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Les Echos 20082018

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Gilles Rolle/RÉA
Jan Koum, le cofondateur
de WhatsApp, passe quelques
heures par mois chez Facebook
pour
acquérir
ses
actions.
nos séries
d’été
( Les grandes usines
françaises )
Alstom Belfort
// P. 9
( L’auteur qui vous
a construit )
Gaspar Koenig
et Giono
// P. 8
( L’Amérique en séries )
« Billions »
// P. 16
Tobias Hase/AFP
Silicon Valley : ces stars
payées à ne rien faire
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 20 AOÛT 2018 // LESECHOS.FR
Budget : la rentrée
des arbitrages difficiles
l L’Elysée rendra dès mercredi après-midi les derniers arbitrages sur le budget 2019.
l La croissance moins forte efface des marges de manœuvre et complique l’équation.
// P. 8
( Stars de la fintech )
Max Levchin
// P. 20
L’ESSENTIEL
L
’exécutif, qui scellera officiellement la rentrée du gouvernement par le Conseil des ministres de mercredi,
n’a pas choisi de s’attaquer aux dossiers les plus faciles pour entamer son an II. Le jour même, il rendra en effet
les derniers arbitrages sur le budget 2019. Un exercice rendu
particulièrement compliqué cette année par une croissance
moins forte que prévu, alors qu’Emmanuel Macron tient à
marquer ses priorités en faveur de l’éducation nationale, de
la défense et de la sécurité. L’Elysée et Matignon vont aussi
devoir gérer politiquement plusieurs gros chantiers à hauts
risques. En premier lieu celui du prélèvement à la source, qui
entrera en vigueur en janvier et dont l’exécutif redoute qu’il
ait un impact négatif sur la consommation et efface les bénéfices de la suppression partielle de la taxe d’habitation.
L’ouverture d’une négociation sur l’assurance-chômage ne
s’annonce pas moins périlleuse. Enfin, le gouvernement est
on ne peut plus attendu sur le plan pauvreté, qui doit être
présenté en septembre. // PAGE 3
PLASTIQUE : LA RÈGLE
DU MALUS SE PRÉCISE
Matières
premières :
la chute
des métaux
Le projet du gouvernement consiste à permettre aux 15 éco-organismes de moduler très substantiellement la contribution que
leur versent les entreprises. // P. 2
TRUMP MILITE POUR LA FIN
DES TRIMESTRIELS
La publication des résultats trimestriels nuit-elle à l’investissement à long terme des entreprises,
et donc à l’emploi ? Trump relance
le débat à Wall Street. // P. 11
LE STATIONNEMENT, NOUVEAU
MARCHÉ DES APPLICATIONS
Augmentation des tarifs, hausse
des PV : le paiement et la réservation en ligne sont les grands
gagnants de la réforme du stationnement municipal. // P. 14
AU JAPON, L’INDUSTRIE DES
MÉDICAMENTS SOUS PRESSION
Face au vieillissement de la population japonaise, le gouvernement exerce un contrôle drastique des prix des médicaments.
// P. 15
CARNET // P. 23
Les constructeurs européens ont pris du retard dans l’électrification du parc automobile. Photo François Henry/RÉA
Automobile : des normes de CO2
jugées hors d’atteinte en Europe
ENVIRONNEMENT A cause de la chute des ventes de diesel, moins émetteur
de CO2, l’objectif d’émission fixé à Bruxelles pour 2020 semble hors de portée.
de tenir les objectifs d’émission de CO2
adoptés par les 28 Etats membres semblent
réalistes. Or la législation prévoit de lourdes
amendes en cas de dépassement des seuils.
Tous les constructeurs ne sont pas logés à la
même enseigne, mais aucun ne pense parvenir à l’objectif fixé. A moins d’une électrification accélérée du parc, ce qui pose le problème de l’indépendance vis-à-vis de la
Chine en matière de batteries. // PAGE 13
// PAGE 19 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI PAGE 6
// P. 12
La banque sur mobile, cible
de cybermenaces accrues
SUR
BANQUES Les cybermenaces sur les appli-
« L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
cations mobiles bancaires ont atteint un pic
historique au deuxième trimestre. Selon
une étude réalisée par le spécialiste de la
sécurité informatique, Kaspersky, auprès
de ses clients dans le monde, le nombre
d’installation de type « cheval de Troie » sur
Ce qu’il faut
contre le chômage
de longue durée
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22762
110e ANNÉE
24PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
les smartphones a triplé par rapport au premier trimestre. Et la menace n’en est encore
qu’à ses débuts, selon Kaspersky. Alors que
les banques françaises semblent, pour l’instant, relativement épargnées, les Etats-Unis
font figure d’eldorado pour les pirates informatiques. // PAGE 18
Point de vue de
Marie-Claire Carrère-Gée
La France compte 2,6 millions de chômeurs
de longue durée : près d’un chômeur sur deux !
C’est un record et les créations d’emplois n’en
viendront pas à bout, estime Marie-Claire
Carrère-Gée. Car cette population passe à côté
des nouvelles opportunités du marché du travail. De même, la formation est nécessaire, mais
elle ne suffit pas. Pour ces chômeurs très éloignés de l’emploi, un parcours spécifique doit
être inventé afin de les reconnecter avec le monde du travail et de l’entreprise. // PAGE 6
Shutterstock
DR
Espace Boeing
se renforce dans
le spatial militaire
Chute du diesel, boom des SUV, retard dans
l’électrification du parc automobile :
l’industrie automobile européenne commence à s’inquiéter sérieusement. Plus
l’échéance se rapproche, moins ses chances
MATIÈRES PREMIÈRES En trois mois,
le prix des métaux a chuté de 17 %. Les
marchés du cuivre, de l’étain ou du zinc
sont en pleine déroute alors que les
investisseurs s’inquiètent des risques de
ralentissement de la croissance dans le
monde, et plus particulièrement en
Chine. Les tensions commerciales
entre la deuxième puissance économique mondiale et la première, les EtatsUnis, risquent de freiner la demande de
matières premières.
Par ailleurs, la montée des tensions
géopolitiques, notamment entre les
Etats-Unis et la Turquie, a provoqué un
rebond brutal du dollar et a précipité les
devises de nombreux pays émergents
dans la tourmente. Or, le prix des
métaux reste très sensible à l’évolution
du billet vert, leur monnaie d’échange.
Pourtant, l’année avait plutôt bien
démarré pour ces matières premières,
alors que les marchés tablaient sur une
poursuite de la croissance mondiale.
Certains analystes estiment, d’ailleurs,
que la chute récente est excessive. Ils
parient sur un nouveau coup de pouce
de Pékin pour soutenir la croissance
chinoise au second semestre, via
notamment les investissements en
infrastructures. Mais cela dépendra
aussi de l’évolution des relations commerciales entre Washington et Pékin.
La Grèce retrouve une parcelle
de souveraineté financière
Athènes sort ce lundi de son 3e plan d’aide
et peut enfin faire appel aux marchés de capitaux.
GRÈCE Après huit ans d’une crise si aiguë qu’elle a failli emporter l’euro, la Grèce achève
ce lundi son dernier plan d’aide. C’est la conséquence d’un accord de juin, à la suite de la
mise en œuvre d’une multitude de réformes exigées par les créanciers du pays. Athènes
retrouve la capacité d’emprunter sur les marchés financiers. Au prix de longues années
de sacrifices, pas toujours bien pensés, et de stress pour les Grecs comme pour leurs partenaires. // PAGES 4-5
02 //
Lundi 20 août 2018 Les Echos
FRANCE
Les maires
accélèrent les
chantiers cet été
COLLECTIVITÉS
LOCALES
Les grandes villes
profitent traditionnellement de l’été
pour multiplier
les travaux.
Un phénomène
aggravé par le décalage des investissements municipaux
et l’approche des
élections.
les piétons avec la réfection de
la ligne 1 du tramway et le réaménagement du parvis.
A Rouen, le secteur du tourisme se plaint des engorgements provoqués par la fermeture du pont Guillaume-leConquérant et du métro. La
métropole explique la situation
par les retards des investissements à rattraper et la nécessité
de se refaire une façade avant
l’Armada de l’été prochain, qui
attend des millions de visiteurs.
A Dijon aussi, les habitants ont
le sentiment d’un été particulièrement chargé, comme à Limoges où une cinquantaine d’opérations sont programmées.
Matthieu Quiret
@MQuiret
230 chantiers à Paris
Ça sent la fin des mandatures
municipales dans les grandes
villes cet été. Les chantiers foisonnent à un an et demi des
municipales. Marseille vient de
rentrer de plain-pied dans une
longue phase de trois ans de réaménagement de son centreville. Ce projet de 100 millions
d’euros va concerner une cinquantaine de sites et les entreprises démarrent le travail souterrain sur les réseaux. Le cours
Lieutaud est par exemple déjà
impacté. Le maire de Toulouse a
écrit aux habitants cet été pour
justifier la multiplication des
nuisances : cœur de ville, jonction avec la gare Matabiau, place
Saint-Sernin, etc. Jean-Luc
Moudenc promet l’achèvement
des chantiers l’an prochain :
« Toulouse change, mais dans le
respect de son histoire et pour le
bien commun. »
Le centre de Lyon est lui aussi
paralysé par la restructuration
du quartier de la Part-Dieu et
par la construction de la ligne
de tramway T6. A Nantes,
l’accès de la gare est très compliqué pour les automobilistes et
A Paris, plus de 230 chantiers
ont été répertoriés par notre
confrère « Le Parisien ». La ville
refait notamment deux places
majeures (Bastille et Nation),
sécurise les pieds de la tour Eiffel tout en tentant de rattraper le
grand retard de son plan vélo de
pistes cyclables. Elle subit aussi
les grands chantiers d’autres
opérateurs comme la BNF ou la
construction du métro Eole.
L’accélération des chantiers
en fin de mandature est classique dans le cycle électoral, mais
le phénomène est certainement
amplifié cette fois-ci. Car les programmes d’investissements des
maires ont pris du retard à cause
de la baisse des dotations engagées depuis 2014. De ce fait les
élus locaux tentent de refaire
leur retard. L’Observatoire de la
commande publique de la
Caisse des Dépôts et de l’Assemblée des communautés de
France montre que les dépenses
en matière de travaux, représentant à 70 % celles des collectivités, ont baissé depuis 2012.
Mais, en 2017, elles ont connu un
petit regain, annonçant la
reprise des investissements. n
Comment sera généralisé
le bonus-malus sur le plastique
éco-contribution sera étendue aux
15 éco-organismes existants. Pour
qu’il ait un impact, le taux du bonusmalus qui va s’appliquer devra
atteindra les 10 % annoncés en avril
dernier. Et il jouera sur le prix de
vente du produit final. Ce qui veut
dire, par exemple, que cette majoration s’appliquera au prix d’un yaourt
avec son emballage, si ce dernier ne
correspond pas aux règles de durabilité qui seront édictées.
ENVIRONNEMENT
Le projet du gouvernement consiste
à permettre aux
15 éco-organismes
existants de moduler
très substantiellement
la contribution
que leur versent
les entreprises.
Le bonus paiera le malus
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
Faite par Brune Poirson en pleine
torpeur estivale il y a une semaine,
l’annonce d’un bonus-malus sur les
produits à base de plastique a fait
sensation, même si elle figurait déjà
dans la feuille de route de l’économie circulaire, présentée au printemps par le gouvernement. Le projet porté par la secrétaire d’Etat à la
Transition écologique n’en comporte pas moins des zones d’ombre
qu’il va vite lui falloir éclaircir pour
engager sa mise en œuvre en 2019,
comme promis. « Un décret va
paraître à l’automne qui fixera les
grands objectifs », indique-t-on à
son cabinet, alors que des risques
de malentendus se font déjà jour
avec les collectivités locales chargées de gérer la collecte et le traitement des déchets.
« Quelle est la cible ? Uniquement
les emballages ou tous les objets en
plastique ? » s’inquiète Nicolas Garnier, délégué général de l’association
Amorce. En réalité, le bonus-malus
ne se limitera pas aux emblématiques bouteilles en plastique, loin
s’en faut, répond-on au ministère. Il
s’appliquera à tous les emballages et
à tous les produits (mobilier, appa-
reils électriques et électroniques)
utilisant un tant soit peu cette
matière et relevant d’une filière à
responsabilité élargie des producteurs (REP). Au nombre de quinze,
ces REP collectent les éco-contributions des metteurs sur le marché
que sont les fabricants et les distributeurs de biens de consommation.
Le projet du gouvernement
consiste à moduler leur montant
afin de pousser les entreprises à utiliser davantage de plastique recyclé
et à produire des biens recyclables.
C’est ce que fait déjà Citeo au niveau
des emballages. Cet éco-organisme
applique un malus de 100 % sur chaque bouteille en PVC, soit une écocontribution de 2 centimes d’euros
par unité contre 1 centime pour une
bouteille en PET totalement recyclable. « Les quelques bouteilles en
PVC qui subsistaient ont été divisées
pas trois en trois ans », indique-t-on
à Citeo. Pour autant, « ce système
Des zones d’ombre
seront à éclaircir pour
la mise en œuvre du
projet promise en 2019.
joue encore trop à la marge », au goût
du secrétariat d’Etat à la Transition
écologique. « Il ne récompense pas
les produits qui s’inscrivent dans une
démarche d’économie circulaire. Il
faut le faire changer d’échelle », y estime-t-on. La modulation de cette
La marche à franchir est très haute
et il n’est pas question d’augmenter
le montant unitaire de l’éco-contribution de base. La création annoncée de nouvelles REP, dans le secteur des jouets et des articles de
sport notamment, devrait augmenter le niveau global de cette ressource (plus de 1,3 milliard d’euros
par an). En espérant que la concertation amorcée avec les industriels
et les distributeurs concernés
débouche rapidement.
« Le malus des uns paiera le bonus
des autres », assure-t-on au cabinet
de Brune Poirson, où l’on indique
que les 10 % devraient être atteints
par paliers. C’est bien ce qui
inquiète les collectivités locales.
« Nous n’avons aucune date ferme,
alors que la trajectoire de hausse de la
TGAP [taxe sur les activités polluantes, NDLR], elle, démarre le 1er janvier
2019 », pointe Nicolas Garnier. Cette
taxe, qui s’impose aux collectivités
locales pour pouvoir mettre en
décharge leurs déchets, doit atteindre 65 euros la tonne en 2025.
Amorce redoute qu’elles aient plus
de volumes à enfouir – et donc plus
d’argent à devoir à Bercy – si les
entreprises ne prennent pas davantage et au plus vite leur part pour les
réduire en amont. n
La moitié des Français aide
financièrement leur famille ou leurs amis
SOCIAL
Selon une étude de
l’Insee, les Français
versent chaque année
l’équivalent de 36 milliards d’euros à leurs
proches pour les aider.
Cette solidarité
financière se fait
d’abord au bénéfice
des jeunes et des
ménages les plus
pauvres.
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Un chantier, rue de Rivoli, à Paris. Photo Xavier Popy/RÉA
en bref
Européennes : le Belge Paul Magnette
décline l’offre du PS
POLITIQUE Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi, refuse la
proposition d’être la tête de liste du Parti socialiste français aux
élections européennes en mai 2019, faite par Olivier Faure, son
premier secrétaire. L’ex-ministre-président de la Wallonie, par
ailleurs membre de l’aile francophone du Parti socialiste belge,
bien que se déclarant intéressé par l’idée de listes transnationales, justifie son refus par des contraintes d’agenda personnel. « Je
suis candidat à ma réélection comme maire de Charleroi en octobre
prochain », a t-il expliqué dans les colonnes du « Monde ». Outre
les européennes, les élections régionales et législatives se dérouleront en Belgique en 2019. Des scrutins où il souhaite « jouer un
rôle, sans nécessairement briguer l’exercice d’un mandat ».
C’est un fait social et générationnel.
Même si l’Etat-providence rend
peut-être ce besoin moins urgent,
les familles françaises restent tout
de même solidaires. Cette solidarité
joue évidemment en faveur des plus
pauvres, mais surtout, elle bénéficie aux ménages les plus jeunes.
C’est ce que montre une étude de
l’Insee publiée fin juillet. Ainsi,
l’aide apportée par des familles à
d’autres ménages représentait
36,2 milliards d’euros en 2011, soit
environ 4 % de la masse totale du
revenu des Français. La moitié des
ménages a, au cours des deux mois
précédant cette enquête, apporté
une aide financière à un autre
ménage. Cette solidarité peut être
directe et prendre la forme d’un
transfert monétaire, ou alors indirecte, via la prise en charge de certaines dépenses. En 2011, les dons
d’argent ont atteint 19,1 milliards
d’euros, dont 90 % vont à d’autres
membres de la famille, et les dépen-
ses prises en charge se sont élevées
à 17,1 milliards.
Les jeunes sont les premiers
bénéficiaires de ces transferts. En ce
qui concerne les aides directes, les
jeunes générations, c’est-à-dire celles de moins de 40 ans, reçoivent la
grande majorité de l’argent donné.
Près de 80 % des moins de 25 ans
perçoivent des aides. En moyenne,
ces jeunes ménages reçoivent
790 euros sur deux mois, soit
1.000 euros par bénéficiaire.
Aide aux familles
monoparentales
Entre 25 et 39 ans, les aides perçues
sont un peu moins importantes et
s’élèvent aux alentours de 350 euros
au cours des deux mois précédant
l’enquête. C’est la classe d’âge de 40 à
59 ans qui donne le plus, au
moment où les enfants quittent le
foyer. Celle-ci verse de l’ordre de
6 milliards d’euros par an à ses
enfants, soit deux fois plus qu’elle ne
reçoit de ses propres parents. C’est
entre 50 et 54 ans que « le montant
des aides atteint son maximum :
340 euros en moyenne sur deux
mois, soit 5 % du revenu de ces ménages », note l’Insee.
Les plus pauvres sont logiquement destinataires de ces aides.
790
EUROS SUR DEUX MOIS
EN MOYENNE
Le montant des aides
que perçoivent les ménages
de moins de 25 ans de la part
de leurs aînés.
Parmi les 10 % des ménages les
moins aisés, 51 % ont reçu une aide
en 2011, qui atteignait en moyenne
860 euros sur deux mois pour chaque ménage aidé. Mais, soulignent
les auteurs de l’étude, « parmi les
ménages modestes, ce sont toujours
les plus jeunes qui sont le plus aidés
et, en particulier, les jeunes ménages
en cours d’études ayant déjà un logement indépendant ».
Et, si l’entraide familiale joue un
rôle important au cours de la
période d’installation des jeunes
ménages, elle intervient aussi dans
les situations difficiles telles que la
monoparentalité. Ainsi, « les
familles monoparentales, dont le
niveau de vie moyen est bien moins
élevé, sont plus souvent aidées que les
autres types de ménages », explique
l’Insee. En 2011, 43 % de ces familles
percevaient une aide financière. n
FRANCE // 03
Les Echos Lundi 20 août 2018
Macron attaque sa rentrée par
les derniers arbitrages budgétaires
l L’Elysée rendra mercredi après-midi les derniers arbitrages sur le budget 2019.
l L’affaire Benalla vient compliquer la rentrée présidentielle.
POLITIQUE
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Un retour de vacances placé sous le
signe budgétaire. Mercredi aprèsmidi, à l’issue du Conseil des ministres de rentrée, Emmanuel Macron
présidera une réunion à l’Elysée
pour décider, avec Edouard Philippe et les ministres concernés, des
derniers arbitrages sur le budget
2019. Complexe par essence, l’exercice l’est un peu plus cette année,
compte tenu d’une croissance
moins forte que prévu.
« Emmanuel Macron veut un budget marqué par ses priorités », plaide
l’Elysée. Ce qui signifie des budgets
en hausse pour l’éducation nationale, la défense et la sécurité, ainsi
que pour le développement durable. En face, le gouvernement doit
aligner de sérieuses économies s’il
veut maintenir son objectif d’un
déficit de 2,4 % du PIB l’année prochaine. L’année dernière, les coupes
budgétaires, notamment sur la
politique de logement, n’avaient pas
manqué de créer la polémique, ce
qui sera encore le cas cette année.
Vacances studieuses
Après des vacances discrètes et studieuses du Fort de Brégançon, marquées par un agenda diplomatique
soutenu (visite de Theresa May,
entretiens téléphoniques avec
Donald Trump, Vladimir Poutine,
Angela Merkel ou encore le prési-
« L’affaire Benalla
n’est plus qu’un
sujet marginalement
évoqué
spontanément par
les Français, mais
elle laissera des
traces. Elle a
renforcé l’image d’un
président arrogant
et autoritaire. »
JEAN-DANIEL LÉVY
Harris Interactive
dent turc Recep Tayyip Edorgan),
Emmanuel Macron revient avec un
agenda européen très dense. Il sera
au Danemark et en Finlande fin
août et verra Angela Merkel début
septembre. A l’arrivée, les élections
européennes de mai 2019 qui seront
le premier test électoral pour le chef
de l’Etat, qui veut unir les progressistes en Europe. Un an après le discours de la Sorbonne, ce sera
l’heure des premiers bilans.
En politique intérieure, il doit
aussi retrouver un élan. La machine
à réformer mise en place par
Emmanuel Macron et orchestrée
par son Premier ministre Edouard
Philippe, qui tournait à plein
régime depuis mai 2017, a connu un
net coup d’arrêt en juillet dernier
quand l’exécutif a été contraint,
Dès son retour de vacances – ici à Bormes-les-Mimosas – Emmanuel Macron devra rendre de délicats
arbitrages pour le budget 2019. Photo AFP
sous la pression des oppositions
suite à l’affaire Benalla, de suspendre les débats sur la réforme constitutionnelle à l’Assemblée nationale.
Or les chantiers qui se profilent,
comme la prochaine réforme des
retraites, s’annoncent périlleux.
Ces arbitrages sur le budget 2019
devraient être rendus publics fin
août, au moment du séminaire gouvernemental qui se tiendra à l’Elysée le 31 août. Avec ce séminaire,
l’exécutif tient, comme l’année
dernière, une rentrée en deux
temps. Elle sera dense, car il n’y a
pas que la croissance économique
moins bonne que prévu qui vient
compliquer le budget et la rentrée
d’Emmanuel Macron. Le contexte
politique de la rentrée 2018 est bien
éloigné de celui de 2017. Le choc de
l’affaire Benalla, qui a secoué l’exécutif et l’ensemble de la majorité,
vient perturber la mise en route de
l’an II du quinquennat qu’Emmanuel Macron avait esquissée lors de
Les chantiers de l’exécutif pour la rentrée
Budget, social, prélèvement
à la source… L’an II du
quinquennat d’Emmanuel
Macron débute comme
le premier : avec un agenda
particulièrement chargé.
sieurs sujets sur la table. D’abord,
en juillet, Emmanuel Macron a proposé aux partenaires sociaux
d’ouvrir une négociation sur l’assur a n ce - c h ô ma g e e t l e s r è g l e s
d’indemnisation. Syndicats et
patronat ont aussi rendez-vous, fin
août, avec le cabinet de la ministre
du Travail, Muriel Pénicaud, et vont
se pencher sur la durée et le montant des indemnisations et la possibilité de les cumuler avec des revenus d’activité réduite. Le sujet
hérisse déjà les syndicats, qui craignent une baisse des droits.
Ensuite, l’exécutif voudrait faire
payer les indemnités journalières
maladie, qui ne cessent d’augmenter avec le recul du départ à la
retraite, aux entreprises. Là, ce sont
les patrons qui sont vent debout contre ce projet. Autre sujet, un rapport
commandé par Matignon sur le système de santé au travail sera remis le
27 août au Premier ministre.
Guillaume de Calignon
@gcalignon
Renaud Honoré
@r_honore
et G. P.
INQUIÉTUDE SOURDE
•AUTOUR
DU PRÉLÈVEMENT
AFP
À LA SOURCE
Déjà élevé, le rythme d’interviews
accordées par Gérald Darmanin à
la presse – notamment régionale –
sur le thème du prélèvement à la
source devrait encore accélérer
dans les semaines à venir. Le ministre des Comptes publics est appelé à
redoubler de pédagogie sur une
réforme entrant en vigueur en janvier prochain et qui inquiète jusque
dans son propre camp.
Les plus pessimistes craignent
que l’amputation automatique du
salaire net des Français ait un
impact négatif sur la consommation (notamment sur celle des
retraités, moins informés car
moins tentés par la déclaration sur
Internet), et surtout efface les bénéfices politiques de la suppression
complète des cotisations chômage
et partielle de la taxe d’habitation
qui interviendront à l’automne.
L’exécutif va devoir aussi gérer
la question des crédits d’impôts
(notamment ceux versés pour
l’emploi à domicile), qui ne seront
pas mensualisés dans un premier
temps. Enfin, de nouvelles revendications d’aménagements pourraient émerger, alors que Bercy a
concédé durant l’été des gestes en
faveur des TPE-PME (qui bénéficieront d’un dispositif gratuit
pour gérer la collecte) et des particuliers employeurs à domicile
Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, multiplie
les interviews pour communiquer sur le prélèvement à la source.
(qui voient la réforme reportée
d’un an pour leur cas).
SE COMPLI•QUEL’ÉQUATION
POUR LE BUDGET
Gérald Darmanin va devoir composer avec une conjoncture dégradée
pour élaborer le budget 2019. Les
chiffres dévoilés durant l’été ont
confirmé le ralentissement de la
croissance, qui rend désormais
quasi hors d’atteinte la cible gouvernementale de 2 % en 2018. Bercy va
donc revoir ses calculs pour cette
année (cela ne devrait pas trop
affecter l’objectif d’un déficit à 2,3 %
du PIB) mais surtout pour l’an prochain. Si la prévision de 1,9 % pour
2019 devait être revue à la baisse
pour le projet de loi de finances qui
sera présenté fin septembre, cela
obligerait sans doute à un peu plus
« serrer la vis » sur les économies.
Celles-ci restent encore floues,
même si de nouveaux efforts sur
l’emploi et le logement ont été
annoncés. L’exécutif devra notamment trancher sur la possibilité de
faire payer aux entreprises les
arrêts maladie (avec à la clef un milliard d’euros d’économies), ce qui a
provoqué une levée de boucliers du
patronat. La question est aussi celle
des effectifs de la fonction publique,
alors que le gouvernement est resté
très prudent jusque-là.
AGENDA SOCIAL
•À MATIGNON
L’agenda social du gouvernement
est particulièrement chargé dans
les prochaines semaines. A partir
du 29 août, les leaders des organisations syndicales et patronales
seront reçus un par un par Edouard
Philippe à Matignon. Avec plu-
LE RETOUR DU PLAN
•PAUVRETÉ
Prévu avant l’été, le plan pauvreté
devait montrer qu’Emmanuel
Macron n’est pas le président « de
droite » que la gauche n’a de cesse de
dénoncer. Mais sa présentation a été
reportée au mois de septembre. Raison officielle : il n’était pas encore
totalement finalisé. Raison officieuse : en pleine Coupe du monde
de football, l’exécutif ne voulait pas
qu’il passe au second plan, comme
l’a rappelé la ministre des Solidarités
et de la Santé, Agnès Buzyn, ce qui n’a
pas manqué de créer la polémique.
Les mesures qui doivent être
annoncées sont destinées à mettre
fin à « l’assignation à résidence »,
comme l’a rappelé Agnès Buzyn
dans les colonnes du « JDD » en
août. A savoir principalement un
nouveau dispositif d’accompagnement pour les jeunes de 18 à 25 ans
et une réforme du RSA afin de
redonner la priorité à l’insertion des
bénéficiaires. n
son discours devant le Congrès en
juillet dernier. Il avait plaidé pour la
mise en place d’un nouveau « contrat social ».
Fragilité de l’exécutif
Si le chef de l’Etat a endossé la responsabilité politique de l’affaire
Benalla, celle-ci a aussi mis au jour
une fragilité de l’exécutif qui provoque toujours des remous. S’il n’a pas
baissé significativement dans les
sondages, l’image du locataire de
l’Elysée a été atteinte. « L’affaire
Benalla n’est plus qu’un sujet marginalement évoqué spontanément par
les Français, mais elle laissera des
traces. Elle a renforcé l’image d’un
président arrogant et autoritaire »,
analyse Jean-Daniel Lévy, directeur
du département Politique et Opinion chez Harris Interactive.
Pour la première fois depuis le
début de son quinquennat, Emmanuel Macron s’est retrouvé sur la
défensive, donnant l’impression de
subir les événements et accordant,
par la même occasion, un espace
politique inespéré aux oppositions
de droite et de gauche qui l’accusaient déjà de dérive monarchique.
De leur côté, les députés de la majorité ont été déboussolés. Cette affaire
a relancé les oppositions de droite
comme de gauche qui comptent
bien profiter de cette vague. JeanLuc Mélenchon et Laurent Wauquiez feront leur rentrée politique le
week-end prochain, le premier à
Marseille, le second par sa traditionnelle ascension du Mézenc.
Après s’être exprimé devant les
députés de la majorité fin juillet à la
Maison de l’Amérique latine,
Emmanuel Macron n’a pas prévu, à
court terme, de s’adresser aux
Français. « Il a déjà évoqué l’affaire
deux fois », rappelle son entourage.
D’ici à la fin de l’année, l’Elysée sera
aussi réorganisé. L’affaire Benalla
est venue se greffer à un audit lancé
fin 2017 par Emmanuel Macron
pour améliorer le fonctionnement
du Palais et éviter un dérapage
similaire. n
Le calendrier parlementaire
finalisé fin août
Le gouvernement doit
trancher entre la reprise
des discussions sur la loi
constitutionnelle et
l’examen de la loi Pacte.
L’exécutif n’avait pas le choix. Vu la
tournure que prenait le débat à
l’Assemblée nationale sur la
réforme constitutionnelle suite à
l’affaire Benalla, il n’a eu d’autre
solution que de suspendre les discussions en juillet. Un énorme
contretemps pour ce texte, premier volet de la réforme institutionnelle qui comprend également un projet de loi organique et
un autre ordinaire, et qui devait
être adopté en première lecture
fin juillet.
Son report vient, en effet, bouleverser un calendrier parlementaire
déjà dense, tandis que l’exécutif n’a
pas totalement levé le doute sur le
maintien de ce projet de loi combattu frontalement par la droite
comme par la gauche. « Emmanuel
Macron est très attaché à mener cette
réforme à son terme », rappelle l’Elysée. Mais nul doute que les oppositions de droite et de gauche profiteront du retour de ce texte devant les
députés pour dénoncer de nouveau
cette « dérive monarchique » et
rebondir sur l’affaire Benalla.
Calendrier arrêté fin août
Le calendrier est stratégique. Septembre devait être le mois de l’examen de la loi Pacte, portée par le
ministre de l’Economie et des
Finances, Bruno Le Maire. Celui-ci
met son poids dans la balance
pour tenter de respecter le calendrier initialement prévu. « Je souhaite évidemment que cette loi
puisse être examinée le plus tôt possible, le plus tôt sera le mieux », a-t-il
plaidé jeudi dernier.
Cela fait plusieurs mois qu’il ne
cesse de défendre un texte qui a déjà
connu plusieurs mois de retard, du
fait d’arbitrages compliqués sur le
volet privatisations mais aussi de la
priorité donnée à des projets jugés
plus importants (SNCF, logement…). Un nouveau retard compliquerait la mise en œuvre d’une
des mesures les plus symboliques
du texte, à savoir la suppression au
1er janvier prochain du forfait social
pour les entreprises de moins de
250 salariés.
A Bercy comme à l’Assemblée
nationale, où plusieurs députés
LREM travaillent sur le texte, on a
accueilli avec satisfaction quelques signaux positifs allant dans le
sens d’un examen en septembre, et
Un nouveau report
de l’examen de la loi
Pacte compliquerait
la mise en œuvre du
forfait social pour les
entreprises de moins
de 250 salariés, une
des mesures les plus
symboliques du texte.
notamment la prise de position
début août de Richard Ferrand : le
chef du groupe LREM à l’Assemblée avait plaidé que l’ambition de
la réforme constitutionnelle pouvait être révisée à la baisse pour
f a i r e d e l a p l a c e à l ’e x a m e n
d’autres textes.
Olivia Grégoire, député LREM
nommée présidente de la commission spéciale sur le texte, fait en
sorte que tout soit prêt pour un examen rapide : elle a convoqué au
5 septembre la première réunion de
cette commission spéciale. Entre la
loi Pacte et la loi constitutionnelle,
la décision de l’exécutif est attendue
fin août. — R. H. et G. P.
04 //
Les Echos
MONDE
en
chiffres
L’INFLATION ATTEINT
2,1 % EN ZONE EURO
AU CANADA, L’INFLATION
GRIMPE À 3 %
L’inflation dans la zone euro
a accéléré en juillet pour
atteindre 2,1 % en rythme
annuel, contre 2,0 % en juin,
a estimé vendredi l’Office
européen des statistiques,
Eurostat. Cette accélération
s’explique par le
renchérissement du pétrole
et dépasse légèrement
l’objectif de 2 % de la Banque
centrale européenne.
L’inflation a atteint 3 % en
juillet en rythme annuel au
Canada, pour la première fois
depuis 2011, selon des données
diffusées vendredi par Statistics
Canada. Une accélération
marquée puisqu’elle n’avait
atteint que 2,5 % en juin, mais
qui s’explique par des
ajustements non appelés à se
reproduire, l’inflation dite
« de base » restant à 2 %.
0,9 %
+
REBOND DES CHANTIERS
DE LOGEMENTS
AUX ETATS-UNIS
Les mises en chantier de
logements aux Etats-Unis ont
rebondi de 0,9 % de juin sur
juillet, à 1.168 millions d’unités
(données CVS), selon les statistiques publiées jeudi par le
département du Commerce.
CRISE GRECQUE
La Grèce émerge enfin après
huit ans sous perfusion
l C’est ce lundi que prend fin le troisième programme d’aide européen au pays.
l Une page traumatisante se tourne, mais l’avenir reste lourd d’incertitudes.
Gabriel Gresillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
Les Européens, et plus encore les
Grecs, peuvent pousser, ce lundi,
un grand ouf de soulagement :
après huit ans d’une crise si aiguë
qu’elle a menacé d’entraîner dans
son sillage toute la zone euro, la
Grèce achève son troisième – et
théoriquement dernier – programme d’aide, lancé en août 2015.
C’est la conséquence d’un accord
trouvé, en juin dernier, à l’Eurogroupe. Un accord qu’Aléxis Tsípras, le Premier ministre grec, avait
salué comme « historique » et qui
était la conséquence de la mise en
œuvre, par le gouvernement grec,
d’une multitude de réformes exigées par les créanciers du pays.
« Coussin de sécurité »
En tournant cette page à un
moment où la croissance est de
retour, Athènes espère retrouver
une forme de normalité. L’objectif
est que le pays soit désormais capable d’emprunter sur les marchés.
C’était l’un des buts de l’ultime négociation du mois de juin. D’un côté, la
Grèce a obtenu une aide financière
supplémentaire qui lui sera utile en
cas de troubles sur les marchés.
Athènes dispose d’un « coussin de
sécurité » de 24 milliards d’euros
qui peut lui permettre de vivre sans
emprunter jusqu’à la fin 2020. Les
créanciers sont également convenus de mesures de rééchelonnement d’une partie importante de la
dette grecque – augmentant à
40 ans la maturité moyenne des
prêts et décalant le délai pendant
lequel ni intérêts ni capital ne
devront être repayés.
D
Les aides versées
programme (2010)
•731milliards
d’euros
er
dont 52,9 de prêts bilatéraux
des Etats membres de l’UE
et 20,1 milliards du FMI.
2 programme (2012-2015)
•153,5
milliards d’euros, dont
e
141,8 milliards du FESF
et 11,7 milliards du FMI.
Large excédent
primaire
programme (2015-2018 )
•61,93 milliards
d’euros
Mais ces largesses européennes
avaient une série de contreparties
qui vont placer la Grèce dans une
liberté sous très forte surveillance.
Bien plus que Chypre, l’Irlande ou le
Portugal après leurs programmes
d’assistance respectifs, le pays va
devoir montrer patte blanche. Sur le
plan budgétaire, il est tenu de maintenir, jusqu’à 2022, un excédent primaire (donc hors service de la dette)
de 3,5 % du PIB. Et jusqu’à 2060, il est
censé afficher, en moyenne, 2,2 % de
surplus primaire chaque année…
Une contrainte majeure – le FMI
semble la juger irréaliste – qui
découle de l’endettement toujours
massif du pays : à 180 % du PIB, la
dette grecque reste, de loin, la plus
élevée de la zone euro comparativement au PIB du pays.
Quant aux flexibilités qu’Athènes
espérait, et que poussait la France,
les pays les plus intransigeants,
e
du MES (Mécanisme européen
de stabilité). Pas de participation
du FMI.
emmenés par l’Allemagne, s’y sont
opposés. Pas question de lier les
remboursements de dette à la croissance future : cela n’aurait pas
incité les futures autorités grecques
à viser activement la croissance
économique.
Austérité toujours
Les politiques que mènera le pays
restent sous contrainte : l’engagement est pris de diminuer à nouveau les pensions de retraite en
2019 et de réduire, l’année suivante,
le seuil à partir duquel est payé
l’impôt sur le revenu. Les allégements de dette à court terme seront
conditionnés à la mise en œuvre de
ces réformes. La Commission
européenne maintiendra une surveillance financière jusqu’à ce que
75 % des prêts soient remboursés.
Aléxis Tsípras se veut positif.
« Nous aurons toujours des objectifs
budgétaires à remplir », concèdet-il. Mais « ce sera à chaque gouvernement de décider comment remplir
ses objectifs, et c’est un grand changement », ajoute-t-il. Pas sûr que les
électeurs lui sauront gré d’autant
d’abnégation lors des élections
législatives d’octobre 2019. n
Une cure d’austérité au coût économique et social élevé
Des réformes
Les huit années de tutelle
du FMI et de l’Europe ont
permis à la Grèce de rester
dans l’euro. Mais le prix
économique et social a été
très élevé, et il lui faudra
une autre décennie pour
rattraper ces années noires.
Afin de respirer sur
la question de sa dette,
la Grèce s’est pliée aux
exigences de ses créanciers
et a transformé son modèle.
Catherine Chatignoux
@chatignoux
Huit ans de sacrifices et d’humiliation pour les Grecs. Huit ans de
stress et d’inquiétude chez les
créanciers d’Athènes. Jamais,
depuis la création de l’Union et
avant la crise de la dette, la déconfiture d’un pays européen n’avait été
aussi profonde, engageant jusqu’à
la survie de la monnaie unique
européenne. Jamais les moyens
employés n’ont été aussi radicaux.
Pour quel résultat ?
La réponse est différente selon
que l’on se place du point de vue de
l’Athénien moyen ou de Bruxelles, le
centre névralgique de cette épopée.
Pour les ministres des Finances de
la zone euro et les banquiers centraux, représentés durant toutes ces
années par les « hommes en noir »,
ces infatigables négociateurs de la
troïka, la mission est remplie ou
presque. L’opération de dévaluation
interne qu’exigeait la situation du
pays quand la crise a explosé a été
menée à bien : à coups de restrictions budgétaires et de baisses de
salaires sans équivalent en Europe,
les grands déséquilibres ont fini par
disparaître. Le déficit budgétaire
dont toute l’Europe avait découvert,
médusée, à l’automne 2019, qu’il
atteignait 15,6 % du PIB fera place
cette année à un excédent de 0,4 %.
Le déficit courant, reflet de la faible
compétitivité grecque, s’est contracté, lui, de 18 % du PIB en 2008 à
0,4 % cette année.
pays. La Carte Bleue est encore très
souvent en panne dans les magasins
et les restaurants…
Au total, 280 milliards d’euros
ont été versés à la Grèce, pour lui
permettre de rembourser une dette
qu’elle était incapable d’honorer.
Mais son niveau actuel – 180 % du
PIB – porte les germes d’une nouvelle crise, en dépit de la modeste
restructuration décidée en juin.
« Cette dette colossale obère la croissance du pays puisqu’il va devoir consacrer une grande partie du revenu
national à son remboursement. C’est
autant de ressources qui ne seront
pas investies dans l’économie »,
estime Jesus Castillo de Natixis.
Parlement
récalcitrant
Il est trop tôt pour tirer le bilan des
centaines de réformes structurelles
exigées en échange de l’aide financière et votées, le plus souvent, dans
l’urgence par un Parlement grec
récalcitrant mais solidaire de l’exécutif. L’intention de créer un Etat
intègre et efficace était louable,
mais appliquées en pleine dépression économique ces injonctions
ont déstabilisé un peu plus le pays.
La réforme de l’administration fiscale est probablement la plus aboutie, de la quasi-suppression des centres des impôts, pour éviter la
corruption, à la création d’un secrétariat général des recettes publiques indépendant du gouvernement.
Le prix payé par les Grecs durant
ces années noires est connu : les
ménages ont perdu un tiers de leurs
revenus disponibles, le pays un
quart de sa richesse. Des dizaines de
milliers d’entreprises ont mis la clef
sous la porte et le pays s’est vidé de
ses forces vives, 300.000 jeunes
émigrant pour construire leur vie
ailleurs. La pauvreté et les inégalités
se sont accrues. Les hôpitaux manquent de médicaments et de médecins et les services publics se sont
détériorés.
Les doutes du FMI
Ces dix dernières années ont été ponctuées de manifestations
de Grecs mécontents de l’austérité (ici à Athènes, fin 2008).
Photo AFP
Loin d’être appliquée rationnellement, cette purge a été décidée à
partir de 2010 dans un climat de
panique financière qui menaçait les
banques européennes et mettait
l’euro en danger. Les premières
mesures d’austérité étaient très
sévères et le manque de résultats a
poussé les créanciers de la Grèce à
redoubler de rigueur. Le FMI a
reconnu en 2013 qu’il avait plongé la
Grèce dans une crise bien plus
grave en sous-estimant l’impact des
premières mesures de restriction
budgétaire.
Pour remplir les caisses de l’Etat,
les impôts ont explosé, du moins
pour les salariés et les retraités, et la
TVA n’a cessé d’augmenter (24 %
actuellement pour le taux principal), au point que la pression fiscale
en Grèce se rapproche désormais
de celle de la Suède ou du Danemark. Les taxes sur l’immobilier ont
frappé tous ceux qui échappaient à
l’impôt sur le revenu, à commencer
par les professions libérales. Il serait
surprenant qu’avec ce traitement
« de cheval », la « culture de l’impôt »
ait beaucoup progressé dans le
Preuve que le pays ne repart pas du
meilleur pied, le FMI, qui a largement contribué à la longévité de la
crise grecque mais s’est fait récemment beaucoup plus prudent,
doute dans son dernier rapport du
réalisme des prévisions de croissance affichées par les Européens
pour les années à venir. Et il affirme
que, tôt ou tard, la Grèce aura
besoin d’un nouveau rééchelonnement de dette ou mieux, d’un effacement partiel. Demeure l’essentiel :
la Grèce est restée dans la zone euro
par la volonté de ses créanciers.
« C’est mieux pour elle qui aurait eu
encore plus de difficultés à se sortir de
la nasse dépressionniste, estime
Jesus Castillo. C’est mieux aussi
pour la zone euro qui en cas de
“Grexit” aurait ruiné la confiance du
reste du monde envers la monnaie
européenne. » n
En échange de lignes de crédit supplémentaires, le Parlement grec a,
depuis 2010, voté seize plans de
mesures qui ont contribué à réformer l’Etat et sa politique économique. Retour sur trois objectifs
emblématiques de la politique
grecque depuis le début de la crise.
1 AMÉLIORER L’ÉTAT
DES FINANCES
A l’origine de la crise de la zone
euro, le déficit affolant (15,6 % du
PIB) de la Grèce en 2009 oblige le
nouveau Premier ministre, Giorgos
Papandréou, à réduire le train de
vie de l’Etat et à augmenter les recettes publiques. La TVA progresse de
deux points et les taxes sur l’alcool,
le tabac et l’essence augmentent. La
progression de l’indice des fonctionnaires est gelée et leurs primes
sont réduites. Dans le secteur
public, les coupes sont importantes. Antónis Samarás (Nouvelle
Démocratie, centre droit) décide en
2013 du licenciement de
15.000 fonctionnaires. Le secteur de
la santé est le plus touché : depuis
2012, les dépenses de santé sont plafonnées à 6 % du PIB.
Sous le gouvernement Syriza,
c’est principalement le système des
retraites, autrefois ligne rouge de
son leader Alexis Tsipras, qui a fait
l’objet de l’attention des créanciers.
Après déjà plus d’une dizaine de
MONDE // 05
Les Echos Lundi 20 août 2018
HAUSSE DE LA PRODUCTION
INDUSTRIELLE RUSSE
Douleur et colère à Gênes
La croissance de la production
industrielle de la Russie
s’est accélérée en juillet, en
progression de 3,9 % en
rythme annuel, selon des
statistiques publiées vendredi
par Rosstat, contre 2,2 % en
juin. Cette hausse est surtout
tirée par les hydrocarbures.
La croissance de l’économie
russe s’est accélérée à 1,8 % sur
un an au deuxième trimestre.
ITALIE
Le jour des funérailles
d’Etat, Autostrade per
l’Italia a annoncé
la création d’un fonds
de 500 millions pour
les victimes et la ville,
ainsi que la reconstruction d’un pont
d’ici à huit mois.
Des mesures insuffisantes pour
le gouvernement.
Olivier Tosseri
@OlivierTosseri
— Correspondant à Rome
Journée de deuil national en Italie.
Journée de douleur et de colère à
Gênes, où le bilan de l’effondrement
du viaduc autoroutier mardi s’est
alourdi à 43 morts. Les funérailles
d’Etat organisées dans un grand hall
du parc des expositions de la ville y
ont rassemblé plusieurs milliers
d’habitants samedi. Mais pas la moitié des familles des victimes, qui ont
préféré, pour la plupart, des obsèques privées, dénonçant la responsabilité des pouvoirs publics dans le
drame.
La vérité
sur les responsabilités
Les principaux représentants de
l’Etat, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, ont chaleureusement été
applaudis par la foule lors de leur
arrivée pour assister à la messe présidée par le cardinal Bagnasco
« L’effondrement du pont Morandi a
transpercé le cœur de Gênes. La blessure est profonde », a déclaré le prélat
en rendant hommage aux secouristes. « Nous savons que toute parole
humaine, aussi sincère soit-elle, restera peu de chose face à cette tragédie,
et que même la justice qui est due ne
pourra effacer et restituer », a-t-il conclu. Comme à chaque tragédie, dont
les effets sont trop souvent aggravés
éprouvantes
réductions des pensions et le
report de l’âge de départ à la
retraite, le nouveau système
imp osera une baisse d’en
moyenne 14 % du montant des
pensions d’ici à 2020. Sur un
plan strictement comptable, la
Grèce a réussi son pari : son
excédent primaire (avant service de la dette) a atteint 4 % du
PIB en 2017 mais au prix de
réformes qui ont jeté des millions de Grecs dans les rues.
2 RENDRE
L’ADMINISTRATION
ET LE FISC
PLUS EFFICACES
L’Etat grec, critiqué pour ses
errements de gestion et son
« clientélisme hypertrophique »
selon Yiannis Balampanidis,
docteur en sciences politiques,
se devait de réformer son administration. Sous l’égide d’une
« task force » menée par la
France dès 2013, ces efforts permettent une meilleure maîtrise
des ressources humaines et la
poursuite d’objectifs évalués.
En 2015, sous la pression de ses
créanciers, la Grèce s’attaque à
la dépolitisation de l’administration, en réformant la nomination des administrateurs
publics : « L’Etat [grec] n’avait
pas de culture administrative »,
reconnaît Filippa Chatzistavrou, chercheuse à l’Eliamep.
« Avant, les secrétaires généraux
[administrateurs, NDLR] des
offices publics étaient nommés
par le gouvernement. » Grâce à
une refonte de l’administration
fiscale, la chasse à la fraude
commencée en 2013 a permis
d’augmenter la collecte de
l’impôt, mais le ras-le-bol fiscal
ressenti par une part grandissante de Grecs laisse entrevoir,
selon la chercheuse, « le retour
d’une économie souterraine ».
FLEXIBILISER
LE MARCHÉ DU TRAVAIL
3
C’était une requête récurrente
des bailleurs de fonds : inversion de la hiérarchie des normes, révision des droits syndicaux et baisse des indemnités
chômage ont fait partie de la
première vague de réformes
menée par Papandréou en
2010. Elle a depuis été approfondie par les gouvernements
Samaras et Tsípras (licenciements facilités pendant un an
suivant l’embauche, limitation
du droit de grève). Parallèlement, la Grèce s’est engagée
dans une dévaluation interne,
dont la mesure emblématique
fut la baisse du salaire minimum en 2012.
Les résultats se font attendre.
Les créations d’emplois se sont
accélérées ces derniers mois,
mais le chômage diminue peu :
il atteint 19,5 % de la population
active (contre 28 % en 2014). Un
chiffre même trompeur selon
Filippa Chatzistavrou, qui
estime que « ceux qui reviennent sur le marché, ce sont les
“working poors” ».
— R. Bo.
Des parents des victimes de l’effondrement du viaduc, mardi dernier, à Gênes, entourent les cercueils
au début de la cérémonie religieuse, samedi. Photo AFP
par les négligences et les impérities,
l’Italie affiche son unité et réclame la
vérité au plus vite.
Pour le gouvernement, le coupable est déjà désigné, il s’agit du concessionnaire de l’autoroute, Autostrade per l’Italia, appartenant au
groupe Atlantia, propriété de la
famille Benetton. Cette dernière, très
critiquée en Italie, a fait part de sa
profonde douleur dans un communiqué. Quant au président d’Atlantia, Fabio Cerchiai, et à l’administrateur délégué d’Autostrade, Giovanni
Castelluci, ils ont présenté leurs
excuses. Non pour l’effondrement
du viaduc, ce qui serait reconnaître
leur responsabilité, mais pour la distance et le silence affichés à la suite
de l’accident. Un nouveau pont en
acier sera construit d’ici à huit mois,
ont-ils promis, avant d’annoncer la
mise en place d’un fonds de 500 millions euros à destination des
familles des victimes, des 600 personnes évacuées de leurs habita-
Pour le gouvernement,
le coupable est déjà
désigné, il s’agit
du concessionnaire
de l’autoroute,
Autostrade per l’Italia,
appartenant au
groupe Atlantia,
propriété de la famille
Benetton.
tions et de la ville et du port de Gênes.
A cette somme s’ajouteront les futures indemnités et dédommagements lorsque les responsabilités
seront établies par la justice.
Une somme d’ores et déjà insuffisante pour Luigi Di Maio et Matteo
Salvini, le premier parlant
d’« aumône » et le second de « minimum syndical ». « Ceux-là ne gére-
ront jamais plus nos routes », a promis le leader du M5S. Le ministère
des Infrastructures a officiellement
adressé, vendredi, un courrier à
Autostrade per l’Italia en vue de
révoquer la concession de la société.
Le gouvernement a, par ailleurs,
annoncé une première enveloppe
de 28,5 millions d’euros pour la ville
de Gênes. Une demande de flexibilité budgétaire sera d’autre part
adressée à Bruxelles, comme ce fut
le cas ces deux dernières années
pour faire face à la crise migratoire
et aux tremblements de terre qui ont
frappé le centre de l’Italie. Un commissaire pour la reconstruction sera
nommé dès la semaine prochaine,
alors qu’un état des lieux des besoins
des entreprises de la ville et du port
sera lancé. « Gênes ne se rend pas, a
résumé le cardinal Bagnasco lors
des funérailles d’Etat, l’âme de son
peuple est traversée ces jours-ci de
mille pensées et sentiments, mais elle
continuera à lutter. » n
Disparition
de Kofi Annan,
la conscience
de l’ONU
DIPLOMATIE
Le Ghanéen avait été
le premier numéro un
de l’organisation
issu de l’Afrique
subsaharienne.
Les dirigeants
du monde entier ont
rendu hommage
au grand diplomate
international.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU (1997-2007), fonction
qui lui avait valu le prix Nobel de la
paix 2001, est décédé samedi en
Suisse. Né au Ghana en 1938, il était
le premier patron de l’ONU issu de
l’Afrique subsaharienne depuis la
création de l’organisation en 1945.
Les hommages ont afflué du
monde entier pour saluer un
homme de paix devenu une vedette
de la diplomatie internationale, à la
notoriété bien supérieure à celle de
ses prédécesseurs, grâce à son éloquence. Passé par des universités
ghanéenne, américaine et suisse, il
avait commencé sa vie professionnelle à l’Organisation mondiale de
la santé en 1962 et a ensuite effectué
toute sa carrière au sein des agences de l’ONU, à l’inverse des six
secrétaires généraux qui l’avaient
précédé.
C’est en tant que responsable des
opérations de maintien de la paix
qu’il avait assisté, impuissant, au
génocide du Rwanda en 1995, où les
forces occidentales d’interposition
n’avaient pu être renforcées faute de
consensus au Conseil de sécurité.
« La communauté internationale n’a
pas été à la hauteur au Rwanda et
cela devra toujours être pour nous
une source de regrets amers et de chagrin », avait-il déclaré. Cet échec,
répété lors du massacre de milliers
de civils par les forces serbes à Srebrenica en 1995 après la prise en
otage de Casques bleus (dont certains officiers ont critiqué sa gestion
de l’événement), avait façonné sa
vision des missions de l’ONU, le
poussant à appuyer l’émergence
d’une doctrine d’intervention
humanitaire, dont la mise en œuvre
s’avère toutefois toujours délicate.
Quoique nommé à la tête de
l’ONU grâce aux Etats-Unis, qui ne
voulaient pas que soit reconduit
l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali, il
n’avait pas hésité à critiquer l’intervention militaire de Washington en
Irak en 2003, menée sans mandat
de l’ONU, la qualifiant « d’illégale ».
Il avait régulièrement appelé les
Kofi Annan, qui a assuré deux mandats à la tête de l’ONU, a été
unanimement salué comme un homme de paix. Photo AFP
Etats-Unis à suivre la voie du multilatéralisme en acceptant notamment l’élargissement du Conseil de
sécurité et citait souvent la formule
du président des Etats-Unis, Harry
Après son départ de
l’ONU il avait profité
de sa notoriété et de
son carnet d’adresses
pour défendre la
liberté d’expression,
la révolution verte en
agronomie et la lutte
contre la torture.
Truman, en 1946 : « La responsabilité des grands Etats est de servir et
non pas de dominer les peuples du
monde. » Seule ombre à sa réputation, son nom avait été associé au
scandale de corruption « pétrole
contre nourriture » suite aux sanctions contre l’Irak à la fin des années
1990.
Après son départ de l’ONU, il
avait profité de sa notoriété et de
son carnet d’adresses pour défendre la liberté d’expression, la révolution verte en agronomie et la lutte
contre la torture. Il avait aussi mené
une action de médiation en Syrie en
2012, qui avait rapidement échoué,
à l’inverse de celle qu’il avait conduite au Kenya en 2007. n
06 //
Lundi 20 août 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le Point de vue
Art et culture
L’auteur qui vous
a construit
Ces séries qui
racontent l’Amérique
Les grandes usines
françaises
Pass Culture : bons baisers de l’Etat providence
« La Main coupée » : Cendrars dans les tranchées
Gaspard Koenig : « Giono, pour échapper
à la mesquinerie du quotidien »
« Billions » : l’Amérique des milliardaires
au-dessus des lois
Alstom Belfort, le symbole
de la désindustrialisation de la France
L’ÉDITORIAL
DES « ÉCHOS »
La Réserve fédérale, plus
puissante que Trump
Donald Trump continue d’animer la scène
mondiale avec une remarquable ardeur.
Ses foucades commerciales pourraient
menacer la croissance mondiale. Le
président américain a dernièrement
sanctionné l’Iran, la Chine, la Russie, la
Turquie. Dans ce dernier pays, il a même
réussi
à déclencher une crise financière.
Par Jean-Marc
La livre turque a récemment perdu plus
Vittori
de 20 % en une semaine. La crainte a gagné
d’autres marchés aux équilibres fragiles.
Donald
Le peso argentin, la roupie indienne
Trump
et le rand sud-africain ont dévissé au plus
bas depuis un an. Le dollar triomphe.
inquiète
De ce fait, les cours des matières
la finance
premières, le plus souvent libellés en dollars,
mondiale.
perdent du terrain, comme c’est souvent
le cas quand le billet vert s’apprécie.
Mais c’est
Les investisseurs commencent à s’inquiéter
la Fed qui
de l’impact de ces baisses sur certains pays
la bouscule producteurs. Donald Trump semble être
en relevant devenu le grand organisateur – ou plutôt
le grand désorganisateur – de la planète
ses taux.
financière. Sauf que ce n’est pas Trump
qui est à l’origine de l’inquiétude.
Le président des Etats-Unis a certes
déclenché la crise turque en se lançant dans un bras de fer avec
le président Recep Erdogan. Mais la valse des capitaux a une autre
cause, plus profonde et plus puissante : le durcissement de la
politique monétaire américaine menée par la Réserve fédérale.
Il y a une décennie, la Fed avait brutalement abaissé ses taux
d’intérêt pour lutter contre le risque de dépression.
Des investisseurs sont alors partis en quête de placements plus
rémunérateurs. L’argent qui a afflué vers les pays émergents a
accéléré leur croissance. Jamais l’écart entre pays riches et pays
pauvres ne s’est réduit aussi vite qu’à cette époque. L’endettement
privé a explosé dans les pays émergents. Un premier coup de frein
avait été donné par Ben Bernanke en 2013. Celui qui présidait alors
la Fed avait parlé d’un « tapering », une réduction progressive de ses
injections de fonds. Depuis début 2018, la banque centrale des EtatsUnis appuie à nouveau sur le frein en remontant lentement mais
sûrement son taux d’intérêt directeur. Les investisseurs rapatrient
leurs capitaux aux Etats-Unis. Les pays et les grandes entreprises,
qui étaient devenus dépendants de leur manne, vont souffrir.
La Turquie en est l’exemple parfait. Elle répète le scénario subi
par l’Amérique latine dans les années 1980 puis l’Asie en 1997-1998.
Le cycle financier qui s’amorce risque même de finir par
emporter les Etats-Unis dans la récession, comme ce fut le cas
lors de dix des treize mouvements de resserrement monétaire
pratiqués par la Fed depuis 1950. Peut-être faut-il forger
un nouveau proverbe : quand le sage pointe la Fed, le myope
regarde Trump.
(
Lire nos informations
Page 19
DANS LA PRESSE ÉTRANGÈRE
Une petite lueur d’espoir dans la lutte
contre le terrorisme
Comme à son habitude, la
•semaine
dernière, Donald
Trump s’est empressé de tweeter après une nouvelle attaque
à Londres considérée comme
un acte de terrorisme et qui a
fait trois blessés légers. Dans
ce texte, il a
comparé le
terroriste à
un « animal
fou ». Le 15 août, un feu d’artifice
a été tiré sur la promenade des
Anglais, le premier depuis
l’attentat du 14 juillet 2016, qui
avait fait 86 morts et 206 blessés.
Depuis 2001, l’Amérique et
l’Europe ont l’impression d’être
devenues un champ de bataille
pour ces attaques. Mais, si
le bilan de 2018 est encore
inconnu, 2017 a été, selon le
« Washington Post », qui cite
une étude de l’université du
Maryland, une année de baisse
du nombre d’attaques terroristes dans le monde – même si
elles restent à des niveaux élevés. En 2017, d’après le centre
START (National Consortium
for the Study of Terrorism and
Responses to Terrorism), il y
a eu 10.900 attaques dans le
monde au cours desquelles
26.400 personnes ont trouvé la
mort, y compris leurs auteurs.
Ce qui représente respectivement une baisse de 20 % et
de 24 %. 2014
semble avoir
enregistré le
pire bilan avec
17.000 attentats et 45.000 morts.
Pour le journal, cette baisse au
cours des trois dernières années
s’explique en Europe par le renforcement des mesures de sécurité et des moyens des agences
de renseignement. Mais, poursuit le journal, même si, au cours
des dernières années, l’Europe a
été frappée à plusieurs reprises,
« la plupart des attentats terroristes ont lieu au Moyen-Orient et
en Afrique ». Avec une petite
note positive ; une très forte
baisse dans ces régions largement due aux revers essuyés par
l’Etat islamique. Reste que cela
peut brutalement changer en
quelques heures seulement et
remettre tout en question.
L’an dernier, 1,5 million de personnes
sont restées continûment au chômage
sans jamais en sortir. Photo Gérard Julien.AFP
LE POINT
DE VUE
de Marie-Claire
Carrère-Gée
Créer des emplois ne
suffira pas à éradiquer le
chômage de longue durée
EMPLOI // S’ils sont évidemment nécessaires, l’apparition
de nouveaux postes ne permettra pas à elle seule de ramener
les chômeurs de longue durée sur le marché du travail.
Il leur faut un accompagnement plus spécifique.
es derniers chiffres du chômage
ont fait l’effet d’une douche
froide : notre pays compte
2,6 millions de chômeurs de longue
durée, qui représentent désormais
près de la moitié (47 %) des chômeurs :
un record depuis vingt ans !
L’an dernier, 1,5 million de personnes
sont restées continûment au chômage
sans jamais en sortir, ne serait-ce que
pour un contrat court, un stage ou une
formation. 900.000 sont au chômage
depuis plus de trois ans. Or plus le
chômage dure, plus il est difficile d’en
sortir. L’erreur serait de considérer
que, pour y remédier, il suffit de créer
des emplois. Ce n’est pas vrai : « It’s not
only jobs, stupid ! »
L
La question des compétences
Pour une part, et le gouvernement l’a
bien identifié, il y a la question des compétences. Rien ne permet de penser que
les compétences requises pour les « nouveaux jobs » sont celles des demandeurs
d’emploi, surtout dans le contexte de la
révolution technologique, où, comme l’a
montré le Conseil d’orientation pour
l’emploi (COE), 50 % des emplois vont
connaître une transformation profonde.
Attention cependant, l’efficacité des
formations est douteuse : seulement
30 % des chômeurs formés ont un
emploi durable six mois après. Pour une
part, c’est dû aux formations proposées
jusqu’ici. Mais pas seulement : la formation n’est pas, par principe, la clef de
l’accès à l’emploi ! Les compétences
s’acquièrent aussi en travaillant en
entreprise. Dans certains cas, la formation constitue même une perte de
chance car elle retarde l’accès à l’emploi.
Surtout, les besoins des personnes au
chômage depuis longtemps sont beaucoup plus variés, vastes et interdépen-
dants. Plus le chômage dure, plus on
sous-estime ses capacités. Moins on se
sent utile. Plus on est malade. Moins on
a les réflexes, les codes et les repères de
la vie active. Plus on a de soucis financiers, de logement, personnels aussi.
Plus on est discriminé : parmi les chômeurs de longue durée, il y a tant de
seniors, de personnes en situation de
handicap, de personnes se remettant
d’une maladie grave et parfois tout cela à
la fois. Plus on se sent fragile, alors qu’il
faudrait être plus fort : avec les réseaux
sociaux professionnels et les offres
d’emploi sur Internet, les chômeurs de
longue durée font face à une concurrence accrue, non seulement des chômeurs plus « récents », mais aussi des
personnes en emploi.
C’est un peu comme une réaction en
chaîne : lorsqu’on s’éloigne du marché
du travail, les difficultés font plus que
s’autoentretenir et s’aggraver, elles font
plus que se cumuler. Elles interagissent,
s’amplifient l’une l’autre et en font surgir
de nouvelles.
Il y a besoin de soutien et de conseil.
Pas d’une prise en charge administrative, pas de seuls bons sentiments : un
soutien et un conseil professionnel, basé
sur une véritable connaissance du marché du travail, pertinent pour la personne, le plus souvent local, et qui anticipe le risque de chômage de longue
durée dès l’inscription au chômage. Qui
fait mieux le lien avec les petites entreprises et celles qui ont des difficultés de
recrutement ? Qui aide à résoudre,
aussi, les difficultés de logement ou de
garde d’enfants ? Malgré les progrès
accomplis, plus de 50 % des personnes
identifiées comme « à risque » par Pôle
emploi n’ont eu aucun entretien avec
leur conseiller trois mois après leur inscription. Et attention à l’exclusion
numérique : si Pôle emploi a fait, bien et
très tôt, sa révolution digitale, il accueille
beaucoup de personnes qui ne maîtrisent pas l’outil numérique, n’y ont pas
accès, ou les deux.
Créer une étape vers l’emploi
La France
compte
2,6 millions
de chômeurs
de longue durée,
un record.
Plus le chômage
dure, plus
il est difficile
d’en sortir :
au manque
de formations
adaptées s’ajoute
la concurrence
accrue
de chômeurs
plus « récents ».
Un conseil
professionnel
basé sur
une véritable
connaissance
du marché,
pertinent pour
le demandeur
d’emploi,
est nécessaire.
Il nous manque également une formule
facilitant l’accueil par les entreprises
des personnes très éloignées de
l’emploi. Et cela pendant une période
assez longue car, pour certaines personnes, une simple logique d’« immersion » n’est pas suffisante, voire pas pertinente. Le COE a ainsi proposé de créer
une forme d’« étape vers l’emploi » leur
permettant, pendant plusieurs mois, de
se familiariser à nouveau avec le travail
en entreprise en observant, en participant, en apprenant au contact d’un collectif de travail, et de voir ensuite leurs
nouvelles compétences validées. Et
cela, naturellement, tout en conservant
leurs allocations. Cela suppose d’encourager et de sécuriser les entreprises,
dont la responsabilité sociale trouverait
à mieux s’affirmer. Pour les personnes
concernées, cela rajouterait une ligne à
leur CV : une seule dernière ligne, mais
ô combien précieuse : celle qui montre
qu’elles ont récemment travaillé et
appris en entreprise.
Non, les créations d’emploi ne suffiront pas. Alors que les emplois se transforment à toute vitesse, il faut de la
formation, bien sûr. Intensifier et professionnaliser plus encore l’accompagnement et le soutien, aussi. Surtout,
inventer des solutions nouvelles pour
renouer avec le travail et l’apprentissage en entreprise.
Marie-Claire Carrère-Gée
est présidente du Conseil
d’orientation pour l’emploi.
IDEES & DEBATS // 07
Les Echos Lundi 20 août 2018
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LE POINT
DE VUE
de Mario d’Angelo
Pass Culture :
bons baisers
de l’Etat providence
ous les ans, le succès de la Fête
de la musique témoigne du prodige de cet événement culturel
présent dans 120 pays. Son concept
central, une concentration sur un
temps très court, avait été transféré,
avec pertinence, vers d’autres domaines, comme les Journées européennes
du patrimoine.
A juste titre, les Français peuvent
s’enorgueillir de ces heureuses innovations. Beaucoup pensent que la dynamique culturelle française résulte de
l’effort financier généreux et durable
des collectivités publiques, là où
d’autres pays se sont montrés plus parcimonieux. Il faut pourtant souligner
que la stratégie publique durable ne
s’est pas réduite au seul soutien direct
(subventions, locaux, aides promotionnelles, commandes publiques). Bien
qu’il soit plus visible et plus gratifiant
pour les politiques.
Un second pilier participe également
d’une stratégie publique réussie : le soutien que l’on qualifiera d’indirect car
ciblant des éléments de contexte (fiscalité, réductions de charges, régime de
l’intermittence, etc.). Il reste certes
davantage l’affaire des cénacles professionnels. Le cinéma français, pour ne
citer que lui, en a été l’un des grands
bénéficiaires (taxe parafiscale, financement par les diffuseurs TV, Sofica, etc.).
Pourtant, de toutes les innovations
possibles dans le soutien indirect, une
seule n’avait pas été tentée par l’Etat,
bien qu’au ministère de la Culture
certains y avaient pensé dès 1983. Il
s’agit du chèque culture. Il est vrai que
les milieux culturels voyaient cet intrus
avec la plus grande méfiance. L’essentiel de la politique publique culturelle
en France est donc resté orienté vers le
soutien aux acteurs culturels qui font
l’offre, avec le pari que celle-ci entraîne
(et éduque) la demande.
Il manquait donc à la panoplie de
l’Etat providence une action d’envergure sur la demande de culture, en la stimulant par un pouvoir d’achat fléché.
En revanche, des collectivités territoriales, comme la région Paca ou le Grand
Dijon, se sont essayées au passe ou à la
carte culture. La mise en œuvre d’une
telle mesure fléchant des offres culturelles en présentiel (public se rendant
dans des lieux d’art et de culture) semble plus facile sur une aire limitée.
Mais, à l’âge numérique, réseaux,
plates-formes et applications apportent
de nouveaux outils à la gestion d’un
passe, rendu possible à très grande
échelle. Ils n’en suppriment pourtant
pas certains pièges. L’Italie, qui s’était
lancée la première dans cette démarche
en 2016, a vu qu’il ne suffisait pas de garnir de 500 euros les porte-monnaie, fussent-ils électroniques, des dix-huit ans.
En appliquant une mesure phare du
quinquennat Macron, le ministère de la
Culture passe judicieusement par une
phase de tests dans cinq départements.
La question est justement de flécher les
demandes des jeunes vers les offres culturelles de proximité.
LE POINT
DE VUE
Voiture électrique :
le vrai enjeu
des bornes de recharge
T
de Marc Boilard
’électrification des voitures est
une grande transformation dans
laquelle l’industrie automobile
s’est désormais engagée de manière
irréversible. Et si la feuille de route fixée
par l’Etat français est respectée, 100 %
des véhicules vendus en France en 2040
seront électrifiés contre moins de 2 %
aujourd’hui, ce qui représente une
croissance spectaculaire qui nous
mènerait dès 2040 à un parc automobile électrifié d’environ 19 millions de
véhicules (75 % du parc).
Pour mieux se projeter, il faut regarder du côté de la Norvège, où une politique très incitative depuis plusieurs
années a permis un véritable boom du
véhicule électrique, qui représente
aujourd’hui un tiers des ventes, proportion qui devrait être atteinte en
France en 2030. A Oslo, on dénombre
1.300 bornes de recharge publique pour
35.000 véhicules électriques en circulation, soit un ratio de 30 voitures par
borne, très insuffisant au regard des
recommandations de l’UE (1 borne
pour 10 véhicules). Cette pénurie génère
files d’attente et embouteillages, et va
forcer les pouvoirs publics à développer
le réseau de recharges.
La France est pour l’instant à l’abri
du syndrome d’Oslo, avec un réseau
actuel de 16.000 bornes largement compatible avec le parc de 120.000 véhicules électriques (1 borne pour 7,4, soit
L
4 fois plus qu’à Oslo) et les 100.000 bornes promises déployées pour 2022
devraient largement suffire pour
recharger un parc de 500.000 véhicules, soit 1 borne pour 5 véhicules, le double des recommandations de l’UE et
6 fois plus qu’à Oslo. Il conviendra surtout de disposer les bornes aux bons
endroits pour assurer un maillage du
territoire cohérent avec les usages, en
particulier dans les zones denses de
centre-ville de forte concentration et de
faible capacité de recharge privée.
Le principal enjeu
ne sera pas de multiplier
les points de recharge
à l’infini, mais de les
disposer là où les usagers
en auront le plus besoin.
Même à l’horizon 2040, alors que les
recommandations de 1 borne pour
10 véhicules conduiraient à développer
un réseau de 2 millions de bornes publiques, on peut parier que leur nombre
nécessaire sera bien inférieur ; et si l’on
compare avec l’évolution passée du
réseau de distribution de carburant en
France, avec, aujourd’hui, 11.000 stations essence pour ravitailler 30 millions de véhicules particuliers en
Depuis soixante ans, l’Etat prône la
décentralisation culturelle en incitant
les collectivités territoriales à investir et
en aidant à l’émergence de nouveaux
acteurs culturels en régions. Mais l’outil
Pass favorise une recentralisation,
offrant un même service public pour
tous les territoires.
Depuis soixante ans, l’Etat
prône la décentralisation
culturelle en incitant les
collectivités territoriales
à investir et en aidant à
l’émergence de nouveaux
acteurs en régions.
L’outil Pass favorise une
recentralisation, offrant
un même service public
pour tous les territoires.
Cette question d’échelle devrait
d’ailleurs aussi faire réfléchir Bruxelles.
Un passe culture européen serait autrement plus créateur de lien entre
l’Europe institutionnelle et ses citoyens
que l’actuel saupoudrage de son milliard et demi d’euros sur 27 pays.
Mario d’Angelo est professeur
émérite à BSB (Burgundy School
of Business) et coordinateur de projet
à Idée Europe.
France, on trouve un ratio de 1 pour
350 véhicules particuliers, qui,
appliqué aux véhicules électriques
en 2040, conduirait à 54.000 bornes. Et
l’immense avantage de l’électrification,
c’est de pouvoir disposer d’une pompe à
essence complémentaire à domicile et
sur son lieu de travail, luxe inaccessible
pour un véhicule thermique !
Le principal enjeu ne sera donc pas
de multiplier les points de recharge
à l’infini, mais de les disposer là où
les usagers en auront le plus besoin
pour une recharge rapide et complémentaire de leur recharge principale
et de les renouveler fréquemment
pour suivre l’évolution des standards
techniques et optimiser l’expérience
utilisateur (réservation, paiement,
interopérabilité avec les autres réseaux
de recharge…).
Aussi les nombreux industriels qui se
lancent dans la recharge électrique
(BTP, distribution de carburant, automobile…), attirés par les perspectives de
croissance d’un secteur de plusieurs
milliards d’euros, devront rester agiles
et être capables de pivoter rapidement
dans un marché émergent et encore
incertain, et dont la création de valeur
viendra autant des services que des bornes de recharge elles-mêmes.
Marc Boilard est associé au bureau
parisien d’Oliver Wyman.
14-18
Blaise Cendrars
dans les tranchées
Thierry Gandillot
@thgandillot
france, commente Michèle
Touret dans ses Notices de
La Pléiade, l’écrivain préSignataire d’un « Appel
fère substituer une métonyaux étrangers vivant en
mie de la mort, qui frappe
France », Frédéric Louis
de stupeur un groupe de solSauser, alias Blaise Cendats oisifs, un conte halludrars, s’engage dès le mois
ciné. »
d’août 1914. Il est touché au
« La Main coupée » n’est
bras droit le 28 septembre
pas un roman de guerre
1915 à la ferme Navarin
d’une facture classique. Il
dans l’assaut de la butte de
est composé de séquences,
Souain. En ouvrant « La
tragiques ou cocasses, vioMain coupée », le lecteur
lentes ou poétiques, qui
peut légitimement s’attentémoignent de la « grande
dre à un passage relatant
pagaïe » des premiers mois
cet épisode tragique qui
de la guerre. Il met en scène
devait aboutir à son ampuune foule de personnages
tation. Mais s’il y a bien une
hauts en couleur regroumain coupée dans ce
pés dans cette escouade de
roman, ce n’est pas là celle
la Légion étrangère qui
ROMAN FRANÇAIS
du matricule 1529. Et il faumène « une petite guerre
La Main coupée
dra attendre la fin du livre
d’Indiens dans la grande
De Blaise Cendrars.
pour découvrir cette
guerre usinière ». BeauFolio Gallimard, 433 pages,
main… tombée du ciel.
coup trouveront la mort.
8,90 euros.
Rédigés à Aix-en-ProUn « conte
vence entre décemhalluciné »
bre 1944 et mars 1946, ces
Ce bref chapitre, intitulé « Le lys rouge »,
souvenirs de la Première Guerre mondiale
commence comme une « robinsonnade ».
sont publiés alors que la Seconde vient à
Les soldats se prélassent dans l’herbe quand
peine de s’achever. Le calendrier n’est pas
l’un d’eux, qui s’est levé, se met à pousser des
idéal, le romancier et son éditeur en sont
cris lugubres en pointant le sol. Les hommes
conscients. Le livre n’arrive-t-il pas
bondissent et découvrent avec stupeur,
trente ans trop tard ? Surtout, son thème et
« planté dans l’herbe comme une grande fleur
son style – « en coups de trique », se réjouisépanouie, un lys rouge, un bras humain tout
sait-il – n’ont rien d’attirant. « Ce livre est
ruisselant de sang, un bras droit sectionné audémuni de charme, prévient Cendrars dans
dessus du coude et dont la main encore vivante
une lettre de janvier 1945. La mort ne séduit
fouissait le sol des doigts comme pour y prenpas et la mort est le premier personnage du
dre racine et dont la tige sanglante se balançait
livre – bien que je ne m’occupe pas spécialedoucement avant de tenir en équilibre ». Comment d’elle. » Les premiers extraits inédits
ment était-elle arrivée là ? « Jamais nous
proposés aux revues sont refusés. Si la critin’eûmes la clef de l’énigme. Mystère. »
que est divisée, le recueil rencontrera le sucBlaise Cendrars n’a jamais décrit les circès. Il reste aujourd’hui l’un des plus poiconstances dans lesquelles il a été blessé au
gnants romans sur la guerre de 14-18. Et l’un
bras. « Au témoignage du blessé et de sa soufdes meilleurs de Cendrars. n
BD &
CINÉ
Guillaume Benoit
@gb_eco
Les vieux fourneaux
brûlent encore
Entraînant à sa suite ses
deux compères et sa petitefille, Sophie, enceinte jusFaire du neuf avec des
qu’aux dents. Paul Cauuet
vieux. Le défi que se sont
dessine ce road-trip délilancé les pères des « Vieux
rant de façon très expresFourneaux », Wilfrid
sive, avec un découpage
Lupano au scénario et Paul
cinématographique qui
Cauuet au dessin, était risdonne le rythme de cette
qué. Mais les aventures
aventure.
d’Antoine, de Mimile et de
Wilfrid Lupano régale le
Pierrot, trois septuagénailecteur avec des dialogues
res irrévérencieux, bouciselés remplis d’argot, de
gons, exaltés, tendres et
termes désuets (ou vinsurtout drôlissimes ont
tage) et de mots d’auteur.
immédiatement séduit
On pense immédiatement
les lecteurs. Et séduiront
à Audiard, le scénariste
sûrement les spectateurs,
LIVRES
réplique Boudard et Brasdans un film à découvrir
Les Vieux Fourneaux
sens. Le titre « Les Vieux
mercredi 22 août.
De Wilfrid Lupano et Paul Cauuet. Fourneaux » vient directeDargaud, 4 tomes. 12 euros l’unité. ment de la chanson « Le
Vieillir, mais avec
temps ne fait rien à
style !
l’affaire ».
Au cœur des « Vieux Fourneaux », donc,
Un style que l’on retrouve dans le film, réatrois personnages au caractère bien trempé.
lisé par Christophe Duthuron, puisque
Antoine, après une longue carrière syndicaLupano tient la plume. A l’écran, un trio inéliste, est resté militant dans l’âme. Tout
dit et réjouissant : une vieille canaille, Eddy
comme Pierrot, l’éternel anarchiste à la tête
Mitchell alias Mimile, un éternel adolescent,
d’une bande de vieillards perturbant avec les
Pierre Richard, parfait en Pierrot, et Roland
armes de leur âge les réunions politiques et
Giraud, qui campe avec délectation l’ombrales bars branchés. Mimile, pour sa part,
geux Antoine. A leur côté, Alice Pol joue une
paraît plus calme, plus fragile. C’est en fait un
Sophie tentant tant bien que mal de ramener
bourlingueur, qui a connu mille vies et n’a
à la raison et à la maison ces sales gosses de
rien perdu de son intérêt pour la gent fémisoixante-dix ans. Le film s’inspire assez fidènine. Tous trois sont bien décidés à vieillir,
lement des premier et troisième tomes de la
puisque c’est le meilleur moyen de ne pas
bande dessinée, y compris à l’image. Mais
mourir. Mais avec style !
avec quelques inventions. Eddy Mitchell en
Lorsque Antoine apprend, juste après
vieux beau qui se teint scrupuleusement les
l’enterrement de sa femme, que celle-ci a eu
cheveux chaque matin. Ou cette courseune liaison avec son patron cinquante ans
poursuite à un train de sénateur, Antoine,
plus tôt, son sang ne fait qu’un tour. Il prend
prothèse de hanche flambant neuve courant
son fusil et part en Toscane régler son
après Mimile, le grand cardiaque. Un film
compte à l’ancien amant devenu grabataire.
réjouissant pour oublier la rentrée. n
08 // IDEES & DEBATS
Lundi 20 août 2018 Les Echos
série d'été 5/9
L’AUTEUR QUI VOUS A CONSTRUIT
CES SÉRIES QUI RACONTENT L'AMÉRIQUE DE TRUMP
« Billions »
L’Amérique des milliardaires
au-dessus des lois
La série de Showtime met en scène un face-à-face
entre le financier Bobby Axelrod, archétype
du self-made-man, et l’intraitable procureur
de New York, Chuck Rhoades.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Gaspard Koenig
« Giono, pour échapper à la
mesquinerie du quotidien »
L’essayiste – et chroniqueur des « Echos » –
confie sa passion pour Jean Giono,
« poète ruraliste devenu un écrivain total ».
Pourquoi cet auteur
plus qu’un autre ?
La lecture de Giono est mon antidote. Antidote au libéralisme, au
progrès, à l’urbanité, à l’optimisme. C’est là que je me réfugie
pour cultiver des sentiments plus
sombres, plus viscéraux. C’est là que je
retrouve le sens de la terre dont on se
moque tant et qui est pourtant le chemin le plus
court vers l’universel.
Deux ou trois livres de lui que vous
conseillez particulièrement et pourquoi ?
Le Giono du début, celui de « Naissance de l’Odyssée » ou de « Colline », est un pâtre lyrique, imbu
d’Homère et de naturalisme. Cette poésie
m’ennuie. Elle commence à se décanter à partir de
« Regain », plus sobre et narratif.
Le Giono de la fin, celui de « L’Iris de Suse », est
devenu la caricature de son propre style. Les personnages ne sont plus nommés que par des attributs. Les sentiments deviennent trop sophistiqués
pour rester compréhensibles. L’histoire se joue
presque sans action, dans le vide, par ricochets
interprétatifs. Même Proust ne s’y retrouverait plus.
Giono est un autodidacte.
Un autodidacte des lettres,
mais aussi un autodidacte
de l’amour.
Donc trop d’allégories au début, trop de métonymies à la fin. Mais, au milieu, c’est un débordement
d’humanité, un tourbillon de caractères. Les histoires s’insèrent les unes dans les autres. On n’est
jamais à l’abri, en commençant un paragraphe, de
rentrer dans un nouveau livre, comme lors de cette
veillée funèbre interminable des « Ames fortes ».
La France, pays d’Académies, s’est toujours défiée
de ses conteurs. Malgré une reconnaissance tardive, Giono n’est jamais rentré au panthéon de
notre histoire littéraire. Tant mieux : il faut préserver les secrets de notre « Shéhérazade provençale ».
Giono est un autodidacte. Un autodidacte des lettres, mais aussi un autodidacte de l’amour. Pierre
Magnan, son disciple de Forcalquier, m’avait
raconté dans la fraîcheur de son pigeonnier, il y a
une dizaine d’années, combien Giono fut marqué
par sa rencontre avec Blanche Meyer
pendant la guerre, vite devenue
son amante (et Adelina White
dans le livre sur Melville). Cette
histoire est trop peu connue, du
fait de l’obstruction navrante
des héritières de Giono. Même
Pierre Citron la tait dans sa biographie « de référence ». La correspondance entre Jean et Blanche
existe pourtant : elle dort dans une
bibliothèque américaine. Comment
expliquer sans cette passion violente, combinée avec le traumatisme des arrestations (successivement par Vichy et par la Résistance…), la transformation d’un poète ruraliste en écrivain total ?
Les hommes que décrit Giono dans le « cycle du
Hussard » ne sont pas loin de ceux de Hobbes,
menant une vie « solitaire, misérable, rude, bestiale et brève ». Mais ils ne se ressemblent pas. Ils
cultivent chacun une obsession, une folie, qui les
soustrait à l’égoïsme étroit. Et surtout, il y en a toujours un, ou plutôt deux, un couple, pour nous
rédimer. Angelo et Pauline. Langlois et Saucisse.
M. Joseph et Julie. Merci à eux. Le peu de voyages
qu’il a entrepris, Giono les a réservés à l’Italie et à
l’Ecosse. La première pour les histoires qui s’y
déroulent (à commencer par les batailles du désastre de Pavie), la seconde pour celles qui s’y inventent. Si vous voulez échapper à la mesquinerie des
pensées quotidiennes, il faut lire Giono dans les
marécages des Highlands, au milieu des « moors »
d’où sortent les fantômes.
Il y a un peu de Trump
dans le personnage
de Bobby Axelrod,
dans son rejet des lois
et des règles établies.
Chuck Rhoades mène contre lui une traque
quasi obsessionnelle. Son caractère légaliste et jusqu’au-boutiste apparaît dès le premier épisode,
lorsqu’il accule un passant à ramasser à mains
nues les déjections de son chien sur le trottoir. Face
aux soupçons de délit d’initié qui entourent
« Axe », le procureur veut à tout prix l’épingler à
son tableau de chasse. « Il brasse plus d’argent que le
PIB d’un Etat européen, il est intouchable », lui
reproche le magistrat.
La pression de l’opinion est forte. Dans cette
Amérique post-crise financière, on peine à condamner la délinquance en « col blanc ». Cette série
jette un coup de projecteur sur la justice transactionnelle à l’américaine, où l’on échappe à la prison
moyennant une amende. Mais Chuck ne se
Mépris pour le politique
Il y a un peu de Trump dans le personnage de
Bobby Axelrod, dans son mépris pour le politique,
dans son rejet des lois et des règles établies, dans
les aléas de son ascension, dans la sidération de
l’intelligentsia new-yorkaise face à sa popularité. « Qu’ai-je fait de mal, à part réussir ? » interroge-t-il dans l’une de ses confrontations avec le juge.
Si sa fortune dépasse celle d’un Etat, pourquoi se
soumettre aux lois ? « Toutes ces règles et ces lois
sont arbitraires, juge-t-il. Elles ont été élaborées par
des politiciens à leurs propres fins. » Lorsque l’Amérique pousse ses valeurs de liberté à l’extrême, ses
hommes d’affaires se vantent d’être au-dessus des
lois, à l’image d’un Trump qui s’était glorifié de ne
pas payer d’impôts en imputant ses pertes financières passées.
Avant son élection, le « Washington Post » avait
dit de Trump que son talent avait consisté avant
tout à créer une mythologie autour de sa personne
et de son nom. C’est aussi le cas du héros de
« Billions », jusqu’au jour où l’opinion découvre
pourquoi il n’était pas avec ses collègues dans les
tours jumelles le 11 septembre 2001… n
l
RETROUVEZ DEMAIN
« Roseanne », l’Amérique de Trump
option polémique
Un extrait que vous aimez.
Si vraiment l’ennui vous guette, l’ennui pascalien
d’une longue soirée sans Dieu, alors il ne reste plus
que la méthode de Langlois : « Seulement, ce
soir-là, il ne fumait pas un cigare : il fumait une cartouche de dynamite. Ce que Delphine et Saucisse
regardèrent comme d’habitude, la petite braise, le
petit fanal de voiture, c’était le grésillement de la
mèche. Et il y eut, au fond du jardin, l’énorme éclaboussement d’or qui éclaira la nuit pendant une
seconde. C’était la tête de Langlois qui prenait, enfin,
les dimensions de l’univers. Qui a dit : Un roi sans
divertissement est un homme plein de misères ? »
Gaspard Koenig est philosophe et président du think tank
GenerationLibre.
Showtime
Propos recueillis par
Daniel Fortin
« Depuis quand est-ce devenu un crime d’être riche
dans ce pays ? En Amérique, on saluait les types en
Limousine. Maintenant, on leur jette des œufs. »
C’est ainsi que, acculé face à un journaliste tenace,
Bobby Axelrod se défend d’être un « bankster ».
Dès le premier épisode de « Billions », la trame de
ce thriller financier se dessine. Dans cette Amérique encore marquée par la crise financière, les milliards du gérant de hedge fund à succès ont-ils été
légitimement gagnés ? Tournée quelques mois
avant l’élection de Donald Trump, cette série nous
parle du microcosme juridico-financier qui a vu le
magnat de l’immobilier accéder au pouvoir.
Si la fiction américaine a souvent exploré le
monde de la finance, « Billions » adopte une
approche originale. Ses trois saisons mettent en
scène un face-à-face entre le financier Bobby
Axelrod, parti de rien, qui a fait fortune sur les cendres du 11 Septembre, et l’intraitable procureur de
New York, Chuck Rhoades. Bobby, aussi surnommé « Axe », incarne l’argent qui peut tout
acheter. Il offre une Porsche comme on s’achèterait un roman. Il se paie un aller-retour en jet privé
au Canada pour assister à un concert de rock. La
pizzeria de son enfance est au bord du gouffre ? Il
la rachète pour continuer à déguster ses inimitables pizzas.
contentera pas d’une amende, il veut vraiment voir
« Axe » derrière les barreaux. Tous deux se disputent l’incarnation du rêve américain, de la réussite
obtenue par un travail acharné, dans un monde où
les individus se mesurent au nombre de zéros de
leur salaire. Issu d’un milieu modeste, Bobby est
l’archétype du self-made-man.
Chuck Rhoades lui conteste la légalité de sa fortune qu’il aurait bâtie grâce à des délits d’initié et se
pose en garant de la morale face aux dérives de la
finance. Mais il y a aussi de l’intime dans ses motivations. Son épouse, Wendy, travaille comme
coach pour Axe Capital. A l’écoute des états d’âme
des traders, cette psychologue talentueuse
rebooste leur confiance en eux pour leur faire
prendre plus de risques. Pour rien au monde, et
surtout pas parce que son mari le lui demande, elle
ne quitterait ce « job ». Le jeu du chat et de la souris
entre Chuck Rhoades et Bobby Axelrod tourne
autour de ce conflit d’intérêts qui entache la crédibilité du procureur. Le thriller financier bascule
alors dans l’introspection psychologique de personnages aux contours moins simplistes qu’il n’y
paraît.
l
RETROUVEZ DEMAIN
Stéphane Pallez : « Homère m’a toujours
accompagnée »
Bobby Axelrod (Damian Lewis, à gauche) incarne l’argent qui peut tout acheter. Le procureur
de New York, Chuck Rhoades (Paul Giamatti), mène contre lui une traque quasi obsessionnelle.
IDEES & DEBATS // 09
Les Echos Lundi 20 août 2018
LES GRANDES USINES FRANÇAISES
1/5
Alstom Belfort, le symbole
de la désindustrialisation
de la France
Depuis près de 140 ans, l’histoire de l’ancienne
citadelle franc-comtoise se confond avec celle
de son usine. Mais le bastion industriel d’Alstom
sera finalement vendu par appartements.
Denis Fainsilber
dfainsilber@lesechos.fr
ix ans que le site de Belfort
attendait ça avec angoisse :
en officialisant, fin juillet, sa
commande de 100 TGV du
futur auprès d’Alstom, la
SNCF a indirectement
pérennisé pour un bon moment son berceau industriel franc-comtois qui, entretemps, sera passé à deux doigts de sa fermeture définitive. A raison de deux motrices
par rame, « La Traction » (le surnom du site
depuis toujours) assemblera, si le programme ne déraille pas, 20 motrices TGV
par an durant une décennie, à partir de la
mi-2020. Un véritable soulagement dans la
ville industrieuse de 52.000 habitants où, à
chaque manifestation, le pavé martèle
comme une évidence qu’« Alstom, c’est Belfort, et Belfort, c’est Alstom ». Fierté partagée
qui cache mal la réalité industrielle des dernières décennies : l’histoire d’Alstom Belfort (une sorte d’arsenal qui a compté jusqu’à 9.000 salariés) s’est finalement soldée
par un vaste démantèlement.
La branche énergie, qui a livré de longue
date toute une série de turbines pour le parc
nucléaire d’EDF, a été vendue par appartements à l’américain General Electric,
entre 1999 et 2014, avec ses 4.000 employés.
Quant à la division ferroviaire, « La Traction », si fière de son implication dans le
déploiement du TGV national, elle est promise sous peu à l’allemand Siemens, en
vertu d’un rachat qui ne veut pas dire son
nom. Les Belfortains surmontent leur
S
dépit : la survie de quelques centaines
d’emplois est à ce prix, à l’heure où tous les
grands contrats de TGV à l’export sont
assortis de transferts de technologies, les
privant de travail.
Depuis près de cent quarante ans, l’essor
de la ville se confond avec celui de l’entreprise. Au lendemain de la guerre de 1870,
qui a vu l’Alsace-Lorraine tomber sous le
joug prussien et Strasbourg devenir la
vitrine du Reich, les dirigeants de la Société
alsacienne de constructions mécaniques
(SACM), installée à Mulhouse, décident
d’établir côté français une succursale, pour
la fabrication de machines à vapeur. Il s’agit
d’éviter les lourds droits de douane instaurés entre les deux ex-belligérants. Faisant
un saut de 45 km, la SACM rachète alors en
1879 des terrains à Belfort, l’ancienne citadelle vaillamment défendue par les troupes
de Denfert-Rochereau, où la main-d’œuvre
se développe rapidement avec l’arrivée des
« optants », les Alsaciens refusant la tutelle
allemande.
Des locomotives
pour le monde entier
A l’heure où l’automobile n’existe pas
encore, un autre marché capital décolle en
flèche : le train. Avec le « plan Freycinet »,
dictant que toutes les sous-préfectures françaises soient desservies par les diverses
compagnies de chemin de fer, 8.700 km de
lignes sont à construire, accompagnées des
locomotives qui vont avec. Pour ne pas trop
dépendre des seules « locos », la SACM élargit son périmètre d’activité : turbines à
vapeur, générateurs, extracteurs pour les
mines, machines-outils ; et tout un tas de
produits électriques, en plein développement : câbles, dynamos, lampes, régulateurs, etc. L’usine récupère les activités électromécaniques d’Alsace, visant le marché
de l’Exposition universelle de 1889. Elle
glane sa main-d’œuvre de toute l’Europe :
Russes, Tchécoslovaques, Arméniens, Italiens... Se développent alors de nouveaux
faubourgs, avec la création d’écoles, églises,
« cliniques d’accouchement », banques,
harmonie musicale, etc. et la population
passe de 8.000 à 40.000 habitants.
« On cherche partout des spécialistes, et
Belfort devient une fabrique de citoyenneté
française. Ici, l’entreprise ne produit pas que
de l’objet technique, mais crée aussi une sociabilité », souligne l’historien Robert Belot,
qui a codirigé un livre sur l’histoire du
lieu (1). Belfort abandonne très vite (au
milieu des années 1920) les locomotives à
vapeur, gourmandes en charbon, pour se
concentrer sur les motrices électriques. Et
son rôle de fleuron industriel, du génie électrique au transport ferroviaire, s’affirme en
1928 avec la fusion entre la SACM et la Compagnie française Thomson-Houston
(CFTH), filiale française de General Electric,
qui engendre la nouvelle société Alsthom
(avec un h à l’époque).
A son apogée, le berceau industriel livrait
ses locomotives dans le monde entier, de la
Chine à l’Argentine en passant par la Finlande, puis a pris une part active au programme électronucléaire national. A cette
époque, l’usine représentait 60 % du chiffre
d’affaires du groupe français et 80 % de ses
exportations. Chez les cols-bleus, on était
Berceau des motrices TGV, l’usine de Belfort a été scindée pour laisser à l’américain GE la production de turbines électriques. Photos Gilles Rolle et Hamilton/RÉA
« Alsthom » de père en fils, sans compter les
cousins. Pendant la grève générale de
mai 1968, le directeur de l’usine pouvait se
targuer d’être entré à Belfort en 1926 ! Mais
avec les décennies suivantes, ce site assez
chaud socialement a vu son aura pâlir : une
certaine méfiance s’est instaurée du côté
des actionnaires, et le pouvoir a migré vers
Paris.
Peu à peu, l’actualité du groupe ne s’écrit
plus dans la presse locale : rachat d’Alsthom par la Compagnie Générale d’Electricité (la CGE, déjà propriétaire d’Alcatel),
fusion avec Les Chantiers de l'Atlantique,
qui éloigne un peu plus les centres de décision, nationalisation de la maison mère
CGE en 1982, reprivatisée cinq ans plus tard,
fusion avec l’anglais GEC Power Systems...
Puis, finalement, retour à l’indépendance
totale d’Alstom (qui perd alors son « h »)
avec sa mise en Bourse lancée en 1998 par
Serge Tchuruk en le privant de sa trésorerie ! De quoi perdre le fil à l’heure où les res-
tructurations sont menées tambour battant
dans l’industrie ferroviaire européenne.
« C’est une histoire exemplaire de la désindustrialisation de la France », déplore JeanPierre Chevènement, l’ancien député-maire
du Territoire de Belfort, qui, déjà, avait
réussi non sans mal à sauver le fleuron
industriel en 2003, suggérant une augmentation de capital à Jacques Chirac au
moment où les banques américaines hésitaient à se porter caution. « Depuis le milieu
des années 1990, ce site a été progressivement
déshabillé de l’intérieur, l’activité a été transférée vers des pays à bas coûts, il ne reste plus
que les coques et l’assemblage ». L’historien
Robert Belot acquiesce : « Plusieurs symboles sont tombés, comme la recherche sur la
supraconductivité, qui a été arrêtée : on est en
pleine euphorie financiariste, on a changé de
culture. »
(1) « Alstom à Belfort, 130 ans d’aventure industrielle ». Editions ETAI, 377 p.
10 //
Lundi 20 août 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,36 en mai 2018 // Taux de chômage (BIT) : 8,6 %
au 1er trimestre 2017 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
GENS DU VOYAGE MEETING
ÉVANGÉLIQUE RECORD
EN HAUTE-MARNE
PRAGUE COMMÉMORATION
DE L’INTERVENTION SOVIÉTIQUE
La République tchèque a commémoré, dimanche, le cinquantième
anniversaire de l’intervention soviétique surprise qui avait écrasé le « printemps de Prague », la libéralisation
tentée par le régime tchécoslovaque
membre du Pacte de Varsovie. L’intervention militaire de 200.000 soldats
soviétiques et de quatre pays d’Europe
centrale avait occupé tout le pays en
quelques heures et suscité un mouvement de résistance passive avec des
foules massées devant les chars.
Plus de 36.000 personnes, issues de la
communauté des gens du voyage de
la France entière, ont assisté dimanche à l’ouverture du rassemblement
annuel de la mission évangélique
« Vie et Lumière » sur l’aérodrome de
Semoutiers (Haute-Marne).Les pèlerins doivent rester sur place jusqu’au
dimanche 26 août, jour des traditionnels baptêmes.Quelque 6.100 caravanes sont sur place.
EUROPÉENNES JADOT EXCLUT
UNE LISTE COMMUNE
AVEC HAMON
Le président Donald Trump a déclaré
samedi qu’il avait autorisé l’avocat de
la Maison-Blanche, Don McGahn, et
d’autres membres du personnel de la
présidence à « coopérer entièrement »
à l’enquête menée par le procureur
Mueller sur les soupçons de collusion entre sa campagne et la Russie.
Donald Trump estime toutefois que
cette enquêtes constitue une «chasse
aux sorcières ». Selon le « New York
Times », M. McGahn a « largement
coopéré » lors de 3 entretiens avec des
enquêteurs d’une dizaine d’heures.
ARABIE SAOUDITE DÉBUT
DU PÈLERINAGE À LA MECQUE
ARDÈCHE UN HOMME MEURT
DANS UN ACCIDENT DE QUAD
Un homme de 68 ans est mort samedi
à Lanas (Ardèche) dans l’accident
d’un quad à bord duquel il se trouvait
avec son neveu de 12 ans, légèrement
blessé. Le conducteur a perdu le contrôle de son véhicule alors qu’il circulait sur un sentier ouvert au public, et
s’est retrouvé bloqué sous l’engin, ont
indiqué les gendarmes. Son neveu a
été éjecté. Il a été transporté à l’hôpital
d’Aubenas, ont précisé les pompiers.
CRIME UN ADOLESCENT TUÉ
PAR BALLE À REIMS
Un adolescent de 17 ans a été tué par
balle dans un quartier populaire de
Reims (Marne). Dans la nuit de vendredi à samedi, « un ou plusieurs individus s’en sont pris à un jeune de 17 ans
dans le quartier de Croix-Rouge : il a
été atteint d’au moins un impact de
balle et est décédé dans l’heure qui a
suivi », a déclaré à l’AFP Matthieu
Bourrette, le procureur de Reims.
Une autopsie sera réalisée en début
de semaine pour préciser les circonstances du décès. Le parquet a ouvert
une enquête de flagrance pour
« meurtre ».
LITTORAL PROJET D’HÔTEL
CONTESTÉ À SAINT-MALO
Une vingtaine de militants bretons
ont érigé, dimanche, une barricade
symbolique pour dénoncer un projet
immobilier prévu à la place d’un camping municipal en bord de mer à
Saint-Malo. La mairie de Saint-Malo a
vendu en 2016 un camping municipal
d’une superficie de 15.000 m2, situé
face à la mer, au-dessus de la plage du
Minihic, à un groupe hôtelier
malouin qui y prévoit notamment la
construction d’un hôtel spa 5 étoiles.
Des secouristes, appuyés par des dizaines d’hélicoptères et de bateaux, tentaient dimanche de sauver les milliers de personnes piégées par les inondations dans l’Etat indien du Kerala, où les pluies torrentielles continuent. Le bilan de ces inondations, les plus graves qu’ait subies cet Etat du sud de l’Inde depuis un siècle, est passé à 357 morts, ont annoncé dimanche les
autorités locales. Quelque 350.000 personnes ont dû se réfugier dans 3.000 camps d’urgence. Photo : STR/AFP
Ahmad Al Rubaye/AFP
PARIS LA BIJOUTERIE
D’UN QUARTIER CHIC BRAQUÉE
Deux hommes armés ont braqué
samedi une bijouterie du très chic
8e arrondissement de Paris avant de
prendre la fuite, emportant plusieurs
montres de luxe. Munis d’armes de
poing, les malfaiteurs ont fait irruption en début d’après-midi dans une
boutique de l’horloger suisse Audemars Piguet. Après s’être emparés de
plusieurs montres, ils ont réussi à
prendre la fuite en voiture. Le montant du butin n’a pas été dévoilé.
Inondations meurtrières en Inde du Sud
ÉTATS-UNIS TRUMP CALME
LE JEU AVEC MUELLER
Christophe Saidi/Sipa
Yannick Jadot, désigné mi-juillet tête
de liste EELV aux européennes de
2019, a confirmé dimanche exclure
une liste commune avec le mouvement Génération.s de Benoît Hamon.
Le représentant écologiste a déclaré
vouloir privilégier une ligne écologiste « claire ». Le porte -parole
d’EELV, Julien Bayou, a indiqué qu’il
espérait pouvoir « rediscuter » du
scénario écarté par Yannick Jadot.
LA PHOTO DU JOUR
Plus de deux millions de fidèles ont
entamé dimanche sous une chaleur
accablante le « hadj », le grand pèlerinage annuel à La Mecque, premier
lieu saint de l’islam, en Arabie saoudite. Cet événement, qui se termine
vendredi, représente un défi logistique pour les autorités. Lors d’une
bousculade en 2015, 2.300 pèlerins
étaient morts. Les plus gros contingents viennent d’Egypte, d’Inde,
du Pakistan, du Bangladesh et du
Soudan.
TURQUIE ERDOGAN DÉFIE
LES ÉTATS-UNIS
Le président turc a déclaré samedi,
lors d’un congrès de son parti islamoconservateur, l’AKP, à Ankara, que la
Turquie ne se « livrerait pas » aux
Etats-Unis, poursuivant son bras de
fer avec Washington qui a précipité
l’effondrement de la livre turque ces
derniers jours. « Nous avons mis à jour
vos manigances et nous vous défions »,
a - t- i l p o u r s u i v i . Wa s h i n g t o n a
menacé vendredi de frapper Ankara
de nouvelles sanctions économiques.
ALLEMAGNE ENTRETIEN
ENTRE MERKEL ET POUTINE
La chancelière allemande Angela
Merkel a reçu samedi le président
russe, Vladimir Poutine, au château
de Meseberg, au nord de Berlin, pour
un entretien consacré, notamment,
aux conflits syrien et ukrainien,
points de désaccords entre l’Allemagne et la Russie. Vladimir Poutine a
appelé les Occidentaux à participer
à la reconstruction de la Syrie.
ON EN PARLE AU VENEZUELA
Maduro efface cinq zéros des billets de banque
Le gouvernement a pris cette mesure radicale qui commence ce lundi
pour convaincre qu’il veut tourner la page de l’épisode d’hyperinflation.
économique assorti d’une multiplication du SMIC par… 34. Qui
a peu de chances de réussir toutefois sans s’attaquer à la racine
du problème, notamment un
déficit budgétaire dépassant le
montant vertigineux de 18 % du
PIB en 2017.
Madeleine Rouot
u Venezuela, l’inflation
dépasse 1.000.000 %,
obligeant les habitants
à régler le moindre achat avec
des liasses de grosses coupures.
Le président Nicolás Maduro
mise donc sur un choc psychologique pour tourner la page de
l’hyperinflation en mettant en
circulation ce lundi de nouveaux billets de banque qui
compteront cinq zéros de
moins.
« Afin de faciliter la mise en
place de la nouvelle émission
monétaire, toutes les transactions
électroniques seront suspendues dimanche 19 août », a indiqué le ministre de l’Intérieur.
Cette initiative du président fait
parti d’un plan de redressement
A
Descente aux enfers
« Les réformes récentes pour
réduire la subvention au gasoil et
redéfinir la monnaie, vont dans la
bonne direction mais ne permettront probablement pas au pays
de rembourser les détenteurs
d’obligation », affirme pourtant Siobhan Morden, du fonds
Nomura Securities. D’autant
plus que le FMI vient de réviser à
la baisse ses prévisions pour
l’année 2018 et un PIB qui se contracterait de 18 %. En ce
priation récurrente du régime et
qui sont victimes du contrôle
des prix par le gouvernement,
ont drastiquement réduit leur
production. Elles misent désormais sur l’importation bon marché, qui a considérablement
ralenti en 2018 provoquant des
pénuries alimentaires et de
médicaments.
Pourtant, le gouvernement
Maduro continue de rejeter la
faute sur des acteurs externes,
comme les Etats-Unis ou la
droite vénézuélienne, les accusant d’être à l’origine de la flambée des prix en se livrant à une
« guerre économique ». Il avait
déjà invoqué un complot plus
tôt en août, lors de l’attaque au
drone explosif dont le président vénézuélien dit avoir été
victime. n
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ITALIE NOUVELLE TENSION SUR
LES MIGRANTS AVEC MALTE
Le ministre italien de l’Intérieur,
Matteo Salvini, a menacé dimanche
de renvoyer vers la Libye les
180 migrants bloqués depuis trois
jours sur un navire des garde-côtes
italiens au large de l’île de Lampedusa, si aucune solution européenne
n’était trouvée. Rome veut que Malte
récupère ces migrants, mais
La Valette refuse, estimant que ces
migrants ont été interceptés et non
secourus par le navire italien et qu’ils
souhaitent se rendre en Italie.
moment, le coût d’un kilo de
viande est équivalent au salaire
minimum, soit 5,9 millions de
bolivars vénézuéliens (1 dollar
au marché noir). Du jamais vu
depuis l’hyperinflation enregistrée dans les années 2000 au
Zimbabwe, qui avait atteint
231 millions de pour cent en
2008. Les perspectives du
Venezuela sont donc inquiétantes. Cette année, près de
440.000 citoyens se sont réfugiés en Colombie voisine, pour
fuir l’enfer de cette crise économique. En dépit de la hausse des
prix du pétrole, qui fournit 95 %
des recettes en devises du pays,
l’économie vénézuélienne, et
surtout la production industrielle, a subi un effondrement
spectaculaire. Les entreprises
privées, qui redoutent l’expro-
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Lundi 20 août 2018
www.lesechos.fr
« Crazy Rich
Asians » met
en scène un
casting composé
d’acteurs issus
d’une minorité.
// P. 16
DEVISES EUR/GBP 0,8958 EUR/JPY 1,261 EUR/CHF 1,135 GBP/USD 1,2735 USD/JPY 1,1052 USD/CHF 0,9947 TAUX EONIA -0,362 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,319 OAT 10 ANS 0,6083 T-BONDS 10 ANS 2,9124
INDUSTRIE & SERVICES
AIR FRANCE-KLM
DERNIÈRE HEURE
Premières polémiques autour
du patron du groupe aérien.
Bourse : Trump relance le débat
sur l’intérêt des résultats trimestriels
// P. 12 ET « CRIBLE » P. 24
BOEING
Le constructeur achète
Millennium Space Systems.
// P. 12
AUTOMOBILE
Le match du CO2 s’annonce plus
que serré pour les automobiles.
Amazon
pourrait
racheter
des magasins
Homebase
// P. 13
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
MAERSK
Le groupe danois achève de se
recentrer sur le maritime.
// P. 13
Fred Marvaux/RÉA
TRANSPORT
Les gagnants de la réforme
du stationnement.
// P. 14
OUTILLAGE
La nouvelle vie des outils Facom.
Le gendarme de la Bourse américain, la SEC, va se pencher sur la possibilité pour les entreprises de publier
leurs résultats à la fin de chaque semestre uniquement. Photo Wang Ying/Xinhua-RÉA
// P. 14
L’opération pourrait redorer le blason
d’Amazon. L’e-commerçant américain
serait candidat au rachat de plusieurs
des 42 magasins que Homebase destine
à la fermeture au Royaume-Uni. Le
journal « The Telegraph » citait plusieurs sources dans son édition de
dimanche.
La chaîne de bricolage Homebase
s’est déclarée en cessation de paiement. Les dirigeants ont proposé
l’émondage de leur réseau de 241 unités dans le cadre d’un processus de
« company voluntary arrangement »
(CVA). Amazon reprendrait certains
sites dans des zones urbaines denses.
Le géant de Seattle les transformerait
en entrepôts au service du « dernier
kilomètre ». Amazon a lancé en 2015
la livraison en une heure en GrandeBretagne.
PHARMACIE
Les labos japonais poussés
hors de leurs frontières.
Le président a demandé
à la SEC d’étudier l’intérêt
de revenir sur l’obligation
de publier des résultats
tous les trimestres.
// P. 15
HIGH-TECH & MÉDIAS
TECH
Ces stars de la Silicon Valley
payées à ne rien faire.
Il milite pour des annonces
semestrielles.
// P. 16
PME & RÉGIONS
SÉRIE D’ÉTÉ
Pierrick Fay
@pierrickfay
Sur les Routes du comté, le Jura
dévoile ses contours.
Une fois n’est pas coutume, un tweet publié
par Donald Trump n’a pas provoqué de tensions à Wall Street. Le président américain
a indiqué avoir contacté la SEC, le gendarme
de la Bourse américain, pour qu’elle se penche sur la possibilité pour les entreprises de
ne plus avoir à publier de résultats tous les
trimestres, mais uniquement à la fin des
semestres. Ce serait une source « de plus
grande flexibilité et d’économie ».
Un porte-parole de la Maison-Blanche a
précisé que l’idée est de savoir si cette obligation trimestrielle « réduit l’incitation des entreprises à s’engager sur des investissements à long
terme ». Certaines entreprises pourraient en
effet renoncer à investir à court terme pour
tenir leurs prévisions de résultats, afin de ne
pas être sanctionné par les analystes. « Cela
// P. 17
COMPAGNIE DES PETITS
L’enseigne de prêt-à-porter parie
sur la puériculture.
// P. 17
WESTON
Le chausseur veut séduire
les femmes.
// P. 17
DR
FINANCE & MARCHÉS
BANQUE
La cybermenace monte
en puissance sur les applications
bancaires.
fait partie des réformes réglementaires en cours
susceptibles de s’assurer que l’économie américaine demeure la plus productive du monde », a
précisé la Maison-Blanche.
Selon Bloomberg, l’idée lui a été soufflée
par Indra Nooyi, l’ex-patronne de PepsiCo,
lors d’une rencontre entre Trump et plusieurs grands patrons américains. Elle lui a
« suggéré d’explorer l’harmonisation entre
les systèmes européens et américains sur les
publications financières ». Plusieurs pays
européens ont en effet renoncé à obliger les
entreprises à publier leurs résultats tous les
trimestres. Ainsi, au Royaume-Uni, seulement 57 des 100 entreprises du Footsie
100 continuent de publier des trimestriels,
selon un rapport datant de septembre 2017.
Une obligation qui date de 1934
Dans un communiqué publié vendredi,
Indra Nooyi a tenu à préciser que la plupart
des intervenants à cette table ronde s’étaient
accordés pour dire que « les vues à court
terme pouvaient inhiber les stratégies de long
terme, et donc l’investissement et l’emploi ».
Le débat n’est pas nouveau, alors que
cette obligation date de 1934, à la création de
la SEC. Il y a un peu plus de deux mois, deux
des voix les plus écoutées de Wall Street –
Jamie Dimon (JPMorgan Chase) et Warren
Buffett (Berkshire Hathaway) – avaient
publié une tribune pour exhorter les entre-
prises à ne plus succomber à la tyrannie des
prévisions de résultats trimestriels.
Il prend de l’ampleur surtout après la
publication d’un autre tweet, celui d’Elon
Musk, annonçant son intention de sortir
Tesla de la Bourse. Un choix justifié par
l'« énorme pression » subie par Tesla, poussant « à prendre des décisions qui peuvent
être bonnes sur un trimestre donné, mais pas
forcément sur le long terme ».
La SEC va donc se pencher sur la question.
Son patron, Jay Clayton, nommé par Trump,
a d’ailleurs fait une priorité de l’augmentation du nombre d’introduction en Bourse
aux Etats-Unis. Le durcissement de la régulation – et les coûts afférant – serait perçu
comme un frein par de nombreux patrons.
Un rapport du Credit Suisse a révélé l’an dernier qu’en dix ans, le nombre de sociétés
cotées aux Etats-Unis avait été réduit de moitié (3.671 fin 2016 contre 7.322 fin 1996).
Mais l’institution, longtemps réticente à
cette idée, a le rôle de protéger l’équité entre
les actionnaires. Certaines voix s’élèvent
pour dénoncer les risques liés à cette disparition. Cela réduirait la transparence et défavoriserait les petits actionnaires au profit des
analystes bien introduits auprès des sociétés.
Elle réduirait aussi la visibilité des investisseurs et pourrait entraîner une hausse de la
volatilité si les entreprises ne devaient dévoiler leurs comptes que tous les six mois. n
Europe Ecologie-Les Verts engage
l’offensive judiciaire contre le glyphosate
// P. 18
MATIÈRES PREMIÈRES
Le prix des métaux s’enfonce
dans la crise.
// P. 19
HEDGE FUNDS
Gagnants et perdants d’un été agité
pour les valeurs tech.
// P. 20
MAX LEVCHIN
Le cofondateur de PayPal s’attaque
aux cartes de crédit.
// P. 20
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 23
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
Europe Ecologie-Les Verts (EELV) sonne
la charge contre le glyphosate. Le parti
écologiste doit déposer ce lundi un
recours judiciaire en référé visant à faire
interdire en France les herbicides contenant du glyphosate produit par Monsanto,
le groupe américain passé récemment
dans l’escarcelle de l’allemand Bayer,
géant de la chimie.
« EELV entend contester en urgence en justice la légalité des autorisations de mise sur le
marché » de ces produits, dont le célèbre
désherbant Roundup, ont fait savoir en fin
de semaine dernière ses deux porte-parole.
La sévère déconvenue judiciaire récem-
ment subie par l’entreprise californienne
aux Etats-Unis a donné des ailes à EELV.
Début août, un jury californien a en effet
considéré que le Roundup était à l’origine de
la maladie d’un agent d’entretien de quarante-six ans souffrant d’un cancer en phase terminale, et a condamné Monsanto à lui verser
289 millions de dollars (253 millions d’euros).
Ce jugement donne du grain à moudre au
parti écologiste. « Cette décision se fonde sur
des documents internes du groupe, qui depuis
1983 est au courant que ses produits sont cancérigènes. Or l’Anses [l’Agence de sécurité
sanitaire] se fonde sur les documents du
groupe. Cette décision californienne constitue
donc un fait nouveau qui, selon nous, justifie
que la justice soit saisie », fait valoir Julien
Bayou, porte-parole d’EELV.
L’initiative de son parti sonne comme
une réponse à l’appel de Nicolas Hulot, partisan de sortir la France du glyphosate,
envers et contre le ministre de l’Agriculture
et de l’Alimentation, Stéphane Travert. Le
ministre de la Transition écologique et solidaire, après la défaite judiciaire de Monsanto, avait en effet évoqué le « début d’une
guerre » contre les pesticides. Une guerre
dont le front se mesure au nombre de plaintes déposées contre cet herbicide : plus de
5.000 rien qu’aux Etats-Unis !
La semaine dernière, le « conflit » a fait
vaciller le cours de l’action Bayer, la maison
mère. Monsanto n’abandonne pas pour
autant ses positions, celui-ci ayant l’intention de faire appel du jugement rendu par le
jury californien. n
L’e-commerçant
américain serait
candidat au rachat
de plusieurs
des 42 magasins.
Ils seraient transformés
en entrepôts au service
du « dernier kilomètre ».
Selon le « Telegraph », la firme de Jeff
Bezos résoudrait ainsi une partie des
difficultés qu’elle rencontre sur le plan
immobilier. Le pays connaît une pénurie de bâtiments industriels. Il s’en construit peu. Les sites marchands font la
course sur les entrepôts.
Hécatombe pour les enseignes
de commerce au Royaume-Uni
La reprise de moyennes surfaces qui
sont vouées à la fermeture adoucirait
en outre les critiques adressées à Amazon. Le commerce du Royaume-Uni
subit une hécatombe. Toys’R’Us, les
grands magasins House of Fraser,
Mothercare et même Marks & Spencer
disparaissent ou réduisent leur voilure.
Quelque 2.500 points de vente ont
fermé en trois ans.
Amazon réaliserait 9 milliards de
livres de chiffre d’affaires (environ
10 milliards d’euros) au RoyaumeUni, estime le « Daily Mail ». Les ventes en ligne frôlent les 17 % dans le
pays contre 8 % en France. le chiffre
monte même à 23 % dans le non-alimentaire, selon les statistiques du British Retail Consortium. Le Brexit pèse
également sur l’économie et la consommation. Les compilations de chiffres font état de 50.000 emplois
détruits et 1.500 postes sont en jeu
chez Homebase.
La reprise de magasins par l’américain aurait une autre vertu. Elle
mettrait du baume au cœur des propriétaires immobiliers. Ceux-ci protestent contre le dispositif du CVA qui
permet l’évitement des dédits inscrits
dans les baux signés par les enseignes.
Plusieurs « landlords » ont attaqué
House of Fraser. Or les plans de sauvegarde ne fonctionnent qu’avec l’accord
des bailleurs. L’intérêt d’Amazon
arrange les affaires d’Homebase. n
Warner Bros
Hollywood : le lucratif virage
vers la diversité
12 //
Lundi 20 août 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Premières polémiques autour
du patron d’Air France-KLM
AÉRIEN
La nomination
du Canadien Benjamin
Smith, le nouveau
directeur général
du groupe, nourrit
interrogations
et critiques.
Charly Triballeau / AFP
à suivre
Transports : Collomb évoque
des moyens supplémentaires
pour l’entretien des ponts
INFRASTRUCTURES Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a annoncé vendredi que des moyens supplémentaires
seraient dégagés pour éviter que la France ne connaisse des drames analogues à celui du pont de Gênes. Le ministre, qui s’exprimait sur BFMTV, a indiqué que « ce sera dans la loi de mobilité
qu’il faudra examiner comment procurer un certain nombre de
ressources supplémentaires ». Un récent rapport signale qu’un
tiers des 12.000 ponts gérés par l’Etat nécessitent des réparations et que 7 % présentent à terme un risque d’effondrement.
Au lendemain de l’annonce du vote
des administrateurs d’Air FranceKLM en faveur de Benjamin Smith,
l’action du groupe a d’abord ouvert
en légère hausse à la Bourse de Paris
avant de, très vite, glisser dans le
rouge et de céder une partie de ses
gains des trois derniers jours, qui
étaient de près de 5,5 %. Anticipant
l’arrivée du nouveau patron, dont le
nom était cité dans la presse, les
investisseurs semblaient donc s’en
réjouir. Mais l’opposition virulente
de l’intersyndicale d’Air France,
allant jusqu’à dénoncer l’arrivée d’un
« étranger » à la tête du groupe, laisse
présager une entrée en fonction difficile. De quoi alimenter les craintes
d’un nouveau mouvement de grève
au sein de la compagnie française,
tandis que le syndicat des pilotes de
KLM menace à son tour sa direction.
AUTOMOBILE Le magazine allemand « Der Spiegel » estime
que l’actuel patron de Volkswagen, Herbert Diess, était au courant de l’existence d’un logiciel fraudeur pour minimiser les
résultats des tests d’émissions polluantes sur les véhicules de
l’entreprise, deux mois avant que le scandale n’éclate en septembre 2015. Il se fonde sur sa présence à une réunion présidée
à l’époque par son prédécesseur. La firme n’a pas commenté.
Des députés LREM veulent aller plus
loin en matière d’ouverture dominicale
DISTRIBUTION Une vingtaine de députés LREM appellent à
« aller plus loin » dans les possibilités d’ouverture dominicale
des commerces, à l’occasion de la loi Pacte, dans une tribune
parue dans le « Journal du Dimanche ». « N’attendons plus ! La
loi Pacte serait l’opportunité à saisir pour donner plus de libertés
aux commerces d’ouvrir ou non le dimanche, et ainsi redynamiser
nos cæurs de ville », écrivent-ils.
BMW étudie
sa position dans
son JV chinois
Autre sujet polémique, la rémunération prévue pour le nouveau
telle fonction de direction, assure
cette même source.
LES PILOTES D’AIR FRANCE
•VONT-ILS
ENCORE FAIRE
GRÈVE ?
Ce sera le dossier le plus chaud sur le
bureau du nouveau patron du
groupe aérien : les revendications
s a l a r i a l e s d e s p i l o t e s d ’A i r
France. Leur principal syndicat, le
SNPL-AF, a déjà brandi la menace de
« quinze jours de grève » si la nouvelle
direction ne relance pas les négociations sur les salaires et les conditions
de travail. Et l’intersyndicale d’Air
France de l’ensemble des personnels
de la compagnie prévoit de se réunir
le 27 août pour décider des actions à
mener à la rentrée. Toutefois, il ne
devrait rien se passer tant que le
nouveau directeur général du
groupe n’aura pas pris ses fonctions.
(
Lire « Crible »
Page 24
« The National Interest »
La société rachetée rejoindra la
division qui développe pour la
Darpa le projet de vaisseau spatial
Phantom Express. Ce lanceur réutilisable est destiné à mettre en orbite
basse les petits satellites d’observation ou de télécommunication de
l’armée (jusqu’à 1,5 tonne) en décollant à la verticale comme une fusée
mais en atterrissant au retour à
l’horizontale comme un avion.
ESPACE
Le constructeur
reprend un spécialiste
des petits satellites
militaires.
Il complète ainsi ses
recherches sur l’avion
spatial expérimental
Phantom Express.
AUTOMOBILE BMW réfléchira à
une hausse de sa participation,
éventuellement de 50 à 75 % dans
son JV chinois, BMW Brilliance
Automotive, selon l’agence de
presse officielle Chine nouvelle.
A partir de 2020, les règles sur les
seuils de participation au capital
des constructeurs automobiles
seront allégées. Le JV entre BMW
et Brilliance Automotive Group a
décidé de porter la capacité de ses
deux sites de production à
520.000 véhicules de la marque
BMW en 2019.
Dans le communiqué publié jeudi
officialisant la nomination du nouveau directeur général, le groupe pré-
cisait que « Benjamin Smith prendra
ses fonctions chez Air France-KLM au
plus tard le 30 septembre 2018 », ajoutant que « dans l’intervalle, la gouvernance de transition mise en place le
15 mai 2018 reste en place. Anne-Marie
Couderc, présidente non exécutive du
conseil d’Air France-KLM et d’Air
France, et le comité de direction collégiale du groupe continuent d’exercer
leurs responsabilités ».
Contrairement aux spéculations
qui ont pu fleurir ici ou là après la
démission de Jean-Marc Janaillac,
« aucune hypothèse sur une nouvelle organisation de la gouvernance
n’a été élaborée avant le choix du
successeur », affirme aux « Echos »
un bon connaisseur du dossier. Ce
sera au conseil d’administration de
s’emparer du sujet, qui écoutera
Benjamin Smith dont l’une des
missions est de déterminer l’organisation d’Air France-KLM. Il n’y a
pas eu davantage de chasses
lancées pour recruter à telle ou
Boeing achète Millennium Space Systems
Brendan Smialowski/AFP
AUTOMOBILE Après un interview accordé au « New York
Times » où il confesse être au bord
du burn-out et user de puissants
hypnotiques, le patron de Tesla,
Elon Musk, a nié pouvoir lever le
pied dans un tweet. « Je reviens de
l’usine , écrit-il à 2 h 30 du matin.
Tu crois que c’est un choix. Ce n’en
est pas un. » Le cours de Tesla a
plongé après ses confidences et la
question du recrutement d’un
directeur général pour l’aider est
posée au conseil d’administration.
patron d’Air France-KLM. Elle
pourra atteindre un montant maximum de 4,25 millions d’euros par
an, soit plus du triple de celle de son
prédécesseur.
Cette somme comprend une part
de rémunération fixe qui s’élève à
900.000 euros et une part variable
en fonction des résultats atteints,
d’un maximum de 150 % du salaire
fixe (1,350 million), a détaillé à l’AFP
une source proche du dossier. Le
reste des 4,25 millions est une rémunération en actions soumise à la réalisation de l’ensemble des objectifs
fixés au directeur général. Selon
Bloomberg, Benjamin Smith percevait 2,7 millions d’euros chez Air
Canada, un groupe deux fois moins
important qu’Air France-KLM.
VA ORGANISER
•LAQUI
COMMENT JUSTIFIER UNE
GOUVERNANCE ?
•TELLE
RÉMUNÉRATION ?
Shutterstock
Elon Musk
refuse
de lâcher prise
DÉFENSE Le ministre de la
défense iranien, le général Amir
Hatami, a déclaré que l’Iran
dévoilerait le 22 août un nouvel
avion de chasse. « Et les gens le verront voler », a-t-il ajouté, une précision non négligeable car le pays
a dévoilé dès 2013 un avion de
combat construit localement et
dénommé Qaher 313. Il a depuis
été présenté à intervalles réguliers mais personne ne l’a vu voler.
C’est d’ailleurs en raison de sa faiblesse dans les airs que l’Iran met
un tel accent sur le développement de ses capacités balistiques.
Passé l’instant de sidération, vient
celui des questions. La nomination
du Canadien Benjamin Smith au
poste de directeur général d’Air France-KLM, jeudi, par le conseil d’administration du groupe, constitue une
vraie rupture avec les pratiques du
passé. Compte tenu du profil du
numéro deux d’Air Canada, un grand
pro de l’aérien et l’un des artisans du
redressement de la compagnie à la
feuille d’érable, on pouvait s’attendre
à voir son arrivée saluée par les marchés vendredi à la Bourse de Paris. Tel
n’a pas été le cas. Pourquoi ? C’est la
première des questions.
POURQUOI LE TITRE
•A BAISSÉ
EN BOURSE ?
Le patron de Volkswagen mis en cause
par le magazine « Der Spiegel »
L’Iran évoque
un nouvel avion
de chasse
Antoine Boudet
@ABoudet
Des lancements à moins
de 5 millions de dollars
Anne Bauer
@annebauerbrux
Boeing a annoncé le rachat de
Millennium Space Systems, une
société californienne qui s’est spécialisée dans la construction de
petits satellites, notamment pour les
forces armées. Fondé en 2001 par
Stan Dubyn, un spécialiste du spatial, Millennium Space Systems fait
la promesse de construire des satellites sur mesure, plus grands que
des cubesats, mais bien moins coûteux que les grands satellites traditionnels développés par des opérateurs installés comme… Boeing.
« L’expertise de Millennium dans
l’intégration des petits satellites va
compléter le savoir-faire de Boeing et
nous permettre de mieux répondre
aux divers besoins des clients », a
déclaré la présidente de Boeing
Defense, Space and S ecurit y,
Leanne Caret. Le géant aéronauti-
Le projet Phantom Express mené par Boeing devrait permettre
à l’armée américaine de placer rapidement de nombreux petits
satellites d’observation ou de télécommunication. Photo DR
que n’a pas précisé le montant de la
transaction pour mettre la main sur
cette entreprise de 260 employés,
qui a décroché des contrats prometteurs avec l’armée de l’air américaine mais aussi avec la Darpa,
l’Agence américaine pour les projets
de recherche avancée de défense.
Renforcer les recherches
effectuées pour la Darpa
Millennium Space Systems a ainsi
déployé deux plates-formes, la pre-
mière pour l’US Air Force avec un
satellite de 2.300 kg classifié tandis
que la seconde répond à un appel
d’offres de la Darpa pour la création
d’un satellite très bon marché réalisable en 90 jours. Boeing réalise cet
investissement au moment où le
président des Etats-Unis réclame
une force militaire spatiale et
pousse pour davantage d’investissements dans la détection spatiale des
tirs de missiles et dans les recherches sur les missiles hypersoniques.
Ce cargo spatial doit pouvoir lancer
ces satellites sur une base journalière avec des vols d’un coût inférieur à 5 millions de dollars. L’idée
pour les forces militaires américaines est d’avoir un véhicule de
l’espace mobilisable à la demande
pour placer en orbite leurs satellites, sans attendre qu’une place se
libère sous la coiffe de fusées destinées à des satellites plus grands et
plus lourds. La Darpa aurait misé
150 millions de dollars sur le projet,
Boeing promettant d’inaugurer un
premier vol à partir de 2021… Cet
été, l’industriel a annoncé que le
moteur Aerojet Rocketdyne AR-22
prévu pour le vaisseau Phantom
Express avait réalisé des tests satisfaisants, avec dix allumages pendant dix jours en juillet. Ce qui
laisse entrevoir les premiers vols
d’essai du lanceur hypersonique
(entre Mach 5 et Mach 10) fin 2019,
début 2020. n
INDUSTRIE & SERVICES // 13
Les Echos Lundi 20 août 2018
Le match du CO2 s’annonce plus
que serré pour les automobiles
l Avec la chute du diesel et le boom des SUV, les constructeurs auront fort à faire pour respecter
les objectifs d’émissions de CO2 instaurés par Bruxelles en 2020. Certains plus que d’autres…
l Seule solution, l’électrification massive du parc automobile européen.
AUTOMOBILE
avertit Laurent Petizon, qui s’avoue
pessimiste.
Dans cette bataille du C02, tout le
monde n’est pas logé à la même
enseigne. Si Toyota, PSA et RenaultNissan ne sont pas trop loin de leur
cible assignée par Bruxelles (ils doivent faire un effort d’environ 3 % par
an), les constructeurs allemands
sont un cran derrière. BMW doit
faire –4 % par an jusqu’en 2021,
Daimler-Mercedes –4,6 % et Volkswagen –4,8 %. En queue de peloton,
on trouve Fiat Chrysler, précédé par
Ford. Dans ce décor, l’industrie n’a
d’autre choix que de se lancer dans
une course effrénée à l’électrification – seule manière de baisser drastiquement et rapidement les émis-
sions. Selon le recensement
d’AlixPartners, l’industrie automobile dans son ensemble prévoit
d’investir 255 milliards de dollars
dans l’électrique ces huit prochaines
années. Soit dix fois plus que durant
les huit dernières années…
Surcoût important
Plusieurs solutions, plus ou moins
efficaces et plus ou moins chères,
existent. Le plus simple est évidemment la voiture 100 % électrique. Il
suffit d’avoir 4 % de ces engins à batterie dans ses ventes pour baisser les
émissions de CO2 de 5 %. Mais cela
amène un surcoût de 7.800 euros
par voiture, calcule AlixPartners.
Avec l’option hybride, on tombe à
5.000 euros de surcoût, mais il faut
faire 6 % des ventes pour gagner
5 grammes. Quant à l’alternative
48 volts (le mild-hybrid), elle a
l’avantage d’être rapidement applicable et peu chère – 1.600 euros par
véhicule. Mais toutes les voitures
vendues doivent être équipées pour
gagner ces 5 grammes… Si la voie
semble tracée, elle n’est pas sans
embûches. D’abord, passer au tout
électrique revient à se mettre dans la
main de la Chine. C’est là-bas qu’on
trouve les principales usines de cellules lithium-ion. Ensuite, il faudra
aussi que les clients du Vieux Continent succombent aux charmes de
l’électrique, ce qui n’est pas encore le
cas. n
« La chute du Diesel,
provoquée
par les annonces
de restrictions
de circulation,
pose un vrai
problème [aux
constructeurs]. »
LAURENT PETIZON
Directeur chez AlixPartners
Les constructeurs
pourront-ils échapper aux
amendes européennes ?
A Bruxelles, les sanctions
sont sévères en cas de
non-respect des obligations
environnementales.
La question agite tout le landerneau
de l’auto. Qu’adviendra-t-il si les
émissions CO2 des constructeurs ne
respectent pas les objectifs fixés par
Bruxelles en 2020 ? Leur faudra-t-il
vraiment payer comme prévu une
amende de 95 euros par véhicule et
par gramme excédentaire, soit des
additions de plusieurs centaines de
millions d’euros, voire de quelques
milliards ? Beaucoup, à Paris
comme ailleurs en Europe, ne
savent pas trop sur quel pied danser.
« D’un côté, ce serait une sanction
très lourde pour l’industrie, qui
emploie énormément de
main-d’œuvre. De l’autre, l’Union
européenne ne peut pas afficher trop
de mansuétude, avec ce qui s’est passé
avec le “dieselgate” », résume un dirigeant de l’automobile.
95
EUROS D’AMENDES
par véhicule et par gramme
excédentaire si les émissions
de CO2 fixées par Bruxelles
ne sont pas respectées
par les constructeurs en 2020.
TRANSPORT
Premier armateur
mondial, le groupe
danois va scinder
son activité forage.
Il cède une partie
de ses actions Total
à ses actionnaires.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
C’est l’angoisse qui hante les nuits (et
surtout les journées) de tous les dirigeants des constructeurs automobiles – du moins ceux actifs en Europe.
Comment faire pour respecter les
objectifs CO2 fixés par Bruxelles à
l’horizon 2020, et ainsi échapper
aux amendes à 9 ou 10 chiffres que
risquent les contrevenants ? « La
chute du diesel, provoquée par les
annonces de restrictions de circulation plus que par des considérations
écologiques, leur pose un vrai problème », affirme Laurent Petizon,
directeur chez AlixPartners.
Selon une nouvelle étude du cabinet de conseil, le gazole pourrait ne
plus représenter que 23 % des ventes
automobiles européennes en 2021,
et il pourrait même bien devenir une
motorisation de niche dès 2030,
avec 5 % de part de marché sur le
Vieux Continent. Les industriels
commencent d’ailleurs à supprimer
l’option diesel sur certains véhicules
et à suspendre leurs investissements
sur cette technologie, relève AlixPartners.
Cette déconfiture fait dérailler les
constructeurs de la trajectoire qu’ils
prévoyaient. D’après l’étude, le passage à la norme d’homologation
WLTP ajoute 10 grammes de CO2
par kilomètre en moyenne, le glissement du marché vers les imposants
SUV 2 grammes, et la déprime du
diesel 5 nouveaux grammes. Au
final, l’équation se complexifie singulièrement pour le secteur… « Jusque-là, on était sur un rythme d’une
baisse de 1 ou 2 % par an pour atteindre les objectifs. Désormais, il faudra
une baisse moyenne de presque 5 % »,
Maersk
achève de
se recentrer
sur le
maritime
A Bruxelles, le lobby de l’automobile estime cette bataille perdue.
Après des débats, le secrétaire général de l’Acea, Erik Jonnaert, a expliqué mi-avril à Reuters renoncer à
demander un report au nom de ses
adhérents. « C’est une idée, mais ce
n’est pas quelque chose pour lequel
nous poussons en tant que secteur »,
assure-t-il. « Plutôt que de remettre
en cause les objectifs 2020, nous préférons faire le lien entre les obstacles
que nous rencontrons pour les
atteindre et les discussions sur le
futur », expliquait-il, décrivant une
position confirmée depuis. « Les
émissions sont reparties à la hausse
l’an passé. Cela montre que les objectifs sont de plus en plus durs à atteindre et qu’il faut en tenir compte »,
insiste en écho une porte-parole de
l’Acea. L’organisation a désormais
les yeux rivés sur les discussions au
Parlement européen et au Conseil,
très tendues, pour fixer les objectifs
2025 et 2030 de réduction.
Elle souligne en particulier que
des objectifs trop élevés seront
« tout simplement inatteignables »
sans effort majeur et immédiat des
Etats membres pour développer la
voiture électrique. Carlos Tavares,
le patron de PSA et président actuel
de l’Acea, disserte régulièrement
sur le besoin de bornes de recharge
sur le Vieux Continent, un prérequis, selon lui, pour passer les normes. Et ce, dès 2020.
En Allemagne, le plaidoyer
Un contrôle antipollution sur une Peugeot 208. Le lobby automobile estime perdue d’avance
la bataille pour atteindre les normes imposées par Bruxelles. Photo Gilles Rolle/RÉA
s’avère plus direct. « La cible de
95 grammes est très exigeante et réalisable seulement si la proportion de
voitures électriques augmente fortement », affirmait début juillet Bernhard Mattes, le président du VDA.
« Il faut poursuivre les objectifs de la
protection du climat et de la politique
industrielle de manière égale. Sinon,
quelque chose va déraper – avec de
graves conséquences pour la croissance, la prospérité et l’emploi », prévient-il. — J. D.-C.
avec Derek Perrotte à Bruxelles
14 milliards d’amendes
Le cabinet IHS Markit prévoit que les efforts des constructeurs pour respecter les objectifs CO2 ne suffiront
pas : selon ses calculs, les amendes atteindront au total
14 milliards d’euros en 2021, dévoile-t-il dans une étude
publiée début août. Alors que la cible sera portée à
114,9 grammes par kilomètre (équivalent dans les nouvelles normes WLTP des 95 g/km des anciennes normes
NEDC), les émissions atteindront 122,9 g/km. Selon lui,
25 constructeurs seront alors dans les clous, mais
27 rateront l’objectif, malgré leurs investissements
dans l’électrification de leur gamme.
Le groupe danois AP MollerMaersk tourne définitivement
la page du pétrole. Il a annoncé
vendredi son intention de diviser son activité forage, Maersk
Drilling, en vue de son introduction à la Bourse de Copenhague en 2019. L’activité pourrait valoir environ 4,4 milliards
de dollars, selon Bloomberg.
Premier armateur mondial,
Maersk achève ainsi son recentrage sur le transport maritime,
l’activité portuaire et la logistique. Il a, en outre, ajouté qu’une
« part substantielle » de sa participation dans Total, dont les
bénéfices ont explosé, sera distribuée à ses actionnaires.
Maersk était entré à hauteur
de 3,7 % du capital à l’occasion
du rachat en mars de Maersk
Oil par le pétrolier français,
pour 6,3 milliards d’euros, la
plus grosse acquisition de Total
depuis celle d’Elf Aquitaine en
2000. Dans un communiqué,
Maersk précise avoir cédé pour
1,2 milliard de dollars (1 milliard
d’euros) de titres Total en juillet,
e t r a p p e l l e q u’ i l l u i r e s t e
78,3 millions d’actions du
groupe français, soit un peu
moins de 3 % du capital.
Avertissement
sur résultats
Il y a dix jours, le groupe danois
avait revu à la baisse ses prévisions de bénéfice annuel du fait
d’une hausse du coût du carburant pour ses navires. Il prévoit
désormais un excédent brut
d’exploitation (Ebitda) compris
entre 3,5 et 4,2 milliards de dollars, contre une fourchette précédente de 4 à 5 milliards. Le
cours de l’action Maersk avait
néanmoins bondi de 6,44 %, les
investisseurs ayant alors estimé
que cet avertissement sur résultats n’avait pas l’ampleur redoutée. Au deuxième trimestre de
son exercice 2018, l’entreprise a
essuyé des pertes sur ses activités poursuivies, à –85 millions
d’euros contre un profit de
10 millions un an plus tôt. Sa
rentabilité a souffert d’une
envolée de près de 30 % du prix
du fioul, mais son directeur
général, Soren Skou, a évoqué
vendredi une évolution plus
favorable des tarifs du transport maritime, ajoutant que le
groupe avait recouvré la maîtrise de ses coûts au deuxième
trimestre.
L e c h i f f r e d ’a f f a i r e s d e
Maersk a, lui, progressé de 24 %
sur la période, à 9,5 milliards de
dollars, et de 5,7 % en excluant
l’effet de l’intégration de l’armateur allemand Hamburg Süd,
acquis fin 2017. L’opération a
généré 140 millions de dollars
de synergies au premier semestre 2018, et celles-ci atteindront
au total entre 350 et 400 millions au minimum en 2019, a
précisé le groupe danois. n
1
MILLIARD D’EUROS
C’est la valeur des titres
Total cédés par Maersk.
14 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 20 août 2018 Les Echos
Les gagnants de la réforme
du stationnement
La nouvelle vie
des outils
Facom
l Amendes plus dissuasives, tarifs plus élevés, difficultés pour se garer…
l La privatisation de la gestion du stationnement payant sur la voie publique
est une aubaine pour les applications.
OUTILLAGE
Douze ans après
être tombé
dans l’escarcelle
de Stanley Black &
Decker, Facom
tente d’élargir
ses horizons.
TRANSPORT
David Pauget
@DavidPauget
Explosion du nombre
d’utilisateurs
Du côté de la jeune pousse Zenpark
(150.000 utilisateurs, 600 parkings
proposés), spécialisée dans le parking partagé, on se réjouit aussi des
bons résultats depuis la réforme :
« On a sept fois plus de réservations
horaires de moyenne durée, et le
nombre d’utilisateurs augmente de
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
Fred Marvaux/RÉA
Une chose est sûre pour les automobilistes convaincus d’être les
vaches à lait de l’Etat : la réforme du
stationnement municipal payant
sur la voie publique, entrée en
vigueur le 1 e r janvier, n’a fait
qu’accentuer ce sentiment.
La fin du PV de stationnement
unique à 17 euros a laissé la place à
une redevance, baptisée « forfait de
post-stationnement » (FPS), au
montant souvent plus élevé :
40 euros à Mulhouse, jusqu’à 50 à
Paris, 60 à Lyon. De quoi inciter
l’automobiliste à verser son obole…
et aussi à rechercher des places à un
tarif attrayant. C’est sur ce créneau
que les applications de stationnement se multiplient et que la
concurrence s’intensifie.
Toutes font le même constat : la
réforme a été plus que bénéfique
pour elles. « Les FPS sont très dissuasifs, et les tarifs élevés au centre-ville
de Paris : 4 euros l’heure. C’est beaucoup moins cher dans les parkings
souterrains », note Marie Pastré,
directrice marketing d’OPnGO.
L’application, qui compte notamment pour partenaire Indigo (leader mondial du stationnement),
permet de réserver des places,
d’accéder à des parkings et de payer
depuis le smartphone. Elle propose
270.000 places de stationnement,
sur lesquelles ses 110.000 utilisateurs bénéficient de réductions
allant jusqu’à 50 %. Et la formule
fonctionne, à en croire les chiffres
du premier semestre 2018 : + 172 %
de nouveaux utilisateurs.
Depuis la réforme, de plus en plus d’automobilistes paient via leur smartphone pour se garer.
30 % chaque mois », assure Aurélien
Beaumont, son directeur marketing. Il explique cet engouement par
l’augmentation des tarifs : « A Paris,
c’est 50 euros pour six heures. Chez
nous, c’est en moyenne 12 euros. »
Les applications
profitent de l’essor
du paiement mobile.
Ces applications profitent en
outre de l’essor du paiement mobile.
« Les jeunes sont ceux qui fraudent le
plus, mais c’est aussi la génération
connectée. Entre décembre 2017 et
juin 2018, on a enregistré chez OPnGO
six fois plus de paiements mobiles
dans la rue », souligne Marie Pastré.
Selon Philippe Lerouge, président
de PayByPhone France, la réforme
du stationnement n’a fait qu’« accen-
tuer un changement des usages : à
Paris, ce sont 40 % des paiements de
stationnement qui se font par téléphone ». L’application, présente
dans 150 villes pour un réseau de
490.000 places, compte aujourd’hui
1,3 million d’utilisateurs, contre
500.000 l’été dernier.
Anti-FPS et modèle prédictif
Mais pour tirer leur épingle du jeu,
les unes et les autres tentent de se
démarquer. La jeune pousse bordelaise Qucit va ainsi jusqu’à évaluer la
probabilité de trouver une place
libre. « On prend le contre-pied des
applications qui se contentent d’indiquer les places libres sur lesquelles
vont se jeter les automobilistes. Nous
donnons une information globale,
fondée sur les données récoltées, qui
permet de décongestionner la voirie », explique Raphaël Cherrier,
fondateur et président de Qucit. Le
modèle prédictif s’enrichit de données variées comme la date, l’heure,
la météo, le jour de la semaine…
Autre concept original, celui de
l’application belge cPark, au slogan
explicite : « Fini les amendes de parking ». Le service se veut communautaire, les automobilistes signalant le passage des agents de
contrôle pour éviter au maximum
les FPS. Lancée en juin dernier à
Paris, l’application compte déjà
35.000 utilisateurs. « La politique
de stationnement est extrêmement
difficile à Paris, et la réprimande va
un peu loin », juge son fondateur,
Hadrien Crespin, qui compte sur
200.000 utilisateurs dans la capitale
d’ici à la fin de l’année. De quoi sûrement agacer la Ville, qui se félicite,
de son côté, de la hausse du taux de
paiement du stationnement :
depuis la réforme, ce dernier a doublé, passant de 10 % à 20 %. n
Cela fait cent ans que la FrancoAméricaine de Construction
d’Outillage Mécanique (Facom)
usine et vend ses clefs, dont
douze passés dans l’escarcelle
du géant des outils manuels
Stanley Black & Decker. « Le
propriétaire américain a d’abord
laissé Facom tourner. Puis, en
2015, il a créé une division avec
toutes ses marques. Cela permet
de mettre en commun la R&D, et
certaines usines, raconte Yves
Antier, le patron de la filiale
française de cette division. Mais
nous restons un petit village gaulois dans un grand groupe américain. »
De fait, Facom réalise toujours en France 78 % de ses
recettes – 160 millions d’euros
l’an dernier. Surtout, les usines
sont toutes les trois situées dans
l’Hexagone. Dans le Jura,
200 salariés fabriquent plus de
10 millions de tournevis par an,
sans compter les clefs. A Besançon, Facom produit des mètres
et des pinces, tandis que les servantes, les mallettes et les petites armoires à roulettes sont
produites dans la Somme.
« Aujourd’hui, 60 % de nos produits sont made in France, 75 %
sont fabriqués en Europe, 80 %
dans le groupe. Le reste est acheté
à droite à gauche, souvent en
Asie », précise Yves Antier.
Séduire les particuliers
Sous la houlette américaine
et face à la concurrence du français SAM ou de l’allemand
Festool, Facom tente d’élargir
ses horizons au-delà des
garagistes et des usines automobiles, son terrain de prédil e c t i o n . L a m a r q u e s ’e s t
déployée ces dernières années
dans l’aéronautique (en greffant des puces RFID sur les
outils pour ne pas les abandonner dans le fuselage) et tâche
également de séduire les particuliers avec une gamme plus
grand public, moins chère.
« Les ouvriers veulent leur clef
Facom pour le week-end », sourit Yves Antier. « Ils ont de bons
produits et leur marque parle au
grand public. Mais ils devraient
élargir leur offre, il y a encore du
potentiel », juge un professionnel du secteur.
Pas évident cependant de
réinventer la roue. « C’est un
marché assez stable et très
mature. Il y a peu de nouvelles
catégories. Un marteau, c’est un
marteau », relève Alexis Motte,
le directeur outillage chez
Leroy Merlin. Même si, poursuit-il, le haut de gamme se
porte de mieux en mieux. Chez
Facom, on affirme avoir gagné
des parts de marché depuis
douze ans, et réalisé une marge
opérationnelle comprise entre
5 et 10 % selon les années.
Facom réalise
toujours 78 %
de ses recettes
en France
– 160 millions
d’euros l’an dernier.
Pour rester compétitive, la
franco-américaine va continuer à proposer une garantie à
vie sur ses outils, et essayer de
rester innovante. « On souhaite
faire plus que du gadget, connecter nos produits pour faire de la
valeur ajoutée », affirme Yves
Antier, qui veut que ses outils
puissent être facilement tracés
sur les chantiers – pour « suivre
et diminuer le besoin d’outils »,
dit-il.
Facom se penche également
sur le véhicule électrique, qui
pourrait faire disparaître 80 %
des tâches de maintenance
actuelles dans les garages. Il
faudra bien de nouveaux équipements pour réparer ou changer les batteries… n
Après Londres, Milan… un péage urbain à Paris ?
Plusieurs villes européennes ont déjà mis en place
ce système de péage
pour désengorger les axes
routiers et réduire la
pollution. Le gouvernement
français entend favoriser
son installation, mais Paris
s’y refuse… pour le moment.
Pas de barrières ni de péagers…
mais des panneaux estampillés
d’un C blanc sur fond rouge et des
caméras de lecture des plaques
d’immatriculation. Bienvenue au
centre-ville de Londres, où les automobilistes doivent s’acquitter d’une
taxe de 11,50 livres (12,90 euros) afin
de pouvoir y circuler, entre le lundi
et le vendredi, de 7 heures à 18 heures.
Ce péage urbain a été mis en
place dès 2003 pour lutter contre
les embouteillages et réduire la pollution. Ailleurs en Europe, d’autres
villes ont emboîté le pas de la capitale anglaise, comme Milan et
Stockholm. En France, c’est un véritable serpent de mer qui revient
régulièrement dans le débat public.
Inexistant pour le moment, le gouvernement entend faciliter son installation avec la future loi d’orientation sur les mobilités (LOM).
L’idée reste pourtant clivante.
Pour le moment, la Ville de Paris se
réduire la place de la voiture, mais
installer des péages n’est pas notre
stratégie », tranche David Belliard,
président du Groupe écologiste de
Paris. L’élu défend en revanche les
vignettes Crit’Air, qui permettent de
classer et d’interdire les véhicules
les plus polluants, et se déclare favorable, à titre personnel, à la gratuité
des transports.
Des avantages certains
A Londres, un péage urbain a été mis en place dès 2003
pour lutter contre les embouteillages et réduire la pollution.
Photo Shutterstock
déclare « défavorable à la création
d’un péage urbain » aux portes de la
capitale. La maire PS, Anne Hidalgo,
avait affirmé en octobre dernier ne
pas vouloir un tel dispositif « qui
interdise aux habitants de la banlieue
de rentrer dans Paris »… avant d’évo-
quer cinq mois plus tard cette piste
pour financer l’éventuelle gratuité
dans les transports.
Si l’argument environnemental
est souvent mis en avant, les écologistes restent sceptiques. « On est
favorable à toute politique pour
Mais, pour certains économistes, le
péage urbain présenterait de nombreuses vertus. « C’est une excellente
idée. Cela permettrait de tarifer
l’usage de la voiture en fonction des
externalités produites, selon le principe du pollueur-payeur, affirme
Guillaume Monchambert, économiste des transports et maître de
conférences à l’université Lyon-II.
Cela permettrait, en outre, de dégager
de la capacité de financement pour le
projet du Grand Paris, et donc, in
fine, d’encourager l’usage des transports en commun. »
Pour trancher la question, Anne
Hidalgo a chargé trois de ses
adjoints de mener une étude sur le
sujet. Les conclusions, attendues
pour la fin de l’année, permettront
d’évaluer si un modèle économique
est viable pour financer une éventuelle gratuité des transports en
commun. — Da. P.
Les clefs Facom sont toujours made in France.
Photo Eric Piermont/AFP
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INDUSTRIE & SERVICES // 15
Les Echos Lundi 20 août 2018
à suivre
Les labos japonais poussés
hors de leurs frontières
Novo Nordisk rachète une start-up
spécialiste de l’insuline
PHARMACIE Novo Nordisk, le leader mondial du traitement du
diabète, va racheter la société britannique Ziylo (un spin off de
l’université de Bristol) pour 800 millions de dollars. Le groupe
danois, confronté comme ses concurrents à la pression sur les
prix de l’insuline aux Etats-Unis, cherche à se distinguer en mettant au point de nouvelles formes d’insuline permettant de contrôler plus finement le niveau de glycémie dans le sang. La technologie de Ziylo, qui est encore au stade pré-clinique, devrait
permettre une auto-régulation de l’activité de l’insuline, limitant ainsi le risque d’hypoglycémie et permettant un meilleur
équilibrage dans le temps.
l Les dépenses de santé explosent avec le vieillissement de la population.
l Mais une stricte politique de contrôle des prix par le gouvernement japonais
fait reculer les revenus des géants locaux de la pharmacie.
PHARMACIE
Teva lance un générique de l’EpiPen
de Mylan contre les allergies
Yann Rousseau
— Correspondant à Tokyo
Lucas Trieb/AFP
PHARMACIE Les autorités américaines viennent d’autoriser la
Sur le papier, les laboratoires pharmaceutiques japonais disposent
d’un potentiel de croissance formidable avec le vieillissement accéléré
de la population. Aujourd’hui, 27 %
des Japonais sont âgés de plus de
65 ans. En 2050, un habitant sur
trois de l’Archipel atteindra cette
tranche d’âge qui génère 60 % des
dépenses de santé.
Du fait de la progression parallèle de l’espérance de vie – 87 ans
pour les femmes et 81 pour les hommes –, les géants tels que Takeda,
Astellas ou Daiichi Sankyo auraient
pu espérer une envolée de leurs
ventes de médicaments sur plusieurs décennies. Pourtant, le marché nippon ne cesse de reculer,
poussant ces sociétés à multiplier
les acquisitions à l’international.
Sur l’exercice fiscal qui s’est
achevé en mars, le chiffre d’affaires
au Japon des dix plus grands laboratoires du pays a baissé, en
moyenne, de 2,2 %. Et tous anticipent des chutes de près de 4 % sur
l’année en cours avec le durcissement de la politique de prix dévoilée
par le gouvernement. Affolées par
l’envolée des dépenses de santé et
par la chute du nombre d’actifs qui
financent normalement le système,
les autorités, qui sont déjà confrontées à une dette publique phénoménale (250 % du PIB), viennent en
effet de durcir encore leur contrôle
du marché.
Au Japon, le prix des médicaments remboursés par la NHI
(National Health Insurance), à
laquelle cotisent les habitants et les
employeurs, est fixé directement
par le ministère de la Santé après
des études sur l’efficacité, le caractère innovant ou les coûts de production des produits présentés par
les laboratoires. Jusqu’ici, le minis-
AVIS FINANCIERS
Affolées par l’envolée des dépenses de santé et par la chute du nombre d’actifs, les autorités
japonaises viennent de durcir encore leur contrôle du marché. Photo Kiyoshi Ota/Bloomberg
tère s’autorisait à revoir à la baisse,
tous les deux ans, le prix de ces
médicaments après avoir constaté
des ventes plus solides que prévu
pour un laboratoire, l’arrivée d’un
produit générique moins coûteux
ou encore un recul des prix à l’étranger pour des molécules similaires.
Désormais, Tokyo compte accélérer le rythme de ces révisions.
62
Les primes à l’innovation
de plus en plus réduites
commercialisation du médicament.
Mais Tokyo a décidé de considérablement réduire le périmètre des
molécules pouvant prétendre à ces
primes, au grand dam des laboratoires occidentaux qui risquent de bouder, encore plus, le marché japonais.
« S’en prendre à l’innovation pour
faire des économies sur le budget de la
santé risque de s’avérer vite très coûteux pour le Japon », s’est emporté
Ole Molskov Bech, le président, à
Tokyo, de la Fédération européenne
des industries et associations phar-
Le gouvernement va, par ailleurs,
réformer le système qui valorisait
jusqu’ici les produits les plus innovants. Pour être incités à lancer de
nouveaux produits localement ou à
financer de la recherche dans le
pays, les laboratoires peuvent obtenir, après analyse, une forme de
prime (PMP ou « price maintenance
premium ») qui débouche sur un
prix de vente un peu plus élevé pendant les premières années de la
MILLIARDS DE DOLLARS
C’est le montant déboursé par
le japonais Takeda pour s’offrir
le laboratoire irlandais Shire.
maceutiques (Efpia), qui se plaint
déjà de la faiblesse des marges dans
l’Archipel.
Elles aussi refroidies par cette
pression permanente qui s’ajoute à
une pénétration de plus en plus forte
des génériques, les sociétés japonaises ont tenté, ces dernières années,
d’accélérer leur empreinte à l’international, et particulièrement aux
Etats-Unis. Avant d’acheter l’irlandais Shire pour 62 milliards de dollars, Takeda s’était ainsi déjà offert
l’américain Millennium Pharmaceuticals et le suisse Nycomed, bien
implanté aux Etats-Unis. L’an dernier, Mitsubishi Tanabe Pharma a
pris le contrôle de NeuroDerm, coté
au Nasdaq. Et en avril, la direction
d’Astellas a révélé qu’elle venait de
mettre de côté 200 milliards de yens
(1,5 milliard d’euros) pour réaliser,
sur les trois prochaines années, des
acquisitions, essentiellement en
Amérique du Nord. n
En achetant Shire, Takeda veut « une présence
plus équilibrée dans le monde »
« Les systèmes de santé vont
être soumis à de très fortes
pressions et seront donc très
exigeants sur le caractère
innovant des produits »,
explique le patron
de Takeda, Christophe
Weber, dans un entretien
aux « Echos ».
Catherine Ducruet
@CDucruet
Si les acquisitions ciblées ont la cote
dans l’industrie pharmaceutique,
les fusions entre grandes entités ne
l’ont plus. C’est pourtant dans cette
catégorie que se range le rachat, en
cours, de Shire par Takeda, deux
entreprises moyennes pesant chacune quelque 15 milliards de dollars
de chiffre d’affaires. Christophe
Weber, le patron de Takeda, va donc
devoir faire la preuve qu’une telle
fusion peut créer de la valeur. « Elle
va permettre à Takeda d’accélérer la
révolution stratégique lancée il y a
trois ans », assure-t-il aux « Echos ».
Une « révolution » qu’aucun groupe
pharmaceutique japonais n’a jusqu’à présent complètement réussie : devenir un laboratoire vraiment international, sans pour
autant oublier ses racines nipponnes. « Avec Shire, nous allons porter
la part de notre chiffre d’affaires réali-
mise sur le marché par Teva d’un générique de l’EpiPen, un traitement d’urgence contre
les chocs allergiques graves. Cette annonce intervient deux ans après le
scandale provoqué par le
laboratoire Mylan : ce dernier avait porté de 100 dollars à plus de 600 dollars le
prix de son produit entre
2008 et 2016 aux EtatsUnis. EpiPen est prescrit
aux enfants souffrant de
sévères allergies alimentaires. Le prix du produit de
Teva n’a pas été précisé.
sée aux Etats-Unis de 30 à 47 % et la
doubler en Europe », détaille-t-il.
Cette présence « plus équilibrée
dans le monde, alignée sur la structure du marché pharmaceutique »
devrait servir l’autre ambition du
Français : mettre au point des médicaments vraiment innovants. Rien
de très original pour un groupe
pharmaceutique, mais cela l’est
s’agissant des groupes japonais, plutôt réputés pour jouer les seconds
rôles. « Les systèmes de santé vont
être soumis à de très fortes pressions
et seront donc très exigeants sur le
caractère innovant des produits »,
explique Christophe Weber. Or, les
Etats-Unis sont le pays qui valorise
le mieux l’innovation.
interne », commente Christophe
Weber, qui, logiquement, a choisi
un Américain, Andrew Plump,
pour diriger la R&D.
« En trois ans, nous avons réussi à
créer un réseau de 180 collaborations
avec des laboratoires académiques,
des biotech ou des laboratoires pharmaceutiques », détaille-t-il, ce qui lui
permet d’avoir plus d’options et un
pipeline plus riche. Les résultats de
ces efforts commencent à se faire
sentir. « En 2017, 17 de nos programmes de recherche ont franchi une
étape, contre seulement 1 en 2016, et
nous avons 9 produits en phase II,
contre 2 seulement il y a un an », se
félicite Christophe Weber. L’acquisi-
Ouverture
Pour ce faire, la R&D de Takeda a
déjà engagé sa transformation, en
se focalisant sur quatre axes thérapeutiques et une spécialisation
des sites par domaine : au Japon, les
maladies du système nerveux central et les vaccins ; aux Etats-Unis
(Boston), l’oncologie, les maladies
gastro-intestinales et les vaccins.
Avec Shire devraient s’ajouter les
maladies rares. Autre grand changement, l’ouverture sur l’extérieur,
« une approche très différente du
modèle traditionnel des groupes
japonais fondé sur la recherche
« Avec Shire, nous
allons porter la part
de notre chiffre
d’affaires réalisée
aux Etats-Unis de
30 à 47 % et la
doubler en Europe. »
CHRISTOPHE WEBER
PDG de Takeda
tion de Shire ne devrait pas entraîner de bouleversements majeurs :
la société irlandaise n’avait pas de
centre de recherche qu’il faille fermer. Les emplois de R&D devraient
contribuer pour moins d’un tiers
aux réductions d’effectifs consécutives à la fusion. Conscient du risque
de laisser partir les meilleurs
talents, Christophe Weber assure
avoir un programme spécial pour
les retenir. « Takeda rachète Shire,
mais ce sera un succès seulement si
cela se passe bien pour les salariés de
Shire », affirme-t-il.
La fusion se doit d’être un succès.
Un pari culturel, mais aussi un pari
financier car le groupe japonais
s’endette beaucoup pour réaliser
cette acquisition (de 4 à 5 fois l’Ebitda). Christophe Weber se veut confiant : « Nous croyons possible de
revenir à un niveau d’endettement
normal de deux fois l’Ebitda, ou
moins, en trois à cinq ans », expliquet-il. Pour cela, il mise sur un cashflow et des marges plus importantes, ainsi que sur la cession de
certains produits moins essentiels
si nécessaire. Et cela en dépit de la
perte de brevet de son anticancéreux vedette, le Velcade. La fusion
devrait être effective au premier
semestre 2019, après approbation
des autorités antitrust des différents
pays. n
BNP Paribas L1
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg n° B 32,327
AVIS AUX ACTIONNAIRES
Luxembourg, le 20 août 2018
Chers Actionnaires,
Nous vous adressons la présente afin de vous informer des modifications suivantes qui seront intégrées dans la
prochaine version du prospectus datée de septembre 2018.
MODIFICATIONS APPLICABLES AUX COMPARTIMENTS (LIVRE II)
« Bond Europe Plus », « Bond World Plus »
Veuillez noter que le compartiment peut également investir dans des tranches indicielles de credit default swaps,
en sus des indices sur credit default swaps négociables utilisés pour exprimer un avis sur les prévisions du marché
relatives à des modifications de la solvabilité, perçues ou réelles, de paniers ou d’indices d’emprunteurs similaires,
dont des sociétés, agences et gouvernements, ainsi que la couverture de ces risques.
Ceci ne constitue pas une modification de la stratégie ou de l’allocation d’actifs actuelles adoptées par le
gestionnaire d’actifs, mais une clarification concernant le recours à des instruments financiers dérivés.
« Equity Euro »
Veuillez noter que la zone euro remplace l’Espace économique européen (EEE) en tant qu’horizon géographique
cible du compartiment.
Ceci ne constitue pas une modification de la stratégie ou de l’allocation d’actifs actuelles adoptées par le
gestionnaire d’actifs, mais une clarification concernant la gestion efficace du portefeuille.
« Multi-Asset Income »
Veuillez noter que la Société de gestion a décidé de simplifier le processus de gestion d’actifs du compartiment en
mettant fin au mandat du gestionnaire d’actifs externe River Road et en procédant à une réorganisation interne de
la gestion des actifs du compartiment comme suit :
Entités de gestion
Organisation actuelle
Nouvelle organisation
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT
UK
Allocation d’actifs et
gestion d’actifs non délégués
Allocation d’actifs et
gestion d’actifs non délégués
Sous-déléguant à
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT
NL
Global listed Real Estate
Global listed Real Estate
Sous-déléguant à
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT
Asia
Equity Asia Emerging,
Asian High Income Equity
Equity Asia Emerging,
Asian High Income Equity
Sous-déléguant à
River Road Asset Management, LLC
US High Income Equity
-
Sous-déléguant à
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT
USA
High Yield Bonds US et
Credit Bonds US
(gestion conjointe avec AM France),
Equity Emerging Markets Global
High Yield Bonds US et
Credit Bonds US
(gestion conjointe avec AM France),
Equity Emerging Markets Global
Sous-déléguant à
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT
France
Euro Credit Bonds,
EMU Government Bonds,
Equity Developed Europe,
US High Income Equity
(gestion conjointe avec River Road),
High Yield Bonds US et
Credit Bonds US
(gestion conjointe avec AM USA),
European Small Caps,
Global Convertibles
Euro Credit Bonds,
EMU Government Bonds,
Equity Developed Europe,
US High Income Equity,
High Yield Bonds US et
Credit Bonds US
(gestion conjointe avec AM USA),
European Small Caps,
Global Convertibles
Sous-déléguant à
Alfred Berg Kapitalförvaltning AB
European, Middle East, and Africa
(EMEA) Emerging Market Equities
Sous-déléguant à
BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT
Brazil
Latin America (LATAM) Emerging
Market Equities and LATAM Local
Currency Fixed income
TRS
Veuillez noter que les politiques d’investissement des compartiments suivants utilisant le TRS sont mises à jour
avec une note de bas de page spécifique détaillant la stratégie sous-jacente et la composition de l’indice :
« Bond Euro Corporate », « Bond Euro High Yield » (niveau master), « Bond Euro Premium », « Bond Europe Plus »,
« Bond World Emerging Local » (niveau master), « Bond World Plus », « Equity World Guru » (niveau master),
« Multi-Asset Income », « Seasons »
Ceci ne constitue pas un changement, mais une clarification concernant l’utilisation du TRS.
INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES
D’autres modifications d’ordre rédactionnel ont été apportées afin d’actualiser et d’améliorer la formulation
générale du Prospectus ou pour être conformes aux nouvelles lois et réglementations.
Les termes et expressions non définis dans le présent avis ont la même signification que dans le Prospectus de
la Société.
Il est recommandé aux actionnaires qui détiennent leurs actions par le biais d’une chambre de compensation
de se renseigner sur les dispositions spécifiques s’appliquant aux souscriptions, rachats et conversions
effectués via ce type d’intermédiaire.
Veuillez noter qu’à l’avenir, à l’exception des publications dans les journaux imposées par la Loi,
le média officiel permettant d’obtenir tout avis adressé aux actionnaires sera notre site Internet
www.bnpparibas-am.com.
VOS OPTIONS
1. Si vous acceptez ces modifications, vous n’êtes pas tenu de réagir au présent avis.
2. Si vous êtes en désaccord avec ces modifications, vous pouvez demander le rachat de vos actions
sans frais jusqu’au 20 septembre 2018.
3. Si vous avez des questions, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 /
AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
Bien à vous,
Le Conseil d’administration
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Lundi 20 août 2018 Les Echos
Nvidia ne compte
plus sur le bitcoin
Sony Music est sur le point de
verser 750 millions de dollars
aux artistes et labels signés chez
eux, selon « Variety ».
Comment ? Grâce à la vente des
5,7 % d’actions que le géant
nippon possédait dans Spotify au
moment de l’IPO. Un geste plus
généreux que celui de Warner
Music qui avait distribué ce
dividende sous forme d’avances.
Le fabricant américain de cartes
graphiques a enregistré une
hausse de ses revenus de 40 %
à 3,12 milliards de dollars au
deuxième trimestre. Ce très bon
résultat ne doit rien au bitcoin
puisque l’activité de « minage » du
groupe n’a rapporté que 18 millions
de dollars ce trimestre contre
100 prévus. Nvidia ne compte plus
sur cette activité à court terme.
Shutterstock
en
pixels
Shutterstock
HIGH-TECH
&MEDIAS
Sony Music distribue
ses gains sur Spotify
Ces stars de la Silicon Valley
payées à ne rien faire
24,85
MILLIONS D’ACTIONS
GRATUITES
ont été attribuées par
Facebook à Jan Koum lors
du rachat de WhatsApp.
En réalité, l’entrepreneur est toujours dans
les effectifs de l’entreprise afin de finir
d’acquérir ses actions.
1,2
AFP/ dpa / Tobias Hase / Germany OUT
Anaïs Moutot
— Correspondante à San Francisco
Jan Koum, cofondateur de WhatsApp, ne travallait plus de manière effective pour l’entreprise.
Il y assurait une présence pour toucher la somme promise lors du rachat par Facebook.
lions d’actions gratuites que Facebook lui a attribuée lors du rachat
de sa start-up. La période d’obtention de cette rémunération s’étale
sur quatre ans, avec des versements
chaque trimestre. Jan Koum avait
encore trois échéances quand il a
annoncé son départ en avril : deux
paquets de 2,5 millions d’actions
dus en mai et en août, correspondant à un total de 908 millions de
dollars, et un dernier « pool » de
2,1 millions d’actions en novembre,
équivalent à 375 millions de dollars
au cours actuel. Soit un total de plus
d’1,2 milliard de dollars !
« Fuck you money »
L’affaire propulse la pratique du
« rest and vest » ou « vest in peace »
à de nouveaux sommets. L’expression désigne ces arrangements per-
mettant à des salariés haut placés
de rester dans les effectifs des grandes entreprises technologiques
quelques mois supplémentaires
pour récupérer leurs actions en ne
travaillant plus ou avec un volume
horaire réduit.
Les bénéficiaires sont souvent
des fondateurs de start-up ayant des
relations compliquées avec leur
nouvelle maison mère. Facebook a
ainsi permis à Palmer Luckey, le
créateur de l’entreprise de réalité
virtuelle Oculus, acquise par le
réseau social en 2014, de bénéficier
d’un plan équivalent.
Jyri Engeström raconte avoir
vécu une expérience similaire,
quand Google a racheté Jaiku, la
start-up de microblogging qu’il
avait cofondé, en 2007. Au bout de
quelques mois, le géant d’Internet a
décidé de supprimer son service
pour mettre l’accent sur le réseau
social Google Plus. « Une fois que
vous avez perdu tout pouvoir, vous
devenez démotivé et malheureux.
Vous vous dites qu’il ne vous reste
rien d’autre à faire que de collecter ce
qu’on appelle la “fuck you money” et
à l’utiliser pour monter une prochaine start-up », raconte l’entrepreneur finlandais, qui est resté six
mois supplémentaires pour toucher la totalité de ses actions.
« L’entreprise le fait pour ne pas
abîmer sa réputation. Cela lui permet de montrer aux entrepreneurs
qu’elle est généreuse et d’éviter ainsi
que la prochaine pépite leur passe
sous le nez », estime-t-il. Elle a également déjà inscrit cette distribution d’actions dans son budget et
ne conçoit donc pas celle-ci
MILLIARD DE DOLLARS
La somme que Jan Koum
va toucher entre l’annonce
de son départ et son départ
effectif (trois trimestres).
comme une perte. La pratique est
devenue tellement célèbre dans
les entreprises technologiques
que la série « Silicon Valley », diffusée sur HBO, l’a immortalisé à
travers le personnage de Nelson
Bighetti. Quand Pied Piper, la
start-up pour laquelle il travaille,
se fait racheter par Hooli, une
parodie de Google, il est promu au
titre de vice-président. Mais il
découvre rapidement que le poste
est une coquille vide et finit par
errer sur le toit de l’entreprise avec
d’autres employés désœuvrés.
Ce genre de deal est également
proposé à des hauts dirigeants dont
l’entreprise souhaite se séparer.
L’objectif ? Rester en bons termes et
éviter qu’« ils emportent avec eux des
ingénieurs précieux ou fassent des
remous dans la presse », explique
Jean-Loui s Gassée. L’ancien
numéro 2 d’Apple évoque avec délices ses six derniers mois chez le
fabricant du Mac, quand John Sculley, le PDG, a décidé de le virer en
1990. « On m’a nommé ministre sans
portefeuille. J’allais à des conférences
et je prenais des cours de japonais et
de calligraphie », raconte-t-il. n
Avec « Crazy Rich Asians », Hollywood confirme
son lucratif virage vers la diversité
Promis à un joli succès
au box-office, « Crazy
Rich Asians » met
en scène un casting
composé d’acteurs
issus d’une minorité.
Basile Dekonink
@Bdekonink
Le message, le budget ou le genre ne
sont pas les mêmes. Mais après le
succès retentissant de « Black Planther » (plus de 1,3 milliard de dollars
de recettes au box-office, selon Box
Office Mojo), une autre production
hollywoodienne ambitieuse présente un casting où des acteurs issus
d’une minorité ethnique tiennent
les premiers rôles. Sorti dans plus de
3.300 salles le mercredi 15 août aux
Etats-Unis, « Crazy Rich Asians »,
Kenya Barris vient de signer
un contrat de production
avec Netflix quelques semaines après avoir rompu les
négociations avec ABC. Le
créateur de la comédie à
succès « Black-ish » est
spécialiste des séries afroaméricaines.
Les chiffres clefs
Fin avril, Jan Koum,
le cofondateur de
WhatsApp, a annoncé
quitter Facebook.
CINÉMA
MILLIONS DE DOLLARS
Le français
Dontnod
vend à la Fox
les droits
de Vampyr
TECH
Pointer au travail quelques fois par
mois et toucher plus d’1,2 milliard
de dollars. Ce n’est pas le scénario
d’un film hollywoodien mais la vie
de Jan Koum, le cofondateur de
WhatsApp, depuis qu’il a annoncé
son départ de Facebook fin avril.
En désaccord avec la volonté de
Mark Zuckerberg d’insérer de la
publicité dans l’application de messagerie qu’il a racheté en 2014 pour
22 milliards de dollars, Brian Acton
et Jan Koum, les deux cofondateurs
de WhatsApp, ont quitté l’entreprise. « Il est temps pour moi de passer à autre chose », a écrit Jan Koum
sur son fil d’actualités le 30 avril,
avant de rassembler son équipe, le
lendemain, pour faire ses adieux.
En réalité, l’entrepreneur est toujours salarié de l’entreprise, a
révélé le « Wall Street Journal »
mercredi dernier. Une porte-parole
de Facebook assure qu’il travaille à
« différents projets et aide à opérer la
transition avec la nouvelle équipe de
direction de WhatsApp », mais selon
l’enquête du quotidien américain,
l’ancien ingénieur de Yahoo! ne fait
que de brèves apparitions tous les
mois sur le campus de l’entreprise.
Son maintien dans les effectifs du
géant de la publicité vise en fait à lui
permettre d’acquérir — « vest » en
anglais — la totalité des 24,85 mil-
100
adaptation du best-seller éponyme
de Kevin Kwan, met en scène un casting composé exclusivement
d’acteurs d’origine asiatique. Une
première depuis vingt-cinq ans et la
sortie de « The Joy Luck Club ».
Doté d’un budget de 30 millions
de dollars, la comédie romantique
mettant en scène la classe ultrariche émergente en Asie s’est directement placée en tête du box-office
avec 5 millions de dollars de recettes. Un succès – relatif – qui ravit
producteurs et réalisateur, qui ont
refusé une offre à sept chiffres de
Netflix pour sortir le film sur grand
écran et créer un précédent.
Succès à l’international
« J’adore Hollywood, j’y travaille,
mais ce milieu peut vraiment être
stupide. Sans précédent, sans point
de comparaison, les gens deviennent
nerveux », confie ainsi le producteur Brad Simpson au site dédié à la
pop culture The Undefeated, pro-
priété d’ESPN. Alors que les Américains d’origine asiatique représentaient 6,8 % de la population des
Etats-Unis en 2016 (21,6 millions de
personnes), les acteurs issus de
cette minorité n’ont incarné que
3,1 % des rôles dans les films sortis
en salle cette année-là outre-Atlantique, note une étude de l’université
de Californie.
Porté par une lourde campagne
de promotion, « Crazy Rich
Asians » fait donc figure d’exception. « Quand les gros studios hollywoodiens mettent beaucoup d’argent
pour promouvoir un film de ce genre,
il y a un message », se réjouit le réalisateur, Jon Chu. Ce message, c’est
sans doute aussi celui du portemonnaie : le succès de « Black Panther » a démontré que la diversité
pouvait faire recette. Box Office
Mojo table d’ailleurs sur des gains
compris entre 30 et 40 millions de
dollars après cinq jours d’exploitation pour « Crazy Rich Asians ».
Le casting de « Crazy Rich Asians » est composé exclusivement
d’acteurs d’origine asiatique. Photo 2018 Warner Bros. Entertainment
Ceux-ci pourraient s’envoler à
l’international : d’après l’étude de
l’université de Californie, les films
américains dont le rôle principal est
incarné par un acteur d’origine
asiatique y sont mieux distribués et
bien plus rémunérateurs en
moyenne que ceux mettant en
scène un interprète blanc, avec
140,1 millions de dollars de recettes
contre 62,3 millions pour les plus
gros succès du box-office de 2016. n
JEUX VIDÉO
Le montant de la
vente n’est pas connu.
Sorti en juin dernier,
Vampyr s’était
vendu à plus de
450.000 exemplaires
le premier mois.
Florian Dèbes
@FL_Debes
Le dernier jeu vidéo des Français de Dontnod rejoint l’univers de Disney. En voie d’être
rachetés par le géant américain
du divertissement, les studios
Fox 21 viennent d’acquérir les
droits d’adaptation de Vampyr,
moins de trois mois après sa
sortie. L’aventure de ce médecin
devenu suceur de sang et combattant ses pulsions pourrait
être portée sur le petit écran
sous la forme d’une série.
Fox 21 est notamment à l’origine des séries « Homeland » et
« Sons of Anarchy ». Il va lancer
un épisode pilote et chercher un
distributeur afin de valider le
potentiel d’une éventuelle série.
« Les studios achètent beaucoup
de droits mais il n’y a pas toujours
de série au final », relativise
Oskar Guilbert, le PDG de Dontnod, tout en notant que le processus aboutit souvent quand il
s’agit de s’inspirer du jeu vidéo.
Dontnod ne précise pas le
montant pour lequel il a cédé les
droits de son jeu destiné au
PlayStation 4, X Box One et PC.
Mais cette vente valide la stratégie de coproduction mise en
œuvre par son dirigeant et financée par l’introduction en Bourse
de la société. En mai dernier,
Dontnod a levé 30,5 millions
d’euros sur Euronext Growth.
Coproduction
Vendu à plus de 450.000 exemplaires dès le premier mois de
commercialisation, Vampyr est coproduit par Dontnod
et l’éditeur français Focus
Home Interactif. Dans le
schéma plus courant où les
d é ve l o p p e u r s t r avai l l e n t
comme prestataires d’un éditeur qui va distribuer le jeu, c’est
ce dernier qui empoche le pact o l e ap rès avo i r p ayé une
somme forfaitaire à son partenaire développeur. Ici, Dontnod
et Focus Home Interactive se
partagent la propriété intellectuelle et les revenus issus de son
exploitation, tout au long de la
durée de vie de la franchise, quel
que soit le support (jeux vidéo,
série, cinéma, livre, etc.).
« Nous avons créé pour le jeu
vidéo des personnages forts dans
un univers très scénarisé qu’il est
naturel de penser à adapter en
série télévisée », pointe Oskar
Guilbert. Les adaptations de
jeux vidéo sont devenues courantes. L’éventuelle série « Vampyr » serait produite par Wonderland Sound and Vision et un
studio spécialisé dans la conversion de jeu vidéo en série, DJ2. n
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Les Echos Lundi 20 août 2018
en
direct
Les aquariums
Coutant en difficulté
GRAND EST La fabrication du
fromage Mont d’Or a débuté
cette semaine dans le HautDoubs. Eric Fevrier, président du
syndicat des producteurs
annonce à l’Est Républicain
tabler sur une production stable
de 5.400 tonnes. Cet AOP devra
toutefois se relever d’un scandale de la salmonelle et de la
listeria révélé au printemps.
NOUVELLE-AQUITAINE
Fred Marvaux/RÉA
PME
&REGIONS
La production
de Mont d’Or stable
série d'été 1/10
selon lui d’un mauvais payeur au
Koweit. Il s’agit de l’entreprise à
qui il a livré en juin un énorme
aquarium de 40 mètres de long
pour 7 mètres de large et 7
mètres de haut installé dans un
musée scientifique. « Mais le
client refuse de nous payer ce qu’il
nous doit encore et qui représente
trois années de résultat », explique à Sud-Ouest Bertrand Cointy,
le directeur général. La PME
envisage de saisir la justice en
Grande-Bretagne.
Le fabricant d’aquariums professionnels Coutant situé à la
Rochelle a été placé à sa
demande en redressement judiciaire depuis la fin juillet. Le
créateur du fameux aquarium de
la Rochelle, qui emploie 24 personnes, est le leader en Europe
sur son secteur mais traverse des
difficultés financières à cause
ITINÉRAIRES INSOLITES
Sur les Routes du comté, le Jura dévoile ses contours
Les Routes du comté accueillent
300.000 visiteurs par an.
De Poligny au lac Saint-Point,
les touristes déambulent entre
fermes, fromageries et affineurs.
rendre les Routes du
comté, c’est se retrouver projeté dans la
publicité pour ce célèbre fromage à pâte
pressée cuite. L’herbe est aussi verte,
les cils des vaches aussi longs et les
meules aussi dorées que sur les affiches. « Les éleveurs et producteurs de
comté sont sans doute les seuls qui
montrent que la promesse commerciale est tenue et c’est rassurant »,
assure Nicolas Bouveret, animateur
de ces Routes, dotées d’un budget
annuel de 170.000 euros pour organiser des animations, former les
acteurs locaux et communiquer.
Le Comité interprofessionnel de
gestion du comté (CIGC) avait lancé
l’opération en 2002, « pour renforcer
le sentiment d’appartenance des producteurs et faire découvrir le produit,
ceux qui le font, son histoire et ses paysages », raconte Claude VermotDesroches, son président. Le comté,
ce fut la première AOP fromagère,
en 1958, et c’est la plus grosse en
volume (52.726 tonnes en
2017). « Mais on ne voulait pas d’un
itinéraire à suivre et tant pis si ce
P
n’était pas dans le bon ordre », poursuit-il.
Pas d’itinéraire tout tracé donc,
mais une invitation à flâner ou à suivre l’un des quinze circuits thématiques proposés sur le site du CIGC. Ici
un musée vivant où l’on cuit le fromage au feu de bois, là une fondue à
déguster dans un gouffre. Et ça marche : la dernière enquête réalisée en
2013 affichait une fréquentation de
300.000 visiteurs pour la saison.
Des Suisses, des Allemands, des
Anglais, des Lorrains, des Alsaciens,
des Parisiens… en quête de tourisme
vert et de montagne accessible, celle
du Jura, qu’ils associent au produit
qu’ils ramènent d’ailleurs volontiers. A la fruitière des Lacs, à Labergement-Sainte-Marie, les ventes de
comté doublent en période estivale.
Alors en route ! Le point de
départ, aucun doute, c’est Poligny,
autoproclamée « capitale mondiale
du comté ». « Plus de la moitié des
meules sont affinées ici », confirme
Claude Vermot-Desroches. Avec
4 boutiques d’affineurs, celles des
Arnaud, Vagne, Badoz et Juramonts, la place centrale de cette
petite ville de 4.500 habitants située
dans une reculée du plateau jurassien affiche sans doute la plus forte
1963 : la profession se structure
avec le Comité interprofessionnel
de gestion du comté (CIGC)
2002 : lancement officiel des Routes du comté
2018 : la filière fête les 60 ans de
l’AOP.
Le fort Saint-Antoine, où les meules montent au ciel, est surnommé « la cathédrale du comté ».
concentration au monde de crémeries spécialisées dans le roi des fromages.
Caves d’affinage
De Poligny, direction Les Rousses,
station jurassienne familiale située
à 1.100 mètres d’altitude, qui, à
défaut de pouvoir garantir de la
neige chaque hiver, a bâti une offre
multiactivité où figure en bonne
place la visite des caves d’affinage de
Juraflore installées depuis 1997
dans l’ancien fort militaire. Elles
accueillent 35.000 visiteurs chaque
année, qui découvrent le travail à la
fois scientifique et intuitif des chefs
de caves. « Le fort des Rousses, c’est
presque une marque, c’est un site
incontournable qui renforce notre
notoriété », confirme Laurent Mermet, directeur de la station.
L’étape suivante sera le lac SaintPoint, dans le Doubs, que l’on rejoint
par la jolie route passant par
Mouthe, le village « le plus froid de
La Compagnie des Petits parie
sur la puériculture
L’enseigne de prêt-àporter pour enfants
a repris Allobébé,
spécialiste de la
puériculture, en
difficulté financière,
et veut se concentrer
sur les tout-petits.
Nicole Buyse
— Correspondante à Lille
tes, était en redressement judiciaire
depuis début juin. Son chiffre
d’affaires de 20 millions d’euros en
2017 vient à 90 % d’Allo Bébé, leader
sur son marché jusqu’à ses récentes
difficultés. La Compagnie des Petits
totalise 120 magasins (80 % en
France), moitié en propre et moitié
en affiliation, et réalise de son côté
35 millions d’euros de chiffre
d’affaires. L’activité s’érodant
depuis quatre ans, H3M cherchait à
se diversifier avec un produit
complémentaire. Il fait passer son
capital de 3 à 5 millions d’euros
dans le but de faire une croissance
externe. « Non seulement nous élargissons notre offre avec cette opération, mais nous acquérons également
la compétence Internet », explique
Eric Rochaix, DG du groupe.
Le site Internet de La Compagnie
des Petits ne représente pour l’instant que 2 % du chiffre d’affaires du
groupe. Selon l’Institut Français de
la Mode, les chaînes spécialisées
5 RETROUVEZ
DEMAIN
A Strasbourg, le tram D
abolit la frontière
NOUVELLEAQUITAINE
Peu d’enseignes épargnées
La Compagnie des Petits totalise 120 magasins, moitié en propre
et moitié en affiliation. Photo Compagnie des Petits
France », dit-on. Au fur et à mesure
que l’on remonte vers le nord, les
belles montbéliardes mais aussi les
fromageries se font plus nombreuses. Sur place, il y a la fruitière des
Lacs, dont l’atelier est visible par une
galerie depuis 2015. « On peut voir les
fromagers travailler le matin et nous
avons une salle de projection où nous
expliquons le travail paysan et notre
modèle coopératif », indique
Antoine Verneret, éleveur et président de cette coopérative dont les
Les chaussures Weston
veulent séduire les femmes
dans l’enfant ont vu leur volume
d’affaires baisser de 9 % depuis le
début de l’année.
Pour faire face à cette situation,
La Compagnie des Petits a fermé
12 magasins depuis un an, se
concentrant sur ceux qui sont rentables ou à fort potentiel. Ce spécialiste des 0-12 ans a décidé également
de cibler plus particulièrement les
0-5 ans. Tout en gardant une
gamme pour les 4-12, les références
pour les plus petits ont augmenté et
une ligne layette a été lancée.
HAUTS-DE-FRANCE
La Compagnie des Petits détenue
par le groupe H3M basé aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille, a
repris cet été les actifs de la Centrale
des Multiples (CDM). Ils regroupent notamment les sites Internet
de puériculture Allobébé, Naturabébé et les Bébés de Sabine. En
revanche, H3M, aujourd’hui
détenu à 100 % par l’homme d’affaires chinois Howard Yiu, cofondateur du groupe en 1993, n’a pas
acheté les trois magasins d’Allo
Bébé, qui ont fermé.
CDM, basé à Saint-Martin-Boulogne (Pas-de-Calais), mis sous mandat ad hoc fin 2017 en raison de per-
5 fromagers travaillent 6,7 millions
de litres de lait par an.
De la fruitière des Lacs, le fort
Saint-Antoine est à cinq minutes de
route. Ce fort-là, exploité par l’affineur Petite, est surnommé « la
cathédrale du comté ». Ici les meules montent au ciel ! Ici aussi,
comme au fort des Rousses ou chez
Rivoire-Jacquemin – le troisième
affineur partenaire –, les chefs de
caves ont leurs secrets de fabrication et alternent caves chaudes et
caves froides selon leur savoir-faire
maison. A une demi-heure de là,
chez Michel et Béatrice Pritzy, c’est
« bienvenue à la ferme ». A Chapelle-d’Huin, la traite se fait dans les
pâturages et les Pritzy sont partageurs : les visiteurs peuvent traire
eux-mêmes, à la main, l’une des
35 vaches de l’exploitation et goûter
le lait chaud qui servira à fabriquer
le fromage à la fruitière voisine. n
CIGC/Jean-Pierre Van Der Elst
Monique Clemens
— Correspondante à Besançon
DATES CLEFS
Les difficultés du marché s’expliquent pour le dirigeant à la fois par
une offre pléthorique sur ce créneau de l’enfant et par la baisse des
naissances en France. Peu d’enseignes sont épargnées.
Orchestra-Prémaman, acculé à
une restructuration de sa dette,
vient de publier un chiffre d’affaires
en baisse de 8,9 % pour le premier
trimestre de son exercice décalé. Il y
a un an Kidiliz (Catimini, Chipie…)
de la famille Zannier est passé sous
pavillon chinois. Et fin 2015 Du
Pareil au Même (DPAM), en difficulté également, était repris par
Sergent Major. n
Le chausseur
prépare une
nouvelle collection
plus féminine
pour 2019 dans
son nouveau
magasin parisien.
Jean-Pierre Gourvest
— Correspondant à Limoges
Nouvelle vitrine à Paris ouverte
au début de l’été et développement d’une gamme féminine :
JM Weston presse le pas.
Implanté à Limoges, La maison
de chaussures de luxe, filiale du
holding de luxe EPI, également
propriétaire de Bonpoint et du
champagne Piper-Heidsieck, a
inauguré début juillet dernier
son nouveau magasin aux 55,
avenue des Champs-Elysées à
Paris. Pensé comme un appartement parisien, décoré de
marbre gris et cuir beige, il
s’étend sur 600 mètres carrés.
M a i s l e c h a u s s e u r, q u i
emploie 370 salariés, dont 200
dans son usine et son siège
social à Limoges, prépare sur-
tout d’ici la fin 2019 l’extension
de sa gamme féminine, qui ne
représente actuellement que
8 % de ses activités. « Nous
ambitionnons de multiplier par
deux notre production femmes
d’ici 2021. Notre offre évoluera
dans l’idée d’un renouveau »,
explique le PDG, Thierry Oriez.
Modèles avec talons
La marque se donne pour
objectif de sortir en 2019 des
nouvelles chaussures plus
féminines que les précédentes
collections, qui étaient des
adaptations des modèles hommes. « Nous mettons au point
une gamme de produits stylisés,
avec talons, qui répondront aux
demandes de nos futures clientes », explique le groupe. Autre
symbole d’ouverture, une édition limitée de baskets Weston blanches bordées d’orange
a par exemple été présentée
lors du dernier tournoi de
Roland-Garros. L’export, qui a
représenté en 2017 40 % des
ventes, va être aussi développé
pour atteindre 60 % d’ici cinq
ans. La société dispose de 40
points de vente, dont 20 dans
l’Hexagone. Un nouveau point
de vente japonais sera inauguré
en novembre 2018 n
18 //
Lundi 20 août 2018 Les Echos
LE DOLLAR AFFAIBLIT L’OR
FINANCE
&MARCHES
Le cours de l’once d’or a reculé de
2,84 % la semaine dernière, sa plus
mauvaise performance depuis mai
2017. Le métal précieux souffre de
la hausse du dollar et ne profite
pas des tensions entre Ankara et
Washington. Même si, en Turquie,
les traders se ruent sur l’or. Le
nombre de contrats passés sur
les marchés dérivés a été multiplié
par 2 à la Bourse d’Istanbul.
Depuis mars, la valeur de l’or,
en livre turque a bondi de 30 %.
les
indices
La cybermenace monte en puissance
sur les applications bancaires
l Kaspersky Lab a détecté un pic
d’attaques de type « cheval de Troie »
dans les applications mobiles
au cours du deuxième trimestre.
l Les banques américaines
sont les premières visées.
BANQUE
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
« Les criminels sont le miroir de la
société », prévient Ronan Mouchoux, chercheur pour le spécialiste
de la sécurité informatique Kaspersky Lab. Il en veut pour preuve la
forte poussée de la menace cyber
sur les applications mobiles bancaires, à mesure que leur usage se diffuse dans le public. Au deuxième trimestre, cette menace a atteint un pic
historique : selon les données collectées par Kaspersky auprès de ses
clients dans le monde, le nombre
d’installations de virus de type
« cheval de Troie bancaire » dans les
smartphones a triplé par rapport au
premier trimestre pour atteindre
61.045. Il peut s’agir d’applications
contrefaites ou de logiciels cachés
qui captent les données renseignées
par les clients.
Le précédent record enregistré
par le spécialiste de la sécurité
remontait au quatrième trimestre
2016 avec 40.000 installations détectées. Ce n’est sans doute qu’un début,
« nous sommes encore dans une
phase de croissance de la menace… »,
prévient Ronan Mouchoux. Dans le
détail, ce sont surtout les « malwares » (« logiciels malveillants »),
baptisés « HQWAR », qui ont
essaimé. Ces derniers sont avant
tout conçus pour dérober les identifiants bancaires des clients. Mais ils
peuvent aussi servir, lorsqu’ils
sont associés à des logiciels dits de
« déni de service », à submerger délibérément de requêtes les serveurs
d’une banque. « Ce sont des logiciels
malveillants qui utilisent les capacités
du smartphone piraté pour engager
une cyberattaque. Le client de la banque se retrouve alors au centre d’une
attaque cyber malgré lui »,
détaille Ronan Mouchoux.
Le nombre d’installations de virus de type « cheval de Troie bancaire » dans les smartphones a triplé au deuxième trimestre par rapport
au premier trimestre pour atteindre 61.045. Photo Shutterstock
La France épargnée
La menace n’est pas de la même
intensité partout : « Les Etats-Unis
font figure d’eldorado pour les pirates informatiques car les usages bancaires sur mobile y sont nombreux et
le revenu par habitant, élevé. La Russie est aussi fortement ciblée car le
téléchargement d’applications
mobiles provenant de “stores” alternatifs y est courant », explique
encore Kaspersky. Dans ce paysage, les banques françaises semblent relativement préservées : la
France n’a attiré que 0,1 % des attaques de malwares bancaires détectées par le spécialiste de la sécurité
informatique au deuxième trimestre, soit environ 600 attaques détectées. Il faut dire que les usages
mobiles sont relativement moins
« Les Etats-Unis
font figure
d’eldorado pour
les pirates
informatiques
car les usages
bancaires
sur mobile y sont
nombreux
et le revenu
par habitant,
élevé. »
RONAN MOUCHOUX
Chercheur pour Kaspersky Lab
développés dans l’Hexagone que
dans d’autres pays européens, ce
qui constitue une protection de fait.
Par ailleurs, la législation incite les
banques françaises à prendre toutes les précautions pour limiter les
risques pour leurs clients. Le Code
monétaire et financier stipule en
effet que les banques doivent rembourser leurs clients si ces derniers
ont été victimes de fraude. « Ces
obligations ont été renforcées par un
arrêt de la Cour de cassation de janvier 2017 qui a rappelé que [pour ne
pas rembourser] les banques sont
tenues de faire la preuve des négligences graves éventuelles de leurs
clients qui auraient rendu possible la
fraude », rapp elle Ronan
Mouchoux. n
Les établissements britanniques sommés de révéler
leurs incidents informatiques
Les cinq plus grandes
banques du Royaume-Uni
ont indiqué avoir connu
67 incidents. Depuis
la mi-août, le régulateur
britannique a renforcé les
obligations de transparence
du secteur.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Transparence obligatoire pour les
banques britanniques : elles doivent depuis le 15 août préciser sur
leur site Web le nombre d’incidents
informatiques « opérationnels ou
de sécurité » connus au cours du trimestre écoulé et ayant provoqué
des interruptions des services de
paiement. Selon le décompte réalisé depuis par l’agence Bloomberg,
ce sont ainsi 80 incidents qui ont été
révélés au public par les principaux
établissements britanniques, dont
67 pour les « Big Five », tous survenus entre avril et juin dernier.
Lloyd’s emporte la palme, si l’on
peut dire, avec 19 incidents révélés,
juste devant deux autres poids
lourds (Barclays et RBS) qui affichent respectivement 18 et 16 incidents. Les autres banques de
l’échantillon ont subi moins de perturbations, avec 7 incidents déclarés, tant chez HSBC que chez TSB.
L’information communiquée par
les banques reste toutefois parcellaire, puisque peu est dit de la gravité ou de la nature précise des incidents ainsi recensés. Certains
établissements précisent toutefois
que les difficultés n’ont affecté que
des systèmes internes ou un nombre limité de clients. Les banques
indiquent en outre si l’incident a eu
lieu sur les services mobiles, téléphoniques ou Internet.
Données comparables
Il se peut qu’à l’avenir – selon un
expert cité par Bloomberg – le régulateur britannique monte l’exigence d’un cran et demande aux
établissements d’harmoniser la
manière dont ils communiquent.
Cette obligation de transparence
vise, selon la Financial Conduct
Authority (FCA), à rendre plus comparables les offres bancaires et, in
fine, à aider les consommateurs à
choisir un établissement en toute
connaissance de cause. Elles doivent ainsi livrer d’autres informations sensibles – telles que le nombre de plaintes dont l’entreprise
ferait l’objet – ou plus anodines
comme les horaires des services
clients. A partir de février 2019, les
banques britanniques devront
même indiquer en combien de
temps il est possible d’ouvrir un
compte courant ou de remplacer
une carte de paiement. A l’échelle
européenne, des obligations de
transparence sont aussi prévues
pour les grandes entreprises, dont
les groupes bancaires dans le cadre
de la réglementation sur les données RGPD, récemment entrée en
vigueur. En cas de perte ou de vol de
données personnelles, les entreprises doivent avertir les autorités et
les personnes concernées dans les
72 heures, en principe. Enfin,
depuis l’été 2017, les 130 plus grandes banques européennes sont censées dévoiler à la BCE les « incidents
informatiques significatifs », tels
que les cyberattaques. n
DÉCRYPTAGE // Les banques étoffent
leurs applications mobiles pour faire jeu
égal avec les fintech.
Pourquoi le développement
des « app » est devenu si
stratégique pour les banques
i les cybercriminels deviennent plus menaçants sur les
applications bancaires, c’est
avant tout le signe du succès grandissant de la banque mobile. Les
chiffres en attestent. Sur ses 15 millions de clients, le deuxième groupe
mutualiste français, BPCE, revendique 4 millions d’utilisateurs de ses
applications mobiles. Et chaque
mois, la banque revendique 60.000
nouveaux utilisateurs actifs de ses
« apps ». Chez BNP Paribas, la tendance est similaire : « Le nombre
d’utilisateurs de l’application MesComptes a progressé de près de 11 %
au premier semestre 2018 », indique
la banque, qui affiche 1,17 million
d’utilisateurs sur mobile.
Le décompte est différent si l’on
ne considère que les utilisateurs les
plus réguliers. Ainsi, selon les données collectées par la société App
Annie, 1,6 million de Français utilisent leurs applications bancaires
sur mobile au moins une fois par
mois. C’est certes moins qu’en Grande-Bretagne, où App Annie recense
2,3 millions d’utilisateurs récurrents, mais l’intensité d’usage des
Français est aussi élevée qu’outreManche. « Quand les Français utilisent leurs applications mobiles bancaires, ils les utilisent beaucoup »,
confirme Nicolas Beraudo, directeur EMEA d’App Annie.
Il faut dire que les banques ont
musclé les fonctionnalités de leurs
applications ces derniers mois et
poursuivent dans cette voie. Pour
les banques, il s’agit de se mettre au
niveau de l’expérience utilisateur
promise par les néobanques mais
aussi de multiplier les contacts avec
leurs clients qui sont autant d’occasions de leur proposer de nouveaux
services. Car la consultation d’une
application bancaire peut devenir
S
addictive. « Les utilisateurs se connectent en moyenne 14 fois par mois
sur leur application bancaire, contre
3 fois par mois lorsqu’ils utilisent les
services de la banque sur ordinateur », avait précisé Yves Tyrode, qui
pilote le digital chez BPCE, en
marge de la présentation du plan
stratégique de la Caisse d’Epargne
Midi-Pyrénées.
Dotées de fonctionnalités permettant de gérer seul ses plafonds
de paiement ou encore ses virements, les applications viennent
Il s’agit de multiplier
les contacts avec leurs
clients qui sont autant
d’occasions de leur
proposer de nouveaux
services.
aussi réduire les sollicitations des
centres d’appels des établissements,
et donc les coûts de fonctionnement. A la Caisse d’Epargne MidiPyrénées, la mise à disposition d’un
outil pour faire opposition sur sa
carte bancaire a réduit de 10 % les
appels vers les plates-formes téléphoniques en un mois.
Dans les banques, le « self care »
pour les opérations simples doit
donc continuer de monter en puissance. Reste à savoir si les clients
vont massivement s’en saisir. Sur le
podium des applications financières les plus utilisées par les Français
chaque mois, selon App Annie, on
ne retrouve qu’une banque. En
première p osition, le Crédit
Agricole devance l’application de
PayPal puis celle qui permet de
régler ses comptes entre amis,
Tricount.— S. W.
FINANCE & MARCHES // 19
Les Echos Lundi 20 août 2018
Matières premières : le prix des métaux
s’enfonce dans la crise
l Les tensions commerciales, la hausse du dollar et les inquiétudes sur la croissance mondiale font chuter le prix
des métaux de plus de 17 % en moins de trois mois.
l Un plongeon « absurde et injustifié », selon des analystes.
MATIÈRES
PREMIÈRES
Pierrick Fay
@pierrickfay
2018 est bien partie pour être une
année noire pour les métaux. Depuis
le 1er janvier, ces matières premières
affichent des parcours catastrophiques sur le LME (London Metal
Exchange), à l’image du plomb
(–19,2 %), du zinc (–29 %), de l’aluminium (–10,85 %) ou du cuivre
(–18,6 %). Le début d’année ne laissait
pas présager un tel carnage dans un
contexte de croissance mondiale
synchronisée. La chute a été brutale.
L’indice LME base metals, qui
gagnait encore 2,4 % début juin par
rapport au début de l’année, a depuis
perdu 17,5 % de sa valeur. Autre
exemple, le cuivre est proche de
plonger dans un « bear market », un
marché baissier, avec un repli de 19 %
depuis son pic de juin. En un peu plus
de deux mois, le cours du métal
rouge est passé de plus de 7.000 dollars la tonne à un peu plus de
5.900 dollars.
Sur les marchés de matières premières, il y a un avant et un après10 juin… L’échec retentissant du
sommet du G7 a sonné le déclenchement des hostilités commerciales entre les Etats-Unis et ses partenaires, quelques jours après
l’entrée en vigueur des surtaxes
américaines sur l’acier et l’aluminium. Depuis, les cours fluctuent
en fonction des annonces de sanctions. Les investisseurs s’inquiètent
des conséquences d’une guerre
commerciale sur la vitalité de la
croissance mondiale et sur la
demande de métaux. Les derniers
chiffres montrent un fléchissement
de l’économie chinoise (production
industrielle, croissance des inves-
tissements…). C’est le pari de certains fonds spéculatifs qui ont accumulé ces dernières semaines des
positions extrêmement négatives
sur les métaux, selon Credit Suisse.
Vers le point de rupture
Les ventes à découvert ont représenté jusqu’à 37 % des positions sur
les contrats à terme le 14 août. Du
jamais-vu depuis 2010. La montée
des risques géopolitiques a aussi
comme conséquence de favoriser la
hausse du dollar. Dans un premier
temps, les cours des métaux, libellés en dollars, ont pu absorber la
hausse du billet vert, mais son accé-
lération (+6,8 % depuis fin avril face
à un panier de devises) a fini par
déstabiliser le marché. Notamment
après le choc, il y a une semaine, sur
la livre turque, puis sur de nomb r e u s e s d e v i s e s é m e rg e n t e s
(Argentine, Afrique du Sud, Indonésie…). En quatre jours, l’indice
LME base metals a replongé de
6,6 %. « Il faut avoir des nerfs d’acier
depuis quelques semaines sur les
métaux de base et les derniers jours
les ont poussés un peu plus vers le
point de rupture », reconnaît Commerzbank, même si depuis deux
jours les espoirs d’une reprise des
discussions entre les deux géants
Le jus d’orange retrouve des couleurs
La production d’oranges
de Floride est attendue
en hausse de 55 % sur un an.
Le secteur revient de loin :
l’an dernier, l’ouragan Irma
avait détruit le tiers
des récoltes de la péninsule.
Bonne nouvelle pour l’agriculture
américaine et les amateurs de petits
déjeuners fruités. La Floride devrait
délivrer des récoltes d’oranges en
forte hausse par rapport à l’an
dernier. La péninsule est l’une des
principales régions de production
et la première aux Etats-Unis. Cette
année, entre 65 et 80 millions de
caisses de ce fruit devraient être
récoltées, à raison de 41 kg d’oranges
par caisse. Les récoltes, qui ont lieu
entre novembre et février, sont
attendues en hausse de 55,7 % par
les analystes. Le secteur revient de
loin : l’année dernière, seulement
44,95 millions de caisses avaient été
produites. La Floride avait alors
subi de plein fouet le passage de
l’ouragan Irma. La tempête, passée
début septembre, avait abîmé les
fruits en formation et provoqué une
baisse des récoltes d’un tiers sur un
an. Provoquant la pire crise depuis
1945. La situation se reflète déjà sur
les marchés. Le cours de référence
du jus d’orange concentré est en
baisse de 10,19 % sur un mois.
Au regard du marché international, les agriculteurs américains
sont aussi dans une situation favorable. Leur principal concurrent et
premier producteur mondial, le
Brésil, devrait voir sa récolte baisser
cette année, avec des fruits de moindre qualité. En cause, des pluies trop
économiques ont permis d’arrêter
la saignée. L’analyste de la banque
allemande juge « exagéré, absurde et
injustifié le marasme » du prix des
métaux et il espère que les investisseurs vont se reporter sur les fondamentaux du marché, notamment
sur la demande. Celle-ci devrait rester forte dans certains secteurs
d’activité comme les batteries, qui
soutiennent le prix du nickel
(+3,92 % en 2018).
Les cours pourraient, à terme,
« profiter du renforcement des dépenses d’infrastructures de la Chine »,
selon JP Morgan, notamment la
demande de cuivre qui pourrait aug-
Maladie du dragon jaune
L’USDA, le département de l’Agriculture des Etats-Unis, a revu à la
baisse ses prévisions pour la production mondiale, à 1,614 million de
tonnes, en diminution de 24,2 % sur
un an. Ce qui n’a pas encore eu
d’effet sur des cours qui progressent
encore de plus de 6 % sur un an.
Cette bonne récolte américaine
cache toutefois une situation en
dégradation régulière depuis deux
décennies. En vingt ans, la production d’oranges de Floride a été divisée par presque 3,5. Alors qu’ils délivraient 244 millions de caisses en
1998, les producteurs de la péninsule sont aux prises, depuis le
milieu des années 2000, avec un
parasite du nom de « psylle asiatique des agrumes ». Cette sorte de
puceron transmet la « maladie du
dragon jaune », une infection bactérienne qui peut provoquer la mort
des arbres fruitiers. Outre des pertes de récolte, ce fléau a transformé
l’agriculture locale. Les cultivateurs
occasionnels ou saisonniers ont été
découragés par les coûts et l’entretien supplémentaires suscités par la
maladie. D’après une coopérative
floridienne contactée par Bloomberg, les agriculteurs dépensent en
moyenne 850 dollars par hectare de
vergers, contre le tiers douze ans
auparavant. Mais, si elle a été épargnée par une catastrophe cette
année, la production américaine
pourrait voir la fête gâchée par la
guerre commerciale déclarée par
Donald Trump. Le secteur exporte
un quart de sa production à l’étranger et pourrait souffrir d’une hausse
des tarifs douaniers. Le président
américain envisage d’allouer les
programmes exceptionnels de
rachat de matières premières aux
agrumes. Une mesure jugée
intenable sur le long terme par la
California Citrus Mutual, coopérative d’agrumes de Californie.
— R. Po.
4
À NOTER
BHP Billiton a trouvé un accord
salarial avec les ouvriers
de la mine de cuivre d’Escondida, au Chili. Le risque d’une
grève est écarté. En 2017, une
grève de 44 jours à Escondida
avait entraîné une chute
de 39 % de la production
et avait causé une chute de près
de 1,3 % du PIB chilien.
(
Lire l’éditorial
de Jean-Marc Vittori
Page 6
Wilmar, le singapourien qui s’enrichit
grâce à la guerre commerciale
Le géant de l’agribusiness,
a quintuplé ses profits
au deuxième trimestre
dans un contexte de hausse
des tarifs douaniers entre
la Chine et les Etats-Unis.
rares et des températures élevées
qui endommagent les arbres en
fleur dans la région de São Paulo.
menter à partir d’octobre. La banque
américaine esime que le marché des
métaux apparaît toujours « survendu, autant d’un point de vue
macro que microéconomique ». Elle
considère que la mise en place d’une
politique budgétaire et fiscale
accommodante de la Chine – certes
moins prononcée qu’en 2016 – « sera
en mesure d’étayer la demande de
métaux et donc les prix jusqu’au
début de 2019 ».
JP Morgan estime enfin que dès
que les risques commerciaux diminueront, le faible niveau des stocks
en Chine devrait permettre une
« forte impulsion sur les cours ».
Si, de l’avis de nombreux économistes, les pays ne peuvent sortir
gagnants d’une guerre commerciale, sur la durée, certains groupes
profitent des tensions commerciales
qui se sont nouées ces derniers mois
entre les Etats-Unis et la Chine. Le
géant singapourien des matières
premières agricoles, Wilmar, en est
l’illustration. Le groupe, coté à la
Bourse de Singapour, vient de
publier ses résultats p our le
deuxième trimestre. Ses profits ont
été multipliés par 5,8 par rapport à
2017, à 344,8 millions de dollars. Cela
lui a permis d’afficher un gain de
37 % sur le premier semestre avec un
bénéfice de 580,5 millions de dollars.
Wilmar a en effet pu augmenter
ses marges sur les marchés des oléagineux et des céréales, alors que la
Chine a répliqué aux sanctions américaines en taxant le soja en provenance des Etats-Unis, la Chine étant le
plus gros acheteur d’oléagineux au
monde. Les bénéfices de cette division ont été multipliés par 5, à
290 millions de dollars. « Les tensions
commerciales ont augmenté les marges sur les activités de broyage dans un
premier temps, ce qui a bénéficié à nos
activités dans ce secteur », a expliqué le
groupe. En juillet, ses marges dans ce
domaine en Chine ont bondi de 45 %,
rapporte Bloomberg Intelligence.
Par ailleurs, le groupe a réduit de moitié ses pertes dans le sucre. Il a aussi
pu améliorer ses marges dans la
transformation de l’huile de palme.
La demande a été forte, notamment
de la part de l’industrie du biodiesel
dans un contexte de hausse du prix
du pétrole. La faiblesse du prix de
l’huile de palme pèse sur la rentabilité
Le groupe a pu
augmenter ses marges
sur les marchés
des oléagineux
et des céréales.
de ses plantations, mais lui a permis
d’augmenter ses marges. Malgré
tout, Wilmar affiche une certaine
prudence face aux tensions grandissantes entre la Chine et les Etats-Unis.
« Une dispute prolongée entre les deux
pays aura un impact négatif sur les
marges en raison d’une moindre utilisation des usines », avertit le groupe,
qui réalise 51 % de ses revenus en
Chine, dans son communiqué.
Hausse de la production
au Brésil et aux Etats-Unis
L’annonce, jeudi, d’une reprise des
n é g o c i a t i o n s e n t r e Pé k i n e t
Washington a soutenu les cours du
soja en fin de semaine. « La Chine ne
pourra se passer des Etats-Unis, car
elle a besoin d’importer autour de
100 millions de tonnes par an, soit
environ 60 % des disponibilités à
l’international », constate Agritel. Ce
dernier estime que les récoltes
d’Amérique du Sud ne permettront
pas de combler ses besoins, même si
le dernier rapport de l’USDA (ministère américain de l’Agriculture) anticipe une forte hausse de la production de soja au Brésil et aux
Etats-Unis. — P. Fay
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20 // FINANCE & MARCHES
Lundi 20 août 2018 Les Echos
Gagnants et perdants d’un été
agité pour les valeurs tech
Première
participation pour
Prudentia Capital
HEDGE FUNDS
FONDS
son, et qui ont lancé leurs propres
hedge funds, ont aussi investi dans
la société, qui a fait son introduction
en Bourse au printemps. Ce sont les
fonds Maverick et Coatue.
Apple à 1.000 milliards
de dollars, plongeon
de Facebook, volatilité
du Nasdaq, les hedge
funds ont diversement
anticipé les grands
rendez-vous de l’été.
Activistes en embuscade
Les contre-performances boursières de certaines valeurs technologiques, synonymes de mécontentement des actionnaires, ont attiré
des hedge funds activistes. Ainsi,
Starboard Value a acquis 5,8 % du
capital de Symantec, alors que Jana
Partners a investi sur Facebook,
Alphabet et DXC Technology. Sur
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Les 1.000 milliards de dollars de
capitalisation boursière atteints
par le groupe Apple cet été ont fait le
bonheur de certains hedge funds
ou, au contraire, créé des frustrations.
Le « family office » de George
Soros et le hedge fund quantitatif
Renaissance Technologies se sont
renforcés sur le titre Apple au
deuxième trimestre avant que le
groupe ne franchisse la barre symbolique des 1.000 milliards de dollars de valorisation. A l’inverse,
David Einhorn de Greenlight Capital et Philippe Laffont du fonds Coatue ont nettement réduit leurs
investissements et ont pris leurs
bénéfices avant la nouvelle envolée
du titre. Les grands noms de la gestion alternative n’ont pas toujours
été aussi bien inspirés, notamment
sur les fameux FAANG (Facebook,
Amazon, Netflix, Google). Ainsi, la
société d’investissement de Soros a
acheté des titres Facebook avant le
plongeon fin juillet. Elle avait vendu
toutes ses actions Facebook en
2017. Un des anciens bras droits du
financier hongrois, Stanley Druc-
Les grands hedge
funds ont diminué
leur exposition sur
les « locomotives »
du Nasdaq.
kenmiller, qui a lancé son propre
« family office », Duquesne, a lui
aussi acquis des actions Facebook
avant leur chute.
Les grands hedge funds ont généralement diminué leur exposition
sur les « locomotives » du Nasdaq,
les FAANG, au deuxième trimestre,
à l’exception d’Amazon, selon Factset. La forte hausse de ces titres les a
incités à prendre tout ou partie de
leurs bénéfices. Le plus grand
hedge fund au monde, Bridgewater,
a cédé une grande partie de ses
actions Facebook mais a investi sur
Amazon, tout comme Millennium.
Si les hedge funds ont pris leurs
distances à l’égard des FAANG, c’est
pour se positionner généralement
sur d’autres valeurs technologiques
car c’est toujours dans ce secteur
qu’ils estiment trouver les plus fortes croissances et opportunités. C’est
le groupe Spotify qui en a notamment bénéficié au deuxième trimestre, avec l’arrivée d’un hedge fund
mythique, Tiger Global Management, de Julian Robertson. Ce dernier a pris une participation massive de 2,5 milliards de dollars dans
Spotify. Certains des gérants ayant
travaillé au côté de Julian Robert-
La forte hausse
de ces titres les
a incités à prendre
leurs bénéfices.
les sept premiers mois de l’année, le
secteur de la technologie a concentré 13 % des cibles des fonds activistes, selon Activist Insight.
Le plus intrépide des activistes,
Bill Ackman, dévoilera bientôt son
nouveau pari, un investissement de
800 millions de dollars, soit près de
10 % des capitaux de son hedge fund
Pershing. Le fonds va peut-être partir à l’assaut d’un groupe du Nasdaq
pour regagner la confiance des
investisseurs. n
Fondé par un ancien
du Ciri, Prudentia
Capital vient de
réaliser sa première
opération en reprenant les Menuiseries Grégoire.
Premier investissement pour
Prudentia Capital. Le tribunal
de commerce de Paris a tranché
en faveur de ce nouveau fonds,
le 8 août dernier, en le désignant
comme repreneur des Menuiseries Grégoire.
Créé l’an passé, Prudentia
Capital n’est devenu opérationnel qu’en janvier à la suite d’un
premier « closing » à 70 mill i o n s d ’e u r o s , a u x q u e l s
30 autres millions devraient se
greffer prochainement.
Soutenu par bpifrance et
d’autres acteurs institutionnels
français et européens, ce nouvel
acteur se veut au service du
développement et de la croissance des PME françaises.
« Nous recherchons des sociétés
qui veulent passer un cap, qui ont
un vrai projet de développement,
mais nous avons aussi la capacité
d’analyser et d’investir dans des
dossiers plus complexes », indique Dominik Zwerger, fondateur et associé de Prudentia
Capital.
Dominik Zwerger a été le
numéro deux du Ciri – l’organisme public chargé de chercher une solution pour les gran-
Max Levchin
720 millions de dollars
Le montant des levées
de fonds successives
bouclées par Affirm.
l
1.200
Le nombre de commerçants
proposant les solutions
d’Affirm, selon les derniers
chiffres communiqués en
avril (Casper, DJI, Paul Evans,
Shinola…).
l
L’entrepreneur d’origine ukrainienne a créé
Affirm en 2012. Valorisée 1,75 milliard
de dollars, la jeune pousse veut lutter contre
l’opacité des cartes de crédit avec des prêts
à la consommation plus transparents.
V
Ensemble, les trois hommes,
bien que portés sur le développement international des PME,
se retrouvent deux à trois jours
par semaine sur le terrain,
pour rencontrer les chefs
d’entreprise. Parmi leurs
projets, le rapprochement de
deux PME française et allemande, ainsi qu’un projet
d’usine en Asie pour le compte
d’une entreprise de technologie française.
Au total, ce fonds prévoit
d’investir dans six à huit PME –
tous secteurs confondus – entre
5 et 15 millions d’euros par ticket, pour une durée de détention allant de 5 à 7 ans.
— C. Fa.
Les chiffres clefs
d’Affirm
Le cofondateur
de PayPal s’attaque
aux cartes de crédit
erres de vin à moitié vides,
cigares entamés et piles de
jetons de poker : en 2007, le
magazine « Fortune » organise une séance photo avec
treize anciens salariés de PayPal chez
Tosca, l’un des plus vieux restaurants italiens de San Francisco. La mise en scène
évoque une réunion de la Mafia, le surnom
donné à cet ensemble d’entrepreneurs
ayant utilisé les millions de dollars
du rachat de PayPal par eBay pour créer certaines des entreprises les plus iconiques du
début du deuxième millénaire.
Elon Musk, le plus célèbre du groupe
avec Tesla et SpaceX, est absent. Mais on
trouve Reid Hoffman, le fondateur de
LinkedIn, posant avec une chaîne en or sur
une banquette en cuir, tandis qu’au premier
plan, Peter Thiel, le cofondateur de Palantir,
joue aux cartes avec Max Levchin, cheveux
bruns gominés et blouson de cuir noir.
Moins célèbre que ses trois comparses, le
parcours de cet entrepreneur de quarantetrois ans est pourtant jonché de sociétés
De nouveaux dossiers
série d’été 9/9
LES NOUVELLES STARS DE LA FINTECH
Anaïs Moutot
— Correspondante à San Francisco
d e s e n t r e p r i s e s e n g r ave
difficulté – entre 2008 et 2010.
« En tant qu’ancien secrétaire
général adjoint du Ciri [Comité
interministériel de restructuration industrielle, NDLR], c’est
m o i q u i a i ré u n i l ’ é q u i p e ,
rappelle Dominik Zwerger. Je
souhaitais m’associer avec deux
personnes aux profils entrepreneuriaux et opérationnels, ce qui
nous permet de mieux comprendre les enjeux des dirigeants, et
qui n’aient pas une approche
purement financière des reprises
d’entreprises. » Dominik Zwerger s’associe ainsi avec Roland
Germain, ancien président du
groupe Geoxia (construction de
maisons individuelles), et Douglas Rosefsky, ex-dirigeant du
bureau parisien d’Alvarez &
Marsal.
emblématiques qui racontent l’histoire de
la Silicon Valley. Après des incursions dans
les outils de recommandation avec Yelp et
les réseaux sociaux avec Slide, le millionnaire est revenu à ses premières amours – la
fintech – en 2012, en créant Affirm, une
plate-forme voulant réinventer le crédit à la
consommation.
Rejet des cartes de crédit
Max Levchin, qui s’appelle en réalité Maksymilian Rafailovych Levchyn, est né
à Kiev, en Ukraine, où il a vécu jusqu’à l’âge de seize ans. Photo Affirm
Comme une part croissante des jeunes
Américains, ce père de deux enfants
abhorre les cartes de crédit. Le système le
révolte tellement qu’il se lance dans une longue tirade soulignant « la malhonnêteté »
des institutions proposant des prêts à taux
zéro dans une interview avec le recteur de
son ancienne université au printemps. « En
tout petit, les conditions générales indiquent
qu’en cas de retard le taux passe de 0 % à
29,99 % et qu’il y a des frais supplémentaires
de 38 dollars. Et elles évitent de vous rappeler
les échéances. » Puis il conclut : « On dirait
que j’ai un peu trop bu de la potion de justice
sociale que j’ai fuie quand j’étais adolescent. »
Une référence humoristique à ses origines soviétiques : Max Levchin s’appelle en
réalité Maksymilian Rafailovych Levchyn,
est né à Kiev, en Ukraine, où il a vécu jusqu’à
l’âge de seize ans. En 1991, ses parents, une
ingénieure et un dramaturge juifs, obtiennent l’asile politique aux Etats-Unis et
s’installent à Chicago avec leurs deux fils.
Passionné de programmation informatique, Max Levchin rejoint l’université
d’Illinois après le lycée et passe ses journées et ses nuits à coder. « Je crois que je
n’ai pas bu un seul verre durant ces années.
J’étais un “nerd”. Je dormais à côté du
distributeur de nourriture, parce que je
pouvais coincer mon corps entre la
machine et le mur », raconte-t-il.
Approché par des étudiants de son université pour créer une société développant
des applications Internet, il enchaîne les
échecs jusqu’à cofonder Confinity avec
Peter Thiel en 1998. Ils mettent au point PayPal, un logiciel transformant les terminaux
de poche, comme le Palm Pilot, en instruments de paiement. Une année plus tard,
l’entreprise fusionne avec X.com, un
concurrent fondé par Elon Musk, avant
d’être rachetée par eBay en 2002 pour
1,5 milliard de dollars.
Max Levchin ressort de l’opération
avec 34 millions de dollars en poche. De
l’argent frais qu’il utilise pour lancer
Slide, un fabricant de « widgets » permettant de créer des diaporamas de photos et de vidéos sur les blogs et les
réseaux sociaux. En 2010, il revend l’outil
à Google pour 182 millions de dollars et
devient vice-président chargé de l’ingénierie du moteur de recherche. Mais la
fièvre de l’entrepreneuriat le démangeant à nouveau, il quitte le géant du Web
un an plus tard pour créer Affirm.
L’entreprise, valorisée 1,75 milliard de
dollars en décembre, selon Reuters, cherche à faciliter les prêts à la consommation
en ligne pour des biens de quelques centaines à plusieurs milliers de dollars (ordinateur, matelas, mobilier…). Le modèle repose
sur une transparence accrue : pas de frais
cachés mais un taux d’intérêt entre 10 % et
30 % en fonction du risque posé par
l’emprunteur, évalué grâce à des algorithmes moulinant des centaines de données et
non pas seulement l’historique de crédit. La
société met aussi en place un système
d’alertes rappelant aux emprunteurs ce
qu’ils doivent payer.
La start-up, qui a réalisé plus de 1 million
de prêts depuis ses débuts, assure augmenter le taux de conversion et la taille du
panier des commerçants par rapport aux
cartes de crédit. Elle se diversifie de plus en
plus avec des partenariats dans le secteur
du tourisme (Expedia, Suiteness…) et
s’étend aussi de l’e-commerce aux achats en
magasin : depuis mars 2018, il est possible
de l’utiliser partout où Apple Pay est
disponible.
l
RETROUVEZ DEMAIN
Notre nouvelle série sur les mégafusions
de la finance
FINANCE & MARCHES // 21
Les Echos Lundi 20 août 2018
séAncE du 17 - 08 - 2018
CaC 40 : 5344,93 (-0,08 %) neXt 20 : 12159,36 (-0,07 %)
CaC larGe 60 : 5949,91 (-0,08 %)
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Valeurs françaIses
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ost
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ouv
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arKema (aKe) L
a 105,1
105,35
186895
105,5
fr0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
104
artPrice.com (prc) g
c 14,6
14,26
15588
14,7
fr0000074783
6.651.515
14,06
assYstem (asY) g
B 27,75
27,4
oPa 24/11/17
221
27,8
fr0000074148
19/06/18 1 15.668.216
27,4
atari (ata)
c 0,459
0,452
408340
0,459
fr0010478248
255.105.360
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auBaY (aub) g
c 37,4
37,8
3598
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fr0000063737
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37,4
aurea (aure)
c 7,32
7,18
496
7,32
fr0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
7,16
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c 0,24
0,23
864011
0,245
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B 18,78
18,68
149
18,8
fr0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
18,6
Bénéteau (ben)
a 14
13,92
64982
14,06
fr0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
13,76
Bic (bb) !
a 77,5
77,7
98874
77,7
fr0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
77,25
BiGBen int. (biG) g
c 10,8
10,66
8893
10,8
fr0000074072
30/07/18 0,1 19.060.784
10,6
BiomérieuX (bim)
a 72,5
73,3
70380
73,3
fr0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
72,2
Boiron (boi) g
a 68,5
68,5
2339
68,5
fr0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
68,2
Bolloré (bol) !
a 4,05
4,066
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4,076
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4,048
BonDuelle (bon) g
B 28,15
28,45
7321
28,85
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22,26
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22,15
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1315
58
1325
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1315
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c 23,1
23
6349
23,1
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22,95
casino (co) LR
a 31
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518657
31,2
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catana GrouP (catG) g
c 2,8
2,805
59915
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30.514.178
2,78
cGG (cGG) !
c 2,336
2,306
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2,37
fr0013181864
699.326.544
2,29
cHarGeurs (cri) g
c 23,4
23,36
11183
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fr0000130692
26/04/18 0,35 23.501.104
23,06
cHristian Dior (cDi)
a 375,1
369
eX D oP 08/06/17
6153
375,1
fr0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
366,6
cie Du camBoDGe (cbDG)
a
/150818
fr0010557264
aBc arBitraGe (abca) g
fr0000079659
A : indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : bénfice par action. PER : price earning ratio. les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres a pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et c pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : valeurs de l’indice cacnext20. R : valeurs de l’indice caclarge60. ! : valeurs de l’indice cacmid60. g : valeurs de l’indice
cacsmall. les bénéfices par action : source facset Jcf estimates. mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 0,54 - 46,04
11,15
- 56,05
4,05
+ 0,42 + 13,06
- 4,95
7,48
+ 16,01
6,27
+ 0,3 - 23,29
- 1,34
9,87
- 35,48
6,48
- 4,69 - 29,07
- 2,56
0,87
- 16,44
0,562
+ 0,35 + 21,92
+10,09
9,08
+ 7,18
6,83
- 1,82 + 12,89
-10,99 21,3
- 11,33 13,28
+ 1,17 + 20,19
- 3,35 202,6
+ 31,7 156
- 3,09 - 35,42
+20,17
14,51
- 31,78
6,646
- 0,15 + 42,55
+ 6,45 68,8
+ 48,65 46,2
- 33,85
- 4,9
36,8
- 31,17
21,1
+ 0,13 + 23,89
+ 7,74 16,64
+ 18,83 12,54
- 1,01 - 10,34
+ 1,91 36,1
+ 9,7
27,3
- 0,51 + 6,43
- 4,09 41,52
+ 20,38 32,79
+ 0,11 - 13,02
- 7,27 218,5
- 5,24 178,2
+ 0,52 + 24,26
- 0,4
92,8
+ 16,78 69,5
+ 2,75 - 26,81
+ 6,64 13,681
- 31,1
8,13
+ 0,94 - 9,04
+ 5,92
4,4
- 34,82
2,9
- 1,17 - 15,98
+ 1,16
77,66
- 11,07 57,74
- 1,55 - 13,61
- 1,55 16,4
- 8,37 12,3
- 0,14 + 8,92
-13,24
1,576
+ 12,38
0,65
+ 0,57 + 3,74
+ 0,77 112,9
+ 10,36 94,82
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+ 1,13
17,88
- 17,09 13,16
- 1,44 - 8,42
+ 0,74 33,05
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0,948
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0,367
+ 1,34 + 9,25
- 1,56 43,3
+ 26,17 33,55
- 1,64 - 16,61
- 7,71
9,3
- 5,28
6,94
- 3,36 + 9,52
+ 3,6
0,477
+ 27,78
0,21
- 0,64 - 18,07
- 5,08 23,1
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+ 0,14 - 30,21
+11,54 23,2
- 1,63 12,38
+ 0,78 - 15,23
- 3,06 99,05
- 23,82 73,05
- 1,3 - 22,7
- 5,16
16,2
+ 12,33 10,3
+ 1,52 - 1,86
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82,2
+ 17,32 59
- 8,48
- 6,68 78,5
- 14,56 66,1
+ 0,4 - 10,2
+ 6,38
4,798
+ 3,2
3,8
+ 1,07 - 35,45
-10,25 47,8
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+ 11,48 1255
- 0,22 - 0,93
- 1,71 25,35
- 3,77 22,4
- 0,16 - 39,1
-11,95 53,48
- 40,12 30,37
- 0,18 - 7,43
- 2,26
3,611
+183,06
2,697
- 1,2 + 50,93
+ 5,49
4,1
+ 97,78
1,295
- 0,51 - 7,7
- 7,01 28,64
- 1,1
22,1
- 1,68 + 21,16
+ 1,88 383,8
+ 45,65 291,6
- 7,56
7550
- 7,95 6550
Valeurs mnémo / info /
ost
isin / Date Détach. coupon / Div
ouv
vol.
nb titres
clot
% Veil % an
bpa
+ haut % mois + haut an per
+ bas % 52 s. + bas an rDt
claranoVa (cla) g
c 0,829
0,825
922988
0,838
393.613.788
0,817
a 20,08
19,99
264065
20,08
fr0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
19,86
coFace (cofa) g
a 7,99
7,92
170006
8,07
fr0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
7,88
colas (re)
a 170
169,4
355
170,4
fr0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
169,4
Dassault aV. (am) !
a 1536
1525
3765
1538
fr0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
1510
Dassault sYstèmes (DsY) LR a 132,65
132,15
194665
133,05
fr0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
131,45
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B 31,58
32,2
77898
32,48
fr0010417345
30.006.352
31,58
DericHeBourG (DbG) g
B 4,65
4,782
391146
4,794
fr0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
4,57
DeVoteam (Dvt) g
c 108,8
107,2
1072
109
fr0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
107
Dir. enerGie (Dir)
42,06
42,02
24353
42,14
fr0004191674
01/06/18 0,35 44.832.479
42
DnXcorP (DnX) g
c 6,48
6,5
7055
6,5
fr0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
6,3
eDenreD (eDen) !
a 34,7
34,75
345714
35,05
fr0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
34,57
eDF (eDf) LR
a 13,4
13,37
eX-Ds 7/03/17
1526765
13,415
fr0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
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eiFFaGe (fGr) LR
a 93,58
94,3
163846
94,88
fr0000130452
22/05/18 2 98.000.000
93,58
eKinoPs (eKi) g
3,13
3,12
7185
3,15
fr0011466069
21.529.161
3,12
elior (elior) !
a 13,94
13,97
145388
14,07
fr0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
13,78
elis (elis) !
a 19,32
19,19
172418
19,32
fr0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
19,12
eos imaGinG (eosi)
c 3,65
3,495
33174
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fr0011191766
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3,495
eramet (era) !g
a 75,35
71,75
158674
75,35
fr0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
70,25
erYtecH PHarma (erYp) g
B 8,8
9,11
39940
9,13
fr0011471135
17.940.035
8,8
esi GrouP (esi) g
c 40,75
40,6
88
40,8
fr0004110310
5.955.072
40,6
eurazeo (rf) !
a 65
65,15
91685
65,35
fr0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
64,45
euro ressources (eur)
c 3,21
3,21
863
3,21
fr0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
3,19
euroFins scientiFic (erf) !
a 439
446,4
21411
446,4
fr0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
435,8
euroPcar GrouPe (eucar) !
a 8,42
8,36
189990
8,42
fr0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
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eurotunnel (GrouPe) (Get) LR a 10,835
10,935
808466
10,935
fr0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
10,82
eutelsat com. (etl) L!
a 20,36
20,3
340121
20,48
fr0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
20,18
eXel inDustries (eXe) g
B 105,5
105,5
155
106
fr0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
105,5
Faurecia (eo) !
a 53,2
53,12
259769
53,38
fr0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
52,38
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a 112,8
112,2
1930
112,8
fr0000064784
22/05/18 2 25.072.589
111,4
FiGeac aero (fGa) g
B 13,42
13,74
67553
13,78
fr0011665280
31.839.473
13,42
Fin. oDet (oDet)
a 854
862
152
862
fr0000062234
07/06/18 1 6.585.990
846
Fnac DartY (fnac)
a 74,95
74,85
16908
75,25
fr0011476928
26.792.938
73,6
Foncière Des murs (fmu)
a 26,4
26,4
379
26,4
fr0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
26,3
Foncière Des réGions (fDr) ! a 88,9
89,5
100181
89,7
fr0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
88,9
Foncière lYonnaise (flY)
a 58,6
58,6
152
58,6
fr0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
58,2
FromaGeries Bel (fbel)
a
/150818
fr0004026714
cnP assurances (cnp) !R
2,82
1,41
1,02
1,06
1,35
3,44
1,71
0,95
1,16
2,62
4,21
2,13
2,18
3,65
0,64
2,09
1,07
1,8
4,44
0,94
0,46
2,34
0,49
1,58
2,52
1,22
5,07
1,07
0,92
2,73
fr0000121857
18/05/18 7 6.872.335
Futuren (ftrn) g
c 1,13
n/P reGr.
14289
fr0011284991
277.776.587
Geci international (Gecp) g
c 0,18
511161
fr0000079634
01/10/01 0,1 149.898.521
Gecina (Gfc) !
a 146
51007
fr0010040865
12/06/18 2,65 76.162.901
Gemalto (Gto) L
a 49,8
145126
nl0000400653
22/05/17 0,43 90.785.956
GenFit (Gnft) !
B 23,22
87121
fr0004163111
31.166.437
GensiGHt (siGht)
c 2,12
26516
fr0013183985
24.766.723
Genticel (Gtcl) g
1,62
21207
fr0011790542
77.850.006
1,13
1,135
1,13
0,177
0,18
0,175
146,3
146,3
145,5
49,8
49,87
49,74
23,38
23,58
23,18
2,11
2,13
2,1
1,63
1,658
1,62
- 0,3
- 5,71
+ 87,5
- 0,55
+ 2,04
- 1,04
- 0,63
-12,49
- 5,49
- 0,35
- 3,86
- 3,72
+ 68,37
1,223
0,491
+ 3,82
21,62
18,41
- 11,15
10,76
7,5
- 6,67
192
168,8
+ 17,5
-11,34 1729
+ 17,2 1267
- 0,26 + 49,17
+ 1,5 133,7
+ 58,04 87,52
+ 2,29 - 23,14
+ 2,74 47,38
- 56,73 28,54
+ 3,11 - 47,52
- 4,05
9,18
- 39,77
4,57
- 1,11 + 43,22
+ 2,29 110
+ 40,28 72,5
- 0,29 + 6,41
- 0,14 42,8
- 19,19 28,3
+ 0,31 + 4
- 5,8
10
+ 7,44
5,8
- 0,03 + 43,71
+23,14 35,95
+ 56,25 23,74
- 0,22 + 28,31
+ 9,01
13,55
+ 44,07
9,832
+ 0,53 + 3,24
- 2,34 101,7
+ 12,22 87
- 0,48 - 33,33
- 9,57
5,49
- 37,97
3,1
+ 0,07 - 18,9
+ 7,46 19,71
- 39,27
11,59
- 0,26 - 16,62
+1
23,94
- 4,91
17,94
- 3,98 - 26,88
-25,16
5,92
- 27,79
3,495
- 5,34 - 27,55
-35,88 167,2
+ 26,99 70,25
+ 2,94 - 50,76
- 4,11
19,57
- 62,43
8,61
- 0,73 - 12,69
- 2,64 48
- 8,56 34,8
+ 0,23 - 11,16
- 4,47 82,286
- 3,98 63,5
- 8,29
+ 0,31
3,61
- 8,55
3,14
+ 2,06 - 12,06
- 4,57 545,5
- 7,91 382,2
- 0,24 - 18,44
- 2,9
11,78
- 30,28
8,095
+ 1,11 + 2,01
- 8,03 12,49
+ 12,05 10,11
- 0,49 + 5,21
+ 7,78 20,82
- 18,39 15,275
- 9,05
+ 2,93 125,5
+ 0,63 87,8
- 0,26 - 18,44
-13,54 76,98
+ 8,18 52,38
- 0,18 + 11,86
+ 2,56 117,6
+ 26,51 94,5
+ 2,39 - 27,26
- 2,69 19,5
- 23,88 13,14
+ 0,23 - 12,57
+ 7,75 1090
- 0,9 786
- 0,13 - 25,67
- 7,99 106,6
- 5,41 72,7
+ 0,38 - 7,76
- 0,38 29,9
+ 1,03 25,3
+ 0,45 - 5,27
+ 1,42 97,3
+ 8,3
84,6
+ 7,31
+ 0,69 63,4
+ 8,42 54,4
- 8,98
- 0,89 565
- 20,43 436
1,14
1,125
- 1,39 + 96,67
- 0,56
0,32
- 6,84
0,09
+ 0,21 - 4,94
- 0,07 161,9
+ 11,51 137,3
+ 0,02 + 0,61
- 0,48 50,38
+ 11,96 49,1
+ 0,78 - 2,26
- 3,31 28,28
- 7,37 22
- 65,86
- 7,46
7,68
- 56,94
2,09
+ 0,74 - 1,81
- 1,21
2,08
- 12,83
1,42
4,2
4,29
4,84
1
0,44
2,93
0,84
0,83
21,54
1,78
1,12
2,12
3,01
1,93
3,21
1,92
4,67
0,54
1,82
2,74
5,96
1,5
2,07
1,78
0,12
1,57
4,21
11,82
Valeurs françaIses
Valeurs mnémo / info /
ouv
clot
ost
vol.
+ haut
isin / Devise / Date Détach. / Div nb titres
+ bas
Gl eVents (Glo) g
B 23,85
23,7
5474
23,95
fr0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
23,3
GrouPe crit (cen) g
B 71,4
71,3
863
71,6
fr0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
71,2
GrouPe Flo (flo) g
c 0,26
0,268
eX D s 13/06/17
6558
0,268
fr0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,255
GrouPe GorGé (Goe) g
B 14,08
14,1
3065
14,18
fr0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
13,9
GrouPe lDlc (lDl) g
c 17,94
17,5
nom.
4151
17,94
fr0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
17,28
GrouPe PartoucHe (parp)
25,7
26
reGr.
63
26
11/09/17 0,31 9.627.034
25,7
fr0012612646
Gtt (Gtt) !g
a 59,35
59,05
35751
59,35
fr0011726835
29/05/18 1,33 37.028.800
57,8
Haulotte GrouP (piG)
B 11,64
11,5
8084
11,9
fr0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
11,5
HiGH co (hco) g
c 5,53
5,55
10712
5,64
fr0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,51
HuBWoo (hbW) g
c
/150818
fr0004052561
icaDe (icaD) !
136.345.527
a 82,2
82,3
38580
82,5
02/05/18 4,3 74.531.428
82
B 146,2
144,8
1595
146,6
fr0010929125
5.628.475
144,6
iliaD (ilD) !
a 125,9
126,3
88466
126,35
fr0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
124,6
imerYs (nK) !
a 62,7
62,45
70213
62,85
fr0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
62,1
inGenico GrouP (inG) LR
a 65,84
65,88
209432
66,22
fr0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
65,44
innate PHarma (iph) g
B 4,514
4,56
29221
4,574
fr0010331421
57.600.100
4,514
insiDe secure (insD)
c 2,72
2,72
59127
2,735
fr0010291245
44.119.162
2,71
inter ParFums (itp) g
B 39,5
39
10016
39,6
fr0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
38,9
iPsen (ipn) !
a 144,4
144,25
75426
145,75
fr0010259150
04/06/18 1 83.794.128
142,95
iPsos (ips) !
a 28,72
28,98
26322
29,08
fr0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
28,72
JacQuet metal serVice (JcQ) g B 24,5
24,4
4826
24,55
fr0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
24,4
JcDecauX (Dec) !
a 28
27,12
134126
28
fr0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
27,02
KauFman & BroaD (Kof)
B 44
43,82
16330
44,28
fr0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
43,54
KlePierre (li) LR
a 31,63
31,64
342852
31,65
fr0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
31,3
Korian (Kori)
a 27,8
27,94
46552
28,08
fr0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
27,74
laFarGeHolcim (lhn) L
a 42,5
42,21
130485
42,62
ch0012214059
chf 11/05/18 2 606.909.080
41,79
laGarDère (mmb) !
a 24,9
24,94
232613
24,99
fr0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
24,8
latecoere (lat) g
c 3,98
3,98
44953
4,01
fr0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,97
le Bélier (beli) g
c 48,2
48,05
1129
48,2
fr0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
47,9
lna santé (lna) g
B 56
56,2
1685
56,3
fr0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
56
lectra (lss)
B 22,4
22,3
13416
22,4
fr0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
21,85
lineData sVices (lin) g
B 36
35,9
2756
36
fr0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
35,5
lisi (fii) g
a 31
31,5
12851
31,6
fr0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
30,95
lumiBirD (lbirD) g
c 15,7
15,16
19326
15,7
fr0000038242
15.884.557
14,5
m6-métroPole tV (mmt) !
a 17,55
17,5
81226
17,75
fr0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,47
maisons Du monDe (mDm)
B 24,38
24
90955
24,44
23,74
fr0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
maisons France conF. (mfc) g B 47,2
46,3
1051
47,2
fr0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
46,3
manitou (mtu) g
B 32,35
31,7
13448
32,4
fr0000038606
18/06/18 0,62 39.617.974
30,7
marie BrizarD W & s (mbWs)
B 6,25
6,31
4236
6,39
fr0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
6,25
mauna Kea (mKea)
c 2,78
2,78
15995
2,78
fr0010609263
23.147.338
2,73
mercialYs (merY) g
a 14,85
14,94
71099
14,96
fr0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
14,83
mersen (mrn) g
B 33,25
33,25
23309
33,65
fr0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
32,7
metaBolic eXPlorer (meteX) g c 1,93
2,03
131287
2,03
fr0004177046
23.261.500
1,9
nanoBiotiX (nano) g
B 14,99
14,85
46947
15,01
fr0011341205
19.633.373
14,72
natiXis (Kn) LR
a 5,852
5,794
3323280
5,852
fr0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,726
natureX (nrX) g
B 134,8
134,8
262
135,2
fr0000054694
03/07/14 0,1 9.568.951
134,8
netGem (ntG) g
c 1,84
1,875
4869
1,875
fr0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,82
neXans (neX) !
a 27,69
27,4
124583
27,92
fr0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
27,13
neXitY (nXi) !
a 51,9
52,35
70121
52,6
fr0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
51,7
nicoX (coX)
B8
7,97
26647
8,045
fr0013018124
22.869.669
7,95
nrJ GrouP (nrG) g
B 8,96
8,96
4869
9,04
fr0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,94
oeneo (sbt) g
B 9,84
9,9
8606
9,9
fr0000052680
31/07/18 0,15 63.180.843
9,7
onXeo (onXeo) g
B 1,166
1,209
276979
1,233
fr0010095596
50.914.722
1,166
orPéa (orp) !
a 111,7
112,05
61721
112,55
fr0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
111,5
Parrot (parro) g
B 4,49
4,64
62785
4,645
fr0004038263
30.174.671
4,47
PHarmaGest int. (pha)
63,8
63
1705
63,8
fr0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
62,8
Pierre & Vacances (vac) g
B 27,25
27,65
2235
27,8
fr0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
27
PiXium Vision (piX) g
c 1,67
1,666
21719
1,68
fr0011950641
20.813.963
1,632
Plastic omnium (pom) !
a 34,58
34,36
186920
34,59
fr0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
33,98
PlastiValoire (pvl)
B 14,42
14,38
DiV 8 02/05/17
29556
14,56
fr0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
14,24
PsB inDust. (psb)
c 50,2
50
324
50,2
fr0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
50
rallYe (ral)
a 9,785
9,805
51136
9,88
fr0000060618
30/05/18 1 54.999.135
9,6
recYleX sa (rX)
c 8,16
8,09
20493
8,17
fr0000120388
04/07/90 0,61 25.741.482
7,99
rémY cointreau (rco) !
a 123,8
123,7
59169
124,5
fr0000130395
31/07/18 1,65 50.223.800
123,1
reXel (rXl) !
a 13,3
13,38
548216
13,38
fr0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
13,225
roBertet sa (cbe)
B
/150818
c.i.P.
fr0000045601
28/06/18 5,2 143.582
roBertet sa (cbr)
B
/121016
c.D.V. nom.
fr0000045619
rotHscHilD & co (roth)
a 31,15
31,15
32778
31,35
fr0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
30,95
ruBis (rui)
a 50,65
50,45
DiV 2 28/07/17
118991
50,9
fr0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
50,3
sartorius steD. Bio. (Dim)
a 103,9
104,3
DiV 6 10/05/16
27861
104,6
fr0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
103,5
saVencia (bh)
B 74,6
74,6
2560
74,8
fr0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
74
fr0000035081
iD loGistic (iDl) g
% Veil
% mois
% 52 s.
- 1,04
+ 6,04
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+ 2,91 180
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1,08
- 1,81 + 37,2
-11,63 107,9
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- 5,9
111,7
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7,63
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80
Autres Valeurs de la Zone euro
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nl0000400653
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lu0088087324
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4,57
VALeurs Zone InternatIonale
General electric (Gne)
10,7
5042
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ch0012214059
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475
Gb00bZ21rf93
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us3696041033
HsBc (hsb)
10,68
10,84
10,68
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7,9
7,812
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55,4
54,4
26,85
27,05
26,85
- 0,37
- 8,72
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- 2,68
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+ 3,35
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+ 1,11
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51
- 30,28
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
22 // FINANCE & MARCHES
Lundi 20 août 2018 Les Echos
euronext//taux&changes//matières premières
EuronExT hors srd
isin
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actions
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valeur
ouv
+ht +bs
clôt écart vol
2crsi
c 10,55 10,6
10,45
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3622
a.s.t. groupeg
c 10,32 10,46 10,24
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2469
abeo
c 35,8 36,2
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324
acteosg
c 3,1
3,1
3,1
3,1
1
ad capital
0,09
adl partnerg
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15
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3,97
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356
advenisg
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1,82
1,82
26
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c 11,728 11,728 11,726
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advini
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affine reg
c 16,06 16,2
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2084
afone
c 9,75
9,75
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alpha mos
c
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altamirg
b 16,54 16,56 16,48
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29171
altareit
b550 550
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550
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amoebag
c 4,72
4,72
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18786
antalis
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3321
argang
b 44,7
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artea
c
10,5
artois
a6200 6200 6200
6200
- 0,8
3
ateme
c 13,6
13,66
13,58
13,6
1949
au femining
b 37,5 38
37
37,7 + 0,53
582
augros cp
c
6,2
aures tech.
c 42,7
42,7
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4247
awoxg
2,08 2,12
2,08
2,12 + 1,92
baccarat
b
222
bains monaco
b 52,8 52,8
52
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1854
balyo
c 3,58 3,58
3,38
3,51 - 1,4
109111
barbara bui
c 7,85
7,85
7,75
7,75 + 6,9
334
bastide
c 46,6
47
45,7
47 + 3,18
1100
c
bleecker
90
blue solutionsg
15,95 15,95
15,9
15,9 - 1,24
1510
bourbon!g
a 5,2
5,2
5,07
5,11 - 0,97
17866
bourse direct
c
1,53 - 4,4
business et dec.g
c 7,72
7,92
7,72
7,92
154
cafom
c 9
9
9
9
- 1,64
112
capelli
45
45,5
44,8
45,2 + 0,44
316
carp.de partic.
c
54
castg
c 3,93
3,94
3,86
3,94 + 0,25
1246
catering inter.g
b 16,3
16,35
16,25
16,3
722
cbo territoriag
c 3,75
3,75
3,74
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5251
cca intern.
c
4,99
cegedimg
b 32,1
32,2
31,9
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674
cegerealg
b 37,4
37,4
37,2
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42
cellnovog
c 2,805 2,82
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16475
cerenisg
b 1,92
1,922
1,87
1,878- 2,19
21987
cfi
c
1,9
chausseria sa
c
0,001
cibox inter.g
c 0,236 0,236 0,225
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clayeuxg
c
0,25
cnimg
b106
106
105,5
106
60
cogelec
c 11,71 11,71
11,65
11,65 - 0,51
422
coherisg
c 2,24 2,24
2,24
2,24
201
constellium
11
courtois
c143
143
143
143
1
cr alpes prov.
c 112
112,4
112
112,4 + 0,04
88
cr atl. vendée
c130,8 130,8 130,5
130,7 - 0,08
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cr brie picard.
b 24,34 24,695 24,305 24,605+ 0,59
1549
cr ille vilaine
c 101,98 102,26 101,02 102,26 + 0,26
227
cr languedoc
c 74,59 74,6
74,5
74,6
239
cr loire hte-loire c 90,01 90,01 90,01
90,01 + 0,01
1
cr morbihan
c 81,1
81,1
80,5
80,5 - 0,73
7
cr nord france
b 21,5
21,55
21,2
21,4 - 0,47
3736
cr norm. seine
c 129
129
127,92
127,92 - 0,84
4
cr paris idf
b 91,7
91,8
91,7
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387
cr rhône-alpes
c198
198
197,5
197,5 - 0,25
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cr toulouse
c 111,78 111,8
111
111,8 + 0,02
124
cr tour. poitou
c105
105,7
105
105,7 + 0,29
160
crosswood
c
4,06
cs-com. et syst.g
c 6,8
6,82
6,68
6,82 + 0,89
3458
daletg
c 14,6
14,6
14,5
14,5 - 0,69
36
dane-elec memoryg c
0,56
deinove
2,495 2,495 2,385
2,4 - 2,64
21319
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51
50
50
182
digigram
c 0,75
0,785 0,75
0,785
10130
dms
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1,185
1,18
1,185+ 0,85
2355
docks pétroles a c
540
dom securityg
c 60,6 60,6
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59,4 - 1,98
2499
ecag
c 15,4
15,55
15,2
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477
egideg
c 2,15
2,17
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2,14 - 2,28
3693
elect. strasbourg b 113
115
112,5
115 + 0,44
216
electro powerg
c 10,85 11,1
10,85
11,1 + 2,78
3705
encres dubuitg
c 5,4
5,4
5,4
5,4
3
essog
b 46,9
47,45 45,1
46,9 + 3,53
1287
eurasia fonc inv
c
0,184
euromedis groupeg c 6,85 6,85
6,85
6,85
38
europacorpg
c 1,71
1,745
1,665
1,71
41521
exacompta clairef. c 123
123
123
123
- 0,81
44
expl. prod. chim.
c
860
expl. prod. chim.
c825
825
825
825
6
f.i.e.b.m.
c 6,9
6,9
6,9
6,9 + 9,52
1
f.i.e.b.m.
c
128
f.i.p.p.
c
0,284 - 0,66
fauvet-girel g
c
24
fermentalgg
3,04 3,04
2,96
3,005- 1,15
5873
fermière cannes
b1610 1610
1610
1610
- 0,62
2
fiducial office
c 28
28
28
28
1
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b 194
194
194
194
- 0,51
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a
5600
finatis
b 47,4
47,4
47,4
47,4
1
fleury michon
b 50
50,2
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foncière 7 inv.
c
2,28
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c 116
116
116
116
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b 31,8
31,8
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b 40
40
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c
34,97
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c 4,1
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15000
française energie c 14,75 14,85 14,7
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frey
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c
49
galimmo
c 24,2 24,2
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b 142,5 143
142,5
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gea
c 97
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generixg
c 3,6
3,61
3,53
3,59 + 2,28
11141
genomic visiong
0,81
0,875 0,791
0,824+ 2,23 318879
gérard perrier
c 59,2 59,8
59
59,8 + 1,36
90
gfi informatiqueg b 8,08 8,08
8,02
8,02 - 0,99
1771
graines voltZ
c 38,6 38,6
38,6
38,6 - 1,03
200
groupe ird
c 25,2
25,2
25,2
25,2
1
groupe jaj
c
1,85
groupe openg
c 29,25 29,8
29,25
29,8 + 1,53
3593
groupe piZZorno
c 20,9 20,9
20,5
20,5 - 2,38
210
groupe sfpig
c 3,2
3,2
3,16
3,16 - 1,25
2432
guerbetg
b 57,8 58
57,7
57,7 - 0,17
2216
guillemot corp.g
c 4,9
5,1
4,9
5
+ 4,17
15716
guy degrenne
c 0,182 0,182
0,182
0,182
1
hf companyg
c 7
7,08
7
7,08 + 1,14
842
hipay group
c 15,1
15,1
14,2
14,3 - 3,05
1686
hopscotch groupeg c 7,6
7,6
7,54
7,6
281
idi
b 44,6 44,7
44,4
44,7
273
ige + xaog
c
136,5
immo. dassault
b 54,2 54,2
54,2
54,2
306
immo. hôtelière
c
1,04
ind. fin. ent.
c 67,5
67,5
67,5
67,5
10
infotelg
c 49
49,7
48,9
49
3550
innelec mult.g
c 5,68 5,8
5,68
5,78 + 1,05
1408
installux sa
c372
372
372
372
+ 0,54
62
intexa
c
2,32
inventiva
b 8,22 8,22
8,16
8,16 - 0,49
334
it linkg
c 8,1
8,1
8,1
8,1 + 0,75
72
itesoftg
c 3,8
3,8
3,76
3,76 - 1,05
1105
its groupg
c 7,36
7,38
7,28
7,38
96
jacques bogart
c 6,62 6,62
6,5
6,62
5046
keyrusg
c 6,12
6,14
6,06
6,06 - 1,3
1263
la foncièreverte c
57
lacroix sa
c 26,7
26,9
26,5
26,9 + 0,75
369
lafuma
c 23
23
23
23
+ 0,88
250
lanson-bcc
b 31,6
31,6
31,4
31,4 - 0,63
73
laurent-perrier
b 111,5 112
111
112
+ 0,45
69
le tanneurg
c
2,1
lebon
c142,5 144
137
138,5 - 2,81
473
les hôtels de paris c 2,2
2,2
2,2
2,2 - 20,86
800
les nx constr.
b 47,8
47,9
47,5
47,9 + 0,42
530
lexibookg
c 0,892 0,91
0,892
0,906- 3,41
3469
locindus
b 24,9 25,1
24,9
24,9
799
malteries fr-b
c
505
manutan inter.g
b 72
72
70,8
70,8 - 1,67
322
maurel & prom!
a 5,84 5,9
5,7
5,77 - 1,2
156070
mcphy energyg
5,78
5,94
5,77
5,94 + 2,77
10946
actions
françaises
EuronExT hors srd suite
isin
fr0000061244
fr0000052623
fr0000064404
fr0010298620
fr0000077570
fr0011584549
fr0000064180
fr0004034320
fr0000060196
fr0000037970
fr0011341205
fr0013018041
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fr0012789386
fr0010298901
fr0010428771
fr0000075392
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fr0010609206
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fr0010263202
fr0000038465
fr0011027135
fr0000053514
fr0000066441
fr0012432516
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fr0004044600
fr0012613610
fr0010380626
fr0010211615
fr0000044471
fr0000075954
fr0000039091
fr0013344173
fr0000060071
fr0000060121
fr0006239109
fr0000039109
fr0004175842
fr0011950682
fr0000060790
fr0000074122
fr0013214145
fr0004016699
fr0010209809
fr0000072563
fr0000078321
fr0000038804
fr0000075517
fr0000065864
valeur
ouv
+ht
mecelec
c 1,75
1,75
medasysg
c 0,39 0,39
média 6
c 13,65 13,8
memscapg
c 1,99
1,99
micropoleg
c 1,35
1,355
mndg
2,075 2,1
moul. strasbourg c
mr bricolage sa
b 12,55 12,55
mrm
c 1,53
1,53
musée grévin
c
nanobiotixg
b 14,99 15,01
navya
b 6,86 6,89
neopost!
a 22,48 22,5
neuronesg
b 23
23
nextstage
c 101
102
officiis propertiesg c 1,59
1,59
ol groupeg
c 2,94 2,94
orapig
c 8,1
8,12
orchestra-pre.
c 1,39
1,39
orege
3,34 3,4
paragon id
c 29,85 29,85
c 82
83
parefg
passat
c 4,14
4,15
patrimoine & com
b 19,7
19,8
pcas g
c 16,1
16,58
poujoulat
c
poxelg
c 6,71
6,81
precia g
c
prismaflexg
c 17,5
17,5
prodways group
b 4,2
4,245
prologueg
c 0,603 0,624
quotium tech.
c
ramsay gds
b 19,7
19,7
riberg
c 3,44 3,45
robertet sa
b502 504
roche bobois
b 22,2 22,2
s.a.m.s.e.
b 156
156
sabeton
c
c
scbsmg
séché env.g
b 27,8
27,8
selectirente
c 71
72
sergeferrari group c 8,92 8,92
signaux girod
c 25,6
25,8
sii
c 25,9
25,9
smcp
a 23,45 23,6
smtpcg
b 20,5 20,85
soc. fr. casinos
c
sodifrance
c 19,2
19,2
soditech ing.
c 0,8
0,8
sofibus
c
14,8
soft computingg c 14,8
sogeclairg
c 35,7
35,7
+bs
1,75
0,385
13,3
1,93
1,34
2,05
clôt écart vol
1,75 - 0,29
1000
0,385 - 1,79
2000
13,8 + 1,47
251
1,93 - 0,52
3101
1,345- 0,74
44922
2,05 - 1,21
61318
645
12,55
1,53
1
11
12,55
1,53
77
14,72
14,85 - 0,27
6,821
6,849- 0,02
22,16
22,38 - 0,36
22,3
22,9 - 0,44
101
102 + 0,99
1,59
1,59
2,91
2,94 + 0,34
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1,345
1,36 - 2,51
3,34
3,4 + 1,8
29,85
29,85
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82,5 + 1,85
4,12
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19,7
19,7
16,1
16,12 + 0,12
46947
3461
24777
4245
601
1
6957
241
16804
701
10
468
5057
585
434
34,6
6,7
6,78 +
+
17,25 4,2
0,621+
204
17,25
4,2
0,603
1,04
2,94
1,43
22039
0,98
151
6247
73752
19,7
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500
500
21,8
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156
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10271
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43
21
25
6,9
27,8
71
8,92
25,6
25,2
23,295
20,4
27,8 - 0,71
72
+ 1,41
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19,2
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471
11
1
201
6095
24036
2840
2,6
1
9187
186
14,8
34,2
14,8
34,6
1
987
- 2,81
isin
fr0000131732
fr0000063307
fr0004529147
fr0004037182
fr0000066482
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fr0000039240
fr0000036816
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fr0000034548
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fr0000062465
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fr0000050049
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fr0000065765
fr0004183960
fr0011995588
fr0004034072
fr0011471291
valeur
spir com.
tayninh
tessig
thermocompactg
tipiak
tivoly
tonna elect.
toupargel groupe
tour eiffel
txcellg
u10g
unibel
union fin. fr. bque g
utig
verneuil part.
vetoquinolg
videlio (ex:iec)
viel et cieg
viktoria investg
visiodentg
voluntis
voltalia
xilam animationg
ymagisg
ouv
c 2,75
c
b 177
c
c 88,5
c 36,2
c
c 3,78
b 50,4
2,415
c 3,24
a
b 28,2
c 0,616
c
b 54,6
c 1,68
c 5,3
c
c
c 11,8
b 9,35
c 42,8
5,52
+ht
2,8
+bs
2,75
us4282911084
us4567881085
ma0000011488
us58933y1055
us7427181091
lu0934195610
us9098831004
ch0008175645
ga0000121459
us91912e1055
bmg9887p1068
actions
françaises
EuronExT hors srd suite
clôt écart vol
2,8 - 1,06
579
1,36
179,5
177
177,5 + 0,85
305
88,5
36,2
88,5
36
88,5
36
- 0,55
1
131
3,78
50,4
2,43
3,24
3,78
50,2
2,41
3,2
3,78
50,4 + 0,4
2,43 + 0,41
3,21 - 1,23
1
93
59329
1553
35,5
aperam
beni stabili
celyad
cnova nv
dexia
euronext
mainstay medical
montea cva
nokiaR
rentabiliweb gpg
robeco nv
rolinco
a 38,74
0,75
c 25,46
a 4,26
c 4,6
a 52,15
14,4
47,2
a 4,58
c
39,26
41,36
56
c
15,2
13,1
60
73,6
13,1
60,5
73,6
12,85
60
73,6
13,05 + 1,16
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73,6 + 0,82
336
940
68
59,13
19,91
c
a136
48,4
137
135
137
9,95
c
+ 0,74
- 4,64
248
0,02
0,41
EuronExT groWTh (sélection)
isin
fr0010641449
fr0010397760
fr0012788065
fr0012816825
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fr0004197747
fr0013263878
fr0004155240
fr0004045847
925
28,3
0,616
28,1
0,598
28,2 + 1,08
0,614 - 0,65
675
3208
2,38
54,8
1,68
5,42
53
1,68
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1
781
4,74
2,06
11,8
9,35
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9,31
42,55
5,42
11,602- 0,82
9,34 - 0,21
43
+ 1,06
5,42 - 1,81
132
670
4522
1859
auTrEs valeurs de la Zone euro
lu0569974404
it0001389631
be0974260896
nl0010949392
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nl0000289783
nl0000289817
hexcel
infosys
maroc telecom
merck and co inc
procter & gamble
rorento cdh
rusal plc
televerbier
total gabon
vale sa
Zci limited
38,81
0,75
25,46
4,26
4,65
52,2
15
47,8
4,611
38,18
0,726
24,5
4,26
4,6
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14,4
47
4,55
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0,743
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4,26
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15
47,8 + 1,27
4,595+ 0,79
39,26
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39,26
41,36
39,26 - 0,08
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1002
35070
1
1046
36835
13
valeur
agrogeneration
auplata
biocorp
biophytis
blockchain group
carbio
carmat
esker
evolis
europlasma
gaussin
groupe guillin
groupe parot
hiolle industries
hybrigenics
implanet
mastrad
neovacs
nextedia
nsc groupe
piscines desjoyaux
theradiag
umanis
vergnet
voy. du monde
ouv
0,348
0,081
9,06
2,44
0,35
7,1
26,2
59,8
30,3
0,11
0,301
29,1
7,68
5
0,464
0,27
0,327
0,316
0,94
+ht
0,348
0,092
9,06
2,475
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7,17
26,35
60
30,5
0,115
0,328
29,55
7,84
5
0,467
0,27
0,342
0,317
0,94
+bs
0,341
0,081
9
2,41
0,315
7,08
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59,5
30
0,107
0,301
29,1
7,56
4,9
0,46
0,262
0,323
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0,913
clôt écart vol
0,347
10926
0,091+ 12,76 16164567
9
- 0,66
171
2,41 + 0,42
17391
0,328- 4,93 325432
7,1
2017
26,25 + 0,96
5988
60 + 0,33
392
30,2 + 0,67
2464
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7,84 + 1,82
3713
5
- 0,99
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860
88
14,25 14,25
14,25
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12,25
11,9
0,375 0,38
0,362
136,5 138,5
133,5
14,25 + 0,35
1,34 - 2,9
12
- 1,64
0,372
137,5 + 0,73
cErTiFicaT/Fonds
152431
8,98
investir 10
i10gs - Fr0011630474
Fr0013284114
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
44
9005
1335
53254
253
-0,33
-0,01
134.12
99.49
VaLEurs Zone internationale
ch0008853209
sn0008626971
cm0000035113
us1491231015
sn0000033192
gb0002374006
us5324571083
ci0000053161
ch0308403085
agta record
bras. ouest afr.
brass. cameroun
caterpillar inc.
cfoa
diageo
lilly and co
forestière eq.
geneurog
b 66,5
c
b
67,5
66,5
67,5 + 1,5
142
350
94
- 4,18
113,5
c
3,02
30,905 31,045 30,905
91
91,5
91
c
b 5,92
31,015 - 1,88
91,5 + 1,11
32
16
750
5,92
5,88
5,88 - 0,34
147
Taux ET changEs
changEs : cours au comptant
var.
veille
en %
var.
année
en %
dollar us
1,1409
livre sterliNg
0,8958
FraNc suisse
1,135
couroNNe daNoise
7,4589
couroNNe Norv.
9,6658
kuNa croate
7,4182
couroNNe suedoise
10,4679
dollar caNadieN
1,4925
yeN JaPoNais
126,0975
dollar australieN
1,5671
rouble russe
77,0078
rouPie iNdieNNe
79,899
dollar Neo-zelaNdais 1,7267
couroNNe tcheQue
25,7252
ForiNt hoNgrois
322,985
zloty PoloNais
4,2996
lev bulgare
1,9559
dollar hoNg-koNg
8,9556
WoN sud coreeN
1281,4236
Peso MexicaiN
21,753
real
4,4928
dollar siNgaPour
1,5662
raNd sud-aFricaiN
16,8623
livre turQue
6,8976
reNMibi yuaN
7,8469
ruPiah
16682,972
Peso PhiliPPiN
60,8512
riNggit Malais
4,6812
bath thalaNdais
37,9038
0,30
0,14
0,11
0,03
0,23
-0,06
0,09
-0,27
-0,06
0,03
1,23
0,32
0,01
-0,06
-0,30
-0,18
0,01
0,30
-0,07
0,72
1,18
0,11
0,56
3,99
0,23
0,42
0,34
0,24
0,40
-4,97
0,97
-2,98
0,16
-1,88
-0,19
6,58
-1,12
-6,87
1,91
11,35
4,22
2,10
0,72
3,93
2,96
-0,01
-4,54
0,04
-7,84
13,01
-2,47
13,47
51,44
0,54
2,58
1,38
-4,09
-3,04
principaux taux directeurs
pays
taux de référence
taux en %
17-08-2018
eur
eur
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy
cad
usd
1
1,1409
0,8958
1,135
10,4679
7,4589
1,261
1,4925
gbp
0,8765
1,1163
1
1,2735
0,7852
1
0,9947
1,2668
9,1745
11,6844
6,5373
8,3251
1,1052 140,7536
1,3082
1,6662
Marché obligataire
Taux marchés monétaires et eurodevises
cours dE changEs croisés
cours
bce
17-08-2018
1 euro en devise
chf
sek
dkk
0,8811
1,0053
0,7894
1
9,2239
6,572
111,11
1,3153
0,0955
0,109
0,0856
0,1084
1
0,7125
12,0463
0,1426
0,1341
0,153
0,1201
0,1522
1,4035
1
0,1691
20,0139
jpy (100)
cad
0,793
0,9048
0,7105
0,9
0,083
5,9147
1
1,1837
0,67
0,7644
0,6002
0,7603
7,0126
4,9965
0,8448
1
17-08-2018
marchés monétaires
1 mois
3 mois
jour
6 mois
1 an
Zone euro-0,35/-0,65 -0,27/-0,57-0,20/-0,50 -0,17/-0,47 -0,10/-0,40
ecarts de taux avec l’allemagne
17-08-2018
6 mois
allemagne 100,30
portugal
-0,30
france
-0,05
espagne
-0,09
italie
-0,42
2 ans
5 ans
7 ans
10 ans
-0,65
0,54
0,10
0,35
2,11
-0,31
0,99
0,15
0,58
2,49
-0,06
1,41
0,22
0,87
2,86
0,25
1,60
0,35
1,12
3,00
euromts
indice
FraNce
1-3 aNs
5-7 aNs
10-15 aNs
Plus 15 aNs
Plus 25 aNs
eMtxi-be
253,49 0.14 248,89 1.71
170,37 0.01 171,84 1.20
233,83 -0.06 236,20 -0.94
282,80 -0.05 284,90 -0.67
334,52 0.01 327,74 2.06
344,97 0.02 332,52 3.72
232,48 -0.04 234,24 -0.72
var %
31/12 var %
cours a TErME de l’euro contre les principales devises
usd
gbp
chf
sek
dkk
jpy (100)
cad
1,1408
1,1410
0,8958
0,8959
1,1349
1,1350
10,4647
10,4710
7,4574
7,4604
126,0930
126,1020
1,4923
1,4933
-0,0032
-0,0032
-0,0013
-0,0017
0,0009
0,0004
-0,0105
-0,0095
0,0006
0,0027
0,1025
0,0580
-0,0044
-0,0040
-0,0087
-0,0087
-0,0010
-0,0035
0,0017
0,0012
-0,0098
-0,0081
0,0028
0,0045
0,0624
0,0155
-0,0099
-0,0095
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-0,0178
-0,0060
-0,0064
0,0030
0,0024
-0,0071
-0,0082
0,0064
0,0068
0,0322
-0,0274
-0,0195
-0,0193
-0,0364
-0,0366
-0,0122
-0,0127
0,0058
0,0043
-0,0118
-0,0132
0,0130
0,0120
-0,0477
-0,1390
-0,0401
-0,0402
17-08-2018
comptant
achat
veNte
a 1 mois
achat
veNte
a 3 mois
achat
veNte
a 6 mois
achat
veNte
a 12 mois
achat
veNte
bce
taux pret marginal 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
royaume uni taux jour le jour
0.45 %
taux De base inDispOnible %
usa
taux jour le jour
1.84 %
fOnDs feDeraux
2.00 %
2 ans
2.68 %
10 ans
2.91 %
japon
boj tokyo
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.07 %
Taux bons du trésor
btf
taux
1 Mois
3 Mois
6 Mois
9 Mois
1 aN
2 aNs
5 aNs
10 aNs
-0,55
-0,54
-0,63
-0,58
-0,56
-0,46
0,00
0,67
indicEs de référence des emprunts à taux variables
moy.
mens.
juin 16
juil. 16
août 16
sept. 16
oct. 16
nov. 16
déc. 16
janv. 17
fév. 17
mars 17
avr. 17
mai 17
juin 17
juil. 17
août 17
sept. 17
oct. 17
nov. 17
déc. 17
janv. 18
fév. 18
mars 18
avr. 18
mai 18
juin 18
juil. 18
tmm
euribor
1 mois
3 mois
-0,3326
-0,3279
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,356
-0,369
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,268
-0,294
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
tme
0,45
0,23
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
source cdc ixis
tmor.
pub. priv.
moy.
eonia
euribor
tec
hebdo
1 mois 3 mois 10
the
0,65
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
12-07
13-07
16-07
17-07
18-07
19-07
20-07
23-07
24-07
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27-07
30-07
31-07
01-08
02-08
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09-08
10-08
13-08
14-08
15-08
16-08
17-08
0,69
0,66
0,66
0,66
0,66
0,66
0,65
0,65
0,65
0,65
0,65
0,73
0,73
0,73
0,73
0,73
0,80
0,80
0,80
0,80
0,80
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,70
0,65
0,43
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
-0,362
-0,362
-0,362
-0,362
-0,364
-0,365
-0,366
-0,367
-0,367
-0,366
-0,366
-0,365
-0,366
-0,366
-0,363
-0,358
-0,358
-0,355
-0,355
-0,361
-0,356
-0,357
-0,357
-0,357
-0,357
-0,359
-0,362
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,37
-0,37
-0,368
-0,369
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,321
-0,32
-0,32
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
0,61
0,58
0,60
0,61
0,59
0,60
0,59
0,67
0,68
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0,68
0,67
0,70
0,70
0,74
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0,73
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0,70
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0,70
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0,66
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thor.
pub.
priv.
0,89
0,86
0,86
0,86
0,86
0,86
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0,85
0,85
0,85
0,85
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
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0,89
0,86
0,86
0,86
0,86
0,86
0,85
0,85
0,85
0,85
0,85
0,93
0,93
0,93
0,93
0,93
1,00
1,00
1,00
1,00
1,00
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,90
MaTièrEs prEMièrEs
MéTaux préciEux
MéTaux non FErrEux
MéTaux sTraTégiQuEs
paris
OR (euros cPror/*cours hebdo)
17/08
16/08
COURS PriMe Prec.
lingot
0
34010
33410
10 florins
203
0,43
203
5 dollars*
295
17,42
290
10 dollars
556
10,65
556
20 dollars
1100
9,42 1129,75
5 roubles*
0
-100
0
50 pesos
1246
-0,55
1280
latine
196,5
1,3
195
napoleon
196,9
1,51
199,2
1/2 napoleon* 112
15,48
112
souverain eli i* 261
6,72
261
souverain
254,8
4,19
254,7
1/2 souverain* 128,5
5,09
128,5
suisse
195,1
0,58
195,1
tunisienne*
196
1,04
196
mark*
245
2,42
245
krugerrand
1097
5,57
1103
lingotin 500grs 17250
3,26
17250
lingotin 250grs 8640
3,44
8670
lingotin 100grs 3450
3,26
3465
argent c3e (euro Par kilo) (csFaNMP)
496,54
495,76
cuivre (girm):
LondrEs
(eN dollars)
palladium (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
25 439
24 399
Fix2
25 219
25 036
platine (euro Par kilo) (csFaNMP)
Fix1
22 054
22 055
Fix2
21 950
22 094
London BuLLion MarKET
17/08
16/08
argent (eN ceNts Par oz)
Fixage
1 462
1 470
or (eN dollars Par oz)
Fix
1 178
1 180
palladium (eN dollars Par oNce troy)
895
885
cathodes : 5314 a coMPter du 17/08/
autres demi produits cuivreux :
610,18 dePuis le 17/08
base cuivre
base laMiNé laitoN 1 titre 511,08 dePuis le 17/08
520,08 dePuis le 17/08
base laMiNé laitoN 70/30
base laMiNé laitoN 85/15
565,13 dePuis le 17/08
base laMiNé broNze 94/6
696,74 dePuis le 17/08
base laMiNé broNze 94/4
667,89 dePuis le 17/08
London METaL ExchangE
17/08
16/08
alliage d`alumin. (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
aluminium (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
1997-1998
2023-2024
1124150
cash
3 Mois
stocks
5859-5860
5898-5900
257400
18650-18675
18650-18700
2845
13110-13115
13185-13195
247548
nEW YorK
argent (eN ceNts Par oNce)
cash
3 Mois
vol.
17/08
sePt. 18
14,63
déc. 18
14,73
JaNv. 19
14,76
Mars 19
14,83
Mai 19
14,9
or (eN dollars Par oNce)
settleMeNt
16/08
14,64
14,73
14,69
14,87
14,99
settleMeNt
oct. 18
JaNv. 19
avr. 19
Juil. 19
oct. 19
17/08
777,3
780,3
785,8
792,3
798,2
16/08
1180,2
1181
1195,5
1198,9
1218
settleMeNt
16/08
779,8
782,9
791,5
783
782
5842,5-5843,5
5884-5885
257625
18700-18725
18725-18730
2815
12980-12985
13100-13120
248328
2000-2002
2025-2027
125400
1991-1992
2010-2011
125425
Zinc (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
2337-2338
2348-2350
252250
2324-2325
2352-2353
253250
nEW YorK
cuivre (en cents par lb)
settleMeNt
17/08
aout 18
1176,5
déc. 18
1184,2
avr. 19
1195,2
JuiN 19
1201,1
déc. 19
1219,3
platine (eN dollars Par oNce)
antimoine 99,65% (par tonne)
8000
8000
bismuth 99,99% (par lb)
4,9
4,9
cadmium 99,95% (par lb)
1,35
1,35
cobalt (cathodes) 99,80% (par lb)
36,25
36,25
eponge de titane 99,60% (par kg)
7,65
7,65
ferro manganese (hc) (par tonne)
975
975
ferro molybdene (par kg)
27,2
27,2
germanium (par kg)
1650
1650
selenium 99,50% (par lb)
19,05
19,05
silicium (par tonne)
2210
2210
ice
(eN gbP Par MWh)
clôture
17/08
base
40,69
PoiNte
46,28
ice futures
(eN gbP Par MWh)
nickel (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
settleMeNt settleMeNt
aout 18
oct. 18
Nov. 18
déc. 18
17/08
2,62
2,64
2,64
2,65
16/08
2,6
2,61
2,62
2,63
vol
279
288
190
22299
KuaLa LuMpur
etain (en dollars par tonne)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
17/08
18700
16/08
18600
16/08
éLEcTriciTé
etain (en $ par tonne)
cash
3 Mois
vol.
plomb (en $ par tonne)
settleMeNt
1993,5-1994,5
2022-2023
1131275
cuivre (en $ par tonne)
platine (eN dollars Par oNce troy)
779
781
settleMeNt
1570-1575
1570-1580
13440
1565-1575
1590-1610
13440
17/08
vol
base Nov 18
base dec 18
PoiNte Nov 18
PoiNte dec 18
clôture
16/08
40,69
46,28
clôture
clôture
17/08
66,79
67,49
74,27
74,71
16/08
65,99
66,62
73,53
73,98
vol
364004
192492
vol
produiTs péTroLiErs
sucrE
rotterdam
(barges - Fob) (eN $ Par toNNe)
gas oil 0.1% sul.
617,5
london daily price:
434,5
409,5
434
409
singapour
gasoliNe 97
gas oil
Fuel oil (180)
Fuel oil (380)
85,1
84,04
482,5
450,5
86
83,45
480,5
448,5
éMission co2
nymex emissions (eN euros Par toNNe)
clôture
sePt. 18
avr. 19
Mai 19
JuiN 19
Juil. 19
clôture
17/08
65,91
63,69
63,48
63,26
62,99
16/08
65,45
63,48
63,28
63,05
62,8
vol
16/08
26,25
26,65
26,8
clôture
17/08
2,95
2,95
2,99
16/08
2,91
2,92
2,95
vol
vol
8274
11
2
8
vol
17/08
10,18
11,05
11,28
11,51
11,86
16/08
10,27
11,14
11,36
11,58
11,93
oct. 18
Mars 19
Mai 19
Juil. 19
oct. 19
17/08
sePt 2018 24,56
oct 2018 24,82
Nov 2018 24,79
clôture
clôture
17/08
16/08
sePt. 18
1534
1539
déc. 18
1603
1605
Mars 19 1618
1619
Mai 19
1627
1627
Juil. 19
1636
1635
new york (eN $ Par toNNe)
3014
6794
2862
1133
627
16/08
82,1
81,64
81,87
17/08
2115
2149
2161
2176
2208
16/08
2101
2152
2165
2179
2210
vol
4265
15034
6638
1779
1184
clôture
vol
17/08
16/08
sePt. 18
1643
1667
5289
Nov. 18
1560
1593
10806
JaNv. 19 1551
1589
2912
Mars 19 1558
1597
2180
Mai 19
1571
1611
1156
new york-arabica (en cents par lb)
settleMeNt settleMeNt
vol
7
10710
3209
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
sePt. 19
17/08
101,2
104,7
107,95
115,1
16/08
101,85
105,5
108,7
115,65
vol
11694
28668
8166
898
settleMeNt settleMeNt
16/08
457,5
435,7
436,5
settleMeNt settleMeNt
vol
17/08
16/08
sePt. 18
364,25
365,5
déc. 18
378,75
380
Mars 19 390,75
391,5
riZ à chicago (eN ceNts Par lb)
68841
119777
37421
settleMeNt settleMeNt
vol
17/08
16/08
sePt. 18
10,35
10,48
Nov. 18
10,53
10,66
JaNv. 19 10,71
10,81
avoine à chicago
(eN ceNts Par boisseau)
vol
new york (coNt. No2 - eN ceNts Par lb)
settleMeNt settleMeNt
Jou r
17/08
16/08
112,45
115,7
299
226
16
settleMeNt settleMeNt
vol
78
279
6
settleMeNt settleMeNt
vol
17/08
189
191
193,8
396
16/08
185,75
0
0
veau vivaNt - bresil - brl : 145.05
le 16/08//18
betail vivaNt - cMe - usd : 1.09425
le 16/08//18
betail d'eNgrais - cMe - usd : 1.5095
le 16/08//18
Porc Maigre - cMe - usd :
0.586
le 16/08//18
Porc FraNce e - eur :
1.5
le 02/03//17
indicEs
rJ crb
jus d’orangE
chicago (eN $ Par 1000 bdFt)
vol
1207
115
239
BETaiLs
londres-robusta (en $ par tonne)
Bois
17/08
472,5
450,7
451,5
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
vol
17/08
16/08
Nov. 18
190
188,5
JaNv. 19 191,25
190,5
Mars 19 195
194
mais à chicago (eN ceNts Par
boisseau)
Nov. 18
JaNv. 19
Mars 19
16/08
24,18
24,29
24,26
settleMeNt settleMeNt
sePt. 18
déc. 18
Mars 19
Mai 19
sePt. 19
settleMeNt settleMeNt
caFé
new york (cont. n°2 - cents par lb)
sePt. 18
Nov. 18
JaNv. 19
vol
vol
17/08
16/08
sePt. 18
560,5
542,25
555
déc. 18
579,75
562
115
Mars 19 601,5
584,75
6
mais à paris (eN euros Par toNNe)
Prix indicatif de l'organisation internationale du
café (cents us/livre) :
Prix composé : 101.99
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
coTon
17/08
81,75
81,39
81,71
clôture
settleMeNt settleMeNt
17/08
16/08
sePt. 18
211,5
208,5
16998
déc. 18
214,75
210,75
51775
Mars 19 215,75
212
7619
blé à chicago (eN ceNts Par boisseau)
vol
iNdice cotlook a : 90,75, le 17/08//18
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
49158
24099
6867
2619
2087
blé de meunerie n°2 à paris
(eN euros Par toNNe)
17/08
16/08
sePt. 18
258,75
253
déc. 18
267
262,5
Mars 19 272,25
267,25
blé fourrager à londres
(eN £ Par toNNe)
16/08
22,92
settleMeNt settleMeNt
vol
clôture
settleMeNt settleMeNt
clôture
powernext gas futures
vol
clôture
nymex ( eN $ Par Mbtu)
sePt. 18
oct. 18
Nov. 18
vol
6407
4352
1486
295
227
cacao
gaz naTurEL
clôture
17/08
16/08
Nov. 18
645,75
640,5
20468
Fév. 19
641,5
637
4365
Mars 19 640,5
636
2489
avr. 19
639,25
634,75
957
Mai 19
638,5
634
976
new york nymex wti (eN $ Par baril)
clôture
17/08
26,25
26,65
26,8
clôture
Prix indicatif de l'organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 15/08/
Prix indicatif : 2123,46
londres (eN £ Par toNNe)
settleMeNt settleMeNt
aout 18
déc. 18
JaNv. 19
clôture
17/08
16/08
oct. 18
308,4
311
déc. 18
309,1
312,3
Mars 19 312,3
316,3
Mai 19
316
319,8
aout 19 321,9
325
new york (eN ceNts Par lb)
vol
uraniuM
17/08
Nord da 23,16
17/08
16/08
Jour
71,83
71,43
Nov. 18
72,07
71,75
130589
JaNv. 19 72,17
71,93
57453
londres-gaZole (eN $ Par toNNe)
clôture
clôture
16/08
18
uranium nymex (en $ par lb)
londres-brent (eN $ Par baril)
clôture
clôture
17/08
18
powernext gas spot
produiTs péTroLiErs
clôture
londres (eN dollars Par toNNe)
619,5
fuel
Fuel oil (hs 180)
Fuel oil (hs 380)
sPot
céréaLEs
10,77 cts/lb
vol
112.45
17/08
16/08
193,92
193,54
reuters coM. 2320,49
2315,76
Moodys coM. 5599,66
5726,17
or iNdustriel 33461
33621
lMex
2819,6
2887,6
FINANCE & MARCHES // 23
Les Echos Lundi 20 août 2018
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
www.mirabaud.com
marketing@mirabaud-am.com
A la recherche d’une gestion active
de conviction ?
Tous les details de nos solutions d’investissement
à disposition ici : www.mirabaud-am.com
Pictet Asset Management
34, avenue de Messine 75008 Paris
Tél. : 01 56 88 71 00
www.assetmanagement.pictet
LU0155303323 Pictet-asian eq. JaPan
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
code isin
désignation
des valeurs
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
dernier
dividende net
en euros**
mont.
date
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0130728842 Pictet-emerging euroPe
309,38 16/08
LU0130729220 Pictet-emerging mkts
536,41 16/08
LU0128490280 Pictet-eur Bonds
549
LU0144509717 Pictet-euroPean sust. eq.
254,12 16/08
LU0128467544 Pictet-gloBal emerg.deBt
361,02 17/08
LU0935268721 ram (l) sf em mkt core eq
98,31 16/08
LU1626130063 sWiss small & mid caPs (chf)
113,16 16/08
LU0168449691 Pictet-greater china
548,55 16/08
LU0704154292 ram (l) sf em mkt eq
172,61 16/08
LU1626129727 sWiss all caPs (chf)
106,14 16/08
LU0188501257 Pictet-health
277,72 16/08
LU0375629556 ram (l) sf euroPean eq
461,09 16/08
LU1626130816 silk road Zone stocks (usd)
98,98 16/08
LU0070964530 Pictet-indian eq.
534,5
LU1048876350 ram (l) sf gB shldr yld eq
130,98 16/08
LU0851564897 euroPean equity (eur)
166,06 16/08
15/08
16/08
synchrony (lu)
LU0176900511 Pictet-JaPanese eq. sel.
15116,17 16/08
LU0705072691 ram (l) sf l/s em mkt eq
119,14 10/08
LU1626130220 high div. euroPe stocks (eur)
96,83 16/08
LU0217139020 Pictet-Premium Brands
161,76 16/08
LU0705071701 ram (l) sf l/s euroPean eq
155,07 10/08
LU0851564541 World equity (eur)
157,94 16/08
252,99 16/08
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141,49 16/08
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314,21 16/08
728,28 16/08
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56,25 16/08
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142,42 16/08
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1224,37 16/08
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138,84 16/08
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153,23 15/08
LU0104884860 Pictet-Water
299,96 16/08
LU0090689299 Pictet-Biotech
dernier
dividende net
en euros**
mont. date
classification
val. unit date
hors frais de la
en euros** valor.
classification
désignation
des valeurs
code isin
classification
classification
sicav//fcp
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DéSIGnAtIOn DES VALEURS».
carnet
fr
ENTREPRISES
NATIXIS
Jean-Philippe Adam
devient senior country manager
Espagne et Portugal de la banque
de grande clientèle de Natixis.
Jean-Philippe Adam, 54 ans, économiste de formation, diplômé
de l’université de Buenos Aires,
conserve ses missions de responsable de la plate-forme Amérique
latine de la banque de grande
clientèle (BGC) et de la coordination des opérations de la BGC au
Canada. Il a commencé sa carrière
à la Société Générale à Buenos
Aires, l’a poursuivie au Crédit
Lyonnais (à Buenos Aires et à
Paris), puis chez Crédit Agricole
Securities (à New York), où il était
responsable debt origination
pour la zone Amérique latine. En
2013, il a rejoint Natixis (à New
York) en tant que responsable de
la plate-forme Amérique latine de
la BGC. En 2017, il a pris la responsabilité de la coordination des
opérations de la BGC au Canada.
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
Véronique Loctin
Ilya Polyakov
Au sein du comité de direction,
ils sont respectivement nommés
directrice de la clientèle de
grandes entreprises du réseau
Société Générale et directeur
général de Rosbank.
Véronique Loctin, diplômée de
l’EM Lyon, a rejoint Société Générale en 1987. Elle y a occupé différents postes dans les directions
commerciales et devint directrice
commerciale de la clientèle entreprises au siège, à Paris. Dès 2007,
elle fut directrice trade services
chez Société Générale Global
Transaction & Payment Services,
puis directrice de l’organisation
des activités de banque de détail
en France en 2010. Depuis 2014,
elle était déléguée générale de la
délégation régionale des Hautsde-France et Haute-Normandie.
Ilya Polyakov, diplômé de HEC
et de l’université des relations
internationales de Moscou
(MGIMO), a rejoint la banque de
financement et d’investissement
de Société Générale en 2001. La
même année, il est devenu coresponsable mondial du secteur
métaux et minéraux au sein du
département des financements de
ressources naturelles et banquierconseil de plusieurs clients du secteur métaux et minéraux de la
région Russie-CEI. En 2012, il a
rejoint Rosbank (filiale de Société
Générale) en tant que responsable
des activités de corporate banking
ainsi que responsable relations
clients et banque d’investissement
pour la région Russie-CEI. Depuis
2016, il était directeur général
délégué de Rosbank chargé de
toutes les activités de banque de
financement et d’investissement
du groupe en Russie.
PERNOD RICARD
Amanda Hamilton-Stanley
deviendra directrice juridique
du groupe, à compter du
1er septembre. Elle sera membre
du bureau exécutif et du comité
exécutif du groupe.
Amanda Hamilton-Stanley, titul a i r e d ’u n m a s t e r d ’ h i s t o i r e
moderne de l’université d’Oxford,
est directrice juridique de Chivas
Brothers Ltd depuis 2011. D’abord
collaboratrice chez Allen & Overy
(à Londres), elle est nommée
juriste senior au sein d’Allied
Domecq. C’est en 2007 qu’elle a
rejoint Pernod Ricard en tant que
juriste senior-groupe.
SIACI SAINT HONORÉ
Anne-Séverine Lucas
devient responsable
du département cinéma
et audiovisuel au sein de la
direction risques et assurances
d’entreprises (DRAE).
Anne-Séverine Lucas, diplômée
de l’Ecole supérieure de publicité
(ESP) et de l’International Advertising Association, a débuté au
poste de chef de publicité. En 1993,
elle a rejoint Gras Savoye où elle a
pris, en 1995, la responsabilité des
relations publiques et presse. En
2000, elle est devenue directrice
du département média et specta-
CHAQUE MOIS,
CONNAISSANCE DES ARTS
FAIT DE VOUS
UN EXPERT
EN KIOSQUE DÈS AUJOURD’HUI
cles, pôle spécialisé qu’elle a créé
et développé au sein de Gras
Savoye Willis Tower Watson.
COOPÉRATIVE DE DISTRIBUTION
DES MAGAZINES
Edouard Pauwels
est nommé directeur de la CDM,
associée de Presstalis.
Il représente Presstalis au sein
de la commission du réseau
du Conseil supérieur
des messageries de presse.
Edouard Pauwels est diplômé de
l’Inseec Business School. En 1991,
il a commencé sa carrière à Presstalis comme délégué commercial
au sein de la direction des ventes,
avant de devenir chef de région en
1998. Après avoir pris la direction
du dépôt de presse de Saint-Germain-en-Laye en 2003, il est
nommé directeur commercial
réseau en 2006, puis directeur de
la coordination réseau en 2013.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
ILS SONT NÉS
UN 20 AOÛT
Amy Adams, actrice, 44 ans.
Serge Boscher, ex-directeur
général de l’Afii, 53 ans.
Anne Carrière,
éditrice, 74 ans.
Jean-Loup Chrétien,
spationaute, 80 ans.
Anaïs Croze,
chanteuse, 42 ans.
Francis Duseux,
président de l’Union française
des industries pétrolières
(Ufip), 69 ans.
Laurent Fabius, ex-ministre
des Affaires étrangères, 72 ans.
Anne Gaillard,
journaliste, 79 ans.
Victorin Lurel, ex-ministre
des Outre-mer, 67 ans.
Louis Mermaz, ancien
président de l’Assemblée
nationale, 87 ans.
Jean-Luc Placet,
PDG d’IDRH, 66 ans.
Robert Plant, chanteur
de Led Zeppelin, 70 ans.
crible
Lundi 20 août 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
LA SÉANCE DU 19 AOÛT 2018
Semaine
difficile
pour la Bourse
de Paris
La Bourse de Paris a échoué
•vendredi
à aligner deux séances
de hausse consécutives. Malgré
une ouverture en petite progression de 0,14 %, l’indice
CAC 40 a terminé dans le rouge
à 5,344,93 points, soit une
baisse de 0,08 %. Il a perdu
1,29 % sur la semaine. C’est
d’ailleurs sa troisième semaine
de repli d’affilée. La Bourse de
Paris ne gagne plus que 0,61 %
depuis le début de l’année. Les
volumes de transaction demeurent limités. A peine 2,7 milliards d’euros ont été échangés
vendredi.
La nervosité reste de mise
sur les marchés actions dans
un contexte de montée des risques géopolitiques, notamment entre la Turquie et les
Etats-Unis. « En dehors des
annonces au jour le jour, un scénario pessimiste est en train de
d’émerger, de ralentissement de
l’économie mondiale, causé par
le ralentissement des marchés
émergents et du marché chinois,
qui aurait des conséquences sur
la croissance en Europe en particulier », constate auprès de
l’AFP Daniel Larrouturou,
chez Diamant Bleu Gestion.
Du côté des valeurs, Carrefour a cédé 1,38 % et TechnipFMC 1,34 %. Les banques restent aussi sous pression : BNP
Pa r i b a s a c é d é 0 , 8 0 % e t
Société Générale 0,66 %. Le
secteur technologique a
souffert, dans le sillage de prévisions décevantes de l’américain Applied Materials, qui
fabrique des composants
pour semi-conducteurs.
Ainsi, STMicroelectronics a
fini en nette baisse (–2,16 %),
tout comme Soitec (–0,71 %).
En revanche, Renault a terminé en tête des progressions
sur le CAC 40 avec un gain de
1,42 %. Schneider a pris aussi
0,95 % et Sanofi 0,88 %.
Par ailleurs, Air FranceKLM s’est enfoncé dans le
rouge (–3,09 %) après la nomination de son nouveau patron,
sur fond de crainte d’un mouvement social…
Rouge incendie
Le nouveau patron d’Air France apporte
l’expérience d’un redressement au long cours.
Bulletin gagnant
Chez Air France-KLM, tout le monde voit du rouge à l’horizon, mais sans regarder dans la même direction. Pour les actionnaires, c’est la couleur des
écrans où se lit le décrochage annuel malgré la confirmation du parachutage de Benjamin Smith (–3,1 % vendredi après +5,5 % les trois séances
précédentes). Pour l’intersyndicale des pilotes français, c’est le rouge de leur
fâcherie contre le choix d’un « Red Adair » étranger, au nom de la défense
des intérêts nationaux, comme si l’incendie social pouvait leur faire du bien.
Les confrères de KLM, eux, se sentent aussi « dans le rouge », mais physiquement, à cause des gains de productivité. Quant au conseil d’administration,
il a scruté la « recovery story » du transporteur historique fier de sa filiale
low cost baptisée « Air Canada Rouge ». Au bout de dix ans d’efforts, la firme
de Montréal affiche encore une décote boursière d’un tiers (en multiple de
profit « Ebitdar ») par rapport au leader mondial Delta, le partenaire et
actionnaire du leader français. Mais elle compte bien continuer à progresser, forte de ses récompenses commerciales. Et si Air Canada a subi
calmement l’envol de son numéro deux et dauphin présumé (+0,6 % vendredi et – 1,5 % depuis début juillet), elle le doit à son réservoir de managers
internes. Car, pour les analystes de l’aérien, les réussites durables sont
d’abord collectives. Ils devraient donc apprécier d’avoir chez Air France
un pilote expérimenté venu avec un gros bagage de développeur et de
négociateur. Pour tenter de rosir un plan de vol devenu rouge incendie.
Les chiffres trimestriels de Walmart
confortent son plan de transformation.
N’en déplaise à Donald Trump, à Bentonville, on arrive à la fois à publier
des comptes trimestriels et à investir pour le futur. Même si Walmart a
plongé à Wall Street en début d’année – à cause du ralentissement de son
segment e-commerce –, le fleuron de la ville de l’Arkansas a continué ensuite d’exécuter ses plans, fort peu découragé par le scepticisme ambiant,
exactement comme dans ses jeunes années non cotées. Son deuxième trimestre clos fin juillet – bien aidé, il est vrai, par l’environnement (confiance,
emploi et climat) outre-Atlantique – lui donne donc l’occasion de communiquer la vitesse retrouvée de son cybercommerçant (+40 %) et le record de
croissance depuis neuf ans de son épicerie (à magasins comparables). Le
« pivot omnicanal » de l’enseigne à l’étincelle s’en trouve crédibilisé, même
s’il est très loin d’être achevé. Son action a rectifié son cours (+9,6 % jeudi)
tout en refusant de s’enflammer (–0,8 % vendredi) vu la valorisation (plus
de 20 fois les bénéfices) et l’effritement de ses marges, le revers assumé de la
médaille. L’international n’est pas de tout repos, entre la sortie du Brésil
(4,5 milliards de dollars de perte nette) et la dépréciation du partenaire chinois JD.com. Et surtout, il va falloir digérer l’indien Flipkart. Il n’empêche,
les Cassandre ont perdu des points avec ce bulletin.
EN VUE
LES ENTREPRISES CITÉES
Affirm 20
Air Canada 12
Air France-KLM 12
Alphabet 20
Amazon 11, 20
Apple 20
Astellas 15
Barclays 18
Bayer 11
BNP Paribas 18
Boeing 12
CDM 23
Coatue 20
Disney 16
Dontnod 16
DXC Technology 20
Facebook 16, 20
Facom 14
Festool 14
Focus Home Interactif
16
Fox 21 16
Greenlight Capital 20
Jaiku 16
JM Weston 17
Kaspersky 18
La Compagnie
des Petits 17
Maersk 13
Maverick 20
Millennium Space
Systems 12
Natixis 23
Netflix 20
Novo Nordisk 15
Pernod Ricard 23
Pershing 20
Prudentia Capital 20
PSA 13
RBS 18
Christine Lagarde
Rosbank 23
SAM 14
Société Générale 23
Spotify 20
Stanley Black & Decker
14
Starboard Value 20
Symantec 20
Takeda 15
Teva 15
Tiger Global
Management 20
Volkswagen 12
WhatsApp 16
Wilmar 19
Ziylo 15
AVIS FINANCIER
KPMG BNP 15
Les Echos est une publication du
PRINCIPAL ASSOCIÉ UFIPAR (LVMH)
PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL Pierre Louette
DIRECTRICE GÉNÉRALE PÔLE LES ECHOS Bérénice Lajouanie
DIRECTEUR DÉLÉGUÉ Bernard Villeneuve
l y eut d’abord Christine Ockrent,
l’une des premières femmes à présenter le « JT » en France. Mais,
aujourd’hui, la « reine Christine » est
incontestablement Christine Lagarde.
Elle n’a pourtant pas fait carrière en
présentant la météo mais en étant la
première à diriger le Fonds monétaire
international (FMI), elle doit prédire les
nuages qui peuvent s’accumuler sur l’économie du monde ou d’un pays. Ce lundi
20 août l’ancienne ministre de l’Economie de Nicolas Sarkozy va pouvoir pousser un soupir de soulagement. L’orage
s’est éloigné de la Grèce qui, après avoir
touché sa dernière tranche d’aide, va sortir de la tutelle du FMI. Certes, il ne s’agit
pas de la seule institution venue au
secours d’Athènes avec un méga plan
d’aide depuis 2010. Mais le FMI, sous la
houlette de Christine Lagarde, a souvent
adouci les conditions que voulaient mettre en place les Européens, Allemagne en
I
tête. Celle qui fut médaillée de bronze à
15 ans au championnat de France en nage
synchronisée, sait prendre les virages
nécessaires. Christine Lagarde qui fut
présidente du Comité exécutif mondial
de la firme d’avocats Baker McKenzie,
reste très prudente. Car elle redoute une
crise de la dette dans le monde et une
guerre commerciale depuis que Donald
Trump a déterré la hache de guerre tous
azimuts. A 62 ans, la « reine Christine II »
qui, à Washington, est parvenue à conserver son élégance toute parisienne, en a
bien vu d’autres. Jugée coupable de négligence dans l’affaire de l’arbitrage Tapie,
elle avait été dispensée de peine par la justice française en 2016. Ce qui lui permet
de conserver la barre du FMI alors que la
tempête Trump contre les institutions
multilatérales est en train de se lever.
(
Lire nos informations
Pages 4 et 5
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Edité par Les Echos, SAS au capital de 794.240 euros RCS 582 071 437
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 17 AOÛT 2018 : 100.899 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
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