close

Вход

Забыли?

вход по аккаунту

?

Les Echos 20180926

код для вставкиСкачать
ACTIFS POUR LE FUTUR
Shutterstock
Agriculture
Quand les GPS
vont aux champs
www.ecofi.fr
#Patrimonia18
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // MERCREDI 26 SEPTEMBRE 2018 // LESECHOS.FR
// LA CHRONIQUE P. 9
L’ESSENTIEL
FRONT COMMUN DES ÉLUS
LOCAUX CONTRE L’EXÉCUTIF
Les associations d’élus se mobilisent ce mercredi à Marseille. Le
Premier ministre leur répondra
jeudi au congrès des Régions de
France. // P. 2
UNÉDIC : CFDT, CGC, CFTC ET
MEDEF VEULENT NÉGOCIER
Matignon a envoyé mardi la lettre
de cadrage de la négociation qui
vise une refonte des règles d’indemnisation et jusqu’à 3,9 milliards
d’économies. // P. 4
ENTREPRISES
& MARCHÉS
TOTAL VEUT PROFITER À
PLEIN DE L’ENVOLÉE DU BRUT
Malgré la hausse récente du baril
à plus de 80 dollars, le PDG du
pétrolier français n’entend pas
lever le pied sur les économies
prévues d’ici à 2020. // P. 17
LE PASS MOBILITÉ INCITE
À LAISSER SA VOITURE
Première européenne à Mulhouse, le Pass Mobilité développé
par Transdev permet d’avoir les
solutions de mobilité sur une
seule application. // P. 18
CRÉDIT AGRICOLE CONTESTE
UNE SANCTION DE LA BCE
Deux mois après s’être vu infliger
une p énalité de 4,8 millions
d’euros par la BCE, Crédit Agricole
fait appel devant la Cour de justice
de l’Union européenne. // P. 28
DÉPART SURPRISE DU CEO
DE LOUIS DREYFUS COMPANY
Le géant du négoce de matières
premières agricoles a annoncé
les démissions simultanées de
son directeur général et de son
directeur financier. // P. 30
Shutterstock
CARNET // P. 33
Immobilier
Les bonnes recettes
du nouvel impôt // P. 4
La Sécurité sociale enfin
à l’équilibre l’an prochain
l Après dix-huit ans de déficits, les comptes devraient afficher un excédent de 700 millions.
l Le gouvernement prépare l’extinction de la dette sociale d’ici à 2024.
L
es efforts d’économies finissent par porter leurs
fruits. Pour 2019, le budget de la Sécurité sociale,
présenté mardi, prévoit un petit excédent de
700 millions d’euros, pour le régime général et le Fonds de
solidarité vieillesse. C’est le premier retour dans le vert
depuis 2001. Pour y parvenir, les économies dans les
dépenses de santé, de retraite et de prestations familiales
ont été importantes depuis 2010, quand le déficit se montait à 28 milliards. Elles vont se poursuivre en 2019, avec
un effort de 5,7 milliards d’euros, sans lequel ce retour à
l’équilibre n’aurait pas été possible. L’exécutif est résolu à
amortir la dette sociale comme prévu en 2024 et met en
Google, 20 ans de suprématie
dans la recherche en ligne
NUMÉRIQUE Le moteur
de recherche créé en 1998
dans un garage de Californie est devenu un géant
qui investit tous les
champs du numérique.
œuvre de nouveaux transferts vers la structure de défaisance. Il jette les bases d’une solidarité financière de la
Sécurité sociale avec l’Etat, toujours lourdement
déficitaire.
// PAGE 3 ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 8
BMW forcé
de revoir
ses profits
à la baisse
AUTOMOBILE Le groupe
est pénalisé par
les nouvelles règles
d’homologation.
Après Daimler, un deuxième fleuron
allemand tombe de son piédestal. Pour
la première fois en dix ans, BMW a
lancé mardi un avertissement sur résultat pour 2018. Une annonce aux allures
de tabou, mise sur le compte des nouvelles règles européennes d’homologation des véhicules, d’une part, et des tensions commerciales mondiales, de
l’autre. Confronté à une concurrence
très agressive, le constructeur bavarois
prévoit désormais une marge opérationnelle de sa division automobile d’au
moins 7 %, contre une fourchette allant
de 8 à 10 % auparavant. Alors qu’il
devait être stable, son bénéfice avant
impôts devrait désormais être en
baisse, de 5 à 10 % par rapport à 2017.
Ces prévisions ont fait chuter le titre de
près de 6 % en Bourse mardi, tout en faisant trébucher plusieurs valeurs automobiles européennes.
C’est le champion incontesté de la recherche en
ligne, avec environ 90 % des parts de marché,
loin devant tous les autres. Le géant mondial du
« search », lancé en 1998 par Larry Page et Sergey Brin, a fêté lundi ses vingt ans, lors d’une
cérémonie en Californie qui a donné la mesure
de son emprise. Assistants vocaux, systèmes
d’exploitation pour mobile avec Android, publicité en ligne : pas un domaine du numérique
n’échappe au mastodonte, qui a réalisé, en 2017,
un chiffre d’affaires de 110 milliards de dollars.
Alors qu’il étudie un possible retour en Chine,
huit ans après avoir quitté le premier pays au
monde en termes de nombre d’internautes
pour ne pas avoir à se plier à la censure de Pékin,
et que le front anti-Gafa se renforce aux EtatsUnis comme en Europe, Google voit apparaître
de nouveaux moteurs de recherche alternatifs,
comme l’européen Qwant. Parallèlement, des
start-up se développent pour aider les utilisateurs à naviguer dans l’énorme flux de contenus
du Web. // PAGES 22-23
// PAGE 16 ET « CRIBLE » PAGE 34
Le CAC 40 attire
moins les étrangers
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
L’indice CAC 40 de la Bourse de Paris n’a
plus la cote auprès des investisseurs
étrangers. Fin 2017, ils ne détenaient plus
que 42,7 % des 34 valeurs françaises de
l’indice phare parisien. Il y a quatre ans, ce
taux avait atteint un record, à 47,8 %. Surtout, pour la première fois depuis longtemps, les étrangers ont été vendeurs nets
d’actions françaises, à hauteur de 9,1 mil-
L’inquiétante
régression
du libéralisme
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22789
110e ANNÉE
34PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
liards d’euros. La montée des risques politiques dans la zone euro l’an dernier (Italie, France) a visiblement incité ces
investisseurs, et notamment les Anglosaxons, à se tourner vers Wall Street,
jugée plus sûre. Ils ont notamment
déserté les valeurs financières, qui ont
subi plus de 5,6 milliards de retraits, nets,
l’an dernier. // PAGE 27
Libre propos par
Gaspard Koenig
Le libéralisme est en crise. Partout dans le monde,
ses idéaux, qui faisaient plus ou moins consensus
après-guerre, sont remis en cause. Nationalisme,
communautarisme et fanatisme religieux reprennent le pas, remettant en cause le triptyque longtemps gagnant de l’Etat de droit, du marché et de la
démocratie, constate Gaspard Koenig. Dans son
prochain livre, Yuval Harari fait un constat analogue dont la cause, selon lui, est à chercher dans la
contestation croissante du libre-arbitre. // PAGE 10
John Moore/Getty Images/AFP
Les non-résidents ne détiennent plus que 42,7 % de
la capitalisation de l’indice. Un plus bas depuis 2010.
Devant l’ONU et Trump, Macron
plaide pour le multilatéralisme
Le chef de l’Etat veut faire de la lutte contre les inégalités la priorité de sa présidence du G7 l’an prochain.
DIPLOMATIE Emmanuel Macron a prononcé mardi à la tribune de l’ONU un discours aux
antipodes de celui qu’avait énoncé deux heures auparavant un président américain tout à
son « America first ». Il a fait un plaidoyer pour le multilatéralisme, incontournable selon
lui, pour réduire les inégalités dans le monde, à l’origine de la remise en cause de l’ordre
mondial. La réduction des inégalités sera la priorité du G7 que la France présidera en 2019,
a annoncé le chef de l’Etat. // PAGE 6 ET L’ÉDITORIAL DE JACQUES HUBERT-RODIER
PAGE 8
02 //
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
FRANCE
PMA, réfugiés : le « en
même temps » sociétal
Si l’exécutif semble vouloir avancer sur l’extension
de la PMA, son virage sur les questions migratoires
est moins évident.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
e Comité national
d’éthique approuve
l’extension de la PMA,
l’exécutif confirme son
intention (fût-elle prudente)
de légiférer, La République
En marche applaudit. Certains
députés poussent même
leur avantage en souhaitant
la reconnaissance des enfants
nés de GPA à l’étranger et des
« avancées » sur la fin de vie.
Voici venu le temps des sujets
dits « sociétaux ». La base d’En
marche s’inquiétait depuis
quelques mois de voir ses
électeurs venus de la gauche
s’éloigner : elle savoure
ce moment où elle va – enfin !
pense-t-elle – pouvoir leur
donner du « grain à moudre ».
Elle le savoure d’autant plus
que l’autre sujet de société
du moment, l’immigration,
est plus difficile à lire.
Emmanuel Macron et Gérard
Collomb auraient notamment
rompu sur ce sujet,
le président trouvant que
son ministre allait trop loin
dans sa dénonciation du
« politiquement correct ».
Et pourtant, quand la gauche
parlementaire interpelle
le gouvernement sur le nouvel
« Aquarius », c’est Gérard
Collomb toujours ministre
qui prend la parole au Sénat
et défend, le nez sur ses notes,
le souhait du président
de défendre « une solution
européenne ». Dans
l’immédiat, c’est donc non
à l’accueil du bateau et de
ses 58 passagers à Marseille.
Tout ce que le PS compte
de personnalités s’indigne.
« LREM perd son pavillon
humaniste », dénonce Olivier
Faure. A huit mois
des élections européennes,
la priorité d’Emmanuel
Macron est de faire mentir le
« nationaliste » Salvini et
de montrer que l’Europe ne
démissionne pas, qu’elle peut
trouver des solutions et se
répartir les réfugiés. La preuve
par la solution FrancePortugal-Espagne trouvée
mardi. La preuve par la
pression mise sur les pays de
l’Est lors du Conseil européen.
Dire non à l’« Aquarius »
pour trouver une crédibilité
européenne et espérer
reconstruire un discours
« humaniste » sur
l’immigration, tel est le
chemin sinueux d’un Macron
qui semble avancer
en marchant. Allié de
« progressistes » européens,
qui eux-mêmes durcissent
le ton (ou se défilent). A la tête
d’un pays où l’opinion, elle,
sait en majorité très bien ce
qu’elle veut : des actes fermes.
Emmanuel Macron veut-il
« reconquérir le cœur des
Français », comme l’a fixé
Edouard Philippe mardi, ou
celui de la gauche ? Ce n’est
pas la même chose.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Le moral des patrons arrête de baisser
CONJONCTURE Le climat des affaires a légèrement grimpé en
septembre pour la première fois de l’année, a indiqué mardi
l’Insee. Il s’élève à 106 points et est au-dessus de sa moyenne de
long terme dans tous les secteurs. Il a augmenté dans les services et est stable dans le bâtiment. En revanche, il a fléchi dans le
commerce de détail et dans l’industrie, notamment automobile.
« La baisse du climat des affaires paraît endiguée, ce qui est compatible avec un rebond de la croissance d’ici à la fin de l’année », selon
Julien Pouget, chef du département de la conjoncture de l’Insee.
Lire l’article sur lesechos.fr/economie-france/conjoncture
La loi Pacte examinée en séance
publique à l’Assemblée
POLITIQUE Le projet de loi Pacte poursuit son cheminement
législatif dans l’hémicycle. Les députés ont débuté mardi l’examen du texte en séance publique. Un travail qui devrait se poursuivre durant les deux prochaines semaines. Le texte est passé de
73 articles avant son examen en commission à 145 aujourd’hui.
386 amendements ont été adoptés en commission spéciale.
L’opposition de gauche a concentré ses critiques sur le volet privatisation du projet de loi, qui autorise l’Etat à céder certaines
de ses participations dans ADP, Engie et la Française des Jeux.
Front commun des élus locaux
contre le gouvernement
l Les trois grandes associations d’élus locaux se mobilisent ce mercredi
à Marseille contre la « recentralisation ».
l Le Premier ministre fera une apparition imprévue jeudi au congrès des régions.
COLLECTIVITÉS
LOCALES
Isabelle Ficek
et Matthieu Quiret
Il n’était pas au programme. Finalement, il sera bien là. Edouard Philippe fera le déplacement jeudi à
Marseille pour ouvrir le congrès des
Régions de France et tenter de désamorcer une nouvelle fronde des
élus locaux. Car mercredi aprèsmidi, toujours à Marseille, leurs
trois grandes associations, Régions
de France, l’Assemblée des départements de France (ADF) et l’Association des maires de France (AMF)
vont faire front commun lors d’un
appel en faveur des libertés locales.
Ces organisations avaient déjà
déserté la Conférence nationale des
territoires début juillet. François
Baroin, le président LR de l’AMF
rappelle la longue liste des désaccords depuis l’été 2017 : les 13 milliards d’économies, la baisse des
APL et des emplois aidés, la réforme
de l’apprentissage, etc. Sans oublier
plus récemment, le plan pauvreté,
le plan santé ou le dédoublement
des classes dans les quartiers populaires. « L’Etat n’a plus les moyens de
ses ambitions et nous transfère des
responsabilités tout en nous coupant
les pattes. Rien que le dédoublement,
c’est 90.000 euros à trouver en
moyenne par école », dénonce François Baroin.
Rentrer dans la négociation
Avec Dominique Bussereau, président (ex-LR) de l’ADF, et Hervé
Morin, président centriste de
Régions de France, il demande une
nouvelle étape de décentralisation.
« Nous avons déposé début juillet,
dans le cadre de la réforme constitutionnelle, une série d’amendements
dans ce sens sans obtenir une seule
réponse de la Commission des lois de
l’Assemblée », déplore François
Baroin. Pour lui, le dialogue n’est
plus possible avec le gouvernement, la contractualisation financière avec les grandes collectivités
s’est avérée à sens unique. « Les élus
locaux doivent rentrer dans une
phase de négociation », estime-t-il.
L’exécutif, lui, continue à afficher
sa volonté de dialogue, même si
« dialoguer, prévient-on à Matignon,
cela ne veut pas dire oui à tout ». Ces
élus « ont envie de montrer qu’il n’y a
pas de dialogue avec l’Etat. Mais
quand on veut dialoguer, ils n’ont pas
de créneau », glisse, face à l’annonce
tardive de sa venue à Marseille, un
proche d’Edouard Philippe, qui
assure que le Premier ministre avait
« envie » de se rendre au congrès.
Envie, et surtout besoin de faire
ou refaire passer un certain nombre
de messages. « Il a beaucoup de choses à rappeler sur les dotations, qui ne
baissent pas, il peut réaffirmer un
certain nombre de preuves girondines, loin des caricatures », martèle
Matignon qui veut absolument casser l’accusation de « recentralisation
massive ». « Cela ne tient pas
l’épreuve des faits », veut croire
l’entourage du Premier ministre
qui, dans cette phase du quinquen-
« L’Etat n’a plus
les moyens de ses
ambitions et nous
transfère des
responsabilités tout
en nous coupant
les pattes. »
FRANÇOIS BAROIN
Président de l’AMF
nat plus politique avec des échéances électorales à venir, veut aussi
mener la bataille face à la grogne qui
vient, distingue Matignon,
« d’inquiétudes légitimes » pour certains – les départements – et pour les
autres, de « postures politiciennes ».
Le gouvernement sous-estime
pourtant peut-être l’ampleur des
soutiens des élus locaux. Interrogé
lundi, Jean-Louis Missika, l’adjoint
très « Macron-compatible » de la
maire de Paris, Anne Hidalgo, regrettait « la tentation très forte de recentralisation de ce gouvernement » et son
« absence d’assise locale ». Mardi, l’un
des auteurs du rapport de la Cour des
comptes sur les finances locales
publié le matin même, confiait partager le constat d’une recentralisation en cours, les contrats financiers
entre l’Etat et les grandes collectivités
permettant aux préfets de mettre
le nez dans les gestions locales. n
Doutes sur la maîtrise des dépenses des collectivités
Les magistrats financiers
estiment dans leur rapport
annuel publié mardi que les
sanctions prévues par l’Etat
en cas de non-respect
des objectifs de dépenses
ne pèseront pas lourd face
au bas de laine que les élus
locaux vont se reconstituer.
La Cour des comptes a aimé la saison 1 du tour de vis des finances
locales initié par François Hollande.
Elle est plus sceptique sur la saison 2
imaginée par Emmanuel Macron.
Dans leur rapport annuel sur les
collectivités locales publié mardi
matin, les magistrats estiment que
la baisse des dotations « a permis à
partir de 2014 de stabiliser globalement les transferts financiers de
l’Etat, qui avaient progressé de près de
50 % depuis dix ans ». Et d’enfoncer
le clou : « Le poids des dépenses de
fonctionnement des collectivités locales par rapport au PIB est presque
revenu en 2017 à son niveau de 2010. »
Une amélioration « fragile »
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
De gauche à droite : Hervé Morin (Régions de France), Dominique Bussereau (ADF) et François Baroin
(AMF) veulent faire parler d’une même voix leurs associations. Photo Jacques Demarthon/AFP
Le premier président de la Cour,
Didier Migaud, a décerné un satisfecit aux collectivités qui ont amélioré
leur situation financière grâce à de
« réels efforts », mais en ajoutant un
gros bémol : « Cette amélioration est
fragile, nous sommes préoccupés
notamment par l’autofinancement
qui est loin de celui de 2011 », a-t-il
affirmé.
La Cour ne cache pas non plus
son scepticisme sur la nouvelle
méthode du quinquennat consistant à plafonner à 1,2 % la hausse des
res à 1,2 % (38 supérieures à 2 %) et
qui doivent respecter le même taux
que les territoires moins fragiles.
Le rapport reconnaît certes que
ces objectifs seront certainement
tenus pour 2018, notamment car les
nouvelles normes imposées par
l’Etat ne pèseraient que 258 millions d’euros, contre plus de 1 milliard en 2017. Mais, à plus long
terme, la Cour ne rejoint pas les
conclusions du gouvernement. Si
elle calcule que l’épargne brute
des collectivités bondira à un
niveau inédit de 19,4 milliards
d’euros, en hausse de 56 % par rapport à 2017, elle conteste un objectif
de désendettement de 2,9 points
de PIB.
Bas de laine
Didier Migaud, le président de la Cour des comptes.
Photo François Guillot/AFP
dépenses de fonctionnement des
collectivités via un contrat passé
avec l’Etat. Elle estime que « la trajectoire des finances locales prévue pour
la période 2018-2022 paraît réalisable
à court terme, mais d’une issue incertaine au-delà ». Elle doit déboucher
sur une baisse de 13 milliards
d’euros annuels des dépenses.
La Cour juge d’abord que les
contrats ne portent que sur 41 % du
total des dépenses de fonctionnement des 322 collectivités initialement visées. Elle anticipe d’autres
effets pervers de cet encadrement,
comme le découragement des
mutualisations vertueuses entre les
communes et leur communauté. Le
rapport cite le cas de La Roche-surYon, en Vendée, dont les dépenses réelles de fonctionnement ont
progressé de 7,9 % en 2017 à cause
d’un nouveau système de calcul
de refacturation des frais de mutualisation avec l’agglomération.
La Cour juge par ailleurs que ces
contraintes tiennent trop peu
compte des spécificités locales des
administrations visées. C’est particulièrement vrai pour les départements : elle cite le cas des dépenses
sociales de 53 d’entre eux supérieu-
Dotés d’un bien meilleur bas de
laine, les élus locaux risquent en
effet de ne pas choisir l’option d’un
désendettement, sachant que la
capacité de désendettement est faible, de cinq ans en moyenne. Ils ne
pourront pas plus opter pour une
baisse des impôts locaux avec la
réforme de la taxe d’habitation.
A lire le rapport, même si les élus
augmentent les dépenses d’investissement de 5,3 milliards d’euros
d’ici à 2020, elles resteraient deux
fois moins importantes que le surcroît d’épargne (+ 11,2 milliards). Et
de conclure : « La relative aisance
financière des collectivités rendrait
peu dissuasives les pénalités prévues
par la loi en cas de dépassement de
l’objectif de croissance maximale
de 1,2 % ».
— M. Q.
FRANCE // 03
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
La Sécurité sociale enfin dans le vert
l Le projet de budget de la Sécurité
sociale pour 2019, présenté mardi,
affiche un excédent prévisionnel
de 700 millions d’euros.
l Le gouvernement veut achever
l’amortissement de la dette d’ici à 2024.
FINANCES
PUBLIQUES
Solveig Godeluck
@Solwii
Enfin le retour dans le vert. En 2019,
la Sécurité sociale devrait afficher
un petit excédent de 700 millions
d’euros pour le régime général et
le Fonds de solidarité vieillesse. Une
première après dix-huit ans passés
dans le rouge. En 2018, le déficit, en
forte baisse, devrait atteindre 1 milliard. Lors de la présentation du
projet de budget de la Sécurité
sociale, mardi, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn,
s’est félicitée d’un « rétablissement
des comptes qui nous permet d’être
en capacité d’agir et d’être ambitieux » – dévoilant notamment une
enveloppe de 200 millions pour
l’investissement dans les hôpitaux.
« La dette sociale sera apurée en
2024 », a assuré le ministre de
l’Action et des Comptes publics,
Gérald Darmanin. Répondant à une
question sur l’utilisation des excédents futurs, l’hôte de Bercy a insisté
sur le fait que les retraites et la
dépendance allaient être réformées
et a appelé à « imaginer » « ce qu’on
peut faire de cet argent en plus, à la
fin des fins ». Le redressement des
comptes a été long et douloureux,
depuis le trou record de 28 milliards
d’euros en 2010, au plus fort de la
crise financière. L’an prochain
encore, il faudra consentir 5,7 milliards d’économies par rapport à la
croissance naturelle des dépenses
pour que la Sécurité sociale puisse
sortir la tête de l’eau. Cela passe par
un quasi-gel des prestations sociales
sur les deux prochaines années.
En 2019, cette mesure rapportera
3,3 milliards d’euros, dont 1,8 milliard pour le régime général.
La branche maladie
toujours déficitaire
Ce quasi-gel va singulièrement
améliorer les comptes de l’assurance-vieillesse, qui aurait dû fortement revaloriser les pensions en
raison d’une inflation prévisionnelle élevée (1,6 % hors tabac). Elles
ne progresseront que de 0,3 % en
janvier, pour un montant d’économies total de 2,2 milliards d’euros,
dont 1,6 milliard portant sur le
régime général. Cela permet à la
branche revenue dans le vert
depuis 2016 de continuer à afficher
un excédent en 2019 (700 millions).
La branche famille, qui devrait
redevenir excédentaire en 2018
(400 millions d’euros), récoltera
200 millions d’économies de la
désindexation, avec un solde positif
de 1,2 milliard en 2019. Seule la branche maladie resterait déficitaire, de
500 millions contre 900 millions en
2018. Après le gros effort de cette
année, qui devrait voir ce déficit
diminuer de 4 milliards en une
seule année – au prix toutefois de
déficits hospitaliers gonflés –, le
gouvernement a décidé de lever un
peu le pied sur les économies dans
la santé. L’objectif de progression
des dépenses d’assurance-maladie
a été relevé de 0,2 point à 2,5 %, soit
400 millions de plus. Il faudra néanmoins économiser 3,8 milliards
pour respecter l’objectif.
Le redressement des comptes de
la Sécurité sociale s’accompagne
d’une rénovation des relations
financières avec l’Etat, en vue de
transférer une partie des excédents
à venir à ce dernier, toujours lourdement déficitaire. Dès 2019, certains
allégements de charges sociales ne
Participation forfaitaire en hausse
C’est une économie de 40 millions d’euros, qui va peser
sur les complémentaires santé, voire directement sur
les patients subissant déjà un fort reste à charge, car
hospitalisés. Selon la Mutualité française, qui s’en est
émue mardi dans un communiqué, le montant de la
participation forfaitaire va passer de 18 à 24 euros
en 2019. Ce forfait remplace le ticket modérateur pour
certains actes médicaux tarifés plus de 120 euros.
Les malades en affection longue durée n’en sont pas
redevables.
seront plus compensés par l’Etat,
pour 1,3 milliard d’euros : transformation du crédit d’impôt pour
la compétitivité et l’emploi (CICE)
pour les régimes spéciaux
(400 millions), heures supplémentaires « désocialisées » (600 millions), allégements des bas salaires
dans le cadre de la bascule CSG-cotisations (300 millions).
Par ailleurs, le gouvernement
réaffirme la volonté d’éteindre la
dette sociale logée dans la Caisse
d’amortissement (Cades). Cette
structure de défaisance doit fermer
en 2024. L’Agence centrale des
organismes de Sécurité sociale
(Acoss), qui détient 28 milliards de
dette à court terme, va lui transférer
15 milliards de 2020 à 2022. La
Cades touchera progressivement
des recettes supplémentaires, jusqu’à 5,1 milliards de CSG, pour
amortir cette dette.
(
L’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 8
Les mesures phares
pour 2019
L’exonération de cotisations
salariales pour les heures
supplémentaires à partir
de septembre 2019 est
l’une des mesures phares
du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Certaines mesures figurant dans le
projet de budget de la Sécurité
sociale pour 2019 ont déjà été votées
l’an dernier : année blanche (pas de
cotisations sociales) pour les créateurs d’entreprise, baisse des charges patronales au niveau du SMIC,
revalorisation de la prime d’activité,
du minimum vieillesse et de l’allocation adulte handicapé. Plusieurs
autres doivent encore être soumises
à l’approbation des parlementaires :
EXONÉRATION DES
•HEURES
SUPPLÉMENTAIRES
A compter du 1er septembre 2019,
les heures supplémentaires seront
complètement exonérées de cotisations salariales vieillesse de base et
complémentaire. Un salarié du
privé gagnera ainsi 11,3 % de la
rémunération brute par heure travaillée en plus. En comptant les
fonctionnaires et les contractuels
de la fonction publique, 9 millions
de personnes seraient concernées.
L’opération coûtera 600 millions en
2019 et 2 milliards en 2020, pour un
gain de pouvoir d’achat moyen de
200 euros par an par salarié.
•
CONGÉ MATERNITÉ
AMÉLIORÉ POUR
LES INDÉPENDANTES
Le taux de pénétration des génériques en France est encore jugé trop faible par rapport aux pays voisins. Photo DR
Certains non-génériques moins bien remboursés
Les patients qui refuseront
un générique en pharmacie
repartiront bien avec leur
médicament de marque,
mais ils ne seront plus aussi
bien remboursés.
Le projet de loi de financement de la
Sécurité sociale pour 2019 prévoit
220 millions d’euros d’économies
via la promotion du médicament
générique, après 340 millions en
2018 – année marquée par un plus
grand nombre de tombées de brevets. Deux nouvelles mesures y sont
inscrites. D’abord, la création d’un
deuxième répertoire des génériques, hybride, permettant de
« génériquer » les médicaments
combinés à des dispositifs médicaux brevetés, notamment les pompes pour les asthmatiques. Ensuite,
le déremboursement de certains
médicaments de marque. Car le
taux de pénétration des génériques
inscrits dans le répertoire (82 % en
2017) est encore jugé trop faible par
rapport aux pays voisins.
Des critères médicaux
pour substituer
Dès 2019, les médecins seront dissuadés d’apposer la mention « non
substituable » sur l’ordonnance,
mention qui contraint le pharmacien à délivrer l’original et non la
copie. Dans le système de santé
français, c’est sur le pharmacien
que repose la promotion du générique (il touche pour cela une rémunération sur objectifs de santé
publique), le médecin restant totalement libre de prescrire. Toutefois,
ce dernier va dorénavant devoir justifier le choix du « non-substituable » suivant des critères médicaux
définis par les autorités sanitaires,
tels que l’allergie ou l’intolérance.
A partir de janvier 2020, les assurés qui se présenteront en pharmacie avec une ordonnance sans la
mention « non substituable », mais
qui exigeront tout de même leur
Mopral (à la place de l’omeprazole),
leur Doliprane (paracétamol) ou
leur Crestor (rosuvastatine),
devront en payer le prix. En effet, le
médicament de marque ne sera
plus remboursé que sur la base du
tarif du générique.
Le patient ne s’en rendra peut-être
pas compte immédiatement. « On
n’a pas le droit d’offrir le tiers payant
aux gens qui refusent la substitution,
donc le patient devra attendre pour
savoir combien la Sécurité sociale lui
rembourse », commente Philippe
Besset, à la Fédération des syndicats
pharmaceutiques de France, tout en
précisant que les officines « vont
expliquer la mesure aux patients ».
La profession est partagée sur cette
mesure. « Nous sommes inquiets car
cela risque de remettre en cause l’économie du générique, mais en même
temps nous avons envie de changer de
modèle », souligne Philippe Besset.
Les pharmaciens veulent en effet
être rémunérés pour le conseil
rendu plutôt que de dépendre du
prix des boîtes. Un mouvement stratégique pour eux, sachant que 36 %
des boîtes vendues en officine sont
déjà des génériques.
Comme la marge des pharmaciens s’est écroulée avec l’essor de
ces médicaments moins chers, ils
ont obtenu en échange le droit de
toucher des remises de la part des
laboratoires génériques. Elles représentent 1 milliard sur 6 milliards de
revenus. Mais les laboratoires
feront sans doute moins de cadeaux
commerciaux aux pharmaciens
s’ils n’ont plus besoin d’eux pour
gagner des parts de marché.— S. G.
Toutes les futures mères devront
être arrêtées au minimum 8 semaines. Les travailleuses indépendantes verront la durée maximale de
leur congé maternité pris en charge
rallongée de 38 jours, à 112 jours,
comme les salariées. Les exploitantes agricoles n’auront plus à payer la
CSG-CRDS sur l’allocation de remplacement qu’elles touchent lors de
leur congé maternité et pourront
toucher des indemnités journalières
si elles ne trouvent pas de remplaçant, au même tarif que les autres
indépendantes.
DE POUCE
•À LACOUPS
GARDE D’ENFANTS
Les familles qui touchent le complément de mode de garde (CMG), sous
conditions de ressources, pour faire
garder leur enfant, ne verront plus
son montant divisé par deux après
3 ans : ils conserveront le bénéfice de
cette allocation à taux plein jusqu’à
sa scolarisation. Soit un gain potentiel de 234 euros par mois pour une
famille employant un assistant
maternel. Les parents d’enfants handicapés, qui recourent à un mode
d’accueil individuel, bénéficieront
d’une majoration de 30 % de leur
CMG, soit un gain potentiel maximum de 140 euros par mois par
famille. La même majoration avait
été accordée aux familles monoparentales il y a un an.
•
PREMIERS PAS VERS
LE RESTE À CHARGE ZÉRO
La mise en place de l’offre « 100 %
santé » débutera en 2019 et s’échelonnera jusqu’en 2021. A terme, tous
les assurés pourront bénéficier de
prothèses dentaires, auditives et de
lunettes entièrement remboursées.
Dès 2019, le reste à charge sur les
prothèses auditives (850 euros en
moyenne par oreille) va diminuer
de 200 euros environ. Le coût pour
l’Assurance-maladie s’élèvera à
50 millions. Celle-ci va aussi financer la revalorisation des soins
conservateurs dentaires pour
170 millions d’euros et diminuer sa
prise en charge des lunettes.
• EXTENSION DE LA CMU-C
En novembre 2019, la couverture
maladie universelle complémentaire (CMU-C) va s’étendre pour couvrir 1,2 million de personnes. Les
actuels bénéficiaires de l’aide à la
complémentaire santé (ACS) pourront accéder à ce panier de soins
pour moins de 1 euro par jour. Les
allocataires de l’ACS ont de faibles
revenus, mais comme ils sont jusqu’à 35 % supérieurs à ceux des allocataires de la CMU-C, ils ne peuvent
prétendre à une assurance complémentaire gratuite. Cette réforme a
pour objet de réduire le non-recours
qui frappe 65 % des bénéficiaires
potentiels de l’ACS. Cette couverture
complémentaire sera reconduite
automatiquement chaque année
pour les allocataires du RSA.
•
DES FONDS POUR
LES PERSONNES ÂGÉES
Les mesures annoncées au printemps se concrétisent. Les Ehpad
toucheront 125 millions d’euros en
2019 dans le cadre de la convergence
tarifaire entre établissements, qui
s’étalera jusqu’en 2021 seulement au
lieu de 2023. S’y ajoutent 18 millions
pour éviter qu’il y ait des perdants.
En outre, les services d’aide à domicile se verront allouer 50 millions,
les plans de prévention en Ehpad
30 millions, l’hébergement temporaire en Ehpad 15 millions.
• DÉPISTAGE SANTÉ
Le dépistage précoce de l’autisme va
être favorisé via la mise en place
d’un parcours 0-6 ans financé par
l’Assurance-maladie, et 20 examens médicaux obligatoires gratuits réalisés avant l’âge de 6 ans
vont être étalés jusqu’à 16 ans.
— S. G.
04 // FRANCE
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
Parcoursup : les
bacheliers seront
fixés plus tôt
ÉDUCATION
La ministre
de l’Enseignement
supérieur,
Frédérique Vidal,
a indiqué que
la phase principale
du processus s’arrêterait « au plus tard
fin juillet » en 2019.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Pour ceux qui attendaient un
bilan complet de Parcoursup, il
faudra patienter encore. La
ministre de l’Enseignement
supérieur, Frédérique Vidal, a
seulement indiqué mardi, lors
d’un déplacement à l’université
Paris-Sud à l’occasion de la rentrée universitaire, qu’il restait
955 bacheliers sans affectation.
Le calendrier détaillé
connu après la Toussaint
La ministre estime que « Parcoursup a pleinement fonctionné ». Mais elle dit aussi avoir
entendu les critiques. Pour
répondre à ceux qui ont jugé la
procédure trop longue, Frédérique Vidal a indiqué que la phase
principale de Parcoursup
s’arrêterait « au plus tard fin
juillet » et non plus début septembre comme cette année. Les
établissements s’étaient plaints
des inscriptions d’étudiants
trop tardives. Près de 97 % des
candidats avaient « déjà accepté
la proposition qu’ils allaient conserver jusqu’à la fin de la procédure », a justifié Frédérique
Vidal. Le calendrier détaillé
sera annoncé après les vacances de la Toussaint. Pour aider
les candidats à se situer sur une
liste d’attente, la plate-forme
publiera aussi l’an prochain le
rang du dernier candidat
accepté dans chaque formation.
Pas de hiérarchisation
des vœux
La ministre a redit son opposition à la hiérarchisation des
vœux, qui caractérisait
l’ancienne plate-forme APB et
que les détracteurs de Parcoursup réclament toujours. Frédérique Vidal a toutefois annoncé
un nouveau dispositif, appelé
pour l’instant « répondeur
automatique », dans lequel le
candidat devra dire à l’avance –
mais pas avant juillet – quelle
est sa proposition préférée. S’il
l’obtient, Parcoursup la lui attribuera automatiquement.
« Cela consiste à donner des
résultats à l’avance à la plateforme, c’est donc bien une hiérarchisation des vœux », assure
un spécialiste de Parcoursup,
favorable à la plate-forme.
Reste à voir jusqu’où ira ce
mécanisme de « répondeur
automatique ». n
Les bonnes recettes du nouvel
impôt sur la fortune immobilière
FISCALITÉ
Issu de la réforme
de l’ISF l’an dernier,
l’IFI devrait rapporter
1,53 milliard d’euros
en 2019.
C’est presque
deux fois plus que
les estimations faites
lors de sa création.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Les annexes du projet de loi de finances réservent une bonne surprise
pour le budget de l’Etat. L’impôt sur
la fortune immobilière (IFI) devrait
rapporter 1,53 milliard d’euros en
2019, après déduction du mécanisme de plafonnement, selon la
prévision qui y est inscrite. C’est bien
plus que ce qui était attendu lors de
la création, en fin d’année 2017, de ce
prélèvement qui remplace l’ISF. L’an
dernier, lorsque l’assiette de l’ISF
avait été restreinte aux seuls actifs
immobiliers, les textes budgétaires
évaluaient les recettes de ce nouvel
impôt à 850 millions d’euros.
Un angle d’attaque pour la droite.
Quitte à réformer l’imposition sur
la détention du capital, autant supprimer en totalité l’impôt sur la fortune plutôt que de conserver un
résidu qui rapporte peu à l’Etat,
avaient défendu les ténors des
Républicains lors des débats à
l’Assemblée l’an dernier.
La création de l’IFI s’est accompagnée de règles anti-abus qui n’existaient pas à l’époque de l’ISF.
Photo Shutterstock
Ils n’ont pas changé d’avis. « L’IFI
n’est pas un bon impôt, estime toujours Eric Woerth, le président LR
de la commission des Finances. Cela reste un impôt sur le capital
payé tout au long de sa vie. Et puis,
c’est une idée fausse de considérer
que l’immobilier est une rente. »
Première collecte
fructueuse
Ce qui pousse Bercy à revoir à la
hausse ses prévisions de recettes,
c’est que la première collecte de
l’IFI, cette année, s’est avérée bien
plus fructueuse que prévu. Les
déclarations du printemps dernier
reflètent un rendement de 1,2 milliard d’euros, que l’administration
pense encore pouvoir améliorer de
300 millions d’euros l’an prochain
L’écart avec
la prévision initiale
peut s’expliquer
par une prudence
de l’administration
dans ses premières
estimations.
à la suite des contrôles fiscaux et
des déclarations tardives.
L’écart avec la prévision initiale
peut s’expliquer par une prudence
de l’administration dans ses premières estimations, faute de données
précises sur la part de l’immobilier
dans le patrimoine des ménages. La
différence peut aussi venir de la
mécanique de ce nouvel impôt. L’IFI
ne consiste pas simplement à appliquer le barème de l’ISF aux actifs
immobiliers. La création de cet
impôt s’est accompagnée de nouvelles règles anti-abus qui n’existaient
pas à l’époque de l’ISF, et qui ont pu
conduire à élargir l’assiette taxable.
Or, l’évaluation établie lors du projet
de loi de finances 2018 montre que,
pour calculer le rendement de l’IFI,
l’administration a appliqué le
barème de l’ISF aux actifs immobiliers estimés des contribuables.
Le formulaire de déclaration
au titre de l’IFI demande en outre
des informations bien plus
détaillées qu’à l’époque de l’ISF,
notamment la date et le prix
d’acquisition. Ce qui limite les possibilités de sous-évaluer un bien. n
Assurance-chômage : la
négociation devrait avoir lieu
SOCIAL
La lettre de cadrage
a été envoyée
par Matignon aux
partenaires sociaux.
La CFTC, la CGC
et la CFDT ont accepté
de négocier. Le Medef
devrait suivre.
Alain Ruello
@AlainRuello
et Leïla de Comarmond
@leiladeco
Le gouvernement demande aux partenaires sociaux de trouver
3,8 milliards d’économies. Photo Jérôme Prébois/Unédic
Quatre jours après avoir donné oralement aux partenaires sociaux les
grandes orientations qu’il entend
donner à la réforme de l’assurancechômage, le gouvernement leur a
envoyé mardi, par écrit, une lettre de
cadrage. La potion reste aussi
amère, même si les mots qui fâchent
sont évités, surtout pour les syndicats. Elle tient en moins de 5 pages.
Sous couvert de favoriser la reprise
de l’emploi et de freiner la multiplication des CDD courts, il s’agit
de chambouler les règles d’indemnisation les plus sensibles et de dégager entre 3 et 3,9 milliards d’économies dans les comptes de l’Unédic.
L’incitation est à peine moins
directive pour les règles d’indemnisation des personnes ayant
plusieurs employeurs (gardes
d’enfants, par exemple) qui « méritent d’être corrigées ». De manière
plus floue, l’exécutif ouvre la porte à
une indemnisation différenciée
(pour ne pas dire dégressive) en
fonction des niveaux de qualification. « Les mêmes règles d’indemnisation ne produisent pas les mêmes incitations pour tous les demandeurs
d’emploi », estime la lettre de
cadrage, qui « invite » les partenaires
sociaux à « corriger cette situation ».
Une indemnisation
différenciée
Formellement, deux organisations
ont accepté de négocier : la CFTC et
la CGC. La CFDT aussi, tout en
fixant ses conditions. « Le document
de cadrage est une base de discussion », a prévenu la confédération,
pour qui « ce sont d’abord des solutions concrètes aux situations de précarité qui doivent être apportées, audelà des modifications des règles et
des dispositifs existants ».
Côté Medef, Geoffroy Roux de
Bézieux a jugé ce mardi, dans une
interview au « Monde », les « orien-
Po u r c e l a , l e g o u ve r n e m e n t
« demande » aux partenaires
sociaux de « revoir » ce qu’ils ont
acté dans leur convention de 2014 :
la possibilité d’une activité réduite
illimitée dans le temps avec la possibilité de recharger ses droits à
150 heures. Même « demande »
pour les règles de calcul du salaire
journalier de référence « pour mettre un terme à cette incitation au fractionnement des contrats ».
La balle dans le camp de FO
tations » du gouvernement « suffisamment ouvertes pour permettre la
discussion ». Il « recommander[a]
donc au conseil exécutif du Medef qui
se tient le 1er octobre » d’y aller. La
balle est dans le camp de FO qui réunit son comité confédéral national
mercredi et jeudi. Un refus de négocier s’inscrirait en rupture avec la
culture interne et pourrait entraîner la défection de la CGT.
Quoi qu’il en soit, le président du
Medef a déjà lancé les discussions
en affirmant que les 3 à 3,9 milliards
d’économies demandés lui « paraissent ambitieux mais indispensables », alors qu’ils sont dénoncés par
les syndicats. Tout en rejetant tout
malus général sur les contrats
courts. La lettre de cadrage n’en dit
d’ailleurs rien, se contentant de
« demander » (une nouvelle fois)
aux partenaires sociaux de mettre
en place de « nouvelles règles » pour
corriger les différences de comportements d’entreprises identiques en
matière de ruptures de contrats.
a
De plus amples informations
sur lesechos.fr/economie-france
FRANCE // 05
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
Valls se lance dans une bataille inédite
et compliquée à Barcelone
cité catalane, « une ville dont on tombe
amoureux ». « Je veux être le prochain
maire de Barcelone », a-t-il déclaré,
précisant qu’il va abandonner, « la
semaine prochaine », son poste de
député. Les élections en Espagne
auront lieu en mai 2019.
POLITIQUE
L’ancien Premier
ministre a annoncé
mardi sa candidature
à la mairie
de la cité catalane.
Pas d’espace en France
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
et Cécile Thibaud (à Madrid)
@CecileThibaud
Il franchit le Rubicon. Et, en l’occurrence, les Pyrénées. Après plusieurs
mois passés à avancer ses pions sur le
terrain, Manuel Valls s’est officiellement lancé, mardi soir, à la conquête
de Barcelone. L’ancien Premier
ministre puis député apparenté
LREM, qui avait été sollicité par le
parti de centre droit Ciudadanos, l’a
annoncé lors d’une conférence de
presse dans le centre historique de la
C’est une première : jamais un responsable politique de premier
plan n’avait brigué les rênes d’une
ville dans un autre pays. Et un tournant pour l’intéressé, toujours élu
en Ile-de-France (conseiller régional, maire d’Evr y, député de
l’Essonne). « Ce n’est pas un choix
de carrière mais un choix d’engagement et un choix raisonné. C’est une
promesse d’Europe et un combat
contre les séparatismes, quels qu’ils
soient », plaide l’ancien ministre
vallsiste Jean-Marie Le Guen. « Il a
quitté sa zone de confort. C’est courageux », insiste l’ex-secrétaire
d’Etat Juliette Méadel.
Extension de la PMA :
Macron avance avec la
plus grande prudence
SOCIÉTÉ
Le Comité
consultatif national
d’éthique s’est
prononcé mardi
pour l’ouverture
de la PMA aux
couples de femmes
et femmes seules.
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
C’était, sur le terrain très sensible des questions sociétales,
une parole attendue. Le Comité
consultatif national d’éthique
(CCNE) s’est prononcé, mardi,
pour l’ouverture de la procréation médicalement assistée
(PMA) aux couples de femmes
et aux femmes seules dans son
avis sur la révision de la loi de
bioéthique attendue cette
année. Il s’était déjà prononcé
en ce sens en 2017, mais l’avis
rendu ce mardi est une étape
importante pour le processus
politique puisqu’il doit nourrir
les discussions parlementaires,
sachant que le gouvernement a
prévu de présenter un projet de
loi fin 2018 pour un débat au
Parlement début 2019.
« Manifestations
très importantes »
Promesse de campagne
d’Emmanuel Macron, l’extension de la PMA, si elle est soutenue, selon plusieurs sondages,
par une majorité de Français
(64 % selon une enquête Ifop de
juin 2018), ne suscite pas moins
de vives oppositions.
La Manif pour tous, qui agite la
menace de « manifestations très
importantes », a immédiatement
dénoncé une « décision pas éthique mais politique » du CCNE. La
Conférence des évêques de
France a, jeudi dernier, réitéré
son opposition à l’extension de la
PMA, mettant en avant l’importance de la « référence paternelle. » A l’Assemblée, les députés
LR et UDI, par la voix de leur président de groupe, se sont dits ce
mardi majoritairement contre. A
l’inverse, les députés communistes se sont redits très favorables.
Pour tenter de ne pas attiser
les tensions, l’Elysée avait pris
les devants ce lundi, assurant
que l’avis rendu « n’est pas un
avant-texte de loi, il y a toute une
phase d’écoute et une phase de
discussion parlementaire qui va
avoir lieu […] le débat sur la PMA
est éthique et ce débat n’est pas au
bout ». Le chef de l’Etat a « tenu
à faire en sorte que toutes les sensibilités sur ce sujet soient attentivement écoutées et va continuer
à écouter », a fait savoir l’Elysée.
« La France adore se déchirer
sur des débats de société, mais il
ne faut pas utiliser les lois de
bioéthique comme un étendard
de lutte. Sur ces sujets complexes,
on a besoin d’un débat serein »,
avance un poids lourd du gouvernement. Cette prudence
explique le ir de barrage cet été
de l’exécutif, qui veut « un débat
apaisé », contre le député
LREM Guillaume Chiche, qui
voulait déposer au plus vite une
proposition de loi pour accélérer le processus.
« C’est une
mesure
de justice. »
BENJAMIN GRIVEAUX
Porte-parole
du gouvernement
La ligne de crête du gouvernement est étroite, entre la volonté
de ne pas « hystériser le débat »,
selon les mots de la ministre des
Solidarités, Agnès Buzyn, qui a
redit l’opposition totale du gouvernement à la gestation pour
autrui (GPA), mais la volonté
aussi de montrer que la promesse présidentielle sera tenue.
Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a
défendu, sur Europe 1, ce mardi,
une « mesure de justice », souhaité que le gouvernement
puisse « aller jusqu’au bout » et
souligné le « mantra » de l’exécutif : « Nous faisons ce que nous
avions annoncé. »
La base de discussions que
constitue l’avis du CCNE, qui,
par ailleurs, refuse catégoriquement la gestation pour autrui et
propose de ne pas toucher à la
loi Claeys-Leonetti sur la fin de
vie mais conseille de mieux la
faire connaître et respecter,
pourrait aider l’exécutif à ouvrir
une porte − celle de la PMA − et
en même temps, en fermer une
autre, celle de la fin de vie, qui
divise plus encore. n
Manuel Valls, qui veut « exister » et
n’est pas d’un naturel patient, sait
aussi son horizon largement bouché
en France. Honni à gauche, il
n’a jamais pesé dans le dispositif
macronien et le chef de l’Etat ne semble pas prêt à lui faire le moindre
cadeau. D’autant que sa cote de popularité dans le baromètre Elabe ne
dépasse pas 16 % avec la part d’opinions négatives la plus élevée : 64 %, à
égalité avec Marine Le Pen… « Il a testé
son curseur de positionnement. Et a
compris qu’il n’avait pas d’espace »,
concède un poids lourd du gouvernement, tout en louant chez lui, dans
une formule à double tranchant,
« une résilience exceptionnelle ».
Pour Manuel Valls, qui se veut
une troisième voie entre unionistes
et indépendantistes, le plus difficile
commence : s’imposer. Un Français pour piloter la deuxième ville
d’Espagne ? « C’est un pari. Pour lui,
c’est un peu tout ou rien », résume
une femme politique qui le connaît
bien. Bien qu’il soit né à Barcelone
(où vit toujours sa sœur) et soit fan
du Barça (un porte-drapeau de
l’identité catalane), les chances de
l’homme des « deux gauches irréconciliables » paraissent minces.
Mais pas nulles. L’hypothèse, qui
paraissait totalement incongrue il a
six mois dans une région aux prises
avec le défi indépendantiste, a fait
son chemin, avec la mise en place
d’une équipe rapprochée qui a
redessiné le profil du candidat.
« Il a corrigé le tir »
« Il est arrivé comme un unioniste
affirmé, défenseur de l’unité de
l’Espagne et de l’ordre institutionnel. Mais il a corrigé le tir pour capter un électorat plus large, en jouant
la carte de la grandeur de Barcelone », explique le politologue
Oriol Bartomeus. « Aujourd’hui, il
est devenu le candidat bien-pensant,
“business friendly”, commode pour
les secteurs économiques qui veu-
lent se débarrasser d’Ada Colau [la
maire sortante, soutenue par
Podemos, NDLR]. Mais être le candidat des élites ne suffira pas », prévient ce professeur à l’Université
autonome de Barcelone.
Reste que sa superbe et le sentiment qu’il est là pour se refaire une
santé après avoir échoué en France
font grincer des dents en Catalogne.
« Il prétend conduire une plate-forme
transversale et se présenter en leader
de mouvement, en suivant la stratégie
Macron. Sauf qu’il n’est pas Macron
et que la mairie de Barcelone n’est pas
la République française », tranche
l’écrivain et chroniqueur politique
Josep Ramoneda. Les indépendantistes sont vent debout. En témoignent les critiques formulées par
l’ex-président de Catalogne, Carles
Puigdemont, depuis Bruxelles, où il
est en exil. « Pour savoir qui est
Manuel Valls, ce qu’il peut offrir,
a-t-il moqué mardi, il suffit d’écouter
ce que disent les Français. » n
Manuel Valls a annoncé
sa candidature, mardi,
dans le centre historique
de Barcelone. Photo Josep Lago/AFP
06 //
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
AUTRICHE : PRODUCTION
EN RECUL
POLOGNE :
LE CHÔMAGE EN BAISSE
La production industrielle
de l’Autriche a reculé de 0,5 %
en juillet, après une baisse de
1,8 % en juin, selon l’institut
Statistik Austria qui a par
ailleurs révisé à la baisse la
croissance du pays pour 2017
(à 2,6 % au lieu de 3 %) et pour
le deuxième trimestre 2018
(à 0,6 % au lieu de 0,7 %).
Sur un an, la production
industrielle progresse de 3,1 %.
Le taux de chômage en
Pologne a baissé en août
à 5,8 % de la population active,
après 5,9 % en juillet et en
juin, selon l’Office national
des statistiques. Le nombre de
chômeurs recensés fin août
s’est élevé à 958.600, dans un
pays qui compte 38 millions
d’habitants. En août 2017,
le chômage touchait 7,0 % de
la population active.
138,4
C’est le niveau de l’indice de
confiance du consommateur
américain, qui s’est nettement
renforcé en septembre, poursuivant sur sa lancée record du
mois précédent (134,7), selon
l’enquête du Conference Board.
C’est le niveau le plus élevé
depuis septembre 2000.
Macron amorce une nouvelle posture
face au président américain
l Le président français a mis la pression sur Donald Trump. Il ne signera
aucun accord commercial
qui ne respecte par l’Accord de Paris
sur l’environnement.
l La réduction des inégalités
sera la priorité du G7 qui se réunira
en France l’an prochain.
INTERNATIONAL
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Les méthodes sont opposées. Deux
heures après le discours tonitruant
de Donald Trump, Emmanuel
Macron a pris la parole à la tribune
de l’Assem blée géné rale des
Nations unies et y a exposé sa doctrine. Une philosophie aux antipodes de celle de son homologue américain, même si l’Elysée assure que
son discours n’était pas dirigé
contre lui. Le discours rappelait
celui prononcé l’an dernier, pour sa
première Assemblée générale de
l’ONU, avec une défense du multilatéralisme, appelé à se réinventer.
Cette fois, Emmanuel Macron a
insisté sur la nécessité de s’attaquer
aux racines du problème, les inégalités, qui sont à l’origine de la remise
en cause de l’ordre mondial. « Nous
n’avons pas su faire face au mouvement d’hyper-concentration des
richesses, a-t-il affirmé. Nous devons
une réponse aux 265 millions
d’enfants qui n’ont pas accès à l’école
[…], aux 200 millions de femmes qui
n’ont pas accès à des moyens de
contraception, au milliard de femmes qui ne sont pas protégées par la
loi si elles sont victimes de violences… » La réduction des inégalités
sera la priorité du G7 que la France
présidera en 2019.
Négociations
commerciales
Selon lui, trois voies sont
aujourd’hui possibles : faire le dos
rond et attendre un retour improbable à la normale, en considérant
que la période actuelle est une
parenthèse de l’Histoire ; subir la
« loi du plus fort » qui conduit à
l’unilatéralisme, au repli et au
conflit ; ou réinventer un ordre qui
respecte les souverainetés, renforce
Pour le président français, Emmanuel Macron, seule une approche collective peut résoudre les crises actuelles. Photo Thimoth Clary/AFP
les coopérations régionales et
assure des garanties internationales robustes, via une nouvelle gouvernance mondiale. Pour le président français, seule une approche
collective peut résoudre les crises
actuelles : le défi migratoire, en établissant des solutions avec les pays
de départ, de transit et d’arrivée, ou
encore le dérèglement climatique.
Il faut ainsi investir dans l’éducation, réformer les institutions internationales comme l’OMC et le G7 –
il a émis l’idée que celui-ci rende des
comptes à l’Assemblée générale des
Nations unies. Il a rappelé enfin
qu’il augmenterait pour cela l’aide
publique au développement de la
France de 1 milliard d’euros et les
crédits humanitaires de 40 %, en
implorant l’Assemblée de ne pas
accepter le repli. Emmanuel
Macron s’est néanmoins montré
ferme face à Donald Trump. Le
signe d’une nouvelle posture, après
la proximité affichée ces derniers
mois ? Il visait en tout cas clairement le président américain quand
il a affirmé que « seules des règles
communes peuvent assurer une
concurrence loyale et non le traitement bilatéral de tous nos différends
commerciaux ou le protectionnisme ». Et il a mis la pression sur
son homologue en affirmant qu’il
ne signerait plus de traité commercial qui ne respecte pas les principes
de l’Accord de Paris. « On peut trouver des accords industriels, des égali-
sations de tarifs si cela permet de
pacifier la situation et que c’est
neutre en matière climatique.
Mais aucun grand accord commercial qui ne respecte pas l’Accord de
Paris. »
Lundi soir, Emmanuel Macron
s’était entretenu durant près d’une
heure avec le président américain.
Une discussion jugée « très cordiale
et studieuse » mais qui n’a débouché
sur aucun accord concernant les
sujets sensibles. n
Devant l’ONU, le président américain
enterre le multilatéralisme
L’Europe envisage un mécanisme
de troc pour commercer avec l’Iran
Le président américain,
Donald Trump,
a réaffirmé sans complexe
sa doctrine isolationniste.
Et il a appelé la communauté internationale
à isoler l’Iran.
La haute représentante
de l’Union européenne
a annoncé la création d’une
entité ad hoc. Un système
destiné à affirmer l’indépendance européenne
vis-à-vis de Washington.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Certains discours sont reçus par des
applaudissements, d’autres par des
sourires ironiques. Mardi matin,
Donald Trump est parvenu malgré
lui à faire s’esclaffer la grande salle
de l’Assem blée géné rale des
Nations unies, en démarrant son
discours par un panégyrique de sa
présidence. « En deux ans, nous
avons accompli davantage que
n’importe quelle administration
dans ce pays », a-t-il asséné dans un
discours sans notes. Le murmure
amusé de la salle l’a toutefois fait
sourire. « Ce n’est pas la réaction que
j’attendais, mais ce n’est pas grave. »
L’ambiance est néanmoins vite
retombée dans un silence grave
face aux remarques du président
américain, qui a de nouveau pourfendu le multilatéralisme de façon
encore plus provocante et décomplexée que l’an dernier, s’adressant
aux représentants des nations
comme à ses électeurs du Midwest.
« L’Amérique agira toujours dans
son propre intérêt », elle ne « s’excu-
sera jamais lorsqu’elle agit pour protéger ses citoyens », elle « est là pour
défendre les Américains », et « ne
sera pas prise en otage par les dogmes
[…], défendus par de prétendus
experts qui ont montré qu’ils avaient
tort depuis des années ».
En clair, « l’Amérique choisira
toujours l’indépendance et la coopération sur la gouvernance mondiale ». Les Etats-Unis, qui se sont
retirés du Conseil des droits de
l’homme et qui« n’y reviendront pas
faute de réforme », ne « paieront que
les programmes d’aide destinés aux
pays qui nous respectent », a-t-il prévenu, rappelant qu’à ses yeux la Cour
pénale internationale n’avait
« aucune autorité ». « Nous devons
nous défendre contre ces atteintes à la
souveraineté », a-t-il résumé.
Posture isolationniste
Cette posture isolationniste assumée produit à ses yeux des résultats diplomatiques aussi satisfaisants que ses baisses d’impôts sur
l’économie. Violemment attaquée
dans son discours en 2017, la Corée
du Nord a eu droit à ses remerciements. Elle a « arrêté la recherche
nucléaire », a-t-il assuré, et « les missiles ne volent plus dans toutes les
directions ». Au Moyen-Orient, « le
changement est historique », a-t-il
souligné, affirmant que « les pays
du Golfe ont ouvert un nouveau centre pour lutter contre le financement
du terrorisme ».
Alors que, lundi soir, les Européens ont annoncé la création
d’un mécanisme visant à préserver leurs échanges avec l’Iran tout
en échappant aux sanctions américaines, Donald Trump a appelé
« toutes les nations à isoler l’Iran »,
un pays « qui ne respecte pas ses
voisins ni ses frontières », et dont le
régime « utilise les ressources pour
s’enrichir ».
Autre pays sous surveillance :
l a C h i n e , a c c u s é e d ’a v o i r
détourné les règles du commerce
international au détriment des
Etats-Unis. « Il y a des pays admis
dans l’OMC qui en violent tous les
principes, qui utilisent des entreprises gérées par l’Etat, qui pratiquent un dumping sans vergogne,
qui transfèrent la technologie et
volent la propriété intellectuelle »,
a-t-il listé sans nommer Pékin
directement, avant de rappeler
que « les Etats-Unis ont perdu
3 millions d’emplois dans le secteur industriel […] depuis que la
Chine a rejoint l’OMC. Mais cette
période est terminée ».
Trump n’a pas non plus résisté
à tacler l’Allemagne, autre partenaire commercial qu’il accuse
de profiter de l’ouverture de l’économie américaine et qu’il a mise en
garde à demi-mot. « L’Allemagne va
bientôt devenir totalement dépendante de l’énergie russe si elle ne
change pas immédiatement de politique », a-t-il prévenu. n
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
— Bureau de Bruxelles
Alors même que Donald Trump a
appelé à nouveau mardi, depuis la
tribune des Nations unies, à isoler
l’Iran, l’Union européenne cherche la
parade pour maintenir un minimum
d’échanges bien que les grandes
entreprises européennes soient
obligées de se retirer du pays pour
éviter les sanctions de Washington.
Lundi soir, à New York, la haute
représentante de l’Union aux Affaires étrangères, Federica Mogherini, a
annoncé la mise en place, à cette fin,
d’une entité ad hoc (SPV en anglais,
pour « special purpose vehicle »).
« Les Etats membres de l’Union européenne vont instaurer une entité légale
pour faciliter les transactions financières légitimes avec l’Iran », a expliqué
Federica Mogherini, dans une déclaration lue aux côtés de Javad Zarif, le
ministre iranien des Affaires étrangères. Elle a précisé qu’une telle entité
pourrait « être ouverte à d’autres
partenaires dans le monde ». Les six
pays encore membres de l’accord –
France, Grande-Bretagne, Chine,
Russie, Allemagne et Iran – avaient
participé à la réunion sur le sujet.
Manifestement prise de court, la
Commission européenne s’est contentée, mardi, de promettre une réunion technique à court terme. « Pour
le moment, nous n’avons pas de détails
spécifiques sur le SPV », a déclaré un
porte-parole. Même incertitude concernant la date à laquelle un tel mécanisme pourrait entrer en vigueur.
Sa concrétisation ne fait pourtant
guère de doutes : elle sera le fruit
des multiples réunions tenues au
cours de l’été, pour imaginer un dispositif permettant notamment de
contourner l’interdiction faite aux
banques, par Washington, de commercer avec l’Iran. Il fonctionnerait
autour d’un principe de troc, en
« Les Etatsmembres de l’UE
vont instaurer
une entité légale
pour faciliter
les transactions
financières
légitimes
avec l’Iran. »
FEDERICA MOGHERINI
La Haute représentante de
l’Union aux Affaires étrangères
mutualisant les échanges avec le
pays. L’Iran pourrait par exemple
fournir des pistaches à l’Espagne tandis que l’Allemagne l’équiperait en
voitures, le tout étant compensé par
un versement de Madrid à Berlin.
Une autre idée, précise une source
européenne, consisterait à créer une
entité financière dotée d’une licence
bancaire et destinée exclusivement à
assurer les transactions avec le pays –
l’interdiction d’accès au marché américain étant alors sans effet sur elle.
Dans les faits pourtant, nul n’imagine qu’un tel dispositif puisse
permettre aux grands groupes de
revenir dans le jeu iranien : ceux-ci
resteraient sous la menace de sanctions américaines. « Il est même possible que Washington adapte ses
sanctions pour être en mesure de faire
face », lâche un bon connaisseur.
Autrement dit, c’est avant tout un
message politique qu’envoie l’UE.
D’une part, il s’agit de soutenir
l’Iran pour éviter que le pays ne
revienne sur les engagements qu’il a
pris dans cet accord. D’autre part,
il s’agit aussi, pour l’Union européenne, de poser les premières pierres de l’émancipation vis-à-vis de
Washington. « L’enjeu à long terme
est surtout pour l’Union de pouvoir
commercer avec qui elle veut »,
résume la même source européenne.
(
Lire l’éditorial de
Jacques Hubert-Rodier
Page 8
MONDE // 07
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
Commerce : Trump
cherche des concessions
avec Séoul et Tokyo
La droite et l’extrême droite font
chuter le Premier ministre suédois
EUROPE
L’extrême droite s’est
jointe à l’opposition
de centre droit
pour démettre,
Stefan Löfven.
Une alliance qui
pourrait préfigurer la
composition du futur
gouvernement, mais
rien n’est encore fait.
Catherine Chatignoux
@chatignoux
Washington
vient de signer
une version amendée de son accord
de libre-échange
avec la Corée du Sud
et accélère ses
tractations avec
le Japon, notamment sur le secteur
automobile.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Alors qu’il entre, cette semaine,
dans des négociations délicates
avec la Maison-Blanche, le gouvernement japonais pourrait
s’inspirer de la stratégie des
autorités sud-coréennes qui
viennent de signer un accord
commercial plutôt équilibré
avec Washington.
Il y a un an, Séoul se préparait
pourtant à une épreuve bien
plus douloureuse. A l’époque,
Donald Trump s’en prenait brutalement à « l’horrible » accord
de libre-échange négocié par
l’administration Bush avec la
Corée du Sud à la fin des années
2000. Il promettait de mettre fin
à ce « désastre » qui avait
« détruit l’industrie américaine ».
Lundi, le président américain
a annoncé triomphalement qu’il
avait signé une nouvelle version
de ce pacte initialement entré en
vigueur en 2012. « C’est un accord
entièrement nouveau. Ce n’est pas
un ancien texte réécrit », a assuré
Donald Trump, à l’occasion d’un
entretien, à New York, avec
Moon Jae-in, le président sudcoréen. Les équipes de ce dernier expliquant, elles, que les
modifications apportées étaient
en réalité très limitées.
Vendre des voitures
américaines
Obsédée par la faible présence
des marques automobiles américaines sur le marché sud-coréen, l’administration Trump se
réjouit particulièrement d’avoir
obtenu, dans le texte amendé,
une hausse du quota de voitures
américaines pouvant être écoulées en Corée du Sud sans être
adaptées aux standards de sécurité locaux. Jusqu’ici, chaque
constructeur américain n’avait
le droit d’exporter chaque année
vers la Corée du Sud que 25.000
voitures respectant seulement
les standards américains. Avec
le nouveau traité, ce quota
annuel passe à 50.000 unités.
Mais, pointent les analystes,
aucune des grandes marques
américaines, telles que Ford ou
GM, ne vend actuellement plus
de 10.000 voitures par an en
Corée du Sud, où le marché est
dominé par les constructeurs
locaux Hyundai et Kia.
« En 2017, les exportations améri-
« Moon Jae-in
a demandé
une exemption
totale pour les
constructeurs
coréens,
qui produisent
déjà aux
Etats-Unis
51 % des voitures
qu’ils vendent
dans le pays. »
YOUNG SUN KWON
Un analyste de Nomura
Stefan Löfven, qui va désormais expédier les affaires courantes jusqu’à la nomination du nouveau
chef de gouvernement, n’a pas abandonné la partie. Photo Jonathan Nackstrand/AFP
tant. « La Suède a besoin d’un nouveau gouvernement qui recherche un
large soutien politique pour mener les
réformes », avait plaidé lundi le dirigeant conservateur Ulf Kristersson
devant les parlementaires.
Le jeu est ouvert
Stefan Löfven, qui va désormais
expédier les affaires courantes
jusqu’à la nomination du nouveau
chef de gouvernement, n’a pas
abandonné la partie : « Les sociauxdémocrates ont obtenu le plus grand
n o m b re d e s i è ge s [ … ] . L e vo t e
d’aujourd’hui ne change rien au rapport de force décidé par les électeurs »,
a-t-il fait valoir mardi.
La formation du prochain exécutif s’annonce longue et laborieuse.
Aucun des deux blocs, à droite
comme à gauche, n’ayant obtenu la
majorité absolue, les principaux
chefs de parti vont chercher à constituer une majorité ou à composer un
gouvernement minoritaire avec des
soutiens ponctuels.
Le jeu est ouvert. Tous les cas de
figure politiques sont envisageables à l’issue des consultations qui
vont s’ouvrir en fin de semaine en
vue de la constitution du futur gouvernement : d’une alliance des
droites avec l’extrême droite à la
reconduction du gouvernement de
« La Suède a besoin
d’un nouveau
gouvernement qui
recherche un large
soutien politique
pour mener
les réformes. »
ULF KRISTERSSON
Le dirigeant conservateur
gauche minoritaire, en passant par
une coalition à l’allemande entre la
droite et la gauche.
Les partis de l’Alliance sont divisés sur l’opportunité de traiter avec
les Démocrates de Suède, qui ont
mené toute leur campagne sur la
nécessité d’une politique résolument anti-migrants. Le Parti du
centre et le parti Les Libéraux ont
refusé jusqu’ici de pactiser, par
principe, avec l’extrême droite,
disant privilégier un accord avec les
sociaux-démocrates, tandis que le
parti des Modérés et les Chrétiensdémocrates n’ont pas tourné le dos
à un soutien du parti nationaliste
de Jimmie Akesson, sans participation au gouvernement. Les analystes suédois font valoir que, même
dans ce cas de figure, le soutien de
l’extrême droite se paierait inévitablement en termes de nouvelles lois
sur l’immigration et d’influence sur
le prochain budget. n
Brexit : le Labour tente de se placer
au centre du jeu
ROYAUME-UNI
Le Labour devrait
appeler ses députés
à voter contre tout
projet d’accord
que Theresa May
réussirait à conclure
avec Bruxelles.
Et fait miroiter aux
Remainers du parti
la possibilité d’un
nouveau référendum.
Oli Scarff/AFP
ÉCHANGES
caines de véhicules n’ont atteint au
total que 52.607 unités. Une augmentation du quota ne devrait pas
avoir d’impact », soulignent, dans
une note, les chercheurs du Cato
Institute. Par ailleurs, la MaisonBlanche se félicite d’avoir prolongé de vingt ans le tarif douanier de 25 % imposé aux modèles
de pick-up fabriqués en Corée du
Sud. Initialement, cette taxe, destinée à protéger les marques
américaines qui réalisent une
large partie de leur chiffre d’affaires sur ce segment, aurait dû être
levée en 2021. En échange de ces
« concessions » minimes, Séoul
aurait négocié que ses constructeurs ne soient pas concernés par
la nouvelle vague de taxes sur les
automobiles importées que prépare Washington en vertu de la
section 232 de la loi sur le commerce de 1962 (Trade Expansion
Act). « Moon Jae-in a demandé
une exemption totale pour les
constructeurs coréens, qui produisent déjà aux Etats-Unis 51 % des
voitures qu’ils vendent dans le
pays », indique Young Sun Kwon,
un analyste de Nomura.
Dans les prochains jours,
Tokyo espère obtenir la même
clémence. Le gouvernement
japonais refuse toujours de
négocier un accord de libreéchange bilatéral avec les EtatsUnis, qui serait trop douloureux
pour son agriculture, très protégée, mais il envisage des concessions symboliques, notamment
dans l’automobile, pour apaiser
Donald Trump.
Avec ces gestes, les deux capitales asiatiques espèrent conserver l’attention du président
américain dont elles ont besoin
pour d’autres dossiers géopolitiques. Séoul veut notamment
que Donald Trump continue de
soutenir le processus de détente
dans la péninsule coréenne,
même si la dénucléarisation
totale de l’arsenal nord-coréen,
qu’exige la Maison-Blanche,
semble de plus en plus irréaliste.
Ayant déjà décrété que les négociations avec Pyongyang étaient
un succès, le président américain a confirmé, lundi, qu’il
allait prochainement retrouver
Kim Jong-un pour un second
sommet. n
Le Premier ministre suédois, Stefan
Löfven, vient de perdre coup sur
coup deux batailles politiques.
Arrivé en tête des élections législatives du 9 septembre, le leader du
Parti social-démocrate suédois des
travailleurs espérait se maintenir au
pouvoir en tentant de constituer un
nouveau gouvernement. Avec un
siège d’avance sur ses adversaires de
l’Alliance des partis de droite et du
centre, il se voyait diriger à nouveau
un exécutif minoritaire avec son
allié, le Parti de l’environnement.
Mais le vent, dans ce pays scandinave, semble avoir tourné en faveur
de la droite y compris de son aile la
plus extrême.
Lundi, les partis de l’Alliance de la
droite et du centre ont porté leur
candidat à la présidence du Riksdag.
Pour installer le conservateur
Andreas Norlén au perchoir du Parlement, ils ont bénéficié du soutien
des 62 élus des Démocrates de
Suède, le parti d’extrême droite qui a
remporté près de 18 % des suffrages.
Mardi matin, la même coalition
faite de l’Alliance de droite et du parti
nationaliste des Démocrates de
Suède a de nouveau uni ses voix
pour voter la motion de défiance à
l’encontre du Premier ministre sor-
Keir Starmer, le responsable
du Brexit pour le Labour party.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Envoyé spécial à Liverpool
Le Brexit a été cette année au centre
du congrès des travaillistes à Liverpool. Et il a donné l’occasion au
parti de se positionner résolument
contre Theresa May. Le Labour a
posé dans une motion votée mardi
des conditions qui visent à rendre
impossible l’approbation d’un
accord du gouvernement avec
Bruxelles. Notamment en demandant qu’il apporte les mêmes avantages que le marché unique et
l’Union douanière avec l’Union
européenne. Pour couronner le
tout, les travaillistes ont fait miroiter aux Remainers du parti la possibilité d’un nouveau référendum.
L’hypothèse d’une élection anticipée qui pourrait les ramener au
pouvoir donne des ailes aux dirigeants du Labour. Mais elle pose un
cas de conscience à certains députés, car comme le résume le MP Ste-
« Un accord ne sera
jamais assez bon
à leurs yeux. »
TIM BALE
Politologue à l’université
Queen Mary
phen Kinnock, voter contre un
accord revient à faire « passer le
parti devant le pays ». Le scénario
où le Labour appellerait ses députés
à voter contre l’accord est désormais « de plus en plus probable », a
prévenu Keir Starmer, le « Monsieur Brexit » du parti. « Un accord
ne sera jamais assez bon à leurs
yeux », décrypte Tim Bale, politologue à l’université Queen-Mary.
Arme atomique
Leur leader Jeremy Corbyn a bien
senti qu’il avait potentiellement en
main l’arme atomique qui pourrait
précipiter la chute du gouverne-
ment May. Et il entend bien pousser
son avantage. Mais il doit néanmoins composer avec un parti
qui, deux ans après le référendum
en faveur du Brexit, reste à l’instar
des tories profondément divisé.
La grande majorité de ses
500.000 adhérents est ainsi
Remain, mais 37 % de ses électeurs
ont voté « Brexit » en 2016.
La direction du parti a donc fait
un geste, mardi, en faveur des
Remainers en essayant de ne pas
froisser les Brexiters. Si elle ne parvient pas à obtenir l’organisation de
législatives anticipées, le Labour
« soutiendra alors toutes les options
restant sur la table, y compris un
“public vote” », autrement dit un
nouveau référendum. « Personne
n’exclut l’option du Remain », a indiqué Keir Starmer lors d’un discours
devant les militants. Une phrase qui
ne figurait pas dans le texte qu’il
devait initialement prononcer. n
08 //
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle
des Echos
La Chronique
Le Point de vue
Art et culture
Comment restructurer
la dette publique
Quand les GPS vont aux champs
Macron et l’opinion :
la reconquête est-elle possible ?
Ah, ça ira ! Et mieux qu’ça encore !
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
La France en manque
de règle d’or
Le déficit de l’Etat va atteindre 98 milliards
d’euros l’année prochaine, quand la Sécurité
sociale devrait repasser dans le vert. Et la
dette publique flirte avec les 100 % du PIB,
quand celle accumulée par les régimes
sociaux devrait être complètement amortie
d’ici à 2024. Quelles leçons tirer de cet
étonnant grand écart ? Bien sûr, que l’Etat
Par Etienne
a supporté tout seul les politiques de baisses
Lefebvre
de charges depuis vingt ans, et qu’il est
justifié que, avec le retour de la Sécurité
Le rembour- sociale à meilleure fortune, le fardeau soit
sement de la davantage partagé ces prochaines années,
dette sociale comme le projette le gouvernement. Il faut
relativiser l’amélioration des comptes
est un mar- aussi
sociaux, en partie enjolivée par le fait que le
queur fort.
déficit des hôpitaux est comptabilisé à part.
Mais, au-delà de ces questions
de tuyauterie financière, il apparaît que les instruments de pilotage
des dépenses sociales, comme l’objectif de dépenses d’Assurancemaladie et surtout les règles strictes sur le remboursement de la
dette, ont fini par avoir des effets vertueux. Pendant longtemps,
l’accumulation de dettes liées aux déficits de l’Assurance-maladie
et des retraites a été le symbole des petites lâchetés et des grands
renoncements. Les dépenses de remboursement et une partie des
pensions étaient financées par de la dette. La charge était ainsi
reportée sur les générations futures, faute de réformes ambitieuses
pour rendre le système de soins plus efficace, et parce que l’on
tergiversait trop sur les retraites.
La création de la Caisse d’amortissement de la dette sociale
(Cades) a eu le mérite de ne pas noyer ces déficits dans l’océan de la
dette publique. En actant en 2005 par une loi organique que tout
transfert supplémentaire de dettes à la Cades devait s’accompagner
de recettes nouvelles pour ne pas repousser sans cesse la date de son
extinction, le Parlement a effectué un pas décisif (même si une
dernière entorse a été faite en 2010). Le gouvernement actuel achève
le mouvement. Il va transférer les dettes résiduelles d’une Sécurité
sociale revenue à l’équilibre, tout en mobilisant davantage de CSG
pour l’amortir, confortant la perspective d’une disparition
prochaine de la Cades. Ce qui laissera plus de 20 milliards de recettes
(CSG, CRDS) à disposition pour financer des politiques sociales,
telles que la prise en charge de la dépendance. Il serait souhaitable
que cette stratégie de désendettement, que l’exécutif veut aussi
mener à l’Unédic, gagne progressivement la sphère étatique.
L’Allemagne va revenir sans doute dès cette année sous la barre des
60 % de PIB de dette publique, en se tenant depuis la sortie de la crise
financière à sa stratégie du « schwarze Null » (équilibre budgétaire
sans nouvelles dettes). La France doit encore trouver sa règle d’or.
(
Lire nos informations
Page 3
Le défi iranien de l’Europe
Par Jacques Hubert-Rodier
L’Union européenne a un objectif : maintenir l’accord international
conclu en 2015 à Vienne avec l’Iran visant à limiter les capacités
nucléaires de ce pays en échange d’une levée progressive des
sanctions. Mais cette volonté se heurte au président Donald Trump,
qui a non seulement retiré la signature des Etats-Unis du « plan
d’action global commun » (JCPOA) que Barack Obama avait accepté,
mais qui a aussi menacé les entreprises tentées de commercer avec
l’Iran de sanctions. Tout cela au nom de l’exceptionnalisme des EtatsUnis et de l’extraterritorialité de leurs lois. C’est cela qu’Européens,
mais aussi Chinois et Russes, qui se sont réunis lundi à New York
avec l’Iran en marge du débat de haut niveau de la 73e Assemblée
générale de l’ONU, voudraient remettre en cause. Un nouveau
combat de David contre Goliath ? Dans un défi à Donald Trump,
la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à côté
du ministre iranien Javad Zarif, a annoncé la volonté des cinq autres
signataires de l’accord (Grande-Bretagne, France, Russie, Chine,
Allemagne) d’examiner un mécanisme qui permette de maintenir
des canaux financiers avec l’Iran en dépit des menaces américaines.
Mais la perspective d’être puni a déjà porté, puisque des géants
comme l’allemand Daimler et le français Total ont préféré se retirer
du marché iranien. Il est vrai aussi que le mécanisme, une forme de
système de troc, est loin d’être techniquement au point. De plus, l’idée
de substituer l’euro au dollar dans les transactions, notamment
pétrolières, est un serpent de mer. Saddam Hussein avait en son
temps évoqué son intention d’abandonner le dollar pour les contrats
pétroliers. Mal lui en a pris ! L’ancien secrétaire général de l’Otan
Javier Solana a d’ailleurs rappelé mardi que « la puissance des EtatsUnis n’est pas militaire. C’est le dollar ». Reste que le président Donald
Trump, qui a décidé de présider mercredi un Conseil de sécurité
de l’ONU consacré à la prolifération nucléaire, prend un risque : celui
d’isoler l’Amérique et de pousser l’Europe vers la Chine. Qui sait
si la dérive des continents existe ?
(
Lire nos informations
Page 6
Pinel pour « Les Echos »
La révolution tranquille
de la responsabilité civile
Valérie de Senneville
— Grand reporter
Il y a eu les class actions « à la française ». Puis, la réforme du droit des
contrats avec l’introduction de la
théorie de l’imprévision « à la française ». Plus récemment encore, le
« deferred prosecution agreement »
(DPA), « à la française », baptisé
« convention judiciaire d’intérêt
public » (CJIP) qui permet aux
entreprises d’éviter le procès en
payant une (lourde) amende. Voici
bientôt les « punitive damages », « à
la française », qui imposeront au
justiciable de payer une amende
civile s’il a commis une faute « lucrative » (sachant que celle-ci allait lui
rapporter plus que la sanction possible). Cela fait maintenant une quinzaine d’années que le législateur
français réforme en douceur, mais
sans jamais reculer un droit vieux
de deux siècles. Il était temps. Confrontés à la mondialisation et aux
nouvelles technologies, nos bons
vieux réflexes classiques ne laissaient plus beaucoup de chances au
droit français de concurrencer
d’autres systèmes juridiques. La
réforme de la responsabilité civile
est le dernier bastion à tomber.
L’objectif est toujours le même :
moderniser pour assurer une
meilleure prévisibilité et accessibilité à ce droit qui concerne particuliers et entreprises dans leur quotidien. Le projet de loi prévoit, à cette
occasion, d’élargir considérablement le champ de l’amende civile.
Une révolution discrète, mais fondamentale, qui fait peur aux entreprises qui craignent des dérives « à
l’américaine ». La responsabilité
civile est définie depuis 1804 par un
célèbre article du Code civil : « Tout
fait quelconque de l'homme, qui
cause à autrui un dommage, oblige
celui par la faute duquel il est arrivé à
le réparer. » Cela va de l’arbre qui
dépasse de votre jardin et plonge
dans la nuit la cour de votre voisin
(trouble du voisinage) à la marée
noire qui ruine le littoral (préjudice
écologique). Dans tous ces cas, le
droit français oblige à réparer intégralement le préjudice subi. Mais
rien que le préjudice. Pas question
ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Le gouvernement
s’apprête à présenter
au printemps
un projet de loi
généralisant l’amende
civile. Les entreprises
ont peur de dérives
« à l’américaine ».
Mais c’est surtout
un pas supplémentaire dans l’indispensable modernisation
de notre droit.
D
Les points à retenir
Voici bientôt les « punitive
•damages
», « à la française »,
qui imposeront au justiciable
de payer une amende civile
s’il a commis une faute
« lucrative » (sachant
que celle-ci allait lui rapporter
plus que la sanction possible).
Le but est de sanctionner
ce que les juristes appellent
la faute lucrative : celle qui
permet d’obtenir « un gain ou
une économie supérieure à
l’indemnisation du préjudice
qui pourrait en résulter »,
résume le projet.
Une révolution discrète,
mais fondamentale,
qui fait peur aux entreprises
qui craignent des dérives
« à l’américaine ».
•
•
de faire un « bénéfice » sur son
dommage. En France, c’est le droit
pénal qui punit, pas le droit civil.
Quel sens donner alors à l’amende
civile ? Les juristes connaissent
déjà ce type de sanction, en matière
de procédure dilatoire, par exemple, le juge pouvant décider d’infliger une amende civile à celui qui a
délibérément fait un recours abusif.
Le tabou de la réparation
intégrale
Le législateur a cherché à introduire
par petites touches l’amende civile
en matière de pratiques restrictives
de concurrence. Ou plus récemment, dans la loi sur le secret des
affaires de juillet 2018 qui donne la
possibilité au juge de prononcer une
amende civile pour sanctionner une
procédure « baillon » abusive visant
à faire taire un journaliste qui
enquête. Mais sans aller plus loin
par crainte de porter atteinte au
sacro-saint principe de la réparation
intégrale du dommage. C’est donc à
ce monument que la réforme initiée
par Jean-Jacques Urvoas, en 2017,
alors qu’il était garde des Sceaux,
s’attaque : faire de l’amende civile
une règle générale, afin de lui donner un effet dissuasif. Il s’agit
de « conférer à la responsabilité civile,
aujourd’hui essentiellement tournée
vers la réparation du dommage, un
rôle sanctionnateur, effet d’autant
plus renforcé que l’amende civile, contrairement aux dommages et intérêts,
n’est pas déductible fiscalement et ne
peut être assurable », explique la
chancellerie. Le but est de sanctionner ce que les juristes appellent la
faute lucrative : celle qui permet
d’obtenir « un gain ou une économie
supérieure à l’indemnisation du préjudice qui pourrait en résulter »,
résume le projet. Un calcul qui est
souvent fait, par exemple, par les
magazines people qui savent que,
certes, ils risquent d’avoir à réparer
le préjudice subi par telle vedette
dont ils auraient publié des photos
volées, mais que l’augmentation de
leurs ventes à cette occasion viendra
largement compenser l’indemnité
versée. Désormais donc, en plus de
la réparation intégrale du dommage, le juge pourra ordonner à la
demande de la victime ou sur sa propre initiative, une amende civile. Pas
question pour autant de tomber
dans les dérives américaines des
« punitive damages » bien connus,
comme cette affaire Liebeck v.
McDonald’s Restaurants, où la plaignante qui s’était brûlée avec un café
trop chaud dans un fast-food s’était
vu octroyer 2.700.000 dollars, ramenés à 480.000 par le juge.
C’est cette dérive que craignent les
entreprises françaises, comme à
l’époque de l’entrée en vigueur des
class actions « à la française », dont
on voit aujourd’hui qu’elles savent
totalement être maîtrisées. « Le texte
est entouré de toute une série de précautions, et le contentieux pratique
devrait en fait être assez restreint »,
tente de rassurer Loïc Cadiet, professeur de droit processuel à Paris I.
Pour éviter que la victime ne « s’enrichisse » sur la réparation de son
dommage, le texte prévoit que
l’amende sera versée au Trésor ou à
un fonds ou une ONG en rapport
avec le dommage. A titre d’exemple :
dans l’affaire Médiator, le réquisitoire du parquet évoque la réalisation de plus de 500 millions d’euros
de chiffre d’affaires réalisés grâce à
ce médicament mis en vente par
les laboratoires Servier et qui aurait
fait plusieurs centaines de victimes.
Les plaignants – ou le juge – pourraient être tentés, en plus des infractions pénales poursuivies, de
demander, au civil, l’indemnisation
des fautes commises et son versement à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux
Omniam, qui indemnise
aujourd’hui les victimes du Médiator. Reste un bémol. Le droit français
interdit d’être condamné deux fois
sur les mêmes faits (règle du « non
bis in idem »). L’amende civile ne
crée-t-elle pas une sorte de double
peine ? « Il y a clairement un risque
de chevauchement », explique Aurélie Ballot-Léna, maître de conférences à l’université Paris-Ouest - Nanterre-La Défense. Le texte devrait
être présenté en Conseil des ministres au printemps prochain. Lentement, mais sûrement, le droit français entre (enfin) dans le
XXIe siècle. n
IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
opinions
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
1. Les étrangers désertent un peu plus le CAC 40
2. Budget 2019 : les promesses de baisses d’impôts se concrétisent
enfin pour les ménages
3. Facebook : les fondateurs et dirigeants d’Instagram démissionnent
4. Le printemps doré « des cars Macron »
5. Manuel Valls va se lancer à la conquête de Barcelone
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
Comment restructurer
la dette publique
La remontée des taux d’intérêt qui se profile
pourrait alourdir la dette publique de
plusieurs dizaines de milliards. Des mesures
s’imposent, estime Pierre Gruson,
professeur de finance à Kedge Business
School Bordeaux.
CHARGE DE LA DETTE « Depuis dix ans,
l’économie des taux zéro a permis d’accroître
l’endettement public avec une charge d’intérêt
stable (42 milliards d’euros pour 2017 et 2018).
Sans cette aubaine, ce poste de dépense serait
environ quatre fois plus élevé. […] Dans ce
contexte, les efforts pour raboter les
dépenses et augmenter les recettes peuvent
sembler dérisoires. […] Pourquoi ne pas
transposer à la gestion de la dette publique
un portefeuille de mesures non
conventionnelles ? »
TRÈS LONG TERME « La première consiste
à émettre des titres à très long terme. La vie
moyenne de la dette publique française est
de 7,5 années. Il faut l’allonger pour profiter
le plus longtemps possible des taux
actuellement observés. L’Etat français a déjà
émis avec succès des emprunts à 50 ans,
EDF et Engie des emprunts à 100 ans.
Retarder les flux de remboursement permet
aussi de soulager la trésorerie. »
ZÉRO COUPON « Deuxième piste, favoriser
les obligations à zéro coupon. Les intérêts
non payés annuellement sont en réalité
capitalisés au rendement actuel jusqu’à
l’échéance du titre. Cela revient à faire
perdurer les faibles charges d’intérêt sans
supporter leur augmentation. »
SUBSTITUTION DES TITRES « Mettre en
place un programme de substitution des titres
serait une troisième piste. Sans attendre que
les titres existants n’arrivent à échéance,
inciter les investisseurs à les remplacer par les
titres reconfigurés. Comme en 2003, pour se
sortir du piège du remboursement de
l’emprunt 7 % indexé sur l’or. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle
lesechos.fr/idees-debats/cercle
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Ruée sur les entreprises
africaines
fut, pendant longtemps, le
•préL’Afrique
carré des anciennes puissances
coloniales « occidentales ». Aujourd’hui
elle est devenue l’eldorado de la Chine,
de la Russie, du Brésil, de la Turquie
voire des Philippines ou des pays du
Golfe. « Dans ce qui est appelé par certains la “nouvelle ruée pour l’Afrique”,
ces pays non-occidentaux saisissent toutes les opportunités commerciales et
essayent de se déployer dans cette région
du monde difficile mais dynamique »,
écrit le « Financial Times ». Le Ghana
où Brésiliens, Philippins, Turcs se sont
installés, est l’un des exemples, écrit le
journal, de ces économies en pleine
croissance et « un microcosme des mouvements qui sont en train de redéfinir les
liens de l’Afrique avec le reste du
monde ». Que ce soient les pays du Golfe
tentant de se placer dans la Corne de
l’Afrique, que ce soient les Chinois
s’emparant de la production du cobalt
en République démocratique du Congo
ou les Indiens se substituant aux EtatsUnis comme principal importateur de
pétrole du Nigéria, tous ces pays « nonoccidentaux » se développent sur le
continent africain. En tout cas ce mouvement, comme le fut au XIXe siècle la
ruée des Européens sur « le magnifique
gâteau africain » selon l’expression de
Léopold II, est un signe de la fin de la
relation, paternaliste, avec les vieilles
puissances européennes. Et permet
aux dirigeants africains d’avoir une plus
grande marge de manœuvre. Le changement est tel que désormais la Chine
est le principal partenaire des pays africains depuis 2009. De quoi inquiéter
Washington. D’autant plus qu’en 2017
les Chinois ont installé leur première
base militaire à Djibouti. Car Pékin veut
s’assurer de la stabilité en Afrique pour
son commerce. — J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
La poésie
photographique de
Robert Frank rééditée
LE PROPOS S’il est un livre de
photographies de référence, c’est
bien celui-ci. « Les Américains »
fait l’objet d’une réédition par les
éditions Delpire, dans l’escarcelle,
depuis 2012, du groupe Libella. Il a
pourtant bien failli ne jamais
exister.« Les Américains » est le
fruit des impressions que le Suisse
Robert Frank capture des EtatsUnis, qu’il traverse en 1955, appareil
photo à la main. Comme on noircit
un carnet de route, ses croquis
photographiques puissamment
narratifs, en saisissent les temps
morts, les routes secondaires et les
arrière-cours. Dessinant une réalité
de la nation telle que personne ne
l’a encore représentée.C’est Robert
Delpire, précurseur de l’édition de
livres photographiques, qui accepte
de le publier en France, en 1958.
L’Amérique vient, elle, d’éconduire
le photographe, horrifiée par
l’image que son travail lui tendait
d’elle-même.
L’INTÉRÊT L’ouvrage regroupant
84 clichés sort dans l’indifférence
générale. Mais s’il n’avait
existé, la face de la photographie
contemporaine aurait pu en être
« Les Américains »
de Robert Frank, éditions Delpire,
180 pages, 84 photographies
en noir et blanc. 35 euros.
changée. Rejeté initialement outreAtlantique, il y a suscité parmi les
plus célèbres vocations dans la
génération de la contre-culture,
dont celle de la portraitiste star,
Annie Leibovitz. Cet art du
décadrage, qui saisit ce qui se
déroule hors champs pour mieux
révéler, a été un point fondateur de
l’œuvre de la photographe.
Ainsi, le cliché en couverture de
l’ouvrage de Robert Frank. Il paraît,
au premier coup d’œil, montrer
deux enfants à la fenêtre d’un bus,
en parfaite illustration de
l’« American way of life » des fifties.
Il dévoile, en réalité, dans un
glissement du regard, les passagers
noirs, à l’arrière. Sensible et
implacable, l’instantané du
quotidien devient alors l’image
de la ségrégation toute entière.
—Michèle Warnet
Le numérique préfigurerait-il une troisième révolution agricole de l’ampleur de celles que furent l’assolement
au XVIIe siècle, la mécanisation et la chimie au XXe siècle. Photo Shutterstock
Quand les GPS vont aux champs
AGRICULTURE // Après l’assolement, la mécanisation et la chimie,
une nouvelle révolution agricole est en marche. Respectueuse, cette fois,
de l’environnement. Le robot, c’est bio.
LA
CHRONIQUE
de Sabine
Delanglade
A
vant l’été, « Le Figaro » mettait
en lumière un nouveau « fléau »
s’abattant sur les campagnes. Il
ne s’agit cette fois ni de mildiou, ni de sauterelles, ni d’écolos surexcités, mais du
vol des GPS équipant les tracteurs. On
vole de moins en moins les machines, 6
tonnes au bas mot, on subtilise leur électronique. Il s’en dérobe « encore un par
jour aujourd’hui », complète Charlotte
Vaussant, agricultrice dans l’Aisne,
région de grande culture particulièrement visée. Les appareils violemment
arrachés, vandalisant au passage tout le
poste de conduite, prennent ensuite la
direction des plaines de l’Est où ils sont
particulièrement appréciés.
Car ces équipements, dont les tarifs
vont de 3.000 à 20.000 euros, sont devenus des éléments clefs non pas seulement de la conduite des tracteurs, mais
de toute l’exploitation dans son ensemble. Reliés à des satellites qui cartographient les parcelles au centimètre près,
ils repéreront telle plante un peu jaunie,
tel animal un peu maigre, indiqueront
avec précision la quantité des traitements nécessaires. Fini le déversement
d’engrais ou de pesticides au jugé. Charlotte Vaussant y a économisé 36 euros à
l’hectare. Comme l’industrie, l’agriculture est passée de la mécanique à l’électronique, vive les agtech. Que les technophobes se rassurent, cette technologielà est bienveillante. Selon Marion
Guillou, l’ex-patronne de l’Inra, elle sera
même « l’instrument de la révolution
agroécologique », celle qui permettra
d’accroître la production tout en diminuant son impact sur l’environnement.
La technique est un must
Ainsi le numérique préfigurerait-il une
troisième révolution agricole de
l’ampleur de celles que furent l’assolement au XVIIe siècle, la mécanisation et
la chimie au XXe siècle. Aujourd’hui, à la
tête d’Agreenium, Marion Guillou organise, par le biais de MOOC, la diffusion
de la science agricole française. Car, il ne
faut pas se tromper, le monde agricole a
toujours été technophile : « L’ordinateur
est arrivé dans les familles agricoles bien
avant les autres. Dès les années 1980, elles
l’utilisaient pour leur comptabilité », rappelle le sociologue François Purseigle.
L’arrivée après-guerre des tracteurs
dans les cours de ferme fut vécue
comme une libération. La technique est
un must pour ce secteur confronté à des
systèmes très complexes intégrant les
dizaines de paramètres liés à la gestion
du vivant. Bref : « On n’est pas face à un
monde qui découvre le robot du jour au
lendemain. » Déjà 90 % des agriculteurs
ont accès à Internet et plus de la moitié
ont un smartphone avec au moins une
appli spécialisée, météo ou autre. Intelligence artificielle et robotisation tombent à pic. La main-d’œuvre se fait rare
et la culture bio exige beaucoup plus de
travaux manuels.
Guidé par des capteurs GPS et des
caméras 3D, le robot de binage du toulousain Naïo Technologies arrache les
mauvaises herbes qui étouffent les cultures maraîchères. Cela évite les produits chimiques et l’avantage est que le
robot ne se fatigue jamais. Pour lui, la
terre n’est pas basse, le robot c’est bio. Le
coût du travail peut représenter jusqu’à
60 % de celui de la production dans
l’arboriculture, d’où l’avantage d’un
Le monde agricole a
toujours été technophile.
Déjà 90 % des agriculteurs
ont accès à Internet
et plus de la moitié
ont un smartphone
avec au moins une appli
spécialisée.
robot aux yeux artificiels pour aller
débusquer les cerises derrière leurs
feuilles. « Ce sont les robots qui permettront le maintien de l’agriculture en
France. Si on abandonne la chimie, il faudra plus de main-d’œuvre », insiste Véronique Bellon-Maurel, directrice de l’institut Digitag. Pour elle, « économie et
écologie marchent ensemble ». Les
vaches se dirigent toutes seules vers les
robots de traite au moment où elles en
ressentent le besoin. Cela économise
4 heures de travail par jour à l’éleveur et
améliore d’au moins 10 % sa production, les moments de traite étant mieux
choisis et plus fréquents.
L’agriculteur s’est toujours tourné vers
le ciel pour prendre ses décisions, mais
satellites, drones et GPS lui fournissent
une précision incroyable. Le drone agricole de Parrot peut cartographier 30 hectares en 25 minutes, impeccable pour
surveiller parcelles, animaux, et santé
des plantes. Par exemple, selon qu’elles
réverbèrent plus ou moins de lumière (si
elles ont plus ou moins de feuilles), sera
déterminé leur besoin en azote. L’agriculteur gagne aussi en confort. Un robot
le suivra qui pourra porter des charges
lourdes. Fini les nuits à s’angoisser dans
l’étable. Un système inséré dans le vagin
de la vache prévient l’agriculteur sur son
smartphone de l’arrivée du vêlage.
Une minorité isolée
La révolution culturale va-t-elle s’accompagner d’une révolution culturelle ?
Ayant atteint l’autosuffisance alimentaire au début des années 1980, les campagnes françaises avaient l’impression
d’avoir accompli leur mission. Les voilà
pourtant vouées aux gémonies. Produire de la viande devient un péché, on
agresse les bouchers. « Pour la première
fois de son histoire, la population agricole
devient une minorité parmi d’autres », dit
le sociologue Bertrand Hervieu. Cette
minorité se sent souvent isolée, incomprise. Accusée de détruire la nature, elle
qui en est si proche, elle est aussi la plus
exposée au suicide. Elle comprend mal
l’arrivée des capitaux extérieurs, l’évolution « de la ferme à la firme »(*) pourtant
nécessaire quand un robot de traite vaut
150.000 euros et que plus du tiers des
agriculteurs ne touchent pas plus de
350 euros par mois. L’agroécologie et les
agtech devraient leur permettre de
redresser la tête, de revaloriser leur
métier en gagnant en confort, en le rendant donc plus ouvert aux femmes :
« J’ai trait pendant vingt ans et j’avais très
mal aux épaules. Maintenant, j’ai deux
robots. Quel confort ! » raconte Mary, une
agricultrice, sur Web-agri. Les platesformes telle La Ruche Qui Dit Oui les
remettent en lien direct avec le consommateur. Twitter aussi : « Je travaille seul
toute la journée. Twitter me permet de
créer des liens avec l’extérieur », raconte le
céréalier Vincent Guyot. A ses 4.000
abonnés, il raconte son métier. « Tout
cela est un moyen de mieux inclure l’agriculteur dans la société », conclut Véronique Bellon-Maurel. Après la réalité, voilà
l’agriculteur augmenté.
(*) « Le Nouveau Capitalisme agricole :
de la ferme à la firme », par François
Purseigle, Geneviève Nguyen
et Pierre Blanc. Presses de Sciences Po, 2017.
10 // IDEES & DEBATS
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
opinions
de Bernard Sananès
L
1. Déficit public : la France en queue de peloton en Europe
2. Budget 2019 : les promesses de baisses d’impôts se concrétisent
enfin pour les ménages
3. Cancer : Transgene met au point un vaccin individualisé
4. L’Union européenne va créer une entité pour continuer
à commercer avec l’Iran
5. Des géants du négoce tablent sur un baril de pétrole à 100 dollars
Macron et l’opinion :
la reconquête est-elle
possible ?
’histoire semble écrite. Emmanuel Macron, comme tous ses
prédécesseurs depuis plus de
vingt ans, va s’enfoncer durablement
dans les sables mouvants d’une impopularité chronique.
Dix-huit mois après son élection, tous
les voyants sont au rouge : 31 % (1) des
Français seulement, son score le plus
bas, continuent de lui faire confiance. Le
taux des très hostiles atteint un sommet
à 36 %. Les retraités, parmi ses plus forts
soutiens, lui font désormais moins confiance que la moyenne des Français.
Chez les cadres, autre groupe favorable, le recul a atteint 16 points en six
mois. A droite, après avoir séduit plus
d’un électeur filloniste sur deux en mars,
la baisse est de 12 points. Enfin, si le socle
macroniste du premier tour exprime
toujours un fort soutien, celui-ci s’effrite
depuis le printemps. Trois éléments
structurants, étroitement liés, peuvent
encore inverser cette courbe périlleuse.
En premier lieu, la transformation,
qui n’est pas seulement le pilier du
macronisme, mais aussi la promesse
qui, pendant un an, a séduit une partie
de l’électorat de droite. Dès que cette
promesse semble s’étioler, ce qui a été le
cas entre avril et septembre, le socle
réformateur (macroniste ou filloniste)
s’affaiblit ou se détourne.
Même si la séquence de rentrée de
l’exécutif a été ratée sous l’effet de la
démission de Nicolas Hulot, des couacs,
de l’affaire Benalla, la reprise du rythme
des réformes peut lui redonner un peu
d’oxygène. Les grands plans annoncés
sur le front de la pauvreté ou de la santé
permettent d’aborder des sujets qui con-
cernent chacun et envoient des signaux
à l’électorat du second tour. La réforme
de l’apprentissage peut devenir une vraie
réforme consensuelle. Tout comme
celle de l’assurance-chômage, qui apparaît moins comme un totem dans l’opinion que celle du Code du travail (2),
peut ressouder ce socle réformateur.
Mais, de manière surprenante, la
réforme de la SNCF a révélé en creux
que la transformation vécue comme un
trophée ne pouvait pas suffire à répondre à la question « pour moi, Macron ça
change quoi ? ». C’est pour cela que la
volonté réformatrice ne peut plus à elle
seule servir d’étendard. Car enfermé
LA CHRONIQUE
DU CERCLE
DES ÉCONOMISTES
Régulation bancaire :
le verre à moitié plein
d’Olivier Pastré
N
ous venons de fêter le dixième
anniversaire de la faillite de
Lehman Brothers, véritable
point de départ, dans la foulée de la crise
des « subprimes », de la crise bancaire
et économique globale dans laquelle
nous sommes toujours englués. Qu’ont
fait les régulateurs pendant ce temps ?
Si l’on prend un peu de recul, ils se sont
battus sur cinq fronts au moins :
1. La recherche d’une meilleure
connaissance des opérations financières et des risques : en sont témoins la
limitation de l’opacité des paradis fiscaux, l’enregistrement des hedge funds,
la création de chambres de compensation pour certains marchés dérivés,
l’imposition de « stress tests » et de testaments bancaires…
2. La limitation des risques pris par les
banques : en sont témoins l’interdiction
de certaines activités de « prop trading »,
la réduction de l’effet de levier, la normalisation des opérations de titrisation…
3. Le renforcement des mécanismes
de protection : en sont témoins la
consolidation et l’harmonisation des
mécanismes de garanties de dépôts
pour les clients, l’élévation du niveau des
fonds propres requis pour les banques…
4. La redéfinition de certaines normes en matière comptable et prudentielle, mais aussi en matière de rémunération des opérateurs de marché.
5. L’amélioration de l’efficacité des
autorités de supervision : Union bancaire européenne, mais aussi contrôle
plus étroit des agences de notation.
Tous ces chantiers ont été ouverts.
Certains ont avancé plus que d’autres.
Ainsi en est-il, par exemple, de la lutte
Les Français rappellent
Emmanuel Macron
à un devoir d’écoute
et de modestie.
dans l’image du président des riches,
dans l’incapacité de prouver à date que
l’objectif du libérer-protéger est atteignable, la question du sens de la transformation restera posée pendant tout le
quinquennat.
Deuxième élément de reconquête
possible : les résultats. Octobre
s’annonce comme un premier rendezvous essentiel de ce point de vue. Si
l’impact de la suppression de la taxe
d’habitation et de la baisse des cotisations sociales sur le salaire net est perçu
comme réel, l’exécutif pourrait revendiquer à la fois un engagement tenu et
aussi un premier effet sur le quotidien
des gens.
contre les paradis fiscaux, qui a franchi
des étapes décisives au cours des cinq
dernières années. Ainsi en est-il, aussi,
des exigences en matière de fonds pour
les plus grandes banques. D’autres
chantiers, au contraire, semblent marquer le pas, comme l’encadrement
réglementaire de certains marchés
dérivés. Mais, globalement, on peut
considérer que le verre est largement à
moitié plein.
Pour l’avenir, il existe une double
priorité et deux défis à relever. Au rang
des priorités figure la nécessité d’éviter
C’est au niveau
microéconomique
qu’il faut agir pour
déceler à temps
les dysfonctionnements
porteurs de nouveaux
dérèglements.
que trop de réglementations tue la
réglementation, soit par contournement de celles-ci, soit par étouffement
de certaines activités parmi les plus
nécessaires (le financement des PME
notamment, que les nouvelles normes
prudentielles dites de « Bâle III » pénalisent clairement).
L’autre priorité, dont le respect de la
première dépend, est celle du renforcement de la supervision. Il faut passer,
comme dans beaucoup d’autres domaines en économie, d’une approche « top
down » (la réglementation) à une
approche « bottom up » (la supervi-
Enfin, troisième élément, la gouvernance. Aujourd’hui l’impatience de
l’opinion est exacerbée par un sentiment
d’arrogance. Parce que la séquence « je
traverse la rue, je vous trouve un emploi »
ne traduit pas seulement un manque
d’empathie caractérisé, mais se heurte
au ressenti d’une vie quotidienne perçue
comme de plus en plus difficile. On
s’étonne parfois de la rapidité et de la
force du retournement de l’opinion
autour d’Emmanuel Macron. C’est
d’abord oublier la configuration électorale du premier et du second tour de
2017, l’absence d’élan du premier tour, et
l’introuvable état de grâce. Mais c’est
surtout sous-estimer la dimension personnelle de ce retournement.
Les Français observent un président
qui leur avait promis l’efficacité et n’a
pas encore « délivré ». Ils continuent
d’apprécier son dynamisme et sa détermination mais le rappellent à un devoir
d’écoute et de modestie. Ils sont surpris
de voir que, après avoir incarné le « en
même temps », le chef de l’Etat semble
désormais porter en lui le clivage entre
deux France. Surtout, ils ne sont pas
mécontents de mettre à l’épreuve un
président qui n’en a pas connu. Et nombreux sont ceux qui se posent une question : « Il nous demande de changer,
mais lui peut-il changer ? »
(1) Observatoire politique Elabe pour
« Les Echos » et Radio Classique
(2) Question d’actualité Elabe pour « Les
Echos », Radio Classique et l’Institut Montaigne
Bernard Sananès est président du
cabinet d’études et de conseil Elabe.
sion). C’est au niveau microéconomique
qu’ont été commises les principales
« bêtises » ayant conduit à la crise
(Countrywide, Lehman…). C’est donc au
niveau microéconomique qu’il faut agir
pour déceler à temps les dysfonctionnements porteurs de nouveaux dérèglements. Ceci nécessite, entre autres, des
moyens dont certaines autorités de
supervision bancaire (et assurantielle)
ne disposent toujours pas aujourd’hui.
Restent aussi deux nouveaux défis à
relever. Le premier est celui du « shadow banking » (c’est-à-dire les activités
bancaires développées par des nonbanques, donc non soumises à la réglementation bancaire), qui, aujourd’hui
encore, regroupe, faute d’examen plus
approfondi, des « choux » et des « carottes », c’est-à-dire des activités de natures
(et de profils de risque) très différentes –
des inoffensives sicav monétaires aux
inquiétants bitcoins – mais dont la croissance très (trop ?) rapide constitue un
véritable défi pour la régulation. Le
deuxième défi est celui de la concurrence réglementaire. Il existe bel et bien
une guerre fiscale mondiale dont les
stratégies des Gafa sont une claire manifestation dans le domaine des technologies de l’information. Une guerre des
monnaies pointe aussi le bout de son
nez. Pitié Monsieur Trump : à ces deux
conflits ne rajoutons pas une guerre
réglementaire dans le domaine financier qui ferait pour principale victime la
croissance de l’économie mondiale…
Olivier Pastré est professeur
à Paris-VIII et membre du Cercle
des économistes.
Audoin Desforges / Pasco
LE POINT
DE VUE
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
Dans ses « 21 leçons pour le XXIe siècle », qui sortent aujourd’hui en français,
l’historien Yuval Harari constate l’effondrement du consensus libéral.
Il est urgent de réinventer
le libéralisme
LIBRE
PROPOS
Gaspard
Koenig
Par
L
e libéralisme est en crise. Pas en
France bien sûr, où il a été purement
et simplement radié du champ intellectuel, mais de manière plus inquiétante
dans le reste du monde, qui avait progressivement adopté ses idéaux depuis l’aprèsguerre. Nationalisme politique, communautarisme identitaire et fanatisme
religieux mettent en question dans les
tweets et dans les urnes le triptyque longtemps gagnant de l’Etat de droit, du marché
et de la démocratie. « The Economist », bible
de ceux qui croient au libre-échange et au
libre arbitre, en a fait l’amer constat pour son
175e anniversaire, en attribuant l’essentiel de
la faute aux libéraux eux-mêmes, confits
dans leurs privilèges et renonçant à la radicalité de leurs prédécesseurs. « The Economist » en appelle donc à un renouveau de la
pensée libérale, dont le lecteur de ces chroniques a pu apercevoir quelques linéaments
(des « libertariens de gauche » partisans du
revenu universel aux « radical markets »
remettant en cause la propriété privée).
Je crains néanmoins que « The Economist » n’ait sous-estimé l’ampleur de la
crise. Ce ne sont pas seulement les pratiques libérales qui risquent l’obsolescence,
mais le principe même qui sous-tend toute
cette philosophie, à savoir l’existence d’un
individu responsable de ses choix.
Dans ses « 21 leçons pour le XXIe siècle »,
qui sortent aujourd’hui en français, l’historien Yuval Harari constate à son tour l’effondrement du consensus libéral, laissant le
monde en proie à un vide existentiel angoissant, mais il lui trouve une cause plus profonde : la disparition du libre arbitre. Ce
n’est pas une simple facétie métaphysique.
Car sans libre arbitre, pas de sujet autonome, capable de signer un contrat et
d’assumer ses actes. Et sans sujet autonome, pas de démocratie, pas de marché,
pas de droits de l’homme.
Le libre arbitre fait en effet l’objet d’une
puissante contestation académique. De très
nombreux neuroscientifiques (Stanislas
Dehaene), économistes comportementaux
(Richard Thaler), psychologues (Daniel
Kahneman) et philosophes (David Chalmers) s’accordent aujourd’hui sur l’idée que
les comportements individuels sont intégralement déterminés par le jeu des processus biochimiques et des influences extérieures. La rationalité consciente se réduit à
un épiphénomène volatile et sans intérêt.
Le soi et la liberté sont donc pour Harari
des « chimères mythologiques », de simples
illusions héritées des idéologues des
Lumières et ressassées dans les manuels
d’éducation pour préserver l’ordre social.
Autrement dit, notre Déclaration des droits
de l’homme est bâtie sur du sable. Harari va
jusqu’au bout de cette logique : « Tant que
l’on se décrit comme un individu doté de
droits, écrit-il, on ne sait pas qui l’on est. »
De manière plus vertigineuse encore, la
technologie donne à ce débat théorique une
réalité pratique. Harari décrit parfaitement
comment l’intelligence artificielle nous
pousse à déléguer au quotidien notre capacité de décision à la machine. Dans le monde
de l’IA, le flux des data nous installe confortablement dans notre silo personnalisé, qu’il
s’agisse d’un itinéraire en voiture ou d’une
discussion sur Facebook. Nous devenons les
esclaves de notre propre bien-être. Un jour,
nous laisserons l’IA décider de notre carrière et de nos amours. Nous serons tous prisonniers des algorithmes que nous aurons
contribué à alimenter. Le flux des data remplacera la congrégation des individus.
Quelle nouvelle histoire l’humanité va-telle se raconter pour remplacer ses libertés
p e rdu es ? Aucu ne, rép ond Harari .
L’historien Yuval Harari
constate la disparition
du libre arbitre.
Or sans libre arbitre,
pas de sujet autonome,
capable de signer un contrat
et d’assumer ses actes.
« No story ». C’est par la méditation que,
affranchis du brouillard mensonger de
l’individualité, nous pourrons atteindre une
forme de présence à soi et au monde. Plutôt
que de se trouver soi-même, mot d’ordre du
libéralisme, on découvrira le non-être que
nous étions. Plutôt que de nous battre pour
satisfaire nos désirs, nous observerons leur
vanité. Pour ce bouddhisme séculaire, la
seule réalité qui surnage est celle de la souffrance, et la seule question qui se pose encore
est de l’éliminer. C’est l’ère de la compassion,
de l’égalité réelle et des menus vegan.
Si le libéralisme veut se réinventer, il doit
donc aller au-delà des politiques antitrust et
des propositions d’impôt négatif. Il lui faut
reconstruire et réenchanter l’individu,
menacé de toute part, et trouver les moyens
de mettre la technologie au service de la
liberté. Voici l’orgueil suprême d’une humanité qui se veut maître de son destin : si le
libre arbitre n’existe pas, fabriquons-le !
Gaspard Koenig est philosophe et
président du think tank GenerationLibre.
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
art&culture
le motif mais change de siècle. Une plongée brillante dans la tourmente de la Révolution française.
Pau et con à la fois
Ah, ça ira ! Et mieux qu’ça encore !
LA
CHRONIQUE
de Thierry
Gandillot
CINÉMA // Après « L’Exercice de l’Etat », film de référence sur le pouvoir, Pierre Schoeller poursuit sur
Jérôme Prébois
G
Pierre Schoeller a mis six ans pour réaliser son film qui ambitionne de raconter en deux heures les premières années de la Révolution française.
Thierry Gandillot
@thgandillot
A
ux armes ! Formez vos
bataillons, citoyens ! Et marchez, marchez voir « Un peuple
et son roi » ! Pierre Schoeller, déjà plébiscité pour « L’Exercice de l’Etat », a mis six
ans pour réaliser son film. L’ambition est
immense : raconter en deux heures les
premières années de la Révolution française, d’avril 1789 – trois mois avant la
prise de la Bastille – au 21 janvier 1793,
date de la décollation du souverain sur
l’ex-place Royale. D’autres s’y seraient
noyés mais Pierre Schoeller maîtrise son
sujet de bout en bout.
Face à l’océan des textes, il a adopté
une attitude humble et studieuse. « J’ai
fait, dit-il, des lectures croisées car il fallait trancher aussi entre des approches
très différentes. J’ai rencontré des historiens, je leur ai soumis mon scénario à
diverses étapes de l’écriture. Je suis allé
aux sources aussi, les discours, les gravures, les chansons. Et puis, j’ai isolé des
moments, je me suis fait
FILM FRANÇAIS
dans la politique. C’est
une conviction à travers
Un peuple et son roi
l’inverse de ce que je
toutes ces contradicde Pierre Schoeller
montrais dans “L’Exertions. »
avec Laurent Lafitte,
cice de l’Etat” où l’énerPierre Schoeller a
Olivier Gourmet, Adèle
gie dans la politique est
réussi à lier la petite hisHaenel, Gaspard Ulliel,
mise en œuvre par queltoire et la grande, grâce
Louis Garrel, Denis
ques-uns. »
à un découpage fluide.
Lavant, Izïa Higelin,
Loin de tout didacNoémie Lvovsky, Céline
Visage de Méduse
tisme, il montre des
Sallette. 2 heures
Et le roi, dans tout ça ?
êtres de chair et de sang
L e f i l m s’o u v r e s u r
en train de danser la carmagnole sur un
Louis XVI (Laurent Lafitte) qui lave les
volcan. On suit en particulier le destin
pieds d’orphelins déshérités. Fidèle à
de trois personnages, Françoise, une
l’esprit du Christ, il est là non pas pour
lavandière (Adèle Haennel), l’Oncle, un
être servi, mais pour servir. Et il s’achève
souffleur de verre (Olivier Gourmet) et
sur cette tête livide aux yeux morts, saiBasile, son apprenti (Gaspard Ulliel). Ils
sie par les cheveux et brandie à la face
sont aux avant-postes de cette Révoludu peuple. On pourra juger la foule
tion qui va modifier le cours de l’hishilare ou, au contraire, horrifiée par ce
toire. « J’ai découvert la part de risque et
visage de Méduse qui semble lui annonle courage qu’il a fallu à ces hommes et à
cer la Terreur à venir.
ces femmes pour se lancer dans un
Entre ces deux moments clefs, le peumonde inconnu. Il n’y avait pas de projet
ple et son roi se cherchent, se jaugent, se
préalable. La Révolution s’est construite
défient. « Comment le peuple en est-il
en se faisant. L’énergie formidable qui
venu à se défaire d’une figure tutélaire
s’en dégageait était mise au service de tous
qu’il sacralisait et avec laquelle il entre-
tient un rapport quasi charnel », s’interroge Schoeller ? Louis est tiraillé entre
la volonté de céder parfois à certaines
exigences du peuple et celle de camper
sur ses positions. Un pas en avant, deux
pas en arrière. Le peuple applaudit
quand il abolit les privilèges, le maudit
après la fusillade du Champ de Mars.
Finalement, acculé aux Tuileries, c’est à
la Convention qu’il trouvera refuge.
Cette même Assemblée qui votera plus
tard la mort. A la barre défilent tous les
représentants. Porté par des acteurs à la
hauteur de l’enjeu, c’est l’un des morceaux d’anthologie du film – mention
spéciale à Denis Lavant en Marat halluciné et hallucinant.
« Un peuple et son roi » divisera certainement les historiens qui contesteront certains choix, celui, par exemple,
de minimiser la violence du peuple et
d’idéaliser sa révolte. Mais l’œuvre force
l’admiration et le respect par son intelligence et le plaisir qu’elle nous offre.
Vivement la Saison 2 ! On a le titre : « Un
peuple et son désarroi ». n
Olivier De Bruyn
Kena et Ziki, lycéennes à Nairobi et filles
de « bonne famille », vivent leur vie d’adolescentes entourées d’amis des deux
sexes avec lesquels elles font la fête et
oublient tant que faire se peut les pesanteurs morales et culturelles de la société
kényane. Les deux héroïnes, d’abord
farouchement hostiles, s’aperçoivent
bientôt qu’elles partagent des mêmes
désirs amoureux et érotiques. En
cachette de leurs
FILM KÉNYAN
d’amour entre deux jeufamilles et de leurs
Rafiki
nes filles de Nairobi qui,
copains qui considèrent
de Wanuri Kahiu
dans la ferveur de leur
l’homosexualité
avec Samantha Mugatsia,
passion brûlante,
comme une tare, elles
Sheila Munyiva, Dennis
oublient qu’elles se mettentent de vivre leur
Musyoka… 1 h 22.
tent en danger en fouidylle débutante en dénilant aux pieds des « trachant des endroits discrets pour s’aimer
ditions » ancestrales qui sont autant de
en toute liberté. Un assouvissement
carcans liberticides. Une audace qui,
d’autant plus problématique que les
depuis la présentation de « Rafiki » en
pères respectifs de Kena et Ziki, des sortes
mai dernier au Festival de Cannes, vaut à
de notables, sont impliqués et opposés
la cinéaste d’être victime de la censure
dans une campagne électorale qui excite
dans son pays natal.
la curiosité malsaine des médias locaux.
Wanuri Kahiu, la plupart du temps
inspirée, raconte la relation clandestine
Pop et politique
de ses deux héroïnes avec une énergie de
Dans son nouveau film, la réalisatrice
chaque plan et, surprise, privilégie une
kényane Wanuri Kahiu prend des rislégèreté de ton quasiment pop qui rend
ques en dépeignant une histoire
grâce à la vitalité débordante de Kena et
I Feel Good de Benoît Delépine et
Gustave Kervern, avec Jean Dujardin,
Yolande Moreau. 1 h 43.
Film en bref
FILM FRANÇAIS
Le vent tourne
de Bettina Oberli
Avec Mélanie Thierry,
Pierre Deladonchamps,
Nuno Lopes… 1 h 27.
Idylle interdite à Nairobi
La réalisatrice kényane
Wanuri Kahiu, frappée par la
censure dans son pays, dépeint
avec énergie l’histoire d’amour
entre deux jeunes femmes.
Un film audacieux et inspiré.
ustave Kervern et Benoît Delépine, les
créateurs déjantés de Groland pour
Canal+, adorent les comédies satiriques
qui distillent un message social et humaniste. As
de la déconne, à l’écran comme dans la vie. Mais
pas seulement… C’est dans les interstices du rire
que se glissent nos douleurs et nos rêves. Quand
on va fouiller, ça fait mal, en général.
Dans le registre satirique, on est toujours sur un
fil. Parfois, on tombe du bon côté : « Mammuth »
avec Yolande Moreau et Gérard Depardieu ou
« Saint-Amour » avec Benoît Poelvoorde et
Depardieu. Mais pas toujours, comme les
décevants « Near Death Experience » avec Michel
Houellebecq ou « Le Grand Soir » avec Poelvoorde
et Albert Dupontel. Les castings en disent souvent
long sur les intentions. La griffe K & D n’avait
jamais embrigadé Jean Dujardin, voici qui est fait.
Et bien fait. Ceux qui pensent que le beau gosse
oscarisé est bien loin de la galaxie KervernDelépine n’ont qu’à aller voir « I Feel Good », ça
leur fera du bien… Jacques (Jean Dujardin)
débarque, au bout du rouleau, en peignoir de bain
blanc et mules assorties dans la communauté
Emmaüs de Lescar-Pau que dirige sa sœur,
Monique (Yolande Moreau). Il est d’une bêtise et
d’une fatuité insondables − Bouvard et Pécuchet
implantés dans un seul cerveau. Comme quoi, on
peut être à Pau et con à la fois. S’il est au fond du
trou, Jacques n’a pas désespéré de trouver l’idée de
génie qui va le rendre riche. Soudain, elle surgit :
vendre des voyages de chirurgie esthétique low
cost en Bulgarie. On imagine la cata qui se profile.
Dans l’aventure « I Feel Good », K & D embarquent
un groupe d’acteurs aux profils parfois
chahutés. « Il y a Jo Dahan, chanteur de rock,
ancien de la Mano Negra, qui apparaît souvent dans
nos films, énonce Gustave ; Jana, une actrice de
Bratislava découverte dans un sketch de Groland, et
que nous avions trouvée géniale ; Elsa, une artiste de
rue ; Jean-Benoît, acteur belge que j’avais découvert
à Clermont-Ferrand dans “Le Film de l’été”
d’Emmanuel Marre ; un grand acteur comme Lou
Castel, rencontré au jury du Festival international
du film grolandais ; Jean-François, copain d’enfance
de Benoît, boucher-traiteur, qui a fait la cuisine sur
la plupart de nos films, et qui a une gueule et une
façon de parler tellement extraordinaires – un peu à
la André Pousse – qu’on s’était promis de lui donner
un jour un rôle ; et Marius, le Chinois, que je connais
depuis trente ans, qui vit de rien, du RSA, à
Marseille, et qui apparaissait déjà, en garde-chasse,
dans “Near Death Experience”. » Tout ce petit
monde s’embarque pour affronter liftings et Botox
bulgares. On prend son ticket. Classe tous risques.
Ziki, ces filles juvéniles qui s’enivrent de
baisers et ne jurent que par l’urgence de
leurs sentiments. Cette allégresse et ce
dynamisme n’empêchent pas la cinéaste
de radiographier avec lucidité l’intolérance (en premier lieu religieuse) et
l’obscurantisme de mise au Kenya. Un
obscurantisme qui se déchaîne quand la
liaison entre Kena et Ziki est révélée à
leurs familles et entraîne les deux jeunes
filles, violemment marginalisées par
leurs prétendus proches, à devoir choisir
entre leurs rêves d’émancipation et
l’acceptation de normes désolantes.
Même si la mise en scène manque
parfois d’invention, le courage de la
cinéaste et l’originalité de ce film qui
refuse la sensiblerie justifient les éloges
et le déplacement dans les salles. n
Pauline et Alex gèrent une modeste exploitation
•agricole
dans une campagne reculée. Ecolos con-
vaincus, ils refusent de céder aux lois d’une modernité à leurs yeux synonyme de destruction. Vivant de
peu, voire de très peu, le jeune couple souhaite installer sur ses terrains une éolienne, le gage d’une énergie
naturelle. Quand Samuel, l’ouvrier en charge des travaux, débarque dans leur quotidien, la complicité
amoureuse entre Pauline et Alex se rompt brutalement… Une femme qui s’aperçoit qu’elle étouffe dans
son existence et un homme obsessionnel, prêt à tout
pour rester fidèle à des valeurs qui, peu à peu, sont
devenues des entraves. Dans « Le vent tourne », Bettina Oberli dresse le portrait sensible de deux personnages empêtrés dans leurs contradictions. Hélas,
malgré les prestations convaincantes des acteurs
principaux (Mélanie Thierry et Pierre Deladonchamps), cette chronique intimiste et rurale souffre
de ses insistances et d’une réalisation souvent maladroite. Un film attachant, mais inégal. —O. D. B.
12 //
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
enquête
Cantines
scolaires, le
nouveau cassetête des maires
En 2016, 319 millions de repas ont été servis dans les écoles primaires publiques. Photo Romain Perrocheau/AFP
Nathalie Silbert
@natsilbert
C
es jours-ci, les cantines scolaires
sont au menu du Parlement. Profitant du projet de loi alimentation et
agriculture, le gouvernement veut graver
dans le marbre les seuils de 50 % d’alimentation de qualité, labellisée et locale, dont au
moins 20 % de produits bio dans les repas
des écoliers. Se sont aussi invités dans les
débats : le repas végétarien et l’abandon de
couverts et barquettes de cuisson en plastique d’ici à 2025. Deux sujets sur lesquels le
ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert,
– partisan d’une « liberté de choix » – et les
écologistes s’affrontent. Pour les quelque
36.000 communes françaises, l’enjeu est de
taille : la restauration scolaire est certes un
service public facultatif. Mais avec 319 millions de repas servis dans les écoles primaires publiques (en 2016), selon le cabinet
Gira Foodservice, elle est une charge financière pour les maires, qui assument une
partie du coût, et une vitrine politique sur de
nombreux sujets : l’environnement, la
santé publique, la pauvreté.
« Ce qui a été voté est dans l’air du temps ! »
s’exclame Jacques Pélissard, ardent défenseur du bio dans sa ville de Lons-le-Saunier.
Inscrire un seuil de bio dans la loi laisse
néanmoins sceptique l’ancien président de
l’Association des maires de France (AMF).
En 2008, déjà, le Grenelle de l’environnement n’avait-il pas fixé des objectifs de 15 %
de denrées issues de l’agriculture biologique pour l’année 2010, et de 20 % deux ans
plus tard ? Or, on est toujours loin du
compte avec, selon l’Agence Bio, moins de
4 % de produits bio dans l’assiette des écoliers. Pour se mettre au bio, « ce qui compte,
c’est une volonté politique forte dans la durée,
lance Jacques Pélissard. On ne parvient pas
à 20 % d’un coup de baguette ! Pour certains
produits, cela a pris des années ». A Lons-leSaunier, la conversion a démarré en 2000,
avec des incitations aux agriculteurs pour
qu’ils produisent du blé bio, parce que « le
pain est l’aliment le plus consommé dans les
cantines ». Ont suivi les produits laitiers
avant de s’atteler au bœuf bio, acheté vivant
et abattu dans l’abattoir municipal. Mais la
légumerie – où les fruits et légumes arrivent
des producteurs, sortis de terre sans traitements intermédiaires avant d’être lavés,
découpés et envoyés en cuisine – n’a ouvert
qu’en 2015. « Aller au-delà des 31 % actuels
sera difficile », insiste l’édile.
Le bio exige aussi une forte implication
des communes. Pour avoir des produits de
COLLECTIVITÉS LOCALES // Augmentation du bio,
interdiction du plastique, repas végétarien : sous la
pression des ONG et des parents d’élèves, les parlementaires veulent réglementer les assiettes dans les
cantines scolaires du primaire.
qualité, il faut nouer des partenariats avec
des petits producteurs locaux. Tout cela
doit être inscrit dans des cahiers des charges. Mais « les moyens humains pour les concevoir puis assurer le suivi des marchés ne
sont pas toujours là », indique Christophe
Hébert, président d’Agores, qui fédère
3.000 responsables de la restauration
publique territoriale. Surtout, malgré
l’essor des surfaces consacrées à l’agriculture biologique, la production ne suit pas…
Or le but n’est évidemment pas d’importer
ses produits du bout du monde, mais de
favoriser la proximité. D’où l’idée des parlementaires d’inclure les produits labellisés
(Label rouge…) ainsi que les produits issus
de terres en reconversion. En attendant, les
élus se débrouillent comme ils peuvent.
Le bio exige des moyens
A Mouans-Sartoux, ville de 10.000 habitants dans les Alpes-Maritimes déterminée
à passer au bio après la crise de la vache
folle, l’ancien maire écologiste, André
Aschieri, a ainsi acquis plusieurs hectares
de terrains, créé une régie municipale agricole, ce qui lui permet de cultiver ses propres légumes. Depuis 2012, ses trois cantines ne proposent plus que de la nourriture
bio. Une exception en France ! A Nice, où
Christian Estrosi a remunicipalisé les cantines scolaires, développer le bio dans les
menus a exigé de la créativité. Quelque
25.000 repas quotidiens étant servis dans
les écoles, les ingrédients étaient rarement
disponibles en quantité suffisante. « On a
divisé la ville en six secteurs avec des menus
différents pour réduire les quantités nécessaires », raconte Lauriano Azinheirinha,
directeur général des services. Pour ses
achats, la mairie privilégie la proximité
mais reconnaît que les produits bio présentés – 38 % des ingrédients utilisés, dit-elle –
« ne proviennent pas, pour la plupart, de producteurs locaux ». Une situation que Nice,
qui investit 30 millions d’euros dans une
nouvelle cuisine centrale, espère améliorer
grâce à la légumerie prévue dans ses murs.
In fine, le bio exige, bien sûr, des moyens
financiers. Dans les écoles, les plats étant
servis par milliers, la facture peut vite grim-
per. Même si les denrées représentent
grosso modo 25 % du coût du repas. A Roubaix, le maire actuel, Guillaume Delbar,
chiffre ainsi à 7,3 % la hausse de la facture
pour un taux de bio de 10 %. En ces temps de
disette budgétaire, la perspective de prix
plus élevés fait tousser les élus. « Le bio c’est
bien. Mais un surcoût important n’est pas
supportable alors que notre dotation de fonctionnement a fondu de 209.000 euros pendant le quinquennat précédent », confie
Arnaud Dumontier, le maire de Pont-Sainte-Maxence.
Lutter contre le gaspillage
En réalité, pour que la mutation soit tenable, il faut construire un nouveau modèle
économique. Pour les farouches partisans
du bio, tel Gilles Pérole, adjoint au maire de
Mouans-Sartoux et coréférent du groupe
restauration scolaire de l’AMF, il existe une
solution simple pour compenser les surcoûts : lutter contre le gaspillage. A
Mouans-Sartoux, où les enfants peuvent
choisir entre des portions « grosse faim » ou
« petite faim », « les déchets ont diminué de
80 % et le coût du repas a baissé », note celui
qui préside aussi le réseau Un Plus Bio.
A Bègles, Clément Puech, le successeur de
Noël Mamère, s’est, lui aussi, attaqué au
sujet en mettant en place une table de tri, en
revoyant les grammages des plats.
« Aujourd’hui, on jette 150 grammes de moins
par repas », se réjouit-il. De 30 % en 2012, la
part des déchets est tombée à moins de 20 %.
« Et à l’échelle de Bègles, 10 % de gaspillage en
moins font 70.000 euros d’économies ! » A la
caisse des écoles du 5e arrondissement à
Paris, le directeur, Jean-Marc Le Guernic, a
choisi une autre voie : il achète tous ses produits bio via un seul intermédiaire. « Il n’y a
que lui entre moi et les producteurs, les échelons superflus ont été éliminés. Pour la viande,
par exemple, c’est lui qui achète la bête, la fait
abattre et découper. Et nous, nous répartissons les différents morceaux dans les plats. »
Pour maints élus, surtout dans le monde
rural, l’instauration d’un seuil de bio réglementaire apparaît néanmoins comme une
contrainte de plus qui s’ajoute à un empilement de règles. « Ce n’est tout de même pas
aux cantines d’organiser la filière bio ! » tempête Cédric Szabo, directeur de l’Association
des maires ruraux de France. Tandis que
Jean-Claude Aurousseau, le maire de
Genouillac (800 âmes) dans la Creuse, rappelle qu’il vient déjà d’investir près de
30.000 euros dans la cuisine afin de la mettre en conformité avec la réglementation.
Devant ce « mille-feuille normatif », des
municipalités préfèrent, d’ailleurs, déléguer
leur restauration scolaire à des entreprises
privées : Sodexo, Elior, Compass. D’autant
que sous la pression des ONG et des parents
d’élèves, les parlementaires cherchent
aujourd’hui à ajouter de nouvelles obligations. Le 14 septembre dernier, l’interdiction
dans les cantines de contenants en plastique
en 2025 a été votée à l’unanimité des 64
députés présents dans l’hémicycle. De plus,
l’instauration d’un repas végétarien hebdomadaire a été adoptée, à une voix près, con-
Pour maints élus,
l’instauration d’un seuil
de bio réglementaire
apparaît néanmoins
comme une contrainte
de plus qui s’ajoute à un
empilement de règles.
tre l’avis du gouvernement, et limitée aux
collectivités proposant déjà deux menus
aux enfants. « Une victoire fragile », admet
Laure Dacos chez Greenpeace, qui milite en
faveur de deux repas par semaine sans
viande et sans poisson. De fait, rien n’est fixé,
l’examen du texte de loi suivant son cours.
En réalité, un nombre croissant de villes
propose déjà un repas végétarien en plus du
menu classique. Un moyen de régler, sans
soulever de débats, la question des repas
confessionnels. De même, dans une vingtaine de villes (Montrouge, Montpellier,
Strasbourg…), l’interdiction des contenants
en plastique est testée. « Il y a un consensus
scientifique sur la nocivité des barquettes
plastique chauffées », pointe la députée
LREM Laurianne Rossi, qui a défendu la
mesure. Mais sur le terrain, l’enthousiasme
n’est pas toujours là. « Si on revient aux bacs
en Inox, il faudra les transporter, les laver, les
stocker. Cela a un coût », relève DominiquePhilippe Benezet, délégué général du Syndicat de la restauration collective concédée.
L’addition des normes n’empêche pas l’utilisation de produits transformés, de fonds de
sauce peu recommandables pour la santé
publique. Et ce n’est pas l’augmentation du
bio et d’autres produits de qualité qui
réglera le sujet. De ce fait, la question
demeure : la « soupe » est-elle bonne ? Les
attaques sont encore légion.
En cette rentrée, elles sont relancées par
« Le Livre noir des cantines scolaires », de
Sandra Franrenet, où la mauvaise qualité
des aliments servis, la course aux profits des
groupes sont une nouvelle fois dénoncées…
« Injuste ! » s’écrie Carole Galissant, directrice du pôle culinaire éducation de Sodexo.
« On n’est pas parfait, mais un énorme travail
a été fait pour améliorer la qualité. » Et l’éducation au goût ? « Elle passe par un accompagnement des enfants qui fait encore
défaut », dit-elle. « On a progressé depuis dix
ans, mais cela reste très inégal », abonde la
nutritionniste Marie-Line Huc. Selon elle, la
publication en 2011 d’un décret sur la qualité
nutritionnelle des repas en restauration
scolaire a amélioré l’assiette. Le recours à
des diététiciens, l’installation de commission des menus sont devenus courants. En
2013, UFC-Que Choisir avait d’ailleurs attribué une moyenne de 15,2 aux cantines des
écoles primaires publiques.
L’accès de tous les enfants
à la cantine
Les parents d’élèves sont attentifs. Si elle
soutient le bio, l’abandon du plastique, le
repas végétarien, pour la puissante Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE),
la priorité reste l’accès de tous les écoliers à
la cantine. « Pour beaucoup d’enfants, c’est le
seul repas équilibré de la journée. Mais certaines communes traînent des pieds, invoquant
le manque de place », note Stéphanie Anfray,
présidente de la FCPE Gironde. A Drancy,
en Seine-Saint-Denis, la gratuité du repas a
été actée en 2007 par Jean-Christophe
Lagarde, le maire de l’époque. « C’était un
choix politique. La fréquentation de la cantine en primaire a bondi de 60 % des élèves à
85 % », rappelle son épouse, Aude Lagarde,
qui lui a succédé. Grâce à des économies et à
des subventions tombées à point, le coût de
la mesure a été absorbé.
Emmanuel Macron a, lui aussi, fait de
l’accès à la cantine un axe prioritaire de
son plan pauvreté. Le but : inciter les municipalités qui n’ont pas instauré la tarification sociale à proposer le repas à 1 euro ou
moins pour les plus démunis, avec un abondement de l’Etat de 2 euros. Selon le député
LREM Gaël Le Bohec, porteur de la mesure,
entre 6.000 et 8.000 communes pourraient
être concernées. Avec un coût évalué entre
20 et 40 millions d’euros en année pleine. n
Mercredi 26 septembre 2018
Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
CRUE MORTELLE EN CORSE
L’ENQUÊTE CONCLUT
À L’IMPRUDENCE DU GUIDE
IRAN RYAD NIE TOUT LIEN
DANS L’ATTAQUE D’AHVAZ
L’ « Aquarius » autorisé à accoster à Malte
ÉTATS-UNIS TRUMP CIBLE LES
SANCTIONS CONTRE MADURO
Jacques Demarthon/AFP
POLLUTION LA VITESSE LIMITÉE
À 70 KM/H SUR LE PÉRIPHÉRIQUE
À LYON
La vitesse maximale sur le périphérique de Lyon passera de 90 à 70 km/h à
partir de janvier pour réduire la pollution, a annoncé mardi le président
de la métropole, David Kimelfeld.
Cette limitation concernera la totalité du boulevard depuis l’autoroute
A7 à Saint-Fons, au sud, jusqu’à la
Porte de Valvert au nord-ouest.
LA PHOTO DU JOUR
L’Arabie saoudite a rejeté totalement
les accusations de Téhéran selon lesquelles le royaume était impliqué
dans l’attaque contre un défilé militaire samedi, à Ahvaz, a rapporté
mardi l’agence officielle SPA. « Le
royaume rejette complètement les
accusations fausses (et) lamentables
d’officiels iraniens quant à un soutien
du royaume aux incidents qui se sont
déroulés en Iran », a indiqué SPA,
citant un responsable du ministère
saoudien des Affaires étrangères.
Les enquêteurs chargés des investigations sur la mort de cinq personnes,
dont une fillette, emportées par une
crue en août dans un canyon corse
ont conclu à une « imprudence » du
guide de canyoning, lui aussi mort
dans le drame, a-t-on appris mardi
auprès du procureur d’Ajaccio. Le
drame s’était produit lorsqu’une
vague de plusieurs mètres causée par
de violents orages avait emporté
sept pratiquants de canyoning.
Le Trésor américain a annoncé
mardi avoir pris de nouvelles sanctions financières, cette fois contre
l ’e n t o u r a g e d u p r é s i d e n t d u
Venezuela, Nicolás Maduro, dont son
épouse, Cilia Adela Flores de
Maduro. Trois autres personnes sont
également visées parmi lesquelles la
vice-présidente, Delcy Rodriguez.
Selon ces sanctions, leurs avoirs sur
le territoire américain sont gelés et il
est interdit à tout ressortissant américain de faire des affaires avec eux.
ALLEMAGNE RÉVOLUTION DE
PALAIS AU SEIN DE LA CDU-CSU
Le navire « Aquarius » a finalement été autorisé à accoster à Malte pour y débarquer 58 migrants naufragés en Méditerranée. Ils seront ensuite répartis entre la France, l’Espagne, le Portugal et l’Allemagne. L’ « Aquarius », qui n’a plus de pavillon,
se rendra ensuite à Marseille, comme l’a indiqué le Premier ministre, Edouard Philippe.
ÉVALUATIONS DES ÉLÈVES
DES INQUIÉTUDES SUR
LA PROTECTION DES DONNÉES
JUSTICE LE PÈRE DE L’ENFANT
SAUVÉ PAR MAMOUDOU
GASSAMA CONDAMNÉ
Le père de l’enfant sauvé de justesse
au printemps par un sans-papiers
malien, Mamoudou Gassama, alors
qu’il était suspendu à un balcon, a été
condamné mardi à Paris à trois mois
d’emprisonnement avec sursis pour
soustraction à ses obligations parentales. Cet homme de 37 ans, qui avait
laissé seul son fils de quatre ans dans
son appartement parisien en mai,
devra effectuer à ses frais un stage de
responsabilité parentale.
ESCROQUERIE THÉO LUHAKA,
SYMBOLE DES VIOLENCES
POLICIÈRES, MIS EN EXAMEN
Théo Luhaka, devenu un symbole des
violences policières après son interpellation en 2017, à Aulnay-sous-Bois
en Seine-Saint-Denis, a été mis en
examen en juillet dans une vaste
affaire d’escroquerie aux aides publiques via des associations, a-t-on
appris mardi.
Photo : Pau Barrena/AFP
AFP
Les syndicats d’enseignants vont
demander au ministère de l’Education des garanties sur la protection
des données des élèves, saisies dans le
cadre des évaluations nationales de
CP et de CE1. Le site spécialisé « Le café
pédagogique » avait relevé lundi un
tweet d’une enseignante référente
pour les usages du numérique qui
s’inquiétait que les évaluations soient
hébergées sur un serveur d’Amazon,
basé à Dublin.
// 13
C’est un nouveau coup dur pour
Angela Merkel. Les membres de son
groupe parlementaire CDU-CSU ont
élu, mardi à bulletin secret, Ralph
Brinkhaus à sa présidence, en lieu et
place de Volker Kauder, 69 ans. En
fonction depuis 13 ans, ce proche de
la chancelière avait pourtant son soutien officiel. Agé de 50 ans, Ralph
Brinkhaus a néanmoins assuré que
sa candidature n’était pas contre
Merkel et qu’il voulait renforcer
l’esprit d’équipe.
TUNISIE LE PRÉSIDENT
ET ENNAHDHA SE SÉPARENT
Le président tunisien Béji Caïd Essebsi
a annoncé mardi soir la fin d’une
alliance clef avec la formation d’inspiration islamiste Ennahdha. Cette
alliance en place depuis quatre ans a
joué un rôle déterminante dans la
poursuite de la démocratisation dans
le pays pionnier du printemps arabe.
ÉTATS-UNIS PROGRÈS
POUR LES PARAPLÉGIQUES
D e u x p a r a p l é g i q u e s d ’u n p r o gramme expérimental de rééducation dans le Kentucky, aux EtatsUnis, sont capables de marcher de
nouveau et deux autres se lèvent et
s’assoient grâce à une stimulation
électrique de leur colonne vertébrale,
selon des études publiées lundi dans
les revues « New England Journal of
Medicine » et « Nature Medicine ».
ON EN PARLE À BERNE
Le Buster Keaton suisse démissionne
La Suisse connaît des remous politiques avec la démission du conseiller fédéral
chargé de l’Economie. D’autres départs devraient suivre.
Jean-Jacques Franck
— Correspondant à Genève
que a défendu son bilan. Libéral
pur et dur, on lui doit la signature
d’un accord de libre-échange en
2014 avec la Chine. Son département travaille aussi à des deals de
ce type avec l’Indonésie, le Mercosur et les Etats-Unis.
R
ire, c’est bon pour la
santé… » C’est avec ce
discours prononcé à
l’occasion de la « Journée des
malades » sur le ton d’un neurasthénique sous tranquillisants
que Johann Schneider-Ammann avait connu la renommée
internationale, la vidéo ayant fait
le tour du monde. Mardi, le conseiller fédéral (ministre) en
charge de l’Economie a annoncé
sa démission au 31 décembre
prochain. A soixante-sept ans, il
veut désormais se « consacrer à
ses petits-enfants » et réaliser un
rêve : devenir charpentier.
Avant de partir, le « Buster Keaton » de la Confédération helvéti-
Il s’était mis à dos
banquiers et syndicats
Industriel par passion – il dirigeait le groupe familial
Ammann, fabriquant des
engins de chantiers –, l’entrepreneur bernois qui ne souriait
en fait jamais comme Buster
Keaton, était aussi à l’aise dans
ses voyages à la tête de missions
économiques, que maladroit et
dépourvu de tout charisme
pour défendre ses projets
devant le Parlement ou le peu-
ple. Les milieux d’affaires se
souviennent de son refus
d’intervenir pour les soutenir
quand la Banque nationale
suisse avait annoncé, en janvier 2015, l’abandon du taux
plancher de l’euro, entraînant
un renchérissement immédiat
et durable du franc.
Les syndicats lui en veulent de
rechigner à s’engager contre le
dumping social menaçant les
salaires dans certaines branches. Les agriculteurs voient
d’un mauvais œil la multiplication des accords de libre échange mettant en péril les spécificités de la paysannerie suisse.
Ceci n’empêche pas Johann
Schneider-Ammann de partir « avec le cœur léger ». La
Suisse « va bien, elle est forte et
dynamique, championne du
monde de l’emploi ». Un constat
économiquement juste. Avant
de partir, le libéral a lancé un
avertissement à ses compatriotes appelés à se prononcer bientôt par référendum – initié par le
Parti souverainiste UDC – sur la
prééminence du droit suisse sur
le droit international : « Pays
exportateur, la Suisse a besoin de
contrats internationaux pour la
sécurité du droit et l’ouverture
des marchés. »
Le conseil fédéral n’en a pas
fini avec les chamboulements.
La chrétienne-démocrate Doris
Leuthard, en charge de Transports et des Communications,
serait aussi sur le départ. Berne
se prépare à une fin d’année sous
le signe du renouvellement. n
2
20
20
20
21
0
24
20
24
26
20
2
20
2
22
24
11/23
10/26
21
22
JEUDI
9/23
2
20
211
3
JEUDI
12/26
13/29
15/24
26
25
28
13/21
2
26
26
27
25
VENDRED
26
30
25
14/26
16/29
2
22
24
24
11/23
14/23
16/28
9/18
25
2
21
/
12/20
SAMEDI
12/23
26
16/28
19/27
VENDREDI
8/18
12/21
12/16
18/20
16/17
18/19
9/18
12/21
13/16
7/20
11/22
11/19
29/39
27/41
30/433
4/19
9/22
13/21
27/28
26/29
27/30
15/16
15/19
17/22
9/20
11/23
13/17
20/27
20/26
20/288
11/20
12/24
14/25
5/11
7/12
7/12
21/29
19/23
19/23
25/37
26/37
26/33
17/26
18/23
15/18
23/27
24/27
24/288
25/34
25/34
26/34
11/17
12/21
15/27
21/22
19/20
19/26
19/22
13/19
16/20
1/21
9/24
10/24
Les modes d’accueil
des enfants de moins de
3 ans se multiplient. De
nombreux sites Internet
se lancent dans la mise
Mercredi 26 septembre 2018 en relation parentswww.lesechos.fr baby-sitters.// P. 25
Shutterstock
Les plates-formes de garde
d’enfants au secours des parents
DEVISES EUR/GBP 0,8942 EUR/JPY 1,3289 EUR/CHF 1,1354 GBP/USD 1,3162 USD/JPY 1,129 USD/CHF 0,9645 TAUX EONIA -0,367 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,319 OAT 10 ANS 0,7779 T-BONDS 10 ANS 3,1104
INDUSTRIE & SERVICE
BMW
DERNIÈRE HEURE
Le constructeur durement touché
par de nouvelles normes
européennes. // P. 16
Nouvelle grève prévue
vendredi chez Ryanair
ET « CRIBLE » P. 34
TOTAL
Le pétrolier veut profiter à plein
de la hausse des cours. // P. 17
Casino :
les vendeurs
à découvert
persistent
et signent
TRANSPORT
Shutterstock
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Le Pass Mobilité, eldorado
des acteurs du secteur. // P. 18
VERSACE
Michael Kors affiche des ambitions
mondiales. // P. 19
ET « CRIBLE » P. 34
AMAZON
Le géant américain continue
d’étendre son empreinte logistique
en France. // P. 20
Shutterstock
HÔTELLERIE
Le marché de l’hôtellerie de luxe
frise la saturation à Paris. // P. 21
HIGH-TECH & MÉDIAS
GOOGLE
La compagnie a annoncé qu’elle pourrait réduire ses capacités pour cet hiver et l’été prochain si la grève devait persister.
La compagnie aérienne
low cost a annoncé
l’annulation de 190 vols
sur 2.400 en Europe.
30.000 passagers
sont concernés.
START-UP
MARCHÉ DE L’ART
Singulart, la galerie d’art en ligne,
part à la conquête du monde.
// P. 24
PME & RÉGIONS
SEB
Raphaël Bloch
@Bloch_R
L’entreprise lance la vente
à domicile d’appareils culinaires.
// P. 26
FINANCE & MARCHÉS
BOURSE
Les étrangers désertent un peu
plus le CAC 40. // P. 27
Jacques Demarthon/AFP
CRÉDIT AGRICOLE
La banque décidée à faire appel
contre la BCE. // P. 28
Nouvelle grève et nouvelles annulations
chez Ryanair. La première compagnie
aérienne low cost européenne a annoncé
mardi la suppression de 190 vols, vendredi,
à cause d’une grève de son personnel de
cabine dans six pays européens.
Ces vols représentent 8 % des trajets
prévus ce jour-là (2.400). Au total,
30.000 voyageurs sont affectés par le mouvement à l’initiative des personnels de
cabine en Espagne, en Belgique, aux PaysBas, au Portugal, en Italie et en Allemagne.
Les passagers français ne devraient pas
être trop affectés par le mouvement. La
compagnie irlandaise n’a plus de bases
dans l’Hexagone depuis 2011.
Les syndicats de personnels navigants
de Ryanair prévoient un arrêt de travail de
24 heures. Ils entendent reconduire leur
mouvement tous les mois jusqu’à ce que
leurs revendications soient satisfaites.
Ils souhaitent notamment obtenir des
contrats locaux au lieu de contrats
s’appuyant sur le droit du travail irlandais,
réputé moins avantageux.
Révision des objectifs
Conséquence directe de ce nouveau mouvement, Ryanair a annoncé qu’il pourrait
réduire ses capacités pour cet hiver et l’été
prochain si la grève devait persister. Le
groupe dirigé par Michael O’Leary avait
annoncé, en juillet, qu’il projetait une
croissance annuelle du trafic passagers de
7 % fin mars 2019 (139 millions de passagers) et de 9 % fin mars 2020 (152 millions).
Résultats semestriels 2018
Guerbet, le spécialiste des produits de contraste et solutions pour l’imagerie médicale
La société de gestion annonce une
importante cure d’austérité. // P. 29
EBITDA* :
LOUIS DREYFUS COMPANY
59,6 M€
Nouveau bouleversement à la tête
du groupe. // P. 30
EBITDA / CA : 15,3 %
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 33
Résultat Opérationnel :
36,6 M€
• Croissance de l’activité à taux de change constant
• Marge d’EBITDA* en ligne avec les objectifs annoncés
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Chiffre d’affaires à taux
de change constant en
hausse de 2,1 %
à 415,7 M€
Chiffre d’affaires publié :
389,6 M€
OSTRUM
SUR
Mais il a observé que les récentes grèves
survenues depuis la reconnaissance des
syndicats en décembre 2017 avaient affecté
les réservations. « Ces grèves inutiles à répétition portent préjudice à l’entreprise Ryanair et à la confiance de notre clientèle », a
déclaré mardi le directeur du marketing,
Kenny Jacobs, cité par l’AFP.
Cette nouvelle grève intervient alors que
Michael O’Leary, partisan d’une ligne dure
face aux syndicats, a été largement reconduit, jeudi dernier, lors de l’assemblée
générale annuelle de la compagnie. « Nous
espérons que ces syndicats retrouveront leur
sens commun et travailleront avec nous à la
finalisation d’un accord pour le bien-être de
nos pilotes et de nos personnels navigants
dans les semaines qui viennent », a ajouté
Kenny Jacobs. Sans oublier les investisseurs : les turbulences sociales chez Ryanair ont quelque peu atteint leur confiance. Le cours de l’action de la compagnie
a décroché de 20 % depuis un an à la
Bourse de Dublin. n
• Avancées importantes dans l’exécution du plan GEAR 2023
>
Prochains rendez-vous
Chiffre d’affaires du 3ème trimestre 2018 : 25 octobre 2018 après bourse
Chiffre d’affaires annuel 2018 : 14 février 2019 après bourse
Résultats annuels 2018 : 27 mars 2019 après bourse
*EBITDA = Résultat Opérationnel + dotation nette aux amortissements et aux provisions
Résultat opérationnel / CA :
9,4 %
Mémento de l’actionnaire
Code ISIN : FR0000032526
Ticker : GBT
Code Reuters : GRBT.PA
Code Bloomberg : GBT : FP
Compartiment de marché :
Euronext B
www.guerbet.com/fr/investisseurs
01 56 88 11 11
Pour son 20e anniversaire, le
groupe californien fait évoluer son
moteur de recherche. // PP. 22-23
Le « feuilleton » Casino est loin d’être
fini, selon les hedge funds. Le groupe est
toujours le plus attaqué en France par
les vendeurs à découvert (« short-sellers » en anglais). Les positions vendeuses à découvert agrégées ont même augmenté depuis le 12 septembre – date de
la rencontre supposée entre Casino et
Carrefour – de 18,4 % à 19,3 % du total
des titres, selon les données d’IHS Markit. Même l’annonce d’une nouvelle
ligne de crédit obtenue auprès de 5 banques par le distributeur n’a pas découragé ces spéculateurs. Aujourd’hui,
près de 45 % du capital flottant du
groupe français est vendu à découvert
par des fonds alternatifs et traders qui
parient sur la baisse du titre.
Les hedge funds qui ont les plus fortes
positions vendeuses à découvert sont
Marshall Wace, BlackRock, Engadine,
DSAM et Citadel. Ils ont globalement
maintenu leurs positions et continuent
donc de spéculer sur la baisse de l’action
Casino. Des fonds opportunistes et traders se sont même joints récemment au
mouvement. Melqart Asset Management a déclaré à l’Autorité des marchés
financiers (AMF), le 21 septembre, avoir
vendu à découvert 570.000 actions du
groupe français. Si les grands fonds
alternatifs vendeurs à découvert avaient
racheté leurs titres Casino, le titre aurait
bien davantage progressé qu’il ne l’a fait.
D’ici à la publication le 16 octobre du
chiffre d’affaires du groupe français, le
titre devrait rester nerveux.
Si les grands fonds
alternatifs vendeurs
à découvert avaient
racheté leurs titres
Casino, le titre aurait
davantage progressé
qu’il ne l’a fait.
Sans préjuger de l’issue de ce dossier
et de ses rebondissements possibles,
des fonds et traders parient sur la
hausse de la volatilité, qui a bondi en
septembre. Depuis début août, Goldman Sachs et Morgan Stanley, ont plusieurs fois franchi à la hausse et baisse le
seuil des 5 % du capital de Casino. Ils ont
déclaré à l’AMF des participations sous
forme de titres et de produits dérivés
(options d’achat et de vente…), peut-être
dans le cadre de leur activité d’arbitrage
et trading pour compte propre.
Ces deux banques sont parmi les
principaux « prime brokers » des fonds
alternatifs. Elles assurent pour eux
toute une série de tâches essentielles,
comme le financement et le prêt de
titres pour effectuer la vente à découvert. Ils agissent comme intermédiaire
entre les grands gérants qui veulent prêter leurs titres et ceux qui les vendent à
découvert. Les hedge funds les empruntent à un coût qui peut rapidement
devenir prohibitif pour ces derniers.
Quand beaucoup de spéculateurs veulent vendre à découvert un titre, le coût
d’emprunt bondit selon la loi de l’offre et
de la demande. Le coût d’emprunt du
titre Herbalife à l’époque où le groupe
était accusé d’être une pyramide de
Ponzi par le hedge fund de Bill Ackman
avait dépassé les 35 %. n
16 //
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
Shutterstock
à suivre
Le constructeur prévoit désormais une marge opérationnelle de sa division automobile d’au moins 7 %,
contre une fourchette allant de 8 à 10 % auparavant. Photo Christoph Busse/Visum-RÉA
Croissance à deux chiffres
des tours-opérateurs français cet été
BMW durement touché par de
nouvelles normes européennes
TOURISME Du 1er mai au 31 août, les tour-opérateurs membres
du syndicat professionnel Seto ont fait voyager 2,02 millions de
clients pour les séjours à forfait (vol+hôtel), en hausse de 10,3 %
par rapport à l’été dernier, pour un volume d’affaires 1,97 milliard
d’euros (+7,7 %), selon des données communiquées mardi, lors
du Salon du tourisme Top Resa. Les îles grecques ont été la première destination moyen courrier en nombre de voyageurs. Les
pays au sud de la Méditerranée ont enregistré une forte reprise.
l Pour la première fois en dix ans, le constructeur bavarois a lancé mardi
un avertissement sur ses résultats annuels.
l Son bénéfice avant impôt sera en baisse de 5 à 10 % par rapport à 2017.
L’US Air Force retient le MH-139
de Boeing et Leonardo
DÉFENSE Boeing en association avec Leonardo a été retenu par
l’armée américaine pour le remplacement des vieux hélicoptères
UH-1N Huey de l’US Air Force. La valeur du contrat atteindra
2,4 milliards de dollars pour la livraison et l’entretien de 84 MH-139
d’ici à 2031. Dans un premier temps, une enveloppe de 375,5 millions de dollars est consacrée aux quatre premiers appareils de
pré-série d’ici à 2021. Les entreprises étaient en compétition avec
Lockheed Martin et Sierra Nevada Corp., ainsi qu’avec Bell.
AUTOMOBILE
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Après Daimler, un deuxième fleuron allemand tombe de son piédestal. Pour la première fois en dix ans,
BMW a lancé cemardi un avertissement sur résultats pour 2018. Une
annonce aux allures de tabou, mise
sur le compte des nouvelles règles
européennes d’homologation des
véhicules d’une part et des tensions
commerciales mondiales de l’autre.
Le constructeur prévoit désormais une marge opérationnelle de
sa division automobile d’au moins
7 %, contre une fourchette allant de
8 à 10 % auparavant. Alors qu’il
devait être stable, son bénéfice
avant impôt devrait désormais être
en légère baisse, de 5 à 10 % par rapport à 2017.
A la suite de cette annonce, le titre
de BMW a chuté de près de 6 % à
Francfort, accusant l’une des plus
fortes baisses de l’indice Stoxx 600
Bpifrance prend une part
dans le holding familial de Bénéteau
CONSTRUCTION NAVALE Bpifrance a annoncé mardi entrer
Les scooters
Niu roulent
sur Wall Street
SPORT La Direction nationale de
contrôle et de gestion (DNCG),
qui a auditionné le 10 septembre
les dirigeants du club des Girondins de B ordeaux et ceux du
fonds d’investissements américain GACP, ne s’oppose pas à la
vente, a-t-on appris mardi auprès
de la mairie de Bordeaux. Le gendarme financier du football français valide les éléments apportés
par GACP. Cette décision de la
DNCG est une étape clef dans le
processus de vente des Girondins
à GACP.
DEUX-ROUES Le fabricant chi-
nois Niu, lancé en 2014, a initié la
procédure administrative pour se
coter à Wall Street et au Nasdaq.
La start-up, qui fabrique et vend
des scooters électriques – elle
affirme même être leader du
deux-roues lithium-ion en Chine
avec 431.500 engins vendus ces
douze derniers mois –, souhaite
lever 150 millions de dollars. Niu
entend financer son expansion
international, et notamment son
arrivée sur le Vieux Continent.
Plus d’informations sur www.lesechos.fr
Niu
Feu vert de la
DNCG au rachat
des Girondins
de Bordeaux
DR
au capital du holding familial qui contrôle le constructeur naval
Bénéteau. Ni le montant de l’opération, ni la part de capital
acquise par la banque publique d’investissement n’ont été
dévoilés. Il s’agit d’un investissement de long terme, de l’ordre
d’une dizaine d’années, « pour faciliter une transmission familiale », a indiqué à l’AFP Yves Lyon-Caen, président du conseil de
surveillance du groupe.
LES ECHOS
n
FORMATION
Marketing Digital & Santé Numérique
Applications et outils connectés, Big Data et
approche centrée patient : la santé numérique
et les GAFAMS impactent le business model de
l’industrie pharma. Cette formation de 2 jours
permet d’échanger et de décrypter les leviers
digitaux disponibles pour les laboratoires pharmaceutiques.
Rendez-vous les 17 & 18 octobre 2018 ou les 18 & 19 décembre 2018 à Paris
En savoir plus sur www.lesechos-formation.fr/sante-digitale.htm
Un service proposé par Les Echos Solutions
et entraînant dans son sillage
l’indice regroupant les valeurs
automobiles européennes.
La correction des marchés est
d’autant plus forte que le constructeur s’était distingué de ses concurrents en août, en confirmant ses
objectifs annuels à l’occasion de la
publication de ses résultats du
deuxième trimestre. Le PDG de
BMW, Harald Krüger, espérait
compenser son investissement de
près de 1 milliard d’euros pour le
développement de moteurs électriques et de voitures autonomes par
des ventes et des prix plus élevés.
Ces espoirs ont été douchés par
l’entrée en vigueur le 1er septembre
de la nouvelle règle européenne
d’homologation des voitures neuves, dite « WLTP ». Celle-ci étant
plus stricte pour reproduire plus
fidèlement les émissions des véhicules en situation réelle de conduite, elle a dévalorisé les véhicules
neufs n’ayant pu être homologués
au 1er septembre. En août, beaucoup
de constructeurs ont écoulé en
masse ces modèles non certifiés à
des prix bradés, dans l’espoir de les
vendre à temps. S elon BMW,
l’impact de ces ventes en série
devrait se faire sentir jusqu’à la fin
de l’année.
Mise en garde du patronat
allemand
Le groupe munichois souligne en
outre que la persistance des conflits
commerciaux internationaux
entre la Chine et les Etats-Unis
dégrade la situation les marchés
automobiles et alimente les incertitudes. BMW est parmi les constructeurs les plus touchés dans la
mesure où il produit des modèles
SUV populaires comme le X5 dans
son usine de Spartanburg en Caroline du Sud. Ceux-ci sont désormais
soumis à un droit d’importation de
25 % en Chine.
L’annonce de BWM est venue
nourrir les mises en garde de la
fédération patronale allemande
(BDI) au gouvernement allemand.
Très inquiet des tensions commerciales et des conséquences du
Brexit, son président Dieter Kempf
a critiqué vertement les dissensions
politiques de la coalition qui l’empê-
« Nous avons besoin
d’une politique
qui non seulement
gère mais détermine
courageusement
le cours de notre
pays. »
DIETER KEMPF
Président de BMW
chent de se concentrer sur les intérêts allemands.
Il a réclamé « une politique qui
non seulement gère mais détermine
courageusement le cours de notre
pays ». Faute de stratégie énergétique, fiscale et numérique claire, il
craint que l’Allemagne ne perde son
attractivité. Premier signe de son
inquiétude, la BDI a abaissé sa prévision de croissance 2018 du pays, à
2 % contre 2,25 %, avec des exportations en progression de 3,5 % contre
5 % auparavant. n
Berlin entend faire payer aux constructeurs
allemands la mise à niveau des vieux diesels
Le gouvernement allemand
veut leur faire porter
l’essentiel du coût de mise à
niveau et de remplacement
des véhicules diesel.
devraient donc faire l’objet d’offres
d’échange avec un modèle plus
respectueux de l’environnement,
moyennant une prime à l’achat
financée par les constructeurs.
Il reste une petite semaine d’intenses négociations avec le gouvernement avant qu’il n’arrête son plan le
1 er octobre pour permettre aux
automobilistes détenteurs d’un
vieux diesel de circuler dans les centres-villes allemands. Mais il apparaît de plus en plus probable que les
constructeurs devront prendre à
leur charge l’essentiel du coût de
remise à niveau ou de remplacement des moteurs de ces véhicules.
Selon le « Handelsblatt », ils pourraient avoir à financer 80 % de l’installation de filtres à oxydes d’azote
sur les moteurs Diesel de norme antipollution Euro 5, les automobilistes
devant régler la part restante, soit un
coût estimé de 600 euros. Ce dispositif concernerait les modèles Passat,
BMW Série 3 et Mercedes Classe C.
Pour des raisons techniques, « les
améliorations matérielles ne sont pas
possibles avec chaque modèle de voiture », a assuré mardi Dieter Kempf,
Pollueurs-payeurs
Les constructeurs devront probablement prendre à leur charge
l’essentiel du coût de remise à niveau ou de remplacement
des moteurs des véhicules anciens. Photo Patrik Stollarz/AFP
le président de la Fédération de
l’industrie allemande (BDI).
« Ma priorité est que les propriétaires de diesel puissent échanger
leur vieille voiture contre une autre
plus propre », souligne le ministre
des transports, Andreas Scheuer.
Les véhicules plus anciens
Celle-ci doit permettre de réduire,
voire de neutraliser le coût d’un
changement de véhicule. Dans
l’entourage de la ministre de l’Environnement, Svenja Schulze, plus
favorable à un équipement plus
large de moteurs en filtres antipollution, on martèle que c’est aux
constructeurs, accusés d’avoir
menti sur la qualité de leurs voitures, et non aux automobilistes, de
régler la facture.
Le contexte électoral joue en
défaveur de l’industrie automob i l e . L e p r o j e t d e Fr a n c f o r t
d’interdire au printemps prochain dans son centre les voitures
diesel les moins récentes inquiète
ses habitants… et le ministre-président de Hesse, Volker Bouffier.
A un mois de la fin de son mandat,
l’élu de la CDU, le parti de la chancelière Angela Merkel, veut une
solution. — N. Re.
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
Armements :
les industriels gagnants
du budget 2019
DÉFENSE
En hausse de 1,2 milliard
d’euros, les dépenses
d’équipements prévues
au budget 2019 bénéficieront aux trois armes
et à tous les industriels.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
et Anne Bauer
@annebauerbrux
La défense continuera à être bien
traitée en 2019. Cette année,
comme en 2018, elle fera partie
des rares ministères à voir son
budget et ses effectifs augmenter.
De 45,09 milliards d’euros en
2018, l’envelopp e globale du
ministère des Armées passera à
4 6 , 7 2 m i l l i a r d s d ’e u r o s , e n
incluant les 8,45 milliards d’euros
de pensions versées chaque année
à 200.000 anciens militaires.
Un montant qui fait toujours
des armées, le second poste budgétaire de l’Etat, après l’Education
nationale. Hors pensions, les
dépenses militaires augmentent
de 1,53 milliard, à 35,89 milliards
d’euros, dont 19,56 milliards
d’euros pour les nouveaux équipements (+7 %) et 12,1 milliards pour
la masse salariale (+1,3 %).
Le budget 2019 est « aussi clair
et sincère que possible », a déclaré
mardi le directeur de cabinet,
Martin Briens. Contrairement à
des pratiques antérieures, il ne
mise sur aucune recette excep-
tionnelle, comme la vente de
biens immobiliers. Même si le
ministère a mis en vente la
semaine dernière une partie de
ses locaux historiques, boulevard
Saint-Germain à Paris.
•
TOUS LES POSTES
EN HAUSSE
Les plus fortes hausses concernent d’abord les opérations extérieures (+28 % à 850 millions
d’euros) et l’opération Sentinelle
de patrouilles militaires dans
l’espace public (+150 % à 100 millions d’euros), qui étaient traditionnellement sous-évaluées, car
leur coût réel était partagé en fin
d’année entre les différents services de l’Etat.
Ensuite, le renseignement,
placé en tête des priorités, est le
grand gagnant avec une progression de 16 % de ses moyens à
360 millions d’euros. La dissuasion nucléaire est aussi bien lotie
avec une hausse de 10 % à
4,45 milliards d’euros. A l’inverse,
les salaires, hors opex, des
274.595 personnels militaires
(210.677) et civils (63.918) n’augmentent que de 1,3 %.
• LA MARINE BIEN SERVIE
Quelles seront les grandes dépenses de l’année ? Le ministère des
Armées ne donne pas la décomposition chiffrée de ses dépenses
d’équipements. Cependant, la
plus grosse sera sans doute, la
livraison à la Marine nationale à
Brest d’une nouvelle frégate multi-missions (FREMM), la sixième
sur une commande de huit pas-
sée à Naval Group, d’un montant
estimé à 800 millions d’euros. La
Marine prendra également
l i v r a i s o n d e d e u x n o u ve a u x
navires de soutien et d’assistance
(BSAH), fabriqué par le chantier
Piriou, d’une valeur de 40 millions d’euros chacun, de missiles
de croisière pour les FREMM
et les futurs sous-marins Barracuda, de six torpilles lourdes et
de kits de missiles Exocet supplémentaires.
•
DES RAVITAILLEURS
POUR L’ARMÉE DE L’AIR
Du côté de l’Armée de l’air, les
livraisons importantes concernent un 14e Airbus A400M, d’une
valeur théorique de 180 millions
d’euros, deux avions-ravitailleurs
C-130J construit par l’américain
Lockheed d’une valeur d’environ
160 millions d’euros, ainsi que le
premier Airbus A330 MRTT
(avion ravitailleur multirôles)
estimé à 175 millions d’euros.
Autre gros morceau : la livraison de 10 hélicoptères lourds
NH90 – deux en version navale et
huit en version terrestre fabriqués
conjointement par Airbus Helicopters et l’italien Leonardo, pour
2 8 0 m i l l io n s d ’e u r o s . E n f i n,
l’armée complète sa flotte de drones avec trois nouveaux drones
Reaper, fabriqués par l’américain
General Atomics, d’un coût unitaire de 72 millions d’euros, qui
devraient être pour la première
fois armés.
En revanche, l’armée ne recevra
aucun Rafale supplémentaire,
mais Dassault n’est pas totale-
ment oublié, puisque la société
livrera deux Falcon 50 de surveillance maritime modernisés et
poursuivra la modernisation des
Mirage 2000D appelés à voler jusqu’en 2025.
FUSILS
•ETBLINDÉS,
GILETS PARE-BALLES
POUR LES FANTASSINS
L’Armée de terre enfin relève la
tête : elle percevra en quantité les
nouveaux véhicules blindés multirôles Griffon, coproduits par
Nexter, Thales et Arquus (ex-Re-
nault Trucks Defense). 8 exemplaires sont prévus pour une
valeur d’environ 100 millions
d’euros. Ses soldats attendent
aussi 8.000 nouveaux fusils
d’assaut HK146, de l’allemand
Heckler & Koch pour remplacer
progressivement le FAMAS français. Un effort particulier est fait
pour de nouveaux gilets pareballes (SMB) conçus par le norvégien NFM mais en partie fabriqués à Lorient (la ville de l’exministre de la Défense Jean-Yves
Le Drian). n
46,72
MILLIARDS D’EUROS
Le montant del’enveloppe
globale du ministère
des Armées.
Total veut profiter à plein
de la hausse des cours
ÉNERGIE
Le PDG du groupe
pétrolier table toujours
sur des prix volatils
malgré la hausse
récente des cours.
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Patrick Pouyanné n’est pas homme
à se laisser bercer par la hausse des
cours du Brent. S’il est « plus facile »
de parler devant les investisseurs
quand le pétrole est à 80 dollars
qu’à 50, « nous ne croyons pas que
tout soit donné », a indiqué le PDG
de Total, à l’occasion de la présentation annuelle de ses perspectives
aux investisseurs, à New-York.
Total entend continuer à réduire
son point mort, car les cours du
pétrole vont rester « volatils » et « on
contrôle les coûts, pas les cours », a
expliqué en substance Patrick Pouyanné. Quand le groupe avait
besoin d’un baril au-delà de 100 dollars le baril en 2014 pour financer
ses dépenses et ses investissements,
son point mort après dividende a
été abaissé à 50 dollars le baril et
doit le rester. Total compte toujours
réaliser 5 milliards de dollars par an
d’économies d’ici à 2020, après
3,7 milliards réalisés en 2017 et plus
de 4 milliards attendus cette année.
Les investissements seront maintenus entre 15 et 17 milliards de dollars
par an ces prochaines années.
De quoi améliorer les résultats
tant que les cours se maintiennent.
Avec un baril à 60 dollars, « le cashflow devrait progresser de 7 milliards
de dollars sur la période 2017-2020 et
la rentabilité des capitaux propres
atteindre 12 % », a indiqué le groupe.
Avec un cours à 70 dollars, le cashflow atteindrait 29 milliards de dollars l’an prochain, contre 22 milliards l’an dernier. Au premier
semestre, le chiffre d’affaires de
Total a bondi de 30 %, à 102,2 milliards de dollars, et son résultat net
de 28 %, à 6,4 milliards de dollars.
Diversification du mix
Après une production record au
deuxième trimestre cette année,
liée notamment à l’acquisition de
Maersk Oil, Total a confirmé une
hausse « exceptionnelle » de sa production d’ici à la fin de la décennie,
« de l’ordre de 6 à 7 % par an en
moyenne sur la période 2017-2020 ».
Déjà, elle devait augmenter de plus
de 7 % cette année. Sur la période
2017-2022, toutefois, le taux de
croissance moyen sera de 5 %.
Alors que se tient le One Planet
Summit sur les engagements climatiques ce mercredi à New-York,
Total a néanmoins promis une
réduction de l’intensité carbone de
ses ventes, de l’ordre de 15 %
entre 2015 et 2030 – et de 25 à 35 % à
l’horizon 2040. Pour y parvenir,
Total mise sur la diversification de
son mix. A l’horizon 2040, le gaz
naturel – notamment le GNL dans
lequel Total s’est renforcé – représentera de 45 à 55 % de sa production
et l’électricité de 15 à 20 % des ventes.
Après les rachats de Lampiris et
de Direct Energie, Total mise sur
7 millions de clients en gaz et en électricité sur le marché européen à
l’horizon 2022, contre 4 millions
aujourd’hui. Il entend produire un
tiers de ses ventes à cet horizon, soit
p r è s d e l ’é q u i v a l e n t d e
200.000 barils équivalent pétrole
par jour. Une diversification qui
représente 1,5 milliard de dollars
d’investissement par an.
Pour la première fois, Total avait
délocalisé de Londres à New-York sa
journée investisseurs. L’occasion de
reconnaître que les investisseurs
américains sont les premiers au sein
de Total, avec près d’un tiers du capital, contre un quart pour la France et
13 % pour le Royaume-Uni. n
S1 2018 : CROISSANCE SOUTENUE DES RÉSULTATS
CA : +10,0% à 1 679 M€
EBITDA : +11,9% à 290 M€
Acquisition de 2 sociétés aux Pays-Bas : Allerzorg et September
ORPEA délivre de nouveau une croissance
solide et rentable sur ce semestre, dans un
contexte d’accélération des développements
internationaux. Cette performance économique
continue et pérenne depuis plus de 25 ans est le fruit d’une
politique Qualité stricte que le Groupe a toujours privilégiée.
ORPEA poursuit un développement international soutenu
àtraversdenouveauxprojetsdeconstructiond’établissements
et des acquisitions. Le Groupe s’est notamment renforcé,
au cours du semestre, aux Pays-Bas, au Brésil et au Portugal.
+20 pb
Marge d’EBITDA
17,2 %
+11,9%
Résultat net part
du groupe
107,6 M€
ORPEA confirme, avec confiance, son objectif de chiffre
d’affaires de plus de 3 400 M€ pour 2018 (+8,3 %) et une
marge d’EBITDA supérieure ou égale à celle de 2017.
Cette dynamique de croissance rentable se poursuivra
sur les prochaines années, une grande partie étant d’ores
et déjà sécurisée tant par son réservoir de croissance de
plus de 13 000 lits en construction que par ses perspectives
d’acquisitions ciblées.
+302 M€
Patrimoine immobilier
5,3 Mds€
Yves LE MASNE - Directeur Général
Retrouver le communiqué dans son intégralité sur
www.orpea-corp.com
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
Le Pass Mobilité, eldorado
des acteurs du transport
l Les initiatives se multiplient dans
le but de proposer des bouquets
de services de transport aux usagers.
l La centralisation de différentes offres
sur une même interface fait florès.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
seule carte l’ensemble des titres de
transport du réseau, mais aussi les
abonnements au vélo libre-service ou encore l’accès à l’un des neuf
parkings de la métropole.
Réunir sur une seule application
pour smartphone (ou une seule
carte de transport) l’accès à différents services dans lesquels le client
peut piocher à sa guise : c’est l’objectif après lequel courent la plupart
des grands groupes du secteur pour
simplifier la vie de leurs clients, du
bus au stationnement en passant
par le vélo en libre-service, mais
aussi pour sortir en position de
force de la révolution en cours dans
la mobilité.
Depuis quelques mois, les
annonces se succèdent. Dernière
initiative en date, le lancement, la
semaine dernière à Mulhouse, d’un
« compte mobilité », en partenariat
avec le groupe de transport public
Transdev. Il regroupe, sur une seule
application, l’accès au réseau de
transport en commun, aux vélos en
libre-service ou encore à une offre
de covoiturage.
A Dijon, où les différents services
de mobilité ont fait l’objet d’un appel
d’offres unique, remporté par la
filiale de la SNCF Keolis, les habitants peuvent regrouper sur une
De son côté, Indigo, initialement
spécialisé dans le stationnement,
développe peu à peu Indigo Weel,
un service de mobilité qui doit proposer à terme des vélos, mais aussi
des scooters électriques et de l’autopartage. Même Uber, le roi du VTC,
a décidé de prendre ce virage en
diversifiant son offre, par le biais
d’investissements dans les vélos et
les trottinettes électriques.
Tous s’inspirent d’une même
référence, qui se résume en quatre
lettres : « MaaS » pour Mobility as a
Service, un concept forgé il y a quelques années par une jeune pousse
finlandaise, très tôt repérée par
Transdev, qui avait investi à son
capital et qui est devenu désormais
un passage obligé dans tout discours sur la mobilité.
Le princip e initial était de
regrouper dans un abonnement
unique l’accès illimité à différents
services de transport, afin d’encourager le public à se passer de voiture individuelle. Mais le coût de
l’abonnement bondit assez vite
TRANSPORT
Le départ d’une des
compagnies utilisatrices et l’arrêt de
son dragage pendant
plusieurs semaines
révèlent le malaise
d’une infrastructure
qui décline.
Uber se diversifie
Frank Niedercorn
@FNiedercorn
— Correspondant à Bordeaux
Shutterstock
TRANSPORT
Dans l’agglomération de Mulhouse, un « compte mobilité » donne,
au moyen d’une application unique, l’accès au réseau de transport
en commun, aux vélos en libre-service ou encore au covoiturage.
lorsqu’on y inclut un accès illimité
aux taxis, aux VTC ou à l’autopartage. Les dernières déclinaisons en
date proposent plutôt une facturation à l’usage.
Simplification
La centralisation de différentes
offres sur une même interface, en
revanche, a fait florès. D’abord
parce que le client la réclame : l’éclosion de nouvelles manières de se
déplacer (autopartage, covoiturage,
vélos en « free floating », scooters et
trottinettes électriques…) a fait
apparaître sur chaque marché plu-
sieurs jeunes pousses qui se battent
pour le dominer. Résultat, selon
une étude récente, un quart des jeunes Franciliens ont plus de six
applis liées aux transports du quotidien sur leur smartphone !
Le recours à une seule appli simplifie donc grandement l’usage. Et
pour les groupes concernés, c’est un
très bel outil afin de garder le client
captif. Pour les acteurs traditionnels
du secteur, c’est aussi une stratégie
défensive : s’ils ne se posent pas
comme agrégateurs de mobilité, ce
sont les géants du Net comme Google ou Apple qui le feront. n
A Mulhouse, le compte mobilité conjugue
les modes de déplacement
L’agglomération
de Mulhouse a lancé jeudi
la commercialisation
de son compte mobilité.
Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
D’ores et déjà disponible sur
Androïd et d’ici à la fin du mois sur
iPhone, le compte mobilité lancé à
Mulhouse est une première européenne. Parcs de vélos en libre-service, réseaux de transports en commun, parkings et auto-partage : la
plupart des modes de déplacements
publics ou privés de la commune
haut-rhinoise sont désormais accessibles via une interface unique.
Développé par Citiway, une filiale
de Transdev, ce dispositif permet à
l’utilisateur équipé d’un smartphone
de se soustraire à la multiplication
des applications, abonnements ou
titres de transport. L’ambition : promouvoir les modes de déplacement
alternatifs à la voiture personnelle
en facilitant leur accès et en décloisonnant les usages. « L’idée, qu’il va
falloir développer partout, c’est celle
d’une plate-forme permettant de composer le voyage avec toutes les mobilités, d’accéder à l’offre et de l’acheter »,
résume Thierry Mallet, président de
Transdev.
Une seule facture
Une fois son compte créé via l’appli
ou le site Internet, l’utilisateur choisit
en temps réel d’acheter un titre de
transport à l’unité ou en abonnement, de payer sa place de parking,
de réserver une voiture ou – à partir
de janvier avec le déploiement de
Le port
de Bordeaux
s’enfonce
dans la crise
l’offre digitale de JCDecaux – de
débloquer un vélo. Le total de ses
consommations est facturé à la fin
du mois en une seule fois. Et, à la
demande des citoyens testeurs de
l’application, sont proposés un suivi
de la consommation à J+1 et la possibilité de définir une somme pallier
générant une alerte une fois atteinte.
Il aura fallu quatre ans à l’agglomération mulhousienne et à Transdev pour parvenir à la commercialisation de cette solution inédite. Le
temps de réunir les différentes parties prenantes et de surmonter certaines difficultés techniques,
notamment en termes de compatibilité entre logiciels et modèles.
Chaque prestataire reste maître
de sa politique tarifaire, mais pour
s’intégrer à ce dispositif, le réseau
d’auto-partage Citiz a, par exemple,
modifié son fonctionnement habituel d’abonnement avec dépôt de
garantie. « Aujourd’hui, le consommateur n’a pas envie de s’engager »,
constate le président du réseau,
Jean-Baptiste Schmider. Il se félicite
d’« une vraie simplification de l’expérience utilisateur, lequel ne va payer
que ce qu’il a consommé ». En outre,
ce dernier dispose de garanties
quant à l’utilisation de ses données,
la collectivité en étant propriétaire.
À NOTER
Le développement du compte
mobilité a coûté 670.000 euros,
pris en charge à hauteur de
240.000 euros par Transdev,
100.000 euros par la Caisse des
Dépôts, 260.000 euros par
l’agglomération de Mulhouse et
70.000 euros par l’Etat.
« P o r t d e B o rd e a u x , é t a t
d’urgence ! » Ce constat alarmant est lancé par Nathalie
Delattre, sénatrice de la
Gironde. L’élue a profité du passage à B ordeaux en fin de
semaine dernière de la ministre
des Transports, Elisabeth
Borne, pour lui remettre un
courrier au ton inquiet qui agite
le risque « d’un fiasco industriel ».
De fait, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour une
infrastructure dont dépendent
environ 8.000 emplois, mais qui
voit son trafic inexorablement
reculer depuis des années. On a
ainsi appris cet été la décision de
MSC d’arrêter son activité de
porte-conteneurs, suite à l’échec
du projet de terminal à conteneurs du Sud-Ouest (TCSO) sur
lequel l’armateur italo-suisse
avait bâti sa stratégie.
Pour compliquer les choses,
le port n’a pas été dragué depuis
des mois, alors que cette opération est rendue indispensable
par sa situation au fond d’un
estuaire. Après le mois de
maintenance annuelle, la drague a rencontré un problème
technique, puis est restée
immobilisée en raison d’un
mouvement social. « S’il n’est
pas dragué, le chenal s’enlise,
menace les tirants d’eau et donc
la compétitivité du port », précise Maud Guillerme, la secrétaire générale de l’Union maritime et portuaire de Bordeaux.
Une situation liée au placement en redressement judiciaire de la société BAT (Bordeaux Atlantique Terminal) en
charge de la manutention verti-
cale, dont l’activité va être
reprise par le port lui-même. Le
mouvement social qui portait
sur des embauches supplémentaires a été levé et le navire
« Anita Conti » devait reprendre son travail.
Climat social tendu
La situation reste pourtant très
délicate, avec « un climat social
d’une extrême tension », constate Nathalie Delattre,
ancienne élue du quartier Bordeaux maritime. Les industriels et les élus, Alain Juppé en
tête, n’ont eu de cesse de critiquer la gestion de la direction
du port. « Le port de Bordeaux a
beaucoup de potentiel, mais le
dialogue n’est pas possible avec
cette direction qui semble ne faire
aucun effort. Alain Juppé a été
obligé de convoquer son directeur pour avoir un échange »,
assure la sénatrice.
Les industriels
et les élus,
Alain Juppé en tête,
n’ont eu de cesse de
critiquer la gestion
de la direction
du port.
Un audit, mené par l’Agence
des participations de l’Etat, la
direction du Budget et le ministère des Transports devrait
être rendu courant octobre.
Quant au préfet de région, il a
été chargé d’une mission de
concertation. Une bonne partie des décideurs locaux réclament d’être associés à sa gestion et appellent à une
régionalisation du grand Port
maritime de Bordeaux.
Le dossier est sensible,
notamment à cause de l’opposition de la CGT. « La régionalisation n’est pas la solution et nous
lutterons contre », affirme son
délégué syndical, Cyril Mauran.
Si la région se dit prête à assumer cette responsabilité, son
président, Alain Rousset,
répète qu’il veut des garanties
de la part de l’Etat sur la prise en
charge des frais de dragage, soit
14 millions d’euros par an. n
Maritime : la très lourde facture
de la dépollution des fumées
TRANSPORT
Satisfaire à la norme
sur le taux de soufre
coûtera entre 2 et
3 milliards de dollars,
selon les armateurs.
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
Les contraintes qui pèsent sur le
transport maritime pour réduire ses
rejets dans l’atmosphère s’accumulent et le prix à payer pour y faire face
s’annonce très élevé. Après Maersk,
qui en a chiffré le coût à 2 milliards
de dollars, CMA CGM annoncer la
couleur. Le coût supplémentaire,
par conteneur EVP (équivalent vingt
pieds), s’élève en moyenne à 160 dol-
lars, a estimé lundi l’armateur français. A raison de 18,95 millions de
conteneurs EVP transportés en
2017, la facture dépasserait donc
3 milliards.
Dans l’un et l’autre cas, ce surcoût
résulte de la nouvelle réglementation qui, au 1er janvier 2020, limite à
0,5 % le taux de soufre contenu dans
le fioul lourd brûlé par les navires.
C’est deux points de moins que la
précédente norme qui s’appliquait
depuis 2012.
Qui va payer ? « Ce surcoût sera
pris en compte à travers une application ou un ajustement des surcharges
combustibles marché par marché »,
indique un communiqué de CMA
CGM. De son côté, Maersk entend
répercuter cette hausse sur ses tarifs
via une nouvelle surtaxe.
Le transport maritime mondial
affronte un autre défi , non moins
coûteux. Celui de diviser au moins
par deux ses émissions de CO 2
(800 millions de tonnes par an,
autant que l’Allemagne) d’ici à 2050
comme le prévoit la stratégie adoptée en avril par l’OMI. Les pourparlerssur sa mise en œuvre débutent le
22 octobre.
L’hybride a le vent en poupe
Les acteurs du secteur vont devoir
faire feu de tous bois pour tenir cet
objectif. Dans un rapport présenté
mardi, le Groupement des Industries de Construction et Activités
Navales, GICAN, explore toutes les
pistes. La plus avancée consiste à
optimiser les carènes et les hélices.
De quoi économiser entre 5 et 10 %
de carburant et donc de diminuer les
émissions de CO2.
La propulsion au gaz naturel
liquéfié, GNL, constitue un autre fac-
teur de réduction. Mais elle ne règle
que « partiellement le problème des
gaz à effet de serre », prévient le rapport. Le gain sur le CO2 libéré n’est
que de 15 à 20 %. Ce carburant n’en
offre pas moins « une perspective intéressante, notamment à court et moyen
termes pour des navires neufs océaniques », selon le GICAN. Outre qu’il
n’émet pas de substances toxiques,
son coût est actuellement inférieur
d’environ 30 % à celui-du gas-oil en
Europe. Ces atouts ont pesé dans le
choix de CMA CGM de commander
9 navires porte-conteneurs au GNL.
Mais ce carburant reste une solution de transition. La propulsion
hybride, qui mêle l’électricité, permet de réduire plus radicalement les
gaz à effet de serre. Cette technologie, selon le GICAN, « mériterait
d’être développée pour les ferries et les
navires de croisière ». n
Portiques de déchargement le long des rives de la Garonne.
Photo Baptiste Fenouil/RÉA
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
Avec Versace, Michael Kors
affiche des ambitions mondiales
LVMH va faire
renaître la couture
chez Jean Patou
l Rendue célèbre pour ses sacs haut de gamme, la marque new-yorkaise
acquiert la maison italienne pour 1,8 milliard d’euros.
l Elle entend bâtir un portefeuille de marques par acquisitions.
MODE
Le groupe de luxe
a pris une participation majoritaire
dans la maison,
dont seule subsiste
l’activité parfums.
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
LVMH va faire renaître Jean
Patou. Le numéro un mondial
du luxe (propriétaire des
« Echos ») a confirmé mardi
avoir pris une participation
majoritaire dans cette ancienne
maison de couture, créée dès
1910. Aujourd’hui, son activité se
limite aux parfums, dont le célèbre Joy, lancé en 1930. Son
métier historique, l’habillement,
ayant été stoppé il y a trente ans.
Mais visiblement, LVMH a
l’ambition de relancer la griffe
dans son intégrité. Il vient en
effet de recruter Guillaume
Henry comme directeur artistique, connu pour avoir réussi le
come-back de Carven, avant
d’aller chez Nina Ricci.
Référence de la parfumerie
française, Jean Patou avait été
racheté à Procter & Gamble en
2011 par Designer Parfums, un
groupe britannique fondé par
une famille d’origine indienne,
les Mehta. Avec l’ambition de
« réaffirmer son héritage », alors
que, pendant dix ans, P & G
avait laissé dormir la marque.
Son best-seller, Joy, composé
d’une forte concentration de
rose de mai, de rose bulgare, de
Peu connu en Europe, Michael Kors fait partie de ces maisons de mode accessibles, longtemps très populaires aux Etats-Unis
grâce à leurs lignes d’accessoires à logo visible. Photo Angela Weiss/AFP
MODE
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
C’est un pari audacieux que vient de
faire Michael Kors. Le fabricant
américain de sacs à main « haut de
gamme mais abordables » a annoncé
ce mardi l’acquisition de l’italien
Versace pour 1,83 milliard d’euros
(2,1 milliards de dollars). « Nous sommes convaincus que la force des marques Michael Kors et Jimmy Choo,
ainsi que l’acquisition de Versace,
nous met en position de fournir de
multiples années de croissance des
revenus et des bénéfices », a déclaré le
patron du groupe, John Idol.
Pour Michael Kors, cette acquisition est un moyen de devenir « une
marque globale de mode et de luxe »,
avec un véritable portefeuille de
marques, sur le modèle des conglomérats LVMH ou Kering. Pour
autant, l’annonce de la transaction a
fait chuter le cours du fabricant de
plus de 8 % lundi, après que la presse
a révélé son intention de reprendre
Versace. De fait, les marchés ont
jugé le prix élevé, alors que le groupe
italien de 775 millions de dollars de
chiffre d’affaires a connu des diffi-
cultés pour développer ses ventes.
« Versace a besoin d’un repositionnement », estime Neil Saunders de GlobalData Retail, cité par Bloomberg.
Le pari culturel est également
conséquent. Difficile, en effet,
d’imaginer deux univers plus différents – les sacs à main Michael Kors,
qui forment le gros des revenus de
la marque, coûtent moins de
500 dollars. Ceux de Versace, relativement marginaux dans ses collections, valent plus du triple.
Relancer la croissance
Peu connu en Europe, Michael Kors
fait partie de ces maisons de mode
accessibles, longtemps très populaires aux Etats-Unis grâce à leurs
lignes d’accessoires à logo visible. Le
créateur, qui a lancé sa marque en
1981 au sein du grand magasin newyorkais Bergdorf Goodman, fut
4,5
MILLIARDS DE DOLLARS
Le chiffre d’affaires
de Michael Kors prévu
pour 2019.
parallèlement directeur artistique
de Céline entre 1998 et 2004. Mais
c’est au début des années 2000,
après la reprise par le tandem Silas
Chou et Lawrence Stroll, crédité du
succès d’une autre marque américaine – Tommy Hilfiger –, que la
griffe Michael Kors a véritablement
pris son envol.
Se positionnant comme Coach,
elle s’est rapidement développée en
ciblant le marché du luxe abordable
et des accessoires. Introduite en
Bourse en 2011 pour 8 milliards de
dollars, soit près de la moitié de la
valeur de Ralph Lauren, elle a constitué son propre réseau de magasins,
affichant plus de 800 boutiques
dans le monde. La popularité de son
créateur aux Etats-Unis s’est encore
accrue avec sa participation à un
show de télé-réalité de mode baptisé
« Project Runway ».
Venu concurrencer Coach sur
son marché, Michael Kors s’est
néanmoins rapidement trouvé à son
tour attaqué par la marque Kate
Spade, plus populaire auprès des
Millennials. Le groupe souffre aussi
du déclin des centres commerciaux
aux Etats-Unis, dans lesquels il réalise la majeure partie de ses ventes. A
cela s’ajoutent le désamour des
Américaines pour les marques à
logo et la flambée du dollar, qui l’ont
Pourquoi l’Italie n’a pas créé de géant du luxe
L
e made in Italy est à la mode
dans le luxe. Avec le rachat
mardi de Versace par
Michael Kors, la Péninsule perd
une nouvelle griffe. Au tournant des
années 2000, ce sont les français
LVMH et Kering qui avaient mis la
main sur des grandes marques
transalpines, comme Fendi, Bulgari, Gucci ou Loro Piana. Ils n’ont
pas été les seuls. Le Qatar a pris le
contrôle de Valentino, la Chine celui
de Krizia, tandis que La Perla est
devenue néerlandaise. Les prochains noms pourraient être Ferragamo et Trussardi d’après les
rumeurs. Selon KPMG, sur les
327 acquisitions réalisées dans le
luxe entre janvier 2017 et mars 2018
au niveau mondial, 21 % ont concerné des entreprises italiennes.
Un manque de capitaux
Une situation que déplore l’économiste Giulio Sapelli de l’Université
de Milan. « L’Italie devrait avoir la
première multinationale de la mode
au monde », dit-il. A quoi tient cette
situation ? A un manque de capitaux et surtout à une absence de
coopération. La filière est plombée
par l’esprit de clocher et peine à
transmettre l’entreprise à la génération suivante. « Au final, ce qui est
important, ce n’est pas tant la natio-
obligé à brader ses collections. Dans
ce contexte, la marque a clairement
mis le cap sur les acquisitions pour
relancer sa croissance, et s’est offert
les souliers britanniques Jimmy
Choo pour 1,2 milliard de dollars l’an
dernier. Son rival Coach, qui s’est
renommé Tapestry pour bien marquer sa transformation en holding,
suit un chemin similaire – il a
racheté Stuart Weitzman et Kate
Spade.
(
Lire « Crible »
Page 34
ANALYSE
Olivier Tosseri
–– Correspondant à Rome
nalité de l’actionnaire que le maintien de l’emploi et du savoir-faire
dans le pays », dit M. Sapelli.
Une culture italienne des marques qu’ont respectée LVMH et
Kering. Les deux groupes n’ont rencontré aucun rival dans la Péninsule et Richemont n’y a pas fait
d’opération. Luca Cordero di Montezemolo, l’ancien patron de Ferrari, avait essayé de créer un pôle
luxe au début des années 2000
avant d’y renoncer. Francesco Trapani, l’administrateur délégué de
Bulgari également, avant son
rachat par LVMH en 2011. Certains
en appellent désormais à l’interven-
« L’Italie devrait
avoir la première
multinationale de la
mode au monde. »
GIULIO SAPELLI
Economiste de l’Université
de Milan
Créer un pôle luxe
Andrea Illy plaide depuis des
années pour la naissance d’un pôle
du made in Italy avec une collaboration entre pouvoirs publics et entreprises privées. En attendant, il a
décidé de lancer d’ici la fin de
l’année un holding réunissant les
sociétés du groupe, dont les activités ne sont pas liées au café. Parmi
elles, les confitures Agrimontana,
les vins Mastrojanni ou encore les
chocolats Domori.
A défaut d’avoir un champion
national, les Italiens se consolent en
mettant en avant le dynamisme
d’une filière de la mode et du luxe
qui emploie 400.000 personnes.
Celle-ci a réalisé un chiffre d’affaires
de 54 milliards d’euros en 2017, soit
3 % du PIB de la Péninsule. Elle a
encore de beaux bijoux de famille,
comme Prada, Armani, Dolce &
Gabbana, Max Mara ou Ferragamo. Pour conserver leur indépendance, certains préparent une
transition familiale ou bien envisagent leur cotation. En ordre dispersé, comme toujours. n
Avoir plus de visibilité
Mais ce n’était pas suffisant
pour doper les ventes à l’international. Selon le site FashionNetwork.com qui a révélé cette
prise de contrôle, LVMH a signé
l’an dernier « un accord stratégique » avec Designer Parfums,
afin de développer le versant
mode. Une activité jugée « vitale
pour le futur de Jean Patou »
selon son ancien propriétaire.
Le secteur des parfums est de
fait très bataillé. Et c’est souvent
en misant sur la couture que les
maisons développent leur activité en cosmétique. Car les collections et les défilés permettent
de donner aux parfums une
visibilité mondiale, via la presse
et les réseaux sociaux. C’est la
démarche suivie par l’espagnol
Puig, avec Nina Ricci et celle de
Clarins avec Thierry Mugler.
Créée en 1910, la maison française a été la première à s’intéresser au monde du sport. Son
fondateur, Jean Patou, a ainsi
habillé en 1921, la joueuse
de tennis Suzanne Lenglen, avec
notamment une jupe plissée. Un
style qu’il a ensuite développé
pour des vêtements du quotidien. n
Résultats du 1er semestre 2018
SEQUANA
1 ER SEMESTRE 2018 (1)
Chiffre d’affaires
1197M€
– 2,1 %
Autres
activités(2)
Antalis
1 178 M€
tion de l’Etat à travers la Cassa depositi e prestiti pour faire naître un
« champion national » du luxe.
Mais Rome n’a pas pour l’instant
manifesté d’intérêt.
jasmin de Grasse, de santal et de
muscs blancs vendus à ses
débuts dans un flacon Baccarat,
a marqué de son empreinte
l’histoire olfactive. En plus de la
relance de ce jus mythique, considéré « comme le plus cher du
monde », aux côtés de deux
autres parfums historiques,
1000 et Sublime, Designer Parfums a mis sur le marché une
collection Héritage.
19 M€
EBITDA
33 M€
En un an, le périmètre d’Arjowiggins a
fortement évolué. Après la cession d’Arjowiggins
Security BV en juillet 2017, le groupe est sorti
définitivement en avril 2018 du marché du papier
pour billets de banque en cédant Arjowiggins
Security (billets France). La cession en cours des
activités d’Arjowiggins Graphic et d’Arjowiggins
Creative Papers à Fineska BV devrait quant à elle
être finalisée au 4ème trimestre 2018.
Les données opérationnelles présentées et
commentées ci-dessous correspondent ainsi
uniquement à l’activité d’Antalis, à l’activité
résiduelle d’Arjowiggins et aux coûts de structure
de Sequana.
Le chiffre d’affaires consolidé s’élève à 1 197
millions d’euros, en recul de 2,1 % (- 0,7 % à taux
de change constants) par rapport au 30 juin 2017.
L’EBITDA s’élève à 33 millions d’euros (- 15,1 %)
contre 39 millions d’euros au 30 juin 2017. La marge
d’EBITDA s’établit à 2,7 % (- 0,4 point).
Le résultat opérationnel courant s’élève à
22 millions d’euros (- 24,9 %) contre 30 millions
d’euros au 30 juin 2017 qui incluait un gain de
2,3 millions d’euros lié à une modification d’un
régime de retraite chez Antalis.
L’endettement financier net s’établit à 410 millions
d’euros (340 millions d’euros au 30 juin 2017).
FAITS MARQUANTS DU 1ER SEMESTRE 2018
ET POST CLOTURE
marge 2,7 %
Refinancement d’Antalis et poursuite de son
développement stratégique sur les marchés les
plus dynamiques tout en confortant sa position
de leader en Europe dans le secteur Papiers
Antalis a finalisé le refinancement de son contrat
de crédit syndiqué (285 millions d’euros) et de
son principal contrat d’affacturage (215 millions
d’euros) lors du 1er semestre 2018, sécurisant ses
financements jusqu’au 31 décembre 2021 et lui
permettant de poursuivre sa stratégie de croissance
externe.
Par ailleurs, Antalis a poursuivi la transformation
de son modèle économique vers les marchés les
plus dynamiques tout en confortant son leadership
dans le secteur Papiers en Europe. Antalis a ainsi
acquis au 1er semestre l’activité de distribution de
produits d’Emballage d’Alos en Suède ainsi que
l’activité Papiers d’Igepa dans les pays Nordiques
(Suède, Norvège), et a signé en juillet un accord
pour l’acquisition d’un distributeur de supports
de communication visuelle en Roumanie (clôture
de l’opération prévue d’ici début novembre 2018).
L’ensemble de ces acquisitions représentent un
chiffre d’affaires d’environ 24 millions d’euros en
année pleine.
Le groupe devrait finaliser fin septembre la cession à
l’équipe de direction locale de ses filiales en Afrique
n
EBITDA
Antalis
36 M€
marge 3,1 %
(1) Conformément à la norme IFRS 5,
les divisions Sécurité, Graphique et
Papiers de création d’Arjowiggins sont
classées en activités abandonnées dans
les comptes du 1er semestre 2018 et
le comparatif 2017.
(2) Les autres activités correspondent à
l’activité résiduelle d’Arjowiggins et aux
coûts de structure de Sequana.
du Sud et au Botswana (71 millions d’euros de
chiffre d’affaires en 2017), essentiellement centrées
sur le secteur Papiers.
L’ensemble de ces opérations renforcera le poids
des secteurs de l’Emballage et de la Communication
Visuelle dans la marge brute d’Antalis.
Recentrage de Sequana sur la distribution en
voie d’achèvement
En avril 2018, Arjowiggins est sorti définitivement du
marché du papier pour billets de banque en cédant
Arjowiggins Security (activité billets France).
Annoncé début juillet 2018, le processus de cession
des activités d’Arjowiggins Graphic et d’Arjowiggins
Creative Papers à Fineska BV, se poursuit et devrait
être finalisé au 4ème trimestre. Cette opération, qui
valorise ces activités à 125 millions d’euros en
valeur brute, marquera le désengagement total de
Sequana de ses activités de production industrielles
(à l’exception d’Arjobex).
Compte tenu des dettes et autres passifs exigibles
qui seront déduits du prix au moment de la clôture
de l’opération en fonction des éléments du bilan et
de l’évolution de l’activité jusqu’à la date de cession,
l’incidence de cette opération sur la trésorerie du
groupe devrait rester positive.
Sequana a obtenu de nouveaux financements
en 2018 afin d’assurer la liquidité d’Arjowiggins
et la cession d’actifs résiduels d’Arjowiggins
devrait lui permettre de disposer de ressources
complémentaires.
n
Litige BAT
Dans le litige opposant Sequana au groupe
British American Tobacco (BAT), les audiences en
appel au Royaume-Uni ont eu lieu en juin 2018.
Préalablement aux audiences, BAT a finalement
abandonné ses demandes relatives au versement
du 1er dividende de 443 millions d’euros. Sequana
reste dans l’attente de l’arrêt de la cour d’appel à
Londres devant statuer sur le remboursement du 2nd
dividende de 135 millions d’euros. Cette décision
devrait intervenir sur le 4ème trimestre 2018.
Même si, comme dans tout procès, l’issue de ce
litige reste soumise à l’aléa judiciaire, le groupe reste
confiant quant à une issue favorable.
Dans le cadre des procédures intentées en France
par BAT, la cour d’appel de Versailles a rétracté
le 18 septembre 2018 le jugement du tribunal de
commerce rendu le 12 juin 2017 et arrêtant le plan
de sauvegarde. Sequana continue d’examiner les
voies de recours possibles et présentera au tribunal
de commerce un nouveau plan de sauvegarde dans
le délai imparti de 3 mois.
À l’issue de la décision de la cour d’appel à Londres
et compte tenu des enjeux qu’elle représente,
Sequana définira et présentera sa stratégie.
n
Code ISIN : FR0011352590
8, rue de Seine
92100 Boulogne-Billancourt
Tél. 01 58 04 22 80
Euronext Paris (Compartiment C)
www.sequana.com / contact@sequana.com
Fiche signalétique
Euronext Paris : SEQ
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
Amazon continue d’étendre
son empreinte logistique en France
E-COMMERCE
GRAND PARIS
Pitch Promotion
prévoit d’investir
110 millions d’euros
pour le compte du
distributeur américain.
La Société du Grand
Paris compte
toujours ouvrir
les premiers tronçons du métro pour
les JO de l’été 2024.
Avec, à terme,
12 hectares d’entrepôts
supplémentaires et
plusieurs centaines
d’emplois à la clef,
Amazon pourra
renforcer sa promesse
de livraison en J + 1.
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
Alors qu’Amazon a annoncé ce
mardi qu’il prévoyait de recruter,
comme l’an dernier, 7.500 personnes à titre temporaire en France,
afin de faire face au surcroît d’activité pendant la période des fêtes,
c’est d’emplois pérennes dont on
parle du côté de Nantes. Plusieurs
sources désignent en effet le géant
américain de l’e-commerce comme
le futur occupant d’une base logistique d’une ampleur sans précédent
dans le Grand Ouest.
A lui tout seul, Amazon disposera à terme de 121.000 m2 d’entrepôts sur la commune de Grandchamps-des-Fontaines, au nord de
Nantes, avec 1.700 emplois à la clef
Mais le calendrier
reste tendu.
Dominique Malécot
@Dmalecot
Le futur entrepôt d’Amazon sera implanté au nord de l’agglomération nantaise. Photo Shutterstock
sur la zone. La partie immobilière
est portée par le groupe Pitch Promotion, filiale d’Altarea Cogedim, et
représentera un investissement de
110 millions d’euros.
Localement, ce projet est perçu
comme un lot de consolation
après l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-landes, à
10 kilomètres de là. L’information
émane de la communauté de communes d’Erdre et Gesvres, qui
cédera une quarantaine d’hectares
pour le projet. Selon Yvon Lerat,
président de cette collectivité, Pitch
Promotion travaille pour le compte
« d’un groupe de notoriété mondiale,
déjà présent en Europe », sans dévoiler son nom. Mais d’autres acteurs
du territoire confirment bien l’arrivée d’Amazon.
Autorisations
environnementales
Il s’agira pour le distributeur de compléter son infrastructure logistique
dans l’Hexagone, afin notamment
d’honorer la promesse de livraison à
J + 1 partout sur le territoire. Naturellement, un tel projet sera mené par
phases. Un premier bâtiment de
46.000 m2 devrait voir le jour sur un
site de 11 hectares en 2020. Son permis de construire est déposé.
Le second, de 75.000 m2 sur deux
étages culminant à 20 mètres de
hauteur, ne sortira pas de terre
avant 2022. Cette deuxième tranche, sur une emprise de 28 hectares,
est en effet soumise à des autorisations environnementales. Il faudra
au moins trois ans pour instruire le
dossier, puis environ dix-huit mois
pour construire l’édifice.
Ce futur équipement s’inscrit dans
une floraison de projets logistiques
dans les Pays de la Loire. Le discounter néerlandais Action fait souche à
Angers, l’allemand Lidl se renforce à
Nantes, Carrefour au Mans. En plein
vignoble nantais, l’australien Good-
man, spécialiste de l’immobilier
logistique, prévoit de créer 72.000 m2
d’entrepôts, tandis que le groupe de
construction breton Legendre mène
plusieurs projets, dont la construction d’une base sur la zone portuaire
de Nantes-Cheviré. Autant d’infrastructures de distribution qui témoignent du plein essor économique et
démographique de la région.
À NOTER
Amazon compte 5 entrepôts
logistiques dans l’Hexagone et
prévoit d’en ouvrir un sixième,
de 142.000 m2, à Brétigny-surOrge (Essonne) fin 2018.
Novartis va tailler dans ses effectifs en Suisse
PHARMACIE
Le géant pharmaceutique annonce son
intention de supprimer 2.200 postes dans
le pays sur les quatre
prochaines années.
Catherine Ducruet
@CDucruet
Le nouveau patron de Novartis, Vas
Narasimhan, ne fait pas de sentiment. Il a annoncé, mardi, lors
d’une conférence téléphonique, un
plan sur les quatre prochaines
années prévoyant la suppression de
2.200 postes en Suisse, pays d’origine du groupe pharmaceutique,
où il emploie actuellement
13.000 personnes. Ce plan prévoit
une réduction de 1.500 postes dans
la production, sur les sites de Bâle,
Schweitzerhalle, Stein et Locarno,
et de 700 autres emplois dans les
services, essentiellement sur le
campus de Bâle, où est situé le siège
social.
L’entreprise justifie ses suppressions de postes par sa volonté
d’adapter sa production aux nouvelles caractéristiques de ses produits. Les nouveaux médicaments,
Les chiffres clefs
souvent biologiques, et s’adressant
à des populations plus ciblées, ne
nécessitent pas d’aussi grandes
séries. Le Kymriah, une thérapie
cellulaire individualisée du cancer,
obtenue par modification des
propres cellules du patient, est
l’illustration extrême de cette
tendance qui conduit le laboratoire
à adapter son outil de production.
Novartis prévoit d’ailleurs la création de 450 nouveaux postes à Stein
et la construction d’un nouveau site
dédié à la thérapie cellulaire et
génique.
49
MILLIARDS DE DOLLARS
Le chiffre d’affaires en 2017.
629
MILLIONS DE DOLLARS
Le résultat net en 2017.
Délocalisation
Quant aux suppressions de postes
dans les services, elles s’inscrivent
dans une évolution amorcée en
2014, avec la création de cinq
« hubs », situés en Irlande, en Inde,
en Malaisie, au Mexique et en République tchèque, où les coûts sont
moins élevés. Il s’agit de délocaliser
encore davantage les fonctions support mais aussi managériales. Une
évolution nécessaire, selon Novartis, pour faire face aux mutations
rapides du secteur de la santé
et améliorer sa rentabilité, en dépit
de l’érosion des prix aux Etats-Unis.
Le gouvernement de Bâle-Ville,
inquiet de cette délocalisation, s’est
dit « surpris par l’ampleur » des
suppressions d’emplois. « Nous
Le plan de réduction prévoit 1.500 postes dans la production et de
700 autres emplois dans les services, essentiellement sur le campus de Bâle, où est situé le siège social. Photo Sébastien Bozon/AFP
sommes conscients de l’impact de
l’annonce sur les collaborateurs
potentiellement affectés et leurs
familles », a indiqué le patron du
groupe, dont la direction a d’ores et
déjà invité les représentants du personnel en Suisse au dialogue et à la
concertation. Vas Narasimhan s’est
en outre engagé à maintenir dans le
pays 10 % de ses effectifs mondiaux.
Mais si le choc est rude de l’autre
côté de la frontière, la Suisse ne sera
pas la seule affectée par cette restructuration. Les effectifs de Novartis, au niveau mondial, devraient
passer sous la barre des 100.000
d’ici à 2022, contre 122.000 actuellement. La cession, annoncée également ce mardi, du site de Grimsby,
dans le nord de la Grande-Bretagne
(près de 400 postes) en témoigne.
« Nous poursuivons nos efforts en
vue de transformer Novartis dans le
monde entier en une organisation
plus efficace et plus agile, capable
d’innover de façon pérenne », a expliqué Vas Narasimhan. n
Urgo s’implante sur le marché américain
SANTÉ
Le groupe français
rachète SteadMed,
une entreprise familiale, qui lui apporte
un réseau commercial
et une gamme
complémentaire.
Tout le monde connaît Urgo pour
ses pansements. Mais à côté d’une
Le métro du
Grand Paris
pas certain
d’être prêt
pour les JO
activité grand public qui intègre des
marques comme Juvamine, Mercurochrome ou Ricqles, le groupe
français a aussi développé une activité de traitement des plaies à destination des professionnels de santé
(Urgo Medical).
C’est pour faire croître cette division qu’Urgo vient de racheter l’américain SteadMed, un groupe familial
(14 millions de dollars de chiffre
d’affaires) spécialisé dans le soin des
plaies aiguës – alors qu’Urgo soigne
surtout les plaies chroniques – avec
les mêmes clients hospitaliers
qu’Urgo. En ajoutant les ventes
d’Urgo outre-Atlantique, le nouvel
ensemble représente 20 millions
d’euros de chiffre d’affaires et vise les
50 millions d’ici à cinq ans.
Pour cela, le Français compte sur
son savoir-faire en matière d’essais
cliniques, qui le distingue de ses
concurrents. SteadMed dispose
quant à lui d’une force commerciale, alors que, jusque-là, Urgo passait par un distributeur. « Les EtatsUnis sont le plus grand marché
mondial pour la cicatrisation des
plaies, explique Hervé Le Lous, le
président d’Urgo, notamment en
raison de l’importance des diabétiques dans la population. »
Présence à l’étranger
Avec cette opération, le groupe
français accroît sa présence à
l’étranger. Fort d’un chiffre d’affaires de 595 millions d’euros, il est
déjà présent dans une soixantaine
de pays, directement ou indirectement. L’Allemagne, la Grande-Bre-
tagne, l’Espagne, la Chine, l’Inde et le
Brésil sont les principales implantations pour la division Urgo Medical.
L’autre source de croissance du
groupe est liée à Urgo Tech, une
structure qui travaille au sein du
groupe sur les neurotechnologies
pour les utiliser dans des produits de
rééducation musculaire et cérébrale.
Premier produit au stade du prototype : un dispositif médical qui aide à
retrouver le sommeil en rééduquant
le cerveau, grâce à un casque qui
capte les ondes cérébrales. — C. D.
Rien n’est encore perdu pour
que le métro du Grand Paris soit
bien au rendez-vous des JO
2024. Mais la Société du Grand
Paris (SGP), en charge de le
construire, ne cache pas que le
calendrier est particulièrement
tendu. Thierry Dallard, qui a
pris la présidence du directoire
de celle-ci le 30 mai dernier,
demeure prudent. « Pour les
dates, je me donne jusqu’au printemps prochain », a-t-il déclaré
ce mercredi matin à l’occasion
d’une visite du chantier de
l’arrière-gare de Noisy-Champs,
un souterrain de 500 mètres de
long, achevé à 85 %, destiné à
accueillir les installations de
retournement et de garage des
rames de la ligne 15 sud et d’où
partira, à l’horizon 2030, le dernier tronçon de la ligne 16 vers
Clichy-Montfermeil.
« Il faudrait que
toutes les
hypothèses très
favorables
se réalisent. »
THIERRY DALLARD
Président du directoire
de la SGP
Les prolongements de
l’actuelle ligne 14, vers l’aéroport
d’Orly au sud, et la mairie de
Saint-Ouen, au nord, devraient
être réalisés dans les temps. Le
planning du tronçon de la ligne
16 entre Saint-Denis Pleyel et Clichy-Montfermeil « est tendu »,
de l’aveu même de Thierry Dallard, « avec une marge de quelques mois » permettant de faire
face à des aléas de chantier classiques, tels qu’une panne de
machine . « Mais si ce sont des
difficultés majeures telles qu’en a
rencontré la RATP sur le prolongement nord de la ligne 14, ce sera
plus difficile. » Le président du
directoire de la SGP est encore
plus réservé sur la possibilité
d’atteindre l’aéroport du Bourget avec la ligne 17 au moment
des JO. « Il faudrait que toutes les
hypothèses très favorables se réalisent », lâche-t-il.
Embauches à la SGP
Un discours de réalisme que la
SGP est bien décidée à tenir pour
la réalisation de l’ensemble du
projet à l’horizon 2030. Elle a
déjà ouvert plus de 100 chantiers
sur les 300 que demandera la
construction des 200 kilomètres
de lignes et des 68 gares du
réseau. « Le travail accompli est
remarquable », ne manque pas
de souligner Thierry Dallard
pour remotiver les équipes de la
SGP et attirer les 220 candidats
équivalent temps plein qu’il doit
recruter pour l’an prochain (200
de plus sont prévus en 2020)
pour muscler la SGP.
Quant aux économies qui lui
sont demandées, elles seront
trouvées selon la même
méthode que celle utilisée pour
la gestion des aléas, au coup par
coup. n
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
Le marché de l’hôtellerie
de luxe frise la saturation à Paris
HÔTELLERIE
Le Petit Basque
porté par les nouvelles
modes alimentaires
Les palaces n’ont pas
retrouvé leur niveau
de rentabilité d’avant
les attentats de 2015.
Ils s’exposent
à une suroffre
dans la capitale.
STRATÉGIE
Le public plébiscite les
marques à connotation
terroir Le Petit Basque, Malo
et Le Gall. Leur propriétaire,
le groupe familial breton Sill,
surfe en plus sur l’essor du
bio et des laits alternatifs.
Elsa Dicharry
@dicharry_e
2018 s’annonce comme une année
record pour l’industrie hôtelière
française. Mais pas pour tous les
opérateurs. Le rebond d’activité est
en effet plus timide du côté des
palaces. Ce sont les seuls à ne pas
avoir encore retrouvé leur niveau
de rentabilité d’avant les attentats
de 2015, selon une étude du cabinet
KPMG présentée mardi.
L’hôtellerie de grand luxe fait
face à une concurrence internationale de plus en plus féroce, avec
« une démultiplication des destinations », écrivent les auteurs de
l’étude. Or, la clientèle des palaces,
à 69 % en voyage de loisirs, n’est
pas fixée sur une destination en
particulier. « Venir à Paris ou à
Londres, ou dans une autre ville
européenne, n’est plus obligatoire »,
note Stéphane Botz, responsable
du secteur tourisme, hôtellerie,
loisirs chez KPMG.
Emergence de nouvelles
clientèles
En outre, sur ce segment, les hôtels
parisiens « font face à une forme de
saturation de l’offre », explique
l’expert. Après la réouverture du
Ritz en 2016, puis du Crillon en
2017 et du Lutetia en juillet dernier,
la maison d’épicerie fine Fauchon a
inauguré, fin août, son premier
établissement sur la place de la
Madeleine. Auparavant, le Mandarin Oriental, le Peninsula ou le
Shangri-La avaient fait leur arrivée
à Paris.
Et, dans les mois à venir, la capitale accueillera les hôtels Cheval
marketing
Valérie Leboucq
@vleboucq
Blanc et Bulgari. Sans compter les
ouvertures de boutiques-hôtels.
« Alors que Paris dénombrait environ 1.100 chambres en hôtellerie de
luxe en 2012, on projette une capacité de près de 2.100 clefs à horizon
2020, un chiffre sans comparaison à
l’international et qui évolue bien
plus vite que la demande », a calculé
KPMG dans son étude. Certes, ces
capacités doivent être en partie
absorbées par l’émergence de nou-
« A Paris, on projette
une capacité de près
de 2.100 clefs
à horizon 2020,
sans comparaison
à l’international. »
ÉTUDE KPMG
Les hôteliers s’attendent
à une année record en 2018
Après la baisse de fréquentation liée aux attentats
en 2015 et en 2016, puis le rebond d’activité en 2017,
les hôteliers s’attendent à une année record en 2018
en France. En région parisienne, l’hôtellerie a connu
une hausse de fréquentation de 4,1 % au premier
semestre de cette année. Et « le second semestre est souvent plus performant », note Stéphane Botz, chez KPMG.
Les conditions météo favorables, avec un bon enneigement l’hiver dernier et un bel ensoleillement cet été,
expliquent en partie ces résultats.
velles clientèles asiatiques et
latino-américaines. De fait, les
riches clients étrangers – 79 % de la
clientèle de ces établissements –
sont de retour, tant à Paris que sur
la Côte d’Azur ou ailleurs en province. Le taux d’occupation dans ce
segment du très haut de gamme a
ainsi progressé de plus de 2 points
en 2017, pour atteindre 58,3 %.
Quant au revenu moyen par chambre disponible, il a gagné plus de
15 %, à 531,40 euros hors taxes.
Cette tendance se confirme en
2018. « Les palaces parisiens s’attendent à enregistrer cette année des
taux d’occupation de 60 % à 65 % »,
affirme ainsi Stéphane Botz, contre 55,9 % l’an dernier et 53,8 % en
2016. Mais « il est difficile de croire à
un retour de performances aux
niveaux d’occupation d’avant
2014 », estime Claudio Ceccherelli,
directeur du Park Hyatt Paris Vendôme, cité dans le document. Dans
ces conditions, la bataille entre
palaces sera rude pour parvenir à
se démarquer. n
C’est parce que les bergers pyrénéens conduisaient, à la fin de
l’été, leurs troupeaux de brebis
nettoyer les vignobles des châteaux bordelais, et qu’ils vendaient à la ville leurs petits
« caillés », que le site de production Le Petit Basque est situé près
de Bordeaux. Dans le giron du
groupe familial breton Sill
(450 millions d’euros de chiffre
d’affaires), la marque est portée
par l’envolée des produits frais
dits « alternatifs », issus du lait de
brebis ou de végétaux, amande
et noix de coco.
constamment c
pas
it
o
d
e
n
n
o
ti
a
c
ifi
rs
e
La div
t
n
e
im
r
t
é
d
u
a
se faire
.
e
c
n
e
r
é
h
o
c
de la
Hervé Jouves,
il
ent, Lafayette Conse
Présid
Vous êtes dirigeant d’une ETI et souhaitez rejoindre notre cercle
afin de partager vos expériences avec vos pairs,
contactez ngrundeler@lesechos.fr
www.impulsioneti.fr
•DESIMPORTANCE
MARQUES
Alors que trop d’entreprises
françaises de l’agroalimentaire
ont péché par insuffisance marketing, la direction du groupe
originaire du Finistère a vite
compris l’importance des marques. La parade pour ne pas
dépendre du bon vouloir de ses
clients d’origine, grandes enseignes de la distribution alimentaire, opérateurs industriels,
spécialistes des surgelés (Picard,
Thiriet…) ou chocolatiers,
comme Lindt qui se fournit en
lait auprès de Malo.
Sill a négocié très tôt les bons
virages. Celui du bio en lançant,
dès le début des années 1990,
Grandeur Nature, une marque
Le lait de brebis est particulièrement adapté
à la préparation des desserts. Photo Sébastien Huruguen
Alors que la consommation
de l’ultra-frais classique (à base
de lait de vache) s’effrite de 2 % à
3 % par an en France et que celle
des produits à base de soja plafonne, cette offre « niche » enregistre, comme le bio, une croissance à deux chiffres.
e
r
t
ê
’
d
t
s
e
l
e
i
t
n
L’esse
urieux de tout.
en Europe et de plus en plus au
Moyen-Orient, au Japon et en
Chine. « Le rayonnement des
savoir-faire français en cuisine et
en pâtisserie sont des clefs
d’entrée, de même que l’essor de
l’hôtellerie de luxe qui référence
nos produits », remarque-t-il.
•DESDOUBLEMENT
VENTES
Réputé plus digeste que le lait de
vache, celui de brebis caracole
en tête. « Le côté plus artisanal et
naturel joue beaucoup aussi dans
l’esprit du public », estime Frédérick Bourget, directeur marketing de Sill, également propriétaire des marques Le Gall
(acquise en 1998) et Malo (2008),
elles aussi à forte connotation
terroir.
Depuis le rachat par Sill, en
2014, Le Petit Basque a vu ses
ventes doubler(60 millions
attendus cette année), faisant de
lui le leader de sa catégorie et
poussant le groupe à élargir les
capacités de production. Objectif ? Fabriquer la quasi-totalité de
l’ultra-frais alternatif sur ses
lignes. Exception faite de Malo,
qui continuera à fabriquer son
bio en Bretagne dans les parages
de la cité malouine, et de Le Gall,
qui produit le sien dans sa laiterie de Quimper. « Les yaourts et
desserts à base de lait de brebis se
consomment surtout en France,
alors que le marché du végétal est
énorme et mondial. Il nous offre
de belles perspectives en Asie
notamment », explique Frédérick Bourget. Sill réalise déjà près
d’un quart de ses ventes à
l’export, dans les DROM-ROM,
réservée à la distribution spécialisée (Biocoop, La Vie Claire,
Naturalia…), qui a commencé en
2006 à commercialiser des desserts à base de riz. L’appétit grandissant des distributeurs classiques, Leclerc, Auchan… pour le
bio et le végétal l’a incité il y a un
an à créer June, dans l’ultra-frais
toujours, avec, annoncée pour
2019, la sortie de plats cuisinés.
• DEUX TYPES DE BIO
« Nous avons choisi de séparer les
choses en réservant l’exclusivité de
Grandeur Nature aux réseaux
spécialistes qui ont joué le jeu et
mis en avant les petites marques
comme les nôtres », note Tristan
Falc’hun, directeur commercial
du groupe. Mais la montée en
puissance des grandes enseignes – après avoir sorti sa marque Bio village, Leclerc va ouvrir
des magasins dédiés – suscite
des craintes. « Quel sera leur
assortiment ? », s’interroge le
dirigeant, qui redoute la puissance de feu de ces géants. « A
terme, il pourrait bien y avoir
deux types de bio, sachant que le
label français AB est déjà parmi
les plus exigeants de l’Union européenne ».
Afin de continuer à se différencier de la grande distribution,
Sill réfléchit à la manière de souligner la dimension sociale et
durable de sa démarche avec,
pourquoi pas, une mention
explicite sur le packaging des
produits. « Ce serait conforme à
notre conception et notre manière
de faire du bio, à taille humaine,
local et respectueux des salariés, »,
dit-on chez l’industriel. n
22 //
Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
Le conseil d’administration
de l’opérateur italien discute du
rachat de Nextel, le numéro cinq
du mobile au Brésil, selon l’agence
Bloomberg. En difficulté sur son
marché national, où l’arrivée de
Free a lancé une guerre des prix
dans le mobile, TIM pourrait ainsi
se renforcer sur un marché plus
attractif, qui représente déjà 23 %
de ses revenus.
Google va réutiliser
les publicités liées
aux cryptomonnaies
Shutterstock
DR
en
pixels
Telecom Italia en
embuscade au Brésil
Google va mettre fin en octobre à
l’interdiction des publicités liées
aux cryptomonnaies, décidée en
mars. Ce changement de règle
concernera les Etats-Unis et le
Japon. « Les annonceurs devront
être certifiés auprès de Google,
spécifiquement pour le pays dans
lequel ils diffuseront leurs
annonces », a dit le groupe.
30 %
DE SKY
Comcast, qui a déposé une
offre pour acheter Sky pour
30 milliards de livres, a
acquis 30 % du britannique
en une journée, pour près de
9 milliards de livres en cash.
A 17,28 livres par action,
l’offre valorise Sky à
30,6 milliards de livres.
MOTEUR DE RECHERCHE
Pour son 20e anniversaire,
Google fait évoluer
son moteur de recherche
l L’entreprise californienne développe un volet « découverte de contenus ».
l Son moteur de recherche représente toujours la majorité de ses revenus.
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Correspondante à San Francisco
Un ordinateur volumineux jaunissant, plusieurs cartons empilés et
des papiers en pagaille. Pour son
vingtième anniversaire, Google a
reconstitué dans un entrepôt de
San Francisco le bureau du garage
où Larry Page et Sergey Brin ont
créé leur entreprise en septembre 1998. A l’époque, la recherche
sur le Web se fait par le biais
d’annuaires regroupant des liens
par catégories.
Avec son système permettant
d’éviter de fouiller des heures pour
trouver la bonne ressource, Google
détrône rapidement Alta Vista,
Infoseek ou Lycos pour devenir la
boussole du Web. L’entreprise
s’appuie sur sa suprématie dans la
recherche pour devenir un géant de
la publicité en ligne, avec un chiffre
d’affaires de 110 milliards de dollars
et un bénéfice de 12,6 milliards en
2017. Ces revenus lui permettent
d’investir dans de nouvelles activités (système d’exploitation mobile,
plate-forme de diffusion de vidéos,
téléphone, enceinte connectée, système de conduite autonome).
Mêmes principes
Mais le cœur de son business model
et l’écrasante majorité de ses revenus reste son moteur de recherche.
Celui-ci détient toujours près de
90 % de parts de marché, Yahoo!,
Microsoft (Bing) et Amazon se partageant les miettes. Google continue de recueillir les fruits d’un système qui a peu changé en vingt ans.
« Il fonctionne toujours sur les
mêmes principes de base », a expliqué Ben Gomes, le vice-président
de Google chargé de la recherche,
lors d’une conférence organisée
lundi à San Francisco.
L’apparition de nouveaux portails, notamment des réseaux
sociaux, a cependant changé la
manière dont les internautes
découvrent du contenu et la société
de Mountain View doit s’adapter.
Lundi, ses dirigeants ont annoncé
plusieurs modifications, puisant
leur inspiration dans des outils
comme Snapchat, Instagram et
Pinterest. Google veut désormais
être plus proactif en recommandant des contenus même en
l’absence de requêtes. Il veut aussi
davantage personnaliser la sélection et mettre plus l’accent sur les
contenus visuels.
Accusations de biais
Le géant a toujours approché la customisation des résultats à tâtons,
pour éviter les accusations de biais,
qui refont régulièrement surface.
Fin août, Donald Trump a reproché
à l’entreprise de « supprimer les voix
des conservateurs et de dissimuler les
bonnes nouvelles. » Google évite
donc de toucher à son outil de
recherche, mais il personnalise de
plus en plus le « feed », cet agrégateur de contenus présent sur la page
d’accueil en dessous de la barre de
recherche, qui existe en parallèle de
Google News. Lancé en 2016, il connaît une forte croissance, avec
800 millions d’utilisateurs par
mois. La société utilise désormais
une nouvelle technique basée sur
l’intelligence artificielle, capable de
prédire le niveau d’expertise de
l’internaute pour faire remonter
plus facilement le contenu approprié. « Vous ne voulez pas forcément
voir ce qui est nouveau en termes
chronologiques, mais ce qui est nouveau pour vous », explique Shashidhar Thakur, vice-président en
charge de l’ingénierie du moteur de
recherche.
Google renforce également son
rôle d’assistant dans la vie quoti-
dienne. Alors que le moteur de
recherche est déjà utilisé par beaucoup d’utilisateurs comme l’extension de leur mémoire, la société va
assumer ce rôle plus franchement
en exploitant mieux leur historique. Une requête sur huit ayant déjà
été formulée au cours du précédent
mois, Google va proposer une sélection de liens déjà consultés et permettre de sauvegarder du contenu,
à la manière d’outils comme Pocket.
Enfin, la société va donner plus
de place au contenu visuel en renforçant la présence des « Stories »
(inspirées de Snapchat et Instagram) compilant une série d’images sur un sujet. Elle compte aussi
faire de Google Images un point de
départ pour surfer, avec des renvois
vers des sites d’e-commerces ou des
vidéos de « tutorials ». n
Google renforce également son rôle d’assistant dans la vie quotidienne.
Qwant, le champion européen anti-Google, s’installe dans le paysage
Le moteur de recherche
alternatif, plus respectueux
de la vie privée, profite des
déboires récents des Gafa
et de l’entrée en vigueur du
RGPD, en Europe, le 25 mai.
à l’amende record imposée par la
commissaire européenne à la
Concurrence à Google cet été. Le
jeu est désormais bien plus ouvert.
Aux constructeurs d’électronique et
aux industriels d’amplifier ce mouvement. »
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
Une petite révolution se prépare à
l’Assemblée nationale. Après avoir
longtemps utilisé Google, le Palais
Bourbon va désormais installer Qwant par défaut dans les ordinateurs de tous les services, y compris ceux des 577 députés. Après le
groupe Thales et la région Normandie, la chambre basse du Parlement est la dernière institution
en date à adopter ce moteur de
recherche respectueux de la vie
privée, né en 2013, et qui détenait
en juin 8% du marché français de
la recherche en ligne, contre 87%
pour le géant de Mountain View,
selon Médiamétrie.
Une « bascule » très symbolique
et qui a de quoi ravir son cofonda-
Pour les nouveaux moteurs de
recherche comme Qwant, DuckDuckGo aux Etats-Unis, Lilo en
France ou Ecosia en Allemagne, les
planètes commencent en effet à
s’aligner. Alors que la défiance
monte contre les géants du numérique depuis l’affaire FacebookCambridge Analytica et le projet de
retour de Google en Chine, ces
acteurs séduisent un nombre croissant d’internautes pour qui la protection de leurs données est devenue la priorité. Chez Qwant, le
nombre de requêtes devrait doubler en un an pour atteindre environ 18 milliards de recherches en
2018. « C’est le volume que Google
atteint en seulement six jours, mais
on progresse, raconte Eric Léan-
dri. Le respect de la vie privée doit
pouvoir relancer toute la tech européenne. Sinon, on ne fera que surfer
sur la vague. Le coup de boost ne va
pas s’arrêter. »
Les champions anti-Google profitent aussi du RGPD, venu imposer
au printemps un cadre beaucoup
plus strict en matière de collecte de
la data. Sa transposition dans le
droit français a d’ailleurs permis à
un député de la majorité, Eric
Bothorel, de faire passer en mai un
amendement, afin que les moteurs
de recherche alternatifs puissent
eux aussi être préinstallés dans les
smartphones, à côté de Google, Bing ou Yahoo!.
« On a désormais dans le droit
français des arguments pour contester devant le juge les positions dominantes de certains fournisseurs
d’application », se félicite le parlementaire. Suite à cet amendement,
Qwant a d’ailleurs pu convaincre
« deux gros constructeurs » de téléphones portables de préinstaller le
moteur de recherche dans leurs
appareils. n
François Candelon, directeur associé senior du Bolston Consulting
Group à Shanghai.
Reste que si le moteur de recherche est sous le feu des projecteurs,
Google pourrait chercher à développer d’autres activités en Chine,
comme le cloud computing. « Google est distancé par d’autres géants
américains comme Amazon et Microsoft qui ont conclu des partenariats
avec des entreprises chinoises », poursuit François Candelon. Google n’est
toutefois pas totalement absent de
Chine. Le groupe californien continue d’engranger des revenus publicitaires dans le pays, où il compte
actuellement trois bureaux et plus
de 700 employés.
L’entreprise a annoncé l’hiver dernier l’ouverture d’un centre de
recherche sur l’intelligence artificielle à Pékin, ainsi qu’un accord de
coopération avec le mastodonte chinois de l’Internet Tencent et a investi,
en juin, 550 millions de dollars dans
JD.com, le numéro deux de l’e-commerce derrière Alibaba. n
Les planètes s’alignent
teur, Eric Léandri. « Avec le RGPD,
la nouvelle directive européenne
ePrivacy et les prises de position de
Margrethe Vestager à Bruxelles, les
moteurs de recherche alternatifs
commencent vraiment à exister, se
réjouit le PDG de Qwant, en référence au règlement européen sur
la protection des données personnelles entré en vigueur le 25 mai et
Google et la tentation du marché chinois
Google est sous pression
depuis la révélation
d’un projet de moteur
de recherche adapté
aux exigences de censure
de Pékin.
Frédéric Schaeffer
@ fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
Google va-t-il faire son grand retour
en Chine ? Le géant américain est
sous pression depuis la révélation
cet été, par le site d’investigation The
Intercept, d’un projet de moteur de
recherche adapté aux exigences de
censure de Pékin. Son PDG a beau
avoir assuré que le projet Dragonfly
(son nom de code) n’était qu’une
piste « exploratoire », la nouvelle a
provoqué la colère de centaines de
salariés et des associations de
défense de droits de l’homme. Google avait retiré il y a huit ans son
moteur de recherche en Chine afin,
justement, de protester contre la
censure du gouvernement chinois et
les tentatives de piratage des comptes Gmail de défenseurs chinois de
droits de l’homme. L’entreprise, qui
s’est fixé pour mission de rendre le
monde meilleur, est aujourd’hui
tiraillée entre développement économique et principes fondateurs.
Avec 800 millions d’internautes,
la plupart surfant sur mobile, le marché chinois fait saliver : il est aussi
gros que les marchés américain et
indien réunis et offre encore de belles perspectives, puisque la moitié de
la population n’est pas connectée.
Bâillonné par une grande muraille
électronique bloquant de nombreux
réseaux sociaux et médias occidentaux, il est aujourd’hui dominé par
les BAT (Baidu, Alibaba, Tencent).
De la R&D à Pékin
Baidu est le moteur de recherche
archi-dominant, avec environ 80 %
du marché, loin devant Sogou et 360.
« La croissance du marché est telle que
les positions ne sont pas figées, mais
Google ne reviendra que si Pékin y voit
un intérêt pour la Chine », estime
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
Le géant californien des puces
mobiles muscle ses accusations
contre le fabricant de l’iPhone.
Selon l’agence Reuters, Qualcomm
reproche désormais à Apple
d’avoir partagé des informations
confidentielles sur ses modems
avec son concurrent Intel. Celui-ci a
progressivement évincé Qualcomm
du marché des smartphones Apple.
Une diversification réussie
ANALYSE
Sébastien Dumoulin
U
ne question, une hésitation ? Il suffit de la « googler ». Vingt ans après la
naissance de son moteur, « Google » est devenu en un verbe transitif direct. Le synonyme pratique de
« faire une recherche sur Internet ».
Cette domination sur le « search » et
la publicité qui s’y attache fait
oublier une réalité : Google est
aujourd’hui bien plus que cela. L’histoire récente de la firme de Mountain View est celle d’une diversification réussie hors de son cœur de
métier. Un chiffre résume cette
transformation. Il y a dix ans, Google
réalisait 22 milliards de dollars de
chiffre d’affaires, intégralement
dans la publicité en ligne. Cette
année, le groupe devrait encaisser
un montant relativement similaire… en dehors de la publicité.
Google fait partie
des cinq acteurs
incontournables
du cloud.
Photo Stefan Boness/Ipon/Sipa
110
MILLIARDS DE DOLLARS
de chiffre d’affaires réalisés
par Google en 2017.
La même année, le géant
d’Internet a réalisé un bénéfice
de 12,6 milliards de dollars.
Dans ses résultats financiers, le
géant regroupe ces activités sous le
vocable « Autres revenus », sans
donner plus de détails. L’an dernier,
elles représentaient 14 % des revenus du groupe, soit 15 milliards de
dollars. Cela en fait déjà un business
comparable à Colgate-Palmolive ou
à Omnicom, la deuxième agence de
publicité mondiale. Et alors que les
revenus publicitaires de Google
progressaient de 24 % au premier
semestre 2018, la croissance sur ses
autres activités atteignait 36 %.
Hors publicité, Google devrait ainsi
allègrement dépasser les 20 milliards de dollars de revenus cette
année, tutoyant des group es
comme Starbucks ou McDonald’s.
Que trouve-t-on dans ces « Autres
revenus » ? D’abord les copieuses
recettes du Play Store, le magasin
d’application d’Android. Dix ans
après le lancement de son système
d’exploitation mobile, Google
équipe huit smartphones sur dix à
travers le monde. Et le groupe
prend une commission de 30 % sur
les ventes qui se réalisent dans son
magasin.
Produits physiques
Le géant californien peut aussi
compter sur sa division cloud. Google a suivi Amazon, précurseur et
champion de la location d’infrastructures informatiques à la
demande. Le groupe de Jeff Bezos
contrôlait l’an dernier plus du tiers
de ce marché évalué à 45 milliards
de dollars, selon le cabinet Synergy
Research. Quoique cinq fois plus
modeste que Amazon Web Services, Google fait partie des cinq
acteurs incontournables du cloud –
à côté de Microsoft, IBM et Alibaba.
Son expertise technique interne et
ses installations titanesques lui permettent de décrocher des clients
majeurs comme le distributeur
Target ou le cabinet d’audit PwC qui
hébergent leurs données sur les serveurs de Google.
Enfin, après s’être développé
comme une entreprise de logiciels,
Google étend de plus en plus son
empire aux produits physiques :
ordinateurs et smartphones Pixel,
thermostats et caméras Nest, casques audio Bose, enceintes intelligentes Home… Sans rien concéder
de sa suprématie sur la publicité
numérique, Google en est ainsi toujours moins dépendant. Et ses dirigeants espèrent bien poursuivre le
mouvement. Ils ont plusieurs
« Autres paris » dans les cartons : la
livraison par drones (Wing), l’accès
à Internet par ballons stratosphériques (Loon), la voiture autonome
(Waymo), la santé (Verily)… n
Newsletters, listes, « book marking » :
les nouveaux outils de recherche sur le Web
Alors que le nombre
de pages Web indexées par
Google explose, les start-up
développent des solutions
pour aider les internautes
à naviguer dans le flot
de contenus.
Quand Google s’est lancé en 1998, le
Web était composé de 25 millions
de pages, soit l’équivalent « d’une
petite librairie », a plaisanté Ben
Gomes, le vice-président de Google
en charge de la recherche, sur la
scène de la conférence organisée
lundi pour les vingt ans du moteur
de recherche. Aujourd’hui, Google
indexe des centaines de milliards
de pages. Le nombre d’ailleurs
grandit si vite que l’entreprise ne
communique pas de chiffre exact.
Avec cette explosion, le besoin
d’outils de recherche avec un nombre de sources plus restreint s’est
fait sentir. Dès 2016, Benedict Evans,
associé du célèbre fonds de capitalrisque Andreessen Horowitz, estimait sur son blog que « les listes »
compilées manuellement par les
utilisateurs (comme sur Flipboard
pour l’actualité, ou Spotify pour la
musique) étaient « le nouvel outil de
recherche ». Une sorte de retour aux
sources du Web, à l’époque où les
meilleures ressources étaient combinées à travers des annuaires, à la
manière des documentalistes dans
les bibliothèques.
Concision intelligente
La croissance des newsletters participe également de cette logique. En
toile de fond, la montée en puissance de la « smart brevity », la concision intelligente. Aux Etats-Unis,
l’un des représentants du genre, le
site d’information Axios, propose
par exemple 17 newsletters. Les
experts voient aussi dans la boîte
e-mail une nouvelle plate-forme
dans laquelle les internautes peuvent chercher plus facilement des
informations de qualité, sans le
bruit présent dans un moteur de
recherche classique.
La croissance exponentielle du
nombre de pages indexées a également créé le marché du « bookmarking », soit la possibilité pour
les internautes de sauvegarder du
contenu au fur et à mesure de leurs
pérégrinations sur la Toile. Après
Pocket en 2007, la start-up suisse
Refind s’est aussi lancée début 2016
sur ce créneau. Mais avec l’ambition de lutter contre l’effet d’empile-
ment d’articles qui, in fine, ne seront
jamais lus. Au bout de deux semaines, si un article mis de côté n’a toujours pas été lu, celui-ci est automatiquement déplacé vers un dossier à
part. « Nous luttons contre la surcharge cognitive », résume son fondateur, Dominik Grolimund, un
Suisse de trente-huit ans qui en est
déjà à sa quatrième start-up.
Renseigner
ses centres d’intérêt
Par rapport à Pocket, Refind est
plus personnalisé. En s’inscrivant,
l’internaute renseigne ses centres
d’intérêt. Il peut ensuite choisir le
nombre d’articles (de 2 à 50) qui
seront envoyés vers sa boîte e-mail
ou qui s’afficheront sur la page
d’accueil du site, et même l’heure
d’envoi préférée. Comme sur Twitter, il est également possible de
« suivre » d’autres utilisateurs de
Refind. Pour le moment, seules
« plusieurs dizaines de milliers de
personnes » utilisent ce service. La
start-up n’emploie que deux personnes et n’est pas encore monétisée. Mais aux Etats-Unis, Refind est
le nouvel outil à la mode pour les
« techies », les fans de technologie.
— R. Ba. et A. M. (à San Francisco)
6
Spotify : des playlists
fondées sur l’ADN
MILLIONS D’ABONNÉS
POUR MASMOVIL
Le quatrième opérateur
mobile d’Espagne a franchi
ce cap symbolique après
avoir conquis 100.000 nouveaux clients par mois pendant un an. En juin, Masmovil détenait 10,8 % du marché
espagnol, selon le régulateur.
DR
Portés par la vague des assistants
vocaux, JWT Paris et sa filiale de
« brand publishing » Colloquial
lancent une offre dédiée à la création
de contenus audio pour les marques,
incluant podcasts, diffusion, mesure
d’audience, enregistrement,
composition. Le podcast « The Veuve
Clicquot Tales », créé pour la filiale de
LVMH, ouvrira la série avec 15 épisodes
de 5 à 7 minutes à l’automne 2018.
Qualcomm accuse
Apple d’avoir volé
ses secrets industriels
Shutterstock
DR
JWT conçoit un podcast
pour « Veuve Clicquot »
Spotify a noué un partenariat avec la
société de généalogie AncestryDNA
pour proposer à ses utilisateurs des
titres en fonction de leurs origines.
Les personnes ayant fait analyser
leur ADN via Ancestry, peuvent
désormais entrer les résultats de
leur test dans leur compte Spotify,
qui générera une playlist reflétant
les cultures d’origines des ancêtres
supposés de ces utilisateurs.
Instagram devient
de plus en plus central
dans l’empire Facebook
RÉSEAUX
SOCIAUX
Les deux fondateurs
et dirigeants
de l’application
de partage de photos
ont démissionné.
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
Nouveau divorce à l’actif de Mark
Zuckerberg. Après le départ du
patron historique d’Oculus, il y a
dix-huit mois, celui des fondateurs de WhatsApp en deux
temps, c’est au tour des créateurs
et dirigeants d’Instagram de quitter l’empire Faceb o ok, qui
avait racheté l’application de partage de photos près de 1 milliard
de dollars en avril 2012.
Les raisons ? Des tensions
grandissantes entre Kevin Systrom, Mike Krieger et Mark Zuckerberg. Les deux premiers
n’auraient pas apprécié l’interventionnisme grandissant du
patron de Facebook, qui s’impliquait de plus en plus dans la gestion quotidienne d’Instagram,
croit savoir la presse américaine,
qui avance aussi que les objectifs
et visions des deux parties commençaient aussi à trop différer.
Les deux dirigeants d’Instagram estimaient que l’état-major
de Facebook, dont Mark Zuckerberg, incitait trop Instagram à
élargir rapidement le nombre
d’utilisateurs. Aujourd’hui, ce
double départ ouvre la voie à une
intégration plus poussée encore
d’Instagram dans l’écosystème
Facebook. Véritable pépite du
groupe, l’application de partage
de photos a connu une croissance
fulgurante ces dernières années.
« Leurs formats photo sont peu à
peu devenus la norme en termes de
mise en scène des marques sur le
mobile. Aujourd’hui, une marque
de mode ne peut pas se permettre
d’être absente de ce réseau », souligne Romain Pelillo, fondateur de
l’agence d’influence Talents-Sync.
1 milliard d’utilisateurs
Un temps inquiété par l’émergence de Snap (très utilisé par les
adolescents), l’écosystème Facebook s’est servi d’Instagram
comme rempart. L’« appli » a su
habilement imiter toutes les nouvelles fonctionnalités populaires
(telles que les « stories ») de la
firme au fantôme blanc sur fond
jaune pour contrecarrer sa croissance… tout en nourrissant la
sienne. En juin dernier, Instagram
a dépassé le cap symbolique
du milliard d’utilisateurs actifs
mensuels, contre 500 millions
deux ans plus tôt à peine.
Dans le monde, seul… Facebook a tenu la cadence en volumes sur la même période, passant
lui de 1,7 milliard d’utilisateurs par
mois à 2,2 milliards. Aujourd’hui,
Bloomberg valorise Instagram
100 milliards de dollars (soit plus
de 20 % de la capitalisation boursière de Facebook), et le chiffre
Patrice Caine
Président-directeur
général de Thales
Mardi 2 octobre 2018 à 19h00,
« Les grandes ambitions et les
principaux défis pour Thales »
Informations et inscriptions :
www.lesechos-debats.fr
d’affaires généré par l’appli pourrait augmenter (sur un an) de
70 % en 2018 aux Etats-Unis, selon
eMarketer, à près de 5,5 milliards
de dollars. Des chiffres qui expliquent pourquoi Mark Zuckerberg a repris la main sur Instagram, qui est voué à devenir de
plus en plus central au sein du
groupe. Ces derniers mois, la marque Facebook a été entachée par
de multiples polémiques ayant
trait aux « fake news » et surtout
par le scandale hors norme lié à la
société Cambridge Analytica.
A l’inverse, Instagram continue
de bénéficier de son image à la fois
de « réseau social positif et d’un
environnement moins à risques
pour les annonceurs en termes de
“fake news” et de “haters” (« haineux ») par rapport à Facebook et
d’autres concurrents », confie
Pascal Crifo, le PDG de l’agence
Blue 449 (Publicis).
« Instagram est aussi très précieux pour le groupe car l’appli
récupère les cibles jeunes quittant
Facebook, qui est aujourd’hui le
réseau social de leurs parents »,
poursuit-il. « Instagram compense
là où Facebook est fragilisé
aujourd’hui. » Résultat, Facebook
tente encore d’accélérer la monétisation d’Instagram et ne cesse de
l’orienter de plus en plus vers
l’e-commerce. En mars dernier, le
groupe a lancé une fonctionnalité
permettant à ses utilisateurs de
procéder à des achats en quelques
clics. Cet épisode se déroulera
cette fois sans Kevin Systrom ni
Mike Krieger. n
24 //
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
START
UP
Z
L’APPLI
-
LE PRODUIT
Vous arrive-t-il d’avoir des comportements sexistes au travail ? Une nouvelle application, baptisée « #Meandyoutoo » sortira le 1er octobre, et permettra aux
salariés d’une entreprise d’évaluer leurs comportements sur les sujets de stéréotypes de genre, du
sexisme et du harcèlement sexuel au travail, afin
de pouvoir les ajuster. Ce dispositif sera complété
par un module e-learning.
La start-up américaine Magic
Leap pourrait avoir été choisie
par l’armée américaine pour
construire des casques de réalité augmentée
pour ses soldats, selon Bloomberg. Le contrat
mènerait à l’achat de plus de 100.000 casques,
dans le cadre d’un programme de plus de
500 millions d’euros.
30
EMPLOYÉS
Créée il y a sept ans, l’entreprise Byron Group, spécialisée dans les métiers du test logiciel, recrute
30 nouveaux chefs de projet. Le groupe comptera
ainsi plus de 280 collaborateurs, effectif qu’il souhaite doubler d’ici à 2020. L’entreprise prévoit
18 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année.
Singulart, la galerie d’art en ligne,
part à la conquête du monde
l La start-up parisienne vient de racheter un acteur britannique et d’ouvrir un site en Chine.
l Elle développe un modèle transfrontalier avec des artistes et des acheteurs internationaux.
MARCHÉ DE L’ART
Guillaume Bregeras
@ gbregeras
Le marché de l’art peut-il encore
rester le parent pauvre des investisseurs en capital-risque ? Avec Singulart, l’écosystème tient peut-être
le futur champion qui pourrait renverser la donne, et leur prouver qu’il
est possible de construire une plateforme mondiale depuis la France.
La start-up fondée par Vera
Kempf, Brice Lecompte et Denis
Fayolle (La Fourchette) vient
d’accroître sa surface internationale
avec le rachat de la galerie en ligne
britannique New Blood Art. Une
opération dont le montant n’est pas
communiqué, mais qui s’est réalisée
sans nouvelle levée de fonds depuis
le million d’euros réuni auprès de
quelques business angels
(dont Chantal Baudron, première
femme BA française) et bpifrance.
Positionnée dès le départ sur une
offre transfrontalière, la jeune
pousse cultive sa différence dans le
milieu séculaire des galeristes.
Sa première vente, en avril 2017,
atteste ce postulat avec un acheteur
allemand qui a acquis une œuvre
d ’u n a r t i s t e b r i t a n n i q u e .
Aujourd’hui, « 92 % de nos ventes
sont transfrontalières », détaille
Vera Kempf. Singulart met en avant
1.400 artistes de 50 pays différents
sur sa plate-forme et compte environ 200 acheteurs réguliers. Son
panier moyen se situe aux alentours
de 2.000 euros, et son modèle économique s’appuie sur une commission
entre 40 et 50 %, appliquée au prix
de vente final.
Chaque artiste présent sur la plate-forme est en relation avec l’un
des agents de liaison employés par
la jeune pousse qui s’occupe de
l’emballage et de l’expédition des
pièces une fois vendues. L’entreprise veut encore se développer et
cherche à s’imposer sur le « premier » marché, à savoir celui des
premières ventes pour une œuvre
d’un artiste contemporain, et continue d’évaluer la possibilité d’acquérir d’autres acteurs en Europe pour
y arriver.
Grâce au rachat de New Blood
Art, la start-up parisienne augmente son volume d’artistes, mais
acquiert surtout la compétence
d’évaluation du potentiel d’investissement d’une œuvre d’art.
Sarah Rayan, fondatrice de la
galerie cédée à Singulart, réalise ce
travail de détection des futurs
talents. Elle est capable d’évaluer les
mouvements à venir de leur cote,
une dimension évidemment clef
pour un acheteur. Et qui crédibilise
encore un peu plus la démarche de
la start-up.
L’eldorado chinois
Pour en capter une part substantielle, Singulart s’est tourné vers
l’Asie. La start-up vient d’y lancer
son site, totalement traduit et avec
une approche différente, notamment commerciale. Les Chinois,
très sensibles aux promotions,
tranchent radicalement avec les
Occidentaux qui, lorsqu’il s’agit
d’acheter des œuvres d’art, ne veulent pas en entendre parler.
« Les ventes depuis Hong Kong sur
notre plate-forme fonctionnaient
très bien, se rappelle Vera
Kempf. Nous avions des signaux très
positifs et avons décidé de nous y
implanter. » Un Chinois a rejoint
l’équipe pour développer le portefeuille d’acheteurs, car il n’est pas
question pour le moment d’y sourcer des artistes locaux.
Pour l’instant sans grand rival en
France, Singulart compte quelques
concurrents sérieux, comme Saatchi Art aux Etats-Unis, fondé en
2010 et cédé à Leaf Group en 2014,
ainsi que Rise Art au Royaume-Uni
(2,2 millions de livres sterling levés
depuis 2011). Pour s’extraire, il lui
faudrait attaquer les second et troisième marchés, mais là, les compétiteurs, y compris hexagonaux, restent aux commandes.
À NOTER
Le marché de l’art comptait
450 millions d’acheteurs et
était évalué à 50 milliards de
dollars dans le monde en 2017
par Hiscox, dont 3,54 milliards
de ventes en ligne.
Arteïa veut devenir
la référence de l’art
dans la blockchain
« Les ventes depuis
Hong Kong sur
notre plate-forme
fonctionnaient très
bien. Nous avions
des signaux très
positifs et avons
décidé de nous
y implanter. »
La start-up permet
aux collectionneurs d’art
de recenser toutes leurs
œuvres sur sa plate-forme.
A terme, elle souhaite
utiliser la blockchain
pour rendre le marché
plus liquide.
VERA KEMPF
Cofondatrice de Singulart
Déborah Loye
@Loydeborah
Brice Lecompte, Vera Kempf et Denis Fayolle, les fondateurs de Singulart. La jeune pousse cultive
sa différence dans le milieu séculaire des galeristes. Photo Singulart/Maxime Riché
Ces start-up qui digitalisent le secteur
L’art n’échappe pas
à la révolution numérique,
et aujourd’hui plusieurs
jeunes pousses utilisent
le digital pour le rendre
plus accessible, ou pour
en créer de nouvelles
formes.
•DESBRIGHT
DONNÉES
constitué de professeurs en histoire
de l’art, de guides de musée ou d’étudiants. Aujourd’hui, la start-up
compte 500.000 lecteurs abonnés,
et s’est diversifiée : elle couvre
désormais également la musique,
les sciences, le cinéma ou encore la
philosophie, au travers de newsletters mais aussi de livres, d’applications mobiles ou encore de cours en
ligne.
Ceux qui y ont déjà mis les mains le
savent : le code peut être poétique.
Avec ses œuvres, la start-up Bright
en convaincra les plus néophytes.
« Nous utilisons des données, récupérées en amont ou en direct, pour
créer des œuvres d’art que nous diffusons sur écran », décrit Abdel
Bounane, fondateur de la jeune
entreprise.
Cette dernière travaille avec une
trentaine d’artistes maniant l’art
des œuvres numériques, et développe une solution permettant de
projeter leurs œuvres sur tous
types d’écran. Parmi ses clients, Bri-
Acheter une œuvre d’art contemporaine en quelques clics, voilà ce
que permettent ces galeries d’art en
ligne. Avec des œuvres coûtant de
quelques centaines à plusieurs
dizaines de milliers d’euros, ces
start-up souhaitent toucher un
public large et potentiellement peu
expert en matière d’art. Selon l’assureur Hiscox, les ventes en ligne
d’objets d’art croissent de 15 % par
an, et le volume des transactions
devrait dépasser les 9 milliards de
dollars d’ici à 2021. — D. L.
ET DES ŒUVRES
ET ARTSPER
•DESKAZOART
GALERIES EN LIGNE
Paysages créatifs générés chaque matin, à partir des data
d’économies d’énergie, réalisées la veille dans 10 immeubles
d’Allianz Real Estate. Photo Allianz Real Estate
ght compte notamment Twitter,
Nike, ou EDF.
ARTIPS
•L’ART
EN DÉCALÉ
« Une dose d’art au quotidien », voilà
la promesse d’Artips, qui s’est développée avec une idée simple :
envoyer chaque jour une newsletter
contenant une anecdote sur une
œuvre d’art. Pour les trouver, Artips
s’est adossé à un réseau d’experts
Depuis deux ans, des collectionneurs d’art travaillent au développement d’une plate-forme numérique
permettant de gérer leurs
œuvres. Philippe Gellman, Marek
Zabicki, Reine-Marie et Huges
Taittinger et Olivier Marian, tous
collectionneurs expérimentés et
reconnus, se sont retrouvés autour
d’un constat commun : celui du
manque d’outil numérique pour
gérer une collection privée. Ils ont
donc décidé de créer Arteïa, une
plate-forme ouverte aux petits
comme aux grands collectionneurs, qui a pour vocation de
regrouper des informations confidentielles concernant les œuvres,
leur valorisation ou encore leur
emplacement. L’outil a été commercialisé en juin 2018, « et nous
comptons déjà une centaine de
clients, ce qui représente plusieurs
dizaines de milliers d’œuvres »,
affirme Philippe Gellman. Après
trois levées de fonds, qui portent le
financement de la start-up à
2,35 millions d’euros, l’entreprise
annonce déjà une valorisation à
15 millions d’euros.
Aujourd’hui, la plate-forme permet aux collectionneurs ou aux
artistes de recenser leurs œuvres
afin d’avoir un point de vue global
sur leurs collections, mais aussi de
pouvoir partager ces informations
rapidement avec des tiers s’ils le
souhaitent. Après avoir été développée sur le cloud en utilisant des
techniques de cryptographie,
Arteïa s’appuie désormais sur la
technologie blockchain.
Cette technologie décentralisée
devrait permettre de rendre ces
informations immuables et incorruptibles. « En octobre, nous lancerons ce que nous espérons devenir un
standard de catalogue raisonné dans
la blockchain », annonce Philippe
Gellman. Le catalogue raisonné est
un ouvrage qui fait référence sur un
ensemble d’œuvres, car il contient
toutes les informations permettant
d’assurer leur intégrité.
Frais exorbitants
lors des enchères
Mais au-delà de la sécurisation des
informations liées aux collections,
la blockchain pourrait, selon les
fondateurs, avoir un impact sur la
liquidité du marché de l’art .
« Aujourd’hui, le marché est concentré autour de grandes maisons
d’enchères, et une centaine d’artistes
concentrent toutes les ventes, indique Phillipe Gellman. Il existe un
vrai problème de liquidité autour des
autres artistes. Sans parler du fait
que les maisons prennent des frais
exorbitants. »
Arteïa, qui emploie une équipe
de 20 développeurs, a l’ambition de
pallier ce manque en devenant une
maison d’enchères totalement
numérique. « D’ici à un an, nous
souhaitons que les collectionneurs
présents sur la plate-forme puissent
y vendre leurs œuvres ou en acheter
de nouvelles », indique Philipe Gellman. La technologie blockchain,
qui a émergé avec le bitcoin, est
effectivement reconnue pour sa
capacité à opérer des transactions
rapidement, de manière sécurisée
et décentralisée. n
// 25
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
en
direct
Des ventes sans
enchères à Drouot
ÎLE-DE-FRANCE Le groupe de
ÎLE-DE-FRANCE L’hôtel Drouot
matériaux de construction et de
distribution s’installera dans son
nouveau siège à la Défense fin
2019. Situé près du siège actuel,
l’immeuble pourra accueillir
près de 2.700 personnes, dont
les 1.500 occupants du siège
actuel. Il disposera d’un espace
ouvert au public, présentant les
produits de l’entreprise.
AFP
PME
&REGIONS
Nouveau siège
pour Saint-Gobain
va accueillir pour la première
fois des ventes d’œuvres d’art
sans enchères. A l’occasion
d’une foire internationale dédiée
au street art, Drouot accueillera
de jeudi à dimanche 30 septembre 23 galeries et marchands
d’art français et étranger, en lieu
et place des habituels commissaires-priseurs.
Quelque 500 œuvres de 90 artistes dont la crème du street art
(Invader, Fairey, Seth, C215…)
seront exposées et proposées
à la vente à prix fixe. Seules
20 œuvres seront mises aux
enchères dimanche, lors de la
clôture de l’événement intitulé
« District 13 ». Drouot envisage
d’accueillir d’autres galeries et
marchands pour des expositions
et des cessions sans enchères
concernant d’autres styles
artistiques.
Les plates-formes de garde d’enfants
au secours des parents
l Les modes d’accueil des enfants de moins de 3 ans se multiplient.
l De nombreux sites Internet se lancent dans la mise en relation entre parents et baby-sitters.
repassage, le recours à des babysitters bilingues, la préparation des
repas ou la gestion administrative.
SERVICES
Lamia Barbot
@LamiaBarbot
A chaque rentrée scolaire, la question de la garde des enfants se pose.
Crèche ? Microcrèche ? Nounou à
domicile ? Garde partagée ? Assistante maternelle ? Impossible de
passer à côté des nombreuses publicités placardées dans le métro.
Bien que très peu répandu en
régions, le recours à un employé à
domicile chez les enfants de moins
de 3 ans est concentré, en particulier dans la région parisienne (Paris
et Hauts-de-Seine essentiellement).
Les nouvelles plates-formes veulent concurrencer les agences traditionnelles telles que O2 et promettent aux actifs citadins monts
et merveilles avec des slogans
accrocheurs : « Souriez, vous êtes
aidé ! » assure Yoopies ; « Trouvez
la perle rare », annonce Kidlee ;
« Vivez une parentalité épanouie »,
promet Baby Sittor.
« Sur le marché de la garde
d’enfants, on voit des nouveaux
acteurs pousser comme des champignons mais, au final, peu se maintiennent sur la durée », explique Benjam i n S u c h a r, c o f o n d a t e u r d e
Yoopies. « Cela s’explique notamment par la composition sociodémographique de l’Ile-de-France, et par la
surreprésentation des ménages au
niveau de vie plus élevé, ce mode
Déclaration automatique
d’accueil étant plus onéreux », analyse la Caisse nationale des allocations familliales (CNAF).
Qu’il s’agisse de garde temporaire
en soirée, de sortie d’école ou de
garde quotidienne par des nounous
au domicile des parents, les sites et
applications tentent de se démarquer avec de nouveaux services
comme la garde très tôt le matin ou
très tard le soir pour les professions
en horaires décalés, la géolocalisa-
tion ou la connexion via Facebook
permettant de se recommander
entre amis les meilleur(e)s baby-sitters. « Le nouveau phénomène des
applications mobiles nécessite l’existence d’une communauté préalable », estime Pauline de Montesson,
cofondatrice de Baby Sittor. Au
départ groupe Facebook en 2013,
Baby Sittor s’est développé grâce à
des levées de fonds (500.000 euros
en 2016) avant de faire le grand saut
et de passer à une version payante
en avril 2018. « C’est un secteur
immense, c’est bien d’avoir de la concurrence, cela permet de proposer des
services utiles à notre communauté », poursuit-elle.
Le site est devenu leader de la
garde ponctuelle et totalise
250.000 membres, dont 35 % de
parents. Pour trouver une garde
d’enfants de dernière minute, rien de
plus simple, l’appli recense tou(te)s
Assistantes maternelles, le choix préféré des familles
Les assistantes maternelles
restent de loin le mode de
garde individuel prépondérant. Des entreprises
de mise en relation entre
assistantes maternelles
et parents se sont créées.
Les enfants de moins de 3 ans sont
le plus souvent gardés par leurs
parents. En dehors de ce mode de
garde, c’est l’accueil chez l’assistante maternelle qui est le plus fréquent, avec des disparités territoriales. Ils sont moins de 7 % des
parents à choisir ce mode de garde à
Paris, contre près de 50 % en Vendée. Une disparité qui s’explique par
l’absence de crèches dans les zones
rurales et une taille plus importante
des logements en régions.
Les assistantes maternelles, qui
accueillent les enfants à leur propre
domicile, doivent obtenir un agrément déli vré par le dépar tement après vérification par le service de protection maternelle
et infantile (PMI), qui contrôle
l’aptitude personnelle, l’environnement familial, mais aussi la taille et
la salubrité du logement. Pour ce
mode de garde, les parents peuvent
trouver la liste des assistantes
maternelles agréées sur le site de la
CAF (mon-enfant.fr) mais aussi
auprès des entreprises spécialisées.
« La convention collective des assistantes maternelles est complexe à
Nounou-top ou assistantes-maternelles.net offrent aussi des
annonces classées par ville et par
département. Les assistantes sont
concurrencées par la garde à
domicile, une méthode enregistrant une hausse de 16 % ces cinq
dernières années.
Taux horaires en hausse
saisir pour les parents, nous proposons de gérer, à leur place, la partie
administrative », explique Benjamin Suchar, cofondateur de Yoopies. Depuis septembre, Yoopies
affirme être la première plateforme de mise en relation pour ce
type de garde, avec plus d’un quart
des assistantes maternelles françaises inscrites sur son site.
« Les assistantes maternelles ont du
mal à trouver des familles, les volumes horaires par enfant diminuent,
elles sont donc obligées d’augmenter
leur tarif pour compenser le manque
à gagner. Les aides de garde d’enfants
ne progressant pas à la même hauteur, cette augmentation provoque à
son tour une diminution du recours
à ce type de garde. C’est une véritable
boucle infernale ! » poursuit Benjamin Suchar. Se basant sur les
92.000 profils d’assistantes maternelles inscrites sur son site, Yoopies
a dévoilé une carte de France des
tarifs des assistantes maternelles,
région par région. Trois régions
sont particulièrement touchées par
l’augmentation des taux horaires.
L’Ile-de-France enregistre en 2017
une hausse de 5,3 %, l’Occitanie de
4 % et la Provence-Alpes-Côte
d’Azur de 3,5 %. Les écarts entre
régions sont importants, la Corse
arrivant en tête avec un tarif de
3,68 euros de l’heure, loin devant la
Normandie, région la moins chère,
avec 3,02 euros de l’heure.— L. Ba.
les baby-sitters disponibles autour
du domicile des parents. Simple pour
les parents et simple pour les « babysittors ». Une fois inscrits sur la plateforme, ils indiquent leurs disponibilités, même à la dernière minute.
Le système de notation des babysitters (ainsi que de la famille) est un
critère déterminant. A celui-là
s’ajoutent des services, souvent
payants, très appréciés par les
membres comme le ménage et le
« Nous sommes aujourd’hui la seule
plate-forme à automatiser la déclaration des heures de garde à la place
des parents », affirme Benjamin
Suchar, qui rappelle que de 30 à
35 % des gardes d’enfants ne sont
pas déclarées. « On demande à des
particuliers d’être des employeurs
alors que c’est très complexe. Pourtant il existe de nombreuses aides qui
permettent de diminuer considérablement les tarifs. Nous avons créé un
système automatique répertoriant
toutes les aides existantes, ce qui permet aux parents d’avoir une vision
claire de ce qu’ils vont débourser »,
indique le cofondateur de Yoopies.
A la fin du mois, un récapitulatif
des heures effectuées est envoyé
aux parents. Yoopies se charge
ensuite d’envoyer les formulaires
préremplis à la CAF.
En 2016, selon le bilan démographique de l’Insee, 785.000 bébés
sont nés en France, dont 747.000 en
métropole. Ce sont 14.000 naissances de moins qu’en 2015. Malgré une
baisse des naissances depuis 2010,
la France reste en tête des pays
européens (avec l’Irlande) avec un
indicateur conjoncturel de fécondité autour de deux enfants par
femme. Le secteur des gardes
d’enfants a encore de beaux jours
devant lui. n
L’entraide entre parents,
nouveau mode de garde
Des plates-formes
proposent aux parents de
garder les enfants de leurs
voisins dans un système de
partage gratuit de services.
Echange et réciprocité. Tels sont
les mots d’ordre des nouvelles
plates-formes proposant aux
parents de garder les enfants de
leurs voisins pour bénéficier à
leur tour d’une garde gratuite.
Créé en 2012, TrocTaGarde se
définit comme un réseau social
entre parents. « TrocTaGarde est
une solution alternative et collaborative favorisant le lien social qui
permet aux parents d’un même
réseau d’échanger des heures de
gardes d’enfants au quotidien ou
ponctuellement le temps d’une soirée », explique l’entreprise qui voit
là, une « solution idéale » permettant aux enfants d’être gardés
avec leurs camarades.
Moyennant une cotisation
annuelle d’une dizaine d’euros,
les parents ont accès à un réseau
d’autres parents. Ici, pas d’argent
échangé, mais un système de
points a été mis en place. Quand
un parent garde des enfants, il
accumule des points qui lui permettront ensuite de faire garder
ses propres enfants en utilisant
les points gagnés.
« La garde d’enfants gratuite
entre parents est une alternative,
au baby-sitting ou à la nounou,
sécurisante, pratique et économique », estime le couple de parents
fondateurs de Parentspresdechezvous.com, un site Internet de
gardes d’enfants entre parents.
Quid du coût
Happy Sharing, Parent-Solo… les
plates-formes sont souvent
créées par des mamans ou papas
célibataires confrontés à des
situations difficiles. « Maman
solo, je suis au cœur de ce déséquilibre temps/budget. Particulièrement quand il s’agit de trouver une
personne de confiance, baby-sitter,
qui prendra le relais quand le
temps de travail s’allonge et surtout que mon fils serait susceptible
d’apprécier », raconte la fondatrice de Happy Sharing, qui a
lancé en 2014 une campagne de
financement participatif.
Mais le succès n’est pas toujours au rendez-vous. La gestion
d’un site et la création d’une application pour smartphone ont un
coût que les parents ne sont pas
forcément prêts à payer. Des groupes Facebook par ville ou quartier, comme Chez Benji !, créé en
Ile-de-France, proposent gratuitement, le même service. — L. Ba.
26 // PME & REGIONS
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
2
La Mairie de Paris va proposer en
octobre une votation citoyenne aux
habitants des quatre premiers
arrondissements pour qu’ils choisissent leur future mairie. La
réforme du statut de Paris prévoit la
fusion de ces 4 arrondissements
après les élections de 2020. L’Hôtel
de Ville a exclu du choix les deux
mairies du premier et quatrième,
pas adaptées à accueillir les services pour les 100.000 habitants du
quartier central dont le futur nom
sera choisi dans les mois à venir.
Belga/AFP
MAIRIES À DÉPARTAGER
innovateurs
Des cas de virus
du Nil occidental
PACA L’agence régionale de
santé a annoncé que 20 cas
d’infection humaine au virus du
Nil occidental ont été détectés.
Parmi ces cas, trois personnes ont
une forme neuro invasive et ont
dû être hospitalisées. Elles sont
en voie de guérison. La maladie
est transmise par les moustiques
les plus communs qui se contaminent en piquant les oiseaux.
Izicap booste le
commerce de proximité
avec sa solution digitale
BOURGOGNE
FRANCHE-COMTÉ
Le numéro un mondial
du petit électroménager a commencé à
former en Bourgogne
des vendeuses à domicile indépendantes.
Didier Hugue
— Correspondant à Dijon
La vente à domicile, troisième
canal de distribution en France,
avec 4,45 milliards d’euros de
chiffre d’affaires et 735.000 personnes selon la Fédération de la
vente directe, attire avec le groupe
SEB un gros poisson. « La gastronomie et l’univers culinaire représentent un tiers de cette activité,
c’est dire si nous nous devions d’y
être », justifie Thierry de La Tour
d’Artaise, PDG de SEB, venu inaugurer, lundi 24 septembre, le centre pilote de formation de Selong e y (C ô t e - d ’O r) , b e r c e a u d e
l’industriel.
Trente et une vendeuses à domicile sont formées dans l’ancienne
maison d’Antoine Lescure, un rétameur ambulant qui allait de village
en village avant de se fixer sur place
Les vendeuses à domicile commenceront par vendre un grill
électrique haut de gamme. Photo Traces Ecrites
et monter en 1857 un atelier de ferblanterie qui allait devenir la
Société d’Emboutissage de Bourgogne (SEB). Ce premier bataillon de
vendeuses à domicile indépendantes (VDI), rémunérées par une commission de 20 %, propose un appareil de cuisson électrique haut de
gamme de la marque américaine
All-Clad, reprise par SEB en 2004.
Elles sont le même nombre dans
l’autre centre bourguignon de Cha-
lon-sur-Saône qui forme à la marque Silit d’ustensiles de cuisine,
héritée du rachat en 2016 de l’allemand WMF.
Mailler le territoire
Très élaboré, le grill All-Clad, vendu
299 euros, détecte la quantité et
l’épaisseur des aliments pour
ensuite ajuster le temps de cuisson.
« Il est adapté à la vente à domicile
car on peut en une heure bien expli-
quer tout son fonctionnement à
l’appui de trois recettes faites chez les
gens, dans une ambiance conviviale
et sur le mode dégustation », souligne Laurence Febvre, responsable
du centre de Selongey.
Ce premier produit sert de test
pour étendre chez SEB la vente à
domicile avec un réseau qui pourrait accueillir à terme environ
350 personnes, mailler tous les
départements et concerner aussi
d’autres marques premium. « Nous
prendrons notre temps, sans actuellement d’objectifs précis, mais avec la
volonté de placer la relation humaine
au cœur de nos ventes », précise
Thierry de La Tour d’Artaise.
Le choix de Selongey n’est pas
non plus le fruit du hasard. S’il
exploite 40 sites industriels dans le
monde, le groupe SEB (6,48 milliards d’euros de chiffre d’affaires en
2017, en hausse de 9,2 %) veut
redonner du baume au cœur à son
fief historique. 81 postes en recherche et marketing ont été supprimés
l’an dernier au profit du siège
d’Ecully (Rhône). Quant à l’unité de
production toute proche d’Is-surTille, spécialisée dans les friteuses
Actifry et les fours, elle a subi en
début d’année une baisse d’activité.
Au total, SEB emploie plus de
650 personnes sur ces deux sites de
Côte-d’Or. n
Olivier Remualdo
SEB lance la vente à domicile
d’appareils culinaires
LE FINANCEMENT
IZICAP
Date de création : 2013
Président : Reda El Mejjad
Montant : 6 millions d’euros
Effectif : 60 personnes
Secteur : marketing digital
Christiane Navas
— Correspondante à Nice
En marketing digital, le commerce de proximité ne joue pas
à armes égales avec la grande
distribution, ni l’e-commerce.
La plate-forme de Big Data développée par Izicap ambitionne de
changer la donne. Elle permet,
via à un logiciel embarqué sur le
terminal de paiement, de transformer la carte bancaire du
client en carte de fidélité dématérialisée. Son adhésion à ce
programme va permettre au
commerçant de lui proposer
des offres ciblées, grâce à la collecte et à l’analyse des données
de paiement avec, en perspective, une augmentation de son
revenu. En France, c’est le
L’opérateur télécoms Linkt emprunte
50 millions d’euros
Le nouvel opérateur
télécoms B to B
du groupe Altitude
a souscrit un crédit
syndiqué. Objectif :
renforcer sa couverture nationale.
Claire Garnier
— Correspondante à Rouen
Après avoir vendu Altitude Telecom
à Completel-Numericable en 2010,
le groupe Altitude part, de nouveau,
à l’assaut du marché des télécoms B
to B avec Linkt. La société, qui a reçu
40 millions d’euros de fonds propres
de sa maison mère à sa naissance en
2016, annonce avoir bouclé un crédit
syndiqué de 50 millions d’euros
pour assurer son développement
sur trois ans. Installée à Mont-SaintAignan près de Rouen en Seine-Maritime, elle emprunte sur une durée
de sept ans auprès de Crédit Agricole Normandie-Seine, Banque CIC
Nord Ouest, Caisse d’Epargne Normandie et La Banque Postale.
Force de vente
Interconnecté à tous les opérateurs
d’infrastructures, dont Altitude
Infrastructure (autre filiale du
groupe Altitude), Linkt fournit aux
entreprises et aux collectivités des
services de téléphonie, d’accès
Internet et d’interconnexion de
sites. Il a besoin de fonds pour
accroître son réseau. « Nous avons
déjà construit un réseau très haut
débit de 100 Gb/s sur l’ensemble du
territoire, mais nous devons encore
acheter des infrastructures de fibre
optique et sécuriser le débit », explique Quentin Mazurier, directeur
général délégué de Linkt, ex-directeur commercial de Completel et
ex-directeur commercial de SFR
Business. « Notre force est de savoir
écouter les besoins des DSI pour leur
proposer les meilleurs rapports qualité-prix-performance », ajoute le
patron. Une centaine de collabora-
teurs doivent être recrutés d’ici à fin
2019, s’ajoutant à l’effectif actuel de
300 salariés. Le jeune opérateur
table sur un chiffre d’affaires de
4 millions d’euros en 2018, 22 millions en 2019 et vise 100 millions en
2021. Soit 1 % du marché B to B français dominé par Orange (70 %), SFR
(20 %), Bouygues (5 %), les 5 % restants étant détenus par une myriade
de petits opérateurs. Présente sur
20 sites en France, l’entreprise qui a
engrangé son premier client en
mars 2017, déploie déjà une force de
vente de plus de 100 collaborateurs. Elle a lancé mardi 25 septembre ses offres mobiles et de nouveaux services, notamment en
matière de sécurité. n
Praxedo accompagne les salariés nomades
LA PME À SUIVRE
ÎLE-DE-FRANCE
Effectif : 55 salariés
Chiffre d’affaires : 6,5 millions
Activité : logiciels
Dominique Malécot
@Dmalecot
Un outil simple, adapté au smartphone pour les travailleurs nomades. Le pari était encore osé en 2005
quand l’éditeur indépendant
Praxedo a lancé son logiciel de gestion d’interventions sur le terrain. « Au début, les gens étaient avant
tout curieux et se disaient que ce
n’était pas pour eux. Les clients
étaient difficiles à convaincre.
Aujourd’hui, tout le monde sait utiliser un smartphone, mais il y a davantage de concurrence, notamment
d’éditeurs américains », analyse Jean
de Broissia, directeur général de
l’entreprise parisienne. Cela ne l’a
pas empêchée de terminer 2017 sur
6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires et de compter plus de 600 clients
et 25.000 utilisateurs, ce qui en fait
l’un des leaders du secteur. Outre la
France, Praxedo est présente
en Allemagne, où elle a une filiale,
en Suisse et en Autriche. Elle est
aussi implantée au Canada et à
Madrid – pour l’Espagne et le Portugal. Ce déploiement est facilité par
les choix techniques que l’entreprise
a faits dès son origine : un produit
standard, disponible exclusivement
en ligne et commercialisé par abonnement. « Notre logiciel est conçu
pour fonctionner sur tous les types de
téléphones et avec les normes de tous
les pays dans lesquels nous le commercialisons », affirme le dirigeant.
Traitement des données
Résultat, les licences d’utilisation
représentent 95 % du chiffre d’affaires et la part des services est réduite à
5 %. « Nous équipons beaucoup de
grands comptes comme Vinci, Veolia
ou SFR, mais aussi des PME qui ont
cinq ou dix techniciens et c’est la même
informatique. Le déploiement se fait
en quelques heures de paramétrage »,
s’enthousiasme Jean de Broissia. Les
deux mises à jour annuelles permettent de déployer de nouvelles fonctionnalités, nées pour moitié en
interne et pour l’autre de demandes
des utilisateurs. De fait, le spectre de
la clientèle s’est étendu. S’il y a toujours des dépanneurs d’électroménager ou des chauffagistes, l’entreprise compte maintenant aussi des
loueurs de matériel, des auditeurs,
des inspecteurs, des spécialistes du
contrôle qualité. Cela s’est traduit par
le développement de fonctionnalités
pour la remontée en direct d’informations dans les systèmes de grandes entreprises, afin qu’elles puissent
les transmettre à leurs propres
clients, et par une fonction d’analyse
pour fournir des indicateurs, par
exemple sur la nature des pannes. n
Déploiement européen
La société compte parmi ses
clients le Crédit Agricole,
la Caisse d’Epargne et la Banque
Populaire. « Cela représente
un potentiel de quelque
600.000 commerçants », estimet-il. Trois mille sont déjà connectés à la plate-forme. Dans les
prochains mois, Izicap, qui a
noué un partenariat depuis 2015
au Royaume-Uni avec le groupe
Valitor, vise un déploiement
europ éen. C’est p ourquoi
l’entreprise vient de boucler une
levée de fonds de 6 millions
d’euros auprès de Seventure
Partners et d’Entrepreneur Venture. « Ils vont nous permettre
d’étoffer nos équipes d’experts
pour assurer l’accompagnement
nécessaire, tant des conseillers
bancaires en charge de la clientèle
professionnelle que des commerçants pour les aider à mettre en
place des programmes de fidélisation performants », explique
Reda El Mejjad. Une centaine de
recrutements sont prévus dans
les dix-huit prochains mois. n
Deeplink Medical veut
révolutionner la
téléradiologie grâce à l’IA
DR
NORMANDIE
réseau bancaire qui fait office de
distributeur et de prescripteur
de la solution d’Izicap dans le
cadre d’un partenariat technologique avec l’entreprise niçoise.
« Nous proposons notre solution
en marque blanche sous forme de
licence ou de partage de revenus
aux établissements bancaires,
qui peuvent l’intégrer à l’offre
monétique fournie aux commerçants », précise Reda El Mejjad,
son président fondateur.
LA TECHNOLOGIE
DEEPLINK MEDICAL
Date de création : 2014
Directeur général :
Hugues Lajoie
Chiffre d’affaires : 1,5 million
d’euros en 2018
Effectif : 27 personnes
Secteur : télémédecine
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
Pour développer une plateforme de téléradiologie adaptée
à leurs besoins, cinq radiologues ont créé, en 2014, Deeplink
Medical présidé par l’un d’eux,
Charles Journé. Ils se sont associés à Hugues Lajoie, directeur
général, et Jean-Yves Laugel,
expert en informatique. Pour la
financer, les fondateurs ont
réuni 800.000 euros avec des
business angels, contracté
350.000 euros de prêts et
cumulé 430.000 euros d’aides
publiques. Baptisée « Itis », leur
plate-forme, qui fonctionne en
mode SaaS, vise à révolutionner
la prise en charge des patients.
« Elle apporte une rupture par
rapport aux modèles existants en
encadrant le parcours de soins
dans sa globalité », explique
Hugues Lajoie. Par exemple, un
urgentiste accueillant un
patient peut faire sa demande
d’examen en la contextualisant
grâce à un assistant intelligent,
dont les algorithmes posent la
batterie de questions nécessaires. Ces informations sont transmises via Itis au radiologue qui
fait le choix du protocole. Les
images clefs lui sont renvoyées
afin qu’il les examine et rédige
son compte rendu, prérempli
par un éditeur intelligent.
Déclinable à d’autres soins
La confidentialité des données
est garantie. « Elles permettent
au médecin, au manipulateur et
au radiologue d’interagir de
manière sécurisée et asynchrone,
souligne-t-il. Le patient a la possibilité d’avoir un diagnostic
rapide, notamment en urgence de
nuit, et d’être pris en charge
même si le radiologue n’est pas
sur place. » A ce jour, le logiciel
Itis est déployé dans 50 centres
hospitaliers. La technologie a
fait l’objet cet été d’une publication dans la revue « Radiology »
avec son partenaire Imadis.
« Notre concept est déclinable à
d’autres filières de soins, nous
l’avons déjà mis en application en
orthopédie et en oncologie »,
complète Hugues Lajoie. n
// 27
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
FINANCE
&MARCHES
LE PESO ARGENTIN
SOUS PRESSION
La démission surprise du gouverneur de la banque centrale argentine a plongé de nouveau le peso
dans la tourmente. La devise a
perdu en une journée jusqu’à 5,6 %,
après l’annonce du départ de Luis
Caputo, perdant ainsi une partie
des gains enregistrés ces derniers
jours. Des économistes évoquent
un désaccord avec le FMI sur la
politique monétaire. Le peso a
perdu 54 % de sa valeur en un an.
les
indices
Les
étrangers
désertent
un peu plus
le CAC 40
l Les non-résidents ne détiennent
plus que 42,7 % des actions
françaises du CAC 40.
l Du jamais-vu depuis 2010.
l Ils ont vendu pour plus
de 9 milliards d’actions en 2017.
BOURSE
Pierrick Fay
@pierrickfay
Depuis le début de l’année, les investisseurs étrangers ont massivement retiré leurs capitaux des
actions européennes. Selon les chiffres de Bank of America-Merrill
Lynch, les fonds investis sur la zone
euro ont subi 27 semaines de sorties
nettes de capitaux au cours des
28 dernières semaines. Le mouvement n’est pas récent et il se confirme aussi pour la France au travers des données de la Banque de
France. Pour la quatrième année
d’affilée, les non-résidents ont
réduit leur position sur les actions
françaises du CAC 40 (34 valeurs en
fait, car ArcelorMittal, EADS, LafargeHolcim, Solvay, STMicroelectronics et Technip sont exclus, leur
siège social étant établi à l’étranger).
A fin 2017, ils détenaient 569 milliards d’euros dans le capital de ces
entreprises, soit un taux de détention de 42,7 %. C’est le taux le plus
bas depuis 2010. Il était monté il y a
quatre ans à 47,8 %.
A l’inverse, après trois années de
baisse, la détention des non-résidents dans les sociétés françaises
h o r s C AC 4 0 a a u g m e n t é d e
0,6 point de pourcentage, à 28 %. Au
total, les non-résidents ne détiennent que 37,4 % du capital des
actions françaises cotées (–1,7 point
sur un an). Les changements de
composition de l’indice (entrée
d’Atos à la place de Klépierre et la
fusion TechnipFMC dont le siège est
maintenant à l’étranger) ont contribué à abaisser le taux de détention
de 0,5 point de pourcentage. Mais ce
n’est pas la seule explication.
Les Américains
rapatrient leurs fonds
Selon la Banque de France, sur la
base des cours de fin 2016, les nonrésidents ont vendu pour 9,1 milliards d’euros d’actions du CAC 40
l’an dernier, quand les résidents y
ont investi à hauteur de 19,4 milliards d’euros. Une différence qui
explique la forte diminution du
taux de détention (–2,4 points)
d’une année sur l’autre. C’est la première fois depuis plusieurs années
qu’ils sont vendeurs nets. En 2016,
ils avaient encore acheté 5,2 milliards d’euros net.
Sans surprise, les principaux
détenteurs viennent de la zone euro
pour 44,6 %, des Etats-Unis pour
32,8 %, du Royaume-Uni pour 7,7 %,
le reste du monde ne pesant que
14,9 %. « De 2012 à 2017, la part de la
zone euro a augmenté de 3,6 points de
pourcentage et celle des Etats-Unis a
diminué de 1,4 point », selon l’étude
de la Banque de France. Beaucoup
d’investisseurs américains ont rapatrié leurs fonds vers les Etats-Unis.
« Il y a eu certainement, en fin d’année,
un impact de l’annonce de la réforme
fiscale américaine, qui a incité les
investisseurs à miser sur Wall Street
au détriment de l’Europe », avance
Christian Parisot chez Aurel BGC.
L’un des plus bas d’Europe
Conséquence des ventes réalisées
par les non-résidents, la part des
sociétés françaises du CAC 40 détenues majoritairement par des intérêts étrangers est tombée à 29 %, soit
10 des 34 sociétés françaises du
CAC 40. Un niveau bas, jamais vu
depuis 2008. C’est 9 sociétés de
moins par rapport à 2013. Dans
l’ensemble, constate Christophe
Guette-Khiter de la direction de la
balance des paiements à la BdF, « les
sociétés qui affichent les baisses les
plus importantes du taux de détention par les non-résidents en 2017
étaient parmi les plus investies par ces
derniers en 2016 ».
Le taux de détention par les étrangers reste d’ailleurs l’un des plus bas
d’Europe : 37 % pour l’ensemble des
sociétés cotées, contre un taux supérieur à 50 % en Espagne et en Italie, à
55 % en Allemagne, à 63 % au Royaume-Uni et même à 86 % aux PaysBas. « A la différence de la France, tous
ces pays enregistrent une hausse du
taux de détention par les non-résidents des actions cotées entre 2008
et 2017. » Le poids de la gestion
d’actifs en France, mais aussi les incitations à réorienter une partie de
l’assurance-vie vers les placements
en actions via les unités de compte
ont sans doute contribué à augmenter les investissements des Français
sur les valeurs du CAC 40. Tout
comme la bonne tenue de la Bourse.
Une étude de l’AMF a montré l’an
dernier que le taux de détention
d’actions et de placements collectifs
des Français a augmenté pour la
première fois depuis 2008, alors
que le nombre d’actionnaires individuels a augmenté de 22 %, à
3,67 millions, en mars 2017. n
La volatilité fait fuir les investisseurs étrangers
Selon la Banque de France,
les investisseurs non
résidents privilégient les
actions les moins volatiles.
Le secteur financier
en a fait les frais en 2017.
Fin 2017, les étrangers ne détenaient plus que 55 % du stock de
dettes émises par l’Etat français, du
fait des achats de la Banque centrale
européenne (via la Banque de
France) dans le cadre de son plan de
rachat d’actifs. Pour les actions
françaises, la BCE n’y est pour rien.
La raison de la baisse de la détention de la part des étrangers dans le
CAC 40 se trouve ailleurs. Et selon la
Banque de France, l’une des principales explications viendrait de la
volatilité. Les investisseurs étrangers sont moins investis dans les
actions « dont les cours sont les plus
volatils », ce qui se vérifie quasiment chaque année depuis 2008.
« Cela traduit la préférence des investisseurs étrangers pour les valeurs les
plus stables. »
Montée du risque politique
Christophe Guette-Khiter, l’auteur
de la note, s’appuie sur une analyse
économétrique de l’effet de la volatilité. « Les résultats indiquent clairement un impact négatif sur les investissements non résidents. Toutes
choses égales par ailleurs, les actions
les plus volatiles pour un trimestre
donné sont relativement moins
investies par les non-résidents au trimestre suivant », ces derniers privilégiant alors les actions ayant
connu « une croissance plus forte de
leur valeur au trimestre précédent ».
Une forme de prime à la performance de la part d’investisseurs
moutonniers.
Or, l’année 2017 a été marquée par
un retour de la volatilité dans la zone
investisseurs des sociétés financières puisqu’ils ont retiré, en 2017,
5,6 milliards d’euros, net, de ce secteur. D’abord, parce que le contexte
de taux bas en Europe n’incitait pas
à investir sur des valeurs dont les
marges sont sous pression. Ensuite,
parce qu’il a fini par être assimilé,
dans l’esprit des investisseurs, au
risque politique dans la zone euro,
en raison des difficultés des banques italiennes ou allemandes. Les
banques avaient tendance à dévisser à la moindre mauvaise nouvelle
concernant l’intégrité de la zone
euro.
Préférence pour le DAX,
plus industriel
Les valeurs financières européennes n’ont pas eu les faveurs
des investisseurs étrangers en 2017. Photo Shutterstock
euro, en Italie (après l’échec du référendum constitutionnel et la démission de Matteo Renzi), mais aussi en
France avant le premier tour de
l’élection présidentielle. Les investisseurs ayant une aversion pour le risque sont « allés vers les actions jugées
les moins risquées, dont les américaines », rappelle Christian Parisot
chez Aurel BGC. « De fait, l’Europe a
peut-être payé la montée du risque
politique et les incertitudes, notamment au début 2017 en France avant
les élections. Il m’arrive de lire la version anglaise du “Nikkei Weekly” et la
façon dont le magazine traite la vie
politique européenne n’est sans doute
pas très rassurante pour un investisseur japonais par exemple. »
Seul le secteur
technologies et
télécoms a enregistré
une hausse de sa part
de détention
non résidente.
Pour Christian Parisot, « ce n’est
pas une défiance vis-à-vis de la France
ou de son économie », les chiffres
d’EPFR montrant que la sortie des
non-résidents touchait globalement les actions de la zone euro.
Cela se traduit notamment par
les dégagements importants des
Mais les valeurs françaises ont
aussi pu pâtir d’un arbitrage au profit du DAX contre le CAC 40 en 2017.
« L’année dernière, les marchés ont
joué la reprise économique portée
par l’industrie avec de bonnes statistiques sur le commerce mondial. Un
environnement qui profite plus aux
valeurs industrielles du DAX. » Les
investisseurs non résidents ont
d’ailleurs vendu pour 3 milliards
d’euros d’actions du secteur santé et
biens de consommation, des
valeurs plus défensives.
Finalement, seul le secteur technologies et télécoms a enregistré
une hausse de sa part de détention
non résidente, dans le sillage de la
belle performance du Nasdaq américain. En 2017, « les technologies ont
été l’un des thèmes majeurs sur les
marchés et si vous voulez jouer ce secteur, vous avez peu de choix en
Europe », poursuit Christian Parisot. Un secteur qui prend un peu
plus d’importance toutefois avec les
entrées d’Atos, de STMicroelectronics et de Dassault Systèmes depuis
mars 2017.
— P. Fay
28 // FINANCE & MARCHES
Rothschild & Co
accélère
aux Etats-Unis
BANQUE
D’AFFAIRES
Les revenus de
la banque d’affaires
ont franchi la barre
des 636 millions
d’euros dans le
monde au premier
semestre.
Un niveau inédit
dans l’histoire
du groupe.
Anne Drif
@Annedrif
Rothschild & Co est en ordre de
bataille pour sa percée aux
Etats-Unis. Son métier historique de conseil financier a
généré 636 millions d’euros
dans le monde au premier
semestre, affichant une croissance de 15 %, sur un total de
revenus de 1 milliard d’euros. Il
s’agit des « revenus les plus élevés
jamais enregistrés pendant cette
période », commente Alexandre
de Rothschild, président exécutif de Rothschild & Co depuis
mai dernier, dans un communiqué. « Nous conservons notre
premier rang mondial dans le
conseil en fusions-acquisitions
par le nombre d’opérations. Nos
marges restent à un niveau
élevé », ajoute-t-il. La banque
d’affaires a vu son bénéfice net
bondir de 56 % à 164 millions
d’euros sur les six premiers
mois de l’année, tous métiers
confondus, malgré une hausse
de 17 % de ses charges de personnel, à 583 millions d’euros.
Elle a été particulièrement
active au Royaume-Uni, souligne Olivier Pécoux, managing
partner de Rothschild & Co
Gestion et président des activi-
+15 %
DE CROISSANCE
des revenus de l’activité de
conseil financier au premier
semestre 2018, par rapport
au premier semestre 2017.
tés mondiales de conseil financier du groupe. En dépit des
effets du Brexit, le groupe a participé à des transactions significatives, comme la scission de
Prudential (47 milliards de
livres) et l’OPA de Melrose sur
GKN (8,1 milliards de livres).
Offensive américaine
Renforcé par un nouvel étatmajor avec François Pérol et
Robert Leitão, le groupe accélère surtout son offensive sur le
marché nord-américain. « La
contribution de l’Amérique du
Nord à nos revenus a crû de 66 %
d e p u i s 2 01 5, n o t e O l i v i e r
Pécoux. Notre dispositif de
160 banquiers actifs, tant sur la
côte Est que la côte Ouest des
Etats-Unis, se renforce progressivement, avec le recrutement tous
les ans de cinq à dix managing
directors en M&A. »
Ces six premiers mois,
Rothschild & Co a notamment
appuyé Coca-Cola pour l’acquisition du britannique Costa Coffee (5,1 milliards de dollars),
Pinnacle Foods pour sa cession
à Conagra Brands (10,9 milliards de dollars) ou encore
Energy Future dans le cadre de
sa restructuration financière
(41,8 milliards de dollars). Sur
ce marché, « notre stratégie en
Amérique du Nord repose sur le
développement de grands secteurs : les biens de consommation, la tech, la santé et le secteur
financier, à la fois en M&A et en
restructuration de dette », précise Olivier Pécoux.
Autre signe de l’importance
des Etats-Unis désormais,
Rothschild & Co, vient d’y lever
son premier fonds d’investissement, à hauteur de 655 millions
d’euros, pour y cibler les entreprises de taille moyenne.
Les deux autres métiers de
Rothschild & Co, le capital-investissement et la banque privée, sont, eux aussi, sur une
bonne trajectoire. Les revenus
ont progressé de 57 % à 105 millions d’euros en « merchant
banking ». Ceux de la banque
privée, qui gère 69 milliards
d’euros et intègre les activités de
Martin Maurel, que Rothschild
a acquis en 2016, croissent plus
lentement (+3 %). n
en bref
Le manque de volatilité pèse
sur les résultats d’ABC Arbitrage
BOURSE ABC Arbitrage a connu un début d’année moins bon
qu’en 2017. Son produit d’activité s’est établi à 18,6 millions
d’euros, contre 21 millions à la même époque l’an dernier. Le
résultat net a reculé de 14 %, à 8,5 millions d’euros. En cause, la
faible volatilité des marchés, malgré le pic enregistré en février,
qui n’a duré que quelques semaines. Une situation qui rend très
difficile les stratégies d’Arbitrage. En outre, selon le groupe, les
opérations de fusions-acquisitions sur les sociétés cotées ont
pâti des tensions géopolitiques, rendant moins effectives l’une
des stratégies d’investissement d’ABC Arbitrage en période de
faible volatilité. Le groupe a néanmoins maintenu son acompte
sur dividende au même niveau que l’an dernier.
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
Crédit Agricole décidé à faire
appel contre la BCE
l Sauf surprise, la banque va faire appel auprès de la Cour de justice de l’Union
européenne de la sanction de 4,8 millions d’euros infligée cet été par la BCE.
l Une sanction qui passe mal, à la fois en interne et même en coulisses,
auprès des autorités françaises.
BANQUE
Edouard Lederer
@EdouardLederer
L’indignation reste intacte au sein
du Crédit Agricole. Deux mois après
s’être vu infliger une amende de
4,8 millions d’euros par la Banque
centrale européenne (BCE), le
groupe mutualiste est sur le point
de lancer la contre-attaque. Selon
nos informations, Crédit Agricole
SA va faire appel ce mercredi de
cette sanction qui passe mal, à la
fois en interne et même en coulisses,
auprès des autorités françaises.
Cette décision du superviseur
bancaire européen remonte précisément au 16 juillet. Sauf coup de
théâtre, le dépôt de cet appel devant
la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) doit intervenir d’ici
à mercredi, dernier jour du délai
légal dont dispose la Banque verte.
Cette démarche rare souligne la
tension sur ce dossier entre le
groupe français et la BCE. C’est la
deuxième fois dans l’histoire de la
jeune institution francfortoise
qu’une banque conteste une de ses
amendes auprès de la CJUE.
Une amende limitée
mais très mal perçue
Cette pénalité de la BCE – rendue
publique par la banque centrale à la
fin du mois d’août – reste limitée à
l’échelle du groupe. Il s’agit de trois
sanctions — 4,8 millions d’euros
répartis entre Crédit Agricole SA
(4,3 millions d’euros), Cacib
(300.000 euros) et CA Consumer
Finance (200.000 euros), sa filiale
de crédit à la consommation. La
Banque verte avait immédiatement
précisé qu’elle se réservait la possibilité de les contester. Les montants
avaient toutefois déjà été comptabi-
La sanction avait suffisamment ulcéré la Banque verte pour qu’elle critique publiquement
la décision de son superviseur. Photo DR
lisés dans ses comptes présentés
début août.
Sur le fond, l’affaire se résume à
un problème de principe qui a visiblement dégénéré en dialogue de
sourds. Dans sa décision de juillet,
Francfort reprochait à l’établissement « d’avoir classé des instruments de fonds propres comme des
instruments de CET1 [les plus solides, NDLR] » en 2015 et 2016 « sans
avoir obtenu l’autorisation préalable
de l’autorité compétente ». La banque centrale ne critique pas tant la
qualité des fonds propres ajoutés
par Crédit Agricole à son capital,
qu’un problème de forme.
Une sanction qui avait suffisamment ulcéré la Banque verte pour
qu’elle critique publiquement la
décision de son superviseur. Crédit
Agricole avait ainsi précisé que,
sans avoir demandé d’autorisation
préalable, « la BCE avait néanmoins
été préalablement informée de ces
opérations à l’occasion de l’actualisation régulière de notre capital planning, que nous lui soumettons ». « En
somme, la banque estime avoir été
sanctionnée pour avoir renforcé ses
fonds propres », peste une source
proche de la banque. Une thèse
qu’on n’est pas loin de partager au
sein des pouvoirs publics. « La BCE
n’avait fixé aucune procédure pour
être saisie. Crédit Agricole a dans certains cas saisi la BCE qui a tardé à
donner son accord », estime une
source officielle française. « Maintenant, il faudra voir si la justice européenne aura à se prononcer sur le
montant de l’amende ou seulement
sur le fond. » Le superviseur européen n’a, de son côté, pas souhaité
commenter. n
DÉCRYPTAGE // Pour défendre leurs spécificités, les banques contestent de plus en plus
de décisions de la BCE devant les tribunaux.
Les banques françaises multiplient
les recours face à Francfort
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
avec E.Le.
C
rédit Agricole n’est pas la
première banque française
à contester en justice une
décision du régulateur bancaire
européen. Ces derniers mois, plusieurs banques françaises se sont
associées pour engager une procédure conjointe contre la B CE
auprès de la Cour de justice de
l’Union européenne (CJUE) afin de
remettre en cause l’impact sur leurs
fonds propres de leur contribution au Fonds de résolution unique
– cette réserve de fonds créée pour
éviter de mobiliser de l’argent
public en cas de faillite bancaire.
Par ailleurs, fin 2016, les six principales banques françaises ont saisi la
CJUE pour contester la méthode de
calcul de Francfort de leur ratio de
levier. Sur ce sujet, elles ont d’ores et
déjà obtenu gain de cause. En juillet
dernier, Luxembourg a notamment
estimé que « la BCE s’est trompée en
droit et a commis des erreurs manifestes d’analyse ». « Historiquement, les
banques françaises résolvaient leurs
litiges réglementaires plus discrètement, en échangeant avec leur régulateur national, mais avec la BCE cela
n’est plus possible », explique un avocat, spécialiste du secteur. Or pour
les établissements, les enjeux finan-
ciers liés aux arbitrages de Francfort
sont considérables.
« Une vraie mobilisation »
Dans le litige portant sur le Fonds de
résolution européen, l’enjeu peut
porter pour une grande banque,
comme BNP Paribas, sur près de
10 points de base de son ratio CET1.
Du coup, les établissements s’organisent pour faire valoir ce qu’ils estiment être leurs droits : « Il y a une
vraie mobilisation de la place pour
évaluer, selon les décisions de la BCE,
les possibilités de les contester en justice ou non. Les cabinets d’avocats
s’équipent aussi avec des hubs à
Francfort pour traquer les sujets
réglementaires qui font débat »,
détaille cet avocat.
La voix contentieuse n’est toutefois pas réservée aux banques françaises. En mars, la banque espagnole Sabadell avait aussi contesté
une décision de la BCE concernant
ses fonds propres. « A partir du
moment où un même superviseur
fixe les règles pour toutes les banques
de la zone, chaque banque se sent forcément mal traitée, et ce d’autant plus
que la BCE s’est attaquée aux exceptions nationales qui permettent aux
banques de la zone euro de gonfler
leurs fonds propres », analyse un
banquier français. Un autre tempère
toutefois : « Les petits pays sont forcément moins enclins à aller contre les
décisions du régulateur européen… »
Pour la BCE, c’est paradoxalement un bon signal : Francfort est
devenu le superviseur des grandes
banques européennes précisément
pour éviter d’éventuels arrangements entre les autorités nationales
et leurs banques, qui pourraient
mettre en péril la stabilité financière. Voir aujourd’hui émerger des
contentieux sur la place publique
pourrait donc être le signe d’une
indépendance renforcée des superviseurs bancaires. n
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
Ostrum annonce une importante
cure d’austérité
haite à terme favoriser l’émergence
d’au moins une dizaine de fonds à
p l u s i e ur s m i l l ia r d s d ’e u r o s .
« L’asset management est un métier
d’économies d’échelle. Au-delà du
milliard d’euros, la rentabilité marginale d’un fonds devient extrêmement
importante. » Le projet de RCC
annoncé ce mardi apporte la touche finale au plan de transformation de l’ex-Natixis Asset Management. Ce dernier, qui était souvent
vu comme un Etat dans l’Etat au
sein du groupe de gestion de
Natixis, est bel et bien sur le point de
devenir un « affilié comme les
autres ». Ses filiales Mirova, Dorval,
H2O et dernièrement Seeyond, « ne
seront plus des filles, elles deviendront des sœurs ». Autrement dit,
elles sont désormais, elles aussi,
filiales de la structure faîtière
Natixis IM (anciennement NGAM).
GESTION
La société de gestion
veut réduire ses coûts
de 25 % en deux ans
et envisage 50 départs
volontaires au sein
de ses équipes
parisiennes.
Sophie Rolland
@Sorolland
Ostrum Asset Management
(a n c i e n n e m e n t Na t i x i s A M )
poursuit sa réorganisation. Son
directeur général, Matthieu
Duncan, a annoncé mardi aux
salariés qu’il voulait réduire les
coûts de 25 % d’ici à fin 2020. La
cure d’austérité de la société – qui
refuse de communiquer son coefficient d’exploitation – passera
par une diminution de 12 % des
dépenses externes. Mais surtout
par une réduction significative
des effectifs.
Rupture conventionnelle
collective
La société a ouvert une procédure
de consultation avec les syndicats
en vue de déclencher un dispositif
de rupture conventionnelle collective (RCC). « Le projet de RCC pourrait donner lieu à cinquante départs
volontaires parmi les équipes parisiennes d’ici à fin 2020 », a indiqué
Matthieu Duncan. Cela représente
environ 10 % des effectifs en CDI. En
parallèle, l’internationalisation se
poursuit. « Nous allons développer
nos compétences en gestion crédit en
Asie où une équipe est en train d’être
recrutée. »
Transferts d’effectifs
à la maison mère
Matthieu Duncan, directeur général d’Ostrum, a annoncé mardi
une diminution de 12 % des dépenses externes de la société.
Photo Jacques Graf
Deux tiers de ces suppressions de
postes sont liées à la rationalisation
de l’offre. « Le nombre de portefeuilles (fonds ouverts, dédiés, mandats, poches de gestion) va diminuer
de 30 % d’ici à 2020. » Une question
de bon sens pour le Franco-Américain. « Quand je suis arrivé, il y a
deux ans et demi, 80 % des encours
sous gestion étaient concentrés dans
8 % des portefeuilles. Parmi les 92 %
restants, il y a de tout petits fonds, ce
qui n’est pas très efficace et, in fine, ne
profite pas à nos clients. »
Concentrée sur les fonds phares,
l’offre sera aussi recentrée sur la
gestion active fondamentale.
Ostrum compte par ailleurs développer son offre en dette privée
dans l’immobilier, l’infrastructure
et l’aviation. « Aux côtés des équipes
parisiennes, la société déploiera cette
expertise aux Etats-Unis et en Asie
dès 2019. A horizon 2020, la société de
gestion vise 6 milliards d’euros
d’encours sur cette classe d’actifs. »
Le plus gros affilié de la galaxie
Natixis Investment Managers sou-
Paiements internationaux : les
banques misent sur la blockchain
PAIEMENT
JP Morgan a convaincu
75 banques de rejoindre son réseau Interbank Information
Network.
L’enjeu est d’accélérer
les transactions
financières grâce
à la blockchain.
Etienne Goetz
@etiennegoetz
et Solenn Poullennec
@SolennMorgan
La blockchain aiguise décidément
l’intérêt des banques pour faciliter
la réalisation des paiements internationaux. La banque américaine
JP Morgan a annoncé mardi avoir
convaincu 75 banques de tous les
horizons de rejoindre le réseau
Interbank Information Network
(IIN) pour tirer parti de cette
technologie propre aux cryptomonnaies, dont le bitcoin. Parmi
celles-ci figurent Santander, AIB,
UniCredit, mais aussi la Société
Générale et Crédit Agricole SA.
Ce projet a été lancé en 2017 par
l’établissement américain en
partenariat avec Royal Bank of
Canada et ANZ. « Au moment du
lancement du pilote, nous avons rencontré un intérêt phénoménal de la
part des banques correspondantes »,
assure Emma Loftus, responsable
des paiements chez JP Morgan
Treasury Services dans un communiqué. Les banques correspondantes sont celles auprès desquelles
d’autres établissements ouvrent
des comptes pour réaliser des
paiements internationaux.
Aujourd’hui, une petite partie de
ces transactions peuvent donner
lieu à des allers-retours entre établissements financiers pour des
raisons de format ou de conformité. Par exemple, si la banque
recevant l’ordre de paiement
soupçonne que celui-ci provient
d’un pays sous embargo, elle va
demander des informations complémentaires. Ce type de vérifications peut prendre plusieurs jours.
L’objectif du projet lancé par
JP Morgan est de ramener ces
délais à quelques heures.
Des délais ramenés
à quelques heures
« Nous pensons que IIN va considérablement améliorer les paiements
transfrontaliers, surtout au fur et à
mesure que davantage de banques
participeront au projet », explique
Emma Loftus. « Nous sommes
insuffisamment avancés dans l’aventure pour dire d’emblée à quelles
conditions on avancera ou pas. Toutefois, il y a un beau faisceau de présomptions pour penser que d’ici à la
fin 2019, cette blockchain soit quelque
« Il y a encore
beaucoup
d’obstacles à
surmonter pour
utiliser la
technologie
blockchain du début
jusqu’à la fin du
paiement. »
JEAN-FRANÇOIS MAZURE
Responsable du
« cash clearing »
à la Société Générale
chose d’utilisé chez nous, au moins à
titre complémentaire », explique
Jean-François Mazure, responsable des activités de « cash clearing »
à la Société Générale.
Une meilleure expérience
client
« Pour nous, l’intérêt principal de
[cette solution, NDLR] est une
meilleure expérience client »,
complète le professionnel. Les
banques sont d’autant plus soucieuses d’améliorer leurs systèmes de paiements internationaux qu’elles sont confrontées à
l ’é m e r g e n c e d e n o u v e a u x
acteurs, tels que TransferWise.
Le risque pour elles est que de
nouveaux entrants les concurrencent fortement en termes de
coûts mais aussi de fluidité du
service rendu. « Si les banques
perdent le lien quotidien avec leurs
clients et ne répondent plus à une
attente assez basique qui consiste
à réaliser des paiements, je crains
que cela ne desserve la relation
d’ensemble avec ces clients, y compris pour ce que la banque offre de
plus sophistiqué et complexe »,
avance Jean-François Mazure.
Dans cette bataille, les initiatives
autour de l’usage de la blockchain
dans les paiements sont multiples.
La start-up Ripple a ainsi réussi à
aiguiser l’intérêt d’une centaine
d’institutions pour les paiements
internationaux. La portée de la
technologie pour le secteur reste
cependant encore discutée. « Il
nous semble qu’il y a encore beaucoup d’obstacles à surmonter pour
utiliser la technologie blockchain du
début jusqu’à la fin du paiement.
Cependant, pour régler dans la
chaîne du paiement des difficultés
particulières, alors oui, elle nous
semble pouvoir aider », analyse
Jean-François Mazure. n
En termes d’effectifs, au 25 septembre, Ostrum AM comptait 550 collaborateurs (dont 528 CDI). Le
1er octobre prochain, elle en comptera déjà moins de 370. Suite à la
création, au niveau de Natixis IM,
d’une plate-forme de solutions
d’investissement chargée d’assembler les compétences des 28 affiliés,
56 personnes du pôle « investissement et solutions clients »
d’Ostrum y seront alors transférées.
A la même date, l’administration de
l’ensemble des fonds de la galaxie
Natixis sera également regroupé au
niveau de Natixis IM, ce qui représente un transfert de 126 personnes.
« Au 1er octobre, tous les grands chantiers organisationnels de notre plan
stratégique seront achevés », se félicite Matthieu Duncan. n
BPCE engage
la cession de ses
banques africaines
BANQUE
Le groupe mutualiste est entré en
négociations exclusives avec la banque
marocaine BCP.
Elle va lui céder
plusieurs banques
au Cameroun,
à Madagascar,
en République du
Congo et en Tunisie.
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Le recentrage stratégique de
BPCE se poursuit. Le groupe
bancaire mutualiste a annoncé
mardi être entré en négociations
exclusives pour céder la quasitotalité de ses banques africaines au groupe marocain BCP,
dont il détient 4,5 %. BPCE va
ainsi lui céder ses participations
majoritaires dans la Banque
internationale du Cameroun
pour l’épargne et le crédit
(BICEC), la Banque malgache de
l’Océan indien (BMOI) et la Banque Tuniso-Koweïtienne (BTK)
ainsi que la totalité de sa filiale au
Congo, la Banque Commerciale
Internationale (BCI).
Ces filiales pèsent très peu
dans les revenus du groupe
BPCE : au total en 2017, la banque
a publié un produit net bancaire
d’un peu plus de 160 millions
d’euros dans ces quatre pays,
contre 18,6 milliards d’euros en
France. Près de 2.000 personnes
travaillent néanmoins dans ces
quatre banques. Avec ces cessions – dont BPCE ne dévoile pas
le montant – le groupe mutualiste confirme l’accélération de
son recentrage stratégique
mené par son nouveau président Laurent Mignon. Si l’Afrique tenait une place de choix
dans les ambitions de BPCE
dans son plan stratégique qui
courrait jusqu’en 2017, le groupe
estime désormais qu’il n’a plus la
taille critique pour continuer
d’investir. BPCE était la dernière
banque mutualiste française
présente sur le continent. Seules
les banques françaises dites
commerciales, BNP Paribas et
surtout la Société Générale, ont
encore des ambitions sur le
continent.
Le cap sur l’Europe
Après ces cessions BPCE ne
disposera plus que de deux participations dans des banques
africaines : une participation de
20 % au capital de la banque
malienne BNDA et sa participation dans BCP – celle même qui
s’est portée acquéreur des
autres activités africaines de
BPCE. A l’international, BPCE a
désormais mis le cap sur
l’Europe. « Quand on réfléchit en
tant que groupe, on observe qu’il
y a un développement de la pratique bancaire qui va converger en
Europe ; il y a une Europe des
paiements qui se consolide. Nous
pouvons créer, également,
autour des métiers de services
financiers, des acteurs qui vont
être présents sur plusieurs
pays », expliquait récemment
Laurent Mignon dans une
interview aux « Echos ». n
Résultats du 1er semestre 2018
Résistance des performances opérationnelles à taux de
change, nombre de jours ouvrés et périmètre constants par
rapport au 30 juin 2017
— Chiffre d’affaires à 1 178 M€ en baisse de 0,6 % (- 2,2 % en
données publiées)
— Marge brute à 286 M€ en repli de 1,3 % (- 2,9 % en données
publiées) ; taux de marge brute à 24,3 % (- 0,2 point)
— EBITDA à 36 M€ en recul de 12,7 % (- 15,9 % en données
publiées) ; taux de marge d’EBITDA à 3,1 % (- 0,5 point)
— Poursuite de la transformation du modèle économique d’Antalis
vers les secteurs de l’Emballage et de la Communication Visuelle
— Recentrage sur les marchés et les zones les plus dynamiques
avec la cession des filiales en Afrique du Sud et au Botswana,
prévue fin septembre 2018
— Résultat net en perte de 16 M€ après 20 M€ de charges non
récurrentes nettes
Leader européen et 1er groupe mondial
(hors États-Unis) de la distribution
professionnelle de Papiers et de
produits d’Emballage industriel et
2ème distributeur de supports pour la
Communication Visuelle en Europe.
Hervé Poncin, Directeur général d’Antalis a déclaré : « Lors du 1er semestre,
Antalis a enregistré une marge d’EBITDA à 3,1 % reflétant notre capacité à passer
avec constance des hausses de prix aux marchés dans le secteur Papiers et la
solide croissance de l’Emballage. La transformation de notre modèle économique
vers les secteurs d’activité et les régions les plus dynamiques tout en consolidant
nos positions sur notre marché historique se poursuit. Grâce aux acquisitions
réalisées au 1er semestre et en tenant compte de la prochaine cession de nos
activités en Afrique du Sud, le poids de l’Emballage et de la Communication
Visuelle représente 37 % de la marge brute du groupe, en progression de
3 points par rapport au 1er semestre 2017. »
Perspectives
Au 2nd semestre, Antalis poursuivra sa politique de hausse des prix de vente
dans le secteur Papiers. Le groupe devrait bénéficier de l’amélioration de son
mix produits liée aux opérations de croissance externe dans les secteurs de
l’Emballage et de la Communication Visuelle et à l’impact relutif de la cession
de ses filiales en Afrique du Sud et au Botswana, essentiellement centrées sur
le secteur Papiers.
Dans le contexte actuel de baisse des volumes dans le marché du papier, le
secteur de la distribution devrait connaitre des opérations de consolidation à
moyen terme. Fort de sa position de leader, Antalis entend continuer d’y jouer
un rôle prépondérant.
À périmètre et taux de change constants, Antalis devrait réaliser un chiffre
d’affaires 2018 en léger recul par rapport à celui réalisé au titre de l’exercice
2017 et dégager une marge d’EBITDA entre 3,0 % et 3,4 %.
Relations actionnaires
8, rue de Seine - 92100 Boulogne-Billancourt - Tél. 01 58 04 21 90 Email : contact@antalis.com - www.antalis.com
Code ISIN : FR0013258589 - Mnémonique : ANTA
Chiffre d’affaires
EBITDA
– 2,2 %
3,1 % du CA
1 178 M€
36 M€
Contribution* à la marge Brute
de l’Emballage et
de la Communication Visuelle
37 %
* Retraitée de la cession des filiales en Afrique du Sud,
prévue fin septembre 2018.
30 // FINANCE & MARCHES
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
Nouveau bouleversement à la
tête de Louis Dreyfus Company
MATIÈRES
PREMIÈRES
Le groupe a annoncé
les démissions simultanées de son directeur général et de son
directeur financier.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
C’est une nouvelle secousse chez
Louis Dreyfus Company (LDC). Le
géant du négoce de matières premières agricoles vient de voir partir
simultanément son directeur général et son directeur financier.
Après trois années à la tête du
group e, le premier, Gonzalo
Ramírez Martiarena a donné sa
démission « pour se consacrer à
d’autres projets », annonce LDC. Le
second, Armand Lumens, a fait de
même « pour des raisons personnelles », après dix-huit mois à ce poste.
C’est l’actuel responsable de la stratégie, le Britannique Ian McIntosh,
dans le groupe depuis 1986, qui a
pris mardi la direction de l’entreprise. Federico Cerisoli, jusqu’alors
adjoint, prend la direction finan-
C’est le Britannique Ian McIntosh, chez LDC depuis 1986,
qui dirigera désormais le géant du négoce agricole. Photo LDC
cière. Gonzalo Ramírez Martiarena
« a rempli son mandat avec succès,
qui était d’asseoir la solidité financière actuelle du groupe et de créer les
conditions nécessaires à la prochaine
phase de croissance de la société »,
assure Margarita Louis-Dreyfus,
présidente du conseil de sur veillance de Louis Dreyfus Commodities Holdings BV (LDCH), le
groupe familial dont elle a pris le
contrôle en 2011.
Bénéfice en hausse en 2017
LDC avait mis près de dix-sept mois
à trouver son précédent « CEO »
– non sans mal –, avant de désigner
Gonzalo Ramírez en septembre 2015. Avant lui, quatre directeurs généraux – permanents (dont
un qui n’a pas pris le poste) ou par
intérim – s’étaient succédé en quatre ans. Les démissions soudaines,
annoncées mardi, n’ont « absolument aucun rapport » avec la publication à venir des résultats, indique
une p orte -parole. Le group e
publiera le 8 octobre ses chiffres du
premier semestre. En 2017, l’entreprise a amélioré son bénéfice, qui a
atteint 317 millions de dollars,
contre 305 millions un an plus tôt.
L’excès de matières premières agricoles dans le monde ces dernières
années a mis fin, pour l’ensemble
du secteur du négoce, à une période
de gains exceptionnelle au début
des années 2010. En 2012, le bénéfice avait dépassé 1 milliard.
Face à des conditions de marché
difficiles et à l’érosion de ses
marges, LDC a réduit ses investissements et a cherché à se recentrer
sur ses activités historiques, les
céréales et les oléagineux. Sous la
direction de Gonzalo Ramírez, le
groupe a ainsi vendu ses activités de
trading de métaux. Il a également
cédé ces activités dans les intrants
en Afrique et en Australie. En
décembre dernier, LDC a liquidé sa
filiale de gestion d’actifs Edesia
Asset Management que dirigeait
Ian McIntosh. n
LA SÉANCE DU 25 SEPTEMBRE 2018
La Bourse
de Paris
échoue sous
les 5.500 points
La Bourse de Paris a fini de
•justesse
en hausse, mardi. Le
CAC 40 a progressé de 0,05 %, à
5.479,10 points, manquant
ainsi son retour au-dessus des
5.500 points en clôture. Le
volume d’échanges moyen a
atteint 3,6 milliards d’euros.
Depuis le début de l’année, le
CAC 40 avance de 3,13 %. Alors
que les tensions commerciales
sino-américaines demeurent
en toile de fond, le marché est
resté sans tendance claire, dans
l’attente de l’annonce du resserrement monétaire de la
Réserve fédérale des EtatsUnis.
Le secteur pétrolier a bénéficié de la hausse marquée des
cours du baril. TechnipFMC a
gagné 3,80 % et Total 1,28 %.
Les constructeurs et équipementiers automobiles ont souffert après la révision à la baisse
par BMW de ses prévisions
annuelles, en raison notamment des tensions commerciales. Les trois plus fortes baisses
du CAC 40 ont été signées par
Pe u g e o t (–4,06 %), Va l e o
(–3,60 %), Renault (–1,98 %).
Michelin a cédé 1,66 %.
ST M i c r o e l e c t r o n i c s a
bénéficié du rebond de ses
homologues américains lundi
et a pris 1,70 %, tout comme
Soitec (+2,44 %).
Euronext a profité (+1,33 %)
du relèvement de sa recommandation par JP Morgan à
« surpondérer ».
Air France-KLM a perdu
3,51 %. Le directeur général
recevra finalement le 1er octobre
l’intersyndicale de la compagnie Air France.
Recylex a bondi de 12,78 %,
après l’accord trouvé par le
groupe avec ses créanciers.
Année faste pour les introductions
en Bourse dans le monde
Santander nomme
un poids lourd d’UBS
à sa direction générale
BOURSE
BANQUE
de l’économie américaine, soutenus par la politique pro-business de
Donald Trump. L’opération la plus
importante est celle de la filiale de
santé animale d’Eli Lilly, qui a
ramassé 1,7 milliard de dollars, miseptembre.
Sur les neuf premiers
mois, les fonds levés
sont en hausse
de 9 %, à 145,1 milliards
de dollars.
En Europe, les sociétés
hésitent
Laurence Boisseau
@boisseaul
2018 s’annonce encore meilleure
que 2017, qui avait été l’année la plus
active depuis la crise financière en
termes d’introduction en Bourse.
Sur les neuf premiers mois, les fonds
levés représentent 145,1 milliards de
dollars, contre 190 milliards sur la
totalité de l’exercice 2017, selon une
étude publiée par EY. En revanche, le
nombre d’IPO est en retrait.
1.000 sociétés ont fait leurs premiers
pas sur les marchés, contre 1.180 sur
les neuf premiers mois de l’an dernier. Le retour de la volatilité, les
craintes liées à la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis,
le Brexit expliquent que les entreprises sont plus réticentes à prendre le
chemin de la Bourse.
« La taille moyenne des opérations s’avère bien plus élevée qu’en
2017 », remarque Marc Lefevre,
associé chez EY. La Bourse de
Hong Kong a accueilli les trois plus
grosses opérations de l’année.
China Tower a signé, début août, la
plus importante levée de fonds
mondiale en Bourse (soit près de
6 milliards d’euros) depuis celle de
Postal Savings Bank of China il y a
d e u x a n s . X i a o m i av a i t d é j à
ramassé environ 5 milliards de
dollars en juillet. Quant à Meituan
Dianping, il a récolté un peu
plus de 4,2 milliards de dollars miseptembre.
Le marché américain a fait figure
de locomotive sur les neuf premiers
mois de l’année. 157 sociétés ont fait
leurs premiers pas sur le Nyse ou
sur le Nasdaq, soit 31 % de plus que
l’an dernier. Ces dernières ont levé,
au total, 43,8 milliards (+57 %). Une
dynamique qui résulte de la
confiance accrue des dirigeants
d’entreprise dans les perspectives
En Europe, les sociétés hésitent
désormais à s’introduire en Bourse.
Londres est devenu une destination
bien moins attractive que l’an dernier, avec seulement 37 mises sur le
marché pour 5,1 milliards de dollars
(en baisse de 49 %) : les conséquences du Brexit inquiètent les entreprises comme les investisseurs. Le reste
de l’Europe ne se porte pas mieux.
Les fonds levés en Allemagne sont
aussi en retrait (–26 %). Et ce malgré
deux grosses IPO, celles de Siemens
Healthineers et de DWS, au premier
semestre. En France, aucune introduction d’envergure (supérieure à
100 millions d’euros) n’a eu lieu.
Enfin, les opérations en Bourse
initiées par des fonds de « private
equity » ne sont pas très élevées.
Elles ne représentent que 10 % du
marché, contre 27 % en 2014. Tant
l’inflation sur les prix que la perspective de pouvoir céder la totalité des participations en un bloc
expliquent que les fonds d’investissement ne privilégient plus
l’entrée sur les marchés. n
Le marché français n’attire que des PME
Seulement quinze opérations ont eu lieu, dont
onze sur Euronext Growth
(nouveau nom d’Alternext).
Consolis, le spécialiste du béton
préfabriqué a dép osé mardi
auprès du gendarme des
marchés financiers son document de base. C’est la première
étape de son projet d’introduction en Bourse. L’entreprise souhaite lever 135 millions d’euros
sur Euronext Paris. Si elle y parvient, elle récoltera trois fois
plus que 2CSRI, la plus grosse
mise sur le marché depuis le
mois de janvier.
Cette année, la France est la lanterne rouge de l’Europe en termes
d’IPO. Seulement quinze opérations ont eu lieu, dont onze sur
Euronext Growth (nouveau nom
d’Alternext), marché alternatif
pour les entreprises de taille
moyenne (PME-ETI) qui ne disposent pas des ressources nécessaires
pour satisfaire les conditions d’un
marché réglementé.
« Depuis le début de l’année,
337 millions d’euros ont été levés,
contre 1,8 milliard sur la même
période en 2017. Il faut remonter à
2012 pour voir des montants aussi
faibles sur une base annuelle. En
moyenne, les mises en Bourse ne
dépassent pas les 22 millions d’euros.
La Bourse séduit toujours les PME,
mais n’attire pas les opérations
d’envergure », regrette Marc
Lefevre, associé EY.
Malchance
Paris a joué de malchance. Trois
sociétés importantes ont renoncé à
leur projet d’introduction pour des
raisons diverses. Mi-février, Novares a jeté l’éponge, en raison de
mauvaises conditions de marché.
Autodis a fait de même en mai, pour
les mêmes raisons. Quant à Delachaux, le fonds CVC, actionnaire, a
préféré céder sa participation à la
Caisse de dépôt et placement du
Québec plutôt que de faire coter le
groupe d’équipements ferroviaires.
Dans les tuyaux, sur le prochain
trimestre, les opérations sont, pour
l’instant, de taille plus importantes.
Neoen, le développeur de parcs
solaires et éoliens, a annoncé vouloir lever 450 millions d’euros la
semaine passée. Quant à MedinCell, cette société pharmaceutique
technologique compte réaliser une
augmentation de capital comprise
entre 30 et 50 millions d’euros. Si
cette dernière venait à rencontrer
un succès certain auprès des
investisseurs, d’autres biotechs
pourraient suivre le même chemin.
— L. Boi.
Le patron de la
banque d’investissement d’UBS devient
le numéro deux
de Santander.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
avec Cécile Thibaud
— Correspondante à Madrid
Remaniement surprise au
sommet de la finance européenne. Santander a annoncé
mardi soir avoir nommé l’Italien Andrea Orcel au poste de
directeur général. Celui qui dirigeait jusque -là la banque
d’investissement d’UBS remplacera ainsi, à partir du 1er janvier, José Antonio Alvarez aux
commandes de la première
banque de la zone euro (par la
capitalisation boursière). Ce
dernier ne quitte toutefois pas
la scène et prend même du
galon : il devient président
exécutif de la banque pour
l’Espagne, et vice-président du
groupe.
La nomination d’Andrea
Orcel renouvelle un lien « historique » entre le banquier
d’investissement et Santander,
souligne l’agence Bloomberg.
L’homme avait été le confident
et « faiseur de deal » pour Emilio Botin, l’ancien président de
la banque décédé en 2014. C’est
sa fille, Ana Botín qui a depuis
pris sa succession.
Gestion d’équipes
La carrière de l’Italien rebondit
alors que l’ambition en banque
d’investissement a été revue à la
baisse chez UBS, au profit de la
gestion de fortune. Reste à
savoir si l’arrivée de ce diplômé
de l’INSEAD passé par Goldman Sachs et Merrill Lynch
annonce une inflexion dans la
stratégie de Santander. La première banque espagnole est
puissante dans la banque de
détail au Brésil, en Espagne et
au Royaume-Uni. Outre-Manche, Santander cherche à se
Andrea Orcel va prendre
la direction générale
de Santander le 1er janvier
prochain. Photo AFP
développer en direction d’une
clientèle de PME. On lui connaît
également des ambitions aux
Etats-Unis, où le profil international d’Andrea Orcel pourrait
sans doute lui servir. « Andrea
Orcel connaît parfaitement le
modèle de banque d’entreprise et
possède une grande expérience
de gestion d’équipes en Europe et
en Amérique », a salué Ana
Botín.
La poigne d’Ana Botín
Outre ces considérations stratégiques, le mouvement peut
aussi être lu comme un signe
de poigne de la part de la dirigeante. Sur le papier, Andrea
Orcel devient le numéro 2 du
groupe. Mais José Antonio
Alvarez pèsera fortement :
c’est Ana Botín elle-même qui
l’avait promu en 2014 comme
directeur général du groupe
bancaire. Comme vice-président du groupe et de la branche espagnole, il prend la
place d’une figure historique,
Rodrigo Echenique, entré en
1988, qui restera dans des
fonctions non exécutives. Ce
dernier avait annoncé son
départ à venir en juin. Le
groupe, enfin, réduit de trois à
deux le nombre de ses viceprésidents. n
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
euronext
séAncE du 25 - 09 - 2018
CaC 40 : 5479,1 (0,05 %) neXt 20 : 12363,63 (0,28 %)
CaC larGe 60 : 6093,27 (0,08 %)
CaC all-tradaBle : 4309,54 (0,05 %)
Date De ProroGation : 25 sePtemBre
srD suite
CAC 40
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
accor (ac) R
a
fr0000120404
air liQuiDe (ai) R
11/05/18 1,05
a
fr0000120073
28/05/18 2,65
airBus GrouP (air) R
a
nl0000235190
16/04/18 1,28
arcelormittal (mt)
a
lu1598757687
atos se (ato) R
fr0000051732
aXa (cs) R
17/05/18 0,09
a
31/05/18 1,7
a
fr0000120628
03/05/18 1,26
BnP PariBas (bnp) R
a
fr0000131104
BouYGues (en) R
30/05/18 3,02
a
fr0000120503
caP-Gemini (cap) R
02/05/18 1,7
a
fr0000125338
carreFour (ca) R
04/06/18 1,7
a
fr0000120172
21/06/18 0,46
creDit aGricole (aca) R
a
fr0000045072
Danone (bn) R
22/05/18 0,63
a
fr0000120644
04/05/18 1,9
Dassault sYstemes (DsY) R a
fr0000130650
enGie (enGi) R
29/05/18 0,58
a
fr0010208488
11/10/17 0,35
essilor international (ei) R a
fr0000121667
26/04/18 1,53
Hermes intl (rms) R
a
fr0000052292
KerinG (Ker) R
07/06/18 7,6
a
fr0000121485
l.V.m.H. (mc) R
14/05/18 4
a
fr0000121014
leGranD (lr) R
17/04/18 3,4
a
fr0010307819
l'oréal (or) R
01/06/18 1,26
a
fr0000120321
25/04/18 3,55
ouv
vol.
nb titres
43,47
467790
290.948.939
110,05
741657
428.281.952
105,7
1148229
776.295.452
27,11
4472304
1.021.903.623
107,25
275226
106.884.219
23,33
6835602
2.423.390.176
54,74
3849947
1.249.798.561
36,9
809014
366.377.026
110,15
396512
168.817.033
16,32
2237191
789.252.839
12,838
4233600
2.866.437.156
65,58
1222261
685.055.200
127,55
276816
261.541.129
12,415
5701320
2.435.285.011
122,9
517979
219.137.552
561
63994
105.569.412
456,2
237529
126.279.322
305,5
495409
505.028.689
63,78
509596
266.805.751
203,6
421954
560.082.187
clot
+ haut
+ bas
43,58
43,66
43,36
109,9
110,3
109,2
105,08
106,52
104,92
27,715
27,815
27,05
107,25
108,75
107
23,475
23,595
23,275
54,68
55,08
54,67
36,53
37,09
36,53
111,1
111,75
110,05
16,345
16,505
16,3
12,886
12,956
12,822
66,25
66,31
65,48
128,85
128,85
127,45
12,25
12,415
12,195
124,25
124,25
122,55
559
561,4
555,8
460,4
460,4
455,2
303,9
306,75
303,3
63,4
64,02
63,26
203,8
204,2
201,4
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 0,09
+ 0,09
+ 6,29
- 0,23
+ 2,09
+ 10
- 0,85
- 2,25
+ 34,99
+ 1,61
+ 5,84
+ 31,63
- 0,37
+ 4,79
- 16,31
+ 0,69
+ 7,91
- 5,21
+ 0,18
+ 5,21
- 17,56
- 1
- 2,38
- 7,12
+ 0,86
- 0,8
+ 12,64
- 0,67
+ 5,08
- 1,03
+ 0,69
+ 7,6
- 13,86
+ 0,72
- 3,14
- 0,63
+ 0,9
- 5,67
+ 50,74
- 1,69
- 6,2
- 14,93
+ 1,06
- 0,08
+ 18,45
- 0,21
+ 0,9
+ 31,82
+ 0,85
+ 0,7
+ 48,29
- 0,59
+ 1,52
+ 31,7
- 0,6
+ 0,09
+ 6,59
+ 0,05
- 1,36
+ 12,07
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 1,35
48,95
41,3
2,41
+ 4,62
113,3
97,12
2,41
+ 26,6
3,4
111,16 30,95
81,33
1,43
+ 2,21
30,765
24,05
- 11,62
130,55
96,7
1,59
- 5,09
27,69
20,495 5,37
- 12,16
68,66
50,06
5,52
- 15,65
45,98
35
4,65
+ 12,35
119,8
97,38
1,53
- 9,4
19,73
12,955 2,81
- 6,62
15,54
11,105 4,89
- 5,29
71,78
62,24
2,87
+ 45,45
141
87,52
0,45
- 14,54
1,21
14,815 10,16
12,075 2,86
+ 8,09
127,6
105,35
1,23
+ 25,27
614,6
417,9
1,36
+ 26,03
522,4
338,263 0,87
+ 23,84
313,7
232,5
1,12
- 1,23
67,44
60,42
1,99
+ 10,19
214,9
170,3
1,74
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Devise / Date Détach. / Div
micHelin (ml) R
a
fr0000121261
oranGe (ora) R
22/05/18 3,55
a
fr0000133308
05/06/18 0,4
PernoD-ricarD (ri) R
a
fr0000120693
PeuGeot (uG) R
04/07/18 1,01
a
fr0000121501
02/05/18 0,53
PuBlicis GrouPe (pub) R
a
fr0000130577
renault (rno) R
fr0000131906
saFran (saf) R
06/06/18 2
a
21/06/18 3,55
a
fr0000073272
29/05/18 1,6
saint-GoBain (sGo) R
a
fr0000125007
sanoFi (san) R
11/06/18 1,3
a
fr0000120578
11/05/18 3,03
scHneiDer electric (su) R a
fr0000121972
02/05/18 2,2
société Générale (Gle) R a
fr0000130809
soDeXo (sW) R
30/05/18 2,2
a
fr0000121220
01/02/18 2,75
stmicroeletronics (stm) R a
nl0000226223
17/09/18 0,05
tecHniPFmc (fti) R
a
Gb00bDsfG982
total (fp) R
20/08/18 0,13
a
fr0000120271
25/09/18 0,64
uniBail-r/WFD (urW)
a
fr0013326246
Valeo (fr)
a
DiV 3 06/06/16
fr0013176526
04/06/18 1,25
Veolia enV. (vie) R
a
fr0000124141
Vinci (DG) R
14/05/18 0,84
a
fr0000125486
ViVenDi (viv) R
24/04/18 1,76
a
fr0000127771
20/04/18 0,45
ouv
vol.
nb titres
105,9
690427
178.978.841
13,655
4788579
2.660.056.599
135,95
356490
265.421.592
24,34
3764642
904.828.213
51,38
514018
235.249.801
75,56
1433807
295.722.284
119,5
553069
443.680.643
37,81
2043712
552.615.876
73,89
2031792
1.251.544.134
69,58
1116740
578.979.025
37,935
3294087
807.917.739
92,04
278185
147.454.887
16,255
3794329
911.141.920
26,99
2125866
453.090.906
55,25
8293381
2.664.312.938
174,5
298192
138.282.967
39,99
1583522
240.253.100
17,35
1703053
563.364.823
81,5
868280
596.909.204
22,21
2165416
1.305.230.587
srD
clot
+ haut
+ bas
103,9
106,2
103,6
13,685
13,78
13,655
137
137,4
135,85
23,38
24,54
23,16
51,22
51,86
51,08
74,07
76,34
73,8
120,5
120,85
119,1
37,295
37,95
37,285
74,61
74,65
73,86
69,46
70,1
69,14
38,07
38,365
37,89
92,38
92,66
91,76
16,44
16,635
16,195
27,83
27,98
26,99
55,59
55,86
55,07
174,12
174,72
173,3
38,56
40,28
38,28
17,115
17,445
17,105
82,16
82,4
81,5
22,21
22,36
22,16
% Veil
% mois
% 52 s.
- 1,66
+ 1,12
- 16,51
- 0,11
- 4,4
- 1,01
+ 0,66
- 1,01
+ 18,05
- 4,06
+ 18,44
- 0,58
- 7,71
- 12,2
- 1,99
+ 2,83
- 8,94
+ 0,84
+ 9,65
+ 41,61
- 1,36
+ 1,84
- 24,82
+ 1,02
- 0,12
- 11,85
- 0,32
+ 0,09
- 3,83
+ 0,58
+ 5,52
- 20,92
+ 0,15
- 1,45
- 11,3
+ 1,7
- 5,65
+ 4,41
+ 3,81
+ 6,3
+ 22,65
+ 1,28
+ 1,31
+ 21,83
+ 0,08
- 6,16
- 3,6
+ 0,94
- 38,14
- 1,55
- 5,42
- 11,55
+ 0,74
- 1,13
+ 2,7
- 0,23
- 0,98
+ 7,01
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
- 13,09
130,85
98,04
3,42
- 5,46
15,235
13,315
2,19
+ 3,83
147,75
120,05
0,74
+ 37,89
25,4
16,455 2,27
- 9,59
63,18
48,96
3,91
- 11,73
100,8
69,75
4,79
+ 40,26
121,95
81,04
1,33
- 18,89
48,6
35,145 3,49
+ 3,84
76,17
62,88
4,06
- 1,98
78,56
64,02
3,17
- 11,57
47,505
34,815
5,78
- 17,55
113,05
76
2,98
- 9,7
0,23
22,97 72,34
15,035 0,31
+ 7,66
29,17
22,9
+ 20,73
56,27
43,09
1,15
- 9,52
195,5
169,16
- 38,08
66,48
35,06
3,24
- 19,55
22,29
17,105
4,91
- 3,51
88,8
77,56
2,14
- 0,94
24,87
20,26
2,03
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
aB science (ab) g
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
B 4,1
4
62398
4,1
40.789.901
4
B 6,7
6,44
248868
6,74
fr0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
6,2
aBiVaX (abvX) g
B 6,95
6,84
9958
6,95
fr0012333284
10.024.182
6,82
acantHe DeV. (acan) g
c 0,618
0,614
6399
0,618
fr0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,604
actia GrouP (ati) g
c 6,26
6,3
11374
6,33
fr0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
6,26
aDocia (aDoc) g
B 16,3
16,36
8365
16,5
fr0011184241
6.916.753
16,28
aéroPorts De Paris (aDp) G
a 189,8
189
48476
190,6
fr0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
188,4
air France-Klm (af) G
a 8,69
8,4
5761182
8,772
fr0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,362
aKKa tecHnoloGies (aKa) g
B 63
62,1
28072
63
fr0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
61,6
aKWel (aKW) g
B 21,75
22
13278
22
fr0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
21,6
alD (alD)
a 16,55
16,07
81545
16,55
fr0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
16,07
alPes (cie Des ) (cDa) g
B 28,5
28,7
4169
28,8
fr0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
28,45
alstom (alo) LR
a 38,97
39,01
413299
39,27
fr0010220475
20/07/18 0,35 222.304.187
38,9
altarea (alta) g
a 200
201
10461
201,5
fr0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
199,6
alten (ate) G
a 93,15
92,35
126788
93,3
fr0000071946
25/06/18 1 33.828.497
92
altran tecHnoloGies (alt) G a 7,825
7,84
1772734
7,975
fr0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
7,67
amPlituDe surG. (ampli) g
2,96
2,98
11501
3
fr0012789667
46.929.852
2,94
amunDi (amun) G
a 65,24
65,18
eX-Ds 15/03/17
166943
65,88
fr0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
65,12
aPril GrouP (apr)
B 13,8
13,8
363
13,8
fr0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
13,75
arcHos (JXr) g
c 0,65
0,636
339790
0,651
fr0000182479
42.561.334
0,634
arKema (aKe) L
a 110,3
109,85
294349
111,2
fr0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
109,6
artPrice.com (prc) g
c 13,56
13,48
2916
13,58
fr0000074783
6.651.515
13,48
assYstem (asY) g
B 29,3
29,4
oPa 24/11/17
3165
29,4
fr0000074148
19/06/18 1 15.668.216
29,1
atari (ata)
c 0,388
0,387
626420
0,391
fr0010478248
255.105.360
0,387
auBaY (aub) g
c 39,4
39,9
17974
40,45
fr0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
39,4
aurea (aure)
c 7,8
7,82
2721
7,82
fr0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
7,68
aVenir telecom (avt) g
c 0,221
0,213
1348231
0,239
fr0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,212
aXWaY soFtWare (aXW) g
B 16,66
16,94
302
16,94
fr0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
16,6
Bénéteau (ben)
a 14,3
14,24
96918
14,48
fr0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
14,18
Bic (bb) G
a 78
77,5
62255
78,7
fr0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
77,35
BiGBen int. (biG) g
c 10,18
10,12
31952
10,4
fr0000074072
30/07/18 0,1 19.204.544
9,95
BiomérieuX (bim)
a 73,6
74,3
93519
74,5
fr0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
73,3
Boiron (boi) g
a 59
58,7
1823
59,1
fr0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
58,5
Bolloré (bol) G
a 3,758
3,776
1230122
3,786
fr0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,736
BonDuelle (bon) g
B 27,9
27,9
9354
28,2
fr0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
27,75
Bureau Veritas (bvi) L
a 22,67
22,71
504747
22,82
fr0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
22,64
Burelle sa (bur)
a 1275
1275
11
1280
fr0000061137
05/06/18 16 1.853.315
1275
carmila (carm)
c 22,05
22
20386
22,15
fr0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
21,95
casino (co) LR
a 36,29
35,98
678417
36,67
fr0000125585
18/05/18 1,56 109.729.416
35,81
catana GrouP (catG) g
c 3,065
3,055
53958
3,065
fr0010193052
30.514.178
3,03
cGG (cGG) G
c 2,478
2,498
5416895
2,506
fr0013181864
709.939.860
2,464
cHarGeurs (cri) g
c 22,22
21,9
29044
22,36
fr0000130692
12/09/18 0,3 23.518.104
21,8
cHristian Dior (cDi)
a 365,8
366,3
eX D oP 08/06/17
11596
368,3
fr0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
365,3
cie Du camBoDGe (cbDG)
a
/170918
fr0010557264
aBc arBitraGe (abca) g
fr0000079659
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. G : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
- 1,53 - 52,04
-13,42
11,15
- 51,28
4
- 4,73 + 2,55
-10,68
7,48
+ 8,97
6,2
- 2,29 - 20,74
+ 0,59
9,87
- 44,3
6,48
- 0,65 - 28,6
- 2,54
0,87
- 17,03
0,562
+ 0,32 - 9,74
-25,88
9,08
- 17,54
6,08
+ 0,12 + 14,01
- 4,99 21,3
+ 8,56 13,28
- 0,42 + 19,24
- 2,02 202,6
+ 38,36 156
- 3,52 - 38,14
- 9,37 14,51
- 35,63
6,646
- 1,43 + 34,13
- 4,61 70,8
+ 34,74 46,2
+ 0,92 - 34,74
+ 1,85 36,8
- 41
19,34
- 2,49 + 24,43
- 1,71
16,93
+ 20,51
12,54
+ 1,41 - 12,18
- 0,35 36,1
+ 13,89 27,3
- 0,05 + 12,73
+ 3,47 41,52
+ 16,71 32,79
- 0,5 - 3,41
+ 7,26 218,5
+ 1,77 178,2
- 0,81 + 32,67
+ 4,11 94,4
+ 22,32 69,5
+ 0,26 - 37,29
-15,43 13,681
- 43,57
7,105
+ 0,68 - 15,82
- 6,88
4,4
- 33,63
2,9
- 0,06 - 7,74
+ 4,62 77,66
- 6,28 57,74
- 6,12
+ 6,15
16,4
+ 6,4
12,1
- 2,3 - 2,15
-10,8
1,576
- 9,14
0,634
- 0,59 + 8,17
+ 2,42 112,9
+ 8,71 94,82
- 20
- 5,2
17,88
- 20,66 13,16
+ 0,69 - 1,74
+ 3,52 33,05
- 9,26 25,1
- 0,77 + 7,5
-14
0,948
+ 4,59
0,367
+ 1,53 + 15,32
43,3
+ 22,24 33,55
+ 0,51 - 9,18
+ 6,54
9,3
- 1,51
6,94
- 3,62 + 1,43
- 3,18
0,477
+ 33,13
0,172
+ 1,68 - 25,7
- 8,92 23,1
- 23,62 16,6
- 0,14 - 28,6
+ 0,71 23,2
+ 2,52 12,38
- 1,02 - 15,45
- 1,71 99,05
- 24,28 73,05
+ 0,2 - 26,61
- 8,99 16,2
+ 0,2
9,5
+ 1,09 - 0,52
+ 0,68 82,6
+ 5,98 59
- 0,51 - 21,58
-13,93 78,5
- 22,97 56,1
+ 0,32 - 16,61
- 8,88
4,798
- 10,92
3,552
+ 0,18 - 36,7
- 3,29 47,8
- 24,9
27,5
- 0,09 - 0,35
+ 1,52 24,28
+ 6,07 20,39
+ 0,39
- 2,3 1420
- 2,15 1255
- 5,23
- 5,38 25,35
- 11,33 21,8
- 0,11 - 28,84
+14,48 53,48
- 26,76 25,37
+ 0,66 + 0,83
+ 6,82
3,611
+202,48
2,697
+ 1,88 + 63,5
+ 9,08
4,1
+ 22,3
1,295
- 1,35 - 13,47
- 9,73 28,64
- 9,91
21,28
+ 0,03 + 20,28
- 0,6 383,8
+ 35,94 291,6
- 10,36
- 1,54 7550
- 8,57 6400
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
claranoVa (cla) g
c 1,033
1,04
2335490
1,044
393.613.788
1,022
a 20,28
20,56
484461
20,78
fr0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
20,26
coFace (cofa) g
a 7,99
7,97
97756
8,08
fr0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
7,9
colas (re)
a 179
177,4
2523
179
fr0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
177,2
coViVio Hotels (covh)
a 26
26
4889
26,2
fr0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
25,8
Dassault aV. (am) G
a 1558
1557
7522
1577
fr0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
1555
Dassault sYstèmes (DsY) R
a 127,55
128,85
276816
128,85
fr0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
127,45
DBV tecHnoloGies (Dbv) G
B 41,3
40,44
65721
41,32
fr0010417345
30.006.352
40,2
DericHeBourG (DbG) g
B 4,766
4,666
475750
4,774
fr0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
4,63
DeVoteam (Dvt) g
c 112
113
1697
113,6
fr0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
111,8
Dir. enerGie (Dir)
/190918
fr0004026714
cnP assurances (cnp) GR
3,11
1,91
1,03
1,13
1,36
3,42
1,74
0,9
1,08
3,06
3,84
1,96
2,09
3,4
0,6
1,92
1,18
1,76
4,45
0,99
0,46
2,73
0,53
1,61
2,47
1,26
4,34
1,37
0,93
2,81
01/06/18 0,35 44.886.772
c 6,46
6,4
646
6,46
fr0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
6,2
eDenreD (eDen) G
a 32,78
33,01
377613
33,26
fr0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
32,76
eDF (eDf) LR
a 15,34
15,595
eX-Ds 7/03/17
2213171
15,78
fr0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
15,34
eiFFaGe (fGr) LR
a 96,24
96,36
226355
97,18
fr0000130452
22/05/18 2 98.000.000
96,24
eKinoPs (eKi) g
3,39
3,36
21632
3,41
fr0011466069
21.529.161
3,295
elior (elior) G
a 13,25
13,21
409964
13,56
fr0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
13,16
elis (elis) G
a 20,2
20,04
321966
20,34
fr0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
20
eos imaGinG (eosi)
c 4,4
4,395
46673
4,42
fr0011191766
22.641.483
4,27
eramet (era) Gg
a 92,4
90,95
72438
93,6
fr0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
90,6
erYtecH PHarma (erYp) g
B 8,305
7,905
115331
8,35
fr0011471135
17.940.035
7,89
esi GrouP (esi) g
c 36,15
36,1
6041
36,25
fr0004110310
5.955.072
34,8
eurazeo (rf) G
a 68,45
68,1
70471
68,65
fr0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
68,1
euro ressources (eur)
c 3,17
3,17
210
3,17
fr0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
3,16
euroFins scientiFic (erf) G
a 479,4
483,4
22599
486,8
fr0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
477,6
euroPcar GrouPe (eucar) G
a 8,14
8,01
211567
8,19
fr0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
8
eutelsat com. (etl) LG
a 20,72
20,53
594504
20,72
fr0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
20,43
eXel inDustries (eXe) g
B 101
98,8
812
101
fr0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
98,8
Faurecia (eo) G
a 55,08
53,48
559253
55,4
fr0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
53,16
FFP (ffp) g
a 118,8
117,8
2984
119,4
fr0000064784
22/05/18 2 25.072.589
117,4
FiGeac aero (fGa) g
B 14,74
14,72
8037
15
fr0011665280
31.839.473
14,7
Fin. oDet (oDet)
a 824
826
40
830
fr0000062234
07/06/18 1 6.585.990
820
Fnac DartY (fnac)
a 71,05
68,95
30181
71,4
fr0011476928
26.792.938
68,85
Foncière Des réGions (fDr) G a 90,25
89,3
87558
90,25
fr0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
89,3
Foncière lYonnaise (flY)
a 60
59,8
17520
60
fr0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
58
FromaGeries Bel (fbel)
a 384
384
50
384
fr0000121857
18/05/18 7 6.872.335
384
Futuren (ftrn) g
c 1,135
1,13
n/P reGr.
2212
1,135
fr0011284991
277.776.587
1,13
Geci international (Gecp) g
c 0,167
0,161
590728
0,167
fr0000079634
01/10/01 0,1 149.898.521
0,16
Gecina (Gfc) G
a 144,5
144,9
86586
146,3
fr0010040865
12/06/18 2,65 76.162.901
144,3
Gemalto (Gto) L
a 50,22
50,26
112134
50,3
nl0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
50,2
GenFit (Gnft) G
B 22,7
21,6
381476
22,78
fr0004163111
31.166.437
21,42
GensiGHt (siGht)
c 1,95
1,89
68361
1,965
fr0013183985
24.766.723
1,885
Genticel (Gtcl) g
1,53
1,55
25116
1,55
fr0011790542
78.095.788
1,53
GetlinK (Get) LR
a 10,825
10,895
725213
10,98
fr0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
10,8
fr0004191674
DnXcorP (DnX) g
+ 0,58
+25,76
+113,55
+ 1,38
+ 2,39
+ 5,76
- 0,25
- 2,09
- 6,12
- 0,67
+ 5,34
- 3,59
+112,24
1,223
0,491
+ 6,78
21,62
18,41
- 10,59
10,76
7,5
- 2,26
192
167,4
- 9,15
- 1,89 29,9
- 7,14 25,3
- 0,51 + 19,96
- 0,38 1729
+ 17,11 1267
+ 0,9 + 45,45
- 5,67 141
+ 50,74 87,52
- 2,65 - 3,47
+ 8,24 47,38
- 44,49 28,54
- 1,64 - 48,79
- 1,93
9,18
- 46,97
4,44
+ 0,18 + 50,97
+ 6,2 119
+ 43,95 72,5
+ 6,36
- 0,38 42,8
- 19,34 28,3
- 0,93 + 2,4
- 1,54 10
+ 3,06
5,8
+ 0,55 + 36,52
- 4,26 35,95
+ 43,96 23,74
+ 1,5 + 49,66
+11,08 15,78
+ 45,61
9,832
- 0,08 + 5,5
- 0,15 101,7
+ 11,32 87
- 1,32 - 28,21
+5
5,49
- 36
3,1
- 0,23 - 23,31
- 8,77 19,71
- 42,6
11,59
- 0,99 - 12,93
+ 2,4
23,94
- 11,35 17,94
- 0,57 - 8,05
+ 2,21
5,92
+ 2,93
3,49
- 2,05 - 8,16
+17,13 167,2
+ 59,84 66,75
- 5,67 - 57,27
-13,61
19,57
- 66,53
7,89
- 0,14 - 22,37
-17,95 48
- 10,86 34,3
- 0,07 - 7,14
+ 3,5
82,286
- 3,72 63,5
- 9,43
- 0,94
3,61
- 12,19
2,95
+ 0,83 - 4,77
+ 1,55 545,5
- 10,93 382,2
- 1,42 - 21,85
- 7,18
11,78
- 37,35
7,17
- 0,63 + 6,4
- 1,3
21,64
- 16,15
15,275
- 2,18 - 14,83
- 7,66 125,5
- 7,65 87,8
- 3,15 - 17,89
+ 5,48 76,98
- 8,63 50
- 0,68 + 17,45
+ 4,99 120,4
+ 17,81 94,5
- 0,27 - 22,08
+ 3,37 19,5
- 26,03 13,14
+ 0,49 - 16,22
- 5,71 1090
- 12,12 786
- 2,61 - 31,53
- 7,82 106,6
- 15,53 67,55
- 0,78 - 5,48
- 0,72 97,3
+ 5,43 84,6
- 0,33 + 9,5
+ 2,05 63,4
+ 7,26 54,4
+ 0,52 - 21,63
-13,51 565
- 27,82 378
- 2,72
- 5,85
+ 0,63
+ 0,21
- 1,63
+ 7,65
+ 0,12
+ 1,37
+ 28,36
- 5,92
- 8,09
- 18,24
- 3,08
-16,37
- 62,57
- 4,2
- 1,9
+ 0,6
+ 0,65
+ 8,19
1,14
1,125
+ 78,89
0,32
0,09
- 5,85
161,9
137,3
+ 1,54
50,38
49,1
- 9,7
28,28
21,42
- 69,42
7,68
1,885
- 6,63
2,08
1,41
+ 1,63
12,49
10,11
4,09
4,27
4,62
0,98
0,45
3
0,8
0,83
21,88
1,88
0,96
2,08
3,18
1,85
2,53
1,84
4,73
0,5
1,9
5,89
1,6
2,06
1,7
0,12
1,82
4,21
11,93
2,75
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
ost
vol.
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
Gl eVents (Glo) g
B 20,55
12807
fr0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
GrouPe crit (cen) g
B 74,5
1155
fr0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
GrouPe Flo (flo) g
c 0,258
eX D s 13/06/17
263999
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
GrouPe GorGé (Goe) g
B 13,6
7534
fr0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
GrouPe lDlc (lDl) g
c 15,28
nom.
14624
fr0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
GrouPe PartoucHe (parp)
24,1
reGr.
590
11/09/17 0,31 9.627.034
fr0012612646
Gtt (Gtt) Gg
a 63,05
56390
fr0011726835
29/05/18 1,33 37.028.800
Haulotte GrouP (piG)
B 12,28
43583
fr0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
HiGH co (hco) g
c 5,52
3821
fr0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
HuBWoo (hbW) g
c
fr0004052561
icaDe (icaD) G
clot
+ haut
+ bas
20,7
21,1
20,5
73,6
74,6
73,4
0,264
0,264
0,251
13,7
13,72
13,6
15,28
15,48
15,22
24
24,3
24
62,55
63,65
62,35
12,14
12,32
12,14
5,49
5,52
5,45
136.345.527
a 80,8
79,8
105281
81,5
fr0000035081
02/05/18 4,3 74.531.428
79,75
iD loGistic (iDl) g
B 153,6
154,6
1398
155
fr0010929125
5.628.475
153,6
iliaD (ilD) G
a 119,7
115,65
163130
120,55
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
115,15
imerYs (nK) G
a 65,1
63,95
209464
65,3
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
63,2
inGenico GrouP (inG) LR
a 64,02
64,24
353880
65,24
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
63,88
innate PHarma (iph) g
B 4,77
4,77
202498
4,872
fr0010331421
57.600.100
4,728
insiDe secure (insD)
c 2,675
2,66
20674
2,68
fr0010291245
44.119.162
2,645
inter ParFums (itp) g
B 43,05
44
24897
44
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
43
iPsen (ipn) G
a 143,05
144,6
98890
144,9
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
143,05
iPsos (ips) G
a 25,98
26,24
26252
26,34
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
25,96
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 22,4
21,8
25757
22,4
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
21,6
JcDecauX (Dec) G
a 29,74
30,02
83599
30,24
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
29,74
KauFman & BroaD (Kof)
B 42,78
42,16
36174
42,78
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
41,14
KlePierre (li) LR
a 30,86
30,5
668475
30,86
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
30,45
Korian (Kori)
a 31,5
31,64
52474
31,82
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,48
laFarGeHolcim (lhn)
a 40,21
40,35
75023
40,65
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
40,13
laGarDère (mmb) G
a 25,9
26,11
384120
26,24
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
25,84
latecoere (lat) g
c 3,965
3,96
92820
4,02
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,945
le Bélier (beli) g
c 40,2
40
16341
40,55
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
39,9
lna santé (lna) g
B 55,3
55,4
4089
55,9
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
55,2
lectra (lss)
B 22
22,4
12897
22,4
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
22
lineData sVices (lin) g
B 37,65
38,45
7932
39,25
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
37,65
lisi (fii) g
a 31,5
31,45
12460
31,75
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
31,35
lumiBirD (lbirD) g
c 14,04
14,1
14665
14,36
fr0000038242
15.884.557
13,8
m6-métroPole tV (mmt) G
a 17,9
17,9
45037
18,06
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,86
maisons Du monDe (mDm)
B 25,28
24,92
57841
25,42
18/06/18 0,44 45.241.894
fr0013153541
24,92
maisons France conF. (mfc) g B 40,9
40,25
3652
40,9
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
40,1
manitou (mtu) g
B 32,25
32,1
6052
32,5
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.617.974
31,95
marie BrizarD W & s (mbWs)
B 5,07
4,905
22383
5,07
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,9
mauna Kea (mKea)
c 2,9
2,84
126196
2,985
fr0010609263
23.147.338
2,815
mercialYs (merY) g
a 14,21
14
152664
14,22
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,96
mersen (mrn) g
B 30,9
30,6
36330
30,95
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
30,5
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 2,08
2,065
22576
2,08
fr0004177046
23.261.500
2,05
nanoBiotiX (nano) g
B 16,1
16,41
126528
16,68
fr0011341205
19.633.373
15,84
natiXis (Kn) LR
a 6,07
6,072
2948019
6,116
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
6,062
natureX (nrX) g
B
/120918
% Veil % an
bpa
% mois + haut an per
% 52 s. + bas an rDt
+ 0,63 - 12,93
- 9,03 27,072
- 21,57 19,213
3,14
- 0,68 + 1,13
+ 6,05 95
- 5,17 66,7
5,98
+ 5,81 + 1,54
+ 3,53
0,34
+ 1,54
0,23
+ 0,59 - 12,57
- 2,97 19,04
- 34,61
13,24
+ 0,26 - 23,56
-12,88 22,2
- 39,82 15,18
- 0,42 - 28,97
- 5,51 36,5
1,29
- 25
23
- 0,48 + 24,85
+ 6,2
68,2
+ 35,98 47,06
2,13
- 0,98 - 24,74
+1
19,68
- 22,43
11,5
1,81
- 0,36 + 12,04
- 3,51
6
+ 10,46
4,3
2,55
- 2,34 + 4,38
+ 1,21
0,204
+ 4,38
0,155
- 1,24 - 2,6
-5
88,65
+ 6,67 76,25
+ 0,78 + 14,35
+ 7,51 156,6
+ 6,51 120
- 3,87 - 42,1
- 5,67 214,4
- 47,86 102,2
0,59
+ 1,99 - 18,58
+ 0,55 87,8
- 16,51 58,55
3,25
+ 0,94 - 27,83
- 3,83 94,34
- 20,5
55,8
2,34
+ 0,21 + 0,42
- 1,16
6,995
- 54
4,41
- 0,19 - 9,52
+ 0,38
3,12
- 8,59
2,215
+ 3,04 + 40,09
+11,53 44
+ 42,65 30,727
1,52
+ 1,05 + 45,22
- 1,57 155,95
+ 25,52 99
0,69
+ 0,38 - 14,53
- 9,2
34,5
- 7,28 25,6
3,32
- 2,46 - 20,73
- 9,54 32,9
- 21,86 20,75
3,21
+ 0,27 - 10,67
+ 6,91 36,9
- 1,78 25,46
1,87
- 0,8 + 6,38
- 7,99 47,26
+ 4,59 38,9
4,39
- 0,85 - 16,81
- 3,08 38,58
- 6,91 30,07
+ 0,57 + 7,45
+10,63 34
+ 12,02 22,84
1,9
+ 0,15 - 14,22
4
- 4,75 51,1
- 17,86 39,31
+ 0,93 - 2,32
+ 1,67 27,17
- 5,05 21,99
4,98
+ 0,76 - 30,65
- 8,12
6
- 23,85
3,695
+ 1,27 - 20,02
-13,04 66,3
- 6,02 38,9
2,95
+ 0,18 - 5,94
- 3,32 60
- 3,99 50,5
0,42
+ 1,36 - 10,93
- 1,75 26,3
- 13,31
17,82
1,7
+ 2,13 - 2,19
+ 7,85 39,45
- 0,77 30,25
3,51
- 0,16 - 21,57
- 6,4
41,75
- 24,83 29
1,53
+ 0,14 +100
-15,06 17,96
+118,6
6,8
- 0,11 - 16,88
+ 0,56 24,34
- 8,13
16,65
5,31
- 1,74 - 33,99
+ 0,08 38,58
23,54
- 35,2
1,77
- 1,71 - 32,84
-14,63 63,9
- 31,78 40,1
4,22
- 0,77 + 5,25
- 1,08 37,95
- 1,38 28,65
1,93
- 3,25 - 61,01
-21,65 13
- 65,21
4,695
- 2,07 - 40,08
+ 1,61
5,41
+ 0,35
2,48
- 1,41 - 24,1
- 6,67 18,75
- 16,57 13,29
- 1,29 - 18,05
- 9,06 41,9
30,5
2,45
- 0,72 - 9,43
+ 2,23
2,52
- 9,43
1,9
+ 1,55 + 10,65
- 1,5
18,87
- 9,34
8,295
+ 0,1
- 7,94
+ 2,74
7,45
- 7,38
5,682
6,09
+ 51,74
- 0,74 136,6
+ 46,89 84,1
- 3,77 - 36,78
-17,3
2,9
- 37,55
1,52
32,68
- 3,24 - 47,37
- 6,14 52,26
- 44,76 23,56
2,6
- 3,46 - 3,22
- 8,62 56,6
- 4,67 45,28
5,21
- 4,27 - 34,71
-17,04 10,95
- 31,85
6,58
- 0,24 - 7,68
- 6,86
9,24
- 24,28
7,6
1,78
+ 0,73 + 7,12
+ 8,93
11,12
+ 14,02
9,5
1,28
+ 0,1
- 2,31
-10,44
2,49
- 39,71
1,05
+ 0,27 + 15,36
- 1,18 125,2
+ 10,74 87,5
0,97
- 1,01 - 49,89
-15,33
9,56
- 57,21
4,04
- 2,33 + 33,33
- 7,28 65,8
+ 14,03 44,05
1,11
- 1,86 - 36,72
- 0,68 45,65
- 35,41 26
- 0,46 - 15,07
4,085
+20,28
- 56,66
1,6
- 2,86 - 12,02
- 2,66 42,21
- 7,05 31,4
1,47
- 1,17 - 27,59
- 3,7
20,45
- 36,46 12,9
14,77
+ 2,8 + 15,53
+ 1,98 53
+ 1,08 44,2
2,43
- 0,63 - 25,83
+10
16,32
- 29,44
8,565
9,09
+ 12,78 - 41,06
- 9,54 15,35
- 16,7
5,725
- 0,63 - 4,33
- 8,9
131,3
+ 12,51 99,05
1,49
+ 0,73 - 13,1
- 0,57 15,58
- 8,27
11,82
3,2
- 1,03 + 28,67
- 8,08 477
+ 28,23 330
1,19
03/07/14 0,1 9.568.951
c 1,6
1,53
10127
1,6
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,52
neXans (neX) G
a 27,9
26,9
212476
27,95
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
26,9
neXitY (nXi) G
a 49,68
48,02
162657
49,72
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
47,74
nicoX (coX)
B 6,765
6,62
233082
6,8
fr0013018124
22.869.669
6,58
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,46
8,42
555
8,5
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,4
oeneo (sbt) g
B 10,9
10,98
8839
11,06
fr0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
10,86
onXeo (onXeo) g
B 1,054
1,055
91946
1,076
fr0010095596
50.914.722
1,05
orPéa (orp) G
a 112,6
113,4
75435
113,95
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
112,6
Parrot (parro) g
B 4,5
4,42
19927
4,54
fr0004038263
30.174.671
4,415
PHarmaGest int. (pha)
60
58,6
2778
60
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
58,1
Pierre & Vacances (vac) g
B 29,4
29
2903
29,6
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
28,6
PiXium Vision (piX) g
c 2,3
2,165
361389
2,35
fr0011950641
20.813.963
2,07
Plastic omnium (pom) G
a 34,5
33,34
398335
34,64
fr0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
33,13
PlastiValoire (pvl)
B 13,66
13,54
DiV 8 02/05/17
7997
13,82
fr0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
13,54
PsB inDust. (psb)
c 50,6
51,4
2497
53
fr0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
50,6
rallYe (ral)
a 10,92
11
56041
11,08
fr0000060618
30/05/18 1 54.999.135
10,81
recYleX sa (rX)
c 7,2
7,68
395359
7,735
fr0000120388
04/07/90 0,61 25.580.482
7,11
rémY cointreau (rco) G
a 111,4
110,5
105600
111,5
fr0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
110,3
reXel (rXl) G
a 13,005
13,14
751301
13,195
fr0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
13,005
roBertet sa (cbe)
B 390
386
c.i.P.
29
390
fr0000045601
28/06/18 5,2 143.582
386
roBertet sa (cbr)
B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 33,2
33,75
+ 2,43 + 10,53
41609
33,9
+ 3,85 34,9
fr0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
33
+ 7,24 28,25
ruBis (rui)
a 48,7
48
- 1,44 - 18,62
DiV 2 28/07/17
182967
49,1
- 6,8
65,6
fr0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
47,92
- 7,44 43,12
sartorius steD. Bio. (Dim)
a 114,3
116,2
+ 1,93 + 92,74
DiV 6 10/05/16
89303
116,9
+ 8,8 116,9
fr0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
114,2
+ 87,45 59,75
saVencia (bh)
B 67,8
67,6
- 0,3 - 16,25
399
68,2
- 7,9
90,8
fr0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
67,2
- 14,21 66,6
fr0000054694
netGem (ntG) g
2,02
3,13
0,36
2,37
srD suite
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
ost
vol.
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
scor (scr) LR
a 39,68
363049
fr0010411983
30/04/18 1,65 191.807.715
seB (sK) G
a 146
41033
fr0000121709
21/05/18 2 50.169.049
seQuana (seQ)
c 0,39
1135908
fr0011352590
65.183.351
ses-imaGotaG (sesl) g
B 29,3
4278
fr0010282822
25/06/12 0,5 14.376.762
sHoWroomPriVé (srp) g
B 5,68
45264
fr0013006558
32.804.103
B
siPH (siph) g
fr0000036857
14/06/18 0,79 5.060.790
soitec (soi) G
B 69,75
eX-Ds 13/05/16 reGr.1P20
118951
fr0013227113
30.311.510
solocal GPe (local) g
B 1,02
reGr.
1994519
fr0012938884
582.684.440
somFY (so)
a 78,2
2084
fr0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
soPra steria GP (sop)
a 142,9
37930
fr0000050809
03/07/18 2,4 20.547.701
sPie (spie) G
a 17,5
401342
fr0012757854
29/05/18 0,4 150.000.000
sQli (sQi)
24,4
4160
fr0011289040
21/07/17 0,88 4.425.786
c 0,155
st DuPont (Dpt) g
14328
fr0000054199
16/09/14 0 524.279.556
steF (stf) g
B 90
1956
fr0000064271
04/05/18 2,45 13.165.649
stentYs (stnt) g
c 1,19
13442
fr0010949404
26.824.657
suez enVironnement (sev) LR a 12,23
1149050
fr0010613471
22/05/18 0,65 621.362.579
suPersonic im. (ssi) g
c 1,866
129097
fr0010526814
23.209.127
sWorD GrouP (sWp) g
B 36,1
5100
fr0004180578
03/05/18 1,02 9.544.965
sYnerGie (sDG) g
B 36,4
4006
fr0000032658
20/06/18 0,8 24.362.000
a 22,3
tarKett (tKtt) G
223754
fr0004188670
03/07/18 0,6 63.722.696
a 1,063
tecHnicolor (tch) G
2486268
fr0010918292
21/06/17 0,06 414.461.178
telePerFormance (rcf) G
a 161,6
101415
fr0000051807
25/04/18 1,85 57.780.000
terreis (ter)
B 42,5
302
fr0010407049
15/05/18 0,41 25.327.454
tF1 (tfi) G
a 9,6
203968
fr0000054900
30/04/18 0,35 209.895.340
tHales (ho) LR
a 119,8
239045
fr0000121329
30/05/18 1,3 213.079.909
tHermaDor GrouPe (thep)
B 55
615
fr0013333432
9.109.752
tiKeHau caPital (tKo)
a 27
eX D s 03/07/17
13253
fr0013230612
30/05/18 1 103.146.248
c 7,86
touaX (toup) g
4370
fr0000033003
30/12/14 0,5 7.011.547
transGène (tnG)
B 3,1
143179
fr0005175080
62.275.923
triGano (tri) g
B 114,1
45362
fr0005691656
11/01/18 1,3 19.336.269
uBisoFt entertainment (ubi) LRa 92,98
364117
fr0000054470
114.121.251
Vallourec (vK) G
a 5,116
8455349
fr0000120354
04/06/15 0,81 457.987.760
ValneVa (vla) g
B 3,8
73754
fr0004056851
78.773.618
Vicat (vct) G
a 55,5
23823
fr0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
a 62
Vilmorin & cie (rin) G
5681
fr0000052516
13/12/17 1,6 20.833.902
VirBac (virp) g
a 144,2
9000
fr0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VranKen-PommerY m. (vrap)
B 24,8
1622
fr0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WaVestone (Wave)
B 38,3
7378
fr0013357621
20.196.492
WenDel (mf) G
a 130,9
48324
fr0000121204
22/05/18 2,65 46.279.301
WorlDline (Wln) G
a 54,5
115472
fr0011981968
133.451.173
X-FaB silicon (Xfab)
a 7,15
36058
be0974310428
130.781.669
a 308
XPo loGistics (Xpo) g
21
fr0000052870
12/07/18 0,8 9.836.241
clot
+ haut
+ bas
40,1
40,34
39,55
145,9
146,9
144,6
0,38
0,396
0,361
29,1
29,5
29,05
5,65
5,73
5,64
71,4
71,6
69,1
1,04
1,058
1,02
78
78,2
77,9
142,4
145,2
141,9
16,73
17,5
16,66
24,7
24,75
24,2
0,155
0,155
0,151
89,9
90,2
89,6
1,182
1,19
1,174
12,18
12,295
12,105
1,8
1,866
1,768
35,9
36,4
35,9
34,5
36,4
34,5
22,04
22,3
21,88
1,036
1,072
1,031
162,1
163,4
161,3
42,9
42,9
42,5
9,575
9,715
9,505
119,55
120,15
119,5
54,6
55
54,2
26,7
27,3
26,5
7,78
7,86
7,76
3,025
3,17
3,01
111,7
114,7
111,5
94,96
95,2
92,76
5,27
5,392
5,11
3,935
3,935
3,8
54,3
55,5
54,2
61,6
62,8
61,1
145,2
146
143
24,7
24,8
24,5
37,7
38,5
37,7
129,8
131,5
129,8
55,65
57
54,5
7,2
7,26
7,15
316
318
308
% Veil
% mois
% 52 s.
+ 1,31
+15,83
+ 17,44
- 0,07
- 7,66
- 5,75
- 4,76
-17,93
- 62,38
+ 0,17
% an
bpa
+ haut an per
+ bas an rDt
+ 19,54
40,34
30,84
4,12
- 5,54
175,9
142,7
1,18
- 44,93
0,9
0,361
- 2,55
30,95
- 1,05 23,6
- 10,88
- 7,98 11,7
- 71,41
5,51
+ 1,22 - 0,66
- 1,19 87,9
- 2,35 80,7
+ 2,44 + 20,1
+ 9,85 86,15
+ 30,17 54,6
+ 2,67 + 25,3
- 0,67
1,297
+ 3,48
0,832
- 0,26 - 5,31
- 2,26 91
+ 0,19 73
7,82
- 0,42 - 8,63
- 5,13 187,9
- 8,57 135,3
1,69
- 4,18 - 22,92
+ 0,9
22,4
- 28,57 14,6
2,39
+ 1,23 - 28,42
-10,18 39,22
- 44,79 23,9
+ 3,33
- 6,63
0,205
- 3,13
0,137
- 0,11 - 4,79
-11,86 115
- 2,82 89
2,73
+ 0,17 - 22,86
+ 2,43
2,011
- 19,95
1,14
- 0,69 - 16,95
- 3,56 14,925
- 19,58 10,58
5,34
+ 1,81 - 4,26
-13,88
2,45
+ 2,27
1,508
- 0,69 + 6,09
+ 0,28 38,45
+ 5,59 32,5
3,34
- 4,96 - 21,39
- 8,37 54,5
- 19,22 31,55
2,32
- 1,17 - 36,99
-12,82 37,34
- 40,43 21,22
2,72
- 2,91 - 63,9
- 7,99
3,328
- 65,11
0,995
+ 0,56 + 35,71
- 0,61 171,7
+ 30,41 111
1,14
+ 0,94 + 0,23
+ 1,66 48,2
+ 3,7
39,2
+ 0,16 - 22,06
+ 6,57 12,89
- 23,06
8,03
3,66
- 0,04 + 33,01
+ 1,49 124,45
+ 26,74 84,3
1,09
- 0,37 - 3,79
- 8,7
66,5
+ 11,6
54
- 0,37 + 21,64
- 5,32 29,3
+ 21,36 21,4
3,75
- 0,77 - 33,45
- 0,51
12,4
- 43
7,64
- 0,49 + 6,89
- 3,04
3,46
- 8,33
2,715
- 1,93 - 24,17
- 6,13 180
- 12,36 106,4
1,16
+ 2,37 + 48,05
+ 0,68 107,9
+ 66,19
61,6
+ 3,99 + 4,67
+ 5,89
6,078
+ 7,38
4,152
+ 3,28 + 42,06
- 3,79
4,19
+ 35,69
2,78
- 1,18 - 17,46
+ 4,32 70,9
- 11,4
50,7
2,76
- 1,12 - 30,27
+ 3,36 91,9
- 19,19 55,5
2,6
+ 0,69 + 17,57
+ 9,34 146,8
+ 16,25 103
- 0,4 + 4,66
+ 2,92 24,8
+ 5,83 22,3
3,24
- 1,57 - 10,13
-10,24 42,75
- 10,24 37,7
- 0,92 - 10,11
+ 2,37 152,6
- 5,05 111,7
2,04
+ 2,11 + 36,83
+ 5,3
57
+ 55,64 39,74
- 0,83 - 25,02
-12,41
11
- 10,89
7,07
- 0,63 + 22,72
+ 4,64 322
+ 37,99 242
0,25
Autres Valeurs de la Zone euro
Gemalto (Gto) L
nl0000400653
noKia (noKia) R
fi0009000681
ses (sesG) LR
lu0088087324
a 50,22
112134
22/05/17 0,43 90.920.356
a 4,722
191504
31/05/18 0,13 5.839.404.303
17,085
1928402
23/04/18 0,68 359.506.172
50,26 + 0,12 + 1,54
50,3
+ 1,37 50,38
50,2
+ 28,36 49,1
4,745 + 1,02 + 21,85
4,757
- 1,37
5,386
4,678 - 5,82
3,845
17,79
+ 3,61 + 36,74
17,91
+ 2,77 18,31
16,93
- 3,5
10,55
4,21
11,93
0,3
16,03
4
4,5
VAleurs Zone InternatIonale
General electric (Gne)
10
22532
usD 14/09/18 0,08 8.691.081.000
7,571
12543
Gb0005405286
usD 16/08/18 0,1 19.906.723.136
laFarGeHolcim ltD (lhn)
a 40,21
75023
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
scHlumBerGer (slb)
a 52,8
9611
an8068571086
usD 04/09/18 0,5 1.434.212.164
stallerGenes Greer (staGr) a 31,55
2305
Gb00bZ21rf93
19.738.742
us3696041033
HsBc (hsb)
9,75
10,08
9,7
7,6
7,61
7,539
40,35
40,65
40,13
53
53,4
52,4
31,3
31,65
31,15
- 2,5
- 9,72
- 53,51
+ 0,04
- 0,52
- 7,43
+ 0,15
- 4,75
- 17,86
+ 0,38
- 5,36
- 9,37
- 0,95
+14,44
- 21,55
- 33,63
16,12
9,7
- 11,01
8,996
7,281
- 14,22
51,1
39,31
- 5,12
65,4
51
- 18,72
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
32 // FINANCE & MARCHES
Mercredi 26 septembre 2018 Les Echos
euronext//taux&changes//matières premières
euronexT hors srd
isin
fr0013341781
fr0000076887
fr0013185857
fr0000076861
be0974269012
fr0000062978
fr0012821890
fr0004152874
fr0013296746
fr0000053043
fr0000036105
fr0000044612
fr0000062804
fr0000053837
fr0000039216
fr0011051598
fr0013258589
fr0010481960
fr0012185536
fr0000076952
fr0011992700
fr0004042083
fr0000061780
fr0013183589
fr0011800218
fr0000064123
mc0000031187
fr0013258399
fr0000062788
fr0000035370
fr0000062150
fr0011592104
fr0004548873
fr0000074254
fr0000078958
fr0010151589
fr0012969095
fr0000064156
fr0000072894
fr0000064446
fr0010193979
fr0000078339
fr0000053506
fr0010309096
fr0012633360
fr0012616852
fr0000037475
fr0000060907
fr0000054322
fr0000060824
fr0000053399
fr0013335742
fr0004031763
nl0010489522
fr0000065393
fr0000044323
fr0000185506
fr0010483768
fr0000045213
fr0010461053
fr0000045239
fr0000045551
fr0000185514
fr0000044364
fr0000045528
fr0000045346
fr0000045544
fr0000045304
fr0000050395
fr0007317813
fr0011026749
fr0000036774
fr0010879056
fr0013283108
fr0000035784
fr0012202497
fr0000065260
fr0000052839
fr0010099515
fr0000072373
fr0000031023
fr0012650166
fr0004030708
fr0000120669
fr0000061475
fr0000075343
fr0010490920
fr0000064164
fr0000037343
fr0000039026
fr0000062341
fr0000062507
fr0000038184
fr0000063034
fr0011271600
fr0000062101
fr0000061418
fr0000060535
fr0000076986
fr0000035123
fr0000074759
fr0000065930
fr0000064362
fr0000038499
fr0010341032
fr0011277391
fr0000063265
fr0000053944
fr0013030152
fr0010588079
fr0000031973
fr0000030611
fr0000034894
fr0000053035
fr0010501692
fr0011799907
fr0000061459
fr0004038099
fr0000065971
fr0000124232
fr0004010338
fr0004050300
fr0010214064
fr0004155000
fr0000032526
fr0000066722
fr0004035061
fr0000038531
fr0012821916
fr0000065278
fr0000051393
fr0000030827
fr0000033243
fr0000036980
fr0000066219
fr0000071797
fr0000064297
fr0000060451
fr0000064958
fr0013233012
fr0000072597
fr0004026151
fr0000073843
fr0012872141
fr0004029411
fr0000039638
fr0000066607
fr0000035263
fr0004027068
fr0006864484
fr0000075673
fr0000121295
fr0004165801
fr0004023208
fr0000033599
fr0000121352
fr0000030074
fr0000032302
fr0000051070
fr0011742329
actions
françaises
valeur
ouv
+ht +bs
clôt écart vol
2crsi
c 10,85 10,85 10,45
10,5 - 3,23
11331
a.s.t. groupeg
c 11,36 11,44
11
11,22 + 0,18
7326
abeo
c 35
35,5
35
35,2 + 0,57
461
acteosg
c 2,35 2,35
2,2
2,23 - 5,51
10256
ad capital
0,092
adl partnerg
c 14,45 14,5
14,35
14,5
518
adux (ex:hi media) c 3,68 3,68
3,63
3,63 - 0,28
281
advenisg
c 1,845 1,895
1,845
1,895+ 2,99
5780
advicenne
c 12,63 12,63
12,6
12,6 + 0,32
890
advini
c 32,2 32,6
32,2
32,6 + 1,24
2
affine reg
c 15,7
15,76
15,6
15,68 - 0,38
3833
afone part.
c 10,5
10,8
10,5
10,8 + 0,94
652
alpha mos
c 0,411 0,444 0,411
0,415 - 6,74
8831
altamirg
b 15,28 15,28
15,08
15,14 - 0,79
3803
altareit
b
510
amoebag
c 4,505 4,535 4,4
4,44 - 1,44
3064
antalis
b 1,288 1,326
1,232
1,292 - 5,14
75365
argang
b 45,6 46,4
45,6
46
+ 1,1
1956
artea
c
11
artois
a6400 6400 6400
6400 + 5,79
30
ateme
c 13,34 13,4
13,16
13,4 + 0,45
5937
au femining
b 39,3
39,3
39,3
39,3 - 0,05
1
augros cp
c 8,65 8,65
8,65
8,65
10
aures tech.
c 43,55 43,7
41,85
42,5 - 2,3
4413
awoxg
1,7
1,66
1,665 - 2,06 42562
1,7
baccarat
b
222
bains monaco
b 60
61
57,8
57,8 - 2,69
7430
balyo
c 2,82
3,09
2,8
2,9 + 5,65 330215
barbara bui
c
7,45
bastide
c 40
40,35 38,2
39,65 - 0,88
3884
bleecker
c 98
98
98
98
- 10,91
94
blue solutionsg
16,35 16,35
16,35
16,35
108
bourbonGg
a 4,4
4,98
4,34
4,94 + 13,69 157223
bourse direct
c
1,46
business et dec.g
c 7,82
7,82
7,82
7,82
11864
cafom
c 7,6
7,65
7,55
7,55 - 3,82
1649
capelli
42,6 42,7
41,7
42,5 - 0,47
423
carp.de partic.
c
57,5
castg
c 3,74
3,82
3,74
3,82 + 0,53
245
catering inter.g
b 14,55 14,55
14
14
- 6,04
5200
cbo territoriag
c 3,9
3,92
3,88
3,91 + 0,77
6958
cca intern.
c
4,99
cegedimg
b 29
29,5
28,4
28,5 - 2,4
4467
cegerealg
b 36,6 36,6
36,6
36,6 - 0,54
52
cellnovog
c 2,88 2,9
2,82
2,845 - 1,22
13455
cerenisg
b 1,896 1,93
1,83
1,92 + 1,27
44897
cfi
c
1,7
chausseria sa
c
0,001
cibox inter.g
c 0,2
0,201 0,189
0,194 - 3
673536
clayeuxg
c 0,25 0,25
0,25
0,25 - 13,79
950
cnimg
b 101,5 101,5
101,5
101,5
32
cogelec
c 11,122 11,268 11,12
11,12 + 0,09
584
coherisg
c 2,03 2,05
2,02
2,05 + 1,49
6468
constellium
11
courtois
c145
145
145
145
1
cr alpes prov.
c106,82 106,84 106,42 106,42 - 0,36
1868
cr atl. vendée
c 126,02 126,46 125,8
125,82 - 0,14
657
cr brie picard.
b 23,8
23,835 23,7
23,725- 0,88
1734
cr ille vilaine
c 97
97,49 97
97,49 + 0,14
101
cr languedoc
c 72,31 72,31
72,1
72,1 - 0,28
275
cr loire hte-loire c 85,06 85,79 85,05
85,79 + 0,87
316
cr morbihan
c 80,79 80,79 79
80,79 + 0,19
9
cr nord france
b 21
21
20,75
20,85 - 0,24
4352
cr norm. seine
c 126,98 126,98 126,4
126,4 - 0,85
32
cr paris idf
b 89,99 89,99 89,5
89,5 - 0,56
606
cr rhône-alpes
c192,94 192,96 191,8
191,8 - 0,21
53
cr toulouse
c 111,2 111,2
110,42
110,42 - 0,68
65
cr tour. poitou
c 101,82 102,68 101,8
102,68 + 0,86
491
crosswood
c
4,06
cs-com. et syst.g
c 5,64 5,78
5,6
5,6 - 2,1
7329
daletg
c 14,2
14,2
14,2
14,2 + 0,71
271
dane-elec memoryg c
0,56
deinove
2,415 2,435 2,38
2,435+ 0,62
8754
delta plus group b 49,2 49,8
49,2
49,8 + 2,05
328
digigram
c 0,67 0,67
0,67
0,67 + 4,69
501
dms
c 1,07
1,07
1,045
1,045- 1,88
20189
docks pétroles a c494 494
494
494
+ 13,83
85
dom securityg
c 59
59,4
59
59,4 + 0,34
43
ecag
c 14,7
14,8
14,7
14,8 + 0,68
434
egideg
c 2,08 2,1
2,08
2,08 - 0,48
4663
elect. strasbourg b 115,5 117,5
115,5
116 + 2,66
565
electro powerg
c 11,55 11,7
11,5
11,6 + 0,43
4144
encres dubuitg
c 5,62
5,62
5,6
5,6 - 0,36
554
essog
b 43,4 43,4
42,3
43,3 + 0,46
1332
eurasia fonc inv
c
0,25
euromedis groupeg c 6,5
6,6
6,5
6,6 + 1,54
17
europacorpg
c 1,66
1,69
1,635
1,655- 0,9
60693
exacompta clairef. c 125
125
124
124
+ 1,64
192
expl. prod. chim.
c860 860
860
860
36
expl. prod. chim.
c875
875
875
875
+ 2,34
4
f.i.e.b.m.
c
6,1
f.i.e.b.m.
c
118
f.i.p.p.
c 0,312 0,33
0,312
0,33
11758
fauvet-girel g
c
32,2
fermentalgg
3,555 3,57
3,49
3,49 - 1,41
29450
fermière cannes
b
1590
fiducial office
c 28,6
28,6
28,6
28,6
1
fiducial re
b 189
189
187
187
- 3,11
114
fin. moncey
a
5700
finatis
b 44,4 44,4
44,4
44,4
1
fleury michon
b 55,4 55,4
55
55
334
foncière 7 inv.
c
2
foncière atland
c 114
114
114
114
1
foncière euris
b 29
29
29
29
966
foncière inea
b 39,9 39,9
39,8
39,8 - 0,25
38
foncière paris nord c 0,04 0,04
0,04
0,04 + 1,01
10150
foncière r-paris
c
34,97
foncière volta
c
4,16
française energie c 13,8
13,8
13,8
13,8 - 0,36
391
frey
b 28,6
28,6
28,6
28,6
9
fsdv
c 42,8 42,8
42,8
42,8 + 20,23
1
galimmo
c 24,2 24,2
24,2
24,2
1
gaumont
b 135
138
135
138 + 2,22
10
gea
c 96,4 96,4
96,4
96,4
23
generixg
c 3,06 3,19
3,06
3,16 - 2,17
46625
genomic visiong
1,128 1,214
1,004
1,004- 14,19 2067718
gérard perrier
c 56,2
57,4
56,2
57,4 + 2,5
87
gfi informatiqueg b 8,08 8,08
8,08
8,08
1672
graines voltZ
c 40
40
40
40
27
groupe ird
c 26,2 26,2
26,2
26,2
1
groupe jaj
c
1,8
groupe openg
c 26
26,4
26
26
14415
groupe piZZorno
c 18,9
19,1
18,6
18,6 - 1,59
396
groupe sfpig
c 2,9
2,94
2,9
2,94 + 0,69
5348
guerbetg
b 56,8 56,8
55,6
56,6 - 0,88
2202
guillemot corp.g
c 5,14
5,18
4,92
4,96 + 2,27 33440
guy degrenne
c 0,19
0,19
0,19
0,19
1
hf companyg
c 7
7,12
7
7
- 0,57
1384
hipay group
c 13,15 13,75
13,1
13,25 + 0,76
288
hopscotch groupeg c 7,3
7,3
7,26
7,28
419
idi
b 44,4 44,5
44,3
44,3
1256
ige + xaog
c
136
immo. dassault
b 53,8 53,8
53
53,4 - 0,74
760
immo. hôtelière
c
1,04
ind. fin. ent.
c 65
65
65
65
219
infotelg
c 43,6 43,8
43,5
43,5 - 0,46
11558
innelec mult.g
c 5,12
5,16
5,12
5,16 + 1,18
770
installux sa
c
374
intexa
c
2,36
inventiva
b 7,9
7,96
7,8
7,8 - 0,76
3153
it linkg
c 6,4
6,76
6,4
6,4
7187
itesoftg
c 3,8
3,8
3,76
3,76 - 1,05
205
its groupg
c 7,18
7,2
7,1
7,2
161
jacques bogart
c 6,14
6,16
6,12
6,14
2742
keyrusg
c 5,78
6,16
5,64
5,78 - 5,25
27723
la foncièreverte c
57
lacroix sa
c 23,4 23,6
23,2
23,2 - 1,28
703
lafuma
c 22
23,6
22
23,6
628
lanson-bcc
b 32,4 32,4
32
32
- 1,24
154
laurent-perrier
b 110,5 111
110
110
217
le tanneurg
c
2,18
lebon
c149
156
149
155,5 + 4,36
406
les hôtels de paris c 2,22
2,22
2,22
2,22 + 5,71
4715
les nx constr.
b 46,3
47,4
46,3
47,4 + 0,21
1085
lexibookg
c 1,01
1,01
1,005
1,005- 2,43
4900
locindus
b 25
25,1
25
25,1
1426
malteries fr-b
c500 500
500
500
- 0,99
4
manutan inter.g
b 74,4 74,6
73,4
73,4 - 1,34
418
maurel & promG
a 5,56 5,85
5,56
5,76 + 3,78 203166
mcphy energyg
5,96 6,05
5,92
6
+ 0,67
6003
actions
françaises
euronexT hors srd suite
isin
fr0000061244
fr0000052623
fr0000064404
fr0010298620
fr0000077570
fr0011584549
fr0000064180
fr0004034320
fr0000060196
fr0000037970
fr0011341205
fr0013018041
fr0000120560
fr0004050250
fr0012789386
fr0010298901
fr0010428771
fr0000075392
fr0013190410
fr0010609206
fr0013318813
fr0010263202
fr0000038465
fr0011027135
fr0000053514
fr0000066441
fr0012432516
fr0000060832
fr0004044600
fr0012613610
fr0010380626
fr0010211615
fr0000044471
fr0000075954
fr0000039091
fr0013344173
fr0000060071
fr0000060121
fr0006239109
fr0000039109
fr0004175842
fr0011950682
fr0000060790
fr0000074122
fr0013214145
fr0004016699
fr0010209809
fr0000072563
fr0000078321
fr0000038804
fr0000075517
fr0000065864
valeur
ouv
+ht
mecelec
c 1,755 1,755
medasysg
c 0,355 0,355
média 6
c 14,05 14,05
memscapg
c 2
2
micropoleg
c 1,37
1,39
mndg
2
2,01
moul. strasbourg c
mr bricolage sa
b 10,7
10,7
mrm
c 1,5
1,5
musée grévin
c
nanobiotixg
b 16,1
16,68
navya
b 5,97
6
neopostG
a 24,1
24,46
neuronesg
b 23
23
nextstage
c100
100
officiis propertiesg c 1,5
1,5
ol groupeg
c 2,64 2,66
orapig
c 7
7
orchestra-pre.
c 1,02
1,04
orege
3,39 3,39
paragon id
c 27,55 27,55
c 82,5 83
parefg
passat
c 3,9
3,9
patrimoine & com
b 17,4
17,4
pcas g
c 15,4
15,4
poujoulat
c 37,6
37,6
poxelg
c 6,9
6,96
precia g
c202 204
prismaflexg
c 18,1
18,15
prodways group
b 4,16
4,205
prologueg
c 0,61
0,62
quotium tech.
c
ramsay gds
b 19,4
19,4
riberg
c 3,175 3,2
robertet sa
b550
574
roche bobois
b 22
22
s.a.m.s.e.
b 147
147
sabeton
c
c
scbsmg
séché env.g
b 27,7
27,7
selectirente
c
sergeferrari group c 9,14
9,14
signaux girod
c 16,8
16,8
sii
c 27,3
27,3
smcp
a 23,1
23,4
smtpcg
b 19,6
19,76
soc. fr. casinos
c
sodifrance
c
soditech ing.
c
sofibus
c
16,8
soft computingg c 16,4
sogeclairg
c 32,2 32,7
+bs
1,755
0,35
13,75
1,97
1,37
1,91
clôt écart vol
1,755
2500
0,35 - 1,41
18500
13,75 - 1,79
130
1,97 - 1,5
100
1,39 + 1,46
19388
1,93 - 2,82 184923
645
10,7
1,5
10,7
1,5
1
4756
76
15,84
16,41 + 1,55
5,93
5,93 - 0,69
24,1
24,34 + 1
22,5
23
100
100
1,49
1,49 - 0,67
2,63
2,66 + 1,14
7
7
1,015
1,035+ 0,98
3,35
3,37 - 0,59
27,5
27,5 - 0,18
82,5
82,5 - 0,6
3,87
3,87 - 1,28
17,1
17,4 - 1,14
15,4
15,4
37,6
37,6 + 2,17
6,78
6,82 - 1,45
202
204
18,05
18,15 + 0,28
4,1
4,1 - 1,44
0,607
0,614+ 0,66
126528
3375
49531
6897
10
1364
11266
2401
45150
379
66
141
1001
1944
38
217
48207
26
726
45853
91730
21
18,6
3,1
546
21,4
146
19,4
3,105 - 2,51
550 + 0,37
21,4 - 1,84
146
- 0,68
128
51088
1120
427
120
24,8
6,8
27,3
27,3
+ 0,73
- 1,09
1827
- 2,38
- 1,47
+ 1,28
- 1,54
11
1734
5253
110685
1704
70
9,14
16,4
26,8
22,975
19,12
9,14
16,4
26,8
23,3
19,2
2,5
18,4
0,985
187
16,4
32
16,8 + 2,44
32,2 - 0,62
1410
366
euronexT hors srd suite
actions
françaises
isin
fr0000131732
fr0000063307
fr0004529147
fr0013295789
fr0004037182
fr0000066482
fr0000060949
fr0000064388
fr0000039240
fr0000036816
fr0010127662
fr0000054215
fr0000034548
fr0000074197
fr0000062465
fr0004186856
fr0000066680
fr0000050049
fr0000035719
fr0000065765
fr0004183960
fr0011995588
fr0004034072
fr0011471291
écart vol
- 0,74
valeur
spir com.
tayninh
tessig
tff group
thermocompactg
tipiak
tivoly
tonna elect.
toupargel groupe
tour eiffel
txcellg
unibel
union fin. fr. bque g
utig
verneuil part.
vetoquinolg
videlio (ex:iec)
viel et cieg
viktoria investg
visiodentg
voluntis
voltalia
xilam animationg
ymagisg
ouv
+ht
+bs
c
c
b 135
135
b 42,505 42,7
c
c 81
81
c 36,8 36,8
c
c 3,5
3,5
b 47,8
47,8
2,545 2,555
a
b 27,7
28
c 0,612 0,618
c
b 51,2
51,4
c 1,75
1,75
c
c
c 2,3
2,3
c 10,252 10,252
b 9,8
9,8
c 41,8 42,35
3,64 3,8
clôt
2,65
us4282911084
us4567881085
ma0000011488
us58933y1055
us7427181091
lu0934195610
us9098831004
ch0008175645
ga0000121459
us91912e1055
bmg9887p1068
1,36
133
133
- 1,85
42,505 42,7 + 0,47
681
430
35,5
81
36,8
81
36,8
- 1,22
16
22
3,5
47,6
2,535
3,5
940
47,6 - 0,42
708
2,55 + 0,39 130408
0,41
27,6
0,618+ 0,98
51,2
1,74
51,4 + 0,78
1,74
5,14 + 1,17
2,3
10,25
9,66
40,4
3,58
2,3 + 11,65
10,252+ 0,02
9,8 + 0,62
40,8 - 3,2
3,68 + 1,1
1102
387
2,34
64
51
4,74
730
1607
2504
8822
29399
auTres valeurs de la Zone euro
lu0569974404
it0001389631
be0974260896
nl0010949392
be0974290224
nl0006294274
ie00bjys1g50
be0003853703
fi0009000681
be0946620946
nl0000289783
nl0000289817
aperam
beni stabili
celyad
cnova nv
dexia
euronext
mainstay medical
montea cva
nokiaR
rentabiliweb gpg
robeco nv
rolinco
a 38,98 39,66
0,737 0,75
c 23,76 23,76
a 4,12
4,12
c 4,45 4,45
a 58,8 58,8
38,96
0,737
23,22
4,12
4,37
56,7
39,45 + 0,25
0,75 + 1,01
23,48 + 0,09
4,12 - 0,48
4,39 - 1,57
57,25 + 1,33
14,5
- 2,44
55,2 - 1,78
4,745+ 1,02
55,6 56
54,8
a 4,722 4,757 4,678
c
39,47 39,47 39,47
41,43 41,43
41,43
52
c
15,2
12,9
59,5
12,9
60
12,9
59,5
12,9 + 0,78
60
68,4 + 1,1
367
121
59,13
19,91
c
a 147
46
154
147
154
12,34
c
+ 5,48
+ 2,05
1744
0,02
euronexT groWTh (sélection)
isin
fr0010641449
fr0010397760
fr0012788065
fr0012816825
fr0011053636
fr0011648716
fr0010907956
fr0000035818
fr0004166197
fr0000044810
fr0010342329
fr0012819381
fr0013204070
fr0000077562
fr0004153930
fr0010458729
fr0004155687
fr0004032746
fr0004171346
fr0000064529
fr0000061608
fr0004197747
fr0013263878
fr0004155240
fr0004045847
855
27,6
0,612
hexcel
infosys
maroc telecom
merck and co inc
procter & gamble
rorento cdh
rusal plc
televerbier
total gabon
vale sa
Zci limited
17661
16577
235
341
197561
valeur
agrogeneration
auplata
biocorp
biophytis
blockchain group
carbio
carmat
esker
evolis
europlasma
gaussin
groupe guillin
groupe parot
hiolle industries
hybrigenics
implanet
mastrad
neovacs
nextedia
nsc groupe
piscines desjoyaux
theradiag
umanis
vergnet
voy. du monde
ouv
0,304
0,078
8,7
2,33
0,367
8,15
26,45
65
23,9
0,11
0,237
29
7,86
4,86
0,44
0,23
0,289
0,309
1,01
+ht
0,304
0,078
8,88
2,34
0,373
8,15
26,6
66,6
24,8
0,116
0,241
29,05
8
4,86
0,449
0,252
0,301
0,309
1,01
+bs
0,3
0,071
8,7
2,24
0,35
7,81
26,1
64,8
23,9
0,108
0,235
27,85
7,86
4,86
0,435
0,23
0,289
0,29
0,952
clôt écart vol
0,3 - 1,64
8100
0,072- 7,1 9550743
8,78 + 0,92
274
2,315- 0,64
46021
0,371+ 2,49 267824
7,83 - 3,93
10487
26,25 - 0,76
3447
66,6 + 1,37
8355
24,8 + 3,33
16191
0,115 + 4,17 1436752
0,236- 1,67
587118
28
- 3,45
7908
8
31
4,86 - 0,41
1
0,449+ 3,7
22631
0,238+ 3,48 414305
0,301- 0,33
4500
0,301- 2,27 715070
0,984- 2,77
66439
13,7
13,8
13,7
1,36
1,37
1,34
11
11,2
11
0,34 0,372 0,321
136,5 138,5
135
13,8 + 0,73
214
1,37 + 0,74
6461
11,05 + 0,91
13141
0,323+ 2,87 1100304
135,5 - 0,73
1010
82
cerTiFicaT/Fonds
191504
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
39,47 - 0,45
41,43 - 0,5
investir 10
i10gs - Fr0011630474
Fr0013284114
137.5
100.18
-0,58
0,56
VaLeurs Zone internationale
ch0008853209
sn0008626971
cm0000035113
us1491231015
sn0000033192
gb0002374006
us5324571083
ci0000053161
ch0308403085
agta record
bras. ouest afr.
brass. cameroun
caterpillar inc.
cfoa
diageo
lilly and co
forestière eq.
geneurog
b 71,5
71,5
71,5
c
b
129,5 129,5
129,5
c
30,945 30,945 30,15
c
b 4,2
71,5
101
350
90
129,5 - 2,26
100
3,33
30,28 + 0,53
88
- 2,19
305
750
4,21
4,2
4,2
921
Taux eT changes
changes : cours au comptant
cours
bce
var.
veille
en %
var.
année
en %
dollar us
1,1771
livre sterliNg
0,8947
FraNc suisse
1,1354
couroNNe daNoise
7,4592
couroNNe Norv.
9,5669
kuNa croate
7,4296
couroNNe suedoise
10,3538
dollar caNadieN
1,5234
yeN JaPoNais
132,887
dollar australieN
1,6233
rouble russe
77,4745
rouPie iNdieNNe
85,5575
dollar Neo-zelaNdais 1,77
couroNNe tcheQue
25,6163
ForiNt hoNgrois
324,18
zloty PoloNais
4,2877
lev bulgare
1,9565
dollar hoNg-koNg
9,1923
WoN sud coreeN
1316,1674
Peso MexicaiN
22,347
real
4,8516
dollar siNgaPour
1,6077
raNd sud-aFricaiN
16,943
livre turQue
7,2849
reNMibi yuaN
8,084
ruPiah
17564,5711
Peso PhiliPPiN
63,873
riNggit Malais
4,8676
bath thalaNdais
38,1402
0,17
-0,12
0,19
0,00
0,02
0,06
0,15
0,12
0,28
0,20
0,01
-0,67
0,01
0,07
0,15
-0,19
-0,01
0,14
0,08
0,26
0,89
0,13
0,31
0,91
0,02
0,53
0,25
0,20
0,13
-1,95
0,83
-2,94
0,16
-2,88
-0,03
5,42
0,92
-1,85
5,57
12,02
11,60
4,66
0,30
4,32
2,68
0,03
-2,02
2,76
-5,32
22,03
0,12
14,02
59,95
3,57
8,00
6,42
-0,27
-2,44
25-09-2018
1 euro en devise
principaux taux directeurs
pays
taux de référence
taux en %
eur
eur
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy
cad
usd
1
1,1771
0,8947
1,1354
10,3538
7,4592
1,3289
1,5234
gbp
chf
0,8496
1,1178
1
1,3162
0,7598
1
0,9645
1,2695
8,797
11,5778
6,3368
8,3409
1,129
148,595
1,2941
1,7035
0,8808
1,0368
0,7877
1
9,1202
6,5703
117,04
1,3419
Marché obligataire
Taux marchés monétaires et eurodevises
cours de changes croisés
25-09-2018
sek
dkk
0,0966
0,1137
0,0864
0,1096
1
0,7205
12,8345
0,1471
0,1341
0,1578
0,1199
0,1522
1,388
1
0,1782
20,4234
jpy (100)
cad
0,7525
0,8857
0,673
0,8544
0,0779
5,6132
1
1,1462
0,6564
0,7727
0,587
0,7452
6,7965
4,8963
0,8724
1
25-09-2018
marchés monétaires
1 mois
3 mois
jour
6 mois
1 an
Zone euro-0,37/-0,67 -0,28/-0,58 -0,19/-0,49 -0,18/-0,48 -0,11/-0,41
ecarts de taux avec l’allemagne
25-09-2018
6 mois
allemagne 100,23
portugal
-0,23
france
-0,02
espagne
-0,04
italie
-0,33
2 ans
5 ans
7 ans
10 ans
-0,55
0,52
0,06
0,27
1,58
-0,10
0,86
0,12
0,47
2,09
0,15
1,25
0,19
0,76
2,32
0,44
1,46
0,34
1,01
2,41
euromts
indice
var %
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
249,98
170,54
233,60
283,08
330,10
338,22
232,46
-0.10
-0.01
0.01
0.04
-0.16
-0.18
0.00
31/12 var %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
0.54
0.38
-1.11
-0.61
0.88
1.90
-0.76
cours a TerMe de l’euro contre les principales devises
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1770
1,1771
0,8943
0,8944
1,1352
1,1355
10,3488
10,3588
7,4588
7,4595
132,8830
132,8910
1,5229
1,5239
-0,0021
-0,0025
-0,0037
-0,0040
0,0070
0,0070
0,0276
0,0321
0,0004
0,0007
0,3276
0,2934
-0,0017
-0,0013
-0,0079
-0,0083
-0,0034
-0,0059
0,0077
0,0077
0,0286
0,0329
0,0027
0,0028
0,2780
0,2395
-0,0076
-0,0072
-0,0176
-0,0180
-0,0086
-0,0090
0,0090
0,0089
0,0290
0,0331
0,0073
0,0056
0,2289
0,1826
-0,0176
-0,0172
-0,0380
-0,0386
-0,0152
-0,0157
0,0113
0,0111
0,0197
0,0211
0,0142
0,0117
0,1348
0,0740
-0,0389
-0,0391
25-09-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base
0.75 %
usa
taux jour le jour
1.82 %
fOnDs feDeraux
2.00 %
2 ans
2.87 %
10 ans
3.11 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.10 %
Taux bons du trésor
btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,60
-0,56
-0,58
-0,58
-0,55
-0,38
0,13
0,78
indices de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
août 18
tmm
euribor
1 mois
3 mois
-0,3279
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,369
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,294
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
tme
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
source cdc ixis
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
the
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
20-08
21-08
22-08
23-08
24-08
27-08
28-08
29-08
30-08
31-08
03-09
04-09
05-09
06-09
07-09
10-09
11-09
12-09
13-09
14-09
17-09
18-09
19-09
20-09
21-09
24-09
25-09
0,70
0,70
0,70
0,70
0,71
0,71
0,71
0,71
0,71
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,82
0,82
0,82
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
-0,36
-0,36
-0,361
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,363
-0,364
-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,364
-0,371
-0,366
-0,366
-0,366
-0,367
-0,365
-0,367
-0,367
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,37
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,319
-0,319
-0,319
0,64
0,63
0,65
0,66
0,66
0,68
0,68
0,70
0,71
0,68
0,67
0,68
0,69
0,70
0,69
0,71
0,72
0,70
0,70
0,72
0,74
0,74
0,78
0,77
0,76
0,77
0,82
thor.
pub.
priv.
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
0,90
0,90
0,90
0,90
0,91
0,91
0,91
0,91
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
MaTières preMières
MéTaux précieux
MéTaux non Ferreux
MéTaux sTraTégiQues
produiTs péTroLiers
sucre
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
25/09
24/09
COURS PriMe Prec.
lingot
32700
0
32800
10 florins
198
0,08
195
5 dollars*
289
17,53
289
10 dollars
551
12,04
551
20 dollars
1100
11,8
1100
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1245,5
1,57
1226
latine
193
1,66
193
napoleon
198,4
4,5
192,2
1/2 napoleon* 102,5
7,98
101
souverain eli i* 255
6,53
255
souverain
249
4,03
246
1/2 souverain* 127
6,11
127
suisse
192,4
1,34
192,4
tunisienne*
193
1,66
193
mark*
250
6,78
250
krugerrand
1090
7,17
1090
lingotin 500grs 17000
3,98
17000
lingotin 250grs 8390
2,63
8380
lingotin 100grs 3400
3,98
3400
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
468,76
469,53
cuivre (girm):
Londres
(eN dollars)
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
679,5
london daily price:
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
28 897
28 788
Fix2
29 066
28 839
cathodes : 5505 a coMPter du 25/09/
autres demi produits cuivreux :
base cuivre
629,88 dePuis le 25/09
base laMiNé laitoN 1 titre 526,21 dePuis le 25/09
base laMiNé laitoN 70/30 535,64 dePuis le 25/09
base laMiNé laitoN 85/15
582,75 dePuis le 25/09
base laMiNé broNze 94/6
712,88 dePuis le 25/09
base laMiNé broNze 94/4
685,21 dePuis le 25/09
London MeTaL exchange
25/09
24/09
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1460-1470
1525-1535
13600
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2034,5-2035
2065-2066
1013050
cash
3 Mois
stocks
London BuLLion MarKeT
25/09
24/09
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 444
1 431
etain (en $ par tonne)
1 203
palladium (eN dollars Par oNce troy)
1 065
1 058
platine (eN dollars Par oNce troy)
827
830
neW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
settleMeNt
25/09
sePt. 18
14,44
déc. 18
14,55
JaNv. 19
14,54
Mars 19
14,65
Mai 19
14,71
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
settleMeNt
24/09
14,21
14,29
14,41
14,4
14,54
settleMeNt
25/09
déc. 18
1205,9
avr. 19
1217,5
JuiN 19
1223,7
aout 19
1230,2
déc. 19
1241,4
platine (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
25/09
825,4
828,9
833,9
837,6
844,5
24/09
1203,4
1215,2
1220,6
1230,7
1239,6
settleMeNt
24/09
827,6
830,7
837,3
811
855,1
2032-2034
2066-2067
1022450
cuivre (en $ par tonne)
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
22 691
22 582
Fix2
22 571
22 624
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 202
1460-1470
1500-1550
13600
cash
3 Mois
vol.
6318-6320
6320-6320,5
214350
18980-18985
18900-18950
2865
6202-6203
6201,5-6202
216600
19070-19100
19020-19030
2745
12970-12980
13075-13080
229722
éLecTriciTé
clôture
25/09
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
clôture
12950-12955
13050-13080
231024
plomb (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2028-2029
2033-2035
116600
1995-1995,5
2006-2008
117025
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2530-2531
2526-2527
206375
2440-2441
2445-2447
210100
neW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
25/09
2,81
2,82
2,83
2,83
24/09
2,81
2,81
2,82
2,82
vol
396
774
490
95404
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
25/09
76,16
77,03
84,39
84,24
KuaLa LuMpur
settleMeNt settleMeNt
Jou r
25/09
18950
24/09
18950
vol
clôture
24/09
40,69
46,28
clôture
24/09
76,16
77,03
84,39
84,24
vol
364004
192492
vol
clôture
clôture
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
aout 19
25/09
71,03
70,8
70,85
70,23
69,88
24/09
70,85
70,63
70,33
70,03
69,68
468,5
443,5
91,2
90,97
524
492
91,2
90,97
516,5
484,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
sPot
25/09
21,9
clôture
24/09
22,39
settleMeNt settleMeNt
vol
24/09
27,4
27,45
27,65
gaz naTureL
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
25/09
3,05
3,04
3,11
vol
clôture
vol
24/09
3,04
3,03
3,1
clôture
24/09
28,48
vol
vol
28
29
settleMeNt settleMeNt
25/09
oct 2018 29,54
Nov 2018 29,94
dec 2018 30
24/09
28,92
29,03
29,13
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
19408
49311
13209
3992
1575
clôture
clôture
25/09
24/09
déc. 18
1566
1593
Mars 19 1595
1618
Mai 19
1610
1629
Juil. 19
1623
1640
sePt. 19
1635
1649
new york (eN $ Par toNNe)
vol
5532
4130
2046
1306
1089
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
déc. 19
25/09
2198
2219
2234
2270
2286
24/09
2221
2241
2255
2292
2302
vol
12299
6168
2051
302
248
settleMeNt settleMeNt
25/09
339,6
342,5
351,4
24/09
339,6
342,5
351,8
settleMeNt settleMeNt
vol
25/09
24/09
Nov. 18
176,5
177
JaNv. 19 179,25
179
Mars 19 182
182,25
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
settleMeNt settleMeNt
vol
settleMeNt settleMeNt
vol
25/09
24/09
Nov. 18
9,85
9,82
JaNv. 19 10,02
10
Mars 19 10,16
10,13
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
vol
25/09
24/09
Nov. 18
1513
1514
6035
JaNv. 19 1511
1509
4863
Mars 19 1527
1518
1723
Mai 19
1540
1531
705
Juil. 19
1550
1543
319
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
2
7880
1988
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
25/09
97,75
101,15
103,6
108,4
24/09
98
101,4
103,8
108,6
vol
vol
14974
7118
1085
549
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
Jou r
25/09
24/09
112,45
115,7
270
48
settleMeNt settleMeNt
25/09
177,05
176,6
177,85
vol
24/09
177
0
0
124
veau vivaNt - bresil - brl :
150.65
le 24/09//18
betail vivaNt - cMe - usd :
1.12175
le 24/09//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.5645
le 24/09//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.61
le 24/09//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
le 02/03//17
indices
rJ crb
settleMeNt settleMeNt
vol
BeTaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
clôture
230
4
2
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
782
194
68
25/09
24/09
déc. 18
360,75
361
105227
Mars 19 372,75
373,25
28101
Mai 19
380,5
380,25
7770
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
jus d’orange
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
vol
caFé
Bois
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
24/09
10,4
11,25
11,38
11,52
11,83
settleMeNt settleMeNt
25/09
24/09
déc. 18
519,5
527
204
Mars 19 543,38
545,5
4
Mai 19
549,5
557,25
mais à paris (eN euros Par toNNe)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 98.06
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
new york (cont. n°2 - cents par lb)
24/09
79,1
78,51
78,92
25/09
10,43
11,25
11,34
11,47
11,78
vol
vol
vol
coTon
settleMeNt settleMeNt
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
clôture
settleMeNt settleMeNt
25/09
24/09
déc. 18
201,75
203
21951
Mars 19 204
206
4634
Mai 19
205,25
206,25
2198
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
25/09
24/09
déc. 18
258,25
258,75
Mars 19 262,75
264
Mai 19
264,25
260,5
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
iNdice cotlook a : 88,65, le 25/09//18
25/09
80,2
79,11
79,55
clôture
settleMeNt settleMeNt
nymex ( eN $ Par Mbtu)
clôture
vol
4796
3107
1098
57
125
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 23/09/
Prix indicatif : 2196,11
londres (eN £ Par toNNe)
uraniuM
25/09
27,4
27,45
27,65
clôture
25/09
24/09
déc. 18
317,2
318,1
Mars 19 319,9
321,6
Mai 19
324,4
326
aout 19 328,7
327,9
oct. 19
331,6
331,2
new york (eN ceNts Par lb)
cacao
uranium nymex (en $ par lb)
Nov. 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
vol
powernext gas futures
25/09
24/09
Nov. 18
711
701,75
66433
Fév. 19
704,75
695,5
6313
Mars 19 703
693,75
4591
avr. 19
700,5
691,75
3684
Mai 19
699,25
690,25
1669
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
472,5
447,5
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
clôture
25/09
24/09
Jour
81,82
81,2
Nov. 18
81,82
81,2
175963
JaNv. 19 80,67
80,08
87079
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
25/09
Nord da 29,6
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
londres (eN dollars Par toNNe)
670,5
powernext gas spot
produiTs péTroLiers
clôture
etain (en dollars par tonne)
24/09
ice
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
25/09
antimoine 99,65% (par tonne)
8400
8400
bismuth 99,99% (par lb)
4,55
4,55
cadmium 99,95% (par lb)
1,25
1,25
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
33,25
33,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
29,3
29,3
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
14
14
silicium (par tonne)
2000
2000
céréaLes
11,32 cts/lb
vol
112.45
25/09
24/09
200,85
200,57
reuters coM. 2296,34
2296,34
Moodys coM. 5560,65
5560,65
or iNdustriel 33041
33006
lMex
3025,3
3013,2
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Mercredi 26 septembre 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
marketing@mirabaud-am.com
A la recherche d’une gestion active
de conviction ?
Tous les details de nos solutions d’investissement
à disposition ici : www.mirabaud-am.com
Pictet Asset Management
34, avenue de Messine 75008 Paris
Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
code isin
désignation
des valeurs
code isin
désignation
des valeurs
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
561,81 24/09
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
544,62 25/09
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
254,01 24/09
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
363,94 25/09
LU0168449691 Pictet-greater china
563,61 21/09
LU0188501257 Pictet-health
289,16 24/09
490,71 24/09
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
LU0070964530 Pictet-indian eq.
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
synchrony (lu)
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
101,36 24/09
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
175,96 24/09
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
106,86 24/09
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
463,26 24/09
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
103,31 24/09
133,87 24/09
LU0851564897 euroPean equity (eur)
166,16 24/09
111,72 24/09
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15995,38 21/09
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
118,96 21/09
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
98,38 24/09
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
160,16 24/09
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
155,24 21/09
LU0851564541 World equity (eur)
156,75 24/09
140,91 24/09
LU0375630729 ram (l) sf north am eq
318,66 24/09
57,93 24/09
LU1074511459 ram (l) tf conv euroPe
146,37 24/09
252,87 24/09
LU0419186167 ram (l) tf gB Bd tot ret
141,96 24/09
LU0935723782 ram (l) tf ii asia Bd tot ret
137,7 24/09
258,12 21/09
LU1279334210 Pictet-roBotics
748,24 24/09
LU0338483075 Pictet-russian equities
LU0256846139 Pictet-security
LU0340554913 Pictet-digital
305,54 24/09
LU0130732364 Pictet-small caP eur.
1230,51 24/09
LU0255798109 Pictet-emerg lc deBt
154,55 25/09
LU0104884860 Pictet-Water
299,01 24/09
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
306,8 24/09
LU0090689299 Pictet-Biotech
89,21 24/09
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
LU0280430660 Pictet-clean energy
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
classification
code isin
classification
sicav//fcp
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Jérôme Drianno
veut draper
Beaumanoir
de succès
Groupe Beaumanoir
Par Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Il n’était pas du tout écrit que Jérôme Drianno
deviendrait un jour un passionné de chemisiers,
de jeans et autres robes. Le cursus de ce diplômé
d’Agro ParisTech, passé par HEC, devait plutôt
l’orienter vers une entreprise d’agroalimentaire.
D’ailleurs, il a fait ses premiers pas chez Sopexa à
Londres, puis a monté, dans une filiale de Suez,
des projets alimentaires. Et après un court passage chez Bossard Consultants, c’est au sein du
Groupe Roullier, géant de la nutrition animale
et végétale, que Jérôme Drianno a poursuivi sa
carrière… en Italie. Pourtant, arrivé il y a douze
ans chez Beaumanoir, un groupe connu pour
ses marques de prêt-à-porter Cache Cache,
Bonobo ou Morgan, Jérôme Drianno s’est pris
de goût pour la mode.
Au cours de ses nombreux voyages à l’étranger, professionnels ou même privés, il ne se
prive jamais de visiter les boutiques, de sillonner
les rues commerçantes, d’acheter les pièces en
vogue… histoire de nourrir son analyse d’un
marché en perpétuelle évolution. « Cela ravit
mon épouse et ma fille », sourit Jérôme Drianno,
qui, même s’il a été promu, début septembre,
au poste très prenant de directeur général
du Groupe Beaumanoir, a bien l’intention de
poursuivre ses habitudes d’acheteur.
ENTREPRISES
HAGER GROUP
Jacob Schambye
accède au poste de senior
vice-président Europe. A ce titre,
il prendra la responsabilité
des ventes pour l’Europe.
Jacob Schambye, 48 ans, est titulaire d’un master en gestion des
entreprises de la Copenhagen
Business School. Il a débuté au
sein du Boston Consulting Group
avant d’occuper des postes de
Car il sait combien le secteur du prêt-à-porter
est sans cesse bousculé par de nouveaux comportements. Le numérique modifie en profondeur le statut des boutiques partout dans le
monde. Beaumanoir, qui en possède 2.700
(franchises et succursales) en France et à l’étranger, notamment en Chine, où 900 magasins ont
été ouverts, se bagarre, jour après jour, pour
fidéliser sa clientèle. « C’est très agité, mais on
y arrive », lâche, avec détermination, Jérôme
Drianno. Parmi les forces de son entreprise ?
Une « vraie stratégie omnicanale » qui lui a évité
les difficultés récemment rencontrées par ses
concurrents Pimkie, Jules ou Brice…
Ce patron de 51 ans a d’ailleurs contribué à la
révolution digitale du groupe, désormais très
présent sur le Web. Beaumanoir compte, par
exemple, des boutiques multimarques sous
l’enseigne Vib’s, assorties de 180 implantations
physiques en France. La cliente fait son choix
sur Internet, mais est invitée à retirer ses achats
dans ces mégastores… où tout est fait pour
qu’elle craque sur les nouveautés. Ce fils de
médecins nantais, qui a effectué sa scolarité
dans la cité des ducs de Bretagne, est entré dans
l’entreprise malouine après une rencontre
avec Roland Beaumanoir. L’actuel PDG recher-
direction dans des sociétés industrielles telles que Danfoss et Velux.
ACCENTURE
Christophe Chartrin
est nommé directeur exécutif
senior, responsable du secteur
des services financiers pour la
France, les Pays-Bas, la Belgique
et le Luxembourg.
Christophe Chartrin, 51 ans, titulaire d’un diplôme de finance de
l’université de Genève, a débuté
chez Arthur Andersen (devenu
chait alors des cadres de haut vol pour internationaliser sa société.
Jérôme Drianno venait de passer huit ans
en Italie, où il a notamment dirigé les activités
du spécialiste de l’agrofourniture Roullier. Un
groupe voisin et… ami de Beaumanoir, puisque
le siège de cette importante affaire se trouve
sur le port de commerce de Saint-Malo quand
celui du groupe textile a élu domicile à l’entrée
de la cité corsaire.
Chez Beaumanoir, Jérôme Drianno a mis le
cap sur l’Asie, passant deux ans à Singapour
comme responsable de l’international. De
retour en France, il est devenu le patron de
Cache Cache, principale enseigne de l’entreprise. L’an passé, il a été chargé de relancer et
de restructurer Morgan et ses 350 boutiques.
« J’en reste le patron. J’ai une bonne équipe, je
délègue », explique cet homme discret, qui se
confie peu. Tête bien faite, regard franc, le directeur général est d’un naturel très réactif, mais
n’entend pas courir plusieurs lièvres à la fois.
« La situation réclame que l’on se concentre sur
la consolidation de nos marques et l’évolution de
nos boutiques », insiste le dirigeant qui reçoit
chemise ouverte dans son bureau, plutôt impersonnel, de Saint-Malo.
Lourde tâche face à la Chine
S’il n’est pas actionnaire du groupe contrôlé par
la famille Beaumanoir, très soucieuse de son
indépendance, il ne s’estime pas moins un
« entrepreneur », conscient d’avoir devant lui la
lourde tâche de poursuivre la croissance d’une
affaire dont dépendent plus de 11.000 salariés.
Ce père de deux grands enfants s’accorde donc
très peu de loisirs. Un peu de jogging, de voile et
des voyages. Avec son épouse, ils ont rejoint l’été
dernier leur fils installé à Hong Kong. Et n’ont
pas manqué d’arpenter les ruelles où se trouvent
pêle-mêle échoppes locales, marchés exotiques
et enseignes d’Asie. Jérôme Drianno garde l’œil,
d’autant plus qu’« en Chine, avec des groupes tel
Alibaba, le développement du prêt-à-porter sur
le digital est plus rapide encore qu’en Europe ». n
Accenture) en 1994. En 2000, il a
rejoint le cabinet McKinsey, où il
a été promu directeur associé en
2008, avant de devenir directeur
associé senior en 2015. Non sans
avoir occupé plusieurs postes de
direction, dont celui de responsable du pôle de compétences
Digital Lean IT/Agile pour la
région Emea.
SAVILLS
Florence Tondu-Mélique
est nommée administratrice
non exécutive indépendante.
Florence Tondu-Mélique, 41 ans,
diplômée de HEC Paris, titulaire
du MBA de Harvard Business
School, est PDF de Zurich France
et membre des comités exécutifs
EMEA et global commercial insurance du groupe Zurich. Après
des débuts chez McKinsey &
Company, elle est devenue directrice exécutive chez AXA Real
Estate dès 2009 et AXA Investment Managers. Entre 2013
et 2017, elle était directrice générale opérationnelle pour l’Europe
chez Hiscox.
SOCIÉTÉ DE LA TOUR EIFFEL
Thomas Georgeon
est nommé directeur général
adjoint. Sur proposition du
comité des nominations et des
rémunérations et sur décision
du conseil d’administration
du 20 juillet dernier, Thomas
Georgeon sera directeur général
au terme du mandat de Philippe
Lemoine, conformément
aux dispositions statutaires,
lors du prochain conseil.
Thomas Georgeon, 43 ans,
ancien élève de l’Ecole centrale
Paris, a effectué son parcours
professionnel au sein du groupe
Bouygues. Œuvrant comme responsable de programmes chez
Sodearif (actuel Linkcity) pendant quatre ans, il a ensuite été
responsable des appels d’offres
de nombreux partenariats
publics privés (PPP), notamment
le Palais de justice de Paris ou la
Seine Musicale à BoulogneBillancourt. Plus récemment, il
avait la charge d’une division
chez B ouygues Bâtiment IdF
Rénovation Privée.
VICAT
Hugues Chomel
est promu directeur financier
du groupe Vicat.
Hugues Chomel, 57 ans, est titulaire d’un diplôme d’expert comptable, d’une maîtrise de droit des
affaires de l’université de Grenoble-II et d’un diplôme de l’IEP de
Grenoble. Au cours de sa carrière, il a assuré diverses fonctions en France et à l’international, notamment chez Schneider
Electric, Alstom et Deloitte. Entré
dans le groupe Vicat en 2004, il en
était le directeur financier délégué depuis 2013.
REDEVCO
Cécile Berry
deviendra directrice de
portefeuille de Redevco France,
le 12 novembre. A ce titre,
elle intégrera le nouveau comité
de direction de Redevco France.
Cécile Berry, 45 ans, ancienne
élève de l’Ecole centrale de Lyon,
a notamment travaillé chez Unibail-Rodamco, chez Citynove
puis chez Conforama.
ALLIANCE HEALTHCARE GROUP
FRANCE
Corinne Morel
est nommée directrice marketing
digital et retail d’Alliance
Healthcare Group France.
Corinne Morel, 50 ans, est diplômée de l’université Paris-Dauphine. Elle a passé seize ans chez
LVMH au poste de directrice
marketing et formation pour les
parfums Givenchy France et
onze ans chez Sephora, notamment comme responsable
Europe du categor y management cosmétiques. Elle a ensuite
été directrice des achats et marketing chez Douglas Parfumerie.
Elle œuvrait, depuis 2010, à la
direction des achats et du marketing de Parashop et, depuis l’an
dernier, en qualité de directrice
générale déléguée de Palmme,
chargée notamment de développer la centrale d’achats et de référencement auprès de la GMS, des
groupements de pharmacies et
des sites Internet.
ILS SONT NÉS
UN 26 SEPTEMBRE
Frédéric Bedin, président
du directoire de Hopscotch
Groupe, 55 ans.
Isabelle Clarke, réalisatrice,
58 ans.
Bryan Ferry, chanteur, 73 ans.
Hubert Gatignon, économiste,
68 ans.
Yves Hinnekint, directeur
général d’Opcalia, 52 ans.
Patrick Kron, ex-PDG
d’Alstom, 65 ans.
Marie-Amélie Le Fur,
championne d’athlétisme
handisport, 30 ans.
Philippe Oddo, associé-gérant
d’Oddo BHF, 59 ans.
Guillaume Parmentier,
universitaire, 65 ans.
Sibyle Veil, présidentedirectrice générale
de Radio France, 41 ans.
Serena Williams, championne
de tennis, 37 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
Mercredi 26 septembre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
« Les Echos »
+
Auto-tamponneuses
BMW rejoint les constructeurs ralentis
par les règles d’homologation.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
Annie Genevard Députée
et secrétaire générale LR
EUROPE « La question n’est pas Viktor Orbán [le Premier
ministre de Hongrie, ayant fait l’objet d’un vote de sanction
du Parlement européen, NDLR], mais quelle voix nous
souhaitons porter pour les élections européennes »,
affirme Annie Genevard. « Le message que Laurent
Wauquiez a fait passer lundi à Angela Merkel [lors
d’une rencontre, NDLR] est qu’il veut incarner le point
d’équilibre entre les pro et anti-européens, pour déjouer
la stratégie d’Emmanuel Macron qui veut installer le match
entre les eurosceptiques et les progressistes, comme
il se nomme. Eh bien, il y a une troisième voix… Je pense
que c’est la plus féconde, la plus intéressante, la plus porteuse
d’avenir : c’est la vision que nous portons. […] Oui
à l’Europe, mais une Europe qui respecte les nations
et les peuples, des frontières sûres et stables, l’instauration
de la réciprocité en matière économique. »
EUROPÉENNES 2019 « A l’occasion des élections
européennes, il faut déjouer la tactique dangereuse
d’Emmanuel Macron. Il l’a dit : il veut fracturer la droite, pour
se substituer à elle », selon Annie Genevard. « Les gens qui ne
sont ni fédéralistes, comme lui, ni sceptiques comme d’autres,
où vont-ils ? Nous, nous prétendons incarner cette ligne
équilibrée, ce positionnement qui, encore une fois, est le plus
utile à l’Europe. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés. Les animaux automobiles sont malades d’au moins deux pestes, les barrières douanières et les
nouvelles procédures d’homologation plus drastiques à l’égard des émissions de CO2. BMW, qui le mois dernier se voyait encore traverser presque
sans encombre l’épidémie, a fini par rejoindre la cohorte des souffreteux
comptant déjà General Motors, Ford, Nissan, Hyundai, Volkswagen et
Daimler. Le fléau n’est certes pas mortel : Volkswagen, Daimler et BMW dégageront collectivement presque 40 milliards d’euros de résultat d’exploitation ajusté selon les analystes, l’équivalent de plus de deux barils de Total.
Mais le pouls des prévisions (abaissées par les analystes de 7,5 % à 8,5 % pour
les deux premiers depuis le début de l’année) n’est pas de bon augure. Les
coups de tampons administratifs qui manquent (pour autoriser les véhicules
à circuler) ou qui s’ajoutent (aux frontières), en appliquent d’autres ailleurs.
Sur la rentabilité d’abord : chez BMW, où les pronostics n’avaient pas été démentis jusqu’ici, ils font sortir la marge opérationnelle de l’autoroute des 8 %
à 10 % qu’elle empruntait sans discontinuer depuis huit ans, pour se diriger
vers 7 %. Sur les cours de Bourse ensuite : l’industrie automobile européenne
a perdu mardi 8,9 milliards d’euros de valeur (soit -2,24 %), la plaçant à la troisième marche du podium des lanternes rouges sectorielles depuis le début
de l’année. La liste des maux et des valétudinaires peut encore s’allonger.
Google 22
Indigo 18
Instagram 23, 22
JCDecaux 18
JP Morgan 29
Keolis 18
Linkt 26
MedinCell 30
Neoen 30
Novares 30
Pinterest 22
Pitch Promotion 20
Postal Savings Bank of
China 30
Praxedo 26
Qwant 22
Refind 23
Rothschild & Co 28
Royal Bank
of Canada 29
AVIS FINANCIERS
Antalis 29
Guerbet 15
Orpea 17
Sequana 19
eDitorialistes
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (le crible)
Les eChos exeCUTIves
réDactrice en chef Muriel Jasor
Les eChos week-end
Directeur De la réDaction Henri Gibier
réDacteurs en chef Gilles Denis,
Karl de Meyer et Lucie Robequain
Directrice artistique Cécile Texeraud
sÉrIe LImITÉe
réDactrice en chef Frédérique Dedet
Directrice artistique
Clarice Fensterseifer
Directeur De la Diffusion et Du marketing clients Etienne Porteaux
Directeur stratégie et communication Fabrice Février
PUBLICITÉ Les Echos Team Media tél. : 01 87 39 78 00.
présiDente Corinne Mrejen
Directrice générale Cécile Colomb
Directrice publicité financiÈre Céline Vandromme
Directrice publicité commerciale Emmanuelle Denis
Directrice publicité lifestYle Anne-Valérie Oesterlé
servICe ABonnemenTs les echos 4, rue de mouchy 60438 noailles cedex
tél. : 01 70 37 61 36. fax : 01 55 56 70 38 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h
ImPressIon l’imprimerie (tremblay-en-france), midi libre (montpellier).
tirage Du 24 septembre 2018 : 102.263 exemplaires
origine du papier : belgique. taux de fibres recyclées : 100%.
ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’ecolabel européen
sous le numéro fi/37/002. eutrophisation : ptot 0.013kg/tonne de papier
membre de oJD-Diffusion contrôle cppap : 0421 c 83015. toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
ce numéro comporte un 3e cahier de 10 pages « les echos entreprises et collectivités »
Michael Kors poursuit son rêve
de grand luxe avec Versace.
« Je ne tombe jamais. Je me bats toujours. » Michael Kors aura bien besoin
de s’inspirer de cette devise de Gianni Versace pour réaliser son rêve ambitieux, devenir un grand du luxe mondial. Le rachat de la griffe italienne
pour une petite fortune à son échelle – 2,7 fois les ventes quand Wall Street
ne lui accorde qu’un multiple de 2 – est destiné à lui permettre de poursuivre sa montée en gamme, commencée avec Jimmy Choo. Ayant appris que
le prix de 1,83 milliard d’euros (dette comprise) avait été jugé bien trop élevé
par des leaders européens, Wall Street en a déduit que la réussite est loin
d’être dans le sac de la firme new-yorkaise (–8,2 % pour l’action, l’équivalent
de 40 % du prix envolé). Quant à certains fans de la griffe à la méduse, ils se
demandent s’ils ne vont pas se retrouver sur un grand radeau coté qui va les
étouffer. Compte tenu du prix payé, le PDG John Idol n’y a aucun intérêt. Il
rebaptise l’entreprise Capri Holdings et fait entrer au capital la famille dont
les 80 % de Versace sont réglés en partie en actions (150 millions). Compte
tenu de sa cote boursière inférieure à la moyenne (13 fois les bénéfices), s’il
réussit son pari et développe les ventes, augmente les marges et les multiples de valorisation boursier, cette emplette restera dans les annales du
M&A. Mais chez Capri rien n’est fini, le plus dur reste à faire. En attendant,
le fonds Blackstone, dont le fondateur Stephen Schwarzman avait invité
Donatella Versace à ses soixante-dix ans, vend à bon compte, au bout de
quatre ans seulement.
EN VUE
les echos est une publication du
principal associé ufipar (lvmh)
présiDent-Directeur général Pierre Louette
Directrice générale pôle les echos Bérénice Lajouanie
Directeur Délégué Bernard Villeneuve
Directeur De la réDaction Nicolas Barré
Directeurs Délégués De la réDaction
Dominique Seux et François Vidal
réDacteurs en chef
David Barroux (entreprises)
Laura Berny (enquêtes)
Daniel Fortin (magazine, opinions, innovation)
Arnaud Le Gal (les echos entrepreneurs
et opérations spéciales)
Etienne Lefebvre (france et international)
Clémence Lemaistre (information digitale)
Guillaume Maujean (finance-marchés)
Pascal Pogam (information
et transformation digitale)
réDacteur en chef technique Didier Boileau
Directeur De création Fabien Laborde
Directrice artistique aDJointe
Marion Brisson
La méduse à Capri
Weight Watchers change de nom et de peau
pour préparer l’après-Oprah.
Ryanair 15
Santander 29
SEB 26
Singulart 24
Snapchat 22
SGP 20
Société Générale 29
SteadMed 20
Tencent 22
Total 17
Transdev 18
Uber 18
UniCredit 29
Versace 19
Yahoo! 22
Directeur De la publication & présiDent De la sas les echos Pierre Louette
edité par les echos, sas au capital de 794.240 euros rcs 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
éDitrice Déléguée Capucine Marraud des Grottes
Directeur Des Développements éDitoriaux Du pôle les echos Henri Gibier
« Tout poids souhaite tomber vers le centre du monde par le plus court chemin. » L’axiome de Léonard de Vinci a été parfaitement appliqué par un spécialiste du genre, Weight Watchers. En faisant monter sur sa balance l’un
des poids-lourds du divertissement, Oprah Winfrey, il y a trois ans, l’inventeur du permis de manger à points a refait basculer de son côté à la fois des
chasseurs de kilos superflus et les investisseurs en Bourse. Plus d’un million
et demi d’abonnés supplémentaires plus tard, accompagnés d’un décuplement du cours et de la meilleure performance des 400 premières « midcap »
américaines, l’ancienne fille de Heinz cherche à décoller l’étiquette de régime qui lui colle à la peau pour s’inscrire dans la tendance du « bien-être » sur
laquelle surfent ses concurrents numériques, les applications de monitoring et de fitness. L’entreprise fondée il y a cinquante-cinq ans par une femme au foyer du Queens a allégé les contraintes de ses programmes, quitte à
faire mentir le proverbe selon lequel les régimes restrictifs sont ceux qui alimentent la conversation. Son changement de nom, WW habillé du slogan
« Wellness that Works », approfondit autant cette métamorphose qu’elle
prépare un éventuel après-Oprah. Le moindre battement de cils de l’animatrice (rumeurs de candidature à la Maison-Blanche, cession de 15 % de ses
parts au printemps dernier) peut en effet faire grimper ou chuter le titre de
20 %. Le « business model », lui, restera le même : plus l’abonné client maigrit, plus l’actionnaire engrosse. A environ 400 millions de dollars retirés
jusqu’ici de son investissement de 43,2 millions au capital, Oprah affiche un
gain de 23 millions par kilos perdus. Qui dit mieux ?
#BalanceTonNom
LES ENTREPRISES CITÉES
2CSRI 30
ABC Arbitrage 28
AIB 29
Alibaba 22
ANZ 29
Autodis 30
Baidu 22
Bing 22
BMW 16
BPCE 29
Citiway 18
CMA CGM 18
Crédit Agricole SA 29
Deeplink Medical 26
Delachaux 30
Designer Parfums 19
DWS 30
Eli Lilly 30
Facebook 23
Goodman 20
crible
Y
Yuval Noah Harari
uval Noah Harari est une sorte de
Yann Arthus-Bertrand de la philosophie : il voit tout de très haut.
L’auteur israélien est encensé par un
autre as du marketing, Damien Hirst,
l’artiste britannique célèbre pour ses animaux trempés dans le formol. Même si le
« vegan » Harari ne doit guère apprécier
les sujets animaliers de Hirst ! Depuis que
Bob Woodward a vendu 750.000 exemplaires de son livre sur Donald Trump
dès le premier jour de sa parution, il a
naturellement rendu tout autre succès de
librairie relatif. Harari, 42 ans, a tout de
même dépassé les 12 millions d’exemplaires depuis le lancement de « Sapiens » en
2014. C’est bien le moins pour une nouvelle Bible. Il est sur les listes de lecture de
Mark Zuckerberg et de Hubert Védrine,
c’est vous dire le niveau. Il a également
déjeuné avec Emmanuel Macron. Entre
« Homo Deus », on se comprend. Pour
« Le Point », il est « le penseur le plus
important du monde ». Et Jacques Attali,
alors ? Reste que si l’homme est chétif,
son œuvre est déjà considérable. Aux
500 pages de « Sapiens », et aux 460 de
« Homo Deus », il vient d’ajouter les 400
de « 21 leçons pour le XXIe siècle ». Le professeur d’histoire à l’université hébraïque
de Jérusalem se veut aussi prophète. Il
craint que les algorithmes nous prédéterminent, pensent et agissent à notre
place ; 90 % d’entre nous seront devenus
des « inutiles » réduits à la drogue, aux
jeux vidéo et peut-être à Thierry Ardisson. Et le jour où les biotechnologies
transformeront l’homme en dieu, tous
ne seront pas invités au banquet. Riches
et pauvres seront séparés « non seulement par la richesse mais par de véritables
écarts biologiques ». Harari est gay, pas
franchement joyeux.
(
Lire nos informations
Page 10
Документ
Категория
Журналы и газеты
Просмотров
4
Размер файла
5 307 Кб
Теги
Les Echos, newspaper
1/--страниц
Пожаловаться на содержимое документа