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Les Echos - 10 10 2018

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L’ESSENTIEL
LA PAUVRETÉ NE RECULE
PAS MALGRÉ LA CROISSANCE
Si la croissance du PIB a été la
plus élevée l’an dernier depuis dix
ans, la pauvreté a touché 8,8 millions de personnes, soit 14 % de la
population. Un ratio stable. // P. 6
L’OUZBÉKISTAN NOUE DES
COOPÉRATIONS AVEC PARIS
Le président ouzbek, qui a lancé
une libéralisation inattendue de
ce pays jadis ultra répressif, a rencontré mardi son homologue
Emmanuel Macron. // P. 9
POURQUOI LES LOBBYS SONT
TOUT-PUISSANTS EN FRANCE
Malgré deux lois rendant plus
transparente l’action des groupes
de pression, leur régulation reste
illusoire, car les élus et hauts
fonctionnaires n’y sont pas soumis. // L’ENQUÊTE P. 14
ENTREPRISES
& MARCHÉS
PÉTROCHIMIE : TOTAL
ET ARAMCO ACCÉLÈRENT
La major française et le pétrolier
saoudien vont construire un complexe pétrochimique géant en Arabie saoudite. Le Golfe monte en
puissance dans ce secteur. // P. 20
INNOVATION : LA ROUTE
INTELLIGENTE AVANCE
Chaussées avec un revêtement
100 % recyclé, autoroutes électrifiées, capteurs pour l’entretien
des voies : les innovations se multiplient sur les routes. // P. 22
GOOGLE PERSISTE SUR LE
MARCHÉ DES SMARTPHONES
Le géant du Web a dévoilé mardi à
New York ses deux derniers téléphones, le Pixel 3 et son grand
frère, le Pixel 3 XL. Le hardware
est devenu une priorité du groupe.
// P. 25
Tour de
chauffe sur
la réforme
des retraites
Beauté
L’Oréal
veut se
relancer
en hypers
avec le bio // P. 23
Air France prépare sa
nouvelle génération de pilotes
l Le gouvernement doit abattre des premières
cartes devant les partenaires sociaux, ce mercredi.
l La CFDT refuse toute « réforme punitive »
et dénonce en particulier tout projet « d’âge-pivot ».
C’
est le deuxième acte de la concertation.
Ce mercredi, la ministre des Solidarités,
Agnès Buzyn, et le haut-commissaire à la
Réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, reçoivent les syndicats et le patronat pour reprendre les
discussions suspendues en juillet sur la refonte du
système de retraite. Le gouvernement devrait
commencer à définir un peu plus précisément son
projet. Ce système universel où chaque euro cotisé
donnera les mêmes droits à pension à tous, sans
considération de statut, devrait conserver le principe de la répartition et englober quasiment
l’ensemble des retraites actuelles, y compris la fonction publique. Dans une interview aux « Echos »,
Frédéric Sève, le secrétaire national de la CFDT
chargé des retraites, estime que cette réforme peut
être l’occasion de créer de nouveaux droits, par
exemple en matière de retraite progressive. Il pose
les lignes rouges de la centrale syndicale : la CFDT
ne veut pas d’une « réforme punitive », autrement
dit, pas d’âge-pivot ou d’autre mesure visant à
retarder l’âge de départ à la retraite.
// PAGE 4 ET L’ÉDITORIAL
D’ÉTIENNE LEFEBVRE PAGE 10
AÉRIEN Aux prises avec ses pilotes dans de difficiles négociations sala-
riales, la direction d’Air France ne néglige pas pour autant l’avenir. Dix
ans après avoir fermé sa filière de « cadets », la compagnie a signé un
partenariat avec l’Ecole nationale de l’aviation civile (Enac), à Toulouse,
pour la formation de 70 pilotes cadets par an pendant trois ans, financée
par la compagnie. Après avoir réduit ses effectifs de pilotes de 4.100
à 3.700 entre 2008 et 2017, Air France prévoit d’en embaucher « 300
par an pendant trois ans », dont la moitié de jeunes. // PAGE 18
Le FMI s’inquiète pour
la croissance mondiale
Snapchat,
victime du
« péril jeune »
CONJONCTURE Le Fonds
s’interroge sur la capacité des
Etats à réagir en cas de crise.
CARNET // P. 35
DR
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 // LESECHOS.FR
Frédéric Maigrot/RÉA
Chimie Une femme
à la tête du géant
belge Solvay// P. 20
Le Fonds monétaire international a revu à la
baisse ses prévisions de croissance mondiale, à
3,7 % pour cette année et l’an prochain. Tensions
commerciales et turbulences dans certains pays
émergents génèrent des inquiétudes. « Les récentes statistiques montrent un affaiblissement tant
du commerce international que de l’activité manufacturière et de l’investissement », souligne le FMI,
qui ne voit pas comment les Etats pourraient
réagir en cas de nouvelle crise.
Les approches politiques multilatérales seront
de plus en plus menacées, prévient le FMI.
// PAGE 7
Photo DR
L’analyse de
Sébastien Dumoulin
et Nicolas Richaud
Pertes opérationnelles, départs de
dirigeants, utilisateurs moins impliqués, déroute boursière : Snapchat,
le « péril jeune » qui ambitionnait
de ringardiser Facebook, vit une
période mouvementée. La messagerie éphémère, coqueluche des
collégiens, doit revoir sa copie et
revenir aux basiques : améliorer sa
rentabilité, séduire ses actionnaires
et – pourquoi pas – chercher un
acquéreur potentiel. // PAGE 10
SUR
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22799
110e ANNÉE
40PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
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5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
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Solvay
www.bnymellonim.fr
Fonds d’investissement :
capitaux record en Europe
Dix ans après la crise, la surchauffe
gagne le capital-investissement.
FINANCE Les fonds européens croulent sous un amas record de
192 milliards de dollars pour réaliser des acquisitions d’entreprises.
De quoi alimenter la flambée des prix, qui culminent déjà à des
niveaux record. Les gérants temporisent. // PAGE 30
ET L’ÉDITORIAL DE GUILLAUME MAUJEAN PAGE 10
LE PLUS DUR
SERA DE LES LAISSER PARTIR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
02 //
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
FRANCE
Le clivage gauche-droite
existe, En marche
l’a réinventé
Dans les coulisses du remaniement se mène une
guerre gauche droite qui prend particulièrement
pour cible Edouard Philippe.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
G
érald Darmanin,
Frédéric Péchenard,
Jean Castex… Dès
qu’un nom est mis sur la place
publique pour le ministère de
l’Intérieur, il est aussitôt fusillé
en coulisses par des
macronistes. « La main de
Philippe », « l’influence de
Sarkozy », en tout cas trop
« de droite ». Dans le climat
de tension créé par le
remaniement, les inhibitions
tombent, les clivages
réapparaissent. On assiste
depuis quelques jours à une
offensive en règle d’une partie
des marcheurs contre la dérive
jugée droitière du quinquennat.
C’est le temps II ? C’est donc
le temps du rééquilibrage.
La lecture partisane resurgit
d’autant plus que ces marcheurs
craignent qu’Edouard Philippe
ne profite des difficultés
d’Emmanuel Macron pour
pousser son avantage. C’est
le président qui déjeune
une nouvelle fois avec Nicolas
Sarkozy le 1er octobre, comme
le révèle « L’Express » ? Lui qui
consulte régulièrement Jean
Castex à qui il a succédé
au secrétariat général adjoint
de l’Elysée en 2012 ?
C’est Edouard Philippe qu’on
préfère cibler. Mettre un coin
entre le président et son
Premier ministre, surtout
quand ce dernier se porte
mieux dans les sondages,
reste la meilleure façon de
faire passer des messages.
Depuis quelques mois, on
percevait un discret débat sur
la ligne. « Il faut revenir à notre
socle centre-gauche du premier
tour de l’élection présidentielle »,
défendait Christophe
Castaner, le patron du parti,
avant de proposer de
s’attaquer aux droits de
succession. Emmanuel
Macron a clos le chapitre : pas
question de changer de cap ni
de ralentir le rythme, affirmet-il depuis dix jours. Dès lors,
voici la bataille des hommes.
L’exécutif ne parle que
« compétences » ?
Qu’importe, on décortique
les pedigrees, on soupèse les
étiquettes, l’ancienne lecture
a la vie dure. Elle complique
en tout cas l’équation
gouvernementale à l’heure
du remaniement ministériel.
Tout comme pèse le jeu des ego
face à un président affaibli. Tel
ministre menace de
démissionner si un homme de
droite est nommé à Beauvau,
tel autre fait le siège de l’Elysée
par crainte d’être rayé de la liste,
telle personnalité n’accepte
d’entrer au gouvernement que
pour un ministère plein…
Heureusement que ces
psychodrames ressemblent
trop à ceux du vieux monde
pour intéresser les Français !
Macron en joue.
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Baisse du taux de syndicalisation
SOCIAL Le taux de syndicalisation en France entière, secteurs
privé et public confondus, était de 11 % en 2016, dernier chiffre
connu, en léger retrait par rapport à 2013 (11,2 %), selon les statistiques du ministère du Travail, publiées mardi. Il y a une forte disparité public-privé, avec un taux de 19,1 % dans la fonction publique (19,8 % en 2013) et de 8,4 % (8,7 %) dans le privé, selon le
ministère. Le taux de syndicalisation est stable depuis les
années 1990 en France, autour de 11 %. Il a commencé sa décrue à
partir de la fin des années 1960, où il était à 20 %.
Abus sexuels dans l’Eglise : les sénateurs
PS veulent une commission d’enquête
POLITIQUE Le chef de file des sénateurs socialistes, Patrick
Kanner, a annoncé mardi le dépôt d’une demande officielle
pour la création d’une commission d’enquête parlementaire sur
les abus sexuels dans l’Eglise en France. « Nous demandons cette
commission d’enquête pour faire toute la lumière sur ce scandale
qui, malheureusement, vient gâcher l’image de l’Eglise et surtout
nous voulons que les victimes puissent s’exprimer en toute indépendance », a défendu l’ancien ministre. « Nous ne sommes pas
devant un péché, mais devant des crimes par rapport à la loi de la
République », a-t-il ajouté.
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
Remaniement gouvernemental
plus compliqué que prévu
sée. Exit donc cette étape technique
et symbolique, avec annonce du
gouvernement par le secrétaire
général de l’Elysée sur le perron de
l’Elysée. Exit aussi l’hypothèse d’un
nouveau discours de politique
générale du Premier ministre…
POLITIQUE
Le Premier ministre,
Edouard Philippe, n’a
pas présenté sa démission et celle de son
gouvernement.
L’opposition ragaillardie
Cette attente a redonné du tonus à
l’opposition, qui pointe les difficultés de l’exécutif à composer sa nouvelle équipe. Le député Damien
Abad, vice-président de LR, a
dénoncé une « Macronie asséchée »,
qui n’arrive pas à « trouver des femmes et des hommes capables de créer
un second souffle ». Lors des questions au gouvernement à l’Assem-
Grégoire Poussielgue
@Poussielgue
Le porte-parole du gouvernement,
Benjamin Griveaux, avait annoncé
que le remplacement de Gérard Collomb à la tête du ministère de l’Intérieur, ne demanderait que « quelques jours ». Une semaine après son
départ pour Lyon, le nom de son
successeur n’était toujours pas
connu mardi soir. Le remaniement
du gouvernement restait attendu
avant le Conseil des ministres de ce
mercredi matin. Emmanuel
Macron s’envole dans l’après-midi
pour l’Arménie, où il doit participer
au 17e Sommet de la francophonie.
Après s’être longuement entretenus en tête-à-tête mardi matin à
l’Elysée, Emmanuel Macron et
Edouard Philippe se sont donnés
du temps. Histoire de ne pas omettre le moindre détail de ce remaniement qui, espère le duo de l’exécutif,
doit permettre au pouvoir de sortir
de la mauvaise passe dans laquelle
il est depuis l’affaire Benalla. « Nous
avons besoin de relancer la machine
et le président de la République est
très attentif à l’état de l’opinion et aux
préoccupations des Français », a
insisté sur Sud Radio le député
LREM de Paris, Hugues Renson.
« Péripéties »
« Le nouveau souffle voulu par
Emmanuel Macron doit tirer les
leçons des mois écoulés et projeter le
travail gouvernemental vers les défis à
venir. Cela repose sur une alchimie
politique et humaine qui ne se compose pas en un jour », expliquait l’Elysée. Les « péripéties » évoquées la
Ce remaniement doit
permettre au pouvoir
de sortir de la
mauvaise passe dans
laquelle il est depuis
l’affaire Benalla.
Sur le nom du nouveau ministre de l’Intérieur, Emmanuel Macron et
Edouard Philippe ne seraient pas sur la même ligne. Photo Denis/RÉA
semaine dernière par Emmanuel
Macron pour évoquer le départ de
Gérard Collomb ont pris de facto
plus de temps et d’énergie que prévu.
Cette alchimie difficile est aussi la
conséquence d’un rapport de force
qui a évolué entre le président de la
République et son Premier ministre. « Les équilibres sont compliqués
à trouver », élude un conseiller. Sur
le nom du nouveau ministre de
l’Intérieur, Emmanuel Macron et
Edouard Philippe n’étaient apparemment pas sur la même ligne,
d’où la longue liste de personnalités
évoquée depuis une semaine.
« Le remaniement se fera sans que
le Premier ministre ne donne sa
démission et celle de son gouvernement », a indiqué mardi soir l’Ely-
blée nationale, Christian Jacob, le
président du groupe LR au PalaisBourbon, a dénoncé la « mascarade » de la situation actuelle. « Je ne
vois rien d’étroit dans cette majorité,
je ne vois rien de fragile dans cette
majorité, rien d’inconséquent. […] Il
n’y a dans cette majorité et dans ce
gouvernement aucune fébrilité,
aucune impatience. Il y a la volonté
de tenir les engagements qui ont été
pris par le président de la République, la volonté d’assurer la sécurité
des Français », lui a répondu
Edouard Philippe.
Pour preuve, la loi Pacte a été
approuvée en première lecture
mardi après-midi au Palais-Bourbon. Une étape significative pour
une loi sur laquelle compte le gouvernement pour dynamiser l’activité mais dont l’adoption au PalaisB o u r b o n s ’e s t f a i t e d a n s
l’indifférence quasi-générale. n
Les députés En marche se réorganisent
à la commission des Finances
POLITIQUE
Amélie de Montchalin
est promue au poste
de vice-présidente
du groupe LREM
à l’Assemblée.
Il faut donc lui trouver
un successeur
au poste stratégique
de coordinateur de la
majorité à la commission des Finances.
Renaud Honoré
@r_honore
En plein remaniement gouvernemental, un poste stratégique vient
de se libérer au sein de la majorité,
celui de coordinateur du groupe En
marche au sein de la commission
des Finances de l’Assemblée nationale. La promotion d’Amélie de
Montchalin à la vice-présidence du
groupe, aux côtés du tout nouveau
président Gilles Le Gendre, libère
ainsi une place qu’elle occupait
jusqu’ici avec une poigne de fer.
En un peu plus d’un an, la députée de l’Essonne s’était affirmée
comme une valeur montante de
la majorité à ce poste de « whip » –
« fouet » en anglais, terme utilisé
dans les parlements anglosaxons –, chargée d’assurer la cohésion du groupe et de faire le lien
avec le gouvernement sur les questions économiques et budgétaires.
La députée de l’Essonne Amélie de Montchalin s’est affirmée comme une valeur montante
de la majorité. Photo Philippe Lopez/AFP
« Amélie de Montchalin peut paraître froide et cassante au premier
abord, mais elle a réussi à faire
travailler et valoriser chacun des
membres de la commission », souligne un député LREM.
Demande de « rondeur »
Certains réclament toutefois au
prochain titulaire du poste « de mettre un peu de rondeur ». « Il faut
savoir laisser certaines sensibilités
s’exprimer plus librement », juge un
autre élu de la majorité. La semaine
dernière, la députée spécialiste de
fiscalité Emilie Cariou avait claqué
la porte d’une réunion organisée
pour sélectionner les amende-
ments du groupe, excédée de ne
pas avoir pu défendre comme elle
l’aurait voulu certains des siens.
Choix rapide
Un appel à candidatures a en tout
cas déjà été lancé pour trouver la
perle rare au sein des 38 membres
LREM de la commission des Finances. Le choix pourrait être fait d’ici à
huit jours et la prochaine réunion
du groupe. « Il faut un profil capable
de faire le portage politique de sujets
très difficiles techniquement », souligne une source parlementaire.
Plusieurs noms circulent,
comme ceux de Bénédicte Peyrol
(une spécialiste de la fiscalité inter-
nationale), de Perrine Goulet, de
Marie-Christine Verdier-Jouclas,
d’Emilie Cariou ou de Jean-René
Cazeneuve. La candidature de Laurent Saint-Martin paraît peu probable, alors que celui-ci brigue à terme
la succession de Joël Giraud au
poste de rapporteur général du
budget, sans que personne ne sache
si cela se fera d’ici un an ou deux.
Quel que soit le choix, le futur
« whip » devra sans doute composer avec une Amélie de Montchalin
qui n’oubliera pas ses sujets de prédilection. Cette dernière devrait
d’ailleurs rester cheffe de file LREM
pour le projet de budget 2019 dont
l’examen a débuté mardi. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
Les recettes de Wauquiez pour baisser
la dépense publique
FINANCES
PUBLIQUES
Le président
des Républicains
a défendu mardi un
programme d’économies qui permettrait
de dégager, selon lui,
au moins 20 milliards
d’euros par an.
Pierre-Alain Furbury
@paFurbury
Un non-événement. Alors que l’exécutif espère trouver un nouveau
souffle, Laurent Wauquiez a pris
soin de minimiser par avance, ce
mardi, le remaniement gouvernemental. En se positionnant sur le
fond pour montrer qu’il est « concentré », lui, sur « les vraies préoccupations des Français ». Lors d’une
conférence de presse organisée au
siège du parti le jour du début de
Les principales
économies, selon LR
Instaurer une allocation
sociale unique : 5 milliards
« sur les seuls coûts de
gestion ».
l Porter le temps de travail
à 39 heures dans la fonction
publique : 2,4 milliards.
l Conditionner l’accès
des étrangers aux prestations
sociales : 2 milliards.
l Supprimer les régimes
spéciaux et aligner les retraites
du public sur celles du privé :
1 milliard la première année
et 5 milliards à terme.
l Développer les parcours de
soin et l’e-santé : 1 milliard la
première année et 5 milliards
par an à terme.
l « Durcir et systématiser » les
sanctions pour les chômeurs
« qui refusent de chercher
un emploi » : 1 milliard.
l Lutter contre la fraude sociale
et fiscale : 1 milliard.
l « Rationaliser » le parc
immobilier public : 1 milliard.
l Réduire le financement public
des syndicats : 1 milliard.
l
l’examen du projet de loi de finances en Commission à l’Assemblée,
le président des Républicains a mis
sur la table ses propositions pour
réduire la dépense publique.
« Il faut taper sérieusement dans
les dépenses publiques. C’est faisable », a-t-il affirmé, opposant son
« expérience » dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, où les dépenses
de fonctionnement ont baissé de
12 % en deux ans, à l’« incurie »
d’Emmanuel Macron. « Il fait tout
en même temps et, en réalité, ne fait
rien. […] Il n’a pas lâché le frein de la
dépense publique », a-t-il accusé.
L’exécutif s’est engagé à réduire la
dépense de 3 points de PIB d’ici à la
fin du quinquennat, mais les chiffres retenus dans le budget 2019
(une hausse de 0,6 % en volume)
sont moins ambitieux que ceux
qu’il avait évoqués au printemps.
Quatre « ruptures »
Epaulé par l’ex-ministre du Budget
Eric Woerth, président de la commission des Finances de l’Assemblée, et par le député Guillaume
Larrivé, secrétaire général délégué
au projet au sein du parti, Laurent
Wauquiez a prôné « quatre ruptures structurelles » : porter « progressivement » le temps de travail des
fonctionnaires à 39 heures hebdomadaires ; supprimer les régimes
spéciaux et aligner les retraites du
public et du privé ; instaurer une
« allocation sociale unique » plafonnée à 75 % du SMIC ; et conditionner, à au moins trois années de cotisations en France, l’accès des
étrangers aux prestations sociales.
S’y ajoute la promesse de lutter
« implacablement » contre les fraudes, de durcir les sanctions pour les
chômeurs qui « refusent de chercher
un emploi », de réduire le financement public des syndicats, de rationaliser le parc immobilier public
ou, encore, d’améliorer la prévention du système de santé et les parcours de soin. Ce train de mesures,
pour la plupart déjà avancées, permettrait d’économiser – selon les
Républicains – près de 20 milliards
d’euros la première année et, après
une « montée en puissance », jusqu’à
30 milliards d’euros par an.
Le patron des Républicains sait
que ces pistes d’économies ne sont
pas toutes « populaires ». Il entend
d’ailleurs en faire la preuve de son
« courage ». Mais soucieux de ne
pas proposer que du sang et des larmes, Laurent Wauquiez a assuré
que les sommes dégagées serviraient pour moitié à réduire le déficit et, pour l’autre moitié, à « rendre
largement » aux entreprises et aux
Français sous forme de réductions
de charges et d’impôts. Il a pointé la
« lourde responsabilité » de la droite,
qui a, depuis trente ans, « déserté le
lien pourtant si évident » entre la
lutte contre le « gaspillage de l’argent
public » et la « promesse de baisse de
la fiscalité ».
« S’il n’y a pas de compétitivité, il
n’y aura pas de pouvoir d’achat », a
insisté Eric Woerth, faisant des
entreprises « le cœur » de la mécanique économique et sociale, quand
l’un des vice-présidents du parti,
Guillaume Peltier, avait prôné
avant l’été (au grand dam du patron
de la commission des Finances et de
Guillaume Larrivé) une hausse du
SMIC de « 10 à 20 % ». n
La majorité du groupe LR
s’est finalement abstenue
lors du vote du projet de loi
Pacte mardi à l’Assemblée.
Un entre-deux. La très grande
majorité (91 sur 104) des députés LR
se sont abstenus sur le projet de loi
Pacte, adopté mardi par 361 voix
contre 84 voix à l’Assemblée. Seuls
trois élus des Républicains ont voté
pour : Olivier Dassault, Nicolas
Forissier et Constance Le Grip. Six
ont voté contre, comme la gauche.
Au début de l’examen du texte en
séance, la droite s’était pourtant
montrée très virulente, allant jusqu’à déposer une « motion de rejet
préalable ». « Il ne va pas assez loin,
souffre de grandes lacunes et ne tient
aucune de ses promesses », pilonnait
la députée Véronique Louwagie,
membre de la commission spéciale
sur la loi Pacte, qui a voté contre.
Vote de « cohésion »
La position du groupe avait été arrêtée le matin même. « Il y a des points
qui vont dans le bon sens, mais
d’autres qui peuvent être améliorés »,
a souligné son président, Christian
Jacob, jouant les équilibristes.
Parmi les « points durs », il a évoqué
la redéfinition de l’objet social de
l’entreprise dans le Code civil, qui
« présente un vrai risque pour les
entreprises » et la question des
seuils, sur laquelle « on peut aller
plus loin ». Les entreprises regrettent que l’exécutif n’ait pas supprimé, en plus du seuil des 20 salariés, celui des 50 salariés, qui
impose notamment la création
d’un conseil d’entreprise. La droite
aimerait aussi remettre dans le
texte le stage préalable à l’installation destiné aux chefs d’entreprise.
Christian Jacob a promis un
« travail étroit » avec le Sénat, où la
droite est majoritaire, pour tenter
d’améliorer le texte. Sans trop y
croire. Le groupe envisage, au final,
de s’abstenir ou de voter contre
quand le texte reviendra à l’Assemblée. Pas question de faire de
cadeaux à un exécutif en difficulté
qui n’a pas fait la moindre concession sur le fond.
Mais, pour l’heure, les Républicains jugeaient compliqué de voter
contre la loi Pacte, comme le souhaitaient une poignée d’élus, partis
bille en tête. « C’est un vote d’attente
et de cohésion, une position d’équilibre », explique le député Damien
Abad, un des vice-présidents du
groupe LR. A défaut d’être lisible
dans l’opinion, l’abstention a un
mérite : elle évite d’offrir un visage
trop divisé. — M. B. et P.-A. F.
Tel. 01.55.35.20.20
Loi Pacte : la droite
contrainte à l’équilibrisme
Laurent Wauquiez a posé son « expérience » en région Auvergne-Rhône-Alpes, où les dépenses
de fonctionnement ont baissé de 12 % en deux ans, en exemple. Photo Philippe Lopez/AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
Le gouvernement relance le chantier
de la réforme des retraites
l La concertation reprend ce mercredi au ministère des Solidarités.
l Cette séquence abordera le pilotage du système universel, les transitions
emploi-retraite, et surtout, les départs anticipés.
SOCIAL
Solveig Godeluck
@Solwii
Réforme des retraites, deuxième
acte. Ce mercredi matin, la ministre
des Solidarités, Agnès Buzyn, et le
haut-commissaire à la réforme
des retraites, Jean-Paul Delevoye,
reçoivent les organisations patronales et syndicales. Objectif : dresser le bilan de la première phase de
concertation, qui s’est étalée d’avril
à juillet, et inaugurer la deuxième
série de réunions.
Cette nouvelle séquence débute
plus tard que prévu, et devrait
durer jusqu’en mars − trois mois de
plus que le calendrier initial. Quant
au projet de loi initialement
attendu avant l’été, il est désormais
envisagé courant 2019. Etant
donné le côté explosif et complexe
de la réforme, l’exécutif se donne le
temps du débat, ce qui n’est pas
pour déplaire aux syndicats, qui
s’impatientent néanmoins.
« On attend que le gouvernement
dévoile son projet, qui selon nous va
faire baisser les pensions de 90 % des
actifs et surtout pénaliser les femmes », critique à l’avance Catherine
Un relatif consensus
semble avoir émergé
autour du maintien
de la répartition,
et d’un système
englobant quasiment
tous les régimes.
Perret, la négociatrice de la CGT, qui
compte bien profiter de la réunion
de ce mercredi pour « exiger d’ouvrir
la question de financements supplémentaires pour améliorer les droits ».
Le gouvernement devrait préciser un peu les contours de la
réforme qu’il envisage, dans un
document qui sera livré aux partenaires sociaux. Serge Lavagna, le
négociateur de la CGC, réclame « du
concret » : « Ce qui est déterminant
dans un système de retraite, ce sont
ses modalités de fonctionnement. Les
idées générales, on pourra continuer
à les ressasser jusqu’aux élections
européennes, mais le temps va me
sembler long… »
Lors du premier acte de la concertation, les discussions ont porté sur
les enjeux du système cible : simplifier, s’adapter à des carrières plus
diversifiées, gagner en lisibilité, traquer les traitements inéquitables.
Un relatif consensus semble avoir
émergé autour du maintien de la
répartition, et d’un système englobant quasiment tous les régimes
actuels, via un plafond de cotisations sur des salaires proches de
10.000 euros par mois (trois fois plus
que le plafond actuel du régime de
base). Ainsi, la fonction publique
serait entièrement absorbée dans le
nouveau système. Cependant,
aucune annonce n’a été faite à ce
sujet, pas plus que sur le principe,
qui semble acquis, de conserver des
taux de cotisations distincts selon
les professions.
De nouveaux points
sensibles
Les partenaires sociaux ont également abordé l’avenir des droits
familiaux, des pensions de réversion, de l’égalité hommes-femmes,
de la prise en compte des périodes
de chômage, et de la façon dont les
dispositifs de solidarité doivent être
retranscrits dans le nouveau
régime universel.
Trois thèmes vont désormais être
abordés lors de ce deuxième acte,
qui va toucher à de nouveaux points
sensibles. Primo, à quelles conditions peut-on prendre sa retraite ?
L’objectif sera d’assouplir les transitions vers la retraite − un thème que
met également en avant la CFDT. La
question polémique de la mise en
Agnès Buzyn, ministre des Solidarités, et Jean-Paul Delevoye, hautcommissaire à la réforme des retraites, reçoivent ce mercredi
les organisations patronales et syndicales. Photo Jacques Witt/Sipa
place d’un « âge pivot » sera aussi
évoquée. Secundo, la reconnaissance des spécificités de certains
parcours professionnels. Il faudra
transposer les départs anticipés
pour carrière longue, mais aussi
pour les catégories actives dans la
fonction publique (infirmiers, pompiers, etc.), les militaires… Un dos-
sier particulièrement épineux. Tertio, la gouvernance, l’organisation
du futur système universel, son pilotage et les modalités de la transition
vers ce nouveau régime.
(
Lire l’éditorial
d’Etienne Lefebvre
Page 10
INTERVIEW // FRÉDÉRIC SÈVE Secrétaire national de la CFDT chargé des retraites
« Il y a des droits nouveaux à inventer pour la retraite de demain »
pour discuter, un projet de loi à l’été
ou plus tard : ça nous va. La CFDT
veut avant tout éviter une réforme
technocratique.
Propos recueillis par
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Etienne Lefebvre
@e_lefebvre
et S. G.
A l’issue à la première phase
de concertation, de mai à
juillet, où en est la réforme
des retraites ?
Certains choix généraux se dessinent, comme la répartition plutôt
que la capitalisation. Quand on
monte jusqu’à trois plafonds de la
Sécurité sociale [les cotisations au
sein du nouveau régime porteraient sur des revenus allant jusqu’à
près de 10.000 euros par mois,
NDLR], cela veut dire que toutes les
retraites existantes basculent dans
le nouveau système, et qu’il n’y a pas
de transfert vers de la capitalisation
– même s’il sera toujours possible
d’avoir un étage supplémentaire,
non obligatoire.
Qu’attendez-vous de la
nouvelle phase de concertation qui s’ouvre ?
Que le gouvernement explique
pourquoi il veut réformer les retraites. Selon nous, cette réforme doit
reposer sur trois piliers. Premier
pilier, redonner confiance dans le
système. Cela passe bien sûr par
une consolidation financière, mais
aussi par des règles justes, lisibles,
manifestant l’équité.
Deuxième pilier, les objectifs
sociétaux. Pour nous, il faudrait
compenser les inégalités hommesfemmes et personnaliser les droits
Frédéric Sève attend du gouvernement qu’il redonne confiance
dans le système en établissant des « règles justes, lisibles
et manifestant l’équité ». Photo Virginie de Galzain
à retraite, par exemple pour les
gens qui ont eu un métier pénible. Il
y a aussi un chantier à ouvrir du
côté du handicap.
Troisième pilier, les droits nouveaux. Il y a des choses à inventer
pour la retraite de demain.
Quels droits nouveaux ?
Nous aimerions développer la
retraite progressive afin d’en faire
un levier d’aménagement des fins
de carrière. Aujourd’hui, il y a des
conditions restrictives. C’est peu
connu. Les entreprises et les branches pourraient soutenir ce dispositif. Autre innovation qui répondrait
à une aspiration très forte : l’accès
au temps libre tout au long de la vie,
via une banque des temps, pour
monter un projet personnel, se
recentrer sur sa famille, s’engager
dans le militantisme… Cela n’est pas
spécifiquement un sujet retraite,
mais Jean-Paul Delevoye émettra
des « recommandations » associées à la réforme. La CFDT aimerait en profiter pour mettre ce sujet
sur la table.
La concertation est rallongée
de trois mois, jusqu’en mars.
Craignez-vous que la réforme
prenne du retard ?
La délibération sociale n’est pas du
temps perdu. Trois mois de plus
Quelles sont vos lignes
rouges ?
Il faut poser en préalable qu’on ne
veut pas d’une réforme punitive.
Contre les fonctionnaires par
exemple, sachant que la convergence des régimes public et privé
est derrière nous. Le deuxième
préalable, c’est que la réforme ne
doit pas être faite pour réaliser des
économies. Pas question de reculer
l’âge légal de départ ou d’augmenter la durée de cotisation. Il n’y a
plus de besoin de financement à
combler, comme le souligne le
Conseil d’orientation des retraites
dans ses prévisions.
Sans modifier l’âge légal à
62 ans, faut-il inciter les salariés à prolonger leur activité
au-delà ?
Ce n’est pas nécessaire.
Mais la CFDT a signé l’accord
Agirc-Arrco en 2015, qui prévoit une décote temporaire à
partir de l’année prochaine
pour ceux qui partent avant
« l’âge pivot » de 63 ans…
D’abord, les coefficients de solidarité, qui durent 2 ou 3 ans, n’ont rien
à voir avec une décote pour toute la
durée de votre retraite. Ensuite, la
situation financière de l’AgircArrco obligeait à prendre des mesures difficiles, ce qui n’est pas le cas
cette fois-ci, je le répète, dans le
cadre de la mise en place d’un
régime universel.
de revenir à la charge. Pour nous,
c’est hors de question.
L’équilibre financier repose
néanmoins sur une forte
baisse du niveau de vie des
retraités par rapport à celui
des salariés…
Une baisse relative, pas dans
l’absolu. Les retraites ne vont pas
diminuer. Et la CFDT milite pour
que la revalorisation des points
accumulés pour la retraite soit
davantage ancrée sur les salaires et
non plus sur l’inflation. Si cela doit
coûter plus cher, on verra alors
quels sont les besoins, mais ne raisonnons pas à l’envers.
Quelles sont vos revendications sur la période de
transition ?
Il nous paraît essentiel de garantir
les droits acquis. Il s’agit en quelque
sorte de « cristalliser » les droits à
retraite qui ont été accumulés jusque-là, parce que personne ne
comprendrait que l’on change la
règle rétroactivement. Ce n’est pas
insurmontable, même pour les
fonctionnaires. Il faut par ailleurs
que la période de transition soit
suffisamment longue. La variable
d’ajustement, ce doit être la durée
de cette période, et pas les gens !
« Il faut poser
en préalable
qu’on ne veut pas
d’une réforme
punitive. Contre
les fonctionnaires
par exemple, sachant
que la convergence
des régimes
public et privé
est derrière nous. »
Il y a eu des velléités chez certains
dans la majorité, au début du quinquennat, de prendre une mesure
sur l’âge de la retraite. Emmanuel
Macron a tranché en sens inverse.
J’ai le sentiment qu’avec cette proposition d’âge-pivot, ceux qui ont
perdu la bataille des 63 ans essaient
Qui pilotera le futur système
universel ?
La CFDT ne veut pas d’un pilotage
automatique. D’accord pour mettre
des règles de sécurité, pour que les
pensions ne puissent pas baisser ;
mais si le système s’assigne des
objectifs sociaux, il lui faut des marges de manœuvre. Il faut aussi que
les partenaires sociaux jouent un
rôle. J’y vois trois raisons.
D’abord, nous savons gérer, nous
l’avons montré à l’Agirc-Arrco.
Ensuite, il faut résister à la tendance à l’étatisation de la protection sociale. Après la désindexation
des pensions en septembre, qui a
envie de donner les clefs du camion
à l’Etat ? Enfin, en tant que syndicat, la CFDT revendique un rôle
pour inventer des droits nouveaux,
au fil de l’eau, sans attendre la prochaine réforme des retraites. n
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06 // FRANCE
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
Participation
limitée à la
journée d’action
de la CGT et FO
SOCIAL
Philippe Martinez
et Pascal Pavageau,
les leaders de
la CGT et de FO,
ont défilé ensemble
à Paris mardi.
Au total, seules
21.000 personnes
ont battu le pavé
dans la capitale.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
Le 28 juin, le nouveau leader de
Force ouvrière, Pascal Pavageau,
avait préféré aller en province
tandis que Philippe Martinez, le
secrétaire général de la CGT, battait le pavé parisien. Pour leur
deuxième journée d’action commune, mardi, dans la capitale, ils
ont défilé côte à côte.
Les salariés du public
surreprésentés.
Le défilé à l’appel également de
Solidaires, de la FSU et des
organisations de jeunesse
Unef, Fidl et UNL, a rassemblé
21.000 personnes selon le chiffrage du cabinet Occurrence
pour un collectif de médias,
dont « Les Echos » (le double de
l’évaluation de la police et 40 %
de celle de la CGT). Les salariés
du secteur public y étaient surreprésentés.
Bien moins
que le 22 mars
La participation a été supérieure au défilé de juin, qui avait
été un échec retentissant. Les
syndicats avaient à l’époque
annoncé 15.000 participants et
la police 2.900. Mais on est loin
de la dernière mobilisation
significative : celle du 22 mars
dernier, où les mouvements des
cheminots et des fonctionnaires
av a i e n t c o n d u i t q u e l q u e
50.000 personnes à défiler à
Paris, selon le comptage
d’Occurrence. On est aussi en
deçà des quelque 31.000 personnes de la « marée populaire » du
26 mai, qui n’en avait que le nom,
cette mobilisation mêlant syndicats et politiques, de la CGT à La
France insoumise en passant
par les trotskistes du POI.
Dans le reste de la France, il
n’y a pas non plus eu de gros défilés. Il n’y en a eu qu’une centaine,
au lieu de 200 habituellement.
Et ils sont de surcroît restés
modestes avec, selon la police,
5.400 personnes à Nantes et
autant à Marseille, 4.300 pers o n n e s à Ly o n o u e n c o r e
3.700 personnes à Toulouse. n
Pourquoi la croissance n’a pas
fait baisser la pauvreté en 2017
exceptionnelle de l’impôt sur le
revenu de 20 %, décidée par François Hollande, qui « bénéficie surtout à des ménages de niveau de vie
intermédiaire », souligne l’Insee.
SOCIAL
Le taux de pauvreté
est resté stable à 14 %
de la population
en 2017, a indiqué
mardi l’Insee.
Hausse du niveau de vie
médian
Si les créations
d’emplois ont été
nombreuses, l’impôt a
été moins redistributif
et le niveau de vie
moyen a augmenté.
Guillaume de Calignon
@gcalignon
La pauvreté n’a pas reculé l’an dernier. Elle touchait encore 14 % des
Français en 2017, soit environ
8,8 millions de personnes, a indiqué mardi l’Insee. L’information est
surprenante puisque le PIB a progressé de 2,3 % l’an passé, une croissance que l’Hexagone n’avait pas
connue depuis 2007, c’est-à-dire
avant la crise. D’autant plus que
l’économie a créé l’année dernière
345.000 emplois au total et que le
chômage de longue durée a reculé.
37 % des chômeurs sont
considérés comme pauvres
Dans le même temps, le salaire
moyen par tête a grimpé de 1,7 %
dans le privé et de 2,2 % dans le
public. L’augmentation de la
richesse produite au niveau national ne suffirait-elle pas à faire
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ÉDITION
COLLECTOR
110 ANS
baisser le taux de pauvreté ? La
réponse est, on s’en doute, un peu
plus compliquée que ne le suppose
la question. Le taux de pauvreté est
calculé comme étant la proportion
de la population dont le niveau de
vie est inférieur à 60 % du niveau de
vie médian. Il s’agit donc d’une pauvreté relative et cela a son importance. En 2016, une personne seule
p a u v r e v i va i t ave c m o i n s d e
1.026 euros par mois. Pour 2017,
l’Insee ne l’a pas encore précisément
calculé, le taux de pauvreté étant
une première estimation, mais le
chiffre devrait être plus élevé.
Certes, les créations d’emplois
ont permis de diminuer le nombre
de pauvres dans le pays, avant
prestations sociales et impôts,
37 % des chômeurs étant considé-
rés comme pauvres. Mais l’Insee
note que « l’effet redistributif des
transferts sociaux et fiscaux s’est un
peu amoindri en 2017 ». Du côté des
mauvaises surprises pour les
ménages, les aides au logement
Le seuil de pauvreté
a grimpé. Et avec
lui, le nombre
de personnes vivant
sous ce seuil.
ont baissé de 5 euros par mois au
1er octobre 2017. Mais il y a eu aussi
des mesures qui ont permis de
soutenir le niveau de vie des Français. C’est le cas de la réduction
Conséquence : le niveau de vie
médian a augmenté l’an passé et le
seuil de pauvreté, calculé en proportion de ce niveau médian, a
donc grimpé. Et avec lui, le nombre
de personnes vivant sous ce seuil a
crû après transferts monétaires,
annulant du même coup l’effet
positif des créations d’emplois. La
hausse du niveau de vie a donc
entraîné un nombre plus élevé de
pauvres puisque le concept de pauvreté est ici relatif. Une autre façon
de traduire le phénomène est que si
le niveau de vie a globalement progressé dans le pays, celui des pauvres n’a pas augmenté plus vite.
Les inégalités ont, elles, été stables, affirme l’Insee, qui, pour
l’instant, ne dit rien sur 2018. Fin
septembre, une équipe de chercheurs liés à l’Ecole d’économie de
Paris, emmenée par Thomas
Piketty, jugeait toutefois que, si,
au fil des années, le système fiscal
est devenu plus progressif, le profil de taxation du 1 % des plus
h a u t s r e ve n u s e s t r e d e ve n u
régressif en 2018 avec la suppression de l’impôt sur la fortune
(remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière) et la baisse de
l’imposition sur le capital avec la
mise en place du prélèvement forfaitaire unique. n
Education : des méthodes
pédagogiques trop « verticales »
pour faire réussir les élèves
ENSEIGNEMENT
La confiance, l’estime
de soi et la persévérance sont essentielles
pour la réussite
scolaire, selon
une étude du Conseil
d’analyse économique
publiée ce mercredi.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
La réussite scolaire ne dépend pas
que des aptitudes intellectuelles.
Dans une étude du Conseil d’analyse économique (CAE) qui paraît
ce mercredi et que « Les Echos » se
sont procuré, les chercheurs Yann
Algan, Elise Huillery et Corinne
Prost pointent l’importance des
« compétences comportementales
telles que la confiance en ses propres
capacités, l’estime de soi, l’anxiété et
la persévérance ». Elles « jouent un
rôle central dans la capacité à
apprendre », écrivent-ils.
Les filles, plus touchées
que les garçons
Or, la France est en retard en la
matière : « Les élèves français figurent
parmi ceux qui ont le moins confiance
en leurs propres capacités, sont les
plus anxieux, présentent une forte
défiance envers le système scolaire en
général et une faible capacité à coopérer entre eux par rapport aux autres
pays de l’OCDE », pointe l’étude. Le
déficit en compétences sociales touche toutes les catégories sociales,
mais surtout les filles, car « l’indice du
sentiment d’anxiété est près de dix fois
plus élevé que celui des garçons ».
Derrière ce constat, l’étude
pointe des méthodes pédagogiques
qui laissent peu de place à la per-
sonnalisation du travail et au travail
en groupe. « L’enseignement vertical
privilégiant le travail individuel associé à un système d’évaluation anxiogène perpétue les écarts de performances », déplorent les chercheurs.
Les élèves français
figurent parmi ceux
qui ont le moins
confiance en eux,
par rapport aux autres
pays de l’OCDE.
Le CAE préconise d’investir dans
les compétences sociocomportementales pour tous les élèves, au
motif que cela aurait « un impact
décisif sur les performances académiques et sociales globales » mais aussi
« sur la productivité, l’innovation et la
croissance (et) le niveau de bien-être
en France ». Comment ? En investissant dans les pratiques pédagogiques et en corrigeant le déficit de
formation des enseignants. Il met
en avant des programmes testés en
Amérique du Nord, « peu coûteux
en temps et en ressources » et aux
« rendements très élevés avec une
amélioration substantielle des performances scolaires ».
L’étude cite aussi, en France, le
programme expérimental développé par l’association Energie jeunes dans 97 collèges défavorisés.
L’association est soutenue par le
ministère de l’Education et par des
grandes entreprises comme EDF,
Orange ou BNP Paribas. « Ce programme diminue le fatalisme et le
poids des stéréotypes » et améliore
les résultats des élèves pour 9 euros
par an et par élève, se félicite le Conseil d’analyse économique. On est
loin du coût des « interventions plus
traditionnelles telles que, par exemple, la réduction de la taille des classes ». A l’heure des économies budgétaires et des réformes attendues
de la formation des enseignants et
de l’éducation prioritaire, l’idée
pourrait avoir un certain succès. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 07
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
MONDE
en
chiffres
ALLEMAGNE : EXCÉDENT
COMMERCIAL EN HAUSSE
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE :
L’INFLATION RALENTIT
Le surplus commercial a atteint
18,3 milliards d’euros en août
après 15,9 milliards en juillet.
Selon Destatis, la baisse
des importations (– 2,7%)
et le moindre recul (– 0,1%)
des exportations expliquent
cette hausse. A l’origine de
ces mouvements, la faiblesse
de l’activité manufacturière
et un décrochage de
la demande intérieure.
L’inflation en République
tchèque a ralenti à 2,3 %
en septembre sur un an,
après avoir accéléré à 2,5 %
un mois plus tôt, rapporte
mardi l’Office national
des statistiques CSU. Ce
ralentissement du rythme
annuel est dû à une hausse
moins rapide des prix des
carburants et des séjours de
vacances, par rapport à 2017.
1.389
MIGRANTS
C’est le nombre de migrants
irréguliers que l’Allemagne
a renvoyés dans les trois pays
du Maghreb en 2017.
Cette hausse des expulsions
s’explique par l’échange de
données biométriques qui
facilite les identifications,
selon le ministère de l’Intérieur.
Pour le FMI, la croissance s’essouffle
l A Bali, le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale à 3,7 % pour cette année et l’an prochain.
l Outre les turbulences monétaires, il s’inquiète
de l’incapacité des Etats à réagir en cas de nouvelle crise.
COMMERCE
Richard Hiault
@RHIAULT
Tensions commerciales et turbulences dans certains pays émergents
sapent la croissance mondiale. En
présentant, mardi à Bali, les nouvelles prévisions du Fonds monétaire
international (FMI), Maurice Obstfeld, qui va quitter ses fonctions
d’économiste en chef, a brossé des
perspectives moins optimistes. Ses
équipes ont revu à la baisse de deux
dixièmes de point leurs pronostics.
Tant pour 2018 que pour 2019, la
hausse du PIB mondial devrait s’établir à 3,7 % et non plus à 3,9 %
comme espéré en juillet dernier.
« Les récentes statistiques montrent un affaiblissement tant du commerce international, que de l’activité
manufacturière et de l’investissement », souligne le rapport de l’institution multilatérale. Cette dernière
a, en conséquence, amputé de 0,6
point sa prévision de croissance du
commerce à 4,2 % cette année puis
4 % (–0,5 point) en 2019. La croissance de la zone euro a été ramenée
à 2 % contre 2,2 % espérés en juillet.
« Le resserrement
progressif de la
politique monétaire
américaine, conjugué
aux incertitudes
commerciales […]
a découragé
les entrées
de capitaux… »
MAURICE OBSTFELD
Chef économiste du FMI
L’Allemagne (1,9 %), la France (1,6 %)
et l’Espagne (2,7 %) ralentissent.
Aux Etats-Unis, la hausse du PIB
grâce à la politique budgétaire expansionniste de l’administration Trump
s’élèverait à 2,9 % avant de retomber à
2,5 % l’année suivante. Même les pays
émergents et en développement
n’échappent pas à un ajustement à la
baisse puisque leur croissance ne
sera plus que de 4,7 % et non de 4,9 %.
Si les chiffres ne sont pas encore
catastrophiques – le FMI estime la
croissance relativement robuste – il
n’en demeure pas moins que l’institution multilatérale s’inquiète de l’avenir. Pour les pays émergents en premier lieu. « Le re sserrement
progressif de la politique monétaire
américaine, conjugué aux incertitudes
commerciales […] a découragé
les entrées de capitaux, affaibli les
monnaies, déprimé les marchés boursiers et les taux d’intérêt », souligne
Maurice Obstfeld, sans oublier de
mentionner des niveaux élevés
d’endettement.
L’Argentine, la Turquie, l’Afrique
du Sud et le Brésil sont tous affectés
par des retraits de capitaux. Si dans
l’ensemble, les pays émergents
et en développement ont bien géré les
risques auxquels ils font face, « toute
inversion de tendance constituerait
une menace pour les économies avancées, dans la mesure où ces économies
émergentes et en développement représentent environ 40 % du PIB mondial », craint-il.
Le challenge est important
Le FMI s’interroge aussi sur la capacité de réaction des différents gouvernements si une crise ou une
récession survient. « La réponse
n’est guère réconfortante, alerte
Maurice Obstfeld. Les mécanismes
de coopération multilatérale en
matière de politique mondiale sont
sous tension, notamment dans le
commerce, et doivent être renforcés.
Les gouvernements disposent de
moins de munitions budgétaires et
monétaires que lorsque la crise financière mondiale a éclaté il y a dix ans. »
Le challenge est d’autant plus
important que certains se laissent
séduire par les discours populistes
de repli sur soi. A moins que les
fruits de la croissance ne soient
plus équitablement répartis, les
approches politiques multilatérales seront de plus en plus menacées, prévient l’économiste en chef.
Comme l’a scandé la directrice
générale du FMI, Christine
Lagarde, le 1er octobre dernier, lors
d’un discours à Washington, « nous
devons réparer le système, non le
détruire », dans une allusion implicite aux coups de b outoir de
Donald Trump vis-à-vis du multilatéralisme. n
Le protectionnisme a des effets indirects non négligeables
En relevant leurs droits de
douane en direction d’un
pays, les Etats-Unis freinent
ses exportations et pèsent
aussi sur les chaînes de
production. L’impact sur
les fournisseurs est loin
d’être anodin selon Coface.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
Alors que les derniers chiffres
du commerce extérieur américain
ne montrent pas de redressement
du solde malgré le protectionnisme affiché de l’administration
Trump, cette politique restrictive
fait beaucoup plus de victimes collatérales qu’il n’y paraît a priori.
Car, quand les Etats-Unis choisissent de taxer les produits d’un
pays, ils ralentissent immédiatement ses exportations. Cette
baisse de régime se répercute ipso
facto sur ses fournisseurs en
amont, créant un impact indirect.
Selon une étude menée par Coface,
une hausse de 1 % des droits de
douane aux Etats-Unis entraîne
une réduction de 0,5 % en
moyenne des exportations du pays
fournisseur de celui qui est touché
par les barrières tarifaires. Cela
concerne essentiellement les
biens intermédiaires dans les
chaînes de valeur et a, selon les
secteurs, un impact variable.
Mesures
Le plus vulnérable est le secteur
des transports, dont l’automobile.
Dans l’hypothèse d’une hausse
d ’u n p o i n t d e p o u r c e n t a g e
des droits de douane américains
appliqués à un pays, ses fournisseurs pourraient voir diminuer en
moyenne de 4,4 % la valeur ajoutée de leurs exportations vers ce
pays ciblé. L’Allemagne et le
Japon, notamment, sont les pre-
miers pays affectés dans le cas de
barrières tarifaires américaines
sur les exportations d’automobiles ou de matériels de transport
chinois. Autre chaîne de valeur
menacée, celle de l’électronique,
mais avec un impact moindre de
1,4 %. Le Vietnam, la Corée du Sud,
le Japon, Taïwan et la Thaïlande,
qui sont des fournisseurs de la
Chine où est assemblé le produit
fini, sont concernés.
L’augmentation des mesures
protectionnistes américaines ne
date pas des dernières semaines,
même si l’accélération depuis
2016 est incontestable. Alors que,
en 2009, seulement 2,3 % des
importations américaines
étaient concernées par de telles
mesures, la proportion est passée
à 5,4 % en 2016 puis à 12,5 % cette
année (fin août). Les Etats-Unis
ne sont pas seuls à verser dans le
protectionnisme : l’Allemagne a
vu la part des droits de douane
passer de 0,7 % à 5,7 % en dix ans ;
la Chine fait un bond de 2,6 % à
9 %. Le recours aux barrières
douanières a beau être de plus en
plus fréquent, celles-ci ne représentent encore que 16 % (septembre 2018) de l’ensemble des instruments protectionnistes à
disposition des administrations.
Toutes mesures confondues
(subventions publiques à l’exportation, localisation de marchés
publics, barrières non tarifaires),
le protectionnisme, au travers du
nombre net de mesures existantes dans le monde, « est 2,5 fois
plus élevé en 2018 qu’en 2010 »,
note Coface, ajoutant que « 73 %
des exportations des pays du G20
devaient faire face en 2017 à des
mesures restreignant le commerce », d’après Global Trade
Alert. C’est dix fois plus que les
chiffres communiqués par
l’OMC. n
L’ambassadrice américaine à l’ONU démissionne
ÉTATS-UNIS
Nikki Haley avait
défendu la politique
internationale
de Donald Trump,
parfois durement.
Mais elle aurait
constitué une voix
modérée, en coulisses.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Nikki Haley. Photo S.Keith/AFP
C’est un départ de plus dans l’équipe
diplomatique de Donald Trump. Et
ce n’était pas le plus attendu.
L’ambassadrice américaine aux
Nations unies, Nikki Haley, a démissionné, confirmant ainsi plusieurs
informations parues dans la
presse. Elle restera en poste jusqu’à
la fin de l’année pour assurer la transition avec son successeur, qui n’est
pas encore connu. D’après la presse
américaine, cette décision aurait
provoqué de vives réactions en
interne, certains s’inquiétant de la
vague de départs dans l’équipe chargée de la politique étrangère. Nikki
Haley n’aurait prévenu ses équipes
que mardi matin, avant que la nouvelle ne s’ébruite.
D’après la Maison-Blanche, ce
départ était toutefois dans l’air
depuis quelque temps. L’ambassadrice aux Nations unies aurait fait
part au président, il y a six mois déjà,
de son intention de prendre du recul
à la fin de cette année. Mais le timing
interpelle, juste après l’affaire Kavanaugh et à un mois des élections de
mi-mandat.
Plusieurs candidats
intéressés
Selon plusieurs témoignages,
malgré le fait qu’elle incarnait la politique internationale de Donald
Trump, Nikki Haley était, en coulisses, une voix capable de modérer les
positions du président américain.
Mais, après l’arrivée de Mike Pompeo au poste de secrétaire d’Etat, et
de John Bolton comme conseiller à
la sécurité nationale, elle se serait
retrouvée plus contrainte au Conseil
de sécurité de l’ONU, selon l’un de ses
homologues.
Nikki Haley n’a pas apporté beaucoup de précisions sur les raisons de
ce départ. « Il n’y a là aucune raison
personnelle. Il est juste important de
comprendre quand il est temps de
laisser la place. Il est important de
faire tourner ces postes », a-t-elle
répondu, lors de l’annonce de son
départ, dans le Bureau ovale, prenant le soin de préciser qu’elle n’avait
pour l’instant aucune idée de ce
qu’elle ferait dans les prochains
mois, mais qu’elle ne se présenterait
pas à l’élection présidentielle de
2020. « Je ferai campagne pour cet
homme », a-t-elle lancé en montrant
Donald Trump, affichant son
entente avec le président. Certains
lui voient pourtant un autre destin…
Durant l’année et demie qu’elle a
passée au poste d’ambassadrice aux
Nations unies, Nikki Haley, ancienne
gouverneure de Caroline du Sud (de
2011 à 2017), a imposé un style direct,
parfois agressif, et endossé la position américaine de remise en cause
des institutions internationales,
comme lorsque Washington a claqué la porte de l’Unesco. « Maintenant, les Etats-Unis sont respectés. […]
Les Etats-Unis sont de nouveaux forts
et chaque Américain en est fier », s’estelle félicitée. Selon Donald Trump,
plusieurs candidats seraient déjà
intéressés pour reprendre le poste.
« Elle en a fait un poste beaucoup plus
glamour, pendant ces deux années.
Beaucoup de personnes sont intéressées, et de bonnes personnes », a-t-il
expliqué, précisant qu’il prendrait sa
décision « dans les deux ou trois
semaines, peut-être plus tôt ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
Francophonie : le soft power tricolore
L’Arménie,
pays en transition
l Le dix-septième sommet de l’Organisation internationale
de la francophonie réunit plus de 80 pays cette semaine en Arménie.
l Le président français, Emmanuel Macron, est attendu mercredi soir.
INTERNATIONAL
« L’OIF court
un réel danger de
dispersion. »
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
PIERRE-ANDRÉ WILTZER
Ancien ministre de la
Francophonie
Français d’origine arménienne
devenu un des plus célèbres chanteurs du monde, Charles Aznavour,
né Shahnourh Aznavourian, aura
illustré le pouvoir de séduction de
la langue française. Et donc le « soft
power » de la francophonie, dont le
sommet annuel se déroule, double
clin d’œil du destin, en Arménie,
peu après sa mort.
Le dix-septième sommet de
l’Organisation internationale de la
francophonie (OIF), ce mercredi et
jeudi à Erevan, où se rendra Emmanuel Macron, sera l’occasion de
rappeler l’influence du français. La
langue de Molière est aujourd’hui
la cinquième langue la plus parlée
dans le monde, avec environ
274 millions de locuteurs réguliers
dans près de 75 territoires. Les plus
optimistes estiment que, en raison
de l’explosion démographique de
l’Afrique noire, qui en concentrera
90 % des locuteurs, elle sera utilisée
au moins occasionnellement par
1,5 milliard de personnes à la fin du
siècle, au deuxième rang mondial.
Un cénacle prisé
A l’aune du « ma patrie, c’est la langue
française » d’Albert Camus, difficile
d’évaluer combien ce pouvoir de
séduction culturelle se traduit en
influence politique, économique ou
diplomatique. L’OIF constitue en
tout cas un cénacle prisé, au vu du
Louise Mushikiwabo, la ministre des Affaires étrangères
du Rwanda, candidate à la présidence de l’Organisation internationale de la francophonie. Photo Vincent Fournier/Jeune Afrique-R
INTERVIEW // IBRAHIMA KASSORY FOFANA Premier ministre
de Guinée
« La Guinée se félicite du soutien français
à la candidature du Rwanda »
Propos recueillis par
Jacques Hubert-Rodier
@jhrodier
— Envoyé spécial à Rhodes
A
u Forum de Rhodes
de l’institut Dialogue of
Civilizations, le Premier
ministre de Guinée a fait le point sur
différentes questions africaines.
Que pensez-vous du soutien
d’Emmanuel Macron
à la candidature de Louise
Mushikiwabo, comme
secrétaire générale de l’OIF ?
La représentation africaine dans les
organisations internationales est
faible. C’est à l’honneur du président Macron de vouloir encourager
une Rwandaise. Que ce pays soit
anglophone, cela ne peut qu’aider la
francophonie à rayonner.
Pourtant, l’Afrique n’est
toujours pas parvenue
à se mettre d’accord sur
le nom d’un pays pour
la représenter comme
membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU ?
Il ne faut pas mettre la charrue
avant les bœufs. Que le Conseil de
sécurité accepte d’abord de laisser
un ou deux sièges à l’Afrique,
l’Union africaine se mettra ensuite
d’accord pour savoir quels pays
doivent représenter le continent
comme membre permanent.
Qui bloque ?
Il y a une volonté commune des
membres permanents du Conseil
de sécurité d’élargir, mais quand il
s’agit de prendre la décision, elle
tarde à venir…
Début octobre, le président
Alpha Condé a-t-il voulu
dénoncer la France
en rappelant le poids
du passé colonial ?
Il faut replacer ses propos dans leur
contexte. Ils ont été prononcés à
l’occasion du soixantième anniversaire de l’indépendance de la Guinée. Ce qu’il a voulu rappeler, c’est
que l’indépendance a commencé
par un boycott de la France, qui a
fermé son marché à nos exportations de bananes. Nous étions alors
le premier exportateur en Europe
Ibrahima Kassory Fofana : « La Guinée se dirige vers une croissance à deux chiffres, au-delà de nos prévisions. » Photo C.Binani/AFP
de bananes. Nous avons en outre dû
créer à partir de rien notre monnaie, le franc guinéen. Mais il y a
d’autres raisons pour notre retard,
notamment internes.
Quelles sont aujourd’hui
vos relations avec la France ?
Le président, Alpha Condé, a
d’excellentes relations avec la
France et d’excellentes relations
personnelles avec le président
Emmanuel Macron.
La France s’est-elle
détournée de l’Afrique ?
Non ! La France ne s’est pas donné
les moyens de sa politique. La coopération économique aujourd’hui
doit reposer sur le secteur privé.
Mais si ce dernier n’a pas, dans des
environnements difficiles comme
en Afrique, le support des gouvernements en matière de crédits et de
garanties, il ne peut pas aller loin.
C’est toute la différence avec la
Chine, qui assure des moyens à long
terme pour ses investissements.
Quelle croissance
économique
pour la Guinée ?
La Guinée se dirige vers une croissance à deux chiffres, au-delà de
nos prévisions. Mais cette croissance n’est pas inclusive pour tout le
monde, car elle est largement tirée
par les secteurs minier et, à la
marge, agricole. Or le secteur
minier dépend des investisseurs
étrangers. Le mode opératoire capitalistique ne laisse pas beaucoup de
valeur ajoutée au revenu national.
Mon gouvernement veut renverser
cette tendance. Nous souhaitons
ainsi, pour augmenter la part de la
valeur nationale, développer la
sous-traitance locale dans les transports des mines vers les ports ainsi
que dans l’intermédiation. n
nombre de pays qui en sont membres, 54, ou qui y sont observateurs,
26. Certains comptent au demeurant moins de 2 % de locuteurs francophones, comme la Moldavie,
l’Egypte et la Bulgarie, ou… le Qatar.
Désormais ennemie du Qatar,
l’Arabie saoudite a déposé il y a deux
ans une demande de candidature
embarrassante pour Paris. La francophonie est en effet censée constituer aussi un rassemblement de
valeurs sur les Droits de l’homme.
Or le régime de Riyad vient d’inculper de terrorisme un économiste en
vue, critique de la vision du prince
héritier Mohammed Ben Salmane,
et est soupçonné d’avoir un rôle dans
la disparition du journaliste Jamal
Khashoggi dans son consulat en
Turquie.
L’élargissement de l’OIF au fil des
ans à des pays où le français est fort
peu pratiqué suscite la circonspection chez certains. « Ces pays qui ont
peu à voir avec la francophonie voient
peut-être celle-ci comme un autre
espace d’influence pour eux, comme si
l’OIF constituait une petite ONU »,
analyse Linda Cardinal, de la chaire
de recherche sur la francophonie à
l’université d’Ottawa.
Démultiplier ses missions
En outre, l’OIF démultiplie ses missions, au prix du grand écart. Le
« développement durable », « l’économie » et « la société civile » se
sont ainsi ajoutés aux grandes missions, comme « la langue française », « la diversité culturelle »,
« l’éducation »… « L’OIF court un
réel danger de dispersion », estime
Pierre-André Wiltzer, ancien
ministre de la Francophonie. Mais
Emmanuel Macron a estimé
récemment que la mission de l’OIF
était de « contribuer à faire progresser la paix, la démocratie, l’égalité
entre les femmes et les hommes ».
A l’issue de ce sommet, c’est
Louise Mushikiwabo, une diplomate du Rwanda, un des régimes
les plus répressifs d’Afrique, qui va
vraisemblablement succéder, par
consensus, au secrétariat général
de l’OIF, à la canadienne Michaëlle
Jean. Celle-ci a été très critiquée,
notamment pour ses dépenses. n
Le Sommet de la francophonie sera l’occasion
de « placer l’Arménie sur la mappemonde »,
espère le président Armen Sarkissian. Photo Bloomberg
Dans un entretien
aux « Echos », Armen
Sarkissian, le président
de l’Arménie, hôte du
Sommet de la francophonie, décrit la transition
politique entamée dans le
pays depuis ce printemps.
Le Sommet de la francophonie,
ce mercredi et jeudi, sera l’occasion de « placer l’Arménie sur la
mappemonde », espère le président Armen Sarkissian. Cette
ex-république soviétique de
seulement 3 millions d’habitants est riche d’« une diaspora
presque trois fois plus grande, un
des ratios les plus élevés du
monde », souligne le dirigeant.
L’Arménie est aussi sous les
projecteurs en raison du décès,
le 1er octobre d’un des plus célèbres chanteurs de la planète :
Charles Aznavour, qui se définissait comme « 100 % français
et 100 % arménien ». Il aurait
d’ailleurs dû assister à un concert vendredi avec Emmanuel
Macron à Erevan.
L’Arménie a été le théâtre en
mai dernier d’une transition
politique pacifique, inhabituelle dans cette région du
monde, en bénéficiant d’une
relative bienveillance de Moscou. « Les premières réformes du
gouvernement installé en mai »
[dirigé par Nikol Pachinian,
NDLR] sont positives, en matière
de lutte contre la corruption. On
ne voit plus d’agents de la circulation réclamant de l’argent dans
les rues ou d’enseignants faisant
de même lors d’examens »,
estime Armen Sarkissian. Le
problème de la corruption est
essentiel « car il rebute les investisseurs ». Alors que « l’Arménie
dispose d’atouts ; un secteur bancaire sain, une main-d’œuvre
VENTE
bien formée et appréciée à l’international, surtout dans le secteur
des technologies de l’information, comme l’illustre l’installation de Microsoft et de Synopsys à
Erevan ».
On peut recruter à Erevan
u n c a d r e p o l yg l o t t e p o u r
1.000 euros par mois charges
comprises, ajoute-t-il. Les hommes d’affaires français, qui se
réuniront à la veille du sommet
dans un forum à Erevan avec
leurs homologues arméniens,
doivent savoir qu’on « peut faire
des affaires profitables en Arménie, avec de solides garanties juridiques ».
Une complicité
historique
L’Arménie, « à un carrefour
entre l’Iran, la Turquie, le monde
orthodoxe, la Méditerranée et
l’Europe », profite d’un accord
d’association avec l’Union européenne depuis novembre 2017,
mais est aussi membre de la
communauté économique
eurasiatique. « Exporter ou
i nve s t i r e n A r m é n i e , c ’ e s t
s’ouvrir le marché russe ou
kazakh », ajoute Armen Sarkissian. Ce qui « est appréciable en
ces temps de sanctions et contresanctions entre Moscou et
Bruxelles. Nous avons de bonnes
relations avec Moscou comme
avec Washington, ce qui n’est pas
si fréquent. »
Mais c’est peut-être avec
Paris que la complicité historique est la plus grande. Et le président arménien de rappeler
l’implication du réseau Manoukian dans la Résistance ainsi
que l’évacuation par la flotte
française en 1915, à l’initiative de
l’amiral Dartige du Fournet, de
5.000 Arméniens échappant au
génocide turc. — Y. B.
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MONDE // 09
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
Le président ouzbek à Paris en quête
de coopérations économiques
ASIE CENTRALE
Chavkat Mirzioïev
multiplie les réformes
dans cette exrépublique soviétique
d’Asie centrale.
Il a rencontré mardi
Emmanuel Macron.
Benjamin Quénelle
— Correspondant à Moscou
avec Etienne Combier
Le président de ce qui était il y a
encore deux ans un des pays les
plus fermés et répressifs au monde,
l’Ouzbékistan, a choisi la France
pour sa première tournée en
Europe. La dernière visite de ce
genre à Paris remonte à 1996. Chavkat Mirzioïev a rencontré mardi le
président Emmanuel Macron.
« Nous reconnaissons le rôle mondial de la France, plus dynamique, y
compris en Asie centrale », confie
Sadyk Safaïev, cheville ouvrière de la
diplomatie de Chavkat Mirzioïev.
Tous deux viennent de l’ancien système, celui d’Islam Karimov, qui a
dirigé pendant vingt-sept ans ce
pays musulman de 33 millions
d’habitants, très pauvre mais géopolitiquement stratégique à la frontière de l’Afghanistan et riche en uranium. Alors chef du gouvernement,
Chavkat Mirzioïev a pris la succession d’Islam Karimov à son décès en
2016. Avec pour priorité : mettre fin
à l’isolationnisme. Le nouveau président a lancé une surprenante libéralisation aux allures de « perestroïka ». Il a renvoyé le chef des toutpuissants services secrets qui avait
plongé l’Ouzbékistan dans la peur et
l’immobilisme. Pour les touristes, la
suppression progressive des visas
vient d’être étendue aux Français. La
libéralisation est encore plus visible
dans l’économie : fin du travail des
enfants dans les cultures de coton,
réorganisation de l’administration,
lutte contre la corruption, ouverture
aux investisseurs et… convertibilité
de la monnaie nationale.
« Enfin, l’Ouzbékistan s’ouvre ! La
réforme de la monnaie a été clef, car
elle a dynamisé l’économie : pour
leurs conversions, les investisseurs
consulting pour accompagner
l’implantation d’entreprises étrangères. « Semences, engrais, alimentations d’élevage, technologies…
Besoins et potentiels sont multiples
dans l’agriculture », insiste Akhmed
Rakhmanov.
Les Français sur les rangs
Le président ouzbek, Chavkat Mirzioïev, sur le perron de l’Elysée
avec Emmanuel Macron. Photo Philippe Lopez/AFP
étrangers ne dépendent plus d’intermédiaires corrompus. Cela donne
une vraie liberté de travailler ! »
témoigne Akhmed Rakhmanov,
à Tachkent, la vibrante capitale
ouzbeke, où il a créé un bureau de
« Les coopérations, même pour les
richesses naturelles, restent encore
vagues avec l’Europe. Au contraire,
l’intérêt de la Russie et de la Chine
s’est accru », prévient Vladimir
Paramonov, politologue à Tachkent. « Alstom pourrait poursuivre
la modernisation des chemins de fer,
Orano s’intéresse aux réserves d’uranium, pour le moment chasse gardée
des Russes, Veolia est en piste pour
améliorer le système d’eau et de
chauffage de Tachkent, Air Liquide a
des projets… » assure Emmanuel
Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe, qui
a suivi la visite, vu des coulisses.
« Chavkat Mirzioïev réforme le pays.
Aux investisseurs de répondre à cet
appel d’air… »
Le service de presse du président
ouzbek a annoncé la signature de
contrats à Paris d’une valeur de
5 milliards d’euros, un montant
spectaculaire pour un pays dont le
PIB est inférieur à 60 milliards
d’euros, dans le cadre d’un plan
national d’investissement pluriannuel équivalent à 40 milliards. Toutefois, le communiqué de la présidence détaille seulement un projet
de 100 millions pour Bouygues et
des accords de crédits de 800 millions d’euros de Natixis et Crédit
Agricole… L’Ouzbékistan mentionne également des accords avec
Vinci, Thales, Alenia Space. Paris,
qui ne confirme pas le chiffre de
5 milliards, évoque des accords
avec Veolia et Suez (gestion de
l’eau), Total (énergie solaire), Orano
(ex-Areva, uranium) et Airbus Helicopters. n
L’Angola confirme
une transition politique
spectaculaire
AFRIQUE
Le président, João
Lourenço, accélère
la lutte contre
la corruption, avec
un fort soutien
populaire.
Yves Bourdillon
@yvesbourdillon
Presque trop beau pour être vrai.
Comme en Ouzbékistan, la transition en Angola laisse les observateurs (et parfois même les
opposants), pantois. Quand il
avait succédé en août 2017 à José
Eduardo dos Santos, qui menait
ce pays d’une main de fer depuis
trente-huit ans, mais était obligé
de passer la main pour raisons de
santé, le président João Lourenço
était surnommé « le chauffeur ».
Pour signifier qu’il devrait suivre
l’itinéraire dicté par un Dos Santos continuant de diriger dans
l’ombre la deuxième économie
d’Afrique australe.
Un pays ravagé par « une corruption et un népotisme insoutenables, parmi les plus élevés du
continent », souligne Alex Vines,
spécialiste du pays au think tank
Chatham House. L’Angola, où
deux tiers des 29 millions d’habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour et où un enfant sur
cinq meurt avant l’âge de cinq ans,
réussissait même l’exploit d’être
l’an dernier derrière la Syrie dans
le classement Doing Business de
la Banque mondiale.
Des réformes de fond
Mais le « chauffeur » s’est rebellé.
Joao Lourenço a commencé dès
octobre 2017 à démanteler méthodiquement l’empire politico-financier du clan de l’ex-chef d’Etat,
en dehors duquel nulle activité
économique d’importance n’était
menée. La fille de Dos Santos, Isabel, femme la plus riche d’Afrique,
a été limogée de la tête de Sonangol, le monopole national des
hydrocarbures. Une entreprise
qui représente un tiers du PIB, les
trois quarts des recettes budgétaires et la quasi-totalité des exportations. Le fils de Dos Santos, Zenu, a
été écarté en janvier de la présidence du fonds souverain angolais, puis inculpé d’un détournement de 500 millions de dollars et
incarcéré en septembre, comme
son associé, Jean-Claude Bastos
de Morais et Valter Filipe da Silva,
l’ancien gouverneur de la banque
nationale.
La police a commencé à récupérer une partie des 26 milliards
de dollars supposés détournés
globalement. João Lourenço est
passé outre une loi empêchant le
limogeage des hommes liges de
Dos Santos dans l’armée et les
renseignements et a pris le contrôle le mois dernier du parti
MPLA régnant sur le pays depuis
l’indépendance en 1975.
João Lourenço
met en place
des réformes
pour limiter
les occasions
de pots-de-vin.
S’agit-il, comme dans nombre
de transitions, de simplement
remplacer un népotisme par un
autre ? Rien ne l’indique pour
l’instant, tant João Lourençon met
en place des réformes conduisant
à limiter les occasions de pots-devin : appels d’offres transparents,
nouveau code douanier, pré-privatisation de 70 entreprises, suppression de l’obligation pour un
investisseur étranger de s’associer
à un partenaire local.
« Après avoir consolidé son
pouvoir, il a réalisé des réformes
très positives sur le papier, dont il
faudra toutefois surveiller la mise
en œuvre », estime Alex Vines. En
janvier, il a laissé flotter la devise,
le kwanza, dont la surévaluation
étranglait l’agroalimentaire
local. L’inflation est en passe de
retomber sous les 10 %, contre
30 % il y a un an. João Lourenço
disait, en mai dernier à Paris, vouloir attirer les investisseurs étrangers et a fait lancer deux eurobonds. Il a atterri ce mercredi en
Chine, où il espère obtenir un crédit de 11 milliards de dollars. Il
bénéficie désormais d’un nouveau surnom : Terminator. n
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10 //
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle
des Echos
La Chronique
Le Point de vue
Art et culture
De la crise de 2008
à celle de 2020
La France a une incroyable paresse
Brésil : Bolsonaro ou la tyrannie
de la majorité
« Sépartement » vôtre
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Retraites : le non-dit
de la réforme
Le gouvernement n’a pas encore dévoilé
ses cartes sur la réforme des retraites,
mais les esprits s’échauffent déjà du côté
des syndicats. La CGT et FO, incapables
de rassembler des foules dans la rue,
attendent l’étincelle, grâce à ce chantier
traditionnellement mobilisateur. Les
syndicats réformistes sont dans une position
Par Etienne
plus constructive, mais tous posent une
Lefebvre
condition stricte : pas question de toucher à
l’âge légal de départ à 62 ans, directement ou
L’équilibre
indirectement – via une décote temporaire
financier
jusqu’à un « âge pivot » à fixer. L’argument est
simple : il n’y a plus de besoin de financement
reste très
à combler. Le haut-commissaire aux
incertain.
retraites, Jean-Paul Delevoye, ne dit pas autre
chose, en soulignant qu’il ne s’agit pas d’une
réforme visant à réaliser des économies, mais à assurer davantage
d’équité. Et, de fait, bâtir un régime universel ne sera pas une mince
affaire au vu des différences actuelles, et cette ambition sans
précédent doit être saluée. Le présupposé de départ sur l’équilibre
financier présente néanmoins de gros risques. D’abord, parce
que les prévisions du Conseil d’orientation des retraites s’appuient
sur des hypothèses économiques optimistes – en prévoyant
en particulier des gains de productivité très supérieurs à ceux
des dix dernières années. Ensuite, elles soulignent que l’équilibre
des régimes ne serait obtenu durablement que grâce à une forte
baisse du niveau de vie des retraités, comparativement à celui des
salariés. Pour une raison simple : la valeur des trimestres cotisés (ou
des points accumulés, dans le futur système) est indexée sur les prix,
qui progressent moins vite que les salaires. Cette évolution,
déjà enclenchée, est relativement indolore aujourd’hui, car
les personnes qui partent à la retraite ont de meilleures carrières
que leurs aînés. Mais elle n’apparaît guère tenable à long terme.
La proportion de retraités sous le seuil de pauvreté, qui a chuté ces
trente dernières années, remonterait sensiblement. Il faudra donc
tôt ou tard revoir ces règles d’indexation. Ce qui changera l’équation
financière. Mais pour l’heure, tout le monde fait comme si le
problème n’existait pas. Ce non-dit est dangereux. Comme toujours
en matière de retraite, il est important d’anticiper les problèmes
et de prendre des mesures longtemps à l’avance, afin qu’elles soient
plus indolores. Pour avoir trop tardé, la France a dû relever
brutalement l’âge légal de départ de 60 à 62 ans, quand les autres
Etats européens – qui sont quasiment tous à 65 ans ou plus –
planifient ces évolutions sur le long terme. Si la réforme doit viser
avant tout l’équité, sa dimension financière ne saurait être occultée.
Sauf à se préparer des lendemains difficiles.
(
Lire nos informations
Page 4
Les péchés capitaux
du private equity
Par Guillaume Maujean
Il y a un peu plus de dix ans, l’un des pionniers du capitalinvestissement en France s’attirait les foudres de la profession. Son
crime ? Il venait de mettre en garde ses confrères contre les « sept
péchés capitaux » qu’ils commettent généralement en période de
bulle. Quelques mois plus tard, la crise financière éclatait et la bulle
du private equity se dégonflait, laissant quelques cadavres derrière
elle. Dix ans après, les péchés capitaux sont de retour. Au moins
une partie d’entre eux. C’est d’abord l’argent qui se déverse dans le
secteur, comme s’il en pleuvait. Au cours des cinq dernières années,
les grands fonds d’investissement dans le non-coté ont collecté plus
de 3.000 milliards de dollars, les gigantesques levées de fonds étant
presque devenues la norme. Dans un contexte de taux d’intérêt
encore très bas, les investisseurs plébiscitent en effet cette classe
d’actifs qui affiche des performances toujours très séduisantes.
Mais cela participe du coup à la raréfaction des cibles de qualité,
et naturellement à une flambée des prix d’acquisition. En Europe,
ils n’ont jamais été aussi hauts : les entreprises sont rachetées
en moyenne 10 fois leur marge brute d’exploitation.
Ce sont ensuite les conditions d’endettement qui interpellent,
avec des leviers plus forts et des financeurs pas toujours regardants
sur la qualité et la sécurité de la dette. C’est enfin la réapparition
de pratiques controversées ou inquiétantes : des sociétés qui sont
« préemptées » par de nouveaux acteurs de l’investissement avant
même les processus d’enchères, des opérations qui se concluent
sans discernement ni sélectivité… Les signes d’emballement, sinon
de bulle, sont manifestes. L’industrie du non-coté, aujourd’hui
victime de son succès, est coutumière de ces excès. Ils finiront par
se payer en cas de retournement de la conjoncture ou de remontée
brutale des taux d’intérêt. Il lui faudra alors passer encore une fois
par la case purgatoire.
(
Lire nos informations
Page 30
Pascal Garnier pour « Les Echos »
Snapchat, la crise d’adolescence
Sébastien Dumoulin
et Nicolas Richaud
– Service High-Tech-Médias
Snapchat est en plein dans l’âge
ingrat. Pour la messagerie préférée
des collégiens, c’est un comble. Sur
le bulletin de notes du groupe californien, un chiffre est surligné en
rouge : 5 milliards de dollars. Ce
sont les pertes cumulées de Snap en
trois ans et demi. Les (gigantesques)
charges exceptionnelles liées à
l’introduction en Bourse en
mars 2017 cachent mal une réalité
désagréable : les résultats du
groupe se dégradent. Sur les six premiers mois de 2018, Snap a creusé
ses pertes de 8 % par rapport à
l’année précédente.
Signe encore plus terrible pour
une entreprise de croissance, le
nombre d’utilisateurs quotidiens
a reculé de 2 % lors du deuxième trimestre. Une première depuis la
création de la société aux célèbres
messages et photos éphémères en
2011. En interne, la crise a fait son lot
de victimes. Ces six derniers mois,
Snap a lancé trois plans de licenciement. Et les départs des hauts dirigeants s’enchaînent : le patron de la
stratégie va quitter le navire, le
directeur financier s’est fait la
malle, le directeur des ventes est
parti chez Verizon…
En Bourse, l’évolution du titre
reflète ces difficultés. Un an et demi
après ses débuts à Wall Street, Snap
touche son plus bas historique.
L’action vaut moins du tiers de ce
qu’elle affichait lors de son premier
jour de cotation. La capitalisation
du groupe vient de passer en dessous des 10 milliards de dollars.
Moins de la moitié d’un Twitter. Et
47 fois moins que Facebook.
Qu’est-il arrivé à Snapchat, longtemps décrit comme « le péril
jeune » menaçant l’empire de Mark
Zuckerberg ? Souvenez-vous :
en 2012 et 2013, la messagerie éphémère fait un tel carton chez les
Millennials qu’elle ringardise Facebook, étiqueté réseau pour vieux.
Le fondateur de Snapchat, Evan
Spiegel, a alors vingt-trois ans.
Après avoir claqué la porte de l’université pour lancer sa boîte, il a
même l’insolence de dire « non » à
Mark Zuckerberg lorsque celui-ci
offre 3 milliards de dollars pour
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Pertes opérationnelles, départs de dirigeants, utilisateurs
moins impliqués,
déroute boursière :
Snapchat vit une
période mouvementée. La coqueluche
des collégiens ambitionnait de ringardiser Facebook.
Elle doit revoir
sa copie.
D
Les points à retenir
a creusé ses pertes
•deSnap
8 % par rapport à l’année
précédente, dilapidant près de
450 millions de dollars (hors
éléments non récurrents).
Le nombre d’utilisateurs
quotidiens a reculé de 2 %
lors du deuxième trimestre.
Facebook a
méthodiquement copié toutes
les innovations de son jeune
concurrent pour en faire
profiter Instagram.
Snapchat se cherche une
identité, entre réseau social
et messagerie privée.
•
•
•
mettre la main sur Snap, qui ne
génère encore que le chiffre d’affaires d’un café-restaurant. Cinq ans
plus tard, ce panache s’est évanoui.
Snapchat n’a pas évincé Facebook.
Au contraire. Le géant des réseaux
sociaux a méthodiquement copié
toutes les innovations de son jeune
concurrent pour en faire profiter
un autre de ses services : Instagram.
Et la manœuvre a pleinement fonctionné. L’application de partage de
photos revendique aujourd’hui
plus d’un milliard d’utilisateurs et
est devenue la pépite de Facebook.
Nouveau design contesté
En face, Snapchat semble égaré
dans les méandres de l’adolescence,
cet entre-deux âges où l’on n’est plus
une start-up et pas un géant de la
tech installé. Le service se cherche
une identité, entre réseau social et
messagerie privée.
La dernière refonte de l’application, fin 2017, a opté pour une séparation stricte entre les discussions
privées et les contenus de type
média. De quoi proposer aux marques et annonceurs un environnement plus sécurisé, à l’abri des
« fake news », contenus haineux ou
extrémistes qui ont secoué Facebook, YouTube ou Twitter.
Mais ce nouveau design a surtout
mécontenté des millions d’utilisateurs. Et persuadé de nombreuses
figures du marketing que l’endroit
où se montrer s’appelait bien Instagram. « Sur des campagnes récentes
que nous avons menées, le tarif des
influenceurs variait de 600 à
1.500 euros pour un post sur Instagram, en fonction de l’audience. Sur
Snap, ce barème était divisé par
deux », explique Romain Pelillo,
fondateur de l’agence Talents-Sync.
C’est Kylie Jenner, l’une des
sœurs Kardashian, qui enfonce le
clou en février dans un tweet sousentendant qu’elle n’utilise plus
l’appli. Dans la foulée, la capitalisation de Snap fond de 1,3 milliard de
dollars en Bourse. Depuis, le groupe
d’Evan Spiegel a fait quelques retouches, sans réussir à faire oublier le
« bad buzz ». « Le nouveau design de
l’application a eu un impact sur la
fréquence d’utilisation », reconnaît
Claire Valoti, la vice-présidente de
Snap en charge de l’international.
« Mais nous l’avons fait parce que
nous voulons fournir la meilleure
expérience possible. » Pour elle,
comparer Snapchat à d’autres
réseaux sociaux n’est pas justifié.
« Snapchat est unique. 188 millions
de personnes viennent échanger quotidiennement avec leurs amis proches et 60 % créent du contenu tous
les jours. Aucune autre plate-forme
ne propose cela. »
Du côté des experts du marché de
la pub, on reconnaît d’ailleurs que la
messagerie au petit fantôme blanc
a des atouts. « Snapchat continue
d’être un réseau positif, fun, léger. Et
qui innove », reconnaît Pascal Crifo,
de Publicis. « Avec ses filtres [qui servent à modifier automatiquement
l’apparence d’une photo, NDLR],
Snapchat a réussi un tour de force.
Aucun support dans l’histoire n’avait
ainsi permis de s’approprier les codes
d’une marque – même de luxe – et de
jouer avec. »
Ce qu’apprécient les professionnels de la réclame, c’est aussi la
conversion de Snap il y a deux ans
au « programmatique », c’est-à-dire
au placement automatisé des publicités via des plates-formes d’enchères. Ce fonctionnement est devenu
la norme dans l’industrie. Et alors
que Facebook et Instagram s’en
éloignent pour se reposer sur des
systèmes propriétaires, l’audience
de Snapchat paraît plus accessible
aux annonceurs. Snap ne manque
pas de pointer l’impact positif de
cette stratégie : son chiffre d’affaires
a grimpé de 49 %, sur un an, à près
de 500 millions de dollars lors des
six premiers mois de l’année.
Un premier pas vers l’âge adulte ?
Une chose est sûre, pour Snapchat,
cela implique d’oublier ses rêves
d’enfant – « quand je serai grand, je
serai Facebook » – et se réaliser
dans des tâches plus triviales : améliorer la rentabilité, plaire aux
actionnaires, voire séduire un
acquéreur potentiel. Après la signature récente d’un partenariat avec
Amazon pour se placer sur le terrain du « social shopping », plusieurs analystes ont vu dans le
groupe de Jeff Bezos un bon candidat. Même à 8 ou 10 milliards de dollars, Evan Spiegel pourrait se targuer d’avoir eu raison de ne pas se
brader à Facebook pour 3 milliards.
Un ado, ça aime toujours avoir le
dernier mot. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
opinions
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LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
De la crise de 2008
à celle de 2020
Faut-il avoir peur
de la Chine ?
Dans sa dernière chronique publiée jeudi
dernier par « Les Echos », Nouriel Roubini
alertait sur « les cinq ingrédients qui
préparent la crise de 2020 ». Mais,
pour notre contributeur Jean-Luc Baslé,
ce texte omettait un sixième facteur de
risque : la mauvaise réponse des autorités
américaines à la crise de 2008.
OMISSION « Nouriel Roubini liste cinq
raisons pour justifier sa prévision. Il oublie
la plus sérieuse : la désastreuse résolution
de la crise de 2008 par Barack Obama.
Pourquoi est-ce important ? Parce qu’elle
prive les autorités des instruments fiscaux
et monétaires dont elles auront besoin
pour contrer la nouvelle crise. »
SAUVETAGE « Les autorités fédérales
vinrent au secours des grandes banques
qui étaient toutes en quasi faillite. Le résultat
ne s’est pas fait attendre. A l’hiver 2010, soit
deux ans après la banqueroute de Lehman
Brothers, la croissance était de retour.
Au vu de ce résultat, les autorités avaient
tout lieu de s’estimer satisfaites. »
RENIEMENT « On assista donc à une
situation ubuesque où les épargnants,
par le biais de l’endettement public, sauvèrent
les banques qui les avaient floués. Au nom
d’un sacro-saint principe, on en a renié
un autre qui veut que dans une économie
capitaliste, le dirigeant et l’actionnaire
sont responsables de leur gestion. »
DANGER « S’il y a crise en 2020,
le gouvernement américain ne pourra
recourir à des déficits budgétaires abyssaux.
[…] De son côté, la Réserve fédérale ne
pourra abaisser un taux directeur qui reste
très bas […]. Quant aux épargnants et aux
salariés qui perdirent leur emploi suite à la
récession de 2008, ils n’accepteront pas
d’être ignorés une fois encore. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle,
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Européens doivent-ils se méfier
•deLes
la Chine ? La réponse du « The Eco-
nomist » tient en trois idées : ni naïveté,
ni hostilité mais prudence. Certes certains projets de la Chine sont plutôt raisonnables comme les acquisitions
d’entreprises technologiques du Mittelstand en Allemagne « au moins tant
qu’une certaine vigilance est exercée ». A
la différence de la Russie, Pékin ne tente
pas d’ailleurs de saper les fondements
de l’Union européenne. Certains voient
même dans la Chine un « contrepoids
utile » à une Amérique imprévisible.
Pourtant les Européens ont plus de
points communs avec les Américains
qu’avec les Chinois. De plus Pékin utilise
à ses fins la règle de l’unanimité de
l’Union européenne en divisant les
Européens pour bloquer des résolutions qui lui seraient défavorables en
matière de droits de l’homme. Certes
l’ouverture des économies et des sociétés européennes est une force mais elle
les rend vulnérables. Ainsi, conseille
l’hebdomadaire, les gouvernements
doivent autoriser les investissements
au cas par cas. Le Monténégro n’aurait
en tout cas jamais dû accepter une telle
dépendance financière à l’égard de la
Chine ou encore la Hongrie et la Pologne auraient dû faire preuve de jugement avant d’accepter des projets
d’infrastructures mal conçus. Ou
encore l’Europe doit préciser ses règles
de réciprocité. Enfin elle doit parler
d’une seule voix en adoptant à la majorité qualifiée de résolutions en matière
de droits de l’homme. Pour sa part
l’Amérique doit arrêter de traiter ses
alliés comme de mauvais partenaires.
Il est en tout cas certain qu’une Europe
affaiblie et divisée par le régime autoritaire le plus puissant au monde ne peut
qu’accroître les problèmes bien au-delà
des frontières européennes. — J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Chine : quarante
siècles d’histoire
en quarante fiches
LE PROPOS Expliquer la Chine
n’est pas un exercice aisé.
Plus que tout autre pays,
son ambition d’aujourd’hui
ne se comprend qu’à la lumière
de son passé. Mais pour aborder
les défis de ce géant, il faut aussi
être capable de disséquer
les arcanes politiques de « l’Etat
le plus ancien de la planète ».
Parce qu’il connaît l’histoire
de cet empire, de sa civilisation,
mais aussi parce qu’il a passé cinq
ans à le sillonner de part en part,
Pierre Haski peut décrypter
les enjeux qui animent cette société.
Le journaliste peut tout autant
pointer du doigt les blocages
dont souffre le pays. Avec cette
question devant le pouvoir absolu
du président chinois : « A-t-on
sous-estimé Xi Jinping aussi bien
en Chine qu’à l’étranger ? »
L’INTÉRÊT Découpé en quatre
grandes parties – les éclairages,
les défis, les enjeux géopolitiques,
les leviers d’action –, l’ouvrage
ne peut se résumer à une simple
démarche de vulgarisation.
Géopolitique de la Chine.
40 fiches illustrées pour
comprendre le monde
De Pierre Haski, Eyrolles,
180 pages, 16,90 euros.
Beaucoup d’aspects de la Chine
moderne y sont abordés, depuis les
valeurs du confucianisme jusqu’au
cyberespace en passant par l’essor
du religieux. Ce maillage rangé en
quarante fiches illustrées permet
in fine d’avoir une vision globale,
précise, souvent sans concession,
de ce pays en passe de devenir
la première puissance mondiale.
LA CITATION « Si les produits
chinois sont omniprésents dans nos
vies, peu de Français ou d’Européens
sont capables de citer une marque
chinoise. […] Incontestablement,
il faudra compter de plus en plus
avec les multinationales chinoises
et… apprendre leurs noms ».
— Michel de Grandi
Le travailleur moyen américain fournit sur la durée de sa vie professionnelle 27 % d’heures de plus
que son collègue français. Photo Shutterstock
La France a une incroyable
paresse
Quand nous travaillons, nous le faisons aussi bien que dans les autres pays
développés. Le problème est que nous travaillons beaucoup moins qu’eux.
Comment convaincre les Français que cela doit changer ?
LA
CHRONIQUE
de Jean
Peyrelevade
L
e Premier ministre a récemment
demandé au Conseil économique et social de réfléchir à l’avenir du travail. Je ne doute pas que nous
prendrons connaissance, d’ici quelques
mois, d’un rapport brillant et exhaustif
sur cette importante question. Mais je
suis également certain que sera soigneusement évité le rappel d’une spécificité française : quand nous travaillons,
nous le faisons aussi bien que dans les
autres pays développés. Le problème
est que nous travaillons beaucoup
moins qu’eux, ce que les hommes politiques évitent soigneusement d’expliquer à leurs électeurs : la France est un
pays paresseux. La question préalable à
toute réflexion devrait donc être : comment convaincre qu’il nous faut travailler davantage ?
Etablir cette vérité dérangeante est
chose plutôt aisée. Constatons tout
d’abord que, selon les données OCDE,
notre productivité par heure de travail
est parmi la plus élevée du marché, quasiment à égalité avec celles de l’Allemagne et des Etats-Unis (ce dont nous tirons
trop facilement gloire), supérieure de
25 % à celle de l’Italie et du Royaume-Uni
et de 35 % à celle du Japon. Nous sommes décidément très productifs.
L’histoire devient très différente
quand on regarde le PIB par habitant.
Le chiffre français (43.000 dollars en
2017) est inférieur de 10 % environ à
ceux du Canada et du Danemark, de
15 % à celui de l’Allemagne, de près de
20 % à ceux de la Suède et des Pays-Bas,
de 30 % enfin à celui des Etats-Unis. Il
n’est pas supérieur à ceux du RoyaumeUni ou du Japon. Avec un niveau supérieur de productivité horaire, les
Français produisent proportionnellement moins de richesses que la plupart
des pays développés comparables.
Comment expliquer un tel paradoxe ?
M. de La Palice aurait trouvé la
réponse : c’est nécessairement que la
quantité totale de travail fournie par
notre population est moindre. Encore
faut-il mesurer les composantes de cet
écart. Elles sont de deux sortes.
D’une part notre taux d’emploi, c’està-dire le nombre d’actifs ayant un
emploi rapporté à la totalité de la population en âge de travailler (de 15 à 64 ans)
est particulièrement faible. Il est de
l’ordre de 65 % quand, dans tous les
autres pays, il se situe environ 10 points
au-dessus. Seule l’Italie fait comme
nous, mais en pire (58 %) quand l’Espagne, à 61 %, souffre d’un chômage certes
en réduction, mais encore élevé.
Nous souffrons d’un
double mal : nous avons,
plus qu’ailleurs,
des actifs potentiels
qui ne travaillent pas,
et ceux qui travaillent
le font moins qu’ailleurs.
Entre pouvoir d’achat
et loisirs, il faut choisir :
on ne peut pas avoir
les deux.
Nous avons donc une faible capacité
à utiliser nos ressources potentielles en
main-d’œuvre. Cela provient pour partie d’un taux de chômage relativement
haut : l’efficacité globale de notre politique économique est en cause. Mais surtout, de manière plus analytique, les
jeunes ont une grande difficulté, davantage qu’ailleurs, à entrer sur le marché
du travail. Les réformes en cours
(réforme du droit du travail, de la formation professionnelle, de l’apprentissage) devraient améliorer les choses,
mais cela prendra beaucoup de temps.
Simultanément, les seniors en sortent
plus vite, compte tenu d’un âge de
départ à la retraite nettement plus précoce que dans les autres pays. Là, si on
le voulait, les choses pourraient changer assez vite, avec un effet très positif à
la fois sur les finances publiques et
notre croissance potentielle. Malheureusement, la volonté politique d’aller
dans ce sens est absente.
Le deuxième facteur décisif tient à ce
que les actifs qui ont un emploi, en proportion moins élevée qu’ailleurs, travaillent en outre sensiblement moins.
Le nombre moyen d’heures travaillées par an (données 2017) n’est certes
que de 1.356 en Allemagne, où le temps
partiel est très développé, de 1.408 au
Danemark, de 1.433 aux Pays-Bas contre
1.514 en France. Mais les chiffres sont de
1.609 pour la Suède, 1.681 pour le Royaume-Uni, 1.686 en Espagne, 1.710 au
Japon, 1.722 en Italie et 1.780 aux EtatsUnis. Ajoutons que, comme on l’a déjà
signalé, l’âge légal de départ à la retraite
est beaucoup plus élevé dans tous les
pays concernés qu’en France : 62 ans
chez nous, 65 ans au Japon et au Canada,
66 ans aux Pays-Bas et au Royaume-Uni,
67 ans en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Danemark et aux Etats-Unis.
En bref, sur la totalité d’une vie active,
le potentiel de travail fournit par le salarié moyen d’un pays concurrent doit
être majoré de 7 à 8 % pour tenir compte
d’un départ à la retraite plus tardif. En
particulier, le travailleur moyen américain fournit sur la durée de sa vie professionnelle 27 % d’heures de plus que
son collègue français, ce qui explique
pour l’essentiel la différence de PIB par
habitant, à productivité horaire égale.
Nous souffrons d’un double mal : nous
avons, plus qu’ailleurs, des actifs potentiels qui ne travaillent pas, et ceux qui
travaillent le font moins qu’ailleurs.
Quelles conclusions élémentaires
tirer de tout cela ? Un, que l’on ne peut
pas créer plus de richesses sans travailler davantage. Deux, que le recul
effectif de l’âge de départ à la retraite est
une condition sine qua non de redressement de notre appareil productif et
de rétablissement des finances publiques. Trois, qu’entre pouvoir d’achat et
loisirs, il faut choisir : on ne peut pas
avoir les deux.
Je pense, hélas, que nos hommes
politiques préfèrent ignorer ces vérités
électoralement désagréables. D’où leur
tentation permanente, ancien et nouveau monde confondus, de créer du
faux pouvoir d’achat avec du déficit
budgétaire. Rien ne change sous le
soleil, ou si peu !
Jean Peyrelevade est économiste
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
opinions
LE POINT
DE VUE
d’ Alexis Karklins-Marchay
A
rrivé nettement en tête au premier tour de l’élection présidentielle ce dimanche, Jair Bolsonaro est en position très favorable
pour entrer au palais du Planalto,
le siège de l’exécutif brésilien. S’il
confirme au second tour le 28 octobre
prochain, il serait alors le dernier exemple en date de l’arrivée au pouvoir par la
voie démocratique d’un candidat dont
le discours se fonde sur l’exaltation de la
nation, une promesse sécuritaire, mais
aussi des provocations assumées.
Trump, le vote sur le Brexit, Orbán,
Salvini, la montée de partis populistes
dans de nombreux pays d’Europe...
l’émergence de Bolsonaro ne constitue
qu’une manifestation supplémentaire
d’un phénomène qui semble s’étendre
de façon inexorable. Les peuples se tournent vers des leaders qui expliquent vouloir bousculer le « système », restaurer
un pouvoir fort et la grandeur supposée
du pays tout en jugulant l’immigration,
accusée de tous les maux. Invoquant les
valeurs religieuses, mythifiant un passé
en jouant sur la nostalgie, dénonçant
constamment les « élites mondialisées », le politiquement correct et les
idées progressistes coupables d’avoir
affaibli la nation et de menacer la civilisation, ces leaders profitent d’un ras-lebol généralisé, de régimes fatigués, de
citoyens désabusés et d’inquiétudes légitimes sur l’avenir de la planète.
Il serait tentant de croire qu’il ne s’agit
là que d’une perspective politique nouvelle. Mais la « démocratie illibérale »
qu’ils incarnent n’est pas une simple
tendance. Elle constitue le plus grand
danger qui guette aujourd’hui nos
LE POINT
DE VUE
de Christian de Perthuis
P
armi les motifs de sa démission,
Nicolas Hulot a évoqué la reprise
des émissions de gaz à effet de
serre en 2017. Cette hausse, fort dommageable pour le climat, résulte avant tout
de la baisse des cours du pétrole survenue
entre 2014 et 2017 qui a dopé l’activité et
incité à consommer plus de produits
pétroliers, moins coûteux pour notre
porte-monnaie.
R e nve r s e m e n t d e s i t u a t i o n à
l’automne 2018 : le cours du brent caracole depuis fin septembre au-dessus de
80 dollars le baril. Une mauvaise nouvelle
pour l’économie, mais une incitation
bienfaisante pour le climat ? Examinons
l’affaire de plus près.
Le renchérissement du baril érode le
pouvoir d’achat des ménages et pèse sur
les coûts de production des activités gourmandes en énergie. D’après le modèle
Mesange utilisé à Bercy, une hausse de
20 % du prix du baril provoque une
réduction de 0,2 point de PIB après deux
ans. Le doublement du prix du brut
depuis un an et demi pourrait donc coûter un point de croissance. Avis aux
conjoncturistes !
On peut se demander si cette vision de
court terme n’est pas simpliste. La hausse
du prix du baril ne devrait opérer qu’un
transfert de valeur entre producteur et
consommateur et donc conduire à un
déplacement géographique de la valeur
ajoutée plutôt qu’à une baisse de l’activité.
Le raisonnement tient si on ne considère que les flux de marchandises. Il faut
aussi considérer les stocks de dette. Dans
des économies occidentales marquées
par des décennies d’endettement, le poids
des dettes privées constitue une fragilité
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n’a pas bougé en 2017
Brésil : Bolsonaro ou la
tyrannie de la majorité
sociétés. L’argument avancé par les soutiens des partis populistes est toujours
le même : comment peut-on oser critiquer le choix des peuples qui s’expriment dans le cadre d’un processus électoral libre ? Vision bien réductrice. Car
la démocratie ne se définit pas uniquement par la tenue d’élections. Elle suppose également l’existence de contrepouvoirs, le respect du pluralisme, de la
libre expression et des minorités, mais
aussi l’appel à l’intelligence des citoyens
plutôt qu’à leurs instincts. Or, l’un des
points communs de tous les leaders
Le leader d’extrême
droite brésilien est
un nouvel exemple des
progrès inexorables de la
« démocratie illibérale ».
Or, la démocratie ne se
définit pas seulement
par la tenue d’élections.
populistes, au Brésil comme ailleurs,
est justement de critiquer en permanence les médias, d’utiliser systématiquement les réseaux sociaux pour
relayer leurs thèses, de faire siffler
publiquement leurs adversaires et tous
ceux qui s’opposent à eux, de se moquer
des plus faibles, de désigner sans cesse
de nouveaux ennemis, de tenir des
propos simplistes et souvent grossiers
pour galvaniser leurs partisans.
Ces responsables divisent plus qu’ils
unissent. Surtout, ils sèment une culture politique de la violence, verbale au
début, potentiellement physique par la
suite. Culture qui ne peut conduire qu’à
des troubles civils et qui précipite
l’effondrement de la démocratie.
Comment réagir dans ce contexte ?
Au Brésil, comme ailleurs, refusant la
« tyrannie de la majorité » qui effrayait
tant Alexis de Tocqueville dans son
analyse lumineuse et prophétique du
régime démocratique. Combattre toutes les formes de restriction de liberté de
penser. Répondre à toutes les humiliations. Dénoncer les raisonnements simplistes. Rappeler les faits en utilisant au
besoin tous les outils de communication. Enseigner à nos enfants la génèse
de nos systèmes politiques, mais aussi
le scepticisme requis quant à la véracité
d’une information diffusée sur un
réseau social.
En réinvestissant le champ du régalien, trop longtemps abandonné par les
partis de gouvernement, parfois par
intérêt électoral, souvent par lâcheté ou
par idéologie, comme s’il était honteux
de parler d’ordre public et de justice en
démocratie. En luttant en parallèle de
façon implacable contre la corruption,
phénomène qui gangrène trop de
démocraties. En obtenant enfin des
résultats durables dans le domaine économique et social, c’est-à-dire en évitant
les expédients, la complaisance et les
dépenses irresponsables.
Alexis Karklins-Marchay associé
d’un cabinet de conseil, est l’auteur
de l’« Histoire impertinente de la
pensée économique » (Ellipses, 2016)
Le pétrole au-dessus
de 80 dollars : pas
si bon pour le climat
majeure du système. On l’a vu lors de la
crise de 2008 quand un baril à plus de
140 dollars a rendu un nombre croissant
de ménages américains incapables de
rembourser leur dette immobilière et a
précipité la chute de Lehman Brothers.
Il faut donc tenir compte de l’effet du
renchérissement du baril sur le stock
d’endettement qui fragilise structurellement les économies pour anticiper correctement son impact économique.
Sous l’angle de la demande, un pétrole
plus cher incite à faire plus attention à ses
achats de carburants, de fioul et de gaz.
C’est désagréable pour le consommateur,
mais bienfaisant pour le climat.
Quand le baril augmente,
l’exploration repart.
Tant que l’économie
de l’énergie sera guidée
par le mécanisme
de la rente pétrolière,
on n’en sortira pas.
Mais simultanément, le renchérissement du pétrole envoie une autre incitation au producteur. A mesure que le prix
du baril s’élève, il devient de plus en plus
rentable d’extraire le pétrole dans les gisements les moins bien situés, bien plus
coûteux : à quelques milliers de mètres
sous la mer, dans la zone Arctique ou
dans des schistes bitumineux. A chaque
cycle haussier du prix du pétrole, on
assiste à une reprise des investissements
d’exploration-production qui feront les
émissions de CO2 de demain. C’est le côté
diabolique pour le climat de l’économie
de la rente pétrole : quand le baril augmente, la rente de rareté augmente et
l’exploration repart. Quand il chute, les
producteurs résistent longtemps à la
baisse des cours car la grande majorité
d’entre eux perçoivent aussi une rente différentielle qui leur permet de tenir longtemps : à moins de 10 dollars le baril, on
gagne encore de l’argent en exploitant les
puits les mieux situés.
Tant que l’économie de l’énergie est
guidée par le mécanisme de la rente
pétrole, on n’en sortira pas. L’instrument
qui permet de sortir de l’engrenage
s’appelle le prix du carbone qui étalonne
la valeur que nos sociétés donnent effectivement à la protection du climat. Ce prix
est un coût qui doit s’appliquer à toute
émission de CO2 d’origine anthropique.
Peu importe qu’il soit introduit dans l’économie via une taxe, un marché de permis
ou de façon plus implicite par un jeu de
normes. Sa particularité est d’envoyer les
bonnes incitations tant du côté de l’offre
que de la demande.
Le prix du carbone introduit en réalité
une nouvelle rente dans l’économie dont
la valeur est obtenue en multipliant les
émissions de CO2 par son prix unitaire. Le
récent rapport du GIEC sur le 1,5 °C rappelle la lenteur de nos réactions face aux
risques climatiques. Pour accélérer, il faut
introduire les bonnes incitations économiques : rente carbone contre rente
pétrole !
Christian de Perthuis est professeur à
l’université Paris-Dauphine et fondateur
de la Chaire économie du climat.
En lacérant à distance sa propre toile en pleine vente aux enchères, le roi
du street art londonien renoue avec le canular artistique. Photo Instagram @banksy
Banksy ou l’impossibilité
d’être anticapitaliste
LE CERCLE
DES
ÉCONOMISTES
Par
I
Gaspard Koenig
l vous aura été épargné, cher lecteur, des
considérations grandiloquentes sur
l’obsolescence de la Ve République, l’évolution de la culture roumaine ou la montée
de l’extrême droite dans le monde : place à
Banksy ! En lacérant à distance sa propre
toile en pleine vente aux enchères, le roi du
street art londonien renoue avec le canular
artistique, à mi-chemin entre l’humour de
Marcel Duchamp et l’élégance machiavélique de Pierce Brosnan dans « The Thomas
Crown Affair ». Anonyme et encapuchonné
à l’heure des selfies, Banksy surprend,
amuse, et cela seul mérite un éclat de rire
planétaire.
Il est probable que Banksy, fidèle à sa
dénonciation du consumérisme, ait voulu
montrer par ce coup d’éclat l’inanité du marché de l’art. Il s’était déjà illustré, il y a une
dizaine d’années, en mettant en scène la
vente aux enchères d’un tableau portant
comme seule inscription : « I can’t believe
you morons actually buy this shit. » Dans
une mise en abyme au énième degré, les
imprimés signés de ce dessin se vendent
aujourd’hui pour des sommes conséquentes. Les collectionneurs adorent qu’on les
conchie : so chic. Leur revanche, c’est d’acheter leurs critiques, subtile dialectique où le
maso se fait dominant et où l’artiste rebelle
devient bouffon du roi. Le marché de l’art
avale ses contraires, transformant l’art en
business et faisant du business un art, selon
l’impérissable formule d’Andy Warhol.
Ainsi, en l’espace d’un week-end, le piège
mis patiemment au point par Banksy, qui, si
l’on en croit sa vidéo, avait installé une
broyeuse dans le cadre de son tableau dès
2006, s’est refermé sur son créateur. En effet,
on estime que la toile déchirée a déjà doublé
de valeur ! Le marteau du commissairepriseur est retombé, le mécanisme s’est
déclenché en faisant hurler une sirène, les
distingués acheteurs de Sotheby’s ont brandi
une forêt de téléphones portables, et voilà
qu’en quelques secondes un heureux collectionneur (à moins que ce ne soit Banksy luimême ?) a acquis un tableau, perdu une
œuvre, et enregistré un profit substantiel.
Telle est peut-être la signification véritable
de la « Balloon Girl », cette petite fille qui
lâche un ballon en forme de cœur : les sentiments s’envolent, l’innocence se fatigue. Il ne
faut se fier ni aux enfants ni aux artistes.
Cette histoire pourrait devenir une parabole : « De l’impossibilité d’être anticapitaliste ». Banksy s’est fait une célébrité en diffu-
sant de manière ludique un message
subversif, au fond assez commun, dénonçant la guerre, le profit et les puissants. Mais
la réalité d’une exploitation commerciale l’a
rattrapé. Sa société Pest Control négocie
aujourd’hui ses droits d’exploitation et de
reproduction. Ses fresques de street art
découpées par des propriétaires peu scrupuleux ont fait l’objet d’âpres batailles entre
détenteurs des murs, communautés locales
et avocats de l’espace public. De même, la
graffeuse Miss Tic, dont les œuvres parisiennes m’ont longtemps accompagné sur le chemin de l’école, se revendique de Beaumarchais pour réclamer un droit d’auteur sur ses
œuvres. On commence par taguer des murs
et on finit par réclamer des copyrights.
Le destin de Banksy me fait penser aux
hippies de la communauté d’Auroville en
Inde, forcés de réintroduire l’argent, au
clergé de l’Eglise anglicane qui investit des
milliards de livres en Bourse, aux antifas protégés par les forces de l’ordre, aux mutualistes qui trouvent le moyen de lever des fonds,
ou aux anarchistes qui appellent la police
après un vol. Le capitalisme, et avec lui la
cohorte des droits individuels sont irrésistibles. Comme le montre Hernando de Soto au
sujet des bidonvilles, les principes du mar-
En détruisant sa toile
vendredi 5 octobre
chez Sotheby’s, l’artiste
en a vu la valeur décuplée.
Comme quoi les principes
du marché resurgissent
spontanément
dans les interstices
des projets alternatifs.
ché ressurgissent spontanément dans les
interstices des projets alternatifs. Tant
mieux : qui ne préfère pas un marché de l’art
erratique, alimenté par un capital que l’on dit
abondant, à une politique culturelle centralisée, favorisant les rentes et le népotisme ?
Cela n’exclut pas l’existence d’une infime
minorité de saints, de génies et d’esthètes qui
s’établissent en marge de notre organisation
économique et sociale. Mais Banksy n’en
fait pas partie. Sinon, il aurait véritablement
détruit sa toile, sans aucun reste, sans
aucune valorisation possible. Il l’aurait
brûlée, évaporée, anéantie. Ou il serait resté
dans une cabane au fond des bois comme
Thoreau. Ou il aurait disparu sans bruit,
comme Tolstoï, parti mourir en vagabond,
mêlé à la foule des moujiks. Les vrais insoumis ne font jamais les titres des sites d’info.
Gaspard Koening est philosophe et
président du think tank GenerationLibre.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 13
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
art&culture
CINÉMA // Que faire quand on ne s’aime plus ? Romane Bohringer et Philippe Rebbot, son compa-
gnon, ont trouvé une idée originale : prendre deux appartements séparés qui communiqueront
par la chambre des enfants. De leur histoire, ils ont fait un film, frais, cocasse et malin.
« Sépartement » vôtre
Danse
avec les filles
LA
CHRONIQUE
de Thierry
Gandillot
L
Romane Bohringer et Philippe Rebbot ont écrit à quatre mains, tourné à mesure des événements avec des « vraies gens ». Photo
Thierry Gandillot
@thgandillot
L
e cinéma français vit un bel été
indien. Depuis la rentrée, les bonnes surprises se succèdent en
accéléré : « Bonhomme » de Marion
Vernoux, « Photo de famille » de Cécilia
Rouaud, « Première année » de Thomas Lilti, « Mademoiselle de Joncquières » d’Emmanuel Mouret, « Le Poulain » de Mathieu Sapin, « Les Frères
Sisters » de Jacques Audiard, « Un peuple et son roi » de Pierre Schoeller, « I
feel good » de Kervern et Delépine,
« Nos batailles » de Guillaume Senez,
« Amin » de Philippe Faucon, et maintenant : « L’Amour flou » de Romane
Bohringer. En attendant, dans les
semaines à venir : « Le Grand Bain » de
Gilles Lellouche, « En liberté ! » de
Pierre Salvadori, et « Amanda » de
Mikhaël Hers. Du social, de l’intimiste,
du politique, du comique, de l’historique. L’Académie des César aura bien du
mal, cette année, à décerner ses lauriers.
« L’Amour flou »,
FILM FRANÇAIS
ration. Le promoteur
donc. C’est une drôle
L’Amour flou
immobilier auquel ils se
d’idée et ils la partaréalisé et interprété
sont adressés p our
gent : se séparer sans se
par Romane Bohringer
acheter dans un
séparer tout en se sépaet Philippe Rebbot.
immeuble en construcrant. Un jour, Romane
1 h 37.
tion leur suggère une
(Romane Bohringer) et
solution inédite : deux
Philippe (Philippe Rebbot) font le rude
appartements distincts reliés par la
constat qu’ils ne s’aiment plus. Les braichambre des enfants. Un « séparteses de la passion se sont éteintes, inutile
ment » en quelque sorte. Quelle bonne
de souffler dessus. Pour autant, pas
idée ! Et allons-y gaiement !
question de mettre le feu au lac. Ils restent très attachés l’un à l’autre, liés par
Filmothérapie
leur histoire commune. Et par leurs
Le scénario pourrait s’apparenter à celui
deux jeunes enfants, Rose et Raoul.
d’un vaudeville bobo, mais il se trouve
Alors que faire ?
que ça s’est passé comme ça entre
D’abord, vendre la maison de MonRomane et Philippe. « Un soir, avec des
treuil dans laquelle ils ont coulé des jours
copains, on s’est beaucoup marrés en imaheureux avant de se chamailler au quotiginant cette nouvelle vie, les situations un
dien. Mais le déchirement est tel qu’ils ne
peu dingues auxquelles on allait se troupeuvent se résoudre au calendrier judiver confrontés », se souvient Philippe
ciaire des « cinq jours chez maman, le
Rebbot. « Certains y croyaient à fond,
week-end chez papa » (ou l’inverse). Il y a
d’autres étaient plus que sceptiques. En
bien aussi l’hypothèse de deux appartetout cas, ça rendait tout le monde curieux.
ments dans le même immeuble qui perEt quelqu’un a dit : “Franchement, c’est un
mettrait de limiter la violence de la sépafilm, votre truc !”» Dans le train du retour,
Romane dit : « C’est vrai, Doudou, on
devrait en faire un film. » Lui répond :
« Quand même, Beauté, tu sais ce que ça
représente faire un film… » La question
des enfants intervient aussi dans la décision : « Oui, pour leur montrer que la vie
est un jeu. Enfin, que même la rupture
peut être un truc assez marrant comme
devenir un tournage acrobatique. »
Romane et Philippe ont écrit à quatre
mains, tourné à mesure des événements
avec des « vraies gens » : parents, frères
et sœurs, amis, et même le promoteur
immobilier. On croisera aussi Reda
Kateb et Clémentine Autain. Autobiographique, certes, même si de nombreuses scènes ont été inventées. C’est
frais, gai, malin. Et c’est à se demander si
Doudou et Beauté ne s’aiment pas
encore vraiment. Pour tout dire, beaucoup de couples qui restent ensemble
s’aiment beaucoup moins qu’eux à l’évidence. On connaissait la discipline de
l’artothérapie, Romane et Philippe en
ont inventé une sous-branche : la filmothérapie. L’amour flou, c’est fou ! n
Triomphe de l’ectoplasme
L’ennemi juré de Spider-Man
devient le héros d’une nouvelle
franchise. Grand spectacle
sans charme et sans chair,
« Venom » connaît déjà un
succès mondial.
Adrien Gombeaud
@AdrienGombeaud
Mine de rien, voilà deux fois en moins de
six mois qu’une navette spatiale s’écrase
sur la Terre pour libérer une force extraterrestre maléfique. Dans « Rampage »,
sorti en mai dernier, elle transformait les
animaux en mutants. Dans « Venom »,
elle se contente de contaminer un journaliste. Reporter rebelle, Eddie Brock
dénonce la corruption et les dérives des
puissants. Lorsqu’il s’attaque à un mil-
liardaire qui réalise des
FILM AMÉRICAIN
standardisées. L’échec
expériences scientifiVenom
ou la réussite de ces films
ques sur des miséreux,
de Ruben Fleischer
repose sur le traitement
son émission est suppriAvec Tom Hardy,
du personnage. Antihémée. Un malheur
Michelle Williams,
ros à la Jekyll et Hyde,
n’arrive jamais seul :
Riz Ahmed. 1 h 52.
Venom pouvait prétenl’alien Venom qui traîdre à renouveler le
nait dans le labo s’empare de son corps
genre. Malheureusement, l’originalité du
pour faire de lui un être surpuissant et
projet s’est diluée durant la production.
dangereux.
« Venom » cultive un bref moment
quelques ambiguïtés qui permettent à
Happy Meal
Tom Hardy de délivrer un amusant
L’ectoplasme est une vieille connaisnuméro burlesque. On le verra plonger
sance. Il y a dix ans, nous l’avons vu explodans l’aquarium d’un resto chic pour
ser à la fin de « Spider-Man 3 » de Sam
arracher la tête d’un homard vivant d’un
Raimi. Depuis, tel le menu Happy Meal
coup de dent. Superman, c’est vrai, n’a
du McDo, le film de super-héros peine à
jamais fait ça. Cependant, le scénario
évoluer. De sempiternels effets sonores
transforme vite ce faux méchant en vrai
pourfendent la sono, tandis que les corps
gentil qui sauve le monde de façon assez
s’écartèlent dans des visions d’apocalypse
conventionnelle. « Venom » témoigne
d’un cinéma qui, doucement, divorce de
l’humain. Réalisateur de « Bienvenue à
Zombieland », Ruben Fleischer réduit le
sentiment amoureux au cliché d’un
dîner sous une lumière tamisée. Constamment filmée, la mort n’a plus de conséquences. La peine ou le deuil n’existent
pas. Les visages ne pleurent pas, les
corps violentés ne saignent pas. De toute
la palette des émotions, ne s’exprime
plus que la colère. « Venom » a coûté
100 millions de dollars. Il en a rapporté
plus de 200 après un premier week-end
triomphal dans 58 pays. Au générique de
fin, le visage ricanant de Woody Harrelson dans le rôle de Carnage annonce la
suite. Avons-nous oublié le plus beau
plan de la saga des Spider-Man ? Non pas
une baston sur fond vert, mais un baiser
sous la pluie. C’était il y a seize ans. n
ara, quinze ans, suit les cours d’une
prestigieuse académie de danse classique
en Belgique. La directrice lui impose une
période d’essai car elle n’est pas une élève comme
les autres : Lara est un garçon – il s’appelle Victor –
et suit un traitement à base de traitements
hormonaux pour changer de sexe. Tout en suivant
un protocole minutieux qui n’est pas sans danger,
il subit la dure loi des exercices de danse qui
martyrisent son corps. En particulier les pointes
qui lui laissent les pieds en sang. Douloureux aussi
de masquer sous son collant de danse sa virilité.
Compliqué de subir le regard des autres élèves qui
pourront se révéler cruelles sous le tutu. Ou, enfin,
d’esquisser ou de fixer un début de sexualité. Son
entourage, son père le premier, l’accompagne avec
bienveillance dans sa démarche. En réalité,
personne ne semble pouvoir entraver son désir.
Femme elle veut être, femme elle sera.
« Girl » fut l’un des événements du Certain Regard
au dernier festival de Cannes où le film reçut une
standing ovation du public de quinze minutes, la
convoitée Caméra d’or qui récompense un
premier film et la Queer Palm. Il représentera la
Belgique aux Oscars. Lukas Dhont fait preuve
d’une maîtrise qui n’affecte en rien sa sensibilité
ou l’acuité de son regard. La critique lui a déjà
décerné le titre, envié mais difficile à porter, de
« Xavier Dolan Belge ». Quoi qu’il en soit, on n’a
pas fini d’entendre parler de lui. L’acteur Victor
Polster, qui incarne Lara, est bouleversant. Sa
beauté androgyne frémissante, sa détermination
irréversible à devenir fille et danseuse étoile, le
rempart que son corps, son esprit, son âme
opposent au reste du monde, sa maturité et ses
fragilités dessinent d’inoubliables arabesques.
L’acteur a reçu le prix d’interprétation du Certain
Regard. Dans la vraie vie, Victor Polster se sent
très bien en garçon, suit une scolarité prometteuse
à l’Ecole royale du ballet d’Anvers et rêve
d’intégrer le Göteborgs Operans Danskompani en
Suède, le Nederlands Dans Theater à Amsterdam
ou la Batsheva Dance Company en Israël (soit dit
en passant, la compagnie dirigée par Ohad
Naharin présentera du 10 au 27 octobre quatre
spectacles exceptionnels à Chaillot). La bande
originale a été composée par le jeune compositeur
français Valentin Hadjadj, et la chorégraphie,
conçue par Sidi Larbi Cherkaoui. Sans rien révéler,
signalons que le film n’est pas destiné aux très
jeunes filles, ni aux garçons, qui rêvent d’étoiler
le Palais Garnier, mais plutôt aux adultes.
Pointes sensibles s’abstenir.
Girl de Lukas Dhont, avec Victor Polster, 1 h 45.
Film en bref
FILM BRITANNIQUE
Johnny English
contre-attaque
de David Kerr,
avec Rowan Atkinson,
Olga Kurylenko, Ben Miller,
Emma Thomson. 1 h 39.
Pour une faille dans le système, celle qui frappe la
•Grande-Bretagne,
pays réputé pour son pudding et
ses espions, est abyssale. A la veille d’un G20, Londres est victime d’une cyberattaque menée par un
certain Volta, qui possède la liste de tous les espions
anglais. Tous ? Non, car au fin fond du Lincolnshire,
il reste, oublié, Johnny English, espion retraité prématuré en raison de ses états de service calamiteux.
Il a cinq jours pour mettre une pile à Volta. Espion
analogique, réfractaire au moindre écran plat, aussi
infatué qu’incompétent, il préfère les gadgets à
l’ancienne – boîte à chaussures se transformant en
bateau pneumatique, bottes magnétiques d’escalade, transmetteurs dissimulés dans des bonbons
Sherbet Dip, pilules ultra-énergétiques et pastilles
somnifères à effet instantané, écouteurs avec
charge explosive intégrée. Il roule en Aston Martin
V8 rouge pétard, avec roquettes intégrées et diffuseur de gaz. C’est hilarant grâce, en particulier, au
génie comique de Rowan Atkinson (Mister Bean,
c’est lui), mais aussi à la qualité des dialogues et des
gags. God Save the Queen ! —T. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
enquête
Valérie de Senneville
@VdeSenneville
E
n juillet 2013, quand Delphine Batho,
ministre de l’Ecologie de François
Hollande, quitte le gouvernement,
elle fustige l’influence de « certaines puissances économiques [qui] ne se sont pas cachées
de vouloir [sa] tête ». En septembre 2018,
bis repetita : « Il faut à un moment ou à
un autre poser ce problème sur la table
parce que c’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne ? »
Cette fois, c’est Nicolas Hulot qui, lors
de l’annonce de son départ du ministère de la Transition écologique, à son
tour déplore l’influence des lobbys.
Or, en cinq ans, deux lois – la loi relative à la transparence, à la lutte contre la
corruption et à la modernisation de la vie
économique en 2016 et celle sur la moralisation de la vie politique en 2017 – sont censées avoir fait le ménage et réglementé les
activités des groupes de pression. Elles
n’auraient donc servi à rien ? Les lobbys
seraient-ils donc si puissants que toute
réglementation serait comme del’eau
glissant sur les plumes d’un canard ? « Il y
a clairement un manque de maturité sur
le sujet, car nous n’avons pas la tradition
[de transparence] des pays anglo-saxons »,
constate Jean-Louis Nadal, président
de la Haute Autorité pour la transparence
de la vie publique (HATVP).
Depuis décembre 2016, les représentants d’intérêts doivent s’inscrire sur un
répertoire accessible depuis le site de
l’autorité indépendante. Les lobbys – définis pour la première fois dans la loi de 2016
comme ceux qui ont pour « activité principale ou régulière d’influer sur la décision
publique, notamment sur le contenu d’une
loi ou d’un acte réglementaire » – doivent y
déclarer leurs activités une fois par an :
sujets sur lesquels ils ont travaillé, catégories des personnes rencontrées et moyens
déployés pour y parvenir.
A ce jour, 1.645 représentants d’intérêts
sont inscrits sur le répertoire. Mais seulement 1.136 ont déclaré une activité. Et l’autorité, suivant la pratique du « name &
shame », a décidé de publier sur son site les
noms des entités qui n’ont pas communiqué
pour l’année 2017 tout ou partie des informations exigibles par la loi. Par exemple,
l’Association française des juristes d’entreprise (Afje) s’est bien inscrite sur le site, mais
n’a déclaré à ce jour aucune activité ni
aucun moyen, tout comme la chambre de
commerce et d’industrie du Vaucluse ou la
chambre Fnaim du Grand Paris. En tout,
85 entités seraient en défaut de déclaration.
Par ailleurs, la HATVP a lancé plus d’une
centaine de contrôles auprès d’organismes
ou d’agences dont « on pourrait penser
qu’ils devraient être inscrits ». En théorie,
les non-déclarants risquent 15.000 euros
d’amende et un an de prison pour défaut de
publication… « Mais la route est longue
avant d’en arriver là », reconnaît-on du côté
de la HATVP, qui privilégie encore pour
l’instant la pédagogie à la sanction.
La Haute Autorité vient de publier des
fiches pratiques afin de « resserrer les critères » et « rendre les déclarations plus crédibles », celles-ci pourraient aller de « comment organiser le reporting en interne pour
tracer ses activités de représentation d’intérêts (avec un modèle de tableau de reporting) » à « comment renseigner l’objet d’une
fiche d’activité ». « Il faut arriver à une cohérence et à une véritable stabilité », souligne
Jean-Louis Nadal, qui désirerait, par
ailleurs, augmenter le rythme des publications en les faisant passer d’annuelles à
semestrielles. Illusoire ?
Déclarations très générales
Pour l’instant, force est de constater que
l’ensemble baigne dans un élégant flou
artistique. « Les dispositions sont complexes
et reflètent les contradictions internes au
dispositif », reconnaît Jean-Louis Nadal.
Dans sa décision de 2016, le Conseil constitutionnel a, en effet, encadré strictement
les exigences de la loi afin, d’une part, de ne
pas empiéter sur « la liberté du commerce et
de l’industrie » et, d’autre part, de respec-
Les principaux lieux de pouvoir à Paris,
où s’exercent les lobbys. Photo Loïc Venance/AFP ;
Gilles Bassignac/Divergence ; Kenzo Tribouillard/AFP ;
Valentine Vermeil/RÉA ; Stéphane De Sakutin/AFP
Pourquoi les lobbys restent
tout-puissants en France
LOBBYING // En cinq ans, deux lois sont venues
mettre un peu d’ordre dans les groupes de pression.
Mais elles ont laissé hors de leur champ les élus et la
haute administration. Une omission qui rend pour
l’instant illusoire une véritable régulation.
ter « le principe de séparation des pouvoirs ».
Pas question donc d’en demander plus aux
lobbys. De ce fait, les noms des personnes
rencontrées ne sont pas cités, ni les buts
recherchés. Quant aux moyens publiés, il
s’agit de fourchettes extrêmement larges.
Ainsi, Total – en pleine discussion du
projet de loi mettant fin à la recherche et à
l’exploitation des hydrocarbures au second
semestre 2017 – annonce avoir mené huit
actions, comme une « information sur le
développement du solaire en France dans le
cadre de la PPE et de la stratégie nationale
bas-carbone, et sur les retombées industrielles pour la filière française ». Ils ont aussi fait
connaître leur « position concernant la réglementation existante relative au stockage du
gaz dans le cadre du projet de loi mettant fin à
la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures ». Ils ont enfin rencontré des « directeur ou secrétaire général, ou leur adjoint, ou
membre du collège ou d'une commission des
« La vraie question n’est
pas qui voit qui, mais
comment assurer que
l’ensemble des acteurs
soient vus ? Si les
représentants d’intérêts
jouent le jeu, il faut que
tout le monde le fasse. »
LAURENT LOTTEAU
PDG de Rivington
sanctions d'une autorité administrative ou
publique indépendante, la Commission de
régulation de l'énergie », le tout pour un budget compris en 600.000 et 700.000 euros.
On apprend aussi que Lobbying et Stratégie, l’agence de Thierry Coste, celui qui
avait soulevé l’ire de Nicolas Hulot, n’aurait
fait, si l’on en croit sa déclaration sur le site,
qu’une seule action de représentation
d’intérêt l’an dernier consistant à « défendre
les droits des 2 millions d'utilisateurs légaux
d'armes à feu auprès du Parlement et du
ministère de l'Intérieur sur la transposition
de la directive armes avec l'application du
décret armes » et qu’il aurait dépensé pour
ce faire entre 25.000 et 50.000 euros. Difficile à croire pour celui dont la présence à
une réunion en présence du président de la
République aurait provoqué le départ du
ministre de la Transition écologique et qui,
dans un portrait dans « Libération », se
vantait de rentrer « comme je veux au ministère de l’Intérieur, à l’Elysée, pareil ». Vantardise ou sous-évaluation de sa déclaration à
la HATVP ?
Mais ces déclarations plus ou moins
nébuleuses et l’impunité en cas de manquements à la loi ne sont pas les seuls
freins à une meilleure régulation des groupes de pression. « Il y a aujourd’hui une disproportion entre les obligations imposées
aux entreprises qui font du lobbying et celles
demandées aux principaux décideurs
publics, administrations et parlementaires », remarque Marc-André Feffer, président de Transparency France.
Rares sont, en effet, les parlementaires
français à publier leur agenda. La loi sur la
moralisation de la vie politique, voulue par
Emmanuel Macron, et votée en juillet 2017,
effleure à peine le sujet, en créant un statut
de collaborateurs parlementaires et en
interdisant aux lobbys de les rémunérer.
C’était jusque-là, en effet, une « habitude » de la part de certaines entreprises ou
représentants d’intérêts de donner des
« missions » ou « études » à des attachés
parlementaires. Emmanuel Macron avait
aussi promis d’interdire aux parlementaires « d’exercer des activités de conseil » pour
qu’ils ne soient pas « au service de quelquesuns ». Finalement, pour éviter une censure
du Conseil constitutionnel notamment, les
textes prévoient que les parlementaires ne
pourront pas « acquérir » une société de
conseil, ni commencer une fonction de conseil en cours de mandat, mais ils pourront
poursuivre une telle activité si elle a débuté
plus d’un an avant leur entrée en fonction.
Des élus juges et parties
La France est encore loin d’être un modèle
de transparence. « Les responsables publics
sont dans une position de juge et partie en
matière de moralisation de la vie publique :
ils sont eux-mêmes chargés d’élaborer les
règles de transparence qu’ils devront respecter par la suite. On comprend dès lors qu’il
puisse exister une certaine dissymétrie entre
leurs obligations et celles des représentants
d’intérêts », remarque Jimmy KolbeAndré, doctorant, qui prépare une des
premières thèses de droit sur le nouvel
encadrement des lobbys.
De fait, alors que la Commission européenne oblige, par exemple, tous les commissaires à publier leur agenda, rien
n’oblige les parlementaires français ou la
haute administration à le faire. La maire de
Paris et ses adjoints et quelques parlementaires isolés publient leurs rendez-vous sur
leur site, mais c’est une question de bonne
volonté et les motivations sont diverses.
« Je suis chef d’entreprise, je ne voulais pas
que l’on crée des rumeurs autour de qui je rencontrais », explique Sylvain Maillard, député
LREM. « Tant qu’il n’y a pas de règle très con-
traignante, le naturel revient très vite »,
admet Bruno Fuchs. Le député Modem du
Haut-Rhin, ancien journaliste, a cédé son
cabinet de conseil en communication après
son élection. S’il publie ses rendez-vous et ne
rencontre un lobbyste qu’assisté d’un de ses
collaborateurs, il admet que « le truc le plus
pervers, c’est le site Nosdéputés.fr : certains
élus prennent des amendements rédigés par
des représentants d’intérêts, simplement
pour faire monter leurs statistiques »...
Les élus ne sont pas les seuls concernés.
Le lobbying « à la papa » a vécu. Il ne suffit
plus de se promener salle des quatre colonnes à l’Assemblée nationale pour faire passer un amendement. Le travail d’influence
se fait de plus en plus en amont. Selon les
premières statistiques de la HATVP, le gouvernement et le Parlement sont ciblés dans
60 % des actions des représentants d’intérêts et, à l’intérieur du gouvernement, le
ministère de la Transition écologique se
partage également avec celui de l’Economie et des Finances et Matignon (15 % chacun) près de la moitié des influences.
« En matière budgétaire, si vous vous contentez de faire du lobbying au Parlement,
cela ne marchera pas », constate Philippe
Alexandre, président de l’Association
française des conseils en lobbying. « On est
de plus en plus dans les décisions techniques
et le rôle des services est déterminant. J’ai
toujours considéré qu’il fallait travailler
avec les sachants. La décision politique est
ailleurs », renchérit Thaima Samman,
avocate et lobbyste.
Désormais, « le vrai sujet, c’est le refus de
rendre compte des hauts fonctionnaires,
comme de l’élu, au nom de l’intérêt général »,
analyse le blogueur Authueil, grand connaisseur de la vie politique. « On réglemente les mauvais coupables », renchérit
Guillaume Courty, professeur de sciences
politiques et spécialiste de l’influence des
groupes d’intérêts.
Comme si, en fait, la réglementation des
groupes de pression ne marchait que sur
une jambe : « La vraie question n’est pas qui
voit qui, mais comment assurer que l’ensemble des acteurs soient vus ? Si les représentants d’intérêts jouent le jeu, il faut que tout le
monde le fasse », analyse Laurent Lotteau,
patron de Rivington, un cabinet de conseil
en affaires publiques. En clair, obliger les
lobbys à déclarer ce qu’ils font ne peut être
efficace que si, de l’autre côté, élus et hauts
fonctionnaires, font de même. On en est
encore loin. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Mercredi 10 octobre 2018
Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
BIOÉTHIQUE LE DÉFENSEUR
DES DROITS PREND POSITION
SYRIE RETRAIT DES ARMES
DE LA ZONE DÉMILITARISÉE
Le Défenseur des droits, Jacques
Toubon, a pris position mardi en
faveur de l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA)
aux couples de femmes, de l’autoconservation des ovocytes par les femmes en vue d’une grossesse ultérieure et de la reconnaissance des
enfants nés par GPA à l’étranger. Il
était entendu par la mission d’information de l’Assemblée nationale sur
la révision de la loi de bioéthique.
Les rebelles et djihadistes ont retiré la
plupart de leurs armes lourdes de la
future « zone démilitarisée » de la
province syrienne d’Idleb (nordouest), à la veille de la date butoir prévue par l’accord russo-turc sur ce dernier bastion insurgé. Les factions
djihadistes, qui dominent 70 % de la
future zone, ont emboîté le pas au
Front national de libération (FNL),
principale coalition rebelle qui a
achevé lundi le retrait de ses armes
lourdes de la zone tampon.
BAGARRE 18 MOIS DE PRISON
AVEC SURSIS POUR LES
RAPPEURS BOOBA ET KAARIS
CORSE PAUL GIACOBBI
EN GARDE À VUE
L’ancien président du Conseil exécutif de Corse, Paul Giacobbi, était
entendu mardi sous le régime de la
garde à vue par les gendarmes d’Ajaccio dans une enquête sur des détournements de fonds publics. Selon une
source proche du dossier, cette audition – et celle de son ancien directeur
général des services – fait suite à la
publication d’un audit de la chambre
régionale des comptes sur l’office des
transports de la Corse.
HOMMAGE LA VILLE DE PARIS
VOUDRAIT UNE RUE
OU UNE PLACE JACQUES-BREL
La Ville de Paris a émis mardi le souhait de baptiser du nom de Jacques
Brel une voie ou une rue de la capitale, à l’occasion des 40 ans de la mort
du chanteur. « Bizarrement aucune
voie ne porte à Paris son nom », a souligné l’adjoint à la culture, Christophe
Girard. Les maires d’arrondissement
sont appelés à faire des propositions.
Brett Kavanaugh investi à la Cour suprême
Le président syrien, Bachar Al Assad, a
décrété mardi une amnistie générale
pour les déserteurs de l’armée et les
conscrits n’ayant pas accompli leur
service obligatoire. En plus de sept ans
de guerre, l’armée syrienne a perdu,
selon des experts, plus de la moitié de
ses effec tifs, estimés à quelque
300.000 soldats, du fait des combats
mais aussi des désertions. En outre,
150.000 Syriens n’ont pas accompli
leur service militaire, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.
CORÉE DU NORD KIM JONG-UN
INVITE LE PAPE À PYONGYANG
Donald Trump s’est excusé lundi soir « au nom de la nation » auprès du juge Brett Kavanaugh et de sa famille – ici sa femme
Ashley Estes et ses filles Margaret et Elisabeth – lors de la cérémonie d’investiture de son candidat à la Cour suprême.
Le président américain a qualifié de « supercherie » les accusations d’abus sexuels portées contre Brett Kavanaugh.
Photo : Photo Jim Watson/AFP
AFP
ARC DU CARROUSEL LE LOUVRE
APPELLE LE PUBLIC À FINANCER
LA RESTAURATION
Le Louvre, dans le cadre de sa campagne annuelle « Tous mécènes ! », a
lancé mardi un appel au don privé
pour restaurer l’Arc du Caroussel,
monument de l’époque napoléonienne emblématique du Jardin des
Tuileries. Cette campagne auprès des
particuliers et des entreprises visera
à réunir 1 million d’euros avant le
31 janvier 2019, a annoncé le plus
grand musée parisien.
LA PHOTO DU JOUR
SYRIE AMNISTIE GÉNÉRALE
POUR LES DÉSERTEURS
AFP
Booba et Kaaris ont été condamnés,
mardi, à 18 mois de prison avec sursis
pour la bagarre à l’aéroport d’Orly qui
a spectaculairement soldé, le 1er août,
plusieurs années de rancœurs accumulées entre les deux frères ennemis
du rap. Ces peines, supérieures aux
réquisitions, sont assorties d’une
amende de 50.000 euros pour chacun des deux artistes.
// 15
Le leader nord-coréen, Kim Jong-un,
a invité le pape François à se rendre
en visite à Pyongyang, a déclaré la
présidence sud-coréenne. Le président sud-coréen remettra l’invitation
du dirigeant nord-coréen lorsqu’il
sera reçu par le souverain pontife au
cours de son prochain voyage en
Europe. C’est lors du sommet de septembre à Pyongyang que Kim
Jong-un a dit à son hôte Moon Jae-in
qu’il souhaitait inviter le pape.
UKRAINE : EXPLOSION DANS
UN DÉPÔT DE MUNITIONS
Environ 12.500 personnes ont été évacuées après des explosions dans un
dépôt de munitions du nord de
l’Ukraine, le sixième incendie de ce
type en trois ans. Les autorités ont
évoqué à nouveau un possible « sabotage » de Moscou. L’incendie s’est
déclaré dans un arsenal situé dans la
région de Tcherniguiv, à 130 kilomètres au nord-est de Kiev.
YÉMEN 79 REBELLES TUÉS DANS
DES RAIDS DE LA COALITION
Près de 80 rebelles ont été tués ces
dernières 48 heures dans des raids de
la coalition, sous commandement
saoudien, contre la province de
Hodeida au Yémen, pays ravagé par la
guerre, selon des sources militaires
et médicales. Les frappes ont visé des
positions des rebelles houthistes
dans cette région de l’ouest du pays
bordant la mer Rouge.
ON EN PARLE À ANKARA
Jamal Khashoggi : Riyad sommé de s’expliquer
Après la disparition du journaliste, très critique vis-à-vis du pouvoir saoudien,
les tensions diplomatiques s’accentuent entre la Turquie et l’Arabie saoudite.
l’année dernière, redoutant une
arrestation après avoir notamment critiqué l’intervention
militaire de Riyad au Yémen.
D’abord nuancé, Recep Tayyip
Erdogan, le président turc, s’est
montré particulièrement offensif à l’égard de Riyad lundi. « Les
responsables du consulat ne peuvent pas s’en tirer en disant qu’il
a quitté le consulat, les autorités
compétentes doivent le prouver », a-t-il dit lors d’une visite à
Budapest, répondant à une
question d’un journaliste. « Les
allées et venues à l’aéroport sont
en train d’être examinées. Il y a
des gens qui sont venus d’Arabie
saoudite », a poursuivi le chef
d’Etat turc. Des sources turques
affirment que l’opération aurait
été menée par un groupe composé de 15 personnes arrivées à
Gabriel Nedelec
@GabrielNedelec
L
e pouvoir saoudien s’est-il
débarrassé d’une voix critique sur le sol turc ? La
question est au cœur d’une crise
diplomatique entre Riyad et
Ankara après qu’un journaliste
saoudien a mystérieusement
disparu à Istanbul.
Jamal Khashoggi, journaliste
saoudien qui écrivait notamment pour le « Washington
Post », aurait été assassiné à
l’intérieur du consulat saoudien
où il s’était rendu depuis mardi
dernier pour effectuer des
démarches administratives en
vue de son futur mariage. Selon
la police turque, il n’en est
jamais sorti. Le journaliste
s’était exilé aux Etats-Unis
Istanbul à bord de deux avions
le même jour.
De son côté, l’Arabie saoudite
nie toujours et assure que
Jamal Khashoggi a bien quitté
le consulat à Istanbul après y
avoir effectué des démarches
administratives. En revanche, il
n’y aura pas d’images : ce
jour-là, les caméras ne fonctionnaient pas affirme le consulat.
Les Etats-Unis exigent
une enquête
Pas sûr que Riyad puisse tenir
longtemps son silence. Lundi,
Ankara a reçu le soutien de
Washington qui a réclamé au
gouvernement saoudien sa
participation à une enquête
« approfondie » et « transparente ». Mardi, l’Union européenne s’est jointe « à 100 % » à
la position américaine. Cette
affaire pourrait causer du tort à
la stratégie de Mohammed ben
Salmane visant à lisser l’image
de l’Arabie saoudite. Bien que le
monarque mène une importante campagne de modernisation notamment pour séduire la
communauté internationale et
attirer davantage de touristes, la
répression contre les dissidents
et les arrestations des personnalités libérales se sont nettement accentuées.
Dans un geste de transparence, Riyad a donné son feu vert
mardi pour une fouille de son
consulat par les services de sécurité turcs. Mais il y a peu de chances que celle-là soit fructueuse :
Mohammed ben Salmane, luimême, en avait formulé l’invitation dès vendredi. n
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OUVREZ LES PORTES DE NOS MAISONS LES 12, 13 ET 14 OCTOBRE
LOUIS VUITTON – CHRISTIAN DIOR – CHAUMET – GUERLAIN – HENNESSY – BERLUTI
LORO PIANA – DOM PÉRIGNON – BVLGARI – FENDI – RIMOWA
DOMAINE DES LAMBRAYS – CHÂTEAU CHEVAL BLANC – CHÂTEAU D’YQUEM
RUINART – MOËT & CHANDON – VEUVE CLICQUOT PONSARDIN – LA SAMARITAINE
PARFUMS CHRISTIAN DIOR – GLENMORANGIE – KRUG – LOEWE – MOYNAT
CHEVAL BLANC – ROYAL VAN LENT/ FEADSHIP – LE BON MARCHÉ RIVE GAUCHE
MERCIER – LE JARDIN D’ACCLIMATATION – ZENITH – ACQUA DI PARMA
L A G R A N D E É P I C E R I E D E PA R I S – TA G H E U E R – G I V E N C H Y PA R F U M S
G R O U P E L E S E C H O S - L E PA R I S I E N – C O VA – F R E D – E M I L I O P U C C I
CHANDON CALIFORNIA – T FONDACO DEI TEDESCHI BY DFS – CAPE MENTELLE
BENEFIT COSMETICS – NEWTON VINEYARD – HUBLOT – MAKE UP FOR EVER
CLOUDY BAY – BELVEDERE – BODEGA NUMANTHIA – NICHOLAS KIRKWOOD
MAISON FRANCIS KURKDJIAN – FONDATION LOUIS VUITTON – TANNERIES ROUX
THÉLIOS – COLGIN CELLARS – TERRAZAS DE LOS ANDES – SEPHORA – GIVENCHY
lesjourneesparticulieres.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Mercredi 10 octobre 2018
www.lesechos.fr
La pépite tricolore
sort le produit
le plus important
de son histoire
depuis l’enceinte
Phantom en 2015.
// P. 27
DEVISES EUR/GBP 0,8738 EUR/JPY 1,2991 EUR/CHF 1,1399 GBP/USD 1,3144 USD/JPY 1,1313 USD/CHF 0,9925 TAUX EONIA -0,362 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,318 OAT 10 ANS 0,8205 T-BONDS 10 ANS 3,2754
INDUSTRIE & SERVICES
AIR FRANCE
DERNIÈRE HEURE
La compagnie aérienne prépare
sa prochaine génération de pilotes.
Amazon ampute son projet
de mégasite logistique de Brétigny
// P. 18
FERROVIAIRE
Le Parlement européen pousse à
renforcer les droits des passagers.
// P. 18
TOTAL - ARAMCO
Les ambitions de la major française
et de la compagnie saoudienne
dans la pétrochimie. // P. 20
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
INFRASTRUCTURES
La route 100 % recyclée avance.
// P. 22
COSMÉTIQUE
Le bio à l’offensive dans les rayons
beauté des grandes surfaces.
// P. 23
Eric Feferberg/AFP
VIGNOBLE
Martin Bouygues met la main
sur le domaine Henri Rebourseau.
// P. 24
HIGH-TECH & MÉDIAS
GOOGLE
Le géant américain persiste sur le
marché des smartphones. // P. 25
NETFLIX
Le bâtiment « annulé » était dimensionné pour accueillir à terme jusqu’à 800 salariés. Photo Marc Bertrand/Challenges-RÉA
La plate-forme de streaming va
encore accélérer aux Etats-Unis.
// P. 26
Le futur complexe
logistique géant
d’Amazon en Ile-de-France
ne comptera qu’un entrepôt
au lieu des deux qui étaient
prévus sur les plans.
PME & RÉGIONS
ENTREPRISES
La loi Pacte renforcera le secours
aux sociétés en difficulté. // P. 28
FINANCE & MARCHÉS
PRIVATE EQUITY
Denis Fainsilber
dfainsilber@lesechos.fr
La flambée des prix se poursuit.
// P. 30 ET L’ÉDITORIAL DE
GUILLAUME MAUJEAN P. 10
Shutterstock
ASSURANCE
Les Français résignés à une hausse
des complémentaires santé. // P. 31
FONDS
Les activistes gagnent des sièges
dans les conseils. // P. 32
CARNET // P. 35
SUPPLÉMENT
LES ÉCHOS ENTREPRENEUR
Accompagnement : les nouvelles
attentes des entrepreneurs.
// PP. 36-39
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Lactalis : un juge
va enquêter sur
le scandale du
lait contaminé
Amazon révise ses plans à la baisse concernant son futur complexe logistique de
Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne. Selon la
demande formulée par sa filiale française
en avril 2017 auprès des autorités compétentes, le groupe américain d’e-commerce
prévoyait d’installer deux bâtiments géants
sur l’ancienne base aérienne BA 217 fermée
depuis sept ans, pour accompagner sa
rapide croissance dans l’Hexagone.
Soit un entrepôt de 142.000 mètres
carrés sur plusieurs niveaux, destiné à
l’e-commerce proprement dit (stockage,
préparation des commandes), avec
– pour la première fois en France – une
armée de robots. Et un bâtiment voisin de
près de 47.000 mètres carrés, sur lequel
il a très peu communiqué, dit de « messagerie logistrielle », ou « sort center », servant
à consolider les colis venant de différents
centres logistiques du puzzle Amazon.
Deux entrepôts devaient être édifiés sur
une parcelle de 31 hectares, à 25 kilomètres
au sud de la capitale, et inaugurés en principe avec deux ans de décalage (2018 et
2020). Mais finalement, après avoir reçu
les feux verts réglementaires à leur exploitation au terme d’une enquête publique,
Amazon a demandé en juillet dernier
l’annulation du permis de construire pour le
second site, a-t-on appris de bonne source.
Permis lui-même pourtant très récent.
Revirement stratégique
Le groupe a-t-il renoncé purement et
simplement ou privilégie-t-il désormais
un autre site ? Contacté, il n’a pas donné
suite à notre demande. Dans la logique
esquissée par Amazon France Transport,
les deux entrepôts n’avaient pas besoin
l’un de l’autre pour fonctionner, et leurs
flux de colis ne communiquaient donc
pas réellement.
Celui qui a été annulé, mesurant
300 mètres sur 154, était dimensionné
pour accueillir à terme jusqu’à 800 salariés,
travaillant essentiellement en fin de journée
ou de nuit. N’étant pas destiné à faire du
stockage proprement dit, il devait servir de
point de transit ou de regroupement de
marchandises. De conception traversante,
ce site devait compter 116 quais pour
garer les poids lourds, répartis sur les
deux façades opposées avec, entre les deux,
un vaste réseau de convoyeurs.
Ce revirement stratégique ne remet pas
pour autant en question la construction,
en cours, du premier bâtiment, qui
emploiera 1.000 personnes en CDI au bout
de trois ans d’activité. Voici un an seulement,
Amazon avait inauguré à Boves près
d’Amiens sa cinquième plate-forme de distribution en France, consacrée aux grands
colis, mais le projet de Brétigny, beaucoup
plus automatisé, fonctionnera, lui, sur le
modèle de Dunstable, au nord de Londres. n
LVMH conserve une croissance solide
malgré les inquiétudes sur la Chine
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Ce sont des résultats qui devraient rassurer
les marchés. Le groupe LVMH (propriétaire
des « Echos ») a conservé un rythme de
croissance solide au troisième trimestre,
avec une hausse de son chiffre d’affaires
de 10 % en organique (contre +11 % au
deuxième trimestre), à 11,38 milliards
d’euros. Des chiffres conformes au consensus du marché. Le numéro un mondial du
luxe a franchi pour la première fois le cap
des 33 milliards d’euros sur neuf mois. Cette
« performance poursuit les tendances enregistrées au premier semestre et à laquelle tous
les groupes d’activité ont contribué », souli-
gne LVMH dans un communiqué. La division mode et maroquinerie, la principale du
groupe, avec sa marque star Vuitton, fait
même mieux que les mois précédents. Elle
affiche une progression de 14 % sur le dernier trimestre, contre +13 % au deuxième.
Un indicateur précieux, alors que la clientèle chinoise fait partie de ses principales
dans le monde. Autre pôle très lié à la Chine,
celui des vins et spiritueux avec le cognac.
Là encore, les ventes ont accéléré, à +7 %
contre +3 % au deuxième trimestre, porté
par un redémarrage du marché chinois et
une « avancée rapide » aux Etats-Unis.
Ces dernières semaines, les craintes d’un
ralentissement des ventes en Chine, suite
aux tensions entre le pays et les Etats-Unis,
avaient fait reculer les valeurs du luxe en
Bourse. Cet été, la Bourse de Shanghai a
plongé, comme le renminbi. Ce qui pourrait
à terme avoir des conséquences sur le pouvoir d’achat des clients chinois qui représentent à eux seuls près d’un tiers des achats de
produits de luxe dans le monde, selon Bain.
Incertitudes géopolitiques
Les parfums et cosmétiques (+11 %), les montres et la joallerie (+10 %), et la distribution
sélective, avec DFS (+5 %), ont en revanche
une progression moins élevée, comparé au
deuxième trimestre. Pour le reste de l’exercice, « dans un contexte géopolitique et monétaire incertain, LVMH continuera de faire
preuve de vigilance », a indiqué le groupe. n
Après neuf mois d’enquête préliminaire
dans l’affaire du lait infantile contaminé
aux salmonelles produit par Lactalis, le
pôle santé du parquet de Paris a ouvert
une information judiciaire contre « X »,
a appris l’AFP mardi. Celle-là est ouverte
pour « tromperie sur les qualités substantielles des marchandises », « blessures
involontaires ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à trois
mois » et « inexécution par un exploitant
du secteur alimentaire de procédures
de retrait ou de rappel d’un produit préjudiciable à la santé ».
Un juge d’instruction va donc poursuivre l’enquête préliminaire sur la
contamination aux salmonelles de laits
infantiles de Lactalis. Celle-ci a touché
des dizaines de nourrissons et contraint
le géant laitier à suspendre la production de son usine de Craon en Mayenne
pendant des mois.
Le parquet, qui a analysé plusieurs
milliers de documents saisis mi-janvier
lors de perquisitions sur quatre sites
du géant français du lait, estime que
les investigations devaient « se poursuivre dans un autre cadre juridique » plus
adapté. Au total, 53 nourrissons identifiés ont été atteints de salmonellose en
France fin 2017 après avoir consommé
un produit pour enfants, commercialisé
sous les marques Milumel ou Picot. Les
nourrissons ont été malades, pris de
nausées, de maux de ventre et de vomissements ou diarrhées sur des périodes
plus ou moins longues selon les cas.
La contamination de
laits infantiles a touché
des dizaines de nourrissons et contraint Lactalis
à suspendre la production de son usine de
Craon pendant des mois.
Le ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, était intervenu en décembre
pour contraindre Lactalis à lancer des
opérations de retrait des produits incriminés en grande distribution, dans les
pharmacies, les hôpitaux et les crèches.
Dans de nombreux cas, ces retraits n’ont
été qu’imparfaits, se heurtant à un manque de bonne volonté de certains commerçants. Dans d’autres, ces derniers
ont incriminé le manque de clarté des
messages de Lactalis.
L’usine de Craon a cessé de fonctionner pendant plus de six mois. Le bâtiment historique, acheté en 2005 par
Lactalis à une société qui avait déjà eu
des problèmes de contaminations à la
salmonelle, a été définitivement fermé.
En revanche, Lactalis a redémarré
la production de lait infantile et sa
commercialisation depuis la rentrée.
L’affaire devrait lui coûter plusieurs
centaines de millions d’euros.
Une première plainte avait été déposée à la mi-décembre par Quentin
Guillemain, père d’une fille de trois mois
qui avait consommé un lot concerné
par les rappels mais n’était pas tombée malade. Au total, un peu plus de
300 plaintes ont été enregistrées au pôle
santé publique, dont celles déposées par
quatre associations, selon la source judiciaire. Parmi ces dernières, les associations de défense de consommateurs
UFC-Que Choisir et Foodwatch. n
Devialet
Devialet dévoile sa nouvelle
enceinte
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES Air France prépare sa prochaine
génération de pilotes
AÉRIEN
à suivre
Les HLM tiennent congrès
sur fond de mise au régime sec
ment. Mais les attaques dont ont fait l’objet le mouvement HLM et
ses locataires en 2017 et 2018 sont injustes et inacceptables ». JeanLouis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat
(USH), l’organisme chapeau du mouvement HLM, a d’emblée
donné le ton en ouvrant mardi à Marseille le congrès annuel des
bailleurs sociaux. Les 4.500 congressistes vont débattre d’une
actualité marquée par la fonte des financements.
Plus d’informations sur lesechos.fr/Industrie-service
Jaguar ferme deux semaines son usine
après des ventes en Chine en baisse
AUTOMOBILE Le constructeur auto britannique Jaguar Land
Rover a annoncé lundi qu’il allait fermer son usine de Solihull
(9.000 personnes) pendant quinze jours, en octobre, après la
chute de 46 % de ses ventes en Chine en septembre. Les tensions
commerciales internationales et les incertitudes sur les droits de
douane auraient freiné les acheteurs. Le titre de Tata Motors,
propriétaire de la marque britannique, a fondu de plus de 15 %
mardi, tombant ainsi à son plus bas niveau depuis janvier 2012.
Le premier actionnaire de FNAC Darty
chute en Bourse
DISTRIBUTION Plombé par un nouvel avertissement sur résultat, le géant allemand de l’électronique grand public Ceconomy
(Saturn, Mediamarkt) a dégringolé en Bourse : le groupe, qui
compte environ 1.000 magasins dans 15 pays, a vu mardi son
titre chuter d’environ 20 %.Ceconomy, qui détient 24 % de FNAC
Darty, a annoncé un bénéfice d’exploitation (Ebit) d’environ
400 millions d’euros pour son exercice annuel clos fin septembre, soit en baisse de près de 100 millions sur un an.
Plus d’informations sur lesechos.fr/Industrie-services
HÔTELLERIE La chaîne d’hôtellerie économique anglaise (33 établissements dans 9 pays), créée en 2004
par le fondateur d’easyJet, accélère
son développement international.
Elle fait notamment de la France
l’un de ses marchés prioritaires,
prévoyant d’y ouvrir 15 hôtels au
cours des cinq prochaines années.
EasyHotel va ainsi investir en propre dans l’achat de bâtiments ou
hôtels à convertir, ou le financement de constructions neuves.
Plus d’informations sur
lesechos.fr/Industrie-services
Manque de candidates
Pour ce faire, la compagnie a choisi
trois écoles : l’Enac, qui assurera la
plus grosse part, et les écoles privées Epag à Lille et L3 au RoyaumeUni. La formation de 80 semaines
comprendra des séances de pilotage à vue pendant seize semaines
chez FlightSafety International aux
Etats-Unis. La sélection des
« cadets » est drastique. Parmi les
3.850 candidats qui ont effectué des
tests en ligne au début de l’année,
Air France en a présélectionnés
802. L’Enac leur a fait passer des
tests psychotechniques et en a
retenu 350. Après les entretiens, la
compagnie n’en a gardé que 107,
dont seulement 8 jeunes femmes,
car « on manque de candidates ».
Même s’ils sont un peu plus âgés,
les « cadets » ont un profil pas très
différent de celui des élèves de la
formation initiale : plus de 80 % ont
fait des classes préparatoires scientifiques et des écoles d’ingénieur.
« C’est une opportunité pour un profil d’ingénieur de devenir pilote »,
souligne Jérôme Breuzet. Les
« cadets » seront embauchés par
Air France avec « le même contrat de
pilote, quelle que soit la filiale », précise le dirigeant. A l’exception de
HOP! qui a son propre recrutement.
Un tiers des nouvelles recrues sera
détaché chez Transavia pour piloter des B737 et les autres iront chez
Air France sur des A320.
Avec ce contrat, l’Enac va passer
de 135 à 150 jeunes pilotes formés
par an (pour Air France, Royal Air
Maroc, China Southern et China
Eastern notamment). « C’est une
reconnaissance importante de voir
revenir notre partenaire historique », se félicite Olivier Chansou,
directeur de l’école. n
« circonstances exceptionnelles » se
voulant plus rares, comme une
attaque terroriste. Un effort serait
aussi imposé sur les correspondances. Les compagnies auraient l’obligation de les assurer en cas de
retard dû à un précédent train,
même d’une autre compagnie. « On
doit vous trouver une place dans le
suivant, comme pour l’avion »,
résume l’eurodéputé Renaud
Muselier (PPE, droite), rapporteur
du texte. Le projet renforce en outre
les droits des personnes à mobilité
réduite. Il impose aussi une
meilleure information des voyageurs, sur les conditions de circulation et les droits liés à leur billet,
avec une simplification et une accélération des procédures de plainte.
Shutterstock
Le projet se veut
le complément
de l’ouverture du rail
à la concurrence.
Mais les Etats membres
rechignent à mettre
trop de pression sur
les grandes compagnies
nationales.
Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelles
C’est un monde où l’on peut traverser l’Europe de train en train avec
un seul billet, où une correspondance ratée n’est qu’une péripétie, et
où les retards donnent lieu à de forts
remboursements. Mardi, la commission transport du Parlement
européen a placé la barre haut en
adoptant son rapport sur le renforcement des droits des passagers du
transport ferroviaire dans l’UE. A
une écrasante majorité, elle a
donné son aval à des propositions
bien plus ambitieuses que celles
lancées cet hiver par la Commission
européenne, qui fait de ce dossier le
complément de l’ouverture du rail à
la concurrence sur le continent.
Les droits des usagers, en cas de
retard ou d’annulation, sont en
théorie déjà encadrés par un texte
de 2007. Mais la plupart des Etats de
l’UE l’ont plus ou moins vidé de sa
Pascal Lachenaud/AFP
EasyHotel
débarque
en France
explique Jérôme Breuzet, directeur
de la formation opérationnelle
d’Air France. « L’autre moitié, soit
150 pilotes par an, sera pourvue
par la filière de formation longue »,
ajoute-t-il.
TRANSPORTS
easyHotel
Plus d’informations sur
lesechos.fr/Industrie-services
La formation de 80 semaines comprendra des séances de pilotage à vue pendant seize semaines.
Ferroviaire : le Parlement européen
pousse à renforcer les droits des passagers
AÉRIEN Le voyagiste allemand
TUI est entré en négociations
exclusives avec le spécialiste allemand du retournement Intro
Aviation, associé au fonds américain Crestline, pour une éventuelle
cession de la compagnie aérienne
française Corsair. « A ce stade du
processus, il n’y a aucune certitude
qu’une transaction avec Intro Aviation-Crestline ait lieu », précise le
numéro un européen du voyage.
Laurent Marcaillou
— Correspondant à Toulouse
Aux prises avec ses pilotes dans de
difficiles négociations salariales, la
direction d’Air France ne néglige
pas pour autant l’avenir. Dix ans
après avoir fermé sa filière de pilotes cadets, la compagnie a signé,
lundi à Toulouse, un partenariat
avec l’Ecole nationale de l’aviation
civile (Enac) pour former 70 pilotes
cadets par an pendant trois ans. La
formation initiale de 25 élèves par
an ne couvrant pas ses besoins, la
compagnie aérienne relance donc
la formation de « cadets » qu’elle
finance entièrement.
Après avoir réduit ses effectifs de
pilotes de 4.100 à 3.700 entre 2008
et 2017, Air France prévoit d’en
embaucher « 300 par an pendant
trois ans ». Une moitié compensera
la vague attendue de départs à la
retraite et l’autre moitié permettra
de faire face à la croissance du trafic, estimée en moyenne à 4 % par
an. Ce changement de génération
coïncide aussi avec l’arrivée de nouveaux avions dans la flotte. Après
les B787 depuis deux ans, les A350
seront mis en service à partir de
2019, dont les 10 premiers pour la
filiale à bas coût Joon. « Le recrutement pour répondre à ce besoin de
pilotes passera, pour moitié, par des
embauches de professionnels dans
les compagnies étrangères, notamment à bas coût et de militaires »,
LOGEMENT « J’ai toujours prôné le dialogue plutôt que l’affronte-
TUI négocie
la vente
de Corsair
Elle relance la formation de 70 « cadets »
par an à l’Ecole nationale d’aviation civile.
Frédéric Maigrot/REA
Philippe Huguen/AFP
La compagnie
prévoit d’embaucher
300 pilotes par an
de 2018 à 2020, dont
la moitié de jeunes.
Le 3 février 2012 à Solignac, les passagers du train assurant la
liaison entre Cerbère et Paris sont évacués à la suite d’une panne.
substance via « un recours fréquent
aux dérogations », dénoncé dans les
rapports de suivi. A ce stade, il prévoit des indemnités de 25 % du prix
du billet à partir d’une heure de
retard, 50 % après deux heures.
Rembourser plus
en cas de retard
Là où la Commission joue la prudence du statu quo, les eurodéputés
entendent au contraire mettre la
pression : ils préconisent de doubler l’addition, avec 50 % remboursés au bout d’une heure de retard et
la totalité du billet au bout de deux
heures. Surtout, il ne serait plus
possible d’y déroger, ni pour les
trains transfrontaliers, ni pour les
grandes distances, ni pour le transport régional. L’échappatoire de
l’habituelle évocation de la « force
majeure », floue comme la neige, est
remplacée dans le projet par des
Inclure les trains régionaux ?
Ce monde ne déplairait pas aux usagers, mais il est encore loin d’être
une réalité. Les ambitions initiales
de voir le projet adopté avant les
élections européennes de mai se
sont envolées sous les manœuvres
dilatoires des grandes compagnies
ferroviaires. « La SNCF ne veut pas
inclure les trains régionaux, c’est un
vrai combat. Mais c’est 90 % du trafic. Si on veut changer le quotidien des
usagers, il faut les inclure », insiste
Renaud Muselier.
Le projet, après probable adoption prochaine au Parlement, doit
passer les fourches Caudines du
Conseil, où les Etats membres
seront tentés d’en amoindrir la portée. Ils n’ont pas prévu de se pencher
sur le dossier avant l’été prochain. n
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Je dois régler un problème d’assurance aujourd’hui
Je suis en réunion tout l’après-midi…
Peut-on gérer ça sur Messenger ?
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Une femme à la
tête du géant de
la chimie Solvay
Le groupe a choisi
Ilham Kadri, actuelle
PDG de l’américain
Diversey, pour
succéder à JeanPierre Clamadieu.
Enrique Moreira
@EnriqueMoreira
Solvay va changer de capitaine.
Le conseil d’administration du
chimiste belge a annoncé,
mardi, la nomination d’Ilham
Kadri (quarante-neuf ans) « en
tant que présidente du comité
exécutif, CEO et administratrice
de Solvay à compter du 1er mars
2019 ». Elle succédera à JeanPierre Clamadieu, qui a pris en
mai la présidence du conseil
d’administration d’Engie et
avait annoncé son prochain
départ du groupe basé à
Bruxelles.
L’actuelle PDG de la société
américaine Diversey, « spécialisée dans les technologies et services pour l’hygiène qu’elle dirige
depuis 2013 », rejoindra Solvay
au 1er janvier 2019. Suivra une
période de transition de deux
mois, précise le communiqué.
Un profil international
Titulaire d’un diplôme d’ingénieur et docteure en physicochimie macromoléculaire,
Ilham Kadri est la leader dont
Solvay a besoin « pour accélérer
sa transformation culturelle
et révéler son potentiel de croissance », estime le conseil
d’administration. Cette FrancoMarocaine apportera également son expérience internationale, forgée au sein
d’entreprises comme Shell-Basell, UCB-Cytec, Huntsman ou
encore Dow Chemical.
Ilham Kadri arrive à la tête
d’un groupe de 26.000 personnes en bonne santé financière.
Solvay a publié un chiffre
d’affaires de 10,1 milliards
d’euros au titre de l’exercice
2017, en hausse de 6 %. Le fruit
d’une transformation de six
ans menée par son prédécesseur, Jean-Pierre Clamadieu,
afin de se recentrer sur les produits à forte valeur ajoutée et se
désengager de la chimie de
base.
Les ambitions de Total et
d’Aramco dans la pétrochimie
l La major française et la compagnie saoudienne lancent la construction
d’un complexe de 9 milliards de dollars en Arabie saoudite.
l Total aura accès au pétrole le moins cher de la planète.
Créer de la valeur
Au cours de cette période, lancée juste après l’acquisition du
français Rhodia en 2011, JeanPierre Clamadieu a piloté pas
moins de 15 acquisitions et 29
cessions. Enfin, au mois de
mars 2018, il avait annoncé « un
plan de simplification », avec
une réorganisation des fonctions support et de R&D, en
particulier en France. Quelque
600 postes sont réaffectés et
600 autres supprimés, dont 160
dans l’Hexagone.
La transformation de Solvay
étant « maintenant terminée »,
selon les mots de Jean-Pierre
Clamadieu, le groupe s’engage
sur un nouveau cycle, même si
la cession des polyamides à
BASF reste pour l’instant bloquée, du fait de l’enquête menée
par Bruxelles. Ilham Kadri se
fixe comme objectif « d’accélérer une création de valeur basée
sur l’innovation et la collaboration, une culture centrée sur le
client et une vision partagée ».
Mais au-delà de ces mots consensuels, il lui faudra définir les
nouveaux axes stratégiques du
groupe belge pour l’avenir. n
Ilham Kadri rejoindra le groupe belge Solvay le 1er janvier
et prendra effectivement son poste le 1er mars. Photo Solvay
Total
CHIMIE
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
Le PDG de Saudi Aramco, Amin Nasser, et celui de Total, Patrick Pouyanné, ont donné le coup d’envoi à un site pétrochimique géant à Jubail.
ÉNERGIE
Vincent Collen
@VincentCollen
— En Arabie saoudite
C’est une étape majeure. Alliés
depuis plus de dix ans, Total et
Aramco resserrent leur collaboration, en annonçant l’ouverture prochaine d’un site pétrochimique
géant en Arabie saoudite. Le PDG
de la major française, Patrick Pouyanné, et celui de la compagnie
saoudienne, Amin Nasser, ont signé
un accord en ce sens cette semaine,
au siège d’Aramco à Dharan, sur la
côte est du royaume wahhabite.
Le projet n’en est qu’à ses tout
débuts : l’accord donne seulement
le coup d’envoi à des études d’ingénierie. La production doit démarrer
en 2024. Comme tout ce qui se construit dans le secteur pétrolier en
Arabie, le complexe pétrochimique
sera celui de tous les superlatifs. Il
sera détenu à 62,5 % par Aramco et
à 37,5 % par Total. L’investissement
des deux partenaires est évalué à
5 milliards de dollars. Il comprendra un vapocraqueur capable de
produire 1,5 million de tonnes
d’éthylène par an. Le site alimentera
d’autres usines chimiques que des
sociétés tierces doivent développer,
pour 4 milliards supplémentaires.
Le tout afin de fabriquer les matières plastiques, dont la demande
explose dans les pays émergents.
Ce gigantesque site industriel
sera situé à Jubail, à quelques kilomètres du golfe Arabo-Persique, à
côté d’une raffinerie, elle aussi
géante, qu’Aramco et Total exploitent ensemble depuis 2014. Les
deux partenaires y trouvent leur
intérêt. Le groupe français aura
accès à des hydrocarbures parmi les
moins chers de la planète. Le
pétrole des champs d’Aramco
tout proches coûte seulement
5 dollars par baril à extraire. « Ce
sera l’un des projets les plus profitables de notre portefeuille », assure
Patrick Pouyanné.
Et Aramco poursuit sa diversification en accélérant dans la pétrochimie. « Nous voulons diversifier
nos revenus et atténuer les bas de
cycle du marché pétrolier », explique
« Ce sera l’un des
projets les plus
profitables de notre
portefeuille. »
PATRICK POUYANNÉ
PDG de Total
Amin Nasser, qui qualifie cet investissement de « saut quantique »
pour Aramco.
Aramco est un acteur encore
mineur de la pétrochimie, mais pas
pour longtemps. Le gouvernement
saoudien a décidé que la compagnie
publique rachèterait au fonds souverain du pays 70 % du capital de
Sabic, le principal groupe pétrochimique du royaume et l’un des leaders mondiaux derrière l’allemand
BASF, l’américain DowDuPont et le
chinois Sinopec. « Nous avons
besoin d’une acquisition de cette
taille », car la croissance interne « ne
suffit pas », explique Amin Nasser.
Aramco et Sabic coopèrent déjà
dans un processus novateur, où le
pétrole est transformé directement
en produits chimiques, sans passer
par des étapes intermédiaires,
comme le naphta. Le groupe vise à
moyen terme un volume de 2 millions de barils par jour dans ce
domaine, annonce Amin Nasser.
Le dirigeant se voit contraint de
justifier une opération qui lui a été
imposée par le roi et le prince héritier Mohammed ben Salmane. La
cession de Sabic permettra à l’Etat
saoudien de récupérer de 70 à
80 milliards de dollars, alors que la
mise en Bourse d’Aramco, trop difficile à mettre en œuvre, a été reportée à la fin 2020, au plus tôt. n
Le Golfe et les Etats-Unis redessinent
la carte du secteur dans le monde
Les capacités de production
augmentent le plus vite là
où le pétrole et le gaz sont
le moins cher, dans les pays
du Golfe et aux Etats-Unis.
Mais l’Asie domine toujours
la pétrochimie mondiale.
Du Texas aux Emirats arabes unis,
les investissements repartent de
l’avant dans le secteur de la pétrochimie. Depuis un peu plus d’un an,
les annonces de projets d’usines
géantes se multiplient, à l’image de
celle de Total et Saudi Aramco cette
semaine, pour un montant proche
de 10 milliards de dollars. Adnoc, la
compagnie des Emirats, a dévoilé
au printemps un projet encore plus
énorme – 45 milliards – pour construire le plus gros site de raffinage
et de pétrochimie du monde.
Le moteur de ce nouveau cycle de
dépenses, c’est la demande, en particulier la soif de matières plastiques des pays émergents. A écouter
le patron d’Aramco, l’équation est
des plus simples. « La demande
mondiale de pétrole pour le secteur
des transports ne progresse que de
1,5 % par an et le rythme va descendre à 1 % à terme, explique Amin
Nasser. Dans la pétrochimie, la
demande progresse de 3 % en rythme
annuel ».
Si les investissements sont repartis, c’est aussi parce que le secteur
en a les moyens. « Les dépenses ont
été réduites ces dernières années, les
marges et la trésorerie du secteur
sont désormais élevées », décrypte
Stephen Zinger, analyste au cabinet
Wood Mackenzie.
Ce nouveau cycle est en train de
redessiner la carte de la pétrochimie mondiale. Les investissements
progressent plus vite qu’ailleurs
dans deux régions du monde,
l’Amérique du Nord et le MoyenOrient. Les compagnies pétrolières
des pays du Golfe bénéficient d’un
accès direct aux hydrocarbures les
moins chers de la planète, ce qui
leur donne un avantage compétitif
majeur.
Boom du schiste
« La plupart d’entre elles cherchent à
diversifier leurs revenus, souvent en
s’alliant à des partenaires, au-delà de
la seule production de produits
pétroliers, dans le raffinage et la
pétrochimie », poursuit le même
expert. « Le potentiel de croissance
de la région est important », souligne
l’Agence internationale de l’énergie
(AIE). Aujourd’hui, seule un quart
de la production de pétrole du
Moyen-Orient est transformée sur
place, en produits raffinés ou pétrochimiques, relève-t-elle.
Quant aux Etats-Unis, ils bénéficient à plein du boom du gaz et du
pétrole de schiste qui leur a donné
accès, à eux aussi, mais plus récemment, à une matière première
ultra-compétitive. Fortes de leurs
bases de coûts, ces deux régions
gagnent des parts de marché. Produire 1 tonne de produits chimiques comme l’éthylène à partir
d’éthane coûte en moyenne moins
de 400 dollars aux Etats-Unis et
moins de 300 dollars au MoyenOrient, a calculé l’AIE. En Europe,
fabriquer les mêmes produits coûte
600 dollars la tonne.
Le moteur de ce
nouveau cycle de
dépenses, c’est la soif
de matières plastiques
des pays émergents.
La progression des pays du Golfe
et des Etats-Unis n’est pas de nature,
toutefois, à remettre en question la
domination de l’Asie, qui assure à
elle seule la moitié de la production
pétrochimique mondiale. « Bien
qu’il n’ait pas accès à des matières
premières aussi bon marché, le continent, Chine en tête, est avantagé par
sa proximité avec les lieux de consommation », explique Tae-Yoon
Kim, analyste à l’AIE.
L’Europe, elle, n’est ni proche des
lieux de production d’hydrocarbures bon marché ni des principaux
lieux de croissance de la demande.
Le Vieux Continent va donc perdre
du terrain et sa production va reculer, si l’on en croit les prévisions de
l’Agence. — V. C.
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22 // INDUSTRIE & SERVICES
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
La route 100 % recyclée avance
l La route entre dans l’ère
de l’économie circulaire.
l Eurovia a testé avec succès
la réfection d’un tronçon d’autoroute
avec un revêtement issu du recyclage
de l’ancienne chaussée.
INFRASTRUCTURES
Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr
Le test s’est déroulé la semaine
dernière à Pons-Saint-Aubin
(Gironde) sur l’autoroute A10, du
réseau ASF, et c’est un succès :
Eurovia (groupe Vinci) a réussi la
réfection d’un tronçon d’autoroute 100 % par recyclage. « Sur
un kilomètre de voie lente de l’A10,
le test consistait à enlever le revêtement existant pour le retraiter à
une dizaine de kilomètres, dans la
première usine mobile capable de
fabriquer à chaud des enrobés routiers contenant jusqu’à 97 ou 98 %
de matériaux recyclés », explique
Ivan Drouadaine, directeur du
centre de recherche d’Eurovia, à
Mérignac. « Nous avons ainsi
refait en 100 % recyclé les trois
couches de la voie : la fondation, la
base et la couche de roulement des
véhicules », ajoute-t-il.
Un coût proche du neuf
Selon Nicolas Hautière, spécialiste de la route à l’Institut français des sciences et technologies
des transports (Ifsttar), « Vinci est
le premier au monde à le faire sur
autoroute ». La route 100 % recyclée existait déjà, mais en fabrication à froid, ce qui limite sa résistance et la réserve aux routes à
trafic modéré. A chaud, procédé
moins maîtrisé, l’Allemagne et le
Japon montent à un taux de recyclage élevé sur des axes à fort trafic, mais la France est la première
à flirter avec les 100 %, et obtenir
un revêtement de surface de qualité autoroutière. Cette avancée
est d’autant plus importante que
« les axes à fort trafic ont une
structure de chaussée plus épaisse,
ce qui rend le recyclage des matériaux particulièrement intéressant », poursuit Ivan Drouadaine.
Le coût de l’autoroute 100 % recy-
clée est proche du neuf. Si on économise en matériaux, le temps de
préparation est en revanche
supérieur et l’usine d’enrobage
plus sophistiquée. Mais les gains
environnementaux sont considérables. Chaque année, en France,
la route avale de 35 à 40 millions
de tonnes d’enrobés bitumineux
et notre pays n’affiche qu’un taux
de recyclage de 18 %. La résistance du tronçon test d’Eurovia
va être suivie durant deux ans par
un organisme public, le Cerema,
pour juger de sa durabilité.
La route entre ainsi dans l’ère
de l’économie circulaire, et les
tests se multiplient. Cet été, Eiffage a lancé Recytal, une route
100 % recyclée à froid et sans
bitume. « Nous avons refait en
juillet 4 kilomètres en Gironde et en
août 2 kilomètres dans l’Hérault
avec un revêtement composé à
98,5 % de l’ancienne chaussée,
recyclée sur place en liant les
agrégats non pas avec du bitume
mais avec 1,5 % d’émulsion végétale, produit en bio-raffinerie à
partir de pin des Landes », expliq u e Fr a n ç o i s O l a r d a u p ô l e
Recherche & Innovation d’Eiffage
Route. Bilan : une réfection de
route zéro émission et non pétrosourcée.
L’enjeu du multirecyclage
L’enjeu, maintenant, est d’accroître la résistance des enrobés routiers faits à froid. Et d’explorer les
limites du recyclage. Le projet
Mure (pour Multi-recyclage des
enrobés) fédère depuis 2014 les
acteurs français de la route.
« Mure fait vieillir en accéléré les
agrégats pour les recycler trois fois
de suite, sur des sections routières
ayant des taux de recyclage différents. Le troisième recyclage vient
de se terminer et la résistance des
sections va maintenant être comparée pendant dix ans », explique
Alain Beghin, chez Malet, filiale
du groupe Spie Batignolles. n
Sur un kilomètre de voie lente de l’A10, Eurovia a enlevé le revêtement existant pour le retraiter dans la première usine mobile capable
de fabriquer à chaud des enrobés routiers 100 % recyclés,. Photo Richard Nourry/Vinci
Des capteurs pour rendre la chaussée intelligente
Des capteurs sous
la chaussée détectent
les problèmes avant
qu’ils ne deviennent des
nids-de-poule. Ils permettent d’abaisser le coût
d’entretien, et de mieux
connaître le trafic.
Pendant que le ministère des Transports cherche où trouver l’argent
pour relancer l’entretien du réseau
routier français, la maintenance
prédictive fait entrevoir l’avenir :
des coûts de maintenance abaissés
par un entretien préventif et non
plus curatif, grâce à des capteurs
situés sous la couche de roulement.
Ces capteurs, utilisés déjà par
le système Smart via (Vinci),
gagnent aujourd’hui en performance. « Une route est composée
de deux ou trois couches. Le capteur situé sous la couche de surface
indique ce qui se passe à l’intérieur
et comment la route vieillit, afin de
la réparer là où c’est nécessaire
(plutôt que là où ça peut attendre)
et avant que les couches inférieures ne soient abîmées si l’eau
s’infiltre via de microfissures en
surface », explique Cécile Villette,
chez Altaroad.
Mesurer le trafic
La jeune pousse française, créée
fin 2017, met au point un dispositif combinant les capteurs à des
modèles de déformation des routes, des algorithmes autoapprenants et des nanotechnologies.
Son équipement (des bandes de
capteurs traversant la route) ne
coûtera quasiment rien : Alta-
« Notre dispositif
détecte la vitesse,
le poids et la
trajectoire des
véhicules qui
passent et, dans cet
usage, il sera
commercialisé dès
l’an prochain. »
CÉCILE VILLETTE
Chez AltaRoad
road vendra du Big Data et son
analyse, par abonnement.
Des travaux routiers plus en
amont donc moins onéreux, c’est
un des enjeux. L’autre est de
mieux connaître le trafic poids
lourds d’une route ou d’un pont
pour le dimensionner en conséquence… ou le redimensionner
s’il se révèle inadapté. « Notre dispositif détecte la vitesse, le poids et
la trajectoire des véhicules qui
passent et, dans cet usage, il sera
commercialisé dès l’an prochain,
poursuit Cécile Villette. Nous
avons déjà des demandes de clients
français, mais aussi asiatiques,
souhaitant contrôler que le trafic
sur les ponts qu’ils gèrent est bien
celui prévu à l’origine, en nombre
et en poids des véhicules. »
— M. C.
L’Italie va lancer la première autoroute
électrique zéro impact en Europe
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Un test sera lancé
l’année prochaine
sur une autoroute
du nord-ouest
de la péninsule Italique,
qui sera alimentée
exclusivement avec
des panneaux solaires.
Olivier Tosseri
— Correspondant en Italie
Créer l’autoroute électrique la
plus étendue d’Europe, c’est
l’ambition que se fixe Francesco
Bettoni, président de BreBeMi,
l’exploitant de l’autoroute A35
reliant les villes de Bre scia,
Bergame et Milan en Italie. Dès
l’an prochain, des essais seront
effectués sur un tronçon de
6 kilomètres avant une extension
aux 80 kilomètres de l’A35.
Le système, déjà testé en Suède
et en Allemagne, rappelle celui,
bien connu, des trolleybus : des
caténaires installées le long de
l’autoroute fournissent l’électricité
à des camions équipés de pantographes placés derrière la cabine du
conducteur. Lorsqu’ils sortent de la
bande électrifiée, le pantographe
est débranché et le moteur (à combustion ou électrique) prend le
relais.
Outre Brebemi, propriétaire de
la technologie, le projet lombard
baptisé « eHighway » implique
l’allemand Siemens, pionnier
dans ce domaine, et le constructeur de poids lourds suédois Scania, qui expérimentera plusieurs
véhicules hybrides sur la ligne.
Siemens estime que les émissions
de CO2 du secteur des transports
seraient réduites de 6 millions de
tonnes si 30 % du trafic des poids
lourds pouvait être électrifié. Une
estimation qui sera revue à la
hausse si le modèle italien est
adopté.
L’originalité de l’autoroute électrique italienne tient au fait qu’elle
sera la première en Europe « zéro
impact », avec l’usage exclusif de
panneaux solaires installés tout
au long de l’A35.
Du foncier disponible
le long du tracé
Brebemi détient en effet du foncier, disponible, le long du tracé.
« Nous serons la première autoroute à économie circulaire, se
félicite Francesco Bettoni. Je
crois que nous sommes capables
de révolutionner tout le secteur
du transport de fret. Une révolution copernicienne qui a trois
aspects : culturel, économique et
environnemental. Nous ferons
changer le rapport des usagers à
l’écologie, nous réduirons drastiquement les émissions de CO2 et
nous augmenterons la compétitivité des entreprises. Les économies de gazole feront baisser en
moyenne de 30 à 40 % leurs coûts
de transport. »
Le coût de l’essai sur le tronçon de 6 kilomètres sera de
18 millions d’euros. A raison de
2 millions par kilomètre, il faudra près de 150 millions d’euros
d’investissement pour électrifier
l’ensemble de l’A35. Le projet
bénéficie du soutien des ministères italiens des Transports et de
l’Environnement. n
« Je crois que nous
sommes capables
de révolutionner
tout le secteur du
transport de fret.
Une révolution
copernicienne
qui a trois aspects :
culturel,
économique et
environnemental. »
FRANCESCO BETTONI
Président de Brebemi
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INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
Le bio à l’offensive dans les rayons
beauté des grandes surfaces
l L’Oréal vient de lancer la marque bio La Provençale en grande distribution.
l Ce retour préfigure le nouvel intérêt des groupes pour ce marché, qui connaît une accélération,
alors que le rayon hygiène décline.
Car depuis 2016, après les enquêtes des associations de consommateurs sur les parabènes ou
autres perturbateurs endocriniens, le rayon hygiène-beauté en
grandes et moyennes surfaces
(GMS) va mal. A fin août (sur un
an), il était encore en recul de 1,8 %,
en valeur et en volume. « Les acheteurs qui ont arrêté de consommer,
nous expliquent à 41 % qu’ils ont une
inquiétude sur la qualité, et la composition des produits », relève Emily
Mayer, spécialiste hygiène beauté au
cabinet d’analyses Iri.
COSMÉTIQUE
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Le bio fait un retour en force dans
les rayons hygiène-beauté de la
grande distribution. L’Oréal a
décidé de lancer l’offensive sur ce
segment, après avoir fait une tentative sans succès il y a une dizaine
d’années, avec Ushuaïa et Mixa. Ce
marché reste naissant. Il pèse seulement 1,8 % du total hygiène-beauté
en grande distribution, estimé à
6,6 milliards d’euros par le cabinet
Iri. Loin de son poids dans l’alimentaire (4,5 %) ou les produits d’entretien (6 %).
Le géant mondial y met les
moyens, avec la création d’une marque certifiée bio, La Provençale,
dont les ventes viennent de débuter.
Un petit événement, car c’est la troisième marque créée dans l’histoire
du groupe, après Kérastase et
L’Oréal Paris. En bio, L’Oréal
avait racheté Sanoflore (parapharmacie) en 2006.
Ancrage local rassurant
« Nous avions déjà pris ce virage, mais
l e m a r c h é n ’ é t a i t p a s m û r.
Aujourd’hui, il y a une vraie demande,
Trois ans de hausse
Fin août, sur un an, le rayon hygiène-beauté était en recul de 1,8 %. Photo Patrick Allard/Réa
relève Hervé Navellou, directeur
général de L’Oréal France. Nous travaillions sur ce projet depuis trois ans.
Cela a pris du temps de mettre au
point des produits de qualité à un prix
accessible. Car tout l’enjeu est de
démocratiser le bio. » Pour cette
gamme de 12 références, il en coûtera entre 5 euros pour les gels douche et 14 euros pour l’anti-âge.
Le géant mondial a joué à fond
l’ancrage local, la Provence, avec des
formules à base d’huile d’olive. Des
fruits achetés à un producteur
de Mazan, et pressés dans les vingtquatre heures par le Moulin de la
Balméenne. Un circuit court en
phase avec le développement durable. « Il y avait des interrogations sur
l’efficacité des crèmes bio, et souvent
les textures ou les parfums ne plaisaient pas, souligne Raphaëlle
Sabran-Egasse, directrice marketing de la division grand public
France. Avec la Provençale, nous voulons montrer le nouveau visage du
bio. »
La création de ce label, avec son
côté artisanal, est aussi un moyen
pour le géant mondial de rassurer.
Seul le segment bio connaît une
dynamique. Car il est un vecteur de
réassurance. Il a bondi de 35 % sur
un an, pour la troisième année consécutive. D’où le nouvel intérêt
encore timide des groupes sur un
segment, dominé par les PME. Henkel a ainsi étoffé son offre Vademecum et Unilever avec Monsavon
lance sa première gamme bio (douches, déodorants). « Les PME détiennent 17,5 % de ce marché, c’est-à-dire
trois fois plus que leurs positions dans
la beauté conventionnelle », reprend
l’experte.
Léa Nature, leader de ce rayon,
avec sa marque So Bio profite à plein
de cet engouement. Les ventes de So
Bio ont bondi de 46 % en un an. Le
L’Oréal
a joué à fond
l’ancrage
local,
la Provence,
avec des
formules
à base d’huile
d’olive.
Photo L’Oréal
groupe rochelais estime que les
PME vont continuer de séduire une
partie des clients. « Cette concurrence va permettre d’élargir l’offre, ce
qui devrait amener plus de consommateurs », souligne Marianne
Dupuch-Guillois, directrice marketing enseigne de Léa Nature. Les
marques de distributeur (MDD)
occupent elles aussi le terrain (22 %).
De fait, L’Oréal ne compte pas en
rester là. Après Mixa qui va s’étoffer,
Bébé Cadum et Ushuaia, Garnier
prépare une gamme bio d’ici à la fin
de l’année. « Nous voulons être un
acteur important de cette catégorie et
y apporter notre savoir-faire », insiste
Hervé Navellou. L’hygiène bio
devrait donc poursuivre son ascension. « Si les groupes prennent ce marché à bras-le-corps, avec leur puissance, cela va permettre de rattraper
son retard », estime Emily Mayer.
Car la demande est bien là.
L’Oréal lance Saint-Gervais Mont-Blanc à la conquête du grand public
Le groupe va utiliser toute
sa puissance pour transformer la petite marque
thermale acquise en 2016.
Florence Bauchard
@FBauchard
En rachetant à la fois la marque et le contrat d’exploitation
des thermes, L’Oréal a l’ambition de faire de Saint-Gervais
Mont-Blanc l’un de ses blockbusters. Photo DR
C’est au pied du Mont-Blanc, à
Saint-Gervais, que L’Oréal a trouvé
en 2016 une marque thermale à
l’histoire forte et à vocation globale.
Comme la tour Eiffel ou le MontSaint-Michel, le plus haut sommet
d’Europe porte haut les couleurs de
la France dans le monde.
Si la gamme de cosmétiques
d’une trentaine de références, créée
par le groupe Rivadis à partir des
eaux très riches en minéraux des
entrailles du Mont-Blanc, ne date
que de six ans, ses vertus cicatrisantes sont reconnues depuis plus de
deux siècles, notamment pour les
grands brûlés.
Faute de moyens, la marque, également exploitante des thermes
pendant quinze ans, est restée confidentielle. Distribuée essentielle-
ment dans les grosses pharmacies
de la région Rhône-Alpes et les
fameuses boîtes bleues des maternités et des hôpitaux, elle affiche un
chiffre d’affaires de 3 millions
d’euros. En rachetant à la fois la
marque et le contrat d’exploitation
des thermes, un écosystème complet vecteur d’images sur Instagram, L’Oréal a l’ambition d’en faire
l’un de ses blockbusters.
Comme il a su le faire avec La
Roche-Posay – sa marque thermale
phare avec Vichy – qui, en trente
ans, a vu ses ventes passer de 18 millions à 1 milliard d’euros. « Nous
avons l’intention d’aller plus vite », a
promis le PDG de L’Oréal, Jean-Paul
Agon, en inaugurant en grande
pompe, avec le maire de Saint-Gervais et le sous-préfet de Savoie, le
complexe rénové des thermes, fin
septembre devant 200 personnes,
dont un groupe d’influenceurs chinois !
Car L’Oréal voit grand. Très
grand pour la marque dont il vient
de terminer le relookage, côté packaging et la certification des formu-
lations, en fonction de la réglementation… chinoise, avec une
production qui restera française.
Un label de qualité et de traçabilité
de plus en plus recherché, y compris en Chine.
Simultanément
en France et en Chine
Pas question de procéder par étapes, en complétant peu à peu le
maillage. Surfant sur l’engouement
mondial pour la naturalité,
l’authenticité et le made in France,
L’Oréal a choisi de lancer cette marque à un prix abordable, via la division grand public (L’Oréal Paris,
Garnier, Maybelline). Et ce pour la
première fois simultanément en
France et en Chine, le plus gros marché mondial de soins du corps, où
elle fera son apparition en mars
AVIS FINANCIERS
BNP PARIBAS FLEXI I
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
Siège social : 10, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés
du Luxembourg n° B 117.580
Léa Nature surfe sur le boom du marché
Le leader du bio en France
construit une nouvelle
usine de cosmétiques pour
répondre à la demande.
Un investissement
de 20 millions d’euros.
Léa Nature a décidé de mettre la
gomme. Pour répondre à l’engouement pour le bio, le groupe de
430 millions de chiffre d’affaires
doit achever la construction d’une
seconde usine de cosmétiques d’ici
à la fin 2018. Elle va lui permettre
dès 2019 d’augmenter sa capacité de
production de 40 %, à 21 millions
d’unités. Avant de doubler en 2021.
Ce site, dont l’ouverture est prévue
au printemps, a nécessité un investissement de 20 millions d’euros.
Fondée il y a 25 ans par Charles
Kloboukoff, présent dans l’alimen-
tation et les cosmétiques, Léa
Nature (Ekibio, Jardin Bio, Vitamont, Floressance…) est un acteur
central du bio et du naturel (les produits sans label). Un marché qu’il a
initié dans la grande distribution.
Sa marque de beauté So Bio est en
tête du secteur, avec 28,3 % de part
de marché. « Après la vague bio il y a
quelques années, puis le départ des
industriels, nous sommes restés, aux
côtés de références historiques
comme Mixa, Barbara Gould et quelques marques distributeurs, indique
Marianne Dupuch-Guillois, directrice marketing enseignes. Depuis
2009, les ventes de So Bio ont été multipliées par 8 (à quelque 55 millions
d’euros) avec une vraie accélération
ces derniers mois ».
Depuis le début 2018, la croissance atteint 35 %, portée par les
inquiétudes des consommateurs
vis-à-vis des produits industriels.
Avec une cible large : des Millennials en quête de cosmétiques simples et ludiques, aux femmes de
plus de 40 ans, sensibles à leur composition.
Une offre encore réduite
Reste que ce marché de l’hygiène
bio est encore restreint, avec 54 produits en moyenne contre 3.000
dans le rayon (source IRI). Le segment s’est développé autour des
soins visage, du capillaire et des
produits pour la douche. Mais il ne
propose ni coloration, ni eau de
Cologne. « Il est en construction. Il y
a donc un déficit d’offre, faute
d’acteurs sur certains segments »,
reprend la directrice marketing. Ce
qui freine son développement. « La
demande croit plus vite que l’offre,
insiste Emily Mayer, spécialiste
hygiène beauté chez Iri. En un an, le
nombre de références a progressé de
25 %, tandis que les ventes augmentaient de 35 % ».
Une donne qui va changer avec
l’arrivée de mastodontes comme
L’Oréal. Cette concurrence va aussi
pousser l’innovation. En 2019, So
Bio va lancer un produit de douche,
sans huile de palme, ni dérivés. « Il
faut faire comprendre aux consommateurs qu’il y a aujourd’hui une
vraie offre clean dans les grandes
surfaces, et pas seulement dans les
circuits spécialisés, et la faire émerger », estime Marianne DupuchGuillois. Avec l’ambition que ce secteur atteigne « d’ici 2 à 3 ans, au
moins 10 % du marché ».
— D. Ch.
sous le nom de « La Source Sacrée
du Mont-Blanc ».
Un positionnement inédit comparé à Vichy et La Roche-Posay,
vendues en pharmacie, avec une
tarification correspondante. En
France, le déploiement se fera sur
un millier de points de vente de
« qualité », dont les parapharmacies d’Auchan et de Leclerc, ou le
nouveau concept de Drugstore
parisien développé avec Casino. Un
bon moyen de stopper le déclin des
ventes des rayons hygiène-beauté
en grande distribution.
En Chine, ce sera par contre à
80 % de l’e-commerce. Le modèle
de distribution sera adapté au cas
par cas dans les autres pays. SaintGer vais Mont-Blanc pourrait
d’ailleurs servir de poisson pilote
pour des lancements futurs. n
AVIS AUX ACTIONNAIRES
Luxembourg, le 10 octobre 2018
Madame, Monsieur,
Nous vous informons par la présente de la liquidation de compartiment suivante :
LIQUIDATION DU COMPARTIMENT « BOND EURO FOCUS CORPORATE »
Veuillez noter que, les actifs du compartiment « Bond Euro Focus Corporate » ayant atteint un niveau ne
permettant plus de les gérer efficacement, le Conseil d’administration de la Société décide, dans votre intérêt
et conformément aux dispositions de l’article 32 des Statuts de la Société, de liquider le compartiment le
15 octobre 2018 (Date de la VNI).
Les souscriptions et les conversions dans le compartiment sont clôturées avec effet immédiat.
La valeur de la liquidation sera calculée et validée par le Réviseur d’entreprises le 16 octobre 2018.
Les Actionnaires seront remboursés le 18 octobre 2018.
Les frais de liquidation seront supportés par la Société de gestion.
Les termes et expressions non définis dans le présent avis ont la même signification que dans le Prospectus
de la Société.
Il est recommandé aux actionnaires qui détiennent leurs actions par le biais d’une chambre de compensation
de se renseigner sur les dispositions spécifiques s’appliquant aux souscriptions, rachats et conversions
effectués via ce type d’intermédiaire.
En cas de question, veuillez contacter notre Service clientèle (+ 352 26 46 31 21 /
AMLU.ClientService@bnpparibas.com).
Bien à vous,
Le Conseil d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 // INDUSTRIE & SERVICES
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
marketing
Le Jacquard Français
modernise ses collections
LINGE DE MAISON
Le montant de l’investissement n’est pas encore connu, mais il serait d’environ 45 millions d’euros pour une prise de participation
non officielle de 51 %. Photo Eric Feferberg/AFP
Martin Bouygues met la main
sur le domaine Henri Rebourseau
VIGNOBLE
Déjà propriétaires du
Château Montrose et
du Clos Rougeard,
Martin Bouygues et
son frère Olivier
poursuivent leurs
acquisitions dans les
vignobles prestigieux.
Jean-Francis Pécresse
@jfpecresse
Après Bernard Arnault au Clos des
Lambrays et François Pinault au
Clos de Tart, c’est au tour d’un autre
grand capitaine d’industrie, Martin
Bouygues, associé à son frère Olivier, de mettre un pied au sommet
de la Bourgogne. Selon nos informations exclusives, les deux hommes vont prendre une participation
majoritaire dans un prestigieux
vignoble de la côte de Nuits, le
domaine Henri Rebourseau.
Le montant de l’investissement
n’est pas encore connu, mais, selon
la valorisation du domaine qui circulait ces derniers mois, il est d’environ 45 millions d’euros pour une
prise de participation non officielle
de 51 %. L’opération sera complètement bouclée à la fin de l’année.
Déjà propriétaires des châteaux
Montrose et Tronquoy-Lalande à
Saint-Estèphe, Martin et Olivier
Bouygues ne cessent de développer
la présence du holding familial
SCDM dans les activités viticoles. Ils
avaient déjà mis la main en 2017 sur
le Clos Rougeard à Saumur, une
propriété de 11 hectares aussi atypique qu’emblématique de la Loire,
portée au pinacle par les frères Foucault. Ils possèdent également une
quarantaine d’hectares à Cognac, le
Domaine de Métairie. Cette implantation en Bourgogne s’inscrit dans
une stratégie de moyen ou long
terme : Martin et Olivier Bouygues
n’entendent pas s’arrêter dans ce
qui ressemble à la constitution d’un
petit empire viticole.
Avec 13,8 hectares de vignes
remarquablement situées entre
Gevrey-Chambertin au nord et Vougeot au sud, dont près de la moitié en
grand crus, le domaine Henri
Rebourseau fait figure, à tort ou à raison, de bel endormi. Depuis que
Pierre Rebourseau en a abandonné
la direction au début des années
1980 à son petit-fils Jean de Surrel –
lequel a pourtant mis en œuvre une
viticulture biologique puis biodynamique –, le domaine n’a pas le niveau
de notoriété d’un Armand Rousseau
ou d’un Jean-Louis Trapet.
Intérêt croissant
pour la Bourgogne
Mais le potentiel est considérable,
car Henri Rebourseau possède un
vignoble ancien et des parcelles de
grande valeur : 2,2 hectares superbement exposés en plein Clos de
Vougeot, un demi-hectare à Chambertin ou encore un tiers d’hectare
au Clos de Bèze… Comme ils l’ont
fait au Clos Rougeard, où ils ont
laissé Nady Foucault à la direction
technique, Martin et Olivier Bouygues entendent s’appuyer, au
domaine Henri Rebourseau, sur
Jean de Surrel et ses deux fils, Louis
et Bénigne.
Avec cette opération se confirme
l’intérêt des grands investisseurs
pour la Bourgogne en général et
pour la côte de Nuits en particulier,
là où s’élaborent les plus grands
vins rouges. Après le Domaine des
Lambrays (8,6 ha) acquis en 2014
par Bernard Arnault pour environ
110 millions d’euros, et le Clos de
Tart (7,5 ha) pour lequel François
Pinault a déboursé en 2017 la
somme faramineuse 280 millions
d’euros, c’est la troisième acquisition d’envergure, sur la base cependant d’une valorisation à l’hectare
bien inférieure.
Début 2017, l’homme d’affaires
américain Stanley Kroenke avait
acquis, de son côté, la majorité du
capital du domaine Bonneau du
Martray, situé à Corton et CortonCharlemagne, dans la partie septentrionale de la côte de Beaune. n
Pour séduire les trentenaires,
le spécialiste du linge de
table, filiale du groupe Elis,
se met au goût du jour, tout
en s’intéressant à la salle
de bains et à la plage.
Valérie Leboucq
@vleboucq
Les teintes vives et contrastées
ont été à l’origine du succès des
nappes Le Jacquard Français au
siècle dernier. Comme Descamps l’avait fait avec ses draps,
la PME de Gérardmer (filiale du
groupe Elis, spécialiste de
l’entretien du linge pour le tertiaire) avait substitué la couleur
au sempiternel blanc. Malgré
des hauts et des bas, l’entreprise
vosgienne a vu sa renommée
croître en France et à l’étranger
(Etats-Unis, Japon et Europe de
l’Est). La moitié de ses ventes
(13,5 millions d’euros) vient
d’ailleurs de l’export. La caractéristique est assez rare, pour ne
pas être soulignée.
Mais Le Jacquard s’était un
peu endormi sur ses lauriers. Arrivée aux commandes
l’an dernier, Béatrice Brandt, la
directrice générale, a cherché à
insuffler une brise de modernité. Motifs géométriques,
La force de l’entreprise, ce
sont précisément les 52 métiers
jacquard des Etablissements
Nathan Lévy, fondés en 1883 à
Gérardmer et où tout est encore
fabriqué (exception faite des
foutas de plage sourcées en Turquie). Inventée par le Lyonnais
Joseph-Marie Jacquard, cette
technique de tissage utilisant un
système de cartes perforées permet de reproduire de manière
semi-automatique des motifs
complexes, monochromes ou
en plusieurs couleurs. Les fils
(coton ou lin) composent euxmêmes le dessin, rendant inutile
l’étape de l’impression. « On peut
absolument tout faire sur nos
métiers », vante Béatrice Brandt.
Les tissus jacquard se reconnaissent à leur aspect damassé,
moiré, ou gaufré en « nid
d’abeilles ». Ce dernier procédé,
utilisé jadis pour le linge de toilette, est aujourd’hui réactualisé
et étendu aux articles de plage.
« Aussi absorbantes que l’éponge,
nos serviettes ont l’avantage
d’être plus légères et de sécher
plus vite », remarque-t-elle.
Savoir-faire complexe
« La maison est porteuse d’un
savoir-faire complexe justifiant
des prix plus élevés mais qu’il faut
expliquer aux jeunes générations », souligne Pierre-Edouard
Martial. Consultant chez Nelly
Rodi, il a accompagné la direc-
Les Galeries Lafayette
lancent la campagne d’Eataly
L’enseigne devient avec dix ans
d’avance le magasin qui rompt avec
les hypermarchés, usines à vendre
de la consommation de masse.
« Mange ce que tu cuisines. » Les restaurants sont d’abord là pour goûter
les produits. « La cuisine italienne
est facilement réplicable, contrairement à la cuisine française, qui est
sophistiquée. Notre idée est de proposer les meilleurs ingrédients du terroir,
de montrer comment on les prépare et
de convaincre le client de le refaire chez
lui », raconte le fondateur de l’enseigne. L’assortiment est bio à 60 %.
Eataly est au goût du jour.
Le mégastore de la
gastronomie italienne
ouvrira au printemps
2019 à Paris.
Un concept de distribution au goût du jour.
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
« Ouvrez le 1er avril et dites dans la
publicité : “Eataly ne vend que des
produits français” ! » Oscar Farinetti
est un farceur. Le fondateur sait
mieux que tous que son enseigne
est synonyme de produits du terroir
italien. Et que les Galeries Lafayette,
son franchisé français, comptent
sur l’attrait du prosciutto et des
450 variétés de tomates de la péninsule pour animer le nouvel espace
qu’ils aménagent au cœur du
Marais, à deux pas du BHV, qui leur
appartient aussi.
L’investissement est « significatif », affirme Nicolas Houzé, le
directeur général. Le pari porte sur
30 à 45 millions d’euros de chiffre
d’affaires sur 4.000 mètres carrés.
C’est la moyenne du format, même
si la plupart des 37 Eataly (dans
1 2 p ay s) s’é t a l e n t p l u t ô t s u r
7.000 mètres carrés. A Paris, la
surface de vente sera limitée à
2.500 mètres carrés, et le reste dédié
à une vaste cuisine qui alimentera
sept points de restauration.
L’homme d’affaires italien Oscar Farinetti, a créé son concept
en 2007 à Turin. Paris Sipa
Selon les capitales (New York,
São Paulo, Londres, etc.) le concept
penche tantôt du côté de la restauration, tantôt de celui du supermarché. « Nous pensons que la restauration générera 65 % de l’activité »,
explique Thierry Bart, recruté chez
Elior pour diriger l’Eataly parisien.
Le sous-sol abritera la plus grande
cave de vins italiens de la capitale
avec 1.200 étiquettes. Un patio couvert accueillera un véritable marché de fruits et légumes.
Oscar Farinetti a créé son concept
en 2007 à Turin, près de la petite ville
d’Alba où il a vu le jour. A l’origine, le
nom était « Eat Italy ». La fulgurance
d’une secrétaire l’a raccourci.
« La cuisine
italienne
est facilement
réplicable,
contrairement
à la cuisine
française qui est
sophistiquée. »
OSCAR FARINETTI
Fondateur d’Eataly
« Nous sommes prêts »
pour entrer en Bourse
Oscar Farinetti s’est associé avec
Luca Baffigo, cofondateur qui
détient 20 % du capital, et le fonds
milanais Tamburi Investment Partners (20 %). Le trio a recruté
Andrea Guerra, ancien PDG du
géant de l’optique Luxottica, pour
entrer en Bourse. « Nous sommes
prêts, répète-t-il. Nous attendons que
les conditions de marché soient bonnes. » Ils attendent depuis 2016…
L’attente n’empêchera pas Eataly
d’ouvrir à Paris, mais aussi à Las
Vegas, Toronto, San José et dans la
Silicon Valley. Luca Baffigo pronostique quatre magasins en France,
dont un deuxième à Paris. Le groupe
affiche 600 millions d’euros de chiffre d’affaires. La Chine est la nouvelle
frontière. Oscar Farinetti espère 100
nouveaux points de vente. n
Motifs géométriques et tonalités neutres plus tendance
se sont ajoutés aux collections. Photo DR
tromp e -l’œil carreaux de
ciment, mariage lin/lurex, broderies de cristaux Swarovski… Il
y en a pour tous les goûts. La
palette s’est aussi enrichie de
tonalités neutres, taupe, gris,
noir, plus tendance. Et même le
blanc est revenu dans les collections. « Les jeunes générations
nous associent aux nappes très
colorées de leurs parents et
grands-parents. A nous de prouver que la marque ne se résume
pas à cela et qu’elle peut accompagner tous les moments de vie,
du classique déjeuner du dimanche au tête-à-tête ou au brunch
entre amis », dit-elle.
Torchon collector
Si les nappes, sets, serviettes et
autres chemins de table représentent toujours plus de la moitié de l’activité, la maison s’est
depuis deux ans diversifiée
dans le linge de toilette et de
plage. Elle a aussi ajouté des
accessoires pour la maison,
coussins, plaids, petits plateaux,
assortis aux produits. Ce qui
n’empêche pas le torchon calendrier, devenu collector, d’occuper toujours la première marche du palmarès des ventes.
tion dans sa réflexion. Et c’est
vrai que les tarifs sont haut de
gamme, compris entre 100 et
300 euros pour une nappe. « Ce
qui n’empêche pas nos ventes de
progresser, alors que le marché
du linge reste plat », relève la
directrice générale.
L’arg u ment du made i n
France, mis explicitement en
avant par la marque, de même
que le label EPV (Entreprise du
patrimoine vivant) sont sûrement des « plus » dans le
contexte actuel. Notamment
vis-à-vis des touristes, nombreux à acheter dans les grands
magasins et les deux boutiques
parisiennes. Pour Pierre Edouard Martial, c’est « la
cerise sur le gâteau. Nécessaire
mais pas suffisant si les produits
ne sont pas adaptés au goût contemporain et mal présentés en
boutique ». C’est là souvent que
le bât blesse. Quoique distribuée dans 300 points de vente
en France, la marque souffre de
la disparition de la distribution
spécialisée. Heureusement, se
félicite Béatrice Brand, la boutique en ligne représente à elle
seule « trois boutiques physiques ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
HIGH-TECH
&MEDIAS
La chef du gouvernement de Hong
Kong s’est refusée à dire pourquoi
le territoire avait rejeté le visa
du rédacteur en chef Asie du
« Financial Times ». Victor Mallet
a suscité l’ire des autorités,
à une conférence du Club
des correspondants étrangers.
France TV dresse un
bilan positif de son
nouveau feuilleton
France TV
Paul Yeung/AFP
en
pixels
Renvoi d’un
journaliste du « FT » :
Hong Kong
ne se justifie pas
Takis Candilis, numéro deux
de France TV, s’est félicité des
audiences (plus de 4 millions
de téléspectateurs certains jours)
d’« Un si grand soleil », lors d’une
rencontre avec l’Association des
journalistes médias. S’il avait été
programmé à 18 heures comme
cela aurait pu être le cas, l’audience
aurait été de 1,5-1,8 millions.
30 %
D’après le cabinet d’analyse
Sandvine, Netflix, Youtube
et Amazon Prime représentent 30 % du trafic internet
descendant mondial.
Netflix s’impose devant
Youtube avec 15 % du trafic
contre 11,4 % pour YouTube,
et un peu moins de 4 %
pour Amazon Prime.
Google persiste sur le
marché des smartphones
l Le géant américain a dévoilé mardi à New York ses deux derniers téléphones.
l Pour la première fois, les Pixel 3 et 3 XL seront disponibles en France.
ÉLECTRONIQUE
Raphaël Balenieri
@RBalenieri
Pas question d’être absent en cette
rentrée hautement symbolique,
alors que Google vient tout juste de
fêter ses vingt ans d’existence. Après
le Galaxy Note 9 de Samsung dévoilé
en août puis les nouveaux iPhone
lancés en septembre par Apple, c’est
au tour du géant californien d’agiter
le monde du smartphone. Google a
présenté, mardi à New York, ses
nouveaux téléphones, le Pixel 3 et
son grand frère, le Pixel 3 XL.
Après le Pixel 2 en 2017, ces deux
appareils viennent renforcer cette
gamme de mobiles premium née
en 2016. Les deux modèles embarquent l’assistant vocal Google
Assistant, offrent un espace de stockage gratuit et illimité pour les photos et une fois rechargée pendant
15 minutes, leur batterie tient pendant 7 heures.
Pour la première fois, le Pixel 3 va
être disponible en France, en plus
de douze autres pays, pour
859 euros (et 959 euros pour le
Pixel 3 XL). Jusqu’à présent, les
Pixel étaient surtout réservés au
marché américain. Outre le Google
Store, les téléphones seront désormais vendus dans les boutiques des
opérateurs tricolores (Orange, SFR
et Bouygues Telecom) ainsi que
dans la grande distribution : magasins Boulanger et FNAC-Darty. Egalement lancées ce mardi, la tablette
Pixel Slate et l’enceinte connectée
Home Hub sont, en revanche, vendues seulement aux Etats-Unis.
« Tant que les Pixel de Google
n’étaient pas référencés auprès des
opérateurs télécoms, ni présents en
grande surface, son activité smartphone pouvait paraître anecdotique,
explique Thomas Husson, vice-président du cabinet Forrester à
Paris. Désormais, on voit que Google
accélère dans la commercialisation
en Europe, mais les budgets marketing de Samsung et d’Apple sont tout
de même autrement plus élevés ».
Petit Poucet
Le Pixel 3 est le dernier maillon
d’une longue stratégie sur les smartphones. En 2011, déjà, Google avait
dépensé 12,5 milliards de dollars
pour mettre la main sur l’activité
mobile de Motorola, cédée trois ans
plus tard au chinois Lenovo. Puis,
l’année dernière, Google avait à nouveau cassé la tirelire, cette fois pour
acheter les brevets et la matière
grise du fabricant taïwanais HTC.
Mais par rapport aux trois géants
du secteur (Samsung, Huawei et
Apple), Google est encore un Petit
Poucet sur le marché du smartphone
avec ses propres appareils. En 2017,
selon IDC, Google avait écoulé
3,9 millions de téléphones Pixels,
contre plus de 321 millions pour Samsung, toujours à la première
place. Google est en revanche présent
dans 80 % des smartphones de la planète, via son système d’exploitation
Android. En août, le géant américain
avait d’ailleurs dévoilé la dernière version d’Android, pour pouvoir équiper
ses prochains téléphones.
« Google reste une société logicielle,
basée sur les données. Les téléphones
sont certes une activité en soi qui lui
permet de récupérer davantage de
data. Mais l’objectif n’est pas de capter
10, 15 ou 20 % du marché », explique
Thomas Husson, chez Forrester.
D’autant que le marché, même en
Chine, stagne. En France, les ventes
de smartphones ont, quant à elles,
reculé de 5 % en 2017, selon GfK.
« Google est une marque déjà
archiconnue, mais avec un smartphone, c’est une présence physique
directement dans les mains des utilisateurs, résume de son côté Annette
Zimmermann, analyste chez Gartner. Avec le Pixel 3, Google cherche
aussi à promouvoir la dernière version de son système d’exploitation et
à re s t e r d a n s l a c o u rs e fa c e à
Apple. » n
Le nouveau smartphone Pixel 3 de Google. Timothy A. Clary/AFP
Google et le hardware : les raisons d’un retour en force
Google redouble d’efforts
pour percer dans le
matériel. Ses progrès en
intelligence artificielle
sous-tendent l’offensive.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
et R. B.
Google est une entreprise de logiciels, c’est entendu. 86 % des
110 milliards de dollars de revenus
annuels du groupe proviennent de
la publicité visionnée par les utilisateurs de son moteur de recherc h e , d e Yo u Tu b e , d e G m a i l ,
d’Android…
Les autres activités, que Google
mélange d’ailleurs sans plus de
détails dans ses rapports financiers,
mêlent les services (les ventes
d’applications sur le Play Store, les
abonnements à YouTube ou à son
service de streaming musical…), la
vente d’infrastructures informati-
ques à la demande (Google Cloud)
et le matériel (les smartphones
Pixel, les ordinateurs et tablettes,
les enceintes connectées, les routeurs wi-fi, les oreillettes intelligentes…).
Offensive marquée
En apparence noyée dans la galaxie
Google, cette dernière branche fait
pourtant l’objet d’une attention
renouvelée de la part du groupe.
Sundar Pichai, le patron du géant
américain n’en fait pas mystère
dans ses présentations aux analystes. Cet été encore, il soulignait
l’« excellente dynamique » du
« hardware ». L’an dernier, il donnait cinq ans aux ventes de matériel du groupe pour atteindre des
niveaux significatifs. Dans le
même temps, il rapprochait les
équipes de Nest (la marque sous
laquelle sont vendus ses thermomètres connectés, par exemple) de
celles de Google. Et il mettait plus
d’un milliard de dollars sur la table
pour récupérer quelque
2.000 ingénieurs de chez HTC pour
travailler sur ses propres smartphones.
C’est un vrai retournement pour
le groupe, qui s’y était brûlé les ailes.
Après l’expérience relativement
désastreuse des Google Glass
(relancées en 2017 mais à destination des entreprises) ou la revente à
Lenovo de Motorola pour une fraction de son prix d’achat en 2014,
Larry Page lui-même jurait qu’on
ne l’y reprendrait plus.
Que s’est-il passé ? Google garde
un intérêt certain à développer ses
propres produits. Via les thermostats ou l’enceinte intelligente, il
apprend à mieux connaître ses
clients et à mieux les cibler – son
cœur de métier. Et ce n’est pas tout.
« En alliant le hardware et le
software, Google offre tout un écosystème, explique Thomas Husson, du
cabinet Forrester. Il y a un côté
vitrine. Ces projets permettent des
intégrations plus poussées, des expérimentations plus abouties, à destination des partenaires. »
L’assistant vocal
omniprésent
Les ambitions de Google dans le
hardware semblent aujourd’hui
dépasser largement ce cadre.
Grâce à son avance dans l’intelligence artificielle, notamment sur
Apple, le géant estime être en
mesure de proposer des appareils
qui peuvent enfoncer la concurrence.
Google Assistant est niché au
cœur de tous ses appareils.
L’apprentissage automatique leur
permet de prendre de meilleures
photos, répondre automatiquement aux appels, traduire des conversations en temps réel, etc. Des
usages qui pourraient bientôt faire
la différence au moment de choisir
son matériel. n
Microsoft investit pour booster encore sa pépite LinkedIn
RÉSEAUX SOCIAUX
Le réseau social
professionnel vient
de racheter la start-up
californienne Glint.
Nicolas Richaud
@NicoRichaud
Microsoft continue de muscler
LinkedIn. Racheté 27 milliards de
dollars en juin 2016 par le géant de
Redmond, le réseau social professionnel vient de mettre la main sur
la start-up Glint. Le montant de la
transaction serait compris entre
400 et 500 millions de dollars, croit
savoir CNBC. Valorisé 220 millions
lors de son dernier tour de table fin
2017, Glint a vu le jour il y a cinq ans
en Californie. Comptant près de
200 salariés, cette jeune pousse est
une plate-forme proposant des
outils permettant de mesurer et
d’améliorer l’« engagement » des
salariés au sein d’une entreprise, à
partir notamment de la réalisation
de sondages (sur les conditions de
travail, la culture de l’entreprise, etc.) en interne.
« Nous croyons que Glint a mis au
point les meilleures pratiques RH
modernes que chaque entreprise
devrait mettre en pratique », écrit
Daniel Shapero, l’un des vice-présidents de Microsoft qui supervise
notamment les activités de
LinkedIn, dans un post de blog. Le
PDG et fondateur de Glint, Jim Barnett, sera placé sous sa direction et
les équipes de la start-up vont progressivement être intégrées à celles
de LinkedIn dans les mois à venir.
Avec cette acquisition, Microsoft
entend renforcer l’activité principale
de LinkedIn : les services aux entreprises, qui tirent la croissance et les
recettes du réseau social professionnel. Sur la dernière année fiscale de
Microsoft (exercice clos en décalé à
fin juin), LinkedIn a généré 5,3 milliards de dollars de revenus. Ce qui
représente une hausse de 75 % sur
un an. Le réseau social professionnel
pèse aujourd’hui près de 5 % du chiffre d’affaires global de Microsoft.
5,3
MILLIARDS DE DOLLARS
Les revenus générés par LinkedIn
sur la dernière année fiscale. Ce
chiffre représente une hausse de
75 % sur un an.
Au dernier pointage, LinkedIn
revendiquait 575 millions de membres (à ne pas confondre avec les
utilisateurs actifs mensuels, l’indicateur le plus couramment utilisé
par des groupes comme Instagram, Facebook ou Twitter) à travers le monde et n’a aucun concurrent à sa mesure sur son segment
de marché.
De nombreuses
acquisitions
A ce jour, le réseau social professionnel représente la plus grosse
acquisition dans toute l’histoire de
Microsoft. Sous la houlette de Satya
Nadella, le groupe multiplie les opérations de croissance externe ces
dernières années. Mardi, le groupe
a ainsi investi 200 millions dans
Grab, le concurrent singapourien
d’Uber. En juin dernier, le géant de
Redmond avait surtout signé un
chèque de 7,5 milliards de dollars
pour acquérir GitHub.
Comme pour LinkedIn, le PDG a
fait savoir qu’il voulait que cette
société (qui s’appuie sur une communauté de codeurs qui partagent
et améliorent leurs travaux) continue de fonctionner de manière
indépendante. On ne change pas
une formule qui marche. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // HIGH-TECH & MEDIAS
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
Un an après avoir
levé les 170 millions
d’euros qui l’ont sauvé
de la faillite, SoundCloud mise sur les
services à ses millions
d’indépendants.
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Un peu plus d’un an après avoir
effectué une levée de fonds de
170 millions de dollars qui l’a
sauvé in extremis de la faillite,
S oundCloud p oursuit ses
efforts pour enfin trouver son
créneau face aux Spotify, Apple
Music et YouTube.
Le site de streaming musical
basé à Berlin revient à ses premières amours centrées sur les
millions de remix originaux et
d’artistes indépendants, notamment dans le rap et la musique
électronique, en permettant
désormais à une plus grande
partie de ces derniers d’ouvrir
un magasin virtuel sur la plateforme pour y monétiser leur
présence. Des « centaines de
milliers » d’artistes pourront
ainsi accéder au service SoundCloud Premier pour entre 8 et
16 dollars par mois. Auparavant,
cette offre ouverte il y a quatre
ans – qui a permis à des artistes
comme Chance the Rapper de
se faire une réputation – n’était
accessible que sur invitation.
Alors qu’il a du mal à s’impo-
ser dans le streaming payant, un
segment qu’il a lancé au printemps 2016 mais dans lequel
i l n’a u r a i t r e c r u t é q u e
100.000 abonnés, selon la presse
anglo-saxonne, SoundCloud
cherche ainsi ses propres services à valeur ajoutée pour compléter ses revenus publicitaires.
« Le groupe essaie de solidifier son
modèle économique en se recentrant sur les artistes indépendants
qui ont fait sa réputation », dit
Jean-Charles Mariani, directeur
de la stratégie numérique chez
Universal Music France.
Dur de s’imposer dans
le streaming payant
Les artistes seront éligibles s’ils
arrivent à générer au moins
5.000 écoutes par mois. Ils
pourront alors toucher une partie de la publicité générée par
leurs morceaux et interagir
avec leurs fans. « L’initiative est
intéressante mais le problème est
que la plate-forme génère peu de
revenus », dit un professionnel
du secteur. Il faudra que les
musiciens soient propriétaires
des droits des morceaux en
question, donc b eaucoup
d’entre eux ne seront pas signés
par des maisons de disques.
SoundCloud a été valorisé
150 millions de dollars lors de sa
dernière levée de fonds, contre
700 millions en 2014. Mais il
aurait réussi récemment à générer du cash certains mois, dit
son patron dans une interview
au « Financial Times ». Cela dit,
certains parient toujours sur un
rachat par Spotify à terme. n
STREAMING
La société a annoncé
le rachat d’ABQ
Studios, un studio
de production basé
au Nouveau-Mexique.
Un investissement
de 1 milliard de dollars
sur dix ans.
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Le Nouveau-Mexique va-t-il concurrencer Hollywood ? Netflix a en
tout cas décidé de faire de cet Etat
du sud des Etats-Unis sa base
arrière. La société a annoncé lundi
le rachat d’ABQ Studios, des studios
de production situés à Albuquerque. C’est la première fois que Netflix rachète un tel complexe.
Le total de l’investissement
atteindra 1 milliard de dollars
sur les dix prochaines années. Et
Netflix devrait y créer jusqu’à
1.000 emplois supplémentaires par
an, durant cette période. Un engagement massif, au vu des effectifs
actuel de la société (5.400 employés
au 31 décembre 2017).
Nouvelles productions
Netflix devrait produire, dans ces
studios, des séries qu’il a récemment commandées, « Daybreak »,
une adaptation de la BD de Brian
Ralph, « Chambers », une série
THE WASHINGTON POST
LES ÉCHOS
LES PLUS GRANDS MÉDIAS
SONT CHEZ TEADS
BBC, L’Équipe, The Economist, BFMTV, CNN, L’Express, ESPN, Le Point, Forbes,
Le Parisien, Corriere della Sera, Libération, Welt, 20Minutes, El Pais, Ouest-France,
Business Insider, La Voix du Nord, Reuters, La Depêche du Midi, Vanity Fair,
La Provence, Time...
Touchez 47 millions de consommateurs en France(1) et 1,2 milliard dans le
monde grâce à nos solutions publicitaires full-funnel en vidéo,
display et à la performance.
Source : Mediametrie//NetRatings – Audience Internet Global – France – Juin 2018
MUSIQUE
Netflix va encore accélérer
aux Etats-Unis
(1)
SoundCloud
change de modèle
Netflix devrait créer dans ce complexe jusqu’à 1.000 emplois supplémentaires par an sur les dix
prochaines années. Photo Susan Montoya Bryan/AP/Sipa
avec Uma Thurman, et « Messiah », qui dépeint les réactions du
monde face à la montée d’un personnage qui s’autoproclame messie. Objectif : fidéliser les 130 millions d’abonnés que le service
compte à travers le monde et conquérir de nouveaux clients, après
des résultats qui avaient déçu les
investisseurs, lors du deuxième trimestre.
Les studios d’ABQ Studios, qui
appartenaient jusqu’ici à l’opérateur Pacifica Ventures, ont accueilli
le tournage de plusieurs scènes de
la série « The Avengers », de Marvel, du film « Sicario » ou encore
« The Lone Ranger ». La série « Better Call Saul », exclusivité de Netflix,
y a aussi été tournée. Ils s’étendent
sur un hectare et demi, dans la banlieue d’Albuquerque.
« Nos expériences de tournage ici
nous ont incités à sauter le pas et à
établir un nouveau hub de production, a expliqué dans un communiqué Ty Warren, vice-président de
Netflix, chargé de la production
physique. Les gens, les paysages, les
installations sont fantastiques. »
Avantages fiscaux
Face à la concurrence d’Amazon ou
d’Apple, la société californienne a
décidé d’augmenter la cadence de
ses productions originales. Cette
année, elle devrait ainsi dépenser
8 milliards de dollars en programmes. Il y a quelques semaines, elle
avait aussi annoncé la création de
son premier hub de production
européenne, en Espagne et affirmé
vouloir doubler ses investissements
en France. L’objectif est, à terme, de
présenter un catalogue composé
pour moitié de productions originales.
Les autorités du Nouveau-Mexique se sont montrées, elles, persuasives. Elles ont notamment offert à
la plate-forme des subventions,
dont le montant total serait proche
de 15 millions de dollars. « Après des
années d’efforts pour baisser les
impôts et rendre le Nouveau-Mexique plus accueillant pour les entreprises, nous récoltons enfin des résultats incroyables », s’est félicitée la
gouverneure de l’Etat, Susana
Martinez. n
Ambiance survoltée
pour la Foire du livre de Francfort
ÉDITION
La 70e édition de
la plus grande manifestation mondiale
du monde de l’édition
s’ouvre ce mercredi.
7.300 acteurs
du secteur
issus de 110 pays
comptent s’y rendre.
Véronique Richebois
@VRichebois
C’est dans une atmosphère très
politisée, sur fond de « tempête
populiste », que s’ouvre ce mercredi
la 70e édition de la Foire du livre de
Francfort, la plus grande manifestation mondiale du monde de l’édition, déclinée du 10 au 14 octobre.
Un événement hors-norme relevant plus d’une âpre foire d’empoigne pour l’acquisition des droits
étrangers des auteurs les plus
« bankables » que d’un Salon du
livre classique.
Les rendez-vous s’y enchaînent,
demi-heure par demi-heure, à raison de vingt par jour durant les trois
premiers jours de la manifestation
réser vés aux professionnels.
« Francfort demeure le centre mondial de la vente des droits, le cœur battant du marché », estime Vincent
Monadé, président du Centre national du livre (CNL).
286.000 visiteurs attendus, ainsi
que 10.000 journalistes accrédités
et blogueurs.
La tendance ne devrait même
faire que croître, la Foire du livre de
Francfort multipliant les initiatives
pour jeter des ponts, entre l’industrie classique de l’édition et le monde
des médias et des contenus numériques, afin d’accompagner l’évolution du secteur. La chanteuse virtuelle Maya Kodes s’y produira, tout
comme la « cyborg activiste » espagnole Moon Ribas.
Une mutation réussie
Mais, rançon de son succès, l’aura
culturelle de la Foire du livre de
Francfort en fait une caisse de résonance politique de plus en plus sensible. Ce mercredi matin, le président allemand, Frank-Walter
Steinmeier, ouvrira ainsi la Foire en
participant à un débat sur la
manière de faire face au populisme
« en période de tempête ». Un geste
symbolique et politique, des mani-
festants du parti anti-immigration
AfD ayant prévu de se déplacer.
Cette Foire, que l’on disait morte à
brève échéance il y a une douzaine
d’années sous la pression du numérique (communication instantanée
et transfert de manuscrits en PDF
obligent), est donc en train de réussir sa mue, tout en maintenant ce
qui fait sa force : les contacts
humains.
« Sous l’impulsion d’Internet, qui
nous amène à discuter par e-mail en
permanence, on négocie beaucoup
plus en amont et nous avons conclu
notre accord avant la Foire pour que le
nouveau roman de Guillaume
Musso, “La Jeune Fille et la Nuit”,
sorte à l’été prochain dans les maisons
Hachette aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, confie Philippe Robinet,
PDG de Calmann-Lévy. En revanche,
Francfort demeure irremplaçable
comme lieu de rencontres exclusives.
Chaque année, je consacre toute une
après-midi pour discuter avec mes
éditeurs venus du monde entier. » n
Accompagner
l’évolution du secteur
The Global Media Platform
De fait, tout le gratin des acteurs du
secteur a répondu présent. Editeurs, agents, écrivains et traducteurs, bien sûr… mais aussi adaptateurs d’ouvrages sur grand écran
ou sur jeux vidéo, concepteurs de
livres audio et développeurs
d’applications… S oit au total
7.300 acteurs du secteur issus de
110 pays (en hausse de 3 %), plus de
Le Salon attend 286.000 visiteurs, ainsi que 10.000 journalistes
accrédités et blogueurs. Photo AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
START
UP
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LE RDV
LE BUZZ
La start-up Meditect a remporté
le prix « Best Tech Startup de
l’Année » dans le cadre du forum
d’investissement Start & MeetUP organisé
par le congrès EmTech Europe 2018. La
jeune pousse, qui développe un système
pour surveiller le transport des médicaments des Etats-Unis à l’Europe, a été choisie parmi 9 finalistes, et pourra participer à
l’EmTech MIT, une conférence produite par
le magazine « MIT Technology Review ».
2
MILLIONS D’EUROS
La start-up nantaise Shopopop a bouclé un tour
de table de 2 millions d’euros auprès de Go Capital
et West Web Valley. La start-up développe une
plate-forme de livraison de courses et de colis entre
particuliers et collabore notamment avec Leclerc,
Super U, Intermarché, Auchan et Cora.
Le prochain CryptoMonday, un événement qui rassemble les membres de
l’écosystème blockchain français,
aura lieu le lundi 29 octobre à Paris. Le public
pourra y entendre les interventions de Pierre
Hoffmann, directeur France d’Iota, un registre
distribué en open source créé pour alimenter le
futur de l’Internet des objets, et Philipp Pieper, le
cofondateur et CEO de Swarm Fund, une plateforme de « security token », des actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies.
Devialet dévoile la nouvelle enceinte
et sa stratégie de conquête grand public
nouvelle enceinte, il tombe sous le
charme et comprend qu’il va pouvoir le proposer à ses clients dans
bien plus de magasins.
Et c’est l’effet domino. Suite à cette
rencontre, les équipes Devialet
parcourent le monde en quête de
distributeurs ayant une approche
similaire à celle de la FNAC, pas uniquement basée sur le produit, mais
sur un environnement plus qualitatif. Reactor va se retrouver au
Bon Marché et au Printemps en
France, chez Harrods à Londres
ou Isetan à Tokyo. Autre partenaire
majeur, Microsoft. Dans ses magasins, le géant américain va présenter
Reactor couplé à la X-Box, afin
d’offrir une expérience sonore à la
hauteur de celle proposée par la
console de jeux.
AUDIO
La pépite tricolore sort
le produit le plus
important de son histoire depuis l’enceinte
Phantom en 2015.
Avec un prix inférieur
à 1.000 euros, elle vise
un public plus large.
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Coup de frein sur
les ouvertures de boutiques
Devialet
Caché derrière un petit paravent
noir, c’est un nouveau cœur que l’on
entend battre. La nouvelle enceinte
de Devialet, deux fois plus petite que
sa sœur aînée, Phantom, se dévoilait
au grand public mardi 9 octobre.
Lors de sa présentation à la presse,
elle est apparue puissante mais presque fragile. Avec ses 600 watts, Reactor affiche des caractéristiques techniques dignes de son pedigree. Et,
surtout, le son qui se dégage de ce
petit objet un brin moins rondouillard que ses prédécesseurs
porte la signature de la marque tricolore : aucune saturation, aucune
distorsion et aucun souffle. « Reactor s’inscrit dans la promesse de
Devialet qui est de produire des objets
avec le meilleur son du monde »,
affirme Franck Lebouchard, PDG de
la marque, qui a fêté son dixième
anniversaire l’an dernier.
L’actuel dirigeant a succédé à
Quentin Sannié, cofondateur
emblématique, au printemps
dernier, et vit là son premier lancement. Un lancement qui doit
valider la stratégie de recentrage
de la marque autour de quelques
projets, explique le PDG : « Nous
voulons faire moins de choses, mais
nous donner les moyens de les
Le son de Reactor porte la signature de Devialet : aucune saturation, aucune distorsion, aucun souffle.
réussir. » Reactor est le nouveau
bébé Devialet. Initié il y a trois ans
alors que Phantom se révélait
au monde des audiophiles, il aura
fallu 500.000 heures de recherches et développ ement pour
en accoucher.
Doubler le nombre de
points de vente en six mois
Son prix, 990 euros pour la première version, se situe juste en dessous de la barre symbolique des
1.000 euros et se rend donc accessible à un public encore plus large.
« C’est aussi l’une des missions de
Devialet, rappelle Franck Lebou-
chard. Nous voulons produire le
meilleur son du monde, mais le rendre le plus accessible possible. » De
fait, un réseau de distribution plus
large s’est ouvert.
Pour concrétiser cette étape
de démocratisation, le PDG mise
sur un volume de points de vente
beaucoup plus large que celui
500.000
HEURES
de R&D ont été nécessaires
pour développer Reactor.
en place jusqu’alors. « D’ici à
six mois, nous serons présents dans
1.000 points de vente dans le monde,
ce qui double notre présence », explique-t-il. La taille et le prix de Reactor lui permettent d’être présenté
sur des comptoirs, et plus uniquement dans les cabines dédiées
à la marque – que l’on pouvait
voir à la FNAC, par exemple. C’est
d’ailleurs lors d’un rendez-vous avec
Enrique Martinez, directeur général de FNAC Darty, que Franck
Lebouchard comprend qu’avec ce
nouveau produit il pourra donner
vie à cet élan. En juin dernier, lorsqu’il découvre le prototype de la
Avec ce nouvel objet, Devialet poursuit le rythme de lancement de
ses « innovations de rupture tous les
trois ans », détaille Franck Lebouchard. « Avec les licences qui s’accélèrent par ailleurs, le rythme est soutenu mais tenable. »
Il ne reste en revanche plus de
capitaux et d’énergie engagés dans
la constitution d’un réseau de boutiques physiques en propre. Début
2017, la marque annonçait vouloir investir 30 millions d’euros
pour ouvrir 100 boutiques dans les
deux années à venir. Elles ne sont
désormais qu’une vingtaine, un chiffre qui ne devrait plus augmenter, à
quelques exceptions près, confirme
le PDG : « Notre stratégie concernant
nos magasins est de nous concentrer
sur quelques flagships dans les grandes villes comme New York, Taipei ou
Singapour. Pour délivrer nos objectifs, nous nous appuyons sur nos partenaires, car la croissance y est beaucoup plus rapide. » n
La plage, le milliardaire
et les surfeurs
LÉGISLATION
Vinod Khosla, milliardaire et inventeur du
langage de programmation Java, a été
débouté de sa demande
par la Cour suprême.
Il voulait faire payer
l’accès à la plage par
un chemin traversant
l’un de ses terrains.
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Correspondante à San Francisco
C’est un petit coin de paradis à
50 kilomètres au sud de San Francisco, très populaire chez les surfeurs. Une crique isolée entourée
de falaises, où les vagues de l’océan
Pacifique se brisent sur un rocher
en forme de dent de requin.
Vinod Khosla avait décidé que
lui seul pourrait en profiter. Le
fondateur du fonds de capitalrisque éponyme, connu pour ses
investissements dans Square,
Stripe et Instacart, avait été jusqu’à demander à la Cour suprême
d’examiner son cas. Celle-ci l’a
débouté lundi 1er octobre, obligeant
l’homme d’affaires à demander
un permis à la California Coastal Commission, l’autorité de l’Etat
responsable des côtes maritimes,
pour bloquer l’accès.
C’est la fin d’une saga devenue le
symbole de l’arrogance des élites
de la Silicon Valley dans une société
californienne de plus en plus inégalitaire. En 2008, le milliardaire, qui a
fait fortune en créant Sun Microsystems, l’inventeur du langage de programmation Java, achète une propriété et 36 hectares de terrain à
Martins Beach pour 32 millions de
dollars. Deux ans plus tard, il installe une barrière fermant l’accès à
l’unique route qui mène à la plage et
qui passe par son terrain. Une asso-
ciation de surfeurs porte rapidement plainte contre lui. En 2014,
un tribunal donne tort à l’investisseur, estimant qu’il aurait dû obtenir un permis de la California Coastal Commission pour cadenasser
la porte d’entrée.
Une maison occupée
un mois par an
Pas de quoi décourager Vinod
Khosla, qui s’entête en affirmant que
« le droit constitutionnel protégeant
la propriété privée est en jeu ». Il fait
d’abord appel, puis, quand la cour
d’appel confirme le jugement du
tribunal, il soumet le cas à la Cour
suprême de l’Etat de Californie.
Celle-ci décline son examen en octobre 2017, conduisant l’investisseur à
porter le cas à l’attention de la Cour
suprême des Etats-Unis. Il embauche même Paul Clément, l’ancien
avocat général du président George
W. Bush, pour plaider sa cause.
Dans un document de 151 pages,
il qualifie la loi californienne protégeant l’accès du public aux plages
La saga juridique est devenue le symbole de l’arrogance
des élites de la Silicon Valley dans une société californienne
de plus en plus inégalitaire. Photo Jim Wilson/NYT-Redux-RÉA
d’« orwellienne », car elle exige
l’obtention d’une autorisation pour
construire des résidences et des
commerces le long de la côte. Il
réclame une compensation financière pour droit d’usage de la route
menant à la plage et va jusqu’à
dresser un parallèle avec la saisie
par le gouvernement d’usines et
de mines de charbon durant la
Seconde Guerre mondiale !
L’ironie est qu’il ne fréquente la
maison qu’un mois ou deux dans
l’année, ayant deux autres résidences secondaires, un peu plus au Sud
à Big Sur, et l’autre dans l’Utah. n
Foodvisor
développe
le coaching
nutritionnel
APPLICATION
La jeune pousse
vient de boucler
un tour de table
de 1 million d’euros.
Déborah Loye
@Loydeborah
En 2015, à l’Ecole centrale
Paris, deux étudiants en dernière année ont l’idée originale
de travailler sur la reconnaissance d’images de nourriture
grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle. Guidés par le
potentiel de leur technologie,
Charles Boes et Yann Giret se
penchent, dès la fin de leurs études, sur le marché de l’alimentation, et décident de transformer
leur travail de recherche en
start-up. Avec Gabriel Samain
et Aurore Tran, ils créent Foodvisor, une application permettant d’obtenir les informations
nutritionnelles d’une assiette
en la prenant en photo.
Trois ans plus tard, la jeune
pousse annonce avoir bouclé
un tour de table de 1 million
d’euros, dont 900.000 euros de
prise de capital opérée par Kima
Ventures et des business angels,
et 100.000 euros de subventions
de la BPI.
15.000 utilisateurs actifs
L’application conjugue deux
réflexes contemporains : celui
de prendre sa nourriture en
photo et celui de tenir un « carnet alimentaire » pour maîtriser
ce que l’on mange. « Nous avons
développé le produit durant
deux ans, en sous-marin, indique
Aurore Tran. L’application a été
lancée début 2018 et nous comptons aujourd’hui 15.000 utilisateurs actifs. » Dès 2019, Foodvisor souhaite monter en
puissance en lançant sa version
freemium, pour le moment disponible uniquement sur iOS,
sur Android et en se déployant
sur d’autres marchés tels que la
Grande-Bretagne, l’Allemagne,
l’Italie et l’Espagne.
Les algorithmes développés
permettent d’identifier différents aliments dans une assiette
et d’en donner les caractéristiques nutritionnelles, avec certaines limites. « De la même
manière que l’on ne peut pas
détecter en le regardant si un café
est sucré ou non, notre technologie n’y arrive pas », explique
Aurore Tran. L’utilisateur entre
lui-même ce type d’information. « Puis nous apprenons de
ses habitudes », indique la cofondatrice. La version payante de
l’application permet aux utilisateurs d’avoir accès aux conseils
de diététiciens, à des recettes et à
des programmes pour rééquilibrer son alimentation, perdre
du poids ou prendre de la masse.
Foodvisor fait partie de la
deuxième promotion du
Startup Garage de Facebook à
Station F, et est accompagné
par Apple, qui l’aidera dans la
mise en avant de son application
à l’international. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 //
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
en
direct
IDFM va remplacer
le tram parisien T1
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
nisatrice des transports de la
région parisienne, Ile-de-France
Mobilités (IDFM), va lancer un
appel d’offres portant sur
115 rames de tramway pour
anticiper les prolongements de la
ligne T1 qui relie actuellement
Asnières-Gennevilliers à NoisyLe-Sec en traversant huit communes du nord de Paris. Ces
ÎLE-DE-FRANCE L’autorité orga-
L’incendie lundi d’un entrepôt de
2.000 m2 d’Eiffage à SaintMartin-d’Hères (Isère) a été
revendiqué plus tard par des
anarchistes. Ils reprochent au
groupe de construire des lieux
de captivité (écoles, prisons,
etc.). 70 employés se sont retrouvés au chômage technique.
Shutterstock
PME
&REGIONS
Un site d’Eiffage
brûlé par
des activistes
115 rames, contre 35 actuellement, remplaceront un matériel
mis en service entre 1992 et 1995,
et doivent permettre d’améliorer
l’offre de transports. Accessibles
aux personnes handicapées, elles
devront notamment être silencieuses, lumineuses, équipées de
vidéoprotection numérique et
d’outils d’information voyageurs.
La réalisation de cet appel
d’offres sera confiée à la RATP
dans le cadre de l’expression de
besoins définie par IDFM.
La loi Pacte renforcera le secours
aux entreprises en difficulté
l Entre juin 2017 et juin 2018, le nombre des entreprises en difficulté dépassait encore les 52.000.
l La loi votée, en première lecture mardi soir, veut limiter le nombre de défaillances.
ENTREPRISES
Stanislas du Guerny
— Correspondant à Rennes
Les faillites restent le point noir
de l’entrepreneuriat. D’après les
chiffres de la Banque de France,
52.347 entreprises ont connu un
redressement judiciaire ou une
liquidation entre juin 2017 et
2018. Certes, le nombre de procédures est en baisse de 5,9 %, mais
il reste très important.
Fort de ce constat, les députés
ont voté en première lecture mardi
soir dans la loi Pacte une nouvelle
salve de mesures. Elles visent
notamment à favoriser la détection en amont des entreprises en
difficulté par les administrations.
« Partout sur le territoire va être
mis en œuvre le dispositif nommé
“Signaux Faibles” » explique ainsi
aux « Echos » le député du Doubs,
Denis Sommer, qui a travaillé sur
la loi. Expérimenté en Bourgogne
Franche-Comté, Signaux Faibles
permet d’agréger les données
publiques de l’Urssaf, de la Banque de France, du fisc, des banques et du Conseil régional –
quand les mensualités des avances remboursables ne sont pas
honorées. « La loi permet désormais les échanges d’informations
entre les administrations », continue Denis Sommer. En identifiant le plus tôt possible les entreprises fragiles, des solutions
idoines peuvent être mises en
œuvre. L’an dernier en Bourgogne-Franche-Comté, 9 sociétés
ont été soutenues.
Une fois les entreprises détectées, encore faut-il pouvoir les
accompagner. « Nous venons
d’interroger plus de 2.000 entreprises concernant leur devenir, la
plupart d’entre elles indiquent
qu’elles repensent leur stratégie
seulement quand elles ont le dos
au mur », remarque Elise Tissier,
directrice de bpifrance le Lab,
structure d’accompagnement
des dirigeants. Qui rappelle :
« Plus les dirigeants savent
s’entourer de conseils extérieurs,
mieux ils peuvent résister et anticiper les retournements de
conjoncture. »
Amortir la chute
Mais quand la « mauvaise passe »
vire à la catastrophe économique
et judiciaire, commence alors
pour le dirigeant en faillite un
véritable marathon. La loi Pacte a
donc prévu des mesures pour
fluidifier la pro cédure judiciaire en réduisant à six mois les
clôtures de liquidation des entreprises de taille modeste. Un enjeu
c r u c i a l s e l o n l ’a s s o c i a t i o n
60.000 rebonds, qui accompagne
les patrons dans leur « nouvelle
vie ». « On est le filet de sécurité pour amortir la chute », note
Fr a n c k H é g e l é , l e p a t r o n d e
l’asso ciation, présente dans
24 villes.
Cette année 700 dirigeants auront été suivis. Dans
quatre ans, elle en espère 2.000.
La plupart étaient à la tête d’une
PME – entre 3 et 50 salariés – et
affichaient une longue expérience : ils ont en moyenne
50 ans. « 45 % d’entre eux repartent sur un projet d’entrepreneuriat, les autres choisissent le salariat. Il leur faut douze à dix-huit
mois pour se reconstruire », note
Franck Hégelé. C’est notamment
le cas de Thierry Bosne, qui avait
Après Ekyog, le vêtement Technature se remet
bio-sourcé Marie et Marie de son incendie
Le fabricant de produits
dédiés à la cosmétique
a été victime d’un incendie
accidentel. Le personnel
s’est mobilisé pour que
l’entreprise puisse continuer à produire.
Les vêtements cosmétiques Marie et Marie sont commercialisés
par des vendeuses à domicile. Photo DR
Nathalie Lebas-Vautier a dû
se résoudre à quitter Ekyog
en 2015, faute de moyens
financiers suffisants. Elle
rebondit avec la marque
Marie et Marie, mais aussi
Good Fabric pour les
vêtements éco-conçus.
gammes sur Internet et par le biais
d’un réseau composé d’une trentaine de vendeuses à domicile. Plus question de disposer de
boutiques qui nécessitent des
investissements trop importants. Marie et Marie est incubée
dans la Station F à Paris.
Pendant une décennie, Nathalie
Lebas-Vautier a tenu à bout de
bras Ekyog, son entreprise de
vente de vêtements écologiques.
En 2015, faute de moyens financiers suffisants, elle quitte
l’affaire, cédée à un fonds financier pour un euro symbolique. A
l’époque, son réseau était composé d’une cinquantaine de boutiques en France.
Après un burn-out de près d’une
année, la dirigeante a réussi à
rebondir en créant la marque
Marie et Marie de vêtements cosmétiques. Ils sont enduits de
matières bio, notamment à partir
d’extraits d’huiles essentielles.
« Autant pour Ekyog, j’étais arrivée
trop tôt sur le marché, pour Marie
et Marie, je suis dans le bon tempo »,
indique la dirigeante, qui vend ses
Trouver les bons façonniers
Pour répartir ses risques, Nathalie
Lebas-Vautier complète les activités de Marie et Marie par le cabinet
conseil Good Fabric – 6 collaborateurs – qui aide les entreprises textiles à faire fabriquer des gammes
écologiques.
Référencé GOTS (Global Organic Textile Standard), ce cabinet
installé près de Rennes est à même
de trouver les bons façonniers de
vêtements bio pour des enseignes
comme Monoprix sont livrées
clefs en mains. « J’ai retrouvé un
réel équilibre professionnel. Je rentre, indique encore la dirigeante, de
Mongolie-Extérieure, où nous mettons en place la première filière de
fabrication de cachemire durable
avec la collaboration d’une ONG
locale. » — S. du. G.
Il aura fallu à peine dix-huit mois
p o u r q u e l a s o c i é t é Te c h n a ture fasse reconstruire son usine,
qui a disparu en quelques heures à
la suite d’un incendie accidentel.
« Pendant cette période, indique
Pierre Morvan, le PDG, nous avons
continué de travailler dans des conditions précaires. » Sachant que seule
l’usine a brûlé, le personnel s’est
massé dans les bureaux administratifs. La collectivité lui a trouvé un
local provisoire pour ses stocks,
partis en fumée, alors que la production s’est poursuivie dans la
seconde usine de Technature,
située à seulement quelques kilomètres de son site du Relecq-Kerhuon, près de Brest, où s’est
déroulé le drame.
Le dirigeant a voulu éviter le chômage technique. Mieux, il a continué de recruter pendant cette
développé un petit groupe dans
le bâtiment, liquidé en 2013, et
qui, grâce au soutien de l’association, a créé un cabinet conseil
en assistance à maîtrise
d ’o u v r a g e . O u d e N a t h a l i e
Lebas-Vautier, qui avait perdu
confiance en elle après son
départ de l’entreprise textile
Ekyog qu’elle avait créée avec
s o n m a r i ( v o i r c i - d e s s o u s) .
L’association met à disposition
des coachs et une armée de 700
experts bénévoles, qui inter viennent sur des thèmes très
variés comme le marketing, la
communication ou les finances.
60.000 rebonds, financé par
des mécènes privés comme EY et
des aides publiques, travaille
aussi sur le volet financier. Elle
vient de signer un accord avec
l’association Initiative France
présidée par Louis Schweitzer
« Plus les dirigeants
savent s’entourer de
conseils extérieurs,
mieux ils peuvent
résister et anticiper
les retournements
de conjoncture. »
ÉLISE TISSIER
Directrice de bpifrance le Lab,
structure d’accompagnement
des dirigeants
pour faciliter l’accès aux financements de ceux qui se redressent.
Des prêts sans garantie sont
accordés chaque année par Initiative France à près de
16.000 entrepreneurs. n
Self Signal s’adresse au
financement participatif
période, puisque la société est passée de 120 à 160 collaborateurs.
Stratégie de développement
« Au lieu de réduire la voilure,
nous avons axé notre stratégie sur le
développement », continue Pierre
Morvan. Il a embauché pour remédier à son problème de productivité
en renforçant le contrôle qualité,
mais aussi la logistique et le commercial. Technature a voulu montrer à ses clients sa détermination et
continué d’exposer dans les Salons
professionnels en France et à
l’étranger.
Si l’entreprise a perdu peu de
contrats pendant cette période particulièrement troublée, sa croissance a été ralentie. « Nous avons
terminé l’année 2017 avec un chiffre
d’affaires de 16 millions d’euros
quand nous misions sur 20 millions
d’euros », continue le dirigeant.
5 millions d’euros ont été investis
dans la toute nouvelle usine de
Technature reconstruite en un
temps record. Son dirigeant envisage l’embauche de 20 collaborateurs supplémentaires dans les
douze prochains mois.— S. du. G.
152 particuliers se sont substitués aux banques, réticentes à prêter
à une entreprise ayant déjà connu un dépôt de bilan. Photo Self Signal
Pour acheter une fraiseuse
à commande numérique,
la PME Self Signal a dû
passer par Gwenneg,
le site de crowdfunding.
152 particuliers lui ont
prêté des fonds.
Pas facile de convaincre les banques quand une entreprise a dû
subir un redressement judiciaire
dont elle est pourtant sortie depuis
plusieurs années. Jean-Charles
Jégo, le dirigeant de Self Signal, spécialiste de la fabrication de panneaux routiers et d’enseignes en a
fait la douloureuse expérience.
Rembourser ses dettes
Technature a su gérer les suites de l’incendie de son usine,
continuant de recruter pendant cette période. Photo Dominique Leroux
Face au refus de ses banques de
l’accompagner dans l’achat d’une
fraiseuse à commande numérique,
il s’est adressé au site de crowdfunding Gwenneg, sur lequel il a réussi
en quelques semaines à lever
101.014 euros. 152 prêteurs ont joué
le jeu. « Un stagiaire dans l’entreprise a même misé l’ensemble de sa
rémunération du mois », indique
Jean-Charles Jégo. L’entreprise
avait déposé le bilan en 2010 et
bénéficié d’un plan de continuation lui permettant de rembourser
ses dettes en une décennie. « Jusqu’à l’année dernière, aucune banque ne voulait me suivre, je devais
investir sur fonds propres », dit
encore Jean-Charles Jégo. Compte
tenu de ses résultats positifs depuis
trois ans et de sa forte croissance,
Self Signal, qui réalisera en 2018 un
chiffre d’affaires de 9 millions
d’euros, vient de retrouver un
accompagnement bancaire lui
p e r m e t t a n t d ’e m p r u n t e r
300.000 euros.
« Pour redresser une entreprise, il
faut avoir le moral et positiver », indique encore ce dirigeant. Il a dû
affronter les banques, ses créanciers, l’administration, mais a
réussi à rassurer son personnel.
« J’ai aussi revu notre organisation,
les collaborateurs ont plus de responsabilités et sont autonomes », continue Jean-Charles Jégo.
Avant le dépôt de bilan, l’entreprise employait 110 collaborateurs,
puis a réduit son effectif à 60 personnes. « Nous sommes désormais
remontés à 74 collaborateurs »,
insiste le dirigeant. — S. du. G.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
PME & REGIONS // 29
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
13 %
factures, déclarées non conformes
par les donneurs d’ordre, donnent
lieu à des retards de paiement. La
résolution des litiges prend 44 jours
contre 51 jours un an plus tôt. La
quasi-totalité des secteurs d’activité
ont amélioré la situation.
Jacques Demarthon/AFP
PAYS DE LA LOIRE La députée
DE LITIGES SUR LES FACTURES DES PME
D’après le dernier baromètre des
factures bloquées, publié
aujourd’hui par le Médiateur des
entreprises et Sidetrade, le taux de
litige sur les 2,8 millions de factures
analysées, en baisse, est de 13 %
pour cette quatrième édition. Ces
innovateurs
Pas de prison
à Bouguenais
LREM de Loire-Atlantique Aude
Amadou a regretté la décision
du gouvernement de renoncer
à la construction d’une prison
sur un site de l’Etat à Bouguenais, dans la métropole nantaise.
Un autre établissement envisagé
en Vendée, à La Roche-sur-Yon,
a aussi été exclu par le nouveau
plan prison.
SuperSonic Imagine
va mesurer la viscosité
des tissus par imagerie
chantier trois en un : changement
du ballast, dépose des rails et pose
des nouveaux, à raison de 1 km par
nuit. Idem pour le remplacement
de caténaires. L’enjeu est bien sûr de
répondre aux attentes de la SNCF
concernant la rénovation de son
réseau, un marché estimé à quelque
2 milliards d’euros que se disputent
des entreprises comme Colas Rail
(Bouygues), ETF (Vinci), TSO…
CENTRE
VAL DE LOIRE
Le groupe de BTP
Eiffage se renforce
dans la rénovation
de voies ferrées.
Il reprend le spécialiste de la « suite
rapide », capable de
changer un kilomètre
de voies chaque nuit.
LA TECHNOLOGIE
SUPERSONIC IMAGINE
Date de création : 2005
Directrice générale :
Michèle Lesieur
Chiffre d’affaires :
25 millions d’euros en 2017
Effectif : 170 personnes
Secteur : imagerie médicale
L’enjeu formation
Stéphane Frachet
— Correspondant à Tours
Eiffage construit des voies ferrées,
comme la LGV Bretagne-Pays de la
Loire, ou Figueras-Perpignan, mais
il en répare assez peu. Cela va changer, puisque le géant de la construction vient de reprendre Meccoli, l’un
des derniers acteurs indépendants
de la rénovation de voies ferrées.
Cette ETI familiale avait remporté l’an passé un contrat-cadre de
« suite rapide » pour SNCF Réseau
jusqu’en 2024. La « suite rapide »
désigne chez les professionnels le
fait de remplacer les voies la nuit,
alors que le trafic se poursuit le jour.
La société, implantée à Azay-surCher (Indre-et-Loire), emploie
Supersonic Imagine
Ferroviaire : Meccoli repris par Eiffage
Meccoli emploie 500 personnes et apporte 120 millions d’activité
annuelle à Eiffage. Photo Gael Arnaud
500 personnes et apporte près de
120 millions d’euros d’activité
annuelle à Eiffage. « Le groupe cherche à monter en compétence dans la
rénovation ferroviaire, et Meccoli est
totalement dédié à cette activité »,
indique Xavier Mony, directeur du
pôle génie civil France d’Eiffage.
1 km par nuit
Le bâtisseur de routes et d’immeubles a beau avoir glané quelques
beaux contrats pour l’entretien de
réseaux à l’étranger, comme le tunnel de jonction Nord-Midi à Bruxelles ou la desserte TER de Dakar, il
n’avait pas pu répondre au marché
de suite rapide en France, faute des
ressources suffisantes. Dans la
rénovation à marche forcée décidée
après l’accident de Brétigny-surOrge en 2013, SNCF préconise
cette « suite rapide », qui impose de
remplacer les voies la nuit, alors que
le trafic se poursuit le jour. Meccoli
s’est ainsi doté de locomotives de
Eiffage et Meccoli rencontrent le
même défi sur le vieillissement de
leurs pyramides des âges dans ces
métiers techniques. Eiffage a ainsi
pris part au programme de formation de mécanicien sur machines
ferroviaires au sein du pôle Mecateam à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) sur un ex-site Alstom.
Et Meccoli a lancé en début d’année
une formation commune avec
d’autres acteurs de l’industrie ferroviaire à Tours.
L’autorité de la concurrence doit
encore examiner ce rapprochement. Décision attendue début
2019. Fondée par un immigré italien dans les années 1960, Angelo
Meccoli, père du directeur général
actuel Danilo, l’entreprise de travaux ferroviaires restera une entité
à part entière sur le marché hexagonal de l’entretien de voies,
affirme Eiffage. n
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
Jusqu’alors, SuperSonic Imagine a fondé le succès de son
échographe à ultrasons sur sa
capacité à mesurer, sans palpation, l’élasticité et la dureté d’un
tissu humain. En ajoutant de la
puissance de calcul et plusieurs
innovations protégées par
2 3 f a m i l l e s d e b r e ve t s , l e
nouveau modèle Aixplorer
Mach 30, présenté ce jeudi lors
des Journées francophones de
radiologie qui se tiennent à
Paris, permet désormais de
mesurer aussi la viscosité des
tissus. « Avec cette nouveauté
technologique, nous donnons
Danfoss se dote d’un laboratoire antifeu
de 16 millions d’euros
Le danois, leader
mondial des composants d’équipements
de chaud et de froid,
fait de Reyrieux le QG
international de sa
division compresseurs.
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
Reyrieux plutôt que les Etats-Unis
ou la Chine. Le danois Danfoss,
fabricants de composants de systèmes de réfrigération et chauffage, a
investi 16 millions d’euros près de
Lyon, dans un nouveau laboratoire
en charge de la R&D mondiale pour
sa division compresseurs. A l’origine de cet investissement stratégique pour piloter sa transition vers
les nouveaux fluides réfrigérants :
la nouvelle réglementation européenne sur les frigorigènes, qui programme un retrait progressif, d’ici
à 2030, des gaz « à fort pouvoir
de réchauffement planétaire »,
exprimé selon un indice PRP (ou
GWP en anglais).
Danfoss ne fabrique pas ces gaz
nocifs pour la couche d’ozone mais
les utilise dans ses produits. « Or, la
nouvelle génération de réfrigérants a
le défaut d’être légèrement à hautement inflammable », explique Noel
Ryan, président de Danfoss Commercial Compressors. D’où la
nécessité pour le groupe familial de
5,8 milliards d’euros de chiffre
d’affaires et 28.000 salariés de construire ce nouvel équipement antifeu et anti-explosions.
Salles de fiabilité
Le laboratoire Atex, pilote du
« froid durable », met en œuvre des
normes drastiques sur l’épaisseur
des murs, les matériaux, les détecteurs de fuites, les systèmes d’évacuation et d’alerte, etc. Il dispose de
plus de 50 bancs d’essais pour les
performances énergétiques ou
l’acoustique, ainsi que des salles de
fiabilité pour les tests d’huile et
d’endurance.
« Il y avait d’autres implantations
possibles dans le monde pour tester
les performances de ces gaz alternatifs dans nos compresseurs », souligne le dirigeant, mais le géant danois
a préféré l’Europe « en avance sur les
autres régions du monde en matière
de réglementation ». Et en Europe, le
cœur de l’activité compresseurs se
trouvait déjà dans l’Ain, à Reyrieux,
avec un précédent laboratoire
datant de 2011 (six fois plus petit que
le nouveau de 3.000 m2, inauguré le
20 septembre) et une usine qui sert
le marché communautaire. Le site
accueille 500 salariés. Les activités
du groupe dans son pays d’origine
portent sur d’autres composants,
comme les vannes ou les échangeurs à plaques. n
Logiciels : Inventy mise sur la co-innovation
LA PME À SUIVRE
PACA
Effectif : 100 salariés
Chiffre d’affaires : 14 millions
Activité : logiciels
Christiane Navas
— Correspondante à Nice
Ciblant les grands comptes, Inventy
propose depuis 2012 d’optimiser et
de sécuriser leurs processus
dans l’univers SAP. Opérationnelle
depuis quelques mois, une plateforme d’amélioration continue,
« Performer for SAP », fait appel au
Big Data et à l’intelligence artificielle
pour améliorer les performances.
L’automatisation des diagnostics
permet ainsi de passer au crible
quelque 1.500 indicateurs dans des
délais toujours plus brefs. Reste à
accélérer le déploiement de cette
nouvelle plate-forme. Pour cela,
Inventy, basée à Sophia Antipolis
(Alpes-Maritimes) et déjà implantée
en Amérique du Nord – avec des
bureaux à New York et Montréal –,
en Europe (Londres et Lausanne) et
au Moyen-Orient (Dubaï), a choisi
de s’appuyer sur des partenaires.
« Nous nous engageons ensemble
dans une démarche de co-innovation pour proposer de nouveaux services, soit sur une zone géographique, soit dans un secteur d’activité »,
explique Isabelle Rinaldi, direc-
trice générale du département
Inventy Solutions. Au Canada,
Inventy s’appuie ainsi sur le groupe
Createch et, en Suisse, sur Neo
Technologies, positionné notamment sur le secteur de l’énergie.
Levée de fonds
La PME vient également de signer
avec Atos, le géant français des services informatiques, un partenariat mondial pour quatre ans, « cela
va nous permettre de pénétrer
notamment le marché allemand de
l’automobile, où nous ne sommes
pas encore présents », précise Isabelle Rinaldi. La jeune entreprise a
autofinancé son développement
jusqu’ici. Après avoir réalisé un
chiffre d’affaires de 14 millions
d’euros en 2017, elle vise 16 millions
d’euros pour l’exercice 2018 et vient
de franchir le cap des 100 salariés.
Le projet d’une introduction en
Bourse pour soutenir la croissance
a finalement été reporté. « Nous
avons préféré travailler sur une levée
de fonds de plusieurs millions
d’euros auprès d’investisseurs internationaux, elle devrait être bouclée
d’ici à la fin de l’année », poursuit la
dirigeante. Aujourd’hui, la firme
projette d’ouvrir en 2019 deux
bureaux aux Etats-Unis, dont un
sur la côte Ouest, et un en Asie, à
Shanghai. Elle a aussi des ambitions sur le continent africain – elle
dispose depuis quelques mois d’un
laboratoire à Tunis – afin de se rapprocher de clients potentiels. n
50 machines à fin 2018
Le marché est loin d’être symbolique. Cette affection concerne
environ 5 % de la population en
Europe et 10 % aux Etats-Unis.
Parmi ces patients, un tiers sont
susceptibles de développer des
lésions du foie qui peuvent
s’aggraver en cirrhose ou cancer. Or, à un stade précoce, ces
lésions sont réversibles. Au quatrième trimestre 2018, SuperSonic Imagine espère vendre
une cinquantaine de machines.
Dans sa première version, son
élastographe s’est écoulé à plus
de 2.000 depuis 2009, dont la
moitié en Europe, un tiers en
Asie, essentiellement en Chine,
et le reste aux Etats-Unis. L’an
passé, ces ventes ont rapporté à
l’entreprise 25 millions d’euros
de chiffre d’affaires (+13 %). La
nouvelle génération doit maintenir ce rythme de croissance. n
Lab2U crée une appli
pour la prise de sang
à domicile
Lab2U
AUVERGNE
RHÔNE-ALPES
une autre dimension à l’imagerie
médicale, en multipliant les possibilités pour le radiologue »,
explique Michèle Lesieur, directrice générale de la société cotée
et basée à Aix-en-Provence.
L’appareil devrait notamment ouvrir de nouvelles perspectives au diagnostic de la
NASH, une cirrhose causée par
la consommation abusive de
sucre. Les praticiens pourront,
en particulier, mesurer la teneur
en gras présente dans le foie, le
meilleur indicateur de diagnostic connu. Alors que les premiers traitements médicamenteux sont encore à l’essai.
LE SERVICE
LAB2U
Date de création : 2017
Directrice générale :
Isabelle Piscot
Effectif : 2 personnes
Secteur : santé
Pourquoi n’y avoir pas songé
plus tôt ? Lab2U lance, à Lyon,
son service de prises de sang à
domicile, pour des patients valides qui ne veulent pas perdre
une heure à jeun dans une salle
d’attente. « Rien ne l’interdit »,
souligne Isabelle Piscot, cofondatrice et directrice générale,
qui a mis dix mois à border tous
les aspects réglementaires :
honoraires, remboursements,
confidentialité des données... Lab2U propose une
application gratuite pour les
patients et les infirmières libérales. Pour prendre rendez-vous, il
suffit d’une photo de l’ordonnance, de l’indication de trois
créneaux possibles et d’une
notification de confirmation.
Jusqu’aux résultats envoyés sur
smartphone, nul besoin de sortir de chez soi. Le professionnel
de santé se charge de déposer les
échantillons au laboratoire,
dans le réseau local partenaire.
Quarante cabinets infirmiers
sont déjà inscrits. L’acte et l’analyse sont remboursés, seul le
déplacement reste à la charge
du patient : « 5,80 euros maximum en fonction de la mutuelle »,
assure la directrice générale,
issue du domaine des dispositifs
médicaux comme son associé,
Yves Vignancour, président.
« C’est un tarif attractif pour les
infirmières, quand on sait qu’un
acte de pansement, déplacement
compris, est facturé moins de
9 euros », estime-t-elle.
A Grenoble puis Paris
Jusqu’à présent, seuls les malades dépendants bénéficient
d’une visite à domicile remboursée, qui nécessite l’intermédiaire
d’un tiers pour organiser la coopération, très encadrée, entre les
laboratoires et le secteur libéral.
Ouvert à tous les labos et cabinets volontaires, Lab2U veut
s’étendre aux grandes villes,
d’abord Grenoble, puis Paris. Ce
système permet aux laboratoires, sur lesquels repose le
modèle économique avec des
frais de dossier, d’augmenter
leurs volumes en accédant à la
capacité de prélèvement du secteur infirmier libéral. Il pratique
100 millions de prises de sang
par an en France.— L. D.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 //
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
FINANCE
&MARCHES
LÉGÈRE DÉTENTE
SUR LES TAUX ITALIENS
Le taux italien à 10 ans a terminé
la séance en baisse de 9 points
de base. Il avait dépassé 3,7 % en
milieu de journée, pour la première fois depuis février 2014.
Le ministre de l’Economie,
Giovanni Tria, s’est déclaré
inquiet de ces niveaux de taux,
espérant un retour à la normale
quand le gouvernement aura fait
de la pédagogie sur son budget
auprès des investisseurs.
les
indices
Private equity : la flambée des prix se poursuit
Les salariés appelés à
davantage participer
en cas de LBO
l Dix ans après la crise, les prix
d’acquisition des fonds ont franchi
un nouveau pic en Europe.
l Les gérants deviennent prudents.
CAPITALINVESTISSEMENT
Anne Drif
@Anndrif
L’industrie du capital-investissement est en haut du cycle. Et les
gérants sont loin d’avoir tout vu,
d’après Goldman Sachs. « 2018 est
une année record pour l’industrie.
Dix ans après la tempête financière,
tout le monde se demande quand
aura lieu le clap de fin, déclare Céline
Méchain, responsable de la couverture des fonds au sein de la firme
américaine à Paris. Mais soyons
clairs : même si les niveaux de valorisation sont à leur pic, nous ne voyons
pas vraiment de signe avant-coureur
de ralentissement. »
Cette flambée a gagné les EtatsUnis, mais aussi l’Europe. Depuis
près de deux ans, les prix d’acquisition des fonds dans l’Union européenne (UE) pointent à leur plus
haut historique depuis 2000 : 10,2
fois le résultat brut d’exploitation
(Ebitda) des sociétés. Et les fonds ont
encore les poches pleines. Leur
« poudre sèche », l’argent disponible
pour investir, a franchi un nouveau
pic cette année, à 192 milliards de
dollars, alors que les opportunités se
raréfient. Trois acteurs européens
figurent même au Top 10 mondial
des gérants ayant le plus de cash à
déployer : EQT (19,7 milliards de dollars), Ardian (17,8) et CVC (16,6).
Cet emballement risque de se
poursuivre sous la pression de nouveaux concurrents séduits par les
promesses de rendement à deux
chiffres du non-coté : les family offices, les fonds souverains, les fonds
de pension et les fonds d’infrastructures. Des investisseurs prêts à
payer plus cher, car leurs attentes
de retour, à plus long terme, sont
moins élevées que les 15 à 20 % des
fonds de LBO.
Risques liés aux tensions
géopolitiques
Pour autant Goldman Sachs ne voit
pas de retour à la bulle du LBO de
2007. « Aussi bien les conditions de
dette, que de fusions-acquisitions et le
pipeline embarqué de transactions
sont solides », indique Céline
Méchain. Sur les opérations euro-
péennes, le niveau d’endettement
rapporté au résultat des sociétés n’a
pas encore rejoint le pic d’avant la
crise de 2008 (5,1 fois l’Ebitda versus
6,3 fois). Les acquisitions de première main, c’est-à-dire auprès de
familles ou industriels et non de
fonds, restent majoritaires. François Aguerre, coresponsable de
l’origination chez Coller Capital, se
dit aussi confiant : « Pour l’instant
les signaux d’alerte ne sont pas trop
nombreux en Europe, les politiques
de liquidité soutiennent le marché. »
Mais selon lui, il ne faut pas sous-estimer « le risque d’un retournement
macroéconomique, compte tenu de
la montée des taux et des tensions
géopolitiques ».
Frédéric Stévenin, associé et chef
du comité d’investissement de PAI
Partners, se veut aussi nuancé :
« Les financements sont plus sécurisés. Le montant des intérêts supportés par les entreprises est plus bas,
compte tenu du niveau plancher des
taux sans risque et du quota de dette
qui n’est plus soumis à condition.
Mais cela n’immunise pas contre un
retournement. Les montages seront
surtout plus résistants en cas de correction prochaine des taux et des
marchés actions. »
Les députés ont adopté en
fin de semaine un amendement qui permet aux fonds
de partager une part de
leur plus-value avec les
salariés lors de la revente
de l’entreprise.
La loi Pacte veut intéresser les salariés aux opérations de LBO. Les
députés ont adopté en fin de
semaine un amendement qui permet aux fonds de capital-investissement de partager avec les salariés
la valeur créée lors de la revente de
leur entreprise. « Nous nous sommes longtemps battus pour cette disposition. Dès lors qu’il y aura plusvalue, les salariés seront gagnants. A
défaut, ils ne perdront rien puisqu’ils
n’auront pas à investir », dit Dominique Gaillard, le président de
France Invest.
Une mesure qui intervient en
plein développement de l’actionnariat salarié dans le non-coté.
« Aujourd’hui, tant le management
que les fonds actionnaires se posent la
question de l’association des salariés.
C’est une attente forte », note Caroline Lan chez Mayer Brown. Des
banques, comme Société Générale
ou Crédit Agricole, réfléchissent
même à proposer aux employés des
entreprises sous LBO des prêts pour
acquérir des parts au capital,
comme cela se pratique sur le coté.
Mais le record des prix d’acquisition, dans ce cas précis, appelle à la
prudence. Les performances futures, à la revente de l’entreprise,
seront peut-être plus difficiles à
atteindre. Et les attentes des salariés, comme des dirigeants associés
au capital, plus longues à satisfaire.
Faire grossir la valeur de l’entreprise devient donc plus ardu.
« Dans certains cas, les objectifs ne
sont pas atteints et les processus de
cession sont mis au frigo. Le dirigeant, dont l’intéressement est calibré sur ce plan, se trouve alors
coincé. »
Début de crispation
aux Etats-Unis
D’autres investisseurs, comme Bernard Gautier, membre du directoire
de Wendel, se disent même plus
prudents : « Certains prêteurs commencent à évoquer de nouveau la
mise en place de conditions sur les
prêts. Nous constatons clairement un
début de crispation, notamment aux
Etats-Unis, ce qui se manifeste par
une beaucoup plus grande sélectivité
des entreprises cibles. » De plus, dans
un marché vendeur, les cédants sont
tentés d’enjoliver le plan de marche
des sociétés alors qu’elles sont soumises à de forts enjeux de transformation liés au digital. Enfin, les
fonds doivent se préparer à des
hausses de taux, qui risquent
d’impacter les prix de cessions futures. « Il suffit que 5 % du marché souffre pour que cela entraîne une perte de
confiance », ajoute le dirigeant.
(
Droit de veto sur la dette
La vigilance s’impose aussi sur les
niveaux de dette, estime Claire
Revol, chez Scotto. Les cas de LBO
en difficulté, comme Vivarte, ne
L’éditorial
de Guillaume Maujean
Page 10
sont pas si anciens. « Compte tenu
du haut de cycle, si un retournement
se confirme, les dirigeants ne bénéficient d’aucune protection. Nous
imposons donc systématiquement
dans les négociations sur la gouvernance qu’ils puissent bénéficier d’un
droit de veto si le fonds venait à augmenter le levier de dette au-delà d’un
maximum raisonnable. Les dirigeants sont garants de l’intérêt social
de l’entreprise et engagent leur responsabilité personnelle ».
Ce garde-fou est une protection
pour les salariés actionnaires,
comme la limite d’investissement à
25 % de leur rémunération
annuelle, ou l’abondement de
l’employeur. Mais à la différence
des entreprises cotées, ils n’ont pas
de garantie sur leur capital investi.
« Les plus-values potentielles dans
le LBO sont très attractives. Sur une
trentaine de transactions, on observe
un doublement de la valeur des parts
des salariés sur trois ans. Mais la
prise de risque est réelle », rappelle
ainsi Jean-Philippe Debas, fondateur d’Equalis. Un signal ne trompe
pas selon lui : si le management se
désengage et que les salariés sont
incités pour la première fois à
entrer au capital, mieux vaut rester
en retrait. « Seul problème, les dirigeants ne sont pas toujours transparents sur leurs engagements ».
— A. D.
« Nous nous
sommes longtemps
battus pour cette
disposition. Dès lors
qu’il y aura plusvalue, les salariés
seront gagnants.
A défaut, ils ne
perdront rien
puisqu’ils n’auront
pas à investir. »
DOMINIQUE GAILLARD
Président de France Invest
Morgan Stanley aurait choisi Paris pour sa future MTF
BOURSE
La banque américaine
aurait préféré
les bords de Seine
aux quais de la Tamise
pour sa nouvelle
plate-forme d’échange
d’actions (MTF) afin
de limiter les effets
du Brexit.
Guillaume Benoit
@gb_eco
C’est un mauvais signal pour la City.
Et une reconnaissance pour la
place de Paris. Selon les informations de « Financial News », Morgan Stanley aurait choisi la capitale
française pour implanter sa future
plate-forme multilatérale de négociation (« multilateral trading facility » ou MTF, en anglais). Il s’agit
d’une plate-forme alternative permettant à ses utilisateurs d’acheter
ou vendre des actions, comme sur
une Bourse classique.
« Les MTF proposent généralement des coûts de transaction inférieurs à ceux des opérateurs boursiers traditionnels, et la possibilité
d’exécuter des transactions sur des
valeurs de différentes nationalités au
travers d’une même interface »,
explique Antoine Pertriaux, chez
Cognizant. Ces plates-formes ont
connu un grand essor dans la
seconde moitié des années 2000,
dans le sillage de la libéralisation
des marchés financiers européens
par la directive MIF.
Depuis, le secteur s’est consolidé
autour de quelques grands acteurs,
comme l’américain BATS, qui a
racheté CHI-X, le pionnier européen, ou Turquoise, qui appartient
au London Stock Exchange Group.
Goldman Sachs et UBS possèdent
également leurs propres MTF.
« Après une phase de conquête, les
parts de marché sont restées plutôt
stables, notamment parce que les
opérateurs boursiers traditionnels
ont réussi à combler leur retard en
matière de technologie », analyse
Antoine Pertriaux.
Prendre de l’avance
sur le Brexit
L’arrivée d’un nouvel acteur dans ce
paysage constitue donc une surprise. Tout comme le choix de sa
localisation. Les autres MTF sont
en effet installées à Londres. « En
choisissant dès maintenant de s’ins-
taller hors du Royaume-Uni, Morgan Stanley prend de l’avance sur ses
concurrents, qui devront peut-être
délocaliser tout ou partie de leur activité après le Brexit », souligne
Antoine Pertriaux.
Pour l’instant, le trading ne semble pas être le domaine de la finance
le plus exposé aux conséquences du
Brexit, comparé, par exemple, à la
compensation des transactions.
Néanmoins, les régulateurs européens devraient se montrer particulièrement vigilants sur le lieu où
sont exécutées les transactions,
pour éviter que des activités pouvant affecter la stabilité financière
de l’Union européenne n’échappent
à leur contrôle. Particulièrement
sur la pratique du « back to back »
booking. Il s’agit d’un système de
transfert des risques qui permet de
faire exécuter une transaction par
une entité locale, tout en l’inscrivant sur les comptes de la maison
mère à Londres.
Le choix de Paris, s’il est confirmé, serait une bonne nouvelle. Il
renforcerait le rôle de la France
dans la réorganisation de la finance
européenne. Il pourrait également,
si la nouvelle plate-forme prend
rapidement son envol, attirer des
équipes de traders. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
Les Français résignés à une hausse
des complémentaires santé
Tencent part
à la conquête de la
fintech brésilienne
PARTICIPATION
Le géant chinois
entre au capital de
la start-up Nubank,
son premier investissement au Brésil.
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
En difficulté en Chine, où ses
très lucratifs jeux vidéo sont
dans la ligne de mire du régime
communiste, Tencent pousse
ses pions à l’international. Le
mastodonte de la tech chinoise
vient de débourser 180 millions
de dollars pour entrer au capital de la start-up brésilienne
Nubank, spécialisée dans les
services financiers. Il s’agit du
premier investissement de Tencent au Brésil, la deuxième économie d’Amérique latine.
La taille de l’opération est
modeste au regard des moyens
de Tencent. Selon le site « The
Information », qui a révélé
l’information, le géant chinois
obtiendrait 5 % du capital de
Nubank. Mais la transaction
Les Français redoutent que les prestations entrant dans le champ du remboursement à 100 % ne soient « low cost ». Photo Shutterstock
ASSURANCE
Avec la réforme
du « 100 % santé »,
un grand nombre
d’assurés s’attend à
voir le prix de leur
complémentaire santé
augmenter, selon
une enquête d’opinion.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Les Français ne se font guère d’illusions sur l’impact de la réforme du
« 100 % santé » sur le prix de leur
complémentaire santé. Promise par
Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, cette mesure
phare du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS)
pour 2019 doit garantir à tous, d’ici
à 2021, le remboursement intégral
de certaines lunettes, prothèses dentaires et appareils auditifs.
Dans une enquête d’opinon
publiée ce mercredi par le cabinet
de conseil en santé OpusLine et
l’institut QualiQuanti, 88 % des personnes interrogées pensent que la
mise en place de ce « reste à charge
zéro » va faire augmenter le tarif de
leur complémentaire santé. « Les
Français ont compris que la gratuité
ne peut pas se faire sans payer »,
résume Alix Pradère, la présidente
d’OpusLine. Quand cette mesure
avait été détaillée en juin dernier, le
chef de l’Etat avait toutefois répété
qu’elle devrait se faire sans augmentation « spécifique » du coût de la
complémentaire santé.
Une équation jugée peu réaliste
dans le camp des mutuelles, des
assureurs et des institutions de
prévoyance. Ceux-ci s’attendent en
particulier à faire face à un effet
rattrapage qui pèsera sur la charge
de prestations. Grâce au « 100 %
santé », certains assurés vont
pouvoir s’offrir des soins auxquels
ils doivent aujourd’hui renoncer
pour des raisons financières.
La crainte de prestations
low cost
L’effet sur les tarifs « se fera sentir
à partir de 2020 », estime Alix
Pradère. Alors que la mise en
œuvre du remboursement intégral
sera progressive, « les organismes
de complémentaire santé devraient
faire évoluer leurs garanties pour le
1er janvier 2020 », anticipe-t-elle.
Quant à l’ampleur possible des
hausses de tarifs, « elle est très difficile à évaluer, car l’impact économi-
que de cette réforme va énormément
dépendre du comportement des
assurés », explique Alix Pradère.
« L’impact tarifaire va toucher beaucoup plus les assurés aux contrats
d’entrée de gamme et les retraités »,
ajoute-t-elle.
Sur le principe, la réforme est
jugée « utile » par 90 % des Français. Alors que près d’un Français
sur deux (47 %) a déjà renoncé à des
soins pour des raisons financières
(54 % des 18-24 ans et 52 % des CSP–
et inactifs), celle-là « répond à un
réel problème d’accès aux soins »,
souligne l’étude. Pour autant, les
Français redoutent que les prestations entrant dans le champ du
remboursement à 100 % ne soient
« low cost ». Plus de la moitié
d’entre eux pensent qu’ils ne bénéficieront pas de prothèses dentaires ou d’appareils auditifs de qualité avec cette mesure. Et plus d’un
tiers craignent une baisse de qualité sur l’optique.
Au final, ils sont 55 % à estimer
que leur couverture sera égale ou
moins bonne qu’auparavant. A
peine 12 % des assurés se contenteront du panier de base, tandis que
69 % des répondants se disent prêts
à prendre des options ou à payer
plus cher pour être mieux couverts.
Dans ce contexte, les organismes
« Ce sera
une réforme
excessivement
lourde
pour les acteurs
de l’assurancesanté : elle sera
beaucoup plus
transformante que
ce qu’il n’y paraît
à première vue. »
180
MILLIONS DE DOLLARS
Montant déboursé
par Tencent pour entrer
au capital de la start-up
brésilienne Nubank.
Ce départ est justifié
par la nécessité d’avoir
un nouveau dirigeant
pour accélérer le
développement.
Mouvement surprise chez
Aviva. Le deuxième assureur britannique a annoncé mardi la
démission de son directeur général,
Mark Wilson, qui était aux manettes depuis presque six ans. Arrivé
en janvier 2013 en provenance
d’AIA, le patron néo-zélandais aura
été l’artisan de son redressement, a
salué le groupe londonien.
« Il y a encore à faire pour accélérer
notre développement stratégique et
augmenter la valeur pour les action-
dont la France, son deuxième plus
grand pays après le Royaume-Uni -,
contre 28 auparavant. Il s’est par
ailleurs considérablement renforcé
outre-Manche, avec l’acquisition en
2015 de son concurrent Friends Life
Bilan renforcé
Il a dit
Mark Wilson, qui a abandonné ses
fonctions dès mardi, restera au sein
du groupe jusqu’en avril 2019
pour « accompagner une transition
ordonnée ». Aviva entend nommer
son successeur dans les quatre
mois qui viennent. En attendant
c’est Adrian Montague qui assurera
l’intérim, entouré par trois directeurs exécutifs. Sous la houlette de
Mark Wilson, Aviva aura « renforcé
son bilan » - avec un surplus de capital sous Solvabilité II qui s’élevait à
11 milliards de livres (12,5 milliards
d’euros) à fin juin - et amélioré son
résultat opérationnel, a souligné le
groupe.
L’assureur britannique aura
aussi changé de physionomie. A
l’international, il s’est débarrassé de
plusieurs activités peu rentables ou
non stratégiques. Il n’opère désormais plus que dans 14 marchés -
de complémentaire santé auront
beaucoup à faire en matière de
communication, estime Alix Pradère. Selon elle, ceux-ci devraient
aussi saisir l’occasion pour faire
véritablement évoluer leur offre, en
intégrant davantage de services.
« Ce sera une réforme excessivement
lourde pour les acteurs de l’assurance-santé : elle sera beaucoup plus
transformante que ce qu’il n’y paraît
à première vue », affirme-t-elle. n
La fintech Wirecard espère multiplier
ses profits par six d’ici à 2025
PAIEMENTS La fintech allemande Wirecard spécialisée dans
les services de paiements a annoncé mardi anticiper une multiplication de ses profits par six d’ici à 2025. La société s’attend
ainsi à dégager un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de
l’ordre de plus de 3,3 milliards d’euros grâce à un chiffre d’affaires au moins égal à 10 milliards d’euros. Mardi, le cours de la
société, qui a récemment délogé Commerzbank de l’indice
boursier DAX s’appréciait de 2,40 %. « Tous les chiffres que nous
fournissons représentent le bas de la fourchette », a déclaré le président du directoire Markus Braun. La société compte notamment surfer sur la convergence des paiements réalisés en ligne,
grâce à un téléphone portable et dans les magasins.
Brexit : la Banque d’Angleterre appelle
l’Europe à mieux protéger la finance
dans une opération à 5,6 milliards
de livres. « Quand j’ai rejoint Aviva,
la compagnie était en mauvaise
santé. Aviva est très différent
aujourd’hui. J’ai accompli ce que je
voulais faire et il est temps pour moi
de passer à autre chose », a déclaré
Mark Wilson, âgé de cinquantedeux ans.
FINANCE La Banque d’Angle-
Le cours de Bourse
déçoit
« Quand j’ai rejoint
Aviva, la compagnie
était en mauvaise
santé. Aviva est très
différent aujourd’hui.
J’ai accompli
ce que je voulais
faire et il est temps
pour moi de passer
à autre chose. »
MARK WILSON Ex-DG d’Aviva
Photo AFP
Cet investissement témoigne de
la volonté croissante des géants
de la tech chinoise, comme Tencent et Alibaba, de conquérir de
nouveaux marchés, notamment dans les principaux pays
émergents en Asie du Sud-Est,
en Inde ou en Amérique latine.
U n d e s exe m p l e s l e s p l u s
emblématiques des ambitions
chinoises au Brésil a été la prise
de participation puis le rachat,
en janvier, du leader des VTC 99
par Didi Chuxing.
Tencent est propriétaire de
l’écosystème Wechat, dans
lequel les Chinois peuvent utiliser l’application de paiement
mobile WeChatPay, et les services financiers de WeBank. Il
compte faire profiter Nubank
de son expertise chinoise afin
de lui permettre de « construire
une plate-forme complète de services de finance personnelle », a
indiqué Martin Lau, le président du groupe chinois.
Nubank, qui a lancé une carte
de crédit virtuelle sans frais en
2014, a franchi le cap des 4 millions de clients en 2017. La
start-up, qui a obtenu l’autorisation de pouvoir faire du crédit à
la consommation, teste la mise
en place d’un compte d’épargne
numérique, qui compte déjà
plus de 1,5 million de clients.
en bref
Certains actionnaires avaient toutefois tiqué en mars quand Mark Wilson était entré au conseil d’administration de BlackRock, le géant
mondial de la gestion d’actifs, dont
Aviva est concurrent dans ce
métier. Par ailleurs, le cours de
Bourse de l’assureur déçoit les analystes. Aviva a confirmé être toujours en bonne voie pour atteindre
une croissance du résultat opérationnel par action supérieure à 5 %
en 2018 et un ratio de distribution de
dividende compris entre 55 et 60 %
du résultat opérationnel par action
d'ici à 2020. A la suite de ces annonces, son titre a gagné jusqu’à 2,28 % à
la Bourse de Londres, avant de terminer la séance sur un repli de
0,45 %. — L. T.
Shutterstock
L’assureur britannique
a annoncé mardi
la démission surprise
de son directeur
général, Mark Wilson,
qui aura mené à bien
son redressement.
naires. Nous avons convenu avec
Mark que c’était le bon moment
d’avoir un nouveau dirigeant afin
qu’Aviva puisse exprimer son plein
potentiel », a justifié Adrian Montague, le président non exécutif, cité
dans un communiqué.
Nouveaux marchés
ALIX PRADÈRE
Présidente d’OpusLine
Aviva se cherche un nouveau patron
ASSURANCE
fait de cette fintech, créée en
2013, l’une des start-up les plus
chères d’Amérique latine.
L’o p é r a t i o n v a l o r i s e r a i t
Nubank autour de 4 milliards
de dollars, deux fois le montant
estimé par le cabinet CB Insights en mars dernier.
terre a appelé mardi l’Union
européenne à faire davantage
pour protéger les services
financiers transfrontaliers en
cas de Brexit « dur ». Le secteur des produits dérivés, qui
représente une valeur nominale de 40.000 milliards de
livres, est encore dans l’incertitude des conséquences du
Brexit, si l’Union ne prend pas
de mesures pour assurer la
maintien des règles existantes. Dans l’assurance, d’autres
incertitudes subsistent aussi.
Les Etats-Unis surveillent la baisse
de la devise chinoise
DEVISE Les regards se tournent vers la Chine, à une semaine de
la publication du rapport du département du Trésor américain
sur les pays qui manipulent leur devise. Ce rapport semi-annuel, toujours très attendu, pourrait épingler Pékin, a indiqué
une source officielle à Bloomberg. En effet, le président Donald
Trump surveille les mouvements du yuan. Sa baisse récente
entretient l’idée que le régime chinois mène une politique de
dévaluation compétitive alors que les tensions commerciales
entre les deux pays atteignent des sommets. La pression sur Steven Mnuchin, le secrétaire d’Etat est très forte.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
Les activistes gagnent des sièges
dans les conseils
l Depuis le début de l’année, 174 entreprises ont été prises pour cible
par des fonds activistes.
l Ils ont réussi à nommer 130 administrateurs.
Loeb, n’ont lancé respectivement
que 6 et 4 campagnes chacun.
Parmi les sociétés mises sous
pression par Elliott au troisième
trimestre figurent Nielsen, la
société japonaise d’équipements
électroniques, Alps Electric, ou
l’opérateur britannique de télécoms, Vodafone. Le fonds alternatif, qui n’a pas hésité à s’attaquer à l’Argentine en pleine
faillite, est l’activiste avec le plus
de positions dans le monde
(l’équivalent de 14 milliards de
dollars) devant ValueAct.
FONDS
Laurence Boisseau
@boisseaul
SCOR vient de subir les assauts du
hedge fund CIAM qui le presse de
discuter avec Covea pour se vendre.
Le réassureur français a rejoint la
liste des groupes cibles des activistes. Une liste qui n’a jamais été aussi
longue. Depuis début janvier,
174 sociétés dans le monde ont fait
l’objet d’une attaque, selon une
étude menée par Lazard. Sur la
totalité de l’exercice 2017, elles
étaient 169. Les activistes n’ont
jamais été aussi nombreux à mettre
la pression sur les entreprises. Ils
étaient 130 à fin septembre, contre
109 sur l’exercice 2017, une année
déjà record.
Le troisième trimestre marque
néanmoins un recul d’activité.
45 campagnes ont été lancées par
des fonds, contre 70 environ au
cours de chacun des deux trimestres précédents, sachant qu’il n’y
pas nécessairement d’effet de saisonnalité.
Les capitaux employés pour
construire de nouvelles positions
depuis janvier ont atteint 53,8 milliards de dollars. Cela pourrait
constituer un record si l’activité
continue sur la même tendance au
cours du dernier trimestre. En 2017,
ce sont 62,1 milliards qui avaient été
Gain de cause
dépensés. Plus d’un quart des fonds
se sont attaqués à des groupes de
tech. A l’inverse, les secteurs de la
distribution et de l’immobilier sont
peu recherchés.
Les activistes chassent surtout
aux Etats-Unis : la moitié des entreprises attaquées depuis le mois de
juillet sont américaines. Parmi
elles, les casinos Caesars, le fabricant de soupes Campbell’s, le
groupe de logiciels informatiques
Symantec, ou encore la société
d’études d’audience média Nielsen
ont été pris pour cible. Seulement
neuf sont européennes ou britanniques, comme SCOR, Ryanair ou
Card Factory, spécialiste de la carte
de vœux.
Elliott, le plus offensif
Elliott ressort comme l’activiste
le plus offensif et le plus remuant
au cours des neuf premiers mois
de 2018. Le hedge fund de Paul
Singer a lancé 19 nouvelles campagnes depuis janvier. ValueAct
et ThirdPoint, fondé par Daniel
Fait nouveau de 2018, les activistes
obtiennent plus souvent gain de
cause dans leurs revendications
que par le passé. Depuis janvier,
selon Lazard, ils ont réussi à
nommer 130 représentants dans les
conseils d’administration, soit 57 %
de plus que sur la même période
2017, et 30 % de plus que sur l’année
2017 dans sa totalité. Un record. A
eux seuls, Starboard, Elliott et Carl
Icahn ont gagné 48 % de ces sièges.
Sur ces 130 sièges d’administrateurs obtenus, 111 l’ont été grâce à
des accords conclus directement
entre la direction générale et les
fonds. Seulement 19 ont été gagnés
après de longues et médiatiques
batailles d’actionnaires, dont 10 lors
de l’affrontement entre Elliott et
Vivendi pour le conseil de Telecom
Italia. n
Ils n’améliorent guère le sort des entreprises
à long terme
Les activistes créent
de la valeur dans seulement
un cas sur cinq.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
Maîtres chanteurs ou créateurs de
valeur, les hedge funds activistes
suscitent le débat. Une récente
étude (*) démontre qu’ils n’améliorent guère le sort des sociétés dans
lesquelles ils ont investi à long terme
(de 1 à 2 ans après l’intervention de
l’activiste). Seule une minorité voit
ses performances s’améliorer dans
la durée grâce à leurs interventions,
d ’a p r è s l ’a n a l y s e d e p r è s d e
1.455 cibles sur la période 1994-2011.
Les activistes parviennent à générer de la valeur pour les actionnaires
à long terme dans un cas sur cinq et
seulement quand ils s’attaquent à de
très petites sociétés (dont la capitalisation boursière est inférieur à
40 millions de dollars). L’activisme
est une épreuve de force entre un
hedge fund et sa cible, et plus elle est
petite, plus elle est susceptible de
céder à ses exigences. Or, les fonds
activistes, dont la force de frappe a
grossi, se sont attaqués à des cibles
de taille plus grande au cours du
temps et ont rencontré une
opposition plus grande, et donc
davantage d’échecs.
La grande majorité (80 %) des
sociétés ciblées par les activistes
voient leur cours augmenter à court
terme (une vingtaine de séances),
puis diminuer progressivement et
leur rendement devient négatif
autour de –1,6 % dans les deux ans.
Les analystes financiers qui suivent
la société attaquée par un activiste
ne sont pas plus optimistes sur ses
perspectives bénéficiaires après son
intrusion au sein de son capital. Des
indicateurs comme la marge, le
retour sur investissement, le rendement de l’actif net, l’investissement
en recherche et développement, ne
connaissent pas d’amélioration
notable après l’irruption d’un
activiste.
Marier sa cible
Le seul cas où les activistes parviennent à générer de la valeur
pour les actionnaires, quelle que
soit la taille de leur cible, est dans
les fusions-acquisitions. Lorsque
la société est rachetée grâce à leur
intervention, son cours progresse
en moyenne de 26,4 % sur deux
ans. Imposer un nouveau diri-
geant ou conseil d’administration
n’améliore pas pour autant le sort
de l’entreprise sur le long terme.
« Les activistes ne détruisent pas
pour autant de valeur de manière
systématique », soulignent les
auteurs de l’étude. Leur influence
est globalement neutre sur le long
terme, passé l’emballement du
marché qui peut adhérer à tort au
discours de l’activiste du fait de sa
renommée. Les traders et investisseurs copient les investissements
réalisés par les grands hedge funds
activistes quand ils sont rendus
publics faisant monter les cours
des sociétés ciblées. Un gain boursier qui disparaît avec le temps.
* « Long-Term Economic Consequences
of Hedge Fund Activist Interventions »,
octobre 2018.
Bill Ackman s’attaque à Starbucks
Le gérant activiste
a dévoilé un investissement
de 900 millions de dollars
dans le groupe Starbucks,
qui progressait de 3,8 %.
Bill Ackman, le célèbre gérant du
hedge fund activiste Pershing a
dévoilé sa nouvelle cible lors de la
conférence organisée par Grant’s
à laquelle participait aussi Stanley
Druckenmiller, un des anciens
bras droits de George Soros. Intitulée sobrement « une nouvelle
idée », sa présentation a dévoilé le
nom de l’« heureux élu », le groupe
Starbucks. A cette annonce, le
cours progressait de 1,5 %. Il avait
déjà gagné 3,8 % en début de journée avant la conférence et atteint
le cours de 58,70 dollars.
L’activiste s’attaque à un nouveau poids lourd de Wall Street, la
célèbre chaîne de cafés fondée en
1971. Il a investi près de 900 millions de dollars, soit 15,2 millions
d’actions. Le cours a stagné cette
année et Bill Ackman espère bien
le réveiller. Il a qualifié Starbucks
d’un « des meilleurs business au
monde ». Pour lui, la croissance de
son activité se trouve en Chine du
fait du développement de la classe
moyenne qui prend goût au café.
Une des raisons de la performance
boursière décevante du titre
trouve sa source dans le départ de
son fondateur Howard Schultz.
Charité bien ordonné
Le hedge fund détient des participations dans Chipotle Mexican Grill et
Restaurant Brand international.
Cette année, Pershing a dévoilé des
nouvelles participations dans le
groupe Lowe et dans United Technologies. Il a invité ce dernier, un
des derniers grands conglomérats,
à scinder ses activités (ascenseurs,
climatiseurs, moteurs d’avions). Le
hedge fund gère un portefeuille
concentré sur une dizaine de grandes valeurs. Après trois années de
perte, le hedge fund de Bill Ackman
Bill Ackman, fondateur
du hedge fund Pershing.
Photo Richard Drew/AP/Sipa
Pershing, gagne 15,8 % sur les 9 premiers mois de l’année. Après un
record à près de 16 milliards de dollars fin 2014 grâce à un rendement
de 37 %, ses capitaux sont redescen-
dus à près de 6 milliards de dollars
du fait de ses contre-performances
et départs des clients. Sa fortune
personnelle est estimée à 1,1 milliard de dollars.
Selon Forbes, Bill Ackman, un
grand fan de tennis, a investi 20 millions de dollars dans un projet de
construction d’écoles dans des quartiers défavorisés et mené notamment à l’instigation de l’ancien
champion Andre Agassi. La fondation du gérant activiste a investi dans
de nombreux organismes de bienfaisance mais seulement ceux qui
délivrent des rendements à leurs
bienfaiteurs. Pour lui, c’est un signe
que son argent sera bien géré et efficacement. Ses « placements » dans
les œuvres de charité lui ont rapporté un peu plus de 10 % par an – des
sommes réinvesties dans sa fondation – soit bien davantage que son
hedge fund depuis 2015. Il s’est
engagé à reverser la moitié de sa fortune à des œuvres de charité mais
rentables. — N. A.-K.
LA SÉANCE DU 9 OCTOBRE 2018
Hausse
modeste
de la Bourse
de Paris
Bourse de Paris a clôturé
•surLaune
progression de 0,35 %,
dans un contexte toujours
dominé par les incertitudes
liées à la politique budgétaire
italienne et à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la
Chine. L’indice CAC 40 a progressé de 18,30 points, terminant la séance à 5.318,55 points,
dans un volume d’échanges de
3,47 milliards d’euros. La veille,
il avait cédé 1,10 %. Dans le reste
de l’Europe, la Bourse de Londres a terminé sur une note stable (+0,06 %) et Francfort sur
une hausse de 0,25 %. Aux
Etats-Unis, Wall Street était sur
une pente ascendante en début
de journée. Les indices Dow
Jones et Standard & Poor’s 500
gagnaient 0,1 % et 0,2 % alors
que le marché des valeurs
technologiques du Nasdaq
s’inscrivait en hausse de 0,6 %.
Du côté des valeurs françaises, 26 valeurs de l’indice
CAC 40 ont terminé en hausse
et 12 en baisse. Le secteur
pétrolier et parapétrolier a
profité de la hausse des cours
du pétrole, qui gagnaient
0,7 % à New York, à 74,8 dollars le baril. TechnipFMC a
progressé de 3,81 %, à
26,69 euros et de Total a clôturé sur une hausse de 1,44 %,
à 54,83 euros. Les valeurs bancaires peinaient à rebondir
nettement du fait des incertitudes en Italie. BNP Paribas
gagnait 0,16 %, à 51,23 euros,
et Crédit Agricole SA 0,76 %,
à 12,47 euros. Capgemini s’est
inscrit en hausse de 1,46 %, à
110,9 euros, après l’annonce
du rachat de l’agence Doing,
basée en Italie.
L’OPÉRATION DU JOUR
L’Agence France Tresor lance
la sélection des banques SVT
les appelle les Spécialistes
•enOn
valeurs du Trésor (SVT). Il
s’agit des banques chargées de
placer la dette de l’Etat français.
Un groupe qui compte quinze
établissements français et
étrangers, et qui est renouvelé
tous les trois ans. L’Agence
France Trésor, en charge des
émissions de la France, vient de
lancer son processus de sélection pour les années 2019 à 2021.
Les banques candidates seront
choisies par le ministre de
l’Economie et des Finances, sur
proposition de la directrice
générale du Trésor. Elles auront
été auparavant auditionnées
par un comité présidé par
Christian Noyer, gouverneur
honoraire de la Banque de
France. Ces dernières années, le
nombre de SVT s’est réduit. Ils
étaient dix-neuf en 2015. Ce rôle
offre aux banques une bonne
visibilité sur le marché obligataire mais certaines missions
sont très contraignantes.
en bref
Crédit conso : Banco BPM pourrait
se désengager d’Agos Ducato
BANQUE Banco BPM, troisième banque d’Italie, envisage
de mandater un conseil pour réfléchir à l’avenir de sa filiale
de crédit à la consommation ProFamily et n’exclut pas de céder
sa participation dans Agos Ducato, a écrit lundi soir Reuters
citant une source proche du dossier. Le groupe est majoritaire
chez ProFamily, mais minoritaire à 39 % dans Agos Ducato,
autre acteur de ce marché détenu à 61 % par le Crédit Agricole.
Ces cessions pourraient servir à Banco BPM à compenser pour
partie l’impact de la cession d’un portefeuille de créances
douteuses dont la vente a déjà été lancée.
Une partie du holding de Deripaska
irait dans un trust américain
MATIÈRES PREMIÈRES Pour faire lever les sanctions imposées
par Washington sur les activités d’Oleg Deripaska, l’équipe du
milliardaire russe aurait proposé de transférer une part de sa
holding En+ dans un trust américain, croit savoir Bloomberg.
D’après ce plan qui serait discuté actuellement avec le Trésor
américain, Oleg Deripaska transférerait certaines de ses actions
En+ dans un trust aveugle géré par une banque américaine, ce
qui réduirait de fait la participation sous son contrôle.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
euronext
SÉANCE DU 09 - 10 - 2018
CAC 40 : 5318,55 (0,35 %) NEXT 20 : 12114,61 (0,10 %)
CAC LARGE 60 : 5920,19 (0,32 %)
CAC ALL-TRADABLE : 4175,31 (0,22 %)
DATE DE PROROGATION : 26 OCTOBRE
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
02/05/18 1,7
CAP-GEMINI (CAP) R
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
11/10/17 0,35
ESSILOR INTERNATIONAL (EI) R A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
17/04/18 3,4
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
41,72
679416
290.948.939
111,85
666498
428.301.594
103,76
1306812
776.295.452
25,79
4318689
1.021.903.623
100
262711
106.884.219
23,55
6963990
2.423.655.502
51,37
3601474
1.249.798.561
36,61
597799
366.484.738
109,75
606145
168.817.033
15,64
3894473
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6045167
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65,78
1358306
685.055.200
120,1
448976
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12,695
6046102
2.435.285.011
122,4
686993
358.840.853
530
85503
105.569.412
420,6
318748
126.279.322
282,25
663004
505.028.789
60,24
606369
266.805.751
199,35
444559
560.082.187
CLOT
+ HAUT
+ BAS
41,79
42,03
41,56
112,5
112,6
110,7
102,5
104,38
101,04
26
26,165
25,6
99,06
100,05
98,34
23,51
23,72
23,375
51,23
51,68
50,56
36,28
36,75
36,1
110,9
111,75
108,65
15,33
15,655
15,315
12,47
12,538
12,306
65,64
65,95
65,25
119,8
120,45
117,95
12,81
12,865
12,52
122,3
122,6
120,5
532,4
533,2
521,8
421,9
423,1
415,3
285,7
287,3
280,25
59,84
60,24
59,3
199,6
200
196,7
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 0,22
- 1,58
- 3,35
+ 0,76
+ 6,38
+ 7,5
- 1,08
- 2,23
+ 29,03
+ 1,72
+ 4,59
+ 15,45
- 0,9
+ 0,02
- 25,71
+ 7,89
- 9,59
+ 0,16
+ 1,55
- 24,62
- 0,79
+ 1,74
- 9,23
+ 1,46
+ 5,42
+ 10,4
- 1,95
- 1,79
- 8,97
+ 0,76
+ 3,3
- 18,68
+ 0,29
+ 0,69
- 5,02
+ 0,29
- 6,73
+ 36,7
+ 1,23
+ 4,53
- 11,53
+ 0,08
+ 2,34
+ 17,31
+ 0,64
+ 0,38
+ 24,99
+ 0,41
- 5,66
+ 31,81
+ 1,37
+ 0,55
+ 23,04
- 0,7
- 3,48
- 3,05
+ 0,2
+ 0,2
+ 9,55
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 2,81
48,95
41,3
2,51
+ 7,09
115,25
97,12
2,36
+ 23,49
3,4
111,16
30,19
81,33
1,46
- 4,11
30,765
24,05
- 18,37
130,55
96,7
1,72
- 4,95
27,69
20,495 5,36
- 17,7
68,66
50,06
5,9
- 16,23
45,98
35
4,69
+ 12,14
119,8
97,38
1,53
- 15,02
19,73
12,955
3
- 9,64
15,54
11,105 5,05
- 6,16
71,78
62,24
2,9
+ 35,23
141
87,52
0,48
- 10,64
1,21
14,815 10,62
12,075 2,73
+ 6,39
129,55
105,35
1,25
+ 19,31
614,6
417,9
1,43
+ 15,49
522,4
338,263 0,95
+ 16,42
313,7
232,5
1,19
- 6,78
67,44
59,3
2,11
+ 7,92
214,9
170,3
1,78
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
05/06/18 0,4
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
04/07/18 1,01
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/09/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
20/08/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
24/04/18 1,76
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
103,35
524277
178.978.841
13,6
5335021
2.660.056.599
136,15
646139
265.421.592
21,71
2663632
904.828.213
52,68
639825
235.249.801
71,84
775623
295.722.284
113,95
1203547
443.680.643
35,255
4055536
552.615.876
75,54
1990218
1.251.631.963
65,6
1148019
578.979.025
36,455
3438646
807.917.739
86,6
322248
147.454.887
14,975
3424561
911.151.920
26,2
1383716
452.905.699
54,45
5804198
2.664.312.938
163,82
389600
138.282.967
32,12
2089229
240.253.100
17,05
2153887
565.593.341
80,3
1081010
597.428.682
21,72
2625882
1.305.230.587
SRD
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
AB SCIENCE (AB) g
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
+ 0,19
+ 3,34
- 15,05
- 0,07
- 0,22
- 1,41
+ 1,36
+ 2,91
+ 14,07
- 0,23
- 7,12
+ 5,25
+ 0,69
+ 2,25
- 12,2
- 0,39
- 0,14
- 16,44
- 1,8
- 4,64
+ 29,2
- 2,2
- 2,67
- 30,04
+ 0,08
+ 3,59
- 12,16
+ 1,46
- 11,91
- 0,12
+ 2,4
- 25,56
+ 1,92
+ 2,48
- 14,73
+ 0,2
- 7,41
- 10,82
+ 3,81
+ 8,54
+ 13,67
+ 1,44
+ 5,46
+ 20,39
+ 1,26
- 4,19
+ 1,25
-12,96
- 48,6
+ 2,02
- 1,92
- 12,42
- 0,82
- 0,87
- 1,14
+ 0,05
- 1,01
+ 1,64
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 13,38
130,85
98,04
3,43
- 6,08
15,235
13,315
2,21
+ 4,43
147,75
120,05
0,73
+ 27,69
25,4
16,455 2,45
- 6,76
63,18
48,96
3,79
- 14,68
100,8
69,75
4,96
+ 30,31
122,25
81,04
1,43
- 25,14
48,6
34,06
3,78
+ 5,21
77,98
62,88
4,01
- 7,65
78,56
64,02
3,36
- 15,8
47,505
34,815 6,07
- 21,2
113,05
76
3,11
- 17,61
0,23
22,97 66,01
14,35
0,35
+ 3,25
29,17
22,9
+ 19,08
56,82
43,09
1,17
- 14,18
195,5
162,54
- 47,89
66,48
3,85
31,47
- 18,26
22,29
16,915 4,83
- 6,59
88,8
77,56
2,21
- 3,52
24,87
20,26
2,08
VALEURS FRANÇAISES
OUV
VOL.
NB TITRES
B 4,664
458245
40.789.901
B 6,21
72579
FR0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
ABIVAX (ABVX) g
B 6,69
4546
FR0012333284
10.024.182
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,618
9131
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
ACTIA GROUP (ATI) g
C 5,5
7206
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
ADOCIA (ADOC) g
B 16,42
8609
FR0011184241
6.916.753
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 185,8
54805
FR0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 8,486
8129904
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 58,3
13680
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
AKWEL (AKW) g
B 17
24327
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
ALD (ALD)
A 14,97
111103
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 27,75
12370
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
ALSTOM (ALO) LR
A 39,31
953268
FR0010220475
20/07/18 0,35 222.997.311
ALTAREA (ALTA) g
A 193
2628
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
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A 86,3
76685
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 7,61
1615980
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
2,96
138999
FR0012789667
47.804.841
AMUNDI (AMUN) G
A 63,04
EX-DS 15/03/17
105336
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
APRIL GROUP (APR)
B 12,5
1261
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
ARCHOS (JXR) g
C 0,596
700964
FR0000182479
42.561.334
ARKEMA (AKE) L
A 106,25
209329
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 13,4
6621
FR0000074783
6.651.515
ASSYSTEM (ASY) g
B 28
OPA 24/11/17
6501
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
ATARI (ATA)
C 0,45
5911783
FR0010478248
255.105.360
AUBAY (AUB) g
C 34,5
32437
FR0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
AUREA (AURE)
C 7,7
4606
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,25
600119
FR0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 15,66
2167
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
BÉNÉTEAU (BEN)
A 13,26
79775
FR0000035164
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BIC (BB) G
A 73,5
109670
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C 9,72
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194
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C 2,825
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CGG (CGG) G
C 2,334
3990102
FR0013181864
709.940.718
CHARGEURS (CRI) g
C 18,84
61904
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CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 345,4
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16850
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17/04/18 3,4 180.507.516
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A 5900
21
FR0000079659
07/06/18 180 559.735
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ABC ARBITRAGE (ABCA) g
CLOT
+ HAUT
+ BAS
103,55
104,3
102,85
13,595
13,63
13,5
137,8
138,4
135,5
21,65
22,04
21,45
52,82
53,06
52,2
71,59
72,37
71,3
111,95
114,25
111,45
34,42
35,35
34,06
75,59
75,76
74,73
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65,82
64,46
36,25
36,62
35,955
88,3
88,36
86,36
15
15,045
14,35
26,69
26,77
26,13
54,83
54,9
54,26
165,16
165,54
162,62
32,45
32,7
31,91
17,39
17,44
16,995
79,54
80,34
78,92
21,63
21,72
21,5
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
4,402
4,9
4,35
6,17
6,24
6,17
6,74
6,74
6,56
0,602
0,618
0,602
5,41
5,54
5,41
16,08
16,42
15,9
183,2
186,3
182,9
8,83
8,9
8,364
57,6
58,3
57,5
16,82
17,04
16,7
15,01
15,13
14,95
27,3
27,9
27,3
39,61
39,79
39,17
193,2
194,8
191,8
85,4
86,35
84,25
7,395
7,61
7,335
3,09
3,09
2,96
62,96
63,6
62,58
12,45
12,5
12,25
0,59
0,598
0,57
104,8
106,35
104,25
13,2
13,4
13,2
28,3
28,4
28
0,462
0,473
0,45
32,75
35
31,7
7,5
7,76
7,5
0,235
0,25
0,228
15,76
15,82
15,66
12,98
13,36
12,92
74,7
75
73,3
9,82
9,82
9,71
62,3
65
62,3
57,2
57,8
56,5
3,664
3,7
3,628
29,35
29,55
29,1
20
20,43
19,535
1070
1070
1035
20,2
20,4
20,15
37,24
37,32
36,52
2,8
2,86
2,765
2,358
2,396
2,312
19,69
19,85
18,65
342,7
345,4
338,7
5900
5900
5900
- 6,86 - 47,22
+ 3,77
11,15
- 51,79
3,86
- 0,64 - 1,75
-12,11
7,48
- 3,74
5,95
+ 2,74 - 21,9
-10,13
9,87
- 42,39
6,48
- 30
- 2,9
0,87
- 22,82
0,562
- 1,64 - 22,49
-29,83
9,08
- 24,02
5,41
- 1,35 + 12,06
- 4,74 21,3
- 5,91
13,28
- 1,35 + 15,58
- 3,43 202,6
+ 34,31 156
+ 5,19 - 34,98
+ 6,21 14,51
- 33,71
6,646
- 1,37 + 24,41
-11,11
70,8
+ 13,83 46,2
- 1,06 - 50,1
-14,36 36,8
- 56,4
16,7
+ 16,22
- 4,39 16,93
+ 11,64 12,54
- 1,98 - 16,46
- 4,55 36,1
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+ 1,3 + 14,46
+ 2,78 41,52
+ 10,49 32,79
- 1,13 - 7,16
- 2,72 218,5
- 0,82 178,2
- 1,04 + 22,68
- 1,73 94,4
+ 11,4
69,5
- 2,44 - 40,85
- 7,56 13,681
- 46,44
7,105
+ 3,69 - 12,71
+ 0,65
4,4
- 31,79
2,9
+ 0,13 - 10,88
+ 1,55 77,66
- 9,15
57,74
- 15,31
- 1,58 16,4
- 3,49 12,1
- 3,91 - 9,23
-11,54
1,576
- 16,9
0,57
- 1,37 + 3,2
+ 0,87 112,9
+ 1,4
94,82
- 1,79 - 21,66
- 4,35 17,88
- 28,18
13,16
+ 0,53 - 5,41
+ 5,2
33,05
- 16,47 25,1
+ 1,87 + 28,33
+16,08
0,948
+ 28,33
0,367
- 5,76 - 5,35
-20,32 43,3
- 5,07 31,7
- 1,58 - 12,89
+ 0,54
9,3
- 6,83
6,94
- 6
+ 11,9
+21,13
0,477
+ 46,88
0,172
+ 0,25 - 30,88
-14,35 23,1
- 29,3
15,5
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- 3,85 23,2
- 11,7
12,38
+ 1,84 - 18,5
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+ 0,51 - 28,79
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16,2
- 11,13
9,5
- 4,74 - 16,59
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4,798
- 10,46
3,552
+ 0,17 - 33,41
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+ 1,91 - 15,75
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- 2,27 - 7,59
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3,611
+136,99
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+ 3,15 + 54,34
+ 8,76
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+ 28,61
1,295
+ 4,07 - 22,2
-15,13 28,64
- 23,09 18,65
+ 0,18 + 12,53
- 2,97 383,8
+ 26,43 291,6
- 17,37
- 9,23 7550
- 13,38 5900
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
CLARANOVA (CLA) g
C 0,945
0,928
3126073
0,945
393.613.788
0,905
A 20,6
20,62
285826
20,72
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
20,46
COFACE (COFA) g
A 7,8
7,78
115775
7,93
FR0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
7,75
COLAS (RE)
A 176,4
175,6
454
176,4
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
174,2
COVIVIO (COV) G
A 86,4
86,95
113665
87,85
FR0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
85,85
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 25,1
25,1
1273
25,3
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
25
DASSAULT AV. (AM) G
A 1521
1459
8196
1524
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
1459
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 120,1
119,8
448976
120,45
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
117,95
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 32,1
31,78
129754
32,72
FR0010417345
30.006.352
31,22
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,32
4,336
304638
4,37
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
4,26
DEVOTEAM (DVT) g
C 104
104,8
5290
105,2
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
102,6
DNXCORP (DNX) g
C 6,66
6,7
1080
6,7
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
6,64
EDENRED (EDEN) G
A 32,69
32,74
537178
32,81
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
32,22
EDF (EDF) LR
A 15,415
15,28
EX-DS 7/03/17
2219671
15,465
FR0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
15,17
EIFFAGE (FGR) LR
A 93,9
92,96
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93,94
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
92,32
EKINOPS (EKI) g
3,62
3,57
52127
3,69
FR0011466069
21.529.161
3,55
ELIOR (ELIOR) G
A 12,7
12,85
291522
12,91
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
12,61
ELIS (ELIS) G
A 18,45
18,08
347768
18,45
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
17,89
EOS IMAGING (EOSI)
C 4,195
4,14
12099
4,195
FR0011191766
22.641.483
4,14
ERAMET (ERA) Gg
A 84,45
84,2
65277
86,95
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
82,5
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 7,9
7,53
65138
7,925
FR0011471135
17.940.035
7,48
ESI GROUP (ESI) g
C 38
37,95
3196
38
FR0004110310
5.955.072
37,2
EURAZEO (RF) G
A 66,85
66,3
148687
67,2
FR0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
65,95
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,03
3,13
4010
3,13
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
3
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 438,2
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439
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
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EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,71
7,82
202504
7,885
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
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EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 22,06
22,41
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FR0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
21,72
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 96,8
95,4
191
96,8
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
95,4
FAURECIA (EO) G
A 48,3
48,4
648342
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FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
47,77
FFP (FFP) g
A 110,6
108,8
9518
110,8
FR0000064784
22/05/18 2 25.072.589
107,4
FIGEAC AERO (FGA) g
B 13,64
13,54
6425
13,64
FR0011665280
31.839.473
13,5
FIN. ODET (ODET)
A 796
794
44
796
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
784
FNAC DARTY (FNAC)
A 62,05
60
89651
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FR0011476928
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59,65
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 58,8
59,4
1122
59,6
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
58,4
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A
/081018
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,24
2,22
1,06
1,22
1,78
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1,27
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1,02
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1,52
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FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
C 1,13
N/P REGR.
20809
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,159
1038873
FR0000079634
01/10/01 0,1 151.685.385
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NL0000400653
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GENFIT (GNFT) G
B 18,65
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GENSIGHT (SIGHT)
C 1,8
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FR0013183985
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1,45
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78.204.326
GETLINK (GET) LR
A 11
1251261
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 18,7
15271
FR0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
1,13
1,13
1,13
0,152
0,159
0,151
137,3
138,7
135,5
50,06
50,16
50,06
18,63
19
18,33
1,84
1,88
1,77
1,396
1,45
1,352
11,055
11,105
10,905
18,34
18,7
18,02
+ 0,16
+17,32
+ 87,1
+ 0,19
+ 5,15
+ 3,72
- 0,13
- 2,63
- 18,02
+ 0,11
+ 3,29
- 6,57
+ 0,93
- 3,17
+ 1,34
+ 89,39
1,223
0,491
+ 7,09
21,62
18,41
- 12,72
10,76
7,5
- 3,25
192
167,4
- 7,97
97,3
84,6
- 12,3
- 3,83 29,9
- 12,54 24,5
- 3,51 + 12,41
- 5,81 1729
+ 6,07 1267
+ 0,29 + 35,23
- 6,73 141
+ 36,7
87,52
- 0,63 - 24,14
-16,1
47,38
- 60,42 28,54
+ 0,46 - 52,41
- 5,29
9,18
- 51,1
4,26
- 0,57 + 40,01
- 5,92 119
+ 28,12 72,5
+ 0,3 + 7,2
+ 8,06 10
+ 5,68
5,8
+ 0,4 + 35,4
- 3,16 35,95
+ 38,7
23,74
- 0,55 + 46,64
+ 5,38 15,78
+ 43,54
9,832
- 0,96 + 1,77
- 4,5 101,7
+ 5,61 87
- 1,65 - 23,72
+14,24
5,49
- 38,13
3,1
+ 1,74 - 25,4
- 3,24 19,71
- 44,73
11,59
- 1,31 - 21,44
- 9,6
23,94
- 20,07 17,89
- 1,31 - 13,39
+ 7,12
5,92
- 2,13
3,49
+ 0,18 - 14,98
+25,2 167,2
+ 31,56 66,75
- 2,08 - 59,3
-13,94 19,57
- 70,81
7,28
- 1,17 - 18,39
-11,44 48
- 2,44 34,3
- 0,97 - 9,59
+ 3,27 82,286
- 10,3
63,5
- 10,57
+ 1,29
3,61
- 12,57
2,95
- 2,15 - 15,52
- 8,3 545,5
- 21,38 382,2
+ 1,36 - 23,71
+ 5,96 11,78
- 36,5
7,17
+ 2
+ 16,14
+ 9,75 23,11
- 6,39 15,275
- 1,45 - 17,76
- 2,05 125,5
- 12,07 87,8
+ 0,73 - 25,69
- 6,35 76,98
- 21,82 47,28
- 1,81 + 8,47
- 1,27 120,4
+ 1,68 94,5
- 0,59 - 28,32
- 7,13
19,5
- 33
13,14
+ 0,25 - 19,47
- 4,8 1090
- 14,62 782
- 4,23 - 40,42
-16,08 106,6
- 27,45 59,65
+ 8,77
- 1,33 63,4
+ 6,26 54,4
- 22,85
- 5,03 565
- 26,62 376
1,14
1,125
- 0,98 + 68,89
-5
0,32
- 5
0,09
+ 0,51 - 10,79
- 6,47 161,9
+ 1,85 135,5
- 0,2 + 1,13
- 0,6
50,38
+ 38,27 49,1
+ 0,16 - 22,12
-18,43 28,28
- 24,08 18,33
+ 2,22 - 70,23
-15,21
7,68
- 63,49
1,76
- 4,65 - 15,9
- 3,46
2,08
- 4,38
1,352
+ 0,05 + 3,13
+ 0,73 12,49
+ 7,33 10,11
- 1,93 - 22,85
-19,4
27,072
- 34,01
17,94
4,07
4,37
4,67
1,05
0,48
3,23
0,86
20,9
1,89
0,98
2,15
3,27
2,05
2,73
1,89
4,79
0,56
1,94
5,4
1,66
2,27
1,84
0,13
1,85
4,21
11,88
2,71
3,54
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
GROUPE CRIT (CEN) g
B 64,3
4016
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,255
EX D S 13/06/17
11262
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 12,92
3182
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
GROUPE LDLC (LDL) g
C 15,6
NOM.
2863
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
22,6
REGR.
248
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
GTT (GTT) Gg
A 67,75
85409
26/09/18 1,33 37.028.800
FR0011726835
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 11,1
18503
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
HIGH CO (HCO) g
C 4,9
16835
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
HUBWOO (HBW) g
C
FR0004052561
ICADE (ICAD) G
CLOT
+ HAUT
+ BAS
63,3
64,5
62,6
0,258
0,259
0,255
12,78
12,94
12,66
15,44
15,66
15,34
23,2
23,2
22,6
67,1
67,85
66,5
11,06
11,28
11,04
4,8
4,9
4,75
136.345.527
A 75,7
76,35
72204
77,2
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
75,25
ID LOGISTIC (IDL) g
B 156
151,4
4859
156,6
FR0010929125
5.628.475
141,2
ILIAD (ILD) G
A 100,95
99,18
291896
101,35
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
98,14
IMERYS (NK) G
A 60,1
59,5
122559
60,1
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
58,6
INGENICO GROUP (ING) LR
A 64,38
64,5
428371
65,1
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
63,62
INNATE PHARMA (IPH) g
B 5,08
5,01
447833
5,245
FR0010331421
57.600.100
4,914
INSIDE SECURE (INSD)
C 2,45
2,415
111544
2,555
FR0010291245
44.119.162
2,41
INTER PARFUMS (ITP) g
B 41,8
41,75
27069
42,05
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
41,1
IPSEN (IPN) G
A 133,9
131
298914
135
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
129,55
IPSOS (IPS) G
A 25,9
26,68
78891
26,98
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
25,54
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 18,8
18,5
27401
19
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
18,38
JCDECAUX (DEC) G
A 31,02
30,06
200646
31,5
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
29,78
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 36,72
36,52
21993
36,96
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
36,1
KLEPIERRE (LI) LR
A 29,6
29,77
574232
30,02
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
29,45
KORIAN (KORI)
A 31,5
32,22
170884
32,3
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
31,28
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 40,25
40,39
60077
40,82
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,25
LAGARDÈRE (MMB) G
A 25,97
25,67
404632
26
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
25,6
LATECOERE (LAT) g
C 3,79
3,72
129496
3,8
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,7
LE BÉLIER (BELI) g
C 34,9
35,3
4465
35,65
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
34,9
LNA SANTÉ (LNA) g
B 50,9
50,3
11080
51,6
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
49,2
LECTRA (LSS)
B 21,65
20,95
22540
21,85
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
20,05
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 35,8
35,5
1525
35,9
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
35,4
LISI (FII) g
A 28,8
27,9
13178
28,9
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
27,8
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 12,62
12,96
24295
13,24
FR0000038242
15.884.557
12,5
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 17,35
17,56
197095
17,74
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,23
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 23,66
23,56
78484
23,84
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
23,26
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 37,75
37,7
3468
37,8
37,6
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 28,7
28,85
14960
28,95
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
28
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 4,56
4,49
44016
4,56
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,33
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,82
2,8
40920
2,835
FR0010609263
23.147.338
2,795
MERCIALYS (MERY) g
A 13,37
13,44
177721
13,6
FR0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,3
MERSEN (MRN) g
B 27,45
27,8
51426
28
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
27,4
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,99
1,98
11046
2
FR0004177046
23.261.500
1,978
NANOBIOTIX (NANO) g
B 15,13
15,48
127031
15,85
FR0011341205
19.633.373
15,13
NATIXIS (KN) LR
A 5,73
5,684
3647830
5,754
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,654
NETGEM (NTG) g
C 1,4
1,405
1767
1,42
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,4
NEXANS (NEX) G
A 25,1
25,99
487951
26,05
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
25,1
NEXITY (NXI) G
A 46
46,46
91501
46,58
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
45,96
NICOX (COX)
B 6,23
6,15
58159
6,28
FR0013018124
22.869.669
6,13
NRJ GROUP (NRG) g
B 8,1
8,3
6658
8,3
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,1
OENEO (SBT) g
B 10,12
9,85
27530
10,18
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
9,65
ONXEO (ONXEO) g
B 1,05
1,05
45894
1,06
FR0010095596
50.914.722
1,05
ORPÉA (ORP) G
A 102,45
102,75
222373
102,9
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
99,1
PARROT (PARRO) g
B 4,51
4,48
11391
4,545
FR0004038263
30.174.671
4,46
PHARMAGEST INT. (PHA)
56,5
56,7
2904
56,8
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
56,2
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 25,5
25,9
6789
26,2
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
25,3
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,81
1,78
57493
1,81
FR0011950641
21.606.363
1,744
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 29,21
28,83
306248
29,21
FR0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
28,44
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 11,38
11,12
DIV 8 02/05/17
34934
11,38
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
11,1
PSB INDUST. (PSB)
C 47,9
47,5
82
47,9
FR0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
47,5
RALLYE (RAL)
A 9,9
9,645
79558
9,9
FR0000060618
30/05/18 1 54.999.135
9,585
RECYLEX SA (RX)
C 7,54
7,585
22102
7,69
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.747.482
7,455
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 109
109,3
84069
109,6
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
107,9
REXEL (RXL) G
A 12,7
12,64
937014
12,815
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
12,555
ROBERTET SA (CBE)
B 390
390
C.I.P.
25
390
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
390
ROBERTET SA (CBR)
B
/121016
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH)
A 36,15
35,75
53105
36,5
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
35,55
RUBIS (RUI)
A 47,22
47,5
DIV 2 28/07/17
134728
47,82
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
46,82
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 111,4
109
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67,4
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144,9
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142,9
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BPA
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- 4,1
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+ 45,3
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+ 0,84
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175,9
141,6
1,9
3,16
0,39
2,37
3,99
1,19
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEQUANA (SEQ)
C 0,338
438309
FR0011352590
65.183.351
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B 27,8
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6,76
322
324
308
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% MOIS
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+ 2,08 39,2
+ 0,73 - 26,46
+ 5,8
12,89
- 32,2
8,03
3,87
- 0,72 + 30,01
- 1,68 124,45
+ 22,64 84,3
1,11
+ 0,39 - 10,13
- 9,25 66,5
- 1,92 49,4
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-11,7
29,3
+ 12,31
21,4
4,02
- 38,92
-10,08 12,4
- 48,3
7
- 1,04 + 1,06
- 4,35
3,46
- 14,11
2,715
- 0,06 - 38,9
-25,5 180
- 29,16 85,15
1,44
+ 0,83 + 39,44
+ 1,94 107,9
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+ 4,14
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- 0,67 + 33,21
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22,3
3,33
- 2,06 - 20,62
-20,24 42,75
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2,22
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+ 15,96 39,74
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11
- 15,43
6,42
+ 0,63 + 25,05
+ 3,87 324
+ 40,73 242
0,25
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,16
239940
22/05/17 0,43 90.920.356
A 4,63
154383
31/05/18 0,13 5.839.404.303
19,695
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- 0,2 + 1,13
50,16
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5,386
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3,845
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+15,81 20,3
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11,88
0,3
15,64
4,1
4,07
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
11,9
11,86
35474
12,02
USD 14/09/18 0,08 8.691.081.000
11,74
7,546
7,5
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7,573
GB0005405286
USD 16/08/18 0,1 19.927.790.282
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LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
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40,39
60077
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CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
40,25
SCHLUMBERGER (SLB)
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AN8068571086
USD 04/09/18 0,5 1.434.212.164
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STALLERGENES GREER (STAGR) A 28,8
28,75
977
28,95
GB00BZ21RF93
19.738.742
28,75
US3696041033
HSBC (HSB)
+ 0,68
+11,05
- 41,02
+ 0,27
+ 1,74
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+ 0,05
+ 0,65
- 18,4
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+ 5,04
- 6,76
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+ 1,59
- 37,5
- 19,26
16,12
9,3
- 12,18
8,996
7,281
- 14,14
51,1
39,31
- 2,97
65,4
51
- 25,34
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
euronext//taux&changes//matières premières
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD
ISIN
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FR0013185857
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BE0974269012
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FR0000036105
FR0000044612
FR0000062804
FR0000053837
FR0000039216
FR0011051598
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FR0000053399
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FR0000061244
VALEUR
OUV
+HT
2CRSI
C 9,1
9,1
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C 9,45 9,5
ABEO
C 32,1
32,6
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C 2,09 2,09
AD CAPITAL
ADL PARTNERg
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ADUX (EX:HI MEDIA) C 3,39 3,39
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C 12,262 12,494
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31,2
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11,1
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C 0,406 0,406
ALTAMIRg
B 15,12 15,68
ALTAREIT
B
C 3,92 4
AMOEBAg
ANTALIS
B 1,16
1,164
B 47
47,3
ARGANg
ARTEA
C
ARTOIS
A
ATEME
C 12,12 12,12
AU FEMININg
B
AUGROS CP
C 8,55 8,55
AURES TECH.
C 41,45 41,55
AWOXg
1,43
1,54
BACCARAT
B
BAINS MONACO
B 54,2 54,4
BALYO
C 2,395 2,49
BARBARA BUI
C
BASTIDE
C 32,25 34
BLEECKER
C
BLUE SOLUTIONSg
16,25 16,45
BOURBONGg
A 5,7
5,92
BOURSE DIRECT
C 1,39
1,39
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7,8
BUSINESS ET DEC.g
CAFOM
C 7,15
7,25
CAPELLI
39
40,2
CARP.DE PARTIC.
C
CASTg
C 3,75
3,8
CATERING INTER.g
B 13,1
13,15
CBO TERRITORIAg
C 3,88 3,88
CCA INTERN.
C
CEGEDIMg
B 28
28
CEGEREALg
B 37,8
37,8
CELLNOVOg
C 2,96 2,99
CERENISg
B 1,82
1,824
CFI
C
CHAUSSERIA SA
C
CIBOX INTER.g
C 0,185 0,189
CLAYEUXg
C
CNIMg
B 99,4 99,6
COGELEC
C 9,359 9,36
COHERISg
C 2,01
2,01
COURTOIS
C145
145
CR ALPES PROV.
C108,2 108,58
CR ATL. VENDÉE
C 126,5 126,5
CR BRIE PICARD.
B 23,8
23,99
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C 97,01 97,2
CR LANGUEDOC
C 71,09 71,7
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CR MORBIHAN
C 82,6 82,68
CR NORD FRANCE
B 20,95 21
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C 128,18 128,18
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B 88,04 88,2
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C190,38 190,38
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C109,02 109,1
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C103,22 103,4
CROSSWOOD
C
CS-COM. ET SYST.g
C 5,1
5,1
DALETg
C 13,1
13,1
DANE-ELEC MEMORYg C
DEINOVE
2,53 2,565
DELTA PLUS GROUP B 43,6 43,6
DIGIGRAM
C
DMS
C 0,86 0,892
DOCKS PÉTROLES A C
DOM SECURITYg
C 56,8 56,8
ECAg
C 14,15 14,25
EGIDEg
C 2,03 2,07
ELECT. STRASBOURG B 111,5 111,5
ELECTRO POWERg
C 12,5
12,9
ENCRES DUBUITg
C 5,6
5,62
ESSOg
B 41,1
41,25
EURASIA FONC INV
C
EUROMEDIS GROUPEg C 6,85 6,85
EUROPACORPg
C 1,415 1,44
EXACOMPTA CLAIREF. C 117
120
EXPL. PROD. CHIM.
C
EXPL. PROD. CHIM.
C
F.I.E.B.M.
C
F.I.E.B.M.
C
F.I.P.P.
C 0,29 0,324
FAUVET-GIREL g
C
FERMENTALGg
3,565 3,58
FERMIÈRE CANNES
B
FIDUCIAL OFFICE
C 28,6
28,6
FIDUCIAL RE
B 186
186
FIN. MONCEY
A
FINATIS
B 43
43
FLEURY MICHON
B 53,4 53,4
FONCIÈRE 7 INV.
C 1,85
1,85
FONCIÈRE ATLAND
C 116
118
FONCIÈRE EURIS
B 31,6
31,6
FONCIÈRE INEA
B 39,6
39,6
FONCIÈRE PARIS NORD C 0,037 0,037
FONCIÈRE R-PARIS
C
FONCIÈRE VOLTA
C
FRANÇAISE ENERGIE C 13,7
13,75
FREY
B 28,6
28,6
FSDV
C
GALIMMO
C 24,4 24,4
GAUMONT
B 133,5 134
GEA
C 91
91,8
GENERIXg
C 3,3
3,34
GENOMIC VISIONg
0,968 0,99
GÉRARD PERRIER
C 51,2
52
GFI INFORMATIQUEg B 10,45 10,5
GRAINES VOLTZ
C 37,8
37,8
GROUPE IRD
C 26
26
GROUPE JAJ
C
GROUPE OPENg
C 23,4 23,45
GROUPE PIZZORNO
C 17,7
17,9
GROUPE SFPIg
C 3
3,01
GUERBETg
B 60,3 60,7
GUILLEMOT CORP.g
C 4,48 4,52
GUY DEGRENNE
C 0,202 0,202
HF COMPANYg
C 6,42 6,5
HIPAY GROUP
C 12,8
13,5
HOPSCOTCH GROUPEg C 7,3
7,3
IDI
B 43,8 44
IGE + XAOg
C 138
138
IMMO. DASSAULT
B 52,6 52,6
IMMO. HÔTELIÈRE
C
IND. FIN. ENT.
C
INFOTELg
C 39,75 39,75
INNELEC MULT.g
C 5,14
5,14
INSTALLUX SA
C362
370
INTEXA
C
INVENTIVA
B 6,96
7,04
IT LINKg
C 7,38
7,5
ITESOFTg
C 3,82
3,86
ITS GROUPg
C 6,24 6,26
JACQUES BOGART
C 4,63 4,63
KEYRUSg
C 4,7
4,79
LA FONCIÈREVERTE C
LACROIX SA
C 22,6
23
LAFUMA
C
LANSON-BCC
B 31,8
31,8
LAURENT-PERRIER
B 105,5 106,5
LE TANNEURg
C
LEBON
C 142
142
LES HÔTELS DE PARIS C
LES NX CONSTR.
B 42,3 44
LEXIBOOKg
C 0,934 0,974
LOCINDUS
B 25
25
MALTERIES FR-B
C 515
515
MANUTAN INTER.g
B 69,8 69,8
MAUREL & PROMG
A 5,05 5,12
MCPHY ENERGYg
6,29 6,3
MECELEC
C 1,6
1,72
+BS
8,66
9,05
32,1
1,98
CLÔT ÉCART
8,9 - 2,2
9,15 - 4,19
32,2 + 0,31
2,04 + 0,99
VOL
33021
24315
266
5399
0,09
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1
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- 9,61
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145
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126,5
23,7
97
71,09
85,4
79,6
20,8
126,9
87,65
188,6
109
103,2
98,4 - 0,81
9,359- 0,43
1,95 - 3,47
145
108
- 0,19
126,5 + 0,17
23,97 + 0,71
97,2 + 0,21
71,2 + 0,16
85,48 - 0,04
80,52 - 2,52
20,85 - 1,42
127
- 0,94
88
- 0,06
190,2 - 0,11
109,1 + 0,09
103,3 + 0,1
5,04
12,5
5,1 - 0,39
12,7 - 3,05
167
1116
13472
1
647
2
5133
234
126
905
433
9170
286
1732
318
62
219
4,06
1740
428
0,56
2,46
42,4
2,48 - 3,5
42,4 - 2,75
46826
14474
0,715
0,85
0,888+ 0,45
24640
510
56,4
14,15
1,955
110,5
12,5
5,6
40,3
56,4 - 1,05
14,25 + 0,71
2,02 - 1,46
111
12,75 + 2
5,6
40,45 - 1,7
103
29
10211
977
10958
1162
2863
0,19
6,65
6,65 - 0,75
1,365
1,38 - 3,83
117
120 + 2,56
855
60963
219
860
865
6,1
118
0,29
0,319+ 13,52
107503
32,2
3,41
3,415 - 2,71
51485
1540
28,6
186
28,6
186
1
1
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0000052623
FR0000064404
FR0010298620
FR0000077570
FR0011584549
FR0000064180
FR0004034320
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FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
FR0000038465
FR0011027135
FR0000053514
FR0000066441
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FR0012613610
FR0010380626
FR0010211615
FR0000044471
FR0000075954
FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
FR0006239109
FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
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FR0000074122
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FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
VALEUR
OUV
+HT
MEDASYSg
C 0,347 0,347
MÉDIA 6
C 14
14
MEMSCAPg
C 2,01
2,02
MICROPOLEg
C 1,285 1,3
MNDg
1,85
1,85
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 10,7
10,7
MRM
C 1,48
1,48
MUSÉE GRÉVIN
C
NANOBIOTIXg
B 15,13 15,85
NAVYA
B 5,82
5,84
NEOPOSTG
A 26,18 27,26
NEURONESg
B 22,7
23
NEXTSTAGE
C100
100
OFFICIIS PROPERTIESg C 1,39
1,39
OL GROUPEg
C 2,65 2,75
ORAPIg
C 6,28 6,34
ORCHESTRA-PRE.
C 0,992 1,005
OREGE
3,39 3,39
PARAGON ID
C 24,2 24,2
PAREFg
C 82,5 82,5
PASSAT
C 3,98 3,98
PATRIMOINE & COM
B 17,5
17,5
PCAS g
C 15
15,18
POUJOULAT
C 38
38
POXELg
C 6,3
6,41
PRECIA g
C190
190
PRISMAFLEXg
C 17,75 17,8
PRODWAYS GROUP
B 3,73
3,745
PROLOGUEg
C 0,626 0,626
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
A 18,4
19
RIBERg
C 2,7
2,7
ROBERTET SA
B566
570
ROCHE BOBOIS
B 21,4
21,4
S.A.M.S.E.
B 134
134
SABETON
C
SCBSMg
C 6,9
6,9
B 27
27,2
SÉCHÉ ENV.g
SELECTIRENTE
C
SERGEFERRARI GROUP C 9
9
SIGNAUX GIROD
C 15,9
16
SII
C 25,1
25,1
SMCP
A 22,26 22,46
SMTPCg
B 19,28 19,38
SOC. FR. CASINOS
C 1,81
1,81
SODIFRANCE
C
SODITECH ING.
C 0,9
0,9
SOFIBUS
C180
180
SOFT COMPUTINGg C 16,3
16,4
C 28,3
28,3
SOGECLAIRg
SPIR COM.
C 2,68 2,68
+BS
0,345
14
2,01
1,25
1,78
CLÔT ÉCART VOL
0,345- 0,58
2760
14
30
2,02 + 0,5
1315
1,26 - 2,33
13964
1,796+ 0,45 82723
645
10,6
1,48
10,6 - 0,94
1,48
151
1
75,5
15,13
15,48 + 2,38
5,76
5,761 - 1,18
26,18
27,16 + 3,59
22,7
22,8 + 0,89
100
100
1,39
1,39
2,64
2,74 + 3,79
6,28
6,34 + 0,96
0,98
0,984- 0,81
3,39
3,39
23,25
24
+ 0,21
82,5
82,5 - 0,6
3,92
3,92 - 2
17,5
17,5 + 0,58
15
15
38
38
6,25
6,27 + 0,16
186
186
- 2,11
16,25
16,6 - 6,48
3,69
3,7
0,608
0,615 + 1,49
127031
3317
166858
3760
51
1539
19984
2338
19849
1
851
53
997
1
154
1
46288
156
1789
22674
39300
21
18,2
2,62
556
21,4
133
19
2,68
570
21,4
133
+ 1,06
- 0,74
+ 2,52
- 0,75
160
49661
1040
708
230
6,9
26,9
6,9 + 0,73
27
204
3830
9
15,8
24,3
21,98
19,1
1,81
9
15,9
24,5
22,23
19,16
1,81
24,8
70
+ 1,58
- 0,63
- 2,39
- 0,14
- 0,62
- 1,63
1021
259
3029
85140
2621
20
- 2,17
- 3,74
+ 0,61
- 3,53
- 0,37
700
50
571
9252
100
18,9
0,9
180
15,7
27,3
2,67
0,9
180
16,4
27,3
2,67
ISIN
FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
FR0004037182
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TAYNINH
TESSIg
TFF GROUP
THERMOCOMPACTg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
+HT
C
B 138
140,5
B 43,395 43,395
C
C 77,5
77,5
C 35,6
35,6
C
C 3,14
3,14
B 45,5 46,3
2,575 2,575
A
B 27,6
27,6
C 0,58 0,598
C
B 51
51,4
C 1,85
1,85
C 4,91
4,91
C
C
C 9,001 9,001
B 8,7
9,13
C 46,5 46,8
3,63
3,63
+BS
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT
ÉCART VOL
1,36
138
41,4
139
+ 0,73
41,995- 3,23
77,5
35,2
77,5
35,2 - 2,22
3,06
45,4
2,57
3,06 - 2,55
46
+ 1,1
2,575
333
1507
35,5
1
252
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
C
15,2
13
62
72,2
13,15
62,5
72,2
13
62
72,2
13,1 + 0,77
62,5 + 0,81
72,2 + 1,69
226
689
1
59,13
19,91
C
A 153
48
154
151,5
154
+ 1,32
+ 0,6
10,3
C
384
0,02
0,41
551
1805
26408
EURONEXT GROWTH (Sélection)
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
805
27,4
0,58
27,6 + 1,1
0,596+ 2,41
50,6
1,85
4,6
51
1,85 + 0,54
4,8 - 2,24
8
8,59
45
3,55
8,323- 9,53
9,13 + 5,31
46,55 - 0,85
3,58 - 1,65
354
2701
2,26
985
1
9978
4,74
2,3
2722
16665
11500
14759
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
A 39,34
0,72
C 21,66
A 3,98
C 4,4
A 55,8
39,68 38,9
0,746 0,72
22,48
21,56
4
3,98
4,4
4,31
55,95 54,75
38,99 0,746+
22,16 +
4
4,31
55,3 -
0,69
4,41
4,33
1,07
2032
19928
302
582
66415
54,6
A 4,63
C
56
54
4,664 4,576
56 + 2,19
4,63 + 0,09
154383
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
0,282
0,075
8,98
1,77
0,356
7,52
24,65
65,8
25,3
0,104
0,285
25
7,64
4,78
0,432
0,224
0,32
0,256
0,906
+HT
0,304
0,075
8,98
1,79
0,356
7,85
24,9
66
25,3
0,104
0,33
25,1
7,66
4,82
0,435
0,228
0,342
0,277
0,908
+BS
0,282
0,07
8,9
1,746
0,34
7,45
22,9
63,6
25,3
0,102
0,277
24,5
7,28
4,64
0,42
0,222
0,32
0,256
0,884
13,1
13,1
12
1,205 1,205 1,1
10,7
10,7
10,4
0,3
0,302 0,298
123
123,5
113
CLÔT ÉCART VOL
0,289+ 2,48 212042
0,073- 0,41 9357085
8,9 - 0,89
31
1,77
26952
0,353- 0,98 137064
7,49 + 0,54
11987
23,55 - 4,46
9908
64,9 - 1,37
20867
25,3
16
0,103- 0,96 663117
0,32 + 12,28 4070168
24,7 - 1,2
21699
7,64 - 0,26
3300
4,82
3220
0,421- 2,55
66508
0,224- 2,61 167834
0,341- 0,58
12500
0,267+ 3,29 1307217
0,887+ 0,91
12608
79
12
- 9,09
1,135 - 7,72
10,5 - 1,87
0,3 + 0,33
121
- 1,63
2208
82456
10151
34993
4135
14,7
CERTIFICAT/FONDS
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
39,59
INVESTIR 10
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
131.65
98
-0,66
-0,95
41,07
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
B 69,5
C
B
69,5
69,5
69,5
18
350
85
+ 0,37
126
C
3,33
30,37
30,375 30,32
C
B 4,1
30,375
99
+ 1,02
217
750
4,2
4,1
4,2 + 2,69
2755
52
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
COURS
BCE
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1484
LIVRE STERLING
0,8738
FRANC SUISSE
1,1398
COURONNE DANOISE
7,4603
COURONNE NORV.
9,509
KUNA CROATE
7,4149
COURONNE SUEDOISE
10,4674
DOLLAR CANADIEN
1,4881
YEN JAPONAIS
129,905
DOLLAR AUSTRALIEN
1,6192
ROUBLE RUSSE
76,2801
ROUPIE INDIENNE
85,372
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,7776
COURONNE TCHEQUE
25,8194
FORINT HONGROIS
324,44
ZLOTY POLONAIS
4,3057
LEV BULGARE
1,9559
DOLLAR HONG-KONG
8,9962
WON SUD COREEN
1301,2193
PESO MEXICAIN
21,8249
REAL
4,2864
DOLLAR SINGAPOUR
1,5886
RAND SUD-AFRICAIN
16,848
LIVRE TURQUE
7,0162
RENMIBI YUAN
7,9497
RUPIAH
17487,8486
PESO PHILIPPIN
62,156
RINGGIT MALAIS
4,7668
BATH THALANDAIS
37,9211
-0,08
-0,47
-0,08
0,02
-0,02
0,15
0,24
-0,06
-0,11
-0,25
-0,34
0,56
-0,21
0,14
-0,30
-0,17
-0,05
0,00
-0,20
0,23
-1,29
-0,14
-1,31
-0,26
-0,18
-0,01
-0,09
-0,31
0,15
-4,34
-1,51
-2,56
0,17
-3,47
-0,23
6,57
-1,42
-4,06
5,30
10,29
11,36
5,11
1,09
4,40
3,11
-0,01
-4,11
1,59
-7,54
7,82
-1,07
13,38
54,05
1,85
7,53
3,56
-2,34
-3,00
09-10-2018
1 EURO EN DEVISE
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,1484
0,8738
1,1398
10,4674
7,4603
1,2991
1,4881
GBP
0,8708
1,1444
1
1,314
0,761
1
0,9926
1,3041
9,1148
11,977
6,4961
8,536
1,1313 148,6397
1,2958
1,7027
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
09-10-2018
CHF
SEK
DKK
0,8773
1,0075
0,7668
1
9,1838
6,5453
113,975
1,3056
0,0955
0,1097
0,0835
0,1089
1
0,7127
12,4105
0,1422
0,134
0,1539
0,1172
0,1528
1,4031
1
0,1741
19,9478
JPY (100)
CAD
0,7698
0,884
0,6728
0,8774
0,0806
5,7428
1
1,1454
0,672
0,7717
0,5873
0,7659
7,0339
5,0131
0,8731
1
09-10-2018
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64-0,26/-0,56 -0,21/-0,51 -0,17/-0,47 -0,10/-0,40
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
09-10-2018
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,31
PORTUGAL
-0,31
FRANCE
-0,07
ESPAGNE
-0,10
ITALIE
-0,50
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,58
0,55
0,07
0,38
2,45
-0,11
0,92
0,14
0,55
2,95
0,17
1,29
0,21
0,81
3,03
0,46
1,51
0,36
1,07
3,07
EUROMTS
INDICE
VAR %
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
250,10
169,85
231,05
277,97
324,81
332,79
229,36
0.13
-0.11
0.07
-0.12
0.08
0.07
0.11
31/12 VAR %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
0.35
-1.45
-2.25
-2.49
-0.97
0.01
-2.19
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1483
1,1484
0,8738
0,8739
1,1398
1,1399
10,4622
10,4722
7,4587
7,4618
129,8800
129,9300
1,4880
1,4882
-0,0014
-0,0017
-0,0032
-0,0034
0,0008
0,0007
-0,0057
-0,0010
0,0009
0,0029
0,1954
0,2123
-0,0026
-0,0029
-0,0077
-0,0080
-0,0028
-0,0054
0,0016
0,0015
-0,0020
0,0026
0,0045
0,0063
0,1761
0,1898
-0,0088
-0,0092
-0,0168
-0,0171
-0,0082
-0,0084
0,0029
0,0027
-0,0023
0,0012
0,0104
0,0109
0,1307
0,1383
-0,0184
-0,0189
-0,0368
-0,0375
-0,0149
-0,0152
0,0051
0,0046
-0,0112
-0,0123
0,0170
0,0166
0,0518
0,0239
-0,0402
-0,0410
09-10-2018
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
Taux repo (refi)
0.00 %
Taux DepoT
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
Taux De base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.06 %
fonDs feDeraux
2.25 %
2 ans
2.94 %
10 ans
3.28 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
Taux Jour le Jour
-0.20 %
Taux repo (refi)
-0.10 %
10 ans
0.10 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,56
-0,66
-0,59
-0,59
-0,56
-0,34
0,24
0,90
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
AOÛT 16
SEPT. 16
OCT. 16
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
TME
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
03-09
04-09
05-09
06-09
07-09
10-09
11-09
12-09
13-09
14-09
17-09
18-09
19-09
20-09
21-09
24-09
25-09
26-09
27-09
28-09
01-10
02-10
03-10
04-10
05-10
08-10
09-10
0,76
0,76
0,76
0,76
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,86
0,86
0,86
0,86
0,90
0,90
0,90
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
-0,342
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,364
-0,371
-0,366
-0,366
-0,366
-0,367
-0,365
-0,367
-0,367
-0,366
-0,367
-0,367
-0,351
-0,351
-0,363
-0,365
-0,365
-0,362
-0,362
-0,369
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,318
-0,317
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
0,67
0,68
0,69
0,70
0,69
0,71
0,72
0,70
0,70
0,72
0,74
0,74
0,78
0,77
0,76
0,77
0,82
0,82
0,81
0,81
0,82
0,77
0,78
0,85
0,87
0,86
0,89
THOR.
PUB.
PRIV.
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
1,10
1,10
0,96
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
1,10
1,10
6800
43
53
1,85
116
31,4
38,6
0,036
43
53
- 0,38
1,85 - 15,91
118
+ 1,72
31,4 - 0,63
38,7 - 0,26
0,037
1
203
877
6
211
171
48250
34,97
4,16
13,5
28,6
13,5
28,6
- 1,46
3586
14
48,6
24,4
24,4
130
134
- 0,74
91
91,8
3,28
3,34 + 1,21
0,956
0,968
51,2
51,2
10,45
10,45
37,8
37,8 - 0,53
26
26
1
1168
366
4870
87152
427
1024
100
1
1,78
23,2
23,3 - 0,43
17,4
17,4 - 1,7
2,97
2,97 - 1
58,9
59,9 - 1,32
4,45
4,5 + 0,45
0,202
0,202- 0,98
6,28
6,28 - 0,63
11,5
12,65 - 4,53
7,24
7,24 - 0,82
43,7
43,7 - 0,23
138
138
52,6
52,6
8532
883
9752
6199
9117
1101
5974
5740
699
521
170
11
64
39,55 - 0,5
5,06 + 0,8
370
- 1,07
4874
724
11
2,36
6,82
7,32
3,7
6,1
4,26
4,67
6,96
7,4
3,7
6,1
4,49
4,74
- 1,42
+ 0,54
- 3,14
- 2,56
- 2,6
+ 0,85
5430
1255
3349
2017
7760
6823
+ 1,33
2604
31
- 2,52
106,5 + 0,95
3041
100
57
22,3
22,9
24
31
105
3,2
140
140
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
09/10
08/10
COURS PRIME PREC.
LINGOT
0
33200
33330
10 FLORINS
204
1,17
204
5 DOLLARS*
289,5
15,5
289,5
10 DOLLARS
569
13,51
569
20 DOLLARS
1120
11,68
1140
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1246
-0,31 1255,25
LATINE
194
0,25
192,5
NAPOLEON
196
1,28
196,9
1/2 NAPOLEON* 111,5
15,24
111,5
SOUVERAIN ELI I* 255
4,52
255
SOUVERAIN
245
0,42
246
1/2 SOUVERAIN* 128,5
5,34
128,5
SUISSE
195
0,77
195,1
TUNISIENNE*
196
1,28
196
MARK*
252
5,6
252
KRUGERRAND
1105
6,59
1110
LINGOTIN 500GRS 17300
3,81
17360
LINGOTIN 250GRS 8640
3,69
8670
LINGOTIN 100GRS 3450
3,51
3470
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
482,65
486,5
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
30 344
29 714
FIX2
30 200
29 880
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 975
22 825
FIX2
23 015
22 817
LONDON BULLION MARKET
09/10
08/10
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 435
1 426
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 186
1,04
39,5
5,06
362
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
- 1,41
190
2,5
42,2
43,9 - 1,35
0,934
0,974 - 0,61
24,9
25
515
515
+ 1,98
68
68
- 2,3
5,01
5,08 + 0,59
6
6,12 - 1,92
1,6
1,72 - 0,58
1014
700
482
4
2753
105323
17890
768
1 187
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 076
1 066
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
820
814
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
09/10
DÉC. 18
14,43
JANV. 19
14,48
MARS 19
14,55
MAI 19
14,64
JUIL. 19
14,72
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
08/10
14,4
14,36
14,52
14,54
14,69
SETTLEMENT
09/10
DÉC. 18
1193,2
AVR. 19
1204,9
JUIN 19
1211,3
AOUT 19
1216,8
DÉC. 19
1227,8
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
OCT. 18
JANV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
09/10
821,6
828,9
833,1
824
831,2
08/10
1191,5
1202,1
1208,4
1215,1
1227,7
SETTLEMENT
08/10
816,7
822,5
826,5
825
855,1
CATHODES : 5621 A COMPTER DU 09/10/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
643,02 DEPUIS LE 09/10
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 543,35 DEPUIS LE 09/10
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
552,41 DEPUIS LE 09/10
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
597,71 DEPUIS LE 09/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
728,86 DEPUIS LE 09/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
700,24 DEPUIS LE 09/10
LONDON METAL EXCHANGE
09/10
08/10
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1350-1370
1480-1490
13820
1430-1440
1480-1490
14040
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2073-2073,5
2078-2078,5
963350
2139,5-2140
2150-2150,5
966900
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
6168-6169
6174,5-6175
181975
6182-6182,5
6187-6188
186800
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
18975-18985
18975-19000
3195
18900-18950
18925-18950
3145
12385-12395
12475-12480
226476
ÉLECTRICITÉ
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
09/10
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
12390-12400
12460-12470
227802
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1980-1981
1999,5-2000
114150
1970-1971
1990-1992
114275
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2648-2649
2606-2608
200350
2644-2645
2620-2621
201600
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
09/10
2,78
2,8
2,81
2,77
08/10
2,74
2,76
2,77
2,78
VOL
330
102
88393
95
BASE NOV 18
BASE DEC 18
POINTE NOV 18
POINTE DEC 18
09/10
69,74
70,8
77,57
77,73
KUALA LUMPUR
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
09/10
18940
08/10
18920
VOL
CLÔTURE
08/10
40,69
46,28
CLÔTURE
08/10
69,74
70,8
77,57
77,73
VOL
364004
192492
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
09/10
74,2
74,08
73,9
73,65
73,35
08/10
73,7
73,6
73,43
73,23
72,98
497
472
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
95,15
97,08
562
530
93,85
95,29
547,5
515,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
09/10
21,32
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
08/10
27,55
27,7
27,75
GAZ NATUREL
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
09/10
3,25
3,29
3,34
VOL
CLÔTURE
VOL
08/10
3,28
3,3
3,35
CLÔTURE
08/10
27
VOL
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
09/10
NOV 2018 27,42
DEC 2018 27,72
JAN 2019 27,87
08/10
28,06
28,17
28,3
08/10
77,53
78,4
79,75
CLÔTURE
CLÔTURE
VOL
09/10
08/10
DÉC. 18
1570
1553
MARS 19 1590
1570
MAI 19
1594
1576
JUIL. 19
1599
1584
SEPT. 19
1602
1591
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
6279
5258
1807
1531
1140
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
09/10
2115
2139
2151
2172
2197
08/10
2105
2132
2142
2168
2180
VOL
17101
9457
3860
574
382
SETTLEMENT SETTLEMENT
09/10
353,5
359,6
371,3
08/10
353,4
359,6
371,9
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
09/10
08/10
NOV. 18
1684
1683
7737
JANV. 19 1694
1699
7624
MARS 19 1709
1714
1895
MAI 19
1725
1728
550
JUIL. 19
1739
1743
317
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
9678
3202
519
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
09/10
112,15
115,6
118
122,75
08/10
111,95
115,5
117,9
122,5
VOL
VOL
19392
7480
3151
933
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
JOU R
09/10
08/10
112,45
115,7
VOL
58955
19720
7802
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
09/10
08/10
NOV. 18
11
10,87
JANV. 19 11,16
11,08
MARS 19 11,27
11,05
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
443
214
17
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
310
19
SETTLEMENT SETTLEMENT
09/10
178,9
178,95
178,25
VOL
08/10
179
0
0
221
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL : 148.05
LE 08/10//18
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.14175
LE 08/10//18
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.57675
LE 08/10//18
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.6845
LE 08/10//18
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
09/10
08/10
206,35
205,87
REUTERS COM. 2394,13
2364,49
MOODYS COM. 5715,96
5750,47
RJ CRB
SETTLEMENT SETTLEMENT
669
285
343
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
09/10
08/10
DÉC. 18
364,75
366,5
MARS 19 376,5
378,25
MAI 19
383,5
385,5
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
VOL
CLÔTURE
181
7
4
09/10
08/10
NOV. 18
173,5
173,75
JANV. 19 175,75
176,5
MARS 19 178,75
179,25
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
2
61683
22647
12868
4616
1410
SETTLEMENT SETTLEMENT
09/10
08/10
DÉC. 18
515,13
514
MARS 19 535,88
534
MAI 19
542
544,25
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
CAFÉ
BOIS
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
08/10
12,91
13,06
13,17
13,4
13,95
VOL
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 109.19
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
09/10
12,9
13,07
13,18
13,42
13,97
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
09/10
08/10
DÉC. 18
203,5
203,25
12116
MARS 19 206,75
206,25
6709
MAI 19
208
207,5
3552
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
COTON
09/10
76,83
77,83
79,28
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
09/10
08/10
DÉC. 18
286,5
283,5
MARS 19 277,75
276,75
MAI 19
271,75
279,75
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 85,4, LE 09/10//18
Déc. 18
Mars 19
Juil. 19
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
VOL
7838
4578
1527
466
310
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 07/10/
Prix indicatif : 2090,62
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
09/10
27,55
27,7
27,75
CLÔTURE
CACAO
URANIUM
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
CLÔTURE
09/10
08/10
DÉC. 18
352
349,7
MARS 19 355,5
353,2
MAI 19
359,5
358
AOUT 19 362,8
363
OCT. 19
365,8
367
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
08/10
22,09
POWERNEXT GAS FUTURES
09/10
08/10
NOV. 18
744,5
736
105935
FÉV. 19
737
728,5
8635
MARS 19 736
727
8946
AVR. 19
734
725,25
2552
MAI 19
731,75
723,75
1238
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
509,5
484,5
SPOT
CÉRÉALES
13,04 cts/lb
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
692
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
09/10
08/10
JOUR
84,78
83,91
JANV. 19 84,34
83,54
107385
FÉV. 19
84,02
83,27
48730
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
SUCRE
London Daily Price:
09/10
NORD DA 26,78
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
PRODUITS PÉTROLIERS
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
707,5
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
08/10
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8600
8600
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
4,55
4,55
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33,5
33,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
7,65
7,65
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
29,3
29,3
GERMANIUM (PAR KG)
1650
1650
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14
14
SILICIUM (PAR TONNE)
2000
2000
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
09/10
VOL
OR INDUSTRIEL 33565
112.45
LMEX
2974,5
33716
2998,4
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
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537,34 08/10
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540,62 09/10
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247,19 08/10
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362,56 05/10
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510,63 08/10
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
170,2 08/10
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105,32 08/10
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283,8 08/10
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
446,13 08/10
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100,33 08/10
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130,46 08/10
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161,2 08/10
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
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95,92 08/10
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154,82 08/10
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15959,13 05/10
SYNCHRONY (LU)
97,97 08/10
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156,24 08/10
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311,4 08/10
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722,67 08/10
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LU0256846139 PICTET-SECURITY
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141,51 08/10
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
138,48 08/10
LU0340554913 PICTET-DIGITAL
304,08 08/10
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
1167,01 08/10
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
152,59 09/10
LU0104884860 PICTET-WATER
298,55 08/10
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
317,18 08/10
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
82,87 08/10
CODE ISIN
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CLASSIFICATION
CODE ISIN
CLASSIFICATION
sicav//fcp
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
105,81 08/10
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Par Laurance N’Kaoua
@LauranceNKaoua
Sylvie Castioni
Delphine
Plisson,
comme
à la maison
Un teint de pêche, des cheveux noisette, quelques cernes sous un regard praliné… mais ni la
fatigue ni la poussière des travaux n’ont entamé
l’ardeur de Delphine Plisson. En ce matin de
juin, dans un café de la place du Marché-SaintHonoré, elle parle d’un trait, commande un thé,
un expresso, sans les finir, croque la vie, se
raconte, nature, sourire aux lèvres, avec une
simplicité décapante…
Dehors, des ouvriers s’affairent dans un amas
de fils électriques, de carreaux de plâtre et de
béton, pour faire jaillir de terre la seconde Maison Plisson. Ouvert depuis juillet, ce deuxième
« concept-store épicerie fine table d’hôte » propose, à Paris, plus de 5.000 produits du terroir,
que Delphine Plisson dit avoir elle-même goûté
en sillonnant la France des producteurs. « J’ai
voulu recréer un lieu de vie consacré aux plaisirs de
la table, convivial comme à la maison », sourit
cette patronne, qui adore le saucisson noir de
Bigorre, les vins de pays ou le poulet rôti à partager… A la maison, justement, Delphine Plisson
est à la tête, avec son dernier époux, producteur
de vidéos, d’une tribu de cinq enfants de 6 mois à
18 ans, qu’escortent un chien et un chat. Car elle
est, dit-elle, « plus chien de meute que loup solitaire ». Elle est aussi « flamboyante », « affable »,
« drôle », « excessive », parfois « fragile ».
Delphine Plisson est née il y a 47 ans, un jour de
juin, « avec l’été, à l’heure de l’apéro ». Elle a grandi
ENTREPRISES
ALCATEL-LUCENT ENTERPRISE
Bernard Etchenagucia
est nommé vice-président
des ventes Europe du Sud.
Bernard Etchenagucia, 58 ans,
est diplômé de l’Ensam, de Telecom Paris et de l’IAE Paris.
D’abord ingénieur d’affaires, il a
occupé plusieurs postes de direction, principalement dans les
entre deux frères, un père kiné et une mère au
foyer, dans une banlieue morne. Ado, elle fume la
pipe en pyjama, admirative de George Sand. Et,
entre deux compétitions régionales de natation,
la gagne au cœur, elle se réfugie dans les livres
qu’elle avale avec ferveur. « On se densifie avec la
lecture, déclare celle que sa mère appelait « la
Récamier ». Un livre fait voyager. » D’ailleurs, elle
a longtemps voulu devenir libraire. Avec, déjà,
dit-elle, cette idée de se sentir utile dans le quotidien des gens. Et soif d’être reconnue.
Un formidable bagout
Mais l’éditeur Hubert Nyssen, croisé lors d’une
signature, la convainc d’apprendre surtout à
compter. « Il m’a dit qu’une librairie, c’était
d’abord une boutique à gérer. Alors, la mort dans
l’âme, j’ai fait une école de commerce », avoue cette
ancienne de l’ESG.
En stage à New York, elle découvre avec délice
le traiteur Dean & DeLuca. Mais, à Paris, diplôme
en poche, elle renonce à travailler à l’Ecume des
Pages : la fameuse librairie ne peut pas la payer.
« Or j’avais mon prêt étudiant à rembourser », ditelle. Armée d’un formidable bagout, elle se fait
alors embaucher chez agnès b. pour mettre en
place des outils de gestion. Avant de convaincre
avec aplomb le fils de la styliste, à l’époque, directeur général, de lui confier le développement
d’agnès b. en Asie. « Elle a l’art du verbe. Et c’est un
ventes avant de devenir directeur
général d’Aastra France. Ces quatre dernières années, il fut
notamment vice-président des
ventes pour l’Europe du Sud chez
Mitel.
WENDEL
Etienne Grobon
est nommé directeur de l’audit
interne du groupe.
Etienne Grobon, 49 ans,
tourbillon de sensibilité », estime Valérie Zitvogel,
présidente de la biotech Everimmune, qui l’a
recrutée chez agnès b. en 1994.
Avec la même audace, Delphine Plisson
décrochera cinq ans plus tard le développement
des collections fourrure d’Yves Saint Laurent.
« Je devais avoir 28 ans. Et, lorsque, dans son
bureau de l’avenue George-V, le directeur général
m’a dit que j’étais trop jeune pour le poste, je lui ai
répondu qu’à mon âge Mozart était presque
mort ! » se souvient-elle.
Sa devise s’apparente aux mots de Tolstoï : « Si
vous voulez être heureux, soyez-le ! » Et
qu’importe les secousses de la vie, la disparition,
brutale, de son premier compagnon en 1995, les
blessures... Elle semble habitée par une urgence,
Comme pour ne pas passer à côté de sa vie. « J’ai
un instinct très fort du moment présent. Je ne
regrette rien de ce qui s’est passé avant », martèle-telle. Elle en dit beaucoup pour ne pas en dire
trop. A tout prix. Chez Saint Laurent, elle explore
une autre facette de la mode, jusqu’à l’arrivée de
Tom Ford. Puis elle occupe des postes de direction chez Bali Barret, Antik Batik ou chez Sandro,
Maje et Claudie Pierlot, avant la revente du
groupe SMCP au fonds KKR. Et quand elle lance
la première Maison Plisson en 2015, cette femme
affective, chaleureuse, instinctive, convainc
même ses anciens patrons du groupe SMCP
d’investir. « Elle est très franche. Elle ne triche pas.
Elle nous embarque », déclare Clémence Simard,
ex-stagiaire devenue l’une de ses 120 salariés.
Et ce n’est pas un hasard si elle aime Françoise Sagan ou Véronique Sanson. « Elles ont eu
l’élégance de faire de leur vie un jeu alors qu’elles
vivaient des choses dures », glisse Delphine
Plisson.
Ses détracteurs lui reprochent de vouloir la
lumière. Elle affronte tout, courageuse,
pugnace, avec humour, entêtement et jamais ne
recule. Elle veut brûler la vie, quitte à ne pas toujours laisser du temps au temps, réussir. « Elle
est d’une grande authenticité. Et elle s’expose »,
confie son ex-patron et investisseur Frédéric
Biousse. Pourvu qu’elle vive. « Elle voit toujours le
verre à moitié plein, elle a un formidable appétit de
vivre et beaucoup de sagacité, commente Valérie
Zitvogel. Elle avance. Et elle réussira ! » n
diplômé de HEC Paris, a travaillé
dans l’audit et la gestion des
r i s q u e s , d ’a b o r d a u s e i n d u
group e B ouygues, puis chez
Arthur Andersen avant de
rejoindre l’équipe fondatrice du
cabinet Protiviti, en France, où il
était directeur chargé de l’audit
interne et de la gestion des
risques. Pendant huit ans, il fut
ensuite senior director audit et
assurance chez Dassault
Systèmes.
EY
Xavier de Boissieu
est promu responsable
des activités blockchain
pour l’Europe, le Moyen-Orient,
l’Inde et l’Afrique.
Xavier de Boissieu, 47 ans, est
diplômé de l’Ensae. Après des
débuts à l’Adetef, il a cofondé
Bluestone Consulting en 1998.
Dans le cadre de l’acquisition de
Bluestone, il a intégré, en 2015,
EY. Il a ainsi eu la charge de créer
l e L a b E Y Wave s p a ce q u’ i l a
dirigé.
ÉTABLISSEMENT
PUBLIC
AP-HP
François Crémieux
Jérôme Marchand-Arvier
Pierre-Emmanuel Lecerf
deviennent directeurs généraux
adjoints de l’Assistance publique
Hôpitaux de Paris. Chargés de
projets prioritaires transversaux,
ils animeront ensemble les
entités de la direction générale.
Fr a n ç o i s C r é m i e u x , 4 9 a n s ,
diplômé en économie des universités de Paris-Dauphine et de
Lancaster (au Royaume-Uni) et
en santé publique de la faculté
de médecine Paris-Diderot, est
devenu directeur des hôpitaux
universitaires Paris Nord Val-deSeine HUPNVS AP-HP en 2014.
Après avoir œuvré auprès des
Nations unies et de l’Organisation
mondiale de la santé, il a pris, en
2010, la direction du pôle établissements de santé de l’Agence
régionale de santé d’Ile-deFrance. Il fut conseiller auprès de
Marisol Touraine, ministre des
Affaires sociales et de la Santé dès
2012, responsable de la stratégie
nationale de santé.
Jérôme Marchand-Ar vier,
36 ans, diplômé de l’IEP de Paris,
a n c i e n é l è ve d e l ’ E NA , a é t é
n o m mé a u d i t e u r a u C o n s e i l
d’Etat en 2006, puis maître des
requêtes en 2009. L’année suivante, il fut conseiller relations
de travail au sein du cabinet de
Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé,
avant d’être le directeur adjoint
de son cabinet de 2011 à 2012.
Exerçant comme directeur
adjoint de Pôle emploi pour la
région Provence -Alp es-Côte
d’Azur de 2013 à 2016, il a également été rapporteur à la section
sociale du Conseil d’Etat. Il était,
depuis l’an dernier, secrétaire
général de l’AP-HP.
P i e r r e - E m m a n u e l L e c e r f,
35 ans, diplômé de l’IEP de Paris,
ancien élève de l’ENA, a débuté à
l’Inspection générale des finances.
Devenu conseiller auprès de la
directrice générale de l’AP-HP et
directeur du projet Hôpital Nord
en 2012, il est devenu en 2013 directeur financier et juridique mais
aussi directeur des affaires européennes et internationales du Centre national du cinéma. Il est
ensuite devenu conseiller, puis
directeur adjoint du cabinet de la
ministre de la Culture.
FONDATION
FONDATION EDF
Valérie Mallet-Kock
est nommée directrice
de la communication.
Valérie Mallet-Kock, 46 ans, diplômée de l’Ecole Novancia, a notamment été responsable communication d’Edvance, mais aussi
pilote du projet EDF Pulse et des
projets innovation à la direction
de la communication d’EDF. Elle
fut responsable communication
d’unité d’ingénierie et responsable éditoriale à la direction de la
communication de GrDF (Engie).
ILS SONT NÉS
UN 10 OCTOBRE
Pierre Bézard, magistrat,
86 ans.
Jean-Cyrille Boutmy,
président de Studyrama,
52 ans.
Geneviève Fioraso, ancienne
ministre de l’Enseignement
supérieur et à la Recherche,
64 ans.
Hippolyte Girardot, acteur,
63 ans.
Philippe Lioret, réalisateur
et scénariste, 63 ans.
Jonathan Littell, écrivain,
51 ans.
Alain-Dominique Perrin,
ex-président de Cartier,
collectionneur, 76 ans.
Francis Perrin, auteur, metteur
en scène et comédien, 71 ans.
Jean Schmitt, ancien PDG
d’Heppner, 79 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 //
MUTATION // Face aux réformes induites par la nouvelle donne fiscale et législative, les entrepreneurs sollicitent
divers experts, un moyen d’appréhender les évolutions de normes et d’identifier les risques et mesures correctives.
Accompagnement : les nouvelles
attentes des entrepreneurs
L
’infidélité serait-elle la mère
de toutes les vertus ? Il semblerait que oui, tout du moins
dans le cas des entrepreneurs qui,
faisant face à une nouvelle donne fiscale, législative et réglementaire,
doivent s’en remettre aux compétences de divers spécialistes. « En
tant que dirigeant, je ne peux pas fonctionner en vase clos. Je dois
m’appuyer sur différents experts
pour m’assurer que je mène mon activité en totale conformité », résume
Stéphane Donders, directeur de Traveldoo, éditeur de solutions pour la
gestion des voyages d’affaires et des
frais professionnels.
Parmi les personnes les plus compétentes pour accompagner les
chefs d’entreprise, les expertscomptables figurent en bonne
place. Comme le confirme une
etude publiee a l’occasion du congres de la profession (lire en dernière page, avec l’interview du president du Conseil superieur des
experts-comptables, Charles-René
Tandé). « Etant multifacettes, c’est-àdire expérimentés sur les volets comptables, sociaux, fiscaux, juridiques et
“gestion”, nous sommes les premiers
partenaires des TPE et des PME qui
ne disposent généralement pas de la
ressource en interne », observe
Damien Dreux, expert-comptable et
président de l’Ordre des expertscomptables Rhône-Alpes.
Po u r i l l u s t r e r s o n p r o p o s ,
Damien Dreux cite, notamment, la
réforme du prélèvement à la
source, qui suscite de nombreuses
interrogations. « Sur ce dossier, les
experts-comptables sont prêts, et
organisent des réunions d’information et des phases tests pour leurs
clients », dit-il. « En faisant de la préfiguration, nous évitons un raz-de-marée de questions lors de la mise en
application du prélèvement à la
source et nous pouvons faire remon-
ne sont pas à l’aise avec les procédures
dématérialisées et qui sollicitent
une aide ainsi que des conseils dans
le choix de leurs services en ligne »,
pointe Laurence Piganeau, directrice expertise et production à
l’Agence France Entrepreneur
(AFE).
Dispositif national
Les experts-comptables figurent parmi les personnes les plus compétentes pour accompagner les chefs d’entreprise. Photo Shutterstock
ter les dysfonctionnements auprès de
l’administration fiscale », poursuit
Lionel Canesi, expert-comptable à
Marseille.
En plus de la retenue à la source,
d’autres évolutions législatives ont
nécessité une expertise. Ce fut le cas
de la loi Sapin II, des ordonnances
Macron ou encore, plus récemment, du RGPD. « A l’heure de ces
réformes protéiformes, expert-
comptable, commissaire aux comptes, avocat et cabinet d’audit sont des
partenaires complémentaires pour
l’entrepreneur qui, dans la majorité
des cas, connaît la théorie mais est en
demande de conseils sur l’application pratique », observe Franck Singer, avocat en droit des sociétés spécialisé en franchise, concurrence et
distribution. Outre les réformes
achevées, il faut aussi compter avec
celles à venir. « Dans le cas de la loi
Pacte, les entrepreneurs vont devoir
gérer des dispositions floues qui vont,
a minima, les contraindre à former
leurs équipes, à s’équiper et à investir.
Ils ont donc besoin de prestataires
externes qui soient des techniciens et
qui les accompagnent pour identifier
les changements de normes, pointer
les zones de blocage et programmer
les mesures correctives », estime
Mathieu Taupin, avocat en fusionsacquisitions chez Bryan Cave Leighton Paisner.
Indépendamment des évolutions
législatives, les entreprises vivent
aussi une spirale de changements
induits par les nouvelles technologies. « Nous observons une forte
demande d’accompagnement en
matière de transformation digitale.
Nombreux sont les entrepreneurs qui
Surtout, au-delà des mutations à
l’œuvre, les entrepreneurs sollicitent différents experts pour la conduite de leur business. « Il arrive
aux experts-comptables d’aider les
entrepreneurs à définir leur stratégie, voire à les coacher. Et dans les
plus grosses structures, nous participons au comité de direction pour
apporter une vision extérieure »,
remarque Damien Dreux, rappelant que les experts-comptables
sont également des partenaires
privilégiés dès la création de
l’entreprise…
« Historiquement, les expertscomptables ont toujours donné gracieusement les premières consultations aux créateurs et repreneurs,
pour la construction du business
plan, du statut juridique, de la phase
d’investissement, etc. » indique-t-il.
Pour formaliser cette pratique,
l’Ordre des experts-comptables a
créé, en 2016, « Business story », un
dispositif national d’aide à la création et à la reprise, proposant trois
rendez-vous gratuits avec un
expert-comptable. « Les créateurs
d’entreprise qui se font accompagner
dès le début de leur parcours entrepreneurial ont trois fois plus de chances de réussir car, au-delà de la gestion sociale, de la fiscalité et du
juridique, les experts-comptables
sont eux-mêmes des chefs d’entreprise capables d’apporter leur expertise sur la façon d’aborder un marché », pointe Lionel Canesi.
— Julie Le Bolzer
Shutterstock
Laurent Cerino/RÉA
Jean Claude Moschetti/RÉA
Trois nouveaux rendez-vous décisifs pour la gestion d’entreprise
Prélèvement à la source,
des réticences face à la réforme
La loi Pacte,
un texte fourre-tout
La dématérialisation des factures
pour réduire les délais
Prévu pour entrer en vigueur le
1er janvier 2019, le prélèvement
à la source vise une collecte
en temps réel de l’impôt des
ménages. Sont concernés : les
salariés, les indépendants et les
retraités. Surtout, la réforme
implique dans le circuit de
recouvrement un nouvel
acteur, à savoir l’employeur qui
doit faire apparaître l’impôt sur
Ayant entamé son périple législatif à l’Assemblée nationale
début septembre, le Pacte (plan
d’action pour la croissance et la
transformation des entreprises)
est présenté comme un dispositif visant à soutenir la croissance
et à simplifier la vie des acteurs
économiques. Touchant un
large é́ventail de sujets, ce projet
de loi s’attaque notamment à
Pour parer aux 15.000 faillites
annuelles qui seraient dues à
des retards de paiement, Bercy
préconise la facture électronique. Depuis le 1er janvier 2017,
la dématérialisation est obligatoire pour les entreprises de
plus de 5.000 collaborateurs
traitant avec l’Etat. Une obligation étendue aux entreprises
de taille intermédiaire
la fiche de paie. Si nombreux
sont les grands groupes et les
ETI à avoir anticipé, le processus de préparation semble
moins avancé dans les PME et
les TPE. Toutes tailles confondues, les entreprises ont salué
l’abandon de l’incrimination
pénale et le fait que ce soit le
droit commun qui s’applique
en cas de manquement.
la simplification de la création
d’entreprise, au contrôle des
investissements étrangers, à
l’allégement de la certification
des comptes, à la simplification
des seuils applicables en
matière sociale, à la réinvention
de l’objet social de l’entreprise, à
la relance de l’innovation ou
encore à la réforme de l’apprentissage.
(employant de 250 à
5.000 salariés) depuis le 1er janvier 2018. A compter de
début 2019, ce sera le tour
des PME (de 10 à 250 salariés),
puis, en 2020, celui des TPE
(moins de 10 employés). Toutes
les entreprises de droit privé
seront également contraintes
de devoir accepter des factures
dématérialisées.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
ENTREPRENEURS // 37
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
CALENDRIER // Quelques conseils pour que les entreprises soient prêtes le 1er janvier prochain
et en conformité avec l’administration fiscale.
Bien se préparer
au prélèvement
à la source
1
AVOIR LE BON
LOGICIEL DE PAIE
Première étape pour être en ordre
de marche au 1er janvier prochain :
vérifier auprès de la personne
(interne ou externe) qui s’occupe de
la paie que le logiciel utilisé est correctement paramétré pour recevoir
de l’administration fiscale les taux
d’imposition à appliquer. « Pour
pouvoir intégrer – automatiquement
ou manuellement – ces taux, qui parviennent par “flux retours” de l’administration fiscale, certains logiciels
vont nécessiter d’être mis à jour »,
explique Charles-Emeric Le Roy,
directeur de la ligne de services
social et RH du cabinet GMBA.
2
INFORMER
LES SALARIÉS
Ce n’est pas une obligation, mais,
même si les pouvoirs publics ont
beaucoup communiqué, il est fortement conseillé d’informer et de former ses salariés pour éviter de voir
les salariés débarquer dans son
bureau après avoir reçu leur premier salaire de 2019. « Il faut que les
salariés soient informés sur le principe du prélèvement à la source
comme sur celui de “l’année blanche”, mais aussi qu’ils sachent qu’ils
doivent se tourner vers l’administration et non vers l’entreprise en cas de
questions ou problèmes, notamment
sur l’année blanche, ou le taux appliqué. L'entreprise peut communiquer
via des “notes d’information”, qui
peuvent s’inspirer largement des
modèles proposés par l’administration. Elle peut également organiser
une réunion, avec éventuellement la
présence de son expert-comptable ou
son conseil pour répondre aux questions un peu techniques », conseille
Charles-Emeric Le Roy.
3
TESTER LES NOUVEAUX
BULLETINS DE PAIE
Les bulletins de paie comprendront
4 nouvelles lignes : « Le taux d’imposition du salarié, ainsi que sa nature,
le montant de la retenue à la source, et
le revenu net après PAS. Il faut, làaussi, que le logiciel de paie de l’entreprise puisse traiter ces nouvelles exigences. La réalisation, dès la fin de
l’année 2018, de deux bulletins de paie,
dont un en préfiguration, permettrait
aux salariés de se rendre compte de
l’impact qu’aura la réforme sur leur
Quel coût pour
l’employeur ?
salaire net, mais aussi de vérifier que
les taux transmis par l’administration sont corrects : en cas d’erreur, il
faudra compter environ trois mois
pour que l’administration rectifie ses
taux », indique Charles-Emeric Le
Roy.
4
PRÉPARER LE
PAIEMENT DE L’IMPÔT
L’administration a précisé que le
paiement de l’impôt ne pourrait pas
se faire au moyen de virements,
mais uniquement par prélèvement
automatique. « L’entreprise devra
s’assurer d’avoir mis en place un
mandat Sepa valide et le transmettre
à sa banque afin que le paiement ne
soit pas bloqué : la démarche est simple mais doit être effectuée avant la fin
de l’année pour éviter d’éventuels
rejets de la banque qui entraîneraient
des pénalités », indique CharlesEmeric Le Roy. Le premier versement ? Il aura lieu trois jours après
la date limite de dépôt des déclarations sociales, soit le 8 février 2019
(entreprises de plus de 50 salariés)
ou le 18 février 2019 (entreprises de
moins de 50 salariés).
— Cécile Desjardins
Le paiement de l’impôt ne pourrait pas se faire au moyen de
virements, mais uniquement par prélèvement automatique.
Photo Jean-Claude Moschetti/RÉA
ORGANISATION
Une nouvelle charge
administrative et financière
« Si tout se passe
comme prévu
– sans couac !–,
il semblerait que
la mesure apporte
un plus dans la vie
de nos salariés… »
Avec seulement 10 salariés,
l’Atelier Tuffery externalise
l’ensemble de ses services
en matière juridique,
sociale et comptable.
C’est le cabinet extérieur
qui sera aussi aux manettes
sur le sujet du prélèvement
à la source.
Pour Julien Tuffery, jeune dirigeant
de la société éponyme créée à la fin
du XIXe siècle par son arrière-grandpère à Florac (Lozère), et spécialisée
dans la fabrication de jeans, dont
certains à base de chanvre, le prélèvement à la source, c’est un dossier
supplémentaire sur un bureau déjà
très plein ! « Les charges administratives, et en particulier les évolutions
réglementaires, sont très lourdes à
gérer pour une petite PME », reconnaît ce patron, qui emploie 10 salariés à plein temps pour un chiffre
d’affaires de 1,2 million d’euros, dont
plus de 70 % via le Web. L’atelier Tuffery, en très forte croissance, n’a pas
de service juridique et social en
interne : l’entreprise s’appuie sur un
cabinet spécialisé qui répond à
l’ensemble de ses obligations sociales, juridiques et comptables. « Le
prélèvement à la source est un sujet
supplémentaire pour eux : nous
n’avons aucunement l’expertise
nécessaire pour le déployer en
interne », explique Julien Tuffery.
« Discussions constructives
et transparentes »
Dès le printemps 2018, l’entreprise
et son conseil se sont penchés sur ce
nouveau sujet. « Nous avons
informé les salariés avant l’été.
Cependant, force est de constater que
l’administration fiscale avait bien
communiqué au préalable, car le
staff était déjà informé et pas du tout
ABONNEZ-VOUS
MAINTENANT
AUX ECHOS
BIENVENUE DANS LA NOUVELLE ECHOSNOMIE
JULIEN TUFFERY
Atelier Tuffery
de devoir nous informer sur son taux
d’imposition. Au contraire, cela a levé
l’omerta sur les salaires et généré des
discussions constructives et transparentes sur le sujet des salaires. »
Contrainte réglementaire
et surcoût pour l’entreprise
Les dirigeants d’entreprise
craignent que le basculement
vers le prélèvement à la source
n’entraîne un surcoût
financier. Photo Shutterstock
inquiet sur le sujet, explique Julien
Tuffery. Il y a environ deux semaines,
notre cabinet d’expertise a fait signer
à nos salariés la feuille statuant de la
répartition de l’impôt avec leur conjoint, à partir des informations
transmises par l’administration fiscale. » Le process s’est jusqu’à présent très bien déroulé. « L’ambiance
dans l’entreprise est très bonne et
nous coconstruisons beaucoup. Les
salariés ont bien compris que le prélèvement à la source était une contrainte pour nous – et que nous n’avions pas le choix. Aucun n’a mal pris
La prochaine étape ? La préparation
– prévue fin novembre – de deux
feuilles de salaire : l’une classique,
l’autre simulant le salaire net après
prélèvement à la source. « Nos salariés s’étaient déjà renseignés individuellement et ils sont préparés à percevoir un net moins important
qu’avant. J’ai appris avec surprise que
beaucoup n’étaient pas mensualisés :
certains sont donc soulagés à l’idée de
ne plus avoir à faire face à l’avenir au
coup de bâton du dernier tiers ! Si tout
se passe comme prévu – sans couac !–,
il semblerait que la mesure apporte
un plus dans la vie de nos salariés… »
Rien n’a encore été annoncé mais,
outre la contrainte réglementaire,
Julien Tuffery craint que le basculement vers le prélèvement à la source
n’entraîne un surcoût financier
dans la facturation de son cabinet
d’expertise. Une somme qu’il aurait
largement préféré réinvestir ou verser en primes à ses salariés… — C. D.
abonnement.lesechos.fr
Selon le rapport de l’Inspection générale des
finances « L’Audit sur les
conditions de mise en
œuvre du prélèvement à la
source », publié en octobre 2017, le coût du basculement vers le prélèvement à la source irait de
26 à 50 euros par salarié
dans les TPE et PME (selon
le type de structure et le
mode de gestion de paie,
externalisée ou non). Il ne
serait que de 6 à 8 euros
pour les ETI et les grandes
entreprises. En rythme de
croisière, il faudra compter de 3 à 4 euros par an et
par salarié pour l’ensemble des catégories d’entreprises, à l’exception des
TPE n’externalisant pas
leur paie et pour qui le
surcoût annuel pourrait
s’élever à 9 euros par salarié. « Un écart qui trouve
son explication dans le fait
que les TPE à la paie internalisée devront absorber
l’activité additionnelle de
paie inhérente à la gestion
du prélèvement à la source,
charge en règle générale
supportée par le chef
d’entreprise lui-même »,
indiquait le document.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
38 // ENTREPRENEURS
Mercredi 10 octobre 2018 Les Echos
LÉGISLATION // Le distributeur européen de fournitures et d’équipements
dispose d’un site marchand et a dû harmoniser ses pratiques en Europe.
RGPD : un trimestre après,
ce qui a changé chez Manutan
Quatre clefs
pour améliorer sa
sécurité numérique
ware » : trop d’employés se font
encore avoir par simple manque de formation et d’information sur le risque cyber. Il faut
expliquer qu’il ne faut pas cliquer sur toutes les pièces jointes, que l’on peut rappeler un
contact pour s’assurer qu’il
est bien l’expéditeur d’un mail,
ou encore qu’il faut changer
régulièrement les mots de
passe, etc. Le site cybermalveillance.gouv.fr propose des
kits de sensibilisation gratuits à
destination des employés et
permettent de diffuser les bonnes pratiques fondamentales,
tant à l'intérieur qu’à l’extérieur
de l'entreprise.
Jérôme Notin est
directeur général du
groupement d'intérêt
public Acyma, dispositif
national d'assistance
aux victimes de
cybermalveillance.
C
’est un pionnier de la vente
en ligne. En effet, le groupe
familial Manutan a lancé
son site marchand en B to B au
début des années 2000. Avant cela,
au moment de sa création en 1966,
cette entreprise de taille intermédiaire, qui réalise aujourd’hui
709 millions d’euros de chiffre
d’affaires, avait été l’une des toutes
premières sociétés françaises à
commercialiser ses fournitures et
mobiliers pour les entrepôts, usines
et bureaux via des catalogues. « Dès
la fin des années 1990, nous avons
senti qu’Internet allait remplacer les
vecteurs traditionnels de la vente à
distance, d’où la création de notre
site, qui constitue aujourd’hui notre
premier canal de distribution »,
explique Pierre-Olivier Brial, directeur général délégué de Manutan.
Il livre quatre façons
rapides, simples et
quasiment gratuites,
pour aider les dirigeants
de TPE/PME à améliorer
la cybersécurité de leur
entreprise.
1
Harmonisation à l’échelle
européenne
Rompue aux mécanismes de
l’e-commerce, l’ETI est aussi au
fait de la question de la protection des données personnelles.
« Le cadre réglementaire français
étant en avance sur ce sujet, nous
avons toujours eu, en France, une
démarche proactive en faveur de la
sécurisation de toutes les informations relatives aux clients. Nous
avons signé très tôt la charte de la
Fédération des entreprises de vente à
distance (Fevad) », indique PierreOlivier Brial. L’entrée en application, le 25 mai, du règlement général sur la protection des données
(RGPD) – qui s’applique aussi, mais
de manière plus souple et plus flexible, aux sites d’e-commerce en B to
B –, n’a donc pas changé grandchose pour l’entité hexagonale de
Manutan. En revanche, les 17 filiales européennes de l’ETI ont dû
à leur tour prendre le pli.
« Jusqu’alors, les pratiques et les
règles étaient différentes d’un pays à
l’autre, et nous nous contentions de
nous assurer que nos filiales étaient
toutes en conformité avec le cadre
réglementaire local. Avec le RGPD,
nous avons dû mener une politique
d’harmonisation au niveau du
groupe », dit-il. Pour ce faire, l’entreprise, dont le siège social est à
Gonesse, dans le Val-d’Oise, a créé
une équipe projet pilotée par la
directrice juridique. Sponsorisé par
la direction générale, ce département chargé de la conformité travaille avec des référents dans chaque pays où est implanté le groupe.
BONNES PRATIQUES
Le RGPD a également créé une impulsion chez Manutan pour mettre l’accent sur la sécurisation
des systèmes d’information. Photo Manutan
« Pour ce qui est du recrutement en
interne d’un data protection officer
(DPO) », nous nous donnons encore
un peu de temps. Pour l’instant, nous
avons recours à un DPO externe, à la
fois expert en droit numérique et doté
d’un bon relationnel, un élément
essentiel à l’évangélisation de
l’ensemble de nos équipes », précise
le directeur général délégué.
Outre l’harmonisation des pratiques à l’échelle européenne, le
RGPD a également créé une impulsion chez Manutan pour mettre
l’accent sur la sécurisation des systèmes d’information (SI), une stratégie qui fait l’objet d’importants
investissements. « Nous investissons plusieurs centaines de milliers
d’euros chaque année pour garantir
la protection de nos SI, sachant que
ces budgets augmentent d’une année
sur l’autre. L’une des vertus du RGPD
a été de remettre le sujet de la sécurisation au centre des priorités », souligne Pierre-Olivier Brial.
Traiter la question
plus en amont
Afin de communiquer auprès des
clients sur les nouvelles dispositions prévues par le règlement
européen, Manutan a utilisé son
site marchand, « le canal le plus
fluide pour être transparent et informer sur le type de données collectées,
leur portabilité et leur sécurisation ».
En interne, en vue de sensibiliser
l’ensemble des 2.200 collaborateurs, l’ETI a commencé par réunir
les managers, c’est-à-dire 150 personnes, dans le cadre d’une visioconférence. « Pour expliquer le
RGPD aux équipes et responsabiliser
chaque individu, nous avons fait le
choix de communiquer via notre
intranet et nous misons également
sur le travail de terrain effectué par
notre service juridique. Enfin, nous
faisons un point mensuel, entre
l’équipe projet dédiée et la direction
générale, pour définir les lignes directrices », détaille Pierre-Olivier Brial.
La nouvelle réglementation vient
donc renforcer des dispositions
déjà appliquées par l’ETI depuis de
nombreuses années, néanmoins le
RGPD a permis une rationalisation
de la gestion des données confidentielles et un traitement plus en
amont de cette question. « En créant
un tronc commun pour gérer ce dossier avec toutes nos filiales, nous
avons fluidifié les échanges avec chaque entité européenne et suscité une
dynamique globale bénéfique à tous,
aussi bien aux collaborateurs qu’aux
clients », conclut Pierre-Olivier
Brial. — Julie Le Bolzer
LA SAUVEGARDE
DES DONNÉES
Beaucoup de petites entreprises
ont souffert depuis deux ans de
« ransomwares » ou rançongiciels, ces programmes malveillants qui bloquent les données de l’entreprise jusqu’au
paiement d’une rançon. Certaines sociétés n’ont pas survécu à
de telles attaques. Pourtant, une
solution existe et l’on ne devrait
plus voir des entreprises en être
victime : il faut simplement réaliser des sauvegardes régulières ! Concrètement, il suffit
d’enregistrer ses données sur
un disque dur externe, que l’on
doit ensuite déconnecter des
réseaux, par exemple pour le
ranger au coffre... La fréquence
de la sauvegarde dépend de chaque entreprise : au dirigeant de
décider s’il peut se permettre de
perdre une journée, une
semaine ou un mois de données.
2
LES MISES À JOUR
LOGICIELLES
Les mises à jour proposées
régulièrement et gratuitement
par les éditeurs de logiciels ne
font pas que rajouter des fonctionnalités : elles corrigent des
bugs et des failles de sécurité. Il
est essentiel de les installer pour
bénéficier des dernières versions. Et surtout d’un niveau de
sécurité plus élevé. Malheureusement, un grand nombre de
ses mises à jour ne sont pas réalisées. Tout comme certains
anti-virus sont achetés, sans
jamais être installés...
3
LA SENSIBILISATION
DES ÉQUIPES
LE RENFORCEMENT
DES MOTS
DE PASSE
4
Beaucoup de gens utilisent
encore le même mot de passe
pour des accès différents. Parfois, à titre personnel et à titre
professionnel. Cette pratique
est très dangereuse. Il faut a
minima un mot de passe unique
et fort pour protéger sa messagerie, qui contient en général
tous ses secrets : si la boîte mails
est piratée, on peut redouter un
accès à ses réseaux sociaux, des
achats sur des plates-formes de
commerce en ligne, etc. Bref,
une usurpation d'identité...
— Cécile Desjardins
À NOTER
Octobre est officiellement
le mois européen de la
cybersécurité. De nombreuses actions de sensibilisation
et d'information seront
menées sur les réseaux
sociaux. Une bonne occasion
de progresser sur le sujet.
« Trop
d’employés se
font encore avoir
par simple
manque de
formation et
d’information sur
le risque cyber. »
JÉRÔME NOTIN
Directeur général
du groupement d'intérêt
public Acyma
Il faut sensibiliser tout le monde
au sein de l’entreprise sur le risque de fishing ou de « ransom-
DIGITALISATION
Vente en ligne : comment Gautier a rattrapé son retard
Lancé il y a trois ans, le site
de vente en ligne du
fabricant de meubles
vendéen voit chaque année
son chiffre d’affaires
augmenter de 30 %.
Face à l’érosion de la fréquentation
des magasins, nombreuses sont les
entreprises de vente au détail qui se
sont tournées vers la vente en ligne.
Le fabricant de meubles Gautier, lui,
a tardé à opérer cette bascule numérique. « Nous avons lancé, il y a huit
ans, la digitalisation de la relation
client, pour accompagner le consommateur. Mais il n’y a que trois ans que
nous avons créé notre site d’e-commerce », indique David Soulard, le
directeur général de cette ETI vendéenne, qui réalise 120 millions
d’euros de chiffre d’affaires et
emploie 850 collaborateurs. Avant
de commercialiser ses produits sur
Internet, l’entreprise familiale cherchait le modèle économique le plus
adapté.
« Nous ne voulions pas que le Web
cannibalise les boutiques. Nous avons
donc décidé de partager la valeur
ajoutée de la vente en ligne pour que
les magasins physiques en profitent
aussi », explique David Soulard. La
stratégie de Gautier, qui consiste à
impliquer toutes les équipes dans le
succès de l’e-commerce, porte ses
fruits : le site marchand compte plus
de 2 millions de visiteurs par an et a
vu son chiffre d’affaires augmenter
de 30 % par rapport à la même
période de l’année dernière (pouvant inspirer de nombreux fabricants de meubles qui hésitent
encore à franchir le pas). De l’avis du
dirigeant, l’acculturation des collaborateurs au digital constitue la
pierre angulaire de la démarche de
numérisation. « Lancer un site reste
accessible pour de nombreuses entreprises puisque cela représente environ 100.000 euros. En revanche, les
investissements sont bien plus importants en termes d’accompagnement et
de formation des salariés », dit-il.
Il faut offrir
de l’humain derrière
le virtuel.
L’ETI compte 120 magasins dont une cinquantaine
à l’étranger.Photo Gautier
Pour satisfaire des consommateurs
qui consultent la plate-forme avant
de se rendre en magasin (plus de
50 % des clients de Gautier ont
déjà utilisé, en ligne, le compositeur 3D de l’enseigne pour visualiser
leurs futurs aménagements), les
vendeurs doivent être préparés à
répondre à des questions plus pointues. Par ailleurs, le site doit vivre en
permanence. « Il faut être attractif,
changer régulièrement la photo de la
première page, mettre en ligne des
vidéos, animer la fenêtre de discussion… Cela nécessite une équipe
dédiée : il est désormais indispensable
de faire du virtuel mais, derrière tout
ça, il faut offrir de l’humain », estime
David Soulard, soulignant que « le
tchat est assuré par une collaboratrice, dont la mission est de répondre
le plus précisément possible aux
clients pour que les interrogations se
concrétisent en achats ».
Comptant 120 magasins, dont une
cinquantaine à l’étranger, l’ETI a
intégré à son site sa démarche
d’internationalisation : la plateforme est disponible en français,
en anglais, en espagnol, en allemand et bientôt en coréen. « La
vente en ligne nous permet d’avoir
un magasin ouvert 24 heures sur 24 et
7 jours sur 7, pour satisfaire tous les
fuseaux horaires », conclut David
Soulard.
— J. L. B.
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ENTREPRENEURS // 39
Les Echos Mercredi 10 octobre 2018
INTERVIEW // CHARLES-RENÉ TANDÉ Président de l’Ordre des experts-comptables
« Le numérique ouvre
de formidables perspectives »
l Le 73e Congrès de l’Ordre des experts-comptables se tiendra
du 10 au 12 octobre à Clermont-Ferrand.
l Le président du Conseil superieur de l’ordre détaille ses priorités.
Propos recueillis par
Cécile Desjardins
Comment les experts-comptables sont-ils aujourd’hui perçus
par leurs clients ?
L’étude que nous avons menée nous
a confirmé ce que nous ressentons
sur le terrain : les experts-comptables sont très reconnus pour leur
sérieux, leur expertise dans de nombreux domaines, leur esprit de synthèse et leurs conseils. Toutefois, on
nous reproche de ne pas aller assez
loin, de ne pas être assez spécialisés
ou pas suffisamment experts dans
certains domaines pointus. Il arrive
aussi que le client ne sache pas ce
que nous pouvons faire : nous souffrons d’une insuffisance dans notre
faire-savoir, il nous faut apprendre à
davantage communiquer sur nos
compétences.
Quelles sont les nouvelles compétences que les experts-comptables doivent acquérir ?
La première chose est de mieux
valoriser les compétences existantes. Ensuite, il nous faut renforcer
nos connaissances sectorielles et
techniques. Les clients attendent
une excellente connaissance de leur
activité, ce qui implique de mettre en
place des équipes spécialisées par
secteur. Par ailleurs, nous devons
nous former et recruter des experts
pour nous développer dans les nouveaux domaines que sont le numérique, notamment, ou la RSE (responsabilité sociale, sociétale et
environnementale). Concrètement,
les cabinets doivent non seulement
réaliser leur propre transition
numérique, mais aussi aider leurs
clients à mener la leur. Nous avons
aussi un rôle à jouer en matière de
cybersécurité : les PME ne sont pas
du tout à la hauteur aujourd’hui et
nous pouvons les aider à détecter les
points d’insuffisance, voire d’alerte,
et mettre des outils à disposition des
chefs d’entreprise…
Ces domaines sont-ils appelés à
se développer dans votre chiffre
d’affaires ?
Aujourd’hui, l’essentiel de notre
chiffre d’affaires vient toujours de la
comptabilité. Le social et la paie ont
beaucoup progressé, pour atteindre
entre 15 et 20 % de la facturation, aux
côtés de 8 à 10 % de commissariat
aux comptes en moyenne. Le problème est qu’aujourd’hui, nos prestations de conseil ne sont pas facturées en tant que telles, mais vendues
forfaitairement avec la comptabi-
lité. Et ce système n’est plus viable :
avec l’automatisation et la dématérialisation, la matière comptable a
de moins en moins de valeur et notre
chiffre d’affaires comptable ne peut
qu’être amené à décroître dans les
prochaines années. Il faut que les
« Nos prestations de
conseil ne sont pas
facturées en tant que
telles, mais vendues
forfaitairement avec
la comptabilité. »
« Ce système n’est
plus viable. »
cabinets aillent vers une facturation
séparée de leurs prestations de conseil pour représenter, à terme,
autour de 25 % du chiffre d’affaires
du cabinet. Cela implique de développer le numérique et la RSE, mais
aussi de facturer le conseil à forte
valeur ajoutée que nous apportons
déjà en matière de financement, de
stratégie, d’accompagnement des
entreprises, de prix de revient, de
développement international, etc.
Qu’est-ce que cela implique
au niveau des cabinets ?
Chaque cabinet doit réfléchir et
faire ses choix stratégiques : certains voudront poursuivre leurs
missions traditionnelles, d’autres
souhaiteront les élargir et les diversifier pour en développer de nouvelles. Certains vont opter pour une
spécialisation dans un secteur ou
un domaine, d’autres préféreront
évoluer vers le « full service » au service des petites entreprises. En tout
état de cause, le numérique ouvre de
formidables perspectives et la loi
Pacte permet aujourd’hui aux
experts-comptables d’élargir le
champ de leurs activités. Il faut en
saisir toutes les opportunités et
nous développer sur nos deux
piliers : la confiance que nous
apportons et la performance que
nous recherchons systématiquement pour satisfaire nos clients.
Que va précisément changer
la loi Pacte ?
La loi Pacte nous touche tout
d’abord négativement en affectant
notre profession sœur, les commissaires aux comptes (CAC). Les deux
populations se recoupent en grande
partie mais pas entièrement : la
France compte actuellement 20.000
Charles-René Tandé, président du Conseil supérieur de l’ordre
des experts-comptables. Photo Eric Avenel
experts-comptables et 13.000 CAC
(dont 90 % ont le diplôme d’expertise comptable), mais la part de commissariats aux comptes est assez
élevée dans certains cabinets, qui se
verront donc fortement affectés par
le relèvement des seuils de l’audit
légal. Heureusement, la loi Pacte
comprend aussi des éléments positifs pour notre profession. Tout
d’abord, le numérique et la RSE vont
être officiellement inscrits dans nos
domaines de compétence. Ensuite, il
sera désormais possible pour un
chef d’entreprise de déléguer à son
expert-comptable l’ensemble de sa
fonction administrative. Par
ailleurs, comme les avocats, nous
pourrons désormais facturer des
« success fees » (honoraires de succès), alors que nous ne pouvions jusqu’à présent facturer qu’au forfait ou
au temps. Vous l’aurez compris, c’est
un changement de paradigme tant
pour les cabinets que pour nos
clients et là encore, nous devrons
nous attacher à être pédagogues.
Enfin, comme dans les pays anglosaxons, la place de l’expert-comptable en entreprise sera désormais
reconnue. Cela va faciliter les allersretours entre l’entreprise et la profession libérale et renforcer, globalement, la profession du chiffre :
environ 40 % des diplômés de
l ’e x p e r t i s e c o m p t a b l e s o n t
aujourd’hui perdus dans la
nature ! n
ENQUÊTE
Les experts-comptables décryptent
les enjeux clefs pour leurs clients
Reconnus pour leur
expertise, les professionnels du chiffre ont encore
du mal à s’imposer
aujourd’hui dans de
nouveaux domaines comme
le conseil en cybersécurité
ou en déploiement à
l’international.
Les experts-comptables connaissent
très bien leurs clients… mais pas forcément les attentes de ces derniers en
termes de services. C’est vrai a fortiori des prospects ! » reconnaît un
proche des professions du chiffre.
De fait, et c’est une première : les
experts-comptables viennent de
mener une importante étude sur les
attentes de leurs clients et prospects, au niveau national. Le sujet
est d’autant plus important que
commissaires aux comptes et
experts-comptables ont du mal à se
positionner. Les premiers sont
directement touchés par la remontée des seuils d’audit, récemment
votée à l’Assemblée dans le cadre de
la loi Pacte, en dépit d’années de lobbying. Et les seconds redoutent
l’inéluctable baisse de leurs hono-
75
ENTRETIENS
ont été réalisés auprès
de profils variés (président,
DG, DAF, DRH ou même DSI)
issus d’entreprises de toutes
tailles, lors d’une phase
qualitative d’écoute du marché
avant d’effectuer le sondage
proprement dit.
raires, en raison de l’automatisation croissante des process.
Réalisée par le CSA, l’étude
« Prospective sur la profession
d’expertise comptable – les marchés et le positionnement de
l’expert-comptable aujourd’hui et
demain, un état des lieux pour préparer l’avenir », demandée par
l’Ordre des experts-comptables
(OEC), a été menée en trois volets.
Tout d’abord, une phase qualitative
d’écoute du marché, où 75 entretiens ont été réalisés auprès de profils variés (président, DG, DAF, DRH
ou même DSI) issus d’entreprises
de toutes tailles, puis une phase
qualitative exploratoire. Enfin, une
enquête quantitative a été menée
auprès de plus de 700 clients et
prospects, par téléphone, entre juin
et juillet dernier.
Des interlocuteurs
de confiance
Il apparaît – sans surprise – que les
organisations (entreprises, pouvoirs publics ou associations) ont
besoin de conseils à toutes les étapes de leur vie : depuis la création
jusqu’à une éventuelle cession ou
transmission, en passant par les
phases de croissance, stabilisation,
montée et gestion des risques,
comme en période de déclin, impliquant adaptation ou restructuration. Ces besoins permanents peuv e n t ê t r e d ’o r d r e f i n a n c i e r
(recherche de financements, investissement), technologique (digitalisation, dématérialisation), ou
même relever des ressources
humaines (recrutements), etc. Ce
qui est surprenant, c’est qu’une part
non négligeable des organisations
semble avoir du mal à trouver le
bon prestataire de conseils… Ainsi,
38 % des entreprises peinent à trouver un conseil en matière de recru-
tement (de même que 19 % des institutions publiques et 18 % des
associations). Et 17 % des entreprises se sentent esseulées en matière
de marketing et stratégie commerciale. Dans le domaine juridique et
social, ce sont 32 % des institutions
publiques qui sont à la peine (25 %
des associations et 22 % des entreprises). Même dans le domaine
financier : 35 % des associations
auraient du mal à trouver un con-
seil en matière de gestion ou retour
sur investissement (de même que
18 % des institutions publiques, à
comparer à seulement 9 % des
entreprises).
Les experts-comptables ? Ils
apparaissent comme des interlocuteurs de confiance, avec comme
points forts la rigueur, la stabilité,
l’expertise, le sérieux, la technicité
et la veille active. On reconnaît leur
expertise dans le conseil en gestion
de trésorerie (90 %), l’optimisation
des coûts (78 %), l’accompagnement de la transmission ou acquisition (73 %) et même l’accompagnement des entreprises en difficulté
(80 %), souvent loin devant les
autres professionnels du conseil.
Mais une grande partie des organisations les jugent faibles dans le
développement commercial et
l’évaluation de marchés, domaines
dans lesquels ils ne sont jugés
« parmi les plus compétents » que
par 34 % des entreprises. Même
manque de reconnaissance dans le
conseil pour le déploiement à
l’international (27 %), le conseil en
cybersécurité et la protection des
données personnelles (22 %), l’organisation et la stratégie (31 %), ou
encore le conseil en transmission
numérique et dématérialisation
(29 %)… Une question de savoirfaire ou de faire-savoir ? — C. D.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Mercredi 10 octobre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Règles d’or
Le premier défi du nouveau patron d’Airbus
est à très court terme.
L'INVITÉ
DES ECHOS
« Les Echos »
+
crible
Jean-Louis Missika Adjoint
à l’urbanisme à la Maire de Paris
VOITURE AUTONOME « Les constructeurs historiques ont
une vision de l’introduction progressive de l’automatisation –
cela est même codifié : il y a cinq niveaux, nous en sommes au
niveau 2, nous allons bientôt passer au 3, le niveau 5 étant la
voiture entièrement robotisée –, et il y a, de l’autre côté, les
Google, Tesla, et quelques autres, qui ont une vision disruptive
que l’on connaît bien. Et eux veulent aller directement au véhicule 100 % autonome. Il y a donc deux stratégies qui sont contradictoires, et il y en a nécessairement une qui gagnera. Mon
sentiment personnel et que la disruption est l’hypothèse la
plus probable », analyse Jean-Louis Missika, coauteur avec
Pierre Musseau, du livre « Des robots dans la ville »
(Taillandier, octobre 2018).
RÉGLEMENTATIONS « Si la stratégie est celle d’un retardement, alors ce serait une catastrophe. Parce que cela voudrait
dire que l’on ferait de l’Europe le dernier de la classe de cette
révolution des mobilités. La Chine et les Etats-Unis seraient
des leaders. Or nous sommes dans un cycle schumpétérien : il
y aura des destructions d’emplois – notamment de chauffeurs – mais aussi des créations d’emplois. Le drame serait
que les créations d’emplois n’aient pas lieu en Europe, mais
sur d’autres continents. »
VILLE « Un véhicule est immobile 95 % de sa durée de vie.
C’est pour cela que nous avons autant de parkings dans les villes. L’avènement du véhicule autonome permettrait de libérer
beaucoup de mètres carrés. (...) parce qu’il n’a de sens que s’il
est partagé, car il peut rouler 24h/24. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L'intégralité de l'émission sur lesechos.fr/invitedesechos
A l’instar de l’immobilier, le succès dans l’aéronautique est soumis à trois
règles d’or : la livraison, la livraison et la livraison ! Si Elon Musk pense vivre
un « enfer » industriel et logistique en doublant à peine en trois mois la production du dernier modèle électrique de Tesla, on ne sait alors pas comment qualifier le supplice de Guillaume Faury. Le futur patron d’Airbus relève, en effet, son premier défi sous son actuelle casquette de pilote de la
branche commerciale (soit cinq sixièmes des bénéfices du groupe). D’ici à
fin décembre, l’avionneur devra sortir chaque mois de ses usines presque
deux fois plus d’appareils (soit 99) que sur les huit premiers mois de l’année
(54) s’il veut tenir l’objectif annuel d’environ 800 unités. En septembre, la
cadence atteignait 69 carlingues. Devant cette piste très courte, et malgré la
trajectoire plutôt rassurante des comptes semestriels, les analystes amorcent doucement la descente de leurs prévisions de résultat d’exploitation
annuel (–3,4 % depuis fin juillet) et de cash-flow libre (–2,6 %). L’incomparable visibilité conférée par neuf années de chiffre d’affaires en carnet n’empêche pas les investisseurs de garder les pieds sur terre et d’engranger leurs
plus-values. La quatrième meilleure hausse du CAC 40 depuis le 1er janvier
(+23 %) est aussi la onzième plus forte baisse de l’indice depuis un mois
(–2,3 %). Alors que dans cet intervalle Boeing (+11 % en euros) caracole en
tête du Dow Jones. Dans l’aérien aussi, l’emplacement est crucial.
Facebook 27
FNAC 27
Galeries Lafayette 24
Google 25
Inventy 29
Lab2U 29
Lactalis 17
Léa Nature 23
LinkedIn 25
LVMH 17
Maison Plisson 35
Marie et Marie 28
Meccoli 29
Microsoft 27
Morgan Stanley 30
Nathan Lévy 24
Netflix 26
Nielsen 32
Nubank 31
Pacifica Ventures 26
« Une poignée de chance vaut mieux qu’un sac plein de sagesse », dit un proverbe allemand. Malheureusement, les actionnaires de Ceconomy n’ont pas
eu droit à la première, tandis que le premier distributeur européen d’électronique grand public a visiblement manqué de la seconde. Pour la deuxième fois en trois semaines, l’ancien bras du commerçant Metro est contraint
de tirer la sonnette d’alarme sur ses profits annuels. Les prévisions sont déjà
dures à établir lorsqu’elles concernent l’avenir, mais elles ne sont apparemment pas plus faciles lorsqu’il s’agit du passé : l’exercice 2017-2018, qui se
trouve ainsi amputé de 17 % du bénéfice d’exploitation attendu par les courtiers, est en effet clos depuis le 30 septembre. En moins d’un mois, la bagatelle de 120 millions de résultat (soit près d’un quart des estimations) s’est
évaporée dans la chaleur de l’été en vidant les magasins climatisés de MediaMarktSaturn. En plus des talons des consommateurs, ce qui a visiblement mal tourné, ce sont les rabais consentis à l’enseigne par les fabricants,
les fameuses « marges arrière », comme on les appelle aussi de l’autre côté
du Rhin. Ceconomy a toujours affirmé qu’elles ne fournissaient pas plus de
5 % de sa rentabilité du groupe. Mais leur comptabilisation dans les livres
du premier actionnaire de FNAC Darty représente plus de deux fois et demi
les profits annuels visés. « Quand on aura tout balayé, on saura ce qu’il y a
derrière le poêle », enseigne la sagesse allemande. Peut-être plus grand-chose finalement, après la chute de 18,5 % du titre à Francfort mardi.
AVIS FINANCIERS
BNP Paribas AM 23
Olympique Lyonnais 25
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Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
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Ce numéro comporte un 3e cahier de 10 pages « Les Echos Entreprises et Collectivités »
Deux « profit warnings » de Ceconomy
en moins d’un mois exaspèrent la Bourse.
H&M se tourne vers la fintech Klarna Bank
pour mieux séduire ses clients.
Ryanair 32
Samsung 25
SCOR 32
Self Signal 28
Siemens 22
Snap 10
Solvay 20
Spie Batignolles 22
Starboard 32
Sun Microsystems 27
Symantec 32
Technature 28
TechnipFMC 32
Telecom Italia 32
Total 20, 32
Vinci 22
Vivendi 32
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ÉDITRICE DÉLÉGUÉE Capucine Marraud des Grottes
DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
Coup de chaud
Les Vikings du shopping
LES ENTREPRISES CITÉES
ABQ Studios 26
Adnoc 20
Altaroad 22
Amazon 17
Apple 27
Aramco 20
ASF 22
Aviva 31
BNP Paribas 32
BreBeMi 22
Caesars 32
Capgemini 32
Covéa 32
Crédit Agricole SA 32
Danfoss 29
Devialet 27
Eiffage 22, 29
Elis 24
Elliott 32
Eurovia 22
L’esprit viking n’est pas mort, surtout dans le monde vibrant du shopping.
Sans être complètement dans le même bateau, à cause de leur différence de
profil, la fintech suédoise Klarna et son compatriote le géant de l’habillement Hennes & Mauritz n’en font pas moins cause commune pour améliorer l’expérience utilisateur lors du moment critique de la relation commerciale, le règlement, et quel que soit le canal de vente. Valorisée à 2,7 milliards de dollars en juillet 2017 par ses « venture capitalists » prestigieux –
parmi lesquels Visa –, la plate-forme numérique lancée en 2005 n’en profite
pourtant pas pour se tailler un nouveau record de valorisation, si l’on en juge par les 18 millions d’euros déboursés par le poids lourd de la « fast
fashion » en échange d’un peu moins de 1 % de son capital. Avec un tel prix
sur l’étiquette, la start-up qui a embrassé le statut de banque pour mieux
devenir le « Ryanair de la finance » a du chemin à faire avant de rattraper
les phénomènes européens (Wirecard, Adyen, etc.). En fait, l’enthousiasme
de Karl-Johan Persson, le patron de la chaîne d’habillement vaut bien plus
cher, vu la notoriété de la « success-story » familiale, une énorme vitrine de
démonstration. Aux consommateurs, Klarna offre des règlements échelonnés et le fameux « try before you buy », ce qui suppose de bien s’intégrer
dans les livraisons et retours. Aux commerçants, elle peut garantir un règlement immédiat même si leur client est défaillant. H&M saura jouer de
sa taille pour négocier ses commissions. Le plus urgent est de confirmer les
promesses de progrès logistiques qui lui ont permis depuis un mois d’effacer ses pertes boursières de l’année.
J
Jean-Paul Delevoye
ean-Paul Delevoye est un couteau suisse, il sait tout faire. En
politique, l’homme du Pas-deCalais a occupé à peu près toutes les
fonctions. A 71 ans, il a été maire,
conseiller général, député, sénateur,
ministre, médiateur, président du Conseil économique et social. Ses partis politiques furent successivement le RPR,
l’UMP, le voilà à La République En marche. Est-ce parce que, comme le chef de
l’Etat, il est passé par le collège de La Providence à Amiens ? Toujours est-il
qu’Emmanuel Macron lui fait confiance.
Il lui confia la présidence de la commission d’investiture d’En marche,
13.000 candidatures à examiner. Lui
revient ainsi une part de la responsabilité de la composition actuelle de
l’Assemblée nationale. On y trouve un
autre ancien de La Providence, François
Ruffin, mais celui-là, ce n’est pas lui qui l’a
choisi. Quoi de mieux qu’un fils de négo-
ciant en grains pour distinguer le bon
grain de l’ivraie ? Dans ses tâches de
ministre de la Fonction publique de
Jean-Pierre Raffarin puis de médiateur,
Delevoye avait gagné une réputation de
démineur. Il était donc particulièrement
qualifié pour sa tâche de haut-commissaire à la réforme des retraites sans
compter les classes faites en 2003 lors de
la préparation de la réforme Fillon.
Entouré d’une dizaine de personnes, ce
colosse débonnaire et tchatcheur prépare depuis six mois la réforme qui fait
l’objet d’un bilan d’étape ce mercredi
10 octobre. Il fait de la pédagogie pour
« qu’un euro cotisé donne à tous les mêmes
droits ». Avec les syndicats, il veille à ce
que jamais le fil ne se rompe. Mais il faudra bien leur donner du grain à moudre.
Grainetier un jour, grainetier toujours !
(
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