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Les Echos - 08 10 2018

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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ASSURANCES
DE PERSONNES
www.henner.com
Entreprises
Comment réagir
face à la dénonciation
Santé Prévoyance Retraite Services médicaux
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // LUNDI 8 OCTOBRE 2018 // LESECHOS.FR
// LES ECHOS EXECUTIVES PP.35 À 37
LA LOI PACTE INSTITUE
L’ENTREPRISE À MISSION
Voté en première lecture, le projet de loi doit permettre d’élargir
l’objet social de l’entreprise audelà de la défense des intérêts des
actionnaires. // P. 6
TRUMP RENFORCÉ
AVANT LES MIDTERMS
Donald Trump vient d’obtenir
une victoire symbolique avec la
nomination de Brett Kavanaugh à
la Cour suprême. // P. 7
EUROPE : LES NÉGOCIATEURS
DU BREXIT OPTIMISTES
Dans la dernière ligne droite, les
Européens tendent la main à Theresa May en proposant un accord
de libre-échange au RoyaumeUni. // P. 8
ENTREPRISES
& MARCHÉS
AUTO-PARTAGE : MERCEDES
ENTRE DANS LE JEU À PARIS
Le constructeur veut contrer PSA
et Renault à Paris. Il va lancer un
service d’auto-partage en janvier,
avec une flotte, pour débuter, de
400 Smart électriques. // P. 19
ENGIE PLANCHE SUR
SA NOUVELLE STRATÉGIE
Le groupe français se laisse du
temps avant de décider du sort de
sa participation de 32 % dans
Suez, valorisée 2,5 milliards
d’euros. // P. 21
UNILEVER GARDERA
SON SIÈGE À LONDRES
Devant la levée de boucliers des
actionnaires, le géant de l’agroalimentaire et de l’hygiène a
renoncé à rapatrier son siège de
Londres à Rotterdam.
// P. 29 ET « CRIBLE » P. 38
l Avec le feu vert des députés, le mouvement est
lancé pour le gestionnaire des aéroports parisiens.
l Selon Bruno Le Maire, l’Etat s’opposera à ce
qu’une « puissance étrangère » prenne le contrôle.
L
es candidats à la privatisation d’ADP
devraient bientôt pouvoir se faire connaître.
Avec quelques mois de retard, les députés
ont voté les articles de la loi Pacte modifiant le statut
juridique du gestionnaire des aéroports parisiens,
préalable à la cession des 50,6 % détenus par l’Etat.
Dimanche, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré que ce dernier garderait le dernier mot sur le choix de l’actionnaire principal, lors du « Grand Rendez-vous » – Europe 1
– « Les Echos » – CNews. Il mettrait son veto si une
« puissance étrangère » voulait prendre le contrôle.
universel, la pension pourrait
subir une décote avant 63 ans.
Toys’’R’’Us
La distribution
du jouet joue
son avenir// P. 18
Audit et Conseil en France et
dans le monde.
Grant Thornton accompagne les
organisations dynamiques et libère
leur potentiel de croissance.
www.grantthornton.fr
Mais des zones d’ombre subsistent. Parmi les nombreuses inconnues figure le prix. Ainsi que la
manière dont sera mise en musique la volonté affichée lors des privatisations d’éventuellement réserver une partie du capital aux Français voulant investir et de développer l’actionnariat salarié.
L’opération pourrait donc être séquencée sous plusieurs formes. Un autre point important reste à préciser : le calendrier. Une source proche du dossier
estime que, si le gouvernement fait vite, le choix du
ou des repreneurs pourrait être connu avant l’été.
Avec la création d’un système universel de retraite,
l’âge minimum légal va rester bloqué à 62 ans. C’est
une promesse présidentielle. Cependant, le gouvernement va devoir trouver un stratagème pour que
les cotisants ne liquident pas massivement leurs
droits à l’âge minimum. L’équilibre financier du système en dépend. D’où l’idée, dans le futur système
CYBERSÉCURITÉ Des puces auraient été secrètement implantées dans
les serveurs utilisés par de grandes entreprises américaines, selon une
enquête de Bloomberg. Malgré les multiples démentis, plusieurs
valeurs technologiques chinoises chutent en Bourse. Quoi qu’il en soit,
l’affaire illustre la dépendance de l’industrie technologique américaine
par rapport aux sites de production chinois. Cela la rend vulnérable à
des formes sophistiquées de cyberespionnage. // PAGE 23
ET L’ÉDITORIAL DE DAVID BARROUX PAGE 10
// PAGES 6 ET 20
Retraites : un « âge pivot »
pour retarder les départs
SOCIAL Dans le futur régime
CARNET // P. 34
Timothy A. Clary/AFP
Aéroports
de Paris : une
privatisation
sous condition
La tech américaine face
au cyberespionnage chinois
Nicolas Asfouri/AFP
L’ESSENTIEL
par points, de mettre en place un « âge pivot » qui
pourrait être de 63 ans. En deçà, les pensions subiraient une décote. Cela ressemble fort au « coefficient de solidarité » temporaire imaginé par l’AgircArrco en 2015 pour redresser les retraites
complémentaires du secteur privé, qui deviendra
effectif en janvier. Le patronat milite de son côté
pour un âge pivot à 64, voire 65 ans. Autre sujet
explosif dans la réforme des retraites : quelle place
pour la capitalisation ? Les pharmaciens, qui l’ont
adoptée, y tiennent… // PAGE 2 ET L’ÉDITORIAL
Macron et
les conseils
de Machiavel
L’analyse
d’Elsa Freyssenet
« La meilleure citadelle qui soit, c’est
de n’être point haï du peuple car, même si tu tiens les forts, quand le peuple
te hait, ils ne te sauveront pas. » Emmanuel Macron redécouvre peutêtre ce conseil de Machiavel, auquel
il a consacré un mémoire. Les sondages tirent la sonnette d’alarme pour
le président de la République, écrit
Elsa Freyssenet. Il conserve néanmoins des ressorts. // PAGE 10
D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 10
Audit
et Conseil
en France
et dans le monde
UBS est poursuivi pour « démarchage bancaire illégal » et « blanchiment aggravé
de fraude fiscale ». Photo Fabrice Coffrini/AFP
Le géant suisse UBS devant la justice
française pour fraude fiscale
Accusée d’avoir incité ses clients français à ouvrir des comptes
en Suisse, la banque risque 5 milliards d’euros d’amende.
BANQUE Pour séduire les clients français dans les années 2000, ses chargés d’affaires devaient suivre des
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22797
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« consignes de discrétion sinon de clandestinité » dignes des meilleurs romans d’espionnage. Dix ans plus tard,
UBS est poursuivie pour « démarchage bancaire illégal » et « blanchiment aggravé de fraude fiscale ». Lors du
procès qui s’ouvre ce lundi à Paris, la banque suisse risque une amende de 5 milliards d’euros pour avoir
participé à l’évasion de plus de 10 milliards d’euros. Le procès relance le débat sur l’évasion fiscale alors que
la France peine à partager ses informations avec la Suisse dans le cadre de l’échange automatique de renseignements. Comme une trentaine de pays, elle devait transmettre, fin septembre, ses informations à Berne
mais n’y est pas parvenue pour des « raisons techniques ». // PAGE 28 ET L’ENQUÊTE PAGE 14
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02 //
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
Le remaniement-retour
aux sources
Si Emmanuel Macron parie sur le remplacement
des hommes, il ne veut amender ni sa ligne, ni sa
préférence pour les personnalités de la société civile.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
I
l y a deux leçons possibles,
totalement opposées, à
tirer de la crise ouverte avec
Gérard Collomb. Considérer
que le jeune pouvoir a péché
par défaut de politique : il n’a
pas su se prémunir de l’hubris,
comme l’a dénoncé l’ancien
ministre, comme il n’a pas su
gérer ses fidélités. Ou en
déduire que les vieux briscards
de la politique comme lui
causent décidément bien des
problèmes.
Si l’on en croit les ministres qui
se sont exprimés dimanche,
Macron penche pour la
seconde leçon. « Depuis le
début du quinquennat, on prend
des compétents », a insisté
Benjamin Griveaux sur France
Inter, en louant la société civile.
Gérard Collomb pourrait
être remplacé par le haut
fonctionnaire Jean Castex.
Il y avait aussi deux leçons
possibles à tirer de la
démission de Nicolas Hulot.
La logique à l’œuvre est trop
libérale pour donner une vraie
place à l’écologie, dénonçait-il.
Ou bien, les Français restent
trop préoccupés par leur
situation économique et
sociale pour que l’on puisse
changer de modèle. Macron
opta pour la seconde.
On ne change rien au fond,
comme on ne change pas la
« marque » macronienne en
faveur d’un équilibre politiqueexperts favorable aux derniers.
Dès lors comment trouver ce
« second souffle » que l’exécutif
appelle de ses vœux ? Par un
remaniement d’ampleur,
espère-t-il. Non comme ses
prédécesseurs pour changer
de cap ou élargir sa majorité,
mais pour revenir aux
sources. Hollande avait
le remaniement-nouvelle
politique (Valls incarnant
le virage de la politique
de l’offre), Sarkozy avait inventé
le remaniement au fil de l’eau,
dédramatisé, pour reprendre
de l’air à échéances régulières.
Emmanuel Macron semble
sur le point de tenter un
remaniement-relégitimation.
On efface tout on
recommence, en conservant
ses points forts (détermination
à transformer, le renouveau
du personnel) mais en
s’amendant sur la forme et la
manière. Elus et partenaires
sociaux seront associés dans
cette « République
contractuelle » que le chef de
l’Etat, rappelle Richard
Ferrand, avait déjà appelée de
ses vœux en juillet.
Des hommes neufs, de la
« pédagogie », un vote
de confiance que solliciterait
Edouard Philippe à
l’Assemblée : voilà la recette
du « second souffle ». Sans
accent sur le « e », espère-t-il.
cecilecornudet@lesechos.fr
en bref
Sophie Cluzel veut « des droits à vie
pour les handicaps avérés »
HANDICAP Alors que le gouvernement doit tenir mardi à Mati-
gnon le deuxième comité interministrériel du handicap du
quinquennat avec tous les ministres, la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, a évoqué jeudi
« l’attribution de droits à vie pour des handicaps avérés ». Le rapport Taquet-Serres, remis en mai, préconise de conférer à vie
l’allocation adulte (AAH) et enfant (AEEH) pour les personnes
dont le handicap ne va pas se résorber. De même pour la reconnaissance de travailleur handicapé et la carte mobilité.
Jean-Luc Mélenchon critique
la morgue sociale d’Emmanuel Macron
POLITIQUE Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélen-
chon, juge que « la Macronie implose », dans une interview
dimanche aux journaux régionaux du groupe Ebra. D’après lui,
« le régime vacille » ; Macron « n’imprime plus, il gesticule, ses mots
sont offensants. L’onde de choc de l’affaire Benalla continue » – elle a
conduit selon lui à la démission de Gérard Collomb du ministère de l’Intérieur. « Sarkozy était rugueux, mais sans mépris de
classe. Quel président a déjà montré, comme Macron, cette morgue sociale ? » interroge l’ex-candidat à la présidentielle.
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
Retraites : un « âge-pivot » à
l’étude pour retarder les départs
l Dans le cadre du futur régime universel, la pension pourrait subir
une décote avant une deuxième borne d’âge, qui pourrait être 63 ans.
l C’est le système qui a déjà été retenu en 2015 pour les retraites
complémentaires du secteur privé.
SOCIAL
Solveig Godeluck
@Solwii
C’est acquis, l’âge minimum de
départ à la retraite restera à 62 ans.
Inutile d’agiter un chiffon rouge,
alors que le Haut-Commissaire à la
réforme des retraites, Jean-Paul
Delevoye, qui reçoit ce mercredi tous
les partenaires sociaux, doit déjà
déminer une foule de sujets avant
de créer le futur régime universel.
Néanmoins, selon plusieurs sources,
l’idée d’introduire une deuxième
borne, un « âge-pivot » qui pourrait
être 63 ans, afin de retarder les
départs à la retraite, est à l’étude.
En effet, fixer un plancher à 62 ans
ne suffit pas. D’une part, les assurés
qui ont commencé à travailler tard,
ou bien qui ont eu une carrière à
trous, risquent de toucher une toute
petite pension si on ne les incite plus
à prolonger leur activité. D’autre
part, l’équilibre financier de cette
branche de la Sécurité sociale serait
menacé. Le Conseil d’orientation des
retraites estime que l’âge moyen de
départ permettant de maintenir à
flot le système, 62 ans aujourd’hui,
sera supérieur à 63 ans dès 2025, et à
64 ans en 2035 (avec 1,5 % de croissance des revenus d’activité).
Décote temporaire
Le système actuel comporte un
deuxième étage pour piloter ce risque : l’âge du taux plein, qui dépend
du nombre de trimestres cotisés.
Quand on part avant, on subit une
décote de 5 % par an (10 % des retraités au régime général). Et si on travaille au-delà, on gagne une surcote
(13,7 % des effectifs). La décote ne
s’annule qu’à 67 ans.
Cette deuxième borne d’âge est
très efficace pour retarder les
départs à la retraite. Mais dans un
système par points, il est difficile de
fonctionner à l’identique, puisqu’il
n’y a plus de nombre de trimestres
minimum de cotisations requis une
fois atteint l’âge légal de 62 ans.
Des solutions existent cependant.
Ainsi, lors des négociations de 2015
pour redresser l’Agirc-Arrco, le
régime complémentaire des salariés du privé qui est un régime par
points, le Medef a d’abord proposé
de reculer l’âge minimum à 64 ans.
Puis il est revenu à la charge de façon
plus subtile et a obtenu l’instauration d’une décote temporaire avant
l’âge du taux plein… plus un an, soit
63 ans. Ce « coefficient de solida-
rité » (10 % de décote durant trois
ans) entrera d’ailleurs en vigueur en
janvier, accompagné d’un coefficient majorant d’un an pour ceux
qui prolongent au-delà (10 % à 30 %
de surcote, selon le nombre
d’années de prolongation d’activité).
Un « coefficient
de conversion » ?
C’est cette conquête que le patronat
cherche aujourd’hui à pérenniser et
à renforcer, en plaidant pour l’instauration d’un âge-pivot à 64 ou
65 ans. En deçà, la pension serait
décotée ; au-delà, augmentée. Selon
nos informations, ces bornes d’âges
sont jugées trop élevées du côté du
gouvernement, qui penche plutôt
pour 63 ans.
Cependant, la question est loin
d’être tranchée, souligne un proche du dossier. Le futur régime par
points pourrait aussi bien se passer d’âge-pivot et instaurer comme
en Suède un « coefficient de conversion ». Au moment de la liquidation, il diviserait le capital de
points amassés, pour calculer ce
qui équivaudrait à des annuités. En
Suède, ce coefficient reflète l’espérance de vie de la génération à
laquelle on appartient : quand elle
s’allonge, il faut travailler plus
longtemps pour conserver un bon
niveau de pension.
(
Lire l’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 10
Les pharmaciens
veulent conserver
leur système
par capitalisation
La création d’un régime
de retraite universel,
annoncée par le gouvernement, inquiète les pharmaciens, très attachés à leur
régime complémentaire
par capitalisation.
Instiller une dose de capitalisation
dans le système de retraite, c’est possible en France : les pharmaciens
l’ont fait, via leur caisse d’assurancevieillesse, la CAVP. Elle gère les retraites de base de la profession pour le
compte de la Caisse des professions
libérales (CNAVPL), mais aussi,
de façon autonome, deux régimes
complémentaires obligatoires, l’un
par répartition et l’autre par capitalisation. Ce dernier représente 50 % de
la pension servie aux pharmaciens.
7 milliards d’euros
d’encours
Monique Durand, la présidente de
la CAVP, entend bien défendre
cette spécificité lors de la création
du futur régime universel de
retraite promis par Emmanuel
Macron. « Je rêverais de mettre
encore plus de capitalisation dans
notre retraite. Si on diminue sa part,
nous craignons que nos pensions
soient amputées », indique-t-elle.
En 1962, les administrateurs de la
Caisse ont fait le choix de la capitalisation pour contrebalancer la baisse
de la population de cotisants face à
celle des retraités : le ratio atteindra
1 pour 1 en 2021, 30.000 pensionnés
pour 30.000 actifs ! La retraite par
répartition ne permettait pas de lutter contre ce déséquilibre démographique. Alors que la capitalisation
était d’abord optionnelle, elle est
devenue obligatoire en 2009, pour
des raisons juridiques. La CAVP a
également dû mettre fin aux surcotisations et créer six classes contributives, en fonction des revenus.
L’idée de devoir verser
leur capital dans
le futur pot commun
du « régime universel
de retraite » fait frémir
les administrateurs
de la CAVP.
E n 2 0 1 7 , l e r é g i m e a ve r s é
210 millions à ses assurés au titre de
la capitalisation. Net de cotisations,
il a restitué une centaine de millions. « Nous sommes fiers de montrer que nous rendons à nos assurés.
Charly Triballeau/AFP
FRANCE
La complémentaire obligatoire par capitalisation représente
50 % de la pension servie aux pharmaciens.
Le système fonctionne », assure
Monique Durand. La Caisse fait
fructifier 8,5 milliards d’euros
d’actifs dont 7 milliards sur les
contrats de capitalisation – il s’agit
surtout de placements obligataires.
L’idée de devoir verser ce capital,
chèrement constitué, dans le futur
pot commun du « régime universel
de retraite » fait naturellement frémir les administrateurs de la CAVP.
« Cet argent appartient aux pharmaciens, nous nous sommes engagés à le
leur reverser », plaide Monique
Durand. Les assurés ont accepté des
augmentations de cotisations et une
baisse des rendements pour conserver leur régime à l’équilibre, et ils ne
veulent pas s’en voir dépossédés.
Pour cette profession libérale,
comme pour d’autres caisses autonomes au sein de la Sécurité sociale,
le futur régime universel de retraite
devrait être réduit à l’essentiel : l’équivalent de l’actuel régime général, avec
des cotisations jusqu’à 3.300 euros de
revenus par mois et à un taux faible
(10-12 %). Cela permettrait de maintenir des régimes complémentaires
propres à chaque profession.
« Nos besoins diffèrent, argumente
Monique Durand. Les pharmaciens
investissent 2 millions d’euros quand
ils s’installent ; les dentistes s’équipent
au fil de l’eau. Si on ne prend pas en
compte ces spécificités dans la construction de la retraite, on risque de
décourager les vocations libérales. » A
la CAVP, on imagine plutôt l’avenir
en étendant le champ de la capitalisation. Une dizaine de sections professionnelles libérales font, comme
elle, l’appel de cotisations, le recouvrement et le versement de prestations. « Nous sommes prêts à mutualiser notre régime complémentaire
avec eux ou à gérer le leur », explique
la pharmacienne. Les dentistes, les
notaires et les vétérinaires seraient
justement à la recherche d’un « plan
B » pour ne pas tomber dans un
régime unique. — S. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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04 // FRANCE
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
Macron cherche un second
souffle avec le remaniement
POLITIQUE
« Nous allons
désormais
entamer l’an II
du quinquennat,
celui de
la République
contractuelle. »
L’exécutif ira
au-delà du simple
remplacement
de Gérard Collomb.
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Ce sera pour lundi ou, vraisemblablement, mardi. Emmanuel
Macron et Edouard Philipp e
ont mis à profit le week-end pour
peaufiner le remaniement consécutif au départ de Gérard Collomb.
Aux yeux de l’exécutif, il est vite
apparu que le départ du ministre de
l’Intérieur, outre son aspect rocambolesque − l’intéressé a forcé
Emmanuel Macron à accepter sa
démission − bousculait l’équilibre
général du gouvernement.
L’exécutif a donc tiré parti de ce
nouveau départ pour ajuster
l’équipe gouvernementale. C’est ce
qu’avait souhaité Edouard Philippe
dès le départ de Nicolas Hulot fin
août. « Gérard Collomb était un
ministre de poids, son départ va engager un jeu de chaises musicales car il
faut en mesurer les conséquences sur
l’équilibre politique du gouvernement », estimait-on à l’Elysée en fin
de semaine dernière.
D’où la nécessité de prendre son
temps, Edouard Philippe assurant
l’intérim Place Beauvau. « J’assume
totalement ce temps long, parce que
RICHARD FERRAND
Président de
l’Assemblée nationale
Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont profité du week-end
pour ajuster la nouvelle équipe gouvernementale. Photo Sipa
nommer un ministre de l’Intérieur,
ça n’est pas une petite fonction dans
l’appareil d’Etat », a déclaré dimanche le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux
Créer un électrochoc
Avec ce remaniement, le duo de
l’exécutif espère un nouvel élan
après un été marqué par l’affaire
Benalla et une rentrée chaotique.
Les démissions de Nicolas Hulot et
de Gérard Collomb, tous deux
ministres d’Etat et en haut de l’ordre
protocolaire, tout comme les atermoiements sur le prélèvement à la
source ou la grogne des retraités, ont
plus pesé que l’annonce des plans
pauvreté et santé ou les débats sur la
loi Pacte, pourtant clefs de voûte de
la nouvelle année qui s’ouvre. Le
chef de l’Etat voit sa cote de confiance décrocher violemment.
Emmanuel Macron tente donc
l’électrochoc du remaniement pour
reprendre la main. Richard
Ferrand, nouveau président de
l’Assemblée nationale et proche
parmi les proches du président de la
République, l’a dit lui-même dans
les colonnes du « JDD ». « Nous
allons désormais entamer l’an II du
quinquennat, celui de la République
contractuelle », a-t-il dit, évoquant
même un nécessaire « nouveau
souffle ». Le président de l’Assemblée, un des premiers parlementaires à rejoindre Emmanuel Macron
fin 2015, confirme la rupture entre le
pouvoir et une partie des Français.
Pour marquer cette volonté de
relance, Edouard Philippe pourrait
susciter un nouveau vote de confiance à l’Assemblée nationale. « Si
le président décide d’un remaniement ample et profond, c’est d’évidence qu’il faudra que le gouvernement demande la confiance », a
ajouté le président de l’Assemblée
nationale dans les colonnes de
l’hebdomadaire dominical.
Pour la Place Beauvau, Richard
Ferrand évoque un « Jean-Michel
Blanquer de l’Intérieur », du nom
du ministre de l’Education nationale, qui est une révélation politique depuis sa nomination en
mai 2017. n
Impôts : la « flat tax » relance
la distribution de dividendes
FISCALITÉ
L’introduction,
en janvier, d’un prélèvement forfaitaire
unique de 30 %
sur les revenus du
capital s’avère moins
coûteuse que prévu.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Si trop d’impôt tue l’impôt, la réciproque peut aussi se vérifier. Baisser les impôts ne se traduit pas
toujours par une baisse proportionnelle des recettes. Les documents budgétaires annexés
au projet de loi de finances montrent que l’introduction du prélèvement forfaitaire unique (PFU)
sur les revenus du capital en janvier dernier pourrait s’avérer
moins coûteuse que prévu en raison d’un changement de comportement des contribuables.
Depuis le début de l’année, les
revenus des placements (dividendes, plus-values, intérêts) sont
imposés au taux unique de 30 %.
Cette « flat tax » a remplacé une
imposition au barème de l’impôt
sur le revenu (14 %, 30 %, 41 % ou
45 % selon la tranche d’imposition)
à laquelle s’ajoutaient les prélève-
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
Photo Patrick Kovarik/AFP
Sciences Po
veut collecter
100 millions
d’euros
ENSEIGNEMENT
L’établissement
donnera le coup
d’envoi d’une campagne de levée de
fonds, ce lundi, lors
d’un dîner de gala.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
C’est un événement d’importance pour Sciences Po et c’est
peut-être aussi un tournant
pour l’enseignement supérieur
en France. L’établissement
s’apprête à lancer « la campagne de levée de fonds la plus
importante jamais menée »,
confie aux « Echos » son directeur, Frédéric Mion.
A l’occasion de son dîner de
gala annuel, ce lundi soir,
Sciences Po donnera le coup
d’envoi d’une collecte de fonds
de 100 millions d’euros : un
objectif que l’établissement
compte atteindre d’ici à 2022 et
qui est un vrai changement
d’échelle par rapport aux
13 millions collectés l’an dernier. La date retenue n’est pas
anodine : 2022 sera l’année du
150e anniversaire de l’école et
celle de l’inauguration du campus de l’Artillerie, ce vaste projet en plein Paris qui s’étend sur
14.000 m2.
Des bourses pour
les étudiants africains
ments sociaux (15,5 % jusqu’en
2017). Une réforme qui avait
été dénoncée par l’opposition à gauche comme un « cadeau aux
riches », au même titre que le remplacement de l’ISF par un impôt sur
la fortune immobilière.
Coût de 900 millions
d’euros
SUR
L’hôtel de l’Artillerie, dans le 7e arrondissement de Paris,
accueillera, en 2022, le futur campus de Siences Po.
Selon les annexes du projet de
budget pour 2019, son impact sur
les recettes de l’impôt sur le
revenu a été revu à la baisse. Le
coût de cette réforme s’élèverait
finalement à 900 millions d’euros,
alors que l’évaluation avancée lors
du débat parlementaire, à
l’automne dernier, était de 1,3 milliard pour 2018, puis 1,9 milliard en
2019. Les prévisions d’impôt sur le
revenu pour 2018 ont été relevées
de 600 millions d’euros, dont une
partie provient de meilleures
recettes sur ce PFU.
Nouvelle donne fiscale
A noter que les évaluations de Bercy
se font toujours « à comportement
constant », faute de pouvoir estimer de façon fiable comment une
mesure fiscale peut affecter les
comportements.
Or il semblerait que les contribuables se soient adaptés rapidement à cette nouvelle donne fiscale. Le document explique cette
révision par un « dynamisme des
dividendes constaté au premier
semestre ». En moyenne, les dividendes imposés en France se sont
élevés à 13,6 milliards d’euros par
an sur la période de 2013 à 2017,
lorsqu’ils étaient imposés au
barème de l’impôt sur le revenu.
Durant le quinquennat Sarkozy, ils
atteignaient 20,2 milliards d’euros,
avec un système de prélèvement
forfaitaire.
Avec l’introduction de la « flat
tax », Bercy anticipe un retour des
dividendes à leur niveau d’avant
2013. « La hausse constatée au premier semestre 2018, essentiellement
portée par les petites et moyennes
entreprises, peut s’expliquer par le
caractère incitatif du PFU, qui permet dans l’ensemble de revenir à la
situation antérieure à la réforme de
2013 », souligne l’annexe du projet
de loi de finances. Cette tendance
devrait perdurer en 2019. Le projet
de budget « s’appuie sur un scénario de rattrapage sur plusieurs
années des bénéfices non distribués
depuis 2014. » n
C’est en partie pour financer la
construction de ce campus
urbain que Sciences Po lève des
fonds, mais pas seulement.
Puisque, sur les 100 millions
d’euros, 20 millions seront consacrés au projet de l’Artillerie.
Le reste doit servir à financer
des projets d’ouverture sociale
et d’égalité des chances, mais
aussi des activités de recherche
et des nouvelles chaires. Sciences Po a, par exemple, un projet
de développement de bourses
pour attirer davantage d’étudiants africains, en lien avec sa
politique de partenariats : un
double diplôme est en vue avec
l’université privée d’Accra
(Ghana). La campagne dite
« silencieuse » de récolte de
fonds a déjà permis de réunir
47 millions d’euros.
Après Sorbonne Université −
qui a lancé en juin une collecte
de fonds de 100 millions d’euros
sur cinq ans −, celle de Sciences
Po pointe de nouveau les problèmes de sous-financement
de l’enseignement supérieur en
France, régulièrement critiqué
par les acteurs du secteur. Les
meilleures écoles et universités
françaises s’estiment financièrement trop peu dotées pour
jouer à armes égales avec leurs
L’objectif à atteindre
d’ici à 2022 est un
vrai changement
d’échelle par rapport
aux 13 millions
collectés l’an dernier.
concurrents internationaux.
« Les dotations publiques, même
quand elles sont stables en
valeur absolue, ne sont plus en
mesure d’accompagner le développement des institutions universitaires comme la nôtre,
estime Frédéric Mion. Il faut
donc que l’on se donne des marges de développement. »
Sciences Po, qui a été créé en
1872 avec l’appui de mécènes,
parle d’un retour aux sources. Mais, en matière de collecte de fonds, la France n’a pas
les mêmes habitudes que
l’Amérique du Nord ou le
Royaume-Uni. « Beaucoup
d’anciens de Sciences Po sont
installés à l’étranger et la
démarche philanthropique est,
pour eux, naturelle, rassure
Frédéric Mion. La France est
moins accoutumée au recours à
des fonds privés pour le développement d’activités d’intérêt
général. Mais les mentalités évoluent et cette prise de conscience,
relativement récente, mérite
d’être étendue. » Sciences Po,
dont la dotation publique
couvre 38 % des ressources
pour un budget de l’ordre de
200 millions d’euros, compte
bien « prolonger et amplifier
l’effort » en matière de collecte
de fonds au-delà de 2022. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // FRANCE
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
LE GRAND RENDEZ-VOUS //
EUROPE 1 - « LES ECHOS » - CNEWS
Vers un nouveau statut
d’entreprise à mission
Bruno Le Maire :
« Je souhaite poursuivre
ce que je fais » à Bercy
A la veille du remaniement, le ministre
de l’Economie et des
Finances a défendu
son bilan en s’appuyant
sur les récentes décisions concernant ADP
et la taxation des Gafa.
l Les députés ont voté vendredi la création d’un nouveau régime.
l Il permettra aux sociétés qui le souhaitent d’engager davantage
leurs responsabilités sociale et environnementale.
ENTREPRISES
Yann Verdo
@verdoyann
Les députés ont terminé vendredi
l’examen du projet de loi Pacte porté
par le ministre de l’Economie,
Bruno Le Maire. L’examen en
séance n’a pas transformé le texte en
profondeur, les principales évolutions ayant été votées en commission, notamment la création des
entreprises à mission. Ce nouveau
statut existe déjà dans plusieurs
pays, surtout aux Etats-Unis où il
regroupe des sociétés qui souhaitent
se donner un objet social spécifique
en intégrant des contributions à
l’intérêt général, en plus de la seule
recherche du profit.
C’est le cas de Patagonia, qui
s’engage, lors de la fabrication et la
distribution de ses vêtements, à respecter des normes environnementales spécifiques. Ces engagements
sont régulièrement certifiés par un
organisme tiers. Généralement, les
entreprises à mission ont aussi une
politique de rémunération qui vise
à répartir équitablement leurs
bénéfices selon des règles connues
de tous et transparentes.
Une « raison d’être » en lien
avec l’activité de la société
Le projet de loi initial n’avait pas
retenu la création de ce statut car le
texte, et c’est l’une de ses principales
innovations, a déjà réécrit le Code
civil et le Code du commerce dans un
sens similaire. Le Code civil, une fois
la loi définitivement adoptée, stipulera que l’objet social de l’entreprise
ne consiste plus seulement dans la
défense des intérêts des actionnaires, mais que le dirigeant doit aussi
prendre en considération les conséquences environnementales et
sociales induites par son activité. La
réécriture du Code du commerce
permet, elle, de se doter d’une « raison d’être » spécifique et choisie par
l’entreprise, en lien avec son activité.
Laure Joliet/« NYT »-Redux-RÉA
Marie Bellan
@mbellan1
Le statut d’entreprise à mission existe déjà aux Etats-Unis. Ici, le siège de l’entreprise de vêtements
Patagonia, en Californie, qui s’est donné un objet social intégrant des dispositions environnementales.
L’objet social
ne consiste plus
seulement dans
la défense des intérêts
des actionnaires.
C’est cette raison d’être qui
recoupe en partie la notion d’entreprise à mission. La raison d’être peut
prendre des formes aussi diverses
que la préservation d’un territoire
ou d’un savoir-faire, la lutte contre le
réchauffement climatique ou
l’approvisionnement en produits
bio. Elle peut être très précise ou
assez générale puisque c’est l’entreprise qui détermine elle-même le
contenu de sa raison d’être, mais
aussi la façon dont elle s’y conforme.
Pour certains députés de la
majorité, cette raison d’être restait
trop générale et surtout pas assez
contrôlée. Certaines entreprises
pourraient en effet être tentées
d’afficher une raison d’être ambitieuse sans tenir véritablement leur
engagement. Avec les entreprises à
mission, les engagements pris doivent faire l’objet d’un audit qui doit
être ensuite certifié par un organisme tiers.
En France, certaines entreprises
ont déjà fait part de leur volonté
Les fondations d’actionnaires
entrent dans le droit français
Pour permettre aux
entreprises familiales
et à celles qui se dotent
de mission particulière
pouvant réduire leur
rentabilité, les fondations
d’actionnaires permettent
de protéger le capital
contre d’éventuels rachats.
Pour rendre les entreprises plus
responsables et les encourager à
gérer leurs actifs sur le long terme,
le projet de loi Pacte introduit dans
la législation française un nouveau
cadre : celui des fondations
d’actionnaires. Déjà bien connu des
entreprises allemandes ou scandinaves (le groupe Lego est sous ce
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*Demain commence aujourd’hui
de rallier le statut d’entreprise à
mission. C’est le cas de la Maif, qui
se définit depuis longtemps déjà
comme un assureur militant.
Mais aussi d’OpenClassrooms, qui
défend l’accès à l’éducation pour
tous comme mission spécifique.
Aux Etats-Unis, les entreprises à
mission, plus connues sous le nom
de « B Corp » pour « benefit corporation », ne sont encore qu’une
poignée (autour de 2.000) mais le
mouvement commence à prendre
de l’ampleur, notamment sous
l’influence de certains grands
groupes comme Danone, qui veut
labelliser une grande partie de ses
filiales nord-américaines. n
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régime, de même que les entreprises Thyssen ou Bosch en Allemagne), ce régime était encore
embryonnaire en France car très
compliqué à mettre sur pied. Les
laboratoires Pierre Fabre sont gérés
via une fondation. Mais c’est un
exemple quasi unique en France.
Avec les fondations d’utilité
publique, telles que la loi les a définies, les dirigeants pourront choisir de loger une partie de leurs
actifs de façon irréversible dans
une fondation afin de préserver
ces actifs de tout rachat jugé inopportun. L’idée de départ est de pou-
L’idée est de pouvoir
offrir la possibilité de
suivre une stratégie,
y compris si celle-ci
n’est que peu rentable
dans le court terme
mais répond à un
engagement social
ou environnemental.
voir offrir à l’entreprise la possibilité de suivre une stratégie, y
compris si celle-ci n’est que peu
rentable dans le court terme mais
répond à un engagement social ou
environnemental. C’est aussi, et
surtout, une façon de protéger des
actifs familiaux en vue de la perpétuation de l’activité. C’est en tout
cas dans ce sens que les législations allemandes ou scandinaves
ont été pensées.
Pour ne pas heurter de plein
fouet le droit des successions français, les fondations d’utilité publique ne reviennent pas sur la
réserve héréditaire qui garantit à
tout héritier une part de la succession. Le dirigeant ne peut donc pas
purement et simplement déshériter ses enfants au profit de la fondation. — M. B.
A la veille de l’annonce du remaniement, le ministre de l’Economie et des Finances a profité de
la tribune qui lui était offerte par
le « Grand Rendez-vous » Europe 1 - « Les Echos » - CNews
pour réaffirmer sa détermination à poursuivre son travail au
même poste. Quatorze mois
après avoir rejoint Emmanuel
Macron, Bruno Le Maire s’est
dit toujours aussi « enthousiaste
de servir un président de la République qui sait où il va ». « J’aime
ce que je fais […] Le chômage
baisse, les comptes publics sont
tenus, la croissance est en train de
revenir. Je souhaite poursuivre ce
que je fais. »
ADP : « L’Etat gardera
la dernière main »
Les difficultés politiques actuelles, ponctuées par les démissions successives de Nicolas
Hulot et de Gérard Collomb et
abondamment commentées
par les médias, ne doivent pas
faire oublier, a-t-il martelé, les
avancées réelles obtenues par
l’exécutif. « Regardez ce qui s’est
passé cette semaine dans le
domaine qui est le mien », a-t-il
avancé, avant de citer en exemple la privatisation d’Aéroports
de Paris (ADP) dans le cadre de
la loi Pacte.
« L’Etat gardera la dernière
main et le contrôle sur le choix
de l’investisseur principal dans
ADP », a-t-il solennellement
promis, tout en défendant les
raisons stratégiques ayant présidé à ce désengagement :
« Est-ce que le rôle de l’Etat est
de toucher des dividendes sur
des activités qui sont principalement du parking, des boutiques
de luxe et des hôtels, à l’origine
des deux tiers des bénéfices
d’ADP ? Ou est-ce que l’Etat ne
devait pas, au contraire, récupérer ces 9 ou 10 milliards d’euros
qui se trouvaient immobilisés
dans ADP pour les placer et
investir dans les innovations
de demain ? » a-t-il feint de
s’interroger, en précisant que
cette somme rapportera
« entre 250 et 300 millions
d’euros chaque année, soit entre
2,5 et 3 milliards sur dix ans », à
investir dans la recherche
médicale, les énergies renouvelables et la question clef de
leur stockage ou encore l’intelligence artificielle.
Autre tout récent « succès »
mis en avant par le ministre de
l’Economie et des Finances : la
promesse arrachée à l’Allemagne qu’une décision serait prise
d’ici à la fin de l’année, c’est-àdire au dernier Conseil européen de 2018, concernant
la taxation des Gafa et autres
géants du numérique. « La
France a permis de débloquer les
choses en proposant la clause
d’extinction : dès qu’il y aura une
solution globale et internationale
au niveau de l’OCDE, cette solution internationale prendra la
place de la solution européenne. »
La vocation de l’Europe, a
conclu Bruno Le Maire, « est
d’être devant, pas derrière ».
(
Lire nos informations
Page 20
« Je suis
enthousiaste de
servir un président
de la République
qui sait où il va. »
BRUNO LE MAIRE
Ministre de l’Economie
et des Finances
Le ministre de l’Economie et des Finances a réaffirmé
sa détermination à poursuivre son travail au même poste.
Photo Marie Etchegoyen/Capa Pictures pour Europe 1
en bref
La proposition de « base commune »
de Pierre Laurent rejetée
PARTI COMMUNISTE Le secrétaire national du PCF, Pierre Lau-
rent, a subi samedi un camouflet retentissant en voyant, lors du
vote des adhérents, sa proposition de « base commune » battue
par un texte alternatif, avant le congrès extraordinaire de
novembre. Habituellement, le texte proposé par la direction
réalise des scores hégémoniques, dignes de la culture de
consensus du Parti. « Le Manifeste pour un PCF du XXIe siècle »,
soutenu par le patron des députés communistes, André Chassaigne, devient la nouvelle « base commune », enrichie avant et
pendant le congrès. Le Manifeste regrette que le PCF n’ait pas
présenté de candidat à la présidentielle de 2017 et ait fini par
soutenir Jean-Luc Mélenchon, sans participer à sa campagne.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 07
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
MONDE
en
chiffres
ALLEMAGNE : REBOND
DANS L’INDUSTRIE
PHILIPPINES : L’INFLATION
SE RAPPROCHE DES 7 %
Les commandes à l’industrie
ont rebondi en août (+2,0 %
après -0,9 % en juillet) en
Allemagne à la faveur du
désengorgement du secteur
automobile et d’une
remontée de l’activité hors
Europe, ce qui permet au
ministère de l’Economie
de tabler sur un quatrième
trimestre solide pour
l’industrie manufacturière.
Les prix à la consommation
ont progressé au rythme le
plus élevé des neuf dernières
années affichant +6,7 % en
septembre après +6,4 % en
août, selon l’autorité
philippine des statistiques.
L’objectif est de contenir
cette hausse des prix dans
une fourchette comprise
entre 2 et 4 % et ce, à partir
de 2019.
+3,8 %
LA PRODUCTION
INDUSTRIELLE EN
HONGRIE EN AOÛT
La production industrielle
en Hongrie s’est nettement
redressée en août après une
forte baisse (-1,9 %) en juillet,
selon une première estimation
du bureau des statistiques. Sur
un an, la hausse atteint 4,5 %.
La nomination de Kavanaugh, une victoire
pour Trump à un mois des midterms
l Au terme d’une violente controverse, le Sénat a confirmé samedi le juge conservateur Brett Kavanaugh
à la Cour suprême.
l Sa nomination est perçue comme un atout pour les républicains en novembre.
ÉTATS-UNIS
quasiment tous les défauts d’un
président au pedigree discutable.
Elsa Conesa
@ElsaConesa
— Bureau de New York
Chômage au plus bas
Il reste décidément bien peu d’obstacles sur la route de Donald Trump
d’ici au 6 novembre. A moins d’un
mois des élections de mi-mandat, le
président américain peut se targuer
d’avoir tenu une de ses promesses
les plus structurantes pour l’électorat républicain : nommer un
second juge conservateur à la Cour
suprême, un an après Neil Gorsuch,
confirmé début 2017.
Proposé par Donald Trump en
juillet dernier, le juge Brett
Kavanaugh a en effet été confirmé
au Sénat par 50 voix contre 48
samedi soir, au terme d’une violente
polémique qui a tenu le pays en
haleine et l’a laissé profondément
divisé. Le juge, âgé de cinquantetrois ans, est en effet accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles lorsqu’il était étudiant.
La violence de l’épisode promet
de laisser des traces dans la société
américaine, politisant à outrance
une institution réputée pour son
subtil équilibre idéologique. A
court terme néanmoins, elle devrait
remobiliser l’électorat conservateur, pour qui la promesse d’une
Cour suprême penchant durablement à droite éclipse désormais
« Aucune autre bataille ne pouvait
rassembler à ce point le parti républicain », a estimé Ron Bonjean, un
stratège républicain, dans le « Wall
Street Journal ». Une aubaine, à
trois semaines d’élections auxquelles la participation est générale-
ment deux fois moindre que pour
un scrutin présidentiel. Trump, qui
vient par ailleurs de boucler la révision de l’accord de libre-échange en
Amérique du Nord avec le Mexique
et le Canada, et affiche un bilan économique impeccable, avec un taux
de chômage au plus bas depuis près
de cinquante ans, aborde ainsi
l’échéance de novembre sous les
meilleurs auspices.
Si les républicains espèrent capitaliser sur cette mobilisation inespérée, les démocrates prédisent, eux,
un effet contraire, tablant sur une
réaction de rejet. Ces derniers espèrent reprendre le contrôle de la
Chambre des représentants, où plusieurs dizaines de circonscriptions
conquises par les républicains en
2016 pourraient de fait basculer à
gauche, en particulier dans les zones
La violence de l’épisode promet de laisser des traces dans la société américaine et, à court terme,
de remobiliser l’électorat conservateur. Photo Bloomberg
Dans le sillage de Bernie
Sanders en 2016, plusieurs
candidats se présentent
sans complexe sous cette
étiquette.
Surprise venue du Bronx
Figure de proue du mouvement, la
candidate new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez, vingt-neuf ans,
a pris tout le monde de court en
l’emportant sur un poids lourd du
parti, Joe Crawley, élu sans discontinuer depuis 1999. Originaire du
Bronx et novice en politique, cette
ancienne barmaid a fait campagne
sur la gratuité de l’éducation, l’accès
universel à une couverture santé, et
en critiquant vertement le parti
démocrate. « Tous les démocrates ne
Peu de suspense au Sénat
Malgré la très courte majorité dont
jouissent les républicains au Sénat,
il est peu probable que ces derniers
perdent le contrôle de la Chambre
haute. Sur les 33 sièges renouvelés
en novembre, dix sont ceux de sénateurs démocrates se trouvant dans
des Etats ayant voté pour Trump en
2016. Certains ont carrément choisi
de faire campagne à droite, comme
Joe Donnelly dans l’Indiana, qui
plaide pour la construction du mur,
Heidi Heitkamp dans le Dakota du
Nord, qui se vante d’avoir voté 50 %
des mesures de Trump, ou encore
Joe Manchin, en Virginie-Occidentale, qui a soutenu le juge
Kavanaugh samedi.
Les élections de mi-mandat sont
généralement défavorables au parti
du président, qui a perdu 18 des
20 derniers scrutins de mi-mandat.
Espérant déjouer cette malédiction,
Donald Trump sillonne le pays
depuis le début de l’été, et a programmé près d’une trentaine de
meetings cet automne. Samedi soir,
lors d’un rassemblement à Topeka,
au Kansas, il jubilait. « Les démocrates radicaux sont devenus une foule
en colère, a-t-il lancé, quelques heures après la confirmation du juge
Kavanaugh. Mais nous avons été
énergisés. » n
Des campagnes financées
par une poignée
de milliardaires
Le retour d’un discours « socialiste »
le capitalisme), un résultat qui a tant
surpris les auteurs de l’étude qu’ils
l’ont refaite intégralement pour le
vérifier. « Quand ils parlent de socialisme, ces jeunes pensent au système
de santé canadien, pas à l’URSS », a
tempéré John Della Volpe, l’auteur
de l’étude, évoquant une combinaison de « Teddy Roosevelt et Franklin
Roosevelt, le Square Deal [un programme de réformes au début du
XXe siècle, NDLR] et le New Deal ».
Don Emmert/AFP
C’est une autre conséquence inattendue de la victoire de Trump : un
peu partout dans le pays, des candidats se présentant comme « démocrates socialistes » ont émergé des
élections primaires au cours de
l’été. Dans la droite ligne de Bernie
Sanders, le rival malheureux
d’Hillary Clinton en 2016, près d’une
cinquantaine d’aspirants portant
cette étiquette ont emporté les élections primaires à différents échelons (Congrès locaux, mairies, gouverneurs, juges…). Quatre d’entre
eux se présentent à la Chambre des
représentants, tandis qu’une
dizaine d’autres bénéficient du soutien du sénateur du Vermont.
suburbaines où Trump est très
impopulaire, comme en Californie.
Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans, a fait sensation en remportant
la primaire démocrate dans la 14e circonscription de New York.
se valent pas, explique-t-elle dans
une vidéo vue plus de 4,5 millions
de fois depuis le printemps. Un
démocrate qui prend l’argent d’une
entreprise [...], qui ne vit pas ici, qui
n’envoie pas ses enfants dans nos écoles, ne boit pas notre eau ou ne respire
pas notre air ne peut pas nous représenter. »
Les Millennials séduits
A l’échelle nationale, le mouvement
demeure très modeste, mais il s’est
transformé depuis 2016. Les
« socialistes démocrates d’Amérique » (DSA), organisation qui rassemble une partie de ces candidats
et se présente comme apparentée
au Parti démocrate, revendiquent
désormais plus de 50.000 membres
contre 5.000 en novembre 2016. Et
la moyenne d’âge, qui avoisinait les
68 ans il y a cinq ans, a été ramenée
à 33 ans.
La résurrection de ce courant
idéologique, dans un pays en croisade perpétuelle contre son propre
gouvernement, séduit de fait surtout les Millennials, nés après la
chute du mur de Berlin, et dont la
conscience politique s’est forgée
lors de la crise de 2008. Un sondage
de l’institut de politique d’Harvard a
ainsi révélé que 31 % des Américains
âgés de 18 à 29 ans affirmaient « soutenir » le socialisme (contre 42 % pour
Dans la droite ligne
de Bernie Sanders, près
d’une cinquantaine
d’aspirants portant
cette étiquette ont
emporté les élections
primaires à différents
échelons.
Comme en 2016, l’émergence de
ce courant idéologique tend à
embarrasser les démocrates, qui
craignent qu’un discours trop à
gauche ne les empêche de battre
leurs opposants républicains et
effraie une partie de leur électorat.
« S’il vous plaît, s’il vous plaît, les
démocrates, ne perdez pas la tête en
vous réfugiant dans le socialisme,
tweetait l’ex-patron du FBI James
Comey en juillet. C’est précisément
ce que ce président et le Parti républicain attendent de vous. » — E. C.
Côté démocrate comme
côté républicain, on peut
compter sur les dons
de généreux donateurs…
qui influencent directement la politique
de leurs protégés.
les organisations qu’il a créées et
qui ont pour but affiché de faire
destituer Donald Trump. En 2014,
le soutien de ce financier, militant
pour l’environnement, n’avait toutefois pas empêché le Sénat de basculer vers les républicains.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Des donateurs discrets
La question du financement de la
campagne revient lors de chaque
scrutin, aux Etats-Unis. Mais la
présence de Donald Trump à la
Maison-Blanche et la réforme fiscale semblent avoir mobilisé les
donateurs, encore plus que d’habitude, pour ces élections de mimandat. On estime déjà à 640 millions de dollars les dépenses dans
les différentes campagnes.
Lors du dernier décompte, au
cœur de l’été, le Comité national
républicain avait déclaré avoir
réuni 252 millions de dollars, contre 116 millions pour le Comité
national démocrate. Mais ces
sommes n’incluaient pas l’argent
levé par les candidats eux-mêmes,
localement. Et les démocrates ont
été particulièrement actifs dans
certains Etats. Au Texas, par exemple, leur candidat pour le poste de
gouverneur Beto O’Rourke a déjà
levé plus de 40 millions de dollars,
bien plus que son adversaire, dans
ce fief pourtant républicain.
Plus que jamais, les milliardaires sont mobilisés. Ainsi, Michael
Bloomberg a débloqué 80 millions de dollars pour soutenir les
démocrates. L’ancien maire de
New York, indépendant et qui a
financé aussi bien des démocrates que des républicains ces dernières années, affirme vouloir
conserver un équilibre dans la vie
politique américaine.
Les motivations sont différentes
chez Tom Steyer. Cet ancien gérant
de fonds a investi une trentaine de
millions de dollars, surtout dans
Quant à George Soros, accusé par
Donald Trump d’avoir financé des
manifestantes lors du vote des
sénateurs sur le juge Kavanaugh
(en fait des victimes de violences
sexuelles), il a également participé
à la campagne démocrate, à hauteur d’une dizaine de millions de
dollars. Un peu moins que Donald
Sussman (16 millions), un financier déjà engagé dans la campagne de Hillary Clinton en 2016.
Côté républicain, les soutiens
sont plus discrets, mais ils n’en sont
pas moins efficaces. A commencer
par Sheldon Adelson. Ce magnat
des casinos est le principal bailleur
de fonds des républicains depuis
trois élections, après avoir été proche des démocrates. Il a investi
30 millions de dollars cette fois.
Une stratégie payante : il exercerait
une forte influence sur la politique
extérieure de Donald Trump,
notamment sur l’Iran ou le ProcheOrient, et aurait obtenu la nomination de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale.
Autre donateur de rang pour le
camp conservateur : Richard
Uihlein. Cet homme d’affaires du
Wisconsin qui vit dans l’Illinois a
fait fortune dans les emballages et
son arrivée sur la scène politique
nationale est récente. Pour faire
triompher ses idées conservatrices – il veut encore plus de baisses
d’impôts et réduire l’influence des
syndicats – il n’a pas hésité à
débourser près de 30 millions,
essentiellement sur des candidats
du Midwest. Enfin, les frères Koch
(Koch Industries) restent des soutiens de poids, même s’ils se sont
éloignés de Donald Trump. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
Brexit : dans l’ultime ligne droite,
les négociateurs veulent y croire
Semaine décisive
pour le budget
italien
Le budget passe
devant le Parlement
cette semaine avant
que sa version finale
ne soit envoyée
à Bruxelles.
Olivier Tosseri
@OlivierTosseri
— Correspondant à Rome
D’une élection à l’autre. Matteo
Salvini et Luigi Di Maio étant
en campagne électorale permanente, l’adoption du « budget du
peuple » clôt celle des législatives qui se sont tenues en mars
dernier et ouvre celle des européennes qui auront lieu en mai
prochain.
A défaut de les honorer,
toutes leurs promesses ont été
insérées dans le projet de budget qui sera étudié cette semaine
par les commissions des Finances du Parlement italien. La
Commission européenne, elle,
attend de recevoir le document définitif le 15 octobre.
Dans une lettre adressée au
gouvernement italien, elle a
fait part de « sa vive inquiétude »
et l’invite à faire en sorte que « le
budget se conforme aux règles
budgétaires communes ».
Plus que les menaces de
Bruxelles, c’est la chute de la
Bourse et la hausse du spread à
300 points qui avait contraint
l’exécutif de Giuseppe Conte à
apporter quelques – maigres –
corrections à ses premières
annonces. L’essentiel – et le plus
inquiétant pour la Commission
européenne – demeure. Le déficit sera bien porté à 2,4 % du PIB
l’an prochain, mais pour redescendre ensuite à 2,1 % en 2020
et 1,8 % en 2021. La dette publique sera, quant à elle, réduite de
+1,5 %
LA CROISSANCE
anticipée pour 2019.
ses actuels 130,9 % du PIB à
126,7 % dans trois ans. Le tout en
tablant sur une croissance de
+1,5 % en 2019, +1,6 % en 2020 et
+1,4 % en 2021. Des chiffres bien
supérieurs aux prévisions de
+1 % maximum délivrées par la
plupart des institutions internationales. Ceux que les forces
populistes préfèrent présenter à leurs électeurs sont les
10 milliards d’euros destinés au
revenu citoyen de 780 euros et
les 7 milliards d’euros pour
abaisser l’âge légal de départ
à la retraite et augmenter les
pensions minimum.
Les européennes
en ligne de mire
Objectif du gouvernement :
conserver sa popularité (supérieure à 60 %) et s’assurer la
victoire au scrutin européen
en mai prochain. Le revenu
citoyen promis par le M5S doit
entrer en vigueur tout juste
un mois avant, le 1er avril 2019,
année où 400.000 salariés
pourront prendre leur retraite
anticipée, comme s’y est engagée la Ligue.
Son leader, Matteo Salvini,
vante également son succès
sur le dossier de l’immigration.
Le président de la République
a signé le très controversé
décret-loi sécurité du ministre
de l’Intérieur restreignant
considérablement l’octroi de la
protection humanitaire pour
les réfugiés et la possibilité de
déposer une demande d’asile,
tout en augmentant les cas justifiant une expulsion.
Sergio Mattarella a accompagné sa signature d’une lettre
envoyée à Matteo Salvini lui
faisant part de ses inquiétudes
et l’enjoignant à respecter la
Constitution et les engagements
internationaux de l’Italie. Il
n’est pas le seul, avec l’Europe,
à être préoccupé de la politique
menée par le gouvernement de
Giuseppe Conte. Le président
de Confindustria a rappelé que
l’exécutif jouait sa crédibilité
et celle (financière) du pays
sur la croissance et son futur
budget. « On croise les doigts »,
a-t-il déclaré. n
Aris Oikonomou/AFP
EUROPE
Le négociateur de l’UE chargé du Brexit, Michel Barnier (à droite), et le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, à Bruxelles, le 4 octobre.
ROYAUME-UNI
Les négociations se
déroulent de manière
ininterrompue en vue
d’un sommet capital,
le 17 octobre.
Les Européens
cherchent à aider
Theresa May
sur le plan intérieur.
Gabriel Grésillon
@GGresillon
— Bureau de Bruxelles
Une brise d’optimisme souffle à
nouveau sur les négociations du
Brexit. Alors que le sommet prévu
pour finaliser un accord entre les
deux parties doit se dérouler dans
une dizaine de jours, les protagonistes semblent s’être passés le
mot pour insuffler un peu d’espoir
autour de ces tractations.
Après le clash du sommet de Salzbourg, le 20 septembre, et le congrès
du Parti conservateur britannique
que Theresa May a franchi avec succès, la livre est repartie à la hausse.
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Des concessions
supplémentaires
Le début d’une zone d’atterrissage
possible se dessine. Vendredi, lors
d’une réunion des ambassadeurs
européens, a été mise sur la table
l’option d’un accord de libreéchange sans précédent. Il permettrait au Royaume-Uni de brandir la
victoire d’un commerce « sans friction » vis-à-vis des Vingt-Sept à
l’avenir. Mais sa concrétisation
nécessiterait, outre-Manche, des
concessions supplémentaires
pour empêcher toute concurrence
déloyale. Des concessions potentiellement douloureuses : il s’agirait de
s’aligner durablement sur les règles
européennes – sans plus participer
à leur élaboration…
Au moins les Européens tendentils la main à Theresa May. Présenter
le futur accord sous la forme d’un
accord de libre-échange superrenforcé pourrait faciliter son adoption
par le Parlement britannique. Cela
couperait l’herbe sous le pied des
« hard Brexiters » du Parti conservateur qui, depuis des mois, n’ont de
cesse de demander la conclusion
d’un accord de libre-échange avec
« Nous avons des
chances de parvenir
à un accord d’ici
à la fin de l’année. »
DONALD TUSK
Président du Conseil européen
l’UE. Cette présentation permettrait
aussi de rehausser le résultat des
négociations, en soulignant l’ambition d’un accord, non seulement sur
mesure, mais aussi plus profond et
plus large que jamais.
Un projet d’accord en vue
Signe qu’un projet d’accord est
désormais en vue, Theresa May
a lancé, le week-end dernier à
Londres, les grandes manœuvres
pour paver la voie au feu vert que
devra ensuite lui donner le Parlement britannique. Dans une tribune publiée par « The Observer »,
elle appelle les électeurs travaillistes à porter un regard neuf sur le
Parti conservateur, qu’elle présente
comme « la seule option possible
pour les modérés ».
Un appel du pied au centre qui
risque d’irriter au plus haut point
les conservateurs « hard Brexiters », inquiets de voir leur Première
ministre s’accorder avec Bruxelles
sur un Brexit trop doux à leur goût,
mais susceptible de rallier les voix
du Labour quand le projet d’accord
sera soumis au Parlement. Pour
faire pression, certains menaceraient de voter contre le budget qui
doit être présenté le 29 octobre. n
Taxation du numérique :
la France gagne des soutiens
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Les négociations au plus haut
niveau se déroulent désormais
sans interruption – elles se sont
poursuivies le week-end dernier.
Et les responsables européens
entonnent, à l’unisson, un refrain
volontariste. Jean-Claude Juncker,
le président de la Commission européenne, dit avoir « des raisons de
penser que le potentiel de rapprochement entre les deux parties a augmenté ces derniers jours ». Donald
Tusk, qui préside le Conseil européen, juge que « nous avons des
chances de parvenir à un accord d’ici
la fin de l’année ». Et Leo Varadkar,
le Premier ministre irlandais, pense
qu’il y a « une bonne opportunité
pour conclure un accord au cours des
deux prochaines semaines ».
Lors d’un déplacement
en Slovaquie, Bruno
Le Maire s’est assuré
le soutien des pays
de Visegrád sur la
taxation des entreprises du numérique.
Catherine Chatignoux
@chatignoux
— Envoyée spéciale en Slovaquie
Nicolas Sarkozy prétendait aller
chercher la croissance avec les
dents, c’est dans les montagnes
des Tatras slovaques que Bruno
Le Maire est allé décrocher des soutiens pour soumettre les Gafa. Le
ministre français des Finances a
profité vendredi d’un forum économique des pays de Visegrád (Pologne, Hongrie, République tchèque et
Slovaquie) organisé dans une station
de ski du massif des Carpates pour
tenter de faire avancer son projet de
taxation des entreprises numériques. Il y a retrouvé son homologue
allemand, Olaf Scholz, puis, en présence de ce dernier, a rencontré les
ministres des Finances de Visegrád.
Le but de ce déplacement était
clair : accélérer ces négociations qui
traînent en longueur et arracher
d’ici décembre un accord qui nécessite l’unanimité des Vingt-Huit. Le
ministre, comme le président
Macron, en a fait une priorité et vise
une décision en décembre. « C’est
une question d’équité fiscale. Les
entreprises européennes supportent
un taux d’imposition de 40 points
supérieur à celui des géants d’Internet. Il nous faut un signal politique,
spectaculaire et rapide, pour montrer
aux Européens que l’Europe agit dans
leurs intérêts », confiait-il.
Vendredi soir, il se montrait doublement satisfait. Les ministres des
pays de Visegrád ont signé une
déclaration qui soutient la taxe européenne, sans attendre l’issue des
négociations qui ont démarré au
sein de l’OCDE et s’annoncent longues. Ce soutien « n’était pas
acquis », selon un conseiller, compte
tenu de la mauvaise volonté dont
font preuve la Pologne et la Hongrie
sur les sujets européens. Il doit beaucoup aux efforts déployés par Peter
Kažimír, le ministre des Finances de
Slovaquie, le seul des quatre pays de
Visegrád qui a adopté l’euro.
Le deuxième motif de satisfaction
de Bruno Le Maire est venu d’une
phrase lâchée par Olaf Scholz lors de
la conférence de presse finale. « Pour
la première fois, il a dit publiquement
qu’on aurait une solution sur les Gafa
avant la fin de l’année ! » Cet objectif
figurait dans la déclaration de Meseberg, adoptée par Angela Merkel et
Emmanuel Macron en juin dernier.
Dernier carré d’opposants
Mais, depuis, l’Allemagne traînait
les pieds, inquiète de possibles rétorsions sur son industrie automobile.
L’engagement de Berlin, s’il se
confirme, sera capital pour convaincre le dernier carré des opposants.
L’Autriche s’est ralliée, le Luxembourg et les Pays-Bas ont abandonné
leur opposition de principe, mais
l’Irlande s’annonce comme le pays le
plus difficile à convaincre.
Le sentiment d’urgence qui anime
Bruno Le Maire concerne aussi la
réforme de la zone euro. La menace
d’une crise en Italie met les Européens face à leur responsabilité. « Si
une crise économique ou financière
éclatait, a-t-on les moyens d’y parer ?
La réponse est non. » Il manque
encore une pierre au dispositif qui
permet de protéger l’épargne des
Européens. « Nous ne pouvons plus
attendre, martèle le ministre, la
patience de nos citoyens s’épuise. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 09
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
Les Etats-Unis veulent croire à la
dénucléarisation nord-coréenne
CORÉE DU NORD
ASIE
Washington et Pyongyang préparent un
second sommet entre
Donald Trump et
Kim Jong-un.
Au risque de fâcher
Washington, l’Inde
achète des missiles
antiaériens
à Moscou.
De retour de la capitale nord-coréenne,
Mike Pompeo assure
que cette rencontre
se fera « le plus tôt
possible ».
Michel De Grandi
@MdeGrandi
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Dès son décollage de Pyongyang, où
il s’était entretenu pendant plus de
deux heures, dimanche midi, avec
Kim Jong-un, Mike Pompeo, le
secrétaire d’Etat américain, a
assuré dans un tweet que les EtatsUnis et la Corée du Nord « continuaient de progresser sur les accords
passés lors du sommet de Singapour » de juin entre le dictateur
nord-coréen et le président américain Donald Trump. « On a fait un
bon déplacement », s’est-il encore
félicité. Dans la soirée, il a expliqué
au président sud-coréen Moon
Jae-in, qu’il a retrouvé à Séoul, que
Kim Jong-un avait même confirmé
qu’il était d’accord pour organiser
« le plus tôt possible » un second
sommet avec Donald Trump.
« Pas de progrès réel »
Si Donald Trump et Mike Pompeo
affichent depuis quelques jours cet
optimisme sur le dossier nord-coréen, ils n’ont, pour l’instant, obtenu
aucun geste concret de Pyongyang
qui montrerait que le régime est
clairement engagé sur la voie de la
dénucléarisation. « L’administration fait de grandes déclarations mais
il n’y a pas de progrès réel », résumait, dimanche, Bruce Klingner, un
chercheur au think tank Heritage
Foundation.
Depuis le sommet de Singapour,
Pyongyang a agité l’idée d’un
démantèlement de son site
nucléaire de Yongbyon, où il produit une partie du plutonium de ses
bombes atomiques et enrichit de
Mike Pompeo et Kim Jong-un lors de la préparation du précédent sommet entre les Etats-Unis
et la Corée du Nord le 10 mai dernier. Photo Kim Hong-ji/AP/Sipa
l’uranium, mais le régime a expliqué que ce geste ne serait possible
que si la Maison-Blanche faisait
également un pas important.
« Si nous n’avons pas confiance
dans les Etats-Unis, nous ne pourrons pas avoir de garantie pour notre
sécurité nationale et dans ces circonstances, il nous est impossible de nous
désarmer en premier de manière unilatérale », a détaillé, la semaine der-
« Si nous n’avons
pas confiance
dans les Etats-Unis,
nous ne pourrons
pas avoir de
garantie pour notre
sécurité nationale
et dans ces
circonstances,
il nous est
impossible de nous
désarmer en
premier de manière
unilatérale. »
RI YONG-HO
Ministre des Affaires étrangères
nord-coréen
nière, Ri Yong-ho, le ministre des
Affaires étrangères nord-coréen.
K i m Jo n g - u n s o u h a i t e r a i t
notamment que Washington
déclare formellement la fin de la
guerre entre leurs deux nations.
Pour l’instant, la relation entre les
deux pays s’organise dans le cadre
d’un simple armistice signée en
1953, à l’issue de la guerre de Corée.
Et la proclamation de la paix rassurerait le Nord. Elle lui permettait
aussi de questionner la pertinence
des bases militaires américaines
en Corée du Sud et de demander
un assouplissement des sanctions
qui lui sont imposées.
Paul Ziemiak a été
réélu avec 91,1 % des
voix à la présidence
des jeunes de l’union
CDU-CSU.
Son discours très
critique à l’égard de
la coalition gouvernementale a fait mouche.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Le score de 91,1 % obtenu vendredi
par Paul Ziemiak à l’occasion de son
renouvellement à la tête des jeunes
conservateurs allemands peut faire
rêver Angela Merkel. Ou la faire frémir. C’est en effet le discours très critique du trentenaire à l’égard de la
coalition gouvernementale dirigée
par la chancelière qui lui a valu cette
performance inédite dans l’histoire
du mouvement.
« Cette coalition dégringole de
crise en crise gouvernementale, elle
ne s’occupe que d’elle au lieu de se
soucier des besoins de l’Allemagne.
Ni nous ni les gens de ce pays ne voulons d’une telle situation, il faut que
cela change », a exhorté Paul
Ziemiak vendredi après-midi en
ouverture du congrès des jeunes
conservateurs.
Un test pour Angela Merkel
L’événement réunissait jusqu’à ce
dimanche à Kiel, au nord de l’Allemagne, un millier de conservateurs, délégués des jeunes de la CDU
et de son allié bavarois la CSU, mais
aussi caciques des deux partis. Ce
rendez-vous était donc considéré
comme un test pour Angela Merkel
alors que sa réélection en décembre
à la tête de la CDU commence à faire
débat.
Semaine après semaine, les dissensions sur la politique migratoire
entre l’Union démocrate-chrétienne (CDU), son parti frère bavarois de la CSU et les sociaux-démocrates (SPD) font chuter les trois
partis de la coalition. Au point qu’à
moins d’une semaine des élections
en Bavière, où la CSU régnait depuis
quasiment quarante ans sans partage, celle-ci ne totalise plus que
33 % dans les sondages. Ce niveau
permettrait, en théorie, la formation d’un gouvernement régional
sans la CSU, un comble !
Les récentes sorties de Donald
Trump ont encore plus affaibli cette
position de négociation déjà fragile
des Etats-Unis. En déclarant, à
l’occasion d’un meeting politique,
qu’il était « tombé amoureux » de
Kim Jong-un, le leader américain a
déstabilisé ses conseillers, qui ne
peuvent plus maintenir un discours
de fermeté face à la dictature. Convaincu que Donald Trump n’osera
jamais admettre l’échec de ses
négociations avec Kim Jong-un,
Pyongyang peut se contenter de
faire durer les pourparlers à l’infini
sans jamais abandonner ses bombes atomiques. n
C’est un contrat qui expose
l’Etat indien à des sanctions économiques américaines. Malgré
ce risque, Narendra Modi, le
Premier ministre indien, et
Vladimir Poutine, le président
russe, ont signé, officiellement
en fin de semaine ce contrat
pour l’acquisition de systèmes
de défense antiaérienne S-400
d’un montant de 5,2 milliards
de dollars. Les livraisons doivent débuter d’ici à fin 2020.
Avant même la signature,
Washington avait mis en garde
New Delhi contre les risques de
représailles auxquels cette
transaction l’exposait. Une loi
américaine datant de 2017
sanctionne en effet les achats
d’armement russe par tout pays
ou entité, dans le but de punir
Moscou pour son attitude en
Ukraine et son ingérence présumée dans l’élection présidentielle américaine.
Même si l’un et l’autre veulent
minimiser l’importance de cet
achat, la défense reste la pierre
angulaire des liens diplomatiques entre les deux partenaires
historiques. Premier importateur mondial d’armement, l’Inde
s’est engagée dans une vaste opération de modernisation de son
armement. Ce dernier est souvent obsolète et insuffisant pour
faire face aux mutations géopolitiques de la région, notamment la montée en puissance de
la Chine. New Delhi a ainsi prévu
de dépenser des dizaines de milliards de dollars pour mettre à
niveau ses équipements militaires, politique dans laquelle
s’inscrit l’acquisition des S-400
russes et, avant cela, l’achat de
36 avions de chasse Rafale à la
France, en 2016. Autant d’opérations suivies de près par les voisins chinois et pakistanais.
Hélicoptères
Et ce n’est pas fini. Vladimir
Poutine et Narendra Modi
devraient également discuter
d’un contrat de 200 hélicoptères légers polyvalents Ka-226,
pour un milliard de dollars, et
d’une possible vente de quatre
frégates de classe Krivak, estimée à deux milliards de dollars.
Malgré ces achats, New Delhi
espère obtenir la clémence des
Etats-Unis, qui sont en effet
confrontés ici à un dilemme
épineux. Ils ne souhaitent pas
froisser leur allié indien, les
deux puissances ayant le même
intérêt à contrebalancer la
montée de la Chine en Asie. n
Pyongyang fait durer
Pour l’instant, la Maison-Blanche
refuse cette déclaration car elle ne
disposerait plus ensuite de beaucoup de moyens de pression sur le
régime. Le pays semble déjà s’être
accommodé du strict régime de
sanctions internationales. Profitant
de l’apaisement des relations avec
les Etats-Unis, le Nord a systématiquement renoué des liens avec la
Corée du Sud, la Chine et la Russie,
avec l’espoir d’assouplir les différents embargos économiques et
financiers. Pékin et Moscou semblent moins rigoureux sur l’application des sanctions et Séoul parle
ouvertement de retisser des partenariats économiques avec le Nord.
Merkel sous la pression
des jeunes conservateurs
ALLEMAGNE
New Delhi
achète des armes
à Moscou
Les critiques contre Angela Merkel au sein du premier parti bavarois
se multiplient. Markus Söder, le
ministre président de la région, a prié
les électeurs, vendredi, de ne pas utiliser leur vote pour sanctionner le gouvernement fédéral. Face à la levée de
boucliers, la chancelière a au contraire appelé les conservateurs
samedi à l’unité. Et pris avec humour
le ciré jaune offert par les jeunes du
mouvement : « J’en conclus que vous
ne voulez pas me laisser sous la pluie, je
trouve cela super », s’est-elle amusée.
De fait, Paul Ziemiac et la plupart
des intervenants se sont gardés de
toute attaque personnelle contre
Angela Merkel. L’heure est à la
mobilisation pour éviter une débâc l e e n B av i è r e m a i s a u s s i e n
Hesse. Le ministre président CDU de
ce Land, Volker Bouffier, est en effet
aussi menacé. Selon les derniers
sondages, la CDU ne rassemblerait
plus que 29 % des voix lors des élections régionales du 28 octobre prochain, contre 39 % il y a cinq ans.
Un tel recul de ce proche
d’Angela Merkel, s’il se confirmait,
fragiliserait davantage la chancelière. Actuellement plus ou moins
rangés, les couteaux pourraient
bien ressortir plus affûtés encore à
la fin du mois. n
VENDREDI 12 OCTOBRE
25 personnalités
vous donnent
leur vision du monde
en 2038
ÉDITION
COLLECTOR
110 ANS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 //
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Allocation sociale unique : un casse-tête
en vue !
des Echos
Le regard sur le monde De la démocratie en Amérique
sous Donald Trump
Le Point de vue
Les cryptomonnaies, une utopie
anarcho-capitaliste
Art et culture
Jean-Paul Gaultier, show devant !
Sciences
Le Human Brain Project encore dans le flou
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Cyber menace fantôme
La prochaine guerre sera cyber. Que la
dernière attaque chinoise sur les grandes
entreprises américaines soit avérée ou pas,
que Pékin ait incité ou non des fabricants
de cartes mères informatiques à ajouter une
puce permettant de surveiller à distance les
serveurs de la Silicon Valley, la vérité est que
nous vivons tous sous la menace d’hostilités
Par David
digitales plus ou moins sournoises.
Barroux
Les Etats, comme les entreprises,
ont toujours été espionnés et attaqués.
Avec
Mais à l’heure de la révolution numérique,
le digital,
la menace a changé de dimension.
Avec le digital, la guerre peut en particulier
la guerre
instantanément réellement
peut devenir devenir
mondiale. Le numérique ne connaît pas
instantané- de frontières. Les virus peuvent se propager
en une nano- seconde à l’échelle du globe.
ment
Si les cyberattaques peuvent provoquer
réellement
des morts en prenant le contrôle à distance
mondiale.
de voitures autonomes, d’avions en pilotage
automatique, d’hôpitaux ou de centrales
nucléaires, le plus probable est que la première grande cyberguerre cherchera d’abord à désorganiser des pays en effaçant
tous les comptes en banque ou en bloquant les réseaux
de télécommunication et d’énergie. La guerre tuait, demain elle
se contentera peut-être de nous rendre aveugles et impuissants
dans un monde dans lequel on ne peut se passer d’électricité,
d’ordinateurs comme de smartphones. Politiques et entreprises
ne prennent déjà plus à la légère cette menace de moins en moins
fantôme. Les Etats savent que les fake news sponsorisées par
des dictatures cherchent à fragiliser des démocraties. Les groupes
savent qu’ils sont susceptibles d’être espionnés à chaque instant
ou que l’on peut effacer toutes leurs bases de données. Face à
des attaques de plus en plus violentes et fréquentes, nous devons
nous armer pour nous protéger et nous donner les moyens de
contre-attaquer. Mais nous ne pouvons pas le faire seuls, à l’échelle
d’un pays ou d’une entreprise. A un moment où les citoyens doutent
de l’Europe et où les leaders du Vieux Continent cherchent des
projets communs positifs et porteurs, nous devrions, de ce fait, unir
nos forces en créant d’urgence une cyberarmée européenne
qui ne serait pas ridiculisée par la puissance de feu numérique
des cybertroupes américaines et chinoises. L’Europe de la défense,
tant de fois évoquée mais jamais construite, a du mal à avancer.
Par égoïsme, par méfiance mais aussi parce que nous cherchons
à défendre des intérêts industriels nationaux historiques.
Sur ce nouveau front, nous partons de zéro ou presque. Unissons
nos forces. Avant qu’il ne soit trop tard.
(
Lire nos informations
Page 23
La retraite à l’âge
d’équilibre
Par Etienne Lefebvre
Lentement mais sûrement, la réforme des retraites va s’immiscer
dans le débat. Jusqu’à présent, le Haut-Commissaire Jean-Paul
Delevoye s’est employé à défricher le terrain de ce chantier
très complexe, et à déminer les polémiques naissantes (avenir
des pensions de réversion, notamment). Il a aussi assuré que l’âge
légal de départ resterait fixé à 62 ans : pas question de bouger les
curseurs les plus importants dans une optique comptable. D’autant
que la réforme doit viser l’équité et non des objectifs financiers.
La méthode est habile et force est de constater que les
partenaires sociaux et les équipes de Jean-Paul Delevoye ont pu,
ces derniers mois, approfondir techniquement le dossier sans
que cette concertation tourne au bras de fer. Pour autant, il serait
erroné d’imaginer que la question de l’âge de départ ne va pas
réapparaître. Dans le système actuel, les personnes qui ont
suffisamment cotisé partent massivement dès qu’elles atteignent
l’âge légal de 62 ans. Les autres sont très fortement incitées à
prolonger leur activité par le système de décote jusqu’à la deuxième
borne, située à 67 ans, à partir de laquelle il n’y a plus de pénalités.
Dans un système par points, il est possible d’opter pour des départs
à la carte. Les salariés peuvent choisir de partir même s’ils n’ont pas
le maximum de points. Mais le danger est double. Il est budgétaire
d’abord : le risque serait réel de voir l’âge effectif de départ
en retraite diminuer, accentuant les besoins de financement. Il est
social ensuite : des salariés partiraient avec une pension moins
élevée. Le passage à un régime universel par points, comme le
souhaite Emmanuel Macron, devra dès lors prévoir de nouveaux
mécanismes, plus souples que les décotes rigides actuelles jusqu’à
67 ans, incitant les salariés à prolonger leur activité. L’Agirc-Arrco
a montré la voie : un système temporaire de décote/surcote
s’appliquera à compter de l’année prochaine. Autour de quel
« âge pivot » ou « âge d’équilibre » (63 ans, 64 ans) faudra-t-il bâtir
le régime universel ? C’est toute la question. Les débats autour
de l’âge de départ ne vont pas tarder à ressurgir.
(
Lire nos informations
Page 2
Boll pour « Les Echos »
Macron, l’impopularité
et les conseils de Machiavel
Elsa Freyssenet
@ElsaFreyssenet
Même ceux qui n’ont pas lu Machiavel connaissent cette loi édictée par
l’auteur du « Prince » : « Il est beaucoup plus sûr de se faire craindre
qu’aimer quand on doit renoncer à
l’un des deux ». Moins nombreux
sont ceux qui ont retenu la nuance
apportée quelques pages plus loin :
« La meilleure citadelle qui soit, c’est de
n’être point haï du peuple car, même si
tu tiens les forts, quand le peuple te
hait, ils ne te sauveront pas. » Lors de
la démission théâtrale de son ministre de l’Intérieur Gérard Collomb,
Emmanuel Macron s’est peut-être
souvenu de ces deux conseils de
l’illustre Florentin, à qui il a consacré
un mémoire. Craint, le président
jupitérien le sera beaucoup moins
puisque des ministres le quittent
contre son gré. Aimé, il ne l’est plus.
Haï, il ne l’est pas (encore).
En cette rentrée chaotique, dixsept mois après son élection, les sondeurs tirent la sonnette d’alarme. Le
chef de l’Etat n’est désormais soutenu
que par un petit tiers des sondés
(30 % selon Elabe et Kantar Sofres,
33 % pour l’Ifop), voire moins chez
Ipsos (25 % en septembre). « La zone
critique, c’est 25 %, car c’est un peu une
trappe », souligne Brice Teinturier
(Ipsos).
Emmanuel Macron commence à
être frappé par deux handicaps, rédhibitoires en termes d’opinion : son
niveau de popularité se rapproche de
son score du premier tour de la présidentielle (24 %) et ses soutiens
vacillent. Ses électeurs d’avril 2017
– son socle politique – tiennent
encore majoritairement, mais de
moins en moins unanimement. Plus
inquiétant, les catégories qui l’ont
porté au pouvoir (les cadres, les
diplômés, les optimistes) se détachent significativement.
L’histoire des deux présidents
précédents n’est pas rassurante.
L’impopularité est venue très vite :
au tournant de l’année 2007-2008
pour Nicolas Sarkozy et dès la ren-
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Dix-sept mois
après son entrée en
fonction, Emmanuel
Macron approche
de la zone critique
de l’impopularité.
Il dispose encore
de ressorts pour
rebondir. Et la lecture
de l’auteur
du « Prince »,
qu’il connaît bien,
peut lui être utile.
D
Les points à retenir
Le niveau de popularité
•d’Emmanuel
Macron
se rapproche de son score
du premier tour de la
présidentielle (24 %)
et ses soutiens vacillent.
Il avait néanmoins redressé
sa cote dans les sondages
cet hiver (autour de 40 %).
La preuve qu’il dispose
encore de ressorts,
dont un atout qui est celui
de la fragmentation
des oppositions.
« La meilleure citadelle qui
soit, c’est de n’être point haï
du peuple car, même si tu tiens
les forts, quand le peuple te
hait, ils ne te sauveront pas »,
écrivait Machiavel.
•
•
•
trée 2012 pour François Hollande.
Pire, passé un an de mandat, les
Français s’étaient forgé une opinion
largement négative et malgré des
épisodes de moindre sévérité – fugaces pour François Hollande après
les attentats de 2015, plus longs pour
Nicolas Sarkozy pendant la crise de
2008 – les électeurs ont fini par revenir à leur avis de l’an 1 et l’ont même
radicalisé. « Un an à dix-huit mois de
mandat, c’est la fin de la phase
d’observation, le moment où beaucoup de choses se cristallisent », explique Emmanuel Rivière (Kanter
Sofres).
Le désamour commence par le
porte-monnaie, mêlé à un sentiment
d’iniquité. Nicolas Sarkozy a été marqué au fer rouge par le bouclier fiscal,
François Hollande s’est aliéné les
classes moyennes par la ponction
fiscale de son premier budget et
Emmanuel Macron a hérité de l’étiquette de « président des riches » en
réformant l’ISF. Une étiquette massivement installée, selon les sondeurs.
Quelle soit juste ou pas, la perception
est reine en matière d’opinion et la
grogne sur l’orientation politique
ouvre la porte aux jugements sur le
style et la gouvernance : clivant et
bling bling pour Sarkozy, brouillon et
hésitant pour Hollande, autoritaire
et arrogant s’agissant de Macron.
Hier comme aujourd’hui, les présidents se défendent en brandissant
leur programme : « Je fais ce que j’ai
dit ». C’est oublier que les électeurs
votent moins pour des mesures que
pour (ou contre) un projet de société
et une méthode. En jargon, on parle
de « promesse initiale ». Chez Macron,
il y en avait deux : le « et en même
temps » (efficacité économique et
attention sociale) ainsi que l’engagement de changer la politique et la
façon de gouverner en impliquant la
société. Et tel n’est pas ce que perçoivent les Français.
« Les Français veulent un leader
mais pas un monarque, quelqu’un qui
les entraîne sans leur faire la leçon »,
analyse Brice Teinturier. Sarkozy a
été battu, Hollande a dû renoncer à se
représenter… Un dirigeant de la
majorité coupe court au raisonnement : « Macron a été élu en déjouant
toutes les lois de la vieille politique,
alors ne le comparez pas aux anciens
présidents ».
Devenu impopulaire dès l’été 2017,
le chef de l’Etat a effectivement surpris tout le monde en redressant sa
popularité au cours de l’hiver (autour
de 40 %), sans qu’une tragédie ait
conduit les Français à faire bloc derrière lui. Mais depuis mai il rechute et
les sondages, aussi imparfaits soientils, produisent des effets politiques.
En témoigne le durcissement de personnalités de droite non ralliées à
LREM qui, récemment encore, voulaient aider le président. « Il ne faudrait pas qu’à toucher Macron on se
brûle », glisse aujourd’hui l’un d’eux.
Le chef de l’Etat conserve néanmoins des ressorts. Car « les Français
ont vraiment envie qu’il se passe quelque chose », note Emmanuel Rivière.
« Cela va beaucoup se jouer sur les
résultats économiques et le pouvoir
d’achat », assure Bernard Sananès
(Elabe). A condition que ces résultats
soient massifs et ne soient pas surpassés par une acrimonie envers le
président. Or « la dimension personnelle a pris le pas dans la critique sur le
contenu de la politique », ajoute Bernard Sananès.
Emmanuel Macron dispose d’un
atout – concurrentiel celui-là – : la
fragmentation des oppositions. Ce
qu’un ministre résume ainsi :
« A 30 %, quand vous êtes deux, vous
êtes minoritaire ; à quatre, vous êtes
premier. » Et puis, aucune personnalité n’incarne une alternative pour les
électeurs qui ne veulent pas des
extrêmes. Pas encore.
Un ami du président prévient :
« C’est une grossière erreur de se croire
tranquille faute de leader alternatif.
C’est nier ce qu’Emmanuel Macron a
réussi en 2017 : créer la surprise. » Traitant des faiblesses des principautés
nouvelles, le maître Machiavel le formulait autrement : « Toujours une
mutation laisse des pierres d’attentes
pour une mutation nouvelle. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
opinions
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4. ADP : l’Etat ne veut pas d’une prise de contrôle étrangère
5. L’aéroport JFK de New York va s’offrir une transformation
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Allocation sociale unique :
casse-tête en vue !
Les icônes de « Wired »
« Je suis seul à pouvoir
régler le problème »
(« I alone can fix it ») est
devenu une des formules
préférées du président
Donald Trump.
Simplifier des minima sociaux pour en
faire une allocation unique est un projet
complexe, estime Marc de Basquiat,
consultant en évaluation des politiques
publiques.
RAPPORT SIRUGUE « Un projet
de simplification complexe implique
une approche disruptive : il est indispensable
d’élargir le champ de la réflexion très
au-delà du périmètre problématique.
Le député Christophe Sirugue en a témoigné
en présentant son rapport d’avril 2018
sur la fusion des minima sociaux.
C’est la définition même de la complexité : la
solution du problème n’est jamais contenue
dans l’énoncé du problème à résoudre.
Il faut penser les problèmes autrement,
prendre de la hauteur et intégrer
des approches hors système. »
SUPER-RSA « La sensibilité politique
du sujet […] le rend vulnérable aux biais
idéologiques. Un effort résolu de
factualisation et de prise de distance des
porteurs de la réflexion est indispensable.
Nombre de projets complexes avancent
rapidement (on se rassure) mais ratent
la cible, du simple fait de la consanguinité
de l’équipe aux commandes. […] Une
réflexion large et approfondie, sans a priori,
sera nécessaire pour définir la prochaine
étape, un revenu universel d’activité
qui protège plus efficacement les familles
démunies, de façon beaucoup plus simple,
en éliminant une partie des freins actuels
au retour à l’emploi. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle :
lesechos.fr/idees-debats/cercle
« La révolution numérique vient
•fouetter
nos vies comme une tor-
nade. » Cette envolée lyrique
pourrait avoir été écrite la
semaine dernière, mais sa publication remonte à 1993, dans le premier numéro du magazine américain « Wired ». Depuis, ce journal
né comme il se doit à San Francisco, a traversé – et chroniqué –
l’envolée d’Internet, la bulle des
dot-com, la domination de Google, le succès des smartphones…
ou la crise de la presse écrite.
Un quart de siècle plus tard,
« Wired » est toujours là, et sa version papier est toujours dans les
kiosques. Pour souffler ses 25 bougies, il a même réussi à rassembler
dans son numéro d’octobre la quasi-totalité des stars de la tech : Mark
Zuckerberg, Bill Gates, Jeff Bezos,
Peter Thiel et 45 autres personnalités ont contribué – souvent modestement – à ce numéro anniversaire.
Leur mission : désigner une
« icône » technologique appelée à
marquer – pardon, à « disrupter » –
les vingt-cinq prochaines années.
L’exercice est parfois convenu,
pour ne pas dire consanguin – par
exemple, quand Tim Cook, patron
d’Apple, parle du siège de son
entreprise, ou quand Joi Ito, directeur du MIT Media Lab, désigne
une de ses chercheuses spécialisée
dans la blockchain. Mais, c’est également l’occasion de se plonger
dans des initiatives p orteuses
d’espoir, comme le bateau mangeur de plastique sélectionné par
Marc B enioff, patron de Salesforce, ou l’association de journalistes d’investigation ProPublica,
saluée par le cofondateur de Twitter Jack Dorsey.
— Benoît Georges
LE LIVRE
DU JOUR
Tout comprendre
du phénomène start-up
LE PROPOS Start-up : mot féminin
en sept lettres, objet de tous les
fantasmes et de tous les rêves dans
un monde en mutation accélérée.
Philippe Bloch, cofondateur
de la marque Columbus Café
aujourd’hui devenue Columbus
Café & Co. explique les codes,
les usages et les méthodes
de travail des start-up. Son livre
a pour but de faire comprendre
les secrets d’une nouvelle
génération d’entrepreneurs
afin que les grands groupes,
notamment, se les approprient.
Une seule clef pour rester dans
la course à l’innovation : passer par
la révolution de l’intrapreneuriat.
L’INTÉRÊT La richesse de ce livre
repose sur son nombre d’exemples
et d’anecdotes très fouillés. Chaque
lecteur peut en retirer des pistes
de réflexion pour son propre
business. Philippe Bloch propose
un éclairage intéressant sur
l’intrapreneuriat comme solution
aux grands groupes pour s’adapter
Startup Academy
Par Philippe Bloch, éditions
Ventana, 224 pages, 12 euros.
à la révolution managériale lancée
par les start-up. Il souligne que
l’intrapreneuriat ne peut se faire
qu’avec l’évolution du management
et des dirigeants. Des managers
remplacés par des leaders,
tournés vers l’autonomie
et la reconnaissance du travail
accompli. —Laetitia Lienhard
Damon Winter/« NYT »-Redux-RÉA
PLAN PAUVRETÉ « Une belle ambition.
Lors de l’annonce, le 13 septembre, de son
plan pauvreté, Emmanuel Macron a dit
vouloir concevoir un système “simple,
équitable et transparent” qui garantisse “un
seuil minimal de dignité à tous”. […] Lorsque
la ministre Agnès Buzyn précise que le futur
revenu universel d’activité “contiendra
au minimum le RSA, les APL et la prime
d’activité”, on entrevoit la difficulté. […] En
matière de simplification, l’enfer est pavé de
bonnes intentions, et ce, dans tous les pays. »
De la démocratie en Amérique
sous Donald Trump
Les Etats-Unis sont frappés par une dégénérescence des mœurs politiques
démultipliée par une révolution de l’information qui renforce le parti
de l’émotion. Trump n’en est pas à l’origine, mais il accentue cette pente
dangereuse. Les élections de mi-mandat seront cruciales pour l’avenir.
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique
Moïsi
W
ashington s’enfonce lentement
dans les eaux boueuses du
Potomac. » La formule est
excessive, sans doute, mais son ton shakespearien traduit le désarroi, sinon le
désespoir de son auteur, un membre de
la vieille élite washingtonienne.
L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis a constitué un accélérateur redoutable de la crise de la
démocratie en Amérique. Les élections
de mi-mandat, le 6 novembre prochain,
pourront-elles contribuer sinon à renverser la tendance, tout du moins à freiner la fuite en avant d’une démocratie
américaine que ne reconnaîtraient pas
ses pères fondateurs ?
Pour prendre la pleine mesure de la
gravité de la crise, il suffit de relire les
« Federalist Papers », publiés en 1788.
Ses auteurs, James Madison, Alexander
Hamilton et John Jay, avaient pour
ambition de présenter et d’expliciter la
Constitution des Etats-Unis, entrée en
vigueur un an plus tôt. Dans ces
réflexions philosophico-politiques,
James Madison et ses coauteurs mettaient l’accent sur l’importance des vertus publiques – indissociables à leurs
yeux des vertus privées – et sur la poursuite du bien commun.
L’essentiel, aujourd’hui, est de comprendre que la crise de la démocratie
américaine n’est pas la conséquence de
l’arrivée de Donald Trump à la MaisonBlanche. La crise précède l’élection et en
explique largement le résultat. Pour des
raisons multiples, le parti de l’émotion
l’emporte aujourd’hui aux Etats-Unis (et
peut-être demain dans toute l’Europe)
sur celui de la raison.
De fait, depuis la guerre civile – qui eut
lieu entre 1861 et 1865 – jamais l’opinion
publique américaine n’a été à ce point
divisée. Républicains contre démocrates, ultras contre modérés, Etats ruraux
contre Etats urbains, Blancs contre
Noirs, sinon hommes contre femmes…
La polarisation de la société est infinie.
Dans ce contexte, où se retrouve
aujourd’hui le sens du bien commun ? L’audition de Brett Kavanaugh
– le candidat de Donald Trump à la Cour
suprême – par une commission du
Sénat a donné lieu à des échanges choquants. Il ne s’agissait plus, en effet, de la
poursuite de la vérité ou du choix de
l’homme qui serait – dans cette fonction
essentielle pour l’équilibre de la démocratie – le meilleur pour l’Amérique. A la
veille des élections de mi-mandat, les
sénateurs des deux partis se sont livrés à
un exercice partisan, et parfois même
dégradant. Pour renverser la célèbre formule du baron de Coubertin, l’essentiel
n’était pas de participer mais de gagner.
La personnalisation
du pouvoir permet
de mobiliser les plus
radicaux des électeurs.
Nous avons un président
sans culture et sans
limites face à un peuple
sans repères.
Cette dégénérescence des mœurs
politiques est démultipliée dans ses
effets négatifs par une révolution de
l’information qui fournit une aide précieuse au parti de l’émotion, au détriment du parti de la raison. On n’écoute
et on ne regarde plus les informations
pour s’informer. On cherche à renforcer
ses convictions en se branchant sur les
médias qui reflètent le plus ses préjugés.
Les chaînes d’information en continu
– indépendamment de leurs qualités
souvent grandes – constituent presque,
par leur existence même, une menace
pour la démocratie. Le culte de l’événement favorise une lecture toujours plus
émotionnelle de l’actualité qui ne laisse
plus de place à l’analyse et au recul.
Au moment où la montée de ce que
l’historien Arthur Schlesinger Jr. appelait « la République impériale » se
confirme, entraînant un renversement
de l’équilibre des pouvoirs au bénéfice de
l’exécutif et au détriment du législatif et
du judiciaire, cette révolution de l’information est toujours plus dangereuse.
Un président sans culture et sans limites face à un peuple sans repères, n’est-ce
pas la recette d’une catastrophe annoncée ? Ce qui menace l’Amérique en 2018,
ce n’est plus la « vetocracy », pour
reprendre la formule de Francis
Fukuyama dans son livre publié en 2011
« The Origins of Political Order ». C’est
l’autocratie d’un homme – particulièrement imprévisible de surcroît – qui
contrôlerait les pouvoirs exécutif et judiciaire, face à un législatif affaibli et une
presse aussi polarisée que peut l’être
l’opinion publique. « Je suis seul à pouvoir régler le problème » (« I alone can fix
it ») est devenu une des formules préférées du président. Donald Trump, dans
son volontarisme personnalisé et centralisateur, n’est guère différent sur le
fond – sinon sur la forme – de certains de
ses prédécesseurs, de Woodrow Wilson
à Barack Obama. Mais, aujourd’hui,
cette personnalisation extrême du pouvoir permet de mobiliser les plus radicaux et les plus idéologues des électeurs.
En Amérique, aujourd’hui, les « factions » ne constituent-elles pas une
menace contre le principe démocratique ? Une menace que les auteurs des
« Federalist Papers » cherchaient à prévenir par le biais d’une Constitution mettant en avant le poids des Etats fédéraux.
Des Etats que le juge Louis Brandeis
décrivait, dans la première moitié du
XXe siècle, comme les « laboratoires de la
démocratie » et la meilleure protection
contre les dérives de la passion.
Ne nous y trompons pas, le résultat
des élections de mi-mandat aux EtatsUnis nous concerne tous, et pas seulement les Américains. Un échec significatif de Donald Trump et de ses partisans
constituerait un encouragement pour le
parti de la raison en Europe, la démonstration, à la veille des élections européennes de mai 2019, que les populismes
ne sont pas irrésistibles. A l’inverse, si le
statu quo l’emportait, si Donald Trump
gardait le contrôle des deux Chambres,
ce serait les populistes européens qui y
verraient un encouragement, et la
confirmation (au moins à leurs yeux)
qu’ils incarnent le futur de l’Europe.
Si la dérive démocratique se poursuit,
ce ne sera plus la série « House of Cards »
qu’il faudra suivre pour comprendre la
politique américaine, mais « Game of
Thrones ».
Dominique Moïsi est conseiller
spécial de l’Institut Montaigne.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
art&culture
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4. Une toile de Bansky s’auto-détruit lors d’une vente aux enchères
5. Le whisky le plus cher du monde vendu aux enchères à Edimbourg
LE POINT
DE VUE
de Olivier Klein
L
es bitcoins et les autres cryptomonnaies du même type sont-elles de vraies monnaies ? Elles
procèdent, au fond, de l’utopie d’un
monde dans lequel la monnaie ne serait
plus nationale mais universelle, valable
pour tous les pays et pour tout le monde,
transférable en toute sécurité et sans
coûts. Cette monnaie se passerait
d’intermédiaires, sa valeur ne pourrait
être manipulable par des gouvernements ou des banques centrales. Elle
serait liée à des gestions décentralisées
privées. Elle garantirait l’anonymat des
transactions, et son gardien serait non
pas une banque centrale mais un algorithme, supposé infaillible. Une forme
d’anarcho-capitalisme.
Dans les années 1970, Friedrich
Hayek et l’école autrichienne recommandaient de dénationaliser la monnaie, en retirant « le monopole de la création monétaire des mains des
gouvernements et en laissant cette tâche à
l’industrie privée ». D’une certaine
manière, le développement des cryptomonnaies pourrait exaucer ce souhait.
Les premières monnaies bancaires
étaient émises dans des quantités qui
devaient être des multiples des avoirs
des banques en métaux précieux, or et
argent. Elles circulaient et étaient librement régulées par le jeu de l’offre et de la
demande, sans intervention étatique ou
centralisée. Dans un second temps, la
monnaie a été émise non en proportion
des avoirs en or ou argent, mais en fonction du développement de l’économie.
On crée ainsi de la monnaie à partir du
crédit. Les crédits font les dépôts. Autre-
LE POINT
DE VUE
de François-Marie Jay
et Christophe Lecourtier
N
otre commerce extérieur est un
enjeu autant financier et technologique que social, notamment par les emplois qu’il génère. C’est
notamment le cas en Afrique, où la part
de marché globale de nos entreprises a
diminué de moitié en quinze ans !
Nombre d’entre elles ont priorisé
d’autres marchés, jugés plus rapidement
rentables ou plus prestigieux. Mais
beaucoup se sont fait exclure par des
exportateurs moins chers (Chine, Turquie), faute d’implantation solide, reposant sur des partenariats locaux mutuellement bénéfiques, souvent assortis de
comportements sociaux et environnementaux exemplaires. Or une des raisons qui justifient le rapprochement des
deux métiers de Business France – favoriser l’exportation des entreprises françaises et encourager l’investissement
étranger en France – est que leur maîtrise peut les faire utilement se rejoindre,
à travers le partenariat d’entreprises :
celui-ci peut être un vecteur solide de
développement à l’export. De son côté,
Ebano Finance répondait d’abord aux
besoins de financement des entreprises
africaines en les connectant avec des
investisseurs financiers. La société offre
aujourd’hui ses services aux entreprises
françaises, en identifiant pour elles des
entreprises africaines ouvertes à des partenariats, capitalistiques ou non.
Car les partenariats d’entreprises présentent deux avantages : diminuer le risque d’échec et limiter les coûts en cas
d’échec. Une entreprise française, au
Les cryptomonnaies,
une utopie
anarcho-capitaliste
ment dit, ce sont toujours les banques
qui créent de la monnaie. Et ce système
est régulé par une autorité institutionnelle externe, la banque centrale, puisqu’il n’y a plus d’autorégulation par le jeu
de la conversion possible de chaque
monnaie en or ou en argent. Ce sont les
très graves crises financières survenues
à la fin du XIXe siècle qui ont abouti à la
création des banques centrales, après les
faillites répétées des banques qui émet-
Ces « monnaies » ne sont
au mieux que des actifs
financiers.
Mais la technologie
du cryptage, elle,
a sans doute un avenir.
taient des monnaies gagées sur l’or ou les
métaux précieux. La banque centrale, en
homogénéisant l’espace monétaire et en
jouant, le cas échéant, un rôle de prêteur
en dernier ressort, a donc créé la possibilité d’une stabilité. De l’utilité des institutions et des règles.
Les cryptomonnaies, quant à elles,
n’ont pour contrepartie ni l’or ni l’argent,
pas davantage les besoins de l’économie
puisqu’elles sont émises par des individus privés en fonction de règles qu’ils
fixent arbitrairement. On fait face, de ce
fait, à un foisonnement de « monnaies »
privées (plus de 1.600 !). Et l’on comprend bien que si tout un chacun peut
créer ex nihilo sa « monnaie », aucune
ne peut gagner la confiance nécessaire
de tous pour acquérir le véritable statut
de monnaie. En outre, si le système économique reposait uniquement sur ces
monnaies privées sans aucune contrainte d’émission, il ne pourrait tout
simplement plus fonctionner, car il n’y
aurait plus de contrainte monétaire.
Ces « monnaies » n’en sont donc pas,
elles sont au mieux des actifs financiers.
Pour toutes les raisons évoquées précédemment, leur valeur est extrêmement
instable. Il suffit en effet que la confiance
diminue pour en voir baisser drastiquement la valeur ou que, voyant leur valeur
augmenter, de plus en plus d’investisseurs en acquièrent, faisant croître leur
prix sans limite apparente et « dans le
vide ». Des bulles spéculatives peuvent
alors se former et éclater à tout moment.
Il s’agit au fond d’un actif hyperspéculatif, comme le monde financier en crée
de temps en temps lorsqu’il s’échappe
complètement de l’économie réelle….
Pour autant, si ces pseudo-monnaies
ne contribuent pas au bien commun,
comme le dit Jean Tirole, la technologie
de cryptage sur lesquelles elles reposent,
la blockchain, a sans doute un bel avenir
devant elle et les ICO (« initial coin offering »), sous des conditions très strictes,
sont un mode de financement de projets
qui élargissent la palette des possibles.
Ne les confondons pas avec les cryptomonnaies elles-mêmes qui ne sont que
le fruit d’une utopie potentiellement très
dangereuse.
La France perd des parts
de marché en Afrique.
Les partenariats
d’entreprises sont un bon
moyen de se relancer
sur ce marché.
Et qu’entend-on de l’Afrique ? Passée
de « Hopeless Continent » en 2001 pour
« The Economist » à « Hopeful » en 2013,
elle est reconnue aujourd’hui pour son
immense potentiel et sa croissance accélérée. Mais ses marchés restent souvent
considérés comme plus risqués que
d’autres. Si cette perception existe – et
dans ce domaine, peu importe que la
réalité soit différente –, alors les entreprises françaises doivent choisir les modali-
Philippe Noisette
@philippenoisett
SPECTACLE
Jean-Paul Gaultier
Fashion Freak Show
et même French cancan.
Elle insuffle une vitalité évidente, après avoir collaboré
avec Stromae ou Christine
and the Queens.
A l’âge de neuf ans, JeanParis, Folies Bergère,
Paul Gaultier a découvert
0892 68 16 50,
les Folies Bergère sur le
jusqu’au 30 décembre.
petit écran. Il s’est juré alors
Vraies individualités
d’y montrer un jour son propre spectacle.
Côté mis en scène, due à la réalisatrice
Des années plus tard, il en est la tête d’affiTonie Marshall avec Gaultier lui-même,
che. Entre-temps, JPG aura réinventé le
c’est moins probant. Les changements de
prêt-à-porter avec Mugler ou Montana,
tableaux manquent de rythme, les pasbousculé la haute couture et habillé des
tilles vidéo sont parfois envahissantes.
stars comme Madonna, Yvette Horner en
Enfin, le manque est criant d’un meneur ou
faisant un détour par la danse contempoune meneuse de revue. Néanmoins, les
raine. Autant dire que ce « Jean-Paul Gaultubes s’enchaînent et la salle frétille. On
tier Fashion Freak Show » affiche une cerimagine qu’avec quelques représentations
taine ambition. Raconter la vie du créateur,
de plus dans les jambes la bande à Gaultier
évoquer les années Palace ou les années
se lâchera. Il y a déjà de vraies individualisida, moquer les travers de la mode et célétés comme Jean-Charles Zambo, Julie
brer les corps...
Demont ou Patric Kuo. Difficile de leur
Gaultier n’a pas voulu d’une histoire, bien
résister.
que la sienne serve de fil rouge discontinu,
Le « Jean-Paul Gaultier Fashion Freak
appuyant sur des temps forts de son exisShow » tient à distance la nostalgie, le coutence ou de ses créations. Ces passages sont
turier étant à la fois une figure d’un Paris
ce qu’il y a de plus touchant dans ce show
révolu et d’une planète fashion mondialihors norme : la rencontre avec Francis,
sée. Il s’en amuse – comme de Karl Lagerl’homme de sa vie, disparu depuis ; son prefeld, d’Anna Wintour ou de la chirurgie
mier défilé sans moyen. Jusqu’au final,
esthétique. Cette revue new-look est un
superbe, avec grand escalier et créatures
sacré défi pour Jean-Paul et son producteur
couture. Les bonnes idées abondent, surThierry Suc. Le tout ne manque pas de
tout celles de la chorégraphe Marion Motin,
panache…. juste de davantage de rigueur et
qui mixe hip-hop, contemporain, voguing
d’invention dans la mise en scène. n
Olivier Klein est directeur général
de la BRED et professeur affilié à HEC.
Comment relancer
l’exportation de nos
entreprises en Afrique
lieu de tout miser sur ses liens avec ses
clients ou des distributeurs locaux, peut
s’associer avec une entreprise proche de
son métier. Il n’est pas besoin d’attendre
d'y être contraint par la réglementation
locale (le « local content ») : le partenaire apportera savoir-faire adapté et
connaissance des particularités du marché visé (consommateurs, usages de la
distribution, relations avec l’environnement), autant d’ingrédients du succès
commun, s’il y voit bien son propre intérêt. Un tel partenariat devient le
meilleur moyen de diminuer le risque
pour l’entreprise nouvellement arrivée.
Jean-Paul Gaultier, show devant !
tés les moins risquées, et parmi elles le
partenariat avec des entreprises locales.
Quand une affaire tourne mal, le coût
final pour l’actionnaire majoritaire peut
excéder l’investissement de départ (contrairement au principe selon lequel le
risque maximal pris dans une société
serait limité à l’investissement...) ; investissant dans un marché qu’elle juge risqué, une entreprise devrait donc plafonner cet engagement, en s’associant – en
minoritaire – à un tiers.
Il y a eu, certes, des déceptions dans de
tels partenariats, notamment en Asie ;
mais l’expérience le montre : la probabilité de succès est plus forte avec un partenariat, et le coût final en cas d’échec est
bien moindre : il est plus simple de se
retirer d’un partenariat minoritaire, ou
de le laisser péricliter, que de « couper
une branche » de sa propre activité, partie intégrante de l’entreprise…
Le partenariat réussi demande d’être
accompagné sur place, d’être patient et
lucide, sur ses propres attentes comme
sur le bénéfice apporté à son partenaire ;
il n’est pas plus facile en Afrique
qu’ailleurs de créer des partenariats réussis, malgré une réelle proximité culturelle et parfois linguistique. Et il est toujours moins confortable de travailler avec
des tiers qu’entre soi. Mais c’est le moyen
le plus sûr de réussir dans la durée.
François-Marie Jay est président
exécutif d’Ebano Finance.
Christophe Lecourtier est directeur
général de Business France.
Le « Jean-Paul Gaultier Fashion Freak Show » enchaîne les tubes et fait frétiller
la salle tout en guardant la nostalgie à distance. Photo TS3 Boby
Sur la piste du Yukon
avec Anne-Marie Garat
Thierry Gandillot
@thgandillot
Elle ne s’est pas toujours
appelée Lorna del Rio. Vérit abl e camél éo n, el l e a
D’Anne-Marie Garat,
La fête a viré au cauchemar.
emprunté les identités les
Actes Sud, 316 pages,
Pour ses six ans, le père de
plus diverses et s’est com21,50 euros
Jessie, un nabab d’Holposée des personnages
lywood, avait organisé un anniversaire
aussi crédibles qu’inventés. Au fil de leur
somptueux avec jazz-band et feu d’artifice
progression dans les terres indiennes par
dans sa villa de Santa Monica au bord de
des pistes oubliées, Jessie, elle aussi, va
l’océan. Mais au milieu de la nuit, on le
changer plusieurs fois de nom – Nez de
retrouve échoué sur la plage, comme une
renard, Qui donne ses dents, et finalement
méduse obèse. Accident ? Assassinat ?
Njyah, qui veut dire « longue et maigre ».
Sans hésiter une seconde, la mère de Jessie,
Lorna, fourre la petite dans son énorme
Mille menaces
Cadillac, direction plein nord, pour une desUne des clefs du mystère réside dans une
tination inconnue.
sacoche dont Lorna, appelons-là ainsi, ne se
Fin des années 1930. Lorna del Rio, châssépare jamais, pas plus que de son fusil, calé
sis de Betty Boop et denture de Blanchedebout contre le levier de vitesse. Dans une
Neige, possède une calculatrice atomique
cabane isolée, perdue sur les bords de Kloo
en place du cerveau et sa moralité est plus
Lake, où elles ont trouvé refuge, Jessie met
extensible qu’un chewing-gum. A ses
la main sur une mystérieuse carte indidébuts, elle faisait de la figuration dans des
quant leur destination ultime. Elle apprenpublicités avant de se frayer une voie vers les
dra les raisons de la fuite précipitée de sa
sommets, sinon de la gloire au moins de la
mère la nuit de son anniversaire et sa véritarichesse, en harponnant un producteur en
ble identité. Elle trouve aussi des carnets qui
vue, avec qui elle aura la petite Jessie.
pourraient expliquer pourquoi trois chasL’odyssée mènera Jessie jusqu’au fin fond
seurs de têtes sont à leurs trousses.
du Yukon. Pourquoi ? Elle le découvrira
Entre-temps, Jessie et Lorna auront
chemin faisant au terme d’une aventure
affronté mille dangers, échappé à mille
riche en rebondissements et en révélations.
menaces. Road-book initiatique, western
A mesure des péripéties de leur voyage vers
chamanique ou thriller ethnographique,
les territoires gelés du Grand Nord, l’enfant
« Le Grand Nord-Ouest » est porté par une
apprend par bribes le passé tumultueux de
langue envoûtante et dense. Prenez la piste
sa mère.
et accrochez-vous : ça secoue. n
ROMAN FRANÇAIS
Le Grand Nord-Ouest
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 13
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
SUR
LE WEB
MERCURE À LA FÊTE
L’Observatoire de Paris met
Mercure à l’honneur à l’occasion
de la mission BepiColombo
et de la Fête de la science,
avec un site pour tout savoir
sur la petite planète.
https ://www.planetemercure.fr
Existe-t-il une limite
biologique à la durée
de vie humaine ?
LA
CHRONIQUE
de Pierre-Marie
Lledo
E
n octobre 2016, l’équipe néerlandaise du
généticien Jan Vijg publiait un article
scientifique déclarant que l’espérance de vie
humaine se limitait à 115 ans. A partir de bases de
données de France, du Japon, des Etats-Unis et du
Royaume-Uni, les auteurs concluaient qu’il existait
une probabilité quasi nulle, en tout cas inférieure à
1 pour 10.000, de vivre au-delà de 125 ans. Si cette
conclusion est avérée, le record de longévité de
122 ans établi par Jeanne Calment en 1997 relèverait
alors du miracle. La publication du docteur Vijg
suscita une grande polémique. Pas moins de cinq
groupes de scientifiques publièrent en juin 2017 des
articles réfutant formellement ses conclusions. Le
bon sens populaire leur donnait d’ailleurs raison en
rappelant qu’avec le progrès de la recherche
biomédicale, il était difficile d’admettre que
l’espérance de vie puisse plafonner. Comme souvent,
des protagonistes s’affrontent sur des questions fort
différentes. Ici la polémique relève d’une confusion
entre l’espérance de vie et la longévité. Rappelons
que l’espérance de vie représente la durée de vie
moyenne que les individus peuvent espérer
atteindre à leur naissance. L’espérance de vie
humaine augmente en moyenne de 2,5 ans toutes
les décennies dans les pays riches. Elle serait passée
de 22 ans en 1750 à 81 ans en 2018. La longévité, quant
à elle, désigne la durée de vie d’un individu. Si
l’espérance de vie n’a cessé d’augmenter au cours des
siècles, la longévité stagne avec le record mondial de
122 ans depuis plus de 20 ans. Autrement dit, la
durée maximale de vie serait fixe et soumise à des
contraintes naturelles. Pourtant, cette assertion
vient d’être démentie par un article paru dans le
magazine « Nature » montrant qu’il n’y a pas de
limite à la longévité humaine. Selon cette étude
réalisée à partir de « super-centenaires » âgés de
plus de 105 ans, le risque de mortalité, après une
augmentation exponentielle jusqu’à 80 ans, décélère
puis se stabilise à partir de 105 ans pour devenir
négligeable. Les chercheurs concluent qu’il n’y a
donc pas de limite à l’espérance de vie humaine,
autrement dit que l’immortalité des humains ne
serait pas un mythe mais une réalité.
Pierre-Marie Lledo est chercheur en
neurosciences à l’Institut Pasteur et au CNRS.
o
LA PUBLICATION
Les crèches favorisent le
développement des bébés
V
oici qui ne manquera pas d’intéresser tous
les jeunes couples en attente – ou à peine
remis – d’un « heureux événement ». La
revue « Journal of Epidemiology and Community
Health » publie, en effet, les résultats d’une étude
portant sur l’influence du mode de garde des bébés
de 0 à 3 ans sur leur développement
comportemental et émotionnel. Les mamans de
près de 1.500 petits ont été suivies depuis leur
grossesse jusqu’aux huit ans de l’enfant par une
équipe associant Inserm, Sorbonne Université et
université de Bordeaux. A intervalles réguliers,
elles ont rempli un questionnaire mesurant
les symptômes comportementaux et émotionnels
des enfants à travers cinq échelles : symptômes
émotionnels, problèmes relationnels,
hyperactivité-inattention, problèmes de
comportement et comportement prosocial.
Les données ont montré que, comparativement
aux enfants qui restent à la maison avant l’entrée à
l’école maternelle, ceux qui ont fréquenté un mode
de garde collectif (crèche ou garderie) sont environ
trois fois moins susceptibles d’éprouver ensuite,
entre 3 et 8 ans, des problèmes émotionnels ou de
rencontrer des difficultés relationnelles. Ils ont
aussi, en moyenne, un comportement plus
prosocial. L’accès à un mode de garde collectif est
donc bel et bien associé à un meilleur
développement psychologique et émotionnel,
concluent les auteurs. Encore faut-il trouver une
place en crèche… — Y. V.
17
heures
sciences
BRAVO, ROBOT
S’étant bien posé sur
l’astéroïde Ryugu, le petit
robot franco-allemand
Mascot a épuisé ses batteries au bout de 17 heures de bons et loyaux services. Merci Mascot !
https://bit.ly/2CvADle
Lancée à l’automne 2013 et devant durer dix ans, l’initiative phare de l’Union européenne, qui avait
promis d’investir 1 milliard d’euros pour accélérer la compréhension du cerveau, verra-t-elle le jour ?
Le Human Brain Project encore dans le flou
Yann Verdo
@verdoyann
L
e 1er octobre dernier, il y a tout juste
une semaine, le Human Brain Project (HBP) a soufflé sa cinquième
bougie. Lancé en fanfare le 1er octobre 2013
avec l’objectif ambitieux de simuler un cerveau humain sur ordinateur, ce projet pharaonique de l’Union européenne, coordonné par l’Ecole polytechnique fédérale de
Lausanne (EPFL) et prévu pour durer dix
ans, en est donc pile à la moitié de son existence. Cent seize partenaires, huit cents
chercheurs européens disséminés dans
une vingtaine de pays, un coût total estimé à
1 , 2 m i l l i a r d d ’e u r o s : l ’e n t r e p r i s e ,
aujourd’hui au milieu du gué, est colossale.
Mais pas facile de dire si elle est bien ou mal
partie. Selon le regard que l’on porte sur elle,
on peut aussi bien voir le verre à moitié vide
qu’à moitié plein. Et ce n’est pas la démission
suspecte de son directeur exécutif Chris
Ebell, en pleine torpeur estivale, qui a aidé
HBP à redorer son blason…
Cette démission a été présentée comme
une affaire purement interne à l’EPFL, l’institution porteuse du projet. Et le directeur
général de HBP, Andreas Mortensen (luimême de l’EPFL), s’est empressé d’expliquer aux médias suisses que le départ de cet
important membre du top management de
HBP n’était nullement le signe d’une nouvelle crise quant au bien-fondé scientifique
du projet européen. Il faut dire que celui-ci
– l’une des deux initiatives phares (« FET
Flagships ») de l’Union européenne avec
celle sur le graphène – a connu des débuts
particulièrement houleux, qui ont manqué
de peu de faire subir à cet énorme paquebot
des sciences du cerveau le même sort que le
« Titanic ». Dans sa première mouture, le
consortium était piloté par un triumvirat
composé de Richard Frackowiak, du Centre
hospitalier universitaire vaudois, de Karlheinz Meier, de l’université de Heidelberg,
et du controversé Henry Markram, neuroscientifique star de l’EPFL.
Jugée trop opaque et trop arbitraire, cette
gouvernance avait provoqué dès l’été 2014 la
publication d’une lettre ouverte signée de
plusieurs centaines de neuroscientifiques.
D’autant qu’à ce problème de gouvernance
était venu s’en ajouter un autre : la décision
du triumvirat de supprimer un des douze
sous-projets de HBP, celui portant sur les
neurosciences cognitives. Le grand neuroscientifique français Stanislas Dehaene avait
alors claqué la porte, suivi de son collègue
Yves Frégnac, alors coordinateur de HBP
pour le CNRS, et de beaucoup d’autres. A la
suite de cet épisode douloureux, une médiation avait été mise en place par l’Union
européenne, pilotée par le professeur Wolfgang Marquardt. Il en a notamment résulté
la fin du triumvirat et la mise en place d’une
nouvelle gouvernance, beaucoup plus collégiale. Mais ce travail de conciliation et de
recadrage, achevé au printemps 2015, a
assez profondément changé la nature du
projet initial.
Changement de logique
Tout en rétablissant dans ses droits le sousprojet consacré aux neurosciences cognitives, la médiation européenne a infléchi
HBP vers un objectif beaucoup moins spectaculaire que celui initialement vendu par
Henry Markram aux technocrates européens. L’ambition de simuler le cerveau
humain est complètement passée au
second plan. A la place, l’accent a été mis sur
les technologies de l’information, et plus
concrètement sur les six plates-formes
visant à fournir aux neuroscientifiques les
outils (bases de données neuro-informatiques, algorithmes, calculateurs, etc.) devant
les aider à continuer de décrypter le fonctionnement du cerveau.
« On a basculé dans une logique de projet
industriel. La Commission européenne, qui
financera à terme plus de 500 millions
d’euros (sur le milliard d’euros prévu initialement) venant pour l’essentiel de sa division
technologies de l’information, exige désormais que ces plates-formes, dont les budgets
Cinq ans après, l’objectif ambitieux de HBP de simuler le cerveau humain est passé au second plan.
A la place, l’accent a été mis sur les technologies de l’information. Photo Berthold Steinhilber/Laif-RÉA
5 ans
d’histoire
mouvementée
Octobre 2013
•Lancement
du Human
Brain Project (HBP).
Juillet 2014
•Lettre
ouverte signée
par plusieurs centaines
de scientifiques,
protestant contre
la gouvernance jugée
mauvaise.
Mars 2015
Médiation
de la Commission
européenne,
se traduisant par
un changement
de gouvernance et
un recadrage du projet,
qui doit désormais
mettre en avant
ses six plates-formes
technologiques.
Mars 2016
Fin de la « Ramp-up
Phase » (ou phase
de lancement).
Juin 2018
Evaluation
de la deuxième phase
(dite « Specific
Grant Agreement 1 »).
Août 2018
Démission
du directeur exécutif
Chris Ebell.
•
•
•
•
ont été consolidés, délivrent des “produits”.
Mais je ne suis pas sûr que cette approche
dominée par la technologie soit de nature à
nous permettre de répondre aux grandes
questions scientifiques que nous pose le cerveau humain », regrette Yves Frégnac, qui
avait cosigné dès l’automne 2014, dans la
prestigieuse revue « Nature », un article au
titre provocateur : « Where is the brain in
the Human Brain Project ? »
Comme un télescope géant ?
Trois ans et demi plus tard, HBP en est toujours à peu près là. Les six plates-formes
technologiques sont en place (lire ci-dessous), mais à des degrés divers d’avancement. Ce qui n’est pas anormal. Comme le
fait observer le neuroscientifique et directeur de recherche au CNRS Alain Destexhe,
qui fait partie du Science and Infrastructure
Board (SIB), l’instance pilote de HBP sur le
plan scientifique, « il est relativement plus
rapide de mettre en place des bases de données
neuro-informatiques que de construire ex
nihilo des calculateurs neuromorphiques
dont le fonctionnement s’inspire des réseaux
de neurones ».
Le but de HBP, tel que redéfini à la suite de
la médiation européenne, est in fine de fournir aux chercheurs du monde entier un
ensemble d’infrastructures technologiques
dont ils pourront se servir pour continuer
leurs recherches sur le cerveau. « Un peu
comme les télescopes géants du European
Southern Observatory pour l’astronomie ou
l’accélérateur de particules LHC du CERN
pour la physique subatomique », explique
Alain Destexhe. Une comparaison que
réfute Yves Frégnac, qui analyse longuement ce rapprochement dans un article
paru il y a un an dans la revue « Science ».
« HBP ne peut pas être considéré comme une
infrastructure scientifique au service d’une
théorie du cerveau au même titre que le LHC
est une infrastructure scientifique au service
du modèle standard des particules, pour la
simple et bonne raison que nous ne disposons
pas, à l’heure actuelle, de théorie globale du
cerveau. »
Quid de l’ambition initiale, celle sur
laquelle le projet a été vendu par Henry
Markram et consorts aux bailleurs de
fonds ? Elle n’a pas totalement disparu puisque la simulation du cerveau constitue toujours l’un des douze sous-projets, celui que
dirige le même Henry Markram. Portant
sur des cerveaux de souris, les travaux de ce
sous-groupe ont consisté jusqu’ici à modéliser différents sous-systèmes cérébraux, tels
que l’hippocampe, le cortex somato-sensoriel, le cervelet, etc.
De là à unir ces différents sous-systèmes
en un tout et à reproduire le fonctionnement de l’ensemble, même s’agissant d’un
humble cerveau de souris, il y a un pas qui
reste à franchir. Quant à faire la même
chose avec un objet aussi extraordinairement complexe que le cerveau humain –
cent milliards de neurones, chacun relié
aux autres par plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de synapses –, le
plus grand scepticisme règne. Les plus optimistes comme Alain Destexhe pensent que,
réalisable ou pas, cet objectif ne sera certainement pas atteint dans les cinq ans encore
impartis à HBP. Quant à Yves Frégnac, il
pose une question encore plus radicale.
« Peut-on simuler un cerveau humain avec
un ordinateur, si puissant soit-il ? Je n’en suis
pas sûr du tout… » n
Les technologies de l’information au service du cerveau
Depuis le recadrage du Human Brain Project en 2015, elles constituent le cœur du
projet. « Elles », ce sont les six plates-formes technologiques en cours de construction et ayant vocation, à terme, à être
ouvertes à tous les scientifiques qui en
auront besoin pour leurs recherches. Ces
six sous-projets (sur les douze que compte
HBP au total) ont tous en commun de mettre les technologies de l’information au
service de la science du cerveau, mais chacun explore ce vaste domaine selon une
voie particulière. Le premier d’entre eux a
vocation à agréger toutes les bases de données neuro-informatiques et outils d’analyse dont puissent souhaiter disposer les
explorateurs du cerveau. Le second, dirigé
par Henry Markram (jadis aux commandes
de l’ensemble), est consacré à la simulation
du cerveau par des modèles numériques.
Viennent ensuite une troisième plateforme dédiée au calcul de haute performance et une quatrième à l’informatique
médicale, rassemblant les données de
patients souffrant de maladies du cerveau.
Les deux dernières sont consacrées l’une
au calcul neuromorphique, c’est-à-dire à la
réalisation d’ordinateurs du 3e type s’inspirant du fonctionnement du cerveau
humain, et l’autre à la neurorobotique,
visant à doter les robots de systèmes
de commandes bio-inspirés.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
enquête
UBS et les secrets
des « carnets
du lait » en procès
L’amende encourue par UBS AG et sa filiale française peut se monter jusqu’à la moitié des fonds sur lesquels ont porté les opérations de blanchiment, soit près de 5 milliards d’euros. Photo Mark Henley/Panos-RÉA
Valérie de Senneville
@VdeSenneville
L
e procès UBS qui s’ouvre à Paris ce
lundi 8 octobre est celui de toutes les
démesures : pour la première fois,
une grande banque, leader mondial de la
gestion de fortune, va devoir s’expliquer
devant les juges qui la soupçonnent d’avoir
mis en place, entre 2004 et 2012, un vaste système de démarchage en France de riches
clients pour qu’ils ouvrent des comptes en
Suisse, à l’insu du fisc. On va y parler de sommes colossales fraudées, près de 10 milliards
d’euros selon l’estimation des juges. UBS AG
est poursuivi pour « démarchage bancaire
illégal »« blanchiment aggravé de fraude fiscale » et sa filiale française pour « complicité » de ces délits. L’amende encourue par
UBS AG et sa filiale française peut se monter
jusqu’à la moitié des fonds sur lesquels ont
porté les opérations de blanchiment, soit
près de 5 milliards d’euros. C’est toute l’économie de la banque et sa santé financière
qui pourraient être bousculées. Quant aux
conséquences internationales, si elle était
condamnée, elles peuvent être dévastatrices (lire page 28). Une demi-douzaine
d’anciens dirigeants d’UBS seront également sur le banc des prévenus. Comment
en est-on arrivé là ? Retour sur une affaire
hors norme.
D’un point de vue judiciaire, l’affaire commence en 2011. En début d’année, l’Autorité
de contrôle prudentiel (ACP) signale au parquet de Paris une activité qu’elle soupçonne
délictuelle de la part d’UBS France. D’anciens
employés – mus par des intérêts divers mais
convergents – sont venus lui raconter comment, lors d’événements très sélects, des
chargés d’affaires suisses venaient démarcher de riches clients français. Or la loi française interdit à tout établissement étranger
de venir chasser un client sur le territoire
national. Mais pas à un commercial français
de la banque de mettre ce client en rapport
avec son homologue en Suisse… En juin 2013,
l’ACP inflige une amende record de 10 millions d’euros à UBS France. Dans sa décision,
le régulateur des banques et des assureurs
souligne notamment le « laxisme » de la
filiale française envers des pratiques commerciales supposées douteuses. Où allait
l’argent confié à la banque ? Les fonds transférés en Suisse étaient-ils déclarés au fisc
français ? Une information judiciaire est
ouverte le 12 avril 2012 et l’enquête confiée à
deux juges d’instruction tenaces connus
pour leur fermeté, Guillaume Daïeff et Serge
Tournaire. L’affaire dite des « carnets du
lait » pouvait commencer. Elle va révéler un
monde où, sous les ors et la légèreté d’une
loge à l’Opéra de Paris, à Roland-Garros ou
JUSTICE // Les juges soupçonnent la banque suisse,
leader mondial de la gestion de fortune, d’avoir mis
en place un vaste réseau de blanchiment de fraude
fiscale alimenté par ses chargés d’affaires à l’occasion
d’événements très sélects. Le procès s’ouvre ce lundi.
lors de cocktails dans les lieux huppés de la
capitale, les chargés d’affaires de la banque
suisse partent à la chasse aux riches clients,
les « big potatoes », comme les avait élégamment surnommés un ancien dirigeant. La
banque les a classés en trois catégories : les
« core affluent » (moins de 500.000 euros de
capital à placer), les « high net worth individual » (de 500.000 euros à 10 millions) et les
« key clients » (au-dessus de 10 millions
d’euros).
« Ratissage nauséabond »
« Les Echos » ont eu accès à l’ordonnance de
renvoi des juges qui décrivent un véritable « braconnage » de la part d’UBS AG sur le
territoire français. Hervé d’Halluin, ancien
patron de l’agence UBS de Lille, qui est également présent sur les bancs des prévenus,
leur a notamment décrit « un ratissage nauséabond et pratiqué de manière industrielle »
et « la pression intense » de la Suisse sur les
équipes françaises. Des pratiques confirmées à demi-mot par l’ancien président
d’UBS France, Jean-Louis de Montesquiou : « Une fois que la loi sur le démarchage
a été votée [le 1er août 2003, NDLR], j’étais
beaucoup plus à l’aise pour rappeler les Suisses à l’ordre. C’est devenu cependant intenable
pour moi. »
La filiale française ne veut pas être embarquée dans le même bateau que sa maison
« Je conteste toute
complicité de
démarchage illégal.
S’agissant du
démarchage illégal
de Suisses
en France, je n’en sais
rien. Ce que fait
UBS Suisse en France,
UBS France n’a pas
vocation à le contrôler. »
FRÉDÉRIC DE LEUSSE
Le patron d’UBS France
mère, c’est ce que dira encore aux juges JeanFrédéric de Leusse, le nouveau patron français : « Je conteste toute complicité de démarchage illégal. S’agissant du démarchage illégal
de Suisses en France, je n’en sais rien. Ce que
fait UBS Suisse en France, UBS France n’a pas
vocation à le contrôler. » Il n’empêche, les
méthodes des « petits hommes verts »,
comme ils les surnomment, ne sont pas du
goût de certains chargés d’affaires français.
Pour mettre un peu d’ordre, le groupe helvétique a mis en place un système de reporting transfrontalier, destiné à enregistrer les
flux des chargés d’affaires et à déterminer
leur bonus. Dans tous les pays où opère la
banque, les performances des commerciaux
sont évaluées selon leur chiffre d’affaires : le
nombre de clients qu’ils ont réussi à amener
à la banque, les avoirs qu’ils ont attirés en gestion. C’est notamment sur cette base que sont
évalués les bonus en fin d’année. Pour inciter
les chargés d’affaires à jouer « groupe »plutôt
que « perso », UBS a mis en place un système
simple en apparence : un bonus est accordé
à celui qui apporte l’affaire et débité à celui
qui la reçoit. Ce sont les fameux « Asset
Transfer Adjustments » (ATA) sur qui
repose tout le dossier judiciaire. Les ATA
sont saisis dans un système informatique du
groupe, le « performance, measurement &
management adjustment tool ». Jusqu’en
2009, les règles de reporting d’UBS n’imposent pas cependant la justification totale des
flux qui devraient y être inscrits. Les noms
des clients ne sont parfois même pas précisés. En 2007, pourtant, un rapport d’audit
avait conseillé à la banque de mieux justifier
les flux d’ATA. C’est sur la base de ce reporting que l’ACP a fait ses recommandations
qui aboutiront à sanctionner UBS.
Encore faut-il que ces ATA fassent l’objet
d’un consensus entre les chargés d’affaires
concernés. Les dirigeants de la banque ont la
solution : les managers vont reporter sur des
tableaux Excel les sommes que leurs commerciaux disent avoir déclarées. Le but :
vérifier que tout le monde est d’accord. Les
directeurs commerciaux feront ensuite la
balance à inscrire dans les ATA. Ces tableaux
seront surnommés les « carnets du lait » – en
référence aux éleveurs de bovins suisses qui
tenaient leur comptabilité sur de petits
blocs-notes. En soi, rien de pénalement
répréhensible, sauf qu’aux yeux des juges la
« compensation » opérée par les carnets du
lait prouve que les commerciaux suisses
venaient faire leur marché en France. « Il ressort des documents du contrôle de gestion
d’UBS France que, de 2005 à 2012, 486 millions d’euros ont été “reconnus” par la Suisse à
la France et 1.548 millions d’euros ont été
“reconnus” par le reste du monde (y compris la
Suisse) à la France. »
Or Guillaume Daïeff et Serge Tournaire,
en vérifiant les comptes, découvrent
qu’« UBS France a reconnu n’avoir pas réussi
à identifier 29 ATA portant sur 176 millions
d’euros », pour des mouvements s’étalant de
2005 à 2008. Ces sommes sont « précisément
celles inscrites dans les carnets du lait,
envoyées au [responsable parisien de la banque], à sa demande, par mail ou même par
SMS », soulignent les juges.
Dans la tête des magistrats, il y avait donc
bien volonté de dissimuler des démarchages
illégaux. Ils en veulent également pour
preuve que l’agressivité commerciale des
chargés d’affaires suisses finira même par
exaspérer les commerciaux français : « J’ai
été témoin à l’époque, vers 2007, d’un agacement croissant d’un certain nombre de chargés d’affaires français vis-à-vis de leurs collègues suisses avec le sentiment de les voir
comme des concurrents », dira l’un d’eux. En
France, les « carnets du lait » étaient gérés
par Patrick de Fayet, l’ex-numéro 2 de la
filiale. L’ancien cadre a tenté de négocier une
comparution sur reconnaissance de culpabilité (CRPC), qui permet à un mis en examen de négocier directement sa peine avec
le parquet sans passer par le procès. Mais la
CRPC n’a pas été homologuée, et Patrick de
Fayet sera lui aussi sur le banc des prévenus.
« Dissimulation
d’opérations illégales »
La reconnaissance des faits par cet ancien
cadre est un gros problème pour la défense
de la banque qui, elle-même, a tenté, sans
succès, de négocier avec le Parquet national
financier (PNF) une convention judiciaire
d’intérêt public (CJIP). Aujourd’hui, UBS
conteste tout à la fois « les allégations et les
qualifications retenues » par les juges. « Les
carnets du lait n’étaient pas une comptabilité
mais un outil utilisé pour préparer l’évaluation de la performance de chaque banquier »,
ont défendu les avocats d’UBS devant
Guillaume Daïeff et Serge Tournaire.
Pour les juges, pourtant, c’est clair : « Les
charges sont suffisantes pour considérer ces
carnets du lait et la tenue des ATA comme
constitutives de manœuvres permettant la
dissimulation d’opérations illégales, notamment le démarchage illégal, du moins jusqu’en 2011. » D’autant plus que Serge Tour-
naire et Guillaume Daïeff sont, par ailleurs,
persuadés que ce démarchage illégal a un
but : aider les riches clients français à frauder le fisc. « UBS AG apparaît avoir envoyé en
France des chargés d’affaires en vue de démarcher sur le territoire national, en leur donnant la consigne d’utiliser des ordinateurs
chiffrés et des techniques de blocage desdits
ordinateurs pour cacher les identités et les
avoirs offshore des clients vis-à-vis des autorités françaises, et de voyager de manière discrète, afin d’éviter d’être détectés lors de
contrôles par les autorités françaises à l’occasion de leurs déplacements professionnels en
France », écrivent-ils. Un manuel « Security
Lors des perquisitions dans
les locaux d’une filiale
d’UBS, les enquêteurs
allemands vont découvrir
une liste de 38.000 comptes
non déclarés en Suisse.
Risk Governance » de juin 2006 donne aux
chargés d’affaires suisses en voyage à
l’étranger des « consignes de discrétion
sinon de clandestinité » dignes des
m e i l l e u r s r o m a n s d ’e s p i o n n a g e ,
allant de la cachette dans une doublure de
manteau ou de sac à dos au cryptage des
informations.
Po u r é v a l u e r l e s avo i r s f r a u d é s ,
Guillaume Daïeff et Serge Tournaire vont
bénéficier de l’aide inattendue de l’Allemagne. Outre-Rhin, UBS a déjà dû négocier une
sanction de 300 millions d’euros en 2014
pour des actifs dissimulés via des fondations
et des trusts au Liechtenstein, atteignant
environ 20 milliards d’euros en valeur. Lors
des perquisitions dans les locaux d’une filiale
d’UBS, les enquêteurs allemands vont
découvrir une liste de 38.000 comptes non
déclarés en Suisse appartenant à des clients
français d’UBS pour un montant de 10,7 milliards d’euros au 1er juin 2006, 8,58 milliards
d’euros au 30 novembre 2008 et « 99 % de
taux de non-déclaration. Soit 10,6 milliards
d’euros au 1er juin 2006 et 8,5 milliards au
30 novembre 2008 », écrivent les juges, qui
font leurs comptes.
Un travail qui fait bondir les avocats
de la défense à Paris et qui alimentera sans
doute l’audience prévue pour durer cinq
semaines. Il sera néanmoins difficile pour la
banque de nier toute manœuvre alors qu’elle
a déjà dû s’acquitter d’amendes en Allemagne, mais aussi aux Etats-Unis. Les juges
français, qui n’ont pas l’habitude d’infliger
de lourdes amendes, vont-ils se laisser
impressionner ? n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Lundi 8 octobre 2018
Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
POLICE LE PRÉSIDENT CHINOIS
D’INTERPOL RETENU EN CHINE
BRÉSIL PREMIER TOUR DE
LA PRÉSIDENTIELLE DANS
UN PAYS EN CRISE ET DIVISÉ
Meng Hongwei, le président chinois
d’Interpol qui a disparu en Chine le
25 septembre, est soupçonné d’avoir
violé la loi chinoise et fait l’objet d’une
enquête, ont déclaré dimanche les
autorités chinoises. Samedi, Interpol
a demandé une clarification à la
Chine suite à la disparition signalée
par son épouse, sans nouvelles.
L’organisation étant basée à Lyon, le
parquet y a ouvert une enquête. Un
dispositif de sécurité a été déployé
autour de Grace Meng.
// 15
LA PHOTO DU JOUR
Des milliers de disparus en Indonésie
Un Brésil en crise et très divisé a voté
dimanche pour le premier tour de la
présidentielle dont le candidat
d’extrême droite Jair Bolsonaro, un
nostalgique de la dictature militaire,
est l’immense favori. Sous la surveillance de 280.000 policiers et militaires, 147 millions d’électeurs étaient
attendus aux urnes. L’ex-capitaine
Jair Bolsonaro est devenu un phénomène électoral depuis qu’il a frôlé la
mort dans un attentat le 6 septembre.
NIGERIA LA FONDATRICE
DE #BRINGBACKOURGIRLS
CANDIDATE À LA PRÉSIDENTIELLE
VIOLENCES UNE FILLE DE
MARINE LE PEN AGRESSÉE
Une fille de Marine Le Pen, âgée de
18 ans, et l’un de ses cousins de 18 ans
qui s’était interposé ont été tabassés à
la sortie d’un bowling dans la nuit de
jeudi à vendredi à Nanterre. Marine
Le Pen a dénoncé une « agression gratuite » et précisé « n’avoir aucun élément » laissant penser qu’il y ait un
lien avec son engagement politique.
La Nigériane Obiageli Ezekwesili,
figure et fondatrice du mouvement
#BringBackOurGirls créé pour soutenir les lycéennes enlevées par Boko
Haram en 2014, a annoncé dimanche
qu’elle se présenterait à la présidentielle de février 2019. A 55 ans, elle a été
ministre des Mines et de l’Education
entre 2000 et 2007, avant d’être viceprésidente pour l’Afrique à la Banque
mondiale. Elle est aussi cofondatrice
de l’ONG Transparency International.
POLLUTION MARINE
COLLISION DE BATEAUX
AU LARGE DE LA CORSE
ARABIE SAOUDITE RIYAD DÉMENT
AVOIR FAIT TUER LE JOURNALISTE
JAMAL KHASHOGGI
Préfecture maritime
Des habitants de Wani, sur l’île des Célèbes, marchent dans les rues dévastées par un séisme et un tsunami, le 28 septembre
dernier. Selon le dernier bilan officiel, la catastrophe a fait 1.763 morts et quelque 5.000 personnes sont encore portées disparues. Des centaines de personnes pourraient avoir été enterrées vivantes sous la couche de boue et de débris chassés par le
tsunami ou sous l’effet d’une liquéfaction du sol produite par le séisme. Les opérations de secours s’arrêteront jeudi.
MIGRANTS MANIFESTATIONS
EN EUROPE POUR L’« AQUARIUS »
Plusieurs milliers de personnes se
sont rassemblées samedi en France et
en Europe pour dénoncer la situation
de l’« Aquarius ». Dernier navire
humanitaire en Méditerranée centrale, l’« Aquarius » est bloqué à quai à
Marseille faute d’immatriculation.
Après Gibraltar en août, le Panama a
décidé de lui retirer son pavillon pour
« non-respect » des procédures internationales concernant le sauvetage de
migrants en mer.
BANDITISME RÈGLEMENT
DE COMPTES À PARIS
Deux hommes, dont une figure du
grand banditisme, ont été grièvement
blessés par balles dimanche à l’aube, à
Paris, lors d’un probable règlement de
comptes dans le quartier des ChampsElysées. Sofiane H. a été atteint de plusieurs balles alors qu’il se trouvait
dans sa voiture en compagnie d’un
autre homme, lui aussi très grièvement blessé.
AFP
La collision dimanche à 28 km au
nord-ouest du Cap Corse entre un
navire roulier tunisien et un porteconteneurs chypriote a généré une
nappe de nature indéterminée qui
laisse craindre une possible pollution
marine. Une équipe de spécialistes a
été acheminée sur place. Le bâtiment
d ’a s s i s t a n c e e t d e d é p o l l u t i o n
« Jason » devait quitter Toulon avec
l’ensemble de ses moyens de lutte contre les pollutions maritimes.
Photo : Mohd Rasfan/AFP
Le mystère s’épaissit autour de la disparition, depuis mardi en Turquie, du
journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, vu pour la dernière fois alors
qu’il entrait dans le consulat de son
pays à Istanbul. Une source proche du
gouvernement turc a indiqué à l’AFP
que, selon la police, le journaliste « a
été tué au consulat par une équipe venue
spécialement à Istanbul et repartie dans
la même journée ». Riyad a démenti et
le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré attendre les résultats de
l’enquête.
HAÏTI AU MOINS DOUZE MORTS
LORS D’UN SÉISME
Au moins douze personnes ont été
tuées et 188 blessées dans le NordOuest de Haïti, secoué samedi soir par
un séisme d’une magnitude de 5,9.
Région la plus pauvre du pays, le NordOuest compte beaucoup de zones
enclavées faute de routes en bon état.
LETTONIE LÉGISLATIVES :
VICTOIRE DES PRO-RUSSES
ET DES POPULISTES
Le parti pro-russe Harmonie (19,8 %) a
remporté les législatives de samedi en
Lettonie, devant les populistes du KPV
LV (14,25 %) et ceux du Nouveau Parti
conservateur (13,6 %). Les analystes
s’attendent à de difficiles négociations
sur la formation d’une coalition viable,
Harmonie avec le KPV LV, son partenaire potentiel.
ON EN PARLE À HAMBACH
Une chauve-souris fait la vie dure à RWE
Les associations de défense de l’environnement ont invoqué la présence d’espèces rares
pour bloquer l’extension de la mine de charbon de RWE en bordure de la forêt de Hambach.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
de Münster, un déboisement ne
peut commencer tant que le
recours déposé sur le fond par
l’association environnementale
Bund n’a pas été examiné.
L’association invoque une
directive européenne sur la protection de la faune et de la flore
qui devrait classer les 200 hectares restants de Hambach en
zone protégée. Selon la justice,
ces questions trop complexes
« ne peuvent être tranchées en
référé ». RWE n’aurait, en outre,
pas assez étayé son argument
selon lequel l’extension de sa
mine ne pouvait plus attendre.
Un argument que vient en
outre démonter un rapport
scientifique présenté par les
Verts au Bundestag, dont le
« Spiegel » faisait état vendredi.
Ce document démontre que les
A
près six ans de lutte
avec les écologistes
pour étendre sa mine
de charbon à ciel ouvert dans la
forêt millénaire de Hambach,
entre Cologne et Aix-la-Chapelle, l’énergéticien RWE se
heurte à un nouvel obstacle
inversement proportionnel à sa
taille : la chauve-souris de
Bechstein.
La présence de cet animal
d’une dizaine de grammes dans
la forêt de Rhénanie-du-NordWestphalie a convaincu la justice de reporter les travaux de
déforestation qui devaient
reprendre mi-octobre. Selon la
cour régionale administrative
besoins de RWE en lignite d’ici à
2040 seraient trois fois moindres que ce qu’il affirme. Le tribunal administratif ne s’attendant pas à une décision rapide,
les travaux de défrichage
devraient être reportés d’au
moins an. Selon l’énergéticien,
l’exploitation de la forêt ne
pourra même pas commencer
avant fin 2020.
Report du déboisement
Le groupe, qui extrait 40 millions de tonnes de lignite par an
à Hambach pour les transformer en électricité, a annoncé
que ce report entraînerait un
manque à gagner de 3 millions
sur le résultat d’exploitation de
son activité lignite et nucléaire.
A la B ourse de Francfort,
l’action de l’énergéticien a, dans
la foulée, chuté de 8 %. Le coup
est d’autant plus dur pour l’énergéticien qu’il avait obtenu une
première décision de justice
favorable. Il venait ainsi de boucler la destruction des quelque
80 cabanes construites dans les
arbres et d’évacuer les dizaines
de zadistes qui y vivaient. « C’est
une bonne journée pour la protection de la nature et du climat et
un jalon pour le mouvement
anti-charbon », s’est félicité
Martin Kaiser, directeur général de Greenpeace.
Selon lui, le report du déboisement de Hambach facilitera
les négociations au sein de la
commission charbon. Celle-ci a
été mise en place par le gouvernement fédéral pour trouver un
moyen de sortir de cette source
d’énergie controversée. n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
enTrePrenDre
avec
Lundi 8 octobre 2018
www.lesechos.fr
En page 27
DEVISES EUR/GBP 0,8788 EUR/JPY 1,3077 EUR/CHF 1,1417 GBP/USD 1,3093 USD/JPY 1,1364 USD/CHF 0,992 TAUX EONIA -0,365 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,318 OAT 10 ANS 0,8095 T-BONDS 10 ANS 3,2382
INDUSTRIE & SERVICES
TOYS’’R’’US
DERNIÈRE HEURE
La distribution du jouet
joue son avenir. // P. 18
L’industrie de la défense américaine
veut réduire sa dépendance à la Chine
Daimler AG
L’AUTO-PARTAGE
A Paris, Mercedes veut contrer
PSA et Renault. // P. 19
Un rapport du Pentagone
souligne le poids
des sous-traitants chinois
dans la fabrication
de son armement.
ADP
Et la menace pour
sa sécurité nationale.
OHB
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
OHB
L’Etat ne veut pas d’une prise
de contrôle étrangère. // P. 20
L’Allemand construit son minilanceur spatial pour 2021. // P. 21
VICAT
Le cimentier prend pied au Brésil.
// P. 22
HIGH-TECH & MÉDIAS
PUCES CHINOISES
La tech américaine craint pour
sa cybersécurité. // P. 23
SAMSUNG
Le groupe génère 150 millions
d’euros de profits par jour. // P. 24
START-UP
BIG DATA
Tim Berners-Lee veut redonner
aux internautes le contrôle
sur leurs données. // P. 25
PME & RÉGIONS
SÉCURITÉ
Quand les agents privés recourent
à la haute technologie. // P. 26
FINANCE & MARCHÉS
UBS
La banque suisse et sa filiale
française devant les juges. // P. 28
UNILEVER
Le géant ne rapatrie plus son siège
de Londres à Rotterdam. // P. 29
La Chine est de nouveau pointée du doigt par
les Etats-Unis. Cette fois, il ne s’agit pas de
relations commerciales, mais de sécurité
nationale. Dans un rapport publié vendredi,
le Pentagone met en avant le risque croissant
représenté par la Chine dans l’approvisionnement en matériaux et technologies, considérées comme stratégiques pour l’industrie
de l’armement américaine. De fait, l’administration de Donald Trump a constaté un
« niveau étonnamment élevé de dépendance »
de sous-traitants chinois dans ce secteur.
Même s’il reconnaît que la chaîne d’approvisionnement de son industrie de la défense
est largement mondialisée.
Commandé il y a un an, le rapport souligne ainsi que « la Chine est le fournisseur
unique d’un certain nombre de produits chimiques de spécialité utilisés dans les munitions et les missiles ». En cas d’interruption
de ces livraisons, c’est tout le programme du
département de la Défense des États-Unis,
de la fabrication de missiles, aux satellites et
aux lanceurs qui serait menacé. Car même
si, dans certains cas, il est possible d’utiliser
des matériaux de remplacement, leur coût
de développement serait « prohibitif ».
Audit sur les approvisionnements
Autre sujet d’inquiétude, la vulnérabilité de
certains systèmes d’armements, équipés de
systèmes électroniques fabriqués à l’étranger. Aujourd’hui, 90 % des circuits imprimés
utilisés par l’armée américaine proviendraient d’usines asiatiques. Le secteur technologique est aussi sous surveillance. En
juillet dernier, Donald Trump avait signé un
décret interdisant le projet de rachat du
fabricant américain de semi-conducteurs Qualcomm par son concurrent Broad-
Véronique Richebois
@vrichebois
Après un mois de septembre morose
pour le box-office américain, les professionnels du secteur avaient raison de
nourrir ce week-end les espoirs les plus
fous. Deux locomotives lâchées à toute
vapeur y faisaient leurs débuts :
« Venom » produit par les studios Sony
Pictures et « A Star is Born » produit par
Warner Bros, avec Lady Gaga et Bradley
Cooper. Deux longs-métrages qui n’ont
strictement rien à voir sinon qu’ils suscitaient des attentes démesurées. A l’arrivée, les espoirs sont comblés : visible
dans 4.250 cinémas, Venom, avec Tom
Hardy, s’empare sans problème de la première place, avec un excellent démarrage : déjà 80 millions de dollars de recettes pour ce film qui en a coûté environ
100 millions, hors budget marketing.
Les deux longs-métrages
suscitaient des attentes
démesurées.
L’administration de Donald Trump a constaté un « niveau étonnamment élevé
de dépendance » aux sous-traitants chinois. Photo Todd Heisler/NYT-Redux-RÉA
com de Singapour. Le problème, c’est que de
nombreuses entreprises américaines se
sont installées en Chine pour réduire leurs
coûts de production. En échange, selon le
Pentagone, Pékin a exigé des transferts de
technologies, qui pourraient menacer les
Etats-Unis. « Les dirigeants d’entreprise et
leurs actionnaires devront évaluer dans quelle
mesure ils souhaitent faire partie du complexe
militaro-industriel chinois », indique le rapport, qui appelle les sociétés occidentales à
reconsidérer leurs activités dans le pays. Du
coup, le Pentagone a décidé de passer en
revue les circuits d’approvisionnement des
entreprises de ces secteurs sensibles, l’aérospatiale et la défense, pour voir ses failles
éventuelles dans la préparation militaire du
pays. Les agences de renseignement américaines devraient lui fournir un coup de main
pour réaliser cet audit sur la logistique.
Le cas récent de Boeing inquiète semblet-il l’administration Trump. Le groupe, l’un
des principaux fournisseurs des forces
armées américaines, n’a pas pu achever,
selon le « Wall Street Journal », la production d’une dizaine d’avions à réaction, faute
de pièces nécessaires. Son fournisseur Spirit AeroSystems Holdings Inc., n’ayant pas
été capable de lui livrer les fuselages attendus, en raison de problèmes avec ses propres sous-traitants. Un retard qui devrait
être rattrapé d’ici à la fin de l’année. n
ET « CRIBLE » P. 38
ASSURANCE
BNP Paribas envisage de céder
sa pépite indienne. // P. 30
BCE
L’Institution européenne inaugure
les contrôles de terrain. // P. 31
Gérer
un projet
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET // P. 34
LES ÉCHOS EXECUTIVES
ENTREPRISES
Comment réagir face
à la dénonciation ? // PP. 35-37
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Avec « Venom »
et « A star is
born », le boxoffice américain
bat des records
Trouver en quelques jours un
dirigeant pour une mission
de transition en France
ou à l’International.
C’est notre engagement.
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une entité
A l’arrivée, les espoirs
sont comblés.
Une surprise en soi, puisque les analystes du secteur ne tablaient que sur un
retour financier compris entre 65 et
70 millions de dollars pour les deux premiers jours d’exploitation. Le record de
55,8 millions de dollars obtenu par
« Gravity » d’Alfonso Cuaron, en 2013,
est largement battu. Ce n’était pourtant
pas gagné. « Venom » est un objet cinématographique à la fois atypique et d’un
classicisme achevé – l’un des méchants
les plus connus des comics – pur produit de Marvel et de Sony Pictures Entertainment… On retrouve à l’écran le personnage d’Eddy Brock (Tom Hardy),
journaliste d’investigation se retrouvant
en contact avec un symbiote extraterrestre. Si l’interprétation très fine des
acteurs (Tom Hardy mais aussi Michelle
Williams en ex-fiancée) avait été saluée
par la critique, le rythme et la réalisation
avaient en revanche été passés au lanceflammes. Mais les producteurs y
croyaient. Le film, qui a bénéficié de
4.250 copies, a réussi un lancement de
55 millions de dollars en l’espace de trois
jours. Et le cocktail a pris.
Sans maquillage outrancier,
ni costume flamboyant
Quant à « A Star is Born », il pourrait bien
être un des plus beaux succès de cet
automne. Projeté dans près de
3.700 lieux, le film musical de et avec Bradley Cooper s’offre un démarrage on ne
peut plus satisfaisant : 41 millions de dollars de recettes. Lady Gaga est l’autre
interprète principale de ce long-métrage. Quatrième remake du long-métrage original sorti en 1937, le lancement
du film n’a coûté qu’entre 28 millions et
30 millions de dollars. Grâce à la performance de Lady Gaga, il pourrait décrocher un Oscar. Sans maquillage outrancier, ni costume flamboyant, elle
interprète une jeune serveuse rêvant de
mener une carrière musicale, que
découvre et révèle un musicien alcoolique et « has been » (Bradley Cooper).
Depuis la présentation du film au festival
de Venise, le film est un triomphe critique. Tout indique que le public suit. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Toys “R’’Us : la distribution
du jouet joue son avenir
l Trois candidats postulent à la reprise des magasins de l’enseigne en France.
l La question de l’avenir des magasins de jouets est posée.
à suivre
Eric Piermont/AFP
DISTRIBUTION
François de Rugy favorable à une prime
aux voitures hybrides rechargeables
AUTOMOBILE Le ministre de la Transition écologique, François
de Rugy, a affirmé dimanche être favorable à une prime de 1.000
à 2.000 euros pour l’achat d’une voiture hybride rechargeable
capable de rouler en tout électrique sur plusieurs dizaines de
kilomètres. Les particuliers bénéficient aujourd’hui d’une
prime de 6.000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique neuf.
Mais celle de 1.000 euros accordée à un véhicule hybride a été
supprimée en 2018. « Nous allons en discuter avec le gouvernement et les constructeurs », a-t-il indiqué.
Le gouvernement s’achemine
vers une nouvelle taxe sur le tabac
TABAC Comment lutter contre la pollution engendrée par les
mégots des cigarettes ? Après une seconde rencontre avec les
industriels du tabac vendredi, la secrétaire d’Etat à la Transition
écologique, Brune Poirson, a dit « sa déception quant à l’insuffisance de leurs propositions initiales ». Le gouvernement s’achemine
vers la création d’une taxe pollueur-payeur. Son financement servirait à lutter contre la pollution par les mégots, via des campagnes
de sensibilisation ou la distribution de cendriers de poche
Petit retour en arrière. Le 2 octobre,
la FIB, de l’homme d’affaires bordelais Michel Ohayon, a repris La
Grande Récré à la barre du tribunal
de commerce de Paris. Formellement, Michel Ohayon appuie le
plan de continuation de Jean-Michel Grunberg, le PDG de Ludendo,
holding de tête de l’enseigne de
jouets. Jean-Michel Grunberg
appartient à la famille fondatrice.
La FIB investira de 20 à 30 millions
d’euros pour le paiement des fournisseurs avant Noël. Mais la société
d’investissement, qui possède
2 milliards d’actifs immobiliers,
dont le Trianon Palace à Versailles
et le Waldorf Astoria de Jérusalem,
envisage de passer de 36 à 95 % du
capital de La Grande Récré d’ici à la
IMMOBILIER En Ile-de-France, 3,4 milliards d’euros, ont été
investis en immobilier d’entreprise au troisième trimestre,
« soit une baisse de 20 % par rapport au troisième trimestre de
2017 », indique l’observatoire ImmoStat. L’investissement marque une pause, mais, en cumul sur les neuf mois de 2018, il reste
en hausse de 33 %, à 12,8 milliards d’euros. Le prix moyen des
bureaux achetés en Ile-de-France, tous types confondus, s’élève
à 6.560 euros/mètres carré (droits inclus), en hausse de 6 % sur
un an au troisième trimestre.
Nouveau
rappel massif
pour Toyota
Shutterstock
AUTOMOBILE Toyota a lancé le
rappel de 2,4 millions de véhicules hybrides. Et ce un mois après
une autre alerte portant sur plus
d’un million de modèles. C’est un
problème de logiciel pouvant
provoquer l’arrêt inopiné de la
voiture et mettre en danger le
conducteur qui a provoqué ce
rappel massif. Les modèles rappelés sont essentiellement des
P r i u s . E n Fr a n c e , q u e l q u e s
38.000 clients sont concernés. Il
s’agit d’un des plus gros rappels
de Toyota ces dernières années.
Les principaux concurrents
du spécialiste ont augmenté
leur offre de jouets pour
préparer les fêtes de fin
d’année. Des stratégies
agressives pour
combler le vide.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
DR
ÉNERGIE Total et l’algérien Sonatrach renforcent leur coopération
en Algérie dans le gaz naturel et la
pétrochimie. Les deux groupes ont
signé un contrat de concession
p our le champ gazier d’Erg
Issaouane. Le développement de
ses réserves, estimées à plus de
100 millions de barils équivalent
pétrole, représente un investissement de l’ordre de 400 millions de
dollars, selon Total. Ils ont également créé une coentreprise pour
mener à bien le projet pétrochimique de Arzew, dans l’ouest du pays.
Mise en place des jouets à l’approche de Noël dans un magasin Toys“R’’Us. Photo Pascal Sittler/RÉA
fin de l’année. Elle opère donc une
prise de contrôle, comme elle a
racheté en février 22 Galeries
Lafayette de province.
Michel Ohayon prévoit l’installation de coins jouets dans ses Galeries Lafayette. Il souhaite surtout fusionner Toys“R’’Us avec La
Grande Récré sous la bannière de
cette dernière. La fusion créerait un
réseau de 150 points de vente environ (42 Toys“R’’Us seraient conservés ajoutés aux 104 Grande Récré
qui subsistent). Il couvrirait les
zones commerciales périphériques
et les centres-villes. Le siège de
Toys“R’’Us France, à Saint-Fargeau,
serait fermé. L’entrepôt adjacent
serait transféré vers un sous-traitant. Seuls 72 salariés sur 193
53
GRANDES SURFACES
Toys’’R’’Us de France ont été
placées sous administration
judiciaire après la faillite
de leur maison mère américaine.
seraient conservés. Mais l’abandon
de la marque Toys“R’’Us et de
l’informatique du groupe, toutes
deux licenciées auprès de créanciers américains, permettrait une
économie de 10 millions d’euros par
an. Jellej Jouets est un véhicule créé
pour l’opération de reprise. Il associe des membres de la famille Lesaf-
Les Etats-Unis se préparent à passer
un Noël sans la marque iconique
Justin Sullivan/AFP
Total renforce
sa présence
en Algérie
CHANTIERS L’Agence nationale
de rénovation urbaine (Anru) a
validé en quatre mois 80 projets
correspondant à près de 2 milliards d’euros de financement
pour que les collectivités locales
lancent les chantiers, dans le
cadre du Nouveau programme
nation al de renouvelle ment
urbain. Les 450 conventions opérationnelles seront validées au
plus tard fin 2019, et de 150 à 200
devraient l’être d’ici à la fin 2018, a
indiqué Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires.
L’avenir de la distribution du jouet
en France se joue ce lundi. Le tribunal de commerce d’Evry désignera
dans l’après-midi le repreneur de
Toys“R’’Us France. Les 53 grandes
surfaces ont été placées sous administration judiciaire après la faillite
de leur maison mère américaine.
Trois projets prévoient la reprise de
l’essentiel du réseau. Ils illustrent
des visions différentes du futur du
commerce.
Deux offres proposent de continuer comme avant : les points de
vente resteront des spécialistes du
jouet. Une autre présente un
modèle hybride : des magasins à la
fois de jouets, de textile pour
enfants et de puériculture. Les
deux premières sont portées par le
couple La Grande Récré - Financière immobilière de Bordeaux
(FIB), d’une part, et le consortium
Jellej Jouets, d’autre part. La troisième est portée par Pierre Mestre,
le propriétaire de la chaîne de puériculture Orchestra.
Fusion avec La Grande Récré
L’immobilier de bureaux francilien
marque une pause
Rénovation
urbaine :
80 projets
validés
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
La chasse aux jouets est ouverte aux
Etats-Unis. En France, les magasins
Toys“R”Us seront repris ce lundi.
Trois offres solides sont parvenues
au tribunal de commerce. Outre-Atlantique, la marque iconique,
asphyxiée par sa dette, a été liquidée, même si ses créanciers ont
émis l’idée, il y a quelques jours, de
la relancer. Tous les acteurs du secteur entendent profiter de la faillite
de Toys“R”Us pour gagner des parts
de marché, en cette fin d’année, la
période stratégique pour tous les
marchands.
L’enseigne de distribution de
jouets, mise en liquidation, a fermé
ses 800 magasins à travers le pays,
abandonnant quelque 7 milliards
de dollars de chiffre d’affaires
annuel. Un gâteau que Walmart,
Target, Amazon, JC Penney, Kohl’s
ou encore Party City lorgnent avec
envie, d’autant que le marché, au
global, est dynamique : sur la première moitié de l’année, les ventes
ont augmenté de 7 %, selon NPD
Group, portées par une économie
florissante et de nouvelles gammes
chez certains fabricants. Il y a quelques jours, Walmart a annoncé le
déploiement de gros moyens pour
les fêtes. Le géant de la distribution,
qui compte plus de 5.000 magasins
aux Etats-Unis, va augmenter de
30 % son offre de jouets en rayon, et
de 40 % la sélection qu’il propose
sur son site de ventes en ligne. Il promet « le plus grand choix de jouets »
jamais offert. « Nous investissons
davantage encore dans cette catégorie
pour assurer que nous avons la plus
grande sélection de jouets aux
meilleurs prix et une expérience
en magasin et en ligne incomparable », a ainsi expliqué Anne Marie
Kehoe, la vice-présidente jouets de
Walmart US.
Amazon en embuscade
Part y Cit y n’a pas les mêmes
moyens mais ce distributeur spécialisé dans le matériel de fête va tester un nouveau dispositif : il va
ouvrir 50 boutiques éphémères
entre septembre et la fin de l’année.
Certaines seront même situées dans
d’anciennes boutiques Toys“R”Us.
Il y proposera les produits de marques reconnues comme Mattel ou
Hasbro, des déguisements de Père
Noël… La société envisageait depuis
des années de se positionner sur ce
marché. La faillite de Toys“R”Us a
précipité les choses. D’autres distributeurs ont étoffé leur rayon jouets.
C’est le cas de Kohl’s, qui distribue
désormais les produits Lego, ou
encore de Target. Le généraliste, qui
a ajouté 1.400 références à son catalogue, « récupère des ventes qui
seraient allées vers Toys“R”Us », a
récemment expliqué son patron,
Brian Cornell, qui voit là une
« grosse opportunité de croissance. »
JC Penney, de son côté, vise avant
tout les produits pour bébés, également concernés par la fermeture
des Babies“R”Us. La chaîne de
grands magasins a décidé de créer
un rayon spécial dans 500 de ses
emplacements – près de la moitié.
Mais le principal bénéficiaire de
cette ruée vers l’or pourrait être
Amazon. Le marchand en ligne n’a
pas fait de grande annonce en cette
période de préparation des fêtes.
Mais, en toute discrétion, il continue de grignoter des parts de marché sur la catégorie, année après
année. Selon One Click Retail, il
aurait engrangé 4,5 milliards de
dollars de revenus en jouets l’an
passé (+12 %). Et il ne compte pas
s’arrêter là : si, au global, le marché
progresse, il le doit aux ventes en
ligne, qui ont plus que doublé
entre 2012 et 2017, à 5,5 milliards de
dollars (selon Euromonitor), quand
les ventes en magasin perdaient
400 millions de dollars sur la même
période. n
fre, le fonds Cyrus – l’un des créancier s de Toys“R’’Us monde –
et Picwic, la petite enseigne de
jouets (25 magasins) de la famille
Mulliez. Le projet prévoit de réunir
les deux réseaux de vente. Le concept serait celui de Picwic avec des
jouets, des zones d’animation et des
ateliers ainsi que la vente de services (animations à domicile, location de structures gonflables, etc.).
44 Toys“R’’Us seraient conservés,
tout comme les emplois du siège.
Les protagonistes proposent
d’investir un total de 120 millions
dans la reprise, avec une ligne de
crédit de 70 millions pour le financement des stocks de Noël.
Développer
le « click and collect »
Le plan de Pierre Mestre marque
une rupture. Le propriétaire
d’Orchestra est appuyé financièrement par le fonds Pimco. Si son
offre est acceptée, il modifiera
l’offre des Toys“R’’Us. Il introduira
de la puériculture et réimlplantera
des rayons textile pour enfants. Les
offres des deux chaînes seraient
ainsi mêlées. Et les deux noms accolés sur les frontons. Orchestra
compte plus de 300 points de vente
en France. Avec Toys“R’’Us, cela
constituerait un réseau très dense
couvrant tout le territoire, capable
de développer le « click and collect », c’est-à-dire les commandes
Internet livrées gratuitement en
magasin. Orchestra a eu du mal à
refinancer sa dette après l’échec du
rachat de l’américain Destination
Maternity. Mais ses lignes de crédit
ont finalement été reconduites en
juillet et CM-CIC est entré au capital.
Surtout, ce n’est pas Orchestra,
mais Pierre Mestre qui fait l’offre
sur Toys“R’’Us. Le rapprochement
des deux réseaux ferait l’objet
d’accords de partenariat. La relance
de Toys“R’’Us serait opérée par le
fruit de la vente des murs des magasins, dont la valeur se situe entre
70 et 110 millions.
Le plan est original. Il parie sur le
fait que l’e-commerce, c’est-à-dire
Amazon, prendra à terme, comme
en Allemagne, plus de 30 % du marché du jouet et que les grandes surfaces spécialisées n’y résisteront
pas. Avec le textile et la puériculture, l’activité est désaisonnalisée.
Aujourd’hui, un Toys“R’’Us réalise
plus de 50 % de ses ventes et 80 % de
son Ebitda entre le 15 octobre et le
31 décembre. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
A Paris, Mercedes veut contrer PSA
et Renault dans l’auto-partage
AUTOMOBILE
Car2go, l’entité autopartage de DaimlerMercedes, lance
son service en janvier
dans la capitale.
Dans un premier
temps, 400 Smart
électriques seront
mises à disposition
des Parisiens.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
La cavalerie arrive à Paris. Car2go,
le géant de l’auto-partage contrôlé
par Daimler-Mercedes, va lancer en
janvier 400 petites Smart électriques sur le bitume parisien. « C’est
une ville compacte très intéressante
pour l’auto-partage. Nous ne sommes pas venus ici plus tôt parce qu’il y
avait Autolib’. On a repris le dossier
cet été. Nous rajouterons des véhicules dans un second temps, pour que
les clients puissent en trouver une
tous les 300 mètres », explique
Olivier Roppert, le patron de
Car2go. Si les tarifs et le périmètre
du nouvel arrivant ne sont pas
encore fixés, cette irruption est clairement une mauvaise nouvelle
pour PSA, le tandem Renault-Ada,
Zipcar, Ubeeqo et autres Drivy, soit
tous ceux qui veulent faire leur
place dans l’auto-partage sans station dans le Paris post-Autolib’. Une
flottille qui n’effraie pas le moins du
monde Olivier Roppert. « Nous
sommes déjà présents dans 25 villes
dans le monde, dont trois en 100 %
électriques », énumère-t-il. En ce
moment, Car2go gère 10.000 locations électriques par jour, un septième de son volume total. Son
application compte quelque
3,4 millions d’utilisateurs à travers
le monde, dont 958.000 en Allemagne. Dans ce décor, l’état-major de
Madrid expulse
les voitures polluantes
du centre-ville
ENVIRONNEMENT
Une nouvelle ordonnance municipale
réserve l’accès du
centre-ville aux résidents et aux véhicules
non polluants.
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
Madrid barre la route aux véhicules
polluants. La capitale espagnole a
voté en conseil municipal vendredi
son nouveau plan de mobilité verte,
avec la mise en place du plan
Madrid central, qui se donne pour
objectif de sortir les voitures du centre-ville pour donner la priorité aux
piétons et aux résidents, ainsi
qu’aux transports publics et aux
véhicules propres.
A partir du 23 novembre, les voies
d’accès au cœur de la capitale seront
contrôlées par quelque 150 caméras
qui passeront au crible les immatriculations des véhicules entrants.
Dans les 5,2 kilomètres carrés
autour de la Puerta del Sol et la Plaza
Mayor, seuls auront un accès libre
les voitures des habitants du quartier, les véhicules peu polluants
(hybrides ou à énergie verte), les services d’urgence ou de livraison, ainsi
que les transports publics, taxis et
VTC.
Diminuer le trafic de 20 %
Les places de stationnement en surface seront désormais réservées
aux résidents. Les autres véhicules
avec écovignettes (diesel postérieur
à 2006 et essence postérieur à
l’année 2000) seront autorisés à
entrer dans le périmètre, à condi-
tion de se diriger vers un parking. La
vitesse y sera limitée à 30 kilomètres
heure dans les rues à deux voies.
Par ailleurs, la nouvelle ordonnance fixe l’obligation de circuler
sur la chaussée pour les trottinettes
électriques, dont l’usage est en
pleine explosion depuis l’arrivée cet
été de plusieurs systèmes de libreservice. A sept mois des prochaines
élections municipales, la mairie
conduite par Manuela Carmena
(soutenue par Podemos) affirme ses
ambitions fermes en matière de
mobilité verte. Son objectif est à la
fois de réduire les émissions de CO2
et de faire baisser le trafic de 20 %,
tout en promouvant les vélos et les
véhicules à énergies vertes. Ces nouvelles normes devraient marquer
un nouvel élan pour les quatre compagnies de véhicules partagés qui
opèrent actuellement en ville en
« free floating », dont Emov (promu
par PSA), Car2go (Daimler), Zity
(Renault) et Wible (Kia).
Toute la question est de savoir
comment se réorganisera la circulation, alors qu’un million de véhicules entrent quotidiennement dans
la capitale. Les automobilistes
auront droit à une période d’adaptation pour intégrer les nouvelles
règles. Si les caméras commenceront à fonctionner à partir du
23 novembre, elles se contenteront
durant deux mois de notifier
l’infraction par courrier aux éventuels contrevenants. Mais à partir
du 23 janvier, les courriers arriver o n t a s s o r t i s d ’a m e n d e s d e
90 euros. Les Madrilènes savent
qu’ils auront peu de chances de passer à travers les mailles du filet car
Eysa, la compagnie en charge du
contrôle, est celle qui gère déjà le
stationnement payant, avec une efficacité qui a fait ses preuves. n
Car2go estime détenir un savoirfaire supérieur à la concurrence.
Fort de plus de 500 salariés, dont de
nombreux développeurs et une poignée de mathématiciens, la structure allemande tâche de modéliser
les déplacements des habitants
d’une ville particulière, pour placer
les voitures au bon endroit et au bon
moment – pour maximiser leur
usage.
« Aucune ville
n’est comparable »
« Le carsharing, c’est un métier complexe. L’application doit être très simple pour le client. Pour y parvenir, il y
a énormément de logistique derrière :
du développement informatique, de
la télématique, des opérations de
réparation ou de nettoyage… », souffle Olivier Roppert. A l’entendre,
une partie seulement du service
peut être transféré d’une métropole
à l’autre. « Aucune ville n’est comparable. A chaque fois, il faut refaire le
travail de modélisation. Les écono-
mies d’échelle sont limitées, et l’expérience compte énormément », assure-t-il. En face, alors que Renault et
Ada ont présenté leur offre il y a
quelques jours, PSA peaufine lui
aussi sa proposition. La Maison
Peugeot va lancer d’ici à quelques
semaines 500 voitures électriques
– des Peugeot Ion et des Citroën
C-Zero. « En général, nos préparatifs
durent six mois pour se lancer quelque part. Mais on démarre vite pour
aider la mairie. On augmentera le
volume de la flotte plus tard », précise Brigitte Courtehoux, la
patronne de la division mobilité du
constructeur. Au début, le système
de PSA sera facturé à la minute
(comme Renault-Ada) et disponible
intra-muros, même si des discussions sont déjà en cours avec des
communes de banlieue. « La concurrence ne nous fait pas peur, confie
la dirigeante. Les transports en commun sont saturés à Paris, il y a un réel
besoin, et donc de la place pour tout le
monde au début. »
4
À NOTER
Les autorités antitrust européennes et américaines
devraient donner leur feu vert
« d’ici quelques semaines »
pour la fusion entre
les services d’auto-partage
de BMW et de Daimler-Mercedes, DriveNow et Car2go.
Attelage qui deviendra
de loin le numéro un mondial
du domaine.
LES EXPERTS-COMPTABLES
AU SERVICE DE L’ÉCONOMIE
ET DE CEUX QUI LA FONT
Du 10 au 12 octobre 2018
Clermont-Ferrand
www.experts-comptables.fr
Toute la question est de savoir comment se réorganisera la circulation, alors qu’un million de véhicules entrent quotidiennement
dans la capitale. Photo Shutterstock
L’application Car2go compte quelque 3,4 millions d’utilisateurs
à travers le monde, dont 958.000 en Allemagne. Photo Daimler AG
73e CONGRÈS
DE L’ORDRE
DES EXPERTSCOMPTABLES
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
ADP : l’Etat ne veut pas d’une prise
de contrôle par une puissance étrangère
l Les députés ont donné leur feu vert à la privatisation
du gestionnaire des aéroports parisiens.
l Bruno Le Maire assure que si une « puissance étrangère »
devait remporter l’appel d’offres, l’Etat y opposerait son veto.
INFRASTRUCTURES
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Anne Drif
@anndrif
Les candidats à la privatisation
d’ADP pourront bientôt se présenter
à la porte d’embarquement. Avec
quelques mois de retard sur le calendrier initial, les députés ont voté
jeudi les articles 44 à 50 du projet de
loi Pacte modifiant le statut juridique du gestionnaire des aéroports
parisiens, en préalable à la cession
des 50,6 % encore détenus par l’Etat.
Au terme de ce changement de statut, qui interviendra au moment
du désengagement de l’Etat, les
actionnaires présents et futurs
d’ADP deviendront détenteurs d’un
droit d’exploitation de soixante-dix
ans. Une période à l’issue de laquelle
tous les actifs du groupe ADP (terminaux, pistes, immeubles et terrains)
reviendront de pleine propriété à
l’Etat, qui pourra en confier la gestion à un nouvel exploitant… en
2089.
De quoi rendre politiquement
acceptable la privatisation des deux
principales portes d’entrée nationale, sans impacter la valeur d’ADP,
aujourd’hui valorisé en Bourse près
de 19 milliards d’euros. Et réaliser
« la plus importante opération de privatisation de l’histoire », selon les
mots de l’un de ses protagonistes.
Développer « l’actionnariat
populaire »
Reste toutefois à connaître les
modalités. Et les inconnues sont
nombreuses, à commencer par le
prix. « ADP vaut en Bourse autour de
10 fois son Ebitda. Si l’on se base sur la
privatisation des aéroports de Nice et
de Lyon, le multiple payé par les
acquéreurs était deux fois plus élevé »,
souligne-t-on. Mais ce n’est pas le
seul paramètre. Bercy affirme que
« le développement de l’actionnariat
populaire sera également une priorité ». « Une partie du capital cédé par
l’Etat pourra être réservée aux Français souhaitant investir dans les entreprises concernées, indique Bercy. Le
développement de l’actionnariat sala-
rié sera également recherché à l’occasion de ces opérations. »
Une déclaration dans la droite
ligne de la « dogma » présidentielle,
mais qui complique l’opération. Et
pourrait infléchir le prix. « Si l’Etat
cède le contrôle, cela nécessitera à
l’acquéreur de lancer une OPA sur le
reste du capital. Dans ce cas, préserver
un actionnariat salarié sera plus complexe, reconnaît un proche du sujet.
Mettre une vingtaine de milliards
d’euros sur la table risque aussi de
réduire le nombre total de candi-
Si le gouvernement
fait vite, le choix du
ou des repreneurs sera
connu avant l’été 2019.
dats. » Sans compter qu’il pourrait
être interprété par certains concurrents comme un signal en faveur de
Vinci déjà au capital.
Une cession de blocs minoritaires
aurait a priori l’avantage de répondre à l’objectif du gouvernement visà-vis des particuliers. Mais l’Etat risque alors de se priver de sa prime de
contrôle, et donc de voir le prix
réduit. Aujourd’hui, n’importe qui
peut déjà acheter une part minoritaire en Bourse.
« L’opération peut être séquencée
sous plusieurs formes, conclut cette
source. Ce qui est certain est que les
pouvoirs publics garderont jusqu’au
bout toutes les options ouvertes, ne
serait-ce qu’à cause des conditions de
marché qui peuvent évoluer. » Il est
d’ailleurs un autre paramètre
important sur lequel l’Etat ne
s’est pas non plus prononcé : Bruno
Le Maire n’a pas dit si l’Etat tout en
cédant ses 50,6 % du capital resterait
investi dans ADP. Dans tous les cas,
l’Etat gardera le dernier mot sur
« l’investisseur principal » comme
sur les redevances et ne permettra
pas à « une puissance étrangère »
de prendre le contrôle, a prévenu
dimanche le ministre lors du
« Grand Rendez-vous » Europe 1« Les Echos »-Cnews (lire également
page 6).
Le calendrier de l’opération reste
aussi à préciser. Le processus législatif de la loi Pacte devrait encore durer
quelques semaines. Après quoi le
gouvernement pourrait publier les
appels d’offres pour le début de
l’année prochaine. Si le gouvernement fait vite, le choix du ou des
repreneurs d’ADP sera connu
« avant l’été », estime une source
proche du dossier. La finalisation de
l ’o p é r a t i o n i n t e r v i e n d r a i t à
l’automne 2019.
Enfin, les actionnaires minoritaires d’ADP attendent de savoir quel
sera le montant de l’indemnisation
qui sera versée à l’entreprise – avant
de leur être redistribuée – pour la
dédommager de la transformation
de son droit d’exploitation sans
limite de temps à une quasi-concession de soixante-dix ans. Les estimations du préjudice, calculées sur la
base du manque à gagner entre la fin
de la concession et l’éternité, vont de
1 à 2 milliards d’euros. Mais les déçus
risquent d’être nombreux, car une
partie seulement de la somme sera
versée à ADP au moment du désengagement de l’Etat. L’autre partie ne
lui reviendra qu’en 2089, à l’issue de
la concession de soixante-dix ans. n
Les modalités de la privatisation d’ADP restent encore à définir. A commencer par le prix
et le calendrier de l’opération. Photo Laurent Grandguillot/RÉA
L’aéroport JFK de New York va s’offrir une transformation
Le projet, d’un montant
total de 13 milliards
de dollars, devrait débuter
en 2020.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
avec B. T.
Entrer, sortir ou tout simplement
prendre une connexion à l’aéroport
John Fitzgerald Kennedy (JFK) à
New York peut relever du chemin
de croix. Les autorités américaines
en sont conscientes et l’Etat de New
York va lancer un gigantesque plan
de rénovation, d’un montant total
de 13 milliards de dollars. Bien plus
que ce qui avait d’abord été envisagé. « Toute ma vie, j’ai connu un
JFK obsolète », a reconnu le gouverneur de New York, Andrew Cuomo.
Et il a soixante ans. Les travaux
devraient débuter en 2020, pour
s’achever en 2025, même si certains
doutent déjà des délais. Le projet
sera en majorité porté par les partenaires privés. Port Authority, l’organisme qui gère les aéroports de
New York, n’apportera que 1 milliard de dollars. Car si celui-ci a
l’autorité globale sur l’aéroport,
chaque terminal est géré par des
opérateurs différents ou des compagnies aériennes.
Selon les plans dévoilés par
Andrew Cuomo, JFK devrait passer
de six terminaux actuellement à
quatre, reliés par un hub central.
Les plus gros aménagements concerneraient le sud de l’aéroport. Les
terminaux 1 et 2 et l’ancien terminal
3 seraient remplacés par un terminal unique, moderne et relié au
numéro 4. Il serait géré par le consortium qui s’occupe actuellement
du terminal 1 et qui regroupe Air
France-KLM, Lufthansa, Japan
Airlines et Korean Air Lines.
Ce consortium, soutenu financièrement par Carlyle, l’a donc
emporté sur l’opérateur de l’actuel
terminal 4, JFKIAT, du néerlandais
Royal Schiphol Group et de l’américain Delta Airlines, qui avait proposé son propre plan d’aménagement. Selon le « New York Times »,
les partenaires se seraient engagés
à injecter 7 milliards de dollars
dans le projet, ce que le consortium
se refuse à confirmer. « A ce stade, il
s’agit d’un projet dont les montants
d’investissement et la structure juridique et de financement ne sont pas
encore arrêtés », fait-on savoir du
côté d’Air France-KLM.
D’autres problèmes
Au nord de l’aéroport, la compagnie américaine low cost Jet Blue a
proposé de démolir le terminal 7
pour en construire un nouveau, qui
serait relié à sa base actuelle, le terminal 5. Coût de l’opération : 3 mil-
liards de dollars. Ces décisions doivent encore être entérinées par le
conseil d’administration de Port
Authority. Mais le plan ne réglera
pas tous les problèmes de l’aéroport. Il ne pourra rien, par exemple,
contre les retards récurrents – un
quart des vols au départ de JFK sont
retardés – car il n’inclut pas une
révision du système de contrôle
aérien. Rien n’est prévu, non plus,
pour désenclaver son accès : l’aéroport n’est pas desservi par des trajets directs en métro ou en train
depuis le centre-ville. Un problème,
alors que la fréquentation de JFK
continue de grimper : plus de
60 millions de passagers cette
année et 80 millions en 2035.
Ce projet vient s’ajouter aux travaux déjà en cours à LaGuardia,
l’autre aéroport de New York, lui
aussi géré par Port Authority. Prévus jusqu’en 2021, ils devraient coûter 8 milliards de dollars. n
Marriott International tisse sa toile en dehors de l’hôtellerie
Le numéro un mondial
de l’hôtellerie pousse
les feux sur le marché
de la location de
courte durée d’hébergements privés.
Christophe Palierse
@cpalierse
Après AccorHotels, Marriott International, le numéro un mondial de
l’hôtellerie, se positionne toujours
plus sur le marché de la location de
courte durée d’hébergements privés. Le géant américain a en effet
décidé d’étendre l’expérimentation
d’un partenariat noué avec une
jeune pousse anglaise, Hostmaker,
une société spécialisée dans la gestion de location d’hébergements, et
créée en 2014 au sein d’un incubateur de start-up parrainé, entre
autres, par… Marriott. Après Londres, où leur coopération a été lancée en avril, les deux protagonistes
la déploient désormais à Paris,
Rome et Lisbonne, ce qui porte à
plus de 340 le nombre de propriétés proposées par l’américain.
Sélection exclusive
Pour ce faire, Marriott recourt à
une marque Internet spécifique,
Tribute Portfolio Homes, laquelle
s’appuie sur une sélection exclusive
d’hébergements gérés par Hostmaker. Car la start-up, qui opère également à Cannes, Madrid et Barcelone, et vient de s’installer au Cap, à
Dubaï et Bangkok, compte au total
quelque 2.000 appartements et villas dans son parc. A Paris, où Tribute Portfolio Homes propose une
vingtaine de propriétés, Hostmaker en gère ainsi 250 environ.
« Nous faisons une sélection minutieuse avec Marriott. Le profil type,
c’est l’appartement au design très
soigné, très bien placé en centre-ville
avec deux chambres et plus », précise le dirigeant de Hostmaker
France, Renaud Barnoin. Ce dernier rappelle au passage que la
jeune pousse offre « un service clefs
en main aux propriétaires », avec
Shutterstock
TOURISME
Face au succès des plates-formes de type Airbnb, la diversification
de l’offre des groupes hôteliers reste un sujet d’actualité.
conciergerie et distribution,
sachant qu’Hostmaker recourt à
des canaux de commercialisation
tiers et non des moindres puisqu’il
s’agit, entre autres, de Airbnb et de
TripAdvisor.
Marriott, qui compte 100 millions de membres dans son programme de fidélité, fait figure de
levier de taille pour la start-up alors
qu’elle s’apprête à accélérer son
internationalisation. Hostmaker,
q u i p ro cède à u ne t ro i s i ème
levée de fonds, prévoit en effet
d’« ouvrir » 19 destinations en 2019.
De quoi nourrir possiblement le
partenariat noué avec Marriott. « Il
est trop tôt pour parler de futurs
plans », indique toutefois la responsable ventes & marketing de Marriott Europe, Belinda Pote, à propos
d’un éventuel élargissement audelà des quatre villes aujourd’hui
couvertes.
On voit d’ores déjà que le groupe
américain emprunte une tout
autre voie qu’AccorHotels pour
répondre aux nouvelles attentes de
voyageurs désireux de sortir des
chemins battus par les opérateurs
hôteliers. Pour mieux faire face à
la spectaculaire montée en puissance d’Airbnb, le champion français a, pour sa part, lourdement
investi dans une offre en propre
avec, entre autres, l’acquisition de
la plate-forme Onefinestay pour
148 millions d’euros courant 2016,
devenue par la suite sa marque unique dans la location d’hébergements privés. AccorHotels a même
dû procéder au premier semestre à
une dépréciation de sa valeur
comptable, le développement de
l’activité n’étant pas à la hauteur de
ses attentes.
Adaptation aux nouvelles
clientèles
Pour autant, la diversification de
l’offre des groupes hôteliers n’en
reste pas moins un sujet d’actualité.
« Le “homesharing” répond à leurs
besoins d’adaptation aux nouvelles
clientèles », observe notamment le
responsable du pôle hôtellerie-tourisme de KPMG France, Stéphane
Botz. Signe des temps, Louvre
Hotels Group, la filiale française et
fer de lance à l’international du
numéro un chinois – et cinquième
opérateur mondial – Jin Jiang,
planche depuis quelque temps sur
une proposition complémentaire
mais avec une tout autre approche :
sa direction, qui ne souhaite pas, à
ce stade, dévoiler son jeu, reconnaît
en effet travailler à une offre de résidences hôtelières de nouvelle génération. « C’est une demande de nos
investisseurs et nous ne voulons pas
nous disperser », souligne-t-elle. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
en bref
Engie commence à préparer
sa nouvelle stratégie
inquiète. Le groupe pourrait se renforcer dans d’autres pays comme
les Etats-Unis, certains Etats
d’Amérique latine – Mexique, Chili,
Pérou… –, les pays du Golfe ou
encore l’Australie et l’Afrique du
Sud. A l’inverse, il devrait sortir
totalement de toute une kyrielle de
pays – il y en a plus de 70 au total –
dans lesquels sa présence est
trop insignifiante. Engie envisagerait aussi de revoir sa présence dans
certains services aux particuliers,
dont les bénéfices sont trop peu
importants.
ÉNERGIE
Le groupe français
se laisse du temps avant
de décider du sort de
sa participation de 32 %
dans Suez, valorisée
2,5 milliards d’euros.
Vincent Collen
@VincentCollen
L’équilibre géographique
en question
Engie arrive au bout du plan de
transformation de trois ans mis en
œuvre par Isabelle Kocher depuis
début 2016. Les cessions d’actifs
Processus de succession
Jasper Juinen/Bloomberg
Quelle stratégie pour Engie ? Le
conseil d’administration du groupe
énergétique français s’est réuni en
séminaire jeudi et vendredi pour
plancher sur cette question. La réunion des administrateurs, auxquels
se sont joints des membres du
comité exécutif, n’a pas donné lieu à
des prises de décision fermes. Mais
des orientations ont été esquissées.
Cette réflexion intervient à un
moment charnière pour Engie. En
mai, Jean-Pierre Clamadieu a succédé à Gérard Mestrallet à la présidence du conseil d’administration.
Le fonctionnement du nouveau
duo qu’il forme avec la directrice
générale, Isabelle Kocher, est
observé de près, les relations entre
cette dernière et Gérard Mestrallet
ayant été exécrables. Le séminaire
n’a pas donné lieu à des affrontements, selon plusieurs sources.
« L’atmosphère était détendue, ils
voulaient clairement afficher une
bonne entente », relate l’une d’elles.
Le nouveau duo formé par la directrice générale, Isabelle Kocher,
et le président, Jean-Pierre Clamadieu, est observé de près.
promises de 15 milliards d’euros
ont été réalisées, le groupe est
maintenant désendetté et recentré
sur les infrastructures gazières, les
énergies renouvelables et les services énergétiques. Une nouvelle
impulsion est nécessaire maintenant que ce plan touche à sa fin. La
future stratégie doit être dévoilée
début 2019, au cours d’une journée
investisseurs.
Certains infléchissements commencent déjà à se faire jour, en particulier sur l’équilibre géographique de l’entreprise. La France, la
Belgique et le Brésil ont un poids
prépondérant jugé dangereux par
certains au sein du groupe. La sensibilité d’Engie aux soubresauts de
l’économie brésilienne et aux variations du real, ainsi qu’aux difficultés
traversées par le nucléaire belge,
L’une des questions abordées pendant le séminaire a été le sort de
la participation dans Suez. Engie
détient 32 % du capital du groupe
de services à l’environnement.
« C’est trop ou trop peu », explique
une source au sein du groupe. Il
faudra décider soit de vendre, ce qui
rapporterait 2,5 milliards d’euros
au cours actuel, soit, au contraire,
de lancer une offre sur Suez pour
créer un nouveau géant français
des services. Officiellement, la décision n’a pas encore été prise, même
si l’hypothèse d’une cession paraît
la plus probable.
Le conseil d’administration
d’Engie a décidé de se laisser encore
du temps avant de trancher et
d’annoncer la décision. Chez Suez,
on aimerait qu’Engie se décide rapidement, car le groupe est en plein
processus de succession. Les mandats du directeur général, JeanLouis Chaussade, et du président,
Gérard Mestrallet, expirent l’an
prochain. « Trouver des successeurs
sans savoir ce qu’Engie compte faire
est compliqué », juge un connaisseur de Suez. n
Gaz de schiste : reprise en vue
de l’exploitation en Angleterre
ÉNERGIE La société Cuadrilla Resources, qui exploite le gaz de
schiste, va reprendre la fracturation hydraulique en Angleterre,
sept ans après sa première expérience qui avait provoqué des séismes et débouché sur une révision de la réglementation britannique.
AVIS FINANCIERS
PARVEST
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés
du Luxembourg n° B 33363
AVIS AUX ACTIONNAIRES
Luxembourg, le 8 octobre 2018
Chers Actionnaires,
Nous vous adressons la présente afin de vous informer des modifications suivantes qui seront intégrées dans
la nouvelle version du prospectus datée d'octobre 2018 effective à compter du 11 octobre 2018.
MODIFICATIONS APPLICABLES AUX COMPARTIMENTS (LIVRE II)
« Bond Absolute Return V350 », « Bond Absolute Return V700 », « Cross Asset Absolute Return »
Veuillez noter que le compartiment peut également investir dans des tranches indicielles de credit default
swaps, en sus des indices sur credit default swaps négociables utilisés pour exprimer un avis sur les prévisions
du marché relatives à des modifications de la solvabilité, perçues ou réelles, de paniers ou d’indices
d’emprunteurs similaires, dont des sociétés, agences et gouvernements, ainsi que la couverture de ces risques.
Ceci ne constitue pas une modification de la stratégie ou de l’allocation d’actifs actuelles adoptées par le
gestionnaire d’actifs, mais une clarification concernant le recours à des instruments financiers dérivés.
« Bond RMB »
Veuillez noter que :
• Seules les obligations de crédit « Investment Grade » recevront la notation AA- ou une notation supérieure
par des agences de notation onshore, mais plus les obligations souveraines chinoises ;
• Les obligations bancaires incluses dans la Police seront considérées comme des obligations souveraines
chinoises.
« Bond USA High Yield », « Bond USD », « Bond USD Short Duration », « Bond World », « Bond World High
Yield », « Bond World High Yield Short Duration », « Bond World Inflation-Linked »
Veuillez noter que les Valeurs nettes d’inventaires seront calculées chaque jour ouvré bancaire au Luxembourg
à condition, comme c’est le cas actuellement, qu’il s’agisse également d’un jour lors duquel les marchés
obligataires américains sont ouverts.
Ceci ne constitue pas une modification des Jours d’évaluation, mais un alignement de leur présentation sur la norme.
« Convertible Bond Europe »
Veuillez noter qu’après couverture, l’exposition du compartiment à des devises autres que l’EUR ne peut pas
dépasser 5% des actifs.
Ceci ne constitue pas une modification de la stratégie ou de l’allocation d’actifs actuelles adoptées par le
gestionnaire d’actifs, mais une clarification concernant la gestion efficace du portefeuille.
Ces modifications non significatives entreront en vigueur le 1er novembre 2018.
« Cross Asset Absolute Return »
Le Compartiment n'investit pas directement dans des matières premières. L'exposition aux matières premières
est obtenue par un investissement dans des Exchange Trade Notes (ETN) au plus à hauteur de 30% des actifs
du compartiment, dans des Exchange Traded Commodities (ETC) ou dans des contrats à terme sur indices de
matières premières via des swaps de rendement total, pourvu que les indices se conforment aux conditions
d'éligibilité de l'AEMF/la CSSF.
Ceci ne constitue pas une modification de la stratégie ou de l’allocation d’actifs actuelles adoptées par le
gestionnaire d’actifs, mais une clarification concernant le recours à des instruments financiers dérivés.
« Equity Best Selection Euro »
L’allemand OHB construit
son mini-lanceur spatial pour 2021
spatiale américaine Blue Origin de
Jeff Bezos, pour coopérer sur les
missions lunaires. « Je prends Blue
Origin très au sérieux et suis sûr que
leur lanceur New Glenn sera un succès », explique Marco Fuchs.
« Davantage d’offres créeront plus de
demandes ». Alors qu’OHB détient
8 % d’Arianespace et fournit les
réservoirs supérieurs de la fusée
européenne Ariane 6, le dirigeant
ne se dit pas inquiet sur le sort de la
future fusée européenne. Nombre
d’observateurs estiment qu’elle ne
sera pas compétitive par rapport
aux lanceurs américains.
AÉROSPATIAL
L’entreprise familiale
se lance dans la réalisation d’une petite fusée
pour satisfaire
le futur marché
des constellations.
Anne Bauer
@annebauerbrux
« Un marché compétitif
et ouvert »
OHB
Un nouveau marché s’ouvre dans le
secteur spatial, avec l’essor des
minisatellites. Ces équipements
lancés par les start-up du « new
space » montent pour l’instant à
bord de fusées classiques, comme
Falcon 9, Vega ou Ariane 5. Pour
atteindre leur orbite, ils font le
voyage en « piggyback », c’est-à-dire
comme co-passagers de satellites de
grande taille. Demain, ils seront à
bord de microlanceurs capables
d’offrir un service dédié de mise
en orbite.
C’est le pari pris par le néozélandais Rocket Lab avec son
microlanceur Electron ou par Virgin Orbit avec Launcher One. En
Europe, l’Agence spatiale européenne a financé cinq études aux
sociétés OHB, Avio, PLD Space, Deimos et ArianeGroup, et la Commission européenne promet un prix de
10 millions d’euros pour les lancements spatiaux à bas coût à l’horizon 2021, dans le cadre de sa politique de soutien à l’innovation.
Sans attendre, le constructeur
allemand de satellites OHB, qui a
réalisé la constellation de navigation européenne Galileo, s’engage
dans la course. « C’est un secret de
polichinelle, nous commençons sur
fonds propres la réalisation d’une
mini-fusée pour des satellites de la
OHB a remporté 3 appels d’offres successifs pour réaliser 34 satellites
de navigation Galileo contre ses rivaux Airbus et Thales.
classe des 100 à 500 kilos », explique
Alain Bories, directeur français
d’OHB. La société spatiale de Brême
espère offrir en 2021 un service
complet : de la construction des
minisatellites à leur lancement.
Dans la cour des grands
Tandis que les discussions se poursuivent sur les avantages des satellites en orbite géostationnaire contre
ceux en orbite basse, le patron
d’OHB, Marco Fuchs n’a aucun
doute : il y aura un marché de niche
et un port spatial européen.
Ce sont ses parents qui ont lancé
la vieille société hydraulique OHB
dans le spatial en remportant en
2001 la construction de satellites de
reconnaissance radar SAR-Lupe
pour l’Armée allemande. Désormais à la manœuvre, Marco Fuchs
fait entrer la PME familiale dans la
cour des grands. L’entreprise, cotée
à hauteur de 30 % du capital à la
Bourse de Francfort, prévoit de
dépasser le milliard d’euros de chiffre d’affaires cette année et œuvre
dans tous les domaines : exploration et télécommunications.
Loin des inquiétudes de Tom
Enders, le patron d’Airbus, Marco
Fuchs estime que « l’Europe a une
industrie spatiale vibrante et qu’elle
accomplit des missions spatiales
incroyables, tout en dépensant beaucoup moins que les Etats-Unis ». Au
Congrès international de l’astronautique qui s’est clôturé vendredi dernier à Brême, la PME a fait carton
plein. Elle a signé son premier gros
contrat de 300 millions d’euros pour
un satellite scientifique, en partenariat avec Thales Alenia Space.
La semaine passée, OHB a aussi
noué un partenariat avec la société
Pour le patron d’OHB, ces inquiétudes sont d’arrière-garde. « Au lieu de
critiquer, il faut accepter que le secteur spatial autrefois dominé par des
programmes étatiques soit en train de
devenir un marché compétitif et
ouvert. » Chargé de construire un
nouveau lot de 12 satellites
pour Galileo, OHB vient de trouver
un accord avec le britannique SSTL
pour maintenir le contrat tout en
ramenant la responsabilité de la
partie dite confidentielle (sécurité
défense) sous sa houlette en Allemagne. Quelle que soit l’issue des
négociations sur le Brexit, la réalisation de la constellation de navigation européenne est à l’abri.
« Il y a dix ans, tout le monde doutait de Galileo. Aujourd’hui, c’est un
succès complet avec une qualité du
service d’une précision inégalée, se
réjouit Marco Fuchs. Et pour pas
cher, les 22 premiers satellites de Galileo ont coûté 900 millions d’euros,
quand le ministère de la Défense américain vient de commander à Lockheed Martin 22 satellites GPS de troisième génération pour 7,2 milliards
de dollars ! » n
Veuillez noter que la zone euro remplace l’Union européenne en tant qu’horizon géographique cible du compartiment.
Ceci ne constitue pas une modification de la stratégie ou de l’allocation d’actifs actuelles adoptées par le
gestionnaire d’actifs, mais une clarification concernant la gestion efficace du portefeuille.
« Equity Latin America »
Veuillez noter que la politique d'investissement du compartiment est améliorée comme suit afin de mieux
spécifier la façon dont le compartiment est géré de façon active avec son indice de référence :
Le présent compartiment vise à investir ses actifs dans des actions d'Amérique latine et/ou des titres de
participation équivalents, et il investira, à tout moment, au moins 75% desdits actifs dans des actions et/ou des
titres de participation équivalents émis par des sociétés ayant leur siège social ou réalisant ou part significative
de leur activité en Amérique latine (tous les pays d'Amérique sauf les États-Unis et le Canada) et en sélectionnant
les meilleures opportunités du marché parmi les valeurs les plus représentatives de ce marché.
À titre accessoire, le compartiment peut investir au plus 25% de ses actifs dans d’autres valeurs mobilières,
des instruments du marché monétaire, des instruments financiers dérivés et/ou des liquidités, ainsi que,
dans une limite de 10% de ses actifs, dans des OPCVM ou OPC.
Le compartiment est géré de façon active avec l'indice « MSCI EM Latin America 10/40 (NR) » comme indice
de référence*. La philosophie d'investissement repose sur une approche ascendante à long terme prenant
en considération la structure financière des sociétés affichant une croissance des bénéfices supérieure à la
moyenne et une situation de rentabilité stable, la qualité de la gestion d'entreprise, la durabilité de la
croissance ainsi que d'autres facteurs. L'approche de sélection repose sur l'évaluation de facteurs essentiels
tels que les multiples de valorisation, la croissance des bénéfices et la génération de flux de trésorerie. Dans
le même temps, une approche de superposition descendante est utilisée pour identifier les sociétés opérant
dans des secteurs/pays présentant de solides fondamentaux macroéconomiques à long terme. Les
opportunités sont recherchées partout dans l'univers d'investissement de l'Amérique latine, que soit dans
ou en dehors de l'indice, sans contraintes particulières autres que la liquidité.
* avec « MSCI Limited » comme administrateur d'indices de référence enregistré dans le Registre de référence.
En raison de l'approche active du gestionnaire, l'objectif de performance du compartiment est de
surperformer l'indice de référence.
Néanmoins, lorsque certaines circonstances de marché le justifient afin de préserver la liquidité globale du
compartiment, le gestionnaire des actifs se focalisera sur les actions les plus négociables et la composition
du portefeuille pourrait se rapprocher de celle de l'indice de référence. Lesdites circonstances sont liées aux
inefficiences des marchés émergents, comme les problèmes de liquidité et les dévaluations de change
drastiques durant les périodes d'instabilité internationale, les attaques spéculatives irrationnelles à l'égard
des marchés émergents, ainsi que les périodes électorales lors desquelles les cours sont davantage
influencés par les actualités politiques que par les fondamentaux.
Ceci ne constitue pas une modification de la stratégie ou de l’allocation d’actifs actuelles adoptées par le
gestionnaire d’actifs.
« QIS Multi-Factor Credit Euro IG »
Veuillez noter que le compartiment peut également investir dans des tranches indicielles de credit default
swaps, en sus des indices sur credit default swaps négociables utilisés pour ajuster le risque du portefeuille.
Ceci ne constitue pas une modification de la stratégie ou de l’allocation d’actifs actuelles adoptées par le
gestionnaire d’actifs, mais une clarification concernant le recours à des instruments financiers dérivés.
TRS
Veuillez noter que les politiques d’investissement des compartiments suivants utilisant le TRS sont mises à jour
avec une note de bas de page spécifique détaillant la stratégie sous-jacente et la composition de l’indice :
« Bond Absolute Return V350 », « Bond Absolute Return V700 », « Bond Best Selection World Emerging »,
« Bond Euro Corporate », « Bond Euro High Yield », « Bond Euro Medium Term », « Bond Euro Short Term
Corporate », « Bond USA High Yield », « Bond USD », « Bond World », « Bond World Emerging », « Bond World
Emerging Local », « Bond World High Yield », « Bond World High Yield Short Duration », « Bond World InflationLinked », « Commodities », « Cross Asset Absolute Return », « Diversified Dynamic », « Enhanced Cash 6
Months », « Equity USA Small Cap », « Flexible Bond Euro », « Flexible Multi-Asset », « Global Equity Absolute
Return Strategy (« GEARS ») », « Green Bond », « Multi-Asset Income Emerging », « STEP 90 Euro »,
« Sustainable Bond Euro », « Sustainable Bond Euro Corporate », « Sustainable Bond World Corporate ».
Ceci ne constitue pas un changement, mais une clarification concernant l’utilisation du TRS.
INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES
D’autres modifications d’ordre rédactionnel ont été apportées afin d’actualiser et d’améliorer la formulation
générale du Prospectus ou pour être conformes aux nouvelles lois et réglementations.
Les termes et expressions non définis dans le présent avis ont la même signification que dans le Prospectus de
la Société.
Il est recommandé aux actionnaires qui détiennent leurs actions par le biais d’une chambre de compensation
de se renseigner sur les dispositions spécifiques s’appliquant aux souscriptions, rachats et conversions
effectués via ce type d’intermédiaire.
Veuillez noter qu’à l’avenir, à l’exception des publications dans les journaux imposées par la Loi,
le média officiel permettant d’obtenir tout avis adressé aux actionnaires sera notre site Internet
www.bnpparibas-am.com.
VOS OPTIONS
1. Si vous acceptez ces modifications, vous n’êtes pas tenu de réagir au présent avis.
2. Les actionnaires n’approuvant pas ces modifications peuvent demander le rachat sans frais de leurs
actions jusqu’au 08 novembre 2018.
3. Si vous avez des questions, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 /
AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
Bien à vous,
Le Conseil d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // INDUSTRIE & SERVICES
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
marketing
Le cimentier
Vicat prend
pied au Brésil
CONSTRUCTION
Le cimentier familial
français acquiert pour
290 millions d’euros
le brésilien Ciplan.
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
Vicat prend pied sur un nouveau
continent. Le cimentier familial,
dernier français indépendant
depuis le rachat des leaders du
ciment par des groupes étrangers,
était déjà présent en Afrique, aux
Etats-Unis et en Asie (au Kazakhstan et en Inde). Il accélère son développement international. Après
avoir annoncé en août son inten-
tion d’investir 223 millions d’euros
dans sa filiale Vicat Inde d’ici à 2021,
pour accroître de 50 % sa capacité
de production actuelle de sept millions de tonnes de ciment, il aborde
maintenant l’Amérique du Sud en
acquérant, pour 290 millions
d’euros, 65 % du capital du cimentier brésilien Ciplan près de Brasilia, capitale du Brésil.
Pour ce prix, Vicat fait son entrée
par la grande porte. Ciplan a
neuf centrales à béton, cinq carrières de granulat et une cimenterie
modernisée, d’une capacité de production de 3,2 millions de tonnes (à
comparer aux 30 millions de tonnes
du groupe Vicat). Sur le marché brésilien, la taille de Ciplan va placer
d’emblée le français devant l’irlandais CRH (2,3 millions de tonnes de
capacités), même s’il reste loin der-
Vicat accélère son développement international. Photo L. Cerino/RÉA
rière LafargeHolcim (11 millions de
tonnes) et sera dix fois plus petit que
le leader, Votorantim (35 millions
de tonnes), dans un pays où les capacités de production de ciment
étaient estimées l’an dernier à
86 millions de tonnes.
Corruption massive
Cette implantation est un pari.
Après une sévère récession économique en 2015-2016, le Brésil semble se stabiliser. Mais la reprise
reste à confirmer. L’an dernier,
Ciplan ne produisait encore qu’aux
deux tiers de ses capacités cimentières. La situation politique est tout
aussi fragile, l’issue de l’élection présidentielle brésilienne, qui se tient
ce week-end, pourrait replonger le
géant sud-américain dans une
période d’instabilité. Enfin, le secteur souffre de corruption massive,
comme l’a illustré l’an dernier le
scandale autour du géant brésilien
du BTP Odebrecht.
L’opération, que Vicat financera
par dette, se fera via une augmentation de capital réservée de 290 millions d’euros, qui ira essentiellement au désendettement de la
société acquise, précise le français.
De quoi permettre à Ciplan de tenir
en cas de nouvelles secousses. n
Veuve Clicquot
attaque le marché
des assistants vocaux
PUBLICITÉ
Avec l’agence JWT,
la prestigieuse marque
de champagne met en scène
l’un des premiers podcasts
de « brand content »
à destination des assistants
vocaux.
Véronique Richebois
@VRichebois
Le podcast démarre comme
l’ouverture baroque d’un spectacle de cirque à la Lola Montès : « Bienvenue ! Nous voulons
partager avec vous l’histoire
fabuleuse et épique d’une femme
ayant construit un véritable
empire autour du champagne. »
Le bruit délicat d’une boisson
pétillante versée dans une
coupe suit aussitôt.
Conçu par JWT (WPP), le
podcast de « brand content »
« The Veuve Clicquot Tales »
raconte comment Barbe-Nicole Clicquot-Ponsardin, sorte
d’héroïne à la Scarlett O’Hara et
veuve à vingt-sept ans, a repris
d’une main de fer l’exploitation
familiale. Surmontant les
tumultes des événementss de
1836 et de la révolution de 1848,
Barbe Clicquot a laissé à sa
80.000 euros. Un prix très raisonnable comparé à celui d’un
spot TV « premium », situé
autour de 500.000 euros.
Lancé cet été à l’international, « The Veuve Clicquot
Tales » sera accessible en français en novembre. « Le travail
est d’autant plus ardu que
l’audience habituelle des podcasts est difficile à capter : il s’agit
d’une cible plus CSP+ que la
moyenne et qui a délaissé la
publicité traditionnelle », confie
Virgile Brodziak. Pourquoi s’y
lancer dans ces conditions ?
« Pour l’impact de la voix et son
pouvoir évocateur, répond-il. Là
où l’image montre tout, le son
ouvre la voie à l’imaginaire… »
Créer de l’engagement
Et l’agence n’est, bien sûr, pas la
seule à s’engager sur ce nouveau
territoire. « 2018 sera l’année de
la guerre de “The Voice” », proclamaient, dès janvier, les
grands acteurs du secteur. En
France, Monoprix a été l’une des
premières marques, avec
OUI.sncf, à expérimenter le
domaine des interfaces vocales.
Une application sur Google
Assistant permet d’ajouter des
produits à son panier e-commerce sur Monoprix.fr. De son
côté, Sephora a créé son « skill »
« The Veuve Clicquot Tales » raconte comment BarbeNicole Clicquot-Ponsardin, veuve à vingt-sept ans, a repris
d’une main de fer l’exploitation familiale. Photo DR
17h-20h
Votre grand journal du soir
avec Matthieu Belliard
Du lundi au vendredi
mort, en 1866, une production
de 750.000 bouteilles, exportées un peu partout… notamment aux dîners du congrès de
Vienne, en 1815.
Musique jazzy
A partir de ce matériau hautem e n t r o m a n e s q ue , « T h e
Veuve Clicquot Tales » entrecroise un storytelling à rebondissements, décliné en 15 épisodes… et des éléments
contextuels très sonores. Tout
au long du podcast, on entend
des cris, le son des canons…
mais aussi de la musique jazzy.
« Des podcasts de contenu narratif existaient déjà, indique Virgile Brodziak, directeur général
de JWT/Paris. Mais là, il s’agit du
premier à être consacré, avec un
tel luxe de moyens, à une marque
française, filiale de LVMH [propriétaire des « Echos »,
NDLR]. » Chacun des épisodes
de six à huit minutes est accessible via la plate-forme SoundCloud et peut être écouté sur les
assistants vocaux Alexa (Amazon) et Google Home. Quant au
coût de l’opération, il est confidentiel. Mais sachant qu’un bon
podcast coûte 50.000 euros à
produire, le montant de
celui-ci, très « travaillé », peut
être estimé entre 70.000 et
(interface vocale interactive)
pour Google Home. L’enseigne
de cosmétiques propose aux
utilisateurs de son appli d’écouter des podcasts de deux minutes enregistrés par des influenceurs ou de réser ver un
« service beauté ». Alors que ces
interactions vocales vont se
multiplier, le podcast est un
moyen de créer de « l’engagement » avec les consommateurs. Sauf que… les marques
qui s’engagent sans stratégie
préalable risquent d’y laisser
des p l u mes. Prés i dent de
l’AACC, le syndicat du secteur, et
de l’agence Babel, Laurent
Habib analyse : « Après avoir
utilisé un assistant vocal pour
effectuer une première commande, les consommateurs ont
tendance à racheter la même
marque que la fois précédente,
par facilité. » D’où, selon lui, la
« règle de trois » à appliquer
pour « émerger » : « Un, veiller à
maintenir tous les éléments de
différenciation de la marque ;
deux, multiplier les moments
d’échange et de partage avec le
consommateur ; trois, construire
une expérience à forte valeur
ajoutée, qu’elle soit effectuée en
magasin ou sur le digital. » La
« guerre de la voix » ne fait que
commencer. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 23
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
Shutterstock
en
pixels
Vivendi dénonce
des rumeurs émises
par le fonds Elliott
En pleine période de « tempête
populiste », la Foire du Livre
de Francfort, la plus importante
manifestation mondiale
dans l’édition, qui s’ouvre mardi,
promet d’être agitée. Alors
que des prix sont attribués
aux meilleures adaptations
audiovisuelles, le livre audio
y occupera une place inédite.
Le premier actionnaire de
Telecom Italia (TIM) dénonce
une « campagne de rumeurs »
du fonds activiste pour discréditer le patron de l’opérateur italien
Amos Genish, auquel il réaffirme
son soutien. Le français est en
conflit avec Elliott depuis que le
fonds a pris le contrôle du conseil
d’administration de TIM le 4 mai.
DR
HIGH-TECH
&MEDIAS
La Foire de Francfort
s’annonce politique
et polémique
100
EUROS
Iliad (maison mère de Free)
a perdu 50 % de sa valeur
en Bourse depuis début 2018.
Plombé par les difficultés
de Free, qui a perdu pour
la première fois des clients
mobiles et fixes au 3e trimestre, son cours est tombé
sous 100 euros vendredi.
Puces chinoises : la tech américaine craint
pour sa cybersécurité
l Des puces auraient été secrètement implantées dans les serveurs utilisés par de grandes entreprises américaines.
l Malgré les multiples démentis, plusieurs valeurs technologiques chinoises chutent en Bourse.
La confusion règne, après une
enquête de Bloomberg sur des
serveurs piégés par des espions chinois publiée en fin de semaine. Les
démentis les plus catégoriques se
sont multipliés depuis, de la part des
principaux groupes supposément
visés – Amazon ou Apple – mais
aussi des autorités chinoises ou du
département de la sécurité intérieure américaine. Impossible de
savoir qui dit vrai dans cette histoire.
Quoi qu’il en soit, l’affaire jette
une lumière crue sur la dépendance
de l’industrie technologique américaine aux sites de production chinois. Cela la rend vulnérable au type
de cyberespionnage sophistiqué
dont Bloomberg s’est fait l’écho. Mais
aussi aux mouvements de menton
des autorités dans la guerre commerciale qui se profile. Cette même
fin de semaine, des déclarations
d’une rare violence de la part du viceprésident des Etats-Unis ont rappelé
ce danger. Mike Pence a appelé les
industriels, et en particulier Google,
à résister aux sirènes chinoises, et
dénoncé des ingérences jusque
dans la politique américaine.
Méfiance des investisseurs
L’effet a été quasi immédiat. A
l’ouverture de la Bourse de Hong
Kong vendredi dernier, le géant
Lenovo a brutalement décroché,
effaçant en moins d’une heure près
d’un quart de sa capitalisation. Le
numéro deux mondial du PC et
numéro trois des serveurs informatiques essuyait sa plus sévère correction des dix dernières années. Le
titre s’est ensuite repris, pour termi-
ner sur une décote de 15 %. Mais il n’a
pas été le seul à souffrir. L’équipementier chinois ZTE – quatrième
acteur mondial des réseaux de télécommunications – perdait, lui, 11 %.
Plus largement, l’indice qui représente les performances de la tech
asiatique (MSCI AC Asia Information Technology) est retombé à son
plus bas niveau depuis plus d’un an.
L’affaire révèle la
dépendance de l’industrie technologique
américaine aux sites
de production chinois.
Ce désamour des investisseurs
reflète leur crainte de voir la chaîne
d’approvisionnement de la tech
mondiale se gripper. La récente
escalade des droits de douane imposés de part et d’autre du Pacifique
les effrayait déjà. Les soupçons
d’espionnage n’arrangent rien. Dans
leur enquête intitulée « The Big
Hack », les journalistes de Bloomberg s’appuient sur 17 sources anonymes au sein des agences de renseignement américaines et des géants
de la tech. Ils révèlent que des puces
miniatures – de la taille d’un grain de
riz – ont été secrètement implantées
par les Chinois à l’intérieur de serveurs informatiques utilisés par une
trentaine de grandes sociétés américaines dont Apple ou Amazon.
Bloomberg avance qu’Amazon
aurait découvert le pot aux roses il y
a trois ans. Préalablement au rachat
d’Elemental Technologies – un
cador de la compression vidéo qui
travaille pour les Jeux Olympiques
Wan SC/Utuku/Ropi-RÉA
ÉLECTRONIQUE
Les autorités auraient découvert que l’implantation du matériel indélicat avait été effectuée chez des sous-traitants chinois de Supermicro.
ou les drones de la CIA –, le groupe de
Jeff Bezos a procédé à un examen
minutieux des infrastructures de
l’entreprise. Amazon serait alors
tombé sur la fameuse puce espion,
logée sur la carte mère d’un serveur.
Soupçons de piratage
En remontant la piste, les autorités
auraient découvert que l’implantation du matériel indélicat avait été
effectuée chez des sous-traitants chinois de Supermicro, un des plus gros
fournisseurs de cartes mères pour
serveurs du monde implanté en
Californie. Vraie ou fausse, la seule
possibilité d’une telle attaque est
ravageuse. Si protéger l’intégrité des
produits américains signifie se passer des usines chinoises, c’est toute
l’organisation géographique de
l’industrie qu’il faudrait revoir. La
difficulté d’une telle bascule, tout
comme son coût faramineux, la
rend certes très improbable… mais
un peu moins aujourd’hui qu’hier.
Face aux taxes,
les géants de la tech
révisent leur géographie
(
Sébastien Dumoulin
Lire l’éditorial
de David Barroux
Page 10
Qui est Supermicro, l’entreprise au cœur de l’affaire ?
Jeudi dernier, cette société
californienne s’est effondrée
de plus de 40 % à Wall Street.
Gros plan sur un groupe qui
n’avait a priori pas le profil
pour faire les gros titres.
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
C’est le type de société dont le nom
n’évoque rien au grand public. Et vu
les raisons pour lesquelles les projecteurs sont braqués sur elle, le californien Supermicro aurait sûrement préféré rester dans l’ombre.
Le groupe est au cœur de l’affaire
des puces espionnes chinoises qui
auraient été implantées subrepticement chez les géants de la tech
(lire ci-dessus).
Coté à Wall Street, Supermicro a
vu jeudi 4 octobre son cours s’effondrer de plus de 40 %, faisant reculer
sa capitalisation à quelque 600 millions de dollars. Mais qui est exactement Supermicro ? La société a
été créée en 1993 par Charles Liang,
un ingénieur taïwanais qui vient
de finir ses études supérieures
au Texas. Cette société se définit
aujourd’hui comme le « leader mondial en solutions informatiques, de
stockage et de mise en réseau ».
En 1996, elle ouvre une filiale à
Taïwan. Deux ans plus tard, elle fait
de même aux Pays-Bas.
Positionné sur un segment de
marché bien particulier, Supermicro est une boîte tech classique et a
priori sans histoire. A priori seulement. Le modèle économique est
traditionnel : l’ingénierie produit
et la R&D est réalisée à San José,
au plus près des principaux clients
du groupe. Certains des composants sont assemblés en Californie, mais aussi aux Pays-Bas ou à
Taïwan. Mais les cartes mères des
serveurs, son principal produit,
sont réalisées en Chine. Rien d’illogique à cela : cette chaîne d’approvisionnement est celle adoptée par de
nombreux groupes tech.
Son parcours est celui de nombreuses start-up américaines qui
parviennent à se faire une place
sous le soleil californien. Supermicro entre sur le Nasdaq en 2007 et
voit sa capitalisation boursière
grimper jusqu’à un pic de 1,87 milliard de dollars en février 2015.
Mais derrière les murs du campus
situé sur la Rock Avenue à San José,
la langue la plus courante est le
mandarin, croit savoir « Bloomberg
Businessweek », qui précise que la
majorité des salariés sont chinois
ou taïwanais et que cette spécificité
rendrait plus facile une infiltration
par des espions chinois…
Apple rompt toute relation
commerciale en 2016
A l’époque, cela n’empêche en tout
cas pas le groupe de croître rapidement. Entre 2009 et 2017, ses revenus ont ainsi été multipliés par cinq,
passant de 500 millions de dollars
à plus de 2,5 milliards. Une croissance tirée surtout par la vente de
cartes mères. « Il faut penser Supermicro comme le Microsoft du matériel informatique. […] Attaquer les
cartes mères de Supermicro, c’est
comme attaquer Windows. C’est attaquer le monde entier », a fait valoir
un ancien agent du renseignement
américain cité par « Bloomberg
Businessweek », qui avance que
z
SUPERMICRO
LA FICHE D’IDENTITÉ
Date de création : 1993
Capitalisation boursière :
600 millions de dollars
le groupe posséderait « plus de
900 clients dans 100 pays », dont
le département américain de la
Défense. Ainsi qu’Apple et Amazon.
Fut un temps.
Car dès le début de l’année 2016,
Apple a mis fin à ses relations commerciales avec Supermicro, avançait déjà, en 2017, le site américain
« The Information », qui a mis la
main sur un e-mail interne de la
firme à la pomme. La raison ?
« L’environnement interne de développement a été compromis », pouvait-on lire dans l’e-mail. Apple nie
toute faille de sécurité, mais retire
de la circulation environ 7.000 serveurs qui auraient été infectés. Le
groupe de Cupertino aurait découvert l’existence des fameuses puces
suspectes dans les serveurs en question (ce qu’Amazon fera également
quelques semaines plus tard).
A l’époque, Tau Leng, responsable du marketing et de la technologie chez Supermicro, fait valoir
que sa société a « des centaines de
clients » qui utilisent « le même équipement ». « Pourquoi Apple est-il le
seul à se plaindre ? C’est incompréhensible », s’interrogeait-il. Depuis
le 4 octobre, tout doit lui sembler
beaucoup plus clair. n
ANALYSE
C
’est une victoire en demiteinte. Mi-septembre,
quand la nouvelle salve
de sanctions commerciales américaines à destination de la Chine
a été révélée, les géants de la tech
ont échappé au pire. Après être
passés entre les mailles du filet
en juin (25 % de droits de douane
supplémentaires sur 50 milliards
de marchandises), les HP, Dell et
Apple craignaient de subir de
plein fouet la nouvelle bordée
(10 % de surtaxe sur 200 milliards
d’importations). Mais leurs gadgets les plus prisés – ordinateurs
personnels, smartphones ou
enceintes connectées – ne figuraient pas dans la liste de l’administration Trump.
Certains observateurs y ont vu
le résultat d’un très bon lobbying
du patron d’Apple. Quoi qu’il en
soit, ce répit ne règle rien, tant la
tech américaine est dépendante
de la Chine. Le cas de la firme à la
pomme est emblématique. Les
statistiques douanières montrent
que plus de la moitié des vingt plus
grands exportateurs chinois à
destination des Etats-Unis étaient
en 2016 des fournisseurs d’Apple.
Effet domino
Et si les produits de grande
consommation échappent
aux taxes, ce n’est pas le cas d’un
grand nombre de composants
– des métaux aux circuits imprimés en passant par les câbles
d’alimentation. Dans une chaîne
logistique très imbriquée, impossible d’en sortir indemne.
Par effet domino, le surcoût
des taxes va donc se retrouver
sur la facture du consommateur
américain, vitupèrent les critiques. Pas de quoi effaroucher
Donald Trump. Dans un tweet,
le président répondait, début
septembre : « Il y a une solution
facile. […] Fabriquez vos produits
aux Etats-Unis plutôt qu’en Chine.
Commencez à construire des
usines maintenant. »
Stratégies d’évitement
Quoi qu’en disent ses détracteurs,
cette rhétorique trumpienne produit des effets. Après l’emblématique Foxconn, qui a inauguré son
usine dans le Wisconsin fin juin
en présence du président américain, plusieurs grands industriels
opérant en Chine réfléchissent à
des stratégies d’évitement. Pegatron, fournisseur d’Apple ou de
Microsoft, songe à muscler ses
capacités en République tchèque
et au Mexique. Inventec, qui alimente HP ou Apple, a la même
idée. Compal vise aussi la Pologne
et le Vietnam. Et cætera.
Une victoire pour les EtatsUnis ? Cela reste à démontrer.
Au-delà de la hausse des prix
dans les supermarchés américains, il y a une autre conséquence
possible de la guerre commerciale : l’accélération de la montée
en gamme de la Chine. Pour avoir
voulu rapatrier la fabrication de
pièces détachées, l’Amérique perdrait alors le juteux marché des
produits finis. Un comble. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 // HIGH-TECH & MEDIAS
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
Samsung génère 150 millions
d’euros de profits par jour
ÉLECTRONIQUE
Le groupe vient
de dévoiler les plus
larges profits trimestriels de son histoire.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Encore un nouveau record spectaculaire pour Samsung Electronics.
Le plus grand groupe d’électronique de la planète a révélé vendredi
qu’il avait, selon ses premières estimations, généré un profit opérationnel de 17.500 milliards de wons,
soit 13,5 milliards d’euros, sur la
période allant de juillet à septembre. Cette performance, qui représente 150 millions d’euros de bénéfice par jour, marque un bond de
20,4 % par rapport au même trimestre de 2017 et permet au géant
coréen de présenter à ses actionnaires les plus gros profits trimestriels
de son histoire. Sur les trois derniers mois, la société a vu son chiffre d’affaires croître de 4,8 % pour
atteindre 65.000 milliards de wons
(50 milliards d’euros) et a ainsi dopé
sa marge opérationnelle à 26,9 %,
ce qui est supérieur à ce qu’affichait Apple lors de sa dernière
présentation trimestrielle. Samsung Electronics n’avait jusqu’ici
jamais dépassé un ratio de 26 %.
Concurrence asiatique
A Séoul, ces chiffres spectaculaires
– et bien supérieurs aux prévisions
des analystes les plus optimistes –
semblent toutefois n’avoir réveillé
aucun enthousiasme chez les
investisseurs : le cours est resté stable sur la place de Séoul. Sur les
douze derniers mois, la valeur de
l’action a même reculé de 10,9 %.
Si les experts ne mettent pas en
doute l’excellente santé de Samsung Electronics, ils pointent les
multiples facteurs qui risquent
d’entamer ses résultats au fil des
prochains trimestres.
Ils notent que la division smartphones, qui fut pendant des années
le moteur de croissance de la
société, génère désormais moins de
15 % des bénéfices. Le groupe reste
le plus grand producteur mondial
de smartphones mais il dépense
énormément en marketing pour
maintenir son rang sur le segment
des appareils premium et souffre,
comme Apple, de la concurrence
croissante des marques chinoises,
telles que Huawei, Xiaomi ou Oppo,
qui proposent des machines très
performantes en acceptant des
+4,8 %
LA CROISSANCE
du chiffre d’affaires de Samsung
sur les trois derniers mois.
marges bien inférieures. L’arrivée
annoncée, en 2019, des premiers
portables à écrans « pliables »
excite les fans de Samsung, mais
ils ne représenteront qu’une marge
négligeable des prochaines ventes
totales du conglomérat.
Baisse des prix
Ce qui inquiète toutefois le plus les
traders, c’est la baisse annoncée des
prix des semi-conducteurs qui
génèrent désormais près de 80 % de
la totalité des profits de Samsung
Electronics. Le groupe est, de loin,
le leader mondial sur le segment
des mémoires DRAM et NAND.
Il a ainsi bénéficié ces dernières
années de l’explosion de l’appétit
pour ces composants utilisés dans
les appareils électroniques, les PC
ou les serveurs des entreprises, qui
stockent de plus en plus de data.
Mais ses concurrents, essentiellement asiatiques, ont progressivement dopé leurs capacités de production et cette poussée de l’offre
Delphine
GENY-STEPHANN
Renaud
MUSELIER
TÉLÉVISION
MARSEILLE CHANOT
Jean-Claude
GAUDIN
La société de production de « Marseille »
vient de réaliser une
levée de fonds de
16 millions d’euros.
Julien
DENORMANDIE
Martine
VASSAL
Elle a plusieurs projets
de croissance externe.
Cédric
ATANGANA
Emmanuelle
CHAMPAUD
Shanty
BAEHREL
Joseph
ARAKEL
Gaël
DESPERRIES
Guerric
FAURE
100
Ludovic
DEBLOIS
Séverine
GRÉGOIRE
Vincent
FERT
success stories
et personnalités du
monde économique
attendues en
48h
Olivier
MATHIOT
Sandra
LE GRAND
Pascal
LORNE
Laurence
PAGANINI
Corinne
VEZZONI
Devaky
SIVADASAN
Frédéric
PONS
Valérie
SEGRETAIN
David
SUSSMAN
sung Electronics pourrait modérer,
dans les prochains mois, la croissance des volumes de production de
ces composants. Ils pourraient
grandir un peu moins vite que la
demande mondiale, qui reste dynamique. La direction de la société
n’a toutefois pas officiellement
confirmé cette stratégie. Elle pourrait donner plus de détails lorsqu’elle
présentera ses résultats trimestriels
complets à la fin du mois. n
Federation Entertainment
ouvre son capital
9 & 10 oct. 2018
Palais des
Congrès
mondiale de puces va commencer
à affecter les prix. « Nous anticipons
une offre excédentaire de DRAM sur
la période allant du quatrième trimestre de 2018 avant une stabilisation début 2020 », expliquent les
analystes de Bernstein Research.
Sur le segment des NAND, une
baisse des prix d’au moins 10 % est
attendue dans les prochains mois.
Pour éviter un refroidissement de
ces prix et tenir ses marges, Sam-
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Pour grossir, Federation Entertainment ouvre son capital. Le producteur de « Marseille » et coproducteur du « Bureau des légendes »
vient de lever 16 millions d’euros,
principalement auprès de bpifrance
aux côtés de plusieurs autres acteurs
financiers : BNP Paribas Développement, Amundi, Alliance Entreprendre et Entrepreneur Venture.
Federation Entertainment va
encore lever quelques millions supplémentaires pour arriver à une
opération d’une vingtaine de
millions (sous forme d’actions et
d’obligations convertibles) au total.
« C’est la première fois que la société
[qui avait déjà pro cédé à des
emprunts, NDLR] fait une augmentation de capital de cette envergure »,
souligne Nicolas Parpex, directeur
d’investissements au sein du pôle
industries créatives de bpifrance.
De fait, Pascal Breton, le président du groupe basé à Paris
et à Los Angeles, qui en détenait
environ 85 % (le reste étant à ses
managers), va ainsi passer à 70 %.
« Quand on accélère, il faut savoir se
donner des moyens supplémentaires », explique-t-il.
L’objectif ? Pouvoir grossir
encore par croissance externe,
en prenant des parts de capital
dans de petites sociétés pour participer à leur développement. Ainsi, le
producteur vient d’acquérir 51 % de
WeMake, qui développe des formats dans le flux notamment. Et le
groupe espère finaliser sous peu
d’autres opérations du même type
en Espagne, en Italie et aux EtatsUnis. « L’idée est de créer une fédération de talents dans le monde pour
répondre au mieux aux demandes
des diffuseurs traditionnels et des
plates-formes, explique Pascal
Breton. Au total, nous allons investir
autour de 10 millions d’euros. »
En revanche, Federation Entertainment ne devrait pas se positionner
sur de plus grosses opérations,
comme la vente attendue de Lagardère Studios.
Plusieurs projets
d’envergure
La société de production, qui s’est
associée au printemps avec le fonds
britannique Anton dans le cadre
d’un partenariat stratégique, a lancé
parallèlement plusieurs projets
d’envergure. Elle vient par exemple
de signer une coproduction pour
Netflix (« Marianne ») et a acquis les
droits pour l’adaptation du thriller
« The Banker’s Wife », une production estimée à 3,5-4 millions d’euros
par épisode. « Pour de gros projets
comme celui-ci, il faut des fonds propres », rappelle-t-il. Le groupe, qui
affiche un chiffre d’affaires de
45 millions d’euros en 2018, prévoit
de quasiment le doubler en 2019. n
Philippe
VERAN
Un événement
Infos & inscription > salondesentrepreneurs.com
#SDE2018
La série « Le Bureau des légendes », avec Mathieu Kassovitz, est
coproduite par Federation Entertainment. Photo Xavier Lahache/Canal+
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// 25
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
START
UP
U
REBOND
e
LE BUZZ
La start-up Akoustic Arts, spécialisée
dans le son directionnel, vient de
signer un partenariat avec le Groupe
Renault « afin de mener un projet de développement commun visant à embarquer la technologie
Akoustic Arts au sein des véhicules Renault ». La
jeune pousse, créée en 2010, indique par ailleurs
avoir bouclé un tour de table de « plusieurs millions d’euros » auprès du groupe automobile et de
Newfund, sans en préciser le montant. Sa technologie brevetée permet de créer des faisceaux
sonores entendus seulement par l’utilisateur visé.
y
LE RDV
La 2e édition de la journée #LeNumeriqueRecrute@hautsdefrance se
déroulera le mardi 16 octobre dans
les locaux d’EuraTechnologies à Lille. Cette journée dédiée à l’emploi, coorganisée par EuraTechnologies et la Plaine Images et soutenue par le
Conseil régional des Hauts-de-France, propose
une matinée découverte des métiers du numérique et un après-midi Job et stage dating.
L’entreprise Rethink Robotics, qui développait des robots capables de travailler
à côté d’êtres humains, a fermé ses portes. Les commandes de ses robots Baxter et Sawyer,
destinés à l’industrie, n’auraient pas été suffisantes.
La start-up aurait été, selon les propos de son fondateur rapportés par le « Boston Globe », sur le point
de se faire racheter, mais le deal aurait été abandonné au dernier moment.
Tim Berners-Lee veut redonner aux
internautes le contrôle sur leurs données
BIG DATA
Avec Solid, chaque
individu conserve
dans un ou plusieurs
portefeuilles
numériques
surnommés des
« pods » ses contacts,
ses photos, ses données
bancaires ou de santé.
Inrupt, la start-up
lancée par l’un des
inventeurs du Web,
permet de stocker
ses données dans un
portefeuille numérique
et de choisir à quelle
application y donner
accès.
Anaïs Moutot
— Correspondante à San Francisco
« Le Web est devenu une machine
produisant de l’injustice et de la division, influencée par des forces puissantes qui l’utilisent pour imposer
leurs propres agendas. » C’est avec ce
constat que Tim B erners-Lee,
l’un des inventeurs du Web, a
annoncé vendredi le lancement
d’Inrupt, une nouvelle start-up
dédiée à redonner aux internautes
le contrôle sur leurs données, dans
laquelle il est directeur technologique. « Dévasté » par les récents
scandales sur la vie privée impliquant des géants du Web comme
Facebook, le chercheur britannique a décidé de prendre un congé
sabbatique du MIT et de diminuer son implication dans le World
Wide Web Consortium (W3C),
l’organisme chargé d’élaborer les
standards du Web, pour se consacrer entièrement à ce projet.
Inverser le modèle actuel
Celui-ci vise à développer une communauté de développeurs autour
d’une nouvelle architecture open
source que Tim Berners-Lee a mise
sur pied au cours des dernières
années au MIT. Baptisée « Solid »,
celle-ci inverse « le modèle actuel où
les utilisateurs donnent leurs don-
Les incitations financières pour le
faire sont minimes aujourd’hui, la
collecte des données étant centrale
au business model des services les
plus utilisés, qui se rémunèrent via
la publicité ciblée.
Vers un modèle payant
Tim Berners-Lee, l’inventeur du World Wide Web, lors d’une conférence sur l’intelligence artificielle
et le futur du Web, au Digital Summ’R à Lyon, en avril dernier. Photo Philippe Desmazes/AFP
nées personnelles à des géants du
numérique », explique-t-il dans un
message publié sur Medium.
Avec Solid, chaque individu
garde le contrôle sur ses contacts, ses photos, ses données
bancaires ou de santé. Il les conserve dans un ou plusieurs portefeuilles numériques, surnommés
des « pods », et choisit où les stocker
– sur ses terminaux ou sur le serveur d’un fournisseur – et à quelle
application y donner accès. Avec ce
système, la portabilité des données
n’est plus un problème : différentes
applications peuvent accéder aux
photos de vacances ou aux playlists
musicales d’un internaute au
même moment s’il décide de leur
donner accès à son « pod ».
Stade expérimental
Tim Berners-Lee a décidé il y a un
an de créer une entreprise afin
d’obtenir les ressources nécessaires
pour accélérer le projet. Il s’est associé à John Bruce, un entrepreneur
dont la dernière société a été rache-
tée par IBM, qui occupe le poste de
directeur général. La société a levé
« quelques millions de dollars »
auprès de Glasswing Ventures, un
fonds qui avait investi dans sa précédente entreprise, raconte-t-il. Elle
se prépare à un nouveau tour de
table pour lever plus d’argent.
Pour le moment, la plate-forme
en est encore à un stade expérimental. Son succès dépendra de sa
c a p a c i t é à a t t i r e r d e s d é ve loppeurs prêts à construire des
applications pour la plate-forme.
Solid semble plutôt imaginer un
modèle payant, où les internautes
accepteraient de payer pour des
services respectueux de leur vie privée. John Bruce souligne aussi que
ce système privilégiant le stockage
de données au sein d’un même
« pod » pourrait au final éviter les
silos et donner aux codeurs « l’accès
à une masse de données plus large
qu’aujourd’hui, permettant de développer des nouveaux services ». Des
entreprises s’y intéressent pour
mieux exploiter les données enfermées dans les différents logiciels
utilisés en interne.
Inrupt n’est la seule start-up à
proposer un projet de ce genre.
Mais la majorité des autres sociétés
s’appuient sur la blockchain, alors
qu’Inrupt repose, lui, sur les standards du Web existants. « Nous ne
sommes pas dépendants d’un groupe
d’individus consentant aux règles
d’un livre de comptes ou de la puissance informatique de mineurs »,
souligne John Bruce. n
Two-i décrypte les visages
pour mieux cerner les foules
RECONNAISSANCE
FACIALE
La start-up messine
déploie ses solutions
de lecture des émotions
dans les stades,
les rues et, bientôt,
dans les villes
tout entières.
Pascale Braun
— Correspondante à Nancy
Souriez ! Ou ne souriez pas… Dans
les deux cas, vos expressions seront
scrutées et analysées dans le cadre
d’une gouvernance globale capable
de cartographier la foule et ses états
d’âme. Dévolues à la sécurité, au
marketing et au bien-être, les solutions mises au point par Two-i
dénombrent les passants ou les
spectateurs, distinguent les hommes des femmes, évaluent leur âge
et se basent sur l’architecture des
réseaux neuronaux pour décrypter
les expressions. La start-up messine
a levé 250.000 euros lors de sa création en juillet 2017, puis 1 million
d’euros en mai dernier. Encore trop
récentes pour être officialisées, les
premières applications entreront
en service à la rentrée dans le sud de
la France pour évaluer le nombre de
passagers d’un nouveau tramway,
dans plusieurs stades pour repérer
les supporters indésirables et dans
des métropoles lorraines, qui testent ce nouveau mode de sondage
en temps réel dans certaines rues
passantes.
Deux ex-traders
ont quitté Londres
« L’analyse des émotions permet aux
élus de mieux connaître leurs
citoyens, aux enseignes, d’affiner
leurs études avant d’implanter un
point de vente et aux équipements
sportifs, de faciliter la gestion des foules », explique Guillaume Cazenave,
cofondateur de Two-i avec Julien
Trombini. En 2016, les deux jeunes
traders alors basés à Londres se
sont intéressés au système de pré-
ÉNERGIE
La start-up
parisienne développe
un assistant d’économie d’énergie.
Issus du monde des télécoms
– ils se sont rencontrés chez
SFR –, Laurent Bernard et
Fabien Berlioz développent
depuis janvier 2017 une solution permettant de prendre
connaissance de sa consommation d’électricité et de la réduire.
« Une étude du CNRS réalisée
dans le sud de la France en 2015
montre qu’en connaissant sa
consommation en temps réel, on
peut la réduire de 25 % », explique Laurent Bernard, CEO
d’Ecojoko.
La start-up termine
une campagne
de crowdfunding et
commercialise son
produit ce mois-ci.
Les deux entrepreneurs,
aujourd’hui rejoints par deux
salariés, ont développé un outil
composé de deux parties, un
capteur d’électricité qui se pose
sur le disjoncteur général de
l’habitat, et un assistant connecté, qui indique la consommation générale de la maison,
ainsi que la consommation de
chaque appareil, en temps réel.
« Nous utilisons les signatures de
consommation des appareils
pour récupérer ces informations, indique Laurent Bernard.
Notre système fonctionne en
quelque sorte comme Shazam,
mais pour l’électricité. »
Des conseils précis
« La cartographie
des émotions offre
une représentation
visuelle d’une ville
en fonctionnement. »
JULIEN TROMBINI
Cofondateur de Two-i
diction boursière basée sur l’analyse des réseaux sociaux de la
start-up lorraine SESAMm.
Ce partenariat commercial, ainsi
que l’accueil que leur a réservé
l’incubateur messin Synergie, ont
conduit les deux hommes à quitter
simultanément la Grande-Bretagne et la finance. L’intérêt de leur
prototype a rapidement convaincu
les métropoles de Metz et de Nancy,
les organismes consulaires et plusieurs financeurs dont la BPI et la
Caisse d’Epargne.
L’équipe compte aujourd’hui dix
salariés, majoritairement des
Ecojoko
veut aider les
particuliers
à économiser
l’électricité
La start-up messine a levé 250.000 euros lors de sa création
en juillet 2017, puis 1 million d’euros en mai dernier. Photo DR
ingénieurs, et prospecte jusqu’en
Espagne, en Allemagne et en Grande-Bretagne. « Nos solutions liées à
la sécurité ont rencontré un succès
immédiat, mais nos ambitions en
matière de smart city vont bien audelà. La cartographie des émotions
offre une représentation visuelle
d’une ville en fonctionnement et permet d’analyser les motifs de bien-être
ou de mal-être », souligne Julien
Trombini. L’office de l’habitat du
Grand Nancy compte tester ce nouveau type de cartographie à l’occasion d’une opération de rénovation
urbaine. n
Ces deux objets sont liés à une
application, qui permet d’obtenir le détail de sa consommation, mais aussi de recevoir des
conseils sur la meilleure
manière de la réduire. « Nous
indiquons aux gens qu’ils gagneraient tant d’euros s’ils faisaient
telle action, comme débrancher
les appareils en veille par exemple. C’est très efficace », assure
Laurent Bernard.
Ecojoko vient de terminer
une campagne de crowdfunding grâce à laquelle
66.126 euros ont été récoltés
auprès de 542 participants. Dès
la fin du mois, l’appareil sera en
vente sur leur site, p our
199 euros. La start-up espère en
écouler 7.000 en 2019. Son
application est développée sur
un modèle freemium : tout est
gratuit la première année, puis
il faudra payer un abonnement
de 69 euros par an pour avoir
accès à certaines informations.
L a s t a r t - u p n’a p o u r l e
moment pas engagé de discussion avec EDF, qui développe sa
solution d’assistant d’économie
d’énergie en interne. « Mais nous
sommes en discussion avec six
fournisseurs », indique Laurent
Bernard. — D. L.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
en
direct
Le Massif central a
sa marque de viande
HAUTS-DE-FRANCE Arcelor-
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
Mittal Atlantique et Lorraine,
qui exporte environ 5.300 conteneurs par an depuis ses usines
du nord et de l’est de la France
vers l’Asie, l’Amérique et l’Afrique, renoue avec Dunkerque.
Depuis juin, la moitié de ses
volumes, notamment vers l’Inde
et la Chine, part de Dunkerque
et non plus d’Anvers.
Boris Horvat/AFP
PME
&REGIONS
ArcelorMittal opte
pour Dunkerque
Eleveurs et industriels de la
viande de 22 départements du
Massif central ont annoncé le
lancement d’une marque commune de viande, « 1886 » (l’altitude du Puy de Sancy) qui se
veut environnementale et équitable. De la taille de l’Irlande, le
Massif central, qui héberge plus
d’un tiers du cheptel bovin fran-
çais de boucherie, a réuni autour
de cette initiative cinq coopératives, trois industriels privés et un
groupement de producteurs,
indique la Fédération nationale
bovine. Cette dernière a conduit
plusieurs années de dialogue sur
l’amélioration de l’élevage avec
des associations environnementales et de défense du bien-être
animal. Plus de 10.000 éleveurs
du Massif central pourraient
être concernés par le projet,
selon la FNSEA régionale.
Sécurité : quand les agents privés
recourent à la haute technologie
l Caméras thermiques, drones, robots, la technologie
renforce l’efficacité des 160.000 vigiles.
l Ces nouveaux outils permettent de réduire les coûts
mais supposent des agents plus qualifiés et mieux payés.
PROTECTION
Marion Kindermans
@MaKindermans
Des agents de sécurité armés de
fusils ou d’armes de poing, pilotant
des drones, connectés en temps réel
à des caméras intelligentes capables de détecter la moindre anomalie, intrusion ou départ de feu ? Fini
le vigile et ses rondes piétonnes
répétitives. Les futurs agents seront
bardés de technologie. La montée
en puissance du métier a franchi
déjà un cap avec l’armement. Les
arrêtés instituant les conditions
d’armement de certaines catégories
d’agents — de 2 à 3.000 seraient concernés —, traduction de la loi sur la
sécurité publique votée en 2017,
sont attendus dans les prochains
jours au « Journal officiel ».
Ces agents étaient jusqu’à présent
chargés de la sécurité de personnalités ou sur les sites sensibles,
nucléaires par exemple. « L’armement sous certaines conditions participe de cette logique d’avoir plus
d’efficacité de nos agents, une montée
en compétences du métier. Cela
répond à des besoins nouveaux », se
satisfait Pascal Pech, président du
SNES (Syndicat national des entreprises de sécurité privée). Les
agents privés, comme le souligne le
rapport des députés Thourot et
Fauvergue, remis au gouvernement le 11 septembre, et qui acte une
collaboration plus grande entre
sécurité privée et sécurité publique,
sont appelés à élargir leurs missions : transfert de scellés et de détenus non dangereux, protection de
personnalités, sécurité routière,
intervention aux abords des sites
qu’ils surveillent et même intervention sur des petits délits entraînant
un préjudice maximum de
200 euros.
Plus rapides, plus réactifs, plus
sécurisés, le recours à de plus en
plus d’outils technologiques doit les
aider sur le terrain. Caméras thermiques, drones, robots patrouilleurs,
logiciels d’aide à la décision, équipements intelligents comme ces gants
détecteurs de métal mis au point par
la société Rostaing qui rendent plus
efficace la fouille des individus,
autant d’innovations dont les agents
privés ne pourront bientôt plus se
passer.
Nuit et week-end
Les professionnels du secteur — qui
emploie 160.000 personnes, en
constante progression face aux
besoins de sécurité — y voient
l’occasion de revaloriser les prix
tirés vers le bas. « Le recours aux
technologies nous permet d’optimiser nos prestations, et de dégager des
marges de manœuvre pour investir
sans que le coût soit plus élevé pour
les donneurs d’ordre », décrit Pascal
Pech. Au contraire « Ce sera toujours moins cher de faire tourner
deux agents dotés d’outils innovants
sur un site industriel que quinze personnes avec leur chien. » La technologie est en priorité plus souvent
utilisée la nuit ou le week-end, couplée à un agent, pour économiser le
coût de main-d’œuvre. Cette association inéluctable humain-machine se fait lentement. Les freins
ne sont pas tant réglementaires ou
juridiques qu’organisationnels.
« Les donneurs d’ordre continuent à
demander un nombre d’agents physiques, alors que les entreprises développent de plus en plus d’offres intégrées avec de la techno », déplore
Dominique Legrand, président de
l’Association nationale de la vidéoprotection (ANV2). Comme Securitas, un des leaders du gardiennage,
qui a racheté Automatic Alarm en
début d’année.
Cette évolution sous-tend des
enjeux pour la filière de la sécurité
privée : elle suppose des salaires
plus élevés et des recrutements
d’agents plus qualifiés. Des agents
capables de piloter un drone, de
maîtriser une arme, d’interpréter
les images et de comprendre l’univers des algorithmes. Une professionnalisation que poussent, juste-
Autant d’innovations dont les agents privés ne pourront bientôt plus se passer. Photo Tangi Le Bigot
ment, les p ouvoirs publics à
longueur de rapports.
« Renforcer la protection en temps
réel, il n’y a que la technologie et l’IA
qui peuvent faire ça. Seuls des caméras intelligentes et des drones sont
capables de faire remonter des informations de manière automatique »,
estime Dominique Legrand. Le
potentiel de ces machines ira crescendo. A l’avenir, les caméras
seront équipées de microphones
capables de déceler le moindre
bruit suspect. Les caméras intelligentes seront capables de faire la
différence entre une intrusion
uspecte ou non. A terme, la fin du
gardiennage humain ? « L’humain
aura toujours un niveau de vigilance
et d’esprit critique non remplaçables », balaie au contraire Servan
Lépine, PDG d’Excelium, spécialisé
dans les solutions technologiques
en sécurité privée. n
Les chantiers du Grand Paris sous haute surveillance
A mesure que les tunneliers s’activent dans
le sous-sol francilien pour le passage du
Grand Paris Express, la sécurité privée se
prépare à des contrats alléchants.
Le besoin en gardiennage sera énorme. La
Société du Grand Paris (SGP) a annoncé, fin
septembre, que 100 chantiers étaient en
cours et que 10 tunneliers seront en action
fin 2019. Eléments anti-intrusion, caméras
de surveillance, contrôle d’accès, couplés à
des rondes d’agents, ont déjà été installés à
l’entrée des tunnels. L’enjeu – financier –
est de parer tout retard d’un calendrier
hypercontraint. « Un vol de cathéter, la
dégradation d’une machine, entraînerait un
retard des travaux, et un surcoût énorme sur
ce chantier sensible », raconte une des sociétés qui sécurise les tunnels, mais est tenue
à l’anonymat. En décembre 2017, la préfecture de police et la SGP ont signé une convention qui prévoit des référents sûreté sur
chaque chantier, des patrouilles de police
et le marquage électronique des matériels
en cas de vol.
Ces innovations qui font bouger le métier de la surveillance
Si drones et robots sont
à titre expérimental
dans les zones à surveiller,
les caméras et systèmes
d’analyse d’images se sont
largement déployés.
ROBOTS
•QUIDESPATROUILLENT
24 HEURES SUR 24
Ils font des rondes dans les établissements, les entrepôts, sont silencieux, autonomes et œuvrent
24 heures sur 24, même de nuit.
Dotés de capteurs, de caméras à
infrarouge, capables de déceler la
moindre intrusion, de détecter la
fumée, et d’enregistrer les données
en temps réel, les robots de surveillance sont montés en flèche
depuis deux ans. Mais ils sont
encore au stade de l’expérimentation. Le patrouilleur e-vigilante de
la société Eos Innovation, malgré
des débuts prometteurs – Parrot y a
investi un million d’euros –, a eu du
mal à percer.
La société a été mise en liquidation judiciaire en mars 2017. Il a
depuis repris du service sous la bannière de U-Become (ex-Econobots),
l’entité robotique du groupe Econocom, qui avait déjà lancé en 2016 un
robot de surveillance dans les data
centers baptisés « Captain DC ». Le
secteur de la sécurité, prometteur,
pousse les acteurs de la robotique.
L’américain Knightscope, après les
déboires de son robot K5 parti se
jeter dans une fontaine, a sorti l’an
dernier un nouveau modèle K7. Le
robot patrouilleur transmet toutes
les informations récoltées à un centre analysant et triant ces données.
Gamma 2 Robotics a lancé Ramsee
en partenariat avec une grosse
entreprise de la sécurité, Hexagon
Safety & Infrastructure. Et le chinois AnBot peut même, sur un
signal, sortir un dispositif de sécurité en cas de trouble.
TESTÉS
•SURDESLESDRONES
ZONES INDUSTRIEL-
LES, L’EXEMPLE D’ENGIE
Le drone sera bientôt incontournable pour surveiller les grands
sites sensibles. Sur une zone industrielle désaffectée de la banlieue
parisienne, gardée secrète, Engie
teste Skeyetech. Il est développé par
une PME rachetée l’an dernier par
Azur Drones, un des principaux
acteurs du marché, qui s’est spécialisé sur le marché de la sécurité.
Pour l’entreprise, l’enjeu a été de
rendre les opérations automatiques et notamment le maintien en
veille du drone, avec des batteries
chargées en permanence, pour qu’il
soit prêt à décoller. Il suffit qu’un des
capteurs du système de vidéosurveillance du site détecte un problème, comme la présence d’un
intrus sur le périmètre, pour que le
Le robot e-vigilante d’Econobots surveille les sites industriels
et les plates-formes logistiques. Photo Econobots
drone calcule son itinéraire et
décolle en moins de 30 secondes.
« Ensuite, le gardien autorise la
mission en appuyant sur un bouton.
Si la menace se situe à un kilomètre,
le drone n’a besoin que d’une minute
et 20 secondes. C’est à la fois beaucoup plus rapide qu’une intervention
humaine avec beaucoup moins de
risques », explique Erwin George,
responsable des activités drones et
robots au sein de l’Engie Lab. Les
deux caméras, optique et thermi-
que, orientables à distance, permettent de filmer la scène de jour
comme de nuit. Le gardien peut
alors effectuer la « levée de doute »
en vérifiant la cause du déclenchement de l’alarme. « Tout l’intérêt de
la solution de Skeyetech, c’est son
intégration avec le VMS (Video
Management Systems), le dispositif
de vidéosurveillance du site qui
déclenche l’alarme. Le drone n’est, in
fine, pour l’opérateur qu’un outil
supplémentaire, avec la particularité
d’être mobile », insiste Er win
George. Lors des tests menés jusqu’à la fin de l’année, un télépilote
restera toutefois à côté du gardien
pour reprendre la main en cas de
problème. Il est également prévu de
faire travailler le drone avec un
robot terrestre « rondier ». Le premier sera capable de prendre la
relève si son compère au sol voit sa
progression arrêtée. « Nous avons
vu beaucoup de petits robots, mais ce
n’est pas notre choix, car nous voulons que le capteur soit à la même
hauteur qu’un homme, afin d’offrir
un retour vidéo correspondant à une
vision humaine », précise Erwin
George. Ces drones pourraient être
utilisés de façon opérationnelle dès
l’année prochaine sur des terminaux méthaniers, des parcs éoliens,
voire des centrales photovoltaïques.
•
DES IMAGES ANALYSÉES
EN TEMPS RÉEL POUR
« LEVER LES DOUTES »
Aides à l’analyse d’image, logiciels
d’alerte sur smartphone ou tablette,
plate-forme d’aide à la décision…
autant d’outils qui permettent aux
entreprises d’améliorer l’efficacité
des rondes de leurs agents et aux
hommes de sécuriser leurs métiers.
La société francilienne Trackforce,
qui fabrique des solutions Web et
mobiles pour les professionnels de
la sécurité privée, a conçu un smart-
phone permettant à l’agent d’avoir
accès aux consignes du site à surveiller, aux plannings, à la gestion
des clefs, aux rondes, de faire ses
reportings. Il est doté d’un GPS et
d’un capteur qui détecte les signes
anormaux. Parmi les outils en
pleine explosion : les caméras thermiques, capables de déceler la
moindre anomalie sur une centaine de mètres, même pendant la
nuit, et de générer une alerte. « Elles
coûtaient 5.000 euros il y a quatre
ans, le prix a été divisé par deux »,
précise Servan Lépine, PDG d’Excelium, spécialisé dans les solutions
numériques.
L’ensemble des équipements
sont reliés à une interface qui prévient l’agent sur son smartphone ou
sur son PC de sécurité. Au cœur de
la chaîne, des algorithmes de plus
en plus puissants qui analysent les
images, et permettent la « levée de
doutes ». « Les algorithmes seront
capables d’analyses de plus en plus
fines : pour l’instant, on ne traite que
5 % des informations de risque données par les clients », décrit Servan
Lépine. Foxstream édite, lui, des
logiciels spécialisés dans l’analyse
vidéo. « La précision de notre outil
réside dans sa capacité à détecter le
maximum de dangers tout en évitant
les fausses alarmes », explique son
directeur, Jean-Baptiste Ducatez.
Un détail qui compte.
— M. K. et F. N.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 27
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
8,3
innovateurs
Théâtre : le projet
Huster abandonné
PACA Francis Huster, soixante-
dix ans, ancien professeur du
Cours Florent, ne fera pas son
école de théâtre à Nice. Le Théâtre de l’Artistique, en centre-ville,
d’une capacité de 140 places
ouvrira au printemps 2019 avec
des master class, puis un premier
cycle de cours-conférences par
des professionnels de l’art et du
patrimoine à la rentrée.
Sur les 8,3 millions de Français qui
aident un proche en perte d’autonomie, près de 5 millions exercent une
activité professionnelle, selon le
groupe de protection sociale
Malakoff Médéric. Cela représente
aujourd’hui 19 % des salariés, soit
10 % de plus qu’il y a dix ans. Résultat, 35 % de ces salariés ont dû prendre au moins une journée imprévue dans l’année. Pour autant, seuls
31 % des dirigeants peuvent estimer
le nombre de salariés aidants présents dans leur entreprise.
Bertrand Guay/AFP
MILLIONS DE FRANÇAIS AIDENT UN PROCHE
Truffle Capital débusque
le futur de la protection
solaire à Yale
Moyennant des efforts de communication et de packaging, les professionnels espèrent conquérir de
nouveaux marchés, notamment à
l’export, et repositionner leur produit. « Pauvre en calories, riche en
minéraux, partenaire de la flore
intestinale », etc. Ils souhaitent miser
sur les vertus de ce légume associé
dans les esprits au plat du même
nom particulièrement riche. « Il faut
faire connaître la choucroute comme
un légume “healthy”, puisque c’est la
mode », résume Thibert Rieffel, de la
choucrouterie du même nom.
GRAND EST
La choucroute d’Alsace
est désormais protégée
par une indication
géographique protégée
(IGP) européenne.
Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
Strict cahier des charges
Désormais, « on ne pourra produire
la choucroute d’Alsace qu’en Alsace et
la commercialiser partout », se
réjouit Sébastien Muller, président
de l’Association pour la valorisation
de la choucroute d’Alsace (Avca) et
PDG de la choucrouterie Le Pic.
Reste à répondre à un cahier des
Après un cru 2018
exceptionnel, « Les
Echos » et le portail
de statistiques Statista
publieront début 2019
un nouveau palmarès
des champions de la
croissance, sur la base
de la progression de
leur chiffre d’affaires
entre 2014 et 2017.
En faites-vous partie ?
Vous trouverez ci-dessous les modalités
d’inscription.
enTrePrenDre
Date de création : 2018
Président : Philippe Pouletty
Financement : 2 millions
Secteur : Medtech
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Gage de qualité
Désormais, « on ne pourra produire la choucroute d’Alsace
qu’en Alsace et la commercialiser partout », se réjouit le PDG
de la choucrouterie Le Pic. Photo Shutterstock
charges strict comprenant une
sélection des terrains et des variétés,
des contraintes de longueur ou de
blancheur des filaments et le respect
d’une liste d’ingrédients, dans des
proportions définies. Réunis au sein
de l’Avca, 48 producteurs et 11 choucroutiers vont s’y soumettre pour
une commercialisation sous cette
appellation, à partir de janvier 2019.
Ils représentent 95 % des 30.000 tonnes produites annuellement en
Alsace pour un chiffre d’affaires
estimé de 25 millions d’euros. « Tout
ce qui sera fait sur une parcelle va être
noté, analysé, contrôlé », détaille Laurent Heitz, producteur et représentant de la profession. Mais dans un
contexte de réduction progressive
des surfaces, passées de 600 à 500
hectares en dix ans, les professionnels espèrent inverser la tendance et
« faire vivre un maximum de producteurs sur ce produit ».
Troisième édition du palmarès
des champions de la croissance
BAROMÈTRE
LA TECHNOLOGIE
NANOSIVE
Le palmarès des champions de la
croissance, publié chaque année
par « Les Echos » et son partenaire
Statista, s’impose comme un baromètre essentiel du climat des affaires en France. Cette année comme
la précédente, les 500 entreprises
lauréates en ont tiré une visibilité
inédite auprès de leurs salariés,
clients, financiers et partenaires.
Elles partagent le même goût de la
performance, à savoir une augmentation de leur chiffre d’affaires de
presque 50 % en moyenne par an
sur les trois dernières années disponibles.
En 2018, ce sont deux experts de
la mobilité – Valeo et Chauffeur
Privé – qui avaient occupé le haut du
tableau. Les jeux pour 2019 restent
totalement ouverts. Si vous souhai-
tez communiquer sur le succès de
votre entreprise, et concourir à
notre palmarès, c’est le moment de
nous le faire savoir. Dès les prochaines semaines, « Les Echos » et Statista travailleront à l’élaboration
d’un nouveau classement, portant
sur la période 2014-2017. C’est
l’occasion, pour des entreprises qui
ne figuraient pas dans notre
Top 500 en 2018, d’obtenir la reconnaissance du travail accompli et
d’accroître leur notoriété. Et, pour
celles qui en faisaient déjà partie, de
démontrer qu’elles ne se sont pas
assoupies. Le nouveau palmarès
sera dévoilé le 8 février 2019, dans
un numéro spécial du magazine
« Les Echos Week-End », ainsi que
sur les sites Internet des « Echos »
et de Statista. n
Qui peut participer ?
Comment s’inscrire ?
Vous remplissez tous ces critères ? Inscrivez votre entreprise
ici sur le site de Statista avant le
19 octobre 2018 ! (https://fr.statista.com/page/les-championsde-la-croissance).
Rendez-vous le 8 février 2019
pour les résultats,
dans le magazine
des « Echos Week-end » !
Créée en 2013, Stilla Technologies développe
et commercialise des instruments d’analyse
génétique de haute précision, destinés aux laboratoires de recherche. « Nos produits ont des
applications dans tous les domaines de la biologie,
humaine, animale ou végétale », explique Rémi
Dangla, dirigeant et co-fondateur de l’activité.
« Ils permettent de détecter et de caractériser des
éléments génétiques rares dans un échantillon
biologique ». De quoi analyser, par exemple, des
molécules d’ADN tumoral présentes dans le sang d’un
patient atteint d’un cancer. « En pratique, il s’agit de
LE PARTENARIAT
SCULPTEO
Date de création : 2009
Directeur général :
Clément Moreau
Effectif : 50 personnes
Secteur : impression 3D
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
recueillir des informations détaillées sur la maladie, à
partir d’une simple prise de sang », ajoute-t-il. « Une
approche qui offrirait aux médecins la possibilité de
suivre leurs patients, sans faire appel à l’imagerie
médicale et sans recourir à des prélèvements invasifs,
tels que des biopsies ».
UN PROJET PLURIDISCIPLINAIRE
Si cette technologie prometteuse doit, à ce jour,
encore être validée par des essais cliniques
supplémentaires, elle pourrait, dans quelques
années, être déployée à une échelle plus large…
et révolutionner non seulement le diagnostic de
certaines pathologies, mais aussi leur traitement !
Un projet pluridisciplinaire qui mobilise aujourd’hui
une trentaine de collaborateurs aux profils résolument complémentaires. Et ce n’est que le début !
Domiciliée à Villejuif BioPark, pépinière d’entreprises
Entrepreneurs, la CCI Paris Ile-de-France vous accompagne dans le développement de votre entreprise : entreprises.cci-paris-idf.fr
gérée par la CCI Paris Ile-de-France, la jeune start-up
affiche, en effet, une croissance soutenue. « Depuis
notre arrivée en 2015, nos effectifs ont doublé chaque
année », précise Rémi Dangla. « À Villejuif BioPark
nous avons trouvé des locaux qui correspondent à
notre activité, tout en s’adaptant très facilement à
nos exigences en termes d’espaces ». Une flexibilité
qui, pour l’entrepreneur, représente un atout de taille.
« Nous avons pu évoluer d’une activité de services
vers une activité commerciale,
sans changer de bâtiment »,
conclut-il. « Que ce soit pour
les infrastructures mutualisées ou les espaces plus
étroitement liés à notre cœur
de métier, Villejuif BioPark a Rémi Dangla
toujours su répondre parfai- dirigeant et co-fondateur
de Stilla Technologie
tement à nos besoins ».
tion d’actifs dans des nanoparticules qui présentent des propriétés adhésives remarquables.
« Le marché le plus immédiat est
celui des protections solaires,
dans un contexte où les consommateurs réclament des produits
plus sûrs pour la peau, offrant un
haut degré de protection et une
meilleure tenue dans le temps »,
explique Philippe Pouletty,
directeur général de Truffle
Capital, dont le fonds a déjà
investi 2 millions d’euros pour
maturer cette technologie.
Il vient de créer Nanosive
pour exploiter le contrat de
licence exclusif et mondial négocié avec l’université de Yale. Truffle Capital en détient 80 % et le
solde est aux mains des inventeurs. La start-up, qui recrute
actuellement ses premiers salariés, sera basée à Marseille dans
le nouvel incubateur du groupe
cosmétique L’Occitane, baptisé
« Obratori ». Le marché est considérable : plusieurs dizaines de
milliards d’euros de crèmes
solaires sont vendues chaque
année. « Même 3 % de ce marché
devrait permettre à Nanosive
d’être une très belle biomedtech »,
anticipe Philippe Pouletty, qui
préside la start-up. D’autant
qu’elle devrait s’intéresser à
d’autres débouchés, comme la
prévention du cancer de la peau
ou celle des changements associés au photovieillissement. Les
premières applications sont
prévues d’ici à cinq ans. n
Sculpteo imprime
les maquettes en 3D
du promoteur Valoptim
Pour entrer en lice, il est impératif d’avoir affiché, au minimum, 100.000 euros de chiffre
d’affaires en 2014 et 1,5 million
d’euros en 2017 ; être une société
indépendante (ne pas être une
filiale ou une succursale) ; s’être
développé principalement par
croissance interne ; enfin, avoir
son siège en France. L’inscription est gratuite.
avec la
STILLA TECHNOLOGIES :
DES OUTILS INNOVANTS
AU SERVICE DE LA
RECHERCHE MÉDICALE
C’est le deuxième investissement
pour le nouveau fonds BioMedTech Crossover lancé par Truffle
Capital. Comme la précédente
opération – la création d’HoliStick Medical menée avec le
Massachusetts Institute of Technology et l’université Harvard –,
c’est aux Etats-Unis, à l’université
de Yale, que le capital-risqueur a
trouvé une nouvelle innovation
de rupture à porter sur le marché. La technologie a été développée dans les laboratoires du
professeur de génie chimique et
biomédical Mark Saltzman et du
directeur de programme au
département de dermatologie,
Michael Girardi. Elle consiste en
un procédé exclusif d’encapsula-
Chez Le Pic, où 4.000 à 5.000 tonnes
sont produites annuellement, l’IGP
est l’occasion d’une diversification
des deux marques, Le Pic et Frank.
Seule la première sera valorisée.
Pour l’heure, l’export ne dépasse pas
les 5 à 10 % des 4.000 à 5.000 tonnes
de production annuelle, mais la PME
espère faire mieux. Au sein de
l’Europe et en dehors. « Nous avons la
volonté de nous développer aux EtatsUnis, où l’IGP représente un référentiel », expose le PDG, Sébastien Muller. Gage de qualité, l’IGP conduira
naturellement à une revalorisation
des prix de cette « choucroute premium ». Hausse que l’Avca se refuse
pour l’heure à évaluer. n
DR
Ils auront attendu vingt ans. Les producteurs de choux à choucroute et
les professionnels transformant le
légume alsacien viennent enfin
d’obtenir l’IGP européenne attendue
depuis des années. C’est bien le
légume cru ou cuit, et le savoir-faire
alsacien employé pour sa préparation qui est ainsi protégé et pour
laquelle la filière espère une renaissance. Jusqu’ici, d’autres pays pouvaient être tentés de faire référence à
l’Alsace sur leurs produits.
DR
La choucroute d’Alsace mise sur son
IGP européenne pour se réinventer
La 3D est déjà entrée dans
l’immobilier avec les visites virtuelles, immersives, des appartements. Valoptim franchit un
nouveau seuil : il a choisi Sculpteo, le pionnier français de
l’impression 3D, pour proposer
aux acquéreurs de ses programmes neufs une maquette
ultra-réaliste de leur futur logement. « Les promoteurs trava i l l e n t b e a u c o u p s u r l e s
maquettes numériques, mais les
gens se projettent mieux dans des
maquettes physiques », estime
Clément Moreau, directeur
général et cofondateur de
Sculpteo. Quel bénéfice en
escompte Valoptim ? « Il s’agit
clairement d’avoir une démarche moderne et innovante vis-à-
vis de nos clients, qui se montrent
très agréablement surpris »,
explique Edouard Pellerin, son
président. Les deux partenaires
collaborent actuellement sur
deux programmes en cours de
commercialisation : Le Flambeau à Aubervilliers et la résidence Serena à Bagneux. Ces
maquettes sont réalisées par
Sculpteo en polyamide, par un
procédé de frittage laser, dans
son usine de Villejuif, en cinq
jours, dont deux pour la préparation du fichier numérique.
« Le coût est de l’ordre de 300 à
400 euros par lot et, évidemment, nous le prenons en charge
afin d’offrir à nos clients cette
matérialisation de leur achat »,
précise Edouard Pellerin. Chaque maquette est imprimée en
3D avec des meubles standardisés à l’échelle du programme.
Une expérience
extrapolable
« On apporte une valeur ajoutée
élevée avec le réemploi d’une technologie éprouvée dans l’aérospatial pour fabriquer des pièces
d’avion ou de fusée », souligne
Clément Moreau. Un saut du
monde des ingénieurs à l’univers des marketeurs : « La vraie
révolution est que l’on va pouvoir
réaliser un grand nombre de
maquettes dans un délai court et
à un coût attractif », estime le
directeur général de Sculpteo.
Une expérience extrapolable
« partout où on met de la réalité
augmentée, alors que la bonne
solution est peut-être la maquette
physique ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
LE TAUX AMÉRICAIN
À 30 ANS AU PLUS HAUT
DEPUIS QUATRE ANS
Les tensions sur les taux se sont
poursuivies vendredi après
le rapport mensuel sur l’emploi.
Le taux de chômage aux Etats-Unis
(3,7 %) n’a jamais été aussi faible
depuis 1969. Le rendement
des emprunts à 30 ans a grimpé à
3,405 %, un plus haut depuis quatre
ans. Il a dépassé le seuil considéré
comme critique par le roi des
obligations, Jeffrey Gundlach.
les
indices
Evasion fiscale : UBS et sa filiale
française devant les juges
l La banque suisse est poursuivie pour « démarchage bancaire illégal » et « blanchiment aggravé de fraude fiscale ».
l Historique, le procès s’ouvre ce lundi et l’établissement risque une amende de 5 milliards d’euros.
BANQUE
Valérie de Senneville
@VdeSenneville
avec Sharon Wajsbrot
Pour la première fois en France, une
grande banque internationale va
comparaître pour blanchiment de
fraude fiscale : à partir de ce lundi et
pendant cinq semaines, UBS AG et
sa filiale française vont devoir
répondre devant la 32e chambre du
tribunal de grande instance de Paris
aux questions des juges sur le vaste
système de démarchage mis en
place entre 2004 et 2012, afin que de
riches clients français ouvrent des
comptes en Suisse, à l’insu du fisc.
La banque suisse est poursuivie
pour « démarchage bancaire illégal », et « blanchiment aggravé de
fraude fiscale » ; sa filiale française
pour complicité de ces délits. Elle
risque une amende de 5 milliards
d’euros pour avoir participé à l’évasion de plus de 10 milliards d’euros.
Le procès intervient dans un contexte chargé pour le secteur bancaire, marqué par le scandale de
blanchiment de la banque danoise
Danske en Estonie.
Pour les juges, UBS AG aurait mis
en place un véritable « braconnage »
systématique de « prospects » fortunés. Les avoirs collectés étaient
répertoriés dans des « carnets du
lait ». Selon l’enquête, les nouveaux
clients étaient incités à ne pas déclarer les sommes placées en Suisse.
La banque conteste en bloc le système généralisé de démarchage et
la fraude fiscale. « Au terme d’une
procédure judiciaire qui a duré plus
de six ans, UBS aura enfin la possibilité de répondre aux allégations
souvent infondées », fait-elle savoir
aux « Echos ».
Questions prioritaires
de constitutionnalité
Pourtant, à deux reprises, la banque
privée a tenté de négocier une transaction avec la justice française
mais sans succès, contrairement à
HSBC qui a pu négocier avec le Par-
quet national financier (PNF) une
amende de 300 millions d’euros
pour des faits approchants.
Les avocats d’UBS vont tout faire
pour éviter à la banque d’être
confrontée aux juges : pas moins de
trois questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) devraient être
déposées ce lundi par la défense. Si
celles-ci étaient transmises par le
tribunal à la Cour de cassation,
l’audience s’arrêterait immédiatement, pour reprendre éventuellement après la décision de la Haute
Cour, voire ensuite du Conseil
constitutionnel, qui a trois mois
pour statuer.
Mais si l’audience va jusqu’au
bout, quel sera le sort d’UBS ? Une
La France peine à partager ses informations
financières avec la Suisse
Sur une trentaine de pays
qui devaient échanger des
renseignements financiers
avec la Suisse fin septembre, deux pays n’ont pas
joué le jeu : l’Australie et…
la France.
Thibaut Madelin
@ThibautMadelin
En Suisse, c’est un événement historique. Pour la première fois, son
administration fiscale, l’Administration fédérale des contributions
(AFC), a transmis les 29 et 30 septembre des renseignements à plusieurs dizaines de pays sur les
comptes détenus en 2017, en Suisse,
par des non-résidents. Une étape
préparée de longue date, qui marque la fin du secret bancaire et
l’aboutissement de négociations
difficiles avec ses partenaires.
Problème : sur les 28 pays de
l’Union européenne, auxquels
s’ajoutent neuf autres Etats et territoires, qui se sont engagés à échanger des renseignements avec la
Suisse, deux pays n’ont pas joué le
jeu : l’Australie et… la France. « Ces
Etats ne pouvaient pas encore livrer
leurs données à l’AFC pour des raisons techniques », a concédé l’AFC
vendredi. Berne a, du coup, refusé
d’envoyer à la France ses propres
informations. La France, où s’ouvre
ce lundi le procès UBS pour fraude
fiscale, a joué un rôle moteur dans
le Forum mondial de l’OCDE sur la
transparence et l’échange automatique de renseignements.
« Aujourd’hui marque la fin du
secret bancaire en Europe et, même
au-delà, se réjouissait l’ancien
ministre des Finances Michel Sapin
lors de la signature à Berlin de
l’accord multilatéral. C’est insupportable pour les citoyens qui paient
leur impôt d’en voir certains qui y
échappent. »
Périmètre de données
A Bercy, on explique ce retard à
l’allumage par « un volume d’inform a t i o n s à t ra n s m e t t r e p l u s
important cette année », en raison
notamment d’un périmètre de données plus large, avec l’inclusion de
l’assurance-vie, par exemple. « De
ce fait, la transmission de données de
la part de la France vers la Suisse
subit un léger retard, indique un porte-parole de la Direction générale
des finances publiques (DGFIP). Il
sera rattrapé dans les jours à venir. »
Des explications qui n’ont pas
l’air de convaincre Berne, parvenue
à rassembler des informations sur
2 millions de comptes auprès de
Les 29 et 30 septembre, pour la première fois, la Suisse a transmis
des renseignements à plusieurs dizaines de pays sur les comptes
détenus par des non-résidents. Photo Shutterstock
7.000 institutions financières
déclarantes, incluant banques,
trusts, assurances, etc. « Depuis la
loi du 1er janvier 2017, on se prépare à
cet échange de données, explique une
source proche de l’AFC. On s’est mis
d’accord avec les institutions
financières sur un standard d’information et on a inventé une solution
technique. »
Paris, qui a échangé des informations avec d’autres pays en 2017,
juge que Berne devrait lui envoyer
ses renseignements. « Le principe
de l’échange automatique veut
qu’aucun pays ne subordonne ses
envois à l’analyse préalable des informations émanant des autres pays,
affirme la DGFIP. L’administration
fiscale suisse n’a, dès lors, pas de raison de différer ses envois à la
France », ajoute-t-elle, constatant
qu’elle a procédé à des envois vers
d’autres pays. n
condamnation au pénal pourrait
avoir de graves conséquences
pour la banque. Quid, en particulier, du marché américain, où
Washington n’aime pas voir des
banques condamnées pénalement opérer sur son sol ? En
France, seules deux banques ont
déjà été condamnées pour des
affaires de blanchiment et de
fraude fiscale : la banque turque
Garanti, impliquée dans une
gigantesque fraude à la TVA sur
les quotas de CO2, s’est vu infliger
une amende de 13 millions d’euros
en 2017. L’année passée, la banque
lettone Rietumu, rouage clef de
l’affaire France Offshore, un vaste
système de blanchiment et d’évasion fiscale, a été condamnée à
80 millions d’euros d’amende.
(
Lire l’Enquête
Page 14
DÉCRYPTAGE // La crédibilité du parquet
national financier se joue également
au procès UBS.
Un enjeu aussi pour
la justice française
B
ien sûr, UBS joue gros dans
cette affaire. Mais ce qui va
se passer pendant
l’audience, et la décision qui sera
mise en délibéré, pourraient aussi
avoir d’importantes conséquences pour l’avenir de la justice
pénale française. UBS AG a été
parmi les premières à vouloir
négocier avec la justice. Dès le
début de l’affaire, en 2014, d’abord,
la banque suisse et sa filiale française tentent d’obtenir une « comparution sur reconnaissance
préalable de culpabilité » (CRPC).
Mais les échanges avec le parquet
vont tourner court car l’aveu
d’une culpabilité inhérent à cet
instrument juridique aurait été,
pour la banque, lourd de
conséquences sur le marché américain : coupable, elle aurait pu se
voir interdire le marché. Le chiffre de 75 millions d’euros avait
néanmoins été avancé.
En 2016, bingo. La loi Sapin II
introduit un nouvel outil de négociation. Inspirée du « deferred
prosecution agreement » (DPA)
américain, la « convention judiciaire d’intérêt public » (CJIP)
permet de négocier une amende
en reconnaissant les faits, mais
sans condamnation. Les pourparlers reprennent donc, avec le
Parquet national financier (PNF)
créé entre-temps. La loi prévoit
une amende calculée en fonction
des « avantages tirés » de l’infraction et « dans la limite de 30 % »
du chiffre d’affaires moyen
annuel des trois dernières
années. Problème : la banque
avait dû acquitter lors de sa mise
en examen une caution record de
1,1 milliard d’euros. Le PNF reste
donc braqué sur une négociation
à plus de 1 milliard difficilement
acceptable par UBS, qui s’était vu
infliger en 2009 aux Etats-Unis
une sanction de 780 millions de
dollars (570 millions d’euros).
Le pari du procès
Le parquet national financier
s’est-il montré trop gourmand ?
UBS a-t-il eu raison de maintenir
sa position et tenter le procès ?
C’est un pari. En 2017, HSBC Private Bank, poursuivie, elle aussi,
pour des faits de blanchiment de
fraude fiscale, a accepté de signer
une convention et déboursé
300 millions d’euros pour éviter
le procès. La décision du tribunal
dans l’affaire UBS sera déterminante sur l’avenir de la CJIP et la
crédibilité du PNF. Une décision
perçue comme laxiste pourrait
ne pas inciter les entreprises à
négocier avec le parquet. Or, les
juges français hésitent souvent à
infliger de lourdes amendes au
pénal. — V. de S.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
Unilever renonce à rapatrier son siège
de Londres à Rotterdam
britanniques, voire dans les seules
valeurs de l’indice, à céder leurs
titres contre leur gré. A l’image
de Royal London Asset Management (0,7 % du capital), qui s’était
prononcé mercredi contre le
transfert du siège. L’erreur d’appréciation commise par le directeur
général d’Unilever, Paul Polman,
pourrait accélérer le calendrier de
son départ, déjà annoncé.
BREXIT
Devant la bronca
des actionnaires
britanniques,
le conseil d’administration du géant
anglo-néerlandais
a fait machine arrière.
Du baume au cœur
Enrique Moreira
@EnriqueMoreira
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
et Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
Face à la levée de boucliers de ses
actionnaires, Unilever a finalement
fait machine arrière. Le géant
anglo-néerlandais de l’agroalimentaire et des produits d’hygiène ne
rapatriera pas son siège de Londres
à Rotterdam, comme il en avait
l’intention.
Depuis près d’une décennie, Unilever (Dove, Axe, Marmite, Ben &
Jerry’s…) dispose d’une présence
juridique à la fois au Royaume-Uni
et aux Pays-Bas. Mais le conseil
d’administration avait annoncé, en
mars, un projet visant à regrouper
les deux sièges en une seule entité
juridique à Rotterdam. Une
manière, selon le conseil d’administration, de « générer de la valeur
Le maintien du siège londonien d’Unilever (53,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017)
est une bonne nouvelle pour la Première ministre britannique. Photo Justin Tallis/AFP
pour les actionnaires ». En simplifiant l’organisation, bien sûr, mais
aussi en se protégeant mieux des
risques d’OPA (la législation
néerlandaise étant réputée plus
protectrice), et en permettant à ses
actionnaires de payer moins
d’impôts (la taxation des dividendes devant être abolie par La Haye
d’ici à 2020). Le tout, sans incidence
sur l’emploi ni abandon de la triple
cotation, à Londres, Amsterdam et
New York.
Sortie du Footsie
« Nous estimons qu’il est approprié
de retirer notre proposition », a
reconnu vendredi le conseil d’administration, dans un communiqué
où il explique ne pas avoir reçu le
soutien d’« un groupe important
d’actionnaires ». Plusieurs actionnaires influents avaient en effet
prévu de voter contre le projet à
l’assemblée générale. Pour eux, le
titre Unilever était ainsi condamné à
sortir de l’indice vedette britannique FTSE 100. Ce qui aurait
contraint ceux dont le mandat se
limitait à investir dans les actions
La décision, éminemment symbolique dans le contexte actuel, devrait
mettre du baume au cœur de
Theresa May, alors que son gouvernement se démène pour retenir au
Royaume-Uni les entreprises qui
seraient tentées de transférer des
équipes à l’étranger devant les
incertitudes liées au Brexit. Même
si la multinationale répète à l’envi
que le Brexit n’a rien à voir à l’affaire,
le maintien du siège londonien
d’une des plus grosses multinationales de la planète (53,7 milliards
d’euros de chiffre d’affaires en 2017)
est évidemment une bonne nouvelle pour la Première ministre.
C’est, à l’inverse, un camouflet
pour le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, dont le gouvernement tente d’attirer les entreprises
britanniques. Il a annoncé vendredi
qu’il allait « reconsidérer » son projet
de suppression de la taxe sur les dividendes, qui avait été montré du doigt
comme un cadeau aux actionnaires
des grands groupes, et que le gouvernement justifiait par sa volonté
d’améliorer l’attractivité. « Le Brexit a
certainement joué un rôle, au moment
où des pressions sont exercées pour
que les entreprises restent au Royaume-Uni », estimait le porte-parole de
la VNO-NCW, la confédération néerlandaise des grandes entreprises.
« Cette simplification était une bonne
idée qui, entre autres, aurait facilité de
futures acquisitions », regrettait de
son côté l’association des petits
actionnaires VEB.
Les choses ne devraient pas en rester là pour autant. « Le conseil
d’administration continue de croire
que la simplification de notre structure à deux têtes offrirait, à terme, des
opportunités d’accélération de la création de valeur », a averti le président
d’Unilever, Marijn Dekkers. La multinationale devrait ainsi « formuler
une nouvelle proposition » à ses
actionnaires, après avoir « continué
d’étudier les différentes options dont
elle dispose pour simplifier sa structure juridique », décryptent les analystes d’UBS.
Sa volonté de « poursuivre son
plan d’annulation des actions préférentielles » est un point positif, estiment-ils. « Cela permettra de renforcer la gouvernance d’entreprise du
groupe. » Et peut-être de s’éviter, à
l’avenir, un tel rétropédalage.
(
Lire « Crible »
Page 38
Pourquoi les investisseurs internationaux aiment à nouveau Total
BOURSE
La compagnie pétrolière française est
appréciée des investisseurs, en raison de son
potentiel de croissance
de production et
bénéficie de la remontée des cours du brut.
Vincent Collen
@VincentCollen
Si Total caracole au sommet du
CAC 40, c’est d’abord, bien sûr,
parce que les cours du pétrole sont
remontés en flèche ces derniers
mois. Le baril de brent de la mer du
Nord s’échange aux alentours de
85 dollars, soit 50 % de plus qu’il y a
un an.
La major française a réduit ses
coûts et ses investissements de
façon drastique lorsque les cours se
sont effondrés, en 2015 et 2016, et n’a
pas desserré la ceinture depuis.
Les analystes à l’achat
En conséquence, elle encaisse à
plein les bénéfices de la remontée
des cours depuis le début de l’année.
Le bénéfice net devrait progresser
de près de 30 % sur l’exercice 2018,
prévoient en moyenne les analystes. Mais Total fait mieux en Bourse,
depuis le début de l’année, que la
plupart de ses grands concurrents
comme Shell et BP en Europe ou
ExxonMobil aux Etats-Unis. La
grande majorité des analystes
(22 sur 31) sont à l’achat sur la
valeur, tandis que sept ont un avis
neutre et deux seulement recommandent de vendre. L’objectif de
cours moyen, tel que compilé par
Bloomberg, est légèrement supérieur à 61 euros, offrant un potentiel
d’appréciation d’environ 9 % par
rapport au cours actuel.
Les investisseurs apprécient les
perspectives de croissance qu’offre
Total à court terme. La production
de pétrole et de gaz du groupe français devrait progresser de 6 % par an
d’ici à 2020, aidée par les acquisitions comme celle du danois
Maersk Oil.
Dividendes et rachats
d’actions
Aucune autre des huit plus grandes
compagnies internationales ne fait
aussi bien, relèvent les analystes de
HSBC. « La communauté financière
apprécie que Total ait poursuivi son
effort d’investissement pendant une
période difficile et que le groupe ait su
saisir des opportunités à des prix intéressants comme Maersk Oil, estime
Sandrine Cauvin, analyste gérante
chez Otea Capital. Il présente
aujourd’hui un portefeuille diversifié
dans le pétrole, le gaz et l’électricité et
un bon équilibre géographique. »
Autre attrait de la valeur, les dividendes et les rachats d’actions.
Total s’est déjà engagé à restituer
5 milliards de dollars à ses actionnaires. Tout le cash-flow excédentaire dégagé lorsque le baril est audessus de 60 dollars « pourra être
utilisé pour le désendettement ou des
rachats d’actions supplémentaires »,
écrivent les analystes de HSBC, qui
s’attendent à des annonces du PDG
Patrick Pouyanné sur ce point lors
de la présentation des résultats
annuels en février.
« A ce moment du cycle, il est
très important que les majors
tiennent un discours stratégique
constant », estiment les analystes
d’UBS, qui apprécient que le
management de Total continue à
mettre l’accent sur « la réduction
des coûts, la génération de cash, la
réduction de la dette et la redistribution aux actionnaires », même
dans un environnement plus
favorable. Certains analystes
voient toutefois peu de potentiel
pour la valeur après la hausse
récente du titre. Royal Bank of
Canada juge ainsi que certains
de ses concurrents présentent
un meilleur potentiel d’apprécia tion de leurs ma rges que
Total. n
Le siège de Total à la Défense. Le groupe pétrolier fait mieux en Bourse, depuis le début de l’année,
que la plupart de ses grands concurrents comme Shell et BP. Photo Christophe Simon/AFP
Le groupe pétrolier au sommet du CAC 40
Bien orienté en Bourse
depuis janvier, Total affiche
une capitalisation frôlant
les 150 milliards d’euros.
Le titre gagne près
de 20 % depuis le début
de l’année.
Pierrick Fay
@pierrickfay
C’était dans l’air du temps depuis
quelques semaines. Total est redevenu la plus grosse capitalisation de
la Bourse de Paris, avec une valeur
boursière d’un peu plus de 147 milliards d’euros, selon les chiffres
d’Euronext. La traduction de la
belle progression de la compagnie
pétrolière depuis son plus bas
atteint en février 2016 (+56 %)
Le pétrolier a ravi la première
place à LVMH (propriétaire des
Echos), valorisé à 144,5 milliards
d’euros. Depuis un an et demi, les
deux valeurs sont au coude-àcoude au sommet du CAC 40 .
LVMH est passé devant Total du
3 au 5 mai 2017 puis de nouveau le
2 juin de la même année, avant que
le pétrolier ne se hisse devant le
groupe de luxe pour une séance le
5 août. En 2018, Total était déjà
passé devant LVMH en janvier puis
en mars, la capitalisation des deux
groupes restant toujours proche.
Le chemin parcouru ces derniers
mois par ces deux poids lourds de la
Bourse depuis le printemps 2017 est
spectaculaire, puisqu’à l’époque, les
deux valeurs pesaient autour de 117
milliards d’euros.
Guerre commerciale
et tensions chinoises
La journée de jeudi a été déterminante pour le podium du CAC 40
(complété par L’Oréal, 113 milliards
d’euros en Bourse). L’action LVMH
a reculé de 14,80 euros (–4,89 %), ce
qui a effacé près de 7,5 milliards de
capitalisation. En cause, la publication d’une note de Bryan Garnier
qui a fait décrocher les valeurs du
luxe. L’analyste juge en effet probable un ralentissement de la
croissance organique du secteur en
raison des incertitudes sur le marché chinois.
Une crainte partagée par une
partie des investisseurs, même si
l’analyste reste optimiste sur les
perspectives de long terme du secteur. L’évolution du titre est aussi
liée à la remontée des taux d’intérêt
sur le marché obligataire en
Europe, qui a profité plutôt aux
valeurs financières et cycliques. De
fait, les valeurs du luxe ne progressent plus en Bourse depuis le début
de l’été.
Après son record du 21 mai dernier, l’action du propriétaire de
Louis Vuitton a ainsi perdu près de
8 %, dans un contexte où les tensions commerciales entre la Chine
et les Etats-Unis ont pris de
l’ampleur. Ces tensions pourraient
peser sur la croissance chinoise,
mais aussi sur le moral des
consommateurs et donc sur les
dépenses des touristes locaux.
« Une rumeur, démentie par Pékin,
évoquant la perspective d’une limitation autoritaire des entrées sur le territoire chinois de produits de luxe
achetés par les touristes chinois à
l’international », expliquerait aussi,
selon Invest Securities, les prises de
bénéfices subies par le secteur le
plus porteur de la Bourse de Paris
depuis deux ans. « Au vu du poids
des consommateurs chinois dans les
ventes des groupes de luxe, la situation doit être considérée avec
prudence », avance l’analyste de
Bryan Garnier.
Le statu quo boursier profite donc
à Total, dont l’action gagne près de
20 % depuis le début de l’année,
contre +16,5 % pour LVMH. Total a,
d’ailleurs, inscrit le 1er octobre son
plus haut niveau depuis fin mai
2008. Le titre profite d’un environnement redevenu favorable
pour les groupes énergétiques avec
le retour du prix du pétrole autour
de 85 dollars.
Au premier semestre, Total, restructuré et allégé après le choc
pétrolier de 2014, a retrouvé son statut de plus gros contributeur au
profit du CAC 40 avec un bénéfice
net de 5,25 milliards d’euros.
Depuis l’an 2000, Total n’avait
auparavant abandonné la première marche du p o dium du
CAC 40 qu’à trois autres groupes :
Orange, EDF et Sanofi. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
BNP Paribas envisage de céder
en partie sa pépite indienne
ASSURANCE
La banque de la rue
d’Antin réfléchit
à céder une part de
sa participation
de 22 % dans SBI Life,
valorisée près
de 2 milliards d’euros.
La pression
monte sur
les rémunérations
des hedge funds
FONDS
Dix ans après
la crise, le secteur
alternatif est sous
pression de la part
des investisseurs
pour diminuer
ses frais et compenser la baisse
des performances.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
Réflexion indienne pour BNP Paribas. Le groupe bancaire français
réfléchit à céder une partie des 22 %
qu’il détient encore dans SBI Life
Insurance. Cet assureur indien a été
créé en 2001 au travers d’un partenariat entre la State Bank of India (SBI)
– la plus grande banque du pays avec
420 millions de clients – et BNP Paribas Cardif, la filiale de BNP Paribas
dédiée à l’assurance. Seize ans plus
tard, à l’automne 2017, les deux partenaires ont introduit l’assureur à la
Bourse de Bombay. Cardif avait
alors pu céder 4 % du capital, de quoi
lui rapporter alors une coquette
somme de 326 millions d’euros.
Désormais, le groupe est prêt à
aller plus loin. « BNP Paribas Cardif
pourrait réduire sa participation
dans SBI Life dans les prochains trimestres, a-t-il déclaré la semaine
dernière après l’assemblée générale de la compagnie indienne.
Aucune décision n’a été prise concernant la taille, le calendrier ou la
nature d’une telle réduction de participation. »
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
A l’automne 2017, les deux partenaires, la State Bank of India et BNP Paribas Cardif, ont introduit SBI
Live à la Bourse de Bombay. Cardif avait alors pu céder 4 % du capital. Photo Dhiraj Singh/Bloomberg
« BNP Paribas
Cardif pourrait
réduire
sa participation
dans SBI Life
dans les prochains
trimestres. »
BNP PARIBAS
Selon un média indien, Cardif
aurait mandaté trois banques
d’investissement pour l’aider à
céder en partie sa participation dans
SBI Life. « Ils cherchent à céder entre
5 et 6 % ce qui au cours actuel signifierait une vente d’environ 500 millions
de dollars », rapporte une source
citée par le quotidien « Mint ».
Partenariat intact
Sur le principe, cet allégement pourrait bien avoir lieu puisque la réglementation boursière indienne exige
que le capital flottant d’une entreprise cotée soit d’au moins 25 %. Or,
pour le moment, le flottant n’est que
de 15,9 %. Outre la part de 22 % détenue par Cardif, le solde revient à SBI.
L’enjeu financier est loin d’être anodin pour BNP Paribas, qui évalue sa
participation totale à 2 milliards
d’euros, sur la base du cours d’introduction en octobre 2017. Le cours
ANNLEGALWK
75 • PARIS
SOCIETE
12121779 – LE PUBLICATEUR LEGAL
HABITAT RIVES DE PARIS
Société coopérative de caution mutuelle
à capital variable
régie par les articles L 515-4 et suivants
du Code monétaire et
financier et l’ensemble des textes relatifs
au Cautionnement mutuel et aux
établissements de crédit
429 903 362 RCS PARIS
Siège social :
76-78, avenue de France
75013 PARIS Cedex 13
Avis de convocation
Assemblée générale mixte du
22 octobre 2018
Les sociétaires de la société HABITAT
RIVES DE PARIS sont convoqués en assemblée générale mixte, laquelle se tiendra, sur première convocation, le 22 octobre 2018 à 17h00, dans les locaux de
la BANQUE POPULAIRE RIVES DE PARIS, 76-78, avenue de France 75204 PARIS Cedex 13, à l’effet de délibérer sur
l’ordre du jour suivant (tout sociétaire a
la faculté de se faire adresser une formule de procuration sur simple demande
écrite au siège de la société HABITAT
RIVES DE PARIS) :
ORDRE DU JOUR
Ordre du jour de l’assemblée générale
ordinaire
- Ratification de la cooptation d’un administrateur,
Ordre du jour de la compétence de
l’assemblée générale extraordinaire
- Modifications liées au statut de société de financement et à la gouvernance
de ces sociétés au regard du Code monétaire et financier,
- Suppression de certains articles ou
mentions obsolètes,
Prise en compte des dispositions de la
loi du 31 juillet 2014 relative à l’Economie
Sociale et Solidaire dite ESS et réécriture
ou réorganisation de certaines clauses
afin d’améliorer la lisibilité des statuts et
le fonctionnement de la société,
- Renumérotation des articles consécutive aux adjonctions effectuées et
adoption de l’ensemble du texte des statuts,
- Pouvoirs.
Le conseil d’administration
12121831 – LE PUBLICATEUR LEGAL
Additif à l’annonce parue dans Le Publicateur Légal du 18/9/2018, concernant
la SNC ATLAND BUFFON (528 512 007
RCS PARIS), il y a lieu de lire : sont nommés associés en nom à l’issue des cessions de parts sociales intervenues en
date du 12/9/2018 :
- la SAS ATLAND DEVELOPPEMENT
sise 10, avenue George V 75008 Paris
immatriculée sous le nº 382 561 249 RCS
PARIS
- la SAS FIDEI INVEST sise 8, rue Halifax 94340 JOINVILLE-LE-PONT immatriculée sous le nº 801 782 756 RCS
CRETEIL
- la SAS GAIA INVEST sise 19, rue
Mousset Robert 75012 PARIS immatriculée sous le nº 801 527 250 RCS PARIS
- la SAS LUMA INVESTISSEMENTS
sise 1, rue Alfred Laurant 92100 BOULOGNE-BILLANCOURT immatriculée
sous le nº 801 677 444 RCS NANTERRE
- la SARL ALTERNIMMO sise 6, rue
de la Flume 35520 LA MEZIERE imma-
s’est toutefois replié depuis 20 %.
« BNP Paribas Cardif a été associé à
SBI Life depuis dix-sept ans et continuera dans le futur », a insisté le
patron de Cardif, Renaud
Dumora. L’assureur indien a dégagé
un résultat après impôt de 11,5 milliards de roupies (environ 135 millions d’euros) en 2018 (exercice clos
en mars) en hausse de 21 % sur un an.
L’Inde reste un maillon important dans le dispositif de BNP Paribas. En 2017, le groupe bancaire y
employait 8.430 personnes et y a
dégagé un résultat courant avant
impôts de 162 millions d’euros. Fin
2016, le groupe avait en outre acquis
à 100 % le troisième courtier en
ligne du sous-continent. n
en bref
triculée au RCS de RENNES sous le numéro 799 084 413
- la SAS CCR INVEST sise 159, avenue de Versailles 75016 PARIS immatriculée sous le nº 808 422 026 RCS PARIS
- la SAS CONSEIL EN INVESTISSEMENT sise 211, avenue Daumesnil
75012 PARIS immatriculée sous le
nº 493 372 346 RCS PARIS
- la SAS ECLA sise 26, rue Rivay
92300 LEVALLOIS-PERRET immatriculée sous le nº 811 021 252 RCS NANTERRE
- la SAS MC INVEST sise 5, rue Jouffroy d’Abbans 75017 PARIS immatriculée sous le nº 842 399 446 RCS PARIS
- la SARL SILVERSTONE CONSEIL
sise 37, rue du Château 92100 BOULOGNE-BILLANCOURT immatriculée sous
le nº 820 462 174 RCS NANTERRE.
Pékin desserre
la pression
sur les banques
BANQUE La banque centrale
chinoise (PBOC) a annoncé
dimanche une réduction
d’un point de pourcentage du
taux des réserves obligatoires des banques p our les
encourager à accorder
davantage de crédits et abaisser les coûts de financement
des entreprises, confrontées
à la guerre commerciale avec
les Etats-Unis. Ces réserves
obligatoires – actuellement
de 15,5 % pour les grandes
banques – seront réduites de
100 points de base à partir du
15 octobre. Cette quatrième
baisse permettra d’injecter
109,2 milliards de dollars de
liquidités supplémentaires
net dans le système bancaire
chinois, a expliqué la banque
centrale.
Riyad relance
l’IPO d’Aramco
BOURSE Le prince héritier
saoudien Mohammed ben
Salmane a relancé le sujet
concernant une entrée en
B ourse du géant Aramco.
Dans une interview à Bloomb e rg , i l a f a i t s avo i r q u’ i l
envisageait une opération
entre fin 2020 et début 2021.
Initialement prévue en 2018,
l’introduction en Bourse du
groupe a été sans cesse
repoussée. Le marché a
d’ailleurs arrêté d’y croire. Le
prince l’avait présenté comme
un pilier de son plan de transformation de l’économie, du
temps où les cours pétroliers
étaient beaucoup plus faibles.
Il vise toujours une valorisation record de 2.000 milliards
d’euros et la cession de 5 % de
la compagnie.
« Il y a aujourd’hui une pression
énorme sur le niveau des commissions perçues par les hedge
funds », constate Andrew Beer,
un vétéran du monde alternatif
qui a commencé sa carrière en
1994 chez Baupost, le célèbre
hedge fund fondé en 1982 par
Seth Klarman. Aujourd’hui, il
gère près de 31 milliards de dollars, soit le 9e rang des fonds
alternatifs américains. Tout le
secteur est touché et même les
grands noms doivent consentir
à abaisser leurs rémunérations
pour conserver ou attirer des
clients. « Des grands hedge funds
qui ont perdu des capitaux ont
préféré se convertir en family
office (sociétés d’investissements
familiales) plutôt que de réduire
les frais qu’ils prélèvent aux
investisseurs », relève-t-il.
Entre 2000 et 2007, les fonds
prélevaient 2 % de la valeur des
actifs, et 20 % des profits générés, et certains jusqu’à 30 %
voire 50 % (Renaissance, Sac
capital). Aujourd’hui, le rapport
de force s’est inversé et les
clients peuvent plus facilement
dicter leurs conditions. Le
niveau des commissions assises sur la performance est de
l’ordre de 17 %, et les frais de gestion de 1,5 % selon Hedge Fund
Research. Pour les deux tiers
des institutionnels, les hedge
funds vont devoir poursuivre
leurs efforts entamés depuis
deux ans et encore baisser leurs
niveaux de rémunération cette
année, d’après le consultant
Preqin. Trop de fonds ont en
effet prélevé des commissions
sans lien véritable avec leur
valeur ajoutée.
Les fonds souverains (Chine,
Koweït, Abou Dhabi…) qui
investissent dans des hedge
funds, peuvent obtenir des frais
moins élevés, en contrepartie de
l’engagement de rester longtemps investi dans les fonds.
Cela permet à ces derniers
d’obtenir une base de clients stable. Le niveau trop élevé des
commissions du secteur profite
notamment à des sociétés alternatives comme AQR de Clifford
Asness, le « Vanguard des fonds
alternatifs » (il gère une centaine de milliards sur les hedge
funds sur un total de 200 mill i a r d s) o u D y n a m i c B e t a
d’Andrew Beer, qui proposent
des stratégies alternatives à prix
cassé. « Depuis la crise, nous
avons assisté, à un transfert de
pouvoir des fonds de fonds (fonds
qui gèrent un portefeuille de
hedge funds) vers les consultants.
Beaucoup de fonds ont disparu
depuis la crise ou ont fusionné »,
poursuit le gérant. Le plus
grand d’entre eux, Blackstone,
est réputé très agressif sur les
frais des gérants dans lesquels il
investit, compte tenu de sa taille
(75 milliards de dollars). Il peut
retirer son argent à un fonds
aussi vite qu’il le lui a confié, en
fonction de ses vues de marché.
Dans cet environnement très
concurrentiel, les nouveaux
petits fonds sans gérant de référence renommé ont bien du mal
à collecter des capitaux, à moins
d’être sur une stratégie très originale. Le nombre de lancements de nouveaux fonds au
deuxième trimestre, 148, a ainsi
été à son plus bas niveau depuis
le premier trimestre 2009, selon
Hedge Fund Research.
Activisme tape-à-l’œil
Les grandes stratégies alternatives emblématiques n’ont pas
contribué à redorer le blason
des hedge funds. « L’activisme
est bien plus difficile aujourd’hui
que dans les années 1990 et 2000,
car les sociétés cotées sont plutôt
bien gérées et les activistes ont de
plus faibles marges pour créer de
la valeur. La plupart d’entre eux
ne génèrent pas de rendement
ajusté du risque significatif sur
de longues périodes et leurs commissions sont trop élevées »,
estime Andrew Beer. Les sociétés d’investissement familiales,
« family offices », ont tendance
à piocher leurs idées d’investissements chez les activistes, ce
qui banalise la stratégie et
réduit son intérêt.
Trop de fonds
ont prélevé des
commissions sans
lien véritable avec
leur valeur ajoutée.
« Les rendements des fonds
global macro ont été décevants
depuis la crise. Certains fonds
ont gagné de l’argent sur certains
marchés, mais en ont perdu sur
d’autres. Pour délivrer des rendements élevés, 10 % à 12 % au-dessus du Libor et avant frais, ils doivent prendre beaucoup de
risques, et ils ne veulent pas le
faire de peur de mettre en danger
leur fonds. » En outre, les tendances sur les marchés sont
devenues moins marquées et
sujettes à d’incessants revirements. Cela complique la tâche
des fonds Commodity Trading
Advisors (CTA), qui tentent de
surfer sur ces mouvements. n
Andrew Beer, vétéran du monde alternatif, a commencé
sa carrière en 1994 chez Baupost. Aujourd’hui, il gère près
de 31 milliards de dollars. Photo DR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
La BCE inaugure les visites
de terrain
LA SÉANCE DU 05 OCTOBRE 2018
l Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE, s’est rendu en Eure-et-Loir
où il a visité une usine et échangé avec des lycéens.
l Une initiative destinée à rapprocher la banque centrale de l’économie « réelle ».
Semaine
tendue pour
la Bourse
de Paris
BANQUE CENTRALE
Isabelle Couet
@icouet
vedette de la Bourse
•d eL’indice
Paris a terminé sur
Il est à peine 8 heures quand le TGV
entre en gare de Vendôme-Villierssur-Loir. A son bord, un visiteur
inhabituel : Benoît Cœuré, membre
du directoire de la Banque centrale
européenne (BCE). Le Français a
quitté sa tour à Francfort pour inaugurer un nouveau mode de communication. Objectif : rapprocher
la BCE de l’économie « réelle ».
« Depuis la crise, la BCE ne s’intéresse plus seulement aux perform a n c e s m a c ro - é c o n o m i q u e s
moyennes de la zone euro. Par exemple, elle regarde aussi le marché du
travail qui, malgré son dynamisme
d’ensemble, reste fragmenté. » Voilà
pourquoi le banquier central veut
se frotter au terrain.
Direction Cloyes-les-Trois-Rivières. Une usine flambant neuf se
dresse au milieu des champs couverts de brume. Vorwerk Semco,
célèbre pour ses robots culinaires
Thermomix, fait la fierté de la
ville et de la région. C'est cette
entreprise allemande, dont le
siège se trouve à Wuppertal, qui a
attiré l'attention de la BCE sur ce
coin du territoire. Son patron,
Reiner Strecker, s'est engagé dans
le débat présidentiel français de
2017. Il a défendu l'Europe et
l'ouverture des frontières. L’usine
de Cloyes emploie 330 personnes,
produit chaque jour jusqu'à 6.000
unités et dépend fortement de
l'export. Vorwerk importe aussi
une part importante de composants, notamment de l’électronique japonais ou taïwanais. Le
protectionnisme est donc la bête
noire de Reiner Strecker.
« Pour bien estimer l’impact d’une
guerre commerciale, nous avons
besoin de comprendre les chaînes de
valeur, c’est-à-dire de déterminer ce
qui, dans la composition d’un produit, vient d’Europe ou du reste du
monde », explique l’homme de la
BCE aux employés. Un autre enjeu
le préoccupe : le pillage technologique. « L’Europe doit se montrer plus
ferme envers la Chine en matière de
protection de la propriété intellectuelle. » Avec ses brevets, Vorwerck
est concerné au premier chef.
Reiner Strecker guide Benoît
Cœuré le long de la chaîne de mon-
Benoît Cœuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, visite l’usine Thermomix
de Cloyes-les-Trois Rivières (Eure-et-Loir). Photo Giulia Carbonaro/BCE
tage. Les ouvriers, beaucoup de
femmes, côtoient d'impressionnants robots aux mouvements
saccadés, enfermés dans des
cages. Le cycle de production dure
42 secondes pour chacune des
trois lignes. Les pièces en plastique
sont produites sur place, grâce à
des presses gigantesques qui coûtent des millions d’euros. Ces
monstres d’acier transforment des
granulats en coques blanches
immaculées. Un parfum de plastique chaud flotte dans l'atelier
d'injection.
Changement de décor. Benoît
Cœuré arrive sur le campus Les
Champs du possible à Châteaudun.
« L’Hymne à la joie » de Beethoven
retentit. Des lycéens forment une
haie d’honneur. Le député Philippe
Vigier et le proviseur du lycée agricole Nermont reçoivent le ban-
« La Banque
centrale
européenne,
à Francfort, est loin
du monde réel. »
BENOÎT CŒURÉ
Membre du directoire
de la BCE
quier central comme un chef
d’Etat. Benoît Cœuré grimpe sur
l’estrade devant une salle comble.
L’exercice lui plaît. Sur son temps
libre, le polytechnicien s’exprime
régulièrement devant des classes
du lycée Bergson dans le 19e arrondissement de Paris. Il réussit
l’exploit de parler sans acronyme ni
anglicisme !
« Euro irréversible »
« La BCE, à Francfort, est loin du
monde réel », confesse-t-il devant
les élèves du pays dunois, avant
d’expliquer l’action de l’institution
et les outils utilisés pendant la crise
pour relancer le crédit. « Ça a très
bien marché, les prêts progressent à
nouveau partout dans la zone
euro. » Les élèves le pressent de
questions sur la solidité de la zone
euro, à l’heure du Brexit et du populisme. « Les traités rendent l’euro
irréversible et les sondages nous
montrent l’attachement des citoyens
à l’euro. » Baptiste, en 2e année de
BTS, l’interroge sur ses craintes.
« Je suis un peu payé pour
m’inquiéter », plaisante Benoît
Cœuré. « Je dois envisager les scénarios à risque et, en même temps,
mon rôle de banquier central consiste à créer de la confiance. »
Etre ici devant des élèves est précisément un moyen de susciter la
confiance. Le Français le plus gradé
Une tradition chez les Anglo-Saxons
Contrairement à la BCE
qui pilote la politique
monétaire de 19 Etats,
la Fed et la BoE sont par
définition plus proches
des citoyens.
« Nous, régulateurs, sommes inondés
de données de toute sorte, que nous
décortiquons jour après jour. Il est
très important de regarder ce qu’il y a
sous les chiffres et de mettre un visage
sur nos statistiques », confessa un
jour le patron de la Fed, Alan
Greenspan. Une révélation pour cet
homme qui adorait lire des rapports
arides. Traverser les quartiers pauvres de Los Angeles modifia un peu
sa perception du métier de banquier
central. Les dirigeants des institutions monétaires anglo-saxonnes
sont rompus à l’exercice. Le terrain
fait partie de leurs missions.
C’est de bon cœur que Janet Yellen, qui a dirigé la Fed de 2014 à 2018,
a multiplié les visites sur le territoire américain. « L’une des mis-
sions que le Congrès assigne à la
Réserve fédérale est d’aider le pays à
atteindre un niveau d’emploi maximum », a-t-elle souligné lors d’un
déplacement dans un centre technologique à Cleveland, dans l’Ohio,
l’an dernier.
Le mandat de la Fed
se caractérise par
la stabilité des prix,
mais aussi par
le plein-emploi.
Dialoguer avec les entreprises,
les travailleurs, les étudiants et
lycéens, répond au double mandat
de la Fed, qui se caractérise non seulement par la stabilité des prix mais
aussi par le plein-emploi. Une spécificité américaine.
La Banque d’Angleterre, créée en
1694 avec pour mission de « promouvoir le bien du peuple » – ce qui
se traduit par un objectif de stabilité
monétaire et financière –, joue aussi
la carte de la proximité. Ambassadeur de talent, Mervyn King a pris
l’engagement de se déplacer dans
les différentes régions du Royaume-Uni.
Positions alarmistes
Le banquier a sillonné le territoire, visitant un jour une usine
de pompes à bateaux en Irlande
du Nord, l’autre une manufacture
textile dans le Yorkshire. Son succ e s s e u r, l e C a n a d i e n M a r k
Carney n’a pas abandonné cette
coutume. Mais ses positions alarmistes sur le Brexit, mal perçues
par de nombreux Britanniques,
rendent sa tâche plus difficile. Il
doit redoubler d’efforts pour
rétablir la confiance dans la Banque d’Angleterre et faire oublier
sa proximité avec la City. Mark
Carney a longuement dialogué
avec des lycéens de Liverpool en
novembre dernier. — I. Co.
de la BCE fait en outre preuve d’une
étonnante sincérité. « Les traités
nous protègent des influences politiques, mais il y a des conflits d’intérêt
plus insidieux, qui peuvent être liés
par exemple à une proximité trop
grande avec les milieux financiers. »
La parade ? « La transparence »,
répond-il. Il est de ceux qui ont
contribué aux progrès de l’institution en la matière. La BCE essaie
désormais d’inciter les banques
centrales nationales de la zone euro
à suivre le même chemin.
Benoît Cœuré a-t-il convaincu ?
« L’Europe est hypercomplexe et là,
ça devient plus concret », s’enthousiasme un lycéen. Le banquier central admire le travail effectué par les
élèves. « J’assiste à beaucoup de conférences très pointues et les questions
ne sont pas toujours aussi pertinentes. » Il pensera certainement à
Châteaudun, ce lundi, lors de la
grande réunion annuelle du FMI,
rendez-vous de tous les financiers
de la planète. n
en bref
Dette de la France : S&P confirme
la note, la perspective est « stable »
NOTATION Standard &
Poor’s a maintenu vendredi la note de la dette
souveraine de la France
(AA), l’agence de notation
financière estimant que la
croissance allait se stabiliser autour de 1,6 % jusqu’à 2021. La perspective
est « stable », l’agence de
notation jugeant notamment que « le gouvernement français va continuer
à mettre en œuvre son prog ra m m e , é c o n o m i q u e ,
budgétaire et ses réformes
structurelles ».
Shutterstock
Un patron engagé
une baisse de 0,95 %, à
5.359,36 points vendredi. La
veille, le CAC 40 avait déjà fini en
nette baisse de 1,47 %. Sur
l’ensemble de la semaine, son
recul s’élève à 2,5 %.
La fin de semaine a été éprouvante pour toutes les grandes
places, dans un contexte de forte
remontée des rendements des
emprunts d’Etat américains. A
Wall Street, le Dow Jones a
abandonné 0,67 % et le S&P 500
0,57 %. Le DAX, à Francfort, a
reculé de 1,08 % vendredi. La
séance a été marquée par le rapport mensuel sur l’emploi américain Le taux de chômage est
tombé à 3,7 % en septembre, son
plus bas niveau depuis 1969. La
peur d’une hausse des taux trop
rapide a gagné les marchés.
Autre sujet de préoccupation :
la trajectoire budgétaire italienne, après l’annonce des prévisions de croissance du gouvernement jugées trop optimistes.
Le secteur bancaire a été
affecté. Crédit Agricole SA a
cédé 0,54 %, à 12,60 euros,
Société Générale 0,51 %, à
36,81 euros et BNP Paribas
0,86 %, à 51,85 euros.
ArcelorMittal a reculé de
3,85 %, à 25,82 euros.
Les valeurs du luxe ont aussi
souffert. Kering a baissé de
1,99 %, à 429,10 euros, Hermès
de 0,93 %, à 535,00 euros
et LV M H de 0,61 %, à
286,20 euros. Les valeurs pétrolières ont été victimes de prises
de bénéfice : TechnipFMC a
perdu 2,74 %, à 26,31 euros et
Total 1,68 %, à 55,13 euros.
Eutelsat a bondi de 6,93 %,
à 22,83 euros grâce à un relèvement de sa recommandation à « acheter » par Goldman Sachs.
29 NOV.
NOV 2018 à LILLE
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32 // FINANCE & MARCHES
euronext
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
SÉANCE DU 05 - 10 - 2018
CAC 40 : 5359,36 (-0,95 %) NEXT 20 : 12207,87 (-0,49 %)
CAC LARGE 60 : 5965,63 (-0,91 %)
CAC ALL-TRADABLE : 4212,55 (-0,94 %)
DATE DE PROROGATION : 26 OCTOBRE
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
11/10/17 0,35
ESSILOR INTERNATIONAL (EI) R A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
17/04/18 3,4
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
42
1110631
290.948.939
113
699551
428.301.594
105,6
1067060
776.295.452
26,505
6634078
1.021.903.623
102,75
310489
106.884.219
23,675
8333468
2.423.655.502
52,33
3177010
1.249.798.561
36,89
521446
366.484.738
113,3
496562
168.817.033
16,205
5934856
789.252.839
12,65
5733491
2.866.437.156
66,31
1708920
685.055.200
127,4
421585
261.541.129
12,6
6428626
2.435.285.011
124,6
550913
358.840.853
542,4
125773
105.569.412
438,2
640970
126.279.322
289,7
729652
505.028.789
62,06
530112
266.805.751
201,3
521012
560.082.187
CLOT
+ HAUT
+ BAS
41,8
42,21
41,7
111,8
113
111,6
104
106,3
104
25,815
26,52
25,65
100,5
102,8
99,96
23,71
23,84
23,535
51,85
52,4
51,8
36,7
37,03
36,67
111,7
113,45
111,2
15,685
16,29
15,58
12,602
12,656
12,488
65,48
66,68
65,48
123
127,7
123
12,675
12,72
12,565
123,1
125
123
535
551,8
531,6
429,1
439
414,7
286,2
289,9
283,4
60,8
62,06
60,78
201,4
202,4
200
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 1,76
- 3,97
- 1,36
- 1,15
+ 5,87
+ 6,63
- 1,2
+ 0,97
+ 27,14
- 3,86
+ 3,93
+ 12,31
- 2,33
+ 0,45
- 24,89
+ 0,15
+ 7,77
- 8,33
- 0,86
+ 1,45
- 24,34
- 0,62
+ 3,53
- 8,5
- 1,46
+ 5,13
+ 10,92
- 3,3
+ 3,81
- 8,22
- 0,54
+ 2,67
- 18,85
- 1,16
+ 0,05
- 4,41
- 3,64
- 5,46
+ 40,65
- 0,24
+ 2,67
- 11,67
- 1,16
+ 1,69
+ 16,68
- 0,93
+ 0,87
+ 25,65
- 1,99
- 2,3
+ 35,57
- 0,61
+ 1,76
+ 22,2
- 2,06
- 3,92
- 0,93
+ 0,4
+ 0,98
+ 10,21
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 2,79
48,95
41,3
2,51
+ 6,43
115,25
97,12
2,37
+ 25,3
3,4
111,16 30,63
81,33
1,44
- 4,79
30,765
24,05
- 17,18
130,55
96,7
1,69
- 4,14
27,69
20,495 5,31
- 16,71
68,66
50,06
5,82
- 15,26
45,98
35
4,63
+ 12,95
119,8
97,38
1,52
- 13,05
19,73
12,955 2,93
- 8,68
15,54
11,105
5
- 6,39
71,78
62,24
2,9
+ 38,84
141
87,52
0,47
- 11,58
1,21
14,815 10,51
12,075 2,76
+ 7,09
129,55
105,35
1,24
+ 19,89
614,6
417,9
1,42
+ 17,46
522,4
338,263 0,93
+ 16,63
313,7
232,5
1,19
- 5,28
67,44
60,42
2,07
+ 8,89
214,9
170,3
1,76
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
05/06/18 0,4
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
04/07/18 1,01
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/09/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
20/08/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
24/04/18 1,76
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
102,65
663352
178.978.841
13,7
4926264
2.660.056.599
138
428497
265.421.592
22,06
1938479
904.828.213
52,6
800826
235.249.801
72,87
1142626
295.722.284
116,75
992739
443.680.643
36,12
2656083
552.615.876
76,47
1832962
1.251.631.963
67,4
1242720
578.979.025
37,025
3603558
807.917.739
88,1
243795
147.454.887
15,74
4836273
911.151.920
26,6
1652975
452.905.699
55,86
5738692
2.664.312.938
164,04
547640
138.282.967
32,5
2544342
240.253.100
17,38
1846411
565.593.341
80,9
916974
597.428.682
21,95
2498190
1.305.230.587
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
103,8
104
101,6
13,655
13,775
13,625
137,75
138,4
136,9
21,91
22,1
21,83
53,14
53,4
52,3
72,31
73,49
72,02
116,3
117,4
115,95
35,42
36,175
35,18
76,03
76,89
75,95
66,18
67,4
66,08
36,81
37,025
36,545
87,5
88,6
87,2
15,195
15,77
15,08
26,31
26,78
25,97
55,13
56,17
55,13
163,58
165,74
163,18
32,61
32,93
31,47
17,165
17,38
17
80,84
81,36
80,66
21,92
22
21,89
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 1,17
+ 4,28
- 15,16
- 0,55
+ 0,11
- 1,12
- 0,22
+ 2,26
+ 14,84
- 0,64
- 5,52
+ 4,96
+ 1,18
+ 2,94
- 11,8
- 0,89
+ 0,07
- 15,53
+ 0,22
+ 6,6
+ 33,4
- 1,87
- 2,64
- 29,12
- 0,42
+ 4,8
- 11,26
- 1,96
- 2,56
- 10,35
- 0,51
+ 1,87
- 25,23
- 0,7
- 2,32
- 16,55
- 4,91
- 7,85
- 9,42
- 2,74
+ 4,36
+ 11,48
- 1,68
+ 4,95
+ 20,54
- 0,37
- 6,71
+ 0,34
-12,78
- 48,38
+ 0,29
- 3,81
- 12,58
- 0,15
+ 1,74
+ 0,9
- 0,14
+ 1,29
+ 3,84
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 13,17
130,85
98,04
3,42
- 5,66
15,235
13,315
2,2
+ 4,4
147,75
120,05
0,73
+ 29,22
25,4
16,455 2,42
- 6,2
63,18
48,96
3,76
- 13,82
100,8
69,75
4,91
+ 35,37
122,25
81,04
1,38
- 22,97
48,6
35,145
3,67
+ 5,82
77,98
62,88
3,99
- 6,6
78,56
64,02
3,32
- 14,49
47,505
34,815 5,98
- 21,91
113,05
76
3,14
- 16,53
0,23
22,97 66,86
15,035 0,34
+ 1,78
29,17
22,9
+ 19,73
56,82
43,09
1,16
- 15
195,5
163,18
- 47,63
66,48
31,47
3,83
- 19,32
22,29
16,915 4,89
- 5,06
88,8
77,56
2,18
- 2,23
24,87
20,26
2,05
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 3,91
3,946
82509
4,024
40.789.901
3,91
B 6,29
6,2
44705
6,29
FR0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
6,2
ABIVAX (ABVX) g
B 6,74
6,7
4725
6,78
FR0012333284
10.024.182
6,65
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,618
0,61
4501
0,618
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,61
ACTIA GROUP (ATI) g
C 5,81
5,62
24295
5,84
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
5,44
ADOCIA (ADOC) g
B 16,4
16,22
6253
16,56
FR0011184241
6.916.753
16,2
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 190
190,7
64349
191,5
FR0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
188,5
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 8,614
8,442
2783837
8,636
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,44
58,7
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 60,4
13680
60,4
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
58,6
AKWEL (AKW) g
B 17,84
17,02
45397
17,92
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
17,02
ALD (ALD)
A 15,27
15,04
126448
15,31
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
15,04
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 28,85
28,3
4892
28,85
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
28,3
ALSTOM (ALO) LR
A 39,1
39,29
919258
39,84
FR0010220475
20/07/18 0,35 222.997.311
38,97
ALTAREA (ALTA) g
A 197,4
197,8
3416
198,2
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
195,8
ALTEN (ATE) G
A 88,65
87,3
76303
89,2
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
87,3
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 7,675
7,62
1149968
7,725
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
7,555
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,05
3,01
37405
3,06
FR0012789667
47.804.841
2,99
AMUNDI (AMUN) G
A 64,5
63,82
EX-DS 15/03/17
147826
64,6
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
63,78
APRIL GROUP (APR)
B 12,75
12,5
1340
12,8
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
12,5
ARCHOS (JXR) g
C 0,619
0,631
546655
0,668
FR0000182479
42.561.334
0,619
ARKEMA (AKE) L
A 108,35
106,55
211442
108,4
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
106,2
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 13,42
13,42
3105
13,42
FR0000074783
6.651.515
13,26
ASSYSTEM (ASY) g
B 28,35
28,2
OPA 24/11/17
1843
28,45
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
28,2
ATARI (ATA)
C 0,404
0,418
4268671
0,43
FR0010478248
255.105.360
0,402
AUBAY (AUB) g
C 36,75
36,3
6125
36,75
FR0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
36,1
AUREA (AURE)
C 7,8
7,66
3569
7,8
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
7,66
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,235
0,25
950415
0,258
FR0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,231
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 15,74
15,8
7221
16
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
15,7
BÉNÉTEAU (BEN)
A 13,96
13,54
131026
13,96
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
13,4
BIC (BB) G
A 75,1
73,95
105921
75,3
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
73,75
BIGBEN INT. (BIG) g
C 9,98
9,8
32096
9,98
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.204.544
9,52
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 70,6
70,3
119370
70,8
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
69,1
BOIRON (BOI) g
A 57,6
57,9
3453
58,4
FR0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
57,5
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,746
3,73
1659080
3,746
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,69
BONDUELLE (BON) g
B 29,65
29,2
12912
29,65
FR0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
28,95
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 20,93
20,87
731978
21,05
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
20,77
BURELLE SA (BUR)
A 1215
1130
511
1215
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
1125
CARMILA (CARM)
C 20,55
20,5
35231
20,9
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
20,45
CASINO (CO) LR
A 36,44
36,22
480918
36,68
FR0000125585
18/05/18 1,56 109.729.416
35,96
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,965
2,94
59891
2,97
FR0010193052
30.514.178
2,93
CGG (CGG) G
C 2,392
2,32
4026155
2,42
FR0013181864
709.940.718
2,32
CHARGEURS (CRI) g
C 21,34
20,3
95362
21,46
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.501.104
20,12
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 351
348,8
EX D OP 08/06/17
16875
351,5
FR0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
347
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/041018
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 1,02 - 52,69
- 8,28
11,15
- 56,4
3,86
- 1,43 - 1,27
-10,92
7,48
- 3,43
5,95
- 0,45 - 22,36
- 9,34
9,87
- 40,86
6,48
- 29,07
0,87
- 21,79
0,562
- 3,27 - 19,48
-29,66
9,08
- 19,02
5,44
- 1,34 + 13,03
- 1,93 21,3
- 2,76 13,28
+ 0,85 + 20,32
+ 0,53 202,6
+ 38,09 156
- 2,29 - 37,84
+ 0,98 14,51
- 37,72
6,646
- 2,82 + 26,78
-12,65 70,8
+ 17,64 46,2
- 5,23 - 49,51
-15,11
36,8
- 56,47 17,02
- 0,66 + 16,45
- 4,08 16,93
+ 12,16
12,54
- 0,7 - 13,4
36,1
+ 1,43 27,3
+ 0,44 + 13,54
+ 4,49 41,52
+ 8,85 32,79
+ 0,3 - 4,95
- 0,4 218,5
+ 0,89 178,2
- 1,36 + 25,41
+ 0,23 94,4
+ 13,47 69,5
- 0,59 - 39,05
-17,49 13,681
- 44,7
7,105
- 1,31 - 14,97
- 3,83
4,4
- 32,05
2,9
- 1,21 - 9,67
+ 3,6
77,66
- 7,87 57,74
- 2,34 - 14,97
+ 1,21
16,4
- 2,87 12,1
+ 2,1
- 2,92
-11,62
1,576
- 9,86
0,618
- 1,57 + 4,92
+ 2,21 112,9
+ 2,6
94,82
- 0,3 - 20,36
- 4,69 17,88
- 22,34 13,16
- 0,35 - 5,75
+ 2,92 33,05
- 17,45 25,1
+ 4,24 + 16,11
+ 1,95
0,948
+ 12,97
0,367
- 1,22 + 4,91
-10,15 43,3
+ 5,89 33,55
- 1,8 - 11,03
+ 6,09
9,3
- 4,01
6,94
+ 6,84 + 19,05
+22,55
0,477
+ 56,25
0,172
+ 0,64 - 30,7
-13,19 23,1
- 29,15
15,5
- 2,45 - 32,11
- 0,88 23,2
- 7,48 12,38
- 1,86 - 19,32
- 3,21 99,05
- 19,97 73,05
- 2
- 28,93
- 5,22 16,2
- 6,22
9,5
- 0,71 - 5,88
- 9,64 82,6
+ 0,88 59
+ 0,52 - 22,65
-11,87 78,5
- 26,24 56,1
- 0,53 - 17,62
- 3,27
4,798
- 9,82
3,552
- 1,18 - 33,75
+ 3,55 47,8
- 22,75 27,05
- 0,38 - 8,42
- 4,79 24,28
- 7,43 20,39
- 7,38 - 11,02
-12,74 1420
- 13,14 1125
- 11,7
- 9,29 25,35
- 16,28 20,45
- 0,6 - 28,36
+35,55 53,48
- 28,4
25,37
- 1,34 - 2,97
- 7,55
3,611
+150,86
2,697
- 3,09 + 51,85
- 0,26
4,1
+ 25,17
1,295
- 5,23 - 19,79
-20,02 28,64
- 21,68 20,12
- 0,77 + 14,53
- 0,34 383,8
+ 27,72 291,6
- 17,37
- 9,23 7550
- 13,38 5900
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 0,94
3219906
393.613.788
A 20,6
430537
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 7,99
146006
FR0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
COLAS (RE)
A 177,4
494
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
A 85,2
87813
FR0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 25,8
5263
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1544
6358
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 127,4
421585
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 35
138589
FR0010417345
30.006.352
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,45
360815
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 111
6824
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C 6,8
2850
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 32,26
418803
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
EDF (EDF) LR
A 15,19
EX-DS 7/03/17
2192346
FR0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 95
315562
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
3,535
29177
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 13
530062
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 19,26
575168
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
EOS IMAGING (EOSI)
C 4,46
55577
FR0011191766
22.641.483
ERAMET (ERA) Gg
A 87,65
133711
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 7,99
34658
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 39,05
2509
FR0004110310
5.955.072
EURAZEO (RF) G
A 67
176922
FR0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,05
910
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 452
58811
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 8,1
280178
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 22,2
1748670
FR0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 96,6
127
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 49,48
1018310
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 114,2
10736
FR0000064784
22/05/18 2 25.072.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 14,76
30050
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 796
216
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 63,95
32378
FR0011476928
26.792.938
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 59
2803
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 380
35
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
C 1,13
N/P REGR.
3048
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,162
756753
FR0000079634
01/10/01 0,1 151.685.385
GECINA (GFC) G
A 139,1
110728
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.162.901
GEMALTO (GTO) L
A 50,1
192160
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 19,66
133489
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 1,8
46393
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,46
29645
FR0011790542
78.204.326
GETLINK (GET) LR
A 10,875
727508
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 18,26
39619
FR0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,23
2,14
1,02
1,19
1,76
3,66
1,77
0,89
1,15
3,15
3,92
2,16
2,16
3,55
0,66
1,96
1,27
1,85
4,67
1,02
0,48
2,76
0,54
1,54
2,68
1,42
4,31
1,48
0,98
3,05
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,958
0,96
0,927
20,72
20,82
20,42
7,91
8,01
7,89
176,6
178,2
176,6
85,2
85,55
84,8
25,4
25,8
25,4
1509
1546
1504
123
127,7
123
33,5
35,06
33,36
4,4
4,452
4,354
110,8
111,2
108,4
6,7
6,88
6,7
32,38
32,53
32,1
15,155
15,235
15,025
94,46
95,08
93,6
3,5
3,55
3,46
12,81
13,1
12,73
18,88
19,26
18,53
4,4
4,5
4,385
85
87,8
83,1
7,77
7,99
7,77
38,8
39,5
38,65
67,45
67,75
66,8
3,15
3,15
3,05
443,8
456
441,8
7,955
8,11
7,875
22,83
23,11
21,87
96,8
96,8
96,2
49,01
49,48
47,57
112,6
114,2
112,2
14,1
14,86
13,8
798
798
796
63,1
64,1
62,7
59,4
59,4
58,8
376
380
376
1,13
1,13
1,13
0,157
0,162
0,155
138,9
140
138,1
50,22
50,22
50,08
19,07
19,66
18,95
1,845
1,895
1,795
1,46
1,478
1,454
10,975
11
10,84
18,68
18,68
18,08
+ 2,46 + 95,51
+18,71
1,223
+ 84,94
0,491
+ 0,49 + 7,61
+ 5,02 21,62
+ 4,81
18,41
- 1
- 11,26
- 0,63 10,76
- 13,55
7,5
- 0,34 - 2,7
+ 3,15 192
- 4,49 167,4
- 0,18 - 9,82
- 4,96 97,3
- 1,96 84,6
- 1,55 - 11,25
- 5,93 29,9
- 11,5
25,3
- 1,89 + 16,26
- 2,27 1729
+ 9,03 1267
- 3,64 + 38,84
- 5,46 141
+ 40,65 87,52
- 4,67 - 20,04
- 7,97 47,38
- 57,1
28,54
- 0,77 - 51,71
- 5,42
9,18
- 51,66
4,354
- 0,36 + 48,03
+ 5,52 119
+ 38,15 72,5
- 0,89 + 7,2
+ 6,35 10
+ 5,51
5,8
+ 0,16 + 33,91
- 0,86 35,95
+ 36,14 23,74
- 0,26 + 45,44
+ 9,86 15,78
+ 44,13
9,832
- 0,78 + 3,42
- 0,53 101,7
+ 6,72 87
+ 0,29 - 25,21
+11,82
5,49
- 33,08
3,1
- 1,23 - 25,63
- 1,91
19,71
- 44,83
11,59
- 2,43 - 17,97
- 4,93 23,94
- 16,09 17,94
- 1,24 - 7,95
+ 8,78
5,92
+ 5,52
3,49
- 3,85 - 14,17
+21,78 167,2
+ 32,36 66,75
- 1,15 - 58
-12,6
19,57
- 68,17
7,28
- 0,51 - 16,56
- 9,98 48
- 0,51 34,3
+ 0,37 - 8,02
+ 4,41 82,286
- 8,78 63,5
- 0,32 - 10
- 2,48
3,61
- 12,74
2,95
- 4,68 - 12,57
- 4,11 545,5
- 18,49 382,2
- 1,55 - 22,39
+ 7,28
11,78
- 35,25
7,17
+ 6,93 + 18,32
+13,41 23,11
- 8,02 15,275
+ 0,21 - 16,55
- 1,43 125,5
- 9,19 87,8
- 0,49 - 24,75
- 2,87 76,98
- 19,11
47,57
- 1,75 + 12,26
+ 2,55 120,4
+ 6,03 94,5
- 4,47 - 25,36
- 2,08 19,5
- 29,5
13,14
+ 0,25 - 19,06
- 6,56 1090
- 14,1 782
- 1,48 - 37,34
-12,36 106,6
- 22,61 62,7
+ 8,77
- 1,98 63,4
+ 6,82 54,4
- 0,53 - 23,26
- 7,39 565
- 28,92 376
1,14
1,125
- 3,68 + 74,44
- 5,42
0,32
- 1,88
0,09
- 0,57 - 9,75
- 6,28 161,9
+ 2,51 137,3
+ 0,04 + 1,45
+ 0,62 50,38
+ 40,85 49,1
- 2,05 - 20,28
-17,66 28,28
- 23,17
18,4
+ 3,36 - 70,15
-15,75
7,68
- 63,89
1,76
- 12,05
- 9,09
2,08
- 2,67
1,41
+ 1,2 + 2,38
+ 1,11
12,49
+ 7,33 10,11
+ 2,75 - 21,42
-18,77 27,072
- 34,12
17,94
4,05
4,3
4,64
1,01
0,47
3,18
0,81
20,9
1,92
0,99
2,12
3,28
1,96
2,71
1,85
4,76
0,54
1,91
5,3
1,63
2,24
1,78
0,13
1,86
4,21
11,92
2,73
3,48
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 69
64,5
4800
69
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
64
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,26
0,253
EX D S 13/06/17
9016
0,26
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,253
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 13,2
13,1
4146
13,46
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
13,1
GROUPE LDLC (LDL) g
C 16,64
15,62
NOM.
8711
16,64
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
15,54
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
22,4
23
REGR.
971
23
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
22,3
GTT (GTT) Gg
A 67,7
66,5
59992
67,95
26/09/18 1,33 37.028.800
FR0011726835
66,3
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 11,56
11,52
39543
11,72
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
11,52
HIGH CO (HCO) g
C 5,05
5,05
24115
5,15
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
5,01
HUBWOO (HBW) g
C 0,173
0,169
2
0,173
FR0004052561
136.345.527
0,169
ICADE (ICAD) G
A 76,35
76,15
78117
76,65
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
76,1
ID LOGISTIC (IDL) g
B 155,2
155,6
573
155,8
FR0010929125
5.628.475
154,8
ILIAD (ILD) G
A 102,2
98,98
333833
102,25
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
98,44
IMERYS (NK) G
A 63,1
60,7
148763
63,2
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
60,7
INGENICO GROUP (ING) LR
A 65,38
65,2
301923
65,66
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
64,68
INNATE PHARMA (IPH) g
B 4,78
4,834
89960
4,916
FR0010331421
57.600.100
4,73
INSIDE SECURE (INSD)
C 2,5
2,45
43839
2,505
FR0010291245
44.119.162
2,445
INTER PARFUMS (ITP) g
B 42,85
42,3
23851
42,85
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
41,75
IPSEN (IPN) G
A 141,5
141,1
100096
142,85
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
140,8
IPSOS (IPS) G
A 26,04
25,64
26805
26,04
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
25,62
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 19,56
19,22
19390
19,86
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
19,22
JCDECAUX (DEC) G
A 31,52
31,3
190956
31,96
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
31,2
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 38,32
37,54
40610
38,5
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
37,44
KLEPIERRE (LI) LR
A 29,23
29,69
1049927
29,99
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
29,22
KORIAN (KORI)
A 31,6
31,9
110582
31,96
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,6
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 42,3
41,22
100491
42,3
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,76
LAGARDÈRE (MMB) G
A 25,94
25,85
393657
26,19
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
25,79
LATECOERE (LAT) g
C 3,85
3,77
147297
3,86
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,73
LE BÉLIER (BELI) g
C 36,55
34,9
16037
36,55
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
34,8
LNA SANTÉ (LNA) g
B 51,9
52
4424
52,2
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
51,5
LECTRA (LSS)
B 22
21,65
37105
22
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
21,4
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 37,6
37
2059
37,85
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
36,9
LISI (FII) g
A 30,55
29
22359
30,65
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
28,85
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 13,7
13,1
20878
13,7
FR0000038242
15.884.557
13
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 16,99
17,45
160996
17,78
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
16,99
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 25,08
24,8
97405
25,12
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
24,58
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 39,05
38,1
1758
39,15
38,1
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 30,75
29,9
10824
30,75
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
29,7
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 4,75
4,7
28583
4,75
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,67
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,885
2,825
59520
2,89
FR0010609263
23.147.338
2,825
MERCIALYS (MERY) g
A 13,38
13,28
165836
13,43
FR0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,25
MERSEN (MRN) g
B 29,05
28,5
20049
29,05
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
28,4
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 2,035
2,02
15741
2,05
FR0004177046
23.261.500
2,005
NANOBIOTIX (NANO) g
B 15,77
15,45
81981
15,92
FR0011341205
19.633.373
15,41
NATIXIS (KN) LR
A 5,828
5,78
5994791
5,828
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,72
NETGEM (NTG) g
C 1,425
1,41
2680
1,43
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,41
NEXANS (NEX) G
A 26,5
25,53
171249
26,52
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
25,47
NEXITY (NXI) G
A 47,26
45,98
142626
47,26
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
45,72
NICOX (COX)
B 6,43
6,34
91805
6,435
FR0013018124
22.869.669
6,255
NRJ GROUP (NRG) g
B 8,28
8,18
13604
8,28
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,18
OENEO (SBT) g
B 11,28
10,94
26420
11,3
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
10,46
ONXEO (ONXEO) g
B 1,067
1,052
107062
1,067
FR0010095596
50.914.722
1,05
ORPÉA (ORP) G
A 106,2
103,75
205640
106,45
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
103,25
PARROT (PARRO) g
B 4,575
4,575
17811
4,61
FR0004038263
30.174.671
4,535
PHARMAGEST INT. (PHA)
58,5
58,1
10091
58,5
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
57,3
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 26,4
26
4958
26,4
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
25,55
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,878
1,83
35257
1,89
FR0011950641
21.606.363
1,822
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 30,33
29,79
308686
30,37
FR0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
29,42
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 11,94
11,12
DIV 8 02/05/17
118808
11,96
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
11,08
PSB INDUST. (PSB)
C 48,1
47
1421
48,2
FR0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
46,6
RALLYE (RAL)
A 9,83
9,775
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9,845
FR0000060618
30/05/18 1 54.999.135
9,66
RECYLEX SA (RX)
C 8,145
7,755
32760
8,145
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.747.482
7,7
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 112
109,9
178888
112,1
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
109
REXEL (RXL) G
A 12,695
12,635
1121149
12,835
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
12,58
ROBERTET SA (CBE)
B
/041018
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/121016
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH)
A 36,6
36,5
57945
36,95
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
35,9
RUBIS (RUI)
A 48,28
47,2
DIV 2 28/07/17
226771
48,28
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
46,56
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 116
113,1
DIV 6 10/05/16
130459
116,9
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
112,7
SAVENCIA (BH)
B 67
66,8
643
67
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
66,4
SCOR (SCR) LR
A 40,96
41,79
571569
42,13
FR0010411983
30/04/18 1,65 191.807.715
40,7
SEB (SK) G
A 150,9
146,6
54219
151,1
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
146,3
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 6,52 - 11,38
- 5,84 95
- 21,23 64
6,82
- 1,94 - 2,69
- 1,17
0,34
- 6,3
0,23
- 0,91 - 16,4
- 5,89 19,04
- 37,65 12,2
- 6,13 - 21,86
- 4,29 22,2
- 37,87 15,18
+ 3,6 - 31,93
- 6,88 36,5
- 32,15
21,8
1,35
- 1,55 + 32,73
+16,56 68,45
2
+ 43,64 47,06
- 1,2 - 28,58
- 2,87 19,68
- 33,6
11,48
1,91
+ 1
+ 3,06
-10,78
6
+ 4,99
4,3
2,77
- 1,17 + 5,63
- 0,59
0,204
- 0,59
0,155
- 0,26 - 7,05
- 8,47 88,65
+ 1,74 76,1
+ 0,39 + 15,09
+ 1,57 156,6
- 0,8 120
- 3,1 - 50,45
- 7,88 214,4
- 55,71 98,44
0,69
- 3,8 - 22,71
+ 0,41 87,8
- 21,4
58,55
3,42
- 0,28 - 26,75
+15,89 94,34
- 18,37 55,8
2,3
+ 1,13 + 1,77
+ 5,32
6,995
- 53,7
4,41
- 2
- 16,67
- 5,77
3,12
- 14,34
2,215
- 1,51 + 34,67
+ 6,28 45,85
+ 33,59 30,727
1,58
- 0,21 + 41,71
- 5,37 155,95
+ 23,12 99
0,71
- 1,08 - 16,48
- 2,73 34,5
- 11,36 25,6
3,39
- 1,23 - 30,11
-20,74 32,9
- 33,31
19,22
3,64
- 0,7 - 6,86
+ 6,97 36,9
- 0,71 25,46
1,79
- 2,39 - 5,27
-12,9
47,26
- 6,62 37,44
4,93
+ 1,37 - 19,02
- 1,98 38,58
- 9,92 29,22
+ 0,31 + 8,34
+ 8,28 34
+ 14,98 22,84
1,88
- 2,92 - 12,37
4
+ 2,61
51,1
- 16,1
39,31
- 0,08 - 3,29
+ 3,36 27,17
- 8,27 21,99
5,03
- 1,57 - 33,98
- 6,34
6
- 35,99
3,695
- 4,38 - 30,21
-19,12 66,3
- 17,34 34,8
3,38
+ 0,39 - 11,71
- 8,45 60
- 9,31 50,5
0,45
- 2,26 - 13,92
- 3,35 26,3
- 21,33 17,82
1,76
- 1,33 - 5,88
+ 9,79 39,45
- 6,33 30,25
3,65
- 5,23 - 27,68
-15,45 41,75
- 36,58 28,85
1,66
- 3,11 + 85,82
-21,84 17,96
+ 77,51
6,8
+ 2,23 - 18,97
+ 4,12 24,34
- 13,01 16,65
5,44
- 0,8 - 34,3
- 2,9
38,58
- 34,56 23,54
1,77
- 2,31 - 36,43
-15,99 63,9
- 32,58 37,7
4,46
- 2,45 - 1,97
- 0,33 37,95
- 12,19 28,65
2,07
- 0,53 - 62,64
-18,83 13
- 66,14
4,67
- 2,25 - 40,4
- 3,42
5,41
+ 5,81
2,48
- 0,75 - 28
- 4,87 18,75
- 22,45 13,25
- 2,06 - 23,67
-12,84 41,9
- 15,68 28,4
2,63
- 0,98 - 11,4
2,52
- 11,4
1,9
- 2,03 + 4,18
- 9,38 18,87
- 11,36
8,295
- 0,99 - 12,37
- 0,89
7,45
- 17,5
5,618
6,4
- 1,4 - 41,74
-23,37
2,9
- 42,45
1,4
35,46
- 4,02 - 50,05
- 3,15 52,26
- 51,23 23,56
2,74
- 2,54 - 7,34
- 7,93 56,6
- 10,82 45,28
5,44
+ 1,52 - 37,48
-19,08 10,95
- 33,04
6,2
- 0,97 - 10,31
- 5,98
9,24
- 25,97
7,6
1,83
- 2,84 + 6,73
+ 4,19
11,42
+ 12,55
9,5
1,28
- 1,41 - 2,59
- 6,65
2,49
- 39,54
1,04
- 2,31 + 5,54
- 9,31 125,2
- 1,28 87,5
1,06
- 48,13
- 4,09
9,56
- 57,8
4,04
- 0,68 + 32,2
- 0,34 65,8
+ 17,16 44,05
1,12
- 1,89 - 43,27
-14,47 45,65
- 43,22 25,55
- 2,56 - 28,21
+ 4,57
4,085
- 35,95
1,6
- 2,23 - 21,39
- 8,9
42,21
- 18
29,42
1,65
- 5,76 - 40,53
-19,54 20,45
- 49,71
11,08
17,99
- 2,29 + 5,64
- 8,56 53
- 8,47 44,2
2,66
- 0,26 - 34,09
+ 9,46 16,32
- 39,47
8,565 10,23
- 4,14 - 40,48
+18,22 15,35
- 20,05
5,725
- 1,96 - 4,85
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+ 5,12 99,05
1,5
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+ 30
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+ 29,56 330
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+ 14,85
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+ 24,58
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30,84
- 5,08
175,9
142,7
1,86
3,18
0,37
2,4
3,95
1,17
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
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123674
FR0011352590
65.183.351
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B 29,1
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25/06/12 0,5 14.376.762
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FR0013006558
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B
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B 0,99
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FR0012938884
582.684.440
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A 74
2646
FR0013199916
01/06/18 1,3 37.000.000
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A 135
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FR0000050809
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FR0012757854
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23
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FR0000064271
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FR0010949404
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FR0010613471
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15832
FR0010526814
23.209.127
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B 35,5
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FR0004180578
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FR0000051807
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FR0000121329
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B 51
3718
FR0013333432
9.109.752
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FR0000033003
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B 2,985
18656
FR0005175080
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UBISOFT ENTERTAINMENT (UBI) LRA 95,54
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A 5,17
3675298
FR0000120354
04/06/15 0,81 457.987.760
VALNEVA (VLA) g
B 3,74
129364
FR0004056851
92.106.952
VICAT (VCT) G
A 51,9
13144
FR0000031775
20/04/18 1,5 44.900.000
VILMORIN & CIE (RIN) G
A 60,5
4960
FR0000052516
13/12/17 1,6 20.833.902
VIRBAC (VIRP) g
A 143,8
17804
FR0000031577
26/06/15 1,9 8.458.000
VRANKEN-POMMERY M. (VRAP)
B 23,8
15565
FR0000062796
06/07/18 0,8 8.937.085
WAVESTONE (WAVE)
B 36,9
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20.196.492
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A 123,5
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22/05/18 2,65 46.279.301
WORLDLINE (WLN) G
A 49,8
136267
FR0011981968
133.451.173
X-FAB SILICON (XFAB)
A 7,65
82443
BE0974310428
130.781.669
XPO LOGISTICS (XPO) g
A 320
165
FR0000052870
12/07/18 0,8 9.836.241
CLOT
+ HAUT
+ BAS
0,355
0,355
0,347
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29,3
29
4,935
5,08
4,88
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61,55
59,25
0,983
0,992
0,981
73
74,5
73
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130
15,91
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15,64
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22
0,152
0,152
0,149
91
92,8
91
1,16
1,166
1,158
12,69
12,73
12,615
1,73
1,738
1,72
34,5
35,5
34,2
30
30,5
29,4
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22,04
21,36
1,162
1,204
1,131
159,9
163,1
159,6
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43,2
42,4
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9,215
8,98
117,55
119,2
117,1
50,8
51,4
50,4
25,1
25,2
25
7,16
7,34
7,16
3
3,015
2,98
86,5
92,55
85,15
93,06
96,08
92,7
5,052
5,172
5,002
3,77
3,79
3,685
50,4
51,9
50,3
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60,5
59,7
139,6
143,8
137,6
24,1
24,1
23,7
35,4
36,9
33,95
122,1
123,5
121,7
49,4
50,8
48,82
7,33
7,65
7,3
322
324
320
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 1,43
-22,83
- 62,63
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 48,55
0,9
0,346
- 1,88
- 1,84 30,95
- 0,54 23,6
- 1,69 - 22,16
-20,4
11,7
- 72,04
4,88
+ 0,12 - 1,74
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- 3,43 80,7
- 2,75 + 1,18
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+ 7,51 54,6
- 0,71 + 18,43
- 3,25
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+ 0,31
0,832
- 1,88 - 11,38
- 5,32 91
- 6,06 73
8,36
- 2,8 - 15,5
-10,41 187,9
- 16,57 130
1,82
- 2,03 - 26,7
+ 0,44 22,4
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2,51
- 0,65 - 33,93
-16,33 39,22
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- 0,33 + 1,33
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0,205
- 10,59
0,137
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- 1,09 115
- 2,06 89
2,69
- 24,3
- 3,17
2,011
- 29,43
1,14
+ 0,28 - 13,47
+ 4,23 14,925
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5,12
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-19,16
2,45
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- 1,15 - 31,64
-14,41 54,5
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2,67
- 2,29 - 38,88
-13,16
37,34
- 43,04 21,22
2,81
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+ 3,66
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+13,51
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- 27,16
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3,8
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+ 0,21 124,45
+ 24,43 84,3
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+ 0,4 + 14,35
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+ 13,32 21,4
3,98
- 2,19 - 38,75
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7
+ 6,01
- 1,64
3,46
- 7,69
2,715
- 6,59 - 41,28
-30,3 180
- 32,55 85,15
1,5
- 1,71 + 45,09
+ 5,94 107,9
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+ 5,47
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+ 30
2,78
- 2,14 - 23,39
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55,5
2,65
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+ 0,42 24,8
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3,32
- 4,2 - 15,61
-15,71 42,75
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- 1,13 - 15,44
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- 14,1
111,7
2,17
- 0,8 + 21,47
+ 0,61 57
+ 22,87 39,74
- 2,66 - 23,67
-11,37
11
- 8,38
6,42
+ 3,21 + 25,05
+ 4,55 324
+ 41,85 242
0,25
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,1
192160
22/05/17 0,43 90.920.356
A 4,73
244915
31/05/18 0,13 5.839.404.303
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50,22
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4,657 - 8,34
3,845
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+19,79 20,3
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+ 9,34 10,55
4,21
11,92
0,3
15,73
4,08
4,03
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
10,9
11,44
49614
11,5
USD 14/09/18 0,08 8.691.081.000 10,9
7,693
7,615
13536
7,693
GB0005405286
USD 16/08/18 0,1 19.927.790.282
7,578
LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 42,3
41,22
100491
42,3
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,76
SCHLUMBERGER (SLB)
A 54,8
54,6
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55
AN8068571086
USD 04/09/18 0,5 1.434.212.164
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STALLERGENES GREER (STAGR) A 29,25
29,25
1155
29,7
GB00BZ21RF93
19.738.742
29,1
US3696041033
HSBC (HSB)
+ 4,95
+ 6,32
- 45,05
+ 0,22
+ 1,13
- 9,88
- 2,92
+ 2,61
- 16,1
- 0,73
+ 4,6
- 7,05
- 22,12
16,12
9,3
- 10,83
8,996
7,281
- 12,37
51,1
39,31
- 2,26
65,4
51
- 24,05
+ 2,63 41,7
- 33,75 22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Lundi 8 octobre 2018
euronext//taux&changes//matières premières
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD
ISIN
FR0013341781
FR0000076887
FR0013185857
FR0000076861
BE0974269012
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FR0000062804
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FR0010481960
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MC0000031187
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FR0000062150
FR0011592104
FR0004548873
FR0000074254
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FR0000064156
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FR0004031763
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FR0000044323
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FR0000045346
FR0000045544
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FR0000050395
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FR0011026749
FR0000036774
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FR0000062101
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FR0000061244
VALEUR
OUV
+HT +BS
2CRSI
C 9,14
9,2
8,86
A.S.T. GROUPEg
C 10,36 10,42
9,89
ABEO
C 33,2
33,2
31,4
ACTEOSg
C 2,14
2,18
2,11
AD CAPITAL
ADL PARTNERg
C 14,75 14,95 14,7
ADUX (EX:HI MEDIA) C 3,44 3,44
3,38
ADVENISg
C 1,765 1,82
1,71
ADVICENNE
C 12,5
12,5
12,43
ADVINI
C 31,2
31,2
31,2
AFFINE REg
C 15,16 15,36
15,1
AFONE PART.
C 11,2
11,2
11,1
ALPHA MOS
C 0,42 0,42
0,42
ALTAMIRg
B 15,08 15,16
15,06
ALTAREIT
B540 540
540
C 3,915 3,985 3,91
AMOEBAg
ANTALIS
B 1,196 1,2
1,19
B 47
47,3
47
ARGANg
ARTEA
C
ARTOIS
A
ATEME
C 11,88 12,16
11,8
AU FEMININg
B
AUGROS CP
C
AURES TECH.
C 41,15 41,5
41,05
AWOXg
1,595 1,61
1,495
BACCARAT
B
BAINS MONACO
B 57
57
56
BALYO
C 2,585 2,65
2,45
BARBARA BUI
C 8,3
8,3
8,3
BASTIDE
C 35,3
35,3
34
BLEECKER
C
BLUE SOLUTIONSg
16,3
16,4
16,25
BOURBONGg
A 5,66 5,78
5,54
BOURSE DIRECT
C 1,39
1,39
1,36
C 7,76
7,88
7,76
BUSINESS ET DEC.g
CAFOM
C 7,35
7,35
7,25
CAPELLI
38,9 39,5
38,7
CARP.DE PARTIC.
C
CASTg
C 3,81
3,85
3,75
CATERING INTER.g
B 13,95 14
13,55
CBO TERRITORIAg
C 3,89 3,9
3,88
CCA INTERN.
C
CEGEDIMg
B 27,7
28,1
27,5
CEGEREALg
B 37,4 38
37,2
CELLNOVOg
C 2,79
2,82
2,705
CERENISg
B 1,836 1,842
1,832
CFI
C
CHAUSSERIA SA
C
CIBOX INTER.g
C 0,187 0,19
0,18
CLAYEUXg
C 0,288 0,288 0,288
CNIMg
B100,5 101
100
COGELEC
C 9,5
9,5
9,3
COHERISg
C 2,03 2,06
2,03
COURTOIS
C144
146
144
CR ALPES PROV.
C106,62 107,4 106,4
CR ATL. VENDÉE
C 126,12 126,5
126,12
CR BRIE PICARD.
B 23,76 24
23,7
CR ILLE VILAINE
C 97,1
97,55 97,1
CR LANGUEDOC
C 71,06 71,65
71,06
CR LOIRE HTE-LOIRE C 85,32 86
85,32
CR MORBIHAN
C 81,69 81,77
79,81
CR NORD FRANCE
B 21,15 21,25
21
CR NORM. SEINE
C 128,14 128,4
128,14
CR PARIS IDF
B 87,75 87,8
87,65
CR RHÔNE-ALPES
C 189,3 190,2
189,3
CR TOULOUSE
C109,1 109,38 108,8
CR TOUR. POITOU
C102,8 103,1
102,8
CROSSWOOD
C
CS-COM. ET SYST.g
C 5,38 5,38
5,22
DALETg
C 13,7
13,7
13,6
DANE-ELEC MEMORYg C
DEINOVE
2,665 2,665 2,52
DELTA PLUS GROUP B 43,6 44,2
43,6
DIGIGRAM
C
DMS
C 0,94 0,94
0,914
DOCKS PÉTROLES A C
DOM SECURITYg
C 56,4 56,4
56,2
ECAg
C 14,5
14,5
14,3
EGIDEg
C 2,05 2,09
2
ELECT. STRASBOURG B 111
112,5
111
ELECTRO POWERg
C 12,3
12,75
12,3
ENCRES DUBUITg
C 5,6
5,62
5,6
ESSOg
B 41,4 42,4
41,25
EURASIA FONC INV
C
EUROMEDIS GROUPEg C 6,8
6,95
6,8
EUROPACORPg
C 1,51
1,52
1,49
EXACOMPTA CLAIREF. C 116
116
116
EXPL. PROD. CHIM.
C860 860
860
EXPL. PROD. CHIM.
C
F.I.E.B.M.
C
F.I.E.B.M.
C
F.I.P.P.
C 0,339 0,34
0,32
FAUVET-GIREL g
C
FERMENTALGg
3,43 3,485 3,41
FERMIÈRE CANNES
B1540 1540
1540
FIDUCIAL OFFICE
C 28,6
28,6
28,6
FIDUCIAL RE
B 188
188
188
FIN. MONCEY
A
FINATIS
B 43
43
43
FLEURY MICHON
B 53,6 54
53,2
FONCIÈRE 7 INV.
C 2
2
2
FONCIÈRE ATLAND
C 117
117
114
FONCIÈRE EURIS
B 31
31,4
31
FONCIÈRE INEA
B 39,3
39,3
38,4
FONCIÈRE PARIS NORD C 0,038 0,038 0,038
FONCIÈRE R-PARIS
C
FONCIÈRE VOLTA
C
FRANÇAISE ENERGIE C 13,7
13,7
13,65
FREY
B 28,6
28,6
28,6
FSDV
C
GALIMMO
C 24,4 24,4
24,4
GAUMONT
B 134,5 136,5
134,5
GEA
C 91,2
91,8
90,6
GENERIXg
C 3,31
3,33
3,21
GENOMIC VISIONg
1,036 1,036 0,97
GÉRARD PERRIER
C 53,6
53,6
53
GFI INFORMATIQUEg B 10,5
10,5
10,45
GRAINES VOLTZ
C 39,4 39,4
38,6
GROUPE IRD
C 26
26
26
GROUPE JAJ
C
GROUPE OPENg
C 23,9 24,15
23,25
GROUPE PIZZORNO
C 18
18,05 18
GROUPE SFPIg
C 3,06 3,08
2,94
GUERBETg
B 64,6 64,6
59,5
GUILLEMOT CORP.g
C 4,66 4,7
4,66
GUY DEGRENNE
C 0,19
0,19
0,19
HF COMPANYg
C 6,82 6,82
6,16
HIPAY GROUP
C 13,75 13,75
13,4
HOPSCOTCH GROUPEg C 7,38
7,38
7,34
IDI
B 43,9 43,9
43,7
IGE + XAOg
C140
140
140
IMMO. DASSAULT
B 52,4 52,6
52,4
IMMO. HÔTELIÈRE
C
IND. FIN. ENT.
C
INFOTELg
C 40,9 40,9
39,6
INNELEC MULT.g
C 5,3
5,3
5,16
INSTALLUX SA
C380 380
380
INTEXA
C
INVENTIVA
B 7,52
7,52
7,36
IT LINKg
C 8,02 8,12
7,48
ITESOFTg
C 3,92
3,92
3,86
ITS GROUPg
C 6,38 6,38
6,38
JACQUES BOGART
C 4,95 5
4,75
KEYRUSg
C 4,83 4,89
4,35
LA FONCIÈREVERTE C
LACROIX SA
C 23,4 23,5
22,5
LAFUMA
C
LANSON-BCC
B 31,8
31,8
31,8
LAURENT-PERRIER
B106
106
105
LE TANNEURg
C 3,2
3,2
3,2
LEBON
C 147
147
143
LES HÔTELS DE PARIS C
LES NX CONSTR.
B 44,9 45,9
44,6
LEXIBOOKg
C 0,988 0,998 0,96
LOCINDUS
B 24,9 25
24,8
MALTERIES FR-B
C
MANUTAN INTER.g
B 71,8
71,8
70
MAUREL & PROMG
A 5,22
5,33
5,09
MCPHY ENERGYg
6,28 6,34
6,28
MECELEC
C 1,61
1,735
1,61
CLÔT
8,9
10,12
32,1
2,11
ÉCART
- 3,68
- 2,32
- 3,31
- 1,86
VOL
31854
25873
1256
4664
0,09
14,9 - 0,67
3,42 - 0,58
1,71 - 1,16
12,43 - 0,56
31,2
15,1 - 0,4
11,2
0,42 + 5
15,12 + 0,13
540
+ 0,94
3,91 + 0,26
1,192 - 1,49
47,3 + 0,21
3834
677
4133
293
1
4756
109
600
1583
1
3377
7012
6577
14,4
6400
11,96 + 0,84
10650
39,32
8,85
41,15
1,495 - 5,08
3897
28215
224
56
2,45
8,3
34,1
- 2,1
- 5,22
+ 7,79
- 3,67
543
106700
1
4367
- 0,61
+ 2,12
+ 1,46
+ 0,25
- 1,36
- 0,77
2846
54375
3961
6340
151
653
89
16,3
5,78
1,39
7,88
7,25
38,7
57,5
3,85 + 0,79
13,7 - 1,79
3,9 + 0,26
2213
2476
4206
4,99
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38
+ 1,6
2,8 + 0,36
1,842+ 0,44
2917
99
7987
6381
1,82
0,001
0,187 - 1,06
0,288- 0,69
100
- 0,5
9,301- 2,1
2,03 - 0,98
146
+ 1,39
107,4 + 0,73
126,3 + 0,14
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190,2 + 0,21
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103,1 + 0,1
786116
1
102
1057
4211
11
221
90
5301
48
3446
75
209
8213
696
507
975
148
98
4,06
5,3
13,6
- 1,85
4133
101
2,6 - 1,14
43,8 + 0,92
47252
1330
0,56
0,715
0,914 - 2,14
10023
510
56,2
14,3
2,08
111
12,7
5,62
41,95
- 2,77
- 1,38
0,89
1,6
0,36
1,33
19
401
15684
349
12498
101
3579
6,95 + 2,21
1,49
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- 7,94
860
1001
42337
129
2
+
+
+
0,25
865
6,1
118
0,34 + 0,3
502
32,2
3,46 + 1,02
1540
- 3,15
28,6
188
- 0,53
5491
6
1
1
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0000052623
FR0000064404
FR0010298620
FR0000077570
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FR0000064180
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FR0010609206
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FR0010263202
FR0000038465
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FR0000066441
FR0012432516
FR0000060832
FR0004044600
FR0012613610
FR0010380626
FR0010211615
FR0000044471
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FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
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FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
VALEUR
OUV
+HT
MEDASYSg
C 0,36 0,36
MÉDIA 6
C 14
14,05
MEMSCAPg
C 1,96 2,02
MICROPOLEg
C 1,32
1,33
MNDg
1,754 1,842
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 10,7
10,75
MRM
C 1,47
1,47
MUSÉE GRÉVIN
C
NANOBIOTIXg
B 15,77 15,92
NAVYA
B 5,64 5,79
NEOPOSTG
A 25,64 26,58
NEURONESg
B 23,1
23,1
NEXTSTAGE
C100
100
OFFICIIS PROPERTIESg C 1,42
1,42
OL GROUPEg
C 2,64 2,69
ORAPIg
C 6,72
6,72
ORCHESTRA-PRE.
C 1,05
1,05
OREGE
3,37
3,37
PARAGON ID
C 24,4 24,4
PAREFg
C 83,5 83,5
PASSAT
C 4,14
4,15
PATRIMOINE & COM
B 17,9
18
PCAS g
C 15,48 15,48
POUJOULAT
C 38
38
POXELg
C 6,43 6,43
PRECIA g
C196
196
PRISMAFLEXg
C 18,2
18,4
PRODWAYS GROUP
B 3,85 3,85
PROLOGUEg
C 0,646 0,649
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
B 19
19
RIBERg
C 2,94 2,95
ROBERTET SA
B560 570
ROCHE BOBOIS
B 21,4
21,6
S.A.M.S.E.
B 136
136
SABETON
C
SCBSMg
C 6,85 6,85
B 27
27,1
SÉCHÉ ENV.g
SELECTIRENTE
C
SERGEFERRARI GROUP C 8,86 8,86
SIGNAUX GIROD
C 15,7
15,95
SII
C 25,7
25,8
SMCP
A 23,68 23,68
SMTPCg
B 19,16 19,58
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C 17,2
18,9
SODITECH ING.
C 0,905 0,92
SOFIBUS
C
SOFT COMPUTINGg C 16
16,4
C 29,3
29,3
SOGECLAIRg
SPIR COM.
C 2,7
2,7
+BS
0,35
13,6
1,96
1,29
1,724
CLÔT ÉCART VOL
0,35 - 0,29
2051
14,05 + 0,72
386
2
+ 1,01
5959
1,305 - 1,88
18750
1,774+ 0,8
154033
645
10,6
1,47
10,75 + 0,94
1,47 - 0,68
134
2939
75,5
15,45 - 2,03
15,41
5,635
5,79 + 3,76
25,34
26,42 + 2,88
23
23 + 0,44
100
100
1,4
1,4 - 1,41
2,64
2,67 + 0,76
6,42
6,48 - 3,57
1,01
1,02 - 2,86
3,31
3,35 - 0,89
24
24,4
83,5
84
- 0,6
4,02
4,02 - 0,5
17,8
18 + 0,56
15
15
- 1,06
38
38
6,32
6,33 - 1,09
196
196
18,2
18,25 - 0,27
3,705
3,725- 2,49
0,622
0,622 - 2,81
81981
7323
93688
301
45
3660
16063
4081
41291
956
513
3539
14977
1194
82
148
22258
48
816
43448
39936
21
18,5
2,76
556
21,2
135
19
2,77
566
21,4
135
+ 1,06
- 5,78
+ 0,36
445
74244
377
2797
634
- 0,74
24,8
6,85
26,9
6,85
27
250
1560
8,86
15,7
24,2
22,6
19,16
8,86
15,95 - 0,62
24,7 - 3,89
22,625 - 1,61
19,18 + 0,1
17,2
0,905
18,9 + 0,53
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70
6
821
8883
98833
9217
1,84
16
601
187
15,8
28,4
2,7
16,4 + 2,5
28,4 - 2,07
2,7 - 1,46
311
429
17
ISIN
FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
FR0004037182
FR0000066482
FR0000060949
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FR0000039240
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FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TAYNINH
TESSIg
TFF GROUP
THERMOCOMPACTg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
+HT
C
B 138,5 140
B 43,3 43,5
C
C 78,5
78,5
C 36,6 36,6
C
C 3,34 3,34
B 46,6 46,6
2,58 2,58
A
B 27,7
27,7
C 0,582 0,582
C 2,18
2,18
B 50,2 50,6
C 1,9
1,9
C 5,02 5,02
C
C
C 10,002 10,002
B 9,44 9,45
C 48,05 49
3,6
3,65
+BS
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT
ÉCART VOL
1,36
138
43,1
140
+ 1,08
43,495- 0,01
78,5
36,4
78,5 + 1,29
36,4 - 0,55
522
987
35,5
2
106
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
A 40,69
0,715
C 22,3
A 3,98
C 4,42
A 56,85
14,7
55,8
A 4,73
C
39,89
41,43
40,69
0,715
22,92
4
4,42
56,85
15,9
56,4
4,782
3,1
45,3
2,58
3,1 - 7,19
5922
45,7 - 2,35
1274
2,58
1468195
15,2
13,05
61,5
13,05
61,5
12,95
61,5
13,05 - 1,51
61,5 + 0,82
70,8
- 3,3
1855
411
59,13
19,91
C 48
A154,5
48
156
48
154,5
48
154,5
- 1,64
- 0,32
- 3,62
10,3
C
462
848
0,02
EURONEXT GROWTH (Sélection)
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
855
27,2
0,582
2,18
50
1,85
4,94
27,5 - 0,72
0,582+ 0,35
2,18 + 20,44
50
- 0,4
1,85 - 3,65
5,02 + 0,6
10
9,05
46,05
3,6
10
9,05 - 4,23
48,5 + 0,41
3,62 + 0,56
3690
66
150
358
906
2581
4,74
2,3
102
12537
18260
2706
39,57
0,713
21,4
3,98
4,31
55,65
14,7
55,4
4,657
39,8 - 2,5
0,713 - 0,28
22,2 + 0,27
4
4,31 + 0,23
56,1 - 1,41
15,9 + 7,43
56,4 + 1,81
4,658 - 2,14
13727
29015
312
410
89816
134
39,89
41,43
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
+HT
0,285 0,29
0,08 0,084
8,88 9
1,77
1,848
0,353 0,36
8,05 8,1
24,95 25,7
68,4 68,7
24,5 24,5
0,102 0,11
0,321 0,332
25,45 25,45
7,76
7,8
4,82 4,84
0,429 0,433
0,236 0,236
0,31
0,323
0,265 0,268
0,909 0,911
79
79
13,3
13,3
1,24
1,27
11
11,1
0,299 0,302
136,5 136,5
+BS
CLÔT ÉCART VOL
0,285
0,285
57506
0,076
0,079- 0,88 18569824
8,5
9
688
1,77
1,816+ 0,44 40699
0,347
0,36 + 0,14 231344
8
8
- 0,62
1094
24,75
24,95
5019
67,2
67,8
3745
23,9
23,9 - 1,65
1381
0,102
0,106+ 0,38 1220135
0,305
0,308- 4,35 2685338
25,05
25,35 - 0,59
2954
7,38
7,66 - 2,79
3343
4,74
4,84 + 0,42
1753
0,425
0,433+ 1,05
22981
0,226
0,228- 0,87
85270
0,31
0,323 - 1,52
2760
0,263
0,265- 1,3
259712
0,905
0,905- 0,44
4378
79
79
- 3,66
28
13,2
13,2 - 0,75
585
1,22
1,24 - 2,36
22121
10,8
10,85 - 1,36
4970
0,297
0,297- 0,5
54735
130
130,5 - 2,61
2002
CERTIFICAT/FONDS
244915
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
39,89
41,43
C
0,41
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
39,89 - 0,94
41,43 - 1,15
INVESTIR 10
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
133.67
99.79
-0,8
0,48
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
B 70,5
C
B 85
70,5
70,5
70,5 + 0,71
1
350
85
85
85
- 5,56
+ 0,37
36
30,375 - 3,26
99,5 + 1,02
55
272
132,5
C
3,33
30,375 30,375 30,375
98
100
96
C
B 4,08 4,1
4,08
750
4,1 + 0,49
601
54
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
COURS
BCE
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1506
LIVRE STERLING
0,8788
FRANC SUISSE
1,1417
COURONNE DANOISE
7,4596
COURONNE NORV.
9,5193
KUNA CROATE
7,4221
COURONNE SUEDOISE
10,4471
DOLLAR CANADIEN
1,4897
YEN JAPONAIS
130,765
DOLLAR AUSTRALIEN
1,6326
ROUBLE RUSSE
76,7165
ROUPIE INDIENNE
84,884
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,7874
COURONNE TCHEQUE
25,7992
FORINT HONGROIS
324,81
ZLOTY POLONAIS
4,31
LEV BULGARE
1,9553
DOLLAR HONG-KONG
9,0167
WON SUD COREEN
1301,7477
PESO MEXICAIN
21,8576
REAL
4,4628
DOLLAR SINGAPOUR
1,5911
RAND SUD-AFRICAIN
17,055
LIVRE TURQUE
7,0796
RENMIBI YUAN
7,9043
RUPIAH
17465,3501
PESO PHILIPPIN
62,338
RINGGIT MALAIS
4,7747
BATH THALANDAIS
37,7659
-0,08
-0,62
-0,01
0,03
0,27
-0,04
0,14
0,12
-0,30
0,32
-0,38
-0,07
0,57
0,07
0,05
0,00
-0,04
-0,06
-0,31
-0,66
0,04
0,07
-0,25
-0,41
-0,07
0,00
-0,52
0,05
0,24
-4,16
-0,96
-2,40
0,16
-3,36
-0,14
6,37
-1,31
-3,42
6,17
10,92
10,73
5,69
1,01
4,52
3,21
-0,04
-3,89
1,63
-7,40
12,25
-0,92
14,77
55,44
1,27
7,39
3,86
-2,17
-3,39
05-10-2018
1 EURO EN DEVISE
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,1506
0,8788
1,1417
10,4471
7,4596
1,3077
1,4897
GBP
0,8691
1,138
1
1,3093
0,7638
1
0,992
1,2987
9,0826 11,8924
6,4828
8,4882
1,1364 148,7875
1,2948
1,6952
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
05-10-2018
CHF
SEK
DKK
0,8759
1,0081
0,77
1
9,1572
6,5359
114,56
1,3053
0,0957
0,1101
0,0841
0,1092
1
0,7138
12,5112
0,1425
0,1341
0,1543
0,1178
0,153
1,4009
1
0,1753
19,9715
JPY (100)
CAD
0,7647
0,88
0,6721
0,8729
0,0799
5,7049
1
1,1394
0,6713
0,7723
0,5899
0,7661
7,0153
5,0071
0,8777
1
05-10-2018
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,35/-0,65 -0,27/-0,57 -0,22/-0,52 -0,18/-0,48 -0,10/-0,40
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
05-10-2018
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,22
PORTUGAL
-0,22
FRANCE
0,03
ESPAGNE
0,01
ITALIE
-0,32
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,56
0,53
0,07
0,34
2,07
-0,09
0,87
0,14
0,51
2,59
0,18
1,23
0,20
0,78
2,72
0,45
1,46
0,36
1,03
2,81
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
249,78
169,93
231,26
278,61
325,70
333,86
229,80
VAR %
-0.16
-0.30
-0.28
-0.31
-0.55
-0.72
-0.30
31/12 VAR %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
0.52
-0.66
-1.82
-1.79
-0.07
1.13
-1.61
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1505
1,1506
0,8787
0,8788
1,1412
1,1415
10,4477
10,4534
7,4583
7,4608
130,7610
130,7690
1,4896
1,4898
-0,0013
-0,0014
-0,0037
-0,0040
-0,0003
-0,0004
0,0033
0,0056
0,0023
0,0039
-0,0958
-0,1413
0,0006
-0,0002
-0,0078
-0,0078
-0,0034
-0,0061
0,0006
0,0005
0,0071
0,0091
0,0063
0,0072
-0,1193
-0,1715
-0,0057
-0,0067
-0,0169
-0,0169
-0,0088
-0,0091
0,0017
0,0016
0,0062
0,0074
0,0118
0,0106
-0,1784
-0,2329
-0,0152
-0,0163
-0,0370
-0,0372
-0,0156
-0,0160
0,0042
0,0038
-0,0048
-0,0052
0,0210
0,0159
-0,2607
-0,3270
-0,0368
-0,0385
05-10-2018
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
CHF
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux De base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.10 %
fOnDs feDeraux
2.25 %
2 ans
2.95 %
10 ans
3.24 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.25 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.11 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,56
-0,67
-0,60
-0,58
-0,55
-0,36
0,17
0,82
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
AOÛT 16
SEPT. 16
OCT. 16
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
SOURCE CDC IXIS
TME
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
30-08
31-08
03-09
04-09
05-09
06-09
07-09
10-09
11-09
12-09
13-09
14-09
17-09
18-09
19-09
20-09
21-09
24-09
25-09
26-09
27-09
28-09
01-10
02-10
03-10
04-10
05-10
0,71
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,86
0,86
0,86
0,86
0,90
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
-0,363
-0,364
-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,364
-0,371
-0,366
-0,366
-0,366
-0,367
-0,365
-0,367
-0,367
-0,366
-0,367
-0,367
-0,351
-0,351
-0,363
-0,365
-0,365
-0,37
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,318
-0,317
-0,318
-0,318
-0,318
0,71
0,68
0,67
0,68
0,69
0,70
0,69
0,71
0,72
0,70
0,70
0,72
0,74
0,74
0,78
0,77
0,76
0,77
0,82
0,82
0,81
0,81
0,82
0,77
0,78
0,85
0,87
THOR.
PUB.
PRIV.
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
0,91
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
6800
43 + 0,94
54
+ 1,12
2 + 16,96
114
- 2,56
31,4 + 1,95
38,4 - 2,29
0,038+ 1,6
201
111
877
49
138
582
3000
34,97
4,16
13,7
28,6
94
12
48,6
24,4
134,5 - 0,37
91,8 + 0,88
3,31
0,984- 2,38
53
- 0,75
10,45
38,6
26
1
13
588
45382
262065
124
13253
304
1
1,78
23,35
18
3
59,5
4,66
0,19
6,48
13,75
7,34
43,8
140
52,6
- 2,71
- 0,55
- 1,96
- 8,32
- 4,71
- 0,23
+ 1,45
20822
380
36535
6739
10424
51
13919
1675
316
362
100
11
1,04
64
39,6 - 2,82
5,16 - 2,64
380
- 2,06
32160
1755
5
2,36
7,46
7,86
3,92
6,38
4,8
4,72
- 0,53
- 2
+ 1,03
- 4
- 3,08
3927
4395
1328
1
5745
79880
- 3,42
2003
31,8
105
- 0,94
3,2 - 0,62
143
- 2,72
30
130
65
361
57
22,6
24
2,46
45,4 + 1,79
0,996 - 3,3
24,8 - 0,4
1467
12624
2135
505
70
- 2,51
5,11 - 2,48
6,31 + 0,48
1,735+ 0,29
248
152771
34592
1030
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PRODUITS PÉTROLIERS
SUCRE
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
05/10
04/10
COURS PRIME PREC.
LINGOT
0
34200
33600
10 FLORINS
204,5
0,6
204,5
5 DOLLARS*
289,5
14,58
289,5
10 DOLLARS
569
12,6
569
20 DOLLARS
1140
12,76
1130
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1255,25 -0,38 1255,25
LATINE
195
-0,04
195
NAPOLEON
198,8
1,91
197
1/2 NAPOLEON* 113
15,85
112
SOUVERAIN ELI I* 255,1
3,72
255,5
SOUVERAIN
248,9
1,2
246
1/2 SOUVERAIN* 127
3,27
127
SUISSE
197,3
1,14
197
TUNISIENNE*
196
0,47
195
MARK*
255
6
255
KRUGERRAND
1110
6,21
1097,5
LINGOTIN 500GRS 17360
3,33
17350
LINGOTIN 250GRS 8670
3,21
8670
LINGOTIN 100GRS 3470
3,27
3470
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
491,13
490,75
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
707
London Daily Price:
CATHODES : 5554 A COMPTER DU 05/10/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
635,66 DEPUIS LE 05/10
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 536,24 DEPUIS LE 05/10
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
545,28 DEPUIS LE 05/10
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
590,47 DEPUIS LE 05/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
721,02 DEPUIS LE 05/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
692,56 DEPUIS LE 05/10
LONDON METAL EXCHANGE
05/10
04/10
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1400-1410
1450-1500
14040
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2243-2243,5
2250-2251
974075
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
29 508
29 505
FIX2
29 598
29 609
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 963
22 983
FIX2
22 987
23 184
CASH
3 MOIS
STOCKS
LONDON BULLION MARKET
05/10
04/10
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 457
1 451
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 204
1 203
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 061
1 060
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
824
830
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
05/10
DÉC. 18
14,65
JANV. 19
14,69
MARS 19
14,77
MAI 19
14,85
JUIL. 19
14,94
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
04/10
14,62
14,61
14,73
14,81
15,05
SETTLEMENT
05/10
DÉC. 18
1205,6
AVR. 19
1217,4
JUIN 19
1223,6
AOUT 19
1229,6
DÉC. 19
1242,2
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
OCT. 18
JANV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
05/10
821,1
824,5
828,9
833,1
837,2
04/10
1203,7
1214,7
1218,8
1223,9
1242,9
SETTLEMENT
04/10
822,8
826,8
830,8
837,9
855,1
1425-1435
1460-1470
13540
CASH
3 MOIS
VOL.
2166-2166,5
2175-2176
979800
6309-6310
6311-6312
188950
18975-19000
19000-19005
3155
6273-6275
6277-6278
194175
18900-18920
18925-18930
3065
12760-12770
12850-12860
228090
ÉLECTRICITÉ
CLÔTURE
05/10
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
12390-12400
12450-12475
228438
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2018-2020
2039-2040
114600
2020-2020,5
2042-2043
114525
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2695-2696
2664-2664,5
203675
2632-2633
2625-2625,5
198575
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
05/10
2,75
2,76
2,76
2,77
04/10
2,77
2,78
2,79
2,79
VOL
246
270
87016
224
BASE NOV 18
BASE DEC 18
POINTE NOV 18
POINTE DEC 18
05/10
71,43
72,13
79,19
78,95
KUALA LUMPUR
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
05/10
18920
04/10
19000
VOL
CLÔTURE
04/10
40,69
46,28
CLÔTURE
04/10
70,76
71,17
78,45
77,97
VOL
364004
192492
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
05/10
73,88
73,76
73,59
73,36
73,08
04/10
73,85
73,7
73,48
73,2
72,9
510,5
485,5
95,3
98,34
554,5
522,5
95,8
98,28
563,5
531,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
SPOT
05/10
21,15
CLÔTURE
04/10
21,45
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
04/10
27,55
27,65
27,85
GAZ NATUREL
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
05/10
3,15
3,2
3,26
VOL
CLÔTURE
VOL
04/10
3,19
3,24
3,31
CLÔTURE
04/10
26,76
VOL
VOL
5
SETTLEMENT SETTLEMENT
05/10
NOV 2018 27,69
DEC 2018 27,89
JAN 2019 28,35
04/10
27,41
27,51
27,76
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
6
CLÔTURE
CLÔTURE
VOL
05/10
04/10
DÉC. 18
1527
1506
MARS 19 1543
1531
MAI 19
1554
1546
JUIL. 19
1565
1560
SEPT. 19
1574
1571
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
6369
6953
2058
1451
1105
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
05/10
2024
2048
2065
2101
2121
04/10
2006
2031
2049
2090
2113
VOL
18186
11870
4909
1117
818
05/10
350,3
356,6
368,3
04/10
361,2
367
374,6
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
05/10
04/10
NOV. 18
174,25
174
JANV. 19 176,5
176,5
MARS 19 180
180
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
VOL
05/10
04/10
NOV. 18
1655
1616
16360
JANV. 19 1662
1616
16080
MARS 19 1672
1626
3977
MAI 19
1685
1639
560
JUIL. 19
1699
1651
156
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
12067
4882
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
05/10
108,95
112,4
114,85
119,55
04/10
106,8
110,25
112,6
117,35
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
22831
10681
5149
1577
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
JOU R
05/10
04/10
112,45
115,7
VOL
05/10
04/10
NOV. 18
10,82
10,78
JANV. 19 11,03
10,98
MARS 19 11,16
11,03
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
1205
399
16
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
913
110
3
SETTLEMENT SETTLEMENT
05/10
179,3
181,65
183,1
VOL
04/10
178,6
0
0
169
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
148.75
LE 04/10//18
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.138
LE 04/10//18
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.57775
LE 04/10//18
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.682
LE 04/10//18
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
625
193
460
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
CLÔTURE
189
2
05/10
04/10
DÉC. 18
368,25
368
194070
MARS 19 380
379,75
110882
MAI 19
387
386,75
34172
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
82977
27293
14924
6998
3583
SETTLEMENT SETTLEMENT
05/10
04/10
DÉC. 18
521
518
MARS 19 540,25
536,75
MAI 19
550,25
547,5
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
CAFÉ
BOIS
SETTLEMENT SETTLEMENT
4
04/10
12,34
12,47
12,59
12,88
13,47
VOL
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 104.29
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
04/10
76,78
76
76,86
05/10
12,63
12,75
12,85
13,1
13,66
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
05/10
04/10
DÉC. 18
203,5
203
15909
MARS 19 206,5
206
7311
MAI 19
208
207,5
2471
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
COTON
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
05/10
04/10
DÉC. 18
287
287,75
MARS 19 279
281
MAI 19
273,25
279,75
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 85,95, LE 05/10//18
05/10
76,49
76,1
77,14
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
VOL
8079
4821
1083
256
84
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 03/10/
Prix indicatif : 2019,85
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM
05/10
27,55
27,65
27,85
CLÔTURE
CACAO
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
CLÔTURE
05/10
04/10
DÉC. 18
345,6
341,9
MARS 19 349,1
343,9
MAI 19
353,6
348,4
AOUT 19 357,7
352,5
OCT. 19
361,3
354,4
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
POWERNEXT GAS FUTURES
05/10
04/10
NOV. 18
741,75
744,75
128059
FÉV. 19
735,75
740
12114
MARS 19 734
738,25
10146
AVR. 19
732
736,25
3371
MAI 19
730,5
734,5
2377
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
502
477
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
CLÔTURE
05/10
04/10
JOUR
84,16
84,58
JANV. 19 83,79
84,16
121574
FÉV. 19
83,52
83,83
62501
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
05/10
NORD DA 26,72
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
713
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
04/10
ICE
(EN GBP PAR MWH)
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
05/10
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8600
8600
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
4,55
4,55
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33,5
33,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
7,65
7,65
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
29,3
29,3
GERMANIUM (PAR KG)
1650
1650
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14
14
SILICIUM (PAR TONNE)
2000
2000
CÉRÉALES
12,44 cts/lb
VOL
112.45
05/10
04/10
205,09
204,82
REUTERS COM. 2362,05
2339,77
MOODYS COM. 5649,11
5667,65
OR INDUSTRIEL 33859
33800
LMEX
3051,8
3041,1
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
DERNIER
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LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
252,7
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
749,58 04/10
28/09
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DÉSIGNATION
DES VALEURS
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HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
DERNIER
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EN EUROS**
MONT. DATE
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DÉSIGNATION
DES VALEURS
317,42 04/10
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
547,12 04/10
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542,09 05/10
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250,27 04/10
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362,56 05/10
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
556,63 28/09
LU0188501257 PICTET-HEALTH
289,22 04/10
466,66 04/10
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
109,47 04/10
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
172,85 04/10
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107,45 04/10
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
457,69 04/10
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
101,81 04/10
131,6 04/10
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
164,57 04/10
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
16048,59 04/10
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
119,9 28/09
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97,49 04/10
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159,11 04/10
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156,35 28/09
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140,95 04/10
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05/10
DÉSIGNATION
DES VALEURS
99,18 04/10
308,67 04/10
85,64 04/10
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DIVIDENDE NET
EN EUROS**
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DERNIER
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Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
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VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
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DÉSIGNATION
DES VALEURS
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CLASSIFICATION
CLASSIFICATION
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Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Par Emmanuel Guimard
—Correspondant à Nantes
DR
Tugdual Rabreau
et Olivier Vallée,
traiteurs
en mode start-up
Après le salé en Vendée, le sucré en Belgique.
Ainsi se poursuit l’aventure de Tugdual Rabreau
e t d ’O l i v i e r Va l l é e , d e u x e n f a n t s d e s
Sables-d’Olonne, qui ont fondé Paso avant de
revendre, très récemment, cette PME vendéenne
à Fleury Michon. Paso, né en 2003, était considéré comme une « start-up de l’agroalimentaire », sa croissance moyenne de 20 % ces dernières années ayant porté son chiffre d’affaires à
25 millions d’euros avec 150 salariés. C’est dans
l’usine flambant neuve de Paso qu’ils ont conçue
près des Sables-d’Olonne que l’on retrouve les
deux compères, chemise en jean et t-shirt de
rigueur. Pendant quelques mois encore, ils vont
assurer l’intégration de Paso au sein du groupe
Fleury Michon.
Mais en parallèle, les deux entrepreneurs préparent l’avenir. Ils viennent d’acquérir Gofrino,
une société belge spécialisée dans la gaufre de
Liège, « différente de celle de Bruxelles », souligne
Tugdual Rabreau, avec l’œil d’un fils et petit-fils
de boulanger.
A travers Paso, le duo a réussi à populariser le
préfou, un pain à l’ail beurré, sorte de « garlic
bread » à la vendéenne. L’ambition est d’écrire
une histoire similaire avec la gaufre « et d’autres
spécialités régionales ayant un potentiel de développement national », explique Tugdual
Rabreau, 46 ans, regard azur et barbe naissante.
AUTORITÉ
HAS
Cécile Lambert
deviendra directrice chargée
du secrétariat général de la
Haute Autorité de santé (HAS)
le 1er décembre.
Cécile Lambert, 35 ans, ancienne
élève de l’ENA, est titulaire d’un
master affaires publiques de l’IEP
de Paris. Après avoir accompagné
Etudiant en BTS action commerciale puis à
l’ECE Bordeaux, le jeune Sablais effectue, sans
surprise, ses stages dans l’industrie boulangère...
mais il opte pour l’Espagne, le Canada, puis
l’Angleterre, avant d’accomplir, outre-Manche,
un service national en entreprise chez Lesaffre,
leader mondial de la levure. A l’issue de cette
période se pose le dilemme entre une carrière
aux Etats-Unis pour le groupe et l’appel de son
père, décidé à transmettre, sans délai, son réseau
d’une vingtaine de boulangeries. Cette deuxième
option l’emporte. L’Amérique attendra.
« Cocktail dinatoire »
De son côté, Olivier Vallée, 50 ans, cheveux ras et
larges lunettes a, derrière lui, une longue carrière de chef. « Dès l’âge de quatre ans, j’ai voulu
être cuisinier quand les autres voulaient être pompier ou cosmonaute », s’amuse cet adepte du
cross-fit, bras orné de motifs polynésiens. Ce fils
de mareyeur se souvient de son pantalon piedde-poule, taillé dans celui de son grand-père, un
solide boucher-charcutier des « Sables ». Suivra
l’école hôtelière de Noirmoutier et l’expérience
de nombreux restaurants, étoilés ou pas, à Paris,
à Courchevel et aux Sables-d’Olonne. En 2000, le
groupe Accor lui propose un poste d’« executive
chef » aux Etats-Unis. Mais Tugdual Rabreau le
convainc de lancer plutôt une affaire de restau-
la création des ARS, elle a été nommée, en 2012, cheffe du bureau de
la gouvernance du secteur social
et médico-social à la Direction
générale de la cohésion sociale
(DGCS). En 2013, elle est devenue
conseillère budgétaire et financière au cabinet de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé. Depuis 2015, elle
était sous-directrice des affaires
financières et de la modernisation
au sein de la DGCS.
rants avec d’autres associés. Là encore, l’envie
d’Amérique reste à assouvir. Cette histoire-là se
conclut de façon mitigée. Les restaurants seront
revendus et l’un déposera le bilan. « C’est de cet
échec qu’est né Paso », raconte Tugdual Rabreau.
Sur un schéma 50/50 désormais immuable,
les deux partenaires redémarrent une affaire de
traiteur événementiel selon le concept naissant
de « cocktail dinatoire ». Cette activité étant saisonnière, ils réinventent le préfou, puis toute
une gamme de produits apéritifs qui trouve vite
son public et sa place en grande distribution.
L’étape industrielle est rapidement franchie. Au
sein de Paso, chacun trouve son domaine
réservé. « Sur le commercial, c’est Tugdual à
80 %, et moi à 20 %. Sur la création produit, c’est le
contraire, mais chacun donne son avis », souligne
Olivier Vallée, qui a aussi la main sur des outils
industriels « qu’il a fallu concevoir, car ils
n’existaient pas. »
Rugby et course automobile
« Les gens qui ont démarré avec nous sont toujours
là, on a évolué ensemble », raconte Tugdual
Rabreau. Un clan ? « Plutôt une meute », répond
Olivier Vallée, se référant au rugby, qu’il a pratiqué depuis l’enfance, au poste de première ligne.
Ce père de deux enfants préside aujourd’hui le
club des Sables-d'Olonne et rêve, avec d’autres
entrepreneurs du coin, de faire naître un grand
club vendéen dans l’élite de l’ovalie.
Malgré un emploi du temps pas moins chargé,
Tugdual Rabreau, père de cinq enfants, a, quant
à lui, développé une honorable carrière de
« gentleman driver ». Sa passion pour la course
automobile se traduit aussi par un sponsoring de
long terme auprès du pilote d’endurance Thomas Laurent.
Chez ces deux-là, la complémentarité est
manifeste même si les rôles semblent plus complexes qu’il y paraît. Sous des dehors décontractés, Tugdual Rabreau s'admet quelque peu
« impulsif ». Ayant conservé la voix et l’autorité
du chef de cuisine, Olivier Vallée s’estime davantage « long-termiste » mais aussi comme un
manager « sachant dire les choses ». On le croit
volontiers. n
ENTREPRISES
BMW
Christian Wals
est désormais directeur financer
de BMW Finance en France.
Christian Walz, 46 ans, est titulaire d’un master de sciences écon o m i q u e s d e l ’u n i ve r s i t é d e
Munich. En 2005, il a rejoint
BMW Group en tant que responsable de la comptabilité de BMW
Bank GmbH. En 2010, il a pris la
tête du projet d’intégration
d’autres entités européennes à
BMW Bank. Depuis 2012, il était
directeur du service consolidation et comptabilité de BMW
Group.
GRAND THORNTON
Pascal Leclerc
prend la responsabilité des
activités de risk management
internes de Grant Thornton.
Pascal Leclerc, 48 ans, titulaire
d’un DESS finance, est expertcomptable et commissaire aux
comptes. Il a débuté dans l’audit
avant de rejoindre Grant Thornton en 2003. Il était associé au
sein du métier audit.
SAFRAN
Edouard Petit de Meurville
Valentin Safir
deviennent directeur des
ressources humaines de Safran
Electrical & Power et président
de Safran Engineering Services.
E d o u a r d Pe t i t d e M e u r v i l l e ,
46 ans, est titulaire d’une maîtrise
de droit privé et de sciences politiques de l’université Paris-II et d’un
DESS de droit du travail et gestion
des ressources humaines de l’université Paris-XIII. Après des débuts
chez Labinal (aujourd’hui Safran
Electrical & Power), il a rejoint,
en 2004, la société Aircelle
(aujourd’hui Safran Nacelles)
comme responsable des relations
sociales et directeur de l’établissement de Plaisir. En 2008, il a été
nommé responsable des relations
sociales de Snecma (aujourd’hui
Safran Aircraft Engines) et directeur de l’établissement de Courcouronnes. Depuis 2013, il était directeur des ressources humaines de
Safran Electronics & Defense.
Valentin Safir, 40 ans, diplômé de
Centrale Supélec et de Cornell
University (Etats-Unis), a débuté
chez Mc Kinsey & Company. En
2010, il a été nommé directeur de
l’amélioration continue et de la
supply chain de la division câblages Europe et Asie de Labinal
(aujourd’hui Safran Electrical &
Power). Devenu président de
Matis Aerospace en 2013, il a
assuré, deux ans plus tard, la
direction de l’usine Safran Electrical & Power de Villemur-surTarn. Depuis février, il était directeur général France et Maroc de
Safran Engineering Services.
MEESCHAERT
Nathalie Cuvelier
Arielle Benavides
sont nommées au sein
du directoire de Financière
Meeschaert, directrice de la
communication et de la RSE et
directrice organisation et capital
humain. Nathalie Cuvelier
supervisera aussi le marketing
du pôle de private equity
Meeschaert Capital Partners.
Nathalie Cuvelier, 51 ans, diplômée
de Neoma BS Rouen, a notamment
été responsable marketing-communication de Kompass France et
directrice marketing et communication d’Edmond de Rothschild Asset
Management et d’Invesco France.
C’est en 2004 qu’elle a rejoint la
société en tant que directrice marketing groupe.
Arielle Benavides, 53 ans, diplômée
de l’université Paris-Dauphine, a
notamment été chargée des ressources humaines de Goldman Sachs en
France de 1994 à 2000, puis de
JPMorgan Chase. DRH Europe de
Lazard jusqu’en 2015, elle avait
ensuite créé un cabinet de conseil.
ILS SONT NÉS
UN 8 OCTOBRE
Jean-Jacques Beineix,
réalisateur, 72 ans.
Emmanuel Bastide, PDG
de JCDecaux Asie, 50 ans.
Thierry Blandinières,
directeur général
d’InVivo, 58 ans.
Matt Damon, acteur, 48 ans.
Denis Ferrand, directeur
général de Rexecode, 49 ans.
William Gardey, président
de la CNAMTS, 62 ans.
Jean-Claude Gaudin,
maire de Marseille, 79 ans.
Reed Hastings, fondateur
et CEO de Netflix, 58 ans.
Jesse Jackson, homme
politique américain, 77 ans.
Sadiq Khan,
maire de Londres, 48 ans.
Bruno Mantovani,
compositeur, 44 ans.
Bruno Mars, chanteur, 33 ans.
Dominique Marcel, PDG de la
Compagnie des Alpes, 63 ans.
Jean Raby, directeur général
Natixis Investment Managers,
54 ans.
Sigourney Weaver,
actrice, 69 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
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LUNDI 8 OCTOBRE 2018
BUSINESS.LESECHOS.FR
EXECUTIVES
Entreprises : comment réagir
face à la dénonciation?
GESTION DE CRISE
Mises à l’index par les
consommateurs, les organisations
non gouvernementales, les
associations, les administrations
ou le gouvernement,
les entreprises réagissent
de différentes manières
au « Name and Shame ».
Vincent Bouquet
et Delphine Iweins
D
iscriminations à l’embauche,
inégalités hommes-femmes,
non-respect des délais de paiement, fraude fiscale… Depuis son inscription, en août 2015, dans la loi
Macron en vue de rendre public le nom
des entreprises qui ne paient pas leurs
fournisseurs et leurs sous-traitants dans
les délais légaux impartis, la pratique
du « Name and Shame » fait florès.
D’origine anglo-saxonne et, surtout, des
Etats-Unis où il est utilisé depuis plus
d’une dizaine d’années, le « Name and
Shame » consiste littéralement à « nommer pour couvrir de honte ». Plutôt que
– ou en plus de – frapper les sociétés peu
vertueuses au portefeuille, le gouvernement français est convaincu que cette
désignation à la vindicte populaire peut
faire bouger les lignes. Cette mise au
ban pousserait les organisations à
rentrer dans le droit chemin pour éviter
que leur image de marque ne soit
associée à une mauvaise pratique.
Désormais bien rodé en matière de
délais de paiement, ce principe dissuasif
s’étend à d’autres domaines, l’égalité
professionnelle, le travail dissimulé ou
encore la fraude fiscale. Trois modes
d’action à la loupe.
Payer et faire le dos rond
1 comme
nombre de sociétés
Encore faut-il, pour qu’elle soit efficace,
que cette sanction d’un genre nouveau
bénéficie d’une caisse de résonance
suffisante pour parvenir jusqu’aux
oreilles du consommateur. Sur son site
Internet, la DGCCRF (direction générale
Bientôt la
condamnation
dans la presse ?
• Un amendement de la loi
Pacte, examiné en séance
publique, souhaite renforcer le
caractère dissuasif du « Name
and Shame ». Objectif : obliger
les entreprises condamnées
pour des retards de paiement à
faire publier cette sanction à
leurs frais dans la presse locale,
nationale ou spécialisée en
fonction de la gravité des
manquements.
de la concurrence, de la consommation
et de la répression des fraudes) a publié,
depuis le 26 mars dernier, quelque
44 sanctions prononcées à l’encontre
de sociétés où des retards de paiement
de factures fournisseurs avaient été
constatés par les directions régionales
des entreprises, de la concurrence, de la
consommation, du travail et de l’emploi
(Direccte). Comprises entre 4.000 et
375.000 euros, le montant maximal, les
amendes touchent aussi bien des petites
entreprises que des grands groupes
ou leurs filiales. Sur la liste : Amazon
France Logistique, Carrefour Hypermarchés, Cdiscount, Decathlon, La
Française des Jeux, Lucien Barrière,
La Poste, la RATP, Schneider Electric
France, Société Générale ou encore
Sonepar.
Mais sans relais suffisant, ces sanctions
restent largement confidentielles et ne
poussent pas les entreprises mises à
l’index à s’emparer publiquement du
sujet. Pourtant, lors de sa publication en
novembre 2015, la première liste de la
DGCCRF avait fait grand bruit. Elle avait
épinglé cinq entreprises – Airbus Helicopters, Comasud, Numericable, Paul
Prédault et SFR – pour des retards dans
leurs délais de paiement fournisseurs.
Depuis, l’impact de telles publications,
pourtant régulières, semble s’être
émoussé. Au lieu de s’engager dans une
démarche plus vertueuse, les sociétés
ont plutôt tendance à faire le dos rond.
Mais même si les entreprises ne communiquent pas sur le sujet, le coup de
semonce n’est pas sans effet à l’interne.
La Poste a ainsi « pris très au sérieux
l’alerte de la DGCCRF », indique un
porte-parole. « Les processus de paie-
ment doivent être améliorés pour être
raccourcis, sans altérer la sécurité des
opérations », reconnaît le groupe. La
Poste s’est aujourd’hui engagée dans la
mise en œuvre d’un plan d’action et une
procédure de paiement urgent, en deux
semaines, est désormais proposée aux
fournisseurs qui rencontreraient des
difficultés de trésorerie. Un portail
fournisseurs destiné à fluidifier les
échanges de documents de facturation
est aussi attendu l’année prochaine.
Bien conscient des limites de l’exercice,
Bercy a toutefois décidé de « mettre un
coup de projecteur » régulier sur les
entreprises mises à l’index et de rendre
publique, deux fois par an, la liste des
organisations soumises à l’amende
maximale.
Suite page 36
L' ÉDITO de Muriel Jasor
Le « Name and Shame »
pour provoquer le changement
L
es pratiques de mise à l’index remontent
à la nuit des temps et touchent toutes les
sociétés humaines. Mais quelle est leur
efficacité dans le milieu des affaires ? Le « Name
and Shame » produit des effets. Notre dossier
donne de nombreux exemples de réactions
d’entreprises pointées du doigt. Pour s’en
convaincre davantage encore, il suffit de se
remémorer le scandale qui a éclaboussé Starbucks,
en mai dernier, aux Etats-Unis, à la suite de
l’indignation suscitée par l’arrestation de deux
hommes noirs dans un de ses établissements.
Par la suite, l’enseigne avait décidé de fermer 8.000
de ses cafés, le temps d’une formation – de quatre
heures – contre le racisme. Pratiquer le « Name
and Shame », c’est donc épingler l’entreprise dont
le comportement contrevient aux règles éthiques,
celle qui paie systématiquement ses fournisseurs
en retard, pratique de la discrimination à
l’embauche, recourt au travail dissimulé ou triche
avec le fisc. Au-delà du paiement d’une amende, il
s’agit d’entacher sa réputation, son image
employeur, etc. Avec l’effet amplificateur
des réseaux sociaux.
Des travaux de trois professeurs des universités de
Caroline du Nord, du Michigan et de Dartmouth
ont montré que des révélations sur la situation
fiscale, en Australie, de près de 2.000 sociétés (près
de la moitié se trouvaient en infraction) n’avaient
guère eu de répercussions sur les consommateurs
et les investisseurs, mais un impact politique.
Le « Name and Shame » produit donc des effets
contrastés et trop en attendre reviendrait à oublier
que les entreprises ne réagissent pas comme des
individus, qu’elles ne perdent pas la face et sont
dénuées de sentiments. Cette dénonciation
publique a surtout le mérite de provoquer une
prise de conscience puis d’amorcer un changement
qui, pour perdurer, nécessite le relais de solides
règles déontologiques internes, d’une culture
de la prévention et d’une correcte appréhension
de signaux faibles. n
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?
36 // EXECUTIVES
Lundi 8 octobre 2018 Les Echos
Quelles sont les
entreprises avec la
meilleure réputation ?
Réponse à découvrir
sur echo.st/m320036
Suite de la page 35
Muscler son plan d’action
2
à l’instar d’AccorHotels
et de Courtepaille
Mieux scénarisée, la pratique du « Name
and Shame » peut se révéler productive.
En 2016, le précédent gouvernement avait
annoncé, tambour battant, la mise en
place d’une procédure de testing pour
évaluer les discriminations à l’embauche.
En tout, 43 entreprises de plus de 1.000
salariés avaient été mises à l’épreuve et,
parmi elles, douze présentaient « un
risque élevé de discrimination dans le
traitement des candidatures ».
Le gouvernement leur avait alors
demandé de présenter des plans d’action
pour remédier à la situation, sous peine
de publier leurs noms. Dans la foulée, les
mauvais élèves avaient fait acte de contrition, de peur de voir leur réputation
durablement entachée. Et seuls deux
d’entre eux – AccorHotels et Courtepaille – avaient finalement été mis
à l’index par le ministère du Travail,
arguant que le plan d’action présenté
n’était pas « satisfaisant ».
Alors qu’il communique habituellement
avec la plus grande parcimonie, Courtepaille avait annoncé, quelques jours après
les résultats de la campagne de testing, la
signature « du Pacte d’égalité de traitement
des candidats dans l’accès à l’emploi, quelles que soient leurs origines », et surtout la
réorganisation « des fonctions support RH
au service des opérationnels pour une
politique RH maîtrisée et homogène entre
siège et restaurants, notamment sur la
prévention des risques de discrimination ».
De son côté, AccorHotels – reconnaissant
que les résultats de ce testing
étaient « clairement insuffisants » – avait
lancé « un plan d’action complet comprenant notamment une nouvelle campagne
de sensibilisation, des outils à destination
de tous les directeurs de [ses] 1.635 hôtels en
France et un plan d’autotesting courant
2017 ». En parallèle, un baromètre de
l’égalité des chances avait également été
mis en place.
Contre-attaquer en justice
3 comme
Airbus Helicopters
Mais d’autres entreprises agissent avec
moins de philosophie… Airbus Helicopters a ainsi fait le choix de faire appel,
devant le tribunal administratif de Marseille, de l’amende infligée par la Direccte
pour défauts de paiement. La société a
notamment fait valoir que cette sanction
était « insuffisamment motivée », violait
« le principe d’impartialité », manquait
« de base légale » et portait « atteinte au
principe de nécessité et de proportionnalité
des peines ». La direction régionale a
contrôlé les pratiques mises en œuvre
par le groupe industriel pour assurer le
paiement de ses fournisseurs et ses
prestataires au titre de l’année 2013.
A l’issue de ce contrôle, débuté en
avril 2014, elle a constaté qu’en 2013 les
fournisseurs avaient été payés avec un
retard moyen pondéré de 16,59 jours. En
application de l’article L.441-6 VI du Code
de commerce, l’administration a prononcé une amende de 375.000 euros
à l’encontre d’Airbus Helicopters en
novembre 2015.
C’est un point de droit bien particulier
que le tribunal administratif de Marseille
a retenu pour donner raison à Airbus
Helicopters : le principe de non-rétroacti-
vité de la loi garanti par la Constitution.
La Direccte ne pouvait prononcer une
sanction sur le fondement d’une loi plus
sévère. « L’appréciation du caractère fautif
des agissements relevés à l’encontre de la
SAS Airbus Helicopters relative à l’année
2013 doit être appréciée au regard des
dispositions des articles L.441-6 et L.442-6
du Code de commerce dans leur rédaction
applicable au moment des faits », rappellent les juges. Le tribunal administratif a
donc donné raison à Airbus Helicopters,
dans une décision du 9 janvier 2018. La
sanction et sa publication par voie électronique ont été annulées et l’Etat a dû
verser la somme de 1.200 euros à Airbus
Helicopters au titre des frais exposés et
non compris dans les dépens. n
Un principe dissuasif
à large champ d’application
• Outre les délais de paiement,
la mise au ban concerne plusieurs
autres domaines.
• L’égalité professionnelle
En septembre 2017, Marlène Schiappa
avait placardé deux noms sur la porte
de son secrétariat d’Etat à l’Egalité
entre les hommes et les femmes :
Sartorius Stedim Biotech et Maurel &
Prom. Elle reprochait au fournisseur
d’équipements pour l’industrie pharmaceutique et à la société pétrolière
de ne pas s’être rendus à la demijournée de sensibilisation à l’égalité
professionnelle organisée par le
baromètre Ethics and Boards à l’attention des dix entreprises du SBF120
les moins bien classées en termes
de féminisation des instances
dirigeantes.
• Le travail dissimulé
Dans la même veine, promulguée le
5 septembre dernier, la loi « Avenir
professionnel » prévoit la création
d’un site Internet consacré à la
publication des condamnations des
sociétés reconnues coupables de
travail dissimulé.
• La fraude fiscale
Le projet de loi relatif à la lutte
contre la fraude fiscale, adopté en
première lecture à l’Assemblée
nationale le 26 septembre, envisage
d’appliquer le « Name and Shame »
pour les cas les plus graves, de le
rendre obligatoire en cas de condamnation pénale – sauf décision
expresse du juge – et possible
pour certaines fraudes sanctionnées par l’administration.
AU NOM DE LA LOI
Les enjeux du « Name and
Shame » en matière fiscale
L
’Assemblée nationale a
adopté, en première lecture,
le 26 septembre dernier, un
projet de loi relatif à la lutte contre
la fraude dont deux articles
consacrent le « Name and Shame »,
autrement dit la publication des
manquements graves au respect de
la loi fiscale commis par certains
contribuables.
Cette appellation unique recouvre
en réalité deux règles distinctes. La
première créerait pour le juge pénal,
qui prononce une condamnation en
matière fiscale, une obligation
– alors qu’il ne s’agit aujourd’hui
pour lui que d’une simple faculté –
d’ordonner l’affichage et la diffusion
de sa décision. Le juge pourrait
toutefois décider de ne pas y
procéder en justifiant cette décision
par les circonstances de l’infraction
et la personnalité de son auteur.
La seconde règle, totalement
nouvelle dans son principe,
permettrait à l’administration
fiscale, après avis conforme et
motivé de la commission des
infractions fiscales, de publier sur
son site Internet les amendes ou
majorations appliquées à l’encontre
de personnes physiques ou morales
à raison de manquements graves.
Ceux-ci sont définis en référence à
un critère objectif, à savoir un
montant de droits fraudés d’un
minimum de 50.000 euros. S’y
ajoute un critère plus ambigu, à
savoir la commission d’un abus
de droit ou de manœuvres
frauduleuses. La publication, qui ne
pourrait excéder une durée d’un an,
porterait sur la nature et le
montant des droits fraudés et des
pénalités appliquées, la
dénomination du contribuable
ainsi que, le cas échéant, l’activité
professionnelle et le lieu d’exercice
de l’activité.
Le contribuable pourrait faire
suspendre – s’il agit dans les
soixante jours de la notification
de la décision de publication – ou
DANIEL GUTMANN
professeur à l’Ecole de droit de
la Sorbonne (université Paris-1),
responsable de la doctrine fiscale
du cabinet CMS Francis Lefebvre
Avocats et expert au Club des juristes.
cesser – s’il agit ultérieurement –
la publication en exerçant un
recours portant sur les impositions
et pénalités correspondantes.
La suspension ou le retrait de la
publication durerait jusqu’à
l’intervention d’une décision
juridictionnelle confirmant de
manière définitive le bien-fondé
de la décision de publication.
Ces deux mesures reposent sur
l’objectif de stigmatisation publique
des personnes qui se rendent
coupables de manquements graves
à la loi fiscale. Elles procèdent du
constat que l’atteinte à la réputation
est un risque que les entreprises
craignent désormais autant, voire
plus, que les sanctions financières.
Le « Name and Shame » fait ainsi
entrer le comportement fiscal dans
l’ère de la société de
communication. Le défi de cette
évolution est toutefois de résister
à la stigmatisation incontrôlée en
l’assortissant de garanties pour les
contribuables. Compte tenu
notamment de la grande incertitude
qui accompagne la définition de
l’abus de droit en matière fiscale, il
est à craindre qu’une publication
prématurée – au cas où le
contribuable n’aurait pas exercé un
recours dans un délai que la loi rend
extrêmement bref – puisse produire
des effets irréversibles au détriment
de contribuables dont le principal
tort aura finalement été de s’être
montré habiles. n
ANTICIPATION
RENDEZ-VOUS
PARTENAIRES
par
Recouvrement de créances : comment le digital change la donne
C’EST UNE RÉVOLUTION DANS
LA RELATION CLIENT ?
Oui. S’il ne remplace pas le contact et la médiation avec nos gestionnaires, le digital renforce la
joignabilité. Un client peut par exemple demander à être contacté à l’horaire de son choix. Autre
exemple : Intrum est la première entreprise de
son secteur à recueillir, par SMS et e-mail, l’avis
des clients sur la qualité du contact avec ses
directement ou indirectement, dans
toutes les cartographies des risques »,
analyse François Beaume, l’un des
vice-présidents de l’Amrae, l’Association pour le management des risques et
des assurances de l’entreprise. Cette
mise à l’index officielle devrait désorValérie Landrieu
mais être intégrée à l’analyse et à l’éva@ValLandrieu
luation du risque de réputation.
L’Amrae planche sur le sujet depuis
a pratique du « Name and
quelques années déjà. Et pour cause,
Shame » n’a pas pour seul objectif
certaines conséquences du « Name and
de dénoncer des entreprises, elle
Shame » peuvent générer un traitement
vise aussi à faire changer leurs comporassurantiel destiné à couvrir des frais de
tements. Alors que les évolutions
défense – hors pénal – et de comréglementaires sont nombreumunication de crise. A condises, se mettre en conformité
tion d’avoir été identifiées
est le plus sûr moyen de prenQuand le soupçon
dans le scénario de risques et
dre les devants. Encore faut-il
pèse sur l’entreprise
prévues dans le texte de la
estimer que le « Name and
sur echo.st/m320622
police d’assurance.
Shame » constitue une
Au-delà du cadre de la conmenace ! « Mes clients pensent
formité, et pour se prémunir
encore souvent que cet usage très
contre les angles morts, la
anglo-saxon aura du mal à prendre en
présence d’un déontologue, d’un
France », ne cache pas Sonia Cabanis,
directeur de l’éthique ou la possession
directrice du conseil en gestion des
d’un grand portefeuille RSE permet à
risques chez Deloitte.
l’entreprise de sentir l’air du temps.
Mieux, de l’anticiper, et donc d’être en
Traitement assurantiel
mesure de tenir compte de multiples
Quoi qu’il en soit, « le “Name and
exigences, celles des actionnaires,
Shame” est une cause ou un facteur
des clients, des fournisseurs,
aggravant de périls existants, et notamdes collaborateurs, des politiques
ment du risque réputationnel présent,
et de la société civile. n
Le « Name and Shame »
n’est pas un risque à part
entière, mais il peut constituer
un facteur aggravant.
Leader européen du recouvrement de créances,
Intrum fait du digital l’un de ses piliers stratégiques. Ses objectifs : permettre aux personnes en
situation d’impayé de gagner en autonomie, de
renforcer l’excellence de sa relation client et d’optimiser la performance financière. Les explications de Vincent Gérard-Saigne, chef de marché
en solutions de crédit management.
COMMENT LA TRANSFORMATION
DIGITALE SIMPLIFIE LE RECOUVREMENT
DES IMPAYÉS ?
Elle répond aux nouveaux usages liés aux évolutions technologiques et aux attentes de nos clients
partenaires. Nous créons des outils innovants
pour permettre aux personnes en situation d’impayé de s’acquitter simplement et en toute autonomie de leur créance, et ce, grâce à une multitude de modes de paiement. C’est par exemple la
possibilité de mettre en place un échéancier via
smartphone sur la base de critères préalablement
établis.
Prendre les devants
équipes. Cette mesure en direct et en continu de
l’expérience client est un formidable levier pour
enrichir la formation de nos équipes et améliorer
nos taux d’encaissement.
L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
EST-ELLE UN CHANTIER CONCRET
POUR INTRUM ?
Oui, en combinant la gestion de nos données avec
l’expertise de nos analystes et notre expérience
des comportements payeurs, nous sommes
capables de présenter des prévisionnels d’encaissements et de performances ainsi que d’optimisation budgétaire. Le lancement de notre chatbot
est un autre exemple d’utilisation de l’intelligence
artificielle qui va nous permettre de mieux comprendre les besoins des personnes qui se
connectent sur notre site internet.
Ce contenu a été réalisé par Intrum
L
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Les Echos Lundi 8 octobre 2018
4
EXECUTIVES // 37
conseils
pour éviter
le « bad buzz »
sur echo.st/m309489
COMMUNICATION
Bad buzz :
quelle réponse
apporter ?
Bien maîtrisés, les réseaux sociaux
peuvent être les meilleurs alliés
des entreprises en cas de crise.
Des touches d’humour, de
sincérité et de pédagogie sont
parfois suffisantes pour rassurer
les internautes.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
R
edouté par toutes les entreprises,
le « bad buzz » peut être évité.
Au quotidien d’abord, grâce à
une cellule de monitorage de l’actualité
du Web. Quel que soit le média social,
l’entreprise doit être en mesure de ne
manquer aucune information pouvant
entraîner une crise de réputation. « Il est
important de mettre en œuvre une veille
sur Internet pour détecter le moindre
frémissement d’une polémique »,
confirme Marie Muzard, la fondatrice
de l’agence MMC, spécialisée en crise
digitale.
Utiliser les bons canaux
de communication
D’après une récente étude d’ODM
Group, 55 % des entreprises ayant subi
une crise de réputation estiment que
les réseaux ont rendu la revalorisation
de leur marque plus facile. « Quand le
bad buzz s’est transformé en crise, il ne
faut pas négliger l’expression sur les
réseaux sociaux et ne pas survaloriser
les médias traditionnels », considère
l’auteur de l’ouvrage « Very bad buzz ».
Il convient alors de maîtriser certaines
techniques afin de mettre en place une
stratégie de gestion de crise. Chaque
rôle doit être défini avec une hiérarchie
précise pour la transmission des communiqués et les prises de décision. Il
existe des règles rédactionnelles propres à chaque réseau social, aussi la
cellule de crise doit-elle préparer des
messages personnalisés. « Mieux vaut
éviter de publier le même post à tous les
commentaires critiques. Si l’attaque est
due à une vidéo par exemple, autant y
répondre par une autre vidéo ou des
images », suggère l’experte. Il est
important de bien définir la cible afin
de pouvoir utiliser les bons canaux de
communication. Ainsi, Lidl, visé par
une enquête des journalistes de « Cash
Investigation » en septembre, a préféré
en dire le moins possible sur Twitter.
Les points évoqués dans le reportage
télévisuel ont été repris et détaillés
dans un communiqué de presse diffusé
largement.
De son côté, Lactalis, lui aussi cible de la
même émission télévisée à la suite d’un
scandale sanitaire, a préféré créer son
premier compte Twitter le jour de la
diffusion du reportage. Avec le mot clef
#LactalisRépond, le groupe industriel
agroalimentaire réagissait en direct. Il a
alors fallu faire face tout au long du
programme aux révélations de « Cash
Investigation » et aux invectives des
internautes. Ce type d’initiative ne
s’avère pas toujours payant, mais
permet, a priori, de limiter les dégâts
réputationnels.
Miser sur la sincérité
et la courtoisie
La gestion du bad buzz ne doit pas faire
oublier les valeurs, l’image et l’ADN de
l’entreprise. Les porte-parole de la
marque, généralement les community
managers (CM), doivent faire preuve
d’honnêteté. « Dès lors qu’une maladresse est commise, mieux vaut la reconnaître immédiatement, présenter ses
excuses d’entrée de jeu pour mieux avancer ensuite des circonstances atténuantes.
Attention aussi d’être certain d’être coupable afin de le dire », soutient Marie
Muzard. Pour éviter tout débordement,
les community managers se doivent
d’être courtois et surtout transparents.
Au lancement de sa nouvelle voiture
l’e-tron [prononcez i-trone], Audi a dû
faire face à une polémique sur Twitter.
« Drôle de choix », a souligné un twittos.
« Ils sont conscients que le mot “étron” a
une connotation différente en France ? »
s’est interrogé un autre. L’ambassadeur
d’Audi sur les réseaux sociaux, bien
préparé, a fait preuve de patience et de
pédagogie. La polémique a finalement
pris une tournure bon enfant.
Faire preuve d’humour
et de bon esprit
Certains community managers font
même la joie des internautes par leur
repartie, leur humour et leur patience.
La SNCF a, par exemple, pris avec
humour une « lettre de rupture » d’un
utilisateur de Facebook en lui répondant
en chansons dans les commentaires.
Decathlon, dont l’humour du community manager est apprécié sur Twitter, a
appris de ses erreurs. En août 2017, une
internaute a posté une photo des sacs
Decathlon sur Twitter et commenté :
« Chez Decathlon, les sacs de randonnée
ont un sexe. » Le community manager
lui a répondu brièvement : « Les sacs
sont simplement adaptés aux morphologies féminines et masculines, rien de
plus. » Certains twittos s’étonnant de
cette réponse, le responsable des
réseaux sociaux a précisé : « Ce n’est pas
uniquement une question de gabarit, les
sangles sont aussi adaptées pour ne pas
compresser les seins des femmes. » Mais,
à la suite de ces échanges cordiaux,
l’internaute à l’origine de cette question
s’est fait harceler et insulter. Le CM de
Decathlon a pris de ses nouvelles en
message privé et appelé au calme via
son compte personnel, sans grand
succès. En février dernier, ce responsable a aussi pris le temps de répondre à
une militante de l’association Osez le
féminisme ! qu’il existait différents
coloris de sacs à dos pour chaque sexe
et que les logos « femme » et « homme »
indiquaient simplement qu’ils étaient
adaptés aux morphologies féminines et
masculines. En prenant le temps de
répondre à chaque nouveau commentaire, il a réussi à rapidement essouffler
la polémique. n
MARKETING RH
Etre prise en défaut peut priver
l’entreprise de jeunes talents.
U
ne mise à l’index sur les réseaux
sociaux a nécessairement des
répercussions sur la marque
employeur d’une société. « Une mauvaise presse affecte l’image de l’entreprise », confirme Aurélie Robertet, la
directrice générale France-Benelux
d’Universum. « Nos enquêtes, dans
lesquelles nous analysons le taux de
transformation entre la notoriété d’une
entreprise et l’opinion que l’on peut en
avoir en tant qu’employeur, mettent en
évidence qu’une telle situation abaisse le
niveau de considération et que l’image
employeur est entachée », détaille la
spécialiste.
Poids des marques
La règle ne vaut pas pour toutes les
entreprises : « Les problèmes des dernières années n’ont pas empêché qu’Air
France se maintienne en tête de tous nos
classements », rapporte Aurélie Robertet. D’ailleurs, selon l’édition 2018 de
l’enquête Randstad Employer Brand,
l’excellence de la réputation ne réunit
que 13 % des candidats à l’emploi lors-
qu’ils sont interrogés sur leur premier
critère de choix.
Un postulant sur deux aurait toutefois
déjà refusé un poste, jugé en contradiction avec ses propres valeurs, selon une
enquête Deloitte. Sur le terrain, la tendance est encore plus nette chez les
Millennials. « Le comportement vertueux
d’une entreprise est un élément essentiel
pour 80 % des jeunes que je vois passer
dans mon bureau », témoigne Manuelle
Malot, à la tête du NewGen Talent Centre de l’Edhec. Sensible aux questions de
diversité, d’égalité professionnelle, de
délocalisation ou de fiscalité, la nouvelle
génération réclame des organisations
centrées sur la RSE, la responsabilité
sociale et sociétale. « Lorsqu’une entreprise est prise en défaut, elle considère
que c’est dramatique en termes d’image
de marque », précise la pédagogue.
Le constat d’Aurélie Robertet est plus
mitigé : « L’impact d’une crise liée à une
actualité de l’entreprise est plus important sur des profils expérimentés », estime-t-elle. Pour les plus jeunes, la réputation des marques joue, en revanche,
un rôle majeur dans l’attractivité d’une
société. A tel point qu’ils confondent
souvent le charme d’une griffe et celui
de l’entreprise. — V. La.
par
L’hôpital interconnecté, nouvel enjeu de gestion
E
n moins d’une décennie, l’hôpital a
profondément renforcé ses moyens.
La qualité des données de gestion
s’est nettement améliorée. La certification des
comptes, en particulier, a permis une réelle
fiabilisation de l’information dans tous les domaines : personnel et suivi des passifs sociaux,
immobilisations et réalité du patrimoine,
exhaustivité des recettes, notamment.
La pression budgétaire de
plus en plus forte a conduit
les établissements à dégager de nouvelles marges de
manœuvre. Pour ce faire, les
hôpitaux se sont progressivement dotés d’outils de pilotage
de leur activité. Toutefois, de
nouvelles sources d’optimisation, créatrices de valeur,
peuvent être activées.
réaliser l’interconnexion de l’information détenue par chacun des acteurs du parcours du patient. Il est également souhaitable d’accélérer la
dématérialisation d’un grand nombre de tâches.
Cela exige un effort nouveau et conséquent de
modernisation des outils et de professionnalisation des équipes concernées.
La seconde s’appuiera sur des économies
d’échelle significatives au niveau territorial. Les tout ré« De nouvelles sources
cents Groupements Hospitad’optimisation,
liers de Territoire constituent
une promesse certaine de
créatrices de valeur,
mutualisation, mais leur rôle
peuvent être activées »
doit être renforcé dans tous
les domaines de la gestion, et
leur objet doit probablement
être étendu à d’autres acteurs
Hélène
de Santé présents sur leur
Baronterritoire.
Bual,
Associée,
La première est de nature Grant Thornton
technologique.
Emmanuel Macron l’a rappelé lors de son
discours sur la transformation du système
de Santé : «Rien ne sera possible sans une
mise à jour de l’architecture numérique».
Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de
Pour l’ensemble du secteur,
qui doit répondre à de nouveaux défis, les leviers d’action trouvent leur
ancrage dans une plus grande interaction qui
ouvrira la perspective de nouveaux gains de
gestion.
© DR
Marque employeur :
attention, fragile !
RENDEZ-VOUS
PARTENAIRES
Ce contenu a été réalisé par Grant Thornton
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Lundi 8 octobre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
« Les Echos »
+
Cas avec précédent
En gardant Unilever, la City montre
qu’elle comptera même après le Brexit.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
Bruno Thévenin
DG PepsiCo France
INDRA NOOYI La PDG de PepsiCo dans le monde, Indra
Nooyi, a quitté ses fonctions au bout de 12 ans de présence.
« Elle a mis en place un nouveau modèle de leadership, à travers un projet qui s’appelle “Performance with Purpose”. C’est
l’idée que la performance économique n’a du sens que lorsqu’elle a aussi un impact positif sur la société. Trois piliers : le
bien-être des collaborateurs, l’environnement, et les produits. »
DÉFIS « Il faut poursuivre la diversification du portefeuille, et
je crois qu’il faut surtout continuer cette vision. Le rachat de
Sodastream [acquis récemment pour 3,2 milliards de dollars, NDLR] entre en plein dans cette priorité, puisque l’avantage de cette entreprise – au-delà d’ouvrir notre portefeuille à
l’eau – c’est d’éviter le transport et les bouteilles plastiques. Il va
donc falloir continuer dans la diversification et naturellement
entrer dans la digitalisation qui est un élément important. »
BIO « PepsiCo s’insère dans la logique du bio. Nous l’avons fait
avec Tropicana, nous le ferons avec d’autres produits. Nous ne
pouvons pas en dire plus aujourd’hui, mais vous les trouverez
dans les magasins dans les mois à venir. »
HUILE DE PALME « Concernant nos activités France, nous
n’utilisons pas d’huile de palme », affirme Bruno Thévenin,
questionné sur une enquête de Greenpeace. « Cela peut être
utilisé dans le monde, mais à chaque fois que nous utilisons
de l’huile de palme, c’est une huile de palme certifiée
responsable. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
Une question qui semblait tranchée dans les esprits, une réponse qui allait
de soi, puis la surprise d’un rejet qui fragilise l’initiateur du processus : après
le vote sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, la consultation
de ses actionnaires par Unilever sur son départ partiel du sol britannique rejoint les « cas sans précédent(s) de suicide en plein bonheur », comme Mauriac
qualifia le référendum gaulliste de 1969. A l’inverse du Premier ministre David Cameron, le directeur général du groupe anglo-néerlandais, Paul Polman, n’est pas allé jusqu’à offrir sa tête sur un plateau bien que celle-ci soit
désormais attendue avec impatience. Les noms d’une demi-douzaine de
successeurs potentiels circulent depuis que le conseil d’administration prépare une relève que les analystes espèrent voir accélérée. En reculant in extremis sur un « Leverxit » qui maintenait une cotation à Londres mais en dehors du club des plus grandes valeurs de la place, le Footsie 100, le Batave a
donné raison à une faible minorité d’investisseurs indiciels (soit 12 % du capital) au détriment de la majorité de leurs homologues européens. Le passage à une seule classe d’actions principale cotée à Amsterdam et l’abandon du
double QG auraient satisfait leur revendication de longue date, en rendant
Unilever plus agile dans les grandes manœuvres. Le « Leveremain » n’est ni
plus ni moins la démonstration par les gérants de la City que même après le
Brexit, ils n’auront aucun mal à forcer un « oui ».
Garanti 28
Google 23
Hostmaker 20
HP 23
Huawei 24
Inrupt 25
Inventec 23
La Grande Récré 18
Lenovo 23
LVMH 29
L’Oréal 29
Maersk Oil 29
Marriott International 20
Microsoft 23
Netflix 24
OHB 21
Oppo 24
Orchestra 18
Parrot 26
PSA 19
AVIS FINANCIER
BNP Paribas 21
EDITORIALISTES
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (Le Crible)
LES ECHOS EXECUTIVES
RÉDACTRICE EN CHEF Muriel Jasor
LES ECHOS WEEK-END
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Henri Gibier
RÉDACTEURS EN CHEF Gilles Denis,
Karl de Meyer et Lucie Robequain
DIRECTRICE ARTISTIQUE Cécile Texeraud
SÉRIE LIMITÉE
RÉDACTRICE EN CHEF Frédérique Dedet
DIRECTRICE ARTISTIQUE
Clarice Fensterseifer
DIRECTEUR DE LA DIFFUSION ET DU MARKETING CLIENTS Etienne Porteaux
DIRECTEUR STRATÉGIE ET COMMUNICATION Fabrice Février
PUBLICITÉ Les Echos Team Media Tél. : 01 87 39 78 00.
PRÉSIDENTE Corinne Mrejen
DIRECTRICE GÉNÉRALE Cécile Colomb
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Tél. : 01 70 37 61 36. Fax : 01 55 56 70 38 du lundi au vendredi de 9 h à 18 h
IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 5 OCTOBRE 2018 : 120.866 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de OJD-Diffusion contrôle CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Costco Wholesale continue sur sa lancée,
fort de la fidélité de sa clientèle.
« Quand vos salariés sont heureux, ils deviennent vos meilleurs
ambassadeurs. » La remarque du fondateur de Costco Wholesale,
James Sinegal, semble plus difficile à extrapoler pour les actionnaires
auxquels la chaîne de clubs-entrepôts avec carte d’adhésion prépayée vient
de livrer un bénéfice par action bien en ligne avec les attentes. Ils se montrent manifestement désireux de ne pas s’emballer devant le solide rythme
de croissance des ventes à magasins et changes comparables (+6,8 % pour
l’année close le 2 septembre hors carburant), compte tenu de la valorisation
supérieure à celle de Walmart (28 fois et 20 fois le bénéfice prévisionnel).
Et pourtant, la promesse de rendre une partie des gains de la réforme
fiscale aux consommateurs et aux salariés n’empêche pas le bénéfice net
de tenir un train plus rapide que les ventes, même si la marge opérationnelle s’est un peu effritée. Wall Steet a pris ses bénéfices (–5,5% pour
l’action), refroidi par l’annonce d’une défaillance dans le contrôle interne
du reporting financier, une question d’accès informatique qui n’aurait pas
été mis à jour. Cela ne l’a pourtant nullement empêché de publier dans
les temps. Et le distributeur, qui a ouvert l’an dernier son premier magasin
en France, à Villebon-sur-Yvette, s’appuie toujours sur une clientèle
de ménages à plus fort pouvoir d’achat que Walmart. Quant à l’offensive
d’Amazon sur le salaire minimum, elle ne devrait pas trop perturber
les héritiers de James Sinegal. La maison reste connue pour ses avantages
sociaux outre-Atlantique.
EN VUE
Les Echos est une publication du
PRINCIPAL ASSOCIÉ UFIPAR (LVMH)
PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL Pierre Louette
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DIRECTEUR DÉLÉGUÉ Bernard Villeneuve
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DIRECTRICE ARTISTIQUE ADJOINTE
Marion Brisson
Au bonheur des ambassadeurs
Honda et Toyota rejoignent le bouchon
des alliances sur la voiture-robot.
Rietumu 28
Samsung 24
SBI Life Insurance 30
Shell 29
Supermicro 23
Total 29
Toys“R’’Us 18
Trackforce 26
Two-i 25
UBS 28
Unilever 29
Walmart 18
WeMake 24
Xiaomi 24
ZTE 23
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION & PRÉSIDENT DE LA SAS LES ECHOS Pierre Louette
Edité par Les Echos, SAS au capital de 794.240 euros RCS 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
www.lessechos.fr
ÉDITRICE DÉLÉGUÉE Capucine Marraud des Grottes
DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
« S’il travaille pour toi, tu travailles pour lui. » Etant donné que c’est un proverbe japonais qui résume le mieux la situation du nœud d’alliances dans le
développement des voitures autonomes, il semblait étrange que les constructeurs nippons soient demeurés à l’écart de cette boucle. C’est chose faite,
maintenant que Toyota va fonder une entreprise commune avec SoftBank,
l’agent de Masayoshi Son qui règle la circulation au carrefour des projets de
robotaxis, et que Honda, longtemps en pourparlers avec la petite sœur de
Google et fille d’Alphabet, Waymo, s’est rangé du côté de Cruise Automation,
piloté par son créateur General Motors. La carte routière se résume ainsi :
SoftBank, actionnaire des services de taxis Uber et Grab aux côtés de Toyota,
est désormais lié à Honda à travers Grab et Cruise Automation, racheté il y a
deux ans par GM, lui-même déjà en lien avec Honda, Toyota et d’autres
constructeurs dans divers programmes (Mcity, Nauto). Une voiture sans
chauffeur ne trouverait pas son chemin dans ce dédale que compliquent les
coalitions autour de Waymo, de BMW-Intel, de VW-Aurora, et du tricycle
Renault-Nissan-Daimler. La course clairement engagée à l’établissement
d’un standard fait monter les valorisations. Waymo est estimé à 175 milliards de dollars. Le joint-venture Monet, entre Toyota et Softbank, se contente modestement de 15 millions d’euros. Mais Honda a ajouté quelques zéros à la dot de la fille de GM. En cinq mois, sa valorisation a pris 27 %, soit six
fois plus que le Nasdaq. A 14,6 milliards, elle pèse 30 % de la capitalisation
boursière du premier constructeur américain. Comme le dit un autre proverbe, « mieux vaut voyager plein d’espoir que d’arriver au but ».
Le retour des zéros
LES ENTREPRISES CITÉES
AccorHotels 20
ADP 20
Air France-KLM 20
Amazon 18, 23
Apple 23, 24
Azur Drones 26
BNP Paribas 30
BP 29
Compal 23
Daimler-Mercedes 19
Dell 23
Ecojoko 25
Econocom 26
Engie 21, 26
Eos Innovation 26
ExxonMobil 29
Federation
Entertainment 24
Foxconn 23
Galeries Lafayette 18
crible
T
Serge Tournaire
out le monde en parle mais personne ne le voit. Serge Tournaire,
le juge d’instruction le plus puissant de France, met un point d’honneur à
ne jamais se faire interviewer ni même
photographier par les journalistes. Hormis deux clichés volés par des paparazzis
pendant sa sortie du dimanche – un sac
harnaché sur le dos, bleu ou marron selon
les humeurs – on ne trouve aucune image
de lui sur la Toile. Sa notoriété est aussi faible que sa puissance est grande. Vincent
Bolloré, Nicolas Sarkozy, François Fillon,
Serge Dassault, Charles Pasqua, Bernard
Tapie : on ne compte plus les « VIP » convoqués dans son austère bureau du parquet financier, rue des Italiens à Paris. La
banque suisse UBS, qui sera jugée à partir
de ce lundi dans une vaste affaire de
fraude fiscale, n’est que le dernier trophée
à son tableau de chasse. « Je le déteste »,
lâchait l’an dernier le milliardaire Bernard
Tapie, qui n’en finit pas de payer les consé-
quences de son accord financier avec
Bercy dans le cadre de l’affaire AdidasCrédit Lyonnais.
Pas de quoi émouvoir Serge Tournaire,
qui a commencé sa carrière en se frottant
au grand banditisme en Corse – l’île de sa
mère – et à Marseille – sa ville natale. Ecoutes téléphoniques, perquisitions de cabinets d’avocat, gardes à vue prolongées : il
déploie sans état d’âme les techniques
dont il usait, alors, contre les malfrats
méridionaux. Si l’homme effraie tant, c’est
parce qu’il n’hésite pas à traiter la délinquance économique comme la délinquance ordinaire. Froid et rigoureux, il
travaille ses dossiers avec la persévérance
d’un marathonien. La vitesse à laquelle il a
accompli la course Paris-Versailles (1 h 17)
ne fait pas de lui un homme pressé. Bien
au contraire : il a tout son temps.
(
Lire l’Enquête page 14
et nos informations page 28
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