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Les Echos - 11 10 2018

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Premier League
Le test sur les
intentions de SFR
et Canal+ dans
le foot // P. 22
L’ESSENTIEL
FO : PAVAGEAU FRAGILISÉ PAR
LE SCANDALE DES FICHIERS
Le numéro un de Force ouvrière est
très critiqué en interne après les
révélations du « Canard enchaîné »
sur le fichage par son entourage
des cadres de la centrale. // P. 3
LES SERVICES PUBLICS
LOCAUX JUGÉS DÉGRADÉS
Les Français et les fonctionnaires
craignent une baisse des prestations des collectivités et réclament
une réforme du statut de la fonction publique. // P. 4
BREXIT : LE SENTIMENT
D’URGENCE GRANDIT
A une semaine d’un sommet capital, le doute demeure sur la possibilité d’un accord. Les négociations
s’intensifient, notamment sur la
question irlandaise. // P. 8
EN BAVIÈRE, LE PARI RATÉ
DE HORST SEEHOFER
La radicalisation de la CSU lancée
par son président, Horst Seehofer, a
fragilisé le parti social-chrétien
bavarois, partenaire de la CDU
d’Angela Merkel. // ENQUÊTE P. 13
ENTREPRISES
& MARCHÉS
COMMENT RÉSISTER
FACE À LEBONCOIN ?
Le marché des annonces sur le
Web continue à croître. Dans cette
concurrence acharnée entre sites,
le généraliste Leboncoin devance
de loin ses challengers, comme
ParuVendu ou Vivastreet. // P. 25
LES ÉTATS-UNIS CONTRE
LES DÉVALUATIONS
L’administration Trump veut
contraindre la Chine à renoncer
aux dévaluations compétitives
sur le modèle de son accord avec
le Mexique et Canada. // P. 28
Hamilton/RÉA
CARNET // P. 35
Maison d’Épargne et de Valeur
dnca-investments.com
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // JEUDI 11 OCTOBRE 2018 // LESECHOS.FR
Réforme des retraites :
le grand chambardement
l Une ébauche du futur système universel a été présentée aux partenaires sociaux.
l Tous les régimes seront fusionnés et chaque jour travaillé comptera pour la retraite.
L
a réforme des retraites a pris un tournant mercredi,
avec la présentation aux partenaires sociaux des
principaux aspects du futur régime universel que
veut instaurer le gouvernement. Alors que la concertation a
AUTOMOBILE D’ici
à 2030, les voitures
neuves devront réduire
leurs émissions de 35 %.
Sauf improbable rebondissement,
l’Europe devrait fixer dans les prochains
mois à l’industrie automobile un objectif de réduction des émissions C02 des
voitures neuves de 15 % d’ici 2025 et de
35 % d’ici 2030 (par rapport aux niveaux
de 2020), avec en sus l’instauration d’un
quota de 35 % de voitures électriques ou
hybrides rechargeables dans les ventes.
Alors que le rapport du GIEC sur le
réchauffement climatique a remis le
sujet au cœur de l’actualité, ce compromis trouvé dans la nuit après d’âpres
négociations entre les Etats membres
laisse un goût amer aux défenseurs de
l’environnement, qui plaidaient pour
une baisse plus drastique, mais aussi à
l’écosystème automobile, qui espérait
plus de mansuétude. La France, qui
affirmait vouloir une baisse de 40 %, a
plié devant la fermeté allemande sur ce
sujet qui prend un tour politique en Allemagne. // PAGE 16 ET L’ÉDITORIAL
Délit d’initié :
plainte de
Lagardère
MÉDIAS Lagardère passe à l’offensive
L’industrie automobile s’inquiète de la vitesse de la transformation demandée
par les autorités européennes. Photo Philippe Huguen/AFP
BNP Paribas : « Il faut
un accord sur le Brexit »
Une interview de Jean-Laurent
Bonnafé aux « Echos ».
BANQUE Le patron de BNP Paribas juge que le secteur financier
// P. 7 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI P. 9
est prêt à l’hypothèse d’un « hard Brexit ». Pour lui, l’essentiel
n’est pas d’arrêter immédiatement tous les détails techniques
de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, mais que
les deux parties conviennent d’une façon de dialoguer à l’avenir.
Il dédramatise la situation en Italie, où son groupe est également présent, en appelant à plus de solidarité pour les Italiens.
L’analyse de
Jean-Laurent Bonnafé, directeur général
de BNP Paribas. Photo Magali Delporte
Emmanuel Macron a choisi
comme stratégie de se montrer
intransigeant avec des dirigeants comme Viktor Orbán
en Hongrie ou Matteo Salvini
en Italie. Une attitude également dictée par des raisons
électorales. A la veille des élections européennes, le président
français souhaite clairement
incarner le camp réformiste
au sein de l’Union. Mais une
approche trop manichéenne
des sujets peut devenir contreproductive, écrit notre correspondant à Bruxelles, Gabriel
Grésillon. Le risque est de
minimiser les raisons pour
lesquelles les peuples ont porté
des dirigeants populistes au
pouvoir. A commencer par la
question migratoire. // PAGE 9
DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ÉCO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
110e ANNÉE
34PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
Comment
Macron
doit parler
à l’Europe
// PAGE 27
SUR
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22800
de la fonction publique, et les régimes spéciaux. De nouveaux droits familiaux vont être créés dès le premier enfant.
Des règles d’or seront instaurées pour piloter l’équilibre
financier. // PAGE 2
CO2 : l’Europe met la pression
sur les constructeurs automobiles
DE DAVID BARROUX PAGE 9
Finance Le FMI
redoute une
nouvelle crise
commencé en avril, et que le projet de loi est attendu courant 2019, c’est la première fois que le haut-commissaire à la
réforme des retraites dévoile son jeu. Le système de retraite
par points va avaler les actuels régimes complémentaires,
Eric Piermont/AFP
Paule Ellis/AFP
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
face aux investisseurs activistes qui
avaient tenté au printemps dernier – en
vain – de placer deux nouveaux administrateurs au sein de son conseil de
surveillance. Selon nos informations, il
a déposé une plainte au sujet d’un possible délit d’initié autour de son assemblée générale du 3 mai dernier. Arnaud
Lagardère accuse les fonds d’investissement Amber Capital, DNCA Finance
et Edmond de Rothschild Asset Management (EDRAM) d’avoir acheté des
actions après avoir eu connaissance
que Qatar Holding, un fonds basé à
Doha, avait décidé, le 24 avril, de voter
en faveur des résolutions de Amber.
// PAGE 23
IWC PORTUGIESER.
L A LÉGENDE
PARMI LES ICÔNES.
Gabriel Grésillon
Portugieser Chronographe. Réf. 3714
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Tél. +33 1 58 18 14 98 · www.iwc.com
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02 //
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
FRANCE
Wauquiez, remaniement
économique
Le patron de LR met du libéralisme dans son discours
économique, persuadé que les électeurs de droite ne
voient plus Macron comme un président « qui fait ».
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
a politique reste
la politique, les
difficultés de l’un créent
les réajustements de l’autre.
Persuadé qu’Emmanuel
Macron n’est plus l’« homme
qui fait » aux yeux de
l’électorat de droite, Laurent
Wauquiez vient d’opérer
un discret remaniement
stratégique. Héraut de la lutte
contre l’assistanat depuis
quelques années, il est en train
de céder son conservatisme
social, sur le plan
économique, à un
« libéralisme à la française »
assumé. Ou disons plutôt
qu’il additionne les deux. Si
la défense du pouvoir d’achat
et des frontières restent des
priorités, il fait désormais de la
baisse des dépenses publiques
et de la compétitivité des
entreprises son credo, avec sa
région comme labo. Presque
du Fillon, « avec la naïveté sur
la mondialisation en moins ».
L’ensemble est loin d’être
ficelé, mais le flou a des
avantages, quand on est
dans l’opposition. Il permet
d’« étendre la gamme »,
comme dit le patron de LR,
et d’espérer fuir tout nouveau
procès en changement
de ligne. Il permet, parie-t-il,
de revenir à cette droite de
gouvernement qui n’a cessé
de se renier depuis trente ans,
sur le terrain sécuritaire, sur
celui des valeurs et sur celui,
donc, de la baisse des impôts.
Seize mois après l’élection
d’Emmanuel Macron,
Laurent Wauquiez cherche
lui aussi son second souffle.
Après le temps des gros traits
qu’il jugeait indispensables
pour éviter une disparition
post-défaite présidentielle,
voici venu celui de
la « reconstruction ».
Les difficultés de Macron et
sa prudence sur les déficits lui
donnent l’opportunité, penset-il, de récupérer l’électorat LR
qui avait été séduit par le chef
de l’Etat et d’empêcher Valérie
Pécresse de continuer à
prospérer sur le créneau de la
droite « libre ». Si la patronne
d’Ile-de-France durcit le ton
sur la sécurité, lui met du
libéralisme dans son discours.
Ne jamais laisser d’espace
à l’adversaire, telle est la règle
éternelle, du moins quand
on pense que ce n’est ni
la personnalité ni l’image
qui posent problème dans
l’opinion. Laurent Wauquiez
croit qu’il paie aujourd’hui les
renoncements et les errements
de la droite depuis trente ans,
pas les siens. Il pense qu’il a du
temps devant lui, comme dans
cet ancien monde qui offrait
des années à un homme
politique pour passer de
repoussoir à reconstructeur.
Existe-t-il encore ?
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Remaniement : Macron « assume
totalement » de prendre son temps
POLITIQUE Le remaniement ministériel consécutif à la démission
de Gérard Collomb n’interviendra pas avant le retour d’Emmanuel
Macron d’Arménie, vendredi. A l’occasion du Conseil des ministres, le président a déclaré « assumer totalement » le temps pris
pour l’annoncer, alors que les critiques des oppositions de droite
comme de gauche redoublent. Dans l’attente, l’Elysée a confirmé
que ce remaniement concernera plusieurs ministres, allant bien
au-delà du seul remplacement du ministre de l’Intérieur.
L’intégralité de l’article sur lesechos.fr
Sénat : Bas réservé sur une commission
sur la pédophilie dans l’Eglise
POLITIQUE Le président de la commission des Lois du Sénat,
Philippe Bas (LR), a émis mercredi des réserves quant à l’ouverture d’une commission d’enquête sur les crimes pédophiles dans
l’Eglise catholique, jugeant qu’il importait de « protéger tous les
enfants ». Les sénateurs socialistes ont demandé l’ouverture
d’une telle commission au Sénat, conformément au souhait de
certains catholiques engagés. « Nous n’avons pas à stigmatiser
une forme d’organisation sociale par rapport aux autres », a-t-il
ajouté devant l’Association des journalistes parlementaires.
À 7h12, retrouvez Nicolas Barré
pour “L’édito éco”dans le
7h-9h de Nikos Aliagas.
Retraites : les dix piliers
du nouveau régime universel
SOCIAL
Le haut-commissaire à
la réforme des retraites
a dressé le bilan de
la première phase de
concertation, mercredi.
Il a dessiné l’ébauche
du futur système
de retraite promis par
Emmanuel Macron.
Solveig Godeluck
@solwii
Un système universel
par répartition
et par points
« Ce n’est pas une réforme,
mais la mise en place d’un système universel », dit souvent JeanPaul Delevoye. Le principe, c’est
« mêmes carrières, mêmes revenus,
mêmes cotisations, mêmes retraites », a expliqué mercredi le hautcommissaire à la réforme des
retraites, car « les Français ont soif
d’équité et d’universalité ».
Le futur système de retraite fonctionnera par points, et non plus par
annuités. Il sera fondé comme
aujourd’hui sur la répartition, et
non la capitalisation, les actifs
finançant les pensions immédiatement servies. Il englobera les
42 régimes obligatoires qui coexistent aujourd’hui : base, complémentaire, fonctionnaires, privé,
indépendants, régimes spéciaux…
Pour absorber tous ces régimes,
y compris ceux de la fonction publique, il devra élargir l’assiette
actuelle de cotisation au régime
général du privé, qui passera de
3.300 euros de revenu par mois
(soit un « plafond de la Sécurité
sociale ») à trois fois ce montant.
Un espace pour la
capitalisation pour
les hauts revenus
On ne sait pas à ce stade
si les 300.000 assurés
sociaux qui ont des revenus supérieurs à 120.000 euros par an, soit
3 plafonds de la Sécurité sociale,
vont pouvoir continuer à cotiser audessus de ce seuil. Aujourd’hui,
leurs revenus sont pris en compte
pour la retraite jusqu’à 8 plafonds
de la Sécurité sociale à l’AgircArrco. Un régime complémentaire
allégé pourra-t-il subsister au-dessus du régime universel ? La masse
assurable est trop faible, estimet-on du côté du patronat. Ce qui
ouvre un boulevard à l’épargne-retraite, à la capitalisation et aux assurances privées. Chez les indépendants, plusieurs caisses
professionnelles, comme celle des
pharmaciens, souhaitent en tout
cas conserver une place autonome
dans le système de retraite.
Toute la carrière
prise en compte
Dans le futur système par
points, un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour chaque
Français. Ce qui signifie concrètement que chaque jour travaillé rapportera des droits à retraite. C’en est
donc fini de la règle des vingt-cinq
meilleures années dans le privé et
des six derniers mois dans le public,
servant de base de calcul des droits à
retraite, ainsi que du nombre minimum d’annuités pour le taux plein.
Une perspective effrayante pour
Catherine Perret, négociatrice CGT,
qui considère que « 90 % des pensions vont baisser », du fait des carrières à trous. Au contraire, explique Sophie Lebret, qui est dans
l’équipe de Jean-Paul Delevoye, « les
points compensent mécaniquement
les carrières heurtées », par rapport
au système actuel. Au régime général, quand on gagne trop peu certains mois, on ne parvient pas à
obtenir l’équivalent d’un trimestre
cotisé et on est sanctionné au
Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a redit que la retraite
resterait à 62 ans. Photo Luc Nobout/IP3
moment de la liquidation. De plus,
vu les exigences de durée de cotisation, 20 % des femmes et 8 % des
hommes sont obligées d’attendre
67 ans pour ne pas partir avec une
décote.
Des adaptations
pour les
indépendants
Alors que les salariés et les
fonctionnaires cotiseront au même
niveau, de l’ordre de 28 % pour les
employeurs et les assurés, les indépendants vont être traités à part. En
effet, ils bénéficieront d’un régime
de cotisations adapté, pour ne pas
être étranglés par une hausse subite
de leurs charges sociales. Les leurs
tournent autour de 15 % et varient
selon les professions et les revenus.
Mais chez eux, c’est la même personne qui paie à la fois la part patronale et la part salariale, ce qui est
parfois lourd à porter. De plus, ils
cotisent sur une assiette de rémunération nette, à la différence des
salariés qui partent du brut.
Cette assiette va évoluer. Pour les
petits revenus, sous le plafond de la
Sécurité sociale, le niveau de la cotisation d’assurance-vieillesse est
déjà comparable à celui des salariés. Le régime adapté permettra
aux indépendants de continuer à
cotiser moins au-dessus de ce plafond. Logiquement, ils récolteront
aussi moins de points
Les primes des
fonctionnaires prises
en compte
Fonctionnaires civils, militaires, et salariés des régimes spéciaux vont voir l’intégralité de leurs
primes prises en compte pour le
calcul de leurs droits à retraite. Un
changement profond. Aujourd’hui,
seule une petite partie est convertie,
via le régime additionnel de la fonction publique (RAFP).
Une décision bien accueillie par
Dominique Corona, à l’Unsa, qui
remarque toutefois que « la seule
chose qu’on va regarder, c’est qu’il n’y
ait pas de baisse des pensions ». Les
agents qui ne touchent peu ou pas
de primes, comme les enseignants,
ne doivent pas être pénalisés sur
leurs pensions, insiste ce syndicaliste. Mais il sera difficile de répondre à une telle exigence. A l’inverse,
ceux qui ont une forte proportion
de primes risquent de voir leurs
cotisations monter en flèche. Il faut
donc repenser la politique salariale
du secteur public, et cela fera l’objet
d’une concertation spécifique, a
annoncé le haut-commissaire
Droits familiaux dès
le premier enfant
Le nouveau régime sera
« plus solidaire que les
annuités », a promis Jean-Paul
Delevoye, et il permettra « peut-être
d’embarquer de nouvelles solidarités ». Première traduction concrète : des points seront accordés
pour chaque enfant, dès le premier.
Aujourd’hui, les mères bénéficient
de majorations de durée d’assurance dès le premier enfant, et les
deux parents d’une bonification de
leur pension à partir de trois
enfants.
Une annonce qui a contenté Pascale Coton, à la CFTC. La syndicaliste a également évoqué le sujet des
aidants familiaux, « plus de 3 millions de femmes qui arrêtent de travailler » pour porter assistance à un
proche malade ou âgé, et qui mériteraient de bénéficier de ces « nouvelles solidarités » évoquées par
Jean-Paul Delevoye. Lequel y semble disposé.
Pension minimum
Au-delà du mécanisme de
minimum vieillesse (a
priori inchangé), les Français ayant travaillé toute leur vie à
temps partiel ou avec des revenus
modestes pourront bénéficier d’un
minimum de pension. Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT,
a demandé « au moins 100 % du
SMIC pour ceux qui ont cotisé toute
leur vie », s’indignant du fait
qu’aujourd’hui certains touchent
« à peine 30 euros de plus que le
minimum ».
Un âge minimum
avec prise en compte
de la pénibilité
Jean-Paul Delevoye a par
ailleurs redit que la retraite resterait à 62 ans. L’âge minimum aurait
pu être supprimé, mais il sera conservé « pour protéger contre euxmêmes » les assurés, qui risqueraient de partir avec une trop faible
pension sans cela. Quant à l’instauration éventuelle d’un « âge-pivot », pour retarder un peu plus les
départs, « ce n’est pas de notre ressort », a-t-il botté en touche, sans
fermer la porte : c’est une question
de gouvernance et de pilotage du
régime. De son côté, Geoffroy
Roux de Bézieux, le patron du
Medef, est resté évasif : « Il faut un
système de pilotage. Cela peut-être
l’âge-pivot, mais il y a d’autres systèmes ».
Sur l’avenir des départs anticipés
(régimes spéciaux, carrière active
dans la fonction publique, etc.), la
question, très sensible, sera abordée lors de la deuxième phase de
concertation. Le régime permettra
« de prendre en compte les spécificités de certaines situations (carrières
longues, métiers pénibles ou dangereux, handicap…) dès lors qu’elles
reposent sur des différences objecti-
ves », indique l’exécutif. Ce qui promet d’âpres débats.
Les droits acquis
préservés lors
de la transition
La concertation qui
reprend officiellement pour six
mois pourrait se poursuivre jusqu’en mai et le projet de loi est prévu
courant 2019. Les assurés qui
seront à moins de 5 ans de l’âge de
départ lors de l’adoption de la loi ne
seront pas concernés par la
réforme. Les autres basculeront
immédiatement dans le nouveau
système, avec une conversion en
points de leurs droits acquis. Ces
derniers seront « garantis à 100 % »,
selon Jean-Paul Delevoye, y compris les cotisations au-dessus de
3 plafonds à l’Agirc. La transition
n’en sera pas moins progressive afin
d’harmoniser par étapes les droits
des uns et des autres, comme le
souhaite la CFDT, qui demande
15 ans de délai.
Des règles d’or
pour
le pilotage
« C’est une réunion
utile qui a rappelé que la réforme
est qualitative, et non punitive », s’est
félicité le secrétaire général de la
CFDT, Laurent Berger. Son objectif
n’est pas de faire des économies en
modifiant les paramètres d’âge, de
cotisations ou de pensions. Il n’est
pas non plus d’accroître le poids des
pensions dans le PIB, a prévenu
Jean-Paul Delevoye : « 14 % est un
maximum ».
Le besoin de financement du système de 4,5 milliards d’euros
en 2022 devrait être résorbé grâce
au quasi-gel des pensions en 20192020, ce qui permettra d’avoir un
« an zéro » de la réforme à l’équilibre. Par la suite, le haut-commissaire veut instaurer « des règles d’or
qui n’impactent pas les générations
futures » afin de piloter les comptes
du régime universel. Autrement dit,
l’impossibilité de transférer de la
dette aux suivants.
Pascal Pavageau (Force ouvrière)
s’est ému du risque d’une « instabilité permanente », avec un point qui
ferait le yo-yo pour éviter tout déficit annuel. Mais Jean-Paul Delevoye
a répliqué qu’il ne visait pas l’équilibre à court terme, préférant s’adapter à la conjoncture.
Au passage, le haut-commissaire
a marqué sa préférence pour un
système d’indexation des droits
basé non plus sur les prix, mais sur
l’évolution des salaires. Cela pourrait faire partie des « garanties »
offertes aux assurés pour éviter le
décrochage relatif des pensions.
Mais cela changerait l’équation
financière. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
Fichier occulte sur les cadres
de FO : Pavageau menacé
SYNDICAT
« Le Canard enchaîné »
a révélé l’existence
d’un fichier occulte sur
les cadres du syndicat
géré par l’entourage
de Pascal Pavageau.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
« On se croirait à la Stasi ! » Dans un
syndicat qui s’est construit sur l’anticommunisme, la référence à la
police politique d’Allemagne de l’Est
de ce responsable de Force ouvrière
(FO) montre l’ampleur du séisme
créé par la lecture du « Canard
enchaîné » de mercredi dans la confédération. L’hebdomadaire satirique révèle l’existence d’un fichier
occulte tenu par l’entourage du nouveau leader de FO sur les principaux
cadres de l’organisation. Il faut dire
que les qualificatifs associés à de
nombreux noms vont jusqu’à
l’insulte : « Ordure », « mafieux »,
« bête »… Pascal Pavageau a luimême confirmé au « Canard » la
véracité de ce fichier des numéros
un de fédérations et d’unions départementales, dont « Les Echos » ont
obtenu copie. Il a reconnu « une belle
connerie », « une grave erreur », tout
en rejetant la faute sur des collaboratrices.
Il a adopté la même posture dans
un mail interne envoyé mercredi
matin dont « Les Echos » ont eu
copie. « Après enquête, je ne chercherai pas à nier l’existence de ce document », écrit-il, faisant mine de
découvrir le « mémo interne ». Il
présente « ses plus sincères excuses »
pour ce qu’il reconnaît être une
« faute » grave, qui a « entraîné
immédiatement l’ouverture d’une
procédure disciplinaire à l’encontre
des deux membres de [son] équipe ».
Cette révélation tombe mal, à
moins de deux mois des élections
dans la fonction publique, où Force
ouvrière joue sa première place au
sein de l’Etat. Dans ce contexte, Pascal Pavageau opte pour une stratégie similaire à celle adoptée par
Thierry Lepaon de la CGT à la suite
de révélations sur son train de vie
qui ont provoqué son départ. Il
dénonce les « vives attaques médiatiques », qu’il considère que FO subit
depuis l’été du fait d’une « tentative
de déstabilisation initiée par quelques détracteurs en interne ».
Difficile d’imaginer que ce mail
suffise à calmer le jeu. Après un
congrès où le numéro un de FO
avait participé à l’hallali de son prédécesseur, Jean-Claude Mailly,
alors qu’il était pourtant seul candidat à sa succession, l’ambiance à la
confédération n’était déjà pas à la
fête. Depuis, plusieurs événements
ont émaillé les premiers mois de
Pascal Pavageau.
Une main de fer
Aussitôt installé, il a commencé à
asseoir son pouvoir sur l’organisation d’une main de fer, faisant le
ménage dans les permanents confédéraux sans ménagement. Certains
ont écrit pour dénoncer ses méthodes, en particulier Martine Derobert, la secrétaire générale de l’Association de consommateurs de FO,
qui dénonce notamment dans sa
lettre un « caporalisme arbitraire ».
La gestion du bureau confédéral –
l’équipe resserrée de 13 personnes
autour du secrétaire général – est
aussi contestée. Ceux considérés
comme des soutiens de Jean-Claude
Mailly, et notamment Michel Beaugas, en charge de l’assurance-chômage, ou Frédéric Souillot, de la
fédération réformiste de la métallurgie, sont mis sous pression. Mais
pas qu’eux. Parmi les militants que
Pascal Pavageau a fait monter au
bureau confédéral, deux – Cyril
Lama et Nathalie Homand – sont
dans son collimateur. Le premier
s’est vu retirer tous ses dossiers et la
seconde a reçu un avertissement de
Pascal Pavageau non pas en tant que
responsable politique – il n’en a pas
le droit –, mais en tant que salariée
de la confédération. Car, n’étant plus
« Après enquête,
je ne chercherai pas
à nier l’existence
de ce document. »
PASCAL PAVAGEAU
Secrétaire général de FO
employée par son entreprise d’origine, c’est la centrale qui la paie et
elle a donc le statut de salariée de FO.
Autant dire que la réunion de la
commission exécutive (direction
élargie de l’organisation qui compte
35 membres) programmée le
17 octobre s’annonce mouvementée. D’autant que les deux responsables confédéraux mis au ban ont
demandé à être auditionnés à huis
clos... sans doute une première.
« Ce qui se passe est inadmissible et
impardonnable, un tel comportement est impensable à FO », affirme
aux « Echos » Frédéric Homez, le
FISCALITÉ
Un amendement
revient sur l’imposition des plus-values
de cession intragroupe.
Ingrid Feuerstein
@In_Feuerstein
Les députés ont modifié les modalités de la réforme de l’intégration
fiscale présentée par le gouvernement. La commission des Finances a adopté mercredi un amendement du rapporteur du budget,
Joël Giraud, qui revient sur
l’imposition des plus-values de
cession intragroupe, plus connu
sous le nom de « niche Copé ». Le
projet de Bercy est de fixer la
quote-part de frais et charges
(QPFC) – soit la partie effectivement soumise à l’IS – de 12 % à 5 %
pour toutes les entreprises. Joël
Giraud, mettant en doute les chiffrages du gouvernement, a souhaité que la quote-part de 5 % ne
concerne que les entreprises intégrées et les situations assimilées.
« On est sur un équilibre et une juste
compensation », a-t-il défendu.
Selon lui, cet ajustement représenterait un gain de 390 millions
d’euros pour les finances publiques, même s’il reconnaît que
l’évaluation est particulièrement
délicate. « On ne peut pas juger
d’un tel sujet avec des données statiques », a regretté Amélie de Montchalin, vice-présidente du groupe
LREM à l’Assemblée. « La “niche
Copé” a beaucoup fait pour l’attractivité du pays pour les holdings, a
nuancé le président (LR) de la
commission des Finances, Eric
Woerth. C’est pour cela que ces
mesures sont difficiles à chiffrer : la
matière est très volatile. »
Certains députés ont émis des
doutes sur la compatibilité de cet
amendement avec le droit de
l’Union européenne. C’est justement pour se prémunir du risque
de contentieux européen que le
gouvernement souhaite toiletter
l’impôt sur les sociétés dans le
projet de loi de finances.
Le souvenir de la taxe à 3 % sur
les dividendes, qui a contraint l’an
dernier le gouvernement à trouver
10 milliards d’euros en urgence, est
encore frais. « Il ne faudrait pas
qu’on recommence à travailler à
l’aveugle », a mis en garde Gilles
Carrez (LR). Joël Giraud considère
que sa proposition est compatible
avec le droit européen dans la
mesure où la quote-part de 5 %
s’appliquerait aux situations similaires au régime mère-fille. Bercy
sera appelé à se positionner sur ce
sujet la semaine prochaine, lors de
l’examen du projet de loi de finances en séance publique. n
Tel. 01.55.35.20.20
L a « niche Copé » de
l’impôt sur les sociétés
retouchée par les députés
secrétaire général de la métallurgie
FO, deuxième fédération et tête de
pont du pôle réformiste, qui a écrit à
Pascal Pavageau mardi. Ce n’est pas
le seul courrier que le syndicaliste a
reçu : le secrétaire général de la
fédération de l’enseignement,
Hubert Raguin, qui « sera le chef de
file des trotskistes durant le premier
mandat de Pascal Pavageau », selon
le « mémo », en a aussi envoyé un.
A Force ouvrière, c’est le Comité
confédéral national (CCN) qui élit
numéro un. Il est composé des
secrétaires généraux de fédération
et d’union départementale, sur lesquels portait le « mémo ». Il est trop
tôt pour savoir si une réunion
exceptionnelle de cette instance
souveraine entre deux congrès va
être demandée. Les statuts de Force
ouvrière donnent à la commission
exécutive le pouvoir de convoquer
un CCN extraordinaire sans fixer de
conditions spécifiques de majorité.
« Rien n’est exclu », commente un
responsable FO. n
Pascal Pavageau, le nouveau leader de FO a reconnu une
« grave erreur », mais en rejette la faute sur des collaboratrices.
Photo Denis Allard/RÉA
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
04 // FRANCE
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
La qualité des services publics locaux
jugée en dégradation
l Selon un sondage Ipsos pour l’Association des hauts fonctionnaires territoriaux, les Français et les agents
s’inquiètent d’une baisse de qualité des prestations des collectivités locales.
l Ils réclament plus de dépenses tout en refusant des hausses d’impôt.
COLLECTIVITÉS
LOCALES
Matthieu Quiret
@MQuiret
La réputation des services publics
locaux est en train de se ternir. Le
second baromètre de l’Institut Ipsos
pour l’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF)
montre que les Français et les fonctionnaires conservent une assez
haute idée de la qualité des prestations des collectivités locales mais
que celle-ci est clairement orientée
à la baisse. Le grand public leur fait
encore confiance à 80 %, mais les
agents territoriaux ne sont plus que
86 % à le penser, contre 93 % il y a
un an.
Plus de pompiers
Pour Brice Teinturier, le directeur
général délégué d’Ipsos, « ce sont des
scores faibles par rapport à la norme
recherchée par les services publics ou
privés. D’autant que 41 % des Français constatent une détérioration
contre 22 % qui jugent que la qualité
s’améliore ». Le constat est encore
plus inquiétant chez les agents
chargés de ces services. « La part des
fonctionnaires qui estiment que la
qualité se détériore ces dernières
années est désormais majoritaire à
55 %, 10 points de plus en un an »,
pointe le sondeur. Interrogés sur les
raisons qui expliquent cette dégradation, de plus en plus de Français
(53 %) pensent que les collectivités
ne pourront pas assumer les nouvelles missions transférées par
l’Etat et maintenir les services
actuels, sauf à augmenter les
impôts et les tarifs. Comme 72 % des
agents territoriaux. Mais 47 % des
Français jugent qu’elles peuvent
« Toutes les études
montrent que
les Français
ne veulent plus
de hausse de
la fiscalité,
il y a donc
une tension qui se
durcit entre
Français. »
BRICE TEINTURIER
Directeur général
délégué d’Ipsos
Les collectivités locales peinent
à endiguer leurs dépenses
de personnel
Le baromètre annuel des
associations d’élus locaux
montre que davantage de
collectivités augmentent
leurs dépenses de personnel et affirment être
contraintes de recruter.
Ce qui pourrait contrarier les
objectifs du gouvernement d’une
baisse de 70.000 du nombre
d’agents territoriaux sur le quinquennat.
Les collectivités locales peinent à
contenir leurs dépenses de personnel. Le baromètre annuel
HoRHizons 2018 de l’emploi territorial, publié mardi par les grandes associations d’élus locaux,
montre, certes, que 50 % des collectivités ont maintenu une stabilité de leurs frais de personnel.
Mais cette proportion est en très
faible diminution par rapport à
2017. Et la part de celles augmentant leurs dépenses est passée en
un an de 37 % à 40 %. Quant aux
baisses, elles n’ont pu avoir lieu
que pour 9 % des répondants,
contre 12 % l’an dernier, selon
cette enquête réalisée auprès de
806 collectivités. Les élus locaux
expliquent ce relâchement par le
renchérissement des mesures
statutaires, la mise en œuvre de la
réforme territoriale et les nouveaux transferts de compétences.
D’ailleurs, ils sont désormais 36 %
à prévoir de recruter prochainement, soit 10 points de plus que
l’an dernier. Et la moitié envisage
de remplacer les départs poste
par poste, contre 40 % il y a un an.
Et pourtant, les élus revendiquent
d’actionner de nombreux leviers
pour contenir les dépenses. Le
premier d’entre eux est l’optimisation du temps de travail, 59 %
des collectivités y recourant. François Deluga, le président du Centre national de la
fonction publique territoriale,
rappelle que depuis deux ans, les
dépenses augmentent alors
même que les effectifs des agents
territoriaux baissent, la faute à la
mise en place du nouveau régime
indemnitaire, du vieillissement
des fonctionnaires, etc. Six collectivités sur dix ont déjà mis en
place le nouveau régime, selon le
baromètre, et dans 35 % des cas,
cela se traduit par une hausse du
montant touché par les agents.
Parmi les politiques RH qui se
d é ve l o p p e n t f i g u r e n t , p a r
ailleurs, l’octroi de mutuelles
santé et des actions favorisant
l’égalité femmes-hommes. « Les
collectivités locales demeurent
assez exemplaires en matière de
gestion des ressources humaines »,
assure François Deluga. — M. Q.
Optimisation
du temps de travail
faire des économies de fonctionnement pour y parvenir. « Toutes les
études montrent que les Français ne
veulent plus de hausse de la fiscalité, il
y a donc une tension qui se durcit
entre Français », insiste Brice
Teinturier.
« Pas de rejet
de la gestion locale »
« Ce n’est pas un rejet de la gestion
locale pour autant, nos études montrent que les Français jugent les
impôts locaux bien utilisés et n’expriment pas le sentiment d’une gabegie. » Un sondage de l’Ifop l’an dernier montrait néanmoins qu’une
courte majorité de 51 % jugeait que
ces services sont bien gérés.
Les Français ne sont pas à une
contradiction près puisque
l’étude d’Ipsos rappelle que les Français n’acceptent pas pour autant un
recul des services publics locaux.
Une faible proportion réclame une
baisse des dépenses des collectivités
dans les grands domaines d’intervention : 7 % sur les pompiers, 11 %
sur la petite enfance ou 19 % sur
l’aide sociale par exemple. Seuls des
sacrifices dans quelques domaines
éloignés des habitants comme le
développement économique ou les
offices du tourisme recueillent un
soutien plus franc. n
INTERVIEW // FABIEN TASTET Président de l’Association
des administrateurs territoriaux de France
« Une bonne réforme de la fonction
publique est possible »
L
’Association des hauts fonctionnaires territoriaux
estime que les Français et les
fonctionnaires sont d’accord pour
des évolutions de leur statut mais
fixe des lignes rouges pour la
réforme prévue début 2019.
Le baromètre d’Ipsos
pour votre association montre
que seulement 11 % des Français ont une très bonne opinion des agents territoriaux
et 32 % ont une mauvaise opinion ? Cela vous surprend-il ?
Je lis pour ma part que 68 % des
Français ont une bonne opinion des
agents territoriaux, contre 46 % à
l’égard des agents de l’Etat. Dans un
c o n t ex t e d e « f o n c t i o n n a i r e
bashing », je trouve que c’est plutôt
un bon résultat. On retrouve aussi
dans ce résultat l’enracinement de
l’opposition Paris-province qui
n’est, lui, pas une bonne nouvelle.
C’est un message au gouvernement
qui tend à entretenir cette opposition, alors que les Français affichent
un soutien aux politiques locales.
58 % des fonctionnaires
territoriaux soutiennent
l’assouplissement du statut
de la fonction publique…
L’enquête montre d’un côté que les
Français sont moins hostiles qu’on
peut le croire aux fonctionnaires,
43 % soutiennent même leur
emploi à vie. Et de l’autre, les agents
se montrent moins conservateurs
qu’on l’imagine puisqu’ils soutiennent un certain nombre d’évolutions du statut. Cela prouve qu’une
bonne réforme de la fonction publique est possible. Une réforme équilibrée. C’est un message dont
devrait se saisir le gouvernement.
Un conflit vous oppose
pourtant déjà sur son projet
d’ouvrir les postes de direction
Or on a parfois jusqu’à 10 % d’insuffisance professionnelle et d’inaptitude dans nos effectifs. Il peut, dans
certains cas, être justifié de confier
quelqu’un à la solidarité nationale.
Globalement, les collectivités
doivent pouvoir être de vrais
employeurs.
Êtes-vous ouvert à plus
de rémunération au mérite ?
Au sein des collectivités représentées dans notre association, nous
voyons que l’idée de moduler les
rémunérations en fonction d’objectifs individuels ou collectifs n’est pas
systématiquement rejetée.
« L’enquête montre d’un côté que les Français sont moins hostiles
qu’on peut le croire aux fonctionnaires [...]. Et de l’autre, les agents
se montrent moins conservateurs qu’on l’imagine »,
estime Fabien Tastet. Photo C. Benoit/Reborn Design
des collectivités aux salariés
du privé…
Nous nous sommes mobilisés en
effet cet été contre le « cavalier » que
le gouvernement a tenté d’insérer
dans la loi « avenir professionnel »
et que le Conseil constitutionnel a
censuré. Il est déjà possible pour les
collectivités de plus de 80.000 habitants d’embaucher un cadre du
privé comme membre de l’équipe
de direction. C’est trop peu utilisé
alors que, par exemple, tous les
départements pourraient le faire.
Nous sommes en effet favorables
à l’ouverture vers des profils plus
variés issus du privé mais avec des
garde-fous : 25 % de l’administration maximum et la fixation de
règles déontologiques pour éviter
les conflits d’intérêts avec les entreprises employeuses.
Le gouvernement maintien
pourtant son objectif…
Le sondage montre bien la progression du pessimisme des fonction-
naires sur un an, le gouvernement a
visiblement manqué son rendezvous avec les agents.
Quelles évolutions êtes-vous
prêts à soutenir ?
Nous tenons à garder la spécificité
du statut qui est l’accès par le
concours et la possibilité de faire
carrière à vie. Mais il n’y a pas de raison que les droits sociaux ne soient
pas les mêmes dans le public et
dans le privé, avec un régime unique de retraite par exemple. Les
Français et les agents sont d’accord
sur ce point.
75 % des fonctionnaires
et 79 % des Français réclament
une simplification des licenciements pour insuffisance
professionnelle…
Il faut actuellement plusieurs
années de procédures pour se séparer de quelqu’un qui, malheureusement, n’a plus la capacité de servir.
Résultat, c’est très rarement utilisé.
« Il n’y a pas de raison
que les droits sociaux
ne soient pas les
mêmes dans le public
et dans le privé, avec
un régime unique
de retraite par
exemple. »
Vous n’avez pas contesté
le rétablissement d’un jour
de carence en cas d’arrêt
maladie…
Il n’est pas illégitime de partager le
risque de court terme entre l’agent
et l’employeur, mais nous pensons
que ce dernier doit assumer les
aléas de long terme, d’autant plus
dans un contexte d’allongement
des carrières. C’est pourquoi nous
plaidons en contrepartie de l’assouplissement du statut pour l’octroi de
nouveaux droits comme l’obligation pour les collectivités de fournir
une mutuelle à leurs agents. Ou
encore le droit à une seconde partie
de carrière avec le droit à un bilan
de compétence, par exemple.
Propos recueillis par M. Q.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Bienvenue
dans la révolution
durable
L’investissement durable est bien plus qu’un enjeu environnemental.
C’est une révolution à l’échelle planétaire.
Elle influencera les interventions gouvernementales, le mode
de fonctionnement des entreprises et ainsi les choix des investisseurs.
Nous sommes face à un bouleversement sans précédent
dans l’histoire de l’humanité.
Génératrice d’instabilité mais aussi de créativité, cette période ouvre
de formidables horizons et représente, probablement, l’une des plus
grandes opportunités d’investissement de l’histoire moderne.
A nos yeux, l’investissement durable représente l’avenir de l’économie.
L’avenir d’une économie florissante.
L’avenir d’une promesse de prospérité durable.
Pour Lombard Odier, c’est un futur dans lequel il est essentiel
d’investir.
Repensez l’investissement durable. Repensez l’investissement.
Rethink everything*.
Patrick Odier Associé-gérant Senior
* Tout remettre en question
Lombard Odier (Europe) S.A. - Succursale en France, 8 rue Royale - 75008 Paris RCS Paris 803 905 157 - Etablissement de crédit de droit luxembourgeois sous la surveillance de la
Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF).
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
06 // FRANCE
en bref
Le Parlement
adopte le projet
de loi contre
la fraude
FISCALITÉ Le Parlement
a adopté mercredi, par un
ultime vote de l’Assemblée, le
projet de loi contre la fraude.
Le texte a été approuvé par
112 voix contre 14, avec l’appui
de tous les groupes politiques,
à l’exception des insoumis
et communistes, pour qui il
n’est « pas à la hauteur » des
enjeux. Il met notamment en
place une police fiscale, rattachée à Bercy, étend la possibilité de rendre publics les noms
des fraudeurs (« name and
shame ») et prévoit une procédure de plaider-coupable.
Titres de séjour :
le plafonnement
des taxes en vue
IMMIGRATION Les députés
ont voté mercredi en commission un plafonnement des
taxes acquittées par les étrangers lors de l’octroi d’un premier titre de séjour ou d’un
renouvellement, dans le cadre
de l’examen du projet de budget pour 2019. L’amendement
porté par une trentaine de
députés LREM et Modem prévoit un plafonnement à
150 euros pour un premier titre
de séjour et à 87 euros pour un
renouvellement. Actuellement, jusqu’à 609 euros peuvent être acquittés pour un
premier titre, 269 euros pour
un renouvellement.
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
Ce qu’un bonus-malus sur les CDD
pourrait coûter aux entreprises
l La mise en place d’un bonus-malus sur les contrats courts est encore loin d’être acquise.
l Mais la CPME prend les devants pour dénoncer une réforme qui, selon elle, va renchérir le coût
du travail.
EMPLOI
Marie Bellan
@mbellan1
La négociation sur l’assurancechômage n’a pas encore commencé, et la CPME n’a pas encore
formellement donné son accord
pour y participer, mais elle a déjà sa
réponse sur le bonus-malus pour
les contrats courts : ce sera « non ».
Le vice-président de l’organisation
chargé du social, Jean-Michel Pottier, le dit clairement : pas question
de signer un accord qui intègre un
mécanisme de ce type.
Pour l’heure, le gouvernement a
pris soin de ne pas écrire noir sur
blanc les mots de « bonus-malus »
dans la lettre de cadrage pour la
négociation qu’il a adressée aux
partenaires sociaux. Mais certains
membres de l’exécutif tiennent
à cette mesure qui fait partie des
promesses de campagne d’Emmanuel Macron.
D’après la CPME, un des scénarios à l’étude ferait varier le taux de
cotisation des employeurs à l’assurance-chômage de 0,75 %, pour
les plus vertueux, à 7 % pour les
employeurs dont le taux de rupture
des contrats (CDI, CDD, intérim
D’après la CPME, un des scénarios à l’étude ferait varier le taux de cotisation des employeurs à l’assurance-chômage de 0,75 %,
pour les plus vertueux, à 7 % pour les employeurs dont le taux de rupture des contrats s’écarterait trop d’une moyenne fixée par secteur
d’activité. La restauration fait partie des branches qui ont le plus recours aux contrats courts. Photo Xavier Popy/RÉA
mais hors démission) s’écarterait
trop d’une moyenne fixée par secteur d’activité. Aujourd’hui, ce taux
est de 4,05 % pour toutes les entreprises. Toujours selon ce même
scénario, 40 % des entreprises
se verraient appliquer un bonus
maximum (soit un taux de cotisation à 0,75 %) et 30 % seraient au
malus maximum (soit 7 %). Le reste
des entreprises variant entre ces
deux valeurs.
Des différences
sectorielles
i
Vendred
avec
os
Les Ech
« Avec un taux de cotisation qui peut
varier d’une année sur l’autre, on ne
maîtrise plus du tout le coût du travail », s’inquiète François Asselin, le
président de la CPME. « On ne comprend pas la logique du bonus-malus
après la séquence sur les ordonnances qui ont permis de libérer les entreprises de certains poids », pointe-t-il.
Comme les autres organisations
patronales, la CPME insiste sur le
fait que la nature même de certaines activités, comme l’hôtellerierestauration ou les services à la personne, fait qu’elles ne peuvent pas
faire l’économie de contrats courts
pour répondre aux exigences ou
aux contraintes des clients. Un
constat qui a notamment poussé
la majorité parlementaire à rajouter dans la récente loi « avenir professionnel », dans laquelle a été
introduit le bonus-malus, que le
taux de cotisation cible, appliqué en
fonction du nombre de contrats
rompus, serait variable d’un secteur à l’autre pour tenir compte de
ces impératifs sectoriels. « Le pro-
« Avec un taux
de cotisation
qui peut varier
d’une année
sur l’autre,
on ne maîtrise
plus du tout
le coût du travail. »
FRANÇOIS ASSELIN
Président de la CPME
blème, c’est qu’au sein d’une même
branche, voire au sein d’un même
métier, les contraintes de service sont
très différentes. Entre la restauration
classique et la restauration collective,
l’organisation du travail est totalement différente », explique un membre de la CPME. Consciente que
l’Unédic a besoin de faire des économies (même si le gouvernement
refuse de faire du bonus-malus une
réforme de rendement), la CPME
met d’autres propositions sur la
table. Par exemple le nonrecours à
l’assurance-chômage pour les salariés qui, en fin de CDD, refuseraient
un contrat en CDI sur le même
poste et dans la même entreprise.
La CPME propose également de
durcir les règles d’éligibilité pour
bénéficier du régime d’indemnisation, qui exigent aujourd’hui quatre
mois d’activité (pas forcément continue) sur les vingt-huit derniers
mois. Enfin, selon la confédération,
les aides sociales perçues par les
assurés devraient être prises en
compte pour la détermination du
montant des allocations. n
Assurance-chômage : pourquoi la
négociation a peu de chances d’aboutir
S
Videz-vous la tête avec
un magazine qui la remplit
yndicats et patronat se sont
donné rendez-vous mercredi 24 octobre à l’Unédic
dans le cadre de leur Groupe politique paritaire (GPP), une instance de
dialogue périodique entre deux
conventions d’assurance-chômage.
La séance sera l’occasion pour chaque organisation de dévoiler sa lecture de la lettre de cadrage que le
gouvernement leur a adressée. On
pourra alors sentir si la négociation, qui démarrera formellement
dans la foulée par une première
séance de méthode, a une chance
d’aboutir. A ce stade, c’est peu
probable.
Le fait que la date de ce GPP ait
changé trois fois n’incite pas à l’optimisme. « Personne n’est pressé de
négocier », admet un des chefs de
file syndicaux. Et pour cause. La
question des contrats courts
empoisonne une nouvelle fois les
débats. La CPME et le Medef ont
prévenu : pas question de signer un
accord qui inclurait un mécanisme
de modulation des cotisations
patronales de type bonus-malus. Il
y va de la compétitivité des entreprises et donc de l’emploi.
ANALYSE
d’Alain Ruello
A l’inverse, les syndicats ne signeront pas un accord qui n’inclurait
pas un mécanisme engageant les
employeurs. Pas question de se contenter d’un renvoi à des discussions
dans les branches. Pour qu’il y ait
accord, il faut trouver un équilibre.
On ne peut donc pas jouer sur les
seules baisses de droits, plaident-ils.
Les partenaires sociaux ont donc
intérêt à inscrire le sujet à la fin de
leurs discussions pour éviter de se
dire au revoir tout de suite. Pour
autant, la voie vers une issue posit i ve r e s t e r a t r è s é t r o i t e . E t ,
d’ailleurs, le gouvernement a tout
fait pour qu’il en soit ainsi en
fixant un objectif d’économies très
élevé : de 3 à 3,9 milliards sur trois
ans. Pour y parvenir, il n’y a pas
d’autres solutions que de baisser
drastiquement les droits des chômeurs en jouant sur tous les
tableaux à la fois : règles de cumul
allocation-revenu d’activité, de calcul du salaire de référence, droits
rechargeables, dégressivité… Le
bonus-malus n’est donc qu’un élément parmi d’autres qui peut faire
capoter la négociation avant les
quatre mois impartis. On devrait
connaître la couleur de la fumée
rapidement, dès la fin du mois de
novembre.
Le bonus-malus n’est
qu’un élément parmi
d’autres qui peut faire
capoter la négociation
avant les quatre mois
impartis.
Au mieux, le gouvernement peut
espérer un accord qui ne coche pas
toutes les cases mais dont il pourrait reprendre certains éléments.
Aura-t-il alors le courage politique
d’imposer ses solutions pour le
compléter ? Sur le bonus-malus,
cela paraît peu probable tant il
est divisé sur la question, quand
bien même Emmanuel Macron l’a
promis durant la campagne présidentielle. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 07
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
MONDE
en
chiffres
ITALIE : LA PRODUCTION
INDUSTRIELLE REBONDIT
ÉGYPTE : L’INFLATION
GRIMPE À 16 %
La production industrielle
de l’Italie a rebondi bien
plus fortement que prévu,
en août, avec une hausse de
1,7 % après un recul de 1,6 %
le mois précédent, selon
l’Istat. Cette hausse est la
plus importante depuis
décembre et elle marque
une troisième progression
en quatre mois, a souligné
l’Institut de la statistique.
La hausse des prix en Egypte
s’est poursuivie pour
le troisième mois d’affilée
et atteint son plus haut
niveau en huit mois. A fin
septembre, elle a atteint 16 %
dans les parties urbaines
du pays, sous la pression
notamment des prix
des carburants. L’an dernier,
la hausse des prix en Egypte
a atteint 30 %.
1.893
MILLIARDAIRES CHINOIS
C’est le nombre de Chinois
qui pèsent plus de 2 milliards
de yuans (250 millions d’euros).
Selon le magazine « Hurun »,
ils sont 237 de moins que l’an
dernier en raison de la chute
des places boursières. La Chine
est le pays du monde qui
compte le plus de milliardaires.
Le FMI redoute une nouvelle crise financière
gement adoptés ; bon nombre d’activités financières réalisées hors du
cadre bancaire classique (« shadow
banking »), en partie responsables
de la crise de 2008, ont été réduites
ou transformée en outils de marché
plus sûrs. Tout irait donc pour le
mieux dans le meilleur des mondes
si de nouveaux nuages noirs n’apparaissaient pas à l’horizon, comme le
souligne Tobias Adrian, le directeur
du département des marchés monétaires et de capitaux du Fonds. « Les
vulnérabilités continuent de s’accumuler et le nouveau système financier
n’a jamais été mis à l’épreuve. Des
mesures supplémentaires sont nécessaires pour renforcer sa résistance »,
avertit-il. Dans le détail, le FMI
s’inquiète d’une certaine fuite en
avant concernant l’endettement
dont le niveau global a progressé.
COMMERCE
Dix ans après la chute
de Lehman Brothers,
le FMI dresse un bilan
positif des réformes
visant à renforcer
le système financier.
Richard Hiault
@RHIAULT
Comme un bateau ivre, à peine une
brèche dans la coque est-elle colmatée qu’une autre apparaît déjà. Pour
l’heure, le système financier international pourrait faire sienne la devise
de Paris « fluctuat nec mergitur »
(« il est battu par les flots, mais ne
sombre pas »). Dans son rapport sur
la stabilité financière, publié mercredi matin à Bali, le Fonds monétaire international (FMI) dresse
pourtant un bilan plutôt positif des
réformes entreprises pour consolider le système financier au cours des
dix dernières années. Les banques
sont maintenant plus solides ; la
quantité et la qualité de leur capital
se sont fortement accrues ; les tests
de résistance des banques à une déstabilisation des marchés ont été lar-
« dans un tel environnement, la dette
totale du secteur non financier a augmenté à un rythme beaucoup plus
rapide que le taux de croissance de
l’économie. » Dans les pays dont le
secteur bancaire est le plus développé, l’endettement des entreprises non financières a fortement
progressé. Il s’élève maintenant à
167.000 milliards de dollars, soit
plus de 250 % du PIB de ces pays,
contre 113.000 milliards de dollars
(210 % du PIB) en 2008, relève le
Fonds.
Sortie des capitaux
La croissance s’essouffle
La croissance économique est
repartie, même si elle s’essouffle.
Mais tout indique qu’elle a été soutenue par plus de dettes : les politiques monétaires non conventionnelles mises en œuvre depuis la
crise de 2008, en abaissant le coût
de l’endettement, ont soutenu la
reprise économique, reconnaît le
Fonds. Là où le bât blesse, c’est que
Le directeur du département des marchés monétaires
et de capitaux du FMI, Tobias Adrian. Photo Brendan Smialowski/AFP
Aux États-Unis, la relance budgétaire va faire exploser une dette
publique déjà considérable. La
zone euro souffre aussi d’une dette
publique élevée, sauf en Allemagne. Pour les pays émergents,
l’endettement extérieur a augmenté beaucoup plus rapidement
que leurs exportations. Résultat :
les pays où la dette extérieure est
trop élevée par rapport aux exportations représentent maintenant
environ 40 % du PIB global des pays
émergents (hors Chine). Le FMI
redoute une sortie des capitaux.
D’autant plus que ces économies
émergentes sont vulnérables à la
normalisation de la politique
monétaire des pays industrialisés.
« Avec la hausse des taux d’intérêt
américains et le raffermissement du
dollar, ainsi que l’intensification des
tensions commerciales, un certain
nombre d’économies de marché
émergentes ont connu une inversion
des flux d’investissement de portefeuille », relève le Fonds.
Les flux de capitaux des non-résidents vers les marchés émergents
ont d’ailleurs ralenti au cours des
derniers trimestres. Les flux de portefeuille se sont inversés à partir de
la mi-avril après des entrées massives en 2017 et au début de 2018.
Depuis lors, les fonds d’actions et
d’obligations des marchés émergents ont enregistré des sorties
d’environ 35 milliards de dollars.
Pour l’heure, avec l’appétit de risque
des investisseurs internationaux,
les pressions sont restées contenues et se sont concentrées dans
quelques pays (Argentine, Turquie,
Brésil, Afrique du Sud). Mais une
déstabilisation de plus grande
ampleur n’est pas à écarter. Au risque, cette fois-ci, de faire sombrer le
bateau.
(
Lire l’éditorial
de Jean-Marc Vittori
Page 9
Les routes de la soie ou la mondialisation revisitée par Pékin
entreprises. En externe, « B&R »
est devenu un puissant vecteur de
communication des autorités, car
il touche de nombreux domaines :
l’expansion géographique, sectorielle, mais aussi les questions
comme le développement interrégional ou les liaisons entre l’Asie et
l’Europe. Mais ce n’est pas tout. Ce
concept traite autant de sujets
matériels – les routes, les ports, le
train – qu’immatériels comme les
normes et les standards, les projets numériques, financiers mais
aussi culturels ou médiatiques.
« B&R est une façon pour la Chine
d’internationaliser ses priorités
nationales », souligne une étude
de l’Ifri (*) réalisée sur ce thème.
Derrière le marketing, apparaissent les contours d’une vision à
ASIE
A terme, le projet
Belt & Road
de Xi Jinping doit
faire émerger
le pôle chinois face
à son rival américain.
En Chine, les routes de la soie (littéralement « Une ceinture, une
route », « Belt & Road », « B&R »)
ont, depuis leur lancement en
2013, dépassé le stade du simple
slogan politique pour se hisser au
rang de projet mondial suivi au
plus haut niveau de l’Etat. En
interne, le projet mobilise beaucoup d’acteurs, y compris les
Le surendettement
de certains pays
incite leurs voisins
à plus de précaution.
moyen terme qu’a la Chine du reste
du monde, une façon pour Pékin de
redessiner la mondialisation en se
plaçant au centre du dispositif.
« B&R est aussi un moyen pour limiter, à terme, la dépendance de la Chine
à certaines infrastructures et normes
étrangères (et en premier lieu américaines) et permettre à la Chine de
mieux gérer les flux internationaux
dans leur diversité (financiers, de
marchandises, de données,
humains, etc.) », souligne le docu-
ment. Derrière ce concept multidirectionnel, la Chine façonne en fait
un monde en miroir de celui de
l’Occident.
A terme, il s’agit de faire tourner le
monde autour de « deux pôles, l’un
chinois, l’autre américain », chacun
« cohabitant avec l’autre sans jamais
s’intégrer ». « La polarisation des
relations internationales générerait
ainsi une nouvelle forme de compétitions entre réseaux d’infrastructures,
normes, institutions internationales, etc. », poursuivent les
auteurs. Seule condition pour que
cette mondialisation bipolaire fonctionne : que les deux économies, la
Chine et les Etats-Unis soient moins
interdépendantes l’une de l’autre.
A ce stade, le projet reste totalement porté par les autorités chi-
noises qui semblent déterminées
à le mener à son terme. Mais, à
trop vouloir être mondial et quasiment universel dans ses projets,
B&R génère ses propres faiblesses. Il y a effectivement risque de
dispersion des projets, de mauvaise évaluation de certains risques-pays, de générer des coûts
exorbitants (50 milliards de dollars pour le Pakistan) avec des
financements quasi exclusivement chinois.
leurs voisins à plus de prudence.
Face au rouleau compresseur
chinois, les Etats-Unis, le Japon,
l’Inde et l’Australie proposent
une alternative avec le financement d’infrastructures dans la
région Indo-Pacifique. Une politique que la France a déjà eu l’occasion de saluer, l’Hexagone préférant soutenir une variété
d’initiatives pour éviter une prédominance trop évidente de
B&R. — M. G.
Rouleau compresseur
(*) A. Ekman (dir.), F. Nicolas, C. Pajon,
J. Seaman, I. Saint-Mézard, S. Boisseau
du Rocher, T. Kastouéva-Jean, « La
France face aux NouvellesRoutes de la
soie chinoises », Etudes de l’Ifri, octobre 2018 (téléchargeable gratuitement
sur www.ifri.org).
Si ces derniers venaient à se tarir,
c’est toute l’architecture de l’édifice qui s’en trouverait menacée.
Un autre phénomène commence
à apparaître : celui du surendettement de certains pays qui incite
« Les autorités françaises font preuve de prudence »
Propos recueillis par
Michel De Grandi
@MdeGrandi
Responsable des
activités Chine au
Centre Asie de l’Ifri.
F
Les Français voient-ils
dans les Routes de la Soie
de grandes opportunités
d’affaires ou un plan stratégique chinois inquiétant ?
La perception des autorités françaises a évolué à mesure que les Chinois clarifiaient leur plan et leurs
intentions. Au début, en 2013 ou
2014, les promoteurs de « Belt &
Road » (B & R) parlaient surtout
d’infrastructures à construire, de
manière générale. En Europe, les
autorités chinoises ont d’abord
DR
ace à l’ampleur des ambitions de Pékin, les autorités
françaises analysent désormais le plan chinois sous un angle
géostratégique.
1
2
3 QUESTIONS À
ALICE EKMAN
promu leur projet dans les pays
d’Europe centrale et orientale, puis
dans ceux du sud. La France est
apparue plus tard dans leur dispositif de communication. Cela a laissé
du temps aux autorités françaises
d’analyser ce plan des Routes de la
Soie et finalement de se faire petit
petit leur propre opinion.
Aujourd’hui, elles font preuve de
prudence. Elles ont, par exemple,
refusé de signer un accord-cadre
avec Pékin qui aurait officialisé
formellement un soutien de la
France au projet chinois. Fin août, à
la Conférence des Ambassadeurs,
le chef de l’Etat a explicitement
mentionné le plan chinois le qualifiant de « vision de la mondialisation » à caractère « hégémonique ».
L’analyse a évolué, elle devient
géostratégique.
La France a-t-elle
une attitude décalée
au sein de l’Union
européenne ?
L’Europe ne reste pas inactive
même si elle est divisée face au projet chinois. Plusieurs pays comme
la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et la Grèce le soutiennent activement. Ils ont même
signé l’accord-cadre si cher aux
yeux de Pékin. D’autres comme le
Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et la
France se montrent plus réservés.
La Commission européenne l’est
tout autant. Malgré tout, une
réflexion stratégique est mise en
place depuis plusieurs années par
l’Union européenne. En septembre,
Bruxelles a élaboré une feuille de
route sur les grands axes de la connectivité entre l’Europe et l’Asie. En
quelques mots, Bruxelles estime
qu’il faut mettre en perspective les
projets de développement des
infrastructures proposées par différents pays, ne pas considérer uniquement le projet chinois, et s’assurer que les pratiques européennes
soient respectées, notamment les
règles d’appels d’offres pour les
marchés publics. Cette réserve
s’explique aussi par la dégradation
des relations Union européenne Chine. Bruxelles a l’impression que
Pékin essaie de diviser l’entité européenne. De son côté, la Chine n’a pas
tout à fait digéré que lui soit refusé le
statut d’économie de marché en
2016.
3
Y a-t-il, selon vous,
des possibilités
de coopération
vers les zones francophones ?
Les Chinois appellent les Espagnols
à coopérer en Amérique latine, les
Portugais à s’associer au Brésil et
dans les pays lusophones de l’Afrique. La France est sollicitée de la
même manière pour les zones francophones. En même temps, les Chinois proposent aux pays en développement, dans les discours qui
leur sont destinés spécifiquement,
un système économique et de gouvernance alternatif à celui de ces
pays européens, sur le modèle du
système chinois. Car B & R, ce ne
sont pas que des routes et des trains,
ce sont aussi des programmes de
formation des fonctionnaires, des
tribunaux, des normes et standards, etc. Dans ce contexte, mieux
vaut considérer des projets francochinois concrets, au cas par cas,
qu’envisager une coopération bilatérale en termes généraux autour
de « Belt & Road » – concept qui ne
cesse de s’élargir et peut prêter à
confusion. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
Un sentiment d’urgence s’installe
autour des négociations du Brexit
Dans une intervention devant les
milieux d’affaires européens, Michel
Barnier a précisé, mercredi, sa proposition reposant sur l’octroi à
l’Irlande du Nord d’un statut hybride,
largement aligné sur le Sud. Cela passerait par des contrôles douaniers en
mer d’Irlande, entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord. Bruxelles
propose de limiter ces contrôles au
strict minimum : la plupart seraient
effectués sur les lieux de production.
Ne resteraient, dans les ports de mer
d’Irlande, que les contrôles sanitaires
et vétérinaires, pour des questions de
santé publique. Mais le parti unioniste nord-irlandais du DUP, dont
Theresa May dépend politiquement,
refuse tout compromis de ce type :
pas question d’introduire la moindre
barrière physique entre l’Irlande du
Nord et la Grande-Bretagne.
EUROPE
A quelques jours
d’un sommet capital,
le doute demeure
sur la possibilité
d’un accord.
La question irlandaise
reste électrique.
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
— Bureau de Bruxelles
La fébrilité est de retour. A quelques
jours d’un sommet décisif, les négociations pour le Brexit n’ont jamais
été aussi intenses, mais l’incertitude
demeure quant à la possibilité d’un
accord sur les termes du divorce
entre Londres et le reste de l’Union
européenne.
Après une phase d’optimisme
prudent, c’est désormais un sentiment d’urgence qui pointe. Michel
Barnier, le négociateur en chef des
Vingt-Sept, s’est exprimé, mercredi,
devant le collège des commissaires
européens pour un état des lieux des
négociations – qui se tiennent désormais, à Bruxelles, de manière quasi
permanente. Selon des propos rapportés par le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, le
Savoyard a affirmé que « des progrès
Le négociateur européen du Brexit, Michel Barnier. Photo Yves Herman/AFP
décisifs doivent être réalisés à temps
pour le Conseil européen » qui débute
mercredi 17 octobre au soir. A ses
côtés, le secrétaire général de la
Commission, l’Allemand Martin
Selmayr, a rappelé « l’importance
pour toutes les parties prenantes de se
préparer à tous les résultats possibles
et à tous les niveaux ». Un accord ?
« Nous n’y sommes pas encore », a
confirmé Dimítris Avramópoulos,
le commissaire européen présent
devant la presse mercredi. La question irlandaise reste la principale
L’Irlande du Nord
va quitter l’Union
européenne.
Les négociateurs
doivent trouver un
moyen d’empêcher
la réapparition d’une
frontière dure entre le
nord et le sud de l’île.
épée de Damoclès. Alors que
l’Irlande du Nord, territoire du
Royaume-Uni, va quitter l’Union
européenne les négociateurs doivent trouver un moyen d’empêcher
la réapparition d’une frontière dure
entre le nord et le sud de l’île. La discussion concerne le « backstop », ce
mécanisme de dernier recours qui,
si la relation future entre Londres et
l’UE complique les échanges de
marchandises dans la Manche,
devra préserver un trafic fluide entre
le nord et le sud de l’île.
Crever l’abcès
Pour une source proche des discussions, qui rappelle la crise de la
vache folle, « il n’est pas vraiment
envisageable de renoncer à ces contrôles sanitaires ». Il y a donc, vu de
Bruxelles, un abcès politique à crever du côté britannique. Celui-ci
nécessiterait soit que Theresa May
« torde le bras » au DUP au moyen
d’un pacte politique, soit qu’au
moins une dizaine de députés travaillistes viennent apporter leur
soutien à l’accord futur en remplacement du DUP. n
Espagne : Pedro Sánchez négocie le budget
sous la pression de Podemos
EUROPE
La convocation
d’élections régionales
andalouses va servir
de test au gouvernement fragilisé
par son instabilité
parlementaire.
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
Premier test électoral en vue pour
Pedro Sánchez. L’annonce d’élections régionales anticipées en
Andalousie, programmées le
2 décembre prochain, va servir de
thermomètre au gouvernement
socialiste pour sonder sa résistance
face aux urnes. Car à Madrid on
s’interroge sur la stabilité de l’exécutif qui s’appuie sur une gymnastique d’alliances parlementaires,
entre Podemos, sur sa gauche, et les
nationalistes basques du centre
droit, en passant par les indépendantistes catalans.
Un virage social
Les difficultés dans la préparation du
budget 2019 sont le signe éclatant de
la fragilité de l’équipe de Pedro Sánchez. A quelques jours de la présentation du texte attendu à Bruxelles le
15 octobre, les négociations s’accélèrent. Mais les efforts du ministère
des Finances pour faire cadrer les
comptes en respectant le plafond des
dépenses et les engagements en
matière de déficit, buttent contre les
exigences de Pablo Iglesias. Le leader
de Podemos réclame un virage social
et reproche au gouvernement son
« manque d’ambition en matière de
politique publique ». Il pose sur la
table un relèvement du salaire minimum, un nouvel impôt sur les banques, une hausse des dotations pour
l’enseignement et la recherche ou
l’aide à la dépendance, ainsi qu’une
nouvelle politique de logement pour
freiner la hausse des loyers…
« Nous faisons tout pour arriver à
un accord, des deux côtés », assure
Pedro Sánchez, optimiste sur la
perspective de conclure un accord
« réaliste ». Mais sa fragilité parlementaire est évidente et, au sein
même du PSOE, certains commencent à parier sur la convocation de
législatives. « Plus qu’un gouvernement, c’est un avant-goût de gouvernement, décrypte le politologue
Pablo Simon. « Pedro Sánchez sait
que le temps est compté et il s’est
donné comme objectif de tenir le plus
longtemps possible pour offrir aux
Espagnols un échantillon de la politique qu’il pourrait mener s’il avait le
temps et une majorité suffisante. »
Jusqu’ici, la méthode semble fonctionner et le PSOE rebondit dans les
sondages. Mais pour combien de
temps ?
A Séville, la présidente régionale,
Susana Diaz, a pris les devants sans
attendre, afin d’organiser « des élections avec accent andalou », où on va
parler des « vrais problèmes de
notre terre », dit-elle. Sauf que
l’Andalousie, bastion socialiste
depuis la fin du franquisme, sera
forcément une question nationale.
Malgré l’usure du pouvoir, les
réseaux de clientélisme et les scandales de corruption (en attente de
jugement), qui ont forcé la démission de ses mentors et prédécesseurs, la présidente sortante calc u l e q u’e l l e d e v r a i t p o u vo i r
arracher à nouveau une majorité.
Ennemie et alliée
Le Premier ministre espagnol doit boucler les discussions
avec ses alliés d’ici au 15 octobre. Photo Javier Soriano/AFP
Après le scrutin de 2015, elle
avait dû composer une alliance,
aujourd’hui rompue, avec Ciudadanos. Cette fois, elle espère pouvoir
gouverner seule avec des accords
ponctuels. Depuis Madrid, on va
suivre de près les tribulations de
Susana Diaz, qui est à la fois l’ennemie intime de Pedro Sánchez au
sein du PSOE et son alliée indispensable s’il veut gagner les prochaines
législatives. Le score des socialistes
andalous pourrait être un indicateur pour savoir quand convoquer
de nouvelles élections. n
L’émergence d’un parti d’extrême droite choque le pays
Le nouveau parti Vox
mobilise contre l’immigration et le séparatisme
catalan. Son influence
reste pour l’instant limitée.
L’Espagne croyait être immunisée
contre l’extrême droite par quarante
ans de franquisme. Ce n’est plus vrai.
L’émergence de Vox, petit parti
fondé par d’anciens élus du Parti
populaire à la recherche de radicalité, sonne la fin de l’exception espagnole en Europe. Dimanche dernier,
10.000 personnes se sont rassemblées en meeting à Madrid, pour
acclamer les orateurs qui se sont
succédé à la tribune en réclamant
fermeté face à l’immigration et à
l’indépendantisme catalan, en promettant de « Faire l’Espagne grande
à nouveau ».
C’est la première démonstration
de force de ce petit parti, fondé en
2013 autour de militants catholiques
mobilisés contre l’avortement et le
mariage pour tous. Il s’agit de « donner voix à l’Espagne vive », annonce le
fondateur, Santiago Abascal, ex-député du Parti populaire (PP) au Pays
basque, qui déroule une série de
100 mesures urgentes pour réaffirmer l’identité nationale.
Une fragmentation
« Vox se présente comme un parti
autoritaire, xénophobe, homophobe,
nationaliste dans la lignée des partis
populistes européens », décrit Lluis
Orriols, professeur de sciences
politiques de l’université Carlos III de
Madrid. La nouvelle formation
se focalise sur les questions sécuritaires et l’immigration, alors
que l’Espagne est devenue la première voie d’entrée en Europe par la
Méditerranée, avec 40.000 arrivées
depuis le début de l’année. Mais le
meilleur combustible de Vox est le
risque séparatiste catalan et l’apathie des politiciens espagnols face au
danger, tous partis confondus.
Après l’irruption de Ciudadanos
venu occuper le centre libéral,
l’entrée en jeu de Vox marque une
fragmentation de plus dans
l’espace électoral de droite. Celui-ci
avait longtemps été occupé par un
« Vox se présente
comme un parti
autoritaire,
xénophobe,
homophobe,
nationaliste dans
la lignée des partis
populistes
européens. »
LLUIS ORRIOLS
Professeur de sciences
politiques de l’université
Carlos III de Madrid
seul acteur, le Parti populaire, qui
fonctionnait comme un « parti de
spectre large, avec vocation de
recueillir pragmatiquement tout
l’éventail de l’électorat de droite du
plus modéré au plus nostalgiques du
franquisme », explique le politologue Fernando Vallespin.
L’émergence de Vox est un choc
en Espagne, mais est encore toute
relative. Si ses effectifs ont triplé en
un an, la formation ne compte
actuellement que 11.125 affiliés.
Sans un seul élu au Parlement de
Madrid pour l’instant, elle ne
devrait pas obtenir plus d’un
député aux prochaines élections
européennes, estiment les analystes politiques. Pourtant, son
influence se fait déjà sentir depuis
quelques mois. Aiguillonnés par le
nouveau venu à leur extrême
droite, le Parti populaire comme
Ciudadanos ont déjà commencé à
rivaliser de discours patriotiques
vibrants. — C. T.
Frans
Timmermans
veut
réinventer
l’identité
européenne
EUROPE
Il est désormais
le candidat des
socialistes pour
succéder à JeanClaude Juncker
à la tête
de la Commission.
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
Candidat le plus crédible de la
famille socialiste du Parlement de Strasbourg, il a déjà
obtenu le soutien des socialistes allemands et de plusieurs
autres partis. Le Néerlandais
Frans Timmermans (57 ans),
premier vice-président de la
Commission europ éenne
depuis 2014, a officialisé mercredi son intention de succéder à Jean-Claude Juncker à la
présidence de la Commission
européenne.
Né à Maastricht, une ville
néerlandaise à la confluence
de la Belgique, du Luxembourg et de l’Allemagne, ce fils
de diplomate, polyglotte parlant notamment russe et français, a dès son enfance franchi
les frontières. Frans Timmermans est allé à l’école maternelle à l’Haÿ-les-Roses dans le
Val-de-Marne et, quelques
années plus tard, a décroché
un DEA en sciences politiques
de l’université de Nancy avec
un mémoire sur « l’intégration
à plusieurs vitesses en Europe ».
Les affaires internationales
sont le fil conducteur de sa carrière : diplomate, fonctionnaire européen, secrétaire
d’État puis ministre des
Affaires étrangères. Lors de
l’entrée en fonction de la
Commission Juncker en 2014,
Frans Timmermans devient
premier vice-président. Il est
chargé de l’amélioration de la
législation, des relations interinstitutionnelles, de l’État de
droit et de la charte des droits
fondamentaux.
Un optimiste réaliste
Son mandat le conduit à
mener un dialogue ferme et
vigilant avec le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et
avec les autorités polonaises
dirigées par l’ancien Premier
ministre Jaroslaw Kaczynski.
Frans Timmermans est
perçu comme un « optimiste
réaliste ». Il estime que « remettre en question l’espace Schengen
n’apporte pas de solution à la
problématique des réfugiés ». Il
souligne « l’immense défi de
l’Union européenne de rassurer
les juifs sur leur avenir en
Europe », et fustige Vladimir
Poutine pour son soutien de
l’extrême droite européenne
« dans le but de diviser l’Europe
et l’affaiblir ».
Dans son livre « Fraternité »
sorti en 2016, il s’inquiétait pour
l’Union européenne plongée, à
ses yeux, dans une terrible tempête qui pourrait lui être fatale.
« Pour la première fois, j’ai le sentiment que la construction européenne peut se détricoter »,
s’inquiète-t-il aussi lors d’un
passage à Paris.
Face au repli identitaire palpable dans l’Union européenne
d’au jo u rd’ hu i , i l p l ace sa
bataille pour le poste de la Commission sous le signe de la
reconquête des classes moyennes. Car pour lui, « la justice ne
s’octroie pas du haut vers le bas,
ni ne s’arrache du bas vers le
haut. Elle rayonne depuis le centre de la société ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 09
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
idées&débats
SOMMAIRE
Le meilleur du Cercle Des investissements pas si « responsables »
des Echos
La Chronique
Nous allons tous devenir
des réfugiés climatiques
Le Point de vue
Avenir énergétique :
se poser les bonnes questions
Art et culture
L’ardent voyage claudélien d’Eric Vigner
Prospective
Comment DJI a pris de la hauteur
LES ÉDITORIAUX DES « ÉCHOS »
L’apéritif de la
prochaine grande crise
Boll pour « Les Echos »
Europe : Macron et le risque
du manichéisme
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
– Bureau de Bruxelles
Le storytelling est en place. Pour les
élections européennes de mai prochain, Emmanuel Macron a choisi
sa stratégie. Elle consiste à tracer
une ligne de partage claire entre
deux camps. D’un côté, les forces
nationalistes, eurosceptiques,
« populistes ». De l’autre, les réformateurs progressistes, dont il serait
le porte-drapeau. Dans un camp, le
repli sur soi et la tentation d’un
retour en arrière qui menacerait jusqu’à l’existence de l’Union européenne. Dans le camp d’en face, une
vision d’avenir, promouvant une
Europe souveraine, protectrice,
capable de gérer collectivement ses
frontières, son commerce, et même
sa diplomatie ou sa défense.
Cette approche n’est pas infondée.
Comment nier que l’Union affronte
aujourd’hui des dangers majeurs ?
En Hongrie, les menaces sur l’Etat de
droit sont réelles, et Viktor Orbán
pratique un double discours
éhonté : Bruxelles est accusée de
tous les maux, y compris les plus
délirants, sauf quand il s’agit d’obtenir les faveurs financières de
l’Union. Les manipulations des
médias sont grossières, mais rendues possibles par le contrôle croissant de ces derniers. Un état de corruption s’installe. A quelques
nuances près, la trajectoire de la
Pologne n’est guère plus encourageante : le parti conservateur au
pouvoir met en place une réforme
des institutions lui donnant une
inquiétante mainmise sur la justice,
et blâme régulièrement l’Union
européenne.
En Autriche, c’est une coalition de
droite dure, intégrant l’extrême
droite, qui est au pouvoir. Son but :
en finir avec l’immigration. En
Suède, l’extrême droite vient également d’effectuer une percée lors
d’élections générales qui ont vu la
thématique migratoire s’imposer
comme le sujet numéro un. Et comment ne pas évoquer l’Italie, dont les
autorités multiplient désormais les
bras de fer à l’égard d’une Europe
vouée aux gémonies ? Postures
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Emmanuel Macron
a choisi de se montrer
intransigeant
avec des dirigeants
populistes comme
Viktor Orbán en
Hongrie ou Matteo
Salvini en Italie.
Au risque de minimiser les raisons pour
lesquelles leurs
peuples les ont portés
au pouvoir.
D
Les points à retenir
Les prochaines élections
•européennes
voient s’affronter
deux camps.
Les nationalistes d’un coté
•(Orbán
ou encore Salvini)
et de l’autre les réformateurs
(Macron).
Emmanuel Macron a choisi
comme stratégie électorale
de tracer une ligne de partage
claire entre ces deux attitudes.
Mais une approche
manichéenne du débat
européen est dangereuse
et empêchera toute forme
de solution à des problèmes
complexes.
Sur le sujet migratoire
notamment, il faut dépasser
le registre binaire.
•
•
•
médiatiques, exagérations, accusations sans fondement à l’égard de
l’Union, rejet radical des migrants,
budget en contradiction flagrante
avec les règles européennes : Matteo
Salvini et Giuseppe Conte cochent
toutes les cases du pouvoir en pleine
dérive.
Pourtant, cette approche manichéenne du débat européen est dangereuse. En la cultivant, Emmanuel
Macron prend un risque évident :
celui du simplisme, qui empêchera
toute forme de solution à des problèmes complexes. La preuve ? Cette
scénarisation réductrice est plébiscitée par ses pires ennemis. Ce sont
en effet Viktor Orbán et Matteo Salvini qui l’ont positionné comme tête
d’affiche du camp qu’ils cherchent à
abattre. Un rôle qu’il s’est empressé
d’assumer. « Je ne céderai rien aux
nationalistes et à ceux qui prônent ce
discours de haine » a-t-il lâché au
Danemark. Et de poursuivre : « S’ils
ont voulu voir en ma personne leur
opposant principal, ils ont raison. »
On voit bien l’avantage que peut
avoir, électoralement, une telle posture. Aux électeurs français, le président de la République envoie un
message sans ambiguïté : s’ils
croient encore en l’Union européenne, c’est à son mouvement qu’ils
doivent apporter leur voix. Mais ce
faisant, il risque de perdre ce qui a été
à la base de son tour de force de 2017 :
la capacité à rassembler au-delà d’un
noyau idéologiquement identifié.
Pour reprendre une formule macronienne, l’Union européenne de 2018
est pleine de « en même temps » qu’il
est urgent d’admettre. Matteo Salvini
est issu de la droite la plus décomplexée, il manipule les médias et les
foules et exacerbe les antagonismes
pour mieux récolter le soutien de
l’opinion publique. Et, en même
temps, le manque de solidarité européenne qu’il dénonce sur la question
migratoire est justifié ! Depuis 2014,
l’Italie a enregistré 650.000 arrivées
de migrants, sans que ses voisins ne
démontrent un enthousiasme
débordant pour l’aider.
L’Italie menace de laisser filer ses
finances publiques, avec le risque
d’entraîner avec elle toute la zone
euro, et, en même temps, sa situation
découle, au moins en partie, des travers de l’architecture de cette zone
euro. Il y aurait là matière à une
alliance objective entre Paris et
Rome, face à un nord de l’Europe de
plus en plus crispé au sujet de la
réforme de la zone euro. Emmanuel
Macron, au lieu de tenter de tisser,
patiemment, les voies d’un dialogue
constructif avec l’Italie, s’est engouffré dans la guerre des mots. Une
aubaine pour Matteo Salvini, qui
tape désormais sur une France arrogante et égoïste dès qu’il en a l’occasion.
Les mêmes nuances devraient
prévaloir au sujet des pays situés à
l’est du bloc. Sans aucun doute, la
dérive de Viktor Orbán en matière
d’Etat de droit est alarmante, de
même qu’est choquant son refus
d’accueillir ne serait-ce qu’un seul
réfugié dans le cadre d’un mécanisme européen. Et en même temps,
il est très populaire, et le doit en
grande partie au fait qu’il a été l’un
des premiers à articuler politiquement les raisons objectives pour lesquelles ses compatriotes sont déçus
par l’Union européenne – prédation
capitaliste dans les années 1990,
domination politique et financière,
manque de considération.
Sur la question migratoire également, il serait urgent de dépasser le
registre binaire. Emmanuel Macron
s’y emploie sur la scène intérieure,
en étant ferme vis-à-vis des migrants
économiques, tout en plaidant la
nécessité absolue d’accueillir les
réfugiés. Mais sur la scène européenne, ce sont les postures qui
dominent, au risque de rendre
encore un peu plus inaccessible un
compromis. Il n’est pas question de
transiger sur les principes fondamentaux de l’Union. Mais le terme
« populisme » risque de devenir un
raccourci pratique permettant
d’éluder les questions complexes. A
l’heure des réseaux sociaux et de la
simplification à outrance des positionnements politiques, c’est à
r e n o u e r ave c l a n u a n c e q u e
devraient s’employer les dirigeants
qui croient encore à l’Union européenne. Faute de quoi, ils feront le
jeu du camp qu’ils entendent combattre. n
Pour l’instant, tout va bien. Ou plutôt à peu près
bien. La planète finance respire. Elle a certes
entendu quelques craquements du côté de la
Turquie et de l’Argentine, mais ce n’est pas
vraiment surprenant. Dans un monde où la
Réserve fédérale des Etats-Unis remonte ses
taux d’intérêt, les investisseurs se tournent à
nouveau
vers l’Amérique et liquident leurs
Par Jean-Marc
positions dans les pays qui leur semblent le plus
Vittori
fragiles, que ce soit pour des raisons politiques
ou économiques. A priori, rien de systémique –
Les
rien qui menace l’ensemble du système
autorités de financier comme il y a dix ans. D’autres
surveillance craquements commencent à se faire entendre
sur le marché obligataire. Aux Etats-Unis, le
regardent
taux d’intérêt sur les obligations à 10 ans, phare
de plus
de la finance mondiale, a dépassé la barre des
3 % en septembre et continue gaillardement sa
près les
Ce n’est pas plus étonnant.
indicateurs progression.
Accélérateur budgétaire à fond, l’économie
du crédit.
américaine ressemble à un camion dont la
carcasse commence à vibrer sérieusement. Les
investisseurs prennent leurs précautions. Rien de systémique làdedans. Le système paraît d’autant plus résistant qu’il a été largement
consolidé depuis la panique engendrée par la faillite de la banque
Lehman Brothers. Les grandes banques ont beaucoup plus de
réserves.
Les banques centrales ont inventé de nouveaux outils qu’elles
n’hésiteront pas à employer de nouveau. Les autorités de surveillance
regardent de plus près les indicateurs du crédit et soupèsent
désormais les risques de contagion.
Mais rien n’est réglé. Car personne ne sait comment tournera le
système financier quand il reviendra à la normale. C’est-à-dire quand
les taux d’intérêt retrouveront un niveau plus proche de leur moyenne
de long terme, compte tenu de la croissance et de l’inflation.
« L’éléphant dans la pièce », comme disent les Anglo-Saxons, c’est un
« resserrement soudain et brutal des conditions financières ».
L’expression figure à deux reprises dans l’avant-propos du dernier
rapport semestriel sur la stabilité financière publié par le FMI. Avec
pareil resserrement, l’énorme dette accumulée ces dernières années
pourrait devenir insoutenable. Les pays émergents épargnés par les
secousses turques et argentines seraient sans doute plongés dans la
tourmente. Les prêts consentis avec légèreté ces dernières années
risqueraient de ne pas être remboursés. Et toute la finance partie se
réfugier dans l’ombre révélerait peut-être des dangers systémiques
méconnus. Or, une décennie extraordinairement accommodante
constitue un terreau idéal pour un « resserrement financier soudain et
brutal ». Les tensions de ces derniers mois ne sont peut-être que
l’apéritif de la prochaine grande crise.
(
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Page 7
La route des bonnes intentions
Par David Barroux
Personne ne peut être contre les mesures permettant de lutter contre
le réchauffement climatique. Quand les ministres européens de
l’Ecologie décident de réduire de 35 % d’ici à 2030 les émissions de CO2
des voitures neuves, on ne peut donc que se féliciter. Certes, pris en
sandwich entre le lobby écologiste et celui de l’automobile, les
politiciens ont coupé la poire en deux. Les premiers demandaient un
effort beaucoup plus lourd, les seconds beaucoup plus léger. Au final,
ce jugement à la Salomon ne satisfera aucun des deux camps, mais
il adresse un signal qui va dans le bon sens : il faut que, demain,
la voiture pollue moins !
Les plus optimistes diront qu’en tordant le bras aux industriels
européens qui jurent qu’ils ne sont techniquement pas capables
de tenir un objectif aussi ambitieux, l’Union leur rend en fait un fier
service. Contraints de se dépasser sur un plan technologique,
ces constructeurs seront mieux armés pour rivaliser avec leurs rivaux
chinois, qui veulent profiter du boom de la voiture électrique
pour combler leur retard dans le secteur auto. Sachant que l’enfer
est pavé de bonnes intentions, il conviendrait, toutefois, qu’une fois
passée l’euphorie des grandes déclarations quelques voix rappellent
trois évidences. La première est que la voiture, outil de mobilité
personnelle, reste un besoin essentiel. La deuxième est que cet outil
doit rester économiquement accessible. La voiture moins polluante
est techniquement possible, mais il ne faudrait pas que personne
ou presque ne puisse se l’offrir. La troisième est que même les voitures
électriques ne sont pas des véhicules « zéro émission ». L’Europe,
qui tourne majoritairement le dos au nucléaire, aura besoin
d’électricité pour recharger ses batteries. Et il n’est pas sûr que les
énergies renouvelables suffisent à faire face à nos besoins. En votant
des lois ou des textes qui ne leur coûtent rien, les politiques se font
plaisir en ayant le sentiment d’agir pour le bien de tous. Mais il ne faut
pas sous-estimer les éventuels dommages collatéraux de leurs
décisions.
(
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10 // IDEES & DEBATS
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
opinions
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LE MEILLEUR DU
CERCLE DES « ÉCHOS »
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Des investissements
pas si « responsables »
Good bye Haley !
Comment faire le tri entre ce qui
s’apparente à du « green washing » et des
investissements véritablement durables ?
Il suffit de se poser quelques questions
simples, mais précises, estime notre
contributeur Sébastien Thévoux-Chabuel.
AFFICHAGE « Au vu de la quantité de
communiqués de presse concernant le
lancement (...) de fonds sous l’étiquette
“durable” ou “responsable” ou du nombre
d’offres d’emploi “ESG” (Environnementaux,
Sociaux et de Gouvernance), il ne fait aucun
doute que “l’investissement socialement
responsable” (ISR) est devenu depuis près
d’un an et demi une tendance majeure . »
DOUTES « Mais au vu de l’historique du
secteur de la finance, il est permis de se
demander si certains acteurs ne promettent
pas la lune, voire mentent purement et
simplement sur leurs antécédents en
matière ESG. »
DURÉE « La volonté d’intégrer des facteurs
ESG tout en conservant des valeurs sur un
horizon moyen d’un an ou moins n’a aucun
sens. S’interroger sur la durée moyenne de
rotation d’un portefeuille constitue un bon
point de départ pour évaluer la sincérité
d’un gestionnaire d’actifs. »
INDICATEURS « L’investissement
socialement responsable devrait en théorie
se traduire par des portefeuilles relativement
différents et mieux positionnés que leurs
indices de référence en termes d’indicateurs
ESG tels que l’empreinte carbone, la création
nette d’emploi ou le taux des impôts payés
par les entreprises. Lorsque les portefeuilles
ne présentent pas des caractéristiques
“responsables” de cette nature, n’est-il pas
logique dans ce cas de les soupçonner de
“green washing” ? »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle,
le site participatif des « Echos »
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Haley, en annonçant sa décision
•deNikki
démissionner à la fin de l’année de sa
fonction de représentante des
Etats-Unis aux Nations unies, a
pris « Washington par surprise ». Selon
le « Washington Post », la première
explication venue à l’esprit est qu’elle
démissionne pour se lancer dans la
course à la présidence. Mais, avec une
certaine habileté, elle a affirmé qu’elle
soutiendrait le président Trump en
2020. Elle n’a en revanche pas été interrogée sur la demande d’un groupe anticorruption d’ouvrir une enquête sur des
voyages et des tickets de match de basket-ball qui lui auraient été offerts.
A la lecture des journaux américains,
le mystère Haley demeure. En effet, écrit
le « Post », l’ambassadrice, qui fait partie
du cabinet ministériel de Trump,
était « de facto la voix en politique étrangère de l’administration ». Elle était en
outre, avec le général James Mattis,
secrétaire à la Défense, l’un des tout derniers « adultes » dans le gouvernement.
Pourtant, si elle était bien en première
ligne pour défendre la politique de
Trump sur Israël, l’Iran et la Palestine,
elle était souvent une voix discordante,
notamment pour défendre une ligne
dure contre la Russie. Mais elle n’était
pas aussi opposée à une forme utile pour
l’Amérique de multilatéralisme
qu’un John Bolton, aujourd’hui conseiller à la sécurité nationale. C’est
d’ailleurs elle qui a lancé que l’idée
« l’Amérique d’abord » ne veut pas dire
« l’Amérique seule ». Certains l’ont soupçonnée d’être le « haut responsable » anonyme de l’administration auteur d’une
tribune selon laquelle des proches conseillers tenteraient de contrecarrer
les « pires impulsions » du président
américain. En tout cas sur une note positive, le « New York Times », critique parfois à l’excès de Trump, écrit : « On regrettera Nikki Haley. » Peut-être pas pour très
longtemps ! —J. H.-R.
LE LIVRE
DU JOUR
Sur les traces
de « L’Odyssée »
LE PROPOS C’est un voyage dans le
temps et l’espace, tout à la fois,
personnel et universel. L’auteur,
grand reporter, marche dans les pas
d’Ulysse. Et en suivant son périple,
dessine les contours du peuple
méditerranéen. « Que partageonsnous sinon la même mer ? » Tour à
tour sauvage, fragile et meurtrière.
Mais au fil des siècles, la
Méditerranée est-elle restée la
lumière du monde, ce trésor de
l’Antiquité ? Ou n’est-elle, « frappée
de décadence, plus qu’une flaque
d’eau salée », salie et vengeresse,
charriant des migrants par milliers ?
L’INTÉRÊT D’une plume à la fois
humaine et intime, Jean-Paul Mari
tente de comprendre ces
civilisations, bousculées par
l’histoire, qui bordent la mer. La
démarche est journalistique.
S’approcher pour comprendre, la
poésie en plus… car les sources de
cet ancien correspondant de guerre
sont le récit d’Homère, les croyances,
les mémoires, ses années de témoin,
son propre passé… Et quelle
permanence ! Comme Ulysse,
tout « guerrier, traumatisé, porte la
guerre en lui ». Jadis à Troie, où
résonnait dans « le fracas des armes
En dérivant avec Ulysse
de Jean-Paul Mari, Editions
JCLattès, 330 pages, 20 euros.
et le craquement des os, le choc affreux
de la quincaillerie de la guerre ». Ou
3.000 ans plus tard à Alger, face à
des terroristes qui « ne savent rien
faire d’autre que mâchouiller des
sourates du Coran, grommeler que
Dieu est grand en égorgeant un
enfant ». En Méditerranée, la
lumière du soleil – crue –
triomphera-t-elle des ténèbres ?
LA CITATION « Je vais dériver avec
Ulysse. Me laisser égarer, bousculer,
ballotter, effrayer, naufrager, mais
avec l’espoir d’en revenir éclairé. »
— Laurance N’Kaoua
Températures record, ouragans, tempêtes… L’humanité, confrontée à des conditions environnementales
sans précédent, souffre. Et le pire reste à venir. Photo Angelo Tzortzinis/AFP
Nous allons tous devenir
des réfugiés climatiques
Faute de décisions politiques propres à renverser la tendance,
la dégradation de tous les indicateurs du climat va devenir insupportable.
Il est plus que temps d’écouter les scientifiques et d’agir.
LA
CHRONIQUE
de Jeffrey
D. Sachs
L
es êtres humains contemporains,
nés dans une ère climatique
appelée l’« Holocène », ont franchi le seuil d’une nouvelle ère, l’Anthropocène. Mais au lieu d’être guidée par un
Moïse dans ce nouvel environnement
dangereux, l’humanité est entraînée par
une coterie de pollueurs et de climatosceptiques vers des dangers plus graves
que jamais. A partir de maintenant,
nous sommes tous des réfugiés climatiques et nous devons définir une feuille
de route pour un avenir sûr. L’Holocène
est l’époque géologique qui s’étend sur
les 10.000 dernières années, caractérisée par des conditions climatiques favorables qui ont permis à la civilisation
humaine de se développer. L’Anthropocène est une nouvelle époque géologique avec des conditions environnementales sans précédent pour l’humanité. Il
est inquiétant de constater que les températures de la planète sont à présent
plus élevées que pendant l’Holocène, en
raison des émissions de dioxyde de carbone rejetées dans l’atmosphère, liées à
la combustion de charbon, de pétrole et
de gaz, et par la transformation inconsidérée des forêts et prairies en fermes et
pâturages.
Les êtres humains souffrent et meurent dans ce nouvel environnement, et le
pire reste à venir. Les ouragans de forte
intensité deviennent plus fréquents et de
grosses tempêtes provoquent davantage
d’inondations à cause des transferts
accrus de chaleur dus au réchauffement
des océans, de la plus grande humidité
de l’atmosphère et de l’élévation du
niveau de la mer. Des températures
record ont aussi été enregistrées dans
plusieurs endroits du globe.
Quelle folie irréfléchie a poussé
l’humanité à franchir le seuil de l’Holocène ? En 1972, les dirigeants mondiaux
réunis pour le premier Sommet de la
Terre à Stockholm avaient discuté des
problèmes environnementaux croissants. En préparation de ce sommet, le
Club de Rome avait publié un rapport
intitulé « Halte à la croissance ? » qui
abordait pour la première fois le concept
d’une croissance « durable » et les risques posés par une consommation
excessives des ressources naturelles.
Vingt ans plus tard, les signes d’alerte
étaient plus manifestes que jamais à Rio
de Janeiro, lorsque les Etats membres
des Nations unies, rassemblés pour le
Sommet de la Terre, ont adopté l’idée de
« développement durable » et signé trois
conventions de premier plan en faveur
de l’environnement : la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la convention sur la
diversité biologique et la convention sur
la lutte contre la désertification.
Après 1992, les Etats-Unis, le pays le
plus puissant du monde, ont ostensiblement ignoré ces trois nouveaux traités,
encourageant ainsi les autres pays à relâcher leurs efforts. Plus récemment, en
septembre 2015, la communauté internationale a adopté les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Accord de
Paris pour le climat, en décembre 2015.
Pourtant, une fois de plus, l’administration américaine a sciemment ignoré les
ODD, se plaçant en dernière position des
pays du G20 quant à leur mise en œuvre.
Le président américain Donald Trump
a, par ailleurs, fait part de son intention
de sortir les Etats-Unis de l’Accord de
Paris dès que possible, en 2020, quatre
ans après son entrée en vigueur.
Quelle folie irréfléchie
a poussé l’humanité
à franchir le seuil
de l’Holocène ?
Nous sommes désormais
confrontés à des sujets
environnementaux
qui sont des questions
de vie ou de mort.
Nous devons toutefois nous attendre
à pire. L’augmentation du CO2 dans
l’atmosphère, due aux activités humaines, n’a pas encore atteint son plein
potentiel de réchauffement en raison du
temps considérable qu’il faut pour que
son effet se fasse sentir sur la température des océans. Un réchauffement bien
plus important est à prévoir si la concentration de CO2 continue à augmenter
avec la poursuite du statu quo – l’utilisation intensive des combustibles fossiles.
Pour atteindre l’objectif de l’Accord de
Paris, maintenir la hausse de la température moyenne mondiale bien en deçà
de 2° C par rapport à l’ère préindustrielle,
le monde doit fermement opérer une
transition des combustibles fossiles aux
énergies renouvelables d’ici 2050 et de la
déforestation au reboisement et à la restauration des terres dégradées.
Dans ces conditions, pourquoi
l’humanité persiste-t-elle dans cette
voie, vers une tragédie certaine ? La principale raison tient aux institutions politiques et aux multinationales qui ignorent
volontairement les dangers et les dégâts
croissants. La politique aujourd’hui consiste à obtenir et à préserver le pouvoir et
les avantages de la fonction et non à
résoudre les problèmes, même s’il s’agit
de questions environnementales de vie
ou de mort. Trump est le dernier idiot
utile à servir les desseins des pollueurs,
avec l’aide des républicains du Congrès
qui financent leurs campagnes électorales grâce aux contributions de délinquants environnementaux comme la
multinationale américaine Koch Industries. Trump a également nommé à tous
les postes du gouvernement des lobbyistes de l’industrie qui s’acharnent à
démanteler toutes les réglementations
environnementales possibles.
Nous avons besoin d’une nouvelle
forme de politique qui aurait un objectif
global clair : la sécurité environnementale pour les habitants de la planète – en
se conformant à l’Accord de Paris pour le
climat, en protégeant la biodiversité et
en réduisant la pollution, qui tue des millions de personnes chaque année. Cette
nouvelle politique tiendra compte des
avis des experts scientifiques et technologiques. Les climatologues nous permettent d’évaluer les dangers croissants.
Les ingénieurs nous indiquent comment opérer une transition rapide, d’ici
2050, à des systèmes énergétiques « zéro
carbone ». Les écologistes et les agronomes nous disent comment obtenir
davantage de récoltes, et de meilleure
qualité, sur moins de terres, tout en mettant fin à la déforestation et en restaurant les habitats dégradés.
Une telle politique est possible. En fait,
l’opinion publique la réclame. Mais tant
qu’une élite étroite d’esprit et ignorante
condamne les Américains et le reste du
monde à errer sans fin dans un désert
politique, il est probable que nous finirons dans un désert environnemental
dont nous ne pourrons nous échapper.
Jeffrey D. Sachs est directeur
de l'Institut de la Terre à l’université
Columbia.
Cet article est publié en collaboration
avec Project Syndicate 2018.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 11
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
art&culture
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réussir les élèves
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4. La route 100 % recyclée avance
5. easyHotel, petit frère d’easyJet, débarque en France
de Jean-Bernard Lévy
P
roduire l’électricité sans émettre de dioxyde de carbone est
une exigence vitale pour l’avenir
de notre planète. C’est notre raison
d’être, mais ça ne suffit pas. Nos clients
attendent plus de nous ! Ils veulent produire localement, parfois dans leur jardin ou sur leur toit, et ils veulent consommer leur propre électricité. Ils
aspirent à la stocker. Ils veulent se
déplacer électrique.
Pour rester les leaders, nous devons
accompagner nos clients dans ces
attentes nouvelles. Etre capables
d’adapter nos offres aux nouveaux
modes de vie. Convaincre que la
sobriété énergétique, c’est possible. Produire au rythme des nouveaux usages
électriques. Voilà nos défis.
Ces défis, les collaborateurs d’EDF se
les sont appropriés. Invités à se lancer
dans l’aventure – unique pour une
entreprise de cette ampleur – de l’intelligence collective, ils ont pu, quel que soit
le rôle joué par chacun dans l’entreprise, partager leurs espoirs et leurs
questions, leurs idées et leurs envies.
Le moment était propice : le débat
public sur l’avenir énergétique de la
France battait son plein. Les professionnels du secteur qu’ils sont ont trouvé
leur place dans le foisonnement des
opinions. De manière pragmatique, ils
ont mis de côté les querelles idéologiques et se sont posé les vraies questions : de quoi sera fait notre avenir
énergétique ? Quelle est notre respon-
LA CHRONIQUE
DU CERCLE
DES ÉCONOMISTES
par Jean-Paul Betbèze
P
aul Romer et William Nordhaus, deux professeurs américains, se sont donc partagé le
prix Nobel d’économie 2018. Les deux
lauréats se sont tous deux souciés
d’améliorer la croissance à long terme
grâce à la science.
Paul Romer (NYU) se demande, dans
les travaux à l’origine de son prix, pourquoi le Tchad croît à – 1,8 % par an
entre 1970 et 1981, les Philippines à 2,4 %
et Singapour à 7,6 %. Sa réponse est
celle de la croissance endogène, selon la
manière dont la science est « mal » ou
« bien » intégrée à l’activité économique. La « bonne » intégration permet
des effets externes positifs, soutenant la
croissance. Elle pourra être subventionnée. Plus tard, nommé chef économiste de la Banque mondiale en 2016, il
en part quinze mois plus tard, critiquant ses biais trop libéraux.
William Nordhaus (Yale) se préoccupe aussi de la croissance à long
terme, mais cette fois en liaison avec le
réchauffement climatique. Là aussi, il
s’agit de chercher une « bonne » intégration de la consommation de pétrole
à la croissance, de sorte qu’elle ne fasse
pas trop monter la température du
globe, ne pesant ainsi pas trop sur la
croissance future. La question est alors
celle des effets externes négatifs de la
consommation d’énergie, donc des
taxations sur les émissions de carbone,
pour en calculer les effets nets, optimiser la consommation d’énergie sur longue période, et la croissance avec.
Ces deux lauréats ont ainsi d’importants points communs : leur souci par-
Avenir énergétique :
se poser les bonnes
questions
sabilité collective en tant que citoyens,
en tant qu’acteurs du monde de l'énergie ? Quel est le rôle d’EDF dans la nouvelle donne ? Que pouvons-nous offrir
de plus à nos clients ?
Pendant les six premiers mois de
2018, nous nous sommes écoutés et
nous avons dialogué, en toute liberté.
L’expérience n’était pas sans risque : et
si les salles restaient désertes ? Et si la
stratégie était contestée, ou pire, laissait
indifférent ? Et si le dialogue virait à la
discussion de comptoir, au « y’a qu’à,
faut qu’on » ?
Nous progresserons
mieux en nous appuyant
sur les salariés.
C’est en tirant le meilleur
de leur intelligence
collective que nous agirons
plus vite et plus juste.
Bien loin de tout cela, les équipes
d’EDF se sont emparées du dialogue.
10.000 salariés ont participé, lors de
65 rencontres, dans 30 villes de France,
animées par 160 de leurs collègues
volontaires et formés au dialogue.
20.000 salariés ont prolongé le dialogue
et sont intervenus en ligne. Ils n’ont pas
redéfini la stratégie de l’entreprise. Ils
s’en sont saisis pour la questionner par-
fois, l’enrichir souvent, mais surtout la
décliner dans des idées concrètes.
Vingt défis en sont nés, qui embrassent large : de la mobilité électrique au
recyclage des déchets, de la simplification de nos organisations à l’innovation
numérique dans l’entreprise. Ces défis
ne devaient pas rester « en l’air », c’est
pourquoi le comité exécutif s’en est saisi.
Trois heures de réunion en juillet. Sous
l’œil de plusieurs milliers de salariés réunis pour découvrir en direct les réactions
de l’équipe dirigeante à leurs propositions, y compris les plus dérangeantes.
Parce qu’on ne répond pas à un dialogue aussi riche en quelques heures,
nous avons décidé de prolonger cet élan
en engageant l’entreprise dans une
démarche d’intelligence collective.
Tout au long de 2019, elle mettra à
contribution les volontaires d’EDF,
pour faire avancer concrètement nos
plans, nos projets et nos idées de transformation.
Cette grande aventure, c’est « Parlons
Energie ». Nous progresserons mieux
en nous appuyant sur les salariés, ce
capital humain inestimable, qui ne
demande qu’à s’exprimer. C’est en tirant
le meilleur de leur intelligence collective que nous agirons plus vite et plus
juste. La preuve en est faite, la transformation de l’entreprise passe aussi par
l’innovation sociale.
Ces lauréats cherchent
à intégrer science, climat
et croissance, et à diffuser
au mieux leurs idées.
Ils nous donnent
des éclairages à long
terme, avec quelques
sérieux espoirs.
que. C’est aussi, avec Nordhaus, l’idée de
montrer que la science peut résoudre
ces problèmes, avec les bonnes informations, explications et incitations. S’alarmer, comme le fait le rapport de l’IPCC
(Intergovernmental Panel on Climate
Change), publié le 8 octobre peut ne pas
aider s’il fait penser que la solution est,
ou bien trop coûteuse, ou hors d’atteinte.
C’est ainsi un « optimisme conditionnel » qui anime Romer, si les bonnes
décisions sont prises.
Philippe Chevilley
@pchevilley
THÉÂTRE
malles d’un voyage sans
retour, quelques meubles ;
de Paul Claudel
au fond, la statue géante
Comme un poème – monuMise en scène Eric Vigner
d’un marin lorgnant vers
mental et violent. Eric
A Strasbourg, TNS
les lointains… Quant au
Vigner n’a pas cherché à
(03 88 24 88 24), du 5
soleil de midi (et de minuit),
rendre aimable et facile le
au 19 oct. Puis en tournée.
il revêt la forme d’un gong
« Partage de midi ». En
étincelant suspendu, dont
montant au TNS la première version de
jouent les acteurs à chaque coup du destin.
1906 de la pièce autobiographique de Paul
Claudel, il s’est attaqué à un diamant brut.
Un couple superbe
Refusant de le polir, il réussit tout de même
Eric Vigner impose à son quatuor de coméà le faire briller. Derrière l’histoire d’amour
diens un jeu sophistiqué parlé-chanté,
de Mesa et Ysé, il y a la triple déflagration
accompagné d’une gestuelle empruntée au
vécue par l’écrivain français dans sa jeuthéâtre oriental. La poésie démesurée de
nesse : son projet avorté de rentrer dans les
Claudel, surréelle parfois, résonne tel un
ordres ; sa folle liaison avec une femme
envoûtant opéra fantôme. Stanislas Nordey
mariée rencontrée sur le bateau qui
(Mesa), fort de son phrasé ardent, et Jutta
l’emmenait en Chine ; puis le renvoi en
Johanna Weiss (Ysé), avec sa voix ductile et
France de cette dernière, enceinte, et son
son accent troublant, forment un couple
choix de partir avec un autre homme. Cette
superbe. Leur danse d’amour dans le
douleur de la frustration et de l’absence est
deuxième acte devant un rideau de bambous
montrée d’emblée : le spectacle s’ouvre par
frangé d’or et leur (ré)union finale (et fatale)
un morceau du monologue du troisième
offrent des moments de grâce inouïs.
acte où Mesa (Claudel) se plaint de la trahiAlexandre Ruby (Amalric), en aventurier
son d’Ysé. Toute la pièce, écrite à chaud,
écorché vif, et Mathurin Voltz (De Ciz), en
vient de cette déchirure. Le théâtre est un
mari faible, apportent un côté terrien au
rituel d’exorcisme et de rédemption…
spectacle. Après les émois de la jeunesse
Eric Vigner s’applique à exalter ce rituel,
dans son « Tristan » (en 2016), Eric Vigner
en écartant tout réalisme. Sur la scène,
explore ici la soif amère d’absolu de l’âge
point de bateau. Le « pont », où se renconadulte ; les fantômes du « Vice-Consul » de
trent Mesa, Ysé, son mari De Ciz et son exDuras viendront conclure ce triptyque
futur amant Amalric, est un lieu symboliamoureux inédit. Si on goûte la langue de
que parsemé d’ex-voto. Un bric-à-brac de
Claudel, le jeu sublimé et le temps suspendu
vanités étranges et belles : sur le sol, la gradans un écrin de théâtre insolite et chatoyant,
vure d’un paon (l’oiseau du paradis), les
on aimera sans partage ce brûlant midi. n
Partage de midi
Jean-Bernard Lévy est
Président-directeur général d’EDF.
Romer et Nordhaus :
deux Nobel d’économie
pour améliorer notre futur
tagé est celui de la croissance à long
terme et de ses conditions, avec les boucles d’innovation-croissance pour
Romer, de consommation énergie-climat-croissance pour Nordhaus. Ces
deux chercheurs ont également proposé et calculé des modèles sur la croissance à long terme. C’est Dice (Dynamic
Integrated model of Climate and the
Economy) pour Romer dès 1992, avec
l’idée d’encourager la réduction des
émissions de dioxyde de carbone et de
limiter ainsi le réchauffement climati-
Au TNS, l’ardent voyage
claudélien d’Eric Vigner
La question est dorénavant de savoir
la marque que laisseront ces deux
Nobel d’économie. En comptant les
références aux noms des précédents
lauréats (Scientometrics 2014, Samuel
Bjork et Avner Söderberg), on a pu voir
que quatre cas se présentaient, que l’on
p eut schématiser. C’est d’ab ord
« l’expert » qui est énormément cité
avant et après l’annonce, puis graduellement moins, pensons à Tinbergen ou
à Hicks. Ce sont ensuite « les persistants » (si l’on peut dire), avec une forte
hausse de notoriété à l’occasion du prix,
puis une légère baisse de niveau, mais
sans déclin, comme Arrow ou Friedman. Vient « l’hétérodoxe », Hayek seul
en fait, toujours en expansion régulière,
presque en découverte continue. Viennent enfin « les réveilleurs », comme
Sen, en notoriété toujours croissante.
Il est à souhaiter que ces deux lauréats, qui cherchent à intégrer science,
climat et croissance, et à diffuser au
mieux leurs idées, soient aussi deux
réveilleurs. Par ces temps où le « climate change » est en question, la
recherche critiquée et les migrations
craintes, les apports des outils de l’économie mis en doute, voici deux lauréats
avec leurs modèles, simulations, taxations, propositions d’ouvertures et soucis d’explications et de conviction. Ils
nous donnent des éclairages à long
terme, avec quelques sérieux espoirs :
pas si fréquent !
Jean-Paul Betbèze est fondateur
de Betbèze Conseil et membre
du Cercle des économistes.
Jean-Louis Fernandez
LE POINT
DE VUE
Eric Vigner impose à son quatuor de comédiens un jeu sophistiqué parlé-chanté.
« L’Arbre-Monde » : green Powers
Le nouvel opus de Richard
ROMAN AMÉRICAIN
Dans « Tronc », « Cime »
Powe r s e s t p l u s q u’u n
L’Arbre-Monde
et « Graines », l’écrivain fait
roman monde, c’est un
de Richard Powers,
se rencontrer, s’aimer, se
roman planète. Une montatraduction
battre, se fourvoyer, espérer
gne littéraire, qui cache une
de Serge Chauvin.
et désespérer ces Amériforêt touffue. Car la forêt est
Le Cherche Midi,
cains de toutes origines
l’héroïne de « L’Arbre550 pages, 22 euros.
devenus des résistants – les
Monde », fiction épique qui
pourfendeurs d’une Améris’adresse à tous ceux qui ont dévoré « La Vie
que, qui, obsédée par le profit à court terme,
secrète des arbres » de Peter Wohlleben ou
détruit méthodiquement ses ressources
autres essais sur nos camarades feuillus…
naturelles, forêts en tête. Le lecteur s’attache
L’intention de l’auteur-militant peut se résuà ces combattants de l’ombre – qui vont du
mer en une phrase, plusieurs fois prononjeune artiste solitaire, à la fille d’immigré
cée au gré de ces 500 pages écrites serchinois devenue ingénieure, en passant par
rées : « Les meilleurs arguments du monde ne
l’ancien GI, la scientifique, le psychologue ou
feront jamais changer d’avis. Pour ça, ce qu’il
le geek –, et se sent peu à peu partie prenante
faut, c’est une bonne histoire. » « L’Arbrede leur combat écologique. En leur compaMonde » nous offre pléthore de bonnes hisgnie, il apprend à aduler ces grands arbres
toires – une arborescence de récits flammillénaires géants et souffre quand la tronboyants qui fusionnent en un maelstrom
çonneuse vient les entailler, puis les abattre.
écologique, politique et philosophique.
Fort de ses recherches multiples, de ses
citations savantes (de « Macbeth » de ShaLe lecteur partie prenante
kespeare à la poésie chinoise) et de son imaDans une première partie, Powers s’attaque
gination foisonnante, Richard Powers transaux « racines » : avec un génial talent de conforme son livre en manifeste et le lecteur en
teur, il met en scène neuf personnages de
activiste virtuel – jusqu’à nous faire complice
l’enfance à l’âge adulte dans l’Amérique de
des dérives incendiaires de ses petits soldats
ces soixante dernières années. Nicholas
verts. Si certains passages n’évitent pas tout à
Hoel, Mimi Ma, Adama Appich, Ray Brinkfait l’angélisme baba cool et l’hermétisme
man, Dorothy Cazaly, Douglas Pavlicek, Neenew age, l’ensemble est de haute tenue :
lay Mehta, Patricia Westerford et Olivia Vandocumenté, ouvert, raisonnablement pessidregriff ont tous dans leur ADN un élément
miste. La forêt recule dans le monde, mais
particulier qui les rattache aux arbres, morts
ses défenseurs progressent. Nos racines sont
ou vifs. Leurs débuts dans la vie sont raconmêlées à celles des arbres, leur avenir est le
tés à toute vitesse, mais avec une multitude
nôtre. Richard Powers a entrepris avec brio
de détails chatoyants qui donnent le vertige.
la reforestation de nos cœurs. — Ph. C.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
stratégie
ALEXA, JUSQU’OÙ IRAS-TU ?
Les assistants vocaux d’Amazon
ou de Google sont encore
de simples gadgets. Demain,
ils serviront de docteur,
de professeur ou de média,
anticipe « The Atlantic ».
https://bit.ly/2IMecZs
SUR
LE WEB
62
%
UN BUSINESS EN HERBE
Plus de six Américains sur dix
sont désormais favorables
à la légalisation du cannabis,
que ce soit pour des raisons
médicales ou récréatives,
note Pew Research.
https://pewrsr.ch/2RzZQzp
Pistes de croissance
HIGH-TECH // Devenue le leader mondial des drones de loisirs en dix ans seulement, la start-up
LA
CHRONIQUE
de Xavier Fontanet
Comment DJI a pris de la hauteur
O
n a assez peu parlé du récent congrès de
l’Association des domaines skiables de
France, qui regroupe l’ensemble des
sociétés de remontées mécaniques, parce qu’il
s’agit d’une « petite » profession de 17.000
personnes. Cette profession est pourtant un
atout majeur pour notre pays, parce qu’elle tire
l’industrie du ski, contributeur significatif à
notre balance commerciale. Voilà encore un
leader mondial français méconnu. Tout n’est
pourtant pas facile ; le marché est plat depuis
une dizaine d’années, en partie parce que les
classes de neige, moyen par excellence de
développement du marché, ont été
abandonnées sous l’avalanche de normes de
sécurité qu’on leur a imposées. Ce n’est pas
facile, parce que nous avons deux redoutables
concurrents, les Américains et les Autrichiens,
dont les qualités d’accueil et de service sont
proverbiales. Autres atouts autrichiens, leurs
écoles mettent tous les enfants sur des skis et
leurs écologistes ont compris que la neige de
culture n’était pas une atteinte à
l’environnement. La France a une carte
splendide à jouer : elle dispose, grâce à son
système de concession, des plus puissantes
sociétés des remontées mécaniques au monde.
La Chine se met au ski et va, à elle seule,
redynamiser l’ensemble du marché. Il faut aider
ces entreprises de remontées à conquérir le
monde, car elles seront des promoteurs
efficaces de nos propres stations. Ce métier est
très lourd en capital, et une rentabilité décente
suppose des marges confortables. Tout cela
demande donc de la sagesse à notre sphère
publique qui ne doit voir dans cette profession,
en cette période où elle cherche l’argent par tous
les moyens, une vache à lait qu’elle peut traire. Il
faut au contraire qu’elle laisse ces sociétés
réinvestir et leur simplifie la vie en les
protégeant de la prolifération de normes en
tous genres dont notre pays a le secret. Voilà
encore une occasion de démontrer notre talent
à nous, Français, et d’aller vers la prospérité que
nous méritons tous.
XavierFontanet est professeur de stratégie
à HEC.
o
LA PUBLICATION
Ce que leurs passions
révèlent sur les patrons
C
ertains pilotent des avions.
D’autres enchaînent les compétitions
de triathlon ou de jujitsu. Certains
officient même comme DJ, à l’image du nouveau
PDG de Goldman Sachs, David Solomon.
Désormais, les patrons n’hésitent pas à afficher
leurs hobbies au grand jour, note un article de la
« Harvard Business Review ». Mais cela est-il
révélateur de leur management ? Les auteurs
rappellent que les « rares études sur le sujet ont
fourni des résultats différents ». Par exemple,
« les PDG qui sont aussi pilotes dirigent des
entreprises plus innovantes et les entreprises
dirigées par des marathoniens ont de meilleurs
résultats – mais ce n’est pas le cas des PDG qui
jouent trop au golf ». L’article s’est penché sur 56
patrons du S&P 500 qui communiquent très
ouvertement sur leurs loisirs, et sur
des entretiens avec 17 d’entre eux pour qu’ils
exposent leurs motivations. Parmi celles-ci,
on trouve la possibilité de se détacher
totalement du travail et d’évacuer le stress,
la volonté de se dépasser ou le sentiment de
« contrôle absolu » qui en découle mais aussi,
à l’inverse, la « leçon d’humilité » et les
« relations différentes » que cela crée avec
les équipes. Sans oublier, pour résumer
toutes les raisons avancées, l’idée générale
que les hobbies « font de vous un meilleur
leader ». — B. G.
« Why CEOs Devote So Much Time to Their
Hobbies » www.hbr.org
chinoise mise à présent sur les drones professionnels.
LE
DÉCRYPTAGE
de
Raphaël Balenieri
A
vec ses huit pattes noires surmontées de petites hélices, l’appareil ressemble à une tarentule géante, sur
laquelle on aurait ficelé, au niveau de l’abdomen, un bidon de plastique. A Shenzhen,
dans le showroom de DJI, le leader mondial
des drones, la taille énorme de l’Agras MG-1
attire tout de suite l’attention. Et pour cause :
lancé en 2015, ce drone professionnel, utilisé
dans l’agriculture pour l’épandage aérien, est
aussi l’un des plus chers (15.000 dollars pièce
environ) mis au point par cette start-up chinoise. En dix ans, Dajiang Innovation Technology, le nom officiel de DJI, a « retourné » le
marché des drones de loisirs pour devenir le
champion toutes catégories du secteur. Elle
s’attaque désormais, avec la même ambition,
au marché des drones professionnels. Pas
mal pour une société de 12.000 employés, où
la moyenne d’âge… est de 27 ans.
L’Agras MG-1 peut contenir 10 litres de
liquide dans son réservoir et voler pendant
une douzaine de minutes. En une heure,
entre 28.000 et 40.000 mètres carrés de cultures peuvent être couverts. Pendant que
l’engin vole, on suit les opérations à distance,
sur l’écran de la télécommande. Chez DJI, à
l’époque, ce drone avait marqué un tournant.
Pour la première fois, la société née en 2006
dans la capitale de la tech chinoise mettait au
point un appareil dédié à l’agriculture. Un
des nombreux secteurs, avec l’énergie, les
télécoms, les premiers secours ou la construction, chamboulés par l’arrivée de ces
araignées volantes. « Tous les métiers qui
s’exercent en extérieur utiliseront, un jour ou
l’autre, des drones professionnels, prédit Jan
Gasparic, le directeur de la branche entreprises de DJI à Shenzhen. Les entreprises peuvent leur confier les tâches les plus répétitives,
ou les plus dangereuses. Les sociétés pourront
ainsi faire plus, avec moins. Les drones s’inscrivent dans la révolution du computing. La prochaine étape, ce sont les ordinateurs volants ! »
Le marché, de fait, est en plein boom, avec
une croissance annuelle de +37,1 % au cours
des cinq prochaines années, selon IDC. La
demande est tirée par les « utilities » (fournisseurs d’eau, de gaz, d’électricité…) et par la
construction. Cette année, ces deux secteurs
dépenseront respectivement 925 millions de
dollars et 808 millions de dollars pour s’équiper, selon IDC. Alors que le marché des drones de loisirs stagne dans plusieurs pays
d’Europe, les drones professionnels semblent, eux, promis à un bel avenir. « C’est un
créneau bien plus prometteur, explique
Fabien Gulluni, analyste au cabinet GfK à
Paris. En France, le marché des drones de loisirs, c’est seulement 400.000 pièces par an. Or
le chiffre n’a pas bougé depuis trois ans ! Ce
n’est pas dramatique, mais les drones professionnels ont tout de même plus de potentiel. »
liés à la maintenance d’infrastructures et
des réseaux. Dans l’énergie, les drones permettent d’inspecter une éolienne, ou les
panneaux solaires d’une ferme photovoltaïque. On les retrouve également dans les télécoms, pour le « contrôle visuel » des pylônes, les tours qui émettent le signal mobile
vers les abonnés des opérateurs.
En France, par exemple, SFR les expérimente pour contrôler les pylônes après de
fortes intempéries, ou pour obtenir une
modélisation 3D avant une intervention.
« Hors traitement des données, le coût reste à
ce stade encore assez dissuasif, explique
cependant l’opérateur. Par ailleurs, la réglementation se durcissant, certains sites resteront inaccessibles. »
Dans cette course, DJI ne manque pas
d’atouts. Fondée en 2006 à Shenzhen par
Wang Tao, un jeune homme passionné de
modélisme devenu aujourd’hui la 87e fortune de Chine selon « Forbes », l’entreprise
conçoit d’abord des systèmes de commandes et autres composants pour drones. Au
fil des ans, DJI se fait un nom. Et, très vite,
commence à maîtriser toutes les étapes de
la fabrication. Début 2013, Wang Tao réalise
ensuite son plus gros « coup », avec le Phantom 1. Comme Apple avec le premier
iPhone, DJI bouleverse un marché qu’elle
contribue fortement à faire décoller. Wang
Tao n’a alors que trente-trois ans.
Vendu 679 dollars l’unité, le Phantom 1
est à l’époque nettement moins cher que les
modèles concurrents. Surtout, il se positionne comme le modèle « ready to fly ». A
peine sorti de sa boîte, le faire voler est un jeu
d’enfant. « Chez DJI, nous avons trois mots
d’ordre : tous nos drones doivent être faciles à
piloter, accessibles en termes de prix, et facilement transportables », raconte Natasha
Gray, en charge de la communication de
DJI, en nous montrant le Spark, un minidrone pliable « plus léger qu’une canette de
soda », dixit la brochure de présentation, et
qui tient… dans la paume de la main.
Nouvelles régulations
DJI n’échappe pas à ce ralentissement. En
2017, ses ventes ont atteint 2,8 milliards de
dollars, selon le « China Daily », un chiffre
certes en hausse de 80 %, mais loin derrière
la performance enregistrée en 2014
(+300 %) et en 2015 (+100 %). Comme les
jouets, les ventes de drones grand public
sont très saisonnières : en Europe de
l’Ouest, 50 % des achats se font autour de
Noël, selon GfK. Elles ont aussi été touchées
par l’impact de nouvelles régulations. En
France, par exemple, les drones ne peuvent
pas voler à plus de 150 mètres d’altitude.
Interdiction aussi de les faire décoller la
nuit.
Du côté des drones professionnels, là
aussi la régulation se durcit. Après l’audiovisuel (cinéma, télévision….), ces appareils
déboulent malgré tout dans tous les métiers
Les
chiffres clefs
d’affaires :
•2,8Chiffre
milliards de dollars
en 2017.
• Employés : 12.000.
DJI fait froncer les sourcils
de l’Oncle Sam
Aujourd’hui encore, les drones Phantom
continuent d’être la vache à lait du groupe. Si
DJI a réussi à contrôler entre 70 et 75 % du
marché des drones de loisirs, selon Frost &
Sullivan, c’est en partie grâce au Phantom 1
et à ses successeurs – le Phantom 4 est le dernier-né de cette gamme. « DJI a commencé
par le marché des drones d e loisirs.
Aujourd’hui, la société est reine sur ce segment, résume l’analyste Michael Blades. DJI
va maintenant utiliser cette expertise sur le
marché des drones professionnels. »
DJI n’est pourtant pas seul sur ce créneau.
Très affaibli par DJI et les autres fabricants
chinois comme Xiaomi ou Yuneec, le français Parrot mise lui aussi sur les drones professionnels pour retrouver des couleurs. La
firme d’Henri Seydoux, le fondateur de cette
société de 665 employés née en 1995, est par
exemple aussi présente dans l’agriculture de
précision, avec le Disco-Pro AG. « Parrot a
davantage de drones spécialisés » estime
même Michael Blades, chez Frost & Sullivan.
Les drones professionnels représentent
d’ailleurs 36 % du chiffre d’affaires de Parrot,
selon les derniers résultats trimestriels,
contre 15-20 % chez DJI, selon les estimations
des analystes, l’entreprise chinoise refusant,
pour sa part, de donner le chiffre exact.
« Chez DJI, nous avons
trois mots d’ordre : tous
nos drones doivent être
faciles à piloter,
accessibles en termes de
prix, et facilement
transportables. »
NATASHA GRAY
Chargée de la communication de DJI
DJI va aussi devoir travailler sur un autre
front. La firme a déjà fait froncer les sourcils
aux Etats-Unis. Fin 2017, les douanes du
pays avaient accusé la société de collecter
des informations sensibles sur les infrastructures américaines en Chine, données
qu’elle transmettait ensuite au gouvernement chinois, selon Washington. Des accusations « fausses et trompeuses » selon DJI,
qui avait immédiatement riposté.
Depuis, la guerre technologique entre les
Etats-Unis et la Chine est montée d’un
cran. DJI va donc devoir montrer patte blanche. D’autant plus que le pays de l’Oncle Sam
est le premier marché mondial pour les drones, avec des dépenses qui doivent atteindre
4,3 milliards de dollars en 2018, selon le
cabinet IDC. Mais en 2022, la Chine devrait
dépasser les Etats-Unis. Et DJI pourra alors
prendre sa revanche. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 13
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
enquête
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Envoyée spéciale en Bavière
Paysage politique fragmenté
Le parti ne rassemblerait plus que 11 % des
suffrages, contre 24,2 % en 2013 dans les environs de la ville franconoise. Un score identique au niveau régional, qui relègue non seulement les sociaux-démocrates derrière les
Verts, mais les met aussi au coude-à-coude
avec le parti de l’extrême droite AfD et le mouvement bavarois des citoyens indépendants
Freie Wähler ! La lassitude des électeurs va
en effet de pair avec une fragmentation du
paysage politique : en s’invitant sans succès
avant l’été sur les terres de l’AfD, Horst Seehofer a irrité la base d’électeurs chrétiens de la
CSU et ouvert un nouveau front en son centre. Certains prêtres ont ouvertement accusé
le président de la CSU de dévoyer la Bible.
Bien que le parti bavarois ait depuis pris
ses distances vis-à-vis du ministre de l’Intérieur en attaquant frontalement l’AfD, tous
ses concurrents positionnés au centre se
sont engouffrés dans l’espace libéré par
l’Union sociale-chrétienne. Comme beaucoup d’électeurs, Michael Rückert confie
avoir recouru au site Internet Wahl-O-Mat
Odd Andersen/AFP
S
eehofer muss weg. » A la veille du
renouvellement de son Parlement
régional, la Bavière n’a jamais été
aussi divisée politiquement. Mais ses habitants partagent au moins une conviction : le
ministre de l’Intérieur allemand et président
de l’Union sociale-chrétienne (CSU), Horst
Seehofer, doit quitter ses fonctions pour que
la région puisse se concentrer sur ses propres défis. Au sein de son parti d’abord,
l’homme, qui avait pourtant réussi à redonner la majorité absolue à la CSU il y a cinq
ans, est désormais accusé de la mener à sa
perte. « J’ai toujours voté pour la CSU, mais
les attaques de Horst Seehofer contre les
migrants sont allées trop loin. Qu’il puisse
dire que l’immigration est la mère de tous les
problèmes en Allemagne est inacceptable »,
confie Michael Rückert, président de la
Croix-Rouge à Aschaffenbourg, métropole
de Basse-Franconie, au nord de la Bavière.
Près de 130 nationalités cohabitent sans difficulté depuis longtemps dans cette ville prospère et ouverte du fait de sa proximité avec
Francfort, grande pourvoyeuse d’emplois.
Avec un taux voisin de 4 %, le chômage est
quasi inexistant à Aschaffenbourg et le taux
de criminalité y a encore reculé de 5,6 % l’an
dernier, pour atteindre son point le plus bas
depuis trente ans, selon la police locale.
L’excentrique Louis II de Bavière, qui
venait s’y reposer, aimait à l’appeler la « Nice
bavaroise » pour sa douceur climatique. Un
siècle et demi plus tard, ses habitants tiennent à cette quiétude. Et, comme dans le
reste de la Bavière, où l’insécurité est globalement la plus basse d’Allemagne, ils doutent de la capacité de la CSU à la garantir :
selon un récent sondage de l’institut Infratest dimap pour la chaîne ARD, le parti
régional n’était plus crédité que de 33 %, contre 47,7 % il y a cinq ans. Du jamais-vu. Mais
un autre parti partenaire de la CSU au niveau
fédéral souffre aussi de la radicalisation du
ministre de l’Intérieur : les sociaux-démocrates du SPD, qui détiennent la plupart des
grandes villes bavaroises, de Munich au sud
à Aschaffenbourg au nord, dégringolent
dans les intentions de vote. « Les conflits politiques récurrents à Berlin font du mal aux
membres de la coalition, tant ils sont déconnectés des préoccupations des citoyens »,
regrette Natascha Kohnen, tête de liste du
SPD en Bavière. Toute la difficulté est de convaincre les électeurs du contraire à quelques
jours des élections. Les Verts, menés par la
sémillante trentenaire Katharina Schulze,
profitent à plein de leur indépendance et de
l’affaiblissement du SPD en revendiquant
une « politique pro-libérale et pro-européenne, qui résout les problèmes des gens ».
Le sondage Infratest dimap pour ARD les
place au rang de deuxième force politique en
Bavière avec 18 % des voix. A l’inverse, « notre
action sur le terrain ne marque pas les esprits,
les électeurs se détournent parce qu’ils ont
l’impression que le SPD est dirigé depuis Berlin », s’inquiète la candidate sociale-démocrate en Franconie, Martina Fehlner.
En juin, le bras de fer auquel s’étaient livré Horst Seehofer, ministre de l’Intérieur, et la chancelière, Angela Merkel, sur la politique migratoire avait failli faire exploser la coalition.
En Bavière, le pari raté
de Horst Seehofer
ÉLECTIONS ALLEMANDES // La radicalisation de la CSU lancée
par son président, Horst Seehofer, a fragilisé le parti social-chrétien bavarois,
partenaire de la CDU d’Angela Merkel. Les élections régionales du 14 octobre
annoncent la fin de l’hégémonie de la CSU en Bavière.
pour déterminer son vote le 14 octobre. Au
vu de ses réponses, il aurait le choix entre
deux partis démocratiques pour lesquels il
n’a jamais voté. Il réserve néanmoins encore
sa décision, comme la moitié des électeurs
bavarois. Face à cette indétermination,
« chaque voix compte et nous nous battons
tous les jours pour en arracher le plus possible », assure Winfried Bausback, ministre de
la Justice en Bavière. Le défi est à la hauteur
du brouhaha berlinois qui n’a cessé d’assourdir le travail de terrain des partis de la coalition ces derniers mois. Dernier en date, le
bras de fer en septembre entre la CSU et le
SPD sur l’avenir du chef du renseignement
intérieur Hans-Georg Maassen s’est achevé il
y a à peine trois semaines.
Face à l’entêtement de Horst Seehofer, qui
a refusé de le limoger, comme l’exigeait le
SPD, le fonctionnaire qui avait douté de la
véracité d’une vidéo faisant état de chasses à
l’homme contre des étrangers dans la ville de
Chemnitz en Saxe, a finalement été nommé
conseiller spécial auprès du ministre de
l’Intérieur. Mais sans augmentation de
salaire. L’honneur est sauf pour les sociauxdémocrates et pour le patron de la CSU.
Ce type de psychodrame est d’autant plus
catastrophique pour les partis traditionnels
que les élections régionales se font sur la
base d’un mode de scrutin proportionnel
favorable aux petits partis : selon les sondages, la CSU risque d’avoir à partager son pouvoir au Parlement bavarois avec six organisations politiques différentes. A Alzenau, en
banlieue d’Aschaffenbourg, les candidats de
ces dernières participaient tous, le 1er octobre
dernier, au podium électoral organisé par le
quotidien local « Main-Echo ». Bretzels,
bière et jus de pomme pétillant accueillaient
la centaine d’habitants venus écouter les
débats. Durant deux heures, physiquement
au coude-à-coude tant la scène était réduite,
les candidats ont joué la proximité avec
l’auditoire : transports publics insuffisants
entre les villes et les zones rurales, infrastructures de télécommunications défaillantes,
manque de médecins, inflation des loyers,
indépendance énergétique… Pas une seule
fois le sujet de l’immigration n’est venu sur la
table. Le candidat de l’AfD lui-même a fait du
thème des transports entre les zones urbaines et rurales dans la région sa priorité.
« L’immigration est un sujet qui relève de la
compétence de l’Etat fédéral, explique Winfried Bausback. Il influence cependant le
débat public et, par conséquent, fortement la
campagne électorale en Bavière », assure-t-il.
La lassitude est perceptible. Les habitants de
Aschaffenbourg, notamment, estiment de
fait que leur mobilisation depuis trois ans
pour accueillir quelque 20.000 migrants a
été bien mal récompensée.
« La population a beaucoup fait via les
associations de bénévoles et les services municipaux, mais qu’a fait le gouvernement pour
elle ? interroge la cheffe locale des Freie
Wähler, Tanja Rock. La Croix-Rouge n’arrive
pas à recruter suffisamment de personnel soignant pour répondre à la demande. La commune affiche un déficit de 900.000 euros pour
l’entretien de ses piscines, les centres-villes se
vident de leurs commerces de proximité et il
faut faire des kilomètres pour aller au super-
« Notre action sur
le terrain ne marque pas
les esprits, les électeurs
se détournent parce
qu’ils ont l’impression
que le SPD est dirigé
depuis Berlin. »
MARTINA FEHLNER
Candidate sociale-démocrate
en Franconie
marché, les crèches manquent… », énumèret-elle. Sans compter que si l’accueil des
migrants pour leur assurer un toit et le couvert a été géré, il faut encore réussir leur intégration sociale. Comment faire sans le soutien d’un gouvernement dont ils ont le
sentiment qu’il est aux abonnés absents ?
« Faute de professeurs et de cours en nombre suffisant, beaucoup de migrants ne savent
toujours pas parler allemand, observe Alex
Isaak, pasteur à Aschaffenbourg. Ils doivent
aussi apprendre les codes sociaux pour éviter
les incompréhensions culturelles, notam-
ment dans les interactions entre hommes et
femmes. La criminalité a baissé, mais la police
dit avoir plus souvent à gérer des incivilités
impliquant des migrants », rapporte-t-il.
La CSU défend son bilan
Ce de l’intégration nourrit la peur du lendemain et fait les choux gras de l’AfD. « Le débat
ne porte pas sur les migrants mais sur la
garantie pour les citoyens allemands que leurs
droits ne sont pas bafoués et que la loi est la
même pour tous », assure Klaus-Uwe Junker, candidat du parti d’extrême droite en
Franconie. A Munich, Joachim Herrmann,
ministre de l’Intérieur de la Bavière, s’émeut
de ce type de soupçon en regrettant que la
prospérité de la région soit devenue un
acquis pour ses habitants toujours plus exigeants. Il y voit au contraire le fruit de quarante ans de gestion sans partage de la CSU
en Bavière. « Tous les partis nous attaquent,
mais aucun n’exclut de coalition avec nous, ce
qui veut dire que nous ne sommes pas si mauvais », ironise-t-il.
Selon un récent sondage de la chaîne Sat.1,
deux tiers des électeurs bavarois se prononcent en faveur d’un gouvernement de coalition. Si le résultat des urnes dimanche prochain confirme cette aspiration, la CSU
devra composer avec au moins un parti, en
tête desquels les Verts et les Freie Wähler. Un
fonctionnement banal dans les autres Länder allemands, mais un cauchemar pour la
première force politique bavaroise. « La CSU
fera un meilleur score que prévu parce que la
Bavière est la Bavière : à la fin la tradition
l’emporte », prédit Tanja Rock. Elle veut
néanmoins croire à un binôme avec sa formation politique dont beaucoup de membres sont d’anciens de la CSU.
Une alliance avec les Verts serait de fait
plus complexe tant les positions des écologistes et de l’Union sociale-chrétienne sont
éloignées, notamment en matière de sécurité. « Nous nous battrons pour nos principes
et notre vision de la démocratie », confirme
Katharina Schulze. Les Verts ont ainsi
déposé en septembre avec le Parti de la gauche (Die Linke) et les libéraux (FDP) un
recours constitutionnel devant la cour de
Karlsruhe contre la loi bavaroise sur la
police adoptée en mai par la CSU pour étendre les pouvoirs des forces de l’ordre en cas
de « danger imminent ». Dans une telle configuration, la tentation pour le premier
parti bavarois sera grande de faire porter la
responsabilité de ce casse-tête à Horst Seehofer. « Il pourrait cependant gagner du
temps », prévient le professeur Ursula
Münch, directrice de l’Académie pour la
formation à la politique à Tützing, au sud de
Münich.
Le système politique bavarois ne donne
en effet que quatre semaines à un gouvernement pour se former. Au-delà, de nouvelles
élections doivent être provoquées. Selon la
complexité des négociations, « le cas de
Horst Seehofer pourrait donc passer au
second plan », prévient Ursula Münch. A
soixante-neuf ans, le chef de la CSU a déjà
survécu à plus d’une crise. Il a, d’ailleurs,
rappelé dimanche dans la presse qu’il
était « élu du congrès de [s]on parti jusqu’à
l’automne de l’année prochaine ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 //
Jeudi 11 octobre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
À L’ÉTRANGER
SOUFFRANCES ANIMALES
PAMELA ANDERSON ET YANNICK
JADOT ENFERMÉS EN CAGE
ARABIE SAOUDITE
LA PRESSION AUGMENTE
DANS L’AFFAIRE KHASHOGGI
La star de Hollywood Pamela Anderson et le dirigeant écologiste Yannick
Jadot, entre autres, se sont laissé enfermer tour à tour mercredi dans une
cage à Paris pour dénoncer les maltraitances infligées aux animaux d’élevage et soutenir une pétition européenne dévoilée par l’association
CIWF. Cette pétition est soutenue par
plus de 130 ONG telles que la Fondation Brigitte Bardot, la SPA ou Peta.
Le quotidien pro-gouvernemental
turc « Sabah » a publié mercredi les
noms de quinze Saoudiens présentés
comme des officiers du renseignement et un médecin légiste impliqués
dans la disparition du journaliste
saoudien Jamal Khashoggi dans le
c o n s u l a t d ’A r a b i e s a o u d i t e à
Istanbul, le 2 octobre. Ankara,
comme Washington, soupçonne qu’il
y a été tué sur ordre de Riyad.
RÉSERVE DE L’ARMÉE MARION
MARÉCHAL PERD EN JUSTICE
VENEZUELA DÉFENESTRATION
SUSPECTE D’UN OPPOSANT
AFP
EN FRANCE
Le tribunal administratif de Lyon a
rejeté mercredi la requête déposée
par Marion Maréchal contre le refus
de l’armée, en 2017, de l’enrôler dans
la réserve opérationnelle au motif
qu’elle était à l’époque députée du
Vaucluse, fonction incompatible. Elle
avait annoncé postuler après l’assassinat terroriste du père Jacques
Hamel et avait reçu, début 2017, une
fin de non-recevoir de l’armée.
LA PHOTO DU JOUR
L’ouragan Michael menace la Floride
Les Etats-Unis ont condamné mercredi
l’« implication » du régime de Maduro
dans la mort de l’opposant vénézuélien
emprisonné Fernando Alban, un suicide
selon les autorités de Caracas, mais un
assassinat pour l’opposition. Fernando
Alban, 52 ans, était emprisonné depuis
vendredi dans l’affaire de l’attaque présumée aux drones explosifs contre le
président Nicolàs Maduro. Il s’est défenestré lundi du 10e étage de sa prison,
selon le pouvoir. De l’ONU à l’Union
européenne, les demandes d’enquête
indépendante se sont multipliées.
POLOGNE NOMINATIONS
CONTROVERSÉES DE JUGES
L’ouragan Michael a commencé à atteindre la Floride, mercredi, avec des conséquences « potentiellement catastrophiques »,
selon le gouverneur de l’Etat. Cet ouragan classé en catégorie 4 (sur 5) est accompagné de vents à 240 km/h, avec des bourrasques parfois plus fortes. Il devrait provoquer de dangereuses inondations, notamment côtières, déverser de très fortes
précipitations, et pourrait encore se renforcer avant de toucher terre.
Photo : Ho/Noaa/Rammb/AFP
Les jours des cabines de bronzage sontils comptés ? Dans un avis rendu mercredi, l’Agence nationale de sécurité
sanitaire (Anses) a demandé « aux pouvoirs publics de prendre toute mesure de
nature à faire cesser l’exposition de la
population aux UV artificiels » devant le
risque de cancer « avéré ». L’Anses
« recommande l’arrêt de l’activité liée au
bronzage artificiel, et aussi l’arrêt de la
vente d’appareils délivrant des UV à visée
esthétique notamment aux particuliers ».
CINÉMA DÉCÈS DE RAYMOND
DANON, PROLIFIQUE PRODUCTEUR
Le producteur de cinéma Raymond
Danon, associé à de nombreux
grands succès du septième art depuis
les années 1960, est décédé mercredi
à l’âge de 87 ans, à Paris, a annoncé
l’acteur Alain Delon avec qui il a longtemps travaillé. Raymond Danon, qui
a présidé les mythiques studios de
Boulogne, a également dirigé UniFrance, l’organisme de promotion
des films français à l’étranger.
JUSTICE REJET DU RECOURS
DE LA PLAIGNANTE ACCUSANT
DARMANIN DE VIOL
La justice a rejeté le recours en appel
de la femme qui accuse Gérald Darmanin de viol et qui réclamait de
relancer l’enquête après le classement sans suite d’une première
plainte, a-t-on appris mercredi de
source judiciaire. La cour d’appel de
Paris, saisie par cette femme, Sophie
Patterson-Spatz, a rejeté cet appel au
motif qu’il a été déposé trop tard.
DR
SANTÉ LES CABINES
DE BRONZAGE MISES À L’INDEX
Le président polonais, Andrzej Duda, a
nommé mercredi vingt-sept nouveaux
juges de la Cour suprême, faisant un
pas de plus dans la réforme controversée de cette institution, à l’origine de
tensions avec Bruxelles. L’exécutif
européen estime que cette réforme
« porte atteinte au principe de l’indépendance de la justice, y compris de l’inamovibilité des juges », permettant
d’envoyer à la retraite un tiers des juges
de la Cour, âgés de plus de 65 ans.
UKRAINE QUERELLE ENTRE
INSTANCES ORTHODOXES
La possible reconnaissance d’une
Eglise ukrainienne indépendante de
Moscou est au menu d’un synode du
patriarcat de Constantinople, instance
clef des églises orthodoxes, qui s’est
ouvert mercredi à Istanbul. Une décision susceptible de provoquer des troubles, a averti la Russie.
CHINE RAPPORT CRITIQUE
DU CONGRÈS DES ÉTATS-UNIS
Les autorités chinoises mènent une
répression « sans précédent » contre la
minorité musulmane ouïghoure, dont
jusqu’à un million de ressortissants
seraient emprisonnés, ce qui pourrait
constituer un « crime contre l’humanité », affirme un rapport bipartisan
du Congrès américain. Ce rapport
estime que les droits de l’homme
s’y sont nettement détériorés depuis
que Xi Jinping a pris la tête du Parti
communiste en 2012.
ON EN PARLE À WASHINGTON
Un effet Taylor Swift sur les élections
La chanteuse s’est engagée contre Donald Trump et a appelé les jeunes
à s’inscrire sur les listes électorales. Et ça marche…
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
plus proche des 40 %. Les
démocrates sont en première
ligne dans ce combat : la participation est beaucoup plus
faible chez les minorités et les
jeunes, des populations qui
leur sont favorables.
L
e temps presse pour les
retardataires, aux
Etats-Unis. Selon les
Etats, les Américains qui ne
sont pas inscrits sur les listes
électorales ont encore quelques heures, voire quelques
jours, pour le faire. Après, ils
ne pourront pas voter lors des
élections de début novembre,
décisives pour la suite du
mandat de Donald Trump.
Or l’abstention est l’une des
clefs du prochain scrutin. En
2016, pour la présidentielle,
60 % des citoyens américains
avaient voté. Mais, traditionnellement, lors des élections
parlementaires, le taux est
112 millions de fans
Ils pourraient avoir trouvé une
alliée de taille. La chanteuse Taylor Swift a, pour la première fois,
fait part de ses opinions politiques. Dimanche, sur Instagram,
elle a pris position pour les candidats démocrates de son Etat, le
Tennessee, tout en appelant les
jeunes à s’inscrire sur les listes
électorales. « Par le passé, j’ai
hésité à partager publiquement
mes opinions politiques, mais au
vu des événements qui sont arrivés dans ma vie et dans le monde
ces deux dernières années, je vois
les choses différemment », a-t-elle
expliqué à ses... 112 millions de
fans sur le réseau social (le double des followers de Donald
Trump sur Twitter !). Elle
affirme ainsi vouloir s’opposer
au racisme latent et à toutes les
formes de discrimination.
L’appel a été visiblement
entendu. Le trafic du site
Vote.org, une ONG qui milite
pour l’action citoyenne et permet de s’enregistrer sur les listes électorales, a explosé après
ses déclarations. Quelque
155.940 visiteurs se sont précipités sur le site, contre 14.078 en
moyenne en temps normal. Le
trafic a explosé dans le Tennessee... Et ces visites se sont
transformées en inscriptions
sur les listes électorales. Dans
les heures qui ont suivi, le
Te n n e s s e e a e n r e g i s t r é
2.144 nouveaux inscrits, soit
presque autant que sur le mois
de septembre.
Au total, selon Vote.org, dans
les deux jours qui ont suivi la
sortie de Taylor Swift, ce sont
102.000 Américains qui se
seraient enregistrés pour pouvoir voter. Et 70 % d’entre eux
auraient moins de vingt-cinq
ans. Un phénomène massif,
même s’il n’est pas rare de voir
les inscriptions bondir lors des
derniers jours. De quoi changer
la donne en novembre ? Les
d é m o c r a t e s l ’e s p è r e n t …
Donald Trump moins, lui qui a
indiqué, en guise de réponse,
qu’il aimait « un peu moins, de
25 % disons, la musique de Taylor Swift », désormais… n
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Jeudi 11 octobre 2018
www.lesechos.fr
Le fonds
Montagu a fixé
à ce jeudi la
remise des
offres de rachat
pour la société
iséroise. // P. 26
DEVISES EUR/GBP 0,8741 EUR/JPY 1,3005 EUR/CHF 1,1433 GBP/USD 1,3206 USD/JPY 1,127 USD/CHF 0,9907 TAUX EONIA -0,365 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,318 OAT 10 ANS 0,8269 T-BONDS 10 ANS 3,2549
INDUSTRIE & SERVICES
AUTOMOBILE
DERNIÈRE HEURE
Pollution auto : le compromis
européen ne satisfait personne.
Nouveau coup de balai
à la tête du groupe Auchan
// P. 16 ET L’ÉDITORIAL
DE DAVID BARROUX P. 9
MARITIME
Les ports et compagnies opérant
sur la Manche alertent sur les
risques d’un « no deal Brexit ».
// P. 18
AUTOMOBILE
Renault
Dominique Chapuis
dchapuis@lesechos.fr
Voiture autonome : vers des tests
sans chauffeur en France.
// P. 19
DÉFENSE
Le projet Fincantieri-Naval Group
se complique. // P. 20
SEARS
La lente agonie de l’ancienne icône
américaine. // P. 21
HIGH-TECH & MÉDIAS
TÉLÉVISION
Premier League : le test des ambitions de Canal et d’Altice. // P. 22
Au premier semestre, le résultat net d’Auchan a plongé dans le rouge, à –151 millions d’euros. Photo Pascal Sittler/RÉA
LAGARDÈRE
Edgard Bonte, le patron
de Kiabi, remplace Régis
Degelcke en place depuis
dix-huit mois seulement.
L’Association familiale
Mulliez estime devoir
accélérer la transformation
du distributeur alimentaire.
Le groupe a déposé une plainte
pour délit d’initié. // P. 23
START-UP
CYBELANGEL
La start-up accélère son
implantation américaine. // P. 24
PME & RÉGIONS
COMMERCE
Petites annonces en ligne : peut-on
exister face à Leboncoin ? // P. 25
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
FINANCE & MARCHÉS
INTERVIEW
C’est un nouveau signe de la tension qui
règne dans le secteur de la distribution. Un
coup de balai a été donné à la tête d’Auchan.
Régis Degelcke est remplacé à la présidence
d’Auchan Retail par Edgard Bonte. La fonction de directeur général qu’occupait Wilhelm Hubner va être supprimée. Le nouveau venu sera président exécutif. Un
secrétaire général l’assistera : Pierre Buchsenschutz. Des directeurs généraux
adjoints pourraient être nommés plus tard.
Edgard Bonte présidera également le directoire de la structure de tête Auchan Holding.
Edgard Bonte est président de Kiabi
depuis huit ans. Il le restera malgré ses nouvelles fonctions. Pierre Buschenschutz, lui
aussi du cercle familial, travaillait avec lui
au sein de la chaîne de vêtements qui enre-
Jean-Laurent Bonnafé, directeur
général de BNP Paribas. // P. 27
CHANGES
Washington veut que Pékin
s’engage dans une politique
de change équitable. // P. 28
Philippe Huguen/AFP
INVESTISSEMENTS
Le fonds souverain russe veut
renforcer ses liens avec la France.
// P. 29
ASSURANCE
Après le Mediator, les assureurs
face au risque Dépakine.
// P. 30
CARNET // P. 33
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Après
l’aspirateur,
Dyson veut
révolutionner
le sèche-cheveux
gistre de bonnes performances malgré la
chute du marché.
Le mouvement est une décision de l’Association familiale Mulliez, qui dévoile son
rôle dans le communiqué publié mercredi.
L’AFM regroupe 1.200 héritiers de la famille,
dont 700 sont actionnaires de la « galaxie »
qui comprend, outre Auchan et Kiabi, Adeo
(Leroy Merlin), Boulanger, Saint-Maclou,
Norauto et Decathlon. L’organisation chérit
la discrétion. Il se dit qu’elle compte dans ses
rangs plus d’une dizaine de milliardaires.
Tous les quatre à cinq ans, les membres élisent un conseil de gérance. Edgard Bonte y a
appartenu de 2010 à 2014. Il est âgé de quarante-cinq ans et est le gendre de Patrick
Mulliez, fondateur de Kiabi et frère cadet de
Gérard Mulliez, le plus connu d’entre eux,
fondateur d’Auchan. L’AFM est présidée
depuis 2014 par le jeune (quarante-quatre
ans) Barthélémy Guislain, lui aussi pièce
rapportée.
Urgence sur le réseau d’hypers
et de supermarchés
Le changement au sommet d’Auchan
Retail marque l’urgence de la situation du
réseau d’hypers et de supermarchés. Le
sortant, R égis Degelcke, n’était en
place que depuis dix-huit mois. Il a remplacé Vianney Mulliez, un brillant HEC,
qui n’était autre que le petit-cousin et, surtout, successeur du patriarche Gérard.
Régis Degelcke venait d’Adeo, la maison
mère de Leroy Merlin, un format qui réussit et qui est devenu, avec Decathlon, un
modèle pour les dirigeants de l’AFM. Malgré ce passé réussi, il n’aura manifestement pas mené assez vite la transformation d’Auchan.
Le groupe réussit en Chine où il est désormais associé à Alibaba. Il a perdu de sa
superbe en Russie dans une économie que les
sanctions occidentales ont fragilisée. En
France, le distributeur paie le fait d’être
un champion des grands hypermarchés.
Régis Degelcke et Wilhelm Hubner, arrivé un
peu avant depuis la Russie, ont relancé la
branche supermarchés. Tous les points de
vente sont passés sous la bannière Auchan,
autrefois réservée aux seuls hypers. Avant
Carrefour, l’offre a été placée sous le signe « du
bon, du sain et du local ». Mais les formats de
proximité restent peu nombreux, alors que
les consommateurs des zones urbaines les
plébiscitent, en France comme en Russie.
Au premier semestre, le résultat net
d’Auchan a plongé dans le rouge, à –151 millions d’euros, malgré la contribution positive (76 millions) de Sun Art, la filiale chinoise. Les ventes des hypers français se sont
stabilisées, mais au prix d’un coûteux effort
sur les prix et la promotion. La direction
avait promis cet été un redressement au
second semestre. Son éviction jette un
doute sur la réalisation de cette promesse. n
E-sport : un fonds pour soutenir les start-up
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Alors que l’e-sport est en pleine expansion,
un fonds dédié aux entreprises innovantes
de ce secteur est en train de voir le jour.
Fimalac (qui possède notamment Webedia) s’associe ainsi avec Matthieu Dallon, un
spécialiste des compétitions de jeux vidéo,
créateur notamment d’événements comme
l’ESWC (Electronic Sports World Cup,
repris par Webedia), pour monter ce fonds
doté de 20 millions d’euros.
Fimalac, le groupe de Marc Ladreit de
Lacharrière, apporte les 10 premiers millions,
le reste de la mise devrait être amené d’ici minovembre par des financiers et des industriels dans les secteurs des jeux et du sport.
« Certes l’e-sport ne sera pas une discipline
olympique en 2024, mais il gagne de plus en
plus en notoriété », se félicite Matthieu Dallon.
Baptisé « Trust Esport » et géré par la
société de gestion Apicap, ce fonds a pour
vocation d’accompagner 10 à 12 entreprises
innovantes, grâce à des prises de participation allant entre 500.000 euros et 3 millions.
Matthieu Dallon aura aussi une mission de
conseil dans les pépites sélectionnées.
200 dossiers par an
Le fonds s’est fixé comme objectif de voir
200 dossiers par an, en France mais aussi
dans toute l’Europe. « Nous allons financer
des entreprises qui développent des technologies ou des applications complémentaires
autour des jeux, destinées à rendre plus accessibles l’e-sport ou encore élargir la monétisation de ses audiences, par exemple via du coaching, etc. », explique-t-il.
Ce sera un fonds d’amorçage, les entreprises choisies n’auront, pour la plupart, aucun
chiffre d’affaires. Par exemple, les premiers
investissements prévus devraient se faire
dans des sociétés qui développent des tech-
nologies liées aux serveurs de jeux et à l’enrichissement d’images et de data dans les jeux.
Ce fonds d’une durée de vie de huit ans
« va nous permettre d’être précurseur sur la
verticale e-sport », se félicite-t-il, alors que de
« plus en plus de fonds traditionnels investissent sur ce secteur ». Des structures à peu
près comparables existent à l’étranger,
comme Bitkraft en Allemagne. Si Trust
Esport fonctionne, ses promoteurs ont déjà
un projet d’un deuxième fonds dans trois à
cinq ans.
L’e-sport affiche un chiffre d’affaires
estimé de plus de 1 milliard d’euros en 2018,
et de 20 milliards dans sept ans dans le
monde, selon Berenberg. De plus en plus
d’acteurs traditionnels s’y intéressent,
notamment les chaînes de télévision. Webedia et la Française des Jeux
avaient annoncé, en 2017, un partenariat
dans cet univers, avec le lancement d’une
diversification de la FDJ. n
Dyson fait un pas de plus dans le monde
de la beauté. Le britannique, inventeur
de l’aspirateur sans sac, lance le Dyson
Airwrap, un appareil qui permet de
faire différentes coiffures. Il sera dévoilé
jeudi soir à Paris, après New York et
avant Berlin et Tokyo. Boucler, onduler,
lisser, cette nouveauté bourrée de technologies permet de changer de look, en
un tour de main. Un segment qui se
développe depuis deux ans en France.
Il s’agit du second lancement du
groupe dans les soins personnels, après
un sèche-cheveux en 2016. « La preuve,
indique la société, que nous sommes bien
décidés à y rester. » Comme à chaque fois,
Dyson a misé sur l’innovation pour
bousculer ce marché, lié à la mode. En
France, il a décollé en 2016, avec Curl
Secret de Babyliss, un fer à boucler automatique ionique. Cette nouveauté a
boosté le rayon en 2016 (+10 %), mais les
ventes sont retombées l’an dernier, à
87 millions d’euros (GfK). « Mais il s’est
élargi, avec notamment des brosses soufflantes, coiffantes, des boucleurs… explique un spécialiste. Une gamme qui offre
des résultats proches des professionnels. »
Un appareil tout en un
Une tendance sur laquelle l’industriel
compte bien surfer, grâce au Dyson
Airwrap, un appareil tout en un qui
sèche aussi les cheveux. Son intérêt :
éviter des températures élevées qui abîment les fibres capillaires, grâce à un
système d’air propulsé. Une technologie mise au point par ses ingénieurs. Ce
nouvel appareil permet ainsi de se coiffer en utilisant uniquement l’air et peu
de chaleur. « Il mesure la température
jusqu’à 40 fois par seconde et transmet
ces données à un microprocesseur. »
Après six ans de tests,
l’appareil truffé
de technologies
sera en vente
à un prix compris
entre 450 et 499 euros.
Ce qui permet d’avoir un résultat plus
naturel. « Depuis plus de vingt-cinq ans,
nous manipulons le flux d’air. Grâce à la
puissance du moteur numérique Dyson,
nous avons conçu un outil qui permet de se
coiffer tout en évitant les dommages pouvant être causés par une chaleur extrême »,
indique James Dyson, son fondateur.
Après six ans de tests, l’appareil sera en
vente dès cette semaine chez Darty, Boulanger, à la FNAC et au Printemps, à un
prix compris entre 450 et 499 euros. Un
véritable investissement. « Cela ne parlera pas à tout le monde. Mais cela peut toucher une cible de femmes qui aiment prendre soin de leurs cheveux, et iront moins
chez le coiffeur », note un observateur.
Le groupe avait déjà fait le pari du
haut de gamme avec son sèche-cheveux
à 400 euros, alors qu’on peut en trouver
en grande distribution dès 20 euros. Un
prix élevé justifié par une technologie de
pointe, avec un appareil moins bruyant,
et là aussi moins chauffant. Dans l’Hexagone, ce lancement a permis de redynamiser l’offre vers le haut de gamme, les
concurrents innovant à leur tour. Résultat, en 2017, les ventes de sèche-cheveux
ont progressé de 12,8 %, à 56 millions
d’euros, pour 1,9 million appareils. n
Shutterstock
Le fabricant d’inhalateurs
Nemera en vente
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
16 //
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
Monoprix va déployer sa boutique sur
Amazon Prime dans tout Paris en 2019
E-COMMERCE « A ce jour, nous avons fait deux à trois fois ce que
nous avions prévu en nombre de commandes », a déclaré le président de Monoprix, Régis Schultz, à Reuters à propos de sa boutique sur Amazon Prime, lancée le 12 septembre dans une dizaine
d’arrondissements parisiens. L’activité représente celle d’ « un
bon magasin Monoprix en alimentaire, soit de 10 à 20 millions
d’euros ». Le distributeur espère déployer ce service dans
l’ensemble de la capitale et sa petite couronne dès l’an prochain.
fabrication des glaces Nestlé à Beauvais (Oise), a annoncé mercredi la fin de ses activités début 2019 sur ce site en raison d’une
réorganisation qui entraînera la suppression nette de 219 postes.
Quelque 317 postes seront supprimés sur le site de Beauvais et 98
créés sur celui de Plouédern (Finistère), soit une suppression nette
de 219 postes, qui devrait être effective à partir du 1er trimestre
2019, selon la direction. Nestlé est actionnaire de Froneri à 49 %.
Julien Dupont-Calbo
@jdupontcalbo
et Derek Perrotte
@DerekPerrotte
— Bureau de Bruxelle
La fumée n’est pas encore tout à fait
blanche. Réunis mardi à Luxembourg, les ministres de l’Environnement européens ont veillé jusqu’à
minuit pour s’entendre sur les
objectifs CO2 du secteur automobile. Au forceps, un compromis a
été trouvé pour une baisse de 35 %
des émissions de CO2 des voitures
neuves d’ici à 2030 par rapport aux
niveaux de 2020, avec un seuil intermédiaire de –15 % en 2025. C’est plus
que la position de la Commission,
qui poussait pour une baisse de
20 %, mais c’est moins que les 40 %
de réduction plébiscités par le Parlement européen.
Alors que le rapport alarmiste du
GIEC sur le réchauffement climatique a régulièrement enflammé les
discussions, une majorité d’Etats
membres (dont la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Italie) souhaitait le matin une réduction de
Cliniques : le conseil de Capio soutient
l’offre de Ramsay Générale de Santé
SANTÉ Le conseil d’administration de Capio n’aura pas tardé à
apporter sa réponse. Deux jours après l’annonce par Ramsay
Générale de Santé (RGDS), le numéro un français de l’hospitalisation privée, du relèvement de son offre sur le numéro un suédois, il a décidé à l’unanimité de recommander aux actionnaires
de Capio d’accepter l’offre à 58 couronnes suédoises l’action. En
juillet, il avait rejeté une première offre à 48,50 couronnes.
Plus d’informations sur lesechos.fr/Industrie-services
Thomas Samson/AFP
ÉNERGIE Le gouvernement envi-
ÉNERGIE La commission des
Finances de l’Assemblée nationale a adopté, mercredi, un
amendement au projet de loi
Finances (PLF) 2019, excluant
l’huile de palme de la liste des biocarburants ouvrant droit à un
taux réduit de la taxe générale sur
les activités polluantes (TGAP).
Ce texte doit encore être confirmé
lors de l’examen du PLF en séance
publique et validé par le gouvernement. Le texte entend lutter
ainsi contre la déforestation liée à
la production d’huile de palme.
SUR
DANS « C’EST MON ARGENT »
À 5H53 ET 11H23 LE VENDREDI
40 %. La Suède, les Pays-Bas ou
l’Irlande visaient même les 50 %.
Mais ce bloc s’est heurté tout au
long de la journée à l’Allemagne,
épaulée par la Slovaquie et la République tchèque (deux pays où
l’industrie automobile a pris ses
aises), des pays qui plaidaient pour
–30 %. De son côté, l’Acea, le lobby
européen du secteur, défendait
–20 %. Consolation pour les Etats
les plus ambitieux, le texte inclut
une clause de revoyure en 2023,
ainsi qu’un quota de 35 % de voitures électriques ou plug-in hybrides
à horizon 2030. Reste toutefois à en
connaître le détail – que se passerat-il si un constructeur n’atteint
pas ce seuil ?
Réactions contrastées
En bout de ligne, l’accord négocié
par la présidence autrichienne du
Conseil européen a obtenu les voix
de 20 pays sur 28, dont l’Allemagne
et la France, qui a donc changé
d’avis devant la fermeté de son voisin allemand, malgré les déclarations préalables du nouveau ministre François de Rugy. Le texte final
doit désormais être validé en « trilogue » par les trois institutions européennes. Leur premier rendez-vous
est prévu pour les prochaines
semaines.
En attendant le verdict définitif,
les ONG environnementales ont
déploré le manque d’ambition de
ces objectifs. « La Commission et
certains Etats ont placé les intérêts
des constructeurs au premier plan »,
fustige l’association Transport et
Environnement. « Le décalage par
rapport aux mesures préconisées la
veille par le GIEC est flagrant »,
abonde l’écologiste Karima Delli,
présidente de la Commission des
transports du Parlement européen.
A l’inverse, l’industrie s’inquiète
de la vitesse de la transformation
demandée. « Si les niveaux du compromis sont moins agressifs que ceux
proposés par le Parlement, ils risquent toujours d’avoir des conséquences négatives sur la compétitivité du secteur, sur nos salariés et sur
les consommateurs », affirme l’Acea,
pour qui les quotas électriques sont
par ailleurs contraires au principe
de neutralité technologique.
« On plaidait pour –30 %, ce qui est
déjà très ambitieux au niveau technologique, explique aux “Echos” Rolf
Bulander, le patron de la division
automobile du géant industriel allemand Bosch. 35 %, on ne sait pas
encore comment on le fera. Mais il
nous reste dix ans devant nous. Ce
sera très exigeant », juge-t-il.
De fait, les constructeurs devront
passer un premier jalon dans sept
ans, alors même qu’ils peinent déjà
à franchir la barre exigée pour 2020
(95 grammes de CO2 émis par kilomètre et par voiture) et que leurs
plans pour 2025 sont déjà établis.
Selon nos informations, un comité
L’industrie automobile
s’inquiète de la vitesse
de la transformation
demandée.
CO2 a été monté en urgence chez
PSA, pour voir s’il convient d’ajuster
le programme prévu. « Même s’il
s’agit d’une moyenne de toutes les
ventes, à –35 %, on arrive dans une
zone où cela devient très compliqué
pour les moteurs essence ou Diesel »,
relève Romain Gillet, chez IHS. Qui
ajoute qu’il faudra par ailleurs parvenir à convaincre les clients à acheter les modèles électrifiés proposés.
(
Lire l’éditorial
de David Barroux page 9
La coalition allemande sous pression
Les sociaux-démocrates du
SPD dénoncent l’attentisme
du ministre CSU des Transports, Andreas Scheuer.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
Shutterstock
Biocarburants :
un avantage
fiscal réduit
Pollution auto : le compromis
européen ne satisfait personne
AUTOMOBILE
AGROALIMENTAIRE La coentreprise Froneri, qui gère l’usine de
sage tous les scénarios pour la
structure d’EDF, y compris le
maintien en l’état, a affirmé mercredi le ministre de la Transition
écologique, François de Rugy.
« Nous allons faire en quelque
sorte un comparatif des avantages
et des inconvénients des différentes
solutions, y compris le statu quo »,
a-t-il indiqué. Le résultat pourrait
être annoncé avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie
(PPE) prévue fin octobre ou ultérieurement, a-t-il précisé.
En attendant le verdict définitif, les ONG environnementales ont déploré le manque d’ambition des objectifs fixés par le nouvel accord.
l Au terme d’âpres discussions, les Etats membres de l’UE se sont entendus
sur l’objectif de baisse des émissions de CO2 des voitures : –35 % d’ici à 2030.
l Le texte final doit désormais être validé par les trois institutions européennes.
L’usine de glaces Nestlé de Beauvais
va cesser ses activités
Structure
d’EDF : Rugy
n’exclut pas
le statu quo
Paul Langrock/Zenit-LAIF-RÉA
Planet Pix/Zuma/RÉA
à suivre
Un sujet de discorde chasse l’autre et
éprouve un peu plus le gouvernement d’Angela Merkel. L’objectif de
réduction de 35 % d’ici à 2030 des
émissions de CO2 des voitures neuves, fixé dans la nuit de mardi à mercredi par les ministres européens de
l’Environnement, a en effet relancé
les tensions au sein de la coalition
allemande.
Alors que Berlin défendait initialement l’objectif moins ambitieux de
30 %, la ministre de l’Environnement sociale-démocrate, Svenja
S chulze, s’est désolidarisée.
« J’aurais aimé qu’on puisse faire
plus », a-t-elle souligné, rappelant
qu’elle militait pour des valeurs limites d’émissions polluantes plus strictes. C’est la pression de l’union chrétien ne démo crate CDU-CSU,
inquiète pour l’avenir de l’industrie
automobile du pays, qui l’aurait obligée à accepter un compromis sur un
objectif de réduction de 30 %. En
guise de confirmation, la fédération
allemande du secteur (VDA), qui
emploie 800.000 personnes, a qualifié l’accord d’ « irréaliste » et de « dangereux pour l’emploi ».
Mais la solidarité gouvernementale est d’autant moins tenable sur
cette question aux yeux du SPD que
l’exécutif avait essuyé quelques heures plus tôt un premier revers potentiellement coûteux pour lui en popularité. Le tribunal administratif de
Berlin a en effet imposé mardi
des restrictions de circulation dans
certaines artères de la capitale pour
les véhicules équipés de moteurs
Diesel. Quelque 200.000 voitures
pourraient ainsi être touchées par
ces restrictions d’ici à l’été prochain.
« Politique obstructionniste »
La coalition s’est certes accordée la
semaine dernière sur un ensemble
de mesures destinées à permettre
aux automobilistes de continuer de
rouler malgré tout. Il est notamment
prévu d’équiper les moteurs de filtres réducteurs de pollution. Mais
les constructeurs ont immédiatement exprimé leur refus de financer
ces matériels, privilégiant des primes d’aide au rachat de nouveaux
véhicules. Une option plus coûteuse
pour les consommateurs. « Ce n’est
pas acceptable, les citoyens qui ont
acheté un véhicule doivent pouvoir
l’utiliser, c’est maintenant aux constructeurs de faire ce qu’il faut pour
cela », a déclaré mercredi Carsten
Schneider, secrétaire général du
groupe des sociaux-démocrates au
Bundestag. Il a accusé Andreas
Scheuer, ministre des Transports et
membre de la CSU, d’une « politique
obstructionniste » sur cette question.
Pour Ferdinand Dudenhöffer,
directeur de l’institut allemand Center for Automotive Research, Berlin
pourrait facilement faire l’économie
de ces tensions. « L’industrie allemande se nourrit d’innovations et les
constructeurs ont déjà démontré leur
capacité à s’adapter aux réglementations. Ces nouvelles contraintes sont
tout à fait supportables pour eux »,
assure-t-il. n
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groupe EDF développe partout sur le territoire des
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Plus d’infos sur edf.fr/plan-mobilite-electrique
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8,8 % d’énergies renouvelables, 2,2 % de gaz, 1,4 % de charbon et 1,2 % de fioul. Il est à 95,3 % sans émission de CO2
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performance financière et extra-financière 2017.
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18 // INDUSTRIE & SERVICES
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
Les ports et compagnies opérant sur la Manche
alertent sur les risques d’un « no deal Brexit »
l Sans un accord entre l’Europe et le Royaume-Uni,
le Brexit posera un vrai casse-tête aux acteurs maritimes.
l Ils pointent notamment « une menace majeure »
pour la fluidité de la circulation des marchandises.
MARITIME
Antoine Boudet
@Aboudet
Ce n’est pas encore panique à bord,
mais on n’en est pas loin. Dans
l’attente de l’éventuelle tempête que
provoquerait un « no deal Brexit »,
les ports et les compagnies maritimes opérant sur la Manche sont
plutôt dans le brouillard. Pour leurs
dirigeants et les collectivités territoriales en première ligne, à savoir les
Hauts-de-France et la Normandie, le
problème est le suivant : quand faudra-t-il appuyer sur le bouton pour
mettre en œuvre les mesures nécessaires dans l’hypothèse où le point
de non-retour serait atteint d’un
Brexit sans accord fin mars 2019 ?
« Du jour au lendemain, le Royaume-Uni deviendrait un pays tiers et il
faudrait activer dans les ports toute
une série de dispositifs qui n’existent
plus aujourd’hui », a souligné le président de la région Normandie,
Hervé Morin, lors d’un point presse
mercredi à Paris. En clair, il s’agirait
de la réalisation de locaux dédiés
aux contrôles vétérinaires et phytosanitaires, qui s’imposeront systématiquement pour les animaux
vivants, les produits alimentaires et
phytosanitaires, et de la mise en
place d’installations permettant la
perception éventuelle des droits de
douane, de même que la perception
de la TVA.
Une « menace majeure » pour la
fluidité de la circulation des marchandises, lancent en chœur les
parties concernées. Ainsi, un test
mené dans le port de Douvres, côté
britannique, a montré que deux
minutes de formalités douanières
par véhicule génèrent une queue de
quelque 25 kilomètres… D’où la
question qu’il faut envisager de la
création d’aires de stockage pour les
camions et leurs remorques.
De fait, soulignent les signataires
d’une tribune commune, « il n’est
« Du jour au
lendemain, le
Royaume-Uni
deviendrait un pays
tiers et il faudrait
activer toute une
série de dispositifs
qui n’existent plus
aujourd’hui. »
HERVÉ MORIN
Président
de la région Normandie
pas imaginable que les navires, dont
les temps d’escale dans les ports ne
dépassent pas aujourd’hui une heure
trente, attendent que 100 ou 150 poids
lourds aient accompli leurs formalités à la queue leu leu ». Au risque,
sinon, de remettre en cause le
modèle économique des compagnies maritimes opérant dans les
ports français de la Manche. Problème, beaucoup parmi ceux-ci ne
disposent pas de réserve foncière
dans leur périmètre portuaire et
devront gagner de l’espace en
dehors.
Corridor européen
A ces questions sur les contrôles, la
logistique et le foncier, s’ajoutent
celle sur la traçabilité de l’ensemble
des produits transportés depuis les
ports britanniques vers les ports
français. Le Cargo Community System des premiers, c’est-à-dire la plate-forme informatique d’échange
d’informations liées aux flux physiques, sera-t-il en mesure de dialoguer avec celui des ports français ?
« Nous irons voir les autorités portuaires britanniques pour s’assurer
d’avoir des documents qui puissent
être traités côté français », a insisté
Hervé Morin.
Quant au sujet crucial du corridor
européen « Mer du Nord - Méditerranée », duquel ont été rayés de la
carte les ports français pour débar-
La compagnie Brittany Ferries travaille à un éventuel report de son trafic marchandises
depuis l’Irlande vers le port de Cherbourg. Photo Shutterstock
quer le fret venu d’Irlande, Xavier
Bertrand, président de la région
Hauts-de-France, et Hervé Morin
sont montés au créneau auprès de la
ministre des Transports, Elisabeth
Borne, afin que les intérêts de la
France soient pris en compte. Sans
attendre, Brittany Ferries étudie le
report d’une partie de son trafic sur
le port de Cherbourg, plus proche
des ports irlandais. n
Péril autour du tunnel sous la Manche
Plus de 1,6 million de camions
transitent chaque année par
le tunnel sous la Manche. La
fin de la procédure douanière
simplifiée gripperait ces flux
logistiques.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
La Grande-Bretagne a beau être une
île, la perspective d’un Brexit sans
accord représente pour les entreprises de transport terrestre, qu’il
s’agisse du rail ou surtout du transport routier, des risques sérieux
pour leur activité.
Karima Delli, la présidente de la
Commission des transports du Parlement européen, a sonné l’alarme
en début de semaine, en présentant
une étude détaillant les conséquences d’une absence d’accord, « potentiellement catastrophique », selon
Contrôle des
investissements
étrangers
Mardi 13 novembre 2018
8h30-10h30
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l’élue. « Un retrait brutal du Royaume-Uni entraînera une baisse significative de notre connectivité aux îles
britanniques », qui provoquerait
« une diminution du fret transmanche, une baisse des flux passagers et
un impact immédiat sur les coûts et
l’activité économique des régions
frontalières telles que les Hauts-deFrance, la Normandie et la Bretagne », indique-t-elle. Dans ce contexte, Eurotunnel est en première
Le transport aérien
en première ligne
Le transport aérien et
l’aéronautique britanniques n’ont rien de bon
à attendre d’un Brexit,
avec ou sans accord.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
ligne. Outre les trains de passagers,
le tunnel sous la Manche voit passer
chaque année plus de 1,6 million de
camions qui font la traversée sur des
navettes. Un lien logistique essentiel
pour relier des entreprises organisées en flux tendu et basées de part
et d’autre de la Manche. Selon une
étude EY publiée cet été, les exportations de marchandises de l’Europe
vers la Grande-Bretagne via le tunnel représentent 69 milliards
d’euros, les importations étant d’un
montant équivalent.
Cette intensité des échanges est
permise par la procédure douanière
simplifiée, qui permet de faire monter quasiment sans attente les
camions sur les navettes. La
fin de l’union douanière et le rétablissement de contrôles sanitaires
risquent de se traduire, avec un
allongement des délais d’embarquement, par un engorgement des terminaux et des kilomètres de file
d’attente pour les poids lourds.
Selon Karima Delli, cela générerait
un surcoût à l’import comme à
l’export d’environ 5 %.
L’impact sur le ferroviaire serait
moins handicapant. Mi-septembre,
Nathalie Loiseau, la ministre chargée des Affaires européennes, avait
avancé qu’en cas de « no deal », les
trains Eurostar reliant Londres à
Paris pourraient ne plus être autorisés à entrer en France. Un scénario
catastrophe que le patron de la
SNCF, Guillaume Pepy, a écarté.
Même si, selon le rapport commandé par la commission, une
absence d’accord « affecterait négativement la compétitivité d’Eurostar, et
sa capacité à opérer d’un point de vue
pratique et économique ». n
69
MILLIARDS D’EUROS
Le montant des exportations de
marchandises de l’Europe vers
la Grande-Bretagne via le tunnel
sous la Manche, selon EY.
Rien à gagner et tout à perdre : tel
est l’enjeu du Brexit pour le transport aérien et l’aéronautique britanniques. En répondant « yes » à
une sortie de l’Union européenne
(UE), nos voisins d’outre-Manche
se sont eux-mêmes tiré une balle
dans les ailes. La première conséquence directe concerne les
droits de trafic des compagnies
britanniques. S’il quitte l’Union
européenne sans accord le 1er avril
2019, le Royaume-Uni perdra non
seulement le libre accès au ciel et
au marché unique européen,
mais aussi certains droits de trafic obtenus dans le cadre
d’accords bilatéraux entre l’UE et
des pays tiers, comme les EtatsUnis, le Canada, la Suisse… Ce qui
obligerait le gouvernement britannique à renégocier tôt ou tard
des droits de trafic avec l’Union
européenne ou chacun des Etats
concernés.
« Permission » réciproque
Face à cette échéance, Londres
assure qu’il pourrait accorder aux
compagnies aériennes européennes une « permission » de continuer à desservir librement le
royaume, en contrepartie d’une
permission équivalente des pays
européens. Mais certains pays
européens, qui souhaiteraient
protéger leurs compagnies contre la concurrence britannique,
seront toujours libres de réclamer une négociation séparée, à
des conditions plus restrictives.
Par ailleurs, un tel scénario priverait probablement les compagnies britanniques de la possibilité d’opérer des lignes intraeurop éennes. C’est p our se
prémunir contre ce scénario
qu’easyJet a déjà immatriculé une
centaine d’appareils en Autriche,
via une filiale ad hoc. A l’inverse,
Ryanair et Wizz Air, qui exploitent de nombreux vols entre le
Royaume-Uni et divers pays européens, autres que leurs pays d’origine, ont aussi créé des filiales britanniques, avec des flottes
dédiées. Ce qui pourrait suffire, à
condition que la majorité du capital de ces filiales soit détenue par
des investisseurs européens en
Europe et britanniques en Grande-Bretagne.
Mais un autre gros problème se
profile à l’horizon : la sortie de
l’Union européenne devrait faire
perdre au Royaume-Uni son statut de membre à part entière de
l’Agence européenne de sécurité
aérienne (Easa). Cet organisme,
qui compte les 28 pays de l’Union
plus 4 pays associés (Suisse, Norvège, Islande et Liechtenstein),
permet à un avion ou à une
licence de pilote, certifiés
n’importe où en zone Easa, d’être
utilisables partout sur la planète.
La sortie de l’UE
devrait faire perdre
au Royaume-Uni son
statut de membre
à part entière de
l’Agence européenne
de sécurité aérienne.
Si le Royaume -Uni quitte
l’Easa, les certificats émis par
l’Aviation civile britannique
(CAA) ne seront plus valables
qu’en Grande-Bretagne, le temps
pour l’Easa et les autres aviations
civiles mondiales de reconnaître
les procédures de la CAA. Ce qui
obligerait dans l’intervalle les
compagnies britanniques à utiliser des avions et des pièces de
rechange validés par l’Easa. A
l’inverse, les pilotes détenteurs
d’une licence britannique pourront continuer à voler hors du
Royaume-Uni, mais uniquement
sur des avions immatriculés en
Grande-Bretagne.
Là encore, Londres tente de
rassurer en affirmant qu’il pourrait rester membre de l’Easa, au
même titre que la Suisse. Mais le
Royaume-Uni perdrait son droit
de vote au conseil d’administration et tout droit de regard sur
l’évolution des règles de sécurité.
Les Britanniques, qui souhaitent
sortir de l’Europe pour retrouver
une complète souveraineté, se
retrouveraient ainsi soumis aux
règles européennes, en matière
de sécurité, de droits de trafic et
de droits des passagers, sans
plus avoir leur mot à dire dans
leur élaboration. n
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INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
Voiture autonome : vers des
tests sans chauffeur en France
Geodis veut
accélérer
sa croissance
AUTOMOBILE
Le projet de loi Pacte,
adopté en première
lecture à l’Assemblée
mardi, devrait autoriser les expérimentations de voitures
autonomes sans
conducteur à bord.
TRANSPORT
Le groupe français
de logistique
est toujours
à la recherche
d’une acquisition
en Europe.
Il faudra toutefois être
capable de reprendre
le contrôle du véhicule
à distance.
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
Après plusieurs années de
remise en ordre, Geodis veut
accélérer sa croissance. Le premier groupe français de logistique et de transport de marchandises vient de se doter d’un
nouveau plan stratégique, dont
Marie-Christine Lombard, la
présidente du directoire, a présenté mercredi les grands axes
à la presse.
Fort de 8,1 milliards d’euros
de chiffre d’affaires et de
40.000 salariés dans 120 pays,
Geodis a rétabli ces dernières
années une situation financière
propre à satisfaire son propriétaire, le groupe SNCF. « Dans le
cadre du précédent plan, nous
avons doublé la marge, et nous
sommes de nouveau contributeur net pour notre actionnaire »,
a indiqué la dirigeante, sans toutefois donner de chiffre précis.
Anne Feitz
@afeitz
Quand verra-t-on des voitures sans
chauffeur sur les routes françaises ?
Peut-être dès 2019 : comme proposé
par le rapport Idrac remis en mai
dernier, la loi Pacte devrait faciliter
les expérimentations de voitures
autonomes dans l’Hexagone.
Adopté mardi en première lecture à
l’Assemblée Nationale, le projet de
loi prévoit à son article 43 d’autoriser les tests sans conducteur à bord.
« C’était une disposition réclamée par
les acteurs du secteur », rappelle
Claude-Etienne Armingaud, avocat
associé chez K&L Gates.
Tests sur route ouverte
Il ne s’agira toutefois pas de robotsvéhicules ne nécessitant aucune
intervention humaine. « Il devra y
avoir un conducteur capable de
reprendre le contrôle de la voiture,
mais il pourra se situer à l’extérieur
de l’habitacle, avec une télécommande », précise l’expert. Alors que
les constructeurs français comme
PSA ou Renault, mais aussi des
équipementiers comme Valeo,
mènent déjà des tests sur route
ouverte dans l’Hexagone depuis
mi-2015, la législation imposait jusqu’à présent la présence d’un superviseur à bord du véhicule.
Pour rendre cette étape possible, la loi Pacte précise aussi le
régime de responsabilité applicable lors de ces tests : en cas d’accident pendant une phase de con-
Véhicule expérimental autonome de Renault. Les constructeurs et les équipementiers mènent
des tests sur route dans l’Hexagone depuis mi-2015, mais avec la présence d’un superviseur à bord.
Photo Renault
En cas d’accident
pendant une phase
de conduite en mode
« autonome »,
c’est le titulaire
de l’autorisation
de l’expérimentation
qui sera pénalement
responsable.
duite en mode « autonome », c’est
le titulaire de l’autorisation de
l’expérimentation qui sera pénalement responsable, y compris pendant le temps de latence, c’est-àdire le délai nécessaire à la reprise
en main du véhicule. Un délai qui
sera défini « ex ante », au moment
de la demande d’autorisation.
Même si le projet de loi Pacte
nécessite encore de passer au Sénat
avant son adoption, prévue pour la
fin de l’année, ces dispositions ne
devraient guère évoluer. « Elles
semblent faire consensus », note
Claude-Etienne Armingaud.
L’enjeu est important pour
l’Hexagone, qui souhaite prendre sa
place dans la course au véhicule
autonome. « Les expérimentations
en France de véhicules autonomes
sont absolument nécessaires, parce
que les pays qui prendront de l’avance
gagneront beaucoup en terme industriel et d’innovation », a insisté Bruno
Le Maire, le ministre de l’Economie,
à l’Assemblée nationale. Des tests
sans chauffeur dans l’habitacle sont
EDF croit désormais au boom
du véhicule électrique
AUTOMOBILE
Le PDG de l’entreprise,
Jean-Bernard Lévy,
a présenté un plan
de développement de
la mobilité électrique.
Il compte fournir
en électricité
600.000 véhicules
en Europe
à l’horizon 2022.
Véronique Le Billon
@VLeBillon
Après avoir présenté, ces derniers
mois, un plan pour développer le
solaire et un autre pour afficher ses
ambitions dans le stockage, EDF a
annoncé, mercredi, un nouveau plan
pour développer la mobilité électrique. Un plan « d’une autre nature »
que les précédents, a expliqué le PDG
du groupe, Jean-Bernard Lévy. Il
s’agit pour l’électricien non plus de
diversifier sa production mais de
s’assurer de nouveaux débouchés et
de créer de nouveaux services, au
moment où les concurrents d’EDF lui
prennent des parts de marché.
L’électricien a visiblement fait sa
mue sur le sujet : son plan qui cou-
vre quatre pays − la France, la Belgique, l’Italie et la Grande-Bretagne −
anticipe un parc de 9 millions de
véhicules électriques en 2030, et de
17 millions en 2035. Début 2017,
quand le gestionnaire du réseau
électrique RTE jugeait envisageable
un parc de 5 millions de véhicules
électriques ou hybrides rechargeables en France à l’horizon 2030,
pour une consommation dépassant
12 TWh, EDF était beaucoup plus
conservateur, pariant sur une consommation trois fois moins élevée
(4 TWh) à cette date. « Il faut se donner des objectifs sur un marché qui
n’est aujourd’hui pas très représentatif », a expliqué Jean-Bernard Lévy.
Gamme d’offres
EDF ambitionne de devenir le premier fournisseur pour véhicules
électriques à l’horizon 2022, en
visant 600.000 voitures clientes
soit 30 % de part de marché. Avec
87 % de son mix sans CO2 – lié au
nucléaire – et une attente croissante
des métropoles en matière de qualité de l’air, « nous nous sentons tout
à fait légitimes à revendiquer le rôle
de pionnier et d’acteur de référence »,
a indiqué Jean-Bernard Lévy. « EDF
propose déjà une gamme d’offres
pour ses clients, commercialisées
partout en Europe, notamment avec
Sowee ou l’offre Vert Electrique
Auto », a indiqué Yannick Duport,
tout juste nommé directeur de la
mobilité électrique du groupe.
Sans en préciser le coût en
matière d’investissement, EDF
ambitionne aussi de devenir le premier exploitant de bornes. Sa filiale
Sodetrel en exploite déjà près de
5.000, et le groupe estime qu’il en
aura déployé 75.000 d’ici à 2022.
« Vehicle to grid »
Le groupe vient notamment de
remporter un contrat avec le Grand
Lyon pour le déploiement de
630 points de charge à l’échelle des
59 communes de la métropole, a
illustré le groupe. Cinq départements (la Seine-et-Marne et quatre
dans l’Ouest) ont aussi récemment
confié l’exploitation de bornes de
recharge à EDF.
La stratégie d’EDF repose, enfin,
sur les collaborations avec des
constructeurs automobiles,
comme Renault, et avec plusieurs
start-up. EDF a notamment investi
dans Nuvve, implanté aux EtatsUnis et spécialiste du « vehicle to
grid », qui permet de restituer l’électricité stockée dans les batteries de
voiture lorsque le réseau peut en
avoir besoin. A l’horizon 2035, EDF
escompte 1,5 million de véhicules
qui pourraient ainsi avoir une
charge pilotée. n
déjà autorisés dans certains pays,
comme les Pays-Bas et le Danemark,
ou dans certains Etats américains,
comme la Californie.
La loi Pacte marquera une étape
importante avant la loi d’orientation des mobilités (LOM), prévue
désormais pour l’an prochain, et
qui devrait, elle, créer un cadre juridique plus global pour l’utilisation
de voitures autonomes.
Doubler le résultat
d’exploitation
A l’horizon 2023, l’objectif est
d’augmenter le chiffre d’affaires
de 20 %, et de doubler le résultat
d’exploitation. Pour cela, Geodis
compte sur plusieurs leviers.
D’abord, une augmentation de
l’activité réalisée auprès des très
gros comptes : des présidents de
région ont été nommés au
niveau mondial pour que les
contrats obtenus par l’un des
cinq métiers (commissionnement de transport, distribution
e t ex p r e s s , t r a n s p o r t p a r
camion notamment) puissent
déboucher sur des opportunités
commerciales pour les autres.
4
À NOTER
Selon un sondage exclusif Elabe
pour Wavestone et le Club
Les Echos, 59 % des Français
interrogés ne sont pas prêts
à monter aujourd’hui
dans un véhicule autonome.
Par ailleurs, l’innovation doit
doper la productivité. MarieChristine Lombard cite entre
autres la généralisation de la
robotique afin d’accélérer la préparation de commandes dans
les entrepôts aux Etats-Unis, ou
encore un projet pilote utilisant
des drones pour réaliser les
inventaires.
Mais la principale nouveauté
viendra du lancement prochain
d’une place de marché digitale,
sur laquelle Geodis fera de la
mise en relation entre clients et
ressources logistiques, en se
positionnant également
comme opérateur. « Ce sera
Voyages-sncf. com version logistique », résume la présidente. Elle
se refuse à en dire plus sur ce
nouveau service (qui sera lancé
sous une marque distincte), et
renvoie à une présentation
annoncée pour le 6 novembre.
Geodis va lancer
une place de marché
digitale, qui mettra
en relation clients
et ressources
logistiques.
Enfin, le chantier d’une acquisition majeure est toujours
d’actualité, la reprise du néerlandais Ceva ayant été étudiée puis
écartée à l’automne dernier. Le
groupe est en quête d’une entreprise pesant entre 1,5 et 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, qui lui permettrait de se
renforcer en Allemagne et aux
Pays-Bas. L’Europe doit devenir à
terme « notre deuxième marché
domestique », avance MarieChristine Lombard. Les implantations aux Etats-Unis et en
Chine doivent aussi être renforcées. Mais ces efforts ne doivent
pas être faits aux dépens de la
« forteresse France ». Geodis y
réalise encore 37 % de son activité, et il entend « protéger et développer son marché principal ». n
AVIS FINANCIERS
RÉSULTATS ANNUELS 2017-2018
CHIFFRE D’AFFAIRES : +32% :
RÉSULTAT OPÉRATIONNEL COURANT : +44%
En K€
2016-2017 2017-2018
Chiffre d'affaires
Var
Après impôts, le résultat net s’établit à 7,5 M€ en hausse de 36%.
218 109
289 050
+32,5%
Structure financière maitrisée – Dividende maintenu
EBITDA
41 080
54 444
+32,5%
Marge d’EBITDA
18,8%
18,8%
Résultat opérationnel courant
16 132
23 291
7,4%
8,1%
Les flux de trésorerie générés par l’activité, qui ressortent
à 50,4 M€, couvrent largement les investissements
opérationnels de l’exercice (hors croissance externe) qui
s’élèvent à 34,8 M€ (dont 4,6 M€ ponctuels sur les appareils
pour l’apnée du sommeil). Le Groupe démontre sa capacité
à autofinancer sa croissance organique. L’endettement net
ressort ainsi à 186,8 M€ au 30 juin 2018 et la trésorerie
disponible est de 28,7 M€.
Marge opérationnelle courante
Résultat opérationnel
Résultat net
11 436
5 509
+44,4%
18 268 + 59,7%
7 501
+36,2%
Au cours de l’exercice 2017-2018, le Groupe Bastide a
accéléré son développement dynamique en réalisant un
chiffre d’affaires de 289,1 M€ en croissance de 32,6 %, dont
5,4% en organique.
Le Groupe proposera à la prochaine Assemblée Générale la
distribution d’un dividende de 0,26 € par action, identique à
celui de l’an dernier.
Cette croissance dynamique s’est accompagnée d’une
amélioration de la marge opérationnelle courante qui atteint
8,1% sur l’exercice (à comparer à 7,4% lors de l’exercice
précédent), parfaitement en phase avec l’objectif indiqué.
Pour l’exercice 2018-2019, le Groupe se fixe un objectif de
chiffre d’affaires annuel autour de 335 M€.
Le résultat opérationnel courant ressort ainsi à 23,3 M€ en
hausse de 44%. La performance aurait été supérieure sans
l’impact estimé de -2,7 M€, lié aux évolutions tarifaires en
Respiratoire (apnée du sommeil) et en Nutrition Perfusion
(Perfadom).
Tout en tenant compte de l’impact en année pleine des
évolutions tarifaires, notamment en Nutrition Perfusion, le
Groupe entend poursuivre l’amélioration progressive de sa
rentabilité et vise une marge opérationnelle courante de
8,5% sur l’exercice en cours.
Le résultat opérationnel intègre comme lors de l’exercice
précédent des charges non courantes à hauteur de -5,0 M€,
liées principalement aux frais engagés lors des acquisitions
(12 acquisitions réalisées sur l’exercice). Il s’établit ainsi à
18,3 M€ en hausse de 59,7%.
Le développement du réseau de franchises centré sur le
Maintien à Domicile, constitué au 30 juin 2018 de 75 franchises
(+17 sur an) sera poursuivi activement. Le Groupe déroule
son plan de marche avec un objectif de 120 à 150 franchises
dans des villes moyennes à horizon 2022 en France.
Perspectives : poursuite de la croissance rentable
Retrouvez le communiqué intégral sur www.bastide-groupe.fr
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20 // INDUSTRIE & SERVICES
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
Le projet Fincantieri-Naval Group se complique
De l’autre côté des Alpes, on évoque un accord italo-italien qui nest
pas incompatible avec une alliance
avec Naval Group. « Au contraire, il
s’agit d’un accord pour rééquilibrer
les forces en présence et faciliter la
coopération entre les deux groupes »,
explique-t-on chez Fincantieri. Pas
sûr que l’actionnaire privé de Naval
Group, le français Thales – concurrent numéro un de Leonardo et déjà
DÉFENSE
Fincantieri a annoncé
un rapprochement
avec son compatriote
Leonardo, qui modifie
l’équilibre d’une
possible alliance
avec Naval Group.
Anne Bauer
@annebauerbrux
Officiellement, l’entente annoncée
mardi par le constructeur naval italien Fincantieri et son compatriote
Leonardo ne change rien aux discussions ouvertes depuis l’an dernier avec le français Naval Group.
En pratique, il ne va guère faciliter
des négociations déjà poussives.
Fincantieri et Leonardo (ex-Finmeccanica) ont décidé de coopérer
davantage dans les systèmes de
combat des navires militaires pour
relever le défi de l’exportation. Les
deux parties s’engagent à faire
d’Orizzonte Sistemi Navali (OSN),
filiale détenue à 51 % par Fincantieri
et à 49 % par Leonardo, l’autorité
unique de l’architecture des systèmes de combat des navires militai-
Naval Group et Fincantieri souhaitent se rapprocher mais n’ont pas de programme commun
de frégates, domaine de concurrence frontale. Photo AFP
La tentation
du gouvernement
français est de dire
aux deux groupes
de se débrouiller
pour conduire à bien
des projets communs,
avant de valider
tout schéma
capitalistique.
res produit par Fincantieri.
« Nous pensons qu’une collaboration toujours plus étroite entre les
deux plus importantes entreprises
de défense du pays est cruciale » , a
déclaré Giuseppe Bono, PDG de
Fincantieri. En s’assurant un parte-
réticent à ce rapprochement –,
interprète ainsi le message.
D’autant que la presse italienne
relance l’hypothèse d’un rapprochement des deux groupes de
défense italien prôné par des banques d’investissement. Chez Naval
nariat privilégié avec Leonardo,
comment Fincantieri et le constructeur naval militaire français
Naval Group, lui-même spécialisé
dans la conception et l’intégration
des systèmes de combat, pourraient-ils faire une offre commune
à l’export ? Au Canada, la proposition conjointe des deux groupes
– qui n’a d’ailleurs pas été retenue –,
combinait le savoir-faire de Fincantieri dans les plate-formes avec celle
de Naval Group dans les systèmes
d’armes.
Group, la direction n’’a pas encore
enterré le projet « Poséidon » de
rapprochement progressif soumis
au gouvernement en juin dernier,
même s’il n’est pas prêt d’aboutir.
Difficultés politiques
Début août, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, s’est rendu à
Rome pour confirmer la possible
alliance dans le naval entre les deux
pays, tant dans le civil (avec la reprise
de 51 % de STX) que dans le militaire,
avec un échange de participations
croisées entre Fincantieri et Naval
Group jusqu’à 10 % du capital.
Depuis, plusieurs réunions ont
eu lieu mais toute la difficulté consiste à trouver des programmes
communs structurants. Lors du
Salon Euronaval, qui se tiendra fin
octobre, le couple potentiel dévoilera un projet pour des ravitailleurs
pétroliers.
Insuffisant toutefois pour ratifier
un vrai rapprochement, d’autant
que les relations politiques entre la
France et l’Italie ne sont pas au beau
fixe. La tentation du gouvernement
français est de demander aux deux
groupes de se débrouiller pour conduire à bien des projets communs,
avant de valider tout schéma capitalistique. n
PÊCHE
Dans la foulée de ses
concurrents, Saupiquet promeut le thon
durable à travers une
gamme spécifique de
conserves.
Joël Cossardeaux
@JolCossardeaux
La course aux bonnes pratiques de
pêche au thon s’intensifie dans les
conserveries françaises. Les principales marques du secteur
s’emploient toutes aujourd’hui à
délivrer au consommateur des
preuves de leur bonne conduite
dans la gestion raisonnée de cette
ressource. Dernière initiative en
date, Saupiquet vient de lancer une
gamme baptisée « Pêche Française ». Son propriétaire, l’italien
Bolton Group, mise sur elle pour
faire « revenir en force » sa filiale sur
le marché du thon au naturel, où
Petit Navire est en position de leader.
Cette nouvelle offre procède
d’une pêche totalement opérée par
des thoniers battant pavillon français. « C’est la réglementation la plus
exigeante », explique Eric Humblot,
le directeur général de Saupiquet.
Le respect du droit du travail, de la
sécurité à bord et de la conformité
du bateau à différentes normes antipollution donnent lieu à des inspections annuelles par des organismes
certifiés.
Les navires sont suivis à la trace.
Toute la flotte (22 bateaux) qui travaille pour la marque est inscrite sur
le registre PVR, qui recense les tho-
niers proactifs en matière de pêche
durable et est engagée dans des FIP,
le cadre de procédure donnant
accès à la certification environnementale MSC (Marine Stewardship
Council) élaborée avec le WWF.
Les ONG veillent au grain
« En 2024, nous serons certifiés à
100 % », indique le dirigeant de Saupiquet. Les thons sont pêchés à la
senne, technique beaucoup moins
énergivore que celle de la pêche à la
ligne. Ils sont prélevés pour près de
moitié sur bancs libres et pour près
de moitié sur DCP (dispositif de concentration des poissons).
Dans le premier cas, les prises
accessoires sont limitées, mais pas
dans le second, très décrié. « Nos
DCP ont des fenêtres qui permettent
de libérer les plus jeunes thons », relativise Eric Humblot, qui indique
REJOIGNEZ LESLEADERS MONDIAUX
& DESSINEZ VOTRE AVENIR
qu’une troisième génération de DCP,
à base de chanvre et donc biodégradable, est en cours d’élaboration.
A la dixième place (sur 12) du palmarès des performances environnementales des marques, établi l’an
dernier par Greenpeace, qui l’a inscrite dans la catégorie des « retardataires », Saupiquet doit remonter
une pente déjà bien gravie par ses
principaux concurrents. Connétable, classé troisième, bénéficie du
label MSC depuis 2008. Le thon est
pêché sans DCP et aussi à la canne
pour épargner les espèces non
ciblées (tortues, requins, etc.).
Petit Navire, également très
engagé, vise une certification MSC
sur 75 % de ses approvisionnements dès la fin 2020. Greenpeace
l’a mis en 6e position dans son classement et l’a jugé « sur une bonne
voie » pour faire progresser ses
*Demain commence aujourd’hui
Expliquer
Débattre
Décider
29 & 30 Novembre 2018
Forum Grimaldi • MONACO
Places limitées sur www.dayone-event.com
Ces méthodes de pêche donnent un avantage compétitif à celui
qui les promeut, car elles séduisent les consommateurs.
méthodes de pêche. Des méthodes
qui donnent un avantage compétitif à celui qui les promeut, car elles
séduisent les consommateurs.
« Nous enregistrons depuis 2015 une
augmentation régulière de ventes de
nos produits labellisés MSC »,
signale la société Chancerelle,
détentrice de la marque Connétable. Ce qui constitue une perfor-
mance commerciale, car le prix de
vente d’une boîte de thon labellisé
« est légèrement supérieur », ajoute
Connétable, invoquant « des coûts
d’accès à la matière première […] plus
élevés ». Un fait confirmé par Saupiquet. « Le thon Pêche de France est
ve n d u 5 à 1 0 % p l u s ch e r q u e
l’ancienne gamme », indique Eric
Humblot. n
OL Groupe engrange
des revenus records
SPORT
TOMORROW STARTS TODAY*
Pascal Guyot/AFP
Pêche au thon : la course aux bonnes
pratiques s’accélère
La société qui « porte »
le club de football
Olympique Lyonnais
vient d’enregistrer
son troisième profit
d’affilée.
Christophe Palierse
@cpalierse
« L’exercice est une grande satisfaction. On arrive à la pleine réussite du
business model (modèle économique, NDLR) » : Jean-Michel Aulas
n’a pas boudé son plaisir ce jeudi
lors de la présentation des résultats
de OL Group e, la so ciété qui
« porte » le club de football Olympique Lyonnais, au titre de son exercice 2017-2018 (clôture au 30 juin).
Son médiatique PDG s’est félicité de voir, pour la troisième
année d’affilée, l’entreprise enregistrer un résultat net part du
groupe positif, à 8 millions d’euros,
en hausse de 72 % sur un an, pour
un total de revenus record de
289,5 millions, en augmentation
de 16 %. Jean-Michel Aulas a parti-
culièrement souligné le niveau,
sans précédent, de l’excédent brut
d ’ex p l o i t a t i o n , à q u a s i m e n t
74 millions (+ 45 %). D’autant que
l’Olympique Lyonnais n’a pas participé à la très lucrative Ligue des
champions européenne lors de la
dernière saison, ce qui a pesé sur
ses recettes.
De fait, la forte progression des
résultats de OL Groupe a tenu, au
cours de l’exercice, à la vente de
joueurs, au cœur de son modèle
économique, et à l’exploitation
– depuis janvier 2016 – de son propre stade de dernière génération :
le montant des cessions a ainsi plus
que doublé pour atteindre le montant inédit de 125,3 millions, dont
50,1 millions au titre du transfert
d’Alexandre Lacazette, parti à
Arsenal.
Optimisme
En outre, l’activité événementielle
au Groupama Stadium monte en
puissance avec un total de revenus
générés de 15,6 millions en 20172018, en progression de 70 %. La
direction estime pouvoir « monter
jusqu’à 20-22 millions ». Cette dernière est également optimiste pour
les revenus à venir de la vente de
joueurs. Sur la base d’estimations
externes, la valeur globale de
l’effectif s’élevait à 400 millions fin
août, soit plus deux fois son montant constaté un an auparavant.
L’OL ayant retrouvé cette année
la Ligue des champions, JeanMichel Aulas estime que son
groupe « est parti pour faire un très
bel exercice à nouveau », et indique
qu’« une bonne partie de l’objectif de
chiffre d’affaires est atteinte dès le
début de la saison ». En revanche, le
PDG d’OL Groupe déplore sa sousvalorisation boursière. A
2,70 euros l’action, sa capitalisation
s’élevait à 157 millions mercredi à la
clôture à Paris, soit 2,1 fois l’excédent brut d’exploitation. n
289,5
MILLIONS D’EUROS
Le total des revenus
d’OL Groupe, en augmentation
de 16 %.
La société enregistre un résultat
net part du groupe positif,
à 8 millions d’euros, en hausse
de 72 % sur un an.
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INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
La lente agonie de l’ancienne
icône américaine Sears
LVMH fait monter en
puissance ses Journées
Particulières
DISTRIBUTION
La chaîne de magasins
pourrait lancer une
procédure de faillite
dès cette semaine.
Les heures qui viennent s’annoncent décisives pour Sears.
Cette icône de la distribution américaine née en 1886, qui fut le plus
grand distributeur américain
après-guerre, se préparerait à
déposer un dossier de faillite, selon
le « Wall Street Journal ». L’enseigne s’est même attaché les conseils
de M-III Partners, un cabinet spécialisé, pour l’accompagner dans
ses démarches. La procédure pourrait être engagée dès cette semaine.
Mais la direction de Sears continue d’explorer d’autres options et
de croire en ses chances d’éviter la
faillite. Son PDG, Edward Lampert,
qui dirige aussi le fonds ESL Investments, premier actionnaire et plus
gros créancier de Sears, a proposé
une nouvelle restructuration pour
tenter d’alléger une dette qui
menace la survie de la société à
court terme. La société doit en effet
régler une échéance de 135 millions
de dollars avant lundi et a déjà
affirmé, ces dernières semaines,
qu’elle pourrait ne pas être en état
de le faire.
Le plan d’Edward Lampert consiste à réduire la dette de 1 milliard
LUXE
Rene Johnston/Zuma Press/Zuma/RE
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
marketing
Le groupe ouvre les portes
de 77 sites au public du 12
au 14 octobre. Le continent
américain et la Chine feront
partie du dispositif pour
la première fois.
Les magasins Sears se battent contre une dette gigantesque de 5,5 milliards de dollars.
de dollars – sur un total de 5,5 milliards –, à céder pour 1,5 milliard de
biens immobiliers, tirés d’une partie des 900 magasins qu’il possède,
et pour 1,75 milliard d’autres actifs,
La direction de Sears
continue d’explorer
d’autres options et de
croire en ses chances
d’éviter la faillite.
qui pourraient inclure la marque
Ke n m o r e, q u’ i l a p r op o s é d e
reprendre à titre personnel pour
400 millions de dollars. Il a aussi
nommé un spécialiste des restructurations, Alan Carr, au conseil
d’administration. Mais le plan peinerait à convaincre les autres
créanciers, au vu des performances
désastreuses de ces derniers mois.
Depuis 2011, l’enseigne a accumulé
11 milliards de dollars de pertes. Sur
cette période, ses ventes annuelles
ont chuté de 60 %, à 16,7 milliards
de dollars. Or, elle aurait besoin de
dégager 1 milliard de dollars par an
pour rester à flot.
« Le futur Warren Buffett »
Le défi est grand pour Edward Lampert, que certains titres de presse
présentaient encore récemment
comme le « futur Warren Buffett ».
L’homme, aujourd’hui âgé de cinquante-six ans, a lancé son propre
fonds dès 1988. Après quelques
investissements réussis, dans le
vendeur de véhicules AutoNation
et le vendeur de pièces détachées
AutoZone notamment, il reprend
l’enseigne de distribution Kmart,
qu’il sauve de la faillite au début des
années 2000. Il la fusionne ensuite
avec Sears, déjà mal en point, pour
créer Sears Holding Corp.
Le groupe doit alors affronter la
récession, à partir de 2008, la concurrence de généralistes comme
Wa l m a r t e t c e l l e d ’A m a z o n .
L’e n s e i g n e s o u f f r e p l u s q u e
n’importe quelle autre des changements d’habitudes des consommateurs américains. Il y a plusieurs
années, il était possible de trouver à
peu près n’importe quoi sur les
catalogues de vente à distance de
Sears, un créneau repris depuis par
Amazon, sur Internet. Sears, de son
côté, n’a pas su prendre le virage
des ventes en ligne et certains
remettent en cause plusieurs décisions de Lampert, devenu PDG en
2013 mais qui dirige le groupe basé
dans l’Illinois depuis… la Floride. n
Emmanuel Grasland
@EGrasland
Rubis, émeraudes, saphirs… Des
pierres que les visiteurs de la
boutique historique de Bulgari,
Via Dei Condotti, à Rome, auront
la possibilité de contempler, soupeser et même de prendre à pleines mains lors de la quatrième
édition des Journées Particulières. Comme 56 autres maisons
du groupe LVMH (propriétaire
des « Echos »), le joaillier italien
ouvrira les portes de l’un de ses
lieux emblématiques les 12, 13 et
14 octobre.
Organisées par LVMH depuis
2011, sur une idée d’Antoine
Arnault, ces journées sont une
façon pour le géant du luxe de
susciter des vocations pour des
métiers peu connus, comme
gemmologue dans le cas de Bulgari, tout en mettant en avant le
savoir-faire des artisans du
groupe ainsi que des lieux char-
été complets en moins d’une
demi-heure, indique le groupe.
Près de 20.000 personnes
avaient créé un profil en ligne, en
amont des réservations… Il faut
dire que LVMH fait monter en
puissance l’événement.
Le continent américain,
l’Océanie et l’Asie feront partie
du dispositif pour la première
fois. Aux Etats-Unis, où il réalise
25 % de ses ventes, le groupe de
145.000 salariés ouvrira les portes du domaine Colgin Cellars,
dans la Napa Valley, racheté
voilà un an, de Newton
Vineyard, réputé pour la qualité
de ses blancs, ou encore du
Domaine Chandon, le premier
fondé par une maison champenoise aux Etats-Unis en 1973.
Dans l’empire du Milieu,
Sephora ouvrira les portes de
son flagship de cinq étages de
Shanghai, afin de proposer des
ateliers beauté, soins et parfums.
Une façon de prendre en compte
des consommateurs chinois, qui
représentent à eux seuls 32 %
des achats de produits de luxe
dans le monde, selon le cabinet
de conseil Bain & Company. La
division Vins & Spiritueux avait
également envisagé d’ouvrir les
vignes d’Ao Yun, installées par
LVMH sur les contreforts de
l’Himalaya, à quatre ou cinq
heures de 4/4 de la ville de
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES
COMMUNE DES CLAYES-SOUS-BOIS
AVIS D’ENQUÊTE PUBLIQUE
ENQUÊTE PUBLIQUE RELATIVE AU PROJET
D’ELABORATION DU PLAN LOCAL D’URBANISME DE LA
COMMUNE DES CLAYES-SOUS-BOIS
Par arrêté en date du 9 octobre 2018, M le Président de la Communauté
d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines a ordonné l'ouverture de l’enquête
publique sur le projet de modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) de la
commune des Clayes-sous-Bois pour une durée de 33 jours consécutifs, du lundi
29 octobre 2018, 14h00 au vendredi 30 novembre 2018, 12h00.
Il sera procédé à une enquête publique unique sur le projet de modification du
PLU des Clayes-sous-Bois pour une durée de 33 jours consécutifs,
du lundi 29 octobre 2018, 14h00 au vendredi 30 novembre 2018, 12h00.
Ledit projet de modification du PLU des Clayes-sous-Bois, vise à :
- Modifier les normes de stationnement pour assurer la compatibilité avec le PDUIF
- Modifier l’article 6 de la zone UAd pour supprimer la bande de constructibilité
de 25 m qui ne permet pas de répondre aux objectifs qui lui était assignés dans
le secteur pavillonnaire.
Au terme de l’enquête publique, la modification du PLU de la commune des
Clayes-sous-Bois sera approuvée par délibération du Conseil communautaire
de Saint-Quentin-en-Yvelines en décidant éventuellement d’y apporter les
modifications qu’il estimera nécessaires ou opportunes pour tenir compte des avis
émis par les personnes publiques associées, des avis, observations, demandes
ou propositions formulées lors de l’enquête et du rapport et de l’avis motivé du
Commissaire enquêteur.
M Gilles GOMEZ, Docteur Ingénieur Géologue, a été désigné en qualité de
Commissaire-enquêteur pour cette enquête publique, par décision susvisée
n° E180001/78 en date du 23/07/2017, de Mme la Présidente du Tribunal
Administratif de Versailles.
Le dossier du projet de modification du PLU de la commune des Clayes-sous-Bois
et les pièces qui l’accompagnent, ainsi qu’un registre à feuillets non mobiles, coté
et paraphé par M le Commissaire-enquêteur destiné à recueillir les observations du
public, seront déposés et mis à la disposition du public, pendant 33 jours consécutifs,
du lundi 29 octobre 2018, 14h00, au vendredi 30 novembre 2018, 12h00 :
- à l’Hôtel d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, siège de l’enquête
publique, 1 rue Eugène Hénaff, ZA du Buisson de la Couldre, 78192 Trappes,
aux jours et horaires habituels d’ouverture au public de 9h à 12h30 et de 13h30
à 17h30, [à l’exception du vendredi 30 novembre 2018 où la clôture de l’enquête
se fera à 12h]
- en Mairie des Clayes-sous-Bois, Place Charles de Gaulle, 78340 Les Clayessous-Bois, aux jours et horaires d’ouverture habituels au public de l’hôtel de Ville,
ci-après :
- Lundi de 14h à 20h
- Mardi et mercredi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h30
- Jeudi de 8h30 à 12h et de 15h à 17h30
- Vendredi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 16h30 [à l’exception du vendredi
30 novembre 2018 où la clôture de l’enquête se fera à 12h]
- Samedi de 8h30 à 11h45
Le dossier d’enquête publique pourra également être consulté aux mêmes dates
et aux mêmes horaires précités d’ouverture au public sur un poste informatique
accessible d’une part, à la Mairie des Clayes-sous-Bois et d’autre part, à l’hôtel
d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines.
Le dossier d’enquête publique sera disponible durant l’enquête publique sur le
site internet de Saint-Quentin-en-Yvelines à l’adresse suivante : www.saint-quentinen-yvelines.fr .
Chacun pourra prendre connaissance du dossier, et consigner éventuellement
ses observations sur un registre à feuillets non mobiles, coté et paraphé par
M le Commissaire-enquêteur destiné à cet effet.
En outre, un registre dématérialisé est également mis à la disposition du public du
lundi 29 octobre 2018, 14h00 au vendredi 30 novembre 2018, 12h00.
Ainsi, le public pourra déposer ses observations et propositions à l’adresse
suivante : https://www.enquetespubliques.com/Enquetes2RDEPOT=EP18461
Le public pourra consulter ledit registre dématérialisé à l’adresse suivante :
https://www.enquetespubliques.com/Enquetes2RLIRE=EP18461
Toute personne peut, sur sa demande et à ses frais, obtenir copie du dossier
d'enquête publique auprès de la Communauté d'Agglomération de Saint-Quentinen-Yvelines, 1 rue Eugène Hénaff, ZA du Buisson de la Couldre, 78192 Trappes.
Des observations écrites pourront être adressées à M le Commissaireenquêteur, à la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines –
Direction de l’urbanisme et de la prospective - 1, rue Eugène Hénaff – BP 1011878192 Trappes Cedex, pendant toute la durée de l’enquête publique.
Ces observations peuvent également être envoyées à l’adresse courriel
suivante : modifplu.lesclayessousbois@sqy.fr
Ces observations seront consultables à l’hôtel d’agglomération de SaintQuentin-en-Yvelines, siège de l’enquête publique. A cette fin, les courriels ainsi
transmis seront imprimés sur papier.
M le Commissaire-enquêteur recevra en Mairie des Clayes-sous-Bois :
- Lundi
29 octobre
2018
de 14h00
à 17h00,
- Mercredi
7 novembre 2018
de 14h00
à 17h00,
- Lundi
19 novembre 2018
de 17h00
à 20h00,
- Samedi
24 novembre 2018
de
9h00
à 12h00,
- Vendredi
30 novembre 2018
de
9h00
à 12h00
(clôture de l’enquête).
Un avis au public faisant connaître l’ouverture de l’enquête publique, sera publié
quinze jours au moins avant le début de celle-ci et rappelé dans les huit premiers
jours de l’enquête, dans au moins deux journaux régionaux ou locaux diffusés dans
le Département.
Cet avis sera affiché notamment au siège de Saint-Quentin-en-Yvelines, en mairie
des Clayes-sous-Bois, dans les panneaux d’affichage administratif dont dispose la
commune, et publié par tout autre procédé en usage dans la commune.
Cet avis sera notamment affiché sur les sites concernés par le projet de
modification ou à proximité immédiate de ceux-ci, visible depuis la voie publique.
L'avis d'enquête sera également publié sur les sites internet de la commune
des Clayes-sous-Bois et de la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin-enYvelines aux adresses suivantes : www.lesclayessousbois.fr et www.saint-quentinen-yvelines.fr
Une copie des avis publiés dans la presse sera annexée au dossier soumis à
enquête publique, avant l’ouverture de l’enquête en ce qui concerne la première
insertion dans la presse et au cours de l’enquête pour la seconde insertion.
A l’expiration du délai de l’enquête prévue à l’article 1, les registres seront clos et
signés par M le Commissaire-enquêteur.
Dès réception des registres et des documents annexés, le Commissaire-enquêteur
rencontrera, dans la huitaine, le responsable du projet de Saint-Quentin-en-Yvelines,
et lui communiquera les observations écrites et orales consignées dans un procèsverbal de synthèse. La Communauté d'Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines
disposera d'un délai de quinze jours pour produire ses observations éventuelles.
Si, dans un délai de trente jours à compter de la date de clôture de l'enquête,
le Commissaire-enquêteur n'a pas remis son rapport et ses conclusions motivées,
ni présenté une demande motivée de report de ce délai, il est fait application des
dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 123-15 du Code de l’environnement.
Une copie du rapport du Commissaire-enquêteur sera adressée à Mme la
Présidente du Tribunal administratif de Versailles.
Le rapport et les conclusions motivées du Commissaire-enquêteur seront tenus
à la disposition du public, durant un an, aux jours et heures habituels d’ouverture
en mairie des Clayes-sous-Bois et au siège de la Communauté d'Agglomération de
Saint-Quentin-en-Yvelines ainsi que sur le site internet de Saint-Quentin-en-Yvelines
à l’adresse suivante : www.saint-quentin-en-yvelines.fr.
Toute personne pourra, sur sa demande et à ses frais, obtenir communication de
ces pièces au Président de Saint-Quentin-en-Yvelines, 1 rue Eugène Hénaff, ZA du
Buisson de la Couldre, 78192 Trappes.
Toute information sur le dossier d’enquête peut être demandée auprès de
M Sylvain REMONDI (tél : 01.39.44.82.68 – sylvain.remondi@sqy.fr) - SaintQuentin-en-Yvelines - Communauté d’agglomération - Direction de l’Urbanisme et
de la Prospective - 1, rue Eugène Hénaff – ZA du Buisson de la Couldre - 78190
Trappes (tél accueil : 01.39.44.80.80 - Fax : 01.30.57.12.64).
EP18-461
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
enquete-publique@publilegal.fr
Chez Bulgari, à Rome, le public aura la possibilité
de contempler, soupeser et même de prendre à pleines
mains émeraudes, saphirs ou rubis. Photo Sipa
gés d’histoire, comme les salons
Chaumet de la place Vendôme
ou la maison de famille de Louis
Vuitton, à Asnières (Hauts-deSeine). « Ce sont les Journées du
patrimoine qui m’ont donné
l’idée de créer les Journées Particulières. A l’époque, on parlait
beaucoup de nos performances
économiques, de nos résultats,
mais pas assez de ce que je voyais
tous les jours, c’est-à-dire des
hommes et femmes, avec des
savoir-faire incroyables. Je trouvais que le groupe n’avait pas
l’image qu’il méritait », explique Antoine Arnault, directeur
de Berluti, président de Loro
Piana et responsable de l’image
et de la communication du
groupe LVMH. L’idée a eu visiblement de l’écho auprès du
grand public. Lors de la dernière
édition en 2016, 145.000 personnes ont participé à une visite.
2.000 inscriptions
par minute
Cette année, la plate-forme de
réservation a été prise d’assaut
dès l’ouverture en septembre,
avec 2.000 inscriptions par
minute, et les sites parisiens ont
Shangri-La. Mais l’idée a été
abandonnée pour des questions
de facilité d’accès. En Australie et
en Nouvelle-Zélande, ce sont les
domaines Cape Mentelle et
Cloudy Bay qui ouvriront leurs
portes.
Podcasts
Au total, 56 maisons sur un total
de 70 devraient participer à l’événement avec 77 lieux ouverts au
public, dont 40 inédits. Le site
des « Echos » et du « Parisien »,
situé boulevard de Grenelle à
Paris, accueillera également des
visiteurs et présentera une exposition sur l’histoire des titres.
Rebondissant sur la mode des
podcasts, LVMH a aussi mis en
ligne 13 podcasts de personnalités évoquant leur métier, parmi
lesquels le créateur de parfums
Francis Kurkdjian et le patron de
la division horlogère, JeanClaude Biver. L’événement, dont
le budget n’est pas communiqué, mobilisera environ
3.000 salariés. Il a d’ailleurs
donné des idées à d’autres groupes du CAC 40, qui ont contacté
le géant du luxe pour s’inspirer
des Journées Particulières. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 //
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
HIGH-TECH
&MEDIAS
Après la puce Kirin 970, qui fait
tourner ses smartphones
depuis un an et comprend un
processeur dédié à l’intelligence
artificielle, Huawei va plus loin
avec les modèles Ascend 910
et 310, qui visent les marchés
du data center et de l’IoT – le
pré carré des américains Intel,
AMD, Qualcomm ou Nvidia.
Deutsche Telekom
Shutterstock
en
pixels
5G : Deutsche
Telekom vise 2020
Huawei dévoile
deux nouvelles
puces dédiées à l’IA
Le premier opérateur allemand
compte lancer des offres
commerciales 5G dès 2020,
alors que les enchères pour
les fréquences doivent avoir lieu
en début d’année prochaine
outre-Rhin. Tim Höttges (photo),
son patron, s’y est engagé
et a renouvelé sa promesse
d’investir 5,5 milliards d’euros
par an dans ses réseaux.
1
MILLIARD DE DOLLARS
Amazon, dont la filiale AWS
domine déjà le marché du
cloud, a signé deux contrats
de 500 millions de dollars
chacun pour fournir du
stockage et de la puissance
de calcul pendant cinq ans
à SAP et Symantec,
selon Bloomberg.
Premier League :
le test des
ambitions de
Canal et d’Altice
l Les droits du championnat sont
remis en jeu en France ce mois-ci.
l L’occasion de mieux cerner les
stratégies des télévisions dans le foot.
TÉLÉVISION
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
et Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
Alors que les droits télévisés de la
Premier League sont remis en jeu ce
mois-ci, les enchères pour les obtenir sont attendues comme un vrai
révélateur des intentions d’AlticeSFR et de Canal dans le sport. Il y a
trois ans, SFR avait ravi l’exclusivité
de la compétition au nez et à la
barbe de Canal. Mais vu la cherté
des droits (120 millions d’euros pour
les enchères précédentes), certains
se demandent si Altice et Canal+
n’ont pas l’intention de faire
machine arrière… La chaîne cryptée
pourrait ainsi se recentrer sur les
séries et le cinéma, tandis que SFR
aurait été très loin de rentabiliser
l’achat de ces droits.
Mais rien n’est moins sûr. Alain
Weill, le PDG d’Altice Europe, a
déclaré lors d’un colloque organisé
par « Les Echos » fin septembre :
« Bien sûr, on sera candidat, même si
ce n’est pas vital pour nous. Cela ne
remet pas en cause notre modèle si on
perd des droits. » La Ligue des champions que RMC Sport diffuse depuis
la rentrée a apparemment contribué à reconquérir tous les clients
SFR perdus depuis trois ans, a dit
Patrick Drahi, propriétaire du
groupe (lire ci-contre).
Du contenu
pour le week-end
La Premier League attire certes
moins de téléspectateurs, mais elle
permettrait à RMC Sport de proposer du football le week-end. « Pour
cela, c’est soit la Premier League soit la
Ligue 2 française », dit un observateur. « La Ligue des champions n’est
pas suffisante pour une antenne qui
se veut premium. Si le groupe ne participe pas avec le montant nécessaire, ce
sera un aveu d’échec de leur stratégie
de convergence », ajoute Thomas
Coudry, analyste chez Bryan Garnier & Co.
De son côté, pour Canal, ne pas
participer activement aux enchères
serait « le signal qu’ils sortent vraiment du foot », selon un observateur. Il n’y a en effet pas d’autre
enchère importante dans ce sport
phare avant longtemps. Pour la
filiale de Vivendi, cela signifierait
qu’elle se contenterait de monétiser
sa puissance de distribution en
intégrant des chaînes tierces contre
une commission de distribution.
« Or ce ne sont pas les mêmes revenus
que lorsqu’on est éditeur avec des
exclusivités, explique un professionnel. Cela signifie qu’il faut ajuster la
taille de la chaîne. » En outre, Canal
se retrouverait nez à nez face à des
Netflix et Amazon Prime, sans
l’avantage des directs sportifs.
Intensité concurrentielle
SFR et Canal ne seraient pas les
seuls concurrents. BeIN Sports
devrait être de la partie, et peut-être
les Gafa. « Même si ceux-ci se positionnent plutôt sur de petits marchés,
moins onéreux en général », estime
Vincent Chaudel, expert chez
Wavestone. Quant à Mediapro, qui
avait raflé une bonne partie de la
Ligue 1, il se dit plus intéressé par la
Ligue 2 que la Premier League.
Le prix de la compétition de
l’intensité concurrentielle. Entre les
enchères pour la période 2013-2016
et celles pour 2016-2019, les montants auraient presque doublé. « Vu
la baisse observée sur le marché britannique pour la Premier League, on
peut se demander si les droits versés
par les diffuseurs étrangers pourraient ne pas s’approcher d’un
plafond, ce qui limiterait de fait
l’inflation par rapport aux enchères
précédentes », estime Christophe
Lepetit, économiste au Centre de
droit et d’économie du sport.
Enfin, si les acteurs de la télévision payante se positionnent,
c’est aussi parce qu’ils savent qu’ils
sont trop nombreux sur ce petit
marché. Certains parient sur des
regroupements : un rapprochement de beIN et de Canal ? L’entrée
au capital de Canal, RMC ou beIN
dans Mediapro ? etc. Et pour être
désirable dans ce jeu de fusions et
acquisitions, il faut posséder des
lots prestigieux comme la Premier
League. n
L’enjeu dépasse la diffusion de la Premier League en tant que telle. Photo Paul Ellis/AFP
La vente des droits à l’international, un enjeu crucial
La Premier League compte
d’autant plus sur les revenus
venant de l’international
que la vente de ses droits
domestiques en février
s’est révélée décevante.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
La mise en vente des droits de diffusion de la Premier League de football anglaise fait, tous les trois ans,
rêver les diffuseurs du monde
entier. Mais elle fait aussi saliver… la
League elle-même. En particulier
cette année, où elle compte d’autant
plus sur les revenus venant de
l’international que la vente de ses
droits domestiques s’est révélée
décevante. En février, Sky et BT ont
refusé de débourser davantage pour
la période 2019-2022 que pour les
trois années écoulées. A l’arrivée, les
enchères ont rapporté à la League
4,65 milliards de livres, soit 10 % de
moins que la fois précédente !
L’enjeu est d’autant plus crucial
pour la League que l’international
représente environ 40 % de ses ven-
tes de contenus audiovisuels. Les
droits étrangers (80 contrats au
total) rapportent 1,1 milliard de
livres par saison, contre 1,7 milliard
pour les droits britanniques. « Et ils
devraient encore grimper », prédit
Julian Aquilina, analyste télévision
chez Enders Analysis.
Plusieurs leviers
pour maximiser les gains
La League a des raisons d’espérer.
Avant même que ne s’ouvrent les
enchères en Europe (actuellement
30 % des revenus à l’international),
elle a déjà amélioré ses revenus
en Chine – où ils auraient décuplé –
ou encore aux Etats-Unis – où ils
auraient atteint 1 milliard de dollars
sur six ans, soit près de 130 millions
de livres par saison. Les droits ont
aussi déjà été vendus en Thaïlande,
en Australie et en Nouvelle-Zélande,
au Brésil, en Afrique, en Scandinavie ou encore en Malaisie.
Outre l’appétit des diffuseurs traditionnels pour une compétition qui
permet de conserver leurs abonnés
et d’en séduire de nouveaux, la Premier League compte sur plusieurs
leviers pour maximiser ses gains.
L’attrait des géants du Net,
d’abord. Amazon, Facebook et, dans
une moindre mesure, Google pourraient avoir davantage intérêt à participer aux enchères que sur les
droits domestiques. « Non seulement parce qu’ils ont déjà un taux de
pénétration élevé outre-Manche,
mais aussi parce que les droits y sont
très chers, explique Julian Aquilina.
Huit matchs de la Premier League,
c’est l’équivalent de 100 millions de
dollars, soit le budget d’une saison de
“The Crown”. Or, les séries sont des
produits plus grand public que le
sport et qui sont moins périssables… »
Facebook vient
d’acquérir les droits de
la League au Vietnam
et en Thaïlande.
Pour l’aider à pénétrer de nouveaux marchés, Facebook vient
d’acquérir les droits de la Premier
League au Vietnam et en Thaïlande. Quant à Amazon, il pourrait
être tenté de revenir à l’attaque,
après avoir acheté les droits pour
20 matchs par saison sur 2019-2022
au Royaume-Uni, pour un montant
annuel estimé par Enders Analysis
à environ 30 millions de livres.
L’intérêt des opérateurs OTT,
ensuite. « Des plates-formes de diffusion en ligne comme DAZN, très présente en Italie, ou encore Eleven
Sports, bien implantée en Belgique, en
Pologne et dans les pays de l’Est, ont
déjà acquis des contenus auprès de
différentes ligues européennes de
football », rappelle Austin Houlihan, directeur de l’équipe Sports
Business chez Deloitte.
Pour faire monter les prix, la
League compte aussi sur la promotion que les clubs font en jouant des
matchs amicaux à l’étranger en été,
avant la reprise de la saison. Manchester United, Liverpool, Manchester City, Chelsea ou Tottenham
ont, ces dernières années, joué en
juillet en Asie, aux Etats-Unis ou en
Australie. Autre atout : les partenariats que les clubs signent avec les
géants du Net. A l’image de celui
récemment conclu par Amazon,
pour permettre à ses abonnés vidéo
de mieux suivre, au long de la saison, l’équipe de Manchester City. n
SFR aurait reconquis les clients perdus en trois ans
Pour Patrick Drahi,
ces gains d’abonnés se sont
faits grâce au football et
à l’amélioration de la qualité
du réseau. SFR a aussi fait
beaucoup de promotions.
Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
L’atmosphère était à la fête mardi
soir chez Altice-SFR. Quelque
300 personnes avaient été invitées à
la soirée d’inauguration du nouveau
Altice Campus, qui accueille les salariés de SFR et des médias du groupe
(BFMTV, RMC, « L’Express »,
« Libération »…), dans le 15e arrondissement de Paris.
« J’avais fixé un objectif : regagner
d’ici à la fin de l’année tous nos clients
perdus. Eh bien, c’est fait ! a carrément lancé Patrick Drahi, le propriétaire de SFR depuis novembre 2014.
On a reconquis de janvier à octobre
plus de clients que nous en avions
perdu sur les trois dernières années. »
Depuis son rachat par Patrick
Drahi, l’opérateur au carré rouge
traverse une phase difficile entre
restructuration et remise à plat de la
stratégie. Jusqu’à il y a quelques
mois, il perdait des clients en
continu. « En trois ans, SFR a perdu
environ 2,7 millions de clients en
B to C et 500.000 contrats mobiles en
B to B, calcule Nicolas Didio, analyste chez Berenberg. Si on exclut les
abonnements prépayés qui ne rapportent pas grand-chose et le B to B,
nous en sommes à une perte d’environ 750.000 abonnés à fin juin depuis
la fusion en 2014. »
« On n’a pas perdu 2,5 millions
d’abonnés comme je l’ai lu dans la
presse, commente cependant un
ponte du groupe Altice souhaitant
rester anonyme. Mais un peu moins
de 1 million. Et on en a reconquis
autant depuis le début de l’année. »
Tout dépend du type de clients pris
en compte dans le calcul…
Stratégie de convergence
Les clients reviendraient « massivement », selon Patrick Drahi. C’est
probablement lié aux promotions
des derniers mois, qui devraient
peser sur les comptes du groupe qui
seront publiés prochainement.
« Moi, je peux te faire décoller les ventes à la FNAC en vendant les livres à
1 euro », sourit un observateur. Mais
selon le haut dirigeant d’Altice cité
plus haut, les gains d’abonnés proviennent aussi « du football et parce
que la qualité du réseau est revenue »,
SFR détenant l’exclusivité des droits
de la Premier League et de la Ligue
des champions.
Pourtant, aujourd’hui beaucoup
doutent encore de la pertinence de la
fameuse stratégie de convergence de
SFR entre les contenus audiovisuels
(football, séries télévisées…) et les
« tuyaux ». « La convergence entre les
médias et les télécoms, c’est une vision
que l’on partage depuis longtemps
avec Patrick Drahi, a indiqué Alain
Weill, le patron de SFR. Ce n’est pas
une idée saugrenue : c’est une tendance mondiale qui va s’accélérer.
Aux Etats-Unis, les plus grands groupes du câble fusionnent avec des
médias. » « On a fait des centaines de
milliers d’abonnés grâce à la Ligue des
champions, environ 300.000 à ce
stade », vante le haut cadre d’Altice.
Alain Weill avait révélé récemment que SFR avait engrangé
200.000 abonnés sur la journée de
démarrage de la Ligue des champions. Patrick Drahi aurait, lui, fait le
pari devant ses troupes de séduire
1 million d’abonnés rien qu’avec cette
prestigieuse compétition. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 23
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
GOUVERNANCE
La plainte est « contre
x » mais mentionne
en particulier
les fonds Amber,
DNCA et EDRAM.
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
Lagardère passe à l’offensive face
aux investisseurs activistes qui
avaient tenté au printemps dernier –
en vain – de placer deux nouveaux
administrateurs au sein de son
conseil de surveillance. Selon nos
informations, il a en effet déposé
une plainte pour demander à la justice d’enquêter sur un possible délit
d’initié autour de son assemblée
générale (AG) des actionnaires le
3 mai dernier.
En substance, selon la plainte
dont « Les Echos » s’est procuré une
copie, Arnaud Lagardère, qui la
signe, accuse les fonds d’investissement Amber Capital, DNCA
Finance et Edmond de Rothschild
Asset Management (EDRAM)
d’avoir acheté des actions après
avoir eu connaissance que Qatar
Holding, un fonds basé à Doha, avait
décidé, le 24 avril, de voter en faveur
des résolutions de Amber. Décision
sur laquelle le fonds du Qatar
reviendra le 30 avril en transmettant son vote directement à Lagardère sans passer par son « intermédiaire inscrit », le Credit Suisse.
La plainte est « contre x », mais
ces fonds – et d’autres acteurs des
milieux d’affaires – y sont nommés.
Le vote du Qatar était la clef de
cette AG : il détient en effet 19,73 %
des droits de vote : sans lui, les deux
candidats de Amber pour le conseil,
Arnaud Marion et Helen Lee-Bouygues, n’avaient aucune chance de
passer. En revanche, si les résolutions avaient été adoptées, le cours
de Lagardère aurait grimpé. Le
statut de commandite du groupe
Lagardère n’est en effet pas apprécié
des marchés financiers car il « verrouille » le contrôle du groupe. La
nomination d’administrateurs
indépendants aurait potentiellement introduit des débats plus
contradictoires au sein du conseil et
donc potentiellement accéléré les
cessions d’actifs demandées, en par-
Masayoshi Son, le PDG
du groupe japonais, se
proposerait d’investir
encore plus dans
le groupe américain.
Yann Rousseau
@yannsan
— Correspondant à Tokyo
Tous les paris fous de Masayoshi
Son, le bouillonnant patron de SoftBank, ne séduisent pas les investisseurs. Le groupe de télécoms japonais a vu son titre dégringoler de
5,4 % mercredi sur la place de Tokyo
après la publication d’articles évoquant un nouvel investissement
gigantesque de la société et de ses
partenaires dans WeWork, le
groupe américain spécialisé dans
les bureaux partagés.
SoftBank a refusé de confirmer
un accord, mais les traders semblent croire à la véracité des informations de Dow Jones, selon qui
SoftBank chercherait à investir, par
le biais du Vision Fund, le fonds
d’investissement de 92 milliards de
INFORMATIQUE Le géant de Seattle a su automatiser ses entrepôts ou ses data centers. Il n’a pas réussi à faire de même avec ses
recrutements. Selon l’agence Reuters, Amazon avait lancé en
2 0 1 4 u n p r o je t p o u r
trier automatiquement
les CV grâce à une intelligence artificielle. Mais
l’équipe qui s’occupait
de ce programme a été
démantelée en début
d’année dernière. Le
programme avait développé un biais insurmontable contre les
femmes, en apprenant
des données historiques de recrutement
sur dix ans.
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Arnaud Lagardère a déposé une plainte pour demander à la justice d’enquêter sur un possible délit
d’initié autour de son assemblée générale des actionnaires le 3 mai dernier. Photo Denis Allard/RÉA
ticulier dans la branche médias, et
peut-être un jour aurait permis de
mettre fin à la commandite. C’est en
tout cas ce sur quoi auraient pu
parier les marchés.
« Ecran de fumée »
Le fonds Amber réfute ces accusations. « Nous apprenons maintenant
que le Qatar a changé d’avis, un changement qui soulève en soi des questions, dit Joseph Oughourlian, fondateur d’Amber. Nous avons acheté
des actions Lagardère avant le
24 avril, entre cette date et le 3 mai et
même après l’AG. Nous avons mené
une campagne classique pour
convaincre d’autres actionnaires et
avons pris le soin de le faire par le biais
d’un “proxy sollicitor”. Cet écran de
fumée prêterait à sourire s’il ne s’agissait pas de gouvernance et de tentative
d’intimidation des actionnaires institutionnels qui ne voteraient pas avec
Lagardère. »
« Les fonds gérés par DNCA sont
actionnaires de Lagardère depuis
plusieurs années. […] Nous ne pouvons pas exclure qu’il s’agisse d’un
acte malveillant. Nous nous réservons d’intenter toute action en justice
pour faire valoir nos droits », commente DNCA. De son côté, EDRAM
n’a pas souhaité commenter. Les
affaires de délits d’initiés sont notoirement difficiles à prouver et il est
peu probable que ce soit tranché
avant la prochaine AG.
Selon nos informations, la plainte
n’est pas encore instruite et aucune
personne mise en cause n’en a été
notifiée. Le parquet aurait engagé
une enquête et a transmis la plainte
à l’Autorité des marchés financiers
(AMF). Si la procédure devait être
instruite, la justice et le gendarme
des marchés décideront entre elles
laquelle des deux s’en charge et sur
quel fondement. Amber possédait
avant le 3 mai 5,5 millions de titres
Lagardère et EDRAM 1,4 million. La
plainte mentionne l’achat de
259.050 titres pour Amber, et de
120.000 titres pour EDRAM entre le
24 avril et l’AG (le calcul n’est pas disponible pour DNCA entre ces deux
dates). C’est sur ces achats de titres
que porterait l’éventuel délit.
Pour appuyer son cas, Lagardère
s’étonne que, le 25 avril, au lendemain du premier vote du Qatar, soit
« Il s’agit d’une tentative d’intimidation
des actionnaires
institutionnels. »
AMBER
envoyée à l’establishment et à des
patrons du CAC 40 une lettre anonyme baptisée « L’insoutenable
impunité de [Arnaud] Lagardère ».
Dans la plainte, Arnaud Lagardère
s’étonne que certains arguments
mentionnés dans la lettre figurent
dans une interview le 10 mai aux
« Echos » de Joseph Oughourlian,
patron fondateur de Amber. « Une
singulière similitude », note la plainte.
Enfin, la plainte repère des « liens
entre [des] personnes morales et physiques ». Ainsi, Amber, DCNA,
EDRAM et Credit Suisse ont-ils
pris des participations au même
moment dans SoLocal. Dominique
D’Hinnin, l’ex-directeur financier de
Lagardère jusqu’à mars 2016, s’est
également présenté au conseil de
cette entreprise lors de cette même
assemblée. Il est entré au conseil de
Prisa en mai 2016, aux côtés de
Joseph Oughourlian et de Amber.
« Il est à noter qu’Amber est rentré au
capital de Lagardère en juin 2016, soit
deux mois après le départ de Dominique D’Hinnin », ajoute la plaine.
Il reviendra au procureur de
prouver que ces liens sont différents
des rencontres qui s’opèrent habituellement entre dirigeants et investisseurs dans les conseils d’administration d’entreprises françaises ou
européennes. Et qu’ils jouent un
rôle dans le délit d’initié présumé. n
Avec SoftBank, WeWork pourrait devenir
la 3e start-up la plus chère de la planète
CO-WORKING
Amazon abandonne son projet de trier
les CV grâce à l’IA : trop sexiste
dollars qu’il pilote avec les fonds
souverains d’Arabie saoudite et
d’Abu Dhabi, entre 15 et 20 milliards
de dollars supplémentaires dans
WeWork. Il s’imposerait dès lors
comme l’actionnaire majoritaire de
la start-up dans laquelle le Vision
Fund avait déjà investi, l’an dernier,
4,4 milliards.
A l’issue de l’opération, WeWork,
qui n’a jamais dégagé le moindre
profit en huit années d’existence,
pourrait être valorisé à près de
40 milliards. Il monterait ainsi sur le
podium des start-up les plus chères
de la planète, derrière Uber et son
rival chinois Didi Chuxing.
Méfiance des investisseurs
Une performance qui risque de
relancer le débat sur la pertinence
du modèle économique de
WeWork et l’étonnant engouement
de certains investisseurs pour son
modèle. Fondé à New York en 2010,
WeWork loue sur le long terme,
dans les grandes villes du monde,
des espaces vides qu’il réaménage
en des bureaux décontractés. La
société gère ainsi 270 espaces dans
90 villes de la planète
La start-up, qui revendique
270.000 « membres », a généré une
Masayoshi Son, le PDG
de SoftBank, disait en juin
dernier voir en WeWork
son « prochain Alibaba ».
Photo Lluis Gene/AFP
perte nette de 723 millions de dollars au premier semestre, pour un
chiffre d’affaires total de seulement
764 millions. Nombre d’investisseurs jugent le groupe surévalué.
Même s’il promet d’user des data de
ses clients pour leur offrir une expérience plus personnalisée et se veut
résolument « trendy », il n’apporte
pas de solution très neuve sur le
marché des bureaux partagés. Son
principal concurrent, IWG, dispose
de 3.300 adresses dans 110 pays et a
déjà atteint la profitabilité. Mais il
est valorisé à moins de 3 milliards de
dollars sur la Bourse de Londres.
Maintes fois, lors de ses précédents investissements dans Uber,
Didi Chuxing, ARMS ou Alibaba,
Masayoshi Son a écarté ces considérations financières. Il explique régulièrement qu’il préfère suivre son
instinct. « Quand il s’agit d’investir
dans le futur, […] il est plus important
de ressentir que de regarder des chiffres », expliquait-il en juin, à Tokyo, à
ses actionnaires parfois dubitatifs.
A l’époque, il disait voir en WeWork
son « prochain Alibaba » et expliquait que le partage de bureaux
allait, à terme, encourager les entreprises à interagir et à faire jaillir de
nouvelles idées révolutionnaires. n
COMMUNE DE CLICHY-LA-GARENNE
AVIS D’ENQUÊTE PUBLIQUE
PROJET DE CONSTRUCTION D’UN ENSEMBLE
IMMOBILIER DE 39 353,05 M² SIS 11-15 IMPASSE
DUMUR ET 51 RUE GEORGES BOISSEAU À
CLICHY-LA-GARENNE PAR LA SNC ALTAREA
COGEDIM GRANDS PROJETS
Par arrêté en date du 8 octobre 2018, Monsieur le Maire de la
commune de Clichy-la-Garenne a prescrit l’ouverture d’une enquête
publique relative au projet de construction d’un ensemble immobilier de
39 353,05 m², sis 11-15 impasse Dumur et 51 rue Georges Boisseau, par
la SNC ALTAREA COGEDIM GRANDS PROJETS.
L’enquête publique s’inscrit dans le cadre de l’instruction des
deux demandes de permis de construire n°PC 092 024 18 00010 et
n°PC 092 024 18 00011 déposées le 4 mai 2018 par la SNC ALTAREA
COGEDIM GRANDS PROJETS relatives à la mise en œuvre en
deux phases du projet de construction d’un ensemble immobilier de
39 353,05 m², sis 11-15 impasse Dumur et 51 rue Georges
Boisseau à Clichy-la-Garenne. La demande de permis de construire
n°PC 092 024 18 00010 correspondant à la phase 1 du projet
d’ensemble a pour objet la construction de 7 bâtiments représentant
376 logements, une crèche et des locaux d’activité pour une surface
de plancher de 28 117,05 m². La demande de permis de construire
n°PC 092 024 18 00011 correspondant à la phase 2 du projet
d’ensemble a pour objet la construction de 3 bâtiments représentant
176 logements pour une surface de plancher de 11 236 m².
Les dossiers de demande de permis de construire comprennent
une étude d’impact conformément aux termes de l’article R431-16
du Code de l’Urbanisme. Cette étude d’impact a fait l’objet d’un avis
de la Mission régionale d’autorité environnementale d’Île-de-France
en date du 16 septembre 2018. Cet avis est consultable à l’adresse
suivante : http://www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/
IMG/pdf/180916_mrae-avis_sur_projet_construction_ilot_boisseau_a_
clichy-la-garenne_92.pdf
Au terme de l’enquête publique, le Maire de Clichy-la-Garenne
statuera sur les demandes d’autorisation objet des permis de construire
n°PC 092 024 18 00010 et n°PC 092 024 18 00011 déposés le 4 mai
2018 par la SNC ALTAREA COGEDIM GRANDS PROJETS en tenant
compte de l’étude d’impact, de l’avis de l’Autorité Environnementale et
du rapport et des conclusions motivées du commissaire enquêteur.
Madame Valérie BERNARD, Ingénieur consultant, a été désignée en
qualité de commissaire enquêteur par décision de Monsieur le Président
du Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise en date du 17 septembre
2018.
L’enquête se déroulera pendant 30 jours consécutifs
du 29 octobre au 27 novembre 2018 inclus,
à l'Hôtel de Ville de Clichy-la-Garenne sis
80, boulevard Jean Jaurès (92110 CLICHY),
du lundi au vendredi de 8h00 à 18h00 et le samedi de 9h00 à 12h00.
Le commissaire enquêteur recevra le public à l’Hôtel de Ville les jours
suivants :
- Mardi
30 octobre
2018, de 9h00 à 12h00 ;
- Mardi
6 novembre 2018, de 14h00 à 17h00 ;
- Samedi 17 novembre 2018, de 9h00 à 12h00 ;
- Vendredi 23 novembre 2018, de 8h00 à 11h00 ;
- Mardi
27 novembre 2018, de 15h00 à 18h00.
Le dossier d'enquête publique, comprenant notamment les dossiers
de demande de permis de construire n°PC 092 024 18 00010 et
n°PC 092 024 18 00011 déposés le 4 mai 2018 par la SNC ALTAREA
COGEDIM GRANDS PROJETS et l’étude d’impact relative au projet
de construction d’un ensemble immobilier de 39 353,05 m², sis
11-15 impasse Dumur et 51 rue Georges Boisseau à Clichy-la-Garenne,
consultable au format papier et sur un poste informatique, ainsi qu’un
registre d'enquête à feuillets non mobiles, coté et paraphé par le
commissaire enquêteur, seront déposés à l'Hôtel de Ville de Clichy-laGarenne pendant toute la durée de l'enquête, et consultables du lundi
au vendredi de 8h00 à 18h00, et le samedi de 9h00 à 12h00. Le dossier
d’enquête publique sera également consultable durant toute la durée
de l’enquête sur le site Internet de la commune de Clichy-la-Garenne
(www.ville-clichy.fr).
En outre, un registre dématérialisé sera mis à la disposition du public
pendant toute la durée de l’enquête et accessible directement depuis le
site Internet de la commune de Clichy-la-Garenne (www.ville-clichy.fr).
Pendant la durée de l’enquête, le public pourra prendre connaissance
du dossier et consigner ses observations, propositions et contrepropositions sur les registres d’enquête tenus à sa disposition. Les
observations, propositions et contre-propositions pourront également
être adressées par correspondance au commissaire enquêteur au siège
de l’enquête publique : Mairie de Clichy-la-Garenne, 80 boulevard Jean
Jaurès – 92110 CLICHY. Elles seront tenues à la disposition du public
au siège de l’enquête dans les meilleurs délais.
Toute information relative au dossier soumis à enquête publique
pourra être demandée au maître d’ouvrage et responsable du projet :
SNC ALTAREA COGEDIM GRANDS PROJETS – 8 avenue Delcassé
– 75 008 PARIS (Monsieur Raphaël ROLINET, 01 56 26 70 53,
rrolinet@altareacogedim.com).
À l'expiration du délai d'enquête, les registres seront clos et signés
par le commissaire enquêteur. Dans un délai de trente jours à compter
de la date de clôture de l’enquête, le commissaire enquêteur transmettra
au Maire de la commune de Clichy-la-Garenne le dossier de l’enquête,
les registres et les pièces annexées, accompagnés de son rapport et
de ses conclusions motivées. Une copie du rapport et des conclusions
motivées sera simultanément transmise à Monsieur le Président du
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise et à Monsieur le Préfet des
Hauts-de-Seine.
Dès leur réception, le rapport et les conclusions du commissaire
enquêteur seront tenus à la disposition du public pendant un an au
service Urbanisme et sur le site Internet de la commune de Clichy
(www.ville-clichy.fr).
EP18-481
enquete-publique@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
É É
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
Shutterstock
Lagardère a déposé une plainte
pour délit d’initié
en bref
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24 //
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
START
UP
e
LE BUZZ
La start-up juridique
Alertcys (plate-forme de
gestion des lanceurs
d’alerte en entreprise) a remporté
mercredi le concours de pitch organisé lors de la conférence Bordeaux
Fintech. Suivent La Fabrique Juridique (consultation d’avocats avec
réponse en 72 heures), Shoyo (passeport investisseur par blockchain),
Carjoy (location de véhicules haut de
gamme) et la néo-banque Moneway.
1
MILLION D’EUROS
Après un an d’existence, la start-up Ayomi
annonce avoir bouclé une levée de fonds de
1 million d’euros auprès de Business Angels.
Elle pourra ainsi lancer la deuxième version de
son intelligence artificielle, qui aide les entreprises à trouver des financements, pour un
besoin moyen de 45.000 euros.
CybelAngel accélère
son implantation américaine
CYBERSÉCURITÉ
La start-up, qui s’était
distinguée à Slush
en 2016, vient de lever
10 millions d’euros
pour se déployer
outre-Atlantique.
Un ordinateur portable oublié dans
un train, un mot de passe non sécurisé… ce ne sont pas les raisons qui
manquent pour expliquer les fuites
d’informations professionnelles que
l’on retrouve sur Internet. La plupart
d’entre elles n’ont pas de valeur mais,
pour une toute petite partie, elles
peuvent déstabiliser l’existence
même d’une entreprise. C’est pour
chercher ces données éparpillées et
perdues dans la masse du Web que
CybelAngel s’est créé en 2013. Cinq
ans plus tard, la start-up lève 10 millions d’euros auprès de Serena Capital et de bpifrance pour concrétiser
son ambition américaine.
Le défi du recrutement
aux Etats-Unis
CybelAngel avait déjà mis un pied
aux Etats-Unis, à la suite d’une levée
de 3 millions d’euros en 2017, « mais
cette somme ne nous avait permis que
de tester le marché, pas de se lancer »,
explique Erwan Keraudy, PDG et
l’un des trois cofondateurs de la
jeune pousse avec son frère Stevan et
Matthieu Finiasz. « Avec 10 millions
d’euros, nous pouvons y déployer
notre activité car les salaires sont deux
fois plus élevés qu’à Paris. » D’un
point de vue opérationnel,
c’est Erwan, le PDG, qui y dirigera
La start-up LeCiseau.fr, qui permet de réserver des prestations de coiffure en ligne,
signe un partenariat annuel avec l’association Joséphine, qui aide les femmes en situation de précarité à avoir accès à des soins de beauté. Les clients
réservant un rendez-vous chez le coiffeur sur la plateforme pourront désormais laisser un don de quelques
centimes à l’association. La première campagne de don
avait permis de réunir 6.627 euros. La start-up souhaite
également impliquer ses 1.000 salons partenaires en les
encourageant à soutenir l’association.
Skello veut
étendre la gestion
RH de personnel
à la restauration
RESSOURCES
HUMAINES
La start-up lève
6 millions d’euros
auprès d’Aglaé
Ventures, d’XAnge,
et du fondateur
de Criteo.
Les grandes entreprises sont sensibles
aux performances
de sa solution.
Guillaume Bregeras
@gbregeras
U
REBOND
Les trois cofondateurs de CybelAngel, de gauche à droite : Stevan Keraudy, Erwan Keraudy
et Matthieu Finiasz. Photo DR
l’équipe, actuellement composée de
7 personnes mais qui devrait rapidement monter à 45. Un vrai challenge
pour celui qui vient d’installer sa
famille à New York afin de diriger
ses futurs employés, répartis sur
l’ensemble du territoire nord-américain : « Tout est différent ici. Le travail
à domicile est très répandu et nous
Chaque mois, la pépite
remonte une douzaine
d’informations
sensibles à ses clients :
données bancaires,
plan d’une nouvelle
usine, une molécule
sur le point
d’être révélée…
avons déjà des personnes qui sont
basées à Tampa, en Floride, ou à Chicago. Il faut aller convaincre les bonnes personnes là où elles sont, sans
essayer de les faire venir à New York. »
Dans le développement d’une
start-up aux Etats-Unis, cet aspect
RH de la croissance est souvent mal
cerné et finit par coûter énormément aux entrepreneurs. Ce qui
explique que les fondateurs de
CybelAngel mettent autant d’énergie à se structurer, mais sans renier
le cœur de leur activité, à savoir
récupérer les données sensibles
égarées des entreprises.
1 milliard de données
non vues par Google
L’outil de la jeune pousse scanne
un milliard de données par jour
que Google ne repère pas. Celles
perdues sur le Web bien sûr, mais
aussi celles issues des réseaux
d’objets connectés. Ce savoir-faire
est l’un des marqueurs forts de la
différenciation de la pépite tricolore
par rapport à la concurrence, y
compris américaine (Recorded
Future, fondé en 2009, a levé près de
60 millions de dollars à date).
Chaque mois, la jeune pousse
remonte une douzaine d’informations sensibles à ses clients. Cela peut
concerner des données bancaires,
un plan d’une nouvelle usine, une
molécule sur le point d’être révélée à
la communauté scientifique… Les
exemples sont nombreux et mettent
en lumière la fragilité des systèmes
sur lesquels s’appuient les entreprises pour protéger leur savoir-faire.
« Les serveurs S3 d’Amazon, par
exemple, ne sont pas suffisamment
sécurisés. C’est une hémorragie ! Tout
comme les petits serveurs que l’on
trouve dans le commerce, assure
Erwan Keraudy. Cela crée des opportunités de vol de données que certaines
personnes captent pour rançonner
leurs propriétaires par la suite. »
Bien implanté en France avec
plus de la moitié du CAC 40 comme
clients, CybelAngel vise désormais
un terrain de jeu bien plus large. Et
aux Etats-Unis, cette question de la
protection des données critiques
est traitée avec plus de maturité,
assure l’entrepreneur : « Notre solution est un bon outil pour mettre en
lumière la maturité des entreprises
sur ce sujet. Et certains, en France, ne
prennent pas encore en compte cette
menace. Aux Etats-Unis, c’est différent, ils comprennent les enjeux et
sont plus agiles en règle générale. »
On le sent bien, l’ambition américaine ressemble à un rêve pour le
startuppeur qui, si tout se passe
bien, aimerait être un jour « l’un de
ces rares entrepreneurs français avec
une entreprise cotée au Nasdaq ». n
Dans bien des domaines, la gestion RH peut devenir un cassetête. Dans la restauration, ce sujet
peut devenir une source de
stress. C’est là qu’intervient
Skello, une start-up parisienne
qui a levé 6 millions d’euros
auprès d’Aglaé Ventures, de
X A n g e , d e Je a n - B a p t i s t e
Rudelle, ainsi que de ses business
angels historiques, Thomas
Landais (Doctolib), Guillaume le
Dieu de Ville (Lingueo) et Gilles
Blanchard (SeLoger). La pépite
propose un logiciel permettant
de gérer les tâches de gestion du
personnel depuis le planning
des employés jusqu’à leur paie.
Réduire les tâches
administratives
Ce marché était jusqu’à présent
géré avec des outils comme Excel
dans le meilleur des cas. Pendant
deux ans, les équipes de Skello
ont arpenté les grandes villes
pour convaincre les restaurateurs d’intégrer leur outil digital
avec une promesse claire :
réduire par trois le temps passé
sur les tâches administratives
et le coût du personnel de 6
points. Principalement grâce au
bouche-à-oreille, Skello s’est rapidement installé dans le milieu et
gère désormais 1.500 points de
vente avec quelques grands
comptes de renom comme Alain
Ducasse, Planet Sushi ou Ibis.
Cette typologie de moyens et
de grands comptes, qui représente sa principale cible, lui permet d’envisager une diversification, comme l’explique Quitterie
Mathelin-Moreaux, cofondatrice de Skello : « En nous développant, nous nous sommes aperçus
que les problèmes que nous
réglions pour les restaurateurs
étaient les mêmes rencontrés par
les acteurs du “retail”. C’est un
marché de 7 millions de points de
vente en Europe et nous voulons
désormais accélérer cette conquête. » Lorsque la jeune cofondatrice parle de « points de
vente », elle décrit un modèle qui
distingue la start-up de la concurrence, comme Snapshift. Son
outil est bien adapté aux franchises et aux enseignes multisites.
En dehors de l’encadrement légal
spécifique à chaque secteur, il
peut s’adapter grâce à des modules personnalisables.
D’ici à deux ans, la pépite tech
pense que 60 % de son chiffre
d’affaires sera généré par des
entreprises évoluant en dehors
de la restauration. 120 personnes devraient rejoindre l’entreprise dans les vingt-quatre prochains mois, notamment des
commerciaux.
Si l’internationalisation n’est
pas encore engagée, Quitterie
Mathelin-Moreaux l’envisage
sérieusement : « Cela pourrait
intervenir plus rapidement que
prévu si l’on croît fortement… Et
cela passerait d’abord par les pays
francophones, puis d’autres dont
la structure du marché est similaire à celle de la France, comme
l’Espagne et l’Allemagne. » A
moins que, d’ici là, le leader mondial, l’américain When I Work,
ne chamboule la donne en attaquant le marché européen avec
des acquisitions ciblées. — G. B.
Embleema sécurise les données de santé grâce à la blockchain
SANTÉ
La start-up lance une
campagne de financement à travers une
« initial coin offering »
(ICO) depuis Paris.
Sa solution n’est
pour le moment testée
qu’aux Etats-Unis.
Déborah Loye
@Loydeborah
Les données personnelles ne peuvent pour le moment pas être
monétisées, comme le souhaiterait
le think tank Génération Libre.
Pourtant, « les données de santé le
sont, après avoir été totalement anonymisées, notamment lors d’essais
cliniques », indique Robert Chu,
fondateur d’Embleema. C’est sur
cela que la start-up base sa solution,
qui sécurise et structure automatiquement les données, notamment
grâce à la blockchain.
La première application, évidente, est le développement d’un
carnet de santé numérique. Mais
Embleema ne veut pas s’arrêter là,
et souhaite se positionner en véritable canal pour ces informations, reliant tous les acteurs.
« Aujourd’hui, ce sont les professionnels de santé, comme les hôpitaux, qui font le lien entre les
patients et les laboratoires pharmaceutiques en récoltant les données », indique Robert Chu. Cet
ancien d’IBM et d’IMS Health souhaite permettre aux patients
d’interagir directement avec les
laboratoires, en étant rémunérés.
tent les médicaments, elles récoltent
ce que l’on appelle des “données en
vie réelle”, qu’elles doivent mettre en
forme pour les livrer aux institutions telles que la Food and Drug
Administration (FDA) aux EtatsUnis, détaille le dirigeant de la
start-up. Ce processus leur prend
entre 12 et 24 mois. Avec notre solution, elles gagnent un an. »
Première levée de fonds
à Paris
Aux Etat-Unis, où la jeune
pousse est basée, la numérisation
des données de santé est plus
r é p a n d u e . L a ve r s i o n p i l o t e
d’Embleema y est actuellement
testée par 120 utilisateurs. En
France en revanche, la situation
Embleema devrait en outre faciliter la transmission de données
entre les laboratoires et les
administrations. « Lorsque les
entreprises pharmaceutiques tes-
Embleema
devrait faciliter
la transmission
de données entre
les laboratoires
et les administrations.
est plus complexe. La jeune pousse
y a ouvert une filiale, mais n’y lance
pas, pour le moment, son produit.
Après dix ans d’attente, le dossier
médical partagé (DMP) devrait
être généralisé en novembre, mais
Robert Chu reste sceptique quant
à la possibilité de numériser massivement des données « qui ne sont
même pas uniformisées », déploret-il. La start-up devrait pourtant
annoncer sous peu un partenariat
avec le laboratoire pharmaceutique français Pierre Fabre.
Et c’est depuis Paris que l’entreprise lance sa première levée de
fonds, en cryptomonnaies, afin de
« profiter de la loi Pacte ». Au cours
de cette ICO, la start-up va émettre
des « utility token », des jetons qui
donneront accès à son service.
L’ICO a été lancée mercredi, en
privé, c’est-à-dire qu’elle n’est pour
le moment accessible qu’à des
investisseurs autorisés. Ironie de
l’histoire, l’ICO ne sera pas ouverte
aux résidents américains… pour
des questions de réglementation. n
Robert Chu est passé par IBM et IMS Health avant de fonder
Embleema. Photo DR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 25
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
en
direct
Travaux SGP sur le
terrain PSA d’Aulnay
ÎLE-DE-FRANCE Prévue pour
ÎLE-DE-FRANCE La Société du
avril 2019, la refonte du réseau
de bus parisiens par l’autorité
organisatrice des transports de
la région parisienne, Ile-deFrance Mobilités (IDFM), va
nécessiter 600 embauches de
chauffeurs supplémentaires par
la RATP. Les coûts de recrutement et de formation, 8 millions
d’euros, sont assumés par IDFM.
Jacques Demarthon/AFP
PME
&REGIONS
La RATP va recruter
600 chauffeurs
Grand Paris a attribué au groupement d’entreprises Guintoli,
NGE Génie Civil et EHTP un
marché de génie civil de
54,8 millions d’euros hors taxes,
pour préparer la construction du
centre d’exploitation des lignes
16 et 17 du métro du Grand Paris.
Le chantier devrait débuter à la
fin de cette année. Il constitue la
première étape de la construction du centre de maintenance
et de remisage de ces deux
lignes, qui doit se traduire par la
création de 350 emplois sur une
partie de l’emprise de l’ancienne
usine PSA d’Aulnay. Le marché
porte sur la construction de la
plate-forme qui accueillera les
voies ferrées et les bâtiments,
les voiries et réseaux divers.
L’attribution du marché beaucoup plus important du centre de
maintenance est prévue fin 2019.
Petites annonces en ligne :
peut-on exister face à Leboncoin ?
l Le marché des annonces sur le Web continue à croître au détriment du papier, quasi disparu.
l Dans cette concurrence acharnée entre sites, le généraliste Leboncoin devance de loin
ses challengers comme ParuVendu ou Vivastreet.
Le papier :
chronique d’une
mort annoncée ?
COMMERCE
Marion Kindermans
@Makindermans
Paiement en ligne, annonces de
plus en plus léchées, multiplication
des offres, consultation de plus en
plus rapide… Avec leurs innovations technologiques permanentes
et leur immédiateté, les sites Web
ont définitivement mis à mort les
petites annonces papier. Selon une
étude de Xerfi-Percepta, publiée
l’an dernier, le chiffre d’affaires des
éditeurs de sites d’annonces a crû
de près de 7 % depuis 2009. En 2015,
date de la précédente étude, le marché des annonces en ligne atteignait
945 millions d’euros. Il avait triplé
en dix ans, occupant plus des deux
tiers des annonces.
Chez les généralistes, Leboncoin
rafle la mise. Avec 247,4 millions
d’euros de ventes et 110 millions de
transactions en 2017, le site creuse
son écart avec ses concurrents tricolores. Même si ParuVendu, moribond en 2012, vient de confirmer
son redressement avec le rachat de
Topannonces, il est loin derrière
avec 15 millions d’euros de ventes et
2,3 millions d’annonces. Et Vivastreet, qui revendique 2,5 millions
d’annonces, est dans la tourmente,
sous le coup d’une information
judiciaire depuis cet été pour
« proxénétisme aggravé ». Il a
assuré, depuis, avoir supprimé sa
rubrique rencontres.
Leboncoin a réalisé 247,4 millions d’euros de ventes et 110 millions de transactions en 2017. Photo RP Ribiere
Selon l’étude, tous les segments
fonctionnent mais certains se distinguent : le créneau des « bonnes
affaires » a enregistré une hausse
de 53 % en valeur entre 2009 et 2015.
L’immobilier reste la locomotive,
représentant 36,1 % du marché des
annonces en ligne (et 35 % en 2009).
A noter que Xerfi n’a pas pris en
compte la plate-forme Airbnb, « qui
ne dépose qu’une partie de ses comptes en France ». « En réalité, le segment ne s’est sans doute jamais aussi
bien porté », affirment les auteurs.
En revanche, l’auto-moto et nautisme se contractent, passant de
20,1 % du marché en 2009 à 16,2 %
en 2015. La concurrence la plus
rude vient des spécialistes : Seloger
ou Airbnb dans l’immobilier ;
Monster, Indeed ou Cadremploi
pour l’emploi ; BlaBlaCar ou AlloVoisins pour les services à la personne ; La Centrale ou Caradisiac
pour l’automobile ; ou eBay ou Price
Minister pour les bonnes affaires.
Concurrence des Gafa
Mais, même face à ses mastodontes
sectorisés, le généraliste Leboncoin
résiste en France. D’après l’étude
Xerfi, il est numéro deux pour les
services à la personne derrière BlaBlaCar, numéro deux également
pour l’emploi derrière Indeed, et
conserve sa place de leader pour
l’immobilier (devant Airbnb), les
bonnes affaires (devant eBay) et
l’automobile (devant La Centrale).
Comme le souligne l’étude Xerfi,
« ce sont surtout les Gafa qui préoccupent aujourd’hui les acteurs historiques ». Facebook a lancé à l’été
2017 Marketplace, une plate-forme
de petites annonces entre particuliers. Il s’est aussi associé en juin
avec « L’Argus » pour publier des
annonces automobiles. n
Pour Laurent Radix,
PDG de Digital Virgo qui
a racheté ParuVendu,
les choses étaient claires :
pas question de reprendre
le papier. « Le papier
n’a plus de sens sur ce
marché sauf pour des
niches haut de gamme
de collectionneurs
et de luxe (objets d’art,
voitures, monnaies…).
Plus personne ne veut
payer pour des annonces
publiées avec une
semaine de délai, les gens
veulent pouvoir modifier
le prix, ajouter des
photos ou les retirer. »
Topannonces a arrêté
le papier il y a plus d’un
an. On en trouve ici ou là
dans les journaux gratuits,
les gazettes locales,
ou bien dans les commerces du quartier. Restent
les fameux magazines
« Logic-Immo », qui
malgré le rapprochement
avec Seloger.com,
en janvier 2018, perdureront avec leurs annonces
payantes (2 millions
de magazines imprimés
par an).
ParuVendu réussit son retournement Gens de Confiance
et veut gagner des parts de marché
mise sur le parrainage
Le challenger de Leboncoin,
après avoir manqué
de disparaître, renoue
avec les bénéfices et vient
de racheter Topannonces.
concessionnaires automobiles – qui
font 60 % du chiffre d’affaires. Le
reste provient de la publicité.
Publicité locale
Lea Delpont
— Correspondante à Lyon
ParuVendu revient de loin. En 2012,
le spécialiste lyonnais des petites
annonces avait laissé sur le carreau
1.650 salariés dans le désastre de
la Comareg, filiale d’Hersant. Une
dizaine à peine avait été repêchée
par Digital Virgo, repreneur du portail Internet pour 2 millions d’euros.
Ce spécialiste du marketing digital
n’a pas repris les éditions papier
mais « croyait dans la marque, très
ancrée dans le quotidien des Français », assure Laurent Radix, PDG de
ParuVendu. Sa société compte
désormais 50 salariés, réalise 15 millions d’euros de chiffre d’affaires et
dégage 4 millions de résultat net.
Elle vient de racheter Topannonces,
deux ans après l’acquisition de Mondebarras. Très loin derrière Leboncoin et ses 28 millions de visiteurs
mensuels, le site revendique une
place de numéro deux avec 9 millions de visiteurs uniques mensuels
et 2,3 millions d’annonces (contre
200.000 en 2012). Les quatre fonda-
ParuVendu revendique
9 millions de visiteurs uniques
mensuels. Photo DR
teurs de Digital Virgo (240 millions
d’euros de chiffre d’affaires) ont
rebâti un site généraliste. « Il est clair
et qualitatif : ce sont là les clefs du succès », explique le président. Les
annonces gratuites des particuliers,
déposées avec des coordonnées téléphoniques, passent par un logiciel
de vérification des prix. « S’ils ne correspondent pas à la cote du produit,
on appelle : ça décourage les escrocs.
On est les seuls à faire ça », dit-il. Ce
sont les annonceurs professionnels
– payants, agences immobilières et
Ironie de l’histoire, l’entreprise a
relancé en 2014 les éditions papier
dédiées à de la publicité locale. Quatre-vingts « ParuVendu » sont distribués dans les boîtes aux lettres de
petites et moyennes villes, remplis
de promotions, opérations déstockage, prix anniversaire… Le concept
a été testé à Saint-Etienne puis franchisé auprès de petites régies locales, avec à la clef une cinquantaine
d’emplois supplémentaires.
La Centrale et SeLoger devancent
largement ParuVendu dans leurs
domaines de l’automobile et de
l’immobilier. « Face à ces spécialistes
et à Leboncoin, on ne devrait pas exister. Et pourtant on progresse de 20 %
à 25 % par an », se félicite Laurent
Radix. Il voit encore une marge de
progression dans son modèle, avec
des parts de marché à prendre :
« On touche 4.500 agences immobilières sur 22.000 en France, et
1.500 concessionnaires sur 12.000. »
ParuVendu est sorti du giron de
Digital Virgo il y a deux ans. Mais les
deux sociétés partagent toujours les
mêmes locaux et trois actionnaires
sur quatre. n
Le site GDC se prémunit
des arnaques en proscrivant l’anonymat et en
exigeant de ses membres
plusieurs parrains.
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
C’est en « réaction à Leboncoin, qui
met en relation mais ne s’intéresse pas
au succès de la transaction », que
Gens de Confiance est né, soutient
Nicolas Davoust, cofondateur de ce
site de petites annonces lancé à Nantes il y a quatre ans. Aux gros volumes d’annonces publiés par le leader
du secteur, Gens de Confiance a préféré un système sélectif. Pour s’inscrire, le nouvel adhérent doit être
recommandé par au moins trois
garants. « Cela écarte les gens notoirement non fiables », poursuit le dirigeant. En cas de mauvais comportement, le fauteur de trouble peut être
renvoyé et, avec lui, ses parrains.
Ce principe crée une sorte d’autodiscipline, met en avant le dirigeant.
Chaque plainte est traitée individuellement par les 25 salariés de
GDC. Sur 15.000 à 20.000 transactions mensuelles, notamment via
l’appli mobile, une vingtaine font
l’objet d’un litige. Les catégories les
plus actives sont les locations
immobilières, les gardes d’enfants
et, de plus en plus, les annonces
ayant trait à l’emploi et aux stages. « On vient chercher ici des profils
de confiance comme les secrétaires de
direction ou les DRH », note Nicolas
Davoust. GDC se décline en sousgroupes par villes, professions, affinités… Prisé des expatriés, le réseau
pourrait former la base d’un lancement à l’international.
Bénéficiaire
Au rythme de 600 nouveaux adhérents par mois, GDC atteint
338.000 membres. Parfois brocardé
comme un entre-soi bourgeois,
GDC assume ce parti pris un brin élitiste, même s’il « ne veut pas être un
réseau réservé aux BCBG ». L’entreprise estime son marché potentiel
assez proche de celui de LinkedIn et
de ses 14 millions de membres, « des
CSP +, plutôt actifs, urbains, connaissant les codes de la politesse et de
l’écriture ». Le site consentira des
investissements en référencement
Internet et en publicité, grâce à un
premier bilan bénéficiaire. La
start-up, qui ne dévoile pas son chiffre d’affaires, se rémunère sur les
annonces immobilières saisonnières et, à 20 %, sur des dons. GDC ne
se connaît pas de rivaux sur un
modèle identique de parrainage. n
Comment
Leboncoin
conserve
son avance
ANALYSE
Marion Kindermans
L
eboncoin doit accélérer. Sur
le marché en pleine explosion des annonces en ligne,
le leader français, avec 257,4 millions d’euros de ventes et 55%
d’Ebitda (excédent brut d’exploitation) l’an dernier, a une longueur
d’avance sur ses challengers tricolores. Mais c’est face aux mastodontes internationaux que la partie se jouera. Petit Poucet, avec ses
28 millions de consommateurs
par mois et une centaine de millions de transactions par an, il lui
faut grossir.
L’américain Letgo, qui diffuse
des annonces sur smartphone, a
levé 175 millions de dollars l’an dernier. Le japonais Mercari a fait une
entrée en Bourse spectaculaire cet
été pour conquérir l’étranger. Le
propriétaire de Leboncoin, le norvégien Schibsted, passe donc à
l’offensive. Il a annoncé l’entrée en
Bourse de son poulain au premier
semestre 2019.
Paiement en ligne
Mi-septembre, le site a officialisé
son système de paiement en ligne
entre acheteurs et vendeurs, qu’il
testait en catimini sur les locations
de vacances. Un moyen de se hisser
au niveau des offres des géants eBay
ou Amazon. Un service pour l’instant « gratuit, optionnel, qui répond
à une demande des utilisateurs
d’avoir des paiements plus sécurisés », précise aux « Echos » Antoine
Jouteau, directeur général de
Leboncoin. Ouvert à quatre catégories (jeux, jouets, vêtements, chaussures, linge de maison), celles qui
enregistrent le plus d’échanges, la
prestation sera étendue aux trente
biens de consommation d’ici à la fin
de l’année. « 15.000 utilisateurs se
sont déjà authentifiés, en enregistrant leur RIB et leur carte d’identité,
étape préalable pour utiliser le service », déclare Antoine Jouteau, qui
se dit « satisfait ».
Pour étendre sa toile, Leboncoin
se positionne sur les segments qui
marchent. Il rachète des acteurs
spécialisés, comme A Vendre
A Louer, qui lui permet de compléter son offre immobilière, locomotive du site, ou Kudoz pour se renforcer sur l’emploi cadres. « C’est une
course au gigantisme », admet
Antoine Jouteau. Les services des
professionnels (plombiers, recruteurs...) qui représentent 60 % du
business model avec 500.000 entreprises, sont aussi renforcés, car très
rentables. D’autres idées germent
chez les 150 ingénieurs de Leboncoin : créer une solution de livraison
et améliorer la géolocalisation. Pour
ce faire, un nouveau moteur de
recherche – c’est la première fois
que le site en change depuis sa création – vient d’être mis en place,
moyennant finance. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 // PME & REGIONS
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
10.000
PAYS-DE-LA-LOIRE La chambre
satrice des transports. Deux nouveaux parkings à Esbly et
Cormeilles-en-Parisis, 950 places
au total, vont porter à 9.840 le nombre de places financées en petite et
grande couronnes. S’y ajoutent
1.000 places aux portes de Paris.
Loic Venance/AFP
PLACES DE PARKINGS RELAIS PRÉVUES EN RÉGION PARISIENNE
Lancé en 2016, le programme
visant à la création de 10.000 places
supplémentaires de parkings relais
aux abords des gares et des métros
de la région parisienne sera
dépassé d’ici à 2021, selon Ile-deFrance Mobilités, l’autorité organi-
innovateurs
Nantes se projette
à New York
de commerce de Nantes appuie
l’aéroport de Nantes-Atlantique
pour prendre des contacts avec
deux compagnies aériennes low
cost afin d’ouvrir une ligne vers
New York, selon « OuestFrance ». L’un de ces transporteurs est déjà présent en France,
mais les contacts en sont encore
au stade exploratoire.
Archeon réinvente
la réanimation
cardiopulmonaire
AUVERGNE
RHÔNE-ALPES
Le fonds Montagu a
fixé à ce jeudi la remise
des offres de rachat
pour la société iséroise,
passée dans le giron
de l’américain Crown
Cork & Seal.
Anne Drif
@anndrif
Jour J pour les salariés de Nemera,
ce spécialiste d’inhalateurs et stylos
à insuline de La Verpillière en Isère.
Les banques Morgan Stanley et
HSBC, en charge du processus de
vente, ont avancé à ce jeudi 11 octobre la date de remise des offres pour
la vente de l’entreprise. Et son actuel
propriétaire, le fonds britannique
Montagu, en attendrait plus de
un milliard d’euros, selon nos informations. Un prix qui valoriserait
l’entreprise pas moins de… 15 fois
son résultat brut d’exploitation 2018
(65 millions d’euros d’Ebitda) !
Un cercle de fonds a été admis à
participer : les français Eurazeo et
Astorg, les britanniques Permira et
CVC, ainsi que l’américain CD&R et
Nemera génère un peu plus de 300 millions d’euros de chiffre
d’affaires. Photo Shutterstock
la branche de private equity de
Goldman Sachs, selon ces sources.
Très active à l’international,
l’entreprise creuse ses parts de marché, aux côtés de géants comme Philips, auprès de groupes pharmaceutiques à qui elle fournit des
inhalateurs d’asthme, des distributeurs de collyre sans conservateur,
des pompes et valves pour pulvérisation buccale et auriculaire ou encore
des stylos injecteurs. Un marché « très protégé avec des contrats
très longs », qui croît notamment
avec le développement des maladies
respiratoires. Nemera a aussi renforcé ses recherches dans de nouvelles solutions connectées, associant
des outils de rappel et de posologie.
Forges de Basse-Indre
Aujourd’hui français dans le giron
d’un britannique, Nemera n’en est
pas à son premier changement de
pavillon. Les racines du groupe
remontent aux forges de Basse-In-
dre et à la fusion en 1989 du spécialiste français de l’emballage Carnaud et de l’anglais Metalbox,
rachetés ensemble en 1996 par
l’américain Crown Cork & Seal.
Six ans plus tard, en 2002, ce dernier cède à nouveau ses activités de
fabrication de pompes au britannique Rexam et, en parallèle, Montagu récupère, moyennant 97 millions d’euros, une autre entité,
Risdon Pharma, spécialisée dans
l’emballage pharmaceutique. A
peine dix-huit mois après, le
gérant britannique revend à son
tour cette entité au même Rexam.
En 2014, Rexam se sépare du tout
à nouveau auprès du fonds Montagu, pour 805 millions de dollars.
L’entreprise réalise alors 435 millions de dollars de chiffre d’affaires
et compte environ 1.500 employés.
Mais l’histoire n’est alors pas finie.
Dès juillet 2015, le fonds Montagu
vend les activités américaines (environ 167 millions de dollars de chiffre
d’affaires), Centor, au groupe allemand Gerresheimer pour 725 millions de dollars. L’autre branche
Nemera, basée à La Verpillière, et
qui génère un peu plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, est
donc aujourd’hui valorisée plus de
un milliard de dollars. Et trouvera
peut-être un propriétaire français. n
Pierre-Edouard Saillard
Le fabricant d’inhalateurs Nemera en
vente pour plus d’un milliard d’euros
LE PROJET
ARCHEON
Date de création : 2018
Cofondateurs :
Alban De Luca (à gauche)
et Pierre-Edouard Saillard
Effectif : 4 personnes
Secteur : dispositifs médicaux
Un insufflateur intelligent indiquant au sauveteur la quantité
exacte d’oxygène à administrer
au patient en détresse respiratoire, tel était le projet porté par
le Centre d’investigation clinique du CHU Jean-Minjoz, à
Besançon (Doubs), entre 2012
et 2017. Alban De Luca et PierreEdouard Saillard, deux ingénieurs respectivement en
biomédical et en systèmes électroniques embarqués, qui faisaient partie de l’équipe de
recherche, ont racheté leurs travaux et deux brevets pour créer
Archeon, en février 2018.
Depuis, leurs rencontres avec
des urgentistes et secouristes
ont réorienté ce projet. Le taux
de survie plafonnant à 5 % en
Guillin et Paprec Recyclage vont concevoir
une filière « de barquette à barquette »
L’industriel de
l’emballage alimentaire
plastique et le recycleur
s’allient dans un projet
d’économie circulaire.
Monique Clémens
— Correspondante à Besançon
Alors que le gouvernement annonçait mi-août un système de bonusmalus pour inciter les industriels à
utiliser davantage de plastique
recyclé, le groupe Guillin, leader
européen de la fabrication de barquettes alimentaires en plastique
et Paprec Recyclage, acteur majeur
du recyclage plastique en France,
lancent un projet commun. Baptisé
« Reusal », le projet vise à pousser
plus loin le taux de recyclage des
barquettes de l’industriel implanté
à Ornans, dans le Doubs. Le groupe,
qui a réalisé un chiffre d’affaires de
près de 600 millions d’euros en
2017, affiche déjà un taux de recyclage moyen de 70 %.
Première étape du projet : la mise
en commun de leurs équipes R&D
avant la mise en place, courant
2019, d’une unité de récupération,
traitement et régénération au grade
alimentaire. Une unité « de bar-
quette à barquette » dont l’investissement est encore à l’étude, indiquent-ils. En attendant, le surtri
consistant à isoler les barquettes
PET du flux des autres déchets en
plastique recyclables grâce à un tri
optique est en phase de test sur le
site de Paprec Trivalo, dans l’usine
neuve du Rheu (Ille-et-Vilaine).
Quant à la régénération du plastique en matière pure, elle est testée
sur le site Paprec FPR de Limay
(Yvelines), qui réalise déjà une régénération « bottle to bottle ».
Manque de ressource
« Notre collaboration avec Paprec,
c’est une longue histoire », rappelle
Sophie Guillin-Frappier, directrice
générale du groupe spécialisé de la
boîte thermoformée pour l’alimentation – la boîte pâtissière, la barquette de fraises… « En 1998, nous
avions basculé la totalité de la production PVC en PET, puis nous avions été
pionniers, en 2005, en lançant une
ligne de production PLA, un plastique
biosourcé », explique-t-elle. Mais la
responsable s’inquiète de ne pas disposer suffisamment de matière première recyclée, le PET en grade alimentaire. Ce manque potentiel de
ressource est au cœur des travaux
des deux partenaires, qui sont en
lien avec collectivités et organismes
de recyclage. L’extension des consignes de tri, par les collectivités, constitue un enjeu majeur du projet. n
Secmo ventile les chantiers de Google
LA PME À SUIVRE
PAYS DE LA LOIRE
Effectif : 20 salariés
Chiffre d’affaires : 2,5 millions
Activité : mécanique
Emmanuel Guimard
— Correspondant à Nantes
Secmo a ardemment travaillé sur le
dossier, huit mois durant. La commande est finalement tombée cet
été. Cette PME familiale de chaudronnerie, établie près d’Angers
(Maine-et-Loire), fournira donc à
leur constructeur les ventilateurs
des machines chargées de poser la
fibre optique de Google en milieu
urbain. La demande portait sur
l’évacuation des poussières et gravats pour une nouvelle génération
d’équipements, des trancheuses
plus spécifiques et compactes pour
mieux s’insérer dans les villes.
Moutons à cinq pattes
Une telle commande illustre bien le
métier de Secmo, spécialiste des
ventilateurs industriels depuis trente-huit ans. Cet équipement, que l’on
remarque peu, est un organe vital
dans les usines, incinérateurs, les
stations de traitement des eaux,
l’aération des mines… On les
retrouve aussi dans toute sorte
d’engins agricoles pour la pulvérisation, la viticulture, le désherbage
mécanique, le soufflage, l’aspiration… L’entreprise, forte de 20 sala-
riés, se place justement sur ces
besoins très spécifiques. La plupart
de ses ventilateurs sont conçus et
fabriqués sur mesure en fonction de
contraintes, parfois contradictoires,
de puissance, d’encombrement…
« Ce sont des moutons à cinq pattes »,
résume Julien Guerenneur, chaudronnier de formation, et dirigeant
de Secmo, qui a repris l’entreprise
après le décès de son père. L’offre de
Secmo s’étend de 25 centimètres à
3 mètres de diamètre. Une telle
dimension impose l’usage d’une
équilibreuse dynamique qui permet
d’éliminer la moindre vibration.
L’entreprise s’est surtout armée
d’un bureau d’études de quatre personnes, lequel porte actuellement
ses efforts de R&D sur des ventilateurs électriques basse tension
(24/48 volts), ce type d’équipement
étant promis à un développement
aux dépens de l’hydraulique,
notamment dans le machinisme
agricole. Secmo a réalisé un chiffre
d’affaires proche de 2,5 millions
d’euros l’an dernier et est lancée sur
une croissance de 20 % cette année.
« Nous récoltons ce que nous avons
semé en termes de développement de
gammes », estime le dirigeant
qui cherche actuellement des chaudronniers et monteurs, ce qui n’est
pas chose aisée. L’un des derniers
salariés a même été recruté sur le
site Leboncoin, puis formé par
S ecmo. Des investissement s
récents, tels un centre d’usinage et
une machine de soudage robotisée,
permettent en partie de pallier ce
manque de main-d’œuvre. n
Simple et intuitive
Cet assistant à la réanimation
cardiopulmonaire synchronisée est composé d’un patch positionné sur le thorax du patient,
qui contrôle la qualité du massage cardiaque. Un second capteur mesurant l’inspiration et
l’expiration a été connecté à
l’interface électronique pour
guider les secours en temps réel,
de façon « simple et intuitive ».
Ces deux outils sont dotés d’un
écran affichant les données
sous forme de graphiques et pictogrammes. Un prototype fonctionnel fera l’objet d’essais cliniques dès 2019, notamment au
centre de formation parisien de
la Croix-Rouge française. Une
levée de fonds est prévue fin
2019 pour lancer la commercialisation programmée vers la mi2020. — M. Cl.
Sabi Agri lance son
tracteur électrique
personnalisable
Sabi Agri
BOURGOGNE
FRANCHE-COMTÉ
cas de réanimation cardiaque et
90 % des urgences vitales étant
assurées par des équipes de
secourisme, Archeon a choisi
de développer un dispositif plus
adapté aux besoins préhospitaliers. Il s’agit d’un outil de réanimation cardiovasculaire qui
prend en charge l’interaction
cœur-poumon, dont la « criticité explique ce faible taux de survie », précise Alban De Luca,
président de la start-up. « Seules
15 % des pratiques de réanimation sont bien réalisées, notre système permet de mesurer en
simultané les besoins en massage
et en ventilation pour un diagnostic sur mesure. »
LA TECHNOLOGIE
SABI AGRI
Date de création : 2017
Président : Alexandre Prévault
Effectif : 4 personnes
Secteur : agriculture
Sylvie Jolivet
— Correspondante
à Clermont-Ferrand
Septembre 2018 restera pour
Sabi Agri le mois du démarrage
de ses tracteurs électriques
Alpo. Il s’est ouvert avec une
levée de fonds de 700.000 euros
apportés par la SAS Jeremie
Innovation 2, le fonds de capital
innovation du Crédit Agricole
Centre France et le business
angel Armand Thiberge. Puis
la start-up a décroché
350.000 euros au concours
I-Lab. « Avec les financements de
bpifrance et des banques, nous
disposons de 1,8 million d’euros.
Cela nous a permis de recruter
pour mettre en place le process de
fabrication industrielle et lancer
la commercialisation », se félicite Laure Prévault-Osmani. La
directrice de Sabi Agri prévoit
que l’usine en construction à
Saint-Beauzire (Puy-de-Dôme),
sera opérationnelle fin 2019.
Avec sa forme épurée et ses petites roues, Alpo ne semble pas
faire le poids face aux mastodontes arpentant les champs.
Pourtant, « il permet de réaliser
les mêmes opérations qu’un tracteur thermique de puissance
comparable : 40 chevaux, y compris en grandes cultures »,
affirme Alexandre Prévault,
président de Sabi Agri. Cet ingénieur l’a développé pendant un
an au sein de l’incubateur Busi.
« En ne conservant que les éléments utiles, on obtient un ratio
poids/puissance intéressant. Il
apporte des performances agronomiques et écologiques : respect
du sol, en raison de son faible
poids : 450 kg, et de son environnement : pas de bruit, ni de gaz. »
Un châssis personnalisé
Alpo sera vendu au même prix
qu’un tracteur thermique équivalent, mais son coût de fonctionnement est « six fois moins
élevé » : la recharge revient à un
euro et les frais de maintenance
n’ i n t e r v i e n n e n t q u’ap r è s
5.000 heures d’utilisation. Autre
avantage, le châssis est personnalisé : « Nous partons du besoin
de chaque agriculteur pour adapter son tracteur, puis nous l’accompagnons de la prise en main au
suivi de performances. » n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
FINANCE
&MARCHES
L’OURAGAN MICHAEL
FAIT BAISSER LES PRIX
DU PÉTROLE
Mercredi, les cours du brent et du
WTI ont reculé respectivement de
1,75 % à 83,55 dollars et de 2,2 % à
73,51 dollars. L’ouragan Michael,
passé en catégorie 4, ne menace
pas la production dans le golfe du
Mexique, mais s'apprête à frapper
la Floride. La demande en carburant pourrait alors chuter de
1 million de barils par jour, selon
les analystes de Mizuho Securities.
les
indices
INTERVIEW // JEAN-LAURENT BONNAFÉ Directeur général de BNP Paribas
« Il est très important
qu’il y ait un accord
politique sur le Brexit »
l Le patron de BNP Paribas juge que le secteur financier
est prêt à l’hypothèse d’un « hard Brexit ».
l Pour lui, l’essentiel n’est pas d’arrêter immédiatement
tous les détails de la sortie du Royaume-Uni de l’Union
européenne, mais que les deux parties conviennent
d’une façon de dialoguer à l’avenir.
Propos recueillis par
Edouard Lederer,
Thibaut Madelin,
Guillaume Maujean
et François Vidal
BNP Paribas se trouve
à mi-chemin de son plan
2016-2020. Va-t-il remplir
ses objectifs ?
Nous sommes en ligne avec nos prévisions. Notre plan à horizon 2020 se
construit sur un triptyque : engagement, digital et performance.
L’engagement, cela signifie intégrer
dans la stratégie de la banque la
notion d’impact positif vis-à-vis des
enjeux sociétaux : la transition énergétique, l’égalité des chances pour
les jeunes, la diversité, le soutien aux
entrepreneurs et aux territoires
dans lesquels nous sommes présents. Notre engagement, c’est une
contribution positive à la société,
qui figure maintenant dans les missions essentielles de la banque.
Quelle place prend le digital ?
Nous y investissons 3 milliards à
l’horizon 2020. L’objectif est de travailler autour des parcours clients
afin de faire notre métier de banque
de façon plus prédictive, plus efficace et plus transparente. Tous les
collaborateurs et tous les métiers de
l’entreprise y travaillent chaque jour
sans relâche, pour nos clients –
entreprises, institutionnels et particuliers. Et parfois, nous captons de
nouveaux modèles à l’extérieur du
groupe : Gambit ou Nickel en sont de
très bons exemples. Voilà des créateurs qui ont du génie, qui créent un
concept, un nouveau marché et qui
accélèrent notre transformation.
Concernant Nickel, il y a deux ans
cette plate-forme comptait
300.000 clients. Cet été, déjà 1 million et, d’ici à 2020, nous visons
2 millions. Nous réfléchissons à
l’internationalisation qui viendra
nécessairement.
Et quant à la performance…
Nous sommes engagés à atteindre
un taux de retour sur fonds propres de 10 % d’ici à 2020, sachant
que notre base de fonds propres
continue de progresser également.
Il y a des petits plus, des petits
moins, mais globalement nous
sommes en ligne.
Les incertitudes actuelles
ne remettent-elles pas
en cause vos objectifs ?
Le Brexit, la situation liée à l’Italie
et les échanges commerciaux suscitent de nombreux commentaires
et inquiétudes. Mais on observe
aussi une croissance globale qui
reste élevée. Un grand nombre de
technologies nouvelles arrivent
dans le digital, dans la mobilité,
dans l’énergie, dans les matériaux,
dans la santé, etc. Cette vague
d’innovations donnera un volant de
croissance supplémentaire. Mais il
faut être attentif à ce que ce supplément de croissance crée un peu
plus d’harmonie et moins de déséquilibre. Le digital est né il y a longtemps et a plutôt concentré les
richesses. Il est absolument impératif que le déploiement d’innovations permette une répartition la
plus harmonieuse possible. L’optimum serait un taux de croissance
qui continue à progresser et dont
une partie est réinvestie sur l’éducation et la réduction des inégalités.
« Nous réfléchissons à
l’internationalisation
de Nickel, qui viendra
nécessairement . »
Vous préparez-vous
à un scénario d’absence
d’accord sur le Brexit ?
Notre secteur est très régulé. Les
régulateurs bancaires sont dans un
dialogue étroit. Tous les scénarii ont
été inventoriés. Ce sera géré. Il y a des
secteurs où un « no deal » serait bien
plus problématique. Ce qui est très
important, à la fin, c’est qu’il y ait un
accord, pas pour son contenu technique, mais pour ce qu’il représente
de politique. Un accord, même un
peu court, exprimerait le fait que
nous sommes des partenaires pour
encore très, très longtemps. Je pense
que l’Europe et le Royaume-Uni partagent tellement de valeurs que le
bon sens prévaudra.
L’Europe va-t-elle avoir
un nouveau centre financier ?
Mais nous n’avons pas nécessairement besoin de centre ! C’est vrai que
les Français ont toujours besoin d’un
centre. Mais dans beaucoup de pays
d’Europe, la vision est différente.
Nous pouvons aussi fonctionner de
façon beaucoup plus multipolaire
pour mieux répartir la richesse.
Vous êtes présents en Italie
avec BNL. La situation
politique vous inquiète-t-elle ?
L’Italie est dans une situation qui est
le résultat de la crise passée et qui
affecte les esprits comme l’économie. Il faut l’admettre. Il faut que
l’Europe « factorise », d’une certaine façon, cette situation, parce
que cela ne sert à rien de nier l’exis-
tence d’un problème. Cette situation existe. Les Italiens ne font pas
« exprès » de créer ce problème.
Cela veut dire plus de solidarité ?
Oui, tout à fait ! Aujourd’hui, il y a
une attitude de l’Europe qui pourrait être différente. Il est important
que la conversation ait lieu entre
l’Italie et l’Europe.
Les marchés réagissent vite.
Risque-t-on une crise
de la dette italienne ?
Les Italiens ont déjà prouvé qu’ils
honoraient leurs échéances. Ce
n’est donc pas le sujet. Par contre,
toutes ces situations, Brexit, Italie,
instauration de droits de douane
par les Etats-Unis, etc. peuvent
créer de l’attentisme et conduire les
investisseurs et ceux qui font l’économie à être prudents, ce qui limitera à terme la croissance.
Dix ans après la crise,
pourquoi les banques
américaines dominent-elles ?
Au moment de la crise, il y avait aux
Etats-Unis des régulateurs installés,
puissants et cohérents. Donc il y
avait une « main » qui tenait
l’ensemble. Celles qui étaient les
plus solides à l’époque ont été invitées à consolider les plus affaiblies.
Très vite, des plates-formes plus
puissantes sont nées, plus larges,
avec une capacité de cash-flow plus
importante. Une fois le paysage
reconfiguré, le régulateur a durci
les règles, mais en les appliquant à
un secteur bancaire qui avait constitué des ensembles déjà solides.
Jean-Laurent Bonnafé. Photo Magali Delporte
Pourquoi l’Europe n’a-t-elle
pas su faire la même chose ?
Cette main réglementaire puissante n’existait pas à l’échelle de
l’Europe. Depuis, les Européens
ont fourni un effort gigantesque
d’« urbanisation », en créant le
régulateur unique pour la zone
« Les Italiens ne font
pas “exprès” de créer
ce problème. »
euro (SSM) et un système bancaire
intégré, au travers de l’Union bancaire. Cela veut dire que, si un jour il
devait y avoir une crise, la gouvernance européenne nouvelle permettrait d’intervenir beaucoup
plus efficacement. De ce point de
vue, la création du SSM est un
succès. Mais en 2008, il n’a pas été
possible d’être aussi réactif dans
la résolution des banques qui
posaient problème. Ni de conduire
les consolidations qui auraient
peut-être été possibles. Par conséquent, les banques en Europe, en
moyenne, sont plus petites et
moins diversifiées qu’elles ne
l’étaient avant la crise, à de très
rares exceptions.
Alors, pourquoi
la consolidation
ne se déclenche-t-elle pas ?
La finalisation de Bâle III est un
préalable. A la suite, il faudrait que
les banques retrouvent des marges
de manœuvre en capitaux et en
liquidités. Objectivement, ceci
ne peut se produire que si des
marchés de capitaux européens
nouveaux prennent pour partie
le relais du financement de
l’économie européenne, assuré
essentiellement par les banques
aujourd’hui.
Les banques font aussi face
à des risques de réputation.
Comment se préserver
d’un scandale comme celui
de Danske Bank ?
Danske Bank est une banque très
solide qui, autant qu’on puisse le
mesurer de l’extérieur, remplit sa
mission de financement de l’économie de proximité. Je ne suis pas
capable de savoir à quel moment il
aurait été possible d’intervenir. Le
problème, c’est toujours le risque
humain. Cela nous est arrivé aussi.
Les bonnes réponses sont dans le
code de conduite, la formation, la
sensibilisation et, évidemment, le
monitoring. n
« La banque devient progressivement
un secteur de technologie »
Quel est le budget
de l’informatique ?
Nous investissons de plus en plus
dans la technologie puisque les parcours client aujourd’hui, c’est fondamentalement de la technologie.
Par analogie, cela ressemble aux
éoliennes, dont le coût – dans les
premiers temps – ne se comparait
pas du tout au nucléaire. A force de
rechercher et de travailler, l’efficacité vient. Dans quelques années,
les vraies solutions industrielles en
termes de fluidité, de puissance de
trafic, d’agilité et le bon niveau de
sécurité auront été atteints. L’industrie en général fonctionne ainsi. Et
dans la banque, qui devient pro-
gressivement un secteur de technologie, il en sera de même.
Avez-vous créé un cloud
privé ?
Oui, nous sommes parmi les quelques acteurs à avoir fait ce choix. Les
technologies de type cloud public
ont l’avantage d’être extrêmement
innovantes, mais ne permettent pas
encore de créer le niveau de sécurité
– en matière de protection des données – qu’il est impératif d’avoir.
Mais tout cela change avec la mise
en place de cadres comme la directive RGPD ou équivalent. Il faut
maintenant mettre en place des dispositifs qui donnent et la puissance
et la sécurité. Lorsque vous êtes une
grande entreprise dont la base du
métier est la gestion des données –
qui appartiennent à vos clients – et
« Il faut maintenant
mettre en place
des dispositifs
qui donnent
et la puissance
et la sécurité. »
qu’on vous demande un niveau de
sécurité de type RGPD, on ne peut
pas faire de compromis. C’est aussi
simple que cela.
Est-ce que cela vous
donne un avantage face
aux autres banques ?
La stratégie que nous avons mise en
place nous donne une forme
d’avance industrielle. Dans l’industrie, quel que soit le secteur, le saut
technologique nécessite, à un certain moment, un effet de taille. Certaines sociétés l’atteignent, d’autres
non. Pour ces dernières, soit elles
devront s’affilier à d’autres acteurs
du secteur, soit elles iront sur des
environnements qui n’offriront pas
le bon niveau de sécurité. Ce sera
donc probablement la première
approche qui prévaudra.
E. Le., T. M., G. M. et F. V.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // FINANCE & MARCHES
MainFirst
reprend
les activités
de courtage
de Raymond
James
COURTAGE
La consolidation est
une des conséquences de MiFID II.
La concentration dans le courtage actions continue. Après
Oddo BHF et Natixis, qui ont
rapproché leurs activités dans
ce secteur cet été, MainFirst
Bank, une société indépendante
de recherche et de négociation
de titres en Europe, va reprendre les activités de courtage en
actions de Raymond James à
Paris et à Londres début décembre 2018. MainFirst reprendra
aussi les 29 employés de Raymond James à Paris et six autres
analystes londoniens.
« Grâce à cette reprise, le nombre d’actions européennes couvertes par MainFirst s’élèvera
désormais à plus de 400 », indique S ébastien Guillaume,
patron de MainFirst en France.
Au final, le nouveau bureau de
recherche devrait comprendre
plus de 60 analystes financiers
entre les bureaux installés en
Allemagne, en Suisse, en
France, au Royaume-Uni et en
Italie. « L’opération de consolidation est extrêmement complémentaire dans la mesure où il n’y
a quasiment pas de secteur suivi
en commun », précise un porteparole. « Nous avons décidé de
franchir cette étape pour réaliser
des économies d’échelle, tirer
parti de notre avantage concurrentiel dans le nouveau monde
MiFiD II et servir nos clients sur
une plate-forme plus large », a
déclaré Ebrahim Attarzadeh,
membre du conseil d’administration de MainFirst Bank.
Bouleversement
La directive MiFID II est entrée
en vigueur le 2 janvier 2018.
Comme attendu, elle a bouleversé le modèle économique des
courtiers, la recherche étant
devenue payante (son coût était
auparavant inclus dans le prix
de l’exécution des ordres). Les
gérants d’actifs ont réduit le
nombre de bureaux de recherche avec lesquels ils travaillaient
et ont diminué le budget alloué à
l’analyse financière. Dans ces
conditions, maintenir le même
modèle économique qu’avant
s’avère extrêmement difficile.
D’autres sociétés dans le courtage actions pourraient suivre le
même chemin. Société Générale est la seule banque française à avoir un broker intégré.
D’autres courtiers font cavalier
seul. Kepler Cheuvreux a récemment accueilli des fonds dans
son capital et s’appuie sur des
partenariats avec plusieurs
grandes banques. — L. Boi.
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
Washington veut que Pékin s’engage
dans une politique de change équitable
CHANGES
Les Etats-Unis veulent
contraindre la Chine
à renoncer aux dévaluations en s’inspirant
de leur dernier accord
avec le Mexique
et le Canada.
Nessim Aït-Kacimi
@NessimAitKacimi
L’affaiblissement de la devise chinoise agace au plus haut point les
responsables américains et en premier lieu Donald Trump, qui en a
fait un engagement de sa campagne,
voire une affaire personnelle. Cette
année, le renminbi a perdu 6 % par
rapport au dollar, et le taux de
change global de la devise chinoise a
cédé autour de 3 %. C’est à partir de
la mi-juin et des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine
que le renminbi a commencé son
plongeon, avant de se stabiliser
début août. Aujourd’hui, le dollar
vaut 6,92 renminbis et s’approche
du seuil psychologique des 7 renminbis, très sensible diplomatiquement.
Les autorités américaines ont vu
dans cette chute une dévaluation déguisée, une rétorsion en
réponse à la guerre commerciale
entre les deux pays et la taxation des
importations chinoises. A tel point
que le secrétaire au Trésor veut évoquer la question de la dévaluation
Guerre
des mots
du yuan lors des prochaines discussions commerciales avec la Chine,
a-t-il déclaré au « Financial Times ».
Le rapport sur la politique de
change des partenaires commerciaux des Etats-Unis que va bientôt
rendre public le Trésor est suivi de
près par le président américain.
Aucun pays, en premier lieu la
Chine, ne devrait satisfaire aux trois
critères financiers qui le qualifient
de manipulateur de sa monnaie,
engagé dans la « guerre des changes » (course aux dévaluations
compétitives). Un qualificatif qui
peut ouvrir la voie à des rétorsions
de la part des Etats-Unis. Ils doivent
donc trouver des solutions alternatives afin d’éviter d’être la victime de
dévaluations compétitives de la
part de la Chine.
Trois exigences
Les Etats-Unis pourraient s’inspirer
du récent accord commercial (« US
Mexico Canada Agreement » ou
USMCA) qu’ils ont noué avec le
Mexique et le Canada et dans lequel
ils ont réussi à inclure un chapitre
sur les monnaies. Les trois pays
s’engagent sur trois points : être
transparents sur leurs interventions
sur le marché des changes, consulter leurs partenaires quand ils agissent sur leur devise et éviter de
manipuler leurs devises, par leurs
actions ou déclarations, afin d’« en
retirer un avantage en termes de compétitivité ». « Ces nouveaux critères ne
sont pas exécutoires, à l’exception de
la transparence, mais ils renforcent
les normes internationales contre les
Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin. Photo AFP
manipulations de change », commente Fred Bergsten, du Peterson
Institute for International Economics. Ces exigences « devraient être
intégrées dans les futurs accords commerciaux des Etats-Unis (avec la
Chine, le Japon ou la Corée) comme
des obligations assorties de sanctions
et non pas seulement comme des
incantations oratoires ». L’accord
USMCA exclut la politique monétaire de son champ afin de ne pas
« limiter la flexibilité de la Réserve
fédérale », souligne Fred Bergsten.
La Chine a une longue tradition
d’interventions sur le marché des
monnaies et a mené la plus longue
et la plus coûteuse guerre des changes pour les Etats-Unis. Elle se
montre très peu transparente
sur ses actions. Si elle fait preuve de
plus de retenue depuis 2017 et soutient parfois sa monnaie plutôt
qu’elle l’affaiblit, elle est toujours
prête à faire entendre sa voix sur
le marché. Les chances qu’elle
accepte de tels critères sont
faibles. n
les plantureux revenus venant de
leurs activités de conseil. La faillite
du géant du BTP et des services
Carillion, en janvier, que son commissaire aux comptes depuis plusieurs années, KPMG, n’a pas vue
venir. Celle du groupe de distribut i o n B H S , e n j u i n , q u i a va l u
6,55 millions de livres d’amende à
PwC et 325.000 livres à son ex-associé Steve Denison. Sa faute : s’être
concentré sur le conseil au détriment de l’audit, délégué à des
juniors – seulement deux heures
d’audit mais trente et une heures de
prestations diverses ont été facturées par l’ex-associé.
Outre l’indépendance des cabinets d’audit, le FRC veut aussi renforcer leur responsabilité lorsqu’ils
confirment la viabilité d’une entreprise prétendant qu’elle a les reins
assez solides pour poursuivre ses
activités sur l’année à venir. Il pourrait notamment leur imposer
d’exprimer publiquement leurs
doutes, lorsqu’ils en ont, sur le réalisme d’une telle déclaration.
Le régulateur a enfin lancé une
étude sur la qualité du travail réalisé
par les auditeurs sur les comptes,
afin de vérifier qu’ils sont bien en
mesure de détecter les anomalies
les plus importantes. Il a déjà reproché en juin la piètre qualité de ses
audits à KPMG. Il a même sanctionné ce dernier, ainsi que son rival
PwC, pour mauvaise conduite. Au
total, il a infligé plus de 23 millions
de livres d’amendes aux cabinets
d’audit depuis avril 2017.
Quand Steven Mnuchin
avait déclaré en janvier
au forum de Davos « qu’un
dollar faible est bon pour
nous en termes de commerce et d’opportunités »,
le billet vert avait chuté
globalement de 1 %.
Depuis 2017, Donald
Trump s’est exprimé à dix
reprises sur sa monnaie et
celle de ses partenaires
commerciaux, essentiellement pour se plaindre du
dollar fort et des manipulations supposées de la
Chine pour affaiblir le
yuan, selon Viraj Patel,
stratège changes chez ING.
Le président américain
parvient généralement
à faire chuter le billet vert
de 0,3 % à 0,8 % par ses
propos. Son plus fort
impact sur le marché
des changes eut lieu
le 17 janvier 2017 quand il
déclara de manière très
explicite au « Wall Street
Journal », « notre dollar est
trop fort » et fit chuter
sa monnaie de 1,3 %.
Aucun président américain ne s’était exprimé
aussi souvent et aussi
ouvertement sur sa
monnaie et son niveau.
Le Royaume-Uni
pourrait interdire
aux cabinets d’audit
de faire du conseil
RÉGULATION
Le régulateur cherche
à éviter que les Big
Four puissent se
montrer peu regardants sur l’examen des
comptes afin de préserver les considérables
revenus venant de leurs
activités de conseil.
Alexandre Counis
@alexandrecounis
— Correspondant à Londres
L’étau se resserre, au Royaume-Uni,
autour des Big Four. Le régulateur
britannique, le Financial Reporting
Council (FRC), pourrait bien interdire aux grands cabinets d’audit
(PwC, EY, Deloitte et KPMG) de fournir des prestations de conseil aux
entreprises, dont ils sont chargés de
vérifier les comptes. C’est en tout cas
l’une des mesures qu’il envisage
dans le programme de travail stratégique dévoilé lundi, qui vise à vérifier si les pratiques du secteur vont
bien dans le sens de l’intérêt général.
Garantir l’indépendance
Le régulateur cherche en particulier les moyens de garantir l’indépendance des auditeurs. Deux scandales retentissants viennent en effet
de changer la donne outre-Manche,
en montrant qu’ils peuvent être tentés d’être peu regardants sur l’examen des comptes, afin de préserver
7h-9h
Deux heures d’info avec
Nikos Aliagas sur Europe 1
Avec Audrey Crespo-Mara, Nicolas Canteloup,
Jean-Michel Aphatie et toute la rédaction.
Un régulateur
sous pression
Si le FRC monte au créneau, c’est
aussi parce qu’il est lui-même dans
le collimateur. Non seulement les
critiques se sont multipliées pour
l’accuser de laxisme. Mais le gouvernement a demandé en avril
l’ouverture d’une enquête indépendante qui dira d’ici à la fin de l’année
s’il convient de renforcer ses pouvoirs… Ou bien de le restructurer.
Sous pression, le régulateur a
prévenu qu’il travaillerait en étroite
collaboration avec la Competition
and Markets Authority, l’autorité
britannique de la concurrence. Celle-ci a ouvert mardi une
enquête sur le secteur de l’audit.
Elle compte examiner les conditions dans lesquelles les entreprises choisissent leur cabinet, les
conséquences qu’entraînerait la
disparition d’un des Big Four, et les
risques de collusion entre les auditeurs et les directions des entreprises qu’ils contrôlent. L’autorité rendra ses premières conclusions
avant Noël. Si elle détecte des dysfonctionnements, elle fera des propositions de réforme au gouvernement.
« Fausse solution »
Pour couper court aux critiques sur
la concentration excessive du secteur, les géants de l’audit lui ont déjà
proposé de limiter leur part de marché à 80 % des entreprises du
FTSE 350, l’indice phare de la
Bourse de Londres, dont ils auditent aujourd’hui 97 %, générant
ainsi 99 % des honoraires d’audit.
Ils espèrent ainsi échapper au risque d’une scission entre activités
d’audit et de conseil que certains
parlementaires n’hésitent pas à
appeler de leurs vœux.
Une réforme aussi radicale que le
démantèlement serait, selon le président de PwC, Bob Moritz, non seulement une « erreur » qui compliquerait le recrutement de
nouveaux talents par les cabinets,
mais aussi une fausse solution au
problème de la qualité des audits.
« Nous avons besoin de compétences
multiples pour fournir des audits de
qualité, et cela passe par la taille »,
indiquait-il début octobre au
« Financial Times ». n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 29
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
Le fonds souverain russe veut renforcer
ses liens avec la France
l Kirill Dmitriev, directeur général du fonds souverain
russe RDIF, est en visite à Paris.
l Jusqu’à présent, le fonds a surtout regardé vers le Golfe
et la Chine.
INVESTISSEMENTS
Benjamin Quénelle
— Correspondant à Moscou
En sept ans d’existence, le fonds souverain russe (Russian Direct Investment Fund, RDIF) a su s’imposer en
principale plate-forme des investissements étrangers directs en Russie. En quête de partenariats, Kirill
Dmitriev, son directeur général, est
d’ailleurs presque de tous les voyages du président Vladimir Poutine.
« Nous sommes indépendants ! » se
défendait-il hier, quelques heures
avant de s’envoler vers Paris, pour la
cinquième fois en un an. « Nos décisions d’investissement sont prises en
fonction des seules perspectives de
rendement des capitaux », insiste
Kirill Dmitriev qui se rend en
France un mois avant la visite du
chef du Kremlin prévue le
11 novembre.
Loin des Etats-Unis
et de l’Europe
« Regardez sa carte de partenariats et
d’investissements. Vous retrouverez
les priorités diplomatiques de Moscou ! Loin des Etats-Unis et de
l’Europe mais vers la Chine et le
Moyen-Orient », souligne toutefois
une source française proche de
RDIF, entre ironie et… admiration.
Car RDIF a réussi à nouer de solides
coopérations avec les fonds d’Arabie saoudite (PIF, 10 milliards de
dollars de projets), des Emirats arabes unis (Mubadala, 7 milliards) et
de Chine (CIC, 2 milliards).
Parmi les projets
financés, 40%
le sont dans
les infrastructures.
Une des priorités
du Kremlin.
Les quelque 300 millions d’euros
du fonds lancé avec la Caisse des
Dépôts et Consignations (CDC) font
un peu plus pâle figure. D’autant que
les investissements tardent à se concrétiser. Après Arc International,
plusieurs projets sont en cours de
négociations. Mais, l’an passé,
l’entrée de RDIF et CDC au capital de
Gefco, l’ancienne filiale de transport
et logistique de Peugeot, a échoué.
« C’est long… Les discussions se poursuivent », assure Kirill Dmitriev.
« Cela a raté, car RDIF a fait une proposition insuffisante financièrement
et insatisfaisante stratégiquement »,
confie une source proche du dossier.
« Avec Macron, la dynamique
des investissements croisés
est relancée ! »
3 QUESTIONS À…
KIRILL DMITRIEV
Alex Const
Directeur du fonds
souverain russe
1
Créé en 2013 avec la CDC,
le fonds franco-russe n’a
fait qu’un seul investissement,
dans Arc International. Quels
sont vos objectifs ?
A Paris, où je participerai aux rencontres du bpifrance Inno Génération et où j’entretiendrai mes
contacts avec des officiels gouvernementaux, je discuterai de nouveaux
accords d’investissements. Nous
progressons dans les négociations
sur les quatre accords de principe
signés en mai en marge de la visite
d’Emmanuel Macron au Forum
économique international de SaintPétersbourg : avec Dalkia et Schneider Electric pour des projets d’efficacité énergétique, avec Veolia pour le
réseau des eaux d’égouts de la ville
sibérienne de Tomsk et avec la PME
bretonne Olmix (spécialisée dans les
dérivés alimentaires à partir
d’algues) pour développer son usine
à Saint-Pétersbourg. Pour les trois
premiers, les contrats d’investissements devraient être finalisés en
début d’année prochaine ; avec
Olmix dès la fin de cette année.
2
Pourquoi aussi peu en
cinq ans d’existence ?
Les sanctions contre la Russie
sont-elles un obstacle ?
Non ! Les sanctions occidentales
n’interdisent pas les investissements croisés avec RDIF. Mais, à
cause de la méconnaissance sur les
détails des sanctions, il y a une
méfiance générale vis-à-vis de la
Russie qui, en France et en Europe,
n’est plus une priorité pour lancer
des partenariats. C’est regrettable.
D’autant plus que les sanctions n’ont
pas réussi à affaiblir l’économie
russe. Pour d’autres régions du
monde, l’Asie et le Moyen-Orient,
nous sommes au contraire devenus
la priorité. Avec le fonds des Emirats
arabes unis, RDIF avance vite :
45 investissements lancés ! Par
ailleurs, avant l’élection d’Emmanuel Macron, il n’y avait pas de
vrai intérêt du côté français pour
relancer les projets de notre fonds
commun. Le potentiel est pourtant
énorme. Avec votre nouveau
président, la dynamique des investissements croisés est désormais
relancée !
3
L’investissement dans
Arc International est-il
rentable ? Le projet est-il
toujours d’ouvrir une usine
en Russie ?
Oui, c’est un investissement rentable car, depuis notre entrée, l’entreprise accroît ses performances
financières. Jusqu’à 250 millions
d’euros ont été engagés au total par
RDIF et la CDC mais aussi par les
fonds souverains d’Arabie saoudite
(PIF), du Qatar (QIA), des Emirats
a r a b e s u n i s ( M u b a d a l a) , d u
Bahreïn (Mumtalakat) et du Koweït
(KIA). Une partie a déjà été investie
pour moderniser les capacités
actuelles de production en Russie.
Nous espèrons que les nouvelles
opérations commenceront l’an prochain. C’est un bon exemple concret
des contributions croisées de la
CDC et de RDIF pour développer
l’économie en France et en Russie !
Propos recueillis par
B. Q. (à Moscou)
Dans ses choix, RDIF se veut
« un investisseur conservateur » et
Kirill Dmitriev assure enregistrer
en moyenne « des retours sur
investissement supérieurs aux
indices européens ». Au total,
grâce aux apports des partenaires
étrangers, quelque 1.400 milliards
de roubles (l’équivalent de 20 milliards d’euros) ont été investis en
Russie, RDIF contribuant pour
seulement 10 % du capital ainsi
mobilisé. Parmi la cinquantaine
de projets financés, 40 % sont
dans le secteur des infrastructures, l’un des points faibles de l’économie russe et désormais… l’une
des priorités du Kremlin. n
C’est en 2016 que le fonds souverain russe a fait son entrée au capital du verrier Arc International.
Photo Franck Crusiaux/RÉA
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30 // FINANCE & MARCHES
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
Après le Mediator, les assureurs
face au risque Dépakine
ASSURANCE
L’assureur MACSF-Le
Sou Médical, qui doit
déjà gérer 95 dossiers
en lien avec l’antiépileptique, pointe
des enjeux financiers
considérables.
Laurent Thévenin
@laurentthevenin
Après le Mediator, la Dépakine. Cet
anti-épileptique à l’origine de troubles neurodéveloppementaux et
de malformations chez les enfants
exposés in utero à la molécule cristallise aujourd’hui les inquiétudes
des assureurs des professionnels de
santé. La MACSF-Le Sou Médical a
indiqué, mercredi, à l’occasion de la
publication de son rapport annuel
sur le risque des professionnels
de santé faire aujourd’hui face à
95 dossiers. Il y a un an, l’assureur
faisait état de 74 sinistres déclarés
liés à la prescription de Dépakine.
« Les choses ne font que commencer », indique Nicolas Gombault,
directeur général délégué du
groupe MACSF. « Les enjeux finan-
ciers sont considérables compte tenu
du nombre de victimes potentielles et
des montants des indemnisations
qui pourraient être accordées »,
ajoute-t-il. Le groupe mutualiste a
déjà provisionné 5 millions d’euros.
Il ne lui reste en revanche « plus que
45 dossiers en cours » sur le Mediator. « Va-t-on assister à un nouveau
sinistre sériel avec l’Androcur ? »
s’interroge par ailleurs Nicolas
Gombault, à propos de ce traite-
ment hormonal aujourd’hui sur la
sellette car accusé d’augmenter fortement le risque de méningiomes,
des tumeurs au cerveau.
4.650 déclarations
de sinistres
Au-delà, les mises en cause de professionnels de santé (médecins,
infirmiers…) par leurs patients ont
encore progressé en 2017. La
MACSF-Le Sou Médical, qui assure
plus de 475.600 professionnels de
santé pour leur responsabilité civile
professionnelle, indique avoir reçu
4.650 déclarations de sinistre, soit
4,07 % de plus qu’en 2016. Le taux
de sinistralité, toutes spécialités et
tous modes d’exercice confondus, a
grimpé de 0,99 à 1,02 % entre 2016
et 2017. Pour les médecins, il est
resté stable, à 1,63 %. Autrement dit,
pour cent professionnels assurés,
l’assureur a enregistré près de deux
déclarations de sinistre.
Quant aux 411 décisions de justice
civiles rendues en 2017, elles ont
débouché sur une condamnation
dans 64 % des cas, contre 66 % en
2016. Année après année, le taux de
condamnation se maintient à des
niveaux beaucoup plus élevés que
dans les années 1990. « On constate
une démultiplication des postes de
préjudice au profit de la victime. Cette
tendance qui existait déjà auparavant se poursuit, avec une incidence
non négligeable sur le coût des sinistres, qui devrait se confirmer sur les
années à venir », note l’assureur.
Les décisions des juridictions
civiles se sont soldées par un coût
total de plus de 42 millions d’euros.
L a M AC S F- L e S o u M é d i c a l a
notamment dû faire face à 9 dossiers à plus de 1 million d’euros. n
Les banques en ligne doivent encore faire
leurs preuves
BANQUE
Banques en ligne et
néobanques ont réussi
à conquérir des clients.
Il leur reste à construire un modèle
d’affaires rentable.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Les banques sur Internet ou sur
téléphone portable doivent transformer l’essai, selon le gendarme
bancaire français. « Les incertitudes
restent nombreuses quant à la capacité des nouveaux acteurs bancaires à
construire un modèle d’affaires rentable », écrit l’Autorité de contrôle
prudentiel et de résolution (ACPR)
dans une étude publiée mercredi.
Ces acteurs sont pourtant toujours plus nombreux en France.
Avec BforBank, Boursorama, Fortuneo ou encore Monabanq, presque
tous les réseaux traditionnels, ont
aujourd’hui leur banque en ligne (La
Banque Postale compte franchir le
pas en 2019 avec Ma French Bank).
Par ailleurs, le cercle des spécialistes
de la banque sur mobile, incarné par
Revolut et N26 s’est élargi l’an dernier avec le lancement d’Orange
Bank (déjà en réorganisation). Sur le
plan commercial, ces offres ont
réussi à percer. Fin 2017, elles reven-
diquaient 4,4 millions de clients, ce
qui équivaut à 6,5 % des Français.
Surtout « un tiers des conquêtes
clients ont été réalisées par ces nouveaux acteurs en 2017 », note le
superviseur financier.
Clients inactifs
En dépit des parts de marché
gagnées, ces sociétés apparaissent
fragiles. « Sauf quelques rares exceptions, ces nouveaux acteurs ne sont
pas parvenus à dégager des résultats
positifs en 2017 », souligne l’étude. Il
faut dire que leur produit net bancaire (PNB) est généralement faible.
Le revenu annuel moyen de sept de
ces établissements ressort à
138 euros par an et par client, selon
l’ACPR, qui reconnaît cependant
l’existence « de fortes disparités entre
établissements ». Plusieurs facteurs
peuvent expliquer la faiblesse de ces
revenus : un positionnement tarifaire très agressif et une gamme de
produits limitée. Les crédits (immobiliers et à la consommation) tout
comme les assurances offrent des
relais de croissance intéressants,
mais le taux d’équipement des
clients avec ces produits est encore
faible. Comparées aux réseaux traditionnels, les banques en ligne
comptent davantage de clients jeunes, donc moins rentables, souligne
l’ACPR. Elles détiennent aussi plus
de clients inactifs (14 %, même si la
notion d’inactivité varie) et moins
d’utilisateurs qui domicilient chez
eux leurs principaux revenus (23 %).
Le cercle des spécialistes de la banque sur mobile s’est élargi l’an
dernier avec le lancement d’Orange Bank. Photo Eric Piermont/AFP
Les banques en ligne doivent par
ailleurs composer avec des coûts
importants, notamment ceux
dédiés au marketing. Les primes de
bienvenue – elles sont souvent
autour de 80 euros, mais vont parfois jusqu’à 160 euros – peuvent
constituer jusqu’à 24 % du PNB au
sein du panel d’entités étudiées.
« Pour ces nouveaux acteurs, l’enjeu
sera de savoir s’ils pourront à terme
réduire ces dépenses de marketing
tout en conservant les clientèles acquises », souligne le gendarme bancaire. D’autant que leurs ambitions
sont grandes : d’ici à la fin de 2020, ils
tablent sur 13,3 millions de clients.
(
Lire « Crible »
Page 34
LA SÉANCE DU 10 OCTOBRE 2018
La Bourse
affectée
par le luxe et
la technologie
de Paris a souffert
•deLala Bourse
chute des valeurs du luxe
et des technologiques mercredi. L’indice CAC 40 a abandonné 2,11 %, à 5.206,22 points,
dans un volume d’échanges
élevé de 5,2 milliards d’euros.
Mardi, il avait fini sur un gain de
0,35 %. Les regards se sont tournés vers LVMH, qui a chuté de
7,14 %, Kering –9,62 %, Hermès –5,07 %. « Le point clef ne
tourne plus autour des chiffres
du troisième trimestre, mais du
rythme de croissance à venir, de
la confiance dans le crucial
quatrième trimestre et dans les
perspectives pour 2019 », ont
commenté les analystes de
Deutsche Bank à propos de
LVMH. Ceux de Citi estiment
que « les inquiétudes sur l’évolution de la consommation chinoise risquent de ne pas disparaître de sitôt ». Le FMI a publié ses
prévisions mardi et table sur un
ralentissement de la croissance
de la Chine.
Alors que le Nasdaq décrochait de 2 % aux Etats-Unis,
Capgemini a perdu 5,73 %,
Dassault Systèmes 4,84 % et
Atos 2,54 %.
Peugeot a perdu 4,76 %,
Renault 0,66 %, Michelin
4,14 % et Valeo 2,93 %. L’Union
européenne a trouvé un accord
mardi pour une baisse de 35 %
des émissions de CO2 des voitures neuves en 2030 et de 30 %
pour les camionnettes. Malgré
les inquiétudes italiennes, les
banques ont tiré leur épingle du
jeu. Crédit Agricole SA a pris
0,30 %, S o ciété Générale
1,10 % et BNP Paribas 0,47 %.
en bref
Le hedge fund GAM cherche
un repreneur
GESTION En difficulté depuis cet été, le hedge fund suisse GAM
aurait entamé des discussions informelles avec des acquéreurs
potentiels, indique Bloomberg. La société pourrait intéresser des
sociétés de gestion d’actifs italiennes ou françaises ainsi que les
activités de gestion de fortune des banques. Le gérant suisse a
subi d’importants retraits ces derniers mois. Après avoir émis un
avertissement sur résultats mi-juillet en raison de performances
décevantes, GAM avait suspendu son gérant Tim Haywood,
soupçonné d’infractions au code de conduite interne, provoquant un exode des investisseurs et une chute brutale du titre en
Bourse. Le président de GAM, Hugh Scott-Barrett, avait déclaré
en août que le conseil d’administration examinerait « toutes les
possibilités d’optimiser la valeur pour les actionnaires ».
ANNLEGALECH
annonces judiciaires & légales
AVIS D’ENQUETE PUBLIQUE
OUVERTURE D’UNE ENQUETE PUBLIQUE UNIQUE
REGROUPANT UNE ENQUETE PREALABLE A LA
DECLARATION D’UTILITE PUBLIQUE, A LA MISE EN
COMPATIBILITE DU PLAN LOCAL D’URBANISME
DE LA COMMUNE D’EPINAY-SUR-SEINE ET UNE
ENQUETE PARCELLAIRE RELATIVE AU PROJET DE
RESTRUCTURATION URBAINE DU SECTEUR PARISJOFFRE A EPINAY-SUR-SEINE
Conformément à l’arrêté préfectoral n°2018 – 2376 du 1 octobre 2018, l’enquête
publique unique préalable à la déclaration d’utilité publique, à la mise en compatibilité
du plan local d’urbanisme et parcellaire est ouverte
du lundi 29 octobre 2018 à 9 heures
jusqu’au jeudi 29 novembre 2018 à 16 heures 45 inclus.
Le Préfet de la Seine Saint-Denis est l’autorité compétente pour se prononcer sur
la déclaration d’utilité publique.
La personne responsable du projet est l’établissement public territorial de Plaine
Commune.
Le cas échéant, la déclaration d’utilité publique emportera mise en compatibilité
du PLU d’Epinay-sur-Seine, et sera prononcée au bénéfice de l’Établissement Public
Foncier d’Île-de-France (EPFIF).
Cette enquête est conduite par André Goutal, commissaire divisionnaire de police
retraité, en qualité de commissaire enquêteur.
Le siège de l'enquête est situé à la mairie d’Epinay-sur-Seine – (Service
urbanisme – 7 bis rue de Paris 93800 Epinay-sur-Seine).
Le dossier soumis à l'enquête se compose notamment :
- au titre de l’évaluation environnementale du projet, d’une étude d’impact, d’un avis
de l’autorité environnementale (AE) et d’une réponse écrite à l’avis de l’AE ;
- au titre de la mise en compatibilité du plan local d’urbanisme (PLU) de la décision
de la Mission régionale d’Autorité environnementale (MRAe) d’Île-de-France, en
date du 4 août 2016, de dispense d’évaluation environnementale et le procèsverbal de la réunion d’examen conjoint du 23 mai 2018 par les personnes publiques
associées.
Pendant toute la durée de l’enquête, le dossier pourra être consulté :
- sur internet à l’adresse suivante :
http://secteur-paris-joffre-epinay-sur-seine.enquetepublique.net
- sur support papier, à la Mairie d’Epinay-sur-Seine (service urbanisme), 7 bis rue
de Paris 93800 Epinay-sur-Seine, aux heures habituelles d’ouvertures au public
- sur un poste informatique, à la Mairie d’Epinay-sur-Seine (service urbanisme),
7 bis rue de Paris 93800 Epinay-sur-Seine, aux heures habituelles d’ouvertures
au public
Le public pourra consigner ses observations et propositions directement sur le
registre d’enquête aux heures habituelles d’ouverture du public à la mairie d’Epinaysur-Seine – (Service urbanisme – 7 bis rue de Paris 93800 Epinay-sur-Seine).
Les observations écrites sur ce projet peuvent également être adressées au
commissaire enquêteur au siège de l'enquête, par courrier libellé comme suit :
Monsieur le commissaire enquêteur de l’enquête publique unique
portant sur le projet de restructuration urbaine du secteur Paris-Joffre
Mairie d’Epinay-sur-Seine (service urbanisme)
7 bis rue de Paris - 93 800 Epinay-sur-Seine
Le public pourra également formuler ses observations et propositions :
- sur le registre dématérialisé et sécurisé disponible à l’adresse suivante :
http://secteur-paris-joffre-epinay-sur-seine.enquetepublique.net
- et par courriel transmis au commissaire enquêteur à l’adresse électronique
suivante : secteur-paris-joffre-epinay-sur-seine@enquetepublique.net.
Le commissaire enquêteur se tient à la disposition du public pour recevoir ses
observations au lieu de permanence, dates et horaires suivants :
Mairie d’Epinay-sur-Seine
Service urbanisme
7 bis rue de Paris - 93800 Epinay-sur-Seine
lundi
29 octobre
2018 de
9h00
à
12h00
samedi
10 novembre
2018 de
9h00
à
12h00
mardi
20 novembre
2018 de 13h45
à
16h45
jeudi
29 novembre
2018 de 13h45
à
16h45
A l’issue de l’enquête, le rapport et les conclusions du commissaire enquêteur
seront tenus à la disposition du public, pendant un an à compter de la clôture de
l’enquête, à la mairie d’Epinay-sur-Seine, sur le site internet de la Préfecture de
Seine-Saint-Denis : www.seine-saint-denis.gouv.fr (rubrique Politiques publiques /
Aménagement du territoire et constructions / Enquêtes publiques).
Les informations relatives au projet soumis à l'enquête peuvent être demandées
auprès de :
Établissement public territorial Plaine commune
Madame Sophie LEGUILLON
Chef de projet, secteur aménagement ouest
Établissement public territorial Plaine commune
Direction de l’aménagement
21 avenue Jules Rimet - 93218 Saint-Denis cedex
téléphone : 01.71.86.34.59
sophie.leguillon@Plainecommune.com.fr
Mairie d’Epinay-sur-Seine
Madame Corinne LIVRAN-LEBERT
Responsable du service urbanisme – affaires domaniales
Mairie d’Epinay-sur-Seine
Service urbanisme
7 bis rue de Paris - 93800 Epinay-sur-Seine
téléphone : 01.49.71.79.15
corinne.livran-lebert@epinay-sur-seine.fr
Toute personne peut, sur sa demande et à ses frais, obtenir communication du
dossier d’enquête publique ainsi que des observations et propositions du public
auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis (direction de la coordination des politiques
publiques et de l’appui territorial, bureau de l'utilité publique et des affaires foncières,
1, esplanade Jean Moulin, 93007 Bobigny Cedex).
Conformément à l’article L. 122-1 du code de l’expropriation pour cause d’utilité
publique, au terme de l'enquête publique et sur demande du préfet, l’organe
délibérant de l’établissement public territorial Plaine Commune se prononce par une
déclaration de projet sur l'intérêt général de l'opération projetée dans les conditions
prévues à l'article L. 126-1 du code de l'environnement. La délibération intervient
dans le délai fixé par le préfet, qui ne peut excéder six mois.
Après transmission de la déclaration de projet ou à l'expiration du délai fixé par le
préfet, et au plus tard dans le délai d'un an à compter de la clôture de l'enquête, ce
dernier se prononce sur la déclaration d'utilité publique.
EP18-407
enquete-publique publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l’annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75, 78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
LES ECHOS SOCIÉTÉS - LE PUBLICATEUR LÉGAL - LA VIE JUDICIAIRE
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FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
euronext
SÉANCE DU 10 - 10 - 2018
CAC 40 : 5206,22 (-2,11 %) NEXT 20 : 11742,61 (-3,07 %)
CAC LARGE 60 : 5789,54 (-2,21 %)
CAC ALL-TRADABLE : 4083,76 (-2,19 %)
DATE DE PROROGATION : 26 OCTOBRE
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
CAP-GEMINI (CAP) R
02/05/18 1,7
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILOR INTERNATIONAL (EI) R A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
17/04/18 3,4
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
41,87
1426844
290.948.939
112,7
1115819
428.301.594
102,7
1831247
776.295.452
26,055
6646427
1.021.903.623
99,54
387922
106.884.219
23,5
8573529
2.423.655.502
51,13
4477667
1.249.798.561
36,49
919359
366.484.738
111
950983
168.817.033
15,5
5702513
789.252.839
12,432
6455160
2.866.437.156
65,83
1421370
685.055.200
119,8
460150
261.541.129
12,47
7007662
2.435.285.011
122,65
1039599
358.840.853
534,2
170130
105.569.412
420,6
1034304
126.279.322
284,4
2375403
505.028.789
59,98
619792
266.805.751
199
996454
560.082.187
CLOT
+ HAUT
+ BAS
41,68
41,89
41,49
108,9
112,75
108,8
98,99
103,1
98,9
24,76
26,1
24,755
96,54
100,2
96,54
23,445
23,9
23,445
51,47
52,31
51,07
36,22
36,67
35,97
104,55
111,25
104,55
15,63
15,775
15,405
12,508
12,706
12,406
65,33
65,91
65,24
114
120
114
12,175
12,485
12,175
117,95
122,7
117,7
505,4
534,4
499,8
381,3
422,9
378,1
265,3
286,4
261,65
58,46
60
58,42
191,3
200,1
189,9
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 0,26
- 1,33
- 4,01
- 3,2
+ 3,13
+ 4,46
- 3,42
- 5,54
+ 25,56
- 4,77
- 1,04
+ 11,21
- 2,54
- 2,92
- 27,44
- 0,28
+ 6,67
- 9,6
+ 0,47
+ 1,7
- 23,64
- 0,17
+ 0,67
- 9,45
- 5,73
- 1,37
+ 4,92
+ 1,96
- 3,22
- 8,86
+ 0,31
+ 2,64
- 18,06
- 0,47
+ 0,08
- 5,08
- 4,84
-11,7
+ 30,72
- 2,13
- 2,56
- 15,48
- 3,56
- 2,2
+ 12,66
- 5,07
- 5,36
+ 17,43
- 9,62
-14,98
+ 16,53
- 7,14
- 6,85
+ 11,75
- 2,31
- 5,71
- 5,34
- 4,16
- 4,4
+ 3,74
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 3,07
48,95
41,3
2,52
+ 3,66
115,25
97,12
2,43
+ 19,27
3,4
111,16
29,16
81,33
1,52
- 8,69
30,765
24,05
- 20,44
130,55
96,54
1,76
- 5,22
27,69
20,495 5,37
- 17,32
68,66
50,06
5,87
- 16,37
45,98
35
4,69
+ 5,72
119,8
97,38
1,63
- 13,36
19,73
12,955 2,94
- 9,36
15,54
11,105 5,04
- 6,6
71,78
62,24
2,91
+ 28,68
141
87,52
0,51
- 15,07
1,21
14,815 10,10
12,075 3,04
+ 2,61
129,55
105,35
1,3
+ 13,25
614,6
417,9
1,5
+ 4,38
522,4
338,263 1,05
+ 8,11
313,7
232,5
1,28
- 8,93
67,44
58,42
2,16
+ 3,43
214,9
170,3
1,86
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
05/06/18 0,4
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
04/07/18 1,01
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/09/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
20/08/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
24/04/18 1,76
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
103,4
1060128
178.978.841
13,56
8824126
2.660.056.599
138,15
822373
265.421.592
21,68
4484651
904.828.213
52,74
1127860
235.249.801
71,88
913834
295.722.284
112,55
1495416
443.680.643
34,58
2131790
552.615.876
75,71
2765368
1.251.631.963
65,4
2239228
578.979.025
36,24
4609994
807.917.739
88,26
306317
147.454.887
14,82
5807291
911.151.920
26,79
2092985
452.905.699
55,21
7088986
2.664.312.938
165,3
399506
138.282.967
32,4
1977711
240.253.100
17,34
2041715
565.593.341
79,84
1421893
597.428.682
21,67
2834526
1.305.230.587
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
99,26
103,4
98,56
13,845
13,925
13,53
132,2
138,55
132,15
20,62
21,68
20,61
51,04
53,24
50,92
71,12
71,88
70,65
109,35
112,65
109,35
34,015
34,715
33,895
76,64
77,3
75,68
62,7
65,4
62,66
36,65
37,16
36,11
86,86
88,32
86,26
14,13
14,835
14,01
26,54
27,14
26,47
55,1
56,26
54,75
163,4
165,74
163,4
31,5
32,45
31,46
17,27
17,445
17,235
78,9
79,84
78,9
21,5
21,67
21,5
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 4,14
- 0,72
- 19,1
+ 1,84
+ 1,21
+ 0,11
- 4,06
- 1,56
+ 8,36
- 4,76
-11,2
+ 0,66
- 3,37
- 1,66
- 15,5
- 0,66
- 1,15
- 16,55
- 2,32
- 5,49
+ 26,4
- 1,18
- 4,44
- 31,35
+ 1,39
+ 4,29
- 9,55
- 4,19
- 4,42
- 15,57
+ 1,1
+ 2,88
- 24,62
- 1,63
- 0,73
- 15,63
- 5,8
-12,78
- 15,21
- 0,56
+ 7,06
+ 13,42
+ 0,49
+ 6,21
+ 20,97
- 1,07
- 4,78
- 2,93
-15,09
- 49,75
- 0,69
- 2,57
- 12,76
- 0,81
- 2,47
- 1,62
- 0,6
- 1,56
+ 0,8
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 16,97
130,85
98,04
3,58
- 4,35
15,235
13,315
2,17
+ 0,19
147,75
120,05
0,76
+ 21,62
25,4
16,455 2,57
- 9,9
63,18
48,96
3,92
- 15,24
100,8
69,75
4,99
+ 27,28
122,25
81,04
1,46
- 26,02
48,6
33,895 3,82
+ 6,67
77,98
62,88
3,95
- 11,52
78,56
62,66
3,51
- 14,87
47,505
34,815
6
- 22,48
113,05
76
3,17
- 22,38
0,23
22,97
62,18
14,01
0,37
+ 2,67
29,17
22,9
+ 19,67
56,82
43,09
1,16
- 15,09
195,5
162,54
- 49,41
66,48
31,46
3,97
- 18,82
22,29
16,915 4,86
- 7,34
88,8
77,56
2,23
- 4,1
24,87
20,26
2,09
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
AB SCIENCE (AB) g
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
B 4,402
4,212
241746
4,486
40.789.901
4,162
B 6,17
6,17
61347
6,21
FR0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
6,15
ABIVAX (ABVX) g
B 6,68
6,57
2836
6,69
FR0012333284
10.024.182
6,52
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,602
0,61
22828
0,61
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,594
ACTIA GROUP (ATI) g
C 5,38
5,03
19359
5,38
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
5,03
ADOCIA (ADOC) g
B 16,3
14,7
26558
16,3
FR0011184241
6.916.753
14,7
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 183,6
179,2
81603
183,6
FR0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
179,2
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 8,87
8,482
3675139
8,88
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
8,482
55,8
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 57,4
26482
58,1
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
55,7
AKWEL (AKW) g
B 17
16,94
22809
17,04
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
16,8
ALD (ALD)
A 15,01
14,73
67005
15,08
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
14,72
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 27,25
25,8
14480
27,25
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
25,8
ALSTOM (ALO) LR
A 39,72
38,06
1140104
39,85
FR0010220475
20/07/18 0,35 222.997.311
38
ALTAREA (ALTA) g
A 193,2
192,8
3056
194,8
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
192,2
ALTEN (ATE) G
A 85
83,1
112404
85,15
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
82,35
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 7,405
7,31
1370950
7,52
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
7,215
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,1
3,14
12887
3,22
FR0012789667
47.804.841
3,1
AMUNDI (AMUN) G
A 63,2
61,74
EX-DS 15/03/17
132135
63,2
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
61,74
APRIL GROUP (APR)
B 12,45
12,45
76
12,5
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
12,45
ARCHOS (JXR) g
C 0,608
0,58
327035
0,608
FR0000182479
42.561.334
0,58
ARKEMA (AKE) L
A 104,75
99,54
347164
105
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
99,54
ARTPRICE.COM (PRC) g
C 13,32
13,38
8968
13,38
FR0000074783
6.651.515
13,16
ASSYSTEM (ASY) g
B 28,1
27,8
OPA 24/11/17
5234
28,25
FR0000074148
19/06/18 1 15.668.216
27,8
ATARI (ATA)
C 0,464
0,427
4729383
0,465
FR0010478248
255.105.360
0,423
AUBAY (AUB) g
C 32,8
31
27284
33,8
FR0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
31
AUREA (AURE)
C 7,5
7,02
4740
7,5
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
7,02
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,23
0,228
107042
0,238
FR0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,227
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 15,76
15,86
2707
16,1
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
15,7
BÉNÉTEAU (BEN)
A 13,02
12,46
129722
13,02
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
12,4
BIC (BB) G
A 74,5
72,95
158927
74,75
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
72,95
BIGBEN INT. (BIG) g
C 9,82
9,8
29346
9,84
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.204.544
9,74
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 62,9
62,6
242472
63,8
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
61,8
BOIRON (BOI) g
A 57,4
56,6
9047
57,4
FR0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
55,1
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,654
3,596
4211015
3,672
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,592
BONDUELLE (BON) g
B 29,5
28,9
18031
29,8
FR0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
28,9
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 20,49
19,745
1118699
20,67
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
19,715
BURELLE SA (BUR)
A 1075
1015
243
1085
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
1015
CARMILA (CARM)
C 20,25
19,9
29653
20,25
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
19,86
CASINO (CO) LR
A 37,38
37,34
624453
38,21
FR0000125585
18/05/18 1,56 109.729.416
37
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,795
2,62
273832
2,8
FR0010193052
30.514.178
2,615
CGG (CGG) G
C 2,38
2,324
3228773
2,412
FR0013181864
709.940.718
2,324
CHARGEURS (CRI) g
C 19,6
19,03
85417
19,76
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.501.104
18,9
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 342,6
323
EX D OP 08/06/17
44889
344,1
FR0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
319
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/091018
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
- 4,32 - 49,5
- 0,71
11,15
- 53,71
3,86
- 1,75
-11,86
7,48
- 2,22
5,95
- 2,52 - 23,87
-12,86
9,87
- 44,04
6,48
+ 1,33 - 29,07
- 1,61
0,87
- 18,67
0,562
- 7,02 - 27,94
-33,47
9,08
- 28,25
5,03
- 8,58 + 2,44
-11,98 21,3
- 17,42 13,28
- 2,18 + 13,06
- 5,83 202,6
+ 29,86 156
- 3,94 - 37,54
+ 1,58 14,51
- 36,03
6,646
- 3,13 + 20,52
-14,15 70,8
+ 9,95 46,2
+ 0,71 - 49,75
-13,04 36,8
- 55,72 16,7
- 1,87 + 14,05
- 8,05 16,93
+ 10,88 12,54
- 5,5 - 21,05
- 8,83 36,1
- 8,8
25,8
- 3,91 + 9,98
- 2,13
41,52
+ 6,7
32,79
- 0,21 - 7,35
- 2,43 218,5
- 1,25 178,2
- 2,69 + 19,38
- 6,21 94,4
+ 9,04 69,5
- 1,15 - 41,53
- 6,04 13,681
- 46,88
7,105
+ 1,62 - 11,3
+ 2,61
4,4
- 30,07
2,9
- 1,94 - 12,61
- 2,16 77,66
- 10,74 57,74
- 15,31
- 5,68 16,4
- 4,6
12,1
- 1,7 - 10,77
-11,45
1,576
- 18,31
0,57
- 5,02 - 1,98
- 4,7
112,9
- 4,01 94,82
+ 1,36 - 20,59
- 2,19
17,88
- 26,36 13,16
- 1,77 - 7,09
+ 6,92 33,05
- 15,76 25,1
- 7,48 + 18,61
+ 1,91
0,948
+ 18,61
0,367
- 5,34 - 10,4
-23,55 43,3
- 10,14
31
- 6,4 - 18,47
- 8,83
9,3
- 12,8
6,94
- 2,98 + 8,57
+22,58
0,477
+ 42,5
0,172
+ 0,64 - 30,44
-12,86 23,1
- 28,56 15,5
- 4,01 - 37,53
- 6,32 23,2
- 15,15
12,38
- 2,34 - 20,41
- 4,01 99,05
- 20,84 72,95
- 0,2 - 28,93
+ 2,08 16,2
- 10,5
9,5
+ 0,48 - 16,19
-16,98 82,6
- 12,55 59
- 1,05 - 24,38
- 5,03 78,5
- 26,55 55,1
- 1,86 - 20,58
- 3,54
4,798
- 12,46
3,552
- 1,53 - 34,43
+ 1,58 47,8
- 25,71
27,05
- 1,28 - 13,36
-10,94 24,28
- 11,54 19,535
- 5,14 - 20,08
-21,62 1420
- 21,38 1015
- 1,49 - 14,28
-11,36 25,35
- 18,16
19,86
+ 0,27 - 26,15
+27,79 53,48
- 25,57 25,37
- 6,43 - 13,53
-18,89
3,611
+108,31
2,615
- 1,44 + 52,11
+ 3,29
4,1
+ 29,31
1,295
- 3,35 - 24,81
-14,82 28,64
- 25,08 18,65
- 5,75 + 6,06
- 9,35 383,8
+ 17,22 291,6
- 17,37
- 9,23 7550
- 13,38 5900
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
CLARANOVA (CLA) g
C 0,92
0,889
4203487
0,929
393.613.788
0,87
A 20,6
20,46
369607
20,76
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
20,4
COFACE (COFA) g
A 7,8
7,67
121287
7,85
FR0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
7,67
COLAS (RE)
A 174,4
173
1921
174,4
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
173
COVIVIO (COV) G
A 87,3
85,35
90487
87,3
FR0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
85,35
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 25,3
25,6
852
25,6
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
25,3
DASSAULT AV. (AM) G
A 1483
1439
5950
1510
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
1432
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 119,8
114
460150
120
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
114
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 31,98
30,86
128883
31,98
FR0010417345
30.006.352
30,7
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,312
4,178
763278
4,322
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
4,164
DEVOTEAM (DVT) g
C 108,8
92,3
19039
108,8
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
88,7
DNXCORP (DNX) g
C 6,62
6,68
842
6,68
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
6,62
EDENRED (EDEN) G
A 32,9
31,61
675308
32,9
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
31,59
EDF (EDF) LR
A 15,295
14,63
EX-DS 7/03/17
3906961
15,32
FR0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
14,62
EIFFAGE (FGR) LR
A 92,96
91,16
349914
92,96
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
91,16
EKINOPS (EKI) g
3,7
3,595
50636
3,73
FR0011466069
21.529.161
3,57
ELIOR (ELIOR) G
A 12,85
12,59
341526
12,85
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
12,55
ELIS (ELIS) G
A 18,04
17,61
294476
18,1
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
17,56
EOS IMAGING (EOSI)
C 4,12
4,12
9308
4,2
FR0011191766
22.641.483
4,12
ERAMET (ERA) Gg
A 84,1
81,7
222290
85,15
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
81,3
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 7,65
7,425
21848
7,65
FR0011471135
17.940.035
7,4
ESI GROUP (ESI) g
C 37,7
37
7354
37,7
FR0004110310
5.955.072
35,6
EURAZEO (RF) G
A 66,15
65,45
257764
66,15
FR0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
65,25
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,01
3,02
8539
3,04
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
2,94
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 429
409,6
59219
429,8
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
405,2
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 7,85
7,975
296024
8,03
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
7,765
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 22,54
22,32
1197198
22,64
FR0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
22,32
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 95,4
94
377
95,4
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
93,2
FAURECIA (EO) G
A 48,24
46,07
1083911
48,25
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
45,7
FFP (FFP) g
A 108,6
104,8
9532
109
FR0000064784
22/05/18 2 25.072.589
104,4
FIGEAC AERO (FGA) g
B 13,48
13,02
34146
13,48
FR0011665280
31.839.473
12,8
FIN. ODET (ODET)
A 792
784
182
792
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
780
FNAC DARTY (FNAC)
A 60,25
62,25
64611
62,85
FR0011476928
26.792.938
60,1
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 60
59,8
64
60
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
59,4
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A
/081018
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,24
2,39
1,08
1,25
1,77
3,73
1,94
0,92
1,2
3,28
4,05
2,17
2,31
3,6
0,77
2,14
1,26
2,01
4,73
1,02
0,54
2,83
0,56
1,56
2,84
1,58
4,18
1,58
1,05
3,05
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
C 1,13
N/P REGR.
45550
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,154
602950
FR0000079634
01/10/01 0,1 151.685.385
GECINA (GFC) G
A 136,8
169984
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.162.901
GEMALTO (GTO) L
A 50,06
198450
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 18,7
146096
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 1,85
47316
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,38
47050
FR0011790542
78.204.326
GETLINK (GET) LR
A 11,06
822680
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 18,22
18413
FR0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
1,13
1,13
1,13
0,151
0,154
0,148
134,1
137,8
134,1
50,08
50,14
50,06
18,27
18,79
18,11
1,78
1,85
1,78
1,398
1,408
1,354
11
11,08
10,975
18,2
18,28
18,04
- 4,15 + 81,43
+ 7,24
1,223
+ 83,3
0,491
- 0,78 + 6,26
+ 4,18
21,62
+ 3,07 18,41
- 1,41 - 13,96
- 3,16 10,76
- 20,1
7,5
- 1,48 - 4,68
+ 2,25 192
- 7,98 167,4
- 1,84 - 9,66
- 4,74 97,3
- 0,5
84,6
+ 1,99 - 10,55
- 1,54 29,9
- 10,71 24,5
- 1,37 + 10,87
- 7,28 1729
+ 6,95 1267
- 4,84 + 28,68
-11,7
141
+ 30,72 87,52
- 2,9 - 26,34
-20,75 47,38
- 61,68 28,54
- 3,64 - 54,15
- 8,58
9,18
- 53,32
4,164
- 11,93 + 23,31
-19,6 119
+ 12,03 72,5
- 0,3 + 6,88
+ 9,51 10
+ 5,36
5,8
- 3,45 + 30,73
- 6,56 35,95
+ 30,89 23,74
- 4,25 + 40,4
- 1,51
15,78
+ 37,69
9,832
- 1,94 - 0,2
- 7,06 101,7
+ 3,61 87
+ 0,7 - 23,18
+13,77
5,49
- 34,64
3,1
- 2,02 - 26,91
- 4,62 19,71
- 46,31
11,59
- 2,6 - 23,48
-11,95 23,94
- 22,66 17,56
- 0,48 - 13,81
+ 5,51
5,92
- 1,67
3,49
- 2,97 - 17,5
+19,36 167,2
+ 29,17 66,75
- 1,39 - 59,86
-15,86 19,57
- 70,68
7,28
- 2,5 - 20,43
-13,55 48
- 4,07 34,3
- 1,28 - 10,75
+ 1,32 82,286
- 12,06 63,5
- 3,51 - 13,71
- 1,63
3,61
- 14,69
2,94
- 4,48 - 19,31
-12,59 545,5
- 24,57 382,2
+ 1,98 - 22,2
+ 5,42
11,78
- 34,82
7,17
- 0,4 + 15,68
+ 7,77 23,11
- 6,36 15,275
- 1,47 - 18,97
- 1,88 125,5
- 13,11
87,8
- 4,81 - 29,26
-11,44 76,98
- 25,24 45,7
- 3,68 + 4,49
- 4,03 120,4
- 0,33 94,5
- 3,84 - 31,07
-10,7
19,5
- 35,67 12,8
- 1,26 - 20,48
- 5,54 1090
- 15,7 780
+ 3,75 - 38,18
-12,75 106,6
- 25,06 59,65
+ 0,67 + 9,5
63,4
+ 7,25 54,4
- 22,85
- 3,08 565
- 26,46 376
- 0,44
- 0,33
- 4,43
+ 0,67
- 2,33
- 8,78
- 0,67
+ 0,04
- 0,52
+ 43,15
- 1,93
-20,98
- 24,81
- 3,26
-19,09
- 64,19
+ 0,14
- 3,32
- 4,9
- 0,5
+ 0,96
+ 5,26
- 0,76
-20,35
- 34,87
1,14
1,125
+ 67,78
0,32
0,09
- 12,87
161,9
134,1
+ 1,17
50,38
49,1
- 23,62
28,28
18,11
- 71,2
7,68
1,76
- 15,78
2,08
1,352
+ 2,61
12,49
10,11
- 23,44
27,072
17,94
4,11
4,43
4,74
1,06
0,51
3,35
0,98
20,96
1,96
1,03
2,19
3,34
2,1
2,82
1,91
4,97
0,59
1,9
5,42
1,68
2,39
1,91
0,13
1,85
4,21
11,89
2,73
3,57
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 63,3
62
29234
63,6
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
61,5
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,258
0,255
EX D S 13/06/17
4950
0,258
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,255
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 12,78
12
12437
12,8
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
11,9
GROUPE LDLC (LDL) g
C 15,5
15,28
NOM.
2963
15,58
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
15,24
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
22,9
22,8
REGR.
1041
23,3
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
22,8
GTT (GTT) Gg
A 67,25
66,5
61979
67,7
26/09/18 1,33 37.028.800
FR0011726835
66,5
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 11,1
10,56
36846
11,1
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
10,56
HIGH CO (HCO) g
C 4,835
4,55
30330
4,835
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
4,5
HUBWOO (HBW) g
C 0,166
0,173
856
0,173
FR0004052561
136.345.527
0,166
ICADE (ICAD) G
A 76,35
74,4
53850
76,35
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
74,4
ID LOGISTIC (IDL) g
B 151,4
145
3552
151,4
FR0010929125
5.628.475
145
ILIAD (ILD) G
A 99,18
103,05
319291
104,75
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
99,18
IMERYS (NK) G
A 59,35
57,85
172356
59,6
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
57,55
INGENICO GROUP (ING) LR
A 64,6
62,9
321182
64,64
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
62,86
INNATE PHARMA (IPH) g
B 5,01
4,862
115516
5,075
FR0010331421
57.600.100
4,826
INSIDE SECURE (INSD)
C 2,45
2,41
67904
2,45
FR0010291245
44.119.162
2,36
INTER PARFUMS (ITP) g
B 41,85
41,1
38090
41,85
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
40,85
IPSEN (IPN) G
A 131,05
128,85
163572
131,55
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
128,5
IPSOS (IPS) G
A 26,56
24,9
67350
26,56
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
24,8
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 18,46
18,44
25694
18,62
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
18,16
JCDECAUX (DEC) G
A 30,08
29,5
166610
30,32
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
29,5
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 36,52
35,26
25870
36,58
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
35,12
KLEPIERRE (LI) LR
A 29,8
29,59
655655
29,96
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
29,59
KORIAN (KORI)
A 32,3
32,84
375918
33,1
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
32,08
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 40,34
39,81
54094
40,44
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
39,57
LAGARDÈRE (MMB) G
A 25,67
25,47
635715
26,06
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
25,29
LATECOERE (LAT) g
C 3,74
3,62
226149
3,755
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,6
LE BÉLIER (BELI) g
C 35,3
35,3
13671
36
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
35,3
LNA SANTÉ (LNA) g
B 50
48,75
7481
50,4
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
48,7
LECTRA (LSS)
B 20,9
19,98
37978
20,9
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
19,34
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 35,8
34,8
3975
35,8
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
34,8
LISI (FII) g
A 28,05
26,45
16949
28,05
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
26,45
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 13,2
11,96
29250
13,2
FR0000038242
15.884.557
11,92
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 17,66
18,02
159390
18,09
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
17,54
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 23,56
22,54
150099
23,56
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
22,2
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 37,6
36
4131
37,75
35,8
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 29
27,85
13096
29,1
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
27,65
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 4,46
4,39
26853
4,495
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,225
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,8
2,7
86671
2,8
FR0010609263
23.147.338
2,66
MERCIALYS (MERY) g
A 13,51
13,3
132874
13,53
FR0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,3
MERSEN (MRN) g
B 27,9
27,4
55300
28,25
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
27,4
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,98
1,98
13611
2
FR0004177046
23.261.500
1,98
NANOBIOTIX (NANO) g
B 15,5
15,06
106374
15,74
FR0011341205
19.633.373
15,05
NATIXIS (KN) LR
A 5,662
5,63
5367106
5,748
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,61
NETGEM (NTG) g
C 1,41
1,44
16682
1,48
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,39
NEXANS (NEX) G
A 26
25,7
206265
26,06
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
25,6
NEXITY (NXI) G
A 46,4
44,56
133734
46,42
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
44,36
NICOX (COX)
B 6,15
6,085
115688
6,23
FR0013018124
22.869.669
6,05
NRJ GROUP (NRG) g
B 8,3
8,2
16317
8,3
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
8,18
OENEO (SBT) g
B 9,8
9,2
33045
9,85
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
9,2
ONXEO (ONXEO) g
B 1,05
1,037
82498
1,056
FR0010095596
50.914.722
1,037
ORPÉA (ORP) G
A 103
99,28
173730
103,3
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
99,02
PARROT (PARRO) g
B 4,47
4,365
40585
4,6
FR0004038263
30.174.671
4,35
PHARMAGEST INT. (PHA)
56,8
53
6359
56,8
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
52,7
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 26
25,05
4820
26,15
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
25,05
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,782
1,842
29645
1,846
FR0011950641
21.606.363
1,772
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 28,86
27,45
543025
28,86
FR0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
27,3
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 11,08
11,06
DIV 8 02/05/17
34486
11,12
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
10,84
PSB INDUST. (PSB)
C 47,5
47,2
445
47,6
FR0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
47
RALLYE (RAL)
A 9,635
9,675
91139
9,91
FR0000060618
30/05/18 1 54.999.135
9,55
RECYLEX SA (RX)
C 7,57
7,245
47702
7,58
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.747.482
7,15
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 108,8
102,8
145328
109,7
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
102,8
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B 390
390
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1
390
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B
/121016
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35,1
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35
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109,7
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B 67,4
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14/05/18 1,4 14.032.930
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89789
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141,5
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BPA
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0,4
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3,96
1,2
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
SEQUANA (SEQ)
C 0,328
212305
FR0011352590
65.183.351
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3179
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324
322
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
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BPA
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- 6,61 86,3
2,82
- 3,13 - 27,3
- 6,23
2,011
- 37,52
1,08
- 0,65 - 11,25
+ 5,77 14,925
- 15,62 10,58
4,99
- 1,18 - 10,64
-20
2,45
- 7,69
1,508
- 1,48 - 1,6
-10,24 38,45
- 6,85 32,5
3,6
- 2,37 - 34,15
-20,39 54,5
- 36,26 28,15
2,77
- 2
- 41,28
-13,48 37,34
- 46,41 20,54
2,92
- 1,39 - 58,01
+13,04
3,328
- 57,21
0,995
- 4,98 + 22,98
-12,92 171,7
+ 16,13 111
1,26
- 1,44 - 3,74
- 1,2
48,2
- 0,24 39,2
+ 1,61 - 25,27
+ 5,46 12,89
- 29,98
8,03
3,81
- 4,28 + 24,44
- 6,21 124,45
+ 17,43 84,3
1,16
- 10,13
- 9,25 66,5
- 1,81 49,4
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-12,46 29,3
+ 10,81
21,4
4,07
- 3,36 - 40,98
- 9,92 12,4
- 49,67
6,9
+ 1,75 + 2,83
- 3,16
3,46
- 11,82
2,715
- 3,78 - 41,21
-29,88 180
- 33,64 85,15
1,5
- 6,46 + 30,43
- 5,49 107,9
+ 29,97 61,6
- 2,14 - 4,71
+ 2,09
6,078
+ 0,29
4,152
- 2,98 + 29,24
- 7,61
4,19
+ 23,45
2,78
+ 0,08 - 25,73
- 5,13 70,9
- 25,13 48,58
3,07
- 0,64 - 29,93
+ 6,72 91,9
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2,59
- 0,15 + 7,37
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+ 9,9 103
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+ 0,42 24,8
+ 3,82 22,3
3,35
- 8,71 - 27,53
-26,21 42,75
- 27,62 30,1
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- 8,78 152,6
- 16,63 111,7
2,28
- 3,48 + 10,35
-10,42 57
+ 12,27 39,74
- 3,07 - 30,85
-14,21
11
- 19,12
6,42
+ 25,05
+ 4,55 324
+ 40,73 242
0,25
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
GEMALTO (GTO) L
NL0000400653
NOKIA (NOKIA) R
FI0009000681
SES (SESG) LR
LU0088087324
A 50,06
198450
22/05/17 0,43 90.920.356
A 4,625
507125
31/05/18 0,13 5.839.404.303
19,64
1301684
23/04/18 0,68 359.506.172
50,08 + 0,04 + 1,17
50,14
- 0,52 50,38
50,06 + 43,15 49,1
4,499 - 2,83 + 15,54
4,625
- 3,39
5,386
4,488 - 10,38
3,845
19,56
- 0,38 + 50,35
19,845 +17,16 20,3
19,56
+ 12,51 10,55
4,21
11,89
0,3
15,19
4,22
4,09
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
11,82
13466
USD 14/09/18 0,08 8.691.081.000
7,613
21676
GB0005405286
USD 16/08/18 0,1 19.927.790.282
LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 40,34
54094
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
SCHLUMBERGER (SLB)
A 54,6
2810
AN8068571086
USD 04/09/18 0,5 1.434.212.164
STALLERGENES GREER (STAGR) A 28,75
8758
GB00BZ21RF93
19.738.742
US3696041033
HSBC (HSB)
11,62
11,84
11,54
7,52
7,647
7,52
39,81
40,44
39,57
53,4
55,2
53,2
29,3
29,3
28,4
- 2,02
+ 8,19
- 42,45
+ 0,27
+ 2,27
- 11,84
- 1,44
+ 0,05
- 19,92
- 1,48
+ 2,3
- 8,09
+ 1,91
+ 3,9
- 34,89
- 20,9
16,12
9,3
- 11,94
8,996
7,281
- 15,37
51,1
39,31
- 4,4
65,4
51
- 23,92
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Jeudi 11 octobre 2018 Les Echos
euronext//taux&changes//matières premières
EURONEXT HORS SRD
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FR0011742329
FR0000061244
ACTIONS
FRANÇAISES
VALEUR
OUV
+HT +BS
CLÔT ÉCART VOL
2CRSI
C 8,9
9,26
8,9
9,08 + 2,02
16007
A.S.T. GROUPEg
C 9,11
9,45
8,35
9,45 + 3,28
21824
ABEO
C 32,2 32,2
32,1
32,1 - 0,31
1840
ACTEOSg
C 2,01
2,01
1,91
1,91 - 6,37
9006
AD CAPITAL
0,09 0,09
0,09
0,09
400
ADL PARTNERg
C 14,7
14,7
14,6
14,65 - 0,68
997
ADUX (EX:HI MEDIA) C 3,39 3,39
3,36
3,36 - 0,89
1134
ADVENISg
C 1,735 1,81
1,735
1,81 + 1,97
3226
ADVICENNE
C 12,26 12,26
12,24
12,24 - 0,16
243
ADVINI
C 31,2
31,2
31,2
31,2
1
AFFINE REg
C 15,14 15,24
15,08
15,08 - 0,13
1364
AFONE PART.
C 10,6
10,7
10,3
10,7 + 0,94
738
ALPHA MOS
C 0,42 0,42
0,42
0,42 + 5
10
ALTAMIRg
B 15,54 15,54
15,2
15,2 - 3,06
3763
ALTAREIT
B
540
C 3,95 4
3,78
3,98 + 0,76
22761
AMOEBAg
ANTALIS
B 1,14
1,15
1,12
1,15
200043
B 47,1
47,4
47
47,4 + 0,85
25892
ARGANg
ARTEA
C
14,4
6400
ARTOIS
A
ATEME
C 11,22 11,66 10,7
10,7 - 9,01
41359
AU FEMININg
B
39,32
AUGROS CP
C 8
8
7,2
7,2 - 10
941
AURES TECH.
C 39,6
39,6
37,6
37,6 - 4,57
2302
AWOXg
1,5
1,505 1,425
1,455 - 3
24674
BACCARAT
B
224
BAINS MONACO
B 54,2 54,8
53,2
53,6
974
BALYO
C 2,41
2,41
2,26
2,355- 2,69
49486
BARBARA BUI
C 8,2
8,2
8,2
8,2 - 1,21
300
BASTIDE
C 32,1
33,45 32,1
33,25 + 0,61
13844
BLEECKER
C
89
BLUE SOLUTIONSg
16,45 16,45 16,4
16,4 - 0,3
25
BOURBONGg
A 5,86 5,9
5,73
5,86 + 0,86 54950
BOURSE DIRECT
C 1,38
1,38
1,36
1,38 - 0,72
2697
C 7,72
7,83
7,72
7,83 + 0,39
12849
BUSINESS ET DEC.g
CAFOM
C 7,25
7,25
7,1
7,15 - 1,38
20151
CAPELLI
39,8 39,9
37
37
- 6,8
2360
CARP.DE PARTIC.
C
57,5
CASTg
C 3,85 3,9
3,75
3,81 + 0,53
11846
CATERING INTER.g
B 12,65 12,85
12,65
12,65
945
CBO TERRITORIAg
C 3,85 3,86
3,79
3,82 - 0,78
23625
CCA INTERN.
C
4,99
CEGEDIMg
B 27,8 28
27,8
27,8
1570
CEGEREALg
B 37,6
37,8
37,6
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105
CELLNOVOg
C 2,94 2,955 2,88
2,89 - 2,37 20462
CERENISg
B 1,8
1,88
1,64
1,78 - 1,11
75594
CFI
C
1,82
CHAUSSERIA SA
C
0,001
CIBOX INTER.g
C 0,186 0,187
0,181
0,182
290651
CLAYEUXg
C 0,26 0,26
0,26
0,26 - 9,72
4115
CNIMg
B 99
99
95
96
- 2,44
548
COGELEC
C 9,329 9,33
9,2
9,21 - 1,59
723
COHERISg
C 1,955 1,965 1,94
1,94 - 0,51
2492
COURTOIS
C145
145
145
145
1
CR ALPES PROV.
C108
108,3 108
108,3 + 0,28
132
CR ATL. VENDÉE
C 126,5 126,5
126,48 126,5
100
CR BRIE PICARD.
B 23,76 24,2
23,76
24,005+ 0,15
3134
CR ILLE VILAINE
C 96,75 97,18
96,75
97,18 - 0,02
75
CR LANGUEDOC
C 71,2
71,7
71,2
71,7 + 0,7
458
CR LOIRE HTE-LOIRE C 85,64 85,64 85,64
85,64 + 0,19
1
CR MORBIHAN
C 79,12 82,5
79,12
82,5 + 2,46
175
CR NORD FRANCE
B 20,85 21,05 20,75
20,95 + 0,48
3966
CR NORM. SEINE
C 127
127,78 126,42 126,5 - 0,39
194
CR PARIS IDF
B 87,95 88,1
87,95
88,05 + 0,06
337
CR RHÔNE-ALPES
C190,18 190,18 190
190
- 0,11
47
CR TOULOUSE
C109,12 109,3 109
109,3 + 0,18
287
CR TOUR. POITOU
C103,3 104
103,3
104
+ 0,68
231
4,06
CROSSWOOD
C
CS-COM. ET SYST.g
C 5,08 5,12
5,06
5,06 - 0,78
4381
DALETg
C 12,8
12,8
12,8
12,8 + 0,79
463
DANE-ELEC MEMORYg C
0,56
DEINOVE
2,475 2,475 2,38
2,4 - 3,23
28004
DELTA PLUS GROUP B 42,6 43,2
41,6
41,8 - 1,88
1316
DIGIGRAM
C 0,65 0,65
0,65
0,65 - 9,09
2000
DMS
C 0,862 0,87
0,862
0,87 - 2,03
846
DOCKS PÉTROLES A C510
510
510
510
6
C 56,6
57
56,2
56,2 - 0,36
1263
DOM SECURITYg
ECAg
C 14,25 14,3
14,15
14,3 + 0,35
264
EGIDEg
C 2,05 2,05
1,92
1,955- 3,22
8668
ELECT. STRASBOURG B 110,5 113,5
110
112,5 + 1,35
901
ELECTRO POWERg
C 12,8
13
12,5
12,5 - 1,96
19949
ENCRES DUBUITg
C 5,6
5,6
5,6
5,6
1689
ESSOg
B 40,4 40,75 40,05
40,65 + 0,49
3077
EURASIA FONC INV
C 0,22 0,22
0,22
0,22 + 15,79
2000
EUROMEDIS GROUPEg C 6,65 6,65
6,65
6,65
1
EUROPACORPg
C 1,39
1,41
1,365
1,385+ 0,36 21668
EXACOMPTA CLAIREF. C 117
118
117
118
- 1,67
64
860
EXPL. PROD. CHIM.
C
EXPL. PROD. CHIM.
C
865
F.I.E.B.M.
C
6,1
F.I.E.B.M.
C
118
F.I.P.P.
C
0,292 + 13,52
FAUVET-GIREL g
C
32,2
FERMENTALGg
3,42
3,43
3,225
3,23 - 5,42
54279
FERMIÈRE CANNES
B
1540
FIDUCIAL OFFICE
C 28,6
28,6
28,6
28,6
1
FIDUCIAL RE
B 186
186
185
185
- 0,54
21
FIN. MONCEY
A5850 5850 5850
5850
- 13,97
11
FINATIS
B 43
43
43
43
1
FLEURY MICHON
B 53
54,2
52,4
52,8 - 0,38
799
FONCIÈRE 7 INV.
C
1,85
FONCIÈRE ATLAND
C 117
117
117
117
- 0,85
41
FONCIÈRE EURIS
B 31,8
31,8
31,4
31,4
231
FONCIÈRE INEA
B 39,2 39,2
38
38
- 1,81
504
FONCIÈRE PARIS NORD C 0,036 0,038 0,035
0,035- 4,89 926821
FONCIÈRE R-PARIS
C
34,97
4,16
FONCIÈRE VOLTA
C
FRANÇAISE ENERGIE C 13,5
13,55
13,4
13,55 + 0,37
239
FREY
B 28,6
28,6
28,6
28,6
13
FSDV
C
48,6
GALIMMO
C 24,4 24,4
24,4
24,4
1
GAUMONT
B 134
134
130
130
- 2,99
516
GEA
C 91,8 92
90,6
92 + 0,22
184
GENERIXg
C 3,31
3,35
3,29
3,31 - 0,9
15933
GENOMIC VISIONg
0,964 0,964 0,893
0,915 - 5,48 290945
GÉRARD PERRIER
C 51,4 52
51,2
51,2
762
GFI INFORMATIQUEg B 10,45 10,55
10,45
10,5 + 0,48
7384
GRAINES VOLTZ
C 37
37
35
35
- 7,41
734
GROUPE IRD
C 26
26
26
26
1
GROUPE JAJ
C
1,78
GROUPE OPENg
C 23,2
23,5
23
23,05 - 1,07
15944
GROUPE PIZZORNO
C 17,45 17,45
17,3
17,3 - 0,58
251
GROUPE SFPIg
C 2,99 3
2,9
2,9 - 2,36
36839
GUERBETg
B 59,9 60
58,6
58,6 - 2,17
5448
GUILLEMOT CORP.g
C 4,6
4,63
4,47
4,53 + 0,67
24612
GUY DEGRENNE
C 0,2
0,2
0,2
0,2 - 0,99
1
HF COMPANYg
C 6,28 6,3
6,26
6,26 - 0,32
3445
HIPAY GROUP
C 12,8
12,8
12,15
12,5 - 1,19
3191
HOPSCOTCH GROUPEg C 7,24
7,3
7,24
7,3 + 0,83
77
IDI
B 43,7
43,9
43,6
43,9 + 0,46
570
IGE + XAOg
C 137
137
137
137
- 0,73
84
IMMO. DASSAULT
B 52,4 52,6
52
52
- 1,14
151
IMMO. HÔTELIÈRE
C
1,04
IND. FIN. ENT.
C
64
INFOTELg
C 39,55 39,85 39
39
- 1,39
8538
INNELEC MULT.g
C 5,06 5,06
4,96
4,98 - 1,58
2931
INSTALLUX SA
C360 360
360
360
- 2,7
29
INTEXA
C
2,36
INVENTIVA
B 6,96 6,96
6,38
6,5 - 6,61
9348
IT LINKg
C 7,44
7,44
7,24
7,24 - 2,16
1986
ITESOFTg
C 3,7
3,72
3,68
3,68 - 0,54
4273
ITS GROUPg
C 6,1
6,14
6,08
6,14 + 0,66
1995
JACQUES BOGART
C 4,44 4,63
4,22
4,39 - 2,23
13600
KEYRUSg
C 4,73
4,8
4,64
4,75 + 0,21
20051
57
LA FONCIÈREVERTE C
LACROIX SA
C 22,9
23,1
22,6
22,8 - 0,44
354
LAFUMA
C
24
LANSON-BCC
B 31
31
30,8
30,8 - 0,65
251
LAURENT-PERRIER
B106
106,5
101,5
101,5 - 4,7
727
LE TANNEURg
C 3
3
3
3
- 6,25
500
LEBON
C140,5 140,5
137
137
- 2,14
689
LES HÔTELS DE PARIS C 2,5
2,5
2,5
2,5
600
LES NX CONSTR.
B 43,8 43,8
41,2
42
- 4,33
1326
LEXIBOOKg
C
0,916 - 0,61
LOCINDUS
B 24,9 25
24,9
24,9 - 0,4
919
MALTERIES FR-B
C
515
MANUTAN INTER.g
B 68
68
63
63
- 7,35
3319
MAUREL & PROMG
A 5,08 5,11
4,81
4,84 - 4,72 181652
MCPHY ENERGYg
6,12
6,16
6
6,09 - 0,49
28736
MECELEC
C 1,6
1,72
1,6
1,72
140
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0000052623
FR0000064404
FR0010298620
FR0000077570
FR0011584549
FR0000064180
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
FR0011341205
FR0013018041
FR0000120560
FR0004050250
FR0012789386
FR0010298901
FR0010428771
FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
FR0000038465
FR0011027135
FR0000053514
FR0000066441
FR0012432516
FR0000060832
FR0004044600
FR0012613610
FR0010380626
FR0010211615
FR0000044471
FR0000075954
FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
FR0006239109
FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
FR0000131732
VALEUR
OUV
+HT
MEDASYSg
C 0,347 0,347
MÉDIA 6
C 14,05 14,05
MEMSCAPg
C 2,01
2,01
MICROPOLEg
C 1,26
1,27
MNDg
1,798 1,85
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 10,6
11,05
MRM
C 1,54
1,54
MUSÉE GRÉVIN
C
B 15,5
NANOBIOTIXg
15,74
NAVYA
B 5,84 5,84
NEOPOSTG
A 27,1
27,26
NEURONESg
B 22,9 23
NEXTSTAGE
C100
100
OFFICIIS PROPERTIESg C 1,39
1,39
OL GROUPEg
C 2,73
2,77
ORAPIg
C 6,3
6,3
ORCHESTRA-PRE.
C 0,984 0,998
OREGE
3,39 3,39
PARAGON ID
C 24
24
PAREFg
C 82,5 82,5
PASSAT
C 3,92
3,92
PATRIMOINE & COM
B 17,5
17,6
PCAS g
C 15
15
POUJOULAT
C 38
38
POXELg
C 6,27
6,3
PRECIA g
C186
190
PRISMAFLEXg
C 16,75 17,45
PRODWAYS GROUP
B 3,73
3,73
PROLOGUEg
C 0,61
0,619
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
A 18,3
19
RIBERg
C 2,69 2,71
ROBERTET SA
B576
576
ROCHE BOBOIS
B 21,8
21,8
S.A.M.S.E.
B 133
134
SABETON
C 23,2
23,2
C 6,9
6,9
SCBSMg
SÉCHÉ ENV.g
B 27,1
27,1
SELECTIRENTE
C
SERGEFERRARI GROUP C 9
9
SIGNAUX GIROD
C 15,9
15,95
SII
C 24,5 24,5
SMCP
A 22,185 22,35
SMTPCg
B 19,3
19,3
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C 18,8
18,8
SODITECH ING.
C 0,81
0,85
SOFIBUS
C180
180
SOFT COMPUTINGg C 16,4
16,4
SOGECLAIRg
C 27,3
27,3
SPIR COM.
C 2,74
2,74
+BS
0,343
13,25
1,935
1,2
1,774
CLÔT ÉCART VOL
0,343- 0,58
3000
13,75 - 1,79
791
1,975 - 2,23
6892
1,23 - 2,38
31349
1,774 - 1,23 93590
645
10,55
1,54
10,6
1,54 + 4,05
809
161
75,5
15,06 - 2,71
15,05
5,761
5,761
26,64
26,78 - 1,4
22,5
22,8
99,5
99,5 - 0,5
1,39
1,39
2,7
2,7 - 1,46
6,2
6,2 - 2,21
0,944
0,964- 2,03
3,39
3,39
23,05
23,45 - 2,29
82,5
82,5
3,85
3,89 - 0,77
17,2
17,2 - 1,71
15
15
38
38
6,01
6,08 - 3,03
185
190
+ 2,15
16,75
16,9 + 1,81
3,6
3,62 - 2,16
0,586
0,586- 4,72
106374
1292
163761
2333
20
1
72356
2104
49675
1
306
44
9697
1430
89
104
68900
43
420
38347
214661
21
18,2
2,47
538
21,2
133
22,4
6,7
26,7
19
2,535 - 5,41
538
- 5,61
21,6 + 0,94
133
22,4 - 9,68
6,7 - 2,9
26,7 - 1,11
696
97092
811
1929
241
232
114
1842
70
8,82
15,15
23
21,315
18,7
8,82
15,4
23
21,36
18,76
- 2
- 3,15
- 6,12
- 3,91
- 2,09
273
2820
9720
81176
3511
- 0,53
- 5,56
- 4,44
152
2940
114
1
4792
900
1,81
18,8
0,81
172
16,4
26,4
2,7
18,8
0,85
172
16,4
26,6
2,7
- 2,56
+ 1,12
ISIN
FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
FR0004037182
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
TAYNINH
TESSIg
TFF GROUP
THERMOCOMPACTg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
+HT
C
B 139,5 140
B 41,99 41,99
C
C 77,5
78
C 35,2
35,4
C
C 3,08 3,08
B 46
46,1
2,58 2,58
A780 780
B 27,5
27,5
C 0,594 0,594
C 1,84
1,84
B 51
51,2
C 1,85
1,85
C 4,8
4,84
C
C
C 8,001 8,001
B 9,14
9,24
C 46,5 46,5
3,58 3,69
+BS
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT
ÉCART VOL
1,36
133
40,5
133
- 4,32
40,5 - 3,56
900
1606
35,5
77,5
35
78
35
+ 0,65
- 0,57
13
52
3,08
45,8
2,57
745
27
0,54
1,84
50,4
1,85
4,67
3,08 + 0,65
46
2,58 + 0,19
745
- 7,45
27,3 - 1,09
0,586- 1,68
1,84 - 18,58
50,4 - 1,18
1,85
4,84 + 0,83
1
511
55042
18
2564
8480
3
114
1
2988
7,35
8,96
42,15
3,52
7,999 - 3,89
9,03 - 1,1
42,15 - 9,45
3,69 + 3,07
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
A 39,06
0,721
C 22,18
A 4
C 4,31
A 55,5
16
55,4
A 4,625
C
39,55
40,48
C
15,2
13,2
63
71,2
13,2
63
71,2
13
62
71
13
- 0,76
62
- 0,8
71,2 - 1,39
715
254
1435
59,13
19,91
C
A154,5
48
154,5
150
153,5 - 0,33
10,3 + 0,6
C
802
0,02
0,41
EURONEXT GROWTH (Sélection)
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
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FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
4,74
2,3
6895
8562
15092
11171
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
39,07 38,09
0,721
0,721
22,6
21
4,1
3,96
4,41
4,28
55,5
54,1
16
15,1
56,2
54,8
4,625 4,488
38,17 - 2,28
0,721 - 3,29
21,52 - 2,89
4,1 + 2,5
4,41 + 2,32
54,15 - 2,08
15,9
54,8 - 2,14
4,499- 2,83
72
20887
1041
1492
116748
798
39,55
40,48
OUV
+HT
0,29 0,29
0,074 0,075
8,88 8,88
1,748 1,782
0,352 0,41
7,41
7,52
24
24
65
66,1
25,3
25,3
0,103 0,103
0,318 0,335
24,5 24,75
7,46
7,64
4,78 4,82
0,421 0,425
0,222 0,224
0,325 0,34
0,268 0,27
0,905 0,905
78
78
11,95 11,95
1,1
1,13
10,5
10,5
0,3
0,302
121
124
+BS
CLÔT ÉCART VOL
0,282
0,284- 1,73
44613
0,073
0,073- 0,41 4880634
8,7
8,7 - 2,25
51
1,736
1,736 - 1,92
13953
0,352
0,371+ 5,25 1480251
7,4
7,43 - 0,8
6163
23,1
23,3 - 1,06
4723
62
63
- 2,93
9460
25
25
- 1,19
282
0,099
0,1 - 2,91 1806719
0,306
0,312 - 2,35 2881014
22,9
23,1 - 6,48
10546
7,46
7,62 - 0,26
4479
4,78
4,82
561
0,42
0,424+ 0,71 53003
0,2
0,208- 7,14 346059
0,325
0,34 - 0,29 20604
0,258
0,259- 3
723530
0,881
0,881- 0,68
1520
78
78
- 1,27
12
11,75
11,75 - 2,08
3450
1
1,05 - 7,49 105490
9,78
9,86 - 6,1
31183
0,298
0,3
50502
120
120
- 0,83
6120
CERTIFICAT/FONDS
507125
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
39,55
40,48
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
39,55 - 0,1
40,48 - 1,44
INVESTIR 10
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
129.27
96.95
-1,81
-1,07
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
US4282911084
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
HEXCEL
B 69,5
C
B
127
C
30
69,5
64,5
64,5
- 7,19
357
350
85
127
127
127
- 6,96
4
30,24
30
30,24 - 0,44
98
+ 1,02
150
3,33
C
B 4,24
750
4,27
4,2
4,24 + 0,95
3454
50
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
COURS
BCE
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,1537
LIVRE STERLING
0,8741
FRANC SUISSE
1,1433
COURONNE DANOISE
7,4595
COURONNE NORV.
9,4689
KUNA CROATE
7,4087
COURONNE SUEDOISE
10,4983
DOLLAR CANADIEN
1,4987
YEN JAPONAIS
130,052
DOLLAR AUSTRALIEN
1,6254
ROUBLE RUSSE
76,91
ROUPIE INDIENNE
85,718
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,7823
COURONNE TCHEQUE
25,8621
FORINT HONGROIS
325,34
ZLOTY POLONAIS
4,3127
LEV BULGARE
1,9559
DOLLAR HONG-KONG
9,0466
WON SUD COREEN
1313,09
PESO MEXICAIN
22,0154
REAL
4,3368
DOLLAR SINGAPOUR
1,5943
RAND SUD-AFRICAIN
16,8928
LIVRE TURQUE
6,9581
RENMIBI YUAN
7,9923
RUPIAH
17548,0638
PESO PHILIPPIN
62,476
RINGGIT MALAIS
4,7958
BATH THALANDAIS
38,0177
0,38
-0,09
0,27
-0,02
-0,34
-0,22
0,32
0,71
0,15
0,46
1,02
0,62
0,42
0,19
0,19
0,23
-0,05
0,47
0,73
0,64
1,52
0,32
0,83
-0,86
0,47
0,25
0,32
0,35
0,34
-3,90
-1,49
-2,26
0,16
-3,88
-0,32
6,89
-0,71
-3,95
5,70
11,20
11,81
5,39
1,26
4,69
3,28
-0,01
-3,57
2,52
-6,73
9,09
-0,71
13,68
52,77
2,40
7,90
4,09
-1,74
-2,75
10-10-2018
1 EURO EN DEVISE
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
EUR
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
USD
1
1,1537
0,8741
1,1433
10,4983
7,4595
1,3005
1,4987
GBP
0,8668
1,1441
1
1,3206
0,7572
1
0,9907
1,3085
9,0949 12,0109
6,4626
8,5344
1,127
148,8356
1,2984
1,7146
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
10-10-2018
CHF
SEK
DKK
0,8746
1,0094
0,7643
1
9,1795
6,5225
113,76
1,3104
0,0953
0,11
0,0833
0,1089
1
0,7105
12,3918
0,1428
0,1341
0,1547
0,1172
0,1533
1,4075
1
0,1744
20,0905
JPY (100)
CAD
0,7689
0,8873
0,6719
0,879
0,0807
5,7341
1
1,1519
0,6672
0,7702
0,5832
0,7631
7,005
4,9775
0,8681
1
10-10-2018
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64-0,26/-0,56 -0,21/-0,51 -0,18/-0,48 -0,10/-0,40
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
10-10-2018
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,31
PORTUGAL
-0,31
FRANCE
-0,07
ESPAGNE
-0,13
ITALIE
-0,53
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,57
0,54
0,06
0,38
2,39
-0,10
0,92
0,15
0,55
2,89
0,18
1,29
0,22
0,85
2,95
0,47
1,51
0,36
1,07
3,00
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
249,97
169,89
230,98
277,73
324,51
332,30
229,35
VAR %
-0.05
-0.15
-0.03
-0.07
-0.09
-0.15
0.00
31/12 VAR %
248,89
171,84
236,20
284,90
327,74
332,52
234,24
0.49
-1.37
-2.18
-2.43
-0.89
0.08
-2.08
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1543
1,1543
0,8740
0,8741
1,1435
1,1436
10,4974
10,4985
7,4591
7,4598
130,0840
130,0920
1,4979
1,4981
0,0028
0,0026
-0,0009
-0,0013
0,0036
0,0032
0,0548
0,0506
0,0008
0,0007
0,0596
0,0153
0,0068
0,0064
-0,0038
-0,0040
-0,0006
-0,0033
0,0045
0,0041
0,0581
0,0546
0,0049
0,0047
0,0349
-0,0136
0,0001
-0,0003
-0,0128
-0,0130
-0,0059
-0,0063
0,0057
0,0052
0,0585
0,0521
0,0093
0,0087
-0,0070
-0,0615
-0,0094
-0,0099
-0,0334
-0,0337
-0,0126
-0,0133
0,0080
0,0074
0,0474
0,0409
0,0190
0,0143
-0,0960 -0,0316
-0,1631 -0,0324
10-10-2018
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
Taux repo (refi)
0.00 %
Taux DepoT
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
Taux De base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.12 %
fonDs feDeraux
2.25 %
2 ans
2.93 %
10 ans
3.25 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
Taux Jour le Jour
-0.25 %
Taux repo (refi)
-0.10 %
10 ans
0.11 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,59
-0,66
-0,58
-0,58
-0,56
-0,36
0,21
0,88
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
AOÛT 16
SEPT. 16
OCT. 16
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
TME
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
04-09
05-09
06-09
07-09
10-09
11-09
12-09
13-09
14-09
17-09
18-09
19-09
20-09
21-09
24-09
25-09
26-09
27-09
28-09
01-10
02-10
03-10
04-10
05-10
08-10
09-10
10-10
0,76
0,76
0,76
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,86
0,86
0,86
0,86
0,90
0,90
0,90
0,90
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
-0,342
-0,356
-0,353
-0,356
-0,361
-0,361
-0,358
-0,364
-0,371
-0,366
-0,366
-0,366
-0,367
-0,365
-0,367
-0,367
-0,366
-0,367
-0,367
-0,351
-0,351
-0,363
-0,365
-0,365
-0,362
-0,362
-0,365
-0,37
-0,369
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,318
-0,317
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
0,68
0,69
0,70
0,69
0,71
0,72
0,70
0,70
0,72
0,74
0,74
0,78
0,77
0,76
0,77
0,82
0,82
0,81
0,81
0,82
0,77
0,78
0,85
0,87
0,86
0,89
0,88
THOR.
PUB.
PRIV.
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
1,10
1,10
1,10
0,96
0,96
0,96
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
1,10
1,10
1,10
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
10/10
09/10
COURS PRIME PREC.
LINGOT
33900
0
33330
10 FLORINS
204
-0,53
204
5 DOLLARS*
289,5
13,56
289,5
10 DOLLARS
569
11,6
569
20 DOLLARS
1120
9,8
1120
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1248
-1,83
1246
LATINE
192
-2,45
194
NAPOLEON
196,7
-0,06
196
1/2 NAPOLEON*
101
2,63
111,5
SOUVERAIN ELI I* 255
2,76
255
SOUVERAIN
244,9
-1,31
245
1/2 SOUVERAIN* 128,5
3,57
128,5
SUISSE
192
-2,45
195
TUNISIENNE*
192
-2,45
196
MARK*
252
3,82
252
KRUGERRAND
1100
4,33
1105
LINGOTIN 500GRS 17100
0,88
17300
LINGOTIN 250GRS 8590
1,36
8640
LINGOTIN 100GRS 3440
1,47
3450
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
482,26
482,65
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
30 024
30 344
FIX2
30 028
30 200
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
22 945
22 975
FIX2
22 905
23 015
LONDON BULLION MARKET
10/10
09/10
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 424
1 433
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 189
1 186
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 075
1 076
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
820
820
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
10/10
DÉC. 18
14,31
JANV. 19
14,36
MARS 19
14,41
MAI 19
14,5
JUIL. 19
14,6
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
09/10
14,41
14,48
14,54
14,63
14,73
SETTLEMENT
10/10
DÉC. 18
1192,8
AVR. 19
1204,4
JUIN 19
1210,7
AOUT 19
1216,1
DÉC. 19
1228,6
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
OCT. 18
JANV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
10/10
823,5
827,5
831
835,9
831,1
09/10
1193,1
1204,9
1211,6
1216,5
1228,9
SETTLEMENT
09/10
824,9
827,7
831,7
824
855,1
CATHODES : 5655 A COMPTER DU 10/10/
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
BASE CUIVRE
646,53 DEPUIS LE 10/10
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 545,28 DEPUIS LE 10/10
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
554,49 DEPUIS LE 10/10
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
600,51 DEPUIS LE 10/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
731,67 DEPUIS LE 10/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
703,29 DEPUIS LE 10/10
LONDON METAL EXCHANGE
10/10
09/10
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1450-1500
1555-1565
14040
1350-1370
1480-1490
13820
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2031-2031,5
2040-2041
955950
2073-2073,5
2078-2078,5
963350
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
6218-6219
6218-6219
177850
6168-6169
6174,5-6175
181975
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
18950-18975
18940-18950
3195
18975-18985
18975-19000
3195
12650-12660
12740-12745
226044
ÉLECTRICITÉ
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
10/10
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
12385-12395
12475-12480
226476
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1933-1934
1958-1960
116350
1980-1981
1999,5-2000
114150
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2691-2691,5
2661-2662
198175
2648-2649
2606-2608
200350
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
10/10
2,78
2,78
2,79
2,8
09/10
2,8
2,81
2,81
2,82
VOL
45
55
77791
77
BASE NOV 18
BASE DEC 18
POINTE NOV 18
POINTE DEC 18
10/10
68,34
69,7
76,4
76,74
KUALA LUMPUR
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
10/10
18940
09/10
18940
VOL
CLÔTURE
09/10
40,69
46,28
CLÔTURE
09/10
68,34
69,7
76,4
76,74
VOL
364004
192492
VOL
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
10/10
73,48
72,7
73
72,35
73,73
09/10
74,33
74,23
74,08
73,88
73,63
509,5
484,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
95,15
97,08
556,5
525,5
95,15
97,08
562
530
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
10/10
21,32
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
09/10
27,5
27,7
27,75
6
6
GAZ NATUREL
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
10/10
3,28
3,34
3,4
VOL
CLÔTURE
VOL
09/10
3,31
3,35
3,41
CLÔTURE
09/10
26,78
VOL
VOL
1
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/10
NOV 2018 27,12
DEC 2018 27,35
JAN 2019 27,43
09/10
27,42
27,72
27,87
09/10
77,06
78,12
79,5
1
CLÔTURE
CLÔTURE
VOL
10/10
09/10
DÉC. 18
1540
1568
MARS 19 1568
1588
MAI 19
1574
1595
JUIL. 19
1581
1600
SEPT. 19
1584
1603
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
4272
4191
1885
1082
574
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
10/10
2089
2114
2128
2149
2164
09/10
2115
2140
2157
2183
2198
VOL
14276
8318
2766
423
383
10/10
349
355
367,5
09/10
349
355
368,6
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
10/10
09/10
NOV. 18
1675
1693
8683
JANV. 19 1688
1703
10262
MARS 19 1703
1716
2655
MAI 19
1720
1730
983
JUIL. 19
1731
1744
289
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
9427
4201
405
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
10/10
112,35
115,8
118,4
123,05
09/10
113,4
116,85
119,3
123,95
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
21282
6159
1653
1511
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
JOU R
10/10
09/10
112,45
115,7
VOL
10/10
09/10
NOV. 18
11,02
10,95
JANV. 19 11,15
11,12
MARS 19 11,27
11,25
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
622
325
32
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
332
35
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/10
177
177,15
176,6
VOL
09/10
178,85
0
0
116
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
147.9
LE 09/10//18
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.1335
LE 09/10//18
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD : 1.5695
LE 09/10//18
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.6875
LE 09/10//18
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
59799
18822
5012
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
VOL
1222
297
182
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/10
09/10
DÉC. 18
362,5
364,75
MARS 19 374,25
376,5
MAI 19
381,75
383,5
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
VOL
CLÔTURE
96
3
10/10
09/10
NOV. 18
173,25
173,5
JANV. 19 175,25
175,5
MARS 19 178,25
178,75
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
JUS D’ORANGE
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
73459
23072
8528
4138
906
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/10
09/10
DÉC. 18
511,88
515
MARS 19 531,5
535,25
MAI 19
541,13
546,25
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
CAFÉ
BOIS
SETTLEMENT SETTLEMENT
3
09/10
12,97
13,12
13,23
13,47
14,03
VOL
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 110.02
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/10
12,77
12,93
13,02
13,23
13,83
VOL
SETTLEMENT SETTLEMENT
10/10
09/10
DÉC. 18
203
203,5
8081
MARS 19 205,75
206,75
4334
MAI 19
207,25
207,75
1577
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
COTON
10/10
77,05
78,27
79,66
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
CLÔTURE
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
10/10
09/10
DÉC. 18
284,5
285,5
MARS 19 277,5
277,25
MAI 19
270,25
279,75
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
INDICE COTLOOK A : 86,85, LE 10/10//18
Déc. 18
Mars 19
Juil. 19
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
CLÔTURE
VOL
8462
5998
1688
682
321
CACAO
URANIUM
10/10
27,5
27,6
27,7
CLÔTURE
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 08/10/
Prix indicatif : 2125,06
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
CLÔTURE
10/10
09/10
DÉC. 18
354,6
353,5
MARS 19 356
356,6
MAI 19
360,6
360,4
AOUT 19 364,5
363,9
OCT. 19
366,7
366,9
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
09/10
21,32
POWERNEXT GAS FUTURES
10/10
09/10
NOV. 18
739,25
744,75
93496
FÉV. 19
731,75
737,25
8980
MARS 19 730
735,75
12331
AVR. 19
728
733,75
3679
MAI 19
726,5
732,25
2428
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
511
486
SPOT
CÉRÉALES
13,09 cts/lb
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
707,5
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
CLÔTURE
10/10
09/10
JOUR
83,36
85
JANV. 19 82,93
84,54
92988
FÉV. 19
82,67
84,2
51088
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
SUCRE
London Daily Price:
10/10
NORD DA 26,55
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
PRODUITS PÉTROLIERS
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
707,5
POWERNEXT GAS SPOT
PRODUITS PÉTROLIERS
CLÔTURE
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
09/10
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8600
8600
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
4,55
4,55
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33,5
33,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
7,65
7,65
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
29,3
29,3
GERMANIUM (PAR KG)
1650
1650
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14
14
SILICIUM (PAR TONNE)
2000
2000
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
10/10
VOL
112.45
10/10
09/10
204,43
206,52
REUTERS COM. 2394,13
2394,13
MOODYS COM. 5703,83
5715,96
OR INDUSTRIEL 33468
33565
LMEX
2974,5
3011,5
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Jeudi 11 octobre 2018
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
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LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
234,01 08/10
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
722,58 09/10
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
319,54 09/10
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
536,46 10/10
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
540,58 10/10
246,72 09/10
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
359,68 10/10
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
510,06 09/10
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
170,22 09/10
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
105,12 09/10
LU0188501257 PICTET-HEALTH
283,32 09/10
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
445,88 09/10
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
100,23 09/10
450,67 09/10
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
129,79 09/10
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
158,72 09/10
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
120,18 05/10
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
96,17 09/10
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
153,77 09/10
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
SYNCHRONY (LU)
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
98,17 09/10
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
15619,32 09/10
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
156,34 09/10
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
155,53 05/10
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DERNIER
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de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
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82,49 09/10
DERNIER
DIVIDENDE NET
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EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
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CLASSIFICATION
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LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
105,68 09/10
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
Par Claire Garnier
— Correspondante au Havre
Nicolas Broquedis
Arnaud
Muller,
les données
pour base
« Data lover ». C’est ainsi qu’Arnaud Muller se
dépeint sur Twitter. A 41 ans, ce Rouennais, fondateur et PDG de Saagie, vient de remporter un
joli trophée. Jeudi dernier, lors du Prix Entrepreneur de l’Année 2018, le très prestigieux
cabinet EY lui a décerné le prix Born Global
pour la région Nord, qui récompense un dirigeant de start-up dont le modèle « a le plus grand
potentiel à l’international ».
En cinq ans d’existence, la pépite Saagie, soutenue par bpifrance, s’est imposée dans l’univers du Big Data avec sa plate-forme Saagie
Data Fabric, une solution clefs en main permettant à ses clients de gérer ses projets « big data ».
La start-up, qui a levé plus de 10 millions
d’euros, a réalisé 2 millions de chiffre d’affaires
en 2017, et table sur 100 millions à l’horizon
2022. Avec, au passage, une implantation à New
York ou à San Francisco. Elle a séduit Groupe
Matmut, Vallourec, la Caisse d’Epargne Normandie, Cardif ou encore Didactic. La majorité
de ses 70 salariés est installée dans les bureaux
de Seine Innopolis, l’hôtel d’entreprises dédié
au numérique de la métropole de Rouen. Une
vingtaine d’autres sont à Paris. Et, la semaine
dernière, Arnaud Muller a dédié son prix à ses
collaborateurs. Normal ! « C’est dans mon
ENTREPRISES
RAKUTEN
Fabien Versavau
est le CEO de Rakuten France.
Fabien Versavau, 42 ans, titulaire
d’un master en management ESC
Clermont-Ferrand et d’un MBA
Essec et Mannheim Business
School, a officié chez Ford et Renault.
Après avoir travaillé dans le conseil
et aux Etats-Unis, il a été nommé
directeur du développement Europe
chez LeGuide.com, puis SNCF Voya-
ADN : je prends et je redonne », déclare-t-il.
D’ailleurs, quand il a eu son premier client
– Dresser-Rand –, l’entrepreneur a chargé dans
une camionnette les 200 ordinateurs dont
l’industriel ne voulait plus et les a distribués.
Une partie à l’association d’entrepreneurs normands du numérique NWX et une autre à Marc
Fontaine, son instituteur de CM1. « Il nous a mis
un ordinateur entre les mains, ce qui nous a
donné beaucoup de plaisir tout en éveillant notre
curiosité », dit-il.
Des « fées bienveillantes »
Car Arnaud, comme on l’appelle à Seine Innopolis, s’est mis très tôt à programmer, avant de
s’orienter, bac en poche, vers le numérique à
l’école d’ingénieurs Léonard de Vinci. Avec,
en prime, un master en alternance dans une
école de commerce. Devenu consultant pour
de grands groupes, armé de certifications en
bases de données, il garde un souvenir ému
d’avoir contribué, pour La Poste, à un instrument de pilotage permettant le suivi, en
temps réel, de la distribution du courrier, de
colis et de journaux. Bientôt, l’envie de bousculer le système le démange. Un système où le
client est dépendant de l’éditeur propriétaire
ges International. Il est ensuite
devenu directeur marketing digital
du groupe Figaro et directeur général de Ticketac.com. Il était entré
chez Rakuten en 2016 en tant que
directeur général adjoint, chargé des
équipes commerciales, marketing,
produit et communication.
TF1
Thomas Jacques
est nommé directeur des
technologies du groupe TF1.
Il prend la tête des directions
technique et informatique.
qui lui a vendu le dispositif analytique. « Les
clients achètent la Rolls de la base de données
mais ne savent ni la conduire ni l’entretenir !
observe Arnaud Muller. “Mieux vaut qu’il
apprenne à pêcher pour ne pas être dépendant”,
comme le dit le proverbe chinois ! » C’est l’époque où ses propres clients lui répètent :
« Arnaud, fais-toi confiance. Lance-toi ! »
En 2013, il fonde, déjà dans les murs de Seine
Innopolis, Creative Data. Puis, il rebaptise sa
start-up « Saagie », qui signifie « héron » en
japonais. A l’image du héron qui surplombe le
lac et y plonge sa tête pour en ramener de quoi
se nourrir, les clients de Saagie utilisent la plateforme pour plonger dans leurs « lacs » de données afin d’en retirer des informations pertinentes pour eux, explique Arnaud Muller. « Nous
gérons la plomberie et le client se concentre sur le
développement de ses applications métiers »,
s’enthousiasme-t-il. La confiance en lui-même,
indispensable pour se lancer, il la doit sans
doute à des « fées bienveillantes » qui ont cru en
lui. « Sans la compréhension profonde de ma
femme, je n’aurais jamais pu mener à bien mon
projet », confie-t-il. L’autre « fée » est sa mère.
« Ma mère, femme de ménage, m’a élevé seule, et
m’a donné deux éléments essentiels, l’amour et la
confiance. » Il leur avait rendu hommage lors
d’un « apéritif festif » qu’il avait organisé, en
2015, un mois après sa première levée de fonds
auprès de Kima Ventures (Xavier Niel) et Normandie Capital Investissement.
Ce soir-là, dans le hall de Seine Innopolis
investi par les baby-foot, les ballons de baudruche, les amis, les collaborateurs et les enfants
tourbillonnants, Arnaud Muller avait remercié
tous ceux qui l’avaient soutenu, parmi lesquels
le premier commercial de l’entreprise, qui avait
quitté une situation et un salaire confortables,
pour la… précarité. « Geert est venu à nous sur un
coup de foudre et nous a trouvé nos premiers
contrats, mais je ne pouvais pas le payer. J’ai dû
attendre la levée de fonds pour le faire. » L’homme,
originaire des Pays-Bas, parlait à peine français.
Saagie est « born global », décidément. n
Thomas Jacques, 44 ans, ancien
élève de l’Ecole Centrale de Paris, a
d’abord travaillé chez Arthur
Andersen et au Boston Consulting
Group. En 2003, il a rejoint le
groupe TF1 en tant que chef de
service finance. Il est devenu directeur de l’innovation en 2006, des
opérations de e-TF1 en 2008 et de
la stratégie du groupe en 2010. En
2012, il a rejoint Google pour lancer l’activité adtech en Europe.
Depuis 2015, il dirigeait la place de
marché publicitaire Google AdExchange pour la région Emea.
SAVILLS
Géraldine Ménard
rejoint le département
property management
de Savills France comme
directrice du développement.
Géraldine Ménard, 38 ans, titulaire
d’un BTS professions immobilières, a débuté en 2001 chez AugusteThouard. Elle fut aussi directrice
du développement pour le property management au sein d’ATBG
Cogetom, de BNP REPM, d’Adyal et
de Cushman & Wakefield.
HSBC FRANCE
Rodolphe de Tinguy
Pierre Schweisthal
deviennent directeur de l’équipe
de financements LBO Mid-Cap
et directeur adjoint de principal
investments.
Rodolphe de Tinguy, 44 ans,
diplômé de Grenoble Ecole de
Management et du Georgia Institue of Technology, a débuté, en
1998, au sein de la banque d’entreprises au Crédit Commercial de
France (CCF). En 2001, il a intégré la
direction du crédit de HSBC France
où il a notamment été responsable
de l’équipe chargée de l’analyse crédit des leverage buy-out (LBO).
Après avoir été membre de l’équipe
LBO large cap d’HSBC (à Paris puis
à Londres) durant dix ans, il avait
rejoint, en 2015, l’équipe de financement LBO mid-cap France en tant
que codirecteur.
Pierre Schweisthal, 55 ans, est
diplômé de l’Ecole spéciale des travaux publics, du bâtiment et de
l’industrie (ESTP). Il a débuté à la
direction financière du CCF. Pendant vingt ans, il a œuvré dans les
financements LBO, codirigeant
notamment l’équipe de financements LBO large cap d’HSBC à
Paris, avant de créer l’équipe de
financements LBO mid cap
d’HSBC France.
GROUPE ADP
Loïc Aubouin
Amélie Lummaux
sont nommés directeur juridique
et des assurances et directrice
de l’environnement
et du développement durable.
Loïc Aubouin, 40 ans, diplômé
en droit de l’université de Paris II,
est titulaire d’un DESS marchés
publics et délégations de service
public de l’université de Poitiers.
Il a débuté en 2000 comme
juriste à la direction juridique de
Veolia Environnement. En 2006,
il est devenu juriste au sein de la
direction des affaires juridiques
et du contrôle interne de
Bouygues Construction. Depuis
2011, il était directeur juridique
corporate du groupe Bouygues
Construction.
Amélie Lummaux, 32 ans,
diplômée de HEC Paris, a d’abord
occupé différents postes au sein
de la Direction du budget. Membre du cabinet de Michel Sapin,
alors ministre de l’Economie et
des Finances, et de Christian
Eckert, secrétaire d’Etat au budget dès 2015, elle avait rejoint l’an
dernier Groupe ADP pour y être
directrice de projets transformation. Depuis mai, elle assurait par
intérim la direction de l’environnement et du développement
durable au sein du groupe.
LYSIOS PUBLIC AFFAIRS
Patrick Stefanini
est nommé expert associé.
Patrick Stefanini, 65 ans, ancien
élève de l’ENA, diplômé de l’IEP,
est conseiller d’Etat honoraire.
Après des débuts au ministère de
l’Intérieur, il a été préfet de région
et directeur général des services
de la région Ile -de -France.
Nommé au Conseil d’Etat en 1998,
il a œuvré à la section du contentieux et à la section de l’intérieur.
Il a travaillé auprès de Jacques
Chirac, d’Alain Juppé, de Brice
Hortefeux, de François Fillon et
de Valérie Pécresse.
ILS SONT NÉS
UN 11 OCTOBRE
Edith d’Aubert Henrion,
directrice de l’Observatoire
du patrimoine, 56 ans.
Antoine Bouvier, PDG
de MBDA, 59 ans.
Gérald Darmanin, ministre
de l’Action et des Comptes
publics, 36 ans.
Jean-Marc Gallot, PDG
de Veuve Clicquot Ponsardin,
54 ans.
Amos Gitaï, réalisateur, 68 ans.
Jean-Jacques Goldman,
chanteur, 67 ans.
André Parant, ancien conseiller
diplomatique à la présidence de
la République, ex-ambassadeur
en Egypte, 62 ans.
Emeric Sauty de Chalon,
fondateur de 1855, 45 ans.
Luc Vigneron, ancien PDG
de Thales, 64 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Jeudi 11 octobre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Nelson Peltz et Bill Ackman illustrent
les dilemmes de l’actionnaire activiste.
L'INVITÉ
DES « ÉCHOS »
« Les Echos »
+
Les vautours et les pigeons
Olivier Mathiot
Président de Rakuten France
RAKUTEN « Le “clic and collect” [un achat effectué en ligne
puis retiré dans une boutique physique, NDLR] est l’un
des projets très importants que j’ai voulu soutenir. Ce qui est
compliqué est de s’interfacer avec les stocks des distributeurs
physiques. Nous avons lancé un pilote avec le groupe
de distribution Boulanger. Ils ne nous voient plus comme
un concurrent – nous ne sommes plus un site Internet
qui vide les magasins –, au contraire, nous leur renvoyons
du trafic dans les magasins avec des achats déjà commandés
en ligne », explique Olivier Mathiot.
GRANDE DISTRIBUTION Questionné sur la possibilité
de nouer des accords avec des distributeurs alimentaires
en France, Olivier Mathiot indique : « Nous avons
des discussions très avancées avec des distributeurs.
Le plus simple à résoudre est probablement dans les villes [...],
car il y a une problématique qui est celle de la livraison
du dernier kilomètre qui est déjà organisée et structurée.
Il y a beaucoup de livreurs qui vont chercher le produit
en magasins et l’amènent au domicile. »
RÉFORME DE L’ISF « On voit maintenant des millionnaires
qui reviennent en France, des entrepreneurs qui se disent
qu’ils vont recréer leur entreprise en France, car il n’y a plus
ce risque de l’ISF. Ils peuvent réinvestir dans les start-up
françaises et donc créer des emplois en France. »
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L'intégralité de l'émission sur lesechos.fr/invitedesechos
« Valeur, adresse, et ruses, et surprises, tout s’employa. » Mais, contrairement
à ce que raconte la fable, il arrive que les spécialistes de l’activisme actionnarial soient moins des vautours que les dindons de la farce. Investisseur mal
inspiré chez General Electric et chez Procter & Gamble, Nelson Peltz aligne
un tiercé perdant en entrant chez le fabricant de peintures américain PPG.
Chez les deux premiers, les pigeons n’étaient pas ceux qu’on croyait :
son fonds Trian affronte une sous-performance boursière respectivement
de 96 % et de 84 % par rapport à l’indice S&P 500 (dividendes réinvestis)
depuis son placement. PPG, dont le cours de Bourse se traînait depuis deux
ans, semblait un pari facile sur la consolidation du marché. Jusqu’à ce que
la compagnie de Pittsburgh prévienne mardi que le pétrole, la logistique
et le ralentissement chinois amputeraient ses bénéfices du second semestre
de 10 à 20 %. Peltz, qui avait bâti sa position depuis le début de l’année, a dû
la dévoiler le jour où le titre s’effondrait de plus de 10 %. Son confrère Bill
Ackman, le phénix de l’activisme qui a vu son fonds Pershing Square divisé
par plus de deux en trois ans, semble vouloir se refaire de manière beaucoup
plus classique. Son entrée chez Starbucks – déjà en plus-value – correspond
étrangement à la stratégie de recherche de « valeurs de qualité décotée ou sans
prime » mise en place chez Amundi par Eric Mijot et Alexandre Drabowicz
sur les actions européennes. Quand les vautours imitent les colombes…
EBay 25
EDF 19
Embleema 24
Facebook 22, 25
Fortuneo 30
Gens de Confiance 25
Geodis 19
Google 22
Guillin 26
La Banque Postale 30
La Centrale 25
Leboncoin 25
LVMH 21
MACSFLe Sou Médical 30
MainFirst Bank 28
Monabanq 30
N26 30
Naval Group 20
Nemera 26
AVIS FINANCIER
Bastide Groupe 19
EDITORIALISTES
Cécile Cornudet,
Jacques Hubert-Rodier, Eric Le Boucher,
Jean-Francis Pécresse, Jean-Marc Vittori,
Sabine Delanglade, Laurent Flallo,
Sylvie Ramadier (Le Crible)
LES ECHOS EXECUTIVES
RÉDACTRICE EN CHEF Muriel Jasor
LES ECHOS WEEK-END
DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Henri Gibier
RÉDACTEURS EN CHEF Gilles Denis,
Karl de Meyer et Lucie Robequain
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 10 OCTOBRE 2018 : 96.164 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de OJD-Diffusion contrôle CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Ce numéro comporte un 3e cahier de 12 pages « Les Echos Sociétés »
Tencent manque de visibilité pour rassurer
malgré sa dégringolade.
La « mort languissante » était autrefois l’une des appellations du supplice
chinois. La malheureuse action de Tencent semble l’expérimenter
à ses dépens. Quelque 200 milliards d’euros se sont envolés en fumée
depuis son record de janvier, de quoi expulser le géant chinois de l’Internet
et des contenus des dix premières capitalisations mondiales. Les investisseurs mondiaux auront du mal à se consoler avec les rivaux technologiques
ayant mieux résisté (Amazon, Apple et Microsoft). Non seulement ils n’ont
nulle envie de faire grimper les valorisations chez l’Oncle Sam,
mais ils pleurent une success-story d’un pays émergent. Ils feraient bien
pourtant de profiter de cette période de patience forcée pour se demander
s’il leur faut vraiment se lamenter ou au contraire se féliciter du multiple
un peu plus modéré de Tencent (un peu moins de 30 fois le bénéfice, contre
plus de 33 fois pour la moyenne historique). Les préparatifs de la mise
en Bourse de la filiale Tencent Music à New York fournissent en effet
l’occasion facile pour les gérants consciencieux de se replonger dans
les « variable interest entities » (« VIEs »), cette astuce juridique qui permet
aux sociétés chinoises cotées à l’étranger d’exploiter, mais non de détenir,
des actifs sensibles pour les autorités de l’empire du Milieu, comme
des licences d’exploitation. Le tour de vis sur la consommation des jeux
vidéo par les mineurs a rappelé cet été que ces dernières ne veulent pas
céder un pouce de leurs prérogatives. Il n’y a pas de raison que cela
ne se voie pas dans les valorisations.
EN VUE
Les Echos est une publication du
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Vie moins facile
Les néobanques peuvent bousculer le paysage
français, même sans gagner d’argent.
OL Groupe 20
Olmix 29
Orange Bank 30
Prec Recyclage 26
RDIF 29
Revolut 30
RMC Sport 22
Sabi Agri 26
Schneider Electric 29
Secmo 26
SFR 22
Skello 24
Sky 22
SoftBank 23
Thales 20
Veolia 29
WeWork 23
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ÉDITRICE DÉLÉGUÉE Capucine Marraud des Grottes
DIRECTEUR DES DÉVELOPPEMENTS ÉDITORIAUX DU PÔLE LES ECHOS Henri Gibier
Chose promise, chose due. Les superviseurs mondiaux ont promis
de suivre de près les nouvelles formes émergentes des risques bancaires.
Décortiquer soigneusement les « modèles d’affaires » de nouveaux acteurs
de la fintech s’inscrit parfaitement dans cette tâche par définition ambitieuse.
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) française a donc
lancée une étude fouillée sur un échantillon de 12 néo-banques opérant
dans l’Hexagone parce qu’elle avait constaté que ces nouveaux acteurs
touchent de plus en plus le grand public, 6,5 % des Français aujourd’hui.
Les rares banquiers traditionnels qui ne prennent par le phénomène
des nouveaux entrants au sérieux – à supposer qu’ils existent encore –
auront envie de changer d’avis. Car si les statuts choisis sont variés (établissement de crédit, établissement de paiements, établissement de monnaie
électronique), un tiers des conquêtes clients ont été réalisés par les soins
de ces amateurs de disruption en 2017, selon cette recherche. Ses auteurs
ne manquent pas de mettre en avant les facteurs structurels qui pèsent
sur leur rentabilité, sans sous-estimer le risque pour les positions acquises
puisque la moitié des opérateurs sondés espèrent être rentables dans deux
ans. Compte tenu de vivacité de la concurrence, le lecteur à la curiosité
alléchée aurait aimé que l’étude puisse davantage lever le voile sur
les montants d’épargne concernés, la nature du réemploi des fonds collectés,
les actionnaires de référence des nouveaux venus et le droit applicable
(français ou d’un autre pays). Après tout, un épargnant averti en vaut deux,
même quand il est ravi de profiter de la concurrence.
Curiosité alléchée
LES ENTREPRISES CITÉES
Airbnb 25
AlloVoisins 25
Altice-SFR 22
Amazon 22
Archeon 26
Arc International 29
BforBank 30
BlaBlaCar 25
Bolton Group 20
Boursorama 30
BT 22
Cadremploi 25
Caisse des Dépôts
et Consignations 29
Canal 22
Caradisiac 25
Chancerelle 20
Connétable 20
CybelAngel 24
DJI 12
crible
Q
Pascal Pavageau
uand on disait qu’il réussirait
à nous faire regretter Mailly,
on n’y croyait pas trop. « Bête »,
« mauvais », « acariâtre », on passe les
orientations politiques et sexuelles !
Le contenu du fichier établi, selon « Le
Canard enchaîné », par les proches de
Pascal Pavageau, pour qualifier 126 de
leurs « camarades », n’est pas seulement
un modèle de stupidité, il fait frémir.
On percevait le nouveau secrétaire
général de FO sectaire, mais à ce point…
Initiales PP. Comme Police Politique ?
On imagine déjà ce que ces intrigants
bas de gamme auraient clamé si un tel
document avait été l’œuvre d’une entreprise, Ikea ou autre, comme le rappelle
« Le Canard ». Faites ce que je dis, pas ce
que je fais. Le cri de fascistes aurait été
vite entonné par ces sbires faisant
volontiers référence à une histoire qu’ils
ne connaissent pas. Il est vrai que leurs
annotations montrent un vrai délire
totalitaire. Untel serait « trop intelligent
pour entrer au bureau confédéral ».
Voilà donc les admis au courant de ce
que le chef pense de leur QI. Ce dernier
fait, par ailleurs, preuve d’un immense
courage en accusant deux « collaboratrices », vraisemblablement des bécasses
– on ne sait pas comment le prochain
fichier les qualifiera –, qui ont laissé
échapper « un document de travail qui ne
devait pas circuler ». Sympa le « travail »
chez FO, on comprend qu’ils veuillent en
limiter la durée. Autrement dit, traiter ses
pairs d’« ordure », « pas fiable », « PS » (ça
c’est vraiment dégoûtant), « trotskiste »,
« complètement dingue », « mafieux »,
« voleur dans les portefeuilles » serait tout
à fait légitime tant que l’on ne serait pas
pris la main dans le sac. On lui met quoi
comme annotation à Pavageau ?
(
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