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Les Echos - 18 10 2018

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Mobilité La guerre
des trottinettes
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// STRATÉGIE P. 14
LE QUOTIDIEN DE L'ÉCONOMIE // JEUDI 18 OCTOBRE 2018 // LESECHOS.FR
L’ESSENTIEL
LE « BUDGET ALTERNATIF »
DES PARLEMENTAIRES PS
Accusant l’exécutif d’« abîmer la
reprise », la députée Valérie
Rabault prône le non-cumul du
CICE et des baisses de charges en
2019 pour dégager 20 milliards de
marges de manœuvre. // P. 3
FO À LA RECHERCHE D’UN
SUCCESSEUR À PAVAGEAU
Le secrétaire général de Force
ouvrière a démissionné mercredi. Son successeur sera élu
lors d’une réunion du « parlement » du syndicat, prévue les 21
et 22 novembre. // P. 6
ENTREPRISES
& MARCHÉS
Les entreprises
préférées
des
stagiaires
l La future loi sur les mobilités offrira
La société d’investissement,
accompagnée d’AccorHotels, a
été désignée par le tribunal de
commerce de Marseille. // P. 19
NAVAL : LES GÉANTS CHINOIS
VOGUENT À PLEIN RÉGIME
Deux mastodontes publics CSSC
et CSIC se cachent derrière les
ambitions de la marine militaire
chinoise. Ils sont de plus en plus
présents à l’international. // P. 20
NETFLIX : LA CROISSANCE
TOUJOURS AU RENDEZ-VOUS
Après un 2e trimestre décevant, la
plate-forme de vidéos par abonnement a rassuré sur ses perspectives de croissance avec un très
bon 3e trimestre.
// P. 25 ET « CRIBLE » P. 36
LES GÉRANTS SE LANCENT
SUR LE BITCOIN
cette possibilité aux grandes villes.
l A Paris, Hidalgo pose ses conditions.
l La prime à la casse va être renforcée.
es péages urbains vont devenir une
réalité en France. Evoquée depuis
plusieurs mois par le gouvernement,
la mesure figure bien dans l’avant-projet de
loi d’orientation sur les mobilités (LOM),
transmis ces derniers jours au Conseil
d’Etat avant son passage en Conseil des
ministres, début novembre. Le texte,
dévoilé par le média en ligne « Contexte »,
prévoit la possibilité pour les collectivités
de plus de 100.000 habitants d’instaurer
un « tarif de congestion », afin de « limiter
la circulation automobile et lutter contre
L
la pollution et les nuisances environnementales ». La maire de Paris, Anne Hidalgo,
ne s’oppose plus au dispositif, à condition
qu’il prévoie des compensations pour les
Franciliens.
L’exécutif, qui est attaqué sur la hausse
des prix des carburants, a décidé par
ailleurs d’augmenter la prime à la conversion des vieux véhicules polluants pour les
ménages non imposables et de l’élargir
aux voitures hybrides.
Shutterstock
HÔTELLERIE : MARANATHA
REPRIS PAR COLONY
LE CLASSEMENT 2019
QUI SONT LES EMPLOYEURS LES PLUS PLÉBISCITÉS
PAR LES JEUNES RECRUES ?
ÉTUDE EXCLUSIVE HAPPY TRAINEES
// PAGES 2, 18 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI PAGE 11
Compétitivité : les Etats-Unis
au premier rang
Répondant à une demande des
investisseurs, des sociétés de gestion comme Fidelity se lancent sur
le marché des devises 2.0. // P. 29
CLASSEMENT Davantage tourné vers l’innovation,
CARNET // P. 35
le nouveau classement de Davos fait gagner 5 places à la
France, parmi les plus compétitives en matière de recherche.
Presse Le patron
de l’AFP explique
son plan de relance
Une nouvelle méthodologie adoptée par le Forum
économique de Davos a bousculé le classement des
économies les plus compétitives. Avec davantage
de critères consacrés à l’innovation, il donne la
première place aux Etats-Unis. La Suisse, tenante
du titre depuis neuf ans, rétrograde lourdement à
la quatrième place. La France a gagné 5 places et
figure maintenant dans le Top 20, au dix-septième
rang mondial. Cela est notamment dû au rayonnement mondial de ses institutions de recherche, qui
la placent au troisième rang dans cette catégorie, et
aux publications de ses chercheurs (cinquième
rang mondial). Selon les experts du Forum de
Davos, les 98 critères retenus dans la nouvelle
méthodologie reflètent surtout des politiques de
long terme, comme l’investissement dans la formation numérique. Les Etats-Unis arrivent en tête
pour trois des sept principaux critères : le dynamisme des entreprises, le marché du travail et le système financier. Ces facteurs favorisent un écosystème qui transforme le pays en « locomotive de
l’innovation ». // PAGE 7
Nos start-up
ont besoin
de talents !
Le point de vue de
Kat Borlongan
et Frédéric Mazzella
La French Tech a pris un essor
incontestable. Les start-up françaises n’ont jamais levé autant de fonds.
Il faut se réjouir de cette dynamique
et l’amplifier, estiment Kat Borlongan et Frédéric Mazzella. Pour cela,
plusieurs chantiers restent à mener.
L’un des plus urgents est celui de l’acquisition des talents. La maturité de
notre écosystème nous place aujourd’hui aux abords d’une nouvelle
frontière à franchir : celle du changement d’échelle. Si l’on veut espérer
l’émergence de leaders mondiaux
de la tech dans notre pays, il nous
faut recruter davantage de compétences pointues. Pour cela, il faut
nous mettre en situation d’attirer
les meilleurs en France. // PAGE 13
// P. 24
SUR
Reuters
Thomas Samson/AFP
La France
se convertit
aux péages
urbains
Nadia Calviño, la ministre de l’Economie espagnole.
NICOLAS BARRÉ
À 7H12 DU LUNDI AU VENDREDI
DANS LE 7H-9H DE NIKOS ALIAGAS
L’Espagne défend son
nouveau cap budgétaire
La ministre de l’Economie explique sa
stratégie dans une interview aux « Echos ».
ISSN0153.4831
NUMÉRO 22805
110e ANNÉE
36PAGES
Antilles Réunion 3,70 €. Guyane-St Martin
4,80 €. Belgique 3, 20 €. Espagne 4 €.
Grande-Bretagne 3£40. Grèce 3,70 €. Italie
4 €. Luxembourg 3,40 €. Maroc 28 DH. Suisse
5 , 4 0 F S . Tu n i s i e 4 , 5 T N D. Z o n e C FA
2.800 CFA.
BUDGET L’économie espagnole reste dynamique avec une croissance de 2,6 % cette année. Cela permet au gouvernement d’atteindre ses objectifs budgétaires et de réduction des inégalités, explique
Nadia Calviño, ministre de l’Economie espagnole, alors que les
débats en Europe se focalisent sur le cas italien. // PAGE 8
LE PLUS DUR
SERA DE LES LAISSER PARTIR
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02 //
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
FRANCE
Sacré Mélenchon !
Dans une nouvelle version de l’arroseur arrosé,
Jean-Luc Mélenchon a mal dosé son opération
de dénonciation d’une « justice aux ordres ».
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
Cécile
Cornudet
’indignation ne saurait
être guide : c’est ce que
cherche Jean-Luc
Mélenchon. Choquer,
provoquer. Insoumis
jusqu’au bout des ongles,
lui et ses équipes poussent
toujours plus loin la logique de
l’agit’com. La concurrence est
rude. François Ruffin est
expert en la matière –
handicapés, Sanofi, etc. JeanLuc Mélenchon doit faire plus.
La recette populiste éprouvée
par les Le Pen est donc suivie à
la lettre : attaquer quand on
est attaqué, se victimiser,
prendre les élites pour cible et
le peuple à témoin, crier fort
pour résonner avec la colère
ambiante. Il résonne. Marine
Le Pen applaudit. Souvent
recette paie. Si tant est qu’elle
est dosée. Or dans l’affaire des
perquisitions visant LFI,
Mélenchon est allé trop loin
pour que ses adversaires ne
s’en servent pas contre lui. Des
termes frisant la
mégalomanie – « Ma personne
est sacrée », « La République,
c’est moi » –, et surtout une
violence verbale et physique
contre les forces de l’ordre qui
annule aussitôt son message.
Est-ce « républicain » de
bousculer un procureur ? Qui
est victime : Mélenchon qui
subit « une agression
Dessins Fabien Clairefond pour « Les Echos »
L
politique », dit-il, et un
déploiement judiciaire
« disproportionné » ou le
policier qui encaisse sans
broncher les menaces de La
France insoumise ? Même le
trouble créé par la nomination
récente du procureur de Paris,
même le soupçon souvent
partagé d’une « justice aux
ordres », ne s’entendent
plus. Le bruit mélenchonien
a couvert son propos. Le
parquet de Paris a ouvert
une enquête.
Ses cibles ont flairé la faille, lui
ont retourné ses attaques,
dans un calme forcément
olympien qui souligne sa
fureur. « J’ai vu des images qui
m’ont choqué », a affirmé
Edouard Philippe à
l’Assemblée, dans une grande
leçon de « calme » et
de respect de l’institution
judiciaire. « Il est républicain
quand ça l’arrange ; il a les
mêmes arguments que Marine
Le Pen », a insisté Benjamin
Griveaux, le porte-parole du
gouvernement. « Il fait l’éloge
de l’impunité pour les
puissants », lui a aussi
retourné Gabriel Attal,
nouveau secrétaire d’Etat.
Le regret ne fait pas partie de
son vocabulaire, mais JeanLuc Mélenchon avait baissé
d’un ton mercredi. « Je
respecte la justice, mais nous ne
sommes pas dans une
procédure normale », a-t-il
encore défendu. En attendant,
qui se souvient qu’Emmanuel
Macron a raté son
intervention télé ?
ccornudet@lesechos.fr
en bref
Bénédicte Peyrol chef de file du groupe
LREM à la Commission des finances
NOMINATION Bénédicte Peyrol, la députée de l’Allier, a été
nommée mercredi coordinatrice du groupe LREM à la Commissiondes finances de l’Assemblée nationale, selon des sources concordantes. Cette nouvelle élue de 27 ans, spécialiste de
fiscalité, succède au poste de « whip » à Amélie de Montchalin,
devenue vice-présidente du groupe au mois de septembre, aux
côtés du nouveau président Gilles Le Gendre. Cette dernière va
toutefois rester très présente en Commission des finances, puisqu’elle reste responsable du groupe pour le budget 2019.
Un nouveau groupe créé à l’Assemblée
POLITIQUE Seize députés venus d’horizons divers - radicaux,
centristes, autonomistes corses et déçus de la Macronie – ont
annoncé mercredi la création d’un huitième groupe parlementaire à l’Assemblée, baptisé « Libertés et territoires ». « Ce n’est
pas un groupe de plus, c’est un groupe qui va être utile », a plaidé le
centriste (UDI) Philippe Vigier, qui en devient le co-président
avec le radical Bertrand Pancher, affirmant sa volonté « que les
territoires soient entendus ». Y figurent notamment l’UDI Charles de Courson, l’ancien LREM Jean-Michel Clément, les radicaux Sylvia Pinel et Olivier Falorni, l’ex-PS François Pupponi.
SUR
RETROUVEZ DOMINIQUE SEUX
DANS « L’ÉDITO ECO »
À 7H45
DU LUNDI AU VENDREDI
BUDGET
Comment le gouvernement
va renforcer la prime à la casse
l L’exécutif va légèrement augmenter la prime à la conversion des vieux
véhicules polluants pour les ménages non imposables et l’élargir aux hybrides.
l C’est l’une de ses réponses à la polémique sur la hausse de prix des carburants.
Renaud Honoré
@r_honore
Depuis le choc pétrolier de 1973, ils
doivent être rares les gouvernements français qui n’aient pas été
confrontés à une polémique sur la
flambée des prix du carburant à la
pompe. C’est aujourd’hui au tour de
celui d’Edouard Philippe, qui se voit
du coup obligé de trouver une solution pour rendre la facture moins
douloureuse. Pour cela, l’exécutif va
dégainer un coup de pouce à la
prime à la conversion pour les véhicules polluants, qui devait être avalisé mercredi soir lors de l’examen à
l’Assemblée nationale du projet de
loi de Finances pour 2019. Cette
prime à la conversion – accordée à
des ménages qui remplacent leurs
vieux véhicules polluants par une
voiture moins émettrice de CO2 –
connaît actuellement un succès
foudroyant, avec 250.000 véhicules
qui devraient être concernés en
2018 alors que l’objectif est de
500.000 sur tout le quinquennat.
Un engouement qui s’explique
par le fait qu’elle a été étendue aux
véhicules d’occasion depuis le début
d’année. Le dispositif a du coup
bénéficié à 70 % à des ménages non
imposables. « Je souhaite qu’elle soit
encore plus efficace et qu’elle soit renforcée pour tous les véhicules hybrides rechargeables », a expliqué ce
mercredi le ministre des Finances,
Bruno Le Maire, à l’Assemblée.
La grille va donc être revue à la
hausse, alors que le gouvernement
envisageait pourtant de resserrer les
critères il y a peu. Actuellement, les
automobilistes peuvent toucher
1.000 euros (2.000 euros s’ils sont
Le gazole se retrouve pour la première fois plus cher que l’essence dans près de 20 %
des stations-services. Photo Philippe Huguen/AFP
non imposables) pour se débarrasser d’un véhicule essence d’avant
1997 ou diesel d’avant 2001. En
échange, ils doivent acheter une voiture diesel construite après 2011 ou
un véhicule essence ou électrique
portant la vignette Crit’Air 1 ou 2
(après 2005). La prime passe même
à 2.500 euros en cas d’achat d’un
véhicule électrique neuf.
Trajectoire carbone
pas remise en cause
Selon nos informations, cette prime
de 2.500 euros devrait être étendue
aux véhicules hybrides électriques
neufs. Par ailleurs, les ménages non
imposables bénéficieraient de ce
montant de 2.500 euros également
pour l’achat de véhicules électriques ou hybrides rechargeables
d’occasion. « Il faut des seuils de prix
pour cette mesure, sans quoi cela
financera des modèles peu écologiques comme les SUV, qui sont nombreux parmi les hybrides rechargeables », avertit Marie Chéron,
responsable mobilités à la Fondation pour la nature et l’homme (exFondation Hulot).
Le gouvernement espère ainsi
faire taire les critiques contre les
fortes hausses qu’il a décidées pour
les taxes sur l’énergie (TICPE, alignement de la fiscalité du diesel sur
celle de l’essence) qui vont gonfler la
facture de 15 milliards d’euros sur le
quinquennat. Avec l’augmentation
conjuguée des prix du baril, les
effets en deviennent très visibles en
cette rentrée, le gazole se retrouvant même pour la première fois
plus cher que l’essence dans près de
20 % des stations-service selon « Le
Parisien ». « J’ai conscience des difficultés que cela peut poser pour ceux
dans les départements ruraux qui
travaillent », a reconnu Bruno
Le Maire.
Depuis quelques jours, plusieurs
députés de la majorité – Matthieu
Orphelin et Bénédicte Peyrol en
tête – militaient pour obtenir de
l’exécutif un geste en faveur des
ménages modestes. « Il ne s’agit pas
de revenir sur la trajectoire carbone,
car elle conditionne notre ambition
environnementale. Mais il faut
entendre les difficultés des personnes
dans les territoires », explique Bénédicte Peyrol. Bercy a finalement
accepté un geste, avec le parti pris
de muscler un dispositif existant. n
Saisonniers : l’exécutif
va revoir sa copie
Les députés de la majorité
ont provisoirement rétabli
les exonérations de charges
spécifiques des travailleurs
saisonniers agricoles,
qui devaient disparaître
avec le basculement du
CICE en baisse de charges.
Solveig Godeluck
@Solwii
Pas touche aux 900.000 travailleurs
saisonniers. Les rapporteurs généraux du budget et du budget de la
Sécurité sociale, Joël Giraud et Olivier Véran, ont eu droit aux applaudissements de la commission des
Affaires sociales de l’Assemblée
nationale, mardi soir, après avoir
amendé le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Ensemble, ils ont rétabli les exonérations de
charges sociales spécifiques aux travailleurs occasionnels-demandeurs
d’emploi (TO-DE). Leur suppression
aurait coûté 52 millions d’euros aux
employeurs dans les cultures spécialisées et 38 millions dans la viticulture.
Une opération bien préparée,
puisque cette mesure, qui coûte
potentiellement 130 millions
d’euros, est gagée sur des recettes
nouvelles débloquées dans le budget de l’Etat. Joël Giraud a fait retoucher en commission des Finances la
réforme de l’intégration fiscale, ce
qui permettra de dégager 390 millions d’euros si cet amendement est
validé en séance.
Le rétablissement du dispositif
TO-DE écorne au passage le basculement du crédit d’impôt pour la
compétitivité et l’emploi (CICE) en
allégement de charges pérenne en
2019. Pour éviter les redondances, le
gouvernement avait prévu de toiletter ou de supprimer via le budget de
la Sécurité sociale une série d’exonérations spécifiques dans l’aide à
domicile, les territoires d’Outremer, etc. Les saisonniers étant néanmoins perdants, il avait décidé en
guise de lot de consolation d’avancer
d’octobre à janvier la baisse supplémentaire de leurs cotisations patronales au niveau des bas salaires.
Mais en rétablissant le TO-DE, les
députés ont logiquement supprimé
ce lot de consolation.
Taux et dégressivité
Au sein de la majorité parlementaire, cet amendement est présenté
comme un coup d’éclat : « C’est une
mise sous pression assez inédite en
faveur de l’emploi dans les zones rurales. Nous montrons que les parlementaires sont capables de peser et de forcer le gouvernement à proposer autre
chose », explique-t-on au sein du
groupe LREM à l’Assemblée.
Comme l’a demandé Olivier Véran,
l’exécutif s’est résigné à travailler sur
une nouvelle mouture de son texte
pour l’examen en séance plénière la
semaine prochaine du projet de
budget de la Sécurité sociale. Les
allégements généraux seraient a
priori maintenus, et le dispositif
TO-DE adapté.
Les syndicats agricoles veillent au
grain. « Avec le dispositif TO-DE,
nous avons 33 points d’exonération
de charges, qui ont été portés à
39 points par le CICE. Dans son texte
initial, le gouvernement ne nous pro-
Vendanges en Savoie. Les employeurs souffrent d’une pénurie
de saisonniers, alors que le secteur pèse 140 millions d’heures
de travail par an. Photo Alban Pernet/Kumaeyes-RÉA
posait que 37,5 points », explique
Morgan Oyaux, à la FNSEA. La Fédération souhaite donc que le taux
d’exonération des saisonniers soit
accru. Par ailleurs, elle veut conserver des exonérations maximales
entre 1 et 1,25 SMIC, façon TO-DE,
alors qu’avec les allégements généraux, ils sont dégressifs à partir d’un
SMIC. Une revendication également
portée par les Jeunes Agriculteurs :
« Nous devons cumuler les deux types
d’exonérations, pour compenser un
coût du travail saisonnier qui est
supérieur en France à celui des pays
voisins », explique Mathilde Roby,
juriste au sein du syndicat. Les
employeurs souffrent d’une pénurie
de saisonniers, alors que le secteur
pèse 140 millions d’heures de travail
par an et 1,6 milliard d’euros de
masse salariale. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FRANCE // 03
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
INTERVIEW // VALÉRIE RABAULT Présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale
« Emmanuel Macron est en train
d’abîmer la reprise économique »
Propos recueillis par
Ingrid Feuerstein
In_Feuerstein
et Pierre-Alain Furbury
paFurbury
d’euros de coupes subies par le
ministère des Sports. La France ne
peut pas héberger les JO en 2024 et
sabrer ce qui fait l’essence même de
l’esprit olympique, car il y a toute
une continuité entre les petits clubs
et les athlètes de demain. Nous
investissons 1 milliard sur l’université pour faire face à l’augmentation
du nombre d’étudiants, réparti à
parts égales entre le recrutement de
professeurs et de doctorants, l’aménagement de locaux et la recherche.
Nous mettons fin à la baisse des
emplois aidés. La brutalité avec
laquelle cette baisse a été engagée
est irresponsable.
résidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, ex-rapporteur général
du budget, Valérie Rabault dévoile
dans « Les Echos » le « budget alternatif » des parlementaires PS.
P
Emmanuel Macron a-t-il tort
d’affirmer que « le quotidien
des Français va s’améliorer » ?
Pas pour tous. On voit aujourd’hui
qu’une politique nationale – que je
ne partage pas – peut avoir des effets
très différenciés selon les territoires.
Un département qui n’a pas de transports en commun et qui a une proportion de retraités supérieure à la
moyenne nationale est en train de
s’appauvrir. Ce n’est pas acceptable.
Entre la non-revalorisation de leur
retraite en janvier 2019 et la hausse
de la CSG intervenue en janvier 2018,
huit millions de retraités vont perdre un demi-mois de pouvoir
Et quels budgets réduiriez-vous ?
Nous ne rajoutons pas de coupes
supplémentaires par rapport
au projet du gouvernement. L’Etat
se rabougrit ; ce n’est pas bon pour la
cohésion nationale.
Faut-il laisser filer le déficit ?
Absolument pas. Il faut respecter la
règle des 3 %, sans quoi vous faites
payer aux générations futures les
dépenses d’aujourd’hui. C’est ce que
propose La France insoumise. Je
suis ahurie par leur contre-budget
(lire « Les Echos » de mardi, NDLR) !
Notre démarche à nous, c’est de dire
qu’à situation égale, à objectif de
finances publiques égal, on peut
faire mieux et plus juste. n
« Maintenir le CICE
en 2019 permettrait de
dégager 20 milliards
sans affecter
les équilibres
budgétaires. »
d’achat sur l’année ! Autre erreur
stratégique : le gouvernement ponctionne sur le quinquennat 55 milliards d’euros de plus sur les taxes
écologiques. Il n’en annonce que 20
pour financer la transition énergétique et quasiment rien n’a été
dépensé à ce jour, alors que 7 millions de logements sont des passoires énergétiques. Emmanuel
Macron est en train d’abîmer la
reprise économique.
Pourquoi ?
Le manque d’ambition sur l’investissement casse la dynamique de
reprise. Non seulement le gouvernement n’investit pas suffisamment,
mais il se prive d’une marge de
manœuvre de 20 milliards d’euros,
pourtant permise par le traité de
Maastricht. En effet, le CICE apparaît en année « n » dans le bilan des
entreprises mais est comptabilisé en
année « n + 1 » pour le critère de
Maastricht. En 2019, le gouvernement décide de remplacer le CICE
par une baisse de cotisations : il se
prive donc de cette possibilité comptable qui lui aurait libéré 20 milliards d’euros en 2019. C’est aussi ce
qu’a souligné l’économiste Daniel
Cohen. Le choix du gouvernement
est incompréhensible : il appuie sur
la pédale de frein au lieu d’accélérer.
L’exécutif pense que le double
effet temporaire du CICE
et des baisses de charges
va stimuler l’activité…
Ce ne sera pas le cas ! Le think
tank France Stratégie a dit lui-même
que cette décision n’aurait pas d’effet
sur la création d’emplois. Les entreprises savent bien que ce n’est pas la
trésorerie qui crée les emplois.
Que proposez-vous dans
votre « budget alternatif » ?
De maintenir le CICE en 2019 au lieu
de la baisse de cotisations. Cela permettrait de dégager 20 milliards au
titre de Maastricht sans affecter les
équilibres budgétaires, parce que
nous pensons, nous, qu’on ne peut
pas raser gratis. Nous utiliserions
cette marge de manœuvre sur trois
volets. Il faut d’abord soutenir le
pouvoir d’achat des retraités en
refaisant les indexations de pen-
Un crédit d’impôt pour
l’accueil de réfugiés
Les députés ont voté
cette disposition en
séance contre l’avis
du gouvernement.
Les familles d’accueil
pourraient bénéficier
de 5 euros de crédit
d’impôt par nuitée.
Solveig Godeluck
@Solvii
difficulté de contrôler que les
accueils sont bien mis en place. Ce
sont en effet les associations qui
devront délivrer des certificats
d’hébergement aux particuliers.
Une partie des personnes qui
accueillent les migrants ne souhaitent d’ailleurs pas obtenir de
contrepartie financière, a-t-il
argumenté.
Plusieurs gestes
Les familles qui hébergent des
réfugiés pourraient bénéficier
d’un coup de pouce fiscal. Lors de
la première lecture du projet de loi
de Finances en séance à l’Assemblée, les députés ont adopté ce
mercredi un amendement parlementaire instaurant un crédit
d’impôt de solidarité de 5 euros
par nuitée, plafonné à 1.500 euros
par an, soit 10 mois au total. Les
migrants doivent avoir obtenu le
statut de réfugié et résider en
France depuis moins d’un an.
Cet amendement a été déposé
par le député LREM Aurélien
Taché et compte plusieurs dizaines de cosignataires. La mesure
était inscrite dans son rapport
« 72 propositions pour une politique ambitieuse d’intégration des
étrangers arrivant en France »,
remis au Premier ministre en
février dernier. Elle est également
cohérente avec la volonté
d’Emmanuel Macron qu’il n’y ait
« plus personne dans les rues, dans
les bois ». Cependant, le gouvernement était défavorable à l’amendement, de même que le rapporteur général du Budget, le député
LREM Joël Giraud, qui a plaidé la
Dans l’exposé des motifs, les
députés comparent ce nouvel
avantage fiscal à la réduction
d’impôt pour dons à des associations d’intérêt général ou d’utilité
publique, « qui est ouverte aux
frais supportés par les bénévoles ».
Dans la nuit de mardi à mercredi, les députés de la majorité
ont aussi adopté deux coups de
pouce fiscaux pour les propriétaires qui font un geste envers les
sans-abri, contre l’avis du gouvernement et du rapporteur général même si, détail piquant, deux cosignataires, Gabriel Attal et Christelle Dubos sont entre-temps
devenus secrétaires d’Etat. En cas
de prêt d’un logement à une association d’accueil de personnes
défavorisées, les propriétaires
pourront déduire le montant de la
taxe foncière de leur impôt sur le
revenu, et réduire 66 % du montant de la valeur locative. Il reste à
savoir si, pour tous ces amendements, le gouvernement reviendra ou pas à la charge à la fin de la
première lecture, ou lors de la
deuxième lecture après l’examen
au Sénat. Les jeux sont donc
encore loin d’être faits. n
Valérie Rabault dénonce les coupes dans le budget du ministère
des Sports alors que se profilent les Jeux Olympiques de Paris
en 2024. Elisabeth Beyeklian pour Les Echos
sions, en revalorisant les retraites
agricoles et en faisant en sorte que la
hausse de la CSG ne s’applique
qu’au-dessus de 3.000 euros par
mois pour un célibataire, soit un
montant de retraite équivalent au
prix d’une maison de retraite médicalisée en région parisienne. Il faut
ensuite accélérer la transition énergétique de l’économie française.
Nous proposons au moins 150.000
logements de plus par an.
Aujourd’hui, il n’y a pas de business
plan ambitieux face à l’objectif
« Make our planet great again ».
C’est petit bras. Enfin, il faut répondre à l’urgence sociale en maintenant la revalorisation des allocations logement et en créant dès 2019
au moins 10.000 places de plus dans
les Ehpad.
« Vous ne pouvez
pas faire payer la
transition énergétique
par les plus modestes,
ça va finir par
les dégoûter
de l’écologie. »
Vous utiliseriez un gain
sur une année pour financer
des dépenses pérennes…
Utiliser la marge de manœuvre des
20 milliards d’euros, c’est soutenir la
croissance avec l’objectif de ne pas
rester à 1,7 % de croissance. Si nous
trouvons 0,5 point de croissance
supplémentaire, nous aurons
10 milliards de recettes en plus. C’est
atteignable. Sur les 13 milliards de
dépenses supplémentaires que
nous proposons, 5 milliards correspondent à de l’investissement. Cela
n’impacte pas le budget à long
terme. Ce qu’il faudra financer sur le
long terme, ce sont les revalorisa-
tions de prestations et le geste de
1,8 milliard sur la CSG.
Certains élus de la majorité
proposent d’introduire la progressivité dans la CSG pour les
retraités. Y êtes-vous favorable ?
Je ne suis pas certaine que ce soit
constitutionnel et, pour l’instant, la
proposition n’est pas chiffrée. Notre
proposition – ne pas toucher au
montant de revenu qui permet de
payer une maison de retraite – est
plus lisible. La réalité, c’est que les
députés LREM ne savent pas comment se sortir de cette histoire. Ils
n’avaient pas mesuré à quel point la
hausse de la CSG grève le pouvoir
d’achat des retraités. Ils en voient
aujourd’hui les dégâts.
Faut-il revenir sur la hausse
de taxe carbone, qui pèse
sur les prix des carburants
et du chauffage ?
Cette hausse, c’est du jamais-vu !
Sous le quinquennat Hollande, nous
avions voté une trajectoire bien
moins abrupte. Il faut la corriger par
des mécanismes qui dépendent des
revenus et de l’accès aux transports
en commun. Nous proposons
d’intégrer une composante carburant dans le chèque énergie, qui
existe déjà. Vous ne pouvez pas faire
payer la transition énergétique par
les plus modestes, ça va finir par les
dégoûter de l’écologie. Vous rendezvous compte qu’une famille de deux
enfants équipée d’un chauffage au
fuel et d’une voiture diesel paiera
576 euros de plus de taxes écologiques fin 2022 par rapport à 2017 ?
Cette perte ne sera pas compensée
par la disparition de la taxe d’habitation.
En matière de dépenses,
sur quels ministères placez-vous
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04 // FRANCE
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
Réforme des retraites :
le « oui mais » des Français
l La fusion des régimes est soutenue par plus de deux tiers des Français,
selon un sondage OpinionWay et Comdata Group pour « Les Echos ».
l Mais l’instauration d’un système par points n’obtient que le soutien
d’une majorité relative de personnes.
Le bilan
« décevant »
de l’éducation
prioritaire
SOCIAL
Les Français se retrouvent au
moins sur un point : ils sont très
inquiets de l’avenir global du système de retraite. Pas moins de 84 %
d’entre eux se disent pessimistes
sur l’avenir des retraites en général,
et 78 % sur leur propre pension,
selon un sondage OpinionWay et
Comdata Group pour « Les Echos »
et Radio Classique, réalisé du 10 au
11 septembre 2018. Les plus préoccupés sont les plus jeunes : 92 % des
18-24 ans. Un vrai problème pour le
gouvernement, qui ne cesse d’affirmer qu’il n’y a plus de besoin de
financement à régler, et que la
réforme à venir ne visera pas à réaliser des économies.
« Cette inquiétude sur les retraites
est une constante dans l’opinion pour
deux raisons. Le déséquilibre entre
actifs et inactifs d’abord qui ne permet
pas d’assurer la viabilité financière du
système par répartition. Et le fait que
c’est une réforme qui revient tous les
quatre ans dans le débat public, ce qui
donne l’impression que la solution est
impossible à trouver », analyse
Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d’OpinionWay.
Simplicité et égalité
Dans ce contexte, la nécessité de
r é f o r m e r l e s ys t è m e s e m b l e
acquise. Mais les Français sont
divisés sur ce que projettent de
faire Emmanuel Macron et son
gouvernement. La fusion des régimes de retraite, tel que le propose
l’exécutif, est jugée favorablement
par 70 % des personnes interrogées. « Le fait de fusionner les régimes est présenté comme un gage de
simplicité et d’une égalité renforcée,
deux arguments qui parlent aux
Shutterstock
Marie Bellan
@mbellan1
Les magistrats financiers suggèrent dans leur rapport
de rendre l’éducation prioritaire plus vigoureuse.
ENSEIGNEMENT
Dans un rapport
publié mercredi,
la Cour des comptes
juge sévèrement
la politique d’éducation prioritaire.
Français », explique Bruno Jeanbart. Plus les sondés avancent en
âge, plus ils y sont favorables. La
fusion est aussi particulièrement
soutenue par les travailleurs indépendants (88 %) qui s’estiment
lésés par le système actuel.
L’introduction d’une
part de capitalisation,
qui n’est pas prévue
par le gouvernement,
divise les Français.
En revanche, l’introduction
d’une part de capitalisation, qui
n’est pas prévue par le gouvernement mais que certains partis
d’opposition craignent de voir se
mettre en place, divise les Français.
Ils ne sont que 42 % à soutenir cette
idée, majoritairement chez les CSP
+ (49 %) et surtout les travailleurs à
leur compte (55 %). A l’inverse, les
chômeurs et les CSP- y sont plutôt
hostiles, de même que pour la
retraite par points.
« Le mot capitalisation est connoté
négativement en France, car il renvoie au système anglo-saxon dont les
Français se méfient. Sur le principe,
ils sont attachés à la retraite par
répartition, mais dans la réalité, le
réflexe “J’y ai droit, car j’ai cotisé” est
bien ancré. Ce qui montre toute
l’ambivalence des Français sur le
sujet », poursuit Bruno Jeanbart.
Le gouvernement affaibli
Seule une majorité relative de Français (49 % contre 44 %) soutient le
passage à un système de calcul par
points, où les actifs gagneraient un
nombre de points de retraite proportionnel à leurs cotisations. Ce sont les
personnes les moins concernées par
la réforme (les 65 ans et plus) qui sont
les plus favorables à ce système.
Le relèvement de l’âge légal de
départ à la retraite, qu’a formellement exclu le gouvernement mais
que propose la droite, n’est accepté
que par un Français sur trois (33 %).
Seuls les sympathisants des Républicains et les plus de 65 ans s’y
disent favorables.
Plus inquiétant pour le gouvernement, deux tiers des Français (65 %)
ne lui font pas confiance pour réformer le système des retraites. « Le
contexte général, qui voit le gouvernement affaibli ces dernières semaines,
joue sur la perception de la réforme.
Ce sera très délicat à mener car le sujet
est mobilisateur, on touche des acquis
sociaux. Pour toutes ces raisons, on
peut se demander si Emmanuel
Macron ira vraiment au bout de cette
réforme, d’autant que ce n’était pas
un sujet au cœur de son projet présidentiel », conclut Bruno Jeanbart.
a
Retrouvez l’analyse vidéo de
Bruno Jeanbart et l’intégralité
des résultats du sondage sur
lesechos. fr
La CSG des seniors, épine dans le pied de la majorité
Ses propositions
rejoignent celles
du ministre de
l’Education nationale, Jean-Michel
Blanquer, qui est
décidé à la réformer.
Marie-Christine Corbier
@mccorbier
Les hasards du calendrier font
bien les choses pour Jean-Michel
Blanquer. Alors que le ministre
de l’Education vient d’affirmer
son souhait de refondre l’éducation prioritaire, la Cour des
comptes a publié, mercredi, un
rapport qui va en ce sens. Les
magistrats dressent « un bilan
décevant » de la politique d’éducation prioritaire en affirmant
que les moyens déployés ont eu
peu d’effets. Entre 2012 et 2017,
à partir des résultats au brevet
des collèges, les écarts entre élèves en éducation prioritaire et
hors éducation prioritaire restent élevés : 20 points en français
en moyenne et 30 à 35 points en
mathématiques.
Labels « stigmatisants »
Le geste du gouvernement
pour exonérer de hausse
de la CSG 300.000 foyers de
retraités supplémentaires
n’a pas clos les débats sur
cette mesure difficile, y
compris dans la majorité.
Isabelle Ficek
@IsabelleFicek
Cela ressemble de plus en plus, pour
l’exécutif, au sparadrap du capitaine
Haddock. La hausse de 1,7 point de
la CSG, qui touche 60 % des retraités, n’en finit pas de faire grincer des
dents. Dans le pays, mais aussi au
Parlement. Et l’annonce récente,
par le Premier ministre, d’un correctif pour exonérer de cette hausse
300.000 foyers de retraités supplémentaires dont les revenus ne sont
pas durablement supérieurs au
seuil d’exonération, n’a pas clos le
débat. Loin s’en faut.
En témoignent les discussions à
l’Assemblée à l’occasion de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour
2019 (PLFSS), dont l’article 11 traduit
justement ce correctif. Elles interviennent à un moment où le sujet
du pouvoir d’achat des retraités
modestes est certes plus que jamais
brandi par les oppositions. Mais
tracasse aussi une partie de la majorité, qui a déjà dû renoncer à adoucir pour les plus fragiles les effets
de la mesure de revalorisation a
minima (0,3 %) des pensions.
Dès septembre, 39 députés de la
majorité ont demandé, dans une lettre à Edouard Philippe, une exonération de CSG plus large. Surtout,
mardi soir en commission des Affaires sociales, un amendement porté
par le député LREM du Vaucluse,
Jean-François Cesarini, signé par 20
députés LREM, a été adopté dans
une ambiance tendue contre l’avis
du rapporteur général Olivier Véran
(LREM) et du chef de file des marcheurs sur le texte, Thomas Mesnier.
Voté par des commissaires des affaires sociales de la majorité mais aussi
par des députés de tous bords, qui se
sont délectés de « ce débat interne à la
majorité », dixit le député LR JeanPierre Door. Un raté très politique.
« Faire les poches des petits
retraités »
Cet amendement propose « plus de
progressivité dans les taux de CSG »
et crée un taux à 6,6 % pour les
retraités aux revenus compris entre
1.200 et 1.600 euros – soit le retour,
pour eux, au taux de 2017 – mais, en
revanche, une hausse supplémentaire de 0,9 point à 9,2 % pour les
revenus au-delà de 3.000 euros.
« Nous sommes d’accord avec la
hausse de la CSG, mais avec plus de
justice sociale », plaide Jean-François Cesarini. « Je n’ai pas été élu
pour faire les poches des petits retraités », renchérit le député LREM de
l’Hérault Patrick Vignal, signataire
de l’amendement et qui compte « le
défendre plus loin bec et ongles ».
Olivier Véran et d’autres membres de la commission des Affaires
Emmanuel Macron à Colombey-les-deux-Eglises,
le 4 octobre dernier. Photo Ludovic Marin/AFP
sociales LREM s’y sont opposés, eux,
en pointant la hausse significative de
CSG pour certains et en soulignant
les mesures qui doivent par ailleurs
accompagner les seniors modestes,
tel le reste à charge zéro. Il est inimaginable que cet épisode, qui a provoqué quelques remous, se reproduise
en séance.
« Clef de voûte »
« Ce n’est pas facile de transformer le
pays et on prend toujours le risque de
créer des mécontentements. Mais la
solution ne peut pas être de défaire les
promesses », martèle-t-on à Matignon, où l’on souligne que « la
hausse de la CSG pour tous les revenus, y compris ceux du capital, est
une clef de voûte du dispositif. Bien
sûr, ce n’est pas la mesure la plus
populaire, mais elle permet de faire
en sorte que le travail paie mieux. »
Signe, toutefois, que le sujet préoccupe au plus haut point, le gouvernement cherche à faire des gestes, au-delà de la mesure sur les
300.000. C’est le cas à l’occasion
d’un autre sujet qui irrite dans la
majorité : celui de la demi-part fiscale des veuves, réapparu via un
amendement porté par le député
LREM Sacha Houlié et signé par 80
députés. Au terme de négociations,
il devait le retirer et le gouvernement proposer, mercredi soir, un
nouvel amendement qui maintient,
pour ces contribuables, l’exonération de taxe d’habitation et de la
redevance l’année prochaine. n
La Cour pointe le défaut de
mixité d’établissements pour lesquels le label « REP » ou « REP
+ » de l’éducation prioritaire a eu
des effets « stigmatisants », conduisant les parents d’élèves à les
éviter, et donc à y concentrer
davantage encore la difficulté
scolaire. Le niveau de formation
et d’expérience des enseignants y
est aussi jugé trop limité. La Cour
ne remet pas en cause les primes
existantes − peut-être ne sont-elles pas suffisantes −, mais elles
n’ont pas permis d’attirer les
enseignants expérimentés.
Les magistrats ne remettent
pas non plus en cause « le bienfondé d’une telle politique de différenciation ». Ils proposent
même de la rendre « plus vigoureuse ». Les recommandations
de la Cour rejoignent, de ce
point de vue, et en de nombreux
points, des pistes déjà avancées
par Jean-Michel Blanquer.
Le rapport salue ainsi la
réduction de la taille des classes
engagée par le gouvernement
sur les CP et CE1 de REP et de
REP + et propose même de l’élargir à la grande section de maternelle ou au CE2. Par contre, dans
les établissements les moins en
difficulté (« REP »), le dédoublement n’est pas jugé nécessaire.
La Cour propose surtout de
revoir le mécanisme d’allocation
des moyens et de ne plus avoir
de labellisation « binaire » qui
conduit des établissements à
être « REP » ou « REP + »,
d’autant que 70 % des élèves en
difficulté ne sont pas dans ces
établissements. « Il faut plus de
fluidité et de progressivité dans la
répartition des moyens », selon
Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes.
Les magistrats proposent
d’allouer les moyens à partir
d’un indice de difficulté sur
lequel travaille le ministère. Et de
répartir les établissements en
neuf catégories homogènes,
dont deux d’entre elles correspondraient aux actuels « REP »
et « REP + » mais sans en avoir
l’étiquette. « Les établissements
qui en ont le plus besoin seraient
davantage aidés mais ne seraient
plus labellisés REP + », précise
Loïc Robert, le rapporteur. Une
façon, pour la Cour, de « labelliser l’ensemble des écoles et des collèges, et pas seulement certains ».
Pour la Cour, c’est le moyen de
mieux répartir les 33 milliards
destinés à l’ensemble des écoles
et collèges, sur lesquels l’éducation prioritaire ne reçoit que
1,7 milliard, soit 4 % des moyens
pour 20 % des élèves concernés.
Pour y attirer des enseignants chevronnés, la Cour
suggère des affectations spéciales limitées dans le temps qui
permettraient à un enseignant
d’aller y travailler trois à cinq
ans tout en ayant ensuite la
garantie de retrouver son poste.
Elle plaide pour des établissements plus autonomes. De nouveaux établissements publics de
réseaux couvrant écoles et collèges pourraient ainsi être expérimentés. Ils pourraient « librement disposer » des moyens
prévus pour le premier et le
second degrés avec « une gestion
plus souple » entre les deux.
Des contrats pluriannuels
entre ces nouveaux établissements, le rectorat et les collectivités locales seraient signés pour
financer les projets, et les recrutements d’enseignants et du chef
d’établissement se feraient « sur
profils ». Les résultats seraient
évalués. Autonomie et évaluation : les mots clefs de la Cour des
comptes, sont aussi ceux de
Jean-Michel Blanquer. n
Les chiffres clefs
20
POINTS
L’écart moyen entre élèves en
éducation prioritaire et hors
éducation prioritaire en français au brevet des collèges.
1,7
MILLIARD D’EUROS
La part consacrée
à l’éducation prioritaire
sur les 33 milliards destinés
à l’ensemble des écoles
et collèges.
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06 // FRANCE
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
FO cherche un successeur à Pavageau
SOCIAL
Après la démission
du numéro un de Force
ouvrière, le « parlement » de la centrale
syndicale se réunira
les 21 et 22 novembre
pour désigner
son remplaçant.
L’objectif est d’arriver
à un candidat de
consensus d’ici là.
Leïla de Comarmond
@leiladeco
La date a été fixée. Le Comité confédéral national (CCN) de Force
ouvrière, qui est en quelque sorte le
« parlement » de l’organisation, se
réunira les 21 et 22 novembre pour
désigner son nouveau numéro un.
Une semaine après les révélations
par « Le Canard enchaîné »
d’un fichage occulte des principaux
cadres de FO tenu par l’équipe du
numéro un, Pascal Pavageau, ce
dernier a adressé mercredi matin
par mail une lettre de démission
aux membres de cette instance où
siègent tous les secrétaires généraux d’unions départementales et
de fédérations.
Convocation d’un CCN
extraordinaire
Le message est arrivé moins d’une
heure avant la tenue de la réunion
de la commission exécutive (CE) du
syndicat, qui constitue sa direction
élargie de 35 membres. Elle n’a donc
pas eu à engager de procédure de
destitution. Elle est passée directement à l’étape suivante : enclencher
la procédure de désignation du prochain secrétaire général.
La discussion a été longue : elle a
duré jusqu’au début de l’après-midi.
Il faut dire que chaque mot de la
déclaration rendue publique en
milieu d’après-midi a été pesé au
trébuchet pour s’assurer qu’à la
crise ouverte la semaine dernière
ne s’ajoute pas une lutte fratricide.
Pas de remise en cause
de la ligne
Pour cela, elle ferme la porte à toute
remise en cause de la ligne contestataire adoptée au dernier congrès,
en avril, qui serait la vraie raison du
départ de Pascal Pavageau, selon les
anarchistes, dont les trois représentants à la commission exécutive
sont les seuls à avoir voté contre la
déclaration.
« Il ne s’agit pas de remettre en
cause les orientations du congrès »,
affirme le texte signé y compris par
les réformistes de l’organisation. Il
soude aussi les rangs en appelant
a u x f o n d a m e n t a u x d e Fo r c e
ouvrière, « issue d’une scission en
réaction à la mainmise des staliniens
de la vieille CGT », et en condamnant de façon virulente la « méthode
des fichiers dénonçant le genre,
l’appartenance politique, tout
comme les jugements diffamatoires
et les appréciations tendancieuses ».
Enfin, la déclaration organise la
suite pour construire un consensus
entre les deux principales forces
présentes dans l’organisation sur le
nom de celui qui sera élu par le CCN
au poste de numéro un de FO, au travers de la création d’une commission « chargée d’aider et d’assister le
bureau confédéral [direction resserrée de 13 membres depuis la démission de Pascal Pavageau, NDLR] ».
Nulle part cette mission de construction d’une candidature unique
n’est clairement identifiée. La déclaration parle de travailler à « éradiquer » les méthodes instaurées par
l’ancien numéro un et de « prendre
toutes décisions utiles à cet objectif ».
Mais c’est bel et bien l’objectif, même
si une circulaire du bureau confédéral va lancer l’appel à candidatures
Stéphane Lardy chargé de mettre
sur pied France Compétences
Stéphane Lardy a été chargé de conduire la mission de préfiguration de France Compétences, l’agence qui devra réguler
la qualité et le coût des futures formations. Il était secrétaire
national FO, en charge des négociations sur l’emploi et la
formation professionnelle notamment jusqu’en 2016. Il avait
intégré le cabinet de Muriel Pénicaud en mai 2017 comme
directeur de cabinet adjoint. Ironie de l’histoire : Stéphane
Lardy avait un temps été officieusement candidat à la succession de Jean-Claude Mailly. Mais il avait dû renoncer face
à Pascal Pavageau.
« On ne va pas
s’amuser à avoir un
bal des prétendants
ou une foire
d’empoigne.
L’organisation a
assez souffert. »
UN CADRE DE FO
comme il en a l’obligation.
« On ne va pas s’amuser à avoir un
bal des prétendants ou une foire
d’empoigne, l’organisation a assez
souffert comme ça », résume un
cadre de Force ouvrière, rappelant
que le syndicat a connu un tel épisode en 1989, quand Marc Blondel
est arrivé à sa tête, et qu’elle a mis
des années à s’en remettre.
Savamment dosée
La composition de la commission a
été savamment dosée pour cela : il y
a trois réformistes (Frédéric Homez,
de la métallurgie, Franck Bergamini,
des Bouches-du-Rhône et Jacques
Techer, de la pharmacie), trois trotskistes du POI (Hubert Raguin, de
l’éducation, Gabriel Gaudy, d’Ile-deFrance, et Michel Le Roc’h, de LoireAtlantique), auxquels s’ajoute un
« non-aligné », Yves Kottelat, le
numéro un de la première fédération de Force ouvrière, celle des services publics et de la santé.
Tout va se jouer dans les quinze
prochains jours : les statuts prévoient que les noms des candidats
soient « publiés quinze jours avant
l’élection », soit le 6 novembre. n
Pascal Pavageau a adressé mercredi matin une lettre
de démission aux membres du « parlement » de FO. Photo Sipa
Grand Paris : la Marne propre à la baignade en 2022, la Seine en 2025
ENVIRONNEMENT
La Mairie de Paris,
l’Etat et la métropole
dévoileront ce jeudi
les 26 sites envisagés
pour la baignade
dans la Seine
et la Marne.
Le budget dépassera
1,2 milliard d’euros.
Matthieu Quiret
@MQuiret
Vingt-six sites de baignade sont prévus en Ile-de-France, cinq à Paris, dont un ponton avec vue
sur la tour Eiffel. Photo Apur Luxigon
Une berge bucolique dans le bois de
Boulogne, un ponton avec vue sur la
tour Eiffel, des plages en eau vive
comme dans les années 1930. Ce sont
quelques-uns des vingt-six sites,
dont cinq dans Paris, qui seront révélés ce jeudi pour accueillir, à partir de
2022, le retour de la baignade dans la
Seine et la Marne. La Ville de Paris et
les nombreuses collectivités impliquées dans ce projet organisent une
journée de réunion pour finaliser ce
projet estimé à plus de 1,2 milliard
7h-9h
Deux heures d’info avec
Nikos Aliagas sur Europe 1
Avec Audrey Crespo-Mara, Nicolas Canteloup,
Jean-Michel Aphatie et toute la rédaction.
d’euros et que les JO de 2024 ont permis d’accélérer. Depuis la promesse
de Jacques Chirac de rendre la Seine
propre à la baignade en 1998, il aura
fallu trente-cinq ans d’efforts pour
atteindre cet objectif, expliquent plusieurs experts. Paris a par exemple
réduit ses rejets annuels d’eau polluée dans la seine de 20 à 2 millions
de mètres cubes.
Obligation européenne
Mais bien d’autres sources de pollution doivent encore être traitées le
long de la Seine avant de retrouver
un état sanitaire compatible avec les
normes de baignade. Ces derniers
mois, les techniciens ont révisé à la
hausse le budget global nécessaire.
Estimé à moins de 1 milliard d’euros,
il se situe désormais dans une fourchette entre 1,2 et 1,4 milliard
d’euros. Ces dépenses sont en réalité
à plus de 85 % imposées par la mise
aux normes européennes sur
laquelle la France a des années de
retard. La baignade ne représente
que quelques pour-cent du budget. Entre 200 et 380 millions
d’euros reposeront sur le privé.
Selon nos informations, les élus
devraient plutôt aboutir à l’enveloppe haute si les technologies de
filtration aux UV sont retenues
pour la modernisation des stations
d’épuration de Valenton et Noisy
(85 millions d’euros). Autre gros
chantier d’environ 650 à 700 millions d’euros, la correction des
erreurs de branchement des évacuations des particuliers notamment dans le Val-de-Marne.
Les experts ont récemment évalué autour de 10 % la proportion de
non-conformité parmi les 350.000
branchements devant être audités.
Cela signifie qu’il faudra identifier et
convaincre 35.000 occupants de réaliser des travaux de mise aux normes. L’Agence de l’eau a prévu des
aides allant jusqu’à 3.500 euros par
ménage, sachant qu’en moyenne un
rebranchement vaut 4 à 5.000 euros.
Les collectivités métropolitaines
devront financer jusqu’à 480 millions d’euros de création de retenues pluviales ou d’opérations de
désimperméabilisation pour éviter
les débordements par temps de
pluie. Enfin, la loi sur les JO de Paris
votée en début d’année imposera
aux propriétaires de péniche l’arrêt
des rejets en rivière, 5 à 20 millions
d’investissements. Le Val-deMarne, qui a pris de l’avance sur ces
sujets depuis dix ans, peut espérer
ouvrir les baignades dès 2022.
« Nous réalisons déjà 500 diagnostics
de branchement tous les ans », précise la présidence du Val-de-Marne.
Il y a deux ans, la maire de Paris,
Anne Hidalgo, le président de la
métropole, Patrick Ollier, et le préfet
de la région Ile-de-France, JeanFrançois Carenco, avaient mobilisé
tous les maires concernés. Depuis,
16 communes et leurs intercommunalités se sont engagées à accompagner les actions nécessaires à l’ouverture des 26 sites. Le projet mobilise
aussi l’agence de l’eau NormandieSeine, le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP), les
départements, VNF, Haropa, etc.
Fédérer élus et habitants
Célia Blauel, l’adjointe d’Anne
Hidalgo qui a créé la baignade du
canal de la Villette et gère Eaux de
Paris, se réjouit des convergences
politiques autour du projet. Pour elle,
au-delà du côté ludique, ces baignades permettent de fédérer les élus et
les habitants autour de cette préservation, mais aussi de l’adaptation au
réchauffement climatique. Car les 26
sites serviront aussi à rafraîchir les
Franciliens dans les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.
Le travail qu’il reste à faire a convaincu les élus de repousser la perspective des premières baignades
publiques sur la Seine à 2025, les
épreuves olympiques pouvant
néanmoins se dérouler en 2024
grâce à des normes moins strictes. Mais Célia Blauel reste optimiste et n’exclut pas une ouverture
précoce. « Nos modélisations montrent que les seuls travaux sur les
deux stations d’épuration suffiront à
décrocher les autorisations en 2025
par temps sec. L’enjeu sera d’obtenir
un maximum de jours de baignade
par saison », précise-t-elle. n
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// 07
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
MONDE
en
chiffres
ÉTATS-UNIS : RECUL
DES MISES EN CHANTIER
LA CROISSANCE GRECQUE
REVUE À LA HAUSSE
Les mises en chantier
de logements aux Etats-Unis
en septembre ont chuté
plus que prévu. Elles se sont
établies à 1,201 million
en rythme annualisé et
en données cvs, soit un repli
de 5,3 % par rapport au
chiffre du mois d’août, révisé
en baisse à 1,268 million,
contre 1,282 million pour
la première estimation.
Le produit intérieur brut
(PIB) de la Grèce a augmenté
de 1,5 % en 2017 et non 1,4 %
comme précédemment
estimé, a annoncé l’Autorité
des statistiques grecques.
Cette deuxième estimation
est surtout due à la révision
à la hausse de l’indice des
dépenses de consommation
de 0,6 % sur un an,
et non une baisse de 0,2 %.
46 %
LA PAUVRETÉ
DANS LE MONDE
Près de la moitié de la population mondiale (3,4 milliards
d’individus) vivait en 2015 avec
moins de 5,50 dollars par jour,
selon la Banque mondiale.
L’extrême pauvreté
(moins de 1,9 dollar par jour)
est tombée à 10 % en 2015.
Compétitivité : la Suisse
détrônée par les Etats-Unis
l Les Etats-Unis bénéficient d’une méthodologie plus tournée vers l’innovation
que le Forum économique mondial a adoptée pour son classement 2018.
l La France figure parmi les pays les plus compétitifs en matière de recherche.
CLASSEMENT
Jean-Michel Gradt
@ogrady99
« America first ». Et cette fois il ne
s’agit pas du slogan de Donald
Trump, mais du résultat du dernier classement des économies les
plus compétitives que dresse chaque année le World Economic
Forum (WEF).
Les Etats-Unis, avec la note de
85,6, viennent en effet de détrôner la
Suisse pourtant installée sur la plus
haute marche du podium depuis
neuf ans. Singapour, deuxième, et
l’Allemagne troisième, repoussent
la Suisse à la quatrième place de ce
classement de cent pays notés de 0 à
100.
La France, au dix-septième rang, a
gagné cinq places par rapport à
2017. Elle figure maintenant dans le
Top 20, notamment grâce au rayonnement mondial de ses institutions
de recherche qui la placent au troisième rang dans cette catégorie, et
aux publications de ses chercheurs
(cinquième rang mondial).
Des atouts qui devraient lui permettre de progresser encore dans le
classement dans les années qui viennent, pourvu qu’elle développe une
culture entrepreneuriale et qu’elle se
défasse de sa bureaucratie, de ses
barrières non tarifaires et des raideurs du marché du travail. Les
réformes entreprises depuis l’élection d’Emmanuel Macron sont
d’ailleurs saluées, car « elles font de la
France un pays plus attirant pour les
investissements high-tech », note le
rapport.
Comment expliquer un tel bouleversement de la hiérarchie mondiale ? Par un changement complet
de méthodologie. Désormais, l’organisation attribue davantage de poids
à l’innovation et aux nouveaux facteurs de croissance. « Un nouvel
indice était nécessaire, car nous avons
appris beaucoup de nouvelles choses
sur ce qui tire la croissance économique et la croissance des revenus sur le
long terme », a expliqué Saadia
Zahidi, membre du comité exécutif,
en présentant mercredi le rapport
2018.
Des « signes inquiétants »
Ce qui provoque des retournements
d’analyse spectaculaires. Ainsi, dans
les précédents classements, la dette
publique était pointée comme une
faiblesse américaine. Cette fois, dans
l’édition 2018, les Etats-Unis se
voient accorder la note quasi parfaite de 99,2 pour leur « dynamique
de la dette ».
Selon les experts du Forum de
Davos, les 98 critères retenus dans la
nouvelle méthodologie reflètent
surtout des politiques de long terme
comme l’investissement dans la formation numérique. Les Etats-Unis
arrivent en tête pour trois des sept
principaux critères (les « piliers ») :
le dynamisme des entreprises, le
marché du travail et le système
financier. Ces facteurs favorisent un
écosystème qui transforme le pays
en « locomotive de l’innovation ».
La première économie mondiale
montre tout de même des « signes
inquiétants », a concédé le WEF. Le
pays des Gafam (pour Google,
Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), qui compte 326 millions
d’habitants, est aussi l’une des économies les moins bien classées du
G20 sur le thème de la santé. Et des
inquiétudes se font jour sur des
questions comme la liberté de la
presse et l’indépendance de la justice. Autant de « facteurs qui pourraient influer sur la compétitivité du
pays à plus long terme », prévient
l’organisation.
L’institution a ouvert en octobre 2016 un centre de recherches en
Californie. Au centre de ses travaux :
la recherche du juste milieu pour
s’adapter aux technologies et protéger les citoyens sans pour autant
freiner le progrès. Un sujet d’une
actualité brûlante. n
Malgré ses performances, l’Allemagne s’inquiète pour l’avenir
Troisième dans le classement du Forum économique mondial, l’Allemagne
craint les conséquences
des tensions internationales pour son économie.
Ninon Renaud
@NinonRenaud
— Correspondante à Berlin
L’Allemagne pourrait se féliciter
d’être sur la troisième marche du
podium du classement annuel des
économies les plus compétitives du
Forum économique mondial. Selon
ce dernier, le pays offrirait même les
meilleures conditions en matière de
maîtrise des processus innovants, de
l’idée à la commercialisation d’un
produit.
Mais c’est l’avenir qui préoccupe le
champion de la classe européenne :
l’Allemagne craint que les tensions
internationales ne finissent par
transformer ses atouts en handicap
pour son économie. « Dix ans après
la crise financière, nous sommes face à
une crise commerciale mondiale
caractérisée par une attaque massive
contre les règles régissant les échanges
internationaux », a déclaré mercredi
Holger Bingmann, président de la
Fédération des exportateurs allemands (BGA). Cette situation inédite
et le recul des commandes de ses
membres ont convaincu l’organisation patronale de revoir à la baisse, de
5 % à 3 %, sa prévision de croissance
pour les exportations allemandes
cette année. Et, selon Holger Bingmann, ce n’est que « le début d’un
mouvement baissier qui se poursuivra
en 2019 ».
La compétitivité
de l’Allemagne sera
affectée non seulement
outre-Atlantique
mais aussi dans le reste
du monde.
Politique protectionniste
Outre la crainte d’un Brexit dur qui
« pourrait coûter plusieurs milliards
aux entreprises allemandes », sa
principale inquiétude tient à la poli-
Une grande partie des exportations allemandes passent
par le port de Hambourg. Photo Christian Charisius/Zuma Press/Z
tique protectionniste de Donald
Trump, dont le pays représente le
premier débouché des produits allemands après le marché européen.
Déjà, les exportations germaniques
outre-Atlantique n’ont progressé
que de 0,8 % au premier semestre, à
56,1 milliards d’euros.
Les agissements du président
américain font aussi craindre à
l’Allemagne pour ses échanges avec
la Chine, qui ont bondi de 10 % au
premier semestre à 53,3 milliards
d’euros. « Les frictions entre notre
principal partenaire commercial, la
Chine et notre principal marché
d’exportations, les Etats-Unis, nous
frapperont sans aucun doute massivement », a averti le président de la
BGA. La compétitivité de l’Allemagne sera affectée non seulement
outre-Atlantique mais aussi dans le
reste du monde, en raison de l’interventionnisme du président américain. En témoigne son veto mis sur
les échanges avec l’Iran. Avant
même la mise en place des sanctions
américaines, les exportations de
l’Allemagne avec ce pays ont chuté
de 6,9 % au premier semestre.
Et quand il n’interdit pas le commerce, Donald Trump n’hésite pas à
le préempter. En témoigne un
contrat de fourniture d’électricité de
plusieurs milliards de dollars en Irak
promis à Siemens mais qui, sous la
pression politique de Donald
Trump, pourrait finalement revenir
à General Electric, selon le « Financial Times ». n
Affaire Khashoggi : les entreprises se détournent du « Davos du désert »
ARABIE SAOUDITE
Empêtré dans
la disparition
inexpliquée de Jamal
Khashoggi, Mohammed ben Salmane
peine à convaincre.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
Pendant que les policiers turcs
fouillaient, mercredi, la résidence
du consul saoudien à Istanbul à la
recherche d’indices élucidant
la disparition du journaliste
Jamal Khashoggi, Washington et
Riyad tentaient de trouver une
porte de sortie acceptable à cette
crise sans précédent. La voie est
extrêmement étroite.
Washington ne doit pas donner
l’impression de laisser impuni un
crime qui, s’il est avéré, sera perçu
comme « un acte barbare » par la
communauté internationale. Mais
il doit en même temps ménager son
allié, rouage essentiel de sa politique au Moyen-Orient, face à l’Iran.
Sans doute dépassé par l’ampleur
de l’affaire, Mohammed ben Sal-
mane (MBS), le prince héritier
peine à convaincre. D’autant qu’un
des membres du commando vu
dans le consulat appartiendrait
à sa garde rapprochée. « Il est fragilisé. Il est certes l’homme fort du
royaume, mais son père est encore le
roi, et cette affaire ne peut que lui
déplaire, car elle affecte la relation
avec les Etats-Unis », explique Denis
Bauchard, conseiller Moyen-Orient
à l’Ifri.
Les efforts diplomatiques sont
amoindris par deux acteurs à
charge. La presse turque, d’un côté,
preuves sonores à l’appui, assure
que le journaliste a été torturé puis
tué dans les locaux du consulat.
Le Congrès américain, de l’autre,
ajoute à la pression ambiante avec
des élus républicains et démocrates
qui multiplient les invectives contre
l’Arabie saoudite.
Trump change de ton
Donald Trump est en porte-à-faux
vis-à-vis de son opinion publique. Après avoir menacé Riyad
d’une « punition sévère » si sa responsabilité était établie, le président américain a, depuis, sensiblement édulcoré ses propos. Il a
d’abord évoqué des tueurs « incontrôlés », avant de préciser qu’il
n’avait aucune intention de compromettre « 110 milliards de dollars
d’investissements » saoudiens, ni de
cesser de vendre des armes à son
allié. Pour finalement déclarer mercredi que les Etats-Unis avaient
« besoin » de l’Arabie saoudite dans
la lutte contre le terrorisme.
Cette crise tombe mal pour l’Arabie saoudite, qui organise dans
quelques jours un forum économique pour attirer les investisseurs.
Les événements créent un réel
malaise chez les hommes d’affaires
qui annulent leur participation en
cascade. Après Jamie Dimon, le
directeur général de JPMorgan
Chase, et Larry Fink, le patron de
BlackRock, les dirigeants de Google, Uber, Ford, mais aussi les
patrons de nombreuses sociétés
europ éennes, comme HSB C,
Standard Chartered, Credit Suisse,
BNP Paribas et, dernière en date,
Société Générale, ont à leur tour
annulé leur participation. Christine
Lagarde, directrice générale du
FMI, a également renoncé. Du côté
des industriels français, l’attentisme domine. Ils se prononceront
une fois qu’ils connaîtront la position de Bercy. D’aucuns espèrent
que le forum soit tout simplement
repoussé. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
08 // MONDE
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
INTERVIEW // NADIA CALVIÑO Ministre espagnole de l’Economie
« La discipline budgétaire n’empêche pas de réduire
les inégalités et de construire une croissance inclusive »
l L’économie espagnole est devenue l’une des plus dynamiques en Europe, avec une croissance de 2,6 % cette année.
l Ce qui lui permet d’atteindre ses objectifs de discipline fiscale, de baisse de la dette publique et de réduction des inégalités.
Propos recueillis par
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
Vous venez de présenter
un projet de budget
en conservant le cadre
du gouvernement précédent.
Quelle est votre ambition ?
Non seulement nous prévoyons
une réduction du déficit public qui
passera de 2,7 % de PIB cette année à
1,8 % l’an prochain, mais nous
obtiendrons un excédent budgétaire primaire de 0,5 % qui nous permettra d’avancer dans la réduction
de la dette. La discipline fiscale reste
la même, mais la façon d’y arriver
est différente. Nous sommes un
gouvernement social-démocrate et
nous ne devons pas nous limiter à
faire cadrer les comptes, nous voulons mener une réelle politique économique, pour réduire les inégalités, avancer vers une société plus
juste et un développement durable
du point de vue social comme de
l’environnement.
En quoi êtes-vous différents ?
Durant ces dernières années, la
réduction du déficit public avait été
simplement portée par la croissance, sans efforts d’ajustements
structurels, du fait d’une politique de
baisse d’impôts. Ce gouvernement
veut suivre une ligne plus responsable, en ne s’appuyant pas seulement
sur la bonne marche de l’économie
pour réduire la dette et le déficit.
Nous avons revu la politique fiscale
pour établir une imposition plus
progressive qui fait peser une plus
lourde charge sur les plus gros revenus. La composition des dépenses
publiques est aussi très différente
puisque nous mettons l’accent sur
les dépenses en matière d’éducation,
de sciences ou de recherche notamment, qui auront un impact sur
la création de capital humain et la
progression de la société.
Vos prévisions de croissance
ont néanmoins baissé…
Nous avons revu notre cadre macroéconomique en tenant compte de la
baisse des perspectives de la croissance mondiale et du commerce
international. Cela nous mène à
2,6 % de hausse du PIB pour 2018 et
2,3 % pour 2019, soit une croissance
toujours robuste et supérieure à la
moyenne européenne. Nous continuons d’être moteur de l’Union
même si nous avons intégré cette
vision moins optimiste du contexte
global.
On peut faire une politique
de gauche, aujourd’hui,
sans creuser les déficits,
dans une Europe libérale ?
Notre grand message est que la discipline budgétaire ne doit pas empêcher de prendre des mesures de politique économique et sociale pour
réduire les inégalités. La stabilité fiscale et budgétaire n’est pas incompatible avec notre ambition de construire une croissance inclusive pour
Vous annoncez une hausse
du salaire minimum de 22 %.
Quelles conséquences sur
l’emploi et la croissance ?
Cette augmentation est dans la ligne
des négociations menées entre les
partenaires sociaux. La crise nous a
laissé des travailleurs pauvres, des
emplois précaires et des contrats
volatils, ce qui est négatif du point de
vue économique. Nous calculons
que cette hausse est cohérente dans
Planète : Gates et
Di Caprio soutiennent
les Pays-Bas
EUROPE
Le pays lance une
commission pour
mettre en place
des mesures de lutte
concrètes contre les
conditions climatiques extrêmes.
Didier Burg
— Correspondant à Amsterdam
Concernés au premier chef par
les risques d’un réchauffement
de la planète, les Pays-Bas lancent une initiative internationale
dans la droite ligne de l’accord de
Paris sur le climat. « L’urgence
d’une action sur les risques climatiques ne doit pas être sous-estimée », a affirmé le Premier minist r e né e r l an d ai s l o rs de la
cérémonie d’ouverture de la Global Commission on Adaptation
(GCA) à La Haye mardi, à laquelle
participaient notamment Bill
Gates, le fondateur de Microsoft,
et l’acteur américain Leonardo di
Caprio.
La GCA, dont la présidence est
confiée à l’ancien secrétaire général des Nations unies Ban Kimoon, réunit dix-sept pays, dont
l’Allemagne, le Canada, la Chine,
la France et l’Inde. « Si nous ne
mettons pas en place rapidement
les adaptations nécessaires, les
prochaines décennies risquent de
« L’urgence
d’une action
sur les risques
climatiques ne
doit pas être
sous-estimée. »
MARK RUTTE
Premier ministre
néerlandais
ne plus nous assurer de ressources
suffisantes en nourriture, eau et
énergie », s’est inquiété Ban Kimoon lors de l’inauguration. Le
dernier rapport du GIEC était
d’ailleurs particulièrement alarmant à cet égard. Appelés à plancher sur le terrain, les vingt-huit
commissaires de la GCA, dont la
maire de Paris ,Anne Hidalgo,
fait partie, se sont fixé un délai
d’un an pour présenter un calendrier avec des mesures concrètes. Celles-ci seront prises sur la
base des données disponibles
auprès des scientifiques et des
instituts économiques. Ces futures recommandations s’adresseront aux gouvernements, aux
entreprises et aux citoyens pour
faire face aux conditions climatologiques extrêmes attendues.
« Prévention »
Pour faire le point sur les progrès
accomplis, un sommet mondial
sur le climat, Climat Adaptation
Action Summit, sera organisé en
2020 aux Pays-Bas. « En nous
armant contre ces fléaux climatiques à venir, nous serons en
mesure d’économiser de l’argent.
Notre expérience aux Pays-Bas
montre que la prévention coûte
moins cher que la guérison », a
insisté Cora van Nieuwehuizen,
ministre néerlandaise de l’Infrastructure et de la gestion de l’eau.
Reconnus pour leur savoirfaire en matière de lutte contre
les dangers de l’eau, des experts
néerlandais avaient été appelés à
la rescousse en Louisiane après
le passage de l’ouragan Katrina
en 2005 puis pour Sandy à New
York en 2012. Actuellement, l’institut néerlandais Deltares (excommission Delta) spécialisé
dans la gestion de l’eau, participe
à des plantations de palétuviers
sur les côtes indonésiennes en
prévision de violents tsunamis.
Des pays comme les Iles Grenadine et les Iles Marshall ont
annoncé aussi leur participation
à la GCA pour profiter de l’expertise des Pays-Bas. n
projet et nous avons construit nos
comptes publics pour assurer une
solidité à long terme des finances
publiques.
Nadia Calviño, ministre de l’Economie. Photo Susana Vera/Reuters
tous. Nous allons tenir les engagements du Pacte de stabilité en
matière de discipline fiscale, mais
nous avons aussi un engagement
vis-à-vis des citoyens, pour aider les
personnes à avoir une vie meilleure.
Mais la réduction de la dette publique est aussi l’une des clefs de notre
un contexte de croissance et elle va
dans le sens de notre volonté d’avancer vers une société plus juste et
inclusive. Nous avons observé que
les années précédentes, de fortes
augmentations ont été accompagnées d’une forte croissance de
l’emploi.
Soutenez-vous la réforme
de la zone euro ?
La crise a montré qu’on ne peut pas
avoir une union monétaire solide
sans une union économique solide.
Nous devons nous doter des instruments nécessaires en matière de
politique économique et budgétaire
pour compléter la politique monétaire menée depuis la BCE. Nous
appuyons absolument les efforts
d’approfondissement de l’Union
économique et monétaire et toutes
les initiatives en cours pour compléter l’union bancaire, avancer vers
l’union du marché des capitaux et
vers une plus grande intégration de
la politique budgétaire. De fait, nous
travaillons avec la France, l’Allemagne et le Portugal, notamment, sur
un système européen d’assurancechômage afin de renforcer les mécanismes pour faire face aux crises et
éviter les chocs asymétriques.. n
A Bruxelles, les Européens
face à l’impasse du Brexit
EUROPE
Après le blocage des
négociations, les chefs
d’Etat et de gouvernement à la recherche
d’un second souffle.
Gabriel Grésillon
@Ggresillon
— Bureau de Bruxelles
Catherine Chatignoux
@chatignoux
Ninon Renaud
— Correspondante à Berlin
Changement de programme. Le
sommet européen du 17 octobre
avait été conçu pour permettre de
conclure l’accord sur le divorce
entre le Royaume-Uni et l’Union
européenne. Après la rupture des
négociations entre les deux parties,
intervenue dimanche, c’est à un
autre objectif qu’il a finalement dû
répondre : d’une part, envoyer le
signal que l’Union doit désormais se
préparer au scénario d’un Brexit
sans accord. Et d’autre part, tenter,
malgré tout, de repartir sur un bon
pied avec Londres. « Confiance et
urgence », a résumé Emmanuel
Macron.
Lourds enjeux politiques
C’est sur ce fragile équilibre que s’est
positionnée Angela Merkel. Tout en
jugeant que la possibilité d’un
accord était « toujours là », la chancelière allemande a prévenu que son
pays avait commencé à se préparer à
une séparation « sans accord ».
Selon la Fédération des entreprises
du commerce allemand, un tel scénario coûterait plusieurs milliards
d’euros aux entreprises du pays. Son
président, Holger Bingmann, estime
en outre qu’une période transitoire
« est obligatoire pour permettre
aux Britanniques de rester dans
l’union douanière et le marché intérieur pendant au moins deux années
supplémentaires ».
Beaucoup spéculaient, mercredi,
sur la possibilité d’un allongement
La Première ministre britannique Theresa May et le président de la Commission européenne
Jean-Claude Juncker. Photo Emmanuel Dunand/AFP
de la durée de cette transition, évoquée dans la négociation la semaine
dernière. Celle-ci présentait l’avantage de donner plus de temps aux
Britanniques pour négocier le cadre
de leur relation future avec l’Union.
Cela aurait diminué la probabilité de
devoir déclencher le « backstop », ce
filet de sécurité pour l’Irlande
devenu le cœur de la bataille politique outre-Manche. Mais comme le
pointait un diplomate, cet élément
de négociation ne concerne que « la
toute fin de la négociation, une modalité pour éventuellement accompagner l’accord ». La proposition n’a
pas été saisie par Theresa May, probablement car elle soulève de lourds
enjeux politiques. Non seulement
Londres serait obligé de prolonger
un statut inconfortable qui consiste
à suivre les réglementations européennes sans contribuer à leur élaboration. Mais il faudrait, en outre,
convenir du chèque à payer pour
cette prolongation, intervenant lors
La cote de popularité
de l’Union européenne remonte
C’est très probablement un contre-effet du Brexit. Selon
un baromètre annuel des institutions européennes,
publié mercredi, l’UE retrouve la cote : 62 % des Européens jugent ainsi positivement l’appartenance de leur
pays au club des Vingt-Huit, contre seulement 11 % qui
y sont défavorables. C’est neuf points de plus qu’en
juin 2016, lors du référendum anglais sur le Brexit, et un
tel score, après deux ans de hausse continue, n’avait plus
été atteint depuis vingt-cinq ans. Près de sept sondés
sur dix estiment aussi que l’Union européenne a été
bénéfique pour leur pays, du jamais-vu depuis le début
des années 1980. Deux tiers des sondés voteraient pour
rester dans l’Union européenne en cas de référendum.
du prochain budget pluriannuel
européen. Un gigantesque cassetête en perspective.
Une tonalité positive
En réalité, si les Européens sont
prêts à envisager des adjuvants pour
aider à trouver un compromis, ils
n’envisagent pas d’aller plus loin sur
le fond. « Michel Barnier a déjà fait
preuve d’une immense créativité »,
juge une source européenne pour
laquelle il n’est « pas question de
revenir sur nos principes fondamentaux ». Dès lors, l’enjeu était de sonder Theresa May sur ses intentions.
La Première ministre britannique, qui devait s’exprimer devant les
Vingt-Sept avant le dîner que ces derniers partageraient sans elle, a opté
pour une tonalité positive à son
arrivée à Bruxelles. Elle a vanté les
« progrès considérables » depuis
le sommet de Salzbourg, le travail
« très intense » des négociateurs,
promettant qu’un accord était possible. Sur le fond, les Européens
s’interrogent plus que jamais sur sa
marge de manœuvre politique et sa
capacité à crever l’abcès qui, depuis
des mois, empêche toute percée
dans les tractations. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
MONDE // 09
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
Paradis fiscaux : la colère
du Panama contre la France
l Les autorités françaises maintiennent toujours ce pays d’Amérique centrale sur leur liste des paradis fiscaux.
l L’Organisation de coopération et de développement économiques et l’Union européenne l’en ont retiré.
Michel De Grandi
@MdeGrandi
C’est un virage important qu’a
décidé d’amorcer le Panama avec la
décision d’échanger automatiquement les données fiscales avec plus
de trente pays dans le monde. Cela a
nécessité, pour cet Etat d’Amérique
centrale, un changement de cap en
même temps qu’un sérieux travail
d’adaptation. Il a fallu recruter, former des agents, installer des systèmes permettant ces échanges.
En jouant ainsi la carte d’une plus
grande transparence fiscale, le
Panama s’est mis « à 100 % en conformité avec les standards internationaux », se félicite Isabel de Saint
Malo, vice-présidente du Panama.
« L e s p re m i e rs é ch a n g e s o n t
démarré et nous entendons à présent
ajouter de nouveaux pays à cette
liste », explique la numéro deux
du pays qui cumule cette fonction
avec celle de ministre des Affaires
étrangères.
Echanges d’informations
A la suite du scandale d’évasion fiscale des « Panama Papers » en 2016,
l’OCDE avait affirmé que le pays
centro-américain était « le dernier
grand bastion » où peuvent se
cacher de grandes fortunes. La
France a alors inscrit le Panama sur
sa liste des paradis fiscaux. L’Union
européenne avait fait de même
avant de se raviser peu après.
Ces mises à l’index successives
ont poussé les autorités du pays à
accélérer des réformes de son
secteur financier et à adhérer à
plusieurs accords de l’OCDE,
notamment celui sur l’échange
automatique d’informations. Un
changement d’attitude contraint et
forcé qui a permis au Panama d’être
successivement retiré de la liste
noire des paradis fiscaux de l’OCDE
et de celle de l’Union européenne en
début d’année.
Mais la France ne s’inscrit pas
dans le même mouvement. « Nous
regrettons que quelques pays, parmi
lesquels la France, ne reconnaissent
pas les efforts accomplis. » Une position d’autant plus incompréhensible pour Isabel de Saint Malo que
Ces mises
à l’index successives
ont poussé
les autorités
du pays à accélérer
des réformes
de son secteur
financier.
Isabel de Saint Malo, vice-présidente du Panama et ministre des Affaires étrangères avoue ne pas comprendre l’attitude de Paris.
« la France est membre de l’Union
européenne et de l’OCDE. Je rejette
fermement son attitude », s’emporte
Isabel de Saint Malo qui avoue ne
pas comprendre l’attitude de Paris.
Il existe bien, dit-elle, des discussions techniques mais les dossiers
n’avancent pas. Selon elle, il n’y a pas
d’alternative : « Il faut que la France
retire le Panama de sa liste », martèle-t-elle. Contacté par « Les Echos »,
Bercy n’a pas souhaité commenter.
S’il reste un pays marqué par de
fortes inégalités, le Panama bénéficie de motifs de satisfaction : une
croissance solide (+6 % attendus en
2018) et plusieurs chantiers
d’infrastructures, parmi lesquels le
métro de Panama City.
Alors que le pays met la dernière
main à l’organisation des Journées
mondiales de la jeunesse (JMJ) 2019
qui doivent accueillir, courant janvier, le pape François ainsi que plus
de 500.000 jeunes catholiques du
monde entier, la ville vient de subir
de plein fouet l’ouragan Michael qui
a infligé de nombreux dégâts. n
en bref
Libre-échange : Washington veut négocier
avec l’Europe, le Japon et le Royaume-Uni
COMMERCE Le Royaume-Uni n’est pas encore sorti de l’Union
européenne mais l’administration Trump souhaite d’ores et
déjà préparer un accord de libre-échange, pour la période postBrexit. Robert Lighthizer, le représentant américain au Commerce, veut négocier des accords séparés avec Londres, Tokyo
et Bruxelles pour l’Union européenne. Il en a informé le Congrès
et publiera les objectifs de ces négociations au moins 30 jours
avant le début formel des tractations. Les Etats-Unis ont accusé
en 2017 un déficit commercial des biens et services de 55,5 milliards de dollars avec le Japon, de 151,4 milliards avec l’Union
européenne et de 14,2 milliards avec le Royaume-Uni. Cette
annonce apparaît comme un geste d’apaisement alors que la
Maison-Blanche a constamment menacé, cette année, d’imposer des taxes douanières supplémentaires sur les marchandises
des partenaires commerciaux américains.
Bruxelles propose de conclure l’accord
de libre-échange avec le Vietnam
COMMERCE La Commis-
Shutterstock
Gian Ehrenzeller/AP/Sipa
FISCALITÉ
sion européenne a proposé
mercredi que l’accord de
libre-échange entre
l’Union européenne et le
Vietnam, signé en 2015 par
Bruxelles et Hanoï, soit
maintenant soumis à
l’approbation des Etats
membres et du Parlement
européen en vue de son
entrée en vigueur. Il supprimerait 99 % des droits de
douane sur les biens entre
les deux zones, qui échangent chaque année environ
50 milliards d’euros.
« Visas dorés » : Malte, Chypre et Monaco épinglés
Octroyer un passeport
ou un visa en échange d’un
investissement peut occasionner de la fraude fiscale
et du blanchiment d’argent.
Une vingtaine de pays
posent problème à l’OCDE.
Richard Hiault
@RHIAULT
Deux ONG, Transparency International et Global Witness, avaient
alerté des risques que représentaient les « visas dorés ». Mardi,
l’Organisation de coopération et de
développement économiques
(OCDE) a publié la liste des pays
s’adonnant à cette pratique. Elle consiste à délivrer un passeport ou un
visa en échange d’investissements
dans le pays. L’organisation a répertorié une centaine de schémas de ce
type mis en place par 21 pays au
nombre desquels on compte Malte,
Chypre et Monaco. Les autres sont
plutôt à rechercher du côté des îles
paradisiaques, comme les Seychelles, Maurice, les Bahamas, Saint
Kitts et Nevis ou encore la Barbade.
Les visas dorés « peuvent être
potentiellement utilisés à mauvais
escient » par le citoyen d’un Etat
« pour dissimuler des actifs à l’étranger en échappant à l’obligation de
déclaration » de ces actifs vis-à-vis de
l’administration fiscale, alerte
l’OCDE. Les régimes visés sont ceux
qui permettent aux contribuables
d’avoir un taux d’imposition inférieur à 10 % sur leurs actifs financiers étrangers, sans contrainte de
présence physique. A Malte, par
exemple, il suffit d’acheter et de
louer un bien immobilier pour
bénéficier d’un visa doré. Le pro-
gramme de « visas dorés » maltais et
la façon dont ils étaient accordés
étaient d’ailleurs l’une des enquêtes
sur lesquelles travaillait la journaliste et blogueuse Daphne Caruana
Galizia quand elle avait été assassinée dans l’explosion de sa voiture, le
16 octobre 2017.
Risque de blanchiment
Alors que l’Organisation, à la
demande du G20, tente d’imposer
au monde l’échange automatique
d’informations à des fins fiscales, les
visas dorés pourraient permettre à
certains d’échapper au radar de leur
administration fiscale d’origine. « De
tels scénarios risquent fort de se développer », avertit l’OCDE. Pis, de tels
passeports peuvent être un moyen
de blanchir de l’argent. L’OCDE avait
alerté en début d’année sur ce risque.
La semaine passée, les deux ONG
avaient affirmé que « corrompus et
criminels peuvent facilement trouver
refuge en Europe grâce à l’opacité et au
manque d’encadrement des programmes de visas dorés” ».
Si l’OCDE a épinglé seulement
vingt et un pays dont trois européens, les deux ONG n’ont pas la
même analyse puisqu’elles répertorient seize pays européens. Outre
Chypre et Malte, l’Autriche et la Bulgarie « vendent » des passeports.
Douze autres dont l’Espagne, la
Hongrie, la Lettonie, le Portugal, la
Grèce et le Royaume-Uni accordent
sous condition des droits de résidence à de riches investisseurs.
L’OCDE ne les a pas retenus en
échange de la promesse que ces pays
communiqueraient aux autorités
fiscales idoines la liste des investisseurs étrangers bénéficiant de ces
dispositions. n
COMMUNIQUÉ
LINKT, L’OPÉRATEUR B2B QUI
ACCOMPAGNE LA TRANSFORMATION
D’ADVEO-CALIPAGE
Elle n’a pas regretté son choix et, pourtant, elle pensait
prendre un risque. La filiale française d’Adveo-Calipage, le
leader européen en matériels et fournitures de bureau, a en
effet choisi Linkt pour ses projets télécoms, alors que cet
opérateur lui était totalement inconnu jusque-là.
J
alel Chelbi, administrateur réseaux et systèmes chez AdveoCalipage entame ainsi : « Il est vrai qu’il y a eu un peu d’hésitation au départ. Linkt m’était inconnu. Mais nous avons été
surpris d’une telle efficacité ».
Créée en 2017, cet opérateur B2B alternatif, dernier
arrivé sur le marché français,
marque en effet des points
à grande vitesse sur tout le
territoire en proposant une
offre de proximité compétitive
et totalement en marge de
l’offre historique. Dès 2016,
Adveo-Calipage cherchait à
remplacer par de la fibre ses
lignes télécoms devenues
obsolètes. Mais, curieusement, l’opérateur en place ne
réussit pas à répondre à la
demande. Pendant plus d’un
an, Adveo-Calipage enchaîne les rendez-vous catastrophiques
avec des techniciens et des commerciaux malhabiles, naviguant
entre méconnaissance du dossier et lacunes techniques.
UN COMBO PARFAIT DE RÉACTIVITÉ
ET DE SAVOIR-FAIRE
Fin 2017, Adveo-Calipage craque et lance un appel d’offres. La société est séduite par la proposition de Linkt, notamment par son prix
compétitif et sa philosophie centrée sur la relation client. Un choix qui
se révèle être le bon, tant la réactivité de Linkt les surprend. « C’était
incroyable. Nous avons eu un contact excellent qui nous a accompagné dès la première minute. En un temps record, tout était réglé, et
nous étions enfin passés d’un SDSL 2 Mb/s à une fibre 100 Mb/s »,
se souvient Jalel Chelbi. Tellement satisfaite par cette première expérience, l’entreprise confie également à l’opérateur son projet de
migration de pare-feu. Et en moins de deux heures, tout était en
place. « Cela s’est décidé à 19 heures et à 21 heures c’était réglé.
C’était fin juillet et une grande
partie de l’équipe DSI était en
congés : à leur retour, ils n’en
sont pas revenus que ce soit
déjà en production », se réjouit
l’administrateur réseaux.
Linkt a su aussi bien les
conseiller et les orienter vers
une offre de pare-feu hébergée
dans le cloud, permettant à
Adveo-Calipage de ne plus se
soucier de la maintenance et
de renforcer sa sécurité.
UN AUTRE BON POINT
POUR L’OPÉRATEUR.
Outre la formidable réactivité
de Linkt, Adveo-Calipage a en effet également apprécié le savoirfaire technique et la qualité des services proposés. Les techniciens
et les commerciaux en charge du projet maîtrisaient totalement le
dossier et, quand ce n’était pas le cas, ont su se tourner rapidement vers le bon interlocuteur. « Ce n’est pas que sur le papier : ils
tiennent réellement leurs promesses, et c’est vraiment très rare dans
le monde des télécoms d’entreprise », conclut Jalel Chelbi, qui peut
désormais se concentrer sur ses problématiques métier. ■
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Demain avec Les Echos
DOSSIER
SPÉCIAL
LES NOUVEAUTÉS
POUR DYNAMISER
VOTRE ÉPARGNE
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 11
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
SOMMAIRE
idées&débats
Le meilleur du Cercle Les compétences numériques,
un défi pour l’Europe
des Echos
La Chronique
Comment inciter les électeurs
à tourner la page Donald Trump
Le Point de vue
La French Tech est sur les rails,
il faut aller plus loin
Art et culture
Envoûtant « Orphée et Eurydice »
à l’Opéra-Comique
Stratégie
Bird et Lime, les frères ennemis
de la trottinette électrique
LES ÉDITORIAUX
DES « ÉCHOS »
Pour le péage urbain
Boll pour « Les Echos »
L’inexorable dérive de l’Italie
vers « l’illibéralisme »
Olivier Tosseri
– Correspondant à Rome
L e c h e m i n q u’e m p r u n t e
aujourd’hui l’Italie, en pleine polémique avec Bruxelles sur son budget, condamne-t-il l’un des pays fondateurs de l’Union européenne à
sombrer à son tour dans l’« illibéralisme » ? Avec un gouvernement
entièrement populiste à sa tête, il
semble bien que cette étape, redoutable pour l’avenir de l’Europe, ait
été franchie.
Le Premier ministre hongrois
Viktor Orban, le premier a avoir
revendiqué cette expression, ne s’y
est d’ailleurs pas trompé, qui a désigné « son héros Matteo Salvini »
– l’actuel ministre de l’Intérieur italien et leader de la Ligue – comme
« s o n c o m p a g n o n d e ro u t e » .
L’ancien élève pourrait en effet
bientôt dépasser le maître, suivi sur
cette voie par son allié le
M5S. « Nous courons un risque »,
s’est récemment alarmé l’ex-président du Conseil Romano Prodi. Qui
a reçu son mandat du peuple pense
avoir le droit de dire ou de faire
n’importe quoi, comme si l’élection
portait comme dot la propriété du
pays. » De fait, la victoire de la coalition lors des élections législatives
du 4 mars dernier et les plus de 60 %
d’opinions favorables qu’elle
recueille dans les sondages sont
brandis par le gouvernement du
nouveau président du Conseil Giuseppe Conte comme le blanc-seing
que lui ont confié les électeurs. Matteo Salvini ne cesse de répéter que
60 millions d’Italiens sont avec
lui. « Je ne veux pas gouverner pour
cinq mois ou cinq ans », a-t-il promis
en devenant vice-président du
Conseil et ministre de l’Intérieur. Que la gauche s’en fasse une
raison, nous gouvernerons les trente
prochaines années une Italie qui n’a
peur de rien et de personne. »
Une Italie qui inquiète de plus en
plus alors que la Ligue et le M5S ont
fait de l’intimidation la principale
caractéristique de l’exercice du pouvoir. Tandis que le secrétaire de la
première se réjouissait de l’arrestation du maire de Riace, symbole de
L’ANALYSE
DE LA RÉDACTION
Si, à ce jour, aucune
mesure restrictive
des libertés fondamentales n’a été
adoptée, la façon
dont la coalition
populiste exerce
le pouvoir en Italie
alimente les craintes
sur l’avenir de la
démocratie italienne.
Un danger majeur
pour l’Europe.
D
Les points à retenir
La victoire de la coalition
•populiste
lors des élections
législatives du 4 mars dernier
et les plus de 60 % d’opinions
favorables qu’elle recueille
dans les sondages sont brandis
par le gouvernement italien
comme le blanc-seing que
lui ont confié les électeurs.
La Ligue et le M5S ont fait
de l’intimidation la principale
caractéristique de l’exercice
du pouvoir.
Il s’en prennent de plus
en plus aux institutions
et aux autorités
indépendantes, au risque
de les délégitimer davantage
aux yeux de l’opinion.
Le risque de dérive
est de plus en plus sensible.
•
•
•
l’accueil et de l’intégration des
migrants, le leader du second prédisait avec satisfaction la « mort programmée des journaux ». Le M5S
menace tout bonnement d’abolir
l’Ordre des journalistes et ces derniers se sont vu interdire toute
question lors de la présentation du
projet du budget par le ministre de
l’Economie Giovanni Tria. Un
ministre dont l’administration est
sommée de se conformer aux desiderata électoralistes de l’exécutif
sous peine de « maxivengeance ». Le
journaliste et écrivain Roberto
Saviano a beau dénoncer une avancée rampante vers un régime autoritaire, le gouvernement rejette
toute fascisation de l’Italie. Même
s’il ne cache pas sa fascination pour
les « démocratures ». Vladimir Poutine, l’homme fort de la Russie, est
régulièrement exalté. Mais les affinités électives du gouvernement
actuel, qui pourraient se transformer en alliance électorale avec la
constitution d’un front souverainiste lors des élections européennes de mai prochain, sont clairement affirmées avec la Hongrie de
Viktor Orban. Les eurodéputés de la
Ligue furent même parmi les seuls
à refuser le mois dernier de sanctionner les entorses de Budapest
aux valeurs européennes.
Promesses inconciliables
Avec leur « budget du peuple », longue liste de promesses inconciliables et incompatibles avec l’état des
finances publiques, les populistes
de Rome cherchent à agrandir la
fracture entre les « élites technocratiques arrogantes » et le « peuple
opprimé ». Récemment, à la fenêtre
du palais Chigi, siège du gouvernement, Luigi Di Maio, le leader de
M5S, proclamait : « De ce balcon
pendant des années se sont penchés
les tortionnaires du peuple italien. »
A ceux qui osent leur rappeler
l’existence de règles à respecter ou
les enjoignent à prendre en considération les réalités budgétaires, économiques ou européennes, la
réponse donnée par Matteo Salvini
est toujours la même : « Je m’en
fous. » Si elles sont désormais au
pouvoir, les forces antisystème
continuent à se comporter comme
si elles étaient toujours l’opposition
dans ce qui ressemble à une campagne électorale permanente. Certes,
en cinq mois, pas une réforme n’a
été engagée ni une action menée qui
pourrait laisser craindre une
volonté de limiter les libertés fondamentales. Mais les attaques à
l’égard de leurs contradicteurs se
multiplient et ne connaissent
aucune borne. Les médias traditionnels sont « des vendus et des
menteurs », les dirigeants de « Bankitalia » n’ont qu’à se présenter aux
élections s’ils veulent exprimer leur
avis, les « eurocrates sont illégitimes
car non élus » et le président de
l’autorité boursière, poussé à la
démission car trop critique, est « un
serviteur de la finance internationale ». Dans un pays où les classes
dirigeantes sont déjà décrédibilisées, cela ne fait que délégitimer un
peu plus des institutions et des autorités indépendantes qui assurent
un rôle de contrôle ou de contrepouvoir. Même si la nature démocratique de l’Italie n’est pour l’instant pas menacée, son caractère
libéral, lui, pourrait rapidement
l’être. M5S et la Ligue préférèrent la
démocratie directe, sans intermédiaires entravant la volonté populaire dont ils affirment être les seuls
et plus sincères interprètes. Ils flattent plutôt les instincts plébéiens en
attisant les peurs et désignant des
boucs émissaires. Pour Beppe
Grillo, ex-leader du Mouvement 5
étoiles, « le Parlement ne sert à rien et
devra dans le futur être tiré au sort ».
Matteo Salvini, lui, ne reconnaît que
« les lois du bon sens » martelées et
approuvées à coups de like Facebook et Twitter. Dans ce contexte,
Steve Bannon, l’ancien conseiller
d’extrême droite de Donald Trump,
joue les augures. Ce qui se passe
dans la péninsule préfigure, selon
lui, le virage populiste que prendra
l’Europe en mai prochain. La Ligue
a d’ailleurs adhéré à sa Fondation
The Movement dont le but est d’unifier les partis d’extrême droite,
europhobes et populistes. Un signe
qui ne trompe pas. n
La loi devrait bientôt autoriser le péage
urbain dans les grandes villes françaises.
C’est une bonne nouvelle. Il y a trop
de voitures dans les centres urbains, trop
de bouchons. Cette saturation a deux effets
catastrophiques. Elle engendre une
pollution qui tue des milliers de femmes
et
d’hommes par an. Et elle fait perdre
Par Jean-Marc
des millions d’heures à tous ceux qui sont
Vittori
prisonniers de longues heures des voitures,
des camionnettes, des bus. Pollution
Le péage est et congestion sont devenues les deux fléaux
l’instrument de la mobilité urbaine. L’augmentation
des voies de circulation, pratiquée jusque
le plus
les années 1980, a attiré encore plus
performant dans
de voitures. Leur diminution, appliquée avec
pour lutter
zèle dans une ville comme Paris, a encore
accru la congestion, avec des effets
contre la
sur la pollution. L’interdiction
congestion et discutables
des voitures les plus polluantes est peu
la pollution. efficace et injuste. Les propriétaires
de ces véhicules anciens sont logiquement
les Français les moins aisés. Et une voiture électrique prend autant
de place qu’une voiture au diesel. D’autres formes d’interdiction,
fondées par exemple sur les plaques d’immatriculation (les
numéros pairs autorisés à circuler seulement les jours pairs),
sont relativement peu efficaces et largement contournées.
Comme le montrent de nombreux exemples étrangers, le péage est
l’instrument le plus performant pour lutter à la fois contre la
congestion et la pollution. Singapour a ouvert la voie en 1975. Bien
d’autres villes ont suivi, dans des pays du sud de l’Europe comme
du nord, dans des pays de tradition libérale et d’autres de tradition
plus sociale-démocrate. Londres a montré les limites d’un système
cher et resserré sur l’hypercentre. Stockholm a prouvé l’utilité d’un
système moins coûteux sur une aire plus vaste. Dans une note
publiée récemment par la Fondation pour l’innovation politique,
le consultant Jean Coldefy préconise ce dernier type de tarification,
assorti d’exonérations pour les faibles revenus. Le projet de loi
d’orientation des mobilités semble choisir cette direction, avec
un tarif plafonné à 2,50 euros (5 euros dans les plus grandes villes,
contre plus de 20 euros à Londres). Le péage urbain est une bonne
solution… à condition d’être une composante d’un vaste projet.
L’argent doit impérativement être fléché vers les investissements
indispensables pour améliorer les mobilités urbaines :
développement des transports en commun, bien sûr, mais aussi
outils de gestion du trafic, construction de voies réservées et de
pistes cyclables, parcs-relais à l’entrée des agglomérations, système
unique de paiement… Il ne suffit pas de faire rentrer l’argent pour
améliorer la mobilité urbaine. Il faut aussi savoir le dépenser.
(
Lire nos informations
Page 18
Délit de sale g…
Par Dominique Seux
Les milieux écologistes sont décidément incorrigibles. La façon
dont ils ont accueilli ces dernières heures la nomination de la
nouvelle secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Emmanuelle
Wargon, montre qu’ils n’ont pas compris que la cause légitime
qu’ils défendent doit être portée par des profils variés. Et que les
anathèmes et les procès a priori tombent à côté de la plaque. Pensez
donc, la nouvelle ministre a passé quelques années dans une
entreprise ! Quelle horreur… Qui plus est, elle a travaillé chez
Danone, qui vend de l’eau dans des bouteilles en plastique…
Quelle abomination ! C’est le loup lobbyiste dans la bergerie
environnementale, entend-on. La vérité n’est pas seulement
qu’Emmanuelle Wargon a passé l’essentiel de sa carrière dans
les services publics, auprès de Bernard Kouchner puis de Martin
Hirsch, avant de diriger des administrations à la Santé et à l’Emploi.
La vérité n’est pas non plus seulement que le groupe Danone
soit généralement considéré comme actif sur les questions
de l’évolution alimentaire et d’environnement : il promet ainsi
que 100 % de ses bouteilles proviendront de plastique recyclé en
2025 et il s’est battu pour que la responsabilité environnementale
des sociétés soit reconnue dans le Code civil. La vérité est tout
simplement qu’une expérience d’entreprise n’est pas infamante
et qu’elle peut même être fort utile pour occuper une fonction
ministérielle, y compris l’écologie. A côté d’un ministre d’Etat 100 %
politique, François de Rugy, il y a du sens à ce qu’une personnalité
connaisse le fonctionnement de l’économie. Ce qui n’empêche
pas les décisions fortes. Depuis son élection, une partie de la gauche
critique Emmanuel Macron pour sa proximité avec les milieux
d’affaires. C’est pourtant lui qui a décidé les plus fortes hausses
des taxes sur les carburants jamais décidées, au grand dam des
constructeurs automobiles et du pouvoir d’achat. Les écologistes
se gardent curieusement bien de s’en réjouir à haute voix alors
que le débat commence à monter sur les prix à la pompe. Ministre,
Nicolas Hulot lui-même avait d’ailleurs bien pris soin de ne pas
entailler son capital de popularité en les assumant. Oui, il faudra
juger les ministres passés par l’entreprise. Comme les autres.
Mais a posteriori, pas a priori. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
12 // IDEES & DEBATS
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
LES ARTICLES LES PLUS LUS SUR LESECHOS.FR
opinions
1. En Inde, Visa, MasterCard et American Express sont désormais hors-la-loi
2. PSA double Volkswagen et devient le premier constructeur en Europe
3. Mélenchon visé par une enquête pour « menaces » et « violences »
4. Danone : le boycott marocain continue de peser sur les résultats
5. Le Canada légalise la consommation de cannabis
LE MEILLEUR DU
CERCLE DES ÉCHOS
DANS LA PRESSE
ÉTRANGÈRE
Les compétences
numériques, un défi
pour l’Europe
En Chine, on « forme »
bien les Ouïgours
COMPÉTITIVITÉ « Le remplacement des
hommes et des femmes par des machines (...)
ne date pas d’hier, mais, contrairement à ce
qui s’est passé lors des autres révolutions
industrielles, il concerne désormais aussi les
professions libérales, comme les médecins
et les avocats, et les dirigeants d’entreprise,
pour lesquels la capacité de travailler avec
des machines, en les “entraînant”, devient
peu à peu un facteur de compétitivité. »
INQUIÉTUDES « Le fossé numérique
– c’est-à-dire l’écart entre les compétences
numériques requises et les compétences que
possèdent effectivement les travailleurs –
suscite de fortes inquiétudes. D’après une
récente étude de la Commission
Européenne, neuf emplois sur dix exigeront
des compétences numériques dans les
dix prochaines années, tandis que 44 %
des Européens ayant entre 16 et 74 ans
ne possèdent pas les compétences requises
pour affronter cette situation. »
DISPARITÉS « Selon l’Automation
Readiness Index [taux de préparation
à l’automatisation] de “The Economist”,
l’Allemagne se place au sommet de la
hiérarchie, souvent au même niveau que
le Japon et la Corée du Sud. [...] L’Italie,
en revanche, figure encore dans le peloton
des pays émergents, derrière les Emirats
arabes unis et l’Argentine. »
a
A lire en intégralité sur Le Cercle,
le site participatif des Echos
lesechos.fr/idees-debats/cercle
Accusé par des ONG et les Nations
•unies
d’avoir mis en place, dans la province du Xinjiang, un immense réseau
de camps d’internement et de rééducation de sa population musulmane, le
pouvoir chinois vient pour la première
fois de tenter de justifier ce qu’il présente
comme une généreuse politique de
« formation » de sa minorité ouïgoure.
Dans un long entretien publié par Xinhua, son agence de presse d’Etat, Shohrat Zakir, le numéro deux du Parti communiste chinois au Xinjiang – une région
située tout à l’ouest du pays – explique
que l’Etat essaie avant tout d’élever le
niveau éducatif d’une partie de ses
citoyens afin qu’ils ne soient pas tentés
par des mouvements fondamentalistes.
« Grâce à cette formation professionnelle, la plupart des élèves sont capables
de réfléchir à leurs erreurs et de voir clairement l’essence et le côté néfaste du terrorisme et de l’extrémisme religieux »,
assure le cadre du Parti.
Une affirmation qui contredit les
enquêtes des ONG, dont Human Rights
Watch, qui ont découvert que des centaines de milliers, et peut-être jusqu’à
un million de musulmans, étaient retenus contre leur gré dans ces camps,
gérés en marge totale du système judiciaire chinois.
Shohrat Zakir assure que ces établissements de « formation professionnelle » cherchent essentiellement à élever les compétences des « stagiaires ».
Le cadre du PC explique que ces
efforts de « formation » auraient permis de faire reculer le terrorisme au
Xinjiang, où des mouvements extrémistes ouïgours, qui critiquent la « sinisation » de la région, ont revendiqué
plusieurs attaques d’institutions ou de
postes de police depuis la fin des années
2000. — Yann Rousseau
LE LIVRE
DU JOUR
Le jeu démocratique
et l’argent
LE PROPOS Et si l’explosion des
mouvements populistes et la vogue
du « dégagisme » étaient en partie
liées à une crise du financement du
« jeu démocratique » ? Pour Julia
Cagé, économiste à Sciences Po
Paris, le désengagement de l’Etat
du financement de la vie politique
est à la base de la crise de la
représentation. Aux Etats-Unis,
c’est Barack Obama qui est à
l’origine de la dérive du système
avec sa décision d’opter, en 2008,
pour le déplafonnement de ses
dépenses de campagne en
renonçant au financement public.
Ce faisant, il a favorisé une
captation du jeu démocratique par
les intérêts privés. En se fondant
sur une étude inédite des
financements politiques privés et
publics dans une dizaine de pays
sur cinquante ans, Julia Cagé
estime que la « corruption du
modèle par le pouvoir de l’argent »
a tendance à devenir la « nouvelle
normalité », y compris en France.
Pourtant, la crise de la
représentation n’est pas une
fatalité. Il suffirait de limiter
drastiquement les dons privés aux
partis et d’instaurer un mécanisme
égalitaire de financement public.
Le Prix de la démocratie
de Julia Cagé, éditions Fayard,
441 pages, 23 euros.
L’INTÉRÊT Julia Cagé met en
lumière le parallélisme frappant
entre l’explosion des populismes
et l’effondrement des systèmes
de financement public de la vie
politique, notamment en Italie où
les élections de 2018 se sont
déroulées, pour la première fois,
sans aucun financement public.
Sa proposition d’instaurer en
France des « bons pour l’égalité
démocratique » où l’Etat allouerait
à chaque citoyen 7 euros par an
pour soutenir le parti de son choix,
semble, toutefois, assez utopique.
— Pierre de Gasquet
Scott Eisen / AFP
La montée en puissance de l’intelligence
artificielle et de l’automatisation va
nécessiter des compétences numériques
accrues de la part des travailleurs. Or, dans
ce domaine, l’Europe présente de grandes
inégalités, s’inquiète Michelangelo
Baracchi Bonvicini, président de l’ONG
Atomium-EISMD (European Institute
Science Media and Democracy).
La New-Yorkaise Alexandria OcasioCortez l’a récemment emporté sur un
poids lourd démocrate à la Chambre
des représentants, démontrant ainsi
l’attrait des électeurs pour
des candidats incarnant la nouveauté.
Comment inciter les électeurs
à tourner la page Donald Trump
A l’origine de l’élection de Trump, on trouve la désaffection de la classe
moyenne américaine pour le Parti démocrate, jugé trop proche du pouvoir
de l’argent. Dans ce contexte, l’apparition de candidats plus progressistes
est une bonne nouvelle.
LA
CHRONIQUE
de Joseph
E. Stiglitz
ux Etats-Unis, tous les regards
se tournent actuellement vers
les prochaines élections du
Congrès de novembre. L’issue du scrutin de mi-mandat apportera des réponses à de nombreuses questions alarmantes soulevées il y a deux ans,
lorsque Donald Trump a remporté
l’élection présidentielle.
Les électeurs américains jugeront-ils
que Trump ne correspond pas à ce
qu’est l’Amérique ? Refuseront-ils le
racisme, la misogynie, l’identitarisme et
le protectionnisme qu’incarne le président ? Feront-ils savoir que son « Amérique d’abord », caractérisée par le rejet
de la primauté du droit international, ne
correspond pas à ce que représentent
les Etats-Unis ? Ou confirmeront-ils au
contraire que la victoire de Trump n’est
pas un simple accident de l’histoire ?
A l’heure où l’avenir de l’Amérique est
en jeu, les débats passionnés autour des
causes du résultat de 2016 transcendent
le domaine universitaire. La question
consiste à déterminer comment le Parti
démocrate – et ses semblables de la gauche en Europe – doit se positionner pour
remporter le plus de voix. Doivent-ils
s’orienter vers le centre ou s’efforcer de
mobiliser des nouveaux arrivants jeunes, progressistes et enthousiastes ?
De bonnes raisons conduisent à
considérer cette deuxième option
comme plus susceptible d’aboutir à une
réussite électorale et de contrer les dangers soulevés par Trump.
Le taux de participation des électeurs
américains est catastrophique, et plus
faible encore en périodes d’élections
non présidentielles. En 2010, seuls
41,8 % des électeurs ont voté. En 2014,
seuls 36,7 % des électeurs inscrits se
sont rendus aux urnes. La participation
démocrate est encore plus faible, bien
qu’elle semble en hausse en cette
période électorale.
Beaucoup de gens expliquent ne pas
se rendre aux urnes car ils pensent que
leur vote ne changera rien. Trump a
démontré que cela n’était pas vrai. Les
A
républicains, qui ont abandonné toute
prétention de discipline budgétaire, en
votant l’an dernier pour une baisse
d’impôts massive en faveur des milliardaires et des grandes sociétés, ont
prouvé que cela n’était pas vrai. Et les
sénateurs républicains qui ont soutenu
la désignation de Brett Kavanaugh à la
Cour suprême, en dépit de ses explications confuses, ont prouvé que cela
n’était pas vrai.
Mais les démocrates sont eux aussi
responsables de l’apathie des électeurs.
Le parti doit surmonter un long passé
de collusion avec la droite, qu’il s’agisse
de la baisse de l’impôt sur les plus-values appliquée par le président Bill Clinton (qui a enrichi les 1 % les plus aisés),
de la déréglementation des marchés
financiers (qui a contribué à l’apparition de la Grande Récession), ou encore
des sauvetages bancaires de 2008 (qui
Ces vingt-cinq dernières
années, le Parti
démocrate a parfois
semblé préférer le
soutien de ceux qui vivent
grâce aux plus-values
au soutien de ceux qui
vivent grâce à un salaire.
ont insuffisamment bénéficié aux travailleurs déplacés et aux propriétaires
menacés par la saisie de leur maison).
Ces vingt-cinq dernières années, le
parti a parfois semblé préférer le soutien de ceux qui vivent grâce aux plusvalues au soutien de ceux qui vivent
grâce à un salaire. De nombreux électeurs abstentionnistes déplorent par
ailleurs que les démocrates se contentent d’attaquer Trump, plutôt que de
proposer une véritable alternative.
Le désir de voir apparaître des candidats d’un genre nouveau s’observe clairement dans le soutien des électeurs à des
postulants progressistes tels que l’ancien
sénateur candidat à la présidentielle Bernie Sanders ou encore la New-Yorkaise
de vingt-huit ans Alexandria OcasioCortez, qui l’a récemment emporté sur
un poids lourd démocrate à la Chambre
des représentants américaine dans le
cadre d’une primaire du parti.
Les progressistes tels que Sanders et
Ocasio-Cortez sont parvenus à formu-
ler un message attractif auprès des électeurs qu’il appartient aux démocrates
de mobiliser pour l’emporter. Ils entendent permettre de nouveau l’accès à une
existence de classe moyenne, en assurant des emplois décents et correctement rémunérés, en rétablissant un
sentiment de sécurité financière et en
garantissant l’accès à une éducation de
qualité – sans l’étranglement que constitue la dette étudiante – ainsi qu’à une
couverture santé convenable pour tous.
Ils œuvrent pour un logement abordable et pour une retraite sûre, où les personnes âgées ne seraient pas les proies
de l’avarice du secteur financier. Ils veulent enfin atteindre une économie de
marché plus dynamique, plus compétitive et plus équitable, en atténuant les
excès de la puissance du marché, de la
financiarisation et de la mondialisation, ainsi qu’en renforçant le pouvoir
de négociation des travailleurs.
Ces avantages d’une existence de
classe moyenne sont atteignables.
L’Amérique pouvait se les permettre il y
a un demi-siècle, lorsque le pays était
beaucoup moins fortuné qu’actuellement ; et l’Amérique le peut encore
aujourd’hui. En réalité, ni l’économie ni
la démocratie des Etats-Unis ne peuvent se permettre de ne pas soutenir la
classe moyenne. Les politiques et programmes gouvernementaux – notamment des possibilités publiques d’assurance-santé, de prestations de retraite
complémentaire ou de prêts hypothécaires – sont indispensables à la concrétisation de cette vision.
Dans une démocratie normale, je suis
persuadé que ces idées l’emporteraient.
Seulement voilà, la politique américaine est compromise par l’argent, le
redécoupage électoral et les tentatives
massives de privation des droits.
Même dans une démocratie compromise – marquée par un effort concerté
visant à empêcher certains de voter –, le
pouvoir des électeurs américains
importe encore. L’avenir politique et
économique des Etats-Unis et, très certainement, la paix et la prospérité du
monde entier en dépendent.
Joseph E. Stiglitz est prix Nobel
d’économie et professeur
à l’université Columbia (New York).
Ce texte est publié en collaboration
avec Project Syndicate, 2018.
www.project-syndicate.org
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
IDEES & DEBATS // 13
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
LES ARTICLES LES PLUS PARTAGÉS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
art&culture
1. La souscription du crédit immobilier passe en mode 2.0
2. Les enseignements à retenir d’un remaniement très politique
3. Brexit : échec annoncé au sommet européen
4. En Inde, Visa, Mastercard et American Express sont désormais hors-la-loi
5. Un hard Brexit ou le scénario du pire pour le Royaume-Uni
LE POINT
DE VUE
de Kat Borlongan
et Frédéric Mazzella
La French Tech
est sur les rails,
il faut aller plus loin
l y a cinq ans à peine, le « French
bashing » était encore dans l’air du
temps. L’écosystème tech était souvent mal compris, mal accompagné,
mal financé. Aujourd’hui, le contexte a
radicalement changé : non seulement les start-up françaises n’ont jamais
levé autant de fonds, mais elles n’ont surtout jamais été si nombreuses à y parvenir. Au cours des quatre dernières
années en France, tous les compartiments du financement ont connu une
croissance significative. Cette dynamique est désormais bien connue et comprise, et il faut s’en réjouir. Mais il faut
aussi saisir et comprendre l’opportunité
d’aller plus loin, pour transformer l’essai.
Plusieurs chantiers restent à mener,
notamment celui du financement de
l’hypercroissance (les levées de plus de
100 millions d’euros restent encore trop
rares en France pour financer la suite de
l’histoire de nos start-up) ou encore
du développement de la deeptech.
Mais parmi ces chantiers, un consensus fort et urgent émerge aussi bien de la
part des fondateurs de start-up et scale-up que de la part des fonds de capitalrisque. C’est celui des talents. Nouveau
nerf de la guerre, l’acquisition de talents
est devenue la priorité numéro un de nos
start-up et scale-up, lors de toutes les consultations menées par la French Tech en
2018. La maturité de notre écosystème
nous place aujourd’hui aux abords d’une
nouvelle frontière, importante et délicate
à franchir : celle du « scaling » (le changement d’échelle). L’émergence en France
de leaders tech mondiaux suppose d’être
en mesure d’attirer un pool de talents
expérimentés qui savent piloter le passage d’une entreprise de 30 à 300 personnes, puis de 300 à 10.000. Les Etats-Unis
l’ont démontré en construisant leur succès sur la circulation permanente des
talents : les licornes américaines
d’aujourd’hui ont pu changer d’échelle
grâce aux cadres issus de groupes
comme PayPal, Facebook ou Google.
LE POINT
DE VUE
La robotisation, un effet
ambigu sur l’emploi
I
de François Bourguignon
’utilisation de la robotique s’accélère dans l’industrie. Selon les
derniers chiffres de la Fédération
internationale de la robotique (IFR), le
stock mondial de robots industriels a
doublé au cours des dix dernières
années. Dans les pays européens, la densité de l’équipement robotique est
aujourd’hui de 10 pour 100 salariés en
moyenne. Elle était légèrement supérieure à l’unité en 1995. L’ampleur du
phénomène semble maintenant suffisante pour que l’on puisse se faire une
idée de ses effets sur la productivité,
l’emploi et les salaires. Les estimations
disponibles confirment-elles les craintes
que suscite cette révolution technique ?
L’automation a deux effets contradictoires sur l’emploi. D’une part, elle supprime des postes de travail. D’autre part,
elle augmente la productivité du travail,
ce qui incite à une augmentation de la
production et donc de l’emploi. En augmentant le revenu généré dans ces
entreprises, elle crée aussi une demande
additionnelle, via la consommation ou
l’investissement (y compris en robots),
auprès d’autres entreprises et d’autres
secteurs. Son effet net sur l’emploi est
donc ambigu. Il est négatif si l’effet de
déplacement de la main-d’œuvre surpasse les effets de productivité et de
revenu, et positif dans le cas contraire. Il
en va de même pour les salaires.
Empiriquement, l’identification de
l’impact global de la robotisation sur
l’emploi et les salaires est délicate. En premier lieu, il faut pouvoir l’isoler des autres
facteurs susceptibles d’affecter le marché
du travail. En second lieu, il convient de
tenir compte des relations de causalité
inverse qui lient ces grandeurs : la robotisation affecte le niveau des salaires, mais
L
L’acquisition de talents
est devenue la priorité
numéro un des start-up
françaises.
C’est la condition absolue
pour permettre à nos
entreprises de changer
de taille et se développer.
En France, c’est l’enjeu « talents » qui
freine aujourd’hui le passage à l’échelle
de nos start-up en hypercroissance.
Selon nos nombreuses consultations, les
profils clefs sont les ingénieurs et les
cadres supérieurs expérimentés à
même de travailler sur les stratégies
marchés (marketing et commercial
principalement) et sur l’architecture
technologique complète des grands services de type plate-forme. Notre écosystème tech est encore récent et la circulation des talents balbutiante. Les
initiatives lancées par l’Etat telles que les
cours de coding, l’ouverture de cursus
technologiques ou le développement de
ce dernier influence l’automation. Enfin,
la nature des données doit permettre de
prendre en compte les effets de la robotisation au sein d’une entreprise sur
d’autres entreprises et plus généralement
sur l’ensemble de l’économie.
Trois études récentes, basées sur les
données de l’IFR, fournissent des estimations de l’impact économique de la
robotisation (*). Elles portent sur des
espaces géographiques ou économiques
distincts.
En estimant un effet nul
ou négatif sur les salaires
et l’emploi, les études
disponibles confirment
un gain net de la
robotisation surtout
en faveur du capital.
Aux Etats-Unis, l’analyse a lieu par
bassin d’emploi et en variation sur la
période 1990-2007 de façon à éviter les
effets parasites de la crise de 2008-2009.
Il en ressort que la robotisation observée
entre 1990 et 2007 aurait entraîné une
diminution statistiquement significative
mais limitée de l’emploi, à concurrence
d’environ 1 %, et une baisse des salaires
de 0,5 %. L’effet déplacement a donc
dominé l’effet revenu.
Le même type d’analyse au niveau
régional de six grands pays européens,
dont la France, sur la période 1995-2007,
conduit à une diminution comparable
de l’emploi, bien que la robotisation ait
été dans ces pays plus rapide qu’aux
Etats-Unis. En revanche, l’impact sur les
salaires est non significatif.
formations ne porteront leurs fruits que
dans quelques années. Nous n’avons pas
le temps d’attendre et devons donc accélérer. A court terme, cela signifie renforcer notre attractivité et mettre en place
les conditions pour accueillir les talents
du monde entier dans notre écosystème.
Des talents français ou étrangers, qui
peuvent désormais considérer l’écosystème French Tech comme une option
attractive et de qualité dans leur carrière.
A court terme, plusieurs initiatives vont
se concrétiser : « scale-up job fairs » et
simplification radicale du French Tech
Visa sont parmi les prochaines étapes.
Devant l’ampleur des défis et pour saisir l’opportunité de placer la France en
bonne place sur la scène tech mondiale,
nous devons faire converger toutes les
initiatives, privées et publiques, qui portent cet enjeu collectif. Pour avoir notre
voix dans le monde de demain, nous
devons systématiser un mode de collaboration solide, agile et de proximité
entre l’Etat et tous ceux qui portent nos
messages à l’international. Chacun de
nous, de façon individuelle et collective,
Français expatriés ou talents internationaux, peut porter le message de la performance et de l’ouverture de la French
Tech auprès des talents du monde entier.
Nous sommes prêts, nous avons des
défis à la hauteur de leurs ambitions et
de leurs expériences, c’est avec eux que
nous construirons notre avenir.
Envoûtant « Orphée et
Eurydice » à l’Opéra-Comique
Philippe Venturini
OPÉRA
d’Eurydice, ensevelie dans le
plancher de la scène, drapée
« Version B erlioz »,
de Christoph Wilibald
dans une immense toile
annonce le programme. Il
Gluck. Dir. Raphaël
reproduisant l’« Orphée et
s’agit en effet de la partition
Pichon. M.S. Aurélien
Eurydice » de Corot, ou sa
préparée par le composiBory. Paris, Opéraseconde mort, enveloppée
teur français en 1859 pour
Comique (01 70 23 01 31)
progressivement d’un
la reprise de l’opéra de
jusqu’au 24 octobre.
immense voile noir. EsthétiGluck par la célèbre canta1 h 40 sans entracte.
quement, le spectacle frise la
trice Pauline Viardot : il corperfection, n’était l’accoutrerige alors quelques vers dont il dénonce la
ment très « mémère » d’Eurydice.
« niaiserie » et procède à quelques aménagements du récit. Mais à ces remaniements,
Majestueuse Crebassa
Raphaël Pichon a ajouté les siens. A l’ouverMusicalement, on peut difficilement espéture, festive et lumineuse, déconnectée du
rer mieux. Marianne Crebassa, déjà admidrame à venir, le jeune chef a préféré un
rée dans « Fantasio », rappelle quelle préextrait autrement plus sombre du ballet
sence physique impose sa fine silhouette et
« Don Juan » du même Gluck. Et le dénouequelle douloureuse majesté peut déployer
ment heureux, dans lequel l’Amour ressussa belle voix de mezzo-soprano. Dans cet
cite Eurydice, a été remplacé par un retour
opéra où les mouvements de l’âme ont plus
du chœur de déploration initial. La volonté
d’importance que ceux du corps, elle pardu compositeur perd ce que gagne l’efficavient à exprimer sans emphase le chagrin et
cité dramatique : débat sans fin.
la détermination d’Orphée. Annoncée soufTrahison ou pas, le spectacle s’impose par
frante, Hélène Guilmette incarne néansa noblesse et son onirisme. Aurélien Bory
moins une frémissante Eurydice. Dans le
recourt à des moyens très simples, voire
bref rôle d’Amour, Lea Desandre brille de
anciens, tel le Pepper’s Ghost, surface réflémille feux et fait valoir son passé de danchissante inclinée qui offre une vision
seuse en tournoyant avec grâce dans un
aérienne de la scène et permet de saisissanlarge cerceau tendu de noir.
tes illusions d’optique comme l’ascension
Dans la fosse et sur scène, le chœur et
d’Amour vers les cintres ou l’inquiétante agil’orchestre Pygmalion se montrent exemtation des créatures infernales. Fidèle à
plaires de justesse, d’homogénéité, de coul’esprit de l’opéra, le metteur en scène a évité
leur et de nuance. On admire autant la netde s’égarer dans le spectaculaire, se concenteté des voix que l’élégance des phrasés des
tre sur les personnages et le rôle du regard
vents (flûtes, bassons) menés avec un sens
(c’est par lui qu’Orphée perd son épouse une
millimétré de la narration et du contraste
seconde fois). On n’oubliera pas la disparition
par Raphaël Pichon. n
Orphée et Eurydice
Kat Borlongan est directrice de
la mission French Tech. Frédéric
Mazzella est fondateur et président
de BlaBlaCar et de WonderLeon.
Une troisième étude qui s’appuie,
pour la même période, sur les données
sectorielles d’un ensemble de 17 pays
développés conclut à un effet positif de la
robotisation sur la productivité sans que
soient significativement affectés les
salaires ni l’emploi, si ce n’est une diminution du poids des non-qualifiés.
Si ces chiffres paraissent éloignés des
anticipations alarmistes qui circulent,
plusieurs raisons invitent à la prudence.
Premièrement, le mouvement de robotisation est susceptible de s’accélérer dans
le futur amplifiant les effets précédents.
Deuxièmement, les chiffres agrégés dissimulent un recul de l’emploi plus fort
dans le seul secteur industriel – 6 ou 7 fois
plus selon les pays. Le changement structurel et les coûts sociaux qui en découlent
sont donc sensibles. Troisièmement, ces
estimations ne disent rien de l’automation dans d’autres secteurs, notamment
les transports avec l’avènement des véhicules autonomes. Finalement, en estimant un effet nul ou négatif sur les salaires et l’emploi, les études disponibles
confirment, comme on pouvait s’y attendre, un gain net de la robotisation essentiellement en faveur du capital et donc
une hausse certaine des inégalités.
* Acemoglu et Restrepo, Robots and Jobs : Evidence from the US Labor Market, Working
Paper 23385, National Bureau of Economic
Research, Mars 2017 ; Chiacchio, Petropoulos et
Pichler, The Impact of Industrial Robots on EU
Employment and Wages : A Local Labour
Market Approach, Working Paper, Bruegel,
Avril 2018 ; Graetz et Michaels, Robots at Work,
à paraître, Review of Economics and Statistics.
François Bourguignon est professeur
à Paris School of Economics.
Esthétiquement, le spectacle mis en scène par Aurélien Bory frise la perfection.
Photo Pierre Grosbois
France, terre d’exil
Sabine Delanglade
@Sabinedelanglad
ROMAN FRANÇAIS
mouche lorsqu’elle décrit
l’exil, la tendresse, la mort,
le viol, la révolution, les terAbnousse Shalmani a le
d’Abnousse Shalmani
roristes en peau de lapin.
don des titres chocs et du
Editions Grasset
Les gauchistes ne sont pas
poil à gratter. Avouez que
398 pages, 22 euros.
épargnés : « Dès qu’il s’agit
« Khomeiny, Sade et moi »,
de débattre, ils prennent le
comme titre d’un premier essai montrant
visage du procureur des procès de Moscou. »
que le voile, ben oui, c’est un peu réactionnaire, était encourageant. Ayant débarqué
Ma mère, ce héros
de Téhéran à l’âge de neuf ans avec ses
A part celui d’une mère qui met partout de
parents, − elle en a aujourd’hui 41 −, « Aby »
la beauté, y compris dans le petit appartea croisé suffisamment de « femmes corment glauque où la famille de la petite Shibeaux » pour savoir de quoi elle parle. La
rin atterrit à Paris − gris des immeubles,
péronnelle n’allait pas s’arrêter en chemin.
minimalisme bétonné −, ses personnages
Voilà qu’on la retrouve en janvier 2018 au
sont pour la plupart monstrueux, picaresbas de la « tribune Deneuve ». L’admiratrice
ques. Le grand-père est opiomane et violeur
des auteurs libertins du XVIIIe en général et
de sa fille, les sœurs de la mère sont à moitié
du marquis de Sade en particulier figurait
dingues, persuadées de leur grandeur, leur
parmi les cent signataires de ce texte conjuste cause – intolérance, arrogance, pultroversé arguant que tout n’était pas à jeter
sion de mort : « Fallait-il d’abord tuer les
dans le genre masculin.
patrons ou les-enculés-de-fascistes » ; « Ils ne
Elle est féministe, n’aime pas les postures,
savaient pas vivre, seulement discourir ».
celle de l’écriture inclusive par exemple :
L’une d’elles a tout de même volé tous les
« En Iran, il n’y a pas de féminin ou de mascuclous pour fabriquer une bombe. Un petit
lin, ça n’en fait pas un pays spécialement ami
frère, surdoué de la chimie, les intoxique les
des femmes », confie-t-elle au « Figaro ».
unes après les autres pour venger sa mère à
Dans cette phrase, il y a toute la précision,
base de décoctions confectionnées sur son
l’humour, que l’on aime dans son premier
balcon, un personnage extraordinaire. Du
roman « Les exilés meurent aussi
farsi à la farce. Il s’agit d’une famille de comd’amour ». Cette « Zazie persane », selon
munistes iraniens ayant fui les barbus. Le
l’heureuse expression de « Libé », y contirécit acerbe et joyeux de leur voyage au pays
nue à déboulonner avec enthousiasme, fait
de l’exil ne nous barbe absolument pas ! n
Les exilés meurent
aussi d’amour
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
14 // IDEES & DEBATS
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
stratégie
Toujours un train
de retard
LA
CHRONIQUE
de Xavier Fontanet
a reprise par l’Etat de l’ensemble de la dette
de la SNCF a été présentée comme un acte
normal, et les syndicats eux-mêmes n’ont
probablement même pas réalisé l’énorme charge
qui était passée pour leur compte sur le dos de
leurs concitoyens : environ 1.700 euros de passif
supplémentaire pour chaque foyer fiscal, et
3.500 euros pour ceux qui paient l’impôt. Ceci est
d’autant plus malvenu que la dette tutoie le PIB et
que le budget est toujours en lourde perte. Encore
une belle occasion ratée de faire de la pédagogie
économique. On aurait pu lancer un projet francoeuropéen, mettant sur la table l’idée d’une fusion
de Deutsche Bahn et de la SNCF, suivie d’une
cotation. La nouvelle entreprise aurait misé sur
la force de la SNCF en transport de voyageurs
et celle de la Deutsche Bahn en transport de
marchandises ; elle exploiterait les possibilités
d’aller à 500 km/h sur un territoire désormais
adapté à cette fabuleuse technologie. L’extension à
la France du modèle allemand de transport par
train des marchandises aurait permis de contenir
l’encombrement des autoroutes et les accidents
que provoque la cohabitation de véhicules aux
caractéristiques très différentes. Et le projet aurait
réduit la facture écologique. La Deutsche Bahn
aurait probablement été leader en capital (le prix à
payer pour apporter la dette à l’entreprise). Le fin
du fin aurait été évidemment de doter largement
d’actions le personnel qui accepterait de prendre
un contrat analogue à celui des entreprises privées.
Si elle veut à terme garder son rang de grande
puissance dans le monde, l’Europe a besoin de
grands projets porteurs de sens comme celui-là.
La France et l’Allemagne en sont les piliers, c’est à
elles de montrer la voie. Il est toujours possible de
relancer l’idée, mais nous avons maintenant cette
nouvelle dette sur les bras. Bien plus grave, à cause
du message d’aisance financière qu’a passé cette
reprise en catimini, les Français croient toujours
en cette fiction mortifère et inhibitrice de vraies
réformes qu’est l’Etat providence.
L
Xavier Fontanet est professeur
de stratégie à HEC.
o
L’ ÉTUDE
Les salariés face à la
transformation numérique
artelée à longueur d’articles, de
séminaires et de rapports, l’importance
stratégique de la transformation
numérique n’a échappé à aucun dirigeant
d’entreprise. Mais quelle perception en ont les
salariés ? Pour le savoir, l’Ifop a sondé plus d’un
millier de salariés et managers français, pour la
troisième année de suite, à la demande du cabinet
de stratégie et transformation Julhiet Sterwen.
Premier constat : l’idée que le digital constitue une
révolution est toujours aussi forte –74 % des
managers et 63 % de l’ensemble des collaborateurs
y souscrivent. Les managers sont une majorité (58
%) à estimer que leur rôle a évolué avec le digital et
les deux tiers d’entre eux voudraient s’en servir
pour responsabiliser leurs subordonnés et les
rendre plus autonomes. Plus de la moitié des
collaborateurs pensent que le digital leur permet
d’acquérir de nouvelles compétences (68 %) et qu’il
n’influe pas sur le lien avec leur supérieur (64 %).
Ils sont en revanche 61 % à penser que les outils
numériques se traduisent par une charge de travail
plus importante. Mais le principal problème que
pointe l’étude, c’est le manque d’accompagnement
vers la transformation digitale ressenti par les
salariés, qu’il s’agisse des managers (51 %) ou de
l’ensemble des collaborateurs (51 %) – deux chiffres
en hausse par rapport à l’année précédente. Voilà
qui devrait satisfaire le commanditaire de l’étude,
qui s’est justement spécialisé dans le management
de la transformation… — B. G.
M
« Baromètre Digital Workplace 2018 »,
www.julhiet-sterwen.com/fr
SUR
LE WEB
UN INGÉNIEUR
TRÈS AUTONOME
Le « New Yorker » fait le portrait
d’Anthony Levandowski, cet
ancien de Google accusé d’avoir
vendu à Uber des secrets
sur la voiture autonome.
hbit.ly/2PwR7MU
2
milliards
de dollars
BONNES ŒUVRES
En 2010, feu Paul Allen s’était
engagé à donner la moitié de
sa fortune à des œuvres philanthropiques. Depuis, il avait
donné 2 milliards… mais sa richesse a crû de 6,5 milliards !
https://bit.ly/2OraESq
Valorisation, argent levé, nombre de trajets revendiqué : un an après leur création,
les deux entreprises battent des records, provoquent des polémiques et attirent les convoitises.
TRANSPORT //
Bird et Lime, les frères ennemis
de la trottinette électrique
LE
DÉCRYPTAGE
d’Adrien
Lelièvre
e sont des start-up qui vont vite,
beaucoup plus vite que les engins à
roulettes bridés à 25 km/h qui ont
fait leur soudaine renommée. En un peu
plus d’un an d’existence, Bird et Lime se sont
imposés comme les nouvelles coqueluches
du marché de la trottinette électrique. Et ils
cachent à peine leur ambition pour le
futur : « remplacer la voiture dans les villes en
offrant une solution de déplacement abordable et écologique », résume Kenneth Schlenker, le directeur général de Bird en France.
L’histoire de ces jeunes pousses si semblables débute — comme tant d’autres — dans la
Silicon Valley : une terre fertile en idées neuves, en journées ensoleillées et… en effroyables bouchons. En avril 2017, Travis VanderZanden fonde Bird. L’homme est ambitieux.
Et tout sauf un bizut dans le domaine des
transports. Six ans plus tôt, il avait créé
Cherry, une start-up spécialisée dans le
nettoyage de voitures.
Celle-là sera rapidement rachetée par
Lyft, où Travis VanderZanden travaille pendant un an avant de partir avec armes et
bagages chez son grand rival Uber, où il est
nommé vice-président en charge du développement international. Son passage chez
les deux géants des VTC sera de courte
durée. Mais riche d’enseignement pour la
suite. En 2016, le diplômé de l’University of
South California quitte Uber pour, assuret-il, passer plus de temps avec ses enfants et
son épouse. En réalité, l’homme d’affaires
réfléchit depuis plusieurs mois à la
meilleure solution possible pour disrupter
le marché de la mobilité urbaine et connectée. Son choix s’arrêtera finalement sur la
trottinette, ce moyen de transport prisé des
enfants qui a été remis au goût du jour, dans
les années 1990, par le Suisse Wim Ouboter
avec son modèle compact et pliable, la
Micro. Mais, pour Travis VanderZanden, la
trottinette n’a d’avenir que si elle est électrique, gage de vitesse, et en libre-service sans
borne d’attache, afin de répondre aux nouveaux usages des citadins.
C
Offensive à Santa Monica
Fort de ces constats, Bird commence son
offensive à Santa Monica, en septembre 2017. Au petit matin, les habitants de ce
comté de Los Angeles découvrent en bas de
chez eux des dizaines de trottinettes noires
ne demandant qu’à être enfourchées. Pour
cela, il suffit de télécharger l’application de la
start-up, puis de débloquer l’engin à roulettes en scannant son code QR. A la fin du trajet, la trottinette peut être déposée n’importe
où. Trop heureux de dribbler les voitures
pour se rendre au travail ou se balader le
long de l’océan, les habitants de Santa
Monica vont immédiatement adopter ce
nouveau service. Les premiers succès de
Bird ont-ils inspiré Lime ? Toujours est-il
que, quelque mois plus tard, cette start-up de
vélos en libre-service lance, à son tour, son
service de trottinettes électriques. La bataille
peut commencer : à partir du printemps, les
sociétés rivales vont inonder de trottinettes
les grandes villes de la Silicon Valley.
Fidèles à la recette qui a fait la fortune — et
les controverses — d’Uber (« mieux vaut
demander pardon plutôt que la permission »), les jeunes pousses ne prennent pas la
peine, dans la plupart des cas, d’avertir les
municipalités du lancement de leur activité.
Ce qui leur vaudra de vives critiques.
Dans un pays où la voiture est reine, l’arrivée de Bird et Lime a provoqué une onde de
choc. Du jour au lendemain, des hordes
d’utilisateurs de trottinettes ont envahi les
Chiffres clefs
de création :
•BirdDate
: avril 2017
Lime : janvier 2017
Argent levé
auprès des
investisseurs :
Bird : 415 millions
de dollars
Lime : 467 millions
de dollars
Villes visées d’ici
à la fin de l’année :
Bird : 150
Lime : 150
Présence
en France :
Bird : Paris
Lime : Paris,
Bordeaux, Lyon
•
•
•
trottoirs et les routes, slalomant parfois dangereusement sur le bitume. Depuis lors, les
hôpitaux font état de nombreux blessés par
accident. Exaspérés par certains comportements dangereux, des habitants ont dégradé
des trottinettes électriques, quand ils ne les
ont pas jetées à l’eau… Débordée par des scènes de chaos, San Francisco a même obligé
les start-up de trottinettes électriques à retirer leurs flottes de ses rues ! Et lorsque
la capitale de la tech a décidé, en août dernier, d’octroyer un permis d’un an à des
acteurs du secteur, Bird et Lime en ont
symboliquement été exclus.
Ces péripéties n’ont toutefois pas empêché les start-up de trottinettes électriques de
trouver leur public. Selon une étude de
Populus Insights réalisée dans dix villes
américaines, 70 % des personnes interrogées disent voir positivement les services
proposés par les spécialistes de la micromobilité. Il faut dire que ces derniers « permettent de se passer de voiture, remplacent de
façon pratique les trajets courts en véhicule
personnel ou en VTC et offrent une solution
complémentaire aux transports en commun », énumèrent les auteurs. L’étude souligne par ailleurs que les trottinettes électriques séduisent davantage les femmes que
les hommes et sont très appréciées par les
salarié(e)s aux faibles revenus. En clair : elles
sont grand public.
Alors que les scientifiques sonnent
l’alarme sur le réchauffement climatique et
que les acteurs traditionnels des transports
routiers sont pointés du doigt en raison de
leurs émissions de CO2, Bird et Lime se présentent comme des alternatives plus « durables ». Et mettent volontiers en avant leur
côté « cool », même si leur modèle économique repose sur une armée de particuliers
mal payés qui rechargent les trottinettes la
nuit, puis les redéploient à des endroits stratégiques le lendemain matin.
Grande popularité
Ces atouts n’ont pas échappé aux investisseurs qui, en dépit du choix de plus en plus
de villes de réguler ces plates-formes, sont
prêts à dépenser sans compter pour dénicher la nouvelle pépite. Après un an d’existence, Bird et Lime ont ainsi pu lever respectivement 415 millions et 467 millions de
dollars lors de différents tours de table, selon
les données collectées par Crunchbase.
Résultat : ils sont déjà valorisés 2 et 1,1 milliard de dollars. Et ce n’est sans doute qu’un
début. Les start-up concurrentes seraient en
négociation pour lever plusieurs centaines
de millions de dollars supplémentaires, croit savoir Bloomberg. Ce qui valoriserait Lime 3,3 milliards de dollars, et Bird
encore plus. Ce dernier est d’ailleurs devenu
l’entreprise ayant obtenu le statut de
« licorne » le plus rapide de l’histoire. Avec
cet argent frais dans les caisses, les start-up
ont pu partir à l’assaut des marchés internationaux ces derniers mois. Elles sont désormais présentes dans plus de 100 villes dans le
monde, dont Paris. Comme un symbole,
Bird et Lime ont déployé leurs flottes dans la
capitale française à quelques semaines
d’intervalle, où elles se sont vite frayé un
chemin entre voitures, vélos et piétons.
Bird est devenu l’entreprise
ayant obtenu le plus
rapidement de l’histoire
le statut de « licorne ».
Signe de leur appétit grandissant : Bird et
Lime visent 150 villes d’ici à la fin de l’année,
et ont revendiqué en septembre avoir réalisé
plus de dix et onze millions de trajets chacun
depuis leurs débuts. A titre de comparaison,
il avait fallu environ trois ans à Uber et Lyft
pour réaliser un nombre de trajets équivalent. Pour l’analyste Horace Dediu, c’est une
évidence : « les trajets pouvant aller jusqu’à
15 kilomètres vont être impactés par l’essor des
vélos et trottinettes électriques ».
Mais, selon lui, Bird et Lime vont surtout
se faire une place de choix pour les trajets
compris entre 0 et 3 kilomètres, où les VTC
n’ont jamais vraiment su s’imposer. Conscients de ces risques – et de cette opportunité
–, Uber, Lyft et Txfy ont ainsi lancé récemment leurs propres services de trottinettes.
Après avoir investi cet été dans Lime, le
groupe de Dara Khosrowshahi réfléchirait
même à la possibilité de faire l’acquisition de
la start-up, selon des sources citées par
Bloomberg. Une décision qui pourrait rebattre les cartes du secteur. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 15
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
enquête
Entrepôt logistique robotisé
de La Redoute.
Photo Jean-Michel André/RÉA
Denis Fainsilber
dfainsilber@lesechos.fr
en bord de Seine, où Renault stockait hier
des voitures, le distributeur suédois s’installera au début 2019 dans une nouvelle plateforme de deux étages (deux fois
25.000 mètres carrés), pour desservir la
capitale et l’Ouest francilien. « Le seul projet
logistique XXL disponible à proximité de
Paris, à seulement 5 kilomètres de la porte de
Clichy », selon son promoteur italien Vailog.
Ikea France veut accélérer sa stratégie
multicanale et prévoit de réaliser ici
355.000 livraisons en 2019, avec des véhicules électriques et des péniches.
En Espagne, au sud de Tolède, le fabricant de touron Delaviuda exploite le magasin automatisé le plus haut d’Europe :
42 mètres sous la toise, pour y superposer
quelque 22.000 palettes sur une emprise
réduite. Des transtockeurs, sorte de grues
élévatrices appelées aussi « girafes », se
chargent de ranger ou sortir les colis dans
les rayons supérieurs. En Pologne, l’enseigne de meubles danoise Jysk a installé un
bâtiment au format similaire en 2013. Sans
parler de Tokyo, Hong Kong, Shanghai ou
Singapour, où des promoteurs spécialistes
de la grande verticalité ont développé des
concepts de stockage de plus de 20 étages,
en partie accessibles par camion.
ournan-en-Brie, au sud-est de Paris.
Sur les terres céréalières de Seineet-Marne, un édifice en forme de
record est en voie d’achèvement. C’est ici
que Conforama a choisi d’implanter la plus
grande plate-forme logistique de France.
Au total, un bâtiment de tôle et béton de
177.500 mètres carrés de plain-pied… soit la
surface de 26 terrains du football ! Les deux
aménageurs, Gazelay et Argan, ont
consenti à créer des buttes végétalisées
pour masquer la façade de 800 mètres et à
financer les accès routiers, pour lever les
réticences du conseil départemental. Capacité totale de stockage : 270.000 palettes et
187 portes destinées à charger les camions.
La première des trois tranches
(63.000 mètres carrés) sera mise en service
en décembre ou janvier et la totalité du site à
la mi-2019, avec 400 emplois à la clef. Ce
nouveau temple de l’ameublement bon
marché, qui remplacera deux sites plus
réduits, desservira depuis la Brie tous les
magasins de la moitié nord de l’Hexagone.
Et Conforama confiera l’exploitation du site
à ID Logistics. « Par rapport aux deux entrepôts précédents, il y aura plus d’automatisation pour réduire la pénibilité lorsqu’on
charge les camions, car nous transportons
traditionnellement des produits lourds »,
décrit une porte-parole de la filiale du
groupe sud-africain Steinhoff.
T
Environ 200 entrepôts
supplémentaires ont été
commandés en France
depuis 2015.
La logistique est en pleine
restructuration, dictée
par la révolution Internet.
A quelques encablures de là, en se frayant
un chemin derrière les poids lourds sur la
Francilienne, nous voici sur l’ancienne base
aérienne de Brétigny-sur-Orge (Essonne).
Pour une fois, Amazon est en retard. Près
des grands axes routiers du Sud francilien,
et à seulement 29 kilomètres de Paris, le
géant américain de l’e-commerce à la croissance fulgurante a préempté une parcelle
de 31 hectares, pour installer son plus grand
site français d’expédition de colis, soit
142.000 mètres carrés sur trois niveaux.
Calé au départ pour une inauguration en
septembre 2018, il est à présent prévu pour
le premier semestre 2019. Plutôt vers juin
que janvier, selon la commune. « Des problèmes d’inondation sur le site », avance sans
détailler une porte-parole.
Ici encore, le roi des cybercommerçants
voit très grand : alors qu’un entrepôt standard, comme il en éclôt partout en France,
mesure environ 10 mètres de haut, celui-ci
culminera à plus du double. Et il sera à la
pointe de la technologie. Fini le temps où les
« préparateurs de commandes » serpentaient dans tout l’entrepôt avec leur chariot
pour aller chercher une paire de chaussures et un DVD : pour la première fois en
France, les deux étages supérieurs seront
garnis d’au moins 2.000 robots fabriqués en
interne. Quadrillant des rangées réduites
au strict minimum (1 mètre de large), ils
soulèveront pour chaque commande des
armoires hautes de 2,50 mètres et les apporteront automatiquement aux opérateurs
chargés de remplir les cartons, à la périphérie du bâtiment. « Avec ce procédé, nous
aurons une capacité de stockage plus dense
que dans nos autres sites, soit 50 % de plus au
mètre carré. Le traitement des commandes
ira plus vite, point important alors que la
demande de livraisons rapides est très importante », ajoute-t-on au siège de Clichy.
Dorsale de Lille à Marseille
Avec son bâtiment de « stockage dynamique », ses monte-charges et ses 39 quais
pour camions, le géant américain qui propose sur la Toile 250 millions de références
pourra y entreposer jusqu’à 258.000 mètres
cubes de produits en même temps. Dès
qu’une commande tombe, elle doit être en
carton, prête à partir, deux heures plus tard.
« Le site sera consacré au colis de petite taille
et desservira l’ensemble du territoire et
notamment l’Ile-de-France », décrit le développeur, Virtuo Industrial Property. Deux
exemples d’entrepôts XXL qui donnent le
tempo des nouveaux empires logistiques.
Les nouvelles cathédrales ne sont plus à
Chartres, Beauvais ou Reims, mais sur une
dorsale soigneusement convoitée par les
Les nouvelles
cathédrales
LOGISTIQUE // Avec le boom de l’e-commerce, les distributeurs ont totalement
revu leurs schémas logistiques. Autour des grandes métropoles françaises,
les créations d’entrepôts XXL redoublent.
opérateurs, courant de Lille à Marseille.
Dans des localités largement méconnues
mais riches de foncier et d’axes autoroutiers, aux noms bucoliques comme
Sainghin-en-Mélantois près de Lille, Moissy-Cramayel en Seine-et-Marne, SaintQuentin-Fallavier au large de Lyon. Ou bien,
en version sudiste, Saint-Martin-de-Crau,
au pied des Alpilles provençales. Un océan
d’entrepôts commandés par trois types
d’acteurs : les distributeurs spécialisés
comme Carrefour, Lapeyre ou Decathlon ;
les « pure players » du Web tels que
Cdiscount ; et des prestataires type
XPO Logistics, Geodis ou FM Logistic, qui
opèrent pour les premiers.
Trois années de suite (2015 à 2017), le secteur a volé de record en record : l’an dernier,
plus de 4 millions de mètres carrés de sites
logistiques ont ainsi été commercialisés
dans le pays (54 % en bâtiments à construire) ! Dont 1,6 million rien qu’en Ile-deFrance, « région où la moyenne était autour
de 800.000 mètres carrés depuis plusieurs
années, décrit Didier Malherbe, en charge
de la logistique chez le conseil en immobilier d’entreprise CBRE. Voici seulement dix
ans, un bâtiment de plus de 30.000 mètres
carrés était considéré comme grand. Maintenant, on recense tous les ans plusieurs signatures à plus de 100.000 mètres carrés… »
La rareté du foncier pousse logiquement
à l’éloignement des villes : « Un tournant est
apparu dans les années 1990, lorsque la
logistique francilienne est devenue plus présente dans la grande couronne que dans la
petite. Aujourd’hui, deux tiers des grandes
surfaces sont en grande couronne », selon
une récente étude de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) d’Ile-de-France.
Voire dans l’Orléanais ou la Picardie, qui
intéressent désormais les investisseurs.
Pourquoi cette course subite à la grande
taille ? « La logistique est en pleine restructuration, dictée par la révolution Internet et
celle de l’e-commerce qui amènent à repenser
totalement les schémas de distribution.
Notamment dans la grande distribution, qui
doit s’adapter à l’omnicanal. D’où une recherche d’économies d’échelle », décrit Didier
Malherbe. Second facteur non négligeable :
les bases locatives des entrepôts. « Les rendements actuels en font des actifs attractifs
par rapport à l’immobilier de bureau, créant
un engouement des investisseurs internationaux pour ce type de produit. » Foncières,
développeurs, gestionnaires de fonds américains, australiens ou encore britanniques
jouent ainsi des coudes pour trouver les
bons terrains disponibles dans l’Hexagone.
Mais de telles « usines à marchandises »
poussent également les opérateurs à trouver des sites relais, en lisière des villes, pour
la délicate desserte du dernier kilomètre.
Difficile de faire du neuf avec du vieux, à
l’heure où les clients internautes veulent
être livrés à domicile toujours plus vite : la
logistique a basculé dans sa révolution 4.0.
« Les entrepôts doivent de plus en plus
intégrer des process automatisés dès leur
conception mais aussi maîtriser des projets
XXL ou de grande hauteur », selon une note
de Xerfi Research. Aiguillonnée par l’ogre
Amazon, qui se fait fort de livrer ses clients
le jour même dans les métropoles, la grande
distribution réagit depuis peu de temps par
le « drive », qui requiert des installations ad
hoc. « Les “drives” ont compliqué les opérations puisqu’on doit gérer les commandes au
colis et faire des palettes plus petites », selon le
président d’une centrale d’achats régionale
d’E.Leclerc. De même, Monoprix a
commencé à construire cet été un site ultramoderne à Fleury-Mérogis (Essonne) à
l’automatisation très poussée, muni d’un
système dit AutoStore acquis chez l’e-commerçant britannique Ocado qui piochera
parmi 50.000 références.
A Paris, Ikea tente la verticalité
Pour aider les distributeurs dans leur
course à la rapidité, une armée de consultants, équipementiers spécialistes en
mécatronique ou en logiciels de gestion
d’entrepôts (WMS) sont à l’œuvre. Poursuivant à un siècle de distance les travaux de
Henry Ford avec son chronomètre. « Sur un
site où vous avez par exemple 20 ou 30 mouvements de chariot par heure pour les entrées
en stock, si vous devez parcourir 300 mètres
en plus, cela prend deux-trois minutes à chaque fois et votre productivité est divisée par
deux. A partir de 50.000 ou 60.000 mètres
carrés d’entrepôt, c’est à peu près sûr qu’il
faut mécaniser », décrit Philippe Lavoué, du
cabinet allemand Miebach Consulting.
Le vrai défi n’est donc pas seulement une
question de surface au sol, mais aussi de
verticalité, pour gagner du foncier. C’est
l’option retenue par Ikea dans son prochain
site de Gennevilliers. Sur cet ancien terrain
Cependant, contrairement aux tours de
bureaux, les entrepôts de grande hauteur
ne sont pas encore entrés dans les mœurs
en France et se heurtent aux plans locaux
d’urbanisme (PLU). Et les investisseurs
jouent la prudence : « Un entrepôt standard,
soit 9,60 mètres utiles en hauteur, divisé en
cellules type de 6.000 mètres carrés, reste plus
fluide financièrement, son propriétaire
pourra aisément changer de locataire »,
avance Philippe Lavoué.
Face aux hangars verticaux truffés
d’immenses étagères d’acier et confrontés à
l’expérience de fournisseurs allemands,
autrichiens ou scandinaves, quelques
start-up françaises tirent leur épingle du jeu
en proposant des solutions robotisées avant
tout flexibles. Comme la jeune lilloise Exotec, qui a séduit Cdiscount avec ses robots
Skypod, capables de se déplacer dans trois
dimensions pour aller chercher, grâce à
l’intelligence artificielle, des bacs de
produits dans de hautes étagères et les
apporter illico au préparateur de commandes à 14 km/h, soit plus vite que les armoires
mobiles d’Amazon.
Bétonisation des sols
« Avec le boom de l’e-commerce, la préparation de charges légères explose. Dans le
système traditionnel de “picking” manuel,
vous avez un problème de densité de stockage,
limitée à seulement 1,80 mètre de haut, des
opérateurs qui parcourent 15 kilomètres à
pied par jour et se marchent dessus dans les
allées... Avec un système 3D comme le nôtre,
on peut diviser par 5 la surface de rangement », explique son PDG Romain Moulin.
Solution voisine pour Scallog, dont les ventes doublent tous les ans. Ses robots guidés
par un lecteur optique, déplacent des
armoires mobiles dans les hangars, notamment chez Airbus ou L’Oréal. « Avec la
transformation de l’écosystème logistique, les
acteurs ont souvent tendance à s’élargir ou à
déménager. Avec notre solution, un client
peut la tester dans une petite zone, puis passer
à plus grand ou la dupliquer dans un autre
site », commente Catherine Philonenko, en
charge du marketing.
Restent deux gros points noirs entraînés
par le commerce en ligne et sa logistique en
version 4.0. Les 200 entrepôts supplémentaires commandés en France en seulement
quatre ans contribuent fortement à l’artificialisation des sols à la périphérie des villes.
Un problème particulièrement visible en
cas d’inondation. Surtout, en proposant de
livrer où le client préfère, les opérateurs jettent sur les routes des millions de camions
supplémentaires, sur des axes déjà surchargés. Chaque semaine, pas moins de 4,3 millions de livraisons et enlèvements de marchandises diverses ont lieu dans les
entreprises franciliennes. Sur ce total massif, les entrepôts en centralisent la plus
grande part. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
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Jeudi 18 octobre 2018Les Echos
,
Budget de l’Etat 2018 : 386,3 milliards d’euros // PIB 2017 : 2.283,6 milliards d’euros courants //
Plafond Sécurité sociale : 3.311 euros/mois à partir du 01-01-2018 // SMIC horaire : 9,88 euros
à partir du 01-01-2018 // Capitalisation boursière de Paris : 1.532,96 milliards d’euros (au 05-07-2018)
// Indice des prix (base 100 en 2015) : 103,78 en août 2018 // Taux de chômage (BIT) : 9,1 %
au 2e trimestre 2018 // Dette publique : 2.255,3 milliards d’euros au 1er trimestre 2018
Les chiffres
de l'économie
EN FRANCE
À L’ÉTRANGER
INONDATIONS LE BILAN PORTÉ À
QUATORZE MORTS DANS L’AUDE
CRIMÉE CARNAGE DANS UN
COLLÈGE TECHNIQUE À KERTCH
Au moins 14 personnes ont été tuées
et une personne est portée disparue à
la suite des graves inondations du
début de semaine dans l’Aude, a indiqué mercredi la préfecture, après la
découverte d’un corps. Cet épisode
méditerranéen de type cévenol, dans
la nuit de dimanche à lundi, avec 3 à
4 mois de pluie en quelques heures,
figure parmi les intempéries les plus
meurtrières depuis une dizaine
d’années en France.
Au moins 17 personnes ont été tuées
mercredi et plus de 40 autres blessées dans l’attaque ayant visé un collège technique de Kertch en Crimée.
L’auteur, un élève de quatrième
année, s’est suicidé. Les images de
vidéosurveillance ont montré un
jeune homme armé d’un fusil rentrant dans l’établissement. L’examen
des corps indique que les victimes
sont mortes de blessures par balle.
SYRIE L’ÉMISSAIRE DE L’ONU
QUITTE SES FONCTIONS
SÉCURITÉ NICOLAS LERNER
NOMMÉ À LA TÊTE DE LA DGSI
Nicolas Lerner, ancien directeur
adjoint du cabinet de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur, a été
nommé en Conseil des ministres à la
tête de la Direction générale de la
sécurité intérieure (DGSI), a annoncé
mercredi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Il succède à Laurent Nuñez, nommé mardi
secrétaire d’Etat auprès du nouveau
ministre de l’Intérieur, Christophe
Castaner.
SÉNAT REJET DE LA CRÉATION
D’UNE COMMISSION SUR
LA PÉDOPHILIE DANS L’ÉGLISE
La Commission des lois du Sénat a
refusé mercredi d’ouvrir une commission d’enquête sur les crimes
pédophiles dans l’Eglise catholique
demandée par les sénateurs socialistes, qui faisaient, eux-mêmes, écho à
certains chrétiens engagés. Le président LR de l’instance, Philippe Bas,
avait émis des réserves sur cette idée.
Le Canada est devenu mercredi le premier pays du G20 à légaliser le cannabis récréatif. De longues files d’attente de consommateurs levés aux aurores ont pu être observées un peu partout dans le pays. A Saint-Jean, dans la province de Terre-Neuveet-Labrador, un client parmi les premiers servis quitte le magasin Natural Vibe en joie.
Suhalla Sahmarani/AFP
Philippe Huguen/AFP
Les indépendantistes taïwanais descendront dans la rue samedi pour
une manifestation qu’ils espèrent
spectaculaire. Ce rassemblement se
tiendra alors que la Chine deviend de
plus en plus dure face à Taïwan. Les
manifestants exigeront un référendum sur une déclaration officielle
d’indépendance, à l’appel de la nouvelle Alliance Formose, soutenue
par les anciens présidents Lee Tenghui et Chen Shui-bian. Les organisateurs espèrent 100.000 personnes.
PROCÈS PERPÉTUITÉ POUR
LE GENDRE D’HÉLÈNE PASTOR
Wojciech Janowski a été reconnu
coupable mercredi d’avoir commandité l’assassinat de sa belle-mère, la
milliardaire monégasque Hélène
Pastor, et de son chauffeur. Il est
condamné à la réclusion criminelle à
perpétuité par la cour d’assises des
Bouches-du-Rhône. La veille, ses avocats avaient concédé que leur client
était « coupable » d’avoir commandité l’assassinat d’Hélène Pastor,
mais pas celui de son chauffeur.
Le Canada légalise le cannabis récréatif
TAÏWAN LES INDÉPENDANTISTES
VONT DÉFILER DANS LA RUE
GRANDE-SYNTHE LE PRÉFET DU
NORD ORDONNE LA FERMETURE
DU CENTRE CHIITE « ZAHRA »
Le préfet du Nord a ordonné la fermeture du centre chiite « Zahra » à Grande-Synthe près de Dunkerque, accusant ce lieu de culte de contribuer à « la
diffusion de l’islam radical chiite à
l’échelle européenne », selon un arrêté
en date du 15 octobre. Selon lui, il diffuse
« des messages légitimant ouvertement le
djihad armé » et incite « à la haine, à la
discrimination et à la violence ».
LA PHOTO DU JOUR
L’émissaire de l’ONU pour la Syrie,
Staffan de Mistura, a annoncé mercredi au Conseil de sécurité qu’il quitterait ses fonctions « pour raisons
personnelles » fin novembre, après
« quatre ans et quatre mois » de mission. Il a aussi annoncé qu’il se rendrait la semaine prochaine à Damas,
à l’invitation des autorités syriennes,
pour évoquer la formation d’un
Comité constitutionnel chargé d’élaborer une nouvelle Constitution
pour la Syrie.
GRÈCE DÉMISSION DU MINISTRE
DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotziás, a démissionné
mercredi après un différend sur
l’accord récent concernant le nouveau nom de la Macédoine. Aléxis
Tsípras qui assumera les fonctions
du ministre partant s’est dit « déterminé » à « faire réussir » l’accord sur
le nouveau nom de la Macédoine
ISRAËL RAIDS DE TSAHAL
CONTRE LA BANDE DE GAZA
L’aviation israélienne a mené, mercredi, une série de raids contre le
mouvement islamiste Hamas à Gaza,
en réponse à des tirs de roquettes en
provenance du territoire palestinien.
Ces actes d’hostilité, qui ont fait un
mort et trois blessés palestiniens,
ravivent les craintes d’une nouvelle
confrontation entre Israël et les groupes armés à Gaza.
Photo : Chris Wattie/Reuters
ON EN PARLE À MADRID
Un flic ripou veut faire chanter le gouvernement
Un commissaire véreux essaie de faire pression sur le gouvernement
en lâchant des révélations embarrassantes.
Cécile Thibaud
@CecileThibaud
— Correspondante à Madrid
ment de capitaux, et semble être
décidé à tout faire pour convaincre la justice de le sortir de là.
C’est la raison pour laquelle il
a commencé à livrer à la presse
des enregistrements de conversations privées qui mettent
dans l’embarras les personnes
concernées.
urant des décennies, il a
côtoyé tous les personnages importants du
pays. Et il tout enregistré, tout
gardé. Le commissaire Villarejo
a conservé religieusement toutes les traces de ses rencontres,
accumulant les dossiers pour
pouvoir en tirer le meilleur parti
le jour où il en aurait besoin. Et il
semble bien que ce moment soit
venu. Car depuis des mois, José
Manuel Villarejo, commissaire
retraité de 67 ans qui était entré
dans la police dans les dernières
années du franquisme, se
trouve en mauvaise posture. Il a
en effet été placé en prison préventive dans le cadre d’une
affaire de banditisme et blanchi-
D
Dossiers contre Podemos
et les Catalans
La sortie de l’ombre de ce policier véreux qui semble sorti d’un
mauvais polar émoustille et
écœure l’Espagne. L’histoire est
rocambolesque mais elle fait
aussi trembler du côté des politiques, car le personnage semble
avoir été mêlé à toute une série
d’opérations secrètes au fil des
années. Il aurait notamment travaillé pour le gouvernement
Rajoy en fabriquant des dossiers
contre les indépendantistes
catalans et contre Podemos. Les
journalistes qui l’ont approché le
décrivent comme un mélange
d’homme de main et de maître
chanteur, qui aurait monté ses
propres services parallèles et
maintenu des réseaux qui lui
permettent d’être toujours nuisible depuis la prison.
En juillet dernier, il lançait
e n p â t u r e l e s s o n s d ’u n e
conversation avec l’ex-maîtresse du roi Juan Carlos, où
on l’entend raconter comment
le vieux monarque, père du roi
actuel, l’aurait utilisée comme
prête-nom pour mettre à l’abri
en Suisse une partie de sa fortune, décrivant au passage
comment il aurait touché des
commissions sur des gros
marchés obtenus par des
entreprises espagnoles, dont
l e c h a n t i e r d u TGV e n t r e
Médine et La Mecque.
Ces dernières semaines, c’est
du côté du gouvernement que
se tourne l’offensive, avec l’enregistrement d’un déjeuner avec
l’actuelle ministre de la justice,
Dolores Delgado, alors qu’elle
était procureur de l’Audience
nationale. On l’entend traiter de
« pédé » l’un de ses collègues
(devenu le ministre de l’Intérieur actuel), ou bien raconter
comment, lors d’un voyage de
travail en Colombie, elle aurait
vu des magistrats espagnols en
compagnie de jeunes filles probablement mineures.
Malgré les remous provoqués par ces révélations, il n’a
pas réussi à faire fléchir la justice. On ne discute pas avec les
mafieux et les maîtres chanteurs a proclamé la ministre. n
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Jeudi 18 octobre 2018
www.lesechos.fr
Les sociétés de
gestion comme Fidelity
et les fonds devancent
les banques dans leur
conquête du marché
des cryptomonnaies.
// P. 29
DEVISES EUR/GBP 0,8785 EUR/JPY 1,2943 EUR/CHF 1,1454 GBP/USD 1,3136 USD/JPY 1,1217 USD/CHF 0,9926 TAUX EONIA -0,369 LIFFE EURIBOR 3 MOIS -0,318 OAT 10 ANS 0,7825 T-BONDS 10 ANS 3,2057
INDUSTRIE & SERVICES
TRANSPORT
Shutterstock
DERNIÈRE HEURE
Le projet d’autoroute
Lyon - Saint-Etienne enterré
Les grandes villes vont pouvoir
instaurer un péage urbain.
// P. 18 ET L’ÉDITORIAL
DE JEAN-MARC VITTORI P. 11
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
et Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
HÔTELLERIE
Colony Capital reprend les hôtels
Maranatha. // P. 19
DÉFENSE
En Chine, les géants du naval
voguent à plein régime. // P. 20
DISTRIBUTION
Les ventes de Carrefour
se redressent. // P. 21
Gwendal Le Flem
MUSIQUES ACTUELLES
Le MaMa entre crainte et espoir.
// P. 22
CONSEIL
Philippe Dupont quitte
AlixPartners pour Alvarez
& Marsal. // P. 23
HIGH-TECH & MÉDIAS
INTERVIEW
Fabrice Fries, PDG DE L’AFP.
// P. 24
TÉLÉVISION
Les chaînes vent debout contre
une réforme des aides du CNC.
// P. 25
L’A47 entre Lyon et Saint-Etienne est réputée dangereuse et sous-dimensionnée. Photo Pierre Gleizes/RÉA
Devant des députés
de la majorité, la ministre
des Transports, Elisabeth
Borne, a entériné l’abandon
du projet d’autoroute A45.
Denis Meynard
— Correspondant à Saint-Etienne
START-UP
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Brennus Analytics, l’outil
de gestion des prix couvé par SAP.
// P. 26
PME & RÉGIONS
AUTOCARS
La transition énergétique patine.
// P. 27
GRAND EST
Absent de la liste des priorités arrêtée en
février par le Conseil d’orientation des
infrastructures (COI) et de la programmation qu’en a tiré le gouvernement en septembre, le projet d’autoroute A45, devant
relier les métropoles de Lyon et de SaintEtienne, est bel et bien enterré.
Selon les propos rapportés de la ministre
des Transports, Elisabeth Borne, lors d’une
réunion de travail avec des députés de la
majorité, mercredi au ministère, « parmi les
différentes options possibles pour améliorer
les déplacements entre les métropoles de
Lyon et de Saint-Etienne, celle retenue par le
gouvernement consiste à ne pas réaliser de
dédoublement de l’autoroute actuelle, car il
ne fait pas l’unanimité », explique aux
« Echos » Nathalie Sarles, députée LREM de
la 5e circonscription de la Loire.
Impact néfaste
La ministre a précisé que « les 400 millions
d’euros que l’Etat avait prévu de consacrer à
l’A45 seront utilisés pour des projets alternatifs routiers et ferroviaires, car l’A47 est dangereuse et sous-dimensionnée ». Parmi les
faiblesses dont souffre le projet, Elisabeth
Borne a mis en avant « l’impact environnemental néfaste, le sous-dimensionnement à
l’arrivée sur Lyon et le taux de subvention
trop élevé pour une concession ».
Destiné à désenclaver le sud de la Loire
et la Haute-Loire, ce projet autoroutier sur
un tracé de 47 kilomètres reliant le nord de
l’agglomération stéphanoise au sud de
l’agglomération lyonnaise avait été
déclaré d’utilité publique en 2008 et concédé à Vinci pour une durée de 55 ans. Il
avait été chiffré à 1,2 milliard d’euros,
financé aux deux tiers par des collectivités
publiques dans le cadre d’une subvention
d’équilibre.
Certains élus de la majorité, à l’instar du
député stéphanois Jean-Michel Mis, jugent
l’option retenue par le gouvernement « pas
du tout satisfaisante […]. » Ce dernier affirme
même : « Je ne voterai pas en l’état la LOM
[loi d’orientation sur les mobilités, NDLR],
car la solution alternative évoquée pour
l’A45, basée sur la réhabilitation de l’A47 et
des infrastructures ferroviaires, ne comporte
pas de calendrier ni de budget. » Le parlementaire a demandé à Elisabeth Borne de
venir organiser une concertation avec les
acteurs économiques à Saint-Etienne. n
FINANCE & MARCHÉS
BANQUE
Les banques accélèrent dans le
crédit à la consommation. // P. 30
CAPITAL-INVESTISSEMENT
Private equity : la bataille du Brexit
est lancée. // P. 31
CARNET // P. 35
SUR
DANS
« LA CHRONIQUE
BOURSE »
À 13H ET 17H30
DU LUNDI AU VENDREDI
Daniel Kretinsky, le milliardaire tchèque, qui a annoncé les rachats de
« Marianne » et de titres du groupe
Lagardère comme « Elle », va-t-il devenir
un actionnaire de référence du quotidien « Le Monde » ? Il est, en tout cas, en
négociation pour prendre une participation apparemment substantielle dans Le
Nouveau Monde, le holding portant les
intérêts du banquier Matthieu Pigasse
dans le groupe Le Monde. Des contacts
ont été établis entre les deux hommes il y
a un an déjà. Etienne Berthier, à la tête
d’Erias, les a présentés.
Les Nouvelles Editions Indépendantes (LNEI), le groupe de médias de celui
qui est également le patron de Lazard
France, a confirmé « être entré en négociations exclusives pour la conclusion d’un
partenariat stratégique avec le groupe
Czech Media Invest [de Daniel Kretinsky,
NDLR]. […] Ce partenariat s’accompagnera d’une prise de participation minoritaire de Czech Media Invest dans la société
Le Nouveau Monde, dont Matthieu
Pigasse conservera le contrôle. Matthieu
Pigasse demeurera le seul cogérant, aux
côtés de Xavier Niel, de la société Le Monde
Libre, holding de contrôle du Groupe Le
Monde et de L’Obs. »
Selon « Le Monde »,
qui a révélé l’information,
Daniel Kretinsky
prendrait entre 40 et 49 %
du Nouveau Monde.
Selon « Le Monde », qui a révélé
l’information, Daniel Kretinsky prendrait entre 40 et 49 % du Nouveau
Monde. Ce holding, celui de Xavier Niel,
celui de Madison Cox, l’ayant droit de
Pierre Bergé, et le groupe espagnol Prisa
sont actionnaires du Monde Libre, qui
détient 75 % de la Société éditrice du
Monde (le groupe Le Monde). Prisa
serait cependant, lui, vendeur de sa participation.
Le personnel du groupe inquiet
SEW-Usocome augmente
le régime de sa fonderie mosellane.
// P. 28
Un milliardaire
tchèque s’invite
au capital
du « Monde »
Sanofi visé par une plainte aux Etats-Unis
Nicolas Rauline
@nrauline
— Bureau de New York
Le débat sur le prix des médicaments aux
Etats-Unis est relancé. L’Etat du Minnesota a
porté plainte contre trois laboratoires, le
français Sanofi, l’américain Eli Lilly et le
danois Novo Nordisk. Ceux-là sont accusés
de gonfler les prix de l’insuline utilisée pour
traiter le diabète de manière frauduleuse. La
plainte a été déposée devant la cour fédérale
de Trenton, dans le New Jersey, où une
action de classe est également en cours.
Selon la procureure du Minnesota, Lori
Swanson, les tarifs de l’insuline vendue par
ces trois laboratoires auraient plus que triplé
depuis 2002. Et l’inflation se serait accélérée
ces dernières années. Le prix du Levemir,
fabriqué par Novo Nordisk, est ainsi passé de
120,64 dollars en 2012 à 293,75 dollars
aujourd’hui. Les prix de l’Humalog, d’Eli
Lilly, et du Lantus de Sanofi, auraient connu
des trajectoires similaires, selon le texte de la
plainte. Le prix du Lantus est ainsi passé de
99,35 dollars lors de son lancement en 2010 à
269,54 dollars en 2018.
Les laboratoires auraient, dans le même
temps, accordé des rabais aux gestionnaires
d’ordonnances, qui travaillent notamment
pour les pharmacies, pour qu’ils incluent ces
médicaments dans les programmes de santé
des assureurs et des mutuelles.
D’autres actions en cours
« L’insuline est une question de vie ou de mort
pour les diabétiques. Beaucoup de personnes
ne peuvent pas faire face aux hausses de prix,
mais elles ne peuvent pas non plus se permettre de stopper leur traitement », a expliqué la
procureure dans une déclaration. Dans le
Minnesota, le diabète concernerait une personne sur dix. Pour Sanofi, qui travaille en
parallèle sur d’autres traitements et subit un
repli sur ce marché, la plainte est « sans fondement ». Novo Nordisk ajoute qu’il prend
soin de « respecter les législations » et qu’il est
« attaché à l’éthique et au respect des règles ».
La plainte vise à réguler le prix de ces
médicaments, mais aussi à accorder des
dommages et intérêts aux patients qui
auraient dépensé plus qu’ils n’auraient dû,
ces dernières années. D’autres actions sont
en cours dans le pays. Outre l’action de classe
menée dans le New Jersey, deux Etats, le
Nouveau Mexique et Washington, ont lancé
des enquêtes sur le sujet.
L’Etat fédéral cherche également la
parade face à l’inflation constatée sur le prix
des médicaments, qui n’est pas régulé outreAtlantique. Il s’agissait de l’une des priorités
annoncées par Donald Trump lors de son
élection, mais aucune mesure concrète n’a
encore été prise. Cette semaine, le secrétaire
à la Santé, Alex Azar, a présenté un projet qui
pourrait obliger les laboratoires à annoncer
le prix des médicaments dans leurs publicités télévisées – autorisées aux Etats-Unis.
Cette loi ne concernerait toutefois que les
médicaments couverts par les programmes
fédéraux Medicare et Medicaid et dont le
prix est supérieur à 35 dollars par mois. n
« Daniel Kretinsky n’a pas l’intention
d’acheter “Le Monde”, affirme Daniel Castvaj, porte-parole de l’industriel tchèque,
aux “Echos”. Bien sûr il ne faut jamais dire
jamais… Mais notre objectif est de devenir
un actionnaire du Nouveau Monde. »
« Nous souhaitons créer un grand groupe
de médias et nous regarderons toutes les
opportunités qui se présentent. » « C’est la
première fois que les intérêts de Xavier Niel
et de Matthieu Pigasse ne sont pas alignés,
dit un bon connaisseur de la société. Il ne
serait pas étonnant que Matthieu Pigasse
brandisse la menace de vendre à Daniel
Kretinsky pour que Xavier Niel lui rachète
ses parts. »
Le Pôle d’indépendance représentant
les rédacteurs et le personnel du groupe,
actionnaire du groupe Le Monde à 25 %,
s’est en tout cas ému de cette information. « Face à la brutalité de cette annonce,
le Pôle d’indépendance souhaite s’entretenir rapidement avec les actionnaires majoritaires du groupe. Il demande également à
rencontrer M. Kretinsky ou son représentant en France pour éclaircir ses intentions
et obtenir de sa part les garanties indispensables du respect des valeurs et règles
d’indépendance qui régissent l’ensemble
des titres du groupe Le Monde. » n
Shutterstock
Les gérants devancent les banques
sur le marché des cryptodevises
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
18 //
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
INDUSTRIE
&SERVICES
Justin Kaneps/NYT-Redux-RÉA
à suivre
L’usine chinoise de Tesla sur les rails
AUTOMOBILE Le constructeur californien a conclu un accord
avec les autorités de Shanghai sur l’acquisition du terrain, dont
la surface atteint environ 860.000 mètres carrés. Le site sera
capable de produire 500.000 voitures par an. Avec cette usine
géante, estimée à 2 milliards de dollars, Tesla va pouvoir s’attaquer au plus grand marché automobile mondial, sans subir la
guerre commerciale. L’augmentation des taxes imposée par
Pékin, qui soumet chaque véhicule importé des Etats-Unis à des
droits de douane de 40 %, a contraint Tesla à augmenter ses prix
en Chine d’environ 20.000 dollars.
TRANSPORT
ÉNERGIE Le nouveau PDG de General Electric rencontrait le
Lionel Steinmann
@lionelSteinmann
ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, mercredi. « Larry Culp a
assuré que General Electric tiendrait ses engagements contractuels
vis-à-vis de l’Etat français », s’est félicité Bercy. Lors du rachat de la
branche énergie d’Alstom en 2015, l’américain avait promis de
créer 1.000 emplois nets en France à l’horizon 2018. Si ce chiffre
n’est pas atteint, « GE paiera la pénalité de 50 millions d’euros »,
précise Bercy. Une somme qui « pourra être employée pour développer l’activité et l’emploi dans les territoires concernés ».
Le gouvernement compte bien
donner aux grandes villes la possibilité d’instaurer des péages
urbains. La ministre des Transports, Elisabeth Borne, avait évoqué cette possibilité au début de
l’année, et la mesure figure bien
dans l’avant-projet de Loi d’orientation sur les mobilités (LOM),
transmis ces derniers jours au
Conseil d’Etat avant son passage en
Conseil des ministres, qui est
désormais annoncé pour début
novembre.
Le texte, dévoilé mercredi par le
média en ligne Contexte, prévoit la
possibilité pour les collectivités de
plus de 100.000 habitants d’instaurer un « tarif de congestion », afin de
« limiter la circulation automobile
et lutter contre la pollution et les nuisances environnementales ». La
création d’un tel péage serait du
ressort de l’autorité organisatrice
CMA CGM soutient le management
du logisticien suisse Ceva
LOGISTIQUE Le groupe suisse Ceva Logistics a annoncé, mercredi dans un communiqué, avoir été informé que CMA CGM a
pris 4,56 % supplémentaires à son capital. Le quatrième armateur mondial a ainsi porté sa participation à 33 %, en signe de
soutien au management de Ceva qui avait rejeté la semaine dernière une offre non sollicitée de rachat du danois DSV. En
Suisse, le lancement obligatoire d’une OPA n’est requis que lorsqu’un actionnaire détient plus d’un tiers des droits de vote d’une
entreprise, ce qui n’est pas le cas de CMA CGM, a précisé Ceva.
de mobilité (AO), c’est-à-dire le plus
souvent des villes ou des communautés de communes. En Ile-deFrance, en revanche, cette compétence appartient à la région. Et
c’est l’AO qui toucherait les recettes
de ce péage.
Selon l’avant-projet de loi, le
montant « est déterminé de manière
forfaitaire pour chaque entrée dans
la zone soumise au tarif. Pour les
véhicules légers, ce montant est au
Pour les voitures, le
tarif s’élèvera à 5 euros
maximum dans les
très grandes villes.
plus égal à 2,50 euros ». Pour les
autres véhicules, le tarif peut être
jusqu’à quatre fois plus élevé. Par
ailleurs, ces montants peuvent être
multipliés par 2 « dans des unités
urbaines de plus de 500.000 habitants ». S oit un maximum de
5 euros pour une voiture et
20 euros pour un camion dans des
villes comme Paris, Lyon ou encore
Marseille. Le texte prévoit également la possibilité d’instaurer des
tarifs réduits, voire la gratuité,
pour certaines situations particulières, « notamment ceux dont le
domicile ou le lieu de travail est situé
dans la zone soumise à tarif de congestion ». La gratuité est d’ores et
déjà prévue pour les véhicules
« d’intérêt général », les ambulances, ceux du ministère de la
Défense, ainsi que ceux assurant
« un service public de transport »,
sans que le texte précise à ce stade
si cela inclut les taxis et les VTC.
Mesure impopulaire
Les automobilistes qui devront
acquitter ce tarif n’auront pas à
faire la queue devant des barrières
de péage installées pour l’occasion : l’avant-projet de loi prévoit la
mise en place d’un « téléservice »,
permettant aux usagers de payer à
l’avance, en incluant des forfaits à
la journée ou sur une durée plus
longue. Des solutions technologiques permettant la fluidité du trafic ont déjà été rodées dans les villes européennes qui ont mis en
place le péage urbain, comme Londres, Milan ou encore Stockholm.
Cela ne suffira pas à réduire
l’impopularité de ce type de mesures. A l’opposition des automobilistes s’ajoute celle de certains élus,
qui dénoncent un effet de ségrégation sociale, et le gouvernement
peut sans doute s’attendre à un
débat musclé lors de l’examen du
texte devant le Parlement, ce printemps. Du côté du ministère des
Transports, on souligne que la
création de péages urbains est déjà
possible, mais que les contraintes
posées n’ont jamais permis d’expérimentation : « L’enjeu, c’est d’encadrer un dispositif qui existe déjà
pour le rendre opérationnel et surtout garantir qu’il soit proportionné », en prévoyant un tarif
maximum ou des possibilité de
dérogation. L’exécutif met également en avant que cet outil relève
de la décision des collectivités. Il
reviendra à ces dernières d’affronter la colère de leurs administrés.
(
Lire l’éditorial de
Jean-Marc Vittori page 11
Shutterstock
A Paris, les deux conditions d’Anne Hidalgo
La maire de Paris, Anne
Hidalgo, ne s’oppose plus
à ce dispositif, à condition
qu’il intègre des compensations pour les Franciliens.
Matthieu Quiret
@MQuiret
ÉNERGIE Bpifrance et TechnipFMC ont déposé plainte « pour
dol » (vice de consentement) contre Naval Group après l’arrêt cet
été de l’activité d’hydroliennes de
sa division Naval Energies dans
laquelle ils avaient investi, a indiqué l’agence Reuters, confirmant
une information du magazine
« Challenges ». Naval Energies
indique être détenu à 60 % par
Naval Group, à 34 % par bpifrance et à 6 % par TechnipFMC et
BNP Paribas Développement.
SUR
DANS « C’EST MON ARGENT »
À 5H53 ET 11H23 LE VENDREDI
DCNS
Plainte de
bpifrance et
Technip contre
Naval Group
AUTOMOBILE Sur le mois de septembre, PSA est devenu le premier constructeur européen, avec
199.000 véhicules écoulés
(–7,7 %). C’est mieux que Volkswagen, qui a vu ses volumes refluer
de 48 %, à 172.000 unités – une
chute liée à l’arrivée de la nouvelle
norme d’homologation WLTP. De
son côté, Renault a perdu 27 %.
Depuis le début de l’année, le
géant allemand reste de loin un le
numéro un sur le Vieux Continent, devant PSA et Renault.
Les grandes villes vont pouvoir
instaurer un péage urbain
l L’avant-projet de loi d’orientation des mobilités doit passer en Conseil
des ministres le mois prochain.
l Il prévoit cette possibilité pour les agglomérations de plus de 100.000 habitants.
Le patron de GE promet de tenir
ses engagements en France
PSA sur le toit
de l’Europe
en septembre
La future loi doit permettre aux grandes villes de mettre en place un « tarif de congestion », comme l’a fait Londres en 2003. Photo Shutterstock
Paris ne se ruera pas sur la création
d’un péage urbain, mais ne l’exclut
plus. Si l’avant-projet de loi d’orientation sur les mobilités (LOM) propose d’offrir aux grandes villes cette
possibilité, la maire de Paris, Anne
Hidalgo, confirme ses réticences. Son entourage explique que ce
dispositif aurait l’inconvénient
d’imposer une discrimination aux
Franciliens. La maire est toutefois
prête à discuter d’un péage « intelligent » sous deux conditions.
Afin d’éviter de pénaliser les
déplacements des plus modestes,
un péage devra prévoir des compensations. La mairie cite l’exemple
des péages positifs des Pays-Bas qui
tarifient les passages lors des heures de pointe et offrent des bonus
aux usagers des heures creuses.
Autre piste que la maire évoque
depuis le début de l’année, les recettes du péage pourraient financer le
passage à la gratuité des transports
en commun. Anne Hidalgo préfère
La Mairie de Paris ne considère pas le périphérique comme le bon périmètre d’un éventuel péage,
mais plutôt celui de la zone dense, soit l’équivalent de la métropole. Photo Hamilton/RÉA
également déporter le sujet à l’échelon du Grand Paris.
Consensus métropolitain
Echaudée par les polémiques sur la
piétonnisation des berges et l’accusation de ne pas avoir tenu compte
des communes voisines, la maire
assure que ces discussions n’aboutiront qu’à la deuxième condition
d’un consensus métropolitain. Un
atelier est actuellement conduit au
niveau du conseil du Grand Paris.
« On a vu que la métropole a déjà permis plusieurs consensus d’émerger
pendant ses deux ans d’existence, sur
les zones de circulation restreintes,
puis sur le calendrier d’interdiction
du diesel », explique son entourage.
Dès lors, la mairie ne considère
pas le périphérique comme le bon
périmètre d’un éventuel péage,
mais plutôt celui de la zone dense,
l’équivalent encore une fois de la
métropole. Par exemple, la zone
que délimiteraient des pôles de
mobilité concentrant des parkingsrelais et des gares de transports en
commun. Quant à l’échéance à
laquelle pourrait converger un consensus, l’exécutif municipal la situe
autour de l’arrivée du Grand Paris
Express vers 2024-2025. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 19
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
Colony Capital reprend
les hôtels Maranatha
Chacun devait présenter des scénarios de valorisation sur le portefeuille des six établissements de
prestige, Les Hôtels du Roy, repris
par Maranatha avec la société
d’investissement Cale Street – cette
dernière détient une créance de
275 millions d’euros (305 avec les
intérêts) que devra rembourser le
repreneur –, et le pôle historique du
groupe, soit 31 hôtels acquis avec
quelque 4.700 petits porteurs (globalement, Maranatha exploite une
cinquantaine d’établissements).
HÔTELLERIE
Le tribunal de commerce de Marseille
a désigné la société
d’investissement
américaine, comme
repreneur du groupe
hôtelier français.
Elle sera associée
à AccorHotels,
en tant qu’opérateur.
Volet social positif
Paul Molga
— Correspondant à Marseille
et Christophe Palierse
Après un mois de délibéré, les
juges-commissaires du tribunal de
commerce de Marseille ont tranché
mercredi en faveur du groupement
réunissant Colony Capital – en tant
qu’investisseur – et AccorHotels –
son partenaire opérateur – pour la
reprise de Maranatha, cinquième
groupe hôtelier français placé en
redressement judiciaire en novembre dernier. Cinq candidats sérieux
étaient en lice.
Le groupement retenu n’a pas fait la
meilleure offre de reprise mais dans
leur délibéré, les juges ont d’abord
noté le savoir-faire des repreneurs.
« Le groupe Colony a une expérience
de la gestion de 5.300 hôtels dans le
monde et entend s’appuyer sur le
groupe AccorHotels pour la gestion
du pôle Hôtels du Roy ainsi que sur
Maranatha Gestion Hôtelière pour
la gestion du pôle historique », écrivent-ils dans leur argumentaire.
Ils ont aussi pris en considération
son volet social positif avec la
reprise de la totalité des effectifs de
la filiale d’exploitation des hôtels
(110 emplois), le maintien en l’état
L’aviation d’affaires
sent enfin souffler
le vent de la reprise
Le redécollage des
livraisons de jets
d’affaires devrait
intervenir en 2019
avec l’arrivée de
nouveaux modèles.
Bruno Trévidic
@BrunoTrevidic
Ils repartiront probablement
avec un meilleur moral qu’à leur
arrivée. Réunis du 16 au 18 octobre au Salon NBAA d’Orlando,
les professionnels de l’aviation
d’affaires ont trouvé des raisons
d’être optimistes pour 2019.
Non seulement toutes les études publiées pour l’occasion
s’accordent à prédire un net
retour à la croissance l’an prochain, après des années de stagnation, mais le Salon aura
aussi donné lieu à quelques
annonces spectaculaires.
A commencer par la précommande de 325 jets d’affaires Cessna Longitude et Hemisphere
par l’américain NetJets, le
numéro un mondial de la location d’avions d’affaires. Une
annonce qui aura notamment
permis à Safran Aircraft Engines d’engranger le premier succès commercial du moteur Silvercrest, qui équipera jusqu’à
150 des 325 jets annoncés par
NetJets, depuis sa rupture avec
Dassault.
Le stock d’avions
d’occasion diminue
Même si le protocole d’accord
passé entre NetJets et Cessna ne
constitue pas encore une commande ferme, il va dans le sens
de la reprise du marché, amorcée au premier trimestre avec
une hausse de 2,8 % sur un an
des livraisons mondiales d’avions privés, selon les chiffres de
l’association des fabricants
d’affaires Gama. Une reprise qui
s’est amplifiée au deuxième trimestre, avec un total de 1.054
livraisons au premier semestre,
contre 1.001 au premier semestre 2017, même si les livraisons
« Un pari »
Concernant Les Hôtels du Roy,
Colony prévoit un programme de
travaux p our un montant de
42,7 millions d’euros et deux
options de remboursement aux
investisseurs, hors Cale Street : un
pack « option cash » pour 40,6 millions d’euros correspondant à 26 %
de leur investissement, et un pack
Le groupement retenu n’a pas fait la meilleure offre de reprise mais, dans leur délibéré,
les juges ont d’abord noté le savoir-faire des repreneurs. Photo Serge Ramelli/Maranatha
réussite dépendra de la stratégie du
repreneur ». Son offre est, à leurs
yeux, « celle qui présente une solution de sortie immédiate la plus satisfaisante et la plus prudente bien que
cela entérine une perte pour les investisseurs privés ».
Des recours et/ou des oppositions ne sont d’ailleurs pas à
exclure. Les investisseurs-épargnants concernés par le pôle histo-
« option cash et titres » où les investisseurs recevront une liquidité
immédiate de 8,3 millions et un
paiement de 80 millions à cinq ans
dans le cas d’un prix de cession de
450 millions dans cinq ans.
S’agissant du « pôle historique »
de Maranatha, le repreneur prévoit de céder 9 hôtels. Les jugescommissaires estiment que le projet Colony « constitue un pari dont la
rique de Maranatha devront en
effet se prononcer sur la cession
dans le cadre d’assemblées générales. Le processus de transfert des
actifs à Colony devrait être achevé
pour juin 2019.
Par ailleurs, la brigade financière
de Marseille mène une enquête sur
le système Maranatha et les diverses levées de fonds effectuées pour
développer rapidement son parc. n
CHIFFRE D’AFFAIRES
DU 3ÈME TRIMESTRE 2018
de jets d’affaires sont encore stables, à 296 appareils.
Signe de cette reprise : les
stocks de jets d’occasion, qui
gênaient les ventes d’avions
neufs, ont commencé à décroître, après une hausse de 9 % de
ventes en 2017 (2.700 transactions). Et si le marché américain
continue de tirer les ventes, avec
61 % des livraisons, grâce à la
bonne santé de l’économie et
aux réductions d’impôts accordées aux grandes entreprises, le
marché européen présente des
opportunités, avec 33 % de la
flotte d’avions d’affaires à
renouveler sur les cinq prochaines années, contre 20 % au
niveau mondial.
La vague
d’innovation
est appelée à durer,
avec notamment
plusieurs projets
d’avions à propulsion
électrique.
Toutefois, selon l’étude
H o n e y we l l , q u i t a b l e s u r
7.700 livraisons de jets d’affaires d’ici à 2028, le véritable redécollage interviendra l’an prochain, avec l’arrivée d’une vague
de nouveaux modèles, qui
devraient accroître les livraisons de 8 % à 10 %. Le nouveau
Cessna Longitude, ainsi que les
Gulfstream 500 et 600 et les
Bombardier 5500, 6500 et
7500, mais aussi les deux nouveaux jets d’Embraer – Praetor
500 et 600 – dévoilés au Salon
NBAA, commenceront à être
livrés l’an prochain.
Et la vague d’innovation est
appelée à durer avec l’arrivée du
nouveau Falcon 6X de Dassault
Aviation en 2022, d’un premier
jet d’affaires supersonique,
développé par la start-up américaine Aerion en partenariat
avec GE, pour 2023, et de plusieurs projets d’avions à propulsion électrique, tel que le
Zunum auquel participe Safran
ou encore les nombreux projets
de taxis volants. n
FORTE DYNAMIQUE DES PRODUITS LAITIERS ET D’ORIGINE
VÉGÉTALE ET DES EAUX, COMPENSANT LE RALENTISSEMENT
DE LA NUTRITION INFANTILE EN CHINE
(1)
CHIFFRE D’AFFAIRES
« Les Produits laitiers et d’origine
végétale ont connu ce trimestre
un retour à la croissance
encourageant et les Eaux
une progression des ventes
très dynamique, reflétant
un rééquilibrage du profil
de croissance des activités
de Danone. Notre performance
dans les pôles EDP et Eaux
6 186 mln €
a compensé des conditions
difficiles en Chine, où le marché
de la Nutrition Infantile montre
des signes de changement
de dynamique après une période
de croissance exceptionnelle.
Nous avons les fondamentaux
en place pour garder le cap
dans l’environnement actuel
de volatilité des marchés
CALENDRIER 2019
19 février 2019
Résultats annuels 2018
17 avril 2019
Chiffres d’affaires
du 1er trimestre 2019
+1,4 %(1)
25 avril 2019
Assemblée Générales
des Actionnaires
émergents et d’effets devises
défavorables, et continuer
à générer une croissance durable
rentable, et avons par
conséquent confirmé aujourd’hui
notre objectif annuel. »
Emmanuel Faber
Président-Directeur Général de Danone
Informations
actionnaires :
N°vert 0800 320 323
www.danone.com
@Danone
Une information complète sur
les résultats de Danone pour le
1 er semestre 2018 est disponible
sur www.danone.com
(1) En données comparables
AÉRONAUTIQUE
de leurs contrats de travail, salaires,
avantages sociaux et l’absence de
plan social pendant vingt-quatre
mois.
Sur le plan financier, Colony prévoit un apurement immédiat du
passif sur le p ôle histor ique
(23,6 millions d’euros), mais une
valorisation du pôle historique de
205 millions d’euros à cinq ans,
30 millions inférieure à la valeur
d’expertise réalisée par KPMG en
décembre 2017. Sur cette somme, le
groupe qui avait amélioré sa première offre, s’engage à verser aux
investisseurs (souvent des investisseurs individuels qui ont été floués
dans cette affaire) un total de
144,8 millions d’euros et à affecter
23 millions supplémentaires pour
financer les travaux encore nécessaires dans certains hôtels.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
20 // INDUSTRIE & SERVICES
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
En Chine, les géants du naval
voguent à plein régime
ÉNERGIE
L’objectif : développer 100 mégawatts
de projets d’autoconsommation
collective par an.
Véronique Le Billon
@VLeBillon
L’enseigne de grande distribution Casino et Engie ont
annoncé ce mercredi une
« alliance atypique », selon la
directrice générale de l’énergéticien Isabelle Kocher, pour
développer ensemble des centrales solaires sur les bâtiments. « Cette société commune
nous ramène il y a dix ans, quand
nous avons décidé de lancer cette
idée » avec la création de sa
filiale GreenYellow, « tellement
loin de nos bases », a rappelé le
PDG de Casino, Jean-Charles
Naouri. GreenYellow est l’un
des acteurs historiques de
l’autoconsommation collective
tissements », décr ypte un
expert. Avec des installations de
500 m2 (soit 100 kilowatts) à
5.000 m2 de panneaux solaires
(soit 1 MW), « cela représente en
moyenne une centrale livrée et
connectée par jour », a détaillé
Otmane Hajji, président de
GreenYellow.
Portage financier
Ces objectifs restent modestes
comparés aux projets de grandes fermes au sol. Total a indiqué vouloir développer 10
gigawatts ces dix prochaines
années, soit 1.000 MW par an.
EDF, qui a annoncé un plan
pour développer 30 GW
entre 2020 et 2035, prévoit d’en
réaliser un tiers sur les bâtiments, avec une offre pour « lisser jusqu’à douze ans le financement de cet investissement ».
Un modèle de financement
pour tiers que pratiquera aussi
Reservoir Sun. Les projets
seront développés sur des
ombrières de parking, des toitures, des hangars agricoles et
sur des réserves foncières « non
Ombrières de parking et toitures, Reservoir Sun veut
développer des projets solaires. Photo AFP
(l’électricité est consommée
directement par le site, au lieu
d’être envoyée sur le réseau),
avec 190 mégawatts (MW)
développés, d’abord sur les toitures des hypermarchés puis
sur celles d’autres clients
(Leroy-Merlin, Castorama…).
Baptisée « Reservoir Sun », la
coentreprise détenue à parité
par Engie et par GreenYellow
prévoit de développer chaque
année 100 MW de projet s
d’autoconsommation collective, pour un investissement
évalué à 100 millions d’euros
par an. « Le décentralisé [les projets de petite taille, NDLR], ce
n’est pas le monde des énergéticiens et pour GreenYellow, cela
leur permet de partager les inves-
valorisables ». L’objectif est que
les clients puissent produire
ainsi 20 à 25 % de leur consommation d’électricité.
Pour financer ses projets
gourmands en capitaux,
GreenYellow, qui réalise environ 200 millions d’euros de
chiffre d’affaires avec ses clients
professionnels, a annoncé la
semaine dernière une augmentation de capital de 150 millions
d’euros auprès de Tikehau
Capital et de bpifrance. A l’issue
de l’opération, ils détiendront
24 % de GreenYellow, qui gère
aussi la fourniture d’électricité
pour Cdiscount (la filiale de
vente en ligne de Casino) et se
développe dans l’efficacité énergétique. n
l Deux mastodontes publics, CSSC et CSIC, se cachent derrière les ambitions
de la marine chinoise et sa volonté d’atteindre une envergure mondiale.
l Et comme cette dernière, ils sortent de plus en plus de leurs frontières.
Frédéric Schaeffer
@fr_schaeffer
— Correspondant à Pékin
Il est apparu en treillis, entouré des
hauts gradés du régime. Le 12 avril, le
président chinois, Xi Jinping, assiste
aux plus grandes manœuvres jamais
organisées par la marine de l’Armée
populaire de libération (APL). Avec le
porte-avions « Liaoning », des destroyers à missiles guidés, des frégates, des sous-marins…, une armada
de 48 navires croise au large de l’île
rebelle de Taïwan. Le message, largement relayé par les médias officiels,
est limpide : la marine chinoise est de
retour et constitue un pilier du
« grand renouveau » de la nation. Il
se concrétise ce week-end, alors que
la marine chinoise entame des
manœuvres communes avec la
Malaisie et la Thaïlande dans le
détroit de Malacca.
Derrière cette ambition, toute une
industrie est mobilisée. Et notamment les deux mastodontes publics
CSSC (China State Shipbuilding Corporation) et CSIC (China Shipbuilding Industry Corporation). Ces derniers sont nés à l’été 1999, lorsque
Pékin donne naissance aux dix groupes de défense actuels, bâtis sur les
cendres des anciens ministères de
l’Industrie des machines. La recette
est la même dans le naval que dans
d’autres industries traditionnelles :
en créant deux entités distinctes,
Pékin cherche à accroître la concurrence pour gagner en efficacité.
Erreur de jugement
Avec un chiffre d’affaires combiné
de 65 milliards d’euros en 2017, dont
18,5 milliards dans la construction
navale civile et militaire, les deux
conglomérats incluent de multiples
métiers (trading, réparation, constructions métalliques…), les chantiers de CSIC (au nord-est de la
Chine) étant davantage tournés vers
le naval de défense, quand ceux de
CSSC (au sud du pays) sont plus
orientés vers les activités civiles. En
une quinzaine d’années, les chantiers chinois ont connu une progression phénoménale, disputant la tête
du classement mondial aux sud-coréens Daewoo, Samsung et Hyundai. CSSC est désormais le deuxième
plus grand chantier de construction
navale civile au monde, derrière
Hyundai.« De nombreux observa-
L’EVENEMENT LEADER
DE L’IMMOBILIER COMMERCIAL
8600 PARTICIPANTS
80 PAYS
2100 ENSEIGNES
2500 PROMOTEURS
1000 INVESTISSEURS
Une armada de 48 navires croisait au large de l’île rebelle
de Taïwan, au printemps dernier. Photo ISD/Newscom/Sipa
teurs pensaient qu’il faudrait de nombreuses années à la Chine pour être
capable de construire des navires
compliqués. La commande passée en
2017 par Carnival à CSSC pour deux
grands navires de croisière ainsi que la
l i v ra i s o n d e 7 m é t h a n i e rs d e
170.000 m3 en 4 ans au japonais MOL
sont les preuves d’une flagrante erreur
de jugement », observe Philippe
Louis-Dreyfus, président du conseil
de surveillance de Louis-Dreyfus
Armateurs, dans la lettre des conseillers du commerce extérieur « La
Chine hors les Murs »
Dans le militaire aussi, la montée
en puissance surprend par sa rapidité. « Elle est liée à celle de l’Armée
populaire de libération, qui reste leur
principal client », relève Mathieu
Duchâtel, directeur adjoint du programme Asie à l’European Council
on Foreign Relations. CSIC et CSSC
sont aussi plus visibles à l’international. En Asie du Sud-Est, ils rempor-
Thème de l’année :
le commerce physique à l’ère du digital.
tent des contrats d’équipement
naval sur des segments plus avancés
que dans la décennie précédente. En
témoignent des contrats conclus l’an
dernier avec la Thaïlande pour la
livraison de trois sous-marins et la
production de quatre patrouilleurs
pour la Malaisie. Alors que les chantiers bénéficient d’un soutien étatique sans faille, ils font des offres alléchantes partout dans le monde, au
Brésil, en Argentine, au Pakistan, et
même en Pologne…
Face à cette redistribution des cartes, la pression s’accroît sur des
acteurs européens comme Naval
Group, TKMS ou l’italien Fincantieri, qui ont besoin d’exporter. Il y a
peu, les Européens régnaient seuls
sur l’exportation de navires militaires. Ce temps est révolu. « Le retard
technologique de la Chine a longtemps
été compensé par son agressivité commerciale, mais la montée en gamme
de ses constructeurs navals les amè-
Face à la montée en puissance de la construction
navale chinoise, Hervé
Guillou, PDG de Naval
Group, met en garde contre
ce qu’il appelle « le syndrome TGV ». Ces constructeurs ferroviaires européens, qui ont tous été
contraints à des mariages
forcés pour survivre face à
CSR, le constructeur chinois. Pour éviter cela, Hervé
Guillou défend bec et
ongles son projet de rapprochement avec le grand
chantier italien Fincantieri.
Faute de persuader ses
actionnaires de mener un
échange d’actions, il œuvre
à la création d’un joint-venture pour mener des
recherches en commun,
aller à l’export ensemble, et
faire peu à peu la preuve de
l’utilité de cette union.
nera à très court terme à se positionner en concurrent direct des groupes
européens », juge un industriel.
Le gouvernement chinois encourage aussi à la consolidation. Les
rumeurs de rapprochement entre
CSIC et CSSC ont resurgi en début
d’année, la Chine cherchant à asseoir
son leadership mondial sur un secteur jugé prioritaire dans son plan
Made in China 2025. Le géant issu
d’une telle fusion atteindrait deux
fois le chiffre d’affaires combiné des
trois sociétés sud-coréennes Hyundai Heavy Industries, Daewoo Shipbuilding et Samsung Heavy Industries. Les ambitions maritimes de la
Chine ne font que commencer. n
INTERVIEW // MATHIEU DUCHÂTEL Directeur adjoint du programme
« Asie et Chine » au Conseil européen des relations internationales
« Jamais la Chine n’a été si proche
d’avoir une industrie autonome »
A quoi tient la montée
en puissance de l’industrie
de défense chinoise ?
Elle date de l’accélération de la
modernisation de l’Armée populaire
de libération (APL). Après la crise du
détroit de Taïwan de 1995-1996, la
Chine a progressivement réduit sa
dépendance envers les systèmes russes, grâce à un investissement considérable dans son industrie d’armement. Elle mène aujourd’hui ses
propres programmes pour tous les
grands systèmes d’armes et sa
courbe de progression semble exponentielle. La Chine ne dépend de
l’étranger que pour des niches et
pour nourrir sa propre stratégie
d’innovation, via des transferts
intangibles de technologie. Jamais
elle n’a semblé si proche d’avoir une
industrie d’armement autonome.
« Les constructeurs
chinois produisent
en série des nouvelles
classes de corvettes,
de frégates, de
destroyers et un géant
de 12.000 tonnes. »
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Palais des Festivals, Cannes
L’alerte
de Naval Group
DÉFENSE
Quelles sont les ambitions de la
Chine en matière de défense ?
Xi Jinping a fixé le cap il y a un an lors
du 19e Congrès du Parti communiste
en appelant à construire une APL de
« classe mondiale » en 2050. Pour
atteindre cet objectif, « la technologie
est la capacité de combat centrale »,
prévient-il. La Chine dispose de deux
atouts considérables : le soutien politique sans faille de l’appareil d’Etat et
une capacité d’investissement sans
égal aujourd’hui.
Quelles sont les performances
de la marine chinoise ?
Après avoir longtemps tâtonné pour
se mettre à niveau, la Chine arrive à
un point où elle est satisfaite de ce
qu’elle produit. Les constructeurs
chinois produisent en série des nouvelles classes de corvettes, de frégates, de destroyers et un géant de
12.000 tonnes. Ils visent le développement d’une classe de porte-hélicoptères, qui décuplerait les capacités de
projection amphibie de la marine et
travaillent aux nouvelles générations de sous-marins nucléaires.
Nous assistons à un changement de
modèle de la marine chinoise qui
passe d’un cadre régional (avec une
position stratégique dominante en
mer de Chine du sud) à un cadre global. Il s’agit là de protéger les intérêts
croissants de la Chine à l’étranger et
d’assurer, le cas échéant, des missions de libération d’otages ou d’évacuation de ressortissants. C’est pour
cette raison que la première base chinoise à l’étranger, à Djibouti, est sous
le commandement de la marine.
La Chine est-elle un compétiteur crédible à l’exportation ?
Le scénario d’une Chine qui par-
DR
Engie et Casino
concrétisent leur
alliance solaire
Mathieu Duchâtel : « La Chine
gagne des marchés importants
ailleurs qu’en Asie du Sud et
dispose d’une véritable niche
avec les drones armés. »
vient à innover en matière d’armement et conquérir de nouveaux
marchés d’exportation est crédible,
ce qui pose la question des partenariats et des transferts de technologies que peuvent consentir la
France et l’UE avec la Chine. La
Chine gagne des marchés importants ailleurs qu’en Asie du Sud et
dispose d’une véritable niche avec
les drones armés. Cela étant,
l’expansion de l’industrie chinoise
est freinée par des considérations
géopolitiques. Les chances de voir la
Chine remporter des appels d’offres
auprès des alliés et des amis des
Etats-Unis sont quasi nulles.
Propos recueillis par F. S.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 21
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
Les ventes de Carrefour
se redressent
Danone pénalisé
par le boycott
marocain
AGROALIMENTAIRE
l Les difficultés en Espagne et en Italie n’effacent pas les performances
de la France et du Brésil.
l Carrefour poursuit son plan de transformation.
Le chiffre d’affaires
du groupe français
a reculé de 4,4 % au
troisième trimestre.
DISTRIBUTION
Marie-Josée Cougard
@CougardMarie
Philippe Bertrand
@Bertra1Philippe
Carrefour améliore ses performances en France. Les ventes du troisième trimestre 2018 montrent une
progression à surface comparable
de 1,6 %, contre – 0,1 % au premier
semestre. Les hypermarchés
enrayent leur déclin avec un chiffre
d’affaires stable. Les supermarchés
avancent de 2,6 % et les autres formats, dont les petits magasins de
proximité de 4,7 %. Au sein du
groupe, on souligne « la meilleure
progression trimestrielle en alimentaire depuis 2015 ». A taux de change
courant, en raison de la faiblesse du
real brésilien et du peso argentin les
ventes baissent toutefois de 2,8 %.
A l’échelle mondiale, les ventes
gagnent 2,1 %, en comparable, à
21 milliards d’euros. Au redressement de l’Hexagone s’ajoute la
confirmation de la bonne tenue du
marché brésilien. Là-bas, le chiffre
d’affaires du troisième trimestre a
grossi de 5,1 %, toujours à périmètre
comparable. Le succès des cash &
carry Atacadao ne se dément pas.
Carrefour en a ouvert 14 de plus
depuis le début de l’année. Ce sont
souvent des anciens hypermarchés.
Concurrence
Les chiffres du Brésil sont dopés par
le retour de l’inflation sur les denrées alimentaires. Il y a quelques
mois, la déflation creusait les chiffres d’affaires malgré la stabilité des
volumes. L’Europe occidentale,
hormis la Belgique, porte une
ombre au tableau. La tendance est
identique à celle du premier semestre en Italie et en Espagne. Cette fois,
on parle de baisses. Les ventes fléchissent de 2,7 % en comparable
outre-Pyrénées et chutent de 4,4 %
de l’autre côté des Alpes.
Les hypers français vont tester
des « shops in shop » Darty
Deux tests vont être menés
à Limoges et en région
parisienne. Un autre est
lancé en Chine avec Gome,
le Darty local.
Pour tenter de redresser le rayon
électrodomestique qui souffre dans
ses hypermarchés, Carrefour teste
la concession de ce département à
Darty. L’EPCS – comme dit aussi le
jargon de la grande distribution
pour « électroménager, photo, ciné,
FNAC Darty et
Carrefour mutualisent
auprès des grands
fournisseurs environ
10 milliards d’euros
de volume d’activité.
son » – subit en effet particulièrement la concurrence des spécialistes et de l’e-commerce et les enseignes généralistes se désengagent
peu à peu de ce segment.
Chez Casino, Cdiscount exploite
ainsi dans les Géant 35 showrooms
qui remplacent les rayons techniques traditionnels. Cela représente
un tiers du parc d’hypermarchés du
groupe. Le site marchand, numéro
deux en France derrière Amazon,
s’occupe également des achats non
alimentaires de tous les hypers. Une
manière pour l’actionnaire de contrôle Jean-Charles Naouri de dégager des synergies au profit des deux
entreprises qu’il contrôle. Carrefour
suit la même logique. Dans le communiqué sur les ventes publié mercredi, le distributeur dirigé par
Alexandre Bompard confirme le
test de deux « shops in shop » d’électroménager et de produits gris et
bruns (informatique, TV, etc.) avec
Darty. Selon nos informations, ces
laboratoires seront implantés dans
les hypermarchés de Limoges et de
la Ville-du-Bois, dans l’Essonne.
« Fourty »
En cas de succès ce format sera
dupliqué, Carrefour devenant un
franchisé Darty. Une formule que
l’enseigne rouge et blanc active par
ailleurs auprès de commerçants
indépendants spécialisés et implantés dans des villes petites et moyennes. Darty s’est aussi installé dans
quelques FNAC. Carrefour mène
une expérience similaire en Chine,
avec le spécialiste local Gome.
Les deux groupes – FNAC Darty
et Carrefour – ont, par ailleurs, conclu un accord à l’achat fin 2017. Ils
mutualisent auprès des grands
fournisseurs environ 10 milliards
d’euros de volume d’activité. La
structure porte le nom de code de
« Fourty ». Elle n’opère que sur le
marché français et est en train de se
mettre en place. — P. B.
Darty teste l’implantation
de petits magasins dans des
hypermarchés Carrefour.
Photo Denis/RÉA
En Italie, la mauvaise conjoncture économique et le climat politique pèsent sur la consommation.
En Espagne, c’est la concurrence de
Mercadona et de Lidl qui pénalise
Carrefour. Le groupe français va
hausser l’agressivité de sa politique
commerciale et promotionnelle
pour faire face, tout en repositionnant son offre alimentaire sur le
frais, le bio et les marques de distributeur.
La chute se poursuit en Chine
(–4,8 %) à un rythme un peu moins
rapide au premier semestre
(–6,4 %). En interne, on se satisfait
de la progression à trois chiffres des
ventes alimentaires sur Internet,
notamment grâce au partenariat
avec Tencent.
Fort de ses performances, le
groupe confirme tous ses objectifs
financiers à moyen terme. Carrefour suit le plan de transformation
du PDG Alexandre Bompard. Du
côté des coûts, le plan de départs
volontaires de 2.400 cadres est presque achevé. Les nouvelles organisations seront opérationnelles début
2 0 1 9 . L e s ex - D i a o n t é t é f e r més. L’offre alimentaire se recentre
sur le bio et les marques propres. Les
rayons non-alimentaires des hypers
sont réduits. Quelque 10.000 mètres
carrés ont déjà disparu et 40.000
autres sont à l’étude. L’espace est utilisé pour la préparation de commandes Internet dans la logique
omnicanale ou pour des zones de
déstockage. La création de shop-inshop Darty va aussi être testée. n
Journée difficile en Bourse
pour Danone. Le groupe agroalimentaire a vu son cours reculer de plus de 4 % mercredi,
après avoir publié un chiffre
d’affaires en recul de 4,4 %, à
6,2 milliards d’euros.
Danone a cumulé divers problèmes, dont la dépréciation du
real brésilien, de la livre turque
et du peso argentin. A taux de
change et périmètre constants,
les ventes du groupe augmentent de 1,4 % au troisième trimestre, mais les volumes sont
en baisse de près de 2 %. Le
groupe continue de subir les
effets du boycott de ses produits
laitiers au Maroc. Un mouvement lancé en mai contre « les
produits chers » sur les réseaux
sociaux qui vaut à Centrale
Danone, la filiale marocaine du
groupe une chute de 35 % de
son chiffre d’affaires au troisième trimestre, après un plongeon de 40 % entre avril et juin.
Son chiffre d’affaires en 2017
était de 600 millions d’euros,
soit 2,5 % du chiffre d’affaires
du groupe.
–35 % des ventes
au Maroc
Emmanuel Faber, le patron de
Danone, s’est rendu deux fois
sur place pour tenter de calmer
les esprits. Les prix des briques
de lait pasteurisé de 470 ml ont
été abaissés à leur niveau de
2008 avant la prise de contrôle
par Danone, soit le prix coûtant
actuel. Emmanuel Faber s’est
engagé à ce que cette décision
ne lèse pas les éleveurs et les
épiciers.
Un nouveau produit, également de 470 millilitres mais en
sachet de plastique (moins coûteux), a été lancé à un prix
réduit (0,23 euro l’unité), en
réponse aux attentes de
100.000 Marocains, sondés lors
d’une enquête sur les raisons du
boycott. Des équipes de Centrale Danone sillonnent le
Maroc pour rester à l’écoute.
Parallèlement, Danone a dû
faire face à une chute de plus de
20 % des ventes des produits
infantiles en Chine « après
douze mois de croissance exceptionnelle » et dans laquelle
Cécile Cabanis, la directrice
générale des finances, ne veut
voir qu’un ajustement du marché lié à « la baisse de la natalité ». Au premier semestre, les
ventes ressortaient en hausse
de 40 % par rapport à la même
période un an avant.
Déboires outre-Manche
Autre source de désagrément,
la mise au jour dans la presse
britannique du scandale provoqué par de nouvelles formulations du lait Aptamil, qui ont
rendu malades des centaines de
bébés et déclenché autant de
plaintes de parents. L’affaire a
entraîné une chute des ventes,
qui a, selon Danone, impacté la
performance européenne du
pôle de nutrition infantile au
troisième trimestre. Le chiffre
d’affaires de cette activité au
niveau mondial a baissé de
6,2 % sur le trimestre, les volumes de près de 4 %. Hors Amérique du Nord, le pôle produits
laitiers et d’origine végétale
recule de 8,1 % en valeur, mais
progresse en Amérique du
Nord à +1,4 %.
Au chapitre des bonnes nouvelles, la nutrition infantile se
porte bien en Indonésie, en Afriq u e e t a u x Et a t s - U n i s . L a
relance d’Activia commence
enfin à porter ses fruits des deux
côtés de l’Atlantique. Les spécialités végétales de WhiteWave,
dernière grande acquisition de
Danone, progressent, tout
comme les « coffee creamers ».
Malgré les ralentissements,
le groupe a confirmé ses objectifs pour 2018, à savoir une
croissance à deux chiffres du
bénéfice net courant par action,
à taux de change constant.
(
Lire « Crible »
Page 36
AVIS FINANCIERS
BNP Paribas Plan
www.vilmorincie.com
En abrégé BNPP Plan
Euronext Paris - Compartiment A, SRD
SICAV de droit luxembourgeois – OPCVM
LÉGÈRE CROISSANCE DE L’ACTIVITÉ (1) ET RETRAIT DU RÉSULTAT NET EN 2017-2018
DIVIDENDE PROPOSÉ : 1,35 EURO PAR ACTION
ET PROJET D’ATTRIBUTION GRATUITE D’ACTIONS
OBJECTIF DE CROISSANCE D’ACTIVITÉ DE +2 % À +3 % (1) POUR 2018-2019
En M€
Chiffre d’affaires annuel
Résultat opérationnel
Résultat mis en équivalence
Résultat net consolidé
Résultat net part du Groupe
2016-2017
2017-2018
Variation (2)
1 414,0
1 346,0
-4,8%
118,3
97,1
- 21,2 M€
33,9
90,1
86,9
23,3
76,9
74,1
- 10,6 M€
- 13,2 M€
- 12,8 M€
Résultats 2017-2018
En 2017-2018,Vilmorin & Cie affiche, dans des marchés
conjoncturellement difficiles, un chiffre d’affaires en
légère progression (+0,7% (1)), et des résultats annuels
en retrait : la marge opérationnelle courante s’établit
à 7,2 %, en recul sensible par rapport à 2016-2017,
et le résultat net total s’élève à 76,9 millions d’euros.
Dividende
Un dividende de 1,35 euro par action sera proposé
à l’Assemblée Générale des Actionnaires. Il correspond
à un taux de distribution de 38 %.
Le Conseil d’Administration de Vilmorin & Cie proposera
à l’Assemblée Générale des Actionnaires l’adoption
d’une résolution lui délégant les pouvoirs nécessaires
en vue de l’attribution gratuite d’actions aux actionnaires.
4e
SEMENCIER
MONDIAL
2
N°
Perspectives 2018-2019
Pour l’exercice 2018-2019,Vilmorin & Cie ixe l’objectif
d’atteindre une progression de son chiffre d’affaires
consolidé de 2 % à 3 % (1) et de réaliser un taux de
marge opérationnelle courante en légère progression,
estimée entre 0,5 et 1 point, par rapport à 2017-2018.
Celui-ci prendra en compte un effort de recherche qui
devrait être supérieur à 250 millions d’euros.
Prochains rendez-vous
05.11.18 (3) Chiffre d’affaires 1er trimestre 2018-2019
22-23.11.18 Salon Actionaria à Paris
07.12.18
Assemblée Générale des Actionnaires
à Paris
12.12.18
Détachement du dividende
14.12.18
Mise en paiement du dividende
Siège social : 10, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Registre de commerce et des sociétés du Luxembourg n° B 77227
AVIS AUX ACTIONNAIRES
LIQUIDATION DU COMPARTIMENT « EASY FUTURE 2018 »
Catégorie
Classe
Code ISIN
Classic
CAP
LU0930018691
Privilege
CAP
LU0930018857
Conformément à son objectif d’investissement et aux modalités d’émission, ce compartiment expirera
et sera liquidé automatiquement le 31 octobre 2018, soit la dernière Date de transaction.
Le dernier jour d'acceptation des ordres de souscription, de conversion et de rachat est aujourd'hui.
La valeur de liquidation sera la plus haute valeur entre
1) la dernière VNI en date du 31 octobre 2018 et
(1)
Retrouvez le communiqué de presse et
la présentation des comptes annuels 2017-2018
sur www.vilmorincie.com
2) la Valeur garantie comme définie dans le prospectus.
À données comparables. (2) À données courantes.
Les Actionnaires seront remboursés le 6 novembre 2018.
6
N°
mondial
mondial
des semences
potagères
des semences
de grandes cultures
(3)
Après clôture de Bourse.
Contacts
Vincent SUPIOT
vincent.supiot@vilmorincie.com
Valérie MONSÉRAT
valerie.monserat@vilmorincie.com
Tél. + 33 (0)4 73 63 44 85
La valeur de la liquidation sera calculée et validée par le Réviseur d’entreprises le 5 novembre 2018.
Les frais de liquidation seront pris en charge par BNP PARIBAS ASSET MANAGEMENT Luxembourg,
la société de gestion de la Société.
Luxembourg, le 18 octobre 2018
Le Conseil d’administration
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
22 // INDUSTRIE & SERVICES
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
Marché des musiques actuelles :
le MaMa entre crainte et espoir
l Pas moins de 5.600 professionnels sont réunis de mercredi à vendredi dans diverses salles de concerts parisiennes.
l Parmi les sujets d’inquiétude, les coûts de sécurité, l’avenir du CNM et des crédits d’impôts.
Quand les Arena
françaises s’inspirent
du modèle américain
CULTURE
Martine Robert
@martiRD
Au MaMa – à la fois marché des
musiques actuelles, convention et
festival –, qui se tient à Paris de mercredi à vendredi, les éditions se suivent et se ressemblent. La filière
musicale est partagée entre le succès du spectacle vivant et du streaming, et l’inquiétude liée à la concentration du secteur et au sort
réservé au Centre national de la
musique (CNM), qui peine à voir le
jour. Cela explique peut-être la fréquentation croissante du Salon, de
1.800 professionnels accrédités en
2010 à plus de 5.600 l’an dernier, et
son internationalisation, avec
l’implication de partenaires européens, japonais, canadiens.
Conférences, keynote, démos,
« speed meetings », tous les formats
sont bons pour décoder les transformations radicales d’une filière
en mal de repères. Le MaMa Invent
fait ainsi le point sur les innovations
numériques et technologiques, en
collaboration avec l’Irma, le centre
de ressources sur les musiques
actuelles : podcast, réalité virtuelle,
gestion des métadonnées dans le
spectacle, utilisation des algorithmes pour les playlists, monétisa-
Les salles françaises
affichent des chiffres
d’affaires bien moindres
que leurs concurrentes
anglo-saxonnes.
Le MaMa propose un festival de plus d’une centaine de concerts. Photo Gwendal Le Flem
tion des paroles en ligne…Parallèlement, un « living lab » permet de
tester à l’occasion de concerts les
dernières applications des multiples jeunes pousses attirées par la
filière.
Succès de la scène électro
Dans l’air du temps, un parcours
dédié aux « artistes-entrepre-
neurs » voit le jour. A l’ordre du jour
des conférences, on trouve un focus
s u r l e d é ve l o p p e m e n t d ’u n e
« music tech » en Afrique, les
conséquences du Brexit, l’exportation des artistes français, l’avenir
des crédits d’impôts, les coûts de
sécurité qui flambent sur les festivals et aux abords des arenas, ou
encore l’inexorable succès de la
scène électronique depuis quatre
ans. Et le serpent de mer du Centre
national de la musique, inspiré du
CNC pour le cinéma, sera sans nul
doute évoqué. Françoise Nyssen a
promis 5 millions d’euros sur le
budget de la culture pour amorcer
sa création en 2019. Le nouveau
ministre de la Culture, Franck Riester, tiendra-t-il la promesse de son
prédécesseur, loin quoi qu’il en soit
des 20 millions de financement
public supplémentaires demandés
par la filière pour en faire un outil
efficace.
4
À NOTER
La musique est la première
pratique culturelle
des Français. Elle « pèse »
8,7 milliards d’euros
et 240.000 emplois,
selon la mission CNM.
Dans le Top 10 Billboard des Arena
mondiales de plus de 15.000 places,
classées par chiffre d’affaires, des
américaines, anglaises, canadiennes et australiennes, mais pas de
salle française. Et pour cause : les
arènes françaises réalisent de 40 à
50 millions d’euros d’activité, contre
164,4 millions de dollars pour la
numéro un, la T-Mobile Arena de
Las Vegas. A cela plusieurs raisons.
D’une part, les cachets des artistes
anglo-saxons sont plus élevés que
ceux des talents français. D’autre
part, comme le souligne Nicolas
Dupeux, directeur général de
l’AccorHotels Arena, « les business
models sont différents avec des
contrats de naming et de partenariat
souvent plus importants, des
consommations de boissons, nourriture, produits de merchandising,
supérieures, des spectateurs qui
vivent une expérience globale, arrivent plus tôt et donc consomment
davantage sur place » .
Ces méthodes à l’américaine,
la salle de l’Est parisien a justement
entrepris de les appliquer depuis
que l’équipement, rénové et agrandi,
a été rouvert en octobre 2015 pour
accueillir jusqu’à 20.300 spectateurs
et beaucoup plus de loges et salons.
Et c’est encore plus vrai pour Paris La
Défense Arena, qui fête son premier
anniversaire : avec ses 40.000 places, sa capacité n’existait pas jusque-là pour une salle couverte.
« Outre les gros concerts, même les
compétitions accueillies devront être
du sport-spectacle », insiste Damien
Rajot, directeur général de l’arène
basée à Nanterre. Pour ce dernier, la
tendance au gigantisme des productions comme des festivals, joue en
faveur de cet équipement. Outre
Booba, qui a choisi cette salle pour
réunir 37.000 fans, Mylène Farmer a
vendu 145.000 billets en un jour et
demi pour son concert de juin prochain. Après les Stones, il y a un an, la
productrice Jackie Lombard fait
venir le 28 novembre Paul McCartney puis Pink en juillet 2019. « Sans
cette arène, la chanteuse Pink ne serait
pas venue, car c’est une énorme production. Idem pour Paul McCartney
qui aurait considéré que ce n’était pas
suffisamment rentable ailleurs »,
confie-t-elle.
Configurations multiples
Un défi logistique pour cette
enceinte, dont l’échelle n’est pas
familière aux producteurs, habitués
à des Arena de 15.000-20.000 places
ou à des stades de 80.000. « Beaucoup ont eu du mal à se projeter et
nous avons réfléchi à des configurations très diverses à leur proposer. Il y
a de vrais enjeux de création pour
nous, car la concurrence internationale est rude », reconnaît Bathilde
Lorenzetti, vice-présidente.
L’offre de restauration est montée
en gamme avec Lenôtre, pour
séduire également séminaires et
conventions. En un an, Paris La
Défense Arena a reçu 500.000 spectateurs et 35.000 VIP : un chiffre que
ses équipes espèrent doubler à
terme. — M. R.
Le premier médicament au
monde face à la concurrence
PHARMACIE
DERNIERS O
URS
POUR CANDJID
ATER
Amgen et Biogen
s’attaquent avec
des biosimilaires, à
l’Humira, un produit
vedette d’AbbVie.
Catherine Ducruet
cducruet@lesechos.fr
Les fabricants de biosimilaires
étaient dans les starting-blocks. Les
voilà partis après le coup d’envoi
donné, ce mercredi, par l’arrivée à
échéance, en Europe, des brevets
couvrant Humira, premier médicament au monde avec un chiffre
d’affaires de 18,4 milliards de dollars
en 2017 (16 milliards d’euros). Ce produit biologique du laboratoire américain AbbVie est utilisé dans une
série de huit maladies inflammatoires chroniques allant de la polyarthrite rhumatoïde à la maladie de
Crohn, en passant par le psoriasis. Il
sera désormais soumis à la concurrence des biosimilaires, ces équivalents des génériques pour les médicaments biologiques.
« Toutes ces indications ne perdaient pas simultanément, le 16 octobre, la protection du brevet mais
Amgen et Samsung BioEpis (un jointventure entre Samsung et Biogen)
avait négocié avec AbbVie un accord
leur permettant de lancer leurs biosimilaires dès le 17 octobre, quelle que
soit l’indication », explique Lyes
Salah, qui dirige l’activité biosimilaires d’Amgen en France. Sandoz,
Mylan et Boehringer Ingelheim,
dont les produits sont autorisés ou
en cours d’autorisation en Europe,
n’ont pas eux signé de tels accords,
seuls Amgevita de Amgen et Imraldi
de Samsung Bioepis vont donc être
effectivement disponibles sur les
marchés des pays de l’Union européenne dans les jours qui viennent.
160 millions d’économie
La France ne fait pas exception. Le
prix de remboursement de
254,18 euros par seringue a été
publié au « JO » mercredi, soit plus
de 6.700 euros par an et par patient.
Un montant qui intègre une décote
de 40 % par rapport au prix de
l’Humira jusqu’à ce jour, prix qui se
voit lui-même abaissé de 20 %.
Il s’agit d’un prix standard car « le
produit est proposé sous différents
conditionnements (seringue, stylo
prérempli) », explique Sang Jin Pank,
directeur général de Samsung Bioepis. Le produit, s’il est initialement
prescrit à l’hôpital, est en revanche
commercialisé en officine, indiquet-on chez Biogen. En France, pour la
Sécurité sociale, c’est une économie
potentielle de 160 millions d’euros
qui pourrait être réalisée sur le budget de quelque 400 millions d’euros
consacré à Humira en 2017. « Pour
cela, il faut convaincre les prescripteurs de la réelle équivalence des biosimilaires en termes d’efficacité et de
sécurité » insiste Lyes Salah. C’est
pourquoi tant Amgen que Biogen
ont musclé leurs équipes, pour faire
un vrai travail de pédagogie auprès
des médecins.
AbbVie fait
tout son possible
pour compenser
ces pertes futures
de chiffre d’affaires.
Le grand perdant dans toute cette
affaire est naturellement AbbVie,
qui réalise 65 % de ses revenus avec
ce produit, dont les ventes vont plonger. Sachant que l’Humira est encore
protégé aux Etats-Unis jusqu’en
2023, la concurrence des biosimilaires ne s’exerce que sur les ventes non
américaines soit 6 milliards de dollars en 2017. Elles devraient baisser,
d’après les estimations d’AbbVie, de
18 à 20 % soit 1,2 milliard de manque
à gagner la première année. Le
groupe fait actuellement tout son
possible pour compenser ces pertes
futures de chiffre d’affaires en alimentant son pipeline avec d’autres
produits d’immunologie et des anticancéreux. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
INDUSTRIE & SERVICES // 23
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
Philippe Dupont quitte AlixPartners
pour Alvarez & Marsal
CONSEIL
Moins de deux ans
après avoir rejoint
AlixPartners, Philippe
Dupont vient renforcer Alvarez & Marsal,
qui prend une nouvelle
dimension en France.
Delphine Iweins
diweins@lesechos.fr
Conséquences directes des opérations de restructuring menées ces
dernières années, les grands groupes ont besoin d’être accompagnés
dans l’analyse de cibles potentielles
et dans la création d’un plan postacquisition. Et le cabinet Alvarez &
Marsal ne cache plus son ambition
de devenir incontournable sur ce
marché.
De fait, le capital-investissement
représente aujourd’hui la majorité
du chiffre d’affaires du cabinet de
conseil, réputé par ailleurs pour
intervenir dans le restructuring, la
transformation et les situations de
crise. « Les entreprises ont besoin de
solutions pragmatiques et simples »,
souligne Tony Alvarez, son directeur Europe.
L’équipe française a d’ailleurs triplé son volume de ressources, de
clients et de demandes ces dernières années. Arrivé à une taille critique – une quarantaine de collaborateurs à Paris et près de 70 dans le
groupe Europe francophone –, il
était temps qu’il recrute.
Identifier les nouveaux
leviers de croissance
Après le lancement du département Transaction Advisory en mai,
c’est au tour de Philippe Dupont,
ancien PDG du groupe Banque
Populaire, de renforcer le cabinet
en tant que senior advisor. « Avec
Philippe, nous avons construit une
relation de confiance. Il a une très
grande expérience du marché français », explique Tony Alvarez.
« Alvarez & Marsal a une approche
unique des métiers du consulting,
héritée de son expertise en restructuring, et dispose d’un puissant réseau
européen. C’est ce qui m’a convaincu
de participer à l’écriture d’une nouvelle page de l’histoire de ce cabinet »,
complète le nouveau venu, qui
quitte ainsi AlixPartners moins de
deux ans après l’avoir rejoint.
Ancien président de la Fédération bancaire française, Philippe
Dupont va apporter son expertise
des dossiers complexes et aider les
entreprises à identifier les nouveaux leviers de croissance et de
rentabilité. « Aujourd’hui, l’intérêt
est d’apporter des solutions avant la
crise et d’accompagner les opérationnels dans des solutions managériales », insiste celui qui a été le premier président du groupe BCPE.
Son arrivée coïncide avec celle de
Nicolas Taufflieb, ancien aussi du
cabinet AlixPartners, qui devient
managing director et dirigera le
département Financial Industry
Advisory Services. n
marketing
Montblanc persévère
dans la montre
connectée
LUXE
La marque est la seule
du groupe Richemont
à avoir sauté le pas
de la montre connectée.
Enrichie de fonctionnalités,
la Summit 2 est commercialisée à 970 euros.
Philippe Dupont, ancien PDG
du groupe Banque Populaire,
rejoint le cabinet en tant
que senior advisor. Photo DR
Valérie Leboucq
@vleboucq
Montblanc, le fabricant de stylos et d’accessoires de luxe au
masculin, lance ces jours-ci sa
deuxième montre connectée, la
Summit 2. Son prix ? 970 euros.
Moins que le plus sophistiqué
des iPhone mais très au-dessus
de la petite dernière Fitbit à
moins de 200 euros. Il ne s’agit
pas tout à fait d’une première
pour le groupe, qui aligne le plus
large portefeuille de marques
horlogères et joaillières, Cartier,
Piaget, Vacheron Constantin,
Panerai, Van Cleef & Arpels…
Mais jusqu’à présent, seul Montblanc s’est risqué à sauter le pas
des objets connectés.
Il y a une certaine logique à
voir la marque se porter vers
cette nouvelle génération
d’objets reposant sur le renouvellement (et l’obsolescence)
technologique permanent.
« Inventeur du stylo à plume
antifuite il y a 112 ans, Montblanc
réseaux sociaux. Pareil en
voyage grâce à ses applications :
Timeshifter pour atténuer les
effets du jet lag, Travel Info pour
les news locales et la traduction
ou encore Google Pay pour tout
payer sans sortir son portefeuille… Sans oublier les incontournables applications santé
justement : Montblanc Running Coach qui, couplé au
moteur d’analyse Firstbeat, permet de suivre son rythme cardiaque et de personnaliser ses
entraînements de course à pied
ou de natation.
Esthétique suisse
L’habillage de la smartwatch
doit toujours tout à l’esthétique
horlogère suisse, verre saphir
bombé, poli satiné des cornes et
du boîtier… Inspirée des collections Montblanc 1858 et
Bohème, elle affiche un diamètre unisexe de 42 millimètres
proposé en acier noir DLC, acier
inoxydable ou bicolore titane.
Virtuel, le cadran se reconfigure
d’un doigt, indicateurs, aiguilles
et complications, tout est personnalisable. Si l’on ajoute les
bracelets interchangeables
(cuir de veau, acier, caoutchouc
et nylon) la montre offre au total
70.000 combinaisons et styles
différents. Qualifié « d’agressif »
par Nicolas Baretzki, le prix de
la Summit 2 est conforme à la
politique maison de « value for
money » adoptée depuis sa
DÉCOUVREZ LE PALMARÈS 2018
La Summit 2, synchronisée avec les smartphones iOS
et Android, devient le « personnal assistant »
de son propriétaire. Photos Montblanc
Prix
BUSINESS
Annette ROUX
Prix POLITIQUE
ECONOMIQUE
Jean-Michel BLANQUER
Prix
ESPOIR
Moussa CAMARA
Présidente
de la Fondation Beneteau
Membre du Conseil
de Surveillance
du Groupe Beneteau
Ministre de
l’Education nationale
Président
Fondateur Association
Les Déterminés
s’est depuis toujours nourri
d’innovations », souligne le
directeur général, Nicolas
Baretzki, vingt-quatre ans de
carrière chez Richemont. Il fait
le pari que « le passage de la
médecine curative à la médecine
préventive fera que, d’ici cinq à
dix ans, nous porterons tous un
objet connecté ».
Loin d’être concurrents, digital et horlogerie traditionnelle
seraient donc « complémentaires et parallèles, en répondant à
des usages différents »,
dit-il. Rien de commun entre
une montre mécanique (ou
même à quartz) que l’on garde,
voire que l’on souhaite transmettre, et un objet à durée de vie
limitée comme un téléphone.
Gestion des rendez-vous
et applications santé
EN PARTENARIAT AVEC :
DARROIS VILLEY MAILLOT BROCHIER
Mise au point avec Google et
Qualcomm, la Summit 2 s’est
enrichie par rapport à celle sortie il y a dix-huit mois. Synchronisée avec les smartphones iOS
et Android, elle devient le « personnal assistant » de son propriétaire et gère les rendezvous, rappels téléphoniques,
diversification dans l’horlogerie
il y a un quart de siècle.
Alors que le prix des montres
s’est envolé, Montblanc se fait
f o r t d ’a p p o r t e r d u « v ra i
contenu horloger » pour un
montant raisonnable, compris
entre 2.000 et 5.000 euros. « Ce
qui n’existe plus dans la plupart
des manufactures », relève le
dirigeant. Au-delà de ce cœur
de gamme assemblé au Locle
dans le Jura suisse, Montblanc
propose des modèles à petites
complications comme le chronographe Nicolas Rieussec de
la collection Star Legacy à
7.500 euros. A partir de
30.000 euros, c’est la prestigieuse manufacture Minerva
de Villeret rachetée par Montblanc qui prend le relais.
Autre nouveauté 2018, le lancement d’une ligne de bagages
made in Italy (à Florence)
comme la maroquinerie. A la
descente de l’avion, sur les tapis
roulants, les clients ont une
chance de repérer plus vite leur
valise grâce aux touches de cuir
(poignée, coins, bandeaux…)
qui ornent le très sobre polycarbonate noir. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
24 //
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
en
pixels
Shutterstock
HIGH-TECH
&MEDIAS
Le groupe sud-coréen a mis
la main, pour un montant
indéterminé, sur l’espagnol
Zhilabs, spécialisé dans
l’analyse des réseaux grâce
à l’intelligence artificielle.
Samsung veut se faire une place
parmi les fournisseurs de la
nouvelle génération de réseaux
mobiles, aux côtés de Nokia,
Ericsson, Huawei et ZTE.
DR
Samsung se renforce
dans la 5G
Apple étend ses
outils de protection
de la vie privée
–2 %
La firme à la pomme avait mis
à disposition des Européens
un outil pour connaître,
modifier et effacer les données
personnelles que le groupe
détenait sur eux, afin d’être en
conformité avec le RGPD. Apple
étend le dispositif aux Etats-Unis,
au Canada, à l’Australie
et à la Nouvelle-Zélande.
LES REVENUS D’IBM
RECULENT
INTERVIEW // FABRICE FRIES PDG DE L’AFP
« L’AFP est un petit miracle français
mais elle est fragilisée »
ommé en avril à la tête de
l’Agence France Presse
(AFP), Fabrice Fries a
rendu public son plan de « transformation » de l’agence prévoyant
la suppression de 125 postes nets
sur cinq ans et une relance des
recettes commerciales pour ramener les comptes à l’équilibre en 2021.
Les syndicats de l’AFP, contre les
suppressions de postes, appellent à
un débrayage jeudi, alors que doit
se tenir un comité d’entreprise.
N
« La partie essentielle
de ma feuille de route
pour assurer l’avenir
de l’AFP est de faire
croître nos revenus
commerciaux. »
Vous voulez que l’image
représente la moitié
de vos recettes commerciales
d’ici à 2023. Pourquoi ?
C’est la partie essentielle de ma
feuille de route pour assurer l’avenir de l’AFP : faire croître nos revenus commerciaux. Ils ont diminué
de 10 millions d’euros en quatre ans
en raison des difficultés de la presse,
notre client historique. Nous voulons générer 30 millions de revenus
supplémentaires en cinq ans dans
l’image. Aujourd’hui, la vidéo et la
photo représentent 39 % de
nos 180 millions de recettes commerciales. D’ici à 2024, l’AFP doit
être une agence texte et image à
parité. Il y a un appétit très fort des
médias pour l’image. Nous présentons une offre tout à fait concurrentielle de celle d’AP et Reuters, grâce
à notre présence partout dans le
monde mais en particulier en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.
Dans la vidéo, nous avons déjà bien
progressé, mais il y a du potentiel et
nous devrions d’ailleurs bientôt
Le sport figurait comme
une des priorités de l’AFP
avant votre arrivée…
Cette thématique reste vitale et un
des grands atouts de l’agence,
comme le montrent les 140 personnes que nous avions sur place pendant la dernière Coupe du monde
de football. Mais nous y avons quelques faiblesses : nous ne possédons
pas encore suffisamment de droits
vidéos des événements. Nous allons
donc plutôt essayer une stratégie de
partenariat, par exemple avec de
nouveaux entrants sur le marché
des droits comme les plates-formes
type Facebook ou les opérateurs
télécoms. Nous leur apporterons
expertise de ces grands événements
et capacité éditoriale.
TÉLÉCOMS
Bouygues devance
SFR sur la deuxième
marche.
Sébastien Dumoulin
@sebastiendmln
annoncer un gros contrat du type
de celui gagné auprès de la BBC l’an
dernier. Dans la photo, nous sommes leaders mondiaux avec Getty et
remportons les prix les plus prestigieux. Mais nos revenus stagnent
car nos contenus ne sont pas suffisamment bien « marketés ».
Comment faire ?
L’enjeu est d’abord de gagner en
rapidité d’édition. Nous allons créer
une régie à Washington pour être en
mesure de diffuser des vidéos en
direct 24 heures sur 24 (nous avons
déjà des régies à Paris et Hong Kong)
et la plupart des 35 recrutements
que nous souhaitons faire le seront
dans la vidéo. Nous avons surtout
visé les chaînes de télévision comme
clients jusqu’ici, il nous reste un
beau potentiel avec les sites Internet. Il faut aussi insuffler un peu plus
de culture commerciale dans la
maison. Nous allons renforcer nos
équipes marketing dans les grandes
régions du monde et conquérir en
photo le champ de l’illustration
pour répondre à la demande des
entreprises. Enfin, il nous faut un
outil de présentation et de livraison
de nos contenus plus ergonomique.
Ce sera un investissement d’environ
3 millions d’euros pour mieux mettre en valeur les 5.000 dépêches,
5.000 photos et 250 vidéos que nous
produisons chaque jour.
Orange reste
le meilleur
réseau mobile
selon l’Arcep
Le gendarme
des télécoms publie
son podium 2018.
l Dans une interview aux « Echos »,
le nouveau PDG de l’AFP détaille son
plan d’économies et de relance, axé
sur la hausse des revenus de l’image.
l Il prévient que l’agence
a deux années difficiles devant elle.
Propos recueillis par
Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
et Fabienne Schmitt
@FabienneSchmitt
Le chiffre d’affaire du géant
américain se tasse au troisième trimestre, à 18,8 milliards de dollars. Les ventes
d’ordinateurs « mainframe »
– l’activité historique – ralentissent. Et les nouvelles activités tardent à prendre le relais.
Après 1 million de mesures
en 2G, 3G et 4G à travers toute la
France, l’Arcep a révélé les
résultats de son enquête sur la
qualité de service mobile. Le
contexte général est celui d’une
amélioration. Les débits
moyens constatés atteignent
30 Mb/s. Ils ont doublé en
trois ans. Sur les réseaux 4G
uniquement, ils atteignent
même 39 Mb/s.
Mais cette embellie cache
des disparités. Les campagnes
(14 Mb/s) restent très largement
moins bien servies que les villes
moyennes (32 Mb/s) et les 15
plus grandes agglomérations
hexagonales (43 Mb/s), et cet
écart s’accroît avec le temps.
Fabrice Fries souhaite « insuffler un peu plus de culture commerciale » à l’AFP. Photo Thomas Sanson/AFP
Vos outils contre les infox
(fausses informations)
peuvent-ils générer
des revenus ?
Nous avons développé un logiciel
propriétaire baptisé « InVID » pour
détecter les vidéos truquées. Nous
l’utilisons par exemple dans le
cadre du contrat que nous avons
avec Facebook pour vérifier les
infox dans 11 pays. Mais notre
savoir-faire dans la lutte contre les
« fake news » est moins un véhicule
de monétisation directe qu’un axe
éditorial de développement et
d’innovation, correspondant à une
demande de nos clients et au cœur
de notre mission.
« Notre savoir-faire
dans la lutte contre
les “fake news” est
moins un véhicule de
monétisation directe
qu’un axe éditorial
de développement
et d’innovation. »
Vous tenez un comité
d’entreprise ce jeudi
et vos économies ont fait
l’objet d’appels à débrayage…
J’ai proposé au conseil, qui l’a
validé, un plan d’économies de
16,5 millions d’euros – 2,5 millions
en loyers et 14 millions de charges
de personnel. C’est cet objectif en
valeur absolue qui compte et il me
semble qu’il est compris en interne.
Le plan est basé sur le non-remplacement de départs naturels, sans
départs contraints. Les syndicats
ont avancé d’autres pistes, comme
celle du remplacement par des personnels moins onéreux, notamment pour les journalistes. Je souhaite une discussion ouverte sur les
modalités de ce plan, car la négociation sociale est impérative pour le
redressement de l’AFP.
Faut-il vendre le siège
historique de l’agence ?
Je suis un grand sentimental et je
trouve l’emplacement place de la
Bourse magique. Mais je suis obligé
de regarder tous les sujets, d’autant
qu’il est difficile de compter sur une
aide de l’Etat pour désendetter
l’agence. Nous allons déterminer si,
compte tenu notamment des
enjeux fiscaux, il vaut mieux céder
notre immeuble et en acquérir un
moins onéreux ou bien réaliser des
travaux pour réunir nos équipes à
la Bourse pour libérer l’immeuble
que nous louons rue Vivienne.
L’AFP pourrait-elle
se retrouver à court
de trésorerie à court terme ?
Si l’on ne fait rien, nous allons
dégrader notre situation de trésorerie nette d’une vingtaine de millions
par an à partir de 2019. Cela s’explique par un déficit d’exploitation de
90 millions cumulés qui se dessine
pour les cinq prochaines années et
par des échéances de remboursement. Grâce à notre plan de relance,
nous pensons pouvoir revenir à
l’équilibre à partir de 2021 et faire
face à nos échéances. Ce plan va
nécessiter un investissement de
21 millions sur la période 20192023, pour financer les développe-
ments dans l’image et la plateforme, et faciliter les départs. Un
dossier de soutien public au financement a été soumis dans le cadre
du fonds pour la transformation de
l’action publique (FTAP), à hauteur
de 17 millions. Ce montant correspond aux sommes que l’Etat n’a pas
intégralement compensées dans le
cadre des missions d’intérêt général (MIG) qui encadrent notre
financement public vis-à-vis des
autorités européennes, lesquelles
veillent au respect des règles sur les
aides d’Etat. Nous pensons pouvoir
financer les 4 millions restants.
« La condition
de l’indépendance
est la rentabilité. »
Faut-il ouvrir le capital
de l’AFP pour lui redonner
de l’oxygène financier ?
Que ce soit clair : je ne travaille pas
sur ce sujet, qui d’ailleurs déclenche
des débats assez passionnés en
interne. Les salariés sont attachés à
ce statut sans capital ni actionnaire
établi en 1957 et je le comprends
parfaitement. Je dis seulement que
la condition de l’indépendance est
aussi la rentabilité. Compte tenu de
son influence dans le monde, l’AFP
est un petit miracle français, la seule
agence mondiale européenne, mais
elle est fragilisée. Elle doit mieux
exploiter son potentiel commercial
et contenir ses coûts. Il ne faut pas
s’attendre à un retournement
rapide de la situation, nous avons
deux années très difficiles devant
nous, mais nous allons y arriver ! n
L’écart de débit
moyen entre
les campagnes
et les villes s’accroît
avec le temps.
Les disparités sont aussi
fortes entre opérateurs. Sortant
de sa relative réserve de l’an
dernier, l’Arcep décerne des
médailles. Pour la huitième
année consécutive, la couronne
revient à Orange. Sur la seconde
marche du podium, c’est Bouygues Telecom qui devance SFR.
Au coude-à-coude sur la voix et
les SMS, Bouygues affiche des
scores sensiblement supérieurs
sur la donnée (chargement de
pages Web, visionnage de
vidéo). Tous opérateurs confondus, il est également le plus efficace dans les campagnes et sur
les routes. Free est en revanche
bon dernier du classement, que
ce soit dans les villes ou les campagnes. Ses moins bons résultats s’expliquent « notamment
par une couverture 4G moins
étendue que celle des autres opérateurs », écrit l’Arcep.
Dans un effort de transparence, le gendarme des télécoms publie les performances
de chacun des opérateurs dans
1.500 villes, mais aussi sur les
principaux axes routiers et
voies ferrées – y compris les
métros. Sur l’A26 (TroyesReims-Calais), par exemple, un
abonné de B ouygues peut
charger une page Web en
moins de 10 secondes dans
neuf cas sur dix. Les clients de
Free n’y arrivent qu’une fois sur
deux. En revanche, dans le
métro de Toulouse, ces derniers
sont bien mieux lotis que ceux
de SFR. L’Arcep invite donc chacun à se concocter un podium
personnalisé. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
HIGH-TECH & MEDIAS // 25
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
Les chaînes vent debout contre
une réforme des aides du CNC
TÉLÉVISION
Les chaînes et les
producteurs s’inquiètent d’une réforme des
aides du CNC, touchant
notamment la fiction.
Marina Alcaraz
@marina_alcaraz
et Nicolas Madelaine
@NLMadelaine
La grogne monte à l’encontre du
CNC (Centre national du cinéma et
de l’image animée). Depuis plusieurs semaines, les chaînes de télévision (notamment TF1, M6 et
France Télévisions) et les producteurs s’inquiètent d’un potentiel
changement des règles de soutien
de l’institution concernant l’audiovisuel pour, selon elles, préserver le
soutien au cinéma.
Le CNC envisagerait en effet de
revoir le financement, notamment
dans la fiction. Il préparerait une
réforme pour début 2019, prévoyant
entre autres une baisse de la valeur
du « point minute » pour toute la
production audiovisuelle (touchant
la fiction, le documentaire, etc.),
mais aussi une dégressivité renforcée sur les séries « récurrentes ».
Cela impacterait donc doublement
les feuilletons quotidiens (comme
« Demain nous appartient », « Un si
grand soleil »…) mais aussi les séries
qui durent depuis plusieurs années
(« Joséphine, ange gardien », « Candice Renoir »…).
Un réel enjeu, alors que l’institution contribue en moyenne au
financement à hauteur de 10 % du
budget des séries et 20 % des feuilletons, selon ses données. Dans un
contexte où le CNC doit faire des
économies, « l’ensemble des mesures
pourraient représenter 25 à 50 millions d’euros pour un budget total de
285 millions », dit un bon connaisseur. « Le CNC mène une réflexion
depuis plusieurs mois sur l’évolution
de ses aides à l’audiovisuel. Il entend
notamment mettre en œuvre un plan
spécifique de soutien pour les séries
créatives. La concertation se poursuit
tant avec les diffuseurs que les producteurs », répond de son côté le
CNC, sans plus de détails.
La réforme impacterait
doublement les
feuilletons quotidiens
mais aussi les séries
qui durent depuis
plusieurs années.
Pour les chaînes, « le risque est que
tout le modèle économique de certaines séries soit remis en cause », indique un spécialiste. En particulier
lorsque les investissements de
départ sont conséquents. Par exemple, pour « Demain nous appartient », lancé à l’été 2017 sur TF1, le
groupe et sa filiale Newen ont mis
sur la table 7 millions d’euros pour la
construction des décors et studios
notamment. Or, la fiction n’a pas
encore atteint sa rentabilité, d’autant
Les feuilletons quotidiens comme « Demain nous appartient »
pourraient être touchés. Photo Fabien Malot/Telsete/TF1
qu’il faut investir en permanence
pour gagner en qualité. « A l’heure
où la fiction française est en forme, ce
n’est pas un signal d’encouragement », regrette un professionnel.
Sur les 100 meilleures audiences de
fiction, 88 étaient tricolores en 2017,
selon de l’USPA (Union syndicale de
la production audiovisuelle) lors du
Festival de La Rochelle… En 2013,
elles n’étaient que 37.
Dynamisme de la fiction
Parallèlement, à la faveur du lancement des nouveaux feuilletons,
notamment, le volume de pro-
La plate-forme de
streaming de vidéos
a séduit 7 millions de
nouveaux utilisateurs
au troisième trimestre,
une bonne surprise.
duction devrait enfin passer, cette
année, le fameux cap des 1.000 heures de production, contre 871 en 2017
et autour de 750 il y a trois-quatre
ans. Un symbole, même si elle reste
largement inférieure à celle des pays
voisins (plus de 2.000 heures en
Allemagne, en 2015-2016). « C’est
une attaque ciblée contre la production audiovisuelle, qui devrait avoir
un effet sur le volume et pourrait
même entraîner des délocalisations »,
s’insurge un professionnel. Plusieurs souhaiteraient qu’il y ait des
études d’impact avant que des
mesures ne soient mises en place. n
Anaïs Moutot
@AnaisMoutot
— Correspondante à San Francisco
et N. M.
Netflix a indiqué dans un communiqué qu’elle profitait d’« acquisitions de clients plus fortes que
prévu, avec une forte croissance sur
tous [ses] marchés, y compris en
Asie ». Les revenus internationaux
ont augmenté de 48 % : ils représentent désormais la moitié du chiffre
d’affaires. Les recettes continuent
aussi de progresser aux Etats-Unis
(+25 %), où Netflix a gagné 1 million
d’abonnés en trois mois. Même sur
ce marché mature, la société arrive
à toucher « des clients moins technophiles ». Le service de vidéos à la
demande bénéficie également de
la hausse des prix que Netflix
parvient à pratiquer sur ses principaux marchés, avec un revenu
moyen par abonné en hausse de
8 % sur le trimestre.
Ces performances ont permis
au chiffre d’affaires de croître de
34 % pour atteindre près de 4 milliards de dollars au troisième trimestre. L’entreprise a dégagé
un bénéfice de près de 403 millions
de dollars et affiche une marge
opérationnelle de 12 %, soit 5 points
de plus qu’il y a un an.
Celle-ci va cependant baisser au
prochain trimestre, car l’entreprise
accélère dans la production de ses
propres contenus. La semaine dernière, la firme de Los Gatos a
annoncé le rachat d’ABQ Studios,
un complexe de production au
Nouveau-Mexique dans lequel elle
va investir 1 milliard de dollars sur
les dix prochaines années.
(
Lire « Crible »
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l’ANA (Association of National Advertisers), regroupant les
annonceurs américains, 78 % déclarent avoir une agence intégrée au sein de leur entreprise, contre 58 % en 2013 et 42 %
en 2008. Certaines prestations ont explosé, comme le « content
marketing » (75 % des citations des interviewés en 2018, contre
34 % en 2013) et la data (59 % en 2018, 42 % en 2013). Les médias
(36 % des citations, en hausse de 14 points en cinq ans) et le programmatique (24 %) figurent parmi les plus fortes hausses.
Salto n’a aucune chance face à Netflix
VIDÉO « Salto n’a aucune chance contre Netflix. La seule réponse
crédible est une plate-forme regroupant les services publics européens. » Pascal Rogard, le directeur général de la SACD (Société
des auteurs et compositeurs dramatiques) n’a pas mâché ses
mots à l’encontre de Salto, le projet de plate-forme commune
(avec du replay notamment) de France Télévisions, TF1 et M6.
Pour lui, il s’agit d’une « opération politique ». Par ailleurs, la
SACD, qui présentait sa vision de la réforme de l’audiovisuel,
souhaite inscrire dans la loi de finances le montant à investir
dans la création, pour sanctuariser celle-ci, face à une baisse des
ressources. La SACD s’est prononcée pour une redevance universelle, déconnectée de la possession d’une télévision. Enfin, la
structure a dénoncé son accord-cadre avec France Télévisions,
en vue d’une rénégociation.
Spécial Mode homme
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Vendred
avec
os
Les Ech
Une forte croissance
sur tous les marchés
RÉSEAUX SOCIAUX Plusieurs fonds de pension publics américains ont annoncé soutenir une proposition visant à retirer à
Mark Zuckerberg la présidence du conseil d’administration.
La décision est symbolique. Les plaignants ne pèsent que 0,17 %
du capital. Le vote lors de l’AG de mai prochain a peu de chances
d’aboutir. Grâce à ses actions spéciales, Mark Zuckerberg
détient 60 % des droits de vote. Le mouvement est cependant
révélateur des tensions actuelles. Accusé de manipuler l’opinion
publique ou encore de tromper les annonceurs avec de faux chiffres d’audience – ce qui lui vaut un nouveau procès –, Facebook
accumule les difficultés. « Un président du conseil indépendant
est essentiel pour sortir Facebook de cette pagaille », écrit le responsable de l’épargne retraite des agents de la ville de New York.
PUBLICITÉ Selon une étude réalisée auprès des membres de
VIDÉO
tant, les analystes estiment que le
groupe décaissera plutôt 12 milliards cette année que 8 milliards,
4 milliards supplémentaires ayant
été engagés dans des projets futurs.
La société a également estimé
que cette consommation de liquidités, qui l’oblige à lever des fonds
régulièrement, resterait à ce niveau
l’an prochain.
Le patron de Facebook
sous la pression de ses actionnaires
78 % des annonceurs américains
ont une agence intégrée
Netflix rassure sur
sa dynamique de croissance
Netflix n’est pas en train de ralentir, comme certains le craignaient
il y a trois mois. Alors que 7 millions de nouveaux clients ont
souscrit à son service entre juillet
et septembre – 31 % de plus qu’à la
même période l’année dernière –,
l’entreprise prévoit d’engranger
encore 9,4 millions d’abonnés
d’ici la fin de l’année.
Ces annonces ont ravi les marchés : le cours du service de vidéo
par abonnement californien, qui
totalise désormais 137 millions de
membres, bondissait de 5 % à la mijournée mercredi. La firme avait
misé sur une augmentation de
5 millions d’abonnés seulement, des
prévisions prudentes après avoir
déçu les marchés au second trimestre avec des chiffres moins bons
qu’annoncé. Entre le 9 juillet et le
16 octobre, l’action Netflix avait
d’ailleurs reculé de 20 %, l’entreprise
subissant aussi le coup de froid
affectant l’ensemble des valeurs
technologiques à Wall Street.
L’action a toutefois progressé de
89 % depuis le début de l’année.
Détail important, car cet indicateur
est très regardé par les investisseurs
dans cette société de croissance,
Netflix estime qu’il va « consommer » plutôt un montant proche de
3 milliards de cash cette année et
non pas de 4 milliards, ce qui n’était
pas exclu jusqu’à maintenant. Pour-
en bref
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
26 //
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
START
UP
L'APPLI
REBOND
U
Sigfox et IoT Valley s’associent pour
créer un parcours d’enseignement
en ligne pour permettre de déployer
un projet autour de l’Internet des
objets. Cette formation répartie en neuf modules
pour une durée totale de cinq heures a pour
objectif de sensibiliser et de préparer les dirigeants d’entreprise aux enjeux d’un déploiement de ce type de réseau.
3
MILLIONS D’EUROS
Padam vient de boucler une levée
de fonds auprès de Siemens Mobility. La start-up tricolore a conçu
une API en vue d’optimiser les
réseaux de transports en commun,
publics et privés.
Z
Manager.one vient de recevoir le prix «
Banque & Innovation » qui récompense les
innovations bancaires. La fintech française a développé son propre serveur monétique, lui
permettant de proposer aux professionnels des cartes
sans plafond et totalement paramétrables en ligne.
Lancée en juillet 2017, elle se destine aux entrepreneurs et aux PME.
Brennus Analytics, l’outil de gestion
des prix couvé par SAP
SAP lance un
accélérateur
à Paris
l La start-up parisienne rejoint
SAP.iO Foundry, le nouvel
accélérateur du géant allemand.
l Elle veut s’appuyer
sur ce partenariat pour déployer
son offre dans le B to B.
INTELLIGENCE
ARTIFICIELLE
Guillaume Bregeras
@gbregeras
Amazon a, là aussi, tout chamboulé. Sur la question de la politique du prix, le géant américain a
bousculé les règles et les habitudes
de toutes les entreprises qui vendent leurs produits en direct aux
consommateurs. Sa capacité à ajuster les tarifs à la milliseconde n’a pas
encore trouvé d’équivalent dans le
monde BtoB, et c’est là que Brennus
Analytics se positionne. La jeune
pousse, qui rejoint la première promotion de l’accélérateur parisien de
SAP, veut en effet d o n n e r d e s
outils aux entreprises basés sur
l’intelligence artificielle et capables de prendre en compte des environnements complexes et multicritères avant d’établir un prix : « Une
entreprise qui évolue dans le B to B
peut avoir des centaines de critères
variables, explique Emilie Gariel,
cofondatrice et directrice des opérations de Brennus Analytics. Or, le
prix est le premier levier de rentabilité pour elle, et celles qui l’optimisent
enregistrent une croissance de leur
Ebitda de 27 %. »
80 % des prospects
de Brennus utilisent SAP
Le pitch de la jeune startuppeuse
est bien rodé. Sa connaissance du
marché également. Elle assure que
30 % des entreprises évoluant sur le
B to B utilisent toujours Excel pour
gérer leur politique de prix. Une
aberration dans l’univers complexe
de l’économie interentreprises
encore épargné par Amazon, mais
sur lequel lorgne l’ogre du commerce mondial. Pour répondre à
cette problématique, la start-up tricolore s’est notamment entourée
d’une équipe de neuf chercheurs en
intelligence artificielle, soit plus de
la moitié de l’effectif.
Pour accélérer son développement, Brennus Analytics peut donc
désormais s’appuyer sur SAP. Emilie Gariel avoue que 80 % de ses
prospects utilisent des outils du
fabricant de logiciels de gestion
d’entreprise. En rejoignant le programme de l’allemand, la start-up
parisienne va bénéficier de sept
semaines durant lesquelles elle
sera confrontée aux méthodes de
l’entreprise cotée. Mais elle sera
surtout aidée par ses équipes commerciales p our t r o u v e r d e s
moyens d’intégrer sa solution
de gestion de prix aux propres
offres de SAP.
Le géant allemand du
logiciel va accompagner
une dizaine de pépites
françaises chaque année.
Six start-up ont rejoint la première promotion du nouvel accélérateur de SAP.iO Foundry.
Photo Patrice Maureain
INTERVIEW // JASMINE ANTEUNIS Cofondatrice de Recast.AI
« Nous n’aurions jamais été aussi vite »
ix mois après son rachat
par SAP, Recast.AI s’est installé dans les locaux
de SAP.iO, où seront hébergées les
start-up de la Foundry. Sa cofondatrice, qui sera l’un des mentors du programme, tire le premier
bilan de son intégration à un
groupe coté.
D
Levée de fonds début 2019
Cette approche très pragmatique
devrait aider la start-up à confirmer
sa récente très forte croissance.
Après avoir été incubée par Microsoft au sein de Station F, Brennus
Analytics accumule les clients et
peut envisager sereinement sa prochaine levée de fonds, qui devrait
intervenir en tout début d’année
prochaine. Un financement qui
devrait aussi lui permettre de faire
face à un environnement concurrentiel féroce et en pleine concentration, illustré par le rachat cet été
de Blue Yonder par JDA Software. A
moins que, d’ici là, SAP, tente une
acquisition de la jeune pousse… n
Comment se passe l’intégration
de l’équipe au sein de SAP ?
Je n’ai pas l’impression que les choses ont changé, car c’est la même
équipe qui m’entoure, même si elle
a grandi depuis. Pour la plupart des
personnes qui composaient
Recast.AI, c’était leur premier
emploi et, là, nous découvrons le
monde de l’entreprise qui n’est pas
le même que celui des start-up. Ici,
le droit à l’erreur est bien plus mince
et les process plus établis. Du point
de vue émotionnel, ce n’est pas simple pour moi et il faut encore que je
fasse une sorte de deuil. Mais j’ai
déjà eu la très agréable surprise de
constater que le projet est entre de
très bonnes mains avec SAP.
Quels sont les impacts directs
dans votre organisation ?
Nous ne sentons pas le poids de la
hiérarchie, mais nous pouvons déjà
voir l’impact positif sur notre business. SAP a communiqué sur notre
rachat et nous enregistrons bien
plus de demandes entrante s
qu’auparavant. Il est clair que nous
n’aurions jamais été aussi vite dans
notre croissance sans cette opération, notamment parce que le
réseau de confiance des clients SAP
est très puissant.
Vous êtes l’un des mentors de la
première promotion des
start-up accélérées par le programme de SAP. Comment
allez-vous les aider ?
Nous avons grandi à Station F avec
quelques-unes des start-up du programme, comme Brennus Analytics, et elles connaissent déjà les dif-
Jasmine Anteunis. Photo DR
ficultés que l’on peut rencontrer
lorsque l’on veut travailler avec un
grand groupe. En participant à cet
accélérateur, cela va faciliter les prises de contact et il faut qu’elles en
profitent.
Propos recueillis par G. B.
C’e s t u n i m m e u b l e c o s s u d u
9e arrondissement parisien. Le siège
parisien de SAP.iO, qui accueille
Foundry, son nouveau programme
d’accélération, n’a pas été choisi par
hasard. C’est dans ce quartier qu’élisent domicile une grande partie des
start-up qui ont passé l’étape de la
preuve de concept et entrent dans
une phase de forte croissance. Et à
travers le choix de la dizaine de jeunes pousses que le géant allemand
va accompagner chaque année, le
message est clair : les start-up doivent évoluer dans l’univers de SAP
et avoir déjà des clients ainsi qu’un
modèle de business éprouvé.
Derrière cette initiative, la cinquième du genre dans le monde
pour SAP, l’acteur du logiciel de gestion pour entreprise veut proposer
des solutions innovantes complémentaires à ses clients. Un objectif
qui a permis de concevoir un programme étalé sur dix semaines,
dont les trois premières sont consacrées à l’intégration technique des
jeunes pousses dans leurs outils. Et
les sept suivantes à la manière dont
les équipes commerciales de SAP
peuvent les aider à atteindre leur
marché. Avec le rachat et l’investissement partiel, cette étape est la troisième brique du schéma de relations que le groupe allemand veut
nouer avec les start-up. Et il est facile
d’imaginer que cette dernière alimentera très probablement le flux
des deux premières… — G. B.
À NOTER
Les six start-up de la première
promotion : Brennus Analytics,
Citodi, Energiency, Scortex,
Supervizor, Wakeo.
Dreem : une start-up du sommeil entre rêve et réalité
SANTÉ
La jeune pousse
commercialise
un bandeau dédié
à l’amélioration
du sommeil.
Elle lance de nouveaux
programmes,
dont des thérapies
pour les insomniaques
chroniques.
Déborah Loye
@Loydeborah
La principale prouesse
technologique de Dreem est
d’être parvenu à récolter
des données sur les cycles du
sommeil de ses clients à partir
de son bandeau. Photo Dreem
Pour lancer sa nouvelle offre,
Dreem, qui porte désormais le nom
de son produit phare et laisse tomber celui de « Rythm », a choisi de
faire une Keynote, un format habituellement utilisé par les grandes
entreprises tech américaines
comme Apple. C’est dire les ambitions de la jeune pousse, qui affirme
améliorer le sommeil de ses clients
avec son bandeau, le Dreem. Créée
en 2014, la start-up a levé 31 mill i o n s d ’e u r o s en juin auprès
de Johnson & Johnson Innovation, bpifrance et ses investisseurs
historiques Maif Avenir et Laurent
Alexandre. Dreem ne communique pas le nombre de bandeaux vendus (499 euros pièce),
m a i s i n d i q u e avo i r e n r e g i s tré 500.000 nuits.
« Nous avons commencé par
mesurer la qualité du sommeil sur la
base de stimulations audio, et notre
première réussite technique a été de
parvenir à transformer les gros casques utilisés dans le domaine médical, qui coûtent entre 30.000 et
40.000 euros, en un bandeau »,
explique Hugo Mercier, cofondateur et président de la start-up.
Dreem a ensuite développé une
« alarme intelligente » qui permet
de « se réveiller au moment approprié de son cycle de sommeil », puis
une fonctionnalité de « neurofeedback », une technique consistant à
rendre un signal biologique perceptible, qui permet de « faciliter
l’endormissement ».
Des thérapies digitales
contre l’insomnie
Lors de cette Keynote, qui s’est
déroulée mercredi soir, Hugo Mercier a annoncé l’arrivée d’une nouvelle fonctionnalité, dédiée aux personnes souffrant d’insomnie
chronique. « Ils représentent 15 % de
la population mondiale, affirme
Hugo Mercier. La thérapie comportementale et cognitive (TCC) est le
meilleur remède pour soigner les
insomnies, c’est pourquoi nous
avons refondé notre application
mobile pour y intégrer des program-
m e s d e TCC . » L a p r i n c i p a l e
prouesse technologique de Dreem
est d’être parvenu à récolter des
données sur les cycles du sommeil
de ses clients à partir de son bandeau. Ses utilisateurs n’ont ainsi
plus à tenir de « journal de sommeil », utilisé en thérapie, puisque
celui-ci s’inscrit directement dans
l’application.
Hugo Mercier affirme développer « un programme qui se base sur
les données que le bandeau génère ».
Cependant, le startuppeur reste
imprécis sur le niveau de personnalisation de ses programmes, se contentant d’indiquer : « Nous avons
développé un arbre de décisions avec
des consultants de Stanford. » La
promesse de base de Dreem est
simple, et ambitieuse : améliorer le
sommeil de ses clients. La start-up
se targue, sur son site, d’être « scientifique par nature », et assure que
« ses fonctionnalités et son efficacité
sont testées avec une régularité et une
rigueur scientifique exemplaires ».
Pas facile cependant d’apporter la
preuve scientifique de l’impact de
ce bandeau sur la qualité du sommeil. Un article publié dans une
revue scientifique en 2013 démontre certes qu’une certaine forme de
stimulation sonore facilite la consolidation de la mémoire durant son
sommeil, mais pas davantage.
Dreem met également en avant
un article publié par ses propres
équipes, qui démontre la capacité
technique de son bandeau à
envoyer les mêmes stimulations
sonores. Mais nul document
scientifique ne vient démontrer,
pour le moment, le bénéfice sur
l’amélioration du sommeil pour les
utilisateurs de ces stimulations
sonores, que le fondateur de la
start-up désigne pourtant comme
la principale plus-value de son
produit. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 27
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
en
direct
Théâtre des
Amandiers :
l’architecte choisi
BRETAGNE L’hydrolienne de
ÎLE-DE-FRANCE La réhabilita-
Sabella a de nouveau été immergée et connectée au large d’Ouessant, pour trois ans, après une
première phase de tests. Elle a
été posée par 55 mètres de fond
et doit fournir environ 10 % des
besoins en électricité de l’île.
Sabella prévoit à l’horizon 2021 à
Ouessant deux nouvelles machines de 1 mégawatt.
tion du Théâtre des Amandiers à
Nanterre a été confiée au cabinet
d’architecture norvégien
Snøhetta, qui a notamment
réalisé l’Opéra d’Oslo et la Bibliotheca Alexandrina à Alexandrie
(Egypte). Il est aussi connu pour
avoir réalisé le Centre international d’art pariétal de Lascaux IV
Fred Tanneau/AFP
PME
&REGIONS
L’hydrolienne
Sabella immergée
ou encore une partie du Mémorial du World Trade Center.
Le projet de rénovation est
estimé à 37 millions d’euros et
prévoit notamment l’ouverture
d’une troisième salle d’une capacité de 200 places. Le démarrage
est prévu en janvier 2020 pour
une livraison début 2022. Le
théâtre poursuivra son activité
pendant toute la durée du chantier. Maison de la Culture en
1969, le théâtre est devenu Centre national dramatique en 1982.
Autocars : la transition énergétique patine
l Le Salon Autocar Expo se tient à Lyon jusqu’au 20 octobre.
l La loi impose en 2020 que la moitié des renouvellements de parc utilise des véhicules à faible
émission. La question du ravitaillement reste un casse-tête.
TRANSPORTS
« Les constructeurs
ne proposent pas
encore d’offre à
grande échelle pour
des technologies
alternatives au
diesel. »
Léa Delpont
@LeaDelpont
— Correspondante à Lyon
Le jour de son inauguration, le
12 avril, le premier Flixbus électrique, entre Paris et Amiens, a subi
quatre heures de retard, après la
photo sous la tour Eiffel. Depuis,
tout roule, mais l’incident illustre
la difficulté de la filière autocar à
mettre en route sa transition écologique. La quasi-totalité des
67.000 véhicules en circulation
– on les distingue des bus par leurs
ceintures de sécurité – roulent au
diesel. Or la loi de transition énergétique impose, à compter de
2020, que la moitié des renouvellements de parc des services conventionnés, et la totalité à partir de
2025, devra se faire au moyen de
véhicules à faible émission : diesel
Euro VI (12 % de la flotte actuellement), électricité ou gaz.
« Les constructeurs ne proposent
pas encore d’offre à grande échelle
pour des technologies alternatives au
diesel », déplore Ingrid Mareschal,
déléguée générale de la Fédération
nationale des transports de voyageurs (FNTV). Dietrich Carebus
Group, en Alsace, est quasiment le
seul importateur en France de cars
électriques avec la marque chinoise
Yutong. Iveco, leader sur le marché
français, a fait le pari du gaz depuis
vingt ans pour ses bus et décidé l’an
dernier seulement de motoriser ses
cars aussi.
Amorcer la pompe
Après avoir payé leur véhicule 20 %
plus cher en moyenne, les autocaristes rencontrent des problèmes
de ravitaillement, encore plus pour
le GNV que l’électrique. Grâce aux
INGRID MARESCHAL
Déléguée générale de la
Fédération nationale des
transports de voyageurs (FNTV)
Les véhicules à faible émission peuvent être diesel Euro VI, électricité ou gaz. Photo Iveco
appels à projets de l’Ademe, des stations de recharge poids lourds commencent à voir le jour. Le prog r a m m e G N V o l o n t ’A i r e n
Auvergne-Rhône-Alpes, avec un
objectif de douze stations publiques
à charge rapide (quatre sont en
cours de montage), subventionne à
hauteur de 35 à 45 % l’achat des
véhicules engagés à s’y approvisionner. « C’est un coup de pouce
pour ceux qui prennent le risque,
alors que la station n’est pas encore
sortie de terre. Pour amorcer la
pompe », explique Anne-Sophie
Herrebaut.
« Quand on voit le sort réservé au
diesel, il faut prendre les devants »,
renchérit Jean-Baptiste Maison-
neuve, propriétaire de 300 autocars dans le Beaujolais, et acquéreur de quatre Iveco au gaz. Une
cartographie inédite des lignes de
voyageurs dans la région, réalisée
avec GRDF et la FNTV, permettra
de rationaliser l’implantation des
futures stations.
Au niveau national, l’agence
environnementale offre un bonus
de 10 % pour des stations BioGNV :
un pas de plus dans la transition
écologique. Les premiers autocaristes bénéficiaires seront les sociétés
Le Vacon et Cottin, en Bretagne.
Gaz ou électriques, les cars, circulant sur autoroute ou en rase
campagne, rencontrent un problème d’autonomie comparé aux
bus de ville qui font rarement plus
de 200 km dans la journée. D’autant
plus que leurs soutes, occupées par
des bagages, sont indisponibles
pour les batteries ou les réservoirs.
3.500 nouveaux cars par an
Selon certains spécialistes, les véhicules électriques, qui parviennent à
faire 200 kilomètres, s’avèrent plus
adaptés au service scolaire (2,1 millions d’élèves transportés par an) ou
périurbain. Les cars au GNV ou
GNC, avec une autonomie de
600 kilomètres, conviennent mieux
à la desserte des territoires ruraux
et aux liaisons interurbaines. NiceMarseille aller-retour est testé par
la FNTV de Paca, par exemple. « Il
Iveco, le plus français
des constructeurs
Le nouveau Crossway Natural
Power d’Iveco est la vedette d’Autocar Expo : ce véhicule grand confort
dédié au transport interurbain offre
la même capacité de passagers (de
53 à 63 places) et de soute que son
homologue diesel, avec une autonomie de 600 kilomètres. Une première mondiale rendue possible
grâce à l’intégration des quatre
réservoirs de gaz comprimés dans
le pavillon (le toit) sans pour autant
rehausser l’engin, afin de continuer
à passer sous les ponts : une caractéristique exclusive et brevetée.
Ce gros bébé de 13 mètres produit
en République tchèque, dans la
principale usine d’autocars d’Iveco,
sera disponible en septembre 2019.
En 150 exemplaires seulement la
première année… dont 100 réservés
à la France et déjà prévendus ! Le
moteur du Crossway NP est quant
à lui bien fabriqué dans l’Hexagone,
à l’usine FPT de Saône-et-Loire,
l’une des douze marques du groupe
CNH Industrial (la branche véhicule industriel de Fiat Chrysler).
Ce site de 1.300 salariés a produit
50.000 moteurs au gaz depuis
vingt ans. Mais ce n’est que depuis
l’an dernier qu’ils sont montés sur
des cars Iveco. « Avec le Crossway
NP, on conjugue nos deux expertises : la motorisation gaz et le segment des autocars interurbains »,
dit Frédéric Lahitte, directeur des
relations institutionnelles.
Label Origine France
Garantie
Le groupe italien est le seul des constructeurs européens (à côté des allemands Mercedes et MAN, des suédois Scania et Volvo, du hollandais
VDL et du turc Temsat) à faire fonctionner une ligne de fabrication
d’autocars en France, dans son usine
de bus d’Annonay en Ardèche. Mercedes a une ligne de finition à Ligny-
Dietrich Carebus Group
est le distributeur exclusif
des autocars électriques
Yutong qui a déjà mis sur le
marché plus de 80.000 bus
et autocars électriques.
Hélène David
@lndavid
— Correspondante à Strasbourg
Distributeur français exclusif des
autocars électriques Yutong, Dietrich Carebus Group (DCG) voit progressivement son carnet de commandes se remplir. Depuis la
livraison de 12 autocars à l’opérateur
privé Savac il y a un an, près d’une
quarantaine de véhicules ont encore
été déployés en Ile-de-France via
d’autres opérateurs privés. Deux
véhicules de la gamme Ice 12 circulent en outre sur la ligne Flixbus
Paris-Amiens sur laquelle « on est
proche du zéro défaut », insiste Pierre
Reinhart, le président de DCG. Il met
en avant l’expérience du constructeur chinois, qui a déjà mis sur le
marché plus de 80.000 bus et autocars électriques.
Site d’assemblage en projet
Si l’industriel alsacien attend beaucoup de l’appel d’offres de la RATP,
DCG entend bien se déployer en
province, peu importe la taille des
marchés. Un premier véhicule a
été livré à un autocariste du Morbihan. Dix sont à venir mi-2019 en
région Paca, avec Transdev, pour
équiper la ligne express régionale
Avignon-Aix-Toulon, « une première de cette ampleur en Europe »,
selon la collectivité locale. Et des
annonces à Strasbourg, Lyon ou
Marseille sont attendues. Elles
conditionneront la création sur le
site d’Ingwiller (Bas-Rhin) d’une
ligne d’assemblage de cars. n
Une première ligne
d’autocars au GNV
dans la vallée de l’Arve
Jacky Fontaine
Le groupe italien CNH
Industrial fait fonctionner
la seule usine française
à Annonay et un site
de moteurs en Bourgogne,
champion de la technologie
au gaz.
faut continuer de développer les deux
technologies : l’électrique progresse
vite et les marchés vont se répartir
selon les contraintes », estime
Alexandre Geoffroy, de la FNTV
Aura. Avec une inquiétude : « A
quelle échéance les investissements
faits aujourd’hui seront-ils rendus
caduques si l’hydrogène finit par
s’imposer ? »
Les premiers marchés publics
(désormais régionaux, et non plus
départementaux) contraignant aux
technologies vertes les transporteurs, acquéreurs de quelque
3.500 unités chaque année, commencent à sortir. C’est d’autant plus
crucial que les lignes régulières
conventionnées représentent 80 %
des 5,9 milliards d’euros de chiffre
d’affaires du secteur.
Le moment n’est pas le plus mal
choisi avec les cars Macron. Bien
que toujours non rentables (le taux
de remplissage de 61 % ne couvre
que la moitié du prix au kilomètre),
ces derniers ont transporté 18 millions de nouveaux passagers
depuis août 2015. Revers de la
médaille : il manque des chauffeurs. Une enquête de la FNTV
révèle 2.400 postes vacants chez à
peine 10 % de ses adhérents. n
L’électrique :
le précarré
de DCG
L’usine Iveco monte entre 300 et 400 modèles Magelys par an,
un car de tourisme haut de gamme, au diesel mais norme Euro VI.
en-Barrois dans la Meuse. L’usine
Iveco monte entre 300 et 400 modèles Magelys par an, un car de tourisme haut de gamme, au diesel
mais norme Euro VI à faible émission (de 320 à 360.000 euros pièce).
Le site centenaire, hérité de
Renault VI, a embauché 300 personnes depuis quatre ans, portant
l’effectif à 1.300 salariés. « On enregistre une hausse des commandes de
25 % depuis l’avènement des “cars
Macron”, qui correspondent dans
leurs standards de confort à la niche
du Magelys », souligne Frédéric
Lahitte. Annonay connaît depuis
janvier un surplus d’activité avec la
finition luxe des modèles Evadys
destinés aux marchés français, italien et espagnol. Mais ce n’est pas
demain qu’on verra un car de tourisme, tel le Magelys, rouler au gaz.
Ce serait envisageable avec le gaz
naturel liquéfié, qui offrirait
1.200 kilomètres d’autonomie avec
deux fois moins de réservoir. « Mais
pour ce segment, il faut un minimum
de 9 mètres cubes de soute à bagages,
et des toilettes, ce qui relève considérablement la hauteur. On ne pourrait
pas rajouter un étage supplémentaire
de réservoir sans déséquilibrer le
véhicule : il faudrait repenser intégralement la structure du car. » — L. D.
La SAT Mont-Blanc a lancé
la première ligne d’autocars
fonctionnant au GNV
sur la ligne conventionnée
Cluses-Chamonix. Dix
véhicules ont été commandés
à la société suédoise Scania.
Gabrielle Serraz
— Correspondante à Grenoble
Début septembre, la SAT MontBlanc a lancé la première ligne
d’autocars fonctionnant au GNV
sur la ligne conventionnée ClusesChamonix. En attendant que soient
livrés les dix véhicules commandés
à la société suédoise Scania, le service se fait avec un bus de location.
La ligne dessert en majorité des scolaires. Durant les vacances, ces véhicules seront affectés à d’autres parcours. « Nous sommes pionniers »,
se félicite Vincent Pellenard, directeur de la SAT Mont-Blanc. Créée en
1 9 2 2 l ’e n t r e p ri s e f a m i l i a l e a
répondu à l’appel d’offres de la
région, qui soutient l’initiative en
répercutant le surcoût d’environ
30 % sous forme de subventions à
l’exploitation de la ligne.
Concentration de particules
Elle intervient dans une vallée où la
concentration de particules fines
dépasse régulièrement les niveaux
de vigilance, le niveau jaune a été
activé 5 jours au premier trimestre
2018. La SAT envisage de basculer à
terme toute sa flotte de 50 autocars
en GNV. L’entreprise, qui a réalisé un
chiffre d’affaires de 7 millions
d’euros en 2017 a fait le pari d’investir
4 millions d’euros dans ces 10 autocars et sa propre station de distribution de GNV, dans ses locaux à Cluses. Une évaluation complète sera
conduite à l’issue de la période
d’expérimentation pour l’extension
du dispositif à d’autres contrats de
lignes et de circuits spécialisés,
explique la région. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
28 // PME & REGIONS
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
4
PACA Des filets ont été déployés
en mer pour récupérer
les résidus d’hydrocarbures
déversés dans la Méditerranée
lors de la collision de deux
navires au large de la Corse,
et dont certains ont atteint
des plages de Saint-Tropez,
a annoncé mercredi le ministère
de la Transition écologique. Des
échantillons ont été prélevés.
SEW-Usocome augmente le régime
de sa fonderie mosellane
GRAND EST
Le leader mondial
des motoréducteurs
à usage industriel
investit 30 millions
d’euros dans l’extension de son usine
de Forbach.
Une fonderie propre et peu
bruyante ! Tel est le pari que le
groupe SEW-Usocome compte
r e l e v e r d a n s l ’e x t e n s i o n d e
11.500 mètres carrés prévue sur son
site de Forbach (Moselle). « Nous
attachons beaucoup d’importance à
la qualité de vie au travail. Les représentants des salariés seront étroitement associés à la conception du
nouveau bâtiment. Leurs préconisations seront mises en œuvre par nos
propres services, car nous appliquons nos principes d’intégration et
d’autonomie à notre outil de production », affirme Jean-Claude Reverdell, directeur général France de
SEW-Usocome, filiale française du
groupe familial allemand SEWEurodrive.
Christian Creutz
Pascale Braun
— Correspondante à Metz
SEW-Usocome produit des pièces de tôle nécessaires à la fabrication de systèmes industriels d’entraînement et d’automatisation.
Fondée voici vingt-cinq ans,
l’usine de Forbach, qui emploie
427 salariés, constitue le centre de
compétence en fonderie aluminium du groupe sur le plan mondial. Elle produit des pièces de tôle
nécessaires à la fabrication de systèmes industriels d’entraînement et
d’automatisation qu’elle fournit à sa
maison mère allemande et au site
d’Haguenau, siège social de SEWUsocome. Ouvert en 1960, ce navire
amiral de 850 salariés assemble les
stators et les rotors, et assure les
opérations d’usinage et de bobinage. L’assemblage final est effectué
à Brumath, la nouvelle usine basrhinoise du groupe, inaugurée en
2015 au terme d’un investissement
de 80 millions d’euros.
Robots piqueurs
Labellisé Vitrine industrie du futur,
le site de Brumath, qui compte
600 salariés, synchronise les informations et les flux physiques sur
l’ensemble de ses lignes de production. Le système permet d’inverser
le fonctionnement traditionnel qui
impose à l’opérateur de s’approvisionner auprès du magasin
interne. A Brumath, des robots
piqueurs se saisissent des pièces
nécessaires et les disposent dans le
bon ordre sur un plateau qui sera
livré au pied de la chaîne.
L’extension de Forbach, dont la
construction commencera en 2019,
répondra à un même souci d’autonomie logistique. SEW-Usocome y
implantera tout d’abord un atelier
général, puis, en fonction des
besoins, jusqu’à 18 cellules de
presse. Outre ses trois usines, le
groupe allemand détient cinq centres de montage et de services en
France et mise sur la progression
du marché national et européen.
La société a accusé le coup de la
crise de 2009, mais a retrouvé ses
volumes de production dès 2010 et
n’a cessé de progresser depuis, avec
un pic de croissance à 6,5 % en
France l’an dernier. Implanté en
France et en Allemagne, mais aussi
en Chine, au Brésil et aux EtatsUnis, SEW-Eurodrive a dépassé les
3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, soit une progression de
10 % par rapport à l’année précédente, et emploie 17.500 salariés. n
Novadiscovery modélise
les essais cliniques
pour gagner en efficacité
J.-M. Huron pour Novadiscovery
tel que l’a indiqué la légataire dans
son testament. La municipalité dispose de cinq ans pour réaliser cet
équipement culturel, selon les
modalités du legs, dont la moitié
servira pour l’investissement et
l’autre pour le fonctionnement.
Gérard Julien/AFP
MILLIONS D’EUROS
ont été donnés par legs à la commune de Courville-sur-Eure (Euree t - L o i r) p a r u n e h a b i t a n t e ,
ancienne actrice, Christiane Tarride, décédée en juin. Le conseil
municipal a accepté ce don destiné
à construire une salle de spectacle,
innovateurs
Boulettes de pétrole
à Saint-Tropez
LA STRATÉGIE
NOVADISCOVERY
Date de création : 2010
Président :
François-Henri Boissel
Effectif : 23 personnes
Secteur : R&D
Léa Delpont
— Correspondante à Lyon
Jusqu’ici, la recherche pharmaceutique était in vitro ou in vivo.
Il existe un nouveau modèle, in
silico, dans le monde immatériel
de l’informatique. En la matière,
Novadiscovery, créé en 2010, « a
une fenêtre d’opportunité pour
passer de pionnier à leader »,
estime son président, FrançoisHenri Boissel, fils du fondateur
de la société lyonnaise, JeanPierre Boissel. Ce professeur en
pharmacologie clinique était
convaincu de la nécessité d’utiliser le langage mathématique
pour traiter l’explosion des connaissances médicales. Alors que
l’entreprise, rentable depuis
2017, entre dans une phase
Liebherr-Components se dote d’une
nouvelle ligne de production de moteurs
Une nouvelle ligne
destinée au montage
de moteurs diesel
de grande puissance
a été finalisée sur
le site de Colmar.
Hélène David
— Correspondante à Strasbourg
Deux ans. C’est le temps qui aura été
nécessaire pour finaliser la ligne de
montage de moteurs de grande
puissance sur le site de LiebherrComponents, installé depuis 2014
dans son usine de Colmar (HautRhin). Une ligne où les sociétés
sœurs Liebherr France (pelles sur
chenilles) et Liebherr-Mining
Equipment (pelles hydrauliques
pour l’extraction minière) officient
également.
Y sont produits une nouvelle
série de moteurs diesel, baptisée
D8, déclinés en cylindrées V12,
V16 et V20. « L’usine a été pensée
pour cette gamme », explique Jens
Krug, PDG de Liebherr-Components Colmar. La production a
commencé dès 2016, en parallèle
de la construction de cette ligne de
montage divisée en trois phases
de construction qui a nécessité un
investissement total de 10 mil-
lions d’euros. Désormais opérationnelle, elle permet d’augmenter la productivité du site. D’une
centaine de moteurs produits en
2017, l’entreprise table sur 250 en
2018 et près du double pour
l’année suivante.
Nouveaux marchés
en ligne de mire
Pour l’heure, c’est le secteur des
groupes électrogènes que fournit
exclusivement l’usine via un partenariat conclu fin 2016 avec l’industriel Kohler SDMO. Des phases de
tests sont en cours pour une production destinée aux machines de
Liehberr Mining et « nous sommes
en train de nous attaquer à de nou-
veaux marchés », expose Jens Krug.
En ligne de mire : les secteurs du
chemin de fer et de l’industrie
pétrolière. « La ligne est d’une flexibilité telle que nous avons la possibilité de produire des moteurs avec des
spécificités et pour des applications
différentes », précise-t-il. Avec
230 employés actuellement,
contre 16 en 2011, Liebherr-Components entend encore embaucher
près de 70 personnes d’ici 2020.
Présent à l’international, le
groupe suisse Liebherr opère dans
une douzaine de secteurs d’activité allant du terrassement à
l’aéronautique. En 2017, il affichait
un chiffre d’affaires de 9,8 milliards d’euros. n
Bis Rénovation secoue le marché de l’isolation
LA PME À SUIVRE
NORMANDIE
Effectif : 130 salariés
Chiffre d’affaires : 20 millions
Activité : bâtiment
Claire Garnier
— Correspondante à Rouen
Benoit Dulac a créé Bis Rénovation
Energie en 2010 à Evreux (Eure) en
constatant qu’il n’y avait pas de professionnels portant une approche
globale de l’isolation des maisons
individuelles (toiture, façades,
combles, sol). Huit ans après, avec
20 implantations régionales,
l’entreprise réalise un chiffre
d’affaires de 20 millions d’euros.
Elle emploie 130 salariés, dont
70 recrutés au cours des six derniers mois et prévoit d’en embaucher 50 avant la fin 2018.
Cette réussite, Benoit Dulac
l’attribue à son projet d’entreprise, « bien isoler pour bien moins
cher ». Il a commencé par « remettre à plat les schémas traditionnels de
commercialisation », faisant passer
de 200 euros à 20 euros le coût de
réalisation d’un devis. Le Web marketing ciblé a remplacé la publicité
et la prévente au téléphone, les
déplacements des chargés d’affaires. Bis Rénovation Energie a en
outre connecté son logiciel de gestion de la relation client (CRM) au
cadastre et à Street View (Google)
ainsi qu’au site des impôts pour
vérifier, à partir du numéro d’avis
fiscal fourni par le client, son niveau
d’éligibilité aux aides et subventions à la rénovation thermique.
Optimisation
Son « offre d’isolation à prix cassé »
pour les particuliers lancée en 2016
repose sur ces aides. « Ce sont des
offres en quasi-gratuité pour les
clients avec des tarifs qui ne dépassent pas ou peu le niveau de leurs primes et subventions, explique Benoit
Dulac. Sans incitation, les Français
n’entreprennent pas ces chantiers de
rénovation thermique, qui sont
pourtant indispensables au regard
des émissions de CO2. Le bâtiment,
en France, s’écarte de 22 % des objectifs fixés en émissions de gaz à effet de
serre. » Bis Rénovation va désor-
mais aussi mettre l’accélérateur
sur son offre destinée aux bailleurs
sociaux, syndics de copropriété,
industriels et collectivités.
Pour abaisser ses coûts de
revient, l’entreprise a aussi industrialisé ses process. Elle a acheté
des machines de grande capacité
pour le compactage et le soufflage
(100 m2/heure) des matériaux isolants et choisi ceux qui peuvent
être soufflés rapidement, comme
la laine de roche ou la ouate de cellulose. En parallèle, elle a informatisé la facturation et la gestion des
dossiers de primes et subventions
et optimisé l’organisation des
tournées. « Au lieu de faire un chantier par jour, nos équipes en font
deux ou trois par jour », précise
Benoit Dulac. n
Réduire l’incertitude
« Quand on connecte le tout, on
peut tester de nombreuses hypothèses, explique François-Henri
Boissel. Les prédictions ne sont
jamais parfaites, mais elles réduisent l’incertitude. » La vingtaine
d’études menées par Novadiscovery intervient en amont des
phases cliniques pour maximiser les chances de succès et
réduire les coûts par patient. Son
président veut rationaliser « le
modèle empirique inefficient : de
200 millions à 2 milliards d’euros
dépensés en recherche pendant
quinze ans, avec 20 % de chances
de mettre le produit sur le marché », rappelle-t-il. n
Wetton, le bateau
amphibie qui intègre
sa propre remorque
Benjamin Lemarié
GRAND EST
d’hypercroissance, qui lui fait
espérer atteindre 10 millions
d’euros de chiffre d’affaires d’ici
à trois ans, son dirigeant constate : « L’industrie pharmaceutique est la plus grosse consommatrice de R&D avec 17 % de son
chiffre d’affaires, devant la tech et
l’aéronautique. Mais la seule à ne
pas avoir adopté la modélisation
pour augmenter sa productivité. » En quoi consistent les
essais in silico ? A créer trois
modèles mathématiques et
computationnels : de la maladie, du candidat médicament et
d’une population de patients virtuels. Le plus long à construire
est celui de la maladie, qui
requiert un travail de compilation exhaustif de la littérature
médicale pour la convertir en
lignes de code, et nécessite entre
deux et neuf mois.
L’INVENTION
WETTONCRAFT
Date de création : 2015
Président : Eric Divry
Effectif : 4 personnes
Secteur : nautisme
Nicole Buyse
— Correspondante à Lille
Créé en 2015, Wettoncraft a
inventé un bateau de plaisance à
moteur qui est non seulement
amphibie, mais devient aussi sa
propre remorque. De type semirigide, il est conçu avec des
roues qui se rétractent à l’intérieur de la coque, comme les
trains d’atterrissage d’un avion.
Si le concept existait déjà, la
société l’a poussé pour en faire
u n e i nve n t i o n i n é d i t e a u
monde : les roues font office de
remorque et le bateau peut
s’atteler à une voiture, roulant
au maximum à 130 km/h. Le
timon de remorque, la plaque
d’immatriculation et les feux de
signalisation sont, comme les
roues, escamotables dans le
fond de quille. Un système breveté : « Outre le gain de temps
énorme car le bateau peut être
mis à l’eau en trois minutes grâce
à une assistance électrique, il n’y a
plus de remorque à stocker sur la
plage, ni d’obligation à revenir au
point de départ puisqu’on peut le
récupérer n’importe où », explique Eric Divry, président de
Wettoncraft, à l’origine du projet. Son coût est supérieur de 30
à 40 % par rapport à un bateau
du même genre, mais on fait
l’économie de la remorque et il
se range dans un garage.
En production début 2019
Après un bel accueil en janvier
dernier au Salon nautique Boot
de Düsseldorf, la société a lancé
la commercialisation du Wetton 56 au Grand Pavois de
La Rochelle, fin septembre, avec
un prototype abouti et de premières réservations à la clef.
« Nous avons même eu des
demandes pour d’autres tailles »,
précise Eric Divry. Début 2019,
Wettoncraft lancera la production de dix unités, dont la coque
et les parties composites sont
faites en Normandie et les flotteurs au Mans. L’assemblage est
réalisé au siège de l’entreprise, à
Tourcoing. Elle a obtenu des
prêts et des subventions de bpifrance, et levé des fonds – montants confidentiels – auprès de
business angels, Nord Création,
Nord France Amorçage, Siparex
et Autonomie et Solidarité. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
// 29
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
LES COURS DU PÉTROLE AU
PLUS BAS DEPUIS UN MOIS
FINANCE
&MARCHES
Le prix du baril a chuté de plus
de 3 % en séance à New York.
Les investisseurs ont été surpris
par les dernières statistiques du
gouvernement américain.
Les stocks nationaux de pétrole
ont augmenté nettement plus
qu’anticipé par les économistes
la semaine dernière. Ces réserves de brut progressent depuis
quatre semaines, ce qui ne s’est
pas vu depuis début 2017.
les
indices
Les gérants devancent les banques
sur le marché des cryptodevises
Retour à la réalité
pour les hedge funds
l Les sociétés de gestion comme
Fidelity et les fonds devancent
les banques dans leur conquête du
marché des devises cryptographiques.
l Elles répondent à un intérêt
croissant des investisseurs.
CRYPTODEVISES
Nessim Aït-Kacimi
@NassimAitKacimi
Fidelity Investments, le géant américain de la gestion d’actifs, à la tête
de 7.200 milliards de dollars de
capitaux, se lance sur le marché des
devises cryptographiques, comme
le bitcoin. Il lance sa filiale Fidelity
Digital Asset Services. Elle proposera toute la gamme des services
(exécution des ordres, conservation
des actifs en lieu sûr, conseils) aux
investisseurs américains, la filiale
Fidelity International, qui gère des
fonds hors des Etats-Unis, n’étant
pas encore concernée à ce stade.
La société de gestion ne cible pas
les particuliers mais des institutionnels « comme les hedge funds, family
offices et intermédiaires de marché ».
Elle répond à leur intérêt croissant.
70 % des institutionnels estiment
que les devises cryptographiques
vont faire partie intégrante du paysage de la gestion dans la durée,
selon le sondage du consultant
Greenwich Associates réalisé cet
été auprès de 141 d’entre eux ; 38 %
prévoient qu’elles vont être régulées
tôt ou tard et que leur croissance va
en profiter ; 32 % s’attendent à la disparition de beaucoup de ces devises
2.0 et pensent qu’une minorité survivra et 10 % que cette nouvelle
classe d’actifs restera une niche peu
développée.
Diversification
Entre 10 % et 15 % des family offices
envisageraient d’investir sur les
devises 2.0. Les fonds de dotation
(« endowments ») des grandes universités américaines regardent
aussi de près ces nouveaux actifs de
diversification et certains ont franchi le pas. L’université de Yale, historiquement très investie sur tous les
actifs alternatifs (hedge funds, capital-investissement…), va investir
dans deux fonds crypto, notamment Paradigm. Harvard, le Massachusetts Institute of Technology
(MIT) et Stanford ont aussi placé
une partie de leur argent dans des
projets sur les devises 2.0 et la
blockchain.
D’après un sondage d’Invesco
auprès des fonds souverains, ces
grands institutionnels attendent
que certaines conditions soient
remplies pour investir sur cette
classe d’actifs (baisse de la volatilité
et des risques des devises crypto,
création d’un dépositaire fiable…).
Le fait que d’autres investisseurs
institutionnels y placent une partie
de leur argent les inciterait à en faire
de même, tout comme le lancement
d’un fonds « adapté » par une
société de gestion « réputée ».
Peu de fonds
A terme, Fidelity pourrait lancer
des fonds sur les cryptos et capter
une clientèle encore plus large, celle
des particuliers. Voire lancer sa
propre Bourse des cryptos et concurrencer indirectement Coinbase,
la plate-forme à succès où les petitsporteurs achètent et vendent les
devises 2.0. Tous les projets d’ETF
sur le bitcoin, des fonds cotés en
Bourse qui suivent l’évolution de
son cours, ont été repoussés par le
gendarme des marchés américains. Seule une poignée de fonds
de placement investissent sur le bitcoin, comme Tobam. Le gérant
américain a donc là aussi un créneau à occuper. Le marché attend
désormais les initiatives et réactions éventuelles des autres mastodontes de la gestion américaine,
BlackRock ou Vanguard.
Les gestionnaires d’actifs profitent des atermoiements et craintes
des grandes banques de Wall
Street (Goldman Sachs…), dont les
projets de développement sur les
marchés des cryptos n’ont pas
encore abouti ou ont été repoussés. Les traders haute fréquence,
les sociétés de trading ultrarapides, sont, eux, déjà présents sur un
marché très attrayant pour eux :
volatil, inefficient, peu régulé et qui
comporte beaucoup de particuliers peu avertis. n
Le marché baissier de 2018
a fait chuter la performance
des fonds spéculatifs,
qui ont tenté de limiter
les dégâts.
ne pas dépendre uniquement de
l’évolution des marchés. Tous n’en
ont pas eu les moyens ou la volonté,
et de nombreux fonds ont fermé
ou s’apprêtent à le faire.
Les hedge funds spécialisés sur
les devises cryptographiques ont
perdu 54,5 % sur les neuf premiers
mois de l’année, selon Eurekahedge, après un gain de 1.708,50 %
en 2017. Ils ont enregistré des pertes
un peu moins importantes que
l’ensemble du marché et des deux
principales cryptos (bitcoin et
ether) cette année.
En 2017 et 2016, c’était l’inverse,
ils avaient fait moins bien que le
marché, en courant derrière la
bulle et l’envolée des cours. Depuis
décembre 2015, ils ont gagné en
moyenne 187 % par an, mais au prix
d’une très forte volatilité de 93 %,
qui reste toutefois inférieure à celle
de l’ensemble du marché. Les bons
hedge funds réduisent les risques
et se couvrent plus que les autres,
ce qui a un coût.
Profiter du rebond
Grands fonds
Le « digital asset fund » de Pantera
Capital, un des principaux fonds,
a connu une contre-performance
de – 72 % sur les huit premiers mois
de l’année et de – 40 % depuis
décembre 2017. Au 1er trimestre,
Galaxy Digital, la banque d’investissement fondée par l’ancien
gérant du hedge fund Fortress,
Mike Novogratz, avait enregistré
une perte de 134 millions de dollars,
pour des capitaux de 282 millions
d’actifs. La société s’est diversifiée
sur différentes activités (investissement dans des start-up, conseil,
gestion, tenue de marché…) afin de
De nombreux petits fonds se sont
lancés cette année, 90 selon Crypto
Fund research. Arrivés après
la catastrophe, l’éclatement de la
bulle, ils veulent surfer passivement sur le rebond des cours que
les opérateurs espèrent dans les
prochains mois et peut-être avant
la fin de l’année. Les fonds spéculatifs sur les cryptodevises sont
aujourd’hui près de 300, gérant
4 milliards de dollars, soit 13 millions de dollars de capitaux par
hedge fund. Certains viennent du
secteur financier (banques, hedge
funds traditionnels…) et d’autres
sont des autodidactes qui ont rencontré le succès comme traders
particuliers et ont convaincu des
investisseurs de leur confier des
capitaux. Ils recourent à l’analyse
technique ou ont développé des
méthodes de trading quantitatif.
— N. A.-K.
- 54,5 %
SUR LES NEUF PREMIERS
MOIS DE L’ANNÉE
Perte des hedge funds
spécialisés sur les devises
cryptographiques,
selon Eurekahedge.
Une fintech suisse émet les
premières actions sur la blockchain
Selon le sondage du consultant Greenwich Associates, 70 % des
institutionnels estiment que les devises cryptographiques vont
faire partie intégrante du paysage de la gestion dans la durée.
Photo Shutterstock
Mt Pelerin, une start-up genevoise qui ambitionne
de devenir la première banque du monde construite
sur la blockchain, a émis numériquement ses actions
sur la blockchain. C’est historique. Le transfert
des actions ne pouvait se faire qu’avec une signature
« physique ». Cette innovation signifie que le transfert
via la blockchain des actions est donc possible. — L. Boi.
Qui sont les « baleines » du bitcoin et des cryptos ?
Les détenteurs de gros
portefeuilles de bitcoins, les
« baleines » dans le jargon
des marchés, exercent une
action plutôt stabilisatrice
sur les cours, selon
Chainalysis.
Les « baleines » – le surnom donné
aux détenteurs de gros portefeuilles de devises cryptographiques comme le bitcoin ou l’ether –
sont régulièrement accusées de
manipuler les cours des devises
crypto ou de les déstabiliser à dessein. Une étude de Chainalysis a
analysé 32 portefeuilles contenant
1 million de bitcoins, soit 6,5 milliards de dollars. Les baleines, ces
mammifères marins numériques,
s’avèrent plutôt pacifiques collectivement et loin de l’image de requins
des devises 2.0 qui leur colle à la
peau, d’après Chainalysis.
Un trader sur trois
Une baleine sur trois est un trader
vraiment actif sur le marché. Neuf
portefeuilles contrôlent 332.000 bitcoins. Ces traders sont les nouveaux
riches des cryptos. Ils sont arrivés
sur le marché en 2017 et y ont fait for-
tune avant l’éclatement de la bulle
financière. Ces traders investisseurs
ont plutôt une action stabilisante sur
le cours du bitcoin en achetant
quand les cours baissent. Ce fut le cas
quand le marché plongea fin 2017 et
en 2018. Le deuxième groupe, une
quinzaine de personnes, comprend
les investisseurs de la première
heure. Ceux qui ont les premiers cru
au potentiel du bitcoin et en ont
assumé les risques. Ils s’approprient
un tiers du total (332.000 bitcoins).
Ils font très peu de trading au jour le
jour et ont pris une partie de leurs
bénéfices en 2016 et 2017.
Cinq portefeuilles contiennent
212.000 bitcoins, supposés perdus
par leurs détenteurs, car aucune
transaction n’a été effectuée depuis
2011. Trois autres portefeuilles contiennent 125.000 bitcoins, soit près
de 800 millions de dollars. Deux sont
associés à Silk Road, le supermarché
en ligne des drogues fermé par les
autorités, et un autre à du blanchiment. Pour expliquer les manipulations de cours récurrentes sur le
marché des cryptos, les traders mettent en avant la prolifération des
« bots », des programmes automatiques d’achats et de ventes. Les con-
cepteurs de certains de ses programmes ne s’en cachent pas : leur objectif
est de manipuler les cours dans un
environnement très peu régulé.
« Bots malicieux »
C’est la démocratisation des manipulations de marché avec des « bots
malicieux » accessibles à tous et à
un prix très abordable. Les hedge
funds et traders haute fréquence,
qui ont déjà une expérience du fonctionnement des marchés, sont plus
à mêmes d’abuser les particuliers et
autres boursicoteurs numériques.
Les Bourses et plates-formes des
cryptos interviennent elles aussi sur
leur propre marché dans le cadre
leurs activités de trading ou tenue de
marché. C’est le cas de Bitfinex, bitFlyer, Poloniex, Tidex, selon le rapport du procureur général de l’Etat
de New York. Certaines plates-formes comme itBit refusent de divulguer ce type d’informations. BitFlyer Etats-Unis évalue sa propre
activité à 10 % des volumes. Certaines plates-formes peuvent être tentées d’orienter les cours à leur guise,
notamment celles qui opèrent dans
des environnements réglementaires très souples. — N. A.-K.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
30 // FINANCE & MARCHES
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
Les banques accélèrent dans
le crédit à la consommation
l Les banques s’appuient sur le crédit à la consommation pour doper
leurs revenus en période de taux bas.
l Les Banques Populaires affichent la meilleure progression.
BANQUE
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj
Les réseaux bancaires ne se battent
pas seulement pour financer les
logements de leurs clients. Leur
bataille se joue aussi sur le terrain
du crédit à la consommation. Au
premier semestre, l’encours de
prêts personnels et crédits affectés,
c’est-à-dire liés à l’achat d’un bien ou
d’un service, a progressé de 5,5 %
sur un an, à 121 milliards d’euros,
selon la Banque de France. « La
dynamique de marché est impressionnante et bien supérieure aux
taux de croissance de l’économie »,
rappelle Pierre Blanc, associé du
cabinet Athling. Elle s’explique
d’abord par la baisse des taux d’intérêt des crédits dits amortissables, à
un niveau de 3,6 % en juin, contre
plus de 6 % il y a encore six ans.
Depuis le début de l’année, la tendance a été surtout entraînée par la
dynamique de deux réseaux
mutualistes. Selon les données du
cabinet Athling, les Banques Populaires affichent la plus forte croissance de leurs encours (12,6 %).
Juste derrière figurent les banques
régionales du Crédit Agricole avec
un taux de croissance de 9,7 %. Les
banques dites « commerciales »
progressent aussi mais dans une
moindre mesure : Athling note une
croissance des encours de 3,6 % à la
Société Générale, de 4,3 % chez LCL
et de 2,9 % chez BNP Paribas.
« Un vecteur de revenu
important »
Pour les Banques Populaires, qui
affichent un encours bien moins
important que le Crédit Agricole, il
s’agit surtout d’un effet de rattrapage : « Historiquement moins présents sur la clientèle de particuliers
que les Caisses d’Epargne, nous faisions moins de crédit à la consommation, depuis quelques années nous
avons mis ces produits au cœur de
nos priorités », confirme un proche
du réseau mutualiste.
Le secteur n’a pas toujours
connu cette forme. Dans le sillage
de la crise, le marché a souffert
apporte un
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Président du
Patrick Seghin
Directoire, Damartex
Vous êtes dirigeant d’une ETI et souhaitez rejoindre notre cercle
ain de partager vos expériences avec vos pairs,
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poids lourds du secteur au niveau
européen. Dans son dernier plan
stratégique à horizon 2020, l’établissement spécialisé s’est fixé
comme premier objectif d’aider les
banques de détail du groupe à se
renforcer dans ce domaine.
La logique est la même du côté de
Société Générale, avec sa filiale
Franfinance. Celle-ci distribue du
crédit à la consommation en
s’appuyant sur des entreprises partenaires, mais est de plus en plus au
service des agences bancaires du
groupe. « Depuis quelques mois, des
spécialistes de Franfinance vont animer le réseau Société Générale pour
le crédit conso. Auparavant, Franfinance intervenait principalement en
back-office mais pas sur la vente.
Désormais, Franfinance intervient
pour aider à fixer le prix ou améliorer le discours commercial du conseiller », explique Frédéric Jacob,
directeur général de Franfinance. n
Le discret développement
du « paiement fractionné »
Les formules de crédit sur
trois mois sur des montants
limités séduisent les géants
du commerce en ligne.
Edouard Lederer
@EdouardLederer
e
c
r
e
m
m
o
c
e
’
L
e façon
d’une conjoncture économique
morose et des tours de vis réglementaires. Cette page semble
aujourd’hui largement tournée. « Il
y a une volonté commerciale de mettre le crédit à la consommation en
tête des priorités dans les banques de
détail », explique Pierre Blanc. A
l’heure où les taux bas mettent les
marges des banques sous pression,
« le crédit conso est un vecteur de
revenu important et simple à activer ». De fait, il offre des marges
bien supérieures à celles du crédit
immobilier.
Pour accélérer, « les banques de
détail utilisent les outils que mettent
à disposition leurs filiales spécialisées dans le crédit à la consommation, comme des outils de ciblage, de
scoring [de notation de la qualité de
crédit, NDLR] », explique Pierre
Blanc. Par exemple, le groupe Crédit Agricole compte sur sa filiale
Crédit Agricole Consumer Finance,
C’est un marché discret, mais lucratif, apparu au début des années
2010. Banque Casino, filiale du
groupe de distribution et de Crédit
Mutuel CIC, et Oney, la banque du
groupe Auchan, rivalisent dans une
forme de crédit à la consommation,
dite de « paiement fractionné ». Le
principe ? Proposer un paiement
par carte en trois ou quatre fois sur
trois mois, avec une procédure très
allégée dans la souscription du prêt.
Signe que la formule intéresse
décidément les industriels, Amazon propose depuis l’an dernier un
paiement en quatre fois par carte
bancaire sur Amazon.fr, en partenariat avec Cofidis Retail, la filiale
de Crédit Mutuel CIC, qui a conçu ce
produit. « On estime que le marché
avoisine les 5 milliards d’euros
d’encours », explique Marc Lanvin,
directeur général adjoint de Banque Casino. Le marché se développe désormais aussi en direction
des commerces physiques – Oney a,
par exemple, adapté en 2017 sa solution aux terminaux de paiement –
et au secteur du voyage, voire à
l’international dans le cas d’Oney.
Une durée
tout sauf anodine
Les distributeurs apprécient la formule, car, sans surprise, elle vient
soutenir les volumes de vente. Les
montants de prêts relativement faibles rendent en outre le coût d’un
éventuel défaut plus limité. Pour
l’emprunteur, ce crédit de courte
durée est psychologiquement peu
douloureux. Son coût tourne autour
de 2 % sur trois mois, ce qui représente en réalité l’équivalent de 8 %
par an. Il peut aussi exister des paiements « en quatre fois sans frais »,
mais dans ce cas, c’est bien le commerçant qui rémunère le prêteur.
Cette durée de trois mois est tout
sauf anodine, puisque, au-delà, un
crédit est soumis à la loi Lagarde de
2011. Pour les crédits couverts par ce
texte, « il faut signer électroniquement un contrat, les mentions légales
doivent avoir une taille de caractère
particulière… toutes ces contraintes
ne s’intègrent pas bien dans le parcours de paiement des e-commerçants », remarque Marc Lanvin. Ce
cadre plus « light » convient bien
aux acteurs de l’e -commerce
comme Cdiscount, la filiale de
Casino, ou désormais Amazon : le
consommateur obtient un financement « sans couture », sans interrompre l’acte d’achat.
Reste que le paiement fractionné
reste une discipline de haut niveau :
avec des crédits remboursés tous les
trois mois, le bilan tourne très vite, et
il faut prêter à nouveau pour dégager de nouveaux revenus d’intérêt.
« Il faut en permanence tenir la
cadence et mettre des bûches dans la
cheminée », remarque Pierre Blanc,
fondateur du cabinet Athling. « Ce
métier nous apporte de la croissance
et de la rentabilité. C’est une activité de
flux et de volumes, et pas de stock. On
gagne de l’argent à raison de quelques
centimes par transaction », souligne
Marc Lanvin. n
Tension sociale autour du
démantèlement du Crédit Foncier
BANQUE
L’intersyndicale
du spécialiste
de l’immobilier a
appelé à une mobilisation mercredi devant
le siège de BPCE.
Les reclassements
proposés aux salariés
suscitent l’inquiétude.
Passé le choc de l’annonce de la disparition du Crédit Foncier, les salariés du spécialiste de l’immobilier
sont sur leur garde. Mercredi, ils
ont appelé à la mobilisation devant
le siège du groupe BPCE avant d’être
reçus – en fin d’après midi – par le
président du directoire, Laurent
Mignon. En cause pour les salariés :
les conditions de reclassement promises par les différentes banques
du groupe BPCE en juin dernier.
« Trente entités du groupe BPCE se
sont engagées à proposer des reclassements aux 1.400 salariés du Crédit
Foncier dont le poste doit être supprimé, mais nous n’avons pas de
garantie sur la nature des postes qui
seront proposés. Les banques régionales sont plutôt en train de réduire
leurs effectifs, nous craignons des
licenciements, par la suite, dans les
entreprises d’accueil », fait valoir un
représentant syndical du Crédit
Foncier qui met en avant le précédent du transfert début 2018 des
équipes de recherche-actions de
Natixis chez Oddo. Une fois le transfert des salariés de Natixis engagé
dans le cadre du partenariat entre
les deux établissements, Oddo avait
négocié un accord social prévoyant
le recours à des « ruptures conventionnelles collectives ».
Des négociations
jusqu’à mi-novembre
Une autre revendication porte sur
les 600 personnes chargées de gérer
en « run-off » les 114 milliards d’actifs
du Crédit Foncier. Les syndicats souhaitent que leur soit proposé un guichet de départ, une fois leur mission
accomplie. Le sujet est encore en
débat au sein de la banque. Engagées
mi-juillet, les négociations sur les
conditions sociales de démantèlement du Crédit Foncier doivent se
poursuivre jusqu’à mi-novembre.
En attendant BPCE veut rassurer.
Dans une lettre envoyée il y a dix
jours aux salariés du Crédit Foncier,
il a rappelé ses engagements.
« Nous ne détruisons pas d’emplois,
nous fermons les agences du Crédit
Foncier et recréons immédiatement
des emplois dans nos autres banques », assure une source. Les banques régionales y sont aussi intéressées. La disparition du Crédit
Foncier leur offre en effet des
moyens pour se développer : BPCE
doit récupérer chaque année près
de 8 milliards de liquidités, dont
6 milliards doivent être redistribués
aux banques régionales. — S. W.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 31
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
Private equity : la bataille
du Brexit est lancée
CAPITALINVESTISSEMENT
Le Luxembourg fait
la course en tête pour
séduire les gérants
de Londres, le poumon
du non-coté européen
fort de 500 milliards
de livres d’actifs.
Anne Drif
@Anndrif
Mercredi matin, sous les ors de la
National Gallery de Londres, le plus
petit membre fondateur de l’Union
européenne s’est livré à une discrète
opération séduction. Avec quelques
« ambassadeurs », comme le fonds
britannique 3i et le suédois EQT, le
Luxembourg était venu convaincre
les grands noms du capital-investissement d’abandonner, à quelques
mois du Brexit, l’actuel poumon du
private equity européen et sa destination phare de Guernesey pour le
Grand-Duché. Un enjeu à 500 milliards de livres d’actifs, selon l’association britannique du capitalinvestissement, la BVCA.
Si Paris séduit les banques de
Londres, elle est distancée par le
Luxembourg pour l’industrie du
non-coté. L’association de capitalinvestissement locale, la LPEA, se
vante déjà d’accueillir 19 des 20 plus
gros fonds dans le monde, comme
Blackstone, Carlyle, KKR ou Apollo.
En 2017, elle n’en recensait que 13.
« Il ne manque que SoftBank », se
L’association de capital-investissement luxembourgeoise se vante
d’accueillir 19 des 20 plus gros fonds du non-coté. Photo Shutterstock
félicite l’association. Exemple, EQT.
Le suédois, qui levait des capitaux
au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et
au Luxembourg, a décidé fin 2017
de domicilier tous ses fonds futurs
au Grand-Duché.
Anticipation
Quelques mois après, il bouclait son
plus gros véhicule jamais levé, de
10,75 milliards d’euros, au Luxembourg. « Les grandes firmes étendent
leur présence en créant de nouvelles
structures au Luxembourg, une
place qui a une longue tradition
d’administration des fonds, appuie
Michael Collins, le CEO d’Invest
Europe, la fédération européenne
du private equity. Mais ce mouvement concerne aussi des fonds étrangers qui veulent investir en Europe.
Le Brexit est pour eux un facteur
d’accélération, ils préfèrent choisir
une destination continentale, stable
fiscalement. » Dans le même temps,
ajoute-t-il, un grand nombre de
gérants ont anticipé leur levée de
fonds pour ne pas avoir à solliciter
leurs investisseurs en plein Brexit.
Résultat, la première moitié de 2018
s’est révélée exceptionnelle : le
montant de capitaux a crû de 40 %
dans l’Union, à 45,6 milliards
d’euros (dont 6,6 milliards levés en
La réforme de l’Euribor,
un chantier à hauts risques
TAUX
L’Euribor, un taux
de référence pour
les acteurs financiers,
devrait bientôt être
déterminé autrement
pour en finir avec
les soupçons
de manipulation.
Solenn Poullennec
@SolennMorgan
« Le succès de la réforme de l’Euribor
est crucial pour la stabilité financière », prévient Jean-Louis Schirmann. Le secrétaire général de
l’organisation bancaire européenne EMMI sait de quoi il parle.
L’Euribor est un des rouages essentiels des marchés financiers.
Ce taux d’intérêt, utilisé par les
principales banques européennes
quand elles se prêtent de l’argent
entre elles sert à fixer les prix d’un
volume considérable de contrats
financiers, notamment des crédits
aux entreprises et aux ménages.
Mais la faiblesse de ce taux et de ses
équivalents étrangers a éclaté
quand les banques ont été accusées
de les avoir manipulés à leur profit et
ont écopé de lourdes amendes. Dans
une consultation, l’EMMI a invité
mercredi tous les acteurs qui utilisent l’Euribor à donner leur avis sur
ce qui devrait être son futur mode de
calcul.
Cela fait des années que les
acteurs financiers cherchent à trouver des alternatives à ce taux, mais
aussi à l’Eonia (utilisé pour les financements à court terme) et au Libor,
leur équivalent pour les contrats en
dollars et en livres. Les autorités en
charge de la stabilité financière
jugent impossible d’avoir des taux
interbancaires calculés à partir des
seules déclarations, supposées exactes, des institutions financières sur
leurs coûts de financement. Elles
exigent que ces taux soient établis à
partir de transactions constatées sur
les marchés financiers. Séduisante
sur le papier, la solution s’est révélée
difficile à mettre en œuvre pour des
raisons techniques. En juin, la Banque centrale européenne (BCE) a
mis sur la table une alternative consensuelle à l’Eonia, baptisée Ester.
Pour l’Euribor, l’EMMI a dû reprendre plusieurs fois sa copie. Déjà testée, la formule de calcul de l’Euribor
proposée mercredi pourrait toutefois être la bonne. « La nouvelle version de l’Euribor est techniquement
solide et semble manifestement
admise par le marché », explique
Cédric Quéméner, manager au sein
du cabinet Cognizant Consulting.
L’EMMI espère que le passage à
un nouveau taux de référence sera
achevé à la fin de 2019. Reste pour
les banques qui utilisent ces taux à
prendre le sujet à bras-le-corps et à
tirer toutes les conséquences de ces
changements.
Un calendrier très serré
« Les banques et les gérants d’actifs
européens ne semblent pas bien préparés. Le risque est que les contrats
concernés qui sont à la fois des produits dérivés, des prêts, des financements obligataires deviennent
caducs avant d’être transférés sur de
nouveaux indices, souligne Cédric
Quéméner. L’enjeu est de mettre en
œuvre des clauses qui permettent de
passer d’un indice à un autre et pour
l’instant on est peu avancé », assènet-il. Le temps presse. La régulation
européenne a donné jusqu’à la fin
de l’année prochaine à EMMI et aux
acteurs financiers pour basculer
vers les remplaçants de l’Euribor et
l’Eonia actuels. D’où la volonté de
certains acteurs de l’industrie de
négocier un délai auprès des
législateurs européens. n
France, selon France Invest, et
27,8 milliards d’euros au RoyaumeUni, selon Preqin).
Le mouvement profite au
Luxembourg, qui, outre sa stabilité
fiscale, bénéficie d’un atout de
taille : sa flexibilité. « Pour l’heure,
explique Arnaud David, chargé de
la structuration de fonds d’investissement chez Goodwin, le Luxembourg accepte de fournir des agréments sans exiger le transfert de
l’équipe de Londres ou d’autres domiciliations. » Ce n’est pas la position
de la France. « Ainsi le Luxembourg
capte le maximum de fonds avant le
Brexit », déplore un gérant paneuropéen confronté au casse-tête
d’une double structure entre Londres et Paris. Le Luxembourg le sait,
puisqu’il vient démarcher à Paris
même. « Le domaine du private
equity offre une évolution très positive au Luxembourg, attirant de plus
en plus de gestionnaires, parmi lesquels un grand nombre de sociétés
d’origine française », vantait la LPEA
au Cercle national des armées, le
25 septembre.
Celle-ci sait aussi que cette relative souplesse, qui agace ses concurrents de l’Union, ne va pas durer.
« Il est fort possible que le régulateur
demande plus de substance et donc
une présence plus forte des gérants »,
indique la LPEA. Les fonds pourront alors difficilement faire marche arrière. Depuis janvier, les
offres d’embauche dans le secteur
au Luxembourg, déjà fort de
6.000 professionnels, ont atteint un
pic de 900. Du jamais-vu depuis le
référendum britannique. n
Amplegest prend le
contrôle d’Octo AM
GESTION D’ACTIFS
La société indépendante dépasse ainsi
les 800 millions
d’euros d’encours.
Sophie Rolland
@Sorolland
Nouveau rapprochement dans
l’univers des sociétés de gestion
indépendantes. Amplegest
vient d’annoncer qu’il entrait au
capital d’Octo Asset Management à hauteur de 65 %. L’opération permet à Amplegest, qui
totalisait 620 millions d’euros
d’encours en gestion d’actifs au
1er octobre, de passer le seuil des
800 millions. La société se rapproche ainsi de l’objectif qu’elle
s’est fixé : atteindre le milliard
d’euros d’actifs sous gestion à
l’horizon 2020.
Arnaud de Langautier, son
président, n’a jamais caché son
intention de faire grossir la
société créée en 2007 avec le soutien d’Allinvest (actionnaire à
38 %). L’essentiel de ses encours
gérés provient des activités historiques de gestion privée et de
« family office ». « En asset
management, il faut atteindre le
milliard d’euros pour supporter
l’ensemble des coûts réglementaires et être éligible aux investissements des grands acteurs institut i o n n e l s » , e x p l i q u e - t- i l .
Spécialiste de la gestion actions
directionnelle, Amplegest a créé
un fonds « long-short » il y a trois
ans. Octo AM lui apporte une
expertise sur les taux. « Cette
prise de participation répond à
deux préoccupations : nous pourrons offrir un conseil en gestion de
taux à nos clients privés et nous
enrichissons la gamme présentée
aux clients institutionnels. »
Créé en 2011, Octo AM est une
émanation du courtier obligataire du même nom. Il s’est fait
connaître comme l’un des rares
gérants obligataires français à
s’affranchir des indices. « Cette
différenciation, qui se traduit par
des prises de position sur des obligations décotées en raison de leur
taille, de leur note ou de la
défiance des investisseurs, nous a
permis d’atteindre 200 millions
d’euros d’encours, mais nos six
fonds doivent aujourd’hui être
plus gros pour continuer à
intéresser les institutionnels »,
explique le fondateur et directeur général de la société,
Matthieu Bailly.
Cercle vertueux
Ce dernier et le groupe Octo
conserveront 35 % du capital
d’Octo AM à l’issue de l’opération. Devenu filiale d’Amplegest,
Octo AM conservera son nom,
ses équipes et sa direction. Mais
bénéficiera d’un cercle vertueux. « Dès la réalisation de
l’opération, les souscriptions de la
gestion privée d’Amplegest contribueront à la progression des
actifs des fonds d’Octo AM », précise Arnaud de Langautier. De
quoi, espère-t-il, permettre aux
véhicules en question d’atteindre une taille suffisante pour
entrer dans le radar des grands
investisseurs institutionnels. n
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
32 // FINANCE & MARCHES
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
La dette américaine ne séduit
plus les étrangers
représentent que 57 milliards de
dollars. Surtout, de grands acheteurs traditionnels de Treasuries,
les investisseurs asiatiques, continuent de se délester. La Chine, qui
est le premier créancier étranger
des Etats-Unis, avec 1.165 milliards
de dollars, a été vendeuse nette
pour le troisième mois d’affilée. Elle
a réduit sa détention de 18 milliards
de dollars entre mai et août.
Pour certains, cette diminution
pourrait être une offensive de
Pékin dans la guerre commerciale déclenchée par Washington. L’ambassadeur chinois aux
Etats-Unis avait en effet brandi
cette menace en mars dernier,
rappelle Bloomberg. Mais la
Chine a sûrement vendu des
Treasuries dans le cadre de ses
efforts pour stabiliser sa monnaie. Deuxième plus grand détenteur d’obligations d’Etat américaines, le Japon a pour sa part
diminué ses avoirs de 5,6 milliards de dollars, à 1.029,9 milliards. Même mouvement dans
DETTE
Les investisseurs
étrangers ont mollement repris leurs
achats de Treasuries.
Guillaume Benoit
@gb_eco
Les Treasuries ne suscitent pas
l’enthousiasme chez les investisseurs internationaux. Les chiffres
que vient de publier le Trésor américain sur la détention de ces titres
en dehors du territoire américain
sont un peu trompeurs. « Certes, les
achats en août étaient importants, à
63 milliards de dollars, le chiffre
mensuel le plus élevé depuis plus de
trois ans. Mais ce chiffre suit une
série de mois particulièrement
médiocres », analyse ainsi Stéphane
Déo chez La Banque Postale Asset
Management. Sur douze mois
depuis août 2017, les achats ne
LA SÉANCE DU 17 OCTOBRE 2018
un moindre volume, à Hong Kong
(–1,2 milliard), Taïwan (–1 milliard) ou en Inde (–2 milliards).
Hausse des stocks irlandais
A l’inverse, le Brésil et l’Irlande se
sont renforcés de plus de 15 milliards de dollars. Pour ce dernier
pays, il s’agit d’un retournement. Ces
derniers mois, les stocks irlandais
avaient plutôt tendance à baisser.
L’appétit modéré des investisseurs étrangers pour la dette
américaine, qui s’explique aussi
par le coût élevé des produits de
couverture de taux en dollars,
pourrait se révéler problématique. Le déficit américain à financer pour l’année fiscale 2018-2019
devrait atteindre 1.000 milliards
de dollars. « Le désintérêt des
étrangers pour les Treasuries est
inquiétant au vu de la montagne de
papier à placer dans les mois qui
viennent », conclut Stéphane
Déo. Et de souligner que les étrangers n’ont financé que 6 % du
déficit américain depuis un an. n
NOUS VOUS PROPOSONS PLUS DE 850 OPPORTUNITÉS
DE CRÉATION D’ENTREPRISE EN RÉSEAU
La Bourse
de Paris tombe
à nouveau
dans le rouge
La Bourse de Paris n’a pas
•réussi,
mercredi, à poursuivre
le rebond entamé la veille. Dans
un volume d’échanges étoffé de
4 milliards d’euros, l’indice
CAC 40 a perdu 28,10 points à
5.144,95 points, soit un recul de
0,54 %. La séance avait pourtant commencé dans le vert,
jusqu’au milieu de matinée.
Mais les inquiétudes géopolitiques portant sur l’Arabie saoudite et le Brexit notamment, ou
celles sur le budget italien ont
eu raison de cet optimisme.
D’autant que Wall Street était
mal orienté en début de séance.
Les investisseurs étaient aussi
dans l’attente de la publication
des minutes de la Fed. Les marchés se demandent si la banque
L’OPÉRATION DU JOUR
Neoen réussit son introduction
en Bourse sur Euronext Paris
Neoen, le producteur indé•pendant
français d’énergie
BODYHIT
100 patates
Secteur : Beauté - Santé - Bien-être
kevin.sanson@bodyhit.fr
Secteur : Restauration
franck.naude@groupeplf.com
Nb. d’implantation : 11
01 83 91 35 84
Nb. d’implantation : 5
03 87 75 90 83
Apport : à partir de 20 k€
Apport : à partir de 150 k€
centrale américaine pourra
maintenir le cap de son resserrement monétaire face à la
pression constante de Donald
Trump.
Sur le plan des valeurs,
Sanofi a tiré son épingle du jeu,
terminant en tête du CAC 40
(+1,05 %). Deuxième du palmarès, STMicroelectronics a profité du dynamisme du secteur
technologique, gagnant 0,81 %.
A l’inverse, le secteur automobile a enregistré un net recul,
pénalisé par la forte chute des
immatriculations en Europe.
Malgré sa première place sur le
marché européen, Peugeot a
cédé 4,62 %. Renault a perdu
3,15 %. Valeo a abandonné
3,36 %, Faurecia 5 % et Michelin 2,64 %. Danone a reculé de
4,34 % à cause d’une baisse de
4,4 % de son chiffre d’affaires au
troisième trimestre.
Hors du CAC 40, Genfit a
réalisé la meilleure performance du SBF 120, progressant
de 9,51 %.
renouvelable, est parvenu à
lever sur les marchés 630 millions d’euros pour développer
son réseau de centrales. Si
l’option de surallocation est
exercée dans sa totalité, ce montant avoisinera les 700 millions
d’euros. C’est la plus grosse introduction en Bourse sur Euronext
Paris depuis le début de l’année.
Le prix de l’action a été fixé à
16,50 euros, dans le bas de la
fourchette. Le titre a terminé en
hausse de 3,6 % pour son pre-
mier jour de cotation. La capitalisation boursière de la société
s’élève à 1,452 milliard d’euros.
Depuis janvier, le marché français n’attire que les PME. Hormis
Neoen, seize opérations ont eu
lieu, dont 10 sur Euronext
Growth (nouveau nom d’Alternext) pour 360 millions d’euros
levés. Trois sociétés importantes
ont renoncé à leur projet d’introduction : Novares, Delachaux et
Autodis. L’IPO de Consolis, le
spécialiste du béton préfabriqué, est évoquée pour ce trimestre.
en bref
ERA
La Turquie réussit une émission
de dette en dollar
Speedy
Secteur : Immobilier
developpement@erafrance.com
Secteur : Entretiens - Réparations
candidature@
@speedy.fr
Nb. d’implantation : 380
01 39 24 69 00
Nb. d’implantation : 487
01 41 20 30 30
Apport : à partir de 50 k€
TAUX La Turquie a pu revenir sur les marchés internationaux et
lever 2 milliards de dollars de titres libellés en devise américaine. Ankara a profité de l’accalmie dans ses relations avec
Washington, suite à la libération du pasteur américain. L’affaire
avait provoqué une escalade des tensions entre les deux pays. La
Turquie a reçu 6 milliards de dollars d’offres pour son émission
obligataire. Les investisseurs américains ont représenté 60 %
du livre d’ordres. La Turquie, qui subit une crise de change, a dû
offrir une rémunération plus élevée qu’en début d’année.
Apport : à partir de 50 k€
Nordea : soupçons de blanchiment
d’argent
Diet Plus
BANQUE La banque nordique Nordea a déclaré avoir connais-
Bastide
Secteur : Santé, bien-être
franchise@dietplus.fr
Secteur : Santé-Bien-Etre
franchise@bastide-medical.fr
Nb. d’implantation : 173
03 87 84 41 60
Nb. d’implantation : 76
04 66 38 78 26
Apport : à partir de 10 k€
Apport : à partir de 10 k€
NOUS ASSURONS
VOTRE MISE EN RELATION
NOUS ACCOMPAGNONS
LE FINANCEMENT DE VOTRE PROJET
sance des soupçons du fonds Hermitage Capital Management
sur des pratiques de blanchiment d’argent la concernant et elle
affirme avoir signalé aux autorités toutes les transactions
suspectes. L’autorité suédoise de lutte contre les crimes économiques a déclaré mardi avoir reçu des documents de la part
d’Hermitage censés montrer que Nordea n’a pas respecté ses
responsabilités en matière de lutte contre le blanchiment
d’argent. Elle les examine et n’a pas encore ouvert d’enquête.
L’assureur Prudential Financial n’est
plus considéré comme « systémique »
ASSURANCE L’assureur américain Prudential Financial a été
Plus d’infos sur
lesechosdelafranchise.com
En partenariat avec
Un service
retiré de la liste des institutions financières « d’importance systémique » (Sifi), a annoncé le Conseil de stabilité financière
(FSOC) américain mercredi. Prudential Financial était le dernier groupe non bancaire restant sur la liste des établissements
soumis à une supervision et à des exigences de fonds propres
renforcées aux Etats-Unis. Il y a un an, l’administration Trump
avait déjà retiré son concurrent AIG de cette liste.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 33
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
euronext
SÉANCE DU 17 - 10 - 2018
CAC 40 : 5144,95 (-0,54 %) NEXT 20 : 11824 (0,27 %)
CAC LARGE 60 : 5732 (-0,46 %)
CAC ALL-TRADABLE : 4049,79 (-0,41 %)
DATE DE PROROGATION : 26 OCTOBRE
CAC 40
SRD Suite
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
ACCOR (AC) R
A
FR0000120404
AIR LIQUIDE (AI) R
11/05/18 1,05
A
FR0000120073
28/05/18 2,65
AIRBUS GROUP (AIR) R
A
NL0000235190
16/04/18 1,28
ARCELORMITTAL (MT)
A
LU1598757687
ATOS SE (ATO) R
FR0000051732
AXA (CS) R
17/05/18 0,09
A
31/05/18 1,7
A
FR0000120628
03/05/18 1,26
BNP PARIBAS (BNP) R
A
FR0000131104
BOUYGUES (EN) R
30/05/18 3,02
A
FR0000120503
02/05/18 1,7
CAP-GEMINI (CAP) R
A
FR0000125338
CARREFOUR (CA) R
04/06/18 1,7
A
FR0000120172
21/06/18 0,46
CREDIT AGRICOLE (ACA) R
A
FR0000045072
DANONE (BN) R
22/05/18 0,63
A
FR0000120644
04/05/18 1,9
DASSAULT SYSTEMES (DSY) R A
FR0000130650
ENGIE (ENGI) R
29/05/18 0,58
A
FR0010208488
10/10/18 0,37
ESSILOR INTERNATIONAL (EI) R A
FR0000121667
26/04/18 1,53
HERMES INTL (RMS) R
A
FR0000052292
KERING (KER) R
07/06/18 7,6
A
FR0000121485
L.V.M.H. (MC) R
14/05/18 4
A
FR0000121014
LEGRAND (LR) R
17/04/18 3,4
A
FR0010307819
L'ORÉAL (OR) R
01/06/18 1,26
A
FR0000120321
25/04/18 3,55
OUV
VOL.
NB TITRES
41,91
1133580
290.969.205
108,15
920697
428.301.594
102,24
1286634
776.295.452
24,95
5289082
1.021.903.623
100,15
503328
106.884.219
22,58
6248036
2.423.655.502
49,86
3722126
1.249.798.561
36,84
697425
366.484.738
106
653309
168.817.033
15,535
3479698
789.252.839
12,2
6837509
2.866.437.156
63,78
4418650
685.055.200
117,5
473305
261.541.129
11,895
6456946
2.435.285.011
116,55
682292
358.840.853
507,4
92860
105.569.412
384,1
332073
126.279.322
267
699809
505.028.789
59,04
528467
266.805.751
186,9
592297
560.082.187
CLOT
+ HAUT
+ BAS
41,62
42,42
41,59
106,7
109,1
106,3
100,86
102,62
100,18
24,805
25,265
24,525
96,88
101,3
96,26
22,515
22,705
22,43
49,6
50,14
49,355
36,65
37,15
36,42
105,95
109,65
105,05
15,575
15,73
15,465
12,16
12,29
12,128
62,22
64
61,16
116,25
118,9
115,15
11,75
11,98
11,715
115,65
117,2
115,15
499,3
508,4
496,9
378,3
390,9
373
264,15
269,55
261,8
58,88
59,34
58,46
187,75
189,2
186,6
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 0,19
- 2,35
- 3,86
- 0,65
- 0,19
+ 2,74
- 0,85
- 5,12
+ 24,84
+ 0,02
- 3,22
+ 1,31
- 2,32
- 4,08
- 26,52
+ 1,28
- 11,04
- 0,24
- 4,3
- 25,17
- 0,3
+ 0,85
- 9,18
- 0,09
- 1,44
+ 5,95
+ 0,19
- 4,59
- 9,1
+ 0,23
- 2,63
- 17,62
- 4,34
- 3,97
- 11,99
-10,95
+ 32,86
- 0,68
- 5,58
- 17,77
- 0,86
- 4,7
+ 14,5
+ 0,02
- 8,15
+ 15,85
- 0,94
-14,22
+ 14,48
- 0,04
- 8,33
+ 10,38
+ 0,07
- 7,71
- 4,77
+ 0,78
- 6,82
- 0,24
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 3,21
48,95
40,97
2,52
+ 1,57
115,25
97,12
2,48
+ 21,52
3,4
111,16
29,71
81,33
1,49
- 8,52
30,765
24
- 20,16
130,55
92,9
1,76
- 8,98
27,69
20,495
5,6
- 20,32
68,66
49,18
6,09
- 15,38
45,98
35
4,64
+ 7,14
119,8
97,38
1,61
- 13,66
19,73
12,955 2,95
- 11,88
15,54
11,105
5,18
- 11,05
71,78
61,16
3,05
+ 31,22
141
87,52
0,5
- 18,03
1,21
14,815
9,74
11,66
3,15
+ 0,61
129,55
105,35
1,32
+ 11,89
614,6
417,9
1,52
+ 3,56
522,4
338,263 1,06
+ 7,64
313,7
232,5
1,29
- 8,27
67,44
56,56
2,14
+ 1,51
214,9
170,3
1,89
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV
MICHELIN (ML) R
A
FR0000121261
ORANGE (ORA) R
22/05/18 3,55
A
FR0000133308
05/06/18 0,4
PERNOD-RICARD (RI) R
A
FR0000120693
PEUGEOT (UG) R
04/07/18 1,01
A
FR0000121501
02/05/18 0,53
PUBLICIS GROUPE (PUB) R
A
FR0000130577
RENAULT (RNO) R
FR0000131906
SAFRAN (SAF) R
06/06/18 2
A
21/06/18 3,55
A
FR0000073272
29/05/18 1,6
SAINT-GOBAIN (SGO) R
A
FR0000125007
SANOFI (SAN) R
11/06/18 1,3
A
FR0000120578
11/05/18 3,03
SCHNEIDER ELECTRIC (SU) R A
FR0000121972
02/05/18 2,2
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE (GLE) R A
FR0000130809
SODEXO (SW) R
30/05/18 2,2
A
FR0000121220
01/02/18 2,75
STMICROELETRONICS (STM) R A
NL0000226223
17/09/18 0,05
TECHNIPFMC (FTI) R
A
GB00BDSFG982
TOTAL (FP) R
20/08/18 0,13
A
FR0000120271
25/09/18 0,64
UNIBAIL-R/WFD (URW)
A
FR0013326246
VALEO (FR)
A
DIV 3 06/06/16
FR0013176526
04/06/18 1,25
VEOLIA ENV. (VIE) R
A
FR0000124141
VINCI (DG) R
14/05/18 0,84
A
FR0000125486
VIVENDI (VIV) R
24/04/18 1,76
A
FR0000127771
20/04/18 0,45
OUV
VOL.
NB TITRES
100
836923
178.978.841
13,8
7198021
2.660.056.599
130,8
641667
265.421.592
21,76
5217111
904.828.213
53,46
882442
235.249.801
71,63
2343657
295.722.284
111,5
1154851
443.680.643
34,01
1707210
552.705.465
76,45
2491882
1.251.758.065
63,24
1428669
579.016.919
35,45
4820868
807.917.739
88,9
353604
147.454.887
15,16
4389727
911.151.920
26,52
1242678
452.818.799
54
5142636
2.683.096.135
158
510137
138.286.626
33,13
1752684
240.253.100
16,975
2303450
565.593.341
78,82
1097920
597.428.682
22
2841958
1.305.230.587
SRD
CLOT
+ HAUT
+ BAS
98,28
100,4
97,24
13,795
13,92
13,735
129,9
131,15
128,35
20,65
21,82
20,41
52,24
53,84
52,02
69,11
71,71
67,94
109,95
112,3
109,7
33,555
34,015
33,27
77,21
77,37
76,45
62,96
63,48
62,58
35,145
35,64
34,895
87,8
89,94
87,66
14,93
15,645
14,9
25,98
26,68
25,76
53,46
54,02
53,06
161,96
161,98
157,78
31,88
33,24
31,7
16,885
17,055
16,8
78,44
79,1
78,1
21,85
22,17
21,7
% VEIL
% MOIS
% 52 S.
- 2,65
- 5,41
- 18,98
+ 0,69
+ 1,66
- 0,5
- 0,57
- 3,35
+ 7,09
- 4,62
-12,39
+ 1,9
- 1,92
+ 1,59
- 15,33
- 3,15
- 6,41
- 19,39
- 1,79
- 6,66
+ 28,28
- 0,9
- 7,94
- 33,48
+ 1,05
+ 2,81
- 7,96
- 0,13
- 8,91
- 13,99
- 0,75
- 3,2
- 25,86
- 0,79
- 3,73
- 16,1
+ 0,81
- 4,17
- 12,94
- 0,99
+ 0,35
+ 17,4
- 0,67
- 0,47
+ 16,47
+ 2,09
- 7,37
- 3,37
-15,37
- 49,4
- 0,33
- 4,33
- 15,6
- 0,36
- 2,66
- 2,49
- 0,64
+ 1,39
+ 2,97
% AN
BPA
+ HAUT AN PER
+ BAS AN RDT
- 17,79
130,85
97,1
3,61
- 4,7
15,235
13,315
2,18
- 1,55
147,75
120,05
0,78
+ 21,79
25,4
16,455 2,57
- 7,78
63,18
48,96
3,83
- 17,64
100,8
67,94
5,14
+ 27,98
122,25
81,04
1,46
- 27,02
48,6
32,955 3,87
+ 7,46
77,98
62,88
3,92
- 11,15
78,56
61,22
3,49
- 18,36
47,505
34,815 6,26
- 21,64
113,05
76
3,13
- 17,99
0,23
22,97 65,70
13,47
0,35
+ 0,5
29,17
22,9
+ 16,1
56,82
43,09
1,2
- 15,84
195,5
155,26
- 48,8
66,48
30,22
3,92
- 20,63
22,29
16,42
4,98
- 7,88
88,8
76,78
2,24
- 2,54
24,87
20,26
2,06
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
AB SCIENCE (AB) g
B 4,23
4,294
46840
4,316
40.789.901
4,23
B 6,19
6,17
75024
6,24
FR0004040608
24/07/18 0,2 58.512.053
6,17
ABIVAX (ABVX) g
B 6,52
6,4
8900
6,6
FR0012333284
10.024.182
6,39
ACANTHE DEV. (ACAN) g
C 0,6
0,6
31
0,6
FR0000064602
08/02/18 0,3 147.125.260
0,6
ACTIA GROUP (ATI) g
C 4,94
4,905
14426
4,97
FR0000076655
13/06/18 0,12 20.099.941
4,895
ADOCIA (ADOC) g
B 13,3
12,9
19144
13,98
FR0011184241
6.916.753
12,9
AÉROPORTS DE PARIS (ADP) G
A 183,2
182,8
37207
184,3
FR0010340141
06/06/18 2,76 98.960.602
182,3
AIR FRANCE-KLM (AF) G
A 8,03
8,09
3633915
8,21
FR0000031122
14/07/08 0,58 428.634.035
7,988
AKKA TECHNOLOGIES (AKA) g
B 56,5
56
30820
57,6
FR0004180537
29/06/18 0,49 20.291.990
56
AKWEL (AKW) g
B 17,84
17,98
23847
18
FR0000053027
06/06/18 0,3 26.741.040
17,78
ALD (ALD)
A 14,2
14,25
121808
14,46
FR0013258662
30/05/18 0,55 404.103.640
14,19
ALPES (CIE DES ) (CDA) g
B 24,8
24,75
21004
24,9
FR0000053324
13/03/18 0,5 24.413.271
24,3
ALSTOM (ALO) LR
A 38,37
38,17
568904
38,75
FR0010220475
20/07/18 0,35 222.997.311
37,82
ALTAREA (ALTA) g
A 194
195,4
2858
195,4
FR0000033219
22/05/18 12,5 16.051.842
192,2
ALTEN (ATE) G
A 83,4
81,45
70316
83,6
FR0000071946
25/06/18 1 33.829.958
81,15
ALTRAN TECHNOLOGIES (ALT) G A 7,65
7,755
1829732
7,76
FR0000034639
11/05/18 0,24 257.021.105
7,515
AMPLITUDE SURG. (AMPLI) g
3,2
3,29
9097
3,29
FR0012789667
47.804.841
3,19
AMUNDI (AMUN) G
A 60,4
60,6
EX-DS 15/03/17
130891
61,26
FR0004125920
22/05/18 2,5 201.704.354
60,18
APRIL GROUP (APR)
B 12,5
12,5
42567
12,6
FR0004037125
10/05/18 0,27 40.904.135
12,45
ARCHOS (JXR) g
C 0,484
0,48
93713
0,489
FR0000182479
45.832.542
0,478
ARKEMA (AKE) L
A 98,6
97,06
202374
99,46
FR0010313833
25/05/18 2,3 76.532.456
96,4
ARTPRICE.COM (PRC) g
C
/121018
FR0010557264
ABC ARBITRAGE (ABCA) g
FR0000074783
ASSYSTEM (ASY) g
OPA 24/11/17
FR0000074148
ATARI (ATA)
6.651.515
B 26,9
27,1
3933
27,2
19/06/18 1 15.668.216
26,7
C 0,418
0,411
1825359
0,428
FR0010478248
255.105.360
0,407
AUBAY (AUB) g
C 34,5
35,2
27561
35,7
FR0000063737
21/05/18 0,24 13.136.796
34,3
AUREA (AURE)
C 7,1
7,06
2261
7,1
FR0000039232
27/06/18 0,15 12.017.008
6,98
AVENIR TELECOM (AVT) g
C 0,212
0,209
220376
0,216
FR0000066052
21/10/11 0,05 110.501.888
0,208
AXWAY SOFTWARE (AXW) g
B 15,6
15,5
13741
15,86
FR0011040500
02/07/18 0,2 21.210.546
14,9
BÉNÉTEAU (BEN)
A 13,5
13,22
91558
13,66
FR0000035164
14/02/18 0,25 82.789.840
13,12
BIC (BB) G
A 75,5
75,6
111262
76,1
FR0000120966
28/05/18 3,45 46.645.433
74,9
BIGBEN INT. (BIG) g
C 8,84
8,72
21800
9,08
FR0000074072
30/07/18 0,1 19.204.544
8,7
BIOMÉRIEUX (BIM)
A 64,7
64,8
127085
65,5
FR0013280286
05/06/18 0,34 118.361.220
63,5
BOIRON (BOI) g
A 57,2
58,9
6816
59
FR0000061129
31/05/18 1,6 19.414.756
57,2
BOLLORÉ (BOL) G
A 3,74
3,716
1553271
3,79
FR0000039299
07/09/18 0,02 2.927.197.152
3,716
BONDUELLE (BON) g
B 30,3
30,45
9274
30,45
FR0000063935
13/12/17 0,45 32.281.118
29,95
BUREAU VERITAS (BVI) L
A 19,66
19,445
950145
19,82
FR0006174348
18/05/18 0,56 442.036.000
19,27
BURELLE SA (BUR)
A 1055
1100
180
1100
FR0000061137
05/06/18 16 1.853.315
1050
CARMILA (CARM)
C 19,8
20
138704
20,15
FR0010828137
23/05/18 0,75 136.561.695
19,8
CASINO (CO) LR
A 40,24
41,4
845433
41,73
FR0000125585
18/05/18 1,56 109.729.416
40,24
CATANA GROUP (CATG) g
C 2,45
2,305
187170
2,48
FR0010193052
30.514.178
2,3
CGG (CGG) G
C 2,26
2,21
2207361
2,298
FR0013181864
709.940.718
2,192
CHARGEURS (CRI) g
C 19,89
19,26
40800
19,95
FR0000130692
12/09/18 0,3 23.551.755
19,18
CHRISTIAN DIOR (CDI)
A 330,1
329,4
EX D OP 08/06/17
19377
333,7
FR0000130403
17/04/18 3,4 180.507.516
327,7
CIE DU CAMBODGE (CBDG)
A
/091018
FR0000079659
A : Indicateur acompte, solde ou total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l’année
civile. Les valeurs classées par ordre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations
supérieures à 1 milliard d’euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d’euros et 150 millions d’euros et C pour les capitalisations inférieures
à 150 millions d’euros. L : Valeurs de l’indice CACNext20. R : Valeurs de l’indice CACLarge60. G : Valeurs de l’indice CACMid60. g : Valeurs de l’indice
CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. Mise en ligne intégrale des informations réglementées sur www.lesechos-comfi.fr
07/06/18 180 559.735
+ 1,8 - 48,51
+ 4,22
11,15
- 51,48
3,86
- 0,96 - 1,75
-11,86
7,48
- 1,75
5,95
+ 1,43 - 25,84
- 8,31
9,87
- 44,35
6,13
- 0,33 - 30,23
- 1,64
0,87
- 21,05
0,562
- 0,71 - 29,73
-33,08
9,08
- 28,39
4,71
- 1,38 - 10,1
-21,91
21,3
- 22,57 12,7
+ 0,22 + 15,33
- 0,27 202,6
+ 28,96 156
+ 1,35 - 40,43
- 7,25 14,51
- 39,08
6,646
- 0,18 + 20,95
- 8,2
70,8
+ 8,11
46,2
+ 0,56 - 46,66
-15,59 36,8
- 51,06 16,7
+ 0,35 + 10,34
-15,03 16,93
+ 8,2
12,54
- 24,27
-12,39 36,1
- 12,05 24,3
- 0,08 + 10,3
- 4,48 41,52
+ 8,16 32,79
+ 0,93 - 6,1
+ 1,24 218,5
+ 0,31 178,2
- 1,75 + 17,01
- 8,28 94,4
+ 7,17 69,5
+ 2,17 - 37,97
+ 7,86 13,681
- 45,97
6,815
+ 2,17 - 7,06
+ 5,11
4,4
- 26,23
2,9
+ 0,9 - 14,23
- 5,37 77,66
- 13,19 57,74
- 14,97
- 8,42 16,4
- 5,8
12
+ 2,13 - 23,05
-22,81
1,512
- 29,55
0,451
- 0,98 - 4,42
- 9,03 112,9
- 5,86 94,82
- 21,78
- 4,35 17,88
- 32,93 13
+ 0,74 - 9,43
- 3,73 33,05
- 19,73 25,1
- 1,2 + 14,17
+ 5,66
0,948
+ 14,17
0,367
+ 3,68 + 1,73
-13,3
43,3
- 2,22 29,3
- 0,56 - 18
- 8,31
9,3
- 16,45
6,5
- 2,79 - 0,48
+ 6,63
0,477
+ 30,63
0,172
- 2,39 - 32,02
-10,92 23,1
- 30,62 14,9
- 0,9 - 33,72
- 8,07 23,2
- 12,16
11,6
+ 0,2 - 17,52
- 2,33 99,05
- 17,52 71,8
- 0,12 - 36,77
-12,8
16,2
- 25,21
8,36
- 0,46 - 13,24
-14,29 82,6
- 8,37 59
+ 3,15 - 21,31
+ 1,2
78,5
- 22,18 55,1
- 0,48 - 17,93
+ 2,65
4,798
- 8,85
3,512
+ 1,33 - 30,91
+ 6,65 47,8
- 24,42 27,05
- 1,29 - 14,68
-14,45 24,28
- 13,92 19,025
+ 4,76 - 13,39
-13,39 1420
- 16,67 994
+ 1,32 - 13,85
- 9,91 25,35
- 16,84 19,42
+ 2,93 - 18,12
+16,95 53,48
- 16,33 25,37
- 4,16 - 23,93
-27,17
3,611
+ 83,27
2,255
- 1,07 + 44,65
- 1,95
4,1
+ 50,18
1,295
- 0,88 - 23,9
-12,45 28,64
- 23,14
18,27
+ 0,12 + 8,16
- 7,29 383,8
+ 18,32 291,6
- 17,37
- 7,81 7550
- 15,1 5900
VALEURS MNÉMO / INFO /
OST
ISIN / DATE DÉTACH. COUPON / DIV
OUV
VOL.
NB TITRES
CLOT
% VEIL % AN
BPA
+ HAUT % MOIS + HAUT AN PER
+ BAS % 52 S. + BAS AN RDT
CLARANOVA (CLA) g
C 0,899
0,844
5416671
0,907
393.613.788
0,818
A 19,59
19,62
355446
19,77
FR0000120222
03/05/18 0,84 686.618.477
19,52
COFACE (COFA) g
A 7,48
7,44
79898
7,56
FR0010667147
24/05/18 0,34 157.248.232
7,43
COLAS (RE)
A 172,4
172,8
419
172,8
FR0000121634
30/04/18 8,2 32.654.499
171,8
COVIVIO (COV) G
A 86,3
86,9
114272
87,05
FR0000064578
15/05/18 4,5 75.278.579
85,7
COVIVIO HOTELS (COVH)
A 25,1
25
1994
25,2
FR0000060303
11/04/18 1,55 118.057.886
25
DASSAULT AV. (AM) G
A 1478
1456
4377
1488
FR0000121725
01/06/18 15,3 8.348.703
1449
DASSAULT SYSTÈMES (DSY) R
A 117,5
116,25
473305
118,9
FR0000130650
29/05/18 0,58 261.541.129
115,15
DBV TECHNOLOGIES (DBV) G
B 33,8
33,7
102296
34,54
FR0010417345
30.006.352
33,52
DERICHEBOURG (DBG) g
B 4,346
4,262
404157
4,39
FR0000053381
13/02/18 0,14 163.878.780
4,228
DEVOTEAM (DVT) g
C 103,4
103,6
7102
108,2
FR0000073793
14/06/18 0,9 8.332.407
102,6
DNXCORP (DNX) g
C 6,38
6,44
230
6,44
FR0010436584
10/07/18 0,6 2.834.575
6,38
EDENRED (EDEN) G
A 31,72
31,7
744827
32,48
FR0010908533
14/05/18 0,85 239.266.350
31,48
EDF (EDF) LR
A 14,935
14,86
EX-DS 7/03/17
1597590
15,005
FR0010242511
25/05/18 0,31 3.010.267.676
14,745
EIFFAGE (FGR) LR
A 90,6
90,34
318013
91,2
FR0000130452
22/05/18 2 98.000.000
90,04
EKINOPS (EKI) g
3,585
3,64
28952
3,68
FR0011466069
21.529.161
3,56
ELIOR (ELIOR) G
A 12,22
11,92
348903
12,48
FR0011950732
16/03/18 0,42 172.289.164
11,87
ELIS (ELIS) G
A 17,49
17,35
339079
17,62
FR0012435121
29/05/18 0,37 219.872.942
17,28
EOS IMAGING (EOSI)
C 4,08
4,08
39328
4,1
FR0011191766
22.641.483
4,01
ERAMET (ERA) Gg
A 79,7
79,7
86178
84,1
FR0000131757
29/05/18 2,3 26.633.660
79,2
ERYTECH PHARMA (ERYP) g
B 7,1
7,05
49378
7,33
FR0011471135
17.940.035
6,955
ESI GROUP (ESI) g
C 35,75
36,2
989
36,2
FR0004110310
5.955.072
35,6
EURAZEO (RF) G
A 64
64,5
169511
64,65
FR0000121121
30/04/18 1,25 78.030.886
63,9
EURO RESSOURCES (EUR)
C 3,02
3,1
9629
3,1
FR0000054678
12/06/18 0,15 62.491.281
3
EUROFINS SCIENTIFIC (ERF) G
A 427,2
422,6
34790
433,6
FR0000038259
28/06/18 2,04 17.643.914
420,4
EUROPCAR GROUPE (EUCAR) G
A 8,53
8,44
408928
8,76
FR0012789949
29/05/18 0,15 161.030.883
8,41
EUTELSAT COM. (ETL) LG
A 22,04
22,13
843782
22,41
FR0010221234
21/11/17 1,21 232.774.635
22,01
EXEL INDUSTRIES (EXE) g
B 91,4
90,8
276
91,4
FR0004527638
14/02/18 1,58 6.787.900
90,6
FAURECIA (EO) G
A 46,39
43,74
949131
46,55
FR0000121147
01/06/18 1,1 138.035.801
43,27
FFP (FFP) g
A 107,2
104
5566
107,4
FR0000064784
22/05/18 2 25.072.589
103,6
FIGEAC AERO (FGA) g
B 13,22
13,32
4156
13,4
FR0011665280
31.839.473
13,22
FIN. ODET (ODET)
A 796
782
117
798
FR0000062234
07/06/18 1 6.585.990
782
FNAC DARTY (FNAC)
A 58,05
58,05
42525
60,35
FR0011476928
26.792.938
57,95
FONCIÈRE LYONNAISE (FLY)
A 64,2
63,6
4703
64,6
FR0000033409
30/04/18 2,3 46.528.974
63
FROMAGERIES BEL (FBEL)
A
/161018
FR0004026714
CNP ASSURANCES (CNP) GR
3,24
2,45
1,06
1,25
1,67
3,86
2,02
0,92
1,23
3,1
4,13
2,16
2,37
3,69
0,68
2,13
1,29
1,89
4,56
1,15
0,53
2,72
0,54
1,48
2,88
1,46
3,77
1,56
1,03
3,05
FR0000121857
18/05/18 7 6.872.335
FUTUREN (FTRN) g
C 1,13
N/P REGR.
9228
FR0011284991
277.776.587
GECI INTERNATIONAL (GECP) g
C 0,146
521942
FR0000079634
01/10/01 0,1 151.685.385
GECINA (GFC) G
A 134,6
94091
FR0010040865
12/06/18 2,65 76.225.110
GEMALTO (GTO) L
A 50,1
281055
NL0000400653
22/05/17 0,43 90.920.356
GENFIT (GNFT) G
B 19,5
566215
FR0004163111
31.166.437
GENSIGHT (SIGHT)
C 1,745
199405
FR0013183985
24.766.723
GENTICEL (GTCL) g
1,4
45560
FR0011790542
78.204.326
GETLINK (GET) LR
A 10,795
925826
FR0010533075
22/05/18 0,3 550.000.000
GL EVENTS (GLO) g
B 18,96
96389
FR0000066672
13/06/18 0,65 23.986.230
1,13
1,135
1,13
0,145
0,149
0,141
135
135,2
133,7
50,28
50,28
50,1
21,08
21,78
19,42
1,8
1,91
1,745
1,44
1,44
1,392
10,615
10,84
10,525
18,86
19,44
18,7
- 4,53
-11,72
+ 75,47
+ 0,46
+ 1,5
- 0,86
- 0,27
- 4,74
- 22,5
+ 0,23
+ 0,82
- 8,43
+ 1,05
- 3,12
+ 1,65
- 0,79
- 4,58
- 12,86
- 1,29
- 8,54
+ 8,51
+ 72,24
1,223
0,491
+ 1,9
21,62
18,41
- 16,54
10,76
7,33
- 4,79
192
167,4
- 8,02
97,3
83,05
- 12,65
29,9
24,4
+ 12,18
1729
1267
+ 31,22
-10,95 141
+ 32,86 87,52
+ 0,6 - 19,56
-17,68 47,38
- 58,93 28,54
- 1,16 - 53,23
- 6,45
9,18
- 55,78
3,97
+ 1,77 + 38,41
-10,69 119
+ 24,85 72,5
+ 0,63 + 3,04
+ 5,92 10
- 1,53
5,8
+ 0,89 + 31,1
- 4,63 35,95
+ 33,56 23,74
- 0,1 + 42,61
+ 0,34 15,78
+ 34,72
9,832
- 0,09 - 1,09
- 7,31 101,7
+ 3,76 87
+ 2,25 - 22,22
+12,52
5,49
- 34,65
3,1
- 1,73 - 30,8
- 5,99 19,71
- 49,87
11,59
- 0,29 - 24,61
-12,77 23,94
- 24,45 16,77
- 2,86 - 14,64
+2
5,92
- 13,01
3,49
+ 1,27 - 19,52
+ 9,93 167,2
+ 16,57 66,75
- 1,05 - 61,89
-20,52 19,57
- 73,73
6,9
+ 1,26 - 22,15
-15,22 48
- 3,42 34,3
+ 1,02 - 12,05
- 1,83 82,286
- 13,01 62,65
+ 0,32 - 11,43
- 0,96
3,61
- 12,68
2,94
- 0,8 - 16,75
-12,9 545,5
- 21,81 382,2
- 0,71 - 17,66
+ 5,7
11,78
- 31,44
7,17
+ 0,82 + 14,69
+ 8,06 23,11
- 3,51
15,275
- 0,66 - 21,72
- 2,99 125,5
- 20,8
87,8
- 5
- 32,84
-14,87 76,98
- 28,08 43,27
- 2,8 + 3,69
-11,26 120,4
- 0,91 94,5
- 0,3 - 29,49
-10,48 19,5
- 33,86 12,62
- 0,51 - 20,69
- 2,74 1090
- 17,2 746
- 42,35
-17,07 106,6
- 27,36 57,65
- 1,24 + 16,46
+6
64,6
+ 13,57 54,4
- 24,49
- 2,63 565
- 26
360
1,14
1,125
- 0,69 + 61,11
- 8,81
0,32
- 3,33
0,09
+ 0,9 - 12,28
- 7,79 161,9
129,6
+ 0,36 + 1,58
- 0,12 50,38
+ 57,69 49,1
+ 9,51 - 11,87
-10,45 28,28
- 6,27
17,67
+ 3,15 - 70,87
-13,88
7,68
- 68,09
1,68
+ 0,14 - 13,25
- 5,26
2,08
- 11,66
1,316
- 1,62 - 0,98
- 3,19
12,49
- 0,52 10,11
+ 1,07 - 20,67
-15,12
27,072
- 32,49 17,7
4,28
4,57
4,75
1,05
0,5
3,29
0,87
21,74
1,96
1,01
2,21
3,52
2,13
2,89
1,94
4,84
0,57
1,8
5,47
1,74
2,52
1,92
0,13
1,89
4,21
11,93
2,83
3,45
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
CLOT
OST
VOL.
+ HAUT
ISIN / DEVISE / DATE DÉTACH. / DIV NB TITRES
+ BAS
GROUPE CRIT (CEN) g
B 64,8
65,8
11421
66,8
FR0000036675
27/06/18 4,4 11.250.000
64,3
GROUPE FLO (FLO) g
C 0,25
0,25
EX D S 13/06/17
500
0,25
FR0004076891
08/07/14 0,06 765.157.113
0,25
GROUPE GORGÉ (GOE) g
B 11,94
11,38
9145
11,98
FR0000062671
19/06/18 0,32 13.502.843
11,18
GROUPE LDLC (LDL) g
C 14,6
14,72
NOM.
4735
14,86
FR0000075442
06/10/16 0,5 6.322.106
14,5
GROUPE PARTOUCHE (PARP)
22,5
22,5
REGR.
263
22,5
FR0012612646
11/09/17 0,31 9.627.034
22,4
GTT (GTT) Gg
A 67,25
67,7
57960
67,9
26/09/18 1,33 37.028.800
FR0011726835
67,1
HAULOTTE GROUP (PIG)
B 11,18
10,92
44009
11,3
FR0000066755
10/07/18 0,22 31.371.274
10,8
HIGH CO (HCO) g
C 4,91
4,99
12467
4,99
FR0000054231
01/06/18 0,14 22.421.332
4,91
HUBWOO (HBW) g
C 0,161
0,161
1004
0,161
FR0004052561
136.345.527
0,161
ICADE (ICAD) G
A 74,55
74,9
81729
75,5
FR0000035081
02/05/18 4,3 74.535.741
74,3
ID LOGISTIC (IDL) g
B 145,6
146,8
1064
148,6
FR0010929125
5.628.475
144
ILIAD (ILD) G
A 111,5
111,1
192620
114,65
FR0004035913
20/06/18 0,68 58.975.840
110,35
IMERYS (NK) G
A 58,55
57,75
107707
58,95
FR0000120859
11/05/18 2,08 79.604.285
57,5
INGENICO GROUP (ING) LR
A 69
68,5
336481
69,5
FR0000125346
23/05/18 1,6 63.144.527
68,2
INNATE PHARMA (IPH) g
B 4,78
4,854
135446
4,928
FR0010331421
57.600.100
4,76
INSIDE SECURE (INSD)
C 2,375
2,4
55462
2,42
FR0010291245
44.119.162
2,365
INTER PARFUMS (ITP) g
B 40
40
23056
40,15
FR0004024222
09/05/18 0,67 42.965.628
39,85
IPSEN (IPN) G
A 125
125,3
131186
127,5
FR0010259150
04/06/18 1 83.794.128
123,95
IPSOS (IPS) G
A 26,12
26,52
38366
26,62
FR0000073298
02/07/18 0,87 44.436.235
26,08
JACQUET METAL SERVICE (JCQ) g B 19,4
19,3
36222
19,86
FR0000033904
04/07/18 0,7 24.028.438
19,26
JCDECAUX (DEC) G
A 30,38
29,82
92528
30,74
FR0000077919
22/05/18 0,56 212.757.582
29,82
KAUFMAN & BROAD (KOF)
B 36,6
36,36
70086
36,98
FR0004007813
09/05/18 2,1 21.864.074
36,3
KLEPIERRE (LI) LR
A 29,06
29,62
839337
29,81
FR0000121964
26/04/18 1,96 314.356.063
29,06
KORIAN (KORI)
A 32,88
33,98
315722
34,08
FR0010386334
21/06/18 0,6 81.976.425
32,6
LAFARGEHOLCIM (LHN)
A 39,44
39,55
30199
39,85
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
39,38
LAGARDÈRE (MMB) G
A 25,47
25,59
364687
25,86
FR0000130213
07/05/18 1,3 131.133.286
25,47
LATECOERE (LAT) g
C 3,675
3,805
188137
3,865
FR0000032278
29/06/07 0,75 94.744.952
3,64
LE BÉLIER (BELI) g
C 36,85
38
10706
38,55
FR0000072399
29/05/18 1,18 6.582.120
36,85
LNA SANTÉ (LNA) g
B 49,45
48,75
8191
49,6
FR0004170017
06/07/18 0,32 9.705.937
47,95
LECTRA (LSS)
B 19,86
20,5
7967
20,5
FR0000065484
02/05/18 0,38 31.577.881
19,86
LINEDATA SVICES (LIN) g
B 32,9
31,3
3675
33
FR0004156297
05/07/18 1,35 7.293.356
30,9
LISI (FII) g
A 27,9
27,65
15739
28,65
FR0000050353
02/05/18 0,48 54.114.317
27,6
LUMIBIRD (LBIRD) g
C 13,4
13,38
21136
13,78
FR0000038242
15.884.557
13,18
M6-MÉTROPOLE TV (MMT) G
A 18,4
18,19
182316
18,75
FR0000053225
16/05/18 0,95 126.414.248
18,19
MAISONS DU MONDE (MDM)
B 22,26
21,8
72893
22,84
FR0013153541
18/06/18 0,44 45.241.894
21,8
MAISONS FRANCE CONF. (MFC) g B 36,75
36,65
4214
37,4
36,2
FR0004159473
05/06/18 1,7 6.937.593
MANITOU (MTU) g
B 27,85
28,1
10884
28,1
FR0000038606
18/06/18 0,62 39.668.399
27,75
MARIE BRIZARD W & S (MBWS)
B 4,25
4,11
21189
4,25
FR0000060873
27/09/07 0,5 28.336.515
4,1
MAUNA KEA (MKEA)
C 2,665
2,645
36738
2,675
FR0010609263
23.147.338
2,62
MERCIALYS (MERY) g
A 13,1
13,28
229151
13,33
FR0010241638
30/04/18 0,68 92.049.169
13,08
MERSEN (MRN) g
B 28,35
28,25
66515
28,65
FR0000039620
03/07/18 0,75 20.635.491
28,15
METABOLIC EXPLORER (METEX) g C 1,962
1,988
13604
1,998
FR0004177046
23.261.500
1,962
NANOBIOTIX (NANO) g
B 15,52
15,39
141549
15,87
FR0011341205
19.633.373
15,22
NATIXIS (KN) LR
A 5,4
5,398
3986068
5,454
FR0000120685
28/05/18 0,37 3.150.288.592
5,37
NETGEM (NTG) g
C 1,415
1,41
622
1,415
FR0004154060
16/05/18 0,1 29.664.667
1,41
NEXANS (NEX) G
A 25,63
25,24
121041
25,77
FR0000044448
22/05/18 0,7 43.991.168
25,01
NEXITY (NXI) G
A 44,72
43,76
190595
44,72
FR0010112524
05/06/18 2,5 56.129.724
43,12
NICOX (COX)
B 6,21
6,15
76138
6,295
FR0013018124
22.869.669
6,12
NRJ GROUP (NRG) g
B 7,98
8
1607
8
FR0000121691
05/06/18 0,15 78.107.621
7,98
OENEO (SBT) g
B 9,48
9,27
14456
9,48
FR0000052680
31/07/18 0,15 64.103.519
9,24
ONXEO (ONXEO) g
B 1,002
0,978
215155
1,008
FR0010095596
50.914.722
0,977
ORPÉA (ORP) G
A 104,55
104,5
143377
105
FR0000184798
13/07/18 1,1 64.586.323
103,1
PARROT (PARRO) g
B 4,29
4,27
23153
4,33
FR0004038263
30.174.671
4,26
PHARMAGEST INT. (PHA)
54,6
56,3
2829
56,3
FR0012882389
02/07/18 0,75 15.174.125
54,6
PIERRE & VACANCES (VAC) g
B 21,9
21
13708
22
FR0000073041
19/03/12 0,7 9.804.565
20,8
PIXIUM VISION (PIX) g
C 1,74
1,822
72542
1,824
FR0011950641
21.606.363
1,714
PLASTIC OMNIUM (POM) G
A 28,03
27,33
267757
28,3
FR0000124570
02/05/18 0,67 149.866.107
26,99
PLASTIVALOIRE (PVL)
B 11,4
11,32
DIV 8 02/05/17
29899
11,6
FR0013252186
05/04/18 0,27 22.125.600
11,26
PSB INDUST. (PSB)
C 48,8
46
1700
48,8
FR0000060329
25/05/18 1,25 3.675.000
46
RALLYE (RAL)
A 9,95
10,14
115888
10,19
FR0000060618
30/05/18 1 54.999.135
9,95
RECYLEX SA (RX)
C 6,92
6,825
34382
7,085
FR0000120388
04/07/90 0,61 25.747.482
6,81
RÉMY COINTREAU (RCO) G
A 103,8
103,1
99716
104
FR0000130395
31/07/18 1,65 50.949.787
102,6
REXEL (RXL) G
A 11,95
11,65
931265
11,98
FR0010451203
04/07/18 0,42 303.988.899
11,595
ROBERTET SA (CBE)
B 382,2
382,2
C.I.P.
7
382,2
FR0000045601
28/06/18 5,2 143.582
382,2
ROBERTET SA (CBR)
B
/121016
C.D.V. NOM.
FR0000045619
ROTHSCHILD & CO (ROTH)
A 34,6
35,3
62396
35,55
FR0000031684
22/05/18 0,68 77.462.512
34,35
RUBIS (RUI)
A 45,98
45,44
DIV 2 28/07/17
117368
46,14
FR0013269123
08/06/18 1,5 96.811.004
45,2
SARTORIUS STED. BIO. (DIM)
A 105
104
DIV 6 10/05/16
111404
106,2
FR0013154002
09/04/18 0,46 92.180.190
101,1
SAVENCIA (BH)
B 69,6
68,6
663
69,8
FR0000120107
14/05/18 1,4 14.032.930
68,4
SCOR (SCR) LR
A 40,83
40,93
365238
41,44
FR0010411983
30/04/18 1,65 192.784.482
40,79
SEB (SK) G
A 142,4
141,3
57926
145,2
FR0000121709
21/05/18 2 50.169.049
140,8
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
+ 1,39 - 9,59
-13,08 95
- 18,77 61,5
6,69
+ 0,2 - 3,85
- 5,3
0,34
- 7,41
0,23
- 4,37 - 27,38
-17,06 19,04
- 46,12
10,98
- 1,87 - 26,36
- 5,15 22,2
- 39,55 13,8
+ 0,45 - 33,41
- 7,41 36,5
- 30,79 21,3
1,38
+ 1,2 + 35,13
+ 3,91 68,45
+ 46,47 47,06
1,97
+ 0,18 - 32,3
-12,08 19,68
- 35,99 10
2,02
+ 1,84 + 1,84
-10,25
6
+ 6,62
4,21
2,81
+ 0,63
- 3,59
0,204
+ 0,63
0,155
+ 1,08 - 8,58
- 8,77 88,65
+ 0,16
71
+ 0,96 + 8,58
- 4,8 156,6
- 4,71 120
+ 0,05 - 44,38
- 3,18 214,4
- 49,23 97,6
0,61
- 0,43 - 26,47
- 5,02 87,8
- 24,35 56,05
3,59
- 23,04
+11,13 94,34
- 16,1
55,8
2,19
+ 2,23 + 2,19
+ 4,48
6,995
- 52,78
4,41
+ 1,05 - 18,37
- 9,09
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- 20,79
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2,33
4,03
1,22
SRD Suite
VALEURS FRANÇAISES
VALEURS MNÉMO / INFO /
OUV
OST
VOL.
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FR0011352590
65.183.351
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24
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32,5
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50
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2,86
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147,6
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31
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113,2
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7
6,65
324
324
324
% VEIL % AN
BPA
% MOIS + HAUT AN PER
% 52 S. + BAS AN RDT
+ 3,24 - 56,09
-26,99
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0,284
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- 0,12 50,38
50,1
+ 57,69 49,1
4,74
+ 1,41 + 21,73
4,764 + 0,23
5,386
4,691
- 5,22
3,845
20,64 + 2,79 + 58,65
20,88
+22,2
20,88
20,16
+ 23,11
10,55
4,21
11,93
0,3
16,01
4,01
3,88
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
GENERAL ELECTRIC (GNE)
10,52
4253
USD 14/09/18 0,08 8.691.081.000
7,163
11868
GB0005405286
USD 11/10/18 0,1 19.927.790.282
LAFARGEHOLCIM LTD (LHN)
A 39,44
30199
CH0012214059
CHF 11/05/18 2 606.909.080
SCHLUMBERGER (SLB)
A 52
2732
AN8068571086
USD 04/09/18 0,5 1.434.212.164
STALLERGENES GREER (STAGR) A 28,2
4501
GB00BZ21RF93
19.738.742
US3696041033
HSBC (HSB)
10,62
10,84
10,46
7,12
7,242
7,1
39,55
39,85
39,38
51,2
52
51
28,05
28,25
27,95
+ 0,57
- 3,45
- 45,73
- 0,56
- 3,63
- 14,22
+ 0,53
- 0,73
- 18,41
- 1,16
- 2,66
- 10,24
- 0,53
- 5,4
- 39,01
- 27,71
16,12
9,3
- 16,63
8,996
7,1
- 15,92
51,1
38,56
- 8,34
65,4
51
- 27,16
41,7
22,6
1,29
52,19
4
3,45
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
34 // FINANCE & MARCHES
Jeudi 18 octobre 2018 Les Echos
euronext//taux&changes//matières premières
EURONEXT HORS SRD
ISIN
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FR0000076887
FR0013185857
FR0000076861
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FR0000061780
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MC0000031187
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FR0000037475
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FR0000051070
FR0011742329
FR0000061244
ACTIONS
FRANÇAISES
VALEUR
OUV
+HT +BS
CLÔT ÉCART VOL
2CRSI
C 9
9,06
8,9
8,96 - 0,44
21916
A.S.T. GROUPEg
C 9,66 10,28
9,51
10 + 3,73
14270
ABEO
C 30,5
31
30,5
30,9 + 1,31
202
ACTEOSg
C 1,8
1,84
1,8
1,84 - 0,27
1095
AD CAPITAL
0,09
ADL PARTNERg
C 14,65 14,65
14,65
14,65 + 0,69
130
ADUX (EX:HI MEDIA) C 3
3
2,96
2,99 - 1,65
2665
ADVENISg
C 1,72
1,72
1,715
1,715+ 0,29
72
ADVICENNE
C 12,252 12,34
12,252 12,28 + 0,25
1002
ADVINI
C 30,4 30,4
30,4
30,4 - 1,94
1
AFFINE REg
C 14,36 14,78
14,32
14,74 + 2,5
7132
AFONE PART.
C 11
11,1
11
11,1 - 0,89
48
ALPHA MOS
C 0,39 0,407 0,39
0,407- 0,73
2227
ALTAMIRg
B 15,14 15,32
15,14
15,24 + 0,79
5347
ALTAREIT
B
540
C 3,855 3,95
3,825
3,94 + 2,21
5524
AMOEBAg
ANTALIS
B 1,068 1,108
1,068
1,094+ 2,24 25920
B 46,1
46,1
45
45,1 - 1,1
3210
ARGANg
ARTEA
C
15,1
ARTOIS
A6300 6300 6300
6300 + 5,88
1
ATEME
C 11
11,32
11
11,06 + 0,55
41334
B
39,32
AU FEMININg
AUGROS CP
C 8,9
8,9
8,9
8,9 + 2,89
600
AURES TECH.
C 36,45 36,65 36,1
36,1 - 1,9
1187
AWOXg
1,46
1,495 1,46
1,48 - 0,67
17211
BACCARAT
B220
220
220
220
- 1,79
3
BAINS MONACO
B 53,4 55
52,2
53,2 + 0,76
2216
BALYO
C 2,44 2,44
2,39
2,43 - 0,41
14962
BARBARA BUI
C
8,2
BASTIDE
C 37,15 37,15
36,15
36,45 - 1,88
10220
BLEECKER
C
89
BLUE SOLUTIONSg
16,1
16,3
16,1
16,3
1654
BOURBONGg
A 5,45 5,45
5,28
5,28 - 2,58
31247
BOURSE DIRECT
C 1,39
1,4
1,39
1,4 + 0,72
291
C 8,2
8,2
8,19
8,19
334
BUSINESS ET DEC.g
CAFOM
C 7,1
7,1
7,1
7,1
1
CAPELLI
37
37,4
37
37,2 + 0,54
309
CARP.DE PARTIC.
C 45,6 45,6
45,6
45,6 - 20,7
1
C 3,55
3,56
3,55
3,55 - 0,28
1141
CASTg
CATERING INTER.g
B 12,75 13,1
12,75
13,1 + 3,15
1487
CBO TERRITORIAg
C 3,77
3,81
3,76
3,77 + 0,53
16250
CCA INTERN.
C
4,99
CEGEDIMg
B 27,1
27,1
26,7
26,7 - 1,11
1766
CEGEREALg
B 36,8
37
36,8
37 + 0,54
37
CELLNOVOg
C 2,735 2,78
2,71
2,75 + 0,55
20471
CERENISg
B 1,672 1,724
1,604
1,61 - 3,59
65439
CFI
C 1,2
1,2
1,2
1,2 - 34,07
2300
CHAUSSERIA SA
C
0,001
CIBOX INTER.g
C 0,177 0,187
0,176
0,18 + 4,65 290207
CLAYEUXg
C
0,25
CNIMg
B 95,8 96
95
95
- 0,63
35
COGELEC
C 9,01
9,039 8,96
9,039+ 0,21
543
COHERISg
C 1,72
1,74
1,63
1,63 - 5,23
31095
COURTOIS
C145
145
145
145
1
CR ALPES PROV.
C108,88 108,9 108,78 108,9 + 0,02
1087
CR ATL. VENDÉE
C 127,5 127,52 127
127,5
1104
CR BRIE PICARD.
B 24,12 24,28 24
24
- 0,44
4436
CR ILLE VILAINE
C 97,27 98
97,26
97,99 + 0,8
511
CR LANGUEDOC
C 71,9
72
71,7
72
+ 0,14
252
CR LOIRE HTE-LOIRE C 85,71 85,71
85,71
85,71 + 0,01
1
CR MORBIHAN
C 81,15 82,5
81,15
82,49 + 0,61
2602
CR NORD FRANCE
B 21
21,15
21
21,05
5461
CR NORM. SEINE
C 126,8 126,8
126,8
126,8
300
CR PARIS IDF
B 87,95 88
87,93
87,95
467
CR RHÔNE-ALPES
C 191,38 191,4
191,38
191,4
8
CR TOULOUSE
C109,2 109,8 109,2
109,6 + 0,37
103
CR TOUR. POITOU
C103,42 104
103,42 103,52 + 0,1
877
4,06
CROSSWOOD
C
CS-COM. ET SYST.g
C 5
5,08
4,95
5,08 + 2,63
3327
DALETg
C 12,6
12,6
12,2
12,2 - 2,4
246
DANE-ELEC MEMORYg C
0,56
DEINOVE
2,305 2,35
2,28
2,28 - 1,72
27712
DELTA PLUS GROUP B 40,8
41
40,2
40,2 - 1,47
831
DIGIGRAM
C 0,73
0,73
0,73
0,73+ 20,66
800
DMS
C 0,856 0,858 0,8
0,83 - 3,26 44689
DOCKS PÉTROLES A C510
510
492
492
- 0,41
36
C 54,2 56
54,2
55,8 + 0,36
156
DOM SECURITYg
ECAg
C 14,5
14,65
14,5
14,65 + 1,03
369
EGIDEg
C 1,85
1,85
1,715
1,73 - 7,24
22445
ELECT. STRASBOURG B 107
107
107
107
- 0,47
217
ELECTRO POWERg
C 13,9
14
13,5
13,75 - 1,43
9779
ENCRES DUBUITg
C 5,62
5,92
5,62
5,72 + 1,78
9332
ESSOg
B 39,7
39,7
39,1
39,65 + 0,38
2206
EURASIA FONC INV
C
0,22
EUROMEDIS GROUPEg C 6,8
6,8
6,8
6,8
1
EUROPACORPg
C 1,34
1,405 1,315
1,4 + 6,06 116797
EXACOMPTA CLAIREF. C
115
EXPL. PROD. CHIM.
C
850
EXPL. PROD. CHIM.
C
865
F.I.E.B.M.
C
5,9
F.I.E.B.M.
C
118
F.I.P.P.
C 0,302 0,33
0,302
0,33 + 1,54 29950
FAUVET-GIREL g
C
32,2
FERMENTALGg
3,355 3,36
3,3
3,35
10543
FERMIÈRE CANNES
B
1500
FIDUCIAL OFFICE
C 28,2
28,2
28,2
28,2 - 1,4
2
FIDUCIAL RE
B180
180
180
180 + 0,56
1
FIN. MONCEY
A
5700
FINATIS
B 41
41
41
41
- 0,97
51
FLEURY MICHON
B 50,2 50,2
49,9
50,2 + 0,8
439
FONCIÈRE 7 INV.
C
2,3
FONCIÈRE ATLAND
C 117
117
117
117
- 0,85
1
FONCIÈRE EURIS
B 31
31
31
31
- 1,27
509
FONCIÈRE INEA
B 37,9
37,9
37,6
37,9
128
FONCIÈRE PARIS NORD C 0,037 0,037 0,035
0,035- 1,69 20000
FONCIÈRE R-PARIS
C
34,97
3,94
FONCIÈRE VOLTA
C
FRANÇAISE ENERGIE C 12,85 12,95
12,7
12,95 + 0,78
427
FREY
B 28,4 28,4
28,4
28,4 - 0,7
201
FSDV
C 36
36
36
36
- 25,93
1
GALIMMO
C 24,6 24,6
24,6
24,6 + 0,82
4
GAUMONT
B 125
125
122
122
- 1,22
984
GEA
C 90,4 90,8
90
90
111
GENERIXg
C 3,11
3,14
3,11
3,14 + 0,97
486
GENOMIC VISIONg
0,843 0,846 0,811
0,816 - 3,43 176484
GÉRARD PERRIER
C 50,2 50,6
50,2
50,2 + 0,4
353
GFI INFORMATIQUEg B 10,45 10,55
10,45
10,55 + 0,48
2663
GRAINES VOLTZ
C 36
36
36
36
- 2,17
1
GROUPE IRD
C 26
26
26
26
2
GROUPE JAJ
C
1,78
GROUPE OPENg
C 22,95 23,6
22,5
23,55 + 4,9
37234
GROUPE PIZZORNO
C 17,55 18
17,1
17,6 - 0,28
2257
GROUPE SFPIg
C 2,71
2,76
2,7
2,72 - 1,09
21018
GUERBETg
56
4931
B 57,9 59,1
58,9 + 1,73
GUILLEMOT CORP.g
C 4,5
4,58
4,14
4,56 + 2,24
63203
GUY DEGRENNE
C 0,214 0,214 0,214
0,214
1
HF COMPANYg
C 6,08 6,18
6,06
6,06 - 0,33
2169
HIPAY GROUP
C 12,9
12,9
11,95
12,6 + 0,4
1502
HOPSCOTCH GROUPEg C 6,92 6,92
6,72
6,76 - 2,31
1460
IDI
B 42,4 42,7
42,2
42,2 - 0,71
508
IGE + XAOg
C134
134
133,5
133,5
210
IMMO. DASSAULT
B 51,8
52
51,6
51,6 - 0,77
190
IMMO. HÔTELIÈRE
C
1,04
IND. FIN. ENT.
C 63
63
63
63
- 1,56
2
INFOTELg
C 37,85 38,55
37,85
38 + 0,66
4591
INNELEC MULT.g
C 5,6
5,6
5,42
5,42 - 3,21
1958
INSTALLUX SA
C348 348
348
348
+ 1,75
5
INTEXA
C
2,36
INVENTIVA
B 6,3
6,86
6,3
6,84+ 10,32
9076
IT LINKg
C 7,12
7,4
7,12
7,22 + 1,4
290
ITESOFTg
C 3,7
3,72
3,7
3,7 - 1,07
3595
ITS GROUPg
C 5,8
5,9
5,6
5,84 - 1,02
3635
JACQUES BOGART
C 6,2
6,48
6,06
6,14 - 2,54
18557
KEYRUSg
C 4,74 4,79
4,66
4,66 - 1,27
5995
57
LA FONCIÈREVERTE C
LACROIX SA
C 23
23,9
23
23,5 + 0,86
1055
LAFUMA
C
24
LANSON-BCC
B 30,8
31,4
30,8
31,4 + 1,95
254
LAURENT-PERRIER
B 97,8 99,4
97,2
97,6 - 0,41
539
LE TANNEURg
C
2,16
LEBON
C 139,5 139,5
139
139 + 0,73
62
LES HÔTELS DE PARIS C
2,66
LES NX CONSTR.
B 44,4 44,4
41
41
- 1,21
2203
LEXIBOOKg
C 0,978 0,998 0,976
0,998 - 1,19
1973
LOCINDUS
B 25
25
25
25 + 0,4
353
MALTERIES FR-B
C490 490
490
490
- 2
9
MANUTAN INTER.g
B 59,2
61,2
59
60,2 + 2,03
2594
MAUREL & PROMG
A 4,6
4,75
4,515
4,535 - 1,41 199540
MCPHY ENERGYg
5,8
5,8
5,63
5,64 - 2,59
23007
MECELEC
C 1,65
1,73
1,6
1,73
2450
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
ISIN
FR0000052623
FR0000064404
FR0004065605
FR0010298620
FR0000077570
FR0011584549
FR0000064180
FR0004034320
FR0000060196
FR0000037970
FR0011341205
FR0013018041
FR0000120560
FR0004050250
FR0012789386
FR0010298901
FR0010428771
FR0000075392
FR0013190410
FR0010609206
FR0013318813
FR0010263202
FR0000038465
FR0011027135
FR0000053514
FR0000066441
FR0012432516
FR0000060832
FR0004044600
FR0012613610
FR0010380626
FR0010211615
FR0000044471
FR0000075954
FR0000039091
FR0013344173
FR0000060071
FR0000060121
FR0006239109
FR0000039109
FR0004175842
FR0011950682
FR0000060790
FR0000074122
FR0013214145
FR0004016699
FR0010209809
FR0000072563
FR0000078321
FR0000038804
FR0000075517
FR0000065864
VALEUR
OUV
+HT
MEDASYSg
C 0,328 0,328
MÉDIA 6
C 13,65 14,15
MEDINCELL
C 7,15
7,25
MEMSCAPg
C 1,845 1,845
MICROPOLEg
C 1,2
1,22
MNDg
1,682 1,698
MOUL. STRASBOURG C
MR BRICOLAGE SA
B 10,15 10,15
MRM
C 1,47
1,47
MUSÉE GRÉVIN
C
NANOBIOTIXg
B 15,52 15,87
NAVYA
B 5,73
5,73
NEOPOSTG
A 27,8 28,16
NEURONESg
B 22,2 22,6
NEXTSTAGE
C 99
99
OFFICIIS PROPERTIESg C 1,35
1,39
OL GROUPEg
C 2,67
2,69
ORAPIg
C 5,4
5,84
ORCHESTRA-PRE.
C 0,908 0,908
OREGE
3,4
3,4
PARAGON ID
C 23,6
23,75
C
PAREFg
PASSAT
C 3,57
3,57
PATRIMOINE & COM
B 16,4
16,4
PCAS g
C 15
15
POUJOULAT
C 38
38
POXELg
C 6,03 6,17
PRECIA g
C204 204
PRISMAFLEXg
C 15,3
15,8
PRODWAYS GROUP
B 3,42
3,445
PROLOGUEg
C 0,555 0,56
QUOTIUM TECH.
C
RAMSAY GDS
A 19,8
19,9
RIBERg
C 2,33 2,39
ROBERTET SA
B530 550
ROCHE BOBOIS
B 22
22
S.A.M.S.E.
B 132
132
SABETON
C 21,6
21,6
C
SCBSMg
SÉCHÉ ENV.g
B 26,8 26,8
SELECTIRENTE
C
SERGEFERRARI GROUP C 8,6
8,76
SIGNAUX GIROD
C 15,6
15,6
SII
C 23,2
23,2
SMCP
A 20,5 20,9
SMTPCg
B 18,3
18,9
SOC. FR. CASINOS
C
SODIFRANCE
C
SODITECH ING.
C
SOFIBUS
C 183
183
SOFT COMPUTINGg C 15,6
15,9
SOGECLAIRg
C 25,5
25,7
+BS
0,326
13,65
7,05
1,825
1,2
1,65
CLÔT ÉCART VOL
0,326- 0,61
3254
14
+ 2,94
1121
7,1
6588
1,83 - 0,81
743
1,22 + 1,67
7586
1,674 - 1,3
48616
645
10,15
1,47
10,15
1,47
101
1
76
15,22
5,66
27,68
22,1
99
1,35
2,65
5,4
0,9
3,4
23,2
15,39 - 0,2
5,66 - 0,53
28,16 + 1,44
22,1 - 0,9
99 + 0,51
1,39 + 2,96
2,69 + 1,13
5,82 + 5,82
0,904- 0,44
3,4
23,75 + 0,64
141549
1726
132217
3109
9
1501
6719
6293
27354
80
113
83
3,57
16
15
38
6,01
202
15,3
3,29
0,52
3,57 - 0,83
16,1 - 1,83
15
38
6,06 + 2,37
204
+ 2
15,5 + 0,32
3,345 - 2,48
0,521 - 4,4
19,5
2,33
524
21,8
131
21,6
19,9 + 2,05
2,36 + 1,94
530
+ 1,53
22
+ 0,92
131
- 0,76
21,6
6,65 - 0,72
26,4 - 1,12
461
3439
280
1
112794
250
536
79027
311566
21
26,4
556
22923
5257
4607
255
1
1206
70
8,6
15,6
23
20,28
18,3
8,76 + 0,92
15,6 + 0,32
23,1 + 0,87
20,49 - 0,92
18,76
172
110
1357
91574
4153
2,56
18,8
0,98
183
15,5
25,3
183
15,5
25,4
2
353
435
- 1,27
ISIN
FR0000131732
FR0000063307
FR0004529147
FR0013295789
FR0004037182
FR0000066482
FR0000060949
FR0000064388
FR0000039240
FR0000036816
FR0010127662
FR0000054215
FR0000034548
FR0000074197
FR0000062465
FR0004186856
FR0000066680
FR0000050049
FR0000035719
FR0000065765
FR0004183960
FR0011995588
FR0004034072
FR0011471291
VALEUR
SPIR COM.
TAYNINH
TESSIg
TFF GROUP
THERMOCOMPACTg
TIPIAK
TIVOLY
TONNA ELECT.
TOUPARGEL GROUPE
TOUR EIFFEL
TXCELLg
UNIBEL
UNION FIN. FR. BQUE g
UTIg
VERNEUIL PART.
VETOQUINOLg
VIDELIO (EX:IEC)
VIEL ET CIEg
VIKTORIA INVESTg
VISIODENTg
VOLUNTIS
VOLTALIA
XILAM ANIMATIONg
YMAGISg
OUV
+HT
C 2,6
2,6
C
B 129
134
B 40
40
C
C 79,5
79,5
C 35,4 35,4
C
C 2,92 2,92
B 44,4 44,5
2,58 2,58
A
B 27,4 28,1
C 0,558 0,558
C
B 52,8 53,6
C 1,78
1,78
C 4,69 4,7
C
C
C 7,134 7,135
B 8,93 9,02
C 43,4 44,6
3,63
3,67
+BS
2,59
US4282911084
US4567881085
MA0000011488
US58933Y1055
US7427181091
LU0934195610
US9098831004
CH0008175645
GA0000121459
US91912E1055
BMG9887P1068
ACTIONS
FRANÇAISES
EURONEXT HORS SRD Suite
CLÔT ÉCART VOL
2,59 + 1,17
1200
1,36
129
39,8
132
40
+ 2,33
+ 0,01
522
3870
35,5
79,5
35,4
79,5
35,4
2,7
43,8
2,57
2,8 - 4,11
44,4
2,57
10
1
0,41
27,6 + 0,36
0,558
ISIN
FR0010641449
FR0010397760
FR0012788065
FR0012816825
FR0011053636
FR0011648716
FR0010907956
FR0000035818
FR0004166197
FR0000044810
FR0010342329
FR0012819381
FR0013204070
FR0000077562
FR0004153930
FR0010458729
FR0004155687
FR0004032746
FR0004171346
FR0000064529
FR0000061608
FR0004197747
FR0013263878
FR0004155240
FR0004045847
2881
1875
1,82
52
1,78
4,52
53,6 + 1,13
1,78 - 1,11
4,62 - 1,7
610
700
10664
4,74
2,34
6,8
8,9
42,1
3,56
7,13 - 0,07
9,02 + 0,22
42,55 - 1,05
3,56 - 1,93
1668
7462
11120
4160
AUTRES VALEURS DE LA ZONE EURO
LU0569974404
IT0001389631
BE0974260896
NL0010949392
BE0974290224
NL0006294274
IE00BJYS1G50
BE0003853703
FI0009000681
BE0946620946
NL0000289783
NL0000289817
APERAM
BENI STABILI
CELYAD
CNOVA NV
DEXIA
EURONEXT
MAINSTAY MEDICAL
MONTEA CVA
NOKIAR
RENTABILIWEB GPg
ROBECO NV
ROLINCO
A 36,6
0,7
C 23,8
A 4,1
C 4,31
A 55,15
15
54,6
A 4,703
C
38,62
39,38
37,57
0,723
23,92
4,1
4,4
56,5
15,8
55,4
4,764
36,6
0,7
22,8
4,1
4,31
55,15
15
54,4
4,691
37,02 + 0,68
0,723 + 1,33
23,28 - 0,94
4,1
4,33 - 0,23
56,2 + 1,9
15,8 + 6,04
55,4 + 2,97
4,74 + 1,41
38,62
39,38
38,62
39,38
38,62 + 2,03
39,38 + 2,42
53,5
C
15,2
13,25 13,25
61,5 62,5
13,1 + 0,38
61,5 + 2,5
69,4 - 0,29
12,9
61,5
2102
112
59,13
19,91
C
A146
46
151,5
146
145
- 1,35
+ 3,03
13,5
C
422
0,02
EURONEXT GROWTH (Sélection)
604
3119
26186
745
27,4
0,558
HEXCEL
INFOSYS
MAROC TELECOM
MERCK AND CO INC
PROCTER & GAMBLE
RORENTO CDH
RUSAL PLC
TELEVERBIER
TOTAL GABON
VALE SA
ZCI LIMITED
6683
32271
107
1002
113740
540
VALEUR
AGROGENERATION
AUPLATA
BIOCORP
BIOPHYTIS
BLOCKCHAIN GROUP
CARBIO
CARMAT
ESKER
EVOLIS
EUROPLASMA
GAUSSIN
GROUPE GUILLIN
GROUPE PAROT
HIOLLE INDUSTRIES
HYBRIGENICS
IMPLANET
MASTRAD
NEOVACS
NEXTEDIA
NSC GROUPE
PISCINES DESJOYAUX
THERADIAG
UMANIS
VERGNET
VOY. DU MONDE
OUV
0,295
0,076
8,46
1,7
0,337
7,22
22,9
62
24,8
0,089
0,312
23
7,08
4,74
0,42
0,191
0,335
0,266
0,809
+HT
0,309
0,076
8,6
1,75
0,346
7,3
23,25
65,8
25,5
0,089
0,325
23,7
7,08
4,76
0,422
0,195
0,345
0,274
0,81
+BS
0,292
0,071
8,08
1,63
0,321
7,1
22,7
62
24,8
0,085
0,302
22,55
7,08
4,74
0,403
0,19
0,313
0,259
0,78
CLÔT ÉCART VOL
0,3 + 1,7
42077
0,073- 3,95 7326141
8,6 + 1,66
931
1,634- 2,85 62940
0,329- 3,09 183758
7,14 - 0,83
3534
23
- 0,43
2701
65 + 5,35
6204
25,1 + 2,03
2637
0,087- 1,92 930673
0,305- 3,18 1543844
22,9 - 0,22
8358
7,08 - 0,56
1
4,76 - 0,42
101
0,41 - 2,38
31208
0,19 - 0,52
138142
0,345+ 2,68
31129
0,263- 0,38 1415303
0,8
28017
78
12,15 12,15
12,15
12,15
0,998 0,998 0,996
0,998+ 0,2
9,94 10
9,8
9,82 - 0,61
0,297 0,3
0,293
0,3 + 1,7
124
124,5
122
122
- 1,61
CERTIFICAT/FONDS
274910
INVESTIR 10 GRANDES VALEURS
INVESTIR PEA PALATINE
8,98
331
13816
2687
40865
5330
INVESTIR 10
127.35
92.65
I10GS - FR0011630474
FR0013284114
-1,01
-0,32
VALEURS ZONE INTERNATIONALE
CH0008853209
SN0008626971
CM0000035113
US1491231015
SN0000033192
GB0002374006
US5324571083
CI0000053161
CH0308403085
AGTA RECORD
BRAS. OUEST AFR.
BRASS. CAMEROUN
CATERPILLAR INC.
CFOA
DIAGEO
LILLY AND CO
FORESTIÈRE EQ.
GENEUROg
B 66
C
B
66
66
66
1
350
85
- 0,79
114
C
3,33
29,25
29,305 29,005
C
B 4,3
29,005- 0,69
93,5
+ 1,02
47
750
4,3
4,18
4,25
5671
TAUX ET CHANGES
CHANGES : COURS AU COMPTANT
VAR.
VEILLE
EN %
VAR.
ANNÉE
EN %
DOLLAR US
1,154
LIVRE STERLING
0,8785
FRANC SUISSE
1,1454
COURONNE DANOISE
7,4604
COURONNE NORV.
9,4561
KUNA CROATE
7,4162
COURONNE SUEDOISE
10,3303
DOLLAR CANADIEN
1,4986
YEN JAPONAIS
129,432
DOLLAR AUSTRALIEN
1,619
ROUBLE RUSSE
75,4922
ROUPIE INDIENNE
84,857
DOLLAR NEO-ZELANDAIS 1,755
COURONNE TCHEQUE
25,8413
FORINT HONGROIS
322,18
ZLOTY POLONAIS
4,2901
LEV BULGARE
1,9561
DOLLAR HONG-KONG
9,0456
WON SUD COREEN
1300,79
PESO MEXICAIN
21,7012
REAL
4,2503
DOLLAR SINGAPOUR
1,5867
RAND SUD-AFRICAIN
16,3349
LIVRE TURQUE
6,4538
RENMIBI YUAN
7,994
RUPIAH
17491,1443
PESO PHILIPPIN
62,204
RINGGIT MALAIS
4,7984
BATH THALANDAIS
37,4572
-0,28
0,05
-0,08
-0,01
0,31
-0,02
0,15
0,10
-0,40
-0,09
-0,20
0,12
-0,15
0,06
0,11
0,10
0,13
-0,26
-0,01
-0,03
-1,43
-0,26
-0,33
-1,88
-0,05
-0,57
-0,18
-0,02
-0,48
-3,88
-0,99
-2,09
0,17
-4,01
-0,22
5,18
-0,72
-4,40
5,29
9,15
10,69
3,77
1,18
3,67
2,74
0,01
-3,58
1,56
-8,06
6,91
-1,19
9,93
41,70
2,42
7,55
3,64
-1,69
-4,18
PRINCIPAUX TAUX DIRECTEURS
PAYS
TAUX DE RÉFÉRENCE
TAUX EN %
17-10-2018
EUR
USD
1
1,154
0,8785
1,1454
10,3303
7,4604
1,2943
1,4986
EUR
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY
CAD
GBP
CHF
0,8666
1,1383
1
1,3136
0,7613
1
0,9926
1,3037
8,9523
11,7596
6,4649
8,4924
1,1217 147,3268
1,2989
1,7059
0,8731
1,0075
0,767
1
9,0199
6,5139
113
1,3085
MARCHÉ OBLIGATAIRE
TAUX MARCHÉS MONÉTAIRES ET EURODEVISES
COURS DE CHANGES CROISÉS
COURS
BCE
17-10-2018
1 EURO EN DEVISE
SEK
DKK
0,0968
0,1117
0,085
0,1109
1
0,7221
12,5282
0,1451
0,134
0,1547
0,1178
0,1535
1,3849
1
0,1735
20,0874
JPY (100)
CAD
0,7726
0,8915
0,6788
0,885
0,0798
5,7643
1
1,1579
0,6673
0,7699
0,5862
0,7643
6,8935
4,9782
0,8636
1
17-10-2018
MARCHÉS MONÉTAIRES
1 MOIS
3 MOIS
JOUR
6 MOIS
1 AN
ZONE EURO-0,34/-0,64 -0,27/-0,57 -0,21/-0,51 -0,18/-0,48 -0,10/-0,40
ECARTS DE TAUX AVEC L’ALLEMAGNE
17-10-2018
6 MOIS
ALLEMAGNE 100,32
PORTUGAL
-0,32
FRANCE
-0,05
ESPAGNE
-0,13
ITALIE
-0,37
2 ANS
5 ANS
7 ANS
10 ANS
-0,63
0,59
0,07
0,43
2,29
-0,15
0,96
0,15
0,63
2,83
0,12
1,32
0,22
0,92
2,93
0,42
1,53
0,36
1,17
2,97
EUROMTS
INDICE
FRANCE
1-3 ANS
5-7 ANS
10-15 ANS
PLUS 15 ANS
PLUS 25 ANS
EMTXI-BE
250,96 0.12
170,09 0.00
231,56 0.00
278,74 -0.10
326,62 0.08
334,95 0.15
229,99 -0.03
VAR %
31/12 VAR %
248,89 0.71
171,84 -0.90
236,20 -1.97
284,90 -2.04
327,74 -0.42
332,52 0.58
234,24 -1.78
COURS A TERME DE L’EURO CONTRE LES PRINCIPALES DEVISES
USD
GBP
CHF
SEK
DKK
JPY (100)
CAD
1,1539
1,1540
0,8784
0,8786
1,1452
1,1455
10,3297
10,3310
7,4600
7,4607
129,4280
129,4360
1,4966
1,5006
-0,0050
-0,0052
-0,0022
-0,0024
-0,0006
-0,0006
0,0303
0,0288
0,0010
0,0007
-0,3539
-0,3986
-0,0018
0,0010
-0,0121
-0,0123
-0,0019
-0,0046
0,0003
0,0003
0,0339
0,0326
0,0052
0,0050
-0,3812
-0,4298
-0,0087
-0,0059
-0,0214
-0,0217
-0,0075
-0,0077
0,0015
0,0015
0,0316
0,0302
0,0101
0,0078
-0,4615
-0,5198
-0,0184
-0,0157
-0,0416
-0,0419
-0,0141
-0,0145
0,0042
0,0034
0,0185
0,0139
0,0177
0,0148
-0,4856
-0,5526
-0,0397
-0,0374
17-10-2018
COMPTANT
ACHAT
VENTE
A 1 MOIS
ACHAT
VENTE
A 3 MOIS
ACHAT
VENTE
A 6 MOIS
ACHAT
VENTE
A 12 MOIS
ACHAT
VENTE
BCE
TAUX PRET MARGINAL 0.25 %
Taux repo (refi)
0.00 %
Taux DepoT
-0.40 %
ROYAUME UNI TAUX JOUR LE JOUR
0.45 %
Taux De base
0.75 %
USA
TAUX JOUR LE JOUR
2.12 %
fonDs feDeraux
2.25 %
2 ans
2.93 %
10 ans
3.21 %
JAPON
BOJ TOKYO
-0.10 %
Taux Jour le Jour
-0.10 %
Taux repo (refi)
-0.10 %
10 ans
0.10 %
TAUX BONS DU TRÉSOR
BTF
TAUX
1 MOIS
3 MOIS
6 MOIS
9 MOIS
1 AN
2 ANS
5 ANS
10 ANS
-0,62
-0,75
-0,68
-0,67
-0,64
-0,39
0,20
0,87
INDICES DE RÉFÉRENCE DES EMPRUNTS À TAUX VARIABLES
MOY.
MENS.
AOÛT 16
SEPT. 16
OCT. 16
NOV. 16
DÉC. 16
JANV. 17
FÉV. 17
MARS 17
AVR. 17
MAI 17
JUIN 17
JUIL. 17
AOÛT 17
SEPT. 17
OCT. 17
NOV. 17
DÉC. 17
JANV. 18
FÉV. 18
MARS 18
AVR. 18
MAI 18
JUIN 18
JUIL. 18
AOÛT 18
SEPT. 18
TMM
EURIBOR
1 MOIS
3 MOIS
-0,3398
-0,343
-0,3462
-0,3486
-0,3501
-0,3511
-0,353
-0,3532
-0,3563
-0,3585
-0,3569
-0,359
-0,3561
-0,3573
-0,3589
-0,3513
-0,3411
-0,3614
-0,3649
-0,3628
-0,3648
-0,3628
-0,3614
-0,3636
-0,359
-0,3609
-0,37
-0,371
-0,371
-0,373
-0,373
-0,371
-0,372
-0,372
-0,372
-0,373
-0,373
-0,373
-0,372
-0,372
-0,372
-0,372
-0,369
-0,369
-0,37
-0,371
-0,372
-0,371
-0,37
-0,37
-0,369
-0,371
-0,298
-0,302
-0,309
-0,313
-0,313
-0,325
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,33
-0,33
-0,329
-0,329
-0,33
-0,329
-0,328
-0,328
-0,329
-0,328
-0,329
-0,326
-0,322
-0,321
-0,319
-0,319
TME
0,21
0,25
0,36
0,70
0,80
0,91
1,11
1,10
0,97
0,87
0,71
0,89
0,78
0,77
0,77
0,65
0,62
0,82
0,97
0,85
0,80
0,83
0,83
0,68
0,73
0,79
SOURCE CDC IXIS
TMOR.
PUB. PRIV.
MOY.
EONIA
EURIBOR
TEC
HEBDO
1 MOIS 3 MOIS 10
THE
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
0
0
0
0
0
0
0
0
11-09
12-09
13-09
14-09
17-09
18-09
19-09
20-09
21-09
24-09
25-09
26-09
27-09
28-09
01-10
02-10
03-10
04-10
05-10
08-10
09-10
10-10
11-10
12-10
15-10
16-10
17-10
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,82
0,86
0,86
0,86
0,86
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,90
0,41
0,45
0,56
0,90
1,00
1,11
1,31
1,30
1,17
1,07
0,91
1,09
0,98
0,97
0,97
0,85
0,82
1,02
1,17
1,05
1,00
1,03
1,03
0,88
0,93
0,99
-0,361
-0,358
-0,364
-0,371
-0,366
-0,366
-0,366
-0,367
-0,365
-0,367
-0,367
-0,366
-0,367
-0,367
-0,351
-0,351
-0,363
-0,365
-0,365
-0,362
-0,362
-0,365
-0,365
-0,367
-0,368
-0,368
-0,369
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,372
-0,371
-0,372
-0,371
-0,372
-0,37
-0,369
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,371
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,369
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,319
-0,318
-0,318
-0,317
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
-0,318
0,72
0,70
0,70
0,72
0,74
0,74
0,78
0,77
0,76
0,77
0,82
0,82
0,81
0,81
0,82
0,77
0,78
0,85
0,87
0,86
0,89
0,88
0,85
0,87
0,84
0,85
0,81
THOR.
PUB.
PRIV.
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
0,95
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,02
1,06
1,06
1,06
1,06
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
1,10
MATIÈRES PREMIÈRES
MÉTAUX PRÉCIEUX
MÉTAUX NON FERREUX
MÉTAUX STRATÉGIQUES
PARIS
OR (EUROS CPROR/*COURS HEBDO)
17/10
16/10
COURS PRIME PREC.
LINGOT
0
34000
34490
10 FLORINS
208
-0,32
205
5 DOLLARS*
293
12,97
293
10 DOLLARS
570
9,88
569
20 DOLLARS
1120
7,92
1140
5 ROUBLES*
0
-100
0
50 PESOS
1285
-0,65
1300
LATINE
199
-0,62
199
NAPOLEON
199,7
-0,27
203
1/2 NAPOLEON*
104
3,87
114
SOUVERAIN ELI I* 256,9
1,76
256,8
SOUVERAIN
251,5
-0,38 256,5
1/2 SOUVERAIN* 127,9
1,32
128,8
SUISSE
200
-0,12
199,9
TUNISIENNE*
199
-0,62
199
MARK*
257
4,07
257
KRUGERRAND
1099
2,45
1100
LINGOTIN 500GRS 17600
2,06 17600
LINGOTIN 250GRS 8840
2,52
8840
LINGOTIN 100GRS 3520
2,06
3500
ARGENT C3E (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
489,59
491,52
CUIVRE (GIRM):
LONDRES
(EN DOLLARS)
PALLADIUM (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
30 108
30 098
FIX2
30 115
30 018
PLATINE (EURO PAR KILO) (CSFANMP)
FIX1
23 352
23 385
FIX2
23 367
23 317
LONDON BULLION MARKET
17/10
16/10
ARGENT (EN CENTS PAR OZ)
FIXAGE
1 463
1 463
OR (EN DOLLARS PAR OZ)
FIX
1 229
1 231
PALLADIUM (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
1 080
1 084
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE TROY)
838
842
SETTLEMENT
16/10
14,69
14,79
14,81
14,9
14,97
17/10
DÉC. 18
14,71
JANV. 19
14,7
MARS 19
14,82
MAI 19
14,9
JUIL. 19
14,98
OR (EN DOLLARS PAR ONCE)
SETTLEMENT
SETTLEMENT
17/10
839,9
839,7
843,8
847,1
844
BASE CUIVRE
16/10
1228,1
1239
1245
1252,3
1269,2
SETTLEMENT
16/10
845,3
844,6
848,7
850
855,1
640,71 DEPUIS LE 17/10
BASE LAMINÉ LAITON 1 TITRE 539,68 DEPUIS LE 17/10
BASE LAMINÉ LAITON 70/30
548,87 DEPUIS LE 17/10
BASE LAMINÉ LAITON 85/15
594,79 DEPUIS LE 17/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/6
727,56 DEPUIS LE 17/10
BASE LAMINÉ BRONZE 94/4
698,61 DEPUIS LE 17/10
LONDON METAL EXCHANGE
17/10
16/10
ALLIAGE D`ALUMIN. (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
1360-1370
1400-1450
13660
1380-1390
1430-1480
13860
ALUMINIUM (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2021-2022
2023,5-2024
996875
2027,5-2028
2030-2031
926100
CUIVRE (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
STOCKS
6201,5-6202
6211-6213
164175
19150-19175
19050-19100
3160
ANTIMOINE 99,65% (PAR TONNE)
8600
8600
BISMUTH 99,99% (PAR LB)
4,55
4,55
CADMIUM 99,95% (PAR LB)
1,25
1,25
COBALT (CATHODES) 99,80% (PAR LB)
33,5
33,5
EPONGE DE TITANE 99,60% (PAR KG)
7,65
7,65
FERRO MANGANESE (HC) (PAR TONNE)
975
975
FERRO MOLYBDENE (PAR KG)
29,3
29,3
GERMANIUM (PAR KG)
1650
1650
SELENIUM 99,50% (PAR LB)
14
14
SILICIUM (PAR TONNE)
2000
2000
6294-6296
6284-6285
161700
19075-19100
19100-19105
3160
ICE
(EN GBP PAR MWH)
CLÔTURE
17/10
BASE
40,69
POINTE
46,28
ICE FUTURES
(EN GBP PAR MWH)
NICKEL (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
12430-12450
12475-12480
221898
12645-12650
12715-12720
222102
PLOMB (EN $ PAR TONNE)
2077-2079
2094-2095
115775
2090-2091
2087-2088
116300
ZINC (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
2625-2630
2595-2596
184625
2661-2662
2635-2635,5
188850
NEW YORK
CUIVRE (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
OCT. 18
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
17/10
2,76
2,77
2,78
2,78
16/10
2,77
2,78
2,78
2,79
VOL
92
147
85991
163
KUALA LUMPUR
ETAIN (EN DOLLARS PAR TONNE)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
17/10
19120
16/10
19050
16/10
ÉLECTRICITÉ
ETAIN (EN $ PAR TONNE)
CASH
3 MOIS
VOL.
SETTLEMENT
17/10
DÉC. 18
1230,1
AVR. 19
1242,2
JUIN 19
1250,5
AOUT 19
1253,6
DÉC. 19
1268,6
PLATINE (EN DOLLARS PAR ONCE)
OCT. 18
JANV. 19
AVR. 19
JUIL. 19
OCT. 19
AUTRES DEMI PRODUITS CUIVREUX :
CASH
3 MOIS
VOL.
NEW YORK
ARGENT (EN CENTS PAR ONCE)
SETTLEMENT
CATHODES : 5602 A COMPTER DU 17/10/
17/10
VOL
BASE NOV 18
BASE DEC 18
POINTE NOV 18
POINTE DEC 18
CLÔTURE
16/10
40,69
46,28
CLÔTURE
CLÔTURE
17/10
66,4
68,36
75,27
75,67
16/10
67,42
68,36
75,27
75,67
VOL
364004
192492
PRODUITS PÉTROLIERS
SUCRE
ROTTERDAM
(BARGES - FOB) (EN $ PAR TONNE)
GAS OIL 0.1% SUL.
692
London Daily Price:
491
466
486,5
461,5
SINGAPOUR
GASOLINE 97
GAS OIL
FUEL OIL (180)
FUEL OIL (380)
89,15
92,49
546,5
514,5
89,15
92,49
538,5
506,5
ÉMISSION CO2
NYMEX EMISSIONS (EN EUROS PAR TONNE)
CLÔTURE
CLÔTURE
AVR. 19
MAI 19
JUIN 19
JUIL. 19
AOUT 19
CLÔTURE
17/10
71,1
69,8
69,73
69,63
69,43
16/10
71,55
71,48
71,38
71,23
71
VOL
16/10
27,7
27,75
27,85
CLÔTURE
17/10
3,27
3,32
3,39
16/10
3,25
3,31
3,38
CLÔTURE
VOL
CLÔTURE
1
17/10
NOV 2018 26,49
DEC 2018 26,71
JAN 2019 26,8
16/10
13,25
13,4
13,47
13,69
14,24
CLÔTURE
17/10
16/10
DÉC. 18
1612
1586
MARS 19 1633
1613
MAI 19
1640
1618
JUIL. 19
1646
1625
SEPT. 19
1649
1631
NEW YORK (EN $ PAR TONNE)
6145
6622
4070
2323
1202
SETTLEMENT SETTLEMENT
16/10
78,34
79,9
81,31
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
DÉC. 19
17/10
2219
2231
2238
2260
2267
16/10
2215
2226
2236
2257
2268
VOL
15154
8973
2575
739
748
CLÔTURE
VOL
17/10
16/10
NOV. 18
1755
1745
5028
JANV. 19 1775
1757
10676
MARS 19 1788
1770
2736
MAI 19
1801
1783
838
JUIL. 19
1817
1796
761
NEW YORK-ARABICA (EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
7990
2969
135
DÉC. 18
MARS 19
MAI 19
SEPT. 19
17/10
121,7
125,35
127,95
132,35
16/10
117,5
121,1
123,5
128,15
VOL
29275
12296
5482
1687
CHICAGO (EN $ PAR 1000 BDFT)
17/10
339,9
339,9
348,3
16/10
339,7
339,9
347,7
VOL
NEW YORK (CONT. NO2 - EN CENTS PAR LB)
SETTLEMENT SETTLEMENT
JOU R
17/10
16/10
112,45
115,7
736
280
312
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
17/10
16/10
DÉC. 18
375
375,25
MARS 19 387,25
387,25
MAI 19
394
394,5
RIZ À CHICAGO (EN CENTS PAR LB)
57797
16609
5729
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
17/10
16/10
NOV. 18
10,99
10,9
JANV. 19 11,16
11,09
MARS 19 11,28
11,28
AVOINE À CHICAGO
(EN CENTS PAR BOISSEAU)
383
391
19
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
441
128
21
SETTLEMENT SETTLEMENT
17/10
176,25
176,95
176,15
VOL
16/10
176,5
0
0
80
VEAU VIVANT - BRESIL - BRL :
147.3
LE 16/10//18
BETAIL VIVANT - CME - USD :
1.1265
LE 16/10//18
BETAIL D'ENGRAIS - CME - USD :1.54025
LE 16/10//18
PORC MAIGRE - CME - USD :
0.56875
LE 16/10//18
PORC FRANCE E - EUR :
1.5
LE 02/03//17
INDICES
RJ CRB
JUS D’ORANGE
BOIS
VOL
BETAILS
LONDRES-ROBUSTA (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
195
5
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
NEW YORK (CONT. N°2 - CENTS PAR LB)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
VOL
VOL
17/10
16/10
NOV. 18
171
171,75
JANV. 19 174,25
175,25
MARS 19 177
178,5
MAIS À CHICAGO (EN CENTS PAR
BOISSEAU)
NOV. 18
JANV. 19
MARS 19
COTON
17/10
77,78
79,26
80,76
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
CAFÉ
INDICE COTLOOK A : 88,05, LE 17/10//18
Déc. 18
Mars 19
Juil. 19
65715
25106
14291
8179
4435
VOL
17/10
16/10
DÉC. 18
518
523,5
MARS 19 538
543,5
MAI 19
547
554,5
MAIS À PARIS (EN EUROS PAR TONNE)
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
café (cents US/livre) :
Prix composé : 114.05
Moyenne quinze derniers jours : 205.461
16/10
26,96
27,1
27,34
SETTLEMENT SETTLEMENT
10
17/10
13,68
13,74
13,79
13,97
14,46
MARS 19
MAI 19
JUIL. 19
OCT. 19
MARS 10
SETTLEMENT SETTLEMENT
17/10
16/10
DÉC. 18
202
203,25
10420
MARS 19 205,25
206
5582
MAI 19
206,5
207,75
2157
BLÉ À CHICAGO (EN CENTS PAR BOISSEAU)
VOL
16/10
25,79
SETTLEMENT SETTLEMENT
VOL
VOL
BLÉ DE MEUNERIE N°2 À PARIS
(EN EUROS PAR TONNE)
17/10
16/10
DÉC. 18
297,5
302
MARS 19 285,5
289,5
MAI 19
283,5
283,5
BLÉ FOURRAGER À LONDRES
(EN £ PAR TONNE)
POWERNEXT GAS FUTURES
VOL
CLÔTURE
SETTLEMENT SETTLEMENT
CLÔTURE
17/10
NORD DA 25,59
VOL
CLÔTURE
NYMEX ( EN $ PAR MBTU)
POWERNEXT GAS SPOT
VOL
6100
4656
959
239
70
Prix indicatif de l'Organisation internationale du
cacao (dollars/tonne) : le 15/10/
Prix indicatif : 2172,55
LONDRES (EN £ PAR TONNE)
GAZ NATUREL
5
17/10
16/10
NOV. 18
710,75
715,5
65103
FÉV. 19
704,25
708,75
10141
MARS 19 703
708
8017
AVR. 19
700,25
706,75
2427
MAI 19
702
706,25
2791
NEW YORK NYMEX WTI (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
17/10
27,7
27,75
27,85
CLÔTURE
CACAO
SETTLEMENT SETTLEMENT
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
CLÔTURE
17/10
16/10
DÉC. 18
378,9
367,3
MARS 19 376,1
365,7
MAI 19
378,6
369
AOUT 19 381,1
371
OCT. 19
384,4
374,1
NEW YORK (EN CENTS PAR LB)
VOL
URANIUM NYMEX (EN $ PAR LB)
VOL
17/10
16/10
JOUR
79,84
81,41
JANV. 19 79,46
81,04
116559
FÉV. 19
79,34
80,88
54808
LONDRES-GAZOLE (EN $ PAR TONNE)
CLÔTURE
CLÔTURE
16/10
17,9
URANIUM
LONDRES-BRENT (EN $ PAR BARIL)
CLÔTURE
CLÔTURE
17/10
17,9
NOV. 18
DÉC. 18
JANV. 19
PRODUITS PÉTROLIERS
LONDRES (EN DOLLARS PAR TONNE)
680
FUEL
FUEL OIL (HS 180)
FUEL OIL (HS 380)
SPOT
CÉRÉALES
13,36 cts/lb
VOL
112.45
17/10
16/10
205,05
205,93
REUTERS COM. 2416,83
2410,75
MOODYS COM. 5801,73
5749,36
OR INDUSTRIEL 34385
34396
2977,9
2996,9
LMEX
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
FINANCE & MARCHES // 35
Les Echos Jeudi 18 octobre 2018
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
Mirabaud Asset Management
Tél. +41 058 200 60 01
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CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
LU0130728842 PICTET-EMERGING EUROPE
319,42 16/10
LU0130729220 PICTET-EMERGING MKTS
529,79 16/10
LU0128490280 PICTET-EUR BONDS
541,89 17/10
LU0144509717 PICTET-EUROPEAN SUST. EQ.
240,96 16/10
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
CODE ISIN
DÉSIGNATION
DES VALEURS
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
SYNCHRONY (LU)
361,21 17/10
LU0935268721 RAM (L) SF EM MKT CORE EQ
96,36 16/10
LU1626130063 SWISS SMALL & MID CAPS (CHF)
102,4
499,64 16/10
LU0704154292 RAM (L) SF EM MKT EQ
167,75 16/10
LU1626129727 SWISS ALL CAPS (CHF)
102,21 16/10
LU0188501257 PICTET-HEALTH
277,32 16/10
LU0375629556 RAM (L) SF EUROPEAN EQ
435,23 16/10
LU1626130816 SILK ROAD ZONE STOCKS (USD)
LU0070964530 PICTET-INDIAN EQ.
468,33 16/10
LU1048876350 RAM (L) SF GB SHLDR YLD EQ
127,3 16/10
LU0851564897 EUROPEAN EQUITY (EUR)
153,3
LU0705072691 RAM (L) SF L/S EM MKT EQ
120,2 12/10
LU1626130220 HIGH DIV. EUROPE STOCKS (EUR)
94,15 16/10
151,7 12/10
LU0851564541 WORLD EQUITY (EUR)
147,66 16/10
LU0176900511 PICTET-JAPANESE EQ. SEL.
15227,84 16/10
LU0217139020 PICTET-PREMIUM BRANDS
148,71 16/10
LU0705071701 RAM (L) SF L/S EUROPEAN EQ
130,34 16/10
LU0375630729 RAM (L) SF NORTH AM EQ
304,93 16/10
LU1279334210 PICTET-ROBOTICS
LU0090689299 PICTET-BIOTECH
699,73 16/10
LU0338483075 PICTET-RUSSIAN EQUITIES
59,6
16/10
LU1074511459 RAM (L) TF CONV EUROPE
143,76 16/10
LU0256846139 PICTET-SECURITY
234,15 16/10
LU0419186167 RAM (L) TF GB BD TOT RET
141,59 16/10
LU0935723782 RAM (L) TF II ASIA BD TOT RET
138,36 16/10
LU0340554913 PICTET-DIGITAL
295,3
16/10
LU0130732364 PICTET-SMALL CAP EUR.
1127,92 16/10
LU0255798109 PICTET-EMERG LC DEBT
155,7
17/10
LU0104884860 PICTET-WATER
286,15 16/10
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT.
DATE
Banque Cantonale
de Genève (France) SA
Tél. 04 72 07 31 50
bcgef.fr/fonds
LU0168449691 PICTET-GREATER CHINA
229,73 16/10
80,86 16/10
DERNIER
DIVIDENDE NET
EN EUROS**
MONT. DATE
LU0128467544 PICTET-GLOBAL EMERG.DEBT
LU0155303323 PICTET-ASIAN EQ. JAPAN
LU0280430660 PICTET-CLEAN ENERGY
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
VAL. UNIT DATE
HORS FRAIS DE LA
EN EUROS** VALOR.
CLASSIFICATION
DÉSIGNATION
DES VALEURS
CLASSIFICATION
CODE ISIN
CLASSIFICATION
sicav//fcp
16/10
97,43 16/10
16/10
Valeur unitaire hors frais : valeur de la part ou de l’action hors droits d’entrée ou de sortie éventuels. Les SICAV éligibles au PEA sont signalées par un astérisque *. Le pictogramme P indique la cotation d’un FCP.
Classification des OPCVM : actions françaises (AF), actions de la zone EURO (AE), actions internationales (AI), monétaires EURO (ME), monétaires à vocation internationale (MI), obligations et autres titres de créances libellés en EURO (OE), obligations et autres titres de créances internationaux (OI), sicav luxembourgeoises (LX), diversifiés (DI), garantis ou assortis d’une protection (GP). ** : en euros ou dans la devise indiquée dans la colonne «DÉSIGNATION DES VALEURS».
carnet
fr
PORTRAIT
par Jean-Pierre Gourvest
— Correspondant à Limoges
Sothys
Frédéric Mas
veut faire la part
belle à Sothys
Sothys était le nom que les Egyptiens, dans
l’Antiquité, donnaient à la déesse de la beauté.
C’est devenu celui d’une des plus belles entreprises du Limousin. Avec 560 salariés et 56 millions de chiffre d’affaires, la société de cosmétiques Sothys est présente dans les spas, les hôtels
et les instituts de 130 pays. D’ailleurs, quand en
2012, l’ancienne première dame Valérie Trierweiler, a traversé l’Atlantique pour rencontrer
Michelle Obama à la Maison-Blanche, elle lui a
offert des produits de la griffe, made in Corrèze,
chère à François Hollande.
Sothys, c’est l’affaire d’une famille. Le capital
de la société est aux mains des Mas. Et c’est Frédéric Mas qui dirige le groupe avec son frère,
Christian, tandis que leur cousin Florent pilote
la R&D. Et Frédéric Mas, par ailleurs, vice-président du Club ETI Nouvelle-Aquitaine, insiste : le
succès est souvent une histoire plurielle. « Je
crois dans la valeur du travail commun, dans le
fait d’œuvrer ensemble à un but en comptant sur
les compétences des uns et des autres, déclare ce
jeune patron de 43 ans. Nous contribuons tous à
notre façon, selon nos aptitudes, à l’avenir de
Sothys. Notre famille en est le socle. »
Parmi les aptitudes de ce Parisien d’origine,
élevé en terre gaillarde, sa connaissance de
l’international a sans nul doute servi cette mar-
ENTREPRISES
GROUPE SEB
Stanislas de Gramont
deviendra directeur général
délégué le 3 décembre prochain.
Il prendra en charge
les fonctions commerciales
et marketing du groupe
au niveau mondial.
Stanislas de Gramont, 53 ans, est
diplômé de l’Essec. Il a réalisé
l’essentiel de sa carrière chez
que, qui réalise 65 % de ses ventes à l’export. S’il
vit en Corrèze, l’homme a une mère allemande
(qui parlait à ses enfants dans la langue de
Goethe) et une femme japonaise. Et après une
école de commerce à Toulouse, Frédéric Mas a
poursuivi son cursus à Oxford en Angleterre,
servant ensuite dix-huit mois au titre de la coopération au Canada. Avant de rejoindre l’entreprise en 1999.
Un jardin et un arboretum
Mais, comme son père et son frère, il n’en est pas
moins fidèle à ses racines. Sothys possède
d’ailleurs un splendide jardin botanique à
Auriac, berceau, depuis 1714, de cette famille qui
a longtemps vécu de la terre. Ouvert au public
depuis 2007, le jardin et son arboretum
accueillent 10.000 visiteurs par an. Et aux yeux
du dirigeant, ce n’est pas anodin. Car, pour le
patron de Sothys, le futur devra inclure le développement durable. « Les enjeux écologiques
rejoignent les enjeux économiques, analyse-t-il.
C’est inéluctable, notamment pour une société
comme la nôtre, liée à la nature, exploitant des
matières premières, actifs végétaux, biotopes,
avec un véritable savoir-faire. Notre jardin botanique et l’arboretum sont dédiés à la préservation
de la biodiversité. On assiste à l’émergence d’un
Danone où il a exercé différentes
fonctions de direction générale.
Depuis quatre ans, il était CEO
de Suntor y B everage & Food
Europe.
SODEXO
Juliette Dufourmantelle
est nommée directrice générale,
ministères et institutions
de Sodexo en France,
suite au rapprochement
des segments justice et défense
du groupe.
mouvement de fond, à une prise de conscience,
notamment dans l’industrie cosmétique. »
Frédéric Mas mise aussi sur l’innovation. « Je
crois aux rêves, aux gens qui inventent – que l’on
retrouve dans les start-up – car c’est du rêve que
naissent les nouveaux projets », raconte-t-il.
Sothys fabriquait déjà ses propres produits
en 1946, l’année de sa création, à Paris, par un
biologiste. C’est le grand-père de Frédéric, Henri
Mas, qui a racheté, en 1966, l’institut de beauté
Sothys, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris.
Son père Bernard, après des études de philologie à la Sorbonne, en a pris la tête. Et reste
aujourd’hui président du conseil de surveillance. On raconte que les premières formules auraient même été transmises à la famille
sur un petit carnet. Frédéric a repris le flambeau en devenant coprésident, aux côtés de
Christian, en 2010. « Je suis un fan de la cosmétique, passionné par ce que je fais, avoue ce père de
deux enfants, qui se reconnaît deux hobbys, la
marche et le travail. Et je baigne dans l’univers
esthétique en permanence comme l’ensemble de
ma famille. »
« Positif et lucide »
Et comme si cela ne suffisait pas, il s’implique
dans le Club des entreprises de taille intermédiaire de Nouvelle-Aquitaine. « Ce club
apporte à ses adhérents une vision plus large du
monde de l’entreprise, une réelle volonté de
dynamique territoriale » et un authentique
partage d’expériences, analyse Frédéric Mas,
qui a contribué à organiser ce jeudi à Brive les
Rencontres ETI-PME-start-up. L’idée ? Tisser
des partenariats entre jeunes pousses et sociétés industrielles. Une première dans la région.
Et un impératif.
« Il s’agit d’être positif et lucide, pragmatique et
conscient du monde dans lequel nous vivons,
estime Frédéric Mas. Il faut sans cesse se réinventer, trouver les voies qui permettent d’aborder le
futur avec un esprit réaliste face aux difficultés de
notre temps. La chimie verte, le numérique,
l’entrepreneuriat et l’innovation sont les atouts de
demain. » Lucide et ambitieux. n
Juliette Dufourmantelle, 41 ans,
diplômée de l’Edhec, auditrice de
la 70e session nationale de politique de défense à l’IHEDN, est
membre du Haut comité de l’évaluation de la condition militaire
(HCECM). Chez Sodexo depuis
12 ans, elle a occupé des postes de
management de centres de profit
et de déploiement de grands
comptes internationaux. Dès 2016,
elle assurait la direction générale
du segment défense et administrations pour Sodexo en France.
UBISOFT
Frédérick Duguet
deviendra directeur financier
du groupe le 1er janvier prochain.
Frédérick Duguet, 48 ans, diplômé
de l’Essec, est directeur de la planification financière, depuis 2009,
date de son entrée chez Ubisoft. Il a
d’abord rejoint les directions financières de Procter & Gamble et
L’Oréal, où il est notamment
devenu directeur financier pour la
division produits de luxe en France.
COVAGE
Paul Laroche
prend la direction du contrôle
de gestion.
Paul Laroche, 36 ans, diplômé de
l’ICN (Business School de Nancy), a
débuté chez SFR où il a notamment
officié au revenue management de
SFR Business Team. En 2015, il
avait intégré la direction financière
de la holding du groupe Altice pour
consolider les résultats des activités internationales du groupe.
WHIRLPOOL
Yan Martial
est promu directeur marketing
France.
Yan Martial, 45 ans, titulaire d’un
master 2 international business
management de l’université du
Maine-Le Mans, a commencé sa
carrière chez Whirlpool en 1998.
Il a notamment assuré la direction
des marques et de la communication de Whirlpool France. Depuis
un an, il était directeur de la division kitchenaid Emea pour les
appareils gros électroménagers.
MICROSOFT
Jérôme Barrier
prend la direction de la division
small, medium and corporate
de Microsoft France.
Jérôme Barrier, 38 ans, diplômé de
l’Efrei Paris, a débuté au sein d’un
partenaire intégrateur Microsoft
où il a assuré la direction commerciale. Après avoir créé la start-up
Place Des Ventes en 2005, il a intégré, en 2007, Microsoft, assumant
diverses fonctions liées à la vente et
au marketing, tant dans la division
services que dans celle des grands
comptes, en passant par l’ouverture du marché Skype Entreprise
en France. Plus récemment, il était
directeur des opérations de la division SMS&P.
ADMINISTRATION
DGSI
Nicolas Lerner
a été nommé à la tête de la
Direction générale de la sécurité
intérieur, en Conseil
des ministres mercredi.
Il remplace Laurent Nuñez,
nommé secrétaire d’Etat auprès
du ministre de l’Intérieur,
Christophe Castaner.
Nicolas Lerner, 40 ans, ancien
élève de l’ENA, a d’abord été administrateur civil, affecté au secrétariat général du ministère de l’Intérieur. Nommé sous-préfet en
2006, il est devenu directeur de
cabinet du préfet du LanguedocRoussillon avant de rejoindre la
préfecture de police de Paris en
2008, où il fut chef de cabinet du
préfet de police, puis directeur-adjoint de cabinet, le directeur étant
alors Laurent Nuñez. En 2014,
Nicolas Lerner a été nommé souspréfet de Béziers avant de partir
pour la Corse en tant que sous-préfet coordonnateur pour la sécurité
auprès des préfets de Haute-Corse
et de Corse-du-Sud. Il était directeur adjoint de cabinet de Gérard
Collomb depuis mai 2017.
ILS SONT NÉS
UN 18 OCTOBRE
Isabelle Autissier,
navigatrice, 62 ans.
Philippe Crouzet, président du
directoire de Vallourec, 62 ans.
Jean-Pierre Fourcade,
ancien ministre de l’Economie
et des Finances, 89 ans.
Thierry Fritsch,
ex-PDG de Chaumet, 63 ans.
Emmanuelle Laborit,
comédienne, 47 ans.
Jérôme Langlet,
président de Unlimited Live
Entertainment, 47 ans.
Axelle Lemaire,
ancienne secrétaire d’Etat
chargée du Numérique
et de l’Innovation, députée
des Français établis hors
de France, 44 ans.
Martina Navratilova,
championne de tennis, 62 ans.
Denis Olivennes,
président du directoire
de Lagardère Active, 58 ans.
Guy Roux, ancien entraîneur
de football, 80 ans.
Thierry Trouvé, directeur
général de GRTgaz, 57 ans.
, Envoyez vos nominations à
carnetlesechos@nomination.fr
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
crible
Jeudi 18 octobre 2018
` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR
Le succès parisien de l’entrée en Bourse
de Neoen défie les courants contraires.
L’INVITÉ
DES ECHOS
« Les Echos »
+
Vent de soleil
Didier Gambart
PDG de Toyota France
ÉMISSION DE CO2 L’Europe est parvenue à un accord au
début du mois, visant à réduire de 35 % les émissions de CO2
des véhicules neufs d’ici à 2030. « D’ici à 2030, nous serons
prêts car – même si ces objectifs sont très ambitieux et que le
cycle industriel n’est pas toujours celui du temps politique qui
cherche à accélérer cette transformation énergétique – notre
point de départ, aujourd’hui avec l’hybride, nous permet
d’être relativement confiants, même s’il vient apporter un défi
additionnel pour la filière », déclare le PDG de Toyota France, Didier Gambart.
HYDROGÈNE Toyota commercialise en France la Mirai,
une voiture à hydrogène. « L’hydrogène permet d’embarquer
dans deux réservoirs de l’hydrogène et d’avoir d’ores et déjà
plus de 450 kilomètres d’autonomie. Le temps de recharge est
de trois minutes, ce qui le rend proche des modes de consommation aujourd’hui. […] Avec sa pile à combustible, le véhicule
produit sa propre électricité et ne rejette que de la vapeur
d’eau. Donc en termes d’empreinte CO2, c’est zéro », affirme
Didier Gambart.
RAPPEL DE VOITURES Plusieurs millions de voitures hybrides ont été rappelées par Toyota en septembre et octobre. « En France, c’est 38.000 unités, notamment d’Auris et de
Prius. Nous rappelons des véhicules qui ont jusqu’à dix ans
d’âge », déclare Didier Gambart.
Interview réalisée par Olivier Harmant
a L’intégralité de l’émission sur lesechos. fr/invitedesechos
This is chaud business
« Jour de vent, jour de tourment. » Le proverbe a rarement fait tomber sur
le parquet boursier autant de feuilles mortes de l’arbre aux introductions
de sociétés. Les vents mauvais ont déraciné les chênes Cepsa et LeasePlan.
Le maintien du roseau de l’histoire, Neoen, n’en est que plus remarquable
sur une place parisienne abonnée aux déceptions. Le premier producteur
français indépendant d’énergie exclusivement renouvelable a certes un peu
plié. Mais en se penchant, au moins a-t-il offert aux investisseurs, avec un
prix de bas de fourchette à 16,50 euros pièce, la rare opportunité sur la cote
tricolore d’une hausse à l’anglo-saxonne (+13,9 % au plus haut de la séance).
Surtout, la plus grosse IPO depuis seize mois (697 millions levés au maximum), également la plus importante des cleantech en Europe cette année,
n’a pas rompu devant un modèle d’affaires singulier dans son secteur (propriétaire et producteur plutôt que vendeur de projets) et une valorisation
facialement confortable (12 fois l’Ebitda 2018). Son profil de croissance
(plus de 30 % par an pour l’Ebitda entre 2018 et 2021), le réinvestissement de
l’actionnaire de contrôle (Jacques Veyrat à travers Impala), l’appui d’investisseurs de référence (FSP, Céleste, bpifrance) et le marketing organisé très
en amont par les conseils JP Morgan et Natixis ont fait souffler un vent de
soleil inespéré sur les gestions. Le look « pionnier et polar » de l’entreprise,
comme le qualifie son PDG Xavier Barbaro, est le « must have » de l’année.
France Télévisions 25
Genfit 32
Geodis 15
Gome 21
Hyundai 20
ID Logistics 15
Ikea 15
Iveco 27
Jysk 15
Lapeyre 15
M6 25
Mercedes 27
Michelin 32
Montblanc 23
Naval Group 20
Neoen 32
Netflix 25
Novadiscovery 28
Novo Nordisk 17
Ocado 15
Octo Asset
Les prismes boursiers ignorent le rééquilibrage
du modèle d’affaires de Danone.
La marque des stars de cinéma ? Elles évitent d’aligner les flops en série.
Netflix s’en inspire pour continuer de brûler les planches à Wall Street
(+80 % depuis le début de l’année). Pour son public boursier, pas question
d’oublier les applaudissements (+4,5 % pour l’action à la mi-journée contre
-0,8 % pour l’indice des valeurs américaines S&P 500) après ce rôle trimestriel bien mieux tenu que le précédent, qui avait tourné au four intégral cet
été. Pourtant, il ne sera pas si facile de dépasser les bornes historiques (13 %
en dessous du plus haut de juillet dernier) et des vendeurs à découvert rodent. Car la diva du streaming (« Orange is The New Black », « The Crown »)
reste imprévisible, soufflant comme personne le chaud après le froid. Non
seulement la « success story » de Reed Hastings n’a toujours pas trouvé le
moyen de prévoir de façon fiable son nombre d’abonnés payants, mais en
plus ses actionnaires doivent s’habituer à la montée en puissance de sa production propre de fiction, avec les aléas de plannings qui en découlent. La
marge d’exploitation passée de 7 à 12 % en un an devrait donc retomber à
4,9 % au dernier trimestre, pour cause de dépenses reportées. Ce n’est pas si
grave puisque nouvel eldorado numérique du show business n’a pas dit son
dernier mot, son grand pionnier en est plus persuadé qu’il y a trois mois.
En lui accordant un multiple dans les cintres (141 fois le bénéfice de cette
année), Wall Street prend les risques du « chaud business », compte tenu
des moyens en augmentation de la concurrence et de la consommation
croissante de cash.
Management 31
Orange 24
Peugeot 32
Reservoir Sun 20
Safran 19
Sanofi 17, 32
SAT Mont-Blanc 27
Scallog 15
SEW-Usocome 28
Sothys 35
STMicroelectronics 32
TF1 25
Transdev 27
Valeo 32
Vinci 17
Wettoncraft 28
XPO Logistics 15
AVIS FINANCIERS
BNP Paribas 21
Danone 19
Vilmorin 21
EN VUE
Les Echos est une publication du
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IMPRESSION L’Imprimerie (Tremblay-en-France), Midi Libre (Montpellier).
TIRAGE DU 17 OCTOBRE 2018 : 93.959 exemplaires
Origine du papier : Belgique. Taux de fibres recyclées : 100%.
Ce journal est imprimé sur du papier porteur de l’Ecolabel européen
sous le numéro FI/37/002. Eutrophisation : Ptot 0.013kg/tonne de papier
Membre de membre ACPM OJD CPPAP : 0421 c 83015. Toute reproduction, même partielle, est
interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur (loi du 11 mars 1957)
Ce numéro comporte un 3e cahier de 12 pages « Les Echos START ».
Netflix confirme ses buts de long terme,
sans plus de visibilité trimestrielle.
Réaction infantile
LES ENTREPRISES CITÉES
AbbVie 22
Amazon 15
Banque Casino 30
Biogen 22
Bombardier 19
Brennus Analytics 26
Carrefour 15
Casino 21
Cdiscount 15
Conforama 15
Cottin 27
Crédit Mutuel CIC, 30
Daewoo 20
Danone 32
Darty 21
Dassault 19
Decathlon 15
E.Leclerc 15
EDF 20
Exotec 15
Fincantieri 20
« Lorsque l’enfant paraît… je prends mon chapeau et je m’en vais ». Plus hugolien que « Léautaud », le cercle des investisseurs n’aime cependant rien tant
qu’applaudir à grands cris la petite enfance qui nourrit l’âge d’or des fabricants de lait en poudre. Et montrer sa déception quand l’un d’eux, Danone,
biberonne un peu moins au sein de l’une des plus grandes génitrices mondiales de bébés, la Chine. Le recul de 20 % des ventes locales, de juillet à septembre, ne se lit pourtant qu’à l’aune du grand bond en avant de l’année précédente à la même période (plus de 50 %) et de sa formidable expansion en
quatre ans. Favorisé dans le passé par les circuits parallèles d’importations,
le Français a gagné en position stratégique sur un marché-clef ce qu’il va
perdre en contrecoup, pendant quelques trimestres, de l’étranglement de
ce canal par Pékin. En sanctionnant le titre mercredi (–4,3 %) pour cette situation largement anticipée par le groupe dans ses prévisions – d’ailleurs
confirmées pour 2018 –, les boursiers l’ont rangé dans la case des victimes
collatérales des aléas de la demande chinoise, leur thème de prédilection
qui tourne à l’obsession. Leur réaction semble pour le moins infantile
quand le sixième trimestre d’affilée où la croissance organique (+1,4 %) ne
déçoit pas la communauté financière, voire bat ses estimations, s’appuie
sur l’accélération de l’activité nord-américaine héritée de l’acquisition de
WhiteWave et sur la plus forte progression de la branche laitière internationale depuis au moins un an et demi (+2,6 % hors le boycott marocain).
Quand la dynamique des résultats de Danone se paie un quart moins cher
que chez Nestlé, il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
lle a enchaîné l’équivalent de
trois quinquennats, ce qui, par
ces temps de remaniement, est
déjà un exploit en soi. Jennifer Flay, qui
fête son quinzième anniversaire à la tête
de la FIAC, a réussi à faire d’un triste
Salon de la porte de Versailles – coincé
entre ceux de la lingerie et de la moto –
un rendez-vous majeur de l’art contemporain, sous la verrière du Grand Palais.
Proche d’Anne Hidalgo, elle cultive le
même goût du franc-parler, et un certain talent pour se faire des ennemis.
Comme elle, elle espère profiter du
Brexit pour ringardiser Londres et sa
grande foire artistique – la Frieze – et
faire de Paris le seul lieu qui compte. Et
tant pis si les galeristes français se
disent négligés. Pour cette Néo Zélandaise qui a appris la langue de
Molière par amour des Beatles et de
leur tube « Michelle », le patriotisme
E
culturel est un concept un peu étranger.
« Les galeristes français ne doivent pas
avoir plus de place que ce qu’ils représentent sur la scène internationale », dit-elle
avec toute la distance que l’on peut
attendre des antipodes. Christian
Lacroix la surnomme « Ginger
Flame », un hommage à sa chevelure
rousse et ses « smoky eyes » autant qu’à
la passion qui anime l’ancienne marchande d’art, passée par Nice et SaintPaul-de-Vence avant d’ouvrir une galerie à son propre nom, dans le Marais.
Ses rêves de jeune fille se concrétisent à
peine qu’un accident de voiture la
plonge dans le coma, le cou brisé et ses
ambitions avec. Incapable de reprendre
le travail, elle doit vendre sa maison et sa
galerie. La FIAC, qu’on lui propose de
diriger cinq ans plus tard, est tout aussi
moribonde. Les voilà maintenant toutes les deux au sommet de la gloire.
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JEUDI 18 OCTOBRE 2018 // SUPPLÉMENT GRATUIT AU NUMÉRO 22805 | ISSN 0.153.4831 | NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT
Les entreprises
préférées
des
stagiaires
Handicap : les nouvelles
initiatives en entreprise PP. 8-11
Les boîtes qui font bouger les lignes
Enquête : quand la tech s’intéresse
aux profils autistes
Six start-up prometteuses
au service du handicap
Le volontariat en entreprise
en 10 graphes PP. 6-7
Photo et illustrations : Shutterstock
Enquête exclusive sur les V.I.E
Business France/Edhec
LE
POSTER
TOP 3 DES PAYS
D’AFFECTATION
EXCLU : tous les classements
HappyTrainees® 2019/ChooseMyCompany
Ils racontent leur premier et leur dernier
jour de stage
Le rapport de stage n’est pas si inutile
qu’on l’imagine
PP. 2-5
2
BELGIQUE
1
ÉTATS-UNIS
3
ALLEMAGNE
L’ÉDITO de Julia Lemarchand
Le vrai pouvoir des Millennials
Ce ne sont plus des
enfants. Aujourd’hui
âgés de 22 à 37 ans,
selon la dernière
étude du Pew Research Center,
les Millennials sont entrés de
plain-pied dans notre société.
C’est même leur moment :
ce club exclusif de quelque
2 milliards d’individus est
devenu la génération dominante,
représentant près de 25 %
de la population mondiale.
Une horde de consommateurs
et d’employés – perçus tour
à tour comme exigeants,
vulnérables et indisciplinés –
qui ébranle toutes les industries,
sans exception.
Dans leur ouvrage « Millennials
Rising » paru en 2000, les
démographes américains
William Strauss et Neil Howe
projetaient déjà sur les
membres de la « next great
generation » des attributs si
disruptifs et innovants qu’il leur
a fallu trouver un autre label
que Y pour bien marquer la
rupture pressentie avec les X
et les baby-boomers. Une
prophétie qui allait se réaliser
au-delà même des prédictions
des experts. Longtemps
fantasmés, ces enfants choyés
comme jamais aucune autre
génération ne l’avait été par
le passé se sont retrouvés
les principales victimes d’un
accident de l’histoire, la crise
financière de 2008 et ses années
de récession. Exit les privilèges
dont ont bénéficié leurs parents
en leur temps : la stabilité d’un
CDI, l’accès relativement aisé
à un logement, une retraite....
« It sucks to be a millennial »
est ainsi devenu un porteétendard d’une génération
souvent moquée. Génération
sacrifiée ? Minute papillon.
Les digital natives ne veulent
plus subir comme leurs aînés.
Les « bullshit jobs », très peu
pour eux. Yolo (« You only live
once »), comme ils disent !
Quête de sens, d’autonomie,
d’authenticité, de transparence,
voilà leur feuille de route. Quitte
à interpeller publiquement
s’il le faut, comme au travers
de ce manifeste lancé fin
septembre et déjà signé par
10.000 étudiants de grandes
écoles en France, appelant les
entreprises au « réveil
écologique ». Sinon ce sera sans
eux. Ou plutôt, vu l’état des
forces en présence, sans nous.
#SEEPH2018
#SANSLIMITES
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
2 // LESECHOSSTART.FR
Jeudi 18 octobre 2018
HAPPYTRAINEES®
Quand le stagiaire devient
CLASSEMENT EXCLUSIF // Certaines entreprises mènent des programmes de stages ambitieux, pleinement
conscientes que leur réputation en dépend. Le classement ChooseMyCompany/HappyTrainees® 2019,
révélé par « Les Echos START », montre que certains employeurs n’hésitent plus à choyer leurs jeunes recrues.
D
ans la guerre des talents, c’est à nous
de les séduire. » Voilà peu ou prou
le nouvel état d’esprit des
210 recruteurs distingués dans
le classement HappyTrainees® 2019 publié
en exclusivité par ChooseMyCompany avec
« Les Echos START ». Dans un contexte de
reprise économique et de hausse des offres
de stages, se distinguer aux yeux des
étudiants devient un des principaux défis
pour attirer les meilleurs profils face à
la concurrence. Michelin, Mars France,
Sia Partners ou encore Dassault Systèmes
et Ubisoft font figure d’exemples. L’étude
montre que ces entreprises accréditées,
c’est-à-dire les mieux notées par leurs
stagiaires et leurs alternants, sont aux petits
soins pour leurs plus jeunes recrues.
Car aussi bas qu’il soit positionné dans la
hiérarchie, le stagiaire – potentiel futur
collaborateur – doit se sentir heureux
dans ses nouvelles missions. Il ne cherche
plus à ajouter un employeur prestigieux sur
son CV, il veut se sentir utile au sein de ces
grandes organisations, dont il peine parfois
à comprendre le projet. Et à l’heure des
réseaux sociaux et forums en tout genre,
la transparence est de mise.
La réputation des entreprises tient en grande
partie au bouche-à-oreille de ces stagiaires.
« Ils notent les entreprises comme un restaurant
sur TripAdvisor », constate-t-on dans les
services de recrutement. Avec l’avènement du
stagiaire comme super client, les entreprises
leur conçoivent des parcours revus et revisités,
du début à la fin de l’expérience.
y contribuer” », explique Fanny Gressien,
senior brand manager chez Uncle Ben’s,
une marque du groupe Mars. Elle insiste
sur la transparence indispensable :
« Dès l’entretien, il ne faut pas être dans
la “survente” pour ne pas créer plus tard
un effet “déceptif”. »
Une intégration aux petits oignons
En revanche, dès le début, « le stagiaire est
considéré comme n’importe quel salarié »,
explique Valérie Savoye, directrice talents
de Mars France. Dans la filiale française du
géant de l’agroalimentaire, chaque stagiaire
rencontre l’ensemble des services internes
ou externes avec qui il travaillera.
En parallèle, des « buddy programs » sont
mis en place. Le stagiaire est ainsi épaulé
par un salarié qui fut jadis stagiaire.
Dans la phase cruciale de l’intégration,
certaines entreprises y englobent même la
dimension sociale. C’est le cas de Dassault
Systèmes. L’éditeur de logiciels industriels
du groupe français emploie plus de
1.000 stagiaires et alternants par an dans
le monde, sur un marché de l’emploi
très concurrentiel. Des communautés
de stagiaires sont animées de telle sorte
que, si un stagiaire est le seul de son
département, il peut quand même
participer à des déjeuners et des activités
avec les autres stagiaires de l’entreprise.
« Ce qui lui permet aussi de réseauter »,
explique Fabienne Lemoine, chargée des
relations écoles chez Dassault Systèmes.
Mars Food France
Florent Vairet
LA MÉTHO
DOLOGIE
Le classe
événement Uncle Ben’s,
Des stagiaires participent à un
ier du classement
prem
s,
Mar
pe
une marque du grou
s et alternantes par an.
iaire
stag
499
dans la catégorie 100 à
L’employeur sur le gril
Les jeunes diplômés qui cherchent un
emploi dans des secteurs en tension savent
que le rapport de force n’est plus forcément
en leur défaveur et n’hésitent plus lors de
l’entretien à challenger leur intervieweur.
Au point, parfois, de prendre sa place, en
l’interrogeant sur ses propres motivations :
« Pourquoi avez-vous choisi ce job-là ? »
rapporte d’un entretien Camille Destandau,
campus manager chez Ubisoft. Dans le cadre
d’un marché de l’emploi qui se tend,
la liberté de ton est plus forte. Ils cherchent
à savoir si l’accompagnement dont ils
bénéficieront sera à la hauteur de leurs
attentes et s’ils se reconnaîtront dans la
culture de l’entreprise.
La quête de sens serait caractéristique de
cette nouvelle génération. Mais faire surgir
le sens d’un stage opérationnel dans la
grande distribution n’est pas forcément
évident. Chez Mars, cela passe par
l’implication étroite du stagiaire dans la
stratégie. « Lorsque les stagiaires prennent
leur fonction, ils assistent à un point très clair
sur le business et on leur dit : “voilà le plan
de l’entreprise et voilà comment tu vas
Découvrez
l’intégralité
du classement
et la liste complète
des entreprises
accréditées
sur « Les Echos
START »
start.lesechos.fr/
happytrainees2019
PLUS DE 500 STAGIAIRES ET ALTERNANTS/AN
1 MICHELIN
Automobile
2 MAIF
Banque/Finance/Assurances
3 ORANGE
IT/Digital
4 DANONE
Biens de consommation
5 BOUYGUES
CONSTRUCTION
Immobilier
6
VALEO
SCHNEIDER ELECTRIC Energie/Environnement
1 MARS FRANCE
Biens de consommation
BTP/Immobilier
EUROPEAN
2 COCA-COLA
PARTNERS
Biens de consommation
8 SAINT-GOBAIN
Commerce/Distribution
3 UBISOFT
IT/Digital
9 EDF
Energie/Environnement
4
BNP PARIBAS
Banque/Finance/Assurances
AXA
Banque/Finance/Assurances
11 FAURECIA
Automobile
12 CAPGEMINI
IT/Digital
13 PWC
UN STAGIAIRE CHEZ MICHELIN
ENTRE 100 ET 499 STAGIAIRES ET ALTERNANTS/AN
7 COLAS
10
« Je participe aux
réflexions stratégiques
et je ne suis pas que
la petite main.
On me questionne
et je prends part aux
décisions importantes
pour l’entreprise et
la marque. »
Automobile
ment C
HappyTrainees hooseMyCompany/
de près de 55 ® est basé sur les réponses
.0
ou alternants 00 étudiants, étudiants, st
Les jeunes on dans plus de 3.200 entr agiaires
ep
de manière ant répondu au questionnai rises.
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invitation de
leur employeutanément ou sur
r.
Basé sur le Hap
comporte 18 pyIndex®/Trainees, le ques
qu
de 6 thématiq estions organisées auto tionnaire
environnemenues : progression profes ur
si
motivation, fie t stimulant, managemen onnelle,
t,
rté et plaisir
au travail.
Cette année,
210 entrepri
l’accréditatio
ses décroche
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qui exige de ChooseMyCompany 20 nt
19,
remplir trois
critères :
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rticipation >
stagiaires et
50 % (parmi
al
les
■ Taux de re ternants sollicités)
commandatio
■ Note au qu
n
estionnaire H > 75 %
appyIndex® >
3,81/5
14
GROUPE CANAL+
CGI
15 SOPRA STERIA
Audit/Expertice comptable
Communication/Medias/
Information
5
7
IT/Digital
IT/Digital
17 VOLVO GROUP
Automobile
18 DELOITTE
Audit/Expertice comptable
19 AIR LIQUIDE
Energie/Environnement
20 SFR
Communication/Medias/
Information
Automobile
MBDA FRANCE
Aéronautique/Aérospatiale
GROUPE ADP
BTP/Immobilier
HEINEKEN
Biens de consommation
AMADEUS
IT/Digital
BOUYGUES TELECOM
Communication/Medias/
Information
GRTGAZ
Energie/Environnement
JLL
BTP/Immobilier
CNES (CENTRE NATIONAL
D’ÉTUDES SPATIALES)
Aéronautique/Aérospatiale
CELIO FRANCE
Biens de consommation
ARKEMA
Chimie
PIERRE FABRE
Santé/Chimie
GROUPE SEB
Biens de consommation
GIVENCHY (LVMH)
Cosmétique
6
Conseil
16 ATOS
ARVAL
8
9
10
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LESECHOSSTART.FR // 3
Jeudi 18 octobre 2018
ROI
Pour faire du stage une expérience réussie,
favoriser les échanges avec les pairs ne suffit
pas. Il faut aussi former les managers.
Ubisoft, par exemple, réunit régulièrement
les maîtres de stage et d’apprentissage
pendant une demi-journée. Y sont dispensés
les fondamentaux du management mais
aussi les spécificités de ces collaborateurs
Millennials. « Nous expliquons l’importance
d’un feedback régulier, bienveillant et
constructif, cher à cette génération », affirme
Camille Destandau.
Ofrir de la flexibilité
Télétravail, flex office ou panoplie d’outils
numériques, l’environnement de travail
a évolué sous l’impulsion des start-up
ou des entreprises de la tech américaine.
Bien souvent, les stagiaires sont restés
à l’écart de ces avancées. Désormais, ils
veulent bénéficier des mêmes conditions
de travail. Chez Ubisoft, ils sont éligibles
au « flex time » et peuvent ponctuellement
modifier leurs horaires si besoin.
L’option flex office – sans bureau fixe –
est cependant réservée aux alternants.
La flexibilité se matérialise aussi dans les
parcours professionnels. Les alternants
chez Dassault Systèmes peuvent opter
pour une mobilité interne au milieu
de leur contrat d’apprentissage,
si ce dernier dure au moins deux ans.
Soigner leur sortie
Le moment de la sortie est l’heure de vérité
pour l’entreprise. Les stagiaires
ENTRE 20 ET 99 STAGIAIRES ET ALTERNANTS/AN
1 TAKIMA
IT/Digital
2 ADIDAS
Biens de consommation
3 HARMONIE TECHNOLOGIE IT/Digital
Le chifre
4
5
C’EST LE TAUX
D’OPINIONS
FAVORABLES
parmi les avis récoltés
auprès des stagiaires
dans l’enquête
HappyTrainees®
2019. Une baisse de
1,6 point par rapport
à l’an passé.
ENTRE 1 ET 19 STAGIAIRES ET ALTERNANTS/AN
1 WISE PARTNERS
Conseil
MERCEDES BENZ FRANCE
Automobile
2 ITELIOS
IT/Digital
MEILLEURSAGENTS.COM
BTP/Immobilier
3 OCTO TECHNOLOGY
Conseil
FABERNOVEL
Conseil
VELVET CONSULTING
Energie/Environnement
4
THEODO
IT/Digital
BACK MARKET
Commerce/Distribution
6 SOCOMEC
Conseil/Ingénierie
5 OLIVER WYMAN
Conseil
7 B. BRAUN MEDICAL
6 NETXP
IT/Digital
8 NOVARTIS
Industrie/Production/
Matières premières
Industrie/Production/
Matières premières
7 GROUPE LOBELLIA
Conseil
9 SAIPEM
Energie/Environnement
FRANÇAISE Loisirs
8 FÉDÉRATION
DE FOOTBALL
BACARDI-MARTINI
Biens de consommation
9 STRYKER SPINE SAS
COMEXPOSIUM
Agence de communication
10 CISCO SYSTEMS FRANCE IT/Digital
10
alimenteront-ils un bouche-à-oreille positif ?
Pour maximiser leurs chances, les
entreprises les mieux notées vont plus loin
que la simple réunion de fin de stage avec
le responsable RH. Elles mettent en place
une évaluation de leurs compétences pour
les aider ensuite à se revendre sur le marché
de l’emploi. Dassault Systèmes leur organise
un événement pour qu’ils découvrent
les opportunités au sein du groupe
et élargissent leur réseau auprès des
recruteurs. Même ceux qui ne sont pas
identifiés comme de potentielles recrues
par les managers y sont conviés.
« Nous adressons toute la future génération
des talents qui rejoindront Dassault Systèmes
ou qui graviteront dans son environnement,
précise Fabienne Lemoine. Et plus tard,
ces candidats reviendront peut-être vers nous
avec un profil plus fort. »
Viviers de talents et faiseurs de réputation,
les stagiaires sont devenus une pièce
maîtresse des dispositifs de recrutement.
Une situation inédite résumée par Sophie
de Villepin, responsable de l’expérience
candidat et employé chez Michelin France :
« Un stage réussi, ça vaut toutes les
campagnes de communication. » n
Rapport de stage :
à quoi ça sert ?
Industrie/Production/
Matières premières
CATÉGORIE INTERNATIONALE
1 SIA PARTNERS
Conseil
2 DASSAULT SYSTÈMES
IT/Digital
3 MONDELEZ
Biens de consommation
4 SERVIER
Santé/Chimie
5 GEFCO
Transport/Logistique
MON MÉTIER N’EST
PAS SEULEMENT
INNOVANT,
IL EST AUSSI ENGAGEANT.
ÉCLAIRAGE // Barbant pour beaucoup d’étudiants,
l’incontournable rapport de stage est plus utile qu’il
n’y paraît… Explications.
C
’est la règle quasi immuable :
à l’issue d’un stage, l’étudiant, qu’il
soit en école ou à l’université,
réalise un travail de rédaction
– au minimum une dizaine de pages.
Souvent vu comme une corvée, le rapport
de stage permet pourtant de mobiliser des
compétences transversales. Le stagiaire fait
le bilan de ses aptitudes et analyse sa
manière d’apprendre : est-ce que j’ai réussi
à maîtriser tel ou tel logiciel ? En combien
de temps ? Ai-je mobilisé des connaissances
acquises en cours ? « C’est l’occasion pour
lui de prendre du recul sur le stage accompli,
assure Isabelle Rondot, vice-présidente
Orientation, relations avec le secondaire
et insertion professionnelle à l’université
de Bordeaux. Il mobilise la métacognition :
identifier ses forces et ses faiblesses et prendre
conscience des compétences acquises. »
Valeur ajoutée
Pour les étudiants qui font un premier stage,
c’est aussi une manière d’exprimer une
forme de « droit à l’erreur », explique Patrice
Houdayer, directeur des programmes, de
l’international et de la vie étudiante au sein
de Skema Business School. « Par exemple,
un étudiant qui a rêvé toute sa vie de faire
un stage en finances va se rendre compte avec
la rédaction du rapport que traiter des chiffres
dans un bureau toute la journée n’est pas
ce qu’il voulait faire », précise-t-il. Et certains
rapports peuvent même être de belles
surprises : il se souvient d’étudiants avec
« une analyse poussée sur leurs compétences
et leurs parcours, avec un vrai intérêt pour
eux de mettre en avant cette réflexion, cette
capacité à argumenter ». Ainsi, le rapport
de stage permet de préciser une orientation
professionnelle, le souhait (ou pas) de
travailler dans tel ou tel type d’entreprise,
ou encore de valider (ou pas) le secteur
d’activité visé. Pour ceux qui sont en fin de
cycle, le rapport de stage est directement
associé au mémoire de master.
L’occasion d’interroger
ses collègues et de se créer
un réseau.
A ce niveau, ce document peut être une
véritable plus-value dans la recherche d’un
premier emploi. La préparation du rapport
de stage se révèle en effet une bonne
occasion de solliciter ses collègues – et pas
seulement son tuteur – et de les questionner
sur l’entreprise et leur métier. Une manière
de tisser des liens et de se construire un
réseau en interne.
De plus, l’étudiant peut se saisir d’une
thématique forte lors de son stage qui peut
intéresser un recruteur. Patrice Houdayer
déconseille néanmoins d’envoyer le document
en pièce jointe lors d’une candidature. « Il vaut
mieux aborder le sujet du rapport/mémoire
lors de l’entretien, et si le recruteur veut le lire,
il le fera savoir », ajoute-t-il.
Crédit photos : Antoine Meyssonnier, MBDA.
Camille Wong
Convaincre les étudiants
Reste que les étudiants doutent souvent
de l’apport réel du rapport de stage.
« Inutile », assène Pauline, étudiante en
master de marketing à l’Iscom, une école
de communication. Même si elle concède
que, « à la rigueur, ça sert à cerner et à poser
les mots sur tes missions dans l’entreprise.
Dans le secteur de la communication,
elles ne sont pas toujours bien définies ».
Un argument que connaît bien Guy Sturtzer, n n n
La défense est un secteur hautement stratégique qui exige plus que de la performance technologique.Analyse des besoins en amont, études de concepts,
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РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
4 // LESECHOSSTART.FR
Ils racontent leurs premier
et dernier jours de stage
nnn
directeur de la formation à l’Insa Strasbourg,
une école d’ingénieurs : « Comme partout,
les étudiants remettent en cause l’intérêt du
rapport de stage, du fait qu’a priori il ne serait
ni lu, ni évalué. Nous leur démontrons que
nous les lisons tout en remplissant une grille
de compétences. Ils voient ainsi que leur
travail n’est pas vain. »
Un exercice qui reste parfois ardu pour les
étudiants, surtout pour les plus jeunes.
Au début, il est difficile d’avoir un regard sur
soi-même et d’analyser son expérience en
entreprise. Trop descriptifs, pas assez dans
l’analyse, incapacité à raconter… des erreurs
courantes que retiennent les responsables
de formation. Mais comme pour chaque
exercice, « il y a un encadrement à avoir :
plus on est en interaction avec les étudiants,
plus la pédagogie est efficace », assure Patrice
Houdayer. Pour lui, nul doute : percevoir
l’utilité de l’exercice augmente l’efficacité
et les réussites. A bon entendeur... n
TÉMOIGNAGES // Débuter dans une entreprise, c’est plonger dans l’inconnu.
Pour ces trois étudiants, le stage s’est révélé différent de l’expérience qu’ils
pensaient vivre…
Recueillis par Camille Wong et Amélie Petitdemange
À LA FIN DE MON STAGE,
j’avais compris le ton à adopter.
Ma manager m’a même dit que
j’avais contribué à créer de la
cohésion au sein de l’équipe. Tout
le monde était content qu’on passe
du temps ensemble, je participais
aux déjeuners et aux célébrations.
Nos différences étaient devenues
une force, on partageait nos
spécificités locales. A force
de m’intéresser à ce que mes
collègues faisaient dans la vie et
au travail, j’avais tissé des liens
forts avec eux. Au niveau
professionnel, je m’étais prise au
jeu du benchmark. Je faisais la
cliente intéressée par cette robe
à 700 euros, je demandais des
catalogues, j’étais rentrée dans
la peau du personnage ! Il est vital
 Ne vous
contentez pas
d’être descriptif,
tirez le bilan de
cette expérience
(par exemple,
en analysant
les éventuelles
dificultés
rencontrées
et les solutions
mises en place).
 Soignez la
forme : respectez
le nombre
de pages,
l’interlignage
et bannissez les
fautes en vous
faisant relire.
d’être curieux dans un stage, et
encore plus à l’étranger. Il ne faut
pas hésiter à aller au-devant
de ses collègues. Généralement,
ils sont très heureux de partager
leur savoir. Si tu leur montres
de l’intérêt, ils t’offrent leur
expérience en retour. »
M
ar
ie, 25 ans
c
as
te r 1 à l’ Edhe
STAGE DE SIX MOIS DANS
LE LUXE À HONG KONG
ol
n
ul*, 23 ans
a
P
ed
e c o m m u ni
ca
STAGE DE SIX MOIS DANS
LA GRANDE DISTRIBUTION
LE PREMIER JOUR,
je suis arrivé vers
9 heures et personne n’était là
pour m’accueillir. J’ai pris place à
mon bureau, fait le tour des
couloirs seul. Ma manager est
arrivée vers 11 heures, puis elle
m’a fait une rapide présentation
de l’entreprise et de ses objectifs.
Déjà, elle était exécrable. Tout ce
qu’elle ne savait pas faire, elle me
« MA MANAGER ÉTAIT EXÉCRABLE »
POUR MON DÉPART, j’ai eu
droit à une soirée, avec des petits
discours. Ma manager a même
dit que j’avais fait du bon travail,
que j’avais su montrer mes
compétences et que je m’étais
épanoui de jours en jours ! Il faut
dire qu’au fil de l’expérience,
j’ai su “apprivoiser” ma tutrice
en m’adaptant à son caractère
et en allant dans son sens. Nos
relations, à la fin, se passaient
mieux. Avec le recul, je pense
que j’aurais dû parler d’elle au
service RH ou à un autre
supérieur.
Merci à vous, on est très happy !
mie*, 21
a
ao
co
E
été présentée à toute l’équipe
par la manager. Ensuite,
j’ai commencé à regarder
les entreprises clientes,
à me renseigner sur le secteur
informatique, le domaine
d’expertise du cabinet, à faire du
sourcing, etc. J’avais à cœur de
découvrir ce métier, vers lequel
je souhaitais m’orienter. Je
n’avais pourtant pas du tout
de formation en RH, aussi j’ai
beaucoup apprécié que ma
manager me donne une chance.
Les process ont été un peu longs
à se mettre en place, mais je me
suis très vite entendue avec
l’équipe. Je suis une personne
assez sociable et j’aime échanger
En parallèle, j’ai surtout créé des
liens forts avec d’autres stagiaires
et salariés. Ce qui m’a beaucoup
aidé. Il est vrai aussi que la charge
de travail importante, surtout au
départ, m’a permis d’apprendre
à mieux m’organiser et à gagner
en efficacité... Le boulot m’a plu
totalement, c’était une belle
entreprise, j’y ai fait des choses
super intéressantes. Je me vois
vraiment évoluer dans ce secteur.
En fin de compte, j’étais dégoûté
de partir, mais aussi soulagé
de ne plus être stressé en allant
au travail. »
ns
LE MATIN DE
MON ARRIVÉE, j’ai
Michelin, entreprise préférée
des stagiaires et alternants
le refilait. Quand je lui demandais
à qui m’adresser, elle me
répondait “je ne sais pas,
débrouille-toi”. Elle était passiveagressive et levait tout le temps
les yeux au ciel. Je découvrais le
métier, c’était mon premier stage
en entreprise. Je faisais souvent
du 8 heures-21 heures et elle me
disait que si je ne pouvais pas tout
gérer, elle appellerait mon école
et qu’ils trouveraient ensemble
des “solutions radicales”...
Je n’avais pas envie de venir, mais
je me suis accroché. J’ai supporté
ses remarques. Puis j’en ai eu
tellement marre qu’un jour j’ai
quitté le bureau à la suite d’une
de ses réflexions sur une petite
faute d’orthographe que j’avais
faite dans un document. J’en ai
beaucoup parlé avec mes amis,
qui me soutenaient. Cela a été très
dur. J’ai un fort caractère, mais
j’ai appris à me canaliser.
N
« NOS DIFFÉRENCES
ÉTAIENT DEVENUES UNE FORCE »
M
prenez pas à la
dernière minute :
prenez des notes
régulièrement
sur les tâches
efectuées et sur
vos impressions.
 Pendant le stage,
recueillez tous les
documents utiles
(organigramme,
fiche de poste…)
et interrogez vos
collègues.
 Elaborez un plan
et un sommaire
structuré avant
de vous lancer
dans la rédaction.
rendent en magasin. C’est
quelque chose que je n’avais
jamais fait auparavant. J’ai
ensuite dû benchmarker dans
des boutiques concurrentes,
comme Dior ou Miu Miu.
J’étais penaude au milieu
de ces enseignes luxueuses.
Au sein de l’équipe, je n’étais
pas non plus très l’aise. Mes
collègues étaient chinois, italiens,
français, et ma boss était
américaine. Ils parlaient entre
eux, je ne savais pas où me mettre.
Le midi, je mangeais toute seule.
Je devais parler et travailler en
anglais, je ne connaissais pas les
codes locaux. Je prenais des
pincettes pour parler aux gens.
Ec
j’ai serré quelques mains
et rencontré mon équipe puis
mon manager. Trente minutes
plus tard, on m’a annoncé : pour
que ton visa soit valide, tu dois
sortir de Hong Kong, aller à
Macao [une région autonome
chinoise, NDLR], puis revenir
afin d’obtenir un tampon
d’entrée sur le territoire. On m’a
donné quelques indications à
propos d’un ferry, et débrouilletoi ! A peine de retour, on m’a
demandé de visiter une boutique
de la marque Shanghai Tang.
C’est très important en
marketing de faire du terrain,
de voir comment les produits
t io
LE PREMIER JOUR,
5 CONSEILS
POUR UN RAPPORT
DE STAGE RÉUSSI :
 Ne vous y
Jeudi 18 octobre 2018
le
d e c o m me r
ce
STAGE DE QUATRE MOIS DANS
UN CABINET DE RECRUTEMENT
avec de nouvelles personnes.
J’arrivais toujours avec le sourire.
Les premiers jours sont passés,
mais on ne me donnait pas
beaucoup de travail. En fait,
j’avais été recrutée pour un
nouveau projet… qui n’a jamais
été lancé !
« CE N’EST PAS CE À QUOI
JE M’ATTENDAIS »
À LA FIN, j’étais triste de quitter
MICHELIN RECRUTE 700 STAGIAIRES ET ALTERNANTS. REJOIGNEZ-NOUS !
Michelin décroche la labellisation HappyIndex® / Trainees 2019 France et se classe n°1
dans la catégorie « Entreprises accueillant plus de 500 stagiaires et alternants » avec une note de 4.2/5.
94,8 % des stagiaires et alternants recommandent Michelin comme employeur.
@MICHELINRECRUTE
MICHELIN CARRIERES
MICHELIN
recrutement.michelin.fr
MFP Michelin 855 200 507 RCS CLERMONT-FERRAND, société en commandite par actions au capital de 504 000 004 euros. Crédit photo © Michelin, GettyImages, Régis Nardoux - All Contents - 17110409
l’équipe. Sur le plan relationnel,
tout s’est très bien passé, mais
j’aurais aimé avoir des missions
plus variées et moins répétitives.
J’imaginais diviser mon temps
de travail entre le sourcing
et les entretiens d’embauche.
En réalité, j’ai surtout ciblé
des candidats sur les réseaux
sociaux. Afin de rester motivée,
j’essayais de trouver des articles
intéressants à lire sur le
recrutement, parfois je me
lançais même des petits défis,
par exemple : “à la fin de la
semaine, il faut que j’ai pourvu
ces cinq postes”.
Globalement, ce n’est pas ce à
quoi je m’attendais. Mais ce stage
reste une étape assez décisive
dans mon parcours, notamment
au niveau de l’orientation. J’y ai
découvert le monde de l’entreprise
et des cabinets de recrutement,
même si ce n’est plus forcément
le milieu dans lequel je souhaite
aujourd’hui travailler. Lors de
mon bilan de fin de stage avec
ma manager, je regrette de ne
pas avoir pris le temps d’échanger
avec elle sur le recrutement en
général afin d’avoir une meilleure
vision du métier et des diverses
opportunités. »
*Les prénoms ont été modifiés.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LESECHOSSTART.FR // 5
Jeudi 18 octobre 2018
 UN STAGE
QUI VA DÉBLOQUER
DES SITUATIONS…
Les établissements
d’enseignement supérieur sont
souvent réticents à signer une
convention de stage si ce dernier
n’est pas en lien avec la formation.
« Une convention signée par
une chambre consulaire, de fait
Pour Bernard Statler, « ces stages
d’observation pourront
être une première étape vers
l’apprentissage » alors que
« la loi Avenir professionnel élargit
lloy po
Sebastien D’ha
déconnectée du système éducatif,
devrait permettre aux jeunes
d’avoir une expérience diférente »,
se réjouit Olivier Joseph, chargé
d’études au département entrée
dans la vie active du Céreq
(Centre d’études et de recherches
sur les qualifications). Alors que
60,9 % des étudiants inscrits en
première année à l’université sont
en échec, ce nouveau dispositif
pourrait concerner plusieurs
dizaines de milliers d’étudiants,
estime Bernard Stalter, président
de l’Assemblée permanente des
chambres de métiers et de
l’artisanat (APCMA). « Pour ces
jeunes, la reconversion est une
solution seulement s’ils ont la
possibilité de choisir leur
orientation plutôt que de la subir.
Ce stage d’observation est pour
eux l’opportunité de sortir du flou
et de trouver leur voie », espèret-il. La députée qui a porté ce
projet, Michèle de Vaucouleurs,
est convaincue que c’est un moyen
« d’être en immersion réelle afin
de vérifier un nouveau projet ».
 MAIS QUID DE
SON RÉEL INTÉRÊT
« Une semaine de stage
d’observation pour des étudiants
me semble minime », estime le
chercheur Olivier Joseph. Une
durée qui lui semble courte pour
avoir un « panorama assez large
du domaine dans lequel le jeune
veut se réorienter ». Sans oublier
la dificulté de convaincre les
employeurs de leur démarche.
Par ailleurs, ce stage ne pourra
être utile que s’il est bien encadré.
« Cet accompagnement doit être
d’autant plus intense que le jeune
étudiant a plus d’expérience et de
maturité quant à son devenir
professionnel que le collégien qui
fait un stage d’observation d’une
même durée », rappelle le chargé
d’études au Céreq.
Théa Ollivier
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ur Ubisoft
S
e réorienter en plein milieu
de ses études, un besoin
pour beaucoup de jeunes
qui ne sont pas sûrs du parcours
dans lequel ils se sont lancés.
A partir du 1er janvier 2019, ces
étudiants pourront efectuer
un stage d’observation d’une
semaine non rémunéré, grâce
à un amendement de la loi Avenir
professionnel promulguée
en juillet dernier – formule
auparavant réservée aux
collégiens et lycéens. Grande
nouveauté : ils n’auront pas
besoin de signer une convention
avec leur université ou leur école,
mais seulement avec les
chambres consulaires, (chambres
de commerce et d’industrie ;
des métiers et de l’artisanat ; et
de l’agriculture). Alors bonne ou
mauvaise initiative ? Des experts
nous éclairent.
la limite d’âge pour la signature
d’un contrat d’apprentissage
à 29 ans, contre 25 actuellement ».
Si les jeunes sont susceptibles
de « se créer un début de réseau
de professionnels » avec cette
expérience, les entreprises
peuvent également y trouver leur
compte, explique Patrice Guézou,
directeur emploi formation
entrepreneuriat de CCI France.
« Certains recruteurs en profiteront
pour tester la motivation de
ces nouveaux stagiaires, et leur
capacité à acquérir rapidement
les codes de l’entreprise, dans
l’idée de les recruter », selon lui.
Louis Laforêt po
Dans le but de se reconvertir vers un autre domaine,
les étudiants pourront prochainement faire un stage
d’observation d’une semaine en entreprise, sans
validation de leur établissement. Fausse bonne idée ?
stèmes
ur Dassault Sy
BIENTÔT UN STAGE
SANS CONVENTION
POUR SE RECONVERTIR
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
6 // LESECHOSSTART.FR
Jeudi 18 octobre 2018
Portrait-robot
des jeunes en V.I.E
AMÉRIQU
DU NORD
17 %
LES V.I.E, MAJORITAIREMENT DES HOMMES
TRÈS DIPLÔMÉS
1
EN %
ÂGE
MOYEN :
37 %
63 %
26 ANS
FEMME
HOMME
DES PROFILS TRÈS TÔT
ATTIRÉS PAR L’INTERNATIONAL
des V.I.E ont eu
une expérience
à l’étranger dès
leurs études.
Parmi eux...
DURÉE MOYENNE : 10,5 MOIS
76 %
Stage
ou mission
15 %
Information et
télécommunication
et assurances
4 % Equipements
industriels
ive
10 %
Un
gén
d’in
16
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Banque
11
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lus
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Un
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92
FILIÈRES
les
1
Eco
NIVEAU D’ÉTUDES
3
Automobile
4%
LES SECTEURS
QUI RECRUTENT
LE PLUS EN V.I.E
BTP,
construction
RÉPARTITION EN %
6%
9%
12 %
Energies
Services,
formation et
enseignement
Autres
Echange
universitaire
50 %
48 %
7%
8%
Transport
logistique
2%
Expérience
associative
Santé
CIVIWEB, LE SITE
INCONTOURNABLE
ILS ONT TROUVÉ LEUR MISSION...
61 %
... en postulant
à une ofre
de mission
70 %
Site Civiweb
7%
(EN M
SOURCE : ÉTUDE BUSINESS FRANCE FÉVRIER 2019
6
JUSTE APRÈS
LE DIPLÔME,
LE MOMENT
PRIVILÉGIÉ
POUR PARTIR
FORM
En année
de césure
En stage
de fin d’études
Une fois
diplômés
ILS SONT PARTIS EN V.I.E...
7%
... par candidature
spontanée
32 %
1%
20 % Site de l’entreprise
10 % Autres
... avec une proposition
de l’entreprise
4
ONT BÉ
Agroalimentaire
5
E
Retrouvez l’analyse des résultats
start.lesechos.fr/VIE2018
EXCLUSIVITÉ // Business France et Edhec Newgen Talent Centre
ont réalisé la première étude d’ampleur sur le V.I.E. L’étude passe au crible
le parcours de 1.552 jeunes partis entre 2015 et 2017 et montre comment
cette expatriation a boosté leur carrière.
2
U
7
4%
556
6%
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LESECHOSSTART.FR // 7
Jeudi 18 octobre 2018
LES OBJECTIFS DES JEUNES
EN V.I.E LARGEMENT ATTEINTS
UN V.I.E SUR DEUX SE DÉROULE EN EUROPE
8
EN %
OBJECTIFS PRIORITAIRES
Avoir
une perspective
internationale
TAUX DE SATISFACTION EN %
93
EUROPE
OCCIDENTALE
Accélérer
ma carrière
48 %
UE
D
4%
3%
2
AFRIQUE
DU NORD
ET PROCHEORIENT
5%
AMÉRIQUE
LATINE CARAÏBES
Apprendre et
me développer
rapidement
EUROPE
CENTRALE ET
ORIENTALE
MOYENORIENT
ET GOLFE
% PERSIQUE
ASIE
DU SUD
1%
93
Trouver le domaine
qui me correspond
le mieux
ASIEPACIFIQUE
14 %
62
Le cadre sécurisé
et protecteur de
la mission de V.I.E
9
76
Bénéficier
du support
du management
UN GROS
PLUS POUR
L’EMPLOYABILITÉ
AFRIQUE
SUB-SAHARIENNE
ET OCÉAN
INDIEN
6%
75
DIRECTEMENT APRÈS LE V.I.E
ILS ONT ÉTÉ RECRUTÉS...
Le niveau
d’indemnités
attractif
Me constituer
un réseau
relationnel
25
63
54
SOURCE : ÉTUDE BUSINESS
FRANCE FÉVRIER 2019
40 %
TOP 3 DES PAYS D’AFFECTATION
... dans une autre
entreprise
51 %
... au sein de l’entreprise du V.I.E
Autre situation
5%
Création d’entreprises 1 %
(reprise d’études,
expérience personnelle...)
Recherche d’emploi 3 %
2
BELGIQUE
4
1
ÉTATS-UNIS
TRAINING
47 %
ÉNÉFICIÉ D’UNE PÉRIODE
DE FORMATION
MOYENNE DE 19 JOURS)
36 %
PLUS DE LA MOITIÉ
DÉCROCHE UN POSTE
À L’INTERNATIONAL
En France
3
ALLEMAGNE
10
77 %
DES V.I.E
DEVIENNENT
BILINGUES OU
PARLENT COURAMMENT
LA LANGUE LOCALE
AU DÉPART
42 %
13
Dans le pays du V.I.E
1%
Création
d’entreprises
A l’étranger,
dans un autre
pays que celui
% du V.I.E
5% Autres situations
hors emploi
3%
Recherche
d’emploi
À LA FIN
3%
23 %
Aucune
maîtrise
12 %
hello
I speak
english
MATION
Notions
Après une expérience
professionnelle
(intérim, CDD, CDI)
8%
8%
pardon
Intermédiaire
20 %
?
36 %
Courant
Fluently!!
39 %
26 %
Bilingue
41 %
23 %
Par Florent Vairet
Infographie : Michaël Mastrangelo
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
8 // LESECHOSSTART.FR
Jeudi 18 octobre 2018
TOUR D’HORIZON
Handicap:les nouvelles
initiatives en entreprise
BONNES PRATIQUES // Embaucher des personnes en situation de handicap, c’est possible, encore faut-il
le vouloir vraiment. Certaines sociétés s’y emploient activement, voire même innovent en la matière.
Audrey Pelé
Cap sur la formation !
Certaines entreprises prennent les devants
en menant leur propre sourcing, à l’image
de Nocibé qui a organisé du 28 mai au 5 juin
dernier son Handi Talent Tour. Dans une
caravane, qui a sillonné différentes villes
de France, la société a ainsi recruté
des profils cadres (responsables de magasin
ou adjoints) et non-cadres en CDD, CDI,
à temps plein ou partiel et en stage pour ses
magasins.
Reste que beaucoup de sociétés butent sur
la qualification des candidats en situation
de handicap, deux fois moins diplômés
que la moyenne de la population active.
D’où l’idée de Randstad de former elle-même
ses futurs collaborateurs handicapés, après
les avoir sélectionnés sur leur parcours,
leurs compétences transférables et, bien sûr,
leur motivation. Parmi les candidats de la
première expérimentation, menée en 2014,
figurait Elodie Masson, aujourd’hui âgée
de 34 ans. Après avoir perdu la mobilité
de son poignet, cette ancienne pâtissière
doit envisager une reconversion.
« Il m’était devenu impossible d’exercer un
métier manuel. Par le biais de Cap Emploi,
j’ai participé à une session de recrutement
organisée par Randstad et j’ai suivi une
formation d’un an en alternance à l’IGS pour
devenir consultante RH », raconte la jeune
femme. Aujourd’hui épanouie dans son
nouveau métier, elle bénéficie dans l’agence
en Seine-et-Marne qui l’emploie d’un
aménagement de poste (souris d’ordinateur
très spécifique et petit pupitre au-dessus
de son clavier). Ces dernières années,
Randstad a progressivement étendu
l’expérience à ses autres filiales et à d’autres
métiers. La société fait partie des Hangagés,
un réseau d’une dizaine d’entreprises
(Bosch, Bouygues Energies & Services,
Edenred, Eram, FDJ, Quick…) créé après
la loi Handicap de 2005. Mobilisées pour
l’emploi des personnes handicapées,
ces entreprises se sont regroupées pour
échanger chaque mois sur les bonnes
pratiques, porter des projets communs,
et « responsabiliser les entreprises sur
la question du handicap », affirme Sonia
Otmani Mettidji, présidente de l’association
et cheffe de projet RH Handicap chez
Edenred.
Shutterstock
E
n France, les entreprises d’au moins
20 salariés sont tenues d’employer
des travailleurs handicapés dans
une proportion de 6 % de leur
effectif total, à défaut de quoi elles doivent
s’acquitter d’une contribution au fonds
pour l’insertion professionnelle des
personnes handicapées (Agefiph). Pourtant,
le compte n’y est pas. Seulement 3,4 %
des personnes en situation de handicap
sont en emploi dans le secteur privé,
rapporte le ministère du Travail. A un mois
de la Semaine européenne pour l’emploi
des personnes handicapées (SEEPH),
« Les Echos START » font le pari de parler
des initiatives qui font bouger les lignes !
Outre le recours aux sites de référence
comme l’Agefiph.fr ou les classiques job
boards spécialisés comme Hanploi.com,
les entreprises volontaristes participent
de plus en plus à des Salons virtuels de
recrutement dédiés. « En 2011, 20 recruteurs
avaient participé à la première édition de
notre Salon en ligne Hello Handicap, alors
qu’en 2017, on en comptait 1.000. Avec cet
événement biannuel (mi-octobre et mi-février
pour les PME), les candidats n’ont pas besoin
de se déplacer pour passer leurs entretiens,
ce qui limite le stress et le risque d’être
discriminé », s’enthousiasme Frédéric
Cloteaux, directeur de Vivre FM
et coorganisateur d’Hello Handicap.
La barrière du handicap invisible
L’enjeu est particulièrement décisif pour les
handicaps non visibles – qu’ils soient auditif,
visuel, psychique ou encore moteur – car
ils représentent 80 % des cas en France.
Pourtant, « les entreprises ont toujours
plus de facilités à embaucher des personnes avec
un handicap visible. Dès qu’il s’agit d’handicaps
invisibles, elles reculent. Qui recruterait un
directeur commercial schizophrène ? » se désole
Frédéric Cloteaux de Vivre FM, employeur
de quatre personnes schizophrènes,
dont deux sont à l’antenne tous les jours.
Une exception qui confirme la règle.
Nombre des personnes concernées renoncent
encore à travailler dans le milieu « ordinaire »
pour se tourner vers le secteur « protégé ».
C’est le cas de Clémence Lamalle, 23 ans,
atteinte de la maladie de Charcot Marie and
Tooth, qui entraîne une faiblesse musculaire
et une diminution de la sensibilité et rend
parfois ses déplacements difficiles. Cette jeune
webdesigner vient d’être embauchée chez
Numerik-ea, une agence Web reconnue
Entreprise Adaptée. Ce type de structures
emploie au moins 80 % de travailleurs
handicapés, au service de grandes entreprises.
« Je trouve qu’il y a plus de bienveillance et de
solidarité ici. Il y a des jours où je suis moins
créative car fatiguée et si j’étais en milieu
ordinaire, je devrais me justifier en permanence.
Dès l’entretien d’embauche, mon employeur
m’a proposé d’adapter mon poste de travail aux
différentes contraintes que je peux rencontrer »,
explique la jeune femme, qui trouve son job
« stimulant au quotidien car en constante
évolution, et portant sur des projets motivants ».
Objectif : sensibilisation
Pour rendre les entreprises plus inclusives,
la sensibilisation des collaborateurs
constitue un levier clef. Le groupe Bosch
organise, par exemple, des formations
pour ses managers afin de lever les craintes
à l’embauche, avec des simulations
d’entretiens auxquels participent des
candidats fictifs mais bien en situation
de handicap psychique (personnes ayant
fait un burn-out, dépressives, bipolaires,
schizophrènes...). « Cela permet de lever les
a priori et, souvent, les managers se rendent
compte qu’ils ont face à eux des personnes
avec de beaux parcours professionnels »,
Le chifre
C’EST LE TAUX
D’EMPLOI des
personnes vivant
avec un handicap
dans les pays de
l’OCDE, soit près
de deux fois moins
que les personnes
non handicapées.
assure Agathe Fossier, responsable
formation, développement et marketing
RH chez Bosch, qui mène cette action
conjointement avec l’association Clubhouse,
un lieu d’accompagnement vers l’insertion
sociale et professionnelle pour
les personnes ayant un trouble psychique.
D’autres entreprises choisissent de faire appel
à des ambassadeurs. Depuis l’an dernier,
Derichebourg Multiservices, qui emploie
plus de 900 travailleurs handicapés,
sensibilise ses collaborateurs et managers
au handicap, en faisant intervenir
régulièrement des athlètes paralympiques au
travers d’ateliers et de partages d’expériences
sur le dépassement de soi et le handicap
en entreprise. De son côté, le groupe
Humanis a invité l’an passé dans ses locaux
ses collaborateurs à voir la pièce de théâtre
« Diversité, t’es si diverse », proposée par la
société Co. Théâtre.
Une courte représentation, suivie d’un
échange avec les comédiens, qui permet de
mieux connaître le handicap et ses impacts
dans le monde de l’entreprise. Autres
leviers : les serious games sur le handicap
(ce sera le cas pour l’ensemble des
collaborateurs du groupe Randstad l’année
prochaine) quand d’autres ont adopté
« Quel collègue êtes-vous ? »,
un test pour sensibiliser sur les sujets
de la diversité, notamment le handicap.
A travers un questionnaire en ligne,
le salarié se retrouve confronté à ses
comportements afin de savoir s’il peut être
désigné ou pas comme le « super collègue »
du bureau. Alors prêt à passer l’examen ? n
Comment
informer
CONSEIL // Un travailleur
de le signaler à l’entreprise.
Camille Wong
OÙ EN SONT LES RÉFORMES ?
Le taux de chômage des personnes
en situation de handicap atteint 19 %.
Pour faire reculer ce chifre,
le gouvernement mise sur « l’inclusion »
et entend responsabiliser les entreprises.
Plusieurs mesures directrices ont été
présentées le 5 juin dernier :
 Les accords collectifs handicap,
dits « agréés », auront une durée de 3 ans
et ne pourront être renouvelés qu’une
fois pour inciter les entreprises à
atteindre le taux de 6 % de salariés
handicapés au terme de ces 6 années.
 L’emploi accompagné des salariés
handicapés pour accéder et se maintenir
dans l’emploi va être généralisé.
 Les démarches administratives
des employeurs vont être facilitées
(la déclaration d’emploi sera
simplifiée et automatisée à compter
du 1er janvier 2020).
Par ailleurs, le volet handicap de la
nouvelle loi Avenir professionnel adoptée
cet été présente de nouvelles mesures :
 L’obligation d’emploi reste à 6 %,
mais fera l’objet d’une révision tous les
5 ans, en fonction de l’évolution du
pourcentage de personnes en situation
de handicap en France.
 Le périmètre de l’obligation d’emploi
sera désormais apprécié au niveau de
l’entreprise (et non de l’établissement),
ce qui permettra d’ouvrir 100.000 emplois.
 Un objectif de doublement des
emplois dans les 800 entreprises
adaptées d’ici à 2022, pour atteindre
un total de 80.000 emplois.
 L’accès à l’apprentissage sera
développé : les référents Handicap seront
généralisés dans les CFA. Et une aide
supplémentaire sera allouée pour chaque
apprenti en situation de handicap.
D
ouze millions de Français sont
touchés par un handicap et, pour
80 % d’entre eux, celui-là est
invisible. Devant la loi, rien n’oblige
un salarié à révéler sa situation à son
employeur. Mais s’il décide de garder le
silence, il ne pourra pas demander d’aides,
comme l’aménagement de son poste de
travail. Il risque également à terme de
fragiliser ses relations avec ses collègues,
qui ne comprendront pas pourquoi il lui est
difficile de faire certaines tâches. Et c’est
surtout risquer d’aggraver sa propre situation
de handicap, en prenant trop sur soi.
De plus, si l’employeur le découvre,
« il peut être déçu ou surpris de ne pas
l’avoir su avant, ainsi que changer rapidement
de comportement », prévient Alexandra
Grévin, avocate spécialisée dans le droit du
handicap. « La relation de confiance peut être
perdue », abonde Patricia de Kermoysan,
directrice du cabinet de conseil et
recrutement Défi RH, spécialisé dans
l’emploi des travailleurs handicapés.
Souvent, ce sont des préjugés qu’il faut
déconstruire. Les salariés en situation de
handicap ont peur de perdre leur emploi,
que leurs compétences professionnelles
ne soient pas reconnues, que dans la tête
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LESECHOSSTART.FR // 9
Jeudi 18 octobre 2018
ÉTAT DES LIEUX //
Entre 2005 et 2017,
le nombre d’étudiants
en situation de
handicap a été
multiplié par 3,5.
Une hausse qui cache
une inégalité d’accès
à des études longues.
Amélie Petitdemange
D
epuis la loi sur le handicap de
2005, les jeunes handicapés sont
de plus en plus nombreux à
accéder aux études supérieures.
En 2016-2017, près de 26.000 étudiants
handicapés étaient inscrits dans
l’enseignement supérieur. Mais seulement
20 % d’entre eux suivaient un master
et 0,6 % un doctorat, contre respectivement
33 % et 4,5 % tous étudiants confondus.
L’accompagnement, très inégal suivant
le type d’études, est notamment en cause.
« Dans les grandes universités, les étudiants
sont relativement bien suivis car il y a
un référent handicap à plein-temps.
Dans les structures privées, le budget
handicap est souvent moins important »,
explique Alexis Ridray, avocat spécialisé
en droit du handicap.
Tangi Meston, 21 ans, atteint d’infirmité
motrice cérébrale et autiste Asperger, en a
fait l’amère expérience à l’Institut catholique
de Rennes. Cette institution privée l’a reçu
en entretien pour intégrer une licence de
lettres et communication en 2017. « Vous êtes
pris, et nous ferons tout pour nous adapter
à votre handicap, m’ont-ils assuré, raconte
le jeune homme. Mais une fois en cours,
rien n’avait été fait. » Les barres d’accès qui
devaient être installées dans les toilettes
resteront à l’état de projet. Quant à
l’auxiliaire de vie scolaire, l’institut préfère
mettre en place un système de « bonne
camaraderie » où les étudiants sont censés
prendre des notes pour Tangi Meston.
« J’ai eu les cours pendant 15 jours, puis plus
rien. Dans ces conditions, je ne pouvais pas
réussir mes examens, même avec un tierstemps [durée supplémentaire, NDLR] et la
meilleure volonté du monde. »
Le jeune homme ne validera pas son
premier semestre de licence, notamment à
cause d’une épreuve d’expression corporelle.
« Le cours était donné sur une estrade en bois
sans rampe d’accès : je restais trois heures et
demie dans mon fauteuil sans rien pouvoir
faire. On me demandait de prendre des notes
sur ce que je ressentais, mais je ne ressentais
rien puisque je ne pouvais rien faire ! J’ai été
déclaré défaillant à l’examen. » Tangi Meston
décide de quitter l’établissement et reprend
une licence 1 à l’université Rennes-2.
L’établissement public lui réserve un bien
meilleur accueil. Depuis, il a créé une
plate-forme d’entraide et un numéro dédié
où il répond aux questions des personnes
en situation de handicap.
d’obtenir des aménagements, en particulier
lors des examens. « Lorsque j’étais moi-même
étudiant handicapé, il fallait sans arrêt que je
prévienne les professeurs de mon besoin d’un
tiers-temps, et l’organisation ne suivait pas. »
À SAVOIR
Handi-u.fr est le site
de référence pour
les étudiants en
situation de handicap.
Il recense notamment
les conditions
d’accessibilité et
d’accompagnement
de chaque université.
Selon le ministère de l’Enseignement
supérieur, 81 % des étudiants handicapés
bénéficient d’un aménagement des
modalités d’examens. Pour les autres, cela
signifie qu’ils se retrouvent souvent bloqués
dans la poursuite de leur cursus. Valentin
Tonti Bernard, étudiant malvoyant de
23 ans, voulait passer l’examen d’accès à
la formation d’avocat en septembre 2018.
Il a demandé un aménagement de l’épreuve
de synthèse. « Le problème est que j’ai besoin
d’une loupe qui grossit de 12 fois l’écriture :
je lis demi-mot par demi-mot. Même si on
me laissait 15 heures de plus, je ne pourrais
pas le faire », explique l’étudiant, qui
demande au ministère de l’Enseignement
supérieur d’alléger le nombre de pages.
Refus du ministère, pour qui « l’adaptation
demandée représenterait une rupture d’égalité
par rapport aux autres candidats, car la note
Shutterstock
La galère des étudiants
en situation de handicap
de synthèse ainsi adaptée constituerait un
sujet plus facile pour le candidat, la nature
de l’exercice consistant précisément à juger
un candidat sur ses connaissances en droit,
mais aussi sur sa faculté d’organisation
et de présentation d’une note de synthèse
effectuée à partir d’un nombre important
de données et de documents ». D’autres
aménagements lui sont cependant accordés :
tiers-temps, aide humaine, impression avec
une police adaptée, ordinateur spécial.
Valentin Tonti Bernard a néanmoins déposé
un recours. Il espère ainsi lancer une
réflexion de fond sur l’accès des étudiants
handicapés aux concours. Il affirme avoir été
contacté par d’autres étudiants handicapés
qui ne parviennent pas à passer la barre de
l’examen. Un non-sens, selon lui : « J’ai intégré
un bon master et fait de nombreux stages,
et là je suis coincé dans ma carrière. »
Pour Me Ridray, cette affaire illustre bien
le plafond de verre auquel sont confrontés
ces étudiants : « Si nous ne faisons pas du
cas par cas, comment augmenter le nombre
de handicapés dans les formations puis dans
le monde du travail ? » n
L’obstacle des examens
La difficulté d’accès aux études supérieures
réside souvent dans un problème
d’information et de communication avec
l’administration. « C’est la majorité des
plaintes que je reçois, affirme Maître Ridray.
Des personnes qui ne connaissent pas leurs
droits ou ne parviennent pas à les faire
valoir. » L’avocat regrette la difficulté
Ma grande soeur
non-voyante développe
des projets d’hypervision.*
et quand
son employeur
en situation de handicap peut choisir
Mais à qui, comment et à quel moment ?
de l’employeur « handicap » rime avec
« absentéisme »... « Il faut souvent rassurer
les employeurs qui méconnaissent le
handicap. Par exemple, bipolaire ne signifie
pas toujours que la personne va être instable,
c’est au cas par cas », explique Sabine Lucot,
chargée de projet insertion professionnelle
à La Fondation des amis de l’atelier.
Faire connaître sa situation
avant l’embauche
Alors, quand le révéler ? Tout dépend de
l’entreprise. Si elle communique autour du
handicap ou qu’elle a signé une convention
avec l’Agefiph, l’Association de gestion des
fonds pour l’insertion de personnes en
situation de handicap, alors il ne faut pas
hésiter à le mettre directement sur son CV.
« Si c’est écrit sur le CV, l’entreprise peut se
dire : “C’est top, ça va nous permettre de
remplir notre quota pour diminuer notre
contribution à l’Agefiph”. Soit à l’inverse il va
y avoir une discrimination. Cela dépend de la
démarche et de la sensibilité de l’employeur »,
ajoute Alexandra Grévin. En cas de doutes
sur les motivations de l’entreprise, il est
préférable de révéler sa situation lors de
l’entretien. « Mais pas dès le début, précise
Patricia de Kermoysan. Il faut avant tout que
la personne montre qu’elle est compétente
pour le poste auquel elle postule et ensuite,
à la fin, elle peut l’aborder. Parfois le parcours
du candidat est indissociable de son handicap,
il peut l’évoquer à ce moment-là. » Pour elle,
le pire moment est de le faire juste après
avoir signé son contrat.
Rester pédagogue
Au cours de l’entretien, il vaut mieux rester
pédagogue. « Si la personne a bien identifié
ses besoins, elle peut communiquer seule en
disant simplement : “j’ai une reconnaissance
de travailleur en situation de handicap et des
besoins spécifiques qui m’obligent à avoir
une organisation très bien orchestrée.”
L’important est de bien connaître son
handicap et de montrer à son employeur
toutes les ressources qu’on a développées pour
y faire face », conseille Sabine Lucot.
S’il est préférable de révéler son handicap et
d’être transparent, le salarié n’est pas obligé
d’informer toute l’entreprise. Le médecin du
travail, tenu au secret, peut solliciter
l’employeur pour des aménagements de
poste, une politique RH plus favorable au
bien-être, sans dévoiler le nom du salarié en
question. « Souvent les employeurs utilisent
les ressources des personnes en situation de
handicap pour les autres collègues », termine
Sabine Lucot. Télétravail, postes plus
ergonomiques, pauses… des aménagements
qui bénéficient à toute l’entreprise. n
LES INGÉNIEURS
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en France et à l’international.
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sur jobs.assystem.com
*Assystem a fêté les 10 ans de sa Mission Handicap en 2017. Dans ce cadre,
de nombreux accords signés ont permis de déployer un plan d’actions
volontaristes autour du maintien dans l’emploi, du recrutement, de la
sensibilisation, de la formation et des partenariats avec le secteur protégé ou
adapté. Chez Assystem l’innovation n’est pas seulement technologique mais
aussi et surtout sociale.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
10 // LESECHOSSTART.FR
Jeudi 18 octobre 2018
Quand les start-up se mettent
INNOVATION // Trouver des solutions pour améliorer le quotidien des personnes handicapées, voilà la mission que
Si les investisseurs ne se bousculent pas toujours pour financer leur projet, la donne pourrait bien changer.
I
ls développent des services et des objets
pour autistes, malentendants,
paraplégiques, etc. Mais qui sont ces
entrepreneurs qui s’intéressent au
monde du handicap ? Si certains sont
directement touchés par une invalidité,
ce n’est pas le cas de tous. « De plus en plus
de jeunes cherchent à donner du sens à ce
qu’ils font et à la technologie dans une
économie mondiale déshumanisée »,
observe Franck Duthil, fondateur du site
JobinLive.com, qui veut favoriser l’insertion
par le travail des personnes handicapées,
et président de la Handitech, une association
qui fédère 300 start-up et 40 partenaires
institutionnels.
Monter un business dans le domaine du
handicap ressemble bien souvent à un
parcours semé d’embûches. Tout d’abord
parce que « c’est un secteur qui présente
la particularité d’avoir des périodes de
développement très longues, souligne Anne
Darnige, responsable domaine numérique
pour bpifrance. Parce qu’il faut bien valider
les solutions avec les personnes handicapées
et que la réglementation est très forte sur
ce marché. »
En 2017, la start-up, qui emploie désormais
12 personnes, a bouclé une levée de fonds
de plus d’un million d’euros. L’équipe vise
les 10.000 bénéficiaires à l’horizon 2021.
ROGERVOICE ET AVA
Quand les sourds peuvent
téléphoner et communiquer
Passer un coup de fil. Pour Olivier Jeannel,
malentendant de naissance, cet acte du
quotidien est longtemps resté impossible
sans assistance. Lorsqu’il découvre la
reconnaissance vocale sur smartphone en
2011, l’entrepreneur a une idée : et s’il créait
une application capable de sous-titrer
en temps réel les conversations sur son
téléphone ? C’est ainsi qu’en 2014 il se jette à
l’eau et crée RogerVoice. « Je voulais donner
la possibilité aux personnes sourdes et
malentendantes d’être totalement autonomes,
partout et tout le temps », résume Olivier
Jeannel. Depuis, le concept a essaimé hors
de nos frontières. L’application compte
5.000 utilisateurs par jour et est disponible
en plusieurs langues. En avril dernier, la
start-up, qui compte 16 salariés, a levé
660.000 euros. Son outil a aussi séduit de
grandes entreprises telles que Allianz ou
Oui.SNCF, qui souhaitent désormais utiliser
De plus en plus de jeunes cherchent à donner
du sens à ce qu’ils font et à la technologie
dans une économie mondiale déshumanisée
FRANCK DUTHIL, PRÉSIDENT DE LA HANDITECH
Par ailleurs, les investisseurs peuvent
être difficiles à convaincre dans la mesure
où le marché visé par les start-up est,
par définition, restreint. Un argument
que balaye Franck Duthil, qui rappelle
qu’actuellement « 10 % de la population
mondiale est porteur d’un handicap, soit
650 millions de personnes ». Il ajoute :
« Dans nos sociétés occidentales vieillissantes,
tout le monde va être confronté au handicap
un jour ou l’autre. C’est à la fois un enjeu
sociétal et économique très fort. »
Depuis l’année dernière, son association
organise les Handitech Trophy, un prix qui
récompense des projets innovants dans le
domaine du handicap. En 2017, sept projets
ont ainsi pu recevoir un accompagnement,
une mise en réseau avec de grands groupes
et, surtout, un joli coup de projecteur
auprès des médias. Cette année, l’appel
à projet s’est clôturé avec 155 dossiers
déposés. La remise des prix est prévue
pour le 19 novembre prochain.
AUTICIEL
pour accompagner les personnes
avec des troubles cognitifs
Aider à exprimer ses émotions, se repérer
dans le temps, séquencer les tâches
du quotidien etc. Voilà quelques-unes
des fonctionnalités des programmes pour
tablettes, développés par la société Auticiel.
L’histoire de la start-up commence en 2011,
lors d’un challenge étudiant. « J’ai rencontré
une association de parents autistes qui m’ont
proposé de travailler avec eux », raconte
la fondatrice Sarah Cherruault-Anouge,
alors étudiante en école de commerce
à Evry. Objectif : développer des outils
numériques pour favoriser l’apprentissage
et l’autonomie des personnes atteintes
de troubles mentaux et cognitifs.
Cinq ans après sa création, la jeune pousse
a déployé ses outils dans 200 établissements
médico-sociaux, comme les IME
(instituts médico-éducatifs) ou les Esat
(établissements et services d’aide par le
travail), et auprès de particuliers. « Nos
logiciels sont remboursés par les Maisons
départementales des personnes handicapées
(MPDH), au titre d’outils de compensation »,
précise la patronne d’Auticiel.
RogerVoice pour leurs centres d’appels.
Pour les sourds et malentendants, un autre
service commence à se déployer à grande
échelle, c’est celui d’AVA, lancé aux Etatsunis fin 2014 par Thibault Duchemin, un
ingénieur de 26 ans. Cette appli permet de
sous-titrer les conversations en temps réel,
que ce soit à la fac, au travail, dans un
magasin, à la maison… La start-up, qui a levé
1,8 million d’euros en 2016, a ouvert une
filiale française l’an dernier. Elle affichait
un chiffre d’affaires de 78.000 euros en 2017.
WHEELIZ
Le Airbnb du véhicule aménagé
Les galères de déplacement, Charlotte de
Vilmorin connaît bien, même trop bien.
C’est justement ce qui a incité cette jeune
femme de 28 ans en fauteuil roulant à créer
Wheeliz, une plate-forme de location
de véhicules aménagés entre particuliers.
« Une voiture adaptée, ça peut coûter jusqu’à
100.000 euros et, finalement, les propriétaires
roulent généralement assez peu avec, indique
la fondatrice de la plate-forme. Louer
leur voiture leur permet donc d’amortir
leur investissement. Et pour le locataire,
c’est la possibilité de trouver un véhicule plus
près de chez lui et moins cher. » En moyenne,
à véhicule et durée de location similaires,
les locataires paient moitié moins cher que
chez un loueur classique.
Créée fin 2014, Wheeliz emploie désormais
7 personnes. 900 véhicules sont enregistrés
sur la plate-forme, utilisée par 8.000 usagers.
« Il y a un vrai sentiment d’entraide
et de solidarité entre nos utilisateurs,
constate Charlotte de Vilmorin.
Le chifre
C’EST LE NOMBRE
START-UP
fédérées au sein
de l’association
Handitech.
Charlotte de
Vilmorin, 28 ans,
fondatrice de
Wheeliz, premier
site de location
entre particuliers
de véhicules
adaptés.
Wheeliz
Hélène Bielak
Pourquoi les personnes autis
sont courtisées dans la tech
ENQUÊTE // En France, 700.000 personnes sont autistes, selon le secrétariat
du Premier ministre chargé des personnes handicapées. Une partie de cette
disposerait de facultés logiques appréciées par les entreprises informatiques.
Adrian de San Isirodo
M
émoire d’éléphant, capacité
de concentration et de
conceptualisation élevée...
certains profils atteints de
troubles du spectre autistique (TSA)
intéressent de plus en plus les entreprises
high-tech. « Mes responsables ont toujours
reconnu la qualité supérieure à la moyenne de
mes travaux », reconnaît Dorothée Madec,
autiste et ingénieure analyste depuis dix ans
pour l’entreprise de service CGI. Rien
d’étonnant pour Stéphanie Fouquet,
fondatrice d’Asperteam, une entreprise
sociale et solidaire, qui emploie 12 consultants
autistes : « La plupart de mes salariés
sont très attentifs aux détails. Ils détectent,
par exemple, facilement les erreurs dans
les lignes de code. » Un atout précieux pour
les services de tests chargés de traquer
les coquilles informatiques responsables
de bugs en tout genre.
« Les autistes que j’ai rencontrés sont aussi
très rigoureux et veulent clarifier les points
flous des méthodes de travail adoptées »,
constate Sylvain, ingénieur SI chez
Decathlon, qui encourage l’intégration
de profils « neuro-atypiques » au sein du
groupe de distribution. « A long terme,
ce besoin d’ordre permet d’améliorer
la distribution des tâches et l’organisation
générale. » La multinationale allemande SAP,
qui fournit des logiciels B2B, a bien compris
le potentiel de ces profils et souhaite
embaucher 650 autistes pour 2020. Une
initiative qui valorise un vivier de talents
et permet également de remplir les quotas
d’embauches de personnes en situation de
handicap fixés par la loi diversité de 2005.
Cette stratégie de recrutement, les services
informatiques d’autres entreprises comme
IBM, EDF ou encore Airbus l’appliquent.
Et ça tombe bien : une part importante
de personnes autistes apprécie le domaine
des nouvelles technologies.
Goût pour les langages abstraits
« Ce secteur concentre certains centres
d’intérêt récurrents, souvent abstraits,
chez les personnes autistes », explique Flora
Thiébaut, cofondatrice d’Auticonsult. Cette
filiale du groupe allemand Auticon emploie
une quinzaine de consultants autistes ou
« neuro-atypiques ». Elle poursuit : « Ceux
qui aiment classer ou ordonner font du
reporting, les amoureux des maths bossent
dans la data, les fans de nouvelles technologies
deviennent programmeurs... le secteur high
tech propose un vaste éventail de métiers
susceptibles d’intéresser les autistes. »
« Mais il ne faut pas généraliser, prévient
Matthieu Epiard, consultant de 28 ans et
autiste chez IBM. Les neuro-atypiques ne sont
« Notre point commun : aimer
les languages abstraits, comme
le solfège, ou les languages de
développement. »
pas tous épris d’informatique. Certains sont,
par exemple, musiciens. Notre point commun,
c’est plutôt d’aimer les langages abstraits comme
le solfège ou les langages de développement. »
Autre point commun : le besoin d’être
accompagné dans les entreprises pour réussir
à s’intégrer en milieu ordinaire. « L’autisme
est un handicap qui complique les interactions
sociales au quotidien, confirme Stéphanie
Fouquet. C’est pourquoi il est important
de mettre au point un dispositif d’accueil rodé
lorsqu’on accueille des personnes autistes. »
Le défi de l’insertion
L’entreprise sociale et solidaire Asperteam
fournit ainsi les méthodes d’encadrement
nécessaires aux neuro-atypiques. « Le chef
d’équipe est coaché pour améliorer son
management et on nomme aussi un buddy
[copain en anglais, NDLR] pour accompagner
la personne autiste jour après jour dans
ses échanges informels », détaille Stéphanie
Fouquet, cofondatrice de la société.
Elle ajoute : « La perspective d’une simple
conversation à la machine à café peut être
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
LESECHOSSTART.FR // 11
Jeudi 18 octobre 2018
POUR ALLER
PLUS LOIN…
au service du handicap
 LES CONCOURS
Handi-Entrepreneurs
Organisé par l’entreprise du numérique
Atos, ce concours est dédié aux
personnes en situation de handicap.
Il a pour vocation de valoriser
l’innovation et l’entrepreneuriat, quels
que soient le public et l’utilisateur final
du service ou du produit proposé.
La date limite de dépôt des candidatures
est fixée au 31 octobre 2018.
se sont donnée les entrepreneurs de la « handitech ».
Handitech Trophy 2018
D’ailleurs, le taux de sinistralité est très faible,
car les gens font attention aux voitures qu’ils
louent. » Après une première levée de fonds
d’un million d’euros en 2017, une seconde
a été lancée et devrait être bouclée fin 2018.
Le 19 novembre, en ouverture de la
Semaine européenne pour l’emploi des
personnes handicapées (SEEPH),
l’association Handitech récompensera
des start-up de la French Tech qui
développent des technologies
innovantes au profit des personnes
handicapées ou en perte d’autonomie.
WANDERCRAFT
L’exosquelette pour marcher
à nouveau
Startup & Handicaps
En lançant leur start-up en 2012, les trois
fondateurs de Wandercraft s’étaient donné
un défi de taille : faire remarcher des
personnes en fauteuil roulant. Ces fans
de science et de robotique, tous issus de
Polytechnique, sont en train de le relever,
avec leur exosquelette baptisé « Atalante ».
« C’est un dispositif robotique qui permet
de récupérer ou d’amplifier les capacités
physiques, détaille Matthieu Masselin,
30 ans, président de Wandercraft.
La structure robotique est motorisée
et une intelligence vient bouger les différentes
articulations de manière à faire des
mouvements coordonnés. »
Elodie Ponsaud
Destiné à l’origine aux personnes
paraplégiques, l’exosquelette pourrait aussi
être utilisé dans d’autres cas, comme les
soins de suite après un AVC, par exemple.
La belle promesse des fondateurs
a su séduire les investisseurs : la dernière
levée de fonds à l’été 2017 s’est clôturée
à 15 millions d’euros. La même année, la
start-up a réalisé une première mondiale :
dans un centre de rééducation du centre
de la France, des paraplégiques se sont
remis à marcher, sans béquilles,
grâce à l’exosquelette. Actuellement,
les derniers tests sont en cours. L’équipe
de Wandercraft, soit une cinquantaine
de salariés, espère une certification d’ici
à la fin de l’année, pour pouvoir lancer
dans la foulée la commercialisation.
Ce concours a pour but de favoriser
l’émergence de projets innovants liés
à la compensation du handicap et à la
perte d’autonomie. Organisé par la CCI
du Morbihan et le Fonds de Dotation
du Kerpape, il est ouvert aux start-up,
TPE, PME et entrepreneurs. L’appel
à projets sera ouvert du 15 novembre
2018 au 15 janvier 2019.
Dans les locaux
de Wandercraft
à Paris, un
collaborateur
travaille sur
les exosquelettes,
qui permettent à
des paraplégiques
de remarcher.
tes
PICTO ACCESS
L’accessibilité cartographiée
Lancé par la start-up lilloise Unis C en 2015,
le service Picto Access propose aux
entreprises accueillant du public de
valoriser leur accessibilité sur une page
Web, via un abonnement. Par exemple,
pour le Club Med, un état des lieux de
tous ses centres de vacances a été réalisé,
pour ensuite donner des informations
aux usagers sur la localisation, s’il y a des
marches à l’entrée, si un fauteuil roulant
peut passer partout, etc. Via la plate-forme,
l’établissement peut envoyer des messages
à ses usagers, par exemple pour les prévenir
si un ascenseur est en panne. En plus de
ce service, Picto Access a aussi une
application gratuite, où tout un chacun peut
donner des informations sur l’accessibilité
d’un lieu public. « Comme la collecte de
données sur l’accessibilité est un vrai travail
de fourmi, l’idée c’est d’avoir un outil
collaboratif pour que chacun nous aide
à cartographier le territoire et nous donne
leur ressenti », souligne Justin Marquant,
fondateur de la start-up. Au total,
280.000 lieux ont été répertoriés sur tout le
territoire français. Après une levée de fonds
de 1 million d’euros l’an passé, la start-up,
qui compte désormais 12 salariés, devrait en
lancer une nouvelle d’ici à la fin de l’année. n
 LE GUIDE
« Jeunes handicapés :
comment trouver un emploi »
Comment efectuer un stage étudiant
en milieu professionnel ? Qu’est-ce que
le principe de non-discrimination
à l’embauche ? Autant de questions
abordées dans ce guide pratique créé
par le ministère des Afaires sociales
et de la Santé. « Jeunes handicapés :
comment trouver un emploi »,
édition 2017, Les Indispensables
jeunes, La documentation française,
208 pages, 8 euros.
 LE MOOC
HANDIMOOC En route vers l’emploi
Cette nouvelle formation en ligne
et gratuite a pour but d’accompagner
pas à pas les personnes en situation
de handicap dans leur recherche
d’emploi. Ce MOOC a été conçu
par TH conseil, cabinet spécialisé
dans le recrutement des personnes
en situation de handicap,
en collaboration avec 14 partenaires
(Agefiph, Amazon, Bayer, BNP Paribas,
EDF, Total…).
PROPOSÉ PAR
d’Etat auprès
population
ELSA CANETTI, DIRECTRICE DES RESSOURCES HUMAINES DE COVIVIO
À NOTER
Grenoble Ecole de
Management va lancer
en janvier 2019 un
cursus spécifique pour
les étudiants Asperger
souhaitant se former
aux métiers de la data.
Le chifre
MILLIONS D’EUROS
c’est le budget total
du 4e plan Autisme,
sur la période 20182022.
angoissante. Il faut donc que les autistes
puissent discuter sans crainte d’être jugés
pour se sentir à l’aise. » Avant leur arrivée,
il est aussi recommandé de fournir un
maximum d’informations : un plan de
l’entreprise ou un trombinoscope, par
exemple. Des informations visuelles utiles
pour les aider à se familiariser avec leur
nouvel environnement. Des réunions de
sensibilisation aux troubles du spectre
autistique peuvent être également
organisées pour sensibiliser le personnel
au sujet. « Les neuro-atypiques comprennent
mal les données implicites », illustre
Laurent Delannoy, président de la société
de développement informatique Avencod,
qui emploie plus de 80 % de personnes
autistes dans son personnel. « Il est donc
important que les collègues donnent toutes
les informations au cours d’une discussion,
s’ils veulent être compris par un autiste. »
Des discussions qui permettent petit à petit
d’intégrer cette population au milieu
professionnel, bien qu’il reste beaucoup
de chemin à parcourir, y compris en matière
de diagnostic et de suivi. Le rapport sur
le devenir professionnel des personnes
autistes, remis en mars 2017 au
gouvernement, pointait le chiffre* de 15 %
de personnes autistes seulement avec un
emploi rémunéré à temps plein. n
*Source (britannique) : The National Autistic
Society (NAS)
« CERTAINS MEMBRES DU COMEX
SONT ENTRÉS COMME STAGIAIRES »
Acteur de référence de l’immobilier en Europe avec 23 milliards d’euros
de patrimoine, Covivio mise sur les stages et sur sa proximité avec les grandes
écoles pour détecter les meilleurs talents. Rencontre avec Elsa Canetti,
sa directrice des ressources humaines.
à construire son expérience et compléter son
portefeuille de compétences. C’est la raison
pour laquelle nous lui confions des missions
complètes,sous la responsabilité du manager
bien sûr. Sa bonne intégration dans l’entreprise représente un autre de nos devoirs. Il est
essentiel de lui ouvrir toutes les portes au
momentmêmeoùildécouvre,avecparfoiscertaines idées préconçues, le monde du travail.
Comment favoriser cette intégration ?
Quelle est l’approche de Covivio
pour recruter les meilleurs talents
fraîchement diplômés ?
Elsa Canetti : Le recrutement des jeunes
diplômés et leur développement fait partie de
l’ADN de Covivio. Certains membres du Comex
sont d’ailleurs entrés comme stagiaires dans
la maison. Notre stratégie repose sur une veille
active sur les forums des grandes écoles et des
universités et sur une grande proximité avec
leurs départements « relations entreprises ».
Par ailleurs, nous sommes de plus en plus
sensibles à la détection des talents. Si un profil
nous intéresse parce qu’il présente un mix
compétences-personnalité prometteur, nous
pouvons adapter le poste ou le stage en
fonction de ce candidat.
Quels sont les devoirs d’une
entreprise envers ses stagiaires ?
E. C. : Notre devoir premier consiste à délivrer
un apprentissage de qualité au stagiaire.
L’époque où ce dernier était cantonné à des
tâches annexes est parfaitement révolue.
Le stage est un moment précieux. Pendant
quelquesmois,lejeunevapouvoircommencer
E. C. : Elle passe tout d’abord par la relation
avec le manager encadrant. Nous sommes
très attentifs au choix du manager,en fonction
des missions et de la personnalité du stagiaire.
Une sorte d’alchimie doit se créer. Ensuite,
nous programmons un entretien avec les
ressources humaines à mi-parcours du stage.
Enfin, nous réfléchissons actuellement à la
mise en place d’une journée d’intégration
autour d’un petit-déjeuner avec un membre du
Comex et une présentation des différents
métiers de Covivio, au même titre que ce que
nous faisons pour les CDI.
РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS
Son HANDICAP
ne l’a pas empêchée
de développer
ve
des compétences
te
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Av
Avec le soutien de
emploi&handicap
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