
106,05
621194
428.275.106
105,9
989496
776.295.452
25,435
4269794
1.021.903.623
97,42
324675
106.884.219
21,55
6145375
2.423.351.757
51,72
3297606
1.249.798.561
36,46
453820
366.073.732
110,6
410444
168.817.033
15,015
2547747
789.252.839
11,798
6004883
2.866.437.156
67,58
1058023
685.055.200
13,06
3757263
2.435.285.011
122,75
436967
219.137.552
543,4
37487
105.569.412
452
280980
126.279.322
293,15
496033
505.028.450
62,46
409058
266.805.751
204,1
615256
560.082.187
108,4
460259
178.978.841
clot
+ haut
+ bas
43
43,1
42,44
106,15
106,25
105,25
107,56
107,66
105,62
25,185
25,455
25,03
98,14
98,58
97,02
21,59
21,635
21,355
51,4
51,98
51,24
36,57
36,66
36,08
111,4
111,65
109,95
15,165
15,21
14,905
11,838
11,912
11,66
67,67
67,78
67,06
13,14
13,14
12,975
122,95
123,65
122,3
546,8
547,4
541,4
453
456,1
449,6
297,8
298,4
292,15
62,38
62,5
62,1
204,6
204,8
200,7
109
109,3
108
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 0,99
- 3,65
+ 9,07
+ 0,81
- 2,57
+ 11,36
+ 2,22
+ 0,58
+ 47,59
+ 1,12
+ 0,28
+ 11,96
+ 0,97
-20,34
- 23,72
+ 0,89
+ 4,05
- 13,78
- 2,15
- 23,56
+ 0,8
- 2,84
- 4,48
+ 1,04
- 4,79
+ 19,91
+ 1,13
+14,19
- 26,51
+ 0,9
+ 3,21
- 23,45
+ 1,05
+ 3,79
+ 0,83
+ 0,88
- 1,94
- 6,68
+ 0,57
- 0,2
+ 15,99
+ 0,92
+ 2,01
+ 23,82
+ 0,33
- 7,59
+ 58,28
+ 2,28
+ 1,66
+ 35,92
+ 0,32
- 2,1
+ 3,26
+ 0,59
- 2,43
+ 15,99
+ 1,11
+ 2,68
- 7,43
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
48,95
41,3
2,44
+ 1,05
113,3
97,12
2,5
+ 29,59
3,4
111,16
31,68
81,33
1,4
- 7,12
30,765
24,05
- 19,13
130,55
96,7
1,73
- 12,71
27,69
20,495 5,84
- 17,43
68,66
51,02
5,88
- 15,56
45,98
36,08
4,65
+ 12,65
119,8
97,38
1,53
- 15,94
19,73
12,955 4,62
- 14,22
15,54
11,105
5,32
- 3,26
71,78
62,24
2,81
- 8,34
1,21
14,815 10,90
12,165 2,66
+ 6,96
127,6
105,35
1,24
+ 22,53
614,6
417,9
1,39
+ 24
522,4
338,263 0,88
+ 21,35
313,7
232,5
1,14
- 2,82
67,44
60,42
2,02
+ 10,62
214,9
170,3
1,74
- 8,82
130,85
101,25
3,26
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
oranGe (ora) R
a
fr0000133308
05/06/18 0,4
PernoD-ricarD (ri) R
a
fr0000120693
PeuGeot (uG) R
04/07/18 1,01
a
fr0000121501
02/05/18 0,53
PuBlicis GrouPe (pub) R
a
fr0000130577
renault (rno) R
fr0000131906
saFran (saf) R
06/06/18 2
a
21/06/18 3,55
a
fr0000073272
29/05/18 1,6
saint-GoBain (sGo) R
a
fr0000125007
sanoFi (san) R
11/06/18 1,3
a
fr0000120578
11/05/18 3,03
scHneiDer electric (su) R a
fr0000121972
02/05/18 2,2
société Générale (Gle) R a
fr0000130809
soDeXo (sW) R
30/05/18 2,2
a
fr0000121220
solVaY (solb)
01/02/18 2,75
a
be0003470755
16/01/18 1,55
stmicroeletronics (stm) R a
nl0000226223
18/06/18 0,05
tecHniPFmc (fti) R
a
Gb00bDsfG982
total (fp) R
21/05/18 0,13
a
fr0000120271
11/06/18 0,62
uniBail-r/WFD (urW)
a
fr0013326246
Valeo (fr)
a
DiV 3 06/06/16
fr0013176526
04/06/18 1,25
Veolia enV. (vie) R
a
fr0000124141
Vinci (DG) R
14/05/18 0,84
a
fr0000125486
ViVenDi (viv) R
24/04/18 1,76
a
fr0000127771
20/04/18 0,45
ouv
vol.
nb titres
14,14
3565616
2.660.056.599
138,65
410302
265.421.592
24,52
1834974
904.828.213
55
668154
235.197.966
70,96
742753
295.722.284
107,15
645573
443.680.643
35,695
1343004
552.602.794
71,69
2589496
1.251.544.134
67,1
1434748
578.956.262
35,515
3034836
807.917.739
92,26
212261
150.830.449
112,75
298276
105.876.416
17,44
2637731
911.141.920
25,11
1619598
454.430.815
52,2
5189725
2.664.312.938
183,6
255416
138.282.967
39,5
916059
240.253.100
18,095
1255116
563.364.823
81,76
1415378
596.831.558
21,43
3337271
1.305.230.587
srD
clot
+ haut
+ bas
14,215
14,22
14,085
139,2
139,75
137,7
24,35
24,59
24,23
56,04
56,04
54,76
71,19
71,5
70,77
106,85
107,45
106,35
35,695
35,77
35,5
72,66
72,66
71,32
67,22
67,28
66,72
35,47
35,71
35,135
92,74
92,84
91,76
114,15
114,15
112,65
17,325
17,58
17,17
24,63
25,16
24,51
52,36
52,58
52,03
186,1
186,1
182,45
39,23
39,79
38,94
18,155
18,185
17,96
81,22
81,92
80,04
21,31
21,47
21,3
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 0,57
- 2,44
- 0,8
+ 0,8
+ 1,16
+ 16,93
+ 0,08
+16,23
+ 32,88
+ 2,3
- 6,82
- 10,34
+ 0,68
- 3,33
- 6,89
+ 0,14
- 0,05
+ 28,32
+ 0,55
- 3,47
- 24,45
+ 0,69
+ 1,4
- 12,01
+ 0,39
- 4,14
- 1,78
+ 0,44
- 2,46
- 27,55
+ 0,85
+ 1,53
- 6,88
+ 1,56
+ 6,68
- 7,5
+ 1,58
-11,13
+ 18,99
+ 1,36
- 4,68
+ 10,6
+ 0,56
- 0,81
+ 21,64
+ 1,58
- 0,29
- 0,36
-19,13
- 32,33
+ 0,72
- 5,66
- 6,92
- 0,27
- 5,67
+ 4,52
- 0,19
- 0,37
+ 11,13
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 1,8
15,235
13,315
2,11
+ 5,49
147,75
120,05
0,73
+ 43,62
25,29
16,455
2,18
- 1,08
63,18
51,78
3,57
- 15,16
100,8
70,26
4,99
+ 24,37
108,95
81,04
1,5
- 22,37
48,6
35,335 3,64
+ 1,13
76,17
62,88
4,17
- 5,14
78,56
66,54
3,27
- 17,61
47,505
35,05
6,2
- 17,23
113,05
76
2,97
- 1,51
7,98
120,65 14,30
105,15
- 4,83
0,23
22,97 76,24
16,57
0,31
- 4,72
29,17
22,9
+ 13,71
56,27
43,09
1,18
- 3,3
195,5
182,45
- 37
66,48
38,94
3,19
- 14,67
22,29
17,955 4,63
- 4,62
88,8
77,56
2,17
- 4,95
24,87
20,26
2,11
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
aB science (ab) g
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
B 4,41
4,476
25416
4,5
40.789.901
4,408
B 7,12
7,07
11915
7,12
fr0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
7,05
aBiVaX (abvX) g
B 6,6
6,6
629
6,62
fr0012333284
9.904.229
6,57
acantHe DeV. (acan) g
c 0,63
0,64
26423
0,64
fr0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,63
actia GrouP (ati) g
c 8,45
8,48
6576
8,48
fr0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
8,36
aDocia (aDoc) g
B 16,32
16,5
6996
16,78
fr0011184241
6.916.753
16,26
aéroPorts De Paris (aDp) !
a 184,1
188,3
156614
189,6
fr0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
181
air France-Klm (af) !
a 8,92
9,05
4178834
9,05
fr0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,76
aKKa tecHnoloGies (aKa) g
B 66,6
66,1
9360
66,7
fr0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
65,9
aKWel (aKW) g
B 22,1
22,3
11665
22,65
fr0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
22
alD (alD)
a 15,82
15,98
66894
16,03
fr0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
15,82
alPes (cie Des ) (cDa) g
B 29,55
29,6
10493
29,7
fr0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
29,3
alstom (alo) LR
a 37
37,02
453613
37,26
fr0010220475
20/07/18 0,35 222.210.471
36,88
altarea (alta) g
a 181,6
180,8
4207
182,6
fr0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
178,2
alten (ate) !
a 85,55
86,05
22904
86,45
fr0000071946
25/06/18 1 33.828.497
85,4
altran tecHnoloGies (alt) ! a 8,84
8,905
624429
8,92
fr0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
8,78
amPlituDe surG. (ampli) g
3,22
3,19
3770
3,22
fr0012789667
46.929.852
3,18
amunDi (amun) !
a 60,04
60,06
eX-Ds 15/03/17
106592
60,2
fr0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
59,6
aPril GrouP (apr)
B 12,95
12,9
982
12,95
fr0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
12,9
arcHos (JXr) g
c 0,707
0,709
121912
0,721
fr0000182479
42.561.334
0,707
arKema (aKe) L
a 104,45
104,75
153226
104,85
fr0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
103,95
artPrice.com (prc) g
c 14,5
14,66
7475
14,72
fr0000074783
6.651.515
14,22
assYstem (asY) g
B 28,05
27,8
oPa 24/11/17
885
28,05
fr0000074148
19/06/18 1 15.668.216
27,5
atari (ata)
c 0,453
0,452
854026
0,458
fr0010478248
255.105.360
0,449
auBaY (aub) g
c 37,75
37,3
4814
37,75
fr0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
37,3
aurea (aure)
c 7,34
7,3
927
7,34
fr0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
7,26
aVenir telecom (avt) g
c 0,228
0,238
854827
0,245
fr0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,227
aXWaY soFtWare (aXW) g
B 18,54
18,8
789
18,8
fr0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
18,54
Bénéteau (ben)
a 13,68
13,9
72066
13,96
fr0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
13,46
Bic (bb) !
a 77,4
77,1
62723
77,75
fr0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
76,9
BiGBen int. (biG) g
c 10,62
10,8
8817
10,84
fr0000074072
30/07/18 0,1 19.060.784
10,62
BiomérieuX (bim)
a 72,4
72,2
68846
72,7
fr0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
71,7
Boiron (boi) g
a 68,2
68,5
2720
68,5
fr0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
68,2
Bolloré (bol) !
a 4,01
4,05
1215063
4,05
fr0000039299
06/06/18 0,04 2.927.197.152
3,982
BonDuelle (bon) g
B 28,1
28,15
6669
28,5
fr0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
28,1
Bureau Veritas (bvi) L
a 22,13
22,2
539326
22,35
fr0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
22,13
Burelle sa (bur)
a 1330
1330
28
1330
fr0000061137
05/06/18 16 1.853.315
1320
carmila (carm)
c 23
23,05
5266
23,05
fr0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
22,95
casino (co) LR
a 30,74
30,84
453352
30,97
fr0000125585
18/05/18 1,56 109.729.416
30,45
catana GrouP (catG) g
c 2,795
2,81
54574
2,83
fr0010193052
30.514.178
2,78
cGG (cGG) !
c 2,3
2,334
3981293
2,368
fr0013181864
699.326.544
2,284
cHarGeurs (cri) g
c 23,5
23,48
8364
23,68
fr0000130692
26/04/18 0,35 23.501.104
23,42
cHristian Dior (cDi)
a 369
375,3
eX D oP 08/06/17
7751
375,3
fr0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
368,8
cie Du camBoDGe (cbDG)
a
/150818
fr0010557264
aBc arBitraGe (abca) g
fr0000079659
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. ! : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 0,58 - 46,33
+ 0,58
11,15
- 56,84
4,05
- 0,42 + 12,58
- 4,33
7,48
+ 15,71
6,27
+ 0,92 - 23,52
- 1,49
9,87
- 36,11
6,48
- 25,58
+ 0,63
0,87
- 12,33
0,562
+ 0,36 + 21,49
+ 8,3
9,08
+ 5,87
6,83
+ 0,49 + 14,98
-10,13
21,3
- 9,59 13,28
+ 2,17 + 18,8
- 5,42 202,6
+ 29,68 156
+ 1,46 - 33,36
+24,97 14,51
- 29,84
6,646
- 0,15 + 42,76
+ 7,13 68,8
+ 50,23 46,2
+ 0,91 - 33,85
- 5,51 36,8
- 32,49 21,1
+ 0,82 + 23,73
+ 6,75 16,64
+ 16,81
12,54
- 9,42
+ 3,68 36,1
+ 10,86 27,3
+ 0,43 + 6,98
- 3,52 41,52
+ 19,38 32,79
- 0,44 - 13,12
- 7,38 218,5
- 5,32 178,2
+ 0,47 + 23,62
- 1,66 92,8
+ 15,39 69,5
+ 1,25 - 28,77
+ 2,89 13,681
- 32,93
8,13
- 0,93 - 9,89
+ 6,69
4,4
- 36,33
2,9
+ 0,17 - 14,99
+ 2,25 77,66
- 10,21 57,74
- 0,39 - 12,24
- 0,77 16,4
- 7,19
12,3
- 0,14 + 9,08
-15,6
1,576
+ 14,35
0,65
+ 0,77 + 3,15
+ 2,85 112,9
+ 9,75 94,82
+ 2,37 - 13
+ 4,71
17,88
- 9,23 13,16
- 0,89 - 7,09
+ 1,46 33,05
- 14,28 25,1
+ 25,56
- 1,09
0,948
+ 22,16
0,367
+ 7,8
- 0,53 43,3
+ 23,27 33,55
- 15,21
- 4,45
9,3
- 3,69
6,94
+ 5,31 + 13,33
+ 1,71
0,477
+ 25,26
0,21
- 17,54
- 4,08 23,1
- 18,26 17,82
+ 3,58 - 30,31
+ 8,59 23,2
- 1,94 12,38
- 0,19 - 15,88
- 4,99 99,05
- 24,41 73,05
+ 1,5 - 21,68
- 7,06 16,2
+ 13,09 10,3
+ 0,14 - 3,33
- 6,6
82,2
+ 15,96 59
+ 0,44 - 8,48
- 6,8
78,5
- 14,18 66,1
+ 0,9 - 10,56
+ 4,76
4,798
+ 2,35
3,8
- 0,18 - 36,13
-11,48 47,8
- 21,81 28,05
- 0,18 - 2,59
- 4,35 24,28
+ 11,45 20,39
+ 0,38 + 4,72
+ 1,92 1420
+ 13,2 1255
+ 0,22 - 0,71
- 1,07 25,35
- 3,76 22,4
+ 0,69 - 39
- 9,03 53,48
- 40,43 30,37
+ 1,08 - 7,26
- 6,18
3,611
+186,32
2,697
+ 1,48 + 52,77
+ 3,83
4,1
+101,57
1,295
+ 0,26 - 7,23
- 5,48 28,64
+ 0,3
22,1
+ 2,01 + 23,23
+ 4,34 383,8
+ 48,96 291,6
- 7,56
7550
- 7,95 6550
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
claranoVa (cla) g
c 0,829
0,828
1174968
0,833
393.613.788
0,821
a 20
20,1
295867
20,14
fr0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
19,99
coFace (cofa) g
a 7,97
7,97
160628
8,11
fr0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
7,95
colas (re)
a 169,8
170
441
170
fr0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
168,8
Dassault aV. (am) !
a 1538
1525
5590
1538
fr0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
1512
Dassault sYstèmes (DsY) LR a 131,95
132,5
201887
132,75
fr0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
131,7
DBV tecHnoloGies (Dbv) !
B 32,8
31,48
161883
32,8
fr0010417345
30.006.352
30,58
DericHeBourG (DbG) g
B 4,7
4,638
648277
4,718
fr0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
4,61
DeVoteam (Dvt) g
c 108,4
108,4
3036
109,6
fr0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
108
Dir. enerGie (Dir)
42,06
42,14
11270
42,2
fr0004191674
01/06/18 0,35 44.832.479
42,06
DnXcorP (DnX) g
c 6,48
6,48
254
6,48
fr0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
6,4
eDenreD (eDen) !
a 34,2
34,76
403526
34,84
fr0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
34,13
eDF (eDf) LR
a 13,23
13,4
eX-Ds 7/03/17
1881369
13,4
fr0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
13,125
eiFFaGe (fGr) LR
a 94,36
93,8
425203
94,36
fr0000130452
22/05/18 2 98.000.000
92,08
eKinoPs (eKi) g
3,125
3,135
7908
3,145
fr0011466069
21.529.161
3,11
elior (elior) !
a 13,55
13,96
247342
13,98
fr0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
13,55
elis (elis) !
a 19,16
19,24
210756
19,3
fr0012435121
29/05/18 0,37 219.370.207
19,03
eos imaGinG (eosi)
c 3,62
3,64
32161
3,7
fr0011191766
22.641.483
3,62
eramet (era) !g
a 75,8
75,8
94509
77
fr0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
74,2
erYtecH PHarma (erYp) g
B 8,8
8,85
30867
8,85
fr0011471135
17.940.035
8,61
esi GrouP (esi) g
c 40,8
40,9
313
40,9
fr0004110310
5.955.072
40,6
eurazeo (rf) !
a 64,75
65
92524
65,15
fr0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
64,55
euro ressources (eur)
c 3,17
3,21
402
3,21
fr0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
3,17
euroFins scientiFic (erf) !
a 437,2
437,4
16699
441
fr0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
434
euroPcar GrouPe (eucar) !
a 8,21
8,38
243163
8,4
fr0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
8,155
eurotunnel (GrouPe) (Get) LR a 11,02
10,815
1813281
11,03
fr0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
10,645
eutelsat com. (etl) L!
a 20,6
20,4
514799
20,68
fr0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
20,38
eXel inDustries (eXe) g
B 105,5
105,5
30
106
fr0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
105,5
Faurecia (eo) !
a 53,18
53,26
356703
53,7
fr0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
52,48
FFP (ffp) g
a 112,6
112,4
2036
113,2
fr0000064784
22/05/18 2 25.072.589
112,4
FiGeac aero (fGa) g
B 13,24
13,42
35156
13,44
fr0011665280
31.839.473
13,22
Fin. oDet (oDet)
a 842
860
51
862
fr0000062234
07/06/18 1 6.585.990
842
Fnac DartY (fnac)
a 74,1
74,95
17852
75,65
fr0011476928
26.792.938
72,7
Foncière Des murs (fmu)
a 26,4
26,3
1571
26,4
fr0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
26,3
Foncière Des réGions (fDr) ! a 88,15
89,1
79726
89,2
fr0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
87,9
Foncière lYonnaise (flY)
a 58,6
58,6
327
58,6
fr0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
58,2
FromaGeries Bel (fbel)
a
/150818
fr0004026714
cnP assurances (cnp) !R
2,83
1,42
1,03
1,06
1,35
3,44
1,69
0,95
1,16
2,7
4,16
2,09
2,2
3,6
0,64
2,06
1,06
1,8
4,48
0,93
0,47
2,34
0,49
1,6
2,52
1,2
5,06
1,07
0,91
2,73
fr0000121857
18/05/18 7 6.872.335
Futuren (ftrn) g
c 1,135
n/P reGr.
6455
fr0011284991
277.776.587
Geci international (Gecp) g
c 0,176
652214
fr0000079634
01/10/01 0,1 143.231.856
Gecina (Gfc) !
a 145,9
91682
fr0010040865
12/06/18 2,65 76.162.901
Gemalto (Gto) L
a 49,85
139692
nl0000400653
22/05/17 0,43 90.785.956
GenFit (Gnft) !
B 23,34
82188
fr0004163111
31.166.437
GensiGHt (siGht)
c 2,17
12648
fr0013183985
24.766.723
Genticel (Gtcl) g
1,574
12905
fr0011790542
77.850.006
1,13
1,135
1,13
0,18
0,181
0,176
146
146,1
144,6
49,79
49,89
49,79
23,2
23,46
23,08
2,11
2,17
2,11
1,618
1,624
1,574
+ 0,61 + 68,98
- 5,69
1,223
+104,44
0,491
+ 0,4 + 4,39
+ 3,4
21,62
- 1,28 18,41
- 10,59
-12,13
10,76
- 5,23
7,5
+ 0,12 - 6,34
- 4,06 192
- 3,38 168,8
+ 1,67 + 17,5
- 9,76 1729
+ 18,13 1267
+ 0,49 + 49,57
+ 2,91 133,7
+ 58,91 87,52
- 4,32 - 24,86
- 2,11
47,38
- 57,66 28,54
- 0,81 - 49,1
-12,57
9,18
- 41,8
4,61
+ 44,82
+ 2,26 110
+ 43,58 72,5
+ 0,1 + 6,71
+ 0,38 42,8
- 17,08 28,3
+ 3,68
- 6,09 10
+ 7,82
5,8
+ 1,7 + 43,76
+21,62 35,95
+ 54,73 23,74
+ 1,13 + 28,6
+ 9,93 13,55
+ 48,28
9,832
- 0,43 + 2,69
- 2,45 101,7
+ 11,16 87
+ 0,16 - 33,01
- 4,86
5,49
- 36,28
3,1
+ 4,26 - 18,96
+ 6,97 19,71
- 39,57
11,59
+ 0,63 - 16,4
- 1,69 23,94
- 5,17
17,94
+ 0,83 - 23,85
-22,39
5,92
- 20
3,59
+ 1,27 - 23,46
-29,81 167,2
+ 35,36 73,75
+ 0,74 - 52,16
- 7,23 19,57
- 63,58
8,61
+ 0,25 - 12,04
- 2,62 48
- 9,07 34,8
+ 0,62 - 11,36
- 4,2
82,286
- 4,52 63,5
- 8,29
- 0,31
3,61
- 8,29
3,14
+ 0,6 - 13,83
- 6,58 545,5
- 8,62 382,2
+ 3,33 - 18,24
- 4,34 11,78
- 30,66
8,095
- 1,91 + 0,89
- 9,5
12,49
+ 11,32 10,11
- 0,83 + 5,73
+ 8,22 20,82
- 17,96 15,275
- 9,05
+ 2,93 125,5
+ 0,76 87,8
+ 0,6 - 18,23
-12,46 76,98
+ 8,57 52,48
- 0,18 + 12,06
+ 2,18 117,6
+ 26,98 94,5
+ 1,67 - 28,96
19,5
- 6,81
- 25,86 13,14
+ 2,14 - 12,77
+ 7,77 1090
- 1,71 786
+ 0,74 - 25,57
- 6,89 106,6
- 5,83 72,7
- 8,11
- 0,75 29,9
+ 0,73 25,3
+ 0,91 - 5,69
+ 1,08 97,3
+ 7,71 84,6
+ 7,31
+ 1,03 63,4
+ 5,62 54,4
- 8,98
- 0,45 565
- 20,43 436
1,14
1,125
+ 0,84+100
+ 1,69
0,32
- 10
0,09
+ 0,28 - 5,13
- 0,34 161,9
+ 11,2 137,3
- 0,38 + 0,59
- 1,01 50,38
+ 11,16 49,1
- 0,94 - 3,01
- 4,76 28,28
- 8,23 22
- 2,32 - 65,86
- 8,66
7,68
- 56,94
2,09
+ 3,06 - 2,53
- 3,58
2,08
- 12,54
1,42
4,18
4,27
4,82
1
0,44
3,02
0,83
0,83
21,61
1,78
1,12
2,13
3,01
1,92
3,03
1,92
4,67
0,55
1,81
2,77
5,93
1,5
2,07
1,78
0,12
1,57
4,21
11,82
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
clot
ost
vol.
+ haut
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
+ bas
Gl eVents (Glo) g
B 24,3
23,95
1509
24,3
fr0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
23,85
GrouPe crit (cen) g
B 71,7
71,4
1065
71,7
fr0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
71,2
GrouPe Flo (flo) g
c
eX D s 13/06/17
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
GrouPe GorGé (Goe) g
B 14,1
14,08
1902
14,16
fr0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
13,92
GrouPe lDlc (lDl) g
c 18,22
17,94
nom.
676
18,22
fr0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
17,88
GrouPe PartoucHe (parp)
25,9
26
reGr.
516
26
11/09/17 0,31 9.627.034
25,9
fr0012612646
Gtt (Gtt) !g
a 59
59
25818
59,7
fr0011726835
29/05/18 1,33 37.028.800
58,8
Haulotte GrouP (piG)
B 11,7
11,64
14487
11,9
fr0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
11,64
HiGH co (hco) g
c 5,49
5,52
14677
5,59
fr0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,49
HuBWoo (hbW) g
c
/150818
fr0004052561
icaDe (icaD) !
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 0,21
+ 6,92
- 4,96
- 0,42
+ 3,78
- 13,36
- 0,58
- 3,72
- 10,69
+ 0,14
+ 4,45
- 30,37
- 1,54
- 2,18
- 30,97
+ 0,39
- 2,62
- 19,88
+ 0,43
+20,7
+ 42,46
- 1,36
-16,14
- 20,55
+ 0,73
+ 9,31
- 5,32
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 2,24
27,9
22
2,71
- 1,9
95
67,5
6,16
- 0,38
0,34
0,23
- 10,15
19,04
13,24
- 10,26
22,2
15,36
- 23,05
36,5
23,7
1,19
+ 17,76
60,55
47,06
2,25
- 27,84
19,68
11,64
1,89
+ 12,65
5,59
4,3
2,54
+ 6,25
- 3,41
0,204
+ 13,33
0,155
+ 1,11 + 0,33
- 2,26 88,65
+ 9,83 76,25
+ 0,55 + 8,14
+ 8,14 155
+ 5,18 120
+ 1,58 - 37,12
- 9,41 214,4
- 42,48 122,55
0,54
+ 0,8 - 20,17
- 4,49 87,8
- 15,37 61,75
3,31
- 0,3 - 26,08
-16,24 94,34
- 23,69 62,52
2,28
- 1,1 - 4,93
- 1,7
6,995
- 57,95
4,41
+ 1,29 - 6,46
- 2,83
3,12
+ 9,13
2,215
+ 0,77 + 25,28
+ 6,78 39,8
+ 36,07 30,727
1,7
+ 1,09 + 44,72
+ 1,3 145,65
+ 31,6
99
0,69
+ 0,77 - 6,06
- 2,96 34,5
+ 1
25,96
3,02
- 0,41 - 11,27
- 5,43 32,9
+ 8,44 24
2,87
+ 7,14 - 16,98
- 4,12 36,9
- 4,65 25,46
2,01
+ 0,09 + 11,13
- 5,09 47,26
+ 17,69 38,9
4,2
+ 0,99 - 13,98
- 1,35 38,58
- 7,47 31,04
+ 0,36 - 5,79
- 8,45 30,58
- 6,09 22,84
2,16
- 0,7 - 9,23
4
+ 4,79 51,1
- 16,65 40,08
+ 1,68 - 7
+ 3,8
27,17
- 9,6
21,99
5,23
- 0,25 - 30,47
- 7,57
6
- 4,8
3,95
- 3,62
- 7,49 66,3
+ 9,27 47,85
2,45
+ 0,36 - 4,92
+ 1,27 60
+ 4,48 50,5
0,42
- 11,33
+15,19 26,3
- 9,72
17,82
1,7
+ 0,28 - 8,42
+ 0,98 39,45
- 24,7
30,25
3,75
+ 0,32 - 22,82
- 1,12
41,75
- 20,64 29
1,55
- 0,51 +120,99
+15,41
15,8
+143,06
6,8
+ 0,46 - 18,69
+ 1,33 24,34
- 14,59 16,71
5,43
+ 2,45 - 35,63
-22,95 38,58
- 29,74 23,56
1,81
+ 1,52 - 22,08
+12,53 63,9
- 21,55 40,1
3,64
- 1,22 + 6,07
+ 1,25 37,95
+ 8,52 29,5
1,92
+ 2,63 - 50,32
- 9,94 13
- 59,07
5,84
- 0,18 - 41,56
+ 3,36
5,41
+ 29,44
2,48
+ 0,68 - 19,49
- 1,26 18,75
- 11,74 14,51
+ 0,3 - 10,69
- 0,45 41,9
+ 1,28 31,65
2,25
+ 0,41 - 14,56
- 2,01
2,52
- 15,67
1,904
- 1,59 + 0,4
-18,68 18,87
- 19,77
8,295
+ 0,55 - 11,31
- 2,5
7,45
- 10,07
5,78
6,33
+ 52,2
136,6
+ 57,38 84,1
- 2,13 - 23,97
-22,36
2,9
- 25,2
1,83
27,17
- 0,44 - 46,23
- 7,79 52,26
- 42,14 27,04
2,55
+ 0,39 + 4,49
- 7,16 56,6
+ 11,72 45,28
4,82
+ 0,44 - 21,25
- 4,6
10,95
- 0,78
7,66
+ 0,22 - 1,54
+ 6,65
9,24
- 19,03
7,6
1,67
+ 1,45 - 4,39
- 3,16 10,94
+ 1,98
9,5
1,43
+ 0,26 + 9,26
- 3,59
2,49
- 70,94
1,051
+ 13,58
- 9,96 125,2
+ 13,01 87,5
0,99
+ 1,35 - 49,09
- 5,37
9,56
- 62,01
4,04
- 1,7 + 44,94
+15,82 65,8
+ 37,05 44,05
1,02
- 0,73 - 40,65
+ 2,64 45,65
- 39,15 26
- 1,07 - 34,49
-10,5
4,085
- 68,46
1,6
+ 0,41 - 8,75
- 7,32 42,21
+ 5,2
34,03
1,42
+ 0,14 - 22,89
- 2,44 20,45
- 34,45 13,9
13,87
+ 0,4 + 12,38
+ 0,2
53
- 2,72 44,2
2,5
- 0,51 - 33,88
+ 0,05 16,32
- 40,21
9,2
10,2
- 37,84
- 0,12
15,35
- 15,45
7,69
+ 0,74 + 6,84
+ 8,34 131,3
+ 26,76 99,05
1,34
+ 0,19 - 11,87
+ 9,76 15,58
+ 0,49 11,82
3,15
+ 33,33
+ 1,27 477
+ 42,34 330
1,15
136.345.527
a 81,6
82,2
56582
82,45
02/05/18 4,3 74.531.428
81,15
B 145,4
146,2
500
146,6
fr0010929125
5.628.475
145,4
iliaD (ilD) !
a 123,65
125,6
83884
126,05
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
122,75
imerYs (nK) !
a 62,85
62,7
54717
63,05
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
62,6
inGenico GrouP (inG) LR
a 66,26
65,8
237121
66,78
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
65,62
innate PHarma (iph) g
B 4,594
4,516
51288
4,594
fr0010331421
57.600.100
4,51
insiDe secure (insD)
c 2,715
2,75
48279
2,775
fr0010291245
44.119.162
2,68
inter ParFums (itp) g
B 39
39,35
18057
39,5
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
38,8
iPsen (ipn) !
a 142,5
144,1
71557
144,25
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
141,8
iPsos (ips) !
a 28,74
28,84
33576
29,06
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
28,58
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 24,6
24,4
6371
24,7
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
24,3
JcDecauX (Dec) !
a 28,2
27,9
238155
28,34
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
27,48
KauFman & BroaD (Kof)
B 44
44,04
13099
44,24
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
43,72
KlePierre (li) LR
a 31,2
31,54
365787
31,55
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
31,16
Korian (Kori)
a 27,64
27,74
94235
27,92
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
27,3
laFarGeHolcim (lhn) L
a 43,01
42,7
130561
43,07
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
42,7
laGarDère (mmb) !
a 24,51
24,86
327165
24,89
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
24,49
latecoere (lat) g
c 3,98
3,97
43843
4,015
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,95
le Bélier (beli) g
c 48,2
48,2
1675
48,25
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
47,85
lna santé (lna) g
B 55,9
56
2399
56,1
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
55,9
lectra (lss)
B 22,35
22,3
8183
22,5
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
22,2
lineData sVices (lin) g
B 35,95
36
524
36
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
35,85
lisi (fii) g
a 30,85
30,95
10265
31,35
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
30,85
lumiBirD (lbirD) g
c 15,78
15,58
9533
15,78
fr0000038242
15.884.557
15,4
m6-métroPole tV (mmt) !
a 17,43
17,51
80403
17,62
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,41
maisons Du monDe (mDm)
B 23,64
24,3
131874
24,38
18/06/18 0,44 45.241.894
fr0013153541
23,56
maisons France conF. (mfc) g B 46,2
46,7
1574
47,15
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
46,2
manitou (mtu) g
B 32,65
32,35
5486
32,75
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.617.974
32,35
marie BrizarD W & s (mbWs)
B 6,11
6,25
47591
6,5
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
6,11
mauna Kea (mKea)
c 2,765
2,77
8081
2,77
fr0010609263
23.147.338
2,745
mercialYs (merY) g
a 14,75
14,85
47438
14,89
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
14,72
mersen (mrn) g
B 33,35
33,35
20689
33,6
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
33,2
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 1,942
1,948
54972
1,958
fr0004177046
23.261.500
1,904
nanoBiotiX (nano) g
B 15,23
14,89
76594
15,23
fr0011341205
19.633.373
14,74
natiXis (Kn) LR
a 5,828
5,85
3603016
5,886
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,804
natureX (nrX) g
B 134,8
134,8
458
134,8
fr0000054694
03/07/14 0,1 9.568.951
134,8
netGem (ntG) g
c 1,88
1,84
8889
1,88
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,83
neXans (neX) !
a 27,8
27,48
105493
27,89
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
27,32
neXitY (nXi) !
a 51,65
51,85
70253
51,9
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
51,3
nicoX (coX)
B 8,08
7,985
24889
8,08
fr0013018124
22.869.669
7,935
nrJ GrouP (nrG) g
B 9,02
8,98
6606
9,06
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,98
oeneo (sbt) g
B 9,66
9,8
13976
9,8
fr0000052680
31/07/18 0,15 63.180.843
9,53
onXeo (onXeo) g
B 1,171
1,18
55990
1,18
fr0010095596
50.914.722
1,161
orPéa (orp) !
a 112
111,65
107963
112,2
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
110,95
Parrot (parro) g
B 4,425
4,49
50854
4,49
fr0004038263
30.174.671
4,35
PHarmaGest int. (pha)
65
63,7
2522
65,1
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
63,7
Pierre & Vacances (vac) g
B 27,5
27,2
1560
27,5
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
27,2
PiXium Vision (piX) g
c 1,69
1,67
18438
1,692
fr0011950641
20.813.963
1,656
Plastic omnium (pom) !
a 34,44
34,58
169437
34,73
fr0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
34,37
PlastiValoire (pvl)
B 14,6
14,42
DiV 8 02/05/17
13996
14,6
fr0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
14,18
PsB inDust. (psb)
c 49,9
50
192
50,4
fr0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
49,9
rallYe (ral)
a 9,8
9,805
77756
9,85
fr0000060618
30/05/18 1 54.999.135
9,735
recYleX sa (rX)
c 8,095
8,1
10071
8,18
fr0000120388
04/07/90 0,61 25.741.482
8,05
rémY cointreau (rco) !
a 123
123,4
61998
123,7
fr0000130395
31/07/18 1,65 50.223.800
122,6
reXel (rXl) !
a 13,395
13,325
678455
13,525
fr0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
13,29
roBertet sa (cbe)
B
/150818
c.i.P.
fr0000045601
28/06/18 5,2 143.582
roBertet sa (cbr)
B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 31,25
30,95
- 0,96
9020
31,4
- 2,37
fr0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
30,85
- 1,31
ruBis (rui)
a 50,25
50,45
DiV 2 28/07/17
99777
50,55
- 2,98
fr0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
50
- 8,97
sartorius steD. Bio. (Dim)
a 103,6
103,8
+ 0,19
DiV 6 10/05/16
47559
104,3
+10,78
fr0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
102,8
+ 65,97
saVencia (bh)
B 74,6
74,4
- 0,27
439
75
- 4,12
fr0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
74,4
- 11,97
fr0000035081
iD loGistic (iDl) g
+ 1,36
33,85
28,25
- 14,46
65,6
46,72
+ 72,17
107,2
59,75
- 7,83
90,8
72,8
2,2
2,97
0,41
2,15
srD suite
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
ost
vol.
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
scor (scr) LR
a 33,82
471994
fr0010411983
30/04/18 1,65 191.807.715
seB (sK) !
a 154,9
36661
fr0000121709
21/05/18 2 50.169.049
seQuana (seQ)
c 0,458
63776
fr0011352590
65.183.351
ses-imaGotaG (sesl) g
B 28,55
496
fr0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
sHoWroomPriVé (srp) g
B 6,18
28197
fr0013006558
32.804.103
B
siPH (siph) g
fr0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
soitec (soi) !
B 63,95
eX-Ds 13/05/16 reGr.1P20
136842
fr0013227113
30.311.510
solocal GPe (local) g
B 1,01
reGr.
2171569
fr0012938884
582.684.440
somFY (so)
a 78,5
1629
fr0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
soPra steria GP (sop)
a 148,2
18260
fr0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
sPie (spie) !
a 14,7
199321
fr0012757854
29/05/18 0,4 150.000.000
sQli (sQi)
26,65
1715
fr0011289040
21/07/17 0,88 4.425.786
c 0,164
st DuPont (Dpt) g
21673
fr0000054199
16/09/14 0 524.279.556
steF (stf) g
B 100,2
1093
fr0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
stentYs (stnt) g
c 1,156
10984
fr0010949404
26.824.657
suez enVironnement (sev) LR a 12,495
1611485
fr0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
suPersonic im. (ssi) g
c 2,13
23117
fr0010526814
23.209.127
sWorD GrouP (sWp) g
B 34
2374
fr0004180578
03/05/18 1,02 9.544.965
sYnerGie (sDG) g
B 37,4
4377
fr0000032658
20/06/18 0,8 24.362.000
a 23,48
tarKett (tKtt) !
61377
fr0004188670
03/07/18 0,6 63.722.696
a 1,148
tecHnicolor (tch) !
1129096
fr0010918292
21/06/17 0,06 414.461.178
telePerFormance (rcf) !
a 159,6
153274
fr0000051807
25/04/18 1,85 57.780.000
terreis (ter)
B 42,2
301
fr0010407049
15/05/18 0,41 25.239.254
tF1 (tfi) !
a 8,645
165718
fr0000054900
30/04/18 0,35 209.895.340
tHales (ho) LR
a 115,05
164137
fr0000121329
30/05/18 1,3 212.873.485
tHermaDor GrouPe (thep)
B 56
939
fr0013333432
9.109.752
tiKeHau caPital (tKo)
a 27,9
eX D s 03/07/17
1712
fr0013230612
30/05/18 1 70.888.284
c8
touaX (toup) g
3248
fr0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
transGène (tnG)
B 3,01
20239
fr0005175080
62.275.923
triGano (tri) g
B 115,6
18535
fr0005691656
11/01/18 1,3 19.336.269
uBisoFt entertainment (ubi) LRa 89
308284
fr0000054470
113.918.191
Vallourec (vK) !
a 4,791
3077826
fr0000120354
04/06/15 0,81 457.987.760
ValneVa (vla) g
B4
80258
fr0004056851
78.773.618
Vicat (vct) !
a 52,75
8669
fr0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
a 58,5
Vilmorin & cie (rin) !
6697
fr0000052516
13/12/17 1,6 20.833.902
VirBac (virp) g
a 127,4
4770
fr0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VranKen-PommerY m. (vrap)
B 24,2
2399
fr0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WaVestone (Wave)
B 156,4
906
fr0004036036
01/08/18 0,81 5.049.123
WenDel (mf) !
a 122,9
37892
fr0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
WorlDline (Wln) !
a 50,1
48836
fr0011981968
133.451.173
X-FaB silicon (Xfab)
a 7,76
81486
be0974310428
130.781.669
a
XPo loGistics (Xpo) g
fr0000052870
clot
+ haut
+ bas
33,96
34,29
33,81
155,5
155,7
153,9
0,458
0,458
0,452
28,35
28,55
28,2
6,22
6,22
6,14
63,3
65,2
62,65
1,028
1,032
0,991
79
79
78,5
149,6
150
148,2
14,68
14,8
14,6
27,45
27,65
26,65
0,168
0,168
0,164
99,5
101,2
99,5
1,156
1,162
1,15
12,58
12,59
12,425
2,105
2,13
2,08
33,85
34,1
33,85
37,5
38,2
37,25
23,52
24,02
23,3
1,166
1,172
1,141
160,5
160,6
158,2
41,9
42,2
41,9
8,79
8,805
8,56
115,25
115,5
114,2
56
56,4
56
28,1
28,1
27,9
7,92
8,06
7,92
3,04
3,045
2,985
119
119,8
115,1
89,62
91,04
88,8
4,743
4,86
4,702
4
4,01
3,95
53,1
53,2
52,65
58
58,7
58
129,4
129,8
127,4
24,3
24,3
24
154
156,4
154
122,8
123,1
122,3
50,4
50,45
49,92
7,7
7,8
7,7
12/07/18 0,8 9.836.241
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 0,44
+ 4,04
- 7,88
+ 0,39
+ 4,78
+ 1,3
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 1,24
36,89
30,84
4,86
+ 0,68
175,9
142,7
1,11
- 33,62
- 3,58
0,9
- 53,74
0,44
- 0,7 - 5,06
+ 3,09 30,9
- 1,9
23,6
+ 1,63 - 1,89
-13,01
11,7
- 64,23
6,1
- 0,6 - 0,66
- 2,7
87,9
- 1,78 80,7
- 0,78 + 6,48
-13,17 86,15
+ 23,63 54,6
+ 2,09 + 23,86
- 6,55
1,297
+ 8,1
0,832
+ 0,13 - 4,09
+ 1,02 91
- 4,24 73
7,72
+ 1,08 - 4,01
-15,1
187,9
+ 4
138,6
1,6
+ 0,21 - 32,37
-16,64 22,4
- 36,57 14,6
2,73
- 1,79 - 20,45
+ 3,06 39,22
- 37,96 24,537
+ 1,82 + 12
+ 6,33
0,205
- 1,18
0,137
- 0,7 + 5,38
- 2,45 115
+ 0,51 92
2,46
+ 0,17 - 24,56
+ 0,35
2,011
- 26,35
1,14
+ 0,64 - 14,22
+ 9,15
14,925
- 20,53 10,58
5,17
+ 0,24 + 11,97
- 8,48
2,45
+ 31,56
1,508
- 0,44 + 0,03
+ 0,74 37,8
+ 1,2
32,5
3,55
+ 0,13 - 14,55
- 8,42 54,5
- 8,09 37,25
2,13
+ 0,43 - 32,76
+5
37,34
- 34,8
21,24
2,55
+ 1,57 - 59,37
+ 8,47
3,328
- 62,42
0,995
+ 0,5 + 34,37
+ 1,65 162,3
+ 36,77 111
1,15
- 0,71 - 2,1
+ 0,72 48,2
- 0,26 39,2
+ 2,27 - 28,45
- 8,15
12,89
- 30,43
8,56
3,98
+ 0,35 + 28,23
+ 0,74 116,75
+ 20,67 84,3
1,13
- 1,32
+ 0,36 66,5
+ 19,89 54
+ 0,36 + 28,02
+ 2,55 29,3
+ 28,96 21,4
3,56
- 0,25 - 32,25
-13,54 12,4
- 40,67
7,78
+ 7,42
- 3,8
3,46
- 8,43
2,715
+ 3,03 - 19,21
- 0,92 180
+ 4,39 112,3
1,09
+ 0,27 + 39,73
-10,22 107,9
+ 62,77 61,6
- 0,11 - 5,8
- 7,58
6,078
+ 3,63
4,152
+ 0,13 + 44,4
- 1,48
4,19
+ 40,35
2,78
+ 0,76 - 19,29
- 5,52 70,9
- 9,65 52,35
2,83
- 0,17 - 34,34
+ 1,4
91,9
- 25,45 55,5
2,76
+ 1,09 + 4,78
+15,54 130,4
- 10,76 103
+ 2,97
+ 3,85 24,7
+ 0,75 22,3
3,29
- 1,28 + 24,91
-13,29 180,6
+ 52,85 124
0,53
+ 0,16 - 14,96
- 0,65 152,6
- 6,62 111,7
2,16
+ 0,6 + 23,92
- 4,36 55,15
+ 44,52 39,74
- 0,9 - 19,82
- 1,41
11
- 12
7,63
+ 16,5
+ 0,67 322
+ 41,54 242
80
Autres Valeurs de la Zone euro
Gemalto (Gto) L
nl0000400653
noKia (noKia) R
fi0009000681
ses (sesG) LR
lu0088087324
a 49,85
139692
22/05/17 0,43 90.785.956
a 4,534
202662
31/05/18 0,13 5.839.404.303
17,86
613133
23/04/18 0,68 359.506.172
49,79
49,89
49,79
4,559
4,58
4,531
17,775
17,87
17,635
- 0,38 + 0,59
- 1,01 50,38
+ 11,16 49,1
+ 1,31 + 17,08
- 8,97
5,386
- 16,01
3,845
- 0,14 + 36,63
+ 4,62 18,31
- 10,68 10,55
4,21
11,82
0,3
15,40
4,17
4,5
VALeurs Zone InternatIonale
General electric (Gne)
10,98
4503
usD 15/06/18 0,08 8.691.081.000
7,965
10726
Gb0005405286
usD 16/08/18 0,1 19.920.503.320
laFarGeHolcim ltD (lhn) L
a 43,01
130561
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
scHlumBerGer (slb)
a 55,2
3707
an8068571086
usD 05/06/18 0,5 1.434.212.164
stallerGenes Greer (staGr) a 27
1510
Gb00bZ21rf93
19.738.742
us3696041033
HsBc (hsb)
10,72
10,98
10,72
7,89
7,965
7,873
42,7
43,07
42,7
54,2
55,4
54,2
27,05
27,4
26,8
- 2,19
- 9,61
- 50
+ 0,31
- 1,63
- 3,78
- 0,7
+ 4,79
- 16,65
- 1,46
- 5,9
- 0,39
+ 0,56
+ 1,31
- 21,91
- 27,03
16,12
10,32
- 7,61
8,996
7,497
- 9,23
51,1
40,08
- 2,97
65,4
51
- 29,76
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 // FINANCE & MARCHES
Vendredi 17, samedi 18 août 2018 Les Echos
euronext//taux&changes//matières premières
actions
françaises
EuronExT hors srd
isin
fr0013341781
fr0000076887
fr0013185857
fr0000076861
be0974269012
fr0000062978
fr0012821890
fr0004152874
fr0013296746
fr0000053043
fr0000036105
fr0000044612
fr0000062804
fr0000053837
fr0000039216
fr0011051598
fr0013258589
fr0010481960
fr0012185536
fr0000076952
fr0011992700
fr0004042083
fr0000061780
fr0013183589
fr0011800218
fr0000064123
mc0000031187
fr0013258399
fr0000062788
fr0000035370
fr0000062150
fr0011592104
fr0004548873
fr0000074254
fr0000078958
fr0010151589
fr0012969095
fr0000064156
fr0000072894
fr0000064446
fr0010193979
fr0000078339
fr0000053506
fr0010309096
fr0012633360
fr0012616852
fr0000037475
fr0000060907
fr0000054322
fr0000060824
fr0000053399
fr0013335742
fr0004031763
nl0010489522
fr0000065393
fr0000044323
fr0000185506
fr0010483768
fr0000045213
fr0010461053
fr0000045239
fr0000045551
fr0000185514
fr0000044364
fr0000045528
fr0000045346
fr0000045544
fr0000045304
fr0000050395
fr0007317813
fr0011026749
fr0000036774
fr0010879056
fr0013283108
fr0000035784
fr0012202497
fr0000065260
fr0000052839
fr0010099515
fr0000072373
fr0000031023
fr0012650166
fr0004030708
fr0000120669
fr0000061475
fr0000075343
fr0010490920
fr0000064164
fr0000037343
fr0000039026
fr0000062341
fr0000062507
fr0000038184
fr0000063034
fr0011271600
fr0000062101
fr0000061418
fr0000060535
fr0000076986
fr0000035123
fr0000074759
fr0000065930
fr0000064362
fr0000038499
fr0010341032
fr0011277391
fr0000063265
fr0000053944
fr0013030152
fr0010588079
fr0000031973
fr0000030611
fr0000034894
fr0000053035
fr0010501692
fr0011799907
fr0000061459
fr0004038099
fr0000065971
fr0000124232
fr0004010338
fr0004050300
fr0010214064
fr0004155000
fr0000032526
fr0000066722
fr0004035061
fr0000038531
fr0012821916
fr0000065278
fr0000051393
fr0000030827
fr0000033243
fr0000036980
fr0000066219
fr0000071797
fr0000064297
fr0000060451
fr0000064958
fr0013233012
fr0000072597
fr0004026151
fr0000073843
fr0012872141
fr0004029411
fr0000039638
fr0000066607
fr0000035263
fr0004027068
fr0006864484
fr0000075673
fr0000121295
fr0004165801
fr0004023208
fr0000033599
fr0000121352
fr0000030074
fr0000032302
fr0000051070
fr0011742329
valeur
ouv
+ht
2crsi
c 10,4
10,55
a.s.t. groupeg
c 10,22 10,38
abeo
c 35,9 36
acteosg
c 3,09 3,1
ad capital
adl partnerg
c 14,85 15
adux (ex:hi media) c 4
4,02
advenisg
c 1,855 1,855
advicenne
c 11,726 11,726
advini
c 32,2 32,4
affine reg
c 16,06 16,14
afone
c 9,8
9,8
alpha mos
c 0,456 0,456
altamirg
b 16,4
16,62
altareit
b
amoebag
c 4,745 4,745
antalis
b 1,444 1,448
argang
b 44,8 45,3
artea
c
artois
a
ateme
c 13,72 13,8
au femining
b
augros cp
c 6,2
6,2
aures tech.
c 41,5 42,9
awoxg
2,09 2,1
baccarat
b
bains monaco
b 52,4 53,4
balyo
c 3,59 3,59
barbara bui
c
bastide
c 45,1
46,5
bleecker
c
blue solutionsg
16
16,1
bourbon!g
a 5,11
5,16
bourse direct
c 1,58
1,58
business et dec.g
c 7,92
7,92
cafom
c 9
9,15
capelli
45,6 45,6
carp.de partic.
c
castg
c 3,87
3,93
catering inter.g
b 16,35 16,35
cbo territoriag
c 3,73
3,75
cca intern.
c
cegedimg
b 32,8 32,8
cegerealg
b 37,4
37,4
cellnovog
c 2,8
2,805
cerenisg
b 1,912 1,92
cfi
c
chausseria sa
c
cibox inter.g
c 0,215 0,238
clayeuxg
c
cnimg
b108
108
cogelec
c 11,71 11,72
coherisg
c 2,26 2,26
constellium
courtois
c143
143
cr alpes prov.
c 112
112,4
cr atl. vendée
c130,7 130,8
cr brie picard.
b 24,48 24,6
cr ille vilaine
c 101,5 102
cr languedoc
c 74,51 74,6
cr loire hte-loire c 90,01 90,01
cr morbihan
c 81,09 81,09
cr nord france
b 21,35 21,5
cr norm. seine
c 128,7 129
cr paris idf
b 91,95 91,96
cr rhône-alpes
c 197,98 198
cr toulouse
c 111,8 111,8
cr tour. poitou
c105,3 105,4
crosswood
c
cs-com. et syst.g
c 6,8
6,88
daletg
c 14,6
14,6
dane-elec memoryg c
deinove
2,465 2,48
delta plus group b 50,5 50,5
digigram
c 0,785 0,785
dms
c 1,16
1,175
docks pétroles a c
dom securityg
c 61
61,8
ecag
c 15,4
15,4
egideg
c 2,18
2,2
elect. strasbourg b 114
115,5
electro powerg
c 10,75 10,8
encres dubuitg
c 5,5
5,5
essog
b 44,55 45,55
eurasia fonc inv
c
euromedis groupeg c 6,85 6,85
europacorpg
c 1,66
1,73
exacompta clairef. c 124
124
expl. prod. chim.
c
expl. prod. chim.
c
f.i.e.b.m.
c
f.i.e.b.m.
c
f.i.p.p.
c 0,29 0,302
fauvet-girel g
c
fermentalgg
3,035 3,04
fermière cannes
b
fiducial office
c 28
28
fiducial re
b 195
195
fin. moncey
a
finatis
b 47,4
47,4
fleury michon
b 50,2 50,2
foncière 7 inv.
c
foncière atland
c 114
114
foncière euris
b 31,8
31,8
foncière inea
b 40
40
foncière paris nord c 0,044 0,045
foncière r-paris
c
foncière volta
c 4
4
française energie c 14,7
14,9
frey
b 28,8 28,8
fsdv
c
galimmo
c 24,2 24,2
gaumont
b
gea
c 96
96,8
generixg
c 3,68 3,68
genomic visiong
0,82 0,835
gérard perrier
c 59,8 59,8
gfi informatiqueg b 8,1
8,1
graines voltZ
c 39
39
groupe ird
c 25,2
25,2
groupe jaj
c 1,85
1,85
groupe openg
c 29,55 29,75
groupe piZZorno
c 20,7
21
groupe sfpig
c 3,2
3,2
guerbetg
b 58
58,3
guillemot corp.g
c 4,75
4,84
guy degrenne
c 0,182 0,182
hf companyg
c 7,02
7,02
hipay group
c 15,05 15,3
hopscotch groupeg c 7,6
7,6
idi
b 44,5 44,7
ige + xaog
c
immo. dassault
b 54,2 54,2
immo. hôtelière
c
ind. fin. ent.
c
infotelg
c 49,2 49,2
innelec mult.g
c 5,8
5,8
installux sa
c
intexa
c
inventiva
b 8,22 8,22
it linkg
c 8,14
8,2
itesoftg
c 3,72
3,8
its groupg
c 7,3
7,38
jacques bogart
c 6,64 6,74
keyrusg
c 6,06 6,14
la foncièreverte c
lacroix sa
c 26,7
26,8
lafuma
c 22,8 22,8
lanson-bcc
b 31,4
31,6
laurent-perrier
b 112,5 112,5
le tanneurg
c
lebon
c 143,5 143,5
les hôtels de paris c
les nx constr.
b 47,7
47,7
lexibookg
c 0,9
0,938
locindus
b 24,9 24,9
malteries fr-b
c505 505
manutan inter.g
b 72,8
73,2
maurel & prom!
a 5,71
5,9
mcphy energyg
5,78
5,8
+bs
10,4
10,2
35,7
3,05
clôt écart vol
10,55 + 1,44
8253
10,32 + 1,18
3576
35,7 - 0,83
209
3,1 + 0,32
697
14,85
3,97
1,82
11,726
32,2
16,02
9,2
0,45
16,4
15
+ 1,35
3,97 - 0,5
1,82 - 1,89
11,726
32,4 - 1,82
16,06 + 0,13
9,2 - 5,64
0,45 - 1,53
16,52 - 0,24
0,09
101
364
2225
1
99
608
201
1740
20337
545
4,69
1,44
44,8
4,72 - 0,53
1,448+ 0,14
44,8 + 0,22
852
917
235
10,5
6250
13,6
6,2 42,65 +
2,08 -
0,88
1,26
4,62
3,14
0,95
6303
52,8 + 0,76
3,56 - 0,56
1507
43309
13,6
36,16
6,2
41,4
2,07
220
1007
5665
222
51,8
3,51
7,25
45,1
45,55 + 1
15,85
5,08
1,52
7,92
9
44,7
16,1 + 0,63
5,16 + 0,59
1,52 - 4,4
7,92 - 0,13
9,15
45
1375
90
984
19128
56
57
319
339
54
3,87
16,3
3,73
3,93 + 1,55
16,3
3,75 + 0,54
32
37,4
2,78
1,87
32,1 + 0,31
37,4
2,78 - 1,77
1,92 + 0,42
1701
647
3520
4,99
7985
1
8134
24807
1,9
0,001
0,215
0,236+ 11,85 1497695
0,25
106
11,7
2,24
106
- 1,4
11,71 - 0,36
2,24 - 0,89
205
571
6386
actions
françaises
EuronExT hors srd suite
isin
fr0000061244
fr0000052623
fr0000064404
fr0010298620
fr0000077570
fr0011584549
fr0000064180
fr0004034320
fr0000060196
fr0000037970
fr0011341205
fr0013018041
fr0000120560
fr0004050250
fr0012789386
fr0010298901
fr0010428771
fr0000075392
fr0013190410
fr0010609206
fr0013318813
fr0010263202
fr0000038465
fr0011027135
fr0000053514
fr0000066441
fr0012432516
fr0000060832
fr0004044600
fr0012613610
fr0010380626
fr0010211615
fr0000044471
fr0000075954
fr0000039091
fr0013344173
fr0000060071
fr0000060121
fr0006239109
fr0000039109
fr0004175842
fr0011950682
fr0000060790
fr0000074122
fr0013214145
fr0004016699
fr0010209809
fr0000072563
fr0000078321
fr0000038804
fr0000075517
fr0000065864
valeur
ouv
+ht +bs
clôt écart vol
mecelec
c 1,755 1,755
1,755
1,755+ 0,86
20
medasysg
c 0,396 0,396 0,39
0,392 - 1,01
8707
média 6
c 13,6
13,6
13,6
13,6 + 0,37
1
memscapg
c 1,96
1,96
1,94
1,94 - 1,02
2864
micropoleg
c 1,345 1,355
1,34
1,355+ 0,37
14424
mndg
2,03 2,075 2,03
2,075+ 2,47
25175
moul. strasbourg c
645
mr bricolage sa
b 12,55 12,55
12,55
12,55 + 0,4
1
mrm
c 1,52
1,53
1,52
1,53
854
77
musée grévin
c
nanobiotixg
b 15,23 15,23
14,74
14,89 - 1,59
76594
navya
b 6,86 7
6,85
6,85 - 0,15
6322
neopost!
a 22,12 22,5
22,08
22,46 + 1,35
33132
neuronesg
b 22,9 23
22,7
23
+ 0,44
3402
nextstage
c102
102
101
101
- 0,98
10
officiis propertiesg c 1,59
1,59
1,59
1,59
1
ol groupeg
c 2,95 2,95
2,92
2,93 - 0,34
21807
orapig
c 8,06 8,08
8,06
8,08 + 0,25
246
orchestra-pre.
c 1,4
1,4
1,36
1,395+ 1,09 24808
orege
3,34 3,34
3,34
3,34
1
paragon id
c 30
30
28,55
29,85 - 0,5
84
c 82
82
81
81
199
parefg
passat
c 4,2
4,2
4,14
4,14 - 1,43
4773
patrimoine & com
b 19,8
19,8
19,7
19,7 + 0,51
376
pcas g
c
16,5
- 1,23
poujoulat
c
34,6
poxelg
c 6,77
6,79
6,7
6,71 - 0,74
14739
precia g
c208
210
208
210
+ 2,94
42
prismaflexg
c 17,6
17,65
17,1
17,5 - 0,85
332
prodways group
b 4,205 4,255 4,2
4,2 - 0,12
7463
prologueg
c 0,606 0,621
0,59
0,615+ 1,32
118311
quotium tech.
c
21
ramsay gds
b
19,1
- 7,14
riberg
c 3,395 3,42
3,365
3,42 + 0,89
13280
robertet sa
b506 506
500
500
247
roche bobois
b 22,2 22,2
22
22
114
s.a.m.s.e.
b 156
157
156
156
44
sabeton
c 25
25
25
25
- 0,79
440
c 6,9
6,9
6,9
6,9
749
scbsmg
séché env.g
b 27,9 28
27,9
28
11
selectirente
c 71
71
71
71
1
sergeferrari group c 8,92 8,92
8,92
8,92
1
signaux girod
c 26
26,3
25,2
25,6 + 0,39
1768
sii
c 25,8
25,8
25,1
25,1 - 2,34
1581
smcp
a 23,51 23,6
23,275 23,365- 0,57
36085
smtpcg
b 21
21
20,4
20,5 - 0,49
1934
2,6
soc. fr. casinos
c
sodifrance
c 18
18
18
18
- 5,26
200
soditech ing.
c 0,79 0,79
0,79
0,79 - 8,14
5153
sofibus
c
186
14,8
14,8
14,8 - 0,67
1
soft computingg c 14,8
sogeclairg
c 37,2
37,2
35,6
35,6 - 4,04
307
EuronExT hors srd suite
actions
françaises
isin
fr0000131732
fr0000063307
fr0004529147
fr0004037182
fr0000066482
fr0000060949
fr0000064388
fr0000039240
fr0000036816
fr0010127662
fr0000079147
fr0000054215
fr0000034548
fr0000074197
fr0000062465
fr0004186856
fr0000066680
fr0000050049
fr0000035719
fr0000065765
fr0004183960
fr0011995588
fr0004034072
fr0011471291
écart vol
- 0,35
valeur
spir com.
tayninh
tessig
thermocompactg
tipiak
tivoly
tonna elect.
toupargel groupe
tour eiffel
txcellg
u10g
unibel
union fin. fr. bque g
utig
verneuil part.
vetoquinolg
videlio (ex:iec)
viel et cieg
viktoria investg
visiodentg
voluntis
voltalia
xilam animationg
ymagisg
ouv
c
c
b 176,5
c
c 88,5
c 36,2
c
c 3,78
b 50,2
2,42
c 3,25
a
b 28
c 0,61
c
b 53,2
c 1,68
c 5,4
c
c
c 11,6
b 9,31
c 42,85
5,5
+ht
+bs
clôt
2,83
us4282911084
us4567881085
ma0000011488
us58933y1055
us7427181091
lu0934195610
us9098831004
ch0008175645
ga0000121459
us91912e1055
bmg9887p1068
1,36
186
176
176
- 0,57
88,5
36,2
88,5
36,2
88,5
36,2
3,78
50,4
2,42
3,25
3,78
50,2
2,415
3,16
3,78
50,2
2,42
3,25 - 0,92
925
35,5
1
56
aperam
beni stabili
celyad
cnova nv
dexia
euronext
mainstay medical
montea cva
nokiaR
rentabiliweb gpg
robeco nv
rolinco
56
c
15,2
13,1
59,5
72
13,1
59,5
73
12,85
59,5
72
12,9 - 1,53
59,5 + 0,85
73
+ 1,39
678
217
400
59,13
19,91
c
a136
136
135
11,072 11,396 11,07
c
48,4
136
+ 0,74
11,396- 4,64
160
436
0,02
0,41
1
126
27505
1128
EuronExT groWTh (sélection)
isin
fr0010641449
fr0010397760
fr0012788065
fr0012816825
fr0011053636
fr0011648716
fr0010907956
fr0000035818
fr0004166197
fr0000044810
fr0010342329
fr0012819381
fr0013204070
fr0000077562
fr0004153930
fr0010458729
fr0004155687
fr0004032746
fr0004171346
fr0000064529
fr0000061608
fr0004197747
fr0013263878
fr0004155240
fr0004045847
925
28,2
0,618
27,9
0,61
1167
201
27,9
0,618 + 1,31
2,38
53,8
1,68
5,4
53
1,68
5,3
53
- 0,38
1,68
5,3 - 1,12
442
1
1378
4,74
2,06
11,698 11,6
9,36
9,31
43,2
42,45
5,54
5,48
11,698+ 0,85
9,36 + 0,54
42,55 + 0,59
5,52 + 0,36
9
387
4949
686
auTrEs valeurs de la Zone euro
lu0569974404
it0001389631
be0974260896
nl0010949392
be0974290224
nl0006294274
ie00bjys1g50
be0003853703
fi0009000681
be0946620946
nl0000289783
nl0000289817
hexcel
infosys
maroc telecom
merck and co inc
procter & gamble
rorento cdh
rusal plc
televerbier
total gabon
vale sa
Zci limited
a 39,03 39,45 38,32
0,743 0,743 0,743
c 25,26 25,5
25
a 4,26 4,26
4,26
c 4,5
4,65
4,5
a 53,15 53,15
52,15
38,61 - 1
0,743+ 0,41
25,26 + 0,32
4,26
4,65 - 0,22
52,15 - 1,14
46,9
47,3
a 4,534 4,58
c
39,29 39,29
41,17 41,17
46,9
4,531
47,3 + 0,85
4,559+ 1,31
39,29
41,17
39,29 - 0,61
41,17 - 0,51
102
29155
1
839
66741
valeur
agrogeneration
auplata
biocorp
biophytis
blockchain group
carbio
carmat
esker
evolis
europlasma
gaussin
groupe guillin
groupe parot
hiolle industries
hybrigenics
implanet
mastrad
neovacs
nextedia
nsc groupe
piscines desjoyaux
theradiag
umanis
vergnet
voy. du monde
ouv
+ht
0,34 0,347
0,08 0,084
9,06 9,06
2,44 2,44
0,356 0,356
7,27
7,27
26,2 26,2
59,8 60
30,1
30,4
0,109 0,111
0,29 0,307
28,75 29,7
7,8
7,8
4,96 5,05
0,464 0,465
0,27 0,27
0,346 0,346
0,311 0,316
0,912 0,932
88
88
14
14,5
1,4
1,4
12,3
12,3
0,37
0,375
139
139
+bs
clôt écart vol
0,337
0,347+ 1,17
42984
0,079
0,081+ 2,66 13762109
9,06
9,06
1
2,395
2,4 + 0,42
9793
0,321
0,345- 2,68 517467
7,07
7,1 - 2,34
2287
25,6
26
- 0,38
4671
59,3
59,8
1327
30
30
- 0,33
335
0,107
0,11 + 2,8
902686
0,283
0,301+ 5,06 1324759
28,75
29,1 + 1,39
6796
7,68
7,7 - 1,28
1690
4,96
5,05 + 1,82
11
0,463
0,463- 0,11
16166
0,262
0,27 + 1,5
46591
0,328
0,344- 1,15
20753
0,311
0,315+ 1,29
101175
0,911
0,916+ 0,77
5952
88
88
10
14
14,2
25136
1,38
1,38 + 1,85
1740
12,2
12,2 - 0,41
645
0,365
0,372- 0,8
63377
134
136,5 - 1,09
190
cErTiFicaT/Fonds
14,4
202662
8,98
investir 10
i10gs - Fr0011630474
Fr0013284114
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
1,93
-0,05
134.57
99.5
VaLEurs Zone internationale
ch0008853209
sn0008626971
cm0000035113
us1491231015
sn0000033192
gb0002374006
us5324571083
ci0000053161
ch0308403085
agta record
bras. ouest afr.
brass. cameroun
caterpillar inc.
cfoa
diageo
lilly and co
forestière eq.
geneurog
b 66,5
c
b
66,5
66,5
66,5 + 3,1
130
350
94
- 4,18
113,5
c
3,02
31,61
31,61
31,61
c
b 5,94
5,94
5,9
31,61 + 1,97
83,5 + 3,43
30
750
5,9 - 0,67
1971
11
143
112
129
24,35
101,5
74,5
90
81,09
21,2
127,9
91,75
197,98
111
105,3
143
112,36 + 0,32
130,8 + 0,08
24,46 - 0,08
102
+ 1,09
74,6 + 0,13
90
81,09
21,5 + 0,47
129 + 0,23
91,75 - 0,21
198 + 0,01
111,78
105,4 + 0,1
1
275
511
19155
417
173
11
2
3493
206
578
31
80
54
4,06
6,7
14,6
2512
1
6,76
14,6
0,56
2,42
50
0,785
1,16
2,465+ 0,2
50
0,785
1,175 - 0,84
17402
2694
1813
290
540
60,6
15,4
2,15
113
10,7
5,4
44,3
60,6
15,4
2,19
114,5
10,8
5,4
45,3
- 1,94
6,85
1,65
124
6,85
1,71 + 3,01
124
- 0,8
- 0,46
- 0,44
+ 0,94
- 1,82
- 0,66
365
22
2015
263
3914
415
422
1
59784
20
860
825
6,3
128
0,302- 0,66
17736
24
3,035
3,04 + 0,33
664
1620
28
195
+ 0,52
1
1
47,4 - 0,42
50,2 - 0,4
1
268
28
195
5600
47,4
49,8
2,28
114
114
31,8
31,8 - 0,63
39,7
39,9 + 0,25
0,044
0,045- 0,44
1
701
79
31781
34,97
4
14,7
28,8
4
- 3,85
14,75 + 1,03
28,8
24,2
24,2
96
3,51
0,791
59
8,08
39
25,2
1,85
29,1
20,7
3,2
57,7
4,68
0,182
6,98
14,75
7,6
44,4
+ 0,71
96,8 + 0,83
3,51 - 4,62
0,806- 3,82
59
- 1,34
8,1
39
+ 1,04
25,2
1,85
29,35 - 0,68
21
+ 1,94
3,2
57,8 - 0,35
4,8 + 1,05
0,182+ 0,55
7
- 0,29
14,75 - 1,67
7,6
44,7
54,2
54,2
125
608
15
49
1
141
41
11058
129787
84
37
109
1
450
3166
6
211
1933
15038
1
182
1896
51
436
136,5
1
1,04
67,5
48,85
5,64
changEs : cours au comptant
cours
bce
var.
veille
en %
var.
année
en %
dollar us
1,1384
livre sterliNg
0,8952
FraNc suisse
1,1343
couroNNe daNoise
7,4569
couroNNe Norv.
9,6388
kuNa croate
7,4218
couroNNe suedoise
10,4639
dollar caNadieN
1,496
yeN JaPoNais
126,329
dollar australieN
1,5649
rouble russe
75,991
rouPie iNdieNNe
79,7187
dollar Neo-zelaNdais 1,7261
couroNNe tcheQue
25,6995
ForiNt hoNgrois
323,94
zloty PoloNais
4,3046
lev bulgare
1,9571
dollar hoNg-koNg
8,9359
WoN sud coreeN
1281,7593
Peso MexicaiN
21,662
real
4,4424
dollar siNgaPour
1,565
raNd sud-aFricaiN
16,592
livre turQue
6,5614
reNMibi yuaN
7,8348
ruPiah
16634,2166
Peso PhiliPPiN
60,7836
riNggit Malais
4,6551
bath thalaNdais
37,7542
0,33
0,16
0,52
0,03
0,44
-0,06
0,19
0,33
0,57
-0,15
-0,53
-0,01
-0,12
-0,29
-0,26
-0,40
0,04
0,33
-0,66
-0,39
0,29
-0,02
0,27
-2,91
-0,49
0,40
0,04
-0,02
-0,23
-5,18
0,89
-3,03
0,13
-2,15
-0,14
6,54
-0,89
-6,70
1,77
9,88
3,99
2,06
0,62
4,24
3,08
0,06
-4,75
0,07
-8,23
11,74
-2,54
11,66
44,06
0,38
2,28
1,27
-4,62
-3,42
16-08-2018
1 euro en devise
principaux taux directeurs
0,184
0,282
Taux ET changEs
49
5,72 - 1,38
511
789
370
pays
taux de référence
taux en %
- 0,6
+ 1,99
167
1698
3101
373
2619
713
26,7
22,8 + 9,62
31,6 + 1,28
111,5 - 1,33
378
88
21
213
8,2
8,04
3,8
7,38
6,62
6,14
- 0,99
+ 2,15
57
26,5
22,8
31,4
111,5
2,1
142,5
142,5
46,6
0,9
24,9
505
71,6
5,71
5,7
47,7 + 0,42
0,938+ 4,22
24,9
505
72
- 1,37
5,84 + 1,39
5,78
- 0,7
79
2,78
945
131
53
5
199
152676
14117
eur
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy
cad
usd
1
1,1384
0,8952
1,1343
10,4639
7,4569
1,2633
1,496
gbp
0,8785
1,1171
1
1,2715
0,7865
1
0,9964
1,2669
9,1942
11,689
6,5507
8,3293
1,1097 141,1162
1,3142
1,6713
chf
sek
0,8816
1,0037
0,7893
1
9,2263
6,5745
111,37
1,3192
0,0956
0,1088
0,0856
0,1084
1
0,7125
12,0725
0,143
dkk
0,1341
0,1527
0,1201
0,1521
1,4035
1
0,1694
20,0655
jpy (100)
cad
0,7916
0,9011
0,7086
0,8979
0,0828
5,9025
1
1,1842
0,6685
0,7609
0,5983
0,758
6,9939
4,9837
0,8445
1
16-08-2018
marchés monétaires
1 mois
3 mois
jour
6 mois
1 an
Zone euro-0,34/-0,64 -0,27/-0,57 -0,18/-0,48 -0,17/-0,47 -0,10/-0,40
ecarts de taux avec l’allemagne
16-08-2018
6 mois
allemagne 100,30
portugal
-0,30
france
-0,04
espagne
-0,09
italie
-0,43
2 ans
5 ans
7 ans
10 ans
-0,66
0,56
0,10
0,36
2,09
-0,32
0,99
0,15
0,60
2,39
-0,06
1,41
0,22
0,88
2,79
0,24
1,60
0,37
1,13
2,94
euromts
indice
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
253,14 -0.07 248,89 1.78
170,36 0.24 171,84 1.02
233,98 0.17 236,20 -1.10
282,98 0.21 284,90 -0.83
334,49 0.17 327,74 1.89
344,90 0.15 332,52 3.57
232,56 0.13 234,24 -0.85
var %
31/12 var %
cours a TErME de l’euro contre les principales devises
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1382
1,1385
0,8951
0,8954
1,1342
1,1343
10,4653
10,4669
7,4569
7,4576
126,3250
126,3330
1,4957
1,4962
-0,0033
-0,0034
-0,0010
-0,0008
0,0019
0,0016
0,0083
0,0043
0,0014
0,0012
0,1412
0,1058
-0,0036
-0,0037
-0,0087
-0,0089
-0,0007
-0,0027
0,0026
0,0024
0,0096
0,0054
0,0032
0,0030
0,0985
0,0592
-0,0091
-0,0091
-0,0179
-0,0180
-0,0057
-0,0056
0,0039
0,0035
0,0104
0,0065
0,0072
0,0053
0,0585
0,0109
-0,0187
-0,0188
-0,0364
-0,0367
-0,0118
-0,0119
0,0065
0,0056
0,0044
-0,0008
0,0128
0,0082
-0,0155
-0,0775
-0,0392
-0,0395
16-08-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base inDispOnible %
usa
taux jour le jour
1.84 %
fOnDs feDeraux
2.00 %
2 ans
2.65 %
10 ans
2.88 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.30 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.06 %
Taux bons du trésor
btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,54
-0,54
-0,63
-0,58
-0,56
-0,46
0,02
0,69
indicEs de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juin 16
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
tmm
euribor
1 mois
3 mois
-0,3326
-0,3279
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,356
-0,369
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,268
-0,294
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
tme
0,45
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
source cdc ixis
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
the
0,65
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
11-07
12-07
13-07
16-07
17-07
18-07
19-07
20-07
23-07
24-07
25-07
26-07
27-07
30-07
31-07
01-08
02-08
03-08
06-08
07-08
08-08
09-08
10-08
13-08
14-08
15-08
16-08
0,69
0,69
0,66
0,66
0,66
0,66
0,66
0,65
0,65
0,65
0,65
0,65
0,73
0,73
0,73
0,73
0,73
0,80
0,80
0,80
0,80
0,80
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,65
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
-0,361
-0,362
-0,362
-0,362
-0,362
-0,364
-0,365
-0,366
-0,367
-0,367
-0,366
-0,366
-0,365
-0,366
-0,366
-0,363
-0,358
-0,358
-0,355
-0,355
-0,361
-0,356
-0,357
-0,357
-0,357
-0,357
-0,359
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,37
-0,37
-0,368
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,32
-0,32
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
0,60
0,61
0,58
0,60
0,61
0,59
0,60
0,59
0,67
0,68
0,65
0,68
0,67
0,70
0,70
0,74
0,75
0,73
0,70
0,70
0,70
0,70
0,65
0,65
0,66
0,66
0,65
thor.
pub.
priv.
0,89
0,89
0,86
0,86
0,86
0,86
0,86
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,89
0,89
0,86
0,86
0,86
0,86
0,86
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
MaTièrEs prEMièrEs
MéTaux préciEux
MéTaux non FErrEux
MéTaux sTraTégiQuEs
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
16/08
15/08
COURS PriMe Prec.
lingot
0
34360
34010
10 florins
203
-1,34
205
5 dollars*
290
13,39
300
10 dollars
556
8,7
556
20 dollars
1129,75 10,4 1129,75
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1280
0,36
1250
latine
195
-1,25
198
napoleon
199,2
0,88
199,9
1/2 napoleon* 112
13,44
112,9
souverain eli i* 261
4,84
263
souverain
254,7
2,31
256,7
1/2 souverain* 128,5
3,23
128,8
suisse
195,1
-1,2
196,8
tunisienne*
196
-0,74
198
mark*
245
0,61
250
krugerrand
1103
4,27
1104,5
lingotin 500grs 17250
1,44
17500
lingotin 250grs 8670
1,97
8750
lingotin 100grs 3465
1,88
3500
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
495,76
508,5
cuivre (girm):
LondrEs
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
24 399
25 196
Fix2
25 036
25 246
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
22 055
22 685
Fix2
22 094
22 761
London BuLLion MarKET
16/08
15/08
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 471
1 442
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 180
1 182
palladium (eN dollars Par oNce troy)
885
894
platine (eN dollars Par oNce troy)
781
806
2,32
8,2
8,02
3,7
7,3
6,62
6,06
eur
Marché obligataire
Taux marchés monétaires et eurodevises
cours dE changEs croisés
16-08-2018
settleMeNt
16/08
sePt. 18
14,77
déc. 18
14,86
JaNv. 19
14,69
Mars 19
14,96
Mai 19
15,04
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
15/08
14,43
14,52
14,6
14,61
14,72
settleMeNt
16/08
791
794,1
787
805
811
15/08
1177,1
1181,8
1194,6
1198,3
1217,1
settleMeNt
15/08
768,3
771,1
780
783
782
612,99 dePuis le 16/08
base cuivre
base laMiNé laitoN 1 titre 512,46 dePuis le 16/08
521,6 dePuis le 16/08
base laMiNé laitoN 70/30
base laMiNé laitoN 85/15
567,29 dePuis le 16/08
base laMiNé broNze 94/6
699,63 dePuis le 16/08
base laMiNé broNze 94/4
670,75 dePuis le 16/08
London METaL ExchangE
16/08
15/08
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1635-1645
1635-1645
13440
1570-1575
1570-1580
13440
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1993,5-1994,5
2022-2023
1131275
2037,5-2038
2063-2064
1135925
cuivre (en $ par tonne)
cash
3 Mois
stocks
5842,5-5843,5
5884-5885
257625
cash
3 Mois
vol.
18700-18725
18725-18730
2815
antimoine 99,65% (par tonne)
8000
8000
bismuth 99,99% (par lb)
4,9
4,9
cadmium 99,95% (par lb)
1,35
1,35
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
36,25
36,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
27,2
27,2
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
19,05
19,05
silicium (par tonne)
2210
2210
6058-6059
6090-6090,5
254875
19070-19075
19030-19035
2815
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
16/08
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
12980-12985
13100-13120
248328
13340-13345
13425-13435
248712
plomb (en $ par tonne)
2089,5-2090
2110-2112
122175
1991-1992
2010-2011
125425
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2324-2325
2352-2353
253250
2457,5-2458
2467-2467,5
256175
nEW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
aout 18
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
16/08
2,62
2,64
2,64
2,65
15/08
2,58
2,59
2,6
2,6
vol
99
267
135
35874
KuaLa LuMpur
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
16/08
18600
15/08
19100
15/08
éLEcTriciTé
etain (en $ par tonne)
settleMeNt
16/08
aout 18
1180,2
déc. 18
1186,4
avr. 19
1198,3
JuiN 19
1200,7
déc. 19
1221,5
platine (eN dollars Par oNce)
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
autres demi produits cuivreux :
cash
3 Mois
vol.
nEW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
settleMeNt
cathodes : 5339 a coMPter du 16/08/
16/08
vol
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
clôture
15/08
40,69
46,28
clôture
clôture
16/08
65,08
66,04
72,52
73,23
15/08
65,08
66,04
72,52
73,23
vol
364004
192492
vol
produiTs péTroLiErs
sucrE
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
619,5
london daily price:
434
409
442,5
417,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
86
83,45
480,5
448,5
86,2
85,45
483,5
451,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
sePt. 18
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
clôture
16/08
65,38
63,53
52,45
62,9
62,5
15/08
65
63,08
62,85
62,65
62,38
vol
15/08
26,25
26,65
26,8
clôture
16/08
2,91
2,92
2,96
15/08
2,94
2,95
2,98
vol
vol
10322
1
3
vol
16/08
10,27
11,13
11,36
11,6
11,93
15/08
10,23
11,12
11,35
11,58
11,92
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
16/08
sePt 2018 24,18
oct 2018 24,29
Nov 2018 24,26
clôture
clôture
16/08
15/08
sePt. 18
1539
1536
déc. 18
1605
1605
Mars 19 1619
1620
Mai 19
1627
1630
Juil. 19
1635
1640
new york (eN $ Par toNNe)
2016
6039
2797
1030
794
15/08
81,21
80,8
80,95
16/08
2105
2158
2170
2184
2213
15/08
2084
2141
2163
2177
2194
vol
4821
16283
6322
2404
666
vol
16/08
15/08
sePt. 18
1669
1640
9771
Nov. 18
1597
1588
12913
JaNv. 19 1583
1579
3919
Mars 19 1593
1589
3711
Mai 19
1610
1611
225
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
27
13984
2401
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
sePt. 19
16/08
102,65
106,15
109,45
116,55
15/08
102,2
105,75
109
116,1
vol
9616
22116
4841
394
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
settleMeNt settleMeNt
16/08
442,5
420,7
422,2
15/08
442,9
422,2
420,9
vol
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
16/08
15/08
112,45
115,7
493
137
434
settleMeNt settleMeNt
vol
16/08
15/08
sePt. 18
365
361,5
déc. 18
379,5
376
Mars 19 391,25
388
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
34613
59454
7774
settleMeNt settleMeNt
vol
16/08
15/08
sePt. 18
10,48
10,31
Nov. 18
10,65
10,5
JaNv. 19 10,92
10,7
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
378
293
4
settleMeNt settleMeNt
vol
75
253
19
settleMeNt settleMeNt
vol
16/08
185,75
182,25
186,25
679
15/08
182,75
0
0
veau vivaNt - bresil - brl : 145.25
le 15/08//18
betail vivaNt - cMe - usd : 1.08325
le 15/08//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.4905
le 15/08//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.52475
le 15/08//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
le 02/03//17
indicEs
rJ crb
jus d’orangE
Bois
vol
BETaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
318
56
1
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
vol
16/08
15/08
Nov. 18
188
185,25
JaNv. 19 190,5
187
Mars 19 193,5
189,5
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
15/08
24,37
24,5
24,58
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
settleMeNt settleMeNt
caFé
new york (cont. n°2 - cents par lb)
sePt. 18
Nov. 18
JaNv. 19
vol
vol
16/08
15/08
sePt. 18
541,75
532,25
déc. 18
560,75
551,75
Mars 19 586,5
574,25
mais à paris (eN euros Par toNNe)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 102.36
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
coTon
16/08
82,1
81,69
81,88
clôture
settleMeNt settleMeNt
16/08
15/08
sePt. 18
207,75
204,75
16884
déc. 18
210
207,75
24862
Mars 19 211
209
4892
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
vol
iNdice cotlook a : 92,9, le 16/08//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
36697
22446
4988
1214
849
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
16/08
15/08
sePt. 18
253
250,75
déc. 18
262,5
259,75
Mars 19 267,25
266,5
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
15/08
23,36
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
settleMeNt settleMeNt
clôture
powernext gas futures
vol
clôture
nymex ( eN $ Par Mbtu)
sePt. 18
oct. 18
Nov. 18
vol
4527
3487
1409
149
90
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 14/08/
Prix indicatif : 2109,66
londres (eN £ Par toNNe)
gaz naTurEL
clôture
16/08
15/08
Nov. 18
640,5
636
28215
Fév. 19
637
631,75
2695
Mars 19 636
630,75
2132
avr. 19
634,75
629,5
1085
Mai 19
634
628,75
1354
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
16/08
26,25
26,65
26,8
clôture
cacao
settleMeNt settleMeNt
aout 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
16/08
15/08
oct. 18
311,6
310,8
déc. 18
312,4
312,2
Mars 19 316,5
316,4
Mai 19
319,4
319,8
aout 19 325
325,4
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uranium nymex (en $ par lb)
16/08
Nord da 22,92
16/08
15/08
Jour
71,14
70,76
Nov. 18
71,5
71,1
92752
JaNv. 19 71,76
71,33
22209
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
clôture
15/08
18,03
uraniuM
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
clôture
16/08
18
powernext gas spot
produiTs péTroLiErs
clôture
londres (eN dollars Par toNNe)
626
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
sPot
céréaLEs
10,73 cts/lb
vol
112.45
16/08
15/08
193,35
192,06
reuters coM. 2315,76
2335,28
Moodys coM. 5726,17
5721,93
or iNdustriel 33621
33989
lMex
2819,6
2936
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 25
Les Echos Vendredi 17, samedi 18 août 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
marketing@mirabaud-am.com
A la recherche d’une gestion active
de conviction ?
Tous les details de nos solutions d’investissement
à disposition ici : www.mirabaud-am.com
Pictet Asset Management
34, avenue de Messine 75008 Paris
Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
310,75 15/08
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
549,47 14/08
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
549
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
désignation
des valeurs
code isin
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
code isin
classification
classification
sicav//fcp
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
15/08
synchrony (lu)
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
255,45 15/08
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
360,7
15/08
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
99,49 14/08
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
114,3
LU0168449691 Pictet-greater china
567,2
14/08
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
174,24 14/08
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
106,56 14/08
LU0188501257 Pictet-health
278,98 15/08
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
464,38 14/08
LU0070964530 Pictet-indian eq.
539,76 14/08
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
14/08
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
100,01 14/08
131,63 14/08
LU0851564897 euroPean equity (eur)
166,78 14/08
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15237,77 14/08
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
119,14 10/08
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
98,06 14/08
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
162,78 15/08
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
155,07 10/08
LU0851564541 World equity (eur)
158,54 14/08
260,31 14/08
LU1279334210 Pictet-roBotics
142,77 15/08
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
314,34 14/08
LU0090689299 Pictet-Biotech
737,92 15/08
LU0338483075 Pictet-russian equities
57,02 15/08
LU1074511459 ram (l) tf conv euroPe
146,25 14/08
LU0280430660 Pictet-clean energy
89
LU0256846139 Pictet-security
245,78 15/08
LU0419186167 ram (l) tf gB Bd tot ret
142,46 14/08
LU0340554913 Pictet-digital
318,02 15/08
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
1232,13 15/08
LU0935723782 ram (l) tf ii asia Bd tot ret
138,77 14/08
LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
153,23 15/08
LU0104884860 Pictet-Water
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
15/08
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
301,92 15/08
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
ENTREPRISES
SOLOCAL
Isabelle Décamp
Olivier Lemoine
Martin Sauer
Isabelle Décamp deviendra
directrice grands comptes le
18 septembre, tandis que Olivier
Lemoine et Martin Sauer sont
désormais respectivement
directeur télévente et directeur
e-commerce.
Isabelle Décamp, 52 ans, a débuté,
en 1989, chez NRJ où elle a notamment été directrice de la publicité
de la marque NRJ en 1998 et directrice de la publicité NRJ Global en
2004. Trois ans plus tard, elle a
intégré Prisma Presse au poste de
directrice pôle grands comptes,
avant d’être promue directrice
commerciale adjointe en 2011.
Entre 2012 et 2014, elle fut directrice générale adjointe de la régie
Com Quotidiens. Elle a ensuite
participé à la création de 366 en
qualité de directrice générale
adjointe commerce.
Olivier Lemoine, 48 ans, a
d’abord été directeur organisation et méthodes chez France
Telecom Mobile Services. Il est
nommé directeur général adjoint
chez Team Partners CRM, puis
directeur du développement
international chez Gruppo Cos en
Italie avant de prendre la direction relation clients chez UPC
France/Noos et chez Club Internet. En 2008, il a intégré Bouygues
Télécom en tant que directeur du
service clients FAI-Télévente. Il
est promu directeur des enseignes nationales, directeur des
ventes et directeur télévente.
Directeur général France chez
Acticall/Sitel en 2015, il a cofondé
O’Vive en 2017.
Martin Sauer, 34 ans, a démarré
sa carrière, en 2006, chez Manutan où il a participé au lancement
et au développement de la start-up
interne ipsopresto.com. En 2010, il
est promu directeur ecommerce
et il a pris la direction de cette
entité. En 2015, il est devenu directeur digital et il a intégré le comité
exécutif de Manutan.
KANTAR WORLDPANEL FRANCE
Stéphane Boyer
est désormais directeur
consumer insight.
Stéphane Boyer, 45 ans, diplômé
de l’école de commerce Audencia,
a d’abord travaillé au sein des
entreprises Mars puis Colgate en
tant que promoteur des ventes et
chef de secteur. En 2002, il est
nommé consultant chez IRI,
avant d’être directeur commercial pour les clients industriels
pendant huit ans. Dès 2016, il s’est
chargé du panel restauration hors
domicile en France pour NPD.
RETAILMENOT
Thomas Sauzedde
est nommé vice-président et
directeur général pour piloter la
stratégie et la croissance du
marché français. Il gère
l’ensemble des activités de
RetailMeNot France.
Thomas Sauzedde est diplômé de
la Skema Business School, de
l’université de Lyon-I et de l’uni-
APPLICATION LES ECHOS
TOUS NOS CONTENUS
PARTOUT ET À TOUT MOMENT
versit y of Central England.
D’abord chef de projet web chez
Digitas, il a rejoint, en 2005, le
groupe Pixmania où il a occupé
les postes de responsable marketing des sites BtoB, responsable
du marketing opérationnel
groupe et enfin de responsable
customer experience et webanalytics. Devenu directeur de l’innovation digitale et projets web chez
Yves Rocher en 2012, il était directeur général opérationnel du
Routard.com pour le groupe
Hachette/Lagardère depuis 2014.
FAURECIA
Philippe de Rovira
est coopté en qualité
d’administrateur.
Philippe de Rovira, 45 ans,
diplômé de l’Essec, est directeur
financier du groupe PSA, membre
du comité exécutif depuis le 1er
août. Dès 1998, il a évolué dans le
groupe PSA où il a notamment
occupé le poste de directeur du
contrôle de gestion groupe.
L’année dernière, il était devenu
vice-président finance et directeur
financier, membre du comité exécutif d’Opel Automobile GmbH.
EBAY
Camille Bailleul
Sarah Tayeb
Au sein d’eBay en France, elles
sont respectivement nommées
responsable du pôle marketing
et responsable du pôle vendeurs.
Camille Bailleul, 36 ans, est titulaire d’un master of science in
management à HEC. Au cours de
sa carrière, elle fut en charge de la
vente de publicité chez Google
pendant neuf ans et membre de
l’équipe marketing d’Yves Rocher
durant quatre ans. Elle a rejoint
eBay il y a plus d’un an.
Sarah Tayeb, 36 ans, est titulaire d’un master en marketing et
communication au Celsa. Elle
bénéficie d’une expérience commerciale et marketing dans le
monde de la distribution. Après
avoir évolué chez Dart y, elle
accompagne les vendeurs eBay.fr
depuis cinq ans.
Analyses de la rédaction,
décryptages, alertes, sélection
d’articles personnalisés.
Téléchargez sur :
ILS SONT NÉS
UN 17 AOÛT
Allain Bougrain-Dubourg,
journaliste, 70 ans.
Robert De Niro, acteur,
75 ans.
Pierre Donnersberg, président
du directoire de Siaci Saint
Honoré, 71 ans.
Mickey Drexler, ex-CEO
de J. Crew, 74 ans.
Larry Ellison, fondateur
et ex-PDG d’Oracle, 74 ans.
Thierry Henry, ex-footballeur,
41 ans.
Serge Moati, réalisateur
de documentaires, 72 ans.
Hervé Morin, ancien ministre
de la Défense,
président du conseil régional
de Normandie, 57 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
crible
Vendredi 17, samedi 18 août 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
LA SÉANCE DU 16 AOÛT 2018
La Bourse de
Paris regagne
du terrain
Bourse de Paris a terminé
•enLahausse
jeudi, journée marquée par la normalisation progressive de la situation turque et
par un espoir d’accalmie pour le
commerce mondial. L’indice
CAC 40 a rebondi de 0,83 %, à
5.349 points, dans un volume
d’échanges faible de 2,9 milliards d’euros. La veille, les tensions à l’international et la mauvaise orientation des devises
émergentes et des matières premières avaient entraîné un net
repli de 1,82 % du CAC 40.
Les négociations entre la
Chine et les Etats-Unis au sujet
du conflit commercial qui les
oppose depuis plusieurs mois
devraient reprendre d’ici à fin
août, avec une visite du vice-ministre chinois du Commerce à
Washington. Les deux puissances ne s’étaient plus rencontrées depuis juin.
A Paris, Publicis, seule
valeur du CAC 40 en hausse
mercredi, a poursuivi sur sa
lancée. Il a réalisé la meilleure
performance de l’indice
( + 2 , 3 % ) , d e v a n t LV M H
(+2,28 %) et Airbus (+2,2 %). Il
n’y a eu jeudi que 3 valeurs en
b a i s s e , l e s « 3 V » : Va l e o
(–0,36 %), Vivendi (–0,19 %) et
Vinci (–0,27 %), ce dernier,
propriétaire de Cofiroute,
ayant été pénalisé par la chute
de l’action Atlantia en Italie
(–22,3 %) alors que la polémique prend de l’ampleur après
l’effondrement du pont de
Gênes.
Par ailleurs, la séance a été
animée par la publication de
plusieurs notes d’analystes.
TechnipFMC a gagné 1,36 %.
Jefferies a relevé sa recommandation de « conser ver » à
« acheter ». JCDecaux surtout
a pris 7,14 %. Berenberg est
passé à « acheter », contre
« conserver » auparavant.
Air France-KLM a gagné
1,46 % dans l’attente de la nomination de son nouveau président (lire page 13). Enfin Carrefour a pris 1,13 %, profitant,
indirectement, des bons résultats de Walmart aux Etats-Unis.
Roche Tarpéienne
Atlantia a perdu un quart de sa valeur
après le drame de Gênes.
Ombre et lumière
La roche Tarpéienne est toujours proche du Capitole. Mais les oies ne sont
pas toujours là où on les imagine. Dès que l’hypothèse d’un retrait de la
concession d’Autostrade per l’Italia a été évoquée, les porteurs obligataires
de la maison mère Atlantia se sont précipités sur les prospectus d’émission
pour s’informer de l’état de leurs parachutes, les clauses de remboursements anticipés. Et il reste à voir s’ils feraient vraiment une mauvaise affaire, vu la tension sur la dette italienne en général et celle du leader italien des
infrastructures en particulier. En fait, tout le monde le comprend, sauf peutêtre les politiques occupés à gesticuler après le terrible drame du viaduc de
Gênes, la Botte pourra obtenir bien davantage d’un grand concessionnaire
dont la défaillance reste à prouver en ciblant habilement ses menaces.
Le fleuron de la famille Benetton n’est pas dénué de toute flexibilité financière, vu ses participations (15,49 % de Getlink-Eurotunnel, 40 % de l’aéroport
Nice Côte d’Azur, etc.). Il vient toutefois de se lancer dans le gros rachat
de l’espagnol Abertis, avec ACS. Son ratio d’endettement devait monter en
flèche, pour passer de 2,6 fois l’excédent brut d’exploitation à 3,7 fois, voire
4,8 fois. Juste avant l’effondrement d’un quart de sa valeur boursière, il affichait, il est vrai, un gain presque deux fois supérieur à celui de ses actions
européennes depuis la crise financière (+111 % dividendes réinvestis depuis
début 2007). Seule certitude dans la grosse incertitude ambiante, son ambition devrait ralentir : il tirait les deux tiers de son profit brut de l’Italie.
La fintech des paiements Wirecard dépasse
Deutsche Bank à Francfort.
« Ne triomphe pas avant d’avoir franchi le fossé. » Le leader allemand des
paiements en ligne Wirecard se garde bien de méconnaître ce dicton terre à
terre estampillé germanique. Son histoire boursière n’en a pas moins franchi un cap cette semaine, en dépassant la capitalisation de Deutsche Bank.
Sa publication semestrielle jeudi lui a même permis de confirmer cette performance mémorable en clôture de séance. Sa valeur dépasse de 1 milliard
d’euros celle de son aînée, plus âgée de 199 ans et entourée de vingt fois plus
de collaborateurs. La plus grosse banque germanique par la taille de bilan
n’est plus que l’ombre d’elle-même ces derniers mois et handicapée par la
crise turque. La fintech munichoise, elle, continue de surfer sur l’appétit
glouton des investisseurs européens pour les plates-formes numériques jugées gagnantes, dont ils manquent cruellement. Ses multiples de valorisation, trois fois plus généreux que ceux de sa vieille rivale, sont justifiés par
une croissance qui ne sera pas éternelle. Cela n’empêche pas Francfort d’en
profiter. Non seulement Wirecard lui sert le rythme convoité (+46 % pour
les revenus et +40 % pour le « free cash flow »), mais son objectif annuel
d’excédent brut d’exploitation a pu être un peu relevé. Reste maintenant
à entrer dans les grands indices allemands et européens.
EN VUE
LES ENTREPRISES CITÉES
1664 15
Adidas 14
Aegon 22
Air Canada 13
Air France 13
Amazon 22
Apple Music 117
Armor Lux 18
Arqana 16
Atlantia 11
Autogril 16
Bayer 12
BBVA 21
Bershka 14
Bluer Denim 14
Buck Mason 14
Calvin Klein 14
Carlsber 15
Dell 12
Deposit Solutions 22
Lee 14
Levi’s 14
EBay 25
N26 22
NN Group 22
Pull&Bear 14
Grimbergen 15
H&M 14
HBF 16
Heineken 15
Henkel 12
RetailMeNot 25
Inditex 14
The North Face 14
Timberland 14
Tuborg 15
Santander 21
Spotify 1, 17
JanSport 14
Kingfisher 12
Kronenbourg 15
Kubota 18
Lagardère 16
Uber 13
Walmart 11
Wrangler 14
Zara 14
Matteo Salvini
arine Le Pen, Geert Wilders et
d ’a u t r e s d i r i g e a n t s d e
l’extrême droite ne tarissent
pas d’éloges à son sujet. « Il a fait plus
pour l’Italie que tous les gouvernements
précédents », dit de lui le leader du PVV
néerlandais. Il est pourtant trop tôt pour
juger l’action du ministre de l’Intérieur
et vice-président du Conseil italien, dont
le seul coup d’éclat jusqu’à présent est
d’avoir interdit l’arrivée dans les ports
italiens de bateaux de réfugiés. Mais
l’avantage de Matteo Salvini, l’homme
fort du gouvernement italien formé le
1er juin par une alliance contre nature
avec le M5S, n’est pas là. C’est avant tout
son charisme et son art consommé de
l’utilisation des médias. A 45 ans, ce
Milanais d’origine, entré en politique à
17 ans sous la coupe d’Umberto Bossi,
occupe quotidiennement la une des
journaux, des télévisions, des magazines people. Preuve de sa popularité, les
M
paparazzis ne le lâchent plus d’une
semelle. Il est vrai aussi qu’il a une passion pour les journalistes… Cet été
« Oggi » publie des photos de sa toute
dernière romance avec Elisa Isoardi,
l’ex-Miss Vallée d’Aoste et animatrice
sur Rai Uno. Il fut aussi brièvement
marié à une journaliste. Aujourd’hui, sa
tâche face à la tragédie qui vient de toucher l’Italie, et qui a fait au moins
39 morts, est titanesque. Pour lui, les
coupables de l’effondrement du viaduc
Morandi enjambant Gênes sont, pêlemêle, l’Europe, qui pourtant déverse
des milliards d’euros en Italie, les gouvernements précédents et la société de
gestion des autoroutes. Sorti de l’université sans diplôme, Matteo Salvini n’a pas
appris la politique dans une grande
école, mais sur le terrain. Son exploit est
d’avoir transformé le parti autonomiste,
la Ligue du Nord, en parti souverainiste,
désormais au pouvoir. n
Les Echos est une publication du
PRINCIPAL ASSOCIÉ UFIPAR (LVMH)
PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL Pierre Louette
DIRECTRICE GÉNÉRALE PÔLE LES ECHOS Bérénice Lajouanie
DIRECTEUR DÉLÉGUÉ Bernard Villeneuve
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION & PRÉSIDENT DE LA SAS LES ECHOS Pierre Louette
Edité par Les Echos, SAS au capital de 794.240 euros RCS 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
ÉDITRICE DÉLÉGUÉE Capucine Marraud des Grottes
DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Nicolas Barré
DIRECTEURS DÉLÉGUÉS DE LA RÉDACTION
Dominique Seux et François Vidal
RÉDACTEURS EN CHEF
David Barroux (Entreprises)
Laura Berny (Enquêtes)
Daniel Fortin (Magazine, Opinions, Innovation)
Arnaud Le Gal (Les Echos Entrepreneurs
et opérations spéciales)
Etienne Lefebvre (France et International)
Clémence Lemaistre (Information digitale)
Guillaume Maujean (Finance-Marchés)
Pascal Pogam (Information
et transformation digitale)
RÉDACTEUR EN CHEF TECHNIQUE Didier Boileau
DIRECTEUR DE CRÉATION Fabien Laborde
DIRECTRICE ARTISTIQUE ADJOINTE
Marion Brisson
EDITORIALISTES
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (Le Crible)
LES ECHOS EXECUTIVES
RÉDACTRICE EN CHEF Muriel Jasor
LES ECHOS WEEK-END
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Henri Gibier
RÉDACTEURS EN CHEF Gilles Denis,
Karl de Meyer et Lucie Robequain
DIRECTRICE ARTISTIQUE Cécile Texeraud
SÉRIE LIMITÉE
RÉDACTRICE EN CHEF Frédérique Dedet
DIRECTRICE ARTISTIQUE
Clarice Fensterseifer
DIRECTEUR DE LA DIFFUSION ET DU MARKETING CLIENTS Etienne Porteaux
DIRECTEUR STRATÉGIE ET COMMUNICATION Fabrice Février
PUBLICITÉ Les Echos Team Media Tél. : 01 87 39 78 00.
PRÉSIDENTE Corinne Mrejen
DIRECTRICE GÉNÉRALE Cécile Colomb
DIRECTRICE PUBLICITÉ FINANCIÈRE Céline Vandromme
DIRECTRICE PUBLICITÉ COMMERCIALE Emmanuelle Denis
DIRECTRICE PUBLICITÉ LIFESTYLE Anne-Valérie Oesterlé
SERVICE ABONNEMENTS LES ECHOS 4, rue de Mouchy 60438 Noailles Cedex
Tél. : 01 70 37 61 36. Fax : 01 55 56 70 38 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h
IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 16 AOÛT 2018 : 75.361 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de OJD-Difusion contrôle CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
CHAQUE MOIS,
CONNAISSANCE DES ARTS
FAIT DE VOUS UN EXPERT
EN KIOSQUE DÈS AUJOURD’HUI
Документ
Категория
Журналы и газеты
Просмотров
3
Размер файла
4 305 Кб
Теги
Les Echos, newspaper
1/--страниц
Пожаловаться на содержимое документа