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Les Echos - 09 10 2018

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Banques :
Les prix des
services en ligne
en forte baisse// P. 26
L’ESSENTIEL
BUDGET 2019 : CE QUE LA
MAJORITÉ VEUT CHANGER
L’examen du projet de loi de finances débute ce mardi à l’Assemblée,
avec des députés LREM voulant
peser sur la réforme de l’IS ou la
fiscalité écologique. // P. 4
QUÉBEC : LES PROJETS DU
NOUVEAU PREMIER MINISTRE
François Legault explique dans
une interview son programme
économique et sa politique pour
l’immigration, en rejetant toute
intention populiste. // P. 8
DES INVESTISSEURS CHINOIS
AU FIN FOND DE L’ARKANSAS
Dans cet Etat du sud des EtatsUnis, les entreprises chinoises
sont les bienvenues malgré la
guerre commerciale menée par
Trump. // ENQUÊTE P. 13
ENTREPRISES
& MARCHÉS
PUBLICIS REMPORTE L’ACHAT
MÉDIA DU GROUPE GSK
Publicis a remporté un budget
d’achat média de 1,7 milliard de
dollars auprès de GSK. C’est son
plus gros contrat en 2018. // P. 22
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // MARDI 9 OCTOBRE 2018 // LESECHOS.FR
Un nouveau patron
pour relancer Airbus
l Le conseil désigne le Français Guillaume Faury pour succéder à Tom Enders.
l L’ex-dirigeant de la branche hélicoptères prendra ses fonctions en avril 2019.
A
la demande des gouvernements, le conseil d’administration d’Airbus a accéléré le tempo. Il a
annoncé lundi avoir choisi Guillaume Faury,
l’actuel directeur de la branche avions civils pour succéder à
Tom Enders. Le passage de témoin aura lieu en avril 2019 et
d’ici là, l’ancien président de la branche hélicoptères doit se
concentrer sur le redressement de la production industrielle des moyen-courriers. Empêtré dans des enquêtes
anticorruption qui ont exacerbé la guerre des chefs entre
l’actuel président Tom Enders et l’ex-patron des avions,
Fabrice Brégier, le groupe entendait ne plus laisser traîner
les choses alors que la concurrence est acharnée, avec un
Boeing en pleine forme. Par ailleurs, le partenariat francoallemand en matière de défense a besoin d’un patron clair.
Pour Tom Enders, Guillaume Faury « incarne la nouvelle
génération de leaders, dont Airbus a besoin pour la prochaine
décennie ». // PAGES 16-17 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX PAGE 9
Climat : le dernier avertissement
du GIEC pour échapper au pire
ÉCOLOGIE Un réchauffement de 1,5 degré en 2100 permettrait de limiter la casse.
La loi Pacte
passe un
premier cap
ENTREPRISES La loi soutenue par
Bruno Le Maire pour « faire grandir les
entreprises » doit être votée ce mardi par
les députés. Elle ne sera définitivement
adoptée qu’au printemps prochain après
son passage au Sénat. Certaines mesures
jugées prioritaires par le gouvernement,
comme la suppression du forfait social
pour les PME, seront logées dans le projet de loi de finances pour pouvoir entrer
en vigueur dès le 1er janvier 2019. La plupart des mesures sont bien accueillies
par les patrons, sauf la redéfinition de
l’objet social de l’entreprise. // PAGE 2
Mais cela impose de diviser par deux les émissions de CO2 vers le milieu du siècle.
VOTES EN AG : L’AMF VEUT
CHANGER LES PRATIQUES
Après que 9 groupes du CAC 40
ont publié de faux résultats de
vote en AG, le régulateur recommande l’élaboration d’un guide
sur le traitement des votes. // P. 27
COMMENT SE FORMER
À L’ENTREPRENEURIAT
L’envie d’entreprendre ne cesse
de progresser et les cursus sont
nombreux dans les universités ou
les grandes écoles. Tour d’horizon à l’occasion du Salon des
entrepreneurs Marseille PACA.
// DOSSIER PP. 35 À 39
Banques : trop peu de
mariages en Europe
CARNET // P. 34
L’analyse
d’Edouard Lederer
et de Sharon Wajsbrot
Leemage
Selon les experts scientifiques mandatés par les Nations unies, une partie des impacts d’un réchauffement de 1,5 degré
d’ici à 2100 seraient gérables en dépit de gros dégâts. Photo Patrick Pleul/Zuma Press/Zuma/RÉA
Santé Les
nouveaux terroirs
des compléments
alimentaires // P. 24
A moins de transitions technologiques
« rapides » et « sans précédent », englobant tous les secteurs de l’économie, le
cap de 1,5 degré de réchauffement ne sera
pas tenu en 2100, ont averti lundi les
experts du GIEC. Le rendez-vous pourrait
avoir lieu entre 2030 et 2052, si la courbe
des émissions de CO2 maintient sa progression.
Au-delà de cette température, les bouleversement infligés risquent d’être irréversibles, estiment les scientifiques. Pour éviter
// PAGE 7 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-FRANCIS PÉCRESSE PAGE 9
Toutes les conditions sont réunies
pour précipiter le retour des grandes
manœuvres dans la finance européenne. Mais les opérations de M&A
restent rares dans le secteur bancaire.
// PAGE 9
Systèmes de stockage automatisés
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22798
ce scénario noir, il faudrait une diminution
drastique de ces émissions (–45 % d’ici à
2030) et atteindre une « neutralité carbone »
vers le milieu du siècle.
110e ANNÉE
40PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
Le candidat d’extrême droite est largement en tête
à l’issue du premier tour. Photo AFP
Brésil : Bolsonaro promet
un traitement de choc
Outre son plan sécuritaire, le candidat
a un projet économique très libéral.
ÉLECTION S’il gagne l’élection présidentielle, Jaïr Bolsonaro, le can-
didat d’extrême droite, prévoit des privatisations massives et une
nouvelle réforme des retraites. Peu disert sur ses choix économiques, il a confié son programme à l’ancien banquier Paulo Guedes,
dont les positions sont très libérales. // PAGE 6
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02 //
Les Echos
FRANCE
Macron-Le Pen :
l’illibéral, c’est l’autre
Si les proeuropéens s’inquiètent d’une vague populiste
porteuse de régimes illibéraux, Le Pen et Salvini
assurent, eux, que c’est l’UE, « le système totalitaire ».
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
S
igne des temps,
la démocratie
ou plutôt le défaut
de démocratie, est devenu un
argument électoral. On sait
que les dirigeants européens
tentent de contrer la vague
populiste en arguant
des violations à l’Etat de droit
constatées dans certains
régimes. C’est sur ce motif
que le Parlement européen
vient de sanctionner
le gouvernement hongrois
de Viktor Orbán. Quand on a
des opinions publiques aussi
sensibles à la question
migratoire, sans doute est-il
plus simple de braquer
les projecteurs sur le droit
et la liberté que sur le
principe d’une fermeture
à l’immigration. De dire
« non » à l’« Aquarius »,
comme l’a fait Emmanuel
Macron, non par refus
d’accueillir les réfugiés mais
par respect des règles du
droit international. Dénoncer
« le discours de haine » des
nationalistes pour tenter de
souder les « progressistes »,
telle est sa stratégie pour
les européennes de mai.
L’attaque est suffisamment
prise au sérieux pour que
les nationalistes, justement,
tentent de retourner
l’argument. Les illibéraux,
ce sont les autres, ont tenté
de démontrer lundi Marine
Le Pen et Matteo Salvini dans
leur longue séance d’images
communes. Leur alliance
en porte le nom : « le Front
de la liberté ». Leurs mots
contre l’Union européenne
sont assassins : « sa logique
carcérale », « un système
totalitaire », « un bunker »,
« construite pour renforcer
les pouvoirs d’une superclasse
mondiale, pas pour
les peuples », etc. Accabler
l’UE de maux pour mieux
« sauver la vraie Europe ».
Le Pen et Salvini surfent sur la
vague populiste en se posant
en responsables de nations
« libres », soucieuses de
redonner la « parole au
peuple », et donc étrangères
aux tentatives américaines
pour fragiliser l’Europe. Ils
ont opportunément pris leurs
distances avec Steve Bannon,
l’ancien conseiller de Donald
Trump. Leur mise en scène et
la violence de leurs critiques
ne sauraient masquer
la fragilité de leur alliance des
« nationaux ». Elle ne compte
vraiment qu’eux deux ;
l’« Europe des nations » qu’ils
appellent de leurs vœux n’a
pas vraiment de contenu.
Il est vrai que le camp
« progressiste » ne paraît
guère plus uni, ni plus au fait
sur la façon d’« améliorer
concrètement la vie des gens »…
puisque tel est le but.
ccornudet@lesechos.fr
Loi Pacte : les mesures
qui s’appliqueront dès 2019
l Le texte doit être voté ce mardi par les députés.
l Pour être sûr qu’une partie des mesures s’appliqueront dès le 1er janvier 2019,
le gouvernement a décidé de les transposer dans le projet de loi de finances.
Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a pesé de tout son poids pour que le texte soit examiné dès le début du mois de septembre,
reléguant à janvier la révision constitutionnelle. Photo Thomas Samson/AFP
ENTREPRISES
Marie Bellan
@mbellan1
texte clivant, ce qui aurait pu être le
cas », estime le député Roland Lescure, le rapporteur général du texte.
Suppression
du forfait social
La loi ne pourra toutefois être définitivement adoptée, au mieux,
qu’au printemps 2019, car le Sénat
doit examiner entre-temps le projet
de loi de finances et celui de financement de la Sécurité sociale. Or, l’exécutif tenait à ce que les mesures les
plus emblématiques, notamment
la suppression du forfait social
pour les PME, puissent se concrétiser dès le 1er janvier 2019.
Le dispositif sur le forfait social
sera donc adopté via les textes budgétaires. Annoncée par Emmanuel
Macron lui-même, cette suppression du forfait social est la mesure
dont le gouvernement attend le
plus d’effets macroéconomiques, à
la fois en termes de redistribution
de revenus, donc de p ouvoir
d’achat, et d’augmentation de la
productivité des entreprises.
D’autres mesures ont aussi été
délocalisées dans le projet de loi de
finances. Par exemple la révision du
pacte Dutreil pour faciliter les transmissions d’entreprises. Mais aussi la
révision du crédit d’impôt en cas de
reprise d’une entreprise par ses sala-
riés. Il s’agit d’un crédit d’impôt égal
au montant de l’impôt sur les sociétés dû par la société reprise au titre
de l’exercice précédent. Pour pouvoir en bénéficier, un nombre minimum de salariés devait être atteint
(15 personnes ou au moins 30 % des
effectifs pour une entreprise de
moins de 50 salariés). Ce seuil a été
supprimé dans le projet de loi Pacte.
Pour les dispositions qui pourront s’appliquer dès le vote de la loi,
c’est-à-dire en mars ou avril 2019,
certaines auront un effet très
concret sur les entreprises. C’est le
cas du gel des seuils d’effectifs sur
cinq années consécutives, de la suppression du seuil de 20 salariés ou
encore de la publication dans les
journaux du nom des entreprises
qui ne respectent pas les délais
légaux de paiement. Pour les microentrepreneurs, le fait de ne plus
avoir de compte bancaire séparé
pour leurs activités professionnelles jusqu’à 10.000 euros de chiffre
d’affaires, de même que la suppression du stage obligatoire préalable à
l’installation sont aussi des mesures qui entreront en vigueur dès le
vote définitif de la loi.
Il faudra en revanche être plus
patient pour voir se matérialiser les
effets concrets de la réécriture du
Code civil. En changeant l’objet
social des entreprises, en créant les
entreprises à mission ou les fondations d’actionnaires, le gouvernement et les parlementaires de la
majorité poursuivent un objectif
d’envergure : celui de transformer
la façon dont les entreprises conduisent leur activité et tiennent
compte de leur environnement.
« La réécriture du Code civil est une
mesure de long terme, certes, mais ce
n’est pas que du symbolique car elle
s’applique à tout le monde et tout de
suite », conclut Roland Lescure.
POLITIQUE La présidente du groupe PS à l’Assemblée, Valérie
Rabault, a souhaité lundi que le député européen Eric Andrieu
tire la liste socialiste pour les élections européennes de mai 2019.
Interrogé par l’AFP, le président de la commission d’enquête du
Parlement européen sur les procédures d’homologation des
pesticides s’est dit « disponible ». La décision du commissaire
européen, Pierre Moscovici, de jeter l’éponge, a rebattu les cartes. La cheffe de file des eurodéputés PS, Christine Revaultd’Allonnes, n’exclut plus d’être candidate à la candidature.
Depuis son lancement, le projet de
loi Pacte est une course contre le
temps. Bercy a commencé à mandater les premiers groupes de travail parlementaires dès la fin de
l’année 2017. Mais il aura fallu attendre le 18 juin pour que le projet de loi
soit présenté en Conseil des ministres. En cause ? Les longs débats qui
ont occupé l’exécutif sur l’opportunité de privatiser ou non ADP et la
FDJ au printemps. Mais aussi
l’encombrement parlementaire de
ces derniers mois.
Bruno Le Maire a pesé de tout son
poids pour que le texte soit bien examiné dès le début du mois de septembre, reléguant à janvier la révision constitutionnelle. Au final, le
texte doit être voté ce mardi en
séance plénière par les députés,
avant de partir au Sénat. « Si la discussion parlementaire avait eu lieu
dès le mois de mai ou juin, nous
aurions eu davantage de crispations
sur certains sujets, par exemple sur les
commissaires aux comptes. Ce délai
supplémentaire nous a permis de bien
préparer la loi et de ne pas en faire un
Croissance : la Banque de France
revoit sa prévision à la hausse
Une réforme plutôt bien accueillie par les PME
en bref
Européennes : Rabault défend
la candidature d’un eurodéputé PS
CONJONCTURE Le produit intérieur brut (PIB) de la France
devrait progresser de 0,5 % au troisième trimestre, a estimé
lundi la Banque de France, qui a relevé son estimation de
0,1 point de pourcentage.Cette prévision est conforme à celle de
l’Insee, qui table également sur +0,5 %. Le dynamisme retrouvé
de l’économie française, qui a traversé un trou d’air au
deuxième trimestre avec seulement 0,2 % de croissance, se vérifie à la fois dans l’industrie, les services et le bâtiment, selon la
Banque de France.
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
D
ès l’élaboration du projet de
loi Pacte, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, s’est
employé à mettre les chefs d’entreprise dans la boucle. La quasi-totalité des binômes réunis par Bercy en
décembre dernier pour plancher sur
le texte étaient ainsi constitués d’un
parlementaire et d’un dirigeant
d’entreprise. Une démarche qui
semble avoir porté ses fruits car le
texte, dans son ensemble, est plutôt
bien accueilli par les organisations
patronales, d’une part, et par les
patrons de terrain, d’autre part,
comme a pu le mesurer Bruno Le
Maire lors de ses déplacements pour
expliquer le contenu du texte.
La suppression du seuil de
20 salariés et le gel des autres seuils
pendant cinq années d’affilée sont
par exemple plébiscités par les
patrons de PME. Avec un regret de
taille : que le seuil de 50 salariés, qui
L’ANALYSE
De Marie Bellan
impose notamment la création
d’un conseil d’entreprise (ex-CE et
CHSCT), n’ait pas été supprimé lui
aussi. Preuve s’il en faut que malgré
les ordonnances réformant le Code
du travail, qui ont nettement simplifié les instances représentatives
du personnel, la défiance des
patrons de PME à l’égard de toute
forme de dialogue social un tant
soit peu formalisé reste très forte.
Rebond après un échec
Les mesures sur la liquidation judiciaire simplifiée et le rétablissement professionnel sont aussi bien
accueillis par les chefs d’entreprise,
notamment ceux qui ont connu des
échecs par le passé et qui savent les
« Si la discussion
parlementaire avait
eu lieu dès le mois
de mai ou juin,
nous aurions eu
davantage
de crispations. »
ROLAND LESCURE
Député LREM
a
Tour d’horizon
des principales mesures
de la loi Pacte sur lesechos.fr
difficultés pour rebondir. Le texte
contient aussi des simplifications
très nettes pour les microentrepreneurs et les créateurs d’entreprise.
En revanche, la suppression du
forfait social pour les entreprises de
moins de 250 salariés n’est généralement pas citée parmi les mesures les
La défiance
des patrons de PME à
l’égard de toute forme
de dialogue social un
tant soit peu formalisé
reste très forte.
plus attendues lorsque l’on questionne les patrons de PME. Alors
que le gouvernement en fait un des
points majeurs de la réforme, les
dirigeants de PME et, surtout, de
TPE restent dubitatifs. Parce que
l’intéressement et la participation
ne correspondent pas, selon eux, à la
demande de leurs salariés, notamment avec des bas revenus, qui préféreront toujours une prime qui
peut être touchée tout de suite à un
intéressement ou une participation
bloqués pendant plusieurs années.
Et parce que certains employeurs ne
veulent pas récompenser tous leurs
salariés de la même manière.
Pour les PME et TPE encore, un
point cristallise toutes les inquiétudes : celui de la redéfinition de l’objet
social de l’entreprise dans le Code
civil et des contentieux qui peuvent
en découler. Le fait qu’une large partie du patronat, Medef en tête, ait très
longtemps combattu la mesure, en
la diabolisant et en la caricaturant
parfois, n’a pas aidé à faire accepter
cette évolution, qui suscite en revanche de l’intérêt chez les salariés. n
FRANCE // 03
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
Pourquoi Wauquiez réinvestit
le terrain économique
l Le président des Républicains s’efforce de rééquilibrer son discours,
en mettant plus l’accent sur l’économie et le social.
l Ce mardi, il doit livrer ses propositions pour réduire la dépense publique.
POLITIQUE
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
Soucieux de le dire « constant » –
alors que ses détracteurs lui reprochent d’avoir changé –, ses proches
assurent que Laurent Wauquiez
« déroule » son plan et « ne se laisse
pas dicter son tempo ». Mais depuis
la rentrée, le président de LR a
ajusté sa stratég ie, avec une
inflexion sur le style, une plus
grande présence sur le terrain et,
surtout, un rééquilibrage thématique. Avec l’espoir de corriger son
image et de profiter des déboires à
répétition d’Emmanuel Macron.
Après avoir passé le premier
semestre à cogner comme un sourd
sur les questions régaliennes, le leader de la droite entend « marcher
sur deux jambes », selon un de ses
lieutenants. Et donc, sans délaisser
la sécurité et l’immigration, davantage parler des questions économi-
ques et sociales, comme le préconisait une partie de ses troupes. Les
républicains ont certes tous étrillé
la hausse de la CSG, mais ils ont, jusque-là, surtout fait la démonstration de leur cacophonie, avec les
débats sur la hausse du SMIC préconisée par l’un de ses vice-présidents,
Guillaume Peltier.
Double échéance électorale
Après avoir remis l’accent sur les
classes moyennes, rebaptisées
« milieux de cordée », Laurent Wauquiez présente ce mardi ses propositions en matière de réduction de
la dépense publique. Une conférence de presse maintenue, malgré
la proximité du remaniement.
Dans son discours de rentrée au
mont Mézenc, il avait reproché à
l’exécutif de ne faire « aucune économie sur la dépense publique ». « Il
faut arrêter le gaspillage de l’argent
public pour pouvoir diminuer les
impôts. C’est la seule politique économique qui vaille », soulignait-il. « Les
problèmes des Français perdurent :
les questions d’insécurité, de pouvoir
d’achat, les taxes, les charges sur
l’essence, la préoccupation des retraités, la question de l’immigration »,
a-t-il, pêle-mêle déploré, la semaine
dernière, lors d’un déplacement en
Eure-et-Loir. Une première immersion de deux jours – avec un passage
dans une PME pour promouvoir
l’économie circulaire, au cours
duquel il a appelé l’exécutif à « se
ressaisir » et à « retrouver » de la
« dignité » après la démission de
Gérard Collomb. Une déclaration
sans commune mesure avec ses
« L’objectif des
prochains mois,
c’est de parvenir
à transformer
la mouise en or. »
UN ÉLU LR
coups de boutoir du premier
semestre… Laurent Wauquiez
estime que les difficultés d’Emmanuel Macron le rendent plus audible et, donc, qu’il n’a plus à monter si
haut dans les décibels. Et il veut
adoucir son image, toujours abîmée par ses déclarations au lanceflammes devant des étudiants lyonnais. Conscient, aussi, que « du gros
rouge qui tache » (dixit un LR) n’est
pas le meilleur moyen d’apparaître
crédible pour l’Elysée. « Le bulldozer a pris de la hauteur. On a retrouvé
le normalien », se réjouit un parlementaire.
Ces manœuvres se déroulent sur
fond de double échéance électorale.
La première est interne au parti,
mais essentielle pour consolider le
maillage territorial et la mainmise
sur les instances locales : l’élection,
le week-end prochain, des cadres
locaux de LR. La deuxième est plus
dangereuse : les européennes de
mai 2019. « S’il passe le cap, Wauquiez sera sur la bretelle de l’autoroute et rien ne pourra l’arrêter »,
Laurent Wauquiez veut parler des questions économiques
sans délaisser la sécurité et l’immigration. Photo Stéphane Audras/RÉA
veut croire un de ses fidèles. Pour
l’heure, Les Républicains s’appliquent à ne pas mettre la barre trop
haut, rappelant que ses 12,8 % des
voix aux européennes de 1999
n’avaient pas empêché Nicolas
Sarkozy de prendre le pouvoir. Laurent Wauquiez reste à la peine dans
les sondages. « Ce qu’il dit est majo-
ritaire dans l’opinion, mais, en même
temps, cette même opinion ne le crédite pas de porter ce message »,
observe un élu. « L’objectif des prochains mois, dit un autre, c’est de
parvenir à transformer la mouise en
or » : « Les ennuis de Macron ne
signifient pas forcément le bonheur
des Républicains ». n
Leonetti, numéro deux et modéré de service
Le vice-président de LR
tient aujourd’hui la corde
pour mener la liste du parti
aux élections européennes.
Ex-UDF, Jean Leonetti
est maire d’Antibes
depuis 1995.
Photo Christophe Archambault/AFP
Est-ce un hasard s’il fait de plus en
plus entendre sa voix dans les
médias ? S’il a regretté l’« attitude de
défi » de Viktor Orbán, le Premier
ministre hongrois ? Et s’il a affiché sa
volonté de réactiver, ce mois-ci, son
courant, République et Humanisme ? Trois mois après sa nomination, le numéro deux des Républicains, Jean Leonetti, avance ses
pions. Cet ex-UDF veut faire entendre sa « sensibilité humaniste ». Une
filiation qu’il a toujours revendiquée.
« La justice sans la force, c’est l’impuissance. La force sans la justice, c’est la
tyrannie », plaide-t-il, citant Pascal.
Beaucoup, au sein du parti, y
voient aussi des manœuvres à
l’approche des européennes. S’il se
garde de l’avouer, la tête de liste LR
ne serait pas pour déplaire à l’ancien
– éphémère – ministre des Affaires
européennes de Nicolas Sarkozy,
qui n’a « pas envie que l’idée humaniste soit préemptée par les uns, ni
que l’autorité, le régalien, la nation,
soient récupérés par les autres ».
Rien n’est acté, mais, à huit mois de
l’échéance, son nom revient en boucle. « Il tient la corde », confie un très
proche du patron du parti, dans la
mesure où « aucune alternative ne
s’impose aujourd’hui ». Un éventuel
choix par défaut, donc, comme lorsque l’intéressé a été propulsé à la
présidence, symbolique, du conseil
national de LR (refusée par Valérie
Pécresse), puis à la vice-présidence
du parti (après l’éviction de Virginie
Calmels). « Il a l’air de ne pas y toucher ,mais Leonetti est rompu à
l’exercice des ficelles. C’est un malin »,
sourit un haut responsable.
Même si Laurent Wauquiez sera
dans les faits le leader de la campagne, ce combat serait un bel aboutissement pour un proeuropéen de
soixante-dix ans qui, jusqu’ici, a souvent dû se contenter des seconds
rôles. Si ce n’est à Antibes, la ville
dont il est le maire depuis 1995.
Ancien vice-président du groupe
UMP à l’Assemblée, ancien vice-président du Parti radical, ancien viceprésident de l’UMP, désormais viceprésident des Républicains… « Il n’a
pas l’âme, le charisme, le leadership
d’un numéro un », lâche un parlementaire. « J’ai conscience d’avoir été
souvent minoritaire au sein de mon
parti. Etre numéro un, l’ai-je vraiment voulu ? », interroge l’intéressé
en guise d’explication. « Mais je n’ai
jamais été la caution de quiconque.
Les modérés sont conciliants sur les
détails et intransigeants sur l’essentiel », défend-il, quand d’autres, au
sein de sa propre formation politique, le comparent à « Jiminy Cricket,
la bonne conscience de Pinocchio ».
Mener le combat des
européennes serait
un bel aboutissement
pour un homme de
soixante-dix ans qui
s’est souvent contenté
des seconds rôles.
La formule est surtout cruelle
pour Laurent Wauquiez. Car Jean
Leonetti, ce médecin (un temps président de la Fédération hospitalière
de France), grand amateur de culture (« de l’opéra italien au street
art ») et de rugby (pour « la fraternité dans le combat »), est un
homme apprécié. Pour son contact
agréable, son caractère policé, sa
finesse, son analyse politique.
D’autant plus respecté, souligne un
élu, qu’il « n’a pas d’aspérités ».
« Libre » mais « loyal »
C’est peu dire, en tout cas, que ce
politique aguerri, pour lequel « la
droite française n’est pas la droite
anglo-saxonne », ne ressemble pas à
Virginie Calmels, une libérale, nouvelle venue en politique, qui jouait
publiquement le rapport de force.
Même s’ils ont tous deux soutenu
Alain Juppé lors de la primaire de la
droite. « Avec lui, on ne prend pas de
risque. On a souscrit une assurance »,
se rassure un cadre des Républicains. « Quand j’ai des zones de conflit ou des divergences, je le dis. Parfois
avec brutalité. Mais toujours en tête à
tête », explique Jean Leonetti, se
disant « libre » mais « loyal ».
Auteur d’un livre sur « le principe
de modération », l’ex-député des
Alpes-Maritimes est un adepte du
dialogue et du consensus, qui affiche sa volonté de faire vivre la diversité au sein du parti, comme il l’avait
fait jadis au sein du groupe UMP.
« Son rôle, c’est d’être un dénominateur commun et il s’y emploie très
bien », juge un élu. « En politique, il y
a des guerriers. Lui, c’est plutôt un
commerçant. Il aime la négociation
et l’accord. C’est le numéro deux parfait : il a des capacités à avaler des
couleuvres que d’autres n’ont pas, ne
trahit pas, ne prend pas de front et
démine », égrène un autre. Sa plus
grande fierté ? Avoir réussi à faire
adopter en 2005, « à l’unanimité »,
une proposition de loi sur la fin de
vie, sujet explosif. « Quand il est
connu, il est connu en bien », observe
un ténor des Républicains.
Jean Leonetti affirme ne pas avoir
de modèle en politique, mais célèbre « deux intelligences très affûtées » : Valéry Giscard d’Estaing et
Alain Juppé. Et Laurent Wauquiez ? « On peut ne pas être d’accord
sur tout mais nous sommes d’accord
sur l’essentiel », assure-t-il. Les deux
hommes se connaissent bien et
s’estiment. C’est Jean Leonetti qui
avait accueilli le nouvel élu de Haute-Loire à son arrivée à l’Assemblée,
en 2004. Il lui avait donné un conseil : « Ne te laisse pas faire par les
autres, trace ta voie. » Le numéro
deux de LR sourit : « Il m’a écouté audelà de toute attente… »
— P.-A. F.
Blanquer, le ministre érigé en modèle avant le remaniement
ÉDUCATION
Inconnu du grand
public avant l’arrivée au
pouvoir d’Emmanuel
Macron, le ministre de
l’Education est devenu
une figure majeure
du gouvernement.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Il s’est imposé dans le paysage politique au point de devenir un élément de langage à lui tout seul. « Il
faudrait un Jean-Michel Blanquer de
l’Intérieur », affirmait dimanche le
président de l’Assemblée, Richard
Ferrand, interrogé sur le futur
remaniement. Il faut « blanqueriser » le gouvernement, entend-on,
comme une petite musique, dans la
majorité. Le ministre de l’Education n’a pas encore donné son nom à
une loi, mais il a réussi le tour de
force d’introduire un nouveau
verbe dans la grammaire française.
Inconnu du grand public avant
l’accession au pouvoir d’Emmanuel
Macron, Jean-Michel Blanquer est
devenu « la figure populaire de la
Macronie », relève un syndicaliste.
de l’édifice éducatif est aujourd’hui
fissuré ».
« Il a mangé
son pain blanc »
« Un vrai sens politique »
Tous ceux qui l’ont côtoyé expliquent cette reconnaissance par sa
maîtrise des dossiers. « Il était prêt à
exercer le job, raconte un proche. Il
avait sa feuille de route et son agenda
avant de devenir ministre. » Seulement dix jours après sa nomination, il recevait d’ailleurs déjà ses
premiers interlocuteurs sur la
réforme du bac, dévoilée en février.
C’est un ministre réformateur
qui « règne sur l’éducation jusque
dans ses moindres détails », observe
Pierre de Panafieu, dans un
ouvrage qui vient de paraître (1). Le
directeur de l’Ecole alsacienne rappelle la circulaire publiée au prin-
Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, est devenu
« la figure populaire de la Macronie ». Photo Ludovic Marin/AFP
temps dernier, dans laquelle JeanMichel Blanquer préconise
d’utiliser des cahiers à grands carreaux pour l’apprentissage de l’écri-
ture. Il décrit le ministre comme
« l’architecte consciencieux de [la]
refonte de l’école », alors que, « de la
maternelle au supérieur, l’ensemble
Cela en fait un très bon technicien.
Mais Jean-Michel Blanquer a aussi
« un vrai sens politique », complète
un de ses proches. « Il a su donner de
la visibilité à une politique, parce qu’il
a bien compris les attentes des Français en matière éducative », renchérit un syndicaliste. Le ministre distille des messages simples. Comme
avec les CP à 12 élèves : il est plus
facile de faire réussir les élèves avec
des classes moins chargées. Ou avec
la loi sur le téléphone portable au
collège : à des Français « très conservateurs en matière éducative », il fait
croire à une « interdiction », poursuit-il, alors que la loi votée vise à
l’autoriser et à en encadrer l’utilisation.
Décrit comme « hyperactif »,
Jean-Michel Blanquer est partout,
tantôt avec le chef de l’Etat, tantôt
ave c l e P r e m i e r m i n i s t r e . I l
enchaîne les réformes à un rythme
effréné qui perd les syndicats. « Je
ne suis pas sûr, d’ailleurs, que son
cabinet arrive à suivre, lui aussi, confie un proche en souriant. C’est quelqu’un de très endurant, qui s’est mis
en tête d’être ministre pendant cinq
ans, et il sait qu’il faut enclencher le
plus de réformes, le plus vite possible. »
P o u r y p a r v e n i r, T h i e r r y
Sibieude, que Jean-Michel Blanquer avait nommé à la tête du campus Afrique de l’Essec, du temps où
il dirigeait la grande école, lui
reconnaît « un capital de confiance
en lui très élevé ». « Il n’a pas peur des
gens remuants », dit-il encore. Jusqu’où ? « Jean-Michel Blanquer a
mangé son pain blanc », prédit un
syndicaliste, en évoquant les suppressions de postes et les réformes à
venir.
(1) « Cas d’écoles », avec Eric Chol,
éditions Fayard.
04 // FRANCE
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
Budget : ce que la majorité veut changer
puisque le groupe LREM réfléchit à
d’autres aménagements pour la
deuxième partie du débat, autour de
la fiscalité écologique, comme la fin
de l’avantage fiscal pour le gazole
non routier.
Revue de détail des principaux
amendements qui seront examinés.
FINANCES
PUBLIQUES
L’examen du texte
démarre mardi
à la commission
des Finances
de l’Assemblée.
France est de laisser aux entreprises
la possibilité de conserver secrètes à
l’égard des concurrents certaines
inventions tout en bénéficiant du
régime préférentiel d’imposition »,
précise l’amendement.
VERDISSEMENT DE
•LAUNTAXE
SUR LES SURFACES
LA CHASSE AUX NICHES
•FISCALES
CONTINUE
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
et Renaud Honoré
@r_honore
Les députés vont rentrer dans le
long tunnel budgétaire de fin
d’année. La commission des Finances de l’Assemblée entame ce
mardi l’examen du projet de loi de
finances pour 2019, première étape
qui doit mener à son adoption en
décembre prochain. La plupart
des parlementaires en conviennent, le débat sera sans doute
moins agité que l’an dernier.
« Le budget 2018 portait des mesures
plus lourdes et structurantes dont
les effets se feront encore sentir
l’année prochaine », explique un
poids lourd de la majorité.
Pour autant, les députés LREM
veulent faire entendre leur voix sur
certains dossiers, notamment celui
de l’impôt sur les sociétés (IS). En
tout, ce sont près de 1.400 amendements qui ont déjà été déposés par
tous les députés (dont 630 par le
groupe LR). Ce n’est que le début,
Les députés veulent apporter leur
écot à la traditionnelle chasse aux
dépenses fiscales inutiles. Dans leur
viseur, deux dispositifs en particulier.
Le premier concerne les demandeurs d’emploi depuis plus d’un an,
qui peuvent bénéficier d’une déduction forfaitaire pour frais professionnels. Un amendement de Joël
Giraud, Emilie Cariou, Laurent
Saint-Martin et Amélie de Montchalin prévoit la suppression de cette
niche qui bénéficie à 600.000 personnes mais pour des montants infinitésimaux (2,52 euros en moyenne).
Les mêmes députés LREM veulent revenir sur la baisse d’impôt sur
le revenu accordée à certains exploitants agricoles, pour des intérêts
perçus au titre du différé de paiement. La niche ne profite qu’à une
poignée de personnes (13 en 2016,
22 en 2017) qui se partagent des sommes substantielles (38.000 euros en
moyenne en 2016 et 22.700 en 2017).
UN PLAFONNEMENT DU
•PLAFONNEMENT
POUR L’IFI
Lors de la transformation de l’ISF en
un impôt sur la fortune immobilière
(IFI), le mécanisme de plafonnement a été maintenu. Ce mécanisme
vise à éviter que l’impôt total payé
par un contribuable ne dépasse 75 %
de ses revenus. Joël Giraud souhaite
introduire un dispositif anti-abus
Denis/RÉA
Les députés LREM
veulent notamment
durcir les règles
sur l’impôt sur la
fortune immobilière.
COMMERCIALES
Joël Giraud, député LREM et rapporteur du budget, veut s’attaquer à plusieurs niches fiscales inutiles.
pour éviter que le plafonnement ne
soit manipulé à des fins d’optimisation fiscale. Ce serait donc le retour
du plafonnement du plafonnement
tel qu’on l’a connu de 1996 à 2011, de
sorte que la ristourne ne puisse être
supérieure à 50 % de l’impôt dû.
•
LE COUP DE POUCE SUR
LE « MADELIN » PROLONGÉ
L’an dernier, les députés avaient
voté le renforcement de la déduction fiscale Madelin pour l’investissement dans les PME. L’avantage
devait être porté de 18 % à 28 % en
2018 pour compenser la disparition de l’ISF-PME dans le cadre de
la réforme de l’impôt sur la fortune. Problème : ce coup de pouce
a déclenché un examen complet
par la Commission européenne au
titre des aides d’Etat… Ce qui fait
que le décret d’application n’est
jamais paru ! Ce n’est que partie
remise. La majorité souhaite prolonger d’un an ce renforcement du
« Madelin », en espérant que, d’ici
là, la Commission aura donné son
blanc-seing à cette niche fiscale.
•SURAJUSTEMENTS
L’INTÉGRATION FISCALE
Toucher à la « niche Copé » soulève
des craintes que les multinationales
n’en profitent pour optimiser leur
fiscalité. Le projet de loi de finances
prévoit de mettre fin à l’avantage
dont bénéficient les groupes fiscalement intégrés lors de cessions intragroupes. En contrepartie, la quotepart de frais et charges (QPFC), c’està-dire la fraction effectivement
imposée, passerait de 12 % à 5 %. Le
rapporteur du budget, Joël Giraud
(LREM), souhaite retoucher cet
article. Selon lui, la quote-part ne
présentent
EMPLOI
Les branches redoutent
que le choix d’un
opérateur de compétences ne limite leurs
possibilités de fusion.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
le 1er festival des médias de demain
1 date | 3 lieux | des expériences
jeudi 22 novembre 2018
Programme & réservation : maisondelaradio.fr
La promulgation de la loi avenir
professionnel a donné le top départ
d’un grand mercato pour la formation professionnelle. D’ici à la fin de
l’année, chaque branche devra
avoir choisi parmi la dizaine de
futurs opérateurs de compétences
(Opco) qui vont se substituer aux
organismes paritaires collecteurs
de la formation actuels (Opca).
En théorie, il est censé n’y avoir
aucun télescopage avec l’autre
grand chantier ouvert sur le front
des branches, celui de leur regroupement. Une première cible est
fixée : arriver à 200 branches en
août 2019, alors qu’il en subsistait
encore près de 500 en juin dernier,
grâce à la disparition de toutes celles
de moins de 5.000 salariés. Et cela
ne s’arrêtera pas là. Les calendriers
ne sont donc pas censés se recouper.
Logique de filière
Maison de la Radio
116 avenue du Président-Kennedy
75016 Paris
•
AFFAIREMENT AUTOUR DE
LA FISCALITÉ DES BREVETS
Le projet de restreindre le régime
favorable des brevets pour le rendre
compatible avec les lignes directrices de l’OCDE contre l’optimisation
fiscale a provoqué une levée de boucliers côté patronat. Joël Giraud
propose deux aménagements. Le
premier consiste à abaisser le taux
de ce régime de 15 % à 10 %, compte
tenu de la faiblesse de certains taux
d’impôt sur les sociétés au sein
de l’UE (Irlande, Hongrie). Le
deuxième concerne l’exclusion des
inventions brevetables mais non
brevetées, sur laquelle Joël Giraud
souhaite revenir. « L’intérêt de la
PRIME POUR
•LESUNERURAUX
PÉNALISÉS
PAR LA FISCALITÉ VERTE
Certains députés réfléchissent à un
moyen d’atténuer le choc de la fiscalité verte pour les ménages ruraux,
contraints de se déplacer en voiture. Matthieu Orphelin (LREM) et
Bénédicte Peyrol (LREM) préparent pour la séance publique un
mécanisme de prime qui se déclencherait lorsque les prix du pétrole
dépassent un certain seuil. Cette
prime ou ce crédit d’impôt ciblerait
les ménages les moins aisés des
zones peu denses et très peu denses
(selon la classification de l’Insee). n
Fusions de branches : craintes
sur un possible lien avec
la réforme de la formation
et
Les Echos
10 boulevard de Grenelle
75015 Paris
doit être fixée à 12 % que pour les
groupes intégrés. Emilie Cariou
(LREM) défend une quote-part à
12 % pour toutes les entreprises.
L’arme fiscale peut être utilisée pour
servir les objectifs anti-artificialisation des sols du Plan biodiversité
dévoilé en juillet par le gouvernement. C’est le raisonnement de
députés LREM qui veulent instituer
un « bonus-malus » sur la Tascom,
la taxe sur les surfaces commerciales. Le taux de cette dernière serait
donc modulé pour les nouvelles
constructions selon qu’elles se fassent hors villes et centres-bourgs
(le taux serait majoré de 50 % à
l’horizon 2022) ou en villes (le taux
serait minoré d’autant). La direction
du groupe LREM freine toutefois
des quatre fers, au motif que, « si
l’artificialisation des sols est un vrai
sujet, le levier choisi n’est pas le bon ».
France Télévisions
18, rue du Professeur Florian Delbarre
75015 Paris
Et si, en réalité, les deux sujets
étaient liés ? C’est en tout cas la
crainte qui est en train de gagner
un certain nombre d’acteurs syndicaux et patronaux. En cause, un
des critères définis par le ministère
du Travail pour agréer les futurs
Opco, tels qu’explicités dans une
note de la rue de Grenelle : celui de
« cohérence et de pertinence économique », évoqué dans le rapport
Marx-Bagorski sur lequel s’appuie
la réforme.
Un « faisceau d’éléments » est
évoqué. La plupart ne sont pas
contestés : la « proximité des
besoins en compétences », « en termes de niveaux de qualification » ou
encore « l’existence de parcours et de
mobilités professionnelles entre les
branches se rassemblant ». Il n’en va
pas de même avec la référence à
une « logique de filière et/ou de
synergie amont-aval, caractérisée
par la cohérence et la structuration
d’une filière économique existante ».
La Rue de Grenelle tente
de rassurer
« Les branches vont être obligées de
choisir un Opco avant la fin de
l’année et seront alors dans une
filière où elles devront choisir d’éventuels partenaires pour se regrouper », déplore un délégué général
d’une petite branche. Or, explique
le secrétaire général de la Fédération des services CFDT, « on peut
être proche d’une autre branche sur
les questions de formation, mais pas
sur les questions de salaire, de congés, d’organisation du travail, etc. ».
Du côté du ministère du Travail,
on se veut rassurant. « Il n’y aura
aucun lien juridique entre le choix de
Muriel Pénicaud, ministre du
Travail. Photo Stéphane Audras/RÉA
l’Opco et les possibilités de fusion, des
branches adhérant à des opérateurs
de compétences différents pourront
très bien fusionner mais celles appartenant au même opérateur auront a
priori plus de chances et d’affinités à
se marier car elles seront proches économiquement », explique-t-on dans
l’entourage de Muriel Pénicaud. n
Le cadre des futurs Opco
A défaut de connaître la liste des Opco, on connaît les critères
retenus pour les agréer, au plus tard le 1er avril 2019. Une note
du ministère du Travail rappelle qu’ils devront faire la preuve
de leur cohérence en matière de compétences. Autre critère,
qui sera précisé par décret : présenter une surface financière
suffisante ou, par défaut, un nombre minimum d’entreprises.
La gestion paritaire sera attestée si leur conseil d’administration
comprend pour moitié des représentants de salariés et d’organisations d’employeurs. Et pour s’assurer que le pouvoir ne sera pas
dans les mains des plus grosses branches, la note suggère quelques pistes : sièges tournants entre représentants de branches
ou encore droit d’inscription à l’ordre du jour du conseil
d’un point souhaité par une organisation non représentée. — A. R.
FRANCE // 05
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
Réforme des retraites : le calendrier s’allonge
d’informer les partenaires sociaux
d’un report. Au risque de devoir
rechercher une nouvelle date, ce
qui pouvait prendre un peu de
temps. Inquiet des conséquences
de ce contretemps, le gouvernement a fait savoir lundi soir que
la réunion serait finalement
maintenue, en l’absence cependant de la ministre des Solidarités, Agnès Buzyn.
Alors qu’un projet de loi est
attendu avant la fin de l’été, cet horizon s’éloigne néanmoins. La
concertation qui devait s’achever
fin 2018 va perdurer jusqu’en mars,
selon BFM TV. Et les arbitrages ne
seraient rendus qu’après les élections européennes de fin mai.
SOCIAL
La réunion au sommet
de mercredi matin
entre le gouvernement
et les partenaires
sociaux aura bien lieu
malgré le remaniement imminent.
Mais les arbitrages
pourraient n’être
rendus qu’après les
européennes de mai.
Solveig Godeluck
@Solwii
Malgré le remaniement imminent, la réunion du gouvernement
avec les syndicats et le patronat
programmée mercredi matin
pour en discuter va être finalement maintenue. Lundi aprèsmidi, selon une source syndicale,
Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites,
avait pris son téléphone afin
L’architecture générale
du système-cible
Au cours de la réunion de mercredi,
le gouvernement devrait pour la
première fois commencer à abattre
quelques cartes sur l’architecture
générale du système de retraite
auquel il aspire. Il s’agit, selon une
source gouvernementale, de dévoiler « les grands axes » de la réforme −
par exemple, le principe des points
Quinze métropoles
s’engagent contre
la pollution de l’air
ENVIRONNEMENT
Quinze métropoles
vont déployer
ou renforcer
des « zones
à faibles émissions »
d’ici à la fin 2020.
Elles pourraient
éviter à la France
d’être condamnée
par la justice
européenne
pour non-respect
des normes
de qualité de l’air.
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
La France veut se sortir au plus
vite du pétrin judiciaire dans
lequel elle s’est mise depuis des
années pour dépassement des
valeurs limites de la qualité de
l’air fixées par Bruxelles. Les
élus de treize agglomérations
se sont solennellement engagés
lundi, au ministère de la Transition écologique, à mettre en
place avant la fin 2020 des
zones à faibles émissions (ZFE)
restreignant, dans certaines
conditions, la circulation des
véhicules les plus polluants, en
plus de Paris et Grenoble où ce
dispositif est déjà à l’œuvre.
Quand les agglomérations de
Valence et de la vallée de l’Arve
(Haute-Savoie) auront répondu
à l’appel, tous les territoires
montrés du doigt par la Commission européenne seront
dans la boucle.
Procédure allégée
« Cela représente 20 millions
d’habitants, voire 23 millions
avec les aires urbaines. On est à
plus du tiers de la population
française », se targue-t-on au
ministère de la Transition écologique et solidaire. Pour
l’heure, la France est à la traîne
des autres pays de l’Union européenne qui alignent plus de 220
zones de ce type. Avec une efficacité avérée puisq ue les
experts y ont constaté une
baisse de 12 % des émissions
d’oxyde d’azote (Nox) et de celle
de particules fines (PM10).
Pour rattraper son retard,
Paris a placé plusieurs fers au
feu. La procédure de mise en
œuvre de ces zones va être
assouplie. Le projet de loi
d’orientation sur les mobilités
doit permettre de s’en tenir à une
seule consultation des communes concernées. « De quoi gagner
six mois sur les délais », commente-t-on au cabinet de François de
Rugy, le ministre de la Transition
écologique et solidaire.
L’Etat va accompagner les
quinze agglomérations qui
s’engagent dans le dispositif. Une
enveloppe de 35 millions d’euros
a été débloquée, visant la première année d’élaboration des
ZFE, celle de la sensibilisation
des populations, la plus délicate.
« Nous allons réduire la charge
qui va peser sur les collectivités
pour mettre en place la vidéo-verbalisation sur les zones cibles »,
indique encore le ministère de
la Transition écologique et solidaire. Une caméra pourra automatiquement lire la plaque
d’immatriculation et interroger
le fichier central. Le projet de loi
d’orientation des mobilités doit
préciser le nombre maximum
de ces appareils déployables
selon la taille des ZFE.
plutôt que des comptes notionnels
−, mais « sans fermer de portes à ce
stade ». « L’idée n’est pas d’apporter
des solutions, mais de définir le terrain de jeu », poursuit la même personne.
Le gouvernement doit
pour la première fois
commencer à abattre
quelques cartes sur
l’architecture du
système de retraites.
S’il est acquis que l’âge minimum
va rester à 62 ans, il est envisagé
de créer un âge- pivot à 63 ans afin
de retarder les départs à la retraite.
Cette hypothèse révélée dans nos
colonnes lundi a soulevé l’indignation des syndicats. D’autres questions fondamentales demeurent
pendantes : quelle sera la part de la
solidarité dans le futur système de
retraites ? Combien pèseront les
pensions dans le PIB ? Quel taux de
r e m p l a c e m e n t p o u r l e s t r availleurs ? Des régimes complé-
mentaires catégoriels pourront-ils
subsister ?
Une plate-forme citoyenne
participative
Les syndicats et le patronat sont
satisfaits de la diplomatie dont fait
preuve l’équipe de Jean-Paul Delevoye, mais se plaignent de ne pas
voir du tout où veut en venir l’exécutif, alors que les discussions ont
commencé fin 2017. Un premier
round de concertation s’est achevé
en juillet. Le deuxième était prévu au
deuxième semestre et devait initialement commencer en septembre.
En parallèle de cette concertation
entre partenaires sociaux, une plate-forme citoyenne participative a
été mise en ligne afin de recueillir
les desiderata du public.
Et 38 députés et sénateurs de La
République En marche se sont formés sur ce sujet très technique,
pour devenir les ambassadeurs de
la réforme sur le terrain. « Il ne s’agit
pas de porter la bonne parole puisque le projet n’est pas encore défini,
mais d’aller faire de la pédagogie de
proximité », explique la députée
Corinne Vignon. n
Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la Réforme
des retraites. Photo Denis/RÉA
L’info sur
les assistants vocaux
c’est avec franceinfo
La France est à
la traîne des autres
pays de l’Union
européenne
qui alignent
plus de 220 zones
de ce type.
Au bout du bout, l’objectif est
de ne plus avoir à constater le
moindre dépassement de seuil
dans une seule agglomération
française en 2022. Reste à
savoir si la Cour de justice de
l’Union européenne (CJUE)
saura se montrer patiente.
« Elle peut très bien condamner
la France sans attendre, et même
dès maintenant », font valoir les
experts du ministère qui ne
retiennent pas cette option.
C e u x - c i ve u l e n t p l u t ô t
croire que la CJUE laissera à la
France la possibilité de prendre des mesures supplémentaires pour lutter contre la pollution de l’air, ce qui est le cas
avec ces ZFE que certaines villes, comme Montpellier,
seraient prêtes à mettre en
place l’an prochain. n
Demandez-lui les dernières infos,
franceinfo vous répond !
franceinfo est le seul média à proposer
un flash actualisé toutes les 15 minutes
sur tous les assistants vocaux
deux points
ouvrez l’info
06 //
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
MONDE
en
chiffres
ALLEMAGNE : RECUL
DE LA PRODUCTION
CHINE : REBOND DES
SERVICES EN SEPTEMBRE
La production industrielle
allemande a poursuivi sa
glissade en août, reculant de
0,3 %, après avoir perdu 1,3 %
en juillet, selon les données
(CVS) de l’office fédéral
Destatis. Ce tassement
s’explique par le contexte
international tendu et les
hostilités commerciales
entre les Etats-Unis et leurs
principaux partenaires.
L’activité dans les services
s’est nettement redressée en
septembre en Chine. L’indice
des directeurs d’achat (PMI)
du secteur, du cabinet IHS
Markit, s’est redressé à 53,1
en septembre, contre 51,5
en août. L’emploi dans
le secteur a enregistré son
premier recul depuis deux
ans, indique en rechanche
l’indice indépendant Caixin.
2,7 %
C’est le plafond auquel la
Norvège va limiter l’an prochaine la ponction dans son
gigantesque fonds souverain
en raison du redémarrage
de sa croissance économique
prévue à 2,7 % l’an prochain
soit. Soit une hausse de
4,5 milliards de couronnes
par rapport à 2018.
Brésil : Bolsonaro promet
un traitement de choc économique
l Largement en tête après le premier tour, le candidat
d’extrême droite a été peu disert sur ses choix économiques.
l Son programme libéral, porté par l’ancien banquier Paulo
Guedes, prévoit notamment des privatisations massives et
une nouvelle réforme des retraites.
AMÉRIQUE LATINE
Thierry Ogier
— Correspondant à São Paulo
Peu après son écrasante victoire au
premier tour, Jair Bolsonaro est
apparu en direct sur Facebook pour
remercier ses électeurs. A ses côtés,
pas de militants ni de membres du
« clan Bolsonaro », mais seulement
son gourou Paulo Guedes. En cas de
victoire, cet ancien banquier doit
être nommé « super-ministre de
l’Economie ». Message envoyé directement aux investisseurs : avec
Paulo Guedes aux commandes de
l’économie, vous pourrez dormir
sur vos deux oreilles. Message reçu
cinq sur cinq par les marchés, qui
ont grimpé à l’annonce des résultats.
C’est cet ancien « Chicago boy » de
soixante-neuf ans qui a concocté le
programme économique du candidat de l’extrême droite. Un programme libéral pur et dur, à l’instar
des positions de l’ancien capitaine
en matière politique. « Son programme caresse le marché dans le
sens du poil. Il comprend une réforme
des retraites, l’indépendance totale de
« Son programme
caresse le marché
dans le sens
du poil. »
WILLIAM JACKSON
Chef économiste
pour les marchés émergents
de Capital Economics
la banque centrale, des privatisations,
et une réduction de la taille de l’Etat »,
note William Jackson, chef économiste pour les marchés émergents
de Capital Economics, un cabinet de
consultants à Londres.
Aller vite
Au chapitre des privatisations, il a
évoqué la vente (ou la fermeture
pure et simple) de 150 entreprises
publiques. Objectif : faire rentrer
1.000 milliards de reals (environ
230 milliards d’euros) dans les coffres de l’Etat, ce qui permettra de
réduire la dette. En matière de finances publiques, le gourou de Bolsonaro veut aller vite afin d’éliminer le
déficit budgétaire primaire (avant
paiement des intérêts de la dette) dès
l’année prochaine. Il souhaite également introduire dans le service
public des pratiques déjà développées dans le secteur privé. « Il dit clairement qu’il faut corriger le tir grâce à
une politique de rigueur. Il montre là
où l’on doit agir, sur les retraites, sur la
réduction de la charge fiscale, sur la
réduction du rôle de l’Etat, explique
Luiz Fernando Figueiredo, associé
au fonds d’investissement Mauá
Capital. Avec cela, le Brésil va pouvoir
payer ses dettes et la productivité va
augmenter. » Pendant la campagne
électorale, Paulo Guedes a toutefois
soulevé quelques polémiques, en
proposant la création d’un impôt sur
le revenu à taux unique (20 %), ou
encore la création d’une taxe sur les
transactions financières. Jair Bolsonaro a rapidement été contraint de
désavouer son conseiller économique. Autre couac : lorsque le colistier
du candidat de l’extrême droite, le
général Hamilton Mourão, a pro-
posé la suppression du 13e mois.
Parmi ses points faibles, Paulo Guedes ne dispose d’aucune expérience dans le service public et a la
réputation d’être peu enclin au dialogue. Certains n’écartent pas un clash
à venir entre le leader politique et
son mentor économique. « Paulo
Guedes est un libéral pur sucre, un
monétariste formé à l’école de Chicago. Ce sont deux animaux différents
dans le même zoo ! » estime Luís
Eduardo Assis, président de la compagnie d’assurances Fator. n
Le message de Jair Bolsonaro est clair : avec Paulo Guedes aux commandes de l’économie,
vous pourrez dormir sur vos deux oreilles. Photo Brazil Photo Press
Le candidat d’extrême droite exclut tout adoucissement
de son discours dans l’entre-deux-tours
Jair Bolsonaro dispose
d’une avance de 17 points
sur le candidat de gauche
Fernando Haddad.
Ce dernier va tenter
de former un front
contre l’extrême droite.
Du jamais-vu. L’extrême droite est
parvenue aux portes du pouvoir
dans la plus grande économie
d’Amérique latine. Et après avoir
échoué si près du but en recueillant
46 % des suffrages au premier tour,
Jair Bolsonaro compte bien transformer l’essai dans trois semaines.
« Nous sommes au bord du chaos.
Nous ne pouvons pas faire un pas de
plus à gauche ! », a-t-il lancé dès la
proclamation des résultats, comme
pour renforcer son hostilité envers
le Parti des travailleurs de son adversaire Fernando Haddad et de son
mentor, Lula. Les marchés finan-
ciers ont salué sa performance. La
Bourse a ouvert en hausse de 6 %
lundi et le dollar a chuté de plus de
3 % par rapport au real sur le marché des changes. Le contexte de rejet
de la classe politique traditionnelle,
après la multiplication de scandales
de corruption, a propulsé cet ancien
militaire en haut de l’affiche. Ses slogans traduisent un mélange de
patriotisme et de religiosité. « Le Brésil au-dessus de tout, Dieu au-dessus
de tous », ou encore « Plus de Brésil,
moins de Brasilia », la capitale,
qui abrite une classe politique
corrompue.
Mission impossible
pour la gauche
Un langage qui va droit au cœur des
électeurs. « J’aime bien son style. Il
veut traiter les problèmes directement, sans bla-bla », raconte João
Pedro Gonçalves, un jeune de 18 ans
qui vient de voter pour la première
fois. A ses côtés, sa mère, militante
de la première heure, assure que Jair
Bolsonaro « n’est pas d’extrême
droite ». « C’est quelqu’un qui vient
pour changer ce qui ne va pas, et il y a
beaucoup de choses qui ne vont pas
bien au Brésil, explique Simone Gonçalves. C’est mon idole. C’est un type
qui a de la personnalité, il est honnête.
Il vient pour aider tout le monde. »
Jair Bolsonaro a aussi permis de
projeter un parti jusqu’ici minuscule, le Parti social-libéral (PSL),
dont personne n’avait guère entendu
parler, sur le devant de la scène. Jair
Bolsonaro n’y a adhéré qu’au début
de l’année, après avoir sondé plusieurs autres formations politiques.
Mais avec son charisme et celui de
son fils Eduardo, réélu à la Chambre
des députés avec un score massif, le
PSL deviendra le deuxième plus
grand parti à la Chambre avec une
cinquantaine de sièges. A gauche, le
second tour du 28 octobre prend des
allures de mission impossible. « Le
candidat en tête au premier tour l’a
toujours emporté au second depuis le
retour à la démocratie en 1989, note
l’économiste de la banque Standard
Chartered Daniel Sinigaglia à São
Paulo. Bolsonaro a de fortes chances
de l’emporter, pourvu qu’il ne commette pas de grosses erreurs pendant
la campagne. »
Dans le camp de Fernando Haddad, qui a obtenu 29 % des voix au
premier tour, on va désormais s’attacher à mobiliser les abstentionnistes
(le taux de 20 % est élevé dans un
pays où le vote est obligatoire) et à
constituer une sorte de front républicain pour faire barrage à
l’extrême droite. Objectif : ratisser
large et attirer les électeurs centristes effrayés par le radicalisme de
l’ancien capitaine Bolsonaro. — T. O.
reste encore un acteur relativement
petit. Dans un geste, la Russie avait
décidé, il y a un an, d’annuler
20 milliards de dollars de dettes
pour certains pays africains, a rappelé Mikhaïl B ogdanov. Pour
d’autres pays qui ont encore une
dette, a-t-il suggéré, il s’agit de proposer des annulations contre investissements, dans l’énergie, les ressources naturelles (pétrole, gaz,
métaux, minerais). Mais l’un des
secteurs importants pour le ministre est l’armement. « Dans ce
domaine, la Russie est extrêmement
compétitive », a-t-il affirmé. De plus,
beaucoup de pays africains possèdent encore des armes de l’époque
soviétique. Outre la volonté de conclure des accords de coopération
industrielle, la Russie a passé des
accords militaires, notamment avec
la République démocratique du
Congo et la République centrafricaine. Si, en Syrie, la Russie a actuellement deux bases militaires, « pro-
visoires » selon lui, elle n’a pas de
déploiement militaire permanent
en Afrique. La Russie, a-t-il affirmé,
n’avait d’ailleurs pas pu obtenir
l’autorisation pour une station de
ravitaillement à Djibouti pour deux
avions de reconnaissance maritime. En revanche, il a confirmé la
présence de quelque 175 conseillers
militaires et formateurs russes en
RCA. Pour lui, la disparition récente
de trois journalistes russes en RCA,
qui enquêtaient sur la société privée
russe Wagner, est un « malheureux
exemple » de journalistes partis
dans un pays en guerre sans obtenir
au préalable une protection. « Cela
est un crime contre nos concitoyens et
nous avons ouvert une enquête avec
la RCA. » Cette société Wagner, a-t-il
affirmé, n’a pas de lien avec l’armée
russe et emploie des militaires à la
retraite. Les Russes, d’ailleurs, sont
très en retard sur ce marché mondial par rapport aux Américains, a
regretté Bogdanov. n
Le grand retour de la Russie en Afrique
AFRIQUE
Armement, annulation
de dettes, accords de
coopération militaire
et industrielle, la
Russie veut renforcer
sur tous les fronts sa
présence en Afrique.
Jacques Hubert-Rodier
— Envoyé spécial à Rhodes
A l’occasion d’un sommet sur l’Afrique dans le cadre du forum de Rhodes du Dialogue of Civilizations
(DOC), un institut de recherche créé
à Berlin, Mikhaïl Bogdanov, le
représentant spécial du président
Poutine pour le Moyen-Orient et
l’Afrique, a exposé les grandes
lignes du retour de la Russie en Afrique. La communauté internationale doit « respecter et écouter l’avis
des pays africains », surtout quand il
s’agit de lutte contre le terrorisme et
l’islam radical. « La Russie veut non
seulement rétablir la situation qu’elle
avait du temps de l’Union soviétique,
mais aussi accroître ses relations
dans un respect mutuel », a-t-il dit
samedi en marge du forum. Certes,
concède le vice-ministre des Affaires étrangères russe, son pays est
« en retard et arrive après les Européens, les Américains et les Asiatiques ». Mais, pour le responsable, il
est clair que l’amélioration de la
situation en Russie après l’arrivée
au pouvoir de Vladimir Poutine a
ouvert des « opportunités » en politique étrangère. Un des avantages
m is en avant par le ministre
est l’aide apportée aux pays africains lors de leur indépendance.
Un acteur encore petit
Mais face à une Chine qui désormais est le principal partenaire
commercial de l’Afrique, la Russie
Mikhaïl Bogdanov, le représentant spécial du président Poutine
pour le Moyen-Orient et l’Afrique. Photo Abbas Momani/AFP
MONDE // 07
Les Echos
Climat : les experts du GIEC appellent à des
mesures sans précédent pour éviter le pire
l Selon les experts scientifiques mandatés par les Nations
unies, une partie des impacts d’un réchauffement de 1,5 degré d’ici à 2100 seraient gérables en dépit de gros dégâts.
l Mais il faut s’y attaquer maintenant, via
des investissements absolument massifs.
ENVIRONNEMENT
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
Un demi-degré en moins, et le sort
de la planète ne serait plus aussi
anxiogène. Avec un réchauffement
de 1,5 degré d’ici à la fin de ce siècle,
la vie serait moins rude sur Terre
qu’avec un mercure en hausse de
2 degrés, entraînant la disparition de
dizaines de milliers d’espèces vivantes et une bonne partie des ressources alimentaires de l’homme. Dévoilées lundi matin à Incheon (Corée du
Sud), les conclusions du dernier rapport du GIEC, le groupe d’experts
mandaté par les Nations unies pour
évaluer l’ampleur du réchauffement
et son impact, ne laissent planer
aucun doute sur la nécessité
d’atteindre cet objectif mentionné
dans l’Accord de Paris sur le climat,
même s’il n’évitera pas à la planète
d’être lourdement endommagée.
A + 2 degrés de réchauffement,
niveau dont cet accord stipule qu’il
faudra être « bien en dessous » en
2100, les risques de sécheresse et de
pénurie d’eau seront bien plus élevés. Des pluies diluviennes s’abattront plus fréquemment sur l’est de
l’Amérique du Nord et de l’Asie. Et
les surfaces terrestres noyées par les
crues seront bien plus importantes.
A + 1,5 degré d’élévation de la température, le décor change et certains
impacts cessent d’être irréversibles.
Le niveau des océans continuera
certes de monter, mais plus lentement : il afficherait 10 centimètres de
moins d’ici à la fin du siècle par rapport à un monde à 2 degrés, indique
le « résumé pour les décideurs », tiré
du rapport du GIEC. Dix centimètres qui représentent 10 millions de
personnes maintenues à l’abri des
dangers liés à ce phénomène. Et un
précieux répit accordé pour s’organiser, ici pour restaurer un espace
naturel côtier, là pour relever une
digue.
Reste que la faune et la flore terrestres seront toujours affectées par
la dégradation de leur écosystème
due au réchauffement, les espèces
menacées risquant tout de même
d’être moitié moins nombreuses.
Les récifs de corail ne seront pas
tirés d’affaire, loin s’en faut (entre 70
et 90 % seraient voués à disparaître),
même s’ils échapperont à l’anéantissement promis par un réchauffement de 2 degrés.
Sauver les meubles
Sur le plan alimentaire, le régime
à 1,5 degré serait moins drastique,
bien qu’il s’annonce sévère. Il y aura
moins de poissons à pêcher, mais la
perte de ressource sera deux fois
moins élevée (d’environ 1,5 million
CO2 : l’Europe
au pied du mur
Les ministres de l’Environnement des 28 se retrouvent ce mardi à Luxembourg pour arrêter leur
position sur les objectifs
de réduction des émissions de CO2 des voitures
et des camionnettes à
l’horizon 2030. L’an passé,
la Commission européenne a proposé d’exiger
un recul de 30 % en 2030,
avec un objectif intermédiaire de – 15 % d’ici à 2025.
Mais la pression n’a depuis
cessé de s’accentuer, tant
l’objectif est jugé insuffisant. La semaine dernière,
le Parlement européen a
durci le ton, en adoptant
un objectif de – 40 % d’ici à
2030. La France y est favorable, mais l’Allemagne s’y
oppose toujours.
de tonnes par an) et les chutes de
rendement dans l’agriculture plus
faibles. La progression des populations exposées aux pénuries d’eau
augmentera deux fois moins vite.
Ne pas dépasser 1,5 degré de
réchauffement permettrait, en quelque sorte, de sauver les meubles.
A + 1,5 degré d’ici à 2100, le niveau des océans continuera certes de monter, mais plus lentement :
il afficherait 10 centimètres de moins par rapport à un monde à +2 degrés. Photo Shutterstock
Mais encore faut-il y parvenir. Pour
cela « les émissions de CO2 devraient
diminuer d’environ 45 % d’ici 2030
par rapport au niveau de 2010 », indique le résumé pour les décideurs,
négocié toute la semaine dernière et
approuvé samedi par les représentants des Etats. Autre impératif
absolu, porter au « point zéro » ces
émissions entre 2045 et 2055, c’està-dire atteindre la neutralité carbone. Pas facile. « Cela nécessite la
mise en œuvre d’outils de transition
rapides et à longue portée dans l’énergie, l’agriculture, les villes, les infrastructures et l’industrie », convient le
rapport du GIEC. Mais ce n’est pas
mission impossible. Dans l’indus-
trie, où les émissions de CO2 devront
être inférieures en 2050 d’environ 75
à 90 % à ce qu’elles étaient en 2010,
l’objectif peut être atteint en
s’appuyant sur tout une palette de
technologies nouvelles et existantes.
Grâce aussi à l’agriculture, où de 1 à
7 millions de km2 de surfaces de
pâturage et de culture pourraient
être reconverties dans la production
de bioénergie.
Rien n’est donc perdu. « Nous
avons toutes les cartes en main pour
lutter contre le réchauffement climatique », a estimé lundi Emmanuel
Macron, le champion international
de la lutte contre le réchauffement
climatique. « Mais il faut que tout le
monde agisse maintenant ! » a insisté
le chef de l’Etat.
Le prix à payer s’annonce très
élevé. Le « résumé pour les décideurs » avance, pour évaluer le
besoin annuel d’investissement
entre 2016 et 2035, le chiffre d’environ « 2.400 milliards de dollars »
(valeur 2010). Un montant pharaonique, nécessaire au changement de
modèle énergétique de l’humanité.
C ’e s t « e n v i ro n 2, 5 % d u P I B
mondial », indique ce document.
Vertigineux !
(
Lire l’éditorial
de Jean-Francis
Pécresse Page 9
Course contre la montre pour l’eau à Katmandou
Au pied de l’Himalaya,
le plus grand réservoir
d’eau de la planète,
Katmandou, la capitale
du Népal, pourrait ne plus
être à même de subvenir
à ses besoins en eau.
Jean-Marie Colomb
@jmcolomb
Le Népal est un habitué des défis
posés par le changement climatique. La fonte des glaces de l’Himalaya l’a ainsi conduit à réaliser, il
y a deux ans, un chantier spectaculaire : le drainage du lac glaciaire
d’Imja. Ce dernier s’est constitué
en une soixantaine d’années au
pied de l’Everest et a grossi au
point de menacer d’inondations
les villages alentour.
C’est à un défi d’un autre type
auquel les autorités de Katmandou
font face aujourd’hui : dériver des
rivières pour alimenter la première
ville du pays. Les deux rivières qui
baignent la capitale, la Bagmati et la
Bishnumati, ont un niveau de pollution aux phosphates et à l’ammoniaque qui les rendent désormais
impropres à la consommation.
Une surexploitation
des ressources
Dans cette agglomération de
3,6 millions d’habitants, les besoins
quotidiens en eau, soit 460 millions
de litres par jour, ne seront bientôt
plus assurés. Certes, la ville peut
compter sur les nappes souterraines de la vallée pour la moitié de ses
besoins – les trois quarts lors de la
saison sèche. Mais l’extraction des
aquifères, qui a démarré dans les
années 1970 à 2,3 millions de litres
par jour, a dépassé les 30 millions
de litres quotidiens dès 2010. Une
quantité trop importante pour que
les nappes soient suffisamment
réalimentées lors de la mousson.
Une autre cause de la pénurie d’eau
tient aux fuites du système d’adduction d’eau, construit sous la dynastie des Rana (1846-1951). Celui-ci
disperse 30 à 40 % des 115 millions
de litres apportés chaque jour dans
le réseau de la capitale.
Un tunnel à la rescousse
Pour cette raison, les autorités locales ont décidé, en 1998, de dériver
une rivière au nord de Katmandou,
la Mélamchi, à l’aide d’un tunnel de
26 kilomètres sous les montagnes
qui doit apporter 170 millions de
litres par jour à la capitale népalaise. L’entrepreneur italien Coopérative Muratori Cementisti di
Ravenna (CMC) a achevé le percement du tunnel en avril cette année,
soit vingt ans après le lancement du
projet. Des travaux ralentis à cause
du séisme du 25 avril 2015.
Le gouvernement en place a promis aux habitants de la vallée qu’ils
obtiendraient de l’eau de la rivière
Melamchi à la fête nationale du
Dashain, célébrée du 10 au 19 octobre cette année. Mais certains en
doutent. Un ingénieur du site a
expliqué à l’«Himalayan Times»
qu’il faudra deux ans de plus,
compte tenu du rythme des travaux
à une vitesse moyenne de 30 mètres
par jour, pour achever l’ouvrage.
Le projet va être complété par
une deuxième phase qui permettra
d’acheminer l’eau des rivières Yangri et Larke vers la rivière Melamchi
pour apporter 340 millions de litres
d’eau supplémentaires. L’approvisionnement total en eau des trois
fleuves jusqu’à Katmandou sera
alors de 510 millions de litres par
jour. « La première distribution sera
pour les habitants vivant à Katmandou même, et nous, qui habitons à la
périphérie, n’aurons pas [le bénéfice] de cette facilité avant quelques
années encore », regrette Shibalal
Giri, guide chez Alliance Himalaya
Treks. Par ailleurs, le coût accru de
l’eau potable sera imputé aux
consommateurs. L’opérateur Katmandou Upatyaka Khanepani
Limited (KUKL) a déjà augmenté le
tarif de l’eau à plusieurs reprises
depuis 2008. Cette année, il sera
encore augmenté de 27 %. n
Le prix Nobel d’économie attribué à deux Américains
William Nordhaus et Paul
Romer ont été distingués
pour leurs travaux
sur le changement
climatique et l’innovation.
terme ». Les deux hommes se partageront 9 millions de couronnes
(environ 860.000 euros).
Jean-Marc Vittori
@jmvittori
Bill Nordhaus fut d’abord un pédagogue de l’économie. Avec le grand
Paul Samuelson, deuxième lauréat
Nobel en 1970, il a publié les nombreuses éditions d’« Economie », un
manuel qui a formé des centaines de
milliers d’étudiants dans le monde
entier. Dans les années 1970, il se
plonge dans les questions d’environnement. Il forge « un modèle quantitatif qui décrit l’interaction globale
entre l’économie et le climat »,
comme le souligne le jury du Nobel.
Difficile pour autant de faire de
Nordhaus l’inspirateur du GIEC. Il
estimait en 2006 qu’il fallait viser un
objectif de réduction des émissions
de gaz à effet de serre de 25 % par
Deux Américains sont distingués
cette année par le cinquantième
prix Nobel d’économie. William
Nordhaus, soixante-dix-sept ans,
reçoit le prix de la Banque de Suède
en sciences économiques à la
mémoire d’Alfred Nobel pour avoir
« intégré le changement climatique
dans l’analyse macroéconomique de
long terme ». Paul Romer, soixantedeux ans, professeur à la NYU
School of Business de New York, est
récompensé pour avoir « intégré
les innovations technologiques dans
l’analyse macroéconomique de long
Interaction entre économie
et climat
Les deux hommes se partageront 9 millions de couronnes
(environ 860.000 euros). Photo Henrik Montgomery/AFP
rapport au scénario tendanciel,
alors que le GIEC préconise une
réduction de moitié en niveau
absolu. Le professeur de Yale n’est
pas pour autant partisan de l’inaction. En 2014, quand il présidait
l’Association des économistes américains, il avait présenté un dispositif
simple et puissant de taxation des
émissions de gaz à effet de serre
dans un groupe de pays volontaires,
couplé avec une taxe carbone aux
frontières.
Paul Romer, lui, a cherché à comprendre quel était le ressort caché de
la croissance. Dans les modèles traditionnels, l’augmentation de la production vient du travail, du capital et
du progrès technique qui tombe du
ciel. Paul Romer suppose au contraire que ce progrès est le fruit des
efforts de recherche. Il jette ainsi les
fondations de ce qui deviendra la
théorie de la croissance endogène.
En 2016, il a été nommé économiste
en chef de la Banque mondiale. Mais
la greffe n’a pas pris. Il s’est insurgé
contre le jargon de ses experts, contre la mathématisation à outrance,
contre ce qu’il estimait être des partis pris politiques. Il s’est résolu à
quitter son poste début 2018.
« Bébés Solow »
Quels sont donc les points communs entre les deux lauréats ?
Ce sont des hommes. Des Américains. Qui travaillent sur la macroéconomie.
Peut-être encore plus marquant,
ce sont des « bébés Solow ». Robert
Solow, le plus grand théoricien de
la croissance, a été le directeur de
thèse de Nordhaus et le pilote du
chantier de recherche sur la croissance repris par Paul Romer. Sa
haute silhouette se profile derrière
les prix 2018. n
08 // MONDE
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
INTERVIEW // FRANÇOIS LEGAULT Premier ministre désigné du Québec
« Je rejette toute forme d’association
avec les partis populistes »
l Le dirigeant
de la Coalition
avenir Québec
va installer son
gouvernement
le 18 octobre
prochain.
l Il détaille, pour
« Les Echos »,
son programme
économique et
sa politique pour
l’immigration.
Propos recueillis par
Virginie Robert
@virginierg
Vous avez largement gagné
les élections au Québec
mais votre succès a été parfois
interprété comme une victoire
populiste. Est-ce fondé ?
Je ne me considère pas populiste
et je rejette toute forme d’association
avec madame Le Pen ou avec les partis populistes. J’étais au départ un
homme d’affaires – je suis un des cofondateurs d’Air Transat – et je souhaite être un Premier ministre résolument économique.
La polémique n’est-elle
pas née de vos propositions
sur l’immigration ?
Pour nous, l’important est de réussir
l’intégration. Nous calculons que
réduire de 50.000 à 40.000 le nombre de migrants chaque année va
nous permettre de mieux les intégrer. Ce que je dis souvent, c’est
« en prendre moins mais en prendre
soin ». Il faut se rendre compte
qu’avec 40.000 par an, le Québec
en reçoit plus que les Etats-Unis
ou la France.
neté et, en ce cas, ils relèveront
de la responsabilité fédérale.
Quels sont les outils nécessaires
pour réussir cette intégration ?
L’année dernière, sur les 50.000 nouveaux arrivants, plus de la moitié
ne parlaient pas français. Or, pour
nous, c’est une question de survie
qu’ils apprennent la langue. Les
francophones sont une minorité
dans un océan de centaines de millions d’anglophones en Amérique
du Nord. Comme en Allemagne, on
fera des tests de langue. On leur laissera quatre ans pour réussir un test
de français.
Votre gouvernement doit
être formé pour le 18 octobre.
Vous avez dit qu’il serait à forte
tonalité économique…
Mon équipe comptera un nombre
sans précédent d’entrepreneurs. Je
veux mettre la priorité sur le commerce et diversifier nos exportations, trop concentrées sur les EtatsUnis. Elles représentent 60 milliards
de dollars, contre 12 milliards pour
l’Europe. On se rend compte, avec
l’arrivée de Donald Trump, que l’on a
tous nos œufs dans le même panier.
Je souhaite profiter de l’accord Canada-Europe mais aussi du Sommet de
la francophonie pour développer
nos relations commerciales.
Cela a fait réagir parce
que vous aviez dit que vous
renverriez ceux
qui ne réussiraient pas le test ?
Ce n’est pas exact. Le Québec n’a
pas ce pouvoir. On dit juste qu’ils ne
recevront pas le certificat de sélection qui permet d’obtenir la citoyen-
Les agriculteurs québécois
ne sont pas satisfaits de l’accord
Etats-Unis-Canada-Mexique.
Que pouvez-vous faire ?
François Legault : « Nous calculons que réduire de 50.000
à 40.000 le nombre de migrants chaque année va nous permettre
de mieux les intégrer. » Photo Martin Quellet-Diotte/AFP
Effectivement, plus de 40 % de la
production laitière canadienne
vient du Québec et elle a été un peu
sacrifiée : avec l’Europe, dans le
Partenariat Trans-Pacifique, et
auss i dans le traité de libre échange avec les Etats-Unis et le
Mexique. Au total, 9 % du marché
canadien doivent être ouverts. Le
gouvernement fédéral a promis
des compensations. Je compte profiter de mon voyage à Erevan pour
en discuter avec Justin Trudeau.
La santé économique du Québec
est bonne. Qu’est-ce que
vous pouvez améliorer ?
Le PIB par habitant au Québec est
inférieur de 20 % au reste du
Canada. Je trouve malheureux que
l’on reçoive 11 milliards de dollars
de péréquation parce que le Québec est moins riche que le reste du
Canada. Un de mes objectifs est de
réduire cet écart de richesse. Il y a
un rattrapage à faire. Ici, le taux de
chômage est bas, mais la qualité
des emplois est moins bonne. Le
salaire moyen est moins élevé au
Québec que dans l’Ontario par
exemple. Il y a beaucoup de travail
à faire. n
Salvini et Le Pen lancent
le Front de la liberté
NOUS VOUS PROPOSONS PLUS DE 850 OPPORTUNITÉS
DE CRÉATION D’ENTREPRISE EN RÉSEAU
AUJOURD’HUI UN COUP D’ŒIL SUR
ITALIE
Reçue à Rome,
la présidente du
Rassemblement
national a scellé avec
la Ligue une alliance
en vue des prochaines
élections européennes.
Olivier Tosseri
@oliviertosseri
— Correspondant à Rome
Secteur : Immobilier
Implantations : 380
Apport : à partir de 50 k€
Contact : developpement@erafrance.com
Tel : 01.39.24.69.00
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exclusifs. »
Franck TORRES, Franchisé ERA Immobilier à Nice
FOCUS SUR LE CANDIDAT RECHERCHÉ
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VOTRE MISE EN RELATION
Plus d’infos sur
Résultats « minables »
Il a déjà commencé à dresser leur
bilan, celui de résultats qualifiés
de « minables » par son alliée
française : croissance en berne,
explosion de la pauvreté et du
chômage, austérité, mondialisation sauvage. « Les véritables
ennemis de l’Europe sont ceux qui
se trouvent assiégés dans le bunker
de Bruxelles, a conclu Matteo Salvini, ce sont les Moscovici et les
Juncker qui ont apporté la précarité en Europe et refusent de quitter leur fauteuil. » Avec Marine Le
Pen, il travaillera à l’élaboration
d’un programme commun valable pour les trente prochaines
années et, si possible, à des candidatures communes à proposer
lors du prochain scrutin.
« Si nous ne faisons rien, s’est
alarmé Pierre Moscovici, les
Orbán, Salvini, Kaczynski, Le Pen,
dessineront une Europe où la
justice et la presse seront sous
contrôle, les étrangers stigmatisés,
les minorités menacées. » n
Obligatoire
NOUS ACCOMPAGNONS
LE FINANCEMENT DE VOTRE PROJET
En partenariat avec
Alberto Pizzoli/AFP
Facultatif
Après « son compagnon de
route Viktor Orbán » rencontré à
Milan, Matteo Salvini a reçu à
Rome sa « grande amie » Marine
Le Pen. Ils se sont retrouvés ce
lundi au siège de l’UGT, un syndicat proche de son parti, la Ligue.
Le thème de leurs discussions
était « croissance économique et
p e rs p e c t i ve s o c i a l e d a n s u n e
Europe des nations ». Elle devra
naître, ils en sont persuadés, à
l’issue des élections européennes
en mai prochain. Leur rapprochement remonte à peu avant les
précédentes, en 2014. A l’époque,
l’Italien cherchait désespérément à réaliser un selfie avec son
égérie qui bataillait en tête des
sondages pour la course à l’Elysée. Il reprenait ses codes de communication et transformait sa
Ligue sur le modèle du FN.
Désormais, c’est la Française
qui est fière de s’afficher avec
celui qui a réussi à prendre le
pouvoir. Matteo Salvini est son
« exemple et son stimulant ». Elle
loue sa tolérance zéro en matière
de politique migratoire et sa
volonté de mettre sur pied un
front souverainiste qui s’oppose à
celui des progressistes dirigé par
leur « ennemi commun » : Emmanuel Macron.
« Le scrutin européen sera un
moment historique, a déclaré
Marine Le Pen, celui d’une révolution démocratique pour l’Europe
des nations, des protections contre
celle qui a foulé aux pieds les
valeurs de démocratie, de solidarité et de liberté. » Le Front de la
liberté est d’ailleurs le nom qui
sera donné à l’alliance entre la
L i g u e e t R N. E l l e a p o u r b u t
l’alternance à la tête d’institutions européennes dont les
« bureaucrates seront bientôt
licenciés par les électeurs », a prédit Matteo Salvini.
Un service
lesechosdelafranchise.com
Matteo Salvini a reçu à Rome sa « grande amie » Marine Le Pen.
// 09
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Les prolétaires
des plates-formes
des Echos
La Chronique
Le tableau de Banksy, symbole d’un monde
autodestructeur
Le Point de vue
Pour une supervision européenne
des chambres de compensation
Art et culture
« Rodelinda », le théâtre de la vie
à l’Opéra de Lille
Prospective
Ces jeux qui résistent encore à l’intelligence
artificielle
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
L’étoffe d’un patron
Anne-Lise Boutin
Banques européennes : cette
consolidation qui ne vient pas
Sharon Wajsbrot
et Edouard Lederer
—Service Finance
Dans beaucoup d’industries, une
rentabilité structurellement faible,
une pression concurrentielle qui se
renforce, une faible valorisation
des principaux acteurs en Bourse, le
tout assorti de financements bon
marché ne conduiraient qu’à une
seule chose : la consolidation. Les
banques européennes font exception… pour le moment. Sur le papier,
elles pourraient pourtant avoir intérêt à franchir le pas. Dix ans après la
crise financière, les groupes bancaires européens se trouvent dans une
situation inconfortable. Ils ne font
plus jeu égal avec les plus grandes
banques de la planète, qui sont
désormais chinoises et américaines.
Les marchés veulent y croire et
bruissent de rumeurs de mariages
entre acteurs européens. Certains
évoquent des projets de rapprochement entre Société Générale et l’italien UniCredit, d’autres voient
Deutsche Bank se rapprocher de
Commerzbank, quand ce n’est pas
du suisse UBS.
Il faut dire que les banques européennes sont prises entre deux
feux : d’un côté, les champions de
Wall Street – qui se sont remis plus
vite de la crise financière – viennent
leur faire de l’ombre dans la banque
de financement et d’investissement
sur le sol européen et, de l’autre, les
géants de la tech – qui investissent
peu à peu les services financiers –
menacent de rebattre sérieusement
les cartes dans la banque de détail.
Grossir dans ce contexte constituerait une stratégie de défense légitime
pour être en mesure d’investir massivement dans la technologie tout en
réduisant ses coûts de structure.
Les régulateurs y sont favorables.
Préoccupés par la faible rentabilité
du secteur – à fin 2017, la rentabilité
des capitaux propres (ROE) des banques européennes plafonnait à 6 %
en moyenne, contre près de 10 %
pour les banques américaines –, ils
plaident pour une consolidation
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Toutes les conditions
sont réunies pour
précipiter le retour
des grandes
manœuvres dans la
finance européenne.
Mais les opérations
de M&A tournent au
ralenti dans le secteur
bancaire.
D
Les points à retenir
Dix ans après la crise
•financière,
les groupes
bancaires européens ne font
plus jeu égal avec les plus
grandes banques chinoises
et américaines.
Les régulateurs plaident
pour une consolidation
transfrontalière capable de
donner des gages de stabilité
au secteur, mais les grandes
manœuvres sont au point mort.
Très gourmandes en temps
et en ressources, ces
opérations pourraient
détourner les grandes banques
d’enjeux autrement plus
urgents : l’offensive des géants
de l’Internet dans la finance .
•
•
transfrontalière capable de donner
des gages de stabilité au secteur.
« Un certain nombre de banques ne
gagnent pas le coût de leur capital.
Cette situation n’est pas tenable dans
la durée », alertait début septembre
la numéro un du gendarme bancaire européen, Danièle Nouy, dans
une interview aux « Echos ».
Et pourtant… malgré tous ces
voyants passés au rouge, les grandes
manœuvres sont au point mort.
Selon un décompte de S&P Global,
au premier semestre 2018, le marché du M&A bancaire européen a
touché un point bas avec à peine une
dizaine de transactions (rachat
d’une banque située dans l’Union
européenne par une autre banque
européenne ou non), contre une
trentaine sur l’ensemble de 2017,
année déjà faible. La plupart de ces
opérations ont réuni des acteurs de
même nationalité. On est donc très
loin des rêves de champions paneuropéens formulés par la BCE pour
accompagner les grandes entreprises sur le continent.
Ce que l’on observe, ce sont de
petites opérations ciblées, permettant aux banques de se renforcer sur
le plan géographique (à l’image
de Crédit Agricole en Italie, ou de
BNP Paribas en Pologne) ou sur un
métier. Les dirigeants estiment plus
utile de sortir leur carnet de chèques
pour racheter des actifs en banque
privée, ou pour mettre la main sur
une fintech prometteuse, plutôt que
de s’engager dans des mégafusions.
Cette timidité s’explique par des
raisons d’ordre industriel. Potentiellement très gourmandes en temps
et en ressources, ces opérations
pourraient les détourner d’enjeux
autrement plus urgents : l’offensive
des géants de l’Internet dans la
finance. Pour répondre à une nouvelle génération de clients, les banques se consacrent à marche forcée
au développement de services et de
méthodes plus souples et plus agiles.
Sur le plan psychologique, les dirigeants actuels, dont un grand nombre ont traversé la crise financière de
2007-2008, ont bien en tête les risques d’exécution liés à une fusion de
grande ampleur. Contraints par les
régulateurs à accumuler des fonds
propres, ils ont appris à proscrire le
« too big too fail », autrement dit : la
constitution de géants bancaires
pénalisés par les régulateurs. Enfin,
la pression des investisseurs sur les
cours de Bourse des établissements
européens incite leurs dirigeants à
se concentrer sur des plans de
réduction de coûts, capables de
booster leur rentabilité à moyen
terme.
L’autre obstacle majeur à la consolidation tient au contexte réglementaire qui, malgré l’Union bancaire, reste fragmenté sur le
continent. Pour s’engager dans des
montages européens, les dirigeants
veulent avoir l’assurance de bénéficier de synergies dans la gestion de
leurs fonds propres et de liquidités.
De sorte à pouvoir utiliser les excédents de trésorerie en Allemagne
pour, par exemple, accorder des crédits en Espagne, etc. Or, signe que les
Etats restent profondément marqués par la crise financière, ces
matelas de liquidités restent précisément calculés au niveau national.
Ces règles de liquidité – mais aussi
toutes les exceptions nationales aux
règles européennes – permettent
par ailleurs aux Etats de limiter
l’arrivée de concurrents pour leurs
champions domestiques.
Dans ce contexte, les banquiers
estiment que les grandes
manœuvres débuteront d’abord et
avant tout à l’échelle nationale. Le
sujet est brûlant en Allemagne.
Entre un Deutsche Bank dans le
brouillard et un Commerzbank convalescent, la première économie
européenne ne dispose plus d’un
secteur bancaire à son niveau. Combien de temps cette situation peutelle durer ? A l’échelle européenne,
la question se pose aussi. Mais heureusement pour elle, la zone euro
peut s’offrir le luxe d’attendre encore
un peu. Avec BNP Paribas et Santander, elle dispose de deux géants bancaires en bonne santé. ■
Les sceptiques vont le clamer haut et fort :
l’habit ne fait pas le moine. Ce n’est pas parce
que l’on est nommé patron que l’on en
acquiert automatiquement la stature. En
décidant de propulser à la tête d’Airbus
Guillaume Faury, un homme dont la
principale expérience est d’avoir dirigé l’une
des
activités relativement périphériques de
Par David
ce géant de l’aéronautique, le conseil
Barroux
d’administration de l’avionneur européen
prendrait un risque. Celui que le costume
Ingénieur,
soit un peu trop grand pour un manager qui
pilote, issu
va se retrouver à la tête d’une entreprise
des rangs de stratégique qui traverse une zone de
turbulences. Ce risque est cependant calculé.
l’entreprise, Certes,
rien ne peut garantir qu’Airbus va
cet homme enchaîner les succès sous ce PDG. La vie des
a des atouts entreprises et des affaires est pleine
imprévisibles qui peuvent
pour réussir. d’événements
infléchir le cours de l’histoire. Et même le
mieux préparé des patrons peut trébucher.
Mais, au-delà des aléas, le profil de cet industriel a de quoi séduire.
Ingénieur et pilote, ce polytechnicien coche bien des cases pour
diriger une entreprise industrielle. Il dispose du bagage technique
pour comprendre les enjeux d’Airbus et il est issu des rangs de cette
entreprise. Faire le pari de la promotion interne est toujours un
plus, surtout quand l’entreprise qui change de dirigeant doit
s’inscrire bien plus dans la continuité que dans la rupture. Pas de
risque que la greffe Guillaume Faury ne prenne pas. Et celui qui
dirige depuis huit mois la branche « avions » ne part pas de zéro et
ne perdra pas de temps pour passer à l’action. Immédiatement
opérationnel, il pourra, à cinquante ans, également s’inscrire dans
la durée d’une entreprise dont la gouvernance est devenue moins
politique et plus pragmatique.
Certes, comparé à un Tom Enders dont le cuir s’est épaissi à la
tête d’Airbus, ou d’un Patrice Caine qui a fait ses preuves aux
commandes de Thales, Guillaume Faury a encore bien des choses à
prouver. Pourra-t-il faire face aux pressions des plus grands clients
ou des politiques ? Saura-t-il négocier d’égal à égal avec des
partenaires ou se dresser sur la route d’un redoutable concurrent
comme Boeing ? Acceptera-t-il la dose d’impopularité qui frappe
les chefs lorsqu’ils doivent trancher en interne ? Un bon patron est
un cocktail d’intelligence, de savoir-faire, de sens politique, de
vision, de détermination, de capacité à entraîner… Un PDG n’est pas
forcément parfait le premier jour et il ne faut pas juger celui qui
commence un mandat par rapport à ceux qui achèvent le leur mais
plutôt se demander si, comme ses prédécesseurs, le jour de son
intronisation il aura bien l’étoffe d’un patron.
(
Lire nos informations
Pages 16-17
Apocalypse now
Par Jean-Francis Pécresse
Vingt ans : voilà le temps qu’il reste à l’humanité pour vivre sur cette
planète comme elle a toujours vécu – ou à peu près. Chaque année,
les éléments se déchaînent un peu plus. Mais dans vingt ans, lorsque
la température moyenne à la surface du globe se sera élevée de 1,5°C
par rapport à l’ère pré-industrielle, c’est l’apocalypse qu’on nous
promet. Publié lundi, le dernier rapport du GIEC, le groupement des
experts internationaux, est le plus inquiétant jamais publié. Pour la
première fois, il ne laisse plus qu’une infime place à l’espoir. Il n’est
pas rassurant d’apprendre, à sa lecture, que, avec 1,5°C de plus au lieu
de 2°C, nous subirons un peu moins de cyclones et de sécheresses,
que le niveau des mers déplacera quelques millions d’habitants de
moins, que 90 % des récifs coraliens auront disparu et non 99 %, ou
que la fonte du permafrost libérera un peu moins de gaz à effet de
serre. Ce n’est pas rassurant parce que nous filons tout droit vers une
planète plus chaude de 3°C à la fin du siècle, et de 1,5°C en 2040.
Ce degré et demi sépare un monde vivable d’un monde invivable.
Inutile de se dire que les scientifiques forcent le trait. Dans vingt ans,
les dégâts causés à la nature seront irréversibles. Cela signifie que,
à moins d’un immense sursaut collectif, nous-mêmes, nos enfants
et petits enfants survivront dans un environnement violent.
Le réalisme commande dès maintenant de s’adapter à ce monde
hostile. L’intérêt commun à moyen terme est trop otage des intérêts
nationaux à court terme pour espérer qu’une action internationale,
coordonnée, de grande ampleur puisse arrêter à temps la course
folle. Qui peut encore penser que nous réduirons de moitié en dix
ans les émissions de gaz à effet de serre, alors qu’elle ont cessé de
baisser en 2017 et 2018 ? Certes, tant qu’un espoir demeure, si mince
soit-il, notre responsabilité à l’égard des générations futures impose
de s’y accrocher. Mais si la somme des bonnes volontés individuelles
ne suffit plus, si la coopération dans le cadre de l’ONU est une
chimère – cela devrait hélas se vérifier en décembre lors de la
prochaine COP, en Pologne –, alors le sort de la planète peut encore
dépendre de mobilisations régionales. En panne de projet, l’Europe
se mettrait à la hauteur du défi lancé à l’humanité en décidant de
soumettre toutes les politiques publiques au seul critère qui vaille,
parce qu’il surplombe tous les autres : la préservation de la planète.
(
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10 // IDEES & DEBATS
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
opinions
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LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Les prolétaires
des plates-formes
Ce mal qui ronge l’Europe
L’émergence d’une « économie des platesformes » s’accompagne de nouvelles
formes, souvent invisibles, d’exploitation
au travail, s’alarme Maxime des Gayets,
conseiller régional (PS) d’Ile-de-France.
MASSE INVISIBLE « La prospérité
des géants de la nouvelle économie
ne s’appuie pas seulement sur leur capacité
d’innovation. Mais aussi sur une masse
invisible de travailleurs qui en assurent
la production de valeur. »
MODÈLE DÉSÉQUILIBRÉ « Le modèle de
développement de l’entreprise Uber permet
de faire travailler des chauffeurs tout
en se défaussant des obligations légales
qui incombent pourtant à tout employeur.
Cette désintermédiation [...] constitue un
moyen moderne de dissimuler l’allocation
des ressources entre les différents acteurs,
renvoyant dos à dos, si ce n’est face à face,
les clients et les producteurs à la logique
déséquilibrée de l’offre et de la demande. »
JUNGLE COLLABORATIVE
« Cette absence d’intermédiaires assumant
une responsabilité sociale aboutit, de fait,
à faire de cette économie collaborative
une économie privative. Elle prétend faire
collaborer les citoyens, mais elle organise
leur isolement dans la jungle du marché. »
OUVRIERS DU CLIC « Il y a aussi ceux
qui se cachent derrière nos écrans, et que
nous refusons de voir. Ils sont les petites
mains de la numérisation du monde [...].
Ces « ouvriers du clic » ne sont pas
négligeables. Ni dans ce qu’ils apportent.
Ni dans ce qu’ils représentent : de 45 à
90 millions de personnes éparpillées
à travers le monde, mais pourtant ignorés
des débats publics. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle,
lesechos.fr/idees-debats/cercle
« L’Europe est attaquée de l’intérieur. »
•Pour
lancer un cri d’alarme, le quotidien
néerlandais « NRC Handelsblad »
reprend une déclaration de l’ancien Premier ministre finlandais de centre droit,
Alexander Stubb, lorsque ce dernier
avait annoncé sa candidature à la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de
la Commission européenne. Cette petite
phrase pour le journal libéral met en
exergue combien les valeurs de l’Europe
sont aujourd’hui en danger mortel. Car à
côté des attaques de Donald Trump, de la
Russie de Vladimir Poutine ou encore de
la Chine, l’Europe est rongée de l’intérieur. « Les nationalismes européens
menacent de vider l’Europe de son contenu », prévient le « NRC ». Et le journal
cite la Pologne de Jaroslaw Kaczynski, la
Hongrie de Viktor Orbán et l’Italie de
Matteo Salvini. Mais le « NRC » n’est pas
le seul à s’inquiéter. Car son opinion est
largement partagée dans les rangs des
libéraux européens.
Dans un texte « Réveillons l’Europe »
publié par « Libération », Christophe
Castaner, les anciens Premiers ministres belge, Guy Verhofstadt, et italien,
Matteo Renzi, ainsi que plusieurs politiciens libéraux avaient estimé que le
projet européen était pour les dirigeants populistes une « anomalie de
l’Histoire qu’il convient de déconstruire ». Pour le « NRC », les prochaines
élections européennes seront ainsi
décisives. Et le quotidien rappelle
encore l’analyse d’Alexander Stubb :
« loin d’être une lutte classique entre la
droite et la gauche, il s’agira d’un quitte ou
double pour l’Europe ». « Avec l’enjeu de
ce scrutin européen qui porte avant tout
sur nos valeurs européennes, la question
est pour la première fois posée de savoir si
oui ou non l’Europe va rester debout ? »
s’interroge le « NRC Handelsblad ».
— Didier Burg
LE LIVRE
DU JOUR
Alerte sur une
humanité désincarnée
LE PROPOS L’humanité ne serait
pas parvenue au stade de développement qu’on lui connaît si elle
ne s’était mise à manger de la
viande. L’accès de mieux en mieux
maîtrisé (l’homme aurait d’abord
été charognard avant de devenir
chasseur puis éleveur) à une ressource réputée riche en protéines
l’a délivrée de l’obsession alimentaire qui pèse sur les espèces
herbivores (les vaches passent les
deux tiers de leur temps à brouter
et ruminer, le reste à dormir).
Le « temps de cerveau disponible »
des hommes s’est accru en même
temps que leurs capacités cérébrales pour innover, bâtir des sociétés
développées et guerroyer. Indicateur de progrès et de richesse d’une
nation, l’importance de l’alimentation carnée l’est restée. Ce bastion
du végétarisme qu’est l’Inde vacille
en même temps que son économie
émerge. Un Indien consomme
5 kilos de viande par an, surtout
de la viande de volaille.
L’INTÉRÊT Sans rien nier des
dérives et des dysfonctionnements
sanitaires liés aux modèles dominants de production de viande,
l’ouvrage remet en perspective le
Le blues du carnivore
Pierre Silberzahn,
Editions L’Harmattan,
255 pages, 25,50 euros.
débat qui fait rage sur l’exploitation
animale et les limites de l’antispécisme. Pas plus qu’un monde « tout
viande », un monde « zéro viande »
et 100 % végétarien n’est viable
et exempt de risques, notamment
en termes de sécurité alimentaire.
LA CITATION « C’est parce qu’ils
sont devenus carnivores que
les hominidés ont pu conquérir
la planète. Ou peut-être pour
conquérir la planète ont-ils dû
devenir carnivores. En tout cas l’un
ne pouvait aller sans l’autre. »
— Joel Cosssardeaux
Le dernier canular artistique de Bansky a provoqué la stupeur du public et des organisateurs
de la vente aux enchères de Sotheby’s à Londres, vendredi dernier. Photo Capture compte Instagram Banksy
Le tableau de Banksy, symbole
d’un monde autodestructeur
L’artiste Banksy a sans doute voulu dénoncer les excès de l’argent avec
son tableau autodéchirant. C’est raté : ledit tableau vaut encore plus cher.
Mais son message le plus important est ailleurs.
LA
CHRONIQUE
de Jean-Marc
Vittori
L
’économie de marché vient d’être
la cible d’un magnifique attentat.
C’était le 5 octobre 2018 lors d’une
vente aux enchères de Sotheby’s, à Londres, et la scène fait désormais partie de
l’histoire de l’art. Le commissairepriseur tape du marteau pour adjuger
un tableau du « street artist » anglais
Banksy pour 860.000 livres sterling.
Aussitôt, la toile où figure une petite fille
regardant partir un ballon en forme de
cœur descend mystérieusement de son
cadre et ressort au-dessous… en fines
lanières. L’artiste à l’identité inconnue
revendique l’attentat quelques heures
plus tard dans une vidéo postée sur Instagram, où il montre comment il a
fabriqué le cadre destructeur.
Pour brouiller les pistes, Banksy
accompagne la vidéo d’une citation qu’il
attribue à Picasso : « L’envie de détruire
est aussi une envie créatrice. » Le peintre
espagnol avait plus banalement
affirmé :« Tout acte de création est d’abord
un acte de destruction ». La phrase vient
en réalité de Michel Bakounine, le philosophe russe anarchiste du XIXe siècle.
C’est bien le marché de l’art qui est visé,
même si l’attentat est raté (le tableau
vaudrait en effet plus cher lacéré
qu’entier). Une visite sur le site de Banksy
le confirme. Il a choisi d’y exposer un
dessin au fusain d’une vente aux enchères où le commissaire vend un tableau
sur lequel est écrit… « Je ne peux pas
croire que vous, les imbéciles, achetez réellement cette merde. »
Les relations entre l’art et l’argent n’ont
jamais été simples. Mais l’artiste de Bristol s’inscrit en réalité dans une vieille tradition. David Galenson, un économiste
américain, spécialiste de l’art, l’avait
décortiquée dans un article académique (1). Jusqu’au Moyen Age, la peinture
est une activité artisanale, payée à la
journée. Michel-Ange déçut amèrement
sa famille de nobliaux toscans en choi-
sissant de devenir l’apprenti du peintre
Domenico Ghirlandaio.
Au fil du temps, le peintre acquiert un
statut d’artiste. Il parvient à se faire
payer selon son talent – réel ou présumé. Ce que résume l’archevêque de
Florence au milieu du XVe siècle : « Les
peintres réclament, plus ou moins raisonnablement, à être payés pour leur art non
seulement en fonction de la quantité de
travail fournie, mais aussi en fonction de
leur application et de leur expérience. »
Mais le peintre ne doit pas être intéressé par l’argent – en tout cas pas publiquement. « La gloire de l’excellence
dépasse chez les mortels celle de leur
richesse », affirme sentencieusement
Léonard de Vinci. Le règlement de
l’Académie royale de peinture et de
sculpture, fondée en France en 1648,
Le peintre accomplit une
œuvre créative détachée
des contingences
matérielles.
Sa moralité financière
cautionne sa qualité
artistique.
interdit à ses membres d’ouvrir une
galerie. Le peintre accomplit une œuvre
créative détachée des contingences
matérielles. Sa moralité financière cautionne sa qualité artistique. Titien fut
étrillé pour son sens des affaires. Et si
Raphaël et Michel-Ange accumulèrent
de petites fortunes, ils le firent discrètement. Comme Picasso quatre siècles
plus tard, lui qui avait dit dans sa jeunesse qu’il voudrait « vivre comme un
homme pauvre avec beaucoup d’argent ».
L’argent redevient visible dans la
peinture à partir du XIX e siècle. En
France, l’académisme étouffe toute
recherche en peinture. Mais en 1874,
sacrilège ! Un Salon indépendant ouvre
ses portes. Les artistes innovants peuvent s’afficher. Leur succès commercial
est brandi comme une preuve par le critique d’art Théodore Duret : « Il faut que
le public qui rit si fort en regardant les
impressionnistes s’étonne encore davantage – cette peinture s’achète. »
Pour David Galenson, c’est Andy
Warhol qui consacre la rupture dans les
années 1960. Warhol aime l’argent et ne
s’en cache pas. Jeff Koons, qui fut courtier en matières premières pour financer ses débuts, estime, lui, que « le marché est le plus grand critique » d’art. Et
Damien Hirst ira jusqu’au bout de la
logique en mettant en vente pour
50 millions de livres sa sculpture « Pour
l’amour de Dieu », un crâne en platine
serti de diamants.
D’autres artistes continuent à rejeter
la puissance du marché et de l’argent.
Dans les années 1960, l’Américain
George Maciunas lance le mouvement
Fluxus, dans lequel passeront Yoko
Ono, Nam Jun Paik et le Niçois Ben. Il
entend rejeter « l’art-objet » et organise
des séances où sont présentées des
œuvres qui disparaissent ensuite.
Banksy s’inscrit dans cette lignée, dérision en plus. Il a, lui aussi, fabriqué des
billets, mais avec la tête de la princesse
Diana. Dans l’enclos des manchots, au
zoo de Londres, il a écrit en lettres de
deux mètres de haut : « We’re bored of
fish » (« On en a marre du poisson »). Il a
vendu anonymement, dans un stand à
Central Park, ses toiles pour quelques
dizaines de dollars alors que certaines
valent bien plus de 100.000 dollars.
Le tableau lacéreur de Banksy perpétue une autre tradition, plus récente et
peut-être plus prémonitoire. Comme le
montrait l’exposition au Centre Pompidou début 2018, le sculpteur César a
commencé sa vie d’artiste en cherchant
des bouts de métal chez un ferrailleur, et
il l’a finie en écrasant des voitures de luxe.
C’était le résumé limpide du passage
d’une société de pénurie dans l’aprèsguerre à une société de surabondance.
L’œuvre autodestructrice de Banksy est
peut-être la formidable métaphore d’un
monde qui choisit de courir à sa perte. Le
happening de Sotheby’s et la publication
du rapport du Giec ne seraient alors que
les deux faces d’une même histoire.
Jean-Marc Vittori est éditorialiste
aux « Echos ».
(1) « Artists and the Market : From Leonardo
and Titian to Andy Warhol and Damien
Hirst », par David Galenson, NBER Working
Paper n° 13377, septembre 2007.
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
art&culture
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François de Rugy
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5. SpaceX réussit son premier lancement complet depuis la Californie
de Christian de Boissieu
et Arthur Moraglia
L
a faillite récente du trader Einar
Aas a rappelé l’importance des
chambres de compensation.
Après un pari perdu sur le spread entre
les cours de l’électricité norvégienne et
allemande, la chambre de la Bourse
Nasdaq Nordic a liquidé la position du
milliardaire en défaut, consommant
l’intégralité de ses marges, mais aussi
près de 70 % des 168 millions d’euros du
fonds de garantie mutualisé constitué
par les acteurs de ce marché. Aucun
citoyen n’a payé le moindre centime et
les acteurs de marché ont assumé l’intégralité du coût du risque via leurs contributions au fonds commun de garantie.
En s’interposant entre l’acheteur et le
vendeur d’une transaction, les chambres de compensation prélèvent des
garanties financières pour se constituer une protection en cas de défaut
d’une des contreparties. Si l’un de ses
membres fait effectivement faillite, les
garanties collectées par les chambres
permettent d’absorber les pertes et
d’éviter la contagion du défaut au reste
du système financier.
Par nature, la compensation centrale
est un secteur concentré qui favorise la
création de monopoles par classe de
produits. En 2016, les dix chambres les
plus importantes représentaient 88 %
du total des ressources financières de
l’ensemble des chambres de compensation dans le monde. Le Royaume-Uni
accueille à lui seul deux chambres de
compensation d’importance systémique : ICE Clear Europe, majoritaire sur
le marché des « credit default swaps »,
et London Clearing House, qui com-
LE POINT
DE VUE
de Stéphane Beaudet
Pour une supervision
européenne des chambres
de compensation
pense plus de 90 % des swaps de taux
d’intérêt en euros.
Einar Aas était un acteur de taille
relativement modeste, mais, en cas
d’illiquidité du marché, les pertes résultant du défaut d’un participant même
marginal peuvent devenir très importantes, renforçant la nécessité pour les
chambres de compensation de disposer d’un niveau suffisant de garanties
financières. Si leurs ressources sont
sous-dimensionnées, le manque de
liquidités disponibles lors de la gestion
Seul un système de
supervision des chambres
de compensation intégré
au niveau européen
permettrait d’assurer une
concurrence équitable.
d’un défaut peut mettre en difficulté les
chambres de compensation, particulièrement celles n’ayant pas d’agrément
bancaire leur donnant accès à la liquidité de la Banque centrale européenne.
La Commission européenne défend
donc une politique de relocalisation
post-Brexit des activités de compensation de taille systémique pour les titres
libellés en euros, au risque de favoriser
indirectement une concurrence réglementaire entre les Etats membres susceptibles d’accueillir ces gigantesques
flux financiers.
Les chambres de compensation
elles-mêmes se mènent une âpre com-
pétition dans laquelle le principal
avantage concurrentiel est le montant
des garanties financières demandées
aux membres compensateurs et à
leurs clients. Le cercle vicieux est clair :
pour attirer de l’activité, chaque chambre de compensation doit piloter ses
marges et ses contributions aux fonds
communs de défaillance au plus près
du niveau du risque.
Seule la création d’un système de
supervision des chambres de compensation intégré au niveau européen permettrait d’assurer une concurrence
équitable et de rendre la compensation
accessible à un maximum d’acteurs de
marché tout en préservant l’intégrité de
ces infrastructures systémiques. Pour
assurer cette mission, l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma)
est la candidate naturelle.
Quand tous les efforts sont déployés
pour finaliser la mise en œuvre de
Bâle III, le règlement Emir 2 censé
donner à l’Autorité européenne des
marchés financiers le mandat et les
moyens d’assumer son rôle de superviseur intégré européen des chambres de compensation se fait désespérément attendre. Concentrer le risque
de contrepartie des acteurs du système financier sur une chambre de
compensation est un choix qui peut se
révéler avantageux, encore faut-il que
cette infrastructure soit la plus solide.
« Rodelinda », le théâtre de la vie
à l’Opéra de Lille
Elle est l’épouse qui pleure
OPÉRA
devient un luxe !) et révèle
son mari, Bertarido, mort
Rodelinda
les ambiguïtés de chacun.
au combat ; la femme que
de Georg Friedrich
convoitent Grimoaldo et
Haendel
Très bon plateau vocal
Garibaldo ; et la mère qui ne
Dir. : Emmanuelle Haïm.
La même volonté de lisibicédera au premier, le nouMS : Jean Bellorini.
lité commande un très bon
veau souverain, que s’il tue
A l’Opéra de Lille,
plateau vocal aux caractède ses mains Flavio, propre
+33 (0) 362 21 21 21.
res clairement différenciés.
fils de Rodelinda et Bertajusqu’au 14 oct. 3 h 15
La jeune soprano Jeanine
rido… Cette personnalité
De Bique fait ainsi entendre
complexe, capable d’échafauder un tel
un timbre riche, rehaussé de quelques poinchantage, trouve son origine dans « Perthates métalliques et de subtiles nuances,
rite » de Corneille (1651) et s’inscrit parmi les
qu’accompagne une présence scénique
rôles féminins les plus forts de Haendel. Si la
incontestable : la douleur mais aussi la
lutte entre le pouvoir et les sentiments consdétermination de sa Rodelinda ne font
titue la base des opéras baroques, elle
aucun doute. Grimoaldo trouve en Benjas’accompagne dans « Rodelinda » d’une fasmin Hulett un ténor parfois en difficulté
cinante exploration de l’âme humaine. La
dans l’aigu mais au chant raffiné et à
protagoniste n’est pas une simple allégorie
l’expression ardente. L’odieux Garibaldo
de la fidélité conjugale, c’est aussi une
peut s’appuyer sur le grave profond et pro« figure de la résistance à la domination masjeté d’Andrea Mastroni.
culine », comme le remarque Jean Bellorini.
La contralto américaine Avery Amereau
Le metteur en scène a cependant pris le
varie avec sensibilité son expression au gré
parti de lire le livret avec les yeux d’un
des humeurs d’Eduige, sœur de Bertarido.
enfant, en l’occurrence Flavio, rôle muet
Ledit Bertarido profite du solide métier de
dans l’opéra. Apparaissent alors des
Tim Mead, de son médium nourri et son
marionnettes, un train électrique, des chanaisance scénique. Impossible de le confonteurs déguisés en poupée : la vie comme un
dre avec l’autre contre-ténor, Jakub Jozef
théâtre. Il n’est pas certain que l’histoire,
Orlinski, qui n’est que charme dans le rôle
grave et tumultueuse, laisse place au rêve et
séraphique d’Unolfo. Interprète inspirée de
à la naïveté, malgré son inévitable fin heuHaendel, Emmanuelle Haïm met en relief
reuse (Bertarido n’était pas mort et le tyran
les contrastes et la subtilité de cette musique
Grimoaldo se repent). Mais le spectacle se
qui oscille entre drame et grâce. Son Concert
tient très bien, distribue de nombreuses
d’Astrée sonne avec une rare plénitude dans
beautés, entre costumes, lumières et décors,
l’acoustique favorable de l’Opéra de Lille.
respecte scrupuleusement le livret (cela
— Philippe Venturini
Christian de Boissieu est professeur
émérite à l’université Paris-I Panthéon
Sorbonne ; Arthur Moraglia est
enseignant à Sciences Po.
La gratuité : une impasse
pour les transports
Simon Gosselin
LE POINT
DE VUE
Le spectacle respecte scrupuleusement le livret et révèle les ambiguïtés de chacun.
L
a maire de Paris a lancé un débat
sur une idée à première vue
séduisante : la gratuité des transports en commun en Ile-de-France.
Belle promesse, avec la perspective de
faire diminuer les automobilistes pollueurs qui préféreront emprunter les
transports en commun. Mais est-ce la
bonne réponse à un vrai problème ?
La première difficulté à résoudre est
la faisabilité économique de cette
mesure. Les transports publics en Ilede-France coûtent 10 milliards d’euros
par an, dont 2,5 milliards à la charge des
usagers, 2 milliards pour les collectivités et la majeure partie prise en charge
par les entreprises entre le versement
transport et le remboursement d’une
partie de la carte Navigo.
Le taux de couverture des frais des
transports en commun par les usagers
à 27 % est ainsi l’un des plus faibles
d’Europe par rapport aux autres grandes métropoles (de 40 à 50 %). Aucune
grande métropole n’a par ailleurs réussi
avec succès à mettre en place une politique de gratuité des transports.
Mais pourquoi ne pas être la première à montrer l’exemple ? L’équation
est alors simple : il faut trouver a
minima 2,5 milliards d’euros correspondant aux recettes tarifaires payées
par les usagers, sans compter les 2 milliards d’euros supplémentaires qu’il
faudra dégager à la mise en service du
Grand Paris Express et des renforcements d’offres en cours.
Il faudrait donc augmenter les
impôts des ménages franciliens de
500 euros par an ou augmenter le versement transport de près de 60 % avec
des effets récessifs certains. Ce n’est
clairement pas réaliste.
On évoque également la solution
magique du péage urbain, qui aurait
certes des effets dissuasifs sur l’utilisation de la voiture mais ne rapporte à
Londres que 135 millions d’euros par
an, soit moins de 5 % du coût total de
la gratuité.
On peut sinon rogner sur le montant
total alloué aux transports. Ile-deFrance Mobilités investit en effet massivement pour rattraper le retard pris
après trente années de sous-investissement. Faut-il ralentir ces engagements
malgré les besoins criants soulignés
par la récente crise de la gare Montpar-
Aucune grande
métropole n’a réussi avec
succès à mettre en place
une politique de gratuité
des transports.
nasse ? Prenons toutefois l’hypothèse
audacieuse que cette mesure puisse
être financée, est-elle réellement bénéfique en termes d’impact social et environnemental ?
La généralisation de la gratuité
génère des effets d’aubaine pour des
publics utilisant déjà les transports en
commun sans difficulté financière. Sans
compter les effets négatifs que peut
entraîner la gratuité sur la perception
du service et des efforts à faire collectivement pour le maintenir à niveau. La gratuité pour tous, c’est la certitude d’abou-
tir à un réseau vétuste et dégradé avec un
faible niveau de service et de sécurité.
L’impact environnemental de cette
mesure serait par ailleurs dérisoire. La
commission présidée par Jacques
Rapoport vient de rendre ses conclusions, qui sont sans appel : la gratuité
engendrerait une baisse de seulement
2 % du trafic automobile. Il est, en effet,
évident qu’une grande partie des automobilistes choisissent aujourd’hui ce
mode pour des questions de confort ou
de temps de transport, et non pas pour
des questions de coût, tant le différentiel est déjà en faveur des transports en
commun. La gratuité va en revanche
faire basculer des piétons et des cyclistes vers des bus et des métros déjà
bondés en heure de pointe, ce qui n’est
absolument pas le but recherché.
On voit donc les limites de cette
mesure qui est un miroir aux alouettes.
L’avenir des mobilités passe au contraire par une tarification plus intelligente qui permettrait, par exemple, de
différencier les heures de pointe et les
heures creuses et d’offrir une palette de
solutions de transport pour se rendre à
sa destination. Cette mobilité du futur
doit bien évidemment être inclusive
avec une tarification solidaire la plus
généreuse possible pour les plus démunis, mais elle doit également être ambitieuse et offrir des solutions variées à la
carte pour l’ensemble des Franciliens,
aussi bien à Paris qu’en petite ou grande
couronne.
Stéphane Beaudet est vice-président
de la région Ile-de-France chargé des
transports.
Les cow-boys de Montreuil
Philippe Chevilley
@pchevilley
neige, abrite un squelette de
maison, un arbre, quelques
accessoires symboliques
de Mathieu Bauer
Mission impossible ?
(piano, bottes de foin). Et
Nouveau Théâtre
Mathieu Bauer l’a tentée
la distanciation est de rigude Montreuil
tout de même : monter un
eur : chaque acteur tient
(01 48 70 48 90).
« Western » sur les plandans sa main un vrai micro,
Du 5 au 13 octobre, 1 h 30.
ches. Le directeur du Noucomme s’il se doublait luiCouplé avec « Shock
veau Théâtre de Montreuil,
même ; le jeu frise la paroCorridor » dans
fort de ses précédentes
die dans les scènes paroxys« Une nuit américaine »
adaptations cinématogratiques ; et la gestuelle, très
du 18 au 28 octobre.
phiques, s’est attaqué à « La
chorégraphiée, emprunte
Chevauchée des bannis », western réalisé
aux clichés du film de cow-boys de série B.
en 1959 par André de Toth. Certes, le film
Le résultat est étrange : « Western »
raconte un huis clos – un petit village du
oscille entre le tragique et le grotesque,
Wyoming est pris en otage par des bandits,
Brecht et BD, sans vraiment choisir son
mais il recèle tous les codes du genre (pistocamp. Certaines scènes sont carrément
lets, chevaux, cow-boys, saloon) et doit une
ratées (la prise d’otage et les sévices infligés
bonne part de sa puissance dramatique à
au garçon-marionnette), d’autres impresses paysages désolés et neigeux. Ce n’est pas
sionnent (la cavalcade). Malgré l’engagele quatrième mur que le metteur en scène
ment des jeunes comédiens-musiciensdoit ici abattre, mais une véritable montachanteurs, ex-élèves du TNS (Rémy Fortin
gne, pour plonger le spectateur dans l’Ameen tête), on a du mal à se sentir concerné par
ricana des grands espaces, en faisant un sort
cette échappée dans l’Ouest. La variation
à ses souvenirs émus de cinéphile. Mathieu
théâtrale sur la violence machiste des pionBauer a fait feu de tout bois pour relever le
niers qui a forgé l’Amérique d’aujourd’hui
défi – sans céder à la facilité de la vidéo. Ses
vire à l’exercice de style inabouti. A compter
efforts sont louables, le spectacle ne mande mi-octobre, « Western » sera couplé
que pas de panache, mais ne convainc pas.
avec « Shock Corridor », le précédent opus
(nettement plus réussi) de Mathieu Bauer –
Brecht et BD
interprété par la même troupe. Cette « Nuit
Le western austère a des allures d’opéra
américaine » sera l’occasion d’un rééquilifunèbre : la musique de Sylvain Cartigny
brage. Confronté à la folie du film de
(jouée en live) et les chants élégiaques
Samuel Fuller, le Wild West Show encore
accompagnent l’action. Le décor est
en rodage de nos cow-boys montreuillois
dépouillé : la scène, recouverte de fausse
donnera peut-être alors sa vraie mesure. n
THÉÂTRE
Western
12 // IDEES & DEBATS
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
prospective
FAITES ENTRER
L’ALGORITHME
Jeudi dernier, au palais
de justice de Paris, s’est
tenu le procès (fictif)
d’une intelligence
artificielle. « Les Echos »
étaient dans la salle.
bit.ly/2Rw02zt
SUR
LE WEB
24 h/
24
MA SUPÉRETTE
EST UN ROBOT
Le groupe Casino
a ouvert un magasin
expérimental à Paris qui
préfigure le commerce
du futur. A découvrir
en vidéo sur
videos.lesechos.fr
Des robots
pour la paix
les échecs ou le go. Mais il leur reste encore à se distinguer dans d’autres jeux comme le bridge ou StarCraft.
LA
CHRONIQUE
de Catherine Simon
Rémy Demichelis
@RemyDemichelis
Catherine Simon est consultante
et experte en robotique.
o
LA PUBLICATION
La résilience,
un enjeu pour les villes
S
urmonter une épreuve pour retrouver au
plus vite un fonctionnement normal : issue
du vocabulaire des matériaux de la
psychologie, la notion de résilience est désormais
appliquée à de multiples secteurs, dont l’urbanisme.
Parce que les villes sont confrontées à des dangers
multiples (attentats, catastrophes naturelles, pannes
d’infrastructures…), elles prennent conscience
qu’elles doivent s’y préparer, et développer une culture
du risque. Dans la foulée de la Fondation Rockefeller,
qui a lancé il y a cinq ans un programme intitulé
« 100 Resilient Cities », le think tank La Fabrique de la
Cité, créé par le groupe Vinci, vient de publier une
étude sur la résilience urbaine. Après une
présentation du concept et des principaux travaux, le
document présente quelques stratégies de réduction
de la vulnérabilité. Il met particulièrement en avant
l’importance de développer l’économie circulaire
– pour « apprendre à faire mieux avec ce que l’on a
encore » – et de rendre l’architecture et l’urbanisme
« adaptables, flexibles, modulaires », pour inscrire
bâtiments et infrastructures dans le long terme.
La dernière partie, particulièrement intéressante,
explore comment les villes peuvent répondre aux flux
et reflux de population, qu’il s’agisse de l’urbanisation
constante des pays en voie de développement, de la
désaffection de nos centres-villes de taille moyenne,
des situations d’urgence liées aux réfugiés ou des
dégâts du tourisme de masse. — B. G.
« Résilience urbaine. Face aux chocs et mutations
délétères, rebondir plutôt que résister ? »,
www.lafabriquedelacite.com
Ces jeux
qui résistent
encore
à l’intelligence
artificielle
P
alais des Sports de Monte-Carlo, par
une soirée d’été 1979. Le public
prend place dans les fauteuils.
L’orchestre se met à jouer la bande originale
de « Star Wars ». La solennité de la musique
est à la hauteur du moment : historique.
Dans les coulisses se cache un robot surnommé « Gammonoid », les organisateurs
en ont fait la mascotte de l’événement. Il doit
affronter le vainqueur du championnat du
monde de backgammon à l’issue de la compétition qui se tient dans la principauté.
Le logiciel, en revanche, se trouve à des
milliers de kilomètres, à l’Université Carnegie-Mellon aux Etats-Unis. Les calculs
seront donc effectués à distance et transmis
via une liaison satellite – une vraie débauche de technologie pour l’époque. Gammonoid se contentera de donner les résultats.
Son apparition pour la soirée d’ouverture a
été bien pensée – il doit être propulsé sur les
planches. Sauf que c’est un fiasco : l’histoire
ne dit pas comment, ni pourquoi, mais le
robot s’emmêle dans le rideau au moment
fatidique. L’effet est ruiné. Pire, quelques
jours plus tard, lors du match tant attendu,
alors qu’une salle de 200 places avait été prévue et un expert convié pour assurer les
commentaires, « la participation fut très
décevante », raconte Hans Berliner, qui a
conçu le programme.
Ce professeur américain, décédé l’année
dernière et injustement négligé par la
grande histoire, est pourtant le premier à
avoir créé un logiciel informatique capable
de battre un champion à un jeu. Malgré
l’entrée en scène ratée de Gammonoid, la
machine s’est finalement imposée (7-1) face
à Luigi Villa, vainqueur (catégorie humain)
du championnat de Monte-Carlo.
Ce qui est encore plus surprenant est que,
comme l’explique Olivier Teytaud, chercheur chez Facebook AI Research, « le programme reposait déjà sur un réseau de neurones ». Ce système d’intelligence artificielle
était donc du même type que celui mis au
point par Demis Hassabis et son entreprise
(DeepMind, détenue par Alphabet) avec le
logiciel AlphaGo. Logiciel qui a battu le
champion Lee Sedol au jeu de go en 2016,
portant ainsi les réseaux de neurones à
l’attention du grand public.
Cette technologie est loin d’être nouvelle :
déjà en 1968, le psychologue américain Frank Rosenblatt concevait le Perceptron, un réseau de neurones capable
d’apprendre les lettres de l’alphabet. La
force de ce système est l’apprentissage automatique : il est très efficace pour apprendre
de ses erreurs. Pourtant, l’un des pères de
l’IA, qui avait lui-même participé à la création du premier réseau de neurones en 1951,
Marvin Minsky, avait dénigré ce modèle
parce qu’on n’y comprenait rien ; les neurones s’activent en même temps, donc impossible de savoir lequel est responsable de la
décision finale.
Regain d’intérêt
Cette technologie tomba ainsi dans l’oubli
durant plusieurs décennies, malgré son
succès au backgammon. Depuis moins de
dix ans, elle connaît un regain d’intérêt lié
aux progrès spectaculaires du « deep learning » (apprentissage automatique profond). Mais le problème de l’explicabilité
se pose toujours.
C’est une des raisons pour lesquelles la
start-up française NukkAI s’attaque au
bridge. Elle était la semaine dernière au
championnat du monde qui s’est déroulé à
Orlando, en Floride, mais son logiciel n’est
pas encore prêt pour affronter le vainqueur.
« Dans un premier temps, notre ambition,
c’est de faire un outil qui puisse prendre les
meilleures décisions et expliquer pourquoi,
indique Jean-Baptiste Fantun, PDG. Dans
un second temps, c’est de gagner. »
Le bridge cumule les difficultés : il y a une
part d’incertain (les jeux des autres sont
cachés), il faut expliquer ses choix, les parties se jouent en équipe, et enfin « il est difficile de savoir si nos actions aident plus nos
partenaires ou nos adversaires, précise Véronique Ventos, cofondatrice de NukkAI et
Andrew Rush/AP/Sipa,Jun Michael Park/Laif-Réa,Stan Honda/AFP
A l’heure des campagnes et pétitions pour interdire
les armes autonomes, l’idée de robots
pour la paix peut surprendre. Le sujet était
pourtant au programme de la Journée de la paix,
qui a réuni fin septembre à Tunis des représentants
de l’Unesco et des ONG. Si jouer à la guerre est simple,
il faut de l’imagination pour jouer durablement à la
paix. Aussi, les ONG avaient fait appel aux enfants
du monde entier pour des créations artistiques
sur la thématique : « Drones et robots pour la paix ».
Leurs dessins relevaient souvent des cas d’usages
réalistes et pragmatiques. Le drone qui livre les
équipements et ressources de première nécessité
dans des lieux sinistrés ; le robot agricole qui
améliore le rendement productif
des cultures, tout en préservant la richesse de la terre ;
des exosquelettes et des prothèses qui suppriment les
barrières du handicap ; des robots qui permettent à
des populations isolées un accès à l’eau et à
l’électricité ; des robots démineurs, pompiers,
sauveteurs de naufragés ; des robots d’interaction qui
réunissent des familles éclatées par les migrations…
La définition de la paix a évolué d’un statut en négatif –
la paix comme fin de la guerre – à une approche
holistique d’une culture de paix, une quête continue
de vivre ensemble en harmonie. Le « maintien de la
paix » est donc étroitement lié aux objectifs
du Programme de développement durable de l’ONU à
l’horizon 2030. Promouvoir l’agriculture durable, le
bien-être de tous à tout âge, une économie soutenue,
partagée et durable, préserver et restaurer les
écosystèmes naturels, garantir l’accès à tous à l’eau et
à l’énergie : autant d’objectifs et d’actions que les
nouvelles technologies peuvent dès aujourd’hui
faciliter, optimiser et amplifier.
Comprendre l’apport des technologies, sans
en exagérer le rôle, permet de nous affranchir
de nos peurs et de les mettre à contribution pour
construire un nouvel équilibre. Seule une approche
économique innovante, qui ne se contente pas
d’intégrer les nouvelles technologies à nos systèmes
existants, contribuera à la co-évolution
des innovations technologiques, écologiques
et sociales, dans une approche systémique et une
finalité d’harmonie et de culture de paix durable.
LOGICIEL // Les ordinateurs ont réussi à battre des champions dans des jeux comme le backgammon,
En 2017, Libratus (en haut à droite) a vaincu plusieurs joueurs professionnels. En 2016 (en bas à gauche) AlphaGo
bat le champion de jeu de go Lee Sedol. En 1997, DeepBlue d’IBM bat le champion du monde d’échecs Gary Kasparov.
Les grandes
dates
Un système
•d’IA1979
en réseaux
de neurones mis
au point par
Hans Berliner bat le
champion du monde
de backgammon.
1997 L’ordinateur
DeepBlue d’IBM
bat le champion
du monde d’échecs
Gary Kasparov.
2011 Watson,
un programme
d’IA conçu par IBM,
s’impose face
à des humains au jeu
de culture générale
« Jeopardy » (sorte
de « Questions pour
un champion »).
2016 AlphaGo,
logiciel créé par
la start-up DeepMind
(détenue par Alphabet,
maison mère
de Google), bat le
champion de jeu
de go Lee Sedol.
2017 Libratus,
logiciel élaboré par
des chercheurs de
l’université Carnegie
Mellon, sort vainqueur
de vingt jours de
compétition face
à des joueurs
professionnels
de poker, dans la
variante « heads-up
no-limit Texas
hold’em ». Libratus
se partage le titre
de premier logiciel
à battre l’humain à ce
poker avec DeepStack
(université d’Alberta,
université Charles
de République tchèque
et l’Université
technique de Prague),
qui s’est distingué
au même moment.
•
•
•
•
Le bridge ou le poker
sont intéressants
pour les chercheurs
car on ne voit pas la main
des autres, ce sont des jeux
à informations cachées
ou incomplètes.
professeure en informatique à l’université
Paris-Saclay. Scientifiquement, c’est très intéressant, et difficile à résoudre sans paraître
impossible. »
Pour y arriver, la start-up compte
s’appuyer à la fois sur des règles symboliques, une approche utilisée notamment par
l’ordinateur DeepBlue d’IBM pour battre le
champion du monde d’échecs Gary Kasparov en 1997, et sur des réseaux de neurones.
Or ces deux branches traditionnelles de l’IA
se sont longtemps regardées en chiens de
faïence.
Succès au poker
L’humain a déjà été battu par des réseaux de
neurones à un autre jeu de cartes : le
« heads-up no-limit Texas hold’em poker »,
un poker qui se joue à deux et dont les relances ne sont pas limitées (lire encadré). En
février 2017, le logiciel Libratus, créé par des
chercheurs de Carnegie-Mellon (encore !),
a vaincu plusieurs joueurs professionnels
qui l’ont affronté pendant vingt jours d’affilée. « J’avais l’impression de jouer contre
quelqu’un qui trichait, comme s’il pouvait
voir mes cartes, confiait Dong Kim, l’un
d’entre eux au magazine “Wired”. Je ne
l’accuse pas d’être un tricheur, mais il était
tout aussi bon. » Chaque soir, les humains
mettaient au point des stratégies pour les
appliquer le lendemain matin. Au début,
les choses se passaient plutôt bien pour eux.
Mais, « à la fin de la journée, ces stratégies se
révélaient assez faibles parce que [le logiciel]
jouait très différemment », racontait encore
le joueur à Engadget.
Le bridge ou le poker sont intéressants
pour les chercheurs car on ne voit pas la
main des autres, ce sont des jeux à informations cachées ou incomplètes. C’est aussi le
cas du jeu vidéo StarCraft, dans lequel les
parties du territoire qui ne sont pas explorées restent dissimulées aux protagonistes. Là encore, le fait de devoir jouer en
équipes ajoute à la complexité.
StarCraft est à présent sur la liste de DeepMind. Facebook s’y intéresse également,
même si « on est encore très loin des performances de l’humain », indique Olivier Teytaud. Pour lui, la solution passera par les
réseaux de neurones et ne pourra se contenter de systèmes symboliques : « Il y a trop
de paramètres et d’incertitudes. » L’enjeu au
final étant de sortir du monde virtuel, c’està-dire de faire évoluer des intelligences
artificielles dans la réalité. Un univers bien
plus chaotique. n
Les jeux résolus
Un jeu résolu est un jeu pour lequel il existe une stratégie permettant
de gagner à coup sûr. Comme l’explique David Louapre, directeur
scientifique chez Ubisoft et youtubeur, sur sa chaîne Sciences Etonnantes, « c’est le cas des dames ou du Puissance 4 ». Il raconte aussi que
des chercheurs de l’université d’Alberta, avec le programme Cepheus,
ont résolu en 2015 une version du poker – c’est-à-dire qu’ils ont mis au
point une méthode imparable. Elle concerne la variante « heads-up
limit Texas hold’em ». Un poker à deux joueurs (heads-up) avec des
relances au montant fixe (limit). Bon courage toutefois à quiconque
voudrait retenir la formule : « Elle est tellement complexe que,
rien que pour stocker la stratégie, il faut 11 téraoctets de disques durs »,
explique David Louapre.
Pour la mettre au point, les chercheurs ont fait jouer la machine
contre elle-même pendant deux mois. Ils se sont plus tard attaqués
à la version « no-limit » de ce poker et revendiquent aussi avoir mis
au point le premier logiciel, DeepStack, à avoir battu des joueurs
professionnels. Mais, cette fois, ils n’ont pas résolu le jeu.
// 13
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
enquête
Nicolas Rauline
@nrauline
— Envoyé spécial dans l’Arkansas
L
e dernier tube de R’n’B à fond dans
les haut-parleurs, quelques graphistes qui s’agitent autour d’écrans et de
machines en discutant du dernier modèle
de pantalon de sport… L’usine de TY Garments, à Little Rock, dans l’Arkansas, ne
ressemble pas à l’image que l’on peut se
faire d’une usine de textile. Encore moins de
l’usine d’une entreprise chinoise. Car TY
Garments est le nom américain de Tianyuan, un fabricant basé à Suzhou, à une
demi-heure de Shanghai, implanté dans la
région depuis le début de l’année et qui travaille presque exclusivement pour Adidas.
« Le marché américain est de plus en plus
stratégique pour Adidas. En produisant ici,
au plus près du consommateur, nous réalisons de précieuses économies », explique le
patron de TY Garments USA, Levi Wu. Tout
en s’épargnant d’éventuels tarifs douaniers,
dans un contexte de guerre commerciale
entre les deux pays. Mais, sur ce sujet, Levi
Wu est moins bavard.
TY Garments a aussi un accès direct au
coton. Connu pour être l’Etat natal de Bill
Clinton, l’Arkansas est également l’un des
premiers Etats producteurs aux Etats-Unis.
Il a une tradition industrielle, notamment
dans le textile ou l’industrie forestière,
même s’il a subi de plein fouet la crise et que
de nombreuses usines ont fermé ces dernières années. La position géographique est
avantageuse, au carrefour de plusieurs axes
de communication et proche de grands
marchés comme le Texas, la Géorgie ou la
Floride. Et, surtout, les investissements
sont les bienvenus.
L’Arkansas et son gouverneur ont largement misé sur l’étranger, et sur la Chine en
particulier, pour tenter de redresser l’industrie. Asa Hutchinson, un républicain
modéré, s’est rendu en Chine à plusieurs
reprises depuis le début de son mandat, en
2014, pour tenter d’attirer les investisseurs.
« L’homme qui gouverne l’Etat comme un
PDG », comme titrait récemment la presse
locale, a même demandé à Donald Trump
de stopper sa guerre commerciale.
L’Etat a aussi installé un bureau à Shanghai, en plus de ses représentations à Berlin
et à Tokyo. « La Chine est un nouveau marché
mais c’est une formidable opportunité pour
nous, affirme Mike Preston, le directeur de
l’Agence de développement économique de
l’Arkansas. Nous voulons faire savoir au
monde entier que nous sommes ouverts
aux capitaux étrangers. »
Deux milliards d’investissements
L’Arkansas a mis en place tout un système
d’incitations fiscales, avec des crédits
d’impôts et des exonérations. L’investisseur
ne commence à payer des impôts, à taux
réduit, que lorsque des produits sortent
réellement de ses usines, voire quand il
dégage ses premiers bénéfices. « C’est un
modèle particulièrement adapté pour les projets de long terme, qui nécessitent une pro-
« Nous sommes un Etat
relativement peu peuplé,
mais nous avons
d’importantes ressources
et de très grosses
entreprises. »
MIKE PRESTON
Directeur de l’Agence
de développement économique
de l’Arkansas
fonde transformation du site existant, des
dépenses de R&D… » précise Mike Preston.
Et cela a porté ses fruits. Cinq projets
industriels chinois sont actuellement en
cours dans la région : deux dans le textile,
un dans le papier, un dans l’alimentation
pour animaux et un autre dans les pièces
détachées. Plus de 2 milliards de dollars
devraient y être investis, pour 1.700 emplois
créés. « Cela a de quoi changer la donne », se
réjouit Mike Preston.
Le prochain gros projet est celui de Sun
Connu pour être l’Etat natal de Bill Clinton, l’Arkansas est également l’un des premiers Etats producteurs de coton aux Etats-Unis. Photo Scott Olson/Getty Images/AFP
En Arkansas, l’ombre de la guerre
commerciale avec la Chine
Cet Etat du sud des Etats-Unis
a misé sur les investissements étrangers
pour se développer. Notamment en provenance
de Chine. L’industrie de la région renaît…grâce aux
Chinois. Mais la guerre commerciale entre Pékin
et Washington menace.
REPORTAGE //
Paper. Cet industriel chinois, l’un des leaders mondiaux du papier, va investir
1,5 milliard de dollars pour construire une
usine à Arkadelphia, une cité de
10.000 âmes à moins d’une heure de Little
Rock, la capitale de l’Etat. Avec 350 emplois
à la clef. Ce serait, tout simplement, le
deuxième plus gros investissement jamais
réalisé dans l’Etat. Si tout va bien. Car
les négociations commerciales entre
Washington et Pékin, et les menaces de restreindre les investissements chinois aux
Etats-Unis, ont tendu la situation.
Officiellement, le projet est retardé car
Sun Paper a changé de stratégie : il veut
désormais fabriquer dans cette usine des
emballages en carton, dont la demande
explose avec le boom des ventes en ligne et
de la livraison, et non plus du papier classique. Mais les autorités locales sont récemment montées au créneau pour dire combien la région avait besoin des capitaux
chinois et supplier Donald Trump de mettre un terme à sa guerre commerciale. « C’est un gros nuage noir sur l’avenir
du projet. Pour le moment, le nuage est encore
à l’horizon. Mais personne ne sait réellement
ce qui peut advenir », expliquait cet été Stephen Bell, le président de la Chambre de
commerce d’Arkadelphia.
Autre projet ambitieux : celui de Shandong Ruyi. Ce géant du textile en Chine a des
ambitions mondiales. Et le marché américain est incontournable dans son développement. Il a donc promis 400 millions de
dollars d’investissement et l’ouverture
d’une usine à Forrest City, qui pourrait
employer, à terme, 800 personnes. Le projet
est si important qu’il pourrait permettre
d’écouler, selon certaines études, toute la
production annuelle de coton de l’Arkansas ! L’investissement de TY Garments est
moins ambitieux. Mais il a déjà permis
l’embauche d’une centaine de personnes. « Ils ont eu le souci de s’adapter à l’environnement local, de respecter nos règles »,
confie Mark Hamer, directeur du développement international de l’Agence de développement économique de l’Arkansas. La
firme n’a emmené avec elle qu’une poignée
de cadres chinois. Tout juste incite-t-elle ses
employés à utiliser WeChat, l’application de
messagerie très populaire en Chine. Et elle
a pris le temps de former ses nouveaux
salariés à ses méthodes et à ses machines,
ultra-modernes. « Notre stratégie est d’automatiser le processus au maximum, de la conception des modèles à la livraison », explique
Levi Wu. Une stratégie qui lui permettrait
de réduire le cycle de production à une trentaine de jours. « Nous continuons d’améliorer nos procédés. L’an prochain, nous
devrions être en mesure de monter la première ligne de production de tee-shirts entièrement automatisée. » Ce qui ramènerait le
coût de production d’un tee -shirt à
30 cents… Cela ne devrait pas empêcher TY
Garments de continuer à embaucher : son
plan prévoit de monter à 400 employés d’ici
à deux ans.
Malgré les incertitudes, l’Etat continue de
déployer ses efforts pour tenter d’attirer de
nouveaux candidats. « Nous sommes un
Etat relativement peu peuplé, avec seulement
3 millions d’habitants, mais nous avons
d’importantes ressources et de très grosses
entreprises », note Mike Preston. L’Arkansas est en effet le siège de trois sociétés du
Fortune 500, une singularité en plein milieu
du pays : le plus gros distributeur au
monde, Walmart ; Tyson Foods, géant de
l’agroalimentaire qui produit notamment
des volailles ; et JB Hunt, l’un des plus gros
transporteurs routiers au monde. Sans
compter que l’Arkansas est un « right to
work state », il limite le pouvoir des syndicats et le coût de la vie y est peu élevé…
Débouchés agricoles
Ses prochains objectifs sont, désormais, de
faire monter les salaires et de trouver de
nouveaux débouchés pour ses produits
agricoles. Dans le premier cas, les projets en
cours pourraient l’y aider. Dans ses prévi-
sions, Sun Paper a annoncé un salaire
moyen de 52.000 dollars dans son usine,
bien au-dessus de la moyenne pour ce type
d’emplois dans la région. « Notre taux de
chômage est inférieur à la moyenne nationale. L’enjeu pour nous, désormais, c’est de
faire augmenter les salaires pour créer un cerc l e ve r t u e u x » , i n d i q u e M i ke P r e s ton. L’Arkansas reste en effet l’un des cinq
ou six Etats les plus pauvres des Etats-Unis.
Pour son agriculture, il compte aussi
beaucoup sur la Chine. Premier producteur
de riz aux Etats-Unis, il mise sur l’ouverture
du marché chinois. Et ses exportations de
volailles et de soja ont déjà augmenté, avant
les tarifs douaniers et les représailles de
Pékin… « La guerre commerciale entre
Washington et Pékin a ralenti certains projets
et des investissements potentiels. Mais nous
demeurons optimistes, nous pensons qu’une
solution sera trouvée », assure Mike Preston.
Pour l’Etat, c’est désormais vital : durant les
dix dernières années, les exportations de
biens vers la Chine ont augmenté de 28 %,
celles de services de 369 %.
Les tarifs commerciaux ne sont pas le
seul obstacle à la présence chinoise aux
Etats-Unis. Ces derniers mois, les accusations d’espionnage et d’impérialisme culturel se sont multipliées à travers le pays. A tel
point que plusieurs « Confucius Institute »,
des établissements d’apprentissage du chinois, ont dû fermer leurs portes. Il y a une
dizaine d’années, l’University of Central
Arkansas a été la première dans la région à
instaurer un programme de mandarin. A
l’époque, le pari pouvait sembler osé. Mais
avec l’arrivée d’entreprises chinoises, elle en
a fait un argument supplémentaire pour
Asa Hutchinson, le gouverneur de l’Arkansas (à gauche) et Yafu Qiu, président
du géant textile Shandong Ruyi, approuvent un investissement de 400 millions
de dollars et l’ouverture d’une usine à Forrest City. Photo Andrew DeMillo/AP Photo
former leurs futurs cadres. « Ce n’est pas
seulement une langue, il s’agit aussi de mieux
comprendre la culture, la manière dont on
fait des affaires », soutient Guo’ou Zhuang,
directeur du Confucius Institute de
l’Arkansas.
Philip Bailey, directeur du département
des langues de l’University of Central
Arkansas qui abrite le Confucius Institute,
dénonce un climat digne de la guerre
froide. « Je peux vous dire qu’à la fin du séjour
des professeurs chinois invités ici, ce ne sont
pas ceux que l’on croit qui ont le cerveau
retourné ! Ils découvrent ici une nouvelle culture, une nouvelle vision… Nous autres, Américains, avons tendance à oublier que nous
exportons aussi notre culture partout dans le
monde. D’autres pays peuvent vouloir le faire,
ce n’est pas pour autant de l’espionnage ! »
La Chine n’est pas la seule à s’intéresser
de près à la région. Des entreprises d’une
trentaine de pays ont une présence dans
l’Arkansas. Au total, plus de 40 % des créations d’emplois, ces cinq dernières années,
sont imputables aux investissements
directs étrangers. Sur la zone industrielle,
coincée entre l’aéroport et le fleuve Arkansas, à l’est de Little Rock, on trouve des
entreprises indiennes, danoises, allemandes, japonaises… Dassault a été l’un des premiers à s’installer là, pour ses Falcon Jet.
Et le premier partenaire commercial de
l’Etat reste le Canada. Récemment, une
nouvelle vague d’entreprises canadiennes
est d’ailleurs arrivée, là encore malgré les
tensions commerciales entre les deux pays.
C’est le cas de Conifex, qui a repris une scierie à El Dorado, dans le sud de l’Arkansas. « L’usine était fermée depuis onze ans,
mais la région est couverte de forêts, c’est la
principale réserve des Etats-Unis, l’industrie
y est donc très forte ici, il n’y avait donc aucun
problème de main-d’œuvre. Et le bois est l’un
des meilleurs au monde ! » s’enorgueillit
Kelly Olivier, le directeur de l’usine.
Conifex a réaménagé le site pendant
deux ans, investi plus de 100 millions de dollars, notamment pour gagner en efficacité :
les camions sont désormais capables de
décharger en sept minutes, deux à trois fois
moins qu’en temps normal, tous les troncs
puis les planches qui sont découpées sont
passées au scanner, et la capacité va être
portée de 250 à 450 chargements par jour
l’an prochain.
« Nous voulions renforcer notre présence
aux Etats-Unis et l’offre est foisonnante dans
cette région, confirme Sandy Ferguson, viceprésidente de Conifex. De nombreuses usines ont fermé ces dix dernières années, les
réserves sont donc très élevées. En outre, le
prix de vente du bois aux Etats-Unis est plus
élevé, cela nous permet d’augmenter nos
marges. On peut produire et vendre aux
Etats-Unis, car la demande est soutenue
par la construction. »
Les officiels de l’Etat n’ont donc pas fini de
voyager. Que ce soit pour tenter de rassurer
leurs interlocuteurs face à la politique de
Washington, ou pour les convaincre des
avantages à s’installer dans l’Arkansas, ils
ont prévu, dans les prochaines semaines,
de sillonner l’Europe, puis de repartir
en Chine. n
14 //
Mardi 9 octobre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
FOOT DESCHAMPS CÉLÈBRE
MBAPPÉ, JOUEUR « PRODIGIEUX »
ARABIE SAOUDITE ANKARA
VEUT FOUILLER LE CONSULAT
SAOUDIEN D’ISTANBUL
« C’est prodigieux ce qu’il fait, ce qu’il est
capable de faire » : le sélectionneur de
l’équipe de France, Didier Deschamps,
s’est montré très élogieux lundi vis-àvis de Kylian Mbappé, auteur d’un quadruplé la veille avec Paris contre Lyon.
Le jeune attaquant parisien a marqué
quatre buts en moins d’un quart
d’heure mais s’est livré à une autocritique d’après-match concernant des
occasions manquées. Il est « un peu
hors-norme », selon le patron des Bleus.
Le président sortant de la République
serbe de Bosnie, Milorad Dodik, et le
candidat musulman du parti nationaliste bosniaque SDA, Sefik Dzaferovic, ont remporté les sièges serbe et
bosniaque au sein de la présidence
tripartite du pays, a annoncé lundi la
commission électorale. Aux élections législatives qui se déroulaient
en même temps, les partis nationalistes serbe SNSD, croate HDZ et musulman SDA, qui ont souvent des vues
divergentes sur l’avenir du pays, sont
arrivés en tête.
PAYS-BAS LE MALENTENDU DE
L’EXPULSION D’ESPIONS RUSSES
SÉCURITÉ FUSILLADE
DANS UN BAR À TOULOUSE
Le spectre de la marée noire a un moment plané après que l’ « Ulysse », un navire roulier tunisien, est entré en collision dimanche avec le porte-conteneurs chypriote « CLS Virginia », au mouillage à 28 km au nord du cap Corse. Si l’accident n’a fait aucun
blessé, le choc a causé une brèche dans les soutes du porte-conteneurs, libérant du carburant de propulsion en mer. Lundi, la
fuite d’hydrocarbure était « maîtrisée », a assuré le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy.
Yuri Kadobnov/AFP
AFP
BOSNIE VICTOIRE
DES NATIONALISTES
MÉTÉO QUATRE DÉPARTEMENTS
DU SUD EN VIGILANCE ORANGE
Les Bouches-du-Rhône, l’Hérault,
l’Aude et les Pyrénées-Orientales
étaient placés lundi en vigilance
orange pluie-inondation et orage jusqu’à au moins mercredi matin, a
annoncé Météo-France. Le Var, qui
avait été placé en vigilance, n’est plus
concerné. Les averses peuvent donner entre « 30 à 50 mm de pluie en peu
de temps » et « jusqu’à 80 mm ponctuellement sur les régions littorales ».
Pollution maîtrisée au large du cap Corse après la collision de deux navires
Les autorités turques ont demandé
à fouiller le consulat saoudien
d’Istanbul pour tenter d’élucider le
mystère entourant la disparition du
journaliste saoudien Jamal Khashoggi, après des informations sur
son assassinat par des agents saoudiens. Selon la chaîne privée NTV, la
demande a été formulée auprès de
l’ambassadeur saoudien à Ankara
par le ministère turc des Affaires
étrangères.
ÉCOUTES UN RECOURS
DE SARKOZY REJETÉ
La justice a rejeté lundi le recours de
Nicolas Sarkozy contre le réquisitoire
du parquet national financier qui
réclamait son procès dans l’affaire de
« corruption » et de « trafic d’influence »
à la Cour de cassation révélée par des
écoutes téléphoniques. L’ex-chef de
l’Etat est poursuivi pour avoir, début
2014, tenté d’obtenir auprès d’un
magistrat de la Cour de cassation des
informations secrètes, en marge de
l’affaire Bettencourt, où il avait obtenu
un non-lieu en 2013.
LA PHOTO DU JOUR
L’arrestation et l’expulsion en avril de
quatre espions russes présumés par
les Pays-Bas n’est qu’un « malentendu », ceux-ci étant alors en
« voyage de routine », a affirmé lundi
le chef de la diplomatie russe, Sergueï
Lavrov (en photo). « Il n’y avait rien de
secret dans le voyage de nos spécialistes
aux Pays-Bas », a-t-il déclaré avec son
homologue italien. Les quatre Russes
expulsés étaient porteurs de passeports diplomatiques.
SYRIE LES REBELLES RETIRENT
LEURS ARMES LOURDES À IDLIB
Un homme de 35 ans a été tué et deux
autres ont été blessés par balle dont
un grièvement lors d’une fusillade
lundi après-midi dans un bar d’un
quartier sensible de Toulouse. Deux
hommes à moto ont ouvert le feu sur
la terrasse et ont poursuivi l’une des
trois victimes à l’intérieur de l’établissement. Ils ont ensuite pris la fuite. Le
SRPJ de Toulouse a été saisi pour
assassinat et tentative d’assassinat.
Les rebelles syriens de la province
d’Idlib ont achevé lundi le retrait de
leurs armes lourdes dans la zone
tampon qui doit être instaurée mi-octobre en vertu d’un accord entre la
Turquie et la Russie. Le Front national de libération, soutenu par
Ankara, avait annoncé samedi le
début du retrait de ses armes lourdes.
CAVALE DE REDOINE FAÏD TROIS
NOUVEAUX SUSPECTS ARRÊTÉS
UKRAINE EXERCICES MILITAIRES
CONJOINTS AVEC L’OTAN
Trois nouveaux complices présumés
du braqueur Redoine Faïd, arrêté la
semaine dernière après trois mois de
cavale, ont été interpellés lundi matin
en région parisienne. Deux des suspects ont été placés en garde à vue et le
troisième, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt, a été placé en rétention judiciaire, ce qui signifie qu’il sera présenté
directement à un juge d’instruction.
Près de 700 soldats de huit pays de
l’Otan – Etats-Unis, Grande-Bretagne,
Belgique, Danemark, Estonie, PaysBas, Pologne et Roumanie – et
d’Ukraine, ainsi qu’une quarantaine
d’avions participent depuis lundi à des
exercices en Ukraine. « C’est la première fois que des avions vont travailler
ensemble », indique un porte-parole
ukrainien.
Photo : AFP
ON EN PARLE À PÉKIN
L’ex-président d’Interpol accusé de corruption
Soupçonné d’avoir accepté des « pots-de-vin », Meng Hongwei est sous le coup
d’une enquête en Chine.
Meng. Le lendemain, la France
ouvrait une enquête pour disparition inquiétante, le patron chinois de l’organisation policière
internationale n’ayant plus
donné signe de vie depuis une
dizaine de jours.
Le 25 septembre, Meng Hongwei venait d’arriver en Chine
lorsqu’il envoie deux messages
sur WhatsApp à son épouse restée en France : « Attends mon
appel » puis, quatre minutes plus
tard, l’émoticône d’un couteau,
signifiant qu’il se trouvait en danger, selon son épouse. Dimanche
soir, Interpol, dont le siège est à
Lyon, annonçait avoir reçu la
démission, avec effet immédiat,
de son président. Sans donner
plus d’explications.
La nomination de Meng
Hongwei, également vice-mi-
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
P
ékin a fini par sortir du
silence à la suite de la
« disparation » de Meng
Hongwei. Quelques heures
après avoir confirmé, dans la
nuit de dimanche à lundi,
l’ouverture d’une enquête contre
le président d’Interpol, la Chine
l’a accusé de corruption. Meng
Hongwei « a accepté des pots-devin », a fait savoir le ministère de
la Sécurité publique, lundi,
jugeant l’enquête ouverte « très
opportune, tout à fait indiquée et
plutôt sage ».
L’alerte sur la disparition de
Meng Hongwei avait été donnée
jeudi dernier à la police française par son épouse, Grace
nistre de la Sécurité publique, à
la tête d’Interpol en novembre 2016, avait provoqué les
craintes d’organisations de
défense de droits de l’Homme
de voir Pékin utiliser l’organisation pour traquer ses opposants réfugiés à l’étranger.
« Nul, sans exception, n’est audessus des lois », a fait valoir
Pékin lundi, sans préciser à
quand remontent les faits
reprochés à Meng Hongwei.
Chasser les « tigres »
Xi Jinping a lancé une vaste
campagne de lutte contre la corruption lors son arrivée au pouvoir il y a six ans, visant à chasser aussi bien les « mouches »,
les exécutants, que les « tigres »,
les cadres dirigeants. « Le gouvernement chinois n’a jamais
annoncé la fin de cette campagne
et celle-ci est toujours aussi forte
qu’avant », indique Jiangnan
Zhu, professeur associé à l’université de Hong Kong.
Et alors que cette campagne
est également accusée de servir
à éliminer les opposants, « les
autorités ont dû découvrir quelque chose concernant le manque
de loyauté de Meng Hongwei
envers Xi Jinping, estime Willy
Lam, politologue à l’université
chinoise de Hongkong. Xi
Jinping est très paranoïaque
quant à sa sécurité personnelle et
il exige une loyauté absolue. »
Si Meng Hongwei est loin
d’être le premier haut responsable chinois à tomber pour corruption, son cas est le premier
au sein d’une grande institution
internationale. n
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Mardi 9 octobre 2018
www.lesechos.fr
Le nouveau cinqétoiles parisien
dispose d’un vaste
club de sport et d’une
pâtisserie, chargés
de séduire aussi
les Parisiens. // P. 20
Guillaume de Laubier
Brach, signe du nouvel air
du temps hôtelier
DEVISES EUR/GBP 0,8788 EUR/JPY 1,2973 EUR/CHF 1,1399 GBP/USD 1,3059 USD/JPY 1,1304 USD/CHF 0,9933 TAUX EONIA -0,362 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,318 OAT 10 ANS 0,8553 T-BONDS 10 ANS 3,2546
INDUSTRIE & SERVICES
AIRBUS
DERNIÈRE HEURE
Guillaume Faury propulsé à la tête
du groupe. // PP. 16-17
Toys“R”Us France
dans la hotte d’un Mulliez
ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 9
SANTÉ
Cliniques : RGDS relève son offre
sur le suédois Capio. // P. 18
PÉTROCHIMIE
Automobile : les plasturgistes
alertent sur un risque de pénurie.
// P. 19
Julien Benhamou/Opéra
National de Paris
CULTURE
L’Opéra de Paris prépare l’avenir
avec son Académie. // P. 20
HIGH-TECH & MÉDIAS
NUMÉRIQUE
La facture énergétique
de la tech flambe. // P. 21
PUBLICITÉ
Pour l’heure, 44 points de vente Toys“R”Us sont conservés sur un total de 53. Photo Pascal Sittler/RÉA
// P. 22
Le tribunal de commerce
d’Evry a préféré l’offre
portée par Jellej Jouets,
associé à la famille
du fondateur
de la chaîne Picwic.
Publicis remporte l’achat média
du groupe pharmaceutique GSK.
START-UP
ANALYSE DE DONNÉES
Elastic, l’outil de recherche derrière les applications les plus
populaires. // P. 23
PME & RÉGIONS
PHYTOTHÉRAPIE
Les compléments alimentaires
misent sur le terroir. // P. 24
FINANCE & MARCHÉS
BANQUE
Les établissements bancaires
cassent les prix des services
sur Internet. // P. 26
RÉGULATEUR
Vote en assemblée générale :
l’AMF veut améliorer les pratiques.
// P. 27
BANQUE
Le fisc cherche toujours qui se
cache derrière la « liste UBS ».
// P. 28
BOURSE
La Bourse chinoise décroche
malgré le soutien de Pékin. // P. 29
GESTION D'ACTIFS
ENVIRONNEMENT
L’investissement responsable
devient la norme. // P. 30
LES ÉCHOS BUSINESS
CARNET// P. 34
SUPPLÉMENT
PANORAMA
Bien choisir sa formation pour
renforcer son profil d’entrepreneur.
// PP. 35 À 38
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
La société française apporte
au total un financement
de 120 millions d’euros.
Elsa Dicharry
@dicharry_e
La décision était très attendue à quelques
semaines de Noël : Toys“R”Us France va
pouvoir poursuivre son activité. Le tribunal
de commerce d’Evry, dans l’Essonne, a tranché lundi : la filiale française du géant américain du jouet, en redressement judiciaire
depuis juillet, sera reprise par Jellej Jouets,
qui apporte au total un financement de
120 millions d’euros. Créée en vue de la
reprise de Toys“R”Us France, cette société
par actions simplifiée associe le fonds Cyrus
Capital Partners (90 %), un des créanciers de
Toys“R”Us monde, liquidé en mars dernier,
aux Lesaffre (10 %), une puissante famille du
Nord. Jellej Jouets a noué pour l’occasion un
partenariat industriel avec Picwic, la petite
enseigne de jouets d’un membre de la famille
Mulliez – en pleine transformation et qui a
annoncé en septembre la fermeture de cinq
de ses vingt-cinq magasins.
Sécuriser les ventes de Noël
« Un rapprochement est prévu entre Jellej
Jouets et Picwic pour réunir sous une même
enseigne les deux réseaux de distribution »,
précise un porte-parole. Jellej Jouets a
obtenu le droit d’utiliser le nom Toys“R”Us
durant un an. Pour la suite, l’incertitude
demeure. « Les royalties sur la marque sont
détenues par une société américaine. Donc le
plus probable est que l’enseigne restante soit
Picwic. » Pour l’heure, 44 points de
vente Toys“R”Us sont conservés sur un total
de 53 et 1.036 emplois sur 1.170 pour au
moins vingt-quatre mois. En outre, le siège et
le réseau logistique de Saint-Fargeau sont
maintenus. La priorité est « de sécuriser le
bon déroulement de la saison de Noël et d’engager la transition vers le nouveau modèle opérationnel », indique-t-on du côté de Jellej
Jouets. La société a prévu d’investir 50 millions pour sécuriser les stocks et 20 millions
pour rénover les magasins, moderniser les
systèmes informatiques et développer le
digital.
« Cyrus a une assise financière qui rassure, a
réagi le directeur général de Toys“R”Us
France, Jean Charreteur, sur le départ. Car si
« les gens de chez Picwic sont des professionnels du jouet », reconnaît-il, le dirigeant avait
néanmoins une préférence pour le projet de
Pierre Mestre, fondateur de la chaîne
Orchestra. Alors que les ventes de jouets sont
cycliques, celui-ci avait notamment « l’avantage d’offrir aux magasins une activité toute
l’année, avec du textile enfant et des articles de
puériculture ». Le tribunal d’Evry en a jugé
autrement.
Il n’a pas non plus choisi l’option d’un rapprochement entre Toys“R”Us et La Grande
Récré pour créer un champion français du
jouet. L’offre de Jean-Michel Grunberg, PDG
de Ludendo, holding de tête du réseau de La
Grande Récré, associé à la Financière Immobilière Bordelaise, a été écartée.
À NOTER
Le cabinet Alix Partners a été
désigné pour assurer le management
de transition avant la nomination
d’un nouveau directeur général.
Macron se veut
ferme avec
les agriculteurs
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Emmanuel Macron devrait remettre les
pendules des filières agricoles à l’heure ce
matin. Sauf impondérable et conformément à sa ligne, le chef de l’Etat devrait
tenir un langage de fermeté vis-à-vis des
acteurs de l’agriculture ce mardi à l’Elysée, un an après le discours de Rungis qui
avait suscité tant d’espoirs dans le monde
paysan. A l’époque, les agriculteurs
avaient surtout retenu la main tendue du
président et la promesse qu’ils auraient
« un revenu décent de leur travail ». Que le
gouvernement les aiderait, à condition
qu’ils s’organisent en structures économiques, avec les entreprises agroalimentaires et les distributeurs.
Pour le chef de l’Etat, c’était du donnant-donnant. Des gages donnés par les
filières dépendait la mise en œuvre de
nouvelles dispositions. Dont deux
ordonnances limitant les promotions et
relevant le seuil de revente à perte. Celles-ci seront publiées d’ici au 28 novembre, avant le début des prochaines négociations commerciales sur les tarifs
alimentaires. Quant à la loi sur l’alimentation, elle attend le retour du Conseil
constitutionnel.
Deux ordonnances
seront publiées
d’ici au 28 novembre,
avant le début des
prochaines négociations
commerciales sur
les tarifs alimentaires.
Aujourd’hui, « l’Etat estime avoir tenu
ses engagements et lancé une dynamique »,
dit-on à l’Elysée. Aux professionnels de se
prendre en main ». Des dizaines et des
dizaines de réunions, réunissant tous les
maillons des filières de la production
agricole à la distribution en passant par
les industriels, ont eu lieu pour tenter de
nouveaux modes d’organisation. Le tout
pour éviter que les marges ne filent
toujours dans les mêmes poches.
Tout le monde s’est alors félicité de
l’initiative du président. Tous ont trouvé
les échanges intéressants. Un an après, le
soufflé est un peu retombé. Les industriels les plus radicaux ont repris leurs
positions, laissant peu, voire pas de
place, à autre chose que la seule loi du
marché. Les distributeurs se sont illustrés au travers d’une campagne publicitaire proposant le lait bio au prix du lait
standard. Et les syndicats agricoles ont
commencé à répercuter des messages
de découragement.
Pas d’économie administrée
L’Elysée ne l’entend pas de cette oreille.
Pour l’Etat, l’image du pot de terre contre
le pot de fer ne peut pas prévaloir. Lorsque
le rapport de force n’est pas tenable pour
les agriculteurs, qu’ils se regroupent et
s’organisent pour commercialiser leur
production en direct. « C’est possible. Des
éleveurs du Massif central ont décidé de le
faire. » Des entreprises (Fromageries Bel)
se sont engagées sur des prix annuels.
En revanche, le président de la République a obtenu l’ouverture du marché
chinois à la viande bovine. « Mais aucun
des trois abattoirs agréés, dont Bigard, n’a
exporté de marchandise, alors que les Chinois attendent », indique la conseillère
agriculture d’Emmanuel Macron.
« L’Etat a fait sa part. Nous ne pouvons pas
nous substituer aux acteurs économiques.
Nous ne sommes pas dans une économie
administrée. » n
16 //
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
à suivre
Loïc Venance/AFP
Traçabilité alimentaire : Carrefour
rejoint la plate-forme IBM Food Trust
DISTRIBUTION Carrefour accélère dans la blockchain. Après
avoir lancé en mars sa propre solution chiffrée pour le suivi de la
qualité de ses produits, le distributeur a annoncé lundi avoir
rejoint la « blockchain alimentaire » d’IBM. Cette technologie
facilite l’enregistrement des événements liés à la chaîne
d’approvisionnement et de distribution. Mais contrairement
aux blockchains publiques, « IBM Food Trust » ne permet pas la
vérification des données entrées par les différents acteurs.
Processus lancé en décembre
« Guillaume est un excellent choix »,
s’est félicité Tom Enders dans un
communiqué. « Il a acquis une
grande expérience aéronautique et
industrielle dans ses différentes fonctions au sein et à l’extérieur d’Airbus.
Avec ses valeurs fortes et son état
d’esprit international, Guillaume
représente la nouvelle génération de
leaders, dont Airbus aura besoin
dans les dix prochaines années. »
« Je suis très honoré d’avoir été
choisi », a réagi Guillaume Faury,
qui promet dans un premier temps
de rester très concentré sur sa tâche
de directeur de la branche aviation
Plus d’informations sur lesechos.fr/Industrie-services
Nucléaire : le Premier ministre belge
accuse Engie d’imprévoyance
ÉNERGIE Le Premier ministre belge, Charles Michel, a accusé
lundi Electrabel, filiale du français Engie, d’avoir « manqué de la
plus élémentaire prévoyance » dans sa gestion du parc nucléaire
belge. « Les hausses de prix liées à l’indisponibilité anormale du
parc nucléaire devront être facturées à Electrabel », a-t-il dit. Quatre des sept réacteurs (Tihange 2 et 3, Doel 3 et 4) ont dû faire
face à des problèmes de dégradation du béton. Entre mi-octobre
et mi-novembre, seul Doel 3 devrait produire de l’électricité.
DR
Nommé lundi à la tête du
groupe Airbus, Guillaume
Faury devra parachever la
modernisation de l’outil
industriel et améliorer
fortement sa rentabilité.
HIPPISME Le dernier Prix de l’Arc
de Triomphe a été favorable au
PMU. Alors qu’il était confronté
depuis deux ans à une baisse des
enjeux en masse commune (activité
domestique pour l’essentiel), ce dernier a enregistré une hausse de 7,4 %
du montant des paris sur la course, à
16,8 millions d’euros. La fréquentation de l’hippodrome rénové de
Longchamp a été moindre que
prévu avec 35.000 spectateurs
dimanche au lieu des 50.000 attendus, a indiqué France Galop, qui se
dit toutefois « largement » dans ses
objectifs en termes de revenus.
Production, digitalisation et rentabilité. Les principaux défis de
Guillaume Faury, le prochain
patron d’Airbus Group, seront finalement très similaires à ceux qu’il
affronte aujourd’hui aux commandes de la division avions commerciaux. Et c’est d’ailleurs une des raisons qui a conduit à sa nomination,
lundi, pour succéder à Thomas
Enders.
Principale activité du groupe, la
division avions commerciaux
représente 76 % du chiffre d’affaires et 84 % des bénéfices. C’est également celle qui est la plus bousculée par la concurrence. Rien
d’étonnant dans ces conditions, à
ce que le conseil d’administration
ait décidé de fusionner la direction
du groupe et le poste actuel de
Guillaume Faury.
1
SUR
RETROUVEZ ETIENNE LEFEBVRE
DANS « LE DUEL ECO » du GRAND SOIR/3
présenté par FRANCIS LETELLIER
chaque mardi dès 22 h 45 en direct sur France 3
civile dans les mois à venir.
En mars dernier, le conseil
d’administration avait annoncé
son intention de désigner le successeur de Tom Enders « à la fin de
l’année, et dans l’objectif de soumettre ce choix à l’assemblée générale
des actionnaires 2019 ». Secoué par
les enquêtes anticorruption qui
pèsent sur les comptes financiers
du groupe, le conseil se devait de
mettre un terme à la crise de gouvernance qui s’en est suivie avec le
départ, en décembre 2017, du
numéro deux du groupe, Fabrice
Brégier, et l’annonce par Tom
Enders, du non-renouvellement de
son mandat.
Pour couper court aux spéculations et aux rumeurs, les administrateurs ont donc confirmé le choix
d’un candidat interne plus tôt que
prévu. Ce qui réjouit le gouvernement, qui commençait à prendre
ombrage des hésitations de Denis
Ranque, d’autant plus que des
rumeurs couraient toujours sur le
choix d’un candidat extérieur, en
l’occurrence le patron de Thales,
Patrice Caine.
Un homme de terrain
En outre, les mauvais résultats
commerciaux d’Airbus face à
Boeing au premier semestre et le
remplacement express du directeur commercial d’Airbus Commercial Aircraft, Eric Schulz,
par Christian Scherer le mois dernier, ont montré la nécessité de
régler au plus vite la succession de
Tom Enders. Passé d’Airbus Helicopters à Airbus Commercial Air-
Nommé en février dernier à la tête de l’avionneur Airbus, Guillaume Faury
craft en février, Guillaume Faury
présente l’avantage de connaître
parfaitement les arcanes d’Airbus.
Il a dirigé les deux principales branches du groupe, sans avoir été mêlé
de près ou de loin aux affaires de
corruption, puisqu’il était parti
chez PSA au moment des faits. Il est
auréolé d’une image de manager
efficace, proche du terrain et hyperopérationnel, le plus à même de
faire face aux problèmes d’organisation industrielle et de montée en
cadence qui perturbent la vie d’Airbus depuis deux ans.
Le groupe n’en aura toutefois pas
fini avec la valse des nominations.
Guillaume Faury aura une occasion unique de nommer l’équipe
qui lui convient, puisqu’un grand
nombre d’« anciens » ont annoncé
leur départ comme les patrons des
programmes ou de la production. Il
devra aussi choisir, avec le conseil
d’administration, un nouveau
directeur financier, en remplacement de Harald Wilhelm, victime,
lui aussi, des affaires de corruption.
Par ailleurs, le président du conseil d’administration d’Airbus,
Denis Ranque, devrait aussi céder
la place en avril 2020 à l’ancien président du directoire de Deutsche
Telekom, l’allemand René Obermann. Le temps espère-t-on de
connaître l’issue de l’enquête anticorruption menée par le parquet
national financier à Paris et le
Serious Fraud Office à Londres.
(
Lire l’éditorial
de David Barroux page 9
Les trois défis du nouveau dirigeant
HABILLEMENT H&M va prendre
Philippe Lopez/AFP
Hausse des
paris sur l’Arc
de Triomphe
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
et Anne Bauer
@annbauerbrux
Le tempo de la succession de Tom
Enders à la tête d’Airbus s’est accéléré. Le conseil d’administration
s’est réuni lundi, afin de confier
les commandes du groupe
à Guillaume Faury, l’actuel directeur général d’Airbus Commercial Aircraft. Sa candidature avait
déjà reçu le feu vert de l’Elysée et de
la chancellerie allemande la
semaine dernière.
Guillaume Faury prendra le
relais de Tom Enders, en poste
depuis 2012, à l’issue de l’assemblée
générale des actionnaires prévue
en avril 2019. D’ici là, il conservera
la direction de l’avionneur Airbus,
qui représente la majeure part de
l’activité du groupe et qui doit faire
face à une accumulation de défis.
AÉRIEN L’aéroport de Nantes-Atlantique, qui doit être réaménagé suite à l’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes, est
depuis vendredi classé en catégorie A, qui caractérise l’accueil des
vols long-courriers. « La Commission nationale du débat public
(CNDP), qui est une autorité indépendante, est obligatoirement saisie quand l’aéroport passe en catégorie A [...], ce qui va obliger l’Etat
à dévoiler son programme », a réagi lundi Martine Le Jeune, maire
de Bouguenais, une commune où de nombreux habitants dénoncent les nuisances sonores causées par l’aéroport.
une participation dans le spécialiste du paiement en ligne Klarna,
une fintech suédoise. Le numéro
deux mondial de l’habillement
versera 18 millions d’euros pour
acquérir moins de 1 % du capital
de la société. H&M utilisera la plate-forme numérique de Klarna
dans ses magasins et en ligne. Ses
processus de retour de commandes et ses livraisons en seront simplifiés. Klarna a déjà conclu des
accords similaires avec le britannique Asos et le suédois Ikea.
Guillaume Faury propulsé
du groupe Airbus
l Le conseil d’administration du
groupe a choisi, lundi, Guillaume Faury,
l’actuel directeur de la branche avions
civils, pour succéder à Tom Enders.
l Le passage de témoin se fera
en avril 2019.
L’aéroport de Nantes est capable
d’accueillir des avions long-courriers
H&M entre
au capital de la
fintech Klarna
AÉRONAUTIQUE
PRODUIRE PLUS
ET MIEUX
Dans les deux cas, le premier défi
consistera à « servir les clients »,
pour reprendre les mots du dirigeant. Ce qui peut sembler banal,
mais, dans le cas d’Airbus, suppose
de réussir à augmenter la production d’avions à un rythme et dans
des proportions sans précédent. De
718 avions en 2017, les livraisons
d’Airbus devraient passer à 808
c e t t e a n n é e , s e l o n l ’o b j e c t i f
annoncé en interne. Une augmentation de 12,5 %, essentiellement
portée par la montée en cadence de
la production d’A320 monocouloirs, passée de 50 à 60 appareils
par mois cette année, mais aussi
par l’A350, dont la production
atteint cette année son rythme de
croisière de 10 exemplaires par
mois. Et ce, malgré les retards
de livraison de moteurs Pratt &
Whitney et CFM, qui ont obligé Airbus à stocker jusqu’à une centaine
d ’A 3 2 0 n e o à To u l o u s e e t à
Hambourg.
Or, cette montée en cadence ne
s’arrêtera pas en 2018. Pour pouvoir
livrer les clients à temps et raccourcir les délais de livraison pour les
nouveaux clients, Airbus prévoit de
produire 63 A320 par mois en 2019
et envisage de monter à 70, voire
75 appareils au cours de la prochaine décennie. De quoi pouvoir
répondre à la demande, tout en
maintenant un carnet de commandes à un niveau élevé et continuer à
faire globalement jeu égal avec
Boeing.
2
AUTOMATISATION
ET NUMÉRISATION
Pour réussir ce pari sur la durée,
sans devoir multiplier les heures
supplémentaires en fin d’année,
Airbus va devoir relever un autre
défi : moderniser son outil de production, qui a été conçu dans les
années 1980 à Toulouse, en injectant des doses massives de robotique et de numérique. Une nouvelle
révolution industrielle en perspective pour l’avionneur Airbus, qui
Les chiffres clefs
63
A320 PAR MOIS
L’objectif de production pour
2019. L’avionneur européen
envisage même de monter
à 70, voire 75 appareils
au cours de la prochaine
décennie.
10 %
LA MARGE BRUTE
VISÉE PAR AIRBUS
C’était déjà l’objectif de Tom
Enders en 2015, mais il n’a
jamais été atteint. En 2017,
la marge brute du groupe
n’a pas dépassé 5,1 %.
était déjà passé de l’artisanat à la
phase industrielle au cours des
années 2000.
Un bond technologique qui vaut
aussi pour Airbus Helicopters,
l’ancienne maison de Guillaume
Faury, et même pour la division
spatiale, aussi bien pour la production en continu des fusées Ariane 6
en partenariat avec Safran que
pour la réalisation de satellites, à
travers OneWeb.
Là encore, l’expérience acquise
par Guillaume Faury chez PSA
ainsi que sa relative jeunesse lui
confèrent le profil pour piloter
cette « révolution digitale » engagée
par Tom Enders et Fabrice Brégier,
mais qui reste largement inachevée. « Nous avons besoin d’importer
des process, des outils et des savoirfaire issus d’autres industries. Vous
savez que j’ai un peu d’expérience
dans la production automobile »,
soulignait-il en juin dernier, dans
une interview aux « Echos ».
REDRESSER
LA RENTABILITÉ
DU GROUPE
3
De la capacité d’Airbus à mener à
bien la modernisation de son outil
industriel et la montée en cadence
de ses différentes branches dépendra enfin l’achèvement d’un troisième défi : celui de la rentabilité.
Comparé à Boeing et aux grands
acteurs de la défense et de l’aéronautique américains, Airbus reste
à la traîne en matière de rentabilité,
avec une marge brute de 5,1 % seulement en 2017. L’objectif de 10 % de
marge en 2015 visé par Tom Enders
au début de son mandat n’a jamais
été atteint.
Il reste néanmoins d’actualité si
Airbus veut rester dans la course de
la révolution aéronautique qui
s’annonce. A ce titre, le projet franco-allemand pour réaliser en commun le système de combat aérien
du futur sera décisif pour l’avenir
technologique du groupe. Pour
l’heure, la branche la plus rentable,
Airbus Defense & Space, culmine à
8,1 % de marge. Airbus avions commerciaux est à 7 %. Mais son rival
américain est à plus de 10 %.
— B. T.
INDUSTRIE & SERVICES // 17
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
Air France propose une hausse
des salaires de 4 % sur deux ans
AÉRIEN
Les discussions entre la
direction et les syndicats
sur les salaires ont été
rouvertes, après quatre
mois de statu quo.
la compagnie, rouvrant l’épineux
sujet des salaires, après quatre mois
de statu quo.
Pour mémoire, après une série de
grèves au premier semestre, le
patron de l’époque, Jean-Marc
Janaillac, avait soumis à consultation une proposition salariale consistant à augmenter de 2 % les
Pour le SNPL, une
« grosse incertitude »
plane sur les + 2 %
de janvier 2019.
« Pas une négociation »
La direction d’Air France n’a pas
souhaité faire de commentaire. « Il
s’agit de discussions avec les partenaires sociaux et non d’une négociation,
plusieurs sujets ont été abordés », a
indiqué aux « Echos » une porte-parole de la compagnie. Lundi 1er octobre, le nouveau patron d’Air FranceKLM, Ben Smith, a rencontré pour
la première fois l’intersyndicale de
La reprise des discussions
sur les salaires est un point
de passage obligé pour rétablir
la paix sociale à Air France.
grilles de salaires dès 2018, puis de
5 % supplémentaires étalés sur trois
ans, et conditionnés aux résultats
économiques de l’entreprise. Désavoué par le personnel, il avait démissionné et les négociations avaient
connu une longue pause en attendant l’arrivée du nouveau directeur
général.
— K. B.
Pascal Pavini/AFP
C’est un point de passage obligé
pour rétablir la paix sociale dans la
compagnie aérienne française. La
direction d’Air France a proposé
une hausse des salaires de 4 %
répartie sur 2018 et 2019, selon une
communication interne du Syndicat national des pilotes de ligne
(SNPL), obtenue lundi par l’AFP.
Une réunion entre les syndicats
d’Air France et la direction avait
eu lieu samedi. Au cours de cette
journée de discussions, la direction
a proposé « 2 % rétroactifs au 1er janvier 2018 et 2 % au 1er janvier 2019,
a ve c u n re n d e z - vo u s e n o c t o bre 2019 pour parler de l’avenir »,
indique le premier syndicat de pilotes d’Air France.
Le SNPL, qui plaidait plutôt pour
6 % d’augmentation, juge que « le
volume pourrait convenir », mais
estime qu’une « grosse incertitude »
plane sur les + 2 % de janvier prochain, qui ne doivent pas être considérés, selon le syndicat, comme une
avance sur l’année 2019. « Si dans
l’esprit de la direction, les 2 % de janvier 2019 couvrent l’inflation de 2019,
cela signifierait qu’il n’y a pratiquement plus rien pour le rattrapage du
blocage de 2012 à 2017. »
Air France
à la tête
prendra la direction de l’ensemble du groupe en 2019.
Un ingénieur technophile
aux commandes
Grâce à la chance et au
travail, Guillaume Faury
connaît une ascension
plus rapide que prévu,
mais bien préparée.
Si la chance fait partie des qualités
indispensables à tout bon dirigeant, Guillaume Faury en est largement pourvu. Il y a moins d’un
an, le nouveau patron d’Airbus
n’était encore que le PDG d’Airbus
Helicopters, la plus petite division
du groupe, représentant moins
de 10 % du chiffre d’affaires
total. Il aura fallu qu’éclatent
l’affaire des commissions occultes
et la guerre des chefs, entre Tom
Enders et Fabrice Brégier, pour
que le jeune dirigeant se
retrouve propulsé sur le devant de
la scène. Avec pour sauf-conduit,
la chance d’être parti chez le constructeur automobile PSA de 2009
à 2013, période pendant laquelle
furent commises les possibles
irrégularités.
Il serait toutefois injuste de
résumer l’ascension de Guillaume
Faury à ce seul concours de circonstances. A cinquante ans, le
nouveau directeur général d’Airbus incarne aussi ce que Tom
Enders appelle « la nouvelle génération de leaders », au même titre
que Dirk Hoke, le patron d’Airbus
Défense (49 ans), ou Bruno Even,
le PDG d’Airbus Helicopters. Mais
le « jeune » a l’avantage d’avoir
quinze ans d’expérience au sein
du groupe, chez Eurocopter, dont
il a gravi tous les échelons.
R&D chez PSA
Ingénieur, diplômé de Polytechnique et passionné d’aéronautique
– l’un de ses regrets est de ne pas
avoir pu conserver sa licence de
pilote privé par manque de temps
pour voler –, il a néanmoins su
enrichir son CV par un séjour de
quatre ans chez PSA, en charge de
la R&D. Une expérience particulièrement prisée dans un groupe
autrefois codétenu par Daimler et
qui a toujours été fasciné par le
savoir-faire industriel de l’automobile.
De ses débuts à la Direction
générale de l’armement (DGA) et
en tant qu’ingénieur d’essai du
programme d’hélicoptère de
combat Tigre, il tire également
une certaine reconnaissance des
milieux français de la défense,
dont il devient d’ailleurs l’interlocuteur désigné au sein du groupe
Airbus, après le départ de
Marwan Lahoud.
Marathonien à la ville comme
au bureau – il a fait du triathlon –,
d’un abord simple et sans ostentation, Guillaume Faury s’est forgé
une réputation de manager proche du terrain et de ses troupes, y
compris en période de crise. Face
à la chute du marché mondial des
hélicoptères civils, il est parvenu à
maintenir, et même à renforcer la
place de numéro un mondial de
l’ex-Eurocopter, tout en engageant en douceur une restructuration industrielle sans précédent.
Feu vert de Merkel
Reste à savoir si ce superdirecteur
d’usine saura endosser le costume
de grand patron-stratège d’Airbus, élevé au rang de quasi-chef
d’Etat par Tom Enders. Ses rares
détracteurs en doutent, soulignant la rapidité de son ascension,
une tendance à faire du micromanagement et son peu d’expérience en première division. Il y a
quelques semaines, l’homme, qui
maîtrise l’allemand, a toutefois
coché toutes les bonnes réponses
lors d’un entretien avec Angela
Merkel.
Il a d’ailleurs déjà des appuis
solides dans la maison Airbus.
Bruno Even, qu’il a appelé pour le
remplacer, est un camarade de
promotion de Polytechnique. De
même que le patron du spatial,
Nicolas Chamussy, passé par la
même promotion de l’X et par les
bancs de la DGA. Tous les trois
font partie d’un cercle d’anciens
camarades de Polytechnique.
Aux commandes d’Airbus Avions commerciaux depuis moins
d’un an, Guillaume Faury n’aura
pas eu le temps d’y faire ses preuves, n’ayant pas eu la main sur la
partie commerciale, directement
placée sous la responsabilité de
Tom Enders. Mais le premier viceprésident du Gifas (Groupement
des industries françaises aéronautiques et spatiales) a montré
au cours des douze derniers mois
qu’il apprenait vite et tranchait
vite.
— A. B. et B. T.
Deux millions de personnes attendent un logement : l’urgence est là.
Processus législatif, décrets…des mots qui ne changent rien à une
situation qui dure depuis trop longtemps. Pour tous, la loi ELAN, même
si elle porte de vraies avancées, apparait comme une promesse abstraite.
Que devons-nous faire ? Baisser les bras ? NON. Chez ALILA nous pensons que la loi
ne peut pas tout, mais nous sommes convaincus qu’elle doit servir de déclic. Face
à une situation dramatique, engageons une nouvelle dynamique. La seule réponse
à la crise c’est de CONSTRUIRE PLUS. Aujourd’hui ALILA appelle à l’engagement
réel de tous les acteurs du secteur. Promoteurs privés, bailleurs, collectivités, Etat,
prenons nos responsabilités, et construisons des logements de qualité pour les
gens, pas pour les investisseurs. Apportons des réponses concrètes à ceux qui ne
peuvent plus attendre.
Pour construire plus. Pour le logement pour tous.
Hervé Legros
Président fondateur d’ALILA
LE LOGEMENT EST UN DROIT
18 // INDUSTRIE & SERVICES
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
Cliniques : RGDS relève son
offre sur le suédois Capio
Corruption : la loi
française jugée
peu crédible
SANTÉ
ENTREPRISE
Ramsay Générale de
Santé a sensiblement
relevé son offre sur
le numéro un suédois
et numéro trois
français des cliniques
privées, de 48,50 à
58 couronnes l’action.
Les grands groupes
du CAC 40 et les ETI
appellent à des
sanctions afin de
crédibiliser le
dispositif juridique
français à l’étranger.
Une clinique Capio à Biarritz. Ramsay Générale de Santé veut constituer un leader européen présent
dans six pays.
montant proposé. De fait, l’opération, si elle devait aboutir, se ferait
sur un multiple d’Ebitda de 11,5, contre un nombre situé entre 9,2 et 9,6
pour la vente en cours de Capio
France au groupe Vivalto Santé.
Bâtir le deuxième groupe
hospitalier en Europe
En relevant leur offre, les dirigeants
de RGDS espèrent ainsi bloquer
cette vente qui doit encore obtenir
la majorité des suffrages des
actionnaires de Capio, convoqués
en assemblée générale extraordinaire (AGE) le 18 octobre. D’ici là, le
conseil d’administration du groupe
suédois devra se positionner sur
l’offre de RGDS, soit en la recommandant, soit en restant neutre,
soit, comme la première fois, en la
rejetant. Il pourra également annuler l’AGE, sachant que l’offre de
RGDS court jusqu’au 25 octobre.
Le titre Ramsay Générale de
Santé cédait 3,7 %, à 18,30 euros, en
cours de séance, ce lundi, à la
Bourse de Paris. Mais outre que son
flottant est très faible, moins de 2 %,
l’action RGDS gagne encore près de
16 % depuis le début de l’année. Surtout, l’actionnaire majoritaire de
RGDS, l’Australien Ramsay Health
Care, et l’autre actionnaire de référence, Predica (à 38,4 %), soutiennent cette opération. L’objectif est
de se renforcer en France et, à
l’international, de devenir, avec les
180 établissements du groupe
Capio, « le deuxième acteur hospitalier en Europe », communiquait
RGDS lors de sa première offre. n
Icade investit dans les maisons de retraite en Italie
Le groupe immobilier public français Icade va
investir 112 millions d’euros dans la construction de maisons de retraite en Italie, première
étape du développement international qu’il
avait évoqué en juillet, a-t-il annoncé lundi. La
filiale de la Caisse des Dépôts « a signé un
protocole d’accord relatif à un investissement
portant sur la construction de sept maisons de
retraite médicalisées [...] dans le nord de l’Italie », est-il précisé dans un communiqué. « Le
montant de l’investissement est de 112 millions
d’euros », a ajouté le groupe, à la fois actif
comme foncière et comme promoteur.
L’accord doit être conclu d’ici à la fin 2018. Il
prévoit de faire émerger les bâtiments entre
fin 2019 et fin 2021. Ceux-ci sont déjà loués
pour 18 ans à l’exploitant italien Gheron. Pour
l’heure présent uniquement en France, Icade,
que la Caisse des Dépôts a dit au printemps
vouloir garder dans son portefeuille, a
annoncé en juillet un plan d’expansion à
l’international. D’ici à 2022, le groupe compte
détenir près d’un tiers de son portefeuille de
bâtiments de santé – l’une de ses trois activités
avec les bureaux et la promotion – en dehors
de la France, dans l’objectif de créer à terme
une entité cotée en Bourse séparément du
reste du groupe.
Le gouvernement italien pourrait
vendre des millions de mètres carrés
IMMOBILIER
L’Observatoire
des comptes publics
estime que l’Etat
pourrait empocher
12 milliards
en revalorisant et
vendant une partie
des immeubles dont
il dispose.
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
830 millions d’euros en 2017. C’est le
montant du loyer payé par l’Etat italien pour les bureaux de son administration centrale, sans prendre en
compte ses pléthoriques ramifications locales. Une gabegie dénon-
Bercy élabore à marche forcée
son dispositif de sécurité économique, alors que les risques
d’amendes pour corruption ou
pour violation d’embargo sur
l’Iran se font plus menaçants.
Or les premières conclusions
des auditions menées depuis
près d’un an auprès de grands
g r o u p e s d u C AC 4 0 e t d u
SBF 120 – une soixantaine à ce
jour – sont pour le moins critiques quant au cadre juridique et
leur propre mise en application.
« En dépit des avancées, la législation française et la loi Sapin sont
jugées peu crédibles à l’étranger,
d’après les entreprises, explique
aux « Echos » Stéphanie
cée par l’Observatoire des comptes
publics à l’heure où le gouvernement Di Maio peine à boucler son
budget. D’autant, souligne l’institution, que 19 millions de mètres carrés sont inutilisés dans les édifices
dont le propriétaire est l’Etat luimême.
En 2009, une loi imposait aux
services publics d’effectuer un
recensement de l’immense patrimoine immobilier à disposition sur
la péninsule. A ce jour, il n’a été
effectué qu’à 69 % et fait ressortir,
aux prix du marché, un véritable
trésor à 283 milliards d’euros, dont
la moitié est détenue par les communes. La valeur totale de ces biens
peut donc raisonnablement être
estimée à plus de 300 milliards
d’euros, hors les demeures historiques et les biens culturels qui ne
sont pas destinés à la vente.
L’Observatoire des comptes
publics considère que l’Etat peut
espérer en retirer environ 12 milliards d’euros. Il préconise, en outre,
l’adoption d’un plan de rationalisation des surfaces mises à disposition des différentes administrations, sur le modèle l’Office of
Government Property britannique.
Institué en 2010, il a permis la vente
d’un quart du patrimoine immobilier public. L’organisme italien évoque ainsi la possibilité de regrouper
des services ou de les délocaliser
hors des centres-villes pour libérer
des immeubles souvent de valeur.
Une fois rénovés, ils seraient vendus sur le marché.
Réduire la dette publique
C’est le rôle de l’Invimit (Investimenti
Immobiliari Italiani). Cette société,
relevant du ministère de l’Economie, a été créée en 2013 pour gérer le
patrimoine immobilier de l’Etat et
réduire la dette publique. Elle coordonne le travail de neuf fonds immobiliers et gère 264 immeubles pour
une superficie de 1,4 million de
mètres carrés et une valeur de
1,4 milliard d’euros. Ce qui permet
aux finances publiques de récolter
chaque année 27 millions de loyers.
Quant au plan de cession des biens
immobiliers prévu par le gouvernement, il devrait rapporter 690 millions d’euros en 2018, 730 millions en
2019 et 670 millions en 2020.
Cela devrait permettre de réduire
l’immense dette publique italienne,
Les chiffres clefs
300
MILLIARDS D’EUROS
L’estimation de la valeur
totale du patrimoine
immoblier de la péninsule.
830
MILLIONS D’EUROS
Le montant du loyer payé par
l’Etat italien pour les bureaux
de son administration
centrale en 2017.
mais aussi de respecter l’objectif de
réduction, d’ici à 2025, de 50 % des
loyers versés par les différentes
administrations. La facture de
830 millions d’euros a baissé de 11 %
depuis 2014 pour l’administration
centrale, mais le véritable enjeu
réside au sein des collectivités locales où subsistent des situations très
disparates. Rome a ainsi vu ses
dépenses pour les loyers s’alourdir
de 20 % ces trois dernières années,
tandis que Turin baissait les siennes
de 26 % et Palerme de 7,5 %. Côté
régions, la vertueuse Lombardie n’a
déboursé que 234.000 euros en
2017 quand la dépensière Sicile a
versé 58 millions malgré ses
17.000 m2 non utilisés. n
« Les Echos »
Les dirigeants de Ramsay Générale
de Santé (RGDS) ont de la suite dans
les idées. Près de trois mois après
avoir présenté une première offre
publique d’achat du numéro un
suédois de l’hospitalisation privée,
et numéro trois français, le groupe
RGDS, filiale de l’australien Ramsay
Health Care et leader en France, a
annoncé ce lundi avoir formulé une
nouvelle offre, bien plus élevée.
Après avoir proposé dans un premier temps, le 13 juillet dernier, aux
actionnaires de Capio de racheter
leurs actions au prix unitaire de
48,50 couronnes suédoises, dans
l’objectif de détenir plus de 90 % du
capital du groupe, RGDS offre
désormais 58 couronnes suédoises
par titre. Soit, précise une source au
fait du dossier, une prime de 46 %
par rapport au cours de Capio le
21 juin. A cette date, le conseil
d’administration du groupe suédois avait dit étudier des changements structurels, en envisageant
notamment la vente de ses filiales
française et allemande, afin de se
recentrer sur la Scandinavie.
A l’annonce de la nouvelle offre
de RGDS, le cours de Capio a bondi
de 50,80 couronnes à 57,10 à l’ouverture, pour se stabiliser en hausse de
11 %, à 56,60 couronnes. Ce qui tendrait à indiquer que les actionnaires
– essentiellement des fonds scandinaves et d’autres fonds entrés au
capital à l’annonce de la première
offre – semblent se satisfaire du
Anne Drif
@ANNDRIF
Clinique Aguiléra
Antoine Boudet
@Aboudet
les processus de « due diligence » sur leurs clients et fournisseurs très lourdes et longues
à conduire. A tel point que « certains groupes du CAC 40 au plus
haut niveau juridique ont révélé
ne pas être au courant du Cloud
Act américain, qui autorise la justice américaine à saisir les données des opérateurs américains,
sans même que ceux-ci aient à
avertir leurs clients », poursuit
cette spécialiste du conseil en
litiges et anticorruption.
Ces grands groupes se disent
favorables à la création d’un
think tank d’échanges entre
l’Etat et le privé à l’anglo saxonne qui leur permettrait
d’aborder ces enjeux réglementaires et de conformité en cercle
fermé. « Les entreprises ne font
pas naturellement la démarche de
solliciter le Sisse, le service à
l’information stratégique et à la
sécurité économique de Bercy »,
relève Stéphanie Lhomme. Dans
le cas des investigations américaines sur Total ou BNP Paribas,
aucune consultation en amont
n’a ainsi eu lieu auprès de l’Etat.
Au total, le ministère des
Finances a dit avoir l’ambition
d’auditionner 200 groupes,
Bercy livre ses premières conclusions en matière de contrôle
conformité et anticorruption après avoir auditionné plus
d’une soixantaine de groupes du CAC 40 et ETI.
Lhomme, qui conduit ces entretiens pour le compte du Sisse, la
cellule de sécurité économique
du ministère des Finances. Un
certain nombre d’entreprises
sont en faveur de sanctions des
autorités françaises, pour faire la
preuve du cadre législatif français face aux autorités américaines. Elles jugent que c’est le seul
argument qui pourrait conduire
les Etats-Unis à accepter de laisser la main aux Français, dans
des enquêtes pour corruption. »
Bref, il faudrait un exemple
selon celles-ci…
Plus alarmant, les entreprises
jugent les réglementations américaines et françaises, ainsi que
Hélène Bourbouloux
Jean-François Blanc
Gaël Couturier
Cécile Dür
Nathalie Leboucher
Sylvain Hustaix
Benjamin Tamboise
Jean-Marc Livolsi
après l’électrochoc créé par la
série d’enquêtes anticorruption
diligentées par la justice américaine, qui a frappé les grands
noms du capitalisme français,
d’Alstom à Airbus en passant
par BNP Paribas.
De son côté, le député
Raphaël Gauvain a été mandaté
par le Premier ministre pour
identifier de nouvelles protections juridiques des entreprises
et de leurs dirigeants face aux
requêtes des autorités judiciaires étrangères. Il prévoit de clore
ses propres auditions d’ici à la
fin novembre. De quoi fournir
une première réponse aux
inquiétudes. n
RECHERCHE DE REPRENEURS
OU D’INVESTISSEURS
GROUPE HESLYOM
SAS HESLYOM (65) – SAS GREENLOC (92)
GROUPE SPÉCIALISÉ DANS LES PROJETS
DE DÉVELOPPEMENT ET MAINTENANCE
DE CENTRALES PHOTOVOLTAÏQUES
CA 2017 : 19,7 M €
Effectif : 70 salariés
La date limite de dépôt des offres de reprise est fixée au :
12 octobre 2018
Les tiers sont invités à remettre leur offre (conforme à l’article L.642-2 du Code de
Commerce) en 6 exemplaires (dont 1 non relié) à l’administrateur judiciaire. L’accès
à une data room électronique sera autorisé après régularisation d’un engagement de
confidentialité, du règlement de dataroom, et d’une présentation succincte du
candidat à la reprise. Référence à rappeler impérativement : 6520
Les candidats intéressés sont invités à se manifester par télécopie ou e-mail auprès de:
SELARL FHB – Me Sylvain HUSTAIX – Administrateurs Judiciaires Associés
3, rue Thomas Edison – 64 000 PAU
Fax : 05 24 84 87 40 / e-mail : lea.demeaux@fhbx.eu
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
Automobile : les plasturgistes
alertent sur un risque de pénurie
40 %
PÉTROCHIMIE
Le polyamide PA 6.6,
qui entre dans la
composition de plastiques résistant aux
hautes températures,
pourrait manquer
l’an prochain.
DE HAUSSE
du prix du PA 6.6 depuis 2017.
Ce polyamide qui possède
des propriétés uniques
de résistance aux hautes
températures est notamment
utilisé dans des pièces sous
le capot, comme les systèmes
d’alimentation d’air.
Faute de réaction
rapide, les plasturgistes ne pourront plus
livrer les constructeurs automobiles.
Anne Feitz
@afeitz
Les plasturgistes fournisseurs de
l’industrie automobile lancent un
cri d’alarme. Voilà plusieurs mois
que l’une de leurs matières premières essentielles est sous tension, et la
situation menace de s’aggraver dangereusement. « Certains de nos
adhérents ont reçu des courriers de
leur fournisseur, les informant qu’ils
ne seraient tout simplement pas livrés
e n 2 01 9 » , e x p l i q u e A r m e l l e
Dumont, déléguée générale du GPA
(Groupement plasturgie automobile), qui regroupe 19 équipement i e r s , d o n t Fa u r e c i a , P l a s t i c
Omnium ou encore Plastivaloire.
« La situation est très préoccupante. Il
n’y a pas encore eu de rupture de production, mais il y a un vrai risque. » Il
s’agit du polyamide PA 6.6, qui pos-
L’usine Solvay Chalampé (Haut-Rhin) est spécialisée dans
la production du polyamide PA 6.6. La production a été affectée
par une grève au printemps dernier. Photo Hamilton/RÉA
sède des propriétés uniques de résistance aux hautes températures.
« Dans l’automobile, le PA 6.6 est utilisé notamment dans des pièces sous
le capot, comme les systèmes d’alimentation d’air ou de filtration »,
indique Luc Messien, président du
GPA. Une pénurie liée à celle de l’un
de ses principaux composants, l’adiponitrile (ou ADN), dont la production est aujourd’hui très insuffisante : elle est presque totalement
concentrée dans quatre usines
appartenant à trois industriels (le
franco-belge Solvay, ainsi que les
Bataille autour
du fusil de précision
de l’armée française
ARMEMENT
Verney-Carron
affronte l’italien
Beretta et l’allemand Heckler
& Koch sur
cet appel d’offres.
Denis Meynard
— Correspondant
à Saint-Etienne
A l’instar de leur fusil d’assaut,
le prochain fusil de précision
des soldats français pourrait
bien lui aussi être fourni par un
groupe étranger. Le seul industriel français à avoir fait acte de
candidature vendredi, à l’issue
de la date limite de dépôt des
offres, auprès de la Direction
générale de l’armement (DGA),
est en effet Verney-Carron. Il
affrontera sur ce marché d’une
soixantaine de millions d’euros
l’italien Beretta, via sa filiale
Humbert CTTS, le belge FN
Herstal et l’allemand Heckler &
Koch.
Pour remplacer le FR-F2, en
dotation depuis 1986, VerneyCarron propose un fusil de précision semi-automatique, efficace jusqu’à 800 mètres, le
VCD-10. Guillaume VerneyCarron, le dirigeant de cette
PME de 13,6 millions de chiffre
d’affaires, estime qu’une première commande pour l’équipement des forces françaises
permettrait à cette PME de
90 personnes « de percer par la
suite plus facilement à l’export
dans le secteur militaire, comme
cela a été le cas avec le Flash-Ball
sur le marché de la sécurité ».
Pour répondre à cet appel
d’offres qui exige un chiffre
d’affaires minimum de 50 mil-
lions d’euros, Verney-Carron
s’est associé à deux sous-traitants européens : le fabricant
scandinave de munitions
Nammo et une ex-filiale d’électronique de défense d’Airbus
basée en Allemagne. Détenue
par KKR depuis 2017 et rebaptisée Hensoldt, elle fournirait la
partie optique des fusils, qui
représente environ 40 % de la
valeur de ce marché.
Pour le patron de l’entreprise
stéphanoise, longtemps cantonnée à l’arme de chasse, les
exigences de la DGA « mettent
des bâtons dans les roues à
l’émergence d’une filière nationale française de l’arme de petit
calibre ». « On est passé d’une
situation où l’Etat français avait
le monopole de ce type de production à celle où il achète sur étagère
à l’étranger. Sans laisser à notre
industrie la possibilité de se positionner, en dépit de son discours
sur la volonté de faciliter l’accès
des PME aux marchés publics »,
déclare-t-il.
américains Invista et Ascend), qui
ont subi à la fois un déficit d’investissement depuis la crise de 2008 et des
incidents récents.
Produits de substitution
L’usine d’Ascend en Floride, par
exemple, a été victime d’un incendie en juillet dernier. Les grèves en
France, ce printemps, ont aussi
affecté la production de l’usine de
Solvay à Chalampé (Haut-Rhin).
Les trois chimistes ont annoncé des
investissements pour faire face à la
demande croissante, mais l’effet sur
Pierre Fabre parmi les candidats
au rachat d’Upsa
PHARMACIE Le fabricant allemand de génériques Stada, le
laboratoire français Pierre Fabre et des fonds de capital-investissement seraient en concurrence pour racheter Upsa, la division de médicaments sans ordonnance de Bristol-Myers Squibb
en France, selon Reuters. Upsa, connue pour ses antalgiques
Dafalgan et Efferalgan, a été mise en vente au cours de l’été et les
candidats avaient jusqu’au 5 octobre pour soumettre leur offre.
Upsa (100 millions d’euros de bénéfice brut pour 425 millions de
chiffre d’affaires) pourrait être valorisé environ un milliard
d’euros (environ 1,15 milliard de dollars). Cette vente intervient
en pleine consolidation du secteur de la santé grand public,
marquant la volonté des nombreux groupes pharmaceutiques
de se concentrer sur les médicaments de prescription.
Edenred diffusera 60.000 cartes
Ticket Restaurant via le Crédit Mutuel
SERVICES Le Crédit Mutuel et sa filiale CIC se sont associés au
groupe de services prépayés Edenred pour commercialiser sa
carte Ticket Restaurant dans un réseau représentant 5.000 nouveaux points de vente. Edenred va ainsi ajouter 60.000 cartes
aux 600.000 déjà adoptées par les salariés, et acceptées par
200.000 restaurateurs et commerçants. Le leader mondial de
ces solutions transactionnelles a réalisé un volume d’affaires de
plus de 26 milliards d’euros en 2017, dont 78 % sous format
numérique. La société emploie plus de 8.000 salariés dans
45 pays et compte 770.000 entreprises et collectivités clientes.
General Electric cède des actifs de GE
Capital au fonds Apollo
ÉNERGIE General Electric a annoncé lundi un projet de cession
d’un portefeuille d’investissements dans l’énergie d’un montant
de 1 milliard de dollars au fonds Apollo Global Management. Le
conglomérat américain cherche à se débarrasser des actifs de sa
division financière pour se recentrer sur ses activités industrielles. Les modalités financières de l’opération, qui devrait être
finalisée au quatrième trimestre 2018, n’ont pas été précisées. Ce
portefeuille comprend une vingtaine d’investissements dans
des entreprises principalement basées aux Etats-Unis et tournées vers les énergies renouvelables et la production d’électricité au gaz naturel.
AVIS FINANCIERS
Deutsche Invest II
BNP PARIBAS A FUND
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen,
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés
du Luxembourg n° B 145.536
AVIS AUX ACTIONNAIRES
Luxembourg, le 9 octobre 2018
Chers Actionnaires,
Nous vous adressons la présente afin de vous informer des modifications suivantes qui seront reflétées
dans la prochaine version du prospectus datée de novembre 2018 et qui seront effectives à compter du
12 novembre 2018.
MODIFICATIONS APPLICABLES AUX COMPARTIMENTS (LIVRE II)
« European Multi-Asset Income » – Gestion d'actifs
Veuillez noter que les Actions de marchés émergents européens sont ajoutées aux actifs ciblés du compartiment.
La principale politique d’investissement est ainsi mise à jour comme suit :
Le compartiment investit dans différentes classes d’actifs, y compris des actions européennes (y compris
les actions de sociétés émergentes, à haut rendement et à petite capitalisation), des titres immobiliers
européens, des obligations d’entreprises européennes, des obligations européennes à haut rendement, des
emprunts d’État européens, des obligations convertibles européennes et des instruments du marché
monétaire, pour autant qu’ils répondent aux exigences de l’Annexe 1 du Livre I du Prospectus. Le
compartiment vise à investir directement dans ces différentes classes d’actifs, mais peut également investir
indirectement dans celles-ci, par le biais d’autres OPCVM et/ou OPC, à concurrence de 10 % de sa valeur
nette d’inventaire.
Ce nouveau portefeuille d’actifs sera géré par Alfred Berg Kapitalförvaltning AB et le processus de gestion des
actifs du compartiment sera mis à jour comme suit :
Entités de gestion
BNP PARIBAS ASSET
MANAGEMENT UK
Sous-déléguant à
BNP PARIBAS ASSET
MANAGEMENT NL
Sous-déléguant à
BNP PARIBAS ASSET
MANAGEMENT France
Sous-déléguant à
Alfred Berg Kapitalförvaltning AB
Organisation actuelle
Nouvelle organisation
Allocation
d’actifs, Actions Allocation d’actifs et gestion des
européennes, couverture des actifs non délégués
catégories d'actions
Titres immobiliers européens,
Titres immobiliers européens,
Obligations européennes,
Obligations européennes,
société d’investissement à capital variable
2, Boulevard Konrad Adenauer, L-1115 Luxembourg
R.C.S. Luxembourg B 169.544
Les actionnaires de Deutsche Invest II (la « Société ») sont invités par la présente à
l’Assemblée Générale Extraordinaire (l’« Assemblée »)
qui se tiendra le 24 octobre 2018 à 12 h 00 (heure de Paris) au siège de la Société avec l’ordre
du jour suivant :
Ordre du jour :
1. Changement de dénomination de la Société « Deutsche Invest II » qui devient « DWS
Invest II », avec effet au 1er janvier 2019 et, en conséquence de quoi, modification de la
référence à la Société dans l’article 1.1 des statuts de la Société (les « Statuts »).
2. Suppression de références à des articles spécifiques de la loi du 10 août 1915 concernant
les sociétés commerciales dans la version en vigueur.
3. Questions diverses.
Les actionnaires soumettant des certificats représentatifs d'actions d'un établissement de crédit
au plus tard le 19 octobre 2018, indiquant que les actions sont détenues et bloquées jusqu'à
la fin de l'Assemblée, sont autorisés à participer et à exercer leur droit de vote à l'Assemblée.
Les actionnaires peuvent se faire représenter par un mandataire, autorisé par écrit à cette fin.
Les points à l’ordre du jour de l’Assemblée exigent un quorum de 50 % des actions émises,
ainsi qu'une majorité des deux tiers des actions présentes ou représentées. Si le quorum
susmentionné n’est pas atteint lors de l’Assemblée, une deuxième Assemblée Générale
Extraordinaire sera convoquée à la même adresse, conformément à la loi luxembourgeoise
afin de voter sur les points indiqués à l’ordre du jour. Aucun quorum n’est appliqué pour
cette deuxième Assemblée Générale Extraordinaire et les résolutions sont prises à la majorité
des deux tiers des actions présentes ou représentées.
Les actionnaires peuvent demander à consulter les statuts provisoires mis à jour auprès du
siège social de la Société.
Luxembourg, 09 octobre 2018
Le Conseil d'administration
PARVEST
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés
du Luxembourg n° B 33.363
Actions à haut rendement Titres convertibles européens,
européennes, Titres de sociétés de Actions à haut rendement
petites capitalisations européennes, européennes, Titres de sociétés de
petites capitalisations européennes,
Un rival dangereux
Pour ce marché de 2.600 exemplaires (livrable sur quatre ans)
d’une arme destinée aux trois
armées, l’allemand Heckler &
Koch sera un rival dangereux. Il
a remporté en 2016 le contrat
du successeur du Famas avec
son HK-416 F. Ayant déjà vendu
de gré à gré depuis une dizaine
d’années un millier de fusils de
précision HK-417 aux forces
spéciales françaises ou à des
unités engagées en opérations
extérieures, il fait figure de
favori. Le français Thales, dont
la candidature n’avait pas été
retenue par la DGA pour le
remplacement du Famas, a
i n d i q u é q u’ i l n’a v a i t p a s
répondu à cette nouvelle consultation. n
la production ne sera pas visible
avant 2021.
« Le prix du PA 6.6 a déjà grimpé
de 40 % depuis 2017, relève Luc Messien. Et nous n’avons aucune visibilité sur les plans de nos fournisseurs
pour les mois à venir ou pour l’an
prochain. » Le PA 6.6 est lui-même
produit par quelques grands group e s , c o m m e B A S F, L a n x e s s ,
DowDuPont, ainsi que Solvay et
Invista.
Les plasturgistes français se tournent aujourd’hui vers leurs clients
constructeurs automobiles, espérant qu’ils pourront, d’une part,
répercuter les hausses de prix
subies et, d’autre part, accélérer les
procédures d’homologation pour
des produits de substitution – à supposer que les composants envisagés soient compatibles avec les
outillages déjà utilisés. Faute de
quoi, il y a un vrai risque de rupture
de production dans les usines automobiles, insiste le GPA. n
en bref
AVIS AUX ACTIONNAIRES
Actions de marchés émergents
européens
« EQUITY WORLD EMERGING SMALL CAP »
« European Multi-Asset Income » – TRS
Veuillez noter que la politique d’investissement du présent compartiment utilisant le TRS est mise à jour avec
une note de bas de page spécifique détaillant la stratégie sous-jacente et la composition de l’indice.
Catégorie
Code ISIN
Classic-CAP
LU1104113243
Ceci ne constitue pas un changement, mais une clarification concernant l’utilisation du TRS.
Classic-DIS
LU1104113326
N-CAP
LU1104113599
INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES
D’autres modifications d’ordre rédactionnel ont été apportées afin d’actualiser et d’améliorer la formulation
générale du Prospectus ou pour être conformes aux nouvelles lois et réglementations.
Les termes et expressions non définis dans le présent avis ont la même signification que dans le Prospectus de
la Société.
Il est recommandé aux actionnaires qui détiennent leurs actions par le biais d’une chambre de compensation
de se renseigner sur les dispositions spécifiques s’appliquant aux souscriptions, rachats et conversions
effectués via ce type d’intermédiaire.
Veuillez noter qu’à l’avenir, à l’exception des publications dans les journaux imposées par la Loi,
le média officiel permettant d’obtenir tout avis adressé aux actionnaires sera notre site Internet
www.bnpparibas-am.com.
VOS OPTIONS
1. Si vous acceptez ces modifications, vous n’êtes pas tenu de réagir au présent avis.
2. Les actionnaires n’approuvant pas ces modifications, peuvent demander le rachat sans frais de leurs
actions jusqu’au 9 novembre 2018.
3. Si vous avez des questions, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 /
AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
Bien à vous,
Le Conseil d’administration
LIQUIDATION À COMPTER DU 8 NOVEMBRE 2018 (DATE DE TRANSACTION)
Luxembourg, le 9 octobre 2018
Chers Actionnaires,
Les actifs de ce compartiment lancés le 20 mai 2015 n’ont pas atteint un niveau permettant de les gérer
efficacement dans l’intérêt des actionnaires.
Le Conseil d’administration décide en conséquence, conformément aux dispositions de l’Article 32 des Statuts
de la Société, de liquider ce compartiment le jeudi 8 novembre 2018 (date de la VNI).
Les souscriptions et les conversions dans le compartiment sont clôturées avec effet immédiat.
La valeur de la liquidation sera calculée et validée par le Réviseur d’entreprises le vendredi 9 novembre 2018.
Les Actionnaires seront remboursés le mardi 13 novembre 2018.
Les frais de liquidation seront supportés par BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg, la Société de
gestion de PARVEST.
Les Conseils d’administration
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
L’Opéra de Paris prépare
l’avenir avec son Académie
CULTURE
marketing
Brach, signe du nouvel
air du temps hôtelier
Créée en 2015,
elle accueille jeunes
chanteurs, musiciens,
metteurs en scène,
artisans d’art pour
assurer la relève.
Financée aux deux
tiers par des fonds
privés, l’Académie
essaime en France
et à l’étranger.
Le nouveau cinq-étoiles
parisien ouvert par
le groupe Evok Hôtels
Collection dispose d’un vaste
club de sport et d’une
pâtisserie, chargés de
séduire aussi les Parisiens.
Martine Robert
@martiRD
Clotilde Briard
@ClotildeBriard
Développer la transmission pour
assurer la relève préoccupe tous les
directeurs de maisons lyriques.
Arrivé aux manettes de l’Opéra de
Paris à l’été 2014, Stéphane Lissner a
créé dès septembre 2015 l’Académie, qui accueille les chanteurs, instrumentistes, metteurs en scène et
artisans d’art (costumiers, perruquiers, menuisiers…) de demain,
sur le modèle de ce qu’il avait fait à la
Scala de Milan. Alors que l’Opéra de
Paris fêtera l’an prochain ses trois
cent cinquante ans, cette pépinière
étend cette année son rayonnement
en France et à l’étranger, avec ses
propres productions.
Ainsi « La Chauve-Souris » sera
donnée en mars prochain à la
MC93 de Bobigny, puis présentée à
Grenoble, Amiens, Besançon, Compiègne. L’Académie sera également
en résidence à Evian et donnera des
concerts au Centre Pompidou
Metz… « Car dans certaines villes
moyennes, la musique est en difficulté par manque de moyens, d’équipements ou de volonté politique »,
souligne Stéphane Lissner. Pour
conforter sa notoriété, l’Académie
partira même en concert au Bolchoï. Ses futurs artisans costumiers
feront, eux, un échange avec une
grande école de couture en Inde.
Aujourd’hui plus que jamais, le
rêve de tout hôtel est d’attirer
autant les habitants de sa ville
que les voyageurs. Brach, que le
groupe Evok Hôtels Collection
ouvre cette semaine dans le
16e arrondissement parisien, a
mis toutes les chances de son
côté pour y parvenir. Au-delà de
la signature des lieux par Philippe Starck, gage de curiosité,
l’établissement, installé dans un
ancien centre de tri postal des
années 1970 revisité, a pour particularité de s’être doté d’un club
de sport de taille. « Il représente
un véritable centre névralgique,
pour les clients ayant une chambre comme pour le public extérieur », relève Emmanuel Sauvage, directeur général d’Evok
Hôtels Collection. De quoi se
démarquer dans le paysage. Sur
1.000 m2, dans une ambiance
inspirée des années 1930, il
attend 1.000 membres qui verseront chacun une cotisation
annuelle de 2.220 euros. De la
boxe anglaise à l’aqua pilates
dans la piscine de 22 mètres, il y
en a pour tous les goûts, disciplines à la mode comprises. Ostéopathe et sophrologue y consultent également.
Les spectacles de l’Académie font le plein à 93 %. Photo Julien Benhamou/Opéra National de Paris
Il s’agit « de réfléchir
à la façon de
travailler à l’avenir
en décloisonnant les
différents métiers
de l’opéra, de former
les professionnels
mais aussi le public
de demain. »
STÉPHANE LISSNER
Directeur général
de l’Opéra de Paris
Chaque année, une quarantaine
de talents émergents rejoignent
l’institution en contrat de professionnalisation. Pour le patron de
l’Opéra de Paris, il s’agit « de réfléchir à la façon de travailler à l’avenir
en décloisonnant les différents
métiers de l’opéra, de former les professionnels mais aussi le public de
demain ». Les artistes de l’Académie
vont en effet à la rencontre des spectateurs avec des formats différents
et des prix plus accessibles. « A
l’horizon de 2022-2023, l’Académie
pourra encore davantage se déployer,
avec l’ouverture attendue, au sein de
Bastille, de la nouvelle salle modulable de 800-850 places qui autorisera
des spectacles autrement qu’en frontal. Les travaux ont été chiffrés à
56 millions d’euros. Le choix du maître d’œuvre du projet devrait être
connu ces jours-ci puis viendra la
phase d’appels d’offres », confie Stéphane Lissner.
Partenariats
D’ores et déjà les spectacles de l’Académie sont une réussite avec un
taux de remplissage de 93 %. Ses
talents en herbe participent notamment à la mission d’éducation artistique de l’Opéra de Paris, lequel
accueille environ 20.000 jeunes par
an pour des ateliers, des visites, des
représentations, des répétitions,
des classes violon ou danse. L’opération phare, « Dix mois d’école et
d’opéra », montée avec les rectorats
de Paris, Versailles et Créteil, reçoit
un millier d’enfants pour une
immersion au long cours.
Enfin l’Académie est impliquée
dans des partenariats avec la Fédération française de football, les
hôpitaux de jour accueillant des
enfants, des associations franciliennes accompagnant des adolescents
après les cours, des centres de formation d’apprentis d’Ile-de-France,
des universités et des foyers de jeunes travailleurs.
Stéphane Lissner a dû aller chercher des financements privés pour
monter cette Académie : sur un
budget de 3,4 millions d’euros,
2,5 millions ont été apportés par du
mécénat, notamment des fondations Bettencourt Schueller, Total,
SNCF, Engie ainsi que de Natixis. n
Décontraction de mise
La guerre du café bat son plein en Italie
Andrea Illy. Nous nous sommes battus pour faire un contrat de licence
avec JAB. Tous veulent nous racheter
mais nous refusons. Nous avons un
modèle d’entreprise conçu pour être
autonome. Tous nos investissements
sont de long terme et ne visent pas à
maximiser le retour pour l’actionnaire. JAB a compris cette logique. »
Andrea Illy en a profité pour
rappeler qu’il n’entendait pas se
laisser influencer par la consolidation accélérée que connaît le marché. Aucune acquisition ou cotation en Bourse (à la différence du
sous-holding regroupant les activités non liées au café) n’est prévue
prochainement. Avec une croissance de près de 6 % l’an dernier, le
groupe entend rester un leader de
qualité, à la pointe dans le développement durable.
BOISSON
L’italien Illy s’allie
à JAB pour contrer
Nestlé et Lavazza.
Le jeu des alliances se met en place
sur le marché du café. Après le partenariat entre Starbucks et Nestlé au
printemps et le rachat des activités
de distribution de café de Mars par
Lavazza en septembre, c’est au tour
de l’italien Illy Caffe de se chercher
un allié de poids. Si des rumeurs de
rachat par JAB ou Nestlé avaient circulé ces derniers mois, c’est finalement un vaste accord de licence, qui
a été annoncé lundi. JAB, le propriétaire de Jacobs Douwe Egberts, va
produire et distribuer des dosettes
en aluminium, qui seront vendues
sous la marque de l’entreprise familiale, fondée à Trieste il y a soixantequinze ans. Une façon pour le
groupe familial de se renforcer sur
un segment en croissance de 20 à
30 % par an, selon Euromonitor.
Rester indépendant
C’est dans la péninsule Italique que
les ventes commenceront, au premier semestre 2019, pour continuer
dans les pays où Illy est déjà présent
comme la France, l’Allemagne et
l’Espagne, avant un développement
hors d’Europe. Le cafetier est déjà
actif dans 140 pays, où la maison
a réalisé 467 millions d’euros de
chiffre d’affaires en 2017.
Daniel Zuchnik/Getty Images for NYCWFF/AFP
Olivier Tosseri
— Correspondant à Rome
Consommation domestique
Le propriétaire de Jacobs Douwe Egberts va produire et distribuer
des dosettes en aluminium qui seront vendues sous la marque Illy.
Face aux colosses Starbucks ou
JAB, Illy est un acteur de niche, qui
entend rester indépendant, avec la
famille solidement installée à la tête
de l’entreprise. « Cet accord démontre qu’au lieu d’être avalés par les “big
players” il est possible de s’entendre
avec eux », a déclaré son administrateur délégué, Massimiliano
Pogliani, un ancien de Nespresso.
« La famille veut rester indépendante, a renchéri son président,
Avec une croissance
de près de 6 % l’an
dernier, le groupe
entend rester un
leader de qualité,
à la pointe dans
le développement
durable.
« Illy est historiquement fort sur le
circuit des bars, hôtels et des restaurants », rappelle Luca Pirolo, professeur auprès du département
entreprise et management de l’université LUISS Guido Carli. « Avec
cet accord, il vise une expansion sur
le marché de la consommation
domestique. Ce partenariat exprime
la nécessité de mettre en œuvre des
politiques commerciales qui puissent
lui permettre de résister à la forte
concurrence sur le marché. »
De fait, la notoriété de la marque
n’est pas suffisante pour garantir
une plus forte croissance. Avec JAB,
Illy s’adjoint des compétences aussi
bien du point de vue de la production que des rapports avec la distribution. n
Autre élément qui devrait inciter les habitants du quartier à
pousser la porte : une boutique,
insérée à l’entrée du restaurant,
propose les gâteaux du pâtissier
Yann Brys. Quant au vaste pota-
Guillaume de Laubier
STYLE DE VIE
Un vaste potager sur le toit,
accessible aux clients
des suites, accueillera
des événements privés.
ger sur le toit avec vue sur la tour
Eiffel, il se veut bien dans l’air du
temps. Il est accessible aux
clients des suites mais
accueillera aussi des événements privés. Signe de cette
cohabitation voulue entre différents publics, la réception a été
installée au premier étage.
Le groupe Evok Hôtels Collection est en train de construire un
pôle d’établissements aux personnalités marquées et adaptés
aux quartiers dans lesquels ils se
trouvent. « La clientèle des cinqétoiles attend qu’on lui propose
un style de vie. Elle aime retrouver
un univers qui lui parle », estime
Emmanuel Sauvage. Près de
l ’O p é r a d e p u i s d e u x a n s ,
le Nolinski représente le luxe
classique. Au Brach, où la
décontraction est de mise, le personnel est habillé de vêtements
signés Le coq sportif et porte des
baskets. Les prochaines ouvertures, prévues pour 2019, tablent
pour l’un, le Sinner, dans le
Marais, sur le luxe décalé, et
pour l’autre, La Cour des Vosges,
sur la place du même nom, sur
l’exclusivité. En attendant une
installation à Venise en 2021. n
L’alimentaire en plein
bouillonnement
TENDANCE
Les jeunes entreprises
intégrant la nouvelle
promotion de Smart Food
Paris illustrent notre manière
de nous nourrir demain.
Les jeunes pousses redessinent
progressivement le paysage de
l’alimentaire. Et les lieux les
soutenant aident à cartographier ce que sera notre manière
de nous nourrir demain. A l’instar de Smart Food Paris, la plate-forme d’incubation et
d’innovation spécialisée dans
ce do mai ne de Pa ri s &C o ,
l’agence de développement économique et d’innovation de la
capitale. Elle a inauguré lundi
8 octobre dans le 20e arrondissement son Smart Food Lab
disposant notamment du plus
grand équipement de cuisine
professionnelle mutualisé de
France.
Les 15 start-up intégrant la
troisième promotion sont
emblématiques des tendances
en train de s’installer. Les fermes urbaines ont le vent en
poupe. Deux entreprises sont
dans cette mouvance. Cueillette
Urbaine mise sur le potager
participatif d’entreprise ou la
mise en place de fermes pouvant être associées à un restaurant ou un supermarché. Et Le
Paysan urbain, qui veut développer des fermes économiquement viables mais aussi socialement responsables.
De la ferme urbaine
aux boissons
Autre piste : les boissons nouvelle génération en plein boom.
Jubiles s’est installé sur le créneau déjà très actif des jus bio,
mais aussi sur celui du kombucha, boisson pétillante née en
Chine. Tandis que Gallimaté
mise sur une gamme à base de
maté. Et que Supernature revisite le bouillon.
Aveine s’est installé, lui, sur
un créneau bien à part autour
des produits et services améliorant la dégustation de vin. Son
premier produit est un aérateur
innovant. Parmi les autres
entreprises sélectionnées figurent aussi bien L’Atelier du miel
que des solutions comme
WeBar, application pour passer
commande et payer sur son
smartphone. Les start-up
autour de l’alimentaire font en
effet le grand écart entre nature
et technologie.— Cl. B.
// 21
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
HIGH-TECH
&MEDIAS
Facebook a triplé le montant
de ses impôts au Royaume-Uni,
où il a payé 15,8 millions
de livres en 2017 (18 millions
d’euros), d’après une déclaration
aux autorités fiscales.
Souvent pointé du doigt pour
la faiblesse du montant
de ses impôts, il n’a pas précisé
la raison de cette hausse.
MTN espère réduire
sa peine au Nigeria
DR
DR
en
pixels
Facebook triple
ses impôts
au Royaume-Uni
Le gouverneur de la Banque
centrale nigériane a indiqué
avoir reçu des documents
de la part de l’opérateur sudafricain et de ses banquiers.
Ces informations devraient faire
baisser, selon lui, la somme
de 8,1 milliards de dollars
que les autorités estiment
avoir été sortie illégalement
du pays et réclament au groupe.
45
MILLIARDS DE DOLLARS
POUR SOFTBANK
Le fonds souverain d’Arabie
saoudite réinvestit dans
le fonds Vision du géant
japonais des télécoms. En
comptant un investissement
précédent, la participation
de Riyad s’élève désormais
à 90 milliards de dollars.
La facture
énergétique
de la tech
flambe
l La tech produit plus de gaz à effet
de serre que le transport aérien civil.
l La consommation énergétique du
numérique progresse de 9 % par an ; un
rapport préconise de la limiter à 1,5 %.
NUMÉRIQUE
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
La planète brûle et nous regardons
nos smartphones. C’est en quelque
sorte le constat désolé d’un panel de
scientifiques du CNRS, de l’Inria, etc.
réunis au sein du think tank The
Shift Project. Dans leur rapport
intitulé « Pour une sobriété numérique », ils mesurent la consommation énergétique de nos ordinateurs, smartphones, box Internet…
et des infrastructures qui leur permettent de fonctionner (réseaux
fixes et mobiles, data centers). Et le
tableau est alarmant. Alors que la
consommation mondiale d’énergie
progresse de 1,5 % par an, celle du
numérique suit une tout autre trajectoire : + 9 % ces dernières années.
En suivant cette pente, la facture
énergétique pourrait quasiment
doubler à l’horizon 2025.
La première raison de cette
explosion est la multiplication des
terminaux. Le parc de smartphones
a plus que doublé ces cinq dernières
années pour dépasser les 4 milliards
d’unités. Dans les pays en développement, la population s’équipe.
Dans les économies avancées, les
gens changent de téléphone tous les
deux ans, voire moins. Et de nouveaux périphériques arrivent constamment sur le marché : montres
connectées, enceintes intelligentes… Selon une étude GSMA de 2015,
un foyer de quatre personnes dans
un pays développé disposera
de 50 gadgets connectés (caméras,
alarmes, thermostats, ampoules…)
en moyenne dans cinq ans.
Augmentation du volume
d’informations
Les consommateurs, même l’œil
rivé sur leur facture d’électricité, ne
voient pas l’étendue des dégâts.
A chaque utilisation d’un gadget
connecté, c’est du trafic pour le
réseau et des opérations dans les
data centers. De quoi multiplier la
facture énergétique par presque
trois. Certes, les géants du secteur
rivalisent d’inventivité pour faire
baisser la consommation de leurs
fermes de serveurs. Microsoft en a
même immergé un dans les eaux
écossaises pour optimiser le refroidissement des armoires informatiques. Mais cela ne suffit pas à compenser l’augmentation du volume
d’informations à traiter : + 35 % par
an. Et même une fois ces coûts du
transport et du traitement de l’infor-
mation intégrés, cela ne représente
toujours que la moitié de l’impact
final. Car 45 % de l’empreinte énergétique du numérique est liée à la
phase de production. « La “dématérialisation” est une expression délétère, fustige Jean-Marc Jancovici, le
président de The Shift Project. Les
utilisateurs d’ordinateurs oublient
qu’il a fallu les fabriquer. Et lorsque
l’on téléphone, personne ne pense
qu’il a fallu auparavant envoyer une
fusée Ariane dans l’espace et poser
des câbles au fond des océans. »
Empreinte carbone
démultipliée
La folle croissance des usages
numériques joue un rôle de plus en
plus fort dans le dérèglement climatique, selon les scientifiques. Toujours plus de données, sur toujours
plus de terminaux, toujours plus
gourmands. L’empreinte carbone
d’un iPhone X est ainsi plus de
trois fois celle d’un iPhone 4.
Et alors que le secteur ne représentait que 2,5 % des émissions
de gaz à effet de serre mondiales
il y a cinq ans, il pèse désormais
3,7 % – davantage que le transport
aérien civil. Et menace d’approcher
les 8 % en 2025 – l’équivalent des
émissions actuelles des véhicules
légers (auto, moto…).
Selon une étude
de 2015, un foyer
de quatre personnes
dans un pays développé
disposera de 50 gadgets
connectés en moyenne
dans cinq ans.
Pour éviter une fuite en avant,
les auteurs du rapport invitent à
la modération. Leur trajectoire
« sobre » limite à 1,5 % par an la
hausse de la consommation du secteur. « Il ne s’agit en aucun cas de
museler la transition numérique »,
plaident-ils. Dans leur scénario, la
croissance du trafic reste très élevée
(+17 % dans les data centers, +25 %
sur les réseaux mobiles) et les achats
de terminaux soutenus (1,5 milliard
de smartphones vendus en 2025,
soit le niveau de 2017).
« Cela reste une sobriété relative »,
souligne Jean-Marc Jancovici, qui
ne peut s’empêcher d’aller un cran
plus loin. « Compte tenu du prix à
payer sur l’environnement, doit-on
encourager l’explosion du trafic ?
A-t-on vraiment besoin de la 5G ? La
question est légitime. » n
Les data centers représentent un cinquième de la consommation. Photo Jason Alden/Bloomberg
Fairphone veut sortir
de la confidentialité
Le fabricant néerlandais
du premier smartphone
équitable compte multiplier
ses ventes par dix d’ici à 2021.
Cinq ans après la naissance de Fairphone, dans la tête d’une poignée
d’idéalistes motivés, le premier
smartphone équitable s’est fait un
nom. Le Petit Poucet néerlandais a
écoulé 50.000 exemplaires du Fairphone 1 – un premier modèle dont il
avait financé le développement sur
Kickstarter mais dont il ne maîtrisait pas le design – et 100.000 exemplaires du Fairphone 2, sorti fin 2015.
Cette année, il vise entre 20.000 et
30.000 ventes. Mais il compte accélérer très fortement. « En 2021, nous
voulons atteindre 285.000 ventes
annuelles », assure Luke James, le
responsable des ventes de Fairphone, récemment de passage à
Paris dans le cadre du sommet
ChangeNow organisé à Station F.
Durable et équitable
L’argumentaire n’a pas changé. Fairphone n’est pas le plus fin ou le plus
rapide des terminaux sur le marché,
ni le moins cher. Mais c’est le seul à
faire le pari de la durabilité. Le
smartphone est conçu pour être
renouvelé le plus tard possible. Il est
garanti deux ans et la société assure
être en capacité d’offrir des pièces
détachées pendant trois à cinq ans
après la date d’achat. « Et nous sommes les premiers à avoir offert une
mise à jour matérielle, se félicite
Luke James. Les possesseurs d’un
Fairphone 2 ont pu changer les appa-
reils photo avant et arrière et passer
de 8 et 2 mégapixels à 12 et 5. »
Les équipes de Fairphone mènent
également un travail de fourmi pour
sourcer les matériaux et privilégier
les mines respectueuses de l’environnement et des travailleurs. « Dès
le Fairphone 1, nous étions les premiers à garantir la provenance de
l’aluminium et du tantale. Depuis,
nous sommes également les premiers
à utiliser de l’or certifié commerce
équitable. Idem pour le tungstène. Et
le travail continue. Nous faisons des
recherches sur 40 matériaux, en
essayant d’avoir le plus d’impact possible », explique Luke James.
Malgré ces efforts louables, les
volumes restent trop confidentiels
pour peser sur l’industrie. Fairphone l’a appris à ses dépens en 2017.
Face à la pénurie mondiale de pièces
pour fabriquer les écrans, l’entreprise a dû fermer sa boutique en
ligne pendant plusieurs mois.
Depuis, elle a musclé ses stocks et
surtout levé des fonds. Cet été, Fairphone a réuni 2,5 millions d’euros
dans le cadre d’un financement participatif – bien plus que le million initialement visé. « Nous allons pouvoir
investir dans les équipes [une soixantaine de personnes aujourd’hui,
dont trois pour les ventes, NDLR], la
certification et le marketing », liste
Luke James. Une des pistes est le
renforcement des partenariats avec
les opérateurs. Après un an de présence dans les boutiques Orange, la
France est passée de la 5e à la 2e place
dans la liste des pays adeptes du Fairphone. — S. Dum.
LES ECHOS
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22 // HIGH-TECH & MEDIAS
en bref
Facebook veut défier Amazon et
Google dans les enceintes connectées
OBJETS CONNECTÉS Première incursion dans le hardware
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
Publicis remporte l’achat média
du groupe pharmaceutique GSK
pour Facebook qui se lance dans les enceintes connectées
avec Portal. Sa fonction principale sera la possibilité de passer
des appels vidéo. « Les appels vidéo ne cessent d’augmenter,
sur Messenger et sur WhatsApp. Or les équipements actuels,
sur téléphone ou sur ordinateur, sont trop limités », déclare
à l’AFP Andrew Bosworth, vice-président des équipements
de consommation chez Facebook. Le réseau social revendique 17 milliards d’appels vidéo via Messenger en 2017, soit
le double par rapport à l’année précédente. Dominé par
Google et Amazon, le marché est en pleine croissance.
Aux Etats-Unis, eMarketer estime à plus de 60 millions le
nombre d’utilisateurs d’enceintes connectées en 2018 et en
prévoit 76,5 millions pour 2020.
La somme des achats
d’espaces média
générée par ce contrat
s’élève à 1,7 milliard
de dollars.
Bruxelles devrait approuver sans
réserve l’achat de GitHub par Microsoft
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
a Plus d’informations sur lesechos.fr
INFORMATIQUE Microsoft serait en passe d’obtenir le feu vert
sans condition de l’Union européenne à l’acquisition de la plateforme de codage GitHub pour 7,5 milliards de dollars, selon
Reuters. Annoncée en juin, cette acquisition doit lui permettre
de se renforcer dans les services en matière d’informatique
dématérialisée (cloud) pour mieux concurrencer le numéro un
du secteur, Amazon. GitHub, qui fournit des outils de codage,
se présente comme la plus importante plate-forme mondiale
d’hébergement de projets de programmation avec 28 millions
de développeurs.
Un bug chez Google+ expose les données
de centaine de milliers d’utilisateurs
NUMÉRIQUE Selon le « Wall Street Journal », un bug dans le
réseau social Google+ a permis à des développeurs externes
d’avoir potentiellement accès aux données de centaines de milliers d’utilisateurs entre 2015 et 2018. Google a préféré ne pas
rendre l’affaire publique, par peur d’attirer l’attention des régulateurs dans la foulée du scandale Cambridge Analytica qui, au
même moment, secouait Facebook. En réponse à l’incident,
Google devrait annoncer une série de mesures pour mieux protéger les données et fermer toutes les fonctionnalités commerciales actuellement disponibles sur Google+.
PUBLICITÉ
L’agence française
reprend le budget
à ses concurrents
Omnicom et WPP.
Le groupe français Publicis a remporté un budget d’achat média de
1,7 milliard de dollars auprès du
groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK). Il
reprend ce budget à WPP pour la
partie européenne, et à Omnicom
pour la partie américaine, les deux
groupes ayant gagné ce marché il y a
trois ans. Confirmant lundi cette
information révélée par « Campaign », l’agence a attribué ce succès
à la transformation qu’elle a impulsée dans ses différents métiers au
cours des trois dernières années.
Selon un commentaire de courtier, le budget GSK est en effet un des
plus gros qui étaient ou sont remis
en jeu en ce moment, derrière Ford
avec 4,3 milliards de dollars, Fiat
(2,2 milliards), McDonald’s (2 milliards) et Mars (1,8 milliard). Le broker calcule qu’il reste 11 milliards de
gros budgets remis en compétition.
Publicis était déjà un des groupes de
17 OCT
2018
PARIS
PALAIS DES CONGRÈS
Pour Publicis, « le budget [GSK] est le plus gros de 2018 ». Photo London News Pictures/Zuma-RÉA
communication ayant gagné le plus
de contrats cet été.
Dans sa note, ce courtier explique
que le budget GSK pesait, grâce aux
commissions perçues, 0,2 % du
chiffre d’affaires net d’Omnicom et
0,1 % de celui de WPP. Il applique un
ratio de 3 % du montant de 1,7 milliard pour déterminer le revenu net
pour Publicis et calcule que ce budget va augmenter ses revenus nets
de 0,5 %. « Ce contrat n’est pas négligeable dans le contexte de nervosité
des marchés vis-à-vis des groupes de
communication », dit un analyste.
Pour Publicis, « ce budget est le
plus gros de 2018 ». En outre, il est
« large », dit le groupe dans son communiqué, puisqu’il est mondial et
comprend à la fois les médias traditionnels et les médias numériques.
Une plate-forme dédiée
Pour servir son nouveau client,
Publicis va mettre en place une
plate-forme ad hoc, appelée « platformGFK », qui réunira trois types
d’expertises : « des talents venant
de tout le groupe avec une expertise
en pharmacie, stratégie consomma-
tion et transformation numérique » ;
un hub de données centralisées,
utilisant au mieux les ressources
du groupe en la matière, basé
en Inde ; et une plate-forme marketing pilotée par le biais de Publicis
PeopleCloud.
« Publicis dira qu’il a gagné ce
contrat grâce à sa réorganisation, ses
compétiteurs diront qu’il a cassé les
prix : difficile de savoir », dit un analyste. Publicis souligne en tout cas
avoir gagné la compétition face à des
agences de conseil qui briguaient le
versant en ligne du contrat. n
Le « routage affinitaire »
arrive dans les télécoms
TÉLÉCOMS
Afiniti a créé
un algorithme qui
permet aux opérateurs
d’optimiser
leur relation client.
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
Pour changer d’offre, taper 1. Pour
souscrire à une nouvelle option,
taper 2. Les abonnés des opérateurs télécoms doivent souvent
s’armer de patience avant d’entrer
en contact avec le bon agent au sein
du service client. L’intelligence artificielle pourrait cependant simplifier les choses. C’est en tout cas le
pari d’Afiniti, une entreprise créée
en 2006 par l’entrepreneur pakistano-américain Zia Chishti et présente dans 18 pays, dont la France.
Formé à Columbia et à Stanford,
Zia Chishti a mis au point un logiciel
basé sur l’apprentissage automatique (« machine learning ») qui
permet aux opérateurs télécoms
d’aiguiller leurs clients vers les télévendeurs les plus susceptibles de
bien s’entendre avec eux – et donc les
plus à même de répondre à leurs
demandes. L’algorithme d’Afiniti
mouline en fait des centaines
de données comportementales
Le RDV annuel des dirigeants & responsables du secteur associatif
Programme & inscription sur
forumdesassociations.com
#ForumAsso
Un événement
« La France est un
marché qui explose,
notre chiffre
d’affaires a déjà
doublé en 2018
par rapport à 2017. »
ZIA CHISHTI
Fondateur d’Afinity
Zia Chishti a fondé Afiniti en 2006. Photo Afiniti
récupérées auprès de l’opérateur,
comme l’âge du client, son historique d’achat ou ses précédents appels
infructueux. L’analyse de ces données permet ensuite d’isoler les facteurs qui déterminent le succès – ou
l’échec – d’une interaction humaine.
Ainsi, au lieu de traiter les demandes au fil de l’eau, le télévendeur peut
entrer en contact « en moins de
200 millisecondes » avec le client qui
lui « correspond » le mieux.
75,3 millions d’appels traités
Au total, Afiniti a installé sa
solution dans 150 entreprises. La
société dit avoir optimisé 75,3 millions d’appels à ce jour, permettant
une hausse de 2 % des ventes chez
ses clients. « Dans les télécoms, les
perspectives d’optimisation sont
énormes », explique Zia Chishti
dans ses bureaux parisiens, à deux
pas de la place Vendôme.
En France, Bouygues Telecom
applique l’algorithme d’Afiniti
depuis un an sur tous les appels
concernant les achats de nouvelles
offres, soit environ 50.000 demandes par mois. « Comme le logiciel
fonctionne pendant 80 % du temps
puis s’arrête pendant les 20 % restants, nous sommes en mesure de voir
très exactement le nombre de ventes
qu’il génère, et en temps réel », explique Alain Angerame, directeur de la
relation client chez Bouygues Telecom, sans toutefois donner de chiffre exact. « Cela reste cependant une
solution assez complexe à déployer,
il faut ajouter des serveurs et trouver
l’équation économique. Pour le
moment, cela ne fait sens que sur les
actes d’achat à haute valeur ajoutée. »
A p r è s B o u yg u e s Te l e c o m ,
d’autres opérateurs francophones
pourraient suivre. « La France est
un marché qui explose », explique
Zia Chishti. Preuve de ses ambitions
dans l’Hexagone, l’homme d’affaires a confié la direction de la filiale
française à Jérôme de Castries, fils
de l’ancien PDG d’AXA Henri de
Castries (également client d’Afiniti).
Et François Fillon siège par ailleurs
au sein de son comité consultatif. n
// 23
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
y
U
LE RDV
START
UP
REBOND
Dans le cadre de la 4 édition de bpif ra nce Inno
Génération, qui se déroulera le 11 octobre à Paris, la BPI a lancé
le concours #MyGlobalStartup, qui
permettra aux gagnants de suivre un
programme d’accélération à Los
Angeles, Cape Town ou Shanghai. Les
candidatures peuvent être envoyées
jusqu’au 10 octobre. Les entrepreneurs
seront ensuite conviés à pitcher leur
projet à l’AccorHotel Arena lors de
l’événement.
e
20.000
MÈTRES CARRÉS
La start-up The Bureau, qui veut « disrupter l’industrie du centre d’affaires », annonce qu’elle veut ouvrir 20.000 mètres carrés
d’espace supplémentaire dans les trois ans à venir. La jeune
pousse vient de boucler une levée de fonds auprès de Groupe
Philippe Ginestet (GPG), qui investit dans l’immobilier en plus
de détenir l’enseigne Gifi, pour un montant non communiqué.
CardioRenal, qui développe une
solution permettant d’améliorer le traitement des patients
insuffisants cardiaques sévères à domicile,
vient de signer un accord de codéveloppement avec le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Ce
partenariat permettra à la jeune pousse de
profiter des infrastructures de l’organisme,
afin d’affiner son produit qui a vocation à
devenir un « véritable laboratoire d’analyse
de sang utilisable à domicile par les patients
insuffisants cardiaques ».
Elastic, l’outil de recherche derrière
les applications les plus populaires
ANALYSE
DE DONNÉES
La société d’origine
européenne Elastic
compte comme clients
Uber, Netflix ou encore
Tinder.
Lors de son premier
jour de cotation sur
le NYSE, vendredi, elle
a vu sa valorisation
quasiment doublée.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
La valorisation d’Elastic a presque
doublé, vendredi, pour son premier
jour de cotation à Wall Street. Une
hausse de 94 %, à près de 5 milliards
de dollars, alors même que la
société avait déjà revu à la hausse, à
plusieurs reprises, son prix d’introduction. Pourquoi un tel engouement ? « Nous avons passé les dernières semaines à parler avec les
investisseurs et à chacune de nos rencontres, cela se passait très bien, ils
nous disaient à quel point notre produit peut changer la manière de
mener son entreprise. Nous ne
savions pas comment allait se passer
cette première journée, donc, mais
nous avions un bon pressentiment »,
confie le cofondateur et directeur
général d’Elastic, Shay Banon.
Elastic n’est certes pas l’entreprise la plus connue mais, sans elle,
Uber, Netflix ou encore Tinder ne
pourraient pas fonctionner comme
ils le font. Cette start-up créée il y a
six ans à peine à Amsterdam et ins-
tallée depuis dans la Silicon Valley a
déjà séduit 5.500 clients, à travers
plus de 80 pays. Des clients variés
qui vont du divertissement à la banque, en passant par les télécoms et
la grande distribution. Elastic s’est
spécialisé dans les outils de recherche et l’analyse de données. Son système est capable de trouver, dans
une gigantesque masse de données
répartie sur des milliers de serveurs
et dans le cloud, celles qui seront les
plus adaptées à un besoin, à un
moment donné. Exemple : les deux
profils Tinder les plus à même de
« matcher », ou le chauffeur et le
passager Uber pour qui le trajet
sera le plus efficient. Une technologie de recherche puissante, qui peut
s’adapter à tous les secteurs.
SERVICES
La start-up
qui développe une
caisse enregistreuse
numérique souhaite
aussi offrir une large
gamme d’outils
aux restaurateurs.
Une « empreinte
européenne »
Avec son introduction en Bourse,
Elastic a pu lever 252 millions de
dollars. « Nous ne nous sommes pas
introduits en Bourse pour lever de
l’argent, c’est avant tout une opportunité qui nous apporte un surplus de
légitimité et de notoriété, précise
Shay Banon. Et c’est une preuve de
notre maturité. » Le patron d’Elastic
a seulement pour objectif de « continuer à gérer la société » comme il l’a
fait jusqu’à présent.
Encore faudra-t-il prouver que le
modèle peut fonctionner à long
terme, d’autant que la concurrence
252
MILLIONS DE DOLLARS
La somme levée par Elastic lors
de son introduction en Bourse.
Shay Banon, cofondateur et directeur général d’Elastic. Photo Elastic
est de plus en plus rude, avec une
société comme Splunk ou les
ambitions qu’Amazon pourrait
montrer en la matière. Elastic n’a
pas encore généré de bénéfices.
L’an dernier, lors de l’exercice fiscal 2018, bouclé à la fin avril, la
société a enregistré une perte nette
de 52,7 millions de dollars, légèrement supérieure à celle de l’exercice précédent, sur un chiffre
d’affaires de 160 millions de dollars
(+82 %). Une situation que la
société explique par une série
d’investissements : deux acquisitions au cours des derniers mois et
une expansion géographique accélérée. Elastic a déjà des employés
dans 35 pays, dont la France. « Nous
sommes nés en Europe et souhaitons conserver cette empreinte européenne », affirme Shay Banon.
Ces bons débuts à Wall Street
confirment en tout cas l’appétit des
investisseurs pour les sociétés de
SaaS. Plusieurs d’entre elles se sont
introduites en Bourse depuis le
début de l’année et la grande majorité a vu sa capitalisation boursière
s’envoler : Zscaler (+131 %), Tenable
(+58 %), Docusign (+56 %), Eventbrite (+37 %), Pivotal (+30 %), Zuora
(+6 %)... Un refuge au moment où
les valeurs plus grand public,
comme Facebook ou Twitter, sont
chahutées ? n
Des anciens de Talend lancent le « Slack du document »
pour faciliter la collaboration en entreprise
LOGICIEL
Share.Place, lancé
ce mardi, permet
de suivre l’évolution
de tous les documents
d’une entreprise,
qu’importent les outils
avec lesquels ils ont
été modifiés.
Déborah Loye
@Loydeborah
Entre le moment où F a b r i c e
Bonan a imaginé Share.Place et
celui où il s’est attelé à son développement il y a eu… Talend. « En
2005, je travaillais dans une société
de services, et j’avais eu deux idées. La
première était de développer un logiciel de travail collaboratif. La
deuxième, d’éditer un logiciel spécialisé dans l’intégration de données. J’ai
présenté cette dernière à Bertrand
Diard, et nous avons créé Talend, qui
dépasse aujourd’hui les 2 milliards
de valorisation. J’ai quitté mes fonctions opérationnelles juste avant
l’introduction en Bourse, et j’ai
recommencé à travailler sur l’autre
idée que j’avais eue il y a treize ans ! »,
raconte-t-il, entouré des cofondateurs François Chiche, passé lui
aussi par Talend, et Patrick Amiel.
« Share.Place peut
se positionner audessus des logiciels
déjà utilisés par
l’entreprise comme
Dropbox ou Google
Drive. Et tous les
événements sont
inscrits dans la
blockchain Bitcoin. »
Simplifier la collaboration
Share.Place a été pensé pour simplifier la collaboration des salariés
d’une entreprise autour de documents. « Selon une étude de McKinse y, ces derniers passent plus
d’1,8 heure par jour à chercher, réunir
et partager des informations », indiquent les cofondateurs. Leur plateforme, dont l’interface ressemble à
celle de Slack, permet d’avoir une
vision claire de l’avancement d’un
document, peu importe l’outil avec
lequel il est traité (Word, Google
Doc, Skype, Evernote…). « Les collaborateurs concernés savent qui l’a
modifié et quand, quelle est la dernière version, si elle a été approuvée
par la personne qu’il faut, etc. »,
détaillent-ils. Les données peuvent
être stockées dans le cloud, ou
Share.Place « peut se positionner audessus des logiciels déjà utilisés par
l’entreprise comme Dropbox ou Google Drive, décrit Fabrice Bonan. Et
tous les événements sont inscrits
dans la blockchain Bitcoin. »
Les trois cofondateurs et leur
Tiller ajoute
un service
de livraison
à son offre
FABRICE BONAN
Cofondateur de Share.Place
Fabrice Bonan, Patrick Amiel et François Chiche travaillent
depuis un an au développement de Share.Place. Photo Share.Place
équipe d’une dizaine de personnes
lancent ce « Slack du document »
mardi 9 octobre, « après plus d’un
an de conception et de développement », indique Patrick Amiel. Ils
embrayeront dès novembre sur un
lancement aux Etats-Unis, un marché qui « présente une capacité
d’adoption plus facile et plus rapide
que le marché européen », selon les
entrepreneurs. Share.Place cible
tous t ypes de clients, mais la
start-up va dans un premier temps
se concentrer sur les entreprises de
taille moyenne. Leur outil est pour
le moment notamment déployé
chez Axeleo, l’agence Dragon
Rouge et Squair.
L’entreprise se finance avec un
modèle freemium, comprenant une
version gratuite, une version « pro »,
facturée 10 euros par mois et par collaborateur et une version « entreprise ». Après avoir récolté
600.000 euros en « smart money »,
les entrepreneurs sont actuellement
en train de boucler leur série A. n
« La livraison représente une
part de plus en plus importante
du chiffre d’affaires de nos
clients. » C’est à la suite de ce
constat que Dimitri Faber,
fondateur de Tiller, a décidé
d’ajouter un service à son offre
de caisse enregistreuse numérique pour les restaurateurs.
Avec Tiller Delivery, les restaurateurs peuvent désormais
créer leur propre page de
commande à distance, directement sur leur site Internet,
de sorte à être moins dépendants des entreprises de livraison telles qu’Uber Eats ou
Deliveroo.
Les commandes passées sur
cette page arriveront sur la
caisse Tiller, puis l’information
sera envoyée à Stuart, qui
s’occupera de la récupération
et de la livraison de la com-
L’objectif est moins
de devenir un nouvel
acteur de la livraison
de nourriture
que d’offrir aux
restaurateurs tous
les outils nécessaires
à la gestion de leur
affaire.
mande. Pour ce service, Tiller
Delivery prend 10 % de commission « contre de 20 à 30 %
pour les acteurs de la livraison
de plats », affirme Dimitri
Faber. La start-up ne récupérera cependant qu’entre « 1 et
3 % » sur les transactions.
Une large gamme
d’outils
Pour la jeune pousse, qui a
levé 12 millions d’euros en juin
dernier, l’objectif est moins de
devenir un nouvel acteur de la
livraison de nourriture que
d’offrir aux restaurateurs
tous les outils nécessaires à la
gestion de leur affaire. « La
caisse est un élément central,
mais nous voulons offrir beaucoup plus à notre réseau, de
sorte à ce que nos clients utilisent l’outil Tiller le plus possible », indique le fondateur de
la start-up.
T i l l e r, q u i r e v e n d i q u e
6.000 clients dans 35 pays, doit
anticiper l’arrivée sur le marché européen de deux poids
lourds américains : Lightspeed et Square. Lors de sa dernière levée de fonds, la start-up
avait obtenu une enveloppe
supplémentaire de 8 millions
d’euros, qui devrait lui permettre de faire des acquisitions
dans l’année qui vient.
— D. L.
24 //
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
en
direct
L’éditeur Medasys
s’offre DL Santé
OUTRE-MER La collectivité
ÎLE-DE-FRANCE. Editeur et
intégrateur français de logiciels
médicaux pour établissements
de santé, publics et privés, dans
les domaines du dossier patient,
de la production de soins et des
plateaux techniques, Medasys
vient de boucler l’acquisition
de son confrère DL Santé, filiale
spécialisée dans la biologie,
l’imagerie et la pharmacie de
d’outre-mer Wallis-et-Futuna
devient membre de l’Organisation touristique du Pacifique Sud
(SPTO), à laquelle appartiennent
déjà la Nouvelle-Calédonie et la
Polynésie Française. Elle pourra
ainsi développer des coopérations et créer les conditions de
l’essor d’un tourisme adapté à
ses atouts et spécificités.
Shutterstock
PME
&REGIONS
Wallis-et-Futuna
rejoint la SPTO
Les compléments
alimentaires misent
sur le terroir
Ponroy Santé
poursuit ses
emplettes dans
l’aliment santé
Soutenu par l’investisseur
3i, le groupe vendéen
poursuit ses acquisitions,
mais les cibles sont rares.
Il regarde désormais vers
l’étranger.
l Le marché des compléments alimentaires
est lancé sur une croissance à deux chiffres.
l Le contexte est porteur pour la filière, qui cherche
à recruter des producteurs et milite pour un cadre
réglementaire européen propre aux plantes.
PHYTOTHÉRAPIE
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
Piloselle, absinthe, feuille d’artichaut, radis noir, bleuet… Les parcelles de Promoplantes se partagent en longues bandes de culture,
chacune colorée d’une plante particulière. Plus d’une cinquantaine
d’espèces prospèrent chez ce producteur situé près de l’ancienne
commune de Chemillé-Melay, la
« capitale française des plantes
médicinales ».
Parmi les clients de Promoplantes figurent quelques herboristes,
profession en quête d’un cadre juridique sur lequel les sénateurs se
sont récemment penchés. Mais
c’est essentiellement l’industrie,
dont celle des compléments alimentaires, qui fait vivre cette PME
de 10 personnes et 25 exploitations
partenaires.
Les produits liés
au sommeil en vogue
En France, le marché du complément alimentaire à base de plantes
atteignait 400 millions d’euros l’an
dernier, les ventes en pharmacie
affichant une croissance de 12 %. Et
cet essor se confirme cette année
encore. « Les scandales liés aux
médicaments, la défiance vis-à-vis de
la chimie et la recherche de
solutions légères expliquent cette progression », résume Christelle Chapteuil,
directrice générale des Laboratoires Juva Santé et
présidente du
Synadiet. Ce syndicat national des
compléments alimentaires regroupe 240 entreprises en France, principalement
des PME. Ce sont les produits liés
au sommeil, à base de mélisse, passiflore ou valériane, qui sont actuellement en vogue. C’est aussi le cas
des plantes de la digestion, tels le
radis noir ou le thym, des drainants
comme la reine-des-prés et des
plantes liées à la circulation sanguine.
Véganisme et végétarisme favorisent également les plantes recelant des protéines. Promoplantes,
qui a quasiment doublé son chiffre
d’affaires en deux ans, profite de cet
engouement, tout comme l’ensemble d’une filière angevine très intégrée, avec plus de 2.000 salariés, la
filière compléments alimentaires
étant estimée à 8.000 en France.
Au-delà de l’agriculture, il y a des
extracteurs, tels Nat’Inov, Evear
Extraction, Veg’Extra, mais aussi
des transformateurs qui développent leurs propres marques tels le
groupe Nature et Stratégie ou Ponroy Santé, en Vendée. L’alimentation animale avec, notamment,
Nor-Feed, développe elle aussi des
additifs naturels à base de plantes à
destination des animaux d’élevage.
Ils permettent notamment de remplacer les antibiotiques.
Face à la progression du marché,
les professionnels cherchent à
consolider l’amont de la filière. Les
plantes à parfum, aromatiques et
médicinales couvrent 53.000 hectares, en progression de 40 %
depuis 2010 dans les
Pays de la Loire
mais aussi en Provence, en Auvergne et autre
régions de
massifs. Pour
autant, 80 %
des volumes
de plantes de
santé sont encore
importés. L’enjeu
est d’attirer de nouveaux agriculteurs, en
travaillant sur l’équation subtile
entre les besoins de l’industrie et les
contraintes de ces cultures, délicates à mettre en œuvre. « Le réchauffement climatique ne facilite pas les
choses », relève Laurent Martineau,
de Promoplantes. L’association
Phytolia développe plusieurs référentiels de qualité et de traçabilité
dont un label Phytolia Plantes d’origine prouvée. « Plus que le bio, c’est
l’origine qui importe pour les consommateurs », soutient Christophe
Ripoll, le président de Phytolia.
Allégations
De con côté, le Synadiet milite pour
« la reconnaissance des plantes
comme produit de maintien en
bonne santé ». Son objectif est la
création d’une nouvelle catégorie
« Produits de santé naturels » – inspirée de celle du Canada – avec
aussi un cadre réglementaire européen propre aux plantes, avec la
possibilité d’allégations de santé
propres aux compléments alimentaires.
Contrairement aux médicaments, la vente des compléments
ne nécessite pas d’autorisation de
mise sur le marché ou d’évaluation
par une instance d’expertise. Ils ne
peuvent choisir leurs allégations
que sur une liste préétablie par
la Commission européenne. « Par
définition, un complément alimentaire ne peut avoir, ni revendiquer,
d’effets thérapeutiques », explique
l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
Selon le syndicat, les restrictions
actuelles ne permettent pas d’expliquer clairement aux consommateurs les effets de plantes telles que,
par exemple, le desmo dium,
réputé bon pour le foie ; l’harpagophytum, auquel l’on prête des
vertus anti-inflammatoires ; et
même la vigne rouge, pour la circulation. n
Le bleuet
possède
de nombreuses
vertus pour la
santé. Il est
notamment
utilisé pour les
soins des yeux.
Photos Leemage
L’usine de Nat’Inov se déploie au
milieu des prés, près de ChemilléMelay dans le Maine-et-Loire. Objet
d’investissements constants, ce site
pratique l’extraction, activité consistant à récupérer les principes
actifs des plantes. Nat’Inov traite
près de 170 plantes, de l’exotique
ginseng à la pelure d’oignon, en passant par l’ortie ou la camomille
cueillie dans les champs voisins. A
l’issue des process, agencés en
stricte « marche en avant », ressortent des concentrés sous forme
liquide ou poudreuse destinés aux
industriels. Nat’Inov fournit
chaque année près de 280 tonnes
aux acteurs de la cosmétique, de la
nutrition animale, de la pharmacie
et surtout du complément alimentaire, segment le plus dynamique.
Macération de bourgeons
Racheté en 2015 par Laffort, groupe
bordelais de recherche œnologique, Nat’Inov a vu son chiffre
d’affaires s’accroître de 25 % en deux
ans pour atteindre 5,3 millions
d’euros, dont la moitié dans les
compléments alimentaires. Fondée
en 2001, la PME se distingue par un
approvisionnement essentiellement français, et même régional
pour 30 % des apports. La moitié
des productions est estampillée bio.
Les volumes varient de quelques
kilos à la tonne. Ce qui implique une
multitude de méthodes de production et une gestion minutieuse des
achats. « Certaines productions au
chaudron s’apparentent à de la cuisine », s’amuse Christophe Ripoll,
directeur de l’entreprise, les plantes
du sommeil (passiflore, aubépine,
Avec l’acquisition de Densmore, cet
été, le groupe vendéen Ponroy
Santé étoffe encore son catalogue
de compléments alimentaires,
cette fois dans l’ophtalmologie.
Basée à Monaco, Densmore
apporte 13 millions d’euros de chiffre d’affaires à son acquéreur dans
le domaine des compléments alimentaires et des médicaments
« conçus pour prévenir et ralentir le
développement de la dégénérence
maculaire lié à l’âge » sous la marque Suvéal Duo. D’autres luttent
« contre le glaucome, l’inflammation
ou la sécheresse oculaire ». C’est la
deuxième acquisition que réalise
Ponroy Santé depuis sa reprise en
janvier 2017 par le capital-investisseur 3i épaulé du fonds francochinois Cathay Capital.
Solidement doté financièrement,
Ponroy a pour feuille de route de
doubler son chiffre d’affaires. Il
s’établissait à 106 millions d’euros
net, rabais commerciaux déduits et
devrait atteindre 160 millions
d’euros cette année en combinant
acquisitions et croissance organique. Avant Densmore, le vendéen
avait repris les laboratoires Ersa,
réalisant 20 millions d’euros dans
les probiotiques sous la marque
Aragan et Synactifs, un segment en
forte croissance tout comme les
produits à base de plantes. Ponroy
revendique ainsi le troisième rang
français sur le marché des compléments alimentaire en pharmacie.
Solidement doté
financièrement,
Ponroy a pour feuille
de route de doubler
son chiffre d’affaires.
Nat’Inov, l’extracteur aux 170 plantes
Spécialisée dans l’extraction de principes actifs,
cette PME de Chemillé mise
sur le segment de la plante
d’origine française et sur un
vaste catalogue.
l’éditeur de logiciels métiers DL
Software. Basé au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) Medasys
et le groupe Dedalus expliquent
vouloir développer leur stratégie
en France et à l’international.
L’acquisition a été financée par
un prêt d’actionnaire à 3,5%
consenti par Dedalus au profit
de Medasys à hauteur de
8,5 millions d’euros, qui pourra
être converti dans le cadre
d’une augmentation de capital,
et 2 millions par dette bancaire.
mélisse…) représentant les plus
gros volumes. Nat’Inov est également un acteur de la gemmothérapie, branche de la phytothérapie
mettant en œuvre la macération
glycérinée de bourgeons, ceux du
cassis, de l’aulne, du bouleau et de
cinquante autres arbres et arbustes.
De tels extraits sont parés de vertus
contre les troubles de l’hiver ou
ceux de la ménopause.
Eau subcritique
La bonne santé du marché permet à
Nat’Inov d’innover dans des technologies telles que l’extraction à
l’eau en état subcritique, le liquide
soumis à haute pression et haute
température présentant des propriétés proches de l’alcool.
L’entreprise, qui emploie 38 personnes, prépare également des
investissements productifs et la
création d’une station d’épuration
lagunaire, fonctionnant à l’aide de
roseaux. Cela lui permettra de
créer une réserve d’eau pour les
cultures voisines « dans une logique
de circuit court », précise Christophe Ripoll, qui vise également un
développement à l’export, l’international représentant déjà 30 % des
ventes.
— E. Gui.
Dans la grande distribution, sous
la marque Vitarmonyl, il se place
deuxième derrière Juva Santé,
filiale d’Urgo. Ponroy Santé ne s’en
tiendra pas là. Philippe Charrier,
son président, regarde désormais
l’international, la Chine notamment où ses produits ont intégré les
grandes plates-formes de vente.
« Mais on est très exigeants et les vendeurs, plutôt satisfaits de leur entreprise, ne sont pas pressés de les
céder », souligne le dirigeant.
Densmore comme Ersa concevait les produits sans les fabriquer,
requérant pour cela les services de
sous-traitants. L’ambition de Ponroy est de réintégrer ces productions, notamment dans son usine
de Boufféré. Le groupe emploie un
tiers de ses 630 salariés dans cet
outil industriel polyvalent
déployant plus de 20 lignes de production et capable de conditionner
1.800 matières en ampoules, comprimés, gélules, capsules ou galéniques. Selon Philippe Charrier, le
développ ement d’une filière
d’approvisionnement français est
également stratégique pour l’entreprise, en particulier dans le bio où
l’entreprise veut exister via, notamment, sa nouvelle gamme Nature et
Santé.
— E. Gui.
PME & REGIONS // 25
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
100 %
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
suspensions, liseuses, lampes de
bureau). Confidence a réalisé un
chiffre d’affaires de près de 1,4 million en 2017 (marge d’exploitation
de plus de 14 %). Ce rachat va permettre à Lucibel de commercialiser
sa dernière gamme Rivoli.
Shutterstock
DES TITRES DE CONFIDENCE ACQUIS PAR LUCIBEL
Le groupe Lucibel a acquis la totalité des titres de la société Confidence SAS, propriétaire de la marque Confidence and Light,
spécialiste de l’éclairage de qualité
pour les environnements tertiaires
(lampadaires sur pied, appliques,
innovateurs
La Barrière
Automatique innove
L’entreprise lyonnaise La Barrière
Automatique, spécialisée dans
le contrôle d’accès sécurisé des
véhicules et des piétons, a conçu
une carte de commande intégrée,
baptisée « One-C », qui permet
d’ouvrir les barrières plus simplement. Le boîtier intègre l’alimentation, le variateur de fréquence
et l’automate programmable.
Braincube mobilise
12 millions pour rendre
les usines compétitives
jeunes PME innovantes. L’entreprise est née en 2004 pour exploiter
une technologie mise au point dans
un laboratoire de l’Onera (Office
national d’études et de recherches
aérospatiales). Le lidar, un rayon
lumineux qui utilise le même principe que le radar, permet une
mesure très précise de la vitesse du
vent. Leosphere a connu ses premiers succès à partir de 2007 dans
l’éolien, avec un millier de lidars
déployés dans ce secteur qui pèse
60 % de son activité.
ÎLE-DE-FRANCE
La jeune société est
reprise par le numéro
un mondial des
technologies météo.
La France ne représente
que 5 % de ses ventes.
Frank Niedercorn
@FNiedercorn
Leosphere, encore une aventure
française qui se termine à l’étranger.
La jeune société, spécialiste de la
technologie lidar, a été rachetée par
le finlandais Vaisala, numéro un
mondial des systèmes météo, pour
38 millions d’euros. L’entreprise finlandaise reprend l’intégralité du
capital détenu depuis 2015 par le
management et les fonds Oraxys et
Idinvest Partners, qui avaient
investi 20 millions d’euros en 2013
et 2014. Leosphere et Vaisala se
connaissent bien, puisque, depuis
trois ans, le premier fournit sa technologie au second. Celui-ci, numéro
un mondial de la mesure environnementale et industrielle, l’intègre
Ludovic Combe
Leosphere, le champion du lidar,
racheté par le finlandais Vaisala
LA LEVÉE DE FONDS
BRAINCUBE
Date de création : 2007
Président : Laurent Laporte
Montant : 12 millions d'euros
Effectif : 90 personnes
Secteur : logiciels
Méfiance des industriels
L’entreprise a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires
de 27 millions d’euros. Photo Translata Canada
dans ses systèmes qui équipent la
moitié des aéroports du monde.
« L’enjeu est de financer une croissance que nous voulons durable et de
long terme. Le fait de s’allier à un
industriel était indispensable.
L’adossement à un partenaire financier présente moins de garanties et
nous avons donc préféré anticiper la
sortie de nos fonds. Quant à Vaisala,
c’est un groupe européen et nous restons une entreprise de droit français », explique Alexandre Sauvage,
le cofondateur de l’entreprise.
L’entreprise, qui a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros, emploie 135 personnes, va conserver son identité
commerciale, son management et
emménager dans son usine de
4.000 mètres carrés bientôt construite à Saclay, au terme d’un investissement de 7 millions d’euros
financé par emprunt bancaire et
l’appui de bpifrance. Le parcours de
Leosphere est typique de bien des
La France ne représente que 5 % des
ventes de Leosphere. La société
vient de signer des contrats avec
Hong Kong, Riga, Palerme ou Hô
Chi Minh-Ville, mais n’a jamais
vendu de système à des aéroports
français. A l’exception d’Aéroports
de Paris mais pour… Eurocontrol.
Leosphere, tout en étant très
financé par la puissance publique, a
poursuivi sa collaboration activement avec l’Onera et développé sa
propriété industrielle avec une
dizaine de brevets. « On anticipe de
nouveaux usages des lidars, à bord
des avions, par exemple », assure
Alexandre Sauvage. n
Chantal Houzelle
@HouzelleChantal
Mettant l’intelligence artificielle au service de la compétitivité depuis dix ans, Braincube
fait figure de précurseur de
l’industrie 4.0. Créé en 2007 à
Issoire en Auvergne, l’éditeur de
logiciels a convaincu des leaders comme ArcelorMittal,
PSA, Nestlé, Michelin, SaintGobain, Siemens, UPM...
d’adopter sa solution, dont les
algorithmes sont capables de
réaliser des prédictions et des
prescriptions de pilotage des
usines pour en améliorer la
productivité. « Nous les aidons à
appréhender la complexité de
leurs processus automatisés et de
l’interaction avec l’humain pour
Microtec automatise la fabrication
de cartes électroniques
Le fabricant d’équipements électroniques
pour l’aérospatial
investit 5 millions
d’euros dans l’agrandissement de son usine.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Le fabricant d’équipements électroniques pour l’aérospatial Microtec
vient d’agrandir son site de Ramonville (Haute-Garonne) équipé de
nouvelles machines. L’an prochain,
une ligne de fabrication automatisée de cartes électroniques à très
qualité du spatial au prix de l’aéronautique, affirme le dirigeant. Nous
faisons le pari que cela contribuera à
rendre l’industrie spatiale compétitive sans aller sur le créneau des
nanosatellites qui utilisent des composants du commerce. » L’entreprise
conçoit les cartes ou fait des fabrications à façon.
Microsatellites
L’industrie spatiale forme 40 % du
chiffre d’affaires de Microtec, qui
produit des équipements électroniques de charges utiles de satellites
pour Thales Alenia Space, Airbus
Defense and Space et le CNES. Dans
l’aéronautique (30 % de l’activité), il
fabrique des systèmes de régulation
du conditionnement d’air pour Liebherr Aerospace. Dans l’automo-
bile, il réalise des bancs de test de
capteurs pour Continental. Il intervient aussi dans le secteur médical
et progresse dans la défense (équipements de communication et
f u m i g è n e s p o u r l ’e n t r a î n e ment). Microtec a augmenté son
chiffre d’affaires de 10 % par an
depuis quatre ans (9,1 millions
d’euros en 2017) et veut porter son
effectif de 110 à 130 salariés d’ici à
trois ans. Sa société sœur Comat
(100 salariés) au sein d’Agora Industries, spécialisée dans la mécanique
spatiale (roues d’inertie, propulseurs électriques de satellites),
s’agrandit également. Elle construira, d’ici à 2021, un atelier d’usinage et d’intégration des équipements de nanosatellites en
investissant 2 millions d’euros. n
LA PME À SUIVRE
ÎLE-DE-FRANCE
Effectif : 350 salariés
Chiffre d’affaires : : 65 millions
Activité : publicité hors médias
Dominique Malécot
@DMalecot
Au début des années 2000, l’agence
de publicité RC Concept travaille
déjà depuis une dizaine d’années
pour la grande distribution, notamment pour organiser des foires au
vin, quand son fondateur Raphaël
Cohen rencontre, en vacances, un
cadre de chez Guerlain à la recherche de matériel de publicité sur les
points de vente (PLV). Et RC Concept ajoute la parfumerie à ses activités ! En 2006, l’usine qui habille
ses gondoles en carton est à vendre.
Raphaël Cohen ne peut prendre le
risque de s’en passer et la rachète.
C’est le début d’une série d’acquisitions et rapprochements. « Nous
étions 10 en 2001, aujourd’hui nous
sommes près de 350 et nous réalisons
65 millions d’euros de chiffre d’affaires », s’anime le président-directeur
général de RC Group. La quinzaine
d’entreprises du groupe sont toutes
indépendantes. « Elles ont juste un
lien capitalistique, explique Raphaël
Cohen. Nous leur amenons la notoriété, le fonds de roulement et la banque, et nous leur permettons d’accéder à des marchés dont elles seraient
exclues pour risque de dépendance
économique, cela parce que le groupe,
lui, n’est pas dépendant. » Toutes ces
entreprises exercent des activités
complémentaires qui permettent
de valoriser l’image des marques
sur les points de vente. C’est par
exemple du design, de l’installation
de matériel dans les chaînes de parfumerie, des objets promotionnels.
Le tout en garantissant la « chromie », autrement dit le strict respect
des couleurs de la charte graphique
propre à chaque client.
Pas d’exclusivité
RC Group vient ainsi d’acheter le
labo photo Central Dupon, une
référence pour les tirages argentiques destinés aux galeries qui a su
parallèlement trouver une place
sur le marché du numérique de
LE PARTENARIAT
ANAPIX MEDICAL
Date de création : 2016
Président : Bernard Fertil
Effectif : 5 personnes
Secteur : dermatologie
RC Group collectionne les pépites
qualité. « Nous allons promouvoir
l’artisan d’art », résume le dirigeant
du groupe de Boulogne-Billancourt
(Hauts-de-Seine). Ce qui ajoute une
« brique » à l’édifice de ce spécialiste
de « l’éphémère et [de] l’animation ».
Pour cela, Raphaël Cohen tient à
son modèle de petites structures, la
plus grande a 60 salariés, « tout le
monde est responsable », expliquet-il en précisant que chaque entreprise est libre de travailler avec les
professionnels et les fournisseurs
de son choix, qu’ils appartiennent
ou non au groupe. Cette liberté a un
avantage. Chaque entreprise peut
ainsi pénétrer chez de nouveaux
clients. Raphaël Cohen peut alors
s’appuyer sur ce premier contact
pour proposer d’autres prestations. n
Campus de développeurs
En priorité, « nous financerons la
mise en place de bureaux en Allemagne, au Benelux et aux EtatsUnis où nous voulons réussir
notre projet », précise le président. « Nous doublerons notre
équipe de développeurs à 70 d’ici à
deux ans et nous leur créons un
campus à Issoire sur le site du
petit château que nous restaurons. » Pour aider aussi l’industrie locale à redevenir compétitive, « on est train de sortir, grâce à
Siemens et d’autres partenaires,
des applications de notre solution
pour des usages ciblés », annonce
Laurent Laporte, qui vise un
chiffre d’affaires supérieur à
10 millions d’euros en 2018. n
Anapix Medical
facilite le diagnostic
du mélanome avec l’IA
Anapix Medical
OCCITANIE
haute fiabilité y sera installée.
L’investissement s’élève à près de
5 millions d’euros. Racheté en 2009
par Agora Industries, Microtec a
fusionné avec Arck Electronique en
2015. Les deux entités viennent
d’être regroupées sur le site de
Ramonville, étendu à 3.300 mètres
carrés dont 600 mètres carrés de
salles blanches. « Nous faisons des
investissements lourds pour automatiser les procédés de fabrication,
d’assemblage et de contrôle », dit son
président, Vincent Gayde.
Spécialisé dans les petites et
moyennes séries de cartes électroniques, Microtec est l’un des rares
fabricants à utiliser des moyens de
production de l’aéronautique pour
le spatial, dont le niveau d’exigence
est plus élevé. « Nous proposons la
éliminer les gaspillages et améliorer la qualité des produits »,
explique Laurent Laporte, président de Braincube. « On estime
que nous avons fait gagner plus
de 5 milliards d’euros cumulés à
nos clients. Le retour sur l’investissement varie entre 5 et 50 fois
le coût annuel. »
Pour soutenir sa forte croissance, la société rentable et autofinancée depuis sa création,
annonce ce mardi avoir finalisé
sa première levée de fonds à
12 millions d’euros avec Iris Capital et next47, la branche capitalrisque de Siemens, déjà distributeur de la solution de Braincube.
A l’issue de l’opération, Laurent
Laporte et les deux autres cofondateurs, Sylvain Rubat du Mérac
et Hélène Olphe-Galliard, restent largement majoritaires.
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Pour savoir si un grain de beauté
est dangereux, les dermatologues n’ont pas d’autres moyens
que d’observer ses caractéristiques à la loupe : contour, texture, couleur… Mais le diagnostic est toujours difficile, si bien
que, dans 95 % des cas, leur enlèvement s’avère inutile. Dans le
Laboratoire d’informatique et
des systèmes (LIS) du CNRS à
Marseille, dont il était directeur
de recherche, Bernard Fertil a
donc eu l’idée de mettre l’intelligence artificielle au service des
professionnels de santé. Baptisé
« SkinApp », son application
permet au dermatologue
d’adresser une photo prise avec
un smartphone à un serveur
d’analyse, qui détecte les points
de concordance avec une collection de plus de 7.000 images
issues d’examens cliniques,
incluant des cas typiques de
mélanomes et des lésions bénignes. « Pas question de se substituer aux professionnels, explique
le scientifique. Cet algorithme
permet d’avoir un avis d’expertise
dans les cas les plus douteux. »
Des tests ont montré que là où
les dermatologues parvenaient
à un bon diagnostic dans 81 %
des cas, la machine dépassait,
elle, le taux de 94 %. Or, détecté
précocement, le mélanome
peut être soigné dans 95 % des
cas, alors que le taux de survie
ne dépasse pas 15 % quand on
agit trop tard.
Accessible au public
Basée à Meyreuil dans les Bouches-du-Rhône, la start-up Anapix Medical, qu’a créée Bernard
Fertil pour exploiter cette technologie, cible trois marchés : les
3.000 dermatologues opérant
en France, mais aussi les médecins généralistes et même le
grand public. Pour 150 euros, les
particuliers pourront acquérir
un objectif adaptable sur leur
smartphone pour prendre euxmêmes la photo d’un grain de
beauté qu’ils jugent suspect et
l’adresser au serveur qui dira s’il
s’agit d’une lésion à risque à surveiller. Les professionnels
s’acquitteront d’un abonnement
mensuel de 45 euros. n
26 //
Les Echos
FINANCE
&MARCHES
TREASURIES ET DOLLAR
FORT FONT CHUTER L’OR
Le cours de l’or a dévissé lundi,
perdant 1,6 % en fin d’aprèsmidi, l’un de ses plus forts reculs
journaliers depuis août. L’once
de métal jaune s’échangeait à
1.183,38 dollars. En cause,
la hausse des taux américains
qui rendent l’or moins attractif
aux yeux des investisseurs.
Le rebond du dollar a également
renchéri le prix de l’or pour les
acheteurs non-américains.
les
indices
Les établissements bancaires cassent
les prix des services sur Internet
BANQUE
Mis sous pression par
les banques en ligne,
les établissements
traditionnels ont
drastiquement diminué le coût de gestion
des comptes bancaires
sur Internet.
Quitte à se rattraper
sur le prix d’autres
services.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Gérer ses finances en ligne coûte de
moins en moins cher aux Français.
Le coût d’un abonnement de gestion des comptes bancaires sur
Internet a baissé de près de 78 % en
cinq ans, selon un rapport publié
lundi par le Comité consultatif du
secteur financier (CCSF), rattaché à
la Banque de France. En janvier 2018, le coût moyen de ce service était ainsi tombé à 1,74 euro par
an, selon l’étude de ce comité rassemblant des représentants des
banques et des associations de consommateurs. En 2009, il approchait
10 euros.
Cette analyse montre que la plupart des banques traditionnelles
offrent désormais des services gratuitement, notamment sur Internet. Par exemple, dans la plupart
des banques de réseau, il n’en coûtera rien à un client de consulter ses
comptes à distance et de réaliser un
virement occasionnel en ligne. Ce
développement de la gratuité
s’explique par le déferlement des
banques en ligne, telles que Boursorama, BforBank, Fortuneo, ou
d’offres alternatives, telles que le
Compte-Nickel. Pour attirer les
clients, ces acteurs, émanant souvent des banques traditionnelles,
misent sur les services bancaires de
base à prix plancher.
Résultat : « Les banques à réseau
mettent de plus en plus de gratuité
dans leur banque au quotidien pour
éviter la fuite de leurs clients vers les
banques en ligne », explique Laurent
Trichet, fondateur de Sémaphore
Conseil, un cabinet d’analyse qui a
contribué à l’étude du CCSF. Le phénomène est amplifié par l’émergence de spécialistes de la banque
sur téléphone portable, tels
que N26, Revolut ou encore Orange
Bank. Ces nouveaux entrants cassent eux aussi les prix, obligeant les
banques à contre-attaquer avec des
offres au coût plancher, telles que
Eko au Crédit Agricole ou Enjoy
dans les Caisses d’Epargne (non prises en compte par l’étude du CCSF).
Pour préserver leurs revenus
dans cette guerre de prix, les banques n’ont pas hésité à augmenter
d’autres tarifs. Le rapport du CCSF
montre ainsi qu’au fil des dernières
années la plupart des banques ont
renoncé à la tenue de compte gratuite. En conséquence, les frais de
tenue de compte actif ont augmenté
de près de 166 % entre fin 2012 et
janvier 2018, pour s’établir à environ
19,20 euros en moyenne par an.
Dans les faits cependant, seuls 20 à
30 % des clients s’acquittaient de ces
frais en 2016 : les clients qui souscrivent à une offre globale en sont par
exemple exonérés.
tentent de préserver et d’augmenter
leur produit net bancaire en misant
sur des produits et services non forcément présentés dans cet extrait et
dont elles poussent la commercialisation », souligne en revanche Laurent Trichet.
Enfin, si le coût des services
usuels est sous pression, force est de
constater que les tarifs peuvent
s’envoler quand les clients ont leurs
comptes bancaires dans le rouge.
Certains frais d’incidents étant plafonnés, beaucoup de banques se
sont alignées sur ces plafonds.
Le comité consultatif pointe l’augmentation du prix des cartes de paiement à autorisation systématique
(+6 % en cinq ans) qui bénéficient souvent aux ménages modestes. Photo Shutterstock
Des frais d’incidents
parfois très élevés
Les banques de réseau misent aussi
sur des services dont le prix est
moins mis en évidence. Le rapport
passe au crible l’« extrait standard
des tarifs », c’est-à-dire la synthèse
des coûts des principaux services
que les institutions publient pour
aider les consommateurs à s’y
retrouver. « Les banques de réseau
Le rapport du CCSF
montre qu’au fil
des dernières années,
la plupart des banques
ont renoncé à la tenue
de compte gratuite.
Cependant, d’autres types de frais
d’incident varient fortement d’un
établissement à l’autre et peuvent
dépasser les 100 euros, par exemple
en cas de saisie. Le CCSF épingle par
ailleurs l’augmentation du prix des
cartes de paiement à autorisation
systématique (+6 % en cinq ans) qui
sont utiles aux ménages les plus
modestes.
Les tarifs payés par ces derniers,
notamment en cas d’incidents, sont
dans le collimateur des associations de consommateurs. Récemment, elles ont forcé BPCE à revoir
sa grille tarifaire en pointant des
irrégularités dans la facturation des
commissions d’intervention au
sein des Caisses d’Epargne et des
Banques Populaires. Poussé à agir
sur ce sujet, le gouvernement a
récemment renoncé à plafonner de
nouveau les frais d’incidents. En
contrepartie, les banques se sont
engagées à limiter ces derniers
pour les clients les plus fragiles. n
Privatisations : les fonds étrangers
devront montrer patte blanche
CAPITALINVESTISSEMENT
Bruno Le Maire dit
vouloir écarter toute
prise de contrôle
d’ADP par « une puissance étrangère »,
alors même que
s’ouvre la Semaine
internationale de
l’infrastructure à Paris.
Anne Drif
@anndrif
Bruno Le Maire a adressé dimanche une quasi-fin de non-recevoir
aux investisseurs étrangers pour les
futures privatisations. « On peut
parfaitement avoir un fonds étranger qui monte au capital qui investit
2 %, 3 %, 5 %, ça ne pose pas de difficultés », a-t-il dit. Et qui se contente
ainsi d’être très minoritaire au capi-
tal. Mais « si une puissance étrangère
voulait prendre le contrôle d’Aéroports de Paris, la réponse sera non, je
le dis très clairement ».
De quoi jeter un froid dans la
communauté des investisseurs
américains, canadiens, australiens,
ou singapouriens qui, de PSP à
Blackstone en passant par KKR et
Macquarie, sont les premiers pourvoyeurs de capitaux d’infrastructures dans le monde. Et ce alors même
qu’ADP, valorisé aujourd’hui près
de 19 milliards d’euros – et sans
doute presque le double demain
selon l’appétit des investisseurs –,
promet d’être la plus grosse privatisation de l’histoire.
Une régulation adéquate
Interrogé sur CNews, Augustin de
Romanet, le président-directeur
général d’ADP et président de Paris
Europlace, a ainsi tenu à rassurer.
« Bruno Le Maire n’a pas refusé par
principe les acteurs étrangers. » Par
le terme de « puissance étrangère »,
le ministre « semble vouloir dire
quelqu’un originaire d’un pays
étranger et qui ne serait pas agréé par
le gouvernement », a-t-il expliqué.
« S’agissant de la première frontière
du pays qu’est le groupe ADP, il n’est
pas illégitime de regarder à deux fois
entre les mains de qui on met l’actif ».
« Mais on ne peut pas vendre des
sous-marins aux Australiens et
[leur] dire : vous n’êtes pas persona
grata pour être investisseurs chez
nous », a-t-il précisé. « Comment
pourrait-on défendre le développement international d’ADP et ses participations actuelles (20 aéroports à
l’étranger) sans partenaires étrangers ? », s’est aussi étonné un exhaut fonctionnaire de Bercy. « S’il
s’agit de protéger nos intérêts stratégiques et s’agissant d’un actif non
délocalisable, une participation
étrangère peut être équilibrée par une
régulation adéquate. »
Les investisseurs n’ont pas cédé à
la panique. Mais cette déclaration
est mal tombée alors que Bercy don-
nait dès le lendemain le coup d’envoi
de la Semaine internationale de
l’infrastructure. Et que Paris veut
tirer profit du Brexit pour gagner
des points face à Londres, première
place européenne pour les fonds de
capital-investissement. « Il faut que
les pouvoirs publics favorisent les
investissements privés », alors même
« que l’on note un net appétit pour les
infrastructures françaises » depuis
plusieurs années, a indiqué Thierry
Déau, le fondateur de LTIIA, association d’investisseurs de long terme
dans l’infrastructure pour une large
part étrangers.
Avertissement
aux Chinois
Aujourd’hui, les fonds français
comme Antin, Infravia, Meridiam,
Ardian pèsent entre 500 millions et
plusieurs milliards d’euros. Ils
pourraient peser encore plus à
l’avenir face à des géants comme
Blackstone. Le fonds américain est
en train de lever un véhicule mon-
dial de 40 milliards de dollars dans
les infrastructures. Les fonds étrangers ont eu le dessus dans une série
d’enchères en France, comme la
SAUR (EQT), l’aéroport de Nice
(Atlantia), les tours d’Altice (KKR),
ou encore la fibre de Patrick Drahi
qui mobilise actuellement Ontario,
KKR, Macquarie et Allianz. Certains veulent ainsi croire que le
ministre avait surtout en tête
d’adresser un avertissement aux
investisseurs chinois. La cession à
prix d’or de l’aéroport de Toulouse
au chinois Casil Europe a laissé des
traces. n
FINANCE & MARCHES // 27
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
Vote en assemblée
générale : l’AMF
veut améliorer
les pratiques
Neuf groupes
du CAC 40
contraints
de recompter
les votes
l Le régulateur recommande l’élaboration d’un guide
de place sur le traitement des votes en AG.
l Il préconise aussi que les actionnaires reçoivent
une confirmation de leur vote.
RÉGULATION
Laurence Boisseau
@boisseaul
Cet été, neuf groupes du CAC 40 ont
publié des résultats de vote en AG
qui étaient faux. Du jamais-vu. A
chaque fois, le décompte des votes a
rencontré un problème informatique chez la banque dépositaire (en
l’occurrence BNP Securities Services), qui envoie les instructions de
vote au centralisateur. De quoi jeter
de l’huile sur le feu sur un sujet fort
sensible : certains actionnaires
mettent parfois en doute la régularité des scrutins.
Concours de circonstances,
l’Autorité des marchés financiers
(AMF), qui travaillait depuis des
mois pour améliorer la transparence et l’effectivité des votes, vient
d’annoncer qu’elle allait faire évoluer sa doctrine sur ce sujet.
« L’AMF invite fortement les professionnels du titre, les émetteurs et
des représentants des actionnaires à
établir ensemble un guide de traitement des votes. Le but est de décrire
les procédures pour éviter les difficultés opérationnelles rencontrées
avant, pendant et après la tenue de
l’AG. Ce travail doit être fait dans un
court délai pour être applicable pour
la prochaine saison des AG », explique Martine Charbonnier, secrétaire générale adjointe à l’AMF.
Ce guide devrait servir de dispositif préventif pour éviter que les
dysfonctionnements ne surviennent de nouveau : « La chaîne de
réception et de transmission des votes
doit être robuste. S’il y a des dysfonctionnements dans un système informatique, il faut peut-être intégrer des
contrôles de cohérence supplémentaires. L’histoire récente montre
qu’ils n’ont pas été mis en place ou
qu’ils n’ont pas fonctionné », prévient-elle.
Modifications législatives
L’AMF demande au gouvernement
de s’impliquer. Elle préconise qu’on
intègre dans la loi le fait que les
votes électroniques (par procuration ou par correspondance) puissent faire l’objet d’un horodatage et
d’une confirmation de réception.
Elle recommande aussi que les
actionnaires obtiennent une confirmation de la prise en compte de leur
vote ou la raison pour laquelle celle-ci n’a pas eu lieu. « Il n’était pas
rare qu’un actionnaire, dont le vote a
été rejeté, ne le sache jamais », explique un avocat. Enfin, le régulateur
pousse les sociétés à publier le nombre total de droits de vote rejetés
dont ils ont connaissance au jour de
l’AG, lors de l’annonce des résultats.
« C’est un moyen de savoir si une
résolution a été adoptée par défaut ou
si elle est le fruit de la démocratie
actionnariale », commente un
actionnaire.
« Ces modifications pourraient
être adoptées dans le cadre des ordonnances prévues par le projet de loi
Pacte transposant la directive Droits
des actionnaires », explique François Gilbert, à la direction de la
régulation et des affaires internationales de l’AMF.
Pour certains actionnaires, ces
recommandations ne vont pas
assez loin. « La décision du régulateur est intervenue malheureusement trop tôt, le 24 juillet, avant que
ces affaires de votes erronés ne soient
connues », regrette un observateur
avisé. Mais, selon nos informations,
la commission Epargnants a
demandé au Collège de se pencher à
nouveau sur cette question. « Dès
qu’on demande aux sociétés de contrôler davantage les votes des AG, on
a l’impression de commettre un
crime de lèse-majesté. C’est comme si
on remettait en cause leur professionnalisme. Or ces dysfonctionnements montrent que nous avons raison de ne pas faire confiance aux
sociétés. L’idéal serait d’avoir un contrôle par un tiers », s’indigne un
investisseur. n
La résolution sur un élément de rémunération d’Yves-Thibault
de Silguy, administrateur référent de Vinci, qu’on croyait
adoptée a finalement été rejetée. Photo Hamilton/RÉA
Chez Orange, les actionnaires salariés
contrôlent les votes
Leur objectif consiste à
savoir qui sont les actionnaires et comment ils votent.
Chez Orange, les votes des assemblées générales sont contrôlés par
un tiers. Ce tiers n’est autre que
l’ADEAS Orange, l’Association de
défense de l’épargne et de l’actionnariat salarié, soutenue par le syndicat des cadres CFE-CGC. Les salariés du groupe de télécoms
détiennent 6 % du capital et 9 % des
droits de vote. « Nous avons commencé à contrôler les votes en 2012 »,
se rappelle Sébastien Crozier, président d’honneur de l’ADEAS Orange
et président de CFE-CGC. « Notre
propos n’est pas de regarder l’exactitude du quorum, ni la régularité du
scrutin. Ce qui nous importe, c’est de
voir qui sont les actionnaires et aussi
de comprendre qui vote quoi », explique-t-il. L’association ne passe pas
au crible toutes les résolutions,
mais uniquement celles qui l’inté-
Le fonds saoudien ambitionne
600 milliards d’actifs en 2020
lars, la plus grande transaction
immobilière du royaume selon
Reuters.
FONDS
SOUVERAIN
Le prince Mohammed
ben Salmane revoit
à la hausse
ses ambitions pour
le fonds souverain.
« Une bonne opportunité »
Le PIF investit
dans la technologie
et notamment
dans Tesla.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Le fonds souverain saoudien, le
Public Investment Fund (PIF), peut
espérer récolter de 170 à 180 milliards de dollars de capitaux pour
financer ses investissements vers fin
2020, début 2021, a expliqué le
prince héritier Mohammed ben e
(« MBS ») à l’agence Bloomberg. De
70 à 80 milliards de dollars seront
tirés de la vente de la participation
du PIF dans Sabic en 2019. Il a aussi
redonné un calendrier pour l’introduction en Bourse d’Aramco, qu’il
envisage fin 2020, début 2021, alors
que le marché a arrêté d’y croire. Il
compte lever 100 milliards de dollars par ce biais.
Le groupe pétrolier va rester aux
mains du gouvernement, alors
qu’en 2016 c’était plutôt le fonds souver a i n q u i d e vai t e n devenir
Le Public Investment Fund (PIF) s’est fixé comme objectif
d’investir autant en dehors qu’à l’intérieur des frontières
de l’Arabie saoudite (ici Riyad). Photo Shutterstock
l’actionnaire de référence. Le fonds
souverain bénéficiera aussi d’une
partie de la manne pétrolière, si les
cours du pétrole restent assez élevés. Comme d’autres fonds souverains le PIF a emprunté sur les marchés financiers internationaux, un
montant de 11 milliards de dollars
en septembre.
L’après pétrole
Aujourd’hui, les actifs du fonds
souverain sont « supérieurs à
300 milliards de dollars, et nous
approchons des 400 milliards de dollars ». « Notre cible pour 2020 est de
près de 600 milliards de dollars et je
crois que nous dépasserons cette
cible. » Le PIF – qui visait à l’origine
400 milliards en 2020 – s’est fixé
comme objectif d’investir autant en
dehors qu’à l’intérieur des frontières du pays. Aujourd’hui, il a investi
davantage en Arabie saoudite pour
contribuer au développement et à
la modernisation du pays dans la
perspective de l’après-pétrole. Le
fonds souverain est tourné vers son
marché intérieur et vient d’en faire
la démonstration en faisant l’acquisition d’un terrain au nord de Riyad
pour près de 580 millions de dol-
Chez Vinci, la résolution sur un
élément de rémunération
d’Yves-Thibault de Silguy, qu’on
croyait adoptée, a finalement
été rejetée à une courte majorité. Huit groupes ont aussi
publié des résultats erronés aux
assemblées générales, sans que
les corrections aient eu un
impact sur le sens des votes.
Parmi eux, Accor, AXA, Danone,
Essilor, Kering, PSA, Schneider
Electric, Société Générale. Le
décompte des votes a rencontré
un problème informatique chez
l’établissement dépositaire, soit
BPSS (BNP Paribas Securities
Services). Des instructions de
vote qui auraient dû être
envoyées ne sont pas parties
chez l’établissement centralisateur. D’autres sont parties alors
qu’elles ne le devaient pas.
« PIF investit dans beaucoup d’entreprises, notamment cotées aux EtatsUnis. Tesla paraissait une bonne
opportunité et nous avons pris une
participation de presque 5 % des
actions », a déclaré « MBS », qui
souligne qu’il n’a jamais conduit
une Tesla ni rencontré Elon Musk
en personne. Interrogé sur le fait de
savoir si le fonds allait investir
davantage dans cette société, le
prince a répondu :« Il y a des discussions avec beaucoup d’entreprises et
de fonds, et nous n’avons rien
annoncé dans ce domaine. » Il n’évoque pas les propos du patron de
Tesla qui, cet été, a laissé entendre
que le PIF soutenait une sortie du
groupe de la cote.
Le fonds a aussi investi un peu
plus de 1 milliard de dollars dans
Lucid Motors, un constructeur
d’automobiles électriques basé en
Californie. Le fonds PIF, qui avait
déjà investi 45 milliards de dollars
dans un fonds de technologie de
100 milliards de dollars de SoftBank
(le SoftBank Vision Fund), veut en
faire de même pour le nouveau
fonds que le groupe japonais va lancer. Il va investir un montant similaire. Les performances avaient été
au rendez-vous et le fonds a gagné
plus de 20 % en seulement cinq
mois d’investissement. n
ressent. « Nous regardons systématiquement le vote de tout le monde sur
la rémunération des dirigeants, sur
les dividendes, et, le cas échéant, sur
la nomination des administrateurs »
ajoute-t-il. « Parfois, nous vérifions
des votes qui nous semblent un peu
étranges. Par exemple, au moment de
la loi Florange, toutes les résolutions
visant à permettre au conseil d’administration de procéder à des opérations financières comme des augmentations de capital à des fins
d’acquisition ou de distribution
d’actions gratuites avaient été rejetées. Nous avons souhaité vérifier. »
Des incohérences
Contrôler les votes n’est pas si simple. A la dernière AG, pas moins de
16.675 actionnaires ont voté. « Nous
contrôlons des fichiers Excel. Nous
faisons tourner des moulinettes pendant des jours entiers », commente
Sébastien Crozier. L’association
doit aussi demander aux grandes
sociétés de gestion d’actifs le détail
des fonds dont ils ont le pilotage car,
très souvent, seul le nom du fonds
apparaît.
Mais au final, en établissant des
corrélations et en faisant des statistiques, une analyse pertinente des
actionnaires et de leur politique de
vote se dégage. L’association détecte
des incohérences. « Ainsi, nous
avons constaté qu’Areva, groupe
public, actionnaire d’Orange, avait
voté contre la nomination d’actionnaires salariés au conseil… alors
même que l’Etat avait voté une loi
pour que ces derniers soient représentés en tant qu’administrateurs
dans les conseils ! Nous avons aussi
remarqué qu’un gros actionnaire
avait voté pour deux résolutions contraires, une pour maintenir le dividende, l’autre pour l’abaisser. »
Cette analyse permet d’influencer les votes lors des prochaines AG,
pour les rapprocher des intérêts des
salariés actionnaires.— L. Boi.
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
Commune de ROISSY-EN-FRANCE
Enquête publique portant sur la révision allégée du PLU
Par arrêté n°18/136 du 04 octobre 2018 le maire de Roissy-en-France a ordonné
l'ouverture de l'enquête publique sur la révision allégée du Plan Local d’Urbanisme
de Roissy-en-France.
A cet effet, le président du tribunal administratif a désigné Mme Françoise DE
MENTHON en qualité de commissaire enquêteur.
La personne responsable de la révision allégée du PLU est la commune de
Roissy-en-France représentée par son maire, M. André TOULOUSE et dont le
siège administratif est situé en mairie principale 40 avenue Charles de Gaulle.
A l'issue de l'enquête publique, le conseil municipal approuvera le PLU,
éventuellement modifié pour tenir compte des observations émises lors de l’enquête
et suivant l’avis du commissaire enquêteur.
L’enquête publique se déroulera en mairie principale de Roissy-en-France 40
avenue Charles de Gaulle
du jeudi 25 octobre 2018 au mardi 27 novembre 2018 inclus,
soit pendant 34 jours.
Le commissaire enquêteur recevra le public les :
- jeudi
25 octobre
2018 de 9h00 à 12h00
- lundi
12 novembre 2018 de 15h00 à 18h00
- mardi
27 novembre 2018 de 15h00 à 18h00
Le dossier d’enquête pourra être consulté sur le site http://revision-allegee-pluroissy-en-france.enquetepublique.net en mairie de Roissy-en-France aux jours et
heures habituels.
Chacun pourra prendre connaissance du dossier ainsi que des remarques
formulées et consigner éventuellement ses appréciations, suggestions ou contrepropositions :
- soit sur le registre d'enquête
- soit les adresser, avec la mention : Objet : PLU, par courrier postal à : Mairie
de Roissy-en France l'attention de Mme Françoise DE MENTHON commissaire
enquêteur 40avenue Charles de Gaulle 95700 Roissy-en-France ou par courrier
électronique à revision-allegee-plu-roissy-en-france@enquetepublique.net
- soit sur le registre dématérialisé, à l’adresse suivante http://revision-allegee-pluroissy-en-france.enquetepublique.net
Le dossier soumis à l'enquête publique comprend :
- le projet de PLU arrêté complété,
- les avis émis sur le projet de PLU,
- la mention des textes qui régissent l’enquête publique en cause et l’indication de
la façon dont elle s’insère dans la procédure administrative.
Il n’est pas prévu de réunion d’information et d’échanges.
Le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur seront tenus à la
disposition du public à la mairie de Roissy-en-France et à la préfecture de CergyPontoise aux jours et heures habituels d’ouvertures où ils pourront être consultés
dès leur réception et pendant un an à compter de la date de clôture de l’enquête
publique.
Dès la publication de l’arrêté, toute personne pourra, sur sa demande adressée
au maire et à ses frais, obtenir communication du dossier d’enquête publique.
EP18-471
enquete-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
28 // FINANCE & MARCHES
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
Le fisc cherche toujours qui se cache
derrière la « liste UBS »
l Les recherches concernent une liste de 38.000 comptes ouverts chez UBS entre 2006 et 2008.
l Elles butent sur la coopération administrative avec la Suisse.
BANQUE
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Dans l’affaire UBS, ce sont la banque
et ses dirigeants qui se retrouvent
aujourd’hui sur le banc des accusés.
Qu’en sera-t-il demain des détenteurs des comptes ? Le fisc français
tente depuis trois ans d’exploiter
une liste de 38.000 comptes ouverts
au sein de la banque suisse
entre 2006 et 2008 et que la France
aurait obtenu de l’Allemagne à la
suite d’une perquisition au sein de
la filiale allemande. L’enjeu est de
pouvoir recouper ces informations
avec la liste des contribuables qui
ont régularisé leur situation par le
biais du service de traitement des
déclarations rectificatives (STDR),
la cellule de dégrisement ouverte de
2013 à 2017.
Avec 8 milliards de recettes
engrangées, cette cellule affiche un
bilan satisfaisant. La Cour des
comptes avait toutefois souligné
une limite : la procédure a soldé
beaucoup de dossiers liés à des héritages ou des donations, mais peu de
gros montages sophistiqués, issus
d’une épargne exportée. En clair, on
se demande si les plus gros fraudeurs n’ont pas quitté la Suisse
avant la levée du secret bancaire
pour s’envoler vers des paradis fis-
Le procès UBS
en suspens
caux n’ayant pas encore appliqué
l’échange d’informations.
La « liste UBS » pourrait apporter
une réponse à cette interrogation.
Encore faut-il savoir qui se cache
derrière ces numéros de compte. En
mai 2016, Bercy a lancé une
demande d’entraide à l’administration fédérale suisse (AFC). Au lieu de
faire une demande groupée sur ces
38.000 comptes, la France a effectué
38.000 demandes individuelles,
tout simplement parce que les
demandes individuelles peuvent
faire remonter des informations
antérieures à 2013, soit avant que le
secret bancaire suisse ne tombe.
Dix ans de délai
de prescription
Mais la légalité de la démarche française a été contestée, d’abord par
l’administration suisse, puis par
UBS qui a cherché à entraver la procédure. Fin juillet, le tribunal de
Saint-Gall a prononcé une décision
favorable à la banque, jugeant que
la demande française était « non
conforme ». Cette décision peut être
contestée en deuxième instance,
mais uniquement par l’administration suisse qui est opposée à UBS
d a n s c e l i t i g e . Q u ’e n e s t - i l
aujourd’hui ? « L’AFC a décidé le
10 août de faire recours au tribunal
fédéral », qui n’a pas encore pris de
décision, indique un porte-parole
de l’administration fiscale suisse.
L’ancien dirigeant d’UBS France, Patrick de Fayet, accompagné
de son avocat, est en première ligne dans le procès de la banque
suisse. Photo Thomas Samson/AFP
En attendant, le délai de prescription continue de courir : il va jusqu’à
dix ans pour la détention d’un
compte étranger non déclaré.
Selon l’AFC, la question des 38.000
anciens comptes d’UBS n’aurait en
tout cas pas de rapport avec les informations que la France n’a pas été en
mesure de transmettre à la Suisse
VENDREDI 12 OCTOBRE
25 personnalités
vous donnent
leur vision du monde
en 2038
ÉDITION
COLLECTOR
110 ANS
dans le cadre de l’échange automatique de renseignements, fin septembre. Comme l’Australie, la France n’a
pas encore livré ces données datant
de 2017 « à l’AFC pour des raisons
techniques », a révélé l’administration suisse vendredi. Berne a, du
coup, refusé d’envoyer à la France ses
propres informations. n
Le tribunal de grande
instance de Paris dira
jeudi 11 octobre s’il estime
les questions prioritaires
de constitutionnalité
(QPC) soulevées par
la défense dans le procès
UBS suffisamment
sérieuses pour les
transmettre. Au cours
de la première journée
d’audience, lundi,
les avocats de la banque
suisse, qui risque jusqu’à
5 milliards d’euros
d’amende pour « blanchiment aggravé de fraude
fiscale », ont multiplié
les procédures pour tenter de retarder l’audience.
Défendant une QPC sur
l’égalité devant la loi, Eric
Dezeuze, avocat d’UBS
France, a dénoncé une
« hypocrisie judiciaire
et juridique » qui vise à
poursuivre pour « blanchiment de fraude fiscale »
des faits éventuellement
constitutifs de « complicité
de fraude fiscale » dans
le seul but de contourner
le fameux verrou de Bercy
à la Cour de cassation.
L’évasion fiscale, dossier
empoisonné pour
le secteur bancaire suisse
Les acteurs de la gestion
de fortune ont dû s’acquitter d’amendes parfois très
lourdes aux Etats-Unis.
Le secteur doit désormais
composer avec la fin
du secret bancaire.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Le secteur de la banque privée
suisse n’a pas encore mis derrière
lui la question de l’évasion fiscale.
La comparution cette semaine
devant les juges français d’UBS
l’atteste. Pour le géant mondial de la
gestion de fortune et pour ses concurrents helvétiques, le sujet a
cependant déjà empoisonné ces dix
dernières années.
Dès 2009, UBS acceptait de payer
780 millions de dollars aux autorités américaines. La banque, fragilisée par les révélations de l’un de ses
anciens gérants de fortune, Bradley
Birkenfeld, reconnaissait alors,
dans le cadre d’une négociation,
avoir aidé des citoyens américains à
échapper au fisc. A l’époque, le gouvernement suisse ne voulait pas
entendre parler d’abandon de son
secret bancaire, la marque de fabrique de sa place financière. C’était
sans compter sur la volonté des
Etats-Unis et sur celle d’autres Etats,
d’autant plus soucieux de récupérer
l’argent d’évadés fiscaux que la crise
financière avait mis à mal leurs
finances publiques. Mise sous pression, la Suisse a franchi un pas décisif vers la fin de son secret bancaire
780
MILLIONS DE DOLLARS
Le montant de l’amende payée
par UBS aux autorités
américaines en 2009.
en 2013. Le gouvernement a alors
accepté de respecter la loi américaine Fatca, forçant les banques à
transmettre à l’administration fiscale des informations sur les comptes des citoyens américains logés en
dehors du territoire. La même
année, des banques suisses se sont
pliées à la volonté de Washington
en acceptant de transmettre des
informations et de payer des amendes. Couvrant près de 80 banques,
ce seul « programme suisse » a rapporté près de 1,4 milliard de dollars
au département de la Justice américain. Plusieurs établissements ont
par ailleurs écopé de sanctions à
l’issue d’enquêtes. En 2014, Credit
Suisse a ainsi dû acquitter 2,6 milliards de dollars aux Etats-Unis.
Echange d’informations
effectif
Berne échange désormais des
informations avec les administrations fiscales de nombreux pays
ayant emboîté le pas des Etats-Unis.
Vendredi dernier, l’administration
helvétique a ainsi fait savoir qu’elle
avait transmis pour la première fois
des renseignements sur des comptes logés dans des banques suisses à
des Etats membres de l’Union européenne. Les banques suisses doivent désormais compter avec cette
transparence pour tirer leur épingle du jeu dans la compétition mondiale, à l’heure où des places financières telles que Hong Kong ou
Singapour montent en puissance.
Elles ont dû faire le ménage dans
leur clientèle et mettre à jour leur
conformité. Cependant, « les
retraits d’argent, ces dernières
années, ont été beaucoup plus faibles
que redouté par beaucoup de personnes », assure Christian Hintermann, associé chez KPMG. « La
Suisse est toujours le plus grand
centre pour la gestion de fortune
offshore » de clients non résidents,
conclut-il. n
La pression
s’accentue
sur le marché
des dérivés
OPÉRATEURS
BOURSIERS
L’ombre d’un « hard
Brexit » s’étend
sur les chambres
de compensation
londoniennes.
Guillaume Benoit
@gb_eco
Un préavis de trois mois, et puis
adieu. Tel serait en substance le
message envoyé par la chambre
de compensation londonienne
LCH à ses clients européens en
cas de « hard Brexit », d’après le
« Financial Times ». Les lettres
de rupture de contrats pourraient être envoyées fin novembre ou début décembre. Les
banques européennes qui traitent avec la « clearing house »
devraient alors trouver
d’urgence une nouvelle chambre pour leurs transactions,
particulièrement pour les dérivés de taux, qui sont pour certains ultra-majoritairement à
Londres.
L’enjeu est de taille. La Banque d’Angleterre a estimé à
38.000 milliards de livres sterling le montant notionnel des
contrats de swaps devant être
ainsi déplacés. Surtout, cet
objectif est irréaliste. Le transfert des contrats de dérivés, et
donc le changement de chambre de compensation, est un
travail de longue haleine.
Récemment interrogé par « Les
Echos », un banquier allemand
estimait que ce chantier prendrait au bas mot de 6 à 12 mois.
Les obstacles pratiques et
juridiques sont en effet très
nombreux. Ce message alarmant est en fait un moyen de
pression sur les régulateurs des
deux côtés de la Manche.
Contraintes prudentielles
exorbitantes
La Financial Conduct Authority (FCA), qui veille sur les marchés financiers de la City, et
l’European Securities and
Markets Authority (Esma), le
gendarme européen, sont en
effet en train de plancher sur
des projets d’accords transitoires de coopération. Objectif ?
Eviter que la finance européenne ne se fige le 29 mars à
23 h 01, quand le Royaume-Uni
aura quitté l’Union européenne, si les négociations sur
le Brexit échouent. Sinon, les
grandes banques européennes
ne pourraient plus travailler
avec les « clearing houses » londoniennes ou alors au prix de
contraintes prudentielles exorbitantes.
« Pour prévenir les risques
posés à la stabilité des marchés
financiers, nous devons assurer
un accès aux chambres de compensation britanniques pour les
plates-formes boursières et les
acteurs européens », a ainsi
déclaré Steven Maijoor, président de l’Esma, devant un parterre de dirigeants d’opérateurs boursiers à Athènes la
semaine dernière. Une attitude
qui semble contraster avec la
fermeté affichée par les autorités européennes sur le rapatriement de la compensation
en zone euro. La réalité est plus
nuancée. Steven Maijoor a également exhorté Bruxelles à
avancer plus rapidement sur le
nouveau régime de supervision des chambres de
compensation non européennes, qui va jusqu’à la relocalisation de certaines transactions
sur le continent. Tout en permettant que, dans l’intervalle,
les banques européennes
puissent continuer à utiliser les
services de LCH. n
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
La Bourse chinoise décroche
malgré le soutien de Pékin
chés », notent ceux de Barclays. Et
ce, après une semaine dernière
particulièrement rude à la Bourse
de Hong Kong (–4,4 %) et marquée
par le « discours belliciste du viceprésident américain Mike Pence,
suggérant une escalade des tensions
sino-américaines sur le long
terme », poursuivent les économistes de Barclays. Tensions commerciales, tensions militaires,
accusations d’espionnage technologique, les conflits se généralisent
entre les deux superpuissances.
BOURSE
Shanghai a clôturé
en chute de 3,72 %
lundi.
Le plan de soutien
de la banque centrale
n’a pas suffi à rassurer
des investisseurs sur
l’escalade des tensions
avec les Etats-Unis.
Soutien de la demande
intérieure
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
Rude reprise pour les investisseurs
chinois. Au retour d’une longue
semaine de congés pour cause de
fête nationale, les Bourses de Chine
continentale ont décroché lundi,
hantées par l’escalade des tensions
avec les Etats-Unis. La Bourse de
Shanghai a terminé en repli de
3,72 % tandis que la place de Shenzhen cédait 3,83 %.
Cette baisse est intervenue en
dépit de nouvelles mesures de
Pékin visant à soutenir son économie. Alors que celle-ci montre de
nouveaux signes de ralentissement, la banque centrale chinoise
(PBoC) a indiqué, dimanche, qu’elle
a l l a i t r é d u i r e d ’u n p o i n t d e
pourcentage le taux de réserves
obligatoires de la plupart des ban-
ques afin d’encourager ces dernières à accorder davantage de crédits.
Effective à compter du 15 octobre,
cette mesure doit permettre d’injecter 750 milliards de yuans (94 milliards d’euros) de liquidités supplémentaires, a expliqué la banque
centrale.
C’est la quatrième fois cette
année que Pékin décide d’une telle
mesure et les économistes s’attendent à d’autres décisions similaires
dans les prochains mois. Mais au
lieu d’apaiser les craintes des
investisseurs, la décision de la banque centrale chinoise a trahi
l’inquiétude de cette dernière
quant au ralentissement de la
deuxième économie mondiale et
l’impact des taxes douanières
américaines, estiment-ils.
Priorité à la stabilisation
La décision de la PBoC « devrait
être utile, mais pas suffisante face
au ralentissement de l’économie »,
jugent les économistes de la
Société Générale. Si cette décision
n’est pas « totalement une surprise », « le moment choisi […] montre la priorité donnée par la banque
centrale à la stabilisation des mar-
Pour les analystes de Citi, l’impact
de la guerre commerciale pousse
Pékin à changer ses priorités :
« L a C h i n e a c e s s é d e m e t t re
l’accent sur le désendettement
financier au profit d’un renforcement de la politique budgétaire et
d’un assouplissement plus dynamique de la politique monétaire
afin de faire face au ralentissement
économique provoqué par une
guerre commerciale prolongée
avec les Etats-Unis », notent-ils.
Depuis cet été, plusieurs mesures
ont été prises par Pékin visant à
soutenir la demande intérieure,
notamment via une reprise des
investissements en infrastructures. Les autorités chinoises
cherchent à maintenir l’économie sur la voie d’un atterrissage
en douceur. n
Louis Dreyfus gâte ses actionnaires
malgré un profit en baisse
MATIÈRES PREMIÈRES
400 millions de dollars
ont été versés aux
propriétaires de LDC.
Muryel Jacque
@MuryelJacque
Louis Dreyfus Company s’est montré généreux avec ses actionnaires.
Le géant du négoce de produits agri-
coles a annoncé avoir distribué en
mai pour 411 millions de dollars de
dividendes à ses propriétaires, à
savoir, en grande partie, le holding Louis Dreyfus. Ce holding est
détenu à plus de 80 % par la fondation Akira, qui gère les intérêts de la
famille de Margarita Louis-Dreyfus
dans le groupe.
Ce versement a été effectué « en
rapport avec les résultats des
années 2016 et 2017 », précise LDC
dans son rapport. Mais il intervient
alors que la maison de négoce
accuse une baisse de son résultat net
de 38 % au cours des six premiers
mois de 2018. Le bénéfice s’est établi
à 100 millions de dollars, contre
160 millions un an plus tôt.
Le rapport fait en outre état d’un
prêt de plus de 1 milliard de dollars
consenti au holding familial, sans
donner de détails. Enfin, entre fin
décembre et fin juin, l’utilisation
des prêts bancaires a augmenté de
65 %, et la dette nette de LDC a pro-
gressé de 2,6 milliards de dollars à
3,6 milliards.
Le groupe attribue le recul de son
bénéfice à l’impact négatif de ses
activités de couverture dans la trituration de soja. Dans ce segment,
LDC s’est retrouvé pris à contrepied – comme beaucoup – et a dû
enregistrer une moins-value. « La
tendance s’est inversée au second
semestre et nous sommes sur la
bonne voie pour afficher des résultats
solides sur l’ensemble de 2018 »,
assure Ian McIntosh, le tout nouveau directeur général de la société,
dans un communiqué.
Rachat des parts familiales
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Pour autant, ces résultats arrivent à
un moment délicat pour le groupe
non coté qui a chamboulé sa direction de manière inattendue il y a
deux semaines, après le départ
simultané de son directeur général
et de son directeur financier. Ils
compliquent peut-être également
la tâche de Margarita LouisDreyfus. Actionnaire majoritaire
depuis la mort de son mari, Robert
Louis-Dreyfus, la femme d’affaires cherche en effet à financer le
rachat de parts familiales que la
fondation Akira ne détient pas
encore d’ici à la fin de l’année. Elle
aurait besoin d’environ 900 millions de dollars, et essaierait actuellement de lever de la dette, selon
une source bien informée.
« On peut se demander comment
le nouveau management de LDC va
pouvoir gérer cette situation. Margarita Louis-Dreyfus a encore besoin de
beaucoup d’argent pour remplir ses
engagements d’ici la fin de l’année.
Peut-elle encore demander de tels
efforts à LDC ? interroge Jean-François Lambert, consultant chez
Lambert Commodities et ancien
banquier spécialiste du financement des matières premières. Quand bien même la seconde
partie de l’année serait exceptionnelle – ce qui est loin d’être évident –,
LDC aurait avantage à reconstituer
son trésor de guerre, gage de sa capacité à profiter des optionnalités des
marchés de matières premières. » n
LA SÉANCE DU 8 OCTOBRE 2018
La Bourse
de Paris vire
au rouge
sur l’année
de Paris a terminé
•enLanetBourse
recul lundi. Le CAC 40
a perdu 1,1 % pour clôturer
à 5.300,25 points, dans un
volume d’échanges moyen de
3,2 milliards d’euros. Depuis le
début de l’année, l’indice perd
désormais du terrain (– 0,23 %).
Les opérateurs se sont inquiétés au sujet de la Chine après
que la banque centrale a
annoncé des mesures de
relance monétaire. Ils étaient
aussi préoccupés par la trajectoire budgétaire de l’Italie et
ses relations avec l’Union
européenne.
Aucune valeur du CAC 40 n’a
échappé à la baisse. Les bancaires se sont repliées en raison
des craintes autour de l’Italie.
Société Générale a perdu
1,40 %, Crédit Agricole SA
1,79 % et BNP Paribas 1,35 %.
Les titres pétroliers ont
reculé avec les cours du pétrole.
Total a lâché 1,96 %, TechnipFMC 2,28 %, Nexans 1,76 % et
Vallourec 3,62 %.
Les valeurs technologiques
ont baissé dans le sillage de
leurs homologues américaines.
STMicroelectronics a cédé
1,48 % et Soitec 4,41 %. Dassault Systèmes a lâché 2,89 %.
C a p g e m i n i s’est déprécié
de 2,15 %.
Dans le secteur du luxe,
Kering a perdu 2,07 %, LVMH
1,52 %, Hermès 1,12 %.
ADP a baissé de 2,62 %. Le
PDG du groupe a estimé que
le gouvernement n’avait pas
fermé la porte aux investisseurs
étrangers pour la prochaine
privatisation de l’entreprise. AB
Science a bondi de 19,77 %.
Une étude universitaire accrédite le potentiel de sa molécule
phare pour traiter la sclérose
latérale amyotrophique.
en bref
Les volumes d’ICO au plus bas
depuis dix-sept mois
CRYPTOMONNAIES Les « initial coins offering » (ICO), des
levées de fonds réalisées en cryptomonnaies (bitcoin, ether,...),
ont du plomb dans l’aile. Les volumes d’émissions pour le mois
de septembre n’ont même pas atteint 300 millions de dollars,
selon le cabinet Autonomous Research. Ce montant – le plus faible depuis mai 2017 – ne représente que 10 % du record enregistré par le marché des ICO en janvier 2018. Un déclin qui pourrait
s’expliquer par les incertitudes concernant le statut réglementaire de ces opérations. La SEC, le gendarme financier américain, a récemment considéré que la plupart des jetons devaient
être considérés comme des titres et régulés en tant que tels. Les
investissements en actions dans les start-up ont pour leur part
repris de la vigueur.
L’ACTUALITÉ DU M&A AVEC
AMPLITUDE LASER GROUP EST EN VENTE
L’attribution du prix Nobel de physique au Français Gérard
Mourou donne des idées. Une des entreprises tricolores à avoir
bénéficié des travaux du physicien primé, Amplitude Laser
Group, est aujourd’hui en vente. Les partenaires financiers de
ce fabricant girondin de lasers industriels et scientifiques,
Cathay Capital, bpifrance, Mérieux Développement et Auriga
Partners, ont confié un mandat à Canaccord Genuity, dans le
but de céder leur participation majoritaire. Partenaire de géants
de l’électronique comme Samsung ou LG, Amplitude Laser
Group génère près de 70 millions d’euros de revenus annuels.
ANALYSES MÉDICALES : UNILABS NÉGOCIE
LE RACHAT DE BIOPATH
Le groupe suisse de laboratoires d’analyses médicales Unilabs
est en passe de renforcer son empreinte sur le territoire français. Il s’apprête à prendre le contrôle de Biopath, un concurrent
indépendant basé en Ile-de-France et dont le chiffre d’affaires
s’élèverait à 80 millions d’euros. Ce projet d’acquisition a été
notifié auprès de l’Autorité de la concurrence. Unilabs négocie
également le rachat de deux autres petits groupes d’analyses
médicales, à savoir Polibio et SFMTBio, qui seraient liés à Biopath par des actionnaires communs.
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MARDI 9 OCTOBRE 2018
GESTION D’ACTIFS
ENVIRONNEMENT // Fin 2017, près d’un tiers des encours gérés par des sociétés de gestion
LA PERSONNALITÉ
françaises prenaient en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Sophie Rolland
@Sorolland
L
’investissement responsable
s’impose peu à peu comme
une norme dans la gestion
d’actifs. A fin 2017, près d’un tiers des
encours gérés par des sociétés de
gestion françaises prenaient en
compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance
(ESG) : soit environ 1.000 milliards
d’euros sur un total de 3.500 milliards, selon les derniers chiffres de
l’Association française de gestion
financière. Le développement de cet
investissement dit « responsable » –
à ne pas confondre avec l’ISR (investissement socialement responsable), dont les critères sont plus précis – est très largement lié à la
réglementation française. Les investisseurs ont l’obligation de communiquer sur leurs pratiques en la
matière. Et les pouvoirs publics se
sont emparés du sujet avec la création de deux labels : le label ISR du
ministère de l’Economie et des
Finances et le label Transition énergétique et économique pour le climat (TEEC) du ministère de la Transition écologique et solidaire.
Les encours ISR
représentent moins de 10 %
Les encours ISR ne représentent,
eux, que 9 % du total du marché
(310 milliards d’euros). Mais ils augmentent rapidement : 12 % en 2017.
Cette croissance a toutes les chances
de se poursuivre, à entendre les dernières annonces. Le géant Amundi a
par exemple communiqué lundi sur
son intention de passer la vitesse
supérieure en matière d’investissement responsable. AXA IM a décidé
d’intégrer les critères ESG dans tous
ses pôles de gestion et de mettre
l’accent sur l’approche thématique
« à impact ». LBPAM prévoit d’être
100 % ISR dans deux ans. Enfin,
autre exemple récent, DNCA (affilié
de Natixis IM) s’est converti à l’investissement responsable et a lancé une
gamme de fonds ISR.
Malgré l’émergence de l’investissement de conviction ou d’impact,
c’est l’approche « best in class »
(sélection des émetteurs ayant les
meilleures pratiques ESG dans leur
secteur d’activité) qui domine l’ISR.
84 % des encours ISR sont gérés suivant cette approche. L’avantage : les
gérants peuvent conserver un
niveau de diversification sectorielle
quasi inchangé. En revanche, « la
méthode d’évaluation où l’on part du
principe que chaque secteur est en
moyenne équivalent d’un point de
vue environnemental et social n’est
en réalité pas très recevable », souligne Hervé Guez chez Mirova. Selon
lui, « les épargnants attendent une
offre d’allocation différente des fonds
classiques : il faut être prêt à assumer
un certain biais sectoriel ».
Un projet européen
en préparation
« La demande des particuliers et l’évolution en cours au niveau européen
mèneront à davantage d’investissement d’impact », avance, quant à elle,
Raya Bentchikou, responsable du
développement produits ESG chez
AXA IM. La Commission européenne s’est saisie des conclusions
formulées par le Groupe d’experts
de haut niveau sur la finance durable (HLEG) et pourrait en effet légiférer avant les élections de 2019. « Cela
permettra sans doute d’avoir des
méthodes plus homogènes pour
mesurer l’impact des investissements », poursuit Raya Bentchikou.
En attendant, les fonds ISR qui
s’appuient sur une approche « best
in class » devraient a minima bénéficier de la labellisation publique,
estiment un certain nombre de spécialistes. « Avoir une offre ISR non
labellisée est d’autant plus suspect
que le niveau d’exigence du label
public n’est pas très élevé et que son
coût ne dépasse pas quelques milliers
d’euros par fonds », souligne Hervé
Guez. En tout, 166 fonds ont obtenu
le label ISR (45 milliards d’euros
d’encours) et 22 fonds bénéficient
du label TEEC.
DR
L’investissement
responsable
devient la norme
— Le fonds emblématique de
La Financière de l’Echiquier
est désormais cogéré
par Frédéric Buzaré (photo)
et Didier Le Menestrel.
« Avoir une offre ISR
non labellisée est
d’autant plus
suspect que le
niveau d’exigence
du label public n’est
pas très élevé
et que son coût ne
dépasse pas
quelques milliers
d’euros par fonds. »
Agressor
a un nouveau
gérant
• SON ACTUALITÉ
HERVÉ GUEZ
chez Mirova
Les labels, un gage de crédibilité
pour le grand public
Pour le président de
La Banque Postale Asset
Management, Daniel Roy,
il faut veiller à « ne pas
générer de désillusion
ou d’incompréhension du
côté du grand public. »
En avril dernier, La Banque Postale
Asset Management (LBPAM)
s’engageait à devenir « le premier
gérant généraliste 100 % ISR d’ici à
2020 ». Objectif : faire converger
l’ensemble des produits ouverts
vers une gestion responsable et
mener une campagne de sensibilisation en direction des clients institutionnels dont les encours n’intégreraient pas encore de filtres
extra-financiers. Pour le président
de LBPAM, Daniel Roy, il serait illusoire, voire dangereux, de se passer
des labels. « Si l’on veut que l’approche ISR soit compréhensible et crédible pour le grand public, il faut absolument que les fonds ouverts soient
labellisés », avance-t-il.
Aujourd’hui, 49,5 % des encours
du cinquième gestionnaire d’actifs
français (soit 109 des 216 milliards
d’euros sous gestion) intègrent les
critères ISR dans leur gestion. Les
fonds ayant un fort impact ISR, via
leurs démarches de sélection (bestin-universe, best-in-class) ou thématiques, représentent 4 milliards
d’euros. Et 22 fonds sont labellisés
(label ISR de Bercy, label TEEC et
Finansol) pour un total de 3,5 milliards d’euros d’encours.
Si l’on veut que
l’approche ISR
soit compréhensible
et crédible pour le
grand public, il faut
absolument que les
fonds ouverts soient
labellisés. »
DANIEL ROY
Président de LBPAM
« Aller plus loin »
L’objectif est donc d’avoir 100 % des
fonds ouverts labellisés dans deux
ans. Mais Daniel Roy s’interroge
sur la lisibilité d’un système où
coexistent plusieurs labels aux
logiques différentes. « Le label ISR
public n’est pas assez exigeant. Au
contraire, le label TEEC l’est trop,
estime-t-il. Or il faut faire très attention à ne pas générer de désillusion
ou d’incompréhension du côté du
grand public. »
Le champion français de la gestion
d’actifs veut, lui aussi, passer à la
vitesse supérieure en matière
d’investissement socialement responsable. Amundi a annoncé
lundi le lancement d’un plan
d’actions à trois ans pour donner
« une nouvelle portée à ses engagements ». « Dans un monde libéralisé, la contrepartie de la liberté c’est
la responsabilité, déclare son directeur général, Yves Perrier. Cette
prise en compte dans les politiques
d’investissement est aussi un gage de
performance financière dès que l’on
se situe sur un horizon de long
terme. »
Le premier asset manager européen (1.460 milliards d’euros sous
gestion au 30 juin) revendique pour
l’instant seulement 280 milliards
d’euros sous gestion en investissement responsable (dont 245 milliards pour le compte d’institutionnels), soit 19 % de ses encours.
L’objectif d’ici à fin 2021 : intégrer les
critères environnementaux,
sociaux et de gouvernance (ESG) à
l’ensemble de la gestion et de la politique de vote. Amundi a choisi
d’adopter une approche incitative à
l’égard des entreprises. Une équipe
dédiée de 25 personnes note les
émetteurs en fonction de critères
ESG, ce qui conduit à une surpondération ou à une sous-pondération dans les portefeuilles d’investissement. « Nous excluons
également les entreprises dont plus
de 25 % du chiffre d’affaires est lié au
charbon », explique Yves Perrier.
Le gestionnaire d’actifs refuse
toutefois tout dogmatisme et, en
fonction des réalités industrielles,
ne s’interdit pas d’investir dans une
entreprise même si elle ne respecte
pas strictement ces critères. En
revanche, la valeur sera alors moins
pondérée dans les portefeuilles.
L’idée étant d’encourager les entreprises à prendre en compte dans
leurs stratégies leur impact environnemental et social. Pour le
directeur général d’Amundi, « il
faut se garder d’une normalisation
trop forte et accepter la part de responsabilité de chacun ».
« La moindre initiative peut
faire bouger les lignes »
Si l’approche peut paraître timide,
le chantier est énorme. « Certains
grands acteurs paraissent peu engagés sur l’ISR par rapport à la taille de
leurs encours, mais comme ils gèrent
des encours gigantesques, la moindre
initiative peut faire bouger les
lignes », commente un spécialiste
de l’investissement responsable.
Dans trois ans, l’analyse ESG
infléchira la gestion de tous les
fonds du groupe ainsi que la politique de vote en assemblée générale.
« Tous les fonds gérés de manière
active devront offrir une performance ESG supérieure à leurs indices ou univers de référence », détaille
Yves Perrier. Ainsi, l’offre de fonds
actifs prenant en compte des critères ESG doit passer de 25 milliards
d’euros aujourd’hui à 250 milliards
d’ici à fin 2021. S’y ajouteront les
encours ESG sous gestion passive,
qui devront doubler pour atteindre
au moins 70 milliards d’euros,
notamment grâce à une nouvelle
gamme d’ETF (« exchange-traded
fund »), ISR basés sur des indices
MSCI responsables.
En plus de la généralisation de
l’appro che « b est-in-class »,
Amundi veut faire passer de 10 à
20 milliards d’euros ses initiatives
liées à l’environnement et à impact
social, comme les fonds indiciels
• SON PARCOURS
Diplômé de l’IEP de Paris et de
la Société française des analystes financiers, Frédéric Buzaré
commence son parcours en
1995 auprès de la Banque de
France, puis chez AXA Investment Managers et BNP Paribas,
en tant que gérant de fonds
actions européennes. En 2007,
il gère depuis Bruxelles l’équipe
actions de Dexia AM, avant de
rejoindre, en 2012, le Government of Singapore Investment
Corp à Londres, où il était
gérant senior de fonds actions
Europe.
• SA SOCIÉTÉ
Le secteur de la gestion d’actifs va
aujourd’hui « dans la bonne direction, mais il faut que les acteurs se
préparent à aller plus loin ». Pour lui,
la logique d’exclusion est inexorablement appelée à prendre le pas
sur le « best-in-class ». « L’exclusion
va devenir la norme, car c’est une
aspiration très forte de la société ».
— S. Ro.
Amundi s’engage à devenir plus responsable
Le champion français
de la gestion d’actifs veut
faire passer l’offre de fonds
actifs pour les particuliers
prenant en compte des
critères ESG de 25 milliards
d’euros aujourd’hui à
250 milliards d’ici à fin 2021.
Frédéric Buzaré a quitté le
fonds souverain singapourien
pour La Financière de l’Echiquier. Depuis le 1er octobre, il y
succède à Guillaume Dalibot,
qui gérait le fonds historique
Echiquier Agressor depuis le
départ de Damien Lanternier
en 2016. Didier Le Menestrel a
décidé de s’impliquer davantage dans la gestion du fonds,
qui reste le produit phare de la
société, créée en 1991.
La Financière de l’Echiquier,
dont Primonial a pris 40 % du
capital en début d’année, gérait
10,3 milliards d’euros d’actifs au
30 juin dernier. Les encours
d’Echiquier Agressor étaient
alors d’environ 1 milliard
d’euros. Spécialisé sur les
actions européennes, le fonds
est géré selon un style « contrarian » et opportuniste. n
en bref
CARBONE 4 LANCE
« 2-INFRA CHALLENGE »
Carbone 4 lance une
méthode qui permettra aux
investisseurs en infrastructures de mesurer l’alignement
de leur stratégie avec une
trajectoire 2 degrés. Elle
mesurera aussi l’exposition
aux risques climatiques.
Yves Perrier, directeur général
d’Amundi. Photo T. Dorn/Laif-RÉA
bas carbone, la société de gestion
commune avec EDF sur la transition énergétique ou le fonds green
bonds. « Nous allons également renforcer notre engagement en faveur de
l’économie sociale et solidaire. Ils
passeront de 200 à 500 millions »,
signale Yves Perrier. — S. Ro.
Comment investir dans un monde
où un hashtag peut déclencher
une guerre commerciale ?
La montée du protectionnisme commercial est un véritable défi
pour les investisseurs. Mais pour les plus visionnaires, chaque
nouveau droit de douane est une nouvelle opportunité.
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32 // FINANCE & MARCHES
euronext
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
SÉANCE DU 08 - 10 - 2018
CAC 40 : 5300,25 (-1,10 %) NEXT 20 : 12102,24 (-0,87 %)
CAC LARGE 60 : 5901,23 (-1,08 %)
CAC ALL-TRADABLE : 4166,23 (-1,10 %)
DATE DE PROROGATION : 26 OCTOBRE
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
11/10/17 0,35
ESSILOR INTERNATIONAL (EI) R A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
17/04/18 3,4
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
41,7
766481
290.948.939
111,5
715764
428.301.594
104,34
1610463
776.295.452
25,715
3856814
1.021.903.623
100,15
304120
106.884.219
23,675
6968499
2.423.655.502
51,51
3256327
1.249.798.561
36,52
499758
366.484.738
111,4
546217
168.817.033
15,6
2657793
789.252.839
12,546
5781187
2.866.437.156
65,28
1084508
685.055.200
122,85
432209
261.541.129
12,64
4588139
2.435.285.011
122,75
590279
358.840.853
533,6
97624
105.569.412
427,2
467977
126.279.322
284
789970
505.028.789
60,66
505024
266.805.751
200,8
380637
560.082.187
CLOT
+ HAUT
+ BAS
41,7
41,98
41,47
111,65
111,8
111,1
103,62
105,96
102,16
25,56
25,82
25,395
99,96
101,1
99,72
23,51
23,805
23,4
51,15
51,65
50,81
36,57
36,77
36,5
109,3
111,4
109,15
15,635
15,65
15,455
12,376
12,562
12,3
65,45
65,76
65,25
119,45
122,85
119,3
12,655
12,76
12,61
122,2
123,35
122,1
529
534
526,4
420,2
428
417,4
281,85
284,8
281,15
60,26
60,88
60,2
199,2
201,8
198,75
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 0,24
- 1,79
- 2,77
- 0,13
+ 5,58
+ 7,1
- 0,37
- 1,16
+ 27,5
- 0,99
+ 2,82
+ 12,25
- 0,54
+ 0,93
- 25,01
- 0,84
+ 7,89
- 9,37
- 1,35
+ 1,39
- 25,22
- 0,35
+ 2,55
- 8,32
- 2,15
+ 3,9
+ 9,74
- 0,32
+ 0,16
- 8,08
- 1,79
+ 2,52
- 20,23
- 0,05
+ 0,4
- 4,2
- 2,89
- 7,01
+ 36,94
- 0,16
+ 3,26
- 11,57
- 0,73
+ 2,26
+ 16,38
- 1,12
- 0,26
+ 24,71
- 2,07
- 6,04
+ 33,88
- 1,52
- 0,81
+ 22,33
- 0,89
- 2,81
- 1,87
- 1,09
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 3,02
48,95
41,3
2,52
+ 6,28
115,25
97,12
2,37
+ 24,84
3,4
111,16
30,52
81,33
1,45
- 5,73
30,765
24,05
- 17,63
130,55
96,7
1,7
- 4,95
27,69
20,495 5,36
- 17,83
68,66
50,06
5,9
- 15,56
45,98
35
4,65
+ 10,53
119,8
97,38
1,56
- 13,33
19,73
12,955 2,94
- 10,32
15,54
11,105 5,09
- 6,43
71,78
62,24
2,9
+ 34,83
141
87,52
0,49
- 11,72
1,21
14,815 10,49
12,075 2,77
+ 6,31
129,55
105,35
1,25
+ 18,54
614,6
417,9
1,44
+ 15,02
522,4
338,263 0,95
+ 14,85
313,7
232,5
1,21
- 6,12
67,44
60,2
2,09
+ 7,7
214,9
+ 10,21 170,3
1,78
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
05/06/18 0,4
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
04/07/18 1,01
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/09/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
20/08/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
24/04/18 1,76
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
103,35
610712
178.978.841
13,6
4414455
2.660.056.599
137,6
384501
265.421.592
21,77
1761155
904.828.213
52,98
736536
235.249.801
72,01
724286
295.722.284
116,25
938260
443.680.643
35,325
1537445
552.615.876
75,57
1634432
1.251.631.963
66
1077416
578.979.025
36,615
3772518
807.917.739
87,08
276449
147.454.887
15,135
2824891
911.151.920
25,96
1643480
452.905.699
54,92
5187149
2.664.312.938
162,96
356228
138.282.967
32,29
1824495
240.253.100
17,105
1480574
565.593.341
80,5
936621
597.428.682
21,78
3510593
1.305.230.587
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
103,35
104,2
102,7
13,605
13,68
13,515
135,95
137,85
135,6
21,7
21,85
21,53
52,46
53,38
52,02
71,87
72,11
70,96
114
116,65
113,95
35,195
35,375
35,095
75,53
75,93
75,2
65,44
66,26
65,26
36,295
36,66
35,86
86,64
87,38
86,28
14,97
15,15
14,69
25,71
26,04
25,39
54,05
55,15
53,9
163,1
164,46
162,54
32,05
32,29
31,55
17,045
17,245
17,01
80,2
80,76
80,1
21,62
21,8
21,57
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 0,43
+ 3,14
- 15,15
- 0,37
- 0,15
- 1,66
- 1,31
+ 1,53
+ 13,91
- 0,96
- 6,91
+ 4,78
- 1,28
+ 1,55
- 12,16
- 0,61
+ 0,25
- 16,45
- 1,98
- 2,9
+ 31,14
- 0,64
- 0,48
- 28,49
- 0,66
+ 3,51
- 12,44
- 1,12
+ 1,46
- 11,79
- 1,4
+ 2,53
- 25,79
- 0,98
+ 0,56
- 16,65
- 1,48
- 7,59
- 10,95
- 2,28
+ 4,55
+ 10,49
- 1,96
+ 3,96
+ 18,65
- 0,29
- 5,38
- 1,72
-14,03
- 49,02
- 0,7
- 3,86
- 13,5
- 0,79
- 0,05
+ 0,38
- 1,37
- 1,05
+ 2,17
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 13,55
130,85
98,04
3,44
- 6,01
15,235
13,315
2,21
+ 3,03
147,75
120,05
0,74
+ 27,99
25,4
16,455 2,44
- 7,4
63,18
48,96
3,81
- 14,35
100,8
69,75
4,94
+ 32,7
122,25
81,04
1,4
- 23,46
48,6
35,095 3,69
+ 5,12
77,98
62,88
4,01
- 7,65
78,56
64,02
3,36
- 15,69
47,505
34,815 6,06
- 22,68
113,05
76
3,17
- 17,77
0,23
22,97 65,87
14,69
0,35
- 0,54
29,17
22,9
+ 17,39
56,82
43,09
1,18
- 15,25
195,5
162,54
- 48,53
66,48
3,9
31,47
- 19,88
22,29
16,915 4,93
- 5,81
88,8
77,56
2,2
- 3,57
24,87
20,26
2,08
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 4,058
4,726
1323398
5,14
40.789.901
4,002
B 6,25
6,21
59995
6,25
FR0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
6,2
ABIVAX (ABVX) g
B 6,65
6,56
7849
6,7
FR0012333284
10.024.182
6,56
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,618
0,602
5588
0,618
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,602
ACTIA GROUP (ATI) g
C 5,64
5,5
13128
5,64
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
5,45
ADOCIA (ADOC) g
B 16,48
16,3
5270
16,48
FR0011184241
6.916.753
16,1
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 190,3
185,7
84679
190,4
FR0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
183,1
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 8,492
8,394
4481024
8,56
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,354
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 59,8
58,4
19454
59,8
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
57,2
AKWEL (AKW) g
B 17
17
21213
17,3
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
16,88
ALD (ALD)
A 15,1
15,01
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FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
14,86
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 28,3
27,85
11582
28,4
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
27,8
ALSTOM (ALO) LR
A 39,14
39,1
582150
39,28
FR0010220475
20/07/18 0,35 222.997.311
39
ALTAREA (ALTA) g
A 196,4
195,4
3164
197,6
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
194,2
ALTEN (ATE) G
A 87,3
86,3
90727
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FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
85,6
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 7,66
7,58
1405694
7,765
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
7,535
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,03
2,98
7722
3,03
FR0012789667
47.804.841
2,95
AMUNDI (AMUN) G
A 63,7
62,88
EX-DS 15/03/17
114040
63,7
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
62,54
APRIL GROUP (APR)
B 12,5
12,45
131
12,5
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
12,45
ARCHOS (JXR) g
C 0,638
0,614
436365
0,639
FR0000182479
42.561.334
0,609
ARKEMA (AKE) L
A 106,1
106,25
133802
106,55
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
105,35
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 13,42
13,44
4277
13,44
FR0000074783
6.651.515
13,22
ASSYSTEM (ASY) g
B 28
28,15
OPA 24/11/17
3434
28,4
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
28
ATARI (ATA)
C 0,423
0,454
9248812
0,47
FR0010478248
255.105.360
0,419
AUBAY (AUB) g
C 36
34,75
12136
36,15
FR0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
34,3
AUREA (AURE)
C 7,8
7,62
3000
7,9
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
7,62
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,25
0,25
528487
0,258
FR0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,241
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 16
15,72
6483
16,3
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
15,62
BÉNÉTEAU (BEN)
A 13,56
13,24
71853
13,58
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
13,2
BIC (BB) G
A 74
73,35
107002
74,35
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
73
BIGBEN INT. (BIG) g
C 9,71
9,77
21761
9,83
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.204.544
9,71
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 70
65,4
216534
70,2
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
65
BOIRON (BOI) g
A 57,5
57,5
8392
57,9
FR0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
56,3
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,71
3,694
1599439
3,718
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,654
BONDUELLE (BON) g
B 29,9
29,3
16199
29,9
FR0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
29,1
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 20,79
20,4
666000
20,84
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
20,28
BURELLE SA (BUR)
A 1115
1050
435
1120
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
1050
CARMILA (CARM)
C 20,6
20,25
31787
20,7
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
20,25
CASINO (CO) LR
A 36,6
36,83
404556
36,92
FR0000125585
18/05/18 1,56 109.729.416
35,9
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,93
2,865
110807
2,93
FR0010193052
30.514.178
2,83
CGG (CGG) G
C 2,31
2,286
4120029
2,31
FR0013181864
709.940.718
2,242
CHARGEURS (CRI) g
C 20,3
18,92
105052
20,34
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.501.104
18,85
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 347,5
342,1
EX D OP 08/06/17
11362
347,5
FR0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
341,9
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/041018
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 19,77 - 43,33
+11,41
11,15
- 47,49
3,86
+ 0,16 - 1,11
-11,54
7,48
- 2,97
5,95
- 2,09 - 23,99
-12,53
9,87
- 42,71
6,48
- 1,31 - 30
- 2,9
0,87
- 20,79
0,562
- 2,14 - 21,2
-28,66
9,08
- 21,32
5,44
+ 0,49 + 13,59
- 3,44 21,3
- 2,63 13,28
- 2,62 + 17,16
- 2,11 202,6
+ 36,8 156
- 0,57 - 38,19
+ 0,96 14,51
- 37,73
6,646
- 0,51 + 26,13
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+ 15,64 46,2
- 0,12 - 49,57
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- 4,39 16,93
+ 11,1
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- 0,48 + 12,99
+ 1,45 41,52
+ 8,94 32,79
- 1,21 - 6,1
- 1,61 218,5
+ 0,72 178,2
- 1,15 + 23,98
- 0,69 94,4
+ 13,11
69,5
- 0,53 - 39,37
- 5,25 13,681
- 45,12
7,105
- 1
- 15,82
- 2,93
4,4
- 32,88
2,9
- 1,47 - 11
+ 1,42 77,66
- 8,88 57,74
- 0,4 - 15,31
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- 3,41
12,1
- 2,69 - 5,54
- 7,95
1,576
- 14,72
0,609
- 0,28 + 4,63
+ 2,26 112,9
+ 3,06 94,82
+ 0,15 - 20,24
- 2,61
17,88
- 25,91
13,16
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+ 4,65 33,05
- 17,81 25,1
+ 8,74 + 26,11
+14,07
0,948
+ 22,7
0,367
- 4,27 + 0,43
-15,45 43,3
+ 0,72 33,55
- 0,52 - 11,5
+ 2,14
9,3
- 5,22
6,94
+ 19,05
+28,87
0,477
+ 56,25
0,172
- 0,51 - 31,05
-14,57 23,1
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99,05
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16,2
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9,5
- 6,97 - 12,44
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- 7,11
78,5
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4,798
- 10,21
3,552
+ 0,34 - 33,52
+ 2,09 47,8
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-18,92 1420
- 18,92 1050
- 1,22 - 12,77
-10,2
25,35
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+ 1,68 - 27,16
+30,14 53,48
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- 2,55 - 5,45
- 9,76
3,611
+142,49
2,697
- 1,47 + 49,62
+ 5,44
4,1
+ 24,14
1,295
- 6,8 - 25,25
-18,45 28,64
- 27,26 18,85
- 1,92 + 12,33
- 3,14 383,8
+ 27,01 291,6
- 17,37
- 9,23 7550
- 13,38 5900
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
CLARANOVA (CLA) g
C 0,98
4152154
393.613.788
A 20,7
284273
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
COFACE (COFA) g
A 7,93
96938
FR0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
COLAS (RE)
A 176,6
652
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
COVIVIO (COV) G
A 85,05
102094
FR0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 25,3
25765
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
DASSAULT AV. (AM) G
A 1514
6199
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 122,85
432209
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 33,4
163652
FR0010417345
30.006.352
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,42
238461
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
DEVOTEAM (DVT) g
C 111
9764
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
DNXCORP (DNX) g
C 6,9
1210
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
EDENRED (EDEN) G
A 32,7
494538
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
EDF (EDF) LR
A 15,125
EX-DS 7/03/17
2958593
FR0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
EIFFAGE (FGR) LR
A 94,4
191124
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
EKINOPS (EKI) g
3,68
52792
FR0011466069
21.529.161
ELIOR (ELIOR) G
A 12,82
310174
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
ELIS (ELIS) G
A 18,74
460823
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
EOS IMAGING (EOSI)
C 4,42
24273
FR0011191766
22.641.483
ERAMET (ERA) Gg
A 84,15
65807
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 7,8
34320
FR0011471135
17.940.035
ESI GROUP (ESI) g
C 38,8
3334
FR0004110310
5.955.072
EURAZEO (RF) G
A 67,25
168878
FR0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,1
2824
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 443
47943
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,955
187752
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 22,78
909987
FR0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 96,8
11
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
FAURECIA (EO) G
A 48,4
680323
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
FFP (FFP) g
A 112,4
5106
FR0000064784
22/05/18 2 25.072.589
FIGEAC AERO (FGA) g
B 14
16612
FR0011665280
31.839.473
FIN. ODET (ODET)
A 790
93
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
FNAC DARTY (FNAC)
A 63
27332
FR0011476928
26.792.938
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 59,4
1973
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A 378
1
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
C 1,13
N/P REGR.
3319
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,161
624295
FR0000079634
01/10/01 0,1 151.685.385
GECINA (GFC) G
A 138
78127
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.162.901
GEMALTO (GTO) L
A 50,2
243549
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 19,22
194786
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 1,84
46151
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,49
122564
FR0011790542
78.204.326
GETLINK (GET) LR
A 10,97
914042
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 18,98
45601
FR0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,22
2,18
1,05
1,2
1,77
3,66
1,8
0,9
1,16
3,17
3,98
2,17
2,17
3,55
0,69
1,97
1,27
1,89
4,7
1,02
0,52
2,78
0,54
1,54
2,75
1,52
4,24
1,59
0,99
3,05
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
0,927
0,98
0,923
20,58
20,74
20,54
7,79
7,93
7,78
175,4
177,2
175,4
86,15
86,15
84,95
25,1
25,3
24,5
1512
1525
1501
119,45
122,85
119,3
31,98
33,52
31,82
4,316
4,42
4,316
105,4
111
102
6,68
6,9
6,68
32,61
32,8
32,15
15,365
15,645
15,115
93,86
94,58
93,58
3,63
3,68
3,58
12,63
12,82
12,61
18,32
18,77
18,26
4,195
4,42
4,15
84,05
86,75
83,6
7,69
7,855
7,62
38,4
38,85
37,65
66,95
67,35
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3,14
3,03
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445
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7,955
7,715
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96,8
96,8
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47,28
110,8
112,6
110
13,62
14,1
13,6
792
798
782
62,65
63,6
62,2
59,4
59,4
59
378
378
378
1,13
1,13
1,13
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136,6
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50,2
50,08
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1,518
1,454
11,05
11,05
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18,7
18,98
18,4
- 3,24 + 89,18
+17,19
1,223
+ 86,14
0,491
- 0,68 + 6,88
+ 4,95 21,62
+ 3,99 18,41
- 1,52 - 12,61
- 2,5
10,76
- 15,97
7,5
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+ 3,18 192
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+ 1,12 - 8,82
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+ 0,23 84,6
- 1,18 - 12,3
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+ 0,2 + 16,5
- 2,39 1729
+ 10,17 1267
- 2,89 + 34,83
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- 51,77
4,316
- 4,87 + 40,81
- 5,39 119
+ 30,12 72,5
- 0,3 + 6,88
+ 7,74 10
+ 5,36
5,8
+ 0,71 + 34,86
- 3,55 35,95
+ 38,47 23,74
+ 1,39 + 47,46
+ 5,97 15,78
+ 46,68
9,832
- 0,64 + 2,76
- 3,58 101,7
+ 7,22 87
+ 3,71 - 22,44
+16,16
5,49
- 34
3,1
- 1,41 - 26,68
- 4,89 19,71
- 45,32
11,59
- 2,97 - 20,4
- 8,4
23,94
- 17,98 17,94
- 4,66 - 12,24
+ 8,54
5,92
- 0,12
3,49
- 1,12 - 15,13
+24,98 167,2
+ 31,33 66,75
- 1,03 - 58,43
-12,11
19,57
- 68,21
7,28
- 1,03 - 17,42
-10,39 48
- 1,87 34,3
- 0,74 - 8,7
+ 4,28 82,286
- 9,56 63,5
- 0,64 - 10,57
+ 1,29
3,61
- 12,08
2,95
- 1,26 - 13,67
- 6,29 545,5
- 19,52 382,2
- 3,02 - 24,73
+ 4,54 11,78
- 38,11
7,17
- 3,77 + 13,86
+ 7,59 23,11
- 10,64 15,275
- 16,55
- 0,62 125,5
- 9,72 87,8
- 1,96 - 26,22
- 7,02 76,98
- 21,35 47,28
- 1,6 + 10,47
+ 0,54 120,4
+ 3,5
94,5
- 3,4 - 27,9
- 6,58 19,5
- 32,91
13,14
- 0,75 - 19,67
- 5,04 1090
- 15,64 782
- 0,71 - 37,79
-12,38 106,6
- 23,74 62,2
+ 8,77
- 1,33 63,4
+ 7,12 54,4
+ 0,53 - 22,85
- 5,03 565
- 27,31 376
- 1,6
- 3,75
- 3,75
- 1,66
- 6,95
+ 1,11
- 0,12
- 0,4
+ 38,66
- 2,47
-18,56
- 24,67
- 2,44
-17,05
- 64,77
+ 0,27
+ 1,24
- 1,74
+ 0,68
+ 0,68
+ 7,8
+ 0,11
-17,82
- 33,68
1,14
1,125
+ 71,11
0,32
0,09
- 11,24
161,9
136,6
+ 1,33
50,38
49,1
- 22,24
28,28
18,4
- 70,87
7,68
1,76
- 11,81
2,08
1,41
+ 3,08
12,49
10,11
- 21,34
27,072
17,94
4,08
4,37
4,68
1,01
0,49
3,24
0,85
20,96
1,9
0,98
2,13
3,33
2,02
2,74
1,87
4,79
0,55
1,97
5,51
1,63
2,29
1,81
0,13
1,85
4,21
11,90
2,72
3,48
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 64,5
64
6122
65,7
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
63,5
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,26
0,26
EX D S 13/06/17
35
0,26
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,26
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 13,12
12,9
6997
13,14
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
12,8
GROUPE LDLC (LDL) g
C 15,7
15,6
NOM.
3572
15,86
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
15,5
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
23
22,7
REGR.
726
23
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
22,6
GTT (GTT) Gg
A 66,4
67,15
53713
67,5
65,9
FR0011726835
26/09/18 1,33 37.028.800
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 11,52
11,2
37810
11,52
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
11,02
HIGH CO (HCO) g
C 5,07
4,905
12881
5,07
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
4,905
HUBWOO (HBW) g
C 0,169
0,167
9926
0,169
FR0004052561
136.345.527
0,167
ICADE (ICAD) G
A 76
75,3
52399
76,6
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
75,25
ID LOGISTIC (IDL) g
B 155,8
156
1143
156,2
FR0010929125
5.628.475
155
ILIAD (ILD) G
A 101,5
100,75
286292
102,55
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
97,6
IMERYS (NK) G
A 60,75
60
61287
60,75
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
60
INGENICO GROUP (ING) LR
A 65,08
64,38
351550
65,7
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
64,22
INNATE PHARMA (IPH) g
B 4,804
4,906
134427
4,91
FR0010331421
57.600.100
4,7
INSIDE SECURE (INSD)
C 2,42
2,43
28065
2,45
FR0010291245
44.119.162
2,42
INTER PARFUMS (ITP) g
B 42,4
41,8
24512
42,4
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
41,6
IPSEN (IPN) G
A 141
138,7
100907
141,85
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
137,2
IPSOS (IPS) G
A 25,6
25,8
46313
25,86
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
25,4
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 19,2
18,9
25565
19,3
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
18,9
JCDECAUX (DEC) G
A 31,46
30,9
167723
31,68
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
30,42
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 37,38
36,92
33139
37,44
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
36,6
KLEPIERRE (LI) LR
A 29,45
29,58
447549
29,77
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
29,42
KORIAN (KORI)
A 31,9
31,52
116459
31,9
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 40,87
40,37
92570
41,11
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,12
LAGARDÈRE (MMB) G
A 25,85
25,8
341955
26,08
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
25,72
LATECOERE (LAT) g
C 3,8
3,755
116134
3,8
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,7
LE BÉLIER (BELI) g
C 34,9
34,8
2893
35,1
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
34,7
LNA SANTÉ (LNA) g
B 52
50,9
5680
52,1
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
50,9
LECTRA (LSS)
B 21,7
21,75
13111
21,85
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
21,45
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 37
35,6
5567
37,1
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
35,6
LISI (FII) g
A 29,05
28,75
10652
29,05
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
28,6
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 12,92
12,52
20743
13,08
FR0000038242
15.884.557
12,2
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 17,4
17,3
81037
17,49
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,26
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 24,84
23,62
115789
24,88
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
23,32
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 38,1
37,65
1777
38,1
37,65
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 30
28,7
18236
30,1
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
28,7
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 4,7
4,56
42500
4,7
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,495
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,825
2,82
44838
2,83
FR0010609263
23.147.338
2,8
MERCIALYS (MERY) g
A 13,28
13,31
162144
13,42
FR0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,23
MERSEN (MRN) g
B 28,1
27,55
27259
28,25
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
27,45
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 2,03
1,98
22842
2,03
FR0004177046
23.261.500
1,978
NANOBIOTIX (NANO) g
B 15,45
15,12
90305
15,49
FR0011341205
19.633.373
15,1
NATIXIS (KN) LR
A 5,76
5,712
4656236
5,786
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,68
NETGEM (NTG) g
C 1,41
1,405
6267
1,43
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,4
NEXANS (NEX) G
A 25,48
25,08
585373
25,48
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
23,94
NEXITY (NXI) G
A 45,72
46,08
94499
46,32
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
45,56
NICOX (COX)
B 6,3
6,26
71288
6,36
FR0013018124
22.869.669
6,25
NRJ GROUP (NRG) g
B 8,1
8,02
9895
8,28
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,02
OENEO (SBT) g
B 10,72
10,1
22807
10,8
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
10,08
ONXEO (ONXEO) g
B 1,053
1,048
88579
1,06
FR0010095596
50.914.722
1,048
ORPÉA (ORP) G
A 103,15
102,55
139672
103,9
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
102,15
PARROT (PARRO) g
B 4,56
4,555
30487
4,65
FR0004038263
30.174.671
4,46
PHARMAGEST INT. (PHA)
57,5
56,5
3029
57,5
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
56,2
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 25,55
25,5
2598
25,8
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
25,4
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,808
1,81
75120
1,81
FR0011950641
21.606.363
1,71
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 29,5
29,03
386360
29,74
FR0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
28,53
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 11,08
11,2
DIV 8 02/05/17
72724
11,54
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
11,08
PSB INDUST. (PSB)
C 47
47,9
1108
47,9
FR0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
47
RALLYE (RAL)
A 9,7
9,795
115118
9,81
FR0000060618
30/05/18 1 54.999.135
9,54
RECYLEX SA (RX)
C 7,7
7,535
19492
7,705
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.747.482
7,5
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 109,4
108,8
128763
110,6
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
108,8
REXEL (RXL) G
A 12,605
12,665
1022858
12,69
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
12,535
ROBERTET SA (CBE)
B
/041018
C.I.P.
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
ROBERTET SA (CBR)
B
/121016
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH)
A 36,45
36,15
43733
36,55
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
36
RUBIS (RUI)
A 47,2
47,24
DIV 2 28/07/17
113110
47,38
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
46,78
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 113,1
111,4
DIV 6 10/05/16
125064
113,4
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
110,4
SAVENCIA (BH)
B 66,4
66,8
384
66,8
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
66,4
SCOR (SCR) LR
A 41,9
41,5
440602
42,15
FR0010411983
30/04/18 1,65 191.807.715
41,35
SEB (SK) G
A 146,5
143,9
56621
146,5
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
141,6
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 0,78 - 12,06
- 7,91 95
- 22,89 63,5
6,88
+ 2,77
+ 1,96
0,34
- 3,7
0,23
- 1,53 - 17,68
- 5,84 19,04
- 38,8
12,2
- 0,13 - 21,96
- 3,11
22,2
- 37,6
15,18
- 1,3 - 32,82
- 9,2
36,5
- 31,42 21,8
1,37
+ 0,98 + 34,03
+18,64 68,45
+ 44,04 47,06
1,98
- 2,78 - 30,56
- 6,82 19,68
- 34,88 11,02
1,96
- 2,87 + 0,1
-13,03
6
+ 2,62
4,3
2,85
- 1,18 + 4,38
- 1,76
0,204
+ 4,38
0,155
- 1,12 - 8,09
- 8,11
88,65
+ 1,36 75,25
+ 0,26 + 15,38
+ 1,3 156,6
+ 0,2 120
+ 1,79 - 49,56
- 6,1
214,4
- 54,33 97,6
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- 1,15 - 23,61
+ 0,5
87,8
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- 1,26 - 27,67
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+ 1,49 + 3,28
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- 53,37
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3,18
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2,4
3,98
1,2
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEQUANA (SEQ)
C 0,351
327115
FR0011352590
65.183.351
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12,87
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42,5
42,5
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49,3
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7,31
6,9
320
324
312
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
- 4,65 - 51,01
-24,22
0,9
- 63,26
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+ 41
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0,25
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,2
243549
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A 4,65
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19,745
1632928
23/04/18 0,68 359.506.172
50,16
- 0,12 + 1,33
50,2
- 0,4
50,38
50,08 + 38,66 49,1
4,626 - 0,69 + 18,8
4,66
- 0,56
5,386
4,613
- 8,31
3,845
19,56
- 1,46 + 50,35
19,95
+15,36 20,3
19,5
+ 9,24 10,55
4,21
11,90
0,3
15,62
4,11
4,09
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
11,58
11,78
32431
11,86
USD 14/09/18 0,08 8.691.081.000
11,48
7,591
7,48
23076
7,616
GB0005405286
USD 16/08/18 0,1 19.927.790.282
7,48
LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 40,87
40,37
92570
41,11
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,12
SCHLUMBERGER (SLB)
A 54,8
54,4
2595
54,8
AN8068571086
USD 04/09/18 0,5 1.434.212.164
53,8
STALLERGENES GREER (STAGR) A 29,2
28,8
1408
29,2
GB00BZ21RF93
19.738.742
28,8
US3696041033
HSBC (HSB)
+ 2,97
+10,3
- 43,06
- 1,77
+ 1,47
- 11,16
- 2,06
+ 0,6
- 17,49
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+ 1,77
- 34,9
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16,12
9,3
- 12,41
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- 14,18
51,1
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- 2,61
65,4
51
- 25,21
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
euronext//taux&changes//matières premières
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD
ISIN
FR0013341781
FR0000076887
FR0013185857
FR0000076861
BE0974269012
FR0000062978
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FR0000037475
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FR0000060824
FR0000053399
FR0013335742
FR0004031763
FR0000065393
FR0000044323
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FR0010879056
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FR0000035784
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FR0000051070
FR0011742329
FR0000061244
VALEUR
OUV
+HT +BS
2CRSI
C 8,9
9,1
8,68
A.S.T. GROUPEg
C 9,83 9,99
9,48
ABEO
C 31,5
32,5
31,5
ACTEOSg
C 2,11
2,11
1,97
AD CAPITAL
ADL PARTNERg
C 14,9
14,9
14,75
ADUX (EX:HI MEDIA) C 3,39 3,42
3,35
ADVENISg
C 1,735 1,77
1,635
ADVICENNE
C 12,43 12,43
12,26
ADVINI
C 31,2
31,2
31,2
AFFINE REg
C 15,12 15,2
15,02
AFONE PART.
C 11,2
11,2
10,6
ALPHA MOS
C 0,42 0,439 0,42
ALTAMIRg
B 15,1
15,16
15,08
ALTAREIT
B540 540
540
C 3,91
3,925 3,86
AMOEBAg
ANTALIS
B 1,18
1,194
1,14
B 47,3
47,4
46,3
ARGANg
ARTEA
C
ARTOIS
A
ATEME
C 12
12,16
11,96
AU FEMININg
B
AUGROS CP
C
AURES TECH.
C 41,6
41,85
41,2
AWOXg
1,5
1,54
1,43
BACCARAT
B
BAINS MONACO
B 55,4 56
54,2
BALYO
C 2,435 2,445 2,25
BARBARA BUI
C
BASTIDE
C 33,3
33,7
31
BLEECKER
C
BLUE SOLUTIONSg
16,25 16,4
16,25
BOURBONGg
A 5,82
5,96
5,65
BOURSE DIRECT
C 1,38
1,39
1,35
C 7,72
7,89
7,67
BUSINESS ET DEC.g
CAFOM
C 7,25
7,25
7,05
CAPELLI
39,5 40
39
CARP.DE PARTIC.
C
CASTg
C 3,85 3,85
3,75
CATERING INTER.g
B 13,65 13,65
13,05
CBO TERRITORIAg
C 3,9
3,9
3,88
CCA INTERN.
C
CEGEDIMg
B 28
28,1
27,6
CEGEREALg
B 38
38
37,8
CELLNOVOg
C 2,8
3,03
2,76
CERENISg
B 1,842 1,858
1,81
CFI
C
CHAUSSERIA SA
C
CIBOX INTER.g
C 0,19
0,19
0,183
CLAYEUXg
C
CNIMg
B100
100,5
99,2
COGELEC
C 9,4
9,4
9,14
COHERISg
C 2,03 2,06
2,02
COURTOIS
C145
145
145
CR ALPES PROV.
C 107,7 108,2
107,68
CR ATL. VENDÉE
C 126,28 126,28 126,28
CR BRIE PICARD.
B 23,75 23,8
23,75
CR ILLE VILAINE
C 97
97,01
97
CR LANGUEDOC
C 71,65 71,65
71,09
CR LOIRE HTE-LOIRE C 85,4 85,51
85,4
CR MORBIHAN
C 79,84 82,6
79,84
CR NORD FRANCE
B 21,1
21,2
21,05
CR NORM. SEINE
C 128,14 128,2
128,14
CR PARIS IDF
B 88
88,4
88
CR RHÔNE-ALPES
C190,2 190,6
189,52
CR TOULOUSE
C109,38 109,4 108,9
CR TOUR. POITOU
C103,1 103,9 103,1
CROSSWOOD
C
CS-COM. ET SYST.g
C 5,28 5,3
5,02
DALETg
C 13,6
13,6
13,1
DANE-ELEC MEMORYg C
DEINOVE
2,64 2,64
2,555
DELTA PLUS GROUP B 43,6 43,8
43,4
DIGIGRAM
C
DMS
C 0,88 0,898 0,88
DOCKS PÉTROLES A C510
510
510
DOM SECURITYg
C 56,4
57
56,2
ECAg
C 14,25 14,3
14,15
EGIDEg
C 2,07
2,07
2,05
ELECT. STRASBOURG B 111
112,5
111
ELECTRO POWERg
C 12,5
12,8
12,5
ENCRES DUBUITg
C 5,62
5,62
5,6
ESSOg
B 41,9 42,05 41,05
EURASIA FONC INV
C 0,19
0,19
0,19
EUROMEDIS GROUPEg C 6,95 6,95
6,7
EUROPACORPg
C 1,485 1,485 1,4
EXACOMPTA CLAIREF. C 117
117
117
EXPL. PROD. CHIM.
C860 860
860
EXPL. PROD. CHIM.
C
F.I.E.B.M.
C
F.I.E.B.M.
C
F.I.P.P.
C 0,319 0,32
0,281
FAUVET-GIREL g
C
FERMENTALGg
3,6
3,66
3,47
FERMIÈRE CANNES
B
FIDUCIAL OFFICE
C 28,6
28,6
28,6
FIDUCIAL RE
B 188
188
186
FIN. MONCEY
A
FINATIS
B 43
43
43
FLEURY MICHON
B 53,8 53,8
53,2
FONCIÈRE 7 INV.
C 2,2
2,2
2,2
FONCIÈRE ATLAND
C 115
116
115
FONCIÈRE EURIS
B 31,4
31,6
31,4
FONCIÈRE INEA
B 38,7
38,8
38,4
FONCIÈRE PARIS NORD C 0,037 0,037 0,037
FONCIÈRE R-PARIS
C
FONCIÈRE VOLTA
C
FRANÇAISE ENERGIE C 13,7
13,7
13,65
FREY
B 28,6
28,6
28,6
FSDV
C
GALIMMO
C 24,4 24,4
24,4
GAUMONT
B 133,5 135
133,5
GEA
C 92
92,2
91,8
GENERIXg
C 3,31
3,34
3,3
GENOMIC VISIONg
0,984 1,008 0,962
GÉRARD PERRIER
C 52,6 52,6
51,2
GFI INFORMATIQUEg B 10,45 10,5
10,45
GRAINES VOLTZ
C 38
38
38
GROUPE IRD
C 26
26
26
GROUPE JAJ
C
GROUPE OPENg
C 23,55 23,8
23,4
GROUPE PIZZORNO
C 18,05 18,05
17,7
GROUPE SFPIg
C 3,04 3,04
2,98
GUERBETg
B 59,3
61
57
GUILLEMOT CORP.g
C 4,58 4,58
4,45
GUY DEGRENNE
C 0,204 0,204 0,204
HF COMPANYg
C 6,46 6,46
6,24
HIPAY GROUP
C 13,35 13,7
12,85
HOPSCOTCH GROUPEg C 7,32
7,32
7,3
IDI
B 43,8 43,9
43,8
IGE + XAOg
C 138
138
138
IMMO. DASSAULT
B 52,4 52,6
52,4
IMMO. HÔTELIÈRE
C
IND. FIN. ENT.
C
INFOTELg
C 40
40,25 39,5
INNELEC MULT.g
C 5,14
5,14
5,02
INSTALLUX SA
C376
376
374
INTEXA
C
INVENTIVA
B 7,42
7,42
6,82
IT LINKg
C 7,7
8
7,36
ITESOFTg
C 3,92
3,92
3,82
ITS GROUPg
C 6,36 6,36
6,14
JACQUES BOGART
C 4,8
4,8
4,6
KEYRUSg
C 4,7
4,76
4,66
LA FONCIÈREVERTE C
LACROIX SA
C 22,6
22,9
22,6
LAFUMA
C 24
24
24
LANSON-BCC
B 31,8
31,8
31,8
LAURENT-PERRIER
B 105
106,5 105
LE TANNEURg
C
LEBON
C143
143
142
LES HÔTELS DE PARIS C 2,4
2,5
2,4
LES NX CONSTR.
B 42,1
44,9
39,8
LEXIBOOKg
C 0,962 0,99
0,912
LOCINDUS
B 24,9
25,1
24,9
MALTERIES FR-B
C
MANUTAN INTER.g
B 70
70,4
69,6
MAUREL & PROMG
A 5,14
5,14
4,96
MCPHY ENERGYg
6,34 6,34
6,1
MECELEC
C 1,62
1,73
1,62
CLÔT ÉCART VOL
9,1 + 2,25
12768
9,55 - 5,63
13339
32,1
1860
2,02 - 4,27
5061
0,09
14,85 - 0,34
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1,635- 4,39
12,26 - 1,37
31,2
15,12 + 0,13
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0,439+ 4,52
15,12
540
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1546
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1
1780
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1887
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4358
20907
1691
14,4
6400
12,1
+ 1,17
5989
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39104
39,32
8,85
224
54,2 - 3,21
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4986
70801
8,3
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12872
89
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2016
9223
4,99
28
- 0,36
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41
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21139
1,82
0,001
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1
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260
4,06
5,12 - 3,4
13,1 - 3,68
4539
2874
0,56
2,57 - 1,15
43,6 - 0,46
43172
1679
0,715
0,884 - 3,28
510
57
+ 1,42
14,15 - 1,05
2,05 - 1,44
111
12,5 - 1,58
5,6 - 0,36
41,15 - 1,91
0,19 - 24
6,7 - 3,6
1,435 - 3,69
117 + 0,86
860
13697
24
404
385
283
150
26182
938
5925
499
636
107213
10
10
865
6,1
118
0,281 - 17,35
44125
32,2
3,51 + 1,45
90691
1540
28,6
186
- 1,06
1
41
43
53,2 - 1,48
2,2 + 10
116
+ 1,75
31,6 + 0,64
38,8 + 1,04
0,037 - 1,6
1
75
512
2
401
108
23500
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0000052623
FR0000064404
FR0010298620
FR0000077570
FR0011584549
FR0000064180
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
FR0011341205
FR0013018041
FR0000120560
FR0004050250
FR0012789386
FR0010298901
FR0010428771
FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
FR0000038465
FR0011027135
FR0000053514
FR0000066441
FR0012432516
FR0000060832
FR0004044600
FR0012613610
FR0010380626
FR0010211615
FR0000044471
FR0000075954
FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
FR0006239109
FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
VALEUR
OUV
+HT
MEDASYSg
C 0,355 0,359
MÉDIA 6
C 14
14,15
MEMSCAPg
C 2,02 2,02
MICROPOLEg
C 1,3
1,3
MNDg
1,786 1,84
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 10,7
10,7
MRM
C 1,48
1,48
MUSÉE GRÉVIN
C
NANOBIOTIXg
B 15,45 15,49
NAVYA
B 5,84 5,89
NEOPOSTG
A 26,28 26,3
NEURONESg
B 22,8 22,8
NEXTSTAGE
C100
100
OFFICIIS PROPERTIESg C 1,4
1,4
OL GROUPEg
C 2,67
2,67
ORAPIg
C 6,48 6,48
ORCHESTRA-PRE.
C 1,03
1,03
OREGE
3,35
3,39
PARAGON ID
C 24,4 24,4
PAREFg
C 83,5 84
PASSAT
C 4,03 4,03
PATRIMOINE & COM
B 17,9
18
PCAS g
C 15
15,28
POUJOULAT
C 38
38
POXELg
C 6,32 6,43
PRECIA g
C190
190
PRISMAFLEXg
C 18,25 18,25
PRODWAYS GROUP
B 3,795 3,795
PROLOGUEg
C 0,622 0,632
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
A 18,4
18,8
RIBERg
C 2,76
2,76
ROBERTET SA
B574
576
ROCHE BOBOIS
B 21,2
21,4
S.A.M.S.E.
B 135
135
SABETON
C
SCBSMg
C
B 27
27,2
SÉCHÉ ENV.g
SELECTIRENTE
C
SERGEFERRARI GROUP C 8,86 8,86
SIGNAUX GIROD
C 15,95 16,05
SII
C 24,5
25,1
SMCP
A 22,69 22,69
SMTPCg
B 19,18 19,32
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C
SODITECH ING.
C
SOFIBUS
C
SOFT COMPUTINGg C 16,9
17,3
C 28,8 28,8
SOGECLAIRg
SPIR COM.
C 2,68 2,68
+BS
0,342
14
1,955
1,27
1,752
CLÔT ÉCART VOL
0,347- 0,86
37806
14
- 0,36
538
2,01 + 0,5
5667
1,29 - 1,15
12534
1,788+ 0,79
75691
645
10,7
1,48
10,7 - 0,47
1,48 + 0,68
89
1
75,5
15,1
15,12 - 2,14
5,76
5,83 + 0,69
25,98
26,22 - 0,76
22,6
22,6 - 1,74
100
100
1,39
1,39 - 0,71
2,62
2,64 - 1,12
6,2
6,28 - 3,09
0,992
0,992 - 2,75
3,35
3,39 + 1,19
23,9
23,95 - 1,84
83
83
- 1,19
3,98
4
- 0,5
17,4
17,4 - 3,33
15
15
38
38
6,25
6,26 - 1,11
190
190
- 3,06
17,75
17,75 - 2,74
3,69
3,7 - 0,67
0,606
0,606- 2,57
90305
5301
63239
2569
54
17420
13689
1846
46057
513
96
55
6435
2877
538
50
41174
42
188
52224
131224
21
18,3
2,6
556
20,8
134
18,8 - 1,05
2,7 - 2,53
556
- 1,77
21,4
134
- 0,74
1583
79448
665
1379
374
24,8
6,85
27
27
1190
70
8,86
15,95
24,5
22,21
19,18
8,86
16
+ 0,31
25,1 + 1,62
22,26 - 1,61
19,28 + 0,52
1
516
3983
76585
1886
1,84
18,9
0,92
187
16,3
28,3
2,68
16,3 - 0,61
28,3 - 0,35
2,68 - 0,74
2030
877
15
ISIN
FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
FR0004037182
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TAYNINH
TESSIg
TFF GROUP
THERMOCOMPACTg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
C
B 139
B 43,49
C
C 78,5
C 36,4
C
C 3,14
B 45,6
2,58
A805
B 27,5
C 0,58
C 2,26
B 50,4
C 1,86
C 4,99
C
C
C 9,61
B 9,05
C 48,1
3,67
+HT
+BS
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT
ÉCART VOL
1,36
139
43,49
138
43
138
- 1,43
43,395- 0,23
304
304
35,5
78,5
36,4
77,5
35,8
77,5
36
- 1,27
- 1,1
34
180
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
C
15,2
12,95
61,5
71,4
13,05
62
71,4
12,95
61,5
71
13
62
71
- 0,38
+ 0,81
+ 0,85
1199
165
246
C
A 155
157
152
13,24 13,392 13,24
C
48
152
- 1,62
13,38 + 0,6
1981
2540
59,13
19,91
0,02
0,41
3,14
3,12
3,14 + 1,29
501
45,7
45,3
45,5 - 0,44
3014
2,58
2,575
2,575- 0,19 266597
805
805
805
- 5,85
8
27,6
27,3
27,3 - 0,73
974
0,582 0,58
0,582
11
2,26
2,26
2,26 + 3,67
3
52
50
51
+ 2
1247
1,86
1,84
1,84 - 0,54
866
4,99
4,75
4,91 - 2,19
2846
EURONEXT GROWTH (Sélection)
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
10590480
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
4,74
2,3
9,61
9,06
48,25
3,67
8,751
8,65
46,4
3,62
9,2
8,67
46,95
3,64
- 8
- 4,2
- 3,2
+ 0,55
2751
23467
14710
3857
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
A 39,78
0,715
C 22,2
A 3,98
C 4,31
A 56,1
15,9
56
A 4,65
C
39,59
41,07
39,88
0,715
22,28
4
4,32
56,25
15,9
56
4,66
39,02
0,715
21,1
3,98
4,31
55,8
15,9
54,8
4,613
39,15 - 1,83
0,715+ 0,28
21,24 - 4,32
4
4,31
55,9 - 0,36
15,9
55
- 1,79
4,626 - 0,69
9
22532
313
208
72450
40
39,59
41,07
OUV
+HT +BS
0,284 0,284 0,282
0,077 0,079 0,072
CLÔT ÉCART VOL
0,282 - 1,05
8449
0,073- 7,36
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
8,98
1,818
0,349
8
24,9
67,9
24,4
0,104
0,31
25,05
7,64
4,84
0,433
0,236
0,323
0,268
0,915
8,98 - 0,22
1
1,77 - 2,53
36280
0,357- 0,7
401296
7,45 - 6,88
5131
24,65 - 1,2
8870
65,8 - 2,95
3346
25,3 + 5,86
9025
0,104 - 1,7
809777
0,285- 7,47 3115780
25
- 1,38
6921
7,66
195
4,82 - 0,41
2360
0,432- 0,23 45009
0,23 + 0,88 64300
0,343+ 6,19
26453
0,259- 2,26 495153
0,879- 2,87
66686
8,98
1,818
0,37
8
25,1
67,9
25,3
0,107
0,31
25,25
7,66
4,84
0,436
0,236
0,343
0,269
0,918
8,98
1,75
0,34
7,45
24,6
64,5
23,9
0,102
0,284
25
7,64
4,66
0,428
0,228
0,323
0,255
0,86
79
13,2
13,2
13,2
13,2
1,24
1,24
1,18
1,23 - 0,81
10,8
10,85 10,7
10,7 - 1,38
0,298 0,302 0,296
0,299+ 0,67
132,5 132,5
122,5
123
- 5,75
CERTIFICAT/FONDS
389551
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
39,59
41,07
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
39,59 - 0,75
41,07 - 0,87
712
7609
23319
18221
2036
INVESTIR 10
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
132.52
98.94
-0,86
-0,85
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
B 70,5
C
B
70,5
69,5
69,5
- 1,42
125
350
85
+ 0,37
130,5
C
3,33
- 3,26
+ 1,02
30
98,5
C
B 4,13
750
4,13
4,08
4,09 - 0,24
2873
54
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
08-10-2018
1 EURO EN DEVISE
COURS
BCE
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
-0,44
0,08
-0,32
0,00
-0,09
-0,42
0,05
-0,17
-1,05
-0,56
-0,19
-0,02
-0,39
0,16
0,23
0,20
-0,01
-0,49
0,01
0,26
-2,13
-0,23
-0,09
-0,95
0,47
0,03
-0,57
-0,10
0,13
-4,41
-0,95
-2,55
0,17
-3,44
-0,50
6,44
-1,32
-4,19
5,67
10,78
10,89
5,39
0,97
4,75
3,35
0,01
-4,21
1,88
-7,94
8,87
-0,97
14,94
54,59
1,90
7,40
3,49
-2,13
-3,14
DOLLAR US
1,1476
LIVRE STERLING
0,8788
FRANC SUISSE
1,1399
COURONNE DANOISE
7,4603
COURONNE NORV.
9,5122
KUNA CROATE
7,3948
COURONNE SUEDOISE
10,4541
DOLLAR CANADIEN
1,4895
YEN JAPONAIS
129,727
DOLLAR AUSTRALIEN
1,6248
ROUBLE RUSSE
76,6143
ROUPIE INDIENNE
85,008
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,7823
COURONNE TCHEQUE
25,787
FORINT HONGROIS
325,52
ZLOTY POLONAIS
4,3158
LEV BULGARE
1,9562
DOLLAR HONG-KONG
8,9867
WON SUD COREEN
1304,948
PESO MEXICAIN
21,7289
REAL
4,3284
DOLLAR SINGAPOUR
1,5902
RAND SUD-AFRICAIN
17,0797
LIVRE TURQUE
7,0409
RENMIBI YUAN
7,9534
RUPIAH
17466,4606
PESO PHILIPPIN
62,114
RINGGIT MALAIS
4,7768
BATH THALANDAIS
37,8646
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,1476
0,8788
1,1399
10,4541
7,4603
1,2973
1,4895
GBP
CHF
0,8714
1,1379
1
1,3059
0,7658
1
0,9933
1,2972
9,1094
11,896
6,5005
8,4891
1,1304 147,6163
1,298
1,6953
0,8773
1,0068
0,7709
1
9,1708
6,5444
113,81
1,3069
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
08-10-2018
SEK
DKK
0,0957
0,1098
0,0841
0,109
1
0,7137
12,4089
0,1425
0,134
0,1538
0,1178
0,1528
1,4012
1
0,1739
19,9697
JPY (100)
CAD
0,7708
0,8846
0,6774
0,8787
0,0806
5,7508
1
1,1485
0,6714
0,7704
0,5899
0,7652
7,0172
5,0076
0,8707
1
08-10-2018
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64-0,26/-0,56 -0,21/-0,51 -0,17/-0,47 -0,10/-0,40
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
08-10-2018
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,21
PORTUGAL
-0,21
FRANCE
0,03
ESPAGNE
0,01
ITALIE
-0,36
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,56
0,53
0,06
0,33
2,24
-0,07
0,86
0,13
0,49
2,74
0,21
1,23
0,20
0,76
2,82
0,50
1,44
0,35
1,01
2,85
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
249,77
169,79
230,89
277,82
324,56
332,55
229,12
VAR %
-0.01
-0.27
-0.16
-0.32
-0.35
-0.39
-0.30
31/12 VAR %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
0.36
-1.12
-2.09
-2.21
-0.62
0.40
-1.90
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1476
1,1477
0,8788
0,8789
1,1398
1,1400
10,4535
10,4547
7,4585
7,4620
129,7230
129,7310
1,4894
1,4896
-0,0029
-0,0033
-0,0005
-0,0008
0,0003
0,0002
0,0088
0,0077
0,0004
0,0034
-0,1315
-0,1689
-0,0026
-0,0029
-0,0091
-0,0095
-0,0001
-0,0027
0,0011
0,0011
0,0128
0,0110
0,0036
0,0066
-0,1548
-0,1942
-0,0088
-0,0091
-0,0182
-0,0186
-0,0054
-0,0057
0,0023
0,0022
0,0128
0,0090
0,0080
0,0106
-0,2076
-0,2520
-0,0184
-0,0188
-0,0384
-0,0389
-0,0122
-0,0126
0,0046
0,0044
0,0016
-0,0023
0,0155
0,0159
-0,3010
-0,3450
-0,0402
-0,0409
08-10-2018
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
taux repO (refi)
0.00 %
taux DepOt
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
taux De base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.06 %
fOnDs feDeraux
2.25 %
2 ans
2.95 %
10 ans
3.25 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
taux jOur le jOur
-0.20 %
taux repO (refi)
-0.10 %
10 ans
0.10 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,56
-0,67
-0,58
-0,58
-0,55
-0,34
0,22
0,88
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
AOÛT 16
SEPT. 16
OCT. 16
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
SOURCE CDC IXIS
TME
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
31-08
03-09
04-09
05-09
06-09
07-09
10-09
11-09
12-09
13-09
14-09
17-09
18-09
19-09
20-09
21-09
24-09
25-09
26-09
27-09
28-09
01-10
02-10
03-10
04-10
05-10
08-10
0,76
0,76
0,76
0,76
0,76
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,86
0,86
0,86
0,86
0,90
0,90
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
-0,364
-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,364
-0,371
-0,366
-0,366
-0,366
-0,367
-0,365
-0,367
-0,367
-0,366
-0,367
-0,367
-0,351
-0,351
-0,363
-0,365
-0,365
-0,362
-0,37
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,318
-0,317
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
0,68
0,67
0,68
0,69
0,70
0,69
0,71
0,72
0,70
0,70
0,72
0,74
0,74
0,78
0,77
0,76
0,77
0,82
0,82
0,81
0,81
0,82
0,77
0,78
0,85
0,87
0,86
THOR.
PUB.
PRIV.
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
1,10
0,96
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
1,10
6800
34,97
4,16
13,7
28,6
1313
13
48,6
24,4
135
+ 0,37
91,8
3,3 - 0,3
0,968- 1,63
51,2 - 3,4
10,45
38
- 1,55
26
1
406
159
8774
152688
827
1288
74
1
1,78
23,4 + 0,21
17,7 - 1,67
3
60,7 + 2,02
4,48 - 3,86
0,204+ 7,37
6,32 - 2,47
13,25 - 3,64
7,3 - 0,55
43,8
138
- 1,43
52,6
8761
462
11178
7182
17569
78901
3225
4140
640
61
97
118
39,75 + 0,38
5,02 - 2,71
374
- 1,58
15094
2291
6
2,36
- 5,36
- 6,36
- 2,55
- 1,88
- 3,96
- 0,42
21000
3911
2983
2644
7328
6007
22,6
24
31,8
105,5 + 0,48
522
80
459
258
57
3,2
142
- 0,7
2,5 + 1,63
44,5 - 1,98
0,98 - 1,61
25 + 0,81
268
1697
2330
14876
400
505
69,6
5,05
6,24
1,73
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PRODUITS PÉTROLIERS
SUCRE
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
08/10
05/10
COURS PRIME PREC.
LINGOT
33200
0
33600
10 FLORINS
204
1,56
204,5
5 DOLLARS*
289,5
15,96
289,5
10 DOLLARS
569
13,95
569
20 DOLLARS
1140
14,12
1140
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1255,25 0,82 1255,25
LATINE
192,5
-0,13
195
NAPOLEON
196,9
2,15
198,8
1/2 NAPOLEON* 111,5
15,69
113
SOUVERAIN ELI I* 255
4,93
255,1
SOUVERAIN
246
1,22
248,9
1/2 SOUVERAIN* 128,5
5,75
127
SUISSE
195,1
1,21
197,3
TUNISIENNE*
196
1,68
196
MARK*
252
6,01
255
KRUGERRAND
1110
7,49
1110
LINGOTIN 500GRS 17360
4,58
17360
LINGOTIN 250GRS 8670
4,46
8670
LINGOTIN 100GRS 3470
4,52
3470
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
486,5
491,13
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
692
London Daily Price:
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
29 714
29 508
FIX2
29 880
29 598
- 0,57
- 1,17
- 1,11
- 0,29
715
140359
17918
820
CATHODES : 5557 A COMPTER DU 08/10/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
636,07 DEPUIS LE 08/10
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 536,93 DEPUIS LE 08/10
BASE LAMINÉ LAITON 70/30 545,94 DEPUIS LE 08/10
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
591 DEPUIS LE 08/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
721,93 DEPUIS LE 08/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
693,31 DEPUIS LE 08/10
LONDON METAL EXCHANGE
08/10
05/10
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1430-1440
1480-1490
14040
CASH
3 MOIS
VOL.
2139,5-2140
2150-2150,5
966900
LONDON BULLION MARKET
08/10
05/10
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 424
1 457
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 066
1 061
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
814
824
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
08/10
DÉC. 18
14,3
JANV. 19
14,34
MARS 19
14,42
MAI 19
14,51
JUIL. 19
14,59
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
05/10
14,68
14,74
14,79
14,84
14,92
SETTLEMENT
08/10
DÉC. 18
1188,8
AVR. 19
1200,5
JUIN 19
1205,9
AOUT 19
1212,5
DÉC. 19
1226,5
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
OCT. 18
JANV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
08/10
809,6
816,3
820,3
825
822
05/10
1206,7
1218,6
1223
1231,1
1243,5
SETTLEMENT
05/10
821,4
825,3
829,6
837,9
855,1
2243-2243,5
2250-2251
974075
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
1 204
1400-1410
1450-1500
14040
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 825
22 963
FIX2
22 817
22 987
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 187
1,04
64
7,06
7,36
3,82
6,26
4,61
4,7
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
CASH
3 MOIS
VOL.
6182-6182,5
6187-6188
186800
18900-18950
18925-18950
3145
6309-6310
6311-6312
188950
18975-19000
19000-19005
3155
12390-12400
12460-12470
227802
ÉLECTRICITÉ
CLÔTURE
08/10
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
12760-12770
12850-12860
228090
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1970-1971
1990-1992
114275
2018-2020
2039-2040
114600
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2644-2645
2620-2621
201600
2695-2696
2664-2664,5
203675
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
08/10
2,74
2,75
2,76
2,79
05/10
2,75
2,75
2,76
2,77
VOL
320
77
69979
111
BASE NOV 18
BASE DEC 18
POINTE NOV 18
POINTE DEC 18
08/10
71,43
72,13
79,19
78,95
KUALA LUMPUR
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
08/10
18920
05/10
18920
VOL
CLÔTURE
05/10
40,69
46,28
CLÔTURE
05/10
71,43
72,13
79,19
78,95
VOL
364004
192492
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
08/10
73,6
73,08
72,9
72,65
72,35
05/10
73,88
73,75
73,6
73,35
73,08
502
477
93,85
95,29
547,5
515,5
95,3
98,34
554,5
522,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
SPOT
08/10
22,09
CLÔTURE
05/10
21,15
SETTLEMENT SETTLEMENT
05/10
27,5
27,65
27,75
VOL
GAZ NATUREL
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
08/10
3,27
3,3
3,36
CLÔTURE
05/10
3,16
3,2
3,26
CLÔTURE
05/10
26,72
VOL
VOL
VOL
2
SETTLEMENT SETTLEMENT
08/10
NOV 2018 28,06
DEC 2018 28,17
JAN 2019 28,3
05/10
27,69
27,89
28,35
VOL
Oct. 18
Déc. 18
Mars 19
69463
25732
15051
5818
1991
CLÔTURE
CLÔTURE
VOL
08/10
05/10
DÉC. 18
1554
1529
MARS 19 1571
1547
MAI 19
1577
1555
JUIL. 19
1586
1566
SEPT. 19
1588
1577
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
5791
4975
1403
1205
1085
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
08/10
2086
2109
2120
2148
2164
05/10
2041
2065
2084
2119
2138
VOL
16843
9702
3555
349
141
SETTLEMENT SETTLEMENT
08/10
350,3
356,6
368,3
05/10
349,9
355,9
368,3
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
08/10
05/10
NOV. 18
1672
1652
12658
JANV. 19 1688
1659
11272
MARS 19 1701
1671
3097
MAI 19
1710
1683
654
JUIL. 19
1725
1695
219
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
12111
3214
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
08/10
110,8
114,3
116,75
121,45
05/10
109,15
112,6
114,95
119,65
VOL
VOL
31526
15252
2346
933
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
JOU R
08/10
05/10
112,45
115,7
VOL
68601
32543
8638
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
08/10
05/10
NOV. 18
10,82
10,85
JANV. 19 11,04
11,07
MARS 19 11,15
11,19
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
361
89
2
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
546
5
SETTLEMENT SETTLEMENT
08/10
179,7
179,3
179,4
VOL
05/10
179
0
0
79
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
148.75
LE 05/10//18
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.138
LE 05/10//18
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.57775
LE 05/10//18
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.682
LE 05/10//18
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
SETTLEMENT SETTLEMENT
367
299
215
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
08/10
05/10
DÉC. 18
366,25
368
MARS 19 378
379,25
MAI 19
385
386,75
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
VOL
CLÔTURE
182
2
08/10
05/10
NOV. 18
174
174,5
JANV. 19 176,25
176,5
MARS 19 179,75
180
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
SETTLEMENT SETTLEMENT
08/10
05/10
DÉC. 18
515,63
521
MARS 19 537,5
540,25
MAI 19
543,5
550,25
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
CAFÉ
BOIS
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
05/10
12,62
12,75
12,84
13,08
13,64
VOL
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 105.96
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
05/10
76,78
76,06
77,16
08/10
12,92
13,04
13,13
13,35
13,89
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
08/10
05/10
DÉC. 18
203
203
7248
MARS 19 206
206,5
2081
MAI 19
207,75
208
2061
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
COTON
SETTLEMENT SETTLEMENT
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
08/10
05/10
DÉC. 18
283,25
286,75
MARS 19 276,75
280
MAI 19
267,75
279,75
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 85,35, LE 08/10//18
08/10
77,51
76,59
77,6
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
VOL
8105
4679
806
304
130
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 04/10/
Prix indicatif : 2047,21
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM
08/10
27,5
27,65
27,75
CLÔTURE
CACAO
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
CLÔTURE
08/10
05/10
DÉC. 18
351,7
345,6
MARS 19 354,9
349,1
MAI 19
359,5
353,6
AOUT 19 363,8
357,7
OCT. 19
367
361,3
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
POWERNEXT GAS FUTURES
08/10
05/10
NOV. 18
734,5
741,75
113253
FÉV. 19
726,75
735,75
19766
MARS 19 726,5
734
15119
AVR. 19
723,25
732
4227
MAI 19
723,25
730,5
3631
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
497
472
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
CLÔTURE
08/10
05/10
JOUR
83,5
84,16
JANV. 19 83,14
83,79
86950
FÉV. 19
82,87
83,52
47153
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
08/10
NORD DA 27
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
707
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
05/10
ICE
(EN GBP PAR MWH)
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
08/10
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8600
8600
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
4,55
4,55
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33,5
33,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
7,65
7,65
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
29,3
29,3
GERMANIUM (PAR KG)
1650
1650
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14
14
SILICIUM (PAR TONNE)
2000
2000
CÉRÉALES
12,73 cts/lb
VOL
112.45
08/10
05/10
205,88
205,09
REUTERS COM. 2364,49
2362,05
MOODYS COM. 5750,47
5649,11
OR INDUSTRIEL 33716
33859
LMEX
3041,1
2998,4
34 // FINANCE & MARCHES
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
DERNIER
DIVIDENDE NET
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MONT. DATE
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CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
316,59 05/10
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
544,45 05/10
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
540,59 08/10
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
248,69 05/10
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
362,56 05/10
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
556,63 28/09
LU0188501257 PICTET-HEALTH
287,79 05/10
457,21 05/10
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
15959,13 05/10
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
107,95 05/10
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
171,35 05/10
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
106,94 05/10
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
453,33 05/10
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
101,38 05/10
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
130,89 05/10
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
162,94 05/10
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
120,18 05/10
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
96,81 05/10
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
155,81 05/10
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
157,35 05/10
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
155,53 05/10
LU1279334210 PICTET-ROBOTICS
138,53 05/10
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
311,58 05/10
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
739,3
05/10
LU0338483075 PICTET-RUSSIAN EQUITIES
145,22 05/10
84,09 05/10
60,31 05/10
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
LU0256846139 PICTET-SECURITY
245,65 05/10
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
141,58 05/10
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
138,58 05/10
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
1185,16 05/10
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
152,17 08/10
LU0104884860 PICTET-WATER
299,09 05/10
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
98,66 05/10
28/09
305,4 05/10
DÉSIGNATION
DES VALEURS
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
SYNCHRONY (LU)
252,7
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
CODE ISIN
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
LU0340554913 PICTET-DIGITAL
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CLASSIFICATION
CODE ISIN
CLASSIFICATION
sicav//fcp
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Par Didier Hugue
–– Correspondant à Dijon
Traces Ecrites
Jean-Claude
Boyer,
mis sur orbite
chez Galilé
Un premier trait de caractère de Jean-Claude
Boyer ne trompe pas. Le nouveau directeur
général de Galilé a mis récemment un avertissement à l’un de ses commerciaux. « Il avait fait
une erreur que je ne pouvais que sanctionner, car
un cadre se doit d’être exemplaire », indique le
nouveau numéro deux de ce petit groupe bourguignon qui, après avoir musclé ses 18 PME,
dont 11 industrielles, reprises pour la plupart à la
barre de tribunaux de commerce, ne cesse de
prospérer. D’ailleurs Galilé remettra ce mardi,
son prix annuel de l’innovation.
N’allez pas pour autant croire qu’à 59 ans,
Jean-Claude Boyer est un personnage austère,
doublé d’un rigoriste pur jus. Tout au contraire,
son management se veut humaniste, tour à tour
directif, participatif ou paternaliste. « Une entreprise doit avoir la capacité de faire bien vivre les
personnes qu’elle emploie, d’un point de vue financier comme en épanouissement personnel »,
affirme Jean-Claude Boyer, qui pilotait jusqu’à
présent le pôle industriel.
Lorrain d’origine, doté d’une légère pointe
d’accent, Jean-Claude Boyer est ingénieur
mécanicien diplômé de l’Ecole nationale d’ingénieurs de Metz (Enim). Elève plutôt brillant, il
sort de ce cursus avec de nombreuses opportunités professionnelles et joue d’entrée les cadors.
Embauché chez Vulcanic, spécialiste en chauf-
ENTREPRISES
SOCIÉTÉ DE LA TOUR EIFFEL
Bruno Meyer
devient directeur général délégué.
Bruno Meyer, 59 ans, titulaire
d’un DECS, a notamment assuré
la direction financière de GE Real
Estate France, avant d’être, de 2000
à 2004, responsable du contrôle de
gestion de GE Real Estate Europe.
Devenu directeur administratif et
fage et refroidissement électriques pour l’industrie, à Neuilly-sur-Marne, près de Paris, le jeune
homme, pétri de certitudes et nourri de théories,
se retrouve à diriger une équipe de six personnes, dont trois ont plus de 60 ans. « Ils m’ont bien
vite ramené à la réalité et appris mon métier. Ils
ont fait en sorte que je n’oublie jamais une valeur
fondamentale : l’humilité », se souvient-il.
Jean-Claude Boyer a de la constance à la ville
– il est marié depuis sa 22e année – comme au
bureau. Ainsi ce père de trois enfants est resté dix
ans chez Vulcanic en occupant de nombreux
postes, avant de prendre pour une autre décennie la direction industrielle d’une filiale de l’entreprise, baptisée Spiroflux, près de Marseille. « A
force d’être approché par des chasseurs de têtes, j’ai
accepté un rendez-vous avec l’un des plus grands
groupes français pour un poste en Belgique rémunéré à l’époque 200.000 euros », explique-t-il.
Convaincre la génération Z
A une de ses questions sur les perspectives d’évolution de carrière, on lui remet une grille à échelons selon le nombre d’années passées. Ce mode
de fonctionnement l’invite à préférer à jamais les
PME. Las, une divergence stratégique avec le
directeur de Spiroflux l’expatrie, à sa demande,
précise-t-il, comme commercial à Auxerre, dans
l’Yonne. C’est là que, par une connaissance com-
financier de CBo Territoria en
2005, il a été nommé directeur
financier d’Eurosic en 2008, puis
directeur général adjoint de Silic en
2010. Il était, depuis 2014, directeur
général adjoint de la Société de la
Tour Eiffel.
ESSOR
Yannick Couach
a été nommé directeur général
d’Essor Ingénierie,
membre du comité de direction.
mune liée au Centre des jeunes dirigeants
d’entreprise (CJD), il croise la route d’Eric
Michoux, membre de ce réseau en Bourgogne.
Le serial repreneur, président de Galilé, l’embauche tout de suite, car les deux hommes se complètent. Autant Eric Michoux excelle en finances
et stratégie, autant lui pilote l’opérationnel avec
un pragmatisme forcené. « Je suis un ayatollah
du bon sens dans les PME », décrète le directeur
général. Gare aux coachs et conseils de tout poil
qui à ses yeux voudraient lui « apprendre à enfoncer des portes ouvertes ». Quant aux normes en
tous genres, il estime qu’en matière de qualité le
plus important est de « toujours les dépasser ».
S’il dirige avec fermeté mais bienveillance un
groupe qui réalise un chiffre d’affaires consolidé
de 67,5 millions d’euros pour 460 personnes,
Jean-Claude Boyer confesse un talon d’Achille.
« Je réfléchis à convaincre la génération Z de venir
exercer ses talents dans l’industrie, mais je suis
parfois perdu face à leurs réactions », avoue-t-il.
Or il est tenace, obstiné même. Et il pense que
c’est très tôt qu’il faut pouvoir les convaincre. C’est
pourquoi une classe de seconde est venue étudier une semaine entière chez Escofier, l’une des
entreprises de Galilé spécialisée dans les équipements de formage à froid de pièces en métal.
Le dirigeant s’implique aussi activement dans
Galilé 360°, l’incubateur maison domicilié au
siège du groupe à Chalon-sur-Saône (Saône-etLoire). Ou encore dans l’école interne de soudage
qui perfectionne les 63 professionnels intégrés.
Chez lui, un problème équivaut toujours à une
solution. « Eric Michoux m’a baptisé son “couteau
suisse”, sourit-il. Je suis multifonctionnel ! »
Il l’est aussi dans ses loisirs. Longtemps très
sportif, Jean-Claude Boyer a pratiqué le football
pendant trente ans, en tant que joueur, entraîneur, président de club et bénévole lors de la
Coupe du monde 1998, avant de se tourner vers le
judo (deuxième dan). Mais le nouveau directeur
général de Galilé aime également se détendre
par la lecture de policiers ou… d’ouvrages de physique quantique. Il voyage peu pour le plaisir,
sauf en Roumanie, son pays de cœur : « Chez des
gens qui n’ont rien mais ne se plaignent jamais. »
Un autre trait de son caractère. n
Yannick Couach, 43 ans, diplômé de
l’Ecole des mines d’Alès, est titulaire
d’un MBA de l’IESE Business School.
Il a été responsable commercial et
conducteur de travaux pour Bouygues Construction, en France et en
Espagne, avant d’être nommé directeur de projets immobiliers à Barcelone chez Bovis Lend Lease. En 2013,
il a intégré NOX (à Paris), dirigeant la
filiale Amo & Conseil, avant de devenir le directeur général adjoint de
l’ingénierie du groupe.
GROUPE NRJ
Philippe Boindrieux
est directeur délégué chargé
de la finance, de l’international
et du développement.
Philippe B oindrieux, 53 ans,
diplômé de l’IEP de Paris et de l’université de Paris-Dauphine, a travaillé chez NRJ entre 1996 et 2006,
avant de rejoindre le PSG. Depuis
2011, il était directeur général
adjoint finance et administration.
BCG
Joël Hazan
Gwenhaël Le Boulay
Vanessa Lyon
Yann Sénant
deviennent au sein du Boston
Consulting Group,
directeur associé, chargé
des ressources humaines,
directeur associé senior, chargé
du marketing et des partenariats,
directrice associée, chargée
du digital et du business
et directeur associé chargé
des affaires financières
et des fonctions internes.
Joël Hazan, 35 ans, ancien élève
de l’Ecole des mines de Paris, est
directeur associé au BCG depuis
2015 et, depuis 2017, chercheur au
sein du think tank Bruce Henderson Institute.
Gwenhaël Le B oulay, 42 ans,
ancien élève de l’Ecole centrale
Paris, est directeur associé depuis
2011, directeur associé senior
depuis 2017 et membre de
l’équipe de direction depuis 2015.
Précédemment chargé des finances, il est également membre de
l’équipe de direction mondiale du
centre d’expertise institutions
financières du BCG.
Vanessa Lyon, 41 ans, ancienne
élève de l’Ecole polytechnique et
de l’Ecole nationale des ponts et
chaussées, est directrice associée
depuis 2013 et membre de
l’équipe DigitalBCG au niveau
mondial. Elle est responsable au
niveau mondial de l’offre BOT
(Build-Operate-Transfer Digital
Capabilities). Avant de rejoindre
le BCG en 2005, elle a travaillé en
supply chain chez L’Oréal.
Yann Sénant, 40 ans, diplômé de
HEC, est titulaire d’un master en
fiscalité internationale de
l’université de Paris-II et du DECF.
C’est en 2005 qu’il est entré chez
BCG à Paris. Transféré au bureau
de Chicago, il a retrouvé Paris, en
2009, pour développer la ligne
d’activité paiements. Elu directeur associé en 2014, il avait pris la
direction des activités paiements
et banque de financement et
d’investissement pour l’Europe,
l’Afrique et l’Amérique latine en
2017.
BENETTON
Jean-Charles
de Castelbajac
a été nommé lundi directeur
artistique des collections
hommes et femmes du groupe.
Jean-Charles de Castelbajac,
68 ans, formé aux collèges de La
Souterraine et de Bétharram, et à
l’Ecole supérieure des industries
du vêtement, a une longue carrière
de la peinture à la mode. Il a
notamment créé en 1978 la maison
Jean-Charles de Castelbajac qu’il a
quittée en 2016. Il fut, entre autres,
chargé de cours à l’université pour
les arts appliqués (Kunst Akademie) de Vienne et à l’université St.
Martin’s School de Londres. Il fut
aussi membre, président puis viceprésident de la Chambre syndicale
du prêt-à-porter des couturiers et
des créateurs de mode, ou encore
vice-président de la Chambre syndicale de la couture.
ILS SONT NÉS
UN 9 OCTOBRE
David Cameron,
ancien Premier ministre
du Royaume-Uni, 52 ans.
Thierry Duclaux, directeur
général de l’Epaurif, 66 ans.
Alexandre Giquello, président
de Drouot Patrimoine, 48 ans.
Thierry Herzog, avocat,
63 ans.
Christel Heydemann,
présidente de Schneider
Electric France et du Gimélec,
44 ans.
Sophie Calle, artiste, 65 ans.
Sean Lennon, chanteur,
43 ans.
Laure Manaudou, nageuse,
32 ans.
Michel Mathieu, ex-président
de Securitas France, 56 ans.
Thomas Reynaud, directeur
général du groupe Iliad, 45 ans.
Guillermo del Toro, réalisateur,
54 ans.
Marie Villette, directrice
générale de l’Etablissement
public du parc et de la Grande
Halle de la Villette, 38 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
MARDI 9 OCTOBRE 2018 //
SPÉCIAL SALON DES ENTREPRENEURS MARSEILLE PACA
PANORAMA // De quelques jours à deux ans, en formation initiale ou continue, les cursus sont nombreux en entrepre-
neuriat à l’université, en écoles ou dans des organismes privés. Une analyse de ses besoins s’impose avant de choisir.
Bien choisir sa formation pour
renforcer son profil d’entrepreneur
C
L’offre de formations à l’entrepreneuriat, en France, est devenue
dense et protéiforme. Il n’est pas
aisé de s’y retrouver. Pour trouver
celle qui correspond à son profil,
L’OPPORTUNITÉ
DR
Suivre une formation assure une meilleure pérennité de son entreprise, un taux de survie d’en moyenne 60 % après cinq ans, selon l’Insee.
une réflexion sur ses propres
besoins s’impose. « Il faut analyser
ce qui manque au futur créateur. S’il
souhaite prendre du recul et se rassurer, un cursus court suffit. S’il a
besoin de compétences clefs et d’un
corpus plus important, mieux vaut
un parcours plus long et développé »,
suggère Franck Giuliani, président
de la Conférence des directeurs des
services universitaires de formation continue.
Quand le projet est mûr, un coup
de pouce suffit pour mettre le pied
à l’étrier. C’est le choix de Laurence
travaille sur son projet d’agence
de séjours scolaires pour étrangers francophiles. « Je suis venu
chercher une validation de mon
projet et m’assurer qu’il tenait la
route. Ce cursus m’a permis de
mettre en forme mes idées et m’a
donné la confiance pour démarrer », déclare Pascal Pichon.
A l’issue de sa formation, il
passe sa soutenance devant un
jury professionnel : « Je voulais
voir si mon projet pouvait convaincre, si l’on était prêt à investir
dedans et j’ai eu ma réponse. »
Désormais, Pascal Pichon est à la
tête de sa société, France Heritage Travel Paris et il accueille
ses premiers groupes de lycéens
venus d’Australie pour découvrir
la France.
— L. M.
DR
Un diplôme
pour valider
ses idées
Après une longue carrière dans
l’industrie de la beauté, Pascal
Pichon se prend à rêver d’autres
horizons. Il est alors directeur
export chez AmorePacific, une
société coréenne de cosmétiques.
« Dans ce type de métiers, on voyage
beaucoup, c’est ainsi que j’ai développé une passion pour les relations
interculturelles. Dans mes déplacements, j’observais l’attraction qu’a
notre pays sur les étrangers. Et j’ai
noté la difficulté de certains francophiles à venir découvrir notre culture et pratiquer notre langue dans
un cadre personnalisé », expliquet-il. L’idée lui trotte dans la tête.
En 2017, un plan de départ
volontaire lui donne l’opportunité
de changer de vie et l’impulsion
pour cela. Pascal Pichon est alors
âgé de cinquante -trois ans.
Qu’importe ! Il part à la recherche
d’une formation courte pour
l’aider à mettre au clair ses envies
d’entreprendre et choisit le
diplôme universitaire « Diriger,
créer ou reprendre une entreprise » de l’IAE Paris. La formation
sera financée par son ancien
employeur. Pendant six mois, le
futur entrepreneur passe deux
jours par semaine à l’IAE et il
Les possibilités
de cursus courts
sont nombreuses.
PASCAL PICHON
« Ce cursus m’a
permis de mettre en
forme mes idées. »
Sonney en 2016. En reconversion,
avant de créer sa boutique, La
Déco by Lena à Thonon-les-Bains
(Haute-Savoie), elle suit le stage
« Cinq jours pour entreprendre »
proposé par les CCI partout en
France. « J’avais déjà les informations nécessaires pour ouvrir mon
commerce, mais je voulais échanger
avec des personnes dans la même
situation. Nous avons passé cinq
jours intéressants, avec de bons
intervenants, ce qui m’a permis de
réfléchir avant de me lancer », estime-t-elle. Ces stages sont ouverts à
L’ENVIE
Eligibles au CPF
Parfois, une formation un peu plus
longue s’avère plus adaptée. Après
un poste de directrice artistique
dans le prêt-à-porter, Clémence
Desmidt profite d’un licenciement
économique pour créer Atzarine,
un business plan, nous étions dans
un cadre scolaire. Mais cela m’a
appris à structurer mes idées. J’ai
eu le luxe d’être suivie pendant
quinze mois, de prendre mon
temps, sans aucun risque. »
A la sortie de son école de commerce, à vingt-six ans, Aurélie
Martin décide de poursuivre
seule l’aventure et, en 2016, crée sa
société qu’elle baptise « Akhal ».
La start-up se fait incuber à
Troyes (Aube) et développe Capsular, une guêtre de repos pour
chevaux, commercialisée depuis
un an. « Sans cette formation qui
m’a donné confiance en moi, je
n’aurais pas eu le culot de me lancer », admet Aurélie Martin, qui
annonce pour l’année prochaine
la sortie d’un nouveau produit.
— L. M.
Avoir le goût
d’entreprendre
dès l’école
Rien ne destinait Aurélie Martin à
un destin d’entrepreneuse. Lorsqu’elle est admise à R e n n e s
School of Business, son ambition professionnelle est de travailler dans le luxe, comme la plupart de ses camarades. De façon
logique, elle effectue son stage de
césure chez L'Oréal. « J’y ai beaucoup appris, mais j’étais frustrée de
travailler dans un grand groupe,
d’être loin de la stratégie de l’entreprise. C’est à ce moment qu’il fallait
choisir la spécialisation de ma dernière année. J’ai pris le MsC innovation et entrepreneurship, pour
rester dans un domaine généraliste
et potentiellement travailler dans
une PME par la suite », explique
Aurélie Martin.
Ses projets personnels la rattrapent et lui mettront le pied à l’étrier
de l’entrepreneuriat. La jeune fille
est sportive, amatrice de semimarathon et d’équitation. En
début d’année, elle a l’idée d’une
chaussette de récupération,
comme pour les coureurs, mais
pour les chevaux. Elle travaille de
façon récurrente à ce projet, avec
d’autres camarades de promotion. « Nous n’avions pas l’impression de monter une entreprise ou
tous, précise Laurent Mabire,
chargé de coordination entrepreneuriat à la CCI de Paris Ile-deFrance : « Il n’y a aucun prérequis
pédagogique, simplement une envie
d’entreprendre et de structurer un
projet. »
AURÉLIE MARTIN
« Cette formation
m’a donné confiance
en moi. »
spécialisée dans les cadeaux de
naissance. Conseillée par Pôle
emploi, elle suit le parcours de cinq
mois du cabinet Créactifs : « J’y ai
appris la comptabilité, les RH, la
construction du business model, la
rentabilité. Sans cela, tout aurait été
plus compliqué », reconnaît l’entrepreneuse. Les possibilités de cursus
courts sont nombreuses : en particulier auprès de réseaux d’accompagnement comme BGE, et aussi à
l’université ou dans des organismes
privés de formation. Ceux qui souhaitent prendre davantage de cours
LE PARI
res du sien. « Au début, c’était un
projet pour tester et s’amuser,
mais c’est devenu progressivement plus sérieux, se souvient
l’entrepreneur de vingt-sept ans.
Le master m’a beaucoup aidé, il
m’a apporté tous les outils dont
j’avais besoin et mes professeurs
étaient très présents pour me donner des précieux conseils, ce qui est
rassurant dans les périodes de
doute, notamment au lancement. »
Vincent Delcroix termine son
master en 2016 et se lance à fond
dans sa nouvelle vie d’entrepreneur. Sa société, L o’ K aya k ,
située en centre-ville de Cassis
(Bouches-du-Rhône), en est
désormais à sa quatrième saison
et, il l’assure, commence à être
rentable. — L. M.
Un master
avant de se
jeter à l’eau
Entreprendre l’a démangé assez
tôt… Déjà en licence de gestion,
Vincent Delcroix avoue y réfléchir : « J’ai eu très vite envie de
créer mon entreprise. Je pense que
cela correspond à une envie de
liberté et d’entreprendre chez
beaucoup de jeunes. Mais il me
manquait quelque chose dans
mon cursus. »
Vincent Delcroix envisage
ensuite d’intégrer une école de
commerce, mais préfère finalement rester à la faculté d’économie et de gestion d’Aix-Marseille,
un choix moins onéreux. Direction le master économie de
l’entreprise et des marchés, en
parcours création d’entreprise,
ouvert en formation initiale et
continue. En première année de
master, les choses s’accélèrent.
Un cours de leadership lui donne
le déclic. Son projet prend forme.
Alors qu’il termine sa première
année, en 2015, il commence les
démarches pour créer son entreprise de location de kayak avec
deux amis, Alexandre Amate et
Romain Huyghues Despointes.
Ses cofondateurs font, quant à
eux, du marketing et du droit,
soit deux profils complémentai-
des certifications professionnelles, le
compte personnel de formation peut
être mobilisé, ou, dans un projet de
réorientation, le congé individuel de
formation. Pour les demandeurs
d’emploi, des financements publics
via Pôle emploi et les conseils régionaux sont possibles », décrit Franck
Giuliani.
Suivre une formation assure-t-il
une meilleure pérennité de son
entreprise ? En moyenne, l’Insee
indique que le taux de survie après
cinq ans est de 60 %. « Une formation ne garantit pas une durée de vie,
mais donne une chance de sécuriser
son projet, de le confronter avant de le
créer. Bref, une chance de réussite
supplémentaire », estime Franck
Giuliani. Une carte de plus à la main
de l’entrepreneur, notamment pour
rassurer d’éventuels investisseurs.
— Laura Makary
DR
Combler des carences
et de temps opteront pour une
licence pro, un master ou un mastère spécialisé, en un ou deux ans,
dans une université ou une école de
commerce.
Pour les plus jeunes en formation
initiale, le choix est abondant, avec
des tarifs réduits dans les établissements publics. Via la formation
continue, mieux vaut se renseigner : des aides peuvent financer le
cursus. « Si le parcours est certifiant
et identifié par le Registre national
DR
hez les jeunes, l’envie
d’entreprendre ne cesse de
progresser. Aujourd’hui,
plus d’un jeune sur deux envisage
de créer son entreprise, selon plusieurs sondages. Et ils passent à
l’action. Pour preuve, la moyenne
d’âge des créateurs d’entreprise,
en 2017, était de 36 ans pour les
entreprises individuelles, contre
38 ans deux ans auparavant, selon
l’Insee. Le mouvement emporte
aussi les moins jeunes. Fin
juin 2017, le nombre de création
d’entreprises a atteint un record
historique en France. Sur les
douze derniers mois, plus de
647.000 créations… du jamais-vu !
L’effervescence atteint également l’université, les écoles d’ingénieurs et de commerce, les centres
de formation. Le catalogue des
formations à l’entrepreneuriat
s’étoffe. « C’est une tendance. Nous
proposons aujourd’hui des cursus
dédiés à l’entrepreneuriat, mais
aussi des cours et modules au sein
d’autres diplômes. Une partie de nos
étudiants sont également sensibilisés
via des événements et rencontres »,
explique Evelyne Marchetti, viceprésidente chargée de l’insertion et
de l’entrepreneuriat étudiant à AixMarseille Université, où 200 étudiants sont actuellement suivis
dans leur projet de création.
VINCENT DELCROIX
« Mes professeurs
étaient très présents
pour des conseils. »
COMMUNIQUÉ
SALON DES ENTREPRENEURS MARSEILLE PROVENCEALPESCÔTE D’AZUR
48h pour accélérer son business !
TEMPS FORTS & DÉBATS
LE DÉBAT D’OUVERTURE
Mental d’entrepreneur !
10 conseils pour entreprendre et révéler ses talents.
La 4ème édition du Salon des Entrepreneurs Marseille Provence-Alpes-Côte d’Azur ouvre
ses portes aujourd’hui au Parc Chanot de Marseille. Plus de 11 000 créateurs, start-ups,
indépendants, repreneurs et dirigeants d’entreprises sont attendus au plus grand événement
« Business & Networking » du Grand Sud.
Mardi 9 octobre - 11h00 à 12h30
DÉBAT «START UP FACTORY»
Génération start up ! Les modèles à suivre.
Mardi 9 octobre - 14h15 à 15h30
LA PITCH PARTY
1 min pour convaincre… 15 start up relèvent le défi !
Mardi 9 octobre - 16h15 à 17h30
CHIFFRES CLÉS
L’ACCUEIL DES NOUVEAUX ARRIVANTS
11 000 entrepreneurs attendus
500 experts mobilisés
100 conférences et workshops
120 stands et espaces conseils
25 animations thématiques
9 temps forts et débats d’actualité
100 personnalités emblématiques
Mardi 9 octobre - 16h15 à 17h30
Entreprendre à Marseille : témoignages et bonnes pratiques.
ENTREPRENDRE DANS LES QUARTIERS
Impossible n’est pas quartiers !
Photo © D-F. Corlin / S. Ferraro / X. Chabert
Mercredi 10 octobre - 11h30 à 12h45
TRIBUNE RENAUD MUSELIER, Président de la Région Sud - Provence-Alpes-Côte d’Azur / Député européen
La Région Sud, premier partenaire des entreprises
Le Salon des Entrepreneurs
Marseille Provence-Alpes-Côte
d’Azur est le plus grand rassemblement annuel d’entrepreneurs,
start-ups et dirigeants d’entreprises de la Région SUD. C’est un
moment fort pour notre Région
et l’ensemble de ses partenaires
économiques, qui mettent tout
en œuvre pour renforcer le dynamisme et l’attractivité de notre
territoire. C’est un moment privilégié pour échanger, trouver des
financements. De ce foisonnement, certains repartiront avec
de nouveaux partenariats et cela
contribuera à notre développement économique régional.
Depuis mon élection à la Prési-
dence de la Région ProvenceAlpes-Côte d’Azur, je mets tout
en œuvre avec ma majorité pour
que notre institution soit le premier partenaire des entreprises.
Ma priorité, c’est de faciliter la vie
de ceux qui entreprennent ou
souhaitent entreprendre. Pour
simplifier leurs démarches, nous
avons créé un ensemble d’outils,
dont le Fonds d’Investissement
pour les Entreprises de la Région,
qui couvre l’ensemble des besoins des entreprises, quels que
soient leur taille et leur stade de
vie. Le FIER regroupe toutes les
formes de financement : subvention, avance remboursable, prêt,
garantie, prise de participation
au capital… Artisan, commer-
çant, start-up, entreprise traditionnelle ou innovante, aucun
chef d’entreprise n’a été oublié.
Ce dispositif vient en complément de nos autres outils :
le guichet unique, la Banque
Régionale de l’Emploi et de
l’Apprentissage, la plateforme
Data SUD, ou encore le nouveau
portail numérique entreprises.
maregionsud.fr.
Grâce à ces dispositifs novateurs,
nous accompagnons le développement des 450 000 entreprises
de la Région SUD. Ensemble,
nous gagnerons la bataille de
l’emploi !
ENTRETIEN MARTINE VASSAL, Présidente de la Métropole Aix-Marseille-Provence / Présidente du
Conseil départemental des Bouches-du-Rhône
Une stratégie partagée pour un territoire attractif
Le Salon des Entrepreneurs est
l’expression même de l’ambition
de notre territoire, celle de relever
les défis de l’attractivité et de la
croissance.
Si l’accompagnement à l’emploi
implique qu’il y ait de l’emploi, cet
effet d’entraînement nécessite
de renforcer la proximité, la
concertation et le travail en bonne
intelligence avec l’ensemble des
porteurs de projets et des acteurs
économiques.
Une
nouvelle
dynamique
s’amorce. Dans une logique
de complémentarité et de
cohérence, elle contribuera à
l’émergence d’un environnement
favorable à la création et la
réussite de nos entreprises.
« Notre territoire
constitue
une locomotive
économique à
vocation mondiale »
Notre territoire constitue une
locomotive
économique
à
vocation mondiale, carrefour
méditerranéen entre Europe
et Afrique et a su développer
des filières d’excellence portées
par un tissu de TPE et de PME
dynamiques.
Les outils mis en œuvre
pour l’accueil des talents
et
l’accompagnement
des
entreprises sont au service de
cette stratégie partagée qui
entend concilier dynamisme
territorial
avec
formation,
inclusion sociale et réussite
entrepreneuriale.
C’est ensemble que nous
remporterons la bataille de
l’emploi et de l’attractivité de la
Provence.
Entreprendre, c’est détruire !
Entreprendre - je le constate tous
les jours avec mes pairs au sein
de la French Tech - c’est se poser
10 000 questions à la minute,
des débuts de réponses dans
des questions sans fins. Pourtant
avec le temps, j’ai compris qu’il
en suffisait d’une seule pour tout
changer : « Mes choix sont-ils
alignés avec un développement
harmonieux du monde ? » Quand
on replace cet essentiel au centre
des débats, tout s’accélère, allezy testez. Comme vous, j’ai testé.
C’est ainsi qu’après avoir monté
et revendu 5 entreprises, m’être
promis de passer à autre chose…
j’ai recommencé. Recommencer
avec une vision qui me semble
être une voie harmonieuse de
développement du monde du
travail.
Gojob est le fruit de cette école
de pensée. D’un côté nous avons
un code du travail, de l’autre
l’Uberisation, au centre, tout
ceux pour qui le système ne fonctionne plus : comment aider ?
Pour aider, il fallait détruire.
Détruire le modèle établit ? Non,
le chômage n’est pas normal.
Détruire la relation employé-employeur ? Non, je ne cherche pas
Osez l’Afrique !
Conseils d’entrepreneurs et opportunités à saisir.
Mercredi 10 octobre - 11h30 à 12h45
LE GRAND DÉBAT
Vies d’entrepreneurs ! Réussites, doutes, échecs...
Confidences d’entrepreneurs à succès.
Mercredi 10 octobre - 14h00 à 15h30
SMALL BUSINESS TECH
Digital first !
Quand le numérique devient accélérateur de business.
Mercredi 10 octobre - 16h15 à 17h30
FEMMES
En avant toutes ! Conseils et témoignages
de femmes entrepreneurs.
Mercredi 10 octobre - 16h15 à 17h30
PERSONNALITÉS POLITIQUES
& INSTITUTIONNELLES
Delphine GENY-STEPHANN, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de
l’Economie et des Finances
Julien DENORMANDIE, Secrétaire d’État auprès du ministre de la
Cohésion des territoires
Renaud MUSELIER, Région Sud - Provence-Alpes-Côte d’Azur
Martine VASSAL, Métropole Aix-Marseille-Provence / Département
des Bouches-du-Rhône
Jean-Claude GAUDIN, Maire de Marseille
Jean-Luc CHAUVIN, CCI Marseille Provence
Johan BENCIVENGA, Upe 13
Geneviève MAILLET, Barreau de Marseille
Lionel CANESI, Ordre des Experts-Comptables Marseille PACA
Jean-Pierre GALVEZ, Chambre de Métiers et de l’Artisanat PACA
Dominique RESTINO, Agence France Entrepreneur
François HUREL, Union des Auto-entrepreneurs
Jean-Marc ROUBAUD, Grand Avignon
Bernard KLEYNHOFF, Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur
Didier PARAKIAN, Adjoint au Maire de Marseille / Métropole Aix-Marseille-Provence
Gérard GAZAY, Métropole Aix-Marseille Provence / Département des
Bouches-du-Rhône
Marine PUSTORINO, Département des Bouches-du-Rhône
Delphine DEFRANCE, CCI Marseille Provence
Frédéric RONAL, CCI Marseille Provence
Patrick SIRI, P. Factory / Aix-Marseille French Tech
Yves DELAFON, Africalink
Eric CATAPANO, INPI PACA
Sandra DALBIN, Département des Bouches-du-Rhône
Laurent VERVLOET, Compagnie Régionale des Commissaires aux
comptes Aix-Bastia
ENTREPRENEURS & DIRIGEANTS
Que cette 4ème édition du Salon
des Entrepreneurs soit une
nouvelle opportunité de faire
rayonner l’identité et les atouts
de notre territoire !
POINT DE VUE PASCAL LORNE, Fondateur de GoJob / Président de Aix-Marseille French Tech
Président de la French Tech AixMarseille, souvent on me demande ma vision de l’entrepreneuriat.
INTERNATIONAL
à t’avoir. Détruire la distance avec
l’emploi ? Non, tu peux trouver un
job à partir de ton téléphone. Entreprendre c’est détruire. Détruire
pour mieux créer.
Avec un écosystème de 800 startup en plein essor, notre territoire
accompagne ce mouvement de
destruction des préjugés et des
anciens modèles figés.
Lançons la reconstruction de
nouveaux modèles, plus vivants,
alignés avec un monde plus harmonieux.
Quand on me demande ma
vision de l’entrepreneuriat, j’ai
souvent envie de vous retourner
la question.
Samir ABDELKRIM, StartupBRICS
Joseph ARAKEL, Tempo One
Cédric ATANGANA, WeCashUp
Shanty BAEHREL, Shanty Biscuits
Walid BENHAMOU, BENH
Camille BLAISE, Neocamino
Sophien BOUSTANI, Myotec
Emmanuelle CHAMPAUD, Totem.Mobi
Julie DAVICO-PAHIN, Ombrea
Ludovic DEBLOIS, Sunpartner Technologies
Gaël DESPERRIES, Skavenji
Guerric FAURE, Whoog
Vincent FERT, Haliodx
Séverine GRÉGOIRE, MesDocteurs
Sandra LE GRAND, Yapuka.org
Pascal LORNE, GoJob / Aix-Marseille French Tech
Jeanne MASSA, Habiteo
Olivier MATHIOT, PriceMinister / theCamp
Laurence PAGANINI, Kaporal
Frédéric PONS, Hopps Group
Valérie SEGRETAIN, Customer Labs
Devaky SIVADASAN, Mama Spice
Loïc SOUBEYRAN, Lunchr
David SUSSMAN, Seafoodia
Corinne VEZZONI, Corine Vezzoni & Associés
Philippe VERAN, Biotech Dental
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ENTREPRENEURS // 37
Les Echos Mardi 9 octobre 2018
APPRENDRE // Créer, reprendre ou développer son entreprise nécessite quelques compétences ou tout du moins
de bâtir minutieusement son projet. Ce qui peut être l’objet d’une formation, initiale ou continue, longue ou courte…
Sans diplôme ou jusqu’à bac +5 :
10 formations à l’entrepreneuriat
HEC PARIS : MASTÈRE
SPÉCIALISÉ ENTREPRENEURS
C’est l’un des cursus pionniers sur
l’entrepreneuriat, avec une pédagogie active et par projet dès sa création. Plutôt destinée aux étudiants
en fin de parcours, cette formation,
qui revendique 3.000 anciens,
donne les bases pratiques et théoriques pour lancer, puis développer
un projet entrepreneurial. Ce mastère spécialisé pourrait évoluer prochainement : HEC travaille à un
rapprochement avec l’Ecole polytechnique, pour le transformer en
double diplôme, potentiellement à
partir de 2019.
Création : 1977. Durée : un an.
Tarif : de 17.000 à 22.775 euros.
Niveau d’entrée : bac+5. Type de
formation : full-time, initiale, non
finançable via la formation continue. Taille de la promotion : de
90 à 110. Part de diplômés créant
leur entreprise : de 70 à 75 %.
Exemples de sociétés créées par des
d i p l ô m é s : P r i c e M i n i s t e r,
YellowKorner, Spartoo, Homelidays, Gemmyo, Popchef…
ESSEC & CENTRALE SUPÉLEC : MASTÈRE SPÉCIALISÉ ENTREPRENEURS
Cette formation, qui dure un peu
plus d’un an, est copilotée par deux
grandes écoles reconnues dans le
milieu de l’ingénierie et des affaires.
Elle accueille des étudiants de tous
âges, en moyenne de 25 à 45 ans,
avec la volonté de brasser des profils venus d’horizons différents. En
plus des cours de comptabilité, de
finance, de marketing ou encore de
droit des sociétés, chaque apprenant est coaché par un entrepreneur, pour l’aider à développer son
projet. L’année s’achève sur une
thèse professionnelle.
Création : 2008. Durée : un an.
Ta r i f : 18.500 euros. N i v e a u
d’entrée : bac+5. Type de formation : full-time, initiale et continue,
finançable via la formation continue. Taille de la promotion : de
25 à 30. Part de diplômés créant
leur entreprise : 40 %. Exemples
de sociétés créées par des diplômés : Prêt à Pousser, Percko, Compagnie des Sens, By Français, Les
Deux Gourmands…
EM LYON BUSINESS
SCHOOL : MASTÈRE
SPÉCIALISÉ ENTREPRENEURIAT ET MANAGEMENT DE L’INNOVATION
Fraîchement né de la fusion de deux
programmes préexistants sur
l’entrepreneuriat et le management
de l’innovation, ce cursus d’un an
est constitué d’une vingtaine de
modules entourés par une soixantaine d’intervenants. Si la formation n’est pas finançable via la formation continue, elle accueille cette
année des élèves de 22 à 40 ans, de
neuf nationalités différentes. A
noter : un voyage d’études a lieu à
Bengalore, un des principaux hubs
d’innovation en Inde, plutôt qu’à la
traditionnelle Silicon Valley.
Création : 2018. Durée : un an.
Ta r i f : 19.000 euros. N i v e a u
d’entrée : bac+4 ou bac+5. Type de
formation : full-time, initiale, non
finançable via la formation continue. Taille de la promotion : 62.
Part de diplômés créant leur
entreprise : 22 %. Exemples de
sociétés créées par des diplômés : Webinterpret, Hapik, La
Fraicherie, Véritable, La Belle
Mèche…
KEDGE BUSINESS
SCHOOL : SPÉCIALISATION
INNOVATION ET ENTREPRENEURIAT DU PROGRAMME GRANDE ÉCOLE
Le succès se confirme pour cette
spécialisation. Créée avec seulement sept étudiants pour la première promotion, elle en rassemble
désormais une trentaine. Accessible sur les deux dernières années
du programme grande école à Marseille, elle introduit les élèves à
l’entrepreneuriat, à la construction
d’un business model et à la découverte du management de l’innovation. Les diplômés qui souhaitent
poursuivre l’aventure et effectivement créer leur boîte à l’issue du
cursus ont accès aux ressources et
aux services de l’incubateur de la
business school.
Création : 2014. Durée : deux
ans. Tarif : 12.500 euros. Niveau
d’entrée : bac+3. Type de formation : full-time, initiale, non finançable via la formation continue.
Taille de la promotion : 30. Part
de diplômés créant leur entreprise :
55 %. E x e m p l e s d e s o c i é t é s
créées par des diplômés : TantPartager, Paablo…
EDHEC BUSINESS SCHOOL :
SPÉCIALISATION
START-UP BOOST DU PROGRAMME GRANDE ÉCOLE
Sélectionnés sur leur projet, soit
en première année soit en M1, les
étudiants intéressés sont suivis
pendant cinq mois, au terme desquels ils effectuent une soutenance sur leurs avancées. Accompagnés par des coachs individuels
et collectifs, sur les campus de
Lille et de Nice, ils suivent des ateliers sur les grandes thématiques
liées à la création d’entreprise. A
l’issue de ces cinq mois, ceux qui
valident leur pitch et décident de
se lancer et de créer leur société,
ont accès à l’incubateur de l’école.
Création : 2017. Durée : deux
ans. Tarif : 15.300 euros. Niveau
d’entrée : bac+3. Type de formation : full-time, initiale, non finançable via la formation continue.
Taille de la promotion : 60. Part
de diplômés créant leur entreprise : 10 %. Exemples de sociétés créées par des diplômés :
Kounder, Shotgun Covoiturage…
IAE DE GRENOBLE : MASTER ENTREPRENEURIAT
ET MANAGEMENT DE PROJETS
Dans cette formation de l’Université Grenoble Alpes, les promotions
sont composées d’élèves en poursuite d’études initiales, majoritairement après une césure, un service
civique ou un VIE, mais aussi
d’apprenants en formation continue. Les cours sont pensés comme
des outils pour servir les étudiants
dans leur création d’entreprise.
L’équipe enseignante est composée
à 50/50 de professeurs de l’IAE et
d’intervenants extérieurs, souvent
eux-mêmes entrepreneurs. La
deuxième année est consacrée aux
projets des étudiants créateurs, en
fil rouge sur tout le M2.
Création : 2004. Durée : deux
ans. Tarif : 243 euros en initiale,
2.500 euros en continue. Niveau
d’entrée : bac+3. Type de formation : full-time, initiale et finançable via la formation continue.
Taille de la promotion : de 25 à
30. Part de diplômés créant leur
entreprise : 33 %. Exemples de
sociétés créées par des diplômés : PowerPeps, Dose De Sport,
OpenCar, Sanuva…
diants passent devant un jury composé d’un universitaire et d’un
entrepreneur.
Création : 2011. D u r é e : 24
semaines, 200 heures de cours.
Tarif : 1.100 euros en formation initiale, 2.200 euros en formation continue. Niveau d’entrée : bac+1 ou
validation des acquis professionnels. Type de formation : parttime, initiale ou continue, finançable via la formation continue.
Taille de la promotion : de 15 à
20. Part de diplômés créant leur
entreprise : 50 %. Exemples de
sociétés créées par des diplômés : Panini Box, Seconde Main
Phone, Homelly…
CNAM : ENTREPRENEUR
DE PETITE ENTREPRISE
Conçu comme un outil pour
accompagner les créateurs et les
développeurs d’activités nouvelles,
ce titre reconnu se divise en deux
parties : 23 jours sont dédiés à la
construction du projet des élèves,
qui sont âgés en moyenne de 36 ans,
et 21 jours aux cours (droit des sociétés et affaires, développement des
ventes, point mort, etc.). Des modules à la carte permettent d’adapter la
formation, qui s’étale en part-time
sur six mois, à chaque profil. Elle
compte plus de 2.500 diplômés,
dans toute la France.
Création : 2009. D u r é e :
A sa création, il y a vingt ans, ce master à l’université de Lorraine détonnait. Il est aujourd’hui parfaitement
dans l’ère du temps. Il est composé
de deux années distinctes : un M1
plutôt généraliste et assez théorique, puis un M2 centré sur le développement du projet et la pratique.
Les étudiants sont âgés d’environ 23
ans pour les étudiants en initiale et
jusqu’à la cinquantaine pour les élèves de la formation continue, tous
réunis dans la même promotion. A
l’issue du master, la moitié des
diplômés créent leur boîte.
Création : 1998. Durée : deux
ans. Tarif : 243 euros en formation
initiale, 3.000 euros en continue.
Niveau d’entrée : bac+3. Type de
formation : full-time, initiale et
finançable via la formation continue. Taille de la promotion : 25.
Part de diplômés créant leur
entreprise : 48 %. Exemples de
sociétés créées par des diplôm é s : Findest, Kingolf Game,
N a n c y C u r i e u x , L’At e l i e r d e
Simon…
AIX-MARSEILLE UNIVERSITÉ : DIPLÔME UNIVERSITAIRE DEVENIR ENTREPRENEUR
L’idée d’origine de ce diplôme d’université créé à Marseille est de permettre aux futurs entrepreneurs de
construire en peu de temps un business plan. Agés de 18 à 35 ans, les
étudiants suivent les différentes
étapes de la constitution d’une
entreprise, de l’étude de faisabilité
et de marché jusqu’au lancement de
l’activité, à raison de deux jours par
semaine pendant près de six mois.
Pour être admis, les étudiants doivent au minimum être inscrits en
L2, ceux ayant une expérience professionnelle peuvent valider leur
ticket d’entrée sans diplôme, si ce
n’est le fait d’avoir déjà un projet et
une idée. A l’issue du DU, les étu-
308 heures sur 44 jours. Tarif :
4.500 euros. Niveau d’entrée : bac
ou équivalent. Type de formation : part-time, finançable via la
formation continue. Taille de la
promotion : de 10 à 15. Part de
diplômés créant leur entreprise : 25 %. Exemples de sociétés créées par des diplômés :
K-Litest, Les 2 Georges…
IAE PARIS : DIPLÔME UNIVERSITAIRE DIRIGER,
CRÉER OU REPRENDRE
UNE ENTREPRISE
Aucun prérequis n’est exigé pour
intégrer ce DU qui s’étale sur six
mois, pas même le bac. Les cours,
qu’ils soient académiques ou centrés sur le projet de création de
chaque élève, ont lieu les vendredis et samedis uniquement. Face à
la quinzaine d’apprenants, âgés
de 22 à 55 ans, les intervenants et
enseignants ont tous une expérience entrepreneuriale. Les
grands fils rouges de la formation : les points forts du porteur de
projet, la faisabilité commerciale,
les éléments différenciants de
l’offre et la rentabilité.
Création : 2012. Durée : 120 heures sur 21 journées en six mois.
Ta r i f : 5.750 euros. N i ve a u
d’entrée : pas de prérequis. Type
de formation : part-time, finançable via la formation continue.
Taille de la promotion : 15. Part de
diplômés créant leur entreprise :
40 %. Exemples de sociétés créées
p a r d e s d i p l ô m é s : Madame
Lupin, France Heritage Travel
Paris, FormaStaging, Digilib…
— Laura Makary
Métropole Aix-Marseille-Provence
IAE DE METZ : MASTER
ENTREPRENEURIAT ET
DÉVELOPPEMENT
D’ACTIVITÉ
Capitale euro-méditerranéenne
Métropole Aix-Marseille-Provence — 58 boulevard Charles Livon — 13007 MARSEILLE — Création : DGACREGE — Photos : Thinkstockphotos© Terng99 — Ref CDC — septembre 2018
L
es 10 formations à l’entrepreneuriat présentées ici dans
l’ordre inverse du prérequis,
de bac+5 à aucun diplôme, ne sont
qu’un très faible échantillon de toutes les formations proposées par les
universités, les écoles et organismes privés sur cette thématique.
1ER PÔLE
ÉCONOMIQUE
du Sud de la France
1er PORT
DE FRANCE
2ème
DE MÉDITERRANÉE
50 Mds d’euros
d’investissement
d’ici 2050
EUROMÉDITERRANÉE
1ère opération de développement
économique et de rénovation
urbaine en centre-ville d’Europe
1ère zone
exportatrice
vers la Méditerranée
contact : economie@ampmetropole.fr
38 // ENTREPRENEURS
Mardi 9 octobre 2018 Les Echos
LE CONCOURS
100 jeunes de moins de 30 ans
originaires des quartiers
sensibles ont participé
à The Choice, un programme
de l’Union patronale
des Bouches-du-Rhône.
Ils sont issus des quartiers défavorisés, ont moins de trente ans, sont
sans diplôme, n’ont aucun réseau,
mais ils partagent le même rêve : se
mettre à leur compte. Pour les
encourager à se lancer, l’Union
pour les entreprises des Bouchesdu-Rhône (Upe13) vient d’organiser
un concours d’idées de business.
Baptisé « The Choice » puisqu’inspiré d’un célèbre programme
télé de coaching de jeunes talents
musicaux, ce dispositif inédit s’est
achevé le vendredi 7 septembre
2018 avec la remise d’une enveloppe
de 5.000 euros et une adhésion gratuite aux services de l’organisation
patronale à cinq jeunes entrepreneurs. L’opération a démarré en
février 2018 avec l’appui d’une trentaine de structures d’aide à la création d’entreprise. Dans un premier
temps, les porteurs de projet ont été
invités à pitcher leur idée devant la
caméra de leur smartphone et à
publier leur vidéo sur une plateforme partagée. Le public a voté,
100 candidats ont été retenus, et
chacun a pu choisir son coach personnel parmi un panel d’autant
d’entrepreneurs et consultants
volontaires. Chacun s’est engagé à
consacrer au minimum deux heures hebdomadaires de son temps à
son poulain.
En immersion
Après une première série d’auditions éliminatoires, 25 porteurs de
projet se sont retrouvés en immersion sur le campus d’innovation The
Camp, près d’Aix-en-Provence. Au
menu : programme de découverte
de soi et des fondements de l’entrepreneuriat au travers d’ateliers de
créativité (faire une tour avec quelques spaghetti, du scotch et des Chamallows, tirer un portrait à l’aveugle…) et de rencontres inspirantes.
Par exemple, avec Ryad Boulanouar
L’opération The
Choice a coûté moins
de 200.000 euros.
(lire l’interview ci-contre), l’inventeur du Compte-Nickel. Trois des
candidats qu’il a rencontrés à cette
occasion figureront dans sa websérie, la méthode Boulanouar.
Ce n’est pas tout. Fin août, plusieurs candidats ont également été
invités à participer à l’université
d’été du Medef. L’un d’eux, Nicolas
Garcin, a remporté le prix Frédéric
Chevalier HighCo pour son projet
d’algorithme Insity, qui doit permettre de centraliser et de géolocaliser
l’information culturelle des villes.
L’opération The Choice a coûté
moins de 200.000 euros. « Nous
n’espérons pas seulement réconcilier
les quartiers sensibles avec la ville,
nous voulons en tirer le meilleur et
conjuguer nos talents et nos expertises pour exploiter les potentiels
cachés de la cité », estimait Johan
Bencivenga, le président de l’Upe13
en remettant leur chèque aux cinq
lauréats : Azhar Bacar, porteur
d’un projet d’entreprise de transport pour dynamiser les courts-circuits ; Walid Benhamou, fabricant
de biscuits orientaux allégés ; Frederi Bernascolle, artisan coutelier ;
Marion Merlin (lire le portait cidessous) et ses circuits touristiques
théâtralisés ; Angèle Pailler avec
un projet de fabrication d’accessoires écologiques. — P. M.
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Propos recueillis par
Paul Molga
L
e créateur autodidacte
du compte Nickel lance
une websérie pédagogique pour stimuler l’esprit
d’entreprendre. Ryad Boulanouar veut donner sa chance à
chaque entrepreneur.
1
Vous lancez la
Méthode
Boulanouar, une websérie
destinée aux entrepreneurs. Pourquoi ce projet ?
Parce qu’entreprendre n’est pas
une marque de fabrique réservée aux écoles de commerce.
Même sans diplôme, les jeunes
ne sont pas condamnés à être
chauffeurs Uber ou livreurs. Il y
a une envie de créer chez beaucoup d’entre eux, même s’il leur
manque les codes et les bases de
connaissance entrepreneuriale.
Cette question pédagogique
propre à notre système éducatif
se double d’un autre problème :
l e s r a p p o r t s p a r a d ox a u x
qu’entretiennent la majorité des
Français avec l’entreprise. Les
salariés aiment la leur, beaucoup veulent se mettre à leur
compte, mais ils détestent la
vision capitalistique que leur
offrent celles qui réussissent le
mieux. Cela élimine du passage
à l’acte une bonne partie des
candidats à l’entrepreneuriat. Le
message que je porte est celui
que m’a délivré mon père : « Et
pourquoi pas toi ? »
La Méthode Boulanouar est-elle la
méthode miracle pour
créer une start-up à succès ?
Après le compte bancaire pour
tous [compte Nickel repris par
BNP Paribas, NDLR], je veux
créer l’entrepreneuriat pour
tous sous forme de pastilles heb-
domadaires de dix minutes chacune, faciles à partager sur les
réseaux sociaux. Le principe de
cette série est de passer en revue
le projet de création d’entreprise
d’un candidat. Il ne s’agit pas de
mettre des experts autour d’une
idée à promouvoir, mais de partir des fondamentaux : qui est
mon client ? Qu’est-ce que je vais
lui vendre ? Mais surtout combien est-il prêt à payer ? Ce n’est
qu’une fois résolues ces questions primordiales qu’on peut
concevoir un business plan crédible capable de convaincre
d’éventuels investisseurs, y
compris des banquiers. C’est un
principe de bon sens.
3
Un entrepreneur
en herbe a beaucoup
à apprendre. Combien
de « chapitres » avez-vous
envisagé de tourner ?
Précisément 50 sur une année.
J’investis dans leur production
1 million d’euros et je vais aussi
éditer un livre qui passera en
revue 96 idées de business
assorties de conseils et de business plan pour des activités
éprouvées comme l’ouverture
d’un food truck ou d’un bar à
ongles. L’objectif est de mettre
des entrepreneurs en herbe
face à la réalité de ce qu’est une
affaire. Je veux éduquer, en leur
fournissant les clefs d’évitement des écueils entrepreneuriaux. Je veux motiver par
l ’e x e m p l e , s t i m u l e r p a r
l’audace. Au-delà du format
divertissant offert par la vidéo,
notre objectif est de convertir
un projet en action. Nos pastilles seront accompagnées de
conseils juridiques et pratiques
délivrés par des professionnels.
L’entrepreneuriat est une
source d’émancipation. Il faut
qu’il soit aussi une voie de réalisation personnelle. n
L’IDÉE
Marius
dans les rues
du Panier
Agence DDB Blackbird
Découvrez CAP Entrepreneur,
la 1ère protection sociale de ceux qui se lancent.
« L’entrepreneuriat,
source d’émancipation »
2
Quand on est
entrepreneur,
on doit tout prévoir,
même l’imprévu.
Quand on est jeune entrepreneur ou que l’on monte sa start’up,
on veut aller de l’avant, faire grandir son entreprise…
et l’on oublie parfois de bien se protéger.
En cas de maladie, d’accident ou d’hospitalisation, CAP Entrepreneur
vous assure un complément de revenus pour que vous puissiez faire face
à vos charges. Vous pérennisez ainsi votre activité.
Entrepreneur
DR
The Choice débusque les talents
entrepreneuriaux des cités
3 QUESTIONS
À…
RYAD
BOULANOUAR
Au printemps 2019, les touristes
en balade à Marseille pourront
vivre le premier tome de la trilogie de Marcel Pagnol, Marius,
dans son décor naturel : le quartier historique du Panier. L’initiative en revient à l’entrepreneuse de vingt-neuf ans,
Marion Merlin, l’une des finalistes du concours The Choice.
Une aventure entrepreneuriale
en forme de revanche pour la
jeune femme...
Refusée au conservatoire de
théâtre, cette amoureuse de belles lettres a emprunté des chemins de traverse pour parvenir à
son but, faire une industrie de
l’émotion théâtrale. Son projet
s’est affiné sous le coaching
d’Yves Fagherazzi, directeur
de la société Seramm. « J’ai pris
un raccourci, raconte Marion
Merlin, dans un français très
châtié. Il m’a ouvert son réseau
professionnel, m’a livré à ses
experts, et a canalisé mon énergie
en m’apprenant notamment à
relativiser les choses, moi qui suis
trop perfectionniste. » Depuis,
Marion Merlin a fini de recruter
les dix comédiens qui vont for-
MARION MERLIN
« J’ai pris un raccourci. »
mer sa troupe, Marseille Théâtre Tour, et monté son business
plan. Après Marius, elle prévoit
d’emmener les touristes par
groupe d’une trentaine sur les
pas de Fanny dans le village des
Goudes, puis de César dans le
vallon des Auffes.
A raison de deux représentations par jour les week-ends, et
d’accueil de groupes scolaires,
de c o m i t é s e t s é m i n a i r e s
d’entreprises, en semaine, la
petite entreprise théâtrale
pourrait rapidement trouver
son équilibre. Plusieurs groupes, dont EDF et CMA-CGM,
ont d’ores et déjà marqué leur
intérêt pour ces visites qui mettent leur ville en scène. « Une
flatteuse valorisation », estime
le coach de Marion. — P. M.
crible
Mardi 9 octobre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Telecom Italia, Iliad et Vodafone subissent
le contrecoup boursier des enchères 5G.
L’INVITÉ
DES « ÉCHOS »
« Les Echos »
+
Grandeur et décadence des Romains
Aurore Bergé Députée LREM
AUDIOVISUEL Aurore Bergé a présenté il y a quelques
jours un rapport parlementaire sur l’avenir de l’audiovisuel
public qui doit servir de base de propositions en vue
de la loi que prépare le ministère de la Culture pour
le printemps 2019. « Il y a urgence à agir, notamment sur
les ressources des acteurs historiques. Je pense notamment
à toutes les règles qui encadrent la publicité : aujourd’hui,
il y a un carcan extrêmement fort. Par exemple, on interdit
la publicité dite segmentée et géolocalisée pour les chaînes TV,
alors qu’elle existe de fait sur Google ou Facebook. Il y a donc
une inéquité. Toute l’idée du rapport est de savoir comment
nous pouvons arriver à des règles du jeu qui permettent
de mettre à armes égales les acteurs historiques – qui
financent la création et qui créent de l’emploi – et les nouveaux
entrants – qui doivent être une chance pour la création
et la diversité culturelle et qui doivent y contribuer. »
TÉLÉVISION « Nous avons des nouveaux entrants [par
exemple, Netflix, NDLR] qui ont une telle surface en nombre
d’abonnés et d’investissements potentiels que notre télévision
est concurrencée. Elle doit se réformer […], mais cela passe
aussi par plus de recettes. Car derrière, il y a toute une chaîne
de financement qui est impactée : quand le chiffre d’affaires
de nos télévisions augmente, c’est aussi, derrière ,
l’investissement en faveur de la création qui augmente
(séries, documentaires, cinéma…). Là où, aujourd’hui,
le chiffre d’affaires des Gafa n’est pas taxé pour financer
la création. »
Interview réalisée par Fabienne Schmitt
a L’intégralité de l’émission sur lesechos.fr/invitedesechos
« J’ai bâti de si beaux châteaux que les ruines m’en suffiraient. » L’aphorisme
de Jules Renard servira-t-il un jour d’épitaphe à certains des cinq participants aux enchères organisées par l’Italie pour attribuer les fréquences 5G ?
A 6,55 milliards d’euros, soit plus de deux fois et demi le prix minimum
espéré, ce château-là devrait être édifié en Espagne. Il atteint 1,3 fois le bénéfice brut d’exploitation annuel des services mobiles dans la Botte et plus d’un
cinquième de la valeur d’entreprise de ce marché. « Aucun rationnel économique ne peut justifier de tels prix », assène Oddo BHF. La ruine n’est certes
pas pour tout de suite : si les spectres sont peu monétisables à court terme,
l’essentiel de la somme ne sera pas déboursé avant 2022. Mais nul besoin
de relire Montesquieu et ses « Considérations sur les causes de la grandeur
des Romains et leur décadence » pour savoir qu’en s’agrandissant, on peut
s’affaiblir si on oublie la discipline. Rapportées à la population couverte,
certaines bandes ont été payées huit fois plus cher que les enchères se déroulant en Finlande, le pays de l’OCDE où l’on consomme le plus de données.
Ce processus ampute de 9 % la juste valeur du titre Telecom Italia estimée
par Morningstar, et de 12 % celle d’Iliad. Sur un mois, leurs titres ont respectivement abandonné en Bourse 8,05 % et 6,1 %, tandis que Vodafone cédait
4,7 %, à comparer aux –0,2 % de l’indice sectoriel. De quoi mettre un peu plus
d’ambiance entre Vivendi et Elliott dans les conseils de Telecom Italia…
Kering 29
La Banque Postale 30
Louis Dreyfus 29
Louis Dreyfus Company
29
LVMH 29
Nat’Inov 24
Nexans 29
Nor-Feed 24
Omnicom 22
Orange 21
Paysan urbain 20
Pierre Fabre 19
Plastic Omnium 19
Plastivaloire 19
Ponroy Santé 24
Promoplantes 24
Publicis 22
Les oracles des fusions et acquisitions glosent sur les tensions commerciales qui pourraient finir par refroidir leur marché mondial. Il en faudrait
davantage pour décourager Vicat, qui vient d’annoncer une mise de fonds
importante – 290 millions d’euros, soit plus de 10 % de sa valeur boursière –
pour acquérir 65 % de Ciplan (Cimento Planalto). En payant une valeur
d’entreprise de 145 euros par tonne de ciment, le cimentier familial n’a
toutefois pas enthousiasmé son public parisien. Son action s’est retrouvée
à un plus bas depuis début 2016 après l’annonce de ce grand pari brésilien.
Le cash injecté sous la forme d’une augmentation de capital réservée restera pourtant dans la cible, qui va se désendetter. Mais l’emplette brésilienne
de Buzzi Unicem vient, elle, de s’effectuer à 120 euros la tonne selon
les tablettes d’Alpha Value. Le cimentier transalpin a aussi fait valoir
le contraste entre la croissance de la population brésilienne (+1,1 % par an)
et la décrue de la consommation de ciment par habitant depuis 2015
(–25 %). A condition de ne pas être mis sur les nerfs par la volatilité des
changes, les gérants de portefeuilles pourraient donc finir par entendre
l’argument du rachat risqué mais réalisé en bas de cycle. Le fleuron
français, fort de ses cent soixante-cinq ans d’expérience, devra quand
même leur détailler comment il va bien bétonner son « equity story »
à partir des différents ingrédients énumérés (outil industriel, notoriété, réserves en carrière, part de marché). De quoi montrer que le liant est bien
resté une spécialité maison.
AVIS FINANCIERS
BNP Paribas AM 19
Deutsche Invest II 19
EN VUE
Les Echos est une publication du
PRINCIPAL ASSOCIÉ UFIPAR (LVMH)
PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL Pierre Louette
DIRECTRICE GÉNÉRALE PÔLE LES ECHOS Bérénice Lajouanie
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RÉDACTEURS EN CHEF
David Barroux (Entreprises)
Laura Berny (Enquêtes)
Daniel Fortin (Magazine, Opinions, Innovation)
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et opérations spéciales)
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Guillaume Maujean (Finance-Marchés)
Pascal Pogam (Information
et transformation digitale)
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DIRECTEUR DE CRÉATION Fabien Laborde
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EDITORIALISTES
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (Le Crible)
LES ECHOS EXECUTIVES
RÉDACTRICE EN CHEF Muriel Jasor
LES ECHOS WEEK-END
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Henri Gibier
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RÉDACTRICE EN CHEF Frédérique Dedet
DIRECTRICE ARTISTIQUE
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 8 OCTOBRE 2018 : 95.356 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de OJD-Diffusion contrôle CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Ce numéro comporte un 3e cahier de 20 pages « Les Echos Sociétés »
Vicat va devoir convaincre des vertus
de son emplette brésilienne.
Une alliance entre Lloyds Banking
et Schroders ferait date.
Ramsay Générale de
Santé (RGDS) 18
Société Générale 29
Soitec 29
Solvay 19
STMicroelectronics 29
TechnipFMC 29
Total 29
UBS 28
Upsa, 19
Vallourec 29
Veg’Extra 24
WeBar 20
WPP 22
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION & PRÉSIDENT DE LA SAS LES ECHOS Pierre Louette
Edité par Les Echos, SAS au capital de 794.240 euros RCS 582 071 437
10, boulevard de Grenelle, CS10817, 75738 Paris Cedex 15 Tél. : 01 87 39 70 00.
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ÉDITRICE DÉLÉGUÉE Capucine Marraud des Grottes
DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
Encore un peu de liant
Gestion plus fortunée
LES ENTREPRISES CITÉES
AB Science 29
ADP 29
Afiniti 22
Airbus 16
Anapix Medical 25
BNP Paribas 29
Bouygues Telecom 22
Braincube 25
Capgemini 29
Crédit Agricole SA
29
Densmore 24
Elastic 23
Evear Extraction 24
Fairphone 21
Faurecia 19
GlaxoSmithKline 22
Hermès 29
La fronde de David a vaincu l’épée, la lance et le javelot de Goliath. Rejeton
d’une grande famille de commerçants quakers, Sampson Lloyd, l’un
des cofondateurs de Lloyds Banking, connaissait bien l’histoire biblique. Ses
lointains successeurs à la tête de la grande banque de détail n’ignorent donc
rien des paradoxes de la taille au moment de choisir un nouveau
gérant pour les 109 milliards de livres d’actifs (123 milliards d’euros) de leur
filiale d’assurance Scottish Widows. Ce mandat, aussi énorme que prestigieux, était confié à Aberdeen avant sa fusion avec Standard Life, ce qui
a indisposé les gardiens des veuves écossaises, même si l’assureur s’estime
complètement recentré sur l’« asset management ». A voir l’indifférence
complète de l’action Schroders après les fuites sur les discussions en cours,
Schroders n’a pas la partie gagnée d’avance face à BlackRock pour
décrocher ce trophée capable à lui seul de doper son bénéfice par action
de 5 à 7 %, selon les calculs des experts d’UBS. Une issue plausible pourrait
d’ailleurs être un partage entre le fleuron britannique et le mammouth
américain dont la capitalisation boursière est sept fois plus gironde.
Et comme les mandats les plus prestigieux ne sont pas forcément les plus
rentables, c’est surtout le partenariat britannico-britannique dans la gestion
de fortune qui pourrait faire date. Le patron de Lloyds Banking, Antonio
Horta-Osorio, pourrait muscler l’offre de cette activité à la fois
génératrice de commissions et pas trop gourmande en fonds propres,
comme il le souhaite depuis longtemps. Car un grand réseau distributeur
n’est une force que si les épargnants de plus en plus courtisés le veulent bien.
D
Fernando Haddad
eux scores nous ont scotchés
dimanche, en commençant par
celui de Mbappé. Quatre buts
en 13 minutes ! Le second, plus inquiétant, était tout aussi inattendu. Les sondages avaient bien détecté l’avance de
Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême
droite à la présidentielle brésilienne.
Mais personne n’avait prévu qu’avec
46 % des voix, ce Trump puissance 10
allait frôler l’élection au premier tour.
Caramba comme on dit dans les pays
d’à côté. Bolsonaro avait quelques
atouts dans son menu populiste. Il a
joué à fond la lutte contre l’insécurité
dans un pays qui reste un des plus violents du monde. Il a aussi bénéficié de la
corruption politique généralisée. Le
leader du Parti d’en face, Lula, est
condamné à 12 ans de prison, un léger
handicap pour prôner justice et équité.
Fernando Haddad, n’est le candidat du
Parti des travailleurs que depuis
4 semaines, date de l’inéligibilité définitive de Lula. Le charisme de cet inconnu
hors des murs de São Paulo, se rapproche plus de celui de Benoît Hamon que
de Jean Jaurès. Haddad fut d’ailleurs en
2015 ministre de l’Education de Lula.
On ne sait pas si lui aussi démissionna
15 jours avant la rentrée scolaire. Ce fils
de commerçants libanais, 55 ans, n’est
pas une lumière en politique. On disait
que le nom de Lula pourrait faire « élire
un lampadaire ». Résultat, il se présenta
lui-même comme le « lampadaire de
Lula ». Bien vu. Professeur de sciences
politiques à São Paulo, il en fut élu
maire en 2012, avant de se faire écraser
dès le premier tour de l’élection suivante. Assez cool, on le surnomme
« Haddad tranquilão ». Epoux d’une
dentiste, il se sera laissé endormir !
(
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